Journal des débats (Hansard) of the National Assembly
Version préliminaire
43rd Legislature, 2nd Session
(début : September 30, 2025)
Wednesday, February 11, 2026
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Vol. 48 N° 35
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Intervenants par tranches d'heure
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D'Amours, Sylvie
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Lemieux, Louis
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Benjamin, Frantz
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Bogemans, Audrey
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Labrie, Christine
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Charest, Isabelle
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Garceau, Brigitte B.
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Provençal, Luc
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Bérubé, Pascal
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Haytayan, Céline
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Grondin, Agnès
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Mallette, Carole
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Roy, Nathalie
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Jolin-Barrette, Simon
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Proulx, Caroline
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Derraji, Monsef
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LeBel, Sonia
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Rouleau, Chantal
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Garceau, Brigitte B.
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Tanguay, Marc
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Legault, François
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Morin, André Albert
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Roberge, Jean-François
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Setlakwe, Michelle
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Roy, Nathalie
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Roberge, Jean-François
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Setlakwe, Michelle
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Biron, Martine
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Ghazal, Ruba
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Legault, François
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Cliche-Rivard, Guillaume
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Grandmont, Etienne
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Julien, Jonatan
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Zaga Mendez, Alejandra
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Girard, Eric
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Gentilcore, Catherine
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Proulx, Caroline
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Chassin, Youri
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Bélanger, Sonia
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Charette, Benoit
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Roy, Nathalie
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Bélanger, Sonia
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D'Amours, Sylvie
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Lemieux, Louis
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Lévesque, Mathieu
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Morin, André Albert
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Fontecilla, Andrés
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Arseneau, Joël
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Roberge, Jean-François
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Cadet, Madwa-Nika
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Cadet, Madwa-Nika
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D'Amours, Sylvie
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Zanetti, Sol
9 h 30 (version révisée)
(Neuf heures quarante minutes)
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : Bonjour, chers collègues. Veuillez prendre place.
Affaires courantes
Déclarations de députés
Nous sommes maintenant à la rubrique
Déclarations de députés, et je cède la parole à M. le député de Saint-Jean.
Annoncer l'octroi d'une aide financière pour la
création du Centre d'excellence en systèmes intégrés de défense
M. Louis Lemieux
M. Lemieux : Mme la
Présidente, je vous ai souvent parlé du secteur économique de la sécurité,
défense, tellement important chez nous qu'on veut propulser dans le contexte
actuel du nouvel ordre mondial.
J'ai le plaisir de vous confirmer qu'on
vient de franchir un autre pas important vers la création d'un centre d'excellence
en systèmes... en systèmes militaires — pardon, Mme la Présidente, j'ai
une feuille de collée — en systèmes intégrés, donc, de défense dans
le Haut-Richelieu, parce que le ministère de l'Économie, de l'Innovation et de
l'Énergie y croit aussi assez pour contribuer 300 000 $ à la mise en
œuvre du projet.
À terme, le Haut-Richelieu deviendra un
pôle d'excellence pour stimuler la synergie entre les entreprises qu'on a déjà
et celles qui se joindront à nous, et les donneurs d'ordres, les centres de
recherche et les établissements d'enseignement supérieur. Le centre vise aussi,
entre autres, à accélérer la commercialisation des innovations,
particulièrement en mode dual, en adaptant les technologies militaires pour le marché
civil. Toute la région et les partenaires économiques ont travaillé ensemble.
Et, pour faire une image, on n'est pas rendu, mais...
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : Merci M. le député. Je cède maintenant la parole à M. le
député de Viau.
Souligner le travail du Fonds 1804 pour la
persévérance scolaire
M. Frantz Benjamin
M. Benjamin : L'éducation
est l'arme la plus puissante pour faire tomber tous les obstacles. Ces paroles
de Nelson Mandela sont, depuis 11 ans, la devise du Fonds 1804 pour
la persévérance scolaire.
Je tiens à souligner le travail réalisé
par cette organisation qui, depuis ses 11 ans d'existence, a remis plus de
1 804 bourses de la persévérance à des jeunes de partout au Québec,
pour saluer leur courage, leur ténacité et leur résilience. À côté des bourses
offertes chaque année, plusieurs initiatives de cette organisation, portées par
des bénévoles de l'éducation, contribuent à faire de la réussite éducative une
grande priorité. Au nombre de ces initiatives : l'académie
Louverture-Mandela, un programme de leadership spécialement conçu pour les
élèves du deuxième cycle du secondaire, le Forum Édu-Parents, les Grandes conversations
du Fonds 1804 et le Prix d'innovation pédagogique sont autant de leviers
de la réussite éducative développée par le Fonds 1804.
Je salue, aujourd'hui, toute l'équipe du
fonds, toute là pour la persévérance, les gouverneurs, ainsi que les
partenaires associés à cette belle organisation. Longue vie au Fonds 1804
pour la persévérance scolaire!
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : Merci, M. le député. Je cède maintenant la parole à Mme la
députée d'Iberville.
Rendre hommage aux femmes oeuvrant dans le secteur
de la construction
Mme Audrey Bogemans
Mme Bogemans : Aujourd'hui,
je souhaite rendre hommage aux femmes dans le secteur de la construction au
Québec.
Leur présence demeure minoritaire, mais
elle progresse. En 2024, elles représentent 4 % de la main-d'œuvre. C'est
un sommet historique, et pourtant un si petit chiffre. Ces avancées sont le
fruit d'efforts soutenus, mais surtout de la détermination des gens et des
femmes qui ont ouvert la voie.
Je tiens à souligner la présence aux
tribunes aujourd'hui, Mme Suzie Bessette, qui est la directrice générale
de l'ACQ Montérégie. C'est une femme qui a contribué activement, une des
pionnières, celle qui a ouvert la voie à beaucoup d'autres puis qui nous a
montré que c'était possible de faire un changement, d'aller au bout de nos
rêves puis de foncer. L'important, c'était d'être compétente, de le faire avec
un sourire contagieux. Vraiment, pour moi, vous avez été, et vous êtes
toujours, une personne inspirante. Je ne peux pas passer non plus sous silence
l'apport majeur de Mme Manon Bertrand.
Bonne journée, tout le monde.
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : Au nom de la présidence, toutes nos félicitations, madame,
et merci pour la contribution que vous apportez aux femmes. Maintenant, je cède
la parole à Mme la députée de Sherbrooke.
Saluer la mobilisation estrienne pour le
rétablissement du Programme de l'expérience québécoise
Mme Christine Labrie
Mme Labrie : Merci, Mme
la Présidente. Je veux saluer, aujourd'hui, la mobilisation estrienne contre
l'abolition du Programme de l'expérience québécoise, le PEQ, qui crée une vive
opposition partout au Québec.
Il y a plus de 200 personnes qui ont
bravé le froid, samedi dernier, à Sherbrooke, pour dénoncer les impacts humains
et économiques de cette décision de la CAQ et demander que le gouvernement garantisse,
au minimum, une clause de droits acquis pour l'ensemble des personnes
concernées.
En Estrie, il y a 400 travailleurs de
la santé et des services sociaux qui pourraient être forcés de quitter le
territoire à cause de l'abolition du PEQ, c'est une menace pour les services à
la population.
Il y a aussi des travailleurs touchés dans
le secteur manufacturier, dans l'hôtellerie, les technologies d'information,
les services de garde et des étudiants qui comptaient s'installer ici après
l'obtention de leur diplôme.
Ce n'est pas pour rien que la mobilisation
compte sur l'appui des élus municipaux et de plusieurs organisations
syndicales, étudiantes et communautaires, et que des manifestations réunissant
des milliers de personnes se tenaient simultanément dans sept villes au Québec.
Les deux candidats à la chefferie de la
CAQ se sont déjà montrés à l'écoute et se sont engagés à mettre en place une
clause grand-père. Pourquoi attendre? Permettons à ces personnes qui ont déjà
un emploi ici, qui parlent déjà français, de s'installer...
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : Merci beaucoup, Mme la députée. Je cède maintenant la
parole à Mme la députée de Brome-Missisquoi.
Souligner le 150e anniversaire des villes de
Cowansville et de Farnham
Mme Isabelle Charest
Mme Charest : Merci, Mme
la Présidente. C'est avec grande fierté que je souligne aujourd'hui le 150e anniversaire
des villes de Cowansville et de Farnham, deux piliers historiques du comté de
Brome-Missisquoi.
Fondées en 1876, ces deux villes sont
traversées par la rivière Yamaska, qui a sculpté leur paysage et propulsé leur
essor industriel. C'est notamment grâce à cette force hydraulique, essentielle
au fonctionnement des moulins à scie et à carder, que Cowansville s'est illustrée
par son savoir-faire dans l'industrie des textiles et de la soie dans la Bruck
Silk Mills, et que Farnham est devenue un carrefour important avec son chemin
de fer et ses importantes usines de filature de coton.
En 2026, Cowansvillois et Farnhamiens célébreront
un siècle et demi de solidarité, d'accueil et d'innovation. Cet anniversaire
est l'occasion de rendre hommage aux bâtisseurs d'hier tout en se projetant
avec enthousiasme vers l'avenir.
Félicitations aux élus, au comité
organisateur et aux bénévoles qui, avec ces festivités, feront vibrer nos
communautés. Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : Merci, Mme la députée. Je cède maintenant la parole à Mme
la députée de Robert-Baldwin.
Souligner la Journée internationale des femmes et
des filles de science
Mme Brigitte B. Garceau
Mme Garceau : Merci, Mme
la Présidente. Aujourd'hui, à l'occasion de la Journée internationale des
femmes et des filles en sciences, nous soulignons un thème crucial pour le
Québec : De la vision à l'impact : Combler les écarts entre les
genres en redéfinissant les STEM.
Le Québec peut être fier de son expertise
scientifique et de sa capacité d'innovation. Pourtant, les femmes et les filles
restent encore trop souvent sous-représentées dans les sciences, les
technologies et les mathématiques. Cet écart limite non seulement les parcours
individuels, mais aussi le potentiel de notre société.
Redéfinir les STEM, c'est agir dès
l'école, soutenir la relève et créer les environnements inclusifs où chacun
peut contribuer pleinement. C'est passer de la vision à l'impact à reconnaître que
la diversité est une force essentielle pour l'innovation et le progrès.
À l'Assemblée nationale, nous avons le
devoir de transformer cette vision en actions concrètes. En donnant aux femmes
et aux filles toute la place qu'elles méritent, nous construisons un Québec
plus juste, plus fort et tourné vers l'avenir. Merci beaucoup.
La Présidente (Mme D'Amours) :
Merci, Mme la députée. Je cède maintenant la parole au député de Beauce-Nord.
Souligner le cinquième anniversaire du Centre
d'aide aux personnes immigrantes et leurs familles
M. Luc Provençal
M. Provençal : Merci,
Mme la Présidente. L'année 2026 marque un jalon important pour une
dynamique organisation dans mon comté, le Centre d'aide aux personnes
immigrantes et leurs familles, le CAPIF, qui célèbre son cinquième
anniversaire.
C'est en 2021 qu'un mouvement voit le
jour, par un petit groupe de nouveaux arrivants en Beauce-Nord, pour avoir des
occasions de se réunir, certes, mais surtout pour tendre la main aux Beaucerons
en proposant de nombreuses activités dans le but de partager ensemble nos
cultures, nos traditions et notre attachement à la Beauce, que nous soyons
d'ici ou d'ailleurs, au-delà de l'intégration, vivre l'inclusion mutuelle.
Président d'honneur de la première édition
du Festi-cultures de l'organisme, je savais, dès le début, qu'il bouillonnait
une envie de partage entre nous. Cinq ans plus tard, l'organisme est maintenant
reconnu par de nombreuses organisations locales, en termes de soutien financier
ainsi que par notre gouvernement. Longue vie au CAPIF et merci à Hervé Kouassi.
Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : Merci, M. le député. Je cède maintenant la parole à M. le
député de Matane-Matapédia.
Rendre hommage à M. Bernard Rousseau
M. Pascal Bérubé
M.
Bérubé
:
Mme la Présidente, c'est avec tristesse que je salue, aujourd'hui, la mémoire
de M. Bernard Rousseau, décédé le 24 janvier 2026, à l'âge de
75 ans.
Originaire de Saint-Zénon-du-Lac-Humqui,
dans la Matapédia, M. Rousseau était un bâtisseur dans l'histoire du Village
gai de Montréal entre les années 1970 et 2000. En 1974, il a d'abord
cofondé une boutique spécialisée pour hommes dans un contexte de discrimination
et de stigmatisation, malgré la décriminalisation de l'homosexualité quelques
années plus tôt. Dans les années 80, il a participé à plusieurs projets
afin de créer des espaces de diversité et d'inclusion, contribuant ainsi à la
richesse culturelle de la ville de Montréal. Entre autres, il a été engagé dans
la fondation de l'Association pour les droits des gai-e-s du Québec et s'est
impliqué dans l'association des commerçants du Village, de la Chambre de
commerce LGBTQ et de la Société de développement commercial du Village.
M. Rousseau est un véritable pilier
de l'organisation du Village, un pionnier ayant contribué à transformer ce
quartier en un lieu de rencontre, de solidarité et d'affirmation. Je tiens,
donc, à transmettre mes plus sincères condoléances à son conjoint, Rolando Luis
Buzeta, à tous les membres de sa famille...
• (9 h 50) •
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : Merci, M. le député. Je cède maintenant la parole à Mme la
députée de Laval-des-Rapides.
Souligner le 75e anniversaire des Loisirs
Bon-Pasteur
Mme Céline Haytayan
Mme Haytayan : Merci, Mme
la Présidente. Fondés en 1951, les Loisirs Bon-Pasteur sont au service de la
communauté lavalloise depuis 75 ans.
Les Loisirs Bon-Pasteur offrent des cours
de francisation, plus de 200 activités de loisirs par année, ainsi qu'un
camp d'été et un camp de relâche. L'organisme contribue à la qualité de vie des
Lavallois grâce à son offre d'activités sociales, sportives et culturelles.
L'OBNL contribue également à l'intégration des nouveaux arrivants.
Je tiens à remercier Gina Benitez,
directrice générale, et Jolaine Beausoleil, coordonnatrice des loisirs, toute
l'équipe, l'équipe des bénévoles pour leur beau travail. Joyeux
75e anniversaire aux Loisirs Bon-Pasteur! Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme D'Amours) :
Merci, Mme la députée. Je cède maintenant la parole à Mme la députée
d'Argenteuil.
Souligner la création de la Table québécoise
d'expertise sur les lacs
Mme Agnès Grondin
Mme Grondin : La santé de
nos lacs, Mme la Présidente, c'est un thème qui nous anime depuis des décennies
au Québec. Les lacs sont le symbole de notre identité, de notre engagement.
Eh bien, le 10 décembre dernier, la
Table québécoise d'expertise sur les lacs voit enfin le jour.
Un grand merci aux porteurs de cette
précieuse initiative identifiée au Plan national de l'eau, soit le regroupement
des conseils régionaux de l'environnement, le regroupement des organismes de
bassin versant, le ministère de l'Environnement, et, surtout, un merci tout
particulier au Conseil régional de l'environnement des Laurentides, notre
sherpa des lacs.
Cette table nationale, Mme la Présidente,
est un point de départ pour réaliser le souhait que nous partageait Serge
Bouchard lors du tout premier Forum national sur les lacs en 2006. Il semble
qu'une société qui se respecte et qui se construit construit aussi son discours
sur les trésors qu'elle possède. Merci.
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : Merci, Mme la députée. Je cède maintenant la parole à Mme
la députée de Huntingdon.
Rendre hommage à Mme Janet St-Hilaire
Mme Carole Mallette
Mme Mallette : Merci, Mme
la Présidente. Conjointement avec la municipalité de Saint-Bernard-de-Lacolle,
je désire honorer, aujourd'hui, Mme Janet St-Hilaire, bénévole
profondément impliquée au sein de la municipalité.
Par son dévouement au comptoir familial Le
Butin, elle donne généreusement de son temps pour soutenir les familles et les
personnes dans le besoin, toujours avec bienveillance, respect et humanité.
Chaque année, elle joue également un rôle clé dans l'organisation et la remise
des paniers de Noël, un geste de solidarité qui apporte réconfort et espoir à
de nombreux citoyens durant le temps des fêtes. Son implication contribue
directement à renforcer le tissu social et l'esprit d'entraide qui caractérise
notre milieu.
Mme St-Hilaire incarne les valeurs de
générosité, de compassion et d'engagement communautaire, elle est une source
d'inspiration et un exemple à suivre.
Au nom de la municipalité et de l'ensemble
des citoyens, nous tenons à lui exprimer notre plus sincère reconnaissance et à
la remercier chaleureusement pour tout ce qu'elle accomplit année...
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) :
Merci, Mme la députée... d'Huntingdon, je me reprends. Donc, cela met fin à la
rubrique Déclarations de députés.
Je suspends les travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à 9 h 53)
10 h (version révisée)
(Reprise à 10 h 10)
La Présidente : Bonjour, tout
le monde. Mesdames messieurs, bienvenue. Le parlement du Québec, c'est chez
vous.
Messieurs dames les députés, nous allons
nous recueillir quelques instants et, si vous le voulez bien, en ayant une
pensée sentie et fraternelle pour les familles, les amis, les proches des
victimes de cette terrible tragédie survenue en Colombie-Britannique.
Je vous remercie beaucoup. Veuillez vous
asseoir.
Alors, nous poursuivons les affaires
courantes.
Aujourd'hui, il n'y a pas de déclarations
ministérielles.
Présentation de projets de loi
À la rubrique Présentation de projets de
loi, M. le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : Oui. Bonjour,
Mme la Présidente. Je vous demande d'appeler l'article a du feuilleton, s'il
vous plaît.
Projet de loi n° 20
La Présidente : À l'article a
du feuilleton, Mme la ministre responsable de l'Habitation présente le projet
de loi n° 20, Loi édictant la Loi visant à favoriser l'accès au logement
et modifiant diverses dispositions concernant le domaine de l'habitation. Mme
la ministre.
Mme Caroline Proulx
Mme Proulx : Merci, Mme la
Présidente. Ce projet de loi édicte la Loi visant à favoriser l'accès au
logement, laquelle prévoit la mise en place d'un guichet de demandes de
location de logements à loyer abordable ou modique. Cette loi établit les
règles encadrant l'attribution et la location d'un logement à loyer abordable
et permet que le loyer d'un logement à loyer abordable fasse l'objet d'une
demande de fixation auprès du Tribunal administratif du logement, même si le
logement est situé dans un immeuble nouvellement bâti ou ayant fait l'objet
d'un changement d'affectation <récent…
Mme Proulx :
...si
le logement est situé dans immeuble nouvellement bâti ou ayant fait l'objet
d'un changement d'affectation >récent. Elle prévoit que la Société
d'habitation du Québec est de plein droit subrogée dans les droits du locataire
d'un logement à loyer modique aux fins de faire fixer son loyer.
Le projet de loi apporte des ajustements
aux règles encadrant le bail d'un logement destiné à des personnes aux études
et prévoit les cas où le locataire d'un tel logement doit transmettre au
locateur une preuve de son inscription et de son statut d'étudiant à temps
plein.
Le projet de loi permet qu'une partie des
sommes du fonds de prévoyance d'une copropriété divise puisse être placée à
long terme. Il apporte également des précisions au pouvoir du gouvernement
d'édicter des normes applicables au carnet d'entretien et à l'étude du fonds de
prévoyance d'une telle copropriété.
Le projet de loi permet à la Société
d'habitation du Québec d'exercer pleinement son droit de propriété sur certains
immeubles et l'habilite à réaliser des projets pilotes en matière d'habitation.
Il permet également aux offices d'habitation d'administrer un immeuble qui a
fait l'objet d'une aide financière en matière d'habitation.
Le projet de loi permet à un membre du
Tribunal administratif du logement d'exercer des activités didactiques
rémunérées et modifie certaines règles relatives à son rôle, notamment celles
encadrant sa récusation. Il permet au Tribunal d'imposer une limitation
procédurale à une partie lorsqu'elle utilise de façon abusive un acte de
procédure ou adopte un comportement vexatoire ou quérulent. Il prévoit
également que le président du Tribunal peut obliger les parties à tenir une
séance de conciliation.
Le projet de loi permet l'aliénation d'un
immeuble excédentaire de l'État, à titre onéreux, à toute personne afin qu'il
soit utilisé à des fins d'habitation.
C'est tout.
La Présidente : Et je
reconnais le leader de l'opposition officielle. Oui, monsieur.
M. Derraji : Merci, Mme la
Présidente. Nous souhaitons la tenue de consultations particulières sur ce
projet de loi. Merci.
Mise aux voix
La Présidente : Et est-ce que
l'Assemblée accepte d'être saisie de ce projet de loi?
Des voix
: Adopté.
La Présidente
: Adopté.
Dépôt de documents
À la rubrique Dépôt de documents, Mme la
ministre de l'Éducation.
Mme LeBel : Merci, Mme la
Présidente. Donc, permettez-moi de déposer le rapport annuel
d'activité 2024-2025 du Protecteur national de l'élève. Merci.
La Présidente : Ce document
est déposé. Mme la ministre responsable de la Solidarité sociale et de l'Action
communautaire.
Mme Rouleau : Mme la
Présidente, permettez-moi de déposer le rapport d'activité de l'Office de la
sécurité économique des chasseurs cris 2024-2025.
La Présidente : Et ce
document est déposé.
Il n'y a pas de dépôt de rapports de
commissions.
Dépôt de pétitions
À la rubrique Dépôt de pétitions, Mme la
députée de Robert-Baldwin.
Maintenir l'accès aux soins en obstétrique et en
gynécologie dans la région de Québec
Mme Garceau : Merci, Mme la
Présidente. Je dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée
nationale, signée par 135 pétitionnaires. Désignation : citoyens et
citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués sont les
suivants :
«Considérant que le Centre
d'obstétrique et de gynécologie de la Cité, la plus importante clinique de
l'est du Québec, fermera à la fin mars en raison d'un financement insuffisant;
«Considérant que la fin du bail et
l'augmentation du loyer constitue le facteur précipitant cette fermeture;
«Considérant que cette fermeture
pourrait laisser jusqu'à 1 500 patientes sans médecin, ce qui
représente 20 à 25 % des suivis de grossesse de la région de Québec;
«Considérant que les allocations
gouvernementales pour les cliniques hors établissement n'ont pas été indexées
depuis plusieurs années, créant un sous-financement qui compromet leur
maintien;
«Considérant que les solutions proposées
au CHU de Québec n'ont pas été retenues en raison des coûts associés, même si
le CHU dispose des ressources nécessaires pour appuyer la clinique;
«Considérant que le projet de loi n° 2 pourrait accentuer la fragilité financière des
cliniques en diminuant la rémunération liée aux consultations spécialisées;
«Considérant que la fermeture imminente
entraînera une rupture de services, une pression accrue sur les hôpitaux et un
allongement des délais pour les soins essentiels en santé des femmes;
«Et l'intervention réclamée se résume
ainsi :
«Nous, signataires, demandons au
gouvernement du Québec : «D'intervenir rapidement pour éviter une
rupture de services et assurer une transition sécuritaire;
«De garantir la continuité des suivis pour
les patientes concernées;
«De maintenir et renforcer l'accès aux
soins en obstétrique et gynécologie dans la région de Québec;
«De revoir le financement des cliniques
hors établissement afin d'assurer la pérennité des services spécialisés.»
Je certifie que cet <extrait...
Mme Garceau :
...de
Québec;
«De revoir le financement des cliniques
hors établissement afin d'assurer la pérennité des services spécialisés.»
Je certifie que cet >extrait est
conforme à l'original de la pétition.
La Présidente
: Cet
extrait de pétition est déposé.
Il n'y a pas de réponses orales aux
pétitions ni d'interventions portant sur une violation de droit ou de
privilège.
Questions et réponses orales
Nous en sommes maintenant rendus à la
période de questions et de réponses orales, et, pour ce faire, je cède la
parole, en question principale, au chef de l'opposition officielle.
Abolition du Programme de l'expérience québécoise
M. Marc Tanguay
M. Tanguay
: Mme la
Présidente, le programme PEQ, c'est la pagaille à la CAQ. Novembre 2025, le
gouvernement a pris une mauvaise décision en abolissant le PEQ. Tout le monde
le dit. Sur le terrain, ce sont les services publics qui sont en péril, des
employeurs qui sont inquiets, des familles en détresse. Le ministre de
l'Immigration refuse d'entendre raison, lui, et, le 30 janvier dernier, a
dit, je le cite : «Je veux être clair une fois pour toutes, nous ne
ramènerons pas le PEQ.» Pendant ce temps-là, hier, le premier ministre, en
mêlée de presse, a dit ce qui suit : «Il pourrait y avoir 350 000
travailleurs temporaires qui déposent une demande dans le PEQ s'il y avait une
clause grand-père.» Fin de la citation.
Mme la Présidente, cette affirmation-là
est fausse, et le premier ministre...
Des voix : ...
La Présidente
:
Attendez, attendez. Merci beaucoup, M. le leader du gouvernement. M. le chef de
l'opposition officielle, vous savez très, très bien qu'on doit prendre la
parole ici de ses collègues et que, par ailleurs, ce mot est au lexique. Alors,
je vous demanderais de le retirer et de poursuivre.
M. Tanguay
:
...affirmation complètement inexacte. Radio-Canada, le 7 février, a fait
entendre l'experte Me Laurence Trempe, qui dit, par rapport à cette
affirmation-là : «C'est une affirmation extrêmement trompeuse.» Me Yves
Martineau a dit : «Confondre plusieurs aspects, c'est démontrer une
connaissance limitée de notions de base en immigration.» Fin de la citation.
C'est ça, notre premier ministre, Mme la Présidente.
Le seul qui s'est levé le premier, c'est
le candidat à la chefferie de Lévis, qui, lui, a dit, le premier : Il
faut faire marche arrière. Alors, il risque, lui, d'être élu, Mme la
Présidente, parce que ça a été le premier à s'en rendre compte.
Le premier ministre peut-il, lui,
aujourd'hui, faire marche arrière?
La Présidente
: Et je
vous rappellerai, M. le chef de l'opposition officielle, que vous ne pouvez pas
faire indirectement ce que vous ne pouvez faire directement. Vous avez ajouté
un terme qui était au lexique. Je vous demande de le retirer avant.
Une voix : ...
• (10 h 20) •
La Présidente
: Vous le
retirez. Très bien. Maintenant, j'aimerais entendre la réponse du premier
ministre.
M. François Legault
M. Legault : Oui. Mme la
Présidente, comme vous le savez, on a une course à la chefferie à la CAQ. Contrairement
au Parti libéral, il y a des débats, à la CAQ, sur plusieurs sujets. Et, Mme la
Présidente, je n'ai pas l'intention de m'impliquer dans ces débats. Je quitte
le 12 avril. Et donc, après le 12 avril, il y aura un nouveau ou une
nouvelle cheffe première ministre, premier ministre, et ce sera, à ce
moment-là, au nouveau ou à la nouvelle de faire des changements. Puis, bon,
c'est un peu normal que des gens veuillent faire des changements.
Maintenant, si j'étais le chef de
l'opposition officielle, le chef du Parti libéral, je serais prudent quand je
parle du PEQ, parce qu'on ne connaît pas vraiment la position exacte du Parti
libéral sur le PEQ. Mme la Présidente...
Des voix : ...
La Présidente
: Attendez,
M. le premier ministre. S'il vous plaît! On a écouté la question avec respect.
J'aimerais qu'on écoute la réponse, je vous prie. Je vous rappelle au silence. M.
le premier ministre, poursuivez.
M. Legault : Oui. Mme la
Présidente, ce que j'ai dit hier, puis je le répète, c'est qu'il y a environ
350 000 travailleurs temporaires actuellement au Québec. On le sait, dans
le PEQ, essentiellement, il y a deux conditions : travailler depuis deux
ans et avoir une connaissance du français. Donc, il n'y a personne qui a les
informations exactes pour savoir, dans les 350 000, combien il y en a qui
remplissent ces deux conditions. Est-ce qu'il y en a 100 000? Est-ce
qu'il... il y en a 150 000?
Donc, ce que j'aimerais savoir du Parti
libéral, c'est qu'ils sont prêts à ajouter combien d'immigrants permanents via
le PEQ? 100 000...
La Présidente
: En
terminant.
M. Legault : ...150 000?
Combien?
La Présidente
: Vous
êtes trop bruyants du côté de l'opposition officielle. J'aimerais maintenant
entendre le chef pour sa première complémentaire.
M. Marc Tanguay
M. Tanguay
: Sur le
350 000, hier, à Patrice Roy, la candidate à la chefferie de Sanguinet a
dit que ce n'était pas la bonne approche, en substance. Ce n'est pas
350 000. Les experts le disent. Les experts disent même que ça démontre
une connaissance limitée — ils sont polis, hein? — de
notions de base en immigration. Alors, qu'il profite de la course à la
chefferie de la CAQ pour s'instruire et corriger sa connaissance limitée. Le
350 000, Mme la Présidente, il ne peut plus <dire ça...
M. Tanguay :
…et
corriger sa connaissance limitée. 350 000,
Mme la Présidente, il ne
peut plus >dire ça. Va-t-il se rallier au candidat de Lévis?
Des voix : ...
La Présidente : Pas de bravo,
pas de commentaire. La réponse du premier ministre.
M. François Legault
M. Legault : Oui. Mme la
Présidente, je demande au chef de l'opposition officielle de faire ses devoirs.
Il y a, actuellement, au Québec, environ 350 000 travailleurs
temporaires. Maintenant, pour se qualifier au PEQ, il faut, essentiellement,
remplir deux conditions : avoir travaillé au Québec depuis 24 mois et
avoir une connaissance du français. Donc, je repose ma question : Quelle
est la position claire du Parti libéral? Combien sont-ils prêts à ajouter
d'immigrants permanents au Québec via le programme PEQ?
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
M. Marc Tanguay
M. Tanguay : Mme la
Présidente, le problème avec le premier ministre actuel, toujours en titre,
c'est qu'il est premier ministre jusqu'au 12 avril. Il dit : Je ne
veux pas me mêler de la course à la chefferie. Or, le lendemain du
12 avril, sa politique va changer radicalement, parce que ce sera, en tout
ou partie, un rétablissement, une réactivation du PEQ.
Alors, il dit : Je ne veux pas me
mêler de la course à la chefferie, je vais quitter le 12 avril. Il est-tu
en train de nous annoncer qu'il a déjà quitté, Mme la Présidente, qu'il ne prend
pas acte de la science, des faits, des experts? Ils sont 350 000, de la
bouillie pour les chats, ça, Mme la Présidente. Alors, peut-il être premier
ministre encore...
La Présidente : La réponse du
premier ministre.
M. François Legault
M. Legault : Oui. Mme la
Présidente, actuellement, il y a un programme qui s'appelle PSTQ. S'il y a des
travailleurs temporaires qui veulent devenir permanents, ils peuvent appliquer
au PSTQ.
Maintenant, c'est un peu spécial
d'entendre le chef du Parti libéral nous demander de faire des changements,
mais il ne sait pas vraiment ce que propose le Parti libéral du Québec.
Puis là on a deux candidats qui ont deux
modèles différents. Donc, on va attendre de faire les débats, parce qu'on a des
débats, à la CAQ, puis, après le 12 avril, s'il y a des changements à
faire, bien, ils seront faits.
La Présidente : Troisième
complémentaire.
M. Marc Tanguay
M. Tanguay : Mme la
Présidente, s'il ne sait pas que notre position, c'est une clause de droits
acquis, là, il manque une bonne game, là. Alors... Mais qu'il ne nous écoute
pas. Qu'il écoute les candidats à la chefferie de la CAQ, parce que, là, le
Québec est sur pause pendant deux mois. Pendant ce temps-là, ce sont nos
services publics, c'est notre économie dans toutes les régions, ce sont des
familles, sur l'aspect humain, qui sont prises dans l'étau. Il est en train de
nous dire : Moi, je regarde ce qui se passe, là, puis je me croise les
bras, je ne décide rien, je n'écoute pas la science et puis moi, je ne suis
plus premier ministre, déjà, en titre aujourd'hui.
Qu'il recule sur le PEQ.
La Présidente : La réponse du
premier ministre.
M. François Legault
M. Legault : Oui. Mme la
Présidente, le chef du Parti libéral vient de nous dire : Nous, on est
pour une clause de droits acquis pour le PEQ. Combien sont-ils prêts à accepter
de nouveaux immigrants permanents via le PEQ? 100 000, 150 000?
Est-ce qu'il peut nous donner un chiffre?
Des voix : ...
La Présidente : Vous êtes
trop bruyants. Maintenant, une seule personne a droit de parole, et j'aimerais
entendre, en question principale, le député de l'Acadie.
Orientations gouvernementales en matière d'immigration
M. André Albert Morin
M. Morin : Mme la Présidente,
devant la crise montée de toutes pièces par l'actuel ministre de l'Immigration,
la députée de Sanguinet, hier, sans aviser le ministre, a porté un jugement
lapidaire sur le travail de celui-ci, déclarant que l'immigration doit être
mieux planifiée, qu'il faut rétablir la confiance, que celle-ci doit être
juste, prévisible, humaine, accueillante, et qu'il faut être rigoureux, bref,
ce qu'on n'a pas en immigration.
Mme la Présidente, dans ce
gouvernement-là, c'est la pagaille complète. Là, tout à l'heure, le ministre a
déclaré, et c'est sur le site de M. Bovet, qu'il demanderait différents
scénarios de transition pour le prochain premier ministre. Alors, après s'être
peinturé dans le coin, là, il est obligé de marcher sur la peinture. C'est
inconfortable, très inconfortable. Mais est-ce qu'on peut attendre au
12 avril?
Il y a un gouvernement en face de nous,
bien, qu'il gouverne. Les entreprises, elles, ne peuvent pas attendre, puis il
y a des gens qui partent. Mme la Présidente, une clause de droits acquis.
Des voix : ...
La Présidente : M. le leader
de l'opposition officielle, pas de bravo, vous le savez. La réponse du ministre
de l'Immigration, de la Francisation et de l'Intégration.
M. Jean-François Roberge
M. Roberge : Mme la
Présidente, le Programme de sélection des travailleurs qualifiés permet une
immigration économique régionalisée qui valorise le français, qui peut
prioriser nos secteurs qui sont stratégiques, le manufacturier, le tourisme,
l'éducation, la santé. J'ai expliqué la semaine dernière qu'en santé, grâce au
PSTQ, on était capables de garantir, ce que le PEQ ne pouvait faire d'aucune
manière, de garantir que tous les travailleurs de la santé seraient invités
d'ici la fin décembre. Voilà une avancée. Personne ne remet en cause
l'implantation de ce nouveau programme, supérieur à l'ancien.
La crise, l'inquiétude, les hauts cris,
l'angoisse sont causés par le fait que, des personnes, dans <l'intervalle,
que…
M. Roberge : ...les hauts
cris, l'angoisse sont causés par le fait que des personnes, dans >l'intervalle,
que ce soit parce qu'ils sont sélectionnés dans l'ancien programme ou s'ils
étaient sélectionnés dans le nouveau programme, dans l'intervalle, Ottawa leur
retire leurs permis de travail, les arrache aux entreprises...
Des voix : ...
M. Roberge : Bien, c'est la
vérité. Les collègues ne sont...
La Présidente
:
Attendez, M. le ministre. Je vous demande, s'il vous plaît, de vous taire, en
vertu de l'article 32, de garder le silence, je vous prie, des deux côtés.
Je veux entendre la réponse du ministre. Il vous reste 14 secondes.
M. Roberge : Ils n'aiment pas
entendre les faits, mais ils sont têtus, les faits. Lorsque des gens se voient
retirer un permis de travail, se font expulser par le gouvernement canadien,
dans l'intervalle, en attendant que Québec traite leurs dossiers, que ce soit
via un programme ou via...
La Présidente
:
Première complémentaire.
M. André Albert Morin
M. Morin : Oui. Mme la
Présidente, ce qui était vraiment bon avec le PEQ, deux choses : prévisibilité,
stabilité. Ça fait des fois qu'on le répète, et je le répète, c'est exactement
ce que le PSTQ ne fait pas. Alors, le ministre est tout seul, il est isolé,
mais il s'entête, il est campé sur sa position. Ce que ça crée, c'est de
l'incertitude. Puis, je peux vous le dire, Mme la Présidente, samedi dernier à
Montréal, il y en avait, des gens qui étaient incertains, qui étaient en peine.
C'est un drame.
Est-ce que le ministre va reculer et
accorder une clause de droits acquis...
La Présidente
: La
réponse du ministre.
M. Jean-François Roberge
M. Roberge : Mme la
Présidente, lorsque mon collègue laisse entendre que de rétablir l'ancien
programme diminuerait l'incertitude et permettrait à toutes ces personnes de
rester, il induit les gens en erreur. Ce n'est pas vrai que le rétablissement
d'un ancien programme empêcherait Ottawa de retirer des permis de travail à des
personnes. Ce n'est pas exact de dire que les travailleurs qui sont en région,
qui font fonctionner nos industries, nos restaurants, nos manufactures, qui
travaillent dans nos hôpitaux... Ce n'est pas vrai que de rétablir ce
programme-là, par magie, réglerait la question du retrait des permis de travail
et donc l'expulsion des travailleurs enracinés dans nos régions. Il le laisse
entendre, et c'est malheureux...
