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Point de presse de M. Eric Girard, ministre des Finances

Version préliminaire

Cette transcription a été réalisée à l’aide d’un logiciel de reconnaissance vocale. Elle pourrait donc contenir des erreurs.

Monday, August 17, 2026, 11 h

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement


 

11 h 01 (version non révisée)

(Onze heures quatre minutes)

La Modératrice : Bonjour à tous. Bonjour à tous. Merci d'être présents aujourd'hui.

Le ministère des Finances a publié aujourd'hui le rapport préélectoral sur l'état des finances publiques du Québec.

J'invite maintenant le ministre des Finances et ministre responsable des infrastructures, M. Eric Girard, à prendre la parole.

M. Girard (Groulx) : Bonjour à tous. Merci d'être ici. Je sais qu'il se passe beaucoup de choses aujourd'hui.

Alors, les finances publiques du Québec se portent bien et s'améliorent en dépit de grandes turbulences observées dans l'économie mondiale.

Comme en 2024-2025, la situation financière du Québec s'est grandement améliorée en 2025-2026. L'amélioration se poursuit en 2026-2027, 2027-2028 et 2028-2029. Le Québec affiche d'ailleurs un déficit comptable en pourcentage du PIB parmi les plus faibles au Canada, inférieur à 1 % du PIB.

Je rappelle que pour l'année 2024-2025, nous avions prévu un déficit de 11 milliards après versements au Fonds des générations. Ce chiffre a été révisé à 7,6 milliards, une amélioration de 3,4 milliards.

Pour l'année 2025-2026, nous avions prévu un déficit après versement des Fonds des générations de 13,6 milliards. Aux comptes publics en juillet, cette année, nous avons révisé ce chiffre à 7,8 milliards, une amélioration de 5,8 milliards.

Pour 2026-2027, l'année en cours, alors il y a une amélioration de 900 millions pour un déficit de 7,7 milliards après versements au Fonds des générations. Mais dans ce chiffre, il y a toujours une provision de 2 milliards. Et cette...


 
 

11 h 06 (version non révisée)

M. Girard (Groulx) : ...provisions là n'a pas été utilisé dans les deux dernières années.

Alors, le rapport préélectoral et préparé par le ministère des Finances comprend une mise à jour des prévisions économiques et budgétaires, un plan... le plan de retour à l'équilibre budgétaire, les scénarios alternatifs de prévisions et, bien sûr, le rapport de certification de la Vérificatrice générale. La conclusion de l'examen de la Vérificatrice générale est à la page 7 du rapport, est à l'effet que les hypothèses retenues et les prévisions relatives au cadre financier et à la dette pour les années, parce que c'est important, elle se concentre sur trois années, 2026-2027, 2027-2028, 2028-2029, sont plausibles dans tous leurs aspects significatifs.

Le ministère des Finances prévoit une croissance du PIB réel de 0,7 % en 2026, 1,4 % en 2027. C'est en ligne avec les prévisions du secteur privé. Sur l'horizon cinq ans du cadre financier, les revenus devraient croître à un rythme annuel moyen de 3,3 %, pour les dépenses, c'est 2,3 %, donc une évolution qui est cohérente avec le retour à l'équilibre budgétaire. Le plan de retour à l'équilibre budgétaire et crédible, fondé sur des mesures explicites aux revenus et aux dépenses. La part des dépenses dans l'économie devra diminuer de 25,7 % du PIB à 24,4 %, le niveau où elles étaient avant la pandémie. Au 31 mars 2026, la dette nette du Québec, de 246 milliards, s'établit à 38,1 % du PIB, et c'est important de dire que c'est 5 % plus bas que le niveau du 31 mars 2019.

En conclusion, bien que l'économie soit fragilisée par les tensions commerciales, le Québec bénéficie... par les tensions commerciales avec les États-Unis, le Québec bénéficie d'une économie diversifiée, de finances publiques solides et d'une gouvernance budgétaire reconnue. Cette gouvernance repose sur deux piliers, la Loi sur l'équilibre budgétaire, la Loi sur la gestion de la dette et le Fonds des générations, et tous les partis qui aspirent à gouverner le Québec devront être guidés par ces deux lois.

