Cette transcription a été réalisée à l’aide d’un logiciel de reconnaissance vocale. Elle pourrait donc contenir des erreurs.
(Onze heures cinq minutes)
M. Girard (Groulx) : Bonjour
à tous. Merci d'être ici. Je sais qu'il se passe beaucoup de choses aujourd'hui.
Alors, les finances publiques du Québec se
portent bien et s'améliorent en dépit de grandes turbulences observées dans l'économie
mondiale.
Comme en 2024-2025, la situation
financière du Québec s'est grandement améliorée en 2025-2026. L'amélioration se
poursuit en 2026-2027, 2027-2028 et 2028-2029. Le Québec affiche d'ailleurs un
déficit comptable en pourcentage du PIB parmi les plus faibles au Canada,
inférieur à 1 % du PIB.
Je rappelle que pour l'année 2024-2025,
nous avions prévu un déficit de 11 milliards après versements au Fonds des
générations. Ce chiffre a été révisé à 7,6 milliards, une amélioration de
3,4 milliards.
Pour l'année 2025-2026, nous avions
prévu un déficit après versement des Fonds des générations de 13,6 milliards.
Aux comptes publics en juillet, cette année, nous avons révisé ce chiffre à 7,8 milliards,
une amélioration de 5,8 milliards.
Pour 2026-2027, l'année en cours, alors il
y a une amélioration de 900 millions pour un déficit de 7,7 milliards
après versements au Fonds des générations. Mais dans ce chiffre, il y a
toujours une provision de 2 milliards. Et cette provision-là n'a pas été
utilisée dans les deux dernières années.
Alors, le rapport préélectoral et préparé
par le ministère des Finances comprend une mise à jour des prévisions
économiques et budgétaires, un plan... le plan de retour à l'équilibre
budgétaire, les scénarios alternatifs de prévisions et, bien sûr, le rapport de
certification de la Vérificatrice générale. La conclusion de l'examen de la
Vérificatrice générale est à la page 7 du rapport, est à l'effet que les
hypothèses retenues et les prévisions relatives au cadre financier et à la
dette pour les années, parce que c'est important, elle se concentre sur trois
années, 2026-2027, 2027-2028, 2028-2029, sont plausibles dans tous leurs
aspects significatifs.
Le ministère des Finances prévoit une
croissance du PIB réel de 0,7 % en 2026, 1,4 % en 2027. C'est en
ligne avec les prévisions du secteur privé. Sur l'horizon cinq ans du cadre
financier, les revenus devraient croître à un rythme annuel moyen de
3,3 %, pour les dépenses, c'est 2,3 %, donc une évolution qui est
cohérente avec le retour à l'équilibre budgétaire. Le plan de retour à
l'équilibre budgétaire et crédible, fondé sur des mesures explicites aux revenus
et aux dépenses. La part des dépenses dans l'économie devra diminuer de
25,7 % du PIB à 24,4 %, le niveau où elles étaient avant la pandémie.
Au 31 mars 2026, la dette nette du Québec, de 246 milliards,
s'établit à 38,1 % du PIB, et c'est important de dire que c'est 5 %
plus bas que le niveau du 31 mars 2019.
En conclusion, bien que l'économie soit
fragilisée par les tensions commerciales, le Québec bénéficie... par les
tensions commerciales avec les États-Unis, le Québec bénéficie d'une économie
diversifiée, de finances publiques solides et d'une gouvernance budgétaire
reconnue. Cette gouvernance repose sur deux piliers, la Loi sur l'équilibre
budgétaire, la Loi sur la gestion de la dette et le Fonds des générations, et
tous les partis qui aspirent à gouverner le Québec devront être guidés par ces
deux lois.
Alors, ça fait déjà huit ans que je suis
le ministre des Finances du Québec. Servir les Québécois est un grand honneur
et un grand privilège. Il y a eu des circonstances exceptionnelles au niveau de
l'économie mondiale, et il y en a encore, avec les tensions commerciales avec
les États-Unis. Alors, de constater que nous avons réduit l'écart de richesse
avec le reste du Canada, de 5 %, et diminué la dette... le poids de la
dette dans l'économie, de 5 %, me rend, évidemment, très fier. Alors,
merci, il me ferait plaisir de répondre à vos questions. Il y a deux pages qui
sont extrêmement importantes, la page 16, les hypothèses économiques, et la
page 17, le cadre financier. Ça me ferait plaisir de prendre vos questions.