La Présidente
: En
terminant.
M. Roberge : ...il contribue à
ce climat d'inquiétude.
La Présidente
: Bon,
faites attention à vos propos, M. le ministre. On ne peut pas dire ça de cette
façon. Moi, j'aimerais entendre la deuxième complémentaire.
M. André Albert Morin
M. Morin : Mme la Présidente,
le ministre, là, nous parle de magie. Moi, je ne veux pas parler de magie ce
matin, je veux parler de décisions. Il y a des gens qui nous écoutent. Il y a
des gens qui sont inquiets parce qu'ils ne sont pas capables de planifier, des
entreprises, des universités, des maires, des travailleurs et des travailleuses,
des étudiants.
Les candidats à la chefferie de la CAQ ont
tous pris position, le député de Lévis, rapidement. Qu'est-ce qu'il attend, le
ministre, devant l'évidence, pour accorder une clause de droits acquis? C'est
la seule chose...
• (10 h 30) •
La Présidente
: La
réponse du ministre.
M. Jean-François Roberge
M. Roberge : Mme la
Présidente, je comprends qu'il y a des propositions d'idées de transition entre
l'ancien programme et le nouveau. Très bien, débattons-en. C'est très bien.
Nous, on débat, dans notre formation politique. Débattons de cette mesure
transitoire. Bien, d'une manière ou d'une autre, ce que le collègue propose ne
règle pas le problème qu'il dénonce. Il dénonce un problème et propose une
solution qui ne le règle pas, en jetant de la poudre aux yeux, en faisant
accroire à des gens des choses qui sont inexactes. Rétablir un ancien programme
ne donne pas des permis de travail. Le gouvernement québécois ne donne pas des
permis de travail et il en retire encore moins. Peut-il le comprendre?
La Présidente
: En
terminant... Et, en question principale, je reconnais la députée de Mont-Royal—Outremont. La parole est à vous.
Abolition du Programme de l'expérience québécoise
Mme Michelle Setlakwe
Mme Setlakwe : Mme la
Présidente, la semaine dernière, lorsque j'ai questionné le gouvernement sur
l'abolition du PEQ, je comprends que c'est leur prérogative, mais je n'ai pas
entendu la ministre de l'Enseignement supérieur. C'est le ministre de
l'Immigration qui s'est levé. Pourtant, nos cégeps et nos universités
encaissent les contrecoups de cette fin brutale du PEQ. Leurs efforts de
recrutement sont sérieusement compromis.
Le message qui circule à l'international
est clair : Les portes du Québec sont fermées. Des étudiants sont
aujourd'hui présents dans les tribunes. Ils sont inquiets. Ils ont choisi le
Québec. Ils étudient ici, travaillent ici, parlent le français, mais ils
attendent de savoir s'ils ont encore un avenir chez nous. Certains envisagent
déjà de quitter le Québec vers l'Ontario ou ailleurs, faute de perspectives.
Même au sein de la CAQ, des voix s'élèvent et s'engagent à corriger le tir.
La ministre va-t-elle enfin se lever pour
défendre son réseau et ses étudiants ou est-ce qu'elle va encore continuer de
laisser son collègue à l'Immigration s'entêter, lui qui est isolé, Mme la
Présidente?
La Présidente
: La
réponse du ministre de l'Immigration, de la Francisation et de l'Intégration.
M. Jean-François Roberge
M. Roberge : Je suis content
que la collègue amène la question de ce qu'on appelle le PEQ — Diplomés.
Il y avait le PEQ — Travailleurs. Le PEQ — Diplomés, les
gens en parlent très peu, et je pense que les gens ne les <comptent...
>
10 h 30 (version révisée)
<15361
M.
Roberge :
...le PEQ
— Diplômés. Les gens en
parlent très peu, et je pense que les gens ne les >comptent même pas
lorsqu'ils calculent les nombres qui pourraient être impactés si on
rétablissait l'ancien programme.
Mais le nouveau Programme de sélection des
travailleurs qualifiés reconnaît l'importance des diplômes québécois. J'invite
ma collègue à regarder les chiffres : sur les premières invitations du Programme
de sélection des travailleurs qualifiés, une très forte proportion — je
pense qu'en janvier, c'était plus de 60 % des gens qui ont été
sélectionnés — sont des gens diplômés au Québec. Voilà un argument
extraordinaire pour un cégep, particulièrement un cégep en région ou une
université, particulièrement une université en région, mais pas seulement,
parce que, des diplômes... des diplômés montréalais aussi, on en sélectionne. Mais
voilà un argument extraordinaire pour attirer des nouveaux étudiants étrangers
dans le respect de notre capacité d'accueil, parce qu'on a bougé à cet égard-là.
Qu'ils utilisent cet argument en disant : Si vous étudiez en région dans
un cégep ou une université francophone, vous allez avoir des points pour le
diplôme, des points pour la région, des points pour le français...
La Présidente
: En
terminant.
M. Roberge : ...voilà une
carte de visite extraordinaire.
La Présidente : Première
complémentaire.
Mme Michelle Setlakwe
Mme Setlakwe : C'est la
confusion totale, Mme la Présidente. Et, depuis la crise du PEQ, c'est le
silence radio de la part de la ministre de l'Enseignement supérieur. La CAQ, il
faut le rappeler, là, depuis sept ans, a nui énormément au réseau, à l'écosystème
d'enseignement supérieur. Le PEQ nuit au réseau. Le réseau et les étudiants, ils
ont besoin d'une voix forte. Même dans son parti, son collègue de... sa
collègue de Sanguinet et son collègue de Lévis reconnaissent l'erreur.
Est-ce que la ministre peut nous dire si
elle partage enfin ce constat? Pourquoi on ne l'entend pas, Mme la Présidente?
La Présidente : La réponse du
ministre.
M. Jean-François Roberge
M. Roberge : Mme la
Présidente, le nombre d'étudiants étrangers a augmenté de manière substantielle
sous le gouvernement de la Coalition avenir Québec. Et, avec la loi n° 74, qu'on a adoptée à l'automne 2024, on a
maintenant une stabilisation — pas une baisse, une stabilisation — du
nombre d'étudiants étrangers. En plus, avec les mesures qu'on a implantées au
cours des derniers mois, on a dit au réseau universitaire : Nous allons
renouveler automatiquement les CAQ, les certifications... les certificats d'acceptation
du Québec, on va les renouveler automatiquement pour les étudiants étrangers
sur le territoire qui sont en milieu de parcours. Pas de paperasse, allègement
administratif, sécurisation des étudiants étrangers, ça, c'est les gestes qu'on
pose, concrètement.
Avec quoi est-elle en désaccord dans ce
que je viens de dire?
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
Mme Michelle Setlakwe
Mme Setlakwe : Pourtant,
Mme la Présidente, on doit parler au même monde. Les recteurs, tout le monde,
tout le milieu avaient dit : Excluez-nous du projet de loi n° 74
sur l'encadrement des étudiants internationaux. Le PEQ en ajoute une couche. Le
silence de la ministre, là, il est éloquent. Honnêtement, c'est
incompréhensible.
On a des étudiants ici, aujourd'hui, qui
sont inquiets. Ils vivent dans l'incertitude depuis des mois. Ils vont livrer
des témoignages plus tard, Mme la Présidente. Est-ce qu'ils ont encore un avenir
au Québec? Pourquoi la ministre de l'Enseignement supérieur n'a rien à leur
dire?
La Présidente : La réponse de
la ministre de...
Des voix : ...
La Présidente
: S'il
vous plaît! Gardez le silence. La réponse de la ministre de l'Enseignement
supérieur.
Mme Martine Biron
Mme Biron : ...Mme la
Présidente. Et puis je suis ravie de voir que les libéraux sautent de joie à
voir que je me lève pour parler des étudiants étrangers. En fait, c'est un
sujet qui me tient particulièrement à coeur, et je pense que la députée de Mont-Royal—Outremont le sait. On s'est d'ailleurs croisées hier
à Polytechnique lors d'une très belle annonce dans sa circonscription. Je pense
que l'idée... Et j'ai parlé, d'ailleurs, des étudiants étrangers parce que c'est
important d'en ramener davantage au Québec.
Mon collègue de l'Immigration a fait un
travail rigoureux dans sa planification pluriannuelle de l'immigration, et il a
fixé à 110 000 le nombre d'étudiants étrangers au Québec, comparativement
au Parti québécois, qui veut baisser à 50 000. Je pense qu'il y a un
effort important à faire pour...
La Présidente
: ...question
principale, je reconnais maintenant la cheffe du deuxième groupe d'opposition.
Abolition du Programme de l'expérience québécoise
Mme Ruba Ghazal
Mme Ghazal : Mme la
Présidente, dans le dossier du PEQ, il n'y a plus personne qui connaît c'est
quoi, la vraie position du gouvernement de la CAQ. Le premier ministre dit une
chose, puis les deux personnes qui veulent le remplacer disent autre chose. Le
ministre de l'Immigration dit une chose, et la personne qu'il appuie pour
devenir sa cheffe dit autre chose. Le bordel est totalement pogné, et malheureusement,
Mme la Présidente, c'était prévisible : à force de vouloir compétitionner
avec le Parti québécois pour savoir qui va être le plus restrictif en matière d'immigration,
la CAQ s'est peinturée dans le coin, puis en même temps ils s'entredéchirent
entre eux.
Tout le monde au Québec est d'accord :
les maires et mairesses qui n'ont aucune leçon à recevoir de personne, les
entreprises, les syndicats, les universités, la prochaine personne qui veut
devenir première ministre du Québec, tout le monde, sauf le ministre de l'Immigration,
le premier ministre et le chef du Parti québécois.
Quand le premier ministre, il a vu que le
bordel était pogné avec le troisième lien, qu'est-ce qu'il a fait? Il a fait la
chose raisonnable, il a dit : Je suspends le projet. Maintenant que le
bordel <est pogné au PQ... sur le PEQ...
Mme Ghazal : ...la
chose raisonnable, il a dit : Je suspends le projet. Maintenant que le
bordel >est pogné au PQ... sur le PEQ, le bordel, en ce moment, il est
pogné sur le PEQ, et ça ne menace pas juste un pont comme le troisième lien, ça
menace le destin de milliers de personnes qui contribuent à nos régions, qui
contribuent au Québec, est-ce que le premier ministre peut faire la même chose
que ce qu'il a fait pour le troisième lien et suspendre la réforme du PEQ?
Est-ce qu'il peut répondre maintenant?
La Présidente
: La
réponse du premier ministre.
M. François Legault
M. Legault : Mme la
Présidente, on ne sera jamais d'accord, Québec solidaire et moi, sur l'immigration
temporaire. Mais il faut... il faut regarder le portrait global. On a
actuellement... quand on additionne les travailleurs temporaires, les étudiants
temporaires et les demandeurs d'asile, on a plus de
535 000 immigrants temporaires au Québec, actuellement. C'est plus du
double de ce qu'on avait il y a quelques années.
Résultat des courses, Mme la Présidente, à
Montréal, à Montréal, sur l'île de Montréal, peu importe l'indicateur qu'on
utilise, que ce soit la langue parlée à la maison, la langue parlée au travail
ou la langue parlée en public, il y a eu une baisse, depuis deux ans, de
cinq points. À la maison, on est rendus à 43 % seulement des
Montréalais qui parlent français à la maison majoritairement. Donc, Mme la
Présidente, depuis 20 ans, il y a un déclin du français à Montréal.
Que propose Québec solidaire? Rien. Rien.
Ce n'est pas important, l'avenir du français pour Québec solidaire. Québec
solidaire serait prêt à ajouter des centaines de milliers d'immigrants
temporaires à Montréal, même si ça accélère le déclin du français. Bien non, on
ne sera jamais d'accord.
Des voix : ...
La Présidente
: C'est
trop bruyant. Première complémentaire.
Mme Ruba Ghazal
Mme Ghazal : Mme la
Présidente, les gens qui sont admissibles au PEQ, c'est l'immigration dont on
rêve au Québec : ils sont déjà ici, logés ici et, en plus, ils parlent
parfaitement bien le français.
Le premier ministre dit qu'il n'est pas
d'accord avec Québec solidaire, je m'excuse, Mme la Présidente, mais il n'est
pas d'accord non plus avec les deux personnes qui veulent devenir premier
ministre à sa place. On dirait... on dirait qu'en matière d'immigration le
premier ministre il est briefé par le chef du Parti québécois.
Je lui demande de faire la seule chose...
la seule chose raisonnable et pragmatique, suspendre la réforme du PEQ. Est-ce
que...
• (10 h 40) •
La Présidente
: La
réponse du premier ministre.
M. François Legault
M. Legault : Bien, Mme la
Présidente, je veux corriger la cheffe de Québec solidaire. Le chef du Parti
québécois a dit qu'il était ouvert à une clause de droits acquis pour le PEQ.
Mathieu Bock-Côté est découragé du chef du PQ. Ce n'est quand même pas rien,
Mme la Présidente, Mathieu Bock-Côté est découragé du PQ parce que le chef du
PQ veut une clause de droits acquis pour le PEQ.
Mme la Présidente, il faut se soucier du
déclin du français à Montréal. Ça n'intéresse pas Québec solidaire, on ne sait
plus si ça intéresse le Parti québécois, mais nous, à la CAQ, on... ça nous
intéresse.
La Présidente
: En
terminant.
M. Legault : Et, Mme la
Présidente, il faut... il faut protéger notre langue, nos valeurs...
La Présidente
:
Deuxième complémentaire. Et, pour ce faire, en deuxième complémentaire, je
reconnais le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Guillaume Cliche-Rivard
M. Cliche-Rivard : Mme
la Présidente, le ministre de l'Immigration vient de passer la période de
questions au complet à plaider pour le statu quo et à critiquer en tous points
la position de la députée de Sanguinet, qu'il appuie pourtant à la chefferie,
qui, elle, se rallie à notre position et demande aussi le retour du PEQ. Le
ministre de l'Immigration vient de passer la période de questions à critiquer
l'approche de sa potentielle future cheffe, qu'il appuie encore.
Ma question est claire : après avoir
été désavoué, là, devant tout le monde de manière frontale hier, est-ce que le
ministre de l'Immigration maintient son appui envers la députée de Sanguinet pour
la chefferie ou s'il regrette son choix?
La Présidente
: La
réponse du ministre de l'Immigration, de la Francisation et de l'Intégration.
M. Jean-François Roberge
M. Roberge : Mme la
Présidente, je salue l'intérêt de mon collègue pour la course à la chefferie.
Je sais que vous avez eu du plaisir avec la vôtre. Ce n'est peut-être pas votre
candidat qui a gagné, c'est vos affaires...
La Présidente
:
...la présidente. Je vous en prie, poursuivez.
Des voix : ...
La Présidente
: Chut! Article 32.
Article 32. Poursuivez.
M. Roberge : Oui. Puis,
mon collègue dit «je viens de passer la période de questions», mais il en reste
encore beaucoup. Puis je suis content, on est... on est à 20 minutes, là,
sur 45 encore, donc j'espère qu'on va avoir l'occasion d'avoir plus
d'opportunités de présenter le nouveau Programme de sélection des travailleurs
qualifiés.
Des voix : ...
M. Roberge : Mme la
Présidente, j'ai de la misère à m'exprimer. Ça va être son tour après.
Donc, je pense que ce qui est essentiel,
là, c'est de dire : Ah! on peut bien discuter d'une période...
La Présidente
: En
terminant.
M. Roberge : ...on peut
bien discuter d'une période <de transition...
M. Roberge : ...donc,
j'espère qu'on va avoir l'occasion d'avoir plus d'opportunités de présenter le
nouveau Programme de sélection des travailleurs qualifiés.
Des voix : ...
M. Roberge : Mme la
Présidente, j'ai de la misère à m'exprimer. Ça va être son tour après.
Donc, je pense que ce qui est
essentiel, là, c'est de dire : Ah! on peut bien discuter d'une période...
La Présidente
: En
terminant.
M. Roberge : ...on
peut bien discuter d'une période >de transition, mais la voie
d'avenir...
La Présidente
: En
question principale, je reconnais maintenant le député de Taschereau. La parole
est à vous.
Troisième lien entre Québec et Lévis
M. Etienne Grandmont
M. Grandmont : Oui,
merci, Mme la Présidente. On assiste actuellement à un spectacle d'une
confusion rare au sein du caucus de la CAQ concernant le troisième lien. D'un
côté, on a le député de Lévis et ex-ministre de l'Environnement qui nous assure
que le projet autoroutier est dans l'ADN de son parti, de l'autre, on a la
députée de Sanguinet, ex-ministre de l'Économie, qui semble soudain...
soudainement prise de doutes et se dit en réflexion. Pendant ce temps-là, le
premier ministre, lui, il fait comme si de rien n'était puis il dit que tout le
monde est derrière ce projet-là. Est-ce que le ministre des Transports pense
qu'il pilote un projet de mobilité? Parce que ce n'est pas le cas, là, il
pilote simplement un véhicule électoral dont le moteur est en train de lâcher
en pleine course à la chefferie.
Est-ce qu'il peut faire la seule chose
qu'il a à faire en cette période-ci, considérant les finances de l'État
québécois aussi, de l'urgence climatique également? Est-ce qu'il peut juste
annuler ce projet-là qui ne va nulle part?
La Présidente
: La
réponse du ministre des Transports et de la Mobilité durable.
M. Jonatan Julien
M. Julien : Oui, merci,
Mme la Présidente. Je conviens avec mon collègue qu'il y a une course à la
chefferie, puis je pense que le débat d'idées, c'est sain puis c'est correct.
Maintenant, sur le lien interrives, je
travaille sur ce dossier, et il continue d'avancer, et le processus qui a été
mis en place par ma prédécesseure est rigoureux. On suit des étapes. En juillet
dernier, on a adopté le corridor, le corridor central, après une analyse
multicritères qui regardait cinq corridors et qui regardait les avantages du
meilleur corridor dans le contexte des critères qu'on s'est donnés.
Et, oui, il y a un enjeu de mobilité, oui,
il y a un enjeu de développement économique, oui, il y a un enjeu de transport
des marchandises et de sécurité économique, de fluidité de la circulation, de
sécurité commerciale, de transport collectif. Ce sont les éléments, les
critères qu'on s'est donnés pour faire l'évaluation du meilleur corridor.
Une fois qu'on a fait cette décision-là,
qui a été prise, on a travaillé sur le corridor qui a été identifié comme étant
le meilleur, des forages détaillés pour arriver à dégager le tracé définitif et
le...
La Présidente
: En
terminant.
M. Julien : ...pour
pouvoir faire un appel de qualification et inviter des consortiums à travailler
sur le dossier.
La Présidente
:
Première complémentaire.
M. Etienne Grandmont
M. Grandmont : ...choix,
ce tracé central, hein? Il fait l'unanimité. On le voit bien, d'abord, au sein
du caucus. On le voit aussi, l'entièreté des maires de la grande région de
Québec sont contre ce tracé-là ou sont contre le projet tout court. Un projet
dans cet axe-là, c'est envoyer des voitures de plus dans les zones les plus
achalandées du réseau que le ministre a comme... a comme responsabilité. C'est
l'endroit le plus achalandé.
Alors, est-ce que le ministre peut juste
admettre que son projet, il tient sur un bout de papier, et que ce n'est pas
bon, et qu'il devrait l'annuler?
La Présidente
: La
réponse du ministre.
M. Jonatan Julien
M. Julien : ...Mme la
Présidente, qu'on est le seul parti, le gouvernement, qui pensons et qui
travaillons sur un lien interrives entre la septième plus grande ville du
Québec et la deuxième plus grande ville du Québec, parce qu'actuellement on a
un lien, le pont Pierre-Laporte, et on a un deuxième lien, le pont de Québec,
qui est sympathique, patrimonial, mais qui n'a pas tant de capacité et
actuellement le pont Pierre-Laporte est en surcapacité.
Alors, en termes de sécurité économique,
de mobilité pour transporter de la marchandise, pour transporter les humains,
nous, on pense que ça prend un lien supplémentaire. Alors, déjà, c'est là qu'on
est. Maintenant, on travaille étape par étape et on avance dans ce projet-là.
La Présidente
: En
terminant.
M. Julien : Mon collègue
n'est pas d'accord, grand bien lui fasse.
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
M. Etienne Grandmont
M. Grandmont : Les
traverses, le traversier entre Québec et Lévis, on a du retard là-dessus. Ça ne
se fait pas, il n'y a rien qui se fait du côté de la CAQ. Le pont de Québec, le
gouvernement refuse de proposer des choses intéressantes et intelligentes pour
abaisser le tablier du pont puis, surtout, ne fait pas le travail d'entretien.
Le pont Pierre-Laporte est en désuétude parce que ce gouvernement-là ne fait
pas la job de l'entretenir comme il faut. Alors, pendant que... Puis le
transport collectif du côté de Lévis ne se développe pas non plus, par
ailleurs.
Alors, plutôt que de prendre la population
en otage en ne focussant que sur le troisième lien, est-ce qu'il ne pourrait
pas améliorer ce qui se passe autour du troisième lien?
La Présidente : La réponse du
ministre.
M. Jonatan Julien
M. Julien : Mme la
Présidente, mon collègue, sur cette dernière question, dit n'importe quoi.
C'est n'importe quoi. Le pont Pierre-Laporte, on remplace les suspentes, on met
beaucoup d'énergie et de financement pour assurer sa pérennité. On le fait bien,
il est sécuritaire, le ministère y veille. Le pont de Québec, c'est de
propriété fédérale, on travaille sur le tablier. Et ce que mentionne mon
collègue, qu'il parle au fédéral pour le rabaissement, ce potentiel-là, qui est
assez fictif, grand bien lui fasse.
Pour ce qui est, maintenant, de la
traverse <Québec-Lévis...
M. Julien :
…grand
bien lui fasse.
Pour ce qui est, maintenant, de la
traverse >Québec-Lévis, c'est 2031. La société, en fin de compte, des
traversiers travaille ça. Il n'y a pas d'enjeu. Bien que certains l'aient nommé
comme ça, ça n'existe pas, ils l'ont confirmé. On est au rendez-vous.
La Présidente
: En
terminant.
M. Julien : Donc, ici,
c'est de l'esbroufe.
La Présidente : En question
principale, je reconnais maintenant la députée de Verdun.
Mesures budgétaires pour atténuer l'impact de
l'inflation
Mme Alejandra Zaga Mendez
Mme Zaga Mendez : Merci,
Mme la Présidente. Pendant que la CAQ s'entredéchire sur le PEQ, le troisième
lien, bien, les familles du Québec se demandent comment ils vont arriver à la
fin du mois. Près d'un parent sur quatre au Québec affirme de ne pas avoir les
moyens de couvrir les besoins de base de sa famille et près d'un tiers des
ménages avec enfants en bas âge risquent déjà d'être en situation d'insécurité
alimentaire. Même en travaillant fort, avec un salaire moyen, la pression est
étouffante. Pourquoi personne n'en parle au gouvernement? Les familles ont
besoin d'aide.
La semaine dernière, ma collègue de
Sherbrooke et moi, nous avons proposé une mesure simple, concrète et immédiate :
détaxer les vêtements usagés pour enfants. Les enfants, ça grandit vite, très
vite, et les vêtements, bien, ça coûte un bras. Pour bien des parents, acheter
de l'usagé, ce n'est pas un luxe, c'est une nécessité.
Ma question est simple. Est-ce que le
ministre des Finances s'engage à étudier cette mesure et l'inclure…
La Présidente : La réponse du
ministre des Finances.
M. Eric Girard
M. Girard (Groulx) : Oui,
merci, Mme la Présidente. Mais c'est certain que c'est une proposition qui est intéressante,
puis l'enjeu, c'est qu'on reçoit des milliards de propositions intéressantes.
Alors, dans le cadre…
Des voix : ...
M. Girard (Groulx) : Des
milliards de propositions intéressantes, oui.
Une voix : ...
M. Girard (Groulx) : Oui,
en dollars. Merci, M. le premier ministre. Excusez-moi, madame, oui.
Alors, je vais vous décrire le processus
budgétaire, un budget standard au Québec, approximativement une hausse de
1 % des dépenses, donc 1,5 milliard par année fois cinq...
Une voix : ...
M. Girard (Groulx) : Je
peux répondre?
La Présidente : S'il vous
plaît, on poursuit. M. le ministre, poursuivez.
M. Girard (Groulx) : Non,
mais je pensais qu'il y avait une question.
Donc, 7,5 milliards de nouvelles mesures,
initiatives. Le montant des demandes que nous recevons de la société civile, de
l'ensemble des ministères, les organismes, ça totalise approximativement
50 milliards, alors on a des décisions difficiles à prendre. On optimise
sous contrainte. Ce qui est proposé là, extrêmement intéressant. Les assiettes
fiscales doivent être harmonisées avec le fédéral.
La Présidente : Première
complémentaire.
Mme Alejandra Zaga Mendez
Mme Zaga Mendez : Pour
une fois que j'entends le ministre dire qu'il y a plein d'idées pour le coût de
la vie, bien, j'aimerais ça les voir se concrétiser lors du prochain budget.
Cette mesure est intéressante. Les Québécois nous le disent, leur priorité,
c'est le coût de la vie. C'est ça, la priorité des Québécois.
Commençons par détaxer les vêtements
usagés pour enfants. Si 6 000 personnes ont signé la pétition de ma
collègue, ça veut dire une chose : les familles ont besoin d'aide. Maintenant,
est-ce que le ministre s'engage à étudier la proposition?
La Présidente : La réponse du
ministre.
M. Eric Girard
M. Girard (Groulx) : Mais,
Mme la Présidente, je suis vraiment content de savoir que Québec solidaire
s'intéresse au coût de la vie. Ils ont oublié de supporter nos baisses d'impôt,
le plafonnement des tarifs, le plafonnement des tarifs de stationnement
d'hôpitaux, le 2 000 $ pour les aînés. C'est ici, au Québec, que le revenu
réel disponible est le plus élevé, depuis 2018, par rapport à l'inflation,
parce qu'on a fait des mesures.
Maintenant, nous avons une nouvelle
proposition de grande qualité. On va l'analyser avec l'ensemble des demandes
qui, malheureusement, totalisent approximativement sept à huit fois les moyens
de l'État québécois.
• (10 h 50) •
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
Mme Alejandra Zaga Mendez
Mme Zaga Mendez : Le
ministre semble ouvert à l'étudier, tant mieux. Maintenant, il faut qu'il nous
dise qu'est-ce qu'il va faire concrètement pour les familles. On le sait, qu'il
ne reste pas beaucoup d'argent, il l'admet. Les chèques de Northvolt, les
chèques des Kings de Los Angeles ont déjà été encaissés, mais les familles
veulent savoir qu'est-ce qu'il va y avoir dans le prochain budget pour ceux qui
travaillent et qui n'arrivent pas.
Est-ce qu'au moins il peut nous dire ça?
La Présidente : La réponse du
ministre des Finances.
M. Eric Girard
M. Girard (Groulx) : Oui,
bien, Mme la Présidente, je sens un petit peu de partisanerie, là, juste un
petit... un soupçon, OK, parce que je rappelle qu'on a baissé les impôts, on a
plafonné les tarifs. Quand je vais à l'épicerie, on me parle aussi des
stationnements d'hôpitaux plafonnés à 10 $ par jour...
Une voix : ...
M. Girard (Groulx) : ...les
lunettes — merci — le 2 000 $ des aînés, le crédit d'impôt
solidarité, le crédit d'impôt pour les proches aidants. Alors, soudainement,
vous avez <une proposition...
M. Girard (Groulx) :
...des
aînés, le crédit d'impôt solidarité, crédit d'impôt pour les proches aidants.
Alors, soudainement, vous avez >une proposition, on va l'analyser, ça
nous fait plaisir. Et, non, vous n'avez pas le monopole de la justice sociale.
La Présidente : Et, M. le
ministre, vous...
Des voix : ...
La Présidente
:
Article 32. Vous gardez le silence. Et j'allais vous dire, M. le ministre
des Finances, que vous vous adressiez à la présidente.
En question principale, une seule personne
a droit de parole maintenant, et je reconnais la députée de Terrebonne.
Accès à la propriété
Mme Catherine Gentilcore
Mme Gentilcore : En
2022, le ministre des Finances disait expressément qu'il n'interviendrait pas
pour favoriser l'accès à la propriété parce que le marché immobilier québécois
était en rattrapage avec l'Ontario, hein? Bref, pour le ministre des Finances,
les maisons n'étaient pas assez chères au Québec, il fallait qu'on rattrape
l'Ontario absolument. Bien, on peut dire qu'il a été bien servi, hein, le prix
des maisons a doublé sous la CAQ depuis 2018.
Mais là la députée de Sanguinet, elle
reconnaît l'échec de son gouvernement parce qu'elle affirme qu'aujourd'hui trop
de Québécois travaillent fort sans pouvoir accéder à la propriété. Elle propose
même de payer une partie de la taxe de bienvenue pour les premiers acheteurs,
précisément ce que le ministre des Finances refusait de faire en 2022. Encore
une fois, qui dit vrai, là, à la CAQ, hein?
Ma question pour le ministre des
Finances : est-ce qu'il va écouter sa candidate à la chefferie puis faire
en 2026 ce qu'il a refusé de faire en 2022? Est-ce qu'on a assez rattrapé, là,
l'Ontario, oui ou non?
La Présidente : La réponse du
ministre des Finances.
M. Eric Girard
M. Girard (Groulx) : Mais,
Mme la Présidente, mon écoute est légendaire, mon empathie aussi. Alors...
Des voix : ...
La Présidente
: Un
petit peu trop bruyant pour poursuivre. Alors, article 32, on garde le
silence.
Des voix : ...
La Présidente
: On
garde le silence. M. le ministre, je vous invite à poursuivre.
M. Girard (Groulx) : Depuis
que nous sommes arrivés au pouvoir, on a mis 8 milliards pour le logement,
dont 4 milliards pour construire des logements. On a doublé le programme
de supplément au logement, le programme d'accès au logement pour favoriser
l'accès à la propriété. On a fait du fiscal pour 1 milliard. C'est quoi,
les résultats? 2024, hausse des mises en chantier de 25 %; 2025, hausse
des mises en chantier de 25 %. Au Canada, c'est 0,0 %. C'est ici, au
Québec, que le marché est en train de se stabiliser et, notamment,
majoritairement en raison de l'entreprise privée, mais on a contribué à ça avec
l'injection de 8 milliards de dollars.
La Présidente : Première
complémentaire.
Mme Catherine Gentilcore
Mme Gentilcore : On ne
répond pas à ma question, je vais me tourner ailleurs. Donc, on s'entend, là,
les huit années sous la CAQ ont été catastrophiques pour l'accès à la propriété
chez les jeunes. Depuis 2018, le prix médian des maisons est passé de
248 000 $ à 520 000 $, huit ans pendant lesquels la CAQ n'a
rien fait pour faciliter l'accès à la propriété.
Donc, ma question est simple : est-ce
que la ministre de l'Habitation admet que le prix des maisons a plus que doublé
en huit ans sous son gouvernement, oui ou non?
La Présidente : La réponse de
la ministre responsable de l'Habitation.
Mme Caroline Proulx
Mme Proulx : Oui, bien,
je vais poursuivre sur les propos qui ont été tenus par mon collègue le
ministre des Finances. On a vu le marché se stabiliser, Mme la Présidente, une
première depuis la pandémie. La Société canadienne d'hypothèques et de
logement... On se rappelle, là, que le taux d'équilibre, il est à 3 % pour
le taux d'inoccupation des logements partout au Québec, on est à 2,7 %,
Mme la Présidente. C'est donc dire que les actions combinées du ministre des
Finances et de la précédente ministre responsable de l'Habitation se sont
additionnées pour atteindre, à terme, ce point d'équilibre qui est à 3 %,
on est à 2,7 %.
Maintenant, avec le projet de loi qu'on
vient de déposer...
La Présidente
: En
terminant.
Mme Proulx : ...il y
aura d'autres mesures, Mme la Présidente, qui vont venir aider les Québécois et
les Québécoises.
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
Mme Catherine Gentilcore
Mme Gentilcore : On ne
parle pas de logements, ici, on parle bien d'accès à la propriété.
Alors, ma question, elle est simple, pour
Mme la ministre de l'Habitation : est-ce qu'elle est en accord, oui ou
non, avec la proposition de Mme la députée de Sanguinet, à savoir payer une
partie de la taxe de bienvenue aux nouveaux acheteurs? Oui ou non?
Des voix : ...
La Présidente : C'est trop
bruyant à droite. La réponse de la ministre.
Mme Caroline Proulx
Mme Proulx : Oui, merci,
Mme la Présidente. Bref, tu sais, je vais continuer sur les propos du ministre
des Finances. On a injecté énormément d'argent, là. J'aurais été curieuse de
voir l'investissement du Parti québécois. Est-ce qu'on va prioriser un
référendum ou on va prioriser l'accès aux maisons? Ça va être à voir dans la
plateforme du Parti québécois <dans les prochaines semaines...
Mme Proulx :
...on va prioriser l'accès aux maisons. Ça va être à voir dans la plateforme du
Parti québécois >dans les prochaines semaines.
Bref, Mme la Présidente, il y a un marché
qui s'équilibre. Oui, ça a été difficile durant la pandémie, postpandémie. Une
multitude, un bouquet de mesures ont été mises en place. On l'additionne
aujourd'hui avec un projet de loi qu'on a déposé. Et la Société canadienne
d'hypothèques et logement l'a dit, le point d'équilibre, il est sur le point
d'être atteint, 2,7 %. On va viser 3 %, Mme la Présidente.
La Présidente
: En
question principale, je reconnais maintenant le député de Saint-Jérôme.
Modernisation de l'Hôpital régional de Saint-Jérôme
M. Youri Chassin
M. Chassin :
L'unité des naissances de l'Hôpital de Saint-Eustache a été transférée à
l'Hôpital régional de Saint-Jérôme le 12 décembre dernier, il y a
pratiquement deux mois, en fait, deux mois demain. Ça ajoute de la pression sur
un hôpital deux fois trop petit, désuet, encombré.
C'est vrai, on a ajouté des espaces en
attendant le projet principal, le projet d'agrandissement et de modernisation
de l'hôpital régional, un hôpital régional dont l'impact se fait sentir dans
les soins pour toute la région des Laurentides.
J'ai entendu le précédent ministre de la
Santé dire qu'on est en train d'évaluer si on fait une étape, deux étapes, tout
ensemble. Mme la Présidente, c'est du tataouinage. C'est les mots du député de
Rosemont sur son projet, et c'est le cas pour Saint-Jérôme aussi. Ça fait huit
ans qu'on attend, là, c'est des arbitrages au PQI.
Est-ce que la ministre de la Santé et
ministre responsable de la région des Laurentides peut rassurer ses concitoyens
et me dire qu'on s'en va en appel d'offres dans les prochaines semaines?
La Présidente
: La
réponse de la ministre de la Santé.
Mme Sonia Bélanger
Mme Bélanger : Mme la
Présidente, il y a plusieurs projets importants qui prennent place dans les
Laurentides. Et c'est vrai que les Laurentides ont manqué d'investissements
pendant des décennies, tout en accueillant de plus en plus de population. Puis
on a différents projets, Mme la Présidente, notamment avec le centre
hospitalier de Saint-Jérôme, qui est notre hôpital régional, avec le Centre
hospitalier de Saint-Eustache, avec l'Hôpital de Mont-Laurier. C'est une
priorité, et on travaille sur ces projets-là avec le CISSS des Laurentides.
Alors, on fait un travail rigoureux, Mme la Présidente.
Mais j'aimerais quand même ajouter que,
malgré ces mégaprojets, on a fait des choses importantes en termes
d'infrastructures dans les Laurentides. Les Laurentides ont accueilli cinq
maisons des aînés, Mme la Présidente, et heureusement qu'on a construit ces
maisons des aînés, qui sont toutes ouvertes aujourd'hui, parce que ça vient
diminuer la pression sur nos centres hospitaliers. On a construit un pavillon
de santé mentale, à l'hôpital de Saint-Jérôme, qui était vraiment désuet. Ceci
a permis d'améliorer la qualité de soins...
La Présidente
: En
terminant.
Mme Bélanger : ...puis
des services pour la clientèle en santé mentale, sans compter un centre
jeunesse, Mme la Présidente.
La Présidente
:
Première complémentaire.
M. Youri Chassin
M. Chassin :
C'est vrai qu'il y en a eu, des investissements, Mme la Présidente, je le
reconnais, notamment le pavillon de santé mentale, hein, qui a ouvert. Merci au
Dr Barrette. Évidemment, il y a quand même un élément, pour moi, qui est
fondamental là-dedans, là, c'est que... c'est qu'il y a eu des investissements
puis il y a eu, malheureusement, une compréhension, peut-être, au ministère de
la Santé, que c'était donc moins urgent, le projet d'agrandissement et de
modernisation de l'hôpital de Saint-Jérôme. Ce n'est pas moins urgent, c'est...
