Journal des débats (Hansard) of the National Assembly
Version préliminaire
43rd Legislature, 2nd Session
(début : September 30, 2025)
Tuesday, March 24, 2026
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Vol. 48 N° 46
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Intervenants par tranches d'heure
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Roy, Nathalie
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Beauchemin, Frédéric
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Beauchemin, Frédéric
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Roy, Nathalie
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Zaga Mendez, Alejandra
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Zaga Mendez, Alejandra
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Roy, Nathalie
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Paradis, Pascal
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Paradis, Pascal
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Roy, Nathalie
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Hébert, Geneviève
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Ciccone, Enrico
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Benjamin, Frantz
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Schneeberger, Sébastien
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Cliche-Rivard, Guillaume
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Blouin, Catherine
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Dufour, Virginie
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Martel, Donald
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Blanchette Vézina, Maïté
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Caron, Vincent
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Rivest, Mathieu
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Lévesque, Mathieu
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Lafrenière, Ian
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Dorismond, Shirley
9 h 30 (version révisée)
(Dix heures une minute)
La Présidente
: Bonjour,
tout le monde. 24 mars. Mmes et MM. les députés, avant de reprendre nos
travaux, nous allons nous recueillir quelques instants.
Je vous remercie beaucoup. Veuillez vous
asseoir.
Affaires du jour
Affaires prioritaires
Débat
sur la motion du
ministre des Finances proposant que l'Assemblée approuve la politique
budgétaire du gouvernement
Aux affaires prioritaires, à l'article 1
du feuilleton, l'Assemblée entreprend le débat sur la motion de M. le ministre
des Finances proposant que l'Assemblée approuve la politique budgétaire du
gouvernement.
Conformément à l'article 273 du
règlement, je cède maintenant la parole au représentant de l'opposition officielle
en lui rappelant que son temps de parole est d'une durée maximale de deux
heures. Alors, M. le député de Marguerite-Bourgeoys, je vous cède la parole.
M. Frédéric Beauchemin
M. Beauchemin : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Merci à tous mes collègues qui sont ici présents dans
la Chambre aujourd'hui. Ça me fait chaud au cœur de vous avoir à mes côtés.
Merci au groupe parlementaire formant le gouvernement d'être aussi présent.
Merci à tous qui nous écoutent à la maison.
On a eu un déficit de 10 milliards
qui nous a été présenté la semaine dernière. C'est le septième budget
déficitaire de suite de la part de la Coalition avenir Québec. Il y a eu huit
budgets, dans les deux mandats de la CAQ, dont le premier, dois-je le rappeler,
était à peu près flat, parce qu'évidemment on avait laissé la maison en ordre,
on avait laissé un surplus de 7 milliards de dollars avant de quitter
en 2018. Depuis ce temps-là, bien, on a eu plusieurs événements qui ont fait en
sorte que le gouvernement a eu à emprunter et ajouter à la dette un total de
100 milliards de dollars dans une période de huit ans.
J'ai souvent entendu les remarques du
ministre des Finances puis les remarques des collègues du gouvernement, nous
dire les raisons du pourquoi on est en <situation déficitaire extrême...
>
10 h 03 (version non révisée)
M. Beauchemin : ...nous dire
les raisons du pourquoi on est en situation déficitaire extrême depuis les sept
dernières années, pourquoi qu'on aura ajouté 100 milliards, mais juste peut-être,
comme, pour que les gens puissent regarder leurs propres finances personnelles
à la maison puis d'essayer de comparer comment le gouvernement, eux, gère l'état
des finances publiques, ça aide.
Donc, comme je disais, avant d'avoir le
retour à l'équilibre budgétaire, le gouvernement aura ajouté à peu près 106 milliards
à la dette du Québec. Avant de commencer en 2018-2019, le gouvernement de la
CAQ avait une... le gouvernement... le Québec avait une dette de 160 milliards.
Donc, on est rendus à 266 milliards, grosso modo, lorsqu'on sera rendus, là, au
retour à l'équilibre budgétaire. Huit ans pour ajouter 106 milliards.
Préalablement, ça a pris 60 ans, pour tous les gouvernements avant, de faire
cette dette de 160 milliards. En 60 ans, on a eu quoi, Mme la Présidente? Des
écoles, des hôpitaux, des structures, des infrastructures. On a eu même le Fonds
des générations. Quand on fait le tour, un peu, de nos commettants dans nos
circonscriptions puis qu'on leur demande : Comment vous vous sentez par
rapport aux dernières huit années de la... sous la gouvernance de la CAQ, en ce
qui concerne les finances publiques puis la saine gestion de l'État dans son
ensemble? Croyez-vous que les services sont au rendez-vous?, bien, vous l'entendez,
Mme la Présidente, tous, on l'entend, c'est le même son de cloche : non,
les services sont en lambeaux.
Donc, c'est... c'est... c'est triste de
voir qu'on avait peut-être des bons objectifs initiaux. C'est triste de voir qu'initialement
le gouvernement voulait sûrement bien faire. C'est triste de voir, cependant,
que les cartes de crédit sont pleines.
Puis je vais revenir plus tard dans mon allocution
à propos de, bon, le ratio dette nette-PIB, les changements comptables qui ont
été ajoutés cette année, qui fait en sorte que les chiffres sont modifiés sans
aucun effort additionnel de la part du gouvernement, je vais parler plus en
détail, mais, en introduction, moi, je suis venu en politique pour les
prochaines générations. Ce que je veux, c'est qu'on envoie le bateau dans la
bonne direction. Ce que je veux m'assurer, c'est qu'on laisse les finances
publiques en ordre pour qu'on puisse prendre des bonnes décisions, parce que,
malheureusement, ce qui va arriver, c'est que les prochaines générations auront
des choix très difficiles à faire. Notre rôle, en tant que parents, c'est de s'assurer
qu'on laisse aux jeunes un environnement propre, sain, une saine gestion des
finances publiques qui leur permettra d'avoir les moyens de leurs ambitions. À
l'âge que mes enfants ont, je leur laisse prendre leurs propres décisions. 28,
29, là, c'est... c'est normal rendu à cet âge-là. Mais je pense aux plus jeunes
encore, qui, eux, ne comprennent pas ce qui se passe actuellement puis qu'eux
auront à prendre des décisions pour prendre soin de l'État québécois, prendre
soin des personnes qui sont plus vulnérables dans la société, des choix qui
leur seront difficiles, douloureux à prendre, parce qu'on n'a plus les moyens
de nos ambitions, parce qu'on a foncé dans le mur à faire des déficits à
répétition.
Puis je vais rentrer dans le détail un
petit peu plus tard dans mon allocution, à savoir... bon, il y a eu évidemment
le COVID, mais qu'est-ce que ça a représenté pour nous puis qu'est-ce que ça a
représenté pour d'autres juridictions proches de nous? Comment qu'on peut se comparer?
Parce que, dans la vie, si on veut mesurer le succès, il faut tout de même être
capable d'avoir un point de référence. On gagne dans une course si on est le premier
en avant, mais comment sait-on si on est le premier? Il faut qu'il y en ait un deuxième
en arrière. Alors, il faut savoir comment ça fonctionne, la mesure comparable.
C'est important d'avoir ça.
Une des choses qui est arrivée dans...
dans les huit années de... du gouvernement de la CAQ, c'est qu'on a été décotés
par l'agence de crédit Standard & Poor's. C'est un... C'est un événement, c'est
un mouvement de plaques tectoniques pour un ministre des Finances, pour un
gouvernement, lorsqu'il reçoit une décote. Il y a certains gouvernements qui le
prennent au sérieux et d'autres moins. Au Canada, on a un exemple à l'ouest
complètement, en Colombie-Britannique, qui... malheureusement, c'est un
gouvernement qui, malheureusement, semble se... aucunement se soucier du fait
que les agences de crédit décotent à répétition leur dette. Je vois, de par la
réaction du ministre des Finances, que ça l'a affecté. Puis, minimalement, je
trouve que c'est une bonne chose que ça l'a saisi d'avoir été décoté par Standard
& Poor's. Je trouve ça tout de même de valeur qu'il a fallu qu'on ait cette
décote avant de mettre en place une saine gestion...
10 h 08 (version non révisée)
M. Beauchemin : ...de l'État,
à savoir comment qu'on gère nos dépenses, à savoir doit-on avoir de façon
récurrente, annuelle, une révision des programmes? Sont-ils toujours
pertinents? Moi, j'ai toujours dit : Un programme, c'est comme une... un carton
de lait, ça doit avoir une date d'expiration, là, pour qu'on puisse, rendus à
la date d'expiration, se poser la question : On en veut-tu un nouveau, ou
on est correct avec ce qu'on a, ou est-ce que ce n'est pas bon du tout, puis je
n'en bois plus de lait? Tu sais, il faut... il faut se la poser la question, c'est
pertinent de le faire. Puis ça, c'est dans les... On est fiduciaires de l'argent
des Québécois, on est responsables pour les prochaines générations. C'est un
exercice qui se doit d'être fait. Bien, cet exercice-là se faisait sous l'ère
libérale. Cet exercice-là n'a... a arrêté d'être fait sous l'ère caquiste jusqu'à
tant que Standard & Poor's, donc décote.
Alors, il y a une leçon qui a été apprise
de la part du ministre des Finances puis du gouvernement de la CAQ. Tant mieux.
Je trouve que c'est quand même rassurant de voir qu'on a réveillé un peu un
instinct de protection. Mais rassurez-vous, Mme la Présidente, il y aura... il
y aura d'autres gestionnaires de l'État qui vont avancer dans le futur, qui
vont prendre ça au sérieux pour la suite des choses.
Moi, je pense que je comprends, là, la
joute politique. Je comprends qu'on... qu'on veut dire qu'on veut gagner les
prochaines élections puis qu'on veut être à... à l'écoute, au diapason avec les
attentes des Québécois. Mais force est de constater que, quand on a cette
situation-là au niveau des finances publiques puis qu'en même temps on a des
candidats à la chefferie de... de la Coalition avenir Québec qui nous dit que c'est
dans notre ADN, nous, à la CAQ, de faire la saine gestion des finances
publiques, vous comprendrez que les citoyens sont un peu, disons, curieux, hein,
peut-on dire, minimalement, de... de cette phrase-là de la part d'un
gouvernement qui aura ajouté, donc, 106 milliards à terme à la dette des
Québécois, qui fait actuellement la réaction, c'est de... la réaction, c'est de
trouver, de gratter les fonds de tiroirs pour essayer d'économiser, qui nous
empêche d'avoir les moyens de nos ambitions, de pouvoir faire face, justement,
au vent de face qui arrive à cause la guerre tarifaire.
Donc, vous savez, la décote, des déficits
à répétition, le vérificateur général, tous des indicateurs qui, normalement,
auraient dû nous réveiller pour les choix de ce dernier budget la part de la
Coalition avenir Québec. Puis, vous savez, si le budget était si bon que ça,
honnêtement, on n'aurait pas été dans l'obligation de la part du gouvernement
de mettre un... un fonds de 250 millions par année pour les cinq prochaines
années comme promesse additionnelle pour qui gagnera la course à la chefferie
de la Coalition avenir Québec. Si le budget avait été si bon que ça, on ne se
sentirait pas obligé d'ajouter ces... ces feux d'artifice là, disons, peut-on
dire, pour permettre au gouvernement de devenir plus populaire dans les
sondages. On n'aurait pas mis 1,3 milliard de l'argent des Québécois dans
un... dans un contexte d'austérité, où est-ce que le gouvernement nous dit,
là : On coupe ici, on coupe là, on coupe ici, on coupe là. Mais on prend 1,3 milliard
pareil pour des promesses électoralistes. Donc, si le budget avait été bon, on
n'aurait pas besoin de ce 1,3 milliard-là.
Je comprends ce qui se passe. Je ne suis
pas... je ne suis malheureusement pas trop jeune, malheureusement, Mme la
Présidente, mais je vois quand même que le scepticisme de la part des... des
citoyens, quand ils regardent ce qui se passe ici, à Québec, bien, ça ne fait
qu'augmenter à cause, justement, de manoeuvres comme celles-ci qui font en
sorte que les Québécois se disent : Mais un instant, là, on coupe des
services, je ne suis pas capable d'avoir un médecin de famille, les écoles sont
en décrépitude, puis là on se donne 1,3 milliard de dollars pour essayer
de me convaincre de voter pour ce gouvernement-là. Ça ne marche pas ça. Ça ne
passera pas le test, ça, Mme la Présidente.
On a un problème de productivité au
Québec, on a un problème de démographie au Québec. On a eu des baisses de mises
en chantier, des baisses d'investissement, des baisses d'investissements spécifiquement
en machinerie et en matériaux. Bon. Pour ceux qui sont plus d'un penchant
économique, là, qui... qui nous regardent en ce moment, là, vous le savez très
bien, tout ça, ce que ça veut dire, ça veut dire que, malheureusement, la
machine est en train de se réduire. On a un cœur économique qui souffre
actuellement, ce qui fait en sorte que, pour les années à venir, ce n'est pas
de bon augure, parce qu'on se doit d'avoir, justement, des investissements
additionnels qui se font dans l'économie québécoise, on se doit, justement, d'avoir
des gains de productivité dans l'économie québécoise. Parce que, si, justement,
notre...
10 h 13 (version non révisée)
M. Beauchemin : ...démographie
va être une ligne droite, flat, aucune augmentation pour les 25 prochaines
années, comme l'Institut du Québec l'a démontré dans son rapport il y a sept
semaines approximativement, c'est un enjeu. Il va falloir qu'on fasse de quoi,
faire plus avec ce qu'on a actuellement, mais vraiment dans un contexte où
est-ce que le Québec, il est isolé dans le reste de l'Amérique du Nord. L'Alberta,
durant la même période, aura augmenté sa population de 2,5 millions d'habitants.
Et nous, on va rester encore à 9 millions d'habitants? Puis le profil de
cette population-là va changer, Mme la Présidente. Il va y avoir de moins en
moins de jeunes pour de plus en plus de personnes de mon groupe d'âge. Et donc
les gens qui vont avoir besoin de services de santé de plus en plus nombreux et
de moins en moins de jeunes qui vont vouloir rentrer... ils pourront rentrer
sur le marché du travail, pour pouvoir financer les missions de l'État.
J'en ai parlé au ministre des Finances, j'ai
même posé une question, vous étiez là. J'ai posé une question au ministre des Finances
au sujet, justement, de la démographie. La réponse, c'était totalement l'inverse
de la réalité, c'est : Non, non, non, on a trop de monde au Québec, on est...
on a de la misère à les loger, c'est impossible de gérer la demande. On est en
explosion par rapport à la population du Québec, par rapport à l'an passé. Mais
je ne comprenais pas la réponse, là, du ministre, parce que les faits sont
réels. Je suis content de voir que, dans le budget, il y a une page dans le
budget où le ministre, effectivement, illustre ce que... l'Institut de
statistique du Québec va démontrer, a démontré, qu'il y a une stagnation de
notre démographie, de la population du Québec, c'est un enjeu primordial, Mme
la Présidente.
Puis on devrait donc prendre la page des
meilleurs... des meilleurs pays, des plus performants à travers le monde pour
comprendre comment eux ont été capables d'améliorer leur productivité, pour
faire en sorte qu'on puisse équiper les Québécois avec les meilleurs outils, s'assurer
que notre cursus scolaire soit adapté à la réalité de l'intelligence
artificielle, faire en sorte qu'on puisse avoir une gang de jeunes, là, plein d'énergie,
plein de connaissances, le couteau entre les dents, qui veulent aller chercher
leur morceau de viande à tous les jours. C'est ça qu'on a besoin, Mme la
Présidente. Mais malheureusement, le gouvernement de la... de la Coalition
avenir Québec n'a pas démontré dans son budget que cette... ces priorités-là
sont importantes.
Je parlais du plan de retour à l'équilibre
budgétaire. Quand on laisse, dans le plan de retour à l'équilibre budgétaire,
les trous béants de plusieurs milliards de dollars pour retrouver l'équilibre, ça
ne fait que confirmer ce que le Vérificateur général disait. C'est un demi-plan
de retour à l'équilibre budgétaire et les mesures pour y arriver seront
difficiles. J'ai quelques citations du ministre des Finances, depuis, qui... qui
nous a parlé de... évidemment, là, des... des enjeux qui... qui... qui sont
alentour du fait que, justement, on a des prévisions budgétaires difficiles. On
a un déficit qui s'accumule puis on a des problèmes avec le... le flot d'argent
qui rentre dans les coffres de l'État.
Je vais rentrer un petit peu plus
profondément dans l'analyse du... du budget. C'est important de voir comment on
analyse, justement, les... la croissance économique, parce que c'est un vecteur
extrêmement important. Le budget, c'est comme une équation mathématique, en bout
de piste, c'est du chiffre, déficit, surplus, là, puis il y a quatre, cinq, six
grosses variables qui nous amènent à... le déficit, ou le surplus, ou l'équilibre.
Donc, à la fin de cet exercice-là, lesquelles variables sont les plus
importantes, lesquelles ont plus de pondération, peut-on dire, sur le résultat?
Bien, c'est certain que la croissance économique, c'est le gros vecteur, le PIB
du Québec dans les... dans les 500, 600 milliards de dollars, un
gros, gros chiffre. Bien, 1 %, c'est 5, 6 milliards de dollars, Mme
la Présidente. Donc, quand on se trompe de 1 % sur la prévision de la
croissance économique, on se trompe dans des gros montants, là, Mme la
Présidente, c'est... c'est extrêmement important, là. Donc, de façon récurrente,
le gouvernement a surestimé, par rapport à ce qui s'est réalisé, la croissance
économique. Puis moi, je fais juste parler des quatre années, là, en tant que
critique pour le Parti libéral du Québec en finances, et on a regardé en
arrière, les quatre années avant, et c'était la même chose. Le gouvernement l'a
fait depuis huit ans, surestimer, puis en bout de piste, qu'est-ce qui arrive, Mme
la Présidente? On projette que le futur va être mieux, mais, quand on arrive à
la réalité, le déficit est toujours plus grand. Le déficit nous surprend, parce
qu'on a mal calculé nos affaires. Et, quand on manque notre cible de croissance
de 1,6 %, de...
10 h 18 (version non révisée)
M. Beauchemin : ...de
0,8 %... On a même commencé l'année 2026 en disant que ça allait être
1,4 % puis on a tout récemment corrigé à 1,1 %. Je comprends, là, qu'il
y ait des variations dans le monde, je comprends que le monde... je comprends.
On a tous eu le COVID, Mme la Présidente, OK, mais il y en a d'autres qui sont
capables d'être directement sur le... sur le «target», puis nous, bien, on l'a
manqué année après année, de façon systémique. C'est très problématique parce
qu'on est en train de faire des projections puis on veut se comparer à ce qui
va s'arriver... arriver en Ontario. Durant la même période, l'Ontario a eu un
gain, puis je parle juste de 2022 à 2024, là, de 0,8 % de son PIB à la
hausse par rapport à leurs prévisions, puis, au Québec, le gouvernement de la
Coalition avenir Québec fait totalement l'inverse. Donc, vous comprendrez, ça
fait partie des éléments de réponse à savoir pourquoi qu'on a été décoté, Mme
la Présidente, on manque de crédibilité.
On parle aussi des revenus, là, de l'État,
puis ça, je veux en parler parce que c'est extrêmement important. On a cinq
grandes sociétés d'État. Il y en a plusieurs autres moyennes, mais disons cinq
grandes, Hydro-Québec, Loto-Québec, Investissement Québec, la Société des
alcools, puis... là, j'en ai mentionné quatre sur cinq, Loto-Québec... Oui, ça
va me revenir. J'en ai une que j'oublie, là, mais...
Une voix : ...
M. Beauchemin : C'est ça. Et
donc, évidemment, c'est un vecteur de croissance. Ces sociétés d'État là, elles
nous appartiennent. C'est notre REER collectif, Mme la Présidente. Elles valent
des centaines de milliards de dollars. Hydro-Québec seule vaut proche de ce
montant-là. Donc, quand on regarde ça, on regarde Loto-Québec, on regarde
Investissement Québec, des rendements qui sont... en termes de dollars, on
parle de 5 milliards, 5,3 milliards, une baisse récurrente, malheureusement,
encore une fois, depuis les cinq dernières années, des rendements des sociétés
de la Couronne, si on peut dire ainsi, des sociétés d'État, mais 2,7 % sur
cinq ans, Mme la Présidente. Je ne sais pas si je peux présenter ça, là, puis
je vais vous le montrer pareil, là, mais c'est 2,7 % de moins de
rendement. Le rendement collectif des sociétés d'État frôle le 1,5 %, Mme
la Présidente. Ça, c'est notre REER collectif, là. Ça, là, c'est : Nous,
en tant que Québécois, on choisit d'avoir ça dans notre portefeuille. Puis on a
du 1,5 % de rendement en moyenne, Mme la Présidente. Je suis certain que,
dans votre REER personnel, là, jamais vous n'allez acheter un stock qui vous
donne un rendement de 1,5 %, en tout cas, moi, je ne fais pas ça, puis
bien du monde que je connais ne font pas ça. Comment se fait-il qu'on accepte
un rendement si faible? Bien, depuis que la Coalition avenir Québec qui est au
pouvoir, ce rendement-là diminue année après année, on a une perte des revenus
de l'État.
Donc, on a de besoin de comprendre pour la
suite des choses justement, parce qu'on ne peut pas taxer plus les Québécois,
même s'il y a plein de frais additionnels, là, qui a été, de façon très
créative, ajouté, là, à la liste des... du fardeau fiscal des Québécois, là,
mais on ne peut pas faire ça, on ne peut plus faire ça. On est la juridiction
la plus taxée en Amérique du Nord, donc on doit bien gérer les dépenses. Mais
ce qui nous donne du revenu... Donc, nos sociétés d'État, elles doivent, elles,
mieux performer. Imaginez, sur 200 milliards de dollars, ajouter du
2 % de plus au rendement. C'est 4 milliards de plus, Mme la Présidente. C'est
là que ça se joue. C'est dans cette façon de faire qu'on va pouvoir retrouver
un équilibre budgétaire. Mais il faut faire ça, être courageux, avoir des
conversations difficiles avec nos gestionnaires de sociétés d'État, leur exiger
ces rendements-là, leur dire : Hé! Ça nous appartient à nous tous,
collectivement, là. On se doit d'avoir cette conversation-là. C'est ce qu'on n'a
pas eu, malheureusement, avec le gouvernement de la Coalition avenir Québec.
Puis je vous parlais des revenus, là, je
vais vous parler un petit peu, là, des dépenses, puis là, encore une fois, c'est
un peu... c'est un peu triste, là, parce que, juste pour vous donner une
indication, l'an passé, on a fini avec une augmentation des dépenses de
4,3 %. On avait estimé que les dépenses...
10 h 23 (version non révisée)
M. Beauchemin : ...les
dépenses allaient être beaucoup plus basses, on s'était dit à peu près 1,5 %,
1,6 %. Le problème, Mme la Présidente, encore une fois, c'est qu'ici on
sous-estime un chiffre dans l'équation que je vous mentionnais tantôt, qui n'est
pas un chiffre positif, c'est un chiffre qui est négatif, c'est un chiffre de
dépenses. Quand on le sous-estime, qu'est-ce qui arrive? Bien, on... quand on
fait la prévision économique, on sous-estime ce chiffre-là. Donc, le déficit va
être moins gros, hein, quand c'est le temps de le réaliser, oups, il est plus
gros, donc, le déficit va être plus gros. C'est un peu ça, l'enjeu. Donc, on
sous-estime les dépenses, on surestime les revenus, puis là ça nous donne des
revenus qui ne sont pas au rendez-vous, comme j'expliquais tantôt, puis là des
dépenses qui sont plus dispendieuses qu'on pensait que ça allait être. Donc, je
comprends, là, que le ministre dit que c'est important de bien gérer les
attentes, puis c'est important de mettre en place ce qu'il faut pour s'assurer
que, justement, on puisse bien performer puis atteindre les objectifs. Mais,
moi, je l'ai entendu me dire, je vais citer, là «j'ai de l'expérience», puis on
met 2 % sur la feuille pour atteindre 3 %, mais c'est l'inverse qui
se passe, malheureusement, Mme la Présidente. On a besoin de savoir qu'au Québec
les dépenses, elles ont augmenté encore plus vite que dans le reste du Canada.
Elles ont augmenté plus vite que les dépenses en Ontario. J'hésite à vous le
montrer, ça, mais ça le dit simplement Je ne sais pas, je ne peux pas vous le
montrer, celui-là non plus.
La Présidente
: M. le
député de Marguerite-Bourgeoys...
M. Beauchemin : ...
La Présidente
: ...M.
le député de Marguerite-Bourgeoys, vous rappeler qu'uniquement les tableaux
didactiques sont acceptés et non les affiches avec un gros chiffre ou une
grosse photo. Mais je vous invite à poursuivre.
M. Beauchemin : On a travaillé
fort sur ces grosses photos-là, Mme la Présidente, mais le point, c'est le
suivant, c'est que, durant la même période, de 2018 à 2025, on a eu le COVID
autant que l'Ontario. Durant cette période, le Québec a augmenté ses dépenses
deux fois plus vite que l'Ontario. C'est un peu ça, l'enjeu. Puis, en termes de
pourcentage, le Québec frôle les 60 % d'augmentation sur une période
2018-2025, puis l'Ontario, sa voisine a 30 %, Mme la Présidente. C'est ça
qui est le problème. Pourquoi? Parce qu'on n'a pas regardé ce qu'on faisait. On
a dit oui, oui, oui à tout, sans même vérifier si on avait un, premièrement,
déjà des programmes en place qui s'adressaient à ces enjeux-là, à savoir :
Est-ce qu'on est en train de livrer les bons services aux citoyens? Est-ce qu'on
fait des doublons? On n'a pas mis... pris le temps de faire ces exercices-là
jusqu'à tant que Standard & Poor's décide de décoter le Québec. C'est
là, le problème, Mme la Présidente. Ça a pris sept ans puis une décote pour que
le gouvernement se réveille, mais là, maintenant, il est trop peu, trop tard.
On est en année électorale, puis, dans le concept d'une année électorale, on se
serait attendu à une certaine retenue de la part du gouvernement de la
Coalition avenir Québec. Mais ce n'est pas tout à fait ça qu'on a eu, Mme la
Présidente, on a eu des dépenses additionnelles puis on a même eu un fonds
électoraliste qui a été créé, de 1,3 milliard de dollars.
Donc, c'est triste, Mme la Présidente. La
pandémie, là... et on a entendu, la semaine passée, lorsque le ministre des
Finances était aux Mordus, dire que la pandémie nous a coûté 26 milliards.
Bon, moi, je dis qu'on a rajouté 106 milliards à la dette, moins le 26, on
parle de 80 milliards. Mais qu'est-ce qu'on a eu dans ce 80 milliards,
là, de dépenses non reliés au COVID? Honnêtement, vous regardez les hôpitaux,
vous regardez les infrastructures, vous regardez les services, vous regardez
les écoles, le nombre de professeurs qui manquent, les médecins, toute la
négociation, tout ça, là, on n'a rien eu qui fait en sorte que ça fonctionne
mieux, au contraire, tous les indicateurs sont dans le rouge, Mme la Présidente.
Vous savez, là c'est un point que je veux
vous dire, il y a, dans le budget, une page qui explique la modification
comptable qui a été faite, cette année, au budget pour décrire finalement le
poids de la dette, puis le poids de la dette, maintenant, est perçu... est
calculé d'une autre façon. Et ça, ça a comme conséquence, c'est comme si
artificiellement, ce n'est pas artificiel, là, mais juste parce qu'on a une
nouvelle mise à jour de mesures comptables, le poids de la dette est réduit
approximativement à 1 %, sans qu'il y ait rien d'autre qui a été fait. C'est
juste une façon de calculer les choses. On parle du poids financier, de l'article
financier.
10 h 28 (version non révisée)
M. Beauchemin : ...puis j'entends
le... le ministre nous dire : Bien, on est rendus, là, à 39, 38,9, là,
pourcent, là, de... de dette par rapport au PIB. Mais, tu sais, s'il n'y avait
pas eu cette modification comptable là, on serait à 40, grosso modo. Juste pour
qu'on mette les choses au clair, là. Après les conséquences du dernier budget
libéral de 2018-2019, à la fin de cet exercice-là et des ramifications que
Carlos Leitao avait instaurées dans son budget, le calcul, à cette époque-là,
pour ce qui allait être après les effets libéraux, ce qu'on peut les appeler ainsi,
sur la dette du Québec, le ratio dette nette/PIB était aussi à 40 %. Donc,
il y aura eu une période de huit ans, où est-ce que le gouvernement de la
Coalition avenir Québec, qui maintenant nous dit qu'on a baissé l'endettement,
mais n'importe qui qui fait le travail en arrive exactement à la même
conclusion, il n'y a eu rien. On est aussi endettés après huit ans qu'on l'était
avant. Dois-je rappeler que de 2014 à 2018, on est passé de, grosso modo, 50 %
à 40 % de ration dette nette/PIB, et ce, en quatre ans. Là, maintenant, on
n'aura pas le choix, là, il va falloir qu'on fasse un autre nettoyage, Mme la
Présidente, puis c'est ce qu'on va faire.
Il y a évidemment des milliards et des
milliards de dollars qui ont été flambés en... en promesses électorales. Il y a
des milliards et des milliards. J'entendais justement la députée de... de Sanguinet
nous parler, là, de l'interventionnisme de l'État. Il y a plusieurs de ces
milliards-là qui ont été investis, ça, c'est le terme utilisé, là, dans... dans
l'économie du Québec, comme des chèques électoralistes, comme les 7 millions
aux Kings de Los Angeles, l'argent perdu dans Northvolt. Il y a... il y a plein
de... de cet argent-là qui, malheureusement, semble avoir été flambé. Mais,
dans tout ça, là, on a des infrastructures qui ont été abandonnées. On peut
parler, comme mon collègue de Nelligan le mentionne souvent, là, de... de HMR.
On peut parler aussi des ponts. On peut aussi parler des autoroutes, des
écoles.
Mais, quand on a un gouvernement qui
décide de couper sans vraiment réfléchir, et qu'on gère mal l'état des finances
publiques, bien, ça fait que les détenteurs des obligations de la dette du Québec,
les gestionnaires de portefeuille, qui, eux, exigent un rendement pour acheter
de la dette du gouvernement du Québec, demandent un rendement additionnel,
demande d'être payé plus cher pour le risque de... On a un gestionnaire, ici, d'État,
là, qu'on n'est pas trop certain de comment qui gère ça. Bien, je l'ai calculé
l'autre fois, puis le ministre n'était pas entièrement en désaccord avec moi,
au contraire, il était d'accord avec moi, on l'a dit, là, que pour la menace
souverainiste, ça coûtait cinq points de base, cinq points de plus pour la
dette du Québec. Mais ce que le ministre n'avait pas dit, puis il n'a pas dit
que ce n'était pas la réalité, c'est que la gestion caquiste, elle, nous en a
coûté à date, 11 points de base de plus. Puis, si on actualise ça sur l'ensemble
de la dette du Québec, c'est des milliards de dollars de plus. Mais, si on le
fait juste ce qui est à refinancer pour l'ensemble de la dette pour les
prochaines années, c'est 300 millions $ de plus additionnels, c'est
300 millions de plus qu'on donne aux banquiers, Mme la Présidente, qu'on
aurait pu se servir pour faire six écoles, peut-être même plus, dépendamment de...
du niveau scolaire. On aurait pu se servir de ça pour faire une exemption sur
la taxe sur la masse salariale, comme ce qui a été fait en Ontario, pour faire
que nos PME soient plus compétitives ou minimalement aussi compétitives. On
aurait pu faire des choix différents. Je parle juste de la gestion de la dette,
là, je ne parle pas des millions aux Kings, là, je ne parle pas de l'argent à
Northvolt, je ne parle pas du fond électoraliste, je parle juste dans la
gestion de la dette, ce qui normalement aurait dû être bien fait, d'envoyer un
signal de confiance à tous les investisseurs sur le globe : Nous, au
Québec, nos finances, on prend ça au sérieux, puis c'est à cause de ça qu'on va
faire une bonne gestion des finances publiques. Mais, encore une fois, lorsqu'on
est décoté par une firme comme... de notation comme Standard & Poor's, c'est
le... le pire marketing qui peut avoir lieu, là, pour nos finances publiques,
ça, Madame la Présidente.
Stephanie Grammond de La Presse a émis, évidemment,
là, plusieurs commentaires durant la... la semaine du budget et les semaines
qui ont précédé le budget...
10 h 30 (version révisée)
<19307
M. Beauchemin :
...justement, de la croissance économique, la >croissance des
dépenses. Puis, si je vais la résumer, là, en quelques secondes, ce que Mme Grammond
dit, c'est que le gouvernement va... ou semble proposer une rigueur inusitée
pour les prochains gouvernements qui vont prendre le contrôle des finances
publiques. Il va falloir que le prochain gouvernement, là, soit mais d'une
capacité, là, jamais faite auparavant pour pouvoir être capable de reprendre le
contrôle des finances publiques. Puis je ne sais pas si elle est libérale,
Stéphanie Grammond, mais c'est une éditorialiste d'un journal très connu au
Québec, qui donne son opinion, puis son opinion, elle est basée sur des faits
financiers, Mme la Présidente, supportés par le Vérificateur général, supportés
par les agences de crédit. Quand on regarde ça, on se dit : Bien, peut-être
que c'est intéressant. Je pense à d'autres personnes comme, par exemple, Gérald
Fillion, en ce qui concerne, justement, le travail qui sera à faire pour
retourner à... pour identifier les mesures non identifiées qui sont dans le
budget actuellement. Gérald Fillion dit : «Le travail à faire sera
colossal.» Colossal, Mme la Présidente.
Je comprends, là, que le gouvernement veut
se positionner pour être en campagne électorale, je comprends que le
gouvernement essaie de calmer le jeu pour que tout le monde soit calme, j'essaie
de le dire de façon très calme, moi aussi, là, mais on chante en unisson pour
dire que les finances publiques sont mal gérées. On ne peut pas avoir ça puis
dire en même temps que c'est dans notre ADN de faire la saine gestion des
finances publiques. On ne peut pas avoir tous ces gens-là dire cette chose-là puis
avoir un commentaire qui dit : On laisse la maison en ordre, Mme la
Présidente. C'est comme ne pas être connecté avec la réalité. Puis ça, c'est un
enjeu, Mme la Présidente, parce que, là, de là, les gens vont déconnecter du
gouvernement, ne feront pas confiance dans l'institution. Puis ne pas faire
confiance dans notre propre gouvernement, c'est un enjeu, parce qu'on se doit
de prendre et faire des choix pour la population. Et on veut que la population,
minimalement, soit majoritairement en accord avec nous pour qu'on puisse
avancer, pour qu'on puisse faire les choix difficiles, pour qu'on puisse s'assurer,
justement, qu'on envoie le bateau dans la bonne direction pour les prochaines
générations. C'est important, ça, Mme la Présidente, d'avoir une compréhension
de l'enjeu.
Puis, j'en ai parlé souvent, puis ça, c'est
intéressant, là, mais le tissu économique du Québec, il est particulier. On a
97,5 % de toutes nos entreprises privées qui sont des PME. Elles emploient
80 % de toute la main-d'œuvre privée. Elles sont 278 000 dans le Québec
au grand complet, dans les 17 régions économiques. Puis, je le dis
souvent, le Québec, c'est comme un train qui tire 17 wagons, 17 régions.
S'il y a un wagon qui n'avance pas, le train n'avance pas. Il faut vraiment
aider le cœur de notre économie, il faut aider nos PME, et elles sont partout,
dans toutes les régions du Québec.
Donc, comprendre ça, ça aide à aligner les
priorités du gouvernement. Comprendre ça, ça aide à mettre en place des
politiques pour, justement, s'assurer qu'on donne une chance à tous de gagner,
que toutes nos PME ont une chance de devenir des champions, qu'on va avoir un
prochain Couche-Tard, un prochain Bombardier. Comprendre ça, c'est essentiel
pour mettre en place ce que doit pour justement assurer un avenir prospère pour
les prochaines générations.
Bien, de ne pas faire ça puis de prendre l'argent
des payeurs de taxes ou prendre l'argent des PME dans l'enveloppe de 17 milliards
qui vient des taxes sur les impôts de sociétés, les taxes sur la masse
salariale, les frais de services santé, etc., prendre cet argent-là puis le
donner à des multinationales étrangères, de faire de l'interventionnisme sans
arrêt depuis les sept, huit dernières années sans aider nos PME, bien, ça crée
un «disconnect» entre la réalité de nos entrepreneurs et leur désir d'investir
eux-mêmes. Parce qu'ils le voient bien, le gouvernement n'est pas de leur bord.
Ça fait que pourquoi j'investirais plus, Mme la Présidente, dans ma business si
le gouvernement, lui, il va donner à quelqu'un d'autre qui va arriver de «nowhere»
puis qui va comme me compétitionner à tour de bras, puis je vais perdre des
parts de <marché...
M. Beauchemin : ...puis qui
va, comme, me compétitionner à tour de bras, puis je vais perdre des parts de >marché?
Pourquoi est-ce que je ferais ça en tant qu'entrepreneur? Pourquoi est-ce que
les entrepreneurs feraient ça avec l'ensemble des PME quand ils voient bien que
le gouvernement n'a pas à cœur l'intérêt des PME? C'est ça qui est l'enjeu, Mme
la Présidente.
Donc, on est tout à fait... c'est tout à
fait légitime de vouloir critiquer le gouvernement, c'est notre rôle, à
l'opposition. On a proposé aussi, cependant, plusieurs mesures visant à aider
le cœur économique du Québec. Puis on n'a malheureusement eu rien de la part du
gouvernement. Pour nous, ce qui est important, c'est de s'assurer que, pour la
suite des choses, on puisse investir en recherche et développement pour qu'on
puisse avoir de la propriété intellectuelle, pour qu'on puisse avoir des gains
d'innovation, pour qu'on puisse faire des gains de productivité, pour que les
Québécois puissent avoir les meilleurs outils, pour qu'ils puissent être
capables d'en produire plus avec leur temps de travail, pour qu'on puisse faire
face à la compétition, pour qu'on puisse se débattre contre les tarifs, pour
qu'on puisse avoir des champions, pour que notre société puisse évoluer, pour
qu'on puisse être capables d'avoir des services qu'on prend pour acquis
aujourd'hui puis que... Si on continue dans cette façon-là de gérer,
malheureusement, il va falloir qu'on coupe. Donc, on n'aura pas le choix, Mme
la Présidente, il faut mettre notre énergie pour aider le cœur économique des
Québécois, puis ça passe par une vision d'avenir en gain de productivité pour
l'ensemble de nos PME.
• (10 h 40) •
Évidemment, on a entendu le ministre des
Finances nous dire que ce sera au prochain, là, gouvernement de mettre en place
ce que doit pour trouver les actions à identifier pour revenir à l'équilibre
budgétaire. Vous comprendrez, Mme la Présidente, que... en tout cas, de ma
perspective, je trouve ça quand même spécial, parce que, comme je disais
tantôt, on a ajouté 106 milliards à la dette, on a eu sept déficits
consécutifs, on n'a pas géré les dépenses, on a sous-estimé, en fait, à chaque
année les dépenses, surestimé les revenus, puis là on en arrive à la fin du
terme puis on se fait dire que, bien, le prochain gouvernement, il va falloir
qu'il soit responsable puis qu'il mette en place, là, les bonnes mesures. Puis,
nous, c'est ce qu'on va faire.
