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(Quinze heures seize minutes)
Le Président: A l'ordre, mesdames et messieurs!
Un moment de recueillement.
Veuillez vous asseoir.
J'ai un certain nombre d'avis dont je voudrais donner lecture
immédiatement. Je vous en donne un premier.
Démission du député de
Mégantic-Compton
"M. le Président, conformément aux dispositions de
l'article 35 de la Loi de la Législature, je vous remets par les
présentes ma démission à titre de député du
district électoral de Mégantic-Compton à
l'Assemblée nationale du Québec à compter du 7 janvier
1980." C'est signé à Lac-Mégantic, le 3 janvier 1980, par
Fernand Grenier. C'est attesté d'une double signature, tel que
prévu par la Loi de la Législature.
Parti démocrate créditiste, nouveau nom
du parti Les Démocrates
Un autre avis: "Québec, le 11 janvier 1980. M. le
Président, je vous informe par la présente que depuis le 1er
janvier 1980, notre parti Les Démocrates utilise l'appellation qui suit:
Parti démocrate créditiste. Soyez certain, M. le
Président, que vous m'obligerez en communiquant cette clarification lors
de la reprise de nos travaux parlementaires et acceptez, je vous prie,
l'expression de mes distingués sentiments." C'est signé par le
député de Rouyn-Noranda, Camil Samson.
C'est fait, M. le député de Rouyn-Noranda.
J'ai un autre avis daté du 11 janvier 1980 également et
émanant de Cowansville.
Démission du député de
Brome-Missisquoi
"Monsieur, conformément aux prescriptions de la Loi de la
Législature, je vous avise de ma décision de démissionner
comme député du district électoral de Brome-Missisquoi
à compter de ce jour en vue de me porter candidat à
l'élection générale du 18 février 1980. Vous
remerciant de votre collaboration, veuillez accepter, M. le Président,
l'expression de mes sentiments les plus respectueux." C'est signé par
Armand Russell et également attesté par une double signature pour
les fins de la Loi de la Législature.
M. Bertrand Goulet, nommé whip de l'Union
Nationale
Un autre avis: "Québec, le 22 janvier 1980. M. le
Président, j'ai le plaisir de vous annoncer que lundi, le 21 janvier
1980, le député de Bellechasse, M. Bertrand Goulet a
été désigné au poste de whip du parti de l'Union
Nationale à l'Assemblée natio- nale du Québec. Veuillez
croire, M. le Président, à l'assurance de mes sentiments les plus
respectueux." C'est signé par le chef de l'Union Nationale, Rodrigue
Biron, député de Lotbinière.
M. Rodrigue Biron, député
indépendant
Un avis plus récent celui-là: "Québec, le 3 mars
1980, M. le Président, je désire vous informer que j'ai remis, ce
matin, à Me Serge Fontaine, député de Nicolet-Yamaska et
président du parti, ma démission comme chef de l'Union Nationale.
Je siégerai dorénavant comme député
indépendant de Lotbinière. Veuillez accepter, M. le
Président, l'expression de mes sentiments les meilleurs". Et c'est
signé du député de Lotbinière, Rodrigue Biron.
M. le député de Lotbinière, avant de vous
céder la parole, je vous indique immédiatement que dès
demain je verrai à vous assigner une nouvelle banquette à
l'Assemblée nationale et je prends acte de votre démission.
J'aurais un dernier avis à lire avant de vous céder la parole.
(15 h 20)
M. Michel Le Moignan, chef de l'Union Nationale
"Québec, le 3 mars 1980. M. le Président, je désire
vous informer que le caucus de l'Union Nationale a désigné M.
Michel Le Moignan, député de Gaspé, pour agir à
titre de chef de l'Union Nationale et qu'il siégera dorénavant
à ce titre à l'Assemblée nationale du Québec.
Veuillez accepter, M. le Président, l'expression de mes sentiments les
meilleurs". Et c'est signé du leader parlementaire de l'Union Nationale,
Yvon Brochu.
M. le député de Gaspé et nouveau chef de l'Union
Nationale, j'espère que vous souffrirez aujourd'hui d'occuper pour une
dernière fois une banquette d'arrière-ban. Dès demain, je
verrai à vous donner la banquette qui vous revient maintenant de
droit.
M. le député de Lotbinière.
M. Rodrigue Biron
M. Biron: M. le Président, vous me permettrez,
aujourd'hui, pour la première fois depuis que je suis dans cette
enceinte, de ne parler qu'en tant que député de
Lotbinière. Nous faisons actuellement une des luttes les plus
importantes de toute l'histoire de la province de Québec. C'est la lutte
en faveur de notre autonomie. C'est la lutte pour le respect de nos droits et
de nos prérogatives. C'est la lutte pour la survivance de la population
du Québec. C'est la lutte en faveur des libertés populaires et
parlementaires. M. le Président, ce n'est pas Rodrigue Biron qui a
écrit cela, mais bien un de mes plus illustres
prédécesseurs, l'honorable Maurice Duplessis, le 4 octobre 1939.
Moi, personnellement, je crois que mon parti n'est
plus ce qu'il a déjà été, hélas! Mais
moi je dois trop à mes ancêtres et à mes
prédécesseurs pour devoir en arriver là.
Mes enfants attendent trop de moi pour que je me taise un seul jour de
plus. Plutôt donc que de démissionner, face à ce que je
considère être des principes, plutôt donc que d'abandonner,
face à ce que je qualifie de défi exaltant, plutôt donc que
de vouloir fuir ce que je crois être mes responsabilités d'homme
et de citoyen, et après avoir consulté au préalable mes
concitoyens et organisateurs de Lotbinière, ceux et celles à qui
je dois mon plus beau titre de gloire, celui de député de
Lotbinière, et après avoir élaboré ma
décision avec ce qu'il y a de plus vrai pour un homme public, sinon pour
tous, les membres de ma famille, M. le Président, à l'instant
même, et parce que je l'ai voulu ainsi, du parquet de cette enceinte,
j'officialise ma démission en tant que chef de l'Union Nationale et je
vous avise que, dorénavant, je siégerai comme
député indépendant de Lotbinière.
Mes collègues députés, les membres du conseil
exécutif du parti, nos employés ainsi que mes
dévouées collaboratrices, mes loyaux collaborateurs et amis de
tout instant s'attendent à cette décision depuis hier.
M. le Président, j'aurai commis deux erreurs, pas celle d'avoir
donné parmi les plus belles années de ma vie à l'Union
Nationale, ni celle de m'en retirer de la direction aujourd'hui, non, mais
celle, premièrement, d'avoir cru que, dans notre parti de l'Union
Nationale, il y avait de la place pour tous ceux qui veulent contribuer de
leurs talents et de leurs énergies à l'édification du
Québec et, deuxièmement, celle d'avoir cru qu'il pouvait
être possible maintenant, en 1980, et par respect pour ceux et celles qui
paient des taxes, de faire de la politique propre, qui ne soit pas que
bêtement partisane, que bêtement et bassement négative.
Naïf, m'ont dit dans leurs écrits certains vieux
observateurs de la scène politique. Inspiré directement des
péquistes, a prêché celui des hommes publics au
Québec dont il aura fallu le moins de temps dans l'histoire politique
d'ici pour descendre de l'autel de la moralité publique aux mesquineries
les plus partisanes.
Traître, m'a lancé fort et de loin un ex-collègue et
non le moindre. Non rentable, m'ont fait savoir certains, en peine, par
ailleurs, de définir une alternative qui soit, elle, vraiment
rentable.
Nouveau, enthousiasmant et emballant, m'ont soumis personnellement les
jeunes de nos polyvalentes, de nos CEGEP et de nos universités. M. le
Président, j'ai cru, avec notre ex-collègue, l'honorable Jean-Guy
Cardinal, en une union vraiment nationale. Voilà, au fond, mon seul
péché.
