Journal des débats (Hansard) of the National Assembly
Version préliminaire
43rd Legislature, 2nd Session
(début : September 30, 2025)
Wednesday, April 1, 2026
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Vol. 48 N° 50
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Intervenants par tranches d'heure
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D'Amours, Sylvie
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Caire, Éric
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Maccarone, Jennifer
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Laframboise, Mario
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Ghazal, Ruba
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Duranceau, France-Élaine
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Derraji, Monsef
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Dionne, Amélie
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Arseneau, Joël
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LeBel, Sonia
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Poulet, Isabelle
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Lévesque, Mathieu
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Lachance, Stéphanie
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Roy, Nathalie
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Jolin-Barrette, Simon
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Boulet, Jean
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Tanguay, Marc
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Arseneau, Joël
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Schneeberger, Sébastien
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Lecours, Lucie
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Leduc, Alexandre
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Fortin, André
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Roy, Nathalie
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Legault, François
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Beauchemin, Frédéric
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Girard, Eric
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Kelley, Gregory
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Ghazal, Ruba
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Jolin-Barrette, Simon
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Fontecilla, Andrés
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Proulx, Caroline
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Bélanger, Sonia
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Roy, Nathalie
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Labrie, Christine
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Girard, Eric
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Boissonneault, Alex
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Roberge, Jean-François
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Dufour, Pierre
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Simard, Jean-François
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Lacombe, Mathieu
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Julien, Jonatan
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Caron, Linda
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Bélanger, Sonia
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D'Amours, Sylvie
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Lévesque, Mathieu
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Legault, François
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Bourassa, Kariane
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Beauchemin, Frédéric
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Cliche-Rivard, Guillaume
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Chassin, Youri
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Lévesque, Mathieu
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D'Amours, Sylvie
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Roberge, Jean-François
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Maccarone, Jennifer
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Maccarone, Jennifer
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D'Amours, Sylvie
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Lévesque, Mathieu
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Duranceau, France-Élaine
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Tanguay, Marc
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Fontecilla, Andrés
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Fontecilla, Andrés
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D'Amours, Sylvie
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Lévesque, Mathieu
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Boulet, Jean
9 h 30 (version révisée)
(Neuf heures quarante et une minutes)
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) :
Bonjour, chers collègues. Veuillez prendre place.
Affaires courantes
Déclarations de députés
Nous sommes à la rubrique Déclarations de
députés. Et je cède immédiatement la parole à M. le député de La... Le... La Peltrie,
pardon.
Souligner la persévérance de M. Gilles Caron à
travers son parcours d'adoption
M. Éric Caire
M. Caire : Merci, Mme la
Présidente. Gilles Caron est policier à la ville de Québec. Il y a 10 ans,
il est allé aider le peuple haïtien.
Gilles, dans ses moments libres, avec d'autres
policiers, donnait aussi du temps à l'orphelinat. C'est au hasard d'une
distribution de cadeaux de Noël que sa route a croisé celle d'une jeune
orpheline, Fadanie. Après quelques semaines de réflexion avec ses enfants, il
décide de l'adopter.
L'Intention était noble, le cœur à la
bonne place, mais la règle s'y opposait. La bataille entre le droit et le geste
d'amour venait de commencer. Après des années de lutte acharnée et de quasi-désespoir,
le gros bon sens et l'amour inconditionnel l'ont emporté. Depuis maintenant six ans,
Fadanie s'épanouit dans son... dans son pays et sa famille d'adoption.
Grâce à Gilles, Fadanie Caron a le droit
de rêver à une vie meilleure. Bravo, Gilles! Bravo, Fadanie!
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) :
Merci beaucoup, M. le député. Je cède maintenant la parole à Mme la députée
de Westmount—Saint-Louis.
Rendre hommage à M. Casper Bloom
Mme Jennifer Maccarone
Mme Maccarone : Merci, Mme la
Présidente. C'est avec une grande tristesse que je souligne aujourd'hui le
décès de M. Casper Bloom.
Résident de longue date de Westmount, M. Bloom
a été une figure marquante de notre communauté. Son engagement soutenu, tant au
niveau local que dans les sphères juridiques et publiques, témoigne d'un
profond attachement au Canada et au Québec. Avocat de carrière et ancien
bâtonnier de Montréal, il a marqué le milieu juridique par son engagement
envers l'accès à la justice, notamment pour les communautés anglophones, ainsi
que par la défense des droits des minorités. Son apport à la révision de la
version anglaise du Code civil du Québec illustre l'ampleur et la rigueur de
son travail.
Beyond these professional
achievements, Casper Bloom will be remembered as a man of integrity, unwavering
commitment and genuine humanity. My heartfelt condolences go out to his family,
to is loved ones and to all those who had the privilege of knowing him. Casper Bloom
leaves behind a lasting mark, a memory of a man who truly made a difference, and
his legacy will live on in our community.
Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) :
Merci beaucoup, Mme la députée. Je cède maintenant la parole à M. le député
de Blainville.
Souligner le succès des Jeux du Québec tenus à
Blainville
M. Mario Laframboise
M. Laframboise : Merci, Mme
la Présidente. Il me fait grand plaisir aujourd'hui de souligner le remarquable
succès du déroulement des Jeux du Québec à Blainville, qui se sont tenus du 27 février
au 7 mars dernier, un événement rassembleur qui a su faire rayonner toute
notre région et mettre en valeur le talent, la détermination et l'esprit
sportif de notre jeunesse québécoise.
Pendant toute la durée des jeux, des
centaines d'athlètes, d'entraîneurs et de bénévoles se sont mobilisés avec
passion afin d'offrir des compétitions de grande qualité dans une atmosphère
empreinte de respect, de dépassement de soi et de fierté collective.
Permettez-moi de féliciter chaleureusement
le comité organisateur, la mairesse de Blainville et toute son équipe de la
ville, les bénévoles ainsi que tous ceux et celles qui ont contribué de près ou
de loin à la réussite de cet événement d'envergure. Leur engagement a permis d'assurer
un déroulement exemplaire.
Les Jeux du Québec sont bien plus qu'une
compétition sportive. Ils sont une école de vie pour nos jeunes et une source
de dynamisme pour nos communautés.
Bravo à tous! Et merci de faire briller le
Québec avec autant d'énergie et de coeur. Merci.
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) :
Merci, M. le député. Je cède maintenant la parole à Mme la députée de
Mercier.
Souligner le cinquième anniversaire du journal Mon
Plateau
Mme Ruba Ghazal
Mme Ghazal : Merci, Mme la
Présidente. Je veux célébrer les cinq ans d'existence du journal local Mon
Plateau.
Lancé en avril 2021 par Gaëlle Engelberts,
une ancienne journaliste de Radio-Canada, Mon Plateau raconte notre
communauté avec rigueur et sensibilité. En commençant chaque édition de son
infolettre par «Bonjour, chers voisins, bonjour, chères voisines», Mon
Plateau contribue à renforcer notre sentiment d'appartenance. Il met en
lumière nos organismes communautaires et nos événements culturels, il informe,
mobilise et n'hésite pas à dénoncer les enjeux qui nous touchent, comme la
crise du logement ou la hausse du coût de la vie.
Le journalisme local, Mme la Présidente,
est plus essentiel que jamais. Il joue un rôle <fondamental...
Mme Ghazal :
...Le
journalisme local, Mme la Présidente, est plus essentiel que jamais. Il joue un
rôle >fondamental pour notre démocratie en diffusant une information
fiable et accessible, nécessaire à la construction de la confiance du public
envers le journalisme. Grâce aux médias locaux, c'est notre capacité collective
à comprendre, débattre et participer pleinement à la vie démocratique.
Longue vie à Mon plateau! Merci
beaucoup.
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) :
Merci. Je cède maintenant la parole à Mme la députée de Bertrand.
Appeler la collectivité à appuyer la Chambre de
commerce de Rawdon dans le cadre du déploiement de sa nouvelle planification
stratégique
Mme France-Élaine Duranceau
Mme Duranceau : Merci, Mme la
Présidente. Alors, le visage de Longueuil et de toute la MRC de Matawinie
évolue rapidement depuis quelques années. C'est ainsi qu'après 91 ans
d'expérience, la Chambre de commerce de Rawdon est à la croisée des chemins.
Portés par la devise Agir pour l'avenir,
les dirigeants de la Chambre de commerce de Rawdon ont récemment dévoilé les
bases d'une planification stratégique dont le constat est clair : il importe
de réaligner l'organisme et d'élargir son territoire d'action.
Je salue le travail des membres du conseil
d'administration et du coordonnateur de la Chambre de commerce de Rawdon, qui
ont choisi lucidement et collectivement de ne pas subir le changement, mais
plutôt de le piloter avec résilience, engagement et détermination.
Je lance donc un appel à la mobilisation
de toute la collectivité de Rawdon et des municipalités environnantes, afin que
la chambre de commerce redevienne le point de convergence qui connecte les
personnes, les idées et les moyens pour bâtir une communauté d'affaires
authentique et dynamique. Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) :
Merci, Mme la députée. Je cède maintenant la parole à M. le député de
Nelligan.
Souligner le Mois de la jonquille
M. Monsef Derraji
M. Derraji : Merci, Mme la
Présidente. Avril est le mois de la jonquille, un moment pour se rappeler une
réalité qui frappe encore trop de familles québécoises.
En 2025, on estime que 66 600 Québécois
ont reçu un diagnostic de cancer et que 22 600 ont... ont donc décédé...
en sont décédés. Derrière ces chiffres, il y a des vies bouleversées.
Le Québec demeure la province où le taux
de cancer est le plus élevé au pays. Cela nous oblige collectivement à faire
davantage en prévention, en recherche, mais, surtout, en accès rapide et
équitable aux soins.
La campagne de la jonquille de la Société
canadienne du cancer joue un rôle essentiel. Elle soutient les patients,
accompagne les proches et finance des avancées concrètes ici même, au Québec.
La jonquille est un symbole d'espoir, mais
aussi de résilience, et cet espoir doit se traduire en actions concrètes.
J'encourage tous les députés de l'Assemblée nationale ainsi que les Québécoises
et Québécois, partout sur le territoire, à démontrer leur solidarité en
soutenant la campagne de la jonquille et en posant un geste concret pour
appuyer les personnes touchées par le cancer. Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) :
Merci beaucoup, M. le député. Je cède maintenant la parole à Mme la députée
de Rivière-du-Loup.
Souligner le dynamisme de l'industrie hôtelière et
touristique québécoise
Mme Amélie Dionne
Mme Dionne : Merci, Mme la
Présidente. Le Québec s'est bâti une renommée mondiale grâce à l'hospitalité de
ses communautés, à la beauté de ses régions et à l'authenticité de son offre
touristique. Deux piliers de ce succès sont l'hôtellerie et les spas, qui
dynamisent nos régions, créent des emplois et attirent des millions de
visiteurs.
À titre de députée, je salue d'ailleurs,
au passage, la qualité des hôtels et spas de ma circonscription. Mais partout
au Québec, Mme la Présidente, nos hôtels et spas enrichissent notre offre
touristique quatre-saisons, stimulent le tourisme d'affaires, génèrent des
retombées économiques importantes pour l'ensemble de nos communautés. Les
hôtels ouvrent les portes du Québec et les spas en font une destination de
bien-être.
Aujourd'hui, j'ai le plaisir de saluer la
présence, dans nos tribunes, de plusieurs acteurs de ces industries qui
innovent et font rayonner notre savoir-faire au sein de notre économie
touristique. Merci de croire en notre industrie, et je vous souhaite une belle
visite à l'Assemblée nationale. Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) :
Merci beaucoup, Mme la députée. Je cède maintenant la parole à M. le député
des Îles-de-la-Madeleine.
Appuyer les organismes du mouvement Le
communautaire à boutte
M. Joël Arseneau
M. Arseneau : Mme la
Présidente, chez moi, aux Îles-de-la-Madeleine, comme partout ailleurs au
Québec, le communautaire est à boutte.
Les organismes communautaires agissent en
première ligne pour renforcer notre filet social. Ils seront ici demain, à
l'Assemblée nationale.
Offrir des services de qualité et de
proximité constitue le socle de leur mission. La reconnaissance de leur
expertise, de leur engagement et de leur travail essentiel doit se traduire par
des moyens à la hauteur de leurs responsabilités.
À juste titre, ils réclament le
rehaussement de leur financement à la mission, la fin du financement par
projet, ils demandent une convention sur plusieurs années, une prévisibilité
dans leurs opérations. Surtout, ils revendiquent la reconnaissance de leur rôle
crucial, le respect de leur autonomie et la considération du gouvernement.
En tant que partenaire, chez moi, de
multiples initiatives des organismes communautaires, je suis un témoin
privilégié de leur <savoir-faire...
M. Arseneau :
...je
suis un témoin privilégié de leur >savoir-faire, de leur persévérance,
de leur dévouement, de leur succès, mais aussi de leurs défis. Je leur offre
aujourd'hui tout mon soutien.
• (9 h 50) •
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) :
Merci, M. le député. Je cède maintenant la parole à Mme la députée de Champlain.
Rendre hommage à Mme Nicole Poirier
Mme Sonia LeBel
Mme LeBel : Merci, Mme la
Présidente. Aujourd'hui, je souligne le parcours d'une grande dame, une femme
de cœur, une femme dont nous avons soumis la candidature au prix de Femmes
engagées, une femme modeste, Nicole Poirier.
À 20 ans, elle transforme sa
résidence familiale en résidence pour aînés. Elle y fait alors une rencontre
qui est marquante pour elle avec une personne qui est atteinte de troubles
cognitifs, qui l'amène à repenser en profondeur l'accompagnement des personnes
vivant avec la maladie d'Alzheimer, et, en 1995, elle fonde la Maison Carpe
Diem, un milieu de vie humain et chaleureux où l'on voit la personne et non la
maladie. Carpe diem, Mme la Présidente, c'est une conviction profonde, simple
et essentielle : même lorsque la mémoire s'effiloche, l'univers intérieur
de la personne demeure; il mérite d'être protégé, respecté et habité avec elle.
Aujourd'hui, son approche rayonne partout,
bien au-delà du Québec. Elle améliore concrètement la qualité de vie des
personnes atteintes et de leurs proches. Femme exceptionnelle, pionnière,
ambassadrice, Nicole Poirier change profondément notre regard sur la maladie.
Bravo et merci infiniment, Nicole.
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) :
Au nom de la présidence, Mme Poirier, tous nos remerciements pour ce
que vous avez fait pour votre collectivité. Merci.
Donc, je cède maintenant la parole à Mme
la députée de Laporte.
Souligner le 45e anniversaire de la Maison
Tournesols
Mme Isabelle Poulet
Mme Poulet : Merci, Mme la
Présidente. Alors, je souligne aujourd'hui le 45e anniversaire de la
Maison Tournesols, un organisme enraciné dans notre communauté, porteur de
valeurs, de bienveillance, solidarité et d'espoir.
La Maison Tournesols offre un répit
précieux aux proches aidants tout en contribuant à briser l'isolement des
personnes aînées. C'est un lieu d'accueil et d'écoute où la dignité de chacun
est au cœur de son action. Outre le programme Répit, l'organisme se distingue
par la diversité de ses services, notamment la Maison Mobile et sa gériatrie
sociale, qui permettent de rejoindre des aînés à risque de fragilisation, et le
programme Journée Entr'Aînés.
Grâce à l'engagement remarquable des
bénévoles, du personnel, des membres du conseil d'administration, des
partenaires, la Maison Tournesols fait une réelle différence dans la vie de
nombreuses familles. Je remercie chaleureusement toutes celles et ceux qui font
vivre cette mission essentielle depuis 45 ans. Longue vie à la maison
Tournesols!
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) :
Merci beaucoup, Mme la députée. Je cède maintenant la parole à M. le
député de Chapleau.
Souligner le 10e anniversaire du Centre de
dons Héma-Québec de Gatineau
M. Mathieu Lévesque
M. Lévesque (Chapleau) : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Aujourd'hui, j'aimerais souligner le 10e anniversaire
du Centre de dons Héma-Québec de Gatineau, un lieu dans Chapleau où la
solidarité prend tout son sens et où chaque don de sang et de plasma contribue
à sauver des vies.
Chaque don de sang peut sauver jusqu'à
trois vies. En 10 ans, ce sont plus de 155 000 dons qui ont été
réalisés, un chiffre remarquable qui témoigne de la générosité des citoyens de
notre région de l'Outaouais.
Le centre de Gatineau collecte cinq types
de dons : sang, plasma, lait maternel, cellules souches et tissus humains.
En plus des services de laboratoire et les programmes de recherche, les
produits sanguins et le plasma collectés permettent de fabriquer des
médicaments qui, chaque année, sauvent la vie de milliers de Québécois.
En ce 10e anniversaire, je tiens à
remercier chaleureusement l'ensemble du personnel, les bénévoles ainsi que tous
les donneurs. Leur contribution est inestimable et fait toute la différence.
Grâce à eux, une véritable chaîne de vie se tisse chaque jour au bénéfice des
gens de chez nous. Bon 10e anniversaire!
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) :
Merci beaucoup, M. le député. Je cède maintenant la parole à Mme la députée
de Bellechasse.
Rendre hommage à Mme Josée Therrien
Mme Stéphanie Lachance
Mme Lachance : Merci, Mme la
Présidente. Permettez-moi d'abord de saluer soeur José Terrien, dans nos
tribunes, directrice générale du collège Jésus-Marie de Bellechasse. C'est un
honneur de la recevoir ici aujourd'hui, accompagné d'une cinquantaine d'élèves,
pour cet hommage.
Depuis 1984, elle a consacré sa vie au
service des autres, tant au Québec qu'à l'international, en s'impliquant dans
des missions communautaires et humanitaires. À partir de 2020, elle met son
dynamisme au service de la réussite des élèves en développant des initiatives
favorisant leur épanouissement mais aussi leur persévérance scolaire. Elle a
également contribué à la revitalisation du collège avec la création d'une
bibliothèque, d'une cafétéria, d'une salle d'entraînement et de trois nouvelles
salles de classe mais également d'un espace dédié à l'entrepreneuriat, l'Espace
créatif Dina-Bélanger.
Toujours à l'affût des nouveautés et
animée par le désir d'innover, je tiens à vous remercier sincèrement pour votre
contribution remarquable à notre communauté. Merci.
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) :
Cela met fin à la rubrique Déclarations de députés.
Et je suspends les <travaux...
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) :
...suspends les >travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à 9 h 55)
10 h (version révisée)
(Reprise à 10 h 15)
La Présidente : Bonjour, tout
le monde. Mesdames, messieurs, distingués invités, le Parlement du Québec, c'est
chez vous. Bienvenue.
Et, non, ce n'est pas un poisson d'avril.
Ce matin, nous avons des problèmes techniques avec nos écrans. Alors, on tente
de réparer ce problème technique, ce qui explique ce petit délai. Nous nous en
excusons.
Alors, messieurs dames les députés, nous
allons nous recueillir quelques instants.
Je vous remercie beaucoup. Veuillez vous asseoir.
Présence de M. Rémy
Trudel, ex-parlementaire de l'Assemblée nationale
Alors, aujourd'hui, 1er avril, j'ai
le plaisir de souligner la présence, dans les tribunes, de M. Rémy Trudel,
ancien député de Rouyn-Noranda—Témiscamingue.
Dépôt de la lettre informant de la réintégration du député
de Taillon, M. Lionel Carmant, au sein du caucus du groupe parlementaire
formant le gouvernement
Et, avant de poursuivre les affaires
courantes, je dépose une lettre que m'a adressée le whip en chef du
gouvernement, dans laquelle il m'informe que le député de Taillon,
M. Lionel Carmant, a réintégré le caucus du groupe parlementaire formant
le gouvernement, en date du 1er avril 2026.
Et nous poursuivons les affaires
courantes.
Aujourd'hui, il n'y a pas de déclarations
ministérielles.
Présentation de projets
de loi
À la rubrique Présentation de projets de
loi, M. le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : Oui.
Bonjour, Mme la Présidente. Je vous demande d'appeler l'article a du feuilleton,
s'il vous plaît.
Projet de loi
n° 27 — Loi modifiant diverses dispositions concernant les
décrets de convention collective et l'industrie de la construction
La Présidente : À l'article a
du feuilleton, M. le ministre du Travail présente le projet de loi n° 27, Loi
modifiant diverses dispositions concernant les décrets de convention collective
et l'industrie de la construction. M. le ministre.
M. Jean Boulet
M. Boulet : Oui, merci,
Mme la Présidente.
Ce projet de loi modifie diverses
dispositions concernant les décrets de convention collective et l'industrie de
la construction.
À l'égard des décrets de convention
collective, le projet de loi modifie essentiellement la Loi sur les décrets de
convention collective et la Loi sur les normes du travail.
Le projet de loi confie au ministre du
Travail la responsabilité de décréter les modifications apportées à un décret
de convention collective à la suite d'une demande d'un comité paritaire ou de
toute partie contractante. Il accorde également au ministre le pouvoir
d'approuver les règlements pris par les comités paritaires, de les modifier ou
de les abroger.
Le projet de loi vise aussi à encadrer et
à uniformiser le processus de non-renouvellement d'un décret, en prévoyant que
la partie contractante patronale ou la partie contractante syndicale peut
empêcher son renouvellement par un avis transmis au ministre au cours du
sixième mois précédant la date de fin du décret.
Le projet de loi introduit, en outre, une
habilitation réglementaire dans la Loi sur les normes du travail afin de
permettre au gouvernement d'établir des normes du travail sectorielles
applicables à l'ensemble des employeurs et des personnes salariées d'un métier,
d'une industrie, d'un commerce ou d'une profession qui, n'eut été son
expiration, seraient visés par un décret.
Le projet de loi prévoit que le ministre
doit considérer la représentativité des associations patronales et syndicales
ou des regroupements de telles associations avant de recommander au gouvernement
de décréter qu'une convention collective relative à un métier, à une industrie,
à un commerce ou à une profession lie tous les salariés et tous les employeurs
professionnels du Québec ou d'une région déterminée. Le projet de loi prévoit
également que le ministre doit s'assurer d'une telle représentativité avant de
modifier un décret de convention collective. Il autorise par ailleurs le
ministre à établir des directives visant la saine gouvernance des comités
paritaires, notamment en matière d'inspection.
En matière d'allègements, le projet de loi
propose d'éliminer l'obligation pour le ministre de publier, dans les journaux,
un avis de la réception d'une demande visant à ce que le gouvernement décrète
l'extension d'une convention collective ou d'une demande de modification à un
décret de convention collective. Il retire également l'obligation des comités
paritaires de transmettre annuellement au ministre certains documents, dont
leurs prévisions budgétaires et leurs états financiers vérifiés. Il élimine enfin
l'obligation pour les comités paritaires d'être reconnus à titre de mutuelles
de formation pour participer au développement des compétences de la
main-d'oeuvre et pour utiliser les subventions qu'ils reçoivent à cette fin.
En ce qui concerne l'industrie de la
construction, le projet de loi modifie essentiellement la Loi sur les relations
de travail, la formation professionnelle et la gestion de la main-d'oeuvre dans
l'industrie de la construction et la Loi sur la santé et la sécurité du
travail. Il apporte des précisions aux dispositions de ces lois dans le but de
clarifier les conditions de travail, les avantages et les autres règles
applicables aux représentants en santé et en sécurité qui exercent des
fonctions sur un chantier de construction.
• (10 h 20) •
Le projet de loi détermine, pour les
phases de démarrage et d'achèvement des travaux sur certains chantiers de
construction, les conditions nécessaires au déploiement ou au retrait des
représentants en santé et en sécurité et des coordonnateurs en santé et en
sécurité affectés à plein temps. Il exclut des conditions à prendre en compte
pour la désignation de ces personnes celle concernant le coût total des
travaux. Il prévoit l'obligation, pour un maître d'oeuvre, d'aviser les
associations représentatives de la nécessité de désigner un représentant en
santé et en sécurité à plein temps sur un chantier de construction.
Le projet de loi vise également à exclure
du champ d'application de la Loi sur les relations du travail, la formation et
la gestion de la main-d'oeuvre dans l'industrie de la construction les travaux
exécutés par des salariés permanents embauchés directement par la Société des
établissements de plein air du Québec, par les coopératives d'habitation ainsi
que par les organismes sans but lucratif d'habitation.
Le projet de loi confie au gouvernement le
pouvoir de mettre en oeuvre des projets pilotes relatifs à toute matière visée
par la Loi sur les relations de travail, la formation professionnelle et la
gestion de la main-d'oeuvre dans l'industrie de la construction ou par l'un de
ses règlements d'application, afin d'étudier, d'améliorer ou de définir des
normes applicables en ces matières.
Le projet de loi habilite la Commission de
la construction du Québec à établir, par règlement, un régime complémentaire de
retrait préventif pour les travailleuses de la construction enceintes ou qui
allaitent, lequel viendrait s'ajouter au programme de retrait préventif déjà en
place en vertu de la Loi sur la santé et la sécurité du travail. Il confère
l'administration de ce régime complémentaire de retrait préventif à la
Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail et
prévoit que les modalités relatives à sa gestion devront être déterminées dans
le cadre d'une entente entre ces deux commissions.
Le projet de loi habilite la Commission de
la construction du Québec à prévoir les cas où elle peut accorder une
autorisation de travail temporaire afin de conférer à son titulaire, sous
réserve des conditions qui y sont prévues, les mêmes droits et les mêmes
obligations que ceux d'un titulaire d'un certificat de compétence ou d'un
bénéficiaire d'une exemption de détenir un tel certificat. Il habilite
également cette commission à déterminer, à cet égard, les critères applicables
à la délivrance, au renouvellement, à la remise en vigueur et à l'annulation de
telles autorisations.
Enfin, le projet de loi prévoit des
modifications de concordance ainsi que des dispositions transitoires et
finales.
Merci, Mme la Présidente.
La Présidente : Et je
reconnais M. le leader de l'opposition officielle. Oui, je vous écoute.
M. Tanguay : ...nous
demandons des consultations particulières sur ce projet de loi. Merci.
Mise aux voix
La Présidente : Et est-ce que
l'Assemblée accepte d'être saisie de ce projet de loi?
Des voix : Adopté.
La Présidente
: Adopté.
Toujours à la rubrique Présentation de projets de loi, je reconnais maintenant
M. le député des Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau : Mme la Présidente,
je vous demande d'appeler l'article b au feuilleton.
Projet de loi
n° 595 — Loi sur l'assistance personnelle autodirigée pour
les personnes handicapées
La Présidente : À l'article b
du feuilleton, M. le député des Îles-de-la-Madeleine présente le projet de loi
n° 595, Loi sur l'assistance personnelle autodirigée pour les personnes
handicapées. M. le député.
M. Joël Arseneau
M. Arseneau : Merci beaucoup.
Mme la Présidente, j'aimerais d'abord saluer la présence dans nos tribunes de
Jonathan Marchand.
Ce projet de loi vise à promouvoir et à
garantir l'autonomie des personnes handicapées. À cette fin, il met en place un
programme d'assistance personnelle autodirigée, lequel comprend une aide
financière. Le projet de loi définit l'assistance personnelle autodirigée et
détermine les principes qui doivent guider l'élaboration du programme.
Le projet de loi institue le Programme
d'assistance personnelle autodirigée et prévoit que Retraite Québec en fait
l'administration.
Le projet de loi prévoit que, pour être
admissible au Programme d'assistance personnelle autodirigée, une personne
handicapée doit résider au Québec et avoir un besoin d'assistance personnelle
autodirigée.
Le projet de loi affirme que le
prestataire dont les services sont retenus par la personne handicapée peut
poser tous les gestes que cette dernière poserait elle-même si ce n'était de
son handicap.
Le projet de loi prévoit les droits et
obligations réciproques relatifs au programme.
Le projet de loi prévoit les modalités de
l'établissement et du versement de la prestation d'aide financière accordée par
Retraite Québec. Il indique la méthode de calcul d'une prestation de base et
les dépenses pouvant justifier l'augmentation de cette prestation de base.
Le projet de loi prévoit des dispositions
relatives aux recours qui peuvent être exercés auprès de Retraite Québec et,
par la suite, devant le Tribunal administratif du Québec.
Le projet de loi crée aussi l'obligation
pour Retraite Québec de transmettre au ministre de la Famille, des Aînés et de
la Condition féminine, qui doit ensuite les déposer à l'Assemblée nationale,
des rapports concernant les activités en vertu de l'application de la présente
loi et de la mise en oeuvre de cette dernière.
Mise aux voix
La Présidente : Et est-ce que
l'Assemblée accepte d'être saisie de ce projet de loi? Adopté?
Des voix
: Adopté.
La Présidente
: Adopté.
Dépôt de documents
À la rubrique Dépôt de documents, je
dépose le nouveau diagramme de l'Assemblée en date d'aujourd'hui.
Dépôt de rapports de
commissions
À la rubrique Dépôt de rapports de
commissions, M. le président de la Commission de l'aménagement du territoire et
député de Drummond—Bois-Francs.
Consultations
particulières sur le projet de loi n° 20 — Loi édictant la
Loi visant à favoriser l'accès au logement et modifiant diverses dispositions
concernant le domaine de l'habitation
M. Schneeberger : Merci, Mme
la Présidente. Alors, je dépose le rapport de la Commission de l'aménagement du
territoire qui, les 26 et 31 mars 2026, a tenu des auditions publiques
dans le cadre des consultations particulières sur le projet de n° 20, Loi
édictant la Loi visant à favoriser l'accès au logement et modifiant diverses
dispositions concernant le domaine de l'habitation.
La Présidente : Et ce rapport
est déposé.
Mme la présidente de la Commission des
relations avec les citoyens et députée des Plaines.
Étude détaillée du
projet de loi n° 12 — Loi instituant la prestation de
services de garde éducatifs à l'enfance par les personnes reconnues à titre de
responsables d'un service de garde éducatif en communauté
Mme Lecours (Les Plaines) : Bonjour,
Mme la Présidente. Alors, j'ai le plaisir de déposer le rapport de la Commission
des relations avec les citoyens qui, les 17, 18, 19, 24, 25, 26 et 31 mars
2026, a procédé à l'étude détaillée du projet de loi n° 12, Loi instituant
la prestation de services de garde éducatifs à l'enfance par les personnes
reconnues à titre de responsables d'un service de garde éducatif en communauté.
La commission a adopté le texte du projet de loi avec des amendements.
La Présidente : Merci. Ce
rapport est déposé.
Présence de Mme
Véronyque Tremblay, ex-parlementaire de l'Assemblée nationale
Et on m'informe que j'ai le plaisir,
aujourd'hui, d'avoir dans nos tribunes également Mme Véronyque Tremblay,
l'ancienne députée de Chauveau, qui est ici aujourd'hui. Nous vous saluons.
Dépôt de pétitions
Maintenant, à la rubrique Dépôt de
pétitions, je reconnais M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
Maintenir le cadre législatif sur les décrets de conventions collectives
M. Leduc : Je dépose
l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par
3 552 pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes du
Québec.
«Les faits invoqués sont les
suivants :
«Considérant que le gouvernement a donné
comme mandat au ministère du Travail d'évaluer la possibilité d'abroger la Loi
sur les décrets de convention collective;
«Considérant que les décrets actuels
déterminent les conditions de travail minimales de plus de 90 000 employés au
Québec et jouent un rôle actif dans la lutte à la pauvreté;
«Considérant que les conditions salariales
et normatives fixées par décret incitent à la rétention du personnel, à la
formation continue et à la professionnalisation des métiers;
«Considérant que l'abrogation de cette loi
exercerait une pression à la baisse sur les salaires ayant comme conséquence
directe de fragiliser et d'appauvrir les employés assujettis;
«Considérant que face à la hausse du coût
de la vie, le décret joue un rôle de rempart face à la précarité;
«L'intervention réclamée se résume
ainsi :
«Nous, signataires, demandons au
gouvernement du Québec de maintenir le cadre législatif sur les décrets de
conventions collectives.»
Je certifie que cet extrait est conforme à
l'original de la pétition. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente : Cet extrait
de pétition est déposé.
Et, à nouveau, M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
Améliorer les conditions de travail des paramédics
M. Leduc : Je dépose l'extrait
d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par
2 324 pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes du
Québec.
«Les faits invoqués sont les
suivants :
«Considérant que les services
préhospitaliers d'urgence constituent un service essentiel à la population
québécoise;
«Considérant que les paramédics sont
actuellement en négociation afin d'améliorer leurs conditions de travail,
lesquelles auront un impact direct sur la relève de la profession;
«Considérant que les étudiantes et
étudiants en soins préhospitaliers d'urgence ne sont pas parties au conflit de
travail, mais voient néanmoins leur diplomation compromise en raison du refus
d'accès aux stages;
«Considérant que le refus d'accueillir des
stagiaires fait partie des moyens de pression actuellement utilisés par les
paramédics dans le cadre de leurs négociations avec le gouvernement du Québec;
«Considérant que les stages en milieu réel
constituent le moyen de formation le plus efficace pour assurer la compétence,
la sécurité et la préparation professionnelle des paramédics de demain;
«Considérant que cette situation risque
d'aggraver la pénurie de paramédics et de fragiliser la sécurité publique;
«L'intervention réclamée se résume
ainsi :
«Nous, signataires, demandons au
gouvernement du Québec :
«d'intensifier immédiatement les
négociations avec les représentants des paramédics par la mise en place d'un
processus continu, soutenu et prioritaire, afin de mettre fin à l'impasse
actuelle;
«de reconnaître formellement que la
profession de paramédic est essentielle à la population et qu'elle constitue
une composante indispensable du système de santé québécois;
«de régler intégralement le conflit de
travail avant toute reprise des stages en milieu préhospitalier, afin de
permettre la meilleure éducation;
«de s'engager à améliorer durablement les
conditions de travail et de pratique des paramédics dans une perspective de
rétention, d'attraction et de sécurité publique.»
Je certifie que cet extrait est conforme à
l'original de la pétition. Merci, Mme la Présidente.
• (10 h 30) •
La Présidente
: Et cet <extrait
de pétition est déposé...
>
10 h 30 (version révisée)
<
12187
La Présidente:
...et cet >extrait de pétition est déposé.
Il n'y a pas de réponses orales aux
pétitions ni d'interventions portant sur une violation de droit ou de
privilège.
Je vous avise qu'après la période de
questions et de réponses orales sera tenu le vote reporté sur l'adoption du
principe du projet de loi n° 1.
Questions et réponses orales
Nous en sommes maintenant rendus à la
période de questions et de réponses orales. Pour ce faire, je cède la parole,
en question principale, au chef de l'opposition officielle.
Temps d'attente dans
les services d'urgence
M. André Fortin
M. Fortin :Mme la Présidente, tel que promis la semaine dernière, on va
continuer de parler du bilan du premier ministre, puisqu'il nous reste quelques
jours avec lui.
La promesse-phare du premier ministre en
matière de santé, celle qu'il a mise de l'avant dès 2018, dès son arrivée, c'était
90 minutes d'attente à l'urgence. La promesse, elle était claire, elle
était simple, mais le résultat, il est tout aussi clair, Mme la Présidente. Après
quatre années de la CAQ au pouvoir, le temps d'attente aux urgences était passé
de 142 minutes à 166 minutes et quatre ans plus tard, à la fin de ce
mandat-ci, le temps d'attente, il est maintenant de 179 minutes, Mme la
Présidente.