Mme la Présidente, je pense qu'il n'y a
pas beaucoup de monde qui le croit quand le ministre des Finances nous dit ça.
Je pense qu'il y a beaucoup de monde qui se disent : Mais vous étiez où
dans les huit dernières années? Puis c'est ça qui est un peu l'enjeu. Jimmy
Jean, de Desjardins, parle du manque d'espoir en regardant le budget, qu'il n'y
a pas tellement de prévisions prudentes puis que les éléments sur lesquels le
gouvernement s'assoit pour faire ses prédictions manquent de crédibilité.
Un autre aspect qui, malheureusement, n'a
pas du tout, là, été touché, dans le budget de la Coalition, là, avenir Québec,
c'est l'augmentation de la taille de l'État. Et j'ai entendu notre présidente
du Conseil du trésor nous dire que l'objectif, c'est de couper 5 000 ETC
dans les... dans les prochaines années. Bien, juste pour qu'on clarifie les
choses, Mme la Présidente, dépendamment de l'année, là, il y a entre 1 700
à 2 300 fonctionnaires de l'État qui prennent leur retraite. Je ne
parle pas de ceux qui livrent, là, les services, là, aux citoyens, là, je parle
des fonctionnaires. Il y en a entre 1 700 à 2 000 qui prennent leur
retraite année après année. C'est beaucoup, ça, c'est à peu près 5 %,
4 %. Bien, juste ça, après trois ans, sans rien faire d'autre, on atteint
l'objectif de la ministre en disant : On fait une... un gel d'embauche.
Puis, vous savez, pour moi, ce qui compte dans ça, c'est qu'effectivement on
gère bien les dépenses, on s'assure qu'on fait ça comme il le... comme il se
doit. Mais je trouve ça spécial de faire une annonce que notre objectif, c'est
de couper 5 000 ETC, mais que, peu importent les actions gouvernementales,
juste geler l'embauche, on va y arriver naturellement, Mme la Présidente.
Il y a eu un gain de 32 % du nombre
de cadres dans la fonction publique depuis que la Coalition avenir <Québec...
M. Beauchemin :
...Mme
la Présidente. Il y a eu un gain de 32 % du nombre de cadres dans la
fonction publique depuis que la
Coalition avenir >Québec est au
pouvoir, une augmentation, donc, de 32 %, et de ceux qui livrent le
service, une augmentation de 22 %. N'importe quelles entreprises dans
lesquelles j'ai oeuvré, Mme la Présidente, ces chiffres-là vont dans l'autre
sens. On augmente les gens qui livrent les services, ou qui vendent les
produits, ou qui servent nos clients, et ceux-là, on les augmente beaucoup si
on peut avoir une augmentation de nos parts de marché, puis les gestionnaires,
là, on les augmente moins. On augmente, on en a de besoin, mais on augmente ça
moins. Ça aurait dû être l'inverse, Mme la Présidente. Malheureusement, la CAQ
a fait totalement l'inverse.
Il y a eu quand même plusieurs employés de
plus. Je parle de ceux, là, qui sont juste les fonctionnaires ici, là, dans la
grande région de la Capitale-Nationale et un peu ailleurs au Québec.
1,4 milliard de dollars de plus que ça coûte par année, Mme la
Présidente. Ça, je ne parle pas des augmentations, là, qu'il y a eu, là, qui,
elles aussi, augmentent de 3 milliards par année. Donc, juste l'appareil
gouvernemental lui-même, seul, c'est au-dessus de 4,5 milliards de plus
que ça nous coûte par année. Puis là je ne parle pas de ceux qui donnent les
services aux citoyens, là. Je ne parle pas des professeurs ni des médecins, là.
Je parle juste de l'appareil gouvernemental. Ce n'est pas rien, ça, Mme la
Présidente.
Ça fait que je ne veux pas... je ne veux
pas frapper sur... de cadavres, là, je ne sais pas comment le dire autrement,
Mme la Présidente, là, mais je pense que j'essaie d'illustrer ici qu'il y a eu
une perte de crédibilité qui s'est installée dans la population vis-à-vis le
gouvernement de la Coalition avenir Québec. Il y a une perte de crédibilité qui
s'est instaurée parce qu'il y a eu toute cette séquence de mauvaises décisions
là, toute cette séquence de démonstration de manque de compréhension de comment
fonctionne bien l'économie, comment devrait bien fonctionner l'économie, toute
cette séquence d'augmentation des dépenses prévues et réalisées, d'avoir
sous-estimé annuellement, de façon récurrente, le taux d'augmentation des
dépenses. Donc, tout ce scepticisme s'installe, puis, à la fin de tout ça, les
gens se disent : Bien, on ne les croit pas. Peu importe qui gagnera la
course à la chefferie, les gens vont se dire : Bien, c'est du pareil au
même. Ils peuvent bien nous dire ce qu'ils veulent, là, après avoir gagné la
prochaine course puis dire : On va faire ci, on va faire ça, mais vous
étiez où les huit dernières années?
Simplement, Mme la Présidente, c'est un
déficit de gouvernance qu'on a. Puis, ça, Mme la Présidente, personne ne se
remet de ça parce que le lien est brisé. L'électorat ne fait plus confiance à
ce gouvernement-là. Puis, quand on ne gouverne pas bien, quand on n'a pas les
meilleures pratiques comme réflexe, quand on ne pense pas, justement, aux
prochains, quand on ne pense pas aux prochaines générations puis qu'on le fait
que pour le cycle électoraliste, bien, les Québécois ne sont pas dupes, Mme la
Présidente, ils vont user de leur jugement. Et on verra bien les résultats. Et
je ne veux pas parler de Québec 125, parce que c'est vraiment triste, au
gouvernement, de penser et de regarder ça.
On est... On est dans une situation où
est-ce que, quand on compare... Parce que c'est ça qu'on doit faire, là, on doit
comparer ce qui se passe au Québec par rapport à ce qui se passe à d'autres
juridictions pour être certain qu'on essaie de faire les choses correctement,
qu'on est dans les meilleures pratiques, qu'on... qu'on devrait avoir, donc,
une bonne pratique de gouvernance. Puis, vous savez, le rythme d'augmentation
des croissances, puis c'est la dernière statistique que je vais donner pour les
dépenses, là, elles ont été en croissance au Québec, comme je l'ai mentionné,
et, en Ontario de 2018 à 2022, premier mandat caquiste, il ne s'est rien passé,
aucune augmentation.
Donc, je ne veux pas qu'on dise que c'est
tout le temps de la faute des autres, Mme la Présidente, je ne veux pas qu'on
dise que c'est à cause qu'il y a une guerre en Ukraine, je ne veux pas qu'on
dise que c'est parce qu'il y a eu le COVID, parce que, là, je viens de tout
vous décortiquer, puis j'ai isolé tous les autres facteurs, puis je n'ai
qu'identifié ce qui cloche à la Coalition avenir Québec pour la gestion des
finances publiques. Puis le déficit qui nous a été annoncé la semaine dernière
et dans cette continuité, parce qu'on nous annonce 9,9 milliards, Mme la
Présidente, comme si on <était au...
M. Beauchemin :
...continuité,
parce qu'on nous annonce 9,9 milliards, Mme la Présidente, comme si on >était
au Dollarama, là, c'est 9,9... 9,99 $, Mme la Présidente. Ça coûte
10 $ pareil, là, c'est 10 milliards de déficit. Puis on nous annonce
ça en grande pompe puis on n'est pas capable d'identifier les mesures qui sont
nécessaires au retour à l'équilibre budgétaire. Puis là on nous dit, là, qu'on
va être des bons gestionnaires, mais on met, en même temps, un budget de
1,3 milliard pour une cagnotte électoraliste, puis on dit qu'on va couper
dans l'intervention de l'État, là, parce que, là... Ça fait juste trois ans et
demi que je leur dis que ça suffit, là, ça suffit, de gaspiller, ça suffit, de
prendre l'argent des entreprises québécoises et les donner à des multinationales
étrangères, ça suffit, là, de brûler toutes nos cartouches.
Le gouvernement a fait une baisse,
semble-t-il, dans le portefeuille Économie, Innovation, Énergie de
700 millions de dollars. Selon la firme National, le ministre des
Finances aurait dit à la blague : La fin d'un gouvernement de comptables,
place à des économistes de droite, Mme la Présidente. Pourtant, la ligne «Interventions
relatives au Fonds du développement économique» a augmenté, elle, encore de
300 millions de dollars cette année pour atteindre 1,1 milliard.
C'est comme si on parlait des deux côtés de la bouche, Mme la Présidente. C'est
triste, là.
Puis je comprends, là, la perspective, je
comprends la... l'atmosphère, la bulle dans laquelle le gouvernement peut...
peut se retrouver. Je comprends le ministre des Finances, qui, lui, il regarde
son legs, je le comprends, tout ça, là. Mais les chiffres sont indéniables ici,
là. On augmente de 300 millions de dollars en même temps qu'on a des
candidats à la course à la chefferie, là, qui disent que, non, non, nous, on va
couper là-dedans, Mme la Présidente, là, c'est fini, là, on va focusser sur... Ils
auraient dû dire : On va focusser sur ce que le Parti libéral du Québec
nous dit depuis cinq ans, là, OK, mais ce n'est pas ce qu'ils disent, on va
focusser sur les PME. Tant mieux, sauf que ce n'est pas crédible. On dirait que
c'est la course de qui va s'éloigner le plus rapidement de l'héritage caquiste.
C'est triste, honnêtement, là, à voir, Mme la Présidente.
• (10 h 50) •
Puis, vous savez, il y a... il y a
plusieurs organismes, puis ça, je veux le prendre en note, l'heure à laquelle
je vais dire ça, donc 9 heures... à 10 h 50, 10 h 50,
parce que je veux vraiment m'assurer que mes concitoyens dans... autant Brome-Missisquoi
que dans Marguerite-Bourgeoys puissent le voir et l'entendre, mais on coupe
aussi dans des services aux citoyens. Puis peut-être... Tu sais, je veux dire,
je suis de ceux qui pensent qu'on devrait s'assurer que les programmes sont
pertinents. On coupe dans le mentorat aux entreprises, Mme la Présidente. On
élimine le programme de mentorat aux entreprises. On coupe tout ce qui est
soutien d'accompagnement, là, pour les entreprises qui sont en démarrage. Donc,
les prochains... les prochaines graines, là, qui vont pousser puis qui vont
faire en sorte qu'on va avoir une panoplie de champions, là, on coupe
70 millions de dollars. Puis, autant le FCCQ que le FCEI dit que ça,
c'est essentiel à notre fibre économique, c'est essentiel pour que, justement,
dans le cœur de l'économie que je vous décrivais tantôt, il y ait du sang qui
coule. C'est essentiel qu'on puisse avoir ces joueurs-là, ces mini grappes là,
ces électrons libres qui font en sorte que, là, soudainement, ah! tiens, on a
une bonne application, ici, d'un nouveau processus qui pourrait être intégré
dans telle autre business ou telle autre business ou pourrait être un client ou
un fournisseur de. Puis ça vient par le mentorat, ça vient par, justement,
aider les jeunes à être capables de vulgariser leur modèle d'affaires pour
qu'il puisse être compris par l'ensemble de la grappe des PME du Québec. On
vient de couper dans l'avenir, puis n'importe qui qui vous dirait qu'agir de
cette façon-là serait approprié ne comprend pas c'est quoi, le rôle du
gouvernement.
Le rôle du gouvernement, c'est de
justement ne pas faire ce genre de coupes, mais plutôt de s'assurer que les
saines gestions des finances publiques soient faites de façon constante et
équitable dans tous les programmes. Je pense que c'est important aussi d'assurer
qu'on a des revenus qui sont au rendez-vous pour l'État, de s'assurer que,
justement, les sociétés d'État, comme je mentionnais tout à l'heure, puissent
générer des revenus <additionnels...
M. Beauchemin : ...sociétés
d'État, comme je mentionnais tout à l'heure, puissent générer des revenus >additionnels.
Moi, je fais partie des cas, Mme la Présidente, qui veut faire croître les
revenus. Bien, quand on est rendus qu'on coupe dans ce qui va faire croître les
revenus, c'est qu'on ne comprend pas comment que la suite du prochain chapitre
de l'économie québécoise va s'écrire. Donc, c'est triste, Mme la Présidente,
parce que, pour moi, ce n'est qu'une série d'erreurs.
Puis, honnêtement, pour avoir vu comment
le gouvernement fonctionne depuis les quatre dernières années, je... je suis
même probablement certain que le ministre des Finances lui-même ne le sait pas,
cette coupe-là, il n'est pas au courant de cette coupe-là. Il ne doit sûrement
pas être au courant, parce que ça a dû être... on coupe, là, 10 % ici,
dans cette gang de programmes là, on coupe ici sans même réfléchir à qu'est-ce
qui est bon puis qu'est-ce qui n'est pas bon, qu'est-ce qui a atteint sa date
d'expiration puis qu'est-ce qui ne l'a pas atteint. On coupe juste pour pouvoir
être capable de dire qu'on coupe. Et c'est ça, Mme la Présidente, ce n'est pas
avoir une vision de la croissance économique du Québec à long terme que d'agir
de cette façon-là.
Il y a plein d'images qui me viennent en
tête quand je pense à la façon que le gouvernement a pu... a pu gérer les
finances publiques. Je vais... je vais me retenir pour être plus parlementaire,
mais je pense qu'il y a des enregistrements de ce que j'ai dit au préalable,
mais on peut quand même considérer qu'une image qui en dit beaucoup, c'est
celle d'avoir été au casino. On a vraiment l'impression, souvent, que le
gouvernement a joué au casino avec l'argent des Québécois. Maintenant, les
cartes sont pleines, les cartes de crédit sont pleines, puis on a hypothéqué
l'avenir de nos jeunes. Moi, je regarde ça puis je me dis : Correct, OK,
on va faire ce que doit. On va définitivement mettre en place les mesures lors
du prochain gouvernement, en espérant qu'il soit libéral, pour qu'on puisse justement
mettre en place des mesures innovantes pour toute notre fibre de PME à travers
le Québec.
Là, il y a eu, évidemment, une manne de
81 milliards qui a été annoncée, là, par le fédéral, et puis, l'an passé,
le gouvernement de la Coalition Québec... avenir Québec nous disait qu'il y
avait 180 entreprises au Québec qui étaient dans le domaine du... de la
défense et du militaire. Puis là, cette année, le nouveau ministre de
l'Économie nous a annoncé qu'on est... on a 430 entreprises au Québec qui
sont dans le militaire. Bien, il n'y a pas eu 250 nouvelles entreprises de
créées, là, Mme la Présidente, là, il y en a eu quelques-unes, oui,
effectivement, mais on a juste changé la définition de ce que c'est, une
entreprise dans le militaire, au gouvernement, pour dire qu'on en a plein, là,
maintenant, là. Grosse amélioration par rapport à l'an passé, on est passés de
180, on est rendus à 430.
C'est comme un peu suivre une vague. C'est
comme un peu essayer de faire en sorte qu'on puisse être dans les nouvelles
puis démontrer aux citoyens, là, qu'on essaie, là, mais, après l'échec de Northvolt,
Mme la Présidente, et tous les autres qui se sont éteints après l'initiative
gouvernementale, pensez-vous vraiment que les Québécois croient qu'avec le
gouvernement de la Coalition avenir Québec on est bien équipés pour profiter de
la manne de 81 milliards de dollars du fédéral qui va s'en venir en
dépenses militaires, aéronautiques, minéraux critiques, intelligence
artificielle? Pensez-vous qu'en coupant de 25 % le budget du Conseil de
l'innovation, on envoie un signal comme quoi, pour nous, l'intelligence
artificielle est importante? Pensez-vous que les Québécois, quand ils regardent
ça, ils se disent : Oui, oui, je pense qu'on est en business, là, c'est...
c'est un gouvernement qui est en contrôle? C'est totalement l'inverse qui est
mentionné de la part de tous les électeurs, Mme la Présidente.
Donc, pour conclure, on a... Merci. Oui,
je vais mentionner ma motion de grief, je vais la... je vais la faire à la fin.
On a un déficit de 10 milliards de dollars. On aura ajouté
106 milliards à la dette de tous les Québécois. Quand on passe à travers
tout l'exercice comptable puis qu'on met la ligne de départ après l'influence
des décisions libérales pour le ratio dette nette-PIB, puis on regarde où
est-ce qu'on est aujourd'hui, par rapport à où est-ce qu'on était après la
dernière influence du gouvernement libéral de M. Couillard, où est-ce qu'on est
maintenant, il y a eu zéro changement sur le ratio dette nette-PIB. Je
comprends que le ministre veut dire autre chose, puis je comprends qu'il peut
essayer de trouver une façon de présenter les statistiques <différente,
là...
M. Beauchemin :
...dire
autre chose, puis je comprends qu'il peut essayer de trouver une façon de
présenter les statistiques >différente, là, mais la réalité, quand
quelqu'un s'assoit puis regarde profondément ça, il y a eu zéro changement. Le
gouvernement va avoir des choix, le prochain gouvernement va avoir des choix
difficiles à faire. Et ça, c'est le net résultat de ce qui a précédé pendant
les huit dernières années.
Puis il y a eu une guerre en Ukraine puis
il y a eu le COVID, mais là je viens de vous démontrer, je viens d'éliminer ce
facteur-là de l'équation, l'équation que je vous disais tout à l'heure, j'ai
enlevé ces variables-là pour dire le net qui représente la gestion caquiste,
c'est quoi, ça représente combien. J'espère que tout le monde a pris le temps
de prendre la calculatrice puis d'additionner, là, mais 100 milliards en
huit ans, là, c'est énorme. La députée de Sanguinet, qui, pendant son
15 mois en termes de ministre de l'Économie, a dépensé 4,3 milliards
puis qu'en même temps elle nous dit qu'elle ne veut plus intervenir ou elle va
moins intervenir, parler d'une chose et dire son contraire tout le temps, là, c'est
malheureux, mais la crédibilité n'est plus au rendez-vous, Mme la Présidente.
• (11 heures) •
Nous, on va mettre en place une saine
gestion des finances publiques. On va identifier les mesures, on va faire
croître l'économie, on va faire croître nos sociétés d'État. On aura des
revenus supérieurs, Mme la Présidente, dans la gestion. On ne sera pas en train
de surestimer la croissance économique comme ce qui a été fait dans les
dernières années, on va travailler sur ce qu'on contrôle, parce qu'en bout de
piste, ce qui est important, c'est de justement faire ça... excusez. Ce qui est
important, c'est de faire ça quand on... avec les variables qu'on contrôle, Mme
la Présidente. On va donc s'assurer que, justement, nos sociétés d'État
puissent être plus productives. On va s'assurer qu'on entre dans l'appareil
gouvernemental, ce que doit... pour que les employés de la fonction publique
aient les outils pour être eux-mêmes plus performants, pour valoriser leur
travail, pour qu'ils se sentent bien à travailler pour l'État québécois. On va
faire croître l'économie. On va gérer les dépenses. On va mettre la base pour
s'assurer que, justement, l'économie est au rendez-vous pour tous. On va
permettre à nos PME de compétitionner dans un avenir qui va toujours être en
changement, mais on va les équiper avec des meilleurs outils. On va créer un
climat d'affaires qui va leur permettre d'être confiants, de faire des
investissements au Québec. On va faire des gains de productivité, on va faire
des gains d'efficacité. On va s'assurer qu'en bout de piste il y ait plus
d'argent dans les poches des Québécois. Parce que moi, je ne veux pas qu'on
crée une nouvelle monnaie, là, moi, je veux que les Québécois en aient plus
dans leurs poches.
Ce qui est important, c'est justement de
s'assurer que tous les cylindres de notre moteur économique fonctionnent. Au
Parti libéral du Québec, Mme la Présidente, on va retrouver une saine gestion
des finances publiques. Merci.
Une voix : ...
Motion formulant un
grief
M. Beauchemin : Ah! excusez.
Un instant! Motion de grief. Merci, merci, Mme la députée. Wow! C'est vrai,
hein? Une chance que tu es là.
«Que l'Assemblée nationale blâme
sévèrement le gouvernement caquiste pour son budget 2026‑2027 qui
constitue un dernier aveu d'échec aux Québécois pour le contrôle des dépenses
et qui échoue à présenter un plan crédible de retour à l'équilibre budgétaire.»
Merci, Mme la Présidente.
La Présidente : Et je vous
remercie, M. le député de Marguerite-Bourgeoys. Le temps de vous dire que votre
motion, elle est déposée, naturellement, sous réserve de sa recevabilité.
Et je cède maintenant la parole à Mme la
députée de Verdun, porte-parole du deuxième groupe d'opposition en matière de
finances, en lui rappelant que son temps de parole est d'une durée maximale
d'une heure. Mme la députée, nous vous écoutons.
Mme Alejandra Zaga Mendez
Mme Zaga Mendez : Merci
beaucoup, Mme la Présidente.
Motion formulant un grief
Je vais débuter par déposer la motion de
grief pour être certaine. Alors, je dépose la motion de grief suivante :
«Que l'Assemblée nationale blâme le
gouvernement pour son manque d'action, dans ce dernier budget, face à
l'explosion du coût de la vie et à la crise du logement ainsi que pour sa
renonciation à aller chercher des nouveaux revenus auprès des
multimillionnaires et des milliardaires du Québec qui affaiblit nos services
publics.»
Alors, une fois cette motion de grief
déposée, comme ça, je n'oublie pas, nous sommes, Mme la Présidente,
aujourd'hui, cinq jours après le dépôt d'un budget de l'abandon. Le Québec au grand
complet a réalisé que l'austérité, l'inaction de la CAQ, qui a déjà fait des <ravages...
>
11 h (version révisée)
<19263
Mme
Zaga Mendez :
...le dépôt d'un budget de l'abandon. Le Québec
au grand complet a réalisé que l'austérité et l'inaction de la CAQ, qui a déjà
fait des >ravages, bien, va continuer à faire... de faire mal à nos
services publics et de faire mal à la population, et, bien sûr, le gouvernement
de la CAQ veut nous montrer toutes les statistiques de croissance économique,
qu'il nous sort constamment, avec une obsession sur le rattrapage avec l'Ontario,
mais, en ce moment, je peux vous dire que ça ne sert pas à grand-chose, parce
que le ministre, qui nous parle d'augmentation de revenu disponible par
habitant... Il faut comprendre que cette augmentation, elle se concentre de
plus en plus chez les personnes les plus riches, les ultrariches de cette
société, pendant que les plus vulnérables et même la classe moyenne n'arrêtent
pas de s'appauvrir.
La CAQ n'a rien fait et ne fait rien, avec
ce budget, pour la hausse du coût de la vie, qui est la plus grande
préoccupation des Québécois et Québécoises. Ils nient, avec ce budget, la crise
du logement, ils ont nié cette crise pendant des années, et ce budget prouve qu'on
est dans la continuité. Nous avons passé huit ans ici, à Québec solidaire, à
essayer de faire comprendre l'ampleur de la crise du logement, et la CAQ finit
son mandat en nous promettant seulement 1 000 unités de logement abordable
en trois ans, ce qui est franchement insuffisant et qui ne fait pas... ne
répond pas à l'ampleur de la crise. Moi, je peux vous le dire, juste dans mon
coin, à Verdun, on a besoin de 1 000 unités. Alors, 1 000 unités pour
l'ensemble du Québec, c'est une blague complète, toute une réponse à la crise
du logement, ça, Mme la Présidente.
Le gouvernement a, encore une fois, ignoré
de nombreuses demandes de base dans de nombreux secteurs, ce qui inclut aussi
ce qui était sensé d'être la priorité du premier ministre, l'éducation. Et,
bien sûr, sans surprise, nous allons voir aussi des coupures en environnement. Donc,
on voit un abandon, un abandon de nos services publics, un abandon aussi des
préoccupations de notre jeunesse, et je vais commencer par énumérer un peu, pour
nous, le... notre plus grande préoccupation en regardant le budget, c'est ce
qui concerne les coûts de système.
Les coûts de système, ce sont les montants
qui sont nécessaires pour maintenir nos services publics année après année. Un
rattrapage des coûts de système, une augmentation des coûts de système ne veut
pas dire nécessairement des nouveaux services ou une amélioration, ça veut
seulement dire de donner la capacité, à nos infirmières, à nos... à nos
préposés, à nos... à nos enseignants, enseignantes, à nos professeurs d'université,
de continuer à offrir les mêmes services que l'année passée dans un contexte d'inflation
puis dans un contexte où tous les coûts augmentent jour après jour, année après
année.
Bien, le chiffre, ce qu'il nous révèle, c'est
qu'on va continuer dans l'austérité, voir que l'austérité va être plus ciblée
sur les services publics, et plus spécifiquement en éducation. Comme je disais,
pour offrir un niveau de services équivalent à l'an dernier, l'État estime déjà
avoir besoin d'une hausse de 3,3 %, et cette hausse-là, elle se trouve
déjà... pardon, elle est nommée et elle est reconnue à la page A.20, dans
la stratégie de gestion des dépenses. Or, la croissance annuelle moyenne des
dépenses de portefeuille, elle se limite seulement à 1,9 % sur cinq ans,
et cette croissance est inférieure même à l'inflation prévue, et ça, pour nous,
c'est inconcevable quand on voit l'augmentation des coûts jour après jour et le
fait qu'on ne va pas donner assez d'argent pour nos services publics, et, plus
spécifiquement, et c'est ça qui nous dérange le plus, c'est concernant l'éducation.
Ce sont nos écoles, ce sont nos élèves qui
vont être la cible, encore une fois, de l'austérité et des coupures. Les
chiffres montrent une diminution nette du financement par élève dans le réseau
public, passant de 12 000 $ à 11 800 $ en dollars constants.
Le budget de fonctionnement du réseau public en éducation n'augmente que de 2,4 %,
alors que le minimum qui doit être fait pour garder les services envers nos
élèves, c'est une augmentation de 4 %. Le 4 %, c'est l'augmentation
nécessaire à couvrir lesdits coûts de système. L'augmentation des coûts en
éducation ne suit pas du tout les besoins du réseau, et, pour nous, c'est
honteux.
L'éducation est censée être la priorité du
gouvernement de la CAQ, la priorité du premier ministre, et on voit, encore une
fois, une deuxième année, que le budget qui va être donné n'arrive pas à
couvrir les besoins. L'année passée, avec le... une augmentation semblable,
parce qu'on était autour de 2,2 %, nous avons vu une crise s'installer
dans le <milieu de l'éducation, les acteurs, les directeurs
d'école nous l'ont dit...
Mme Zaga Mendez : ...nous
avons vu une crise s'installer dans le >milieu de l'éducation. Les
acteurs, les directeurs d'école nous l'ont dit, ils attendaient la
prévisibilité, mais... une fois de plus, ce qu'on va vivre, c'est des
compressions. Et, on l'a vu, l'année passée, je le répète, c'était le chaos
l'été dernier, quand on a demandé de retrouver des fonds, se resserrer la vis à
toutes nos... à toutes nos directions d'école, parce que, justement, les
budgets ne suivent pas les besoins concrets.
Dans le discours, la semaine passée aussi,
le ministre nous parlait d'investir stratégiquement dans les infrastructures
pour stimuler l'économie. Je vais en parler tout à l'heure, d'infrastructures
en santé, mais on ne voit pas assez d'investissements dans les infrastructures
en éducation. Et, je répète, c'est délaisser une priorité, ce qui nous touche
le plus, en ce moment, que ce soit au niveau de coûts de système ou des
infrastructures, ceux et celles qui sont ciblés, bien, ce sont nos élèves, ce
sont nos plus jeunes qui vont voir leur avenir compromis par le manque de
sommes nécessaires afin de leur offrir une éducation de base qui est... je
pense qu'on devrait être fiers au Québec d'avoir un système d'éducation public,
mais, malheureusement, on est en train de l'abandonner année après année.
Il y a eu des annonces importantes en
matière d'infrastructures en santé, qu'on reconnaît. Ceci étant dit, les
annonces attendues ne sont pas assez concrètes dans le budget, et je
m'explique. Pour la deuxième année, Maisonneuve-Rosemont est toujours en
planification dans le PQI, et le minimum qui a été demandé par le milieu, ce
que la CAQ aurait dû faire avec ce budget, c'était de passer le projet en
réalisation, mais ceci n'a pas été fait. La CAQ nous fait encore tourner en
rond, tourner en rond dans le même stationnement. Le projet n'avance pas et les
millions ne sont pas encore annoncés. Et ce qui est... et ce qui est attendu
par le milieu, c'est 300 millions maintenant, pour être capable d'avancer
avec le projet de rénovation de Maisonneuve-Rosemont, et, oui, qu'il se
retrouve dans la phase de réalisation.
• (11 h 10) •
En ce qui concerne d'autres hôpitaux et
infrastructures qui sont placés dans une nouvelle liste, on nous dit que
l'argent va arriver. Je peux vous parler d'une infrastructure en particulier
dans mon comté, c'est l'institut Douglas. Nous avons fait le tour de tous les
médias pour faire connaître la réalité de cet institut. J'ai dû sonner, à
plusieurs reprises ici, la sonnette d'alarme, et le milieu s'est mobilisé.
C'est rare, Mme la Présidente, quand des psychiatres, des infirmiers et plein
d'autres intervenants doivent sortir pour parler au nom des patients. Et là le
projet, en soi, est toujours à l'étude. On nous dit qu'il va y avoir une somme
d'argent en termes d'urgence pour venir réparer. On nous promet de l'argent
neuf, 50 millions de dollars sur deux ans, qui a été confirmé
récemment. On peut se réjouir, parce que cette somme-là n'était pas là
auparavant. Ceci étant dit, il reste encore à voir si ces sommes, ce sont...
seront des retouches cosmétiques, ou si nous allons avoir vraiment les
infrastructures que les patients en santé mentale méritent partout au Québec,
et plus spécifiquement dans mon comté, à Verdun. Je vais continuer ici de me
battre jusqu'à tant qu'on va rénover cet institut et qu'on va aller de l'avant
avec le projet de modernisation.
En environnement, c'est là qu'on voit un
autre recul avec ce budget. Derrière une apparence de prudence budgétaire, ce
qu'on voit, c'est 2 milliards de moins dans la lutte contre les
changements climatiques. Et c'est quoi, ces 2 milliards? C'est la
conséquence d'avoir pris de l'argent dans le Fonds d'électrification et l'avoir
mis dans les remboursements d'une dette qui a été créée seulement par et pour
la CAQ. Et ça, c'est inacceptable, c'est 2 milliards que nous avons perdus
et que nous perdons, et ça se confirme avec ce budget dans la lutte aux
changements climatiques, dans une période aussi cruciale pour l'environnement.
Et je sens qu'on l'oublie, qu'on abandonne et qu'on baisse les bras face à cet
impératif. Puis c'est un recul énorme, qu'on va continuer à dénoncer. Et on se
demande si... oui, on a des missions de l'État pour la santé, pour l'éducation,
pour l'ensemble de nos services publics, mais l'environnement, protéger la
santé des populations et de notre biodiversité, bien, ça devrait être au cœur
de la mission de l'État, mais nous voyons là un grand, grand recul avec
2 milliards de moins. Je rappelle, la plus grande préoccupation pour les
Québécois et Québécoises, c'est la crise du coût de la vie, et le gouvernement,
au lieu de nous faire faire des mesures structurantes... il n'y a rien dans ce
budget qui vient répondre à cela.
Je vais me permettre, rapidement, un mot
sur tout ce qui est inclus dans la partie <concernant le ministère
de l'Économie et de l'Innovation...
Mme Zaga Mendez :
...tout
ce qui est inclus dans la partie >concernant le ministère de l'Économie,
Innovation, c'est du saupoudrage de petites mesures, je vous dirais, Mme la
Présidente. On est encore dans une vision économique dans laquelle on choisit
les gagnants, on injecte des sommes massives dans certaines grandes entreprises
ou des grands projets, que ce soit ici, en intelligence artificielle ou les
minéraux critiques, mais on délaisse, on délaisse puis on met de côté le joueur
le plus important dans notre économie, qu'on sait, nos petites et moyennes
entreprises, et nos plus petits joueurs, et, je vous dirais même, notre
économie sociale, qui doit être au cœur de toute stratégie économique. On est
encore dans la même recette qu'on va continuer à donner de l'argent à des
multinationales avec des chèques en blanc, plutôt que de s'attarder où résonne
nos... notre pouvoir économique.
Une revendication que je vais continuer à
mener, c'est la... c'est l'argent qu'on met pour l'achat local. Une des choses
qu'on voit encore dans le... dans le budget puis qui continue, c'est qu'on n'a
pas une stratégie de souveraineté numérique ou d'achat local. Le conseil
canadien de l'innovateur nous l'a dit, l'État continue de dépenser des
milliards en solutions technologiques étrangères plutôt que de servir de
premiers clients à nos entreprises innovantes ici. C'est la même chose en
termes d'approvisionnement, on est encore à 46 % des achats qui sont faits
par... achats faits par nos... pardon, dans les... dans les marchés publics, à
nos biens québécois. C'est encore des retards, puis on ne voit pas un
changement là-dessus. Puis, bon, on va... on va quand même rappeler que, tout
récemment, même notre société d'État, la Société d'alcools du Québec, a donné
un contrat de livraison sur mesure à Uber pour un projet pilote. À un moment
dans lequel on est dans une guerre tarifaire avec les États-Unis, on continue
de donner de l'argent à des multinationales étrangères plutôt qu'investir et
donner ces contrats-là à nos compagnies québécoises ici.
Un mot sur l'agriculture, parce qu'on n'a
pas entendu parler là-dessus. Ça m'est... c'est un sujet qui me tient à cœur,
tout un volet de notre économie québécoise dont on parle très peu.
L'agriculture québécoise continue à suivre... à vivre des grandes crises. Elle
a encore besoin de nous. Les manifestations d'un an et demi ne sont pas... bien,
même que c'est... les tracteurs ne sont pas dans la rue... bien, ne sont plus
dans la rue, les besoins continuent. Et l'UPA, L'Union des producteurs
agricoles, nous le rappelle, la part du MAPAQ ne représente plus que 0,9 %
du budget de l'État, et ça devrait être plus autour de 2 % qu'on donne
dans nos budgets à l'agriculture pour atteindre les standards mondiaux. Le
gouvernement, en ne faisant pas ça, est en train de condamner nos producteurs à
essayer de nourrir le Québec avec si peu de ressources. La relève agricole a
sonné l'alarme également. Le gouvernement a ignoré sa demande de réformer le
programme qui vient à l'aide à la relève agricole, qui n'a pas été ajusté
depuis 10 ans et qui maintient une distinction inéquitable entre temps
plein et temps partiel, basée sur le revenu. Et ça, ça ne vient pas répondre
aux besoins de nos agriculteurs, agricultrices qui continuent à se battre pour
cultiver le Québec et de garder leur ferme en vie.
Et j'ai le goût de faire un lien avec le
coût de la vie puis la sécurité alimentaire. En ce moment, les gens se
demandent de plus en plus comment ils vont faire pour payer l'épicerie, et, de
l'autre côté, on met de la pression de plus en plus à nos producteurs pour
produire avec des coûts de plus en plus bas. Il y a quelqu'un là-dedans, Mme la
Présidente, qui sont en train de faire de l'argent sur le dos des consommateurs
et des producteurs, puis c'est les géants, les géants de l'alimentation qui,
eux, ont vu leurs profits augmenter année après année. Et, si on veut s'attarder
à la lutte contre l'insécurité alimentaire, venir répondre aux préoccupations
du coût de la vie, mais aussi répondre aux producteurs agricoles, bien, il va
falloir qu'on ait une vision de qu'est-ce qu'on fait avec nos distributeurs et
nos géants dans la transformation et la vente. Nous, on a fait beaucoup de
propositions dans ce sens et qui viendraient répondre aux deux : arrêter
la pression sur les producteurs mais aussi donner de l'oxygène aux familles,
choses que ce budget ne fait pas. Il ne fait aucunement ça.
Je pourrais vous parler sur la réponse à
la crise du logement avec seulement 1 000 logements attendus ou...
qu'ils souhaitent, la CAQ, réaliser pour l'ensemble du Québec, aucune mesure
structurante pour donner de l'oxygène aux familles. Et, dans tout ça, il y a
une réserve cachée, une réserve cachée pour le prochain ou la prochaine cheffe
de la CAQ. J'ai cherché partout dans le budget pour savoir où se trouvaient les
250 millions qui sont promis. Il y a une grande <opacité avec ça.
Nous allons revenir, en crédits, pour comprendre où est cette caisse...
Mme Zaga Mendez :
...qui
sont promis. Il y a une grande >opacité avec ça. Nous allons revenir en
crédits pour comprendre où est cette caisse électorale qu'on est en train de
mettre de côté. Le ministre des Finances a annoncé 250 millions par année
qui pourraient être insérés directement dans les enveloppes des dépenses de
portefeuille. En regardant le budget, j'arrive à voir un autre demi-milliard
réservé dans certains portefeuilles. Moi, je calcule 750 millions rendu
là, mais ça, c'est 750 millions qui auraient dû être déjà dépensés,
entamés dans nos différents budgets de... dans nos services publics ou venir à
l'aide avec des mesures pour répondre au coût de la vie.
Les gens ont besoin d'aide maintenant, pas
pendant l'été, pour une belle photo de campagne de la part du gouvernement de
la CAQ, là. C'est ça qui est en train de se faire avec ce fonds-là. Pendant que
les Québécois ont besoin d'aide et nos services publics manquent de l'argent
nécessaire, pendant qu'on coupe dans... en environnement et qu'on va couper en
éducation, la CAQ se réserve une enveloppe substantielle pour que la prochaine
cheffe ou le prochain chef puisse financer des cadeaux électoraux et prendre
des photos pendant tout l'été.
Rapidement, ce que... ce budget ne répond
pas non plus à... aux effets du coût de la vie chez nos plus jeunes, puis je
veux parler rapidement de nos étudiants, étudiantes qui n'arrivent pas à
boucler leurs fins de mois, rien pour bonifier l'aide financière aux études,
rien pour la rémunération des stages — qu'on va continuer à
revendiquer, moi, je vais accompagner les étudiants du Québec cette semaine
dans cette revendication-là — rien non plus pour bonifier les bourses
des maîtrises et des doctorats des FRQ qui ont... qui sont nécessaires pour que
tellement de talents québécois puissent finir leurs études et contribuer à la
société, et les étudiants, étudiantes voient, donc, leurs dépenses augmenter
année après année, jour après jour, mais pas leurs revenus, et c'est ça qui
nous inquiète avec ce budget, juste pour vous donner un exemple de toutes les
cibles qu'on manque en termes de coût de la vie.
• (11 h 20) •
L'angle mort demeure la colonne de
revenus, Mme la Présidente, parce que, bien sûr, des demandes, tous les
groupes, ils vont en avoir. On a des besoins énormes en termes de santé,
d'éducation, d'infrastructures, de mesures pour le coût de la vie. Oui, il y a
un déficit qui est moins grand, mais on n'a aucune mesure pour augmenter les revenus,
puis je veux quand même préciser notre pensée là-dessus. Quand on parle de
revenus ici, on ne parle pas d'augmenter le fardeau fiscal des gens qui
travaillent, mais plutôt regarder là où l'argent se trouve et s'accumule, parce
qu'il y en a pour qui l'économie se porte très bien au Québec, puis je parle
des multimillionnaires et les milliardaires qui ont vu leurs fortunes augmenter
cette année. Les milliardaires du Québec ont vu augmenter leurs fortunes de
20 %, 30 %, 60 %. Sur 1 milliard, là, c'est
1,5 milliard de plus pour certaines personnes.