Que l'on me permette de reprendre ici les mots mêmes de Jean-Guy
Cardinal, parmi les plus sentis qu'il ait jamais formulés, au temps
où il aspirait à la direction de l'Union Nationale. Je le cite:
"Dans une union vraiment nationale, il y a de la place pour tout le monde. Il y
a place pour les souverainistes. Oui, si ceux-ci veulent bien com- prendre que
la souveraineté, ce n'est pas la révolution, le désordre,
l'anarchie, mais bien la prise en charge par les Québécois de
leurs responsabilités et la réalisation ordonnée d'un
objectif exaltant. "Dans une union vraiment nationale, il y a place pour les
nationalistes. Oui, s'ils comprennent que le nationalisme, ce n'est pas le
racisme, mais simplement et lucidement la prise de conscience de leur
personnalité et le respect de ce qu'ils sont. "Dans une union vraiment
nationale, il y a place pour les fédéralistes. Oui, s'ils n'ont
pas démissionné et s'ils acceptent de trouver avec nous le
nouveau mode d'association qui nous permette de vivre avec et à
côté de nos voisins des autres parties du Canada, dans des
conditions qui laissent au Québec toutes possibilités de
s'épanouir conformément à son histoire, à ses
aspirations et dans la sauvegarde de son héritage culturel et
linguistique."
Cet objectif d'élaborer une union vraiment nationale, les
responsabilités qui s'y rattachent, le défi exaltant qu'une telle
union nationale appelle, les principes qui la sous-tendent, je ne pourrai,
hélas! pas les vivre comme chef de l'Union Nationale, ni comme chef d'un
regroupement des forces conservatrices au Québec, parce qu'il y a des
échéances encore plus engageantes et plus urgentes. L'Union
Nationale refusant, à mon avis, de se rendre au rendez-vous que lui
avait fixé Daniel Johnson, avec lui, avec son héritage et avec
tous ceux qui ont cru en lui, je me battrai donc, à compter de cet
instant précis, avec, auprès et pour les tenants du "oui", du
"oui" au Québec, du "oui" à l'avenir.
Celui qui vous parle ainsi, M. le Président, c'est à la
fois l'industriel d'hier, habitué alors à traiter d'égal
à égal avec son homologue d'Alber-ta, d'Ontario, des Maritimes,
en matière de métallurgie ou d'affaires en général;
c'est l'homme politique qui veut aujourd'hui que les Québécois
soient traités dans les faits d'égal à égal, pas
plus, mais pas moins, d'égal à égal partout au Canada et
en toute matière. Donnez-moi mon butin, redirait Duplessis.
Désormais, clamerait Paul Sauvé, nous allons nous battre pour le
Québec d'abord, ajouterait Daniel Johnson.
Quant à moi j'achève ici mes propos
j'entends demeurer le même homme, honnête avec moi-même, avec
les miens. Après quelques jours de repos et de calme que tous voudront
bien respecter, je reprendrai ma fonction de député, faisant
appel au calme chez les uns et chez les autres, à la tolérance,
au respect mutuel car, au lendemain de juin 1980, au lendemain du
référendum, il faudra à nouveau vivre ensemble. Trop
d'autres chantiers nous attendent, tels la relance économique, qui m'est
particulièrement chère, le scandale des taux
d'intérêt ou encore le spectre du chômage sans cesse
présent chez trop de nos gens ou encore, enfin, les écarts de
plus en plus grands entre les bien nantis et les moins fortunés, fardeau
trop lourd pour trop de nos gens âgés, pour trop de nos
mères de famille.
Mais en attendant, si l'on était nombreux à prendre un
risque calculé et à faire un pas, un seul pas ensemble, c'est la
solidarité des Québécois qui donnera force et vigueur
à la fraternité à laquelle ils aspirent. Trop souvent,
notre peuple est resté divisé sur les défis qu'il devait
relever. Aujourd'hui, c'est un oui solidaire, collectif et entier qu'il doit
exprimer sur son avenir et, à mon avis, un tel cri du coeur, pour ne pas
dire des tripes, c'est notre solidarité avec le oui qui assumera
l'égalité Québec-Canada.
Michel, Bertrand, Serge, Yvon, Fabien et les autres, tous mes amis du
Québec, mon oui est celui de mon âme et de ma conscience. Je ne
suis plus le chef de l'Union Nationale mais je demeure Québécois
et, comme le disait Daniel Johnson le 17 janvier 1963: "II ne reste que deux
options possibles entre lesquelles il faudra choisir avant longtemps: ou bien
nous serons maîtres de nos destinées dans le Québec et
partenaires égaux dans la direction des affaires du pays ou bien ce sera
la séparation complète." C'était en 1963, M. le
Président.
C'est parce que je refuse la séparation, je refuse la
séparation complète que je dirai oui au référendum
pour que nous prenions d'emblée cette dernière chance
d'être des partenaires égaux dans la direction de notre pays. A
ceux auxquels Daniel Johnson dédicaçait son livre "Egalité
ou indépendance", à ces jeunes du Québec, héritiers
du passé et artisans de l'avenir, j'offre mon oui, oui à
l'identité québécoise, oui au devenir du Québec.
Merci, M. le Président. (15 h 30)
Le Président: Affaires courantes.
Déclarations ministérielles.
Dépôt de documents.
M. le ministre de la Justice.
DÉPÔT DE DOCUMENTS
Opinion du ministère de la Justice
sur la conformité de projets
de question référendaire
M. Bédard: Alors, M. le Président, de façon
exceptionnelle, je dépose l'opinion que le ministère de la
Justice a remise au gouvernement sur la conformité de certains projets
de formulation d'une question référendaire avec les dispositions
de la Loi sur la consultation populaire.
Le Président: Document déposé.
M. le ministre de l'Energie et des Ressources.
Rapport annuel de la société
REXFOR
M. Bérubé: II me fait plaisir de déposer, M.
le Président, le rapport annuel de la société REXFOR pour
l'année 1978/79.
Le Président: Rapport déposé.
Dépôt de rapports de commissions élues.
Dépôt de rapports du greffier en loi sur les projets de loi
privés.
Présentation de projets de loi au nom du gouvernement.
Présentation de projets de loi au nom des
députés.
Période de questions orales.
M. le leader parlementaire de l'Opposition officielle.
QUESTIONS ORALES DES DÉPUTÉS
Élections partielles
M. Levesque (Bonaventure): M. le Président, ma question
s'adresse à l'honorable premier ministre. Avant de lui poser cette
question, vous me permettrez de féliciter un Gaspésien, un ami de
toujours, le député de Gaspé, pour les nouvelles
responsabilités que vous venez d'annoncer dans son cas. M. le
Président, ma question au premier ministre est celle-ci. Les
comtés de Johnson, Brome-Missisquoi et Mégantic-Compton
relativement à ces deux derniers comtés, d'ailleurs, vous venez
de le confirmer sont sans député depuis deux mois et deux
mois et demi. Nous avons, à maintes reprises, M. le Président,
pressé le chef du gouvernement de permettre des élections
partielles dans ces comtés. Nous n'avons pas de meilleure
autorité en la matière que le premier ministre lui-même
qui, à maintes reprises, et surtout lorsqu'il s'agissait du comté
de Notre-Dame-de-Grâce, insistait sur l'urgence qu'il y avait de voir ces
circonscriptions électorales représentées en cette
Assemblée nationale. Or, M. le Président, nous sommes à la
veille de ce que le gouvernement appelle un événement historique,
un rendez-vous avec l'histoire, etc., et la Loi sur la consultation populaire
indique justement que la population sera représentée dans un
comité ou l'autre, comité du non ou comité du oui, par la
présence même des députés représentant
chacune des circonscriptions. Or, dans une région, M. le
Président, il manque trois députés, et encore, trois
députés de l'Opposition.