Alors là, le premier ministre, il doit des
explications aux Québécois. Cette promesse-là, c'était sa grande promesse en
santé, et il a échoué. Année après année, ministre caquiste de la Santé après
ministre caquiste de la Santé, les résultats ont été de pire en pire, l'attente
aux urgences, elle a augmenté. Son 90 minutes à l'urgence, Mme la
Présidente, c'est un échec sur toute la ligne. Il doit, il doit des
explications aux Québécois. Pourquoi a-t-il échoué si lamentablement?
La Présidente
: La
réponse du premier ministre.
M. François Legault
M. Legault : Oui. Merci, Mme
la Présidente. On avait effectivement, en santé, deux grandes promesses :
la première, donner un médecin de famille ou un GMF à chaque Québécois et,
deuxièmement, réduire le temps d'attente dans les urgences. Mme la Présidente,
il y a un lien entre les deux, parce qu'actuellement, malheureusement, il y a
50 % des patients dans nos urgences qui ne devraient pas être dans nos
urgences. Ils auraient dû être vus dans un GMF, que ce soit dans un CLSC ou
dans une clinique privée.
Or, Mme la Présidente, j'avoue que ça a
été difficile de remplir la première promesse, c'est-à-dire donner un médecin
de famille ou un GMF à chaque Québécois. Mais, Mme la Présidente, une de mes
grandes fiertés, c'est que, quand on est arrivés à la suite des libéraux, il y
avait, au Québec, 6,4 millions de Québécois qui avaient accès à un médecin
de famille ou un GMF. Il y en a aujourd'hui 7,4 millions, et on en aura
bientôt 7,5 millions d'ici le 30 juin, ce qui devrait répondre à
la demande de tous ceux qui veulent avoir accès à un GMF. Donc, Mme la
Présidente, dans un deuxième temps, ça permettra d'enlever 50 % des
patients qui sont dans les urgences puis de réduire le temps d'attente dans les
urgences.
Mais, Mme la...
La Présidente
: ...
M. Legault : Je continuerai, Mme
la Présidente.
La Présidente
: ...
M. André Fortin
M. Fortin :Mme la Présidente, après huit ans au pouvoir, à la veille de
son départ, le premier ministre nous dit encore : Bien, ça va s'améliorer
dans le futur. Il a eu huit ans, Mme la Présidente, et là aujourd'hui, là,
cette année, il y a exactement le même nombre de visites dans les urgences qu'à
son arrivée, exactement le même nombre, mais les gens qui y vont, ils attendent
plus longtemps, Mme la Présidente.
C'est ça qu'on lui demande aujourd'hui :
Les gens attendent plus longtemps; comment il peut justifier son échec?
La Présidente
: La
réponse du premier ministre.
M. François Legault
M. Legault : Bien, Mme la
Présidente, faut-il rappeler que, pendant 15 ans, 15 ans, le Parti
libéral n'a pas été capable de régler le problème le plus important, selon tous
les rapports qui ont été faits sur la santé, en particulier le rapport Clair,
donner accès à un GMF à tous les Québécois?
Quand le chef de l'opposition officielle
dit qu'on n'a rien fait, il exagère un petit peu. On a 1 million de plus
de Québécois aujourd'hui, par rapport à ce qu'on avait dans le temps des
libéraux, qui ont accès à un GMF. Et on vient enfin de signer une convention
collective pour changer le mode de rémunération des médecins de famille, ce que
jamais n'a été capable de faire le Parti libéral.
La Présidente
: Deuxième
complémentaire.
M. André Fortin
M. Fortin :
Mon Dieu! Mme la Présidente, le premier ministre nous dit : Ah! bien, ça
va bien, il y a un paquet de monde pris en charge. Pouvez-vous m'expliquer,
dans ce <cas-là...
M. Fortin :
...il y a un paquet de monde pris en charge.
Pouvez-vous m'expliquer, dans ce >cas-là, pourquoi il y a
9 h 27 min d'attente ce matin à l'urgence du CHUM? Ça va bien,
tout le monde a accès à un GMF! Il y a 9 h 27 min d'attente au
CHUM puis il y a 8 h 42 min d'attente ce matin à Fleurimont.
Le premier ministre disait :
Jugez-nous aux résultats. Les résultats, ils sont gênants.
La Présidente : Et, M. le
chef, je vous rappelle, vous vous adressez directement à la présidence. La
réponse du premier ministre.
M. François Legault
M. Legault : Oui. Mme la
Présidente, dans le temps des libéraux, les gens qui étaient inscrits à un GMF
n'étaient pas capables de voir leur médecin le soir, la fin de semaine. Ce
qu'on fait actuellement avec la nouvelle entente, c'est qu'on exige une vraie
prise en charge, incluant le soir, incluant la fin de semaine. Puis 50 %
de la rémunération des médecins de famille, enfin, est donné sur la prise en
charge, ce que ni Gaétan Barrette, ni Philippe Couillard, ni personne du Parti
libéral n'a été capable de faire.
La Présidente : Troisième
complémentaire.
M. André Fortin
M. Fortin :Mme la Présidente, si les gens avaient un médecin puis ils
étaient capables de le voir, il n'y aurait pas de 9 h 27 min
d'attente à l'urgence du CHUM en ce moment. Mais vous savez ce qui a augmenté,
ce qui a augmenté sous le règne du premier ministre, là, à part le temps d'attente
aux urgences? C'est le nombre de monde qui vont aux urgences puis qui s'en vont
parce que le temps d'attente, il est trop long. Il y a
429 000 Québécois qui ont quitté la salle d'urgence sans avoir été
vus par personne cette année parce qu'ils n'étaient pas capables d'avoir du
service, parce que l'attente était trop longue.
Je ne vois pas comment le premier
ministre, il peut être fier de son bilan.
La Présidente : La réponse du
premier ministre.
M. François Legault
M. Legault : Bien, Mme la
Présidente, je m'excuse, là, mais le chef de l'opposition officielle comprend
mal les enjeux...
Des voix : ...
M. Legault : Oui, ils
trouvent ça drôle, là. Mais dans le temps des libéraux, quand on avait un
médecin de famille, la grande majorité des gens n'étaient pas capables de le
voir le soir, la fin de semaine, même le jour, quand ils étaient malades parce
qu'il n'y avait pas de prise en charge puis que... Les médecins étaient payés à
l'acte. Ça veut dire qu'ils ne laissaient pas de plages ouvertes pour les
imprévus. C'est ça qu'on est en train de changer, enfin, Mme la Présidente. Ça
a été plus long qu'on pensait, mais on y est arrivés, contrairement aux
libéraux qui n'ont rien fait pendant 15 ans.
La Présidente : En question principale,
je reconnais maintenant le député de Marguerite-Bourgeoys.
Productivité des
entreprises québécoises
M. Frédéric Beauchemin
M. Beauchemin : La semaine
dernière, l'Innovateur en chef du Québec a été sans équivoque : en matière
de productivité et d'innovation, Mme la Présidente, le Québec recule. Avec huit
ans d'un mauvais gouvernement caquiste, nos entrepreneurs perdent espoir. Ils
perdent espoir que la législation allait réellement être assouplie et que le
climat d'affaires allait s'améliorer. Ils perdent espoir qu'une fiscalité
compétitive allait leur donner une chance. Mais non, Mme la Présidente, la CAQ
taxe nos PME et donne ça à des compagnies étrangères.
Mme la Présidente, nos PME perdent espoir
parce que, notamment, nos infrastructures sont en ruine, et leurs travailleurs
qualifiés sont retournés chez eux, Mme la Présidente. La résultante de
ça : 20 % de nos entreprises qui innovent moins depuis quatre ans,
20 %, Mme la Présidente.
Mme la Présidente, la CAQ va blâmer qui
pour leur échec, encore une fois?
La Présidente : La réponse du
ministre des Finances.
M. Eric Girard
M. Girard (Groulx) : Oui, Mme
la Présidente. Bien, sans vouloir complexifier l'affaire, là, la productivité,
c'est une division. Alors, c'est le PIB réel divisé par le nombre de
travailleurs, puis la résultante, c'est la productivité. Alors, c'est aussi
l'intrant pour le calcul du PIB par habitant. Et on a des données depuis 2018
jusqu'à 2024 dans le budget, puis dernièrement on a eu les données pour 2025.
Alors, le PIB par habitant est en hausse de, j'arrondis au pourcentage près,
5 % en hausse au Québec, et puis, pour l'Ontario, bien, c'est zéro, et
puis, pour le Canada, c'est zéro.
Alors, c'est sûr qu'on peut faire mieux.
C'est sûr qu'on va continuer à travailler. C'est sûr qu'on a un nouveau crédit
d'impôt pour la recherche et l'innovation, qu'on a simplifié notre régime
fiscal, puis que l'Innovateur en chef fait un bon travail, puis qu'on a une
stratégie québécoise de recherche et d'innovation. On va continuer. Mais les
résultats sont plutôt bons, et même le député de Marquette le reconnaît.
• (10 h 40) •
La Présidente : Et, M. le
député de Marguerite-Bourgeoys, en première complémentaire.
M. Frédéric Beauchemin
M. Beauchemin : Je vais
plutôt vous la simplifier, Mme la Présidente : la moitié des entreprises
du Québec n'innoveront pas cette année. C'est inacceptable. Pas d'innovation,
pas de gain de productivité, pas de gain de productivité, moins de richesse, Mme
la Présidente.
Innover multiplie par deux le potentiel de
croissance de nos <PME...
M. Beauchemin :
...moins
de richesse, Mme la Présidente. Innover multiplie par deux le potentiel de
croissance de nos >PME et, évidemment, augmente les recettes de l'État.
Le ministre réalise-t-il que son manque d'innovation puis son recul de
productivité fait mal à toutes nos PME?
La Présidente
:
La
réponse du premier ministre.
M. François Legault
M. Legault : Mme la
Présidente, étant donné que c'est mon avant-dernière période de questions, vous
allez me permettre de contredire complètement ce que vient de dire le député.
Ça, c'est la croissance du PIB par habitant. La première colonne, c'est le
Québec, 4,9 %. La deuxième colonne, c'est l'Ontario, 0,2 %. La
troisième colonne, c'est le reste du Canada, 0,2 %. Qui a été le meilleur
pour augmenter la productivité? Qui a été le meilleur pour augmenter le PIB par
habitant? C'est très, très clair. Jamais les libéraux n'ont fait ça. C'est ma
plus grande fierté.
Des voix : ...
La Présidente : L'article 32,
c'est bon pour tout le monde! On garde le silence! En deuxième... en deuxième
complémentaire, le député de Marguerite-Bourgeoys.
M. Frédéric Beauchemin
M. Beauchemin : Mme la
Présidente, le premier ministre a manqué une bonne game, comme il dit si
souvent, parce que, là, en ce moment, là, on parle... on parle de...
Des voix : ...
La Présidente : Attendez!
Article 32, on garde le silence! Une seule personne a le droit de parole
ici, c'est le député. J'aimerais vous entendre. Vous avez... vous avez
23 secondes. Poursuivez.
M. Beauchemin : Quand on
se compare à l'Ontario, à l'Alberta, à la Colombie-Britannique en innovation de
logistique, on est derniers. En production et procédés innovants, on est
derniers. En capital privé, on est derniers.
Ça fait huit ans que la CAQ nous tire vers
le bas, Mme la Présidente. Pourquoi la CAQ n'a jamais pris au sérieux l'enjeu
de la...
La Présidente : La réponse du
premier ministre.
M. François Legault
M. Legault : Mme la
Présidente, je pense que le député n'a pas juste manqué une game, je pense
qu'il a manqué toute la saison. Et, Mme la Présidente, le député a beau se
forcer à trouver certains endroits où l'Alberta ou une autre province nous a
battus, au total, hein, ce qui est important en économie, c'est les résultats,
c'est le total. Au total, clairement, le Québec a battu et l'Ontario et le
reste du Canada, ça ne s'est jamais vu dans l'histoire du Canada, surtout pas quand
les libéraux étaient au pouvoir. L'économie, là, du Québec, on s'en est occupé
comme jamais.
La Présidente : En question
principale, je reconnais maintenant le député de Jacques-Cartier. On vous
écoute.
Mise à jour du plan
d'action d'Hydro-Québec
M. Gregory Kelley
M. Kelley : Mme la
Présidente, une mise à jour de le plan d'action d'Hydro-Québec est nécessaire
avant les prochaines élections. Comme vous le savez, c'est des investissements
colossaux. Mais est-ce qu'Hydro-Québec va être capable de contrôler leurs
investissements et contrôler les prix? Parce que, présentement, on sait
qu'Hydro-Québec... et c'est beaucoup de pression, ils ont commencé avec un plan
qui était chiffré à 150 milliards de dollars. Maintenant, c'est rendu
à 200 milliards de dollars. Qui doit payer ça? Tous les consommateurs
d'Hydro-Québec, mais, en particulier, ça va être les PME et les gros
industriels. Et, si Hydro-Québec n'est pas capable de contrôler leurs coûts,
bien, c'est eux autres qui vont être obligés de payer plus, et, quand même,
peut-être ils vont être exposés à un choc tarifaire.
Alors, j'ai une question pour le ministre
de l'Énergie. Est-ce qu'il est prêt à faire une mise à jour et demander une
mise à jour de le plan d'action d'Hydro-Québec? Et est-ce qu'il peut confirmer
que les coûts pour le plan d'action sont toujours à 200 milliards de
dollars?
La Présidente : La réponse du
premier ministre.
M. François Legault
M. Legault : Mme la
Présidente, une autre de mes grandes fiertés, c'est ce qu'on a réussi à faire
depuis sept ans et demi chez Hydro-Québec. Je me rappelle ma première rencontre
chez Hydro-Québec il y a sept ans et demi. Il y avait zéro projet, il y avait
trop d'électricité, il y avait zéro client industriel. On jetait de
l'électricité, on laissait couler l'eau sans faire d'électricité parce que les
libéraux n'avaient pas trouvé de clients.
On a pris notre petite valise, on a trouvé
des clients industriels payants, puis, actuellement, Hydro-Québec a
200 milliards de projets payants. Il va y avoir deux booms économiques, le
premier durant la construction, deuxièmement, la croissance de nos entreprises.
Mme la Présidente, c'est gênant. Les libéraux n'ont rien fait avec Hydro-Québec
pendant 15 ans.
La Présidente
:
Première...
Des voix : ...
La Présidente
:
Attendez. Attendez juste un petit instant. Je vous le rappelle, article <32,
on garde le silence. Mais, également, rappel au décorum, on n'applaudit pas, on
ne frappe pas, et on écoute...
La Présidente
: ...je
vous le rappelle, article >32, on garde le silence, mais également
rappel au décorum. On n'applaudit pas, on ne frappe pas et on écoute. On écoute
la question. Première complémentaire, allez-y.
M. Gregory Kelley
M. Kelley
: C'est
inexact, Mme la Présidente. La Romaine, c'est nous, c'était le Parti libéral,
quand même, Apuiat, le projet que vous avez détesté dans l'opposition, c'était
un projet libéral, mais les réalités, Mme la Présidente...
Je reviens sur le sujet. Si Hydro-Québec
n'est pas capable de contrôler le coût de leur plan, c'est nos petites,
moyennes... petites et moyennes entreprises et les gros industriels qui vont
être obligés de payer plus en plus.
Est-ce que le ministre peut confirmer
qu'il va demander une mise à jour de le plan d'action Hydro-Québec?
La Présidente
: La
réponse du premier ministre.
Une voix : ...
M. François Legault
M. Legault : Bien oui, Mme la
Présidente, La Romaine, ce n'était pas un projet, là, c'était presque terminé
quand on est arrivés. Il n'y en avait pas, de projet. J'ai demandé à Éric
Martel : Avez-vous des projets? Il a fouillé dans ses... il a dit :
Zéro projet, parce qu'on manque de clients, on a trop d'électricité.
Imaginez-vous, au moment où le monde entier cherche de l'énergie, les libéraux
jetaient de l'énergie.
Mme la Présidente, je n'aurais pas pu
demander mieux, Hydro-Québec, 200 milliards de projets. Pas plus tard
qu'hier j'étais à Charlevoix pour annoncer un beau projet. Les régions du
Québec vont en profiter. Enfin, on agit, contrairement au Parti libéral.
La Présidente
:
Deuxième...
Des voix : ...
La Présidente
:
Deuxième complémentaire.
M. Gregory Kelley
M. Kelley
: Oui. Nous
avons réservé des blocs d'énergie pour Northvolt. Je sais que vous êtes fiers
de ça, M. le Président. Ça, ce n'est pas un projet porteur pour les régions,
Mme la Présidente.
Des voix : ...
La Présidente
: Eh oui,
j'ai arrêté le temps, le temps que je vous rappelle que vous vous adressez à la
présidente, et vous ne vous interpellez pas des deux côtés, et vous avez
22 secondes. Poursuivez.
M. Kelley
: ...ouest de
Montréal, Mme la Présidente. C'est un bon débat, mais je reviens... le sujet.
Il faut avoir l'heure juste sur le plan d'action d'Hydro-Québec avant les
prochaines élections. C'est important pour tous les Québécois. Hydro-Québec, ça
appartient à tous les Québécois.
Puis on veut savoir : Est-ce que le
chiffre estimé pour leur plan d'action est toujours à
200 milliards de dollars ou est-ce que c'est plus maintenant? Est-ce
que le ministre peut nous confirmer... ou le premier ministre?
Des voix : ...
La Présidente
: Et vous
connaissez la règle, M. le leader de l'opposition officielle. La réponse du
premier ministre.
M. François Legault
M. Legault : Oui, Mme la
Présidente, ce que je peux vous confirmer, c'est qu'en 2018 le plan de
développement d'Hydro-Québec, c'était 0 $. Zéro moins zéro égale zéro. C'était
ça, le bilan des libéraux. Il n'y avait pas de marché de clients industriels.
Et, Mme la Présidente, aujourd'hui, on est à 200 milliards.
Il y a un plan qui a été déposé. Il y aura
une mise à jour régulière qui sera déposée. J'étais avec la présidente
d'Hydro-Québec hier, Claudine Bouchard. Le Québec est chanceux d'avoir une
femme dynamique comme Claudine Bouchard. Je compte sur elle pour aller même
plus loin.
La Présidente
: En
question principale, je reconnais maintenant la cheffe du deuxième groupe
d'opposition.
Accès au logement
Mme Ruba Ghazal
Mme Ghazal : Merci, Mme la
Présidente. La crise du logement fait particulièrement mal aux aînés, surtout
les femmes seules, hein? Ce matin, on apprend que Mme Monique Jubinville,
82 ans, paie 90 % de ses revenus... Savez-vous, Mme la Présidente,
par jour, combien il lui reste dans ses poches? 7 $. 7 $ pour une
dame de 82 ans. Puis les aînés ne sont pas seuls à souffrir de la crise du
logement, il y a aussi les jeunes, les travailleurs, les familles de la classe
moyenne.
J'ai souvent parlé de logement avec le
premier ministre puis, à force de l'entendre, Mme la Présidente, j'ai compris
une chose. Oui, bien sûr, la crise est causée par l'inaction de ce gouvernement
puis aussi des gouvernements précédents, mais c'est beaucoup plus profond que
ça. La crise du logement, c'est le résultat d'une mentalité qui croit que la
crise est une fatalité.
Le premier ministre lui-même l'a dit. Il
s'est réjoui de l'augmentation du prix des maisons. Il dit que c'est bon, ça
nous permet de nous enrichir. C'est la mentalité de ceux qui ont réussi, qui
disent aux autres : Bien, investissez donc dans l'immobilier, que, face à
la crise, face à la crise, il y a des gagnants puis il y a des perdants, comme
Mme Jubinville, puis, quand il faut trouver des coupables, bien sûr, on pointe
toujours les mêmes, les immigrants.
Pour cette dernière semaine, Mme la
Présidente, j'ai envie d'essayer quelque chose de nouveau avec le premier
ministre. Arrêtons le dialogue de sourds, mettons cartes sur table. Est-ce que
le premier ministre peut s'assumer et dire que c'est à cause de sa mentalité...
• (10 h 50) •
La Présidente
: La
réponse du premier ministre.
M. François Legault
M. Legault : Mme la Présidente,
je ne trouve pas ça gentil, ce que vient de dire la cheffe du deuxième groupe
d'opposition, mais je l'aime quand <même...
M. Legault :
...Mme
la Présidente, je ne trouve pas ça gentil, ce que vient de dire la cheffe du
deuxième groupe d'opposition. Mais je l'aime quand >même, puis on ira
prendre un verre ensemble.
Mais, Mme la Présidente,
4,3 milliards pour le logement abordable, 4 300 000 000 $
pour le logement abordable, 1,3 milliard pour les programmes d'aide au
logement, 500 millions sur le crédit d'impôt de solidarité,
578 millions sur les programmes d'amélioration en habitation,
734 millions dans les HLM.
Mme la Présidente, j'ai toute une liste,
là, puis je sais que mon temps achève, mais, Mme la Présidente, comment Québec
solidaire peut-elle dire qu'on n'a rien fait? Puis comment peut-elle dire que
l'augmentation de 300 000 nouveaux arrivants dans les deux dernières
années n'a eu aucun impact sur le logement? Comment elle explique ça, Mme la
Présidente?
La Présidente : Première
complémentaire.
Mme Ruba Ghazal
Mme Ghazal : J'aimerais ça,
que le premier ministre aille expliquer à Mme Jubinville que 7 $ par jour
dans ses poches, c'est correct. Puis, avec qu'est-ce qu'il fait, c'est quoi,
elle va avoir 14 $ de plus?
Mais c'est toujours la même chose. Le
premier ministre...
Des voix : ...
La Présidente : OK. Attendez,
Mme la cheffe.
Vous êtes trop bruyants! Je n'entends pas
les propos de la cheffe. Et vous restez silencieux. On garde le silence. C'est
bon pour tout le monde. Je ne veux pas avoir à vous nommer.
M. le leader du gouvernement, quel
est votre rappel au règlement?
M. Jolin-Barrette : ...la
Présidente, il me semble que, quand on pose une question, on s'adresse à vous.
La Présidente : Également.
Merci. Mais je veux entendre ce qu'elle dit. Peut-être, s'il y avait moins de
bruit, j'entendrais mieux. Poursuivez.
Mme Ghazal : J'aurais aimé ça
qu'on fasse différemment. À chaque fois que je lui parle de logement, ils
aiment ça, faire concurrence au Parti québécois avec de la surenchère
identitaire pour dire qui va être le plus cheap avec les immigrants. Sans les
immigrants, Mme la...
Des voix : ...
La Présidente : Là... Là, je
reconnais... je reconnais le leader du gouvernement. Quel est votre rappel au
règlement? Mais je le vois venir. Je vous écoute brièvement.
M. Jolin-Barrette : Mme la
Présidente, c'est un mot au lexique. Et en plus on constate le manque de rigueur
de Québec solidaire encore une fois.
La Présidente
: Alors,
je vous remercie. Mme la cheffe, il est au lexique, ce mot, vous le savez. Je
vous demande de le retirer et de poursuivre. Vous le retirez?
Mme Ghazal : ...
La Présidente : Poursuivez.
Mme Ghazal : Mme la
Présidente, sans les immigrants, le Québec ne peut pas s'enrichir, hein? Si je
suis sa mentalité, on a besoin de cheap labor.
La Présidente : M. le leader
du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : Mme la
Présidente, des récidivistes, Québec solidaire, des radicaux, Mme la...
La Présidente : Ah! non, bon,
non. Vous pouvez vous asseoir. Je vous remercie. On ne rejouera pas dans ce
film. On garde le silence. Il n'est pas au lexique. Celui-là, il n'est pas au
lexique.
Des voix : ...
La Présidente : «Cheap», oui,
mais «cheap labor»...
Maintenant, j'aimerais avoir la réponse...
Une voix : ...
La Présidente
: Merci,
M. le leader. Merci, M. le leader du gouvernement.
La réponse, et on l'écoute, du premier
ministre.
M. François Legault
M. Legault : Mme la
Présidente, tout le monde ici va se rappeler quand on a annoncé 2 000 $
par année aux aînés. Là, j'entends la cheffe de Québec solidaire nous parler de
13 $, là. 2 000 $. Était-elle d'accord avec le 2 000 $, qui est
un 2 000 $, en passant, qui est après impôt puisque c'est un crédit
d'impôt? Mme la Présidente, ça s'est appliqué à 1,1 million d'aînés,
2 000 $. Puis là je ne parle pas du reste, je ne parle pas des allocations
familiales, je ne parle pas des baisses de taxe scolaire, je ne parle pas de
tous les autres crédits d'impôt qu'on a bonifiés, je ne parle pas de l'aide...
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
Mme Ruba Ghazal
Mme Ghazal : Mme la
Présidente, les femmes comme Mme Jubinville ne sont pas seules, elle n'est pas
la seule. Tout le monde souffre de la crise du logement. Les gens qui
travaillent, les aînés, les familles, tout le monde souffre de la crise.
Mais ce que me dit le premier ministre
dans le sous-texte, c'est : On en a fait assez, il n'y a plus rien à
faire. C'est une fatalité, il faut que les gens vivent avec la crise, c'est
tout. C'est comme ça que ça marche. Il y a des gagnants puis il y a des perdants.
Il y a les spéculateurs immobiliers qui s'en mettent plein les poches puis il y
a les autres qui souffrent. C'est comme ça. On en a fait assez.
Il y a des requins puis il y a des
poissons. Devinez c'est qui, les poissons?
Des voix : ...
La Présidente : La réponse...
La réponse du premier ministre.
M. François Legault
M. Legault : Bon, je ne le
sais pas, si c'est la farce du chef de Québec solidaire pour le poisson
d'avril, là, mais, écoutez, 2 000 $, c'est pour les aînés qui ont des bas
revenus. Est-ce qu'elle est d'accord avec ça? C'est 2 000 $ par
année, en passant, là. C'est des milliards qu'on donne à chaque année pour...
Bien non, mais est-ce qu'elle est d'accord ou elle n'est pas <d'accord...
M. Legault :
...à
chaque année pour... Bien non, mais est-ce qu'elle est d'accord ou elle n'est
pas >d'accord? Je me souviens, dans le temps, qu'elle n'aimait pas ça
quand on a annoncé ça, 2 000 $ par année aux aînés les moins riches.
Donc, à un moment donné, Mme la Présidente, il faut comprendre, là, que
l'argent ne pousse pas dans les arbres, que c'est les Québécois qui paient pour
ces services-là puis qu'on est un...
La Présidente : En question
principale, je reconnais maintenant le député de Laurier-Dorion.
Financement du logement social
M. Andrés Fontecilla
M. Fontecilla : Revenons
à Mme Jubinville, Mme la Présidente, 82 ans, retraitée, qui doit consacrer
90 % de son revenu pour payer son loyer dit abordable, à 1 875 $
par mois, rien de moins. Ça confirme ce qu'on essaie de faire comprendre à la
CAQ et à ses différents ministres de l'Habitation depuis des années : un
loyer abordable défini en fonction du prix du marché, c'est un non-sens. Et ce
n'est qu'un début. Avec le nouveau projet de logements abordables
intermédiaires avancé par la CAQ, on pourrait aller jusqu'à 150 % du loyer
médian du marché. Ça, c'est du logement supposément social.
Est-ce que la CAQ va enfin s'engager à
régler la crise et investir pour de vrai dans le logement social et communautaire?
Est-ce qu'elle va s'assurer que les loyers soient à la portée d'une personne
comme Mme Jubinville?
La Présidente : La réponse de
la ministre responsable de l'Habitation.
Mme Caroline Proulx
Mme Proulx : Merci, Mme
la Présidente. Je ne reviendrai pas sur les chiffres que le premier ministre
vient de présenter aux collègues de l'Assemblée nationale, là. Comme on dit en
chinois, «it speaks for itself», puis je pense que c'est assez clair.
Dans le cas de la dame de ce matin, de
l'article du Devoir, on a contacté, très tôt ce matin, Mme la
Présidente, la directrice générale de l'office d'habitation de Montréal, c'est
un cas particulier. Dans ce cas-là, il s'agit d'une RPA avec services. Ma collègue
travaille d'ailleurs avec moi, là, au sujet de cette résidence pour personnes
aînées où les frais, il est vrai, là, des services ont augmenté au fil du
temps.
Maintenant, l'office d'habitation de
Montréal, avec qui on a discuté ce matin, et dans le cas précis de la dame, qui
est établi dans Le Devoir ce matin, il y a entre 50 et
75 programmes de soutien au logement que l'office d'habitation de Montréal
peut dispenser. Dans le cas qui nous interpelle ce matin dans des quotidiens,
on est assez certains, Mme la Présidente, qu'avec cinquième sur la liste pour
avoir ces programmes de soutien au logement là... que la dame en question aura
donc ce programme de soutien au logement dans les prochains jours, voire les
prochaines semaines, Mme la Présidente.
La Présidente : Première
complémentaire.
M. Andrés Fontecilla
M. Fontecilla : ...la
CAQ, la crise du logement, c'est toujours des cas particuliers, là.
Mme Jubinville serait éligible au programme pour le supplément au loyer,
mais elle est sur une file d'attente, on le sait, elle est cinquième. Quand
est-ce que son tour va arriver? Ah! on verra. Ce n'est pas surprenant, les
besoins sont criants, mais, encore une fois, les solutions de la CAQ ne
suffisent pas. Dans le budget de la CAQ, c'est zéro nouveau PSL pour des
personnes comme Mme Jubinville.
Est-ce que madame... est-ce que le
gouvernement va enfin bonifier ses programmes pour répondre à la crise afin de
répondre aux besoins de madame...
La Présidente : La réponse de
la ministre.
Mme Caroline Proulx
Mme Proulx : Oui. C'est
inexact, Mme la Présidente, de prétendre qu'on n'a pas de nouveau PSL. Dans le
dernier budget, l'excellent budget du ministre des Finances, on est allés
chercher 1 000 programmes de soutien au loyer additionnels en vue
d'une potentielle crise du 1er juillet. Donc, Mme la Présidente, on est en
prévoyance de ce côté-là.
Maintenant, oui, c'est des cas
particuliers. Le cas, ce matin, qui est présenté dans un article du Devoir,
c'est vrai que c'est un cas très, très particulier pour une résidence pour
personnes aînées qui est particulière, qui est dans une situation financière,
également, qui est précaire. J'ai la pleine collaboration de la ministre de la
Santé à cet égard-là, et on travaille ensemble sur le dossier.
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
M. Andrés Fontecilla
M. Fontecilla : Il y a
des milliers, voire des dizaines de milliers de personnes retraitées qui, comme
Mme Jubinville, consacrent plus, beaucoup plus de 30 % de leurs
revenus pour payer un loyer. Mais est-ce que la ministre s'attaque à ce
problème-là? Ce n'est pas les PSL d'urgence qui vont s'attaquer à cette
situation-là. Ça a l'air très important pour elle de punir les locataires,
supposément, qui ont amélioré leurs conditions de vie dans des coopératives
d'habitation, mais, au même temps, pour les gens qui en arrachent, c'est zéro
solution.
Comment peut-elle expliquer cette
incohérence?
• (11 heures) •
La Présidente : La réponse de
la... de la ministre de la Santé.
Mme Sonia Bélanger
Mme Bélanger : Mme la
Présidente, on est très conscients, là, que le coût de la vie a un impact
important, en particulier chez les aînés, et c'est pourquoi que notre
gouvernement a agi pour soutenir les aînés. Notre premier ministre l'a
mentionné tantôt, là, un crédit d'impôt pour les aînés de 70 ans et plus à
faibles revenus, une aide de <2 000 $...
>
11 h (version révisée)
<19281
Mme
Bélanger :
...pour les aînés de 70 ans et plus à faibles
revenus, une aide de >2 000 $.
Mme la Présidente, j'aimerais ajouter un
autre élément important pour les aînés, et en particulier les aînés qui nous
écoutent aujourd'hui. On a investi plus de 550 millions pour la
bonification du crédit d'impôt pour le maintien à domicile, qui permet à un
aîné de recevoir jusqu'à 7 800 $ de remboursement pour du soutien à
domicile. C'est 580 000 ménages qui ont bénéficié de ces...
La Présidente : En question principale,
je reconnais maintenant la députée de Sherbrooke.
Augmentation de la prestation de décès
Mme Christine Labrie
Mme Labrie : Mme la Présidente,
on parle beaucoup du coût de la vie. Ce matin, je veux vous parler du coût de la
mort. Il n'y a pas juste les loyers et l'épicerie qui ont augmenté, malheureusement,
les frais funéraires aussi, au point où c'est devenu difficile, pour certaines
familles, d'offrir des funérailles à leurs proches.
Il y a plus de 1 000 personnes
par année dont la dépouille doit être prise en charge par l'État parce que
personne ne réclame leur corps. Des fois, c'est parce que la personne était
isolée. Des fois, c'est parce que la famille ne peut pas payer les frais
funéraires. Il y a beaucoup de familles qui grattent les fonds de tiroirs pour
payer des funérailles. Donc, en plus de vivre leur deuil, ils se retrouvent
avec un trou de plusieurs milliers de dollars dans leur budget. Ce matin, la
FADOQ, la Coalition pour la dignité des aînés et Les Petits Frères ont demandé
au gouvernement d'augmenter la prestation de décès, qui est gelée à 2 500 $
depuis 1998. Ce n'est pas possible, aujourd'hui, de faire des funérailles avec
2 500 $.
Est-ce que le gouvernement va augmenter la
prestation de décès pour que les Québécois puissent offrir des funérailles
dignes à leurs proches?
La Présidente : La réponse du
ministre des Finances.
M. Eric Girard
M. Girard (Groulx) : Oui, Mme
la Présidente. Alors, cette question-là a été étudiée dans le cadre de la
révision du régime des rentes du Québec, qui est une révision qui est mandatée.
Elle est obligatoire à tous les six ans. Puis il y avait eu une discussion pour
augmenter les frais. Nous avions analysé les coûts et nous avions
collectivement fait le choix de prioriser d'autres éléments.
Et donc il y aura une autre revue, parce
qu'on a déjà trois ans derrière nous, il y aura... puis cette question-là va
être étudiée. C'est certain qu'il y a une demande, mais c'est un coût important
pour le régime, et le régime, il est financé par les travailleurs, les
employeurs, et on doit choisir quelles prestations sont bonifiées. Dans notre
cas, dans la dernière révision, on a décidé de privilégier les rentes de
retraite et non les prestations de décès.
La Présidente : Première
complémentaire.
Mme Christine Labrie
Mme Labrie : Le ministre a
raison. C'est vraiment une question de choix. C'est vraiment une question de
choix politique. Puis, avec les calculs des groupes d'aînés qui sont sortis ce
matin, la baisse du taux de cotisation annoncée par la CAQ en novembre coûtait
deux fois et demie ce que ça aurait coûté de faire passer de 2 500 $
à 5 000 $ puis d'indexer, par la suite, la prestation de décès. Ça, c'est
le choix politique que la CAQ a décidé de faire.
Est-ce qu'on peut laisser les Québécois
vivre leur deuil sans qu'ils aient à se demander si payer des funérailles à
leurs proches va les empêcher de payer leurs factures?
La Présidente
: La
réponse du ministre.
M. Eric Girard
M. Girard (Groulx) : Oui, Mme
la Présidente. Bien là je vais laisser les Québécois juger, parce qu'effectivement
il y a des conditions économiques extrêmement difficiles, et on a fait le choix
d'aider les citoyens, les travailleurs et les employeurs en réduisant les
cotisations étant donné que le régime est en bonne santé. Maintenant, il y a
une revue aux six ans. La prestation de décès sera étudiée en temps et lieu. Lorsqu'elle
a été étudiée à la dernière revue, elle n'a pas été priorisée.