Pendant ce temps-là, nous avons des
familles qui comptent les sous pour mettre du gaz, qui comptent les sous pour
acheter une passe de métro ou acheter de la viande. C'est ça, les sacrifices
que les Québécois sont en train de faire, et c'est là, au top de la pyramide,
chez les 0,1 %, les intouchables pour plusieurs gouvernements, et pour les
gouvernements qui ont passé ici, que ce soit pour la CAQ, mais aussi pour les
autres partis d'opposition... mais c'est là, Mme la Présidente, qu'il faut
commencer à regarder comment on va mettre cette richesse en contribution, parce
que la fortune, elle est là, elle s'accumule, et de plus en plus de pays
réfléchissent à comment on peut imposer cette fortune-là, d'arrêter d'imposer
le travail des gens, mais imposer cette fortune pour simplement la redistribuer
par des services publics et des mesures qui vont donner de l'oxygène. Pour
nous, on va continuer à défendre... on est le seul parti à avoir le courage de
le dire, et c'est comme ça qu'on va se sortir d'un cycle d'austérité et de
coupures.
Alors, pour conclure, ce budget, c'est un
budget de l'abandon, avec une petite caisse électorale pour que la CAQ continue
une campagne pendant l'été, avec, moi, je vous dirais, un manque de
transparence, parce que je ne sais pas où se trouvent ces 250 millions, un
budget qui attaque l'éducation, l'environnement, qui va sacrifier nos
générations futures, qui ne prend pas du tout au sérieux la crise du logement,
avec des annonces qui sont insuffisantes, mais, je nous rappelle, les Québécois
ne sont pas dupes. Ils vont être capables de voir... Ils voient déjà que la
CAQ, bien, ce n'est pas une fatalité, puis on va pouvoir... On ne va pas se
faire avoir par les annonces électoraux qui vont s'en venir. Nous, à Québec
solidaire, on va rester le seul parti qui va défendre le coût de la vie,
l'environnement, qui va se battre pour l'éducation puis pour l'ensemble de nos
services publics et qui ne... On ne va pas avoir peur de le dire, qu'il faut aller
chercher l'argent là où il s'accumule, là où il se trouve, en haut de la
pyramide, chez les 0,1 % des Québécois, et enfin pouvoir donner de
l'oxygène aux... l'oxygène aux <familles qui en ont tant besoin...
Mme Zaga Mendez :
...pyramide,
chez le 0,1 % des Québécois, et, enfin, pouvoir donner de l'oxygène aux...
de l'oxygène aux >familles qui en ont tant besoin au Québec. Je vous
remercie, Mme la Présidente.
La Présidente : Et je vous
remercie, Mme la députée de Verdun. Et je vous rappelle que votre motion, elle
est déposée sous réserve de sa recevabilité.
Maintenant, je vais céder la parole à M.
le député de Jean-Talon, porte-parole en matière de finances pour le troisième
groupe d'opposition. Et je vous rappelle que vous disposez d'un temps maximal
d'une heure. La parole est à vous, M. le député de Jean-Talon. Nous vous
écoutons.
M. Pascal Paradis
M. Paradis : Merci, Mme la
Présidente. Lors de la présentation du budget, la semaine dernière, j'ai eu
l'occasion de réagir publiquement au terme du huis clos, juste ici, à côté, où
il a été présenté, et j'ai réitéré, depuis, les quatre principales conclusions
que nous tirons de cet exercice budgétaire, de ce budget 2026-2027 qui nous a
été présenté par le gouvernement de la CAQ, et je vais les résumer puis ensuite
je vais expliquer un certain nombre de points un peu plus en détail.
Pour nous, ce qu'il y a de plus important,
c'est que c'est beaucoup d'énergie, beaucoup d'efforts, beaucoup de temps pour
pas grand-chose, parce qu'il s'agit d'un exercice éphémère. Ce budget va durer
le temps des roses ou, comme je l'ai dit la semaine dernière, comme dans
l'émission, la vieille série de Mission : Impossible, il va
s'autodétruire dans quelques semaines. Pourquoi? Parce qu'actuellement il y a
une course à la direction de la Coalition avenir Québec, et les deux candidats,
le député de Lévis et la députée de Sanguinet, proposent une vision qui est
diamétralement opposée à celle qui est sous-jacente à l'ensemble de l'exercice
budgétaire. Bien sûr, le ministre a ménagé une caisse électorale pour l'un ou
l'autre, dépendant de qui les membres de la CAQ choisiront, mais, au-delà de
cette caisse électorale, sur lesquelles je reviendrai... sur laquelle je
reviendrai un peu plus tard, c'est l'absence de cohérence entre la vision
économique sous-jacente au budget et la vision économique proposée par la
députée de Sanguinet et par le député de Lévis qui est le principal projet de
ce budget : ou alors le budget ne fonctionne pas, et alors il ne vaut pas
l'encre du papier sur lequel il est écrit, ou alors les promesses des candidats
à la direction de la CAQ ont peu ou pas de chance de se réaliser dans ce
contexte budgétaire, donc il y aurait beaucoup de vent et peu de concret. Ça,
c'est le premier point.
Le deuxième point, c'est que le ministre
des Finances, sur toutes les tribunes et ici, au salon rouge, lorsqu'il a
présenté son budget, a excusé la position difficile des finances du Québec par
toutes sortes de... toutes sortes de facteurs externes. Il a, de nouveau,
référé à la pandémie — ça fait quand même quelques années — il
a évoqué la guerre en Ukraine, il a évoqué la guerre en Iran et son impact sur le
prix du carburant, il a utilisé aussi le contexte... il a expliqué que le
contexte géopolitique ici, dans les Amériques, avec ce qui se passe aux États-Unis,
la guerre tarifaire, c'est tout ça qui explique la posture difficile du Québec.
Ce n'est pas le cas. Les choix politiques, les choix budgétaires, les choix
fiscaux de ce gouvernement de la CAQ au fil des sept ans, bientôt huit ans de
pouvoir sont le principaux facteurs... sont les principaux facteurs qui
expliquent la situation financière du Québec.
Plusieurs décisions des dernières années
doivent être rappelées à la mémoire des Québécoises et des Québécois, parce
qu'on disait, à l'époque, que ces décisions auraient un impact à long terme. Le
fait de transmettre des chèques électoralistes de 500 $ à tout le monde, y
compris des gens qui gagnent 100 000 $, en contexte électoral, ça
coûte cher. Certains ont calculé que c'était un impact de 3,2 milliards sur les
finances publiques. On le voit aussi... On le voit aujourd'hui, cet impact. Le
fait de donner des cadeaux fiscaux aux personnes parmi les mieux nanties du
Québec — parce que c'est ça, l'impact des mesures fiscales qui ont
été adoptées dans le premier mandat de la CAQ — ça a eu un impact sur
les ménages qui gagnent 400 000 $ et plus, un impact important, mais
très peu d'impact sur la mère monoparentale ou le père qui travaille au salaire
minimum au Québec. Donc, tout ça, ça a un impact. Le gaspillage de milliards de
fonds publics dans des subventions mal avisées à des multinationales
étrangères, tout ça, ça a un impact aujourd'hui, et on en voit le coût. Ça,
c'était le deuxième point.
Le troisième, c'est que, dans ce budget,
il n'y a presque rien qui concerne les préoccupations immédiates et
quotidiennes des Québécois. À chaque fois qu'on leur pose la question, nous,
dans nos <circonscriptions...
M. Paradis :
...à
chaque fois qu'on leur pose la question, nous, dans nos >circonscriptions,
les sondeurs, dans des enquêtes à travers le Québec, ils nous disent :
C'est le coût de la vie qui fait mal. C'est le fait que le panier d'épicerie
devient inabordable. C'est le fait que le coût de l'essence est trop élevé,
puis que c'est injuste, l'écart du prix de l'essence entre le Québec et les
provinces voisines. C'est le coût du logement et, là-dessus, il n'y a rien dans
le budget. Malgré qu'il n'y ait... qu'il n'y ait rien pour les préoccupations
des Québécois, le gouvernement de la CAQ a trouvé le moyen de ménager, à
l'intérieur du budget, une caisse électorale pour la CAQ. Et ça, c'est
absolument inacceptable, j'y reviens plus tard, c'est le troisième point.
Le quatrième point, c'est qu'il y a
quelques indices dans les documents budgétaires du ministre qui indiquent à
quel point le fédéralisme coûte cher et fait en sorte que le Québec a toujours
une main liée dans le dos lorsque vient le temps de travailler à donner des
réponses aux préoccupations quotidiennes des Québécois en santé, en éducation,
sur l'état des infrastructures, en matière de sécurité publique. Nous envoyons
90 milliards par année au fédéral, et on ne reçoit pas les versements dont
on a besoin pour s'occuper de ces priorités, parce qu'il y a plein d'argent qui
se gaspille au fédéral. C'est le ministre lui-même qui le dit dans son budget,
dans, au moins, trois secteurs, santé, éducation et infrastructures, mais c'est
le cas pour l'ensemble des finances du Québec. Donc, le véritable coût, qui
est... dont on ne parle pas assez dans ce budget, c'est celui des coûts du
fédéralisme.
• (11 h 30) •
Je voudrais revenir, donc, sur le premier
point, sur l'inadéquation entre ce budget et ce que les candidats à la
direction de la CAQ disent jour après jour, parce que c'est le point
fondamental. Les Québécoises et les Québécois doivent comprendre qu'on parle
beaucoup... aujourd'hui, je discute de ce budget, mais, dans quelques semaines,
ça va complètement changer. J'ai regardé avec attention le débat qui a eu lieu
samedi entre les deux candidats à la direction, et je dois dire que c'était un
débat qui était intéressant, il y avait du contenu, et ça nous a permis de
mieux comprendre la vision des deux candidats. Mais ça nous a permis de
réaliser à quel point ce qu'on a dit, nous, au Parti québécois, de ce budget
était le point central de l'analyse. Parce que, quand on écoute la députée de
Sanguinet, quand on écoute le député de Lévis nous expliquer ce qu'ils veulent
faire, notamment en matière économique, mais aussi avec les programmes du
Québec, s'ils sont choisis par les membres de la CAQ, parce que ce sont eux,
les aspirants premiers ministres, ça ne cadre pas du tout dans le budget, ça ne
cadre pas dans le budget. Le budget ne leur permet pas de faire ça, donc ils ne
pourront pas le faire, ou alors ils vont devoir refaire l'exercice budgétaire,
ou alors les Québécois n'ont pas l'heure juste sur ce que seront les finances
publiques du Québec à partir du moment où il y aura un nouveau chef ou une
nouvelle cheffe de la CAQ. C'est ça, le facteur principal.
J'ai parlé de la vision économique, encore
samedi, lors du débat, à la fois la députée de Sanguinet et le député de Lévis
ont continué à fustiger la vision économique du gouvernement de la CAQ, à
laquelle tous les deux ont pourtant contribué allègrement. Cette vision
économique, c'est d'utiliser les milliards des Québécois, en choisissant
souvent au pif, sans avoir une vérification diligente suffisante, sans avoir
signé des contrats qui protègent suffisamment les deniers durement gagnés par
les Québécois, de prendre cet argent-là et de l'investir à coups de milliards
dans des entreprises, en choisissant les gagnants, mais donc en faisant
beaucoup de perdants.
Cette vision de l'utilisation
discrétionnaire par la députée de Sanguinet, lorsqu'elle était ministre de
l'Économie, par son prédécesseur Pierre Fitzgibbon, par le premier ministre
n'est pas acceptable. Et, nous, au Parti québécois, on a dit qu'on allait
mettre fin à ce bar ouvert des subventions discrétionnaires aux entreprises. Et
on a proposé, en lieu et place, une stratégie ambitieuse, une vision d'une
fiscalité avantageuse pour les PME du Québec qui vont faire en sorte qu'on va
pouvoir les propulser et en faire les géants de demain pour l'économie
québécoise. Ça, c'est notre vision.
Et ce qui est étrange, c'est que la
députée de Sanguinet, maintenant candidate à la direction de la CAQ, a l'air de
renier complètement son propre héritage économique, parce qu'elle s'est vantée
ici, en Chambre, des nombreux milliards qu'elle a continué à investir. Puis le
député de Lévis aussi a participé à ça, puis lui aussi, il fustige ça. Lui, il
a dit : Il va falloir mettre fin à cette mentalité de subvention des
grandes entreprises. Puis elle, elle a dit : Il va falloir changer le
paradigme sur lequel on fonctionne. Mais le budget, lui, prévoit 3,7 milliards de
nouveaux dollars pour refaire la même chose. Le gouvernement se donne une marge
de manoeuvre, d'abord, de 1,7 milliard pour <continuer à investir...
>
11 h 30 (version révisée)
<19999
M. Paradis :
...changer le paradigme sur lequel on fonctionne. Mais le budget,
lui, prévoit 3,7 milliards de nouveaux dollars pour refaire la même chose.
Le gouvernement se donne une marge de manoeuvre, d'abord, de 1,7 milliard
pour >continuer à investir dans certains domaines, puis ensuite il dit :
Je me garde aussi 2 milliards pour investir pour les sièges sociaux puis
pour les minéraux critiques, notamment. Mais c'est encore la même mentalité
d'interventionnisme à tous crins, à la discrétion des ministres. Donc, ça ne
fonctionne pas du tout avec la vision proposée par les deux candidats à la
direction de la CAQ.
Même chose sur le prix de l'essence. Nous,
au Parti québécois, ça fait longtemps qu'on en parle et qu'on dit qu'en raison
d'une décision électoraliste de Mark Carney, du gouvernement fédéral, qui a
aboli la taxe carbone, qui s'appliquait partout ailleurs au Canada mais pas au
Québec, tout en continuant à verser des chèques électoralistes, parce que ça,
c'était en campagne électorale, à tous les Canadiens, sauf les Québécois, mais
avec l'argent des Québécois... Donc, il a continué à envoyer des chèques pour
compenser cette taxe-là qu'il avait annulée. Ça, c'est 814 millions de
l'argent des Québécois qui a été utilisé pour envoyer des chèques partout
ailleurs qu'au Québec. Le gouvernement de la CAQ ne fait rien à ce sujet-là.
Bien, nous, on dit, depuis, que ça, ça a
créé un écart inéquitable dans le prix de l'essence, que ça fait mal à nos PME,
que ça fait mal à nos gens en région, notamment, qui n'ont pas accès au
transport en commun puis qui doivent... puis même dans les villes aussi. Il y a
des gens qui doivent utiliser leurs véhicules. Ça fait mal. Ça fait mal sur le
prix de l'épicerie, ça fait mal sur tout, parce que c'est le coût des
transports des... le coût des transports des matières qui est... qui subit un
impact à la hausse. Nous, on a dit : Il faut agir. Là, la... la députée de
Sanguinet et le député de Lévis se réveillent puis disent : Nous aussi, on
va agir sur le prix de l'essence. Qu'est-ce qu'il y a dans le budget là-dessus?
Rien. Puis là on parle de... potentiellement, là, de beaucoup d'argent.
Même chose sur, disons, la promesse de
remboursement de la députée de... par la députée de Sanguinet de la TVQ aux
premiers acheteurs de maison. Certains disent que ça pourrait coûter de 60 à
100 millions de dollars par année. Il n'y a rien dans le budget
là-dessus. Elle va faire comment pour mettre en vigueur, en oeuvre cette
promesse si c'est elle qui est choisie par les membres de la CAQ? Donc, ça ne
fonctionne pas.
Par contre, ce que je mentionnais tout à
l'heure, ce qui a été fait, c'est qu'il y a une caisse électorale qui a été
ménagée à l'intérieur du budget. Pour que les Québécoises et les Québécois nous
comprennent bien, ça, c'est distinct d'un programme électoral d'un parti
politique dans le cadre d'une campagne électorale. Tu dis : Je vais
utiliser les sommes qui sont à la disposition du gouvernement du Québec pour
mettre en oeuvre le programme électoral. Ça, c'est une chose. Là, ici, c'est le
budget du gouvernement du Québec, c'est l'État du Québec qui parle, et, à
l'intérieur de ce budget-là, on dit : 250 millions par année — oui,
oui, c'est ça qui est prévu dans le budget — 250 millions par
année pour que soit la députée de Sanguinet ou soit le député de Lévis puisse
mettre en oeuvre sa vision. Je le disais tout à l'heure, ce n'est pas suffisant,
parce que l'ensemble de leur vision ne cadre pas dans le budget, mais c'est
quand même assez incroyable qu'on ait trouvé le moyen de mettre ça dans le
budget, alors qu'il n'y a pas d'argent pour les Québécoises et les Québécois
qui n'arrivent pas à boucler leurs fins de mois. Et ça, c'est sur une période
de cinq ans. C'est 1,25 milliard de dollars qui est réservé pour les
candidats, mais on ne sait pas à quoi ça va servir. Puis il a fallu qu'on pose
beaucoup de questions pour le savoir, parce que ce n'est pas indiqué nulle part
dans le budget. Il n'y a pas de ligne qui dit ça. C'est des sommes,
apparemment, ménagées à l'intérieur des budgets de ministère. Ce n'est pas une
façon transparente de procéder puis ce n'est pas une façon acceptable de gérer
le budget du Québec.
Il faut saluer nos collègues aussi de
Québec solidaire qui ont trouvé, à la page C.6 des documents budgétaires,
une somme additionnelle de 500 millions de dollars qui est réservée à
certains portefeuilles, laquelle pourra être utilisée pour financer, avec
l'approbation du Conseil du trésor, d'éventuels coûts additionnels pouvant
survenir en cours d'année, qui, ça tombe bien, Mme la Présidente, est une année
électorale. Donc, ça, ça veut dire qu'on arrive à presque 2 milliards de
dollars qui est utilisé à la discrétion soit du... de la députée de Sanguinet
soit du député de Lévis ou du gouvernement, puis dont on n'explique pas à quoi
exactement ça va servir. Ce n'est pas transparent. Ce n'est pas acceptable.
En plus de ça, la journée de la
présentation du budget, le ministre des Finances a ajouté que, si ce n'est pas
assez, on pourrait utiliser la réserve pour éventualités, elle aussi un autre 2 milliards de
dollars, dans laquelle on pourrait piger pour subventionner les promesses des
candidats à la direction ou de nouveaux... de nouvelles promesses électoralistes
du gouvernement de la CAQ. Ce n'est pas <acceptable...
M. Paradis :
...ou
de nouveaux... de nouvelles promesses électoralistes du gouvernement de la CAQ.
Ce n'est pas >acceptable. Donc, les priorités des Québécois, ce n'est
pas qu'il y ait de l'argent ménagé à l'intérieur du budget pour des fins
électoralistes soit des candidats à la direction, ou soit du gouvernement de la
CAQ, ou, ici, je devrais dire de la CAQ elle-même, c'est qu'on s'occupe de
leurs priorités.
Et ce qui est étonnant... Remarquez aussi
à quel point les communications du gouvernement ont changé sur leur budget. Il
n'y a pas si longtemps, les Québécois vont s'en souvenir, le premier ministre,
main sur le cœur, et ses ministres disaient : Notre priorité a toujours
été et sera toujours l'éducation et la santé. Est-ce que vous avez entendu
beaucoup parler de la vision du gouvernement de la CAQ pour le prochain
exercice financier en ce qui concerne la santé et l'éducation? Il y a eu
d'autres préoccupations légitimes, et ça, je l'admets, c'est... c'est normal
qu'on doit s'adapter à la situation, mais c'est encore cette vision qui manque,
parce qu'une vision, ça ne peut pas juste être sur une année. Si on dit que
c'est l'éducation et la santé, c'est à long terme. Et, de fait, ce sont les
principales préoccupations des Québécois. Comment ça se fait qu'encore une fois
les préoccupations principales changent selon là où le vent a l'air d'aller,
pour des raisons électoralistes ou selon ce qui se passe dans la course à la
direction? Je trouve ça très dommage qu'on ne soit pas capable, au sein de ce
gouvernement, de s'en tenir à ce qu'il a indiqué que seraient ses priorités à
long terme. Ce n'est pas le cas dans ce budget-là.
• (11 h 40) •
En matière, donc, d'accès à un logement
abordable ou à un logement social, presque rien. En matière d'accès à la
propriété, rien. Encore une fois, on se retrouve dans cette situation où la
prochaine génération de jeunes Québécoises et Québécois pourrait être la
première génération, depuis la Révolution tranquille, qui a moins accès à la
propriété que la génération précédente. Il n'y a rien dans le budget là-dessus.
Et, je le mentionnais tout à l'heure, ce qui est intéressant, c'est que les
candidats à la direction en parlent, mais il n'y a pas d'espace dans le budget
pour mettre en œuvre une telle vision.
Le coût du panier d'épicerie, sur le fait
que c'est dur, actuellement, pour des Québécoises et des Québécois qui doivent
se priver de certains aliments, qu'il y a des enfants qui arrivent à l'école le
ventre vide, on en parle ici beaucoup, à l'Assemblée nationale, mais il n'y a
rien dans le budget là-dessus.
Le coût de l'essence, je l'ai mentionné
tout à l'heure, ça coûte cher, pas de solution. On dit que ce qui se passe
actuellement, c'est dépendant de la guerre en Iran et du blocage du détroit
d'Ormuz, et l'hypothèse du budget du Québec, c'est que ça va durer six semaines.
Ça... Honnêtement, ça paraît déconnecté de la situation sur le terrain, parce
qu'on voit poindre déjà des indications assez claires à l'effet que le conflit
pourrait durer plus longtemps, et il pourrait y avoir un impact sur le coût à
la pompe de l'essence plus longtemps. Néanmoins, je comprends qu'il faut faire
des... des évaluations de l'impact d'un contexte géopolitique sur lequel on a
peu de contrôle, mais on a du contrôle, par contre, sur ce qu'on fait avec la
taxe sur le carburant, avec la TVQ qui est toujours facturée sur le prix de
l'essence, incluant la taxe sur le carburant. Donc, il y a une taxe sur la taxe,
et aucune mesure là-dessus, donc, dans le budget. On continue, de la part du
gouvernement de la CAQ, à accepter l'écart inéquitable qui a été créé à la
suite de la décision électoraliste de Mark Carney, alors qu'on aurait pu agir.
Et, nous, au Parti québécois, ça fait longtemps qu'on dit qu'il faut le faire.
J'aimerais aborder quelques questions un
peu plus... un peu plus précises, notamment en relations internationales. Il y
avait, la semaine dernière, une délégation d'organisations de coopération
internationale qui était ici pour déplorer le fait qu'il y a eu des coupures au
budget en coopération internationale. Nous y étions, les trois partis
d'opposition, pour être en dialogue avec ces organisations-là. Et elles
déplorent, notamment, le fait que le gouvernement a mis fin ou refuse d'honorer
des contrats qui sont en cours d'exécution. Alors, imaginez, on a octroyé, à la
suite d'un appel à propositions, des... du financement à des organisations qui
ont déposé des propositions de projet, qui ont signé elles-mêmes, des
organisations québécoises qui ont signé elles-mêmes des contrats avec des
partenaires un peu partout dans le monde, et le ministre des Relations
internationales a annoncé, en cours d'exécution, qu'il mettait fin à ces
contrats-là puis que les versements à venir ne seraient pas <effectués...
M. Paradis :
...a
annoncé, en cours d'exécution, qu'il mettait fin à ces contrats-là puis que les
versements à venir ne seraient pas >effectués, ce qui a obligé les
organisations québécoises à se tourner vers leurs partenaires dans des pays où
la situation est très difficile, où on parle d'aider des personnes parmi les
plus vulnérables sur la planète, de dire : Bien, c'est terminé, vous aviez
des projets en cours sur le terrain en Afrique, en Amérique latine, dans les
Caraïbes, c'est terminé.
Le dernier gouvernement qui a proposé...
qui a... qui a procédé de cette façon, c'est celui de Donald Trump, aux États-Unis,
quand il a coupé de manière immédiate les contrats en cours, donc, de l'agence
de développement des États-Unis. Ce n'est pas un modèle à suivre. C'est une
façon de faire qui a été vertement critiquée à l'échelle internationale. Et ça,
ce n'est pas bon pour la réputation internationale du Québec. Non seulement le
gouvernement... Non seulement le ministre refuse la demande des partis
d'opposition de revenir sur cette décision malavisée et de laisser les contrats
en cours se continuer, mais, en plus, il effectue des baisses importantes des
budgets de programmes en relations internationales. Donc, le portefeuille des Relations
internationales diminue de manière très importante, donc, dans les principaux
programmes... en fait, dans tous les continents. Et ça, ça arrive alors qu'on
parle de l'importance pour le Québec de continuer à s'ouvrir au monde, de
diversifier ses exportations, d'accompagner nos PME dans des nouveaux marchés.
Ça, c'est sur le plan économique, mais ça, ça s'accompagne d'une diplomatie
d'influence et de la coopération internationale, qui doivent continuer.
Nous, au Parti québécois, on a déjà
annoncé qu'on avait une... une vision très ambitieuse, qu'on voulait augmenter
le nombre de représentations officielles du Québec à l'étranger pour ces
raisons-là, parce qu'il y a tellement de facteurs géopolitiques internationaux
qui influencent la vie des Québécois au jour le jour, des montants dont on
dispose pour nos programmes ici en santé, en éducation, qu'il faut être présents
à l'échelle internationale. Ça passe d'abord et avant tout par l'indépendance
du Québec, mais, pour l'instant, de diminuer ainsi les ressources en relations
internationales, ce n'est même pas logique avec ce que le ministre des Finances
lui-même a utilisé comme excuse pour justifier la posture difficile des
finances publiques. Il a dit : C'est des facteurs géopolitiques
internationaux. Bien, il faut être à la table où ça se décide pour avoir un
impact puis pour protéger les intérêts des Québécois. Donc, on va, bien sûr,
avoir des questions là-dessus sur les crédits.
Capitale-Nationale. Il faut... Bon, je
suis le député de Jean-Talon. Il faut aussi revenir sur le budget accordé pour
les projets d'infrastructure dans la Capitale-Nationale. Il faut revenir à
l'année dernière. À l'année dernière, il y a beaucoup de projets qui ont été
mis sur la glace : les phases subséquentes des travaux à la tête des ponts — c'est
dans ma circonscription — des échangeurs dans la couronne nord de
Québec, des travaux sur les voies réservées pour le transport en commun sur la
Rive-Sud, sur la Rive-Nord. Tout ça a été mis sur la glace. Le garage pour les
autobus du Réseau de transport de la Capitale, ça a été mis sur la glace. Et
tout est centré une nouvelle fois sur la lubie, sur la fumisterie politique
qu'est le troisième lien, qui continue à occuper ce gouvernement qui nous a
démontré à quel point les infrastructures, ce n'est plus géré en fonction du Plan
québécois des infrastructures mais en fonction d'intérêts électoralistes, parce
qu'imaginez, même ce projet, même cette lubie électoraliste dont tout le monde
sait que ça ne se réalisera pas, il a fallu qu'on le mette sur la glace, le
temps que se règle la course à la direction de la CAQ, parce qu'il va falloir
savoir si c'est le député de Lévis ou la députée de Sanguinet qui va mettre
en... en œuvre une nouvelle... en tout cas, qui va promettre une nouvelle
mouture du troisième lien. Donc, malheureusement, pour la Capitale-Nationale,
c'est toujours le même manque de vision.
Le budget santé mentale. Le budget prévoit
des sommes pour la santé mentale en première ligne, et c'est dit, en toutes
lettres, que l'important, c'est de s'assurer que les ressources soient là où on
en a besoin, dans les communautés, et qu'elles soient bien réparties dans les
communautés. Bien, moi, je suis dans la Capitale-Nationale, et, dans la... dans
la Capitale-Nationale, dans les deux dernières années, ce qui a été fait, c'est
exactement l'inverse. Il y avait des cliniques communautaires dont tout le
monde saluait le travail en santé mentale qui ont été fermées, au moins trois
dans la région de la Capitale-Nationale, qui ont été fermées parfois de façon
très brusque, parfois de façon intempestive, alors qu'il y avait des études qui
démontraient que, tant sur le plan budgétaire que sur la qualité des services
et sur le fait qu'elles contribuaient à la politique québécoise en santé
mentale... Les données étaient claires, et ces ressources-là ont été coupées.
Donc, encore une fois, un gouvernement qui dit une chose et qui fait le
contraire.
Quelques bonnes nouvelles dans le budget,
qu'on a saluées à quelques <reprises...
M. Paradis :
...quelques bonnes nouvelles dans le budget, qu'on a saluées à quelques >reprises,
et il faut le dire, Rénoclimat et LogisVert, qui sont remis en œuvre dans un
contexte d'adaptation aux changements climatiques, notamment pour
l'installation de clapets et la rénovation des fondations dans les zones...
dans les zones inondables, et on a vu que ça peut même arriver à... dans le
centre-ville de Montréal, installation de thermopompes aussi. C'est bien.
Intéressant de noter, dans... en fin de semaine, il y avait un article qui
disait que les thermopompes, par contre, peuvent causer beaucoup de
désagréments pour les voisins. Donc, à considérer pour le gouvernement.
Soutien aux victimes de violence sexuelle,
les budgets additionnels en culture pour soutenir le secteur audiovisuel,
retour, confirmation des sorties culturelles en milieu scolaire, c'est très
bien, et, bien sûr, un déficit, pour l'exercice qui se termine, moindre que
prévu, c'est une bonne nouvelle, puis il faut... il faut le souligner. Donc,
c'est... c'est moindre que prévu, mais ça demeure quand même très important
comme déficit.
Et je reprends un des titres principaux au
lendemain du budget, c'est Le gouvernement de la CAQ laisse les coffres
vides. Donc, on avait un surplus important au moment de l'arrivée au
pouvoir de ce gouvernement. Aujourd'hui, il y a un déficit qui demeure très
important et qui va faire en sorte qu'on... qu'on manque de ressources, compte
tenu des choix budgétaires des huit dernières années de la CAQ, pour répondre
aux besoins des Québécois, qui nous disent, je le réitère : Inflation,
coût de la vie, coût du panier d'épicerie, coût de l'essence, coût du logement.
Et donc ça, c'est le fait qu'on manque de ressources maintenant pour y répondre,
comme par exemple, les organisations communautaires, qui sont actuellement en
campagne, qui nous disent, c'est le nom de leur campagne : On est à
boutte, on manque de ressources, puis c'est nous, la première ligne, souvent,
on donne des services essentiels puis on n'a pas les moyens pour le faire.
• (11 h 50) •
Donc, ça, c'est en raison, donc, des
politiques budgétaires, financières, et du gaspillage de fonds publics des
dernières années du gouvernement, et aussi d'un gouvernement qui ne tire pas
les conclusions sur le fédéralisme. Huit ans d'échec à essayer d'avoir des
gains, y compris des gains financiers, à l'intérieur du fédéralisme. Aucune des
21 cibles fixées par la CAQ avant son élection en 2018, sur le fédéralisme,
n'a été atteinte, aucune, aucune, dans aucun secteur. Le ministre des Finances
dit : Je n'ai pas assez de transferts en santé, je n'ai pas assez de
transferts en matière d'immigration, je n'ai pas assez de transferts en
infrastructures. C'est lui qui dit ça dans son budget. On s'entendra que ce
n'est pas le plus souverainiste ici, dans l'Assemblée nationale. C'est pourtant
lui qui dit ça. Bien, la conclusion que ça, c'est... Ça se répète dans tous les
ministères, dans tous les secteurs. Et, tant qu'on n'aura pas récupéré les
90 milliards pour s'occuper nous-mêmes de nos affaires en fonction de nos
priorités, on va toujours vivre avec cette asphyxie qui est créée par le
déséquilibre fiscal à l'intérieur du fédéralisme. Donc, vivement l'indépendance
du Québec.
Motion formulant un grief
Et là-dessus, Mme la Présidente, je dépose
la présente motion de grief : «Que l'Assemblée nationale blâme le
gouvernement de la CAQ pour la présentation d'un budget de nature éphémère,
puisqu'il est basé sur une vision économique reniée par les deux candidats à la
direction de la CAQ aspirants premier ministre dont les promesses respectives
ne cadrent pas dans ce budget; et
«Qu'elle déplore que le budget prévoie par
contre un fonds politique partisan de 250 M$ par année pour un total de
1,25 G$ qui pourra être utilisés à la discrétion du député de Lévis ou de
la députée de Sanguinet, selon la personne que les membres de la CAQ choisiront
comme chef.»
Merci, Mme la Présidente.
La Présidente
: Et je
vous remercie, M. le député de Jean-Talon. Et je vous rappelle que votre
motion, elle est déposée, toujours sous réserve de sa recevabilité.
Maintenant, avant de poursuivre le présent
débat, je vous rappelle que le discours sur le budget et le débat qui s'ensuit
durent au plus 25 heures et se déroulent en trois étapes : une
première étape de 13 h 30 min ici, à l'Assemblée nationale, une
deuxième étape de 10 heures à la Commission des finances publiques et une
troisième étape de 1 h 30 min à l'Assemblée. Cette dernière
étape comprend une intervention de 30 minutes du représentant de
l'opposition officielle et une réplique d'une heure du ministre des Finances.
Je vous avise de la répartition du temps
pour la durée de cette première étape :
5 h 52 min 30 s sont allouées au groupe parlementaire
formant le gouvernement, incluant le discours du budget,
3 h 7 min 30 s sont allouées au groupe parlementaire
formant l'opposition officielle, incluant les commentaires de son porte-parole
qui ont eu lieu le 18 mars dernier et son discours d'aujourd'hui,
1 h 56 min 15 s sont allouées au deuxième groupe
d'opposition, incluant les commentaires de sa porte-parole qui ont eu lieu le
18 mars dernier et son discours d'aujourd'hui,
1 h 18 min 45 s sont allouées au <troisième
groupe d'opposition, incluant les commentaires...
La Présidente :
...et
son discours d'aujourd'hui, 1 h 18 min 45 s sont
allouées au >troisième groupe d'opposition, incluant les commentaires du
chef du troisième groupe d'opposition qui ont eu lieu le mardi... pardon, le
18 mars dernier et le discours de son représentant d'aujourd'hui, 7 min 30 s
sont allouées à chacun des députés indépendants. Dans le cadre de ce débat, le
temps non utilisé par les députés indépendants ou par l'un des groupes
parlementaires sera redistribué entre les groupes parlementaires selon les
proportions établies précédemment. Mis à part ces consignes, les interventions
ne seront soumises à aucune limite de temps. Enfin, je rappelle aux députés
indépendants que, s'ils souhaitent intervenir au cours du débat, ils ont
10 minutes à partir de maintenant pour en aviser la présidence.
Et, pour la suite de notre débat, je
souhaite... je cède maintenant la parole à la députée de Saint-François.
Mme Geneviève Hébert
Mme Hébert : Merci, Mme la Présidente.
Alors, je vais commencer par les salutations à mes collègues qui sont
présentement ici, en Chambre, les oppositions aussi.
Vous savez, avec, cet automne, le
remaniement ministériel, bien, j'ai été nommée adjointe parlementaire du
ministre délégué à l'Économie et aux Petites et Moyennes Entreprises. Donc,
vous allez comprendre que c'est sur ce sujet, sur l'économie, que je vais
présenter... je dirais, le budget, justement, qui est responsable, mais
présenter ce qui est au coeur de notre économie, les petites et moyennes
entreprises, qui donnent le ton particulièrement dans nos régions. Elles ne
sont pas seulement des acteurs économiques parmi d'autres, elles constituent un
pilier structurant de notre capacité à faire face aux chocs, à innover et à
assurer une certaine indépendance économique au Québec. J'ai pu, d'ailleurs, le
constater encore plus lors de tournées effectuées dans différentes régions du
Québec avec le ministre, naturellement, délégué à l'Économie dès l'automne
dernier jusqu'à tout récemment. On a été dans la région de Portneuf, on a été
dans Lanaudière, on est allés aussi chez moi, en Estrie.
Alors, vous savez, Mme la Présidente, la
présence de nos PME est enracinée dans leur territoire, et ça, bien, ça permet
de répondre concrètement aux besoins de la population et à la fois générer des
retombées directes et durables. Ces entreprises, bien, elles façonnent le
quotidien de nos communautés. Elles créent des emplois de proximité, stimulent
les réseaux d'approvisionnement locaux et participent activement à l'essor de
nos milieux de vie. L'influence des PME dépasse largement le cadre économique.
Elles contribuent à maintenir les régions vivantes, attractives et dynamiques.
Elles favorisent aussi un développement équilibré sur l'ensemble du territoire.
Et là, Mme la Présidente, j'ai en tête une
belle entreprise dans Saint-François, chez moi, une entreprise qui est
installée dans une petite communauté, municipalité. On l'appelle l'entreprise
Champeau. Elle est à Saint-Malo. C'est un chef de file nord-américain dans la
fabrication de composantes de bois franc. Qui n'aime pas le baseball au Québec,
hein? Tout le monde pense aux Expos, le billard, les instruments de musique.
Alors, c'est une image concrète d'une petite entreprise, mais je dirais moyenne
entreprise, qui est à Saint-Malo, et qui est établie dans la communauté d'un
peu moins de 600 habitants, et qui a aidé au développement d'une garderie,
qui tient actives plusieurs activités en étant partenaire. Donc, elle assure la
vitalité de Saint-Malo. C'est un exemple parmi tant d'autres dans
Saint-François, mais je tenais à le préciser parce que, des fois, c'est par les
exemples qu'on est capables de vraiment partager qu'est-ce que font nos PME
dans nos régions.
Mme la Présidente, dans un environnement
marqué par des mutations rapides, qu'il s'agisse de transformations
technologiques, des enjeux liés à la mondialisation ou à des pressions
concurrentielles accrues, leur rôle prend encore plus d'importance. Les PME
démontrent une capacité d'adaptation remarquable, mais elles doivent aussi
pouvoir compter sur un écosystème qui reconnaît pleinement leur contribution
stratégique. C'est dans l'ADN des entrepreneurs de se réinventer, de se
renouveler, d'innover. J'ai été moi-même entrepreneure d'une petite entreprise
et je sais à quel point que, quand on se sent bien accompagné, bien outillé, on
est capable de franchir, des fois, des étapes qu'on aurait mis plusieurs années
à faire mais qui nous aident à nous propulser plus rapidement.
Ainsi, soutenir nos PME, bien, c'est bien
plus qu'un choix économique, c'est un levier essentiel pour assurer notre
prospérité à long <terme...
Mme
Hébert
:
...c'est un levier essentiel pour assurer notre prospérité à long >terme,
renforcer notre économie et consolider la vitalité de toutes les régions du
Québec.
L'économie québécoise s'adapte
progressivement à la nouvelle réalité commerciale. Cette adaptation s'impose
avant tout en raison d'un environnement économique devenu plus instable et
imprévisible. Les perturbations récentes, qu'il s'agisse des tensions
commerciales internationales, des ruptures dans les chaînes d'approvisionnement
ou des transformations technologiques accélérées, ont mis en évidence la
vulnérabilité de modèles économiques trop dépendants de quelques marchés ou
fournisseurs. À cela s'ajoutent des exigences croissantes en matière de
compétitivité, de transition énergétique, de productivité, qui obligent les
entreprises à se repositionner rapidement. Pour le Québec, bien, il ne s'agit donc
pas seulement de s'ajuster, mais de préserver sa capacité à croître, à attirer
les investissements et à maintenir des emplois de qualité dans un contexte où
la concurrence mondiale est de plus en plus vive.