• (11 heures) •
La Présidente
: La
réponse du ministre responsable des Infrastructures.
M. Benoit Charette
M. Charette : Merci, Mme
la Présidente. Merci au collègue pour la question, certainement pertinente,
mais qui arrive un petit peu trop tôt. Le collègue sait pertinemment, pour
avoir discuté de la question avec lui à quelques reprises, il y a une séquence
à respecter. On a un budget qui sera présenté dans les prochaines semaines, qui
sera accompagné d'un plan québécois des infrastructures, plan qui a été
largement bonifié sous notre gouvernement au fil des années. Je le rappelle à
chacune des occasions, nous étions à 100 milliards d'investissements, nous
sommes à ce jour à 164 milliards. Il reste à voir quels seront les
chiffres pour le prochain, mais ces réponses-là y figureront. Et, oui, les
dossiers des Laurentides et, oui, le dossier de Saint-Jérôme en particulier
continuent de cheminer. Donc, dans quelques jours, quelques semaines, nous
aurons les réponses aux questions posées.
La Présidente
:
Deuxième complémentaire.
M. Youri Chassin
M. Chassin :
Moi, je veux bien qu'on parle de procédures, Mme la Présidente, on a besoin
d'une approbation, au Conseil des ministres, du dossier d'affaires pour aller
en appel d'offres, on est rendus là. Alors, si je pose ma question trop tôt, je
mets toute la pression qu'il faut, Mme la Présidente, parce que l'urgence,
c'est les résultats, c'est la construction, ce n'est pas le processus, c'est
travailler fort dans les comités. On veut aller en appel d'offres et voir les
travaux.
La Présidente
: La
réponse de la ministre de la Santé.
Mme Sonia Bélanger
Mme Bélanger : Mme la
Présidente, je suis très consciente de la priorité pour les établissements <des
Laurentides...
>
11 h (version révisée)
<19281
Mme Bélanger :
...je suis très consciente de la priorité pour les établissements >des
Laurentides. Il y a des priorités partout au Québec. Nous avons révisé notre
ordre de priorité pour s'assurer que les projets qui avançaient bien, qui
avaient franchi l'étape des projets à l'étude et qui étaient en planification
puissent passer en mode réalisation, Mme la Présidente. Maintenant, on suit ça
de très près. On travaille en étroite collaboration avec le ministre des
Infrastructures et on pourra, en temps et lieu, le plus rapidement possible,
faire une annonce en lien avec les différents...
La Présidente
: En
terminant.
Mme Bélanger : ...projets
d'infrastructures, notamment ceux des Laurentides, Mme la Présidente.
La Présidente : Et, voilà,
cela met fin à cette période de questions et de réponses orales.
Motions sans préavis
Comme il n'y a pas de votes reportés, nous
allons maintenant passer à la rubrique Motions sans préavis, et, pour ce faire,
je cède la place à la deuxième vice-présidente de l'Assemblée nationale. Je
vous remercie, tout le monde, pour votre attention.
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) :
En fonction de nos règles et de l'ordre de
présentation des motions sans préavis, je reconnais maintenant un membre du
groupe formant le gouvernement. M. le député de Saint-Jean.
Rappeler que, pour être nommé juge au Québec, il
est requis d'être membre du Barreau du Québec depuis au moins 10 ans
M. Lemieux : Merci, Mme
la Présidente. Je sollicite le consentement de cette Assemblée... de cette Assemblée
afin de présenter la motion suivante conjointement avec le député de Jean-Talon,
le député de Taillon et la députée de Rimouski :
«Que l'Assemblée nationale rappelle que,
pour être nommé juge à la Cour supérieure du Québec ou à la Cour d'appel du
Québec, il est légalement requis d'être membre du Barreau du Québec depuis au
moins 10 ans;
«Qu'à ce titre, elle demande au
gouvernement du Québec de s'engager à toujours défendre cette exigence fondamentale
pour la reconnaissance du caractère juridique distinct du Québec.»
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. Est-ce qu'il y a consentement pour débattre de
cette motion?
Une voix : ...
Mise aux voix
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) :
Un vote électronique a été demandé. Donc, la période du vote est maintenant
ouverte.
La période du vote étant terminée, Mme la secrétaire
générale, pour le résultat du vote, s'il vous plaît.
La
Secrétaire : Pour : 101
Contre : 0
Abstentions : 0
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : Cette motion est adoptée. M. le leader adjoint du
gouvernement.
M. Lévesque (Chapleau) : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Je vous demanderais d'envoyer cette motion à l'ensemble
des députés de la Chambre des communes au fédéral, de même que le premier
ministre du Canada.
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : Votre demande sera exécutée.
Donc, maintenant, je suis prête à
reconnaître un membre du groupe formant l'opposition officielle. M. le député
de l'Acadie, la parole est à vous.
M. Morin : Mme la
Présidente, je sollicite le consentement de cette Assemblée afin de présenter
la motion suivante conjointement avec le leader du deuxième groupe d'opposition,
la députée de Rimouski, la députée de Laporte et la députée de Chomedey :
«Que l'Assemblée nationale constate que la
politique du gouvernement et du ministre de l'Immigration, de la Francisation
et de l'Intégration au sujet de l'abolition du Programme de l'expérience
québécoise a été désavouée par les deux candidats à la chefferie de la
Coalition avenir Québec, soit les députés de Lévis et de Sanguinet;
«Qu'elle demande au gouvernement caquiste de
formaliser ce désaveu par l'octroi d'une clause de droits acquis, et ce, sans
délai.» Merci.
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : Merci, M. le député. Est-ce qu'il y a consentement pour
débattre de cette motion? Il n'y a pas de consentement.
Je suis maintenant prête à entendre un
membre du deuxième groupe d'opposition. M. le député de Laurier-Dorion, la
parole est à vous.
M. Fontecilla : Merci, Mme
la Présidente. Je sollicite le consentement de cette Assemblée pour présenter
la motion suivante conjointement avec le député de <Rosemont...
M. Fontecilla :
…de
cette Assemblée pour présenter la motion suivante conjointement avec le député
de >Rosemont.
«Que l'Assemblée nationale dénonce les
hausses de loyer abusives imposées par des propriétaires à des fins de
spéculation;
«Qu'elle condamne les manœuvres d'éviction
déguisées, notamment l'usage abusif des reprises de logement, comme
l'illustrent des cas récemment médiatisés à Villeray et à Sherbrooke;
«Qu'elle reconnaisse que ces pratiques
contribuent directement à la crise du logement et minent la crédibilité du
cadre légal en vigueur;
«Qu'enfin elle demande au gouvernement de
renforcer les protections des locataires et de mettre fin à l'impunité des
spéculateurs immobiliers.» Merci, Madame.
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. Est-ce qu'il y a consentement pour débattre de
cette motion? Pas de consentement.
Maintenant, je suis prête à entendre un
membre du troisième groupe d'opposition. M. le député des Îles-de-la-Madeleine,
pour votre motion, s'il vous plaît.
Renforcer les mesures de prévention et
d'intervention auprès des jeunes afin de contrer le recrutement par les
organisations criminelles
M. Arseneau : Merci, Mme la
Présidente. Je sollicite le consentement des membres de cette Assemblée afin de
présenter, conjointement avec les députés de Westmount—Saint-Louis, Laurier-Dorion,
Chomedey, Rosemont et Rimouski, la motion suivante :
«Que l'Assemblée nationale exprime sa vive
inquiétude devant la
hausse spectaculaire de 149 % des crimes
violents sur la Côte-Nord au cours des cinq dernières années, une situation
exacerbée par les conflits liés au crime organisé et au trafic de stupéfiants;
«Qu'elle reconnaisse que la ville de Sept-Îles
affiche actuellement la
progression de la criminalité violente la plus
rapide au Québec, affectant gravement le sentiment de sécurité et la qualité de
vie des citoyens, incluant les communautés autochtones limitrophes de Uashat mak
Mani-utenam; «Qu'enfin, elle demande au gouvernement de renforcer les
mesures
de prévention et d'intervention auprès des jeunes
afin de contrer le recrutement par les organisations criminelles et d'accroître
le soutien aux services sociaux et aux organismes communautaires de la région
pour répondre aux enjeux de toxicomanie qui alimentent ce marché criminel.»
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : Merci, M. le député. Est-ce qu'il y a consentement pour
débattre de cette motion? Consentement, sans débat. M. le député.
M. Arseneau : Je demanderais
un vote électronique, s'il vous plaît, Mme la Présidente.
Mise aux voix
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : Un vote est demandé. Donc, la période du vote est ouverte.
La période du vote est maintenant
terminée. Mme la secrétaire générale pour les résultats, s'il vous plaît.
La
Secrétaire : Pour : 99
Contre : 0
Abstentions : 0
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : Cette motion est adoptée. M. le député des Îles-de-la-Madeleine.
• (11 h 10) •
M. Arseneau : Mme la
Présidente, nous demandons à ce que la motion ou copie de la motion soit
transmise au maire de la ville de Sept-Îles.
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : Ce sera fait, M. le député.
Maintenant, nous serions à la rubrique
Renseignements sur les travaux, et, pour ceux qui doivent quitter le salon
rouge, je vous demanderais de le faire en silence.
Avis touchant les travaux des commissions
Nous en sommes maintenant, pardon, à
l'avis touchant les travaux des commissions. M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Lévesque (Chapleau) : Oui.
Merci beaucoup, Mme la Présidente. Et donc j'avise cette Assemblée que la Commission
des institutions va poursuivre les consultations générales et les auditions
publiques sur le projet de loi n° 1, la Loi constitutionnelle de 2025 sur
le Québec, aujourd'hui, après les avis touchant les travaux des commissions
jusqu'à 12 h 45 et de 15 heures à 18 heures, à la salle
Louis-Joseph-Papineau;
La Commission des relations avec les
citoyens va poursuivre les consultations particulières et les auditions
publiques sur le projet de loi n° 12, la Loi instituant la prestation de
services de garde éducatifs à l'enfance par les personnes reconnues à titre de
responsables d'un service de garde éducatif en communauté, aujourd'hui, de
15 heures à 18 h 15, à la salle Louis-Hippolyte-La Fontaine;
La Commission de la santé et des services
sociaux va poursuivre les consultations particulières et les auditions
publiques sur le projet de loi n° 15, la Loi modifiant le Code des
professions et autres dispositions principalement afin d'alléger les processus
réglementaires du système professionnel et d'élargir certaines pratiques
professionnelles dans le domaine de la santé et des services sociaux, aujourd'hui,
après les avis touchant les travaux des commissions jusqu'à 12 h 50
et de 15 heures à 15 h 45, à la salle Marie-Claire-Kirkland;
La Commission de la santé et des services
sociaux va entreprendre les consultations <particulières...
M. Lévesque (Chapleau) :
...des
services sociaux va entreprendre les consultations >particulières et les
auditions publiques sur le projet de loi n° 19, la Loi
visant notamment l'amélioration de l'accès aux services médicaux, aujourd'hui
de 15 h 50 à 17 h 35, à la salle Marie-Claire-Kirkland;
La Commission des finances publiques va
poursuivre les consultations particulières et les auditions publiques sur le projet
de loi n° 5, la Loi visant à accélérer l'octroi des
autorisations requises pour la réalisation des projets prioritaires et
d'envergure nationale, aujourd'hui, après les avis touchant les travaux des
commissions jusqu'à 12 h 50 et de 15 heures à 18 h 15,
à la salle Pauline-Marois;
Et finalement la Commission de
l'aménagement du territoire va entreprendre l'étude détaillée du projet de loi n° 13, la Loi visant à favoriser la sécurité et le
sentiment de sécurité de la population et modifiant diverses dispositions,
aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à 13 heures, à la salle
Louis-Hippolyte-La Fontaine.
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. Donc, pour ma part, je vous avise que la Commission
de la culture et de l'éducation se réunira en séance de travail le
jeudi 12 février 2026, à la salle
Louis-Hippolyte-La Fontaine, de 8 heures à 8 h 30, afin de
statuer sur la possibilité que la commission se saisisse de la pétition portant
sur la restauration et la protection de la mission universitaire au Québec, et
de 8 h 30 à 9 heures, afin de statuer sur la possibilité que
le... la commission, pardon, se saisisse de la pétition portant sur la
suspension de l'obligation de porter l'uniforme scolaire pour les personnes
autistes si les options offertes ne sont pas adéquates.
Nous serions maintenant rendus à la
rubrique sur les renseignements des travaux de l'Assemblée.
Affaires du jour
La période des affaires courantes étant
terminée, nous allons maintenant passer aux affaires du jour. M. le leader
adjoint, s'il vous plaît.
M. Lévesque (Chapleau) : Oui,
merci, Mme la Présidente. Je vous demanderais de bien vouloir appeler
l'article 4 du feuilleton, s'il vous plaît.
Projet de loi n° 9
Adoption du principe
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : À l'article 4 du feuilleton, M. le ministre
responsable de la Laïcité propose l'adoption du principe du projet de loi n° 9,Loi sur le renforcement de la
laïcité du Québec.
Y a-t-il des interventions? M. le
ministre, la parole est à vous.
M. Jean-François Roberge
M. Roberge : Je dispose d'une
dizaine de minutes, Mme la Présidente?
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : Vous avez droit à 60 minutes, M. le ministre.
M. Roberge : C'est plus qu'il
n'en faut pour faire valoir les principes auxquels se rallie une grande
majorité de Québécois, c'est-à-dire le renforcement de la laïcité au Québec.
Je l'ai souvent rappelé, le projet de loi n° 9, le projet de loi qui vise à renforcer la laïcité au
Québec, s'inscrit dans la continuité de nos actions, mais surtout dans la
continuité du parcours historique québécois. Parce qu'il faut le rappeler, ça a
commencé à l'époque des Patriotes, en 1837-1838, mais, réellement, les gestes
transformateurs ont commencé dans les années 60, avec ce qu'on a appelé la
Révolution tranquille. Et il y a un moment charnière qu'on peut cibler, c'est le
fameux rapport Parent, paradoxalement rédigé par Mgr Parent, qui changeait
la donne. Il disait qu'il fallait déconfessionnaliser. C'est comme... c'est le
terme qu'on utilisait. Aujourd'hui, on parle de laïcité. À l'époque, on parlait
de déconfessionnalisation. Donc, le rapport Parent, dans les années 60,
disait qu'il fallait déconfessionnaliser tranquillement notre réseau scolaire.
Et c'est comme ça que l'État québécois a décidé de passer des collèges
classiques, gérés par des congrégations religieuses, à des polyvalentes, gérées
par l'État, où il pouvait y avoir des gens qui étaient des religieux, mais la
majorité était, bien sûr, des laïcs. Et on a avancé dans cette direction-là. À
la fin des années 90, il y a eu la réelle déconfessionnalisation du réseau
scolaire, parce qu'il faut se le dire, jusqu'en 1998 on avait des commissions
scolaires catholiques et protestantes. Nous avions, parmi les missions de
l'État, la transmission de la foi. Il y avait des cours de catéchèse, les gens
qui nous écoutent s'en souviennent. Et on a dit : Non, non, non, laïcisons
nos institutions, ayons plutôt des commissions scolaires, qui sont maintenant
des centres de services scolaires, francophones et anglophones.
Donc, ces premiers gestes qui ont été
posés vers la laïcité étaient des gestes où on diminuait l'empreinte religieuse
qui était présente dans nos institutions. Et les deux premières religions qui
ont été impactées par cette lente marche vers la laïcité, bien, c'est la
religion catholique et protestante. Je le rappelle parce qu'au moment où on
continue notre marche vers la laïcité, certaines personnes nous prêtent des
intentions comme quoi ce serait des gestes qui seraient posés contre une autre
religion, mais je ne la nommerai pas, pour ne pas alimenter ce type de débat.
Depuis que nous sommes au gouvernement, en
2018, il y a eu la loi n° 21, la Loi sur la laïcité
de l'État, qui s'inscrit dans ce parcours-là. Il y a eu la loi n° 96,
qui n'est pas allée sur la laïcité, mais qui est allée sur la langue française,
qui est un pilier de notre <identité...
M. Roberge : ...n'est pas
allé sur la laïcité, mais qui est allé sur la langue française, qui est un
pilier de notre >identité, et je pense qu'il faut écrire... inscrire
tout ça, je vous dirais, dans des gestes d'affirmation nationale.
Il y a eu la loi n° 84,
une loi fondamentale, une loi qui ne venait pas transformer ou amender une
autre loi, une loi qui créait du droit nouveau, c'est la loi sur le modèle
québécois d'intégration à la nation, qui est venue définir notre modèle à nous,
et il y a en ce moment le projet de loi en cours, le projet de loi n° 1, qui vise à doter le Québec d'une constitution, avec
des éléments fondamentaux qui réfèrent, d'ailleurs, à la laïcité de l'État.
Donc, on se doit, avec le projet de loi n° 9 actuellement sur la table, de continuer
à bâtir un Québec qui est moderne autour d'une culture et de valeurs communes
qui permettent à tous de se rassembler. On ne se gêne pas pour le dire, Mme la
Présidente, nous sommes opposés au modèle multiculturaliste canadien qui sépare
les gens, qui amène une ghettoïsation et un communautarisme, un repli sur soi
de chaque personne dans sa communauté, plutôt qu'un vivre-ensemble et la
création d'une nation qui est forte de ses différences, mais qui vit ensemble.
Nous disons aussi non à l'assimilation.
Évidemment, je veux le dire et le répéter, aucune des politiques du
gouvernement n'est une politique assimilationniste. D'ailleurs, notre loi n° 84, maintenant, sur notre modèle d'intégration
nationale, se base sur l'interculturalisme comme moteur pour arriver à notre
modèle d'intégration à la nation québécoise avec des valeurs communes, et on
demande aux gens qui sont des nouveaux arrivants ou qui s'identifient à des
communautés culturelles de venir contribuer à l'édification de cette culture
commune. Évidemment, c'est très important.
Donc, on arrive avec un projet de loi n° 9 qui est dans l'air du temps, qui
est dans un parcours historique, et, lorsqu'on prend un peu de recul, ça
devient évident, ça devient évident, ça s'inscrit dans cette lente marche vers
une plus grande cohésion sociale, mais aussi une fierté nationale, parce que le
Québec, fier de ses racines, demeure ouvert sur le monde à travers ce projet de
loi.
On vient de terminer les consultations,
les études des groupes. Je veux remercier tous les groupes, les experts qui ont
été entendus en commission parlementaire. Il y a des gens aussi qu'on n'a pas
pu entendre lors de la commission, mais qui ont envoyé des mémoires. Sachez que
tout ce que vous avez écrit a été lu et est considéré avec beaucoup d'attention
par le gouvernement, par notre équipe, mais aussi par les oppositions, qui ont
accès à toutes ces informations-là.
J'invite les oppositions, au moment où on
va travailler le projet de loi en article par article, comme... comme on le dit,
à conserver cette attitude, cette collégialité qui a fonctionné tout le long
des auditions. Je n'ai pas senti d'attaque partisane ou de mesquinerie d'aucune
sorte. Il n'y en a pas eu du côté gouvernemental, il n'y en a pas eu du côté
des oppositions, et je veux saluer cette hauteur que nous avons tous eue en
commission et que nous allons conserver tout au long des travaux. Le
gouvernement va continuer de témoigner évidemment du respect et, je vous
dirais, de la considération pour les idées qui seront amenées.
• (11 h 20) •
Je veux remercier, évidemment, jusqu'à
présent, pour le travail fait, mais ce qui s'en vient aussi, le cabinet,
l'équipe ministérielle, le député de Chauveau aussi, qui est mon adjoint
parlementaire, qui a travaillé vraiment fort, qui a écouté beaucoup de groupes,
évidemment, en commission, mais en amont du projet de loi aussi. Et on a eu
plusieurs, plusieurs rencontres à laquelle j'ai assisté, mais d'autres
rencontres aussi à laquelle il a assisté. Il a ramené, je vous dirais, les préoccupations
des gens pour nourrir ce projet de loi là avant même qu'on ne le dépose. Donc,
merci au député de Chauveau.
Évidemment, ce projet de loi là, comme les
autres, est perfectible. C'est pour ça que je vais vous dire tout de suite que
nous sommes déjà au travail pour rédiger nous-mêmes certains amendements suite
aux propositions qu'on a entendues lors des auditions. J'espère que les
oppositions feront de même, et peut-être même que, parfois, on verra qu'on a
travaillé en parallèle sur des amendements qui sont semblables.
Je précise que le projet de loi va
protéger le patrimoine historique de la nation québécoise. D'aucune manière, le
renforcement de la laïcité ne vise à effacer la religion, ne vise à déboulonner
des statues, à déconstruire nos bâtiments ou à renommer... débaptiser, dis-je
bien, en faisant une référence à une expression <québécoise...
M. Roberge : ...à renommer,
débaptiser, dis-je bien, en faisant une référence à une expression >québécoise
qui nous vient de notre patrimoine religieux, aucunement on ne vise à
débaptiser des noms de lieux non plus. On est capables de faire évoluer notre
modèle sans renier notre passé. C'est important de le dire.
Le projet de loi n'est quand même pas un
projet de loi du statu quo. Il est fort, il est large, il est équilibré, mais
il est quand même audacieux. Il vise, évidemment, à contrer des influences
religieuses qui s'immiscent au sein de nos institutions.
Le projet de loi permettra de renforcer la
protection des croyants, de protéger l'exercice du culte, parce qu'il y a des
dispositions dans la loi qui visent à contrer toute personne qui voudrait
entraver le libre accès ou empêcher les gens de vivre leur foi dans les lieux
de culte.
Le projet de loi s'assure que, dans nos
institutions québécoises, on ne pourra plus imposer un menu religieux à tous.
Ça peut sembler une évidence, mais il y a en ce moment, avant la sanction du
projet de loi, des institutions où des Québécois se voient forcés de commander,
de se nourrir de menus issus de traditions religieuses, sans même qu'on leur
offre le choix. C'est quelque chose, évidemment, que le projet de loi réglera.
Le projet de loi précise que, dans le
parcours éducatif, bien, on doit voir le visage des personnes. Ça peut sembler
évident, mais ce n'est pas le cas en ce moment. Dans plusieurs de nos
institutions, de nos cégeps, de nos universités, il y a des personnes qui ne
portent pas un symbole religieux en particulier, mais qui se voilent
complètement, tout le corps, y compris le visage, au point où c'est très
difficile d'assurer la sécurité et même l'identification des personnes. Il y a
des personnes qui refusent même de soulever ce couvre-visage parce que c'est un
homme qui leur demande de soulever ça, et ça pose des enjeux, évidemment,
d'égalité hommes-femmes. Donc, une des mesures du projet de loi, c'est de
s'assurer que, tout le long du parcours éducatif québécois, les gens ont le
visage découvert, pour des questions de sécurité, pour des identifications,
pour des questions de relations interpersonnelles, évidemment. On a vu les
ravages, pendant la pandémie, ça a été documenté scientifiquement par les
sciences de l'éducation que de ne pas voir le visage de la personne avec qui on
interagit, ça nuit aux apprentissages. Donc, on va aller dans cette direction-là.
On pense aux travaux d'équipe, à la bonne communication, on doit pouvoir
communiquer correctement dans le réseau éducatif, c'est une évidence.
Le projet de loi viendra baliser de
manière importante les manifestations religieuses dans l'espace public, que ce
soient les rues, les parcs, ce qui est communément appelé, dans l'espace
public, les prières de rue, pour contrer les dérives, pour empêcher le désordre
public ou les gestes de provocation qui nuisent à notre vivre-ensemble. J'ai
dit «baliser», «encadrer», je n'ai pas dit «interdire en toute
circonstance», parce que notre projet de loi fait preuve de nuance.
Le projet de loi travaillera à garantir
des services laïcs dans nos institutions, mais particulièrement aussi à nos
enfants, évidemment, ceux à qui on veut transmettre une ouverture d'esprit, un
vivre-ensemble. On veut éviter la ségrégation, la séparation des personnes en
fonction de leur appartenance religieuse. Et c'est cohérent, parfaitement
cohérent avec notre loi sur l'intégration nationale qui vive... oui, qui vise à
avoir, oui, bien sûr, de la diversité sur le territoire québécois, mais surtout
de la mixité. Parce qu'on ne peut avoir de préjugé envers une personne que
lorsqu'on ne la connaît pas. Lorsqu'on va vers l'autre, on le connaît, on le
comprend, on brise les stéréotypes, on brise les préjugés et on arrive à voir
ce qui nous ressemble chez l'autre. Il est donc évident que l'argent de l'État
ne peut pas servir à financer des institutions qui visent à séparer les gens en
fonction de leur religion.
Je suis donc persuadé que nous sommes dans
la continuité d'un parcours historique, que nous sommes sur la bonne voie, que
nous arrivons avec un projet de loi qui est équilibré, un projet de loi que
nous allons améliorer, dans le cadre des travaux, avec le concours de tous les
députés, peu importe leur formation politique. Et c'est pour l'ensemble de ces
raisons, parce qu'on doit continuer de faire évoluer notre modèle de
vivre-ensemble, que j'invite l'ensemble des députés de l'Assemblée nationale à
adopter le principe du projet de loi n° 9, Loi sur le
renforcement de la laïcité au Québec. Merci.
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : Merci, M. le ministre. Mme la députée de Bourassa-Sauvé,
la <parole...
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) :
...Merci, M. le ministre. Mme la députée de
Bourassa-Sauvé,
la >parole est à vous.
Mme Madwa-Nika Cadet
Mme Cadet : Merci, Mme la
Présidente. Donc, à mon tour de prendre la parole, alors que nous en sommes à
l'adoption du principe du projet de loi n° 9 appelé Loi sur le renforcement de la laïcité au Québec.
D'emblée, avant de me plonger dans la
substance du projet de loi, Mme la Présidente, j'aimerais donc nous
ramener, hein, à ce qui interpelle les Québécois, hein? D'entrée de jeu, alors
que nous en étions, donc, aux remarques préliminaires lors du début des
consultations du projet de loi n° 9, j'ai émis, donc,
certaines réserves quant à... quant à l'échéance, donc, qui a été choisie par
le gouvernement pour déposer cet énième, donc, projet de loi, donc, renforçant
la laïcité au Québec, alors que, comme bien des groupes l'ont mentionné, il
s'agit donc d'un débat qui normalement, donc, devait être clos il y a quelques
projets de loi.
Et donc nous en sommes encore, donc,
aujourd'hui, ici, donc, à ressasser, donc, certaines, disons, donc... les... ce
que le gouvernement, donc, choisit d'avoir comme priorités, alors qu'on le sait
bien, donc, Mme la Présidente, les Québécois, et c'est l'objet, donc, des
différentes périodes de questions que nous avons aujourd'hui et que nous avons
donc en cette enceinte, Mme la Présidente, nous disent : Bien voilà, donc
nos priorités, donc, sont le coût de la vie, nos priorités sont la santé, sont
l'éducation.
J'aimerais que le gouvernement, donc, se
sente aussi pressé de pouvoir déposer des projets de loi, de pouvoir émettre
des réformes dans ce qui préoccupe réellement les Québécois, que l'on puisse,
donc, regarder, donc, l'état de nos infrastructures et se démener pour résoudre
ces problématiques avec le même empressement et la même vigilance, la même
célérité que le gouvernement emploie pour traiter des dossiers de laïcité, mais
bon.
Donc, je pense qu'il était pertinent pour
moi, donc, de commencer, donc, cette... d'avoir, donc, cette entrée en matière
en début d'allocution pour parler, donc, du projet de loi n° 9.
Mais, puisque le ministre, donc, nous invite à ce débat, alors, donc, nous
faisons nos devoirs, Mme la Présidente, comme opposition officielle, et
faisons... faisons-le sérieusement, faisons-le sérieusement, et donc mettons la
table, donc, sur la nature du débat.
Donc, Mme la Présidente, je vous cite,
pour commencer, comme je l'ai fait à quelques reprises lors des consultations,
donc le ministre ne sera pas surpris... je vous cite d'abord, donc, une partie
du mémoire du Conseil national des musulmans canadiens. Donc, j'irai en deux
étapes. Et l'avant-propos de ce mémoire, donc, nous indique ceci :
«Les mesures — donc ces mesures,
donc, les mesures de laïcité — poursuivent un objectif
légitime : protéger la neutralité des institutions, garantir la sécurité,
l'identification et la communication dans l'accès aux services et préserver un
espace public commun perçu comme indispensable à la cohésion sociale québécoise.
Dans une société francophone minoritaire, quoique distincte au sein du Canada,
marquée par l'expérience de la domination cléricale, par l'émancipation de la Révolution
tranquille et par une conscience persistante de vulnérabilité culturelle, ces
préoccupations ne relèvent ni du simple préjugé ni d'une peur irrationnelle.
Elles traduisent une volonté de continuité, d'autorité collective et de
maîtrise du cadre commun.»
• (11 h 30) •
Donc, je m'arrête ici, Mme la Présidente.
Donc, vous avez entendu mon préambule, en vous disant, un peu comme notre futur
chef, donc, l'indique souvent : Au Québec, il y a certains dossiers qui
sont prioritaires et d'autres dossiers, disons, qui sont populaires, à notre
sens, Mme la Présidente. Donc, j'ai mis la table en vous disant : Pour
nous, là, manifestement, donc, considérant, donc, les problématiques que nous
vivons au Québec, il ne s'agit pas ici d'un dossier qui est considéré
prioritaire ni par nous mais ni par l'ensemble de la société québécoise. Donc,
on le dit, donc, c'est ce que nos commettants, donc, nous font valoir, et c'est
ce que nous voyons également à travers les sondages. Manifestement, donc, pour
les Québécois, il ne s'agit pas d'un dossier qui est prioritaire.
Ceci dit, lorsqu'on se pose des questions
et qu'on se plonge dans le dossier, c'est important pour moi de mettre la table
sur le fait que nos assises sont les mêmes. Mme la Présidente, donc, nous avons
tous une conception partagée de ce que... de l'importance que revêt le concept
de laïcité pour tous les Québécois et de ce que ça signifie pour que le Québec
puisse continuer, donc, de se transmettre lui-même, donc que l'on puisse
continuer, donc, comme État, comme État francophone minoritaire, de faire
valoir qui nous sommes à travers, donc, l'océan nord-américain et de le faire,
donc, de manière distincte.
Et j'ai souvent posé cette question-là en
commission parlementaire. Le ministre, dans sa grande générosité, donc, vient
de le mentionner, nous avons tenu des consultations qui, à mon sens également, donc,
étaient de <nature...
>
11 h 30 (version révisée)
Mme Cadet : ...à mon sens
également, donc, était de nature respectueuse. Et, en ce sens, je remercie l'ensemble
des groupes avec lesquels nous étions parfois d'accord et parfois en désaccord,
qui ont toujours, donc, également de leur côté, été excessivement, donc,
respectueux et qui m'ont confirmé, quand je leur posais, donc, ces questions,
alors qu'ils émettaient certaines réserves sur le contenu du projet de loi, qui
m'ont également confirmé qu'ils partageaient, hein, cette conception de l'importance,
donc, de la laïcité, qui nous disaient : Bien, voilà, bien évidemment,
comme tous les Québécois, donc, nous avons, donc, cette compréhension mutuelle
de l'importance que revêt ce concept, mais également que nous souhaitons une
séparation de la religion et de l'État. L'ensemble des Québécois souhaitent l'absence
de prosélytisme dans nos institutions publiques. Évidemment, donc, tout le
monde se dit que ce... le fait de mettre le curseur à la bonne place, donc, de...
de regarder, donc, quel écosystème, quel projet de société, donc, comment,
donc, nous pouvons créer, donc, un projet qui suscite de la cohésion sociale
nous permettra véritablement de réaliser le vivre-ensemble et surtout de
protéger la liberté de conscience.
Donc, l'ensemble des groupes à qui j'ai
posé cette question, qui sont venus en commission parlementaire, m'ont dit oui.
En fait, l'objectif, en tant que tel, quoique non prioritaire, l'objectif, ici,
est légitime. Nous comprenons donc cette... cette trame narrative, cette trame
historique que le ministre lui-même, donc, vient, donc, de... d'exposer et nous
la partageons.
Je vous ajouterais, donc, Mme la
Présidente, je suis aussi porte-parole en matière d'éducation, donc,
particulièrement, donc, dans ce secteur-là, non seulement je le saisis, mais l'ensemble
des groupes également, donc, qui sont venus nous disent : Oui,
certainement, donc, il faut... qu'il faut cette distinction-là. Et d'ailleurs,
donc, dans le projet n° 94, donc, nous avons donc le
loisir, donc, dans le réseau scolaire public, d'avoir, donc, ces débats-là.
Évidemment, certaines dispositions dans le projet de loi n° 94,
donc, et j'aurais le... je pourrai, donc, m'étendre là-dessus dans les
prochaines minutes, suscitaient, donc, un certain inconfort. Donc, nous avions donc
des profonds désaccords sur l'opérationnalisation, donc, des différentes
mesures qui étaient proposées dans ce projet de loi là. Encore une fois, donc, le
principe de base, il est... il est partagé.
Je vous partage aussi, Mme la Présidente...
Dans ce sens, moi, j'aime souvent, donc, regarder, donc, des vidéos d'archives.
Je trouve que ça permet d'outiller le travail que nous faisons ici comme
parlementaires. Et je me souviens d'avoir déjà regardé une vidéo de parents
dans les années 70, donc, qui étaient excessivement courageux et précurseurs,
et qui disaient : Mais voyons donc! Donc, on comprend bien, donc, l'opprobre
que pourrait subir notre enfant, donc, en le mettant... en disant : Mais
voilà, donc, on donne l'opportunité d'avoir des classes de morale, et les
autres, donc, ont accès, donc, aux classes de catéchèse, donc, qui étaient la
norme. Donc, de sortir son enfant, donc, dans une autre classe, souvent, donc,
on nous le présente comme un choix, mais manifestement, donc, il ne s'agissait
pas, donc, d'un véritable choix. Donc, on comprend que ces discussions-là,
donc, qui ont été difficiles, bien, comme société, on a eu la maturité de les
mener à travers les différentes décennies. Et par exemple, donc, dans le
secteur de l'éducation, bien, ça a mené à la déconfessionnalisation de nos
commissions scolaires, comme le ministre, donc, vient de le dire, en 1998, un
processus qui était nécessaire, une prise de conscience qui a... qui a amené,
donc, tout naturellement, donc, à cet aboutissement-là il y a maintenant près
de 30 ans.
Donc, vous comprenez, encore une fois, Mme
la Présidente, qu'ici cette trame historique et narrative de ce que la
religion, donc, a pesé, de comment est-ce que c'est... la religion, donc,
catholique en particulier, donc, a suscité, donc, une certaine forme, donc, de
débat, donc, à travers nos institutions. Puis, comme Québécois, bien, on a été
assez courageux pour pouvoir les mener étape après étape, après étape, puis je
pense que nous sommes fiers de ce que nous avons construit au fil des
décennies.
Je vous ajoute, encore une fois, ici, pour
encore mettre la table, Mme la Présidente, une autre anecdote de... du fait que,
par exemple, moi, j'ai beaucoup de parents qui sont aux États-Unis, et donc,
comme élus, donc, maintenant, donc, on s'intéresse aux autres législatures. Parfois,
donc, on va aller visiter, on regarde un peu, donc, comment, donc, des systèmes
dans d'autres juridictions fonctionnent. Et moi, j'ai été estomaquée, il y a
quelques mois à peine, donc, de constater que, sur les pages des élus, donc les
pages biographiques des élus, comme vous et moi, Mme la Présidente, en plus de
nommer, bon, les diplômes, les différentes réalisations, que la confession des
élus était également inscrite sur les pages officielles des différentes... des sites
Web officiels des différentes législatures. Donc, je regardais celle de la Virginie,
par exemple, et, pour moi, c'est inconcevable. Donc, on comprend bien qu'ici, donc,
on...
Par exemple, aux États-Unis, ici, on n'a
pas cette nécessaire, donc, séparation, donc, de l'État et de la religion,
juste avec l'exemple que je vous nomme. Donc, ça... Comprenez bien qu'ici,
donc, au niveau des assises, l'ensemble de l'Assemblée nationale partage le
constat, donc, qu'il faut toujours...
Mme Cadet : ...bien qu'ici,
donc, au niveau des assises, l'ensemble de l'Assemblée nationale partage le
constat, donc, qu'il faut toujours demeurer vigilants, qu'une société doit
toujours continuer de débattre, et que ces principes-là nous sont chers.
Bien, maintenant, Mme la Présidente, je
vais poursuivre avec... dans... en considérant cette perspective avec la suite
de ce que le mémoire que je vous ai cité tantôt nous indique. Donc, je
poursuis. Donc, on peut lire : «La question stratégique soulevée par le
projet de loi n° 9 n'est donc pas de savoir si ses
objectifs sont légitimes, mais si les instruments choisis permettent réellement
de les atteindre tout en évitant de faire de l'effacement des individus le
principal instrument de protection de l'espace commun. Or, la conception et
l'étendue actuelle de la loi risquent, dans leurs effets concrets, de
fragiliser la cohésion sociale, la dignité collective et la confiance envers
les institutions publiques, en particulier dans les secteurs où se joue la
transmission même du Québec.»