Alors, ça fait déjà huit ans que je suis le ministre des Finances du Québec. Servir les Québécois est un grand honneur et un grand privilège. Il y a eu des circonstances exceptionnelles au niveau de l'économie mondiale, et il y en a encore, avec les tensions commerciales avec les États-Unis. Alors, de constater que nous avons réduit l'écart de richesse avec le reste du Canada, de 5 %, et diminué la dette... le poids de la dette dans l'économie, de 5 %, me rend, évidemment, très fier. Alors, merci, il me ferait plaisir de répondre à vos questions. Il y a deux pages qui sont extrêmement importantes, la page 16, les hypothèses économiques, et la page 17, le cadre financier. Ça me ferait plaisir de prendre vos questions.

La Modératrice : Merci. Donc, nous allons commencer la période de questions. Merci de vous présenter au micro, et on va commencer de ce... Schéma. Je suis un petit peu plus facile avec... Marc-André.

Journaliste : M. le ministre, bonjour, Marc-André Gagnon, du Journal de Québec. Bien, depuis quelques mois, on avait compris qu'il y avait à peu près 2 milliards de dollars à aller chercher pour atteindre l'équilibre budgétaire comme vous le souhaitez, en 2029-2030. Or, là, la Vérificatrice générale, en faisant différentes additions, arrive à un montant de 5 milliards de dollars. Peut-être nous expliquer l'écart entre son écart et le vôtre.

M. Girard (Groulx) : Bien, je n'ai pas eu l'occasion d'écouter au complet sa conférence de presse, mais je pense qu'elle a bien précisé là, qu'il ne faut pas additionner ces deux chiffres, hein? Alors, il y a un effort aux dépenses...

Journaliste : ...

M. Girard (Groulx) : Non, il ne faut pas les additionner.

Journaliste : L'écart... l'écart pour arriver à l'équilibre budgétaire, de 1,85 milliard de dollars et 3 milliards de dollars, on peut les additionner. C'est ce qu'on s'est fait dire dans le briefing technique.

M. Girard (Groulx) : Oui, bien là, je vais préciser, là. Dans la prévision de croissance des dépenses, il y a un effort, aux dépenses, qui est déjà prévu, de l'ordre de 2 à 3 milliards. C'est ce que la Vérificatrice générale vous a dit. C'est explicite à la page 60 du rapport préélectoral, c'est expliqué, c'est transparent. D'ailleurs, la Vérificatrice générale a souligné la transparence. Il y a, bien sûr, pour revenir à l'équilibre budgétaire après versement aux Fonds des générations...


 
 

11 h 11 (version non révisée)

M. Girard (Groulx) : ...qu'il faut se rappeler que le Québec a la cible budgétaire la plus ambitieuse depuis le plan de retour à l'équilibre budgétaire. Il y a 2 milliards à trouver supplémentaires qu'on appelle des écarts à résorber, qui ça, nous permettrait d'atteindre un surplus de l'ordre... surplus comptable de l'ordre de 3 milliards. Et ça, ça peut venir soit d'une hausse des revenus, soit d'une diminution des tensions au niveau de la relation commerciale avec les États-Unis, c'est le scénario alternatif optimiste, ça peut venir des provisions et ça pourrait venir d'un effort supplémentaire aux dépenses. Et, dans ce cas là, oui, ça ferait un effort supplémentaire aux dépenses.

Journaliste : Donc, à la fin du prochain mandat, là, les efforts supplémentaires, là, pouvez-vous nous donner des exemples de ce qu'ils pourraient être, quel... ou à quel programme, par exemple, le gouvernement pourrait mettre fin? Où faudra-t-il couper si on n'obtient pas les revenus supplémentaires espérés?

M. Girard (Groulx) : OK. Par exemple, un geste qui a été fait, plafonner... en fait, retirer la main-d'œuvre indépendante dans le réseau de la santé. Alors, ça, c'est un geste qui a été fait par le gouvernement. Terminer les bourses Perspective au niveau de l'Enseignement supérieur. On a aussi des programmes temporaires qui ont été mis en place, par exemple pour l'industrie de la forêt, le secteur agricole, en raison de la guerre tarifaire. Alors, ces programmes-là sont...

Journaliste : Mais je ne vous parle pas... je ne parle pas d'exemples de ce qui a été fait, je vous demande de me donner des exemples de ce qui pourrait être fait pour diminuer les dépenses, pour aller chercher les milliards qui manquent pour atteindre l'équilibre budgétaire.