La Modératrice : Merci. Donc,
nous allons commencer la période de questions. Merci de vous présenter au
micro, et on va commencer de ce... Schéma. Je suis un petit peu plus facile
avec... Marc-André.
Journaliste : M. le ministre,
bonjour, Marc-André Gagnon, du Journal de Québec. Bien, depuis quelques
mois, on avait compris qu'il y avait à peu près 2 milliards de
dollars à aller chercher pour atteindre l'équilibre budgétaire comme vous le
souhaitez, en 2029-2030. Or, là, la Vérificatrice générale, en faisant
différentes additions, arrive à un montant de 5 milliards de dollars.
Peut-être nous expliquer l'écart entre son écart et le vôtre.
M. Girard (Groulx) : Bien, je
n'ai pas eu l'occasion d'écouter au complet sa conférence de presse, mais je
pense qu'elle a bien précisé là, qu'il ne faut pas additionner ces deux
chiffres, hein? Alors, il y a un effort aux dépenses...
Journaliste
: ...
M. Girard (Groulx) : Non, il
ne faut pas les additionner.
Journaliste : L'écart...
l'écart pour arriver à l'équilibre budgétaire, de 1,85 milliard de
dollars et 3 milliards de dollars, on peut les additionner. C'est ce qu'on
s'est fait dire dans le briefing technique.
M. Girard (Groulx) : Oui,
bien là, je vais préciser, là. Dans la prévision de croissance des dépenses, il
y a un effort, aux dépenses, qui est déjà prévu, de l'ordre de 2 à
3 milliards. C'est ce que la Vérificatrice générale vous a dit. C'est
explicite à la page 60 du rapport préélectoral, c'est expliqué, c'est
transparent. D'ailleurs, la Vérificatrice générale a souligné la transparence.
Il y a, bien sûr, pour revenir à l'équilibre budgétaire après versement aux Fonds
des générations... Parce qu'il faut se rappeler que le Québec a une... la cible
budgétaire la plus ambitieuse. Depuis le plan de retour à l'équilibre
budgétaire, il y a 2 milliards à trouver supplémentaires qu'on appelle des
écarts à résorber, qui, ça, nous permettrait d'atteindre un surplus de
l'ordre... surplus comptable de l'ordre de 3 milliards. Et ça, ça peut
venir soit d'une hausse des revenus, soit d'une diminution des tensions au
niveau de la relation commerciale avec les États-Unis, c'est le scénario
alternatif optimiste, ça peut venir des provisions et ça pourrait venir d'un
effort supplémentaire aux dépenses. Et, dans ce cas là, oui, ça ferait un
effort supplémentaire aux dépenses.
Journaliste : Donc, à la fin
du prochain mandat, là, les efforts supplémentaires, là, pouvez-vous nous
donner des exemples de ce qu'ils pourraient être, quel... ou à quel programme,
par exemple, le gouvernement pourrait mettre fin? Où faudra-t-il couper si on
n'obtient pas les revenus supplémentaires espérés?
M. Girard (Groulx) : OK. Par
exemple, un geste qui a été fait, plafonner... en fait, retirer la main-d'œuvre
indépendante dans le réseau de la santé. Alors, ça, c'est un geste qui a été
fait par le gouvernement. Terminer les bourses Perspective au niveau de
l'Enseignement supérieur. On a aussi des programmes temporaires qui ont été mis
en place, par exemple pour l'industrie de la forêt, le secteur agricole, en
raison de la guerre tarifaire. Alors, ces programmes-là sont...
Journaliste
:
Mais
je ne vous parle pas... je ne parle pas d'exemples de ce qui a été fait, je
vous demande de me donner des exemples de ce qui pourrait être fait pour
diminuer les dépenses, pour aller chercher les milliards qui manquent pour
atteindre l'équilibre budgétaire.
M. Girard (Groulx) : Oui,
bien, c'est ce que je vous dis. L'examen des dépenses, les gestes, la révision,
le plan de match, c'est à la page 60, le chantier gouvernemental de
l'efficacité de l'État. Alors là, je vous ai donné des gestes concrets qui ont
été faits, OK, et il y a un chantier qui est toujours en cours de l'efficacité
de l'État qui va amener d'autres économies. Si on prend par exemple la dépense
fiscale, la dépense fiscale augmentait de 7 % par année, en réduisant les
crédits d'impôt sur les jeux vidéo, les effets visuels, les effets spéciaux, le
crédit d'impôt affaires électroniques, on a réduit la croissance de la dépense
fiscale de 7 % par année à 2 %. Alors, ça, ce sont des gestes
concrets qui ont été posés.