Je trouve ces phrases excessivement
fortes, Mme la Présidente, parce qu'ici, quand je vous dis... donc, l'ensemble
des groupes... des groupes qui sont venus nous dire : Retirez le projet de
loi, nous sommes en désaccord avec le projet de loi, ne sont pas venus nous
dire : Nous, on est en désaccord avec la laïcité, Mme la Présidente. Ils
sont venus nous dire : Les instruments qui sont choisis dans le cadre du
projet de loi n° 9 ne vont pas nous permettre, comme
société, d'atteindre des objectifs qui sont partagés. Et ça, Mme la Présidente,
je pense que c'est l'essence même de notre travail de législateurs, de nous
assurer que les propositions que nous mettons de l'avant, que les projets loi
que nous déposons réalisent pleinement leurs effets. Nous souhaitons que ces
projets de loi soient productifs et non contre-productifs.
Et plusieurs groupes... En fait, la vaste
majorité des groupes qui sont venus en commission parlementaire sont venus
respectueusement nous dire : Selon nous, plusieurs, donc, des aspects du
projet de loi sont contre-productifs, donc, réalisent, donc, des effets qui
vont fragiliser, donc, cette cohésion sociale, qui vont causer, donc, un
effritement de notre... de la confiance envers les institutions, un concept qui
m'est cher, Mme la Présidente, parce que moi, je pense que l'ensemble des
Québécois, donc, devrait adhérer à... non pas à chacun des projets de loi qui
est présenté, bien évidemment, nous vivons en démocratie, mais adhérer, donc, à
un modèle, surtout lorsqu'on présente des projets de loi qui, quoique non
prioritaires, ont quand même, donc, une certaine assise dans le rôle même que
l'État québécois doit jouer dans son propre devoir de transmission. Donc, je
vous explique pourquoi... à mon sens, pourquoi j'adhère, donc, à certaines des
revendications et à certaines, donc, des précautions, donc, qui ont été amenées
par plusieurs des groupes qui sont venus en commission parlementaire.
D'abord, Mme la Présidente, le projet de
loi, précisément, donc, introduit le concept de neutralité religieuse de
l'espace public. Mme la Présidente, j'ai été, à certains égards, surprise de
voir des groupes très favorables, hein, donc, souvent, donc, au gouvernement,
donc, très favorables à la conception et aux instruments choisis généralement
par la CAQ pour, donc, moderniser ou actualiser le concept de laïcité. Ils sont
venus nous dire : Écoutez, madame... écoutez, M. le ministre — c'est
ce qu'ils sont venus dire en commission parlementaire — selon nous,
ici, il y a un risque de glissement, il y a un risque, donc, de dérive
importante lorsqu'on parle de neutralité religieuse de l'espace public. En
fait, le concept même de l'introduction, donc, d'une loi, donc, sur la
neutralité religieuse de l'espace public contreviendrait même à la loi n° 21. Alors que cette loi, donc, indique, donc, quels sont
les jalons de la neutralité religieuse de l'État, ici, l'espace public, donc,
n'est pas l'État.
Donc, des groupes comme Droits collectifs
Québec, Rassemblement pour la laïcité, même le Mouvement laïque québécois,
donc, par la suite, même si ce n'était pas dans leur mémoire, donc, dans leur
présentation en commission, ils sont venus confirmer, donc, qu'ils étaient en
accord avec leurs collègues qui nous ont dit : Écoutez, M. le ministre,
n'allez pas là, ne créez pas, donc, le concept, en droit québécois, de
neutralité religieuse de l'espace public parce que l'espace appartient à tout
le monde, appartient à l'ensemble de la population, et l'objectif de la laïcité
de l'État n'est pas l'effacement de différents, donc, concitoyens, donc, dans
l'espace public, et il ne faudrait pas donner cette impression-là ou même
prêter flanc, donc, à certains adversaires.
Je donne... Je mets entre guillemets,
donc, ces termes-là parce que ce sont leurs propos. C'est ce qu'ils nous ont
cité dans... En toute confiance, ils ont dit : S'il vous plaît, M. le
ministre, donc, n'allez pas là. Vous comprendrez... Et c'est ce que je disais,
donc, à Droits collectifs Québec lors de leur présentation : Bien, je suis
assez... je suis assez d'accord avec vous. Ici, j'ai également eu un certain
malaise, Mme la Présidente, donc, quand j'ai vu, donc, ces dispositions, donc,
dans le projet de loi...
Mme
Cadet : ...avec vous. Ici, j'ai également eu un certain malaise, Mme
la Présidente, donc, quand j'ai lu, donc, ces dispositions, donc, dans le
projet de loi, et il semble qu'ici, donc, il y ait un consensus. J'ai entendu
M. le ministre nous dire, donc, déjà qu'il était à l'œuvre pour rédiger
certains amendements au projet de loi. J'espère qu'ici… que son équipe est déjà
en train d'effacer, donc, ce... ce nouveau concept là qui serait introduit par
le projet de loi n° 9, parce que, manifestement, tout le monde est venu
nous dire : On est en train de mettre le curseur beaucoup trop loin, et il
ne faut absolument pas aller là, parce qu'à ce moment-ci, donc, certainement
qu'on aurait, donc, des grands enjeux de fragilisation, donc, de la cohésion
sociale. Et parce qu'encore une fois, donc, la... le concept de laïcité qui…
qui fait consensus, mais c'est celui de la séparation de l'État, des
institutions étatiques, des bâtiments étatiques plutôt que celui de l'espace
public, où ici on comprend, avec des définitions qui ne sont pas tout à fait
aussi ficelées, là, ce commentaire a aussi été fait, bien, de... des parcs, de
la rue donc qui eux, donc, ne sont certainement pas, donc, la... la propriété à
proprement parler, donc, de l'État.
En ce sens,
cette loi-là est introduite à quelles fins, Mme la Présidente? Donc, d'abord,
en premier lieu, donc, pour encadrer ce qui est communément appelé, donc, les
prières de rue. J'utilise ce vocable-là, mais, même lors des consultations,
souvent, donc, j'ai questionné, donc, certains groupes peut-être un peu plus
familiers avec les phénomènes qu'on a vus et qui certainement donc suscitent
un... un malaise, et je... je le précise ici, Mme la Présidente, parce que je
pense que certaines situations peut-être de, bon, de provocation ou certaines
situations qui troublaient l'ordre public, bien, je pense que bien des... des
Québécois, donc, ont regardé, donc, ces images-là, et se sont dit : Il y a
peut-être quelque chose qui ne fonctionne pas ici. Mais d'une part, bien, les
gens sont venus nous dire : Bien, ici, on ne parlait pas nécessairement,
donc, de prières. Donc, déjà là, tenter, donc, d'encadrer ce type de situation
là au nom de la laïcité, ça, ça ne fonctionne pas.
Ensuite, les
municipalités elles-mêmes sont venues en… sont venues en consultation, Mme la
Présidente. La Fédération québécoise des municipalités, l'Union des
municipalités du Québec, donc toutes les deux sont venues d'abord nous dire
qu'ils n'ont pas été consultés... qu'elles n'ont pas été consultées, d'abord et
avant tout, qu'ensuite qui se demandaient : Bien, pourquoi le gouvernement
décidait de leur... de pelleter un petit peu cet enjeu-là dans... dans leur
cour alors qu'ils ne l'ont pas demandé. Ils nous ont dit : Bien, d'abord,
nous, on a tous les outils pour pouvoir agir, c'est notre responsabilité
d'agir. À ce qu'on sache, donc, les municipalités sont des partenaires, hein,
de l'État québécois, ne sont pas ce qu'on a… ce qu'on appelle, sur le plan
constitutionnel, des créatures des provinces. C'est notre gouvernement, à
l'époque, monsieur... Mme la Présidente, qui déjà, donc, avait tenté, donc,
de... d'établir, donc, cette relation de partenaires d'égal à égal, pour
dire : Bien, voilà, donc, les municipalités, vous êtes des gouvernements
de proximité, donc, nous, on n'a pas à faire preuve, donc, d'intrusion, donc,
dans vos différents pouvoirs et compétences. Et ici, les municipalités, déjà,
sont venues dire : Regardez, si nous, on se disait «on n'a pas les
leviers», s'il vous plaît, État québécois, donc, aidez-nous comme partenaire
parce que vous êtes le législateur, on a besoin d'un... d'un cadre général.
Bien, à ce moment-ci, je pense que la conversation aurait été différente, Mme
la Présidente. Mais elles-mêmes, donc, les... les grandes villes, comme les
villes… les municipalités de plus petite taille sont venues nous dire :
Bien, voilà, bien, d'abord, ce serait un fardeau supplémentaire, parce que, là,
on amène ça, donc, en résolution, donc, du conseil municipal, mais, en plus de
ça, donc, dans nos plus petites municipalités, mais ce n'est pas quelque chose
qu'on a constaté, il n'y en a pas de problème.
Et le libellé,
encore une fois, donc pas juste, donc, le titre de... de la loi ici, mais le
libellé, donc, entourant l'encadrement, donc, desdites prières de rue, bien, de
la manière dont... dont c'est écrit en ce moment, bien, ça nous forcerait donc
à peut-être donc ne pas pouvoir… ou, disons, donc, encadrer donc les
guignolées. On nous a parlé, donc, des cortèges funèbres. Le ministre est venu
préciser, en commission parlementaire, que ces cas-là étaient exclus. Le
problème, et on le sait, donc, c'est notre rôle de législateur, c'est qu'on ne
peut pas tout simplement y aller donc d'exceptions qui pourraient être
transcrites au Journal des débats pour mieux interpréter cette
disposition-là. Il nous faut donc une disposition qui soit claire, qui ne
demande pas, donc, autant d'ambiguïté de la part, donc, de ceux qui auraient
donc à interpréter comme telle ou telle situation qui n'a pas été nommée dans
le cadre des consultations, qui n'est peut-être pas anticipée, mais qui
pourrait éventuellement, donc, se retrouver dans le cadre de… sous la… qui
serait assujettie, disons, donc, à... au libellé, donc, du projet de loi
actuellement. Donc, vous comprenez à quel point, pour bien de ces gouvernements
de proximité, bien, c'est un problème, Mme la Présidente. Ils nous
disent : Non seulement on n'a pas besoin de cette disposition-là, ce n'est
pas juste que le… ces dispositions-là, donc, du projet de loi n° 9 sont
inutiles, c'est... Oui, d'une part, ce qu'elles nous ont communiqué, mais elles
nous disent : Bien, en plus de ça, c'est un problème, donc ça nous
alourdit la tâche à une époque où, de façon parallèle, le gouvernement
introduit des projets de loi répétitifs sur l'allègement réglementaire...
Mme Cadet : ...ces dispositions-là,
donc, du projet de loi n° 9 sont inutiles. C'est, oui, d'une part, ce
qu'elles nous ont communiqué, mais elles nous disent : Bien, en plus de
ça, c'est un problème. Donc, ça nous alourdit la tâche à une époque où, de
façon parallèle, le gouvernement introduit des projets de loi répétitifs sur
l'allègement réglementaire. Mais là on est en train d'alourdir notre tâche, de
complexifier notre rôle comme gouvernement de proximité. Et, bon, ça pourrait
donc créer, donc, certaines situations plutôt difficiles à gérer, alors
qu'encore une fois... tous les pouvoirs et tous les leviers.
Donc, en ce sens, ici, j'ai de très, très
grandes réserves quant aux dispositions encadrant les prières de rue, pas parce
que des situations qui troublent l'ordre public ne m'interpellent pas, Mme la
Présidente. Je pense que, comme tout le monde et comme l'ensemble des
Québécois, on regarde certaines situations qui, en ce moment, donc, sont
marginales, mais on se dit : OK, comme législateurs, peut-être que oui,
donc, on a ce rôle-là à jouer. Mais, lorsque de telles situations surviennent,
bien, si les villes ont tous les leviers, pourquoi est-ce que le législateur,
donc, devrait donc en rajouter une couche? On le sait, le législateur ne parle
jamais pour ne rien dire.
Et on comprend bien qu'au-delà du fait
d'envoyer un message qui, peut-être dans son rôle de tuteur, là... c'est ce
qu'un des groupes est venu nous dire, là, la loi, donc, parfois, donc, elle est
tutrice, l'État joue un peu ce rôle-là, pourrait donc à la fois causer des
défis d'interprétation, des gens qui se diraient : Bien, par précaution,
allons-y, donc de différents refus. Et là vous voyez, donc, tout le casse-tête,
là, qui nous a été énoncé par les municipalités quant à ces dispositions du
projet de loi.
Donc, vous comprenez que je souscris à
l'argumentaire qui nous a été présenté en commission parlementaire, ici, et que
je poursuivrai, lors de l'étude détaillée, mes revendications en ce sens afin
de nous assurer que notre cadre n'alourdisse pas indûment le travail de nos
confrères qui sont élus sur la scène municipale.
Ensuite, Mme la Présidente, toujours,
donc, dans ce projet de loi ci, donc, dans la loi, donc, sur, bon, la
neutralité religieuse de l'espace public, donc, dans un autre chapitre, cette
loi-là, donc, aurait, donc, aussi pour objectif, donc, d'encadrer les
différentes demandes d'accommodement. On nous indique que pour des
accommodements, donc, pour motifs religieux, le gouvernement, donc, souhaite
modifier la norme de contrainte qui doit passer, donc, du... la norme de
contrainte excessive à la norme de contrainte plus que minimale. Ici, ça peut
sembler, donc, très théorique ici, Mme la Présidente, mais je pense aussi que
comme gardiens de l'État de droit, Mme la Présidente, c'est aussi notre rôle de
gratter, donc, ces questions-là, qui sont parfois peut-être plutôt théoriques,
mais qui peuvent avoir des effets réels et concrets non seulement sur des
individus, mais aussi à travers toute notre infrastructure, à travers tout
notre cadre normatif.
Je vous explique ici, Mme la Présidente.
Donc, ici, on dit : Bien, voilà, donc lorsqu'il y a des... des demandes
d'accommodement pour motif religieux, à ce moment-ci, donc si la contrainte qui
serait, donc, imposée, donc, par la demande, donc, qui est, donc, plus que
minimale, qu'à ce stade-ci, donc, l'agent, donc, de l'État pourrait refuser
cette demande. Jusqu'ici, ça semble quand même aller de soi, on s'entend.
On a vu, donc, des exemples qui nous
semblent inacceptables, là, qui nous ont été nommés, de situations où, bon, à
ce moment-là, on parlait, donc, de la SAAQ, donc... bon, bien... bon, en
théorie, pourrait... accueillir, donc, des demandes, donc, d'accommodement d'un
homme qui ne voudrait pas, donc, se faire servir par une femme pour des motifs
religieux. On a adopté une motion ici, à l'Assemblée nationale, la semaine
dernière, Mme la Présidente, donc vous comprenez qu'ici c'est excessivement
choquant. Tout le monde se dit : Mon Dieu! Que ça n'a pas d'allure.
Ce que je constate d'une part, c'est que,
bon, le gouvernement, donc, pourrait tout à fait tout simplement adopter une
directive. C'est ce que des groupes sont venus nous dire en commission
parlementaire. Donc, notre cadre normatif actuel nous permet déjà d'empêcher ce
type de situation là par le biais d'une directive. On le sait, le député de Lévis,
alors ministre de l'Éducation, donc, l'avait fait pour les salles de prière,
donc, dans le réseau de l'éducation, proposition que nous avions accueillie à
ce moment-là parce que nous trouvions évidemment que c'était normal, donc,
comme interdiction. Et donc le gouvernement, donc l'État, donc, a tout le
loisir, à travers, donc, son mandat exécutif, de pouvoir, donc, déployer, donc,
une telle directive. Donc, déjà, à la base, donc, c'est un... c'est
certainement un réel problème, et il y a une solution qui existe déjà à
l'extérieur, donc, du cadre législatif pour encadrer ces situations-là.
Maintenant qu'on poursuit, donc, au-delà
de ça, donc de l'exemple que je vous ai nommé, le problème ici, c'est, d'une
part, donc, dans notre écosystème. Si on a un emploi asymétrique des normes,
donc, de contrainte, essentiellement, là, si... l'accommodement, donc, est
refusé, puis que personne ne se plaint, on se dit...
Mme Cadet : ...l'accommodement,
donc, qui est refusé puis que personne ne se plaint, on se dit : Bon,
bien, on veut s'assurer que la plainte, donc, soit rejetée. Parce que si on
modifie, donc, la norme de contrôle, à ce moment-là... la norme de contrainte,
plutôt, bien, à ce moment-là, l'agent d'État, donc, sera beaucoup plus
justifié, donc, dans son refus. Donc, jusque-là, on se dit : Bon, ça
semble avoir bien du bon sens. Mais, si on l'applique de façon asymétrique,
deux choses. Bien, d'une part, est-ce que ça vient, sans utiliser un sophisme
de pente glissante... est-ce que, donc, ça vient jouer sur les autres types de
demandes d'accommodement? Tout le monde est venu nous dire : Bien, la
grande majorité des demandes d'accommodement qui sont faites sont pour bien
d'autres motifs, notamment, donc, pour les situations de handicap. Donc, si,
donc, on vient, donc, modifier, donc, celle-ci, est-ce que ça pourrait être
préjudiciable pour d'autres types, disons, de clientèles qui n'ont rien à voir
avec des motifs religieux? Donc, déjà là, donc, une asymétrie dans notre
écosystème, c'est une chose.
Puis ensuite, quand je parlais des faits
contre-productifs, bien, s'il y a des... des gens qui sont bien malins, qui, au
final, donc, demandent des demandes... demandent, donc, certains accommodements
à des agents de l'État, qui nous disent : Non, non, ça, ce n'est pas pour
des motifs religieux, c'est pour d'autres motifs, à ce moment-là, vous
comprenez que la personne est un petit peu mal prise. Donc, si la demande, elle
est refusée tout de même, pour d'autres motifs, bien, évidemment, donc,
l'exigence, donc, de bonne foi, donc, devra être confirmée ici, mais tout de
même, vous comprenez, donc, que... pourrait tout simplement, donc, appliquer,
donc, une autre norme de contrainte si l'effet, donc, est le même, mais que le
motif n'est pas... n'est pas identique.
Si vous me suivez, là, Mme la Présidente,
là, comme j'ai dit, je pense qu'ici c'est quand même un point assez théorique,
mais, si on est en mesure, donc, de contrecarrer la... ce qu'on essaie de faire
ici avec une asymétrie dans l'application d'une norme de contrainte, bien, je
ne pense pas que le législateur est beaucoup plus avancé dans ce qu'il souhaite
prévenir. Donc, ici, c'est peut-être plus un bémol, une précaution. Je pense
qu'on aura, donc, des discussions sérieuses sur ce point-là, lors de l'étude du
projet de loi, mais je veux certainement, donc, soulever cette question que je
me pose. Puis, si on... c'est l'objectif, hein, d'aller en étude détaillée,
puis de se poser des questions, puis de favoriser un travail qui est... qui est
sérieux comme parlementaires, peut-être qu'on arrivera, donc, à d'autres
conclusions, hein, quand on a... on en sera, donc, à l'adoption de ces
dispositions-là du projet de loi. Mais je souhaite, à l'attention du ministre,
donc, soulever les questions... les questions sérieuses que je me pose, donc,
pour notre écosystème juridique et s'assurer que notre cadre normatif soit
cohérent avec lui-même.
Ensuite, Mme la Présidente, j'irais avec
les différentes... les différents écosystèmes qui sont touchés par les projets
de... par le projet de loi. D'abord, tout ce qui concerne les services
éducatifs à la petite enfance. Nous avons reçu en commission parlementaire la
CSQ, donc, qui représente les éducatrices, ainsi que l'AQCPE, l'Association
québécoise, donc, des... des centres de la petite enfance du Québec, qui sont
venus nous dire deux choses. D'abord, nous expliquer c'est quoi, un CPE. Un
CPE, donc, c'est un OBNL, donc, qui a son autonomie de gestion, qui est un peu
comme une école privée subventionnée. On a peut-être moins tendance à faire
cette adéquation-là. Moi-même n'étant pas porte-parole en matière de famille,
j'avais... je n'avais pas nécessairement, donc, bien saisi l'architecture d'un
CPE et puis... même si mon fils en fréquente un en ce moment, CPE. Mais
effectivement, donc, on comprend bien, donc, que ce sont... il s'agit ici,
donc, d'entités qui sont... qui sont autonomes. Donc, déjà, donc, sur
l'autonomie de gestion, ça pose, donc, certaines questions, parce que le projet
de loi, donc, vient dire que, donc, les employés, donc, tout employé, donc, du
CPE, à l'avenir, donc, ne pourrait plus... pour les nouvelles, donc, qui
seraient embauchées, donc, ne pourrait plus porter de signes... de signes
religieux.
Ici, on ne parle pas de visage à
découvert, bien évidemment, tout le monde est d'accord avec ces
dispositions-là, mais on parle, donc, de signes religieux. Et ils nous
disent : Bien, écoutez, nous, comme CPE, nous sommes en faveur de la
laïcité, bien évidemment, mais, encore une fois, en ce moment, nous, dans notre
réseau, on vit une grande, grande pénurie. Les CPE et la CSQ sont venus
dire : Écoutez, faites un moratoire, s'il vous plaît, nous, on veut un
moratoire pour qu'on puisse avoir des études. Parce qu'il n'y a pas eu... il
n'y a pas eu d'études au préalable, donc, du dépôt du projet de loi. On a... Il
n'y a pas de chiffres qui sont... qui sont octroyés, donc, pour bien comprendre
quelle est l'ampleur de la problématique.
Et le ministre lui-même, donc, le... le
même ministre, en sa qualité de ministre de... de l'Immigration, se dit :
Bien là, on va assouplir notre capacité à pouvoir recruter des éducatrices à
l'étranger en retirant l'exigence d'inclure, donc, une EIMT, une étude d'impact
du marché du travail, pour démontrer qu'il y a des grands besoins de pénurie,
donc, dans nos CPE, dans nos services de garde éducatifs à l'enfance, parce que
le besoin, il est là, il est nommé. Donc, d'un côté, le ministre nous
dit : Bien, on assouplit ça pour aller chercher des éducatrices à
l'étranger plus rapidement, plus facilement, parce qu'on a des grands besoins,
et, de l'autre, on complexifie la capacité à pouvoir recruter des étudiants,
donc, qualifiés pour intégrer les différents services de garde...
Mme Cadet : ...complexifie la
capacité à pouvoir recruter des étudiants, donc, qualifiés pour intégrer les
différents services de garde. Donc, eux, ils sont venus dire : Bien,
voilà, moratoire pour que l'on quantifie le problème, et surtout que l'on
puisse voir, bien, quel effet ça aura sur notre réseau, parce que c'est déjà
tellement difficile.
Sur la clause grand-père, parce que ça,
c'est un élément important du projet de loi, d'abord, la clause grand-père est
appliquée à la date du dépôt du projet de loi. Donc, en ce moment, donc, elle
est, en théorie, en vigueur, et non pas au moment de l'adoption du projet de
loi, mais, en plus de ça, les CPE sont venus dire : Bien, regardez, nous,
notre réalité, c'est qu'on a souvent... Malheureusement, on le sait, puis on a
beaucoup... posé beaucoup de questions en matière de famille, donc, aux
ministres de la Famille successives, sur les bris de services, bien, en raison
des bris de services, bien, parfois, il faut qu'on fasse appel, donc, à des
services de remplacement, donc, des... j'allais dire «des infirmières», lapsus,
des éducatrices, donc, disons, en agence, mais, elles, nous n'avons pas, donc,
de lien d'emploi. Donc, le CPE, donc, qui est l'employeur, n'a pas de lien
d'emploi, donc, avec ces éducatrices-là.
Donc, la clause grand-père, ici, est-ce
qu'elle s'applique à elles? Le ministre n'a pas été en mesure de répondre à
cette question-là, qui, à mon sens, est excessivement légitime, parce que c'est
une question d'organisation du travail. On l'a dit, ici, on parle d'entités qui
sont autonomes. Les dispositions sur les services éducatifs à l'enfance
concernent aussi les employés des bureaux coordonnateurs, les employés des
garderies privées subventionnées, donc, qui sont en installation, et ils
disent : Bien, nous, comment est-ce qu'on va être en mesure, donc,
d'aller... de savoir, OK, est-ce que moi, j'ai le droit d'aller prendre cette
éducatrice-là qui est sur ma liste de remplacement, qui est son employeur,
est-ce qu'elle bénéficie de la clause grand-père ou pas? Il faut démystifier
ces aspects-là.
Puis ils sont aussi venus nous dire :
Bien, regardez, déjà, nous, à la base — et c'est quelque chose que
moi, j'avais également mis de l'avant, une préoccupation que j'avais émise lors
de l'étude du projet de loi n° 94 — nous,
on aimerait que la clause grand-père, elle soit appliquée non pas au poste,
mais à la personne, pour avoir une certaine mobilité de la main-d'œuvre, parce
que, bon, nous, on a du personnel à gérer, c'est compliqué. Et ils
disent : Bien, au moins, ce que vous avez mis dans le... comme, disons,
compromis dans le réseau public, donc, dans 94, c'est la question de la
prépondérance de la tâche, qui n'existait pas dans le 21.
On dit : Bien là, ce qu'on a fait
dans le 94 pour permettre aux éducatrices en services de garde d'être aides à
la classe, de pouvoir faire des remplacements ponctuels, parce que c'est comme
ça que ça se passe dans le réseau, mais pouvez-vous, donc, au moins nous
accorder ça au niveau des CPE? J'estime que le ministre a bien entendu, donc,
cette préoccupation-là, et que, même, par souci de cohérence, ce qui a déjà été
encadré et ce qui est en vigueur dans le réseau de l'éducation... même si vous
comprenez qu'à mon sens, donc, la clause grand-père, ici, si nous allons, donc,
dans cette direction-là, à tout le moins, nous préférions qu'elle soit
appliquée, donc, à la personne et non aux postes, mais qu'au moins... qu'il
puisse y avoir une certaine cohérence et que la prépondérance de la tâche soit
au moins accordée au réseau des CPE.
Je vous l'ai dit, donc, la clause
grand-père, donc, c'est un élément qui revient aussi au niveau des écoles
privées subventionnées, qui nous ont dit : Bien, regardez, ici, c'est
très, très, très restrictif. Donc, nous, donc, le ministre nous a dit :
Non, non, moi, je respecte l'autonomie de gestion des écoles privées
subventionnées, je respecte le fait que nous ayons, donc, un système, donc, qui
permet, donc, à ces... à ces écoles d'exister dans notre réseau, puis elles ont
toute la légitimité. C'est ce que le ministre, donc, leur a dit, mais, en même
temps, c'est certain que, donc, les écoles nous disent : Bien, nous, on
est très en faveur, donc, de... encore une fois, du principe de laïcité, mais
vous nous complexifiez un peu le travail ici, donc, pour permettre à,
peut-être, une orthopédagogue d'être... d'être enseignante à un autre moment
donné, voici comment que ça se passe dans notre réalité réseau.
Donc, il y aura encore une fois des
éclaircissements à avoir à cet égard, mais, quand je parle, donc, de clause
grand-père qui devrait être appliquée à la personne plutôt qu'au poste, moi,
j'en ai visité, donc, des écoles, en amont des consultations pour le projet de
loi n° 9, et j'ai, par exemple, donc, vu une
directrice adjointe avec un signe religieux, qui, manifestement, donc, ne
pourra jamais devenir, donc, directrice de cette école-là. Même si c'est la
personne avec le plus d'ancienneté pour succéder au directeur actuel, c'est la
personne qui, normalement, donc, aurait pu jouer ce rôle-là, mais là elle
devra, dans les circonstances, être surpassée, donc, par un homme, donc, pour
prendre, donc, la direction d'école, donc, éventuellement.
Donc, ce type de situation là, qui se...
qui vont avoir des répercussions réelles, bien, vous comprenez que, pour bien
des gens, il y a une... un sentiment d'injustice puis un sentiment
d'incompréhension, parce que le... mais, ici, encore une fois, les objectifs
se... le principe de laïcité, il est partagé. Ils disent : Bien, pourquoi
moi, dans mon écosystème, donc, qui est privé, où est-ce que le ministre, donc,
nous <accorde les permis...
>
12 h (version révisée)
<19261
Mme Cadet :
...disent : Bien, pourquoi... pourquoi, moi, dans mon écosystème,
donc, qui est privé, où est-ce que le ministre, donc, nous >accorde les
permis parce qu'on respecte les dispositions de la loi, bien, pourquoi est-ce
que ça viendrait jouer un... un rôle, donc, sur ma capacité à pouvoir enseigner?
Et même pour des écoles où il n'y en a
pas, de signes religieux, Mme la Présidente, je pense à l'école L'Eau-Vive, qui
a suivi les consultations, donc, qui était présente en commission parlementaire
tout au long des quatre journées où nous étions là, donc, à débattre
sereinement, j'espère, avec une certaine hauteur, qui auront permis, donc, aux
enfants, donc, de voir comment ce type d'échanges-là doivent se faire dans une
société mature, bien, cette école-là est venue nous dire : Bien, écoutez,
s'il vous plaît, assurez-vous que nous, nous puissions préserver, donc, notre
mission académique, même s'il n'y en a pas, de signes religieux, là, qui... qui
nous touchent ici, donc on... on n'est pas du tout affectés par ces
dispositions-là du projet de loi, mais, si le gouvernement nous reconnaît cette
mission-là, si le ministre lui-même, quand il était à l'Éducation, il y a cinq
ans, a réaccorder, donc, le permis, donc a renouvelé le permis de cette école
en disant : Mais regardez, vous suivez le programme éducatif, il n'y a pas
de religion qui se fait dans les cours de math, de français, c'est ce qu'ils
nous ont confirmé, ils nous ont dit : Bien, en bout de ligne, nous, nos
écoles, et c'est ce que la fédération des écoles privées du Québec nous a
également dit, nous, il n'y a aucune de nos écoles qui dit : Bien là, si
toi, tu n'es pas de telle ou telle confession, bien, tu ne pourras pas fréquenter
l'école, ça, ça n'existe pas au Québec, bien, assurons-nous que leur projet
éducatif puisse être... être bel et bien conservé et préservé, parce qu'il
s'agit d'une école qui ne... qui, manifestement, ne pourrait pas... ne pourrait
pas survivre. Mais j'ai entendu le ministre et son oreille... Donc,
certainement que certaines... certains éclaircissements devront être faits
alors que le... un avocat, donc un parent, donc, de l'école qui était en
commission, nous faisait la recommandation suivante : que ce serait bien
qu'on parle des services d'enseignement et pas juste des services éducatifs,
parce que «services éducatifs», bien, ça va beaucoup plus loin que les services
d'enseignement, ce qui semble être la volonté du législateur, traduite par les
propos du ministre en commission.
Les cégeps sont également venus voir...
nous voir en commission parlementaire, Mme la Présidente, nous disant : Bien,
écoutez, nous, ici, déjà, nous n'adhérons pas à... à ce que le... le ministre
tente de faire ici. Et les... et le ministre les a... leur a dit : Bien voyons,
mais le rapport Pelchat-Rousseau nous... a consulté, donc, les membres du cégep
nous ont dit : Bien, il y a certaines problématiques. Et la présidente de
la Fédération des cégeps, donc, lui a répliqué qu'en bout de ligne le rapport Pelchat-Rousseau,
respectueusement, n'avait consulté qu'une vingtaine d'enseignants et il y en a
20 000 dans le réseau. Donc, jusqu'à quel point c'est statistiquement
représentatif, ce qui a été évoqué dans le cadre du rapport Pelchat-Rousseau? Bien,
la question, statistiquement, donc, se pose. Peut-être que oui, peut-être que
non, mais c'est sûr que ce nombre-là, donc, on parle du n, là, en statistique puis
qu'on se demande : Est-ce que, donc, le... notre n est suffisant?
Certainement que n'importe quel statisticien, donc, vous répondrait que ce n'est
pas le cas, donc, avec qu'est-ce qui a été mis de l'avant. On parle peut-être
plus d'une analyse qualitative que quantitative, donc...
Vous comprenez que la Fédération des
cégeps, également, est venue nous confirmer, un peu comme les municipalités :
Bien, non seulement, nous, on n'a pas besoin de ce projet de loi là, mais il
nous nuit dans notre autonomie, dans notre capacité, donc, de pouvoir gérer nos
situations, mais surtout, parce que... Est-ce que parfois il peut y en avoir,
des accrochages? Bien, en société, la réponse, c'est oui. Puis, je pense qu'il
n'y a personne qui peut être naïf par rapport à ça ou il n'y a personne qui
peut faire preuve de... de déni, que, parfois, dans une société pluraliste,
bien, il peut... on en vit, donc, des défis, c'est normal. Mais les cégeps, puis
la DG du cégep de Bois-de-Boulogne nous a fait un témoignage qui était très
senti, très puissant, elle qui œuvre dans le réseau depuis 35 ans, nous a
dit : Bien, nous, les cégeps, on a les moyens de les régler, ces
situations-là. On a tout ce qu'il nous faut pour... pour gérer à l'interne puis
on le gère bien. Est-ce que certaines situations ont fait les manchettes? OK,
peut-être. Est-ce que parfois ça peut susciter une certaine forme, donc, d'incompréhension,
ou d'inconfort, et même de malaise? Je pense que c'est correct de nommer ces
mots-là, puis qu'on se dise : OK, bien, si ça, ça existe, parlons-nous,
voyons comment est-ce qu'on peut mieux régler ce type de situation-là puis voyons
comment... quand il y en a qui sont effectivement, donc, des... des
manifestations de... de radicalisme ou des manifestations, disons, donc, de non-volonté,
là, de... de prendre part pleinement au vivre-ensemble, bien, qu'on soit
capables, oui, de les nommer puis de... de les pointer du doigt. Mais la
réalité, c'est que, dans les cégeps, non seulement ce n'est pas comme ça que ça
se passe de façon générale, puis je pense que la députée de Mont-Royal—Outremont
aura l'occasion, donc, de... de le préciser, elle qui est porte-parole en
matière d'Enseignement supérieur, non seulement ça ne se passe pas comme ça,
mais, en plus, si, oui, il y en a, des <solutions...
Mme Cadet :
...non
seulement ça ne se passe pas comme ça, mais, en plus, bien, si, oui, il y en a,
des >solutions comme ça, bien, on a l'autonomie nécessaire pour le
gérer. Donc, votre projet de loi, non seulement, à notre sens, dans les
dispositions qui nous concernent, est inutile, mais il nous nuit. Encore une
fois, on parle des faits qui sont contre-productifs. Donc, vous voyez, Mme la
Présidente, donc, à quel point, donc, on a senti que l'ensemble des
écosystèmes, disons, éducationnels, donc éducation à la petite enfance, école
primaire, secondaire et les établissements d'enseignement supérieur sont essentiellement
tous venus nous dire la même affaire, qu'eux, dans leur milieu de vie, ils ne
vivent pas des problématiques au point où un projet de loi serait nécessaire
pour pouvoir venir les... les encadrer.
Je poursuivrais avec la question des
droits des femmes, Mme la Présidente, ce que le ministre, et souvent, nous a
parlé, donc, d'égalité hommes-femmes, un principe qui est non seulement partagé
par l'ensemble des parlementaires, mais c'est nous, comme Parti libéral du
Québec, qui, en 2008, avons fait inscrire, donc, les principes d'égalité
hommes-femmes à notre charte québécoise. Donc, vous comprenez à quel point ce
sont des principes qui nous sont excessivement chers. Et c'est là qu'ici on
voit qu'il y a peut-être une... une différence, c'est sur... idéologique, c'est
sur l'application, puis c'est correct, on a des désaccords puis on va en parler
respectueusement, mais ici, moi, ce que j'ai entendu de bien des groupes, je
pense à M. Foura, du Congrès maghrébin, qui, hier, est venu dire :
Bien, voilà, donc, oui, peut-être que certaines femmes peuvent faire le choix
d'enlever leurs symboles religieux, mais certaines femmes, donc, pour elles,
c'est une conviction tellement profonde, tellement intime à l'exercice de leur
liberté de conscience que ce n'est pas une question... elles ne se font pas
forcer par qui que ce soit d'autre, elles ne le font pas par pression
sociétale. Parce que ça, ça existe, oui. C'est ce que M. Foura nous a
confirmé. C'est ce qu'on a entendu également de Mme Aboubakr, donc la
question, donc, de la pression sociale. Mais pour aussi d'autres femmes, bien,
c'est un... c'est un choix qui est réel puis qui... qui est une forme, donc, de
conviction profonde. Et, pour celles-ci, je reprends M. Foura, il
dit : Bien, si on veut vraiment s'assurer que ces femmes-là puissent
continuer d'exercer leur libre arbitre, bien, leur donner et leur octroyer une
forme d'autonomie financière, leur permettre de pouvoir réaliser, disons, donc,
leurs rêves...