M. Girard (Groulx) : Oui, bien, c'est ce que je vous dis. L'examen des dépenses, les gestes, la révision, le plan de match, c'est à la page 60, le chantier gouvernemental de l'efficacité de l'État. Alors là, je vous ai donné des gestes concrets qui ont été faits, OK, et il y a un chantier qui est toujours en cours de l'efficacité de l'État qui va amener d'autres économies. Si on prend par exemple la dépense fiscale, la dépense fiscale augmentait de 7 % par année, en réduisant les crédits d'impôt sur les jeux vidéo, les effets visuels, les effets spéciaux, le crédit d'impôt affaires électroniques, on a réduit la croissance de la dépense fiscale de 7 % par année à 2 %. Alors, ça, ce sont des gestes concrets qui ont été posés.

Journaliste : Et... parce que vous ne répondez pas à la question. Lorsque je vous demande : Où pourriez-vous couper davantage? Autrement dit, il est trop tôt pour le dire, vous ne le savez pas.

M. Girard (Groulx) : Bien, dans le plan... Je vous réfère encore une fois, parce que les documents sont très transparents, là. Dans le plan à la page 60, là, pour... les gestes sont énumérés. Alors, je vous réfère à la page 60 du rapport préélectoral. Et il y a toujours des programmes qui expirent. Là, un des éléments dans le cadre financier, c'est que, notamment, le financement des ententes bilatérales en santé au niveau des soins à domicile, de la santé mentale expire, et donc ça crée une pression sur le niveau de dépenses.

Journaliste : Bonjour, M. le ministre.

M. Girard (Groulx) : Bonjour.

Journaliste : Marie-Michèle Sioui au Devoir. Je veux juste me faire confirmer. La manière dont ça nous a été expliqué de l'autre côté, c'est que le 3 milliards, c'est des efforts à faire pour rester à 1 % de croissance des dépenses. Est-ce qu'on a bien compris

M. Girard (Groulx) : En fait, la moyenne des dépenses sur cinq ans, c'est 2,3 %. OK? Puis derrière nous, il y a eu un taux de croissance de dépenses de l'ordre de 6 % parce qu'on a eu une période post-pandémique, puis on a eu une année d'inflation à 8 %. Puis devant nous, dans le cadre financier, il y a un taux de croissance prévu de 2,3 % avec des provisions qui correspondent essentiellement à 1 %. Alors, le... ce que la Vérificatrice générale dit, c'est qu'imbriquer dans ces taux de croissance de dépenses là est un effort au niveau des dépenses de l'ordre de 2 à 3 milliards, qui correspond à 1 % à 2 % des dépenses totales. Et c'est une affirmation qui est juste.

Journaliste : Et donc, nécessairement, il va falloir resserrer les dépenses davantage dans les années à venir qu'on a faites dans les années passées. Vous êtes d'accord avec moi?

M. Girard (Groulx) : Bien, c'est-à-dire que, dans le passé, on a eu un taux de croissance des dépenses de 6 %. Puis, à l'avenir, on aura un taux de croissance des dépenses de 2 % à 3 %. C'est donc une modération du taux de croissance. Mais c'est important de souligner, par exemple, qu'en 2023 et 2024, on a eu une croissance de la population de plus de 2 % au Québec à chaque année. Et puis là, jusqu'en 2030, on n'a pas de croissance de population, on n'a pas de croissance de clientèle au niveau du ministère de l'Éducation. Ça, ce sont des facteurs qui sont importants...


 
 

11 h 16 (version non révisée)

Journaliste : ...des pourcentages, là, on s'en va en campagne électorale, et puis je pense que c'est un peu là que Marc-André s'en allait aussi. On voit des problèmes dans les infrastructures, des écoles, des hôpitaux, etc. Vous avez vous-même envoyé un courriel à l'actuelle première ministre en disant : Faites attention, quand même, avec les dépenses. Donc, est-ce qu'il y a une certaine prudence qui s'impose? Est-ce que vous demandez, peut-être, aux partis d'être rigoureux dans leurs annonces en campagne électorale, étant donné ce qui s'en vient, là, puis étant donné l'état des finances publiques?

