Journal des débats (Hansard) of the National Assembly
Version préliminaire
43rd Legislature, 2nd Session
(début : September 30, 2025)
Thursday, March 19, 2026
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Vol. 48 N° 45
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Intervenants par tranches d'heure
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D'Amours, Sylvie
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Lemay, Mathieu
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McGraw, Désirée
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Provençal, Luc
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Grandmont, Etienne
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Caron, Linda
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Bonnardel, François
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Boissonneault, Alex
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Picard, Marilyne
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Montigny, Yves
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Biron, Martine
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Haytayan, Céline
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Roy, Nathalie
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Martel, Donald
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Fortin, André
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Legault, François
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Beauchemin, Frédéric
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Girard, Eric
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Derraji, Monsef
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Charette, Benoit
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Tanguay, Marc
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Jolin-Barrette, Simon
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Cadet, Madwa-Nika
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Roy, Nathalie
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Girard, Eric
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Cadet, Madwa-Nika
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LeBel, Sonia
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Ghazal, Ruba
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Legault, François
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Zaga Mendez, Alejandra
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Paradis, Pascal
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Poulet, Isabelle
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Julien, Jonatan
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D'Amours, Sylvie
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Grandmont, Etienne
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Lévesque, Mathieu
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Cliche-Rivard, Guillaume
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D'Amours, Sylvie
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Bérubé, Pascal
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Lévesque, Mathieu
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Bourassa, Kariane
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Rotiroti, Filomena
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Bélanger, Sonia
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Derraji, Monsef
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D'Amours, Sylvie
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Derraji, Monsef
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Bélanger, Sonia
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Soucy, Chantal
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Cliche-Rivard, Guillaume
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Roy, Nathalie
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D'Amours, Sylvie
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Bélanger, Sonia
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Cliche-Rivard, Guillaume
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Arseneau, Joël
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Derraji, Monsef
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Lévesque, Mathieu
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Proulx, Caroline
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Proulx, Caroline
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D'Amours, Sylvie
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Dufour, Virginie
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Roy, Nathalie
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Fontecilla, Andrés
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Benjamin, Frantz
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LeBel, Sonia
9 h 30 (version révisée)
(Neuf heures quarante minutes)
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : Bonjour, chers collègues. Veuillez prendre place.
Affaires courantes
Déclarations de députés
Nous sommes maintenant à la rubrique Déclarations
de députés. Et je cède la parole à M. le député de Masson.
Rendre hommage à Mme Josée Allaire
M. Mathieu Lemay
M. Lemay : Mme la Présidente,
aujourd'hui, j'aimerais souligner l'engagement exceptionnel de Mme Josée Allaire
pour son parcours remarquable à l'organisme Habitat Lanaudière qui est dédié à
l'accompagnement des personnes vivant avec un problème de santé mentale.
Alors, d'abord intervenante puis
coordonnatrice clinique, Mme Allaire consacre plus de 35 ans de carrière à
soutenir, guider et inspirer celles et ceux qui en ont le plus besoin. Son
amour des personnes, sa grande écoute et sa bienveillance font d'elle une
personne précieuse et profondément humaine au sein de notre communauté. Au fil
des ans, Mme la Présidente, elle est devenue une figure incontournable, tant
pour les usagers que pour les intervenants qu'elle encadre avec rigueur et
générosité. Par son leadership, elle veille à la qualité des pratiques tout en
transmettant son savoir et ses valeurs à une nouvelle génération de
professionnels. Alors, grâce à des gens comme Mme Allaire, des vies sont
transformées et l'espoir prend racine.
Alors, Josée, sache que tu as toute ma
reconnaissance pour ton dévouement exemplaire et ton apport inestimable à notre
société. Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : Merci, M. le député. Je cède maintenant la parole à Mme la
députée de Notre-Dame-de-Grâce.
Souligner le travail des organismes de coopération
internationale
Mme Désirée McGraw
Mme McGraw : Merci, Mme la
Présidente. Alors, je tiens à saluer aujourd'hui les organismes de coopération
internationale qui sont présents avec nous dans nos tribunes, une douzaine
d'ailleurs, pour leur travail, leur constance et leur engagement. Ils font
rayonner le Québec bien au-delà de nos frontières, et ce, depuis des décennies.
Mais aujourd'hui, il faut le dire avec
gravité, Mme la Présidente, parce que la coopération internationale repose sur
un principe fondamental : le respect de la parole donnée. Or, au moment
même où le Québec affirme vouloir développer pleinement son potentiel
international et diversifier ses marchés, nous envoyons un signal profondément
préoccupant, celui d'un État qui ne respecte pas toujours ses engagements en matière
de coopération internationale et de coopération climatique.
Alors, cela fragilise la confiance et
c'est pourquoi nous appelons au gouvernement à écouter et respecter ses
engagements. C'est à cette condition que nous pourrons préserver la confiance,
consolider notre crédibilité et continuer à faire rayonner le Québec sur la
scène internationale. Merci.
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : Merci, Mme la députée. Je souhaite donner la parole
maintenant à M. le député de Beauce-Nord.
Souligner le 30e anniversaire de l'Association
d'entraide communautaire La Fontaine
M. Luc Provençal
M. Provençal : Merci, Mme la
Présidente. Dans le cadre de la Semaine québécoise de la déficience
intellectuelle, je tiens à souligner le 30e anniversaire, en 2026, de
l'Association d'entraide communautaire La Fontaine, présente en MRC
Nouvelle-Beauce depuis 1996. Depuis trois décennies, la mission de l'organisme
n'a pas changé, offrir des services aux personnes ayant une limitation
intellectuelle, physique ou un trouble du spectre de l'autisme, ainsi qu'aux
proches.
Au fil des ans, l'organisation a innové en
proposant des activités de jour et de loisir, du répit les fins de semaine, des
camps de jour en période estivale, et j'en passe. Une équipe empathique,
chaleureuse, amicale et bienveillante qui prend grand soin de cette clientèle
particulière, mais tellement attachante. Ma récente visite fut très agréable et
mémorable dans un bel esprit de partage. Longue vie et bon 30e à La Fontaine.
Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : Merci, M. le député. Je souhaite maintenant donner la
parole à M. le député de Taschereau.
Exprimer du soutien envers le milieu communautaire
en grève
M. Etienne Grandmont
M. Grandmont : Merci, Mme la
Présidente. Je vous parle aujourd'hui de ce qui est probablement la plus vaste
mobilisation du milieu communautaire jamais vue au Québec. Je parle ici du
Communautaire à boutte, qui sera en grève du 23 mars au 2 avril.
Pourquoi le communautaire est à bout? Parce qu'il n'en peut plus de maintenir
en place notre filet social collectif, et ce, avec un sous-financement
chronique, parce qu'il est tanné de se faire dire que le communautaire est un
gouffre financier et que les salaires de crève-faim de ces travailleuses et
travailleurs sont suffisants, parce que les organismes de base ferment leurs
portes actuellement par faute de financement.
Il est grand temps que le milieu
communautaire soit reconnu à sa juste valeur au Québec. J'invite tous mes collègues
députés à aller à la rencontre des travailleuses et des travailleurs qui
participent au mouvement Le communautaire à boutte. Ces gens-là méritent tout
notre respect et notre reconnaissance. Et soutenons-les financièrement à la
hauteur de ce qu'ils accomplissent quotidiennement dans nos communautés.
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : Merci, M. le député. Je cède maintenant la parole à Mme la
députée de La Pinière.
Souligner le travail de la Table de concertation de
Brossard
Mme Linda Caron
Mme Caron : En cette Semaine
nationale de l'organisation communautaire, je tiens à souligner le travail de
la Table de concertation de Brossard, qui s'est donné pour mission d'être un
espace multisectoriel d'échange, de concertation et de partenariat entre divers
intervenants dans le but de favoriser l'amélioration des conditions de vie des
citoyens et citoyennes de Brossard. La table agit comme point de référence et
relayeur d'information auprès des ministères et instances dans les secteurs
reliés à ses activités. Cette mission sociale et communautaire, enracinée dans
les réalités du territoire, n'est pas sans poser de grands défis, à la fois à
la table et aux organismes communautaires qui en sont membres.
Alors, bravo, d'ailleurs, pour tous les efforts
de mutualisation que vous faites. Meilleurs vœux de succès et vifs
remerciements à Marthe Élise Ngom, directrice générale de la table, et à son
conseil d'administration et bénévoles.
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : Merci, Mme la députée. Je donne maintenant la parole à M.
le député de Granby.
Souligner le 60e anniversaire du Centre d'action
bénévole de Granby
M. François Bonnardel
M. Bonnardel : Merci, Mme la
Présidente. Cette année, le Centre d'action bénévole de Granby va atteindre le
cap impressionnant des 60 ans d'existence. Le Centre d'action bénévole de
Granby est un organisme dont la mission consiste à promouvoir l'action bénévole
et à soutenir les personnes en situation de vulnérabilité, notamment les aînés,
en contribuant à leur maintien à domicile et à leur qualité de vie. Par ses
nombreux services, dont la popote roulante, le soutien aux organismes et la
très populaire clinique d'impôt, il joue un rôle essentiel pour la
Haute-Yamaska.
Cette année est particulièrement marquante
pour l'organisme. Le centre a entrepris un important déménagement vers de
nouvelles installations mieux adaptées à ses besoins et à sa croissance. Ce
nouvel espace permettra notamment de tripler la production de repas afin de
répondre encore plus... pour répondre encore plus pour des personnes dans le
besoin.
Depuis 60 ans, ce sont des
générations de bénévoles qui ont donné leur temps avec générosité, permettant
au Centre d'action bénévole de Granby de devenir un pilier incontournable de
notre communauté. Je tiens à remercier et à féliciter Jolyane Molaison,
directrice générale, son équipe ainsi que l'ensemble des bénévoles pour leur
engagement exceptionnel. Votre dévouement fait une réelle différence dans la
vie de nombreuses personnes et contribue à...
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. Merci beaucoup, M. le député. Je souhaite
maintenant donner la parole au député d'Arthabaska.
Souligner la tenue de la 20e édition du Relais pour
la vie de la MRC de L'Érable
M. Alex Boissonneault
M. Boissonneault : Merci, Mme
la Présidente. Depuis le début de mon mandat, j'ai eu le privilège de
rencontrer à plusieurs reprises Serge Barthell et sa fille Mélissa Barthell,
ils sont ici aujourd'hui avec nous, je les salue, respectivement président et
coordonnatrice du Relais pour la vie de la MRC de l'Érable. Avec l'aide de
plusieurs bénévoles et partenaires, ils orchestrent depuis 20 ans une
multitude d'activités qui mobilisent la communauté pour une cause essentielle,
amasser des fonds pour la Société canadienne du cancer.
Je veux souligner tout le travail que vous
avez fait pour faire grandir cette fondation. Le soutien que vous apportez à
ceux et celles qui sont touchés par le cancer dans la région est immense. Après
deux décennies, M. Barthell et son équipe ont réussi à amasser plus de
5 millions de dollars pour financer la recherche sur le cancer et
soutenir l'accompagnement des individus et des familles touchées par la
maladie. On salue d'ailleurs Anthony Vallée, qui est ambassadeur de l'édition
du 13 juin prochain, accompagné de sa conjointe, Marilyn Bourassa. Vous
pouvez être fiers. Au nom de la communauté de L'Érable et d'Arthabaska, merci
pour tout.
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : Merci, M. le député. Je souhaite maintenant donner la
parole à Mme la députée de Soulanges.
Souligner la tenue de la 15e édition du défilé de
la Saint-Patrick à Hudson
Mme Marilyne Picard
Mme Picard : Merci beaucoup,
Mme la Présidente. En ce mois de mars, Soulanges revêt fièrement le vert pour
célébrer la Saint-Patrick. Cette tradition bien ancrée dans notre région trouve
sa plus belle expression dans la grande parade organisée par la Soulanges Irish
Society à Hudson, qui en est déjà à sa 15e édition cette année. Pour cette
occasion, c'est nul autre que l'humoriste Derek Seguin qui agira comme grand «marshal»
de la parade. Chaque année, cet événement rassemble familles, amis et
bénévoles, unis par la fierté et la joie de célébrer nos racines irlandaises.
Pour une journée, nous devenons tous un peu irlandais.
Je tiens à souligner l'implication et le
dévouement des bénévoles, et tout particulièrement à remercier Jay de la
Durantaye et son équipe dont l'engagement contribue à faire de cette parade un
moment fort et rassembleur. C'est ce samedi le 21 mars, à 13 heures,
que ça se passe sur la rue Main à Hudson. Participez en grand nombre à la
parade. Amenez avec vous énergie, sourires et passion. Au plaisir de vous y
retrouver en grand nombre.
• (9 h 50) •
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : Merci, Mme la députée. Maintenant, au tour de M. le député
de René-Lévesque.
Rendre hommage à M. Dominick Cuerrier
M. Yves Montigny
M. Montigny : Merci, Mme la
Présidente. Je salue aujourd'hui le travail visionnaire de Dominick Cuerrier,
pilier de l'Association des chasseurs pêcheurs Manic-Outardes.
Établi sur la Côte-Nord à 18 ans pour
étudier en aménagement cynégétique et halieutique, Dominick dédie son expertise
à notre communauté depuis plus de 25 ans. Grâce à son leadership, les
nouveaux quais de pêche urbains de Baie-Comeau propulsés par Ma ville Ma Voix
rendent notre territoire accessible à toutes les générations. Plus qu'un
bâtisseur d'infrastructures, il assure un transfert de connaissances vital. En
transmettant sa passion aux plus jeunes, il les sensibilise à la protection de
la ressource et des habitants.
Par son implication bénévole et sa
contribution aux Jeux provinciaux de la pêche, Dominick Cuerrier unit et
enrichit notre collectivité. Je le remercie de cultiver, avec une vision
durable, la relève de demain. Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : Merci, M. le député. Maintenant, au tour de Mme la députée
des Chutes-de-la-Chaudière.
Rendre hommage à M. Yves Lavoie
Mme Martine Biron
Mme Biron : Merci, Mme la
Présidente. Ce matin, je souhaite souligner l'action remarquable d'un citoyen
de ma circonscription, M. Yves Lavoie, ici présent dans les tribunes,
accompagné de quelques-uns de ses proches.
Le 9 février dernier, alors qu'il était
dans un centre d'entraînement de Charny, cet ancien infirmier de l'Institut
universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec se fait interpeler
pour porter secours à un homme victime d'un arrêt cardiaque. Grâce à une
intervention rapide et aux bons gestes posés, il réussit à lui sauver la vie.
La personne ne conserve aucune séquelle aujourd'hui.
M. Lavoie, je tiens à vous féliciter
chaudement pour tout le courage et le sang-froid que vous avez démontrés devant
cette situation qui en aurait laissé plusieurs impuissants. Cet homme vous doit
la vie, et nous, nous vous devons tous notre profonde reconnaissance. Merci.
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : Merci, Mme la députée. Finalement, je souhaite donner la
parole à Mme la députée de Laval-des-Rapides.
Souligner le travail des Loisirs Renaud-Coursol
Mme Céline Haytayan
Mme Haytayan : Merci,
Mme la Présidente. Je vais avoir le plaisir de remettre la Médaille de la
députée de l'Assemblée nationale aux Loisirs Renaud-Coursol, un pilier de la
vie de quartier dans Laval-des-Rapides.
Fondé en 1973, l'offre d'activités des Loisirs
Renaud-Coursol n'a cessé de croître et de se diversifier au fil des années avec
des activités sportives, culturelles, communautaires toujours inclusives et
accessibles à tous les groupes d'âge. Loisirs Renaud-Coursol organise également
des rendez-vous annuels qui sont devenus des incontournables, comme le bazar
Coursol en fête et Coursol en neige.
Je veux féliciter, remercier tous les
membres de l'équipe des Loisirs Renaud-Coursol, le conseil d'administration,
les précieux bénévoles des Loisirs Renaud-Coursol qui font vivre ce joyau
depuis des années, depuis plus de 50 ans, dans Laval-des-Rapides, pour le
plus grand bien de la communauté. Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : Merci, Mme la députée. Cela met fin à la rubrique Déclarations
de députés.
Et je suspends les travaux quelques
minutes.
(Suspension de la séance à 9 h 54)
10 h (version révisée)
(Reprise à 10 h 09)
La Présidente
: Bonjour,
tout le monde. Mesdames, messieurs, bienvenue. Le parlement du Québec, c'est
chez vous. 19 mars, la bonne nouvelle, demain, c'est le printemps.
Alors, mesdames, messieurs, nous allons
nous recueillir quelques instants.
Je vous remercie beaucoup, tout le monde.
Veuillez vous asseoir.
Nous poursuivons les affaires courantes.
Les portes se ferment.
Aujourd'hui, il n'y a pas de déclarations
ministérielles ni présentation de projets de loi.
Dépôt de documents
À la rubrique Dépôt de documents, M. le
ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation.
M.
Martel
: Mme
la Présidente, permettez-moi de déposer le plan stratégique 2025‑2028 de
la Commission de protection du territoire agricole du Québec. Merci.
La Présidente
: Ce
document est déposé.
Il n'y a pas de dépôt de rapports de
commissions ni de dépôt de pétitions.
Il n'y a pas de réponses orales aux
pétitions ni d'interventions portant sur une violation de droit ou de privilège.
• (10 h 10) •
Je vous avise qu'après la période de
questions et de réponses orales sera tenu le vote reporté sur la motion de M.
le leader de l'opposition officielle débattue hier aux affaires inscrites par
les députés de l'opposition.
Questions et réponses
orales
Et nous en sommes maintenant rendus à la
période de questions et de réponses orales, et, pour ce faire, je cède la
parole, en question principale, au chef de l'opposition officielle.
Gestion des finances publiques
M. André Fortin
M. Fortin :Hier matin, le premier ministre nous disait, avec tout le
sérieux du monde, qu'il laissait la maison en ordre. Oui, effectivement. Mme la
Présidente, il y a 10 milliards de déficit. Il y a des infrastructures
publiques qui tombent en ruines. Il y a des services publics qui se dégradent
jour après jour. La maison n'est pas en ordre, Mme la Présidente. La maison est
en feu en ce moment.
Et, pendant ce temps-là, le ministre des
Finances choisit de prendre 1,3 milliard de dollars et de mettre ça
de côté pour la députée de Sanguinet ou le député de Lévis pour qu'ils puissent
distribuer des bonbons électoraux en précampagne, pour tenter de faire en sorte
que les Québécois oublient les huit dernières années de gouvernance caquiste.
Et le comble, Mme la Présidente, c'est que le ministre des Finances a eu l'audace
de dire que les partis politiques devraient faire attention aux promesses.
Ils ont brisé la banque. Ils ont rempli
les cartes de crédit. Ils ont anéanti les surplus. Ils ont <décimé...
M. Fortin :
...attention aux promesses. Ils ont brisé la banque,
ils ont rempli les cartes de crédit, ils ont anéanti les surplus, ils ont >décimé
les finances publiques, et le dernier petit bout de marge de manœuvre qui leur
restait, bien, ils se le donnent pour des bonbons électoraux à saveur caquiste,
et ils se permettent de dire aux autres de faire attention. C'est l'exemple
ultime, Mme la Présidente, du : Faites ce que je dis, pas ce que je fais.
Il est temps que ça finisse. Les Québécois
ne sont plus capables de se payer le gouvernement de la CAQ.
La Présidente : La réponse du
premier ministre.
M. François
Legault
M. Legault : Oui. Mme la
Présidente, j'invite le chef de l'opposition officielle à lire Paul Journet. Je
ne pense pas qu'on peut accuser Paul Journet d'être un caquiste, ni la LaPresse,
d'ailleurs, et...
Une voix : ...
M. Legault : Pas péquiste non
plus, je suis d'accord, oui, c'est ça. Mais Paul... Paul Journet écrit ce
matin, et je le cite, Mme la Présidente : «Le revenu par habitant et le
revenu disponible ont crû davantage, depuis 2018, chez nous qu'ailleurs au
pays, et le déficit du Québec reste inférieur à celui des autres provinces.»
Fin de la citation.
Mme la Présidente, on va tous être
d'accord, là, que la situation économique n'est pas facile, pas facile, entre
autres, pour tout le Canada, avec les gestes qui ont été posés par Donald
Trump. Mais, Mme la Présidente, quand on tient compte de ce contexte puis qu'on
regarde la croissance économique au Québec, qu'on regarde le déficit au Québec,
qu'on regarde la dette qui a été réduite par rapport au niveau qu'on avait avec
le Parti libéral je pense qu'on peut dire quand même qu'on... oui, on laisse la
maison en ordre. Et dans le contexte actuel, dans le contexte actuel, je pense
qu'on a fait ce qu'il était possible d'être fait dans un contexte... encore une
fois, là, on va tous être d'accord pour dire que c'est un contexte économique
très difficile.
La Présidente : Première
complémentaire.
M. André Fortin
M. Fortin :Mme la Présidente, moi, je lui parle du gaspillage caquiste
et du fonds électoral de 1,3 milliard à la disposition du prochain premier
ministre. Puis, en plus, le ministre des Finances, il nous dit que, si le
prochain premier ministre trouve que ce n'est pas assez, bien, il peut aller
piger dans la réserve pour éventualités de 8 milliards, il l'invite à
aller piger là-dedans, Mme la Présidente. C'est supposé d'être utilisé pour nos
entreprises en temps de crise économique.
Est-ce que le premier ministre a oublié ce
que lui-même disait aux péquistes en 2013 : Quand est-ce qu'on va arrêter
d'endetter les Québécois pour se faire élire à tout prix?
La Présidente : La réponse du
premier ministre.
M. François
Legault
M. Legault : Oui. Mme la
Présidente, quand, dans un budget de 160 milliards, on dit : On va
mettre de côté un montant de 250 millions par année pour aider les
Québécois... Puis, évidemment, il y a 10 000 façons d'aider les
Québécois. Je sais que le PQ veut réduire la taxe sur l'essence, en tout cas,
c'est ce qu'il a promis pour gagner le comté d'Arthabaska. Bon, c'est difficile
à suivre, le Parti libéral, il nous dit que le déficit est trop gros, mais il
faudrait dépenser plus. Mais, Mme la Présidente, je pense que c'est
raisonnable.
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
M. André Fortin
M. Fortin :Mme la Présidente, ce n'est pas de l'argent pour aider les
Québécois, c'est de l'argent pour aider la CAQ dans sa précampagne électorale.
S'il voulait aider les Québécois, là, il y en a en masse, de places où il
aurait pu mettre de l'argent. Savez-vous où il aurait pu le faire? À Maisonneuve-Rosemont.
Cet hôpital-là, c'est le symbole des
infrastructures qui tombent en ruines au Québec. Il y a de la vermine dans
l'hôpital, les murs tiennent littéralement avec de la broche, il y a de l'eau
qui coule à longueur de journée. Comme dirait le premier ministre : Il
devrait être gêné.
La Présidente : Attention aux
propos, M. le chef. La réponse du premier ministre.
M. François
Legault
M. Legault : Bon, Mme la
Présidente, d'abord, là, il faudrait expliquer au chef de l'opposition
officielle qu'il y a une différence entre des dépenses de fonctionnement puis
des dépenses d'infrastructures, hein? Le 250 millions qui est mis de côté
pour aider les Québécois, c'est des dépenses de fonctionnement.
Maintenant, parlons des dépenses
d'infrastructures. On avait un rattrapage énorme à faire. Dans le temps des
libéraux, c'était un PQI de 100 milliards. On est rendu à
167 milliards. C'est facile à compter, c'est 67 % d'augmentation.
Donc, qu'est-ce que propose exactement le chef de l'opposition officielle?
La Présidente : Troisième
complémentaire.
M. André Fortin
M. Fortin :Le premier ministre veut parler des dépenses de
fonctionnement, il nous dit que le 1,3 milliard pourrait servir aux
dépenses de fonctionnement. Vous savez à quoi il pourrait servir, cet
argent-là? Il pourrait servir dans nos écoles. Les professeurs, aujourd'hui, les
professionnels dans nos écoles disent qu'ils se sentent abandonnés par le
gouvernement de la <CAQ...
M. Fortin :
...les professeurs, aujourd'hui, les professionnels
dans nos écoles disent qu'ils se sentent abandonnés par le gouvernement de la >CAQ.
C'était supposé être la priorité du premier ministre et c'est comme ça qu'il va
terminer son mandat.
Encore une fois, là, il dit une chose puis
il fait son contraire. Ça aura été la même chose pendant huit ans.
La Présidente : La réponse du
premier ministre.
M. François
Legault
M. Legault : Mme la
Présidente, quand on est arrivés, le budget de l'éducation était de
14,9 milliards par année. Ça, c'est les libéraux. Il est aujourd'hui de
24,1 milliards. C'est une augmentation de 62 %. Je suis certain que
le chef de l'opposition officielle est capable de faire une division, 62 divisé
par 8, il va se rendre compte que c'est sans commune mesure avec ce qu'ont fait
les libéraux.
Oui, l'éducation depuis huit ans, c'est
une grande priorité au Québec.
La Présidente : En question
principale, je reconnais maintenant...
Des voix : ...
La Présidente
: Chut!
Article 32, c'est bon pour tout le monde. On garde le silence.
En question principale, je reconnais le
député de Marguerite-Bourgeoys.
Gestion des finances publiques
M. Frédéric
Beauchemin
M. Beauchemin : Un autre
déficit de 10 milliards, mais, selon la CAQ, on est chanceux, Mme la
Présidente, on est chanceux même s'ils sous-estiment constamment les dépenses.
Selon la CAQ, on est chanceux même s'ils font des déficits à répétition puis
qu'ils auront ajouté 100 milliards avant de revenir à l'équilibre. On est
chanceux, selon la CAQ, parce que la maison est en ordre, même s'ils ont été
décotés par Standard & Poor's. Bravo! Selon la CAQ, on est chanceux parce
que nos services publics sont en lambeaux.
Mais, Mme la Présidente, rassurez-vous,
là, le gouvernement, il n'est pas stressé. Non, non, non. Ça pourrait être
pire. Rassurez-vous, Mme la Présidente, parce que, même avec les déficits, la
décote puis la dette, on est capables, à la CAQ. Rassurez-vous, avec toutes ses
raisons d'être, là, la CAQ, là, pense qu'ils sont capables de bien gérer nos
finances publiques, Mme la Présidente.
Ils sont totalement déconnectés, Mme la
Présidente. Même les Québécois voient juste, et c'est eux qui vont déconnecter
ce mauvais gouvernement.
La Présidente : La réponse du
ministre des Finances.
M. Eric Girard
M. Girard (Groulx) : Oui,
bien, j'étais concentré, mais je n'ai pas entendu de question. Non mais... Non
mais, je regrette, Mme la Présidente, je n'ai pas entendu de question.
Alors, le déficit 2024‑2025 a été révisé à
la baisse de 3,4 milliards. Le déficit 2025‑2026 a été révisé à la baisse
de 3,7 milliards. Le déficit 2026‑2027 est révisé à la baisse de
900 millions. Le déficit de l'année courante, comptable,
6,3 milliards, inclut une provision pour éventualités de 2 milliards.
Vous comprenez, Mme la Présidente, 6,3 milliards incluent 2 milliards
de provisions pour éventualités. Cette provision n'a pas été utilisée dans les
deux dernières années. Ça correspond à 0,9 % du PIB. C'est un des déficits
les plus petits au Canada, Mme la Présidente. Seules l'Alberta, la
Saskatchewan, qui sont producteurs d'énergie fossile, auront des déficits plus
petits. On attend les chiffres de l'Ontario.
On gère les finances publiques de façon
responsable dans un contexte qui est difficile. On va continuer. Et je pense
qu'on fait un bon travail, et puis c'est pour ça que les déficits diminuent...
La Présidente
: En
terminant.
M. Girard (Groulx) : ...puis
qu'on a un plan de retour à l'équilibre budgétaire.
La Présidente : Première
complémentaire.
M. Frédéric
Beauchemin
M. Beauchemin : Mme la
Présidente, il y a eu deux décotes au Canada l'an dernier, puis le ministre
ici, il est responsable d'une des deux. Je l'entendais, hier, nous dire qu'on
est presque les meilleurs au Canada, puis il l'a répété, là, à gérer les
finances publiques. Il me semble que, quand on est décotés, ça veut dire qu'on
n'est pas bons. Pas bons. Bien, peut-être que Standard & Poor's ne savent
pas de quoi qu'ils parlent. Ça se peut, tu sais.
Rassurez-vous, Mme la Présidente, les
Québécois, eux, ont compris que la CAQ gère mal les finances publiques. Ils ont
compris que les cartes de crédit sont pleines puis qu'ils vont payer longtemps
pour le Titanic caquiste.
La Présidente : La réponse du
ministre des Finances.
M. Eric Girard
M. Girard (Groulx) : Oui,
bien, ce ne sera pas la première fois que je vais devoir corriger mon collègue
de Marguerite-Bourgeoys, là. S&P a décoté quatre fois la Colombie-Britannique.
La Nouvelle-Écosse a été décotée. L'Ontario avait une perspective positive, ils
l'ont perdue. Le Nouveau-Brunswick avait... était stable, a maintenant une
perspective négative. Nous avons...
• (10 h 20) •
Des voix : ...
M. Girard (Groulx) : Oui,
bien, parce que le respect, c'est non négociable, là. Il y a plusieurs
personnes qui m'ont parlé de sa performance d'hier, là, Mme la Présidente.
Des voix : ...
La Présidente : Alors, je
vous rappelle l'article 32, c'est bon pour tout le monde, tout le monde,
également la partie gouvernementale.
Des voix : …
La Présidente
: Je suis
debout! Conservez le silence, tout le monde! Je veux entendre la suite de la
réponse. Il vous reste 10 secondes. Et demeurez toutes et tous
respectueux.
M. Girard (Groulx) : Oui,
bien, je suis très respectueux, Mme la Présidente. On a décidé d'augmenter les
infrastructures de <11 milliards...
M. Girard (Groulx) :
...Mme
la Présidente, on a décidé d'augmenter les infrastructures de >11 milliards
parce qu'il y avait des menaces tarifaires du nouveau président américain au
budget 2025‑2026.
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
M. Frédéric
Beauchemin
M. Beauchemin : S'il avait
été performant, on n'aurait pas été décotés, Mme la Présidente, mais, bon...
Son budget, il n'était peut-être pas bon, mais ils ont décidé de mettre une
cagnotte électoraliste pour sauver le Titanic. Ils ont décidé que ce n'était
pas juste 1,3, mais on peut peut-être aller jouer même dans les réserves,
jusqu'à 8 milliards pour les cinq prochaines années. Comme quoi l'appétit,
pour la CAQ, là, pour les dépenses électoralistes, il est sans fin. Un grand
classique caquiste. Mais je vous annonce, Mme la Présidente, cette cagnotte-là
ne sera pas assez suffisante pour faire oublier les deux terribles mandats
caquistes.
Pourquoi le ministre joue dans cette
manigance?
La Présidente : La... Oh! attention!
Là, vous avez employé un terme non parlementaire. Je vous demanderais, le
dernier mot, de le retirer. Il est retiré? Merci. Merci, M. le leader. La
réponse du ministre.
M. Eric Girard
M. Girard (Groulx) : Oui, Mme
la Présidente. Alors, les dépenses 2026‑2027 du gouvernement du Québec
totalisent 170 milliards de dollars. Alors, vous conviendrez que
250 millions, c'est de l'ordre de 0,2 de 1 %. Et puis on a choisi de
déposer le budget avant le 31 mars, Mme la Présidente, pour donner de la
prévisibilité à nos centres intégrés de santé et services sociaux, à nos
centres de services scolaires, aux groupes communautaires, aux entreprises.
D'ailleurs, le gouvernement fédéral se retire du financement de l'itinérance,
il était extrêmement important qu'on vienne combler le vide laissé par le
gouvernement fédéral, dès le 1er avril, en itinérance au Québec.
La Présidente : En question
principale, je reconnais maintenant le député de Nelligan.
Modernisation de l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont
M. Monsef Derraji
M. Derraji : Merci, Mme la
Présidente. Mme la Présidente, hier, le verdict est tombé, l'hôpital HMR ne
figure plus dans la phase de réalisation. Les caquistes, ils ont décidé de
laisser un hôpital en phase de planification et ne pas débloquer le budget
nécessaire pour le faire passer au mode réalisation. Figurez-vous, Mme la
Présidente, qu'à cause de ce laxisme ce report risque de nous coûter
10 millions de dollars par mois. C'est l'équivalent de deux scandales
des Kings de Los Angeles, que les Québécois, à partir d'aujourd'hui, par mois,
vont payer à cause que le HMR ne figure plus en phase de réalisation.
La question que je me pose aujourd'hui,
Mme la Présidente : À quel moment les caquistes vont réaliser que HMR est
une priorité pour l'est de Montréal?
La Présidente : La réponse du
ministre des Finances.
M. Eric Girard
M. Girard (Groulx) : Oui, Mme
la Présidente. Bien, je vais donner un peu de contexte, puis mon collègue
pourra compléter avec précision, là. Moi, je vais m'en tenir à vous informer
que le PQI, en 2018‑2019 en santé, était de 1,4 milliard. Cette année, il
sera de 3,6 milliards. C'est une augmentation de 153 %. Des hôpitaux
en réalisation, le réseau de la santé est le grand gagnant du PQI. Alors, Vaudreuil,
Arthabaska, l'Hôpital général juif, Charles-Lemoyne, Chicoutimi, Sept-Îles,
Lévis, Saint-Jérôme, Mont-Laurier. On continue d'investir en santé.
Quant à Maisonneuve-Rosemont, on continue
de provisionner, pendant que l'aménagement se fait sur le terrain, pour que,
lorsqu'il va passer en réalisation, les sommes seront disponibles pour
continuer le travail. Alors, la santé est le grand gagnant du PQI 2026‑2036.
La Présidente : Première
complémentaire.
M. Monsef Derraji
M. Derraji : ...la
Présidente, je m'adresse au ministre des Finances. Le 2,3 milliards,
est-ce qu'il peut confirmer aujourd'hui que les 300 millions figurent?
C'est ce que les gens de HMR demandent. La question est très simple. Ils
demandent 300 millions pour faire face à la décrépitude de l'hôpital, pour
faire face à des fourmis, pour faire face à des rats et à des chauves-souris.
C'est ça, l'état de cet hôpital.
Il est où, le 300 millions? Il est
où, le 300 millions? On cherche les 300...
La Présidente : La réponse du
ministre responsable des Infrastructures.
M. Benoit Charette
M. Charette : Merci, Mme la
Présidente. Quelques mots sur le PQI présenté hier. Depuis 2018‑2019, ce sont
405 projets que nous avons réalisés. Je peux faire la nomenclature :
119 projets en éducation, alors que les libéraux n'ont construit à peu près
aucune école au cours de leurs dernières années au pouvoir, ce sont
119 projets en éducation qui ont été livrés, logements sociaux, 36, en
santé et services sociaux, 83, 51 pour le réseau routier, 17 en transport
collectif. Dans la seule dernière année, nous avons livré 91 projets,
c'est sept fois plus que les libéraux ont livré dans leurs dernières années au gouvernement.
Donc, le <PQI fait preuve de
responsabilité...
M. Charette : ...leurs
dernières années au gouvernement.
La Présidente
: En
terminant.
M. Charette : Donc, le >PQI
fait preuve de responsabilité...
La Présidente
:
Deuxième complémentaire.
M. Monsef Derraji
M. Derraji : Mme la
Présidente, est-ce que vous avez entendu HMR dans sa réponse? Wow! Aucun mot,
aucun mot. La question est très claire, oui ou non, 300 millions? C'est ce
que la coalition demande. Mais, Mme la Présidente, je pense qu'on doit
commencer à oublier HMR, l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont, parce qu'à partir
d'aujourd'hui c'est devenu, hélas, modernisation reportée grâce aux caquistes.
La Présidente
: La
réponse du ministre.
M. Benoit Charette
M. Charette : Mme la
Présidente, les faits sont très, très têtus. Dans le PQI, dans leur dernier
PQI, les libéraux prévoyaient 25 millions de dollars pour HMR,
25 millions de dollars. Nous provisionnons plusieurs milliards de dollars
pour HMR. Le projet avance bien. J'étais d'ailleurs en communication avec le
PDG de l'institution pas plus tard que ce matin. On ne peut pas mettre un
projet en réalisation lorsque les plans et devis ne sont pas complétés, et les
plans et devis ne sont pas complétés. Et la raison pour laquelle il n'y a pas
de ligne spécifique sur les montants qui sont provisionnés, c'est pour ne pas
truquer les appels à projets, pour éviter la collusion. Je le sais, que c'est
un concept...
La Présidente
: En
terminant.
M. Charette : ...qui échappe
aux libéraux, mais, pour nous, contrer la collusion, c'est important.
Des voix : ...
La Présidente
:
Article 32. Oui. S'il... Je vous entends, M. le député. Moi, je voudrais
entendre votre leader. Alors, quel est votre appel au règlement, M. le leader
de l'opposition officielle? Je vous écoute.
M. Tanguay
: Ce sont
des propos non seulement... mais blessants, mais non fondés. Je lui demande de
retirer ses propos, qu'il les retire, ses propos.
La Présidente
: Et je
veux entendre M. le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : Mme la
Présidente, permettez-moi d'être en désaccord avec le leader. Non fondés? Je
crois que les Québécois trouvent que c'est fondé, avec l'étiquette du Parti...
Des voix :
La Présidente
:
Alors... Vous allez me laisser décider. Merci. M. le ministre, la dernière
portion de votre réponse, je vous demande de retirer ce bout de propos. Vous
retirez? Vous retirez. Merci. M. le leader du gouvernement, c'est beau. On poursuit.
En question principale, je reconnais
maintenant la... la députée, pardon... Je vais reprendre ma phrase. En question
principale, je reconnais la députée de Bourassa-Sauvé. On écoute.
Mesures budgétaires en matière d'éducation
Mme Madwa-Nika Cadet
Mme Cadet : Merci, Mme la
Présidente. Mme la Présidente, il y a trois semaines, là, on a vécu une
situation inédite ici, à l'Assemblée nationale. Donc, pour la première fois, on
avait tous les acteurs du réseau de l'éducation, l'ensemble des acteurs réunis
en coalition pour demander une chose très simple au gouvernement, ils voulaient
de la prévisibilité budgétaire, ils voulaient s'assurer que, dans le budget qui
a été déposé hier, bien, qu'on ait des sommes qui permettent, donc, de soutenir
les besoins des élèves.
Malheureusement, bien, plusieurs de ces
acteurs-là sont déçus. Ils nous disent que, concrètement, donc, les écoles
n'auront pas les moyens de maintenir les services actuels et que... alors que
les besoins des élèves continuent d'augmenter. On parle d'un manque de
plusieurs centaines de millions de dollars simplement pour maintenir les
services existants.
Mme la Présidente, les enseignants, les...
le personnel professionnel, le personnel de soutien, ils nous disent
tous : Le gouvernement continue de jouer au yoyo budgétaire. Ce budget en
éducation, c'est un échec.
Est-ce que le premier ministre considère
toujours que la maison est en ordre en éducation?
La Présidente
: La
réponse du ministre des Finances.
M. Eric Girard
M. Girard (Groulx) : Oui.
Bien, merci, Mme la Présidente, et merci pour la question. C'est certain que
l'éducation, c'est extrêmement important, puis c'est pour ça que, depuis que
nous sommes au pouvoir, les dépenses ont augmenté de plus de 6 % par année
en éducation.
Dans ce budget-ci, qui est responsable, et
je note que l'opposition officielle nous demande de dépenser moins, bien, on a
ralenti le rythme de croissance des dépenses. Et les dépenses 2026‑2027,
en éducation, vont croître à 3 %, qui est exactement la demande du réseau
des centres de services scolaires. Et puis il y a... en fait, il y a plus de
640 millions pour la réussite éducative. Mais, je tiens à le dire,
derrière nous, des taux de croissance de dépenses de 6 %, devant nous, des
taux de croissance de dépenses de 3 %, c'est des choix qui sont
responsables.
• (10 h 30) •
Et l'éducation, c'est extrêmement
important. L'école publique au Québec, on en est fiers, on va continuer
d'investir dans celle-ci. D'ailleurs, il y a des sommes extrêmement importantes
qui sont investies en éducation, en infrastructures aussi. Le niveau 2026‑2027
est 134 % supérieur au niveau 2018‑2019 en infrastructures en
éducation.
La Présidente
:
Première complémentaire.
Mme Madwa-Nika
Cadet
Mme Cadet : Mme la Présidente,
ce qu'on demande, c'est d'éviter les gaspillages dans d'autres secteurs
d'activité pour que le système d'éducation puisse remplir sa mission. Les
enseignants nous disent : Le gouvernement caquiste, avec ce budget, envoie
encore une fois le <message...
>
10 h 30 (version révisée)
<19261
Mme Cadet :
...envoie encore une fois le message >que sa vision de l'éducation comme
priorité sociale est chose du passé. Mme la Présidente, le gouvernement de la
CAQ avait promis que l'éducation serait la priorité des priorités, mais,
manifestement, le réseau est déçu. Il considère que c'est un constat d'échec.
Est-ce que la CAQ va l'admettre?
La Présidente
: La
réponse du ministre.
M. Eric Girard
M. Girard (Groulx) : Derrière
nous, des taux de croissance de dépenses de plus de 6 %, pourquoi, Mme la
Présidente? Lorsqu'il y a eu la pandémie, on a dû payer des primes importantes,
temporaires, qui sont devenues permanentes dans le cadre des négociations avec
le secteur public. On a fait des investissements en infrastructures. Je vous
soulignais que les infrastructures sont en hausse de 134 %. En éducation,
on a dû faire face à une augmentation des effectifs. On a dû amener des aides à
la classe, des services professionnels. Et là le réseau nous demandait 3 %
de croissance de budget, et on est dans un plan de retour à l'équilibre
budgétaire responsable, on livre 3 % de croissance de budget.
La Présidente
: Deuxième
complémentaire.
Mme Madwa-Nika Cadet
Mme Cadet : Mme la
Présidente, les gens du réseau de l'éducation ne veulent pas rejouer dans le
même film que l'an passé. On parle... On sait qu'on sort, en fait, de la pire
rentrée scolaire que le réseau ait vécue au cours des 15 dernières années.
On parle de services qui ont été touchés. La CAQ avait promis de ne pas toucher
les services aux élèves. Bien, j'ai une petite nouvelle pour eux, bien, les
services, ils ont été affectés l'année passée et ils continuent d'être affectés
cette année. On ne veut pas rejouer dans le même film. Donc, quand on nous dit
qu'il s'agit encore d'un yoyo budgétaire, ce qu'on veut, ce sont des services.
La Présidente
: La réponse
de la ministre de l'Éducation.
Mme Sonia LeBel
Mme LeBel : Merci, Mme la
Présidente. Écoutez, exactement comme mon collègue vient de le dire, aux
Finances, ce qu'on donne aujourd'hui, ce qu'on livre, c'est un taux de
croissance de 3 %, page intéressante du budget, F.60.
Maintenant, les taux de... les coûts de
maintien de services, Mme la Présidente, sont sur la base, en éducation, de deux
facteurs majeurs : l'augmentation de la hausse salariale, les salaires, c'est
80 % du budget, c'est à 2,5 % cette année, l'augmentation, la
variation de la clientèle, qui est stabilisée cette année par rapport à l'an
passé. Donc, on est convaincus qu'avec 3 % on peut maintenir les services.
Maintenant, ce que le réseau demandait, l'année
passée, quand je suis arrivée, particulièrement, c'est de la prévisibilité.
Alors, nous allons faire en sorte que nous allons leur donner de la
flexibilité, de l'agilité, les règles budgétaires le plus rapidement possible
pour transférer ces sommes au réseau. Donc, combiné avec une hausse...
La Présidente
: En
question principale, je reconnais maintenant la cheffe du deuxième groupe d'opposition.
Gestion des finances publiques
Mme Ruba Ghazal
Mme Ghazal : Merci, Mme
la Présidente. Pendant que les familles québécoises se demandent comment est-ce
qu'elles vont faire pour boucler leur budget à la fin du mois, le gouvernement
de la CAQ dépose un budget d'austérité digne des années Couillard du Parti
libéral du Québec. Ça, ce n'est pas Québec solidaire qui le dit, ça, c'est Jimmy
Jean, un économiste de Desjardins. Ce serait bien, aussi, d'écouter les
économistes.
Les gens travaillent à temps plein, mais ils
doivent faire des choix impossibles pour pouvoir payer le loyer, pour payer l'épicerie,
pour payer les transports. Ils paient déjà de l'impôt, mais ils n'ont pas accès
à des services publics de qualité en santé et en éducation, des services qu'ils
méritent. Le ministre des Finances a été très sobre avec la classe moyenne,
mais très généreux avec le ou la cheffe de la CAQ. Il leur a remis une carte de
crédit prépayée de 750 millions de dollars à dépenser juste cette
année, Mme la Présidente. 750 millions de dollars, c'est l'argent des
Québécois et Québécoises. Il doit servir à leur permettre de sortir la tête de
l'eau, d'avoir des services publics qui fonctionnent. 750 millions de
dollars, ça ne doit pas servir à la caisse électorale de la CAQ.
Est-ce que le premier ministre peut
expliquer aux familles québécoises qui en arrachent en ce moment pourquoi est-ce
qu'il préfère se garder un coussin électoral plutôt que de les soulager
immédiatement?
La Présidente
: La
réponse du premier ministre.
M. François Legault
M. Legault : Bien, Mme la
Présidente, on doit quand même constater, là, qu'il y a une grande différence
entre le Parti libéral puis Québec solidaire, là. On vient d'entendre le Parti
libéral dire : On a trop dépensé, et maintenant Québec solidaire qui dit :
On n'a pas assez dépensé. Je veux juste lui rappeler que, depuis huit ans, les
dépenses au Québec ont augmenté de 63 %. Bon, elle dit que c'est... ce n'est
pas assez.
Maintenant, Mme la Présidente, si on parle
du portefeuille, on a redonné 7 milliards par année aux Québécois. Ça
donne en moyenne 961 $ par Québécois. À chaque fois qu'on l'a fait, que ce
soit pour baisser les impôts, que ce soit pour donner 2 000 $ aux
personnes de 70 ans et plus, <que ce soit pour augmenter les
allocations familiales, que ce soit pour baisser les taxes...
M. Legault :
...2 000 $
aux personnes de 70 ans et plus, >que ce soit pour augmenter les
allocations familiales, que ce soit pour baisser les taxes scolaires, à chaque
fois qu'on a remis de l'argent dans le portefeuille, puis je le dis, là, 7
milliards par année, à chaque fois, Québec solidaire était contre. Donc,
j'essaie de suivre, là, ce que nous dit la cheffe du deuxième groupe
d'opposition. Peut-être que, dans sa complémentaire, je vais mieux comprendre
ce qu'elle suggère.
La Présidente : Première
complémentaire.
Mme Ruba Ghazal
Mme Ghazal : Premièrement,
c'est lui, le premier ministre, puis c'est, malheureusement, un premier
ministre qui n'écoute pas les propositions. Des propositions pour contrer la
crise du loyer, du logement, qui existe en ce moment, pour permettre aux gens
de pouvoir payer leur épicerie, pour que nos écoles, nos systèmes de santé ne
tombent pas en ruine, on en a fait plein. Mais lui, le premier ministre, il
parle de ce qu'il a fait, mais ce qu'il oublie souvent de mentionner, c'est les
gaspillages, aussi, qu'il a faits. Ça, les Québécois s'en rappellent.
Je lui répète la question : Pourquoi
est-ce qu'il a décidé de mettre de l'argent pour la CAQ et non pas pour...
La Présidente : La réponse du
premier ministre.
M. François Legault
M. Legault : Bien, Mme
la Présidente, sur des dépenses de 170 milliards, on a prévu un 250
millions pour aider les Québécois. Actuellement, oui, il y a un débat à la CAQ,
on a des débats, nous, à la CAQ, et il y a plusieurs façons d'aider les
Québécois. Donc, il y aura un 250 millions de dollars par année, fois
cinq, ça donne 1 250 000 000 $, si je calcule bien. Eh
bien, je suis ouvert aux suggestions. Je suis certain que les deux candidats à
la chefferie vont être ouverts aux suggestions de Québec solidaire.
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
Mme Ruba Ghazal
Mme Ghazal : J'ai une
suggestion pour le premier ministre. Le 750 millions de dollars qui
est réservé, juste avant les élections, pour que le futur premier ministre les
donne à qui il veut, selon les intérêts de la CAQ, pour sa réélection et non
pas en fonction des intérêts des Québécois, bien, qu'il les mette tout de suite
pour nos écoles, pour notre système de santé, pour permettre aux gens de payer
leur loyer, leur épicerie, pour donner de l'oxygène aux Québécois.
Je l'invite à regarder son budget. La
progression des dépenses pour les cinq prochaines années, c'est 2 %. Ça,
c'est la moyenne, c'est moins que l'inflation. Si ce n'est pas de l'austérité,
c'est quoi?
La Présidente : La réponse du
premier ministre.
M. François Legault
M. Legault : Bien, je
viens d'entendre encore la cheffe du deuxième groupe d'opposition parler de
750 millions. J'aimerais ça voir...
Des voix : ...
M. Legault : C.6? Parce
que, pour moi, là, c'est 250 par année sur cinq ans. C.6, je vais regarder ça
de proche. C.6...
Des voix : ...
La Présidente : ...moi, je
vous rappelle qu'on ne s'interpelle pas, des... M. le premier ministre!
Des voix : ...
La Présidente
: Je
suis debout. Je suis debout. Vous demeurez assis, vous gardez le silence.
Alors...
Des voix : ...
La Présidente
: Mme la
cheffe! Alors, je rappelle, tout le monde ici, que vous ne vous interpelez pas
des deux côtés de la Chambre. Et maintenant je vais poursuivre et demander le
silence. Vous ne vous parlez pas comme ça. Et je veux entendre la réponse du
premier ministre. Il vous reste 19 secondes, M. le premier ministre.
M. Legault : Oui. Bien,
Mme la Présidente, il y a un 2 milliards, effectivement, de provision qui est
prévu parce qu'il y a beaucoup d'incertitudes actuellement. Qu'est-ce qui
arrivera avec les négociations de tarifs aux États-Unis? Il pourrait y avoir
une baisse de revenus. Donc, Mme la Présidente, je pense...
La Présidente
: En
question principale, je reconnais maintenant la députée de Verdun. On l'écoute.
Construction de nouvelles unités de logement
Mme Alejandra Zaga Mendez
Mme Zaga Mendez : Merci,
Mme la Présidente. Ce budget est un message clair envoyé aux jeunes du Québec.
La CAQ leur dit : Vous êtes laissés à vous-mêmes. En plus de reculer sur
l'environnement, en plus des coupures qui s'en viennent, parce que, oui, elles
vont être annoncées, en éducation, la CAQ tourne le dos à toute une génération
qui n'arrive pas à payer le loyer. Le coût de la vie fait mal à nos jeunes.
Près de la moitié des locataires de moins de 35 ans consacrent plus de
30 % de leurs revenus pour se loger. Ils doivent choisir entre payer le
loyer ou remplir le frigo. Et quelle est la réponse du ministre face à cette
détresse? Une promesse dérisoire de 1 000 logements en trois ans pour
l'ensemble du Québec. C'est une vraie joke! Le gouvernement de la CAQ est
totalement déconnecté. Le ministre ne comprend pas l'urgence de la crise du
logement ou, pire encore, il... est-il en train de l'ignorer?
Le ministre peut-il admettre...
• (10 h 40) •
La Présidente : La réponse du
ministre des Finances.
M. Eric Girard
M. Girard
(Groulx) :
Oui.
Merci, Mme la Présidente. Bon, je vais y aller un élément à la fois.
Alors, ce gouvernement, face à la crise du logement, a investi des sommes <exceptionnelles
de plus de 8 milliards de dollars...
M. Girard (Groulx) :
...face
à la crise du logement, a investi des sommes >exceptionnelles de plus de
8 milliards de dollars. Alors, il y en avait pour la construction de
logements, il y en a pour les programmes de supplément au loyer, programmes
d'allocation au logement, il y a des programmes comme RénoRégion, adaptation à
domicile. Mais quels sont les résultats, Mme la Présidente?
33 000 logements auront été créés par ce gouvernement.
Ensuite... on le dit depuis le début,
que... il faut augmenter l'offre. Les mises en chantier ont augmenté de
25 % en 2024 au Québec, de 23 % en 2025. Le Québec est le marché
le plus dynamique. Et c'est pour ça que le marché est en train de se
régulariser. Les programmes de supplément au loyer, Mme la Présidente, il y en
avait 83 000 lorsqu'on est arrivés au pouvoir, j'inclus le programme
d'allocation au logement, il y en a maintenant 118 000. On aide
118 000 personnes à payer leur loyer.
Alors, est-ce que c'est parfait? Non.
La Présidente : En terminant.
M. Girard (Groulx) : Est-ce
qu'on a créé des logements? Oui. Est-ce qu'on aide les gens à payer leur loyer?
Oui.
La Présidente : Première
complémentaire.
Mme Alejandra Zaga Mendez
Mme Zaga Mendez : Mme la
Présidente, ce qui est écrit dans le budget noir sur blanc, c'est
1 000 unités sur trois ans pour l'ensemble du Québec. C'est une
joke! Ça ne vient pas répondre à la crise du logement. En ce moment, les jeunes
familles reçoivent des hausses de loyer qui dépassent l'inflation. Elles
veulent savoir comment elles vont payer ces hausses des loyers aujourd'hui
même. Il n'y a rien dans ce budget qui leur donne de l'oxygène.
Puis le ministre est fier de jeter la
serviette face à la crise du logement?
La Présidente : La réponse du
ministre.