• (12 h 10) •
Parce que c'est ça aussi. On a beaucoup
parlé, donc, de la question, donc, des signes religieux pour certaines femmes
comme s'il s'agissait exclusivement, donc, de personnes qui viennent
nécessairement d'ailleurs. Mais moi, comme députée de Bourassa-Sauvé, moi, j'en
vois, des jeunes femmes, donc, qui ont... qui sont nées au Québec, qui sont
nées au Québec, qui ont grandi au Québec et qui sont complètement d'ici, qui se
posent aussi ces questions-là, donc qui ont des rêves d'aller enseigner, qui
ont des rêves de devenir éducatrice en service de garde. Certaines d'entre
elles sont sur nos bancs d'école en ce moment même. La Fédération des cégeps
nous l'a confirmé hier en disant : Bien, il y en a qui sont là en ce
moment, puis ça va... on a un grand défi de recrutement. Puis, on le voit,
c'est une technique, là, pour pouvoir réaliser cette... cette profession-là. Et
elles sentent que, lorsqu'on parle d'égalité hommes-femmes, bien, d'avoir accès
à une autonomie financière, bien, c'est ce qui leur permettrait véritablement
de pouvoir vraiment aboutir, donc, à cette forme d'égalité là. Et, oui, donc,
s'il y a... il y a certaines, donc, situations de pression, bien, je pense que,
comme société, bien, on est capables, encore une fois, de nommer et de voir
quels sont les autres véhicules. Mais celles qui se disent premières concernées
ressentent, donc, une certaine forme, donc, de... bien, disons, donc,
d'injustice ici.
Et c'est là que j'y... je poursuis, Mme la
Présidente, avec le concept d'égalité réelle. On m'a confirmé, lors des
consultations — je n'ai pas lu la décision moi-même, je le... je le
divulgue, Mme la Présidente — que, dans la décision de la Cour
suprême de Mouvement laïque québécois c. Saguenay, la norme, disons, donc,
de... la norme de contrôle ou la façon, donc, d'évaluer, donc, l'effet, donc,
des différentes lois, en ce sens, elle commandait que l'on poursuive l'objectif
de l'égalité réelle, plutôt que celui de l'égalité formelle. Certains
professeurs d'université aussi, donc, nous ont permis, lors des consultations,
de distinguer ce que signifiait l'égalité réelle de l'égalité formelle. Et ici
on comprend que c'est une interprétation qu'on en fait non seulement, donc,
pour ce qui est, donc, de l'égalité, donc, pour des motifs religieux, mais pour
l'ensemble, donc, des différents motifs.
Un professeur, Pr Lampron, est venu
dire : Bien, écoutez, si on... on se dit qu'on est juste avec le concept
d'égalité <formelle...
Mme Cadet :
...juste
avec le concept d'égalité >formelle, ici, et pas celui de l'égalité
réelle, bien, encore une fois, dans toute l'architecture de notre cadre
normatif, il y a, si on vient jouer là-dedans, il y a des risques pour d'autres
types de droits. Donc, on pense par exemple, donc, au retrait préventif, donc,
pour les femmes enceintes, ce qu'on voit souvent, d'ailleurs, dans les milieux
de la petite enfance et qui... qui contribue, donc, à la complexité que
viendrait apporter ce projet de loi ci. Donc, considérant tout ça, Mme la
Présidente, donc, c'est important que l'on puisse conceptualiser, donc,
comment, donc, dans notre État de droit actuel, comment dans notre cadre
normatif actuel, bien, l'égalité réelle, c'est celle qui prévaut partout. Donc,
attention, attention, donc, à la brèche qui, selon, donc, certains spécialistes,
donc, nous est présentée par le projet de loi du ministre quant à la façon,
donc, d'évaluer, donc, un projet de loi.
Et bien des gens sont venus en commission
nous dire : Bien, ici, on comprend que le ministre nous dit : Bien,
on... évidemment, donc, le projet de loi, donc, n'a pas de visée sur n'importe
quel groupe en particulier. Mais, lorsque l'on se préoccupe des concepts
d'égalité réelle versus égalité formelle, c'est un peu là où le bât blesse, et
on comprend que certaines confessions n'auraient, donc... subiraient les effets
disproportionnés par rapport à d'autres confessions sur certaines des
dispositions du projet de loi. Donc, je pense que, comme législateurs, on a
aussi cette responsabilité de se poser la question sur comment, donc, des principes
d'égalité réelle sont respectés lorsque l'on poursuit, donc, des fins qui,
encore une fois, sont légitimes et sont partagées par l'ensemble des groupes,
Mme la Présidente.
Ça m'amène, en fin d'intervention, Mme la
Présidente, à vous parler, évidemment, donc, de la clause dérogatoire, hein? Je
vous ai parlé de l'architecture complète du projet de loi, je vous ai parlé,
donc, des effets, donc, qui pouvaient être nuisibles, mais surtout du... des
dires mêmes, donc, des municipalités, des cégeps, donc, de ceux qui auraient,
donc, à appliquer, donc, le projet de loi n° 9, et
on... certains professeurs. Et, en fin de... en fin de consultation, le Barreau
du Québec lui-même est venu nous préciser, nous émettre une mise en garde sur
l'usage, encore une fois, de la clause dérogatoire.
Puis ici on va encore une fois remettre
les pendules à l'heure puis dire : Je pense que, dans l'ensemble de cette
enceinte, puis on l'a dit souvent, puis on l'a répété, bien évidemment, le
Québec a le... a, bon, le droit, donc, de créer, donc, ses... disons, son
propre cadre normatif, que le législateur doit avoir le mot de la fin lorsqu'il
y a... il y a collision. Mais ici nous avons toujours, comme libéraux, donc,
été extrêmement sensibles au fait de retirer, donc, des droits, donc, de façon
préventive en utilisant, donc, la clause dérogatoire. On parle souvent du fait
que la clause dérogatoire, sur le plan historico-politique, est le fait de
concessions. Donc, c'est ce que nous avons négocié. Nous le savons, nous
n'avons pas signé, donc, la Constitution et nous avons... donc, nous... donc,
nous ne sommes pas parvenus, donc, à avoir, donc, cette... disons, encore une
fois, donc, cette concession, donc, négociée pour, donc, nous permettre, donc,
de déroger, donc, à la Charte canadienne.
Mais ici, le projet de loi, comme bien des
projets de loi de la CAQ, déroge aussi à la charte québécoise, puis c'est en ce
sens que le Barreau du Québec est venu nous dire : Bien, regardez, on a
quand même des normes universalistes qui nous viennent des suites de la Seconde
Guerre mondiale, sur lesquelles nous nous sommes tous mis d'accord, comme
nation, comme État. Et le Québec, comme juridiction, sous l'impulsion du Parti
libéral du Québec, mais de façon unanime, a décidé, il y a 50 ans, de
déposer cette charte québécoise des droits et libertés en disant : Bien,
nous, comme société, voici comment nous souhaitons que chaque concitoyen se
sente chez soi et que chacune de ses libertés soit préservée. Et ce cadre-là,
selon le Barreau, est effrité. Ils nous disent : Bien, il y a risque
d'érosion de l'État de droit, pas juste au Québec, mais partout. Et, dans ce
contexte-là, la question doit se poser sur comment nous, comme législateurs, on
se comporte, comment est-ce qu'on a envie, donc, de se discipliner dans l'usage
d'une disposition que nous avons le droit d'utiliser.
Puis ici je vais faire des parallèles, Mme
la Présidente. Tu sais, dans d'autres projets de loi dont on a eu, donc, l'occasion
de dire : OK, bien, voici un nouveau pouvoir dont on se <dote...
Mme Cadet :
...ont
eu donc l'occasion de dire : OK, bien, voici un nouveau pouvoir dont on se
>dote, mais on... ce pouvoir-là, il faut l'utiliser de façon... avec
parcimonie, il faut l'utiliser de façon légitime, parce que sinon, bien, c'est...
de toute façon, c'est le gouvernement qui portera l'odieux de la décision
politique de l'avoir... de ne pas l'avoir fait conformément.
Donc, je pense ici, donc, au PL... je
pense que c'est le 14, on finit par se mélanger, madame, donc la loi
n° 14, donc le projet de loi, donc, sur l'arbitrage, donc, exécutoire,
donc, en cas de grève, Mme la Présidente. Puis vous l'avez vu, le Parti libéral
du Québec, dans ce cadre-là, puis c'est un projet de loi qui ne... n'utilisait
pas la clause dérogatoire, disait : Le test de Oakes, ici, il est
peut-être... selon moi, donc, le respectait. Il y a... il y a peut-être, donc,
certaines, donc, situations où il ne serait pas justifié, donc, d'utiliser,
donc, le nouveau pouvoir dont on se dote. Mais je me suis dit : Moi, je
pense que l'État devrait, dans le dialogue social qui est très important,
pouvoir... en fait, avoir le droit, donc, de se prévaloir, avec parcimonie, de
façon sérieuse, dans un contexte extrêmement circonscrit, d'utiliser, donc,
cette disposition-là. Puis, après ça, si le gouvernement l'utilise mal, que ce
soit celui-ci ou des... des gouvernements subséquents, bien, à ce moment-là, je
pense qu'on se posera tous la question, et la société civile s'assurera de
poser cette question-là.
Donc, vous voyez où est-ce que je veux en
venir, Mme la Présidente? Donc, ici, l'objectif, ce n'est pas de se dire :
Ah! bien, écoutez, on a... Si le Barreau, qui est venu nous dire : Ah!
bien, une loi-cadre, ce n'est pas un... ce n'est pas un carcan, ce n'est pas
des menottes, ce n'est pas de se dire : OK, bien, voyons donc, on a ce
droit-là, ça fait qu'on... ne l'utilisons jamais. Ce n'est pas ça qu'ils sont
venus nous dire. Mais ils nous ont dit : Bien, écoutez, avec notre proposition,
attention, assurons-nous que nous utilisons judicieusement une clause, donc, de
dernier recours, surtout qu'il n'y a pas de clause de renouvellement dans la
charte québécoise. D'autant plus, contrairement à celle qui prévaut dans la
charte canadienne, on a un certain devoir de... de bien faire les choses, et de
le faire avec transparence, d'aller chercher des avis juridiques, de s'assurer
que la population soit informée, mais que l'État également soit informé, et
qu'une telle... et que, s'il y a emploi, donc, de la clause dérogatoire, bien,
qu'à ce moment-là, que ça se fasse à une majorité qualifiée et donc pas par
bâillon comme ça s'est fait pour la loi n° 21, Mme la Présidente.
Donc, vous nous avez souvent entendus, au
Parti libéral du Québec, donc, émettre ces réserves. Je pense qu'on est
plusieurs juristes, ça fait que je pense que c'est pour ça aussi que c'est
quelque chose qui nous tient à cœur. Parce qu'encore une fois, bien, l'État de
droit, ce n'est pas juste aux juges de le préserver, c'est aussi notre
responsabilité comme législateurs. Nous, comme élus, bien, on a... oui, on a un
agenda politique, c'est... c'est normal, la population, donc, nous élit pour
mettre en oeuvre certaines priorités, une certaine vision du monde, une
certaine vision du Québec, mais tout ça doit se faire à l'intérieur, donc,
d'une architecture qui, disons, donc, respecte les règles du jeu.
Donc, je vous dirais, donc, sans vous dire
qu'on reprend intégralement, donc, la proposition du Barreau aujourd'hui, mais
que nous entendons les revendications, les préoccupations qui ont été soulevées
par M. le bâtonnier et certains confrères qui étaient présents en commission
parlementaire. Et nous étudierons de façon attentive ces différentes
dispositions et verrons ce que le ministre a à répondre.
• (12 h 20) •
Et, bien évidemment, ici, le Barreau a été
très clair. Je leur ai posé la question. Il ne nie pas notre historique
politique, il ne nie pas que le législateur doit avoir le dernier mot, que les
débats qui sont à l'Assemblée nationale ont une portée tout à fait légitime, il
ne nie aucunement ces aspects-là, Mme la Présidente, qui sont très, très, très
clairs pour l'ensemble des parlementaires, mais le Barreau est venu dire :
Bien, faites attention à comment vous l'utilisez, parce que c'est... ce n'est
pas quelque chose... ce n'est pas une disposition qui peut être utilisée comme
ça, de façon désinvolte, et j'entends ces préoccupations.
Donc, en terminant, Mme la Présidente, je
veux encore une fois remercier tous les groupes, et vraiment j'insiste sur tous
les groupes, qui sont venus en commission parlementaire et tous ceux qui ont
déposé des mémoires. Il s'agit d'un sujet sensible, et, tout comme le ministre,
je pense que ces consultations ont été menées de façon excessivement
respectueuse et avec hauteur de part et d'autre de la table de la commission
parlementaire mais également de la part de chacun des groupes. J'ai vu aussi
des beaux moments, Mme la Présidente, où parfois, quand les caméras étaient
éteintes, donc après le passage en commission, donc, de certains groupes, que
d'autres, qui étaient en désaccord avec eux, venaient échanger. Et j'ai vu à
quel point, malgré l'aspect délicat d'un dossier qui vient nous chercher de
façon aussi intime, que les Québécois, bien, on est capables de débattre, on
est capables de débattre correctement, que les <groupes...
Mme Cadet : ...de débattre,
on est capables de débattre correctement, que les >groupes qui se
sentent parfois visés se disent : Heille! Bien, moi, j'ai envie de
t'entendre, de t'écouter, puis je ne suis pas d'accord avec ça, mais, OK. Puis
j'ai vu parfois même des gens peut-être même changer d'idée un petit peu ou
d'avoir leur position évoluer, puis c'est comme ça que ce type de débat là
devrait se faire. Moi, j'insiste toujours là-dessus. Donc, c'est pour ça que je
remercie vraiment tous, tous, tous les groupes qui sont venus. On le dit
souvent, l'Assemblée nationale, c'est la maison du peuple. Donc, ils ont leur
place en commission parlementaire pour nous étayer leurs différents points de
vue, et c'est notre devoir de parlementaires de les respecter et de les
accueillir avec énormément, donc, de respect et de retenue. J'aurais... Nous
aurons également l'occasion, donc, de lire les autres mémoires, donc, qui ont
été déposés à la suite de la commission.
Et, en ce sens, Mme la Présidente, donc,
nous serons prêts, donc, à poursuivre des échanges lors de l'étude détaillée du
projet de loi, mais, à la lumière de tout ce que j'ai mentionné, vous m'avez
vue, je pense que mon exposé était même plus long que ce que j'avais anticipé,
Mme la Présidente, mais vous voyez que je pense que c'est un sujet qui... qui
vient nous chercher, mais, à la lumière, de tout ce qu'on a vu, de l'impact que
ça pourrait avoir, du fait que ça puisse être excessivement nuisible pour les
CPE, pour certaines de nos écoles, pour nos municipalités, pour nos cégeps, du
fait qu'on a certains concepts ici qui nous semblent être déposés peut-être de
manière, donc, qui devrait peut-être susciter un peu plus de réflexion, comme
le concept de neutralité religieuse de l'espace public, qui nous a été
mentionné comme néfaste, comme la question, donc, des droits des femmes qui...
bon, qui est peut-être déposée de façon maladroite ici, l'usage de la clause
dérogatoire, comme c'est souvent fait, Mme la Présidente, et, encore une fois,
l'usage d'une clause grand-père attachée au poste et non à la personne, pour
tous ces motifs, donc, nous votons contre le principe du projet de loi n° 9, mais le ministre pourra certainement, donc, compter
sur des échanges, encore une fois, j'espère, respectueux lors de l'étude
détaillée du projet de loi, mais, à ce stade-ci, nous votons contre. Merci, Mme
la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : Merci, Mme la députée. Est-ce qu'il y a d'autres... Oui,
M. le député de Jean-Lesage, la parole est à vous.
M. Sol Zanetti
M. Zanetti : Merci, Mme la
Présidente. Je suis content de venir ici parler au sujet du projet de loi n° 9, projet de loi qui étend notamment l'interdiction des
signes religieux à beaucoup plus de domaines qui ne l'avaient déjà été
interdits. Sans faire la liste complète de toutes les mesures qu'il amène, ce
projet de loi là, j'annonce tout de suite : Nous allons voter contre le
principe. Nous allons voter contre à toutes les étapes de ce projet de loi.
C'est un projet de loi qui fait reculer les droits, notamment les droits des
femmes au Québec, encore une fois, dans... dans une espèce de malentendu sur ce
qu'est la laïcité, sur ce que devrait être la laïcité. Tout le monde qui
s'oppose à ce projet de loi là est venu témoigner en disant : Nous sommes
pour la laïcité, contre ce projet de loi. Ce projet de loi là attaque la
laïcité.
Peut-être que ça vaudrait la peine qu'elle
soit, de temps en temps, définie, la laïcité. La laïcité, c'est la neutralité
de l'État vis-à-vis des religions, c'est l'indépendance entre les deux. Ça sert
à garantir que les décisions politiques ne sont pas prises en fonction de
considérations religieuses, mais la façon dont la CAQ instrumentalise le
concept de laïcité pour aller nier les droits des personnes, c'est même contre
la laïcité. La laïcité, c'est la neutralité, c'est l'idée que l'État ne va ni
favoriser ni défavoriser les croyantes et les croyants d'une religion en
particulier.
Dans le cas du projet de loi n° 9, qui suit le projet de loi n° 94, qui suit le
projet loi n° 21, ce sont des lois qui discriminent
clairement et ce sont des lois qui ont des... qui portent des atteintes
démesurées et disproportionnées à certaines religions, notamment des religions
qui sont, au Québec, minoritaires et qui... dont certains des pratiquants
portent des signes religieux. Évidemment, ça n'atteint pas les chrétiens de
façon générale. Quelques personnes pratiquantes ou dans... au sein de l'Église
portent des signes religieux, mais c'est quelque chose qui est... qui ne se
compare pas au phénomène dans les autres religions. Alors, c'est une loi, en
fait, qui attaque la laïcité de l'État même si elle en porte le nom.
C'est une loi qui, d'une part, repose
sur... a monté en épingle des anecdotes pour créer une espèce de faux problème
et amener une solution législative disproportionnée, qui fait reculer les
droits, une loi qui est discriminatoire, basée sur... échafaudée, en fait, sur
des préjugés envers ce que ça signifie de porter un signe religieux, notamment
envers le voile porté par certaines <femmes...
M. Zanetti :
...envers
le voile porté par certaines >femmes de confession musulmane, et c'est
une loi qui a quelque chose de paternaliste et antiféministe. Et je ne sors pas
ça de nulle part, c'est quelque chose qui a fait l'objet d'échanges, notamment,
lors des audiences publiques, puis j'ai développé sur ce point-là qui me semble
être le malentendu philosophique fondamental au cœur de la notion de laïcité.
Dans l'optique des personnes qui veulent interdire le port de signes religieux,
il y a cette idée que, nécessairement, une femme, une femme musulmane, disons,
qui porte le voile, il y a cette idée que... ce préjugé que ce port-là du voile
est une oppression en soi, qu'elle le fait sous la contrainte et qu'elle le
fait dans... dans une intention ou au moins... que ça crée un effet de
prosélytisme, que ça crée une pression religieuse. Et tout ça est complètement
faux.
Ce qui... ce qui m'amène à penser ça,
c'est un des... un des échanges qu'on a eus en étude détaillée, dans laquelle
il y a... il y a notamment le ministre puis aussi une autre députée qui était
présente, du côté gouvernemental, et qui disaient, qui demandaient aux
personnes qui venaient témoigner : Ne pensez-vous pas que, s'il y a une
femme, par exemple, qui est obligée de porter le voile, mais qu'elle ne veut
pas le porter, puis elle est tellement opprimée qu'elle n'ose même pas dire
qu'elle ne veut pas le porter, puis, quand elle dit qu'elle veut le porter,
dans le fond, elle... elle ne dit pas la vérité parce qu'elle est sous la
contrainte, puis que... dans le fond, ne pensez-vous pas que notre loi va la
libérer? Tu sais, en gros, là, c'était ça, l'échange.
Puis, c'est une... c'est un préjugé puis une façon
très paternaliste de voir la liberté des femmes qui est véhiculée depuis très
longtemps, depuis, notamment, les débats entourant la charte des valeurs, donc,
il y a à peu près 13 ans, au Québec, mais peut-être un peu plus. C'est un
préjugé qui a inspiré des lois françaises, notamment sur l'interdiction du
hidjab et d'autres, notamment dans le milieu scolaire. Et le problème
là-dedans, là, c'est qu'on légifère, on fait reculer la liberté des femmes de
s'habiller comme elles... comme elles le souhaitent, au nom de la liberté des
femmes.
Et même, des fois, les tenants de ces...
de cette espèce de vision paternaliste du féminisme vont dire : Non, mais
regardez en Iran, par exemple. Ah oui! en Iran, le mouvement Femme, Vie,
Liberté, comme si c'était la même chose qui se passait au Québec. On soutient,
évidemment, les revendications des femmes iraniennes, puis pas juste des
femmes, d'hommes aussi, qui sont contre l'obligation de porter un voile en
Iran. Pourquoi? Parce que c'est une contrainte, parce qu'on est en train de
dire aux femmes comment s'habiller. Mais le contraire de ça, de cette
interdiction, de cette contrainte-là aux femmes, ce n'est pas une autre
contrainte qui leur interdit de mettre un voile. Le contraire de ça, c'est la
liberté de s'habiller comme elles veulent. La revendication des Iraniennes et
des Iraniens, dans la rue, qui contestent leur régime théocratique,
autoritaire, dictatorial, ce n'est pas de dire : Interdisez le voile,
c'est de dire : Permettez-nous de nous habiller comme nous voulons. C'est
ça, la liberté. Et c'est la liberté que nous défendons, aujourd'hui, en nous
opposant au projet de loi n° 9,
au projet de loi n° 94, dans le passé, et à son origine, le projet de loi
n° 21. Alors, c'est... c'est quelque chose qui est très problématique
comme point de vue.
• (12 h 30) •
Je veux vous dire... faire la liste des
personnes et organisations, plutôt, qui s'opposent au projet de loi n° 9, parce qu'elles sont extrêmement nombreuses, et ça
montre à quel point ce projet de loi là ne fait pas l'unanimité dans la société
québécoise. Alors, parmi les intervenants qui demandent le retrait complet du
projet de loi, il y a, bien, Québec solidaire, évidemment, le Forum musulman
canadien, l'Union étudiante du Québec, la Confédération des syndicats nationaux,
CSN, l'Association canadienne des libertés civiles. Parmi les personnes et
organisations qui s'opposent à l'élargissement de l'interdiction des signes
religieux, on rajoute la Centrale des syndicats du Québec, CSQ, Commission des
droits de la personne et des droits de la jeunesse, CDPDJ, Association des
garderies privées du Québec, l'AGPQ, l'Assemblée des évêques catholiques du
Québec, le Syndicat québécois des employées et employés de service, affilié FTQ,
Ma place au travail. Dans les personnes qui... organisations, plutôt, qui
s'opposent aux mesures touchant les milieux municipaux et l'espace public, il y
a l'Union des municipalités du Québec, la Fédération québécoise des
municipalités et le Rassemblement pour la laïcité. Quand vous avez l'UMQ puis
la FQM qui sont d'accord là-dessus, ça englobe pas mal toutes les municipalités
du Québec. Alors, toutes ces municipalités qui ont vu le ministre aller réagir
à un faux <problème...
>
12 h 32 (version non révisée)
M. Zanetti : ...le ministre à
aller réagir à un faux problème et dire : Voici maintenant comment l'espace
public sera laïcisé. Et, en passant, c'est vous qui allez vous occuper de l'administration
et des autorisations. Les... je veux dire, c'est complètement irréaliste et
superflu, le message unanime. On a déjà les règlements nécessaires pour assurer
la bonne circulation dans la rue, et là vous nous rajoutez des contraintes
bureaucratiques qui, pour des petites municipalités qui ont parfois un demi...
une demi-direction générale comme employés, c'est quelque chose qui est... qui
va ajouter à leur surcharge, qui ne les aidera pas et qui ne servira absolument
à rien.
Parmi les oppositions aux mesures touchant
le réseau de l'enseignement supérieur, la Fédération des cégeps, la Fédération
québécoise des professeurs et professeures d'université, le Bureau de
coopération interuniversitaire. Parmi les oppositions aux modifications de l'accommodement
raisonnable, il y a la CDPDJ, le Barreau du Québec, la Fédération des
établissements d'enseignement privés. Alors, ça fait énormément de monde qui s'oppose
à ça. Est-ce que j'ai nommé la Ligue des droits et libertés, ils sont aussi en
opposition, évidemment, au projet de loi. Et, en fait, ce n'est pas la liste
exhaustive des opposants, il y en a plus que ça, c'est juste quelques-uns de
ceux qui sont venus témoigner. Donc, c'est une opposition qui est énorme et à
laquelle je pense que le gouvernement, il devrait être à l'écoute de cette
opposition là, importante.
Il y a une chose qui est... qui est claire...
Il y a une chose qui n'est pas claire, puis une chose qui est claire. Ce qui n'est
pas clair, c'est le problème que vient résoudre ce projet de loi là, parce que
ce problème-là, à part un ramassis de quelques anecdotes, il n'est pas
démontré. Le milieu n'a jamais dit : Nous avons besoin que le gouvernement
légifère là-dessus. Tout le monde s'entend que le concept d'accommodement
raisonnable peut... et les lois actuelles, de toutes sortes, sont suffisantes
pour régler les conflits qu'il peut y avoir autour, par exemple, de toute la
question des... des considérations religieuses. Ce qui est documenté, par
exemple, ce sont les impacts négatifs de la loi n° 21,
que la loi n° 9... le projet de loi n° 9 ne
pourraient que pousser encore plus loin.
Alors, je vais vous faire la liste des
choses qui sont vraiment documentées et qui vont forcément être accentuées par
ce projet de loi. D'abord, il y a l'exclusion et le sentiment d'aliénation. L'application
de la loi crée un sentiment profond d'exclusion sociale, 88 % des femmes
musulmanes percevant désormais le Québec comme un environnement moins
accueillant. Et ça, c'est un résumé des impacts de la loi n° 21
tirés d'études qui ont été citées par la Ligue des droits et libertés. Deuxième
impact, impact professionnel dévastateur. Les interdictions forcent de
nombreuses femmes à choisir entre leur foi et leur carrière, ce qui entraîne
des pertes d'emploi et limite l'accès à des secteurs clés comme l'enseignement
ou la petite enfance. Augmentation de la stigmatisation et du racisme. Les
sources font état d'une détérioration du climat social, 54 % des
Québécoises musulmanes affirmant avoir subi des propos racistes en milieu de
travail depuis l'adoption de ces mesures. Désengagement et exode potentiel. La
loi nuit aux aspirations professionnelles, poussant plus de 70 % des
femmes sondées à envisager de quitter le Québec pour exercer leur métier sans
contraintes religieuses. Atteinte paradoxale à l'égalité. Bien que la loi
invoque l'égalité des genres, elle nuit de manière disproportionnée à l'autonomie
des femmes musulmanes en restreignant leur participation pleine et entière à la
vie publique et économique.
Alors, ça, c'est des choses qui sont
documentées. Ça, c'est les impacts que nous savons que va avoir le projet de
loi n° 9, parce que ce sont des impacts qui ont été
vus suite au projet de loi n° 21. Parmi les autres impacts qu'on redoute,
il y a notamment les pénuries de personnel qui sont déjà très fortes au Québec,
dans les services publics, mais qui vont être accentuées par le projet de loi n° 9, notamment dans le secteur de la petite enfance. Ça n'a
aucun bon sens, à ce moment-ci, alors qu'il manque plus de 30 000 places
pour des enfants au Québec, dans le milieu de la petite enfance, alors qu'il
manque plus de 30 000 places, qu'ils ont de la misère à recruter.
Certaines installations ont de la misère à avoir le nombre suffisant d'éducatrices
qui sont qualifiées. Il y en a qui partent, et puis là on va dire : Il y
en a plein là-dedans, des femmes qui portent le voile dans certaines régions du
Québec, plus que d'autres. Et là on est en train de dire : Bien, nous
allons limiter votre recrutement. C'est ça qui est en train de se passer. Nous
allons rendre ça encore plus difficile, encore plus difficile.
Ça, ça veut dire, non seulement ces
femmes-là ne pourront pas travailler, alors on limite le droit de femmes
musulmanes à travailler, mais, en plus, après ça, c'est que, pour chaque femme
musulmane qui ne travaillera plus...
12 h 37 (version non révisée)
M. Zanetti : ...qui n'ira pas
travailler là. C'est... C'est 6 à 7 places d'enfants de moins dans le réseau.
Alors, c'est potentiellement 3 à 6 femmes, musulmanes ou non musulmanes, mais majoritairement
non musulmanes, étant donné la composition de la... de la démographie
québécoise, qui vont... qui vont devoir rester à la maison, qui vont devoir
sacrifier une partie de leur carrière pour ça. Puis pourquoi je dis ça particulièrement
pour les femmes? Parce que, malheureusement, c'est ce qui est observé le plus
souvent. C'est plus rare que l'homme fasse ces sacrifices-là dans l'état actuel
des choses. Alors là, l'impact va être disproportionné. Mais on dirait que le
gouvernement se dit : Ça, ça me dérange moins, ça dérange moins de
renvoyer des femmes à la maison, musulmanes, non musulmanes, tout... ça, c'est
moins grave qu'il y en ait une couple qui porte des signes religieux. C'est
quand même grave.
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) :
Un instant, M. le député. M. le leader adjoint, je voudrais vous entendre,
s'il vous plaît.
M. Lévesque (Chapleau) : Merci,
Mme la Présidente. J'en ai laissé passer quelques-unes, là, mais, actuellement,
là, c'est... ça dépasse la limite. On prête des intentions au ministre, on
prête des intentions au gouvernement.
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) :
Merci. M. le député, effectivement, s'il vous plaît, veuillez faire
attention à vos propos et continuez votre énoncé.
M. Zanetti : Merci, Mme la
Présidente. Alors, c'est quelque chose qui va avoir des conséquences énormes, et
ces conséquences-là n'ont pas été mesurées par le gouvernement. Normalement, le
gouvernement, là, quand il fait une loi spécifiquement dont on peut soupçonner,
dont tout le monde soupçonne qu'elle aura des effets disproportionnés sur les
droits des femmes, il doit faire une analyse différenciée selon les sexes, une ADS
ou une ADS+. C'est le Conseil du trésor qui est supposé superviser ça. Y en a-t-il
eu, une analyse de l'impact du projet de loi n° 9? Clairement pas. C'est
quelque chose qui est donc en rupture avec la façon dont le processus
législatif doit se tenir. Évidemment, nous, on espère que le gouvernement va le
faire, même s'il est trop tard, il pourrait toujours le faire une fois le
projet loi déposé, mais j'ai le sentiment, l'impression que ça ne va pas l'intéresser
de le faire, sinon il l'aurait fait. C'est ce qu'on peut supposer des actions
qui sont posées et de celles qui ne sont pas posées.
Alors, il va y avoir des bris de service
dans le milieu de la petite enfance, il va y avoir une pénurie de personnel
accentué. Plus de femmes de toutes les origines, tu sais, vont devoir rester à
la maison. C'est ça qu'on peut voir. Je me rappelle, il y a un an, peut-être un
an et demi, l'ancienne ministre de la Famille qui disait... qui disait,
justement... on lui demandait, au moment de la loi 94 : Mais là est-ce que
ça va s'étendre aux CPE?, puis elle disait : Je ne sais pas comment je
vais être capable de combler les places dans le réseau, si on applique ça aux
CPE, c'est sûr que non. Puis là qu'est-ce qu'on voit quelques mois plus tard?
Bien, c'est ça qui se passe, tu sais, à la demande d'absolument personne.
Donc, c'est... c'est très grave ce qui se
passe avec ce projet de loi là. On va s'y opposer jusqu'au bout. Et c'est un
projet de loi qui confond, justement, la neutralité religieuse avec une forme
de... je ne sais pas si... peut-être... peut-être que ça va trop loin, une
forme d'hostilité générale par rapport au phénomène religieux. On confond la
neutralité de l'État vis-à-vis des religions à des mesures qui vont, finalement,
faire s'effacer le phénomène religieux. Ce que la laïcité doit... l'État doit
protéger, c'est la liberté de religion, mais en dessous de... pas en dessous,
mais aux racines de la liberté de religion, à sa racine même, il y a la liberté
de conscience, qui protège aussi les personnes qui n'ont pas de religion. Et
même les personnes qui n'ont pas de religion, qui n'ont pas de confession
religieuse, nous avons toutes et tous des croyances et nous avons le droit d'avoir
ces croyances-là. Et ces droits-là doivent être protégés le plus possible.
Évidemment que toute liberté a ses contraintes, évidemment que les choses qui n'ont
pas d'allure n'ont pas d'allure, évidemment, puis c'est à ça que sert,
justement, l'accommodement raisonnable. Ça sert à ce qu'un tiers indépendant du
gouvernement puisse évaluer, au cas par cas, si telle ou telle demande, si tel
ou tel comportement respecte les droits et libertés, mais aussi la laïcité de l'État.
Mais là le gouvernement, avec ce genre de projet de loi, mis à l'abri des
tribunaux par les dispositions de dérogation... le gouvernement se fait juge et
partie. Il dit : Moi, je fais... je dis que la laïcité, c'est ça, puis je
dis que ça respecte les droits, et puis personne ne va pouvoir vérifier. Bien,
ça, c'est très problématique dans un État de droit, c'est très problématique
dans une démocratie, ça ne respecte pas la séparation des pouvoirs. Et nous
nous opposons fortement à l'application de la clause dérogatoire à toutes ces
lois sur la laïcité, pas à... à la clause dérogatoire en soi, pas dans toutes
ses applications historiques, notamment dans l'histoire de la loi 101, mais,
dans la question ici des lois sur la laïcité, il y a un abus d'utilisation de
la clause...
12 h 42 (version non révisée)
M. Zanetti : ...Nous aurons l'occasion
de continuer ce débat, évidemment. C'est quand même difficile de penser que le
ministre ou le gouvernement pourrait changer d'idée, même si nous allons l'espérer
très fort. Mais j'aimerais, en terminant, remercier toutes les personnes qui
sont venues témoigner et qui font ce travail-là d'analyse et de pédagogie et de
dénonciation et de mobilisation, notamment sur le projet de loi n° 9. Mais
ce sont souvent les mêmes aussi qui se sont mobilisés pour les projets de la 94
et pour les projets le 21, et je vous encourage à continuer puis à avoir
espoir. J'ai bon espoir que ces lois-là, qui attaquent les droits et libertés
et qui mettent en veilleuse la charte, notamment québécoise, des droits de la
personne, c'est... ce sont des lois qui font leur passage dans l'histoire
législative du Québec, mais qui un jour seront battus, qui seront... seront
changés et que nous allons retrouver cet État de droit dans lequel... auquel
nous sommes si attachés.
Je rappelle, pour l'histoire, et c'est
pour moi l'objet d'une grande fierté, l'idée que la Charte québécoise des
droits et libertés de la personne soit arrivée historiquement avant la Charte
canadienne des droits et libertés. Ça montre que le Québec a été, à une époque,
formidable vers, disons, la fin de la Révolution tranquille dépendamment de la
date à laquelle on dit que ça finit, mais un leader au niveau mondial de la
protection des droits. Et, clairement, depuis 7-8 ans, nous sommes dans un
moment de recul historique, mais j'ai bon espoir que nous allons revenir à
cette identité que nous avons, à cette spécificité, à cette chose qui a fait de
nous une société distincte et qui fera de nous une société distincte dans le
futur. Alors ne gardons... Ne perdons pas espoir, gardons espoir. Ces lois-là,
elles ne sont que temporaires, elles sont de passage dans notre paysage
législatif. Il y aura toujours des gens pour s'y opposer et je pense que cette
opposition-là va croître plus nous allons constater dans tous les domaines les
effets dévastateurs que ça a. Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : Merci, M. le député. Y a-t-il d'autres interventions? Mme
la députée de Mont-Royal—Outremont, je vous cède la
parole.
Mme Setlakwe : Merci, Mme la
Présidente. À mon tour, donc, de contribuer à ce débat au stade de l'adoption
du principe du projet de loi 9, Loi sur le renforcement de la laïcité au
Québec. Mme la Présidente, ce projet de loi nous est présenté comme une réponse
nécessaire pour renforcer la laïcité. Or, à ce stade-ci, le gouvernement n'a
pas réussi à démontrer que sa pièce législative constitue une réponse mesurée,
juste et fondée à des problématiques clairement établies et documentées. C'est
quand même une question qu'on doit se poser quand on étudie chaque projet de
loi. Bien définir, cerner la problématique et s'assurer que les mesures qui
sont mises de l'avant sont appropriées et mesurées et qu'on a pris compte aussi
de l'impact sur le terrain d'une telle pièce législative. À notre sens, Mme la
Présidente, c'est bien le contraire, là. Les consultations particulières qu'on
a terminées et les mémoires qui ont été déposés ont mis en lumière de nombreux
angles morts, des effets collatéraux mal évalués et surtout un risque réel d'exclusion,
notamment en enseignement supérieur, j'y reviendrai.
