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(Douze heures trente-trois minutes)
Le Modérateur : Parfait, alors
bonjour à tous! Bienvenue à ce point de presse du chef de l'opposition
officielle. Aujourd'hui, M. Tanguay est accompagné d'André Morin,
porte-parole en matière de justice. On va commencer avec une courte
déclaration. M. Tanguay, la parole est à vous.
M. Tanguay : Merci beaucoup.
Alors, j'ai noté «courte déclaration». Je vais essayer de garder ça court pour
laisser la chance, évidemment, à mon collègue de l'Acadie, de vous entretenir
de notre système de justice.
Aujourd'hui, brièvement, trois sujets.
Évidemment, c'est la rentrée parlementaire. Nous avons, devant nous, deux
semaines de Parlement, six périodes de questions. On a eu vent qu'il y aurait
dépôt de quelques projets de loi. Alors, on est ici pour travailler, l'équipe
libérale. L'opposition officielle est très enthousiaste face aux défis. Nous
serons vigilants, rigoureux. Et on va travailler, dans ce contexte-là, pour
toutes les Québécoises et Québécois. On va notamment, vous ne serez pas
surpris, parler de santé, d'inflation et d'économie.
J'aimerais souligner également le fait que
je viens d'aller rencontrer, à l'extérieur, les représentantes, représentants
de la FAE, la Fédération autonome de l'enseignement, qui, aujourd'hui, sont
venus nous distribuer ce qu'ils appellent leur plan de cours. Il y a des
discussions, des négociations, il y a beaucoup de choses qui doivent être
faites en matière d'éducation. Et ma collègue, Marwah Rizqy, aura l'occasion de
vous entretenir quant à leurs revendications que nous allons appuyer, qui
touchent tantôt, oui, le salarial mais les conditions de travail puis la
qualité de nos écoles.
Le point principal du point de presse
aujourd'hui, c'est au niveau de la justice. Les Québécoises et Québécois n'ont
pas accès, tel qu'on pourrait le souhaiter dans une société démocratique comme
le Québec, à un système de justice qui leur permette, justement, d'aller
chercher justice et de requérir justice. Il y a des délais, des salles qui
demeurent fermées, pénurie de main-d'oeuvre, un ministre de la Justice qui se
chicane avec la juge en chef de la Cour du Québec et un premier ministre qui
hier en rajoute une couche.
Alors, je vais céder la parole à mon
collègue André Morin, député de l'Acadie, pour vous entretenir des graves
problèmes, graves problèmes qu'on voit dans notre système de justice aujourd'hui.
M. Morin : Merci, merci
beaucoup, Marc. En effet, depuis maintenant des semaines, voire même des mois
et des années, parce que, quand Marc était le porte-parole en matière de
justice, il a déjà dénoncé la situation, on voit que le système au Québec est à
un point de rupture.
Et je peux vous dire que c'est du sans
précédent. Moi, ça fait 37 ans que je pratique le droit, j'ai plaidé
devant toutes les cours au Québec. Et de voir autant de salles de cour fermées,
on le voyait encore ce matin, c'est du jamais vu. Avec autant de personnel, que
ce soient des greffiers, audiencières, que ce soient des adjointes de juges,
que ce soient des huissiers, que ce soient des constables spéciaux... Alors,
rien ne va plus dans le système de justice. Et, à plusieurs reprises, on a
interpellé le ministre de la Justice de non seulement s'occuper, mais de régler
cette situation-là.
Parce qu'en bout de piste ce sont des
justiciables, ce sont des citoyens, des citoyennes qui n'ont pas accès aux
tribunaux. Je pense notamment aux victimes, je pense aux victimes d'agression
sexuelle. Vous savez, quand on est une victime, c'est déjà difficile de
dénoncer. Alors, une fois que c'est fait, une fois que le procès est prêt, que
la personne va témoigner, c'est stressant. Et là d'arriver le matin et de se
faire dire : Écoutez, on ne pourra pas fonctionner parce qu'il n'y a pas
assez de personnel, bien, évidemment ça ne fait qu'augmenter le stress et ce
n'est vraiment pas bon. Alors, il faut redonner confiance aux justiciables. Et,
pour ce faire, c'est au ministre d'agir, et il doit agir maintenant. Merci.