M. Girard (Groulx) : Bien, écoutez, le rapport préélectoral, c'est un document budgétaire qui vise à mettre la table pour toute l'élection. Moi, je ne donne pas de conseil à personne. C'est comme une mise à jour de la situation financière et budgétaire. Mais ce que je dis, c'est que ceux qui aspirent à gouverner doivent respecter la Loi sur l'équilibre budgétaire, la loi sur la gestion de la dette et le Fonds de générations, qui sont des piliers de la gouvernance financière du Québec.

Journaliste : ...faire attention, quand même.

M. Girard (Groulx) : Bien, il faut toujours faire attention. Puis c'est l'équilibre, le retour à l'équilibre budgétaire, c'est au bénéfice de tous les Québécois. C'est ça qui permet d'avoir une capacité d'emprunt élevée puis qui permettra, effectivement, de faire plus d'investissements en infrastructures. Tout ça, c'est lié, là. La situation budgétaire, la situation des investissements, c'est lié. Est-ce qu'on va là où là? Là.

Journaliste : Oui, bonjour.

M. Girard (Groulx) : Bonjour.

Journaliste : Dans votre dernier budget, vous avez présenté le Plan québécois des infrastructures sur dix ans. Vous êtes un gouvernement qui s'est souvent vanté de dire : On augmente les investissements d'infrastructures, mais là, forcément, vous allez devoir diminuer, vous allez devoir revoir... Le prochain gouvernement, il faut qu'il revoie, finalement, à la baisse le Plan québécois des infrastructures, de ce qu'on comprend.

M. Girard (Groulx) : Bon. Alors, si on regarde l'année courante. 2025-2026, l'année passée, l'année courante est à 19,4 milliards, l'année dernière, elle était à 21 milliards, parce qu'étant donné que la situation financière s'était améliorée vraiment de façon significative, on a devancé des dépenses au niveau de la ligne bleue et du tramway. Alors, 21 milliards en 2025-2026, c'était 9 milliards en 2018-2019, c'est une augmentation de 130 %. Alors, il y a un effort extrêmement important qui est fait. Ce que la VG souligne, c'est que l'année 2025-2026, 2026-2027 et 2027-2028 sont très élevées. C'est vrai, là, c'est le même constat qu'avait fait S&P, c'est que le niveau d'infrastructure actuel est très élevé. Et là, en 2028-2029, il y a une baisse à 17 milliards. Alors, c'est certain qu'un prochain gouvernement devra trouver l'équilibre et décider à quel endroit... Le Plan québécois d'infrastructures est actuellement de 167 milliards, et chaque parti devra décider à quel niveau il veut amener le Plan québécois d'infrastructures. Par exemple, s'il atteignait 175 milliards, c'est 17 milliards et demi par année. Chaque partie devra décider ça, et le retour à l'équilibre budgétaire permet, toutes choses étant égales par ailleurs, de faire plus d'infrastructures. C'est certain.

Journaliste : Oui, mais dans les années avant de revenir à l'équilibre budgétaire, forcément, le plan devra être revu à la baisse. Si on en comprend le rapport de la VG.

M. Girard (Groulx) : Pour les... Parce qu'il faut... Le Plan québécois des infrastructures, bien qu'il est sur dix ans, ce qui est en réalisation puis ce qui fait une différence pour les citoyens, c'est vraiment les trois premières années. Et puis, là, les trois premières années sont très élevées, 21 milliards l'an dernier, 19,4 cette année, 20 milliards l'an prochain, et puis là, en 2028-2029, bien, ça diminue. Et ce que la Vérificatrice générale souligne, c'est que le niveau de 2028-2029 est inférieur au niveau actuel. Mais ça, les nouveaux gouvernements, le nouveau gouvernement et, certainement, le nôtre, si on a le privilège d'être réélus, devront décider, au PQI 2027-2037, quel niveau de Plan québécois des infrastructures ils veulent avoir pour... ils veulent avoir pour chacune des années. Ça, c'est une décision du gouvernement.

Journaliste : Je me demandais : Étant donné que vous avez produit le rapport pour le 10 juillet et qu'on est dans une semaine assez cruciale de négociations avec les États-Unis, à quel point vos prévisions peuvent être affectées par ce qui va se passer cette semaine?

M. Girard (Groulx) : Bien, je pense que c'est de là l'importance d'avoir des scénarios alternatifs, hein? On a un scénario de récession et on a un scénario où on a une croissance beaucoup plus forte. On récupère un peu ce qu'on a perdu en 2025-2026, parce qu'il y a un climat plus propice à l'investissement puis au commerce. Et c'est certain que le Québec...