M. le Président, je considère qu'à ce moment-ci, vu
l'insistance du côté ministériel, je devrai poser la
question. Or, M. le Président, à cette question, je connais
déjà la réponse. On ne peut pas avoir subi sept revers
dans sept élections partielles sans avoir peur des trois autres. Mais je
laisse au premier ministre le soin de répondre.
Le Président: M. le premier ministre.
M. Lévesque (Taillon): M. le Président, je
commencerai par copier le début du préambule, mais en le
complétant un peu, du député de Bonaventure, en profitant
de l'occasion pour exprimer je pense que tout le monde sera d'accord
le profond respect que ne peut qu'inspirer à tout le monde la
façon dont le député de Lotbinière a quitté
son poste il y a quelques instants. J'ajoute également ma sympathie au
député de Gaspé parce que c'est une succession qu'il va
trouver très lourde et j'attendrai de voir
comment se dessine son leadership pour ajouter des commentaires, le cas
échéant.
Maintenant, pour ce qui est des trois élections partielles, la
décision a été prise. Elle a été
annoncée. En fait, c'était une question supplémentaire que
posait le député de Bonaventure. Nous avons trouvé qu'il
n'était pas indiqué de tenir des élections en plein climat
référendaire et nous sommes en plein climat
référendaire. Je pense qu'il y a même un slogan tristement
négatif qui a été adopté hier par nos amis d'en
face. D'autre part, je dois ajouter que cela n'aurait rien pu changer
d'important dans la répartition fondamentale des parlementaires en vue
du référendum et, de plus, que le délai ne brime en rien,
d'aucune façon, les droits des citoyens de ces trois comtés au
moment du référendum. Il est bien entendu, par ailleurs je
l'ai dit et je le répète que ces élections
partielles auront lieu le plus vite possible aussitôt après le
référendum.
J'ajouterai un simple commentaire sur les élections partielles
passées: C'est vrai, on en a perdu sept, dont quatre dans des
comtés réputés impossibles, une dans un comté,
celui de Beauce-Sud, où on a fait des progrès
inespérés, et deux terriblement cruelles dans deux comtés
que nous détenions depuis 1976, au moment le plus tendu et le plus
angoissant des conflits sociaux de l'année dernière. Je
conseillerais, quand même, aux libéraux de ne pas compter avec
trop d'arrogance sur la répétition d'un tel contexte à
l'avenir.
Une Voix: Faites-en et on verra.
Le Président: M. le leader parlementaire.
M. Levesque (Bonaventure): M. le Président, le premier
ministre je me permets de faire comme il l'a fait lui-même
avant de répondre à la question que je lui posais, a jugé
à propos de passer quelques commentaires sur la décision de
l'ancien chef de l'Union Nationale. Quant à moi, bien que vous m'auriez
sans doute donné le droit de parole si je l'avais exigé à
ce moment-là, vu que j'ai toujours respecté certaines situations
humaines et que je ne voulais pas tourner le couteau dans la plaie, je me suis
abstenu de faire des commentaires. Si j'en eus fait, ce serait simplement pour
regretter qu'après les deux erreurs admises par le chef de l'Union
Nationale, il en commettait une troisième.
M. le Président, la question additionnelle que je vais poser
maintenant ast celle-ci: Comment le premier ministre peut-il concilier la
campagne actuelle qu'il mène à travers le Québec, essayant
de faire croire à la population que toute cette question
référendaire se situe au-dessus des partis politiques?
M. Charron: M. le Président, j'invoque le
règlement.
Le Président: M. le leader parlementaire du
gouvernement.
M. Charron: Avant même qu'il ait achevé, vous aviez
sans doute perçu vous-même que la deuxième question qui
pourrait être l'objet d'une question principale, sans aucun doute
si le député veut entamer ce débat n'est pas du
tout une question supplémentaire à la tenue ou non
d'élections complémentaires dans les trois circonscriptions dont
on a parlé.
Le Président: M. le leader parlementaire de l'Opposition
officielle.
M. Levesque (Bonaventure): M. le Président, je vous
remercie, vous aviez compris, et je vous en sais gré, que je prenais
simplement une partie de la réponse du premier ministre pour justement
engager la question additionnelle. Comment le premier ministre peut-il
réconcilier le fait qu'il prône partout que toute cette campagne
ou cette question référendaire se situe au-dessus des partis et
qu'il bloque à ce moment-ci le jeu normal des partis politiques?
Le Président: M. le premier ministre.
M. Lévesque (Taillon): Justement, la réponse est
contenue dans la question. On sait très bien on l'a vu à
l'expérience dans plusieurs élections partielles qu'au
moment où il y a des affrontements partisans qui se seraient
nécessairement produits pendant les semaines qui passent, ça ne
favorise aucunement... Je sais que nos amis libéraux, hélas! ne
veulent pas en entendre parler j'ai eu des échos de leur
congrès du fait que ça puisse se situer au-dessus des
partis. Je maintiens quand même et je vais continuer à maintenir
que quelquefois dans un siècle cela n'arrive pas souvent
il est important pour un peuple d'avoir une chance de penser uniquement
à son avenir et non pas aux affrontements à court terme qui
viendront de toute façon après. (15 h 40)
Le Président: Mme la députée de
L'Acadie.
Réduction des crédits accordés
aux centres d'accueil
Mme Lavoie-Roux: Merci, M. le Président. Après plus
de deux mois d'absence de l'Assemblée nationale, il y a plusieurs
questions que nous pourrions adresser au ministre des Affaires sociales. J'ai
choisi celle qui m'apparaît la plus urgente et qui, probablement, touche
les cas les plus pénibles. En octobre 1978, le ministre des Affaires
sociales, suite aux pressions qui avaient été faites par les
centres d'accueil pour les personnes âgées en particulier, compte
tenu de l'alourdissement des cas dont ils devaient prendre soin, s'était
engagé à verser, au cours des trois prochaines années, une
somme de $17 500 000. Il y a quelques jours ou à peine une semaine,
l'Association des centres d'accueil du Québec apprenait avec
consternation qu'on diminuerait cet engagement de $17 500 000 à $11
millions, ce qui veut dire une
diminution de $6 millions. Comme il s'agit de problèmes
extrêmement pénibles pour beaucoup d'individus et de familles et
compte tenu qu'on a suspendu les admissions dans les centres d'accueil,
à cause de cette décision venant apparemment du ministère
des Affaires sociales, à moins qu'on nous informe autrement, le ministre
pourrait-il nous indiquer les raisons qui motivent cette coupure
budgétaire qu'il avait annoncée, je m'en doute bien, avec
beaucoup d'enthousiasme en 1978?
Le Président: M. le ministre des Affaires sociales.
M. Lazure: M. le Président, je veux d'abord rectifier un
avancé qui a été exprimé avec réserve quand
même par la députée de L'Acadie. Il ne s'agit pas, quant
à la fermeture temporaire de centres d'accueil, d'une décision du
ministère des Affaires sociales. Bien au contraire, M. le
Président, il s'agit d'une décision et d'une incitation de
l'Association des centres d'accueil du Québec auprès des centres
d'accueil de ne pas accepter des personnes âgées et c'est une
incitation qui est tout à fait inacceptable, M. le Président.
Nous avons pris des mesures dès la semaine passée, le jour
même où nous avons appris que l'Association des centres d'accueil
demandait officiellement aux centres d'accueil de refuser l'admission des
personnes âgées. Nous avons écrit au président, M.
Bertrand Maltais, lui rappelant les articles 4, 5 et 6 de la Loi sur les
services de santé et services sociaux qui interdisent à
quiconque, un établissement ou une association d'établissements,
de fermer l'accès à la population qui a besoin de services, qu'il
s'agisse de services de santé ou de services sociaux.