Le Modérateur : Merci
beaucoup. On va maintenant passer à la période de questions. Alors, je vous
invite à vous limiter à une question, une sous-question. Micro de droite.
M. Carabin (François) : Bonjour,
messieurs. Je prendrais M. Tanguay au micro, si possible. J'aimerais
revenir sur le serment. On a Québec Solidaire, ce matin, qui nous ont indiqué
qu'ils vont déposer un projet de loi pour mettre fin ou rendre facultatif le
serment au roi. J'aimerais savoir, vous, sur le fond, êtes-vous en accord avec
cette idée-là? Est-ce que vous seriez prêt à donner votre accord à un projet de
loi et également à une motion?
M. Tanguay : Vous parlez de
la motion? On pourra...
M. Carabin (François) : La
motion a été évoquée aussi ce matin, là, on peut commencer avec le projet de
loi, mais...
M. Tanguay : ...parler du
projet de loi. Nous, on est bien ouverts à en discuter, du projet de loi, très
ouverts à en discuter. On va l'analyser à son mérite. J'entends que Simon
Jolin-Barrette va déposer lui aussi son projet de loi, veut le faire
rapidement.
Nous, ce qu'on veut, c'est qu'il y ait
minimalement des auditions. J'aimerais ça, moi, entendre des
constitutionnalistes nous dire jusqu'à quel point le Québec peut le faire. Et
nous, face à cela, on va faire l'analyse. Et on est ouverts, effectivement, le
cas échéant, à faire avancer le Québec là-dessus, mais on va faire notre
travail, on ne va pas le bâcler. On veut des auditions et on va d'abord prendre
connaissance du projet de loi qui va être déposé.
M. Carabin (François) : Pour
revenir sur la motion, dans l'éventualité où elle devait être déposée, Québec
solidaire se dit ouvert à déposer une motion qui permettrait aux trois députés
du Parti québécois de siéger sans devoir prêter serment, sur le fond, encore
une fois, êtes-vous en accord? Est-ce que vous seriez prêt à appuyer une
motion?
M. Tanguay : Je pense que la
motion ne peut pas amender une loi. Alors, nous, on va respecter la règle de
droit et on ne va pas appuyer une motion qui voudrait amender une loi. Il y a
un processus législatif. Moi, j'invite les collègues du Parti québécois à venir
travailler sur le projet de loi, à le bonifier, le cas échéant, et à le faire
adopter également, le cas échéant, mais une motion ne peut pas remplacer une
loi, ça prend minimalement un changement législatif.
M. Carabin (François) : O.K.
Donc, vous invitez vos collègues du Parti québécois à prêter serment pour venir
étudier le projet de loi en soi.
M. Tanguay : Je les invite
à... comme tous leurs prédécesseurs, là, tous leurs prédécesseurs sans
exception... Ils ont fait leur point, je pense qu'ils ont eu l'avantage de
mettre sur le devant de la scène un enjeu qui était le serment au roi.
Maintenant, je les invite à prendre exemple de Jacques Parizeau, René Lévesque,
Camille Laurin, et compagnie, et de Bernard Landry, de venir travailler avec
nous pour faire avancer le Québec.
M. Carabin (François) :
Merci.
M. Tanguay : Merci.
M. Poinlane (Pascal) : Bonjour.
M. Tanguay
: Bonjour.
M. Poinlane (Pascal) : Est-ce
que vous êtes d'accord avec M. Legault puis M. Jolin-Barrette que
c'est parce que les juges refusent de travailler ou surtout de siéger un
certain nombre de journées que les retards s'accumulent?
M. Tanguay : Bien, je vais
laisser mon collègue, André Morin, compléter, mais très clairement, là, il y a
une chicane qui fait rage entre le ministre de la Justice et la juge en chef de
la Cour du Québec, Mme Rondeau. Il revient de la responsabilité du
ministre de la Justice de s'entendre avec elle. On a vu, là, les échanges de
correspondance dans les médias, je pense, la semaine dernière. Je vous dis
qu'il est important, pour le ministre, d'assumer son leadership, de s'asseoir
avec la juge Rondeau et de trouver un terrain d'entente.