Je veux prendre le temps de remercier tous
les intervenants, ma collègue de Bourassa-Sauvé l'a mentionné dans son
allocution, on a eu des témoignages, des interventions, une contribution extrêmement
riche. Elle a enrichi notre réflexion. Je remercie toutes les personnes qui
sont venues témoigner en commission. Toutes les personnes qui, bien qu'elles ne
soient pas venues, ont préparé des mémoires. Votre travail est bien apprécié et
a eu... encore une fois, il faut le souligner, là, des échanges respectueux. Et
on va continuer dans ce sens-là, Mme la Présidente, lors de l'étude détaillée.
Mais par contre, nous, à ce stade-ci,
vraiment, là, pour les raisons que j'ai énoncées de façon sommaire, on ne peut
pas voter pour le principe du projet de loi. Je voudrais mettre en lumière
différents aspects, différents angles... différents angles morts qui ont été
mis de l'avant durant les consultations particulières qui, pour moi...
12 h 47 (version non révisée)
Mme Setlakwe : ...ont donné
lieu à un signal d'alarme clair, Mme la Présidente, à l'égard du projet de loi n° 9. Ce qui frappe à la lecture des
mémoires et à l'écoute des interventions en commission, c'est la convergence
des réserves provenant de milieux très différents. Que ce soit le milieu de l'enseignement
supérieur, le milieu des services de garde, le milieu municipal ou le milieu
juridique, pour ne nommer que ceux-là, ils ont, dans tous les cas, énuméré des
angles morts, des sérieuses réserves, des préoccupations, des inquiétudes,
quand ce n'était pas carrément un appel a laissé tomber différents pans du
projet de loi.
Et, Mme la Présidente, c'est important de
le dire et de le redire, ce n'est pas un rejet idéologique, nous ne sommes pas
contre le principe de la laïcité. Bien entendu, il y a un large consensus au
Québec, mais nous contestons la façon dont le projet de loi l'applique. Et là
il y a une nuance importante à faire, Mme la Présidente, c'est plutôt un appel
à la prudence, et on met de l'avant, donc, des préoccupations très concrètes
qui nous viennent directement du terrain.
Comme porte-parole en enseignement
supérieur, cous comprendrez que je vais naturellement mettre l'accent sur ce
volet, parce que l'accès à l'éducation est un pilier fondamental de notre
société. Et, on l'a entendu en commission, cette valeur pourrait être
compromise si on met de... si on met en vigueur ce projet de loi là. Je me
réfère plus spécifiquement au mémoire qui a été déposé par la Fédération des
cégeps, qui sont d'ailleurs venus témoigner en commission, mais, en parcourant
leur mémoire, il y a trois volets majeurs à considérer. La Fédération des
cégeps nous invite à réfléchir à ces trois volets-là, elle nous a livré un
mémoire solide, nuancé et responsable, articulé, donc, autour de trois enjeux
centraux. Premièrement, les services à visage découvert, la pratique religieuse,
et, troisièmement, le port de signes religieux. Je vais les aborder
successivement, Mme la Présidente.
Premièrement, au niveau des services à
visage découvert, bien là, on parle du projet... dans le projet de loi n° 9 de l'article 6. Cet article prévoit désormais que
toute personne doit avoir le visage découvert lorsqu'elle se trouve dans un
lieu sous l'autorité d'un cégep ou lorsqu'elle reçoit un service. La Fédération
des cégeps a été très claire, le projet de loi n° 9 créerait, de facto, deux catégories d'étudiantes et porterait
atteinte à l'accessibilité à l'enseignement supérieur, une valeur qui nous est
chère ici, au Québec, depuis des décennies. Concrètement, ça signifie fermer
les portes des cégeps à certaines femmes. Or, l'égalité d'accès à l'enseignement
supérieur, encore une fois, on le rappelle, c'est une valeur fondamentale qu'il
ne faut d'aucune façon effriter ou compromettre. On ne peut pas restreindre l'entrée
à l'éducation sur la base de critères identitaires, Mme la Présidente. Il faut
être clair, là, les seules personnes susceptibles d'être touchées par cette
disposition sont des femmes, et les effets du projet de loi seraient
disproportionnés. La Fédération des cégeps le dit clairement.
Si l'objectif est d'aider ou de protéger
certaines femmes que l'on peut percevoir comme étant opprimées, rappelons une
chose essentielle : La liberté passe par l'éducation et l'isolement, ce n'est
jamais une solution. On ne pourra jamais effacer une identité... ou, c'est-à-dire,
effacer une identité n'émancipe personne, Mme la Présidente. Il est très
important de maintenir un dialogue et de travailler sur l'inclusion. On ne le dira
jamais assez souvent, notre société est diversifiée, alors il faut travailler
toujours dans l'esprit d'un vivre-ensemble qui fonctionne, à favoriser le
dialogue et l'inclusion.
Les cégeps sont des lieux de dialogue, de
confrontation d'idées, d'ouverture à l'autre. Et c'est précisément ce que
plusieurs personnes sont venues nous dire en commission lors des consultations
particulières. Je pense notamment au témoignage de Mme Pascale Sirard, qui
est directrice générale du Collège de Bois-de-Boulogne, qui a rappelé l'importance
de maintenir des milieux inclusifs où les jeunes peuvent continuer de
développer leur esprit critique. Ses paroles étaient percutantes, Mme la
Présidente, et je vais prendre le temps de citer certains extraits de son
témoignage lors de son passage en commission parlementaire...
12 h 52 (version non révisée)
Mme Setlakwe : ...elle
dit, Mme Pascale Sirard, et je la cite : «Avant de restreindre de
manière aussi importante le droit à l'enseignement de femmes issues de
minorités, il me semble essentiel de s'appuyer sur des données probantes
solides, représentatives et rigoureuses, et non sur un échantillon limité d'opinions,
aussi sincères soient-elles.» Plus loin, elle dit... elle rappelle aux
parlementaires, et je la cite encore : «Vous savez que l'éducation est un
levier infiniment plus puissant que la contrainte législative pour ouvrir les
esprits, favoriser le dialogue et développer le sens critique. L'école et le
cégep ne sont pas des lieux d'exclusion, ce sont des espaces de rencontre, de
réflexion et d'émancipation.»
Elle estime, Mme Sirard, que le
projet de loi va trop loin, car... et je la cite : «Il aura pour effet
concret de priver certaines femmes d'un accès aux études supérieures. Or, l'exclusion
n'a jamais été une réponse éducative.» Plus loin dans son témoignage, elle dit :
«Le Québec, auquel je crois, celui que je sers depuis 35 ans, est un
Québec qui construit des ponts, pas des murs. Depuis 60 ans, les cégeps
travaillent à élargir l'accès au savoir et à rapprocher les différences.
Laissez-nous rester fidèles à cette mission.»
Je croyais qu'il était important, Mme la
Présidente, de réitérer ces propos que j'ai trouvé fort pertinents et qui, en
tout cas, moi, m'appellent à la prudence et m'interpellent. Et, je me dis après
avoir entendu des propos comme ça : Voilà, ce qu'une experte sur le
terrain nous dit. Ça fait vraiment réfléchir, Mme la Présidente. Je pense aussi
aux propos de Mme Marie Montpetit, directrice générale de la Fédération
des cégeps, qui a insisté, elle aussi, sur le fait que l'accessibilité aux
études ne doit jamais être conditionnelle à l'effacement de soi. Je vais la
citer, elle aussi, là. Évidemment, on a lu le mémoire de la Fédération des
cégeps, mais Mme Montpetit a dit hier en commission :«Le projet de
loi introduit une rupture importante avec ce principe. Dans sa forme actuelle,
le projet de loi introduit une rupture importante avec ce principe important,
là, d'accès aux études supérieures en créant deux catégories d'étudiantes,
celles dont l'apparence, les convictions ou les pratiques sont jugées
compatibles avec le milieu collégial, et celles qui en seront exclues.» Mme Montpetit
a poursuivi en disant : «Cette distinction est incompatible avec la
mission des cégeps, qui reposent sur l'égalité d'accès, la non-discrimination
et l'universalité de l'enseignement supérieur public.
Plus tard, elle a dit : «Les
dispositions s'appliquant au cégep ne visent pas la question de la séparation
entre l'Église et l'État — c'est bien ça, la laïcité — mais
consacrent plutôt l'exclusion des éléments religieux de l'espace public.» Dans
sa forme actuelle, le projet de loi aura, selon Mme Montpetit, des effets
disproportionnés sur certaines personnes étudiantes, en particulier des femmes.
Elle parle volontairement, donc, d'une étudiante et non d'un étudiant, puisque
les seules personnes susceptibles d'être touchées par ces mesures que le
gouvernement souhaite mettre de l'avant sont des femmes. Le projet de loi ne se
limite pas à encadrer des comportements, Mme Montpetit dit : «il hiérarchise
l'accès à l'enseignement supérieur.»
Donc, écoutez, Mme la Présidente, Mme Montpetit
rappelle que les cégeps ont d'ailleurs joué un rôle déterminant dans l'accès à
l'enseignement supérieur pour les femmes, contribuant ainsi à leur autonomie et
à leur pleine participation à la société québécoise. Elle rappelle aussi que
les motifs invoqués pour justifier cette interdiction ne reposent sur aucune
donnée scientifique démontrant que le port d'un couvre-visage nuirait à la
prestation de services offerts par un établissement collégial. Elle martèle le
fait qu'il ne s'agit pas d'une clientèle vulnérable ou influençable. On parle
de jeunes adultes, là. Je pourrais continuer puis reprendre tout le témoignage
de Mme Montpetit, mais je pense que vous avez saisi l'essence de son
propos. La fédération représente le réseau complet, là, des 48 cégeps
publics établis partout au Québec depuis des décennies, et elle avait à ses
côtés une directrice générale d'expérience. Essentiellement, elles sont venues
nous dire que le projet de loi les inquiète énormément, qu'il n'est pas
souhaitable d'introduire ces mesures-là, et que l'impact qu'il aurait sur le
réseau de l'enseignement supérieur serait, et sur les...
12 h 57 (version non révisée)
Mme Setlakwe : ...étudiantes
visées, serait délétères, inquiétantes et négatives. C'est un projet de loi qui
va trop loin, le projet de loi, il ne touche pas seulement les salles de
classe, Mme la Présidente, il aurait pour effet d'interdire l'accès à des lieux
ouverts au grand public, souvent essentiels dans certaines communautés. On le
sait, là, dans les cégeps, il peut y avoir des cliniques-écoles qui offrent des
soins dentaires, des prises de sang, par exemple, tout ça allège la pression
sur notre système de santé, qui en a grandement besoin. Il y a des
installations sportives, des bibliothèques, des salles de spectacles et dans
plusieurs régions, ces services représentent parfois la seule... offre
culturelle ou de services de proximité. Est-ce que le gouvernement a mesuré l'impact
réel de ces interdictions prévues au projet de loi? Je ne pense pas, je ne l'ai
pas entendu. Il y a eu, ce qu'on nous dit, aucune étude d'impact, aucune
analyse sérieuse. Alors, j'en appelle au gouvernement à reconsidérer, à faire
des amendements au... à son projet de loi, à... ou à écouter le milieu et à
tout simplement... Pas juste amender, mais supprimer les dispositions
problématiques pour ne pas créer d'autres problèmes. Ce n'est pas ça qu'on veut,
là, quand on adopte un projet de loi, créer plus de problèmes. Prenons notre
temps, prenons un pas de recul et demandons-nous vraiment si les mesures vont
avoir un effet positif. Essentiellement, Mme la Présidente, la laïcité ne doit
jamais devenir un facteur d'exclusion sociale ou culturelle. C'est ça, le
message qu'on... qu'on souhaite véhiculer ce matin et réitérer, c'est ce qu'on
a entendu en commission parlementaire.
Le deuxième volet que je souhaitais... sur
lequel je souhaitais mettre l'emphase, c'est la question de la pratique
religieuse, prévue à l'article 9 du projet de loi. Ce projet de loi
prévoit également, donc, une interdiction complète de toutes pratiques
religieuses dans les lieux sous l'autorité des cégeps. Or, la Fédération des
cégeps nous rappelle une chose importante : Les cégeps gèrent déjà ces
enjeux avec discernement et responsabilité.
Le gouvernement s'appuie sur le rapport
Rousseau-Pelchat pour... dont on a pris connaissance, puis on a... on les a
entendus, d'ailleurs, en commission. Et le rapport Rousseau-Pelchat...
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : Mme la députée, je suis vraiment désolée de vous
interrompre, le temps est... le temps est dépassé.
Mme Setlakwe : Je vais
poursuivre cet après-midi.
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : Donc, vous allez poursuivre cet après-midi.
Mme Setlakwe : Oui.
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : Merci beaucoup. Compte tenu de l'heure, le présent débat
est ajourné. Les travaux sont suspendus jusqu'à 15 h. Merci, tout le
monde.
(Suspension de la séance à 13 h)
14 h 57 (version non révisée)
(Reprise à 15 h 01)
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Vous
pouvez vous asseoir.
Donc, nous poursuivons nos travaux aux affaires
du jour.
Aux affaires inscrites par les députés de
l'opposition. Donc, à l'article 69 du feuilleton aux affaires inscrites
par les députés de l'opposition, M. le député de Matane-Matapédia présente la
motion suivante :
«Que l'Assemblée nationale dénonce le
mauvais bilan du gouvernement caquiste pour la région du Saguenay—Lac-Saint-Jean
après deux mandats au pouvoir.»
Je vous informe que la répartition du
temps de parole pour le débat restreint sur la motion inscrite par M. le député
de Matane-Matapédia s'effectuera comme suit : 10 minutes sont
réservées à l'auteur de la motion pour sa réplique; 45 minutes sont allouées
au groupe parlementaire formant le gouvernement; 22 min 37 s sont
allouées au groupe parlementaire formant l'opposition officielle; 13 min 49 s
sont allouées au deuxième groupe d'opposition; et 18 min 34 s
sont allouées au troisième groupe d'opposition.
Une enveloppe de 10 minutes sont allouées
aux députés indépendants, sous réserve d'un maximum de 1 min 30 s
chacun.
Dans le cadre de ce débat, le temps non
utilisé par les députés indépendants ou par l'un des groupes parlementaires
sera redistribué entre les groupes parlementaires selon la proportion établie
précédemment.
Mis à part ces consignes, les
interventions ne seront soumises à aucune limite de temps.
Enfin, je rappelle aux députés indépendants
que, s'ils souhaitent intervenir au cours de ce débat, ils ont 10 minutes, à
partir de maintenant, pour en aviser la présidence.
Je cède immédiatement la parole à M. le
député de Matane-Matapédia.
M. Bérubé : Mme la Présidente,
c'est le Parti québécois qui a pris l'initiative de tenir ce débat de 2 heures
sur la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Un bilan qui nous permettra de voir
ce qui a été fait et ce qui n'a pas été fait. Je vais faire ça avec…
15 h 02 (version non révisée)
M. Bérubé : ...mes
collègues qui sont tous aussi investis que moi pour cette région.
Historiquement, le Parti québécois a toujours été très présent, il y a des
racines dès 1973 dans Chicoutimi jusqu'à 2018. Bon, il y a eu des députés
actifs, des ministres influents qui ont plaidé pour cette région qui est chère
à notre cœur et à notre formation politique. En 2018, les citoyens, citoyennes du
Saguenay—Lac-Saint-Jean ont fait un choix différent. Ils ont fait confiance à
la Coalition avenir Québec, ils lui ont accordé un mandat fort dans les cinq
circonscriptions du Saguenay—Lac-Saint-Jean. Cinq circonscriptions qui se sont
dit : Du côté du pouvoir, on va pouvoir changer les choses pour le mieux
dans notre région.
Nous croyons que la CAQ a fait ce qu'elle
avait à faire de bien et que, dans bien des cas, elle a échoué, et c'est l'exercice
qu'on fera aujourd'hui. Nous pensons également que les citoyens de cette
région, le Saguenay et le Lac-Saint-Jean, ont tourné la page. Ils n'attendent
plus rien de ce gouvernement. D'ailleurs, ça se manifeste à travers l'appui
présentement qu'on y retrouve. Imaginez dans les cinq circonscriptions, en
2022, par exemple, dans Roberval, l'appui était de 56,2 %, maintenant
crédité de 18 %. Dans Lac-Saint-Jean, l'appui était de 51,5 %, il est
maintenant de 20 %. Dans Dubuc, l'appui était de 57,6 %, maintenant
22 %. Dans Jonquière, l'appui était de 59,4 %, il est maintenant à 19 %.
Et, dans Chicoutimi, il était de 62,3 %, le meilleur résultat au Québec
pour un député... une députée de la CAQ, maintenant à 13 %. Comment ça s'explique?
Bien, les citoyens de la région ne sont pas tellement différents de ceux du reste
du Québec. Ils voient bien les mauvaises décisions en matière budgétaire, entre
autres. Ils voient bien que la juste part ne revient pas dans leur région.
D'ailleurs, quand j'entendais le député de
Jonquière dire que l'investissement dans les Kings de Los Angeles, ce n'était
pas une bonne décision, il a affirmé quelque chose de très juste. Quand j'entends
les intervenants dire encore récemment à travers la Chambre de commerce et d'industrie
de Saguenay-Le Fjord, qu'il y a encore beaucoup à faire, c'est que ça n'a pas
été fait dans les sept années précédentes. Se pose la question du poids
politique de cette région à l'Assemblée nationale. Et il y a la désaffection
des citoyens, le manque d'espoir, le manque de confiance à l'égard du
gouvernement de la CAQ, même la ministre régionale a choisi de quitter la CAQ.
Et là, se pose la question de l'avenir. Il y a un nouveau ministre régional qu'on
entendra certainement nous indiquer en quoi, peut-être, dans les derniers mois,
il pourra racheter les sept dernières années.
Au Parti québécois, lorsqu'on regarde le
dernier gouvernement dans cette région, pas moins de trois ministres siégeaient
autour de la table des décisions et des ministres influents. Je pense à
Stéphane Bédard, dans Chicoutimi, président du Conseil du trésor, je pense à
Sylvain Gaudreault, dans Jonquière, ministre des Transports et des Affaires
municipales, je pense à Alexandre Cloutier, dans Lac-Saint-Jean, le ministre
des Affaires intergouvernementales, notamment. Donc, trois ministres qui,
ensemble, avaient un poids exceptionnel au Conseil des ministres. J'espère qu'on
a autant de pouvoir avec un ministre que ces trois ministres-là, et c'est ce qu'on
pourra vérifier sur des dossiers importants. Et ces dossiers traversent le parc
et se rendent à nos oreilles, parce que les gens nous appellent. Ils ont besoin
de notre aide pour plaider pour Port Saguenay, ils se questionnent également
sur la propriété des ressources naturelles qui devraient bénéficier à la
région. On l'a vu récemment, on a été les seuls à intervenir sur ce dossier. On
n'est certainement pas étrangers au dénouement. Intervenir en matière de santé,
intervenir en matière d'infrastructures, et elles sont nombreuses, celles qui
sont attendues. Je pense au Centre Georges-Vézina, par exemple, qui accueille
présentement une des meilleures formations de la Ligue de hockey junior majeur,
les Saguenéens de Chicoutimi.
Les citoyens nous disent essentiellement :
On veut être fiers de ceux qui nous représentent. On veut sentir qu'autour de
la table, les gens du Saguenay et du Lac sont là pour nous. Alors, le message
aujourd'hui, à travers le chef du Parti québécois, à travers mon collègue d'Arthabaska,
c'est de vous expliquer quel est ce bilan, et en quoi une alternative est là et
pourrait remplacer ce gouvernement cette année, et faire beaucoup plus et
beaucoup mieux pour le Saguenay et le Lac-Saint-Jean.
Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Je vous remercie, M. le député. Maintenant, je suis prête à céder la parole
au prochain intervenant qui sera le ministre délégué au Développement
économique régional.
À vous la parole, M. le ministre.
17957
M. Girard (Lac-Saint-Jean) :Oui, merci, Mme la Présidente. Donc, écoutez,
je pense que c'est une très belle opportunité qui m'est donnée aujourd'hui, Mme
la Présidente, de revenir sur ce que notre gouvernement a réalisé dans notre
région depuis plus de sept ans. Donc, Mme la Présidente, le Saguenay—Lac-Saint-Jean,
c'est cinq circonscriptions. C'est aussi une région qui compte 47 municipalités,
ainsi qu'une communauté autochtone. C'est important de se le rappeler, parce
que chacune a ses particularités...
15 h 07 (version non révisée)
M. Girard (Lac-Saint-Jean) :
...et ces besoins dont il faut tenir compte. Et je le dis d'entrée de jeu, je
ne partage pas la vision du député de Matane-Matapédia. Le Saguenay–Lac-Saint-Jean
mérite mieux qu'un discours négatif, Mme la Présidente. Ma région mérite qu'on
reconnaisse ses forces, ses réussites et son immense potentiel. Et, quand on
parle d'un bilan régional, il y a un impératif, celui de s'appuyer sur les
faits, sur les projets livrés, sur les résultats concrets et sur les
perspectives d'avenir. Et c'est exactement ce que je vais faire aujourd'hui.
Tout d'abord, j'aimerais souligner, bien
entendu, un apport moins visible, c'est-à-dire tout le travail que les députés
et leurs équipes font dans l'ombre pour accompagner les entreprises, les
organismes, les citoyens. Je suis toujours très heureux quand on annonce des
aides gouvernementales, Mme la Présidente, mais je sais que, derrière chacune d'elles,
il y a des entrepreneurs avec un projet travaillé depuis des mois, parfois des
années, ou encore il y a des enseignants dans une école qui ont convaincu leur
direction et leur centre de services scolaire de pousser un projet, des gens
qui travaillent fort pour que ça prenne forme. Il y a aussi une municipalité,
parfois avec des ressources limitées, qui fait des petits miracles pour
améliorer la vie de ses citoyens. Ces gens-là, Mme la Présidente, on ne les
voit pas dans les chiffres et dans les statistiques. Et je pense que c'est
important de les nommer et d'être fiers des gens de chez nous qui font, eux
aussi, avancer le Québec, Mme la Présidente. Alors, je me présente donc devant
vous avec beaucoup de fierté et avec la conviction, Mme la Présidente, que les
équipes et mes collègues ont travaillé chaque jour pour que la région se
développe. Et à chaque chiffre que je vais vous donner, gardez en tête tous
ceux et celles qui sont derrière ça.
Donc, vous savez, la mémoire étant une
faculté qui oublie, laissez-moi vous rappeler quelques faits qui démontrent l'étendue
de ce qui a été accompli chez nous. Tout d'abord en éducation, on en a refait, des
cours d'école pour les remettre au goût du jour et améliorer la qualité de vie
des élèves et du personnel. C'est 21 projets que nous avons réalisés pour
les cours d'école, pour un total de plus de 20 millions de dollars, Mme
la Présidente. On a aussi fait un investissement permettant la construction d'une
nouvelle école à Bégin ou encore le nouveau pavillon d'ébénisterie à Alma, qui
a été construit dans ma circonscription grâce à un investissement de 9 millions.
Ah oui, et 6 millions aussi pour la résidence universitaire sur le campus
de l'UQAC qui permet aux étudiants d'être bien logés. Nos cégeps aussi ont
profité de nombreux investissements. En 2021 seulement, c'est 3,3 millions
pour huit projets d'infrastructures visant à améliorer les installations, Mme
la Présidente, dans nos cégeps, sans compter les 10,8 millions pour le
cégep de Chicoutimi. 4,7 millions pour agrandir et moderniser les
installations du Centre québécois de formation en aéronautique. Je peux vous en
nommer encore longtemps en éducation, comme l'école de Saint-Coeur-de-Marie de
ville de Saguenay, qui a bénéficié d'un investissement de 6 millions. Ces
sommes-là, Mme la Présidente, c'est la population en entier qui en voit les
retombées. Juste dans ma circonscription, c'est trois nouveaux gymnases qui ont
été construits et réalisés. Un agrandissement d'école pour l'ajout de classes
maternelle à Saint-Pierre à Alma. Je peux vous les nommer, les écoles, je les
connais. Dans ce temps-là, je pense aux familles, et aux élèves, au personnel
scolaire, Mme la Présidente, aux municipalités qui ont des ententes de
partenariat pour utiliser les... les infrastructures de ces gens-là, de ces
écoles-là. Puis je considère que c'est très positif. Puis je pourrais continuer
encore en éducation, mais le temps va me manquer. Puis j'ai d'autres collègues
aussi qui ont des choses à dire.
Passons à un ministère où les
investissements sont très importants dans la région, le transport. Premièrement,
nous sommes le gouvernement qui a le plus investi dans les routes. On a bonifié
les sommes disponibles et nous avons changé les modalités afin que toutes les
municipalités aient la chance d'obtenir des investissements pour la voirie
locale. Puis ça, c'est tout le Québec qui en bénéficie. Puis je peux vous dire,
du temps que j'étais maire, ce n'était pas comme ça que ça fonctionnait. Le
transport, c'est important pour moi parce que c'est avant tout la sécurité des
usagers. On le sait, l'hiver, au Québec, ce n'est pas évident pour nos
infrastructures et les municipalités qui se développent, au fil du temps, nous
amènent parfois à revoir les aménagements pour des questions de sécurité.
On va commencer. Carrefour giratoire à
Alma à la jonction du boulevard Auger et de la route du lac, carrefour
giratoire à Saint-Bruno, à la jonction des routes 169 et 170, mise en
place de mesures d'atténuation et début des travaux pour le réaménagement de la
route 169 à Métabetchouan–Lac-à-la-Croix afin de sécuriser une
intersection. La voie de contournement de... à Alma, 65 millions. Grande-Anse
et La Baie, 307,4 millions pour le parachèvement de l'autoroute 70 du
côté de la... circonscription de Dubuc. Il y a aussi des sommes qui ont été
investies du côté de ma circonscription. La route à quatre voies divisées,
notamment pour les études qui ont mené au choix du corridor puis à l'élaboration
du tracé. Et, comme je le répète souvent, on a remis ce projet à l'agenda du
gouvernement et les prochaines sommes investies nous permettront de déposer l'étude
d'impact environnemental...
15 h 12 (version non révisée)
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : ...Mme
la Présidente. On a investi aussi dans nos pistes cyclables, dans la Véloroute
des Bleuets et dans la sécurité, notamment avec l'ajout de bandes cyclables. On
a mis de l'argent dans l'aéroport Saguenay-Bagotville, 6,2 millions. C'est un
aéroport qui est utilisé autant par les professionnels et les entreprises qui
doivent voyager, que ce soit pour affaires, pour les touristes. C'est bon pour
notre économie.
Puis je peux continuer avec l'électrification
des transports. Le transport en commun, le transport scolaire, c'est des
dizaines de millions, Mme la Présidente. Quand on dit que la catégorie du
transport est importante, que, depuis 2019, c'est 1 milliard, Mme la
Présidente, 1 milliard qui a été investi sur les routes gérées par le MTMD,
en plus de 86 millions investis dans les routes locales, ça, c'est des
routes locales entretenues par les municipalités, en cinq ans. Donc, c'est un
incontournable chez nous, Mme la Présidente, le transport, notamment en raison
de l'étendue du territoire. Et on a été nommés l'an passé dans le premier rang
au niveau de la qualité de nos routes.
On va aller au niveau de la santé. C'est
important, la santé, une catégorie assez costaude : l'Hôpital de
Dolbeau-Mistassini, mais je vais laisser ma collègue la députée de Roberval vous
en parler davantage, l'ajout d'un appareil de résonance magnétique pour 5 millions,
à l'Hôpital de Chicoutimi, 11 millions pour le Centre de santé l'équilibre, du Saguenay—Lac-Saint-Jean,
qui soutient les personnes en situation de vulnérabilité, la construction de
trois maisons des aînés alternatives, soit Saguenay, Alma et Roberval, pour un
total de 360 places. L'ouverture d'une clinique pédiatrique et d'infirmières
praticiennes spécialisées au Saguenay, le financement pour nos maisons Oxygène,
qui aident les pères en situation de... pardon, vulnérabilité, 2,2 millions sur
cinq ans, Maisons Gilles-Carle à Alma et Saguenay, la rénovation de l'Hôpital
de la Baie pour un montant de 7,5 millions, près d'un demi-million pour
développer des nouveaux services d'hébergement en itinérance, des ressources
qui n'existaient pas au niveau de Lac-Saint-Jean et de Roberval, en plus de la
relocalisation de la Maison des sans-abri de Chicoutimi, pour un montant de 1,4 million,
qui provient, bien entendu, du gouvernement du Québec.
En terminant, Mme la Présidente, mon volet
santé, on ne parlera pas d'argent, mais je pense que c'est important de
mentionner tout le travail politique qui s'est fait au Saguenay—Lac-Saint-Jean
en maladies rares. Dans les dernières années, on a travaillé en collaboration
avec le CIUSSS, l'université, les chercheurs, les groupes de personnes
atteintes et la population pour consolider la position de la région en maladies
rares, Mme la Présidente. On a confirmé l'ajout de deux maladies aux tests de
porteurs qui sont offerts aux gens originaires de la région et on a même réussi
à faire rembourser des acides aminés nécessaires au traitement de plusieurs
maladies métaboliques partout au Québec. On a aussi travaillé fort pour que
notre région obtienne une désignation officielle à titre de centre de référence
régional interdisciplinaire pour les soins et la recherche en maladies rares. C'est
tout un accomplissement, ça, Mme la Présidente. C'est une collaboration avec le
politique qui n'avait jamais été vue avant. En tout cas, enfin, c'est ce qu'on
dit chez nous, dans le milieu, quand je me promène.Aider une région, ce n'est
pas juste des sous, c'est tout ça, Mme la Présidente.
On continue, on va aller au niveau de l'économie
et l'aide que nous avons apportée à nos entreprises. Je vais vous donner
quelques exemples, parce qu'il y en a vraiment beaucoup, je vais y aller
rondement : 1,8 million à l'UQAC pour la recherche sur les matériaux
innovants, 4,9 millions pour le groupe Refraco, 5,5 millions pour Atelier...,
13 millions dans ma circonscription pour la scierie Bois Francs Bio Serra,
2,2 millions à Rio Tinto pour les installations maritimes, sans compter tout le
reste dont vous êtes au courant, 2,2... 36,8 millions de notre
gouvernement à Port Saguenay pour la construction d'un système de manutention
mécanisé, 5,8 millions pour la scierie Martel, 10 millions au Centre
de recherche québécois de l'aluminium, 2,2 millions à... pour la récupération
de matériaux, 3,6 millions à l'entreprise BDF industriel... dans Dubuc,
6,9 millions pour l'usine de production d'aluminium à haute pureté, 15 millions
pour un projet de gaz naturel renouvelable en collaboration avec notre lieu d'enfouissement
technique. C'est un projet qui va permettre d'éviter d'augmenter le coût de
traitement des matières résiduelles.
Donc, c'est dans les poches des citoyens
que ça se retrouve, Mme la Présidente. Il y a encore bien d'autres d'exemple,
mais une de mes grandes fiertés aussi, à titre de député, c'est...
15 h 17 (version non révisée)
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : …le
financement et la création du COlab, avec le Collège d'Alma, qui œuvre dans l'innovation
sociale et la culture numérique et qui accompagne autant les écoles que les
entreprises afin d'accroître les compétences numériques des collectivités. C'était
mort, ce dossier-là, Mme la Présidente, en 2018. Bien, on l'a réalisé, puis je
vais continuer encore.
La famille et la jeunesse, 2 000 places
subventionnées ajoutées en région. Juste dans ma circonscription, c'est quatre
garderies, quatre CPE. On a aussi déployé des projets pilotes de services de
garde éducatifs en milieu communautaire. Seulement, dans ma circonscription, j'en
ai trois qui sont opérationnels, dont un, dans une résidence pour personnes
aînées. 2,6 millions pour l'intégration au marché du travail des jeunes de
la région, 1,4 million pour Agir tôt.
Maintenant, je vais vous parler du
logement aussi, c'est important parce qu'on en a fait, Les Habitations Coderr à
Alma, une entreprise d'économie sociale qui existe depuis très longtemps, sont
nées de discussions, entre autres, entre le promoteur et mon équipe de
circonscription. C'est une idée collective qu'on a eue qui a permis la
construction de 60 logements sociaux. C'est un projet pour lequel nous
avons investi 10,8 millions et qui, sans notre accompagnement, sans notre accompagnement,
n'aurait jamais vu le jour. Et maintenant, ils ont également un projet en
développement à Saguenay. Les Appartements Delphine à Hébertville. C'est chez
nous, ça, Hébertville. C'est un projet de 20 logements pour les familles vivant
avec une personne souffrant d'un handicap. Je sais que mon collègue en face de
moi trouve ça extrêmement important. Un autre projet qui émane de notre équipe
et qui s'est par la suite réalisé grâce à l'engagement de la communauté et de
la municipalité, c'est 23 logements sociaux sont aussi à Chicoutimi pour
un investissement de 5,4 millions.
Je ne m'arrête pas là, on investit aussi
dans d'autres choses. Nos infrastructures en eau, on en a pour 42 millions
sur cinq ans, que ce soit par exemple à L'Anse-Saint-Jean, à Saguenay, à Saint-Prime
ou à Sainte-Monique. C'est majeur pour nos municipalités, Mme la Présidente.
Sans compter les 26 millions qui ont été investis pour les infrastructures pour
d'autres municipalités sur cinq ans, c'est quand même bon, c'est quand même
bon. Puis je ne compte pas les nombreux projets soutenus grâce aux Fonds
Régions et ruralités, ce qui représente encore plusieurs millions.
J'aimerais aussi vous parler un peu de
culture et de tourisme. Oui, oui, on en a pas mal. De tous nos festivals et événements
qui viennent tous soutenir nos infrastructures en tourisme qu'on aide, que ce
soient nos musées comme le 2 millions pour la Pulperie de Chicoutimi, ou
tous les... ou tous les millions qui ont été investis pour la reconversion et
le maintien de nos églises. Oui, à Saint-Gédéon, on a reconverti une église en centre
communautaire. Ça, c'est juste chez nous, mais je vous dis, il y en a 47, des
municipalités. Puis j'ai d'autres collègues qui vont parler tout à l'heure. Le
Tour du lac qui est maintenant une route touristique officielle, oui, le Cap Jaseux
qui a reçu plus de 5,5 millions. On a aussi la Passerelle du 49ᵉ parallèle qui
est importante pour l'économie liée au VHR. Les investissements de 1,5 million au
Mont Lac-Vert sont dignes de mention, de même que l'agrandissement du Parc
national de la Pointe-Taillon, qui a requis un investissement de 10,7 millions.
Vous savez les chiffres que je viens de
vous donner en transport, en éducation, au niveau du logement, oui, ils m'impressionnent,
mais pour moi, ce n'est pas le plus important, Mme la Présidente. Le plus
important, c'est les dossiers que nous avons, que nous défendons depuis des
années. L'écoute que nous avons pour les gens de la région, les liens que nous
avons tissés depuis sept ans et qui font que, quand les gens nous appellent,
ils savent…
15 h 22 (version non révisée)
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : ...qu'ils
auront un accueil, que ce soit pour présenter un projet ou régler une
problématique. L'écoute et l'accompagnement est disponible pour les citoyens et
citoyennes, pour les entreprises, pour les municipalités, pour nos MRC, pour
nos organismes communautaires.
Avant de terminer, j'aimerais parler de
nos organismes communautaires que je viens de nommer, parce qu'ils sont d'une
importance capitale partout au Québec, incluant chez nous. Depuis notre arrivée
au pouvoir, on en a fait beaucoup pour rehausser le financement. On les aide
aussi grâce à notre programme de soutien à l'action bénévole. Mais on le sait,
on le sait, Mme la Présidente, les besoins sont grands, ils évoluent... et qu'il
va falloir continuer de faire plus dans les prochaines années. Mais pour
comprendre tout ça, là, il faut avant tout être proche de notre communauté, être
proche de notre communautaire. Il faut collaborer et trouver des moyens d'aider
nos communautés. Et c'est ce qu'on fait chaque jour. Ça prend des députés comme
on nous appelle, des vrais bleuets, pour comprendre ça. Et chaque jour, on
continue de travailler pour faire avancer les dossiers en cours.
On a besoin d'une résidence étudiante à
Alma. Bien, on est là pour accompagner le projet, Mme la Présidente. Pas fini.
On sait ce que ça nous prend. On la connaît, notre région. La route à quatre
voies divisées à Saint-Bruno, c'est encore et toujours une priorité pour moi et
pour mon comté. La sécurisation de la route 170 à Larouche, c'est un
dossier que je ne lâche pas et ça avance, Mme la Présidente. On a des pistes en
ce moment qui sont explorées. Les grands projets à Port Saguenay, je veux qu'ils
s'installent chez nous. Le bloc opératoire de Chicoutimi. Oui, le bloc
opératoire de Chicoutimi, Mme la Présidente. C'est une priorité pour moi, parce
que c'est une priorité pour notre région. C'est chez nous qu'on veut se faire
soigner et on veut maintenir l'expertise autant pour nous que pour les régions
voisines comme la Côte-Nord, le Nord-du-Québec et nos deux communautés
autochtones qu'on dessert. L'Hôpital de Jonquière, aussi. Je porte ce dossier,
parce que, si un hôpital est en mauvais état chez nous, c'est tout le réseau
qui écope, Mme la Présidente. Mon collègue de Jonquière, député de Jonquière,
le sait très bien. Et la forêt? Oui, la forêt, on y croit à la forêt puis on va
s'en sortir, parce que nos entrepreneurs y croient, Mme la Présidente, puis nos
élus. Puis on va le faire ensemble. C'est le coeur de notre économie, puis je
vais continuer à me battre tant et aussi longtemps que je serai en poste.
