Cette transcription a été réalisée à l’aide d’un logiciel de reconnaissance vocale. Elle pourrait donc contenir des erreurs.
(Onze heures dix-sept minutes)
La Modératrice : Donc.
Bonjour, tout le monde. On va commencer ce point de presse maintenant. Juste
pour vous dire que c'est sûr, avec le dépôt, ça risque d'être un point de
presse avec beaucoup d'émotion, évidemment, pour nos élus, pour les personnes
qui sont ici. Évidemment, on vous demanderait juste une question par
journaliste, on va devoir libérer nos élus rapidement aussi pour l'étude
détaillée du PL n° 23. Donc, s'il vous plaît, pour
juste le bon déroulement, respectez cette consigne.
On va commencer avec Mme Bélanger,
qui sera... ensuite sera suivie par M. Lévesque. Ensuite, nous aurons les
parents de Zachary Miron qui prendront aussi la parole, donc David Miron puis
Veronica Martinez. On aura ensuite la parole de M. Guillaume Cliche-Rivard,
Monsef Derraji, puis un représentant du Parti québécois. Donc, à vous, Mme Bélanger.
Mme Bélanger : Oui. Alors,
écoutez, bonjour à toutes et à tous. D'abord, je veux souligner la présence de
M. David Miron et Veronica Martinez, les parents de Zachary Miron, qui ont
eu le courage de transformer une épreuve profondément douloureuse en un
engagement visant à faire avancer les choses et à protéger nos jeunes. C'est
pourquoi je suis ici devant vous, parce que je viens tout juste de déposer le
projet de loi qui vise à interdire la vente et le don de boissons énergisantes
aux personnes de moins de 16 ans. Et vous comprenez qu'on franchit donc
une étape extrêmement importante.
Je veux également remercier mon collègue
ministre responsable de la Jeunesse, Mathieu Lévesque, pour son engagement
soutenu tout au long de nos conversations et de nos travaux au cours des
derniers jours et dernières semaines. Il est important de souligner aussi mes
collègues, les représentants des partis d'opposition qui se sont ralliés à la
cause et qui se tiennent à mes côtés aujourd'hui dans une volonté commune de
mieux protéger nos jeunes. Mais je tiens particulièrement à remercier Guillaume
Cliche-Rivard. Merci beaucoup, Guillaume. Vraiment, Guillaume Cliche-Rivard,
qui est le porte-parole du deuxième groupe d'opposition en matière de santé
pour Québec solidaire et qui était, notamment, l'instigateur de la rencontre
avec les parents de Zachary et qui a donné son appui indéfectible à la démarche
transpartisane que j'ai initiée.
Dans le cadre de cette démarche
transpartisane. Nous avons mis de côté nos différences, nos différences
politiques pour nous concentrer sur un objectif commun, soit la protection de
la santé et du bien-être de nos jeunes. Excusez-moi. Alors ensemble, je suis
persuadée que nous pouvons faire une différence. Peu après mon arrivée comme
ministre de la Santé en décembre 2025, j'ai pris connaissance du dossier. J'ai
rencontré par la suite les parents de Zachary et, en tant que ministre, mais
aussi en tant que mère, vous comprenez que ça me touche profondément. J'ai été
marquée par leur volonté de transformer une tragédie personnelle en une
démarche constructive afin de prévenir d'autres drames. Dès que cet enjeu a été
porté à mon intention, j'en ai fait une priorité.
Les boissons énergisantes sont aujourd'hui
très accessibles aux jeunes. Et les risques associés à leur consommation sont
trop souvent banalisés. Pourtant, nous faisons face à un enjeu de santé
publique réel et préoccupant. C'est pourquoi nous avons entrepris un travail
rigoureux avec les experts de santé publique, avec les partenaires du milieu, donc
il y a eu un appui important à nos travaux d'abord des associations de
directeurs d'école, des associations de professeurs, des experts de l'Institut
national de santé publique du Québec, l'Ordre des pharmaciens du Québec, et j'en
passe. Les échanges ont toujours été sérieux, constructifs et toujours guidés
par une même préoccupation.
Ce n'est pas un projet de loi qui concerne
les industries ou qui concerne l'économie, c'est un projet de loi qui concerne
la santé et la sécurité des jeunes. Aucune autre juridiction canadienne n'a
encore légiféré en ce sens. J'ai eu l'occasion de... d'informer la ministre
fédérale, ainsi que mes vis-à-vis de notre intention d'aller de l'avant, puis
on peut être les premiers à le faire. On n'a pas besoin d'attendre que d'autres
l'aient fait avant nous. Je parle au Canada, bien sûr, parce que d'autres pays
ont décidé d'aller de l'avant.
Alors, on a choisi d'agir de façon
préventive. Il vaut mieux intervenir avant que les problèmes ne s'aggravent.