La Présidente
: Et, Mme
la députée, compte tenu de l'heure, je dois vous interrompre, mais je vais vous
demander : Avez-vous l'intention de poursuivre plus tard cet après-midi
votre allocution? Oui? Parfait. Parfait. Nous le prenons en note.
Alors, compte tenu de l'heure, il est
midi, et afin de permettre la tenue des affaires courantes cet après-midi, le
présent débat est ajourné. Les travaux sont suspendus jusqu'à
13 h 40. On se retrouve un peu plus tard. Merci, tout le monde, pour
votre attention.
(Suspension de la séance à 12 heures)
13 h 30 (version révisée)
(Reprise à 13 h 40)
17909
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Bonjour à toutes. Bonjour à tous. Nous allons reprendre nos travaux. Je
vous invite à prendre place, collègues.
Affaires courantes
Déclarations de députés
Nous sommes à la rubrique Déclaration des
députés. Et, sans plus tarder, je reconnais M. le député de Marquette.
Souligner le 30e anniversaire de l'organisme Projet
Cumulus
M. Enrico Ciccone
M. Ciccone :Merci, M. le Président. J'aimerais souligner et féliciter l'organisme
Cumulus pour son 30e anniversaire. Depuis 1995, c'est plus de 15 000 personnes
qui ont bénéficié de leurs précieux services en prévention de toxicomanie.
Cumulus préconise l'empathie, l'ouverture
et le respect dans leurs interventions auprès de la clientèle. De plus, une
approche globale qui place l'individu au centre de l'intervention et qui mise
sur une gestion pratique pour chacun est privilégiée. L'individu est donc
outillé pour trouver ses propres ressources.
Outre les services d'accompagnement pour
les personnes prises avec une dépendance, l'organisme offre aussi des services
aux écoles et aux organismes, aux intervenants et aux parents dans la grande
région métropolitaine et ailleurs dans la province, mais surtout dans
Marquette.
Bravo à la directrice Marie-Claude Sauvé,
ainsi qu'à tous les intervenants de l'équipe de Cumulus pour cet important
anniversaire. Merci pour votre grande contribution à toute la collectivité et
bonne continuité. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, M. le député de Marquette. Et je cède maintenant la parole à M. le
député de Drummond—Bois-Francs.
Féliciter la Ferme Lansi pour son classement au
palmarès des meilleurs troupeaux laitiers du Canada
M. Sébastien Schneeberger
M. Schneeberger : Oui. M. le Président,
c'est avec fierté que je souligne aujourd'hui l'excellence d'une entreprise
agricole de chez nous. La Ferme Lansi de Saint-Albert s'est classée au
troisième rang des troupeaux laitiers les mieux gérés au Canada et premier au
Québec, selon le palmarès annuel Lactanet. Ce résultat exceptionnel est le
fruit d'un travail rigoureux, d'une vision innovante et d'un profond engagement
envers le bien-être animal et la qualité de production. Comme ancien producteur
laitier, je connais très bien les efforts pour atteindre un tel résultat.
Je tiens à féliciter chaleureusement toute
l'équipe de la Ferme Lansi. Leur réussite illustre parfaitement le
savoir-faire agricole qui fait la réputation du Centre-du-Québec. Je suis très
fier de représenter une communauté où des entreprises familiales atteignent des
plus hauts sommets. Alors, bravo à toute l'équipe et continuez à faire rayonner
Saint-Albert à l'échelle nationale.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, M. le député de Drummond—Bois-Francs. Et la prochaine déclaration
revient à M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
Appuyer les organismes du mouvement Le
communautaire à boutte
M. Guillaume Cliche-Rivard
M. Cliche-Rivard : Merci, M.
le Président. Aujourd'hui, je veux souligner la grande mobilisation nationale
des organismes communautaires de partout au Québec, qui a lieu du 23 mars
au 2 avril, et qui se nomme Le communautaire à boutte.
Dans Saint-Henri—Sainte-Anne, nous avons
la chance de pouvoir compter sur un réseau communautaire fort, engagé et
mobilisé. Plusieurs organismes de nos quartiers participent au mouvement avec
des manifestations locales le 25 mars dans la Petite-Bourgogne, dans
Saint-Henri et dans Pointe-Saint-Charles, ainsi que le 27 mars à
Saint-Paul—Émard. Leur mobilisation est un cri du cœur et un appel à
reconnaître enfin, à sa juste valeur, le travail essentiel des organismes
communautaires qui maintiennent notre filet social à bout de bras, dans des
conditions de travail particulièrement difficiles. Nous leur apportons tout
notre soutien. Nous sommes fiers de voir nos quartiers se mobiliser avec autant
de force et de solidarité.
Il est temps que le gouvernement
reconnaisse pleinement l'apport du milieu communautaire en lui accordant un
financement à la hauteur de ce qu'il accomplit chaque jour. Nous leurs sommes
reconnaissants pour leur travail essentiel au quotidien. Merci.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne. Et la prochaine déclaration
revient à Mme la députée de Bonaventure.
Souligner le 40e anniversaire du Club Optimiste de
Saint-Godefroi
Mme Catherine Blouin
Mme Blouin : Merci beaucoup,
M. le Président. Alors, aujourd'hui, je tiens à souligner le
40e anniversaire du Club Optimiste de Saint-Godefroi, qui réunit des
membres de Hope Town, de Shigawake et, évidemment, de Saint-Godefroi.
Fondé en 1986 par Salomon Grenier, cet
organisme contribue, depuis quatre décennies, au mieux-être des jeunes et de la
communauté. Par leur engagement, ses membres soutiennent la jeunesse,
encouragent son développement et transmettent des valeurs d'entraide et, bien
sûr, d'optimisme.
Très actif dans le milieu, le club organise
diverses activités de financement comme des bingos, des radiothons, des soupers
et des soirées musicales. Alors, au fil des ans, ce sont près de
200 000 $ qui ont été remis dans la communauté.
Ces sommes permettent d'offrir des
activités aux enfants, de soutenir les jeunes dans leurs projets sportifs, de
favoriser l'initiation à la pêche et d'appuyer plusieurs organismes de la
région, un club qui est avant tout des gens engagés qui font une réelle
différence dans la vie des jeunes et dans la vitalité de la communauté.
Alors, à vous tous, je vous dis merci pour
votre dévouement et votre précieuse contribution à l'épanouissement de la
communauté. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, Mme la députée de Bonaventure. Au tour maintenant de Mme la députée
des Mille-Îles.
Souligner le 40e anniversaire du Centre d'écoute de
Laval
Mme Virginie Dufour
Mme Dufour : Merci beaucoup,
M. le Président. Alors, c'est avec beaucoup de reconnaissance que je prends la
parole aujourd'hui pour souligner le 40e anniversaire du Centre d'écoute
de Laval, un organisme vraiment précieux pour notre communauté. Fondé en 1986,
le centre d'écoute offre un service empathique, confidentiel et gratuit
24 heures sur 24 à tous ceux qui ressentent le besoin de se confier.
J'ai eu l'occasion d'aller à leur
rencontre et de constater l'importance de cette ressource, particulièrement
dans un contexte où la santé mentale des Québécois se détériore et où les
besoins de soutien ne cessent d'augmenter, notamment chez les jeunes. Chaque
année, près de 8 500 appels sont pris en charge. Chaque moment
d'écoute constitue une intervention essentielle pour briser l'isolement,
prévenir la détresse et même sauver des vies.
Je tiens à saluer l'engagement des équipes
et des bénévoles qui, depuis 40 ans, font une réelle différence dans la
vie de milliers de Lavallois. Félicitations pour ces 40 années d'écoute et
de solidarité. Que votre mission se poursuive encore longtemps.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, Mme la députée des Mille-Îles. Et je cède maintenant la parole à M.
le député de Nicolet-Bécancour.
Rendre hommage à M. Stéphane Desfossés
M. Donald Martel
M. Martel : M. le Président,
depuis plusieurs années, Stéphane Desfossés consacre temps et énergie aux
organismes de Nicolet et de toute la région. Qu'il s'agisse d'activités
sportives ou communautaires, il donne généreusement, notamment en contribuant
au financement par la vente de billets.
Son implication est d'autant plus touchante
qu'elle s'inscrit dans un héritage familial. À la suite du décès de son père en
2016, lui-même grand bénévole, Stéphane a pris le relais afin de perpétuer cet
engagement, une manière bien à lui d'honorer sa mémoire.
Au fil des ans, il est devenu un pilier
pour plusieurs organismes, mais aussi un ambassadeur passionné de sa région,
mettant en valeur ses événements, ses bénévoles et ses citoyens.
M. Desfossés incarne ce qu'il y a de plus
beau dans l'engagement bénévole, le don de soi et la fierté d'appartenir à sa
communauté. Au nom de tous, merci, Stéphane, pour votre grand coeur.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, M. le député de Nicolet-Bécancour. Merci à vous, cher monsieur, pour
votre engagement dans la collectivité. Et la prochaine déclaration revient à
Mme la députée de Rimouski.
Souligner la Journée Lavande pour l'épilepsie
Mme Maïté Blanchette Vézina
Mme Blanchette Vézina : Merci,
M. le Président. À l'occasion de la Journée internationale de l'épilepsie, je
souhaite mettre en lumière cette condition souvent invisible mais bien présente
dans notre communauté.
Récemment, j'ai rencontré un citoyen de
Rimouski, père de famille, qui vit avec l'épilepsie. À travers son témoignage,
on comprend que cette condition ne se résume pas aux crises. Elle touche
l'accès à l'emploi, la mobilité et, surtout, le regard des autres.
Encore aujourd'hui, trop de personnes
choisissent de cacher leur condition par peur d'être jugées ou de perdre des
opportunités. Ce silence en dit long sur le travail qu'il nous reste à faire.
On doit mieux informer, mieux accompagner et, surtout, mieux inclure.
En cette journée, j'ai une pensée pour
toutes les personnes qui vivent avec l'épilepsie ainsi que pour leurs proches.
Et je réaffirme ma volonté de demeurer à l'écoute et de soutenir les
initiatives qui permettront de faire une différence ici, dans notre région.
Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, Mme la députée de Rimouski. La prochaine déclaration revient à M. le
député de Portneuf.
Souligner le travail du Centre d'archives régional
de Portneuf
M. Vincent Caron
M. Caron : Merci, M. le
Président. «Tout passe, hormis ce que les hommes ont sauvé de l'oubli par le
marbre ou par le parchemin.» Ces mots d'Alain Grandbois, poète natif de
Saint-Casimir, illustrent à merveille l'importance de préserver notre mémoire
collective.
C'est exactement ce que fait le Centre
d'archives régional de Portneuf. Le centre se donne en effet comme mission
d'acquérir, de traiter et de rendre accessibles des fonds d'archives privés. Il
met également en valeur notre mémoire collective en transformant des documents
statiques en récits vivants, notamment par la réalisation de courts métrages.
Merci à David Lesage, aux membres de son
équipe et à l'ensemble des bénévoles, également aussi aux membres du conseil
d'administration qui veillent à ce que notre riche passé portneuvois ne tombe
pas dans l'oubli, mais demeure bien vivant pour les générations actuelles et
futures. Merci d'être toujours présents, merci d'être toujours en mouvement
pour préserver notre mémoire collective.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, M. le député de Portneuf. Et je reconnais maintenant M. le député de Côte-du-Sud.
Rendre hommage à M. André-Médard Bourgault
M. Mathieu Rivest
M. Rivest : À
Saint-Jean-Port-Joli, il est un art qui se transmet tel un héritage, une
tradition ancrée telle une signature bien vivante. Et, au cœur de cette tradition,
il y a M. André-Médard Bourgault. Il est présent aux tribunes avec une
délégation exceptionnelle de Saint-Jean-Port-Joli.
Sculpteur du bois, héritier d'un geste,
d'un geste appris dès l'enfance et où la transformation de la matière devient
mémoire. Chaque sculpture raconte notre histoire, nos racines, notre fierté.
Héritier d'un savoir-faire précieux de la famille Bourgault, il incarne cette
tradition qui façonne l'âme de tout un village. Dans chacune de ses œuvres, on
retrouve la patience, la précision et cette sensibilité qui savent faire parler
le silence du bois.
Aujourd'hui, nous saluons un gardien de
notre patrimoine. Aujourd'hui, par son talent, il perpétue une tradition qui
fait la fierté de toute une région et qui contribue au rayonnement culturel du
Québec. Aujourd'hui également, nous saluons un homme de passion, de
transmission et de beauté. Merci, M. le Président.
• (13 h 50) •
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, M. le député de Côte-du-Sud, et nos hommages à M. Bourgault. La
prochaine déclaration revient à M. le député de Chapleau.
Souligner le 30e anniversaire de l'organisme Mon
chez nous
M. Mathieu Lévesque
M. Lévesque (Chapleau) : Merci
beaucoup, M. le Président. Aujourd'hui, je veux souligner le 30e anniversaire
d'un organisme important à Gatineau, en Outaouais, Mon chez nous.
Mon chez nous travaille sans relâche pour
aider à loger les personnes et les familles les plus fragilisées de notre
communauté. Depuis trois décennies, cet organisme communautaire incarne, avec
force et humanité, l'accompagnement vers un logement de façon digne, accessible
et en toute sécurité, tout en luttant contre l'itinérance et la précarité
résidentielle.
Aujourd'hui, après 30 ans d'action
concrète, Mon chez nous représente huit immeubles, 158 logements à loyer
modique ou abordable, ainsi que la gestion de 65 appartements familiaux
permettant à plus de 400 personnes de se loger en toute dignité. Mon chez
nous n'est pas seulement un toit. L'organisme offre aussi un milieu de vie, un
accompagnement respectueux, un soutien communautaire qui permet aux personnes
de se stabiliser, de briser l'isolement et de reprendre pleinement leur place
dans la société.
Je tiens à souligner le travail
exceptionnel de l'équipe, à toutes celles et ceux qui, depuis 30 ans, font
vivre cet organisme. Les fondateurs, les groupes d'intervention, les bénévoles,
les partenaires, ainsi que les locataires et personnes hébergées qui en sont
l'âme, je vous dis merci et bon 30e anniversaire.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, M. le député de Chapleau. Et la prochaine déclaration revient à M. le
député de Vachon.
Souligner la présence de membres de la Légion
royale canadienne filiale 159 de Saint-Hubert en visite à l'Assemblée nationale
M. Ian Lafrenière
M. Lafrenière : Merci
beaucoup, M. le Président. Cette année, la Légion royale canadienne célèbre son
100 ans d'anniversaire de création.
Aujourd'hui, c'est avec plaisir, avec
honneur que j'accueille des membres de la succursale 159 de Saint-Hubert,
qui est dans ma circonscription. Il s'agit des présidents et vice-présidents,
M. Patrick Brousseau et M. Pierre Pauw, qui sont avec nous dans les tribunes
aujourd'hui. Je leur souhaite la bienvenue à l'Assemblée nationale du Québec,
M. le Président, et, tout à l'heure, je vais leur remettre la Médaille du
député pour l'implication de la légion dans notre communauté. C'est un
engagement qui est exceptionnel envers nos vétérans, leurs familles et vraiment
toute la communauté, M. le Président. On en est très fiers.
En 1926, la Légion royale canadienne a été
créée avec une mission qui était claire, celle de soutenir les vétérans, de
défendre les droits, leurs droits et de préserver le devoir de mémoire. C'est
ce qu'ils font très bien. M. le Président, pour avoir servi moi-même
30 ans dans les forces, je peux vous dire que leur service est très
apprécié. Aujourd'hui, plus que jamais, souvenons-nous de nos militaires, de
leurs familles, leurs sacrifices, et remercions la succursale 159 de... de
Saint-Hubert, pardon, pour leurs loyaux services. Merci beaucoup, messieurs.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci beaucoup, M. le député de Vachon. La prochaine déclaration revient à Mme
la députée de Marie-Victorin.
Féliciter Enaldo Josaphat et Séphora Bethsaïda
Jean-François, élèves de l'école secondaire Gérard-Filion lauréats du Gala
Forces Avenir
Mme Shirley Dorismond
Mme Dorismond : Merci
beaucoup, M. le Président. C'est avec fierté que je félicite les élèves de
l'école secondaire Gérard-Filion, Enaldo Josaphat et Séphora Bethsaïda
Jean-François, présents ici dans les tribunes. Ils ont tous les deux été
récompensés lors du dernier gala Forces Avenir.
Personnalité engagée, Enaldo, président de
son école, il a remis sur pied la radio étudiante, organisé et animé Secondaire
en spectacle, participé à la collecte de denrées pour les paniers de Noël.
Et Séphora, récompensée personnalité
persévérante, arrivée d'Haïti en novembre 2024, Séphora a surmonté de nombreux
défis pour s'intégrer au système scolaire québécois. Elle a persévéré, elle a
fini avec une moyenne de 80 %. Elle aspire à une carrière en actuariat et
en gestion financière. Félicitations à vous deux! Bravo!
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, Mme la députée de Marie-Victorin. Alors, voilà qui met fin à la
rubrique Déclarations des députés.
Nous allons suspendre les travaux quelques
instants.
(Suspension de la séance à 13 h 55)
14 h 03 (version non révisée)
(Reprise à 14 h 08)
La Présidente : Bonjour, tout
le monde. Vous êtes nombreux. Distingués invités, bienvenue. Bienvenue. Le
Parlement du Québec, c'est chez vous.
Mmes, MM. les députés, nous allons nous
recueillir quelques instants, je vous prie.
Je vous remercie, tout le monde. Veuillez
vous asseoir. Rebonjour, Simon.
Alors, nous poursuivons les affaires
courantes. Aujourd'hui, il n'y a pas de déclarations ministérielles.
Des voix : ...
La Présidente
: Chut! Merci.
À la rubrique Présentation de projets de
loi, M. le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : Oui, Mme
la Présidente. Bonjour. Je vous demande d'appeler l'article a, s'il vous plaît...
14 h 08 (version non révisée)
La Présidente : ...À l'article
a du feuilleton, Mme la ministre responsable des Services sociaux présente le
projet de loi n° 23, Loi visant principalement à mieux accompagner les
personnes dont l'état mental pourrait représenter un risque pour leur propre
sécurité ou celle d'autrui. Mme la ministre.
Mme Bélanger : Mme la
Présidente, ce projet de loi a principalement pour objectif de modifier la Loi
sur la protection des personnes dont l'état mental présente un danger pour
elles-mêmes ou pour autrui.
Le projet de loi révise les critères d'intervention
pour le transport d'une personne contre son gré auprès d'un établissement de
santé et de services sociaux ou par sa mise sous garde par un médecin ou une
infirmière praticienne spécialisée, notamment en remplaçant le critère de
danger grave et immédiat par celui de situations où il existe un danger pour la
personne ou pour autrui. Le projet de loi revoit les types de gardes possibles
et précise les modalités et les délais de la garde temporaire. Le projet de loi
spécifie les exigences que doit respecter une personne pour agir en tant qu'intervenant
d'un service d'aide en situation de crise et il prévoit l'obligation pour Santé
Québec de voir à l'élaboration d'une formation concernant le rôle et les
responsabilités d'un tel intervenant. Le projet de loi prévoit la mise en place
de mécanismes de consultation et de concertation entre les acteurs, notamment
en vue de la coordination de leurs actions à l'égard de personnes qui
présentent une altération de leur état mental et qui se trouvent dans une
situation où leur santé, ou leur sécurité, ou la sécurité d'autrui est
compromise. Il précise les responsabilités des intervenants qui collaborent en
ce sens dans le cadre d'un processus d'action concertée. Le projet de loi
prévoit l'obligation pour le ministre responsable des Services sociaux de
conclure avec certaines personnes ou certains organismes une entente-cadre
nationale concernant la protection des personnes présentant une altération de
leur état mental. Il précise notamment les éléments devant être minimalement
prévus par cette entente, tels que les principes directeurs qui doivent guider
les actions posées à l'égard de ces personnes et la constitution de comités
pour établir une gouvernance nationale et régionale quant à la protection de
ces personnes. Le projet de loi permet aux personnes majeures vivant avec un
trouble mental de consentir ou non, au moyen de directives psychiatriques
anticipées, aux soins qui pourraient à être requis par leur état mental dans le
cas où elles seraient inaptes de façon temporaire, à consentir aux soins en
raison de ce trouble mental. Il prescrit les règles applicables à ces
directives et il précise leur valeur contraignante à l'égard d'un professionnel
de la santé. De plus, il prévoit la mise en place par le ministre responsable
des Services sociaux du registre des directives psychiatriques anticipées et il
lui permet d'en confier la gestion à un organisme. Le projet de loi élargit la
portée du protocole que doivent adopter les établissements de santé et de
services sociaux en matière de mise sous garde de personnes afin d'encadrer
également la prise en charge des personnes amenées contre leur gré auprès de
ces établissements. Il ajoute des mesures devant être prévues par ce protocole,
notamment en ce qui a trait à la compréhension et à l'exercice des droits et
recours de ces personnes, à leur sortie sécuritaire des installations de l'établissement
et à l'implication de leurs proches. Le projet de loi crée une nouvelle section
du Tribunal administratif du Québec. Il lui confère la compétence exclusive
pour entendre les demandes d'autorisation de soins requis par l'état de santé d'une
personne et les demandes de garde en établissement de santé et de services
sociaux. Il prévoit également les règles procédurales en lien avec ces
demandes. Le projet de loi modifie la Loi sur l'aide juridique et la prestation
de certains autres services juridiques, afin que l'aide juridique soit accordée
gratuitement à toute personne pour les services juridiques offerts en matière d'autorisation
de soins requis par son état de santé ou de garde en établissement. Le projet
de loi modifie la Loi visant à lutter contre la maltraitance envers les aînés
et toute autre personne majeure en situation de vulnérabilité pour y inclure un
délai de prescription de trois ans en matière de poursuites pénales. Le projet...
14 h 14 (version non révisée)
Mme Bélanger : ...cette loi
introduit dans la Loi sur la gouvernance du système de santé et de services
sociaux l'obligation pour Santé Québec de s'assurer que les membres de son
personnel sont titulaires d'une attestation d'absence d'empêchement lorsque,
dans l'exercice de leurs fonctions dans un centre de protection de l'enfance et
de la jeunesse ou dans un centre de réadaptation, ils sont régulièrement en
contact avec des enfants en situation de vulnérabilité. Il introduit une
obligation similaire pour les établissements de Santé Québec concernant l'utilisation
des services d'une ressource intermédiaire ou d'une ressource de type familial
qui héberge des enfants en situation de vulnérabilité. Le projet de loi
habilite le gouvernement à prévoir par règlement des mesures pour compléter ces
obligations, notamment afin de déterminer ce que constitue un empêchement ainsi
que les règles ou les modalités du processus de vérification.
Enfin, le projet de loi prévoit certaines
dispositions transitoires et finales. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente : Et je
reconnais M. le leader de l'opposition officielle, oui.
M. Tanguay : Oui. Mme la
Présidente, sur ce projet de loi, nous désirons avoir des consultations
particulières. Merci.
La Présidente : Et maintenant
est-ce que l'Assemblée accepte d'être saisie de ce projet de loi?
Des voix
: Adopté.
La Présidente
: Adopté.
M. le leader du gouvernement... M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Lévesque (Chapleau) : Oui.
Merci beaucoup, Mme la Présidente. Je vous demanderais de bien vouloir appeler
l'article b du feuilleton, s'il vous plaît.
La Présidente : Article b du
feuilleton. J'ai reçu le rapport de la directrice de la législation sur le projet
de loi n° 204, Loi concernant la Ville de Gatineau. La directrice de la
législation a constaté que les avis ont été faits et publiés conformément aux
règles de fonctionnement des... des projets de loi d'intérêt privé. Ce rapport
est donc déposé. Je le dépose à l'instant.
En conséquence, M. le député de Chapleau
présente le projet de loi d'intérêt privé numéro 204, Loi concernant la Ville
de Gatineau. Est-ce que l'Assemblée accepte d'être saisie de ce projet de loi?
Des voix
: Adopté.
La Présidente
: Adopté.
M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Lévesque (Chapleau) : Oui.
Merci beaucoup, Mme la Présidente. Donc, conformément au premier alinéa de l'article
267 de notre règlement, je propose la motion suivante :
«Que le projet de loi d'intérêt privé
numéro 204, la Loi concernant la Ville de Gatineau, soit renvoyé pour
consultations et étude détaillée à la Commission de l'aménagement du territoire
et que la ministre des Affaires municipales soit membre de ladite commission
pour la durée du mandat.»
La Présidente : Et cette
motion est-elle adoptée?
Des voix
: Adopté.
La Présidente
: Adopté.
Maintenant, à la rubrique Dépôt de
documents, je reconnais Mme la ministre de l'Enseignement supérieur.
Mme Biron : ...de tourisme et
d'hôtellerie du Québec. Merci.
La Présidente
: Ce
document est déposé. M. le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : ...collègue
le ministre des Relations internationales et de la Francophonie et en vertu de
l'article 22.2 de la Loi sur le ministère des Relations internationales, je
dépose, à titre de document, l'engagement international important suivant, les
réserves et les déclarations s'y rapportant ainsi qu'une note explicative sur
le contenu et les effets de l'engagement : la Convention sur le
recouvrement international des aliments destinés aux enfants et à d'autres
membres de la famille.
La Présidente : Ces documents
sont déposés. Et, à nouveau, M. le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : Oui. Mme
la Présidente, au nom de mon collègue le ministre des Relations internationales
et de la Francophonie et en vertu de l'article 22.3 de la Loi sur le ministère
des Relations internationales, je fais motion pour que l'Assemblée étudie, dans
le délai prescrit par la loi et en vue de son approbation, l'engagement
international important que je viens de déposer, à savoir la Convention sur le
recouvrement international des aliments destinés aux enfants et à d'autres
membres de la famille.
La Présidente : Ces documents
sont déposés. À nouveau, M. le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : Mme la
Présidente, vous me permettrez, au nom de ma collègue ministre de la Famille,
de déposer le plan stratégique 2026-2030 du Curateur public.
La Présidente : ...document
est déposé. Et, à nouveau, M. le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : Oui. Permettez-moi
de déposer, Mme la Présidente, les réponses aux pétitions déposées le 10
février par le député de Saint-Henri—Sainte-Anne, le 11 février par la députée
de Robert-Baldwin et les réponses aux questions inscrites au feuilleton le 24
février par le député de l'Acadie. Merci.
La Présidente : Et ces
documents sont déposés.
À la rubrique Dépôt de rapports de
commissions, je reconnais maintenant M. le président de la Commission de l'aménagement
du territoire et député de Drummond—Bois-Francs.
M. Schneeberger : Merci, Mme
la Présidente. Alors, je dépose le rapport de la Commission de l'aménagement du
territoire qui, les 11, 12, 17, 18, 19, 24, 26 février ainsi que 17, 18, 19
mars 2026, a procédé à l'étude détaillée du projet de loi n° 13, Loi visant à
favoriser la sécurité et le sentiment de sécurité de la population et modifiant
diverses dispositions. Alors, la commission a adopté le texte de loi...
14 h 19 (version non révisée)
M. Schneeberger : ...avec des
amendements.
La Présidente : Et ce rapport
est déposé.
Maintenant, à la rubrique Dépôt de
pétitions, je reconnais M. le député de Rosemont.
M. Marissal : Merci, Mme
la Présidente. Vous permettez d'abord que je salue la présence dans nos
tribunes de Mme Johanne Gauthier et de Raoul Charbonneau, tous deux
membres de l'Association des comités de résidents officiels du Québec.
Donc, je dépose l'extrait d'une pétition
adressée à l'Assemblée nationale, signée par 2 867 pétitionnaires.
Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués sont les suivants :
«Considérant que le gouvernement doit
protéger les locataires des augmentations de loyer abusives;
«Considérant la grande vulnérabilité des
locataires, en particulier celle des aînés;
«Considérant que les locataires du Québec
ont connu depuis plusieurs années des augmentations de loyer dépassant
largement l'IPC annuel; «Considérant que les augmentations de loyer ont un
effet cumulatif comme des intérêts composés;
«Considérant que le loyer de plusieurs
locataires s'approche du dépassement de leur capacité financière et d'absorber
ces augmentations générant un stress potentiellement dévastateur pour plusieurs
citoyens québécois;
«Considérant que six provinces et le Yukon
appliquent déjà un taux maximum d'augmentation des loyers en fonction de l'IPC
annuel, oscillant entre 1,8 % et 3 %;
«Considérant que le projet de règlement
introduit est une... introduit, pardon, une formule complexe, difficile à
évaluer par plusieurs locataires;
«Considérant qu'une augmentation de loyer
se traduira par une dépense supplémentaire pour le gouvernement en subventions
associées au programme de crédits pour maintien à domicile des aînés;
«Considérant que cette proposition s'approcherait
de la formule d'indexation appliquée par le gouvernement aux rentes de retraite
du secteur public et parapublic;
«Considérant que le Tribunal administratif
du logement est submergé par des demandes croissantes de fixation du coût des
loyers;
«Et l'intervention réclamée se résume
ainsi :
«Nous, signataires, demandons au
gouvernement du Québec de simplifier la fixation des loyers en établissement
annuellement un taux d'augmentation au maximum de la facture... maximal,
pardon, de la facture mensuelle des loyers qui ne dépasse pas l'IPC annuel
lorsqu'il est inférieur à 3 % et, pour un IPC supérieur à 3 %, de le
limiter à 3 %... à 3 % cette augmentation.»
Je certifie que cet extrait est conforme à
l'original de la pétition. Merci.
La Présidente : Cet extrait de
pétition est déposé. Je reconnais maintenant la députée de Laporte.
Mme Poulet : Merci, Mme
la Présidente. Alors, je dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée
nationale, signée par 5 887 pétitionnaires. Désignation :
citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués sont les suivants :
«Considérant que le réseau québécois de
services de garde éducatifs comprend des centres de la petite enfance, des
garderies subventionnées, des garderies privées non subventionnées et des
services en milieu familial; «Considérant que, malgré l'objectif
gouvernemental de réseau universel et accessible, de nombreuses familles n'ont
toujours pas accès à une place subventionnée;
«Considérant que le recours aux garderies
privées non subventionnées entraîne des coûts significatifs plus élevés pour
les parents, créant une iniquité importante entre les familles, selon le type
de places disponibles;
«Considérant que l'accès à des services de
garde éducatifs de qualité, abordables et disponibles est essentiel à l'égalité
des chances des enfants et à la participation des parents au marché du travail;
«Considérant que les délais actuels de
conversion des garderies privées vers le réseau subventionné ne permettent pas
d'assurer dans un délai raisonnable une réelle équité d'accès aux services de
garde;
«Et l'intervention réclamée se résume
ainsi :
«Nous, signataires, demandons au
gouvernement du Québec d'instaurer un tarif unique pour toutes les familles du
Québec, peu importe le milieu de garde fréquenté par leurs enfants, en mettant
en œuvre une ou plusieurs des mesures suivantes : Rehausser le plafond de
remboursement du crédit d'impôt pour frais de garde afin que le coût final
assumé par les parents soit équivalent au tarif subventionné actuellement en
vigueur; accélérer le processus de conversion des garderies privées de qualité
vers le réseau subventionné afin de réduire rapidement les écarts de coûts
entre les familles; assurer une collaboration avec l'ensemble des acteurs du
réseau des services de garde.»
Et je certifie que cet extrait est
conforme à l'original de la pétition.
La Présidente : Et cet
extrait de pétition est déposé. J'ai reçu une demande de M. le député de
Rosemont pour la présentation d'une pétition non conforme. Y a-t-il
consentement pour la présentation de cette pétition? Consentement?
Consentement. Alors, M. le député de Rosemont.
M. Marissal : Merci, Mme
la Présidente. Je dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée
nationale, signée par 7 877 pétitionnaires. Désignation :
citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués sont les suivants :
«Considérant que le Québec... que le
gouvernement du Québec doit protéger les locataires des augmentations de loyer
abusives;
«Considérant la grande vulnérabilité des
locataires, en particulier celle des aînés;
«Considérant que les locataires du Québec
ont connu depuis plusieurs années des augmentations de loyer...
14 h 24 (version non révisée)
M. Marissal : ...dépassant
largement l'IPC annuel.
«Considérant que les augmentations de
loyer ont un effet cumulatif comme des intérêts composés;
«Considérant que le loyer de plusieurs
locataires s'approche du dépassement de leur capacité financière d'absorber ces
augmentations, générant un stress potentiellement dévastateur pour plusieurs
citoyens québécois;
«Considérant que six provinces et le Yukon
appliquent déjà un taux maximum d'augmentation des loyers en fonction de l'IPC
annuel oscillant entre 1,8 et 3 %;
«Considérant que le projet de règlement
introduit une formule complexe difficile à évaluer par plusieurs locataires.
«Considérant qu'une augmentation des
loyers se traduira par une dépense supplémentaire pour le gouvernement en subventions
associées au programme du crédit pour maintien à domicile des aînés.
«Considérant que cette proposition s'approcherait
de la formule d'indexation appliquée par le gouvernement du Québec aux rentes
de retraite du secteur public et parapublic.
«Considérant que le Tribunal administratif
du logement est submergé par des demandes croissantes de fixation du coût des
loyers;
«Et l'intervention réclamée se résume
ainsi :
« Nous, signataires, demandons au
gouvernement du Québec de simplifier la fixation des loyers en établissement...
en établissant annuellement un taux d'augmentation maximal de la facture
mensuelle des loyers qui ne dépasse pas l'IPC annuel lorsqu'il est inférieur à
3 % et, pour un IPC supérieur à 3 %, de limiter à 3 % cette
augmentation. »
Je certifie que cet extrait est conforme à
l'original de la pétition.
La Présidente
: Et cet
extrait de pétition est déposé. Il n'y a pas de réponses orales aux pétitions ni
d'interventions portant sur une violation de droit ou de privilège.
Nous en sommes donc maintenant rendus à la
période de questions et de réponses orales. Et, pour ce faire, je cède la
parole en question principale au chef de l'opposition officielle.
M. Fortin :Mme la Présidente, pour les... pour les deux semaines qui nous
restent avec le premier ministre, on va lui parler de son legs. Et, bien qu'il
y ait plusieurs sujets difficiles pour lui, je suis convaincu qu'il aimerait
mieux qu'on parle de n'importe quoi sauf de santé. Parce qu'en santé il a
échoué du début à la fin. Dans la santé, il a brisé promesse après promesse.
Parce que les Québécois sont de plus en plus obligés de se tourner vers le
privé et de débourser des sommes de leur poche, des sommes importantes pour
compenser ce que le gouvernement échoue à leur offrir. Parce que le coût des
contrats en informatique en santé a explosé, parce que le dossier des médecins
lui a coûté deux de ses... plus précieux alliés, le ministre de la Santé et le
ministre délégué à la Santé.
Et maintenant, Mme la Présidente, on
apprend que, dans sa plus récente entente avec les médecins de famille où il
leur octroie 75 millions supplémentaires, il y a des patients vulnérables
qui n'ont aucune chance de se voir attribuer un médecin de famille, peu importe
leur niveau de vulnérabilité, peu importe la gravité de leur état de santé, s'ils
ne sont pas, et je cite, des patients orphelins purs, ils ne peuvent pas avoir
un médecin de famille.
Mme la Présidente, il y a des dizaines et
des dizaines de milliers de patients considérés hautement vulnérables au
Québec, qui ne pourront pas avoir un médecin de famille, parce que la CAQ,
encore, a négocié tout croche avec les médecins. Ça, c'est injustifiable. Le
premier ministre doit dire aux patients vulnérables aujourd'hui pourquoi il a
accepté une telle entente.
La Présidente
: La
réponse du premier ministre.
M. Legault : Bien, Mme la
Présidente, je vous assure que ce n'est pas une question plantée, mais ça me
donne l'occasion, Mme la Présidente, de vous parler des chiffres qui viennent
juste de sortir à 14 heures, qui vont continuer à être mis à jour à chaque
semaine. Mme la Présidente, savez-vous, depuis la signature de l'entente avec
la FMOQ, combien de Québécois de plus ont accès à un groupe de médecine de
famille? Bien, je vous donne le chiffre : 221 000, 221 000 de plus en
trois mois. C'est du jamais-vu. Deuxièmement, dans les 221 000, il y en a 123 000
que ce sont des vulnérables. Donc, Mme la Présidente, on se dirige pour
atteindre l'objectif, dans un autre trois mois, on va être à 500 000 Québécois
de plus pris en charge, incluant 180 000 vulnérables.
Mme la Présidente, je comprends que ce n'est
pas parfait, mais le Parti libéral a refusé pendant 15 ans ce qui était
demandé, entre autres, par Gaétan Barrette, de changer le mode de rémunération
des médecins de famille pour que la moitié de leur rémunération soit payée à la
capitation, c'est-à-dire selon le nombre de patients pris en charge par un GMF.
Mme la Présidente, 221 000 Québécois de plus depuis trois mois qui ont
accès...
14 h 29 (version non révisée)
M. Legault : ...à un GMF.
Pour moi, c'est exceptionnel.
La Présidente : En question
complémentaire.
M. Fortin :Mme la Présidente, ce n'est pas simple comme ça. Ce que le
premier ministre nous dit à travers ses propos, c'est qu'il accepte de
sacrifier les patients les plus vulnérables. Ce que le gouvernement fait, c'est
qu'il est en train de prioriser les gens qui sont moins malades.
La Fédération des médecins, pour répondre
aux exigences de l'entente, elle a envoyé une lettre aux médecins leur disant
de retourner tous les patients vulnérables sur la liste d'attente d'un médecin
de famille, de ne pas les prendre en charge.
Ce qu'on veut, là, c'est une garantie que
les plus malades vont être pris en priorité. S'il ne fait pas ça, il a échoué.
La Présidente : La réponse du
premier ministre.
M. Legault : Oui. Mme la
Présidente, je comprends que le chef de l'opposition officielle avait peut-être
écrit sa question complémentaire avant que je lui réponde, donc je vais répéter
ce que j'ai dit dans ma question... dans ma réponse principale.
Depuis trois mois, il y a 123 000 patients
vulnérables qui n'étaient pas pris en charge qui sont maintenant pris en
charge. Et, Mme la Présidente, on a identifié qu'il y en a 180 000,
actuellement, qui n'étaient pas pris en charge. Donc, si on fait un petit
calcul, il en reste 57 000. Et, je vous garantis, les 57 000 vont être
pris en charge d'ici le 30 juin. C'est du jamais vu par les libéraux.
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
M. Fortin :Mme la Présidente, les chiffres que le premier ministre
avancent, ils ne veulent rien dire à part le fait qu'ils vont être obligés de
payer 75 millions. Ils ne veulent rien dire parce que ces gens-là, ils ne
sont pas véritablement pris en charge.
Avant, c'étaient des patients orphelins,
puis, si vous voulez avoir un médecin, il fallait qu'ils passent par le GAP.
Aujourd'hui, ils sont pris en charge collectivement, s'ils veulent voir un
médecin, il faut qu'ils passent par le GAP, avec aucune garantie de suivi.
C'est ça, la CAQ, Mme la Présidente. Au
lieu d'une approche médicale pour un patient vulnérable, on a une approche
comptable pour un gouvernement vulnérable.
La Présidente : La réponse du
premier ministre.