M. Eric Girard
M. Girard
(Groulx) :
Oui.
Bien, heureusement, Mme la Présidente, nous sommes un peu plus
prévoyants que Québec solidaire. Et on s'est attaqué à la crise de logement
dans les huit dernières années, là. On n'a pas attendu le huitième budget,
là. Alors, lorsqu'elle dit qu'on crée seulement 1 000 logements,
bien, en fait, c'est 33 000 logements. Ça ne prend pas un an à
créer des logements. 33 000 logements.
Puis il y a une page assez intéressante
dans le budget, Mme la Présidente, page D.23. Puis là tout le monde a eu
son budget. Ça dit quoi, Mme la Présidente? Que le gouvernement, depuis
l'automne 2018, aura investi 11 milliards de dollars en
logements. Alors, il y a des mesures d'accès à la propriété, il y a des mesures
pour construire des logements, il y a des suppléments au loyer, il y a de
l'adaptation au domicile.
La Présidente : En terminant.
M. Girard (Groulx) : Bref,
ce n'est pas parfait, mais on s'est attaqué au...
La Présidente : En question
principale... Non, pardon, deuxième complémentaire. Allez-y. Allez-y, ma chère.
Mme Alejandra Zaga Mendez
Mme Zaga Mendez : Ces
logements, en ce moment, ils ne sont pas disponibles. Aujourd'hui, les familles
reçoivent des hausses de loyer de 10 %, 20 %. Elles ne sont pas
capables de payer. Les jeunes sacrifient leur nourriture parce qu'ils ne sont
pas... après payer le loyer, il ne reste pas grand-chose dans le compte de
la... du banque... de la banque pour payer l'épicerie. C'est ça qui arrive. Les
jeunes vont continuer à s'endetter, et, en plus, la CAQ va leur refiler la
facture avec des coupures.
C'est ça, le bilan, une génération qui n'a
jamais été la...
La Présidente : La réponse du
ministre.
M. Eric Girard
M. Girard (Groulx) : Oui,
Mme la Présidente. Alors, si j'ai bien compris le sens de la question, Québec
solidaire m'informe qu'on n'en a pas fait assez au niveau du portefeuille des
jeunes Québécois. Alors, on a réduit les impôts, on a créé
33 000 logements, on a bonifié l'aide financière aux études. Et on va
continuer, Mme la Présidente.
On a créé une économie forte et dynamique
qui crée des emplois intéressants pour les jeunes. Les salaires sont en
progression. Lorsqu'on regarde le revenu réel disponible, le PIB par habitant,
c'est le Québec qui est l'économie la plus dynamique.
La Présidente : En terminant.
M. Girard (Groulx) : On
surperforme, et les jeunes Québécois en bénéficient. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente : En question
principale, je reconnais maintenant le député de Jean-Talon.
Gestion des finances publiques
M. Pascal Paradis
M. Paradis : C'est comme
dans la série Mission : impossible : ce budget va
s'autodétruire dans trois semaines.
La députée de Sanguinet et le député de Lévis
fustigent le bar ouvert des subventions du gouvernement de la CAQ aux
entreprises. Il y en a une qui veut «rompre avec l'interventionnisme», je la
cite, et il y en a un autre qui veut «arrêter d'être le parti des subventions
aux grandes entreprises étrangères», je le cite. Mais le budget, lui, il fonce
dans la direction inverse en consacrant la vision caquiste de
l'interventionnisme économique sans limites.
On peut même lire que «le gouvernement se
donne une capacité d'intervention additionnelle», un total de
3,7 milliards de dollars en interventionnisme discrétionnaire.
Le ministre dit avoir consulté les
candidats. On sait qu'il leur a créé une espèce de budget électoral de
250 millions par année. Mais, manifestement, il ne les a pas <consultés...
M. Paradis :
...mais
manifestement il ne les a pas >consultés sur la direction économique.
Alors, combien de temps il va durer, ce
budget-là? Trois semaines? Quatre semaines? Cinq semaines?
La Présidente : La réponse du
ministre des Finances.
M. Eric Girard
M. Girard (Groulx) : J'aime
beaucoup la journée qui suit le budget, Mme la Présidente. C'est comme ma
période de questions préférée de l'année.
Alors, il y a une somme de 1 milliard
pour protéger les sièges sociaux au Québec. Protéger les sièges sociaux au
Québec, est-ce que le Parti québécois est contre ça? Il y a une somme de
1 milliard supplémentaire pour favoriser les minéraux critiques et
stratégiques, et, au Québec, Mme la Présidente, on a toujours extrait des
minéraux, on ne les a jamais transformés. Or, on veut changer ça. Et, lorsque vous
extrayez le minerai, par exemple, dans le Nord-du-Québec ou l'Abitibi, vous
l'amenez dans le sud pour le transformer, ça prend des infrastructures, l'usine
de transformation, ça prend...
Les projets sont en milliards de dollars.
Alors, on se donne une capacité d'intervention additionnelle de 1 milliard
de dollars parce qu'on veut transformer nos minerais ici, au Québec. Est-ce que
le Parti québécois est contre ça?
La Présidente : Première...
Des voix : ...
La Présidente
: Chut!
Alors, on retrouve le silence. Première complémentaire.
M. Pascal Paradis
M. Paradis : Donc, le
ministre le confirme, il continue tête baissée dans la même philosophie, alors
que les deux aspirants à la chefferie disent exactement le contraire.
Un autre thème : le prix de
l'essence. Alors, le député de Lévis veut un chèque, un crédit d'impôt, une
mesure équivalente qui remet de l'argent dans les poches des gens pour
compenser le prix de l'essence élevé. La députée de Sanguinet, elle, a dit
qu'elle aurait remis des poches... dans les poches des automobilistes par une
réduction des coûts d'immatriculation. Rien dans le budget là-dessus.
Alors, est ce que ces programmes
électoraux des candidats sont dans la réserve, dans le fonds électoral?
La Présidente : La réponse du
ministre des Finances.
M. Eric Girard
M. Girard (Groulx) : Oui,
bien, une des choses que j'aime, Mme la Présidente, c'est lorsqu'on change
complètement de sujet dans la question. Ça veut dire qu'on n'a vraiment pas
aimé la réponse à la première question, là. J'adore.
Alors donc, vous êtes contre la protection
des sièges sociaux et contre la transformation de nos minerais au Québec.
Alors, ça...
17929
12187
La Présidente : M.
le ministre, je vous rappelle que vous vous adressez à la présidente.
Poursuivez.
M. Girard (Groulx) :
Avec plaisir, Mme la Présidente. J'en étais où? Ah! l'essence. Ah oui! Il y a
un conflit au Moyen-Orient. Nous ne savons pas la durée de ce conflit ni son
étendue. Lorsque je regarde la structure à terme des prix de l'énergie, les
prix dans un an sont 30 $ plus bas que les prix spot, Mme la Présidente.
Et ça, ça veut dire quoi? Ça veut dire que les gens n'anticipent pas que le
conflit va perdurer pour une longue période. Il faut analyser la situation
froidement.
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
M. Pascal Paradis
M. Paradis : Il y a
plein d'autres façons de protéger nos sièges sociaux que de gaspiller l'argent
des Québécois avec le bar ouvert des subventions. C'est le ministre qui change
de sujet. Le sujet, c'est le fait que son budget est en complète incohérence
avec ce que les aspirants premiers ministres disent. Et la seule façon que ce
budget survive, je vais y répondre, moi, à la question, c'est que ça ne soit
pas la députée de Sanguinet ni le député de Lévis qui soient élus, mais
l'ancienne ministre de l'Économie qui dépensait sans compter, puis l'ancien
ministre de l'Environnement qui a participé à ce bar ouvert de subventions.
C'est la seule façon que son budget va durer.
La Présidente : La réponse du
ministre.
M. Eric Girard
M. Girard (Groulx) : Oui,
bien, je détecte un soupçon d'amateurisme, là, parce que le Fonds de croissance
des entreprises québécoises vise à prendre des participations dans des
entreprises québécoises. Ce sont des actions ordinaires dans des compagnies
québécoises pour favoriser leur développement, garder les sièges sociaux ici.
Alors, ce ne sont pas des subventions. Ce sont des prises de participation qui
visent à créer des blocs de contrôle avec d'autres participants des marchés
financiers québécois et d'éviter que nos sièges sociaux soient acquis par des
entreprises étrangères, lorsque le dollar canadien est faible...
La Présidente
: En
terminant.
M. Girard (Groulx) :
...par exemple, si nous sommes menacés par des tarifs.
La Présidente : En question
principale, je reconnais maintenant la députée de Laporte.
Des voix : ...
La Présidente
: Chut!
Projet d'élargissement de l'autoroute 30
Mme Isabelle Poulet
Mme Poulet : Mme la
Présidente, alors, les problèmes de mobilité sur la Rive-Sud de Montréal sont
un enjeu depuis de nombreuses années. Le parachèvement de l'autoroute 30,
complété en 2012, devait être la solution, et pourtant.
• (10 h 50) •
Rappelons que l'autoroute 30 est une
voie de contournement de l'île de Montréal et un corridor commercial
stratégique entre les États-Unis et l'Ontario. Le développement industriel à
Boucherville, Contrecoeur et Varennes ainsi que l'augmentation du flux de
camions ont rapidement montré que cette infrastructure ne répond plus à la
demande.
Depuis près de 15 ans, les élus de la
Montérégie réclament son élargissement, aussi promis par le premier ministre
lors de son premier mandat. Pourtant, la région doit encore se mobiliser pour
faire avancer ce dossier. Avec l'implantation du port de <Montréal
à Contrecoeur, accéléré par le gouvernement fédéral, il est évident...
Mme Poulet :
...dossier, avec l'implantation du port de >Montréal à Contrecœur, accélérée
par le gouvernement fédéral, il est évident que la situation se détériorera.
Au-delà du maintien des infrastructures
prévues au budget, le ministre a-t-il pris des mesures nécessaires pour
réserver, dès cette année, des sommes dédiées à ce projet?
La Présidente
: La
réponse du ministre des Transports et de la Mobilité durable.
M. Jonatan Julien
M. Julien : Oui, merci
beaucoup, Mme la Présidente. Écoutez, le Plan québécois des infrastructures
donne une bonne part de ses investissements, dans les 10 prochaines
années, aux transports, et plus spécifiquement, pour les réseaux routiers. Le
ministre des Finances l'a mentionné, on est un gouvernement responsable. Dans
les sommes qui sont prévues dans les 10 prochaines années, pour ce qui est
du réseau routier, on parle quand même de près de 36 milliards de
dollars. De ce montant-là, on a décidé de dédier, nous, comme gouvernement,
88 % en maintien d'actifs.
Dans toutes les régions du Québec, je
parle à tous mes collègues, on a des projets de développement qui, oui, dans
les communautés locales, les municipalités, les MRC, sont souhaités, et j'en
suis. On a fait quand même l'élargissement de la 20, mais là on me parle de la
30. C'est vrai, mais on ne peut pas tout faire le développement. Ce serait une
erreur de faire du développement à outrance quand, actuellement, le déficit de
maintien des actifs, c'est là-dessus qu'on doit travailler parce que le Parti
libéral a complètement omis...
La Présidente
: En
terminant.
M. Julien : ...d'investir
à l'intérieur des infrastructures. Il parle de pendant 15 ans. Ça fait...
La Présidente
:
Première complémentaire.
Mme Isabelle Poulet
Mme Poulet : En 2018, les
élus municipaux de la Montérégie faisaient déjà front commun : assurer la
fluidité de l'autoroute 30 pour soutenir l'agrandissement du port de
Montréal à Contrecœur, créer des emplois, faciliter les déplacements, faire
vivre les pôles industriels ou portuaires et maintenir nos entreprises sur la
Rive-Sud. Huit ans plus tard, après deux mandats, le gouvernement n'a toujours
pas avancé. Nous savons pertinemment qu'un projet inscrit au PQI peut se
retrouver sur la voie d'accotement.
Est-ce qu'un échéancier sera déposé
prochainement?
Des voix : ...
La Présidente
: Pas de
bravo. Et la réponse du ministre.
M. Jonatan Julien
M. Julien : Oui, bien, ma
collègue connaît quand même bien la perspective des enjeux de financement. Je
réitère, là, le PQI a augmenté comme jamais, 67 %. Quand... Le
gouvernement libéral, dans sa dernière année de mandat, investissait
9 milliards par année. On est à près de 20 milliards, c'est plus du
double. On met des sommes importantes. C'est vrai qu'on souhaite faire du
développement du réseau routier, mais je pense que, de manière responsable, on
doit s'attaquer à son maintien. 88 % des sommes vont être mises en
maintien d'actifs, parce que c'est prioritaire pour nous, mais on va continuer
de faire du développement, à hauteur de 12 %.
La Présidente
:
Deuxième complémentaire.
Mme Isabelle Poulet
Mme Poulet : Tout le
monde s'entend, l'élargissement de l'autoroute 30 est nécessaire, mais les
sommes ne sont pas au rendez-vous. On nous avait dit d'attendre la fin des
travaux du tunnel La Fontaine pour évaluer la congestion. Ces travaux se
terminent l'an prochain. Or, la population augmente, les projets industriels se
multiplient et le nombre de camions explose.
Le gouvernement peut-il enfin faire preuve
de vision et lancer les consultations, plans et devis, appel d'offres dès
maintenant?
La Présidente
: La
réponse du ministre.
M. Jonatan Julien
M. Julien : Oui, bien,
écoutez, Mme la Présidente, c'est trois questions sur le même thème, donc c'est
correct, c'est cohérent, mais c'est trois réponses sur le même thème également.
Je réitère, là, comme ministre des Transports et de la Mobilité durable, je
pense qu'il n'y a pas une région au Québec qui ne vient pas me voir avec des
projets de développement du réseau routier, des élargissements, des
prolongements. On parle de la 20. Je suis allé à Vaudreuil également,
l'élargissement. On parle ici de la 30. Il y en a partout au Québec. Les
besoins sont immenses en potentiels développements. Je réitère que ce serait
une erreur de faire ces développements-là au détriment du maintien d'actifs,
comme ça a été fait par le Parti libéral. C'est des infrastructures qui datent
des années 70...
La Présidente
: En
terminant.
M. Julien : ...qui n'ont
pas eu de maintien d'actifs. On met des sommes importantes, 88 % de
maintien d'actifs. C'est un choix responsable, j'en suis.
La Présidente
: Alors,
cela met fin à cette période de questions et de réponses orales.
Je vous invite à demeurer en place pour la
tenue d'un vote reporté. Pour ce faire, je vais céder la place à la deuxième
vice-présidente de l'Assemblée nationale. Et je vous souhaite un bon retour en
circonscription. Madame.
Votes reportés
Motion proposant que l'Assemblée dénonce la
mauvaise gestion des finances publiques
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : Comme annoncé précédemment, nous allons maintenant
procéder au vote reporté sur la motion de M. le leader de l'opposition
officielle débattue hier aux affaires inscrites par les députés de
l'opposition, et qui se lit comme suit :
«Que l'Assemblée nationale prenne acte que
la mauvaise gestion des finances publiques par le gouvernement caquiste depuis
2018, marquée par de <nombreux gaspillages...
RLa Vice-Présidente (Mme
D'Amours) :
...que la mauvaise gestion des finances publiques
par le gouvernement caquiste depuis 2018, marquée par de >nombreux
gaspillages de fonds publics et une augmentation importante de la dette, n'a
pas permis une amélioration marquée dans l'accès aux services publics pour les [Québécois]
et les [Québécoises].»
Le vote est maintenant ouvert.
La période de vote est maintenant
terminée. Mme la secrétaire générale pour le résultat du vote, s'il vous plaît.
La
Secrétaire : Pour : 30
Contre : 66
Abstentions : 0
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) :
Donc, la motion est rejetée.
Motions sans préavis
Maintenant, je suis à la rubrique Motions
sans préavis, et, en fonction de nos règles et de l'ordre de présentation des
motions sans préavis, je reconnais un membre du deuxième groupe d'opposition. M.
le député de Taschereau.
Mettre en place des mesures afin de s'assurer du fonctionnement
des systèmes antipollution des camions au Québec
M. Grandmont : Merci,
Mme la Présidente. Je sollicite le consentement de cette Assemblée pour
présenter la motion suivante conjointement avec la députée des Mille-Îles, le
député des Îles-de-la-Madeleine, le député de Rosemont et la députée de
Chomedey :
«Que l'Assemblée nationale prenne acte des
révélations faisant état d'une désactivation illégale et répandue des systèmes
antipollution de camions au Québec;
«Qu'elle constate que cette pratique,
pourtant interdite par la loi, est répandue à grande échelle, y compris dans
des garages accrédités par l'État, et qu'elle échappe largement aux mécanismes
de contrôle;
«Qu'elle souligne que cette situation
soulève des préoccupations importantes en matière d'environnement, de santé
publique et d'équité entre les entreprises;
«Qu'elle reconnaisse la nécessité de mieux
outiller les autorités afin d'assurer le respect des normes en vigueur;
«Qu'enfin elle demande au gouvernement du
Québec d'évaluer rapidement les mesures à mettre en place pour corriger la
situation.»
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
M. Lévesque (Chapleau) :
...
Une voix : ...
Mise aux voix
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : Un vote électronique et demandé. Donc, la période du vote
est maintenant ouverte.
La période de vote est maintenant
terminée. Mme la secrétaire générale, pour le résultat du vote.
La
Secrétaire : Pour : 93
Contre : 0
Abstentions : 0
• (11 heures) •
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. Cette motion est adoptée. M. le leader du deuxième
groupe d'opposition.
M. Cliche-Rivard : Mme
la Présidente, est-ce qu'une copie de cette motion peut être envoyée aux
groupes suivants : Société de l'assurance automobile du Québec, Fraternité
des constables du contrôle routier du Québec, Association nationale des
camionneurs artisans, Association du <camionnage du Québec...
>
11 h (version révisée)
<19593
M. Cliche-Rivard :
…du contrôle routier du Québec, Association nationale des camionneurs artisans,
Association du >camionnage du Québec et Association québécoise des
médecins pour l'environnement. Merci.
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : ...je reconnais maintenant un membre du troisième groupe d'opposition.
M. le député de Matane-Matapédia.
M.
Bérubé
:
Mme la Présidente, je sollicite le consentement des membres de cette Assemblée
afin de présenter, conjointement avec les députés d'Abitibi-Est, Rimouski et
Rosemont, la motion suivante :
«Que l'Assemblée nationale s'inquiète de
la flambée du prix moyen de l'essence au Québec;
«Qu'elle souligne que cette dernière
amplifie l'inflation des denrées alimentaires;
«Qu'elle souligne l'écart inéquitable qui
persiste à la pompe depuis l'abolition de la taxe fédérale sur le carbone dans
les provinces canadiennes;
«Qu'elle rappelle que dans la plupart des
régions du Québec, il n'y a pas d'alternative à l'automobile pour se déplacer;
«Qu'en conséquence, l'Assemblée nationale
demande au gouvernement de mettre en place des mesures afin de diminuer le prix
du litre d'essence.»
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. Est-ce qu'il y a consentement pour débattre de
cette motion?
M. Lévesque (Chapleau) : Il
n'y a pas de consentement, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : Pas de consentement.
Je suis maintenant prête à entendre la
motion provenant d'un membre du groupe... du groupe, pardon, formant le gouvernement.
Mme la députée de Charlevoix—Côte-de-Beaupré.
Mme Bourassa : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Je sollicite le consentement de cette Assemblée
afin de présenter la motion suivante conjointement avec le député de Taillon :
«Que l'Assemblée nationale reconnaisse
qu'en 2025-2026, toutes les provinces canadiennes présentent un déficit
budgétaire;
«Qu'elle reconnaisse qu'en moyenne, les
déficits des provinces canadiennes représentent 1,7 % du PIB;
«Qu'elle reconnaisse qu'avant les versements
des revenus consacrés au Fonds des générations, le déficit du Québec représente
1,2 % du PIB;
«Qu'elle reconnaisse qu'en pourcentage du
PIB, il s'agit de l'un des déficits les moins élevés parmi les provinces
canadiennes.»
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. Est-ce qu'il y a consentement pour débattre de
cette motion?
Une voix : ...Mme la
Présidente.
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : Pas de consentement.
Donc, nous en sommes maintenant à la
quatrième motion, et je reconnais un membre du groupe formant l'oppositielle. Mme
la députée de Jeanne-Mance—Viger.
Mme
Rotiroti
:
Merci, Mme la Présidente. Je sollicite le consentement de cette Assemblée afin
de présenter la motion suivante conjointement avec la députée de Chicoutimi et
la députée de Chomedey :
«Que l'Assemblée nationale constate
qu'entre 2018 et 2026, le pourcentage d'infrastructures gouvernementales en
état satisfaisant a chuté, passant de 69 % à 54 %.»
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : Est-ce qu'il y a consentement pour débattre de cette
motion?
M. Lévesque (Chapleau) : Pas
de consentement, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : Il n'y a pas de consentement.
Avis touchant les travaux des commissions
Donc, nous en sommes maintenant aux avis
touchant les travaux des commissions. M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Lévesque (Chapleau) : Oui...
Des voix : ...
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : Et je rappelle aux collègues qui doivent quitter la salle
de bien le faire en silence, s'il vous plaît. M. le leader adjoint, la parole
est à vous.
M. Lévesque (Chapleau) :
Merci. Merci beaucoup, Mme la Présidente.
Et donc j'avise cette Assemblée que la
Commission de l'économie et du travail va poursuivre l'étude détaillée du projet
de loi n° 11, la Loi modifiant diverses dispositions principalement aux
fins d'allègement du fardeau réglementaire et administratif, aujourd'hui, après
les affaires courantes jusqu'à 13 heures et de 13 h 30 à 15 heures,
à la salle Louis-Joseph-Papineau;
La Commission des finances publiques va
poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 7, la Loi visant à
réduire la bureaucratie, à accroître l'efficacité de l'État et à renforcer
l'imputabilité des hauts fonctionnaires, aujourd'hui, après les affaires
courantes jusqu'à 13 heures et de 14 heures à 16 h 30, à la
salle Marie-Claire-Kirkland;
La Commission de l'aménagement du
territoire va poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 13, la Loi
visant à favoriser la sécurité et le sentiment de sécurité de la population et
modifiant diverses dispositions, aujourd'hui, après les affaires courantes
jusqu'à 13 heures et de 14 heures à 16 h 30, à la salle
Pauline-Marois;
Finalement, la Commission des relations
avec les citoyens va poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 12, Loi
instituant la prestation de services de garde éducatifs à l'enfance par les
personnes reconnues à titre de responsables d'un service de garde éducatif en
communauté, aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à 13 heures et
de 14 heures à 16 h 30, à la salle
Louis-Hippolyte-La Fontaine.
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : Merci, M. le leader.
Des voix : ...
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : Je demande aux collègues, s'il vous plaît, de bien vouloir
sortir, s'il y a des discussions qui doivent se faire entre vous.
Des voix : ...
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : MM. les députés, s'il vous plaît! Les travaux doivent se
poursuivre. Merci. Les discussions à l'extérieur du salon rouge, s'il vous
plaît.
Y a-t-il consentement pour déroger à l'article 143
du règlement concernant l'horaire des travaux <des commissions? Consentement.
Nous en sommes
maintenant à la
rubrique...
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) :
...l'horaire des travaux >des commissions?
Consentement.
Renseignements sur les travaux de l'Assemblée
Nous en sommes maintenant à la rubrique
Renseignements sur les travaux de l'Assemblée.
Je vous rappelle que, lors de
l'interpellation prévue demain, le vendredi 20 mars 2026, Mme la
députée de La Pinière s'adressera à Mme la ministre responsable des Aînés et
des Proches aidants sur le sujet suivant : Le laisser-aller de longue
durée : symbole de l'échec caquiste envers les aînés.
Je vous avise, de plus, que
l'interpellation prévue pour vendredi le 27 mars 2026 portera sur le sujet
suivant : Le milieu communautaire au bout du rouleau : des conditions
insuffisantes pour répondre aux besoins de la population. M. le député de... de
Taschereau, pardon, s'adressera alors à Mme la ministre responsable de la
Solidarité sociale et de l'Action communautaire.
Affaires du jour
La période des affaires courantes étant
terminée, nous allons maintenant passer aux affaires du jour.
Aux affaires du jour... conformément,
pardon, à l'ordre opté le 17 mars 2026, l'Assemblée se constitue en
commission plénière afin d'entreprendre l'étude des crédits provisoires pour
l'année financière 2026‑2027.
Je suspends donc les travaux pour quelques
instants.
(Suspension de la séance à 11 h 08)
(Reprise à 11 h 18)
Commission plénière
Étude des crédits provisoires 2026‑2027
Mme D'Amours (présidente de la
commission plénière) : Nous reprenons nos travaux. Et, conformément à
l'ordre adopté le 17 mars 2026, la commission plénière se réunit afin
d'étudier les crédits provisoires pour l'année financière 2026‑2027.
Santé
Crédits Santé. Au cours de la prochaine
heure, nous allons procéder à un échange entre Mme la ministre de la Santé et
les députés de l'opposition. Nous commencerons par les remarques préliminaires.
Je vous rappelle qu'un maximum de six minutes est alloué au groupe
parlementaire formant le gouvernement, trois minutes au groupe parlementaire
formant l'opposition officielle, 1 min 50 s au deuxième groupe
d'opposition et 1 min 10 s au troisième groupe d'opposition.
Débuteront ensuite les échanges entre la ministre et les députés de
l'opposition. Dans ce cadre, les députés indépendants auront chacun droit à
45 secondes par heure d'échange. Le temps non utilisé par les députés
indépendants sera redistribué proportionnellement entre les groupes
parlementaires formant l'opposition officielle, le deuxième groupe d'opposition
et le troisième groupe d'opposition. Enfin, je rappelle aux députés
indépendants que, s'ils souhaitent intervenir au cours de l'ensemble de l'étude
des crédits provisoires, ils ont 10 minutes à partir de maintenant pour en
aviser la présidence.
Remarques préliminaires
J'accorde immédiatement la parole à Mme la
ministre pour ses remarques préliminaires. Je vous rappelle que vous avez six
minutes, Mme la ministre.
Mme Sonia Bélanger
Mme Bélanger : Oui. Mme
la Présidente, vraiment très contente d'être ici ce matin pour revenir sur le
budget qui a été déposé par mon collègue le ministre des Finances hier. J'en
profite pour saluer mes collègues des oppositions.
(Interruption)
Mme Bélanger : Alors, je
ne crois pas que ce soit mon micro qui fasse ça, mais on continue.
Donc, j'en profite pour saluer mes collègues.
Alors, particulièrement fière de ce que
nous avons réussi à obtenir pour le budget, compte tenu du contexte budgétaire
global auquel on fait face au Québec. Je veux remercier mon collègue le
ministre Girard pour la qualité de son budget, pour l'écoute dont il a fait
preuve pour dégager des sommes en santé, pour les personnes vulnérables et les
aînés. Le budget 2026-2027, en résumé, je tiens à le dire, c'est plus de
2 milliards de dollars sur cinq ans qu'on investit en santé. Les
besoins en santé, Mme la Présidente, vous le savez, sont infinis. On a donc la
responsabilité de contrôler la hausse des dépenses. En santé, des choix ont été
faits, bien sûr, mais l'essentiel est là pour qu'on continue d'améliorer
l'accès aux services à la population.
• (11 h 20) •
En résumé, nous donnons à Santé Québec les
moyens nécessaires pour continuer d'offrir des services de qualité aux
Québécois tout en poursuivant la modernisation de nos infrastructures en santé
partout, sur tous les territoires du Québec. L'objectif est d'offrir <des
installations...
Mme Bélanger :
...tout
en poursuivant la modernisation de nos infrastructures en santé partout sur
tous les territoires du Québec. L'objectif est d'offrir >des
installations modernes, adaptées à l'évolution constante des besoins de la
population afin de soutenir l'offre de soins d'aujourd'hui et de demain.
Pendant trop longtemps, Mme la Présidente, les installations du réseau de la
santé ont été négligées. Nous devons maintenant les moderniser afin d'offrir des
environnements de soins adaptés et performants au bénéfice des patients et du
personnel.
En parallèle, nous poursuivons la
transformation de la première ligne afin d'améliorer concrètement l'accès aux
soins et aux services pour les patients. Nous voulons également nous appuyer
sur les meilleures pratiques déjà présentes dans le réseau afin que tous les
Québécois puissent en bénéficier.
J'aimerais aussi faire une mention
particulière pour les personnes ayant des troubles mentaux et les personnes en
situation d'itinérance ou à risque de le devenir. Là aussi, dans le budget, il
y a eu une attention particulière pour continuer d'accompagner ces personnes.
Parallèlement, nous intensifions nos
efforts en matière de prévention afin de réduire durablement la pression sur
notre système de santé. On continue donc de travailler aussi sur l'accès à un
médecin et à un professionnel de la santé, notamment les infirmières
praticiennes spécialisées.
Et nous poursuivons, Mme la Présidente,
notre virage numérique afin de doter les équipes et les patients d'outils
modernes, notamment grâce aux nouvelles technologies, pour améliorer
l'efficacité du réseau et l'expérience des usagers.
Alors, est-ce que j'aurais voulu avoir
plus de budget? Bien, je pense qu'il faut regarder le budget de la santé par
rapport au budget de l'ensemble du gouvernement, et je suis satisfaite, Mme la
Présidente, du budget que nous avons. C'est un budget raisonnable. Et il faudra
travailler aussi à améliorer nos façons de faire, l'objectif, dans l'amélioration
du système de santé, n'étant pas seulement d'investir du financement sans
arrêt, mais aussi de regarder vraiment les façons de faire et de travailler à
une meilleure efficacité.
Je veux rappeler que notre gouvernement a
fait passer le budget total de la santé de 40 milliards à près de
65 milliards depuis 2018. C'est plus de 50 % de croissance du budget
de la santé. Alors, c'est important de le regarder aussi. On a fait des choix
responsables pour nous financer. La santé reste une priorité, et c'est ce que
le budget démontre.
Je veux aussi mentionner les
investissements importants pour l'accès direct à la population et aussi,
notamment, au niveau des infrastructures. Je suis fière de dire que cette
année, grâce au travail excellent des gens de Santé Québec, on se présente
devant les Québécois avec un déficit fortement réduit, en santé. Le travail en
lien avec l'amélioration des services est bien entrepris. On a contrôlé nos
coûts. Tout le réseau a travaillé très fort. Je tiens d'ailleurs à remercier
tous les PDG et leurs équipes de tous les coins du Québec. Nous allons
continuer de travailler ensemble pour améliorer notre service de santé et
améliorer la santé des Québécois et Québécoises.
En terminant, les Québécois s'attendent à
ce qu'on continue de prendre des décisions responsables pour bien gérer les
fonds publics, et c'est exactement ce que notre gouvernement a fait. On doit
s'assurer que l'argent des Québécois va au bon endroit. Et on s'entend tous sur
le fait que les Québécois n'en ont pas toujours pour leur argent en matière
d'accès, et c'est sur cela que nous allons continuer de travailler, et on se
donne, avec ce budget, les moyens de réussir, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci,
Mme la ministre. On m'informe qu'il n'y a aucune personne des oppositions qui
vont prendre leur temps pour les préliminaires.
Discussion générale
Donc, nous serions maintenant prêts à
aller directement au premier bloc de 20 minutes, et je cède la parole au
député de...
M. Derraji : Nelligan.
La Présidente (Mme D'Amours) : ...Nelligan.
Merci. Et je vous rappelle que je serai assez à l'affût du temps. Le temps de
question et le temps de réponse doit être équivalent, et, naturellement, si
vous demandez des questions qui demandent plus de détails, ce sera plus long,
mais je serai à l'affût du temps.
Donc, M. le député de Nelligan, la parole
est à vous.
M. Derraji : Merci, Mme
la Présidente. Bonjour, Mme la ministre, et bonjour à toutes les personnes qui
vous accompagnent <aujourd'hui...
M. Derraji :
...merci, Mme la Présidente. Bonjour, Mme la ministre, et bonjour à toutes les
personnes qui vous accompagnent >aujourd'hui. C'est un plaisir, échanger
avec vous en lien avec les crédits provisoires.
Mme la ministre, le 7 mai 2025, votre
ancien collègue de la Santé affirmait clairement que les sommes pour
Maisonneuve-Rosemont étaient provisionnées pour les années à venir. J'ai devant
moi son communiqué de presse qui dit clairement que l'hôpital sera lancé, les
travaux seront lancés. Or, dans le budget de cette année, déposé, 2026‑2027, je
l'ai avec moi, la page A.12, aucune trace claire de ces sommes, aucun
engagement précis, aucun échéancier crédible. D'ailleurs, le projet, il est
toujours en phase de planification et non pas en réalisation.
La question est très simple, Mme la
ministre... Et vous avez vu, aujourd'hui, le reportage : les gens sur le
terrain, ceux et celles qui travaillent à Maisonneuve-Rosemont sont déçus. Vous
avez vu la citation de Dr Marquis. Vous avez vu la... je dirais, la citation et
la réaction de la coalition HMR. Comment vous pouvez expliquer l'écart entre
les promesses, notamment, de votre ancien collègue et votre engagement
aujourd'hui, qui n'est pas du tout, du tout, du tout clair dans le budget par
rapport aux sommes demandées par la coalition?
La Présidente (Mme D'Amours) : Mme
la ministre.
Mme Bélanger : Oui. Mme
la Présidente, comme l'a dit mon collègue ministre des Finances, la Santé est
quand même le grand gagnant du PQI 2026‑2036. Je pense que c'est quand même
important de le mentionner. On a vu aussi ce matin, un peu plus tôt, la réponse
de mon collègue député de Deux-Montagnes, qui disait que Maisonneuve-Rosemont
demeurait une priorité. Et, oui, il est encore inscrit à l'étape de la
planification parce que les principales étapes ne sont pas complétées au moment
où on se parle. On parle ici, au niveau de la planification, du dossier,
notamment, d'opportunité, alors, et du dossier d'affaires, et donc la
préparation des plans et devis. Alors donc, ils doivent compléter ce
travail-là, et c'est par la suite qu'on passe en réalisation.
Alors, vous savez, Mme la Présidente, j'ai
eu l'occasion de le mentionner, l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont, là, c'est une
priorité. Je le redis ce matin, c'est une priorité. Et il y a eu un entretien,
cet avant-midi, entre le PDG du CIUSSS de l'Est et le ministre responsable des
Infrastructures. Alors, oui, ce n'est pas écrit noir sur blanc, le montant,
mais, à cette étape-ci, ils ont ce qu'il faut pour compléter le DO, le DA, les
plans et devis. C'est ça qui est le plus important. Alors, ce n'est pas un
chantier qui est arrêté.
La Présidente (Mme D'Amours) : M.
le député.
M. Derraji : Bien,
merci, Mme la ministre, parce que vous êtes la première au sein de ce
gouvernement... que vous confirmez que, noir sur blanc, il n'y a pas les sommes
allouées dans le budget. Vous êtes la première. Ni le ministre des
Infrastructures ni le ministre des Finances, aujourd'hui, n'ont dit clairement
ce que vous venez de dire. Donc, merci, déjà, pour votre honnêteté parce que je
n'ai pas vu les 300 millions.
Maintenant, Mme la ministre, ce projet a
été annoncé par votre ex-collègue. En 2023, l'ex-ministre de la Santé disait
que toutes les étapes sont... vont être financées et réalisées. On est en 2026,
et la coalition, au contraire, voulait voir la suite parce que chaque report
nous coûte 10 millions de dollars par mois. Ça, vous le savez. Ils
vous ont parlé. Vous avez parlé récemment avec les membres de la coalition.
Moi, je pense qu'aujourd'hui, Mme la ministre, ça a été probablement une
annonce précipitée, que le gouvernement n'a pas d'argent, et il faut avoir
l'honnêteté de dire : Écoutez, on va encore attendre, et les gens de HMR
doivent encore attendre, parce qu'il n'y a réellement rien qui indique que le
projet avance.
Les gens veulent avancer. Les membres de
la coalition veulent avancer, mais malheureusement... probablement, ce n'est
pas vous, mais votre collègue aux Infrastructures impose un 15 % de
réduction. Les plans sont presque terminés, et le retard, il est dû à ce qu'il
y ait une ingérence davantage par votre collègue dans votre dossier pour livrer
HMR.
• (11 h 30) •
Mme Bélanger : Mme la
Présidente, j'aimerais rappeler à mon collègue que les sommes nécessaires ne
sont pas annoncées dans le Plan québécois des infrastructures quand on est au
stade... à cette étape du DO et du DA, alors ce n'est pas quelque chose de
nouveau.
Puis l'autre chose aussi, on a eu
l'occasion de le mentionner, vous comprenez que, si on annonce des sommes alors
que les travaux ne sont pas complétés puis qu'on annonce, par exemple, des
milliards de dollars, et qu'on annonce ça à ce stade-ci, et que les travaux ne
sont pas complétés, bien, ça vient influencer les appels d'offres. Ce n'est pas
une bonne pratique de gestion de travailler comme ça. Alors, c'est pour ça
qu'on n'annonce <pas les sommes...
>
11 h 30 (version révisée)
<19281
Mme
Bélanger :
...ce n'est pas une bonne pratique de gestion de
travailler comme ça. Alors, c'est pour ça qu'on n'annonce >pas les
sommes, mais les montants seront disponibles, Mme la Présidente, disponibles.
On l'a mentionné, ça a été dit ce matin, j'ai
eu l'occasion, hier, brièvement, de rencontrer quelques membres de la coalition.
Alors, c'est une priorité pour moi, comme ministre de la Santé. Alors, le
projet est inscrit en planif. On veut le faire cheminer le plus rapidement
possible vers la réalisation, mais il faut que je complète, comme je l'ai
mentionné, les différents... les différentes étapes.
Et, sur le 15 % de réduction, c'est
un appel à tous les projets, notamment dans le réseau de la santé, de revoir
leurs plans pour une meilleure efficacité. Et j'aimerais en profiter pour dire
que cela ne touche pas du tout le nombre de lits. Alors, c'est important aussi
de se dire çaj. Ce qu'on veut, c'est, les secteurs davantage administratifs, techniques,
etc., de regarder qu'on soit vraiment dans un modèle qui fera en sorte qu'il n'y
aura pas des coûts faramineux.
La Présidente (Mme D'Amours) :
M. le député.
M. Derraji : Mme la ministre,
je pense que vous avez hérité de ce dossier. Je ne peux pas vous blâmer aujourd'hui,
et ce n'est pas mon rôle, blâmer qui que ce soit, mais votre ex-collègue
ministre de la Santé, en septembre 2023, disait que les appels d'offres vont
suivre. Trois ans plus tard, il n'y a pas d'appel d'offres. C'est difficile,
croire la version caquiste aujourd'hui, c'est très difficile et c'est pour
cela, laissez-moi vous dire, que ce n'est pas bon, le message envoyé.
Et, encore une fois, vous me confirmez que
les 15 %, c'est aussi pour HMR. Bien, HMR, Mme la ministre, a été déjà
optimisé. Si on rajoute les 15 %, c'est une autre tuile qui va tomber sur
les membres de la coalition, et j'espère qu'ils nous écoutent et qu'ils nous
suivent, parce que vous venez de confirmer qu'il y a... il y a... effectivement,
il n'a pas passé à l'étape de réalisation. Il n'y a pas d'appel d'offres. Il
est quelque part dans le PQI, mais avec une panoplie d'autres projets. Il n'y a
pas de somme directe, mais là vous confirmez encore une fois qu'ils doivent
revenir à la table de dessin avec 15 %. C'est ce que vous confirmez
aujourd'hui?
La Présidente (Mme D'Amours) :
Mme la ministre.
Mme Bélanger : Mme la
Présidente, ils continuent leurs travaux là où ils sont rendus. Ils ont avancé
leur vision clinique. Ça s'est traduit par, donc, déjà, des concepts
architecturaux. On leur demande de s'assurer... parce que, dans le dossier d'opportunité,
dans le dossier d'affaires qu'ils vont déposer, qu'ils aient tenu compte... qu'ils....
qu'ils refassent cette réflexion pour les secteurs administratifs, c'est
important. C'est de la bonne gestion, Mme la Présidente, et puis tous les
établissements doivent faire cela, et c'est comme ça qu'on va arriver à mieux
gérer l'argent des Québécois. Ça ne touche en rien le nombre de lits, les
civières à l'urgence, certains secteurs spécialisés. On n'est pas là-dedans. On
est vraiment dans d'autres choses.
Alors, le message a été bien entendu de
leur côté. Naturellement, ce n'est pas nécessairement ça qui sort dans les
médias, mais je suis confiante.
Ce sont des équipes dynamiques au niveau du centre hospitalier
Maisonneuve-Rosemont, et ils vont réussir, je suis certaine, à accélérer leurs
travaux en lien avec les prochaines étapes pour qu'on puisse passer, donc, du
côté de la réalisation.
La Présidente (Mme D'Amours) :
Merci. M. le député.
M. Derraji : Bien, je suis...
je suis désolé, Mme la ministre, imposer 15 %, demander de l'optimisation,
ce n'est pas du tout de la bonne gestion que vous êtes en train de faire. Vous
êtes en train de mettre des bâtons dans les roues du projet. Je suis désolé, Mme
la ministre, je ne peux pas accepter ça.
Et, aujourd'hui sur les médias, si vous me
dites qu'ils sont contents, il y a un reportage qui vient de sortir, ils ne
sont pas contents, ils sont très déçus. Pourquoi le projet est... a déjà passé
par plusieurs étapes? Votre ex-collègue, l'ex-ministre de la Santé, en 2023,
septembre, disait que «tout est prêt, on doit passer aux étapes subséquentes».
Dites-le, c'est... probablement, vous avez hérité d'un dossier beaucoup plus
complexe, mais, maintenant, venir dire, aujourd'hui, Mme la ministre, que
15 % imposé sur un projet déjà optimisé, c'est de la bonne gestion, bien,
soyons honnêtes, dites la vérité aux gens de la coalition, que les 15 %...
La Présidente (Mme D'Amours) :
M. le député, il faut croire la parole du collègue et il faut ne pas prêter d'intention.
Là, pense je que vous êtes assez aguerri dans votre travail. Je vous
demanderais la plus grande prudence, s'il vous plaît.
M. Derraji : ...merci, c'est
bon.
La Présidente (Mme
Soucy) : Oui, mais, monsieur, soyez... soyez à votre affaire, on
ne manquera pas de temps.
M. Derraji : C'est bon.
La Présidente (Mme
Soucy) : Allez-y.
M. Derraji : Merci. Mme la
ministre : «Les appels d'offres de cet ambitieux... ambitieux projet
seront lancés dès la semaine prochaine — on parle de 2023 — et
ce, en une seule phase. Les appels d'offres de cet ambitieux projet seront lancés
dès la semaine prochaine et <prévoient...
M. Derraji :
...parle de 2023, et ce, en une seule phase. «Les appels d'offres de cet
ambitieux projet seront lancés dès la semaine prochaine et >prévoient
que le nouveau bâtiment puisse accueillir 720 lits comme prévu.» Là, on
parle de septembre 2023. Il est où, l'appel d'offres? Elles sont où, les
pépines? C'est votre ex-collègue qui nous disait ça.
Encore une fois, je veux ne pas prétendre
qu'on ne nous a pas dit la vérité, mais, Mme la ministre, c'est ce que votre
ex-collègue disait, c'est votre ex-collègue ministre de la Santé. Il parlait
d'appels d'offres. Là, vous me dites aujourd'hui qu'il n'y a pas d'appel
d'offres. Ce que vous venez de dire, c'est que HMR doivent encore une fois
ajouter 15 % d'optimisation avant d'aller en appel d'offres. C'est ça, ma
question, la question, Mme la... Je vais la répéter, s'il vous plaît, et je
veux une réponse par rapport à ça. Donc, pour vous, on ne peut pas aller à
l'appel d'offres tant que la coalition n'a pas appliqué les 15 % que vous
demandez, que vous exigez en tant... exigez en tant que gouvernement?
La Présidente (Mme D'Amours) :
Mme la ministre.
Mme Bélanger : Oui, Mme la
Présidente. Le député de Nelligan ne trouve pas ça important qu'on s'assure,
avant de lancer un projet qui sera certainement à plusieurs milliards de
dollars... qu'on ne demande pas une optimisation? Alors, bien, moi, je suis
déçue d'entendre ça de la part de mon collègue député de Nelligan.
Et puis l'autre chose, là, Mme la
Présidente, vous savez, il me pose des questions sur le passé, sur 2023‑2024.
Moi, je prends la situation là où je suis actuellement et je vous dis que HMR,
c'est une priorité. C'est une priorité, il est inscrit au PQI, ils auront le
financement nécessaire pour compléter l'étape dans laquelle ils sont. On va
suivre les travaux de près.
Je me suis assurée que c'était aussi une
priorité pour Santé Québec. Je vais suivre ce dossier de près. J'irai moi-même
faire une visite bientôt à ce centre hospitalier. J'en profite pour saluer les
équipes. On parle ici, là, de 15 % dans les secteurs administratifs, des
quais de marchandises, des halles d'entrée, des secteurs administratifs.
Alors, moi, je suis confiante, Mme la
Présidente, que les Québécois puis les Québécoises qui nous écoutent, en lien
avec l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont, sont, j'espère, satisfaits avec ma
réponse. On ne peut pas... Ce n'est pas une enveloppe à l'infini, là, comme ça,
sur un budget. Ils vont travailler, on va préserver le secteur clinique, et ils
ont des secteurs de pointe et d'excellence extraordinaires. Alors, on... ce
sera au rendez-vous, bien sûr, on ne remet pas en question le plan clinique
ici, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme D'Amours) :
Merci. M. le député.
M. Derraji : Bon, on avance,
Mme la Présidente. Donc, vous confirmez que vous imposez 15 % de réduction
à HMR. C'est ce que je retiens aujourd'hui. Donc, les Québécois qui nous
écoutent, c'est très clair, ce gouvernement, votre gouvernement a perdu le
contrôle des finances publiques, mais là qu'est-ce qu'on fait avec un hôpital
où il y a des rats, des fourmis et des chauves-souris et que ça nous coûte
35 000 $, uniquement la dernière facture, pour traiter ce que je
viens de mentionner? Ce report risque d'avoir un impact aussi budgétaire de
l'ordre de 10 millions de dollars.
Mme la ministre, vous venez de le dire,
on... on... on ne doit pas vous poser des questions sur le passé. Mais il y a
une solidarité ministérielle, il ne faut pas l'oublier, Mme la ministre. Vous
n'avez pas commencé en Santé en faisant
Ctrl + Alt + Supprimer du passé du ministre, l'ex-ministre
de la Santé. L'ex-ministre de la Santé a annoncé le projet et il disait
publiquement que l'appel d'offres va suivre dans les prochaines semaines et que
les pépines sont juste à côté. Donc, aujourd'hui, ce que les gens de HMR
doivent comprendre, qu'à part le report, à part qu'il n'y a pas les
300 millions, que ce qui va retarder encore une fois le projet, c'est
15 % que vous exigez maintenant. C'est ça, la réalité. Vous exigez un
autre 15 %.
• (11 h 40) •
Donc, venir dire aujourd'hui :
Écoutez, ne me jugez pas sur le passé, ne me posez pas de question sur le
passé... Malheureusement, vous avez hérité de ce dossier. Je vous le dis, vous
n'êtes pas 100 % responsable. Et je vous ai dit dès le début, vous héritez
de... d'un dossier complètement brouillon, de la part de l'ex-ministre de la
Santé, mais vous héritez aussi d'une imposition de 15 %. Et venir me dire
aujourd'hui : Est-ce que le député ne croit pas que c'est une bonne
gestion... Vous voulez me ramener sur le terrain de la gestion? Je vais vous
ramener sur le terrain des Kings de <Los Angeles, je vais vous ramener...
M. Derraji :
...le
terrain de la gestion, je veux vous ramener sur le terrain des... des Kings de >Los
Angeles, je veux vous ramener de Northvolt, je veux vous ramener SAAQclic. Vous
avez tellement perdu d'argent, Mme la ministre. Mais ce n'est pas parce que
vous avez perdu le contrôle des finances publiques que vous allez imposer
aujourd'hui aux gens de HMR la mauvaise gestion des finances publiques par
votre propre gouvernement. C'est ça, la réalité. Et malheureusement ce sont les
citoyens et les patients de l'est de Montréal qui vont payer le prix.
Maintenant, Mme la Présidente, j'ai une
question à Mme la ministre. Dans votre budget, dont vous êtes tellement fière,
vous avez marqué... votre collègue, 1,2 milliard pour le maintien du parc
immobilier et des équipements médicaux, page A.12. J'ai une question très
simple : À combien votre ministère évalue la vétusté des hôpitaux classés
D et E?
La Présidente (Mme D'Amours) : ...
Mme Bélanger : Mme la
Présidente, vous savez qu'on a travaillé à se doter d'une nouvelle méthodologie
pour classer la désuétude des différents établissements, non pas seulement les
hôpitaux, en passant, mais, oui, l'ensemble des établissements du système de
santé.
Alors, au niveau des infrastructures, il
faut se réjouir, là, parce que, oui, on passe des projets à l'étude, en planif,
en réalisation, mais on accorde aussi une enveloppe pour le maintien d'actif.
Pendant des heures et des heures, j'entends les oppositions dire qu'il y a
des... différentes situations de désuétude dans les différents établissements.
Alors, on augmente l'enveloppe de maintien d'actif, justement. Oui, il y aura
des projets de construction, mais il y aura aussi des projets de rénovation majeurs.
Et c'est important. Puis là aussi, pour moi, c'est une bonne façon de gérer.
Alors, je pourrais peut-être, si vous le
permettez, retourner la question sur le volet...
Une voix : ...
La Présidente (Mme D'Amours) : Oui.
M. le député.
M. Derraji : Je vais répéter
ma question en attendant qu'on cherche les montants pour vous. Aucun problème.
C'est 1,2... Parce que vous avez dit deux choses. C'est 1,2 pour le
maintien du parc immobilier, les équipements médicaux. Dans le 1,2, il y a une
ventilation. J'espère que vous l'avez. Combien pour le maintien du parc
immobilier et combien pour les équipements médicaux, s'il vous plaît?
La Présidente (Mme D'Amours) : Mme
la ministre.
Mme Bélanger : Oui. Oui.
Bien, c'est une très bonne question. On est dans une question de détail au
lendemain du budget. Alors, c'est ce qui est estimé au prorata des
établissements qui sont dans des cotes de désuétude A, B, C, D. Donc, avec ça,
il y a des pourcentages qui sont établis en fonction des cotes de désuétude,
des secteurs qui sont évalués. Donc, il y a un pourcentage précis. Cette
enveloppe va être distribuée dans l'ensemble des CISSS et des CIUSSS en
fonction de leur niveau de désuétude et des pourcentages qui sont accordés. Il
y a toute une méthodologie.
Mme la Présidente, si mon collègue le
permet, le ministère de la Santé pourrait donner de l'information davantage sur
la façon de procéder pour l'attribution des enveloppes et le financement au
niveau du maintien des actifs.
La Présidente (Mme D'Amours) : Est-ce
qu'il y a consentement pour que le...
Des voix : ...
La Présidente (Mme D'Amours) : Il
n'y a pas de consentement?
M. Derraji : Non, ce n'est
pas... ce n'est pas ça, ma question. Non, non. Probablement...
La Présidente (Mme D'Amours) : Il
n'y a pas de consentement? Ma question à moi, c'est : Est-ce qu'il y a
consentement à ce que le sous-ministre prenne la parole?
M. Derraji : ...Mme la
Présidente. Je vais donner mon consentement quand je vais le juger important.
Maintenant, ma question, ce n'est pas ça. Ce n'était pas ça, ma question. Je
vais la répéter, ma question, si vous le permettez.
La Présidente (Mme D'Amours) : Allez-y.
M. Derraji : Ma question est
très simple. Dans le 1,2 milliard, le maintien du parc immobilier... Et je
tiens à vous informer, Mme la ministre, oui, je vais aller toujours aux
détails. C'est mon rôle. Dans le 1,2 milliard pour le maintien du parc
immobilier et les équipements médicaux, c'est deux choses complètement
séparées. Vous ne pouvez pas me dire aujourd'hui que vous ne savez pas combien
ça... combien pour l'équipement médicaux et combien pour maintenir le parc
immobilier. Ce que je veux, c'est la ventilation des deux. Question très
simple.
Mme Bélanger : ...je
comprends très bien la question. Vous voulez la ventilation détaillée de
l'ensemble des projets au Québec qui reçoivent des enveloppes de maintien
d'actif. Alors, je vous... je vous réponds que ce sont les établissements qui
sont davantage désuets qui recevront une plus grande proportion, et ainsi de
suite. Tous les établissements doivent investir, en passant, dans leur maintien
d'actif. On parle ici de travaux importants, changements de toiture, changement
de fenêtres, donc tous les systèmes qui sont à risque. Alors...
Donc, il y a une évaluation qui est faite
de la part de chaque établissement puis il y a une planification qui est faite
annuellement, Mme la Présidente. Et c'est la responsabilité des établissements
de faire leur planification en fonction de leur plan d'entretien préventif des
grands systèmes et en fonction des besoins en termes d'équipements médicaux.
La Présidente (Mme D'Amours) : ...le
temps que nous avions. Je suis maintenant prête à entendre un deuxième
intervenant, le groupe... <deuxième groupe...
La Présidente (Mme D'Amours) :
...le deuxième intervenant du groupe... >deuxième groupe d'opposition,
pour une durée de 16 min 30 s. La parole est à vous.