Alors, j'invite donc l'ensemble des parlementaires à poursuivre le travail de
collaboration dans les prochaines étapes, parce que, vous le savez, il nous
reste quelques jours de travail seulement. Donc, on enclenchera bientôt les
étapes de l'étude de ce projet de loi, et j'espère vraiment qu'on pourra
continuer de travailler de la même façon qu'on l'a fait jusqu'à maintenant, de
façon transpartisane, pour faire en sorte que nous puissions adopter ce projet
de loi le plus rapidement possible au sein de la législature actuelle. Un grand
merci.
La Modératrice
: Merci,
Mme Bélanger. Je vais laisser la parole à M. Lévesque, maintenant.
M. Lévesque (Chapleau) : Oui,
merci. Merci, Mme la ministre. Merci aux collègues, merci aux parents. Merci
d'être ici. Très important pour moi d'être ici à titre de ministre responsable
de la Jeunesse, de prendre part à cette annonce tellement importante visant à
protéger nos jeunes. On le sait, l'impact des boissons énergisantes sur la
santé des jeunes, ce n'est pas anodin. Vous savez, la science documente bien
les effets qui sont néfastes qu'elles peuvent avoir, évidemment, sur le
sommeil, l'irritabilité, l'anxiété et le système cardiaque. Et les jeunes
subissent souvent des stratégies de marketing de l'influence, et, justement, en
venant... en limitant l'accès aux boissons énergisantes, nous venons envoyer un
signal sociétal clair sur les risques que ces produits peuvent représenter pour
eux, surtout, on leur envoie un signal clair aux jeunes, mais aussi aux
personnes qui les entourent, à leurs parents également.
Cette mesure s'accompagnera aussi
d'éléments d'efforts, de sensibilisation également. Nous souhaitons que les
jeunes, leurs familles et leurs milieux de vie soient bien informés de tous ces
risques-là. Il ne s'agit pas de restreindre inutilement, mais bien de protéger
un groupe plus vulnérable dans une perspective de santé publique. Ce projet de
loi constitue un gain concret. Il va contribuer à réduire un risque qui est
évitable, à dénormaliser la consommation chez les jeunes. Évidemment...
Excusez-moi, excusez-moi... Donc, voilà. Excusez-moi... Donc, voilà. Donc,
évidemment, pour les jeunes, c'est très important, cette mesure-là, puis on va
de l'avant et on souhaite évidemment que tout le monde puisse participer à
l'adoption du projet de loi. Merci, merci.
La Modératrice : Merci,
M. Lévesque. On va laisser la parole aux parents de Zachary Miron, donc
David Miron puis Veronica Martinez.
Mme Martinez (Veronica) : Nous
sommes vraiment émus d'être ici aujourd'hui...
M. Miron (David) : Oui...
Je continue? Oui. C'est vrai qu'on est émus. C'est vrai que le dépôt du projet
de loi pourrait empêcher d'autres familles comme nous de... de vivre ce qu'on a
vécu. On l'a déjà mentionné, mais on a décidé de transformer... transformer, on
a décidé de... avec notre deuil, de prendre action. Puis avec le grand
mouvement qui s'est formé à la mémoire de notre garçon Zach, bien, ça nous
touche profondément tout ça. Mais c'est... mais ce n'est pas juste un mouvement
pour notre gars Zachary, mais pour sensibiliser la population des dangers qui
représentent les boissons énergisantes chez nos jeunes. Les risques sont réels,
sont solidement documentés par de nombreux experts.
Nous voulons prendre le temps de remercier
tous ceux et celles qui ont joint leur voix à cette mobilisation
extraordinaire. Nous voulons qu'ils sachent que leur appui a fait la différence
et qu'on est vraiment remplis de gratitude. Vraiment.
Mme Martinez (Veronica) :
Vraiment.
M. Miron (David) : Au fil
des semaines, il y a des milliers de voix que... de tous les milieux, la santé,
l'éducation, des sports, le milieu municipal qui se sont joints à tous puis ils
sont d'accord et abondent dans le même sens que le projet de loi déposé
aujourd'hui. On veut vraiment et grandement remercier Guillaume Cliche-Rivard,
merci vraiment, qui nous soutient depuis le début dans notre mission. Son appui
a été très précieux pour nous, puis on est vraiment reconnaissants. Puis je
tiens également à remercier évidemment chaleureusement Mme la ministre, merci
beaucoup, vraiment, là, qui pose un geste aujourd'hui, qui est fort, puis un
geste qui est très responsable envers nos jeunes. Puis on sait que votre action
pourra faire la différence. Ça, c'est clair.
On remercie également tous les partis,
vraiment, merci à tous, qui nous soutiennent dans ce projet, ce qui nous permet
de garder espoir dans tout ça vraiment, on est contents.