M. Legault : Bien, Mme la
Présidente, c'est totalement inexact, ce que vient de dire le chef de l'opposition
officielle. Ce qui était prévu, première étape, on s'inscrit au GAP, on a un
premier rendez-vous, on est évalué. Deuxième étape, on est inscrit à un GMF, on
est pris en charge pour deux, trois, quatre, cinq rendez-vous, quand on a
besoin du GMF. Actuellement, 221 000 personnes de plus, d'ici le 30 juin,
500 000 de plus qui vont être vraiment pris en charge par un GMF.
La Présidente : Troisième
complémentaire.
M. Fortin :Mme la Présidente, pour la petite histoire, là, le
gouvernement a commencé par dire que tous les Québécois auraient un médecin de
famille, ensuite ils ont dit que tout le monde serait pris en charge, après ça
ils nous ont dit qu'ils auraient seulement 500 000 personnes qui seraient
prises en charge, puis maintenant on se rend compte que la prise en charge, là,
c'est une prise en charge comme à l'urgence, on vous voit une fois. Il n'y a
aucun suivi, Mme la Présidente.
Les patients, là, ils ont compris le jeu,
ils ont compris qu'ils n'auront aucun service de plus avec le gouvernement de
la CAQ.
La Présidente : La réponse du
premier ministre.
M. Legault : Mme la
Présidente, les faits sont têtus. Quand on est arrivé en 2018, il y avait 6,4 millions
de Québécois qui étaient pris en charge, il y en a aujourd'hui 7,2 millions,
il va y en avoir 7,7 millions d'ici le 30 juin.
Mme la Présidente, il reste 500 000 personnes
qui demandent un médecin de famille. On va leur donner. Donc, Mme la Présidente,
je m'excuse, là, mais le député de Pontiac, là, est complètement dans les
patates.
La Présidente : En question
principale, je reconnais maintenant la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Mme la
Présidente, en habitation, nous faisons face à une crise de l'abordabilité sans
précédent au Québec. La SCHL et l'APCHQ estiment qu'il faudrait construire
100 000 logements par année d'ici 2030 pour rétablir l'abordabilité.
Or, dans son dernier budget, dans la
section, là, Perspectives économiques, bien, la CAQ prévoit une chute, une
chute vraiment marquée des mises en chantier, pour atteindre moins de 34 000
unités par année. Il en faudrait 100 000, Mme la Présidente. L'écart, il est
énorme.
Pourquoi ne jamais avoir déposé de plan
crédible, les... pour... La crise du logement, là, malheureusement, elle s'est
aggravée sous ce gouvernement, ce mauvais gouvernement qui n'a jamais cru à la
crise du logement.
Il y a un seul parti, Mme la Présidente,
qui peut livrer, c'est le Parti libéral du Québec avec Charles Milliard. Ça
prend 100 000 logements? On va livrer 100 000 logements. La vérité choque.
Des voix : ...
La Présidente : Attendez!
Alors, je vous rappelle tout le monde... Youhou! Alors, mesdames, Messieurs les
députés, article 32...
14 h 34 (version non révisée)
La Présidente : ...gardez le
silence. C'est bon pour tout le monde. Et les citoyens vous regardent. Alors, Mme
la députée, il vous restait sept secondes à votre question, et je demande le
silence de la part de tout le monde.
Mme Dufour : Mme la
Présidente, je constate simplement que la vérité choque.
La Présidente : Bon. Article 32.
On garde le silence. Et maintenant, la réponse, on écoute la réponse de la
ministre responsable de l'Habitation.
Mme Proulx : Bien, puisqu'on
veut jouer dans ce film-là, on va parler de ce que le PLQ a fait en logement et
en logement abordable, Mme la Présidente. Premièrement, en janvier 2025, la
députée a dit publiquement que c'était impossible d'intervenir sur la hausse
des loyers à 5,9 %. Woop! le lendemain matin, son chef la contredisait et
disait précisément 100 % du contraire de ce que la députée de Mille-Îles a
dit. Alors, la députée a dit : Je pense que ce n'est pas possible d'intervenir
à ce stade-ci et de réduire la hausse. Le député de LaFontaine, lui dit, bien,
tout le contraire. Alors, c'est ça, le modèle du Parti libéral du Québec, Mme
la Présidente. On va un peu au gré du vent. Un peu comme Larousse, on sème à
tout vent. C'est un peu ça au Parti libéral du Québec.
Abordable aussi, il y a beaucoup de
définitions, là, qui prennent des modifications au fil du temps, Mme la
Présidente, quand vient le temps de parler d'abordabilité de la part du
gouvernement du Québec avec ces investissements massifs, entre autres avec le PHAQ
du côté de la SHQ. J'aurai l'occasion de revenir sur les déclarations de la
députée, Mme la Présidente.
La Présidente : Première
complémentaire.
Mme Dufour : Mme la
Présidente, j'avoue que je suis surprise que la ministre de... que la ministre
de l'Habitation se lève sur une question sur les mises en chantier, parce qu'en
fait, puis ce n'est pas de ça qu'elle a répondu, évidemment, mais, la semaine
dernière, en crédits provisoires, elle nous disait être la... la ministre du
Logement abordable et que l'habitation, bien, ça ne relevait pas d'elle, mais
plutôt du ministre des Finances.
Alors, je vais redemander à la ministre de
l'Habitation ma question de la semaine dernière : Quelles mesures a-t-elle
demandées auprès de son collègue pour favoriser la construction résidentielle
dans son ensemble?
La Présidente : La réponse de
la ministre.
Mme Proulx : Ah! une autre
perle, Mme la Présidente. Puisque vous le demandez, au sujet de l'abordabilité,
le PLQ dénonce le flou autour du mot «abordable». Mais ce flou-là, Mme la
Présidente, on va se le dire, il a existé pendant 15 ans sous le
gouvernement libéral. C'est vraiment bien, bien, bien commode, rendu en fin de
mandat, de réclamer une définition très précise d'abordabilité.
Maintenant, la députée, Madame... Mme la
Présidente, s'emploie à relever des items qui relèvent de mon extraordinaire
ministre des Finances, qui, lui, qui a déposé un extraordinaire budget la
semaine dernière, et c'est lui, Mme la Présidente, on ne mélange pas les
dossiers de ce côté-ci du gouvernement, donc ça relève... la taxe de vente du
Québec du ministre des Finances.
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
Mme Dufour : ...Mme la
Présidente, je comprends que la ministre s'en lave les mains, des mises en
chantier. Hein, on le voit, ça, c'est le résultat de s'en laver les mains, Mme
la Présidente. Il n'y a rien dans le budget. Et elle l'a dit la semaine
dernière, elle est extrêmement satisfaite des 1 000 unités de
logements abordables pour trois ans. Très satisfaite. Il n'y a rien pour les
coupes, rien pour le social, rien pour la construction résidentielle, rien pour
l'accès à la propriété.
Si la ministre actuelle de l'Habitation, bien,
ça... ça ne se préoccupe pas de l'habitation, qui va le faire dans le
gouvernement? Parce que nous, au PLQ, on va le faire.
Une voix : ...
La Présidente : Attendez,
attendez. Silence, tout le monde. Je vous rappelle... M. le leader de l'opposition
officielle, pas de Bravo. La réponse de la ministre.
Mme Proulx : Non, mais, Mme
la Présidente, ils vont-tu en faire des affaires. Malade! Écoute... Pardon, Mme
la Présidente, je ne voulais pas vous tutoyer.
AccèsLogis. Une autre perle de la députée :
Le PLQ reproche à la CAQ d'avoir abandonné AccèsLogis. Mais qui a laissé le
financement du programme fondre année après année? Je vous pose la question. Qui
a laissé des milliers de logements gelés, barrés aux quatre roues dans le
pipeline? Bien, ce n'est pas le gouvernement de la coalition. Avec ma
prédécesseure, on a mis, entre autres, en... en branle des moyens de monter du
logement social et abordable beaucoup plus rapidement, Mme la Présidente, entre
autres avec des ententes avec Desjardins et le fonds de la FTQ, Mme la
Présidente.
La Présidente : En question
principale...
Des voix : ...
La Présidente
: On
retrouve le silence, je vous prie. Une seule personne a droit de parole. Et je
reconnais le député de Nelligan.
M. Derraji : Mme la
Présidente, la semaine dernière, révélation choc, Thomas Gerber de Radio-Canada
révélait un système de fraude massive. Des camions contournent les règles...
14 h 39 (version non révisée)
M. Derraji : ...en désactivant
leur système antipollution. Tout cela se passe sous le nez du gouvernement, je
dirais même avec la complaisance du ministre... du ministère des Transports et
de la SAAQ. Aujourd'hui même, Mme la Présidente, au moment où on se parle, des
camions circulent, des fraudeurs fraudent notre système et ils désactivent un
système antipollution. Des médecins, 342 médecins dénoncent la négligence
grave de ce gouvernement.
Mme la Présidente, le ministre des
Transports, la semaine dernière, a déclaré qu'il a parlé avec la SAAQ et qu'il
compte serrer la vis. J'ai une question pour lui. Depuis la sortie de l'enquête
la semaine dernière, qu'est-ce qu'il a fait? Quelle action il a entrepris pour
stopper la fraude et arrêter le Far West au Québec?
La Présidente : Et je
reconnais, pour sa réponse, le ministre de l'Environnement, de la Lutte contre
les changements climatiques.
Des voix : ...
La Présidente
: On
garde le silence, tout le monde. La réponse du ministre.
M. Charette : Merci, Mme la
Présidente, au collègue, je vais répéter essentiellement ce qu'on a dit au
cours de la dernière semaine. Avec mon collègue aux Transports, on a eu l'occasion
encore ce matin, d'en discuter. C'est une modification législative qui a été
apportée il y a quelques années, qui permet justement ce type de contrôle, et
lorsque nous ajustons la loi, il faut ajuster la réglementation. Nous sommes à voir,
justement, les ajustements réglementaires qui doivent être faits. Donc, nous
sommes conscients de certains enjeux, nous travaillons à les corriger. La
collaboration, et avec le ministère des Transports, et avec la SAAQ, et le
ministère de l'Environnement, est excellente. Donc, c'est une question de temps
avant que certains... certaines anomalies puissent être corrigées, mais nous y
travaillons et la collaboration est bonne, Mme la Présidente.
La Présidente : Première
complémentaire.
M. Derraji : Mme la
Présidente, franchement, franchement, c'est depuis 2023. Vous étiez au courant.
Le ministère des Transports était au courant. Les contrôleurs routiers ne
peuvent rien faire. Des garages qui encouragent la fraude. Je n'ai pas entendu
le ministre des Transports se lever dire au moins qu'est-ce qui ne va plus
depuis la semaine dernière. C'est ce que je lui demande. C'est ce que les
contrôleurs routiers lui demandent. Arrêtez le Far West!
Des voix :
…
La Présidente : Je vous
rappelle de garder le silence, article 32. Et M. le député de Nelligan, je
vous rappelle, vous vous adressez à la présidente. Et la réponse du ministre
des Transports et de la Mobilité durable. On l'écoute.
M. Julien : Oui, merci, Mme
la Présidente. Effectivement, là, à la fois le ministère de l'Environnement puis
mon collègue de l'Environnement et moi, on a pris ce dossier-là, puis on le
prend très au sérieux. Puis c'est vrai que j'ai eu l'occasion de parler à la SAAQ
parce que je l'ai dit que je le ferais. Donc, habituellement, quand je dis
quelque chose, vous le savez très bien, je le fais.
Alors, non seulement j'ai parlé à la SAAQ,
mais j'ai demandé que ce soit renforcé et qu'on serre la vis par rapport à ces
pratiques-là. Oui, la réglementation, j'en conviens avec mon collègue de l'Environnement,
doit être resserrée, la réglementation pour venir supporter la loi.
Naturellement, la SAAQ a des mandataires également. Puis je voyais dans l'article
certains mandataires de la SAAQ, semble-t-il, faisaient ces pratiques-là.
Alors, j'ai demandé une vérification de la SAAQ pour ses mandataires pour pas
que ce soit fait, mais plus de 97 % des vérifications respectent...
La Présidente : Deuxième complémentaire.
M. Derraji : Franchement, Mme
la Présidente, sérieusement, depuis 2023, vous étiez au courant. Votre
ministère était au courant.
La Présidente
: Et je
vous rappelle qu'il faut vous adresser à la présidence. Allez-y.
M. Derraji : Oui, oui. Les
ministères étaient au courant, Mme la Présidente. La SAAQ était au courant. Le
ministère de l'Environnement était au courant. Ils étaient tous complices, Mme
la Présidente.
Des voix : ...
La Présidente : M. le leader
du gouvernement, quel est votre rappel au règlement? Rapidement.
M. Jolin-Barrette : Mme la
Présidente...
La Présidente
: Rapidement.
M. Jolin-Barrette : ...c'est
au lexique. Et, en plus, Mme la Présidente...
La Présidente : Et vous avez
raison et je vous remercie pour cette précision. On garde le silence. Article 32.
Il est au lexique. Je vous demande de le retirer. Il vous reste huit secondes.
Vous retirez.
M. Derraji : Je le retire. C'était
de la complaisance, Mme la Présidente. Ils étaient au courant. C'est de la
complaisance.
Des voix : ...
La Présidente : Il n'est pas
au lexique. Je veux la réponse.
Des voix : ...
La Présidente
:
Rapidement. Quel est votre rappel?
M. Jolin-Barrette : Vous avez
raison, mais ça commence par les mêmes lettres, Mme la Présidente.
La Présidente : On garde le
silence et on perd du temps. Maintenant, j'aimerais... il reste quatre secondes
à la...
Des voix : ...
La Présidente
: Gardez
le silence, trois mots. Quatre secondes pour sa question. Allez-y, M. le député.
M. Derraji : Arrêtez le Far West,
on veut des actions concrètes dès maintenant...
14 h 44 (version non révisée)
La Présidente
: ...
M. Julien : Oui. Oui, merci, Mme
la Présidente. Bien, écoutez, je pense que les termes de mon collègue sont un
peu excessifs, et j'en aurai pour preuve, Mme la Présidente, que, quand j'ai
demandé à la SAAQ, toutes les vérifications qui sont faites mécanique sur les
systèmes d'échappement, plus de 97 % des vérifications faites par les
contrôleurs routiers ne révèlent aucune anomalie. Tout va très bien. Je
comprends maintenant que M. Gerbet a écrit un article. Il récidive encore
aujourd'hui. Et on va y voir, mon collègue de l'Environnement et moi, pour
colmater la brèche identifiée, mais, pour moi, là, je ne pense pas que c'est
aussi grave que ce que mentionne mon collègue.
La Présidente
: ...je
reconnais maintenant la cheffe du deuxième groupe d'opposition.
Mme Ghazal : Merci, Mme la
Présidente. Tout coûte cher au Québec. Ceux qui en souffrent le plus, ce sont
les gens au bas de l'échelle. On le voit avec l'augmentation du prix de l'essence,
depuis la guerre en Iran, quand ça coûte des dizaines de dollars de plus à la
pompe, tout le monde comprend que ça frappe beaucoup plus fort une mère
monoparentale qui roule en minivan, qui a un bas salaire, que la majorité de la
population.
Bon, il y a certains partis politiques qui
proposent des solutions simplistes, du mur-à-mur qui nous garde, au Québec,
prisonniers du pétrole. C'est sûr que la vraie solution, c'est de sortir de
notre dépendance au pétrole, et, au Québec, on peut le faire, mais en attendant,
c'est important d'aider ceux qui sont les plus mal pris. C'est pour ça que,
Québec solidaire, on a fait une proposition, celle de remettre 20 % des
revenus qui proviennent de la tarification carbone sur l'essence aux ménages à
faible revenu. C'est une approche ciblée, c'est... c'est aussi une approche
très équilibrée entre aider le monde qui souffre du coût de la vie, qui en ont
le plus besoin, et continuer notre transition écologique.
Dans le budget de la CAQ, là, Mme la
Présidente, il n'y avait pas de mesure pour les personnes à plus faible revenu
pour faire face au coût de la vie. Est-ce que le premier ministre peut corriger
le tir? Est-ce qu'il peut s'engager à verser une ristourne sur le prix de l'essence
pour ceux et celles qui en ont le plus besoin?
La Présidente
: La
réponse du premier ministre.
M. Legault : Oui, Mme la
Présidente. D'abord, là, c'est important de le rappeler, c'est au Québec que
les gens ont eu le plus de retour d'argent dans leur portefeuille. Quand on regarde,
depuis que la CAQ est au pouvoir, le revenu disponible, c'est au Québec que le
revenu disponible a augmenté le plus. Évidemment, il y a eu, parmi ces mesures,
bon, un 2 000 $ pour les personnes de 70 ans et plus plus démunis. Il
y a eu une augmentation importante des allocations familiales pour les
personnes qui sont plus démunies. On a augmenté de plus de 60 % l'aide
sociale pour les personnes qui ont une contrainte à l'emploi. On a augmenté le
financement des groupes communautaires de 1,1 milliard à 2,2 milliards
par année. Donc, on a doublé le budget des organismes communautaires. Bon,
écoutez, à un moment donné, il faut aussi respecter la capacité de payer des
Québécois. Je comprends, là, je prends bonne note puis, je pense, les deux
candidats à la chefferie de la CAQ prennent bonne note du fait que Québec
solidaire propose d'envoyer des chèques entre 100 $ et 400 $ aux
Québécois. Bon, écoutez, c'est une proposition qui va sûrement être considérée
par les deux candidats qui vont prendre ma place dans quelques semaines.
La Présidente
: Première
complémentaire.
Mme Ghazal : Mme la Présidente,
les gens, ils souffrent en ce moment du coût de la vie, là, ils n'ont pas le
temps d'attendre qui va arriver puis qu'est-ce qu'il va proposer, surtout que
les mesures qui sont proposées, notamment par un des aspirants premier
ministre, ça ne va pas aider les Québécois, parce que, lui, ce qu'il dit, c'est
on va prendre le surplus puis les donner aux Québécois, mais le gouvernement,
le ministère des Finances le sait, ils ont... il ne fait pas plus d'argent. Et
l'autre nous dit : Une mesure mur-à-mur. Moi, j'aimerais ça l'entendre,
lui, là, en ce moment, qu'est-ce qu'il pense de la proposition de Québec
solidaire de donner aux ménages à plus faible revenu, lui, comme premier
ministre?
La Présidente
: La
réponse du premier ministre.
M. Legault : Bien, avant de
répondre à la question de la cheffe de Québec solidaire, j'aimerais ça qu'elle
précise c'est quoi, un revenu qui est plus bas. Vous savez, depuis que la CAQ
est au pouvoir, le salaire d'un enseignant, au maximum, là, est passé de 80 000 $
à 105 000 $ par année. Est-ce que, pour elle, un enseignant qui gagne
105 000 $ par année, c'est un riche qui devrait payer plus d'impôts? Où
trace-t-elle la ligne?
La Présidente
: Deuxième
complémentaire.
Mme Ghazal : Bien, je vais
expliquer ma proposition, puisque je me rends compte que le premier ministre n'a
pas été bien briefé sur ça. C'est les gens au bas de l'échelle, ceux qui sont
en dessous du seuil de revenu et les deux premiers...
14 h 49 (version non révisée)
Mme Ghazal : ...ça fait que ce
n'est pas les enseignants. Les autres, on peut les aider avec l'épicerie, avec
le loyer. On en fait plein, de propositions, à Québec solidaire.
Là, aujourd'hui, je lui parle d'une
proposition très précise : prendre 20 % de l'argent qu'on met dans le
Fonds vert, 20 %, et les donner aux ménages les plus riches, c'est
40 % de la population, ceux qui souffrent le plus. Est-ce qu'il est d'accord,
oui ou non?
La Présidente : La réponse du
premier ministre.
M. Legault : ...Mme la
Présidente, il y a deux parties, là. Si on envoie des chèques, 100 $ à 400 $,
il faut les financer, à moins que la cheffe propose d'augmenter le déficit.
Donc, s'il faut les financer, ce qu'elle disait la semaine dernière, c'est qu'il
faut augmenter les impôts des riches. Est-ce qu'un enseignant qui gagne 105 000
$ est un riche selon Québec solidaire? Elle ne m'a pas répondu à ma question.
La Présidente : En question
principale, je reconnais maintenant le député de Jean-Lesage.
M. Zanetti : Merci, Mme la
Présidente. Quand tu es un jeune parent puis que l'éducatrice de ton enfant
porte un voile puis que c'est une personne bienveillante, attentionnée,
compétente, tu ne veux pas que la CAQ ou le PQ te l'enlève. Je ne m'explique
pas que la CAQ et le PQ pensent que discriminer à l'embauche des femmes qui
font la différence dans la vie des familles du Québec, c'est dans l'intérêt
collectif du Québec.
Un sondage paru ce matin va dans le même
sens. Les deux tiers des Québécois et Québécoises ne voient pas de problème à
ce qu'une éducatrice porte un signe religieux.
Plus de 30 000 enfants sont toujours
en attente de places. Des dizaines de milliers de parents ne peuvent pas
travailler à cause de ça.
Est-ce que le gouvernement de la CAQ va
entendre les parents du Québec?
La Présidente : La réponse du
ministre responsable de la Laïcité.
M. Roberge : Mme la
Présidente, ce n'est pas surprenant, Québec solidaire trouve toujours une
raison... je ne dirai pas une bonne raison, mais une raison pour s'opposer à la
laïcité. Aujourd'hui, ils ont trouvé un sondage, financé par un regroupement,
pour dire que les Québécois, finalement, bien, veulent garder leurs
éducatrices. On le sait. C'est pour ça que, dans notre projet de loi n° 9, loi
qui vise à renforcer la laïcité au Québec, il y a la clause de droit acquis.
Donc, il n'y a pas d'éducatrices, là, qui étaient à l'emploi, au dépôt du
projet de loi, qui vont perdre ce droit acquis. Il y en a qui vont peut-être choisir
d'enlever le symbole religieux, on le souhaite. Le droit de recevoir des
services laïques au Québec, c'est important. Puis il y a un grand consensus
québécois derrière le renforcement de la laïcité au Québec. Et, si on veut
parler de sondage, il y a un sondage, l'automne dernier, qui disait que
56 % des Québécois sont en faveur avec le fait que les gens qui
travaillent dans nos CPE, dans nos garderies subventionnées ne portent pas de
symboles religieux. Mais on va le faire graduellement, avec la clause de droit
acquis. On va respecter le droit des parents et des enfants d'avoir des
services laïques, avec une transition assumée mais raisonnable vers des
services toujours plus laïques. Mais Québec solidaire ne sera pas d'accord. Ils
vont trouver une autre raison quand ça arrivera.
La Présidente : Première
complémentaire. Et, pour ce faire, je reconnais le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Ça ne marche pas, Mme
la Présidente, la clause de droit acquis. On l'a vu dans le réseau de l'éducation,
c'est un échec. Mais là on décide de se priver d'une main-d'oeuvre qui est rare
en poussant à la porte des éducatrices dévouées, compétentes puis appréciées.
Dans son livre Inclure, le regretté
Jean Dorion parle de Karima, l'éducatrice voilée de son enfant, et, au contact
de cette amoureuse du Québec et grande lectrice d'ouvrages de psychologie pour
enfants, sa fille avait appris qu'on ne juge pas de la valeur des gens sur leur
croyance ou leur incroyance ni sur leur façon de s'habiller.
La CAQ doit reculer. Va-t-elle le faire?
La Présidente : La réponse du
ministre.
M. Roberge : Mme la
Présidente, si les parlementaires de Québec solidaire avaient assisté aux
travaux du projet de loi n° 9, loi renforçant la laïcité au Québec, ils
auraient vu que, lors des consultations particulières, il y a des gens qui sont
venus, notamment des gens qui travaillent dans des... dans des CPE, dans des
garderies, qui ont dit qu'il y a des éducatrices qui pensaient que la loi était
déjà en vigueur, parce qu'au moment du dépôt du projet de loi on en a parlé,
pensaient que c'était déjà en vigueur. Et la dame nous a raconté qu'elle a vu
une éducatrice sortir de la garderie et, juste avant d'embarquer dans le
véhicule... porter son symbole religieux. On lui a dit : Pourquoi? Elle a
dit : Bien, un, par respect pour les enfants, et, deux, je pensais que la
loi était déjà en vigueur. Donc, ça se fait, revêtir un symbole religieux et l'enlever
pendant qu'on travaille avec les enfants, ça se fait, Mme la Présidente.
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
M. Leduc : Il y a quelques
mois, Ma place au travail avait publié un sondage avec des résultats
similaires. C'était 64 % des parents qui s'opposaient à cette mesure. C'est
maintenant 68 %. Puis pourquoi ils s'opposent ainsi, Mme la Présidente? Parce
qu'ils savent que c'est une approche qui dégouline d'idéologie, parce qu'ils
savent que ça ne se base sur aucun problème réel. Puis, pendant ce temps-là, on
a perdu 5 000 éducatrices dans les dernières années parce que Costco paie
plus cher que la ministre. Puis là on va en perdre encore plus?
Où est la ministre de la Famille pour
défendre son réseau pendant que le ministre de la Laïcité joue à l'apprenti
sorcier avec son projet de loi n° 9...
14 h 54 (version non révisée)
La Présidente : ...la réponse
du ministre.
M. Roberge : Mme la
Présidente, peu importe ce qu'on va faire pour renforcer la laïcité, Québec
solidaire sera toujours contre, toujours contre, toujours contre.
Nous, on a travaillé de manière très
sérieuse. On a confié à Me Pelchat, Me Rousseau le mandat de faire une grande
consultation, de faire un rapport puis on est arrivé avec un projet de loi qui
est ambitieux mais qui est mesuré, avec des clauses de droits acquis, lorsqu'on
arrive, avec des mesures comme ça, avec, maintenant, le principe que les gens
doivent avoir un symbole... le visage découvert tout le long du parcours
éducatif. Mais, ça non plus, Québec solidaire n'était pas d'accord. Il ne s'en
vante pas aujourd'hui, mais il n'était pas d'accord pour dire qu'on a interagi
à visage découvert dans nos cégeps et dans nos universités.
Nous, on va interdire les prières de rue,
sauf très, très rares exceptions, parce que c'est important, la cohésion
sociale. Nous, on va enlever des locaux de prière parce que nos écoles, nos
universités sont des lieux d'apprentissage...
En question principale, je reconnais
maintenant le député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : Merci, Mme la
Présidente. Hier, le Tribunal administratif du logement a rendu une décision
permettant à Mme Mélissa Desjardins de garder son chien Paul. Ça confirme ce
que nous affirmons depuis des années : les clauses d'interdiction des
animaux de compagnie dans les baux contreviennent aux droits fondamentaux. En
pleine crise du logement, c'est déjà très difficile de se trouver un logement
sans à avoir à abandonner un animal de compagnie qu'on considère comme un
membre de notre famille.
Maintenant que les tribunaux ont tranché,
est-ce que le gouvernement de la CAQ peut s'engager à adopter rapidement le
projet de loi que j'ai présenté en 2023 afin que les locataires ne soient pas
obligés d'abandonner leur animal de compagnie?
La Présidente : La réponse de
la ministre responsable de l'Habitation.
Mme Proulx : Oui. Tribunal
administratif du logement, on a reçu le rapport, Mme la Présidente, là, le 12 mars
dernier. On a traversé, donc, la lecture de ce rapport-là, conjointement avec
mon collègue ministre de la Justice.
Par ailleurs, Mme la Présidente, la
recherche de logement peut être, effectivement, Mme la Présidente, un peu plus
difficile pour certains locataires, je vous dirais, particulièrement ceux et
celles qui souhaitent vivre avec un animal de compagnie.
Par contre, dans le cas qui nous intéresse
ici, Mme la Présidente, le cas auquel fait référence le collègue, le Tribunal
administratif du logement a répondu à un besoin particulier dans le cadre...
dans le cadre, pardon, Mme la Présidente, d'un cas très, très particulier.
Alors, c'est ça, la réponse du Tribunal administratif du logement sur le
dossier qui est présenté ce matin dans les quotidiens.
Évidemment, l'objectif du gouvernement du
Québec, c'est de garder un équilibre. Mme la Présidente, ça a toujours été ça,
l'objectif, situation propre aux locataires, situation propre aux propriétaires
également. Donc, on a répondu, Mme la Présidente, à un enjeu très, très
spécifique dans le cas du TAL.
La Présidente : ...complémentaire.
Et je vous invite à garder le silence pendant la question.
M. Fontecilla : En France,
les interdictions d'animaux de compagnie ont sauté dans les années 70. Et,
puisque le gouvernement aime bien se comparer à l'Ontario, il devrait savoir
que, là-bas, en Ontario, ça fait 20 ans que c'est la norme.
Pourquoi ne pas prendre cette opportunité
pour enfin offrir aux locataires québécois les mêmes droits que nos voisins? Ce
qui est bon pour pitou devrait être bon pour minou, n'est-ce pas?
La Présidente : La réponse de
la ministre.
Mme Proulx : Oui, bien, le
minou du Québec, ce n'est pas le pitou de l'Ontario, ça fait qu'on va juste
garder les principes du Québec au Québec, M. le député.
Ce qui est important de dire, en annexe de
la décision, Mme la Présidente, du tribunal, il est permis au Québec d'interdire
la location d'appartement lorsqu'il y a la signature du bail avec une présence
d'animal. Il est permis au Québec de pouvoir inscrire, comme propriétaire,
lorsqu'on met un appartement disponible sur le marché, d'inscrire clairement au
bail que tout animal est interdit dans l'espace qui sera occupé par le
locataire. Décision exceptionnelle du tribunal...
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
M. Fontecilla : Je cite la
juge du TAL, Mme la Présidente : «L'interdiction générale de garder un
animal dans un logement constitue... une intrusion oppressive et inacceptable
dans la vie familiale d'une personne.» Fin de citation.
Si j'ai bien compris la position de Mme la
ministre, sa position, c'est de permettre à ses députés.
Des voix : ...
La Présidente : Je vous
demande, s'il vous plaît, de garder silence. J'ai de la difficulté à l'entendre.
Il est... il est quand même loin au fond, là-bas. Alors, gardez le silence, je
vous prie. M. le député, vous avez 10 secondes, poursuivez.
M. Fontecilla : Est-ce que la
ministre est d'accord de garder les dispositions qui permettent les intrusions
oppressives...
14 h 59 (version non révisée)
M. Fontecilla : ...de
continuer plutôt que de les rendre illégales?
La Présidente
: La
réponse de la ministre.
Mme Proulx : ...Présidente.
Ce qui est important, Mme la Présidente, dans le cas qui nous occupe ici, là, c'est
le droit des locataires et le droit des propriétaires. Les deux ont des droits,
Mme la Présidente. Je tiens à rappeler, là, que, dans le jugement, là, puis je
souhaite qu'on le lise bien comme il faut, c'est une décision exceptionnelle
qui a été prise de la part du Tribunal administratif du logement pour un cas
exceptionnel, Mme la Présidente. Et je rappelle à tous les propriétaires et
tous les locataires qui, dans les prochaines semaines, vont signer un bail qu'il
est permis d'inscrire au bail l'interdiction d'avoir un animal au logement, Mme
la Présidente.
La Présidente : En question
principale, je reconnais maintenant la députée de Terrebonne.
Mme Gentilcore : Dans le PQI
déposé mercredi par le gouvernement, on trouve huit écoles secondaires en cours
de construction, dont le coût dépasse 175 millions de dollars.
Pendant ce temps-là, l'Ontario, avec qui la CAQ aime toujours beaucoup se
comparer, annonce des projets semblables pour 100 millions de moins. Donc,
on paie plus que le double du prix. On apprenait même que les coûts pour la
construction de l'école secondaire Louis-Philippe Paré, à Châteauguay, sont
maintenant évalués à plus de 470 millions de dollars, pour une école.
Donc, les Québécois continuent de payer pendant que la CAQ fait juste paqueter
le PQI et empiler les déficits. Puis, visiblement, tout le monde accepte ça de
l'autre côté de la Chambre. Mais nous, au Parti québécois, on n'accepte pas que
les Québécois paient deux fois plus cher qu'ailleurs pour leurs écoles, leurs
routes ou leurs hôpitaux. C'est pourquoi on propose aujourd'hui 10 mesures,
qu'on peut commencer à mettre en place dès maintenant.
Est-ce que le ministre va travailler à
baisser les coûts de construction au Québec, oui ou non?
La Présidente
: La
réponse de la ministre de l'Éducation.
Mme LeBel : Bien, Mme la
Présidente, je suis très heureuse de pouvoir me lever sur cette question-là. J'ai
fait à la fois un court séjour de cinq ans et six mois au Trésor et maintenant
au ministère de l'Éducation, et je vous dirais qu'une des premières... des
premiers dossiers sur lequel j'ai travaillé en arrivant au ministère de l'Éducation,
bon, c'est le dossier budgétaire mais également le dossier des infrastructures.
Puis, effectivement, Mme la Présidente, il y a beaucoup de chemin à faire
encore. On en a fait beaucoup, de chemin, avec mon collègue qui était aux Infrastructures
au moment où j'étais au Trésor. Maintenant, avec mon nouveau collègue aux Infrastructures,
ma nouvelle collègue au Trésor, on continue à cheminer. On a baissé les
exigences, on a mis des parcours plus... plus courts. Hein, on se souvient,
plus vite, moins cher était le... était ce qui... ce qui était dans le projet
de loi. On a... Sur l'approbation des projets majeurs, on a... on a élagué des
mesures administratives et maintenant on travaille particulièrement en
éducation sur le cahier de charges. J'ai eu d'ailleurs le plaisir de rencontrer
la ministre de l'Ontario, il y a quelques semaines, pour aller voir et gratter
sur leurs secrets. Bon, il y a plusieurs choses qui fait qu'on ne peut pas se
comparer, je ne reviendrai pas sur le minou et le pitou de ma collègue, mais,
effectivement, une des choses sur lesquelles on doit travailler, c'est notre
cahier de charges, Mme la Présidente, et on y travaille, Mme la Présidente.
La Présidente : Première
complémentaire.
Mme Gentilcore : ...on est
rendus à 470 millions pour une école, je pense qu'on peut dire que ça n'a pas
bien, bien fonctionné.
En 2022, la CAQ faisait apparaître un
ministre responsable exclusivement des infrastructures, même chose avec l'habitation.
Deux ministères de plus, aucun résultat concret pour réduire les coûts de
construction.
Est-ce que, contrairement au député de
Lévis, candidat à la chefferie de la CAQ, le ministre des Infrastructures
reconnaît que ce n'est pas en nous rajoutant un troisième ministère que la CAQ
va régler le problème?
La Présidente
: La
réponse du ministre responsable des Infrastructures.
M. Charette : Merci, Mme la
Présidente. Je regardais les propositions du Parti québécois, elles sont en
application ou sur le point de l'être. Plusieurs annonces ont été faites au
cours des dernières semaines, des derniers mois dans un premier temps par le
collègue qui m'a précédé. À l'automne, on a ajouté des nouvelles mesures d'optimisation.
Donc, ce qui est proposé par le Parti québécois n'amène rien de nouveau et, au
contraire, nous permettrait de... d'aller moins loin que ce qui est sur la
table présentement. Donc, il y a des mesures d'optimisation qui sont en cours,
il y a des mesures de standardisation qui sont en cours, et les deux combinées
peuvent amener des économies relativement intéressantes. Et j'ai parlé... Et j'ai
participé avec ma collègue de l'Éducation à une rencontre avec nos collègues de
l'Ontario il y a quelques semaines à peine...
La Présidente
: Deuxième
complémentaire.
Mme Gentilcore : ...de fond n'est
pas là. Le problème de fond, c'est la concurrence, l'absence complète de
concurrence. En 2021, le gouvernement s'était pourtant engagé à agir pour
augmenter le nombre de soumissionnaires. Or, il y a maintenant aussi peu que 2,7
soumissionnaires seulement par appel d'offres public, alors qu'on était au-dessus
de quatre à l'arrivée de la CAQ au pouvoir. Ce n'est pas une conjoncture, c'est
un échec.
Est-ce que le ministre peut admettre que
sa stratégie est officiellement lettre morte et qu'il a échoué à protéger l'argent
des contribuables?
La Présidente
: La
réponse du ministre.
M. Charette : Encore là, la
collègue est en retard un petit peu dans... dans les nouvelles. Si on regarde
le dernier PQI, si on regarde ce qui a été confirmé par le gouvernement au
cours des derniers mois, on rend publics les projets à venir, ce qui ne se
faisait pas avant, ce qui va permettre, justement, aux entrepreneurs, aux
constructeurs de se positionner sur différents projets, ce qui va leur
permettre aussi...
15 h 04 (version non révisée)
M. Charette : ...d'être d'avantage
concurrentiel les uns contre les autres. Donc, dans les faits, ce n'est pas que
ce sont des mauvaises idées ce que le PQ propose, ce sont des idées qui sont
déjà en place ou sur le point de l'être. Donc, rien de nouveau, Mme la
Présidente.
La Présidente : En question
principale, je reconnais maintenant le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Le 10 mars
dernier, 64 élus de la Mauricie ont transmis une lettre au gouvernement de
la CAQ pour fermer la porte aux éoliennes de TES Canada. La coalition d'élus
dit dans sa littre... dans sa lettre : «Le projet n'a pas de légitimité
sociale. Il n'y aura ni compromis, ni marchandage, ni passage en force. Nous
ferons respecter la voix de nos citoyens. La population ne veut pas du projet
de TES Canada.»
En réponse à cette lettre-là, je suis allé
sur le terrain, je suis allé en Mauricie, j'ai rencontré toutes les parties
prenantes, et il y a une chose qui fait l'unanimité, une, c'est que le
gouvernement a été complètement absent sur ce sujet, qui est l'un des
principaux sujets actuellement dans la région. En fait, il n'y a même pas eu de
réponse à la lettre qui a été transmise par les 64 élus.
Alors, on a entendu l'ancien ministre de l'Économie,
Pierre Fitzgibbon, appuyer à 150 % la députée de Sanguinet. Le nouveau
ministre de l'Énergie, on ne le sait pas encore.
À l'époque, on a dit «on ne snobera pas l'entreprise»,
est-ce qu'on est en train de snober la population.
La Présidente : La réponse du
ministre délégué à l'Économie et responsable des Petites et moyennes
entreprises.
M. Poulin : Merci beaucoup, Mme
la Présidente. Je remercie évidemment le député de Jean-Talon sur cette
question. Effectivement, le projet est porté par une entreprise privée. Il faut
savoir, évidemment, que, dans l'ensemble de ces projets, il y a un processus
qui est en cours, en lien avec la communauté locale, où l'entreprise doit faire
des démonstrations qui sont claires, qui sont précises à la fois, évidemment
aux municipalités, aux maires, aux intervenants, à la fois à la population qui,
à juste titre, peut se poser des questions sur ce genre de projet là, qui, oui,
il faut le dire, et... ce sont de nouveaux investissements importants pour la
région, mais il n'en demeure pas moins que l'entreprise doit faire ces
démonstrations-là, doit suivre les étapes et qui sont exigées par le
gouvernement du Québec, notamment le Bureau d'audiences publiques en
environnement, qui va permettre de délimiter l'ensemble des contours, l'ensemble
des paramètres, l'ensemble des échéanciers de ce type de projet là.