Journaliste : Et... parce que
vous ne répondez pas à la question. Lorsque je vous demande : Où
pourriez-vous couper davantage? Autrement dit, il est trop tôt pour le dire,
vous ne le savez pas.
M. Girard (Groulx) : Bien,
dans le plan... Je vous réfère encore une fois, parce que les documents sont
très transparents, là. Dans le plan à la page 60, là, pour... les gestes
sont énumérés. Alors, je vous réfère à la page 60 du rapport préélectoral.
Et il y a toujours des programmes qui expirent. Là, un des éléments dans le
cadre financier, c'est que, notamment, le financement des ententes bilatérales
en santé au niveau des soins à domicile, de la santé mentale expire, et donc ça
crée une pression sur le niveau de dépenses.
Journaliste : Bonjour, M. le
ministre.
M. Girard (Groulx) : Bonjour.
Journaliste
:
Marie-Michèle Sioui au Devoir. Je veux juste me faire confirmer. La
manière dont ça nous a été expliqué de l'autre côté, c'est que le
3 milliards, c'est des efforts à faire pour rester à 1 % de
croissance des dépenses. Est-ce qu'on a bien compris
M. Girard (Groulx) : En fait,
la moyenne des dépenses sur cinq ans, c'est 2,3 %. OK? Puis derrière nous,
il y a eu un taux de croissance de dépenses de l'ordre de 6 % parce qu'on
a eu une période post-pandémique, puis on a eu une année d'inflation à
8 %. Puis devant nous, dans le cadre financier, il y a un taux de
croissance prévu de 2,3 % avec des provisions qui correspondent
essentiellement à 1 %. Alors, le... ce que la Vérificatrice générale dit,
c'est qu'imbriquer dans ces taux de croissance de dépenses là est un effort au
niveau des dépenses de l'ordre de 2 à 3 milliards, qui correspond à
1 % à 2 % des dépenses totales. Et c'est une affirmation qui est
juste.
Journaliste : Et donc,
nécessairement, il va falloir resserrer les dépenses davantage dans les années
à venir qu'on a faites dans les années passées. Vous êtes d'accord avec moi?
M. Girard (Groulx) : Bien,
c'est-à-dire que, dans le passé, on a eu un taux de croissance des dépenses de
6 %. Puis, à l'avenir, on aura un taux de croissance des dépenses de
2 % à 3 %. C'est donc une modération du taux de croissance. Mais
c'est important de souligner, par exemple, qu'en 2023 et 2024, on a eu une
croissance de la population de plus de 2 % au Québec à chaque année. Et
puis là, jusqu'en 2030, on n'a pas de croissance de population, on n'a pas de
croissance de clientèle au niveau du ministère de l'Éducation. Ça, ce sont des
facteurs qui sont importants.
Journaliste
: ...des
pourcentages, là, on s'en va en campagne électorale, puis je pense que c'est un
peu là que Marc-André s'en allait aussi. On voit des problèmes dans les
infrastructures, des écoles, des hôpitaux, etc. Vous avez vous-même envoyé un
courriel à l'actuelle première ministre en disant : Faites attention,
quand même, avec les dépenses. Donc, est-ce qu'il y a une certaine prudence qui
s'impose? Est-ce que vous demandez, peut-être, aux partis d'être rigoureux dans
leurs annonces en campagne électorale, étant donné ce qui s'en vient, là, puis
étant donné l'état des finances publiques?
M. Girard (Groulx) : Bien,
écoutez, le rapport préélectoral, c'est un document budgétaire qui vise à
mettre la table pour toute l'élection. Moi, je ne donne pas de conseil à
personne. C'est comme une mise à jour de la situation financière et budgétaire.
Mais ce que je dis, c'est que ceux qui aspirent à gouverner doivent respecter
la Loi sur l'équilibre budgétaire, la loi sur la gestion de la dette et le
Fonds de générations, qui sont des piliers de la gouvernance financière du
Québec.
Journaliste : ...faire
attention, quand même.