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
Mme Christine Labrie
Mme Labrie : 1998, là, c'est
une autre époque. Jusqu'en 1998, c'était encore possible de fumer dans les
écoles. Les enfants pouvaient acheter des billets de loterie. En 1998, Jean
Charest devenait chef du Parti libéral. Le salaire minimum était à 6,90 $.
Le Québec a changé beaucoup depuis 1998, mais la prestation de décès, elle,
elle n'a pas changé. Elle est encore exactement au même montant que quand l'actuel
premier ministre est entré en politique pour la première fois.
Est-ce qu'il va finir sa carrière en
laissant la prestation de décès au même moment que quand il est arrivé il y a
28 ans ou il va l'augmenter avant de partir?
La Présidente : La réponse du
ministre.
M. Eric Girard
M. Girard (Groulx) : Oui, Mme
la Présidente. Bien, je veux traiter... C'est un sujet délicat, là, mais, je
répète, nous avons choisi de diminuer les cotisations des employeurs et des
travailleurs, et, si on augmente la prestation de décès, bien, c'est tous
les... ceux qui contribuent aujourd'hui qui vont payer pour ça, là, c'est... On
diminue la santé du régime. C'est un choix. Et, lorsqu'il y a eu une revue du
régime, ce choix-là n'a pas été priorisé. Il y aura une autre revue, et cette
option-là sera considérée avec toutes les autres options, et un régime de <retraite...
M. Girard (Groulx) :
...et
un régime de >retraite...
La Présidente
: En
terminant.
M. Girard (Groulx) : Je peux
terminer ici, Mme la Présidente.
La Présidente : En question
principale, je reconnais maintenant le député d'Arthabaska.
Admission à la résidence permanente
M. Alex Boissonneault
M. Boissonneault : Durant
l'étude des crédits provisoires, Mme la Présidente, j'ai questionné le ministre
de l'Immigration sur ses projections concernant le PEQ, il m'a répondu que
c'était difficile à dire. On apprend, ce matin, que les deux scénarios des
candidats à la direction de la CAQ ont été présentés aux fonctionnaires pour
analyse. Le député de Lévis a présenté son chiffre, 18 000, la députée de
Sanguinet a refusé de révéler le sien. Il y a une source du ministère qui nous
dit que ce serait autour de 128 800, ce qui n'est pas très loin du chiffre
qui avait été avancé par le Parti québécois. Le ministre de l'Immigration
lui-même avait dit que, si on ouvrait le PEQ à tout le monde, ce serait entre
250 000 et 300 000 personnes. Alors, il y a des acteurs de la
société civile, des gens aussi dans l'opposition, qui ont demandé que le PEQ
soit admissible à l'ensemble des immigrants temporaires sur le territoire
québécois, qui travaillent et qui maîtrisent le français.
Ma question au ministre de l'Immigration,
c'est : Est-ce qu'il peut s'engager à réaliser des études sur les
projections d'admission, les conséquences de cette proposition-là sur
l'admission à la résidence permanente?
La Présidente : La réponse du
ministre de l'Immigration, de la Francisation et de l'Intégration.
M. Jean-François Roberge
M. Roberge : Merci bien, Mme
la Présidente. Il faut savoir que, l'automne dernier, on a fait un exercice
important de planification pluriannuelle de l'immigration sur quatre ans. Donc,
45 000 par année, environ 29 000 immigrants économiques, qu'ils
soient sélectionnés via l'ancien programme PEQ ou le nouveau PSTQ,
29 000 économiques, 6 000 réfugiés, 10 000 en réunification
familiale, 45 000 par année pendant quatre ans, stabilité, prévisibilité.
Les deux candidats à la course à la chefferie reconnaissent cette
planification. Les deux s'engagent à respecter chacun des seuils sur quatre
ans, le 45 000 annuellement, le 29 000, immigration économique, et,
après, bien, il y a des banques de candidatures qui sont très, très grandes. Il
y a des banques de candidatures, des centaines de milliers de personnes qui
voudraient obtenir la résidence permanente qui sont au Québec, qui sont
ailleurs, puis, caquistes, les deux candidats s'engagent à respecter la
planification.
Donc, on ne dépassera pas, d'après ce que
je comprends, que ce soit un ou que ce soit l'autre, le 45 000
annuellement, le 29 000, immigration économique, que ce soit via une
mesure transitoire entre le PEQ et le PSTQ ou pas n'y changera rien, Mme la
Présidente.
La Présidente : Première
complémentaire.
M. Alex Boissonneault
M. Boissonneault : Mme la
Présidente, le premier ministre et le ministre de l'Immigration répètent depuis
longtemps que la capacité d'accueil au Québec est dépassée. Or, on comprend que
la proposition de la députée de Sanguinet, qui est la candidate du ministre de
l'Immigration, doit-on le rappeler, ferait en sorte qu'il n'y a à peu près
personne qui quitterait le territoire du Québec. Donc, nous, ce qu'on essaie de
comprendre, c'est : Est-ce que le ministre de l'Immigration a changé
d'avis? Est-ce qu'il croit maintenant que la capacité d'accueil, au Québec,
finalement, n'est pas dépassée?
La Présidente : La réponse du
ministre.
M. Jean-François Roberge
M. Roberge : Mme la
Présidente, on a fait une planification pluriannuelle qui, pour la première
fois, amenait les seuils dont je viens de parler, seuils qui sont compris et
respectés par tout le monde de ce côté-ci et respectés par les deux aspirants
chefs. Puis, pour la première fois, on a compté aussi l'immigration temporaire
avec des cibles de réduction. Par exemple, pour les travailleurs étrangers
temporaires, on avait un chiffre d'autour de 72 000, on s'est dit qu'on
allait réduire ça à 65 000 pour la cible que nous avons. On veut réduire
le nombre d'étudiants étrangers, là ça a monté au-delà de 120 000, on veut
le réduire à 110 000. Au PQ, ils veulent le réduire à 50 000. Quels
programmes veulent-ils fermer? Dans quels cégeps, dans quelles universités?
Quel étudiant ne pourra pas compléter ses études? C'est à eux à répondre à
cette question.
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
M. Alex Boissonneault
M. Boissonneault : Mme la
Présidente, c'est une question de cohérence. Le bilan de la CAQ en immigration,
depuis huit ans, ça a été de dire une chose et de faire son contraire.
Rappelez-vous, en 2018, ils avaient fait campagne avec cette idée d'en prendre
moins, mais d'en prendre soin. Finalement, ce qui s'est passé, c'est qu'on a
augmenté les seuils. En 2025, on a suspendu le PEQ parce que c'est un programme
qui était trop populaire, là on pense peut-être le ramener et figer la
politique d'immigration du Québec pendant six ans. Est-ce que le ministre de
l'Immigration comprend que, si sa candidate remporte la course à la direction
de la CAQ, toutes les politiques qu'il a mises en place jusqu'à maintenant
seront caduques?
La Présidente : La réponse du
ministre.
M. Jean-François Roberge
M. Roberge : Mme la
Présidente, je pense qu'il faut éviter d'effrayer les gens. J'invite les gens à
prendre connaissance des positions clairement exprimées par les deux candidats
sur les plateformes, sur les médias sociaux, c'est très, très clair. Mon
collègue élude la question. Nous, on veut garder 110 000 étudiants
étrangers, et on a adopté une loi pour s'assurer de préserver nos cégeps
francophones en région, de préserver nos UQ : UQAM, UQAC, Université du
Québec en Outaouais, etc. Comment le Parti québécois se privera de
60 000 étudiants étrangers tout en préservant la vitalité de nos
régions, les emplois, les étudiants qui, faute de programmes ouverts, devront
peut-être aller en ville, ne retourneront pas? C'est nous, le gouvernement des
régions.
• (11 h 10) •
La Présidente : Et, en
question principale, je reconnais maintenant le député d'Abitibi-Est.
Position du gouvernement en matière de sylviculture
M. Pierre Dufour
M. Dufour : Mme la Présidente,
si la <CAQ se colle...
RLa Présidente :
...je
reconnais maintenant le député d'Abitibi-Est.
M. Dufour :
Mme la
Présidente, si la >CAQ se colle l'étiquette du parti des régions, ce
n'est certainement pas celui des régions ressources, pensons ici au dossier
sylvicole, un enjeu important dans nos régions ressources. En passant,
j'aimerais rappeler à la députée de Chicoutimi, qui soulevait cet enjeu, que
c'est le Parti québécois qui a mis en place le régime forestier actuel en 2013,
régime que les gouvernements successifs essaient de réformer depuis.
Mais revenons à la situation de
sylviculture proprement dite. Le gouvernement ne peut pas couper dans les
investissements sylvicoles, car c'est jouer avec l'actif des générations
futures. Ce n'est pas sexy, en politique, d'investir sur des résultats à long
terme, mais c'est essentiel.
Que va faire le ministre pour désengorger
la situation qui affecte les sylviculteurs? Est-ce que la structure de Rexforêt
est toujours viable et utile?
La Présidente : La réponse du
ministre des Ressources naturelles et des Forêts.
M. Jean-François Simard
M. Simard : Alors, Mme la
Présidente, je reçois avec beaucoup de plaisir la question de mon estimé
collègue, que j'ai revu la semaine dernière à Rouyn-Noranda, dans le cadre
d'une annonce très importante sur le lancement d'une zone d'innovation minière
qui va rapporter à sa région des dizaines de millions de dollars en
investissements publics dans les prochaines années, comme quoi on soutient
l'économie de l'Abitibi et de l'ensemble des régions.
Sur sa question concernant les travaux
sylvicoles, on sait que nos travailleurs sylvicoles sont à la base de
l'industrie forestière, contribuent à la santé de nos forêts, c'est quelque
12 000 travailleurs répartis partout sur le territoire du Québec qui,
tantôt, font... travaillent le terrain, tantôt, font du reboisement, tantôt,
carrément, font ce qu'on appelle de l'éducation peuplement, toujours dans des
conditions, vous l'aurez compris, très, très difficiles. Donc, nous avons été
au rendez-vous pour soutenir, de manière urgente, récemment, l'ensemble de
l'industrie forestière par des mesures très importantes, et nous allons
également le faire dans l'année qui vient. Il faut savoir, pour l'industrie
sylvicole, il faut savoir que, l'an passé, le trésor public québécois a
contribué à hauteur de 117 millions de dollars dans ses travaux, et
nous allons...
La Présidente : Première
complémentaire.
M. Pierre Dufour
M. Dufour : Oui, Mme la
Présidente, dernier en transport, pour le bon état des chemins, entre autres.
Un autre exemple, Mme la Présidente, selon un article du Devoir, sous la
plume de Stéphane Baillargeon, 72 % des investissements en culture sont
faits à Montréal et Québec. Quatre régions dites éloignées ont, d'ailleurs, vu
les dépenses directes leur étant destinées diminuer par rapport à l'année
précédente. Bien oui, l'Abitibi-Témiscamingue est l'une d'elles, conséquence,
nos artistes doivent s'expatrier.
Les gens chez nous veulent savoir comment
le ministre pense pouvoir intervenir pour améliorer l'équité culturelle.
La Présidente : La réponse du
ministre de la Culture et des Communications.
M. Mathieu Lacombe
M. Lacombe : Merci, Mme la
Présidente. Bien, je suis d'accord avec mon collègue, je suis d'accord avec mon
collègue, on doit en faire plus pour les régions, parce qu'historiquement ça
n'a pas été le cas. Il y a une concentration d'organisations culturelles, bien
sûr, à Montréal. Donc, Montréal sera probablement toujours surreprésentée de
par cette raison-là, mais on doit véritablement en faire plus. Et, ça tombe
bien, la nouvelle présidente-directrice générale du Conseil des arts et des
lettres du Québec a ce mandat-là clair et précis. D'ailleurs, encore cette
semaine, on travaillait sur cette question-là pour se rapprocher le plus
possible du poids démographique des régions dans les pourcentages
d'investissement un peu partout au Québec.
Puis on continue nos investissements,
notamment aussi dans les infrastructures culturelles, en Abitibi-Témiscamingue,
je pense à l'Agora des Arts, je pense au Vieux-Palais d'Amos aussi, pour qui,
Mme la Présidente, avec ma collègue, on aura de très, très bonnes nouvelles...
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
M. Pierre Dufour
M. Dufour : Merci au
ministre. Finalement, le fameux PQI. Malgré l'impact de l'Abitibi-Témiscamingue
et de la Côte-Nord sur le rendement du PIB du Québec, ces deux régions se
partagent annuellement les positions 15 à 17 sur 17 au programme québécois
des infrastructures depuis plusieurs années.
Il est où, le gouvernement, pour les
régions dites ressources?
La Présidente : La réponse du
ministre des Transports et de la Mobilité durable.
M. Jonatan Julien
M. Julien : Oui, merci, Mme
la Présidente, et je salue mon collègue avec ses questions. Alors, lundi, on
était, justement, pour faire l'annonce des travaux routiers sur deux ans, là,
en Abitibi. On était à Amos avec les collègues, puis j'ai eu l'occasion aussi
de partager ces informations-là avec mon collègue, 235 millions
d'investissements sur deux ans, augmentation de 21 %. Et mon collègue a
raison, le déficit de maintien d'actif sur le réseau routier dans la région de
l'Abitibi est plus haut qu'ailleurs, mais le principal enjeu qu'on a discuté,
bien qu'on augmente les sommes de manière importante, 21 %, quand même, ce
n'est pas rien, c'est l'enjeu de la main-d'oeuvre, l'enjeu de la main-d'oeuvre
pour des mécaniciens, pour des conducteurs de camions. Mon collègue le sait...
La Présidente : En terminant.
M. Julien : ...le secteur
minier va très bien. On va travailler pour améliorer les routes, mettre plus
d'argent puis avoir la main-d'œuvre. On va être...
La Présidente
: En
question principale, je reconnais maintenant la députée de La Pinière.
Politique de soutien à domicile
Mme Linda Caron
Mme Caron : Mme la Présidente,
Santé Québec est en train de passer le <rouleau compresseur dans le
soutien...
Mme Caron :
...Mme
la Présidente, Santé Québec est en train de passer le >rouleau
compresseur dans le soutien à domicile : désorganisation des services,
perte d'expertise, licenciements au sein des entreprises d'économie sociale en
soutien à domicile, les EESAD. Santé Québec, via les CISSS, lance des appels
d'offres et applique le concept du plus bas soumissionnaire sans aucun
discernement, faisant fi de la relation développée au fil des ans entre les
aides à domicile et les aînés en perte d'autonomie, qui ont besoin de
stabilité. À preuve, dans Lanaudière, deux EESAD devront... l'accompagnement de
370 usagers et licencier 130 aides à domicile. À Laval, une EESAD
devra abandonner 91 usagers et licencier 25 aides à domicile. On aura
attendu quatre ans pour la politique de soutien à domicile, et c'est ça que ça
donne? Ça ne marche pas.
La ministre va-t-elle rectifier la
situation?
La Présidente : La réponse de
la ministre de la Santé et responsable des Aînés et des Proches aidants.
Mme Sonia Bélanger
Mme Bélanger : Oui. Mme la
Présidente, d'abord, je veux mentionner que je suis très fière d'avoir annoncé
le lancement de cette Politique nationale de soutien à domicile, qui était
attendue depuis longtemps. On a travaillé avec différents partenaires, et, dans
cette politique, il y a vraiment la... l'importance de travailler avec les
différents partenaires en soutien à domicile. Les CLSC ont un rôle extrêmement
important, mais les partenaires ont aussi un rôle.
Et les entreprises d'économie sociale en
soutien à domicile sont des OSBL avec leur propre conseil d'administration. Il
y a plus d'une centaine d'EESAD au Québec dans toutes les régions. On travaille
avec eux de façon très étroite pour s'assurer que nos entreprises d'économie
sociale en soutien à domicile puissent donner des soins aux personnes, puissent
faire du répit, faire de l'accompagnement, des menus travaux domestiques.
Maintenant, il y a une loi sur l'octroi
des contrats au Québec. Alors, il faut suivre les différents paramètres quand
on va en appels d'offres, Mme la Présidente, et c'est ce que Santé Québec
applique...
La Présidente : En terminant.
Mme Bélanger : ...afin de
s'assurer que les meilleures organisations puissent...
La Présidente : Voilà, cela
met fin à cette période de questions et de réponses orales.
Demeurez en place pour le vote reporté,
et, pour ce faire, je cède la place à la deuxième vice-présidente de
l'Assemblée nationale. Merci, tout le monde.
Votes reportés
Adoption du principe du projet de loi n° 1
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : Comme annoncé précédemment, nous allons maintenant
procéder au vote reporté sur la motion de M. le ministre de la Justice et
ministre responsable des Relations canadiennes proposant que le principe du
projet de loi n° 1, Loi
constitutionnelle de 2025 sur le Québec, soit adopté.
Le vote est maintenant ouvert.
• (11 h 20) •
Le vote est maintenant terminé, mais on a
un <député qui s'est joint à nous pendant la durée du...
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) :
...Le vote est maintenant terminé, mais on a un >député
qui s'est joint à nous pendant la durée du... la période du vote, alors j'ai
besoin du consentement pour que ce député, M. le ministre, puisse... Est-ce que
j'ai consentement?
Des voix
: Consentement.
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. Merci. On m'informe aussi que j'ai peut-être fait
une coquille en lisant mon texte. Alors, je vais le relire et, après ça,
demander si c'est bien correct.
Comme annoncé précédemment, nous allons
maintenant procéder au vote reporté sur la motion de M. le ministre de la
Justice et ministre responsable des Relations canadiennes proposant que le
principe du projet de loi n° 1, Loi constitutionnelle
de 2025 sur le Québec, soit adopté.
Est-ce que tout le monde a voté sur cet
énoncé que je viens de lire? Parfait. Merci. Donc, M. le secrétaire général,
pour le résultat du vote, s'il vous plaît.
Le
Secrétaire : Pour : 68
Contre : 31
Abstentions : 1
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : C'est adopté. Merci. En conséquence, le principe du projet
de loi n° 1, Loi
constitutionnelle de 2025 sur le Québec, est adopté. M. le leader du
gouvernement, s'il vous plaît.
Renvoi à la Commission des institutions
M. Lévesque (Chapleau) : ...243
de notre règlement, je fais motion afin que le projet de loi n° 1,
la Loi constitutionnelle de 2025 sur le Québec, soit déféré à la Commission des
institutions pour son étude détaillée et que le ministre de la Justice et
ministre responsable des Relations canadiennes soit membre de ladite commission
pour la durée du mandat.
Mise aux voix
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : Est-ce que cette motion est adoptée?
Des voix
: Adopté.
Motions sans préavis
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : Adopté. M. le premier ministre.
Nommer Mme Christina Turcot secrétaire générale
adjointe de l'Assemblée nationale
Document déposé
M. Legault : Oui, Mme la
Présidente. Après consultation auprès des partis de l'opposition et des députés
indépendants, je propose :
«Que, conformément aux articles 26 et
121 de la Loi sur l'Assemblée nationale[...], madame Christina Turcot,
directrice du secrétariat général du secrétariat du Bureau de l'Assemblée
nationale, soit nommée secrétaire générale adjointe de l'Assemblée nationale,
avec le rang et les privilèges d'un sous-ministre adjoint, pour un mandat de
sept ans à compter du 1er avril 2026 et que sa rémunération et ses autres
conditions de travail soient celles contenues dans le document ci-annexé.»
Mise aux voix
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : Cette motion est-elle adoptée?
Des voix
: Adopté.
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : Adoptée. Nous en sommes maintenant à la rubrique Motions
sans préavis, et, en fonction de nos règles et de l'ordre de présentation...
Des voix : ...
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : Et, en fonction de nos règles et de l'ordre de
présentation des motions sans préavis, je reconnais maintenant un membre du
groupe... du troisième groupe d'opposition, M. le député d'Arthabaska.
M. Boissonneault : Merci, Mme
la Présidente. Je sollicite le consentement des membres de cette Assemblée afin
de présenter, conjointement avec les députés d'Abitibi-Est et Laporte, la
motion suivante :
«Que l'Assemblée nationale prenne acte des
informations à l'effet qu'accorder une clause de droits acquis pour le
Programme de l'expérience québécoise pourrait rendre admissibles à la résidence
permanente jusqu'à 126 800 personnes;
«Qu'elle rappelle qu'il est nécessaire que
le ministère de l'immigration publie l'ensemble des données et des scénarios
envisagés afin de permettre un débat fondé sur les faits;
«Que l'Assemblée mandate le ministère de
l'Immigration de réaliser et rendre publiques avant le 12 avril 2026 les
projections d'admission à la résidence permanente qui découle de la proposition
de donner accès au PEQ à tous les immigrants temporaires sur le territoire
québécois qui travaillent et maîtrisent le français.»
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
M. Lévesque (Chapleau) : ...consentement,
Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : Pas de consentement. Je suis maintenant prête à entendre
un membre du groupe formant le gouvernement, et je cède la parole à Mme la
députée de Charlevoix—Côte-de-Beaupré.
Mme Bourassa : Merci beaucoup,
Mme la Présidente. Je sollicite le consentement de cette Assemblée afin de
présenter la motion suivante :
«Que l'Assemblée nationale reconnaisse que
le Québec a mieux performé économiquement que le reste du Canada depuis 2018;
«Qu'elle souligne la réduction de l'écart
de niveau de vie avec l'Ontario, passé de 15,9 % en 2018 à un creux
historique de 10,2 % en 2024;
«Qu'elle reconnaisse que cet écart aussi
faible... n'ont jamais été enregistrés depuis le début de la compilation des
statistiques en 1981.
«Quelle souligne également <qu'entre
2018 et 2024, le pouvoir d'achat...
Mme Bourassa :
...des
statistiques en 1981;
«Quelle souligne également >qu'entre
2018 et 2024, le pouvoir d'achat des ménages, mesuré par le revenu disponible
réel par habitant, s'est amélioré de 9,2 % au Québec, comparativement à 5,1 %
en Ontario et dans le reste du Canada.»
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : Merci, Mme la députée. Est-ce qu'il y a consentement pour
débattre...
Des voix : ...
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : Il y a.... Il n'y a pas de consentement. Je suis prête
maintenant à entendre un membre du groupe formant l'opposition officielle et je
cède la parole à M. le député de Marguerite-Bourgeoys.
M. Beauchemin : Merci, Mme la
Présidente. Je sollicite le consentement de cette Assemblée, afin de présenter
la motion suivante conjointement avec la députée de Laporte et la députée de
Chomedey :
«Que l'Assemblée nationale prenne acte
que, sous la gouverne de l'actuel premier ministre, la dette nette du Québec a
augmenté de plus de 40 % entre 2018-2019 et 2026-2027». Merci, Mme la
Présidente.
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
M. Lévesque (Chapleau) : ...consentement,
Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : Pas de consentement. Donc, je suis prête maintenant à
entendre la motion de M. le député de Saint-Jérôme.
Des voix : ...
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : C'est mon erreur. Je m'excuse, oui. Je suis désolée. Je
suis prête à entendre un membre du deuxième groupe de l'opposition. Donc, je
suis prête à vous entendre, M. le leader.
M. Cliche-Rivard : Merci, Mme
la Présidente. Je sollicite le consentement de cette Assemblée, donc, pour
présenter la motion suivante conjointement avec le député de l'Acadie, le
député d'Arthabaska, le député d'Abitibi-Est, la députée de Laporte, le député
de Rosemont, la députée de Saint-Laurent et la députée de Chomedey :
«Que l'Assemblée nationale constate que
des informations importantes concernant le nombre potentiel de personnes visées
par une clause de droits acquis à la suite de l'abolition du Programme de
l'expérience québécoise demeurent incomplètes dans le débat public;
«Qu'elle rappelle que la transparence est
une condition essentielle à un débat démocratique éclairé sur des enjeux aussi
structurants que l'immigration;
«Qu'enfin elle demande au gouvernement de divulguer
sans délai l'ensemble des données, analyses et scénarios produits par le
ministère de l'Immigration, de la Francisation et de l'Intégration concernant
les effets des récentes réformes, incluant les projections de délais de
traitement, le nombre de personnes concernées ainsi que des données
comparatives par rapport aux années précédentes.» Merci.
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : Y a-t-il consentement...
Des voix : ...
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
M. Lévesque (Chapleau) : ...consentement,
Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : Il n'y a pas de consentement. Et maintenant je suis prête
à entendre M. le député de Saint-Jérôme.
M. Chassin :Le très attendu député de Saint-Jérôme. Merci, Mme la
Présidente.
Alors, je sollicite le consentement de
l'Assemblée pour présenter la motion suivante conjointement avec la députée de Rimouski :
«Que l'Assemblée nationale souligne le
dépôt d'un projet de loi concernant les décrets de convention collective et
l'industrie de la construction par le ministre du Travail;
«Qu'elle rappelle que les décrets de
convention collective découlent d'une loi de 1934 et touchent 10 000
entreprises, principalement des PME;
«Qu'elle note que les coûts de conformité
aux décrets de convention collective pour les entreprises sont évalués à 47
millions de dollars par la FCEI;
«Que l'Assemblée nationale note que ce
régime de relations de travail n'existe qu'au Québec, affectant la
compétitivité des PME qui y sont soumises par rapport à leurs concurrents; et
«Que l'Assemblée nationale rappelle que le
gouvernement du Québec a aboli le décret de convention collective des coiffeurs
de l'Outaouais en 2020 et que tous s'en portent mieux;
«Qu'elle enjoigne enfin le gouvernement à
abolir définitivement l'anachronisme des décrets de convention collective afin
de réduire le fardeau réglementaire et la paperasse imposés aux entrepreneurs
québécois.»
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : Merci, M. le député. Y a-t-il consentement pour débattre
de cette motion?
Une voix : ...
• (11 h 30) •
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : Pas de consentement. Merci.
Avis touchant les travaux des commissions
Nous serions maintenant rendus à la
rubrique Avis touchant les travaux des commissions, et je demande aux collègues
de sortir en silence le plus possible, s'il vous plaît.
M. le leader adjoint du gouvernement, pour
la <suite de nos travaux...
11 h 30 (version révisée)
<15417
15399
La Vice-Présidente
(Mme D'Amours) :
...sortir le... en silence le plus vite
possible, s'il vous plaît. M. le leader adjoint du gouvernement, pour la >suite
de nos travaux.
M. Lévesque (Chapleau) : Oui,
merci beaucoup, Mme la Présidente. Et donc, j'avise cette Assemblée que, conformément
à l'article 275 de notre Règlement, la Commission des finances publiques va
poursuivre le débat sur le discours du budget, aujourd'hui, après les affaires
courantes jusqu'à 13 heures et de 15 heures jusqu'à ce que ledit
débat soit terminé, à la salle Louis-Joseph-Papineau;
Par la suite, la Commission des finances
publiques va poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 5,
la Loi visant à accélérer l'octroi des autorisations requises pour la
réalisation des projets prioritaires et d'envergure nationale, aujourd'hui, dès
qu'elle aura terminé le débat sur le discours du budget précédemment annoncé;
La Commission de l'économie et du travail
va poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 11,
la Loi modifiant diverses dispositions principalement aux fins d'allègement du
fardeau réglementaire et administratif, aujourd'hui, après les affaires
courantes jusqu'à 13 heures et de 15 heures à 18 h 30, à la
salle Louis-Hippolyte-La Fontaine;
Et finalement, la Commission des
institutions va entreprendre l'étude détaillée du projet de loi n° 1,
la Loi constitutionnelle de 2025 sur le Québec, aujourd'hui, après les affaires
courantes jusqu'à 13 heures et de 15 heures à 18 h 30, à la
salle Marie-Claire-Kirkland.
15417
15399
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. Pour ma part, je vous avise que la Commission de
l'administration publique se réunira en séance de travail, aujourd'hui, après
les affaires courantes jusqu'à 13 heures, à la salle Pauline-Marois, afin
de procéder à l'examen de rapport annuel de gestion.
Nous serions maintenant rendus à la
rubrique Renseignements sur les travaux de l'Assemblée.
Affaires du jour
La période des affaires courantes étant
terminée, nous allons maintenant passer aux affaires du jour. M. le leader
adjoint du gouvernement, s'il vous plaît.
M. Lévesque (Chapleau) : ...Mme
la Présidente, je vous demanderais de bien vouloir appeler l'article 20 du
feuilleton, s'il vous plaît.
Projet de loi n° 9
Adoption
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) :
À l'article 20 du feuilleton, M. le ministre responsable de la
Laïcité propose l'adoption du projet de loi n° 9, Loi
sur le renforcement de la laïcité au Québec. Y a-t-il des interventions? M. le
ministre, la parole est à vous.
M. Jean-François Roberge
M. Roberge : Merci bien,
Mme la Présidente. Jour important, aujourd'hui, pour dire un dernier message
avant le vote qui aura lieu sur l'adoption du projet de n° 9,
Loi sur le renforcement de la laïcité au Québec.
Depuis 2018 que notre gouvernement
travaille pour préserver notre langue, notre identité, notre culture, nos
valeurs. On a adopté la Loi sur la laïcité de l'État, on a adopté une loi n° 96 pour protéger notre langue, on a adopté la loi n° 84 pour créer, définir, défendre notre modèle d'intégration
à la nation, on a créé le groupe de travail interministériel sur l'avenir de la
langue française, déposé un plan sur la langue française, qui est ambitieux.
Suite à ça, mon estimé collègue de la Culture a fait adopter une loi sur la
découvrabilité des contenus culturels québécois en ligne. Et là on vient
renforcer la Loi sur la laïcité de l'État. Il y a une continuité, définitivement
qu'il y a une cohérence par rapport à ça.
Et il fallait trouver un équilibre,
cependant, et c'est pour ça qu'on a pris le temps de bien faire les choses, qu'on
a réfléchi et qu'on a mandaté deux experts bien connus et reconnus, Me Pelchat
et Me Rousseau, qui ont, eux, consulté beaucoup de personnes. Ils sont arrivés
avec un rapport qui est fouillé. Dans la rédaction du projet de loi, on a tenu
compte de leurs recommandations, on a voulu donner suite, tenir compte des
grands principes de la laïcité : la séparation de l'État et des religions,
la neutralité religieuse de l'État, l'égalité entre tous les citoyens, toutes
les citoyennes, particulièrement l'égalité hommes-femmes, qui est une valeur
cardinale, au Québec, et, bien sûr, protéger la liberté de conscience et la
liberté de religion.
Voici ce qui changera maintenant. Fin de
la pratique religieuse dans nos institutions publiques. Nos institutions
publiques ne sont pas des lieux de culte. Fin, justement, en cohérence avec ça,
des salles de prière dans les cégeps et les universités. Les gens peuvent
sortir des institutions pour aller chez eux ou pour aller dans des lieux de
culte, mais nos cégeps et nos universités ne sont pas des lieux de culte. On
dit, en faisant ça, non à la ségrégation religieuse. On dit aussi non au
sexisme, parce que, malheureusement, les locaux de prière, tels qu'ils sont
utilisés en ce moment, sont aussi, malheureusement, souvent le théâtre de la
ségrégation et du sexisme.
On vient offrir un environnement laïque à
nos enfants, parce que, maintenant, les principes de la laïcité vont s'appliquer
dans nos CPE, vont s'appliquer dans les écoles privées subventionnées, vont s'appliquer
à la DPJ. On vient préciser, et c'est une évidence, mais il fallait le faire,
il fallait adopter la loi, que tout le long du parcours éducatif, bien, ça se
passe à visage découvert, autant pour ceux qui interagissent avec nos jeunes
que pour nos jeunes eux-mêmes, parce que c'est une question de respect. C'est
une question de communication, c'est une question de vie en société puis c'est
pour faciliter l'apprentissage. On vient préciser que, dans nos institutions
publiques, il ne peut pas y avoir qu'un seul menu religieux imposé à tous.
C'est l'évidence, mais ce n'est pas la situation actuelle, et il faut légiférer
pour ça.
On vient préciser qu'en toute cohérence
avec l'intégration nationale, notre nouveau modèle d'intégration à la nation,
bien, on ne veut pas vivre les uns aux côtés des autres, on veut vivre les uns
avec les autres. Oui à la diversité, mais oui à la mixité, non à la
ségrégation. On vient préciser que, lorsqu'il y a de l'argent de l'État qui va
dans le réseau public et... dans le réseau, par contre, privé, aux écoles
privées subventionnées, bien, les principes de la laïcité de l'État doivent
suivre. On vient préciser que les prières de rue, sauf rares exceptions, bien,
ça ne fonctionne pas. On vient donner des balises très, très claires aux
municipalités. On les a écoutées, d'ailleurs, en commission. On a ajusté le
texte de loi, mais les Québécois ne veulent pas que les gens provoquent nos
institutions, viennent s'installer devant des lieux de culte pour provoquer les
gens, ne veulent pas que des gens s'accaparent des lieux publics pour des
mauvaises raisons.
On vient préciser les accommodements
religieux, plus d'équité, plus de clarté. On vient faciliter la vie aussi aux
entreprises privées qui doivent travailler avec tout ça. Mais il y a des
réflexions derrière ça. Notre grand sociologue Guy Rocher disait, je le cite,
qu'«il y a des convictions qui mènent à l'autoexclusion». Ça, c'est M. Guy
Rocher qui a dit ça, en parlant de ceux et celles qui voudraient... qui ne
voudraient pas retirer leurs signes religieux, même temporairement. N'écoutons
pas ceux qui veulent nous faire croire que ce serait toujours la majorité qui
devrait s'adopter... s'adapter à la minorité. N'écoutons pas ceux qui
voudraient nous faire croire que la laïcité exclut, alors qu'elle vise à
protéger, à rassembler, à créer un cadre commun pour le vivre-ensemble, avec
ceux qui croient, avec ceux qui ne croient pas, avec ceux qui doutent.
La même dynamique... dans la même
dynamique que notre nouveau modèle d'intégration nationale, le renforcement de
la laïcité clarifie notre contrat social. Ceux qui viennent vivre au Québec
doivent comprendre que le multiculturalisme, ce n'est pas notre modèle de
société, clairement. Une grande nation ne se définit pas par la grandeur de son
territoire, ou par le nombre d'habitants qui la composent, ou même par la puissance
de son économie. Non, elle se caractérise par sa culture, par ses institutions,
par sa fierté, par son histoire, par son désir d'assurer sa continuité. Et sa
continuité et son existence est seulement possible si notre nation respecte ce
que ceux qui nous ont précédés nous ont transmis. Donc, oui, effectivement, la
religion a laissé un héritage important au Québec, et on ne cherchera pas à
effacer ce patrimoine bâti, à changer les noms des bâtiments, des villes, des
lieux ou à arracher les statues.
L'existence de la nation, elle n'est
possible que si elle peut se projeter dans un futur qui est ambitieux, moderne,
prospère, fidèle à ses valeurs, mais ouvert sur le monde, évidemment. Dans
l'immensité de notre continent, nous ne sommes que 9 millions. C'est donc
notre devoir de proposer et de défendre notre modèle, nos valeurs, notre
singularité. Et maintenant, notre modèle de laïcité fait partie de notre modèle
de vivre-ensemble. Donc, oui, au Québec, on est fiers de s'assumer, on est
fiers de défendre qui on est. Aujourd'hui, je me souviens, nous nous souvenons.
Demain, je veux qu'on déploie nos ailes, je veux qu'on se souvienne de nos
valeurs, de notre culture commune, parce que c'est comme ça qu'on vit au Québec
et c'est comme ça qu'on va continuer à vivre ensemble. Merci.
