(Neuf
heures quarante minutes)
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Bonjour
à toutes, bonjour à tous. Prenez place, nous allons débuter nos travaux.
Je
souhaite la bienvenue à celles et ceux qui sont dans les tribunes avec nous.
Bienvenue à l'Assemblée nationale.
Affaires courantes
Déclarations de députés
Nous sommes à la
rubrique Déclarations de députés, et, sans plus tarder, je reconnais Mme la
députée de Verchères.
Souligner le 20e anniversaire
des Diableries de Contrecoeur
Mme Suzanne Roy
Mme Roy
(Verchères) : Alors, merci, M. le Président. Je souhaite aujourd'hui
souligner le 20e anniversaire d'un événement-phare de ma circonscription,
Les Diableries de Contrecoeur.
Depuis deux
décennies, ce festival unique fait rayonner notre culture québécoise en
s'inspirant de notre riche imaginaire collectif, notamment par la légende de la
chasse-galerie.
Derrière ce succès se
trouve une équipe passionnée, créative et profondément engagée envers sa
communauté, que l'on retrouve en tribunes.
Je salue la directrice générale, Cynthia Therrien, la présidente, Marijane Gagné,
le trésorier, François Montpetit, et le plus jeune membre de l'équipe,
Eliott Dallaire.
Grâce à leur énergie
et à l'implication remarquable de nombreux bénévoles, Les Diableries sont
devenues un rendez-vous incontournable, rassembleur et festif, où se
rencontrent musique, tradition et plaisir.
Longue vie aux
Diableries de Contrecoeur!
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Merci, Mme la députée de Verchères. La parole
revient maintenant à Mme la députée de La Pinière.
Souligner la Semaine
québécoise des popotes roulantes
Mme Linda Caron
Mme Caron :
Merci, M. le Président. En cette Semaine québécoise des popotes roulantes,
je tiens à souligner le travail exceptionnel des bénévoles de toutes les
popotes du Québec.
Qu'ils travaillent à
la préparation ou à la livraison des repas ou encore à l'administration de
l'organisme, les équipes des popotes nous rendent un fier service en matière de
soutien à domicile. Je m'en voudrais de ne pas nommer la Popote roulante de
Brossard, qui est à l'oeuvre depuis 43 ans dans le comté de
La Pinière.
Merci pour votre
engagement et pour tout le bien que vous répandez autour de vous et dans la
communauté. Vous êtes parfois la seule
visite qu'une personne aînée reçoit dans la semaine. Vous incarnez donc
parfaitement le thème de cette année, Les popotes roulantes :
livrer l'essentiel depuis 60 ans.
Merci, et longue vie
à toutes les popotes roulantes du Québec!
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Merci, Mme la députée de La Pinière. Et la
parole revient maintenant à Mme la députée de Soulanges.
Rendre hommage à
M. Antoine Forest
Mme Marilyne Picard
Mme Picard :
Merci beaucoup, M. le Président. Aujourd'hui, je prends la parole afin de
rendre hommage au capitaine Antoine Forest, pilote d'avion originaire de
Coteau-du-Lac, dont le décès tragique nous a tous profondément bouleversés, ici
comme ailleurs.
Antoine avait choisi
l'aviation, une voie exigeante qui commande discipline, sang-froid et sens du
devoir. Ceux qui l'ont connu parlent d'un
jeune homme passionné, profondément humain et animé par le désir constant de se
dépasser. Il incarnait la détermination, l'engagement et le
professionnalisme.
Le
22 mars dernier, Antoine a fait preuve d'un courage et d'un dévouement
remarquables. Il a effectué son dernier vol.
Aujourd'hui, en
présence de sa famille ici, à l'Assemblée nationale, je souhaite poser un geste
empreint de mémoire et de reconnaissance en remettant, à titre posthume, la
Médaille de la députée de Soulanges. Que cet hommage témoigne de toute notre solidarité envers ses
proches et de la place qu'Antoine continuera d'occuper dans notre mémoire
collective. Merci.
Le
Vice-Président (M. Benjamin) : Merci beaucoup, Mme la députée de
Soulanges. Alors, au nom de tous les collègues de l'Assemblée, je tiens à
exprimer... à me joindre à cette voix de solidarité à l'ensemble de la famille.
La prochaine
déclaration revient à M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
Souligner le 60e anniversaire
du Centre communautaire Hochelaga
M. Alexandre Leduc
M. Leduc :
Merci, M. le Président. Je souhaite souligner, aujourd'hui, le
60e anniversaire du Centre communautaire Hochelaga, un organisme
profondément enraciné dans Hochelaga-Maisonneuve.
À l'origine connu
sous le nom des Loisirs olympiques Sainte-Marie, le centre a su évoluer au fil
des décennies pour devenir un acteur incontournable de la vie communautaire du
quartier.
Depuis 1966, le
Centre communautaire Hochelaga multiplie les initiatives pour répondre aux
besoins de la population, des enfants jusqu'aux aînés.
Dans un quartier qui
connaît à la fois de grands défis sociaux et une forte solidarité
communautaire, le centre agit concrètement pour créer un milieu sécuritaire,
rassembleur et enrichissant, favorisant le développement des compétences,
l'éducation populaire et l'amélioration des conditions de vie.
Merci à la
directrice, Carole Brière, et à toute l'équipe, aux bénévoles ainsi qu'aux
citoyens et citoyennes qui font vivre cette institution essentielle de notre
beau quartier. Merci.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Merci, M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve. La
prochaine déclaration revient à M. le député de René-Lévesque.
Souligner la mission
historique et culturelle du
Musée de l'église Sainte-Amélie
M. Yves Montigny
M. Montigny : Merci, M. le Président. Aujourd'hui, j'ai l'honneur d'accueillir à
l'Assemblée nationale deux femmes de coeur qui viennent... qui veillent,
en fait, sur un pilier de notre patrimoine, Mme Johanne Munger,
présidente, et Mme Mary-Ellen Beaulieu, vice-présidente, du Musée de
l'église Sainte-Amélie.
Dominant avec
prestance le quartier patrimonial de Baie-Comeau, cet espace muséal incarne
l'identité même de notre ville nord-côtière. Inspiré de l'architecture Dom
Bellot, il abrite l'oeuvre monumentale de Guido Nincheri. Ses fresques et
vitraux d'une finesse époustouflante transportent les visiteurs du monde entier
dans l'univers historique unique.
Grâce à toutes les
personnes qui oeuvrent quotidiennement à sa mission essentielle pour notre
communauté, le Musée de l'église Sainte-Amélie s'est mué en un espace
d'éducation, de culture et de fierté. Merci aux fondateurs, aux collaborateurs,
aux membres du personnel et vraiment aux bénévoles de faire battre le coeur de
ce joyau. Merci.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Merci, M. le député de René-Lévesque. Et je
reconnais maintenant Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Souligner le Mois du
patrimoine asiatique
Mme Jennifer Maccarone
Mme Maccarone :
Merci. Mai est l'occasion de souligner le Mois du patrimoine asiatique et de
reconnaître la contribution des communautés
asiatiques à la culture québécoise, marquée par des traditions d'histoire et de
résilience. Depuis des générations,
ces communautés participent à bâtir le Québec par leur travail, leur créativité
et leur engagement. Elles
enrichissent notre société dans tous les domaines, l'éducation, santé,
l'entrepreneuriat, art, recherche, et contribuent au rayonnement du
Québec.
J'ai la chance de
représenter Westmount—Saint-Louis,
où se retrouve le quartier chinois de Montréal, le seul quartier chinois
francophone en Amérique. Je peux témoigner de l'apport exceptionnel de cette
communauté à notre métropole et à notre identité collective.
Dans
un contexte où les discours haineux et les gestes de division prennent de plus
en plus de place, il est important de rappeler que notre diversité est
une richesse et une force.
Bonnes célébrations
du Mois du patrimoine asiatique à toutes et à tous! Happy Asian Heritage Month!
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci, Mme la députée de Westmount—Saint-Louis. Et je cède maintenant la parole à Mme la députée de Labelle.
Souligner
le 125e anniversaire de Ferme-Neuve
Mme Chantale Jeannotte
Mme Jeannotte :
Merci, M. le Président. Je souligne aujourd'hui le 125e anniversaire de la
fière communauté de Ferme-Neuve.
Née d'une ferme
forestière, qui lui a donné son nom, l'industrie du bois reste son ADN. Mais
Ferme-Neuve est aussi un pôle touristique et
agroalimentaire incontournable. Que l'on pense aux célèbres Miels d'Anicet, aux
fermes laitières, au parc de la Montagne du Diable ou au réservoir Baskatong,
la municipalité rayonne partout au Québec.
Ce dynamisme, nous le
devons à ces bâtisseurs, des pionniers comme la famille Lafontaine, l'olympien
Ben Leduc, le Dr Luc Laurin, fondateur du Centre Promo santé, ainsi
que des élus dévoués comme l'ex-maire, Gilbert Pilote, et l'actuelle
mairesse, Diane Sirard.
J'invite
donc toute la population à se joindre aux festivités qui sont proposées pour
marquer ce 125e anniversaire, dont la grande fête du 125e en juin
et la journée J'occupe la rivière, en août, consacrée à la rivière la Lièvre. Je
vous souhaite un heureux 125e anniversaire à toutes et à tous!
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
Mme la députée de Labelle. Et la parole revient maintenant à Mme la
députée de Duplessis.
Saluer la détermination des
jeunes
athlètes de la Côte-Nord
Mme Kateri Champagne
Jourdain
Mme Champagne Jourdain : «Kuei»,
M. le Président. Je souligne aujourd'hui la détermination exceptionnelle de nos
jeunes athlètes de la Côte-Nord, de Duplessis. Malgré l'éloignement, ils réussissent à se
démarquer sur la scène provinciale, nationale et même internationale.
Pensons
aux jeunes de l'Académie de judo de Sept-Îles, qui ont participé aux Championnats canadiens la
fin de semaine dernière, à Charles Paquet, notre triathlète de Port-Cartier,
qui poursuit son parcours depuis les Jeux olympiques, à l'équipe de cheerleading le Husky, qui
prendra part au Kick's Graduation de Québec, aux gymnastes du club les
Gymnastîles, qui seront au Challenge des régions à Gatineau, à la saison
exceptionnelle de l'Atanukan, qui les a menés au
Tournoi international M15 du Grand Montréal, ainsi qu'à cette athlète de
Blanc-Sablon, Natasha Bolger, qui se démarque pour ses performances de coureuse la plus rapide au demi-marathon. Hockey,
natation, karaté, nage synchronisée, volleyball, ringuette, et bien plus.
• (9 h 50) •
À
nos athlètes, à leurs familles, à leurs entraîneurs, à toute la communauté qui
les soutient, merci de faire rayonner notre région avec autant de fierté.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Merci, Mme la députée de Duplessis. Et la parole
revient maintenant à M. le député de Taillon.
Saluer le club de hockey du
Collège français de
Longueuil pour ses récentes performances
M. Lionel Carmant
M. Carmant :
Merci, M. le Président. Pour la troisième fois en cinq ans, le club de
hockey du Collège français de Longueuil de la ligue junior AAA du Québec a
remporté la coupe NAPA.
Tant en saison
régulière qu'en séries éliminatoires, l'équipe s'est imposée comme l'une des
meilleures défensives du pays, n'accordant qu'un peu plus que deux buts par
match.
Devant le filet,
Mathis Lacroix-Goulet a été sensationnel. Il s'est imposé comme l'un des
meilleurs gardiens de but au Canada. Je tiens aussi à souligner l'apport
remarquable de l'attaquant Gabriel Provencher et des défenseurs Gabriel
L'Étoile et Émile Dubois. Ces trois joueurs ont dominé la ligue à leur position
respective, au chapitre des plus et des moins.