M. Girard (Groulx) : Bien, il
faut toujours faire attention. Puis c'est l'équilibre, le retour à l'équilibre
budgétaire, c'est au bénéfice de tous les Québécois. C'est ça qui permet
d'avoir une capacité d'emprunt élevée puis qui permettra, effectivement, de
faire plus d'investissements en infrastructures. Tout ça, c'est lié, là. La
situation budgétaire, la situation des investissements, c'est lié. Est-ce qu'on
va là où là? Là.
Journaliste : Oui, bonjour.
M. Girard (Groulx) : Bonjour.
Journaliste
: Dans
votre dernier budget, vous avez présenté le Plan québécois des infrastructures
sur dix ans. Vous êtes un gouvernement qui s'est souvent vanté de dire :
On augmente les investissements d'infrastructures, mais là, forcément, vous
allez devoir diminuer, vous allez devoir revoir... Le prochain gouvernement, il
faut qu'il revoie, finalement, à la baisse le Plan québécois des
infrastructures, de ce qu'on comprend.
M. Girard (Groulx) : Bon.
Alors, si on regarde l'année courante. 2025-2026, l'année passée, l'année
courante est à 19,4 milliards, l'année dernière, elle était à
21 milliards, parce qu'étant donné que la situation financière s'était
améliorée vraiment de façon significative, on a devancé des dépenses au niveau
de la ligne bleue et du tramway. Alors, 21 milliards en 2025-2026, c'était
9 milliards en 2018-2019, c'est une augmentation de 130 %. Alors, il
y a un effort extrêmement important qui est fait. Ce que la VG souligne, c'est
que l'année 2025-2026, 2026-2027 et 2027-2028 sont très élevées. C'est
vrai, là, c'est le même constat qu'avait fait S&P, c'est que le niveau
d'infrastructure actuel est très élevé. Et là, en 2028-2029, il y a une baisse
à 17 milliards. Alors, c'est certain qu'un prochain gouvernement devra
trouver l'équilibre et décider à quel endroit... Le Plan québécois
d'infrastructures est actuellement de 167 milliards, et chaque parti devra
décider à quel niveau il veut amener le Plan québécois d'infrastructures. Par
exemple, s'il atteignait 175 milliards, c'est 17 milliards et demi
par année. Chaque partie devra décider ça, et le retour à l'équilibre
budgétaire permet, toutes choses étant égales par ailleurs, de faire plus
d'infrastructures. C'est certain.
Journaliste : Oui, mais dans
les années avant de revenir à l'équilibre budgétaire, forcément, le plan devra
être revu à la baisse. Si on en comprend le rapport de la VG.
M. Girard (Groulx) : Pour
les... Parce qu'il faut... Le Plan québécois des infrastructures, bien qu'il
est sur dix ans, ce qui est en réalisation puis ce qui fait une différence pour
les citoyens, c'est vraiment les trois premières années. Et puis, là, les trois
premières années sont très élevées, 21 milliards l'an dernier, 19,4 cette
année, 20 milliards l'an prochain, et puis là, en 2028-2029, bien, ça diminue.
Et ce que la Vérificatrice générale souligne, c'est que le niveau de 2028-2029
est inférieur au niveau actuel. Mais ça, les nouveaux gouvernements, le nouveau
gouvernement et, certainement, le nôtre, si on a le privilège d'être réélus,
devront décider, au PQI 2027-2037, quel niveau de Plan québécois des
infrastructures ils veulent avoir pour... ils veulent avoir pour chacune des
années. Ça, c'est une décision du gouvernement.
Journaliste : Je me
demandais : Étant donné que vous avez produit le rapport pour le
10 juillet et qu'on est dans une semaine assez cruciale de négociations
avec les États-Unis, à quel point vos prévisions peuvent être affectées par ce
qui va se passer cette semaine?
M. Girard (Groulx) : Bien, je
pense que c'est de là l'importance d'avoir des scénarios alternatifs, hein? On
a un scénario de récession et on a un scénario où on a une croissance beaucoup
plus forte. On récupère un peu ce qu'on a perdu en 2025-2026, parce qu'il y a
un climat plus propice à l'investissement puis au commerce. Et c'est certain
que le Québec, c'est la province qui a le secteur manufacturier le plus
important au Canada dans son économie. Alors, présentement, nous sommes les
plus touchés. Donc, ce qui se passe au niveau des négociations, c'est
extrêmement important.