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : Merci, M. le ministre. Je cède maintenant la parole à Mme
la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Jennifer Maccarone
Mme Maccarone : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Alors, à mon tour d'intervenir sur le projet de
loi n° 9, Loi sur le renforcement de la laïcité au
Québec. Et d'emblée, je souhaite souligner l'excellent travail de mes deux
collègues, la députée de Mont-Royal—Outremont ainsi que la
députée de Bourassa-Sauvé, pour la qualité et la rigueur des interventions
qu'elles ont tenues en commission parlementaire lors de l'étude détaillée, avec
les échanges qu'elles ont eus avec les groupes qui ont pu passer lors des
consultations particulières. Ils ont traité ce dossier que... certes, très
sensible, avec beaucoup de doigté, avec une expertise ardue dont j'ai
énormément de respect. Alors, j'espère que je serai à la hauteur des attentes,
car je sais que j'ai des grands souliers à remplir aujourd'hui, parce que je
les tiens en très haute estime puis je sais que...
• (11 h 40) •
Nous, ce qu'on... souhaitons, dans le
fond, partager, c'est la laïcité de l'État. Il faut absolument traiter
encore... puis même ce projet de loi avec énormément de respect, parce que la laïcité
touche des convictions profondes des Québécois et Québécoises, puis il y a un
impact réel, humain, et ça peut déchirer des familles. Ça peut déchirer le
monde quand on mène des débats qui sont personnels, certes, pour plusieurs
personnes, mais il faut le dire que, le Parti libéral du Québec, nous étions
toujours en faveur de la laïcité. Ce n'est pas un principe qui est nouveau pour
nous. Alors, je tiens quand même à le partager, c'est très important, pour
nous, de protéger la neutralité de l'État. On est contre le prosélytisme, puis
c'est des valeurs qui sont très chères pour nous puis très chères pour tous les
Québécois.
Alors, sur ce principe, nous partageons la
vision du gouvernement et, je pense, de tous les Québécois qui souhaitent aussi
protéger nos valeurs. Ça fait que, sur ça, je comprends, et personnellement, je
reconnais beaucoup l'importance de la laïcité et je partage, personnellement,
aussi le principe d'avoir un État neutre, mais je suis contre une approche
punitive. Je suis contre une approche où on va peut-être avoir un effet
contre-productif et il me semble qu'à l'intérieur de ce projet de loi qui sera
bientôt adopté, ce qu'on a, c'est ce type de principe dans les dispositions du
projet de loi n° 9.
Je me demande aussi si c'est vraiment la
priorité des Québécois. Vous m'avez entendue hier, Mme la Présidente, et merci
encore une fois pour votre écoute attentive. C'est grandement apprécié. Est-ce
que c'est vraiment la priorité des Québécois? Si je peux parler pour le Parti
libéral du Québec, puis ma formation politique, et notre chef Charles Milliard,
nous avons identifié les quatre priorités que nous savons... font partie de
ceux des Québécois et Québécoises, et la laïcité, et ce type de projet de loi
n'en font pas partie.
Nous faisons face à des crises dans le
réseau de santé. On a un réseau de l'éducation, côté infrastructures, qui est
en train de tomber à terre. On a un manque cruel des professionnels dans les...
ces deux réseaux. On a un réseau de services de garde qui n'est toujours pas
complet. Ça fait qu'on a des parents qui n'ont pas accès à des places. On a une
crise de logement comme nous n'avons jamais vu dans l'histoire du Québec. Et
donc nous avons besoin d'avoir un plan. Le coût de la vie, l'inflation, ce sont
les vraies priorités des Québécois. Alors, je questionne les orientations du
gouvernement quand on vient avec ce type de projet de loi car nous savons très
clairement que les Québécois souhaitent être ailleurs.
Il y a plusieurs mesures, dans le projet
de loi n° 9, qui vont plus loin que nécessaire, puis
évidemment ils risquent de créer des effets collatéraux dans le réseau de
l'éducation, dans le réseau de services de garde éducatifs à l'enfance. Et on
doit le dire que le gouvernement n'a pas démontré qu'il existe un problème
généralisé justifiant le dépôt de ce projet de loi. Et, quand on légifère de
cette manière, il faut vraiment être sensible, je le répète, il faut agir avec
de la prudence, de la nuance, être à l'écoute de la population. C'est notre
rôle, comme députés, tous confondus, tous partis ici, d'être à l'écoute de la
population.
Et il y a beaucoup de gens qui ont passé
lors des consultations particulières, et je les remercie encore une fois eux
aussi pour la qualité de leurs interventions et les mémoires qu'ils ont partagés.
C'était très lucide, parce qu'encore une fois, je répète, les gens comprennent
les orientations, et nous, nous souhaitons y aller... mais nous sommes en train
de corriger un problème qui n'existe pas. Alors, il faut toujours agir avec de
la prudence et voir les nuances de ce que nous sommes en train de faire ici,
être à l'écoute, parce que, lors de l'adoption des projets de loi, pour le bien
ou pour le mal, on a un impact sur la population, et nous avons une
responsabilité d'être sensibles à ceci.
Je souhaite partager un article qui a été
publié le 27 mars, dans La Presse, par Vincent Brousseau-Pouliot et
je vais souligner la qualité du travail qui a été mené dans la rédaction de cet
article... chronique qu'il a préparée. Ça me parle énormément parce que je
trouve que c'est une évaluation équilibrée d'où nous sommes, comme Québécois,
en matière de laïcité et de l'application de ce type de projet de loi, avec une
histoire d'où nous avons commencé puis où nous sommes rendus aujourd'hui.
Alors, je vais citer beaucoup d'éléments
de son article, puis aussi des citations des collègues qui siègent ici
aujourd'hui, mais je pense, d'emblée, c'est important de mentionner que le
compromis Bouchard-Taylor, qui a été mis en place ou proposé en 2008, c'est quelque
chose qui... plusieurs Québécois y tient, parce qu'on trouvait que c'était un
compromis. Et, lors de l'article qui a été préparé, M. Bouchard a passé une
entrevue, puis c'est un sociologue de 82 ans, professeur émérite à
l'Université de Québec à Chicoutimi... et je vais citer quand même qu'est-ce
qu'il a dit à M. Brousseau plus haut : «A-t-on montré que le port des
signes religieux endoctrinait les élèves, que ça les intimidait, que ça les
mettait mal à l'aise? Pas du tout. Je trouve ça gratuit.» Je trouve ça quand
même important comme citation, étant donné que c'était quand même parmi deux
experts, deux personnes qui ont été consultées à l'époque pour nous aider à
mieux comprendre les orientations puis comment vous pouvez traiter ce dossier
puis ce sujet, encore une fois, très sensible.
Alors, est-ce que nous sommes en train
d'exagérer le principe de laïcité de l'État du Québec? La question se pose.
Puis la question se pose, parce que le rapport du Bouchard-Taylor, en 2008, la
recommandation, c'était l'interdiction des signes religieux auprès des employés
de l'État qui menaient une influence sur les Québécois. On parlait, à ce
moment-là, des policiers, on parlait des procureurs de la couronne, juges, mais
on ne parlait pas des professeurs, on ne parlait pas des éducateurs,
éducatrices qui oeuvrent au sein du réseau de services de garde éducatifs à
l'enfance. Et il me semble que c'est aussi pertinent de citer l'actuel ministre
de Justice, le leader du gouvernement, parce qu'en octobre 2018, lui, il a dit
que le compromis Bouchard-Taylor, à l'époque, il y avait quand même un
consensus. Alors, je le cite : «Il y a une chose qui est sûre, c'est que
le consensus du rapport Bouchard-Taylor est présent au Québec. Les Québécois
s'attendent à ce que les personnes en situation d'autorité ne portent pas de
signe religieux.» Mais, en 2019, avec la loi n° 21,
le gouvernement a quand même poursuit avec des modifications, malgré ce que le
leader du gouvernement et ministre de la Justice avait dit à ce moment-là, pour
aller plus loin que ce compromis et avoir l'application de principes de laïcité
envers nos enseignants et enseignantes dans nos réseaux scolaires.
Et là on se retrouve, encore une fois, ici...
on est en Chambre, on est à l'étape de l'adoption du projet de loi n° 9, 2025, et maintenant on ajoute un autre palier de
personnes qui oeuvrent au sein de notre province, parce qu'on ne peut pas dire
qu'ils sont des employés de l'État, parce que ceux qui oeuvrent au sein du
réseau éducatif à la petite enfance, c'est... ce sont des OBNL. Un CPE, c'est
un OBNL. Ils ne sont pas des employés de l'État. Les personnes qui oeuvrent au
sein du milieu familial, qui offrent des services de garde, bien... puis c'est
principalement des femmes qui ouvrent leur maison, ce sont des entrepreneurs,
mais ils ne sont pas les employés de l'État. Les personnes qui oeuvrent au sein
d'une garderie subventionnée, encore une fois, c'est un autre OBNL ou privé,
mais ils ne sont pas des employés de l'État. Alors, avec le projet de
loi, nous sommes en train d'interdire maintenant aussi les éducatrices et
éducateurs de porter ou de faire la démonstration des signes religieux pendant
qu'ils sont au boulot. Et tout ça, même quand on parle de la loi n° 21
ou, maintenant, quand on parle de la loi n° 9, on
parle de l'utilisation du clause dérogatoire d'une façon préemptive. Ça aussi,
Mme la Présidente, il faut le soulever, puis il faut le soulever, parce que de
l'utiliser d'une façon préemptive, nous sommes en train de brimer les droits
démocratiques de notre société, de dire aux gens que vous n'avez pas le droit
de venir défendre vos valeurs, défendre ce qui est important pour vous, ce qui
est cher pour vous devant le tribunal. On enlève ce pouvoir, c'est de brimer les
droits des Québécois. Et ça, ça me désole énormément, parce qu'on peut avoir
toutes les orientations qu'on souhaite ici, on peut adopter toutes les lois
qu'on souhaite ici, mais de dire qu'on va bâillonner la population, ça va
contre les valeurs du Parti libéral du Québec. Et j'ose croire que ça va contre
les valeurs de plusieurs collègues ici, mais ils n'ont peut-être pas le droit
de le dire ouvertement. C'est important de protéger ces droits, c'est important
de les prioriser. Et l'utilisation du clause dérogatoire d'une façon
préemptive, bien, ça va complètement contre ce principe. Alors, ça me désole énormément.
• (11 h 50) •
Je l'ai dit avant, Mme la Présidente, mais
je questionne vraiment si nous sommes en train de corriger un problème qui
n'existe pas. Le gouvernement vient, avec le projet de loi n° 9, avec
l'application des principes de laïcité au sein du réseau de services de garde
éducatifs à l'enfance, à l'intérieur d'un réseau qui fait face déjà à
énormément de défis. Même le gouvernement, ils ne sont pas capables de
compléter ce réseau parce qu'ils font face à beaucoup de défis. Malgré la
promesse de M. Legault, où il disait que... excusez-moi, le premier ministre,
où il disait que... moi, je m'engage à compléter le réseau, c'était l'année passée,
que ce promesse a été rompue. On n'a pas réalisé ceci.
On a l'ancienne vice-première ministre et
l'ancienne ministre de la Famille, à l'époque, qui ont fait une présentation
ensemble pour dire : Nous, là, on va terminer, convertir ce réseau, on a
de l'argent, c'est un engagement politique que nous prenons aujourd'hui. On est
loin de ça, Mme la Présidente. L'année passée, on a converti
1 000 places. Cette année, on a une promesse de convertir
5 000 places. Je dois dire que je ne crois plus dans ces promesses et
je pense que c'est un bémol que le réseau partage aussi, alors... un réseau qui
fait face à énormément de défis.
Et on a 60 000 enfants qui sont
toujours sur la liste d'attente. Et pourquoi qu'on fait face à ces défis? Ce
n'est pas parce qu'on n'a pas des gens qui lèvent la main pour dire : Moi,
je souhaite être converti. Ce n'est pas parce qu'on a un manque de gens qui
souhaitent peut-être ouvrir des CPE. Mais on a un manque cruel d'éducatrices et
éducateurs qualifiés. Et là nous sommes en train de dire à ce réseau :
Malgré que vous avez plusieurs de... entres autres des femmes, qui oeuvrent
dans ce réseau, on est en train de mettre des freins pour vous en termes de
recrutement et de rétention de personnel.
C'est incompréhensible pour moi, Mme la
Présidente, surtout que le gouvernement fait majoritairement le recrutement de
ces éducatrices, éducateurs, au Maroc, parce qu'on sait que c'est un pays
francophone. Et c'est ça qu'on souhaite privilégier ici, c'est de s'assurer que
nos tout-petits maîtrisent notre langue commune et qu'ils sont capables de
partager cette richesse. Alors, je comprends tout à fait la raison que nous
sommes en train de faire du recrutement ailleurs, parce qu'ici nous n'avons pas
des gens qui s'inscrivent dans les programmes pour être des spécialistes, pour
être des éducateurs, éducatrices au niveau de nos cégeps ou ailleurs.
Alors, il faut trouver des solutions pour
ça, mais on ne peut pas parler des deux côtés de la bouche, Mme la Présidente.
On ne peut pas faire du recrutement de ces gens puis, après, leur dire :
Mais là vous ne pouvez pas appliquer les valeurs qui sont chères pour vous. Je
ne sais même pas si c'est quelque chose qui est partagé avec eux pendant... ils
sont en train de faire ce recrutement. Mais il faut être préoccupés de ceci.
Puis la raison que nous devons être
préoccupés de ceci, c'est parce que, si nous n'avons pas des éducatrices,
éducateurs qualifiés au sein de notre réseau éducatif de la petite enfance, la
qualité baisse. Et déjà, notre réseau, le ratio éducatrices qualifiées versus
non, c'est un sur trois, quelque chose qui a baissé pendant la pandémie. Le
gouvernement avait pris un engagement de corriger le tir en 2025. Ils ont
extensionné ça jusqu'à 2027. Ça fait qu'on est toujours en attente d'accroître
la qualité des éducatrices, éducateurs... lors de notre réseau. On est loin de
ça. On est loin de ça.
Puis le Vérificateur général a dit :
On a des problèmes de qualité, pas seulement dans le réseau privé, mais dans le
réseau public, au sein de nos CPE. Ils l'ont soulevé. Et pourquoi? C'est parce
qu'il faut valoriser la profession. Il faut travailler à chaque jour, tout le
temps, ça devrait être une priorité, sur le recrutement et la rétention de ces
professionnels qui oeuvrent dans le réseau de l'éducation, pour dire : Ce
ne sont pas des gardiennes, c'est des gens qui sont là pour aider nos
tout-petits à s'épanouir, être prêts pour le réseau scolaire quand ils vont
franchir cette porte-là. Mais on est en train de mettre des craintes... des contraintes
importantes à ce réseau.
Et ils l'ont soulevé, Mme la Présidente,
ils l'ont soulevé, l'AQCPE, quand ils ont passé en commission parlementaire...
ils ont demandé quels problèmes que le gouvernement est en train de résoudre.
Ils ont partagé leurs préoccupations, la préoccupation de leurs membres, où ils
ont dit : Nous, on ne sait pas comment nous pourrions poursuivre avec la
mise en œuvre de cette loi. Ils ont demandé un moratoire. Pourquoi? Parce que
le gouvernement n'a pas fait une étude d'impact. On n'a pas fait une étude
d'impact, ça fait qu'on n'a aucune idée que ce sera l'impact dans ce réseau.
C'est dévastatrice, avoir cette nouvelle, étant donné que c'est un projet de
loi important pour le gouvernement. Et il va y avoir un impact important sur ce
réseau. Il va aussi y avoir un impact important dans le réseau de l'éducation,
il va y avoir un impact important pour les municipalités, certes, mais je
soulève une grande importance pour les réseaux de... réseau d'éducation pour
les petits, parce qu'ils font face, encore une fois, à énormément de défis et
ils ont des besoins urgents. Alors, on ne peut pas ignorer que nous faisions
face à ces difficultés.
Même la majorité des parents, Mme la
Présidente, c'est intéressant parce qu'on sait qu'il y a eu un récent sondage
de Léger... qu'ils ont dit que les parents québécois trouvent acceptable que
les éducatrices en garderie portent des signes religieux visibles à visage
découvert. Ça fait que même les parents ont dit que nous n'avons pas de
problème, nous sommes en train de résoudre. Vous êtes en train de corriger
quelque chose que nous, nous n'avons pas souligné comme problématique. Ça fait
que ça va au-delà du réseau, qui ont levé un drapeau rouge pour dire : On
fait face déjà à énormément de défis, on a besoin de l'aide, on n'a pas besoin
que vous ajoutez à notre assiette des difficultés puis des problèmes, on est
saturés.
Mais les parents n'ont même pas soulevé ça
comme problème. Comme ancienne porte-parole en matière de famille, un dossier
qui... que j'adore et qui devrait porter une grande importance pour tous les
élus parce que c'est un dossier économique, on pense famille, mais c'est un
dossier économique, ouvrir des places, donner accès à des places en services de
garde éducatifs à l'enfance, c'est d'aider les parents de retourner sur le
marché du travail, entre autres, les femmes. Ça fait qu'encore une fois je
questionne les orientations du gouvernement parce que nous sommes en train de
corriger un problème qui n'existe pas. J'espère que le gouvernement va accepter
la main tendue du... demande d'avoir un moratoire du réseau pour évaluer
l'impact.
Et j'ai soulevé mon parcours comme
ancienne porte-parole dans la dernière législation... législature ainsi que
celui-ci. C'est parce que le gouvernement a déjà déposé un projet de loi
précédent, je pense que c'était le 95, où ils sont venus... mis en place un
ordre de priorisation pour l'accès aux services de garde éducatifs à l'enfance,
où on a déjà fait un débat par rapport à les mesures laïques. Parce que la ministre,
à l'époque, elle avait soulevé quelques préoccupations, quelques bémols, où on
a dit... On a entendu une histoire, une histoire sur un réseau qui englobe
300 000 enfants, mais une histoire où il y avait un livre qui n'était pas
conforme, parce qu'il y avait un livre où on priorisait les garçons, où il y
avait une histoire où on avait un CPE avec des poupées, et les poupées avec...
mais on avait enlevé les cheveux.
Certes, il faut corriger ces problèmes.
100 %, nous sommes derrière ça. Et on a débattu de ces problématiques et
on a parlé d'avoir une harmonisation des outils qui seront utilisés à l'oeuvre
du réseau, et le réseau était d'accord. Et nous avons des bureaux
coordonnateurs qui sont là pour s'assurer que les lois sont appliquées, qu'il y
a une conformité, que la qualité, elle est à la hauteur des Québécois, de leurs
demandes.
Alors, encore une fois, je
questionne : Qu'est-ce que nous faisions ici, collectivement, à débattre
de ce projet de loi que personne n'a demandé? Le réseau n'en a pas besoin. Les
parents n'ont pas soulevé leurs mains pour dire qu'il y a un problème et que
même les partis du gouvernement ont dit... ça fait sept ans, huit ans, mais
qu'on avait déjà un compromis qui fonctionnait dans la province. Alors, nous
sommes en train de déstabiliser les Québécois, nous sommes en train de
déstabiliser un réseau, et ils n'ont pas besoin de ça.
• (12 heures) •
Notre rôle, comme parlementaires, et c'est
sûr que je dis ça comme membre de l'opposition officielle, mais notre rôle,
comme parlementaires tous confondus, c'est de rappeler qu'un bon projet de loi
doit être nécessaire, proportionné et respectueux des droits fondamentaux.
C'est très important. Or, je dirais que le projet de loi n° 9
va trop loin sur plusieurs plans, sans preuve, sans preuve que les restrictions
supplémentaires sont requises. Est-ce que nous sommes en train de créer un
problème qui n'existe pas? Est-ce qu'il va y avoir un effet collatéraux? Oui,
le <réseau, nous l'avons dit...
>
12 h (version révisée)
Mme Maccarone : ...est-ce qu'il
va y avoir un effet collatéraux? Oui, le réseau nous l'avons dit, ils ont été
très clairs, et on a vu exactement le même problème dans le réseau de l'éducation.
Ça, ça va être compliqué, Mme la Présidente, l'application, parce qu'on a un
clause grand-père, c'est le privilège de porter, admettons, une voile comme
exemple. Ce n'est pas un privilège qui suit l'employé, c'est un privilège qui
suit le poste. Imagine la complexité dans le réseau scolaire suite à la mise en
œuvre de la loi n° 21 pour ceux qui œuvrent dans ce
réseau, l'application. Je ne sais pas c'est qui, qui vont policier ce réseau, est-ce
que c'est la direction d'école? Est-ce que c'est les autres collègues? Est-ce
qu'il va avoir des dénonciations? Est-ce que ça va être public, pas public?
Mais on a déjà une clause grand-père pour ceux qui œuvraient dans ce réseau
pour porter un signe religieux, face... visage découvert. Ça fait que les
nouveaux emplois, ceux qui a appliqué, postulé par la suite, mais cette loi ne
s'appliquait pas pour eux. OK. Ça, c'était déjà en place, et c'est contesté, puis
c'est sûr.
Mais, au-delà de ça, là, nous sommes en
train d'ajouter un autre niveau de complexité à ça. Ça fait qu'on a la loi n° 21 qui s'applique et maintenant on a une clause
grand-père qui s'applique encore une fois, que ça va suivre le poste et non la
personne. Comment est-ce qu'ils vont gérer ça? Est-ce que ça veut dire qu'on va
priver des gens de changer de poste, de... de, peut-être, augmenter leurs
possibilités, leurs chances de monter d'échelle dans ce réseau, ou d'être en
mesure de s'épanouir dans leur carrière parce qu'ils auront un crainte de
perdre un privilège, parce que ça suit le poste et non la personne? Et j'ai des
grandes inquiétudes. Et, honnêtement, je suis de tout cœur avec les gens qui
doivent être là pour, encore une fois, être la police puis de mettre à l'œuvre
toutes ces... une nouvelle législation, parce que la complexité de ceci puis la
nature, encore une fois, très sensible, très personnelle de l'application des
mesures laïques, c'est... ce n'est pas facile, ce n'est pas facile, ça fait qu'il
faut le nommer.
Sur ça, Mme la Présidente, je souhaite
souligner, encore une fois, la qualité des interventions de mes collègues. Il y
a aussi d'autres collègues qui ont intervenu, et on a autres collègues qui vont
continuer à intervenir sur le projet de loi n° 9. Je répète, le Parti
libéral du Québec, nous sommes pour les principes de laïcité. C'est un enjeu
fondamental pour tous les Québécois, pour le Québec. C'est important de
protéger nos droits, c'est important de protéger nos valeurs, mais, dans les
circonstances, comme un projet de loi, comme le projet de loi n° 9, le
gouvernement n'est pas à l'écoute de la population. Le gouvernement va trop
loin. Le gouvernement va causer plus de problèmes. Alors, pour cette
raison, Mme la Présidente, nous ne pourrons pas voter en faveur de ce projet de
loi. Merci.
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) :
Merci beaucoup, Mme la députée. Y a-t-il d'autres interventions? S'il n'y a
pas d'autre intervention, le projet de loi n° 9, Loi sur le renforcement
de la laïcité au Québec, est-il adopté?
Une voix : ...
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) :
Le vote... électronique, pardon, sera reporté à demain. M. le leader adjoint,
pour la suite de nos travaux.
M. Lévesque (Chapleau) : Je
vous demanderais de bien vouloir appeler l'article 19 du feuilleton, s'il
vous plaît, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) :
À l'article 19 du feuilleton, Mme la ministre responsable de l'Administration
gouvernementale et de l'Efficacité de l'État et présidente du Conseil du trésor
propose l'adoption du projet de loi n° 7, Loi visant à réduire la
bureaucratie, à accroître l'efficacité de l'État et à renforcer l'imputabilité
des hauts fonctionnaires.
Y a-t-il des interventions? Mme la
ministre, la parole est à vous.
Mme Duranceau : Merci, Mme la
Présidente. Alors, le cheminement législatif du projet de loi n° 7, Loi
visant à réduire la bureaucratie, à accroître l'efficacité de l'État et à
renforcer l'imputabilité des hauts fonctionnaires, arrive à terme aujourd'hui.
Alors, d'abord, je remercie sincèrement l'ensemble
de mes collègues aux oppositions, évidemment, collègues ici, de la banquette
gouvernementale, puis les membres de mon cabinet, qui ont travaillé très fort
sur... sur ce projet de loi. Leur rigueur à tous et, évidemment, l'ouverture,
là, des oppositions, tout au long de nos travaux, nous ont permis d'avancer. Je
tiens à souligner aussi le travail des équipes administratives. C'est un projet
de loi qui était lourd, parce qu'on visait beaucoup de... de domaines d'expertise,
eh bien, on a livré. Alors, merci à tout le monde.
Donc, aujourd'hui, bien, c'est un grand
pas, on adopte le projet de loi. C'est une loi qui est la première pierre d'un
grand chantier qui est notre chantier de l'efficacité de l'État...
Mme Duranceau : ...Donc,
aujourd'hui, bien, c'est un grand pas. On adopte le projet de loi. C'est une
loi qui est la première pierre d'un grand chantier, qui est notre chantier
d'efficacité de l'État, qui a d'ailleurs été dévoilé, là, dans plus de détails
dans le cadre de la Stratégie de gestion des dépenses 2026-2027. On a
amorcé le chantier en simplifiant de nombreuses structures, en éliminant des
doublons puis en réduisant la paperasse à faible valeur ajoutée.
On a aussi introduit des mesures pour
mettre l'emphase sur l'importance des fonctions des titulaires des emplois
supérieurs dans la livraison des services de qualité aux citoyens, mettre
l'emphase aussi sur l'imputabilité de nos hauts... de nos hauts fonctionnaires.
Alors, il s'agit d'ajouts qui sont clairs et qui, justement, visaient à
accroître l'imputabilité.
Tout au long de la démarche, je tiens à
dire que notre approche est demeurée claire, structurée et chirurgicale, et
qu'on a envoyé un signal fort que l'ensemble... pour l'ensemble de l'État, le
statu quo n'était plus possible.
Donc, à terme, notre objectif, il est
simple, il est de réduire la bureaucratie, de maximiser la valeur de chaque
dollar versé par les contribuables.
Alors, on a sollicité la participation
d'un très grand nombre de ministères et organismes. Et, je le répète, on a
travaillé toujours autour d'un... d'objectifs communs, soit l'allègement,
l'optimisation et l'efficacité. On a entendu un grand nombre de personnes en
commission qui nous ont partagé leurs perspectives. Ces discussions-là ont été
suivies, bien sûr, de plusieurs heures en commission. Des ajustements ont
ensuite été apportés au projet de loi, en cours de route, pour bonifier les
mesures liées à la réduction de la bureaucratie et à l'efficacité de l'État.
Alors, sur ce, Mme la Présidente, bien,
j'ai le plaisir d'inviter mes collègues à adopter ce projet de loi qui résulte
de notre travail concerté et qui nous permettra de mieux répondre aux besoins
exprimés clairement par la population du Québec. Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : Merci beaucoup, Mme la ministre. Je cède maintenant la
parole à M. le député de LaFontaine.
M. Tanguay : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. D'entrée de jeu, vous nous permettrez de saluer le
travail rigoureux qui a été fait par mon collègue de Marguerite-Bourgeoys, qui
a eu l'occasion de siéger sur ce projet de loi n° 7,
et de noter qu'on va s'inscrire en contradiction avec ce que vient de dire la
ministre. En tout respect, quand elle dit que «c'est le fruit d'un travail
clair, structuré, chirurgical et concerté», nous nions ces quatre
qualificatifs-là, Mme la Présidente.
«Réduire la bureaucratie». Vous avez le
plus beau titre au monde, ça ne change pas ce qui est dans le projet de loi
puis ça ne change pas quels sont les tenants et aboutissants tangibles et
concrets, ou pas, d'un projet de loi. Alors, un projet de loi, «réduire la
bureaucratie et accroître l'efficacité de l'État», personne ne peut être contre
ça, à la base. Mais, quand on va voir à l'intérieur du projet de loi ce qui y
est, c'est là où on a rapidement déchanté, là où on a rapidement, également,
soulevé des drapeaux rouges à la ministre, qui, si elle était claire,
structurée et chirurgicale, elle n'aurait pas commis, entre autres, l'erreur de
vouloir fusionner l'INESSS et l'INSPQ — j'aurai l'occasion d'y
revenir — ou de fusionner Transplant Québec avec Héma-Québec. Elle a
reculé sur Transplant Québec et Héma-Québec, mais elle va de l'avant quand même
sur l'INESSS et l'INSPQ.
Et, en ce sens-là, pour nous, ça, on ne
peut pas voter en faveur de ça. On va voter contre le projet de loi, qui, de
l'aveu même de la ministre, après tout ce travail-là, viendrait faire
économiser sur un budget du Québec d'à peu près 163 milliards de
dollars... viendrait faire économiser 35 millions. 35 millions. Bon.
Alors, à la huitième et dernière année, à minuit moins une, Mme la Présidente,
un projet de loi qui se veut le projet de loi de l'efficacité de l'État, bien,
quand on regarde quand que la CAQ est arrivée au pouvoir, en 2018, il y
avait... il y avait 68 000 fonctionnaires à Québec qui brassent du papier,
là. 68 000 fonctionnaires à Québec qui brassent du papier lorsqu'ils
sont arrivés au pouvoir en 2018. Aujourd'hui, c'est
12 000 fonctionnaires de plus. 12 000 fonctionnaires de plus,
ça, c'est une masse salariale de près de 1 milliard de dollars par
année, récurrente.
• (12 h 10) •
J'entends que la présidente du Conseil du
trésor, à partir du moment où elle a été nommée, elle a fait écho, je pense, de
ce que le candidat à la chefferie de Lévis avait dit. Il avait dit, en février
dernier, dans le contexte de la course à la chefferie de la CAQ, bien, écoutez,
je le paraphrase, là : «Ce qu'on a fait en huit ans, c'est qu'on a alourdi
l'État, puis on a engagé des fonctionnaires, puis qu'on a des déficits.» Ça a
été son constat lucide. Puis sa participation... On voit qu'il est encore actif
aujourd'hui dans sa participation à la course à la chefferie, entre autres, le
débat et le déchirage sur le PEQ et les dégâts qui sont faits par la CAQ. Je
referme la parenthèse. Mais la présidente du Conseil du trésor, quand elle est
arrivée en poste, elle a dit : Bien, moi, je veux commencer à couper des
fonctionnaires...
M. Tanguay : ...la parenthèse,
mais la présidente du Conseil du trésor, quand elle est arrivée en poste, elle
a dit : Bien, moi, je veux commencer à couper les fonctionnaires. Puis
elle parlait d'un... à un certain moment donné, d'en couper 3 000. Bien,
Mme la Présidente, qu'ont-ils fait pendant huit ans? Ils ont engraissé... ils
ont engraissé l'État. L'État, sous la CAQ, a été le principal créateur
d'emplois au Québec. Ce n'est pas compliqué, en huit ans, c'est 12 000 jobs qui
ont été données à des personnes qui travaillent à Québec, qui brassent du
papier, qui viennent alourdir et non pas aider à l'efficacité.
Alors, sur le projet de loi n° 7,
quand on nous dit : On voudrait réduire la bureaucratie, il est minuit
moins une, là, puis là croyez-nous, là, on va avoir... on va accroître
l'efficacité de l'État. Tout ça pour 35 millions, c'est homéopathique, Mme la
Présidente, et certains diraient que c'est même pathétique et loin d'être
sympathique. Alors, cosmétique, voilà ce qui est du projet de loi.
35 millions, quand on dit qu'on a ajouté une masse salariale de
1 milliard, on repassera.
Fusion INESSS-INSPQ, très mauvaise idée,
très mauvaise idée, là-dessus, elle n'a pas reculé. Elle a reculé, je dois le
dire, sur la fusion de Transplant Québec et d'Héma-Québec. On entendait la
ministre : Heille! une approche claire, structurée, chirurgicale et
concertée. Allô! La ministre a dû abandonner ça parce que, et je vais citer ici
la Fédération des médecins spécialistes, je les cite, «la décision d'abolir
Transplant Québec et de transférer sa mission à Héma-Québec a pris de court les
organisations concernées — allô, la concertation — les
cliniciens et les équipes de transplantation, qui espéraient plutôt voir venir
une loi-cadre afin de moderniser et de renforcer le système actuel».
Transplant Québec, Mme la Présidente, très
mauvaise idée de fusionner ça avec Héma-Québec, quand on sait qu'elle a
50 ans d'expertise qui aurait pu, du jour au lendemain, être mise à
risque. Grâce à l'intervention de l'opposition officielle, la ministre a fait
un salto arrière spectaculaire et a dû reculer là-dessus. Ça faisait même dire
à la même Fédération des médecins spécialistes : «Introduite sans
véritable consultation — imaginez-vous donc — des acteurs
concernés, cette réforme ne repose sur aucune justification médicale et impose
une période de transition beaucoup trop brève pour une mission aussi critique
que le don et la transplantation d'organes, où chaque minute compte. Dans un
domaine où les conséquences se traduisent directement en vies humaines, la plus
grande prudence s'impose. Nous demandons donc l'abandon de la fusion envisagée
de Transplant Québec et Héma-Québec.»
Ça, Mme la Présidente, depuis le début du
projet de loi, le 5 novembre dernier, nous l'avons dénoncé dans les
premières minutes, mais ça a pris quand même plusieurs, plusieurs semaines à la
ministre pour reconnaître... force lui a été de reconnaître qu'elle faisait
fausse route et elle a reculé, mais là où elle n'a pas reculé... Donc, allô, la
concertation puis, allô, l'approche chirurgicale, wow!
Fusion INESSS-INSPQ, elle n'a pas reculé
là-dessus. C'est une mauvaise idée. Pourquoi? Le Collège des médecins est
inquiet. Le Collège des médecins, il est là pour la protection du public,
protection des usagers et des patients. Le Collège des médecins dit que ça
fragilise l'indépendance scientifique. Ça fragilise l'autonomie et l'efficacité
en matière de surveillance, de prévention, de protection et de promotion de la
santé. Je cite même la directrice de la santé publique, qui est venue nous
dire, en commission parlementaire, ce qui suit : «On ne peut pas faire ces
changements du jour au lendemain. Il faut prendre son temps.»
Donc, d'un côté, vous avez l'INESSS et ses
responsabilités excessivement importantes, liées aux conseils cliniques et à
l'approbation des nouveaux médicaments. Ça, c'est l'INESSS, ce qu'elle fait,
conseils cliniques, approbation des nouveaux médicaments, l'INESSS, parfait,
l'INSPQ, elle, surveiller, prévenir, protéger la population, la capacité
d'analyse et d'intervention. Deux missions totalement différentes dans un même
domaine, qui est la santé publique, mais totalement différentes. Ce n'est pas
en fusionnant que vous allez faire mieux dans ce contexte-là aucunement, et
vous aviez le risque... et vous avez le risque de perdre une expertise, de
perdre le sens et l'essence de la mission, et, dans le jour le jour, Mme la
Présidente, s'il n'y a pas d'économie d'échelle qui est à faire là-dessus,
bien, que la ministre recule. C'est une chose qu'on aura l'occasion, dans un
prochain gouvernement libéral, Mme la Présidente, de revenir. On va rétablir
l'indépendance de ces deux organismes-là. Ça n'a pas de bon sens, ce qui est
fait.
Mme la Présidente, on parle aussi... Dans
le projet de loi, ce qui est proposé par la ministre, c'est, imaginez-vous
donc, d'augmenter la reddition de comptes, augmenter la reddition de comptes
des organismes tels que les sociétés d'État, faire en sorte que, dans la loi,
il soit inscrit à titre d'obligation que les directions des sociétés d'État
soient obligées de venir faire une reddition de comptes ici, en commission
parlementaire...