Nos collègues, évidemment, qui sont dans
la Mauricie suivent le projet avec intérêt, sont en... sont en contact et en
collaboration, évidemment, avec les gens du milieu, tout en se rappelant que,
oui, il y a des projets privés au Québec, il y a des projets qui amènent des
retombées dans les communautés, mais, somme toute, on doit faire les contacts,
les liens et avoir l'acceptabilité sociale nécessaire pour aller de l'avant.
Merci.
La Présidente : Première
complémentaire.
M. Paradis : Que le
gouvernement est en contact avec les gens localement, ça, ça fait plusieurs
fois que je l'entends ici. J'étais là, j'ai demandé à tout le monde : Avez-vous
eu des contacts? Est-ce qu'ils sont venus vous parler sur le terrain? La
réponse, c'est non. Est-ce que le gouvernement va au moins daigner répondre à
la lettre de 64 élus à travers les deux MRC? Et que va-t-il répondre?
Est-ce qu'après quatre référendums, un sondage
partout, des élus contre partout élus? Est-ce qu'on tient compte de ça dans l'acceptabilité
sociale?
La Présidente : La réponse du
ministre.
M. Poulin : Bien, évidemment,
Mme la Présidente, il y a un processus dans l'ensemble des projets au Québec,
notamment au niveau des parcs éoliens, qui fait en sorte qu'il y a un Bureau d'audiences
publiques en environnement et qu'on consulte la population.
Je n'ai absolument aucun doute sur mes
collègues députés de la Mauricie, qui sont près de leur population, près de
leurs intervenants et près de leurs communautés dans ce genre de projet là,
comme dans l'ensemble des dossiers du gouvernement du Québec qui concernent la
Mauricie.
Dans ce cas-ci, on fait face à un projet
qui est porté par l'entreprise privée, elle doit faire une démonstration qui
est claire, et au milieu, et au gouvernement du Québec, du projet et de son
impact qu'il y aura dans les prochaines années au niveau de la Mauricie.
Alors, nous suivons les étapes qui sont
prescrites pour ce genre de projet là, tout en demeurant à l'écoute de la
communauté et des gens qui ont signé la lettre.
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
M. Paradis : Tous les députés
de la CAQ de la région sont destinataires de la lettre. Il n'y a pas eu de
réponse. Ma question, elle est simple : Est-ce qu'il va y avoir une
réponse puis qu'est-ce qu'on va répondre aux citoyens qui expriment des
préoccupations légitimes, mais qui ont élu des gens à travers toutes les... les
deux MRC, qui disent non au projet?
La question, c'est : Est-ce que ça
compte pour ce gouvernement de la CAQ? Est-ce que la démocratie municipale
compte pour le gouvernement de la CAQ quand vient le temps d'évaluer l'acceptabilité
sociale, oui ou non?
La Présidente : La réponse du
ministre.
M. Poulin : Certainement, Mme
la Présidente, que la démocratie municipale compte, à tel point... et la
démocratie en général, à tel point qu'il y a un processus d'acceptabilité
sociale pour ce genre de projet là qui est très clair, qui est très précis, et
qui s'appelle le Bureau d'audiences publiques en environnement. Alors, à moins
que le Parti québécois remette en place ce processus-là, le BAPE, qui est
éprouvé, qui fonctionne, qui a permis la mise en place de projets et/ou de bien
capter...
15 h 09 (version non révisée)
M. Poulin : ...la stabilité ou
le fait que des gens n'étaient pas d'accord avec le projet. Alors, respectons
le processus qui est proscrit à l'intérieur de nos lois, respectons évidemment
le travail qui se fait de la part de l'entreprise auprès de la communauté. Et,
je le rappelle, Mme la Présidente, je n'ai aucun doute sur la compétence, l'écoute
et la détermination de mes collègues de la Mauricie à défendre leur région et à
écouter leur population.
La Présidente : En question
principale, je reconnais maintenant la députée de Mont-Royal—Outremont.
Mme Setlakwe : Mme la
Présidente, ça fait plusieurs années qu'on le sait, malheureusement, la
maîtrise du français chez nos jeunes est en déclin, et, aujourd'hui, on en voit
les conséquences jusque dans nos cégeps, où trop d'étudiants arrivent sans une
maîtrise adéquate des notions de base de notre langue commune. Comment en
est-on arrivé là?
Bien, après huit ans de règne caquiste,
huit ans au pouvoir, qu'est-ce que la CAQ a fait concrètement pour améliorer la
qualité du français chez nos jeunes? Pas assez, Mme la Présidente, je leur
donne E pour échec. La CAQ, elle a reporté l'implantation des nouveaux
programmes au primaire et au secondaire et, par laxisme, elle a donné très peu
de suites au volumineux rapport du début 2022 qu'elle avait elle-même
commandé. Et pourtant, la CAQ se targue d'être le grand défenseur de la qualité
du français, le grand défenseur du français.
Mme la Présidente, nos jeunes ont de
grandes difficultés. La situation s'est dégradée sous les huit ans de règne
caquiste. Comment la CAQ va-t-elle expliquer cet autre échec?
La Présidente : La réponse du
ministre de la Langue française.
M. Roberge : Merci, Mme la
Présidente. D'abord, en français, je veux souligner que nous avons déposé un
plan pour l'avenir de langue française au Québec. Je veux souligner que mes
collègues, à l'Éducation ont refait un nouveau programme de l'enseignement du
français, du préscolaire jusqu'à la fin du secondaire. Mais, si ma collègue
veut vraiment parler du français dans les cégeps, je veux juste lui rappeler
que notre gouvernement, c'est le gouvernement qui a imposé des cours de
français et des examens de français dans les cégeps anglophones. Ils ont voté
contre, Mme la Présidente. Alors, aujourd'hui, ils veulent nous faire la
leçon sur la qualité du français. Or, ils ont proposé des cours avant de se
rendre compte que, finalement, ça déplaisait à leur électorat. Il ne fallait
pas faire la promotion de la langue française, ils allaient peut-être déplaire
à leur électorat, peut-être ramasser un petit peu les même brownies, je ne le
sais pas.
Alors, Mme la Présidente, ce que je veux
dire, c'est qu'il n'est pas...
Des voix : ...
La Présidente : Oui, je suis
debout. Alors, je vais reconnaître...
Des voix : ...
La Présidente
: Vous...
vous gardez le silence. Je vais reconnaître le leader de l'opposition
officielle. Quel est votre rappel au règlement?
M. Tanguay : Oui, rappel au
règlement, des propos injurieux, Mme la Présidente, et je vous demande de les
retirer. On parle du français, c'est important. Que fait-il?
La Présidente : M. le leader
du gouvernement, quelle est votre réponse? Brièvement.
M. Jolin-Barrette : Mme la
Présidente, mon collègue aurait dû dire : Petites douceurs au chocolat,
effectivement.
La Présidente : Alors, moi,
je vous demande de demeurer respectueux. Ça allait bien jusqu'à présent. Il
vous reste quelques secondes pour poursuivre votre réponse.
M. Roberge : Mme la
Présidente, quand on pose des gestes pour le français, les libéraux votent
contre. Mais après, ils nous disent : Qu'est-ce que vous faites pour la
langue française? Bien, on agit malgré vous. Et, pour les Québécois, pour l'avenir
de notre nation, pour l'avenir de notre langue, on n'attendra pas après eux
autres, parce qu'on ne fera rien pantoute. On reculerait si ce n'était rien que
d'eux autres.
Des voix : ...
La Présidente : Pas de bravos!
Voilà, cela met fin à cette période de questions et de réponses orales. Comme
il n'y a pas de votre reporté, nous allons maintenant passer à la rubrique
Motions sans préavis. Et, pour ce faire, je cède la place au troisième vice-président
de l'Assemblée nationale. Merci, tout le monde. Bonne fin de journée.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Alors, en fonction de nos règles et de l'ordre de présentation des motions
sans préavis, je reconnais un membre du troisième groupe d'opposition. Mme la
députée de Chicoutimi.
Mme Laflamme : Merci, M. le
Président. Alors, je sollicite le consentement des membres de cette Assemblée
afin de présenter, conjointement avec le député de Marquette, Taschereau, Chomedey,
Laporte et Rosemont, la motion suivante :
«Que l'Assemblée nationale souligne que,
du 23 mars au 2 avril, près de 1 600 organismes
communautaires dans 17 régions seront en grève pour dénoncer le manque de
financement des organismes communautaires;
«Qu'elle réitère le rôle essentiel des
organismes en milieu communautaire, souvent considérés comme une première ligne
incontournable dans plusieurs secteurs;
Qu'elle s'inquiète que les demandes de
services pour les organismes communautaires ne font qu'augmenter;
«Qu'enfin, elle reconnaisse la nécessité d'investir
dans les organismes en milieu communautaire adéquatement afin qu'ils puissent
remplir pleinement leur mission.»...
15 h 14 (version non révisée)
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
...y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
Une voix : ...sans débat, M.
le Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Il y a consentement, sans débat. M. le député des Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau : ...demanderais
un vote électronique sur cette motion.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Un vote électronique a été demandé. La période de vote est ouverte.
La période de vote est terminée. M. le
secrétaire général.
Le
Secrétaire : Pour : 88
Contre : 0
Abstentions : 0
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Cette motion est donc adoptée. M. le député des Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau : M. le
Président, je vous demanderais de transmettre copie de cette motion au
mouvement Le communautaire à boutte, s'il vous plaît.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Ce sera fait, M. le député.
La prochaine motion revient au
gouvernement, et je cède maintenant la parole à M. le ministre des Transports
et de la Mobilité.
M. Julien : Oui. Merci, M. le
Président. Je sollicite le consentement de cette Assemblée afin de présenter la
motion suivante conjointement avec les députés de Nelligan, de Taschereau, des Îles-de-la-Madeleine,
de Laporte, d'Abitibi-Est, de Rosemont, de Saint-Jérôme, de Saint-Laurent, de Chomedey
et de Rimouski :
«Que l'Assemblée nationale exprime sa
profonde tristesse à la suite de l'accident d'avion survenu à l'aéroport
LaGuardia de New York, le 22 mars dernier;
«Qu'elle offre ses plus sincères
condoléances aux familles et aux proches des victimes;
«Qu'elle témoigne de sa solidarité envers
l'ensemble des personnes touchées par cette tragédie;
«Qu'elle exprime également son soutien à
l'ensemble des travailleurs et acteurs de l'industrie aérienne, durement
éprouvés par cet événement;
«Qu'enfin, l'Assemblée nationale observe
une minute de silence pour honorer la mémoire des victimes.»
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
Une voix : ...consentement,
sans débat.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Il y a consentement, sans débat. Cette motion est-elle adoptée?
Des voix : Adopté.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Adopté. Nous allons observer une minute de silence à la mémoire des victimes de
l'accident survenu à l'aéroport de LaGuardia.
(Minute
de silence)
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Je vous remercie.
Et la prochaine motion revient à l'opposition
officielle, et je reconnais M. le leader de l'opposition officielle.
M. Tanguay : M. le Président,
je sollicite le consentement de cette Assemblée afin de présenter la motion
suivante conjointement avec le député d'Abitibi-Est, la députée de Laporte et
la députée de Chomedey :
«Que l'Assemblée nationale prenne acte du
fait que le chef du Parti Québécois a réitéré récemment lors d'une entrevue
télévisée à Radio-Canada qu'il a l'intention coûte que coûte, s'il est élu, de
tenir un référendum sur l'avenir politique du Québec lors de la prochaine
législature.»
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
Une voix : ...sans débat, M.
le Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Il y a consentement, sans débat.
Une voix : ...
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Un vote électronique a été demandé. La période de vote est ouverte...
15 h 19 (version non révisée)
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
...la période de vote est terminée. M. le secrétaire général.
Le
Secrétaire : Pour : 87
Contre : 0
Abstentions : 0
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Cette motion est donc adoptée. Pour la prochaine motion, qui revient au
deuxième groupe d'opposition, je reconnais M. le député de Gouin.
Des voix : ...
M. Nadeau-Dubois : J'étais
distrait par le leader de l'opposition officielle. Merci, M. le Président. Je
sollicite le... le consentement de cette Assemblée pour présenter la motion
suivante conjointement avec le ministre des Institutions démocratiques, le
leader de l'opposition officielle, le député de Jean-Talon et le député de
Rosemont :
«Que l'Assemblée nationale prenne acte des
inquiétudes exprimées publiquement par le Directeur général des élections du
Québec quant à l'absence d'encadrement législatif concernant l'utilisation de
l'intelligence artificielle par les partis politiques;
«Qu'elle prenne acte des appels pressants
d'experts québécois à encadrer l'usage de l'intelligence artificielle en
politique, notamment en vue de la prochaine campagne électorale;
«Qu'elle souligne qu'un code de bonne
conduite non partisan a été élaboré à cette fin par des chercheurs québécois,
reposant notamment sur des principes de transparence, d'usage responsable, de
protection des données et de prévention de la désinformation;
«Qu'elle reconnaisse que l'absence de
règles communes quant à l'utilisation de l'intelligence artificielle par les
partis politiques peut fragiliser la confiance du public envers la validité des
informations disponibles en ligne et, par conséquent, envers les institutions
démocratiques;
«Qu'en conséquence l'Assemblée nationale
demande à l'ensemble des partis politiques représentés en son sein d'adhérer
sans délai au Code de bonne conduite du Consortium de recherche, de formation
et de mobilisation des connaissances en intelligence artificielle (IVADO).» Merci,
M. le Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
M. Lévesque (Chapleau) : Oui. Il
y a consentement sans débat, M. le Président.
Une voix : ...
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Un vote électronique a été demandé. La période de vote est ouverte.
La période de vote est terminée. M. le
secrétaire général.
Le
Secrétaire : Pour : 87
Contre : 0
Abstentions : 0
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Cette motion est donc adoptée. M. le leader du deuxième groupe d'opposition.
M. Cliche-Rivard : Merci, M.
le Président. Est-ce qu'une copie de cette motion peut être envoyée au
Consortium de recherche, de formation et de mobilisation des connaissances en
intelligence artificielle ainsi qu'à la permanence du Parti conservateur du Québec,
s'il vous plaît? Merci.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, M. le leader. Ce sera fait. La prochaine motion revient à Mme la
députée de Laporte.
Mme Poulet : Merci, M. le
Président. Alors, je sollicite le consentement de cette Assemblée afin de
présenter la motion suivante :
«Que l'Assemblée nationale reconnaisse que
le réseau des services de garde éducatifs à l'enfance se divise en deux
catégories, subventionnés et non subventionnés, et que cette distinction doit
garantir aux familles une liberté de choix entre ces deux options;
«Qu'elle rappelle que, dans le cadre du grand
chantier, le gouvernement s'est engagé à rétablir une plus grande équité
financière entre les familles;
«Qu'elle constate que, depuis 2018, le
gouvernement avait promis de convertir l'ensemble des places en garderie et qu'aujourd'hui
30 000 places sont toujours en attente d'une conversion;
«Qu'elle souligne que, malgré les
ajustements apportés au crédit d'impôt pour frais de garde au fil des ans, il
persiste une iniquité tarifaire importante entre les services subventionnés et
non subventionnés;
«Qu'elle reconnaisse que l'accès à des
services de garde éducatifs de qualité et abordables est essentiel pour assurer
l'égalité des chances des enfants et permettre aux parents de participer
pleinement au marché du travail;
«Qu'elle constate que le manque d'accès à
des places subventionnées a des répercussions directes sur l'économie du Québec
et sur le budget des familles, et que la non-fréquentation d'un service de
garde peut relever autant d'un choix que d'une contrainte d'accès;
«Qu'enfin, elle demande au gouvernement du
Québec de corriger immédiatement l'iniquité financière vécue par les familles
en haussant significativement le plafond du crédit d'impôt remboursable pour
frais de garde pour les enfants fréquentant un milieu non subventionné afin de
tendre vers une équité tarifaire entre les familles.»
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion...
15 h 24 (version non révisée)
Le Vice-Président (M. Benjamin) : ...il
n'y a pas de consentement.
À la rubrique des avis touchant les
travaux des commissions, M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Lévesque (Chapleau) : ...donc
j'avise cette Assemblée que la Commission de l'économie et du travail va
poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 11,
la Loi modifiant diverses dispositions principalement aux fins d'allègement du
fardeau réglementaire et administratif, aujourd'hui, après les affaires
courantes jusqu'à 19 h 15, à la salle Pauline-Marois.
La Commission des finances publiques va
poursuivre le détaillée du projet de loi n° 7, la Loi
visant à réduire la bureaucratie, à accroître l'efficacité de l'État et à
renforcer l'imputabilité des hauts fonctionnaires, aujourd'hui, après les
affaires courantes jusqu'à 19 h 15, à la salle Louis-Joseph-Papineau.
La Commission des relations avec les
citoyens va poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 12,
la Loi instituant la prestation de services de garde éducatifs à l'enfance par
les personnes reconnues à titre de responsables d'un service de garde éducatif
en communauté, aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à 19 h 15,
à la salle Louis-Hippolyte-La Fontaine.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, M. le leader adjoint du gouvernement. À la rubrique Renseignements
sur les travaux de l'Assemblée... Alors, la période des affaires courantes
étant terminée, nous allons maintenant passer aux affaires du jour. M. le
leader adjoint du gouvernement.
M. Lévesque (Chapleau) : Oui,
étant donné que ce sont les affaires courantes, M. le Président, je vous invite
à poursuivre le discours sur le budget.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Alors, nous allons passer aux affaires prioritaires. Alors, aux affaires
prioritaires, à l'article 1 du feuilleton, l'Assemblée reprend le débat ajourné
plus tôt aujourd'hui sur la motion de M. le ministre des Finances proposant que
l'Assemblée approuve la politique budgétaire du gouvernement ainsi que sur les
motions formulant un grief présenté au cours de ce débat.
Avant de céder la parole au prochain
intervenant, je vous informe qu'il y a 3 h 14 min 57 s
d'écoulées à la première étape du débat. La répartition du temps de parole
restant est la suivante : 5 h 41 min 16 s au
groupe parlementaire formant le gouvernement, 2 h 12 min 24 s
au groupe parlementaire formant l'opposition officielle, 1 h 33 min 6 s
au deuxième groupe d'opposition, 40 min 47 s au troisième groupe
d'opposition et 7 min 30 s à Mme la députée de Laporte.
Je cède maintenant la parole à Mme la
députée de Saint-François. Peut-être simplement rappeler à Mme la députée de
Saint-François, vous avez déjà utilisé 5 min 9 s sur votre temps
de parole.
Mme Hébert : Merci, M. le
Président. Alors, si on revient à ce matin, quand on parle d'économie, et en
particulier de nos PME qui sont au cœur de notre économie, bien, pour le
Québec, il ne s'agit pas seulement de s'ajuster face aux perturbations
récentes, mais de persévérer dans sa capacité à croître, à attirer les
investissements et à maintenir des emplois de qualité dans un contexte où la
concurrence mondiale est de plus en plus vive. C'est pourquoi nous investissons
693 millions pour soutenir l'adaptation des entreprises au nouveau
contexte économique. M. le Président, nous allons améliorer la compétitivité
économique par l'innovation.
L'innovation, pour moi, c'est zones d'innovation.
Il y a la zone d'innovation quantique à Sherbrooke, qui est la première qu'on a
annoncée. Et aujourd'hui, bien, on a eu l'honneur d'annoncer la cinquième zone
d'innovation, la zone d'innovation minière à Rouyn-Noranda, en Abitibi. Donc,
je sais que mes collègues de l'Abitibi en sont vraiment très fiers d'être
partie prenante pour cette cinquième zone d'innovation. Et, vous savez, M. le
Président, on va ainsi, avec les zones et d'autres investissements, favoriser
la réalisation des projets d'investissement dans les secteurs d'avenir. Pour ce
qui est des régions, c'est... c'est 581 millions, excusez-moi, qui sont
prévus au budget 2026-2027 pour agir en faveur des PME de toutes les
régions. Le but recherché est de renforcer les principaux atouts de nos régions
et de contribuer à l'essor régional. Et, pour ce faire, un montant de plus de
216 millions est spécifiquement dédié.
Aussi, il y a un montant de plus de 365 millions
qui est ajouté pour appuyer les entreprises et les communautés forestières, un
secteur porté par plusieurs de mes collègues que j'ai souvent entendu débattre
et défendre. Je pense à la députée de Roberval, la députée de Laviolette—Saint-Maurice.
Ce sont des députés... avec plein d'autres de notre équipe, ils ont un caucus,
ils défendent les intérêts de cette industrie qui a été vraiment malmenée par
les dernières années et surtout avec les nouveaux tarifs.
L'essor des régions joue un rôle
déterminant dans la progression économique du Québec et dans l'amélioration du
niveau de vie de l'ensemble de la population. Dans cette perspective, le
gouvernement entend poursuivre et renforcer plusieurs actions structurantes
visant à dynamiser...
15 h 29 (version non révisée)
Mme Hébert : ...les économies
locales, notamment en soutenant davantage les PME régionales, en revitalisant
les milieux et en encourageant la consommation de produits et services d'ici. À
cet effet, une somme totale de 39,9 millions de dollars est prévue au
budget 2026-2027 répartie comme suit : 29,9 millions de dollars
sur trois ans pour accroître le soutien financier aux initiatives favorisant le
développement économique des régions et 10 millions de dollars sur
cinq ans afin d'appuyer la croissance des entreprises établies en région.
Pour permettre aux régions de jouer
pleinement leur rôle dans la création de richesse collective, bien, il est
essentiel qu'elles bénéficient d'un appui gouvernemental qui tient compte de
leur réalité, de leurs besoins spécifiques. Dans cette optique, le budget
2026-2027 prévoit une enveloppe de 29,9 millions de dollars destinée
à renforcer le financement d'initiatives structurantes en développement
économique régional, répartie de la façon suivante : 20 millions sur trois
ans pour bénéficier... bonifier le programme de développement économique pour
l'aide à la redynamisation des territoires, le programme DÉPART, qui vise à
soutenir les entreprises situées dans les MRC les plus fragilisées, et 5,4 millions
sur trois ans pour permettre d'accroître les ressources des fonds locaux
d'investissement, les fameux FLI, qui permettent aux MRC d'offrir un appui
financier plus important aux PME de leur territoire. Cette bonification
permettra notamment d'accorder des prêts additionnels, totalisant 18 millions de
dollars sur trois ans aux MRC, afin d'augmenter les capitaux disponibles.
Vous savez, M. le Président, les FLI, les
fonds local d'investissement, c'est quelque chose qu'on a mis en place, notre
gouvernement, et qui vient vraiment répondre aux besoins de nos entreprises
dans chacune des régions. Les MRC sont à mieux de connaître les besoins et
connaissent les acteurs locaux, et c'est vraiment un programme qu'on a mis, un
fond qu'on a mis en place et qui... on en est très fiers, et qu'on voit
concrètement comment que ça l'aide nos entreprises en région.
Il y a aussi 4,5 millions de
dollars sur deux ans pour soutenir l'organisme Les Produits du Québec, dont
l'objectif est de promouvoir l'achat local à travers ses marques de
certification «produit du Québec», «fabriqué au Québec» et «conçu au Québec».
Vous savez, M. le Président, les produits du Québec, c'est important. On l'a vu
pendant la pandémie, les gens voulaient acheter local, voulaient acheter les
biens de chez nous. Avec ce qu'on vit avec notre voisin du Sud, il y a comme
un... une fierté d'acheter local, d'acheter, d'encourager local. Alors, ce 4,5 millions
là sur deux ans est vraiment bienvenu pour soutenir cet organisme Les produits
du Québec.
M. le Président, le Plan PME 2025-2028
du gouvernement du Québec constitue une stratégie structurante visant à
renforcer le rôle des petites et moyennes entreprises dans l'économie
québécoise. Doté d'une enveloppe d'environ 494 millions de dollars
sur trois ans, il s'inscrit dans une logique d'accompagnement global des
entreprises afin de soutenir leur croissance, leur productivité et leur
compétitivité dans toutes les régions du Québec.
Avec ce plan annoncé en juin 2025, bien,
ça regroupe les principales mesures du gouvernement en matière de soutien aux
PME telles que le Réseau accès PME, Espaces PME innovation, les outils de
financement, les fonds locaux d'investissement, les FLI, les services
d'accompagnement aux petites entreprises soutenus par le gouvernement, les initiatives
visant à accélérer la transformation numérique des entreprises, dont
l'offensive de transformation numérique.
J'étais moi-même à Sherbrooke au mois de
janvier, lors de l'annonce qui était dans ma circonscription, donc chez
Productique Québec, qui est une annonce au soutien au réseau des centres
collégiaux de transfert en technologie, les fameux CCTT, pour accompagner 260 PME
québécoises dans leur projet de transformation numérique. C'est du concret, on
l'a vu, on l'a entendu. Donc, on... j'étais sur le terrain avec le ministre
délégué à l'Économie.
Il y a... Aussi, ça va permettre les
organisations de soutenir des initiatives pour réduire le fardeau administratif
pour les entreprises. Présentement, je suis en commission parlementaire sur le
PL 11, et on travaille pour nos PME. Alors, c'est du travail, c'est du
concret. Les actions parlent. M. le Président, le Plan PME 2025-2028,
c'est 500 millions en intervention financière. Ce n'est pas rien.
Aussi, afin de réduire le fardeau fiscal
des entreprises, nous avons un régime de taxation favorable aux PME. Ce sont
des mesures qui totalisent 3,3 milliards, notamment des déductions pour
les petites entreprises qui permettent...
15 h 34 (version non révisée)
Mme
Hébert
: ...de
réduire le taux d'imposition de 11,5 % à 3,2 % sur la première tranche de
500 000 $ de revenus imposables; une déduction additionnelle pour les
frais de transport des PME en régions éloignées, ça fait... ça permet de
réduire le revenu imposable de 1 % à 10 % du revenu brut, selon l'éloignement
des centres urbains; un taux réduit de cotisation au Fonds des services de
santé, la FSS, pour les PME; et une déduction... une réduction des taux de
cotisations sociales au Régime des rentes du Québec, RRQ, et au Régime
québécois d'assurance parentale, RQAP.
Nous sommes particulièrement fiers aussi
de la prochaine statistique, car, depuis 2018, le Québec a mieux performé que
le reste du Canada en ce qui concerne la variation du niveau de vie. C'est
4,9 % au Québec versus moins 0,9 % dans le reste du Canada. Et la
variation du pouvoir d'achat, bien, au Québec, elle est de 9,2 % versus 5,1
% pour le reste du Canada.
Donc, en conclusion, M. le Président, le développement
des PME et la vitalité de nos régions ne sont pas des objectifs secondaires, ils
constituent des priorités claires et assumées de notre action économique. Nous
faisons le choix d'investir là où les retombées sont concrètes, durables et
directement ancrées dans nos communautés. Les mesures mises de l'avant
témoignent d'une volonté ferme d'accompagner les entreprises, de soutenir leur
croissance et de renforcer le dynamise de l'ensemble du territoire québécois.
Nos engagements se traduisent en actions tangibles et en investissements
significatifs, à la hauteur des défis et des ambitions que nous portons pour le
Québec. En misant sur nos PME et sur le potentiel de nos régions, nous posons
les bases d'une économie plus forte, plus résiliente et mieux enracinée, au
bénéfice de tous les Québécois. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, Mme la députée de Saint-François. Je reconnais maintenant Mme la
députée de Notre-Dame-de-Grâce.
Mme McGraw : Merci, M. le Président.
Alors, je suis heureuse, à mon tour, de prendre la parole dans le cadre du
débat sur le discours du budget 2026-2027.
Pour sa dernière année au pouvoir, la CAQ
nous présente un budget qui confirme un déficit de 9,9 milliards de
dollars et pour lequel aucune vision claire ne se dégage pour le Québec. Le
premier ministre dit partir avec la maison qui est en ordre, mais c'est tout le
contraire, M. le Président. C'est un budget qui représente précisément les
conséquences directes de leur mauvaise gestion depuis huit ans. Malgré une
hausse élevée du coût de la vie, ce budget n'a rien pour y faire face et ne
dégage pas de marge de manœuvre pour aider les Québécois à court terme.
Comme mon collègue de Marguerite-Bourgeoys
l'a dit, moi, j'ai accepté de faire de la politique active pour assurer le
succès des prochaines générations. Oui, je suis une élue, comme vous, mais je
suis surtout et avant tout une mère de famille, une économiste par formation et
environnementaliste par conviction. Et, pendant toute ma carrière, PDG de
fondation ou rectrice d'un collège, professeure à l'université, j'ai toujours
travaillé en partenariat avec les jeunes générations, et c'est leur avenir, M.
le Président, qui me tient à cœur, c'est leur réussite, qui dépend d'un environnement
sain, d'une société juste et d'une économie prospère et durable.
Or, avec encore un autre budget
déficitaire, la CAQ crée une rupture fondamentale avec les prochaines
générations. Non seulement la CAQ a-t-elle tourné son dos aux prochaines générations,
mais elle... carrément, elle est en train de rompre le contrat social
historique entre l'État et les citoyens et contribuables ici, au Québec. Les
Québécois acceptent de payer des impôts, des taxes plus élevées pour avoir des
services, mais, avec la CAQ, les services sont... publics sont déficitaires,
les finances publiques sont déficitaires. Ça ne marche plus, M. le Président.
Et, pendant ce temps, notre économie
recule : productivité, investissements et mise en chantier en baisse. Les
mesures pour les PME ne permettront pas à ces entreprises de devenir plus
productives. Par ailleurs, le retour à l'équilibre en 2029-2030 n'est pas
crédible, M. le Président. Cela fait quatre ans consécutifs que la CAQ n'est
pas en mesure de respecter ses propres cibles de croissance de dépenses. De
plus, la cagnotte électorale de 1,3 milliard de dollars qui est laissée
par le ministre des Finances pour la... le prochain chef ou la prochaine...
15 h 39 (version non révisée)
Mme McGraw : ...prochaine cheffe
de la CAQ est absolument indécente et réduit la crédibilité du budget et du
gouvernement. La CAQ est arrivée au bout de sa voie, et les Québécois et les
Québécoises sont au bout de leur patience. Le gouvernement lui-même le
reconnaît, le Québec évolue dans un environnement marqué par les tensions
géopolitiques, une fragmentation de commerce international et des incertitudes
économiques persistantes. Dans ce contexte, la croissance économique demeure
faible, à 1,1 % en 2026, après 0,8 % en 2025. C'est un budget... c'est
un budget de gestion, c'est un budget qui amortit, qui ajuste, qui colmate, mais
ce n'est pas un budget qui transforme. Ce n'est pas un budget qui projette le
Québec dans l'avenir, M. le Président, et après huit ans au pouvoir, ce manque
de vision n'est plus qu'une... est plus qu'une omission. Et c'est là les angles
morts deviennent évidents.
On rappelle que notre formation politique,
on a fait plusieurs demandes prébudgétaires pertinentes, en plus d'une
meilleure gestion des finances publiques, on a demandé de redresser la
situation financière, de soutenir nos PME, de relancer la construction des
logements, de faire les bons choix et valoriser aussi... les bons choix pour le
PQI et de valoriser notre culture et la langue française. Je vais m'attarder
évidemment, M. le Président, aux éléments du budget qui sont liés à mes
dossiers en matière de relations internationales, de commerce, de lutte contre
les changements climatiques et d'économie sociale.
D'abord, les relations internationales. Le
budget reconnaît clairement que le Québec est exposé à la montée du
protectionnisme, à la reconfiguration des échanges et à l'instabilité des
chaînes d'approvisionnement. Il reconnaît aussi que la croissance sera limitée
à 1,1 % en 2026 dans un contexte d'incertitude commerciale. Donc, le
diagnostic est quand même clair, M. le Président, les moyens ne suivent pas le
diagnostic. Le gouvernement annonce 1,7 milliard de dollars pour la
transformation économique, mais ses investissements sont concentrés sur les
PME, l'innovation et certains secteurs, sans aucune stratégie pour les marchés
internationaux. Ça fait qu'on salue l'investissement dans les PME, mais pas assez
au niveau des marchés internationaux.
Aucune cible de diversification, aucune
cible, aucun plan pour réduire notre dépendance économique, aucun levier
structuré pour soutenir l'exportation et la présence du Québec à l'étranger, M.
le Président. Autrement dit, on investit dans l'économie, mais sans dire où le
Québec va se positionner dans le monde. Et, dans un contexte où nos marchés
traditionnels sont fragilisés, pour être polie, cette absence est majeure et ce
décalage devient encore plus préoccupant quand on regarde certaines décisions
récentes.
Alors que le gouvernement parle d'expansion
internationale, des organismes disent que des versements du programme Québec
sans frontières ont été suspendus, M. le Président, que la prévisibilité
financière n'est plus au rendez-vous et que la confiance est ébranlée, non
seulement pour ces groupes québécois qui travaillent à l'international, mais
pour nos partenaires à l'international, au moment même où on doit cultiver la
crédibilité et la confiance, pas briser des ententes qui sont... déjà été
conclues.
Alors, le programme Québec sans
frontières, ce n'est pas un programme marginal, M. le Président, c'est un
levier de présence internationale, de partenariat durable et de crédibilité.
Fragiliser ce type d'outil, c'est affaiblir notre position au moment même où on
dit vouloir la renforcer. On ne peut pas vouloir diversifier nos marchés sans
investir dans les relations qui permettent d'y accéder. Ça ne se tient pas
debout, M. le Président. La crédibilité internationale ne se décrète pas, elle
se construit. Et sans crédibilité. Il n'y a pas de partenariat durable. Et sans
partenariat. M. le Président, il n'y a pas de véritable stratégie
internationale.
Alors, M. le Président, j'aimerais déposer
la motion suivante :
«Que l'Assemblée nationale dénonce que,
dans un contexte de tensions géopolitiques, d'incertitudes commerciales et de
reconfiguration des échanges internationaux reconnus par le gouvernement
lui-même, le budget 2026-2027 ne propose aucune vision structurante ni
investissements significatifs pour renforcer la présence, la crédibilité et la...
15 h 44 (version non révisée)
Mme McGraw : ...capacité
d'influence du Québec sur la scène internationale.»
M. le Président, avec le temps qu'il me
reste, j'aimerais parler des changements climatiques, de la lutte contre l'économie
sociale, mais, encore une fois, le budget est insuffisant, n'est pas bien
ciblé, n'est pas stratégique. Et il y a beaucoup de détails, et je vais y
revenir pendant, justement, l'étude... les études de crédits, mais je vais
juste... un petit mot pour mon comté, parce que, M. le Président, vous savez
que je suis d'abord et avant tout la députée de Notre-Dame-de-Grâce, il y a des
enjeux majeurs suite à ce budget, bien, qui continuent, qui se poursuivent
suite à nos budgets déficitaires en matière de logement et de santé. À NDG, je
rappelle que 27 % des résidents vivent sous le seuil de la pauvreté.
Malgré la perception d'affluence à NDG et l'impact sur le logement et la santé,
en particulier les services sociaux, sont majeurs à Notre-Dame-de-Grâce, malgré
tous les efforts du secteur communautaire et de bons leaders communautaires, la
situation est sérieuse.
Et je vais profiter en conclusion aussi de
parler de l'esprit parce que j'ai la... je suis fière marraine ou porte-parole
de l'Estrie, et j'étais sur le terrain hier avec mon collègue de Marguerite-Bourgeoys.
Et, encore une fois, avec ce déficit, on rappelle que le budget reflète les
conséquences d'une gestion qui a été menée à une baisse de la productivité,
etc., et, sur le terrain, en Estrie, les projets stagnent. L'Aréna Memphrémagog
demeure bloqué à l'étape de la planification, tout comme le projet d'une
nouvelle école primaire à Sherbrooke, et j'en passe, j'en passe, M. le
Président. Donc, impacts locaux, régionaux et surtout nationaux.
Et, en conclusion, M. le Président, après
huit ans de gouvernance caquiste, les Québécoises et les Québécois se
retrouvent avec des finances publiques en moins bonne santé, un accès aux
services de santé plus difficile qu'à leur arrivée et des infrastructures en
décrépitude. Au fond, ce budget illustre un gouvernement qui répare plus qu'il
ne transforme, qui ne... qui subit plus que ne bâtit, et, dans les domaines
aussi stratégiques que le commerce et les relations internationales, la lutte
contre les changements climatiques ou encore l'économie sociale, ce manque de
vision coûte cher au Québec. Parce qu'aujourd'hui le vrai test d'un
gouvernement, ce n'est pas seulement sa capacité à administrer les problèmes, c'est
sa capacité à préparer le Québec de demain, et malheureusement, ce budget
montre surtout un gouvernement en rattrapage plutôt qu'un gouvernement en
ambition. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce. Votre motion, elle est
déposée sous réserve de sa recevabilité.
Nous poursuivons. Cette fois-ci, je
reconnais Mme la ministre des Affaires municipales.
Mme Guilbault :Oui. Merci beaucoup, M. le Président. Excusez, je vais m'ajuster,
parce que nos collègues du micro aiment bien qu'on soit le plus proche possible
du micro. Alors, merci beaucoup, M. le Président. Très heureuse. C'est toujours
un bonheur, un bonheur infini d'intervenir ici, au salon rouge, mais ça l'est
encore plus, je dirais, au lendemain d'un budget, parce que... et surtout quand
on a un bon budget. Et je dois dire que, comme ministre des Affaires
municipales, je suis particulièrement satisfaite du budget qui a été déposé la
semaine dernière, tant pour le budget comme tel, mais aussi pour le PQI, parce
que c'est important aussi de toujours assortir, je dirais, notre interprétation
du budget avec celle du PQI, le Plan québécois des infrastructures 2026-2036,
donc le PQI qui est toujours déposé au même moment que le budget, parce qu'il y
a quand même 167 milliards de dollars d'investissements planifiés sur
10 ans dans ce PQI. Donc, pour moi, ça prend une vision d'ensemble puis c'est
important de l'interpréter et de considérer ces décisions-là d'investissement
dans leur ensemble.
Alors, M. le Président, je dirais... je
disais que je suis très heureuse, parce qu'il y a maintenant environ six mois,
sept mois que je suis ministre des Affaires municipales, et je dois dire que je
suis très heureuse du bilan, de notre bilan aux Affaires municipales depuis ces
sept mois, bilan, évidemment, qui repose sur des décisions d'investissement et
beaucoup d'actions qui avaient été faites par ma prédécesseure, Andrée Laforêt,
qu'on peut nommer maintenant ici, André Laforêt, dont je salue évidemment le
legs, qui a passé près de sept ans au ministère des Affaires municipales. Mais
donc cette construction-là qui s'est faite au fil du temps par l'action de ma
prédécesseure et, je dirais, qui s'est cristallisée depuis septembre dernier,
parce qu'on a été en mesure de faire beaucoup de choses, et le lien, j'y
viendrai, avec le budget déposé la semaine dernière, parce que le lien... le
budget et le PQI viennent finalement alimenter cette espèce de filon et de fil
conducteur qu'on a tenu à adopter depuis septembre dernier, c'est-à-dire
essayer d'être toujours...