Journaliste : ...vers le
scénario négatif de récession...
M. Girard (Groulx) : Mais ça
dépend.
Journaliste
: ...si ça
se concrétise cette semaine.
M. Girard (Groulx) : Non, non,
mais, attention, là, ça dépend de ce qui va arriver.
Il faut laisser la négociation suivre,
mais il vient un moment où on doit, en vertu de la loi, présenter un rapport
préélectoral.
Nos hypothèses sont centrées, cohérentes
en ligne avec le secteur privé. Et oui, il y a présentement des défis. La
situation n'est pas réglée dans le détroit d'Ormuz, les négociations
commerciales sont dans un... un point de bascule, un moment extrêmement
important. Mais les hypothèses sont centrées.
Il y a... il y a des possibilités de
nouvelles positives, tout comme des nouvelles négatives. Il y a deux côtés à la
distribution de probabilité, il ne faut jamais l'oublier.
Journaliste : Bonjour,
M. Girard. Juste pour revenir sur les infrastructures. Là peut-être que
j'ai mal compris, ça fait que vous me l'expliquer, mais de ce que j'ai compris,
c'est qu'il faut... il va falloir éventuellement réduire le PQI si on veut
atteindre les objectifs de... de la loi et donc la réduction du poids de la
dette.
M. Girard (Groulx) : Non, ce
n'est pas ce que j'ai dit. J'ai dit que, présentement, il y a une prévision. Le
167 milliards, il est surpondéré dans les trois premières années et sous
pondéré dans les sept suivantes.
Si on fait l'hypothèse que
167 milliards, c'est 10 fois 16,7, par exemple, OK? Il est
surpondéré dans les trois premières années puis là il y a une baisse dans les
années quatre, cinq, etc. Le prochain gouvernement qui déposera le
PQI 2027-2037 décidera s'il veut relever le Plan québécois des
infrastructures. C'est une décision importante que chaque...
Nous, on l'a augmentée à chaque année que
nous étions au pouvoir. Comme je l'ai mentionné, l'année courante est
130 % du niveau lorsqu'on est arrivé.
Alors, ces décisions-là sont prises en
temps et lieu, mais c'est certain que plus vous êtes proche de l'équilibre budgétaire,
plus vous avez de capacité de financement, plus le PQI peut être élevé.
Journaliste : Pardonnez-moi
de vous interrompe, mais est-ce que c'est possible de... Parce que vous dites
c'est surpondéré, je comprends bien, mais est-ce que c'est possible de... de
conserver, disons, la vitesse de croisière que l'on a actuellement et de
réduire le poids de la dette?
M. Girard (Groulx) : Oui,
définitivement, il y a de la marge de manœuvre pour ça.
Journaliste : Et sur les
dépenses, vous avez déjà par le passé critiqué, là, l'approche de «stop and
go», pardonnez-moi l'anglicisme, que le gouvernement Couillard, Leitão avait
fait. Et ce n'est pas un petit peu ça que vous allez faire en provisionnant
1 % de croissance de dépenses deux années successives, alors que c'est
bien en deçà des coûts de système?
M. Girard (Groulx) : OK. Bien
là, je vais être clair, la moyenne sur cinq ans est de 2,3 %. Avec les
provisions, ça va au-dessus de 3 %. Et l'an dernier et cette année, on est
à 3 %. Alors, le taux de croissance des dépenses, il a déjà ralenti.
Derrière nous, il y a des événements
exceptionnels...
Journaliste : ...à 1 %.
M. Girard (Groulx) : Oui.
Journaliste
: Ce n'est
pas ça un peu, le «stop and go», faire deux années très basses? Après ça, vous
pouvez me parler de la moyenne, mais si on fait deux années très basses, ça ne
vient pas faire un coup, disons...
M. Girard (Groulx) : Vous
faites référence à quelle année, exactement?
Journaliste : Là, je n'ai pas
les chiffres devant moi, de 2028-2029.
M. Girard (Groulx) : OK.
Vous, vous faites référence au fait qu'il y a deux années et demie, mais il y a
plusieurs choses qui se passent à ce niveau-là.
D'abord, il y a la diminution des infrastructures
qu'on a parlé. Ensuite, il y a le fait que les ententes bilatérales en santé se
terminent. Alors, il faut renouveler ces ententes-là, c'est extrêmement
important, ça va rehausser les dépenses en santé.