En ce moment, la
troupe de l'entraîneur Jonathan Castonguay représente fièrement le Québec à la
Coupe du centenaire, à Summerside, à l'Île-du-Prince-Édouard. Le Collège français a fort bien débuté le
tournoi et s'est mérité, hier, une place en demi-finale.
Allez,
le Collège français, jusqu'au bout, ramenez-nous la coupe! Longueuil et tout le
Québec est derrière vous. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Merci, M. le député de Taillon. La prochaine
déclaration revient à Mme la députée de Pointe-aux-Trembles.
Souligner
le 384e anniversaire de Montréal
Mme Chantal Rouleau
Mme Rouleau :
M. le Président, c'est avec grande fierté que je souligne aujourd'hui le
384e anniversaire de la métropole du Québec, coeur battant de notre nation
francophone en Amérique.
Depuis sa fondation,
le 17 mai 1642, Montréal s'est construite grâce à l'audace, la créativité
et la solidarité. Ville de savoir, de culture, d'innovation et d'accueil,
Montréal a toujours su relever les défis avec ambition.
Notre gouvernement a
choisi d'investir dans l'avenir de Montréal, notamment par la revitalisation de
l'Est et du Quartier latin. Nous avons mené des projets structurants attendus
depuis des décennies, dont le prolongement de la ligne bleue et la
modernisation de l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont. Notre Mesure de l'Est
contribue à améliorer les milieux de vie et à bâtir des quartiers. Et que dire
de nos navettes fluviales, M. le Président?
Célébrons avec fierté
notre métropole, forte et belle. Vive Montréal! Bon anniversaire!
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Merci, Mme la députée de Pointe-aux-Trembles.
Alors, collègues,
avec votre consentement, nous allons permettre à Mme la députée de Verchères
de pouvoir reprendre sa déclaration. Consentement? Mme la députée de Verchères.
Souligner le 20e anniversaire
des Diableries de Contrecoeur
Mme Suzanne Roy
Mme Roy
(Verchères) : Merci, M. le Président. Je souhaite aujourd'hui
souligner le 20e anniversaire d'un événement-phare de ma circonscription,
Les Diableries de Contrecoeur.
Depuis
deux décennies, ce festival unique rayonne, fait rayonner notre culture québécoise
en s'inspirant de notre riche imaginaire collectif, dont, évidemment, la
légende de la chasse-galerie.
Derrière ce succès se
trouve une équipe passionnée, créative, profondément engagée envers sa
communauté, que l'on retrouve en tribunes.
Je salue la directrice générale, Cynthia Therrien, la présidente, Marijane
Gagné, le trésorier, François Montpetit, et le plus jeune membre de
l'équipe, Eliott Dallaire.
Grâce à leur énergie,
M. le Président, à leur implication remarquable et à celle des bénévoles, Les
Diableries sont devenues un rendez-vous incontournable, rassembleur et festif,
où on rencontre, justement, la musique, la tradition et surtout le plaisir.
Merci.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci, Mme la députée de Verchères. Alors, voilà
qui met fin à la rubrique Déclarations de députés.
Nous allons suspendre
les travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à 9 h
55)
(Reprise à 10 h 07)
La Présidente :
Bonjour, tout le monde. Mesdames
messieurs, bienvenue. Le parlement du Québec, c'est chez vous.
Mmes, MM. les
députés, nous allons nous recueillir quelques instants.
Je vous remercie
beaucoup. Veuillez vous asseoir.
Jeudi 14 mai.
Nous poursuivons les affaires courantes.
Aujourd'hui, il n'y a
pas de déclarations ministérielles.
Présentation de projets de loi
À la rubrique Présentation
de projets de loi, M. le leader du deuxième groupe d'opposition.
M. Cliche-Rivard : Merci, Mme la Présidente.
Juste être sûr qu'on est prêts, mais je vais vous demander d'appeler
l'article a du feuilleton, s'il vous plaît.
Projet de loi n° 690
La Présidente :
À l'article a du feuilleton, M.
le député de Taschereau présente le projet de loi n° 690,
Loi sur le droit à
l'alimentation. M. le député.
M. Etienne Grandmont
M. Grandmont :
Merci, Mme la Présidente.
Ce projet de loi a
pour objet de reconnaître, de promouvoir et de protéger le droit à
l'alimentation afin d'assurer à toute personne l'accessibilité à de la
nourriture de qualité en quantité suffisante.
Les mesures prévues par le
projet de loi visent à établir un cadre pour guider l'action gouvernementale et
les initiatives de la société québécoise dans la mise en oeuvre du droit à
l'alimentation.
À cette fin, le projet de loi énonce les
principes qui guident la mise en oeuvre du droit à l'alimentation et oblige le
gouvernement à prendre des mesures propres à assurer la concrétisation de ce
droit et à en assurer la protection.
Le projet de loi institue le Comité national sur
le droit à l'alimentation, lequel aura pour fonctions de conseiller le gouvernement sur les différents aspects liés au droit à
l'alimentation et de surveiller l'évolution de ce droit au Québec.
Enfin, le projet de loi modifie la Charte des
droits et libertés de la personne afin d'y inclure le droit pour toute personne
d'avoir un accès physique et économique à une nourriture suffisante, saine et
nutritive qui correspond à ses besoins et à ses choix alimentaires. Merci.
• (10 h 10) •
La Présidente : Et est-ce que
l'Assemblée accepte d'être saisie de ce projet de loi? Adopté?
Une voix : ...
Mise
aux voix
La Présidente : C'est votre
droit. Alors, la période de vote est ouverte.
Merci, M. le secrétaire général. La période de
vote est terminée. M. le secrétaire général, le résultat.
Le
Secrétaire : Pour : 93
Contre :
0
Abstentions :
0
La Présidente : Et cette
motion est adoptée.
Je reconnais maintenant M. le député des Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau : Mme la
Présidente, je vous demandais d'appeler... je vous demanderais d'appeler
l'article c.
Projet
de loi n° 599
La
Présidente : À
l'article c du feuilleton, M. le député des Îles-de-la-Madeleine présente
le projet de loi n° 599, Loi
proclamant la Journée nationale de sensibilisation aux enjeux vécus par les
personnes immunosupprimées. M. le
député.
M. Joël
Arseneau
M. Arseneau : Mme la
Présidente, ce projet de loi a pour objectif de proclamer le 5 novembre de
chaque année Journée nationale de sensibilisation aux enjeux vécus par les
personnes immunosupprimées.
Mise aux voix
La
Présidente : Est-ce
que l'Assemblée accepte... Est-ce que l'Assemblée accepte d'être saisie de ce
projet de loi? Adopté? Adopté. Merci.
Dépôt
de documents
À la rubrique Dépôt de documents, je dépose une
décision du Bureau de l'Assemblée nationale.
Je dépose
également un rapport du Commissaire
au bien-être et aux droits des enfants
intitulé Une réforme législative pour et avec les enfants du
Québec.
Il n'y a pas de dépôt de rapports de
commissions.
Dépôt
de pétitions
À la rubrique Dépôt de pétitions, je reconnais
maintenant M. le député de Laurier-Dorion.
Retirer
le chapitre I du projet de loi n° 20, Loi édictant la Loi
visant à favoriser l'accès au logement et modifiant diverses
dispositions concernant le domaine de l'habitation
M. Fontecilla : Merci, Mme la
Présidente. Tout d'abord, j'aimerais saluer la présence de représentantes et
représentants de la Fédération de l'habitation coopérative du Québec ainsi que
de la Confédération québécoise des coopératives d'habitation.
Je dépose donc l'extrait d'une pétition adressée
à l'Assemblée nationale, signée par 14 406 pétitionnaires.
Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués sont les suivants :
«Considérant que le Québec
vit une crise de l'abordabilité sans précédent;
«Considérant que 20 % des ménages ont peiné
à payer leur loyer en 2025;
«Considérant que le moyen le plus efficace pour
assurer un meilleur accès au logement est d'accélérer et amplifier la
construction de logements réellement abordables, c'est-à-dire accessibles pour
tous les ménages;
«Considérant que le projet de loi n° 20
contribuera à l'appauvrissement des ménages dépassant les seuils de revenus
maximaux, qui seront déterminés de façon arbitraire, en les incitant à
retourner dans un marché spéculatif incontrôlable;
«Considérant que les ménages actuellement en
coopératives y ont tous accédé conformément aux règles en place, qu'ils ont pu
améliorer leurs conditions grâce à leur milieu de vie et qu'on devrait
encourager cette évolution;
«Considérant que le départ éventuel [des]
membres expérimentés affaiblira les coopératives en les privant d'expérience,
de connaissances et de compétences;
«Considérant que la mise en place d'un guichet
unique entravera la sélection de membres pour les coopératives en préqualifiant
des individus sur la seule base de leur revenu plutôt que de leurs compétences,
leurs valeurs et leur aptitude à vivre en coopérative;
«Considérant que le projet de loi n° 20 est
une menace à la survie du modèle d'habitation coopérative;
«Et l'intervention réclamée se résume
ainsi :
«Nous, signataires, demandons au gouvernement du
Québec :
«De retirer le chapitre I du projet de loi
n° 20;
«De renoncer à instaurer un guichet unique pour
la sélection des membres des coopératives et toute pénalité financière des
membres des coopératives qui augmentent leurs revenus.»
Je certifie que... Je certifie que cet extrait
est conforme à l'original de la pétition.
La Présidente : Et cet
extrait de pétition est déposé. Je reconnais maintenant Mme la députée de
Laporte.
Réviser
l'indice de milieu socio-économique et les mécanismes
d'allocation des ressources aux écoles
Mme Poulet : Merci, Mme la
Présidente. Alors, je dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée
nationale, signée par 4 920 pétitionnaires. Désignation :
citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués sont les suivants :
«Considérant
que l'Indice de milieu socio-économique (IMSE) est utilisé pour déterminer
l'allocation de ressources essentielles aux écoles du Québec;
«Considérant que certaines écoles voient leur
rang IMSE s'améliorer sur le plan statistique, sans qu'il n'y ait de réelle
amélioration des conditions socio-économiques des élèves et des familles;
«Considérant que ces variations peuvent découler
de changements méthodologiques, de données agrégées [et] de mouvements
démographiques ne reflétant pas la réalité vécue sur le terrain;
«Considérant
que ces écarts entre les données statistiques et la réalité vécue compromettent
l'équité entre les écoles;
«Considérant
que cette reclassification entraîne une diminution du financement et des
services (soutien professionnel, mesures d'aide, encadrement), malgré
des besoins inchangés, voire croissants sur le terrain;
«Considérant que plusieurs études démontrent un
lien direct entre la défavorisation, la réussite scolaire et le besoin accru de
ressources;
«Et l'intervention réclamée se résume
ainsi :
«Nous, signataires, demandons au gouvernement du
Québec :
«De suspendre les effets négatifs des
changements d'IMSE lorsque les indicateurs terrain ne démontrent pas
d'amélioration réelle;
«De réviser la méthodologie de calcul de l'IMSE
afin d'y intégrer davantage de données qualitatives et locales;
«D'assurer un financement minimal garanti pour
les écoles historiquement défavorisées;
«De mandater une analyse indépendante des
impacts des variations d'IMSE sur la réussite scolaire;
«De rendre publics
les impacts des changements d'IMSE, école par école, afin d'assurer une
transparence accrue.»
Je certifie que cet extrait est conforme à
l'original de la pétition.
La Présidente : Cet extrait de
pétition est déposé.