M. Cliche-Rivard : Merci
beaucoup. Bonjour, Mme la ministre, bonjour aux équipes. Je vais compléter sur
HMR, Mme la ministre. Page A.12, là, vous avez 2,3 milliards, Mme la
ministre, sur une liste de 13 projets. C'est combien, finalement, que vous
avez prévu, pour HMR, sur l'exercice 2026‑2027?
La Présidente (Mme D'Amours) : Mme
la ministre.
Mme Bélanger : Oui, Mme la
Présidente. Vous me demandez, dans le fond, là, le montant qui est prévu pour
l'exercice 2026‑2027?
M. Cliche-Rivard : ...
Mme Bélanger : Bien, on vous
a dit qu'on n'écrivait pas le montant. Alors...
M. Cliche-Rivard : ...si on
vous pose la question, vous refusez de répondre aujourd'hui, dans le budget,
combien d'argent pour HMR?
Mme Bélanger : Écoutez, je
vous... j'ai expliqué tantôt qu'à cette étape-ci, pour l'ensemble des projets
du Québec, pas spécifiquement pour HMR, nous n'inscrivons pas de montant au
niveau du DO et du DA. J'aimerais ça que mon collègue m'explique comment on
fait pour identifier un montant. Comment on fait pour identifier, Mme la
Présidente, un montant quand le DO et le DA d'un projet n'est pas fait?
La Présidente (Mme D'Amours) :
Merci.
Mme Bélanger : Alors, c'est
comme...
La Présidente (Mme D'Amours) :
Merci.
Mme Bélanger : ...c'est comme
passer à travers cette étape-là, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci,
Mme la ministre, merci. M. le député.
M. Cliche-Rivard : Ça fait
13 ans que vous faites les allers-retours entre les DO puis les DA. Ça
fait que, si vous les aviez demandés l'année précédente, comme c'était dit dans
l'appel d'offres, vous les auriez déjà. Est-ce qu'il y a, oui ou non, les
300 millions pour la phase II? Ma question est simple.
Mme Bélanger : Bien, Mme la
Présidente, je suis obligée de répondre que, dans le plan qui a été présenté
dans le contexte du budget 2026‑2027, il n'y a pas de montant inscrit dans
le PQI, mais, cependant, les sommes seront disponibles. Alors, je pense que
c'est assez facile à suivre.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci,
merci. M. le député.
M. Cliche-Rivard : Merci.
Vous avez bien entendu, Mme la Présidente, il n'y a pas les sommes de
300 millions pour la phase II. C'est une autre année de report, c'est
ce que la ministre vient de confirmer.
15 % de coupes, Mme la ministre, vous
avez dit à mon collègue que ça ne toucherait pas les lits. Pouvez-vous
confirmer que le projet, ce sera bien 720 lits, comme vous l'avez déjà
coupé de 15 % une première fois? Il n'y aura pas moins que 720 lits?
La Présidente (Mme D'Amours) : Mme
la ministre.
Mme Bélanger : Mme la
Présidente, ce qu'on veut s'assurer, là, ce projet-là, il est important, il est
une priorité. C'est un engagement de notre gouvernement, de Santé Québec, on va
suivre l'évolution. On veut que ça passe en pleine vitesse, on est d'accord
avec ça. Ce qu'on demande à l'établissement, puis probablement qu'il y a
plusieurs personnes qui nous écoutent aujourd'hui : il faut qu'on
continue. Les principaux dossiers, ils sont presque complétés, alors il faut
qu'ils continuent.
On met en place des comités de travail,
etc. Ils ont fait une très... un très bon projet clinique. C'est important. Ils
ont une mission extraordinaire. On ne touche pas aux lits, on ne touche pas aux
civières dans les salles d'urgence, les différents lits dans les secteurs
spécialisés ou les grands secteurs diagnostics. Ce qu'on leur demande, c'est de
s'assurer un dernier tour de roue, parce qu'on le demande maintenant à tous les
établissements.
La Présidente (Mme D'Amours) :
Merci, merci.
Mme Bélanger : Tous nos
projets au Québec devront s'assurer de faire une optimisation.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci,
Mme la ministre. M. le député.
M. Cliche-Rivard : C'est
juste, Mme la Présidente, qu'on demande ce tour de roue là sur 13 ans à
plusieurs reprises, là, parce qu'on ne va pas de l'avant avec le projet. Vous
avez dit 720 lits, là. Ça ne peut pas être en bas de ça, vous avez pris
cet engagement-là? Il n'y aura pas moins de 720 lits à HMR, on s'entend?
C'est ça, 720?
Mme Bélanger : ...ce que je
vous ai mentionné, c'est que le nombre de lits... parce qu'ils ont fait tout un
travail, j'en suis très consciente, le nombre de lits demeure.
M. Cliche-Rivard : 720?
Mme Bélanger : C'est le
nombre... c'est le nombre de la dernière version, ça demeure. Alors, ça, c'est
important. Alors, il faut regarder les choses. Puis, Mme la Présidente, je veux
quand même juste vous mentionner qu'au cours de la dernière année c'est quand
même un montant de 75 millions de dollars... mon équipe pourra me
corriger, là, ce n'est pas moi qui étais là à ce moment-là, où on a décidé
d'accentuer les phases en préparant la construction. Là, vous allez me
dire : C'est un... c'est pour le stationnement. Oui, mais c'était pour se
donner les espaces pour que, pendant qu'ils finissent leurs travaux de
conceptualisation on puisse au moins préparer le terrain. C'est ça qu'on a...
qu'on a fait, là, pour ne pas perdre de temps. C'était une façon d'accélérer.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
M. le député.
M. Cliche-Rivard : Merci.
Dossier Douglas, Mme la ministre. Votre collègue, dans La Presse, a
confirmé que c'étaient 50 millions sur deux ans. Vous confirmez les
montants. Là, on est capables de l'avoir. Pour HMR, on n'est pas capables. Pour
Douglas, c'est correct. C'est 50 millions sur deux ans?
Mme Bélanger : Bien, en fait,
votre question est très bonne. Puis pourquoi le... ce 50 millions est
inscrit noir sur blanc? Parce qu'il s'agit ici de travaux d'urgence. On n'est
pas dans un projet inscrit traditionnellement au PQI, là, qui est rendu en
phase de planification. On est vraiment dans des travaux d'urgence pour leur
permettre d'aller de l'avant.
Ils vont continuer, ceci étant dit, leurs
travaux pour le futur... pour le centre hospitalier du futur en suivant les
étapes qui sont prévues au Plan québécois des infrastructures, mais ils disposent
quand même d'un montant rapide pour pouvoir mettre à niveau différents secteurs
critiques, en particulier là où il y a des services clientèle.
• (11 h 50) •
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci
beaucoup. M. le député.
M. Cliche-Rivard : Parfait.
Donc, vous l'avez chiffré, donc vous savez c'est quand, et c'est quoi,
exactement, ça va être quoi, ces travaux-là.
Mme Bélanger : Bien, en fait, <l'établissement...
M. Cliche-Rivard :
...donc, vous savez c'est quand et c'est quoi, exactement. Ça va être quoi, ces
travaux-là?
Mme Bélanger : Bien, en
fait, >l'établissement... Vous savez, le budget a été déposé hier, hier.
M. Cliche-Rivard : Oui, vous
avez estimé 50 millions.
Mme Bélanger : Oui, on a
estimé 50 millions, Santé Québec a estimé 50 millions en travaillant
avec leurs équipes. Maintenant, avant de confirmer quels seront les secteurs,
ils ont eu la confirmation hier, comme tout le monde, qu'ils recevraient
50 millions. Ils doivent déployer leur plan...
M. Cliche-Rivard :
...Douglas.
Mme Bélanger : ...alors, ça me
ça me sera présenté rapidement. On parle notamment de laboratoires où il y a eu
des dégâts importants, mais aussi de services cliniques, là où les patients
reçoivent des services.
M. Cliche-Rivard : Donc,
Douglas, Mme la ministre, c'est assez grave pour qu'on débloque
50 millions d'urgence; HMR, ça ne l'est pas. C'est ce que je comprends.
C'est ça, la conclusion, c'est ça que vous venez de dire.
Mme Bélanger : Non...
M. Cliche-Rivard : Vous être
capable de débloquer 50 millions rapides puis dire que ça va se faire sur
le terrain tout de suite pour Douglas. Vous n'êtes pas capable de faire la même
chose pour HMR.
Une voix : ...
M. Cliche-Rivard : Bien, il
n'y a aucun appel au règlement, là, on continue.
Une voix : ...
M. Cliche-Rivard : Non, non,
on continue.
La Présidente (Mme D'Amours) :
Non. Là, là, là, un instant, s'il vous plaît! Là, c'est vraiment désagréable
comme situation. Quand Mme la ministre, elle parle, vous passez votre temps à dire...
Oui...
Une voix : ...
La Présidente (Mme D'Amours) :
Je m'excuse, là, c'est moi qui parle, monsieur.
Une voix : ...
La Présidente (Mme D'Amours) :
M. le député, s'il vous plaît! Quand Mme la ministre répond, je vous demande
d'écouter, de ne pas intervenir avec des «oui», «OK», «peut-être», «oui», «OK».
C'est important, cette planification-là qu'elle est en train de vous expliquer.
Maintenant, c'est à vous d'attendre la réponse. Vous posez une question, elle
vous répond. Maintenant, je vous donne la parole puis j'aimerais ça, s'il vous
plaît, que tout le monde se respecte ici.
Une voix : ...
La Présidente (Mme D'Amours) :
Non, M. le député, j'ai parlé. M. le député, c'est à vous, la parole, continuez
vos questions.
M. Cliche-Rivard : Merci, Mme
la Présidente. Prochain bloc de questions. Mme la ministre, vous avez
certainement pris connaissance, comme moi, là, de la demande des parents de
Zachary Miron, un jeune décédé à 15 ans, malheureusement, parce qu'il y a
eu une interaction médicamenteuse entre une boisson énergisante et sa
médication. Vous avez participé à un reportage de Radio-Canada là-dessus,
notamment.
Je me demandais, votre position, vous, là,
comme ministre de la Santé, est-ce que vous jugez ça normal et irresponsable
qu'un jeune de 11 ans, de 12 ans puisse s'acheter des boissons
énergisantes caféinées en vente libre? C'est quoi, votre position à vous
là-dessus?
Mme Bélanger : Mme la
Présidente, j'ai eu l'occasion d'exprimer comment c'est tragique, ce qui est
arrivé à ce jeune homme puis à sa famille, aujourd'hui, là, qui continue à
faire des démarches, justement, pour qu'on puisse améliorer, se sensibiliser au
Québec. Alors, on est en train de regarder comment on pourrait améliorer, donc,
et prévenir ce genre d'accident. On sait comment c'est incroyable, certains...
certains jeunes qui prennent des médicaments, puis, avec ces boissons-là, il
peut y avoir des effets dramatiques. On est en train de regarder ça et on verra
éventuellement si des règlements ou peut-être éventuellement...
La Présidente (Mme D'Amours) :
Merci...
Mme Bélanger : ...l'aspect
législatif qui pourrait être mis de l'avant.
La Présidente (Mme D'Amours) :
Merci. Merci, Mme la ministre.
M. Cliche-Rivard : Je vais y
aller très, très court : 11, 12 ans, oui ou non, selon vous, votre
avis de la ministre, votre avis, là, oui ou non, à 11 ans, on devrait
pouvoir s'acheter du Red Bull?
La Présidente (Mme D'Amours) :
Mme la ministre.
Mme Bélanger : Bien, écoutez,
vous me demandez ça comme ça : Oui ou non? Bien, écoutez, là, écoutez,
moi, je veux juste quand même vous dire, j'ai demandé des avis à la direction
de la santé publique, notamment à Dre Caroline Quach, alors je vais me fier à l'opinion
des experts. Ce n'est pas à moi à déterminer un âge, OK? Si vous me demandez
personnellement, je peux bien avoir une opinion, une opinion comme citoyenne.
Bien, si j'étais une maman, je n'aimerais pas ça que mes enfants boivent des
boissons énergisantes, OK, puis... Mes enfants sont grands aujourd'hui. Quand
ils avaient 11 ans, il n'y avait pas trop de boissons énergisantes dans le
marché. Ça fait que c'est ça, ma réponse, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme D'Amours) :
Merci. M. le député.
M. Cliche-Rivard : Merci. Je
suis à même place que vous, Mme la ministre. Tant mieux, tant mieux. Donc,
avançons là-dessus, là. Je vais avoir la chance de revenir avec vous. Les
parents de Zachary m'ont dit, je cite : Ils veulent transformer leur peine
en action. Est-ce que vous accepteriez, Mme la ministre, qu'on les rencontre
ensemble, la semaine prochaine ou la semaine suivante, rapidement? Ils ont des
choses à nous dire comme élus, je pense qu'on pourrait faire un beau geste en
les rencontrant.
La Présidente (Mme D'Amours) :
Mme la ministre.
Mme Bélanger : Oui, Mme la
Présidente, c'est une très bonne intervention, oui, ça me fera plaisir de
rencontrer les parents avec vous.
La Présidente (Mme D'Amours) :
Merci. M. le député.
M. Cliche-Rivard : Merci
beaucoup, Mme la ministre, de votre ouverture. On va organiser ça assez
rapidement.
Une dernière question sur ce bloc-là.
L'article de Radio-Canada révélait que, depuis 2023, il y a un rapport d'expert
qui a été émis sur cette question-là. Ce rapport-là, il n'est pas disponible
publiquement. Est-ce que vous vous engagez à le rendre public?
Mme Bélanger : Je m'excuse, je
n'ai pas... est-ce que vous pouvez répéter? Le rapport d'expert sur...
M. Cliche-Rivard :
...directement qui a été commandé par votre ministère, votre prédécesseur. Il a
été émis en 2023, il y a un ensemble de recommandations <là-dessus...
M. Cliche-Rivard :
...il
a été émis en 2023. Il y a un ensemble de recommandations >là-dessus,
12, je pense, recommandations. Est-ce que vous vous engagez à le rendre public?
Il n'est pas disponible publiquement.
Mme Bélanger : J'ai
consulté ce rapport, là, bien sûr, quand je suis devenue ministre responsable
des Services sociaux. Alors, on va regarder, là, comment on peut rendre
disponibles certains éléments de ce rapport. Alors, c'est avec... du côté du
ministère de la Santé et des Services sociaux. Alors, on va regarder, là, quels
sont les éléments qu'on peut rendre publics de ce rapport.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Monsieur...
M. Cliche-Rivard : Vous
engagez-vous à le déposer rapidement, s'il vous plaît, Mme la ministre? Dans la
prochaine semaine?
Mme Bélanger : Bien,
écoutez... bien, non, je ne peux pas identifier une durée comme ça, là. Le plus
rapidement possible. Je veux m'assurer que le ministère fasse le travail à ce
sujet-là. Je vais devoir parler avec la sous-ministre en Santé publique, là,
notamment.
M. Cliche-Rivard : J'accepte
votre réponse, Mme la ministre. Puis, avec tout le respect que je vous dois,
vous l'avez depuis 2023, le rapport, là. Donc, le temps nécessaire, je pense
que ça fait longtemps qu'il est escompté. Ça fait que, si on pouvait accélérer,
je vous en remercierais grandement. Merci.
Prochain bloc, l'exode vers le privé des
médecins, Mme la Présidente. Le mois dernier, on apprenait qu'il y avait
1 064 médecins qui avaient quitté le réseau public au Québec, un
record. En 2019, là, au début de votre gouvernement, c'étaient 460. On est
passés de 460 médecins à 1 064 médecins qui sont passés au
privé. Est-ce que vous trouvez, comme moi, que cette tendance-là est alarmante
pour notre réseau public?
La Présidente (Mme D'Amours) : Mme
la ministre.
Mme Bélanger : Oui. Mme
la Présidente, on souhaite garder nos médecins au Québec, là. On en a de
besoin. On ne souhaite pas qu'ils s'en aillent.
Maintenant, à chaque année, il y a quand
même un roulement, il faut quand même l'admettre. Il y a quand même un
roulement, où il y a des médecins qui décident, pour toutes sortes de raisons
personnelles, des fois professionnelles, de quitter vers d'autres provinces ou
même vers d'autres pays. Alors, on travaille fort avec Santé Québec. Et c'est
pour ça que Santé Québec regarde chacune des demandes. Notamment, ce qu'on ne
souhaite pas, c'est qu'il y ait un grand nombre de médecins qui quittent vers
le privé. Alors, ça, c'est important, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
M. le député.
M. Cliche-Rivard : Justement,
Mme la Présidente, Mme la ministre, vous possédez des dispositions dans la loi,
l'article 30, l'article 30.1, qui vous permet, justement, de bloquer
ces passages-là vers le privé. Quand est-ce que vous allez utiliser les moyens
que vous avez pour empêcher... On a perdu 200 omnis dans la dernière année au
profit du privé. Quand est-ce que vous allez agir pour protéger le service
public?
Mme Bélanger : Oui,
bien, Mme la Présidente, ces articles sont en vigueur. Santé Québec les
applique d'ailleurs quand même régulièrement. Et ça sort dans les médias à
chaque fois qu'il y a une situation, je peux vous le dire, donc pas juste
seulement sur mon bureau comme ministre. Mais Santé Québec a vraiment mis son
pied à terre et a donc refusé des demandes de transfert vers le privé...
La Présidente (Mme D'Amours) :
Merci.
Mme Bélanger : ...à
quelques reprises.
La Présidente (Mme D'Amours) : M.
le député.
M. Cliche-Rivard : Mme
la... Mme la ministre, Santé Québec a tellement mis son pied à terre que, pour
les médecins spécialistes, sur 1 023 demandes de passer au privé, c'est
971 qui ont été acceptées. C'est 95 % des demandes pour passer au privé
par les spécialistes qui a été accepté. Ça fait que dites-moi pas, là, que Santé
Québec a mis son pied à terre. Dans le cas des spécialistes, ce n'est pas le
cas. Qu'est-ce que vous allez faire pour empêcher cet exode de nos spécialistes
vers le privé?
Mme Bélanger : Bien,
écoutez, je pense que c'est vraiment quand même important de dire qu'on a tout
un travail qui est en train de se faire, là, du côté de la négociation avec la
FMSQ. Puis les départs de médecins dans notre système de santé, peu importe la
raison, ce n'est jamais une bonne nouvelle. Puis on est conscients que ces
départs-là peuvent être en fonction de différents motifs.
On veut travailler avec la FMSQ, continuer
de faire en sorte que les médecins aient les ressources nécessaires pour
pouvoir exercer au Québec. On travaille à modifier notre système de santé, Mme
la Présidente. On a modifié puis on a augmenté les admissions en médecine de
40 % pour différentes cohortes. Alors, on travaille avec Santé Québec, Mme
la Présidente.
La Présidente (Mme D'Amours) :
...M. le député.
M. Cliche-Rivard : Merci,
Mme la Présidente. Je change de bloc, on n'a pas beaucoup de temps. Les pompes
à insuline, Mme la Présidente, ça fait des années que la coalition nous en
parle, le remboursement des pompes pour les adultes. Est-ce que vous allez
avoir éventuellement des bonnes nouvelles pour eux, là? On est la seule
juridiction dans le G7 qui ne rembourse pas les pompes à insuline.
La Présidente (Mme D'Amours) : Mme
la ministre.
Mme Bélanger : Oui.
Concernant les... le remboursement, là, pour les pompes à insuline, il y a eu
cette question-là qui nous a été effectivement ramenée il y a quelques mois. On
a regardé la situation de ce qui se faisait un peu partout ailleurs, les coûts,
le financement. On a demandé des avis. Donc... Juste une petite minute. Je n'ai
pas ma fiche sous les yeux. Mais... Alors donc, c'est sûr qu'il y a un contexte
financier, il y a une réalité des personnes puis un contexte financier. Ça fait
que c'est l'équilibre dans tout ça. Alors donc, voilà.
• (12 heures) •
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Merci. M. le député.
M. Cliche-Rivard : Merci,
Mme la Présidente. Question sur le PEQ, le Programme de l'expérience québécoise,
Mme la Présidente. Est-ce que, Mme la ministre, vous étiez d'accord avec votre
collègue de mettre fin au PEQ, alors qu'il y a 6 300 travailleurs et
travailleuses du réseau de la santé qui menacent de quitter en 2026? Vous étiez
d'accord?
La Présidente (Mme D'Amours) :
Mme la <ministre...
>
12 h (version révisée)
<19593
M.
Cliche-Rivard :
...6 300 travailleurs et travailleuses du
réseau de la santé qui menacent de quitter en 2026. Vous étiez d'accord?
La Présidente (Mme D'Amours) :
Mme la >ministre.
Mme Bélanger : Mme la
Présidente, écoutez, on ne veut pas perdre personne. Il y a plusieurs semaines,
plusieurs mois, j'ai fait des interventions auprès de mon collègue pour
demander des mesures d'exception pour les travailleurs de la santé, que ces
derniers puissent être mis en priorité dans les prochaines étapes pour
confirmer leur statut. Vous savez, on a investi beaucoup dans le réseau de la
santé pour aller recruter du personnel à l'étranger. Alors, on ne veut pas
perdre ces gens-là. Ils font un travail inouï. Ils sont appréciés.
La Présidente (Mme D'Amours) :
Merci.
Mme Bélanger : Alors, voilà.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci
beaucoup. M. le député.
M. Cliche-Rivard : Je la pose
très rapidement : Aujourd'hui, est-ce que vous soutenez encore la décision
de votre collègue d'abolir le PEQ? Vous la soutenez encore, cette décision?
Mme Bélanger : Bien oui,
parce que je pense que c'est la meilleure façon pour authentifier, puis
accélérer, puis de faire les bons choix des personnes. Alors, maintenant, les
travailleurs de la santé doivent être mis en priorité, Mme la Présidente.
M. Cliche-Rivard : Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : 35
secondes.
M. Cliche-Rivard : Cinq
secondes?
La Présidente (Mme D'Amours) : 35.
M. Cliche-Rivard : 35? Les
chambres d'hôpital, Mme la ministre, qui sont payantes, les factures que
reçoivent les citoyens, est-ce que, comme votre collègue l'avait promis, c'est
bientôt la fin?
Mme Bélanger : Bien, il y a
tout un cadre budgétaire, là, qui est prévu, effectivement, et peut-être que je
pourrais demander au ministère de répondre à votre question concernant cette...
l'orientation budgétaire, là, de charger... Depuis toujours, au Québec, quand
on est hospitalisé, ce n'est pas nouveau, là, il y a des frais, quand les
personnes ont des assurances, naturellement, donc, pour les chambres privées,
semi-privées et les salles. Alors...
La Présidente (Mme D'Amours) : C'est
terminé. Le bloc étant terminé, je vais passer maintenant à la troisième
intervention du troisième groupe d'opposition et je vous rappelle que vous avez
10 min 30 s.
M. Arseneau : Merci beaucoup,
Mme la Présidente. Alors, je constate, avec un certain effroi, que je suis le
doyen, dans cet exercice-là, parmi les députés. La nouvelle ministre de la
Santé est là depuis quelques mois et mes deux collègues de l'opposition ont
remplacé leurs propres collègues. Mais je suis content d'être ici pour cet
exercice-là. 10 minutes, c'est court. J'ai quelques sujets en rafale à
aborder avec la ministre. Je vous remercie de vous prêter à l'exercice avec
votre équipe.
Je vais aborder brièvement le dossier de l'Hôpital
Maisonneuve-Rosemont, parce que mes collègues en ont fait grandement état, mais
je veux juste, pour résumer, vérifier où on en est. Puisqu'il en coûte 100 à
112 millions par année de retard à enclencher les travaux, le temps compte. On
nous dit que le projet est sur pause depuis quatre mois parce qu'on demande
davantage d'optimisation pour rentrer, j'imagine, dans l'objectif de 15 %
de réduction de la facture commandé par le ministre des Infrastructures. Je
voudrais savoir si la ministre croit réaliste d'arriver à ce 15 % là sans
toucher, par exemple, au nombre de lits, au nombre de civières, à tout l'aspect
clinique du projet.
La Présidente (Mme D'Amours) : Mme
la ministre.
Mme Bélanger : Mme la
Présidente, la norme du 15 %, c'est pour l'ensemble des projets au Québec.
Ce n'est pas spécifique à HMR. Donc, HMR, c'est un projet qui est inscrit
depuis un bon bout de temps, bien sûr. Les travaux sont avancés. On va évaluer
chacune des options. On leur demande de faire un dernier tour de roue, c'est
une autre façon de l'expliquer, là, sans toucher, comme je l'ai mentionné, au
secteur clinique. Alors, on veut faire accélérer ce projet, mais on veut être
sûrs d'avoir un projet qui va être bien évalué et qui ne dépassera pas les
coûts, et c'est pour ça que notre gouvernement ne veut pas inscrire... puis ce
n'est pas juste pour HMR, là. On ne veut pas inscrire des coûts au moment où on
est au DO, alors, parce que ça donne un signal qui est... ce n'est pas la façon...
ça donne un signal au secteur privé, de dire : Voici jusqu'où on peut
aller, et on ne veut pas travailler comme ça.
M. Arseneau : Mme la
Présidente, ce qu'on nous dit, du côté de ceux qui travaillent sur le projet, c'est
que c'est mission impossible d'obtenir le 15 %, à moins de modifier le
plan clinique. Si on est dans une impasse comme celle-là, combien de mois va-t-on
se donner, avec le coût que ça implique, pour pouvoir enfin avancer?
Mme Bélanger : Mme la
Présidente, je vais suivre ce dossier de façon particulière. Alors, s'il y a
des nœuds, on va les dénouer, Mme la Présidente. On leur demande de faire ce
dernier tour de roue. C'est une question de rigueur et de s'assurer d'avoir les
besoins puis que ça corresponde à du financement qui est raisonnable dans le
contexte. Alors, on leur demande de faire leurs travaux, et je vais suivre la
situation de près. On va tout faire pour les aider.
La Présidente (Mme D'Amours) :
Merci. Monsieur...
M. Arseneau : Est-ce que la
ministre peut s'engager à ce que ces travaux-là d'optimisation soient terminés,
avec la collaboration du ministère, d'ici, par exemple, la fin juin?
Mme Bélanger : Vous dites d'ici
la fin juin?
M. Arseneau : La fin juin,
par exemple. On a déjà perdu quatre mois.
Mme Bélanger : Bien, écoutez,
ça va être le plus rapidement possible, c'est le plus... Honnêtement, là, ça va
être le plus rapidement possible. Je ne peux pas vous donner, là, le mois de
juin... Je vais rencontrer... Je vous ai dit que j'allais les rencontrer, les
équipes. J'en fais un dossier prioritaire moi-même. Alors, je veux m'assurer...
je veux les encourager, d'abord, puis le projet est important, on va de
l'avant. Ils auront le financement nécessaire, mais on leur demande une
dernière lecture de leurs travaux sur un 15 % en dehors du projet
clinique. Alors, je pense qu'ils sont capables de faire ça, certainement, puis
on verra jusqu'où ils peuvent se rendre.
La Présidente (Mme D'Amours) :
Merci.
M. Arseneau : Merci. Autre
sujet, le Dossier santé numérique. On a vu, cette semaine, qu'il était
extrêmement difficile d'obtenir de l'information sur l'avancement des projets,
mais, dans un article du Devoir, on dit qu'il y a des problèmes de
traduction, de dépassements de coûts, des logiciels peu intuitifs, une
plateforme qui ne pourra pas tout inclure, contrairement au projet qui avait
été lancé en 2023. Quelle est l'appréciation de la ministre sur l'évolution du
dossier?
Mme Bélanger : Bien, vous
savez, au niveau du Dossier santé numérique... bien, tu sais, au Québec, on a
besoin d'avoir un dossier de santé numérique, et ça vient aider la
transformation, ça vient aider l'organisation des soins, ça vient améliorer la
qualité de l'information pour le patient, d'abord, puis pour les intervenants.
Alors, on ne reculera pas là-dessus, là.
Il y a eu des travaux faits. On a donc retenu un système qui est parmi les
meilleurs au monde. Alors, il y a deux projets vitrines, un au CIUSSS du Nord
et l'autre en Mauricie—Centre-du-Québec. Les projets se déroulent bien
actuellement en termes de planification, là, et on souhaite pouvoir, au mois de
mai... je n'ai pas la journée précise, mais pouvoir déclencher les deux projets
vitrines. Et ça se déroule bien. Ce que j'entends des administrations, c'est
que ça suit son cours.
La Présidente (Mme D'Amours) :
Merci, Mme la ministre.
M. Arseneau : On parle
généralement, dans les coupures de presse, d'un projet de 1,6 milliard
lorsqu'il sera déployé dans son entièreté. J'ai un document de 2021 du
ministère qui parle plutôt d'un projet qui pourrait coûter 3 milliards de
dollars. Quelle est l'évaluation que vous faites du projet dans son ensemble,
pas seulement les projets pilotes, une fois qu'il sera réalisé?
Mme Bélanger : Écoutez, on va
commencer par passer les étapes des deux projets de démonstration puis les deux
projets vitrines, puis, après ça, on fera une planification pour l'implantation
partout au Québec, là. Alors, je pense que c'est vraiment important. Là encore,
d'aller donner un montant d'argent... On est en train d'informer la firme qu'on
va mettre tant de milliards, là, aujourd'hui? Non, ce n'est pas ça qu'on va
faire. On va faire les deux projets vitrines, on va s'assurer que ça répond à
nos besoins. On va faire des ajustements, parce que ça, c'est important, il y
en a toujours quand on implante des systèmes d'information. Par la suite, on
fera une réflexion avec les dirigeants de Santé Québec puis on évaluera combien
on a besoin pour implanter ça, alors, pour le reste du Québec.
M. Arseneau : Mme la
Présidente, quand même, là, on est parti d'un projet de 286 millions, on a
augmenté à 400 millions, 125 millions de supplément pour deux projets
pilotes étendus à 34 établissements. Là, vous nous dites qu'on n'a pas de
budget, on verra au fur et à mesure, on va ajouter de l'argent.
Est-ce qu'on est en train de nous préparer
un prochain scandale SAAQclic, mais pour la santé, sans avoir une vision de
combien on va dépenser? On a quand même un contrat qui est signé avec la firme
américaine Epic. Il est de combien, ce contrat-là? Est-ce qu'on va ajouter des
addendas à la demande?
Mme Bélanger : Écoutez, Mme la
Présidente, là, on a 400 millions pour les deux projets vitrines. C'est ça,
puis, quand on dit deux établissements, là, on parle de plusieurs centres
hospitaliers, des maisons des aînés, des CHSLD, des centres jeunesse, on parle
de CLSC. C'est de ça qu'on parle, là, on ne parle pas juste de deux hôpitaux.
C'est un dossier de santé numérique intégré, intégré dans tout le continuum de
soins, allant de la première ligne à l'hôpital, en CLSC, jusqu'aux soins de fin
de vie et en CHSLD. Alors...
M. Arseneau : Mais les
montants?
Mme Bélanger : Oui, c'est
400 millions... Je veux ramener ça dans le contexte, Mme la Présidente.
C'est 400 millions pour l'ensemble du système de santé dans deux régions,
là. Alors, ce n'est pas rien. On va bien évaluer ça...
La Présidente (Mme D'Amours) :
...Mme la ministre, merci.
• (12 h 10) •
M. Arseneau : ...question. La
question, ce n'est pas sur 400 millions, c'est : Sur l'ensemble du
réseau, combien prévoit-on dépenser de l'argent durement gagné des Québécois?
Mme Bélanger : Bien, écoutez,
oui, l'argent est durement gagné des Québécois, mais on a besoin d'avoir un
système d'information qui est à la fine pointe des technologies. On doit se
doter de ça, c'est une priorité, Mme la Présidente...
M. Arseneau : D'accord.
Mme Bélanger : ...de se doter
d'un système d'information. On a un des systèmes les meilleurs au monde, on va
aller de l'avant et donc on verra pour la suite. Habituellement, les projets
vitrines coûtent un peu plus cher.
La Présidente (Mme D'Amours) :
Merci beaucoup. Merci. M. le député.
M. Arseneau : Autre
thème : Santé Québec. L'an dernier, on avait la discussion sur le nombre
d'employés, on parlait de 911 employés. Aujourd'hui, combien Santé Québec
compte-t-elle d'employés et combien de cadres à l'intérieur de l'organisation?
La Présidente (Mme D'Amours) :
15417Mme la ministre.
Mme Bélanger : Mme la
Présidente, je souhaiterais donner un chiffre le plus précis possible. Est-ce
que mon collègue accepte qu'on...
M. Arseneau : Absolument.
La Présidente (Mme D'Amours) : J'ai
besoin de faire la demande officielle. Donc, est-ce qu'il y a consentement pour
que le sous-ministre prenne parole?
M. Arseneau : Oui.
La Présidente (Mme D'Amours) :
Donc, oui. Veuillez vous identifier, dire votre titre et ensuite répondre à la
question.
M. Paré (Daniel) : Oui.
Bonjour, Mme la Présidente. Daniel Paré, sous-ministre à la... au ministère de
la Santé et Services sociaux. Je suis en train de, justement, faire la demande
au niveau des équipes de Santé Québec, là, pour vous donner la meilleure
information, là, possible, comme la ministre le mentionnait. Attendez-moi une
minute.
M. Arseneau : Pendant... Mme
la Présidente, pendant qu'on cherche la réponse...
La Présidente (Mme D'Amours) : Oui,
allez-y, si vous avez une autre question.
M. Arseneau : ...j'aurais une
question sur les services d'obstétrique à travers l'ensemble des différentes
régions. Est-ce que la ministre est d'accord avec l'idée de former un comité
national pour régler, de façon globale, le problème d'obstétrique, des suivis
et des accouchements à travers les régions du Québec? Parce qu'évidemment ça
touche Sainte-Anne-des-Monts, Saint-Eustache, Shawinigan, Amqui, encore
récemment, Lac-Mégantic. Ça se multiplie et ça ne s'améliore pas.
La Présidente (Mme D'Amours) : 40 secondes.
Mme Bélanger : ...Mme la
Présidente, c'est une situation qui est extrêmement préoccupante. Il y a
souvent eu, dans le passé puis... des bris au niveau de l'offre de services,
des ruptures de services au niveau de l'obstétrique, mais... Alors, oui, il
faut... On a travaillé actuellement avec les RUISSS de chacun des réseaux, les
réseaux universitaires intégrés de santé, pour qu'au sein d'une même région
universitaire les grands centres hospitaliers aillent aider. Il y a eu des
ententes, notamment avec la FMSQ, pour que les médecins puissent aller prêter
main-forte là où il y a des découvertures de service. Mais il faut une
réflexion plus approfondie, je vous rejoins tout à fait. Il faut regarder cela
puis regarder le rôle des sages-femmes aussi. J'en profite pour... message
éditorial.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Ceci met fin au bloc... Donc, je vais passer au dernier bloc. Donc,
l'intervention, M. le député, je vous rappelle que vous avez sept minutes.
M. Derraji : Sept? Merci.
Est-ce que vous avez réussi à avoir les chiffres, vétusté D et E?
La Présidente (Mme D'Amours) : Mme
la ministre.
Mme Bélanger : Oui. Bien, Mme
la Présidente, je lui ai quand même mentionné, au collègue, que les directions
générales des établissements, les directions des services techniques doivent
faire leurs plans pour 2026‑2027. Alors, écoutez, on vient d'annoncer le budget
hier, là.
M. Derraji : Ce n'est pas ça,
la question.
Mme Bélanger : Non, non, mais
c'est ça, la question, et c'est la... ma compréhension de la question. Est-ce
que j'ai les chiffres? Les chiffres, comment on va répartir... combien pour
chacun? La répartition?
La Présidente (Mme D'Amours) : ...Mme
la ministre. M. le député.
M. Derraji : Ce n'est
vraiment pas ça, la question. Mme la ministre, vous savez très bien, ce n'est
pas ça, ma question. C'est classe D et E. On ne parle pas de 1,2 milliard,
là. Oubliez le 1,2. Je n'ai pas eu ma réponse, ce n'est pas grave. C'est ma
première question, où je vous ai demandé : Les établissements, classe E et
D, l'état de vétusté, est-ce que vous avez les montants?
La Présidente (Mme D'Amours) : Mme
la ministre.
Des voix : ...
La Présidente (Mme D'Amours) :
Pendant que vous cherchez les chiffres, avez-vous une autre question, M. le
député?
M. Derraji : J'insiste sur
cette question parce que c'est très important pour la suite, madame.
La Présidente (Mme D'Amours) :
Parfait. Est-ce que vous avez les résultats, Mme la ministre?
Mme Bélanger : Oui. En fait,
c'est 2,9 milliards pour la vétusté des bâtiments D et E. D et E, on voit,
là, ce que c'est, ça concerne les équipements et les bâtiments. Et donc il y
a... il est prévu d'investir, là, 30 % pour les équipements et 70 %
pour les bâtiments. Donc, les bâtiments, on parle du maintien d'actifs...
La Présidente (Mme D'Amours) :
Merci.
Mme Bélanger : ...mais aussi
de la rénovation fonctionnelle.
M. Derraji : Voilà, vous avez
répondu à ma question. C'était ça, ma question, Mme la ministre. Donc, je
savais très bien quelle question je vous posais. C'est ça, le tableau. Ça
représente, classe E, 1,1 milliard, et classe D, 1,6, pour un total de 2,8 milliards de
dollars. On parle de D et E.
Quand je regarde le budget, ça, c'est
urgent. J'imagine qu'on s'entend que, classe D et E, c'est prioritaire. Quand
je regarde ce qu'il y a dans le budget, j'ai l'impression que... au départ,
vous avez dit que vous êtes satisfaite, un peu, du budget. Le réseau maintenant,
là, avec D et E, on est à 2,8 milliards. Comment vous pouvez répondre
aujourd'hui aux Québécois, qui voient la décrépitude de nos hôpitaux, qui
voient la vétusté un peu partout et... que votre gouvernement n'a rien fait
pour régler cette situation?
La Présidente (Mme D'Amours) : Mme
la ministre.
Mme Bélanger : Oui. Mme la
Présidente, notre gouvernement fait face à un énorme déficit d'infrastructures.
Il y a eu des décennies de négligence. Alors, on est en train de faire du
rattrapage. Nous avons réévalué chacun des établissements en se donnant, via Santé
Québec, une méthodologie rigoureuse. Donc, c'est un exercice qui nous a permis
de classer les bâtiments D et E. Donc, dans ces grandes catégories, c'est
une enveloppe de 2,9 milliards. Ce n'est pas rien, Mme la Présidente. On
est en train... Donc, on accorde dans le PQI, pour cette année, une proportion
plus importante au maintien d'actifs. Alors, il faut se réjouir de ça, Mme la
Présidente. C'est de la bonne gestion.
Je veux quand même aussi mentionner qu'il
y a des établissements, depuis toujours, qui ont toujours reçu des enveloppes
de maintien d'actifs, tout le temps. Ça fonctionne comme ça. Un établissement
peut... dans son budget, chaque année, va avoir un financement pour le maintien
d'actifs, un financement pour les rénovations fonctionnelles puis un
financement pour les équipements médicaux. Ça, là, c'est la règle qui est là
depuis toujours. Alors, les établissements ont aussi une responsabilité, et ils
avaient une responsabilité, de bien utiliser ce financement-là pour l'entretien
de leurs bâtiments, Mme la Présidente. Il y a des établissements au Québec qui
ont 100 ans puis qui sont bien...
La Présidente (Mme D'Amours) :
Merci. M. le député.
M. Derraji : Merci, Mme la
Présidente. Mme la ministre, c'est une demande d'accès que j'ai. Les chiffres
que je viens de vous partager, on n'est pas là maintenant, de dire de
réévaluer. Ça, c'est Santé Québec qui nous a envoyé ça il n'y a même pas
quelques semaines.
La question que je vous ai soulevée, c'est
la décrépitude de nos hôpitaux. Les hôpitaux tombent en ruine. C'est la réalité
et c'est malheureux de le dire, parce que c'est ce que je décode dans votre
réponse, que le fardeau repose sur les établissements, parce que, selon vos...
ce que vous venez de dire, ils recevaient l'argent, mais ils ne mettaient pas
l'argent au bon endroit. Mais, Mme la ministre, on parle de 2,9 milliards.
Les Québécois qui nous écoutent doivent le savoir. Quand on dit que les
hôpitaux tombent en ruine et qu'il y a la décrépitude des hôpitaux, c'est un
fait. C'est votre propre ministère qui nous a répondu. La compilation le
démontre très bien, on est à 2,9 milliards, 2,9 milliards, Mme la
Présidente. Donc, ce qu'on voit à HMR, c'est juste un petit bout de la
situation de nos hôpitaux.
Ma question aujourd'hui : Quel est
votre plan d'action pour remédier à cette décrépitude? Les patients le voient
et constatent tout ça. Ça nous coûte 65 milliards, le budget de la santé.
À 65 milliards, on n'est même pas capables d'avoir un réseau de santé
digne de ce nom?
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Mme la ministre.
• (12 h 20) •
Mme Bélanger : Bien, écoutez,
Mme la Présidente, on continue nos travaux avec HMR, on procède aux travaux à
l'hôpital de Drummondville, des travaux d'urgence à Douglas, l'agrandissement
du bloc opératoire à Chicoutimi, l'agrandissement, le réaménagement de
l'urgence à Saint-Eustache, le réaménagement des blocs opératoires à Charles-Le
Moyne, l'hôpital de Drummondville, de Maria. Alors, je peux continuer, là, la
réalisation de l'Hôpital de Mont-Laurier, de Saint-Jérôme, l'Hôpital d'Amos, alors,
c'est ça qu'on fait.
Je réponds à la question, là :
Qu'est-ce que vous faites comme gouvernement? On est le gouvernement, Mme la
Présidente, qui a le plus investi dans les infrastructures au Québec, et on va
le faire, puis on améliore notre façon de faire. On continue de se donner de la
rigueur, de changer nos méthodes d'évaluation. On a 15 projets à l'étude,
Mme la Présidente, 36 projets en planification, 34 projets en
réalisation. Écoutez, vraiment, là, qu'est-ce qu'on va faire de plus? Maintien
d'actifs.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci
beaucoup. La commission plénière ayant terminé cet échange, je remercie les
personnes qui y ont participé. Et, pour permettre à la commission de poursuivre
sa séance, je prie tout le monde de... qui doivent se retirer de le faire
immédiatement.
Je suspends donc les travaux pour quelques
instants.
(Suspension de la séance à 12 h 21)
(Reprise à 12 h 28)
Habitation
La Présidente (Mme D'Amours) :
Nous sommes maintenant rendus aux crédits Habitation. Donc, la commission
plénière poursuit ses travaux sur l'étude des crédits provisoires pour l'année
financière 2026‑2027. Donc, j'aimerais céder la parole maintenant au
leader de... leader adjoint du gouvernement.
M. Lévesque (Chapleau) : ...le
consentement afin que les échanges avec la ministre de l'Habitation puissent se
poursuivre au-delà de 13 heures, jusqu'à ce que l'heure soit écoulée, et
que les travaux de la commission plénière reprennent à 14 heures pour les
échanges avec la ministre de l'Éducation.
La Présidente (Mme D'Amours) :
J'ai le consentement?
Des voix : Consentement.
La Présidente (Mme D'Amours) :
Consentement. Parfait.
Remarques préliminaires
Donc, au cours de la prochaine heure, nous
allons procéder à un échange entre Mme la ministre responsable de l'Habitation
et les députés de l'opposition.
Nous commencerons par les remarques
préliminaires. Je vous rappelle qu'un maximum de six minutes est alloué au
groupe parlementaire formant le gouvernement, trois minutes au groupe
parlementaire formant l'opposition officielle, 1 min 50 s au
deuxième groupe d'opposition et 1 min 10 s au troisième groupe
d'opposition. J'accorde maintenant la parole à Mme la ministre pour ses
remarques préliminaires.
Mme Caroline Proulx
Mme Proulx : Merci, Mme la
Présidente. Bonjour, tout le monde, collègues du gouvernement, oppositions,
plaisir d'être avec vous, cabinet, équipes du ministère, Habitation, SHQ, le
TAL qui m'accompagnent aujourd'hui. Merci, tout le monde, d'être présents,
honorée de votre présence. On dit que les crédits, c'est toujours un exercice
intéressant. Première pour moi à l'Habitation, faire le point sur les dossiers
qui comptent le plus pour les Québécois, sur lesquels je et notre équipe ont
mis beaucoup d'énergie au cours des dernières années, Mme la Présidente.
Je tiens, d'abord et avant tout, à
réitérer que le gouvernement est très, très conscient des défis en matière
d'habitation auxquels les Québécois font face depuis quelques années. C'est
d'ailleurs pour cette raison-là qu'il s'agit d'une des grandes priorités de
l'État et la raison pour laquelle les investissements majeurs ont été faits,
entre autres, avec le budget d'hier. D'ailleurs, le collègue ministre des
Finances a annoncé de nouvelles sommes en matière d'habitation. Pour nous,
essentiel de poursuivre le travail pour toujours mieux répondre aux besoins des
réalités des ménages. Et puis, dans le contexte actuel de la crise, Mme la
Présidente, on agit concrètement, en collaboration avec les partenaires qui
sont impliqués avec nous, des efforts nécessaires pour améliorer, notamment,
l'abordabilité, l'accès au logement. On a également innové, gagné en efficacité
et démontré, donc, une grande proactivité.
L'objectif qui a guidé notre action, à
l'ensemble de l'équipe, au cours des dernières années, ça a été, notamment, de
créer des conditions propices pour construire plus vite, mieux, à moindre coût,
soutenir les ménages les plus vulnérables au Québec. Bien que le travail ne
soit assurément pas terminé, je suis particulièrement fière du travail qu'on a
accompli jusqu'ici.
On a posé nombre de gestes concrets pour
améliorer la situation de la population québécoise. Néanmoins, j'aimerais
souligner quelques initiatives qui ont réellement porté fruit. La Stratégie
québécoise en habitation, ambitieuse feuille de route, qui nous a permis de
nous doter d'une vision claire des défis actuels... La stratégie a permis de
mieux coordonner l'intervention gouvernementale et celle des acteurs impliqués.
Elle vise également à favoriser le développement résidentiel, l'accès et
l'abordabilité des logements, de même qu'à préserver l'offre qui est existante.
Les effets de la stratégie, <déployée depuis plus de deux ans, sont déjà
présents...
>
12 h 30 (version révisée)
<
Mme Proulx :
...des
logements de même qu'à préserver l'offre qui est existante.
Les effets de la stratégie >déployée
depuis plus de deux ans sont déjà présents. Il y aura des retombées
positives qui sont considérables au cours des prochaines années pour toutes les
collectivités du Québec. Et je suis... persuadée, pardon, que le marché de l'habitation
va être beaucoup plus équilibré.
Maintenant, qu'en est-il de nos
investissements, Mme la Présidente? Depuis 2018, 7 milliards de
dollars pour améliorer la disponibilité des logements, et ça, Mme la Présidente,
c'est sans compter les nouvelles sommes annoncées hier par mon collègue, le
ministre des Finances. Rappelons que le budget présenté hier prévoit 741 millions de
dollars pour construire, entre autres, 1 000 nouveaux logements
abordables, maintenir en logement les ménages les plus vulnérables et,
évidemment, adapter et rénover le parc de logements. Pour 2026, on parle
de 9 000 logements abordables qui sont... qui seront livrés, plus de
16 000 autres sont en cours de réalisation, et plus de 14 000 logements
sociaux et abordables ont déjà été livrés.
Pour augmenter l'offre de logements, on a
aussi développé le Programme d'habitation abordable du Québec, agile, agile
comme programme. Au 31 décembre 2025, c'est 624 logements qui étaient
déjà construits, tandis que le nombre d'unités en chantier s'élevait à près de
4 000 et un peu plus de 3 700 logements étaient en
développement.
On a également mis de l'avant des
partenariats hyperinnovants. Je pense à ceux, entre autres, de Desjardins, le
Fonds de solidarité de la FTQ, les missions Unitaînés, tous des gens avec qui j'ai
eu l'occasion de parler, de travailler et de collaborer. On a conclu des
ententes de collaboration avec le gouvernement fédéral pour le développement de
Maisons Canada, avec une enveloppe disponible de 7,5 milliards de dollars,
donc, des partenariats sur lesquels on peut s'appuyer par la force des
expertises de chacune des parties, maximiser ainsi les retombées des
investissements publics, Mme la Présidente.
S'ajoutent des lois qu'on a adoptées. On a
clarifié la compétence en habitation des municipalités, des mesures qui ont
permis de renforcer leurs outils ainsi que leur donner de nouveaux leviers, des
mesures qui ont contribué à favoriser un meilleur équilibre des droits entre
locataires et locateurs, d'ailleurs, faire mieux connaître leurs obligations.
Ça s'inscrit en cohérence avec les moyens de sensibilisation, d'information et
d'éducation prioritaire par la SHQ mais également par le tribunal, nouveau
levier législatif, que je souhaite qu'on puisse débattre ensemble, le dépôt du projet
de loi n° 20, qui va répondre, entre autres, Mme la Présidente, à des
inquiétudes de la Vérificatrice générale.
Bref, beaucoup d'investissements, l'accès
au logement. Je veux remercier, d'ailleurs, l'appui du ministre des Finances,
qui vient aider considérablement le secteur de l'habitation.
Bref, on a mis en place plusieurs...
partenariats, pardon, plusieurs leviers au fil des dernières années, une
synergie, donc, qui s'opère extrêmement bien sur le terrain.
Alors, je terminerais, Mme la Présidente,
en disant qu'on va poursuivre sur cette lancée au cours de la prochaine année
avec, entre autres, le budget qui a été déposé hier par mon collègue, le
ministre des Finances du Québec.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci,
Mme la ministre. Maintenant, je cède la parole à Mme la députée de Mille-Îles
pour ses remarques préliminaires, en vous rappelant que vous avez trois minutes.
Mme Virginie Dufour
Mme Dufour : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Je... Ah oui, j'ai le micro. Alors, bonjour à
tous. Salutations d'abord aux collègues de l'opposition, mais surtout à la
ministre, la ministre de... la nouvelle ministre de l'Habitation. Ce sont vos
premiers crédits, et donc, bon, c'est un plaisir, là, d'échanger avec vous
aujourd'hui.
On aborde, donc, les crédits provisoires
en habitation. C'est un contexte quand même particulier. On est dans un budget
de fin de mandat. Puis, malheureusement, là, c'est un budget qui nous donne l'impression
qu'on est en gestion de transition. C'est un... En matière d'habitation, pour
nous, on considère qu'il y a... qu'il n'y a pas de mesure structurante dans ce
budget. On pourrait même parler de mesurettes qui ne s'attaquent pas à la
racine de la crise du logement ni à celle de l'abordabilité. Mais il n'y a rien
non plus pour l'accès à la propriété.
Tout n'est pas noir, cependant, hein? Les
unités, la ministre l'a mentionné... les unités du PHAQ commencent à sortir,
les taux d'inoccupation s'améliorent dans certaines régions, il y a... dans d'autres,
c'est encore une crise très, très importante. Mais les loyers, eux, partout au
Québec, continuent d'augmenter de façon alarmante, et l'accès à un logement
décent, bien, il reste difficile pour les milliers de Québécois qui sont à la
recherche de logements.
Et, d'ailleurs, il y a <plusieurs
groupes...
Mme Dufour :
...et
d'ailleurs il y a >plusieurs groupes communautaires en habitation qui ont...
hier, qui se sont exprimés et qui ont exprimé, donc, leur insatisfaction face
au budget. Les mesures qu'ils ont dénoncées, notamment les
1 000 unités pour les trois prochaines années, on y reviendra. Il y a
aussi... Ils ont dénoncé aussi le manque de prévisibilité, les délais,
l'absence de réponses structurantes pour ce qui est de l'urgence.
Donc, en fait, ce qu'on constate, c'est
qu'on est... après plusieurs années au pouvoir, on a toujours... le
gouvernement n'a toujours pas pu reprendre le contrôle de la crise, une crise
qui a été créée, il faut se le rappeler, là... Après trois années de... à nier
la crise, bien, ça a causé, évidemment, une crise encore plus grande. Et,
aujourd'hui, bien, on gère les conséquences de l'inaction du gouvernement. Donc,
c'est pourquoi c'est aussi important qu'on discute de ces crédits-là
aujourd'hui, Mme la Présidente.
Et puis je reviendrai avec des questions
un peu plus tard.
Discussion générale
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci,
Mme la députée. On m'informe qu'il n'y a pas de remarques préliminaires pour
les autres groupes d'opposition. Donc, nous serions prêts, maintenant, à
entamer la première intervention avec l'opposition officielle, pour une durée
de 20 minutes.
Mme Dufour : Merci, Mme la
Présidente. Donc, comme je le disais, c'est le premier budget de notre nouvelle
ministre de l'Habitation. Et, bon, j'imagine que vous avez été submergée, dans
les dernières... derniers mois, de demandes. C'est normal, une nouvelle
ministre, les groupes veulent vous rencontrer. Donc, avant le budget qu'on a eu
hier, j'aimerais savoir... j'imagine que vous avez rencontré des groupes
communautaires en habitation, j'aimerais savoir combien et lesquels vous avez
rencontrés.
La Présidente (Mme D'Amours) : Mme
la ministre.
Mme Proulx : Merci, Mme
la Présidente. Je ne tiens pas la liste, là, de chacun des groupes que je
rencontre. Vous savez, des fois, ça se fait de façon informelle, hein?
Lorsqu'on est ministre, on est ministre 24/7, même en faisant l'épicerie
et même en faisant une «ride» de ski de fond, où il y a des gens qui viennent
nous interpeler pour vrai sur l'état de la situation de l'habitation au Québec.