Il y a aussi de nombreux programmes temporaires,
par exemple, pour la forêt, l'agriculture, qui ont été mis en place avec la
guerre commerciale, qui ne sont... Il n'est pas prévu dans le cadre financier
que la guerre commerciale va perdurer cinq ans.
Alors, il y aura l'opportunité. Si on
parle par exemple, de l'année 2028-2029, il y aura l'opportunité au budget
2027-2028, au budget 2028-2029 de relever le niveau de dépenses. Mais là,
ce qui est important, c'est que 2025-2026 et 2026-2027, on a 3 % de
croissance de dépenses. Le ralentissement, il est déjà en cours et c'est
cohérent avec le plan de retour à l'équilibre budgétaire.
Journaliste : Bonjour,
M. Girard. Pierre-Antoine Gosselin de TVA. Je vous réfère à la
page 52 de votre rapport préélectoral, donc qui démontre l'impact
financier des initiatives du gouvernement entre mars 2026 jusqu'à aujourd'hui,
c'est ce que je présume...
M. Girard (Groulx) : Depuis
l'élection de la première ministre.
Journaliste : ...depuis
l'élection de la première ministre. Mme Fréchette, corrigez-moi si je me
trompe, disposait d'environ 250 millions de dollars...
M. Girard (Groulx) :
1,3 milliard de dollars.
Journaliste
: ...sur
cinq ans, 1,3 milliard de dollars.
M. Girard (Groulx) : Oui.
Journaliste
: Or, je
vois qu'en date d'aujourd'hui, on parle de dépenses de 2,295 milliards.
M. Girard (Groulx) :
2,3 milliards, oui.
Journaliste
: 2,3.
Est-ce que Christine Fréchette a dépensé 1 milliard de plus que ce qui
était prévu?
M. Girard (Groulx) : Oui,
mais les conditions avaient changé. C'est ça qui est très important là-dedans,
là. C'est que, lorsque nous avons fait le budget 2026-2027, le budget est
une photo, nous avions prévu que la guerre au Moyen-Orient allait durer six
semaines. Or, il est apparu... d'ailleurs, nous sommes maintenant au mois
d'août et le prix du baril de pétrole n'est pas revenu et le détroit n'est pas
ouvert, alors les conditions ont changé. C'est-à-dire que la guerre au
Moyen-Orient a perduré et ça a maintenu les prix à la pompe plus élevés, d'où
la nécessité de faire plus au niveau de la protection du pouvoir d'achat pour
les citoyens. C'est ce qu'on a fait.
Et également, il faut bien le dire, on a
des revenus supplémentaires, là. On a eu des transferts fédéraux
supplémentaires par rapport au budget 2026-2027, on a eu des revenus
supplémentaires, et d'ailleurs le cadre financier s'améliore. Alors, tout ça
est transparent, c'est effectivement à la page 52 du rapport.
Journaliste
: Est-ce
que ça faisait partie, un peu, des préoccupations que vous aviez? Je parle de
la communication, là, qui s'est malheureusement retrouvée dans les médias, vous
me direz, mais est-ce que ça faisait partie des préoccupations que vous aviez à
l'époque, M. Girard?
M. Girard (Groulx) : Les
discussions, puis c'est malheureux, de ce courriel, c'est qu'il y a seulement
une partie du courriel qui a été publiée, hein, il n'y avait pas le document...
Une voix : ...
M. Girard (Groulx) : Oui,
certainement, on pourra discuter des modalités de ça, mais il y avait un
document en annexe, il y avait des explications. C'est qu'à ce moment-là, on
discutait de l'ampleur du panier de biens qui allait être détaxé. Il y avait
différents scénarios qui étaient proposés et je suggérais à la première
ministre de prendre un des scénarios les moins dispendieux. Et puis ça fait
partie des discussions normales entre un ministre des Finances et une première
ministre. Et, si ces discussions-là n'avaient pas lieu, bien, c'est là que ce
serait inquiétant.
Journaliste : ...M.Girard,
mais est-ce que la première ministre, selon vous, a fait preuve de retenue?
M. Girard (Groulx) : Bien
sûr. Parce qu'on voit que le cadre financier s'améliore en 2026-2027, en
2027-2028, en 2028-2029. Alors, on a utilisé seulement une partie des
améliorations. Et la raison, c'est qu'il y avait un changement de contexte.