 
 

11 h 21 (version non révisée)

M. Girard (Groulx) : ...le Québec, c'est la province qui a le secteur manufacturier le plus important au Canada dans son économie. Alors, présentement, nous sommes les plus touchés. Donc, ce qui se passe au niveau des négociations, c'est extrêmement important.

Journaliste : ...vers le scénario négatif de récession...

M. Girard (Groulx) : Mais ça dépend.

Journaliste : ...si ça se concrétise cette semaine.

M. Girard (Groulx) : Non, non, mais, attention, là, ça dépend de ce qui va arriver.

Il faut laisser la négociation suivre, mais il vient un moment où on doit, en vertu de la loi, présenter un rapport préélectoral.

Nos hypothèses sont centrées, cohérentes en ligne avec le secteur privé. Et oui, il y a présentement des défis. La situation n'est pas réglée dans le détroit d'Ormuz, les négociations commerciales sont dans un... un point de bascule, un moment extrêmement important. Mais les hypothèses sont centrées.

Il y a... il y a des possibilités de nouvelles positives, tout comme des nouvelles négatives. Il y a deux côtés à la distribution de probabilité, il ne faut jamais l'oublier.

Journaliste : Bonjour, M. Girard. Juste pour revenir sur les infrastructures. Là peut-être que j'ai mal compris, ça fait que vous me l'expliquer, mais de ce que j'ai compris, c'est qu'il faut... il va falloir éventuellement réduire le PQI si on veut atteindre les objectifs de... de la loi et donc la réduction du poids de la dette.

M. Girard (Groulx) : Non, ce n'est pas ce que j'ai dit. J'ai dit que, présentement, il y a une prévision. Le 167 milliards, il est surpondéré dans les trois premières années et sous pondéré dans les sept suivantes.

Si on fait l'hypothèse que 167 milliards, c'est 10 fois 16,7, par exemple, OK? Il est surpondéré dans les trois premières années puis là il y a une baisse dans les années quatre, cinq, etc. Le prochain gouvernement qui déposera le PQI 2027-2037 décidera s'il veut relever le Plan québécois des infrastructures. C'est une décision importante que chaque...

Nous, on l'a augmentée à chaque année que nous étions au pouvoir. Comme je l'ai mentionné, l'année courante est 130 % du niveau lorsqu'on est arrivé.

Alors, ces décisions-là sont prises en temps et lieu, mais c'est certain que plus vous êtes proche de l'équilibre budgétaire, plus vous avez de capacité de financement, plus le PQI peut être élevé.

Journaliste : Pardonnez-moi de vous interrompe, mais est-ce que c'est possible de... Parce que vous dites c'est surpondéré, je comprends bien, mais est-ce que c'est possible de... de conserver, disons, la vitesse de croisière que l'on a actuellement et de réduire le poids de la dette?

M. Girard (Groulx) : Oui, définitivement, il y a de la marge de manœuvre pour ça.

Journaliste : Et sur les dépenses, vous avez déjà par le passé critiqué, là, l'approche de «stop and go», pardonnez-moi l'anglicisme, que le gouvernement Couillard, Leitão avait fait. Et ce n'est pas un petit peu ça que vous allez faire en provisionnant 1 % de croissance de dépenses deux années successives, alors que c'est bien en deçà des coûts de système?

M. Girard (Groulx) : OK. Bien là, je vais être clair, la moyenne sur cinq ans est de 2,3 %. Avec les provisions, ça va au-dessus de 3 %. Et l'an dernier et cette année, on est à 3 %. Alors, le taux de croissance des dépenses, il a déjà ralenti.

Derrière nous, il y a des événements exceptionnels...

Journaliste : ...à 1 %.

M. Girard (Groulx) : Oui.

Journaliste : Ce n'est pas ça un peu, le «stop and go», faire deux années très basses? Après ça, vous pouvez me parler de la moyenne, mais si on fait deux années très basses, ça ne vient pas faire un coup, disons...

M. Girard (Groulx) : Vous faites référence à quelle année, exactement?

Journaliste : Là, je n'ai pas les chiffres devant moi, de 2028-2029.

M. Girard (Groulx) : OK. Vous, vous faites référence au fait qu'il y a deux années et demie, mais il y a plusieurs choses qui se passent à ce niveau-là.