M. Tanguay : ...à titre
d'obligation que les directions des sociétés d'État soient obligées de venir
faire une reddition de comptes ici, en commission parlementaire. Puis on en a
déjà, ça, c'est un mécanisme qui existe déjà dans plusieurs lois, les
institutions d'enseignement supérieur notamment, et on peut voir le bilan de la
CAQ après huit ans.
Alors, c'est bien beau que la ministre,
elle dise : Heille! savez-vous quoi, on va en rajouter une couple de
dizaines, là, des organismes qui devront venir faire de la reddition de comptes
ici, à l'Assemblée nationale. OK. Qu'en est-il des huit dernières années? Combien
de telles obligations légales ont-elles été mises en application, respectées et
en oeuvre? Il y a eu combien de redditions de comptes, en huit ans, de la sorte
par le gouvernement caquiste? En huit ans, zéro, zéro reddition de comptes,
même si c'était inscrit dans la loi. Alors, on vient de nous dire : Bien,
faites-vous-en pas, on va l'inscrire dans la loi. Dans la philosophie caquiste,
il n'y en a pas eu. Heille! il faut le faire. Je n'ai jamais vu ça, on n'a
jamais vu ça, un gouvernement qui, en huit ans, n'a fait aucune... n'a permis,
en commission parlementaire, de faire aucune reddition de comptes. Le fait de
dire : Bien, dans la loi, on en rajoute d'autres, écoutez, là, une fois
que j'ai dit ça, tout le monde comprend à la maison, ça ne donne rien sous un
gouvernement caquiste. Mais encore une fois, sous un gouvernement libéral
dirigé par Charles Milliard, on aura l'occasion de faire de la reddition de
comptes, comme on le faisait à l'époque, à l'époque avec M. Couillard.
Alors, Mme la Présidente, on peut voir un
projet de loi qui est tout sauf structuré, chirurgical et concerté, un projet
de loi... puis j'aurais pu vous parler, évidemment, de plein d'autres écueils
qui demeurent, un projet de loi qui venait modifier... présenté par la
présidente du Conseil du trésor, vient jouer dans la santé publique, vient
jouer dans la recherche, modifier 78 lois. Ils ont déposé
115 amendements, 36 articles supprimés. 115 amendements,
36 articles supprimés, 78 lois. Concerté, structuré, chirurgical?
Bien non, c'est tout sauf ça, Mme la Présidente, pour les raisons que j'ai
évoquées.
Et pour s'assurer que les missions de ces
nombreux organismes là ne soient pas mises à mal, bien, on va voter évidemment
contre ce mauvais projet de loi. Merci.
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : Merci beaucoup, monsieur le député. Je cède maintenant la
parole à M. le député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : Oui. Bonjour,
Mme la Présidente. Merci beaucoup. Et donc nous nous apprêtons à passer au vote
final pour le projet de loi n° 7 qui est la Loi visant à réduire la
bureaucratie, à accroître l'efficacité de l'État et à renforcer l'imputabilité
des hauts fonctionnaires.
Évidemment, c'est un beau grand titre,
ce... derrière lequel il y a beaucoup, beaucoup d'enjeux. Parce que nous
l'avons qualifié depuis le début comme un projet de loi mammouth, et ce qu'on
appelle aussi, dans un jargon plus... plus parlementaire, un projet de loi qui
couvre toute une série de sujets, différents sujets, un projet de loi omnibus,
là. Évidemment, ça tire un peu dans toutes les directions, ça concerne la
fusion des instituts de santé... de santé publique, le Régime québécois
d'assurance parentale, l'abolition de la commission québécoise d'évaluation de
l'enseignement collégial, différentes mesures concernant les stages au
gouvernement. Bref, il y en a, il y en a, il y en a, et on risque de s'y
perdre. Mais, à l'intérieur de tout ça, on se demande : Elle est où,
l'efficacité, elle est où, la réduction de bureaucratie, et il est où, le
renforcement de l'imputabilité des hauts... des hauts fonctionnaires?
Évidemment, ce projet de loi répond à une
des priorités établies par le premier ministre sortant, faut-il le dire
aujourd'hui, là, du Québec qui, dans son discours d'ouverture de la session parlementaire
au mois de... à la fin septembre 2025, au début octobre 2025, nous annonçait
que l'amélioration de l'efficacité de l'État allait être une de ses grandes
priorités. Et il a donné la responsabilité à la présidente du Conseil du trésor
de mener cette tâche à bien, et c'est... ça s'est traduit, ça s'est cristallisé
autour de la présentation du projet de loi... du projet de loi n° 7.
• (12 h 20) •
Donc, l'efficacité, on en doute, on en
doute. La ministre nous a dit... Même si ça n'apparaît pas dans le titre, à
plusieurs reprises, la ministre... la présidente du Conseil du trésor nous a
informés qu'elle cherchait à faire des synergies afin d'économiser des fonds
publics. Soit, on est tous et toutes d'accord. Si on peut mieux faire pour
économiser l'argent des contribuables, mieux dépenser les deniers publics, là,
on peut être d'accord sans problème...
M. Fontecilla : ...mieux
dépenser les deniers publics, là, on est... on peut être d'accord sans
problème, mais la façon est de savoir le comment. Vous savez, Mme la
Présidente, au cours de l'histoire, l'État québécois s'est développé et a mis
en place différents mécanismes dans... dans toutes sortes de domaines, et
chacun de... de ces mécanismes, en tout cas, à ses débuts, ils visaient à répondre
à un besoin qui avait été identifié, analysé et diagnostiqué par tout un
appareillage de la fonction publique. Est-ce à dire, Mme la Présidente, que
c'est... ce qu'on a construit, à travers les années, n'est pas complètement
dépourvu de... de raison d'être. Et il revient aujourd'hui à... au gouvernement
en place, en ce qui nous concerne, à la ministre du Conseil du... à la
présidente du Conseil du trésor de nous démontrer que ces organismes-là, bien,
ne fonctionnent plus bien, leurs raisons d'être pourraient être discutables, et
qu'ils seraient mieux administrés s'ils étaient fusionnés, abolis et pris en
charge par d'autres types d'organismes. Malheureusement, toutes ces preuves-là
n'ont jamais été faites.
Nous avons, à plusieurs reprises, moi-même
ainsi que les collègues des oppositions, nous avons questionné la présidente du
Conseil du trésor, à savoir si elle avait effectué des études et des analyses
pour savoir quel était... quels étaient les gains d'efficacité, quelles étaient
les économies recherchées et comment on allait accroître, de façon générale, la
synergie et l'efficacité de l'État. Elle n'a jamais donné de réponse
satisfaisante, elle n'a jamais été en mesure de nous montrer des... des études
ou des diagnostics effectués par... par des experts de la machine
gouvernementale. Donc, nous avons dû opérer un peu à l'aveugle en disant...
bien, en disant... en croyant, en appuyant... en s'appuyant sur la croyance que
les réformes qui allaient être introduites allaient évidemment améliorer
l'efficacité de l'État et économiser de... économiser de l'argent au Trésor.
C'est sur... c'est sur cette base un peu
mouvante et très incertaine que nous avons effectué l'étude détaillée, et nous
nous sommes rendu compte que, finalement, tout au long de ce processus-là,
l'État n'allait faire que des petites économies ou, comme on dit en bon... en
bon québécois, des économies de bouts de chandelles. Et la ministre nous
répondait à chaque fois, à chaque fois que nous lui disions : Mais, Mme la
présidente du Conseil du trésor, il n'y a pas beaucoup d'économies là-dessus,
là, peut-être, vous allez économiser le salaire d'un demi... d'un
demi-gestionnaire équivalent à temps plein. Elle nous disait : Il n'y a
pas de petites économies, soit, on la croit, il n'y a pas de petites économies.
Sauf que chambouler toutes... une bonne partie, plusieurs institutions de
l'État pour faire des petites économies, il faut se poser si... la question à
savoir si ça vaut la peine d'effectuer tout ce redressage des structures pour
aller chercher, ne serait-ce que quelques dollars d'économie. Des fois,
vous savez, là, si les choses marchent comme il faut, il faut les laisser
telles quelles, parce qu'une structure qui est rebrassée, qui est complètement
réorganisée, ça va prendre... ça va faire en sorte que les organisations vont
passer plus de temps à se réorganiser qu'à effectuer leur...leur travail
quotidien ou, encore, avancer dans les projets de développement nécessaires
qu'ils se sont donnés en tant que... en tant qu'objectif.
Donc, des fois, là, on l'a connu, par
exemple, dans le domaine de la santé, où le système de santé a subi plusieurs
énormes, énormes restructurations, et aujourd'hui, l'ensemble des intervenants,
dans le domaine de la santé, nous disent : C'est assez, n'effectuez plus
de... n'effectuez plus de restructuration, puisque ça désorganise trop le
système de santé. Donc, il faut tenir... il faut tenir en compte, là, les coûts
d'une réorganisation complète d'une... d'une institution de l'État.
Passons en revue, Mme la Présidente,
quelques éléments sur lesquels on s'est... on s'est penché. Je vais commencer
par, peut-être, la fin, là. À la... au dernier jour de l'étude détaillée du
projet de loi, par amendement, la ministre a ajouté un chapitre à son projet de
loi mastodonte, qui vient modifier rien de moins que notre charte des droits et
libertés pour faire passer, pour effectuer le transfert des employés de la
Commission des droits de la personne et de la jeunesse sous la responsabilité
de la Loi sur la fonction publique. Ce qui pourrait sembler anodin ne l'est pas
tellement, Mme la Présidente, parce qu'il faut se poser la question, c'est
quoi, le problème...
M. Fontecilla : ...et des
droits de la jeunesse a... sous la responsabilité de la Loi sur la fonction
publique. Ce qui pourrait sembler anodin ne l'est pas tellement, Mme la
Présidente, puisque... parce qu'il faut se poser la question : C'est quoi,
le problème de cette mesure qui a été introduite sans consultations à la
dernière minute?
La Loi sur la fonction publique prévoit un
devoir de loyauté envers le gouvernement, de neutralité politique et de réserve
quant à l'expression d'opinions politiques, ce qui est normal, tout à fait
justifié et pertinent. C'est un concept qui se trouve à la base même de la Loi
sur la fonction publique. Or, la commission des droits de la personne et pour
les droits de la jeunesse a un rôle de chien de garde envers le gouvernement
pour s'assurer de défendre notre Charte des droits et libertés. Cet amendement,
encore une fois, je le réitère, introduit à la dernière minute, sans
consultations, sans permettre à ce que les gens concernés, les institutions
concernées puissent se prononcer, menace directement l'indépendance et sa
capacité à jouer pleinement ce rôle de chien de garde. Parce que c'est
justement ça, le rôle d'une... de notre Commission des droits de la personne et
des droits de la jeunesse, là : c'est de pouvoir être en mesure, d'avoir
la capacité de porter un regard critique sur les actions de l'État ou sur une
autre entité de la société québécoise, là, et porter un jugement... un jugement
critique, là.
Donc, on n'a même pas pu entendre la
Commission des droits de la personne et droits de la jeunesse sur leur opinion
de cet... de ces changements, qui nous semblent fondamentaux. On n'a pas
entendu non plus l'opinion des experts en droit — l'opinion, il me
semble que c'est toujours important de l'avoir — l'opinion des
travailleurs et travailleuses de cette commission, ni encore les groupes de
défense des droits. Nous n'avons entendu personne sur les conséquences
prévisibles de ces changements-là, et la ministre nous a... nous a mis, en
quelque sorte, devant un fait accompli, à la dernière minute, en circonvenant à
la majorité du processus législatif démocratique.
Quelles sont les raisons? On n'a pas trop
entendu les véritables raisons de ces changements-là. Est-ce qu'il y a des
économies à faire? Est-ce qu'il y a des gains en efficacité? On... Ça... Tout
ça, c'est resté très, très nébuleux, et donc ça nous paraît... ça nous paraît
que, par la présentation... et cette modification à une institution aussi
importante, aussi centrale dans la vie de l'État du Québec, ça nous paraît
qu'il y a là un déni de nos usages parlementaires et, en tout cas, un déni de
démocratie.
On va encore plus loin. La loi fait...
effectue une réforme de la Loi sur la fonction publique. Par exemple, on fait
passer le stage probatoire des fonctionnaires de six à 18 mois, et ça fait
en sorte que ces personnes-là sont énormément précarisées. Et, encore une fois,
on s'entend toujours, on n'a pas entendu véritablement les raisons d'une
telle... d'une telle décision. Vous savez, avoir un stage probatoire des
fonctionnaires de six mois, la moitié d'une année, à 18 mois, un an et
demi, c'est quand même substantiel, Mme la Présidente, en termes
d'indétermination, là, sur le résultat final de notre travail. Une personne va
être pendant... pendant 18 mois dans l'attente de savoir s'il pourra
finalement devenir un fonctionnaire ou pas. Et c'est contraire aux normes qui
sont... aux délais qui sont normalement utilisés dans l'ensemble des... bien,
en tout cas, dans la fonction... dans la fonction publique, et aussi dans le
secteur privé. Et je vous rappelle que c'est pendant un an et demi que cette...
cette personne-là qui fait passer un stage probatoire pour devenir
fonctionnaire, la personne peut être renvoyée en tout moment, sans motif et à
tout moment. C'est trop long comme délai d'incertitude.
• (12 h 30) •
On risque de se priver de talents des
personnes qui pourraient offrir beaucoup à la fonction publique québécoise, là,
qui, étant donné ce délai-là, aussi excessif, vont choisir plutôt de... choisir
des offres d'emploi plus stables et sécurisantes dans le secteur privé. C'est
une évidence même, là. Le pire, encore une fois, c'est que c'est un changement
qui a été introduit par amendement, sans consultations ni de syndicats, ni des travailleurs
et travailleuses, ni d'autres instances, et personne n'a eu l'opportunité de <s'exprimer...
>
12 h 30 (version révisée)
M. Fontecilla : ...il y a des
travailleuses ni d'autres instances et personne n'a eu l'opportunité de s'exprimer
à ce sujet en commission parlementaire.
Un autre sujet qui a suscité beaucoup d'opposition,
dans le PL n° 7, c'est la fusion du fonds d'action...
du fonds de l'action autonome communautaire avec le Fonds québécois d'initiatives
sociales. C'est un peu des acronymes importants, mais c'est important de... L'essentiel
qu'il est important de savoir, Mme la Présidente, c'est que ces deux fonds
financent la grande majorité d'organismes communautaires au Québec. Et vous
avez peut-être entendu, Mme la Présidente, le secteur communautaire en ce
moment effectue des moyens de pression, une grève du communautaire, plus...
plus particulièrement, justement pour améliorer leurs maigres financements qui
font en sorte que les gens qui travaillent en communautaire, qui font une
mission essentielle au fonctionnement de l'État, en fait, ils le déchargent de
beaucoup de pression parce qu'ils s'occupent des personnes qui vivent beaucoup
de difficultés dans différents domaines. Ces personnes-là sont carrément sous-payées.
En général, c'est entre 18 et 24... et 24 mois, donc. Mais cet argent-là,
de 18 $ à 24 $, pardon, là, provient en bonne partie du fonds de...
du fonds de l'action autonome communautaire et du Fonds québécois des
initiatives sociales, et le PL n° 7 vient fusionner
ces deux fonds qui ont des objectifs complètement différents.
Le Fonds québécois des interventions
sociales permet au gouvernement d'investir dans des nouveaux projets d'innovation
sociale, selon ses... les orientations du fonds. Vous savez, dans l'intervention
sociale, il faut, comme dans tout domaine d'ailleurs, là, mais plus
particulièrement... et ça, c'est une idée à laquelle on est moins habitués, là,
il faut innover pour améliorer nos façons de faire, parce qu'évidemment on
travaille avec des êtres humains, les êtres humains changent à travers le temps,
nos façons d'intervenir changent. C'est complètement différent d'intervenir auprès
d'un jeune aujourd'hui qu'intervenir auprès d'un jeune il y a 20 ans, ou
intervenir auprès d'une personne en situation d'itinérance, ou intervenir
auprès d'une personne aînée. C'est... il faut constamment être en train de s'adapter
et trouver de nouvelles façons d'intervenir. Donc, c'est important de garder l'autonomie
d'un fond de cet ordre-là.
Et l'autre fonds, le fonds de l'action
communautaire autonome, sert à financer l'action communautaire autonome à la
mission, de façon indépendante, tel que dans... tel que garanti dans la
politique de reconnaissance de l'action communautaire autonome du gouvernement,
qui a été adoptée, déjà, il y a plus de 25 ans et qui constitue le socle
fondamental sur lequel s'appuie l'action communautaire et sur laquelle on écrit
noir sur blanc et on inscrit la reconnaissance de l'État québécois, de l'utilité
de l'action communautaire autonome et de la nécessité de les... de les
financer.
En fusionnant les fonds, on menace le
financement à la mission de ces organismes qui leur permet d'avoir un
financement stable sur le long terme avec un minimum de paperasse à gérer.
Parce que, vous savez, Mme la Présidente, des organismes communautaires,
souvent, en tout cas, les dirigeants des organismes passent plus souvent du
temps à chercher du financement qu'à travailler pour la mission de l'organisme
pour... pour lequel ils travaillent, là, ce qui est... on parle d'efficacité,
dans le PL n° 7, là, ce qui est éminemment une perte
d'efficacité, alors qu'on pourrait assurer un financement à long terme, pérenne
et stable à ces organismes-là pour qu'ils puissent se concentrer sur l'action
sur le terrain et non pas se concentrer à chercher tout le temps de l'argent.
Je le répète, en ce moment même, les organismes
communautaires sont en grève parce que le... leur financement ne suffit pas à
remplir leurs missions qui sont pourtant cruciales pour notre société. Et tout
ce que le gouvernement trouve à faire, c'est... avec le PL n° 7,
c'est de fragiliser encore plus leur financement.
Un moment donné, la ministre nous a... la
ministre, la présidente du Conseil du trésor nous a même dit qu'en ce qui
concerne cet aspect-là, bien, il... il va juste s'agir de... non pas de
fusionner les deux fonds, mais peut-être de les mettre l'un à côté de l'autre,
et on va superposer une couche d'administration pour administrer deux... deux
volets. Mais là on se demande : On n'est pas en train de faire toute une
opération pour... pour pas grand-chose? Si on va garder les choses telles qu'elles,
on va juste avoir une seule et même direction. Bien, qu'est-ce qu'on est en
train d'économiser...
M. Fontecilla : ...on va juste
avoir une seule et même direction, mais qu'est-ce qu'on est en train
d'économiser? Qu'est-ce qu'on est en... Quel gain d'efficacité est en... est-on
en train de gagner? Quelles sont les économies de... les économies qu'on peut
effectuer? Donc, donc, beaucoup, beaucoup de brassage de structures, sans
aucune garantie que cela va donner un résultat tangible, substantiel pour ces
organisations... pour cette organisation-là.
Dans le cas du monde communautaire, on n'a
également aucune garantie que l'indépendance du financement des groupes va être
maintenue. Cela inclut les groupes de défense des droits, qui sont évidemment
souvent portés à entrer en conflit avec le gouvernement parce que, justement,
ils défendent des droits, qui pourraient avoir... voir leur financement
dépendre des bonnes relations avec les ministres responsables, et tout ça pour
quoi? Encore une fois, là, la question revient constamment, Mme la Présidente.
La ministre le dit elle-même, elle nous a
dit qu'on va économiser peut-être 0,3 équivalent temps plein, les fameux... les
fameux équivalents temps plein, avec cette fusion. C'est éminemment, comment
dire, questionnable qu'on puisse effectuer tous ces brassages de structures
pour... et qui fragilisent... qui risquent de fragiliser l'action communautaire
et autonome et le mouvement de défense des droits pour des économies aussi
faibles que 0,3 équivalent... équivalent temps complet. Donc, on va économiser
peut-être, si tout va bien, un tiers du salaire d'un fonctionnaire.
Un autre élément qui a suscité beaucoup,
beaucoup de mobilisation et qui a fait beaucoup couler l'encre, c'est la fusion
de l' l'Institut national de santé publique du Québec avec l'institut national
d'excellence en santé... en santé et services sociaux. Le PL n° 7,
malheureusement, mélange la mission de la santé publique avec celle de la
prestation de soins de services. On se serait dit que... parce que, dans les
deux titres, il y a «santé», mais la présidente du Conseil du trésor se
dit : Bien, écoutez, là, c'est vraiment proche, ces deux affaires-là, on
va les mettre ensemble, puis, voilà, il va y avoir des gains de synergie,
d'efficacité, etc., etc., mais, malheureusement, les choses sont un peu plus
complexes que ça. Le PL n° 7 fragilise notre
expertise, l'expertise scientifique reconnue à l'international en matière de
santé publique et développée... développée et portée par l'Institut national de
santé publique du Québec.
Vous savez, Mme la Présidente, on est la
seule province, une des seules... une des seules nations qui ne sont pas encore
un pays à être doté d'un tel institut national de santé publique, qui, en plus,
est reconnu et membre de l'association internationale des instituts
nationaux... nationaux de santé... santé publique, et, avec cette fusion-là, un
des critères pour être reconnu par l'institut international des instituts
nationaux de santé publique, c'est d'être autonome, de ne pas être complètement
fusionné à une structure étatique de l'État, c'est-à-dire de garder un certain
niveau d'indépendance et d'autonomie par rapport à un gouvernement... à un
gouvernement donné, et, avec cette réforme-là, on n'a aucune garantie que le
nouveau institut fusionné sera reconnu comme tel.
Vous allez me dire : Bien, au fond,
ce n'est pas si important d'être reconnu ou ne pas... par une instance
internationale. Oui, c'est important, Mme la Présidente, parce que la
reconnaissance de cette... de l'association internationale des instituts
nationaux de santé publique implique que l'Institut national de santé publique
du Québec participe à un... à un système d'échange des connaissances,
d'expertise et des données avec des instituts nationaux d'autres pays, et ça
consolide... ça aide à consolider notre connaissance, notre expertise et
améliorer notre façon d'agir dans le cas de, par exemple... par exemple,
quelque chose qui nous semblait tout à fait... tout à fait de l'ordre de la fiction
il y a quelques années, mais, par exemple, devant une pandémie. Ça arrive comme
ça, des pandémies qui arrivent, là. On a besoin d'avoir un institut national de
santé publique, là, qui est connecté, réseauté avec d'autres instituts du même
ordre pour, justement, améliorer ses connaissances et ses compétences dans ce
domaine-là, mais on n'a aucune garantie que les changements effectués vont être
reconnus comme tel par... par cet institut national.
• (12 h 40) •
Et ça va encore plus loin, Mme la Présidente,
parce qu'il y a un autre... il y a un autre institut au Canada, là, du même
ordre, c'est l'institut national de santé publique du Canada, justement, là, et,
si on perd cette reconnaissance-là...
M. Fontecilla : ...Canada, là,
du même ordre, c'est l'institut national de santé publique du Canada,
justement, là. Et, si on perd cette reconnaissance-là, ça va faire en sorte
qu'on va plus défendre... on va plus dépendre, pardon, de l'institut national
de santé publique canadien que celui du Québec. C'est une perte nette de
souveraineté scientifique dans ce... dans ce domaine, et cela est grave, là. On
va devoir poser des questions à Ottawa au lieu de poser des questions à une
institution bien québécoise et avec un haut niveau d'expertise et de
connaissances.
Dans tout ça, la présidente du Conseil du
trésor, encore une fois, a été incapable de nous... de nous indiquer le montant
que cette fusion va économiser. Elle va de l'avant, excusez-moi avec le terme,
mais avec un projet... un projet brouillon, au nom des synergies qui restent à
être identifiées. Je pense qu'on est en train de jouer aux apprentis sorciers
ici, là, avec des institutions qui se sont construites à travers le temps pour
une raison bien donnée, qui ont faites leurs preuves. Et, aujourd'hui, on est
en train de les mettre en péril, surtout la santé publique, là, pour, encore
une fois, peut-être, si tout va bien, faire des économies de bouts... de bouts
de chandelle.
Un aspect de cette fusion qui nous
préoccupe tout particulièrement, Mme la Présidente, c'est le transfert des
laboratoires de l'institut de santé publique du Québec vers Santé Québec. Vous
savez, là, en quelque sorte, les laboratoires de la santé publique, là, sont...
je ne ne veux pas minimiser les autres domaines touchés par la santé... la
santé publique et l'institut de santé publique du Québec, là... mais c'est un
aspect central de l'activité des... des laboratoires. C'est les laboratoires
qui effectuent les tests de toxicologie, les tests de... dans les nouveaux virus,
etc., etc., là. Donc, beaucoup, beaucoup de choses, beaucoup d'éventuelles
menaces doivent passer par ces laboratoires-là pour déterminer si,
effectivement... quelle est la menace, il y en a une et quel niveau de menace.
Donc, ça constitue un secteur névralgique avec des laboratoires de haut niveau
d'expertise et de matériel, et ces laboratoires-là vont être transférés à Santé
Québec, l'agence Santé Québec, là, qui gère l'ensemble du système de santé
québécois. Un autre mastodonte, une autre super grosse structure, là, et on se
retrouve avec la nécessité de s'assurer que les laboratoires de santé publique,
ces laboratoires de santé publique, puissent continuer à accomplir leur rôle.
Et on a beaucoup, beaucoup travaillé avec les différentes oppositions pour
faire en sorte de s'assurer que ces laboratoires-là vont continuer à garder...
à... à être traités prioritairement en tant que laboratoires de santé publique
et que leur... que leur sort ne soit pas dévié vers d'autres fonctions.
Déjà les différents... les syndicats qui
représentent les travailleurs et travailleuses de ces... et travailleurs de
ces... de ces laboratoires, qui sont des scientifiques, soit dit en passant,
hein, s'inquiètent déjà qu'ils vont... Ils nous annoncent qu'ils vont déposer
de nombreux griefs parce qu'ils transfèrent des laboratoires de l'INSPQ à Santé
Québec... est clairement mal ficelé, cela, ces travailleurs et
travailleuses-là. Les mécanismes de transfert des échelons salariaux, par
exemple, fait en sorte qu'une personne pourrait se retrouver à être payée
jusqu'à 6 $ de l'heure de moins qu'un collègue qui fait la même... qui
fait le même travail avec les mêmes nombres d'années d'expérience.
Les laboratoires de l'Institut national de
santé publique du Québec ont aussi des postes spécifiques pour... pour engager
des chercheurs avec des maîtrises et des doctorats, et ces postes-là... cette
catégorie d'emploi là n'existait pas à Santé Québec, et les mécanismes de
transfert prévus laissent ces travailleurs et travailleuses dans l'incertitude
quant à la reconnaissance de leur expertise.
Que fait un scientifique de haut niveau
lorsqu'il n'est pas certain de son avenir, de sa rémunération, de la
reconnaissance, finalement, de son travail? Il y a des centaines d'instituts à
travers le monde, d'entités universitaires, de gouvernements qui cherchent
cette expertise-là. Ces personnes-là pourraient aller n'importe où au monde
pour être beaucoup mieux payées, là. Elles choisissent le Québec, là. Mais si,
en plus, on leur offre de l'incertitude, on leur dit : On va vous payer
moins avec cette... cette restructuration-là, bien, il est fort probable que
ces personnes-là... et j'espère que non, qu'elles vont rester ici, mais fort
probable que ces personnes-là vont se dire : Je commence à considérer
peut-être l'éventualité que je pourrais aller voir s'il fait... s'il y a du...
M. Fontecilla : ...probable
que ces personnes-là vont se dire : Je commence à considérer peut-être
l'éventualité que je pourrais aller voir s'il fait... s'il y a du meilleur
temps ailleurs, là. Tout ce flou était évitable.
En consultations particulières, les
syndicats ont averti la présidente du Conseil du trésor de ces enjeux et ont
suggéré des amendements que nous avons repris, mais que la ministre a refusé
d'écouter. Résultat, le transfert de ce... de laboratoires de l'Institut
national de santé publique vers Santé Québec risque d'être chaotique et plonger
de nombreux et nombreuses travailleurs et travailleuses, des scientifiques
hautement qualifiés, dans l'incertitude, et qui pourrait nous faire perdre une
expertise de calibre international pour aucune bonne raison et, en tout cas,
encore une fois, pour peut-être, si tout va bien, des économies de bouts de
chandelles.
Un autre changement majeur qui a été
introduit par ce projet de loi omnibus, ce projet de loi mammouth, c'est le
transfert des surplus du Fonds d'électrification et de changements climatiques
au Fonds des générations. Mme la Présidente, je suis désolé d'utiliser des
termes aussi durs, mais c'est un détournement de fonds pur et simple. Cet
argent-là a pour but de financer la transition écoénergétique et l'adaptation
aux changements climatiques, non pas à constituer une sorte de réserve
financière du... qui est le Fonds des générations, du gouvernement du Québec.
On est en train de dévier complètement la mission du Fonds d'électrification et
de changements climatiques.
Ces changements-là... le maintien de cet
argent-là dans le Fonds d'électrification et de changements climatiques est un
besoin urgent et vital pour les générations futures. Les besoins sont criants,
en particulier dans le secteur agricole, où les agriculteurs nous le disent,
que ce fonds-là manque cruellement pour financer leur transition énergétique.
Les agriculteurs du Québec, les agricultrices veulent entamer la transition
énergétique, mais manquent de fonds, manquent de moyens. Et ce fonds-là
pourrait parfaitement les aider à effectuer cette transition énergétique ou,
encore plus, cette transition écologique, là.
Donc, malheureusement, avec ce projet de
loi, la CAQ est en train de sacrifier notre climat et les générations futures,
tout ça pour, encore une fois, faire en sorte de faire des économies de
chandelles pour que leur ligne budgétaire paraisse mieux. C'est de l'argent qui
aurait pu aider à combler le manque de financement de la CAQ, par exemple, en
matière de transport en commun, où on manque cruellement d'argent, par exemple,
cet argent-là pourrait aider à combler le déficit en maintien d'actif du métro
de Montréal. On vient d'en... On le sait, le métro de Montréal, la moitié des
stations du métro de Montréal sont en grave déficit de maintien d'actif, là. Si
ça continue comme ça, bientôt, des stations vont commencer à fermer un peu
partout à Montréal. Et c'est le plus gros réseau de transport en commun au
Canada, on doit investir pour le garder... pour le garder en vie, pas seulement
parce qu'il est gros et parce qu'il est beau, mais parce qu'il est très utile
et parce que ça empêche... ça permet aux gens de ne pas avoir de voiture, avec
toutes les conséquences que cela... que cela entraîne.
Le Fonds de générations, le Fonds
d'électrification et de changements climatiques auraient pu aider le
gouvernement du Québec à investir dans le maintien... le maintien du métro de
Montréal. Et on ne parle même pas de développement du système de transport en
commun où les besoins sont nombreux un peu partout à travers le Québec, pas
seulement à Montréal. À Québec, à Gatineau, il y a... il y a des projets
structurants, et sans parler de l'ensemble du Québec, où est-ce qu'on pourrait
mettre en place, on pourrait... mieux financer des systèmes de transport en
commun, ne serait-ce, par exemple, Mme la Présidente, que le transport
interurbain. Parce que c'est catastrophique, l'état du transport interurbain au
Québec, là. Essayez de vous déplacer en bus... en autobus de Chicoutimi vers
Montréal, ou de la Gaspésie vers Sherbrooke, ouf! Vous allez... vous allez
voyager, pendant plusieurs jours, avec de la chance, Mme la Présidente. Il faut
investir dans nos... dans le développement aussi. Mais allons à l'essentiel, au
moins, au moins, tentons de conserver en place ce qu'on a déjà.
• (12 h 50) •
Il faudrait aussi se poser la question des
raisons pour lesquelles il y avait autant d'argent en surplus, serait-ce parce
que la CAQ aurait... sous-financé le programme pour la transition
écoénergétique? S'il y a un programme, s'il y a un fonds qui a beaucoup trop
d'argent, c'est peut-être parce qu'on l'a mal dépensé...
M. Fontecilla : ...sous-financé
le programme pour la transition écoénergétique, s'il y a un programme, s'il y a
un fonds qui a beaucoup trop d'argent, c'est peut-être parce qu'on l'a mal
dépensé ou on l'a... on ne l'a pas dépensé tout court, là. C'est peut-être un
manque d'imagination.
Écoutez, Mme la Présidente, il y a
d'autres éléments, là, dans... il y en a plusieurs autres dans ce projet de loi
qui... qui méritent une critique approfondie. Par exemple, je vous parle des
changements effectués à la Société d'habitation du Québec, où il y aura la fin
de la gestion conjointe des contributions. Donc, ça met fin à la gestion
conjointe des contributions versées à la Société d'habitation du Québec par les
organismes bénéficiaires d'aide financière comme les coopératives d'habitation
ou les OBNL en habitation. Autrement dit, la Société d'habitation du Québec
aurait... aura désormais un contrôle unilatéral de ce... sur ces fonds, ce qui
réduit l'autonomie des partenaires communautaires dans la gestion des
programmes de logement social. Donc, on donne à la SHQ le contrôle sur un
argent qui a été versé par un tiers. C'est un... C'est assez particulier
comme... comme pensée, là.
Et, d'autre part, on peut se questionner
sur... Et, peut-être, ce n'est pas nécessairement une mauvaise idée en soi,
mais on aurait pu... on aurait pu aller encore... aller encore plus loin, là,
sur, par exemple, l'abolition de la Commission d'évaluation de l'enseignement
collégial, qui est carrément aboli, et la fonction est... est donnée carrément
aux institutions d'enseignement, les cégeps, bien, soit publics ou soit privés,
mais on nous dit que tout est en place pour bien gérer cette évaluation-là par
les acteurs eux-mêmes. J'en suis, mais il faudrait, à un moment donné, se poser
la question : Est-ce que la fonction est bien remplie? Il faut une entité
extérieure qui vient dire, certifier, à chaque cinq ans, 10 ans, que
sais-je, là, qui vienne dire : Oui, les acteurs font bien... accomplissent
bien la fonction qui leur a été allouée par, dans ce cas-ci, le PL n° 7.
J'aimerais aussi parler sur un élément
important, c'est la... l'opposition assez soutenue qui a porté fruit,
finalement, qui a porté fruit sur... qui portait sur la fusion entre Transplant
Québec et Héma-Québec. Ah! bien, tenez-vous bien. Héma-Québec fait de la
gestion de stocks, des inventaires récents et des tissus humains, et Transplant
Québec fait la... traite du sujet de transfert d'organes entre personnes
décédées et un grand... un grand malade : Ah! c'est facile, les deux
traitent du corps humain, on va les fusionner, tiens donc, hein, pourquoi pas,
parce que c'est dans le même domaine, alors que Transplant Québec et Héma-Québec
sont deux institutions complètement différentes, de par leurs mandats, leurs
fonctions, leurs façons de fonctionner, leurs expertises, leurs tailles, leurs
financements, le réseau qu'ils... qu'ils mobilisent, là. Et la ministre,
heureusement, non pas parce qu'elle s'est rendue... elle est arrivée à la
conclusion que ce n'était pas une bonne idée, mais c'est parce qu'il y a eu
tellement d'oppositions de la part de différents acteurs, là, qu'elle a décidé
de reculer dans cette... dans cette fusion-là. Au moins, on a réussi à gagner
cet élément-là.