C'est vraiment la guerre au Moyen-Orient qu'il faut se rappeler, là. Au
budget 2026-2027, le président avait dit que la guerre allait durer deux
week-ends. Et nous, on avait mis six semaines, qui était une hypothèse
plausible, six semaines, et nous sommes au mois d'août puis ce n'est pas réglé.
Journaliste : Sur le PQI, en
fait, ce que nous dit la Vérificatrice générale, c'est qu'il y aura une
réduction des dépenses en immobilisations de l'ordre de 20 % d'ici
2030-2031.
M. Girard (Groulx) : Si... Ce
qu'elle dit, c'est que, dans le fond, le niveau du PQI 2029-2030 par
rapport au niveau actuel est plus bas. C'est indéniable. Mais il y aura un
budget en 2027, en 2028, en 2029, les gouvernements auront le loisir de relever
le Plan québécois des infrastructures.
Journaliste
: Si les
prévisions actuelles se concrétisent telles quelles, ce qu'elle dit, c'est
qu'il y a un risque pour les infrastructures qui, déjà, se dégradent, comme on
le sait. Est-ce que vous partagez ce constat-là? Si... c'est-à-dire que si les
prévisions se réalisent telles quelles, il y a un risque pour la dégradation
des infrastructures au Québec.
M. Girard (Groulx) : Mais là
où je suis totalement en accord avec la Vérificatrice générale, c'est qu'il va
falloir faire un effort supplémentaire au niveau des infrastructures. Je suis
le ministre des Infrastructures depuis quelques mois. J'étais... d'ailleurs,
cette semaine, je suis allée au cégep Saint-Laurent voir la situation. C'est
indéniable que le Québec doit... va continuer de devoir faire des efforts
importants au niveau des infrastructures.
Alors, ce que la Vérificatrice générale
dit, c'est que, ce qu'il y a dans le cadre financier, c'est que les trois
premières années sont élevées par rapport aux sept suivantes. Mais il y aura un
budget en 2027, il y aura un budget en 2028, en 2029, en 2030. Chaque
gouvernement prend ses décisions. Dans notre cas, on a augmenté le Plan
québécois d'infrastructures de 66 %.
Journaliste : ...que c'est ce
que vous pourriez faire à nouveau en 2027. Mais j'ai une autre question. Sur
les dépenses, elle écrit également que les niveaux de croissance ne permettent
pas de couvrir les coûts établis pour reconduire toutes les activités de
l'État. Elle écrit : Il existe un risque de tels niveaux de croissance
puissent avoir des conséquences sur les services à la population. Est-ce que
ça, vous partagez... vous êtes d'accord avec ça?
M. Girard (Groulx) : Bien,
c'est-à-dire que ce qui est imbriqué dans le cadre financier, là, ce qu'elle
dit, je suis parfaitement d'accord avec elle, c'est à la page 60, c'est qu'il y
a un effort aux dépenses de 2 à 3 milliards, qui correspond à 1 % à
2 % des dépenses de programmes. C'est déjà imbriqué, il y a déjà un
effort. Alors ceux qui vont promettre des efforts supplémentaires de coupures
de dépenses doivent savoir qu'il y a déjà un effort de prévu de 1 % à
2 %.
Journaliste
: ...
M. Girard (Groulx) : Ah! mais
les... au niveau des infrastructures, le gouvernement du Québec devra en faire
plus, le gouvernement fédéral devra en faire plus, le secteur privé devra en
faire plus. Il faut trouver une façon de multiplier les efforts au niveau des
infrastructures. Il va falloir continuer, c'est certain.
La Modératrice
: On va
prendre une dernière question avant l'anglais.
Journaliste
: Une
question très brève, là. Parlant de l'état des infrastructures, comme vous êtes
ministre des Infrastructures, il y a, justement, des parents qui ont reçu un
courriel aujourd'hui les avisant, à Québec, que l'école Saint-Fidèle, là, dans
le quartier Limoilou, doit être fermée, donc, à la veille de la rentrée, en
raison de fissures. Est-ce que ce n'est pas, justement, un exemple de l'état
lamentable dans lequel plusieurs de nos écoles et de nos institutions publiques
se trouvent à l'heure actuelle?
M. Girard (Groulx) : Bien,
écoutez, on a des efforts à faire au niveau des infrastructures. La plupart des
infrastructures au Québec ont été construites dans les années 60 et 70.