D'abord, il y a la diminution des infrastructures qu'on a parlé. Ensuite, il y a le fait que les ententes bilatérales en santé se terminent. Alors, il faut renouveler ces ententes-là, c'est extrêmement important, ça va rehausser les dépenses en santé.

Il y a aussi de nombreux programmes temporaires, par exemple, pour la forêt, l'agriculture, qui ont été mis en place avec la guerre commerciale, qui ne sont... Il n'est pas prévu dans le cadre financier que la guerre commerciale va perdurer cinq ans.

Alors, il y aura l'opportunité. Si on parle par exemple, de l'année 2028-2029, il y aura l'opportunité au budget 2027-2028, au budget 2028-2029 de relever le niveau de dépenses. Mais là, ce qui est important, c'est que 2025-2026 et 2026-2027, on a 3 % de croissance de dépenses. Le ralentissement, il est déjà en cours et c'est cohérent avec le plan de retour à l'équilibre budgétaire.

Journaliste : Bonjour, M. Girard. Pierre-Antoine Gosselin de TVA. Je vous réfère à la page 52 de votre rapport préélectoral, donc qui démontre l'impact financier des initiatives du gouvernement entre mars 2026 jusqu'à aujourd'hui, c'est ce que je présume...

M. Girard (Groulx) : Depuis l'élection de la première ministre.

Journaliste : ...depuis l'élection de la première ministre. Mme Fréchette, corrigez-moi si je me trompe, disposait d'environ 250 millions de dollars...


 
 

11 h 26 (version non révisée)

M. Girard (Groulx) : ...1,3 milliard de dollars.

Journaliste : Sur cinq ans, 1,3 milliard de dollars.

M. Girard (Groulx) : Oui.

Journaliste : Or, je vois qu'en date d'aujourd'hui, on parle de dépenses de 2,295 milliards.

M. Girard (Groulx) : 2,3 milliards, oui.

Journaliste : 2,3. Est-ce que Christine Fréchette a dépensé 1 milliard de plus que ce qui était prévu?

M. Girard (Groulx) : Oui, mais les conditions avaient changé. C'est ça qui est très important là-dedans, là. C'est que, lorsque nous avons fait le budget 2026-2027, le budget est une photo, nous avions prévu que la guerre au Moyen-Orient allait durer six semaines. Or, il est apparu... d'ailleurs, nous sommes maintenant au mois d'août et le prix du baril de pétrole n'est pas revenu et le détroit n'est pas ouvert, alors les conditions ont changé. C'est-à-dire que la guerre au Moyen-Orient a perduré et ça a maintenu les prix à la pompe plus élevés, d'où la nécessité de faire plus au niveau de la protection du pouvoir d'achat pour les citoyens. C'est ce qu'on a fait.

Et également, il faut bien le dire, on a des revenus supplémentaires, là. On a eu des transferts fédéraux supplémentaires par rapport au budget 2026-2027, on a eu des revenus supplémentaires, et d'ailleurs le cadre financier s'améliore. Alors, tout ça est transparent, c'est effectivement à la page 52 du rapport.

Journaliste : Est-ce que ça faisait partie, un peu, des préoccupations que vous aviez? Je parle de la communication, là, qui s'est malheureusement retrouvée dans les médias, vous me direz, mais est-ce que ça faisait partie des préoccupations que vous aviez à l'époque, M. Girard?

M. Girard (Groulx) : Les discussions, puis c'est malheureux, de ce courriel, c'est qu'il y a seulement une partie du courriel qui a été publiée, hein, il n'y avait pas le document...

Une voix : ...

M. Girard (Groulx) : Oui, certainement, on pourra discuter des modalités de ça, mais il y avait un document en annexe, il y avait des explications. C'est qu'à ce moment-là, on discutait de l'ampleur du panier de biens qui allait être détaxé. Il y avait différents scénarios qui étaient proposés et je suggérais à la première ministre de prendre un des scénarios les moins dispendieux. Et puis ça fait partie des discussions normales entre un ministre des Finances et une première ministre. Et, si ces discussions-là n'avaient pas lieu, bien, c'est là que ce serait inquiétant.

Journaliste : ...M.Girard, mais est-ce que la première ministre, selon vous, a fait preuve de retenue?