Le dépôt d'un projet de loi, c'est une
grande avancée, mais on doit maintenant... on doit maintenant l'adopter le plus
rapidement possible, évidemment, pour prendre les... pour prendre effet et
protéger nos jeunes vraiment. Donc, merci à tous.
Mme Martinez (Veronica) : J'ajouterais
en terminant qu'on lance vraiment un cri du cœur au Parti conservateur de faire
la bonne chose, d'appuyer ce projet de loi, c'est pour... c'est pour nos
jeunes. C'est important.
M. Miron (David) : Oui, c'est
un projet qui est juste puis qui est important.
La Modératrice : Je vais
laisser la parole maintenant à M. Guillaume Cliche-Rivard.
M. Cliche-Rivard : Bien.
Bravo, Veronica. Bravo, David. C'est exceptionnel ce que vous avez fait. Puis
aujourd'hui, merci beaucoup la ministre de le déposer. Moi, je le nomme
directement le projet de loi Zachary Miron. Pour moi, c'est clair que c'est ce
qu'on matérialise aujourd'hui pour que plus jamais quelque chose comme ça se
passe.
À chaque fois que je parle à David et
Veronica, ils me disent... Ouf! c'est... Je perds mon fil de pensée tellement
ce n'est pas simple. Mais ils me disent qu'ils veulent toujours en faire plus.
Puis, à chaque fois qu'on termine la conversation ensemble, Veronica me
dit : Qu'est-ce que je peux faire? Qu'est-ce qu'on peut faire? Eux, ils
ont fait... ils ont pris à bout de bras un combat absolument extraordinaire.
Ils ont tout donné. Ils ont mobilisé la Santé publique. Ils ont des groupes qui
sont avec nous aujourd'hui. Je voulais nommer quand même l'ASPQ et la FEEP qui
sont dans le combat depuis le début. Et véritablement sans vous, sans tout le
monde, sans Mme la ministre, sans les partis d'opposition, tout ça, ce ne
serait pas possible. Donc, vraiment, bravo.
Au moment où on se parle, moi, j'ai offert
vraiment une main tendue au Parti conservateur, puis il y a une motion, là,
qu'on a déposée aujourd'hui. Puis Mme Blanchette Vézina a donné son
consentement sur la motion il y a quelques minutes. La motion reconnaît le
consensus scientifique et elle reconnaît la pertinence d'encadrer la vente chez
les mineurs. Pour moi, du moment où on a fait ce pas-là, à mon humble avis, il
ne reste pas grand-chose vers une adoption. Donc, vraiment, je tends la main.
J'espère que le cri du cœur de David et Veronica soit entendu pour qu'on puisse
avancer puis pour qu'on puisse un projet de loi... avoir un projet de loi, dès
la semaine prochaine ou le plus vite possible, Zachary Miron pour faire la
différence pour nos jeunes.
Je remercie les 36 000 Québécois,
Québécoises aussi qui ont signé la pétition. C'est quand même beaucoup de
mobilisation. Tous ceux et celles qui ont pris la parole dans l'espace public,
Mme la ministre nommait les pharmaciens, les pédiatres, l'ensemble des experts,
Mme Quach, évidemment, de la Santé publique, tous ceux et celles qui ont
travaillé là-dessus. C'est un beau dossier. Puis je sens qu'en fin de
législature on est capables de faire un geste transpartisan pour les jeunes,
puis ceci en est la démonstration fondamentale. J'espère vraiment qu'on va
pouvoir avancer positivement dans les prochains jours. Merci beaucoup.
La Modératrice : Je
laisserais la parole maintenant à M. Monsef Derraji.
M. Derraji : Merci. En
premier lieu, j'aimerais remercier l'ensemble des collègues. Premièrement, je
vais commencer avec mon collègue le député de... Vas-y!
M. Cliche-Rivard :...
M. Derraji : Saint-Henri—Sainte-Anne
pour la pétition, pour la mobilisation. Je vais aussi remercier mon collègue le
député de Marquette, porte-parole en jeunesse, avec qui j'ai eu d'énormes
discussions par rapport à cet enjeu qui touche la santé des jeunes. Je vais
aussi remercier Mme la ministre. Je suis capable de faire la part des choses.
Mais, Mme la ministre, vous avez pris le leadership nécessaire. Donc, je tiens
à vous remercier publiquement, parce que vous avez démontré que, face à un
enjeu majeur, vous êtes capable de faire bouger les choses.
Mon message aussi, c'est à la famille.