C'est... On a construit de nombreuses nouvelles écoles, on fait des efforts au
niveau du maintien d'actif. Il faudra continuer.
Des voix : ...
M. Girard (Groulx) : ...bien,
d'accord. Merci.
Journaliste
:The Auditor General said that there's a risk that,
because of the efforts that the future Government will need to do to put in
place... to cut expenses, there is a risk that public services could be
affected. What do you say to Quebeckers? Because this is what they want to
know, if public services will be affected in the following years.
M. Girard
(Groulx) :
OK,
so, in the financial framework, we are covering for health care, for education,
for higher education. We are covering the future cost of services in the
financial framework. It's important to realize that, behind us, is a growth
rate of expense in the magnitude of 6%, but we add 8% inflation in 2022,
next... in the next five years, 2.3%, with contingencies...
Journaliste :
But, more... just simply, would you
say... will you guarantee to Quebeckers that their public services won't be
affected by the reduction of expenses that you will have to do in the following
years?
M. Girard
(Groulx) : I'm...
Journaliste
: Because the Auditor General talked about a potential risk that
public services could be affected. So, I want to know, loud and clear: What do
you think?
M. Girard
(Groulx) : OK. Behind us is a growth rate of
expense of 6%. In front of us, in order to deliver the quality of services that
Quebeckers expect, we will need to do with a 2% to 3% expense growth. So, we need to provide the same level of
care, actually, better level of services with efficiencies with a lower growth
rate of expense, in the magnitude of 2% to 3%.
Journaliste :
So, what do you say to Quebeckers, simply? What do you say to your
mother? What do you say to your mother...
M. Girard
(Groulx) :
That,
everyday, we come to work to improve services for Quebeckers, we are dedicated to improving services to Quebeckers.
Journaliste :
The Auditor General says that the
potential new tariffs of 50% are not considered in your pre-electual...
pre-election report.
M. Girard
(Groulx) :
No,
that's correct. So, we have a... an economic projection that is centered in
line with private sector economic forecasts. We do have an alternative scenario
where we face more difficulties related to the tariff war. And we have another
scenario where tension ease and growth is a lot higher, and, therefore, it's
easier to recover the budget balance. So, the economic projections are
centered. They are possibilities that the situation worsens, there's also the
possibility that the situation improves. That's very important.
Journaliste
: Good morning. I just want to... What the auditor is saying is that
anybody who forms the next government is going to inherit sort of a big problem
here, like as in having to make up all the shortfalls. Even with your
contingency plan, in the years… you have 2 billion, 2 billion in your
contingency plan for 2026-2027, even with that, she's saying there will still
be a shortfall.
So, is it a message to
the political parties, to all political parties, that they cannot get carried
away with their spending promises?
M. Girard
(Groulx) :
Well,
first of all, I want to be clear, the financial position of Québec is
improvement… is improving and is sound.
We have a deficit that is
smaller than 1% of GDP, that is the second lowest in Canada. Net debt to GDP is
5% lower today than when we came to power.
So, the economic
condition, the challenges that we face, all jurisdictions are facing these
difficult conditions, the trade war, the Middle East war, the trade tension.
And so, it's undeniable that to return to balanced budget, the growth… the
growth of expenses will need to slow. It was 6% per year behind us. In the
future, it will be 2 to 3% in order to get back to growth.
However, until 2030, we
are not forecasting any population growth. That's also an important
consideration in the growth rate of expenses.
Journaliste :
She says it's stagnating. The
population is stagnating.
M. Girard
(Groulx) : Well, that will have an impact on
expenses. Like the clientele in the elementary school and high school is not
going to increase over the next year, while it increased in the past, it will
increase in higher education.
Journaliste :
But do you see her report as a sort of
a little tap on the shoulder to all the parties? Because they she says there's
not enough money to make a lot of big promises. Does that… Is that politically,
is that a problem for you, for the CAQ or the other parties?
M. Girard
(Groulx) :
So,
this is an update on the economic and the financial situation of Québec. The
public finances of Québec are sound. They are improving.
All parties that want to
govern will need to govern themselves with «la Loi sur l'équilibre budgétaire»,
«la Loi sur la gestion de la dette and the Generation fund». So, all parties
are aware… These two laws are pillars of the strength of public finance of
Québec. Merci beaucoup.
(Fin à 11 h 39)