J'ai parlé au «je». Vous l'avez compris. J'ai
parlé comme député de Lac-Saint-Jean et comme ministre responsable de la
région, mais j'aurais pu parler au «nous», oui, au «nous». Parce que je ne suis
pas seul à me battre. J'ai des collègues ministres qui ont aussi à cœur notre
région, mais j'ai aussi des collègues qui sont députés dans notre région, qui
ont à cœur de défendre les gens de chez nous. La députée de Roberval, le député
de Jonquière. Pas facile, toujours, entre nous, dans la région, on est bien
reconnus, mais je peux vous dire qu'on sait ce que ça nous prend. Je l'ai dit
tantôt, nous, on est des vrais bleuets, puis ça prend des vrais bleuets pour
comprendre la région. Des bleuets sauvages.
J'espère que le moment qui m'a été accordé
vous aura permis de sentir l'amour que j'ai pour notre région, pour nos gens,
pour notre forêt, notre agriculture, nos entreprises, de tous les domaines.
Puis je suis fier, on en a des... des vraiment des belles, des entreprises, qui
sont de renommée internationale, nationale : Proco, LAR Machinerie, Nordex,
tout le mouvement coopératif qui fait partie de notre ADN, Nutrinor... Bien, on
les aide ces gens-là. On est avec eux. C'est des gens puis c'est toute l'innovation
dont nous faisons preuve et pour le travail que j'ai le privilège de faire au
quotidien.
Donc, en terminant, je vous remercie de m'avoir
permis de mettre en valeur notre bilan régional, M. le député, puis je suis
bien fier de tout ce qu'on a accompli. Vraiment. Puis je l'ai fait en équipe
avec...
15 h 27 (version non révisée)
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : ...mes
collègues. Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Je vous remercie, M. le ministre. Maintenant, je suis prête à donner la parole
au prochain intervenant, M. le député de Marguerite-Bourgeoys. Je vais... À
titre informatif, je vais... vous avez 24 minutes, l'opposition officielle,
avec le réajustement, étant donné que les députés indépendants n'utilisent pas
leur temps. Alors, voilà.
M. Beauchemin : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Merci, merci aux collègues de la troisième
opposition d'avoir déposé cette motion. Merci aux collègues du gouvernement de
bien vouloir... avoir pris le temps de s'exprimer. Je vois l'énergie du
collègue, qui nous a décrit sa région avec ardeur, et je le comprends. Je pense
qu'il n'a comme pas le choix non plus d'agir de la façon qu'il le fait.
Je veux juste relire le titre de la motion,
là, pour qu'on soit clair sur le sujet : «Que l'Assemblée nationale dénonce
le mauvais bilan du gouvernement caquiste pour la région du Saguenay—Lac-Saint-Jean
après deux mandats au pouvoir.»
Puis, nonobstant tout ce que notre
collègue vient juste de nous décrire, qui... on va s'entendre, on est tous
relativement égaux ici, là, à l'Assemblée nationale, on est 125 députés
représentant nos régions. Puis là je viens d'entendre une liste d'accomplissements
sur les deux derniers mandats de la CAQ. Bien, je suis content pour le député,
qu'il puisse s'exprimer ainsi, mais je pense que nous tous, on aurait tous à
peu près eu des accomplissements similaires.
Moi, je suis un gars de chiffres, Mme la
Présidente, et puis, quand on nous dit, avec toute fierté du monde, là, qu'on a
été capable d'avoir 42 millions de dollars en infrastructures pour les
systèmes d'eau, là, dans sa région, juste pour qu'on comprenne, on peut
utiliser notre téléphone, faire le calcul, ça, là, 42 millions de dollars,
sur un PQI de 167 milliards de dollars, c'est 0,02 % du budget qui a
été... Bien, en fait, je suis généreux, là, parce qu'on m'a dit que c'était sur
une période de cinq ans. La réalité, c'est que je devrais donc diviser ça par
cinq. Pour donner une idée, là, de ce que ça représente, ce n'est même pas
0,001 % de ce qui est à dépenser. Ça fait que c'est important, quand même,
de regarder ça de façon relative, parce que, dans le fond, là, ce qu'il est
important de comprendre, c'est : des grands engagements dans une région où
le gouvernement a cinq députés sur cinq, bien, il n'y en a pas eu vraiment de
réalisés.
Puis il y en a plusieurs autres, régions,
au Québec. On va focusser, là, sur Saguenay—Lac-Saint-Jean aujourd'hui, là, mais
toutes les régions du Québec se sont senties abandonnées par ce gouvernement-là.
On peut aller en Abitibi, où est-ce qu'ils sont trois sur trois.
Une voix : ...
M. Beauchemin : Pardon? On
peut... On peut aller en Abitibi aussi pour entendre les mêmes commentaires de
la part des citoyens, que le gouvernement les a abandonnés. Quand ils sont cinq
sur cinq dans la région, Mme la Présidente, et puis qu'après des balbutiements
du président américain, là... que le premier réflexe de l'ancien... bien, du
présent président... présent chef de la CAQ... nous dire, en se rendant à
Washington, qu'il était prêt à faire des compromis, hein, il était prêt à tout
donner, en fait, finalement, là, sur l'industrie forestière ou sur la
production d'aluminium... puis je ne parlerai pas non plus, là, de l'aéronautique,
parce qu'il a aussi voulu donner notre... nos secrets de cette sauce-là. Bien,
écoutez, Mme la Présidente, c'est quand même triste de voir que la région
centrale, la plus affectée au Québec par les propos du premier ministre lorsqu'il
est sorti de sa première rencontre puis qu'il avait vraiment eu de l'air d'avoir
été choqué par ce qu'il avait entendu de l'administration américaine... c'est
dire qu'il était prêt à faire des sacrifices sur l'industrie forestière puis l'industrie
de l'aluminium, deux piliers structurants pour la région, Mme la Présidente.
Bon, je comprends, là, qu'on fait une
motion aujourd'hui, là, pour parler, là, du Saguenay—Lac-Saint-Jean, c'est de
bonne guerre, hein, on est en élection partielle, le Parti québécois a le vent
dans les voiles dans la région...
15 h 32 (version non révisée)
M. Beauchemin : ...mais la CAQ
n'est nulle part. La CAQ n'est nulle part dans la région. J'y étais, il y a
deux semaines, j'y étais la semaine passée et j'y retourne la semaine
prochaine. On ne les voit pas sur le terrain. Personne n'en parle. C'est la
déception totale. Pour une simple et unique raison, ils ont été sacrifiés comme
plusieurs autres régions, monsieur... Mme la Présidente, ça fait que c'est
triste de le voir. C'est triste de comprendre qu'après deux mandats des projets
structurants qui auraient pu avoir lieu n'ont pas été annoncés, des projets, en
fait, qui étaient déjà en existence. Donc, l'industrie, évidemment, forestière
et l'industrie de l'aluminium ont été mises à vendre quasiment, là. On est prêt
à sacrifier ça, nous, parce qu'on veut un deal puis ça presse vite, là. On veut
renégocier l'accord avec les Américains rapidement. Ça, c'est le premier
ministre, là, le négociateur en chef, là, qui nous parle après avoir été
traumatisé de sa rencontre avec le sous-chef du commerce aux États-Unis.
Donc, on va s'entendre, Mme la Présidente,
là, ici, là, je comprends que le gouvernement veut nous donner l'image de leurs
réalisations, puis c'est de bonne guerre. On va les entendre. Mais, qu'on soit
un député de la CAQ, un député du Parti québécois, de la Coalition avenir
Québec, qu'on soit député du Parti libéral ou de Québec solidaire, on a tous
des réalisations dans nos comtés, là. Puis c'est normal. C'est ça, la job, c'est
notre rôle. On doit écouter nos citoyens et essayer de porter leurs dossiers
ici, à l'Assemblée nationale, négocier avec nos collègues au gouvernement, puis
s'assurer qu'on est capables d'avoir des développements économiques dans nos
comtés. Puis c'est normal. C'est ça, notre job. Donc, il n'y a aucune vraiment
grosse différence... différence entre ce que le gouvernement, ce que le
collègue vient juste de dire, à ce que les autres députés ici, à l'Assemblée
nationale, peuvent faire. Non, non, mais ce qu'on parle ici, c'est le
gouvernement de la CAQ dans son ensemble. Quelle était la vue d'ensemble pour
la région, pour l'industrie forestière, pour l'industrie de l'aluminium, pour le
port du Saguenay? Écoutez, Mme la Présidente, ce n'est quand même pas rien, là.
On nous a promis, en 2018, un nouveau
régime forestier. En ce moment, Mme la Présidente, là, il n'est nulle part, ce régime-là.
Non seulement il n'est nulle part, on nous a brandi pendant des années :
On travaille là-dessus, on va le faire, on va en arriver à la conclusion, que
ça va être la meilleure chose depuis le pain tranché. Finalement, la CAQ a
accouché d'un mort-né sur ce produit de... ce... sur le régime forestier. Tous
ont été unanimes pour dire que ce n'était pas bon. Tous ont été en symbiose avec
le fait que ce que gouvernement-là avait proposé comme régime forestier allait
à l'encontre de ce que l'industrie demandait, de ce que les travailleurs en
région demandaient, de ce que les gens qui équipent les gens qui font justement
ce travail-là demandaient de toute la chaîne d'approvisionnement, Mme la
Présidente, dans l'industrie forestière.
Non seulement ça, c'est qu'on a un
avantage compétitif au Québec, on a un avantage compétitif dans cette région-là
spécifique, Mme la Présidente, mais le gouvernement n'a pas voulu écouter les
joueurs, n'a pas voulu s'asseoir à la table. Puis c'est ça, l'enjeu. On le voit
dans tous les projets de loi de ce gouvernement-là. En ce moment, je suis sur
le projet de loi no 5. Tous les groupes sont venus nous voir pour nous
dire : Bien, le gouvernement n'a pas voulu nous consulter. C'était la même
chose sur le projet de loi no 7. C'est la même chose dans les
consultations budgétaires. Dans les consultations budgétaires, Il y a tellement
de monde qui veulent rencontrer le ministre des Finances, mais il n'est pas
capable de tous les rencontrer. On n'est pas capables d'avoir le son de cloche
puis de faire une synthèse. Moi, pendant des années, j'ai vu le gouvernement de
la CAQ se promener avec le livre, là, les gros projets, comment réaliser des
gros projets, une espèce de livre jaune, là, tu sais, Big Projects for Idiots,
là. C'était ça que la CAQ avait une fierté de se promener avec ça, là. La
première chose que la CAQ aurait dû faire, c'est de minimalement lire ce livre-là,
parce qu'à l'intérieur du livre, là, ce qu'on dit, c'est que, si on veut
réussir quelque chose dans la vie, on doit planifier correctement, on doit s'organiser
pour faire les consultations avec toutes les parties prenantes de la société
civile dans lesquelles une influence va avoir un effet sur ce... sur le projet
qu'on veut mener à bout de terme. Donc, Mme la Présidente, quand on regarde ce
qui se passe actuellement au gouvernement, puis on se rend compte qu'ils sont
incapables de le faire, que ce soit dans le régime forestier, que ce soit dans
l'industrie des...
15 h 37 (version non révisée)
M. Beauchemin : ...que ce soit
dans une négociation internationale pour un traité de commerce avec les
États-Unis puis le Mexique. Bien, on se rend compte qu'on a un gouvernement qui
fait des effets marketing. C'est correct, là, je comprends, là, mais qu'en
substance, pas capable de livrer. Ça fait que quand le Parti québécois nous
dépose une motion pour dire qu'il ne s'est rien passé avec la CAQ depuis les
deux derniers mandats au Saguenay—Lac-Saint-Jean force est de constater que le
Parti québécois a raison là-dessus, la CAQ n'a rien fait de constructif. Au
contraire, les PME en arrachent là-bas parce qu'ils sont obligés, OK, à cause
de la pénurie de main-d'œuvre, de dépenser des dizaines de milliers de dollars
par employé pour aller en chercher tout partout à travers le monde, avec des
spécificités propres à chacune des industries, à chacune des entreprises.
Puis là le gouvernement a décidé, comme on
l'a entendu, là, ce matin, ici, en Chambre, hier puis la semaine passée, et ce,
depuis, en fait, le mois de novembre, d'abolir le Programme de l'expérience
québécoise. Tous les individus en charge de chaînes de montage, d'entrepôts, de
commerces, de business, de PME dans la... dans la région du Saguenay—Lac-Saint-Jean
sont unanimes. Puis ce gouvernement-là, là, à cause, maintenant, d'une course à
la chefferie, se réveille, là, les langues se... deviennent lousses, puis ils
commencent à parler. Mais pendant ce temps-là, le gouvernement a décidé de
frapper là-dessus comme si de rien n'était, puis qui est-ce qui paie, qui qui
paie? Bien, c'est toutes les régions du Québec, Mme la Présidente, incluant la
région du Saguenay—Lac-Saint-Jean.
Ça fait que c'est triste, Mme la
Présidente, parce qu'on n'est pas capables d'avoir de la prévisibilité, on n'est
pas capables de pouvoir mettre de côté des sous quand on est un entrepreneur ou
une famille, même, à la rigueur, pour des jours difficiles, parce qu'on ne sait
pas... on ne sait pas ce qui nous pend au bout du nez, parce que le
gouvernement guide au gré du vent. Puis même, avec ça, Mme la Présidente, c'est
problématique. On risque de perdre des jobs dans l'industrie forestière. Et je
vais citer le premier ministre, qui nous a dit que les gens avaient juste à se trouver
des jobs chez Hydro-Québec si jamais l'industrie forestière allait fermer. Et
je le cite : «Je veux dire aux travailleurs qui le souhaitent... pas parce
qu'on ne force pas personne là, mais les travailleurs qui vont peut-être perdre
leur emploi, on va mettre en place des formations pour les requalifier dans d'autres
secteurs.» Écoutez, Hydro-Québec, là, 35 000 nouveaux emplois. Pensez-vous
vraiment qu'on va déraciner du monde? 35 000 employés, là, à travers le
Québec, on va... on va les déraciner puis on va tous les envoyer dans le Nord
faire des barrages? Voyons donc, Mme la Présidente, ça ne tient pas la route.
C'est... c'est une... c'était quand même
un spectacle de voir les concessions. En négociation 101, là, premièrement, là,
il faut comprendre qui a l'avantage, quels sont nos avantages, quels sont les
avantages de la compétition, pour pouvoir avoir une idée comment est-ce qu'on
peut se préparer. Il faut aussi comprendre comment ça fonctionne, une entente
de libre-échange avec les États-Unis puis le Mexique. Il faut aussi comprendre
que cette année, là, ce n'est pas la fin, là. Aujourd'hui, en 2026, là, le
gouvernement américain pourra, s'il le veut, mettre fin à cette entente-là, et
là il y aura un processus qui va s'enclencher. Mais pas du jour au lendemain,
là. Ça va prendre quelques mois, quelques années, peut-être, même, avant d'en
arriver à une fin. Mais on dirait que le gouvernement de la CAQ ne comprend pas
ce qui se passe en négociation là-dessus.
Et donc on s'assoit à une table de
négociation lorsque les deux parties veulent y aller. On ne commence pas à
bouger la ligne de milieu de terrain avant même de se rendre à la table de
négociation. Normalement, on devrait être dans le milieu, tous les deux, en
train de se dire : Éventuellement, voici où est-ce qu'on devrait commencer
la négociation. Mais lorsqu'on dit qu'on est prêts à sacrifier l'industrie
forestière, qu'on est prêts à sacrifier l'industrie de l'aluminium, qu'on est
prêts à sacrifier l'aéronautique en partant, là, bien c'est comme si on
reculait dans notre défense. C'est comme si le ballon, au Super Bowl, on n'était
plus à la ligne de 50, on est rendus dans notre ligne, à une verge du but, là,
quasiment, là. C'est ça qui est arrivé quand on décide de, soudainement, offrir
avant même que le processus commence. Et c'est un problème essentiel, que le
gouvernement de la CAQ ne comprend toujours pas, malheureusement. Même avec
cinq députés sur cinq dans la région, la région a et continue à payer le prix
de ce mauvais gouvernement là.
Il faut comprendre aussi que l'aluminium,
c'est une commodité parce qu'on peut... on peut le produire un peu partout à
travers le monde. Un des avantages qu'on a au Québec, c'est qu'on peut faire de
l'aluminium avec notre électricité. Donc, on a un impact direct, là, sur le
climat à travers la planète, si on est capables de le vendre à travers la
planète. On peut aussi...
15 h 42 (version non révisée)
M. Beauchemin : ...ces lingots
d'aluminium en pièces qui vont être à valeur ajoutée. Ces pièces, là, de valeur
ajoutée, elles sont plus difficiles à se retirer d'un contrat, par exemple,
pour les manufacturiers automobiles, qui, eux, avant d'être capables de se
retourner de bord, certifier à un autre producteur qui, lui, n'aura peut-être
pas la même qualité d'aluminium, peut-être même pas la même provenance au
niveau écologique, d'aluminium que nous... bien, avant d'être capable de
pouvoir certifier ce fournisseur-là, ça peut prendre des années.
Donc, quand on est là puis on est prêt à
faire des sacrifices tout de suite, comme ça, là, sans même y avoir réfléchi,
sans même avoir compris qu'il y a un équilibre mondial dans l'aluminium... Du
jour au lendemain, là, on enlève la production du Québec, bien, il va y avoir
une demande additionnelle qui va se faire ailleurs au monde, puis là cette
demande-là, bien, les Américains vont se trouver à payer un petit peu plus cher
pour puis ils vont aller chercher peut-être en Afrique, puis là ceux qui
achetaient de l'Afrique, bien là, ils vont se trouver à avoir besoin d'acheter de
l'aluminium. Qu'est-ce qu'ils vont faire? Ils vont se retourner de bord puis ils
vont... au Québec, finalement, ils en ont, de l'aluminium à vendre. Ça fait que
tout ça, c'est un équilibre, Mme la Présidente.
Il n'y a pas de surcapacité. Non seulement
il n'y a pas de surcapacité, il n'y a pas d'énergie, aux États-Unis, pour
produire des alumineries. Donc, une fois qu'on comprend un peu la
macroéconomique en arrière du problème, pourquoi qu'on va aller tout de suite
dire : On est prêts à faire un sacrifice sur l'aluminium? Pourquoi on est
prêts à dire : On va sacrifier la région du Saguenay—Lac-Saint-Jean comme
la CAQ a fait? Il n'y a aucune logique là-dedans, là.
On peut-tu parler du cas de Domtar juste
quelques instants, ici, là? On était, nous, au conseil de ville lorsque la mauvaise
nouvelle à Chicoutimi est arrivée à propos, là, de Domtar. Juste pour qu'on
soit clairs, Mme la Présidente, là, tous les partis politiques sont sur le
terrain, théoriquement, là, ils sont supposés être, justement, au Saguenay—Lac-Saint-Jean,
puis se promener, puis cogner aux portes. Bien, on était les seuls. Le Parti
libéral du Québec était le seul parti présent au conseil municipal à écouter et
à partager des idées, des opinions pour comment essayer de régler le problème
pour que, justement, Domtar écoute. On était les seuls, Mme la Présidente, à
faire ça. Moi, je n'ai pas vu personne de la CAQ, là, et puis ils sont cinq sur
cinq, et ils habitent là-bas. C'est 4 h 30 de route, moi, pour me
rendre au Saguenay—Lac-Saint-Jean, d'où est-ce que j'habite, dans les Cantons-de-l'Est,
mais j'ai fait la route pour aller le faire, je l'ai fait deux fois, je refais une
autre fois, pour aller défendre des travailleurs qui, eux, ont besoin de se
faire comprendre, de se faire entendre.
Je n'ai jamais entendu ce gouvernement-là
émettre une opinion positive sur les employés qui sont affectés avec la
situation de Domtar. Ça ne se peut juste pas, Mme la Présidente. Comment se
fait-il qu'on est là en train de dire : Nous, ça fait deux mandats qu'on
est là, puis on est là pour faire avancer le PIB par rapport au pire élève dans
le monde, c'est-à-dire l'Ontario, on a rattrapé, etc. On essaie de brouiller
les cartes, là, avec des statistiques comme ça, là, OK, mais que... quand c'est
sur le terrain, là, vraiment, là, pour les gens du Saguenay—Lac-Saint-Jean, on
n'est pas capables d'avoir des vraies statistiques qui démontrent comme quoi qu'il
y a eu un avantage, que les gens du Saguenay—Lac-Saint-Jean, qui ont eu une des
inflations les plus élevées au Québec, en ont vraiment plus dans leurs poches.
Moi, je trouve ça un petit peu désolant, Mme
la Présidente, de voir l'utilisation de statistiques de produit intérieur brut
québécois contre l'Ontario, parce qu'on se dit : Ah bien, OK, c'est vrai,
quand on regarde ça, à sa face même, on dirait qu'effectivement on a fait un
rattrapage. Il faut-tu comprendre aussi les statistiques pour savoir que l'Ontario
est le pire élève au Canada? Il faut-tu comprendre aussi que le Canada, en tant
que tel, n'a pas eu une très belle performance économique dans les dernières
années?
Non. La vraie comparaison, ça devrait être
contre les États-Unis ou contre l'OCDE, mais ce gouvernement-là ne veut pas le
faire, parce qu'évidemment... Mme la Présidente, contre l'OCDE puis contre les États-Unis,
bien, la performance n'est pas bonne. Le Québec a pris du retard, mais on est
en train de noyer les médias avec de la mauvaise information puis... En fait,
non, ce n'est pas vrai, la vraie information : contre le pire élève dans
la classe on a fait mieux, mais il y en a 29 autres sur lesquels ils ont pris
de l'avance par rapport à nous. On a eu zéro gain de productivité en six ans, Mme
la Présidente.
Puis des industries, justement, où est-ce
qu'il peut y avoir des gains de productivité, comme l'industrie forestière,
comme l'industrie de l'aluminium... ce gouvernement-là a fait quoi? Rien. Ce
gouvernement-là les a sacrifiées sur la place publique. Donc, en deux mandats,
est-ce qu'on peut dire que les gens du Saguenay—Lac-Saint-Jean sont mieux par
rapport à ce que c'était avant? Est-ce qu'on peut dire aux gens de Saguenay—Lac-Saint-Jean
que leur développement économique est vraiment, là, wow!, fantastique par
rapport au reste du Québec...
15 h 47 (version non révisée)
M. Beauchemin : ...la réponse,
Mme la Présidente, je vous l'ai donnée en calculs tantôt, là, 0,02 % du PQI
est utilisé dans le comté du collègue. C'est quand même... c'est quand même plate
pour lui, là, ça, là. Comment peut-il être fier de son gouvernement? Je sais, là,
42 millions, ça a l'air d'un gros chiffre, là, mais, sur 167 milliards,
c'est un arrondissement. Donc, les candidats à la chefferie de la CAQ sont au
courant, malheureusement, de ce qui se passe un peu partout à travers les
régions. De toute évidence, ils ne veulent pas les mettre sur leur plateforme, ils
ne veulent pas en parler sur la place publique, mais il y a une partielle dans Saguenay—Lac-Saint-Jean
puis c'est important de se rendre compte que ces gens-là, bien, savez-vous
quoi, Mme la Présidente, ils ont compris c'est quoi, le message de la CAQ. La
CAQ n'est pas le parti des régions. On a une opportunité depuis... écoutez, ça
doit faire quasiment depuis l'Union nationale qu'on développe le port au Saguenay,
là. Le Parti libéral du Québec a été présent à l'époque pour développer l'infrastructure.
Là, maintenant, on a un parc industriel alentour du port du Saguenay, Mme la
Présidente, un parc, là, où on pourrait avoir une multitude d'entreprises, une multitude.
Des projets d'investissement, en voulez-vous, en v'là, il y en a plein,
potentiel énorme. Qu'est-ce qu'il s'est fait avec la CAQ au port du Saguenay?
Rien, Mme la Présidente. Aucun avancement. Il n'y a même pas de terrain de
développé encore actuellement. Ça fait deux mandats qu'ils sont là.
Donc, globalement, là, la CAQ n'a pas pris
à cœur le développement économique du Saguenay, la CAQ n'a pas pris à cœur le
développement concret et productif du Québec dans son ensemble. C'est un
abandon de la région, c'est un abandon de toutes les régions. Le Québec a 17 régions
économiques. Le Québec doit avoir ces 17 régions économiques qui avancent
en même temps. Malheureusement, la CAQ ne l'a jamais compris. Le Parti libéral
du Québec, on va supporter la motion du Parti québécois et on va dire, en
conclusion : Dehors, la CAQ. Merci.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Je
vous remercie, M. le député. Donc, je suis prêt à entendre un autre intervenant
ou intervenante. Alors, ce sera à M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Merci, Mme
la Présidente. Je vais commencer avec le bilan en santé de la CAQ au Saguenay parce
que c'est assez catastrophique. Le bilan de la CAQ dans les soins de santé au
Saguenay, c'est démobiliser les travailleurs et de faire payer le prix de l'austérité
aux citoyens de la région. En novembre dernier, là, manchettes, plusieurs
manchettes, Mme la Présidente. On se rappelle que Santé Québec a décidé
arbitrairement que le CIUSSS du Saguenay—Lac-Saint-Jean devait couper pour
revenir à des attentes budgétaires irréalistes en coupant 150 000 heures
de travail et en réduisant 20 millions de dollars des dépenses
directement, directement dans les services aux citoyens. Les syndicats sont
sortis pour dénoncer ça de manière criante. On parle de couper dans les
services... avec moins de cinq mois, il fallait qu'ils fassent tout ça avant le
1ᵉʳ avril. Et le résultat, c'est clair, Mme la Présidente, ce sont des
soignants, des soignantes du Saguenay qui n'en peuvent plus, des postes qui ne
sont pas remplacés et la surcharge qui mène à des burn-out, de l'absentéisme le
plus élevé au Québec. Les travailleurs dénoncent cette nouvelle philosophie d'efficacité
de Santé Québec, que les soins de santé sont rendus des usines de production.
Et jamais, jamais, on a entendu le moindre mot de l'autre côté de la Chambre
pour dénoncer ces coupes-là de 150 000 heures travaillées, Mme la
Présidente.
C'est ça, la vision caquiste pour le
Saguenay, c'est rallonger les listes d'attente, c'est couper dans les
programmes de prévention, c'est couper les heures en blocs opératoires, c'est
sabrer dans le matériel dans le maintien à domicile, des enfants qui retournent
sur la liste d'attente en protection de la jeunesse, faute d'effectifs, pour
traiter les signalements et j'en passe. Vraiment, le bilan caquiste en matière
de santé et services sociaux dans la région est catastrophique.
Permettez-moi un petit mot sur le PEQ. Là
aussi, un bilan catastrophique. L'abandon des travailleurs et travailleuses du
Saguenay, l'abandon des étudiants et étudiantes et des emplois qui sont
nécessaires sur ce dossier-là. Le Parti québécois loge exactement à la même
place que le ministre de l'Immigration de la CAQ, qui fait fausse route. Je l'ai
dit à plusieurs reprises en cette Chambre. Ma cheffe parlementaire, d'ailleurs,
était présente à la manifestation contre l'abolition du PEQ à Chicoutimi ce
week-end dernier, le Saguenay s'était mobilisé avec eux. On sentait la
détresse, mais aussi la grande solidarité des gens de la place pour témoigner
leur solidarité puis leur soutien envers ceux et celles qui sont victimes de la
décision du ministre de l'Immigration d'abolir le Programme de l'expérience
québécoise. En effet, les travailleurs du PEQ...
15 h 52 (version non révisée)
M. Cliche-Rivard : ...ne
sont pas seuls. Les villes, les PME, les syndicats, les universités, les
écoles, les citoyens, les Québécois sont mobilisés pour faire reculer la CAQ. Au
Saguenay, l'UQAC, qui est le regroupement des cégeps de région, dont fait
partie le Cégep de Chicoutimi, le Cégep de Jonquière, le Cégep de
Saint-Félicien, le Collège d'Alma... tous ont demandé au mieux le retour du PEQ,
au minimum, une clause de droits acquis. La CAQ se retrouve donc seule avec le
Parti québécois à refuser de ramener le PEQ, et si elle va de l'avant avec
cette décision insensée, le bilan de la CAQ en développement régional, à coup
sûr, ce sera des départs qui font mal à l'économie et à la richesse collective
sur toute la ligne, sans parler de l'impact désastreux, parce qu'un grand
nombre d'entre eux et elles sont des travailleurs de la santé.
Pour le milieu de l'enseignement collégial
et universitaire, quel abandon! Quelle mauvaise décision! Ils ont été unanimes
à témoigner sur l'effet d'attraction qu'avait le PEQ sur l'Université de
Chicoutimi, notamment. Le Saguenay—Lac-Saint-Jean a démontré qu'une immigration
réussie ne se décrète pas, elle se cultive. Elle repose sur la langue française
comme vecteur d'intégration, sur la proximité sociale, sur des milieux de
travail capables d'accompagner et sur des institutions éducatives engagées.
Quand le gouvernement actuel, la CAQ, met à mal les programmes comme le PEQ, ce
sont nos PME, ce sont nos institutions collégiales et universitaires de région,
ce sont nos petits commerces locaux, ce sont nos communautés qui sont
fragilisées. Alors, là aussi, comme en santé, c'est un échec sur toute la
ligne. Vivement que les députés de la région rappellent à l'ordre le ministre
de l'Immigration qui est largué, qui est seul, et qu'il rétablisse le plus vite
possible le Programme de l'expérience québécoise pour qu'au moins, avec le
bilan catastrophique en santé, on ne fasse pas pire de l'apport du
gouvernement.
Merci.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Je vous remercie, M. le député. Maintenant, je suis prête à céder la parole
au prochain intervenant.
Donc, M. le chef du troisième groupe d'opposition,
à vous la parole.
M. St-Pierre Plamondon : Merci,
Mme la Présidente. Donc, l'heure est au bilan pour la CAQ au Saguenay, et j'ai
le privilège de faire le bilan dans trois domaines quand même intéressants et
fondamentaux : la santé, le logement et l'habitation, et les grands
projets économiques.
Donc, parlons de santé dans un premier temps.
Les délais au Saguenay de prise en charge à l'urgence ont augmenté durant la
gouvernance de la CAQ, passant de 1 h 20 min en 2020 à 3 h 14 min
en janvier 2026. Donc, c'est une détérioration qui est importante aux urgences.
Pour ce qui est de la population inscrite qui a un médecin de famille, bien,
malheureusement, on constate une diminution entre 2018 et 2026, le nombre de
personnes passant de 239 964 à 229 199. Encore une fois, un recul. Face
à ces résultats, qu'est-ce que le gouvernement a fait? Bien, des coupures. Le
CIUSSS du Saguenay—Lac-Saint-Jean devra couper 150 000 heures de
travail et couper 20 millions de dollars d'ici le 31 mars 2026.
Couper des heures de travail des professionnels de la santé, évidemment, n'est pas
une solution, et les gens sont inquiets. Et en tout, le bloc opératoire de Chicoutimi
subira des coupes de 2,7 millions. Les services de protection de la
jeunesse, l'imagerie médicale, les services d'orthophonie et d'audiologie
seront atteints vraisemblablement.
En 2022, le gouvernement avait promis une
somme de 500 millions de dollars pour permettre des projets d'agrandissement
du bloc opératoire, un sujet dont on parle beaucoup à Chicoutimi. Et alors que
plusieurs étapes du projet ont été entamées, la CAQ, soudainement, brise son
engagement et affirme que les sommes ne sont plus disponibles pour achever le
projet. Est-ce que le gouvernement peut nous confirmer que le projet d'agrandissement
du bloc opératoire ne sera pas mis sur pause? Est-ce qu'on peut avoir de la
clarté? Pourtant, les conditions de l'établissement pendant ce temps là ne s'améliorent
pas, là, donc : le taux d'humidité anormal, les espaces étroits, insectes,
dégâts d'eau, pannes de courant... Le Vérificateur général du Québec avait
affirmé en 2018 que ce bloc opératoire était vétuste, et on est six ans plus
tard. La situation s'empire.
Est-ce que la ministre peut justifier
également ces compressions-là, alors que l'hôpital, justement, est en mauvais
état? Seulement un employé sur cinq recommanderait le CIUSSS du Saguenay—Lac-Saint-Jean
comme employeur. Un sur cinq, selon le rapport de gestion de Santé Québec. Ce
qui nous fait demander également : Qu'est-ce que Santé Québec, la création
de la CAQ, aura réussi dans ce domaine-là?
En ce qui concerne les pharmacies, 41 postes
seraient présentement comblés dans les 76 pharmacies de la région. C'est
une pharmacie sur...
15 h 57 (version non révisée)
M. St-Pierre Plamondon : …deux
qui manquent de ressources. Donc, une situation au niveau de la santé qui ne
peut que laisser des déçus et un peu de colère même pour avoir fait du porte-à-porte
moi-même à Chicoutimi.
Laissez-moi vous parler du logement et de
l'habitation en matière de logement et d'habitation. Huit années de la CAQ au
Saguenay, ça se traduit par les données suivantes. Premièrement, le loyer
médian pour un quatre et demi, c'était 600 $ en 2018. Aujourd'hui, il en
coûte 1 000 $, donc une augmentation de 40 % en huit ans. Pour ceux
qui n'ont pas les moyens, là, et qui ont un budget serré, 400 $ de moins à
la fin du mois, c'est tout un changement et c'est un appauvrissement de la
population. Est-ce que les salaires des travailleurs et des travailleuses du
Saguenay ont augmenté de 40 % pendant que la CAQ a pris le pouvoir? Évidemment,
poser la question, c'est y répondre. Donc, les loyers augmentent en flèche.
Pénurie de logements également, c'est-à-dire que c'est très difficile de
trouver sur le marché. Et rappelons que la ministre de l'Habitation, en 2022,
avait décidé de mettre la hache dans AccèsLogis en remplaçant ce programme qui
était celui du Parti québécois par un nouveau programme qui allait faire des merveilles,
permettre de construire plus rapidement, notamment grâce au privé. Donc, le
programme existe depuis 2023. Savez-vous, Mme la Présidente, combien de
logements en trois ans grâce à ce nouveau programme caquiste? 43, 43 logements
en trois ans. Et si on prend les mêmes chiffres pour le Saguenay-Lac-Saint-Jean
sous AccèsLogis, il y avait un total de 1 176 logements au Saguenay
Lac-Saint-Jean. Donc, si on rapporte ça sur une base annuelle, l'ancien
programme AccèsLogis produisait, sur une base annuelle, 4 à 5 fois plus de
logements, d'unités de logement que ce nouveau programme de la CAQ.
La hausse du prix des loyers de 40 %
qui a eu lieu ailleurs au Québec, disons-le, a des conséquences, est une
conséquence directe de la perte de contrôle de ce gouvernement caquiste sur l'immigration.
Essentiellement, la ministre de l'Immigration, la députée de Sanguinet à l'époque,
nous a expliqué qu'on ne pouvait pas faire de planification ni de seuil en
immigration temporaire, et l'immigration temporaire est passée de 100 000
à 600 000, et évidemment qu'on n'a pas pu bâtir du logement à l'échelle du
Québec au rythme de la croissance soudaine de la population. Et, à nouveau, ça
fait partie du bilan de la CAQ le fait d'avoir fermé les yeux devant ce qui est
une stratégie du fédéral, on en conviendra. Le premier ministre en a parlé
souvent. D'où ma surprise de la volte-face en immigration présentement dans le
gouvernement. Mais, dans tous les cas, après huit ans de caquisme, on est à un
taux d'inoccupation de 1,3 %, là. C'est anormal par rapport à ce qui est
la norme de 3 %.
Qu'est-ce qui s'est passé pour la CAQ,
pour le prix des maisons et donc pour l'accès des jeunes à la propriété? Bien
évidemment que, depuis 2018, l'arrivée au pouvoir de la CAQ, le prix à l'époque,
là, d'une maison au Saguenay Lac-Saint-Jean, c'était de 167 000 $, le prix
médian, et aujourd'hui, c'est 340 000 $. Donc, quand on revoit ce bond
absolument inimaginable si on se replace en 2018, on comprend tout de suite que
ce qu'on est en train de dire à la prochaine génération qui vient d'arriver sur
le marché du travail, c'est : Nous, on était propriétaires. Vous, vous n'en
aurez pas les moyens, à moins que vos parents vendent ou hypothèquent leur
maison puis vous donnent l'argent, là, certains cas d'exception. Mais sinon, c'est
toute une génération qui doit, suivant la CAQ, j'imagine, faire une croix sur
le fait de devenir propriétaire.