Et j'ai reçu une demande de M. le député de
Laurier-Dorion pour la présentation d'une pétition non conforme. Y a-t-il
consentement pour la présentation de cette pétition? Consentement. Alors, M. le
député de Laurier-Dorion.
Retirer
le chapitre I du projet de loi n° 20, Loi édictant la Loi visant
à favoriser l'accès au logement et modifiant diverses dispositions
concernant le domaine de l'habitation
M. Fontecilla : Merci, Mme la
Présidente. Je dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée
nationale, signée par 550 pétitionnaires. Désignation : citoyens et
citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués sont les suivants :
«Considérant que le Québec vit une crise de
l'abordabilité sans précédent;
«Considérant que 20 % des ménages ont peiné
à payer leur loyer en 2025;
«Considérant
que le moyen le plus efficace pour assurer un meilleur accès au logement est
d'accélérer et amplifier la construction de logements réellement abordables,
c'est-à-dire accessibles pour tous les ménages;
«Considérant que le
projet de loi n° 20 contribuera à l'appauvrissement des ménages dépassant
les seuils de revenus maximaux, qui seront déterminés de façon arbitraire, en
les incitant à retourner dans un marché spéculatif incontrôlable;
«Considérant
que les ménages actuellement en coopératives y ont tous accédé conformément aux
règles en place, qu'ils ont pu améliorer leurs conditions grâce à leur
milieu de vie et qu'on devrait encourager cette évolution;
«Considérant que le
départ éventuel de ces membres expérimentés affaiblira les coopératives en les
privant d'expérience, de connaissances et de compétences;
«Considérant que la
mise en place d'un guichet unique entravera la sélection de membres pour les
coopératives en préqualifiant des individus sur la seule base de leur revenu
plutôt que de leurs compétences, leurs valeurs et leur aptitude à vivre en
coopérative;
«Considérant que le
projet de loi n° 20 est une menace à la survie du modèle d'habitation
coopérative;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous, signataires,
demandons au gouvernement du Québec :
«De retirer le
chapitre 1 du projet de loi n° 20;
«De renoncer à
instaurer un guichet unique pour la sélection des membres des coopératives et
toute pénalité financière des membres des coopératives qui augmentent leurs revenus.»
Je certifie... Je
certifie que cet extrait est conforme à l'original de la pétition. Merci.
La
Présidente : Cet extrait de pétition est déposé.
Interventions portant sur une
violation de droit ou de privilège
À la rubrique Interventions
portant sur une violation de droit ou de privilège ou sur un fait personnel,
conformément à l'article 102 du Code d'éthique et de déontologie des
membres de l'Assemblée nationale, Mme la députée de Chomedey m'a adressé
une demande pour se prévaloir de son droit de faire une déclaration à
l'Assemblée à la suite du dépôt du rapport de la Commissaire à l'éthique et à
la déontologie dont elle a fait l'objet.
Avant de vous céder
la parole, madame, je vous rappelle que vous disposez d'un maximum de 20 minutes
pour faire votre déclaration.
Mme la députée de
Chomedey, la parole est à vous.
Rapport d'enquête de la Commissaire à l'éthique et à la déontologie
à la présidente de l'Assemblée nationale au sujet
de Mme Sona Lakhoyan Olivier,
députée de Chomedey
Mme Sona Lakhoyan Olivier
Mme Lakhoyan
Olivier : Merci, Mme la Présidente. Collègues de l'Assemblée nationale
du Québec, chers concitoyens de Chomedey et chers citoyens du Québec, c'est
avec beaucoup de respect et d'humilité que je prends aujourd'hui la parole afin d'accepter les conclusions et les recommandations de la Commissaire à
l'éthique et à la déontologie.
• (10 h 20) •
Je souhaite également
présenter mes excuses sincères à mes collègues de l'Assemblée nationale ainsi
qu'à la population québécoise — excusez-moi,
ce ne sera pas long.
Je
reconnais avoir commis une erreur et avoir dépassé certaines limites prévues au
Code d'éthique et de déontologie des
membres de l'Assemblée nationale en
lien avec des activités partisanes. Ce n'était pas mon intention d'agir de
façon inappropriée ni d'aller à l'encontre des règles qui encadrent nos
fonctions. J'ai toujours cru de bonne foi que mes gestes ne dépassaient
pas les limites — excusez-moi,
ce ne sera pas long.
Depuis le
déclenchement de l'enquête à travers chacune de mes communications avec la
Commissaire à l'éthique, j'ai évolué dans ma compréhension de ses attentes. Au
fil du processus, j'ai pris le temps d'écouter, de réfléchir et de mieux
comprendre, de mieux comprendre les exigences associées à nos responsabilités
en tant que parlementaires — excusez-moi,
je ne vois plus, excusez-moi. Lors de notre dernière rencontre, j'ai d'ailleurs
exprimé à la commissaire que je comprenais maintenant beaucoup plus clairement
ce qui était attendu de moi.
Aujourd'hui, malgré
le caractère difficile de cette épreuve, je peux dire que j'ai appris de mes
erreurs. Cette expérience m'amène à poursuivre mon travail avec encore plus de
prudence, de rigueur et discernement. Je crois sincèrement que tous les
députés, peu importe leur formation ici, s'engagent en politique avec le désir
de servir la population et d'améliorer la qualité de vie des citoyens. C'est
pourquoi je crois qu'il est important de continuer à renforcer la
sensibilisation à la formation en matière d'éthique et de déontologie.
Je prends acte de la
décision de la commissaire avec respect et j'accepte la sanction qui m'est
imposée sans commenter le montant de la pénalité. Je l'accepte sans contestation.
Malgré cette erreur,
j'ai toujours pleinement assumé mon rôle de députée auprès des citoyens de Chomedey,
avec sérieux, engagement et dévouement. Que ce soit à l'Assemblée nationale ou
sur le terrain, je poursuis mon travail de
représentation au service des citoyens qui m'ont accordé leur confiance. Je
continuerai à assumer cette responsabilité avec humilité, prudence et
sens du devoir. Je m'excuse. Je m'excuse, Marc. Je vous remercie.
La
Présidente : Je vous remercie, Mme la députée. Je vous rappelle
que, conformément à l'article 103 du Code d'éthique et de déontologie des
membres de l'Assemblée nationale, lorsque la commissaire recommande
l'application d'une sanction, l'Assemblée doit procéder au vote sur le rapport
à la séance suivant la réponse de la députée. Il s'agit d'un vote aux deux
tiers des membres de l'Assemblée, qui aura lieu à la rubrique des votes
reportés de la prochaine séance, soit le 26 mai prochain.
Questions et réponses orales
Maintenant, nous en
sommes rendus à la période de questions et de réponses orales, et, pour ce
faire, je cède la parole, en question principale, à la députée de Mont-Royal—Outremont.
Projets
de transformation numérique de l'État
Mme Michelle Setlakwe
Mme Setlakwe :
Mme la Présidente, après Northvolt et SAAQclic, voilà un autre fiasco
SAAQclic, SIFA... un autre fiasco caquiste, SIFA.
À cause de la CAQ,
nous sommes maintenant dans un cul-de-sac : poursuivre un projet mal
ficelé qui va coûter plus de 1,2 milliard ou tout arrêter et payer
175 millions de pénalité. Je cite le rapport accablant de l'Autorité des
marchés publics : «En février 2025, le ministère du Numérique dépose au
ministère de la Santé un rapport dans lequel il critique la gestion du projet
et du contrat. Le ministère du Numérique recommande l'arrêt du projet. Il
reproche notamment au ministère de la Santé un suivi insuffisant et considère
que le projet est en dépassement de coûts. En mars 2025,
Santé Québec propose au ministre de la Santé alors en poste de
mettre un terme au projet SIFA dans sa forme actuelle. Le ministre
rejette cette proposition.»
Malgré
les audits accablants, les avertissements répétés et l'explosion des coûts de
96 à près de 300 millions de dollars, la ministre refuse
toujours d'arrêter ce fiasco. Pourquoi?
La Présidente :
La réponse de la ministre de la Cybersécurité et du numérique.
Mme France-Élaine Duranceau
Mme Duranceau :
Mme la Présidente, on prend très au sérieux les recommandations qui ont été
faites dans le contexte du rapport Gallant. On a par ailleurs demandé l'année
dernière à l'AMP de faire une vigie de tous les contrats informatiques sur une
période de 10, 15 années afin de comprendre pourquoi les projets
informatiques sont toujours compliqués à déployer puis qu'il y a toujours des
dépassements de coûts, et ce rapport-là sera disponible bientôt, et on va s'appuyer sur les recommandations, aussi, qu'il y aura
dans ce rapport-là, parce que c'est... c'est inévitable, là, le gouvernement du Québec, s'il veut se
transformer, s'il veut passer à l'ère numérique, s'il veut être plus efficace,
il va falloir qu'il y en ait, des projets informatiques. Ça passe par là.
Puis ça va aller à une vitesse phénoménale avec l'avènement de l'intelligence
artificielle.
Donc, je pense qu'il
faut prendre les choses au sérieux, il faut s'assurer qu'il y a une gouvernance
qui est solide, entourant les projets
informatiques. Et moi je tiens à rappeler qu'on a... on a été proactifs en
demandant à l'AMP de nous faire des recommandations, puis on va s'assurer
que, dans les projets à venir, tout ça est appliqué convenablement.
La
Présidente : Première complémentaire.
Mme Michelle Setlakwe
Mme Setlakwe :
Mme la Présidente, la CAQ avait huit ans pour prendre les choses au sérieux
puis assurer une gouvernance adéquate.
Ce matin, on apprend,
sous la plume de Nicolas Lachance, du Journal de Québec, que la ministre
de la Santé fonce tête baissée. Je cite Nicolas Lachance : «Le
gouvernement exercerait une forte pression sur Santé Québec pour qu'elle
poursuive le projet. Même la publication d'un rapport accablant de l'AMP ne
semble pas freiner la ministre.»
Cette gestion
chaotique, là, la nouvelle première ministre en fait partie.
La
Présidente : La réponse de la ministre de la Santé.
Mme Sonia Bélanger
Mme Bélanger :
Oui, Mme la Présidente. Écoutez, je n'ai pas la réputation de prendre des
décisions à l'emporte-pièce, et surtout pas de foncer tête baissée, sans
analyser l'ensemble des éléments, Mme la Présidente. Alors, je suis très à
l'aise avec...
Avec mon arrivée en
fonction, le 19 décembre dernier, quand je suis arrivée, je veux quand
même vous rappeler que ce projet SIFA était
sur pause. Quand je suis arrivée, le 19 décembre, le projet SIFA était sur
pause. Alors, j'ai demandé des explications, et c'est à ce moment-là que j'apprenais qu'il y avait
aussi une enquête de l'AMP et que leur rapport allait sortir
incessamment.
La Présidente :
Deuxième complémentaire.
Mme Michelle Setlakwe
Mme Setlakwe :
Mme la Présidente, ce qu'il faut retenir ici, c'est la mauvaise gestion, la
mauvaise gouvernance du gouvernement de la CAQ, que ce soit l'ancien ou le
nouveau, comme semble vouloir nous faire croire la nouvelle première ministre. L'AMP
ne pourrait pas être plus claire, je cite : «Le ministère de la Santé n'a
pas agi de manière à assurer la bonne gestion des fonds publics.» C'est assez
accablant. C'est ça, la CAQ. C'est le gaspillage, c'est la décote.
À quel moment est-ce
que ça va cesser? À quel moment est-ce qu'ils vont enfin comprendre le fiasco SAAQclic
puis apprendre...
La Présidente :
La réponse de la ministre de la Santé.