Je pense, M. le Président, que cette manoeuvre de la part de
l'Association des centres d'accueil est tout à fait inqualifiable et je
ne voudrais pas commencer cette session-ci en utilisant des qualificatifs. Je
pense que, le moins qu'on puisse dire, c'est manquer de conscience sociale. Les
personnes âgées qui ont besoin d'être admises en centre
d'accueil sont actuellement parmi les gens les plus défavorisés
de notre société, non seulement au plan de la santé
physique, mais souvent de la santé mentale. Maintenant, pourquoi
l'association a-t-elle voulu marchander sur la place publique l'obtention de
quelques millions de dollars de plus pour les centres d'accueil au cours de
l'année budgétaire prochaine, M. le Président, puisqu'au
moment où on se parle, le gouvernement n'a retiré aucun cent aux
230 centres d'accueil qui s'occupent de personnes âgées au
Québec? Au contraire, et le président de l'Association des
centres d'accueil l'a admis d'ailleurs dans son entrevue, nous avons
respecté ce qui était un engagement moral d'essayer d'obtenir
pendant trois années environ $5 millions par année. Nous avons
respecté cet engagement moral au cours de la première
année. Or, le président de l'Association des centres d'accueil,
M. le Président, pour exercer une pression auprès du
gouvernement, a le culot de présumer à l'avance du montant que
nous aurons pour l'année budgétaire 1980/81 et qui n'est
même pas encore connu. En conclusion, M. le Président, je suis
heureux que la députée de L'Acadie ait posé la question.
Cela me permet, au nom du gouvernement, de réitérer notre
indignation devant un tel procédé. Cela me permet aussi d'ajouter
que ce gouvernement-ci et j'y reviendrai en réponse
additionnelle, s'il le faut a fait pour les personnes âgées
en trois ans plus que ce que les gouvernements antérieurs ont fait
durant les six ans qu'ils nous ont précédés.
Le Président: Mme la députée de
L'Acadie.
Mme Lavoie-Roux: M. le Président, la réponse du
ministre des Affaires sociales rappellera sans doute aux membres de cette
Assemblée le type de réponse qu'il nous donnait lorsqu'on le
questionnait sur les services essentiels. Au lieu de donner des explications,
le ministre accuse.
Le ministre s'était engagé, en octobre 1978, à ce
que $17,5 millions de plus soient versés aux centres d'accueil. Il nous
dit à ce moment-ci que ce n'était qu'un engagement moral.
Pourtant, il avait tenu une conférence de presse. Ce que je voudrais
savoir, c'est s'il y a eu un engagement financier de la part du gouvernement et
s'il entend respecter cet engagement, compte tenu des besoins urgents qui
avaient été mis sur la place publique à ce
moment-là par les responsables des centres d'accueil. Les besoins sont
encore là, ils sont même encore plus urgents, si l'on tient compte
des autres problèmes qui ont été décelés au
début de janvier au sujet de l'admission des personnes
âgées aux centres d'accueil.
Le Président: M. le ministre des Affaires sociales.
M. Lazure: M. le Président, je répète
je pensais que c'était assez clair qu'il n'y a eu absolument
aucun engagement financier de pris. Ce n'était même pas une
conférence de presse, pour l'information du député
d'Outremont, qui ne devrait pas parler d'un dossier qu'il ne connaît pas
du tout.
Il a assez de nous accabler dans les dossiers économiques, on ne
veut pas le voir dans les dossiers sociaux. Il n'y a jamais eu de
conférence de presse pour annoncer l'octroi d'un montant de $17
millions. Jamais. Il s'agissait d'une rencontre avec l'exécutif de
l'Association des centres d'accueil, à l'époque où on
annonçait aux centres d'accueil qu'ils auraient effectivement le montant
de $5 millions qu'ils ont eu, $5 300 000, et que je m'engageais à
essayer d'obtenir des montants à peu près équivalents pour
les deux ou trois prochaines années.
Voilà le seul engagement qui a été pris, M. le
Président. Je ne vois pas pourquoi le président de l'Association
des centres d'accueil, au moment où on n'a même pas encore le
discours du budget on l'aura dans environ un mois à
l'avance, présume que nous n'aurons pas des montants
satisfaisants pour permettre l'engagement de nouveau personnel dans les
centres d'accueil.
Le Président: M. le député de
Saint-Laurent.
M. Forget: M. le Président, on essaie de comprendre, des
propos du ministre, si oui ou non le gouvernement s'est engagé à
donner des ressources supplémentaires pour les personnes
âgées dans les centres d'accueil. On va de conférence de
presse en rencontre, en engagement moral, en peut-être bien, en budget
qui reste à déterminer. Est-ce que oui ou non le ministre
reconnaît que les besoins existent, comme il l'a reconnu il y a un an? Et
qu'est-ce qu'il va faire pour répondre aux problèmes concrets
plutôt que simplement répondre avec sa rhétorique
habituelle que c'est la faute des autres?
Le Président: M. le ministre des Affaires sociales.
M. Lazure: Je ne vois pas pourquoi le député de
Saint-Laurent vient à la rescousse de Mme la députée de
L'Acadie dans ce dossier, encore une fois. Je réponds, M. le
Président, qu'il n'y a pas eu d'engagement financier. Il y a eu une
séance de travail, il y a au-delà d'un an, avec l'exécutif
de l'Association des centres d'accueil. A ce moment-là, nous
étions en mesure de lui dire que le budget permettrait d'ajouter
au-delà de $5 millions pour engager du personnel additionnel.
A la même occasion, M. le député de Saint-Laurent,
les autorités du ministère ont ajouté qu'il nous semblait
utile et nécessaire, impérieux, d'obtenir, dans les quelques
années qui viennent, des montants additionnels comparables, compte tenu
que les personnes âgées qui sont dans les centres d'accueil sont
de plus en plus malades.
Encore une fois, M. le Président, il n'y a pas de quoi fouetter
un chat, il n'y a pas eu d'engagement financier comme tel. Il y a un engagement
moral à essayer d'ajouter du personnel dans la mesure des moyens
financiers, et je trouve encore une fois inacceptable que l'Association des
centres d'accueil parte en guerre alors qu'on n'a même pas donné
de réponse définitive aux demandes budgétaires de l'an
prochain.
Le Président: M. le député de
Gaspé.
M. Shaw: Question additionnelle, M. le Président.
Le Président: M. le député de Pointe-Claire,
une courte question additionnelle.
M. Shaw: Considering that it is quite obvious that there is
almost a total failure in the public side of senior citizens' housing, will the
Minister now begin to redeposit opportunities for the private sector to provide
accommodations for senior citizens?
M. Lazure: M. le Président, je ne sais pas si le
député de Pointe-Claire a suivi l'échange. De toute
évidence, il n'a pas compris. Il ne s'agit pas d'un échec...
M. Shaw: Question de privilège, M. le
Président...
Le Président: M. le député de
Pointe-Claire.
M. Shaw: J'ai totalement compris. J'ai totalement compris que le
système public est une faillite, comprends-tu? Je demande...
Le Président: M. le ministre des Affaires sociales.
M. Lazure: M. le Président, je vais profiter de la
question du député de Pointe-Claire pour rappeler à cette
Assemblée qu'en 1978-1979, nous avons ouvert aux personnes
âgées 758 places de centres d'accueil dans onze centres d'accueil
nouveaux. En 1979-1980, dix centres d'accueil pour 954 places. En 1980-1981,
l'année qui commence dans quelques mois, nous ouvrirons 37 centres
d'accueil pour 3000 places. En 1981-1982, 19 centres d'accueil pour 2000
places.
M. le Président, qu'on ne vienne pas faire croire à la
population que le programme de construction et d'amélioration des
centres d'accueil pour personnes âgées est une faillite. Je pense
qu'il faut être absolument irresponsable pour dire ça.