Nous avons eu l'occasion d'échanger à quelques reprises avec une très, très
bonne rencontre par rapport à la démarche. Et permettez-moi, je vais prendre un
autre chapeau, parce que ça m'a touché, ça m'a extrêmement touché. Et je vais
porter mon chapeau de docteur en santé publique. Et je refuse aujourd'hui que, sur
la place publique, on nous dit que la démarche est bâclée. Ceux qui disent que
la démarche était bâclée n'ont pas participé à aucune rencontre. Mme la
ministre et l'ensemble des équipes nous ont donné une revue de littérature
étoffée, nous ont donné un temps de qualité pour poser toutes les questions
nécessaires. Nous avons eu plus qu'une rencontre. Donc, aujourd'hui, venir dire
que ce n'est pas une démarche scientifique rigoureuse est complètement faux, et
je suis capable de le dire. Nous avons eu beaucoup, beaucoup d'aide avant d'arriver
à la rédaction du projet de loi. Je n'ai jamais vu ça, et j'espère qu'on va
continuer à le faire.
J'ai un message à la famille. Bravo! Vous
savez, ce que vous faites aujourd'hui, Zachary, là où il... là où il est
aujourd'hui, nous observe. Et je pense que le message qu'on doit tous retenir,
c'est qu'on est capables de travailler ensemble, et que sa mémoire, elle sera
honorée, et que, probablement, d'autres jeunes seront épargnés. Et je sais que
ce n'est pas uniquement l'interdiction qui va arrêter tout. Mme la ministre,
mon collègue l'a mentionné. Quand on voit les pharmaciens, quand on voit les
écoles se mobiliser, ça, c'est un message fort de la société québécoise.
Et je m'adresse directement, aujourd'hui,
à Éric Duhaime, il a mon cellulaire, qu'il m'appelle. C'est triste de voir le
Parti conservateur faire de la petite politique sur un enjeu pareil. Éric, tu
es capable, tu es capable.
Je pense que le message qu'on doit tous
envoyer aujourd'hui face à cet enjeu, pour la sécurité des jeunes : On est
capables de travailler ensemble. Et, Mme la ministre, chers collègues, chers
collègues, hâte à commencer le travail pour adopter ce projet de loi avant
de... avant la fin de cette législation. Merci.
La Modératrice
: Merci.
Puis on va clôturer avec M. Pascal Bérubé.
M. Bérubé : Bonjour, tout le
monde. D'abord, aux parents, aux personnes éprouvées, à tous ceux et celles qui
surveillent ce qui se passe à l'Assemblée nationale sur ce front, le moment est
enfin venu. Félicitations à toutes les personnes qui ont rendu possible ce
grand rendez-vous avec l'histoire, et le Parti québécois y participe
certainement! Et je suis venu ici vous dire que notre formation politique
appuie de toutes ses forces cette initiative transpartisane qui est là pour les
enfants et pour les familles, et ce n'est pas la première fois qu'on le fait.
Nous sommes contents que le gouvernement ait finalement décidé d'agir, et je
félicite la ministre et je félicite toutes les équipes qui ont étudié cette
question. Quant à la famille, aux parents, votre résilience et votre
détermination à ce que le sort de tragique de Zachary ne soit pas vain est
admirable. Et, croyez-moi, on en a vu, des situations. Dans mon cas, depuis
19 ans, c'est certainement un des dossiers les plus touchants que j'ai vus
ici.
La santé, surtout la prévention sont des
enjeux qui se doivent d'être transpartisan, et c'est pourquoi nous collaborons
pleinement à l'adoption de ce projet de loi. Nous croyons que c'est important
d'agir en amont pour protéger nos jeunes contre les effets nocifs des boissons
énergisantes. Comme parlementaires, nous avons fait le devoir d'être proactifs
sur les maux de notre époque. Ce fût le tabac autrefois, les écrans récemment,
et aujourd'hui ce sont les boissons énergisantes, éventuellement aussi les
surprescriptions de médicaments. Bref, à chaque fois que c'est possible, nous
avons le devoir de léguer à une société le plus... le plus sécuritaire
possible.
Merci au travail de tout le monde. Je
pense à vous et toutes ces heures passées à travailler, à espérer. Toute cette
attention, elle sert pour la suite du monde. Et je suis très ému aussi de
participer, au nom de ma formation politique, à cet événement. Félicitations!
La Modératrice : Merci. On va
donc commencer la période de questions. Donc, juste vous rappeler qu'on doit
vraiment libérer nos parlementaires dans quelques minutes. Donc, juste une
question par journaliste et uniquement sur le sujet du jour. Vous pouvez
commencer.
Journaliste : ...sous-question
habituellement, je pense qu'on va respecter ça.
La Modératrice : Je
comprends. C'est... Vraiment, il faut que je les libère rapidement pour le
projet de loi n° 23.
Mme Bélanger : On a un projet
de loi.