Mme Sonia Bélanger
Mme Bélanger :
Mme la Présidente, je vais continuer, là, avec ma réponse de la question
précédente.
Alors donc, j'ai
attendu, à mon arrivée en fonction, d'avoir le rapport, le rapport qui nous a
été livré la semaine dernière, Mme la
Présidente. On en a pris connaissance, et je comprends que les partis
d'opposition aussi. Et nous avons jusqu'à six mois, et six mois, ce n'est pas,
pour moi, l'objectif, je souhaite qu'on le fasse avant, mais nous avons jusqu'à
six mois. Donc, du côté de Santé
Québec, j'ai demandé de préparer un
plan d'action pour répondre aux recommandations de l'AMP, qui sont fort importantes,
bien sûr, pour l'amélioration continue de nos façons de faire avec les systèmes
d'information au Québec, Mme la Présidente. C'est important. Santé
Québec est là pour faire le travail, et je...
• (10 h 30) •
La
Présidente : En question principale, je reconnais maintenant le député
de Marguerite-Bourgeoys.
Investissement du
gouvernement dans Nemaska Lithium
M. Frédéric Beauchemin
M. Beauchemin : Mme la Présidente, hier,
le ministre de l'Économie nous a dit que Nemaska, c'était un beau projet. Tout
va bien. Circulez, il n'y a rien à voir.
Pourtant, la veille,
le ministre des Finances nous a dit que, Nemaska Lithium, le projet ne va pas
bien. On sait que, dans le Nord, la mine
n'avance pas, qu'il y a une pause dans la construction de l'usine de
transformation, ça amène à des mises
à pied. Le ministre nous a dit aussi que c'est un dossier qui a eu plusieurs
déboursés d'argent public, 1,2 milliard, Mme la Présidente. Il nous
dit aussi que Rio Tinto ont mis le projet sur pause pour repartir sur des
meilleures bases.
Est-ce
que le gouvernement de la CAQ peut nous dire quelles sont ces fameuses
nouvelles bases qui, aujourd'hui, sont nécessaires, puis pourtant elles
ne l'étaient pas lorsqu'ils ont fait le déboursé?
La
Présidente : La réponse du ministre de l'Économie, de l'Innovation et
de l'Énergie.
M. Bernard Drainville
M. Drainville :
Bien, d'abord, Mme la Présidente, hier et avant-hier, j'ai clairement
exposé les faits. Le projet n'est pas sur pause, l'usine continue de se
construire, il y a 500 travailleurs qui se présentent chaque jour pour
avancer les travaux, qui progressent à un
rythme moins soutenu, mais qui progressent quand même. Et ce projet va se faire
avec, bien entendu, notre partenaire, Rio Tinto.
Maintenant, Mme la
Présidente, je souhaite soumettre à l'attention de cette Chambre une
information qui nous est parvenue. Il faut quand même noter le fait, Mme la
Présidente, que, le 30 mai 2018, sous le gouvernement de Philippe Couillard, le gouvernement libéral a investi 130 millions dans le projet de
Nemaska Lithium. Et malheureusement, Mme la Présidente, l'entreprise a
fait faillite en 2020, et le gouvernement a perdu 70 millions à ce
moment-là. Le seul gouvernement qui a perdu de l'argent dans Nemaska Lithium,
c'est le gouvernement libéral, parce que l'investissement de 1,1 milliard que nous avons... auquel nous
avons procédé, il a toujours sa pleine valeur, actuellement, Mme la Présidente.
Alors, je ne me
réjouis pas de cette perte. Je dis juste que ces projets sont risqués, et ils y
ont cru, eux aussi.
La
Présidente : Première complémentaire.
M. Frédéric Beauchemin
M. Beauchemin :
Ils ont mis 1,2 milliard après ça. Bravo, les champions! Heille! Charles
Emond, à la...
Des voix : ...
La Présidente : Attendez.
Oui, Mme la leader adjointe, j'aimerais vous entendre. Quel est votre rappel au
règlement?
Mme LeBel :
Mme la Présidente, je pense que dans cette salle on a droit au respect, au
décorum. Article 35.
La
Présidente : Et Mme la leader adjointe, je suis d'accord avec vous. Demeurons
respectueux les uns avec les autres. M. le
député, je veux entendre votre question. Il n'y a que vous qui avez le droit de
parole. On garde le silence.
M. Beauchemin :
Charles Emond, de la caisse, a dit : «On a décidé de ne pas investir,
il y a un risque avec des possibilités d'excédent de coûts assez important.» La
caisse n'a pas investi dans Nemaska, ils ont investi dans Northvolt. Donc, la
caisse a vu des choses négatives dans Nemaska que clairement la CAQ a ignorées,
ou soit la caisse a décidé de faire en sorte, en leur investissement de Northvolt,
de prendre des apprentissages, ce que la CAQ n'a pas compris. Quelle est la
réponse?
La
Présidente : La réponse du ministre de l'Économie, de l'Innovation et
de l'Énergie.
M. Bernard Drainville
M. Drainville :
Alors... Alors, Mme la Présidente, j'étais en train de dire qu'on ne se
réjouit pas que le gouvernement libéral ait perdu 70 millions dans Nemaska
Lithium. C'est juste pour dire que ce sont toujours des projets qui sont
risqués. Ils y ont cru, Mme la Présidente. Et, oui, on y croit toujours. La
différence entre eux et nous, Mme la Présidente, c'est qu'on gère notre risque.
On a pris en considération les observations qui ont été soumises à notre attention de la part de Ressources
naturelles, des modifications ont été apportées, le projet a été bien géré, et
on s'est associés avec un partenaire très sérieux, très crédible, Rio
Tinto. Et nous avons l'intention d'aller de l'avant avec ce projet et de le
compléter. Voilà.
La
Présidente : Deuxième complémentaire.
M. Frédéric
Beauchemin
M. Beauchemin :
Mme la Présidente, même réponse que dans Northvolt, mais cette fois-ci
c'est 1,2 milliard. Comme responsable et fiduciaire de l'argent des
Québécois, on ne peut pas avoir un ministre de l'Économie qui ignore la juste valeur marchande actuelle de cet
investissement. On exige que le gouvernement rende publique dans les prochains
jours la valeur juste, marchande, actuelle de ce placement-là.
Combien, aujourd'hui,
vaut notre investissement dans Nemaska?
La
Présidente : La réponse du ministre.
M. Bernard
Drainville
M. Drainville :
Mme la Présidente, la juste valeur marchande du placement, c'est la valeur
du placement actuelle, c'est-à-dire
1,1 million. Maintenant, Mme la Présidente, je réitère... 1,1 milliard.
Je réitère, Mme la Présidente, que le
seul gouvernement qui a perdu de l'argent dans Nemaska Lithium, c'est le
gouvernement de Philippe Couillard, qui a investi 130 millions et qui
a perdu 70 millions. C'est ça, la réalité. On ne s'en réjouit pas, je le
répète. Tout ce que ça souligne, c'est qu'il faut les gérer
correctement. Vous l'avez mal géré. Nous, on le gère correctement. Voilà.
La
Présidente : En question principale, je reconnais maintenant le député
de LaFontaine.
Dépenses par cartes de
crédits des ministères et organismes
M. Marc
Tanguay
M. Tanguay : Le ministre de l'Économie
vient de dire : Nous, on gère efficacement. Wow! C'est un gouvernement
dépensier... dépensier, gaspilleux, dont le
dossier de crédit a été une décote. Avec la CAQ, on vit sur les cartes de
crédit, Mme la Présidente.
Pour rappel, en
octobre 2024, le bureau d'enquête du Journal de Montréal, grâce à une
demande d'accès à l'information, avait soulevé des écarts de comportement au
gouvernement de la CAQ quant à l'usage des cartes de crédit, 48 millions
sur les cartes de crédit à ce moment-là, des dépenses injustifiées, notamment
l'ex-premier ministre qui avait acheté un chandail du Canadien autographié par
Guy Lafleur à 1 282 $, envoye sur la carte de crédit, des dizaines de
milliers de dollars d'intérêts non payés, envoye sur la carte de crédit.
On a, dans les
crédits actuels, demandé d'avoir accès aux cartes de crédit, mais la présidente
du Conseil du trésor a dit que ce n'était pas pertinent.
Pourquoi la
présidente du Conseil du trésor refuse l'accès aux cartes de crédit parce que
ce n'est pas pertinent, Mme la Présidente? C'est l'étude des crédits.
La Présidente : La réponse de la
présidente du Conseil du trésor.
Mme France-Élaine Duranceau
Mme Duranceau :
Bien, Mme la Présidente, si c'était une question si importante, je suis
surprise de ne pas l'avoir eue hier aux crédits, hein, parce qu'on a amplement
parlé de télétravail, on a amplement parlé de la démission de l'ancienne présidente
de la Commission de la fonction publique. On a parlé de l'AMP, ça, c'étaient...
c'étaient des bonnes discussions, sur les
projets informatiques, parce que la transformation de l'État puis là où il faut
mettre des sous, prochainement, c'est beaucoup au niveau de la
transformation numérique. Ça fait que je pense que je ne m'enfargerais pas tant
que ça dans les cartes de crédit puis je me concentrerais sur des projets qui
sont importants et qu'il va falloir approcher collectivement avec ouverture
puis s'assurer d'une... il va falloir s'assurer que la gouvernance, elle est...
elle est adéquate.
Et je vous dirais, Mme la Présidente, que nous, on
est arrivés au pouvoir en 2018, là. Avant ça, il y a eu 25 années de
libéraux puis 25 années de péquistes collectivement, là, et ce n'était pas
joyeux non plus, leurs projets... leurs projets informatiques.
Donc, je pense qu'on
va s'asseoir sur les... on va s'appuyer sur les recommandations du rapport
Gallant et de l'AMP pour avoir quelque chose de structuré.
La
Présidente : Première complémentaire.
M. Marc
Tanguay
M. Tanguay :
Mme la Présidente, la présidente du Conseil du trésor vient de dire que la
discussion sur les cartes de crédit, ce n'est pas important. Elle vient de dire
que ce n'est pas important. Dois-je lui rappeler qu'en 2020 il y avait 5 400 cartes de crédit, la
plupart c'est des MasterCard, qui circulaient au gouvernement? Le VG a trouvé
ça assez important pour émettre un rapport dévastateur, en novembre dernier,
qui dit qu'on était rendus, il y a un an, à 12 600 cartes de
crédit. Des dépenses inconsidérées, des frais de crédit. Ce n'est pas important
pour la présidente?
La
Présidente : La réponse de la présidente du Conseil du trésor.
Mme France-Élaine
Duranceau
Mme Duranceau :
Mme la Présidente, c'est sûr que c'est important pour moi. Je suis sidérée
de ne pas avoir eu cette question en crédits. Je l'ai ce matin. Très bien.
Alors donc, il y a du
gros bon sens aussi, Mme la Présidente. Il y a des comptes, des comptes de
cartes de crédit qui arrivent? Bien, on a
fait des rappels à tout le monde qu'une carte de crédit, ça se paie à date et à
temps. Ensuite de ça, les rappels administratifs ont été faits par...
par le Conseil du trésor.
Et j'aimerais
rappeler l'imputabilité des gestionnaires. À un moment donné, tu es
gestionnaire, tu es payé un prix x pour gérer une équipe et avoir des responsabilités
additionnelles. Ça inclut payer sa carte de crédit à temps.
La Présidente :
Deuxième complémentaire.