Nous sommes en train de faire du rattrapage, M. le Président, et
je demande, en terminant, à l'Association des centres d'accueil
d'être un peu plus patiente et d'avoir, vis-à-vis des personnes
âgées qui ont besoin de soins, cette conscience sociale qu'on a
voulu toujours maintenir dans le réseau des affaires sociales dans des
moments plus difficiles.
Merci.
Le Président: M. le nouveau député de
Gaspé et chef de l'Union Nationale, le nouveau chef, plutôt.
Interprétation d'un oui au
référendum
M. Le Moignan: Si vous le permettez, M. le Président,
avant de poser ma question au premier ministre, je voudrais remercier mes deux
collègues gaspésiens de leurs différents sons de cloche,
et je voudrais dire au premier ministre que, si j'ai accepté ces lourdes
responsabilités, c'est que, loin de moi, à ce moment-là,
l'idée existait de vouloir accepter le poste et d'administrer les
derniers sacrements à l'Union Nationale.
Je crois que notre formation politique a sa place sur l'échiquier
du Québec, M. le Président. Nous allons essayer de travailler
dans ce sens-là, fidèles à notre passé,
fidèles aussi à tout ce que nous avons véhiculé au
cours de ces trois dernières années et, si vous le permettez, M.
le Président, pour les membres de la presse qui m'ont sollicité
une entrevue immédiatement après la période des questions,
je voudrais les inviter
demain matin à l'heure et à l'endroit qui leur seront
indiqués. Maintenant...
Le Président: M. le député de Gaspé,
maintenant que le commercial est passé, pourriez-vous procéder
à la question?
M. Le Moignan: Ma question au premier ministre, M. le
Président. La Presse Canadienne nous rapportait, le 9 février,
que le député de Deux-Montagnes avait déclaré
à Toronto qu'un oui au référendum québécois
serait interprété par le parti comme une approbation du principe
de la souveraineté-association, et je cite: "Nous ne cachons rien, c'est
l'indépendance".
Je voudrais demander au premier ministre si le député
parlait en son nom personnel ou s'il parlait au nom du gouvernement du Parti
québécois.
Le Président: M. le premier ministre.
M. Lévesque (Taillon): Ma réponse au
révérend chef et aumônier de l'Union Nationale sera
relativement brève. Il est évident que les extrapolations qu'au
cours d'une rencontre avec M. Marc Lalonde, je crois, le député
de Deux-Montagnes a pu faire lui appartiennent personnellement. Ce qu'il a dit,
c'est ceci, si j'ai bien lu les comptes rendus. C'est que, en effet, s'il
s'agit d'un principe comme celui qui est évoqué celui de
l'égalité de deux peuples dans la question et la
façon d'appliquer cette égalité de deux peuples comportant
la souveraineté-association, il est évident que le mandat de
négocier sur cette base impliquerait que c'est de ce
côté-là que l'ensemble des Québécois veulent
aller, quitte à avoir cette occasion de ratifier les résultats de
la négociation au moment du deuxième
référendum.
Le reste et je m'efforcerai justement parce que beaucoup de gens,
et cela peut arriver à tout le monde, essaient de trouver, y compris
bien sûr les adversaires qui sont déjà sur le sentier de la
guerre, plus ou moins tardivement, des sens cachés à cette
question qu'on a pourtant essayé de faire la plus claire possible. On
s'efforcera de nouveau, pendant le débat qui commence demain, auquel
devrait participer aussi, je suppose, le député de Gaspé,
de clarifier une chose en tout cas, c'est que, pour le gouvernement qui pose la
question, elle n'a qu'un sens et ce sens sera très clair à la fin
du débat.
M. Le Moignan: Question supplémentaire, M. le
Président.
Le Président: M. le chef de l'Union Nationale.
M. Le Moignan: Suite à ma première question, le
premier ministre accordait une entrevue à une revue de France, Le Point;
je prends la question où on dit: "Pourquoi demandez-vous au peuple
québécois la simple permission de négocier avec Ottawa? Ne
serait-il pas plus honnête de lui demander s'il est ou non pour
l'indépendance?"
Je cite la réponse du premier ministre, et je voudrais qu'il me
l'explicite. Il dit: "On aurait pu, bien sûr, poser aux gens une question
suffisamment brutale pour être sûr de perdre. Mais nous ne sommes
pas complètement idiots." Alors, qu'est-ce que le ministre entend par
une question brutale?
Le Président: M. le premier ministre.
M. Lévesque (Taillon): Une question brutale et brutalement
idiote aurait été celle que les libéraux espéraient
et que, hélas, la question du député de Gaspé
montre qu'il espérait lui aussi, c'est-à-dire une question qui
mettrait les gens tout de suite devant le choc d'une décision absolument
sans appel. Nous croyons qu'il y a une évolution dans le Québec
qui rend non seulement respectable mais qui rend extraordinairement dynamique
aussi la réponse positive qu'on escompte au référendum sur
la question qui est posée.
Le Président: M. le député de
Rouyn-Noranda.
M. Lamontagne: Question additionnelle, M. le
Président.
M. Levesque (Bonaventure): Question additionnelle, M. le
Président.
Le Président: M. le député de
Rouyn-Noranda.
M. Lamontagne: M. le Président, vous nous avez
convoqués aujourd'hui à l'Assemblée nationale pour parler
de cela, laissez-nous en parler un peu!
Le Président: M. le député de Roberval
reviendra.
M. le député de Rouyn-Noranda.
M. Samson: M. le Président... M. Lamontagne:
...
Le Président: M. le député de
Rouyn-Noranda.
M. Samson: M. le Président...
M. Lamontagne: ...
Le Président: A l'ordre, s'il vous plaît!
Remboursement de $1 500 000 d'intérêts
par Beneficial Finance
M. Samson: M. le Président, je voudrais adresser ma
question, en l'absence du ministre des Institutions financières, au
premier ministre. Le 30 janvier dernier, nous apprenions que la compagnie
Beneficial Finance il n'y a pas traduction française officielle
encore devra rembourser $1 500 000 à 10 000 consommateurs
parce que dans sa façon de calculer les intérêts
elle aurait apparemment, selon l'article du journal daté du 30 janvier,
soutiré ces sommes à 10 000 consommateurs
québécois. Est-ce que le premier ministre est en mesure de me
dire s'il a été mis au courant de cette situation et pourquoi
l'Office de la protection du consommateur n'a pas poursuivi cette compagnie et
a plutôt opté pour une entente secrète selon laquelle la
compagnie devra rembourser ces clients?
Le Président: M. le premier ministre.
M. Lévesque (Taillon): En l'absence de mon collègue
des Consommateurs, Coopératives et Institutions financières, je
dois répondre au député de Rouyn-Noranda que je prends
avis de la question parce que je voudrais avoir le dossier complet, ou alors
notre collègue répondra demain.
Le Président: M. le député de
Rouyn-Noranda.
M. Samson: Est-ce que je pourrais, en supplémentaire,
demander également au premier ministre, qui prend avis de la question,
de tenter de nous dire aussi pourquoi l'Office de la protection du
consommateur, dans ce dossier précis, n'a pas cru bon de se servir de
son pouvoir de mise en garde à la population? J'aimerais savoir
également si d'autres compagnies de finance ont utilisé les
mêmes moyens. Peut-être qu'il y en a présentement, mais,
s'il n'y en a pas, est-ce qu'il y aura enquête aux fins de savoir si
d'autres compagnies de finance n'ont pas utilisé les mêmes
stratagèmes pour soutirer de l'argent à la population? (16
heures!
Le Président: M. le premier ministre.
M. Lévesque (Taillon): Même réponse, M. le
Président. Au plus tard d'ici la fin de la semaine. Si possible,
demain.