Est-ce que la ministre… le ministre tout… comme
sa collègue députée de Sanguinet, est-ce que le ministre reconnaît que les
jeunes d'aujourd'hui ont moins accès à la propriété qu'en 2018? C'est une
évidence. J'espère qu'il le fera. Est-ce qu'il reconnaît que le prix des
maisons a doublé au Saguenay-Lac-Saint-Jean sous la CAQ, posant une des pires
injustices intergénérationnelles?
Et laissez-moi terminer, Mme la Présidente,
avec les grands projets économiques, comme Port Saguenay et Zone Innovation
aluminium. La CAQ est incapable de tenir ses promesses pour Port Saguenay. Lors
de la campagne électorale, en 2022, François Legault avait promis un
investissement de 105 millions de dollars pour alimenter la zone en eau,
en électricité et en gaz naturel, et depuis, rien n'a bougé, rien au niveau de
cette somme. C'est typique de la CAQ, comme pour les urgences à 90 minutes,
puis plein d'autres promesses.
Dans un communiqué du ministère de l'Économie
datant de décembre 2023, on pouvait lire : «Le Québec s'était engagé
antérieurement à verser 105 millions pour la mise en place des
infrastructures», et ensuite ça a été inscrit… plus tard, on pouvait lire dans
un article de presse : «Avec cinq députés bien en selle au Saguenay—Lac-Saint-Jean,
le gouvernement Legault tient promesse et confirme un investissement majeur…
16 h 02 (version non révisée)
M. St-Pierre Plamondon : ...à
la zone industrialo-portuaire. Alors, aujourd'hui, le Port Saguenay, la
réalité, c'est qu'il n'a pas vu la couleur de cet argent, et il ne... il ne
compte désormais que quatre députés.
Cet été, en juillet 2025, la CAQ faisait
miroiter le projet, et on pouvait lire, dans un article de Radio-Canada du 15
juillet 2025 : Le financement de 105 millions à nouveau va finalement se
concrétiser. Une entente doit être signée prochainement avec la ville de
Saguenay. L'entente vise à développer les infrastructures, etc. Mais, sans
grande surprise, le 23 janvier 2026, on apprenait, encore sur le site de
Radio-Canada, que le ministère de l'Économie refuse de confirmer le versement
du 105 millions. C'est dire une chose, faire son contraire.
Donc, ça traîne et ça s'ajoute à plein d'autres
promesses qui ne sont pas tenues, notamment de celles... celles de Pierre
Fitzgibbon. Le gouvernement a fait miroiter plusieurs projets sur le plan
économique qui ne se sont pas concrétisés. Notamment, on avait laissé entendre
que l'entreprise Vianode était intéressée par le site de Port Saguenay, mais ce
n'était finalement pas le cas, l'entreprise est allée en Ontario. En 2024,
Pierre Fitzgibbon avait laissé entendre que deux projets étaient sur la table à
Saguenay, alors qu'en 2023 il avait assuré qu'il y avait suffisamment de
mégawatts au Saguenay—Lac-Saint-Jean d'ici cinq ans pour deux, trois projets. Bien,
on attend toujours ces projets-là, on attend toujours l'aboutissement, mais on
regarde l'énergie, par contre, se raréfier et l'énergie devenir un frein aux
PME, sur une base locale, qui ont déjà un plan d'affaires solide, des
compagnies québécoises ancrées ici. Donc, les Saguenéens, vous me
permettrez l'expression, se font niaiser, là, je ne vois pas d'autre
expression. C'est très québécois, mais ça décrit le fait que ce n'est pas
sérieux. Et le gouvernement doit rendre des comptes pour un paquet de promesses
qu'il n'a pas livrées. Et je pense qu'on est dus pour un changement.
Je vous rappelle, d'ailleurs, le libellé d'une
motion du Parti québécois, en 2024, qui se lisait comme suit :
«Que l'Assemblée nationale reconnaisse que
le port de Saguenay dispose déjà des programmes lui permettant de décarboner
ses activités;
«Qu'en conséquence, l'Assemblée nationale
mandate le gouvernement de réaliser un projet d'envergure contribuant à la
décarbonation de l'économie au Port Saguenay avant la fin de la présente
législature.»
Mais, bizarrement, lorsqu'on a demandé un
consentement du gouvernement à cette affirmation, il n'y a pas eu de
consentement.
La CAQ est également incapable de livrer
la zone d'innovation aluminium, un autre projet économique important que la CAQ
a finalement omis de livrer. C'était à l'automne 2020 que Pierre Fitzgibbon
donnait le feu vert à ces zones d'innovation. Puis, en avril 2024, l'actuel
ministre de l'Agriculture, Donald... ah! je ne peux pas le nommer, l'actuel
ministre de l'Agriculture, qui était alors adjoint parlementaire de Pierre
Fitzgibbon, est venu dire aux gens d'affaires qu'il était optimiste et à peu
près certain que son gouvernement allait annoncer la création de la zone
aluminium. Et, malheureusement, bien, la zone, comme tout le reste, n'a pas vu
le jour. Et le temps passe. En fait, l'horloge est rendue pas mal au bout, le
sablier est à la fin de son cycle, et, vraisemblablement, ça non plus, ça n'aura
pas lieu.
Donc, trois sujets, trois thèmes sur
lesquels on constate soit des reculs ou soit des promesses brisées, et ça doit
être dit. Il y a des gens qui doivent rendre compte de ça, sinon que vaut le
processus électoral? Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Je
vous remercie, M. le chef. Maintenant, je cède immédiatement la parole à Mme la
députée de Roberval.
Mme Guillemette : Merci, Mme
la Présidente. C'est un grand privilège aujourd'hui pour moi de me lever pour
parler du bilan de notre gouvernement au Saguenay—Lac-Saint-Jean. En tant que fière
députée de Roberval, de ma région, il est important pour moi de recadrer les
faits.
Je suis heureuse que le député de
Matane-Matapédia s'intéresse à ce qui se passe chez nous. Merci, M. le député.
Et, si j'étais lui, je me préoccuperais beaucoup plus de la crise qui se passe
dans sa famille politique, parce que le départ de deux chefs de cabinet en
quelques mois, c'est assez révélateur. Mais peut-être qu'ils font ça pour
récupérer le dernier, qui est du Saguenay—Lac-Saint-Jean. Écoutez, ils ont six
comtés à s'occuper puis ils semblent en avoir plein les bras. Merci de vous
occuper de notre région, M. le député. On est trois, et ça va très bien.
Quand on écoute... C'est sûr qu'il y a une
partielle, ça attire beaucoup aussi les... le regard sur nous, on en est
conscients.
Quand on écoute la motion déposée par le
Parti québécois aujourd'hui, on pourrait croire que le Saguenay—Lac-Saint-Jean
a été oublié, mis de côté, abandonné. On pourrait croire que rien n'a été fait,
que rien n'a avancé, que...
16 h 07 (version non révisée)
Mme Guillemette : ...rien n'a
changé, mais, Mme la Présidente, ce discours, il ne résiste pas à l'épreuve des
faits. Chez nous, on ne gouverne pas avec les sondages, on gouverne, point
final. Gouverner, ce n'est pas multiplier les motions accusatrices. Gouverner,
c'est poser des gestes concrets, investir là où ça compte, c'est répondre aux
besoins réels de nos citoyens, c'est assumer les décisions, même quand... quand
elles sont plus difficiles et qu'elles s'imposent. Au Saguenay—Lac-Saint-Jean,
c'est ce qu'on fait, Mme la Présidente.
On a gouverné avec une vision claire,
celle d'une région forte, attractive, capable de se développer, de retenir les
jeunes, de soutenir les travailleurs, de protéger la qualité de vie des gens de
chez nous. On a gouverné avec une approche responsable, en priorisant les
projets réalisables, réalistes, en livrant des résultats. Mme la Présidente, le
Saguenay—Lac-Saint-Jean, ce n'est pas une région abstraite, là, un petit... un
petit point sur une carte. C'est des familles qui veulent des routes
sécuritaires. C'est des patients qui veulent des soins accessibles. C'est des
travailleurs qui veulent des emplois de qualité. Ce sont des municipalités qui
ont besoin d'infrastructures fiables. Ce sont des jeunes qui veulent étudier,
se former et bâtir leur avenir chez nous, au Saguenay—Lac-Saint-Jean.
Et c'est précisément à ces réalités que
notre gouvernement a répondu dans les dernières années. Depuis 2018, on
investit massivement dans les infrastructures de la santé, de l'éducation, dans
le développement économique régional. On a modernisé, rénové, reconstruit des
infrastructures, on a soutenu nos municipalités, on a appuyé les entreprises.
On fait des choix structurants pour aujourd'hui mais pour demain, pour notre future
génération. L'opposition peut bien tenter de réécrire l'histoire. Elle peut
bien multiplier les reproches sans nuance. Mais les citoyens du Saguenay—Lac-Saint-Jean,
ils voient la différence. Ils voient les chantiers, ils voient les
investissements. Ils voient les services qui se sont améliorés bien qu'on
semble dire le contraire. Ils voient un gouvernement qui est présent, engagé et
à l'écoute.
Mme la Présidente, notre bilan dans la
région, ce n'est pas un bilan de parole, c'est un bilan d'action. Puis aujourd'hui,
nous allons le rappeler clairement, calmement, factuellement, le Saguenay—Lac-Saint-Jean,
ça mérite mieux que des procès d'intention. Ça mérite la vérité et la vérité, Mme
la Présidente, je vais vous la donner. Dans les deux derniers mandats, notre
équipe a propulsé la région au centre de l'action gouvernementale. On a agi
avec force et conviction dans tous les... dans tous les domaines. Et je suis
bien placée pour en parler.
Je vais débuter avec une annonce
importante qui a été faite en 2023, 111 millions de dollars à l'administration
portuaire de Saguenay pour la construction d'un système de manutention mécanisé
destiné au transport en vrac multi-usage. C'est un projet qui est structurant
pour l'ensemble de la région du Saguenay—Lac-Saint-Jean. Il s'agit d'une
réaffirmation pour le port de Saguenay, qui représente un moteur économique
central. Ça... pour les raisons suivantes, donc : la disponibilité de
terrains de grand gabarit en zones industrielles, la présence d'infrastructures...
logistique multimodale comme la desserte ferroviaire, le réseau autoroutier, l'apport
en eau profonde et ce convoyeur. Une main-d'œuvre qualifiée au cœur d'une ville
universitaire, c'est ce qu'on a chez nous. En plus des... investissements dans
la construction du système de manutention, notre gouvernement s'est...
également engagé à 105 millions de dollars pour la mise en place de l'infrastructure
de la zone portuaire de Saguenay. Il s'agit d'une action claire qui confirme notre
engagement envers la région et envers l'importance de ses... de ses
infrastructures pour le développement de notre région.
Je veux aussi mentionner un projet de
modernisation à l'usine de bois à Sainte-Monique, un projet de 25 millions.
Québec a investi sous forme de prêt, 10 millions, afin de permettre à l'entreprise
spécialisée dans le sciage du feuillu d'utiliser la fibre de bois de façon
optimale, d'accroître sa productivité et de développer de nouveaux produits. En
plus de pouvoir récupérer davantage de fibre, on parlait de sous-produits pour
faire du carton, maintenant, il est possible de fabriquer des nouveaux produits
comme des comptoirs, des panneaux pour rénovation, des planches à découper, notamment
grâce à des partenariats avec l'entreprise Plancher Mistral dans le comté de
mon collègue de Jonquière. On innove et on se diversifie chez nous. 4,5
millions pour Camps NT à Dolbeau-Mistassini...
16 h 12 (version non révisée)
Mme Guillemette : ...pour la
construction d'une nouvelle... d'une nouvelle usine, une vitrine technologique
pour les produits du bois exceptionnelle, et je vous invite à venir la visiter.
Je le répète, pour avoir des régions fortes, ça prend des économies régionales
fortes. C'est pourquoi nous avons posé plusieurs gestes pour augmenter la
vigueur économique au Saguenay—Lac-Saint-Jean.
En 2022, on a annoncé 1,3 million de
dollars pour récupérer et valoriser la chaleur résiduelle de la centrale de
cogénération à la biomasse forestière à Saint-Félicien. C'est une façon de
mettre en œuvre le plan pour une économie verte 2030 et ça se passe chez
nous, et ça prouve qu'au Saguenay—Lac-Saint-Jean, oui, on est capables de faire
de l'économie verte.
En 2024, en collaboration avec le
gouvernement fédéral, on a annoncé une aide financière de 3,5 millions
dans l'entreprise Céréales Normandin, qui va leur permettre d'élargir la
capacité de produits de gamme... de produits céréaliers. Le soutien du
gouvernement du Québec a été accordé via l'entreprise... l'entremise du Programme
ESSOR, et ce programme-là, il permet de stimuler les projets innovants ici, au
Québec, et de dynamiser l'économie de nos régions, au même titre que le Programme
DÉPART également.
En avril de la même année, on a annoncé le
soutien de 454 000 $ au Centre entrepreneurial multi-ressources. C'est
un projet destiné aux entrepreneurs qui désirent mieux s'outiller en matière de
santé psychologique. Parce que, oui, on a des entrepreneurs qui sont
dynamiques, engagés, mais il faut aussi prendre soin de leur santé mentale.
Donc, ce soutien prévoit également la création de capsules vidéo éducatives qui
permettra de diversifier l'offre de services.
En juillet 2025, une annonce d'un projet
éolien de 9 milliards de dollars avec Hydro-Québec a eu lieu dans mon
comté. Donc, je suis très fière de ce projet-là. On travaille en collaboration
avec plusieurs partenaires pour le faire atterrir, et c'est très porteur pour l'ensemble
de la région, mais aussi pour tout le Québec. Donc, on mise sur l'innovation et
sur le talent de nos entrepreneurs pour créer des retombées économiques
concrètes pour les citoyens de chez nous, mais de partout au Québec.
En santé, on peut parler du bloc
opératoire Dolbeau-Mistassini qui nous sera livré, comme on me dit, dans les
prochaines semaines, au tout début de l'été. Donc, ce nouveau bloc aura une
superficie quatre fois supérieure à l'ancien site et ça offrira des services en
chirurgie générale, gynécologie-obstétrique, endoscopique, bronchoscopique,
tout en permettant des chirurgies mineures.
En habitation, on a inauguré un 24 logements,
les Habitations mystiques à Roberval, pour 13,5 millions. Donc, c'est pour
des familles autochtones du comté.
Pour nos aînés aussi, on a inauguré trois
maisons des aînés, une à Roberval, une à Alma et une à Saguenay. Je suis très
fière de ces projets-là. Nos aînés méritent qu'on leur offre des beaux milieux
de vie et c'est ce qu'ils ont eu, trois maisons des aînés chez nous. Puis j'ai
aussi l'ouverture bientôt, là, tout prochainement, de la résidence Azur Boréal.
C'est un projet de 20 millions dans le comté de Roberval pour la
municipalité de Dolbeau-Mistassini. C'est 50 résidents qui auront accès à
une infrastructure au goût du jour. C'est bon pour les résidents puis c'est bon
pour les travailleurs, Mme la Présidente.
En culture, en culture, on a apporté notre
soutien au développement à l'Espace Péribonka. Espace Péribonka accueille le
musée Louis-Hémon et le premier musée de littérature québécoise au Québec.
J'en ai 17 pages comme ça, Mme la
Présidente, écrites en petits caractères que je pourrais vous donner sur ce qu'il
se fait au Saguenay—Lac-Saint-Jean, sur ce qu'il s'est fait dans les huit
dernières années.
Donc, une région économique en santé, c'est
d'abord une région où les entreprises peuvent se développer, innover et créer
des emplois de qualité. C'est ce qu'on fait chez nous. Nous savons que la
réalité économique est différente, parfois difficile, parfois fragile, mais
certainement pleine de potentiel, et c'est ce qu'on développe chez nous. Les
appuis gouvernementaux sont conçus pour y parvenir, le soutien aux PME, aux
organismes économiques, l'aide à l'innovation, l'accompagnement dans la
transformation numérique, l'appui aux projets structurants dans les secteurs
stratégiques pour attirer et retenir les talents en région. On doit offrir un
environnement dynamique, des emplois de qualité. C'est exactement ce que je
désire mettre de l'avant ici, aujourd'hui...
16 h 17 (version non révisée)
Mme Guillemette : ...nos
régions ne sont pas toutes pareilles, on a toutes notre unicité. C'est pourquoi
les interventions économiques doivent être flexibles, adaptées et ancrées sur
le terrain.
L'approche mise de l'avant par notre
gouvernement permet justement d'agir selon les besoins réels de la communauté,
de mobiliser les partenaires locaux, de créer des synergies entre les
différents paliers de gouvernement. Cette proximité décisionnelle, c'est une
condition sine qua none, essentielle pour obtenir des résultats durables et
pertinents. Assurer la santé économique de nos régions, ce n'est pas seulement
une stratégie économique, c'est un projet de société, un projet auquel je suis
fière de participer en tant que députée de Roberval.
Et, en terminant, j'aimerais dire aux
citoyens qu'on est... on est là jusqu'au mois d'octobre. On ne baisse pas les
bras, on a des beaux projets dans le comté, on va continuer de travailler sur
nos projets, dont notre bloc opératoire et notre urgence de Jonquière, et j'aimerais
remercier nos équipes, qui... sans eux... Nous, on est ici, à Québec, on
travaille de notre côté. Eux sont sur le terrain, ils sont nos yeux, nos
oreilles, ils font avancer nos dossiers. Donc, merci aux équipes de la région
du Saguenay—Lac-Saint-Jean, aux équipes de comté d'être là pour nous puis d'être
là pour les citoyens du comté de la belle région du Saguenay—Lac-Saint-Jean.
Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,
Mme la députée. Maintenant, nous poursuivons avec M. le député de Jean-Lesage,
et je vous informe qu'il reste à votre formation politique 11 min 46 s.
M. Zanetti : Merci, Mme la
Présidente, c'est très apprécié. C'est important aujourd'hui qu'on revienne sur
le bilan de la CAQ au Saguenay—Lac-Saint-Jean. Et étant donné le peu de temps
qu'il est à ma disposition, je vais cerner un enjeu en particulier, qui aujourd'hui
fait les manchettes et suscite une grande mobilisation, notamment à Chicoutimi,
et c'est la question de l'immigration, l'abolition du PEQ. La gestion de l'immigration
de la CAQ est un échec total. Aujourd'hui, là, ce qu'on voit, c'est l'unanimité
au Québec. Il y a les maires et les mairesses de toutes les régions, les
associations syndicales, les associations patronales, les milieux étudiants,
les milieux des universités puis des collèges qui se dressent pour dire... puis
les milieux de la santé, milieux de l'éducation pour dire : Attendez! Mais
vous faites une erreur, vous êtes en train de faire une catastrophe.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Oui,
juste un petit instant. Je m'excuse de vous interrompre, mais... M. le leader
du gouvernement, je vous écoute.
M. Lévesque (Chapleau) : Le
mot est au lexique. S'il pouvait le retirer, s'il vous plaît. «Erreur».
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : On
poursuit avec prudence. Je...
Une voix : ...
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Oui, mais le contexte est important. Il faut prendre en considération le
contexte. Dans le contexte actuel, il ne suffit pas qu'il soit à la liste pour
qu'il soit retiré, mais plutôt, le contexte ne dit pas...
Une voix : ...
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Écoutez,
le député n'a pas dit... Le mot peut être utilisé. Ce n'est pas parce qu'il est
au lexique qu'il ne peut pas être utilisé, mais... Il n'était pas vexatoire, il
n'était pas accusatoire non plus. Alors, il ne prêtait pas d'intentions, à moins
que j'aie mal compris, mais moi, les propos que j'ai saisis ne portaient pas
de...
Une voix : ...
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : En
fait, on peut poursuivre parce que, là, le temps roule. Alors, M. le député,
poursuivez.
M. Zanetti : Merci, Mme la
Présidente. Si le leader adjoint recommence, je vais vous demander, peut-être, qu'on
raconte... qu'on ramasse du temps de plus, là. Je comprends bien ici que ce n'est
pas un bilan qui est plaisant, mais ça, c'est leur responsabilité.
Alors, regardez, c'est un peu
catastrophique, ce qui se passe en ce moment, c'est des drames humains et
économiques, c'est la parole du Québec qui est brisée. Et là il y a une
mobilisation énorme depuis que la CAQ a fait ça, des drames humains, de l'incertitude
pour les PME, des pertes de travailleurs essentiels pour nos services publics.
Et ça, ça fait... tout ça, là, pour faire baisser les seuils d'immigration à 45 000
personnes par année. Étant donné que le Québec ne maîtrise que l'immigration
économique, ce qui est un problème, on devrait avoir tous les pouvoirs en
immigration, eh bien, là, quand ils doivent couper, ils coupent là-dedans. Donc,
ils coupent dans le PEQ, un programme excellent qui a amené au Québec des
travailleurs qui sont qualifiés, qui...
16 h 22 (version non révisée)
M. Zanetti : ...parlent
français et qui sont précieux pour nos services publics et dont on a besoin,
notamment pour le développement régional partout au Québec. Le PEQ, là, c'était
des exigences importantes et élevées en matière de français. Ça donnait une
immigration qui est prévisible, c'était complémentaire aux programmes réguliers,
personne ne demandait son abolition. Depuis novembre, toute la société
québécoise en demande une clause de droits acquis, ou encore, de revenir en
arrière là-dessus. Il y a jusqu'à 63 % des Québécois qui sont en faveur d'une
clause de droits acquis. Ça montre à quel point cette idée-là est populaire
dans la population, et ça montre à quel point ce que le gouvernement est en
train de faire, c'est une erreur. Et en ce moment...
Une voix : ...
M. Zanetti : Bien,
voyons, hostie!
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Écoutez...
Des voix : ...
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Pardon, je... Oui, merci. Donc, M. le leader, pouvez-vous juste me... L'appel
au règlement était sur le mot «erreur», bien sûr, donc, le contexte, il est
important. Ce n'est pas parce que le mot est au lexique... Parce que, vous
savez, on est en débat ici, si on ne peut plus critiquer le gouvernement, je ne
sais pas... Donc, c'est une critique, ce n'est pas une intention.
M. Lévesque (Chapleau) : Bien,
indiquez-moi, Mme la Présidente, à ce moment-là, l'usage qui n'est pas permis
de faire avec «erreur» selon le lexique qu'on a.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Écoutez, c'est une critique d'une politique publique, actuellement, ce qu'il
est en train de faire.
Une voix : ...
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Oui. Là, on parle du contexte actuel, M. le leader. Premièrement, laissez-moi
la parole. Je parle, je suis debout, sinon on ne vous entend pas de toute
façon. Donc, dans le contexte actuel, le député de Jean-Lesage fait une
critique d'une politique publique. Donc, là, je juge, par ce que j'ai entendu
par les faits. Maintenant, on en discutera, si vous voulez, hors du temps du...
du député, puisque le temps roule.
M. Zanetti : Mme la
Présidente, j'aimerais quand même... c'est un peu une tactique pour me faire
perdre mon temps, là. J'aimerais ça, si je pouvais avoir un deux minutes de
plus à partir du temps du gouvernement.
Des voix : ...
M. Zanetti : Bon. Alors,
le bilan de la CAQ, il est catastrophique, notamment sur la question de l'immigration.
Ils sont en train de faire une erreur majeure, et les gens sont en train de s'en
rendre compte et de se mobiliser partout au Québec. Mais ce qui est intéressant
ici, c'est qu'on est dans une élection en ce moment à Chicoutimi, je pense que ce
n'est pas étranger au fait qu'aujourd'hui, on parle de ça et du bilan de la CAQ.
Et j'aimerais apporter l'attention des citoyennes et des citoyens de Chicoutimi
sur les positions d'un autre parti qui va encore plus loin dans la même
direction difficile et terrible par ses conséquences que celles de la CAQ,
c'est les propositions du Parti québécois.
La CAQ veut réduire à 45 000 le
nombre d'immigrants. Et là, ils vont prendre le PEQ, réduire le PEQ, créer des
drames partout dans les services... si tout le monde est en désaccord là-dessus
à Chicoutimi. Et qu'est-ce que le PQ propose? Il propose de réduire à 35 000
le nombre... donc, il propose une diminution encore plus drastique de l'immigration
que celle qui, en ce moment, est en train de faire soulever le Québec entier.
Et je veux juste vous dire qui est contre ça au Saguenay—Lac-Saint-Jean :
la Chambre de commerce et d'industrie Saguenay-Le Fjord parle d'incertitudes
liées à l'abolition du PEQ, les PME, comme COUPESAG, qui pourrait perdre cinq
de ses 18 employés, l'Université du Québec à Chicoutimi a demandé le
rétablissement du PEQ pour les étudiants, le Regroupement des cégeps des
régions demande le retour du PEQ pour le volet étudiant, ça inclut le Cégep de Chicoutimi,
le Cégep de Jonquière, le Cégep de Saint-Félicien et le Collège d'Alma, les
associations étudiantes craignent le départ massif d'étudiants étrangers et...
Et voilà. Puis, ensuite, il y a dans la région ceux qui sont pour la fin... la
fin du PEQ, en fait, ce qu'elle l'attaque, c'est les pénuries, c'est les PME
avec la pénurie de main-d'œuvre auquel ils sont confrontés. Ça attaque le
réseau de la santé, qui est fragile à cause de la pénurie de main-d'œuvre, ça
attaque les services publics qui sont déjà sous pression, ça attaque les
universités, les cégeps qui veulent conserver leurs étudiants.
Et ce que propose le PQ, en allant plus
loin encore dans la réduction des seuils, ce n'est pas de défendre les régions,
ce n'est pas de défendre le Saguenay—Lac-Saint-Jean, c'est de l'affaiblir
encore plus. Est-ce qu'on a là, une proposition qui est à l'écoute du milieu?
Absolument pas. On est avec une proposition politique du côté du Parti
québécois, qui va encore plus loin que ce qui est complètement dénoncé, par
ailleurs, par l'ensemble du milieu.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Juste un instant.
M. le député.
M. Bérubé : Question de
règlement. D'abord, le débat se passe avec le gouvernement, mais fidèle à son
habitude, Québec solidaire prête des intentions à une formation politique. Je l'invite
à se questionner pourquoi ils sont partis, sous son leadership, à son pire
résultat en 20 ans...
16 h 27 (version non révisée)
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : ...écoutez,
on poursuit le débat, s'il vous plaît. On poursuit, là. Ce n'est pas une
question...
M. Zanetti : Merci, Mme la
Présidente. On voit que la vérité choque et fait mouche. Ce qui se passe, là,
en ce moment, c'est qu'on a un parti qui dit : Vous vivez des problèmes
avec le gouvernement? Le Parti québécois, il va aller encore plus loin. Est-ce
que c'est un parti qui se montre à l'écoute des gens de Chicoutimi? Non. Ils
disent : Nous autres, là, on va s'entêter dans une direction idéologique
qui ne tient aucune considération pour les conséquences concrètes sur les
services publics des gens qui sont à Chicoutimi, sur la santé des PME, sur les
universités, qui font la fierté de la région. La candidate locale doit être...
doit être gênée de ces propositions-là, elles sont extrêmement difficiles à
défendre, voire indéfendables.
Je vais vous parler de ce que nous
proposons, à Québec solidaire. Nous autres, c'est clair, un gouvernement
solidaire, on va exiger une clause de... bien, pas juste une clause de droit
acquis, on l'exige à l'heure actuelle, mais on va s'engager clairement à
rouvrir le PEQ. On n'a pas besoin de choisir entre régionalisation et
prévisibilité. On peut maintenir ces programmes-là. On peut être rigoureux et
humain. On peut défendre le français sans trahir les gens. Nous, on a une
candidate dans Chicoutimi qui n'est absolument pas gênée de ses positions sur
la question de l'immigration. Pourquoi? Parce qu'elles sont en phase avec le milieu,
avec le milieu des affaires, avec les syndicats, avec le milieu de la santé, le
milieu communautaire, avec les milieux universitaires, qui font la fierté de la
région. Alors, c'est une grande fierté pour nous de pouvoir aller défendre ces
positions-là, qui sont celles dont le Québec a besoin, et particulièrement le Saguenay—Lac-Saint-Jean.
Mme la Présidente, on m'a coupé beaucoup
de temps, j'ai dû aller à l'essentiel, mais je pense que ça a servi mon propos,
alors je vais m'arrêter là. Je vous remercie beaucoup.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Merci, M. le député. Il vous restait encore du temps, ceci étant dit. Alors, monsieur...
Des voix : ...
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Maintenant, nous poursuivons. Une seule personne a la parole, et c'est moi qui
est debout en ce moment. Donc, nous allons poursuivre avec le prochain
intervenant. M. le député de Jonquière, à vous la parole.
M. Gagnon : Merci, Mme la
Présidente. Un plaisir de prendre parole aujourd'hui. Je vais faire une petite
parenthèse, vu que Québec solidaire est... m'écoute présentement, Québec
solidaire qui parlait tout à l'heure de ma région, Québec solidaire qui, on le
sait, sont des spécialistes en environnement. Alors, si je peux contribuer humblement,
je veux simplement leur dire qu'il y a maintenant près de quatre ans la
dernière campagne électorale et... bien, je vais l'aider, je vais leur dire :
coin Saint-Jacques, boulevard Harvey, à Jonquière, il y a encore la structure
en bois de la dernière campagne, Mme la Présidente. Alors, si jamais on est de
passage dans Chicoutimi et qu'on veut venir prendre soin de l'environnement, ça
pourrait être intéressant de venir enlever la structure, qui a maintenant plus
de 1 200 jours et qui habite toujours le paysage de ma circonscription.
Ceci dit, Mme la Présidente, je remercie
le député Matane-Matapédia de m'offrir les 10 prochaines minutes pour parler de
la merveilleuse région qu'on nomme même parfois le Royaume. Quand même
surprenant, je le mentionne et je l'ai lu à... plusieurs fois, le député de
Matane-Matapédia nous réunit aujourd'hui avec ces trois phrases qui mentionnent
que l'Assemblée nationale dénonce la... le mauvais, pardon, le mauvais bilan du
gouvernement caquiste en région du Saguenay—Lac-Saint-Jean auprès des deux
mandats au pouvoir.
Bien, quand je dis que ça me surprend, Mme
la Présidente, c'est parce que j'ai le goût de dire... bien, peut-être faire
attention, peut-être faire attention, parce que le titre de la motion manque un
peu de respect. Il manque un peu de respect, parce que, si je le ramène à ma
circonscription, moi, ça fait trois ans que je suis député, alors, dans la
motion, on mentionne les huit dernières années, vous comprendrez que Jonquière,
depuis les cinq dernières années, n'était pas la coalition. Alors, quand on dit :
une... un mauvais bilan pour la région, on parle, bien entendu, de l'ensemble
des représentants élus de la région. Et vous comprendrez, vous comprendrez, M.
le député de Matane-Matapédia, qui a les bras dans les airs en ce moment, un
mauvais développement de la région signifie que vous incluez Jonquière. Alors,
quand je dis que vous manquez de respect, bien, vous manquez de respect à votre
ancien collègue député de Jonquière, qui l'a été pendant les 15 dernières
années. Parce que moi, je suis là depuis seulement trois ans, M. le député de
Matane-Matapédia. Alors, quand je vous dis que peut-être la motion me surprend puis
qu'on est dans le respect, eh bien, quand vous attaquez ma circonscription,
vous devriez connaître l'histoire de ma circonscription, je suis en poste
depuis trois ans.
Des voix : ...
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Juste un instant, juste un instant. Je vais juste vous écouter, monsieur... Juste...
Est-ce que vous avez un appel au règlement à faire?
Une voix : ...
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Allez-y, je vous écoute.
M. Bérubé : ...des intentions,
attaquer sa circonscription, ça, c'est très clair, et indiquer que le sens de
la motion, c'est le gouvernement pendant huit ans dans sa région...
16 h 42 (version non révisée)
M. Gagnon : ...j'étais outré,
mais c'est quand même mieux que le Parti québécois, qui, lui, voulait prendre l'île
pour extraire du pétrole. Alors, je pense qu'on a quand même bien fait de peut-être
mettre Arvida sur la pause pour y aller avec le patrimoine de l'UNESCO avec l'île
d'Anticosti.
Maintenant, maintenant, ça serait autour d'Arvida,
Mme la Présidente. Arvida, c'est un joyau, Arvida célèbre son 100e anniversaire
et Arvida ne demande rien de moins qu'être sur la liste indicative du gouvernement
du Canada. Et qu'est-ce qu'on a fait? J'ai rencontré mes collègues tôt le matin
en caucus pour leur demander, et, le 5 mars dernier, 2025, et j'en remercie
tout le monde et... on a fait quelque chose d'extraordinaire, on a fait une
motion à l'unanimité, et j'en remercie l'ensemble des familles politiques.
En terminant, à la dernière campagne
fédérale du gouvernement... du gouvernement fédéral, les amis du Parti
québécois, des gens que je respecte, le Bloc québécois ont fait un beau
rassemblement militant chez nous dans le cadre de cette campagne dans un
endroit magnifique. Et c'est vrai que c'était magnifique parce que vous étiez
chez des artisans incroyables dans le domaine... la microbrasserie qu'on nomme
l'Opéra, vous étiez dans une microbrasserie, et l'endroit était magnifique
parce que vous étiez dans un bâtiment complètement neuf, à lequel on a fait un
prêt, gouvernement du Québec, de 920 000 $, Mme la... Merci, Mme la
Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Merci, M. le député.
Des voix : ...
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Merci, M. le député. Maintenant, je suis prête à céder la parole à M. le député
d'Arthabaska.
M. Boissonneault : Merci, Mme
la Présidente. Je comprends que le député de Jonquière est très émotif, il prend
ça à cœur. Puis je comprends qu'on est émotif quand on essaie de défendre un
bilan comme celui-là. Je comprends, quand on essaie de trouver toutes les
façons possibles de justifier ce qu'un gouvernement a fait ou surtout n'a pas
fait pour une région, ça peut devenir compliqué, puis on peut le prendre
personnel. C'est ce que je sens dans le contexte, qu'on prend personnel le fait
que, pendant huit ans, on a un gouvernement qui a très peu fait pour la région,
même, je dirais, qui a été complètement stagnant.
Puis savez-vous quoi, la bonne nouvelle?
Vox populi, vox dei. Les gens vont se prononcer le 23 février à Chicoutimi puis
eux vont nous dire ce qu'ils pensent de ce bilan-là. Puis on va avoir un
message clair de la population, qui nous dira si elle croit que ce gouvernement
a livré la marchandise pour la région du Saguenay—Lac-Saint-Jean.
Je n'ai pas beaucoup de temps, donc j'aurais
aimé vous parler peut-être du CPE Le jardin de Robi, en grève depuis plus de
trois mois. Un gouvernement qui est incapable de s'entendre avec les
travailleuses, les éducatrices sur le terrain. Trois mois avec des parents qui
font les frais de l'incapacité de la CAQ à en arriver à une conclusion.
J'aurais pu vous parler du régime
forestier, qui est une partie intégrante de l'identité des gens de la région du
Saguenay—Lac-Saint-Jean. Et, encore une fois, le gouvernement a fait des
consultations, a créé des attentes et n'a livré absolument rien pour les gens
de la région. Il y a même un premier ministre qui a laissé entendre que la
moitié des travailleurs du secteur forestier devraient peut-être penser à
regarder pour une formation, se trouver un nouvel emploi, capitulant de cette
façon-là devant les besoins d'un pan d'une importance capitale pour notre
économie au Québec, mais en particulier pour le Saguenay—Lac-Saint-Jean.
Mais moi, je vais vous parler, puisque j'ai
peu de temps, du transport collectif, une ville comme Chicoutimi qui mérite un
réseau de transport collectif à la hauteur de ses besoins. Chicoutimi, c'est un
pôle de développement régional. Et on doit penser... quand on pense à un pôle
de développement régional, il nous faut une vision de développement durable
accessible à l'ensemble des citoyens pour l'ensemble du territoire. Encore une
fois, on parle d'un réseau de transport collectif efficace, cohérent pour l'ensemble
de la population dans l'ensemble des secteurs de la ville. Ce sont tous les
citoyens de Chicoutimi qui sont pénalisés lorsque le gouvernement Legault a
annulé le financement pour 11 autobus électriques de la Société de transport de
Saguenay, la STS, en septembre dernier, la STS qui avait pourtant une entente
pour une commande de 26 véhicules de la compagnie Nova Bus. C'est probablement
un hasard, probablement un hasard, mais c'est après une intervention publique
de notre candidate à l'élection partielle, Marie-Caroline Laflamme, que la STS
a pu confirmer que le financement avait bel et bien été reconduit.
On peut se... On ne peut pas... On ne peut
pas demander aux sociétés de transport de se doter de modèles électriques, leur
promettre des subventions, les laisser faire leur montage financier en
conséquence, puis, après ça, changer d'idée avant le fil d'arrivée. C'est un
gouvernement qui a improvisé, qui a rompu ses engagements. Et, évidemment, qui
paie le prix? Les utilisateurs et les contribuables, en plus de constituer un
gaspillage de ressources et un gaspillage de temps. Puis on se retrouve, encore
une fois, avec...