En terminant, Mme la Présidente,
j'aimerais faire une mention sur l'abolition du Conseil de gestion de
l'assurance parentale, qui est un outil de la gouvernance du Régime québécois
de l'assurance parentale, qui fut, au moment de sa création, un joyau, une
réussite de l'État du Québec non seulement pour faciliter la vie... la vie des
femmes, là, qui... qui ont... qui donnent naissance à des enfants, mais aussi à
des pères. Malheureusement, et, nous, ça nous a été dit lors des consultations
particulières, à travers les années, le Régime québécois d'assurance parentale
a pris du retard par rapport à d'autres... D'autres juridictions, ils sont
avancés beaucoup plus loin dans le développement de ce régime... de ce
régime-là, surtout en termes d'octroyer, de faciliter aux pères pour qu'ils
puissent... pour qu'ils puissent accomplir leur rôle paternel auprès de leurs
enfants, ce qui est une revendication historique, entre autres, du mouvement...
du mouvement des femmes, c'est-à-dire que les hommes s'impliquent de façon
beaucoup plus soutenue dans les soins de leurs enfants, là.
En ce moment, le Régime québécois
d'assurance parentale a un surplus...
M. Fontecilla : ...soin de
leurs enfants. En ce moment, le Régime québécois d'assurance parentale a un
surplus substantiel, et la CAQ a malheureusement choisi de... au lieu d'améliorer,
de réinvestir ces sommes-là dans l'amélioration de ce système-là, surtout dans
le domaine d'améliorer la couverture envers les pères, ce qui est demandé par
le milieu, bien, il a choisi plutôt de baisser les cotisations à ce régime-là
de la part des employeurs ainsi que des travailleurs et travailleuses.
C'est un recul. C'est un recul parce que
c'est important d'avancer, en tant que société, vers l'implication beaucoup
plus soutenue et substantielle des hommes, des hommes, des pères, dans
l'éducation de leurs enfants, mais on est restés dans une vision très, très
comptable. Ce que les gens veulent, c'est avoir plus d'argent, un petit peu
plus d'argent dans les... dans leurs poches, mais ce que le gouvernement de la
CAQ n'a malheureusement pas compris, c'est que le Régime québécois d'assurance
parentale constitue un outil de transformation sociale et qu'il faut investir
pour le développer, mais, puisqu'on va faire quelques... quelques économies, on
va abolir le Conseil de gestion de l'assurance parentale, et on va l'envoyer à Retraite
Québec, et fin du problème. On enlève toutes les... on enlève toute l'autonomie
de cette assurance-là, et surtout on abolit, en quelque sorte, la connaissance,
l'expertise qui a été développée dans ce... dans ce conseil-là à travers les
années et qui aurait pu grandement servir à améliorer ce système-là.
Maintenant, tout... tout ça, ça va être noyé dans la grande structure de
Retraite Québec... Québec.
Donc, vous allez comprendre, Mme la
Présidente, à travers ce survol rapide des grands aspects du PL n° 7,
là, que nous sommes très, très critiques par rapport à cet... à ce
programme-là. Il y aura... il n'y aura pas véritablement de réduction de la
bureaucratie. Peut-être, il va y en avoir plus, une superposition de la... de
la bureaucratie. Il n'y aura pas davantage d'efficacité et d'efficience, et les
économies vont être moindres ou pas du tout existantes. Donc, dans ce sens-là,
le PL n° 7 manque sa cible, et nous allons... nous
entendons nous opposer et voter contre ce projet de loi là. Merci, Mme la
Présidente.
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : Merci, M. le député. Donc, durant votre discours, je ne
suis pas intervenue, je ne me suis pas levée, mais vous avez mentionné le mot
«détournement». J'aimerais ça que vous le retiriez parce qu'il est dans le
lexique, s'il vous plaît.
M. Fontecilla : ...
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. Donc, compte tenu de l'heure, les travaux sont
suspendus...
Une voix : ...
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) :
Parfait. Vous avez raison. Donc, est-ce qu'il y a un autre... d'autres
interventions? S'il n'y a pas d'autre intervention, le projet de loi n° 7, Loi visant à réduire la bureaucratie, à accroître
l'efficacité de l'État et à renforcer l'imputabilité des hauts fonctionnaires,
est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Une voix : Sur division.
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : Adopté sur division. M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Lévesque (Chapleau) : ...quand
même l'article 18, s'il vous plaît, pour la minute qui suit.
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : Bien sûr, on a toujours le temps. M. le ministre du
Travail propose l'adoption du projet de loi n° 3, Loi
visant à améliorer la transparence, la gouvernance et le processus démocratique
de diverses associations en milieu de travail. Y a-t-il des interventions? M.
le ministre.
M. Boulet : Oui, merci, Mme
la Présidente. J'aimerais dire à quel point on est satisfaits. C'est la
dernière étape. C'est l'adoption finale d'un projet de loi qui s'intéresse à la
transparence par des états financiers et des rapports sur l'utilisation des
cotisations, une saine gouvernance par une augmentation du taux de
participation aux assemblées et par l'instauration de cotisations facultatives,
celles versées en dehors de la mission centrale d'un syndicat.
Je rappellerai, en terminant, il y a une
formule Rand, au Québec, qui oblige de payer des cotisations syndicales versées
à des employeurs. Je pense qu'il faut remercier tous les groupes qui sont venus
en consultations particulières, tous les collègues des partis d'opposition,
tous les collègues gouvernementaux. Alors, je termine là-dessus, en demandant
de... Bien sûr, Mme la Présidente, j'invite tous les collègues de l'Assemblée à
voter en faveur du projet de loi.
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : Merci beaucoup, M. le ministre.
Et, maintenant, compte tenu de l'heure,
les travaux sont suspendus jusqu'à 15 heures. Merci beaucoup.
(Suspension de la séance à 13 heures)
15 h (version non révisée)
(Reprise à 15 h 1)
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Bonjour, chers collègues. Vous pouvez vous asseoir. Donc, nous sommes aux
affaires du jour, affaires inscrites par les députés de l'opposition. À l'article
81 du feuilleton, aux affaires inscrites par les députés de l'opposition, M. le
député de Laurier-Dorion présente la motion suivante :
«Que l'Assemblée nationale reconnaisse
que, dans le contexte de la crise du logement, de nombreux locataires renoncent
à faire valoir leurs droits par crainte que le caractère public des dossiers au
Tribunal administratif du logement nuise à leur recherche de logement;
«Qu'elle constate que cette situation
compromet l'accès à un logement favorisant des hausses de loyers abusives et contribue
au maintien de conditions de logements insalubres ou non sécuritaires;
«Qu'elle prenne acte du fait que plusieurs
autres juridictions, notamment la Colombie-Britannique, l'Alberta, le
Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse, ne rendent pas publics les noms des
locataires qui exercent leur droit.
«Qu'enfin, elle demande au gouvernement du
Québec d'agir dès maintenant afin d'anonymiser les dossiers des locataires
reconnus non fautifs au Tribunal administratif du logement.»
Je vous informe que la répartition du
temps de parole pour le débat restreint sur la motion inscrite par M. le député
de Laurier-Dorion s'effectuera comme suit : 10 minutes sont réservées
à l'auteur de la motion pour sa réplique, 45 minutes sont allouées au
groupe parlementaire formant le gouvernement, 21 min 24 s sont
allouées au groupe parlementaire formant l'opposition officielle, 25 min 17 s
sont allouées au deuxième groupe d'opposition et 8 min 19 s sont
allouées au troisième groupe d'opposition. Une enveloppe de 10 minutes est
allouée aux députés indépendants, sous réserve d'un maximum de 1 min 30 s
chacun.
Dans le cadre de ce débat, le temps non
utilisé par les députés indépendants ou par l'un des groupes parlementaires
sera redistribué entre les groupes parlementaires selon les proportions
établies précédemment. Mises à part ces consignes, les interventions ne sont
soumises à aucune limite de temps. Enfin, je rappelle aux députés indépendants
que s'ils souhaitent intervenir au cours de ce débat, ils ont 10 minutes
pour en aviser la présidence à compter de maintenant. Alors, sans plus tarder,
je cède la parole à M. le député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Donc, nous voilà réunis pour étudier une motion
que j'ai présentée et pour demander de façon très succincte l'anonymisation des
dossiers des locataires non fautifs qui... non fautifs qui se présentent... qui
présentent des causes au Tribunal administratif du logement. L'objectif de
cette motion, il est très simple, il s'agit d'assurer que les locataires
puissent faire pleinement valoir leurs droits sans avoir à craindre que cela ne
se retourne contre eux et que cela menace concrètement la possibilité de se
trouver un nouveau logement ou qui menace le droit à un logement, là.
En effet, Mme la Présidente, en ce moment,
il est parfaitement légal pour un propriétaire de refuser de louer un logement
à une personne tout simplement parce que cette personne a un dossier au Tribunal
administratif du logement, le TAL, et ce, peu importe la nature du dossier. On
ne parle donc pas juste des locataires qui ne payent pas à leur loyer ou qui
causent des dommages à leur logement qui sont affectés. Par exemple, vous
refusez une hausse de loyer abusive? On peut vous refuser un logement. Vous portez
plainte parce que votre logement est mal chauffé? On peut vous refuser un
logement. Vous allez au Tribunal administratif du logement pour forcer votre
propriétaire à régler un problème, par exemple, de moisissure? On peut vous
refuser un logement. Votre propriétaire décide de vous poursuivre au Tribunal
administratif, au TAL, mais vous avez gain de cause? On peut vous refuser votre...
un logement. Tout...
15 h 05 (version non révisée)
M. Fontecilla : ...parce que
votre nom apparaisse... apparaît dans les archives du Tribunal administratif du
logement, et, de facto, on peut considérer que vous êtes, entre guillemets, un
locataire à problèmes. C'est un vrai problème, Mme la Présidente, et, à preuve,
il y a au moins un organisme présent au Québec, l'Association des propriétaires
du Québec, qui offre explicitement ce service à ses membres, via ce qu'elle
appelle elle-même, guillemets, une «enquête 360», une enquête sur les locataires.
Et je cite cet... cet organisme-là : «Nous dresserons une liste des
dossiers du Tribunal administratif du logement qui ont les mêmes noms et
prénoms que votre potentiel locataire, avec l'adresse concernée, dans le
registre.» On ne parle pas ici des dossiers où les locataires sont fautifs, là.
On parle bien de tous les dossiers du Tribunal administratif du logement qui
concernent la personne qui se cherche un logement, qu'il soit reconnu fautif ou
pas dans les documents du Tribunal administratif du logement, là.
Et soyons clairs. Par exemple, l'Association
des propriétaires du Québec... et pas uniquement, hein, ça existe aussi... il y
a des initiatives qui surgissent sur Facebook, sur des plateformes
informatiques... on offre ce service, mais l'information est très facilement
accessible à n'importe qui qui a... qui a un accès Internet, et, en 30 secondes,
on peut retrouver tous les dossiers d'un locataire au Tribunal administratif du
logement.
Mme la Présidente, vous le savez, ainsi
que les collègues ici présents, là, on est en pleine crise du logement. Depuis
que la CAQ est au pouvoir, les taux d'inoccupation n'ont jamais atteint la
barre des 3 %. Oui, il y a une faible augmentation du taux d'inoccupation
à Montréal, mais seulement dans le haut de gamme du locatif. Les loyers
véritablement accessibles à moindre prix, le taux d'inoccupation est proche de
0 %, et ça fait en sorte qu'aujourd'hui encore, se trouver un logement c'est
un parcours du combattant, c'est incroyablement difficile. Et imaginez si, en
plus, on porte la faute d'avoir utilisé le Tribunal administratif du logement.
Ce n'est pas normal, Mme la Présidente, que le simple fait d'avoir son nom dans
un dossier du Tribunal administratif du logement, même si on a eu gain... gain
de cause, puisse être un facteur limitant dans la recherche de logement.
Ce qu'on demande au gouvernement de la Coalition
avenir Québec, on lui demande d'agir sur ce facteur, qui suscite la
discrimination et qui rend très difficile la vie des locataires, avec une
action très simple, qui ne coûte rien et qui n'a aucune autre conséquence que
de protéger les locataires contre une discrimination injuste qui... qui est, en
ce moment, légale et facile à exercer. Il suffirait, Mme la Présidente, d'anonymiser
les locataires des dossiers du TAL où ils ne sont pas reconnus fautifs. Pour
les collègues qui se posent la question sur qu'est-ce que ça veut dire, le
terme «anonymiser», bien, c'est très facile, c'est rendre anonymes les dossiers
du Tribunal administratif du logement où le locataire... dans lesquels le
locataire n'est pas fautif. Ça inclut notamment, notamment toutes les causes de
fixation des loyers, toutes les causes de contestation d'une reprise de
logement ou d'éviction pour changement d'affectation, toutes les causes où un
locataire porte plainte contre son propriétaire, et, évidemment, toutes les
causes où un locataire obtient gain de cause. Ce sont des situations qui n'ont
pas de raison légitime d'avoir un impact sur la recherche de logement d'un
locataire, mais dans les faits, on le sait et les locataires le savent très
bien, ça a un impact majeur sur la recherche d'un logement.
Dans ce contexte, ce n'est pas surprenant
que des locataires veuillent éviter de se mettre des bâtons dans les roues et
porter plainte pour une situation qui, à sa face même, paraît inacceptable. Par
conséquent, ils sont trop nombreux à éviter d'exercer leurs droits au Tribunal
administratif du logement...
15 h 10 (version non révisée)
M. Fontecilla : ...même si ça
signifie de devoir accepter des hausses de loyer abusives ou de faire des
compromis sur des aspects aussi essentiels que la salubrité ou la sécurité et l'entretien
de leur demeure.
Je vous donne un exemple, Mme la Présidente,
d'un couple de Québec qui a reçu un avis de renouvellement avec une hausse, par
exemple, de 7 % de leur loyer, alors que le taux du TAL, le taux qui est
recommandé annuellement au mois de janvier, est aujourd'hui à 3,1 %, donc
une hausse passablement supérieure au taux recommandé par le Tribunal
administratif du TAL. Ils ont négocié avec leur propriétaire. Lui, il
justifiait la hausse au nom de supposés travaux que... des travaux majeurs que
le couple n'avait jamais vus avoir lieu, sans leur indiquer... sans leur
indiquer quels travaux avaient été réalisés ni les montants impliqués. Ils
auraient pu refuser la hausse en bloc et aller au Tribunal administratif du
logement pour une fixation du loyer, auquel cas ils auraient probablement
obtenu une hausse beaucoup moins grande, soit une hausse de 3,1 %. Or, ce
couple-là va décider non pas d'exercer leur droit légitime, mais va refuser d'aller
au Tribunal administratif du logement parce qu'ils se disent : Ah, mon nom
va rester dans le... dans le TAL, au Tribunal administratif du logement, et n'importe
qui dans l'avenir va pouvoir voir que nous avons contesté et pourra nous
qualifier de mauvais locataires et, par conséquent, nous refuser un logement.
Cela, Mme la Présidente, nous paraît très,
très difficile à justifier. Moi,-même, dans mon bureau de circonscription, à
Laurier-Dorion, je rencontre souvent des locataires qui vivent des situations
inacceptables. Et, évidemment, en tant que député et tel que la ministre de l'Habitation
me le conseille, je les oriente vers le Tribunal administratif du logement. Et
ces personnes-là, tout d'abord, ils sont un peu, comment dire... ils sont un
peu réticents à aller devant un tribunal, même si on leur explique que c'est un
tribunal de proximité, qu'ils n'ont besoin d'un avocat, que c'est très facile, etc.,
bien, il y a une peur fondamentale d'aller exercer des recours devant la
justice. Mais ensuite, le problème qui ressurgit régulièrement chez ces
locataires, c'est qu'ils me disent : M. le député, mon nom va apparaître
dans les archives du Tribunal administratif du logement et je vais être
discriminé à tout jamais. Moi, je vais conserver mes chances d'aller... qu'un
propriétaire me dise qu'il accepte que je puisse louer son logement. Donc, ces
locataires refusent d'aller... d'exercer leurs droits au Tribunal administratif
du logement, tout simplement parce qu'ils ont peur, Mme la Présidente, et cela
est inacceptable dans la société de droit que nous sommes, là.
Une personne, peu importe la situation,
mais tout particulièrement pour les locataires lorsqu'ils recherchent un
logement, lorsqu'ils recherchent un bien qui va satisfaire une nécessité
fondamentale, celui d'avoir un chez-soi, parce qu'avoir un droit à un logement
est un droit fondamental, il nous paraît inconcevable que cette personne-là
refuse d'exercer leur droit légitime tout simplement parce qu'elle a peur des
conséquences, elle a peur d'être discriminée dans le futur par des
propriétaires. Juste la peur, juste la crainte suffirait à justifier à
anonymiser, à rendre anonyme, les données... les données du TAL.
On va me dire : Oui, mais, dans notre
société, il est parfaitement légitime de... en fait, c'est l'usage de... que
les tribunaux exercent, publient les données concernant les litiges qui sont
traités par les tribunaux des différents ordres. Oui, c'est un principe
important dans notre cadre juridique, mais c'est un exercice qui comporte aussi
des exceptions, Mme la Présidente. Je ne vous en nomme que...
15 h 15 (version non révisée)
M. Fontecilla : ...qu'il y ait
deux... deux... deux exceptions qui peuvent survenir.
Tout d'abord, dans le droit familial, il
est d'usage de ne pas rendre publics les noms des personnes... des personnes
impliquées dans ce... dans ce litige-là parce qu'il y va de la... comment dire,
le respect de l'intimité des personnes. On sait que, dans ces tribunaux, on
traite beaucoup des cas qui concernent la vie... la vie très personnelle des
gens, et il est d'office admis et instauré que les tribunaux doivent... les
décisions rendues par les tribunaux dans le... dans le champ de... du droit
familial doivent être anonymisées, doivent être rendues anonymes.
Un autre secteur, Mme la Présidente, un
autre domaine juridique où il est communément admis qu'on doit rendre anonymes
les décisions, c'est-à-dire ne pas nommer les personnes impliquées, c'est dans
le droit de la jeunesse. Évidemment, c'est facile à comprendre. Il s'agit...
Les droits de la jeunesse, ça concerne des mineurs qui sont protégés de façon
supplémentaire par notre cadre juridique, là, et il est communément admis
que... et pratiqué que... l'anonymisation, le fait de rendre anonymes les
décisions de ce tribunal-là au tribunal... au... dans le droit de la famille, aux
tribunaux de la jeunesse, c'est une... c'est une pratique courante.
Donc, il n'est pas absurde, il n'est pas
complètement inusité ou surprenant qu'aujourd'hui Québec solidaire, avec
beaucoup, beaucoup de gens dans la... dans la société, beaucoup de groupes qui
représentent la... les locataires depuis... on demande aujourd'hui très
formellement ici, à l'Assemblée nationale, à la ministre de l'Habitation de...
d'aller dans le sens d'effectuer une réforme pour rendre anonymes les décisions
portées par... les décisions rendues par les tribunaux de... le Tribunal
administratif du logement.
On l'a dit dans la... dans la motion
également, ce n'est pas si extraordinaire au Canada. Déjà, à différents... de
différentes formes, il y a quatre provinces canadiennes qui exercent un certain
niveau d'anonymisation des décisions rendues par les instances juridiques qui
traitent du droit du logement. On parle de la Colombie-Britannique, l'Alberta,
le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse. Et toutes ces provinces-là ne
rendent pas publics des... les noms des locataires qui exercent leurs droits.
Donc, c'est une pratique qui est courante dans le... au Canada.
Le Québec, à mon avis, on est en retard.
On devrait définitivement avancer dans la voie de rendre anonymes les décisions
du TAL pour les locataires qui sont... qui sont considérés non fautifs afin de
renforcer le droit à avoir un logement et surtout éviter la discrimination.
Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,
M. le député. Maintenant, je suis prête à céder la parole à la ministre de l'Habitation.
Je vous informe que votre formation politique a 47 minutes 8 secondes après la...
la répartition du temps de parole. Je vous cède la parole, Mme la ministre.
Mme Proulx : Merci, Mme la
Présidente. Mmes, MM. les députés, merci, bonjour, d'être présents. Mme la
Présidente, le gouvernement du Québec tenait à exprimer notre opposition à la
motion qui est déposée par le député de Laurier-Dorion : anomiser les
dossiers de locataires rendus non fautifs au Tribunal administratif du
logement.
La motion part d'un postulat qui mérite d'être
nuancé, Mme la Présidente : l'idée que la publicité des dossiers
découragerait les locataires de faire valoir leurs droits. Certes, certains
peuvent ressentir une crainte qui est liée à la visibilité de leurs dossiers, mais,
Mme la Présidente, il ne faut pas oublier que la transparence, c'est un pilier
fondamental du système judiciaire québécois. La... La divulgation, pardon, des
dossiers permet à tous, les citoyens, les associations, les acteurs du marché
du logement, de comprendre comment la loi s'applique et comment les décisions
peuvent être rendues. Ça sert de garde-fou contre les pratiques qui sont
injustes et assume que la justice est réellement rendue de manière équitable et
visible aux yeux de tous. Rendre anonymes ces dossiers, c'est, selon le
gouvernement du Québec, créer une opacité qui pourrait nuire à l'équité et à la
confiance du public dans le Tribunal administratif du logement. La
transparence, ça...
15 h 20 (version non révisée)
Mme Proulx : ...aux citoyens
de vérifier l'application des règles et de comprendre leurs droits et leurs
obligations, Mme la Présidente. Si les décisions sont anonymes, les
particuliers puis même les associations de défense de locataires ou de propriétaires
auront plus de difficulté à identifier des tendances ou encore des abus
éventuels. Ça freine également des pratiques... abusives. Les propriétaires
savent que toutes leurs actions peuvent être rendues publiques et examinées par
tout le monde. C'est un effet qui dissuasif, qui est essentiel pour maintenir
le marché locatif juste et équilibré. Les rendre anonymes pourrait réduire
cette pression préventive, ce qui profiterait aux comportements inappropriés, ça
nuirait à l'ensemble des locataires et du parc immobilier.
La transparence favorise l'égalité, la
responsabilisation. Le Tribunal administratif du logement rend des décisions
qui impactent directement la vie des citoyens. Les rendre publiques avec des
noms, des détails, montre que la justice est rendue de manière équitable, sans
favoritisme, et que chacun est responsable des actions qu'il pose.
Certains avancent que les locataires
pourraient subir des représailles. Le risque est réel, mais ça ne justifie pas
un changement systématique qui réduirait la visibilité puis la valeur éducative
des décisions. Il y a des solutions alternatives, Mme la Présidente, encore
mieux informer les locataires sur leurs droits à la protection possible de leur
vie privée. D'autres solutions alternatives, des mesures ponctuelles de
protection pour des cas qui sont exceptionnels. Encourager les... les recours à
la médiation confidentielle lorsque la situation le justifie, évidemment. Et de
rendre anonyme systématiquement, ce n'est pas la seule réponse, et ça pourrait
créer, Mme la Présidente, plus que de... plus de problèmes que ça n'en résout.
La motion du député mentionne que d'autres
provinces canadiennes anonymisent les dossiers des locataires. Oui, c'est vrai.
Certaines le font, pas l'ensemble, ce qu'a prétendu le député. Mais le Québec a
un concept... un contexte particulier, Mme la Présidente. Ici, c'est un marché
du logement qui est très tendu, des tensions sociales qui sont fortes et un Tribunal
administratif du logement qui a un rôle pédagogique essentiel. Rendre les
décisions publiques permet de sensibiliser les locataires, les propriétaires,
le public aux pratiques acceptables et aux obligations. Rendre tout ça anonyme,
bien, ces dossiers pourraient réduire la fonction éducative, ce qui pourrait, à
terme, nuire à la prévention des abus et à l'amélioration globale des
conditions de logement.
La transparence protège aussi le marché
locatif. Les décisions publiques permettent aux propriétaires et aux locataires
potentiels de comprendre les pratiques légales et les limites, surtout, à ne
pas dépasser. Sans cette visibilité, certains comportements abusifs pourraient
se multiplier, hausses de loyers injustifiées, non-respect des normes de
sécurité ou encore de salubrité. Un refus de louer à des locataires considérés
à risque, Mme la Présidente. En d'autres termes, masquer l'identité des parties
pourrait avoir des conséquences économiques et sociales directes. Ça risque d'accroître
l'insécurité dans le marché locatif et pénaliser, Mme la Présidente, indirectement
les locataires qui sont honnêtes et tout ceux qui respectent les lois du
Québec.
Permettez-moi d'attirer votre attention
sur un aspect souvent négligé dans le dossier, le fardeau administratif qu'impliquerait
de rendre anonymes les décisions du Tribunal administratif du logement. Chaque
dossier, chaque décision devraient être révisés ligne par ligne pour retirer
tous les noms, retirer toutes les adresses, retirer tous les détails qui
permettraient d'identifier une personne ou une partie. Ça peut sembler simple,
mais dans la pratique, c'est un travail qui est minutieux, qui est long et qui
est extrêmement exigeant. Le TAL devrait également former son personnel, mettre
des protocoles en place, des protocoles qui sont précis, gérer les versions multiples
de chacune des décisions : Une version publique, une version anonyme et
une version complète pour les parties et leurs avocats. Ça, ça augmente les
coûts, alourdit les procédures et peut retarder la publication de décisions.
Aparté, Mme la Présidente, dans le projet de loi n° 20, une des grandes
orientations du gouvernement, c'est...
15 h 25 (version non révisée)
Mme Proulx : ...et j'ai le Tribunal
administratif du logement. Avec une mesure comme celle-là, on fait la
démonstration qu'on vient l'alourdir. Chaque modification comporte un
risque d'erreur, un nom oublié, une information supprimée par excès de
précautions. Ces erreurs pourraient nuire à la clarté des décisions, à la
transparence, mais surtout à la crédibilité du tribunal. En d'autres termes, de
rendre tout ça anonyme n'est pas une simple formalité, ça crée un fardeau
administratif, juridique et financier qui est réel pour le Tribunal
administratif du logement. On doit se demander : Est-ce que ces coûts et
ces risques valent les bénéfices qui sont prétendus? Je soutiens, Mme la
Présidente, que la réponse, c'est non. Il existe des moyens plus ciblés pour
protéger les locataires qui sont vulnérables, sans imposer un fardeau
systématique sur le tribunal ni compromettre la qualité et la rapidité des
décisions.
La publicité des décisions, Mme la
Présidente, a un effet préventif puissant. Les mauvais comportements, les quérulents
sont moins fréquents lorsqu'ils peuvent être exposés au public et aux médias de
façon générale. Chaque décision publiée sert d'exemple de rappel de la légalité
et de l'éthique dans les relations locatives. De rendre tout ça anonyme, en
revanche, pourrait créer un effet inverse. Certaines pratiques problématiques
resteraient dans l'ombre, moins... moins visibles, pardon, et donc beaucoup
plus difficiles à corriger. Les dossiers publics permettent également à des
chercheurs, des étudiants, des organismes sociaux d'étudier les tendances dans
le marché locatif et le fonctionnement du tribunal. Ça contribue à l'amélioration
en continu des politiques publiques et à une meilleure compréhension des enjeux
sociaux. De rendre tout ça anonyme systématiquement limiterait cette capacité d'analyse
et on priverait le Québec d'un outil précieux pour améliorer son système de
logement.
En terminant, Mme la Présidente, Mmes, MM.
les députés, de rendre ça anonyme, systématiquement, les dossiers des
locataires reconnus non fautifs n'est ni nécessaire ni souhaitable. Ça
affaiblirait la transparence, réduirait l'effet dissuasif sur les pratiques
abusives, limiterait l'accès à l'information, réduirait la valeur éducative des
décisions du tribunal et pourrait nuire à la qualité et à la sécurité du marché
locatif. Au lieu de ça, on doit chercher à renforcer la protection individuelle
des locataires vulnérables au cas par cas, tout en préservant l'ouverture et la
transparence des dossiers. C'est ainsi que nous garantissons un accès à la
justice à la fois équitable, efficace et responsable dans un marché du logement
où la confiance et l'information sont capitales. Pour toutes ces raisons, je
vous invite à rejeter cette motion et à préserver la transparence des dossiers
au Tribunal administratif du logement. Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci.
Merci, Mme la ministre. Maintenant, je cède la parole à Mme la députée de Châteauguay.
Mme Gendron : Merci, Mme la
Présidente. Bon après-midi, tout le monde. Mes salutations à tous mes collègues
ici présents. Merci au collègue de Laurier-Dorion pour sa motion, puisque ça va
permettre de remettre certaines choses en perspective.
De un, le débat que nous avons aujourd'hui
touche un enjeu bien réel pour les Québécois, la capacité de se loger à un coût
raisonnable dans des conditions adéquates. Les préoccupations des locataires
sont légitimes et elles doivent être entendues, mais encore faut-il que les
solutions proposées reposent sur des faits démontrés et qu'elles s'attaquent
aux véritables enjeux et causes, des difficultés que vivre... vivent ces
citoyens. Or, la motion d'aujourd'hui qui nous est présentée pose un problème, un
problème de fond. En fait, je reviens sur un point que Mme la ministre a nommé
un peu plus tôt dans le premier paragraphe.
Je cite : «Dans le contexte de la
crise du logement, de nombreux locataires renoncent à faire valoir leurs droits
par crainte que le caractère public des dossiers du Tribunal administratif du
logement nuise à leur recherche de logement». La motion avance des conséquences
importantes liées au fait que les dossiers du Tribunal administratif du
logement sont publics. On laisse entendre que ça peut compromettre l'accès au
logement, ça peut favoriser les hausses abusives ou le maintien des conditions
inadéquates. Ce sont des affirmations sérieuses, des affirmations très
sérieuses, Mme la Présidente, mais elles ne sont appuyées d'aucune donnée,
aucune, aucune donnée. Aucune démonstration rigoureuse ne vient établir un lien
clair entre le...
15 h 30 (version non révisée)
Mme Gendron :
...caractère
public des dossiers et les ai fait avancer par notre collègue, le député de
Laurier-Dorion. En matière de politique publique, ce n'est pas suffisant. On ne
peut pas fonder une intervention sur des perceptions sans être capable de
démontrer des impacts réels.
Mme la Présidente, la motion repose aussi
sur une lecture simplifiée du fonctionnement du Tribunal administratif du
logement. Oui, la notion de faute existe en droit québécois, mais dans la
pratique, les situations sont rarement aussi tranchées. Les décisions du
tribunal, elles sont nuancées, elles tiennent compte des faits propres à chaque
dossier, donc elles peuvent être partiellement accueillies ou partiellement
rejetées. Réduire cette réalité à une catégorie de locataires non fautifs,
comme fait... comme nomme la motion, c'est de simplifier à outrance un système
qui repose justement sur l'analyse de situations fines. À cela, soulève une
question vraiment importante : Sur quels critères, concrètement,
établirait-on qu'un locataire est non fautif dans un tel cadre?
Mme la Présidente, il y a aussi une
contradiction importante dans le discours qui accompagne cette motion-là. Sur
le terrain comme sur les réseaux sociaux, Québec solidaire encourage les
locataires à faire valoir leurs droits, à utiliser des recours disponibles,
notamment devant le Tribunal administratif du logement. C'est une bonne chose,
une très bonne chose à faire, il faut les encourager à aller vers ces ressources-là.
Mais, en parallèle, QS laisse entendre que le simple fait d'avoir un dossier au
tribunal pourrait leur nuire puisque ces dossiers sont publics. On ne peut pas
à la fois encourager les gens à exercer leurs droits et leur faire craindre de
le faire en même temps. Ce type de discours, ça crée un climat de méfiance, c'est
clair. Et ce climat-là peut avoir un effet bien réel, malheureusement :
décourager certains locataires d'utiliser un recours qui existe pour eux
pourtant pour les protéger.
Mme la Présidente, il est important aussi
de rappeler que les mécanismes... existent déjà pour encadrer les hausses de
loyers, pour protéger les locataires. La clause G du bail en est un bon
exemple. Lorsqu'Il y a un changement de locataire, le propriétaire doit
indiquer le loyer le plus bas payé au cours des 12 derniers mois. Si ce
loyer n'est pas indiqué ou s'il est inexact, le locataire peut s'adresser au
Tribunal administratif du logement pour faire... pour faire fixer le loyer. Ce
recours a un effet réel. Il incite à une certaine modération dans la fixation
du loyer et atténue aussi les risques de pression sur les locataires. Cela
démontre que le cadre actuel prévoit déjà certains outils pour intervenir
lorsqu'il y a des abus.
Mme la Présidente, il faut aussi regarder
la réalité du Tribunal administratif du logement avec nuance. Oui, le volume de
dossiers est élevé. En 2023-2024, 91 000 demandes ont été introduites, soit le
plus haut niveau des 30 dernières années. Mais, malgré ça, malgré cette
pression-là, il y a des améliorations. Au 31 décembre 2023-2024, le délai
moyen pour des causes urgentes était de 1,9 mois, comparativement à 2.1 mois
en 2020-2021. Il y a des améliorations. Pour l'ensemble des causes, le délai
moyen était d'environ trois mois en 2023-2024, alors qu'il était presque de...
que quatre mois deux ans avant. Il faut rappeler, Mme la Présidente, que le
tribunal est en évolution également. Il s'adapte à une demande accrue et
continue d'améliorer son fonctionnement.
Au-delà du fonctionnement du tribunal, il
faut aussi regarder ce qui est fait pour réduire la pression sur le système.
Notre gouvernement a modernisé la... la méthode, pardon, de fixation de loyer.
L'ancienne méthode datait de plus de 40 ans. Elle était complexe,
difficile à comprendre, autant pour les locataires que pour les propriétaires.
Aujourd'hui, la méthode repose sur... pardon, l'IPC moyen des trois dernières
années. Cela peut éviter des variations brusques et de rendre des hausses
plus... de rendre, pardon, les hausses plus prévisibles. Concrètement, pour
2026, cette méthode mène à une augmentation de base de 3,1 %, soit une
hausse significative, moins élevée que celle qui aurait été observée par l'ancienne
méthode, qui aurait été environ de 4.9 %. Cette prévisibilité facilite les
ententes entre les locataires et les locateurs et contribue à réduire le nombre
de dossiers qui se rendent au tribunal.
Dans le contexte, d'anonymiser les
dossiers des locataires, comme le demande Québec solidaire dans la motion,
alourdirait considérablement la tâche du TAL et n'aiderait en rien à ce que...
15 h 35 (version non révisée)
Mme Gendron : ...ces dossiers-là
soient réglés dans les meilleurs délais. Les délais ne changeraient pas, de
toute manière. Le Regroupement des comités de logement et associations de
locataires du Québec demande depuis longtemps des ajustements à l'ancienne
méthode, notamment en ce qui concerne la composante du revenu net, qui pouvait
représenter plus de 60 % de l'augmentation dans certains cas. La réforme
vise, justement, à corriger ce type de situation là et à rétablir un meilleur
équilibre. Elle permet aussi aux propriétaires de mieux planifier les
investissements nécessaires pour entretenir le parc locatif, et cet entretien, il
est essentiel, parce que si on ne maintient pas la qualité des logements...
existants, pardon, certains risquent de sortir du marché, et ce n'est pas ce qu'on
veut non plus.
On a aussi agi concrètement, Mme la
Présidente, pour protéger les locataires, notamment les plus vulnérables. Avec
l'adoption du projet de loi n° 65 en juin 2024, un moratoire de trois
ans a été mis en place sur certaines évictions, notamment pour subdivision,
agrandissement ou changement d'affectation, et surtout, la protection des aînés
a été renforcée. L'âge d'admissibilité passe de 70 à 65 ans, tout en
maintenant le critère d'occupation de 10 ans, et en élargissant l'accès,
avec un seuil de revenu pouvant aller jusqu'à 125 % du maximum admissible
à un logement à loyer modique. Concrètement, ce sont environ 60 000
ménages, oui, 60 000 ménages aînés qui sont désormais mieux protégés. Ça
démontre qu'on agit déjà de... de manière ciblée, là où les besoins sont les
plus importants, Mme la Présidente.