Le Président: M. le député de Gatineau.
M. Gratton: Merci, M. le Président.
Le Président: Je vous reconnaîtrai après, M.
le député de Deux-Montagnes.
Réduction du personnel d'entretien des
édifices gouvernementaux
M. Gratton: M. le Président, ma question s'adresse au
ministre des Trauvaux publics. Je voudrais lui demander de confirmer que le
ministère procède présentement à l'implantation
d'une nouvelle politique quant à l'entretien des édifices
gouvernementaux, que cela a eu pour résultat de réduire à
55 le nombre de personnes affectées à l'entretien domestique des
édifices gouvernementaux, lesquelles ont toutes été
regroupées ici à l'Assemblée nationale, que 10 de ces 55
personnes sont classifiées à titre de contremaîtres et que,
présentement, le ministère qu'elle dirige procède à
des invitations auprès de ces personnes en leur demandant, dans un
premier temps, d'accepter de prendre une retraite prématurée et,
en cas de refus, en leur demandant de signer un engagement dont j'ai copie, qui
constituerait une demande de reclassement du classement 360, qui est
contremaître en entretien domestique, à celui d'aide domestique,
c'est-à-dire le classement 450-15 au salaire et on le
spécifie de $5.69 l'heure, ce qui aurait pour effet net de faire
accepter à ces personnes de travailler avec une diminution de salaire de
quelque $2000 par année.
Le Président: Mme le ministre des Travaux publics.
Mme Ouellette: Devant les "il paraît que", "il semblerait
que", je prends avis de la question, M. le Président.
Des Voix: Oh!
M. Gratton: M. le Président...
Le Président: M. le député de Gatineau.
M. Gratton: ...question additionnelle. Je demanderais au ministre
de prendre avis des faits suivants. D'abord, que ces 55 personnes sont, bien
entendu, en grande majorité, sinon exclusivement, des femmes...
Des Voix: Ah!
M. Gratton: ... et que, de plus, ces personnes qui refusent
présentement de signer sont harcelées par des personnes
affectées au service du personnel du ministère. On leur
demande...
Une Voix: Par des hommes.
M. Gratton: Oui, par des hommes. On les menace même de les
affecter à du travail qui les amènerait jusqu'à 25 milles
à l'extérieur de l'endroit...
Une Voix: Cela, c'est d'égal à égal.
M. Duhaime: M. le Président, j'invoque le
règlement. S'il s'agit d'une question additionnelle, qu'on la pose, mais
on n'a pas besoin des avis du député de Gatineau
là-dessus. Posez votre question.
Mme Ouellette: M. le Président... Le Président:
Mme le...
M. Gratton: Sur la question de règlement, M. le
Président.
Le Président: C'est réglé, M. le
député de Gatineau. Alors, Mme le...
M. Gratton: Ce n'est pas réglé, M. le
Président.
Le Président: Un instant! M. le député de
Gatineau, en vous priant d'abréger votre question, s'il vous
plaît.
M. Gratton: Je demande, M. le Président, au ministre, qui
prend avis de la question, de vérifier si les faits que j'allègue
sont exacts et de me dire si c'est là la façon qu'ont le ministre
d'Etat à la Condition féminine et le ministre des Travaux
publics, qui est elle-même une femme, de revaloriser... d'assurer de
meilleures conditions de travail pour les femmes à l'intérieur de
la fonction publique...
Le Président: Mme le ministre des Travaux publics.
M. Gratton: ... et cela à l'avant-veille de l'année
internationale de la femme.
Le Président: Mme le ministre des Travaux publics.
Mme Ouellette: M. le Président, vous le savez, plus cela
change, plus c'est pareil. On reconnaît bien là le
député de Gatineau. Ceci étant dit, je vais vraiment faire
le tour de toute la question et, si tel est le cas, à ce
moment-là, on verra à changer. Par ailleurs, quand on lance comme
cela ici à l'Assemblée nationale toutes sortes de "il
paraît que", "il semblerait que", je pense qu'il faut être un peu
plus sérieux. Je vais très sérieusement, M. le
député de Gatineau...
Une Voix: C'est comme l'aménagement devant le
parlement.
Une Voix: C'est impoli.
Mme Ouellette: Je pense que si les faits allégués
par le député de Gatineau sont vrais, il faut sérieusement
regarder le dossier, en faire le tour. Il me fera grand plaisir de vous
répondre ici en Chambre d'ici peu de temps.
M. Gratton: Question additionnelle, M. le Président.
Le Président: Une dernière question, M. le
député de Gatineau.
M. Gratton: Une dernière, très courte. Je voudrais
simplement demander au ministre si elle entend mettre autant d'efforts pour
faire en sorte que ces personnes obtiennent justice qu'elle et le ministre
d'Etat à la Condition féminine en mettent présentement
à convaincre les femmes de dire oui au référendum.
Le Président: Mme le ministre des Travaux publics.
Mme Ouellette: M. le Président, je comprends que le
député de Gatineau perde souvent son calme. Il n'est pas
tellement serein. Je le comprends aussi. Ceci étant dit, d'ici peu de
temps, j'aurai fait le tour de tout le dossier. Si c'est vrai, c'est donc
sérieux et, à ce moment, on verra à apporter des
modifications.
Le Président: M. le député de
Deux-Montagnes.
Appui aux francophones de Penetanguishene
M. de Bellefeuille: M. le Président, je désire
poser une question au ministre de l'Education au sujet des problèmes
scolaires auxquels se heurtent nos frères et nos soeurs francophones de
l'Ontario à Penetanguishene, à Toronto et dans d'autres endroits
de la province voisine. Mme Jeannine Seguin, présidente de l'Association
canadienne-française de l'Ontario, a écrit au premier ministre le
14 janvier pour demander un appui de tous les partis de l'Assemblée
nationale à la cause franco-ontarienne et un appui concret à la
campagne de souscription qui a été lancée pour appuyer
cette cause. M. le Président, je veux demander au ministre de
l'Education quelles sont les intentions du gouvernement à propos de
cette démarche auprès de nous qui a été faite par
la représentante des Franco-Ontariens.
Le Président: M. le ministre de l'Education.
M. Morin (Sauvé): M. le Président, en abordant le
problème qui intéresse nos frères franco-ontariens, le
gouvernement s'inspire de deux principes. Le premier, je pense, sera admis de
tous les membres de cette Assemblée: c'est la non-ingérence dans
les compétences d'un gouvernement provincial quel qu'il soit. Le
gouvernement du Québec et cette Assemblée doivent respecter les
compétences des Assemblées des autres provinces, de même
que celles des gouvernements des autres provinces. C'est le premier principe.
Je pense que nous n'admettrions pas que l'Ontario, de son côté, se
mêle de donner des leçons au Québec quant à la
façon dont il doit administrer son système scolaire.
D'un autre côté, nous ne pouvons demeurer
indifférents au problème que vivent nos frères
franco-ontariens. D'ailleurs, le premier ministre l'a dit récemment
à Toronto lorsqu'il a rencontré un groupe de militants
franco-ontariens de Penetanguishene: II les a assurés de l'appui moral
du Québec. Cela, je pense que nous devons le faire et que nous pouvons
le faire ouvertement. C'est là une bonne règle dans une
démocratie.
Les militants de Penetanguishene ont droit à l'appui moral non
seulement du gouvernement, mais, je pense, de tous les partis de cette
Assemblée. Nous déplorons je tiens à le dire
publiquement la situation pénible qui est faite aux francophones
de l'Ontario, trop souvent, lorsqu'ils demandent l'ouverture d'une école
secondaire et qu'on veut les forcer à cohabiter dans un climat
linguistique qui ne leur est pas propice, qui n'est point favorable à
l'épanouissement de leur langue.