Mais, une fois que j'ai dit ça, ce n'est
pas la seule cause qui explique les délais. Les délais, c'est la pénurie de
main-d'oeuvre, c'est le rattrapage salarial qui n'est pas présent. Vous savez
qu'une greffière-audiencière, au 10e niveau, à la fin de sa carrière, elle
ne gagnera pas 50 000 $ en dollars d'aujourd'hui, hein? Qu'en est-il
de François Legault qui disait : Moi, à toutes les fois que je rentre un
nouvel arrivant qui gagne 56 000 $, j'augmente mon problème? C'est la
même chose pour les éducatrices. À un moment donné, vous ne pourrez pas attirer
la main-d'oeuvre, puis il y a une pénurie partout, notamment dans nos palais de
justice, si vous ne faites pas ce rattrapage-là.
Alors, c'est multifacteur, il y a plus
qu'une cause, mais il y a, entre autres, vous l'avez mentionné, la chicane du
ministre de la Justice, qui, je pense, doit s'entendre avec la juge Rondeau,
savez-vous quoi, comme tous ses prédécesseurs l'ont fait également, autres
ministres de la Justice.
M. Poinlane (Pascal) : Donc,
vous ne blâmez pas les juges?
M. Tanguay : Bien, écoutez,
je pense que les deux parties doivent s'asseoir. Les deux parties doivent
s'asseoir, ça, c'est très clair.
M. Poinlane (Pascal) : Sur la
prime de retraite de la P.D.G. de la SAQ, qui pourrait toucher plus de
450 000 $ en juin, quand elle va partir, Mme Dagenais, qu'est-ce
que vous en pensez? Est-ce que c'est juste normal? Est-ce que les contrats sont
faits comme ça?
M. Tanguay : Moi, je pense,
évidemment, quand on regarde ça, c'est beaucoup d'argent. Quand on pense à
monsieur, madame, là, qui nous écoutent, là, c'est énormément d'argent, c'est
plusieurs années de salaire. Ceci dit, c'est un contrat qui avait été signé en
bonne et due forme.
Nous, nous serions même prêts à avoir une
discussion sur, justement, les salaires et les bonis qui sont payés notamment
au sein de nos sociétés d'État mais tout en gardant, évidemment, le facteur de
compétitivité. Ce sont des femmes et des hommes qui vont gérer des centaines de
millions de dollars et qui... On veut aller chercher les meilleures personnes
possibles, il faut être compétitifs. Alors, c'est un tout que... Voilà.
Mme Lévesque (Fanny) : Bonjour.
M. Tanguay : Bonjour.
Mme Lévesque (Fanny) : Sur le
fond, est-ce que vous êtes d'accord avec la réforme de la juge Rondeau?
M. Tanguay : Bien, je pense
que... Écoutez, sur le fond, moi, je ne vais pas commenter sur le fond. Moi, ce
que... je pense qu'il est important que le système de justice fonctionne. Il
relève de la juge Rondeau de prendre de telles décisions administratives. On
sait que le ministre de la Justice, lui, contestait même notamment des
décisions administratives quant à l'affichage de postes et le bilinguisme des
juges. Je pense que la pomme de discorde, on dirait qu'elle est pas mal partie
de là. Et, par la suite, on a vu une relation qui ne fait que s'envenimer.
Pendant ce temps-là, M., Mme Tout-le-monde,
là, qui s'en vont témoigner dans une cause d'agression sexuelle puis qui se
cognent le nez sur la porte, je ne suis pas en train de vous dire que c'est le
conflit avec le ministre de la Justice qui est la seule cause, mais ça n'aide
pas, de un. Et, de deux, il y a d'autres éléments : pénurie de
main-d'oeuvre, les rattrapages. Donc, il faut que le ministre de la Justice,
là, se ressaisisse et aide, ultimement, celles et ceux qui attendent justice,
les citoyens.
