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(Douze heures)
La Modératrice : Bonjour et
bienvenue à ce point de presse de l'opposition officielle, à la suite du dépôt
du rapport préélectoral de la Vérificatrice générale. Ici présents, M. Frédéric
Beauchemin, porte-parole libéral en matière de finances, accompagné, pour
l'occasion, de sa collègue porte-parole en matière de travail, Mme Madwa-Nika
Cadet. La parole est à vous.
M. Beauchemin : Merci
beaucoup. En toute connaissance de cause, Christine Fréchette a dépensé 2,3 milliards de
dollars de votre argent pour sa campagne électorale. Elle était au courant de
l'état des finances publiques du Québec, malheureusement, elle n'a pas voulu
écouter son propre ministre. Si on est rendus dans cette situation-là, c'est à
cause du gaspillage caquiste. On peut penser à aux Kings de Los Angeles, à
Northvolt. On peut penser, évidemment, à Flying Whales, aux problèmes
informatiques avec SIFA, avec SAAQclic. On a devant nous un gouvernement qui a
totalement perdu toute marque de crédibilité. On est aussi dans une situation
où, là, actuellement, c'est l'avenir de nos Québécois, dans toutes les
générations, qui est hypothéqué.
On fait face aussi, évidemment à un manque
total de courage politique de la part de la CAQ, parce que 85 % de l'effort
pour revenir à l'équilibre budgétaire est après la prochaine élection, il y a
un manque à gagner de 9,5 milliards, dont 5 milliards restent à
identifier. Le gouvernement de la Coalition avenir Québec de Christine
Fréchette n'est pas crédible. On est éventuellement devant la situation où est
ce qu'il va falloir qu'on paye pour ces erreurs de gestion caquistes qui ont
fait en sorte qu'on a eu une décote. Malheureusement, c'est la situation que le
Vérificateur... Vérificatrice générale a illustré ce matin dans son rapport. On
a évidemment le Programme québécois des infrastructures qui va être à repenser,
et, évidemment, la situation actuelle où le Québec, dans son ensemble, a été
mal géré, et ça a donné les résultats qu'on connaît.
Si on considère le fait que le ministre Girard
en a parlé tout à l'heure, que la dette au Québec va être dans les alentours de
247 milliards avant qu'on revienne à l'équilibre budgétaire, la dette
totale, après tous les autres déficits qui vont être à, malheureusement, subir,
on va frôler de 260 milliards de dollars. Dois-je rappeler qu'en
2018, on avait laissé une dette de 160 milliards de dollars, on avait
laissé un surplus de 7 milliards de dollars. Ça leur a pris, eux, à
la CAQ, donc, huit ans pour ajouter 100 milliards à la dette du Québec. Ça
a pris 60 ans, au préalable, pour passer de 0 à 160 milliards. C'est
ça, le legs caquiste. Merci.
La Modératrice : On va
procéder à la période de questions. On va débuter par les questions en
français, s'il vous plaît.
Journaliste : Bonjour, M. Beauchemin.
On peut débattre de la façon dont on est arrivés ici, aujourd'hui, mais ce qui
nous intéresse surtout, c'est qu'est-ce qui arrive pour la suite? C'est ce qui
vous appartient ou pourrait vous appartenir si vous êtes élus en octobre
prochain. Donc, est-ce que la croissance des dépenses qui, selon la
Vérificatrice générale, représente un risque pour les services publics, celle
est qui est prévue, qui prévoit, notamment, des hausses de 1 % en 2028-2029
et 2029-2030. Est-ce que ça, ça vous semble réaliste? Est-ce que c'est quelque
chose qu'un gouvernement libéral maintiendrait en place tel quel?
M. Beauchemin : La
réalité, c'est ce qu'on a vu ce matin, ce sont les lentilles que porte la CAQ
pour ce qu'il souhaite être la future gestion de l'État du Québec.