M. Marc
Tanguay
M. Tanguay :
On veut le savoir. Il y a une directive, dans l'étude des crédits du ministère
du conseil... de la présidente du Conseil du trésor, de dire : Ne les
donnez pas. Il n'y a aucun ministère qui donne les réponses sur leurs cartes de
crédit parce qu'elle a décidé de dire : Ce n'est pas pertinent. Zéro.
• (10 h 40) •
Mme la Présidente,
elle a émis des directives, imaginez-vous donc, en octobre 2024, après le
scandale révélé par le Journal de Montréal, elle a dit : Pas plus
que 5 000 $ par mois de paiement par carte de crédit. Bien, il y a
24 cartes de crédit qui a... au ministère des Transports, qui a
50 000 $ de marge et il y en a 17...
La Présidente :
La réponse de la présidente du Conseil du trésor.
Mme France-Élaine
Duranceau
Mme Duranceau :
Bien là, écoutez, Mme la Présidente, là, je vais répéter, là, les cartes de
crédit, il faut que ça se paie à temps. OK? Donc, ça, on a rappelé ça à tout le
monde.
Après ça, chaque
sous-ministre est responsable de son ministère et est responsable de gérer son
personnel. Et, dans les bonnes pratiques d'affaires, bien, oui, il faut payer à
temps ses comptes. Donc, on a rappelé cette directive-là, qui, tant qu'à moi,
relève du gros bon sens et d'une saine gestion des finances publiques.
Donc, je suis entièrement
d'accord, il faut que ça se fasse dans les règles de l'art, puis on fait les
suivis sur ça.
La
Présidente : En
question principale, je reconnais maintenant la cheffe du deuxième groupe d'opposition.
Financement des infrastructures
municipales
Mme Ruba
Ghazal
Mme Ghazal :
Merci, Mme la Présidente. Dans les dernières semaines, j'ai rencontré les
maires et mairesses de Sherbrooke,
Trois-Rivières, Gatineau, ils me disent tous qu'ils ont trois priorités :
les infrastructures, les infrastructures, les infrastructures. Je donne
un exemple. À Trois-Rivières, le maire m'a parlé d'un projet... en fait, sept
projets de logement, qui représentent des centaines de logements, qui en ce
moment sont mis sur pause. Pourquoi? Parce qu'il n'y a pas d'argent pour
augmenter la capacité des stations de pompage. Construire du logement, ce n'est
pas juste de la brique et du mortier, ça prend aussi des égouts, réseau
d'aqueduc, des stations de pompage, une nouvelle rue, etc.
Les villes gèrent la
grande majorité des infrastructures, 60 %, mais reçoivent uniquement
5 % du PQI. Ça, Mme la Présidente, c'est le bilan de la CAQ, qui a
drastiquement réduit le financement et s'est désengagée. Et plus on attend, on
le sait, hein, plus on attend, plus ça va coûter cher, plus on pellette par en
avant.
Au
dernier budget de la CAQ, l'UMQ a dénoncé le fait que l'argent prévu est loin
d'être suffisant pour rattraper le désengagement de la CAQ. On n'a plus besoin,
Mme la Présidente, de réflexion. Ce qu'ils ont besoin, c'est de financement
et d'investissement.
La première ministre
a une seule mesure pour les locataires, hein, elle nous l'a dit, à chaque fois
que je lui parle des locataires, c'est de
construire plus. Comment est-ce qu'elle va faire pour y arriver si elle coupe
dans les infrastructures municipales qui permettent de construire plus
de logements? Comment est-ce qu'elle va faire pour y arriver?
La Présidente :
La réponse de la première ministre.
Mme Christine
Fréchette
Mme Fréchette :
Merci, Mme la Présidente. Bien, je suis bien contente qu'on aborde ce thème-là,
parce que j'étais aux assises de l'Union des municipalités du Québec, ce matin,
et j'ai été présenter notre vision, nos ambitions, et ça a été très bien accueilli, je dois dire. Et, en matière
d'infrastructures, c'est un défi commun que l'on a, à la fois comme
gouvernement du Québec et comme gouvernements de proximité que sont les
municipalités et les villes.
Et
ce que... ce dans quoi on est engagés, bien, c'est un grand rattrapage, parce
que ça fait des années, des années qu'il n'y a pas eu d'investissement.
Avant 2018, il n'y en a pas eu pendant je ne sais combien d'années, et nous, on
a dû rattraper ce grand déficit. On entend souvent les libéraux dire qu'ils
nous ont légué un surplus. Dans les faits, ils nous ont légué un déficit
immense en matière d'infrastructures, d'entretien d'infrastructures et de mise
à niveau. Alors, c'est pour ça qu'est requis aujourd'hui un grand rattrapage. Et
on s'est lancés là-dedans déjà depuis plusieurs années. Au dernier budget,
c'était notamment dans le domaine de la santé puis des infrastructures, des
écoles, et etc., qu'on a mis de l'avant des
investissements. Mais il faut voir qu'on a hérité d'infrastructures en mauvais
état. Et malheureusement la plupart de ces infrastructures-là ont été
conçues au même moment et donc arrivent en fin de vie au même moment.
Alors, j'ai annoncé
ce matin qu'on allait engager un dialogue avec les municipalités pour
identifier les meilleures formules pour avoir un meilleur suivi en matière de
coûts et de financement des infrastructures. Et... Et également j'ai annoncé, en matière d'habitation, qu'on avait déjà
17 000 habitations abordables qui avaient été construites et
il y en a 10 000 de plus qui sont en construction. Alors, on va maintenir
ce rythme-là, cette cadence-là, parce que les besoins sont immenses et il faut
répondre à ces besoins-là.
La Présidente :
Première complémentaire.
Mme Ruba
Ghazal
Mme Ghazal :
Je suis d'accord qu'on a besoin de rattrapage, tout le monde est d'accord, il y
a un consensus, à cause des libéraux, mais aussi à cause des huit ans de
gouvernement de la CAQ, on a besoin de rattrapage. Pas besoin de réflexion, pas besoin... oui, bien sûr, le
dialogue, c'est important, mais pas besoin de toujours réfléchir. Ce qu'on a
besoin, ce que les villes ont besoin, c'est des investissements.
En
ce moment, ils gèrent... les municipalités gèrent 60 % des
infrastructures, puis tout ce qu'elles ont, c'est 5 %.
À
combien est-ce qu'elle va l'augmenter? Est-ce qu'elle a réfléchi à ça? Combien?
C'est ça qu'elles veulent entendre.
La Présidente :
La réponse de la première ministre.
Mme Christine
Fréchette
Mme Fréchette :
Oui, Mme la Présidente, on a augmenté considérablement les montants qui ont été
versés aux municipalités puis aux villes. Ça
se compte en milliards, ce qui a été investi. En fait, il n'y a pas aucun
gouvernement qui en a fait autant pour les villes que celui de la Coalition
avenir Québec. Ça, c'est pour rénover les infrastructures. C'est également pour
construire des logements, puis construire des logements en mode accéléré. Vous
savez qu'on avait mis en place un pouvoir spécial, un super pouvoir pour
déroger à certaines règles qui étaient en place, et j'ai annoncé, ce matin, que le pouvoir qui était
octroyé aux villes de manière temporaire sera maintenant permanent. Alors, ça,
ça a été super bien reçu, parce que les villes vont pouvoir poursuivre
la construction en accéléré de logement abordable. Et, on le sait, les besoins
sont criants, et on est au rendez-vous pour y répondre.
La
Présidente : Deuxième complémentaire.
Mme Ruba
Ghazal
Mme Ghazal : Mme la Présidente, qu'est-ce que la première
ministre répond, par exemple, au maire de Trois-Rivières, qui a
sept projets de chacun 50 logements qui sont sur pause? Ils sont arrêtés
parce qu'ils ne sont pas capables d'avoir l'argent pour avoir des stations de
pompage. Qu'est-ce qu'elle répond?
Je comprends que
réparer et ajouter des réseaux d'aqueduc puis des réseaux d'égout, ce n'est pas
aussi sexy que de couper des rubans, mais, si le gouvernement de la CAQ
abandonnait le projet de troisième lien, il y en aurait, de l'argent pour les
villes et les municipalités. Pour aller vendre des skidoos, là, c'est ça que...
La
Présidente : La réponse de... La réponse de la première ministre.
Mme Christine
Fréchette
Mme Fréchette :
Alors, comme je vous dis, il y a eu un accueil très positif, ce matin, aux
propositions qu'on a mises de l'avant. Et je me suis avancée non seulement sur
la question des infrastructures, mais également sur la question des logements,
tout comme de l'itinérance, d'ailleurs, c'est un dossier qu'il faut qu'on
travaille en collaboration avec les municipalités, et la bureaucratie, la
réduction de la bureaucratie. Alors, j'ai indiqué que, dorénavant, pour tout
nouveau formulaire qui sera créé, il faudra en éliminer deux. Alors, ça va
réduire la charge bureaucratique puis administrative qui est assumée par les
villes et les municipalités. Et, comme je disais, c'est important. Oui, il y a
les infrastructures, mais il y a toute une série d'enjeux sur lesquels on va
travailler ensemble. Et l'immigration aussi en est un. On a besoin de régionaliser
encore davantage l'immigration puis d'assurer la présence de ceux qui sont déjà
intégrés et qui parlent français.
La Présidente :
En question principale, je reconnais maintenant le député de Laurier-Dorion.
Projet de loi visant à favoriser
l'accès au logement
M. Andrés
Fontecilla
M. Fontecilla :
Merci, Mme la Présidente. J'ai déposé, il y a quelques minutes, une
pétition signée par plus de 14 000 personnes qui demande au
gouvernement de retirer le chapitre I du PL n° 20.
En effet, les membres
des coopératives d'habitation se sont mobilisés en grand nombre pour... en
opposition à ce projet de loi. Pourquoi? Deux raisons fondamentales, Mme la
Présidente. D'abord parce que le projet de loi menace l'autonomie des coops
dans leur sélection des membres. Ensuite parce que la compensation prévue pour
les membres des coops qui ont amélioré leur sort va nuire à la mixité sociale
et pousser au départ des personnes qui sont souvent impliquées depuis longtemps
dans la gestion de leurs coopératives.
Est-ce que la
ministre va écouter les membres des coops et retirer le chapitre I du PL n° 20?
La
Présidente : La réponse de la ministre responsable de l'Habitation.
Mme Karine
Boivin Roy
Mme Boivin
Roy : Merci, Mme la Présidente. Alors, tout d'abord, il faut rappeler,
le projet de loi n° 20, ce que ça propose. Ça propose
un ensemble de mesures qui est destiné à améliorer l'accès au logement. Donc,
entre autres, on a la notion de logement abordable qui serait définie dans la
nouvelle loi. On a également la question d'un guichet centralisé. La SHQ serait
alors habilitée à déployer un guichet à la fois pour les demandes de logements
à loyer modique et également ceux à loyer abordable. Il y a aussi la question des
copropriétés divises, donc habiliter le gouvernement à exempter certaines
copropriétés. On parle notamment du carnet d'entretien. On parle aussi de
l'étude du fonds de prévoyance. Il y a aussi des dispositions pour les baux
étudiants. Et également accroisser aussi les pouvoirs du Tribunal administratif
du logement. Donc, on parle des procureurs, des... en fait, les demandes qui
sont quérulentes. On parle aussi d'améliorer les demandes lorsqu'il y a des
litiges, donc pouvoir avoir un processus de conciliation également, le fait que
les dossiers puissent être poursuivis lorsqu'il y a 45 jours de passés.
Donc, évidemment, je
reviendrai, Mme la Présidente, en complémentaire, mais il y a eu un rapport qui
a été émis par la Commission de l'aménagement du territoire, suite aux
consultations qui ont eu lieu le 26 et le 31 mars dernier.