Au Québec, M. le Président, ces problèmes sont
réglés depuis longtemps puisque non seulement les francophones et
les anglophones ont leurs propres écoles, mais que nous respectons
l'autonomie et les...
M. Shaw: Question de privilège.
M. Morin (Sauvé): ... compétences des commissions
scolaires...
M. Shaw: Question de privilège, M. le
Président.
Le Président: M. le député de
Pointe-Claire.
M. Shaw: Mr President, it is very important at this time that we
do not prolong any nonsense about the fact that the ministry of Education in
the province of Québec has any lessons to give to the ministry of
Education of Ontario. There are...
Le Président: M. le député de Pointe-Claire,
c'était l'expression d'une divergence d'opinions beaucoup plus que
l'expression d'une question de privilège. M. le ministre de l'Education
en vous demandant d'abréger, s'il vous plaît!
M. Morin (Sauvé): Oui, je serai très bref, M. le
Président. Je veux simplement ajouter qu'au Québec, non seulement
nous respectons les droits des minorités, mais nous reconnaissons le
droit de ces minorités d'avoir leur propre système
d'écoles autonomes, gérées par elles-mêmes. Ce que
nous pouvons demander, M. le Président, ce que nous pouvons souhaiter,
c'est que les provinces anglophones traitent leurs minorités comme au
Québec nous traitons nos minorités. Merci.
Le Président: Mme la députée de L'Acadie,
sauf que cela ne donnera peut-être pas le temps à M. le
député d'Outremont de poser sa question parce que je
voudrais...
M. Raynauld: Je peux attendre à demain.
Le Président: Bon! Mme la députée de
L'Acadie, en additionnelle.
Mme Lavoie-Roux: C'est une courte question supplémentaire,
M. le Président. Puisque le ministre de l'Education a fait allusion au
problème de cohabitation dans le cas particulier de l'Ontario dont il
est question, a-t-il pris note de ce problème de cohabitation ici qui a
été mis sur la place publique par l'Office de la langue
française et que compte-t-il faire? (16 h 10)
Le Président: M. le ministre de l'Education.
M. Morin (Sauvé): M. le Président, j'ai
été saisi de ce problème à l'occasion du cas
très concret de l'école Pierre-Laporte à la ville de
Mont-Royal. Il en a même été question dans cette
Assemblée.
Mme Lavoie-Roux: ... 36 000 autres.
M. Morin (Sauvé): Le gouvernement a dit clairement
à cette époque qu'il n'était pas favora- ble à la
coexistence dans un cas comme celui de Mont-Royal puisque, vous le savez, ce
climat est anglophone et que cela jouerait au détriment des jeunes
francophones fréquentant cette école. M. le Président,
cette question est tout à fait distincte il faut l'ajouter
de la question de l'apprentissage de la langue seconde. En ce qui concerne,
nous favorisons l'apprentissage de la langue seconde, que ce soit le
français pour les anglophones ou l'anglais pour les francophones, mais
c'est là une question bien distincte. Je ne voudrais pas qu'on nous
fasse dire des choses que nous n'avons pas dites. Nous sommes favorables
à l'apprentissage de la langue seconde, mais nous pensons que cela doit
se passer dans des écoles distinctes.
Mme Lavoie-Roux: M. le Président, question de
règlement.
Le Président: Mme la députée de
L'Acadie.
Mme Lavoie-Roux: Je n'ai pas parlé de langue seconde au
ministre de l'Education. Je lui ai demandé quelle était la
position qu'il allait prendre à l'égard des 46 000 mettez
de côté ceux de Mont-Royal qui ont un système de
cohabitation dans diverses régions du Québec.
M. Morin (Sauvé): M. le Président.
Le Président: M. le ministre de l'Education.
M. Morin (Sauvé): Le problème auquel le
député de L'Acadie fait allusion n'est pas d'hier. Il date des
administrations précédentes et notamment du gouvernement qui nous
a précédés. En ce qui nous concerne, que ce soit clair
j'aimerais que ce fût clair du côté de l'Opposition
également nous ne favorisons pas ce genre de coexistence; nous
pensons que chacun doit avoir sa propre école. C'est la politique que
nous favorisons. Il arrive que des commissions scolaires, qui sont autonomes
comme le député de L'Acadie le sait bien
organisent, parce qu'elles n'ont pas suffisamment de classes, une coexistence
comme celle-là. Nous ne la favorisons pas. Que ce soit bien clair.
Le Président: M. le député de
Bellechasse.
Vérification des dépenses des
commissions scolaires
M. Goulet: Merci, M. le Président. Dernièrement, on
apprenait que le Vérificateur général du Québec,
à la demande expresse du Conseil du trésor, a fouillé les
livres d'une dizaine de commissions scolaires québécoises et a
scruté tout aussi attentivement les méthodes de contrôle
financier du ministère de l'Education. Or, cette enquête a
été commandée par le ministre des Finances du
Québec et a pour but d'expliquer, de vérifier les constatations
du Conseil du trésor selon lesquelles il existerait un écart de
$500
millions entre les crédits alloués durant cinq ans aux
commissions scolaires et les dépenses réellement
effectuées.
M. le Président, je veux savoir de la part de l'honorable
ministre des Finances si le rapport qui avait été commandé
pour le 25 février a été complété et
déposé, et quelles en sont les conclusions. Egalement, est-ce que
le ministre a déjà présumé de la mauvaise foi de
certaines personnes, parce qu'il a demandé de vérifier
l'intégrité des chiffres? Cela faisait partie du mandat du
Vérificateur général. Qu'est-ce que le ministre entend
faire pour remédier à cette situation?
Le Président: M. le ministre des Finances.
M. Parizeau: M. le Président, il ne faut pas confondre
l'intégrité des chiffres et l'intégrité des
personnes; ce n'est pas la même chose. Je n'ai pas à
préjuger pour le moment de l'intégrité des personnes avant
d'avoir un rapport à ce sujet. Le rapport n'a pas encore
été fourni par le vérificateur; je pense avoir d'ici
quelques jours un rapport préliminaire, une sorte de rapport
d'étapes; quelques semaines plus tard, je devrais avoir un rapport
beaucoup plus étoffé.
Le fait est que nous pensons, sur la base d'un certain nombre de
vérifications qui ont été faites une fois les rapports
définitifs des commissions scolaires déposés, qu'il y a,
à l'égard des rapports financiers de 1976/77, un certain nombre
d'incongruités ou de bizarreries sur lesquelles nous avons
demandé cette enquête du vérificateur. Il ne m'est pas
possible pour le moment d'aller plus loin tant que je n'aurai pas au moins un
rapport d'étapes du vérificateur. Comme je le disais tout
à l'heure, je pense l'avoir normalement d'ici une semaine ou dix
jours.
Le Président: M. le député de
Bellechasse.
M. Goulet: M. le Président, bien sûr, nous serons
avisés dès que ce rapport sera déposé, j'imagine,
d'ici une dizaine de jours. Est-ce que cette enquête s'est limitée
à dix commissions scolaires qui ont été choisies au hasard
comme ça ou s'il y a d'autres enquêtes du genre qui se font au
Québec, soit dans d'autres ministères ou dans des organismes
paragouvernementaux autres que les commissions scolaires?
Le Président: M. le ministre des Finances.
M. Parizeau: M. le Président, en fait, c'est une douzaine
de commissions scolaires qui ont été choisies en fonction de
leurs caractéristiques, de leur caractère typique, comment dire,
de diverses catégories en termes de taille, en particulier, et en termes
de services fournis. Le Conseil du trésor fait, périodiquement,
des études dans un certain nombre de secteurs pour apprécier la
performance de ces secteurs. C'est quelque chose qui, depuis deux ou trois ans,
est devenu assez systématique. Mais dans le cas des commissions
scolaires, en particulier, il s'agit de toute autre chose. Il semble bien que
les états financiers de 1976/77 n'aient pas été une base
correcte pour l'établissement des crédits depuis ce temps. Donc,
nous devons aller au fond de la question et j'aurai, à l'occasion du
discours du budget, un certain nombre de commentaires assez précis
à faire à ce sujet.