J'ai rencontré un maximum de groupes dès mon entrée en fonction, je continue
d'en rentrer... d'en rencontrer, pardon. C'est ça, l'objectif. J'ai également,
Mme la députée, une équipe extraordinaire derrière moi, très habiletée à
l'habitation, qui m'a permis aussi de me faire des breffages. Mais je n'ai pas
le nom et chacune des personnes que j'ai rencontrées, je ne tiens pas cette
liste-là. Je pourrais passer à travers mon agenda, si vous le souhaitez.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Mme la députée.
Mme Dufour : Je vais
juste rappeler qu'on essaie de respecter la proportionnalité des
questions : questions courtes, on essaie d'avoir des réponses courtes
aussi, donc...
La Présidente (Mme D'Amours) : Madame,
je vous rappelle que c'est moi, la présidente...
Mme Dufour : Oui. Merci.
Mais c'est pour le respect de mon temps.
La Présidente (Mme D'Amours) : ...et
j'ai tenu le temps, et madame a pris son temps à la seconde près. Donc, à vous
de prendre votre temps.
Mme Dufour : Excellent.
Donc, je vais répéter la question avec les groupes pour les associations de
propriétaires : Avez-vous rencontré des groupes d'associations de
propriétaires? Et lesquels?
Mme Proulx : Bien, comme
je vous dis, là, je ne tiens pas la liste, dans un petit carnet, de tous les
groupes que je rencontre. Lorsqu'on est nommée ministre de l'Habitation, on
rencontre un maximum de groupes dans un minimum de temps...
La Présidente (Mme D'Amours) :
Merci...
Mme Proulx : Je le
répète...
La Présidente (Mme D'Amours) :
Merci...
Mme Proulx : ...il y a
des équipes qui sont là également pour les rencontrer, qui font des briefings.
Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Mme la députée.
Mme Dufour : Je vais
demander : Avez-vous rencontré le FRAPRU? Avez-vous rencontré la CORPIQ?
Avez-vous rencontré l'APCHQ, qui est l'industrie de la construction?
Mme Proulx : Oui, on a
rencontré l'APCHQ. Je pourrais peut-être le demander, là, en filigrane, là,
d'avoir cette liste-là.
Une voix : ...
Mme Proulx : Parfait. On
a demandé la liste, on va pouvoir vous la donner.
Mme Dufour : Parfait.
Merci. Donc, j'imagine qu'avec tous ces groupes que vous avez rencontrés, vous
avez une armée d'informations que vous avez reçues et vous avez rencontré le
ministre des Finances avec ces demandes. Parce qu'on a eu des échanges, lors de
l'interpellation, vous m'avez mentionné que ces demandes, vous deviez les
transmettre à... au ministre des Finances. Donc, quelles étaient ces demandes
que vous avez portées?
Mme Proulx : Bien, les
demandes de rencontre avec le ministre des Finances vont demeurer de nature
privée, ça, c'est clair et net. Je suis là pour défendre l'habitation, je suis
là pour défendre les familles, je suis là pour défendre les gens qui sont dans
une situation de vulnérabilité. Mes demandes ont été entendues par le ministre
des Finances, avec, franchement, un budget qui m'a été consenti hier, duquel je
suis extraordinairement satisfaite, de la part du ministre.
• (12 h 40) •
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Mme la députée.
Mme Dufour : OK. Donc,
je comprends que vous êtes extraordinairement satisfaite de
1 000 unités pour les trois prochaines années?
La Présidente (Mme D'Amours) : Mme
la députée... ministre, pardon.
Mme Proulx : Pas grave.
Oui, parce que, si on additionne les actions, parce que c'est ça qu'il faut
faire, Mme la députée : donc, 1 000 logements abordables pour
209 millions, un total de 14 000. Et, avec tous les nouveaux appels à
projets, là, qui vont passer à <travers le RPHAQ, une fois tous
construits...
Mme Proulx :
...qui vont passer à >travers le PHAQ. Une fois tous construits, on va
parler de 33 000 logements abordables déjà construits ou ceux, là,
qui vont être construits à travers les différents appels à projets qui vont
venir au cours des prochaines semaines et des prochains mois.
La Présidente (Mme D'Amours) :
Merci. Mme la députée.
Mme Dufour :
Connaissez-vous la liste d'attente des familles qui attendent un HLM?
Savez-vous le nombre de familles qui attendent sur cette liste?
Mme Proulx : Oui.
Mme Dufour : C'est
combien?
Mme Proulx : On parle de
30 224 ménages qui sont inscrits sur la liste en date du
31 décembre 2025. La liste d'attente compte 8 000 ménages de
moins... de moins qu'il y a trois ans. Donc, il y a quand même une réduction de
8 000 ménages.
Mme Dufour : Donc,
malgré 16 000 logements... 14 000 logements livrés, 16 000
en réalisation, ce que vous avez mentionné, les 14 000 livrés, la
liste a baissé de 1 000 ménages.
Mme Proulx : La crise du
logement n'est pas le propre du Québec. C'est un phénomène qu'on voit sur
l'ensemble de la planète. Vraiment, ce n'est pas le propre du Québec. On
consent tous les efforts avec des nouveaux partenaires, entre autres des
partenaires privés, des fonds d'investissement, Desjardins, Unitaînés, Le
Groupe Maurice, pour monter le plus rapidement possible, avec des pouvoirs,
d'ailleurs, qu'on a consentis aux municipalités, qu'on vient de renouveler à
travers le PL n° 31, pour, justement, accélérer... Il
faut comprendre qu'on est dans de la construction ici. Ça ne se fait pas en
claquant des doigts.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Mme la députée.
Mme Dufour : Oui, mais
c'est aussi que ce qu'on a livré, ce n'est pas des logements sociaux. Ce qu'on
a livré, c'est des logements dits abordables à 1 500 $,
1 600 $, 1 800 $ par mois.
Mme Proulx : Oui, mais
ce qu'on fait aussi pour les logements sociaux... Le ministre des Finances l'a
annoncé clairement hier, pour ne pas perdre ces logements sociaux là, on doit
investir dans la brique et le mortier des HLM, et c'est ce que le ministre des
Finances a compris hier et qu'il nous a consenti, parce que, si on devait
perdre des HLM, on vient aggraver la situation. Le maintien d'actifs est
extraordinairement important.
Mme Dufour : Oui, mais
il reste qu'actuellement on n'en construit pas, des logements sociaux. Ce qu'on
construit, c'est du logement abordable, intermédiaire, inaccessible aux ménages
qui sont sur la liste d'attente de 30 000 ménages qu'on a mentionnée
tout à l'heure.
Mme Proulx : Oui, ce que
je vous dis, c'est que les efforts sont concertés : logement abordable,
logement social, maintien d'actifs, maintien d'infrastructures. C'est un
bouquet de mesures qu'on doit mettre en place pour s'assurer que tout ce
parc-là soit bien financé et soutenu par le gouvernement du Québec.
Mme Dufour : OK, je vais
reposer autrement... Combien de logements sociaux ont été construits dans les
huit dernières années?
Mme Proulx : Les
logements privés incluent des suppléments au loyer pour permettre d'amener le
social dans le logement abordable. Ça, c'est un élément qui est
extraordinairement important à préciser aujourd'hui.
Mme Dufour : Oui, mais
la liste d'attente, elle n'a baissé que de 1 000 ménages malgré
14 000 logements livrés.
Mme Proulx : Mais la
liste d'attente, là, pour apporter des précisions... Donc, je le dis ici, les
ménages en attente d'un logement, les résultats. 30 224 ménages sont
inscrits sur une liste d'attente au 31 décembre 2025. La liste d'attente
compte 8 000 ménages. Donc, on peut penser que 8 000 ménages
peut comprendre minimalement deux personnes. Ça peut être plus que ça. On parle
quand même de minimalement 16 000 personnes au Québec.
La Présidente (Mme D'Amours) :
Mme la députée.
Mme Dufour : Oui, mais
il reste 30 000 ménages, c'est bien ça? Puis là on a parlé de
8 000 ménages, là, j'avoue que... de moins, oui, mais c'est
1 000... Tantôt, on a mentionné 1 000 ménages. OK, je suis un
peu confuse dans les chiffres, mais il y a 30 000 ménages... plus de
30 000 ménages sur la liste d'attente. Est-ce que
1 000 unités au cours des trois prochaines années vont aider à
réduire la liste d'attente?
Mme Proulx : Bien, ce
qu'il faut comprendre, c'est que, comme je l'ai expliqué, il y a une multitude
de mesures, Mme la Présidente. Depuis 2018, le nombre de ménages où on a... à
travers le programme de soutien au loyer, qui est extraordinairement important,
c'est une hausse de 30 %. On est passé de plus de 32 700 ménages
à presque 43 000 ménages où on vient, donc, soutenir des ménages au
Québec. Donc, c'est plus de 10 000 ménages.
Mme Dufour : Plus de
10 000 ménages qu'on a ajoutés, c'est ce qu'on mentionne, mais la
liste n'a pas baissé. Donc, je répète ma question : Les 1 000... les
1 000 unités prévues pour les trois prochaines années vont-elles
suffire pour réduire la liste des ménages en attente d'un logement social?
Mme Proulx : Mais ce
qu'il faut comprendre, Mme la Présidente, c'est que c'est de la brique, du
mortier puis de la construction, hein? Ce n'est pas des unités qui arrivent
dans des conteneurs. Ce sont des unités qui doivent être construites. Il y en a
9 000, présentement, Mme la Présidente, qui sont en construction. On est
dans une réalité de construction, là. On ne claque pas des doigts pour monter
du <logement social, du logement abordable...
Mme Proulx :
...construction, là. On ne claque pas des doigts pour monter du >logement
social, du logement abordable ou encore des habitations à loyer modique. C'est
de la construction. Il y a des règles à suivre. Et, Mme la Présidente, je pense
que 9 000 unités en construction... D'ailleurs, on a lancé un
communiqué de presse il y a quelques semaines. C'était un record, au Québec,
là, d'avoir 9 000 unités présentement en construction.
La Présidente (Mme D'Amours) :
Merci. Mme la députée.
Mme Dufour : Oui. Je vous
avoue que je suis confuse. J'entends la ministre dire qu'il y a
9 000 unités présentement en construction, mais, tout à l'heure, elle
a parlé de 16 000 unités en réalisation, et ça, j'aimerais souligner
que le tableau de bord ne montre pas ça non plus. On ne peut pas se fier au
tableau de bord de la SHQ actuellement parce que les chiffres qui ont été
mentionnés, tous les chiffres qui sortent à droite et à gauche, ce n'est jamais
les mêmes et ça ne correspond jamais au tableau de bord. Donc, est-ce que... est-ce
que ce serait possible d'avoir un tableau bord qui soit à jour, et
représentatif de la réalité, et, sinon, comprendre d'où viennent ces chiffres?
Parce que, là, on a parlé 9 000 puis 16 000.
La Présidente (Mme D'Amours) :
Mme la ministre.
Mme Proulx : Avec votre
permission, je demanderais à la SHQ de pouvoir précisément répondre à son
tableau de bord, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme D'Amours) :
Est-ce que j'ai le consentement pour que la personne prenne parole?
Mme Dufour : Bien,
écoutez, on n'a pas beaucoup de temps. Moi, je voudrais... Bien, oui, mais très
brièvement.
La Présidente (Mme D'Amours) :
Bon, je vais demander à la personne de se présenter, de dire son titre et
ensuite de répondre à la question.
M. Bernier (Jean-Pascal) :
Oui. Donc, Jean-Pascal Bernier, vice-président à la Société d'habitation.
Donc, rapidement, sur la question du
tableau de bord, les données sur le tableau de bord reflètent le réel, dans le
fond, de la lecture de l'avancement des projets. Maintenant, les statistiques
qui ont été véhiculées sont aussi les bonnes. Donc, il faut vraiment voir dans
les statistiques le moment de départ et le moment jusqu'à aujourd'hui. Donc, il
y a les mises en chantier depuis, soit, 2023 à aujourd'hui, les mises en
chantier depuis 2018 à aujourd'hui, toutes les mises en chantier qui sont en
cours. Donc, ce qu'on pourra faire, c'est peut-être vous produire les
comparables des statistiques.
La Présidente (Mme D'Amours) :
Merci. Mme la députée.
Mme Dufour : Oui, bien,
j'avais eu des échanges avec la ministre précédente, qui concédait que le
tableau de bord n'était pas à jour, qu'il devait être modifié. Donc, j'avoue,
là, que je suis un peu étonnée de la réponse, mais je ne veux pas continuer
là-dessus. Donc, je reviens. Est-ce que la ministre a reçu... a eu... Parce
que, là, on a parlé des unités. Elle a dit qu'elle était extrêmement satisfaite
du budget. Est-ce que, là, elle est extrêmement satisfaite des... du budget qui
a été alloué pour le Programme d'adaptation de domicile?
Mme Proulx : Absolument,
parce qu'au... On a discuté de ça pas plus tard que cette semaine, vous et moi,
en Chambre. Donc, pour ce qui est du programme d'adaptation au logement, le
ministre des Finances, hier, a, donc, annoncé un rehaussement du programme, sur
deux ans, à 30 millions de dollars. Ça s'ajoute au rehaussement de
38 millions de dollars qui avait déjà été accordé au budget 2025‑2026.
Et je rappelle, pour la collègue, qu'il y avait eu une mise à jour économique
en novembre dernier où le ministre des Finances avait accordé un
20 millions supplémentaire.
La Présidente (Mme D'Amours) :
Mme la députée.
Mme Dufour : Oui, bien,
décortiquons les chiffres. Donc, il y a eu une annonce dans le budget d'hier de
30 millions pour le Programme d'adaptation à domicile sur deux ans,
22,5 millions pour cette année... bien, l'année qui vient. Donc, ça, ce
sont les chiffres, mais, l'an dernier, il y a eu 58 millions qui a été
mis, donc, en deux... en deux temps. Il y a un 38 millions qui a été mis
au budget l'an passé puis il y a un 20 millions qui a été...
supplémentaire qui a été mis en novembre.
Cependant, à ce jour, le programme reste
fermé. Pourquoi? Parce que les sommes de l'an dernier qui ont été mises, les
58 millions, c'était pour les arrérages, donc les demandes qui avaient été
déposées avant, donc, la suspension du PAD, c'est-à-dire, si je retrouve la
date, au 31 mars 2025. Donc, toute l'année 2025, jusqu'à aujourd'hui,
a été occupée à traiter les demandes qui étaient avant le 31 mars 2025. On
s'entend que les demandes... les besoins n'ont pas arrêté depuis un an. Ils ont
continué, mais il n'y a pas la possibilité de les déposer.
Donc, 58 millions mis l'an passé
simplement pour traiter les demandes reçues entre le 22 novembre 2024 et
le 31 mars 2025. Là, on ajoute 22 millions pour cette année,
7 millions l'an prochain, un 30 millions. Donc, 30 millions au
lieu de presque 60, clairement, là, les chiffres, ça n'arrive pas, là. Est-ce
que vous croyez vraiment... est-ce que... Est-ce que c'étaient vos demandes, premièrement?
Est-ce que vous demandiez ça, 30 millions sur deux ans?
• (12 h 50) •
La Présidente (Mme D'Amours) :
Mme la ministre.
Mme Proulx : Les
discussions que j'ai en privé avec le ministre des Finances vont demeurer
privées, mais j'ai demandé, oui, d'avoir, donc, du financement pour le
programme d'aide, le fameux PAD. Ce qu'il faut voir, c'est que ça a été un <programme
qui a été extraordinairement populaire. L'enveloppe...
Mme Proulx :
...c'est
que ça a été un >programme qui a été extraordinairement populaire,
l'enveloppe a été vidée. Maintenant, ce qui est important, Mme la Présidente,
de préciser, c'est qu'on est à revoir les critères du programme pour que...
s'assurer que les plus vulnérables puissent bénéficier de ce programme-là. Un
peu comme le projet de loi n° 20, où on dit qu'on veut s'assurer que la
bonne personne a le bon logement, les équipes du ministère sont à revoir les
critères du programme pour vraiment s'assurer que les personnes les plus
vulnérables, les plus vulnérables puissent profiter et... bénéficier, je
devrais dire, Mme la Présidente, du programme.
Mme Dufour : Oui. Il y
avait, l'an dernier, 250 $... 250 demandes par mois, pardon, là, je me
suis trompée, 250 demandes par mois. Ça, c'étaient les besoins. Le
programme est fermé depuis un an. Donc, si on fait 250 fois 12 mois,
on est dans les 2 000... mon Dieu, 2 000... Excusez-moi, là, les
mathématiques, là.
Des voix : ...
Mme Dufour : Voilà,
3 000, 3 000... Ça fait trop longtemps que j'ai fait des
mathématiques. Donc, 3 000 demandes d'arrérages potentielles dans la
dernière année. Avec les 22 millions, c'est nettement insuffisant, ça,
c'est évident. Donc, est-ce que, d'abord, le programme va rouvrir ou est-ce
qu'il va servir à traiter encore l'arrérage de l'année dernière, d'avant le
31 mars 2025?
Mme Proulx : Est-ce que
vous êtes en train de considérer que les demandes précédentes ne devraient pas
être analysées?
Mme Dufour : ...du tout.
Mme Proulx : Parce que
vous avez dit : Ou est-ce qu'on va juste analyser les demandes
précédentes?
Première chose, je le répète, les critères
pour s'assurer que les plus vulnérables aient accès au PAD... Deuxièmement, à
votre question, réouverture au cours des prochaines semaines. Et bonification
n'a pas été faite et revue depuis? 1995. Le Parti libéral n'a absolument rien
fait là-dessus, toutes les années qu'il a été au pouvoir, pour revoir les
critères... d'admissibilité, pardon, du PAD, pour s'assurer, Mme la Présidente,
que les bonnes personnes aient les bonnes ressources et le bon financement.
Mme Dufour : Oui. Mais
ce n'est pas ce que votre gouvernement a fait, là, lorsqu'ils ont révisé les
critères. Ils n'ont pas révisé les critères d'admissibilité, ils ont révisé les
critères... l'argent qui était alloué, passé de 15 000 $ à
50 000 $ mais sans ajuster les budgets en conséquence. Si je fais un
calcul moyen d'une demande à 35 000 $, ce qui n'est pas le maximum de
50 000 $, on aurait eu besoin de 105 millions juste pour couvrir
la dernière année si on a eu 3 000 demandes. Donc, c'est évident que
22 millions, ça ne peut pas être suffisant.
Donc, ma question, encore : Est-ce
que, d'abord, on a fini de traiter les demandes qui étaient en arrérages, les
demandes déposées avant le 31 mars 2024?
Mme Proulx : Mme la
Présidente, 7,9 milliards, pour les ménages vulnérables ou à faibles
revenus, d'investissement du gouvernement du Québec depuis 2018... Alors, je le
répète, on a des choix à faire.
Maintenant, avec le PAD et le
30 millions de dollars sur deux ans pour s'assurer de la poursuite de ce
programme-là, on revoit les critères et, au risque de me répéter, dans les
prochaines semaines, on aura l'occasion de recommencer, donc, à traiter les
demandes pour les familles et les gens qui veulent demeurer plus longtemps dans
leurs domiciles, avoir ces adaptations-là dans les prochaines semaines.
La Présidente (Mme D'Amours) :
Merci.
Mme Dufour : Donc, je
n'ai pas eu de réponse. Est-ce que les arrérages des demandes déposées avant le
31 mars 2025 ont toutes été traitées?
Des voix : ...
Mme Proulx : Est-il
possible d'avoir la possibilité de...
Mme Dufour : Bien,
rapidement.
La Présidente (Mme D'Amours) : Est-ce
que j'ai le consentement pour que la personne puisse répondre?
Des voix
: Consentement.
La Présidente (Mme D'Amours) :
Donc, vous allez vous présenter, dire votre titre et répondre à la question,
s'il vous plaît.
Mme Grégoire (Annie) : Oui.
Bonjour. Annie Grégoire. Je suis vice-présidente aux réseaux et à la gestion de
l'habitation à la Société d'habitation du Québec.
L'ajout de la mise à jour budgétaire qu'on
a eu en novembre dernier nous a permis de remettre en circulation les dossiers
qui n'avaient pas été traités depuis novembre. Donc, on a lancé des nouvelles
demandes, finalement, dans le réseau avec ça. Donc, en tout et pour tout, il
reste un peu moins de 1 000 demandes à traiter. Avec le rythme de
livraison actuel du réseau, on prévoit que la mise à jour budgétaire devrait
nous permettre de résorber l'entièreté de ces demandes-là et de repartir le
programme.
Mme Dufour : OK. Donc,
on comprend que les sommes qui sont... été annoncées hier dans le budget vont
servir à traiter les 1 000 demandes qui n'ont toujours pas été
traitées, qui ont été déposées avant le 31 mars 2025. Est-ce que vous avez
compris la même chose que moi, Mme la ministre?
Mme Proulx : Parce qu'on
ne laissera personne en plan.
Mme Dufour : OK,
parfait. Donc, est-ce que vous pouvez me confirmer que le programme ne rouvrira
pas, puisque les sommes ne sont pas là pour le rouvrir à de nouvelles demandes?
Mme Proulx : Mme la
Présidente, je viens de répondre à la question, là, j'ai dit que, dans quelques
semaines, le programme va <rouvrir, donc les gens vont pouvoir déposer
leurs demandes...
Mme Proulx :
...dans quelques semaines, le programme va >rouvrir, donc les gens vont
pouvoir déposer leurs demandes
Mme Dufour : Mais avec
quel argent?
Mme Proulx : Bien, avec
le 30 millions, Mme la Présidente.
Mme Dufour : Bien, le...
Mme Proulx : Et, en
plus, si je peux me permettre de préciser, si je peux me permettre de préciser,
comme nous sommes à revoir les critères du programme, il y a possiblement des
demandes qui ont été faites qui ne correspondent pas aux normes où on veut
s'assurer que la bonne personne la plus vulnérable puisse bénéficier de
l'enveloppe.
La Présidente (Mme D'Amours) :
30 secondes.
Mme Dufour : Oui, mais
j'ai... mais j'ai bien compris qu'il y avait toujours 1 000 demandes
non traitées dans l'enveloppe budgétaire précédente. L'enveloppe qui vient
d'être annoncée hier servira à traiter ces 1 000 demandes là, ces 1 000 demandes
là.
Mme Proulx : Non.
Mme Dufour : Donc, ce
sera des nouvelles demandes?
Mme Proulx : Oui.
Mme Dufour : OK. Bien, à
22 millions de dollars, Mme la ministre, à 35 000 $ en
moyenne, ça va faire 628 demandes, peut-être, peut-être, deux mois et
demi, trois mois maximum de demandes qui pourront être couvertes. Donc, on
est loin, loin des besoins. J'ai terminé.
La Présidente (Mme D'Amours) :
Merci. C'est tout... ce qui met fin au premier bloc.
Maintenant, je suis prête à entendre
l'intervention du deuxième groupe d'opposition pour une durée de
16 min 30 s. M. le député, la parole... votre temps de parole est
à vous.
M. Fontecilla : Merci,
Mme la Présidente. Une question de 16 minutes inclut les
trois minutes de remarques préliminaires?
La Présidente (Mme D'Amours) :
Oui.
M. Fontecilla : Très
bien. Donc, bonjour, tout... bonjour, messieurs dames. Je salue également la
nouvelle ministre de l'Habitation et également les membres de son cabinet, de
son équipe ministérielle...
Mme Proulx : ...je
m'excuse, on vous entend.
M. Fontecilla : Merci. Je
salue également le président du tribunal d'administration... Tribunal
administratif du logement, Me Simard, et M. Martel, de la Société
d'habitation du Québec, ainsi que ses équipes respectives.
Écoutez, oui, on vit... Il est... Il y a
un consensus au Québec, là, on vit une crise du logement historique depuis plus
d'une décennie au Québec, là, au point que la... que le... un droit
fondamental, le droit à avoir un toit sur la tête, le droit... le droit au
logement est gravement compromis pour une partie importante de la population.
Les symptômes, les signaux de cette crise sont multiples. On n'a qu'à voir
l'augmentation fulgurante de l'itinérance partout au Québec, même dans les
villes moyennes et même dans les petites villes. Et une bonne partie de cette
itinérance-là est causée par les difficultés d'accès au logement, une hausse
démesurée des loyers, 60 % depuis 2018, l'année de l'arrivée de la
CAQ au pouvoir, là, pour... lors d'un changement de locataire, 60 %
d'augmentation de loyer, le nombre fulgurant des causes traitées par le
Tribunal administratif du logement, les hausses des évictions, les fameuses
révovictions, les reprises ou d'autres pratiques frauduleuses, là, et un taux
d'inoccupation qui demeure peu... qui demeure très, très bas, ce qui est très
préoccupant.
Deux éléments, deux causes
qui... deux secteurs, là, sur lesquels il faut travailler, évidemment,
augmenter l'offre, et, dans... sur ce terrain-là, on peut dire que, malgré les
annonces de 1 000 logements supplémentaires dans le budget annoncé
hier, la réponse de la CAQ, c'est trop peu, trop tard, seulement
9 200 logements, selon le tableau de la Société d'habitation du
Québec, dans le deuxième mandat de la CAQ. Et on est loin, on est loin de
répondre aux besoins, là. Je vous rappelle que le milieu de l'habitation s'est
mis d'accord pour réclamer 10 000 logements sociaux par année ou
jusqu'à... pour atteindre un 20 % du marché locatif. Un deuxième secteur,
là, c'est de mieux protéger les locataires contre les pratiques spéculatoires
qui font en sorte de... d'évincer ou qui produisent des augmentations
démesurées de loyer.
• (13 heures) •
Un enjeu central dans tout ceci, là, c'est
la question de l'abordabilité. C'est la question de combien qu'on paie pour
avoir accès à un toit sur notre tête, quel pourcentage de notre revenu est
consacré. Et, malheureusement, le gouvernement, afin de produire plus de
statistiques, plus de logements, est obligé d'augmenter les loyers afin de
pouvoir faire construire plus de logements. Donc, ça produit de... le
gouvernement est en train de produire des logements avec des... ce qu'on
appelle les loyers intermédiaires, là, qui sont à 150 % du loyer médian du
marché, ce qui est déjà excessivement cher pour les locataires qui ont des
besoins impérieux en termes de logement.
Donc, pour commencer, Mme la Présidente,
j'aimerais... j'aimerais questionner la ministre sur un objectif à atteindre,
parce qu'il faut se placer des <objectifs...
>
13 h 01 (version non révisée)
M. Fontecilla :
...un
objectif à atteindre, parce qu'il faut se placer des objectifs dans la vie,
est-ce que la ministre est d'accord qu'à terme le Québec devrait se doter de l'objectif
d'atteindre 20 % du marché locatif hors marché?
La Présidente (Mme D'Amours) :
Mme la ministre.
Mme Proulx :
Merci, Mme
la Présidente. Petite correction, si vous me... permettez, M. le député de
Laurier-Dorion. Le taux d'inoccupation est quand même, selon les dernières
données, là, à 2,7 %. L'équilibre est à 3 %.
Il est vrai, là, puis je ne vous obstine
pas, là, qu'au début de notre mandat, particulièrement après la crise de la
COVID, là, il y avait un taux d'inoccupation sur l'ensemble du territoire,
particulièrement à Montréal, là, qui était... qui était très sérieux. Par
contre, les dernières données qu'on a présentées, donc, au Québec, on est à
2,7 %. Donc on est très, très proches de l'équilibre.
Petit ajout aussi, si vous me permettez,
rapidement, là. Les propriétaires qui offrent maintenant des mois gratuits, des
électroménagers, on l'a entendu beaucoup. C'est un dossier évidemment que je
suis de très, très proche, où on voit que cet équilibre-là commence à s'améliorer
par rapport aux données qu'on a eues au cours des dernières années. Mais il
reste que oui, il y a encore du chemin à faire.
Il y a beaucoup de mesures qu'on a mises
en place, entre autres, là, avec la loi 65, qui a renforcé, vous le savez.
Sauf erreur, c'était une demande de Québec solidaire, là, d'abolir ou diminuer,
de passer, là, de 70 à 65 ans, les locataires aînés à faibles revenus. Je
vous dis d'emblée, M. le député, que, lorsqu'on aura l'occasion de débattre du projet
de loi n° 20, que je vais ajouter des années supplémentaires. Donc, aux
premières trois années qui avaient été prévues, mon intention, c'est d'ajouter
deux ans. Je vous le dis, là, tout de suite, là, je vais... je me révèle.
M. Fontecilla :
...une
question, là, sur le 20...
Mme Proulx :
Je
vais... Je vais ajouter, donc, deux ans, M. le député. Allez-y.
La Présidente (Mme D'Amours) :
Laissez Mme la ministre terminer. Vous avez pris quatre minutes pour votre
préambule et votre question. Donc, Mme la... la ministre, allez-y.
Mme Proulx :
Merci, Mme
la Présidente. Donc, je vous annonce qu'on aura donc cette excellente nouvelle
là pour les 65 ans. Augmenter le seuil de revenus admissibles de
25 %, c'est quand même 36 000 ménages, là. N'oubliez pas que,
des ménages, c'est plus que, souvent... qu'une seule personne.
Les nouveaux partenariats, là. Vous
parliez, là, d'augmenter l'offre. Je suis totalement d'accord avec vous. J'en
suis. Tout ce qu'on a fait, entre autres avec le PHAQ, là, pour monter du
logement social et abordable le plus rapidement possible, c'est 8 400 unités
qui ont été financées à travers ce programme-là dans les derniers mois. Tous
nos partenariats, là, avec Desjardins, avec FTQ, le groupe Maurice...
Honnêtement, c'est extraordinaire, ce qu'ils font, le groupe Maurice. Ce n'est
pas des gens qui sont vulnérables physiquement, mais c'est des gens qui sont
vulnérables économiquement. Et honnêtement, dans 17 régions
administratives, extrêmement rapidement, on a réussi à monter ces logements-là.
J'en ai visité, annoncé plusieurs.
Donc, c'est une multitude de mesures qu'on
a mis en place. Puis la stratégie, c'est de construire 560 000 unités
d'ici 2034. Et moi, l'intention, c'est qu'on... atteigne, M. le député, ces
objectifs-là.
La Présidente (Mme D'Amours) :
Merci. M. le député.
M. Fontecilla :
Donc,
si je comprends bien, la ministre ne s'est pas prononcée sur l'objectif que
tout le monde s'est donné d'atteindre 20 % de logements hors marché. Et, à
terme, la ministre nous dit qu'il y a 560 000 de projetés. Ça, c'est le
marché privé ainsi que les investissements publics, là. Et, à coup de 1 000 logements
par année, là, on va... c'est... on a... on a des croûtes à manger, là.
Mais j'aimerais revenir très rapidement
sur le taux d'inoccupation. En effet, il a augmenté dans certaines régions du
Québec, à Montréal en particulier, mais ce taux d'inoccupation est constaté
surtout dans les loyers très... dans les appartements haut... haut de gamme,
là, dans les... avec les loyers très, très, très élevés. Dans les loyers....
Dans les appartements avec des loyers plutôt... plutôt bas, le taux... d'inoccupation
reste très, très, très faible. Donc, oui, on peut se louer... on peut avoir...
obtenir un logement avec un mois... un mois gratuit, mais avec des... en payant
des loyers de 3 000 $, 3 500 $, 4 000 $, là. C'est...
On est loin de la réalité de beaucoup, de la grande majorité des locataires.
Écoutez, on va revenir sur les 1 000 logements
promis qui vont être... qui... Est-ce qu'ils vont être réellement abordables? C'est
la question qu'on se pose. C'est-à-dire est-ce que leur loyer va être en dessous
de 95 % du loyer moyen médian du marché? Et, de ces 1 000 là, combien vont
être intermédiaires, à 150 % du loyer médian?
La Présidente (Mme
D'Amours) :
Mme la ministre.
Mme Proulx :
La
réponse, c'est oui.
M. Fontecilla :
...de
ces 1 000 logements, elle pourrait nous faire... combien vont être en
dessous des 95 % du loyer moyen du marché et combien vont être à loyer
intermédiaire?...
13 h 06 (version non révisée)
Mme Proulx : ...bien, en fait,
supplément au loyer, aide au logement, rénovation HLM. Il ne faut pas oublier
le moratoire sur les évictions, également, mais, dans le granulaire...à moins
que quelqu'un de la SHQ pourrait répondre, mais, de façon granulaire, je n'ai
pas sous les yeux, M. le député, là... je n'ai pas ces données-là, là, de façon
granulaire, de la façon dont vous les demandez.
M. Fontecilla : Donc, il est
possible, par exemple, que 100 % de ces 1 000 logements là... que les
1 000 logements soient... soient produits avec des loyers... des loyers
intermédiaires à 150 % du loyer...
Mme Proulx : Non, non, non, on
parle de loyers abordables, M. le député, là, lorsque l'annonce a été faite
hier par le ministre des Finances, là, du 209 millions pour les 1 000
logements sociaux... pardon, les 1 000 logements abordables, M. le député,
c'est important de le préciser. Pour le logement abordable.
M. Fontecilla : On parle de
logement abordable, intermédiaire.
Mme Proulx : Pas
intermédiaire.
M. Fontecilla : L'abordable,
là, introduit une confusion. Combien de logements vont être à 150 % du
loyer médian du marché?
Mme Proulx : Bien, c'est basé
sur le loyer médian, là.
M. Fontecilla : Tout à fait,
mais vous avez...
Mme Proulx : On est à peu
près aux alentours de moins 6 %, à peu près.
M. Fontecilla : C'est à dire?
Moins 6 %, qu'est-ce que ça veut dire?
Mme Proulx : Bien là, vous
êtes dans des questions extraordinairement techniques, puis je vais demander à
mes collègues de pouvoir y répondre parce que vous êtes dans quelque chose d'hyperpointu.
M. Fontecilla : C'est très
pointu parce que l'important, ici, Mme la ministre, et je crois que vous
pourriez être d'accord avec moi, là, c'est le niveau de loyer payé, demandé
pour lorsque ces logements vont être disponibles. Un loyer... si vous produisez
des loyers trop chers, ça ne répond pas à des besoins. Si vous... si vous
offrez des loyers qui sont en dessous du 95 % du loyer médian du marché,
là, on commence à parler de loyers véritablement accessibles. Donc, le loyer
final est important. Ce n'est pas extrêmement précis. J'aimerais savoir combien
sont à 150 %, le loyer médian... à 150 % du loyer médian du marché,
et l'autre section à... en dessous de 95 % du loyer médian du marché.
Mme Proulx : On est à moins
de 2 % pour le logement intermédiaire. Le reste va être analysé à travers
la grille du PHAQ.
M. Fontecilla : Dois-je
comprendre que, sur les 1 000 logements que vous allez construire annoncés
hier, 2 % vont être...
Mme Proulx : Moins de
2 %.
M. Fontecilla : ...moins de
2 % vont être avec un loyer... un loyer...
Mme Proulx : Intermédiaire.
M. Fontecilla : ...du marché
intermédiaire?
Mme Proulx : Intermédiaire.
M. Fontecilla : Donc,
98 % vont être en dessous de 95 % du...
Mme Proulx : Le reste va être
analysé à travers la grille du programme normé qu'est le PHAQ. Donc, oui, moins
de 2 %.
M. Fontecilla : OK.
Mme Proulx : Ça répond à
votre question?
M. Fontecilla : Vous me dites
que moins de 2 % vont être intermédiaires. Très bien. On va... on va
vérifier.
Et je change de sujet. Quand on regarde de
plus près, on voit que le budget de la Société d'habitation du Québec est
réduit de 534 millions de dollars par rapport à l'année dernière, une
réduction de 18... de 18 %. Donc, on promet d'un côté, construire 1 000
logements et de maintenir Réno Québec et le... mais, d'un autre côté, on coupe
534 millions dans le budget de la SHQ. On voudrait savoir qu'est-ce qui va
être coupé dans la SHQ.
Mme Proulx : Avec la
permission des oppositions, je vais demander au PDG de la SHQ de répondre à la
question.
La Présidente (Mme D'Amours) :
Est-ce que j'ai consentement? Donc, M., veuillez vous présenter, dire votre
titre et répondre à la question.
M. Martel (Jean) : ...
La Présidente (Mme D'Amours) :
Allez-y.
M. Martel (Jean) : Jean
Martel, PDG de la SHQ. Donc, notre budget, effectivement, a eu des
modifications, et notre vice-président Finances est absent pour une période. Et
nous avons peut-être plus d'informations... Je vais passer peut-être la parole
à Jean-Pascal, avec votre permission, qui a eu à relever le défi de reprendre l'information
de notre vice-président Finances dans les dernières semaines, dans les deux
dernières semaines, si vous le permettez.
La Présidente (Mme D'Amours) : Allez-y,
vous pouvez répondre.
M. Bernier (Jean-Pascal) : Donc,
la prévision de dépenses est prévue sur l'avancement des travaux des différents
projets qui sont actuellement en cours. Il faut savoir que, l'année passée,
dans le calendrier de déboursés, on était dans une année record, avec toutes
les annonces qui ont été faites, budgétaires, dans les années précédentes.
Donc, tout... Il n'y a pas de coupures qui sont envisagées, c'est la séquence
normale d'avancement des travaux qui fait qu'au réel le budget est inférieur
cette année par rapport à l'année précédente, mais...
13 h 11 (version non révisée)
M. Bernier (Jean-Pascal) : ...et
ça tient compte de toutes les statistiques de livraison dont on a parlé un
petit peu plus tôt aujourd'hui puis de l'ajout des 1 000 unités
additionnelles qui seront faites.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
M. le député.
M. Fontecilla : ...est-ce que
je dois comprendre que c'est de la... cette baisse du budget de la Société d'habitation
du Québec correspond à des agents qui ont déjà été déboursés, qui n'apparaissent...
M. Bernier (Jean-Pascal) : C'est
à dire que, lorsque l'on fait une annonce budgétaire pour des nouvelles unités,
les projets se réalisent sur plusieurs années. Donc, l'argent, elle n'est pas
toute dans l'année de l'annonce de l'unité. Donc, c'étaient des réductions qui
étaient déjà prévues par rapport aux annonces budgétaires présentes. Donc, ça,
ça tient compte qu'on comptabilise financièrement l'avancement du chantier de
construction. Donc, c'est l'ensemble de l'avancement de nos projets qui auront à
voir des déboursés en cours d'année. La façon dont le programme d'habitation
abordable Québec est fait fait en sorte que les décaissements sont beaucoup à l'autorisation
finale du projet. Donc, quand le projet rentre en chantier, 50 % de la
subvention est avancée à l'organisme pour démarrer son chantier. Donc, c'est ce
qui fait que nos chantiers qui sont en cours actuellement, ils ont eu beaucoup
de déboursés dans l'année qui s'achève, là, 2025-2026. C'est ce qui explique le
fait qu'on va avoir beaucoup de livraisons dans l'année qui s'en vient, mais
beaucoup de décaissements pour ces livraisons-là qui ont été faits dans l'année
précédente.
M. Fontecilla : Très bien. Du
côté du Plan québécois des infrastructures, en 2026 2036, on a réduit les
investissements en bonification du parc, sur 10 ans, de 478,4 millions
comparativement au Plan québécois des infrastructures de 2025-2035. Plusieurs
projets ont été réalisés, ce qui est une bonne chose, mais, par exemple, quatre
projets totalisant 445 unités ont été annulés et on parle de... industriel...
sauver convergence Griffintown, les Sophia phase I, donc ce qui totalise 445.
Donc, c'est bien beau de livrer des projets, mais, face à la crise du logement,
il faut aussi en démarrer de nouveaux.
Comment ça se fait que vous annulez des
projets quand même avec un nombre substantiel, 445 unités, mais vous en annoncez
1 000 autres? Est-ce que ces 445-là ont été retranchés aux 1 000?
Comment ça fonctionne, Mme la ministre?
La Présidente (Mme D'Amours) : 10 secondes.
Mme Proulx : Dans les
programmes, il y a des critères à remplir. Lorsqu'ils déposent puis qu'il
manque des critères ou qu'ils se retirent ou qu'ils ont des difficultés, bien, ces
projets-là, comme dans n'importe quel programme normé, sont...
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Merci. C'est tout le temps que nous avions pour le deuxième groupe d'opposition.
Maintenant, je passe au troisième groupe d'opposition, en vous rappelant que
vous avez 10 min 30 s.
Mme Gentilcore : Merci, Mme
la Présidente. Mme la ministre, je vous entends dire que vous êtes...
Une voix : ...
Mme Gentilcore : Bonjour. J'ai
le micro de mon chef. Merci beaucoup. Mme la ministre, je vous entends dire que
vous êtes extraordinairement satisfaite des montants qui vous ont été alloués
dans votre dossier de l'habitation par le ministre des Finances dans ce nouveau
budget. Malheureusement, quand je regarde les réactions des experts du milieu
ce matin, ça semble évident pour eux que l'habitation est un grand oublié de ce
budget-là. Sous la CAQ, on assiste à un recul historique depuis le début de
votre premier mandat. Pour la première fois depuis 1971, la proportion de
Québécois propriétaires a diminué sous votre gouvernement, donc tombant sous
les barres des 60 % en 2021.
Donc, pendant que le ministre des Finances
semble prendre la situation à la légère, ce que je crois, le prix médian d'une
maison unifamiliale à Montréal est passé de 310 000 $ en 2018 à 622 000 $
en 2026. Et moi, je suis extrêmement préoccupée pour la nouvelle génération. Il
faut renverser cette grande injustice générationnelle là sans précédent ici, au
Québec. J'ai des jeunes couples, nombreux, à Terrebonne, qui habitent dans des
appartements, évidemment, le prix de leur appartement a grimpé aussi, qui ne
demandent pas mieux que de partir, que de s'acheter une maison, de pouvoir
commencer à élever leur famille, et ils se trouvent dans l'impossibilité de le
faire parce que la marche, elle est trop grande, la bouchée est trop grande à
avaler d'un seul coup. Pour une jeune famille de la classe moyenne, le rêve de
la propriété s'est envolé. Le prix des maisons a pratiquement doublé partout au
Québec, et le budget actuel ne contient pourtant aucune mesure claire pour
favoriser l'accès à la propriété.
Est-ce que vous reconnaissez que le bilan
de votre gouvernement, dans l'accès à la propriété, c'est simplement d'avoir vu
la valeur des maisons doubler?
La Présidente (Mme D'Amours) :
Mme la ministre.
Mme Proulx : ...plaisir de
partager avec vous, Mme la députée de Terrebonne, contente de croiser le fer
avec vous. Ce sont des mesures fiscales qui relèvent du ministre des Finances
pour ce qui a trait à l'accès à la propriété, or, le gouvernement du Québec,
évidemment, souhaite...
13 h 16 (version non révisée)
Mme Proulx : ...un maximum, crédit
d'impôt non remboursable pour l'achat d'une première habitation, qui va
permettre de reconnaître les coûts liés aux frais d'inspection, honoraires du
notaire, droits de mutation, ce qu'on appelle la fameuse taxe de bienvenue, le
crédit a été bonifié, accordé... l'aide accordée correspondait à 750 piasses
en 2021, elle atteint 1400 $ aujourd'hui. Ils peuvent profiter d'un régime
d'accession à la propriété, les REER, en 2023, les cotisations au nouveau... bien,
ce qu'on appelle le CELIAPP, là, dans... dans le jargon, épargner en vue d'un...
d'un premier achat. Le régime accordait, également, au... au remboursement
partiel de la taxe de vente du Québec, la Loi modifiant la Loi sur la fiscalité
municipale et d'autres législations. Donc, ce sont des mesures fiscales qui ont
été déposées par le ministre des Finances. Moi, je vous rappelle, en toute
gentillesse, que moi, je suis dans la crise du logement, donc de créer du
logement abordable, social pour les Québécois, et les mesures financières pour
l'accès à la propriété sont celles qui sont développées, mises en valeur par le
ministre des Finances, mais évidemment, on prête, ici habitation, une oreille
attentive à ce que le ministre dépose, là, comme mesures pour aider l'accès à
la propriété, comme vous le mentionnez.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Madame.
Mme Gentilcore : Donc, les
mesures nommées sont existantes, j'en conviens, mais elles étaient déjà là
auparavant. Moi, ma question, c'est : Est-ce qu'il y a des nouvelles
mesures, dans ce budget-là, pour favoriser l'accès à la propriété qui n'étaient
pas là auparavant?
La Présidente (Mme D'Amours) :
Mme la ministre.
Mme Proulx : C'est le
ministre des Finances qui a ces mesures-là, Mme la députée, moi, je suis dans
Habitation, logement social, logement abordable, HLM, ce sont donc des mesures
qui sont développées, réfléchies par le ministre des Finances du Québec.
La Présidente (Mme D'Amours) :
Merci. Mme la députée.
Mme Gentilcore : Donc, la
ministre consent qu'il n'y a pas de nouvelles mesures dans ce budget-là, c'est
bien ce que je croirais... ce que je croyais. Il y a pourtant des experts qui
amènent des solutions très intéressantes, à mon avis, donc, qui sont proposées
par le secteur. En 2025, il y a une étude conjointe de l'APCHQ, de l'ACQ de la
CORPIQ et de l'IDU qui a chiffré le remboursement de la TVQ, pour les premiers
acheteurs, entre 80 et 104 millions de dollars. C'est une mesure qui
est concrète puis qui aiderait directement les jeunes familles que le
gouvernement semble avoir oubliées. Pourtant, on reste dans le flou, comme je
le disais, quant aux intentions budgétaires de la ministre, ce chiffre-là n'apparaît
nulle part. Est-ce que la ministre peut nous dire, elle, selon son estimation,
là, les estimations de son équipe, combien ça coûterait, le remboursement de la
TVQ pour les premiers acheteurs?
La Présidente (Mme D'Amours) : Mme
la ministre.
Mme Proulx : Vraiment, là, c'est
une question qui relève de la taxe de vente du Québec, qui relève du ministre
des Finances. Je souhaite que vous auriez... que vous ayez l'occasion de
pouvoir partager vos questions pertinentes avec le ministre des Finances, Mme
la députée.
Mme Gentilcore : Bon, bien,
je croiserai le fer avec le ministre des Finances, à ce moment-là, et je vais
changer de sujet. Les mises en chantier. L'objectif de la SCHL, donc, elle est
catégorique, pour espérer un retour à l'abordabilité, le Québec a besoin de 100 000 mises
en chantier par année. En 2025, le gouvernement de la CAQ s'est vanté d'avoir
atteint 60 000 mises en chantier, donc, on est en déficit de 40 000
mises en chantier, je pense qu'on peut en convenir, donc, ça ne fait que
creuser davantage le déficit de logements. Le budget actuel ne prévoit des
provisions que pour 1000 logements abordables supplémentaires, on sent,
depuis le début du premier mandat de la CAQ, une improvisation constante dans
ce... dans ce chantier-là, alors que le déficit de logements, au Québec, était
déjà estimé à 1,2 million en 2023. Est-ce que la ministre peut confirmer s'il
existe, oui ou non, des mesures, dans le budget actuel, qui permettent de
construire 100 000 logements par année d'ici 2035? C'est ça dont on a besoin,
au Québec.
La Présidente (Mme D'Amours) :
Mme la ministre.
Mme Proulx : Merci, Mme la
Présidente, les mises en chantier... D'ailleurs, à la période de questions, ce
matin, le ministre des Finances, il y a fait référence, mises en chantier, Mme
la Présidente, qui ont bondi de 36 % en 2025 sur 2024, c'est une tendance
qui se maintient encore, cette mise en chantier là. Le... récemment dans La
Presse, le... le journaliste Martin Vallières partageait, donc, un nombre
record de mises en chantier de logements locatifs pour 2025. On parle de 43 506
chantiers, donc, dans les plus récentes données qui ont été... qui ont été
fournies au gouvernement.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Mme la députée.
Mme Gentilcore : Mais le
besoin est clair, c'est 100 000 logements par année qu'on a besoin de
construire d'ici 2035. Est-ce que vous l'admettez, et est-ce que vous avez des
mesures en place pour qu'on puisse atteindre ces constructions-là?
La Présidente (Mme D'Amours) : Mme
la ministre.
Mme Proulx : Oui. Bien, on a
nos propres cibles, nous, puis on parle, pour 2034, de 560 000, quand même, 560 000,
donc, d'ici 2034, unités, donc, qui vont être construites.
La Présidente (Mme D'Amours) :
Merci. Mme la...
13 h 21 (version non révisée)
Mme Proulx : ...députée.
Mme Gentilcore : Donc, vos cibles
ne correspondent pas à celles évaluées par la SCHL.
Mme Proulx : Non.
Mme Gentilcore : Pour quelle
raison?
Mme Proulx : Bien, je ne
connais pas tout le détail, là, des mesures qui ont été utilisées pour arriver
à ce calcul-là, là, de la Société canadienne d'hypothèques et de logement.
Mme Gentilcore : Puis est-ce
que vous pouvez déposer peut-être le calcul qui a été fait de votre côté pour
qu'on puisse comparer le calcul qui a été fait avec la SCHL?
La Présidente (Mme D'Amours) :
Mme la ministre.
Mme Proulx : Dans la
stratégie, on me dit que vous allez pouvoir avoir tous les éléments, le décliné
de façon granulaire sur, nous, les objectifs propres au gouvernement du Québec
dans la stratégie, donc, vous allez pouvoir avoir de façon granulaire, là, tous
les éléments qui nous amènent, nous, à 2037 pour 560 000.
Mme Gentilcore : Donc, avec
560 000 logements d'ici 2037...
Mme Proulx : Unités.
Mme Gentilcore : ...vous
prévoyez qu'on va arriver à vraiment rattraper, là, le manque à gagner puis à
réduire considérablement la crise de logement?
Mme Proulx : Bien, c'est-à-dire
que les mises en chantier vont bon train, là, au risque de me répéter, on a eu
quand même une augmentation extraordinairement forte en 2025 sur 2024,
36 %, là, ce n'est pas rien cette augmentation-là. Mais, oui, je tiens à
répéter que, nous, notre objectif, celui du gouvernement du Québec et non pas
de la Société canadienne, d'hypothèque et de logement, est à 560 000 unités
construites pour 2034.
Mme Gentilcore : Oui, bon. On
va parler un peu des locataires, c'est une tempête parfaite actuellement, qui
frappe de plein fouet les locataires partout au Québec. Le loyer médian au
Québec est passé de 765 $ en 2018 à 1 275 $ en 2026. Dans
certaines régions comme Gatineau, c'est même passé à un loyer médian de 1 460 $
pour un quatre et demi, donc deux chambres. Cette explosion-là de la demande,
combinée à une offre insuffisante, profite évidemment aux augmentations
abusives et laisse les plus vulnérables sans option. Le nombre de ménages sans
logement au début de septembre reste alarmant, stagnant à plus de 1 700. C'est
un signe, évidemment, que la crise ne recule pas.
Sachant que le taux d'inoccupation est
toujours sous le seuil d'équilibre de 3 %, est-ce que la ministre croit
sérieusement que l'ajout de seulement 1 000 logements abordables
cette année va suffire à freiner l'explosion des loyers qui appauvrit les
Québécois?
La Présidente (Mme D'Amours) :
Mme la ministre.
Mme Proulx : Oui. Plusieurs,
plusieurs, plusieurs, mesures, là, pour aider les Québécois et les Québécoises,
programme de supplément au loyer, hyper important, allocations au logement
aussi, Mme la Présidente, pour les femmes, les familles, des programmes qui ont
permis d'accorder près de 388 millions de dollars en aides au
logement pour plus de 168 000 ménages. Quand même, on commence à
couvrir pas mal de gens. Depuis 2018, les ménages québécois qui ont pu
profiter, si je peux m'exprimer... qui ont bénéficié, je devrais dire, Mme la
Présidente, d'un supplément au loyer a augmenté de 30 %, raisons pour
lesquelles le ministre des Finances a consenti à augmenter ce qu'on appelle les
PSL, les programmes de soutien au logement. Donc, les PSL ont augmenté de
30 %, une hausse de 32 700 à 42 500 ménages qui ont été soutenus
à travers les programmes d'aide de paiement au loyer, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme D'Amours) : Dix
secondes.
Mme Gentilcore : La PHAQ, qui
a produit 633 logements seulement, est-ce que vous considérez que c'est
une réussite pour votre gouvernement? Le PHAQ.
La Présidente (Mme D'Amours) : C'est
tout le temps que nous avions. Donc, je reviens à l'opposition officielle en
vous rappelant, Mme la députée, que vous avez quatre minutes 30 secondes.
Mme Dufour : Merci beaucoup, Mme
la Présidente. Alors, je vais revenir sur l'accès à la propriété. J'ai entendu
la ministre parler, bon, dans les... dans les mesures, qu'il y avait le
remboursement partiel de la taxe de vente du Québec, mais j'aimerais rappeler
que le seuil est toujours limité à 225 000 $. Des unités, des
nouvelles unités en bas de 2 000... 225 000 $, il ne s'en construit
plus depuis un bon moment. Est-ce que... là, je comprends que la ministre
souligne que c'est le ministre des Finances, mais est-ce qu'elle a fait des
représentations auprès de son collègue pour rehausser le seuil qui n'est plus
adapté à la réalité et qui ne sert plus? C'est une mesure qui a été mentionnée,
mais qui ne sert absolument plus actuellement.
La Présidente (Mme D'Amours) : Mme
la ministre.
Mme Proulx : Ma job, c'est de
demander au gouvernement du Québec et au ministre des Finances des moyens
financiers pour venir aider à la crise du logement. C'est ça, mon mandat.
Maintenant, l'accès à la... à la propriété, pardon, ça relève du ministre des
Finances, des mesures, des modifications qu'il peut et souhaite mettre en
place. Comme la collègue de Terrebonne, je vous invite à poser ces questions-là,
puis on a eu le débat de fin de séance, exactement sur ces questions-là, ça
relève du ministre des Finances. Je ne vais pas me prêter au...