Malheureusement, ce n'est pas réaliste. Nous, ce qu'on va travailler, on va
travailler sur notre cadre financier qu'on va vous présenter durant la
campagne, mais je peux vous dire déjà les grandes lignes : on va augmenter
les revenus de l'État en faisant en sorte que l'économie soit plus au rendez-vous
avec une politique industrielle qui fera en sorte que nos entreprises voudront
investir dans leurs modèles, voudront investir dans leurs entreprises et faire
en sorte que les revenus du Québec, dans son ensemble, vont croître. On va s'assurer,
justement, que notre État soit plus efficace, plus moderne. On va faire en
sorte que nos sociétés d'État soient plus productives.
Journaliste : Donc, ce qui
vous permettrait d'augmenter les dépenses davantage que ce qui est écrit dans
le rapport préélectoral?
M. Beauchemin : De façon
plus soutenable.
Journaliste : Puis je pose
vous pose une question similaire pour ce qui est des infrastructures, parce que
là encore, la VG nous prévient que les scénarios actuels présentent un risque
pour les infrastructures, puisqu'il faudrait réduire les dépenses en
immobilisations. Est-ce que vous pourriez les relever, éventuellement?
M. Beauchemin : Bien,
vous savez, le 167 milliards, si on le fait de façon linéaire, c'est 16.7 milliards
par année. Le gouvernement a décidé — et c'est ce qui a entraîné la
décote, évidemment, comme on sait tous — de dépenser beaucoup plus,
dans les années qui viennent de se passer, de 20, 21 milliards, 19 milliards,
20 milliards l'année prochaine. Et puis, donc, ça veut donc dire... ça
sous-entend, par le fait même, à cause du cadre de 167 milliards, que les
chiffres, les montants annuels vont être plus petits pour la suite des choses,
dans le même contexte où est-ce qu'on a, aujourd'hui, un déficit de maintien d'actifs
qui augmente depuis que la CAQ est au pouvoir. C'est illogique. Ce qui va
arriver, éventuellement, c'est que si on ne maintient pas ces actifs-là, ça va
nous coûter plus cher. Donc, éventuellement, un gouvernement n'aura
probablement pas le choix que de regarder le PQI puis de reprendre des
décisions pour la suite des choses. Mais, encore une fois, c'est un legs que ce
gouvernement-là nous laisse. Il laisse les finances publiques en chaos. Puis le
PQI qui, malheureusement, ne livre même pas ce qui a besoin d'être fait pour le
maintien d'actifs.
Journaliste : Je vous pose une
autre question, si vous le permettez. Un des éléments, selon ma compréhension,
qui affecte les revenus de l'État, c'est la croissance de la population ou,
plutôt, le ralentissement de la... le ralentissement de la croissance de la
population dans les prochaines années, qui affecte la consommation des ménages,
qui est un moteur important de l'économie. Est-ce que vous pensez que les
politiques en immigration du Parti libéral du Québec que vous mettriez en place,
une fois au gouvernement, permettraient d'augmenter les revenus de l'État?
M. Beauchemin : Mais la réponse,
en fait, à cette question fondamentale, c'est-à-dire comment faire en sorte qu'on
puisse, avec une démographie stable, faire en sorte que les revenus de l'État
puissent augmenter étant donné que les dépenses vont augmenter? Bien, la
réponse, elle est dans la productivité. Puis, moi, ce que j'ai remarqué, c'est
que...
M. Beauchemin : ...du fait qu'on
a eu une baisse de presque de 1 % de productivité l'an dernier, bien, le
gouvernement de la Coalition avenir Québec table dans son rapport, OK, qu'on va
avoir une augmentation de près de 1 %, 1,1 % de productivité année
après année, pour les années à venir. Je veux dire, c'est insensé. Puis il met
tout le dos... tout ça sur le dos des entreprises privées, de l'économie privée
du Québec. Rien n'est dit au niveau de l'efficacité de l'État, rien n'est dit
sur les gains de productivité que l'État doit faire, lui aussi, pour améliorer
l'ensemble des dépenses, mais la productivité du Québec dans son ensemble.
Donc, si on est moins... puis ça, c'est un
enjeu majeur, la démographie... si on va rester à 9 millions d'habitants
pour les 25 prochaines années, on se doit... parce que les services vont
continuer à augmenter en coûts... on se doit d'être plus productifs. On n'a pas
le choix, on est condamnés à s'assurer que la productivité soit au rendez-vous.