15 h 49 (version non révisée)
Mme Guilbault :...plus efficace via nos municipalités. Évidemment, je suis
ministre des Affaires municipales, donc ma première clientèle, ce sont les
municipalités, des partenaires incontournables avec qui j'ai le bonheur de
travailler depuis septembre, que je salue d'ailleurs, avec qui on a fait
beaucoup de choses, mais ultimement, à travers elles, à travers les
municipalités, les élus, maires et mairesses, préfets, etc., de nos
municipalités, c'est pour nos citoyens qu'on travaille, eux comme nous, comme
nos vis-à-vis fédéraux, on travaille pour nos citoyens, pour donner des
services aux citoyens qui paient des taxes puis des impôts, et qui sont en
droit de recevoir des services, et de faire en sorte de limiter les hausses de
coûts, de limiter le plus possible les taxes, et idéalement de remettre de l'argent
dans leur portefeuille, et de faire en sorte qu'on est capable de générer des
nouveaux revenus sans toucher à la poche des contribuables. Moi, c'est toujours
ça que... c'est toujours le discours que j'adopte depuis septembre, être plus
efficace, donc être capable de réaliser des projets plus vite, moins de
paperasse, que ça coûte plus... que ça aille plus vite, donc que ça coûte moins
cher et essayer de générer du nouvel argent sans toucher à la poche des
contribuables.
C'est ce à quoi je me suis employée depuis
mon arrivée aux Affaires municipales, avec, entre autres, le projet de loi n° 104 que
j'ai eu le bonheur de porter l'automne dernier et qu'on a fait adopter avec d'ailleurs,
je pense, certains de mes collègues ici présents, qui étaient sur ma
commission, mais, dans ce projet de loi là, déjà, on donnait le ton avec une
avancée majeure, quelque chose d'inédit pour la toute première fois au Québec,
on a ouvert la possibilité pour les municipalités de diversifier les formes de
placements qui sont possibles avec les surplus qu'elles génèrent pour pouvoir
aller chercher plus de rendement, parce qu'il y a déjà certains types de
placements qui étaient prévus, qui étaient possibles, donc des... des placements
avec un risque très, très, très contrôlé, donc un rendement relativement
limité. Évidemment, le principe de prudence et de précaution est essentiel
quand il s'agit d'investir les fonds publics. Donc, on a maintenu ce principe-là
de précaution, mais on a dit : Pourquoi est-ce qu'en Ontario, pourquoi est-ce
qu'en Nouvelle-Écosse, pourquoi est-ce qu'ailleurs au Canada les municipalités
sont capables de diversifier leurs placements et d'aller chercher un rendement
près deux fois supérieur à celui du Québec en 2024, par exemple? On aura
bientôt les données pour 2025. Donc, pourquoi est-ce qu'ils sont capables, par
exemple, en Ontario, d'aller chercher un rendement presque deux fois plus
élevé? Et pourquoi nous, on ne l'essaierait pas?
Alors, M. le Président, je suis très fière
que, dans notre projet de loi, l'automne dernier, on ait ouvert cette
possibilité-là, qui était historiquement... avec laquelle, historiquement, il y
avait un inconfort, je dirais, institutionnel, au gouvernement du Québec. Et,
grâce à l'ouverture de mon collègue des Finances, on a été capables d'ouvrir la
porte. On commence tranquillement. Évidemment, il faut le faire graduellement,
intelligemment. On commence graduellement avec nos deux plus grandes villes,
Montréal et Québec, qui non seulement sont les plus grandes villes, donc ont
les plus gros budgets, donc éventuellement les plus grosses sommes à... à
investir, mais aussi ont des équipes dans l'administration qui sont habituées
de gérer des fonds de retraite, qui sont habitués de faire ce type de gestion-là
et de placements-là, et on va les accompagner. D'ailleurs, je suis à finaliser
mon projet de règlement pour encadrer le tout.
Mais tout ça pour dire, M. le Président,
qu'on a là un exemple extrêmement concret d'une action gouvernementale qui va
permettre d'aller chercher du nouvel argent via des placements sans toucher à
la poche d'aucun Québécois. Au contraire, on va remettre de l'argent. Si, par
exemple, on est capables d'aller chercher un 3, 4, 5 % de plus sur des centaines
de millions, juste à Québec et à Montréal, bien, c'est autant d'argent qu'on
est capables de remettre, soit dans des infrastructures, on nous parle beaucoup
d'infrastructures, bien, voilà une façon éventuelle de financer des
infrastructures, ou dans les services. Alors, c'est extrêmement porteur, M. le
Président. Donc, je suis très heureuse de ça.
Deuxième gain majeur qui mérite d'être
souligné à nouveau ici aujourd'hui, une entente avec le fédéral. Je reviens sur
les infrastructures parce que c'est mon fil conducteur aujourd'hui, M. le
Président, les infrastructures, on nous parle beaucoup de ça, à juste titre, la
désuétude chronique des infrastructures au Québec, qui datent de bien avant
notre arrivée au gouvernement. Personne ne va penser qu'entre 2018 et 2026,
toutes les infrastructures sont devenues désuètes par magie depuis que la CAQ
est arrivée. C'est quelque chose qui s'est accumulé pendant des décennies avant
nous. Et nous, on se retrouve pris avec ça que ce soit les ponts, les routes,
les écoles, les hôpitaux, les CHSLD et, à plus petite échelle, des fois, un CPE
ou des infrastructures municipales, des conduites d'eau, des centres
communautaires, etc.. Donc, alors, on nous parle beaucoup d'infrastructures.
Donc, quand je suis arrivée aux Affaires
municipales, encore là, ma prédécesseure avait amorcé un travail de négociation
avec le fédéral, fédéral qui — j'avais le discours aux Transports, je
le maintiens ici — doit se réinvestir, au sens propre et figuré, dans
le financement des infrastructures au Québec. Donc, forte de ce travail amorcé
par ma prédécesseure, on a travaillé vraiment très, très fort, et je salue la
collaboration de mon vis-à-vis fédéral, le ministre des Infrastructures, M. Robertson,
et de sa secrétaire parlementaire, députée de Trois-Rivières, ici, au Québec,
Caroline Desrochers, qui, je pense, nous a aidés à aller peut-être plus vite en
prenant en compte la spécificité du Québec dans ce type de négociation là et de
pouvoir atterrir puis comme...
15 h 54 (version non révisée)
Mme Guilbault :...closer le deal, parce qu'il y avait près de 1 milliard
de dollars à la clé disponible pour des infrastructures liées au logement. C'est
le fonds canadien... le FCIL, le Fonds canadien d'infrastructures liées au
logement, qui nous permettait d'aller chercher précisément 950 millions de
dollars. Imaginez-vous, M. le Président. Donc, avec le fédéral, on a travaillé
très fort. Et j'ai dit : Si on était capables de closer ça avant Noël... Eh
bien, M. le Président, ça a fonctionné. Moi-même, je trouvais ça ambitieux et
moi-même, je contrôlais mon optimisme, mais ça a fonctionné. Et le 12 janvier,
à peine après les fêtes, on a été capables de signer l'entente officiellement,
on l'a même annoncé, d'ailleurs, publiquement, donc cette entente de près de 1
milliard de dollars qui va nous permettre de payer des infrastructures liées au
logement.
Puis qu'est-ce que ça veut dire, ça, très
concrètement? Des conduites d'eau, parce que, peu importe où vous allez au
Québec, M. le Président, possiblement dans Viau, chez vous, mais assurément pas
mal partout dans les circonscriptions de mes collègues ici présents, il y a des
problèmes avec les infrastructures d'eau, que ce soit parce qu'elles sont trop
usées, qu'elles manquent de capacité ou carrément inexistantes dans des lieux
où on veut faire du développement. On parle beaucoup de crise du logement, on
veut construire du logement. S'il n'y a pas de conduite d'eau, tu ne peux pas
construire de logement. Alors, ça tourne en rond. Donc, c'est essentiel, les
infrastructures d'eau. Et donc on a énormément de demandes de la part du milieu
municipal sur les infrastructures en général, mais sur les infrastructures d'eau.
Alors, près de 1 milliard d'argent du
fédéral. Évidemment, pour accueillir cet argent-là, ça nous prend, comment
dire, un programme qui est capable de recevoir l'argent ici, au provincial.
Donc, on est en train de travailler sur ces ajustements-là. Et, dans les
prochaines semaines, on va être capables de commencer à décaisser ces sommes-là,
de soumettre des projets prioritaires, que nous aurons décidés, évidemment, M.
le Président, au Québec, qu'on aura considéré prioritaires, les déposer au
fédéral puis de pouvoir faire des annonces puis de confirmer des financements
dans nos régions puis nos municipalités du Québec. C'est extraordinaire, M. le
Président, parce que, je le disais, non seulement c'est des conduites d'eau,
mais, dans certains cas, ça va permettre de faire du développement résidentiel dans
des endroits où actuellement ce n'est pas possible.
Et là je fais le lien avec le budget, parce
que ce programme-là d'infrastructures d'eau est lié à un programme déjà qu'on
avait, nous, au Québec, qui est très généreux, le PRIMEAU, le programme des
infrastructures municipales en eau, qui est bien connu, qu'on appelle
communément le PRIMEAU, avec une enveloppe de 2,4 milliards sur 10 ans, le PRIMEAU
2023-2033. Donc, déjà qu'il y avait une enveloppe généreuse, alors venez ajouter
à ça 1 milliard de plus, pratiquement, sur 10 ans grâce à notre négociation
fructueuse avec le fédéral. C'est de très bonnes nouvelles, ça, M. le Président,
pour nos municipalités et nos régions du Québec.
Une voix : ...
Mme Guilbault :
Bon, voyez, 50 millions dans Chapleau. Et, hier, j'étais d'ailleurs à
Donnacona, 7,4 millions à Donnacona. Alors, on en annonce, des PRIMEAU, un peu
partout, et donc ça va nous permettre d'accueillir cet argent-là.
Et l'autre programme d'infrastructures
municipales qui est excessivement important et en demande, c'est le PRACIM, le
Programme d'amélioration et de construction d'infrastructures municipales, qui
permet de financer des centres communautaires, des centres multifonctionnels,
des casernes de pompiers, des garages municipaux, donc autant d'infrastructures
qui sont essentielles pour le quotidien et les services aux citoyens, le
quotidien des municipalités, le quotidien des citoyens, et même de la sécurité
publique quand il s'agit de caserne de pompiers.
Donc, je dirais, M. le Président, que ces
deux programmes-là sont extrêmement populaires, victimes de leur popularité. Il
y a toujours plus de demandes que de ressources disponibles. C'est la réalité d'une
gestion budgétaire et de la gestion des finances publiques dans un territoire
où on a 17 belles régions dont on s'enorgueillit d'occuper le territoire. Mais
ça nécessite beaucoup d'infrastructures pour entretenir tout ça.
Alors, toujours est-il que, la semaine
dernière, dans le cadre de mes rencontres prébudgétaires, j'ai sensibilisé mes
collègues des Finances et des Infrastructures à la popularité et à, je dirais,
l'utilité de ces deux programmes-là, de PRIMEAU et de PRACIM, en disant : Je
suis très consciente du contexte budgétaire sobre et serré dans lequel on
évolue. Le PQI était déjà à 164 milliards. Est-ce qu'on veut l'augmenter
davantage? Si oui, de combien? Et, après ça, les gens... bon, il n'y a pas
juste les affaires municipales au gouvernement. Alors, malgré tout le
tiraillement et la difficulté de trouver cette balance et cet équilibre entre
les demandes des uns et des autres et la légitimité de tous les besoins qui
nous sont manifestés, on a réussi à aller chercher 120 millions de plus pour le
PRACIM et 25 millions de plus pour le PRIMEAU au budget de la semaine dernière,
donc qui sont dans le PQI parce que c'est des projets d'infra, donc ça passe
dans le PQ. Mais, M. le Président, déjà on avait des enveloppes généreuses, déjà
on a le milliard du fédéral qui s'en vient, et là, en plus, on a un extra non
seulement dans le PRIMEAU, mais dans le PRACIM.
Alors, je vous dis, M. le Président, c'est
d'excellentes nouvelles. J'ai ici... regardez, voyez, là, j'ai ici mes tableaux
avec ma liste de PRACIM qui soit avaient un refus parce qu'il n'y avait pas
assez d'argent, soit étaient reportés dans les prochaines années puis ils vont
pouvoir être devancés. Alors, c'est extraordinaire, M. le Président, extraordinaire
pour les municipalités qui vont se voir offrir des projets, tout ça grâce à
notre travail acharné, grâce à l'ouverture...
15 h 59 (version non révisée)
Mme Guilbault :...et à la générosité contrôlée du ministre des Finances et
du ministre des Infrastructures. Alors, à tous ceux qui auront des projets PRACIM
plus vite ou qui les auront alors qu'ils ne les auraient pas eus, à tous ceux
qui auront du PRIMO, sachez que c'est parce qu'on a travaillé fort en réponse à
des demandes du milieu municipal, mais surtout en réponse aux nombreux besoins
des citoyens qui sont pris avec des débordements d'eau, qui sont pris avec des
logements qui n'ont pas assez d'eau, etc., problèmes d'eau potable.
Alors, on a été au rendez-vous, M. le
Président, dans un contexte très difficile, près de 150 millions qu'on a
ajoutés dans ces deux programmes-là, ça s'ajoute au Fonds fédéral de 1 milliard
qu'on a réussi à négocier. Ça s'ajoute au projet de loi où j'ai ouvert à la
diversification des placements pour aller chercher du nouvel argent sans
toucher à la poche des contribuables et à l'ensemble de ce qu'on fait depuis
huit mois pour faire en sorte de créer plus d'argent et d'en remettre dans la
poche des citoyens ou pour les services aux citoyens. Alors, merci, M. le
Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, Mme la ministre des Affaires municipales. Nous poursuivons
maintenant avec M. le député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : Merci, M. le
Président. Il y a deux ans, le premier ministre nous informait que 100 %
des problèmes en logement étaient causés par l'immigration. Aujourd'hui, ce qu'on
constate, c'est que, malgré l'effet que le Québec affiche pour la première fois
depuis 30 ans un bilan migratoire négatif, la crise du logement, elle, elle
est pourtant encore bien présente. Quelques quelques données. Augmentation
des loyers moyens de 7,2 % dans la dernière année et de 64 % depuis
que la CAQ est au pouvoir. Un locataire sur cinq peine à payer son loyer partout
au Québec, là, et un sur quatre à Montréal. C'est les données de l'organisme
Vivre en ville. Il en découle une crise de l'itinérance et du coût de la vie et
les banques alimentaires et les ressources en itinérance sont débordées. La
cause de cette crise du logement, ce n'est donc clairement pas l'immigration,
mais bien le choix politique de la Coalition avenir Québec.
Par exemple, le choix politique de mettre
fin au droit des locataires de céder leur bail, le choix politique d'adopter
une nouvelle formule de calcul de loyers qui permettent des hausses plus
élevées et surtout le choix politique d'investir beaucoup trop peu dans les logements
sociaux et communautaires. En pleine crise du logement, ralentir les
investissements en logement social et communautaire, c'est complètement
inacceptable et c'est pourquoi je désire, M. le Président, déposer la motion de
grief suivante :
«Que l'Assemblée nationale blâme le
gouvernement de la CAQ et la ministre de l'Habitation pour la réduction
significative des investissements dans la construction de logements sociaux et
communautaires dans le budget 2026-2027, qui échoue à répondre à l'ampleur
de la crise du logement et des besoins de la population en matière de loyers
réellement abordables et qui contribuent également à aggraver la crise de l'itinérance.»
En effet, les recommandations sont
unanimes, pour sortir de la crise du logement, il faut viser au moins 20 %
de logements hors marché et réellement abordables pour la population, ce qui
nécessite d'ajouter 10 000 unités de logements par an. Il nous faut
donc de nouveaux... de nouvelles habitations à loyer modique, programme qui a
été complètement arrêté depuis quelques décennies, de nouvelles coopératives d'habitation,
de nouveaux logements à but non lucratif, et dont les loyers se situent sous le
prix médian du marché. Et cette donnée est importante, M. le Président. Non
seulement les investissements de la CAQ en la matière sont insuffisants, mais
ils sont également mal orientés. Le logement abordable, entre guillemets, intermédiaire,
nouvelle création de l'imagination fertile de la CAQ, à 150 % du loyer
médian, ce ne sont pas des loyers abordables pour les deux premiers quintiles
de la population, qui ont le plus de difficulté à se loger en ce moment. L'octroi
du supplément de loyer, ce qu'on appelle PSL, au privé, bien que cela puisse
aider certains ménages à court terme, constitue en fait une subvention directe
du gouvernement aux propriétaires privés, alors que cet argent pourrait servir
à agrandir le parc de logements sociaux publics ou communautaires. Cette
question du loyer intermédiaire est importante, M. le Président, dans la mesure
où, historiquement, concernant les loyers... les loyers de logements sociaux et
communautaires, on établissait une fourchette de loyers qui allait entre 70 %
et 95 % du loyer médian du marché. Et aujourd'hui, afin de faire...
16 h 04 (version non révisée)
M. Fontecilla : ...plus des
portes. On est en train de produire du logement qui va jusqu'à 150 % du
loyer médian du marché, ce qui est carrément inaccessible pour énormément de
ménages qui appartiennent... qui se trouvent, qui se... qui se trouvent dans
les deux premiers quintiles de revenus. Mais le pire, M. le Président, c'est
surtout que le gouvernement ne semble pas se rendre compte de l'ampleur de la
crise et décide de ralentir ses efforts pour développer le logement social et
communautaire.
Le ministre des Finances nous a annoncé en
grande pompe la semaine dernière, lors de l'annonce de son budget, de vouloir
construire 1 000 nouvelles unités de logements abordables dans les
trois prochaines années. C'est mieux que rien, vous allez me dire, 1 000 unités.
Évidemment c'est mieux que rien, mais c'est largement insuffisant. Déjà, ce n'est
même pas proche d'être assez pour répondre à la demande.
Mais, regardons de plus près ce qu'il
promet. De ces 1 000 logements, il prévoit en financer 221, unités,
dans la première année. Au programme québécois des investissements, par contre,
on apprend l'annulation des quatre projets de logements sociaux et
communautaires, totalisant 663 unités. Pour 2026 2027, ce qu'on annonce,
au fond, c'est un déficit de 442 portes.
Plus largement, lorsqu'on regarde les
budgets, ce qu'on constate, c'est que... 534 millions, soit 18 % de
moins à la Société d'habitation du Québec comparativement à l'an dernier, 138
millions, soit 22 % de moins au programme québécois des infrastructures
dans le développement de logements sociaux et communautaires, comparativement à
l'an dernier. M. le Président, ce n'est pas sérieux. En pleine crise du
logement, la CAQ met les freins sur le développement du logement social et
communautaire.
Pendant ce temps, les Québécoises et les
Québécois continuent à avoir de grandes difficultés à se trouver un logement ou
tout simplement à payer le loyer sans couper dans les autres services
essentiels comme la nourriture. Bref, les ménages doivent couper dans leur
épicerie pour boucler leurs fins de mois, et un nombre beaucoup trop élevé d'entre
elles se retrouvent à la rue.
Ai-je besoin de vous rappeler, M. le
Président, que, selon un sondage effectué en 2024, un dénombrement plutôt de
personnes en situation d'itinérance, près de 23 % à 24 % déclaraient
avoir... se trouver en situation d'itinérance parce qu'ils ont perdu leur
logement à cause des loyers trop chers, des évictions abusives, etc.? Donc, les
investissements du gouvernement de la CAQ sont clairement insuffisants pour
répondre à la crise du logement.
Et j'aurai besoin aussi de vous informer, M.
le Président, que, bien que le taux d'inoccupation a augmenté, là, un peu
partout au Québec, en particulier à Montréal, ces taux d'inoccupation se
trouvent surtout dans les haut de gamme, donc dans les loyers les plus chers,
et il est quasiment... il est très, très bas, proche de zéro dans le segment
des unités locatives qui se trouvent... qui sont véritablement abordables pour
la population à faibles revenus et beaucoup de gens de la classe moyenne.
Donc, le gouvernement de la CAQ ne le fait
pas assez pour résoudre la crise du logement, et on doit le blâmer pour ça.
Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, M. le député de Laurier-Dorion. Votre motion, elle est déposée sous
réserve de sa recevabilité.
Nous poursuivons. Je reconnais maintenant
Mme la ministre.
Une voix : De l'Enseignement
supérieur.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
De l'Enseignement supérieur. Mme la ministre.
Mme Biron : Merci, M. le
Président. Je suis ravie d'être ici pour vous présenter la portion enseignement
supérieur de ce budget 2026-2027, mais d'abord permettez-moi de mettre un
peu la table, parce que le Québec connaît un contexte économique et
géopolitique parmi les plus incertains des dernières décennies.
On le constate, les tensions
internationales se multiplient, les règles du commerce mondial se
redéfinissent, les chaînes d'approvisionnement se fragilisent. C'est un climat
instable. Et on le constate, les finances publiques, partout dans le monde,
sont mises à rude épreuve, et le Québec n'y échappe pas. On doit composer avec
ce contexte exigeant.
Et notre gouvernement a fait des choix
clairs et responsables. En fait, nous refusons l'inaction comme solution
facile. Nous choisissions d'investir pour renforcer nos services publics, pour
soutenir concrètement notre économie et pour protéger le pouvoir d'achat des
Québécois et des Québécoises...
16 h 09 (version non révisée)
Mme Biron : ...alors, à juste
titre, nous sommes aux côtés des plus vulnérables. Le collègue de Laurier-Dorion
parlait de la question du logement. Nous sommes aux côtés des gens qui se
cherchent un logement. Nous appuyons également nos entreprises qui vivent des
durs moments et qui font face à des pressions tarifaires injustes. Mais nous le
faisons sans compromettre l'avenir.
Alors, qu'est-ce que c'est, l'avenir,
justement? Ce sont nos talents, ce sont nos jeunes, et leur éducation a
toujours été une priorité pour notre premier ministre et notre formation
politique. Nous devons leur donner, à ces jeunes, les moyens de réaliser leurs
ambitions, en plus de répondre aux défis de demain. En tant que ministre de l'Enseignement
supérieur depuis maintenant un peu plus de six mois, c'est court, mais j'ai
quand même pu constater la nécessité de soutenir adéquatement nos réseaux
collégiaux et universitaires, constitués d'établissements où nos jeunes peuvent
s'épanouir avec succès, outillés pour se mesurer dans leur vie professionnelle
aux meilleurs de leurs pairs issus des institutions étrangères.
D'ailleurs, M. le Président, je vous mets
au défi de googler où se trouvent les meilleurs réseaux universitaires de la
francophonie mondiale. La France sort en premier, mais en deuxième, c'est le
Québec qui prend cette place-là, en troisième, la Suisse, en quatrième, la
Belgique, et en cinquième, un continent, l'Afrique. Alors, le premier est un
pays que l'on connaît très bien, un pays ami, la France. Le deuxième est un
gouvernement infranational qui est le Québec, ce qui veut dire que nous avons
bien entretenu notre réseau d'enseignement supérieur.
Concrètement, le budget des dépenses
consolidé du portefeuille de l'Enseignement supérieur s'établit à 11 749 000 000
en 2026-2027. Pour ce qui est des programmes spécifiques, le portefeuille du
ministère de l'Enseignement supérieur atteint cette année 9 353 000 000,
et on inclut des nouvelles mesures annoncées au budget du 18 mars, de l'ordre
de 39 millions de dollars pour cette année. J'aurai l'occasion, bien
sûr, d'élaborer davantage dans quelques... sur le nombre et sur la qualité de
ces mesures-là. Mais je veux d'abord vous dire que ça correspond à une
croissance des dépenses de programmes atteignant 478 millions par rapport
à 2025-2026. C'est une variation de plus de 5,4 %, M. le Président. C'est
énorme. Ça démontre l'importance qu'a notre réseau pour notre formation
politique.
Au niveau collégial, M. le Président, nous
assistons actuellement à une croissance importante de la clientèle étudiante. C'est
une réussite de notre société. Nous nous sommes donnés comme mission en 2018 d'amener
les jeunes Québécois à s'instruire. Nous sommes dans l'économie du savoir et
aujourd'hui, un jeune qui n'a pas de diplôme est souvent en difficulté. Et nous
avons réussi par cette offre de service partout sur le territoire et cette
hausse de clientèle anticipée qui est énorme. De plus en plus de jeunes
Québécois et Québécoises choisissent donc des études postsecondaires, ce qui est
une excellente nouvelle.
Mais cette excellente nouvelle vient aussi
avec son lot de défis. Cette hausse marquée de la fréquentation exerce une
pression bien réelle sur nos infrastructures collégiales, dont plusieurs sont
vieillissantes et ont souffert de sous-financement pendant des décennies, en
grande raison... en raison du... du gouvernement précédent, c'est-à-dire du
gouvernement libéral. Notre gouvernement est pleinement conscient, donc, de
cette réalité, et c'est pourquoi nous posons des gestes concrets, nous rehaussons
de 310... 370 millions les investissements destinés aux cégeps dans le
cadre du Plan québécois des infrastructures 2026-2036. Cet effort permettra
notamment d'ajouter 275 millions pour le maintien des bâtiments, ainsi qu'un
peu plus de 36 millions pour répondre aux besoins urgents et prioritaires.
Oui, il y a des urgences. Oui, il faut se faire un petit coussin pour être
capable de répondre à ces urgences-là, parce que le gouvernement précédent a
littéralement négligé pendant plusieurs années l'ensemble du réseau collégial, des
infrastructures collégiales.
Actuellement, nous travaillons étroitement
avec les établissements afin d'évaluer les besoins spécifiques de chacun et
prioriser les projets là où les besoins sont les plus pressants. Tous les
projets ne peuvent pas se réaliser en même temps, mais...
16 h 14 (version non révisée)
Mme Biron : ...ils vont se
réaliser. Nous mettons également en place des mécanismes pour mieux suivre l'évolution
des projets, afin d'éviter les dépassements de coûts et de respecter les
échéanciers.
Je tiens à être claire, M. le Président,
au Québec, chaque jeune qui souhaite poursuivre ses études au cégep a sa place.
Au-delà des infrastructures, il est essentiel de rappeler le rôle fondamental
que jouent les cégeps. Ils constituent la première étape de l'enseignement
supérieur au Québec, ils sont présents aux quatre coins de notre territoire.
Nous avons 48 cégeps publics partout dans les régions, avec des campus, ce qui
enrichit l'offre, et ils sont au cœur de la démocratisation de l'accès aux
études supérieures. Ils permettent à des générations de Québécois et Québécoises,
jeunes et moins jeunes, d'intégrer le marché du travail grâce aux programmes
techniques ou de poursuivre leur parcours vers l'université. En fait, le cégep
a cette double mission qu'il remplit très bien.
Notre gouvernement reconnaît pleinement ce
rôle essentiel, tant pour la formation de notre relève que pour le
développement de nos régions. Et ça demande, clairement... et ça reflète, en
fait... ça se reflète clairement dans nos choix budgétaires, parce que, malgré
un contexte financier exigeant, nous faisons des cégeps une priorité. Ainsi,
leur budget de fonctionnement atteindra 3 188 000 000 $, ce
qui représente une hausse de 4,9 %. J'appelle ça un signal clair que nous
envoyons au réseau. Nous sommes présents et engagés à leurs côtés.
Permettez-moi aussi de dire quelques mots
sur l'Institut de tourisme et d'hôtellerie de Québec, l'ITHQ, qui est un petit
joyau, disons-le, de notre enseignement supérieur. Cet établissement forme une
relève hautement qualifiée dans les domaines de l'hospitalité et contribue
activement au rayonnement du Québec à l'international. Je me permets de sortir
de mon texte pour saluer la formidable directrice générale de l'ITHQ, Mme Lisa
Frulla. Nous reconnaissons donc toute son importance en accordant à l'institution
une augmentation de 36 millions de dollars, soit une hausse de
4,8 %.
M. le Président, à travers ces
investissements, notre gouvernement fait un choix clair, celui de préserver l'accès
à l'éducation dès la fin du secondaire, moderniser nos infrastructures et
préparer le Québec de demain.
Du côté universitaire, maintenant, nous
avons également de bonnes nouvelles, avec une augmentation de plus de 5 %.
Le niveau d'investissement pour les universités se situe cette année à 4 046 000 000 $.
C'est de l'argent distribué directement du gouvernement aux universités, ce
sont des transferts, on oublie souvent cette situation. Ça représente une
subvention annuelle d'environ 15 000 $ par étudiant québécois. Lorsqu'on
sait que le coût réel est d'environ 18 000 $, ça veut dire que le
gouvernement finance en moyenne 83 % des frais nécessaires à la formation
des étudiants universitaires. Alors, dans cette perspective-là, il est
raisonnable de demander aux étudiants internationaux et résidents hors Québec
de contribuer à leur juste part tout en favorisant les établissements qui
encouragent l'inscription dans les programmes en français. C'est un juste
équilibre et ça permet un plus grand accès des étudiants québécois à nos
universités.
Maintenant que j'ai parlé de cette hausse
importante de l'investissement dans nos établissements d'enseignement supérieur,
je vous propose d'y aller avec quelques détails parmi les mesures... les
nouvelles mesures du budget. Le ministre des Finances a autorisé un montant de
3 millions de dollars sur trois ans pour assurer une meilleure
cohabitation sur le campus de l'UQAM entre les étudiants et les populations
marginalisées, en mettant en place de meilleurs systèmes de sécurité et en
réalisant des campagnes de sensibilisation avec les intervenants du milieu.
Pour ceux qui connaissent la réalité du centre-ville de Montréal et les
situations problématiques aux sorties des bouches de métro, la position
particulière du campus de l'UQAM faisait en sorte qu'ils avaient besoin d'un
petit coup de pouce pour assurer la sécurité de leur communauté estudiantine.
Le budget prévoit également, et j'en suis
très fier, 1,8 million sur trois ans pour revitaliser la bibliothèque du
Quartier latin, auquel s'ajoute 12 millions en PQI, qui s'inscrit dans...
16 h 19 (version non révisée)
Mme Biron : ...dans un projet
global de revitalisation du quartier, au bénéfice des étudiants mais aussi de l'environnement
urbain connexe. Parce que c'est un tout, à l'UQAM, que la période... que l'environnement
urbain qui qui est aux abords de cette université.
J'aborde aussi la question du PQI un peu
plus loin, mais laissez-moi tout de même vous mentionner que, seulement pour 2026‑2027,
les universités bénéficieront de 411, un peu plus de... presque 412 millions
en maintien du parc immobilier, tel que l'ajout de gicleurs à l'Université
Sherbrooke ou la réfection des laboratoires de chimie à l'Université Laval. Additionnellement,
un soutien financier de 3 millions est prévu pour la création d'une unité
mixte de recherche en photonique quantique. Vous constaterez que le Québec a l'ambition
de devenir un chef de file en recherche et en développement des technologies de
pointe. C'était une de mes priorités quand je suis arrivée en fonction, il y a
près de six mois. Pour y parvenir, nous misons sur des secteurs stratégiques à
fort potentiel qui ouvrent la voie à des avancées majeures, notamment en
cybersécurité, en intelligence artificielle et en détection précoce des
maladies, tout en renforçant la sécurité de nos communications. C'est pourquoi
notre gouvernement soutient la création d'une unité mixte de recherche en
photonique quantique au Québec, portée par l'expertise de l'Institut national
de la recherche scientifique, l'INRS, avec qui j'ai eu l'occasion de m'entretenir
sur le sujet et de technologies... J'aimerais aussi rapidement souligner l'ajout
de 15 millions et demi sur cinq ans pour permettre d'accueillir la hausse
des cohortes en médecine, soutenant aussi... ainsi une promesse de notre
gouvernement.
Une des nouvelles mesures phares du budget
de cette année est sans contredit les investissements de 150 millions sur
cinq ans, dont 30 millions par année pour appuyer la promotion et la
valorisation des disciplines du génie et des technologies de l'information. J'ai
d'ailleurs participé avec fierté récemment à l'annonce de l'agrandissement du
réaménagement du pavillon Joseph-Armand-Bombardier à Polytechnique Montréal. Un
appui financier du Québec aux projets à la hauteur de 269 millions n'est
pas seulement une contribution monétaire, mais constitue un investissement
direct dans notre capacité collective à innover à Polytechnique. Les nouveaux
locaux ouvriront progressivement à partir de 2028, mais dès aujourd'hui, nous
observons une demande toujours soutenue pour les professions d'ingénierie. Par
exemple, on y comptait à peu près 7 800 étudiants, en 2016, pour atteindre
près de 10 400 étudiants en 2025. C'est une croissance de 32 %. C'est
extrêmement important, ce que nous faisons à l'ère où on doit se spécialiser à
la défense. Ne jamais oublier, M. le Président, que nous sommes une petite
goutte d'eau francophone entourée d'un océan anglophone et que le savoir est
très important pour la survie de notre culture et la survie de notre économie.
Et cette... ce formidable... ces formidables chiffres que je vous donne en
génie démontrent à quel point nous sommes à la bonne place, au bon moment pour
relever les défis.
Notre gouvernement veut soutenir aussi l'innovation
dans les domaines forts, à fort impact sociétal. Je pense notamment aux
matériaux, bioprocédés innovants pour rendre nos industries plus efficaces et
plus durables, à l'hydraulique, à l'hydrologie pour résoudre des défis liés à l'approvisionnement
en eau, réduire les risques d'inondation, optimiser nos structures hydrauliques
et améliorer la durabilité et la résilience de nos villes et de nos
infrastructures, à la mécanique de bâtiment pour augmenter l'efficacité
énergétique des bâtiments, ou encore au génie des mines, au génie géologique
pour restaurer les sites, valoriser les résidus miniers et perfectionner la
géothermie. On ne s'en rend pas compte, mais l'enseignement supérieur, c'est la
clé de beaucoup de nos soucis et c'est la clé pour résoudre ces soucis-là.
Je voudrais continuer en vous parlant du
Programme québécois des infrastructures. Vous savez, quand on réfléchit le PQI,
les ministères effectuent un travail de projection à long terme. À l'Enseignement
supérieur uniquement, mes équipes anticipent des fluctuations de fréquentation
des réseaux sur une période de 30 ans. Autrement dit, pour chaque bâtiment des
48 cégeps publics, des 10 constituantes du réseau de l'Université du Québec et
des neuf universités à chartes...
16 h 24 (version non révisée)
Mme Biron : ...le ministère
évalue minutieusement l'évolution des besoins en espace. On étudie bien sûr l'évolution
démographique en ville comme en région, mais aussi l'évolution des besoins dans
les domaines prioritaires. Il faut demeurer, il faut que les universités
demeurent en région comme les cégeps. Actuellement, dans les institutions
universitaires, surtout en région, de 60 à 70 % des étudiants sont des
étudiants de première génération. Il faut maintenir absolument ces services. C'est
donner une chance aux Québécois, aux jeunes Québécois, aux jeunes Québécoises
de réussir.
Le ministre des Finances est conscient de
nos enjeux en infrastructures et il l'est depuis notre tout premier mandat.
Pour preuve, notre gouvernement est celui qui a le plus investi dans nos
établissements d'enseignement supérieur. Le PQI 2026-2036 prévoit une
enveloppe de plus de 9,2 milliards en infrastructures. Depuis 2018, le
budget du PQI a augmenté de près de la moitié. Et, oui, on construit, mais
aussi on rénove, on prend soin de nos bâtiments. De plus en plus créatifs, on
étudie des options non immobilières. On parle ici de formation à distance, de
cours en soirée, d'optimisation des espaces et des horaires d'alternance
travail-études et de partenariats avec les cégeps, les universités des régions.
Je conclus, M. le Président, pour
souligner quelques mesures importantes pour la recherche dont bénéficie
directement la communauté scientifique québécoise. Rappelez-vous, je pense
notamment aux 4,8 millions dédiés, d'ici 2031, à la Chaire de recherche en
fiscalité et en finances publiques de l'Université de Sherbrooke, les 6,3 millions,
dont 21 millions dès cette année, versés à CIRANO. Au total, ce sont 15 millions
en nouvel argent provenant du budget qui est disponible pour soutenir les
organismes de recherche sur le sujet et la fiscalité.
En terminant, j'aimerais rappeler aux
collèges que, depuis le premier budget de notre gouvernement en 2019, nous
avons investi près de 10 milliards de dollars en initiatives budgétaires,
et cela exclut les sommes consacrées au PQI. C'est important de le souligner. D'entrée
de jeu, nous croyons au potentiel de nos jeunes et nous voulons leur fournir
tous les leviers nécessaires à leur plein épanouissement. Malgré le contexte
économique que nous connaissons, nous sommes confiants que les institutions d'enseignement
supérieur possèdent le soutien et les atouts nécessaires pour prendre une place
qui leur revient sur l'échiquier international.
Et je conclus rapidement, M. le Président,
en vous disant que je quitte demain pour une mission diplomatique en France et
en Belgique, au cours de laquelle je rencontrerai les élus et d'autres figures
influentes des secteurs stratégiques en recherche et développement, en
compagnie des recteurs universitaires du Québec. Nous allons stimuler la
mobilité étudiante, particulièrement au cycle supérieur, pour que le Québec
continue de jouer son rôle dans le grand cercle du savoir international. Merci,
M. le Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, Mme la ministre de l'Enseignement supérieur.
Nous poursuivons ce débat. Cette fois-ci,
je reconnais Mme la députée de D'Arcy-McGee.
Mme Prass : Merci, M. le
Président. Donc, aujourd'hui, nous sommes ici pour parler du budget qui a été
déposé par le ministre des Finances la semaine dernière, un septième budget
déficitaire, un budget qui... et se souci de notre société de façon très
superficielle, un budget avec un déficit de presque 10 milliards et qui
envoie un message troublant, celui d'un gouvernement... celui-ci...
excusez-moi, celui sur un gouvernement avec un budget centré sur... qui n'est
pas centré sur les besoins réels de la population, celui d'un gouvernement qui
choisit de gérer ses finances plutôt que de répondre aux urgences humaines sur
le terrain. Parce que, pendant que le gouvernement parle d'équilibre et de
marges de manoeuvre, sur le terrain, les besoins explosent. Oui, il y a des
investissements dans le budget en matière de santé mentale, mais, quand on
gratte un petit peu, on voit que les budgets qui ont été ajoutés en matière de
santé mentale vont être en lien avec la réforme du P-38, tout ce qui est
question des évaluations psychiatriques contre le gré d'une personne. Et on a
entendu ce matin, justement, le gouvernement dire que la majorité de l'argent
qui a été dédié dans le budget pour le P-38 en matière de santé mentale va être
géré par le ministère de la Justice.
Ce que nous avons besoin au Québec... et,
oui, la réforme...
16 h 29 (version non révisée)
Mme Prass : ...P-38 est
important, et on l'attend depuis longtemps, et, justement, je remercie la
ministre de l'avoir enfin déposé ce matin. Mais ce que nous avons besoin, c'est
davantage de services de première ligne pour nos jeunes, qui vivent une
détresse psychologique comme ils ne l'ont jamais vécue, pour les gens qui se
trouvent en situation de vulnérabilité, avec des enjeux de santé mentale, et
que, quand ils ont le courage de demander de l'aide, qu'ils vont la recevoir
tout de suite, pas se faire faire... pas se faire mettre sur une liste d'attente
pour leur dire : On va vous revenir dans six mois ou dans un an, entre-temps,
vivez avec vos enjeux de santé mentale.
Donc, on aurait voulu voir plus d'investissements
en matière de services de première ligne en santé mentale, mais aussi, on pense
aux institutions en matière de santé mentale. On pense à l'hôpital Douglas, une
institution qui non seulement héberge des patients avec des enjeux de santé
mentale, mais qui fait aussi beaucoup en matière de recherche, un institut de
renom international qui arrive à attirer des chercheurs, justement, pour faire
du travail... travail de recherche sur la démence, sur l'Alzheimer, beaucoup d'enjeux
importants, dont les données probantes que nous arrivons à trouver au Québec
peuvent être déployées, ensuite, bien à travers nos... nos frontières.