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci
beaucoup, Mme la députée.
Mme Dufour : Merci. Mais c'est
quand même étonnant, parce que la prédécesseure et toutes les ministres de l'Habitation
qui vous ont précédés que... avec qui j'ai...
13 h 26 (version non révisée)
Mme Dufour : ...que j'ai
côtoyé avait dans la mire l'habitation, parce que ça fait partie de leur
ministère, hein, l'Habitation, ce n'est pas ministre du Logement, c'est bien
ministre de l'Habitation. Et la preuve est que la ministre... la députée de
Bertrand, elle... elle était... qui est aujourd'hui ministre du Conseil du
trésor, elle a... elle a livré la stratégie québécoise en habitation. Et, dans
cette stratégie, il y a des éléments pour la productivité, notamment dans le
secteur de la construction. Ce n'est pas limité au logement, là, on parle de la
construction dans l'ensemble. Il y a eu un paquet de mesures qui ont été mises
en place par cette ministre pour accélérer la construction des... des
habitations, des unités, peu importe leur type, pas juste du logement locatif.
On est... C'est l'habitation dans son ensemble. Et c'est là que c'est important
de se préoccuper des mises en chantier. Donc, je vous avoue que je suis très
étonnée. Puis on a eu des échanges à cet effet-là lors de l'interpellation. Et
la ministre avait dit : Bien, moi, ma job, c'est quand même de faire des
recommandations au ministre des Finances. Certes, ça devrait être le cas.
Maintenant, ce que je veux savoir, est-ce qu'elle a fait des représentations
auprès des... du ministre des Finances pour l'habitation dans son ensemble,
notamment pour l'accès à la propriété?
La Présidente (Mme D'Amours) :
Mme la ministre.
Mme Proulx : Les autres
ministres sont les autres ministres. Je n'aime pas être comparée aux autres
ministres. Je trouve ça légèrement inapproprié de votre part. La productivité,
la mise en chantier, ce que ma prédécesseure a fait, c'est une addition de
mesures pour... lever du logement social abordable avec des nouveaux
partenariats qui n'ont jamais été pensés par le Parti libéral du Québec, que ce
soit avec les fonds de la FTQ, de Desjardins, Unitaînés, le Groupe Maurice.
Je tiens également à rappeler que la mise
en chantier a augmenté de 35 %. Je ne dis pas que je ne suis pas intéressée
à ce que les gens aient accès à la propriété. Ce n'est absolument pas ça que je
dis. Moi, ce que je dis, c'est que, dans le temps qui m'est imparti, ce que je
souhaite faire, c'est de poursuivre les mesures qui ont été déposées par ma
prédécesseure pour s'assurer d'une... d'une productivité, d'une mise en
chantier qui est rapide, efficiente et efficace. Et ce qu'elle a mis en place,
au cours des dernières années, je vais continuer dans ce chemin-là pour m'assurer
qu'à terme ce qu'on souhaite offrir aux Québécois et aux Québécoises en termes
de logement, j'y arriverai.
La Présidente (Mme D'Amours) :
20 secondes.
Mme Dufour : Merci. Il n'y
avait pas d'attaque personnelle, Mme la Présidente, là. Je voudrais simplement
rappeler que c'est un ministère de l'Habitation. Et d'ailleurs la députée de
Sanguinet, sa première mesure qu'elle a annoncée, c'est une mesure d'accès à la
propriété. Et le... et le député de Lévis également a proposé des mesures d'accès
à la propriété. Ce sont les seules mesures qu'ils ont mentionnées pour l'habitation
dans les deux cas.
La Présidente (Mme D'Amours) :
Merci. C'est tout le temps que nous avions. La commission plénière ayant
terminé cet échange, je remercie le... les personnes qui y ont participé. Compte
tenu et conformément à l'ordre adopté le 17 mars 2026, les travaux sont
suspendus jusqu'à 14 heures. Merci, tout le monde.
(Suspension de la séance à 13 h 30)
13 h 30 (version révisée)
(Reprise à 14 heures)
Le Président (M. Benjamin) :
Alors, la commission plénière poursuit ses travaux sur l'étude des crédits
provisoires pour l'année financière 2026-2027.
Éducation
Au cours de la prochaine heure, nous
allons procéder à un échange entre Mme la ministre de l'Éducation et les
députés de l'opposition. Nous commencerons par les remarques préliminaires.
Je vous rappelle qu'un maximum de six minutes
est alloué au groupe parlementaire formant le gouvernement, trois minutes
au groupe parlementaire formant l'opposition officielle, 1 min 50 s
au deuxième groupe d'opposition et 1 min 10 s au troisième
groupe d'opposition.
Remarques préliminaires
J'accorde immédiatement... immédiatement
la parole à Mme la ministre, pour ses remarques préliminaires.
Mme Sonia LeBel
Mme LeBel : Mais merci, M.
le Président. Les crédits provisoires, c'est toujours un exercice quand même
intéressant que peu de ministres ont l'occasion de faire. Je dirais que moi, c'est
ma cinquième reprise de crédits provisoires, mais la première fois comme
ministre d'Éducation. Habituellement, quand on est au Trésor, on est appelé aux
crédits provisoires. Donc, je suis très heureuse d'avoir l'occasion de faire
cette première étape-là, parce qu'on est... On a besoin de pouvoir stabiliser
le plus rapidement possible le réseau de l'éducation. Donc, le fait de pouvoir
voter, aujourd'hui, des crédits provisoires qui nous permettent d'attendre la
fin de la... du vote du budget des crédits officiels est une bonne nouvelle
pour moi dans les circonstances.
Vous allez me permettre de prendre ce six
minutes-là, M. le Président, pour expliquer, et remercier, et présenter les
équipes qui m'entourent. La... l'exercice de préparer des crédits budgétaires,
pour les gens qui nous écoutent, est toujours un exercice extrêmement prenant
pour les équipes des <différents ministères...
>
14 h 01 (version non révisée)
Mme LeBel : ...et remercier,
et présenter les équipes qui m'entourent.
L'exercice de préparer des crédits
budgétaires, pour les gens qui nous écoutent, est toujours un exercice
extrêmement prenant pour les équipes des différents ministères. On se prépare
longtemps à l'avance. On commence par rencontrer le ministre des Finances pour
lui faire part de nos priorités et de nos demandes budgétaires. Et
naturellement, il y a par la suite la préparation des documents nécessaires à
cette présentation-là, qui sera beaucoup plus pointue lors des crédits
principaux, naturellement, parce qu'il y a encore des informations à
transmettre à nos collègues de l'opposition.
Donc, je voudrais remercier, naturellement,
bon... Je vais commencer par mon cabinet, avec ma directrice de cabinet, Fanny
Cantin, qui m'accompagne ici, aujourd'hui, et tous les gens de mon cabinet qui
travaillent avec moi, là, dans les différents secteurs du domaine de l'éducation,
qui sont présents aujourd'hui. Donc, je veux les remercier. C'est un travail
qui est très prenant parce qu'on doit faire ça et, si vous me permettez l'expression
française, faire rouler le reste de la business pendant ce temps-là. Donc, il y
a quand même beaucoup de choses à faire. Et le ministère de l'Éducation n'est
pas... n'est pas éloigné de cette préoccupation-là. Il y a beaucoup de choses
dans nos écoles, beaucoup de choses sur le terrain pour nos enfants, pour les
élèves, tous les jours, donc c'est important de le dire.
Je suis accompagnée également de Mme Carole
Arav, qui est la sous-ministre au ministère de l'Éducation. Elle a... elle
travaille avec moi... depuis plus longtemps que moi à l'Éducation, donc ça a
été une alliée importante quand je suis arrivée au ministère, en septembre
dernier. Donc, je veux la remercier pour son travail et son appui jusqu'à
présent, qui va se poursuivre après les crédits, je l'espère, dépendamment de
la façon dont je me tire... je m'en tire, de cet exercice-là. On verra, mais je
veux la remercier puis remercier toutes ses équipes. Je ne les nommerai peut-être
pas... tous et chacun d'entre vous, mais j'ai avec moi les responsables des
différents départements qui pourraient être pertinents. Donc, il est possible
que je leur passe la parole si mes collègues ont des questions plus pointues
sur différents départements du ministère de l'Éducation. Je n'ai pas honte de
dire que je dois connaître beaucoup de choses, mais c'est possible que je n'aie
pas l'information très précise sur certains détails. Donc, je pense que ce qui
est important, dans l'exercice qu'on va faire aujourd'hui, c'est de bien
renseigner, donc, de vous donner l'information. Donc, si mes collègues... et j'ai,
naturellement, l'autorisation, la permission de tout le monde, il est possible
que, dans certains cas, je demande l'autorisation de passer la parole. Donc, j'ai
les gens au budgétaire, j'ai les gens au milieu pédagogique, j'ai les gens qui
sont là pour tous les départements, je ne les nommerai pas, mais tous les
départements qui pouvaient... pourraient peut-être être interpelés par une
question de mes collègues au cours de la présente présentation.
Donc, ça va me faire très plaisir de
pouvoir travailler avec eux, puis. à ce moment-là, on pourra les présenter au
fur et à mesure. Je vais prendre tout de suite... je vais le faire au début,
les remercier, les remercier pour tout le travail qu'ils font tous et chacun d'entre
eux. J'ai l'occasion, la plupart d'entre eux, de les rencontrer à chaque
semaine, quelquefois plusieurs fois par semaine, dans ce qu'on appelle les
statutaires, pour être capable de les rattraper sur tout ce qui se passe et les
enjeux qui se passent en éducation. C'est toujours un exercice qui est
extrêmement important et bien fait, avec un niveau de préparation que je salue.
Donc, je prends la peine tout de suite de les remercier pour leur travail et
pour le travail qu'ils ont accompli en vue de la préparation des crédits et des
prochains crédits qu'on aura certainement à faire pour adopter la globalité du
budget. Parce que crédits provisoires, donc, on adopte une partie des crédits,
là, pour se rendre jusqu'en juin. En général, c'est trois mois, là, qu'on fait
aujourd'hui.
Donc, je voudrais aussi remercier mes
collègues de l'opposition, avec qui je m'apprête à faire cet exercice-là. D'abord
et avant tout, on a déjà eu l'occasion, depuis que je suis ministre de l'Éducation,
d'avoir des échanges, bon, naturellement, au salon bleu... bon, c'est le salon
rouge, là, mais il s'appelle le salon bleu, donc, ici, en Chambre, dans la
période de questions, mais je suis... quand je suis entrée, vous vous
rappellerez, au ministère l'Éducation, outre certains petits incendies dans...
que je ne ramènerai pas sur la place... mais ma... une de mes premières tâches
a été de rattraper le cours du déroulement du projet de loi n° 94 devant la...
les commissions parlementaires. Et je pense que je vais prendre cette occasion-là
pour dire aux gens qui nous écoutent : Les commissions parlementaires, c'est
toujours un exercice... pas «démagogique», c'est le contraire, démographique et
pédagogique, donc, j'ai fait une constriction, qui est intéressant... «démocratique».
Et donc je veux remercier mes collègues parce qu'à chaque fois c'est un
exercice, c'est un échange qui est très constructif et très respectueux. Puis
je vais... je vais m'affairer de répondre le mieux possible à vos questions.
Donc, je veux vous dire, à vous, Mme la
députée de Bourassa-Sauvé, à vous, M. le député de Gouin, à vous, M. le député
de Matane-Matapédia, ça me fait plaisir de procéder à cet exercice-là et je
vais tenter d'y répondre le mieux possible, c'est l'objectif et de pouvoir, le
mieux possible, échanger...
14 h 06 (version non révisée)
<Commission plénière>
Mme LeBel : ...avec vous, sur
vos préoccupations et sur la suite des choses pour ce réseau de l'éducation que
je connaissais beaucoup mieux, en tant que parent, et que maintenant j'apprends
à apprécier et à découvrir en tant que ministre. Alors, une autre perspective,
mais toujours le même objectif de bien servir nos enfants pour leur réussite
éducative. Alors, merci, M. le Président.
Le Président (M. Benjamin) : Merci,
Mme la ministre. Au tour de Mme la députée de Bourassa-Sauvé pour ses remarques
préliminaires.
Mme Cadet : Oui, merci, M. le
Président. En fait, j'embarquerai tout de suite, donc, dans la période d'échange
avec Mme la ministre.
Le Président (M. Benjamin) :
Si vous permettez, à ce moment-là, je permettrai à M. le député de Gouin... non
plus; M. le député de Matane-Matapédia, non plus. Donc, alors, on va tout de
suite passer à la période de questions. Donc, je cède la parole à Mme la
députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Merci, M. le
Président. Bonjour, Mme la ministre, Salutations à toute l'équipe
gouvernementale ainsi que les fonctionnaires. Donc, merci d'être au service de
l'État, donc, dans une mission qui est excessivement noble, soit celle de l'éducation.
Mme la ministre, l'automne dernier, on a
vécu, donc, une rentrée scolaire excessivement difficile. L'ensemble des
acteurs du réseau l'éducation en ont témoigné, en fait, ils étaient ici, à l'Assemblée
nationale, il y a exactement trois semaines. Tous réunis, donc, au sein d'une
coalition, ce qui est une première, pour venir vous demander de la stabilité,
pour venir vous demander de la prévisibilité et surtout vous demande... que le
réseau de l'éducation, donc, soit financé à la hauteur de ses besoins. Ce
matin, on a eu l'occasion d'avoir un court échange lors de la période de
questions, donc, dans ces crédits provisoires, c'est l'occasion de vous
entendre un peu plus sur les... votre perception, donc, jusqu'à quel point, donc,
les attentes qui ont été communiquées fermement, il y a trois semaines, ont été
répondues.
Déjà, d'ores et déjà, d'emblée, on a la
CSQ qui, dans son communiqué, en réponse au budget, donc, qui était présent à
huis clos, nous dit «un budget qui confirme une diminution du financement
par élève». Il nous dit : «Le gouvernement continue de jouer au yoyo
budgétaire et que le financement... les sommes accordées pour le financement
des écoles et des centres ne suffira pas à maintenir les services. En dollars
constants, la part du financement par élève au public connaîtra une diminution
nette, passant de 12 034 à 11 841 $. On ne peut pas prétendre
que les services ne seront pas affectés.»
La FAE, de son côté, titre son communiqué L'éducation
au bas des priorités gouvernementales. Elle nous dit qu'«en maintenant les
mesures de contrôle des effectifs et en refusant de hausser les dépenses à la
hauteur des besoins du système scolaire, le gouvernement caquiste envoie encore
une fois le message que sa vision de l'éducation, comme priorité sociale, est
chose du passé». On a aussi la Fédération du personnel de soutien scolaire,
donc, qui a émis ses remarques allant dans le même sens sur les réseaux sociaux
un peu plus tôt.
Aujourd'hui, je vous lance la balle, madame...
Mme la ministre. Donc, qu'est-ce que vous répondez aux acteurs du réseau de l'éducation
qui sont venus ici, qui vous ont émis des demandes et qui, aujourd'hui, ont l'impression
d'être un peu sur leur faim par rapport au budget?
Mme LeBel : Merci, M. le
Président...
Le Président (M. Benjamin) :
Mme la ministre, allez-y.
Mme LeBel : ...merci, M. le
Président. Merci de me permettre, peut être, d'élaborer un peu sur la
conversation qui n'en est pas vraiment une de ce matin, où on a 1 min 15 s,
30 secondes et 45 secondes, pour essayer d'encapsuler des messages
fort importants, surtout au lendemain de la présentation d'un budget pour
permettre d'éclairer la situation... d'éclaircir une situation. Beaucoup de
respect pour tous les partenaires du réseau de l'éducation, que ce soit les
syndicats ou les différentes associations, qui nous aident à mieux comprendre
les besoins du système d'éducation et du réseau. Mais je dois dire que je suis
respectueusement... tout respectueusement... en désaccord avec les commentaires
qui ont cours et qui circulent depuis la présentation du budget d'hier.
Je pourrais revenir sur le fait qu'on a eu
des hausses de budget historiques depuis les huit dernières années, 62 % en
huit ans, c'est une moyenne de plus que 6 % par année pour le budget de l'éducation.
Si vous remontez un peu en arrière, ça ne s'est jamais vu, ce genre de hausse
dans... dans le budget d'éducation. Je pense que c'était nécessaire de procéder
à ces hausses-là. Vous avez raison. Quand je suis entrée en poste en septembre
dernier, moi j'ai pris... naturellement, j'ai... j'ai rencontré les
partenaires, etc., et j'ai commencé à prendre connaissance de leurs demandes de
façon un peu plus pointue et de leurs soucis. Vous avez nommé des mots
extrêmement importants tantôt, vous avez nommé «stabilité», vous avez nommé «prévisibilité»,
j'ajouterais «flexibilité», c'est un mot qui m'a été aussi mis de l'avant.
Je vais vous donner un exemple de
flexibilité qui était demandée, c'est toute la question des plafonds d'ETC
versus la cible d'ETC, sur lesquels j'ai agi. Au moment où je suis arrivée en
poste, le plafond d'ETC leur donnait, disons, une limite de dépenses et qui
faisait en sorte d'avoir l'effet qui n'était pas un effet souhaité ni
souhaitable, mais un effet de de faire en sorte que même...
14 h 11 (version non révisée)
Mme LeBel : ...quand sommes
sont disponibles, ils n'étaient plus capables de les dépenser. Donc,
rapidement, le plus rapidement possible, parce que ça demande des changements.
Bon, il faut passer... il faut faire des consultations, il faut passer au Conseil
du trésor, et c'est normal de le faire, mais le plus rapidement possible on a
trouvé une solution et je vais la simplifier en disant qu'on a transformé en
cible. Je peux vous laisser la parole à nouveau, mais j'aurai d'autres... d'autres
éléments à ajouter sur la suite des choses pour être équilibré dans notre
échange.
Le Président (M. Benjamin) :
Alors, je demanderais d'avoir des réponses plus courtes, les questions plus
courtes, afin de maximiser les échanges.
Mme Cadet : ...merci, M. le
Président. Je vais rebondir sur ce que vous venez de mentionner, Mme la
ministre, parce que, là, donc, vous parlez donc d'une des conditions au
réinvestissement. On l'a vu, donc, la coalition dont j'ai parlé tantôt, elle s'est
formée l'été passé à la suite des compressions surprises qui ont été imposées
au réseau de l'éducation. Et, par la suite, donc, votre prédécesseur nous a dit :
Bien, Écoutez, donc, j'ai finalement, donc, entendu les doléances du réseau, donc
on va réinvestir.
Ceci dit, moi, j'ai une question pour vous,
donc, par rapport aux sommes que l'on voit, donc, dans le budget de cette année.
Vous nous dites qu'il y a eu une croissance de dépenses de l'ordre de 6 %.
Bon, là, c'est une moyenne ,donc, par année, mais vous... selon vous, donc,
cette... cette croissance-là s'est effectivement effectuée entre l'année
dernière puis cette année. Mais ce qu'on voit là, quand on revient au budget de
l'année passée, au plan budgétaire de l'année passée, 2025-2026, les dépenses
de portefeuille, on voyait qu'il devait y avoir une variation des dépenses de
portefeuille, par rapport à celle de l'année précédente, de 2,2 %. Ceci
dit, quand on regarde les chiffres de cette année, on comprend que la variation
réelle qui a eu lieu... Donc, ça, c'est dans le budget qui nous a été présenté
hier, a été une croissance de 0,7 %. La... je vous pose la question ici.
Donc, pouvez-vous nous expliquer cette distinction-là entre la variation qui
était prévue l'année passée de 2,2 % et le chiffre de 0,7 % qui est
imprimé dans le budget? Je vous dis, le plan budgétaire, donc, c'est à la page F-58.
J'y vais de mémoire, là. J'y vais de mémoire, je pense bien.
Mme LeBel : ...c'est toujours
plus simple quand vous me référez à une page que d'y aller naturellement... vous
comprendrez que je n'ai pas appris toutes les pages.
Mme Cadet : Oui, j'y allais de
mémoire, mais c'est effectivement la page F-58.
Mme LeBel : OK. Bon, première...
première chose, je pense qu'il est important de dire que la page suivante ou
la... dans les pages suivantes, la page F-60 est fort importante pour
montrer que la variation du budget de cette année en... par rapport au budget
de l'an passé est de 3 %, c'est expliqué à la page F-60. Le chiffre
de 2,4 % a circulé, ce n'est pas le chiffre qu'on doit prendre en compte
parce qu'il faut être... il faut... et la... en F-60, on explique, pourquoi
quand on regarde, il faut comparer des bases budgétaires, je vais... une
expression commune, des pommes avec des pommes. Alors, quand on compare les
bases budgétaires et qu'on enlève les choses qui sont non récurrentes ou à
titre d'exemple, dans le cas de l'éducation, il y a des sommes qui sont prévues
pour la francisation des adultes qui sont présentement dans le portefeuille du
MIFI. Donc, quand on en tient compte et qui... Et on doit en faire le même
exercice à chaque année, quand on en tient compte, la variation réelle pour
cette année est de 3 % d'augmentation pour le budget de l'éducation. Donc,
ceci étant dit, et la page F-60 est fort importante.
Quand je parlais de 6 %,
naturellement, je ne parlais pas de 6 % de l'année passée puis cette année,
là, je parlais de depuis 2018. Le budget de... le budget de l'éducation a été
augmenté de 62 %, ce qui en fait une moyenne de 6 % par année. Mais
on comprendra que, comme c'est 3 % cette année, il y a des années où c'était
grandement supérieur à 6 %, les réinjections dans la... de l'éducation, ce
qui en fait un total de 62 % sur juste de 2018 à maintenant. Donc, budget
2019 au budget 2026-2027. Donc, ce qui... ce qui fait une moyenne de 6 %.
Donc, ma prétention n'est pas qu'on varie de 6 % cette année, mais je
pense que vous l'avez bien compris.
Pour ce qui est de la variation, je... il
va falloir que je demande une explication plus technique parce que vous parlez
du budget de l'an passé.
Mme Cadet : ...je peux prendre
la parole pendant que la ministre...
Le Président (M. Benjamin) :
...
Mme Cadet : Merci...
Mme LeBel : J'aurais peut-être,
si vous permettez, mon... au budgétaire, parce que, là, on est vraiment dans
des non-récurrences, nettoyer les bases budgétaires, ne pas affecter les
récurrences. Il pourrait répondre à la question plus précise du 0,7 %.
Mme Cadet : Bien, en fait, Mme
la ministre, je pense que la question ici est nature... de l'ordre de... beaucoup
plus général, là. C'est qu'ici, donc, l'an passé, on nous avait promis, donc,
une... une hausse budgétaire de 2,2 %. Puis les réactions de l'année passée,
là, du milieu de l'éducation étaient sensiblement les mêmes que cette année, bien,
en nous disant : Bien, c'est insuffisant, ça ne répondra pas la demande, c'est
en dessous de la croissance des dépenses, donc, dans le réseau de l'éducation.
Donc, on n'y arrivera pas, il n'y aura pas de soutenabilité financière.
Cette année, vous nous promettez une...
une croissance de 2,4 %. Bon, là, vous nous dites que c'est 3 %,
mais, en bout de ligne, là, l'année passée, ce qui était d'imprimé dans le
budget, c'était une hausse de 2,2 %, puis ça, manifestement, donc, ça...
ça prenait en considération les compressions. Donc, je comprends que le
gouvernement, donc, il savait déjà qu'il y aurait donc des compressions
budgétaires, parce que les règles budgétaires seraient dévoilées par la suite.
Donc, ce 2,2 %...
14 h 16 (version non révisée)
Mme Cadet : ...les 2 % de
l'année passée les comprenaient, mais, en bout de ligne, moi, quand je lis ça,
je me dis : Bien, est-ce qu'il y a eu un véritable réinvestissement dans
le réseau de l'éducation? Parce que si on nous prévoyait une croissance de 2,2 %
puis qu'en bout de ligne ce qu'on nous dévoile pour l'année 2024-2025...
pardon, pour l'année 2025-2026, c'est une croissance, une variation de 0,7 %,
qu'est-ce qui s'est passé, Mme la ministre? Est-ce qu'il y a eu un
investissement?
Mme LeBel : Oui, absolument.
Il faut comprendre que... C'est un peu... c'est un peu technique. Quand je dis
ça, ce n'est pas parce que vous n'êtes pas capable de comprendre, mais c'est
plus... c'est difficile à expliquer. Il faut comprendre que les sommes qui ont
été... qui étaient dans le budget de mars l'an passé ont été entièrement
affectées au ministère de l'Éducation et au réseau tel que prévu.
Maintenant, quand on... on parle des
variations, ce sont des variations où on... on nettoie les bases budgétaires,
on enlève les fins de programmes pour amener à un plancher comparable, mais les
sommes qui étaient dans le budget... À haut niveau, la réponse, là, c'est :
Les sommes prévues dans le budget de l'an passé ont été disponibles et le... et
au... et même le réinvestissement. D'ailleurs, le réinvestissement de l'été
passé fait maintenant partie de la base budgétaire et le 3 % s'ajoute à
ça. Donc, il faut le comprendre. Donc, il y a une question de récurrence, de
fin de programme. On avait des sommes qui étaient, je vais dire, des one-shot,
là, qui étaient pour le plan de rattrapage, pour l'effort construction, là, je ne
sais pas comment qu'on l'appelait...
Une voix : ...
Mme LeBel : L'offensive
construction, qui ça ne revienne pas parce que c'était une histoire qui était d'une...
une seule... une histoire d'un moment. Donc, quand on... Il faut en tenir
compte quand on nettoie.
Donc, c'est vraiment une façon comptable
de s'assurer que les bases sont comparables. Mais l'argent disponible, elle
était là l'an passé, il a été disponible.
Mme Cadet : Bien, écoutez, puis
je pense que vos explications sont importantes, mais permettez-moi de... d'en
douter ou, du moins, là, de demander des explications supplémentaires à ce
stade-ci, parce que là, je comprends qu'est-ce que vous me dites, quand le 2,4 %
puis le 3 %, donc qu'il y a donc des... des initiatives donc non
récurrentes, donc, qui font partie de cette balise-là puis qui là, ne sont pas
comptabilisées. Mais, avec égard, il y a quand même seulement une différence de
0,6 % entre ce qui nous permet de comparer des pommes avec des pommes puis
qu'est-ce qui est présenté dans le budget.
Là, la question que je vous pose par
rapport à l'année passée, c'est la distinction entre le 2,2 % qui était
prévu puis le 0,7. J'ai de la difficulté à... à croire, ou, du moins, là, peut-être
que... En tout cas, je demeure être convaincue à ce stade-ci qu'il s'agit tout
simplement donc d'une différence comptable, parce qu'on a quand même, donc, une...
une différence de 1,7 % entre qu'est-ce qui a été présenté l'année passée puis
qu'est- ce qui nous est dévoilé dans le budget de cette année en termes de
variation réelle.
Mme LeBel : OK. Bien, je peux
peut-être vous amener... Parce que, dans le fond, ce que... ce que vous
demandez, ce pourquoi vous demandez à être convaincue, c'est que l'argent qui a
été mis disponible en mars l'an dernier, et je vais exclure ce qui s'est passé
l'été passé, parce que, bon, il y a eu un réinvestissement, mais on va s'en
venir en mars, et a bien été disponible pour le réseau de l'éducation, mais la
page F160 le démontre également, parce que, quand vous regardez la ligne
éducation du réseau... de la page F160, on voit, là, que le budget de l'an
passé était de 23 516. Il est bien là, il a bien été accordé à l'éducation.
Ensuite, on fait une variation avec le budget de cette année qui est à 24 075.
On explique, bon, pourquoi, c'est 3 % et non pas 2,4 qu'il faut tenir
compte. Donc, l'argent était là. Maintenant, après ça, bien, il faut... comme
je vous le disais, dans ces chiffres-là, il faut nettoyer ce qui est non
récurrent, ça devient la base, mais l'argent, là, si vous me parlez d'argent,
elle était disponible puis elle a été disponible pour tout le monde.
Mme Cadet : Et le
réinvestissement promis...
Mme LeBel : Et le
réinvestissement, oui.
Mme Cadet : ...promis l'été
passé? Parce qu'on sait qu'il était conditionnel. Vous avez parlé des cibles de
ETC. Donc, il y a quand même donc plusieurs éléments, donc, qui... qui
rendaient l'argent peut-être un peu mois...
Mme LeBel : L'accès.
Mme Cadet : Selon l'accès donc
à ces sommes-là. On a l'impression que les sommes étaient là, mais qu'elles
étaient un peu verrouillées, là, puis on se demandait : OK. Est-ce que la
clé pour avoir accès à ces sommes-là, est-ce qu'elle a bien été donnée aux
centres de services scolaires?
Mme LeBel : Absolument. Le
verrou en question était le fait qu'on donnait un plafond de ETC plutôt qu'une
cible de ETC. D'ailleurs, quand j'ai rencontré les gens en septembre dernier,
ils ne mettaient pas en doute que l'argent était disponible, ils nous disaient :
Mme la ministre, le fait d'avoir un plafond de ETC ne nous donne pas accès à
cet argent-là. Donc, de transformer le plafond de ETC en cible qui est plus un
indicateur de dépense plutôt qu'une interdiction de dépenser... Je vous donne
un exemple. Vous avez 10 ETC comme cible, bien là, on vous disait : Tu
as 10 ETC comme plafond, quand tu es arrivé à 10, même s'il te reste de l'argent,
tu n'as plus le droit d'engager, tu n'as plus droit de dépenser. Alors, moi, ce
que j'ai fait, c'est que j'ai dit : Non, non, non, ça va devenir un
indicateur, parce que, comme 80 % du budget est de la rémunération, c'est
sûr que je disais, aux centres de services scolaires, si vous avez une cible de
10, bien, si vous êtes rendu à 11, bien, posez-vous des questions si vous êtes
encore en train de respecter votre budget. Donc, ça devient un indicateur de
suivi de budget. Mais la clé dont vous parlez, le verrou, je vais le résumer, c'était
la notion de plafond qui a été transformée en cible. Et ça, ça a permis...
14 h 21 (version non révisée)
Mme LeBel :
...de,
je vais dire... on va le résumer, déverrouiller les sommes, déverrouiller les
sommes.
Mme Cadet :
...donc,
ça a vraiment été déverrouillé.
Mme LeBel :
Voilà.
Mme Cadet :
Règles
budgétaires. Ce matin, donc, vous... en posant ma question lors de la période
de questions, vous nous avez dit : Les règles budgétaires seront
présentées rapidement. L'année passée, on l'a vu, les règles budgétaires sont
arrivées très tard. Ça a été une grande surprise pour l'ensemble du réseau.
Personne ne veut rejouer dans le même film. Donc, quand vous dites que les
règles budgétaires sont présentées rapidement, c'est quand?
Mme LeBel :
Bien,
c'est rapidement, puis beaucoup plus rapidement que l'an passé. Je vous dirais
qu'on est déjà en train de... On a des phases qu'on doit... qu'on doit
respecter. Naturellement, il est difficile de présenter des règles budgétaires
avant que le budget soit déposé. Donc, le budget est maintenant déposé. On est
déjà en action pour rencontrer très rapidement les directeurs, les DG des
centres de services scolaires, en tout cas les organismes scolaires. On doit
faire une consultation avec eux, mais on est en action dès maintenant, dès le
dépôt du budget. Donc, je ne veux pas m'attacher avec une date, mais j'ai... j'ai
bon espoir. Et les équipes m'entendent, là, elles sont toutes là avec moi,
elles sont mobilisées et elles ont la consigne de livrer plusieurs semaines par
rapport à ce qui s'est fait l'an passé, en temps opportun. Et j'ai bien entendu
les centres de services scolaires. Quand je vous parlais de prévisibilité et de
flexibilité, donc il y a un budget stable, il y a la façon de le dépenser et de
savoir aussi quel est le budget disponible le plus rapidement possible. Alors,
on travaille sur ces trois paramètres-là.
Mme Cadet :
Sorties
scolaires. Pourquoi ça a été si compliqué de confirmer au réseau qu'essentiellement...
qu'il n'y aurait pas les coupures? Là, on a vu, là, dans le... dans la ligne
budgétaire, donc, on nous présente, donc, le maintien des sorties scolaires, qu'en
bout de ligne, qu'elles ne seront pas coupées. Mais pourquoi est-ce qu'on n'a
pas été en mesure de rassurer le réseau au préalable, puis pas de leur dire :
Voyez, ça va être dans le budget, là? Mais juste leur dire : Non, non,
regardez, ce n'est même pas un scénario sur lequel, tu sais, nous, on veut...
on veut s'attaquer parce que c'est tellement important pour nous, là, que,
inquiétez-vous pas, on ne touchera pas à ça cette année. Pourquoi est-ce que
vous avez tergiversé là-dessus?
Mme LeBel :
Bien,
le réseau était moins inquiet que le milieu culturel. C'est le milieu culturel
qui a... Puis c'est correct, je ne le blâme pas, là. Mais c'est le milieu
culturel qui a... qui est monté un peu aux barricades le plus. Le réseau, on
leur a dit, nous, qu'il y aurait toujours de l'argent pour la culture à l'école.
On leur a dit que c'était des scénarios qui avaient circulé, d'optimisation,
mais qu'il n'y avait rien d'arrêté, puis qu'il fallait, bon... qu'on allait
attendre le budget pour être capables de s'assurer tout le monde de voir les
chiffres. Parce que je l'ai dit, mais honnêtement... je n'ai pas été crue. Je
n'ai pas été crue.
Mme Cadet :
Bien,
avec égard, Mme la... Mme la ministre, je veux dire, en Chambre, on vous a posé
des questions là-dessus, puis à ce moment-là, vous disiez : Bien non, je
ne peux pas dévoiler qu'est-ce qui va être dans le budget. Donc, je pense que
ça aurait été opportun, à ce moment-là, de rassurer tout le monde. Puis là vous
me dites : Ah oui, je l'ai dit au réseau, mais... au réseau, mais personne
ne m'a crue. Mais c'est... c'est un... Peut-être que c'est un petit peu
difficile, donc, de bien comprendre qu'est-ce qui se passait quand, d'un côté,
vous aviez peut-être un discours, celui qu'on n'a jamais entendu, puis c'est la
première fois qu'on entend que certaines personnes ont été rassurées, puis le
discours que vous aviez dans l'espace public. Notamment au salon rouge, vous
disiez : Bien, on n'est pas capables de vous... de vous confirmer quoi que
ce soit, puis ça viendra au budget, on est en train de l'étudier et...
Mme LeBel :
Les...
Les paroles exactes à une demande, avec égard, de votre part étaient :
Veuillez nous confirmer que ce sera bien... ce sera bien dans le budget. Bien,
moi, ce que j'ai dit, c'est que je ne peux pas vous confirmer ce qui va être
dans le budget, mais que la culture et l'école et l'éducation seraient toujours
intrinsèquement louées... intrinsèquement liées, qu'on avait... qu'on avait mis
des investissements pour la culture à l'école et que ces investissements-là
allaient toujours continuer à être présents dans le futur.
Mais j'ai effectivement dit que je ne
pourrai pas vous confirmer qu'est-ce qui... qu'est-ce qui sera dans le budget
ou non puis comment ça va apparaître dans le budget. Ça, c'est... c'est vrai
que je l'ai dit, ça, cette portion-là. Et, bien, je vais... je vais persister
et signer que, quant à moi, je ne pouvais pas aller plus loin à ce moment-là.
Mais maintenant, bien, vous avez l'histoire au complet puis vous voyez que c'est
bel et bien présent. Puis je suis très contente. Je suis beaucoup plus contente
pour les élèves et les enfants, parce que moi, je suis le ministre... la
ministre de l'Éducation, alors, mon objectif, c'est d'exposer les enfants à la
culture. Très satisfaite que le milieu culturel soit rassuré, mais je veux vous
dire que moi, ma satisfaction vient pour les enfants qui vont avoir accès
encore, de façon continue, à la culture à travers le milieu de... le réseau de
l'éducation.
Mme Cadet :
Merci.
Dans vos mesures budgétaires, 53 millions de dollars pour favoriser
le retour en emploi des personnes retraitées du réseau de l'éducation. On se
rappelle, avant Noël, il y avait un article du Devoir qui nous disait que des
écoles évitent de faire appel à des enseignants à la retraite. Je vous avais
interpelée là-dessus en période de questions. Est-ce que vous pouvez nous
confirmer qu'avec cette mesure-là on n'aura pas des enseignants en éducation
physique qui vont être priorisés plutôt que des enseignants à la retraite
pour... qui ont leur spécialité, puis qui parfois peuvent être des profs de
français, puis qui reviennent, donc, qui vont être priorisés pour être capables
d'enseigner à nos enfants?
Mme LeBel :
Bon.
Maintenant, les centres de services scolaires sont les personnes qui font les
embauches. Alors, les centres de services scolaires vont gérer leurs embauches.
Mais la... la mesure qui est là, effectivement, qui est reconduite, c'est une
mesure qui...
14 h 26 (version non révisée)
Mme LeBel : ...qui va pouvoir
permettre d'offrir des conditions de travail qui sont plus attractives pour
amener justement, dans le réseau scolaire, les retraités qui ont quitté depuis
peu ou depuis un peu plus longtemps, ou peut être qui auraient aimé mieux...
qui vont être contents de venir peut-être prendre un poste à temps partiel. Je
vais leur laisser gérer leurs façons de faire. Mais effectivement, cette mesure-là
va nous permettre d'offrir ou de continuer d'offrir des incitatifs. C'est une
mesure qui a été déployée, vous le savez, dans les dernières années, là, puis a
permis de ramener environ 5 000 personnes retraitées, 5 000 enseignants
retraités chaque année pour faire de la suppléance, des contrats. C'est souvent
ce que les retraités veulent faire. Mais, oui, cette mesure-là va être déployée
puis elle est à la disposition des centres de services scolaires pour faire des
embauches dans ces situations-là.
Mme Cadet : ...pas mis en bas
de la liste des remplaçants parce qu'ils coûtent trop cher, parce que c'est ça
que les enseignants retraités ont constaté avec désarroi.
Le Président (M. Benjamin) : Voilà
ce qui complète le premier bloc de temps qui est imparti. Nous allons au
deuxième bloc, au deuxième groupe d'opposition. Vous disposez de 16 min 30 s.
M. le député de Gouin.
M. Nadeau-Dubois : Merci, M.
le Président. Salutations à tout le monde. Mme la ministre, j'ai un petit 16 minutes,
alors je vais essayer d'être efficace. Et vous... je m'excuse d'avance de,
ça... il se... c'est possible que je vous interrompe.
Je veux d'abord parler de la révision des
indices de défavorisation. Vous savez, c'est ce... pour résumer, ce système qui
classe les écoles de 1 à 10 en fonction de leur niveau de pauvreté. Vous savez,
Mme la ministre, que, depuis 2019, ces indices-là sont calculés à partir des
données du recensement de 2016. Ces indices seront mis à jour, ont été mis à
jour avec les données dorénavant de 2021, et donc le Québec a changé depuis. Ça
produit des changements assez brusques de classement pour plusieurs écoles, et
ces classements-là ont des... ça peut avoir l'air très technique, mais ça a des
conséquences très concrètes dans bien des écoles.
Je vais vous donner un exemple. L'École
Jean-Baptiste Meyer, à Montréal, on parle d'une école primaire de 400 élèves
dans un quartier défavorisé à Montréal, qui va passer d'un classement 9 à un
classement 8. La conséquence, seulement l'an prochain, c'est 40 000 $
que l'école perd. Puis, à terme, ça va être 90 000 $. Les ratios du
nombre d'élèves par classe vont passer de 17 à 24. Quatre classes vont fermer.
Il va y avoir des coupures dans le service de garde. Il va y avoir l'abolition
du poste de direction adjointe, l'abolition d'un poste de prof d'éducation
physique, une réduction des services d'orthophonie, une réduction du nombre de TES,
une réduction de la tâche des profs d'art dramatique, d'anglais et de musique.
C'est près de la moitié de l'équipe-école qui pourrait quitter.
Là, on a les mêmes enfants qui vont sortir
de l'école au mois de juin, qui ont les mêmes besoins. Ils vont rentrer à l'école
au mois de septembre, et les services auxquels ils ont droit vont avoir disparu.
Pas parce que leur situation s'est améliorée, pas parce que leur famille s'est
enrichie ou que même leur école s'est enrichie, mais parce qu'ailleurs au
Québec, il y a des écoles qui se sont appauvries. Donc, de manière relative, le
classement de l'école a changé. Mme la ministre, vous avez évoqué vous-même
qu'il y a un souhait sur le terrain qu'il y ait de la prévisibilité puis de la
stabilité. En une seule année, des changements comme ça, ça désorganise
totalement une école. Je ne peux pas croire que vous êtes à l'aise avec des
bouleversements comme ça. Et là je vous donne un exemple. Il y en a des
dizaines partout au Québec.
Alors, ma question : Pourquoi ne pas
faire ce que votre prédécesseur a fait, le député de Chambly? Il avait accordé
à l'époque, nous étions, vous et moi, au début de notre carrière politique, il
avait accordé une année de transition pour permettre... pour éviter des
situations catastrophiques comme ça, où des enfants vont massivement perdent
des services. Pourquoi la ministre ne fait pas ce que son prédécesseur a fait?
Mme LeBel : Bien, merci.
Merci de le mentionner. Bon. Prévisibilité, mot clé, hein, pour le réseau de l'éducation
dans plusieurs cas de figure. Je pense qu'il faut rassurer les gens. L'argent
est disponible, c'est la même argent. Naturellement, quand tu as les indices de
défavorisation, des écoles changent. L'argent est redistribué en fonction de
ces changements-là. La particularité cette année, c'est qu'on a... on
utilise maintenant les données de 2021. Donc, il y a eu une actualisation des
données. Je vais donner un petit contexte, je vais essayer de le faire le plus
rapidement possible, mais ce qui fait qu'effectivement il y a eu peut-être plus
de changements cette année que dans les années précédentes, mais c'est un
exercice qu'on fait à chaque année.
Donc, qu'est-ce qu'on a fait cette année?
Prévisibilité, on le fait plus tôt que d'habitude, justement, parce qu'on
savait qu'on utilisait les données d'un nouveau recensement et que, potentiellement,
il y avait des modifications peut-être plus grandes que dans les années
précédentes...
14 h 31 (version non révisée)
Mme LeBel : ...donc on l'a
fait. Donc, il est normal que les financements suivent les besoins. Mais pour
ce que vous nommez particulièrement, ça existe encore maintenant, cette
disponibilité-là dans les règles budgétaires pour les écoles qui perdent du
financement parce qu'elles se voient leurs cotes améliorées. Et, en plus, les
syndicats avaient cette préoccupation-là quand j'ai négocié les conventions
collectives. Je dis «j'ai», parce qu'à l'époque j'étais au Trésor et pas parce
que je fais tout, là. Mais c'est parce qu'à l'époque j'étais au Trésor et j'étais
en charge des négociations. Et, dans les conventions collectives, c'était une
demande des différents syndicats. Et, dans les trois ententes nationales, pour
le personnel enseignant, il y a des sommes qui ont été prévues pour prévoir la
transition, surtout dans les cas où une transition... plus facile pour les
écoles qui vont voir leur financement diminuer. Parce que, l'autre bonne
nouvelle, il faut le dire, c'est qu'il y a des écoles qui vont voir leur... Bien,
ce n'est pas une bonne nouvelle à cause de l'indice, mais ce que je veux dire,
c'est qu'au moins leurs... elles voient leur financement augmenter pour
répondre à ces besoins-là.
Donc, l'argent suit les besoins. Et dans
le cas où cet indice-là s'est vu amélioré, donc moins de financement, bien, il
y a des transitions de prévues, soit dans les règles budgétaires du ministère
de l'Éducation, il y a des sommes de prévues, et aussi dans les conventions
collectives. Donc, ce que vous me demandez existe, probablement, depuis que le
député de Chambly l'a fait une première fois.
M. Nadeau-Dubois : Respectueusement,
c'est inexact. L'argent ne suit pas les besoins.
Mme LeBel : Bien oui.
M. Nadeau-Dubois : Une
école qui passe de 9 à 8, là, ce n'est pas parce que les élèves ont moins de
besoins ou qu'ils se sont enrichis. C'est que c'est juste qu'il y a eu une
école qui est devenue encore plus pauvre. Bien sûr, ce sont des déciles. C'est
un classement relatif, Mme la ministre. Donc, une école qui passe de 9 à 8, ce
n'est pas parce que le milieu s'est enrichi, c'est juste qu'ils ont un milieu
qui s'est plus appauvri que celui-là. C'est un classement relatif par décile.
Donc, dans l'école Jean-Baptiste-Meilleur et dans des dizaines d'autres écoles,
ce qui va se passer, c'est des milieux qui sont aussi pauvres qu'avant, où les
enfants ont autant de besoins, mais ils vont perdre des services. Notamment,
parce que, vous l'avez dit, on passe de données vieilles de 2016 à 2021. Et le
plus ironique, c'est qu'on va refaire un recensement en mai, là, 2026. Alors,
il me semble que tout indique que la chose sage à faire, surtout à l'aube d'une
élection, ce n'est de ne pas plonger les écoles dans un tel bordel, dans un... brasse-camarade,
alors que de toute façon, il y a un recensement qui s'en vient puis on va avoir
des nouvelles données. Pourquoi ne pas faire ce qui avait été fait par le
député de Chambly à l'époque? C'est la demande que je lui avais formulée, puis
il l'avait fait lui, dire : On va s'assurer que, oui, il y aura changement
d'indice, mais que, par exemple, les ratios vont demeurer. Même s'il y a
changement d'indice, ça va coûter un peu d'argent. Mais écoutez, là. Fermer
quatre classes pendant l'été, retirer des orthophonistes, des TES dans des... pour
les mêmes enfants alors que les besoins n'ont pas changé. Je ne peux pas croire
que la ministre est à l'aise avec ça.
Mme LeBel : Mais c'est
parce que ce que je vous réponds, avec beaucoup de respect, cher collègue, c'est
que depuis que le député de Chambly a fait cette annonce-là, maintenant, ça
existe. Elle est là, l'argent pour la transition. Alors, je peux... vous pouvez
bien me demander de le faire, c'est déjà là. C'est déjà prévu dans les règles
budgétaires. Les centres de services scolaires peuvent accompagner les écoles
qui ont cet... de défavorisation là, qui sont... qu'ils ont... impacter, ce n'est
pas un verbe, donc, ils subissent un impact par la... le... la reclassification,
je vais le dire comme ça. Et, non seulement ça, on a aussi, dans les
conventions collectives, à la demande des syndicats, prévu des sommes pour la
transition qui vont toucher plus le personnel, naturellement, mais c'est déjà
là. Donc, je peux bien, je peux... je vais répondre oui à votre question, parce
que l'argent, elle est déjà disponible depuis cette époque-là. Par contre, elle
a été peut-être moins nécessaire ou moins marquée, parce que, cette année,
compte tenu qu'on passe du...
Une voix : ...
Mme LeBel : ...du
recensement, merci, c'est le mot que je cherchais. Du recensement de 2016 à
celui de 2021, il y a plus d'écoles qui ont changé de statut ou d'indice. Mais
elle est là cet argent-là. Et les centres de services scolaires, là, c'est leur
travail de faire cet accompagnement-là auprès des écoles et s'assurer que
celles qui ont besoin de cette transition-là leur donnent les sommes
disponibles. Elle est dans... elles sont dans les règles budgétaires. C'est la
règle 15010.
M. Nadeau-Dubois : Ce
qui va se passer, dans les écoles du Québec... là je vous ai donné un exemple.
J'invite vos équipes à appeler directement à cette école-là. Ils vont vous
répéter mot pour mot ce que je vous ai dit, là. C'est ça qui s'en vient dans
bien des écoles au Québec. Pas parce qu'il y a eu un enrichissement, pas parce
que les élèves, tout d'un coup, n'ont plus besoin de ces services-là, parce qu'il
y a un changement de cote de défavorisation. Donc, de toute évidence, les
règles que la ministre... de la ministre... les règles qu'invoque la ministre
en nous disant : Ils vont être capables de faire des transitions, je suis
désolé, ce n'est pas ça qui se passe. Ce n'est pas ça qui se passe. Et il y a
dans la presse, notamment, plusieurs... dans différents médias, plusieurs
années, plusieurs exemples...
14 h 36 (version non révisée)
M. Nadeau-Dubois : ...écoles
qui vont voir des coupures massives arriver au courant de l'été, je répète,
alors que les besoins dans ces écoles-là n'ont pas changé. Donc... et autre
précision, l'annexe à laquelle fait référence la ministre, ces sommes là sont
déjà utilisées pour d'autres choses, là, les écoles ont appris, dans les
dernières semaines, dans... au courant de l'hiver, que ces changements d'indice
arrivaient, et c'est la... je vous le dis, là, c'est la désorganisation totale
sur le terrain, il y a des classes qui vont fermer, il y a des postes qui vont
être abolis dans des écoles parce qu'il y a toute une série de mesures
budgétaires, la ministre le sait, qui sont à la remorque de ces indices de
défavorisation. Pourquoi ne pas accorder une année de transition pour que ça se
fasse en douceur?
Mme LeBel : Bien, écoutez,
avec beaucoup de respect, je suis en désaccord avec ce que vous venez de dire,
mais je vais quand même prendre la peine... votre suggestion, puis on va recreuser
à nouveau cette question-là, mais je vous dis, il y a des sommes disponibles
pour la transition, dans le cas de ces écoles-là, qui sont affectées par un
indice de défavorisation qui... augmenté, là, je ne sais pas trop dans quel
sens le prendre, mais qui fait... qui... qui a une conséquence de perte de... je
vais le dire comme ça, qui a une conséquence de perte de financement pour ces
écoles-là, donc, on va faire les vérifications, mais avec respect, je pense qu'il
y a des... qu'il y a des sommes déjà disponibles, d'ailleurs, depuis... depuis
cet événement-là dont vous parliez avec mon collègue de Chambly, mais en plus,
je vous le dis, dans les conventions collectives, on l'a bien noté, qu'il
devait y avoir des sommes disponibles pour les transitions.
M. Nadeau-Dubois : Ces... ces
sommes-là sont....
Mme LeBel : S'il y a une
personne qui veut respecter les conventions collectives, je vous dirais, compte
tenu que ma signature est dessus, c'est très possible que je les respecte.
M. Nadeau-Dubois : Oui, mais
ces sommes-là ont... ont souvent été utilisées à... pour autre chose au courant
de la dernière année.
Mme LeBel : Elles viennent...
M. Nadeau-Dubois : Maintenant,
j'aimerais savoir quels sont les coûts de système en éducation, c'est-à-dire
combien ça prend d'augmentation des dépenses pour maintenir le même niveau de
service?
Mme LeBel : OK, coûts de...
M. Nadeau-Dubois : Question
simple.
Mme LeBel : Bon, les coûts
de... le CMS, le coût de maintien des systèmes, je parlais, tantôt, avec ma
collègue, quand on a eu l'occasion, je lui disais que c'était 3 %, qu'il
fallait regarder la page F60, bon, et présentement, il y a... En matière d'éducation,
comme vous le savez, il y a deux éléments, deux facteurs d'influence majeurs
sur les coûts de système, ce sont naturellement les augmentations salariales,
80 % des revenus, donc les augmentations salariales. Pour répondre à votre
question, je dois vous dire que cette année, dans les conventions collectives,
c'est 2,5 %.
M. Nadeau-Dubois : ...coût
pour maintenir le niveau services en éducation?
Mme LeBel : Ah, bien, c'est
moins que 3 %. J'ai essayé de vous...
M. Nadeau-Dubois : C'est
combien?
Mme LeBel : ...l'expliquer...
M. Nadeau-Dubois : C'est
combien?
Mme LeBel : Bien, selon les...
les documents que vous verrez dans... du Conseil du trésor, c'est 2 %.
Mais je vous dirais que moi, pour être... Si je veux me laisser une petite
marge, c'est entre 2 % et 2,3 %, parce que... là, c'est ma... ça, c'est
mon calcul à moi, et je vais vous dire pourquoi...
M. Nadeau-Dubois : Non, mais
je... C'est correct, j'ai une autre question.
Mme LeBel : ... parce que 2.5 %
d'augmentation pour les salaires, qui est 80 %...
M. Nadeau-Dubois : Parfait,
donc, vous me dites : Le coût de maintien des services cette année, là, à
la page A20 de la stratégie de gestion des dépenses, c'est bien ça? Moi,
je lis le même 2 % que vous.
Mme LeBel : Oui.
M. Nadeau-Dubois : L'an
dernier. Page A10 du même document, Stratégie de gestion des dépenses, mais
2024... pardon, 2025-2026, l'an dernier, c'était 4.2 %. Pouvez-vous m'expliquer
pourquoi en une année, les coûts de système en éducation ont été pratiquement
divisés par deux?
Mme LeBel : Avec plaisir.
Variation de la clientèle. Là, je ne suis pas sûre que c'est 4.2 %, mais
je vais... je vais...
M. Nadeau-Dubois : Bien,
je...
Speaker 2 Bien, non, non, je vais... je
vais le tenir pour acquis, mais comme il n'est pas à ma mémoire à moi, je vais
juste vous dire : Il y a une différence, moi, j'avais 3 % en tête,
mais disons que, de toute manière, qu'on passe de 4.2 % à 2 % ou de 3 %,
c'est la variation de la clientèle. Dans les dernières années, dans les
dernières années, on a eu, là, entre 2021 et 2024, en moyenne, 16 000,
16 000 clientèles de plus par année. Bon, il y a beaucoup de facteurs que je ne
vous énumérerai pas parce que vous les connaissez... parce qu'on les a dites à
plusieurs reprises, mais il y a eu 16 000 de variation de clientèle et
maintenant, là, on est stabilisés, la clientèle... puis, c'est la même chose
entre 2024 et 2025 et 2025 et 2026, la clientèle s'est maintenant stabilisée,
donc les variations de clientèle sont minimes. C'est comme si on avait, là,
depuis deux ans, la même clientèle, donc la variation de la clientèle est... Deux
facteurs pour le coût de maintien de services, l'augmentation salariale, cette
année, c'est 2.5 %, et en plus, la clientèle s'est stabilisée, on n'a pas
une variation de 16 000, on a presque la même chose que l'an passé dans les
prévisions de clientèle... avec le réseau.