La
Présidente : Première complémentaire.
M. Andrés
Fontecilla
M. Fontecilla : Oui. Merci, Mme
la Présidente. Donc, on a entendu la ministre affirmer publiquement qu'elle
était à l'écoute des demandes et des réalités vécues par les membres des
coopératives d'habitation. Ma question porte précisément sur les coopératives
d'habitation, un milieu de vie qui demande et qui comporte une participation
importante des membres. La ministre va imposer des compensations financières
qui visent à mettre... à évincer ces gens-là à cause de ces pénalités
financières.
Est-ce que la ministre va retirer...
La Présidente : La réponse de
la ministre.
Mme Karine Boivin Roy
Mme Boivin Roy : Merci, Mme la
Présidente. Alors, évidemment, il fallait mettre en contexte le projet de loi n° 20,
mais vous comprendrez que, depuis mon entrée en poste, nous analysons les
paramètres du projet de loi n° 20. Nous prenons aussi le temps de
rencontrer les acteurs du milieu, d'écouter leurs réalités, d'écouter leurs préoccupations, notamment les coopératives
d'habitation. Alors, nous poursuivons, actuellement, les échanges avec eux.
Évidemment, on est conscients que le modèle des
coopératives, c'est un modèle... un pilier d'abordabilité, c'est un modèle qui
existe depuis 60 ans. Donc, c'est un modèle dans lequel on vise la
stabilité, on encourage la participation citoyenne et on priorise aussi la
mixité sociale.
Donc, on a bien entendu les préoccupations, les
doléances, les inquiétudes, et j'ai déjà dit que c'est des préoccupations qui
étaient légitimes dans la mesure où le projet de loi...
• (10 h 50) •
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
M. Andrés Fontecilla
M. Fontecilla : Donc,
la ministre, heureusement, semble... semble mieux connaître la réalité du
modèle coopératif d'habitation, mais la question est très simple. Est-ce
qu'elle va retirer les dispositions concernant les coopératives d'habitation?
C'est un oui ou c'est un non. Elle semble connaître leur réalité, elle comprend
donc les conséquences du projet de loi n° 20, là, sur les coopératives
d'habitation. Est-ce qu'elle comprend qu'il faut retirer ces... les
dispositions concernant les coopératives d'habitation, oui ou non?
La Présidente : La réponse de la
ministre.
Mme Karine Boivin Roy
Mme Boivin Roy : Mme la
Présidente, le but ultime, ici, c'est de faciliter l'accès au logement tout en
préservant l'autonomie des modèles qui fonctionnent. Alors, présentement, on
est en train d'analyser les paramètres du projet de loi n° 20. Comme j'ai
dit, on est en échange, le dialogue est ouvert, avec les coopératives
d'habitation. Alors, on va vous revenir, on
va bien faire les choses, on va revenir en temps et lieu. Mais évidemment
l'intention a toujours été de prioriser l'accès au logement, d'améliorer
l'accès au logement tout en respectant les modèles qui existent déjà sur le
terrain. Alors, on reviendra en bon temps. Merci.
La Présidente : En question
principale, je reconnais maintenant le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
Plan de lutte contre l'itinérance
M. Guillaume
Cliche-Rivard
M. Cliche-Rivard : Mme la
Présidente, la semaine dernière, la première ministre et l'ancien, nouveau, là,
ministre de la Lutte à l'itinérance faisaient des annonces importantes tant en
prévention qu'en sortie de l'itinérance. Tant
mieux. Cependant, c'est nettement insuffisant. Chaque année, il y a davantage
de personnes qui tombent en situation d'itinérance
que de personnes qui en sortent. Ce n'est pas compliqué, pendant que le
gouvernement se félicite d'en avoir sorti
4 000 de la rue, eh bien, pendant ce temps-là, l'itinérance explose encore
plus, puis on a maintenant 12 000 personnes qui vivent dans
les rues, au Québec.
Comment ça, Mme la Présidente? Eh bien,
regardons la cause principale. Ce n'est pas compliqué, 53 % d'entre eux ont été expulsés de leurs logements,
incapables de payer des hausses de loyer sans bon sens. Ça, chaque année, ce
sont des milliers de personnes qui avaient un toit cette année et qui
n'en auront pas l'année prochaine parce que leur loyer explose. C'est
inacceptable.
Quand est-ce que le ministre de la Lutte à
l'itinérance va parler à sa collègue de l'Habitation pour qu'on arrête d'avoir
des loyers qui explosent de manière démesurée et qu'on mette fin à la crise de
l'itinérance?
La Présidente : La réponse du
ministre responsable des Services sociaux et de la Lutte contre l'itinérance.
M. Lionel Carmant
M. Carmant : Merci, Mme la Présidente.
Je remercie le collègue de Saint-Henri—Sainte-Anne pour sa question. L'ancien, l'ex, futur, bien, il parle
régulièrement à sa collègue de l'Habitation, on s'est rencontrés hier.
Puis je tiens à
rappeler à tout le monde l'importance de l'initiative que Mme la première
ministre a décrétée la semaine... la semaine dernière. On met de l'avant des
programmes de supplément au loyer en prévention de l'éviction ou de la reprise de logement. Donc, ce qu'on vient
faire, c'est... on garde les gens chez eux, avec des gens des organismes
communautaires qui sont présents au Tribunal
administratif du logement et qui vont
prévenir la sortie vers l'itinérance. Donc, on est déjà en action.
Et, Mme la
Présidente, on a annoncé la nouvelle pour trois grands centres où les
initiatives étaient bien ficelées, mais,
dans une phase II très rapprochée, puis là on a vu que le maire de Saint-Jérôme lève la main, le maire de Drummondville lève la main, bien, on
va être au rendez-vous, Mme la Présidente. On est là pour déployer ce
programme-là partout au Québec, garder les
gens en logement, renverser la tendance. Notre gouvernement s'est donné tous les
outils pour mettre fin à l'itinérance, Mme la Présidente, puis on va
continuer notre travail. Merci.
La
Présidente : Première complémentaire.
M. Guillaume
Cliche-Rivard
M. Cliche-Rivard : Mme la Présidente, le
ministre vient de parler de 1 000 nouveaux logements subventionnés en
trois ans. Ça, c'est 333 par année. OK. C'est quoi, le plan pour les
11 667 autres? OK, c'est bon, on avance de 333. C'est quoi, la suite?
C'est quoi, le plan?
Quand
est-ce qu'on va avoir des mesures structurantes, crédibles, réelles pour mettre
fin à la crise de l'itinérance?
La
Présidente : La réponse du ministre.
M. Lionel
Carmant
M. Carmant :
Mme la Présidente, on en retire de plus en plus. Et là on vient juste de
parler de la dernière initiative. On a également mis le... sur pied le
programme pour la santé mentale. On a maintenant 11 équipes PRISM à
travers le Québec, dans toutes les régions. Donc, chaque année, c'est des
centaines de personnes avec des problèmes de santé mentale et qui sont en
situation d'itinérance qui sont retirées de la rue et qui viennent soulager la
cohabitation partout au Québec, Mme la Présidente.
Puis là on vient
d'annoncer un autre programme, en plus, pour les toxicomanes. Les itinérants en
situation de toxicomanie vont être maintenant accompagnés dans leur... dans la
gestion de la toxicomanie et ensuite logés avec accompagnement pour la suite des choses. Encore un autre problème de
cohabitation qu'on vient régler, Mme la Présidente. Un à un, on va
renverser...
La
Présidente : Deuxième complémentaire.
M. Guillaume
Cliche-Rivard
M. Cliche-Rivard : Mme la Présidente, on
aura beau sortir de l'itinérance à chaque année des milliers de personnes, s'il
y en a des milliers de plus qui se rajoutent par-dessus ça, on ne s'en sortira
jamais. Il pourrait en sortir 3 000, 4 000, 5 000, 10 000,
si de l'autre bord on en rajoute davantage, la crise ne se finira jamais.
Depuis 2018, là,
c'est 64 % de hausse de loyer en moyenne. Il y a des milliers de personnes
qui sont incapables de payer leurs logements, qui se retrouvent à la rue.
Quand est-ce qu'on va
arrêter l'hémorragie?
La
Présidente : La réponse du ministre.
M. Lionel
Carmant
M. Carmant : Bien, Mme la Présidente,
c'est justement ce qu'on vient faire avec le programme que la première
ministre a annoncé, qu'on a mis sur pied, une innovation québécoise, la Maison
du Père, là. On vient mettre la main sur le robinet, et on vient diminuer la
sortie vers l'itinérance, et on va garder les gens en logement. Et d'année en
année on continue d'augmenter les ressources pour sortir les gens de
l'itinérance, et, je vous le dis, on va renverser la tendance. Et enfin on a la
possibilité de mettre fin à cette crise de l'itinérance, Mme la Présidente.
Nous, ce qu'on veut,
c'est s'assurer que tout le monde soit accompagné. On est la seule province au
Canada où l'itinérance est spontanément logée, mais également accompagnée par
des équipes psychosociales.
La Présidente :
En terminant.
M. Carmant :
On les garde en logement, puis c'est comme ça qu'on va régler le problème, Mme
la Présidente.
La
Présidente : En question principale, je reconnais maintenant le député
de Jean-Talon.
Position du gouvernement
concernant l'exploration
et l'exploitation des gaz de schiste
M. Pascal
Paradis
M. Paradis :
Les Québécois et notre Assemblée nationale ont tranché contre la
fracturation hydraulique, contre l'exploitation du gaz de schiste. Le
26 mars dernier, tous les députés de la CAQ ont réitéré leur appui à la
loi qui met fin à la recherche des hydrocarbures, qui a été votée unanimement
ici. Malgré cela, la première ministre a ouvert
la porte au gaz de schiste. Elle pense que c'est quelque chose qu'il faut
considérer. Hier, la ministre de l'Environnement a elle aussi ouvert la
porte à discuter de l'exploitation du gaz de schiste.
Il y en a un, par
contre, qui était clair, je le cite, pendant la course à la direction de la
CAQ, c'est le ministre de l'Énergie : «La fracturation hydraulique, c'est
non. Si vous me demandez de choisir entre l'eau et le gaz, je vais toujours
choisir l'eau.» On est d'accord.
Je continue à le
citer : «L'eau, c'est notre ressource stratégique la plus importante.
C'est important pour l'eau potable, c'est important pour l'agriculture, c'est
important pour nos régions. Protéger l'eau, l'eau du Québec, l'eau des
Québécois, la nappe phréatique, il n'y a rien de plus important.»
Est-ce que sa
position à lui, c'est celle de la première ministre et du gouvernement...
La Présidente : La réponse de la ministre de l'Environnement, de
la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs.
Mme Pascale
Déry
Mme Déry :
Merci beaucoup, Mme la Présidente. Très contente de me lever pour la
première fois en Chambre en tant que ministre de l'Environnement, des
Changements climatiques, de la Faune et des Parcs. Merci beaucoup pour cette
question, question très pertinente. J'ai eu la chance d'en parler avec les
collègues, hier, en crédits budgétaires. J'avais une partie des crédits, hier,
en transition énergétique.
Alors, d'abord,
d'entrée de jeu, notre grande priorité, Mme la Présidente, énergétique, c'est
de doubler notre production d'électricité
d'ici 2050 avec le grand chantier d'Hydro-Québec, le fameux plan d'Hydro-Québec
de 200 milliards pour augmenter cette production hydroélectrique,
éolienne, solaire, évidemment, pour faire... pour, évidemment, aller à plus
d'efficacité énergétique.