Journaliste : Ma question, ce
seraient pour les parents de Zachary, Mme Martinez et M. Miron. Vous allez
rencontrer cet après-midi, un peu plus tard, Mme Blanchette Vézina. Elle a
remis en question hier le bien-fondé du projet de loi en disant : Est-ce
qu'on a la bonne cible, là?, est-ce que la caféine est vraiment la cible?, etc.
Qu'est-ce que vous allez lui dire pour la convaincre d'appuyer cette démarche
transpartisane? Quels sont les arguments que vous avez l'intention d'avancer devant
elle pour la convaincre de voter pour?
Mme Martinez (Veronica) : Bien,
déjà, la science, on l'a mentionné, la science est derrière nous. C'est...
c'est quelque chose qui est fait dans d'autres pays, ça fonctionne. Donc,
malheureusement, avec ce qui nous est arrivé, on est... on n'est pas des
experts, mais on... on connaît bien le dossier, donc on va... on va l'écouter,
on va être en mode écoute, on va voir les questions : Qu'est-ce qui...
qu'est ce qui résonne, là... de quoi... Qu'est-ce qu'il... qu'est-ce qu'il
manque, mais qu'est-ce qu'il manque? Bien, pourquoi on ne le ferait pas? Donc,
c'est... on va être en mode écoute, puis on n'est pas des experts, mais on
connaît bien le dossier. On va... on va essayer de répondre à ces questions. La
science est derrière nous. On a encore... Il y a des précédents dans d'autres
pays.
Si on y pense, là, tantôt, on avait une
discussion, on parlait des... on parlait des... des cigarettes. Bien là, je me
rappelais que, quand j'étais au secondaire, les gens fumaient dehors. J'étais
au secondaire. Est-ce qu'on penserait revenir en arrière? Jamais. Jamais. Puis,
à l'époque, c'était normal, c'était normalisé. Mais là c'est la même chose avec
les boissons énergisantes. C'est banalisé. C'est la même chose. Là, on a... on
ne va pas attendre une autre... une autre... un autre décès, on ne va pas
attendre une autre tragédie puis des décès. Il n'y a pas juste Zachary. Nous,
on a décidé d'aller de l'avant puis de le médiatiser, parce qu'on s'est
dit : C'est... c'est la chose juste à faire, c'est... que les gens soient
au courant. Mais il ne faut pas attendre qu'il y en ait un autre. Je veux dire,
il manque quoi? Ça va être ça, mon... mon message. Qu'est-ce qu'il manque? Puis
ce qu'il manque, je suis certaine qu'on est capables de lui donner
l'information qui manque, sincèrement.
Journaliste : Est ce que vous
saviez, vous... puis ce n'est pas un jugement, là, que votre fils consommait
des boissons comme celles-là? Et je comprends que vous ne connaissiez pas les
risques, visiblement, à l'époque, là.
Mme Martinez (Veronica) : Oui.
Journaliste
: Vous les
connaissiez, ah oui?
Mme Martinez (Veronica) :
Non, au contraire, au contraire. Oui, absolument, on connaissait les risques de
la boisson énergisante. Donc, les boissons énergisantes étaient interdites à la
maison. C'était une règle, il n'y a jamais une boisson énergisante qui est
entrée chez nous. Mais il a été... on lui a expliqué le pourquoi, c'est
toujours... Tu sais, ce n'est pas juste non. On lui a expliqué les raisons pour
lesquelles c'était interdit. Nous, dans notre cas, ce qu'on n'avait pas,
c'était l'interaction mortelle avec son... sa médication pour... pour son TDAH,
donc un médicament qu'il a pris vers 6 heures du matin, puis il a pris un
Redbull vers...
M. Miron (David) :
20 heures.
Mme Martinez (Veronica) :
Oui, 20 h 30, donc en fin de journée. Bref, ce petit bout-là, il
manquait. Donc, il savait qu'on ne voulait pas qu'il en prenne. Mais là le
parent dit : Ce n'est pas bon, prends-en pas, mais c'est banalisé et
c'est... c'est dans une machine distributrice à côté des bouteilles d'eau.
C'est à côté des Gatorade. On fait notre travail de parents, mais, à quelque
part, il faut que la société aussi... on mette des filets de sécurité. On n'est
pas 100... on n'est pas 100 % du temps avec nos enfants, là, puis
exactement...
La Modératrice
:
...merci. On va passer à une autre question. Je vous rappelle, vraiment une
question, parce qu'il faut laisser la place à tout le monde. Merci.
Journaliste : Bonjour. Ma
question est aussi pour Mme Martinez, M. Miron. Je reviens aux
arguments évoqués par Mme Maïté Blanchette Vézina, hier, qui a reproché au
gouvernement d'avoir attendu à la dernière minute avant de déposer ce projet de
loi là. Qu'est-ce que vous pensez, en fait, de cet argument-là qu'elle a
invoqué pour justifier son opposition à la mesure?