M. Nadeau-Dubois : À peu près...
Disons que je trouve ça extrêmement optimiste de penser qu'on va passer d'un coût
...d'un coût de système de 4.2 % à 2 % en une année, et je ne suis
pas le seul à trouver ça optimiste, la Fédération des centres de services
scolaires du Québec, elle, estime que c'est davantage autour de 4 %. L'IRIS
fait la même estimation, 3.8 %. Pourquoi vous êtes les seuls à penser qu'à
2 %, vous maintenez les services en éducation?
Mme LeBel : Bien...
14 h 41 (version non révisée)
Mme LeBel : ...bien, l'IRIS,
pour ne pas le mentionner, est toujours, toujours, toujours dans une fourchette
qui est..
M. Nadeau-Dubois : Bien, la
Fédération des centres de centres de services...
Mme LeBel : Bien, dans les
faits, dans les faits, la variation de la clientèle, elle est stabilisée cette
année. Entre le... entre 2021‑2022, 15 000, entre 2022‑2023, 19 000,
entre 2023‑2024, 20 000, entre 2024... Non, c'est le contraire... 2021,
là... Donc, 20 000 était entre 2022‑2023, entre 2023‑2024, 15 000, et
entre 2024‑2025, ça a été stabilisé, et encore cette année, c'est stabilisé.
M. Nadeau-Dubois : Moi, je
vous parle... l'estimation d'entre 3 et 4 %, là, de la part de la
Fédération des centres de services scolaires, c'est celle pour cette année,
pour l'année qui s'en vient. Eux autres, ils estiment entre 3 et 4 %. Vous
dites : On va être à 2 %. Mme la ministre, vous augmentez le
financement des dépenses de portefeuille en éducation d'un peu plus de
2 %.
Mme LeBel : 3 %.
M. Nadeau-Dubois : Les coûts
de système sont autour de 4 %. Investir moins que les coûts de systèmes
estimés par les gens sur le terrain, là, ça va nous mener à des compressions.
Mme LeBel : Bien, votre mot
clé, c'est «estimés». Ils n'ont pas les données précises sur la variation de la
clientèle, ni l'IRIS ni la fédération. La variation de clientèle, elle est
stabilisée.
M. Nadeau-Dubois : Les
centres de services n'ont pas d'estimation de l'augmentation du nombre
d'élèves?
Mme LeBel : Bien, pas l'estimation
globale, pas l'estimation globale. C'est le ministère de l'Éducation qui a l'estimation
de la variation sur le territoire de la province de Québec au complet.
M. Nadeau-Dubois : Bon, bien,
ils ont leur... Mme la ministre, respectueusement, ils ont leur estimation pour
leur... pour leurs bassins d'élèves.
Mme LeBel : Bien, écoutez...
M. Nadeau-Dubois : Ils ont
des planifications d'infrastructures...
Mme LeBel : Je veux bien,
mais ils n'ont pas les données. Alors, moi, je vous dis que la variation, le
gros facteur qui vient influencer, cette année, la différence entre... Et d'ailleurs
je vais vous... je vais vous l'accorder jusqu'à 2,5 %, ce n'est pas le
cas, là, mais je vais vous l'accorder jusqu'à 2,5 %. On est à 3 % d'investissements
cette année. Donc, on couvre les coûts de maintien de services avec l'augmentation
qui nous a été accordée... Finances, mais...
M. Nadeau-Dubois : OK. Donc,
vous dites : On a écrit 2 %, c'est plus 2,5 %...
Mme LeBel : ...mais les
chiffres du Trésor, c'est 2 %, et le calcul de la variation de la
clientèle est fort important. C'est le facteur déterminant.
M. Nadeau-Dubois : Donc, juste
pour... Donc, on... Vous avez écrit 2 %, mais vous me dites que ça va peut-être
être 2,5 %, et donc... et c'est à peu près, grosso modo, ce que vous
investissez. Donc, dans le meilleur scénario envisageable, il n'y a aucune
bonification de service pour les élèves du Québec, et, dans un scénario
fortement probable, il va y avoir des compressions.
Mme LeBel : Non.
Le Président (M. Benjamin) : Voilà
qui complète...
M. Nadeau-Dubois : Vous êtes
à peu près pile sur les coûts de système.
Le Président (M. Benjamin) : Voilà.
Merci. Merci. Voilà qui complète ce bloc. Nous allons passer au prochain bloc
du troisième groupe d'opposition. Je cède la parole à M. le député de
Matane-Matapédia. Vous disposez de 10 min 30 s, M. le député.
M. Bérubé : Merci, M. le
Président. Salutations à toutes et tous. La ministre indique, à juste raison,
qu'elle sent un besoin de stabilité dans son ministère. Ce n'était pas
prématuré, avec le passage de son prédécesseur. À titre d'exemple des dernières
actions qu'il a fait, c'est cautionner un manque à gagner de plus 500 millions
en éducation. Il a fallu se mobiliser en plein été, pétition 160 000
personnes, initiée par le Parti québécois, qui a permis de faire reculer le
gouvernement. Et je remercie les personnes qui ont pris la décision finale,
dans ce gouvernement, d'annuler cette très mauvaise décision pour un ministère
qui est aussi important.
Je vais commencer par un sujet qui est
important pour le Parti québécois, où on a aussi pris l'initiative, c'est la
question de la rémunération des stages. J'ai présenté une motion, le 30 mars
2023, demandant ce que demandent les étudiants universitaires et dans d'autres
domaines depuis des années : rémunérer les stages. Tout travail doit être
rémunéré. Et, belle surprise, motion unanime. Et la collègue de l'Enseignement
supérieur de l'époque, députée de Repentigny, je crois, a dit : Ah bien,
oui, on est unanimes. Alors, ça date de trois ans, maintenant.
On en est où? Parce que, quand je regarde
le budget, il y a des sommes pour recruter des retraités. Où sont les sommes
pour attirer les nouveaux enseignants et enseignantes, pour stimuler l'inscription
dans les universités, pour rendre ça plus attrayant, pour éviter que les
étudiants et étudiantes aille travailler ailleurs pendant leurs études? La
solution est toute trouvée, puis, en plus, vous avez l'argent. Parce qu'il
manque d'enseignants, puis, si vous en avez qui font l'affaire, vous les payez,
donc c'est à coût nul. Ma question : Trois ans plus tard, est-ce qu'il y a
une raison qui explique que vous n'avez toujours pas honoré votre engagement
pris en cette Chambre?
Mme LeBel : Bien, il n'y a
pas d'intention de changer la situation actuelle, qui est la suivante :
les gens... bien, en tout cas, pas dans les prochaines semaines et pas dans les
prochains mois. On verra ce qu'un prochain gouvernement décidera, qu'il soit de
la CAQ ou non, mais là, présentement, je dois dire que les stages 4, qu'on
appelle, sont rémunérés, les stages en emploi sont rémunérés. Donc, si des
étudiants ou des... des étudiants au brevet d'enseignement sont engagés comme
enseignants avec une...
14 h 46 (version non révisée)
Mme LeBel : ...enseignement,
ils sont payés, ils sont rémunérés parce qu'ils prennent charge d'une classe, mais
quand un étudiant vient en observation dans une classe, il n'y a pas d'intention
actuellement de rémunérer ces stages-là.
M. Bérubé : D'accord, mais
quand la ministre indique qu'il n'y a pas d'intention d'aller de l'avant, je
lui rappelle une motion unanime où elle est elle-même votante, là, c'est un
engagement formel, ce n'est pas dans un lieu anonyme, là, à l'Assemblée nationale,
les étudiants et étudiantes ont bien pris note de ça, les mobilisations se sont
poursuivies.
Donc, la ministre indique un autre
gouvernement, elle ne nous dit pas : on va le faire nous-mêmes dans un
prochain gouvernement. Donc, elle induit, comme d'autres de ses collègues, qu'il
est possible qu'il y ait un autre gouvernement à l'automne, en tout cas, voilà
une motivation supplémentaire à y travailler.
Dans le dossier... dans le dossier de l'indice
socioéconomique qui a été évoqué tout à l'heure, dans une demande d'accès à l'information,
on nous indique que la liste va être connue au printemps. Je suggère bien
humblement qu'on est le 19 mars, on est aux portes du printemps, voilà une
belle occasion de la rendre publique. Parce que, moi, je n'ai pas l'ensemble
des écoles qui sont visées. Je remercie Dominique qui travaille à l'école
Victor-Côté de Matane de m'avoir prévenue pour son école et des conséquences
importantes pertes... perte d'argent, le ratio de classe qui va changer, bouleversement.
Contrairement à mon collègue de Québec solidaire, je ne vais pas vous demander
de donner une année pour s'adapter, je vous demander de ne pas le faire. Les
écoles qui ont un indice de vulnérabilité méritent d'être financées. S'il y en
a d'autres qui se sont ajoutées, elles le méritent aussi. Alors nos positions sont
différentes. Je ne vous demande pas une transition pour abandonner ces
ressources-là, je vous demande de les maintenir et d'ajouter les écoles qui
sont apparues sur votre radar avec les indicateurs que vous avez. Trouvez-vous
que c'est pertinent? Donc, demande très différente, ne faites pas de
transition, maintenez le financement, tout le monde va applaudir ça, ces
classes-là, ces milieux défavorisés. J'ai à peu près juste de ça dans mon
milieu, moi, des neuf et des 10. Je vais être le premier à vous applaudir, ce
ne sera pas la première fois. Mais il y en a d'autres qui s'ajoutent, il me
semble que le reflex c'est il s'ajoute de la pauvreté, de la vulnérabilité, il
faut en tenir compte. Alors, c'est le sens de ma demande. Comment... comment
vous trouvez ça?
Mme LeBel : Bien, je prends
acte de votre demande. Maintenant, on travaille avec des indices qui sont
reconnus, avec une méthode de calcul qui est reconnue. Je comprends très bien
ce que... ce à quoi vous faites référence, mais je vais, comme je l'ai dit à
votre collègue précédemment, je vais creuser plus avant la question, mais je ne
vais pas m'engager ici à faire quoi que ce soit, mais je vais quand même aller
creuser cette question-là. Mais, ce qui est important, c'est qu'effectivement
on s'assure que l'argent suive les enfants qui en ont besoin. Donc, c'est ce
que l'indice veut faire, mais on va faire en sorte de le faire le plus
adéquatement possible. Je ne m'engagerai pas à quoi que ce soit, M. le
Président.
M. Bérubé : Voilà qui est
clair. Que l'argent, ceux des enfants qui en ont besoin, vous savez déjà les
enfants qui en ont besoin, vous les financez déjà. Moi, je vous dis continuons.
Ça va vous rappeler quelque chose. Il y a des nouvelles écoles qui
apparaissent, ajoutez-les, ajoutant. Tout le monde est gagnant, ça, on fait ça
pour les enfants. Ça serait notre position pour le Parti québécois, ça va le
demeurer. Donc, puis, évidemment, 2021, ce n'est pas les données les plus
récentes, il y a eu beaucoup de bouleversements...
D'ailleurs, parlant de bouleversements, votre
prédécesseur a fait une sortie fort remarquée. C'est en 2000... 2024 concernant
la capacité d'accueil du réseau scolaire. 20 février 2024, il dit : Le
réseau de l'éducation est sous pression parce que le gouvernement Trudeau, à l'époque,
n'est pas capable de gérer les frontières. La capacité d'accueil du réseau de l'éducation
n'est pas infinie. Actuellement, notre réseau, il y a plus de 1 237 classes
d'accueil, l'équivalent de 52 écoles primaires, et on doit payer la
facture. En 2026, en mars, on est à combien? Si je vous dis 1 237 classes
d'accueil, l'équivalent de 52 écoles primaires, deux ans plus tard, on est
rendu où?
Mme LeBel : Bien, écoutez, si
vous me permettez, pour ne pas prendre plus de temps, je vais faire vérifier le
chiffre, puis, dès que je l'aurai, je le transmettrai à la commission. Si je l'ai
avant la fin des travaux, je vous le transmettrai. Donc, vous voulez connaître...
juste la répéter précisément, le chiffre...
M. Bérubé : Bien, 2024, il
dit 1 237 classes d'accueil, c'est l'équivalent de 52 écoles
primaires. Et ma question : est-ce que vous avez fait des demandes pour
que la somme soit acquittée par le fédéral lié au demandeur d'asile, c'est une
demande qui a été faite en 2024, est-ce qu'il y a eu des représentations qui
ont été faites au ministère? Si oui, qu'est-ce qui s'est passé avec ça?
Mme LeBel : Bon, bien, je ne
peux pas faire autrement que d'être transparente, je vais me renseigner
également sur cette question-là. Je dois vous avouer que depuis mon arrivée en
septembre, là, ce n'est pas... Compte tenu mes clientèles se sont également
stabilisées, je vous dirais que je n'ai pas la réponse à cet effet-là.
Une voix : ...
Mme LeBel : Mais, oui, il y a
une demande du gouvernement qui comprenait la demande de l'impact dans le
réseau scolaire et on a... et je me souviens, quand j'étais au Trésor...
14 h 51 (version non révisée)
Mme LeBel : ...on avait
demandé cette information-là qui a été transmise. Donc, les impacts du réseau
scolaire font partie de la demande globale au gouvernement fédéral.
M.
Bérubé
: Mais
c'est une grande partie.
Mme LeBel : 1 124 classes
d'accueil... j'essaie de répondre...
M.
Bérubé
: En
date...
Mme LeBel : Oui, à la date que
vous avez mentionnée, j'ai 1 124 classes d'accueil.
M.
Bérubé
: 2024.
Mme LeBel : 2024.
M.
Bérubé
: Là,
c'est 2026 qui m'intéresse.
Mme LeBel : On revérifie.
M.
Bérubé
: Alors,
vous allez nous revenir pour les... pour les parlementaires, tout comme vous
pourriez nous fournir tout de suite la liste des écoles impactées par les
changements d'indicateur. Je sais que quelqu'un l'a entre vous. Puis je peux
pointer du doigt pas mal la personne qui l'a. Alors, pourquoi ne pas le faire
maintenant?
Mme LeBel : Ça, c'est le
chiffre actuel, 1 124. Je vais commencer...
M.
Bérubé
: Ça va,
ce bout-là.
Mme LeBel : Ça va, bien, parce
que...
M.
Bérubé
: La
liste des écoles impactées par l'indice socioéconomique...
Mme LeBel : En temps opportun.
M.
Bérubé
: Votre
sous-ministre l'a, cette liste-là.
Mme LeBel : Elle sera... elle
sera rendue publique en temps opportun.
M.
Bérubé
: C'est
pas mal opportun. C'est l'étude des crédits.
Mme LeBel : En temps opportun.
C'est les crédits provisoires.
M.
Bérubé
: Respectueusement
soumis, c'est... c'est une chance manquée, mais on y reviendra. Écoutez, l'état
des infrastructures, on a parlé de roulottes hier, j'ai entendu ça, de roulottes,
et puis les écoles sont... Il y a des demandes importantes pour la capacité de
les construire, tout ça. Et on s'attend à construire combien d'écoles l'année
prochaine, à titre d'exemple?
Mme LeBel : Ah mon Dieu! est-ce
que je l'ai, en nombre d'écoles? J'ai les...
M.
Bérubé
: ...c'est
trois. Je le sais parce que, dans les trois, il y a une école dans mon comté.
Mme LeBel : Il y a 300 projets
actifs présentement. C'est ça? C'est ça, 350 projets actifs qu'on veut...
qu'on veut mettre à terme. Ce qu'on... la majorité des sommes qui vont être
investies vont être dans le maintien d'actifs et la rénovation des écoles,
parce qu'on était... il faut s'assurer que le parc ne continue pas à
accélérer...
M.
Bérubé
: Mais
là les nouvelles écoles, il n'y en a pas 350, là.
Mme LeBel : Bien, on va... on
va s'affairer à repartir les projets qui ont été mis sur pause, entre autres, il
y a déjà des écoles qui sont dans le... j'allais dire le pipeline, ce n'est pas
très francophone, là, mais dans... dans... sur la liste et qui attendent. Et on
a commencé d'ailleurs à le refaire, on en a annoncé plusieurs dans des...
M.
Bérubé
: OK,
mais j'aimerais ça qu'on indique là où il va y en avoir. Je sais qu'il n'y aura
plus de lab école. Est-ce qu'il y aura des écoles construites à plus de 200 millions
comme on a vu dans les Laurentides?
Mme LeBel : Non, ce n'est pas...
L'objectif... l'objectif, présentement, est de revoir également les cahiers de
charges et d'être capable de maximiser, parce que vous mettez le doigt sur une
situation extrêmement importante, c'est-à-dire qu'il faut répondre le plus
rapidement possible aux besoins de places dans le réseau scolaire. Donc, on a
diversifié nos stratégies, on est en train de diversifier nos stratégies. Je...
je me... m'élève en faux sur le mot roulottes, parce que ce ne sont pas des
roulottes. Ceux qui ont le... la chance et même l'opportunité d'avoir des
modulaires dans leur comté le savent, que ce sont des classes climatisées que
les enseignants adorent, même, je dirais qu'ils sont tristes quand ils les
quittent. Mais on a diversifié les stratégies parce que notre objectif est de
répondre le plus rapidement possible aux besoins d'espace. Et là-dessus, j'en
suis.
M.
Bérubé
: Violence
à l'école, vous m'avez entendu avec des enseignants, vous m'avez entendu dans
les entrevues. Il y a eu un colloque, j'y étais, il y a eu le vouvoiement, il y
a eu la vidéo du ministre qui a joué... simultanément dans toutes les écoles du
Québec. Je suis convaincu que l'impact est considérable. Ceci étant dit... il y
a eu le roi de la montagne. Qu'est-ce qui manque pour ce qui est de la violence
à l'école? Parce que nous, on pense que l'impact sur la vie des enfants qui ne vont
plus à l'école parce qu'ils ont peur, des enseignants, des enseignantes qui
sont blessés...
Le Président (M. Benjamin) :
Malheureusement, malheureusement, c'est tout le temps qui était imparti à ce
bloc. Merci, M. le député de Matane-Matapédia. Nous allons au prochain bloc
avec l'opposition officielle. Mme la députée de Bourassa-Sauvé, vous disposez
de sept minutes.
Mme Cadet : Merci, M. le
Président. Je reviens, Mme la ministre, sur renforcer l'attractivité de la
main-d'œuvre dans le réseau de l'éducation. Donc, dans votre budget, donc, on
en a parlé dans le dernier bloc, donc, vous y allez avec des mesures pour favoriser
le retour en emploi des personnes retraitées, des mesures pour continuer de
rendre des postes à temps partiel plus attrayants. Donc, plus d'heures de
suppléance, donc, pour les enseignants.
Mais on sait que le réseau s'est mobilisé
sur la question de l'attractivité de la main-d'œuvre. Le réseau s'est mobilisé
en se disant : Bien, nous, on est à pied d'œuvre. Nous sommes dans nos
écoles. Nous sommes les experts de notre milieu. On sait c'est quoi, les
problèmes. Donc, on va y arriver nous-mêmes avec des solutions. On va se
prendre en main puis on va apporter des solutions.
La FSE-CSQ a fait des propositions pour
atténuer la pénurie de personnel enseignant. Et, quant au maintien en poste des
enseignants et des enseignantes qualifiés, leur première préoccupation, leur
première recommandation était d'agir sur les causes de la désertion
professionnelle, qu'elles soient liées à la violence, au travail, à la
conciliation famille-travail ou encore aux conditions d'exercice.
J'aimerais vous entendre là-dessus, parce
qu'en bout de ligne vous nous arrivez avec ces propositions-là. Donc, vous nous
dites : Finalement, donc, on reconnaît, on reconnaît qu'il y a un enjeu au
niveau de l'attractivité de la main-d'œuvre, au niveau de la rétention du
personnel dans le réseau scolaire. Pourquoi ne pas agir sur les causes de la
désertion professionnelle puis les propositions qui vous ont été apportées par
le réseau?
Mme LeBel : Bien...
14 h 56 (version non révisée)
Mme LeBel : ...ça va me
permettre de vous dire que ça... qu'on a depuis deux ans, au moins deux ans,
dans les dernières années, un taux de rétention qui s'est passablement
amélioré. On avait... quand j'étais en négociation pour les conventions collectives,
un des aspects était... qui était discuté avec les syndicats était beaucoup la
capacité de retenir les enseignants 0-5 ans. Hein, dans les cinq premières
années, habituellement, le taux de rétention augmente après cinq ans, quand les
gens sont plus de cinq ans dans le réseau. Et je dois vous dire que le taux de
rétention a augmenté beaucoup en pourcentage dans les deux, trois dernières
années. Donc, les mesures qu'on a mises en place de mentorat, d'accompagnement...
Mme Cadet : Quel est ce taux?
Mme LeBel : Hein?
Mme Cadet : Quel est ce taux?
Mme LeBel : Là, c'est parce
que c'est tellement petit sur ma feuille que j'essaie de vous le donner, mais
80 %...
Une voix : ...
Mme LeBel : 80 %, on
garde nos gens, 80 % après cinq ans et 87 % maintenant après deux
ans, ce qui n'était pas le cas dans les années antérieures. Donc, on pourra...
Mais j'avais de la misère un petit peu à lire les chiffres tantôt. Mais ça s'améliore,
on voit les courbes sur mon... qui s'améliorent. Donc, depuis deux ans, je vous
dirais que nos taux de rétention... ce n'est pas encore parfait, là, je le sais
que ce n'est pas parfait, mais l'idée c'est que la courbe, c'est... non
seulement, elle s'est stabilisée, mais elle s'est inversée. Donc, on retient de
plus en plus les gens, les jeunes enseignants sur le terrain. Donc, ça, c'est
une bonne nouvelle, je pense.
Donc, ça veut dire que les mesures qu'on a
mises en place, avec les syndicats dans les conventions collectives, entre
autres, le mentorat, l'accompagnement, on parlait beaucoup aussi de... J'avais
le mot... mais ce n'est pas ça, l'introduction, l'accueil des jeunes pour les...
l'intégration, l'intégration des jeunes enseignants, donc ça fonctionne, il y a
encore des discussions dans différents comités avec les syndicats pour voir
comment on peut encore s'améliorer. J'ai rencontré la FSE-CSQ là-dessus qu'il y
avait, comme vous le mentionnez, des propositions. Donc, on y travaille avec
eux pour voir comment on peut le faire et pour être capable d'aider.
Mais la bonne nouvelle, c'est que les
mesures qu'on a... qu'on a mises en place dans les dernières années ont un
impact positif, M. le Président, et on voit des résultats qui s'améliorent. Est-ce
que c'est encore parfait? La réponse, c'est non, mais on a des résultats qui s'améliorent.
Mme Cadet : Mme la ministre, tu
sais, dans vos propositions, là, je comprends le fait d'ajouter des journées
supplémentaires de suppléance pour les profs qui sont là à temps partiel, mais,
quand moi, je rencontre des enseignants, quand moi, je m'assois avec les gens
du réseau, ce qu'on nous dit, puis on en parle ici, donc, des profs qui sont là
à temps plein, puis ça, ça pourrait... ça touche aussi non seulement, donc, les
enseignants, mais aussi le personnel professionnel puis le personnel de
soutien, en fait, tout particulièrement, bien, l'enjeu numéro 1 qui nous
est nommé, c'est la violence à l'école. Quand on parle... je vous le dis, là,
je veux dire... les gens, quand on s'arrête à l'épicerie ou qu'on les rencontre
dans toutes sortes d'événements, même de façon informelle, on ne nomme pas l'enjeu,
c'est eux qui nous le nomment puis qui nous disent : Il y a quelque chose
qui s'est passé.
En septembre dernier, j'avais fait une
sortie avec le personnel de soutien scolaire pour justement mettre un cri du
cœur sur la question de la violence à l'école. En décembre, on est encore avec
les enseignants qui nous révélaient des nouveaux chiffres sur la hausse de la
violence à l'école. Qu'est-ce que... Comment est-ce que vous répondez à cet
enjeu-là? Parce que ça, on ne le voit pas dans le budget.
Mme LeBel : Bien, ce n'est
pas une question... nécessairement une question de budget à ce stade-ci. Je
veux reprendre la... On a eu une motion, il y a quelques quelque temps, j'allais
dire quelques semaines, mais c'était juste avant la l'arrêt... l'arrêt des
travaux parlementaires pour les deux semaines, qui venait, je pense, de votre
collègue de Matane-Matapédia. Donc, on doit... On était déjà, déjà en train de
recueillir les données très précises sur le terrain pour être capable d'avoir
aussi, au niveau du ministère de l'Éducation, un portrait plus exact, plus
juste de chaque école et du niveau de violence et des... ce ce qu'il se passe.
Maintenant, il y a des... il y a... ce qu'on
entend des... surtout des syndicats sur cet aspect-là et qui était un peu ce
que le... pas le VG, mais le Protecteur de l'élève disait, c'était que les
outils sont présents et il faudrait que les directions d'école, les centres de
services scolaires accompagnent mieux les enseignants quand il y a un incident
de violence, que les plans soient mieux déployés.
Donc, je vais vous dire que ma grande
préoccupation, dans les prochaines semaines, voire prochains mois, on verra,
est de voir en sorte que ça, l'accompagnement, des formations des directions d'école,
des directions générales... parce que, ce qu'on nous dit, c'est que les outils
sont présents sur le terrain pour bien agir ou mieux agir, je dirais ça, et que
souvent, ce qui est reproché, c'est un manque d'action ou... Bon, je ne veux
pas dire que c'est exact, mais c'est ce qui est reproché. Donc, on va faire de
l'accompagnement puis on va s'assurer que c'est bien fait, le déploiement,
parce qu'il y a des plans d'intervention.
Mme Cadet : Merci, Mme la
ministre. Il ne reste plus beaucoup de temps, donc je veux vraiment poursuivre
sur un autre sujet. Collège des hauts sommets, vous le connaissez, dans la
région ici, donc, accompagne des enfants avec des besoins particuliers. On
parle donc d'une école qui est souvent fragilisée, dont le statut est souvent
fragile. Puis, aujourd'hui, ils ne vous demandent pas un financement
supplémentaire. Je pense qu'ils vous ont écrit, que vous connaissez le dossier,
et tout ce qu'ils souhaitent, c'est la mise sur pied d'un comité conjoint du
ministère de l'Éducation et du Collège des Hauts Sommets.
Qu'est-ce que vous répondez à cette école
qui accompagne, donc, des enfants avec d'énormes besoins et qui, année après
année...
15 h 01 (version non révisée)
Mme Cadet : ...se dit :
Bien, notre financement n'est pas stable, qu'est ce qui se passe, on veut un
comité conjoint.
Mme LeBel : Alors, je vais
vous répondre qu'on est en lien avec cette école-là, avec zeux... avec zeux,
avec eux et que je ne ferais pas les discussions ici, mais qu'il y a des
discussions avec eux.
Mme Cadet : Merci. Merci.
Le Président (M. Benjamin) : Dix
secondes.
Mme Cadet : 10 secondes?
Le Président (M. Benjamin) : Oui.
Mme LeBel : C'est ça.
Mme Cadet : Résidence scolaire,
dans certaines écoles, qu'est-ce que vous... je pense que vous connaissez cet
enjeu-là. Résidence dans... Voilà.
Le Président (M. Benjamin) : Malheureusement,
c'est tout le temps imparti pour ce dernier bloc. La commission plénière ayant
terminé cet échange, je remercie les personnes qui ont participé et pour
permettre à la Commission de poursuivre sa séance, je prie toutes les personnes
qui doivent se retirer de le faire immédiatement. Je suspends donc les travaux
pour quelques instants.
(Suspension de la séance à 15 h 02)
15 h 06 (version non révisée)
(Reprise à 15 h 09)
Le Président (M. Benjamin) :
Alors, la commission plénière poursuit ses travaux sur l'étude des crédits
provisoires pour l'année financière 2026-2027. Au cours de la prochaine
heure, nous allons procéder à un échange entre M. le ministre de l'Économie, de
l'Innovation et de l'Énergie et les députés de l'opposition. Je comprends que
les députés de... que les représentants des... des députés d'opposition ne
prendront pas leurs remarques préliminaires, donc j'accorde immédiatement la
parole à M. le ministre pour ses remarques préliminaires.
M. Boulet :
Merci,
M. le Président. Bienvenue à tout le monde. Fier d'ouvrir cette étude de
crédits provisoires en économie.
Au cours des dernières années, notre
gouvernement a fait des choix stratégiques audacieux dans plusieurs secteurs
clés de notre économie pour améliorer notre productivité, notre niveau de vie
et le pouvoir d'achat des Québécois. L'écart de productivité du travail avec l'Ontario
est passé de 9,4 % en 2018 à 1.1 % en 2014.
Nos investissements ont profité à l'ensemble
des régions. Depuis 2018, plus de 25 milliards de dollars ont été
octroyés pour soutenir des projets partout au Québec, représentant des
investissements totaux de plus de 93 milliards.
Avec le nouveau budget présenté par mon
collègue Eric Girard, on réaffirme l'importance du développement économique,
notamment pour protéger nos sièges sociaux. Avec Investissement Québec, des
dizaines de milliers d'interventions, majoritairement auprès des PME. Au cours
de la dernière année, on a épaulé davantage nos entreprises, dans un contexte d'incertitude
économique et commercial. Des programmes concrets pour soutenir notre
productivité, favoriser l'innovation, diversifier nos marchés d'exportation. On
a été les plus rapides à déployer des outils pour soutenir nos entreprises dans
le cadre de la guerre tarifaire avec les États-Unis et pour permettre de percer
le marché de la défense avec Investissement Québec.
On a misé sur nos forces stratégiques :
énergie renouvelable, aluminium durable, minéraux critiques et stratégiques,
industrie aérospatiale ainsi que notre expertise en intelligence artificielle.
L'objectif est clair : maintenir un Québec attractif, compétitif, dans un
environnement international en constante mutation. Pour y parvenir, on doit
commercialiser davantage nos innovations, renforcer les liens entre la...
15 h 11 (version non révisée)
M. Boulet : ...recherche et
les entreprises, et soutenir des projets structurants. C'est dans cet esprit
que nous poursuivons le déploiement de nos zones d'innovation, qui permettent
au Québec de se positionner comme un leader dans des secteurs de pointe. En
parallèle, on a renforcé l'accompagnement de nos PME partout sur le territoire.
Le plan PME 2025-2028 et le Réseau accès PME permettent à nos
entrepreneurs d'avoir accès à des services, de l'expertise, du financement, de
l'accompagnement, à chaque étape de leur développement. On poursuit nos efforts
pour accroître la productivité, notamment, grâce à l'offensive de
transformation numérique qui a permis d'accompagner des milliers d'entreprises
et d'améliorer significativement leur performance. En complément, on a posé des
gestes concrets pour améliorer l'environnement d'affaires. On a adopté
plusieurs projets de loi visant à alléger le fardeau réglementaire et
administratif des entreprises. On a modernisé le cadre législatif pour soutenir
l'innovation, notamment dans le milieu coopératif, et pour favoriser le
commerce interprovincial ainsi que la mobilité de la main-d'œuvre. Par
ailleurs, on a pris des mesures pour accélérer la transition énergétique et
assurer une meilleure planification de nos ressources.
Tous ces gestes, M. le Président,
témoignent de notre volonté d'offrir un environnement d'affaires compétitif,
agile et propice à la croissance. Notre objectif est clair : assurer la
prospérité des Québécois en soutenant la croissance, l'innovation et la
compétitivité de notre économie. C'est pourquoi nous nous sommes dotés d'une
vision économique ambitieuse. Cette vision repose sur quatre grandes priorités :
renforcer notre capacité énergétique, accélérer les projets stratégiques, soutenir
la croissance de nos entreprises, et saisir les occasions offertes par les
secteurs émergents. Elle nous permet de répondre aux défis actuels tout en
préparant l'économie de demain.
Je le réitère, M. le Président, on est
dans un contexte où on est en évolution constante. Il y a des profondes
transformations. Hier, on a parlé beaucoup de l'importance d'accélérer la
transformation économique. Ça passe beaucoup par l'intelligence artificielle,
la robotisation, l'automatisation. On a annoncé des projets partout sur le
territoire. Je rappellerai que 94 % des interventions... sont auprès d'entreprises
de moins de 215 employés et partout sur le territoire. Et on se doit de
protéger notre économie, nos entreprises, nos emplois, dans un contexte
tarifaire qui génère aussi beaucoup d'imprévisibilité. On a vu la décision de
la Cour suprême des États-Unis, où on a invalidé des tarifs réciproques. Mais
les tarifs sectoriels, notamment acier, aluminium et bois, demeurent, ce qui
fragilise notre économie, nos travailleurs, travailleuses. On est là, on va
continuer de favoriser la réussite de nos PME. Et c'est ce que nous faisons,
que nous continuerons à faire.
Merci, M. le Président, et bonne étude de
crédits.
Le Président (M. Benjamin) :
Merci, M. le ministre. Alors, le premier bloc revient à l'opposition
officielle. Et, sans plus tarder, je cède la parole à M. le député de Marguerite-Bourgeoys,
en vous rappelant que vous disposez de 20 minutes.
M. Beauchemin : Merci, M.
le Président. Merci, tout le monde d'être ici aujourd'hui. Merci à l'équipe
parlementaire du gouvernement pour qu'on puisse avoir parfois des réponses
précises. Bien, écoutez, on va y aller d'entrée de jeu. Selon moi, la chose qui
se doit d'être une priorité au gouvernement puis pour n'importe quel
gouvernement, en fait, c'est de s'assurer qu'on puisse avoir un climat d'affaires
qui est propice à l'investissement. Puis pourquoi? Bien, parce que l'investissement
privé se traduit, souvent, en gains de productivité, que ce soit par des
partenariats avec le secteur académique ou que ce soit avec des centres de
recherche privés, peu importe. En bout de piste, c'est la chose qui est la plus
importante si on veut avoir des gains de productivité. On a vu...
15 h 16 (version non révisée)
M. Beauchemin : ...le budget
du ministre des Finances d'hier, je ne savais pas qu'on pouvait les...
l'appeler par son prénom, mais, hier, j'ai entendu mon collègue ici parler du...
d'Eric Girard. Ça fait que je... j'ai été surpris, je ne savais pas qu'on
pouvait le faire. Non, OK, d'accord, mais j'ai...
Le Président (M. Benjamin) : On
ne se nomme pas par son nom.
M. Beauchemin : Je sais, c'est
pour ça, mais j'étais surpris tantôt d'entendre Eric Girard comme... c'était
peut-être une erreur, mais ce n'est pas grave, mais j'ai... je me demandais s'il
y avait eu un changement de protocole.
Le Président (M. Benjamin) : Des
propos préliminaires.
M. Beauchemin : Des propos
préliminaires, d'accord. Alors, ceci étant... mais dans le dépôt du budget,
hier, il y avait une ligne très claire. La productivité dans le dernier mandat
caquiste est à la baisse et... là, je parle au niveau de l'économie du Québec,
et, notamment, dans la dernière année, presque une baisse de 1 % ou 0,9 %.
Ce qui nous amène à l'enjeu le plus important : la baisse de l'investissement
privé. Ce qu'on a cru voir, c'est que l'investissement non résidentiel des
entreprises, donc, ça, c'est les entreprises qui investissent, là, dans leur
modèle d'affaires, est en baisse pour l'année estimée, là, qui s'en vient de 0,07.
Est-ce qu'on peut nous expliquer, un, premièrement, comment est-ce qu'on est
arrivé là puis qu'est ce que le gouvernement a l'intention de faire pour
changer la direction?
Le Président (M. Benjamin) : M.
le ministre.
M. Boulet : En fait, il y a
deux volets principaux que votre question soulève, c'est investissement et
productivité. Je rappellerai qu'au niveau des investissements, la donnée que je
peux partager avec vous, c'est qu'on a contribué en aides directes depuis 2018
pour un montant de 23,5 milliards de dollars, ce qui a généré des
projets d'investissements partout au Québec de près de 95 milliards. Donc,
c'est un ratio à peu près de 1 à 4, et le taux de succès des investissements
est nettement supérieur. Je pourrais le partager avec vous, là, mais le taux de
succès des investissements de 20 millions et plus, notamment du Fonds de
développement économique, de 2012 à 2018, on est passé d'un taux de succès de
41 % à 83 % en 2018 et 2025.
La productivité maintenant, je vous
rappellerai que dans la page A-5 du budget, on référait aussi à la... au
rétrécissement de l'écart de productivité entre l'Ontario et le Québec. On est
passé d'un écart, puis je l'ai mentionné, de 9,4 % en 2018, un écart de
productivité, ce n'est pas peu, à 1,1 % en 2024. Donc, ce n'est pas
parfait, il y a encore du travail à faire. Dans certains secteurs, les écarts
peuvent être plus importants et dans certains secteurs, contrairement aux
perceptions que nous avons souvent, notre productivité québécoise est
supérieure à l'Ontario ainsi qu'au reste du Canada.
M. Beauchemin : Oui, OK. Bien,
moi, je suis un gars de chiffres. Ça fait que je n'ai pas... je ne vais pas
trop m'étirer, là, sur le sujet, là, mais quand on parle d'une productivité de
1 % puis que le voisin est à 1.1 %, c'est un différentiel de
10 %. Ça fait que je trouve que la deuxième dérivée de l'équation ici
devient un petit peu un arrondissement, parce qu'en bout de piste, ce qui est
important, c'est de s'assurer que l'économie québécoise puisse avoir un gain de
productivité. Et puis, quand on se compare au pire élève dans la classe, l'Ontario,
évidemment, ça ne va pas bien, là, on le sait bien que ça ne va pas bien. Ça
fait que de se comparer à l'Ontario, moi, ce n'est pas de même que je veux... ce
n'est pas de même que, moi, j'ai... j'ai été construit, si on peut dire, d'une
certaine façon. Donc, moi, je me compare à l'OCDE, puis quand on regarde par
rapport à l'OCDE, quand on regarde par rapport aux États-Unis, quand on regarde
par rapport à d'autres législations qui peuvent nous ressembler, avec les mêmes
aspirations économiques qu'on devrait avoir, on prend du retard. Donc, je n'ai
pas cependant entendu l'explication pourquoi qu'on a perdu 0,7 % de
productivité dans la dernière année. De, excusez, de baisse... On a perdu 0,7 %
d'investissements non résidentiels.
M. Boulet : Bien, évidemment,
il y a un environnement économique qui nous bouleverse. Vous savez la relation
qu'on a avec nos voisins du Sud, c'est certain que ça a eu un impact sur la
volonté d'investir, sur...
15 h 21 (version non révisée)
M. Boulet : ...l'investissement
réel et, ultimement, sur la productivité. Vous connaissez les tarifs
sectoriels, notamment dans le secteur de l'aluminium. J'ai rencontré des
grandes entreprises dans ce secteur-là, qui me confirment que les tarifs ont eu
un impact important sur leur productivité, leur a imposé de diversifier leurs
marchés d'exportation, ce que plusieurs entreprises dans le secteur de l'aluminium
réussissent à faire. L'industrie forestière, c'est la même dynamique. Ça fait
que c'est certain que l'imprévisibilité de l'environnement tarifaire joue un
rôle important dans la donnée que vous me partagez. Puis, il y a probablement d'autres
facteurs, mais c'est celui qui me vient à l'esprit comme étant prépondérant.
Et, si on regarde un chiffre cumulatif, États-Unis,
reste du Canada, Ontario, le Québec, en 2025, c'est la meilleure croissance des
investissements, collègue. Malgré l'incertitude, vous le savez, notre marché,
notamment de l'emploi, a été résilient, puis on a été les premiers au Canada à
mettre des programmes pour améliorer la productivité.
Donc, les chiffres, on peut leur faire
dire un peu... dépendamment de l'interprétation ou dépendamment des chiffres qu'on
consulte, mais, quand même, croissance des investissements, on est les premiers,
en 2025, en termes de pourcentage de croissance, et je n'ai pas tous les pays
de l'OCDE auxquels vous pensez, mais on a quand même les États-Unis, le reste
du Canada et l'Ontario. Puis je vais vous les donner plus précisément, les
États-Unis, c'est 4,3, le reste du Canada, 1,8, Ontario 0,8, puis Québec, 4,9.
Donc, c'est une donnée qui est révélatrice de la vitalité de notre monde
entrepreneurial, de la vitalité de nos entreprises, de la qualité de notre
expertise et autres.
M. Beauchemin : Juste pour
clarifier la mesure que vous nous dites, c'est quoi, le... On mesure quoi? Ce
que vous dites, c'est quoi, exactement?
M. Boulet : Bien, j'ai parlé
d'investissement. C'est l'investissement nominal non résidentiel des
entreprises, parce que c'est ce que vous évoquiez, notamment, dans votre
question.
M. Beauchemin : Bien, c'est
parce que... Pourquoi, dans le budget de votre collègue ministre des Finances, hien,
c'était une baisse de 0,7, là, puis que pour...
M. Boulet : Bien, j'ai
répondu. Bien, j'ai répondu de façon complémentaire, j'ai répondu à l'aspect
productivité, qui est une baisse vraisemblablement corollaire du contexte
tarifaire avec les États-Unis. Puis, après ça, j'ai parlé... cependant, pour
les investissements, il y a eu une croissance intéressante.
M. Beauchemin : OK.
M. Boulet : Mais, pour la
productivité, peut-être que je ne me suis pas bien exprimé, là, mais...
M. Beauchemin : On l'analyse
de façon relative, là, c'est pour ça que j'essayais de comprendre, parce que,
là, vous me parlez plus comme en absolu contre un autre absolu. Moi, je le fais
de façon relative pour avoir la variation entre années, là.
M. Boulet : Non, mais j'ai
répondu à votre question sur le 0,7 de baisse de productivité.
M. Beauchemin : Merci. Quand
on regarde sur le... ce que la Chaire de productivité du HEC nous a présenté, il
y a un retard de quasiment 18,80 $ de l'heure par rapport à la moyenne de
l'OCDE, à cause de, justement, la la baisse de productivité qui a été engendrée
sous le gouvernement de la CAQ depuis les huit dernières années, par rapport à
l'OCDE. Donc, on est rendu, si... je crois bien, là, 16e sur 19, dans les
économies avancées. On a 12 000 $ de moins. Annuellement, là, pour
nos familles, ça se traduit à 12 000 $ de moins par famille au Québec,
puis ça a continué, donc, à diminuer cette année.
Donc, quand on se compare de façon
relative, ici, là, OK, c'est ce que j'essaie de faire, on le voit, qu'on prend
du retard. Est-ce que le gouvernement a l'intention, dans les quelques derniers
mois qu'il lui reste, de mettre en place des mesures qui vont pouvoir aider à,
justement, faire en sorte qu'on puisse aider, par exemple, le secteur
manufacturier? Parce que le secteur manufacturier... et je vais les citer, là :
L'absence de mesures pour des sous-secteurs tarifés...
15 h 26 (version non révisée)
M. Beauchemin :
...comme
l'aluminium, où est-ce qu'il y a des gains de productivité qui peuvent être
faits, significatifs, là, comme dans la haute technologie, comme dans l'aérospatiale?
Qu'est-ce qui a justifié le choix de ne pas appuyer le secteur de l'aluminium,
qui aurait pu, donc, aider à avoir ce gain-là de productivité, qui aurait pu
nous aider à résorber, là, de 12 000 $ de moins par famille, annuel?
M. Boulet :
Je
ne comprends pas votre question. Précisément, votre question, c'est?
M. Beauchemin :
Bien,
précisément, c'est que... Je vous donne un exemple. Il y a un secteur, le
secteur de l'aluminium, OK, qui a des mesures que le MEQ, là, Manufacturiers et
Exportateurs du Québec, aurait souhaité voir. Ça, il y a des corrélations
directes. Il y a 9 000 entreprises reliées indirectement, là, au
secteur de l'aluminerie. Donc, quand je disais que ça affecte des familles, ces
familles-là, en moyenne, on peut dire qu'elles vivent avec un 12 000 $
de moins par année à cause de justement le manque de productivité. Là, il y a
des tarifs qui leur rentrent... dessus. On se demande donc pourquoi avoir
oublié le secteur de l'aluminium, de l'acier, dans le contexte actuel, dans le
budget de votre collègue d'hier?
M. Boulet :
Oui.
Bon, d'abord, souvenez-vous de la statistique que nous partageons souvent, la
croissance du PIB, qui mesure le niveau de vie, l'augmentation du niveau de
vie, c'est au Québec qu'on a connu la meilleure croissance au Canada depuis
2018. La Chaire de fiscalité, finances publiques, réfère souvent au niveau de
vie...
Le Président (M. Benjamin) :
...
M. Boulet :
Oui.
OK. OK. Ça marche. Le revenu disponible, donc, dans les poches des ménages, c'est
au Québec qu'il est aussi le plus élevé.
Pour le secteur de l'aluminium, si vous
voulez une réponse spécifique à un secteur, parce que vous parliez du niveau de
vie, puis de la croissance, puis de la qualité de vie, puis, après ça, du
secteur aluminium, bien, évidemment, il y a le projet avec Rio Tinto Alcan. La
technologie AP60, c'est 60 cuves, une technologie innovante,
performante, qui accroît la capacité de production, qui nous permet d'assumer
une meilleure transition énergétique en diminuant le niveau émissions des gaz à
effet de serre.
Oui, les projets, on les accompagne. Les
entreprises du secteur aluminium, vous le savez, sont stratégiques pour le
gouvernement. On va continuer de les accompagner, et pas que financièrement. Là
où il y a de l'expertise à partager avec les centres de recherche publics, on
le fait. Mais on est tout à fait présents dans un secteur qui affecté,
évidemment, vous le savez, par les tarifs américains.
Et peut-être un autre élément, collègue,
si vous me permettez. Dans le PQI annoncé hier, le Centre d'innovation en... en
innovation... Centre d'innovation en aluminium, pour 20 millions de
dollars pour rehausser la productivité. Donc, ça, c'est un autre message
concret qui démontre notre engagement à soutenir un secteur qui est vraiment
crucial. Et vous avez tout à fait raison là-dessus.
M. Beauchemin :
Merci.
C'est juste, peut-être, pour... Parce que je vais être fatigant là-dessus, là, OK,
là, on reparle encore de la deuxième dérivée, là. Ce qui est important, là, on
parle...
M. Boulet :
De
la deuxième...
M. Beauchemin :
Ce
que je veux dire par là, c'est qu'on part de loin. Parce qu'on compare notre
progression, mais on part de loin. Ça fait que moi, je... moi, je parle de...
comme on est, en ce moment, en train de parler de notre taux d'accélération par
rapport aux énormes retards qu'on a puis on se félicite de ça ici. Moi je... c'est :
je veux combler le gap. Puis c'est ça qu'on... que j'essaie de discuter. Puis
on parle ici de la valeur relative. Ça fait que j'essaie de comprendre ça. Mais,
bon, c'est correct, ce n'est peut-être pas... ce n'est peut-être pas clair, la
façon que je l'ai... je l'ai questionné.
On peut parler de l'innovation, mais j'aimerais
comprendre, selon vous, d'abord, quel est le rôle du Conseil de l'innovation
dans toute l'approche gouvernementale, alors, dans ce cas-ci.
M. Boulet :
Bon.
Écoutez, d'ici 2027, vous la connaissez, la Stratégie québécoise, recherche,
innovation, ça vise notamment à réduire l'écart de productivité avec l'Ontario.
J'ai parlé de la progression, de la progression qui repose principalement sur
le secteur des...
15 h 31 (version non révisée)
M. Boulet : ...des entreprises
et la croissance plus faible qui agit comme frein. Mais la productivité dépasse
désormais celle de l'Ontario en 2024. Et ce qui est important de rappeler, c'est
que c'est une des priorités d'Investissement Québec, notamment de s'engager
dans des dossiers où on améliore la productivité, où on innove et le programme
ESSOR est aussi un autre exemple de ça. Puis récemment, on a annoncé un
investissement dans un projet de 37,7 millions dans une entreprise, Tremcar, à
Granby, où on fait des remorques-citernes, où on a investi dans des robots
soudeurs fabriqués au Québec, dans des découpeuses automatisées qui permettent
de tripler la capacité de production, d'accroître les marchés, de consolider
400 emplois au Québec. Mais c'est ça, l'innovation, la productivité, c'est
sûr que c'est des leviers qui vont nous permettre d'améliorer notre
environnement d'affaires, d'être plus attractifs et de pouvoir attirer des
investissements aussi.
M. Beauchemin : Merci, M. le Président.
C'était juste parce que ma question était de savoir qu'est-ce que vous voyez...
comment voyez-vous le rôle du conseil de l'innovation? Là, il y a... vous n'avez
peut-être pas été capable de m'entendre là-dessus, c'est possible, là, mais le
rôle du conseil de l'innovation dans la résolution, là, de notre enjeu de
productivité, ils ont un rôle spécifique, un, puis là, juste pour être clair là-dessus,
OK? Parce qu'on en parle comme étant une entité importante au gouvernement, on
en parle comme une entité importante pour la CAQ, mais on a appris hier que le
budget du Conseil de l'innovation a été coupé de 25 %. Ça fait que j'essaie
juste de comprendre comment on peut accorder tout ça, là.
M. Boulet : Bon, le rôle du
Conseil de... d'innovation, je le vois comme étant un développeur et un
créateur d'outils et de formation terrain qui vont stimuler l'innovation dans
les entreprises puis on ne pense pas qu'au brevet, on pense aussi à l'intelligence
artificielle et on a mis en place aussi les zones d'innovation économique. Vous
le savez, il y en a une prochaine qui été annoncée, hier dans le budget, la
zone d'innovation minière, qui est tout à fait pertinente avec le contexte de...
et l'importance de la filière des minéraux critiques et stratégiques. Donc, c'est
comme ça que je vois le rôle.
Maintenant, c'est dans le budget, s'il y a
des écarts, il faudrait les vérifier puis partager là-dessus, là, qu'est-ce qui
justifie... en fait, vous me demandez pourquoi ça a diminué?
M. Beauchemin : De 25 %,
oui, ça a été coupé, le budget, là, du Conseil de l'innovation, a été coupé de
25 %.
M. Boulet : Est-ce qu'il y a
une réponse particulière?
Une voix : ...
M. Boulet : Oui. Avec votre
permission, je vais demander à mon sous-ministre de répondre.
M. Beauchemin : Mais
brièvement, il me reste une minute.
Le Président (M. Benjamin) : On
a le consentement?
M. Beauchemin : Oui.
Le Président (M. Benjamin) : Allez-y.
M. Gervais (Mathieu) : Mathieu
Gervais, sous-ministre, Économie, innovation, énergie. Donc, les budgets du
Conseil de l'innovation sont... sont prévus sur cinq ans dans la stratégie
québécoise recherche innovation. Donc, les budgets, oui, sont segmentés par
année, mais le Conseil est en mesure, à partir de son financement historique, là,
de poursuivre ses activités, là, de la même manière, là, évidemment, avec...
M. Beauchemin : OK, sous
question. Donc, vous me confirmez que le budget du Conseil de l'innovation n'a
pas été coupé pour l'année fiscale qui va être 26-27, là, de 25 %?
M. Gervais (Mathieu) : Non,
comme à plusieurs des organisations qu'on soutient, il y a eu des efforts de
demander.
M. Beauchemin : Pardon?
M. Gervais (Mathieu) : Comme...
Je m'excuse. Comme...
Le Président (M. Benjamin) : Nous
disposons malheureusement pour ce bloc-là. Donc, nous allons passer au prochain
bloc et ce bloc-là est réservé à la députée du deuxième groupe d'opposition, Mme
la députée de Verdun, je vous rappelle que vous disposez de 16 minutes 30 secondes.
Mme Zaga Mendez : Merci...
Le Président (M. Benjamin) : Pardon.
Mme Zaga Mendez : Merci, M. le
Président. À mon tour de saluer M. le ministre dans son nouveau rôle, je pense
que c'est ses premiers crédits en tant que ministre de l'Économie, ça fait
quelques années que je porte aussi le dossier et je vais essayer d'aller dans
trois volets, je les annonce... Bien, ma question, pour... d'entrée de jeu...
la première chose qu'on regarde, c'est l'évolution des dépenses du portefeuille
dans tous ministères. On voit quand même une évolution de moins moins 7,3 %
en termes de dépenses de portefeuille pour le ministère de l'Économie et l'Innovation.
Quels ont été les grands changements pour un 7,3 %? Je vous amène...
15 h 36 (version non révisée)
Mme Zaga Mendez : ...au
tableau, le tableau neuf, là, mais on va... on peut vous amener à la page
exacte. Donnez-moi une seconde.
Une voix : ...
Mme Zaga Mendez : Pardon?
Une voix : ...
Mme Zaga Mendez : F.22.
Je m'excuse.
M. Boulet : Avec votre
permission, je vais demander au sous-ministre, parce que c'est du détail assez
granulaire, là, ça fait que je vais laisser...
Le Président (M. Benjamin) :
On comprend que le consentement tient toujours pour... Est-ce que j'ai le
consentement? Mme la députée de Verdun?
Mme Zaga Mendez : Oui.
Consentement. Dans la page F.75.
Le Président (M. Benjamin) :
Parfait. Allez-y.