Mme Lévesque (Fanny) : Mais
est-ce que c'était une erreur du gouvernement Legault de contester cette
réforme-là? Est-ce que vous auriez fait pareil, un gouvernement libéral?
M. Tanguay : Écoutez, on
veut... Je ne vous répondrai pas à une question hypothétique de changer le
passé. Chose certaine, imaginez-vous donc, c'est judiciarisé, c'est devant les
tribunaux. Comment on en est arrivé là? Ils n'ont pas pu s'entendre, se parler.
Oui, la juge Rondeau doit également s'asseoir, mais le ministre de la Justice
ne peut pas partir en guerre avec la juge Rondeau, il doit trouver une
solution. Vous savez, quand on est élu, on est responsable des résultats. Et je
pense que le ministre la Justice a une obligation de résultat, pas juste de
moyens, contestations judiciaires, mais de résultat.
Mme Lévesque (Fanny) : Puis
donc quel... C'est quand même curieux que vous ne voulez pas dire si vous êtes
d'accord ou pas avec cette réforme-là, parce qu'elle fait partie du problème
actuellement. Si vous étiez aux commandes, qu'est-ce que vous feriez? Vous
annuleriez cette contestation-là? Parce que, pour s'asseoir avec elle, puisque c'est
judiciarisé, on est un petit peu... un petit peu difficile, là.
M. Tanguay : Même si c'est judiciarisé,
les parties peuvent toujours s'asseoir l'une devant l'autre et négocier un
règlement hors cour, très, très, très clairement. Ceci dit, vous me demandez :
Est-ce que vous êtes content du résultat? Ce n'est pas ça que vous me dites,
là, mais je paraphrase, là. Est-ce que vous appuyez le résultat final d'une
relation qui s'est envenimée? Puis là on voit ça, ce mauvais téléroman là,
depuis, quoi, près de deux ans maintenant. Pendant ce temps-là, on a des
articles comme ce matin où monsieur, madame se cognent le nez sur la porte de
la justice. Ça n'a pas de bon sens, il faut trouver une voie de passage.
Puis je ne commenterai pas sur la décision
administrative de la juge Rondeau. Il y a visiblement un objectif qu'elle vise
à atteindre là, bien, il faut s'asseoir, le comprendre. Et elle demande, entre
autres, que l'on engage davantage de juges. Est-ce qu'il ne pourrait pas y
avoir, là aussi, une piste de solution? Il faut que le ministre analyse les
pistes de solution.
Mme Lévesque (Fanny) : Mais
ma question, dans le fond, c'est : Est-ce que le gouvernement est
responsable de cette situation... de cette relation-là qui s'est envenimée, à
votre avis?
M. Tanguay : En partie
responsable, bien oui, en très grande partie responsable. C'est la
responsabilité première du ministre de la Justice de veiller au bon
fonctionnement du système. Ce matin, le système ne fonctionne pas, et c'est au
ministre d'en répondre.
M. Laforest (Alain) : Deux
petites questions rapides. Si vos employés vous disent : Je travaille deux
jours, mais je garde le même salaire, vous dites quoi?
M. Tanguay : Ah! bien,
écoutez, en politique...
M. Laforest (Alain) : Bien, c'est
ça que la juge dit : Je travaille deux jours, je garde le même salaire.
M. Tanguay : Oui, mais il
faut faire des comparables avec des vrais comparables, là. Quand vous êtes
juge, évidemment, ça prend du temps parce que... temps d'audience et du temps
de rédaction. Pour avoir été moi-même avocat en litige commercial, ça prend du
temps de délibéré, là, ce qu'on appelle. Alors, évidemment, ça participe de la
charge de travail du juge.
M. Laforest (Alain) : Donc,
vous l'appuyez?