Mme Martinez (Veronica) : Personnellement,
je... Ça, c'est tout le côté politique de la chose. Moi, j'ai... je veux dire,
le timing, ça va être fait avant... avant l'été, là, avant la période estivale.
Tu sais c'est... ça va être...
M. Derraji : C'est un
faux argument, sérieux. C'est... je peux... Je ne sais pas si je peux me
permettre...
Mme Martinez (Veronica) : Oui.
Oui, oui, absolument.
M. Derraji : C'est un
faux argument. Pourquoi? Je ne pense pas que tout le monde est au courant de la
démarche. Avant que Mme la ministre rédige le projet de loi, nous étions tous
convoqués à des réunions de travail. Heille! je ne peux pas... je ne peux pas,
aujourd'hui, juste, moi, flatter Mme la ministre. C'est la réalité. Elle nous a
convoqués à une réunion de travail. Il y avait un brainstorming. Plus
d'ouverture que ça, je ne l'ai pas vu. Pourquoi Mme Maïté était absente?
Pourquoi elle n'a pas participé? Vous regardez juste le projet de loi. Le projet
de loi, c'est le fruit d'une démarche où le Parti conservateur était
complètement absent s'il voulait échanger avec nous et nous partager ses
arguments. La famille ne fait pas de la politique. La famille, elle est là pour
une cause. Mme la ministre a pris le leadership. Elle nous a mis cartes sur
table, toute l'information. Elle nous a dit : Mes équipes sont à votre
disposition. C'est ça, la réalité.
Journaliste : Mme Bélanger,
vous l'avez vous-même reconnu, ce projet de loi là aurait pu être déposé plus
tôt. Puis, loin de moi l'idée de... de vouloir cracher dans la soupe, je veux
juste comprendre le processus qui fait en sorte qu'on en est ici aujourd'hui.
Qu'est-ce qui bloquait avant et qui ne bloque plus aujourd'hui, puis quelle
part de responsabilité vous prenez dans le fait qu'on en soit à la dernière
minute, là?
Mme Bélanger : Bien, en
fait, comme vous le savez, là, j'ai eu mes responsabilités comme ministre de la
Santé le 19 décembre dernier. Alors, vous comprenez un petit peu le
contexte. Juste avant la période des fêtes, on ne siégeait pas à l'Assemblée
nationale. J'ai eu l'occasion de rencontrer la directrice nationale de santé
publique. Elle m'a présenté le rapport, les recommandations. Puis pourquoi,
dans les deux dernières années, il n'y a pas eu de projet de loi? Parce que la
Santé publique misait sur la prévention. Ils ont mis de l'information sur le
site Web, ils ont fait des séances d'éducation aux jeunes dans les différents
milieux. Alors, ils ont commencé à travailler, notamment avec l'Ordre des
pharmaciens. Donc, il y a eu une série de... tu sais, de travail qui a été
fait. Et, à un moment donné, on a beau faire tout ça, puis je pense que les
parents de Zachary l'ont dit, vous savez, quand on a des adolescents, bien, on
n'est pas avec eux, là, dans la cour d'école, hein? Moi, j'ai eu... bien, j'ai
deux garçons, là, qui sont grands aujourd'hui, puis ils ne voulaient surtout
pas me voir dans la cour d'école, là. Alors, on peut comprendre ça. Alors, un
moment donné, il faut que, comme société, on se mobilise. Ça ne peut pas être
juste les parents. Nos ados, là, ils ont une vie, ils sortent. Oui, on a un
rôle... il y a un rôle parental, mais après ça, il y a les amis, puis il y a la
société. C'est ça qu'on vient adresser aujourd'hui.
Journaliste
: Rester...
rester au micro. En fait, bien, ça va un peu dans ce sens-là, mais, je veux
dire, on l'a vu avec les arômes, là, pour les vapoteuses, les... On a trouvé
des façons de contourner la loi, entre autres en achetant en ligne sur des sites.
Qu'est-ce qui, dans cette loi-ci, va venir, justement, prévenir ce genre de
détour, si on veut? Parce que je sais que le projet de loi interdit donc la
vente en ligne et la vente dans les machines distributrices, mais quel genre de
contrôle réel on peut faire de ces deux enjeux-là?
Mme Bélanger : Bien, regardez,
on va avoir l'occasion d'en discuter, là, lors de l'étude du projet de loi,
mais la chose qui est la plus importante, c'est que les dépanneurs, les
commerces vont devoir demander la carte d'identité aux jeunes, et c'est clair
qu'ils ne pourront pas leur vendre des produits. Ça fait que, ça, c'est un
contrôle important qui va se mettre en place. Il va falloir mesurer à quel
moment on va étendre ça.