Mais ce n'est pas avec le gouvernement de la Coalition avenir Québec, qui,
depuis les dernières années, ne fait que reculer la productivité, qu'on va être
capables d'arriver à quelque chose. Ils n'ont même pas de politique
industrielle. C'est l'élément de base. On doit avoir une politique industrielle,
conçue intelligemment, pour s'assurer que l'économie soit au rendez-vous. C'est
ça que ça prend.
Journaliste
: Je m'excuse,
j'étais en direct...
M. Beauchemin : Il n'y a pas
de soucis.
Journaliste
: M. Beauchamp.
M. Beauchemin : Beauchemin.
Journaliste
: Beauchemin,
pardon. Si vous avez parlé du budget, là, qui était alloué à Christine
Fréchette...
M. Beauchemin : Pardon?
Journaliste
: Le budget
qui était alloué à Christine Fréchette était à peu près...
M. Beauchemin : Oui, 2,3 milliards.
Journaliste
: C'est ça.
Là, on est à 2,3 milliards plutôt que 1,3 milliard de dollars.
M. Beauchemin : Exact. Puis, «by
the way», c'est 1,3 milliard de dépenses de plus que le gouvernement
voulait faire. Là, on est rendu à 2,3 milliards de dollars.
Journaliste
: Est-ce
que vous achetez les explications du ministre des Finances, là, qui dit que
c'est en raison notamment du contexte, notamment au Moyen-Orient?
M. Beauchemin : Moi, je n'achète
rien de la part du ministre des Finances, malheureusement, parce que, ce qu'on
a devant nous, c'est quelqu'un qui n'a pas de crédibilité. Le Vérificateur
général l'a même mentionné. La réalité, c'est qu'ici on a un gouvernement qui a
décidé de dépenser l'argent des Québécois pour justement se faire réélire, pour
essayer de redorer son image pour faire en sorte qu'elle puisse avoir un
potentiel d'appétit de la part des électeurs pour voter pour la Coalition
avenir Québec.
La Modératrice
: On va
passer en anglais.
Journaliste
: Good day.
M. Beauchemin : Good day.
Journaliste : A couple of quick questions. Do you see the report from the auditor
general as a warning to all the political parties to not get carried away with their
election spending because we're headed for an iceberg down the road with the
finances of Québec?
M. Beauchemin :
Yes, I mean, it's been something that
we've unknown about since the last few years actually, and in just March of
this year when the CAQ gave us their deficit number at the budget time frame, it
was pretty obvious that all of the work required to go back to basic equilibrium
was going to be required by the next Government. So, lack of courage by this CAQ
Government, obviously, but when
85% of all that's required to go back to equilibrium is after the next election,
when 5 billion dollars of that effort still needs to be identified… I mean,
we're dealing with a bunch of amateurs at the CAQ, which unfortunately leaves
us with difficult situations that we will need to manage. And the answer to how
to manage that is to grow the economy because we will need to have a more
productive economy, we will have in industrial policy which will stimulate
growth, will stimulate investment. That's what's required. None of this has
been mentioned by the CAQ.
Journaliste :
Would you say that the CAQ is leaving whoever
forms an ex-government a kind of poison pill, a kind of like ticking time bomb
with what's coming down? And, as you mentioned, there's 5 billion that has not
yet been identified.
M. Beauchemin :
The CAQ has been… the CAQ has been
spending without limit from day one. Christine Fréchette is the continuity of
François Legault, as she's been spending, even now, in just the last 100 days, 2,3
billion. More than what was required, more than was allowed. This is the way…
that's their trademark. So, unfortunately, that style has left the Québec
finances in dire strength and we need to do something about it. And the way to
solve the issue… and I think Quebeckers out there understand that the way the solve the issue… we need to
grow the economy, we need to have a more productive economy and that productive
economy will come with an industrial policy, which will invite investors and
will invite entrepreneurs to invest in their business models and grow Québec by increasing their revenue.
Journaliste
:
Merci.
M. Beauchemin : Thank you.
La Modératrice
: C'est
ce qui complète ce point de presse. Merci. Bonne journée.
M. Beauchemin : Merci. Bonne
journée.
(Fin à 12 h 11)