M. Girard (Groulx) : Bien sûr. Parce qu'on voit que le cadre financier s'améliore en 2026-2027, en 2027-2028, en 2028-2029. Alors, on a utilisé seulement une partie des améliorations. Et la raison, c'est qu'il y avait un changement de contexte. C'est vraiment la guerre au Moyen-Orient qu'il faut se rappeler, là. Au budget 2026-2027, le président avait dit que la guerre allait durer deux week-ends. Et nous, on avait mis six semaines, qui était une hypothèse plausible, six semaines, et nous sommes au mois d'août puis ce n'est pas réglé.

Journaliste : Sur le PQI, en fait, ce que nous dit la Vérificatrice générale, c'est qu'il y aura une réduction des dépenses en immobilisations de l'ordre de 20 % d'ici 2030-2031.

M. Girard (Groulx) : Si... Ce qu'elle dit, c'est que, dans le fond, le niveau du PQI 2029-2030 par rapport au niveau actuel est plus bas. C'est indéniable. Mais il y aura un budget en 2027, en 2028, en 2029, les gouvernements auront le loisir de relever le Plan québécois des infrastructures.

Journaliste : Si les prévisions actuelles se concrétisent telles quelles, ce qu'elle dit, c'est qu'il y a un risque pour les infrastructures qui, déjà, se dégradent, comme on le sait. Est-ce que vous partagez ce constat-là? Si... c'est-à-dire que si les prévisions se réalisent telles quelles, il y a un risque pour la dégradation des infrastructures au Québec.

M. Girard (Groulx) : Mais là où je suis totalement en accord avec la Vérificatrice générale, c'est qu'il va falloir faire un effort supplémentaire au niveau des infrastructures. Je suis le ministre des Infrastructures depuis quelques mois. J'étais... d'ailleurs, cette semaine, je suis allée au cégep Saint-Laurent voir la situation. C'est indéniable que le Québec doit... va continuer de devoir faire des efforts importants au niveau des infrastructures.

Alors, ce que la Vérificatrice générale dit, c'est que, ce qu'il y a dans le cadre financier, c'est que les trois premières années sont élevées par rapport aux sept suivantes. Mais il y aura un budget en 2027, il y aura un budget en 2028, en 2029, en 2030. Chaque gouvernement prend ses décisions. Dans notre cas, on a augmenté le Plan québécois d'infrastructures de 66 %.

Journaliste : ...que c'est ce que vous pourriez faire à nouveau en 2027. Mais j'ai une autre question. Sur les dépenses, elle écrit également que les niveaux de croissance ne permettent pas de couvrir les coûts établis pour reconduire toutes les activités de l'État. Elle écrit : Il existe un risque de tels niveaux de croissance puissent avoir des conséquences sur les services à la population. Est-ce que ça, vous partagez... vous êtes d'accord avec ça?

M. Girard (Groulx) : Bien, c'est-à-dire que, ce qui est imbriqué...


 
 

11 h 31 (version non révisée)

M. Girard (Groulx) : ...qui est imbriqué dans le cadre financier, là. Ce qu'elle dit, je suis parfaitement d'accord avec elle... c'est à la page 60... c'est qu'il y a un effort aux dépenses, de 2 à 3 milliards, qui correspond à 1 % à 2 % des dépenses de programmes. C'est déjà imbriqué, il y a déjà un effort. Alors ceux qui vont promettre des efforts supplémentaires de coupures de dépenses doivent savoir qu'il y a déjà un effort de prévu de 1 % à 2 %.

Journaliste :  ...

M. Girard (Groulx) : Ah! mais les... au niveau des infrastructures, le gouvernement du Québec devra en faire plus, le gouvernement fédéral devra en faire plus, le secteur privé devra en faire plus. Il faut trouver une façon de multiplier les efforts au niveau des infrastructures. Il va falloir continuer, c'est certain.

La Modératrice : On va prendre une dernière question avant l'anglais.

Journaliste : Une question très brève, là. Parlant de l'état des infrastructures, comme vous êtes ministre des Infrastructures, il y a, justement, des parents qui ont reçu un courriel aujourd'hui les avisant, à Québec, que l'école Saint-Fidèle, là, dans le quartier Limoilou, doit être fermée, donc, à la veille de la rentrée, en raison de fissures. Est-ce que ce n'est pas, justement, un exemple de l'état lamentable dans lequel plusieurs de nos écoles et de nos institutions publiques se trouvent à l'heure actuelle?