Maintenant,
ceci dit, ce que j'ai dit hier, on est ouverts à avoir une discussion, Mme la
Présidente, sur l'autonomie énergétique, la souveraineté énergétique. On en
parle de plus en plus, on est dépendants du marché, du marché américain, sur
certaines ressources. Je pense que c'est tout à fait légitime de poser la question,
d'en discuter, d'ouvrir le débat. Mais, comme je l'ai dit hier et je le répète
aujourd'hui, on ne va pas commencer à forer demain matin. On n'en est pas là,
puis on n'en est pas là du tout. Et je pense que j'ai été assez claire, hier,
avec mes collègues, lors des crédits budgétaires.
La Présidente :19999Première complémentaire.
M. Pascal
Paradis
M. Paradis :
Alors, la ministre de l'Environnement nous dit donc que la porte est grande
ouverte. Je m'adresse au ministre de
l'Énergie. Que reste-t-il de ses amours pour l'eau du Québec? Que reste-t-il de
ses amours pour les terres, pour la vallée du Saint-Laurent? Je lui
demande de nous confirmer que sa position à lui, c'est toujours en opposition à
la fracturation hydraulique et au gaz de schiste, parce que la ministre de
l'Environnement et la première ministre, elles, ne sont plus d'accord avec nos
motions puis avec les lois qui ont été votées ici.
La
Présidente : La réponse de la ministre.
Mme Pascale
Déry
Mme Déry :
Merci beaucoup, Mme la
Présidente. Alors, comme je le disais, la transition énergétique, pour nous,
est extrêmement importante, et on demeure engagés dans cette transition
énergétique. On y a investi des sommes colossales depuis plusieurs années et on continue. Et on continue de manière
encore plus engagée et investie, Mme la Présidente, parce qu'on a,
justement, le projet, le grand chantier d'Hydro-Québec à 200 milliards.
Donc, je m'occupe de
certains projets, mes collègues aussi, de d'autres ministères. C'est une action
concertée, une action collective. Et, comme je le disais hier, concernant
l'autonomie énergétique, la souveraineté énergétique, plusieurs personnes en
parlent, ça concerne toutes les énergies, je pense qu'on doit avoir cette
discussion-là. Et, comme je l'ai dit, je le répète encore aujourd'hui, on n'a
pas...
• (11 heures) •
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
M. Pascal
Paradis
M. Paradis : Je m'adresse de
nouveau au ministre de l'Énergie, parce que ce qu'on entend de la ministre de
l'Environnement et ce qu'on a entendu de la première ministre, ce n'est pas
conforme aux lois qu'on a votées et aux motions qu'on a réitérées le
26 mars.
Est-ce que c'est parce que le ministre de
l'Énergie n'a pas l'oreille de la première ministre? Est-ce que c'est parce que
ce sont les lobbyistes des gaz de schiste et les promoteurs de la fracture
hydraulique qui ont l'oreille de la première ministre?
La Présidente : La réponse du
ministre de l'Économie, de l'Innovation et de l'Énergie.
M. Bernard Drainville
M. Drainville : Alors, Mme la Présidente, l'objectif central,
l'objectif suprême : sécurité énergétique du Québec et des Québécois. Le
choix que nous avons fait, c'est le choix des énergies vertes, et on va
continuer avec ce choix, 200 milliards qui seront investis d'ici
2035 pour doubler la production d'énergie verte au Québec.
Maintenant, le contexte dans lequel nous nous
trouvons présentement nous oblige, oui, à faire une réflexion sur l'ensemble
des formes d'énergie qui s'offrent à nous. Et on fera cette discussion, on aura
cette réflexion de manière responsable, et on le fera, bien entendu, dans le
respect de l'acceptabilité sociale, des règles de protection de l'eau et
également des règles de protection de l'environnement.
La
Présidente : En
question principale... En question principale, je reconnais maintenant le
député de LaFontaine.
Dépenses par cartes de crédit des ministères et
organismes
M. Marc Tanguay
M. Tanguay : Mme la
Présidente, c'est excessivement important, le débat qui se passe ici, puis je
veux revenir sur l'affirmation de la présidente du Conseil du trésor. Les
Québécoises et Québécois se fendent en quatre pour payer taxes et impôts. On envoie des milliards de
dollars au gouvernement du Québec pour offrir les services. C'est la décote,
c'est le gaspillage caquiste, c'est la décote du gouvernement caquiste.
Bureau d'enquête de Québecor, en 2024, octobre
2024, par accès à l'information, a eu accès à des données qui démontrent des
écarts de comportement sur les MasterCard du gouvernement caquiste, des
dépenses inconsidérées, en commençant par l'ex-premier ministre qui a acheté un
gilet de hockey de Guy Lafleur, 1 282 $. Puis qu'on ne vienne pas
nous dire que ce n'est pas matériel. Celles et ceux qui nous écoutent à la
maison, 1 200 $, c'est de l'argent.
La présidente
du Conseil du trésor veut-elle... veut-elle rectifier ses propos lorsqu'elle a
dit, plus tôt : Il ferait mieux de se concentrer sur les dossiers
importants? Ce n'est pas important?
La Présidente : La réponse de
la présidente du Conseil du trésor.
Mme France-Élaine
Duranceau
Mme Duranceau : Mme la
Présidente, écoutez, je l'ai dit, que c'était... c'était la base, hein? Il faut
payer nos comptes de carte de crédit, quand ils rentrent, dans les délais qui
sont impartis. Et je m'attends à ce que les membres de la fonction publique qui utilisent une carte... que les choses se
fassent dans les règles de l'art. Alors, je ne dis pas que ce n'est pas
important du tout. Ça fait tout à fait partie des pratiques de base de la bonne
gestion financière.
Alors, je
suis contente que le député de l'opposition, là, se préoccupe de ça. Je suis...
Je me questionne, pourquoi il ne m'a pas posé ces questions-là aux crédits hier,
on avait amplement le temps d'en discuter en détail, plutôt qu'en
1 min 15 s.
Et je rappelle qu'il y a une imputabilité des
gestionnaires, qui doivent s'assurer de non seulement gérer leur personnel,
mais gérer aussi tous les aspects financiers relatifs à leurs ministères. Et
payer sa carte de crédit à temps, bien, ça fait partie des bonnes pratiques minimales.
La Présidente : Première
complémentaire.
M. Marc Tanguay
M. Tanguay : Mme la
Présidente, en tout respect, ce que vient d'affirmer la présidente du Conseil
du trésor est tout à fait inexact. Elle a
dit : En crédits, hier, on aurait eu le temps d'en parler. Or, elle a
elle-même émis une directive applicable
à tout le monde, Santé, Éducation, Santé Québec, ministère des Finances :
Vous ne donnez aucune information sur
la carte de crédit. J'ai entre les mains la directive qu'elle a donnée. À cette
question — ouvrez
les guillemets — «ne
répondez pas à cette question, qui semble non pertinente à l'exercice des
crédits». Va-t-elle les rendre...
La Présidente : La réponse de
la présidente.
Mme France-Élaine Duranceau
Mme Duranceau :
Mme la Présidente, je le répète, là, c'est du gros bon sens, c'est... Le
cours 101 de bien gérer ses finances,
c'est de payer sa carte de crédit à temps. C'est vrai dans nos vies
personnelles, puis c'est vrai... c'est vrai au gouvernement.
Donc, quand ces
propos-là sont sortis il y a... il y a... en 2024, il y a des correctifs qui
ont été apportés, il y a des mesures qui ont
été resserrées, il y a des rappels à l'ordre qui ont été faits de la part du
Trésor. Les différents ministères se sont ajustés. Et je m'attends à ce
que ce soit géré, administrativement, conformément aux directives qu'on a
émises.
La
Présidente : Deuxième complémentaire.
M. Marc Tanguay
M. Tanguay :
Que pense la première ministre de ça? La première ministre, elle, elle
pense quoi de ça, Mme la Présidente? Est-ce que le bon peuple, qui paient
taxes et impôts, n'ont pas le droit de savoir ce qui se passe sur leurs cartes
de crédit? Quand, Mme la Présidente, il y a 24 cartes de crédit, au
ministère des Transports, ayant une limite jusqu'à 50 000 $, quand il
y a 17 cartes de crédit, au ministère des Transports, qui ont une limite
jusqu'à 200 000 $, est-ce qu'elle, la première ministre, va rappeler
à l'ordre sa présidente du Conseil du trésor?
Est-ce que le bon peuple
qui paie a le droit d'avoir accès aux cartes de crédit?
La
Présidente : La réponse de la présidente du Conseil du trésor.
Mme France-Élaine Duranceau
Mme Duranceau :
Je répète une autre fois, Mme la Présidente, que la... au minimum, là, dans
la bonne gestion des dépenses, c'est de
payer sa carte de crédit, quand elle... quand elle arrive, dans les délais qui
sont impartis. Donc, on a rappelé cette bonne pratique à tout le monde
dans les ministères et on s'attend à ce que ce soit suivi.
Je m'attends aussi à
une imputabilité des gestionnaires et des hauts dirigeants relativement à cet
élément-là et que des histoires comme celles qu'on entend ne fassent pas
surface. Il faut que ce soit géré à la base, à tous les niveaux, et qu'on soit
rigoureux.
Donc, Mme la
Présidente, il y a des recommandations qui ont été faites, des directives
additionnelles qui ont été resserrées, et tout le monde doit les suivre.
La
Présidente : En question principale, je reconnais à nouveau le député
de LaFontaine.
Dépenses par cartes de
crédits des ministères et organismes
M. Marc Tanguay
M. Tanguay :
Que des histoires comme on en a entendu ne refassent pas surface. C'est
l'argent du bon peuple que la CAQ dépense, Mme la Présidente. Dois-je lui
rappeler le rapport dévastateur du Vérificateur général, qui disait, à la
page 7, pas plus tard que novembre 2025, je le cite : «La pratique
expose le gouvernement à des risques de fraude et de gaspillage de fonds
publics, ce qui peut affecter la confiance des citoyens.» Elle a dit, la
présidente du Conseil du trésor : Bien, c'est aux crédits qu'on jase de
ça. Elle a elle-même bloqué l'accès à cette information-là dans tous les
ministères, Mme la Présidente.
Pourquoi ne veut-elle
pas que le bon peuple, qui paie les cartes de crédit, dont le VG et bureau
d'enquête de Québecor ont démontré que c'était le «free-for-all», qu'il y a des
cartes de crédit payées en retard mais des dépenses non justifiées... Pourquoi,
pourquoi ne veut-elle pas que le peuple sache ça? Pourquoi ne pas donner accès
aux comptes de cartes de crédit?
La
Présidente : La réponse de la présidente du Conseil du trésor.
Mme France-Élaine Duranceau
Mme Duranceau :
Bon, Mme la Présidente, alors, je vais répéter pour une énième fois ce que
je dis : Mesure de base dans la bonne gestion de ses finances, c'est de
payer son compte de carte de crédit quand il rentre. Alors, on a rappelé cette
mesure somme toute évidente à toutes les... à tous les ministères, resserré les
directives relativement à ça. Et, Mme la Présidente, je partage, je partage...
Comme je vous dis, c'est... c'est la mesure qui est primordiale. Et il y a des
règles qui sont applicables, on a rappelé aux ministères de les suivre. Et
qu'est-ce que vous... Nous, ce qui est important, ce n'est pas d'afficher les
comptes de carte de crédit puis les dépenses, c'est de resserrer les règles et
de faire les suivis pour que ces situations-là ne se produisent plus.
La
Présidente : En question complémentaire. Première complémentaire.