Donc, des institutions essentielles sont
laissées à elles-mêmes. On pense au Douglas comme... Et le ministre des
Finances, lors du dépôt du budget, a mis de côté un 1,3 milliard de
dollars, de l'argent électoraliste pour le prochain chef de la CAQ qui arrivera
et qui pourra en faire ce qu'il veut pour faire avancer son... sa plateforme
électorale, mais, entre-temps, ce 1,3 milliard de dollars aurait pu
être très bien dépensé pour... que ce soient des rénovations au HMR ou, comme j'ai
dit, à l'hôpital Douglas, un établissement fort en santé mentale, reconnu bien
au-delà du Québec.
Mais, aujourd'hui, les infrastructures de
l'hôpital Douglas ont besoin de rénovations majeures, des travaux essentiels,
connus et documentés depuis 15 ans, et pourtant, encore reportés, pire...
piètre état des lieux pour les patients, et pertes, dans les laboratoires, d'équipements
de données de recherche. Récemment, au mois de janvier, quand nous avons eu de
fortes tombées de neige et des froids extrêmes, bien, les laboratoires du Douglas
ont été... ont été très mal... endommagés. Il y a eu des inondations, des
équipements qui coûtent des centaines de milliers de dollars qui ont été
endommagés, des données, des résultats de recherche, qui sont faites depuis des
mois et des années, qui ont été détruits, qui ne sont plus récupérables, un
pavillon de l'hôpital qui a dû être fermé en raison de la présence d'amiante
dans le passé. Et, justement, la situation a déjà été qualifiée de signe d'alarme
par des experts en santé mentale au Québec. On ne parle pas de rénovations
cosmétiques, on parle de sécurité des lieux, et, encore une fois, un hôpital
qui est assez distinct dans sa mission, au Québec, est d'autant plus important
dans cette réalité-là.
Et ce problème qui est à l'hôpital Douglas
est bien connu et documenté par le gouvernement. Un projet qui avait été... qui
avait commencé et, encore une fois, qui a été reporté par le gouvernement de la
CAQ... Car la CAQ s'était engagée à agir. En 2020, le gouvernement avait
annoncé une première enveloppe d'environ 2 000 $ pour lancer les
études et la planification des travaux à l'hôpital, mais, depuis, rien a
avancé. Pendant ce temps, la situation continue de se détériorer. Des bâtiments
décrits comme vétustes, parfois comparés à une autre époque, des fermetures de
pavillons pour des raisons de sécurité et des conditions qui affectent les
soins des patients et des personnes qui y travaillent. Non seulement le
gouvernement a tardé avec les travaux à l'hôpital Douglas, mais la situation s'est
bien empirée.
Également, quand on parle de missions
essentielles, on pense à des communautés à travers le Québec qui se battent,
justement, pour garder leur langue, garder leur culture. Le Secrétariat pour
les relations avec les Québécois d'expression anglophone a vu son budget amputé
de 2 millions de dollars, ce qui représente 12,5 % du budget total du
secrétariat. Et cet argent-là, c'est pour des organismes communautaires en
région pour, justement, mettre de l'avant des projets qui font en sorte que c'est
la... c'est la vitalisation de leurs communautés. Des organismes, par exemple...
je vous donne des exemples de financement qui a été fait par le secrétariat
dans le passé. Pour des organismes qui aident les personnes en dépendance, justement,
il y a le centre de référence du Grand Montréal 211, un service essentiel pour
les gens avec des enjeux de toxicomanie, qui offre des services en anglais pour
ceux qui ont besoin de ce service-là en anglais. Des programmes qui brisent l'isolement
pour les aînés...
16 h 34 (version non révisée)
Mme Prass : ...des initiatives
qui permettent aux gens d'avoir accès aux services de base dans leur langue, en
anglais, ce qui est protégé de la part de la Constitution canadienne, des
organismes d'emploi comme PERT, The Provincial Employment Round Table, qui
offre du financement pour les études sur l'emploi, des programmes d'intégration
au marché du travail, et de la formation, et de la francisation. Donc,
clairement, des partenaires pour l'État québécois.
Et on ne comprend pas pourquoi cette coupure
de 2 millions de dollars a été fait, parce qu'encore une fois, tous
les partenaires de la communauté anglophone en région sont, comme tous les...
comme tous les communautés anglophones au Québec, des partenaires du Québec
dans sa quête de, justement, vouloir qu'on soit unis, qu'on soit la meilleure
province qu'on puisse l'être. Parce que quand nous travaillons ensemble, c'est
là que nous réussissons le mieux.
Justement, je vais déposer ma motion de grief,
M. le Président. Donc :
«Que l'Assemblée nationale blâme
sévèrement le gouvernement caquiste pour son budget 2026‑2027 qui ne répond pas
aux réels besoins en matière de prévention et de première ligne pour faire face
à la crise en itinérance et aux besoins grandissants en santé mentale.»
Juste avant de terminer, je rappelle que,
quand la CAQ est arrivée, en 2018, le Parti libéral, à cette époque-là, le
gouvernement de Philippe Couillard, avait laissé un surplus de 7 milliards de
dollars sur la table, dont 6,5 milliards ont été dépensés dans des chèques
électoralistes. Nous nous retrouvons, huit ans plus tard, avec sept budgets
consécutifs avec des déficits et la situation qui ne semble pas préoccuper le
gouvernement de la CAQ. Ils sont à l'aise. C'est devenu la norme qu'à chaque
fois on ait des déficits budgétaires, et on fait fi. On donne l'argent à Northvolt,
on donne de l'argent ou Kings de Los Angeles, on continue à gérer comme si les
coffres étaient pleins, mais carrément... mais, clairement, ce n'est pas le
cas.
Donc, M. le Président, encore une fois
déçue d'un autre budget caquiste décevant. Et, à l'année prochaine, quand nous
aurons un autre ministre des Finances. Merci.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, Mme la députée de D'Arcy-McGee. Votre motion, elle est déposée sous
réserve de sa recevabilité. Nous poursuivons le débat et, cette fois-ci, je
reconnais M. le ministre de la Sécurité publique.
M. Lafrenière : Oui. Merci
beaucoup, M. le Président. Alors, bonjour, hello, kwe... (S'exprime dans une
langue autochtone). Heureux de m'adresser à vous. Ma collègue de D'Arcy-McGee
pourrait être déçue, mais pas surprise de voir que je ne serai pas en accord
avec elle, mais d'entrée de jeu, je veux saluer les collègues qui sont avec
nous aujourd'hui, mon collègue ministre des Finances.
Écoutez, M. le Président, sans surprise,
puis mes collègues tantôt en ont parlé, de l'Enseignement supérieur, des
Affaires municipales, ce n'est pas un budget qui a été facile, pas un budget
qui arrive dans une période qui est simple. Et, vous savez, M. le Président,
gouverner, c'est faire des choix aussi. Alors, aujourd'hui, ce que je vais
vous présenter... Moi, je suis heureux de vous parler de mes trois chapeaux. Je
n'aime pas parler de portefeuilles, j'aime mieux parler de chapeaux, alors la Sécurité
publique, les relations avec les Premières Nations et les Inuits et le Nord-du-Québec,
parce que c'est extrêmement important, puis on s'est donné des moyens pour
avancer dans ces enjeux-là qui sont vraiment importants.
Et, M. le Président, il y a plusieurs
collègues, pardon, qui suggéraient de ne pas aller de l'avant avec le budget,
de le reporter dans le temps, mais ce que ma collègue de D'Arcy-McGee
mentionnait, au niveau de donner plus de prévisibilité pour les organismes... imaginez-vous,
M. le Président, si on avait remis ça dans le temps de quelques semaines, à
quel point les organismes auraient vécu avec ce stress-là de se demander ce qu'ils
avaient comme budget. Alors, ce que mon collègue des Finances a fait, c'est de
s'assurer que, présentement, on a un budget qui permet aux organismes d'opérer,
de faire des avancées. Et, oui, elle a raison qu'il y a un montant, mais je n'ai
pas compris le 1,3 milliard... 250 millions qui a été mis de côté
pour les candidats, pour dire : Mais faites vos priorités. C'est
difficile, M. le Président, d'aller dans la tête des deux candidats puis de
leur dire : Voici, vous allez avoir tous les mêmes priorités, vous allez
vivre avec les mêmes choses. Alors non, il y a des priorités.
Et la preuve, ma collègue l'a sûrement
entendu, il y a des annonces qui ont été faites récemment où il y a des
priorités qui ont été mis, exemple, en matière de lutte à l'itinérance, ou je
vous dirais plutôt une réponse adaptée en itinérance... exactement ce qu'elle
abordait. Bien, moi, je vous dis qu'on est à la bonne place, M. le Président. Je
comprends son blâme, mais je ne le partage pas, mais pas du tout.
Dans ce qu'on fait présentement pour les
relations avec les Premières Nations et les Inuits, il y a... il y a des
éléments extrêmement importants parce que c'est important pour le développement
économique du Québec, mais on poursuit aussi le travail qui a été amorcé pour...
répondre, pardon, aux recommandations de la commission Viens. Et, M. le
Président, je veux nous rappeler, puis je fais toujours attention, je déteste
faire de la politique partisane, mais je pense que les faits doivent être
mentionnés, la commission Viens a analysé les relations entre le gouvernement
de l'époque, le gouvernement libéral, et les Premières Nations et les Inuits.
Puis nous, présentement, ce qu'on fait, on est en train de corriger ça, M. le
Président. Est-ce que ça va se faire dans quelques semaines, quelques mois? La
réponse, c'est non, c'est...
16 h 39 (version non révisée)
M. Lafrenière : ...dans quatre
ans, six ans, 10 ans. Ça va prendre du temps. Mais ce qu'il y a de
rassurant, M. le Président, c'est qu'on avance. Dans le budget présent, on s'est
donné des moyens pour continuer. On sait aussi donner la mission de prendre un
temps d'arrêt avec les Premières Nations en disant : Écoutez, on a mis des
sous, on a mis des sommes importantes. Maintenant, regardons ce que ça a donné
comme résultat, parce que, si on fait juste continuer comme ça... Est-ce qu'on
est rendus ailleurs? Est-ce qu'il y a d'autres besoins? Et moi, j'aime beaucoup
cette approche, M. le Président, de prendre un temps, de... de travailler avec
les Premières Nations pour voir où on s'en va et comment on doit corriger le
tout.
J'ai parlé des plusieurs chapeaux. L'autre
chapeau intéressant, c'est le nord du Québec, M. le Président. Et je suis fier
d'avoir cette responsabilité-là, mais je suis fier aussi de voir ce qu'on
annonce dans le présent budget. Puis, je vais vous donner des exemples, M. le Président.
Au total, là, c'est 4,5 milliards dans le PQI qu'on met pour le nord du
Québec, M. le Président. Je ne veux pas dire que c'est sans précédent, mais c'est
sans précédent. Maison des aînés alternative de Waskaganish, 41 millions, Chisasibi,
47 millions, projet de 80 logements, Chisasibi, 54 millions, poste
de la Sûreté du Québec à Chibougamau, Chapais, 25 millions, réfection
majeure de la route Billy-Diamond, ça, pour les gens qui nous écoutent, c'est
la route qui nous... qui peut nous relier jusqu'à La Grande, poste de La Grande
de Chisasibi, écoutez, c'est 700 millions, réfection majeure. Je salue les
gens du nord du Québec qui doivent emprunter cette route fréquemment. Alors
oui, on va se donner les... les moyens pour bien corriger ça. L'école primaire
de Quaqtaq, 178 millions. 28 millions pour assurer une plus grande
présence au niveau des ressources judiciaires dans les communautés nordiques. C'est
vrai. Puis, un projet de logement à Chibougamau qu'on va pouvoir confirmer très
prochainement. Alors, M. le Président, tout ce que je vous ai nommé, je vous ai
parlé de sommes, mais je préfère vous parler de l'impact que ça a chez les
gens, ces grands changements qui sont attendus dans les communautés,
communautés nordiques. Alors, bien heureux de ce qu'on a fait, malgré les... je
vous dirais, les limites que la situation mondiale nous impose présentement.
Relations avec les Premières Nations, les
Inuits. Là aussi, je ne suis pas peu fier, M. le Président. 25 millions pour
continuer nos... nos réponses aux appels de la commission Viens, principalement,
en passant, M. le Président, au niveau de la santé et du côté aussi... de mon
collègue, avec la notion juridique, où on a des... des besoins, M. le Président,
pour donner accès, un accès important pour eux. 2,5 millions en développement
économique. Et ça, comment on le fait, M. le Président? C'est un engagement qu'on
a pris d'avoir des agents de développement sur le terrain. Et ça, ça donne des
beaux, des très beaux résultats.
Annonce importante, 127.4 millions
pour le coût de la vie au Nord. M. le Président, les gens ne sont peut-être pas
au courant, lorsqu'on vit ou Nunavik, dans un des 14 villages, le coût de
la vie au quotidien, c'est extrêmement important. Alors, on les aide pour les...
les besoins de base qu'on pourrait parler nourriture, le pain, l'eau, le lait,
le pain... pas l'eau, pardon, le pain, le lait qui se retrouvent à un coût qui
ressemble drôlement à ce qu'on a dans le Sud, mais vous pouvez comprendre qu'avec
l'envoi de ces denrées-là par avion, le coût que ça amène, parce que par
bateau, ça se fait deux fois par année. Alors, M. le Président, vous... vous gérez
votre maison, imaginez un instant que les bris de la maison — moi, ça
a été ma sécheuse récemment — on doit le prévoir parce qu'il y a deux
bateaux par année qui va se rendre dans le Nord pour amener ce qu'on a besoin.
Alors, c'est une dynamique qui est complètement différente. Et eux, tout ce qu'ils
achètent, non seulement ils payent des taxes sur ce qu'ils achètent, mais ils
payent des taxes sur l'envoi par fret par avion pour l'envoyer au Nord. Ça
amène des coûts qui sont faramineux. M. le Président. Alors, on doit continuer
à les aider, et c'est ce qu'on va être capables d'annoncer, parce que oui, c'est
important.
Et oui, occuper le Nord, M. le Président,
avec ce qu'on vit présentement, avec les menaces à peine voilées de notre
voisin du Sud, avec les menaces extrêmement pas voilées de nos amis de plus...
de... de l'Europe de l'Est un peu, on doit occuper le Nord comme jamais, M. le
Président. C'est une priorité. C'est important. Les groupes inuits nous le
disent depuis des années. Ils ont cette... cette crainte de voir le
développement du passage nordique, en se disant : On doit occuper le Nord.
On doit bien être présents parce qu'il y a de l'intérêt. Il y a de l'intérêt d'autres
communautés... et on doit s'assurer qu'on le protège. Alors, ça, c'est
important, M. le Président.
20 millions aussi qui a été mis en place
pour un parc de logements accessibles pour les gens au Nunavik. Ce n'est pas
peu fréquent de voir plusieurs familles inuites vivre dans la même résidence. M.
le Président. On ne peut pas se bâtir comme on veut au Nunavik. Puis, je vous
ai parlé tantôt de deux bateaux par année qui amenaient les denrées. Se bâtir,
c'est la même chose.
On a fait aussi quelque chose d'extrêmement
important, et ça, c'est... quand je vous parlais de développement économique,
plus de la moitié des... des Inuits ont moins de... pardon, des membres des Premières
Nations et des Inuits ont moins de 25 ans. Alors, c'est une clientèle qui
est active, qui veulent qu'on...
16 h 44 (version non révisée)
M. Lafrenière : ...à l'effort
du Québec. Alors, oui, on veut canaliser ça en travaillant ensemble au niveau
de l'emploi, entre autres.
Alors, ce qu'on veut faire, M. le
Président, et j'ai ma collègue qui avait sorti cette phrase-là, que j'avais
trouvé fort intéressante, c'est de faire en sorte que les membres des Premières
Nations et inuit partent de bénéficiaires pour devenir des réels partenaires.
Et mon collègue ministre des Finances a fait une annonce qui est... qui a été
extrêmement bien reçue par les Premières Nations. C'est un fonds de 500 millions
pour permettre aux membres des Premières Nations inuit d'investir, de devenir
des partenaires dans des mégaprojets. Ça, M. le Président, c'est du jamais vu.
Alors, oui, on a le Fonds d'initiatives
autochtones qui vient nous aider pour des petits projets. On a lancé, notre
gouvernement, M. le Président, dans la dernière année, un fonds, que j'appelle
intermédiaire, de 60 millions, et là 500 millions, 500 millions pour
embarquer dans des mégaprojets, pour se donner la capacité... puis ça, c'est un
prêt, mais se donner la capacité d'être vraiment des partenaires. Et, quand mon
collègue des Finances a fait l'annonce, j'ai vu des membres des Premières
Nations qui étaient ici et qui étaient touchés parce qu'ils disaient :
Enfin, enfin, on va avoir accès à ces grands projets là. Et ça, j'en suis très,
très fier. M. le Président.
Sécurité publique. Ma collègue de D'Arcy-McGee,
tantôt, disait que c'était important de répondre aux besoins terrain. Je vais
répondre à plusieurs points, M. le Président. Alors, quand on a dit, à l'automne
passé, que la sécurité publique, la sécurité des citoyens du Québec, c'était
une de nos priorités, il y a certaines personnes dans cette salle, M. le
Président, qui se demandaient où on allait, pourquoi on parlait d'une priorité,
parce que, selon eux et elles, ce n'était pas vraiment une priorité dans les
sondages. M. le Président, je peux vous dire que, sur le terrain, il n'y a pas
une semaine où on ne m'en parle pas. Les gens veulent s'assurer de vivre dans
un Québec sécuritaire. Est-ce que je me sens en sécurité au Québec? La réponse,
c'est oui. Est-ce qu'on doit agir maintenant parce qu'il y a une rupture d'équilibre,
entre autres par des membres du crime organisé qui... excusez, mais qui nous
rentrent en pleine face et qui décident d'arborer des écussons, des effigies
qui viennent confirmer qu'ils ont commis des crimes contre nous, contre nos
familles, qui les portent fièrement? Pour faire quoi, M. le Président? Pour faire
des crimes contre les commerçants. Et ça, mes collègues de l'opposition
officielle sont très sensibles à ça. On travaille ensemble là-dessus.
Alors, oui, d'aller faire de l'extorsion,
de l'intimidation à des commerçants qui, déjà, ont la vie dure, est-ce qu'on
doit lutter contre ça? J'espère que oui, M. le Président. Est-ce qu'on se donne
les outils avec le projet de loi n° 13 qu'on est en
train de terminer ensemble? La réponse, c'est oui. Est-ce qu'on va mettre fin
au crime organisé? La personne qui se tient devant vous, qui vous dit ça, écoutez-là
pas, M. le Président, ça n'arrivera pas, mais est-ce qu'on doit ramener un
équilibre? Bien oui. Puis on le fait comment? On agit avec la méthode flexion flex,
on agit là où ça fait mal. On fait en sorte que ces gens-là ne puissent plus
porter leurs vestes, leurs couleurs, s'afficher. Puis ce n'est pas une question
de tenue vestimentaire, M. le Président, là. Comprenez bien, quand ils le font,
l'objectif, c'est quoi? C'est de faire peur aux gens, c'est d'envoyer un
message qu'on est plus fort que vous puis qu'à partir de maintenant, vous allez
payer à chaque semaine un montant.
M. le Président, savez-vous ce qui m'a
rassuré dans ma position? C'est quand les avocats d'un groupe criminalisé bien
connu, que je vais nommer aujourd'hui, qui s'appelle les Hells Angels, ont
menacé, ont dit : On va... on va vraiment aller devant les tribunaux
contre votre projet de loi. Je me suis dit : Je suis à la bonne place parce
que ça les dérange vraiment. Ça fait que si c'était vraiment une question
vestimentaire, je pense qu'ils se trouveraient une autre couleur, ils se trouveraient
d'autres choses. Mais non, ça les dérange. Ça les dérange pourquoi? Parce qu'on
leur enlève le pouvoir, le pouvoir de faire peur à nos commerçants puis aux
familles. Puis ça, M. le Président, c'est de l'intimidation puis c'est aussi un
pied de nez à notre démocratie, à qui on est, en venant dire : Moi, là, j'ai
commis des crimes. Puis je vais le dire de façon très claire devant tout le
monde, on agit là-dessus.
On agit aussi avec un registre, un
registre public des délinquants sexuels à haut taux de récidive. Et ça, on l'a
travaillé ensemble. Je veux remercier les oppositions. On s'est posé des questions.
Parce que, oui, on veut se donner un dernier filet de sécurité quand on a tenté
la réinsertion, quand même le séjour en prison n'a pas réussi à corriger les
gens, de se dire : Bon, ces 40, 50 individus là qui représentent un
risque, on doit se mettre un filet de sécurité ensemble. On a convenu ensemble
que ce n'était pas facile, c'est quelque chose qu'on n'a jamais fait au Québec,
mais, M. le Président, les autres provinces l'ont fait, les Américains l'ont
fait. On n'est pas obligé de le faire à cause d'eux, mais on doit regarder
cette possibilité-là. Puis oui, pour les familles, ça a été mentionné qu'ils
voulaient se protéger. Alors, on va là-dessus aussi.
On va sur quoi aussi, M. le Président? On
parle beaucoup de violence conjugale présentement. On y va avec un article qui
va permettre aux policiers... écoutez bien ça, quand ils répondent à un appel,
ils vont sur les lieux pour un appel de bruit, une violence conjugale, ils se
présentent sur place. Il n'y a pas de crime qui a été commis, cependant, on
voit clairement qu'on est dans un contexte de violence conjugale sans plainte,
sans crime. Maintenant, les policiers vont pouvoir référer l'homme à une
ressource qui vient en aide aux hommes violents...
16 h 49 (version non révisée)
M. Lafrenière : ...pour tenter
de briser ce cycle de la violence. Et ça, M. le Président, on l'a testé. On a
fait un projet pilote avec la Régie de police Richelieu-Saint-Laurent. Et ce
qui m'a vraiment rassuré, M. le Président, c'est que 75 % des hommes qui
ont été référés ont accepté la référence et ont entrepris une démarche pour
essayer de changer leur façon d'être. Alors là, c'est plus que de la
prévention, là, c'est qu'on agit avant même qu'il y ait un crime, avant même qu'il
arrive une problématique, on dit : Regardez, on va donner un pouvoir
supplémentaire aux policiers. Mes collègues des oppositions nous ont dit :
Vous savez quoi? On devrait aller une étape plus loin, la loi de Clare, loi de
Clare, qui permet à des policiers de donner de l'information à des... à des
femmes en disant : Votre conjoint a des antécédents, vous devriez vous
protéger, vous devriez être prudente.
Alors, savez-vous quoi, M. le Président?
On a aussi entendu les groupes qui ont dit : Ne mettez pas ça dans un
projet de loi omnibus, faites un projet de loi autoportant. Alors, on les a
entendus. Les deux candidats à la chefferie se sont engagés, se sont engagés,
dans un des deux cas, avec le député de Vachon, que j'estime beaucoup, et ils
se sont dit : Au retour au pouvoir, on va y aller pour la loi de Clare. Ça
fait que ça, ça me rassure. Mais je faisais une blague, quand je
m'autocongratulais, rassurez-vous, mais ce que je voulais vous dire... ça me
rassure parce que, peu importe le candidat qui sera là, M. le Président, l'engagement,
il est clair, sans faire de jeu de mots, il faut aller de l'avant avec ce
projet de loi qui est important.
Et j'ai parlé aux collègues des
oppositions, puis je les prends en témoin aujourd'hui, ils nous ont assurés de
leur volonté de le travailler ensemble, de façon non partisane, parce que c'est
important d'aller de l'avant, M. le Président. Alors, vous voyez, on agit, on
avance, on permet aussi maintenant à des victimes de crimes, lorsqu'il y a une
libération conditionnelle, d'être entendues devant le commissaire, on leur
donne la voix. Alors, on agit là-dessus aussi, M. le Président. C'était
demandé, c'était le temps, puis là on y arrive.
Ce qu'on a fait aussi, M. le Président, c'est
donner plus de pouvoir aux policiers lors de manifestations, des pouvoirs pour
essayer de nous protéger et, entre autres, membres de cette assemblée, de faire
en sorte qu'il n'y aura plus de manifestation devant la résidence privée d'un
élu provincial, fédéral, municipal. M. le Président, on a mis une ligne dans le
sable en disant : Vous savez, on a des bureaux de comté, on a des bureaux...
il y a tellement de façons de manifester votre mécontentement, mais devant la
maison privée, c'est un non.
Et ça, M. le Président, je pense que le
message est beaucoup plus fort que juste la résidence. Ça vient dire que, dans
notre démocratie, on a le droit d'être en désaccord. Souvent, je suis en
désaccord avec mes collègues des oppositions, mais on se serre la main puis on
est capables de se parler. C'est de venir dire qu'il y a une limite à ne pas
franchir. Et de s'en prendre à la famille, d'aller devant la résidence privée,
c'est un non. Et moi, je suis heureux qu'on l'ait décidé ensemble, M. le
Président, de façon transpartisane, en disant : Il faut agir là-dessus.
Alors là, je vous ai donné des exemples de
ce qu'on fait dans le projet de loi n° 13, et tout ça a du sens avec la
suite des choses. Dans le budget, mon collègue des Finances nous permet d'aller
de l'avant avec la stratégie CENTAURE. CENTAURE, M. le Président, vous
connaissez bien, comme élu de l'île de Montréal, ça a été de répondre à une
problématique qu'on avait, c'est-à-dire la présence d'armes à feu dans les rues
avec des jeunes. Alors, oui, on va aller de l'avant, mais je vous annonce, M.
le Président, que, dans les grands changements, ce que je veux faire, c'est de prévenir
l'adhésion de jeunes soit à des groupes criminels ou des trajectoires
criminelles.
Et vous avez sûrement vu, M. le Président,
tout récemment, l'opération du SPVM, Opération Aurora, où on a agi sur des
jeunes qui acceptaient des contrats pour aller faire des crimes. Et, vous
savez, la personne qui donnait le contrat puis le jeune qui acceptait le
contrat ne se connaissent pas, hein, c'était par des applications, puis les
policiers ont été très présents sur le cyber pour aller là.
Et on s'est rendu compte de plusieurs
choses, M. le Président, que je veux vous partager aujourd'hui. Un, vous savez
que l'extorsion, l'intimidation, c'est un crime qui crée beaucoup de dommages à
nos commerçants, à nos communautés, au sentiment de sécurité. Et les jeunes se
faisaient offrir des sommes qui pouvaient paraître alléchantes, dans un cas, 22
contrats, et quand le jeune a été arrêté, on lui a demandé : Combien de fois
est-ce que tu as reçu la somme qu'on t'avait promis? Et, M. le Président, la
réponse, elle est ça, c'est zéro. Pas une fois il n'a reçu l'argent qui avait
été promis. Alors, nos jeunes sont vulnérables, ils sont exploités. Pourquoi?
Parce qu'à partir du moment où il fait un premier crime, on lui dit : Pour
te faire payer, qu'est-ce que tu dois faire? Prends une photo sur les lieux du
crime, puis on envoie ça à la personne qui est le commanditaire. Qu'est-ce que
vous pensez qu'il fait par la suite? Il dit : Tu vas en faire un deuxième,
sinon j'envoie ta photo à la police, tu vas être accusé. Alors, on utilise nos
jeunes comme des soldats, on les prend vulnérables, on les utilise. Puis ça,
avec la nouvelle version de CENTAURE, on veut s'attaquer à ça. On veut être
présents sur le Web, on veut être présents là où sont les jeunes et là où sont
les commanditaires.
Et, M. le Président, je suis heureux de
voir ces changements de tons avec le fédéral. Le fédéral, quand je les ai
rencontrés, on leur a demandé de mettre des peines plus sévères pour les
commanditaires, puis ils ont accepté. Ça, ça va changer, M. le Président, mais
il faut aussi prévenir les jeunes qui veulent adhérer à cette trajectoire
criminelle...
16 h 54 (version non révisée)
M. Lafrenière : ...criminelle.
L'appât du gain. Certains disaient : Même pas, ce n'est pas le gain, c'est
d'être célèbre, de paraître pour être célèbre. Mais, M. le Président, c'est des
jeunes. Mais, dans un cas dans l'opération Aurora, celui qui commanditait, le
«king», excusez l'expression, avait 14 ans. Il commanditait des crimes
chez d'autres jeunes, en disant : Va à tel endroit, tire sur la façade,
mets un feu criminel. Mais, de cette façon-là, il a fait de l'argent puis ils n'ont
jamais été payés. Alors, M. le Président, c'est un sujet qui me passionne.
Parce qu'il faut agir, les gens nous le demande, puis on... je veux vous
rassurer, on va continuer parce que mon collègue aux Finances nous a donné les
moyens.
Exploitation... Je viens de vous parler d'exploitation
criminelle de nos jeunes, il y a aussi l'exploitation sexuelle de nos jeunes.
Et ça, M. le Président, on a fait une commission spéciale non partisane, on a
travaillé ensemble avec les oppositions pour se dire : Il faut mettre fin
à ça. Pour la petite histoire, M. le Président, moi, j'étais policier au SPVM
avec une escouade spécialisée, entre autres avec des femmes qui travaillaient
sur un projet qu'on appelait Les Survivantes, et il y avait une dame, une élue
de l'Assemblée, de la CAQ, députée de Repentigny, Lise Lavallée, que je salue
aujourd'hui, qui venait nous voir puis qui s'intéressait à ça, qui disait :
Je vais porter votre parole, je vais aller au gouvernement, je vais tenter,
puis il n'y a rien qui bougeait, ce n'était pas une priorité. Quand on est
arrivé au pouvoir, on a fait ensemble la commission spéciale avec les groupes d'opposition,
tous les groupes étaient là, et on a mis en place des recommandations, et, déjà
là, M. le Président, avec le budget que mon collègue des Finances nous a
octroyé, on va pouvoir continuer. Parce qu'il n'y a personne qui est insensible
à ça. Si je vous disais qu'on a des jeunes filles à partir de 12 ans qui
sont exploitées sexuellement puis il y a des hommes, puis je vais le dire
clairement pour les hommes qui nous écoutent, il y a des hommes qui paient pour
coucher avec des enfants de 12 ans, est-ce que, comme société, on doit
réagir? Mais la réponse, c'est oui, M. le Président. Et je l'ai déjà dit, je le
redis encore une fois, quand on parle d'enfants qui sont exploités avec sept,
huit, 10 clients par jour, sept jours semaine, je vous disais... je vous
dirais la même chose pour des animaux, il y aurait des manifestations dans les
rues de Montréal, M. le Président. Et ça, ce sont nos enfants à partir de 12 ans.
Alors, oui, on va continuer d'agir
là-dedans parce que c'est important, parce que ce n'est pas terminé, puis parce
qu'on se doit de le faire, puis parce que j'ai regardé les victimes au visage,
quand j'étais au SPVM, quand je les ai vues sur la commission spéciale, en
disant : Jamais on ne va vous oublier. Puis c'est le devoir, je pense, c'est
ce qu'on doit prendre comme engagement ici, dans cette Assemblée, de poursuivre
le travail, parce que ce n'est pas terminé.
Il y a d'autres choses dans le budget, M.
le Président, puis je vais... je vais écourter, mais je vais vous donner un
autre exemple. Vous allez... vous allez vous demander où je m'en vais avec tout
ça, là, mais ça fait partie des différentes responsabilités. Les transports
funéraires, M. le Président. On a décidé d'amener un grand changement pourquoi,
parce qu'on n'était plus compétitif. Puis le problème qu'on avait, c'est qu'on
était pour avoir un bris au Québec. Alors, lorsqu'il arrive un décès, pour le
transport vers la morgue, il y a des transports spécialisés. Puis, excusez-moi,
c'est un sujet qui... c'est une fatalité qu'on connaît tous, mais qu'on n'aime
pas jaser. Le plan B, M. le Président, c'était l'ambulance, qui coûte environ 12
cents dollars par transport puis, en plus, qui mobilise des services qu'on a
bien besoin quand on est malade et non pas décédé. Alors, grâce à mon collègue
des Finances, on va pouvoir rehausser ce service-là, faire en sorte qu'il n'y
ait pas de bris de service.
Pourquoi je vous dis ça? Parce que,
tantôt, ma collègue de D'Arcy-McGee disait : Est-ce que ce budget répond
vraiment aux besoins du terrain, à tous les besoins? Difficile de répondre à
ça, M. le Président, mais est-ce que ça répond à des réels besoins? La réponse,
c'est oui. Est-ce que ça a été une année difficile? Oui. Est-ce que j'aurais
aimé avoir la tâche que mon collègue des Finances a eu à faire? La réponse, c'est
non. Parce que je le dis encore une fois, j'ai commencé comme ça, quand on
gouverne, c'est faire des choix. Présentement, la situation mondiale, elle n'est
pas facile. Ce que mon collègue nous présente comme budget, je vous dirais que
c'est un... c'est un travail que je salue. On réussit à maintenir les missions
importantes de l'État. Mes collègues, tantôt, autant des Affaires municipales
que l'Enseignement supérieur, ont parlé de ce qu'on investit, de l'importance d'investir,
pas de dépenser, d'investir dans nos infras, dans les écoles. Alors, on est à
la bonne place, j'en suis heureux. Je veux remercier mon collègue des Finances
et je vous souhaite une bonne journée, M. le Président. Merci.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, M. le ministre de la Sécurité publique.
Nous poursuivons. Cette fois-ci, je
reconnais M. le député de Taschereau.
M. Grandmont : Merci, M. le
Président. Bien, l'objet qui nous est présenté, c'est le dernier avant que la
population ne soit appelée aux urnes cet automne. C'est l'ultime occasion pour
le gouvernement, c'était l'ultime occasion pour le gouvernement de redresser la
barre, de répondre à des attentes qui sont légitimes, qui sont récurrentes, de
prouver qu'il comprend les crises sociales et écologiques qui frappent le Québec.
Malheureusement, ce que ce budget nous révèle, c'est l'image d'un gouvernement
déconnecté de l'urgence du terrain.
Regardons d'abord du côté des régions puis
de notre garde-manger, Mme la Présidente. L'Union des producteurs agricoles le
souligne avec justesse : «Alors que le ministre des Finances nous parle d'un
environnement d'affaires compétitif et d'un cadre réglementaire...
16 h 59 (version non révisée)
M. Grandmont : ...bien, nos
producteurs, nos productrices agricoles et forestiers devront chercher ailleurs
que dans ce budget-là pour trouver du soutien. Puis ce manque de vision là se
décline partout en matière d'adaptation climatique. Imaginez, ce budget-là
réserve plus d'argent pour adapter les entreprises au nouveau contexte
économique, 700 millions $, au bas mot, que pour adapter nos propres
collectivités au dérèglement climatique, qui n'hérite que de 583 millions de
dollars. Encore... et encore, cette somme-là est exclusivement dédiée au
programme Réno Climat et Logis Vert.
Où sont les investissements pour protéger
nos municipalités contre les feux de forêt, contre les inondations qui emportent
nos routes, contre l'érosion qui gruge nos côtes? On espère passivement que le
plan de mise en œuvre du Plan pour une économie verte répondra à ces enjeux
pressants, mais sans aucune certitude.
Derrière l'affichage de chiffres
impressionnants, comme ces 9,1 milliards de dollars sur cinq ans pour
l'action climatique, se cache une comptabilité créative et des choix politiques
lourds de conséquences. Sur cette somme, d'abord, 8,2 milliards de
dollars sont simplement alloués au Plan pour une économie verte 2030, mais le
véritable scandale comptable réside ailleurs, Mme la Présidente, le surplus de
1,8 milliard de dollars du Fonds d'électrification et de lutte aux
changements climatiques, le Fonds vert, a été réorienté vers ailleurs. Au lieu
de l'investir là où il aurait dû l'être, c'est-à-dire sur le terrain, pour
accélérer notre transition, le gouvernement l'a envoyé au Fonds des générations
pour éponger la dette, Mme la Présidente. Sous couvert d'une prudente rigueur
budgétaire, on sacrifie l'avenir écologique pour embellir un bilan comptable.
Pendant ce temps-là, pour aider
concrètement les Québécoises et les Québécois à faire face à la hausse du prix
de l'essence, les solutions progressistes comme celle de Québec solidaire, qui
propose de redistribuer une ristourne ciblée à la classe moyenne inférieure et
aux ménages moins nantis sont balayées du revers de la main. Pire encore, on
assiste à la mise en place d'un régime législatif parallèle pour accélérer le
développement de grands projets industriels, au détriment des évaluations
environnementales rigoureuses. On finance à hauteur de 900 millions de
dollars l'adaptation des infrastructures de transport et la transition des
grandes industries, pendant que les citoyens ordinaires puis les municipalités,
elles, elles écopent.
Venons-en aux réseaux de transport, le
véritable moteur de la transition écologique. Je le rappelle, 43 % de nos
émissions de gaz à effet de serre proviennent des transports. Le constat d'Équiterre
et de Trajectoire Québec est sans appel : le budget 2026 nous éloigne
drastiquement de l'objectif d'équilibrer les investissements entre les
transports collectifs et les routes. C'est ce qui était prévu dans le plan, dans
le premier plan de mise en œuvre du Plan pour une économie verte, d'ailleurs. Nous
venons d'atteindre le pire ratio depuis 2014, 73,6 % des investissements en
transport sont réservés aux routes, Mme la Présidente. Le déficit de maintien d'actifs
de notre transport collectif atteint aujourd'hui un niveau presque équivalent à
celui du réseau routier. C'est le résultat direct de huit ans de
sous-financement chronique en maintien d'actifs, et le nouveau Plan québécois
des infrastructures ne corrige rien.
Prenez l'état du métro de Montréal, l'infrastructure
la plus utilisée en transport au Canada, la deuxième en Amérique du Nord après
le métro de New York. Le président du transporteur l'a dit : Nous
atteignons un nouveau sommet de dégradation, 35 des 68 stations de métro sont
désormais classées en mauvais ou en très mauvais état. C'est 51 % de notre
réseau de métro qui tombe en ruines, alors qu'on était à 31 % l'an passé.
Pour la première fois de notre histoire, la proportion des équipements délabrés
du métro dépasse celle du réseau routier. Les pannes se multiplient, les
fermetures d'urgence augmentent, la pression sur les coûts d'entretien explose,
Mme la Présidente. On laisse pourrir l'infrastructure la plus achalandée au
Canada.
Et que dire des régions et des autres
grands centres. À Gatineau, le projet de tramway est sous le respirateur
artificiel. Aucun engagement concret, aucun financement confirmé au-delà du
mandat de Mobilité Infra Québec. Sans ce financement-là, le projet est condamné
à l'inertie. Le gouvernement refuse de financer le transport du XXIe siècle,
celui qui nous permettrait d'avancer dans la transition climatique.
Cette même logique d'abandon et de mépris
se retrouve lorsqu'on tourne les yeux vers notre filet social et le milieu
communautaire. Alors que le gouvernement s'octroie des enveloppes confortables
et des fonds discrétionnaires pour ses propres priorités politiques, il traite
les organismes communautaires comme des variables d'ajustement. Aujourd'hui, on
entend des voix au gouvernement insinuer que le communautaire est un gouffre
financier, j'utilise des guillemets, ici, Mme la Présidente, et que leurs
salaires de crève-faim ne sont que bien suffisants. C'est insultant, c'est
inacceptable. D'ailleurs, le mouvement le communautaire à... Communautaire à
boutte, porte un...