M. Girard (Groulx) : Bien, écoutez, on a des efforts à faire au niveau des infrastructures. La plupart des infrastructures au Québec ont été construites dans les années 60 et 70. C'est... On a construit de nombreuses nouvelles écoles, on fait des efforts au niveau du maintien d'actif. Il faudra continuer.

Des voix : ...

M. Girard (Groulx) : ...bien, d'accord. Merci.

Journaliste :The Auditor General said that there's a risk that, because of the efforts that the future Government will need to do to put in place... to cut expenses, there is a risk that public services could be affected. What do you say to Quebeckers? Because this is what they want to know, if public services will be affected in the following years.

M. Girard (Groulx) : OK, so, in the financial framework, we are covering for health care, for education, for higher education. We are covering the future cost of services in the financial framework. It's important to realize that, behind us, is a growth rate of expense in the magnitude of 6%, but we add 8% inflation in 2022, next... in the next five years, 2.3%, with contingencies...

Journaliste : But, more... just simply, would you say... will you guarantee to Quebeckers that their public services won't be affected by the reduction of expenses that you will have to do in the following years?

M. Girard (Groulx) : I'm...

Journaliste : Because the Auditor General talked about a potential risk that public services could be affected. So, I want to know, loud and clear: What do you think?

M. Girard (Groulx) : OK. Behind us is a growth rate of expense of 6%. In front of us, in order to deliver the quality of services that Quebeckers expect, we will need to do with a 2% to 3% expense growth. So, we need to provide the same level of care, actually, better level of services with efficiencies with a lower growth rate of expense, in the magnitude of 2% to 3%.

Journaliste : So, what do you say to Quebeckers, simply? What do you say to your mother? What do you say to your mother...

M. Girard (Groulx) : That, everyday, we come to work to improve services for Quebeckers, we are dedicated to improving services to Quebeckers.

Journaliste : The Auditor General says that the potential new tariffs of 50% are not considered in your pre-electual... pre-election report.

M. Girard (Groulx) : No, that's correct. So, we have a... an economic projection that is centered in line with private sector economic forecasts. We do have an alternative scenario where we face more difficulties related to the tariff war. And we have another scenario where tension ease and growth is a lot higher, and, therefore, it's easier to recover the budget balance. So, the economic projections are centered. They are possibilities that the situation worsens, there's also the possibility that the situation improves. That's very important.

Journaliste : Good morning. I just want to...


 
 

11 h 36 (version non révisée)

Journaliste : …what the auditor is saying is that anybody who forms the next government is going to inherit sort of a big problem here, like as in having to make up all the shortfalls. Even with your contingency plan, in the years… you have 2 billion, 2 billion in your contingency plan for 2026-2027, even with that, she's saying there will still be a shortfall.

So, is it a message to the political parties, to all political parties, that they cannot get carried away with their spending promises?

M. Girard (Groulx) : Well, first of all, I want to be clear, the financial position of Québec is improvement… is improving and is sound.

We have a deficit that is smaller than 1% of GDP, that is the second lowest in Canada. Net debt to GDP is 5% lower today than when we came to power.

So, the economic condition, the challenges that we face, all jurisdictions are facing these difficult conditions, the trade war, the Middle East war, the trade tension. And so, it's undeniable that to return to balanced budget, the growth… the growth of expenses will need to slow. It was 6% per year behind us. In the future, it will be 2 to 3% in order to get back to growth.

However, until 2030, we are not forecasting any population growth. That's also an important consideration in the growth rate of expenses.

Journaliste : She says it's stagnating. The population is stagnating.

M. Girard (Groulx) : Well, that will have an impact on expenses. Like the clientele in the elementary school and high school is not going to increase over the next year, while it increased in the past, it will increase in higher education.

Journaliste : But do you see her report as a sort of a little tap on the shoulder to all the parties? Because they she says there's not enough money to make a lot of big promises. Does that… Is that politically, is that a problem for you, for the CAQ or the other parties?

M. Girard (Groulx) : So, this is an update on the economic and the financial situation of Québec. The public finances of Québec are sound. They are improving.

All parties that want to govern will need to govern themselves with «la Loi sur l'équilibre budgétaire», «la Loi sur la gestion de la dette and the Generation fund». So, all parties are aware… These two laws are pillars of the strength of public finance of Québec. Merci beaucoup.

(Fin à 11 h 39)


 
 

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