Mais surtout, je pense qu'il faut revenir
à l'essentiel. Le véritable enjeu, ce n'est pas le caractère public des
dossiers du tribunal. Le véritable enjeu, c'est l'offre de logements. On ne
réglera pas la crise du logement en modifiant la façon dont les décisions sont
accessibles. On ne va pas régler en augmentant l'offre, notamment, de logements...
pardon, je m'excuse, on va régler en augmentant l'offre, notamment, des
logements abordables. C'est là que doivent se concentrer nos efforts si on veut
améliorer durablement, l'accès au logement.
Mme la Présidente, on compare parfois la
situation du Québec avec celle d'autres provinces, comme... Mon collègue nommait,
plus tôt, Alberta, Colombie-Britannique, Nouvelle-Écosse, mais il faut faire
attention, parce que les règles, elles ne sont pas les mêmes là-bas. Le Québec
a un encadrement beaucoup plus poussé pour protéger les locataires. Avant de
vouloir importer des solutions d'ailleurs, il faut tenir compte aussi de nos
différences, nous, ici, au Québec. Ce débat nous ramène aussi à des
propositions comme le registre des loyers, mais il faut se méfier des solutions
qui semblent si simples. Des mécanismes de contrôle... existent déjà. Le
tribunal encadre les hausses. Les recours sont disponibles ailleurs. Certaines
juridictions ont expérimenté des outils comme les registres. Ils ont... ils les
ont abandonnés en raison des coûts que ça représentait, mais aussi des
bénéfices limités que ça produisait. Et surtout, il y a des risques que ces
outils soient détournés à des fins de spéculation. Chaque dollar investi doit
avoir un impact réel sur l'accès au logement.
En conclusion, Mme la Présidente, les
préoccupations soulevées dans la motion ne reposent pas sur des données
suffisantes pour justifier une intervention comme celle qui est proposée. Si on
veut réellement, réellement améliorer la situation des locataires, il faut se
concentrer sur les bons leviers, augmenter l'offre de logements, maintenir un
cadre équilibré et continuer d'améliorer les outils existants pour qu'ils
soient accessibles, efficaces et compris par tous. C'est comme ça qu'on va
répondre concrètement aux besoins des Québécoises et des Québécois. Merci, Mme
la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Je
vous remercie, Mme la députée. Maintenant, je suis prête à entendre une autre
intervenante ou intervenant. Alors, Mme la députée d'Iberville, à vous la
parole.
Mme Bogemans : ...Mme la
Présidente. Aujourd'hui, je prends la parole sur un sujet sensible, qui touche
bien des gens au Québec. Avant d'aborder la question de l'anonymisation, un
processus qui est irréversible et qui modifie les données personnelles pour
rendre l'identification d'un individu impossible, j'aimerais parler du rôle du TAL,
du Tribunal administratif du logement. Comme on le sait, c'est un organisme qui
est provincial, qui détient une compétence exclusive pour, premièrement,
trancher les litiges entre les propriétaires et les locataires, mais aussi, il
a mission d'informer les parties concernées de leurs droits et de leurs
obligations. Enfin, il doit favoriser la conciliation avant tout. Ses...
15 h 40 (version non révisée)
Mme Bogemans : ...on vise à
assurer un juste équilibre dans un marché locatif sous forte tension. Cette
pression est bien réelle — ..., merci beaucoup, c'est bien gentil — elle n'est
d'ailleurs pas sans conséquence pour le bon fonctionnement du Tribunal
administratif du logement. À titre d'exemple, plus de 91 000 demandes ont été
soumises au TAL au courant de l'année 2023 à 2024. C'est un volume absolument
élevé et le plus élevé qu'il n'a jamais été permit d'observer autour des 30 dernières
années. C'est une donnée qui correspond à l'afflux des demandes auxquelles doit
faire face l'organisme, et malgré tout, le TAL a su s'ajuster pour continuer d'être
fonctionnel à l'intérieur de délais acceptables dans les circonstances.
Sachez que le délai moyen pour les causes
jugées urgentes à traiter est passé de 2.1 mois à 1.9 mois en l'espace
de quelques années seulement, et ça, c'est pour l'ensemble des causes soumises,
la moyenne observée est d'environ trois mois. Et ça, c'est quatre semaines de
moins qu'auparavant. Aussi, donc, le Tribunal administratif du logement
parvient à être plus efficace, plus structuré, plus performant, malgré le
volume plus élevé de demandes à traiter. Donc, vous comprendrez que je serais
la première à m'en réjouir. Il faut aussi souligner que l'explosion des
demandes liées à la fixation des prix de loyers explique en grande partie la
recrudescence des dossiers à traiter. En neuf ans, le nombre de demandes sur ce
sujet est passé de 4085 à plus de 22 000. C'est un bond considérable, pour ce
type de dossiers, bien, ces délais-là peuvent parfois atteindre jusqu'à neuf
mois. Pour faire face à cette nouvelle réalité, on a un choix responsable à
faire et c'est celui d'agir à la source en modernisant le règlement qui datait
de plus de 40 ans. Oui, 40 ans. Puis pourquoi on a agi de la sorte? C'est
tout simplement parce que le règlement, il était trop complexe, trop difficile
à comprendre, il était source de conflits, il fallait faire quelque chose.
Donc, présentement, avec les méthodes qui
est basée sur l'indice des prix à la consommation sur trois ans, on a plus de
prévisibilité, moins de chocs tarifaires, moins de litiges entre les parties
qui se terminent devant le Tribunal administratif. Donc, c'est dans ce contexte
que certains proposent d'anonymiser les demandes au Tribunal administratif. À
première vue, l'intention peut sembler louable, mais quand on prend le temps d'analyser
les impacts qui pourraient avoir une... que pourrait avoir une telle mesure,
les risques sont nombreux. Comme tout le monde le sait, notre système de
justice repose sur un principe fondamental de la transparence et en ce sens,
les décisions des tribunaux civils sont publiques et nominatives. C'est un
principe qui est reconnu par la Charte des droits des libertés du Québec et du
Canada et qui est constamment affirmé par la Cour suprême du Canada. Quand l'information
disponible est plus difficile à obtenir, les propriétaires deviennent plus
sélectifs. Ceux qui paient vraiment le prix de ça, ce sont les jeunes, les
nouveaux arrivants, les ménages les plus vulnérables. Il est donc inexact de...
de prétendre qu'aucune règle n'est en place pour la protection des... des
données sensibles. Pardon. C'est sans oublier les ordonnances de
non-publication pour certains dossiers.
À mon avis, celui du gouvernement et celui
du gouvernement que je représente, il faut éviter les comportements abusifs
répétés, tant du côté des propriétaires que des locataires. Permettez-moi, ici,
de citer Me Sophie Gagnon, avocate et directrice générale de Juripop. Donc, j'ouvre
les guillemets : «En principe, un propriétaire peut refuser de louer un
appartement s'il a des preuves que le locataire a manqué à ses obligations par
le passé. S'il est, par exemple, en défaut de paiement. Mais le simple fait d'avoir
contesté une hausse de loyer ne devrait pas être un motif de... de refus.» Fin
de la citation.
Des mécanismes permettent déjà de protéger
des situations sensibles ou malhonnêtes, notamment par l'entreprise de la Loi
sur l'accès des organismes publics et sur la protection des renseignements
personnels. On comprendrait que la... la solution n'est pas une anonymisation
mur-à-mur, mais plutôt une approche ciblée. Ailleurs, dans d'autres... dans d'autres
provinces, ce principe d'anonymisation est partiel, pas total. Les noms peuvent
être retirés des bases de données publiques qui sont facilement accessibles, les
décisions rendues demeurent néanmoins accessibles. Les audiences restent
publiques, les informations désirées peuvent être obtenues sur simple demande.
Dans un contexte de crise de logement où nous connaissons la demande qui excède
l'offre, il est impossible de conclure qu'un refus de logement est attribuable
à un recours préalable au Tribunal administratif du logement. Les situations
évoquées me semblent donc anecdotiques, nous ne pouvons pas baser sur ces prétentions
pour compromettre la transparence de notre système juridique. J'aimerais, par
ailleurs, rappeler qu'il existe des outils d'aide pour les gens qui veulent se
trouver des logis répondants à leurs attentes. Je pense, entre autres, aux
services d'aide à la recherche de logement offerte par les offices d'habitation
locale.
Donc, en conclusion...
15 h 45 (version non révisée)
Mme Bogemans :
...le
Tribunal administratif du logement est au cœur d'un équilibre délicat, un
équilibre entre l'accès à la justice, la protection des individus et le bon
fonctionnement du marché locatif. Dans un contexte où les délais sont sous pression,
notre responsabilité est d'agir avec rigueur. On doit donc choisir d'améliorer
le fonctionnement du tribunal administratif, de moderniser les règles et de
réduire les causes de litiges.
Bref, on a choisi de préserver le principe
fondamental, celui de la justice transparente, accessible et équitable. Merci
beaucoup, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Merci, Mme la députée. Maintenant, je suis prête à céder la parole à Mme la
cheffe du deuxième groupe d'opposition.
Mme Ghazal :
Merci,
Mme la Présidente. C'est important pour moi d'intervenir, évidemment, sur cette
motion de Québec solidaire présentée par mon collègue, le député de
Laurier-Dorion. Il va y avoir un droit de réplique tout à l'heure, parce que j'ai
entendu beaucoup de choses qui n'ont pas de bon sens, mais je ne vais pas y
répliquer directement, je vais le laisser le faire.
Vous le savez, Mme la Présidente, combien
de fois vous m'avez entendue en parler, combien de fois vous avez entendu des
députés de Québec solidaire en parler, on est très, très forts sur ce sujet-là.
Il y a une vraie crise du logement, une crise sans précédent qui existe au
Québec, qui frappe tout le monde. Ça frappe les jeunes, ça... ça frappe les
travailleurs et travailleuses, ça frappe les familles, les gens de la classe
moyenne. À Québec solidaire, on l'a vu venir de loin, cette crise-là. On en
parlait bien avant que ça fasse les manchettes dans les médias. Elle nous...
Elle ne nous est pas tombée du ciel, comme ça, par hasard. C'est une crise qui
prend racine dans des mauvais choix politiques, des choix politiques qui ont
été faits par le gouvernement de la CAQ, mais aussi par les gouvernements
précédents depuis les 30 dernières années, que ce soit le Parti libéral du
Québec ou le Parti québécois.
C'est quoi, ces choix politiques là? C'est
de favoriser la financiarisation du logement pour laisser le libre marché
prendre toute la place. Le privé a sa place évidemment dans le marché locatif,
mais là, on le laisse aller totalement selon ses propres intérêts pour faire du
profit et de considérer le logement comme une simple marchandise.
L'autre choix politique mauvais qui a été
fait et par la CAQ et par les gouvernements précédents et aussi le fédéral, c'est
de se désinvestir dans la construction de logements réellement abordables par l'État.
L'État s'en est... s'est enlevé les mains de la construction de logements
vraiment abordables.
Ces choix politiques ont aidé non pas les
locataires, ils n'ont pas aidé les jeunes qui rêvent d'avoir une première
maison pour y élever leur famille. C'est rendu aujourd'hui un rêve
inatteignable pour beaucoup de jeunes, ce qui n'était pas le cas à mon époque.
Donc, on recule au Québec, au lieu d'avancer. Ces choix politiques qui ont été
faits par les différents gouvernements, la CAQ, le Parti libéral, le Parti
québécois, c'est de favoriser plutôt les spéculateurs, les propriétaires
abusifs, qui sont une minorité mais qui existent, et aussi les grandes
corporations immobilières.
Puis les conséquences de ces choix
politiques, Mme la Présidente, on les voit, elles sont très fortes sur le monde
ordinaire, sur les jeunes, sur les aînés, les gens qui travaillent, mais qui
continuent de s'appauvrir parce que leurs salaires n'atteignent pas ou n'augmentent
pas à la vitesse de la hausse des loyers. Chaque jour, chaque jour, je suis
sidérée d'entendre, de lire des histoires d'horreur d'augmentation de loyer, d'évictions
frauduleuses injustifiées, puis de lire aussi des histoires crève-cœur.
Ce matin, on a un exemple dans Le Devoir. Mme
Jubinville, une dame de 82 ans qui a fait les manchettes parce qu'elle
paie 90 % de ses revenus. Il ne lui reste plus rien dans ses poches pour
le reste de ses dépenses. Elle a besoin que sa fille l'aide. Cette femme qui
fait partie de nos aînés, dont on a beaucoup parlé pendant la pandémie, qui ont
construit le Québec et qu'on laisse maintenant aux mains du libre marché. Mais
cette dame-là n'habite même pas dans les loyers... dans un loyer du privé, là.
Elle habite dans un logement supposément abordable, mais dont... mais elle paie
beaucoup plus que son revenu. C'est plus que 30 %... 90 %.
J'ai vu que la ministre de l'Habitation,
tout de suite, parce que mon collègue l'a interpelée, parce que j'ai interpelé
le premier ministre... prendre ce cas-là puis dire : Parfait, Mme
Jubinville, on va s'en... s'en occuper. Mais qu'est-ce qu'il va falloir qu'on fasse?
Qu'on... Tous les jours, on se lève puis on donne un cas à la suite de l'autre?
Ça, c'est un seul cas. C'est un cas particulier. Il y a 2 735 locataires
qui se trouvent exactement dans la même situation que Mme Jubinville. Puis là
je ne parle pas des gens qui sont dans le marché privé, qui... qui paient
beaucoup plus que 30 % de leurs revenus. Ça fait qu'il va falloir qu'on
les amène un à un pour que la ministre s'en occupe? Ça ne marche pas. Ça ne
peut pas fonctionner comme ça...
15 h 50 (version non révisée)
Mme Ghazal : ...cette semaine,
Québec solidaire, on a lancé un plan pour... un plan habitation pour régler la
crise du logement et on a présenté une première proposition qui se trouve
aujourd'hui dans la motion qui est devant nous. Il va y avoir d'autres mesures.
Mais au même moment qu'on a lancé le plan,
on a lancé aussi un site pour recueillir les témoignages. Aussitôt ouvert le
site, aussitôt plein. Et ça continue. On continue à avoir des témoignages de
gens.
Par exemple, Shani. Shani, une mère de
quatre enfants à Drummondville, qui nous a écrit. Elle paye un loyer beaucoup
trop cher et doit faire un choix impossible entre payer son logement ou nourrir
ses enfants. Elle nous a dit qu'elle dépend de l'aide alimentaire, mais ce n'est
pas suffisant. Aujourd'hui, elle est en train de réfléchir, de vivre dans sa
roulotte parce que c'est devenu beaucoup trop cher de vivre dans un logement
avec ses enfants dans le Québec 2026, Mme la Présidente.
Il y a une autre personne qui nous a écrit.
Chanelle, qui, comme trop de gens, n'a pas les moyens de se loger près de son
travail. Elle aimerait ça être proche de son travail. Elle est obligée de faire
2 heures et demie de route chaque jour pour se rendre au travail parce qu'elle
doit se loger beaucoup trop loin. Puis, ce qu'elle trouve comme logement, quand
elle était en train de le chercher, c'est des logements insalubres, mal aérés, qui
ne répondent pas à ses besoins et à ceux de sa famille. Comble du malheur, elle
a un chien, un animal de compagnie, comme beaucoup de Québécois. Refus après
refus, mois après mois, des propriétaires qui lui disent non, d'autres qui lui
demandent des frais supplémentaires pour l'accueillir, elle et son animal de
compagnie.
Des histoires... des histoires comme celles
de Chanelle, comme celles de Shani, Mme la Présidente, comme celles de Mme Jubinville,
il y en a plein au Québec. Il y en a plein dans toutes les strates de la
société, des familles qui travaillent comme des gens à plus faibles revenus ou
des gens qui sont... qui n'ont pas de revenus. C'est pour ça que Québec
solidaire a fait du logement sa priorité. Puis aujourd'hui, j'ai entendu que la
ministre de l'Habitation, elle dit qu'elle ne veut pas... elle est contre la
proposition de Québec solidaire, mais on a encore du temps pour en débattre,
pour en discuter. Mon collègue va amener d'autres arguments. J'espère que ça va
convaincre le gouvernement de la CAQ. Aujourd'hui, on donne l'opportunité et la
chance au gouvernement de la CAQ de... de se joindre à nous dans le combat pour
lutter contre la crise du logement.
Actuellement, les bons locataires qui font
valoir leurs droits et qui ne sont pas fautifs se trouvent pris au piège dans
le système actuel dans lequel on se trouve. Ceux qui souhaitent dénoncer les
agissements frauduleux, inacceptables de leurs propriétaires, ceux qui
souhaitent dénoncer des hausses trop importantes de loyers ou le manque d'entretien
de leur logement font face à un choix très déchirant : aller se plaindre
au tribunal et se retrouver sur la liste des locataires qui se plaignent trop, hein,
les locataires très difficiles, et avoir plus de difficultés après ça de se
trouver un logement, un nouveau logement, ou ne rien faire et continuer à subir
les abus de leurs propriétaires. Des cas comme ça, il y en a plein et c'est
documenté, Mme la Présidente. Ça n'a pas de bon sens qu'on laisse les gens
vivre dans ce dilemme-là, un dilemme impossible. On a le pouvoir ici de changer
les choses. La crise du logement, ce n'est pas une fatalité.
On ne réglera pas la crise, évidemment, en
claquant des doigts, là, ça n'arrivera pas. On ne peut pas régler et réparer
quelque chose qui a été brisé par les différents gouvernements depuis les 30 dernières
années. On est en train de subir les conséquences de ces mauvais choix-là, mais
on peut amener des mesures et d'y travailler dans un esprit de collaboration. C'est
ce qu'on propose aujourd'hui au gouvernement de la CAQ. C'est vraiment de
rendre anonymes les dossiers des locataires non fautifs. C'est une mesure
simple et coûte... et qui ne coûte rien à l'État. Ça ne coûte rien d'anonymiser
les dossiers des locataires qui sont non fautifs. Ça existe ailleurs. Ça
n'existe pas partout, en effet, ça existe en Alberta, en Colombie-Britannique,
en Nouvelle-Écosse, au Nouveau-Brunswick.
Mme la Présidente, je rappelle qu'on a
réussi, ici, à l'Assemblée nationale, à travailler ensemble pour protéger un
petit peu les locataires aînés, la loi Françoise David, qu'on a travaillée
ensemble grâce à un travail de collaboration, on l'a fait ensemble, on a réussi
à le faire. Donc, on est capables de le faire pour une mesure comme celle qu'on
propose aujourd'hui.
Mme la Présidente, la vraie question, c'est :
Comment est-ce qu'on considère le logement? Comment est-ce qu'on considère le
fait d'avoir un toit sur la tête? Le logement, ce n'est pas une marchandise
banale comme n'importe quelle autre marchandise. Se loger, ce n'est pas un
luxe. Se loger, c'est un droit fondamental. Je ne devrais même pas être en
train d'essayer de convaincre quelqu'un par rapport à ça, ça devrait être la
normalité. Mais malheureusement ce n'est plus le cas. C'est devenu un sujet de
spéculation...
15 h 55 (version non révisée)
Mme Ghazal : ...un produit,
une marchandise comme une autre, et c'est ça qui fait que les gens sont pris au
piège, c'est ça qui fait que les gens s'appauvrissent de plus en plus.
Chaque action qu'on pose pour aider les
gens à se loger contribue à défendre ce droit fondamental du logement. Donc, je
répète, on offre ici, Québec solidaire, l'opportunité du gouvernement et des
autres partis, du Parti libéral et du Parti québécois, de travailler ensemble
pour aider les gens. Donc, on propose à tout le monde de voter en faveur de
cette motion. On l'a déjà fait par le passé, de travailler ensemble, en
collaboration, comme avec la loi Françoise David, adoptée ici à l'unanimité. On
peut encore le faire aujourd'hui. Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,
Mme la députée. Mme la députée des Mille-Îles, à vous la parole.
Mme Dufour : Merci. Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Alors, nous sommes ici pour discuter d'une motion
déposée par Québec solidaire, mais qui, à la base, si on en parle... et, tu
sais, on vient... je viendrai à l'anonymisation, là, si c'est bien le bon terme
des données au Tribunal administratif du logement, mais si on en parle, c'est à
la base qu'on vit une crise du logement sans précédent.
Moi, j'ai été élue en octobre 2022, je
suis porte-parole pour le dossier de l'habitation depuis ce temps, et ça fait
depuis ce temps-là que je parle de crise du logement, Mme la Présidente. Et ma
prédécesseure, la députée de Vaudreuil, qui portait la voix de l'opposition
officielle pour les dossiers de logement, donc dans la législation précédente,
si c'est le bon terme, bon, elle en a parlé pendant aussi trois ans sans que le
gouvernement réagisse.
Donc, l'enjeu, à la base, c'est que,
pendant plusieurs années, on a nié, le gouvernement nié qu'il y avait une crise
du logement, et ce qui a fait en sorte, finalement, que la crise s'est
aggravée. Et il y a eu la pandémie, et la pandémie a aggravé encore plus la crise
du logement, parce qu'il y a eu... il y a eu des mouvements de population quand
même importants qui se sont faits d'une région à l'autre, par exemple. Et il y
a des secteurs qui en vivent toujours les soubresauts, là. Tu sais, par
exemple, si je parle de la Gaspésie dans les Hautes-Laurentides, les taux d'inoccupation
sont encore très, très, très faibles. Donc, à la base, on a nié la crise du
logement, et ce que ça a fait, c'est qu'on a laissé ça traîner et ça a augmenté
de façon substantielle. Les taux d'inoccupation ont diminué, eux, tellement, et
là, finalement, la loi de l'offre et de la demande a fait en sorte que les
loyers ont explosé. Et en plus, bien... je vais en parler un peu plus loin,
mais il y avait une formule de fixation des loyers qui n'était pas adaptée.
Donc, ça, c'est la base de... c'est ce qu'on
vit depuis plusieurs années, et on est rendu à un stade où les loyers sont tels
que les gens ne peuvent plus... n'arrivent tout simplement plus. On a toujours
dit que c'était la règle du 30 %. Il faudrait qu'au maximum les gens
paient 30 % de leur revenu en loyer, mais on est bien au-delà de ça. La
proportion de gens qui paient... qui paient au-delà de 50 % est alarmante,
et la députée de... bien, la cheffe de la deuxième opposition parlait tout à l'heure
de Mme Jubinville, qui était dans le journal ce matin, un cas comme ça,
90 % de ses revenus, c'est complètement inacceptable, mais ce n'est même
pas soutenable, et c'est une réalité, malheureusement, qui augmente de plus en
plus. Parce que... en fait, j'ai parlé de crise du logement, mais je peux dire
qu'on est rendu dans une crise de l'abordabilité, donc... Et donc maintenant, ce
qui est étonnant, c'est que, maintenant, les taux d'inoccupation sont partis à
la hausse et je vais en reparler, en parler, mais ça n'a pas eu d'effet sur l'abordabilité.
D'ailleurs, il y avait un article dans Le
Devoir, il y a quelques semaines, qui parlait... parce que le gouvernement
parle souvent des immigrants, et il a attribué la crise du logement sur le dos
des immigrants. Mais maintenant que plusieurs personnes ont quitté, particulièrement
la région de Montréal, on constate que les loyers n'ont pas diminué. Oui, c'est
vrai qu'il y a certains logements qui se sont libérés, mais les loyers n'ont
pas du tout diminué, ils ont continué d'augmenter. Donc, dans les faits, l'abordabilité,
elle n'est pas là et c'est ce qu'on vit, une véritable crise de l'abordabilité.
Et au moment qu'on vit ça, bien, le
gouvernement, l'an dernier, en 2025...
16 h (version non révisée)
Mme Dufour : ...introduit un
nouveau concept : les logements abordables intermédiaires. Donc, avant, on
parlait d'abordables, et la définition, je dois dire qu'elle était plutôt
floue. D'ailleurs, durant l'étude du projet de loi n° 31, Mme la Présidente, on
en a parlé abondamment. On a tenté... Moi, j'ai tenté de déposer des
amendements... en fait, j'ai déposé des amendements pour qu'on précise qu'est-ce
qu'un logement abordable, qui devrait être un maximum du revenu des gens, des
locataires. Mais, non, tu sais, on a laissé ce flou, et qu'est-ce que ça fait? Bien,
ça fait que c'est un peu rendu n'importe quoi. Et l'exemple de ce matin, c'est
un loyer de... autour de 1 600 $, 1 800 $... 1 680 $,
quelque chose comme ça, par mois, ça, c'est considéré abordable, mais, avec les
abordables intermédiaires, on peut aller jusqu'à 150 % de la grille
maximale que la SHQ, la Société d'habitation du Québec a établie pour les
loyers.
Donc, déjà, la grille des loyers maximaux
était difficile à respecter pour plusieurs ménages. Tu sais, ces loyers-là, les
payer sont... c'est extrêmement difficile, mais là, si on rajoute une couche et
on rajoute 150... tu sais, on peut aller jusqu'à 150 %, ça fait en sorte
qu'il y a des logements abordables, mais qui sont intermédiaires, qui ont été
financés par le gouvernement, qui sortent de terre maintenant et qui vont
coûter près de 2 000 $ par mois.
Mme la Présidente, qui peut, qui peut
payer 2 000 $ par mois? Ce n'est pas les plus démunis, c'est... c'est...
ce n'est même pas la classe moyenne, tu sais, ce n'est pas le salaire moyen, là.
Un salaire moyen au Québec, là, c'est autour de 50 quelques mille, peut-être 54 000
$, ça a peut-être monté 58 000 $. Bien, écoutez, faites le calcul. 2 000 $
fois 12 mois, on est à 24 000 $. Ça, c'est... c'est... c'est net. Ça fait
que le salaire, il faut... il faut le calculer, lui, il est brut. Donc... Donc,
la proportion qui pourrait être allouée au loyer est beaucoup trop importante,
beaucoup trop. Et puis là on ne calcule pas, là, tu sais, toutes les charges
que quelqu'un peut avoir pour avoir des enfants, manger. L'épicerie aussi, il y
a eu de l'inflation.
Donc... Donc, quand on regarde ça, c'est...
Les logements abordables intermédiaires, les sous, l'argent que le gouvernement
met dans ces logements, c'est supposé d'être destiné aux plus démunis, à ceux
qui ont le plus de difficulté à se loger, mais ceux-là, à qui on dit qu'on veut...
ceux qu'on dit qu'on veut aider, bien, ils n'ont pas les moyens de les payer, ces...
ces logements-là. Donc, c'est... c'est... c'est complètement aberrant. Et ça, c'est...
c'est vraiment... c'est la situation actuelle. Donc, si on est ici aujourd'hui,
c'est... c'est qu'il y a des gens qui n'arrivent pas à accéder à des logements
aussi parce qu'ils sont tout simplement incapables de se les payer.
Et d'ailleurs on est présentement en train
de parler... On a fini hier, Mme la Présidente, les consultations particulières
pour le projet de loi n° 20. Et demain on prend... on fera la prise... en fait,
le principe, là, les échanges sur le principe, et j'exposerai, là, ma vision
demain là-dessus, mais... mais ce qu'on constate, c'est que le projet de loi
veut... veut finalement enlever ou, en fait, contrôler davantage des logements,
mais qu'il pourrait avoir un effet pervers parce que... en fait, le projet de
loi n° 20 veut créer un guichet unique qui ferait en sorte que tous les... tous
les OBNL en habitation, toutes les HLM, ça, c'est correct, toutes les coops
aussi seraient dans ce guichet unique là. Et là on va... on risque d'amener un
effet pervers où... dans les lieux où il y a de vraiment de l'abordable, il y a
vraiment du logement abordable, mais là, finalement, on voudrait que les gens
paient davantage, mais on va vouloir prioriser ceux qui sont les plus à risque
dans la liste d'attente, donc les ménages qui sont les plus démunis. Puis la
liste d'attente, elle est élevée, là. Si on regarde au niveau des HLM, il y a
au moins 30 000 ménages sur la liste d'attente. Cette liste d'attente là,
elle ne diminue jamais. Elle a diminué parce qu'il y a eu un peu de ménage,
mais on était à 34 000 il y a... il y a... il y a très longtemps. Donc, c'est
à peine si on a diminué, malgré tous les logements qui ont été construits,
hein, parce que la ministre, elle en parle souvent, là, elle parle de 24 000
logements... le chiffre, il change à chaque fois qu'il y a une réponse, là, c'est...
on ne sait plus, là...
16 h 05 (version non révisée)
Mme Dufour : ...4 000 ou
en tout cas plus. Mais, bref, tout ça pour dire que ces logements-là, qui,
donc... Excusez. Je reviens. Donc, ce que j'étais rendu, c'est finalement, il y
a des... vraiment des logements abordables, on voudrait utiliser les gens sur
la liste d'attente, mais ces gens-là ne... ne peuvent pas nécessairement payer
les logements qu'on va leur offrir parce que les prochains logements
disponibles vont être des abordables intermédiaires. Ça fait que, bref, on fait
les choses à l'envers. On... C'est... C'est... C'est... Pas... Je ne suis pas
certaine de comprendre la stratégie ici du gouvernement.
Puis je rappellerai qu'AccèsLogis a été
abandonné par le gouvernement. Et AccèsLogis, c'est le dernier programme qui
mettait... qui permettait de faire du logement social. Dans le passé, ça a été
beaucoup critiqué, AccèsLogis, pour les délais, les délais de construction. Ces
délais-là ne venaient pas nécessairement du programme lui-même, ou ils ne
venaient pas non plus des organismes qui faisaient les projets, il faut le
dire. Ils venaient du fait que les coûts maximaux de construction n'étaient pas
indexés. Et donc, n'étant pas indexés, bien, ça faisait que le montage
financier, quand il était attaché, le temps que ça prenait pour attacher le
montage, bien, woup! On arrivait puis ça ne marchait plus parce que les coûts
de construction augmentent à chaque année. Donc, ça, c'est... c'est ce qui a
bloqué beaucoup, beaucoup de projets.
Bien, le PHAQ, qui a remplacé... le Projet
abordable... habitation abordable Québec, qui a remplacé AccèsLogis, c'est le
même enjeu. C'est le même enjeu. D'ailleurs, depuis 2023, il n'y a eu aucun
nouvel appel à projets dans le PHAQ. Donc, ça fait trois ans. Alors, ce nouveau
programme qui était supposé de révolutionner le logement, bien, ça n'a pas...
porté fruit. Et finalement la précédente ministre de l'Habitation, bien, elle a
tout octroyé par décret, hors programme, à divers organismes, divers
partenaires. Mais, tu sais, on n'a plus de programme à proprement dit. Et
AccèsLogis, ce qui était bien avec ce programme, c'est qu'il était... c'était
prévu, c'était obligatoire que 50 % des unités soit du logement social.
Donc, ça allait de facto, alors qu'aujourd'hui, dans le programme le PHAQ, il n'y
a plus aucune obligation, aucune, aucune obligation que les logements soient
socials. Donc, ça se peut qu'ils le soient, ça se peut qu'ils ne le soient pas.
Et pour être social, comme j'expliquais tout à l'heure, bien, il faudrait... En
fait, l'abordable, je vous... je vous disais, on parlait, tu sais, de
30 %. En fait, dans les faits, là, ce qu'ils considèrent actuellement
comme du abordable, c'est 5 % en dessous du marché. Ce n'est pas grand-chose,
là. C'est... il faut que ce soit 5 % en dessous du marché, 95 % du
marché. Ça fait que ça, rendu là, c'est extrêmement élevé. Tandis que, quand on
est dans le logement social, là on est en fonction des revenus. Là c'est
vraiment 25 % des revenus, donc... ou 30 %... Pas à 100 %
certaine du chiffre, là, il me semble c'est 25 %, mais, en tout cas, des
revenus. Donc, chaque personne va payer en fonction de sa capacité. Mais ce
n'est pas... ce n'est pas du tout le cas dans le logement abordable, régulier,
évidemment. Puis là, on le voit avec les cas qu'on a mentionnés, les gens peuvent
payer bien au-delà de ce qu'ils peuvent se... se payer ou... C'est ça.
Donc, un autre élément qui est
problématique, c'est qu'on n'a pas... on n'a pas soutenu les mises en chantier.
Puis là, bien, c'est sûr qu'on va dire : Bien, pourquoi soutenir des mises
en chantier, on parle de logements? Bien, il faut bien les construire ces
logements. Et plus on en construit, plus on en construit, plus... plus ça
risque d'avoir un effet, éventuellement, tu sais, sur le marché. On le voit
actuellement, il y a quand même des... des unités, surtout dans le condo, là. On
le voit beaucoup qu'il y a des condos non vendus qui ont... qui ont... qui n'ont
pas pris preneur. Donc là, ça l'a un effet à la baisse sur les... les coûts.
Mais ce que je mentionnais, c'est qu'il n'y a pas eu de mesures fiscales pour
réduire les coûts de construction. Et... Puis ça, là-dessus, l'Ontario a été
beaucoup plus proactif que le Québec, beaucoup, beaucoup plus. Dès que le
fédéral a annoncé qu'il retirait la taxe de vente fédérale sur le logement
locatif, l'Ontario a suivi. Ça, c'était l'an dernier, là cette année, le
fédéral a annoncé qu'il retirait la taxe sur, aussi, les logements neufs, c'est-à-dire
les... bien, en fait, les propriétés neuves, les...
16 h 10 (version non révisée)
Mme Dufour : ...première
propriété. Et l'Ontario a suivi. Pendant ce temps-là, nous, on ne bouge pas. Puis,
j'ai eu plusieurs échanges dans les dernières années avec le ministre des
Finances à ce sujet, qui disait toujours : Ah, ça coûterait trop cher, ça
coûtait trop cher. Moi, ce que je disais à chaque fois, c'est à quel point... à
quel point ça coûte cher de ne pas construire. Parce que, tu sais, on peut le
voir quand on va à Gatineau, là, c'est assez... c'est assez parlant, rencontrez
un entrepreneur en construction à Gatineau, s'il a le choix de construire entre
Gatineau et Ottawa, il va construire à Ottawa. C'est certain. Pourquoi? Parce
que c'est 10 % moins cher déjà en partant, il n'y a pas la taxe de vente
là-bas. Nous, c'est... c'est presque 10 %, c'est 9,5 % la TVQ. Donc,
ça... ça, c'est un... un enjeu majeur.
Et on pourrait parler aussi des coûts de
la main-d'œuvre de construction, le fait qu'il n'y a pas de flexibilité dans
la... dans la main-d'œuvre. Oui, le ministre du Travail a proposé certains
assouplissements dans le projet de loi n° 41 l'an dernier, mais c'est
très, très peu, très, très peu. Et, dans les faits, toujours aujourd'hui, c'est
beaucoup plus rapide, beaucoup moins cher, construire en Ontario qu'au Québec.
Et ce n'est pas normal. Ce n'est pas normal. Puis, quand ça coûte plus cher,
bien, nécessairement, à un moment donné, tu sais, le loyer... tu sais, le
logement locatif qui construit plus cher, fait en sorte qu'il va être loué plus
cher. C'est une question de coût. Et je ne comprends pas qu'à ce jour le
gouvernement n'ait pas travaillé sur des réformes majeures pour réduire les
coûts de construction. C'est même pire.