M. Tanguay : Écoutez, pour ce
qui est du détail de ce qui a été proposé par la juge Rondeau, moi, j'invite le
ministre et la juge Rondeau à s'asseoir et à discuter. Entre autres, elle
parlait d'une piste de solution de nommer davantage de juges. Elle en a
demandé, je pense, 41, un certain nombre. Est-ce que le ministre peut faire un
bout de chemin là-dessus? Est-ce qu'ils peuvent s'asseoir, se comprendre puis
essayer d'arriver à une entente pour tous les citoyens, citoyennes?
M. Laforest (Alain) : Parlons
politique. Vous attendez quoi de Nathalie Roy, que vous avez déjà qualifiée de
très partisane?
M. Tanguay : Écoutez, moi,
Nathalie Roy, je me fie sur son bon jugement. Je suis entré la même année que
Nathalie, en 2012, à l'Assemblée nationale. On a fêté ensemble nos 10 ans
en juin dernier. Alors, c'est une femme, je pense, avec un excellent jugement.
Et nous misons sur le fait qu'elle sera une bonne présidente, elle sera
impartiale. Et, en ce sens-là, c'est pour ça qu'elle aura notre appui.
M. Côté (Gabriel) : Bonjour,
M. Tanguay. Je me demandais, dans le dossier du tramway, là, de Québec,
est-ce que, selon vous, le gouvernement devrait autoriser la ville à prélever
des redevances pour que la ville puisse financer sa part de financement dans le
projet?
M. Tanguay : Bien, écoutez,
sans aller dans le détail de cette proposition-là, chose certaine, le tramway
est excessivement important. Et nous, du Parti libéral, on a même insisté pour
qu'il y ait une deuxième phase, parce qu'il y a un enjeu de mobilité, une phase
nord-sud du tramway. Alors, en ce sens-là, le gouvernement doit financer à sa
juste part, participer au projet et étudier avec la ville les moyens d'arriver
à ce financement-là.
Maintenant, j'aurai l'occasion de vous
revenir quant aux détails d'une redevance, mais chose certaine, c'est un projet
excessivement important pour la mobilité, qui doit donner des résultats. Puis,
en passant, on a le porte-parole ici avec moi, André Morin, en matière de
transports. Lorsqu'on regarde, entre autres, ce qui se passe à Montréal
également et les déficits des sociétés d'État, il faut que les projets puissent
se financer. Maintenant, pour ce qui est de cette proposition-là, si vous
voulez, on aura l'occasion de vous revenir.
M. Côté (Gabriel) : Excellent.
Puis, dans un autre dossier complètement, là, Jean Lapointe n'aura pas,
vraisemblablement, de funérailles nationales. Vous en pensez quoi? Est-ce que
Jean Lapointe devrait avoir des funérailles nationales?
M. Tanguay : Jean Lapointe
aura été un grand Québécois. Jean Lapointe, en ce sens-là, si vous me demandez
mon opinion personnelle, je pense que des funérailles nationales auraient été
pleinement justifiées. Maintenant, je sais qu'il y a des règles, mais, si vous
me demandez mon opinion personnelle, je pense, ça aurait été justifié.
M. Côté (Gabriel) : Puis, si
vous m'en permettez une petite dernière, là, M. Drainville disait en
entrevue au journal qu'il serait ouvert à la possibilité de donner un sursis
pour les futurs profs qui sont faibles en français pour qu'ils puissent
continuer leur parcours scolaire sans nécessairement avoir réussi l'examen,
qu'ils puissent le reprendre en cours de route. Est-ce que c'est une
proposition qui fait votre affaire? Est-ce que vous appuyez M. Drainville?
M. Tanguay : Donc, les
professeurs qui sont... qui ont des...
M. Côté (Gabriel) : Bien, qui
échouent le test de français.
M. Tanguay : Le test de
français. Et qui enseignent le français ou qui enseignent d'autres matières
également?
M. Côté (Gabriel) : Je ne me
souviens plus bien comment ça fonctionne. Je pense qu'ils enseignent d'autres
matières aussi.
M. Tanguay : Chose certaine,
on voit... Qu'est-ce que l'on voit, là? On voit un écueil de pénurie de main-d'oeuvre.
Moi, je pense que le premier principe que j'aimerais que l'on applique, là,
c'est l'écolier, l'écolière, l'enfant d'abord, la qualité de l'enseignement.