M. Gervais (Mathieu) : Oui.
Donc, votre question porte sur, je m'excuse, la page F.75 des documents
budgétaires?
Mme Zaga Mendez : Oui. Il
y a quand même une diminution dans le... l'argent, les prévisions des dépenses
pour le portefeuille. Puis nous, on a regardé, ça équivaut à peu près de 7,3 %,
là. Qu'est-ce qui explique cet changement dans les dépenses du ministère?
M. Gervais (Mathieu) : Bon.
Donc, merci. C'est plus clair pour moi. Il y a plusieurs facteurs. Évidemment,
nous, on a un portefeuille qui est composé de... de plusieurs... plusieurs
sources. Une partie importante sont dans des crédits non récurrents. Donc, on a
une récurrence dans nos budgets qui n'est pas nécessairement affectée. Pour le
reste du portefeuille, on doit faire des demandes budgétaires. Donc, il y a une
partie, évidemment, là, qui provient du fait que le budget ne prévoit pas l'ensemble
des sommes pour lesquelles on a disposé les années précédentes. On a, aussi, un
autre facteur qui est la révision des différents dossiers qu'on a en
portefeuille, donc, dans les fonds spéciaux, notamment, qui peut expliquer une
partie de la diminution.
Mme Zaga Mendez : OK. Merci.
On reviendra peut-être en crédits plus tard, mais je voulais avoir l'aperçu
initial. Pour M. le ministre, c'est inévitable, en fait, de vous amener sur un
terrain politique, vu que votre prédécesseure a quitté il y a quelques...
quelques mois pour se présenter à la cour. Elle a dit quelque chose qui a
marqué, quand même, les esprits. C'est qu'elle veut se détacher et prendre un
pas de distance, une vision de l'économie, une approche, là, qui était prônée
par l'ancien député de Terrebonne et ancien ministre de l'Économie. Elle a dit :
Nous... moi, je ne vais pas continuer ladite vision de Fitzgibbon, la même
recette. Et ce que les Québécois retiennent de cette recette-là, c'est de
donner de l'argent de start-up à des grandes multinationales? Vous, quelle
recette, vous suivez? C'est quoi votre philosophie? Est-ce que vous êtes collé
plus aux premières années, aux années de la députée de Sanguinet?
M. Boulet : C'est une
bonne question. Évidemment, il faut s'adapter. Quand je réfère au contexte où
il y a des mutations constantes, on le voit avec le contexte tarifaire,
notamment. Moi, je respecte ce qui a été énoncé par ma collègue de Sanguinet.
Ceci dit, il y a eu plus d'investissements auprès des PME au Québec. Vous m'avez
entendu, je pense, à une question de la collègue de Terrebonne. 94 % des
investissements sont auprès d'entreprises de moins de 250 employés. Le
taux de succès de nos investissements est particulièrement important. Et, je le
répète, à chaque dollar investi, ça génère un projet d'investissement de
4 $ en moyenne. Donc, la recette gagnante, c'est celle qui répond aux
besoins de nos PME et de nos grandes entreprises. Donc, c'est particulièrement
de mettre l'accent sur les secteurs stratégiques : le manufacturier, les
minéraux critiques, l'aéronautique, les sciences de la vie, l'intelligence
artificielle. On a le bonheur d'avoir Mila à Montréal, donc on est présents. On
accompagne avec les laboratoires industriels qui font le pont entre la
recherche publique et la commercialisation des technologies.
Donc, l'approche gagnante, il n'y a pas de
recette, collègue de Verdun.
Mme Zaga Mendez :
J'entends.
M. Boulet : Il n'y en a
pas de recette. Mais il faut savoir s'adapter, répondre à des besoins. Et
laissez-moi terminer avec ceci, pas qu'avec de l'aide financière, mais avec de
l'accompagnement puis de l'expertise. Il faut aussi apprendre à démocratiser
les nouvelles technologies auprès des PME, et c'est ce que nous faisons.
Mme Zaga Mendez : Merci.
Allons parler de PME. Ça fait que vous avez répondu à ma première question. Quand
même, dans le budget, on a 580 millions de dollars pour les PME, sur
une enveloppe de 1,7 milliard. En calcul rapide...
15 h 41 (version non révisée)
Mme Zaga Mendez : ...on est
quand même en bas de la moitié de... du 1,7 milliard énoncé. Vous parlez
de 84 % des investissements, mais regardons-le en termes de dollars, parce
que les gens veulent comprendre, c'est quand même l'argent des Québécois, de
combien d'argent il est donné. Pourquoi encore un ratio si bas dans ce
budget-là?
M. Boulet : Bien, moi, je ne
suis pas d'accord. Ce n'est pas un ratio aussi bas. Il y a 1,7 milliard
pour accélérer la transformation économique du Québec. Et il y a, dans ce
montant-là, 581 millions de dollars en... en faveur des PME dans
toutes les régions pour répondre à leurs besoins, à leurs atouts et contribuer
à leur essor économique.
Et, en parlant d'essor, vous connaissez le
programme ESSOR qui est maintenu. Vous connaissez le réseau Accès PME dans nos
MRC, partout sur le territoire du Québec. Vous connaissez le fonds... le FLI
pour permettre à des entreprises d'investir, répondre à leurs besoins. C'est...
Ça connaît des succès phénoménaux. Puis il y a plusieurs autres programmes. Il
y a départ, il y a le... il y a le Frontières, il y a Innovation, on est là, on
est extrêmement tentaculaires. Mais je vous dirais, collègue de Verdun, Réseau
Accès PME, les FLI puis essor, allez dans toutes les régions, puis je suis
convaincu que, dans votre comté, vous avez eu des entreprises qui vous ont
témoigné de l'effet bénéfique de l'engagement puis de l'implication de notre
ministère puis de notre réseau pour les aider.
Mme Zaga Mendez : Merci. Peut-être
pour aller détailler les 580 millions qui vont aux PME en transformation. Ça,
c'est un nouveau programme ou est-ce que c'est une bonification d'un programme
existant? Pour comprendre l'évolution de cet argent-là.
M. Boulet : Bien, pour le
déploiement, je... plus pratiquement, je demanderais à mon sous-ministre, avec
votre consentement, de répondre plus précisément.
Mme Zaga Mendez :
Consentement.
M. Gervais (Mathieu) : Oui.
Donc, c'est un mélange des deux. Il y a de la... de la continuité dans les
programmes existants. Et puis il y a des nouvelles initiatives.
Mme Zaga Mendez : Oui, pardon,
vous avez dit 580 millions, c'est une bonification d'un programme existant
ou...
M. Gervais (Mathieu) : C'est
un mélange des deux. Je m'excuse, je vais parler un peu plus fort. Les... C'est
un mélange des deux. Il y a des reconductions de programmes existants et puis
il y a également des nouvelles initiatives de prévues. Évidemment, comme on
vient bonifier certains programmes, donc ce sera des nouveaux projets qui
seront autorisés à ce moment-là.
Mme Zaga Mendez : OK, merci.
Vous répondez à ma question. Je vais continuer sur développement économique,
là, aide à des entreprises, puis j'ai le goût de parler d'un... d'un... d'un type
d'entreprise qui, moi, me tient beaucoup à cœur parce qu'elles sont extrêmement
innovantes. C'est tout le secteur de l'économie sociale qui est dans un moment
de crise, un secteur qui nous permet d'innover, d'être résilient et des... des
fois de... reprendre des entreprises. 89 % des entreprises d'économie
sociale ne sont pas admissibles en ce moment aux crédits d'impôt pour la
recherche et l'innovation. Moi, je voulais vous entendre un peu là-dessus. Qu'est-ce
qu'il y a dans ce budget pour les entreprises d'économie sociale? Brièvement,
parce que sinon on va passer longtemps, puis je sais qu'on va avoir des crédits
spécifiques là-dessus. Mais pourquoi ne pas venir... J'aimerais ça vous
entendre sur cette position, de donner, par exemple, des crédits d'impôt pour
la recherche et l'innovation pour nos entreprises en économie sociale.
M. Boulet : OK, je vais
commencer, puis après ça, je vais partager du temps avec mon collègue parce que
ça relève véritablement du ministère des Finances. Ça fait que ma réponse va
probablement se limiter à ça. Mais pour vous dire que je suis extrêmement
sensible à l'importance de l'économie sociale au Québec. J'ai visité dans les
dernières années puis avant, beaucoup d'entreprises en économie sociale où il y
a plus que 60 % des travailleurs, travailleuses qui ont des besoins d'accompagnement
pour exécuter leur prestation de travail. Et je sais aussi l'importance de l'économie
sociale dans le PIB québécois. Donc, c'est sûr que le plan d'action en économie
sociale, je pense qu'il y en a un, plan d'action en économie sociale, de 141 millions...
Mme Zaga Mendez : ...
M. Boulet : ...de 141 millions de
dollars. Maintenant, quant à savoir pourquoi 89 % des entreprises d'économie
sociale ne peuvent pas bénéficier du crédit d'impôt recherche, innovation, je
ne suis vraiment pas en mesure de répondre et on n'a pas la réponse.
Mme Zaga Mendez : Merci. Je
vais continuer, parce qu'il ne me reste pas tant de temps que ça, parler du
secteur alimentaire et l'implication du ministère de l'Économie dans ce secteur-là.
Vous savez, les gens ont une grande préoccupation, c'est le coût de la vie,
tout coûte plus...
15 h 46 (version non révisée)
Mme Zaga Mendez : ...là, j'ai...
vous me dites : Bien, nous, comment on peut intervenir? Mais il y a quand
même des interventions qui sont faites par le ministère de l'Économie, il y a
des subventions qui sont données, par exemple, pour la modernisation dans la
transformation des distributeurs ou même les géants... les épiciers. Quand on
donne cet argent-là, dans les conditions qu'on peut mettre, parce qu'on donne
quand même l'argent des entreprises qui détiennent 80 % du marché, et qui,
vous allez voir leur chiffre d'affaires, sont très profitables, très profitables.
Pendant ce temps-là, les gens continuent à payer de plus en plus cher.
Est-ce que dans les conditions, dans les
types de subventions, des prêts, de l'aide qui est donnée à ces entreprise-là,
il est envisageable de mettre des conditions en termes d'option lutte au
gaspillage alimentaire pour rendre des produits moins chers? Il y a plusieurs
options qui s'offrent à nous, en termes de réduction du prix et de contrôler,
par exemple, les marges des profits de ces épiceries-là. Est-ce qu'il y a une
réflexion sur comment intervenir dans le... dans le fait qu'il peut y avoir les
subventions... les conditions à mettre dans les subventions pour réduire le
panier d'épicerie, en fait?
M. Boulet : OK, si je
comprends bien, vous dites : Quand il y a de l'accompagnement financier
auprès des entreprises dans le secteur alimentaire, est-ce qu'il ne devrait pas
y avoir des conditions pour permettre de diminuer l'impact sur la moins grande
capacité de payer de certaines personnes au Québec?
Mme Zaga Mendez : Surtout
quand on parle de... Parce qu'on le sait, là, ce que Loblaws et Sobeys
reçoivent... on parle des géants. Les petits épiciers, ce n'est pas tous que...
ça rentre dans des programmes PME. Là, on prend vraiment des... dans le
programme de modernisation de l'alimentation, c'est surtout les géants qui en
ont accès.
M. Boulet : Bien, écoutez, tout
à l'heure, je disais, en termes de vision économique, il faut d'abord et avant
tout, au-delà des concepts, savoir s'adapter à des besoins. Et le coût de la
vie pour les Québécois nous préoccupe. D'ailleurs, quand on parle du PIB par
habitant, qui a connu la meilleure croissance, quand on parle du revenu
disponible par habitant qui est le meilleur au Canada, quand on parle de l'augmentation
du salaire minimum qui nous place en peloton de tête, collègue de Verdun...
Mais là vous n'êtes pas sûre, on va en parler dans un autre contexte, mais la
Chaire de fiscalité puis de finances publiques de l'Université de Sherbrooke
nous met au premier rang, en tenant compte de six différentes catégories de
ménages.
Maintenant, quant à savoir si on peut s'immiscer,
bien, je prends acte de l'idée, là, mais, tu sais, quand je parle de capacité d'adaptation,
c'est être ouvert à des idées puis à des nouvelles façons de faire. Moi, je
suis tout le temps ouvert à discuter.
Mme Zaga Mendez : Bien, on va
continuer la réflexion, on va revenir dans d'autres crédits. Moi, c'est une
préoccupation que j'ai, l'alimentation, le coût de la vie, et comment on peut,
en fait, réduire les coûts du panier avec des options. Et, quand on donne des
subventions, on peut mettre des conditions.
Je vais aller plus loin parce qu'il reste
trois minutes, je pense, là, je vais juste prendre un cas d'espèce, parce que
je pense que ça vaut la peine. Dernièrement, dans les nouvelles, on a entendu
parler du cas de Airbus. On parlait tout à l'heure des subventions qui sont
données. Ils voulaient prioriser les PME, mais on a encore... on a encore donné
de l'argent à des géants, à différents moments, mais je vais m'attarder surtout
à ce qui a été donné par le gouvernement présent, de la CAQ, en 2022 et 2024. Et
ça ne va pas super bien. Donc, il y a quand même 400 millions de
dollars qu'on risque de perdre, dans le cas d'Airbus. Quelles sont nos
garanties par rapport à cet argent-là, quand même, des millions de dollars qui
sont donnés à une grande entreprise comme ça?
M. Boulet : Est-ce que votre
point, c'est surtout pour améliorer la qualité de vie des Québécois, Québécoises?
Mme Zaga Mendez : Non, mais
en termes de...
M. Boulet : D'argent.
Mme Zaga Mendez : ...notre argent.
C'est notre argent public que vous avez donné à Airbus, en tout cas... des
milliards, là, jusqu'à aujourd'hui. Il y a encore un risque. 400 millions
sont à risque. Est-ce que vous avez évalué ça? Est-ce qu'on va être capable de
le ravoir cet argent-là?
M. Boulet : Bien, écoutez, si
on revient à Airbus, souvenez-vous qu'on n'a pas été les premiers à s'investir
dans Airbus. La C-séries, ça a été en 2017, avec le gouvernement qui nous a
précédés, puis on a investi, nous aussi, pour poursuivre le développement de l'A220.
C'est un des avions les plus avancés technologiquement, reconnu à l'échelle
mondiale. Et on a surtout contribué à maintenir 3 900 emplois à une
moyenne de salaire de 102 000 $ par année. Et vous savez que le
secteur de l'aéronautique est hyperstratégique pour le Québec. Dans le PIB, c'est
3,1 milliards, les revenus de travail, 2 milliards, les revenus
fiscaux pour le gouvernement du Québec, 567 millions de dollars.
Donc, il y a des décisions qui sont prises au mérite au moment où elles sont
prises...
15 h 51 (version non révisée)
M. Boulet : ...et je voulais
finir aussi pour le coût de la vie, là. Souvenez-vous que, dans le budget,
hier, il y a eu des montants pour les banques alimentaires, pour les
conventions... pour les conversions des garderies. Oui.
Mme Zaga Mendez : On est
quand même propriétaire de 25 % des actions, il y a quand même 400 millions.
Puis les experts disent... puis la probabilité qu'on ne récupère rien ou
beaucoup moins de ce qui a été investi grandit de jour après jour, là, c'est
des millions de dollars. Puis, si je compte qu'est-ce qui a été... allez voir
les articles, investissements de Québec dans... en 2020 ne veulent plus rien,
ça date de quelques semaines, le 20 février. Est-ce qu'on va récupérer cet
argent-là ou pas?
M. Boulet : Bien là,
là-dessus, je vais répondre assez simplement. Quand on analyse les retombées
prévues sur une période de 15 ans, 2023 à 2038 sur le PIB québécois, oui, 9.1 milliards...
Le Président (M. Benjamin) : Malheureusement.
Malheureusement, M. le ministre, c'est tout le temps imparti à ce bloc. Merci à
Mme la députée de Verdun. Nous passons au prochain bloc. Je m'adresse ici à Mme
la députée de Terrebonne, et je vous rappelle qu'il vous reste
10 min 30 s.
Mme Gentilcore : Merci, M. le
Président. M. le ministre, chers collègues, bonjour à tous. Donc, le début...
le budget qui a été déposé hier confirme malheureusement que le gouvernement
refuse toujours de fermer le robinet des fonds publics vers les multinationales,
continue de préférer les chèques en blanc à une réelle stratégie d'autonomie
économique. Donc, il n'y a rien dans ces prévisions-là qui démontre quelque
volonté que ce soit de réduire la dépendance des grandes entreprises aux
subventions. Donc, l'État va rester un guichet automatique qui va servir les
intérêts privés au détriment de nos contribuables, des contribuables québécois.
Récemment, très récemment, la députée de
Sanguinet, qui est candidate à la chefferie, évidemment, de la CAQ et peut-être
même future première ministre du Québec, a fait grand bruit en affirmant
vouloir rompre avec l'interventionnisme de son gouvernement et, par le fait
même, renier son propre bilan comme ancienne ministre de l'Économie, et ainsi
mettre fin à l'ère des subventions à tout vent. Enfin, ça fait des mois, des
années, même, au Parti québécois qu'on dit qu'il faut sabrer dans le bar ouvert
aux grandes entreprises, des subventions aux grandes entreprises. Mais
pourtant, quand on ouvre le budget du gouvernement, à la page A-6, on peut
lire ceci, et je vais citer, si vous me permettez : «Le gouvernement se
donne également une capacité d'intervention additionnelle qui pourra atteindre
2 milliards de dollars au moyen de ses fonds d'investissement pour le
maintien des sièges sociaux au Québec et le développement de la filière des
minéraux critiques et stratégiques.»
Donc, d'un côté, on a les deux aspirants,
en fait, premiers ministres qui veulent rompre avec l'interventionnisme, et, de
l'autre, on a ce budget-là qui est déposé hier et qui démontre absolument le
contraire, donc aucune intention de rompre avec l'interventionnisme. Donc, ma
question pour le ministre est simple, c'est : Est-ce qu'un budget comme
celui-là va tenir la route au-delà de trois semaines en ce qui concerne son
ministère?
Le Président (M. Benjamin) : M.
le ministre.
M. Boulet : Mon Dieu, c'est
quand même... Merci, collègue de Terrebonne. Je ne suis pas sûr de comprendre
la question précise, là, mais on a déjà échangé là-dessus. N'oublions pas le
94 % auprès des PME, des interventions? N'oublions pas le taux de succès.
Puis avant A-6, il y a A-5. Puis, à la page A-5, on parle du PIB, on parle
du revenu disponible, on réfère à la productivité. Donc, on va continuer, je
pense, puis je vais le répéter, d'intervenir en tenant compte du mérite de
chacun des projets, que les projets émanent des plus petites ou des plus
moyennes ou des plus grandes entreprises.
Et les interventions... je le répète, pour
chaque dollar d'intervention, ça génère un projet de 4 $, puis ça, c'est
bénéfique pour l'économie. Puis vous m'excuserez de référer encore à GROUPE ADF,
à Terrebonne, qui sont dans le secteur de l'acier. Ils ont obtenu le plus
important contrat de l'histoire de cette entreprise-là. Des histoires à succès
comme Groupe Lebel, comme Tremcar auquel je référais un peu plus tôt, Davie, Premier
Tech aussi à Rivière-du-Loup... et les fonds auxquels vous référez n'accordent
pas de subventions, c'est souvent... ça peut être des prises en participation,
ça peut être des prêts conditionnels. Tout ça se négocie, ça se négocie avec
des documents d'analyse qui sont extrêmement rigoureux. Il y a des négociateurs
au sein du MEIE, il y en a au sein d'Investissement Québec, il faut stimuler l'économie.
Puis il ne faut pas penser qu'en termes de dollars, je vais finir là-dessus... penser
à la création d'emplois, penser aux contrats que ça génère, penser à la filière
que ça développe et penser aussi à l'expertise que ça renforce. Donc, c'est ça...
il faut...
15 h 56 (version non révisée)
M. Boulet :
...intervenir
pour stimuler. Il ne faut pas intervenir uniquement pour des raisons
financières.
Mme Gentilcore :
Mais
mettons qu'on oublie ce que moi, je pense, parce que, dans les faits, ce n'est
pas important. Moi, je me réfère à ce que votre collègue, la députée de
Sanguinet, pense, à que votre collègue, le député de Lévis, pense, qui vont
être vos prochains patrons. Eux veulent justement avoir moins d'interventionnisme.
Ils veulent, eux... voir un changement dans la façon de faire. Et ce
changement-là ne se reflète pas dans ce budget-là.
Moi, ma question, c'est : Quand un de
ces deux-là va prendre la tête de votre... du parti de M. le ministre, qu'est-ce
qui va arriver avec ce budget-là? Comment on va l'appliquer pour concrètement
voir les changements s'opérer avec la nouvelle philosophie du nouveau chef?
Le Président (M. Benjamin) :
...
M. Boulet :
Donc,
il y a des mesures, il y a des programmes, il y a de l'aide, il y a de l'accompagnement.
Et c'est la direction qui est souhaitée, que le gouvernement a empruntée pour
stimuler l'économie. On vit dans une période d'incertitude, de grande
imprévisibilité, qu'on ne pense qu'aux tarifs sectoriels, donc il faut tenir
compte de la valeur et du mérite de chaque projet, ne pas intervenir de façon
arbitraire, intervenir de façon à ce que ça génère des retombées puis des
résultats concrets pour l'économie du Québec.
Et il faut que je réfère tout le temps à
la création d'emplois, des emplois qui peuvent être bien rémunérés, les
contrats, les filières stratégiques, l'expertise. Et tout ça, c'est bénéfique,
parce que ça améliore la prospérité du Québec, ça contribue à l'augmentation du
PIB, ça fait en sorte qu'on est capables de générer des revenus après impôts
qui sont supérieurs, et ça nous permet d'améliorer la productivité.
L'avenir appartient aux pays puis aux
territoires qui sont en mesure de se distinguer par l'innovation, la
productivité puis l'intelligence artificielle. Puis, vous le savez, on a aussi
des instituts qui s'intéressent beaucoup à l'intelligence artificielle dans la
région de Québec, à Montréal. Vous connaissez Mila. On a annoncé un partenariat
stratégique avec Mila pour soutenir leurs activités de recherche et de
développement. C'est ça, l'interventionnisme, c'est de permettre à nos
entreprises d'avoir l'accompagnement qui est requis pour leur sain
développement. Puis Mila ne fait pas affaire qu'à Montréal. On a l'impression
que la masse critique ou que tous ceux qui...
Oui, M. le Président. Tous ceux qui en
bénéficient sont dans les grandes... dans les grands milieux urbains, mais dans
toutes les régions du Québec. Merci, M. le Président. J'ai compris.
Le Président (M. Benjamin) :
...Mme la députée de Terrebonne.
Mme Gentilcore :
Parlant
de... Parlant de retombées, j'aimerais ça parler de Nemaska Lithium, qui est au
ralenti. En février dernier vous avez encore une fois allongé 275 millions de
dollars pour Nemaska, un dossier qui n'arrête pas de coûter très cher aux Québécois.
C'est un projet stratégique, je veux bien, mais à quel prix? On... On injecte
des centaines de millions de dollars alors que le marché du lithium est
volatil.
La députée de Sanguinet, encore une fois,
elle veut mieux encadrer les fonds. Elle a sûrement dû froncer les sourcils
quand elle a vu cette dépense-là, massive, qui a été décidée juste avant le
budget. D'abord, est-ce que ça avait été discuté avec la députée de Sanguinet
pour ces 275 millions là de dollars ou c'était déjà attaché, peut-être,
avant... avant qu'elle quitte son poste? Et surtout, pouvez-vous exclure
aujourd'hui de devoir remettre encore de l'argent dans Nemaska en utilisant l'enveloppe
de 2 milliards qui est prévue à la fameuse page A.6 du budget déposé
hier?
Le Président (M. Benjamin) :
...ministre.
M. Boulet :
La
réponse, c'est non. C'est notre dernier investissement. Et là il y a un
opérateur qui s'appelle Rio Tinto Alcan, qui a énormément d'expertise, en qui
on fait totalement confiance. J'ai eu des discussions avant que Rio Tinto Alcan
exerce son droit de direction et de diminuer la cadence de production. Ils ont
fait une analyse. Ils embarquent dans un exercice d'optimisation. Il est tout à
fait pertinent de redire que Rio Tinto a l'intention de respecter ses
engagements, de respecter les échéanciers. Ils ont cependant constaté qu'il y
avait des problématiques de productivité. Je le répète, ça, c'est un bel
exemple de transformation au Québec d'un minérau critique qui s'appelle le
lithium. Il y a des... On est à Whabouchi, on est à Galaxy. C'est des minéraux
qui sont ramenés à Bécancour pour une usine de conversion en hydroxyde de
lithium. C'est bon pour l'économie. C'est énormément d'emplois. C'est près de
500 emplois avec une moyenne de rémunération de 133 000 $ par
année. Donc, c'est un super beau projet. Et je suis...
16 h 01 (version non révisée)
M. Boulet : ...confiant que Rio
Tinto Alcan va continuer d'aller de l'avant et...
Mme Gentilcore : Donc pas d'argent
supplémentaire de la part du gouvernement dans Nemaska, c'est ce que vous me
dites.
M. Boulet : C'est certainement...
Mme Gentilcore : C'était le
dernier... le dernier avertissement.
M. Boulet : Oui.
Mme Gentilcore : Merci
beaucoup. On va passer maintenant à Qscale, un sujet récent. Le ministre des
Finances a justifié ces 2 milliards-là en brandissant la menace sur nos
sièges sociaux, mais on a appris cette semaine que QScale, un fleuron de nos
centres de données haute performance est vraisemblablement sur le point d'être
vendu à des intérêts américains. C'est une entreprise que le... que Québec a
soutenu, qui utilise notre énergie, qui s'apprête à faire ses valises et à
quitter. Donc, pendant que vous parlez de... que le gouvernement parle de
capacité d'intervention, nos fleurons passent sous contrôle étranger un par un,
il y en a d'autres, Eddyfi, ..., Uni-Sélect, Logitech, MDF commerce, ambulance...,
Brain Box AI. Bref, il y en a une panoplie, donc, moi, ce que je me demande, c'est
que puisque vous gérez aussi... puisque le ministre gère également l'énergie,
est-ce que le ministre a eu des discussions avec Qscale depuis l'annonce de la
vente.
M. Boulet : Bon, évidemment,
je veux juste rappeler que c'est à ce jour une hypothèse de transaction, puis
quand il y a des discussions de cette nature-là, elles doivent demeurer
totalement confidentielles. Puis rappeler aussi que la nature de QScale, c'est
un espace et on loue à des entreprises qui viennent s'y installer pour stocker
des données et les entreprises qui sont là, c'est des entreprises américaines.
Comme la transaction n'est pas finalisée, bien, je vous rappellerai que c'est
sûr que ce n'est jamais le plus souhaitable, mais, pour chaque entreprise...
Le Président (M. Benjamin) : Malheureusement,
M. le ministre, c'est tout le temps imparti.
Une voix : ...
Le Président (M. Benjamin) : C'était
très bon. Mais nous devons aller au prochain bloc, nous devons aller au
prochain bloc. Le prochain bloc est réservé à l'opposition officielle. M. le
député de Marguerite-Bourgeoys, vous disposez de sept minutes.
M. Beauchemin : Merci, M. le
Président. Donc, tout à l'heure, on parlait, là, du Centre de l'innovation...
Conseil de l'innovation, pardon, et, donc j'ai cru comprendre de la part de
votre collègue, M. le ministre, comme quoi qu'on était donc devant une
acceptation, là, qu'il y a eu une coupure. Moi, j'ai le chiffre, là, c'est
25 % qui a été demandés de couper, là, au Conseil d'innovation. Alors, ma
question étant donné qu'on sait que le Conseil de l'innovation a demandé... mentionne
que 50 % de ces entreprises qui innove pour des raisons qui s'apparentent
à un manque de compréhension de leur opportunité, alors qu'il y aurait des
gains évidemment de productivité potentielle. En d'autres mots, le rôle du
Conseil de l'innovation, c'est d'envoyer le message à des entreprises
québécoises d'innover, de comment innover, comment... quel guichet aller cogner
exactement, quelles sortes de méthodes que vous pouvez faire, où est l'endroit
le plus approprié pour vous pour faire de l'innovation, etc., etc. Donc, c'est
ça le rôle du Conseil de l'innovation de promouvoir le message.
Alors, maintenant qu'on sait que le
Conseil d'innovation comprend que 50 % minimum des entreprises n'innove
pas parce qu'ils ne sont juste pas au courant de comment ça marche avoir accès
à l'aide gouvernementale pour ça, qu'est ce que vous en tirez, là, comme leçon
du fait qu'on leur enlève justement 25 % de leur budget? Est-ce que vous
croyez que ça va aider à passer le message?
M. Boulet : OK. OK, je vais...
je vais risquer une réponse, là. Bon, le sous-ministre a répondu, rappelons-nous
que pour la Stratégie québécoise de recherche innovation, c'était 7,5 milliards
pour les années 2022-2027, il y avait 125 millions uniquement en
intelligence artificielle, donc on est encore à l'intérieur de cette période de
temps là, et l'innovation n'est pas exclusive à un conseil ou à un organisme.
Tu sais, quand on parle d'innovation technologique... Oui, non...
M. Beauchemin : Non, mais c'est
parce que, si je peux...
M. Boulet : Parce que je ne suis
pas sûr de comprendre.
M. Beauchemin : Oui, bien, c'est
ça, je vais peut-être... la préciser. Donc, le conseil d'innovation, là, c'est
eux qui ont eu leur budget coupé de 25 %.
M. Boulet : Oui.
M. Beauchemin : OK. Et donc
leur responsabilité, c'est de faire la promotion de comment arriver à se servir
de l'appareil gouvernemental pour aider à innover, faire de l'innovation. On
leur coupe... Et ils disent 50 % des entreprises ne comprennent pas, n'ont
jamais été même rejoints parce qu'ils n'ont pas les... ils n'ont pas les moyens
de rejoindre tout le monde. Ça fait que, là, ils disent... On ne parle même pas
à 50 % du monde. Alors on coupe leurs budgets de 25 % en plus. Pensez-vous
vraiment qu'on va être capables de mieux faire la promotion de l'aide que le
gouvernement veut faire pour aider une innovation?...
16 h 06 (version non révisée)
M. Boulet : ...bien
évidemment, puis c'est... ce que je voulais soulever... il y a des alternatives
aussi. Tu sais, quand on parle d'innovation dans nos programmes, peu importe la
nature du programme, puis là j'ai fait l'inventaire de nos programmes, l'innovation
en fait partie. Puis le conseil de l'innovation, oui, il est porteur de
formation, d'accompagnement, mais quand on parle de Mila, quand on parle d'autres
instituts, quand on parle du centre de recherche du crime à Montréal, quand on
parle de nos programmes, dans leur application, on s'intéresse à la capacité et
au potentiel innovateur des entreprises, que ce soit IQ, que ce soit via nos
programmes, même Essor et Frontières et Panorama, quand on parle de liquidités,
quand on parle de diversification des marchés, dans le contexte incertain
actuel, il ne faut pas dire : C'est coupé là, donc il n'y aura plus d'innovation
au Québec. Le 1,7 milliard de dollars pour accélérer la
transformation économique du Québec, ça passe aussi par l'innovation, la
productivité et l'automatisation. Je comprends ce signe-là. Oui.
M. Beauchemin : Mais c'est
parce que le point que... le point que je faisais, M. le ministre, là, OK, c'est
que vous, vous y allez avec des exemples spécifiques de d'autres bras qui, eux,
ont des rôles spécifiques dans l'univers de l'innovation. Je peux peut-être utiliser
une analogie, là, OK. C'est comme le guichet d'entrée, un peu, le conseil d'innovation
pour... de façon macro, à rejoindre l'ensemble... Je n'ai peut-être pas la
bonne analogie, là, mais, je veux dire, leur rôle à eux, c'est de justement
faire la promotion de comment en arriver à pouvoir innover.
M. Boulet : Ah! écoutez, sans
être... juste pour vous préciser qu'on a un réseau accès PME, qui joue
spécifiquement ce rôle-là, où il y a 450 professionnels qualifiés qui
peuvent se déplacer, faire des diagnostics, élaborer un plan d'action en
collaboration avec les entreprises. Puis vous lisez les revues spécialisées en
affaires, avec le buy-in ou avec l'engagement de tous les acteurs des
entreprises internes, mais notre guichet, notre porte d'entrée, c'est le réseau
d'accès PME. C'est tous nos tentacules humains et professionnels qui sont
répartis sur l'ensemble du territoire du Québec. C'est pour ça que je dis :
Il n'y a pas d'exclusivité. Il y a l'accompagnement qui est nécessaire et qui
doit s'adapter à des besoins qui sont vraiment particuliers. Si vous ne me
faites pas ça, c'est que je peux continuer?
M. Beauchemin : Bien, c'est
parce que...
Le Président (M. Benjamin) : M.
le député de Marguerite-Bourgeoys.
M. Beauchemin : Il réagit à
mon regard.
M. Boulet : Ah oui?
M. Beauchemin : Donc, moi, ce
que je veux, c'est de... qu'on parle de l'intelligence artificielle dans ce
contexte-là. Parce que le rôle du Conseil de l'innovation, c'est de faire la
promotion de l'innovation en ce qui concerne spécifiquement l'intelligence
artificielle, et ce budget-là leur a été coupé de 25 %. Mais, bon, on va
souligner juste l'incohérence, là.
Il me reste 30 secondes. Rapidement. Donc,
vous avez discuté que les tarifs sont la raison pour laquelle, grosso modo, on
a eu une baisse de 0,7 % des investissements non résidentiels des
entreprises qui s'en vient en 2026, mais le gouvernement prévoit une hausse de
1,7 %, donc, l'année suivante. Alors, les tarifs de Trump, la négociation,
tout ça, on la prend pour acquis, là, c'est sûr qu'on signe, il n'y en aura
plus de tarifs. C'est ça, la raison pour laquelle on a eu une augmentation?
Le Président (M. Benjamin) :
Vous avez 10 secondes.
M. Boulet : Je n'ai pas de
réponse. Je n'ai pas de réponse à donner à ça. Évidemment, c'est des
anticipations, c'est des... mais tout est imprévisible, vous le savez. Ce que
nous vivons avec...
Le Président (M. Benjamin) : Merci,
M. le ministre, c'est tout le temps malheureusement imparti pour ce bloc.
M. Boulet : Merci.
Le Président (M. Benjamin) : Et
voilà. Donc, je tiens à vous remercier, M. le ministre, et merci aussi au
député de Marguerite-Bourgeoys. La commission plénière ayant terminé cet
échange, je remercie les personnes qui y ont participé.
Et, pour permettre à la commission de
poursuivre sa séance, je prie toutes les personnes qui doivent se retirer de le
faire immédiatement. Je suspends donc les travaux pour quelques instants.
(Suspension de la séance à 16 h 11)
16 h 11 (version non révisée)
(Reprise à 16 h 16)
La Présidente (Mme
Soucy) :
Donc, la commission
plénière reprend ses travaux sur l'étude de crédits proviseurs... provisoires
pour l'année financière 2026-2027. Au cours de la prochaine heure, nous
allons procéder à un échange entre M. le ministre de l'Immigration, de la
Francisation et de l'Intégration et les députés de l'opposition. Nous
commencerons par les... les remarques préliminaires. Je vous rappelle qu'un
maximum de six minutes est alloué au groupe parlementaire formant le
gouvernement, et trois minutes au groupe parlementaire formant l'opposition
officielle, et une minute 50 secondes au deuxième groupe d'opposition, et
une minute 10 secondes au troisième groupe...
16 h 16 (version non révisée)
La Présidente (Mme Soucy) :
...d'opposition. Mais je pense que vous ne prendrez pas vos
remarques préliminaires, on m'a dit, donc le... Sauf M. le ministre. Donc, j'accorde
immédiatement la parole à M. le ministre. Et, bonjour, M. le ministre, les
oppositions ainsi que les gens qui vous accompagnent, M. le ministre. Alors,
sans plus tarder, je vous cède la parole.
M. Roberge :
Merci
bien, Mme la Présidente. D'abord, je salue les collègues oppositions qui sont
présents à cet exercice-là, saluer les collègues aussi, la formation politique
et toutes nos équipes qui nous aident à répondre aux questions.
Dans les remarques préliminaires, je
voudrais m'attarder sur un exercice important qu'on réalise. En fait, on a
commencé ça en juillet, août de l'an passé. On a déployé un nouveau programme,
Programme de sélection des travailleurs qualifiés, PSTQ. On a réellement fait
trois rondes invitations préalablement, une en décembre, une en janvier, une en
février. C'est bien parti. 6 928 personnes en trois invitations.
Et qui sont ces personnes-là qui ont été
invitées lors des trois premières invitations du Programme de sélection des
travailleurs qualifiés? D'abord, beaucoup, beaucoup des diplômes du Québec.
Donc, je veux envoyer le message à nos institutions d'enseignement supérieur,
les cégeps, les universités : On a dit qu'on prioriserait les diplômes
québécois, bien, écoutez, 54 % des invitations jusqu'à présent, eh bien,
ce sont des personnes qui ont un diplôme d'une institution québécoise qui ont
été sélectionnées, non pas pigées au hasard, mais bien sélectionnées dans le
cadre du PSTQ. Donc, c'est un message pour nos établissements d'enseignement
supérieur, pour nos étudiants étrangers, vous pouvez avoir confiance d'être
sélectionnés puisque c'est prioritaire.
Ensuite, évidemment, comme on sélectionne,
on ne prend pas les gens par ordre d'arrivée, comme ça, bien, on choisit les
gens qui exercent une profession en déficit de main-d'œuvre. Bien, depuis le
début, 93 % des gens sélectionnés sont dans des domaines en déficit de
main-d'œuvre. Parce qu'évidemment, lorsqu'on décide de donner la permanence à
quelqu'un qui est ici sur un statut temporaire... Puis je le répète, je le...
je le précise, les gens qui sont ici sur un statut temporaire ont signé comme
quoi ils étaient prêts à quitter. C'est un... C'est un statut qui est
temporaire. Ils doivent, lorsqu'ils acceptent ce statut, ce permis-là, dire :
Je... Peut-être que je devrai partir. Mais nous, on dit : Si vous êtes en
déficit de main-d'œuvre, dans un secteur en déficit de main-d'œuvre, on vous
prend de manière permanente. 66,4 % des gens sélectionnés résident à l'extérieur
de Montréal et Laval. Et, si je disais juste Montréal, je dirais 70 % des
gens sont à l'extérieur de Montréal. Donc, on ne peut pas dire qu'on ne prend
personne à Montréal, 30 % des gens qu'on prend sont à Montréal. D'ailleurs,
plusieurs sont des diplômés de nos institutions. On a des grandes institutions
sur l'île de Montréal. Mais, quand on parle d'une opération de régionalisation,
bien, c'est de ça dont on parle.
D'ailleurs, lorsqu'on parle de
régionalisation, allons-y région par région, donner quelques exemples. Par
exemple, en Estrie, bien, 55.8 %... pardon, 5.8 %, ça, c'est la
proportion du poids démographique de l'Estrie au Québec. En 2024, même s'ils
sont 5.8 % de la population en Estrie, ils ont eu juste 2.3 % des
gens dans le programme PEQ. Ils étaient réellement défavorisés par le PEQ. Ils
sont 5.8 % de la population, il y avait 2.3 % dans le programme PEQ.
Depuis la ronde d'invitations PSTQ, ils ont reçu 6.4 % des invitations.
Donc, l'Estrie, réellement gagnante. Je pourrais dire la même chose pour le
Saguenay-Lac-Saint-Jean. Ils sont 3.2 % de la population. En 2024, ils ont
eu 1.8 % des dossiers dans le PEQ. Ils étaient défavorisés par le PEQ.
Mais avec le PSTQ, ils sont 3.2 % de la population, ils ont eu 4.2 %
des invitations. Et on peut continuer comme ça pour beaucoup, beaucoup,
beaucoup de régions.
C'est ce qui a amené d'ailleurs, dans des
médias régionaux, des gens qui ont souligné le travail du nouveau programme.
Par exemple, dans l'Hebdo Mon Matane, je lis le titre de l'article : Le
Bas-Saint-Laurent profite de la régionalisation de l'immigration. Un extrait :
«Au Bas-Saint-Laurent, les résultats sont déjà visibles. En seulement trois
vagues d'invitations mensuelles, le nombre de personnes invitées dans le cadre
du PSTQ dépasse celui des requérants principaux sélectionnés dans le PEQ durant
toute l'année 2024.» En trois rondes d'invitations, en trois mois, le
PSTQ, ils ont eu plus de personnes que dans le PEQ pour toute l'année 2024.
Dans le journal l'Horizon, le titre : Une régionalisation de l'immigration
qui fait ses preuves. Dans le journal Mon Témiscouata, le titre : Québec
poursuit ses... ses efforts pour régionaliser l'immigration, et le
Bas-Saint-Laurent en récolte les fruits». Dans le Nord-Côtier, le titre :
Immigration, des invitations octroyées à la Côte-Nord via le Programme de
sélection des travailleurs qualifiés. Radio-Canada Côte-Nord aussi souligne ce
qui a...
16 h 21 (version non révisée)
M. Roberge : ...effet, et un
exclusif, Mme la Présidente, on dirait «scoop», mais comme ministre de la
Langue française, je vais dire un «exclusif» : nous faisons aujourd'hui 2 500
invitations. Les invitations du mois de mars, c'est aujourd'hui que ça se
passe. Et mon équipe m'a dit que quelqu'un a écrit ceci aujourd'hui, ayant reçu
une invitation sur un média social, on ne le connaît pas, mais cette personne-ci
a témoigné aujourd'hui : «Merci, mon Dieu! Première étape franchie, j'ai
reçu aujourd'hui mon invitation dans le volet 3, professions réglementées, PSTQ.
J'ai soumis ma déclaration d'intérêts il y a seulement deux semaines. Mon
pointage : 722. Je travaille actuellement comme préposée aux
bénéficiaires, mais j'ai déclaré, comme profession principale, infirmier,
puisque j'ai déjà obtenu une reconnaissance de l'Ordre des infirmiers. Je suis
au Québec depuis un an et six mois, à l'extérieur de la CMM. Même si le PEQ ouvre,
je ne suis pas admissible, ça ne fait pas encore deux ans d'expérience. Donc,
cette invitation montre bien que, un, le MIFI ne fait pas un tirage au sort,
mais sélectionne selon les profils recherchés, les secteurs prioritaires. Dans
mon cas, profession en forte demande. Bon courage à tous. Ne lâchez pas, votre
tour peut arriver plus vite que vous ne le pensez.» Témoignage d'un client
satisfait. 2 500 invitations aujourd'hui s'annoncent, au 6 928 faites
préalablement lors des trois premières invitations, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
Soucy) : Merci. Merci, M. le ministre. Donc, maintenant, nous
allons passer aux échanges. Alors, M. le député d'Acadie, je vous laisse la
parole.
M. Morin : Merci, Mme la
Présidente. M. le ministre, collègues députés. Bonjour aux gens qui vous
accompagnent, également, M. le ministre. Quelques... quelques questions pour
vous dans cet échange. Quel est votre budget en francisation en 2026‑2027?
M. Roberge : Merci bien, Mme
la Présidente.
La Présidente (Mme
Soucy) :M. le ministre.
M. Roberge : Oui, je vais retrouver
le chiffre ici, dans mon dossier francisation. Le budget... excusez-moi, on va
me l'envoyer. Est-ce qu'on l'a dans le Teams ou je le trouve ici? Ici, j'ai les
chiffres pour la francisation, le montant. Ah! Voilà, je l'ai. Très bien.
Merci.
Alors, alors, alors, pour 2025‑2026,
dépenses, 252,9 millions. Il y a une partie des sommes qui ont été
transférées en accompagnement, soutien en intégration dans le PASI et aussi
pour la reconnaissance des diplômes des gens qui sont arrivés.
M. Morin : Et il y a une
variation par rapport à l'an passé, c'est plus ou moins?
M. Roberge : L'an passé... Je
vais venir vous faire un petit historique, là. En 2020‑2021, 172 millions,2021‑2022,
168...
M. Morin : Juste pour l'an
passé.
M. Roberge : J'arrive. 2022‑2023,
186, 2023‑2024, 217, 2024‑2025, 251, 2025‑2026, 325.
M.
Morin :Donc, 2025‑2026... 2025‑2026, vous avez dit...
M. Roberge : 2025‑2026, 325 millions
étaient budgétés.
M. Morin : 325 millions.
Puis 2026‑2027?
M. Roberge : Pour le budget 2026‑2027,
pour l'année qui vient, on va me transférer l'information... vous donner, mais,
ce qu'on a dépensé cette année, à terme, ça a été 252,9 millions puisqu'on
a utilisé des sommes aussi pour ce qui s'appelle le PASI, le Programme d'accompagnement
du soutien à l'intégration, puis aussi pour la reconnaissance des compétences
des personnes qui sont sur le territoire. Pour 2026‑2027, on va me transférer l'information.
Le voici, 258 millions pour 2026‑2027.
M. Morin : Pour 2026‑2027. Donc,
c'est une... c'est une diminution. Dans le livre, volume 2, Budget des dépenses,
à la page 212, en ce qui a trait à votre ministère, on parle d'un réaménagement
budgétaire au bénéfice du programme 0.1, Direction et soutien aux activités du
ministère en provenance du programme 0.2, Immigration, francisation et
intégration en fonction des besoins. Donc, est-ce que je comprends bien que
vous transférez des sommes qui étaient utilisées sur le terrain pour consolider
votre ministère?
La Présidente (Mme
Soucy) :M. le ministre.
M. Roberge : Juste préciser,
les dépenses finales pour l'année qui s'est passée, finalement, en
francisation, ça a été 252,9 millions, on va dire, 253. En 2026‑2027, on s'en
va à 256, ce qui est tout de même une hausse par rapport aux dépenses qui ont
été faites précédemment. Puis il faut voir aussi qu'en ce moment, la...
16 h 26 (version non révisée)
M. Roberge : ...la
demande pour les cours de francisation a baissé par rapport à la hausse qu'on a
eue extrême au début de Francisation Québec. Et, si vous permettez, je vais
vous montrer un graphique qui est très parlant. C'est qu'en ce moment, bien,
ça, c'est le nombre de personnes qui est en attente. Je ne sais pas si on peut
le voir à l'écran ici.
M. Morin : Oui, mais ce
n'est pas ma question, Mme la Présidente. Moi, je voulais avoir le chiffre,
puis mon temps est compté. Bien oui, je voulais savoir si... compte tenu de l'information
qu'on a dans le budget des dépenses, volume II, page 212, si le
réaménagement budgétaire de l'argent a été pris au niveau du programme 02
et s'est envoyé dans le programme 01. Est-ce qu'il y a moins d'argent sur
le terrain au bénéfice du ministère et de l'organisation ou la gestion du
ministère? Ma question est très simple. C'est oui ou non.
M. Roberge : Non, il n'y
a pas moins d'argent sur le terrain. Ce qui se passe, c'est qu'il y a de l'argent
qui était dans le budget global, qui était dédié à... aux TI, à l'informatique.
Avant, c'était intégré dans l'enveloppe globale. Par exemple, en francisation,
je pense qu'on avait quelque chose comme, c'est-tu 14 millions? On avait
un certain nombre de millions de dollars pour les TI en francisation. Et, au
ministère, on avait aussi de l'argent, par exemple, pour les TI, dans les
programmes d'accueil, on avait de l'argent pour les TI dans les programmes avec
les municipalités. Donc, le budget informatique était divisé par secteur. Là,
on a décidé de consolider tous les budgets étayés en un seul. Donc, ça peut
faire croire que le budget, mettons, francisation, diminue, mais en réalité, on
a juste réparti différemment les sommes. L'argent qui était en TI demeure en
TI. On ne retire pas d'argent en francisation. C'est une manière différente de
compter les choses. Plus efficace au MIFI de travailler de cette manière-là.
M. Morin : Je vous
remercie. Vous nous avez parlé, bien sûr, du PSTQ et des gens qui ont reçu des
lettres d'invitation. Comme j'ai dit à plusieurs reprises, je reconnais, M. le ministre,
que vous avez toute la latitude, l'autorité, le pouvoir de mettre en place un
nouveau programme. C'est ce que vous avez fait avec le PSTQ. Mon enjeu, et que
vous connaissez très bien, ce n'est pas le nouveau programme, c'est l'absence
de mesures transitoires entre le PEQ et le nouveau programme. Et là, vous avez
laissé des gens en plan. Vous avez, évidemment, stressé bien du monde. Et j'aimerais,
j'aimerais vous rappeler, quand on a fait la planification en immigration, vous
vous souvenez, on a entendu un expert du gouvernement, M. le professeur
Rousseau, qui est venu nous parler de l'importance de la francisation, de l'importance
du français et de l'importance d'une cohérence entre notre politique, et,
notamment, tous les liens qu'on a avec la France. Et je le... je le cite, il
disait : «Et enfin, on attire votre attention sur le fait que dans toutes
les relations internationales du Québec, celle avec la France est hyper
stratégique.» C'était le 2 octobre. «Et si jamais la politique de
réduction de l'immigration au Québec devait affecter négativement les Français,
ça pourrait nuire à la relation France-Québec et plus largement aux relations
internationales du Québec. Donc, on va vraiment vous alerter là-dessus.»
Récemment, on lisait dans les journaux que
l'ambassadeur de France au Canada est sorti de sa réserve, Son Excellence M. Miraillet.
Et on rappelle dans un article publié dans Le Devoir le 31 janvier,
on dit : «L'ambassadeur, M. Miraillet, n'y est pas allé de main morte
en confiant à l'édition montréalaise en ligne du Petit Journal qu'on
assistait à la fin de l'âge d'or de l'accueil des Français qui voulaient
immigrer ou rester au Canada.» Il y a plusieurs Français qui m'ont appelé,
écrit. Ils sont venus ici, ils ont été invités ici alors que le PEQ existait.
Ils se retrouvent maintenant en plan. Ils n'ont pas été appelés par le PSTQ.
Alors, qu'est-ce que vous en pensez? Comment vous réagissez à l'alerte que le
professeur Rousseau vous faisait? Et est-ce que vous avez eu des discussions
avec le gouvernement français pour tenter de rétablir la réputation du Québec
vis-à-vis la France que visiblement vous avez entachée?
La Présidente (Mme Soucy) :Merci, M. le député. M. le ministre, à vous la parole.
M. Roberge : Mme la Présidente,
je ne suis pas d'accord avec la prémisse de sa question. Je veux préciser, pour
ce qui est de la...
16 h 31 (version non révisée)
M. Roberge : ...le gouvernement
s'est déjà engagé à améliorer la transition entre l'ancien programme, le PEQ,
et le programme d'avenir pour le Québec, le Programme de sélection des
travailleurs québécois. Donc, il y aura des mesures qui seront déployées et
dévoilées dans les prochaines semaines, les prochains mois pour, je vous dirais,
avoir une meilleure transition entre un programme et l'autre. Il n'y a pas de
nouveauté ici, ça a déjà été mentionné et repris, divulgué dans les médias.
Pour ce qui est de nos amis français, d'abord,
je veux préciser qu'il y a quelques semaines, j'ai eu une conversation privée
très constructive avec le consul général de France, M. Lamouroux. En fait,
on a eu un petit déjeuner, on a discuté de beaucoup de sujets, on a parlé de ça
et je pense qu'il a été rassuré, s'il était inquiet. Enfin, il a très, très
bien compris ce qu'on fait au Québec. Il a très, très bien compris que les
Français sont des immigrants de choix. Évidemment qu'on les accueille et qu'on
va continuer à les accueillir en très, très grand nombre et à bras ouverts.
D'ailleurs, pour les trois premières
rondes d'invitations dont je parlais tout à l'heure, je n'ai pas les chiffres
pour aujourd'hui, je vous ai dit qu'aujourd'hui on faisait 2 500 invitations,
mais pour les trois premières rondes d'invitations du PSTQ, bien, en première
place, et de loin, c'est... ce sont, plutôt, les ressortissants français qui
sont les premiers, ceux qui ont été les plus nombreux à être sélectionnés, plus
de 200 % d'écart entre eux, qui sont en première place, et ceux qui
suivent. Donc, les Français ont été vraiment privilégiés. C'est eux que nous
avons sélectionnés en plus grand nombre depuis la création du programme PSTQ.
Et ça tombe sous le sens parce qu'il faut avoir des connaissances de français
pour se qualifier dans un nouveau programme, évidemment à l'oral, mais pas
seulement, à l'écrit aussi. Le PEQ ne demandait pas des connaissances à l'écrit,
je le souligne, rehaussement des exigences, ce qui favorise évidemment les
Français.
Il y a aussi des points supplémentaires.
Donc, oui, on a un niveau minimal de français pour se qualifier, mais si on le
dépasse, il y a des points supplémentaires qui sont donnés aux candidats qui
appliquent. Il y a aussi le fait que, souvent, pas tout le temps, mais très
souvent, les Français qui arrivent ici sous un statut temporaire, bien, ils
arrivent ici jeunes, il y a des points pour l'âge et souvent ils sont diplômés
ici, ils arrivent ici et ils diplôment puis il y a des points pour ça aussi.
Mais, au-delà de ça, au net net, on le voit, les ressortissants français ont
été les premiers sélectionnés, numéro 1, depuis qu'on a lancé le programme
PSTQ. Donc, il n'y a pas d'inquiétude pour ces gens.
M. Morin : Pourtant, le...
La Présidente (Mme
Soucy) :...M. le ministre. M. le député d'Acadie.