Question de privilège
Lettre reproduite dans un journal
Le Président: Fin de la période des questions.
Nous en sommes aux motions non annoncées et à
l'enregistrement des noms aux votes en suspens.
Je dois maintenant donner lecture d'un avis de privilège qui
m'est parvenu dans le délai requis. "Québec, le 3 mars 1980. M.
le Président, je désire vous informer, conformément au
paragraphe 1 de l'article 49 du règlement, que j'entends soulever avant
l'appel des affaires du jour, à la séance d'aujourd'hui, une
question de privilège au sujet d'une lettre reproduite dans le journal
Beauce-Nouvelles, édition du 5 février 1980. Puisque certaines
affirmations contenues dans cette lettre sont erronées et tendancieuses,
je désire protester et rétablir les faits. Veuillez
agréer, M. le Président, l'expression de mes sentiments les
meilleurs et c'est signé du député de Beauce-Sud, M.
Hermann Mathieu".
M. le député de Beauce-Sud, en vous demandant de vous
conformer au règlement, en ce qui a trait aux questions de
privilège.
M. Hermann Mathieu
M. Mathieu: Certainement, merci, M. le Président. Le 7
décembre 1979, j'écrivais à l'honorable Yves
Bérubé, ministre de l'Energie et des Ressources, afin de
m'enquérir de l'état du dossier d'échange de territoires
entre son ministère et la compagnie Domtar, permettant d'exploiter
environ 500 000 érables dans un territoire situé à
Saint-Hilaire-de-Dorset dans mon comté. Je cite le paragraphe suivant de
ma lettre, quatre lignes: "Veuillez croire, M. le ministre, que je ne
désire pas faire de politique mesquine avec ce projet, mais seulement
regarder au bien-être de citoyens de mon comté vu que je suis
élu pour cela."
Or, M. le Président, chose pour le moins étonnante, c'est
en lisant le journal précité que j'ai pris connaissance de la
réponse du ministre. Je désire d'abord protester de cette
situation, mais voici l'essence de ma question de privilège. Je dois
citer l'article correspondant à celui que j'ai cité tout à
l'heure de la réponse du ministre. "J'ose espérer que ces
quelques remarques vous rassureront sur la bonne foi de M. Boisvert et sur
celle du gouvernement du Parti québécois et vous feront
réaliser que nous ne sommes des tenants de ce que, dans votre lettre,
vous qualifiez de politique mesquine. En fait, nous ne connaissions pas
auparavant ce terme de politique mesquine. Nous l'avons appris dans votre
lettre. Or, M. le Président, jamais
dans ma lettre, ni ailleurs, j'ai dit que le ministre de l'Energie et
des Ressources était un tenant de politique mesquine. Je veux donc
rétablir la situation tout en en espérant, M. le
Président, que lorsque j'écrirai à quelque ministre que ce
soit j'aie le plaisir de lire la lettre d'une façon confidentielle et
non pas dans le journal.
Le Président: Merci, M. le député de
Beauce-Sud.
Aux avis à la Chambre, M. le leader parlementaire du
gouvernement, ou aux affaires du jour.
Avis à la Chambre
M. Charron: II n'y en a pas, M. le Président, d'avis
à la Chambre sauf de rappeler que demain après-midi, à ce
même moment, lorsque vous aurez rendu votre décision sur
l'organisation du débat, s'entamera pour les 35 prochaines heures de
débat aux affaires du jour le débat sur la question telle qu'elle
apparaît aujourd'hui au feuilleton. Je propose donc, M. le
Président, conformément à l'article 76 du règlement
que la Chambre s'ajourne jusqu'à demain. (16 h 20)
Le Président: M. le leader parlementaire de l'Opposition
officielle.
M. Levesque (Bonaventure): M. le Président, en vertu de
l'article 34. Est-ce que le leader parlementaire du gouvernement pourrait nous
renseigner sur ce qui se passera? Il a dit que nous nous réunirions
à peu près vers cette heure-ci demain. Nous nous
réunissons plutôt à quatorze heures demain. C'est donc dire
que c'est à peu près une heure avant l'heure actuelle que
commenceraient les discours et le débat.
Est-ce qu'il peut nous dire l'ordre et en même temps les heures
pour la journée de demain et celle de mercredi également?
M. Charron: M. le Président, j'ai bon espoir que, demain,
le rappel à la ponctualité ayant été fait de notre
côté et la collaboration ayant été demandée
de l'autre côté, nous pourrons faire en sorte que, à tout
près de deux heures, si ce n'est à deux heures, les affaires
courantes soient appelées, respectant le temps que vous allez prendre
vous-même pour faire connaître à l'Assemblée votre
décision à la fin des 45 minutes de questions. Il n'y aura rien
d'autre au moment des affaires courantes. Vers quinze heures, très
précisément, le premier ministre pourra intervenir et utiliser
l'heure à laquelle il a droit, selon le règlement.
J'imagine qu'il y aura réplique, en utilisant le même
temps, du côté de l'Opposition, peut-être par le chef de
l'Opposition lui-même, c'est son choix, et l'enveloppe, jusqu'à 18
heures, permettrait au nouveau chef de l'Union Nationale d'intervenir, sans que
nous ayons à interrompre son intervention avant 18 heures. Autrement,
s'il y a décalage, ce seront nos amis qui en subiront la mauvaise
fortune et c'est ce que je veux éviter.
M. Levesque (Bonaventure): Demain soir?
M. Charron: Demain soir, de 20 heures à 22 heures, comme
d'habitude, les députés poursuivront le débat, et aussi
mercredi matin, de 10 heures à 13 heures. La Chambre reprendra pour les
affaires courantes, de 15 heures à 16 heures 15 environ. A partir de ce
moment-là, jusqu'à 18 heures, se poursuivra le débat.
M. Levesque (Bonaventure): La période de questions
mercredi aura lieu à 15 heures.
M. Charron: A 15 heures, oui.
Le Président: M. le leader parlementaire de l'Union
Nationale.
M. Brochu: Sur cette même question, pour s'assurer
d'atteindre l'objectif que le leader parlementaire du gouvernement vient de
donner, à savoir que le premier ministre, le chef de l'Opposition
officielle et également le chef de l'Union Nationale puissent, dans un
même tour d'horloge, faire leurs interventions, est-ce qu'on peut
demander immédiatement un consentement unanime à la Chambre au
cas où, si besoin est, on dépasse 18 heures pour permettre de
compléter ces trois interventions dans un même temps?
M. Charron: Si on donne le consentement tout de suite, M. le
Président, comme j'en ai envie, je craindrais que tout mon appel
à la ponctualité ne vienne de s'effondrer. J'aime mieux
fonctionner avec l'appel à la ponctualité d'abord et j'agirai
favorablement si besoin est par la suite.
Le Président: M. le leader parlementaire de l'Opposition
officielle.
M. Levesque (Bonaventure): M. le Président, vu les
réserves formulées par le leader parlementaire du gouvernement,
et malgré toute notre bonne volonté, nous devrons attendre
également.
Le Président: Avant de procéder à la mise
aux voix de la motion du leader parlementaire du gouvernement, j'aimerais
convoquer les leaders parlementaires des partis politiques reconnus à
une ultime conférence pour essayer de nous entendre sur le partage du
temps pour le débat. Nous nous réunirons immédiatement,
à la chambre 193.
Je demande maintenant si la motion d ajournement sera
adoptée.
Des Voix: Adopté.
Le Président: Adopté.
L'Assemblée ajourne ses travaux à demain, quatorze
heures.
Fin de la séance à 16 h 23