Mais, je veux juste vous dire, le
mouvement, là, nous a devancés. Hier, j'étais dans Charlevoix. Le maire de
Clermont est venu me voir puis il m'a dit : Mme Bélanger, nous, là,
comme maire, on a pris la décision qu'à l'aréna, il n'y en avait plus. Il les a
déjà enlevés. Il y a une propriétaire d'un dépanneur dans la région du
Saguenay, qu'elle a décidé qu'elle demandait les cartes aux enfants. Elle a
décidé ça toute seule, là. Alors, écoutez, un moment donné, il faut légiférer,
il faut se donner de l'ordre dans tout ça, mais le mouvement est déjà vraiment
parti. Il y a des bannières de pharmacies qui ont décidé de retirer les
produits actuellement, d'eux-mêmes. Alors, écoutez, le mouvement est déjà
enclenché. Et là, avec la loi, bien, on va venir réglementer, il va y avoir des
inspections aussi.
Mais surtout, surtout, retenons quelque
chose, là, il va y avoir aussi des activités de sensibilisation, de formation
pour nos jeunes, accompagnement dans les milieux scolaires, là où les jeunes
sont. On a du travail à faire. Tantôt, durant la conférence de presse, il y
avait des jeunes qui étaient là. Honnêtement, ils étaient très attentifs à ce
qu'on disait, ça m'a frappé, là, je voyais qu'ils étaient attentifs. Ça fait
qu'on a un travail à faire avec les jeunes aussi, ce n'est pas juste de donner
des amendes, là, on n'est pas là-dessus, mais on va, s'il faut, aller jusque
là.
Journaliste
: J'avais
juste une question pour les parents, justement, votre message aux parents qui
peut-être serait prêts à autoriser ça à leurs jeunes ou banalise un peu
peut-être l'utilisation, ce serait quoi le message vraiment aux autres parents?
Parce qu'on a quand même une responsabilité là-dedans. Donc, de par votre
expérience, qu'est-ce que vous leur diriez?
M. Miron (David) : Bien avec
justement toute la mobilisation qui se fait aujourd'hui concernant les boissons
énergisantes, je pense que tout le monde est sensibilisé à ça. Donc, il y a des
discussions à avoir avec nos enfants comme dans plusieurs sujets, entre autres
les boissons énergisantes.
La Modératrice
: Merci.
Je vous rappelle qu'on doit libérer nos élus dans quelques minutes, donc il
faudra vraiment qu'on fasse ça rapidement.
Journaliste
:
M. Miron, vous pouvez rester ou Mme Martinez, vous verrez qui veut...
qui veut choisir. Mais un peu dans la même veine, quel message vous envoyez aux
producteurs de boissons énergisantes qui font souvent du marketing très ciblé
vers les jeunes?
M. Miron (David) : Bien, en
premier lieu, on n'a jamais été en guerre contre les fabricants de boissons
énergisantes. Nous, tout ce qu'on veut, c'est de protéger nos jeunes. Donc à ce
moment-là, ils vont peut-être avoir un repositionnement à faire par rapport à
tout ça. Puis, comme je vous ai dit plus tôt, bien, tu sais, c'est important de
sensibiliser nos jeunes puis d'avoir les discussions avec eux sur les enjeux de
consommer ça. Parce que ces boissons-là ne sont pas faites pour une personne
qui se développe.
M. Cliche-Rivard :
J'ajouterais... pardon, une seconde. Pour moi, c'est important de dire que là,
on franchit une première étape rapide qui n'est pas la fin de l'histoire, selon
moi, là. Donc là, on a avancé rapidement avec les mesures consensuelles avec la
ministre, mais je pense qu'il va falloir revenir, comme parlementaires, sur les
questions de marketing, sur les questions d'étiquetage, sur les questions de
sensibilisation de manière approfondie. Donc là, je pense qu'on fait un geste
rapide, positif sur le 16 ans, mais il y a toute qu'une série de travail
puis de mobilisation, qui, par ailleurs, sont nommés dans le rapport de la
santé publique, qui vont devoir être étudiés en septembre, en octobre, bref,
quand reviendra ici. Donc, ici, on a une première étape, on lance... on lance
le projet, on lance le bal, mais on reviendra certainement avec d'autres mesures.
Journaliste : ...vous avez
mené un grand mouvement, là, pour réussir à arriver là où on est aujourd'hui.
Ça pourrait quand même être bloqué. Qu'est-ce que ça signifierait pour vous si
le Parti conservateur bloque l'adoption la semaine prochaine?
M. Miron (David) : Bien,
nous, c'est sûr qu'on ne lâche pas. Nous, on va continuer à essayer de chercher
la mobilisation puis à renseigner le monde pour arriver à nos fins
éventuellement, assurément.