La... la Régie du bâtiment du Québec, dans
les... la dernière année, a adopté de nouvelles normes encore plus
contraignantes, qui vont être encore plus coûteuses pour les constructeurs et
qui vont nécessairement se refléter dans le coût des... des unités qui vont
être construites et donc dans les loyers. Et... et ça, on... c'est comme...
c'est comme si on ne comprenait pas que chaque norme qu'on rajoute s'ajoute à...
tu sais, il y a une panoplie d'autres normes qui sont déjà présentes. Et le
coût, c'est devenu exponentiel.
Puis, par rapport à la TVQ, je voudrais aussi
mentionner que c'est comme... c'est comme si on la payait deux fois, la TVQ, parce
que l'entrepreneur qui construit, lui, il paye la TVQ sur les matériaux qu'il
achète, mais là, en plus, celui qui achète la maison qui a été construite ou le
condo qui a été construit, bien, lui, il paye en plus la TVQ. Ça fait que là, c'est
doublement taxé, alors que le... le logement devrait être une... une... une
commodité de base, hein, comme... Mais là on le taxe doublement. Donc, c'est...
c'est un enjeu et ça a un effet sur les loyers, nécessairement.
Il y a un autre élément qui est... qu'on a
parlé, là, c'est... c'est... on en a parlé abondamment, c'est le calcul, le
fameux calcul, là, des hausses de loyer qui avait été... bien, qui... qui était...
en fait, qui était en place depuis très longtemps. Puis, pendant bien des
décennies, ça n'avait pas... il n'y avait pas d'élément majeur parce que la...
l'inflation était assez stable. Et quand c'était stable, ça fonctionnait. Mais
on s'est rendu compte dans les dernières années, particulièrement avec la
pandémie, que ce... que ce calcul-là ne fonctionnait plus du tout.
Donc... donc, par exemple, on a vu, là, avec
la pandémie que les hausses de coûts ont été très importantes pour les... les
propriétaires. L'inflation a augmenté de façon importante. Et là, par la suite,
le calcul, lui, était basé sur... calcul presque ésotérique, sur des années
précédentes. Et donc... et donc ça faisait en sorte que les hausses de loyer
étaient bien moindres que le coût réel d'inflation des coûts des propriétaires.
Donc, pendant ce temps-là, les... les locataires ne se plaignent pas, mais
quand l'inverse est arrivé et que là l'inflation s'est mise à baisser, mais que
le calcul du loyer, lui, il se basait encore sur les années précédentes, qui étaient
à forte inflation, là les locataires ont dit : Ouf, ça ne marche pas.
Nous, nos hausses vont être de 7 % ou... pourcent, alors que l'inflation
est rendue à 2 %. Mais les années précédentes, c'était l'effet inverse.
Donc, c'est pour ça que j'avais d'ailleurs déposé un projet de loi pour qu'on
revoie le calcul des loyers. Parce que, clairement, il y avait un enjeu. Mais,
ceci dit, bon, le... le gouvernement a proposé un nouveau calcul, mais... mais,
on le voit encore aujourd'hui, les gens ne sont pas satisfaits de ce calcul. Et
nous, ce qu'on proposait, c'était qu'il y ait un comité qui se penche donc sur...
sur le... le calcul, un comité paritaire entre locataires et...
16 h 15 (version non révisée)
Mme Dufour : ...locateurs pour
s'assurer de couvrir tous les éléments. Et je vous donne un exemple. Une
toiture, une toiture, on change ça aux 15 ans, peut-être, peut-être 20 ans
si on étire, gros maximum. Là, le calcul s'est... il est maintenant... il a ramené
ça à 20 ans. Donc, ça, on dit : Oui, ça, ça fait du sens, le nouveau
calcul permet d'amortir sur 20 ans les rénovations. Mais si je mets une
toiture en tôle, une toiture en tôle, ça devrait durer 40 ans, bien, je
vais quand même pouvoir l'amortir sur 20 ans. Puis, de l'autre côté, si je
fais mon changement de chauffe-eau, bien, le chauffe-eau, il faut le changer à
tous les 10 ans. Mais ça, encore une fois, je peux juste l'amortir sur 20 ans.
Ça fait que vous voyez qu'il y a des... il y a des iniquités actuellement, il y
a des incongruités qui restent à corriger.
Maintenant, par rapport aux cas qui ont
été soulevés, donc... attendez, je cherche, je pense qu'il me manque un article
que je n'ai pas, mais dans le fond, on a vu, il y a eu effectivement des cas de
personnes qui ont été discriminées. Ça a été documenté dans les médias. Est-ce
que c'est une majorité? Je ne peux pas dire. Donc, des gens qui ont été
discriminés parce qu'ils auraient fait une plainte au Tribunal administratif du
logement. De la discrimination, je dois dire qu'il y en a, il y en a de toutes
sortes, malheureusement, puis c'est couvert, il y a une... tu sais, il y a des
recours contre la discrimination. C'est difficile à prouver, j'en conviens,
mais il y a des recours présentement contre la discrimination. Ici, on parle
peut-être de cas anecdotiques, on n'en a pas la certitude, mais je comprends,
par contre, la crainte des locataires qui ne souhaitent, qui craignent de faire
une plainte à leur... tu sais, dans le fond, concernant leur logement, parce
qu'ils auraient peur que, dans le futur, ça puisse nuire à une autre... à une
autre location. Ça, je le comprends. Mais d'un autre côté, on doit aussi
regarder l'équilibre du côté du propriétaire. Eux aussi ont droit à avoir une
certaine information.
Si, par exemple, un locataire, un
locateur, un propriétaire a eu un certain traumatisme dans le passé... et, tu
sais, j'ai des... on a vu des exemples, là, j'en ai ici, des gens que, tu
sais... monsieur ici, de 79 ans, propriétaire de Saint-Épiphane, dans le
Bas-Saint-Laurent, retrouve sans son logement complètement saccagé. C'est son
fonds de pension à ce monsieur. Ce n'est pas un propriétaire, là, qui veut se
rendre riche, c'est son fonds de pension. Il retrouve son logement... ça,
c'était... bien, c'était il y a deux ans, il retrouve son logement complètement
saccagé. Donc, ce monsieur, la prochaine fois qu'il va vouloir louer, fort
probablement qu'il va s'informer pour savoir s'il y a eu des causes contre le
prochain... contre le locataire qu'il souhaite... qu'il souhaite... à qui il
souhaite louer. Et ça, de cacher cette information-là, ça peut... ça peut être...
ça peut amener une certaine injustice. Mais je comprends, je comprends qu'on
souhaite qu'il n'y ait pas de discrimination, ça, c'est certain.
Par contre, je voudrais quand même
mentionner qu'il y a un principe de transparence judiciaire qui est défini dans
la Charte des droits et libertés de la personne à l'article 23 et dans la
Charte canadienne des droits et libertés, l'article 2b. Donc, avant d'aller de
l'avant et d'appuyer une telle motion, il faut quand même s'assurer de ne pas
contrevenir à la Charte des droits et libertés de la personne. Donc... et, tu
sais, j'ai échangé avec mon collègue qui est porte-parole pour l'opposition
officielle en matière de justice, le député de l'Acadie, avant d'intervenir
aujourd'hui, et quand je lui en ai parlé, son premier réflexe a été de dire :
Bien... de dire : Bien non, il y a une transparence, la justice doit être
transparente. Tu sais, il y a comme un principe que la justice doit être
publique. Ça va de soi. Bon, on a nommé des provinces qui permettraient ça,
mais je serais curieuse de voir, là, je ne suis pas certaine que les quatre
provinces offrent vraiment cette complète anonymité, là, qui... comme on le
prétend, là, mais il reste qu'ici, au Québec, on s'est dit qu'il devait y avoir
une transparence de la justice et que ça devrait être des cas exceptionnels.
Il y a eu évidemment les cas des mineurs,
les cas des femmes victimes de violence conjugale, mais on a vu récemment un
cas d'un criminel qui est devenu informateur pour...
16 h 20 (version non révisée)
Mme Dufour : ...la GRC, je
crois, que, là, on a tenté de rendre anonyme ce procès. C'est en train de... ça
s'en va en Cour suprême, parce qu'on s'est dit : Il faut avoir le droit d'avoir
de l'information. Donc, c'est délicat, ce n'est pas simple. Mais, avant d'aller
de l'avant vers une proposition comme ça, j'ai mes... j'ai des bémols, et je
vous le dis d'emblée, nous allons voter contre cette motion. Pas parce qu'on n'est
pas pour les locataires, mais parce qu'il y a vraiment une question de... bien,
d'équilibre, mais aussi de transparence de la justice.
Et puis j'ai entendu la ministre, tout à l'heure,
je n'avais pas pensé à ces éléments-là, mais il y a un surcoût réel, elle l'a
mentionné, puis quand elle le disait, je me disais : Mon Dieu, c'est vrai,
un surcoût pour le traitement... le traitement que ça représenterait de biffer,
finalement, d'enlever cette information-là. Ah! lui, s'il est fautif, ça peut
être public, mais lui, il n'est pas fautif, il faudrait que ça soit... que ça
soit caché. De déterminer tous ces cas-là, ce n'est pas simple, et je
rappellerais que, déjà, déjà, la... le Tribunal administratif du logement est
débordé, mais complètement débordé. Les ressources ne suffisent pas.
J'ai quelques chiffres. Par exemple...
puis ça, c'est assez récent, hein, octobre 2025, ces chiffres-là ont une
première audience, avoir une première audience au Tribunal administratif du
logement, ça prend neuf mois, Mme la Présidente, neuf mois. Ça, c'est une
première audience. Avant, il y a... juste l'année d'avant, c'était sept mois. Donc,
ça a augmenté de façon importante. Et, vous savez, on a rencontré... on a eu
une audience à la Commission de l'administration publique avec le président du
TAL et on... ils ont un plan de match pour réduire ces délais-là. Donc, ce n'est
pas c'est pas l'enjeu, mais c'est... ce qu'il se passe, en fait, c'est qu'il y
a eu une hausse fulgurante du nombre de demandes. C'est ma dernière minute,
hein, Mme la Présidente? C'est ça. Donc, il y a eu une hausse fulgurante du
nombre de demandes. Écoutez, en 2020, pour vous donner une idée, on était à
7 000 demandes de fixation de loyer, puis, en 2024-2025, on était
rendu à 23 000... bien, 22 500. C'est plus que trois fois l'augmentation.
Alors, vous comprendrez que le temps ne peut pas absorber davantage. Il y a...
déjà, il manque de ressources.
Alors, comme je l'ai expliqué, Mme la
Présidente, nous allons nous opposer à cette proposition, mais, ceci dit, je
considère qu'il faut soutenir davantage les locataires. Surtout, il faut du
logement social. C'est ce qui va permettre aux gens les plus démunis d'avoir
accès à un logement qu'ils peuvent... qu'ils puissent se payer. Donc, voilà, je
vous remercie beaucoup, Mme la Présidente, pour votre écoute.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Merci, Mme la députée. Maintenant, je suis prête à entendre un autre
intervenant, M. le député de Jonquière.
M. Gagnon : Merci, Mme la
Présidente. D'entrée de jeu, c'est intéressant ce que mentionne la députée de
Mille-Îles, une députée qui est à l'habitation, là, si je me rappelle bien, là,
dans l'opposition officielle, depuis... depuis le jour un. Alors, depuis
maintenant trois ans, elle me fait signe. Alors, je pense que ce qu'elle vient
de mentionner, qu'une justice qui se doit d'être transparente, bref, la
transparence de la justice, venant d'une femme qui est dans le dossier depuis
trois ans, on l'entend bien et on la remercie pour sa position.
J'en profite également... J'entendais tout
à l'heure la députée de Mercier, puis on n'est jamais indifférents, qui
mentionnait peut-être des histoires qu'on appelait des histoires crève-cœur,
des histoires que, peu importe la famille politique dans laquelle on est, ne
laissent personne indifférent. Alors, c'est pour ça, avant peut-être de tomber
plus précis dans l'interpellation d'aujourd'hui, je veux prendre quelques
minutes pour quand même mentionner ce qui se fait de beau en habitation. Puis,
tout à l'heure, la députée de Mille-Îles mentionnait également le logement abordable,
qui peut être une solution. Alors, je veux prendre quelques minutes pour parler
des choses intéressantes que notre gouvernement fait en habitation et dans le
logement à faible revenu, et ça fait un peu de lien aussi sur ce que
mentionnait la députée de Mercier, en lien avec des histoires, des fois, qui ne
nous laissent personne indifférent.
Je ramène ça dans ma circonscription de
Jonquière, où est-ce que le 19... pardon, en 2022, le soir de la
Saint-Jean-Baptiste, il y a eu un incendie majeur dans un 51 logements
pour les personnes à faible revenu. Ça a été un peu la catastrophe. Ça a changé
la fête des Québécois et des Québécoises dans ma circonscription, pour
plusieurs personnes. Il y a quand même eu toute une mobilisation à offrir à ces
gens-là des vêtements, une mobilisation à trouver un nouvel... un nouveau
logement, de la nourriture et tout dans...
16 h 25 (version non révisée)
M. Gagnon : ...dans les
heures qui ont suivi le long week-end de la Saint-Jean-Baptiste et, par la
suite, on s'est mis au travail, et on s'est mis au travail avec une rigueur. Et
puis c'est là que c'est une fierté pour moi, puis je veux mentionner un peu de
positif, parce qu'on est allés de l'avant vers un projet pilote qui s'appelle
les blocs modulaires. Et le résultat... et il faut le mentionner, le résultat a
été performant. On a respecté les coûts, on a respecté les délais, on a rappelé
les gens pour dire qui voulait introduire son logement d'avant, qui maintenant
était dans un logement complètement neuf. Et, de par la performance des blocs
modulaires qui ont été un projet pilote chez nous, eh bien, ça devait être 51
logements, mais on a été capables d'en faire 52 de par l'économie qu'on a faite.
Alors, je pense que c'est important de le mentionner, des exemples comme ça, à
travers des histoires, des fois, qui ne laissent personne indifférent, qui... il
y a des fois où le soleil réapparaît. Alors, j'en suis fier.
Également, où est-ce qu'on en est fiers
aussi dans ma circonscription : les aînés. J'ai eu le privilège d'accueillir,
le 19 février dernier, l'annonce des 100 logements en Unitaînés, des aînés à
faibles revenus.
Et également je suis capable d'aller aussi
vers le modèle des coopératives, parce que, chez nous, c'est, encore une fois,
une mobilisation qui fait encore toute, toute la différence. Je vais parler de Loge
m'entraide, une coopérative. Ça fait 14 ans, ça fait 14 ans, Mme la Présidente,
qu'elle tente de lever... de lever de terre cette coopérative. Quand je suis
arrivé en mandat, on a baissé une certaine méfiance des politiciens, puis j'ai
offert à Mme Côté, la directrice générale, de travailler avec elle, de se
mobiliser ensemble pour aller vers le modèle de coopérative. Et on a réussi des
gains énormes. La ville a cédé un terrain. Le premier terrain était contaminé.
Personne n'a baissé les bras, Mme la Présidente. On est allés trouver un autre
terrain. Un congé de taxes sur 10 ans. Québec a été au rendez-vous, est
toujours au rendez-vous. Et l'organisme a fait de l'autofinancement. Elle est
sur le point d'annoncer 600 000 $ en autofinancement. Et maintenant,
qu'est-ce qu'on attend? Bien, ça fait 10 mois qu'on attend après le gouvernement
fédéral. Mais, mais la ministre m'accompagne énormément, et on garde le canal
de communication. Mais tout ce qui manque dans cette mobilisation-là, c'est le
fédéral.
Et, bien entendu, je peux traverser aussi...
quand on parle de... toujours de logement, je peux aussi y aller vers une
vision de notre gouvernement aussi vers les besoins particuliers. Il y a moins
de deux semaines, j'annonçais les immeubles Saint-Joseph, où est-ce que notre
gouvernement, encore une fois, participe pour une hauteur de 23 logements. Mais
attention, on est allés vers un besoin précis de la clientèle, c'est-à-dire les
23 logements va se séparer sur deux étages, un étage pour les adultes ayant une
période de vie... je pourrais dire, une période de vie plus difficile, alors,
avec les organismes du milieu, ils auront accès à ce logement, et, à l'étage
supérieur, ce sera du répit pour les familles. Et tout ça, encore une fois, bien,
c'est la mobilisation du milieu, accompagné avec le gouvernement, c'est-à-dire...
j'ai une pensée pour les sœurs du Bon Conseil, qui étaient présentes, d'ailleurs,
et toutes charmantes à cette inauguration, qui, eux, ont cédé une aile de leur
bâtiment, ont confié au milieu de dire : On cède cette aile, et, avec
Québec, on a attaché et on a finalisé un logement en fonction de leurs valeurs,
c'est-à-dire qui sera dédié à des clientèles plus précises. Et c'est important
de le mentionner, à cette conférence, c'était émotif, Mme la Présidente, parce
que ça faisait 20 ans, 20 ans que le milieu attendait de vivre ce que j'ai eu
la chance de vivre dans la circonscription de Chicoutimi.
Alors, une parenthèse pour dire qu'il y a
du beau qui se fait en habitation, que ce soit en innovation avec les blocs
modulaires, avec les aînés, ma coopérative, la clientèle particulière qu'on a
inaugurée à Chicoutimi. Bref, il y a quand même de grands efforts que je
souligne. Et je suis un acteur privilégié dans ma circonscription de voir tout
le bienfait que peut faire l'abordable et le revenu.
Également, quand je reste positif aussi...
Tout à l'heure, d'entrée de jeu, il l'a bien affirmé, le député de
Laurier-Dorion mentionnait haut et fort le droit des locataires, et je le
comprends. J'ai eu la chance d'être souvent en commission avec lui, c'est
quelque chose qu'il porte. Et, toujours en restant positif et avec sa phrase du
début, j'ai le goût de lui dire : Bien, bien, nous aussi, au gouvernement,
le droit des locataires, on y croit, puis rappeler une mesure forte pour
protéger les locataires, un outil pour défendre les droits. Je me tournerais
vers une action législative qu'on a faite, qui a été sanctionnée le 21 février
2024, c'est-à-dire le projet de loi n° 31...
16 h 30 (version non révisée)
M. Gagnon : ...la Loi
modifiant diverses dispositions en matière d'habitation, Mme la Présidente. Il
y a eu des... des mesures importantes, et je me dois de le dire, je... je veux
quand même mentionner, suite au PL 31, le locataire qui reçoit une avis d'éviction
n'a plus à introduire un recours collectif ou un recours devant le tribunal
pour s'opposer à son éviction. Alors, le locataire doit alors obtenir l'autorisation
du tribunal pour évincer le locataire. Sa demande doit être présentée dans les
mois du refus ou de l'expiration du délai de réponse du locataire. Le locateur,
lui, lui, il doit démontrer qu'il entend réellement évincer le locataire du
logement pour la fin mentionnée dans l'avis, il ne s'agit pas d'un prétexte
pour atteindre d'autres fins, que la loi permet également de subdiviser le
logement, de l'agrandir et d'en changer l'affectation. Pourquoi je commence
avec ça, Mme la Présidente? C'est avec cette mesure-là, on vient protéger les
locataires des avis d'éviction abusives et on vient simplifier le processus
pour tout le monde.
Puis, également, on en a entendu parler,
on peut parler aussi d'indemnité. Le locataire... le locateur, pardon, doit
payer au locataire évincé des frais raisonnables de déménagement ainsi qu'une
indemnité équivalant à un mois du loyer pour chaque année de location
interrompue du logement par le locataire. Lequel, par contre, on ne peut
toutefois pas excéder un montant représentant les 24 mois de loyer ni être
inférieur au montant représentant les trois mois de loyer. Si le locataire
considère que le préjudice qu'il subit justifie une indemnité plus élevée, il
peut s'adresser au tribunal pour en faire fixer le montant. À moins que le
tribunal n'en décide autrement, l'indemnité, elle, Mme la Présidente, est payable
à l'expiration du bail. Et les frais de déménagement le sont sur présentation
de pièces justificatives. Alors, c'est avec des mesures comme ça, Mme la
Présidente, qu'on peut prévenir une éviction. Et, bien sûr, accompagner, on
peut éviter, accompagner énormément le stress financier.
Et également, toujours en recours et
dommages, intérêts, il revient désormais au locataire dans le PL 31, dans
le cadre d'un recours en dommages, intérêts résultants une éviction, de
démontrer que celle-ci a été de bonne foi. Cette modification s'applique aussi
dans le cas d'une reprise de logement.
Également, dans le PL 31, il y avait
l'avis au nouveau locataire qu'on a beaucoup discuté, qui est la clause G. Un
locataire... un locateur qui s'inscrit... qui inscrit de fausses informations
dans l'avis au nouveau locataire ou qui omet, on l'a entendu, de remettre cet
avis peut désormais être condamné à des dommages, intérêts punitifs à la
demande du locataire. La décision, elle est claire. On vient parler de dommages,
intérêts punitifs. On vient donc s'assurer que le locataire ait accès à de l'information
viable pour qu'il puisse prendre des décisions, bien entendu, éclairées.
Je veux également aborder la clause F en
lien avec les droits de la fixation du loyer et, bien entendu, la modification
du bail. Ni le locateur ni le locataire de logement situé dans un nouvel... dans
un immeuble nouvellement bâti ou dont l'utilisation à des fins... à des fins
locatives résulte d'un changement d'affection, c'est important, récent ne peut
fixer le loyer ni modifier d'autres conditions du bail, pour le tribunal, dans
les cinq années qui suivent la date à laquelle l'immeuble est prêt pour l'usage
ou lequel elle était destinée. Cette restriction, Mme la Présidente, permet d'évoquer
à l'encontre du locataire que si elle est prévue dans le bail, désormais, avec ce
qu'on vient de faire, de pouvoir évoquer la restriction. Le locataire doit
également indiquer au bail le loyer maximal qu'il pourrait imposer dans les
cinq années qui suivent la date à laquelle l'immeuble est prêt pour l'usage
auquel il est destiné. Alors, c'est de la prévisibilité qu'on vient faire ici.
C'est une mesure qui offre de la prévisibilité à toutes les parties prenantes dans
l'exemple que je cite.
Puis également, on... on l'a entendu, des
logements impropres à l'habitation, et c'est des choses qui se sont retrouvées
dans le PL 31, un locataire peut désormais demander au tribunal de
condamner le locateur au paiement de dommages, intérêts punitifs lorsque le
logement est devenu impropre à l'habitation en raison de sa négligence. Également,
des choses qu'on a entendues aussi en lien avec une démolition. Ça arrive.
Alors, advenant une démolition, le locateur doit payer au locataire évincé...
16 h 35 (version non révisée)
M. Gagnon : ...son logement à
des fins de démolition, bien entendu, des frais de déménagement ainsi qu'une
indemnité équivalant à un mois de loyer pour chaque année de l'occasion... de
location, pardon, interrompue du logement par la locataire, laquelle peut
toutefois excéder un montant représentant 24 mois du loyer ni être
inférieur à un montant représentant les trois mois de loyer.
Je veux aussi prendre quelques secondes, mon
temps achève, pour parler du logement étudiant. Ça aussi, dans le PL 31,
on... on a pris action. La loi permet aux propriétaires de certains immeubles
de louer des logements à des personnes aux études à temps plein, aux mêmes
conditions que peuvent le faire les établissements d'enseignement, sous réserve.
Pour conclure un bail comme... comme je mentionne ici, Mme la Présidente, le
propriétaire doit obtenir une reconnaissance. Donc, les modalités des critères
d'obtention sont déterminées par un règlement qu'on a mis en place au
gouvernement. Et bien sûr que la personne qui loue un logement situé dans un
immeuble pour lequel le propriétaire est... est reconnu conformément au
règlement du gouvernement, a droit... cette personne-là a droit au maintien des
lieux pour toute la période pendant lequel elle est inscrite à temps plein dans
un établissement d'enseignement.
Je veux parler aussi des représentations
devant le tribunal. Dans mon autre vie, j'ai assisté à cette situation-là et, souvent,
les personnes qui devaient se présenter, ça pouvait créer, entre autres,
beaucoup d'anxiété. C'est important de mentionner que maintenant, advenant une
représentation devant les tribunaux, les partis peuvent désormais être
représentés par la personne de leur choix. Il n'est toutefois pas possible d'être
représenté par un professionnel radié, déclaré, mais on peut quand même être
représenté par une personne de notre choix. Si une personne est représentée par
un mandataire autre qu'un avocat, ce mandataire doit fournir au tribunal un
mandat écrit, signé par la personne qu'il représente. Et c'est important quand
même, ce que... ce qu'on vient de dire ici. Et bien entendu, je demeure
toujours dans le législatif, advenant une appel de décision du tribunal, le
délai permet de faire une appel, pardon, d'une décision au tribunal devant la
Cour du Québec débute désormais à la date de la connaissance de la décision
plutôt qu'à celle où elle a été rendue. Une décision du tribunal ayant fait l'objet
d'une demande d'appel rejetée par la Cour du Québec est exutoire 10 jours,
10 jours après la date de notification de la cour, à moins que celle-ci en
décide autrement.
Bref, c'était quand même législatif, mais
il fallait en parler du projet de loi n° 31 que nous avons mis en
place en 2024. Et le PL 31 démontre qu'on est à l'écoute des acteurs du
milieu, que l'habitation, et qu'on est prêts à bâtir un écosystème respectueux
des besoins de tous. En plus, le projet de loi dont j'ai cité en exemple a
atteint l'objectif, c'est-à-dire l'objectif de simplifier la vie des locateurs
mais aussi, aussi de simplifier la vie des locataires. Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,
M. le député. Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Comme il n'y a pas d'autre
intervention, M. le député de Laurier-Dorion, je vous demanderais peut-être de
reprendre votre place afin que je puisse vous céder la parole pour votre
réplique. Et je vous rappelle que vous avez un droit de réplique de 10 minutes.
Alors, sans plus tarder, je cède la parole à M. le député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : Merci, Mme la
Présidente. Et je remercie l'ensemble des députés. Ça me fait sourire parce que
j'ai l'impression qu'on n'a jamais... qu'on n'a jamais entendu autant parler du
tribunal de... le Tribunal administratif du logement et le haut niveau d'expertise,
là, que certains collègues ont développé sur ces... ces questions, sur le
développement de... sur le fonctionnement de ce tribunal qui est quand même... qui
a quand même une certaine complexité.
Mais d'emblée, je tiens à mettre quelque
chose au clair, Mme la Présidente, ma formation politique, Québec solidaire,
n'a... on a toujours encouragé les locataires à défendre leurs droits, on n'a
jamais découragé un locataire à ne pas aller au... au tribunal du... Tribunal administratif
du logement. C'est les locataires qui nous disent, excusez-moi du terme :
Qu'est-ce que ça donne? Et même que je vais être pénalisé parce que, si je mets
mon nom, je vais être discriminisé... discriminé. Et je vais revenir, là, parce
que c'est une information importante. Si les locataires ont peur d'aller au Tribunal
administratif du logement, ce n'est pas parce qu'on le leur fait peur comme un...
mais parce qu'ils savent très bien que certains...
16 h 40 (version non révisée)
M. Fontecilla : ...locateurs
peuvent utiliser cette information contre eux. Des associations de
propriétaires, on le sait, et je peux vous donner la preuve, offre des services
de vérification de dossiers au TAL. J'en ai une ici, Mme la Présidente, qui est
très, très explicite, on va tout vous donner sur la personne qui postule à un
logement, y compris les renseignements qui sont... qui se trouvent au Tribunal
administratif du logement. Et est-ce que le gouvernement va prétendre que ces
organisations offrent ce service à leurs membres, mais que personne ne les
utilise? Poser la question, c'est y répondre.
Par ailleurs, il suffit de faire une
recherche très superficielle d'offre de logements sur Facebook Marketplace pour
constater que les propriétaires qui regardent les antécédents au TAL de leurs
locataires potentiels sont très nombreux. Ici, j'ai deux offres glanées aujourd'hui,
Mme la Présidente. Donc, un quatre et demi à louer à Lévis, 1 275 $, quatre
et demi avec grande fenestration, très ensoleillée, blablabla. Les animaux ne
sont pas acceptés, donc ça veut dire aucun animal, un chien, un lapin, poule,
poisson rouge, un chat sont des animaux, c'est écrit, et une enquête prélocation
complète aux frais du locataire, 65 $. Les frais seront remboursés à la
signature du bail. Si le bail n'est pas signé, c'est de l'argent perdu et c'est
remboursé à la signature à ma convenance, c'est mon dossier. Vérification, dossier
de crédit, vérification, antécédents judiciaires, vérification, Tribunal administratif
du logement, vérification des anciens propriétaires. Ouf! C'est presque une
enquête policière. Deuxième annonce, Mme la Présidente. Un grand quatre et
demi à louer à Lévis. Donc, magnifique, spacieux quatre et demi, localisation
idéale, à quelques pas des services, appartement lumineux, chats acceptés. Oh!
quelle bonne nouvelle! Mais aucun chien, par contre. Condition importante, les
locataires doivent avoir un emploi stable. Une enquête de prolongation sera
effectuée, vérification de crédit, antécédents criminels et dossier au Tribunal
administratif du logement, des frais de 50 $, dis donc, demandés pour l'enquête.
Donc, c'est une pratique très, très courante, telle que je viens de démontrer,
avec des annonces parues aujourd'hui.
Le problème de la question... le problème
qui nous concerne ici, on ne l'a pas inventé, il nous a été rapporté par des
locataires. Ce qu'on comprend aujourd'hui, c'est que la CAQ préfère faire
semblant que le problème n'existe pas plutôt que de trouver une solution. Et
ensuite, la ministre, on l'a entendue, nous parle de transparence de la justice.
Et on est bien d'accord, mais on a quand même quelques doutes sur le sens qu'elle
donne à cette transparence. C'est pour cela que, justement, qu'on demande l'anonymisation
des locataires dans le dossier et non pas la fin de la publication des
décisions du TAL. C'est une différence fondamentale, Mme la ministre. Les
décisions continueront à être publiées. On veut seulement que les noms soient
enlevés. Et qu'est-ce que ça... en quoi ça ajoute à la transparence d'un
tribunal de savoir que M. Fontecilla, que je ne connais pas, a été... a été
impliqué dans une cause du TAL ou que M. Andrés a été nommé? Ça n'a rien à
voir, ça n'a aucune incidence, le nom de la personne, ça peut être x, y, z, m,
p, c'est ça qui nous importe et c'est le contenu de la décision. Publier les
décisions afin de pouvoir connaître la jurisprudence en application du droit du
logement, c'est effectivement crucial.
D'ailleurs, le TAL a récemment rendu un
jugement qui déclarait invalide les clauses générales d'interdiction des
animaux. On est bien content que cette décision soit publique et on a bien hâte
que le gouvernement y donne suite et rende enfin cette pratique illégale d'interdire
des animaux de compagnie. Mais on n'avait pas besoin de savoir le nom de la
personne, on avait besoin de savoir justement seulement que le jugement a été
rendu et c'est quoi, le contenu de ce jugement-là. Et donc, ailleurs...
d'ailleurs, le Code de procédure civile est clair, le tribunal peut faire
exception au principe de la publicité s'il considère que la protection d'intérêts
est légitime, et pourtant exige que ce soit... que soit assuré l'anonymat des
personnes concernées. Si la capacité de loger des locataires n'est pas un
intérêt légitime important et qui mérite d'être protégé, je ne sais pas...
16 h 45 (version non révisée)
M. Fontecilla : ...ce qu'il en
est. Mme la Présidente, la ministre de l'Habitation prétend que cette
transparence vaut autant pour les propriétaires que les locataires. Je dois...
je dois malheureusement l'informer que c'est inexact. On ne compte plus les
propriétaires qui se cachent derrière des compagnies de numéros et des
prête-noms afin, justement, d'éviter que leur historique de propriétaire voyou
ne les affecte dans leurs projets spéculatifs. Donc, en ce moment, là, une
bonne partie des dossiers du... au tribunal administratif concernant des
compagnies sont, dans les faits, rendus anonymes, parce que c'est des numéros.
Voilà, encore une fois, une différence fondamentale et un élément qui avantage
nettement les propriétaires qui fonctionnent sous des noms de compagnies.
Mme la Présidente, la situation est
profondément inéquitable. D'un côté, on a des spéculateurs qui peuvent éviter
des retombées négatives du TAL sur leur business à coups de compagnies à numéro
et des prête-noms. D'un autre côté, on a des locataires qui cherchent à combler
un de leurs besoins les plus fondamentaux, se loger, et n'ont pas d'autre choix
que d'utiliser leur nom personnel. L'anonymisation des locataires, Mme la
Présidente, c'est une solution raisonnable, qui ne vient aucunement menacer la
transparence de la justice, mais qui protège les locataires contre les
représailles, la discrimination et met fin au climat de méfiance envers le Tribunal
administratif du logement, qui existe bel et bien dans la société et qui freine
l'application des droits des locataires, peu importe ce que disent les députés
du gouvernement.
Mes collègues ont mentionné la surcharge
du TAL. Les députés de la CAQ ont... ont eu le beau jeu de comparer les
chiffres de 2021 à 2024, où il y a, en effet, une amélioration, parce que 2021
était le pic des retards causés par la COVID. Par contre, ça fait trois ans que
le TAL tient moins d'audience qu'il ne reçoit de demandes. Et si on regarde le
résultat sur ces trois années, ça s'est empiré. Le délai moyen est passé de 2,7 mois
à 3,9 mois. Le délai des causes urgentes est passé de 1,7 mois à deux
mois. Ça, c'est les causes urgentes, Mme la Présidente, et ça inclut les cas
qui mettent en danger la santé et la sécurité des locataires. Imaginez-vous
vivre, Mme la Présidente, deux mois sans chauffage en hiver. Ça, c'est urgent.
Donc, j'invite les collègues de la CAQ à
considérer sérieusement cette... la possibilité de voter pour cette bonne idée
qui est l'anonymisation des décisions rendues par le TAL. Ça n'entend pas la
transparence de... nécessaire du fonctionnement d'un tribunal, ça permet... ça
permet aux chercheurs d'avoir des informations quand même et ça va améliorer la
confiance du public, en particulier des locataires, la confiance devant le
Tribunal administratif du logement. Et ça va faire en sorte que la... que les
locataires auront plus de confiance pour exercer un droit que la justice leur
donne. Donc, l'anonymisation, c'est une bonne chose pour assurer le droit au
logement. Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Je
vous remercie, M. le député. Je vais maintenant mettre aux voix la motion de M.
le député de Laurier-Dorion, qui se lit comme suit :
«Que l'Assemblée nationale reconnaisse
que, dans le contexte de la crise du logement, de nombreux locataires renoncent
à faire valoir leurs droits par crainte que le caractère public des dossiers au
Tribunal administratif du logement nuise à leur recherche de logement;
«Qu'elle constate que cette situation
compromet l'accès à un logement, favorise des hausses de loyer abusives et
contribue au maintien de conditions de logements insalubres ou non sécuritaires;
«Qu'elle prenne acte du fait que plusieurs
autres juridictions, notamment la Colombie-Britannique, l'Alberta, le
Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse, ne rendent pas publics les noms des
locataires qui exercent leurs droits; «Qu'enfin, elle demande au
gouvernement du Québec d'agir dès maintenant afin d'anonymiser les dossiers des
locataires reconnus non fautifs au Tribunal administratif du logement.»
Est-ce que cette motion est adoptée?
M. Fontecilla : ...
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Alors, nous avons une demande de vote électronique. M. le leader adjoint du
gouvernement.
M. Lévesque (Chapleau) : Oui,
vous vous doutez de ce que je vais demander, de bien vouloir reporter ce vote à
demain, s'il vous plaît, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Conformément
à...