Maintenant, on voit qu'il y a pénurie de
main-d'oeuvre. On voit qu'il y a des professeurs ou des remplaçants qui n'ont
pas la qualification pour le faire, je l'ai vécu dans mon comté, et qui sont là
pour remplacer quelques semaines. Ils essaient de faire de leur mieux, mais
bon. Moi, je pense qu'il ne faudra jamais transiger sur la qualité de l'enseignement.
Et ça en prend davantage, des professeurs. Il faut bien les rémunérer, les
conditions de travail également, mais je pense qu'il ne faut pas lésiner ou
réduire la qualité de l'enseignement.
Donc, ça, oui, des solutions à court
terme, est-ce qu'il y en a? Je pense qu'il faut les analyser, mais il ne faut
pas que les enfants aient, tout dépendamment de quelle école ils sont, un
niveau d'enseignement inférieur par rapport aux autres. Et ça, ça devrait être
la première préoccupation du ministre l'Éducation.
M. Côté (Gabriel) : Merci.
M. Tanguay : Merci.
M. Bourassa (Simon) : Bonjour,
M. Tanguay. Est-ce que, comme le Parti québécois, vous appuyez Éric
Duhaime dans sa demande à la présidence pour avoir un bureau à l'Assemblée nationale?
M. Tanguay : Nous, on est
prêts à discuter. On l'a déjà dit hier, on l'a déjà affirmé, on est prêts à
discuter avec les trois autres partis pour trouver des aménagements,
effectivement, mais là j'entends que le premier ministre Legault a claqué la
porte. Nous, on demeure ouverts à avoir une discussion là-dessus.
M. Bourassa (Simon) : En vue
du dépôt du projet de loi, là, le premier du gouvernement, sur le plafonnement
de la hausse des tarifs gouvernementaux, comme opposition officielle, qu'est-ce
que vous pouvez apporter dans ce débat autour de la limitation des tarifs
gouvernementaux mais surtout sur l'inflation de manière un peu plus générale?
M. Tanguay : Parfait.
Tarifs... On n'est pas heureux, nous, que le gouvernement nous promette une
hausse des tarifs d'Hydro-Québec de 3 %. Je veux dire, Hydro-Québec, c'est
à nous, il engrange des profits records depuis les deux dernières années, pour
avoir été porte-parole en matière des ressources naturelles. Donc, le
gouvernement nous dit : On va le limiter à 3 %, la hausse d'avril
prochain de la facture d'hydroélectricité. Nous, on est contre ça. On l'a
clairement dit, on veut un gel du tarif d'Hydro-Québec jusqu'à ce que l'on
revienne au processus indépendant par la Régie de l'énergie.
Du reste, pour ce qui est du plan de lutte
à l'inflation puis au coût de la vie, vous nous avez vus en campagne électorale,
et on va réitérer nos propositions, entre autres le 2 000 $ récurrent
à toutes les personnes âgées de 70 ans et plus pour leur permettre, entre
autres, de demeurer à la maison et de faire face au coût de la vie, parce que
la pension de vieillesse n'augmente pas au même rythme que l'inflation. Donc,
ça, c'était une mesure. Nous bonifions également, comme proposition,
l'allocation pour l'achat de fournitures scolaires. Et il y avait beaucoup
d'autres mesures, notamment les tarifs d'Hydro-Québec, retirer la TPS sur des
produits de première nécessité qui sont encore taxés.
La TPS, là, ce n'est pas rien, hein, c'est
10 %, 9,975 %. Alors, 10 %, vous payez encore ça sur le
shampoing, le savon, les brosses à dents. Nous, c'était une autre mesure. Ça,
c'est récurrent. Ce n'est pas un chèque, c'est récurrent, et je pense que ça
viendrait faire un équilibrage.
M. Bolduc (Pierre-Alexandre) :
M. Tanguay, juste pour revenir à la justice, je ne suis pas certain que
j'ai tout compris. Je comprends que, pour les 41 juges, l'embauche, vous
ne vous positionnez pas, mais, pour le salaire de tous les autres corps de
métier, ça, vous le ramenez au seuil du privé puis de la cour municipale, quoi?