La Modératrice : Parfait. On
doit libérer la ministre pour le PL n° 23 dans quelques minutes. Donc,
allez-y.
Journaliste : M. Miron,
peut-être juste une petite question pour rebondir sur ce que mon collègue
Patrick vient de vous demander. Auriez-vous aimé que ça se fasse bien avant
qu'aujourd'hui?
M. Miron (David) : Bien, tu
sais, nous, on a... qu'est-ce que je pourrais bien répondre à ça...
Mme Martinez (Veronica) : Dans
un monde idéal, oui, sinon notre garçon serait encore là. Ça fait que c'est
certain, oui.
La Modératrice : Prochaine
question.
Journaliste
: ...un peu
dans le même ordre d'idée, là, vous... Il y a un rapport qui a été émis en
2023, on peut le consulter en ligne aujourd'hui, on en connaît les grandes
lignes, puis il y a une recommandation qui est claire d'interdire la vente
auprès des personnes mineures. Comment se fait-il, donc, à ce moment-là... Je
vous pose un peu la même question, mais comment se fait-il que, jusqu'à
récemment, la Santé publique continuait d'agir en prévention plutôt que d'avoir
suivi ce rapport qui est... qui est sorti il y a trois ans, là?
Mme Bélanger : Vous savez,
c'est le processus normal, là. Quand on veut avoir des lois en lien avec la
santé publique, la première chose avant d'arriver avec une loi, c'est
d'améliorer nos activités de communication, de sensibilisation. C'est ce que la
santé publique a fait. Et c'est important, parce qu'avant c'est un peu comme...
Je vais prendre l'exemple du tabac, vous savez, avant d'arriver... ou de la
ceinture de sécurité, hein, vous vous souvenez? Bien, peut-être vous vous ne
souvenez pas parce que vous êtes jeunes, là, mais moi j'ai connu l'époque où il
n'y avait pas de loi là-dessus, là. Il n'y avait pas d'amende, il n'y avait pas
de pénalité. Il y avait de la sensibilisation, de la sensibilisation, mais, à un
moment donné, ça a atteint ses limites puis je pense que c'est comme ça qu'il
faut le voir. On était rendus à l'étape où il fallait, avec la loi, nous aider
à... à l'application de tout ça.
Journaliste : Juste un petit
mot sur le choix de 16 ans plutôt que 18 ans?
Mme Bélanger : Bien, écoutez,
c'est une... c'est un... Très bonne question, parce que c'est une question
d'application après puis de réalisme puis de faisabilité. Puis on a regardé
avec des médecins, des pédiatres, notamment des experts en santé publique, puis
il y a toute une question de développement aussi de l'enfant, développement de
la jeunesse, puis il y a aussi... il faut regarder l'environnement des jeunes.
Vous savez, il y a le primaire puis il y a le secondaire puis, après ça, il y a
le cégep. Alors, commencer à légiférer pour les 18 ans et moins... Là, on
rentrait dans les... au niveau collégial, au niveau cégep puis on se
disait : Bien, ce n'est pas la bonne chose, parce que, rendu là, il y a
quand même... Habituellement, le développement physique est pas mal terminé.
Puis les jeunes... les jeunes sont à une autre étape de leur développement de
la vie adulte. Alors, moins de 16 ans, ça a été ça qui a fait le
consensus, je dirais, scientifique.
La Modératrice : Parfait. On
va prendre une dernière question, madame va devoir nous quitter dans pas
longtemps.
Journaliste : En fait, je
vais juste me dépêcher, là. Cathy Senay, CBC. Est-ce que vous parlez un petit
peu en anglais ou?
Des voix : ...
Journaliste
: OK. How do you feel today? You lost your son in 2024. You have
this fight, this battle, and you've done it with courage. So, how do you feel
today now that the bill was tabled?
Mme Martinez
(Veronica) : I'm relieved. But it's not over
yet. So, we're very thankful, grateful for all the work that has been done, but
there's still some work to do to be able to just to relax and to enjoy
completely the... It's special what's happening today. It's... I mean, it's
incredible. So, we're very happy, grateful, but we're still waiting for the
finish line.
Journaliste
: What do you want to say to Maïté Blanchette
Vézina?
Mme Martinez
(Veronica) : We'll talk together later today,
so... yes.
Journaliste :
What's your attitude?
Mme Martinez
(Veronica) : I'm always with... with love and
I'm...
Une voix : ...
Mme Martinez
(Veronica) : Openness. I mean, that's why we
are where we are now, because it was always with love and... So, now, no, I
have no hard feelings against her, none.
La Modératrice
:Merci beaucoup. C'est la fin de... C'est la fin de ce point
de presse. Merci.
(Fin à 11 h 52)