M. Morin : Oui. Merci, Mme la
Présidente. Alors, j'écoute, M. le ministre, sauf que, très récemment, dans La
Presse, il y a un article qui titrait... en fait, il y a quelques jours :
Des élus français appellent Paris à l'aide. Des élus français réunis à
Ottawa ont voté à l'unanimité une résolution demandant à Paris de venir en aide
aux Français forcés de quitter le Québec après l'abolition du PEQ. Des familles
mettent leurs biens en vente pour finaliser le retour. Et ce qu'on nous apprend
dans l'article, c'est qu'évidemment, ces Français-là avaient été invités alors
que le PEQ était ouvert. Ils voulaient rester ici. Et on nous dit dans l'article
qu'il y a 70 % des répondants qui déclarent un niveau de stress
extrêmement élevé. On a des personnes en détresse psychologique incroyable et
les pertes financières s'accumulent. 77 % évoquent le coût potentiel d'un
déménagement ou d'un retour forcé, 54 % mentionnent des frais d'avocats ou
de consultants imprévus. On demande donc du gouvernement français, parce que le
gouvernement du Québec ne leur vient pas en aide, soutien psychologique pour
personnes en détresse, guichet unique pour les retours, ils réclament même un
audit de l'information délivrée par les organismes français et canadiens aux candidats
à l'immigration, une préoccupation liée aux salons de recrutement qui se
poursuivent en France, pas qui se poursuivaient, qui se poursuivent.
Donc, qu'est-ce que vous avez à dire,
évidemment, aux diplomates français au Canada, aux Français qui sont ici? Et
comment se fait-il qu'on apprend par les journaux que vous poursuivez des
missions de recrutement en France?
La Présidente (Mme
Soucy) :Merci. M. le ministre, à vous la
parole.
M. Roberge : Oui. Bien, Mme
la Présidente, d'abord, il y a... on peut dire deux choses différentes. Il
pleut dehors, le tapis est rouge puis il n'y a pas de lien entre les deux. OK? Ce
n'est pas parce que le tapis rouge dehors qu'il pleut dehors. Il ne pleut pas
dehors parce que le tapis est rouge. Et j'invite mon collègue à éviter de faire
des liens de causalité aussi farfelus. Donc, on ne peut pas dire : Des
gens...
16 h 36 (version non révisée)
M. Roberge : ...doivent
quitter le Québec parce qu'on déploie le Programme de sélection des
travailleurs qualifiés. C'est... c'est faux. Et je sais que mon collègue le
sait, et de le dire alimente les craintes et l'angoisse, et je le demande... je
lui demande, à lui et à tout ceux qui... qui répètent des choses qui sont
inexactes, de cesser parce qu'il y a du vrai monde qui a une vraie souffrance suite
à ça. Des gens qui doivent malheureusement quitter le Québec parce qu'ils ont
un permis de travail qui vient à échéance, bien, c'est parce que le permis de
travail vient à échéance et c'est Ottawa qui ne renouvelle pas un permis de
travail. Personne ne doit quitter le Québec parce qu'on implante le Programme
de sélection des travailleurs qualifiés. Il y a des gens qui sont ici depuis un
an, deux ans, trois ans, cinq ans, et il n'y avait pas d'angoisse. Et l'angoisse
est arrivée parce que, tout à coup, Ottawa a dit : Toi, je ne
renouvellerai pas ton permis. Et là... dit : Vite, vite vite, si Ottawa ne
renouvelle pas mon permis, je dois avoir la permanence de Québec. Et là des
gens se sont mis à... Donc, première chose qui est vraie, là, des gens ont dit :
Oui, mais là peut-être qu'avec le PEQ ça aurait été automatique. Non. Avec le
PSTQ ce n'est pas automatique. C'est vrai, mais il n'y a pas de lien de
causalité du tout. Puis, il faut faire attention, il ne faut pas répéter ça
parce que ça inquiète vraiment les gens entre le fait qu'on passe de l'ancien
programme au PSTQ et avec le fait que les gens perdent leur permis de travail.
Ce n'est pas exact. Ça crée de l'angoisse, ça crée de l'inquiétude puis ça
amène des gens à réclamer quelque chose qui ne réglerait rien. C'est important
de le faire, et j'en appelle à la responsabilité de tout le monde.
La Présidente (Mme
Soucy) :Merci, M. le ministre. M. le
député.
M. Morin : Oui, j'ai écouté M.
le ministre attentivement, là, mais dans l'article que je lui cite, ce n'est
pas moi qui l'invente, là, c'est écrit : On n'a pas le choix. Ce n'est pas
moi qui le crée, là, M. le ministre. On n'a pas le choix. M. Lopez, là, est
arrivé au Québec en juin 2023 avec sa conjointe, ses enfants. Ils sont
originaires de Lyon. Ils travaillent dans l'entretien ménager hôtelier en
Estrie. Ils ont été recrutés depuis la France. Leur plan était simple :
travailler au Québec, puis décider... demander la résidence permanente, puis le
PEQ. Le programme a été aboli en novembre 2025. Et là, bien, évidemment,
il va être obligé de repartir. Et c'est ce qu'il nous dit : On a décidé de
retourner en France en juillet. On n'a pas le choix. Ça, c'est M. Lopez.
Lui, il ne répond pas aux critères du PSTQ. Ah, il va partir! Et évidemment, sa
conjointe, elle détient un permis de travail valide jusqu'en 2027. Mais ça ne
change rien à leur décision, parce qu'évidemment elle, elle a voulu appliquer
sur le PRTQ, mais le PRTQ a été lui aussi gelé. Alors, Mme la Présidente, moi,
je veux bien, là, mais ce n'est pas moi qui l'invente, ça, M. le ministre. Alors,
moi, je ne fais pas peur au monde. Je dis la vérité, M. le ministre.
Alors, vous nous avez parlé des mesures
transitoires. Est-ce que vous pouvez nous en dire davantage? Parce que ça... je
pense que ça... ça ferait en sorte qu'il y a des gens qui seraient moins
stressés. Puis ça, ce n'est pas moi qui l'invente non plus, M. le ministre,
parce que, je le répète, sur un plan psychologique, il y a 70 % des
répondants qui déclarent un niveau de stress extrêmement élevé. Ce n'est pas
moi qui l'invente, là.
La Présidente (Mme
Soucy) :Merci, M. le député. M. le
ministre, à vous la parole.
M. Roberge : Très bien. Je ne
connais pas la situation particulière de M. Lopez précisément, mais, écoutez,
si... c'est un... c'est un Français de France, je ne doute pas qu'il y ait un
niveau de français sans doute même supérieur au niveau sept, qui est le niveau
de qualification. Et si ça fait... si ça fait un an à deux ans, dépendamment
des secteurs, qu'il travaille ici, bien, il est éligible, là, au nouveau Programme
de sélection des travailleurs qualifiés. Il pourrait aussi être éligible dans l'ancien
programme s'il était encore en vigueur.
Mais là où je veux clarifier quelque
chose, c'est que les gens se sont imaginés que parce que dans l'ancien
programme, après deux ans, on est éligibles, mais les gens se sont dit : Après
deux ans, j'ai mon CSQ, c'est réglé. Or, si 200 000 personnes
arrivent en 2025, en 2027, ça fait deux ans qu'ils sont là, 200 000 personnes
peuvent se dire ou peuvent croire parce qu'on leur répète à tort : Bien,
vous allez tous avoir votre CSQ en 2027, ça fait deux ans. Alors que non, si tu
arrives en 2025, dans l'ancien programme PEQ, deux ans plus tard, en 2027, tu
peux être éligible si tu as un niveau de français plus deux ans, éligible, tu
as le droit de déposer ta candidature, mais après qu'est-ce qu'il t'arrive, tu
arrives dans la file d'attente de premier arrivé, premier servi. S'il y a 50 000 personnes
en avant de toi, bien, c'est comme dans l'époque des années 90, là, quand
les gens essayer d'avoir des billets pour aller au forum, puis ils couchaient,
puis il y avait une file d'attente sur des kilomètres dans la rue, là, on
imagine ça, tu es dans la file, tu as le droit d'être dans la file, mais ça se
peut que ça prenne six mois, un an, deux ans, trois ans avant que ce soit ton
tour, parce qu'on n'accepte pas 300 000 personnes par année au
Québec. Donc, je veux préciser ceci.
Pour ce qui est...
16 h 41 (version non révisée)
M. Roberge : ...des mesures
transitoires entre la fin de l'ancien programme, le déploiement du nouveau, bien,
ce que j'ai dit, c'est qu'on travaille sur des scénarios qui seront optimaux
pour tous, et puis, en temps opportun, on pourra les faire connaître et les
déployer.
La Présidente (Mme
Soucy) :Merci, M. le ministre. M. le
député, à vous la parole.
M. Morin : ...que j'ai
soulevé, Mme la Présidente, parce que, dans l'article, on dit que, d'abord... et
c'est pour ça que des élus français de l'étranger réclament un audit de l'information,
compte tenu de tout cet élément-là, on dit qu'il y a des préoccupations liées
aux salons de recrutement qui se poursuivent en France. Est-ce que vous pouvez nous
en dire davantage, M. le ministre? Vous poursuivez des salons de recrutement à
l'étranger?
La Présidente (Mme
Soucy) :Merci, M. le député. M. le
ministre, si vous donnez une réponse en 40 secondes.
M. Roberge : Bien, j'aurai l'occasion
de revenir, mais je vais commencer. On a limité énormément, énormément les
lits, les missions internationales, les salons de recrutement, mais il y a
quand même des secteurs qui sont en très grande pénurie et qui sont des
missions fondamentales de l'État, on va dire l'éducation. On ne s'empêchera pas
d'aller faire, de manière très, très ciblée avec la Fédération des centres de
services scolaires, par exemple, une mission de recrutement dans des pays
francophones pour aller chercher, par exemple, des enseignants pour s'assurer
que nos élèves aient accès à des cours. D'autant plus que les enseignants qui
sont ici, avec le nouveau programme, ne sont pas sur une file d'attente, là,
quelque part, qu'ils passeront un jour, ils sont priorisés, sélectionnés d'abord.
On ne s'empêchera pas de répondre aux pénuries de main-d'œuvre.
La Présidente (Mme
Soucy) :Merci, M. le ministre. Le bloc
étant terminé, nous allons maintenant poursuivre avec M. le député de
Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : Merci, Mme la
Présidente. Bonjour, M. le ministre. Je salue également son cabinet, son équipe
ministérielle ainsi que l'ensemble des collègues députés. Donc, le PEQ a
suscité beaucoup, beaucoup de débats dans la société, et, aujourd'hui, on a
appris que plus de... quelque 60 000 résidents non permanents ont quitté
le Québec. C'est une compilation faite par LaPresse. Vous l'avez
sans doute vu, M. le ministre. Donc, 51 413 résidents non permanents sont
partis du pays, carrément, et 7 592 sont partis vers d'autres provinces,
comme on dit, des cieux plus cléments, ce qui laisse un solde migratoire
négatif de 7 126.
C'est la première fois, depuis autour...
au tournant des années 2000, là, qu'on commence à constater un solde migratoire
négatif au Québec, là, c'est une première. Donc, le gouvernement de la CAQ est
en train de présider à la décroissance de la population du Québec, là, c'est un
exploit. Il faut vous féliciter. La question que je vais vous poser, M. le
ministre : Est-ce que vous pouvez quantifier, vous pouvez chiffrer l'impact
de cet exode de travailleurs et travailleuses sur le PIB du Québec?
La Présidente (Mme
Soucy) :...le député. Réponse, M. le
ministre.
M. Roberge : Oui, Mme la
Présidente. Je vais préciser quelque chose. Les politiques migratoires qu'on
déploie ne sont pas des politiques radicales ou extrêmes. Ce qui a été radical,
ça a été la perte totale de contrôle du gouvernement canadien de ses
frontières. Ça a commencé avec le chemin Roxham. Je me souviens, en 2016, 2017...
peut-être 2015, 2016, 2017, ça a été terrible. Et puis, après ça, ça s'est
poursuivi aux aéroports, alors qu'Ottawa puis notre ami, l'ancien premier
ministre Justin Trudeau, disait : On va accueillir tout le monde, tout le
monde, tout le monde, il n'y a pas de problème. Puis on ne demandait même pas
de visas à des gens. Les gens venaient de pays où ils n'étaient nullement
menacés, dans certains cas. Il y a des gens, bien sûr, qui arrivaient, qui
fuyaient la guerre, la misère, etc., mais il y a des gens qui arrivaient tout
simplement pour améliorer leur sort, puis je les comprends, mais le net-net, c'est
qu'il est arrivé, en 2022, 2023, 2024, une croissance insoutenable de la
population québécoise via les résidents non permanents, essentiellement à cause
de la crise des demandeurs d'asile, ils sont arrivés à coup de 40 000, 50 000,
même l'an passé, plus de 36 000, en 2025, c'est loin d'être terminé, puis
via le programme PMI, Programme Mobilité internationale d'Ottawa. J'ai obtenu
de l'ancien ministre Miller un engagement de réduire de presque 100 000
les PMI. Il m'avait dit 94 000 en trois ans. Ça commence à baisser, mais, Mme
la Présidente, on ne pouvait pas continuer comme ce qu'on a vécu précédemment.
M. Fontecilla : Point d'ordre,
Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
Soucy) :Merci, M. le ministre. Pour que
ce soit équitable, essayez de donner des réponses courtes pour que... maximiser
les questions de la deuxième opposition. Allez-y, M. le député.
M. Fontecilla : Le ministre n'a
pas répondu à ma question. Je lui demande de chiffrer l'impact...
16 h 46 (version non révisée)
M. Fontecilla : ...ces politiques,
mais l'exode des travailleurs sur le PIB du Québec. D'ailleurs, je lui fais
remarquer que dans son... le budget présenté hier, là, et je cite la page A-21,
guillemets : «Le vieillissement de la population et la diminution de l'immigration
temporaire et permanente limiteront les gains économiques au cours des
prochaines années». Donc, c'est votre gouvernement qui reconnaît que cet exode
de travailleurs va diminuer la croissance économique du Québec. Est-ce que vous
pouvez la quantifier?
La Présidente (Mme
Soucy) :Merci, M. le député. M. le
ministre.
M. Roberge : D'abord, je
précise que le gouvernement québécois demande le maintien des travailleurs
étrangers temporaires qui sont à l'extérieur de Montréal, Laval, sur le
territoire québécois. Donc, on n'est pas, là, des gens qui expulsons ou demandons
des expulsions. Ce n'est pas nous, ce n'est pas le gouvernement du Québec qui
demande ça, d'aucune manière, c'est Ottawa qui refuse de renouveler des permis
et qui expulse des gens. On demande une reprise de contrôle pour les demandeurs
d'asile. Le Québec a fait bien, bien plus que sa part. J'aimerais entendre
Québec solidaire le dire, d'ailleurs, là. Quand on reçoit année après année 60 %,
50 %, 40 %, 37 %, 38 % de demandeurs d'asile alors qu'on
est 22 % de la population canadienne, oui, c'est beaucoup, beaucoup trop.
Oui, ça prendrait une répartition à l'intérieur du Canada, comme ça se fait en
Europe, mais, si on veut... Est-ce que je peux poursuivre ou je reviens tantôt?
M. Fontecilla : Une dernière
phrase, peut-être.
M. Roberge : Une dernière
phrase? Bien, écoutez, je vais attendre votre prochaine question.
M. Fontecilla : Très bien.
Mais je remarque que je vous ai posé une question et vous n'avez pas répondu. L'impact
sur les PIB du Québec, même si votre gouvernement le reconnaît, il n'y a pas de
réponse. Parmi les 59 000 personnes qui ont quitté le Québec, est-ce
que vous pouvez nous dire combien étaient des infirmières du réseau de la
santé?
La Présidente (Mme
Soucy) :Merci. M. le ministre.
M. Roberge : Bien, je vais y
aller avec la réponse parce que mon collègue m'a parlé du PIB en citant les
pages du budget. Je l'invite à aller voir la page E-15, E-15 du budget qui
est dit : En 2023 2024, le niveau de vie a légèrement diminué au Québec.
Les effets de l'inflation élevée et la politique monétaire restrictive ont
freiné la progression du PIB réel en 2023. En outre, les facteurs temporaires
spécifiques au Québec, tels que les feux de forêt, la faible... dans les
bassins d'Hydro-Québec, les grèves dans le secteur public ont également ralenti
l'activité économique. OK.
En 2024, l'augmentation record de la
population québécoise découlant de l'immigration a modéré l'effet de l'accélération
de la hausse du PIB réel sur le niveau de vie. Corrélation. Augmentation
démesurée de la population. Baisse du niveau de vie.
En 2025. La croissance de l'activité
économique conjuguée à la décélération de l'accroissement démographique, là, on
a le lien, on a un lien de cause à effet que mon collègue faisait de manière
bien maladroite. Là, on a un lien qui marche, là. La croissance de l'activité
économique, conjuguée à la décélération de l'accroissement démographique, a
permis au niveau de vie de retrouver le sentier de la croissance, cette
tendance s'accélérant en 2026-2027. Pourquoi? Parce qu'on reprend le contrôle
de notre immigration. Ce n'est-tu pas beau, ça, Mme la Présidente?
M. Fontecilla : ...je vous en
prie.
La Présidente (Mme
Soucy) : Merci. Juste une personne à la fois, parce que c'est
très difficile, sinon on n'entendra pas. Alors...
M. Fontecilla : ...question. Combien,
parmi les 59 personnes qui ont quitté le Québec, combien étaient de...
combien d'infirmières ont quitté le réseau de la santé? Est-ce que vous avez
ces chiffres-là?
La Présidente (Mme
Soucy) :Merci. Allez-y, M. le ministre.
M. Roberge : Mme la
Présidente, Ottawa a bien des travers, mais, pour ce qui est de la santé et de
l'éducation, il n'impose pas le même niveau de travailleurs étrangers
temporaires par établissement. Il est plutôt à 20 %. De ce que je
comprends, les gens peuvent renouveler leur permis de travail en santé, en
éducation, et, s'ils ne le peuvent pas, il faudrait qu'ils demandent à Ottawa
pourquoi Ottawa ne renouvelle pas les permis de travail, par exemple d'infirmières
ou d'enseignants. Ce n'est pas notre souhait. Et nous, ces personnes-là, non
seulement on veut qu'on renouvelle le permis de travail, mais on les privilégie
via le nouveau programme de sélection des travailleurs qualifiés. Est-ce que
mon collègue est d'accord pour qu'on privilégie ces travailleurs-là plutôt que
les envoyer dans une file d'attente. C'est ça, la vraie question. Est-ce qu'il
est d'accord pour...
La Présidente (Mme
Soucy) :Merci. Merci, M. le ministre.
M. Fontecilla : La question
était très simple, combien d'infirmières à statut de résident temporaire ont
quitté le... ont quitté le Québec, ou combien d'éducatrices de centres de la
petite enfance, ou combien de professeurs d'enseignement primaire? Est-ce que
le ministre possède ces chiffres-là? S'il ne les possède pas, qu'il nous dise :
Non, je ne les ai pas.
La Présidente (Mme
Soucy) :Merci, M. le député. M. le
ministre.
M. Roberge : Mme la
Présidente, je n'ai pas accès à ces chiffres-là. S'ils existent, je ne suis pas
certain qu'il y a des enseignants ou des infirmières ou des éducateurs qui ont
quitté le territoire québécois. Si c'est le cas, ce n'est certainement pas
suite à des politiques du gouvernement québécois, puisque nous travaillons à
les attirer. D'ailleurs, tout à l'heure, on parlait que nous le faisons encore
fièrement, puis on ne s'en excusera pas, on fait encore des missions de
recrutement pour ces secteurs qui sont stratégiques, puis on va leur donner la
permanence avant tous les autres, en plus de ça, parce qu'ils sont importants.
La Présidente (Mme
Soucy) :Merci. M. le député.
M. Fontecilla : M. le
ministre et son gouvernement, non seulement son gouvernement, mais on parle
beaucoup de la capacité d'accueil, alors que c'est un...
16 h 51 (version non révisée)
M. Fontecilla : ...concept
éminemment dynamique, là, qui dépend des efforts, justement, mis par l'ensemble
de la société, y compris le gouvernement, en construction de logements, en
création de places en CPE, etc., etc. Est-ce que le ministre peut nous signaler
des documents et déposer des documents lui ayant permis de déterminer
exactement quelle est la capacité d'accueil du Québec?
La Présidente (Mme
Soucy) :Merci, M. le député. M. le
ministre.
M. Roberge : Mme la
Présidente, pendant les travaux de la planification pluriannuelle, l'automne
dernier, on a entendu plus de 70 groupes, peut-être 75... plus de 70 groupes. Plusieurs
nous ont parlé des facteurs qui peuvent faire partie de la capacité d'accueil.
Évidemment, c'est la capacité à loger les gens. Est-ce qu'on a en ce moment des
logements qui sont libres? Est-ce que nous sommes au seuil d'équilibre de
3 % de logements libres? Si la réponse est non, si on n'a pas au moins 3 %
de logements libres, ça veut dire qu'on est en déséquilibre, on est en pénurie
de logements, bien, on n'a pas la capacité d'accueil, on n'est pas capables de
les loger. Est-ce qu'on a des places disponibles dans nos classes? Est-ce qu'on
a assez de classes, d'abord, ou est-ce qu'on est obligés de construire des
écoles puis d'installer des classes modulaires? Est-ce qu'on a des places qui
sont libres? Est-ce qu'on a des enseignants, même des suppléants, qui attendent
d'avoir un poste parce qu'ils ont... ils ont hâte qu'on leur offre une classe ou,
plutôt, on est obligés d'embaucher des gens qui n'ont pas toutes les
qualifications requises? Alors, Mme la Présidente, je pense que c'est évident,
la capacité d'accueil est dépassée, tout le monde le reconnaît.
La Présidente (Mme
Soucy) :Parfait. Merci.
M. Fontecilla : À votre
niveau, M. le ministre, là, je pense qu'il faut dépasser les évidences et s'appuyer
sur des données concrètes. Il s'est posé des questions : Est-ce qu'on a
assez de logements? Est-ce qu'on a assez de places? Est-ce qu'on a ci, est-ce
qu'on a ça? S'est-il répondu à ces questions? A-t-il un document dans lequel il
répond aux questions qu'il a posé lui-même, qu'il vient de poser ou c'est des
évidences qui lui semblent... qui lui paraissent des évidences?
La Présidente (Mme
Soucy) :Merci, M. le député. M. le
ministre, si vous voulez donner une réponse.
M. Roberge : Oui. Bien oui,
chiffrée. Nous sommes, dans la grande majorité, des régions québécoises avec un
taux de logements disponible inférieur à 3 %. Donc, on n'a pas la capacité
de loger. C'est mathématique. En bas de 3 %... 3 %, c'est le seuil d'équilibre,
en bas de 3 %, tu ne peux pas accueillir assez de monde, tu n'as pas
suffisamment de logements.
Ensuite, est-ce qu'on a... est-ce qu'on
est obligé d'embaucher des professeurs qui n'ont pas les qualifications? Non.
Combien? Il faudrait demander à la ministre de l'Éducation, mais je sais qu'il
y a plusieurs personnes qui ont dit qu'ils sont non légalement qualifiés. Je ne
dirais pas qu'ils sont incompétents, mais ils n'ont pas la qualification
légale. On est obligés de les embaucher parce qu'on a trop d'élèves pour le
nombre d'enseignants : capacité d'accueil dépassée.
La Présidente (Mme
Soucy) :Merci, M. le ministre. M. le
député.
M. Fontecilla : M. le
ministre, est-ce que vous pourriez nous nous spécifier, combien de missions à l'étranger
planifiez-vous pour l'année 2026? De recrutement, on s'entend.
La Présidente (Mme
Soucy) :Merci. M. le ministre.
M. Roberge : Je vais vous
trouver cette réponse. Est-ce qu'on l'a? On en a quelques-unes. C'est très
limité, à la fois en nombre et en... On peut me l'envoyer?
La Présidente (Mme Soucy) :
...passer peut-être la parole...
M. Roberge : Bien, juste en
attendant... Non, ça va. Juste en attendant que la réponse arrive, je peux vous
dire que le ministère avait des effectifs à l'international aussi pour faire du
recrutement. Et, en cohérence, on a diminué. On avait 30 employés, en 2025,
maintenant, on est à 17 employés à l'international, qui sont déployés, du MIFI.
Je pense que c'est évident qu'on a... on doit moins recruter de gens, mais, par
contre, on ne s'empêchera pas de le faire pour les missions fondamentales.
On a cinq missions... Bien, je veux faire
attention. Maintenant, la plupart de nos missions se font en Teams. Alors, on
imagine une mission, cinq, 10 personnes qui prennent l'avion avec leurs valises,
là, puis qui s'en vont passer des semaines pour aller faire du démarchage. Ce
sont, des fois, des salons de l'emploi qui se font tout simplement à virtuel,
là, en Teams ou en Zoom. Donc, n'imaginez pas de grandes dépenses et de grands
voyages pour aller recruter...
La Présidente (Mme
Soucy) :Merci. M. le député.
M. Fontecilla : ...de la
précision, mais j'allais vous poser justement la question de comment ça allait
coûter, mais vous avez... vous avez répondu. Enfin, ça ne va pas coûter
beaucoup, là, mais combien de travailleurs et travailleuses... Quelle est votre
cible de recrutement, en termes de personnes, pour toutes les missions en 2026?
La Présidente (Mme
Soucy) :Merci. M. le ministre.
M. Roberge : Très bien. Donc,
on est dans les secteurs de l'éducation, de la santé, des services sociaux,
construction, transformation alimentaire. Pour l'hiver et le printemps 2026, on
pense avoir entre 335 et 515 embauches. Donc, on est dans des petits nombres
très ciblés pour répondre à des secteurs où on a des pénuries importantes au
Québec, considérant qu'on va accueillir presque 120 000 permanents sur
quatre ans. C'est ça, notre planification pluriannuelle, accueillir à peu près
115 000, 120 000 permanents sur quatre ans. Il y a personne qui ne va
me faire croire que c'est un scandale, d'aller embaucher entre 300 et 500
personnes...
16 h 56 (version non révisée)
M. Roberge : ...personnes
pendant l'année dans des secteurs prioritaires.
La Présidente (Mme Soucy) :Merci. M. le député.
M. Fontecilla : Merci, M.
le ministre. Je vais y aller avec une question qui m'apparaît importante et
très actuelle, là. Vous savez que la Cour suprême a rendu un jugement donnant
accès aux enfants de parents demandeurs d'asile ou aux garderies... garderies
subventionnées. Et, dites-moi, est-ce que votre gouvernement songe à utiliser
la clause dérogatoire pour se soustraire à ce jugement-là?
M. Roberge : Madame la...
La Présidente (Mme Soucy) :
M. le ministre.
M. Roberge : Oui, Mme la
Présidente. La décision n'a pas été prise à cet égard-là. La position du
Québec, qui est la même par notre gouvernement que par le précédent
gouvernement libéral qui avait instauré ce recours... c'est rare on est d'accord,
mais là on est d'accord... On pense qu'on doit, d'abord, donner des services
aux Québécois, aux enfants des Québécois. On n'est pas contre le fait que des
demandeurs d'asile puissent y avoir accès, mais il faut d'abord s'assurer que
les familles des gens qui sont permanents ici, qui sont des Québécois ou qui
sont des nouveaux arrivants, mais qui ont le statut de citoyen québécois et canadien.
On pense qu'ils devraient y avoir accès avant les autres. Comme on dit, charité
bien ordonnée commence par soi-même.
La Présidente (Mme Soucy) :Merci, M. le ministre. M. le député.
M. Fontecilla : Si je comprends
la réponse du ministre, c'est que la décision n'a pas été encore prise. Donc, ça
peut être oui ou non. Donc, ce que je comprends, c'est que votre gouvernement
pourrait invoquer la clause dérogatoire pour se soustraire à la décision de la
Cour suprême concernant cette... cette décision-là.
La Présidente (Mme Soucy) :Merci, M. le député. M. le ministre.
M. Roberge : C'est bien.
Écoutez, c'est un article de loi qui est à notre disposition. C'est un outil
législatif légitime qui a, d'ailleurs, été écrit par... très fédéralistes, M. Chrétien
et M. Trudeau, qui aimaient beaucoup leur Constitution canadienne et qui
trouvaient que, dans l'équilibre des droits, c'était nécessaire de laisser aux
provinces cette capacité de se soustraire à des jugements puis d'utiliser cet
article. Donc, il est possible que nous l'utilisions. Il est possible que nous
l'utilisions dans le respect de nos valeurs, parce qu'on travaille d'abord pour
les Québécois.
La Présidente (Mme Soucy) :Merci, M. le ministre. M. le député.
M. Fontecilla : ...Présidente.
Vous avez, récemment, coupé une allocation de 413 $ par mois aux familles
de demandeurs d'asile ayant des enfants handicapés. Vous avez, également, coupé
l'aide à la scolarisation des enfants demandeurs d'asile qui arrivent seuls au
Québec. Est-ce que vous pensez que c'est moralement justifié de fragiliser la
situation d'enfants handicapés ou d'enfants seuls? Est-ce que vous pensez que,
moralement, la société québécoise est rendue à ce point-là pour traiter le...
la... le sujet des demandeurs d'asile?
La Présidente (Mme Soucy) :Merci, M. le député. M. le ministre, il vous reste 22 secondes
au bloc...
M. Roberge : Madame
la... Mme la Présidente, je pense qu'il faut toujours être prudent quand
on parle de soins de santé, quand on parle de personnes vulnérables. Il faut
prendre garde. Ce n'est pas le genre de décision qui doit être prise à la
légère. Ceci dit, ç'a été une décision qui a été prise par nos collègues à la Santé.
Je pense que ce serait bien de poser la question dans le cadre de leur étude de
crédits.
La Présidente (Mme Soucy) :Merci. Alors, le bloc étant terminé, merci, M. le député de
Laurier-Dorion. Maintenant, nous allons procéder immédiatement au bloc avec M.
le député d'Arthabaska.
M. Boissonneault : Merci,
Mme la Présidente. Est-ce que ce serait possible de savoir de combien de temps
je dispose?
La Présidente (Mme Soucy) :Bien sûr. 10 min 30 s.
M. Boissonneault : 10 min 30 s.
Merci. M. le ministre, estimés collègues, bonjour. Je vais commencer avec le Programme
de l'expérience québécoise. Selon nos données, M. le ministre, le PEQ a permis
la sélection de 5 900 personnes en 2022, là j'arrondis, 9 300 en
2023, 20 200 en 2024, 18 532 au 31 octobre 2025. En 2025, quand
on parle de ces 18 000 personnes qui ont obtenu la résidence permanente à
travers le PEQ, on sait que le volet travailleurs a été suspendu en juin de la
même année, et celui des étudiants avait été suspendu l'année précédente. Selon
vos estimations, M. le ministre, si le programme du PEQ n'avait pas été
suspendu, combien de personnes auraient obtenu la résidence permanente en 2025
via le PEQ?
La Présidente (Mme Soucy) :Merci, M. le député. M. le ministre.
M. Roberge : Mme la Présidente,
c'est difficile à dire, parce que, comme on dit, PEQ pas PEQ, nos cibles ne
changent pas. Le nom du programme qui permet d'accéder au CSQ puis à la résidence
permanente peut varier. La capacité d'accueil ne change pas. Puis la décision
du gouvernement qui est de respecter ces cibles reste la même. Il y avait une
multitude de programmes. Au moment où il y avait le Programme de l'expérience
québécoise, PEQ – Travailleur, il y avait aussi le PEQ...
17 h 01 (version non révisée)
M. Roberge : ...et les règles
pour ces deux programmes-là ont changé. Des fois, quand les gens disent :
Je veux une clause grand-père, je dis : OK, laquelle? Je veux dire, par
exemple, les conditions pour le PEQ-Diplômés n'étaient pas les mêmes en 2020,
en 2022, en 2024 puis en 2025. Il y a eu des changements. Ça fait que, des fois,
il faut savoir ce que... ce qu'on demande. Il y avait aussi le PRTQ, le Programme
régulier des travailleurs qualifiés. Puis, comme ces programmes-là étaient
imparfaits puis n'arrivaient... ne permettaient pas de sélectionner des gens
qui sont extrêmement importants, il y avait un autre... paquet d'autres
programmes qu'on appelait des programmes... comment on qu'on les appelait...
les temporaires, les programmes... les projets pilotes, on les appelait «projets
pilotes», qu'on avait créés à côté pour essayer de sélectionner du monde. Mais,
d'une manière ou d'une autre, là, PEQ ou PSTQ, une fois qu'on atteint le
niveau, quand on dit : On va accueillir 25 000, ou 30 000, ou 35 000,
on arrête ensuite, on ferme la...
La Présidente (Mme
Soucy) :Merci, Mme la ministre. Juste laisser...
M. Boissonneault : ...votre
prédécesseur avait permis l'inscription continue au PEQ, corrigez-moi si je me
trompe. Donc, il avait sorti les PEQ des seuils, n'est-ce pas?
La Présidente (Mme
Soucy) :Merci. M. le ministre,
voulez-vous répondre?
M. Roberge : ...Mme la
Présidente. Oui, mais seulement pendant un an, et seulement pour les diplômés.
Le programme PEQ— Travailleurs n'a jamais été, si j'ose utiliser le terme,
hors seuil, ça... Il n'y a eu qu'un an de PEQ hors seuil et ce n'était que
pour les diplômés.
La Présidente
(Mme
Soucy) : Merci.
M. Boissonneault : Donc, vous
n'aviez pas de prévision...
M. Roberge : Donc, je le précise.
M. Boissonneault : La raison
pour laquelle vous avez décidé de suspendre le PEQ, ce que vous me dites, ce n'est
pas parce qu'il y avait eu une augmentation du nombre de personnes qui avaient
postulé à ce programme-là.
M. Roberge : Bien...
La Présidente
(Mme
Soucy) : Merci. M. le ministre.
M. Roberge : Merci, Mme la Présidente.
Vous êtes patiente avec nous. Je vous remercie. On... Des fois, on s'interpelle.
Vous êtes bonne. On a tout simplement cessé ou on a suspendu parce qu'on avait
atteint le maximum.
Un des enjeux qu'on avait avec l'ancien
programme, c'est que, parfois, en quelques mois, on pouvait atteindre... hein,
c'est comme si on remplissait le bain avec un boyau de pompier, ce n'est pas
trop long que ça arrête, tu ne veux pas que ça déborde, tu fermes d'un coup. Et
là ça faisait : on ouvre, tout le monde arrive d'un coup, on gèle pour
deux mois, trois mois, six mois, un an, on ouvre, on gèle d'un
coup. Et là il y a des gens qui disent : Bien, voyons, ça... ça coupe
toujours, pourquoi c'est gelé, etc. Donc, une fois qu'on a atteint le maximum,
il fallait geler.
Donc, quand je suis arrivé aux Affaires...
à l'Immigration, moi, je suis arrivé au début de l'automne 2024, bien, je
voyais que l'année 2025 était déjà pleine, était déjà pleine. On était en 2024.
Parce que ça arrivait avec un tel nombre. Pourquoi? Là, je m'arrête, je
reviendrai.
M. Boissonneault : Et vous n'aviez
pas de précision à savoir si on avait maintenu le programme initial, vous
n'aviez pas d'estimation pour voir qu'est-ce que... qu'est-ce que... eu donné
de laisser le programme aller en termes de nombre de gens qui auraient appliqué?
Est-ce que ça veut dire qu'en 2026, après deux mois, il aurait fallu
suspendre le programme? Est-ce que c'est... Vous comprenez ce que je veux
dires?
M. Roberge : Oui. Bien, je...
La Présidente
(Mme
Soucy) : Merci.
M. Boissonneault : Mme la
Présidente, je suis désolé. Oui...
La Présidente
(Mme
Soucy) : Merci. Allez-y, M. le ministre.
M. Roberge : Je comprends
votre question, mais ni moi ni ma prédécesseure n'a jamais eu dans notre cahier
de possibilités de dire qu'est-ce qui arrive si on laisse tout déborder, tu
sais, ça n'a jamais... ce n'est pas comme ça qu'on gouverne. On dit : Bien,
voici la planification, lorsqu'on l'atteint, on arrête.
Le nouveau paradigme avec le PSTQ, c'est
qu'on dit : Bien, on va... on va en accueillir 28 000, 29 000,
par exemple, cette année, puis, plutôt que de faire ça en deux mois puis,
après ça, dire : On ferme pour 10, puis de créer tout le temps... Vous
savez, c'est comme quand on fait un gel. Quand on fait un dégel, les gens, ils
ont hâte, puis ça crée des crises pour rien. On s'est dit : Allons
graduellement, mensuellement. Donc...
Mais, avant, je ne peux pas vous dire, là,
combien, mais, écoutez, on était en septembre, en octobre 2024 puis on
voyait que l'année 2025 était pleine, qu'il fallait arrêter, puis que l'année 2026
était commencée, là. Donc, ça débordait d'un an, sinon deux ans.
Pourquoi... parce que...
La Présidente
(Mme
Soucy) : Merci, M. le ministre. Je pense que...
M. Boissonneault : Mme la
Présidente, merci. Les deux candidats à la chefferie de la CAQ, en ce
moment, proposent des clauses grand-père. La députée de Sanguinet propose de
réactiver le PEQ, pour une durée de deux ans, pour accorder une clause de
droits acquis à celles et ceux qui étaient au Québec au moment de la fermeture
du PEQ. Selon vos estimations, à combien de personnes cela pourrait-il s'appliquer?
Est-ce que vous avez une idée...
La Présidente
(Mme
Soucy) : Merci, M. le ministre.
M. Roberge : Oui. (Interruption)
Le consensus... je m'excuse, Mme la Présidente, le consensus qu'on retrouve au
gouvernement, peu importe les aspirants à la chefferie ou les gens qui sont
actuellement sur la banquette et dans le caucus, c'est de sabler un peu, d'affiner
les coins pour avoir une meilleure transition, puis, je vous dirais, apaiser
les craintes, puis rassurer des gens sur le territoire québécois, des gens qu'on
veut garder, d'accord? Donc, la mesure transitoire sera définie plus tard. Et
vous sortir un chiffre sur combien de personnes dans un des deux, ou des trois,
ou des quatre scénarios qui ont été lancés par différentes personnes, ce
ne serait pas constructif à ce stade.
La Présidente
(Mme
Soucy) : Merci.
M. Boissonneault : ...je
comprends que vous n'avez pas ce chiffre...
17 h 06 (version non révisée)
M. Boissonneault : ...vous n'avez
pas d'estimation de ce que ça voudrait dire, pour la proposition de Mme de la
députée de Sanguinet ou du député de Lévis.
La Présidente (Mme
Soucy) :Merci. M. le ministre, allez-y.
M. Roberge : Ce seraient des
chiffres hautement théoriques. Il faudrait voir, parce que, dans le PSTQ, le
nouveau programme, les gens déposent des demandes, et on a une banque de
candidatures, on l'appelle la BDI. La banque de candidatures qui est là s'appelle
Arrima, puis on voit combien de personnes ont postulé, puis on regarde, on peut
savoir, est-ce qu'ils ont les critères, etc. Le PEQ, il est fermé, en ce
moment, donc les gens n'ont pas postulé. Donc, je n'ai pas cette banque de
candidatures.
Je sais combien de personnes sont sur le
territoire québécois, mais combien de ces personnes-là ont le niveau 7 de
français, exactement? Combien de ces personnes-là veulent rester? Parce qu'il y
a des gens qui... principe de temporaire, c'est qu'ils sont venus de manière
temporaire, veulent quitter. Alors, je ne peux pas savoir quel est le niveau de
français de tout ce monde-là et combien voudraient appliquer. Vous comprenez? C'est
hautement théorique. On ne leur a pas demandé. Il faudrait comptabiliser cette
information-là puis il faudrait qu'ils déposent tous leurs avis d'intention, et
là on pourrait voir précisément, mais il y a énormément... Il y a des centaines
de milliers de personnes sur le territoire.
La Présidente (Mme
Soucy) :Merci, M. le ministre. M. le député.
M. Boissonneault : Je vais vous
questionner sur les demandeurs d'asile, M. le ministre, Mme la Présidente.
La... Selon les données du ministère de l'Emploi et de la Solidarité sociale du
Québec, sorties dans Le Journal de Québec hier, le Québec a versé 1 650 000 000 $,
depuis 2020, en assistance sociale aux demandeurs d'asile. C'était 435 millions
en 2025. Ça représente à peu près 21 % des demandes. Est-ce que vous avez
ce pourcentage pour les autres services rendus aux demandeurs d'asile en santé,
éducation et francisation, à savoir à combien équivaut les dépenses lorsqu'on
parle des demandeurs d'asile pour les autres services?
La Présidente (Mme
Soucy) :Merci. M. le ministre.
M. Roberge : Mme la Présidente,
j'ai été aux premières loges pour ces négociations-là, parce qu'en début de
mandat j'étais aussi responsable des Relations canadiennes, puis je travaillais
avec mes collègues à l'Immigration pour négocier avec Ottawa les arrièrages
pour les premières années. On avait établi que, sur trois ans... on avait
dépensé pour 1 milliard en trois ans pour accueillir les demandeurs d'asile.
Donc là, ça comptait l'aide sociale, mais aussi la francisation, les vêtements,
l'hébergement d'urgence, les soins de santé, les soins psychologiques. Les
demandeurs d'asile, parfois, ils arrivent, puis, écoutez, ils ont vécu des
choses terribles, il faut les soutenir, il faut leur donner des soins, travail
social, etc. Et on avait... sur cette facture de 1 milliard, on a reçu à
peu près 750 millions. On a signé. Il y a une nouvelle facture actuelle de
733 millions pour l'année 2024.
La Présidente (Mme
Soucy) :Merci. M. le député.
M. Boissonneault : C'est
exactement ma question. Sur... Vous avez demandé 733 millions de compensation.
Combien vous avez reçu?
La Présidente (Mme
Soucy) :Merci. M. le ministre.
M. Roberge : Pour l'année...
Je veux juste dire, en trois ans, on avait une facture de 1 milliard. Là,
en un an, on a une facture de 733 millions. Pas besoin d'être un champion
de mathématiques pour voir que c'est un problème qui est croissant.
M. Boissonneault : Et le
fédéral vous a donné combien, M. le ministre?
M. Roberge : D'accord. Sur le
733 millions, nous avons à présent reçu 43,1 millions. Vous
comprendrez qu'on a un manque à gagner de 689,9 millions, seulement pour l'année 2024.
La Présidente (Mme
Soucy) :Merci. Merci. M. le député.
M. Boissonneault : Je pense
que vous l'avez dit tout à l'heure, Mme la Présidente, je pense que ça a été
dit tout à l'heure par M. le ministre, à savoir combien de demandeurs d'asile
on a reçu en 2025 sur notre territoire.
La Présidente (Mme
Soucy) :Merci. M. le ministre.
M. Roberge : Nous avons reçu,
en 2025, plus de 36 000 demandeurs d'asile, donc 34,5 % de tous
les demandeurs d'asile du Canada, alors que nous sommes à peu près à 22 %
de la population canadienne. Si ce n'était que sur un an, ce serait un
problème. Mais ça fait plusieurs années et c'était pire. Ce n'est pas un
problème, c'est une crise.
La Présidente (Mme
Soucy) :Merci.
M. Boissonneault : ...de
demandeurs d'asile se trouvent dans le réseau scolaire en ce moment,
diriez-vous?
La Présidente (Mme
Soucy) :Merci. Malheureusement... malheureusement,
le temps de votre bloc étant terminé. Donc, maintenant, je vais céder la parole
à M. le député de l'opposition officielle. M. le député de l'Acadie, je vous
rappelle que vous disposez d'un bloc de sept minutes.
M. Morin : Merci, Mme la
Présidente. Alors, M. le ministre, précédemment, et on a terminé notre échange
là-dessus, en ce qui a trait aux missions de recrutement à l'étranger, et vous
nous avez dit que vous n'alliez pas vous priver d'aller recruter, notamment des
enseignants à l'étranger, si je vous ai bien compris. Cependant, on apprenait
dans les journaux, il y a quelques semaines, qu'avec, évidemment, la fermeture
et l'abolition du PEQ, il y a environ 1 000 employés d'école menacés
d'un départ forcé. Là-dessus, il y a à peu près 200 enseignants. Et ça, c'est
10 centres de services sur 72. Alors, eux sont menacés de sortir.
Vous nous annoncez des missions de
recrutement à l'étranger dans le domaine de l'éducation. Est-ce que c'est pour
remplacer ceux que vous...
17 h 11 (version non révisée)
M. Morin : ...mettez à la
porte?
La Présidente (Mme
Soucy) :Merci, M. le député. M. le
ministre.
M. Roberge : Terrible, Mme la
Présidente. C'est comme si je disais : Avec quelle arme avez-vous tué
votre frère? Quelle question biaisée! Terrible! C'est indigne. On ne met
personne à la porte, Mme la Présidente. Je lui demande de retirer ça.
La Présidente (Mme
Soucy) :Juste un instant. Une personne à
la fois. Vous avez posé une question. M. le ministre, pouvez-vous juste répondre
à la question?
M. Roberge : Aucun. Question
niaiseuse, réponse niaiseuse. Aucun.
M. Morin : Un appel au
règlement, madame. Ce sont des...
La Présidente (Mme
Soucy) :Juste un instant. M. le député de
l'Acadie, c'est moi qui préside. Là, une personne à la fois, parce que sinon on
ne l'entend pas. C'est le chaos. Bon. Maintenant, M. le ministre, on fait
attention à nos propos les deux. Vous avez posé la question. Voulez-vous
répondre à la question? Vous avez déjà répondu à la question. Juste...
M. Roberge : Nous ne mettons
pas des gens à la porte. Les enseignants, d'ailleurs, peuvent obtenir des
renouvellements de permis le temps que nous les sélectionnons et que nous leur
donnions la permanence pour ceux qui veulent être permanents et qui veulent
devenir des citoyens québécois et canadiens. C'est notre intention. On veut...
on veut les garder ici, chez nous. Ottawa a fait des cibles puis refuse de
renouveler des permis, mais, de manière générale, les... par secteur d'emplois,
par lieu d'emploi, il faudrait qu'il y ait plus de 20 personnes sur 100
qui soient des gens à bas salaire. Alors, normalement, les enseignants ne sont
pas à bas salaire de toute façon, donc je ne vois pas pourquoi les enseignants
n'auraient pas un renouvellement de permis. Voilà pour le statut temporaire.
Et je vous le dis, nous travaillons
extrêmement fort pour leur donner la permanence, pour qu'ils n'aient plus à
demander des renouvellements de permis.
La Présidente (Mme
Soucy) :Merci. M. le député.
M. Morin : Oui, Mme la
Présidente. Êtes-vous au courant, M. le ministre, si le MIFI a fait la
promotion du PEQ lors des missions de recrutement au cours des dernières
années?
La Présidente (Mme
Soucy) :Merci. M. le ministre.
M. Roberge : Mme la
Présidente, probablement que le gouvernement et ses partenaires parfois, par
exemple, je sais qu'avec Québec International, Drummondville International, faisaient
la promotion des programmes existants au moment où ils étaient en vigueur. Ce
ne serait pas surprenant.
La Présidente (Mme
Soucy) :Merci. Monsieur le...
M. Morin : Plus spécifiquement,
en 2023, alors que votre gouvernement, puis ça, vous étiez au pouvoir, n'est-ce
pas, c'était vous, le gouvernement de la CAQ, vous visiez le recrutement de 3 000 travailleurs
à l'étranger. Avez-vous fait la promotion du PEQ lors de ses missions de
recrutement?
La Présidente (Mme
Soucy) :Merci. M. le ministre.
M. Roberge : Mme la
Présidente, probablement que le programme que le gouvernement faisait la
promotion de leur... En fait, j'imagine, c'est sûr que le gouvernement, lorsqu'il
dit à des gens : Bien, venez, appliquez et vous utiliserez les programmes
qui sont existants... Lorsqu'il y a un programme qui est existant, on dit aux
gens : Bien, vous... si vous voulez venir au Québec, vous allez appliquer
dans le programme qui est en vigueur à ce moment-ci.
Par contre, il faut savoir que, lorsque
les gens arrivent sur un permis temporaire, c'est temporaire. Et ils doivent
signer d'ailleurs, quand ils obtiennent leur permis de travail au gouvernement
canadien, ils doivent signer comme quoi ils savent que c'est temporaire et qu'ils
sont prêts... ils ont les ressources financières pour retourner à tout moment
chez eux lorsque le permis vient à échéance. Les gens signent ce document
lorsqu'ils arrivent, sinon, ils n'ont pas leur permis de travail. Ça fait
partie des conditions d'arrivée. Je ne dis pas que je veux qu'ils partent, je
dis juste que ça fait partie du contrat social.
La Présidente (Mme
Soucy) :Parfait. Merci. M. le député.
M. Morin : ...la réponse de...
de M. le ministre que... Comme vous avez dit : Probablement, puisque le
programme était en vigueur à ce moment-là. Moi, je vous parlais
particulièrement de l'année 2023, vous visiez 3 000 travailleurs
de recrutés à l'étranger. La période de temps pour être admissible au PEQ, c'était
deux ans?
La Présidente (Mme
Soucy) :Merci. Allez-y, M. le ministre.
M. Roberge : Oui, Mme la
Présidente. Pour être admissible, pour avoir le droit de postuler, il fallait
avoir le niveau sept de français et avoir deux ans de travail. Mais une fois
que l'on postule, ça ne veut pas dire que le lendemain on est admis, ça veut dire
qu'on a le droit de se mettre en ligne. Après, s'il n'y a personne dans la
ligne, on tire le billet numéro un, on est appelé numéro un. S'il y a 5 000 personnes,
on est 5 001. S'il y a 300 000, on est 300 001.
La Présidente (Mme
Soucy) :Parfait. Merci.
M. Morin : ...vous êtes d'accord
avec moi, M. le ministre, pour dire que si le gouvernement fait des missions de
recrutement à l'étranger, vous avez besoin des milliers de travailleurs et qui
vont être admissibles deux ans après que vous les avez invités en disant qu'il
y avait un programme qui était valable, ouvert et que c'est ce temps-là que ça
prenait et qu'en 2025 vous coupez le programme, vous avez renié votre parole.
La Présidente (Mme
Soucy) :M. le ministre.
M. Roberge : Non, Mme la
Présidente. Là, là-dessus, je ne le suis pas. D'aucune manière le gouvernement n'a
renié sa parole. Lorsqu'on fait du recrutement international, peu importe, dans
tous les domaines, par exemple, même en économie, si on veut attirer des
investisseurs, on y va avec les programmes qui sont en vigueur, mais ça se peut...
17 h 16 (version non révisée)
M. Roberge : ...que, six mois
plus tard, la politique économique change, ça se peut qu'Investissement Québec
change sa vision, ça se peut que les gouvernements québécois aient des
programmes qui ne sont pas en vigueur qui deviennent en vigueur, des fois, qui
sont plus avantageux. Par exemple, je vais vous donner un exemple, une
infirmière qui aurait été recrutée en se faisant dire «ah, vous savez, il y a
le Programme d'expérience québécoise, qui arrive ici, puis que c'est le Programme
de sélection des travailleurs québécois, elle dit : Heille, tant mieux, je
n'ai plus besoin d'attendre deux ans, je vais être priorisée, je peux être
sélectionnée après six mois. Et je ne pense pas qu'elle va dire : Heille,
mon Dieu, vous avez brisé votre parole, je voulais absolument attendre deux
ans.
La Présidente (Mme
Soucy) :Merci, M. le ministre. M. le
député, il vous reste 36 secondes.
M. Morin : Très bien. On
disait un peu plus tôt que vous avez recommencé les missions à l'étranger pour
recruter des travailleurs. Vous allez en faire combien à l'international et
dans quel domaine? Parce qu'il y a... il y a des éléments qui ont été révélés
dans les médias, mais j'aimerais vous entendre là-dessus.
La Présidente (Mme
Soucy) :Merci, M. le député. M. le
ministre, en 15 secondes, s'il vous plaît.
M. Roberge : Oui, j'ai
répondu précédemment tout à l'heure, il y a cinq expériences de... de
recrutement, je ne dirais pas que ce sont des missions, et c'est dans les
secteurs prioritaires que j'ai mentionné tout à l'heure, là, santé, éducation,
etc.
La Présidente (Mme
Soucy) :Merci, M. le ministre. Donc, ceci
met fin à l'étude des crédits provisoires pour l'année financière 2026-2027.
Donc, je vois que Mme la leader du...
Une voix : ...
La Présidente (Mme
Soucy) : Oui. Alors, les crédits provisoires sont-ils adoptés?
Des voix : ...
Mme LeBel : Mme la Présidente,
on va vous demander le vote...
La Présidente (Mme
Soucy) :Parfait. Donc...
Mme LeBel : Vous n'avez pas lu
la motion de mise aux voix, là?
La Présidente (Mme
Soucy) : C'est les crédits provisoires, c'est ça, la... Oui.
Donc, étant donné qu'il y a une demande de
vote électronique demandée par le gouvernement je vais suspendre les travaux
quelques instants pour que nous puissions appeler les députés. Merci.
(Suspension de la séance à 17 h 19)
17 h 27 (version non révisée)
(Reprise à 17 h 29)
La Présidente (Mme Soucy) :Donc, nous allons maintenant procéder à la mise aux voix de
la motion proposant que les crédits provisoires pour l'année financière 2026-2027
soient adoptés. Donc, le vote est maintenant ouvert.
Donc, le vote est maintenant fermé. Donc,
le résultat du vote.
Pour : 63
Contre : 21
Abstentions : 0
En conséquence, les crédits provisoires
pour l'année financière 2026-2027 sont adoptés.
Alors, je suspends les travaux quelques
instants.
(Suspension de la séance à 17 h 31)