M. Tanguay : Pour ce qui est
de la demande de la juge Rondeau, entre le fait de dire : Oui, oui, oui,
41, et le fait de dire : Non, non, non, il n'en est pas question, je pense
que le ministre devrait s'asseoir avec elle et trouver un calendrier, une
façon. Vous savez, dans la vie, pour se comprendre, il faut se parler. Alors,
je les invite, les deux, à se parler. Puis moi, je pointe le ministre de la
Justice qui a un devoir, une obligation de résultat pour les citoyens et
citoyennes qui se cognent le nez sur la porte de notre justice.
Pour ce qui est du rattrapage salarial, je
vais laisser mon collègue compléter.
M. Morin : Merci. En fait, ce
qui est important pour le personnel judiciaire, on parle des
greffières-audiencières, des huissiers, des constables spéciaux, c'est que le
gouvernement puisse reconnaître l'importance de leur travail et les payer
adéquatement pour qu'ils aient des salaires et des conditions de travail qui
soient compétitives avec des gens qui exercent les mêmes fonctions mais au sein
de d'autres tribunaux. Il n'est pas normal qu'une greffière-audiencière, par
exemple, au gouvernement du Québec, gagne moins que la personne qui fait le
même travail à la cour municipale de Montréal.
Et ça, ce que ça crée, évidemment... Là,
il y a un problème, ils ne sont pas capables de retenir le personnel, donc il y
a un problème de rétention. Alors, les gens quittent, s'en vont ailleurs parce
qu'ils ont des meilleures conditions de travail. Et, nous, ce qu'on dit, c'est
que, ça, il faut que ça arrête maintenant, parce que c'est aussi un problème
fondamental dans le système, et ça, ça ne fonctionne pas. Donc, il faut absolument
que le ministre soit capable d'offrir des salaires qui sont compétitifs.
M. Bolduc (Pierre-Alexandre) :
Merci, c'est tout pour moi.
M. Morin : Je vous en prie.
Mme Senay
(Cathy) :
Mr. Tanguay,
what do you say to the three PQ MNAs? They're basically... We still don't know
what they are going to do. And, if they test the sergeant at arms and they'll
be expelled, they'll make the international headlines. So, they have the
spotlight on them. So, what do you tell them today about...
M. Tanguay
: I'll just tell you my hope. I hope that our colleagues, our elected
colleagues from the Parti québécois... I think that the point has been made. I think that we all have
to work probably on a bill, which will be deposed by the Government, to see if there's a way to set
aside this condition in order to be here at the National
Assembly...
Mme Senay (Cathy) : Are you sick of them making a fuss about the oath to King Charles?
M. Tanguay
:You know, at the
end of the day, I think that and I hope that they will be respecting the
institution which is the National Assembly. I don't think that they'll make a fuss at the National Assembly, and they will oblige the «sergent
d'armes» to ask them to leave «le salon bleu». I hope that they will be
respecting the institution. And we're there to work for all Quebeckers, and we
need to have around the table our colleagues to probably amend the law, and
that's the mandate that they received by the population.
Mme Senay (Cathy) : And what about Nathalie Roy? Because you'll be, in a few minutes,
in the blue room facing 90 MNAs, when she'll become the Speaker, 89 CAQ
MNAs, a very strong majority, she's one of them. What do you expect from
Nathalie Roy as a speaker at the National Assembly?
M. Tanguay
:
I think... I'm confident that she'll use very good judgement. She will be
neutral and she will be... And we will base our support
to her candidacy to the fact that we are assuming that she will be a great
President and not there to help one party with respect to another one. And
based on this, she is a MNA for the last 10 years, I think that she has
the good judgment to do it, so that's why we will be supporting her candidacy. And
we hope and we think that it's going to be for the best. Thanks to you. Merci.
Le Modérateur
: Merci
beaucoup, tout le monde. C'est ce qui met fin au point de presse.
(Fin à 12 h 56)