M. Marc Tanguay
M. Tanguay : Mme la Présidente, la
présidente du Conseil du trésor, à matin, là, est prise avec ses contradictions. Elle
dit : Nous, on ne veut pas afficher les comptes de carte de crédit. C'est
de l'information... Le peuple paie jusqu'à 100 millions de dollars,
dans le dernier exercice, information que l'on a connue, sur les cartes de
crédit, des dépenses qui sont injustifiées, le Vérificateur général, que sa
politique n'est même pas suivie.
Pourquoi ne rend-elle
pas accessibles les comptes de cartes...
La
Présidente : La réponse de la présidente du Conseil du trésor.
Mme France-Élaine Duranceau
Mme Duranceau : Mme la Présidente, je
comprends, là, rendre accessible, rendre accessible. Il y a des règles pour
rendre accessible. Si vous voulez voir des choses, bien, faites les demandes
qui s'imposent, là, puis... Bon, bien, c'est ça.
Des voix :
...
La Présidente :
Attendez, attendez, attendez. Alors, je vous rappelle l'article 32.
Vous gardez le silence. Et vous ne vous interpelez pas des deux côtés de la
Chambre. On a écouté la question avec attention, et j'aimerais qu'on écoute la
réponse avec la même attention. Mme la présidente du Conseil du trésor,
poursuivez.
Mme
Duranceau : Moi, ce que je trouve plus important, Mme la Présidente,
c'est qu'on ait géré la situation, qu'on ait rappelé tout le monde à l'ordre,
qu'on ait... qu'on ait rappelé la directive, puis juste rappeler le gros bon
sens. C'est inadmissible de ne pas payer sa carte de crédit à temps, là, dans
un gouvernement. Donc, effectivement, ce sont des dépenses inutiles que de
payer des intérêts sur une carte de crédit. Alors, pour moi, c'est une gestion
des finances publiques minimale qu'il faut
qu'on retrouve à travers les différents ministères. Donc, c'est ce qu'on a
rappelé en temps et lieu, puis on continue de faire le suivi.
M. Tanguay :
En question principale, je reconnais le député de LaFontaine.
Dépenses par cartes de
crédits des ministères et organismes
M. Marc Tanguay
M. Tanguay :
Mme la Présidente, là, moi, je veux entendre la première ministre.
Semble-t-il... On a une nouvelle première ministre. Semble-t-il, elle ne fait
pas les choses comme l'ancien premier ministre, parce que, l'ancien premier
ministre, grâce au bureau d'enquête de Québecor, on a su que lui, sur la carte
de crédit du bon peuple québécois, s'est acheté un gilet de Guy Lafleur,
1 282 $, qu'il a fait encadrer dans son bureau, demande d'accès à
l'information.
Là, la présidente du
Conseil du trésor, Mme la Présidente, nous dit que le peuple n'a pas besoin de
savoir ça. Elle ne veut pas que l'on sache ce qui se passe sur les près de
13 000 cartes de crédit un peu partout. Là, la première ministre, là,
elle a une décision importante. Est-elle d'accord avec sa présidente du Conseil
du trésor que des millions sur les cartes de
crédit... Puis elle l'a dit, la présidente du Conseil du trésor, qu'on a juste
à demander l'information. On l'a demandé, elle a bloqué l'accès à
l'information, Mme la Présidente.
Alors, la question
est bien simple. Est-ce que la CAQ est à ce point gênée? Que répond la première
ministre? Que nous cachent-ils sur les cartes de crédit?
• (11 h 10) •
La Présidente :
Attention, ici. Je vous demande
de retirer ce mot, qui est au lexique. Vous le retirez? Il est retiré.
Maintenant, la réponse de la leader adjointe du gouvernement.
Mme Sonia LeBel
Mme LeBel :
Alors, voici une information, Mme la Présidente, parce qu'on déforme la
réalité, quand on parle des chandails, et ça a été... Plusieurs chandails ont
été signés dans le cadre des conférences fédérales-provinciales alors que le premier ministre était président de la
Conférence des premiers ministres, et il a payé son chandail,
Mme Présidente.
La Présidente :
Alors, voilà. Cela met fin à cette période de questions et de réponses orales.
Des voix :
...
La
Présidente : Je suis
debout et je continue à parler, alors j'apprécierais que vous gardiez le
silence. Article 32. Et c'est bon pour tout le monde.
Motions sans préavis
Alors,
comme il n'y a pas de votes reportés, nous allons passer à la rubrique Motions
sans préavis. Pour ce faire, je vais céder la place au troisième
vice-président de l'Assemblée nationale. Pour ma part, je vous souhaite une
bonne journée et surtout une bonne semaine de travail en circonscription.
Merci, tout le monde.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Alors, bonjour, collègues. Nous sommes à la
rubrique des motions sans préavis. En fonction de nos règles et de l'ordre de
présentation des motions sans préavis, je reconnais un membre du gouvernement,
et c'est Mme la députée de Huntingdon.
Mme Mallette :
Merci, M. le Président. Je sollicite le consentement de cette Assemblée
afin de présenter la motion suivante
conjointement avec le député de Marguerite-Bourgeoys, le chef du troisième
groupe d'opposition et les députés d'Abitibi-Est et de
Saint-Jérôme :
«Que
l'Assemblée nationale rappelle que les Québécois subissent actuellement une
pression fiscale importante;
«Que l'Assemblée
nationale demande à toutes les formations politiques représentées en cette
Chambre de s'engager à ne pas augmenter les impôts des Québécois.»
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Y a-t-il consentement pour débattre de cette
motion?
Une voix : ...
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Pas de consentement.
Et
la prochaine motion revient à l'opposition officielle, et je reconnais Mme la
députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone :
Merci, M. le Président. Je sollicite le consentement de cette Assemblée
afin de présenter la motion suivante conjointement avec le député de Laurier-Dorion,
le député des Îles-de-la-Madeleine, le député d'Abitibi-Est, la députée de
Laporte et le député de Rosemont :
«Que l'Assemblée
nationale rappelle que le Québec compte sur le dévouement et la protection de
milliers de travailleurs qui assurent la sécurité de la population, tels que
les policiers, les pompiers, les ambulanciers, les agents de détention, les
répartiteurs d'urgence, les contrôleurs routiers, les équipes en recherche et
sauvetage;
«Qu'elle
rappelle que ces personnes sont confrontées quotidiennement à des situations
d'urgence, qui nécessitent une prise de décision rapide et qu'elles sont à
risque de développer des chocs post-traumatiques;
«Qu'elle
rappelle que ces travailleurs d'urgence, derrière leurs uniformes, sont des
femmes et des hommes qui peuvent rester profondément marqués par les événements
survenus dans leur travail et que, pour eux, demander de l'aide est difficile;
«Qu'elle dénonce que
le gouvernement caquiste a mis fin à une entente avec PSPNET (Réseau de soutien
en santé mentale pour les professionnels de la sécurité publique), un programme
de thérapie en ligne, disponible en tout temps et partout au Québec,
spécialement conçu pour le personnel de la sécurité publique;
«Qu'elle
exige du gouvernement du Québec de choisir d'assurer la santé et la sécurité du
personnel de la sécurité publique en reconduisant et pérennisant
immédiatement le financement à PSPNET.»
Merci.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Y a-t-il consentement pour débattre de cette
motion?
Une voix : ...
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Il n'y a pas de consentement.
La
prochaine motion revient au deuxième groupe d'opposition, et je reconnais Mme
la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Souligner la Journée
internationale contre l'homophobie,
la transphobie et la biphobie
Mme Massé :
Merci, M. le Président. J'aimerais souligner la présence des personnes qui
représentent la Fondation Émergence, qui sont les auteurs de cette motion.
Je sollicite donc le
consentement de cette Assemblée pour présenter la motion suivante conjointement
avec la ministre de la Condition féminine, la
députée de Westmount-Saint-Louis, la députée de Terrebonne, le député de Saint-Jérôme,
le député de Rosemont et la députée de Laporte :
«Que l'Assemblée
nationale souligne la 24e édition de la Journée internationale contre
l'homophobie et la transphobie, qui aura lieu le 17 mai 2026, une
initiative lancée au Québec en 2003 par la Fondation Émergence;
«Qu'elle souligne
également la campagne de sensibilisation grand public de la Fondation
Émergence, ayant pour thème "L'Effet
Allié est en marche", qui met en lumière l'importance des allié.es dans la
construction d'une société plus inclusive et respectueuse;
«Qu'elle reconnaisse le
rôle essentiel des allié.es, qu'il s'agisse d'individus, d'institutions ou d'organisations,
pour permettre aux personnes de la diversité sexuelle et de genre de vivre dans
le respect, la dignité et la sécurité;
«Qu'elle prenne acte des préoccupations
grandissantes liées aux gestes et aux propos haineux visant les personnes de la
diversité sexuelle et de genre, ici comme ailleurs dans le monde;
«Qu'elle invite la population québécoise à
participer aux initiatives déployées dans le cadre du 17 mai, à poser des gestes de solidarité envers les personnes de
la diversité sexuelle et de genre et à contribuer à "L'Effet Allié",
en rappelant que chaque geste d'appui contribue à bâtir une société plus
bienveillante;
«Qu'enfin elle réaffirme le rôle du Québec comme
leader dans la lutte contre l'homophobie et la transphobie, ainsi que son engagement
à promouvoir l'égalité, [et] la dignité et le respect pour toutes et tous — et
toustes.»
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Y
a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
Mme LeBel : ...pour un débat de
deux minutes de rigueur par intervenant dans l'ordre suivant : la
députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques, la ministre de la Condition féminine, le député de Westmount—Saint-Louis, et j'ai ici un député du Parti québécois...
Une voix : ...
Mme LeBel : Ah! la députée,
pardon.
Une voix : ...
Mme LeBel : La
députée de Terrebonne. Désolée, je ne l'avais pas dans mes notes. La
députée de Terrebonne. Merci.
Le
Vice-Président (M. Benjamin) : Alors, je comprends
qu'il... afin qu'il y ait un débat de rigueur d'une durée maximale de
deux minutes. Et je commence par reconnaître Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Mme Manon
Massé
Mme Massé : Merci, M. le
Président. Encore une fois, merci à Fondation Émergence, qui depuis toutes ces années nous rappelle internationalement que la
lutte à l'homophobie et à la transphobie, c'est une responsabilité collective.
On va se le dire, dans cette ère trouble où
propos haineux, gestes de violence, intimidation dans nos écoles ne sont qu'en
augmentation, si tu es une personne de la diversité de genre, et
particulièrement si tu es une personne trans, je pense que le thème de cette
année, l'Effet Allié, nous interpelle, comme parlementaires. Pourquoi? Bien,
parce que l'Effet Allié nous rappelle que ce n'est pas juste aux personnes de
la diversité de genre et de la diversité sexuelle à se défendre. C'est une vision de société, l'inclusion. Et le Québec a été
longtemps précurseur, il faut juste continuer. Ça tombe bien, parce
qu'on... on a adopté à l'unanimité cette motion-là. Alors, vous avez raison,
l'Effet Allié est en marche, et je suis très heureuse de marcher avec vous.
Ceci étant dit, si le coup d'envoi est donné, il
faut qu'on se rappelle que ça veut dire que jour après jour, peu importe quand
dans l'année, peu importe le moment où on se retrouve, bien, il faut qu'on lève
la... qu'on élève nos voix pour dire ce qui
n'a pas de bon sens. Vous le savez comme moi, la misogynie, l'homophobie, la
transphobie se nourrit aux mêmes
racines. Et ce qu'il faut, c'est agir, intervenir. Puis on a une chance
exceptionnelle. Comme partis politiques, on a deux cheffes femmes, deux chefs de la communauté LGBT. Alors, on a
tout pour partir à la rencontre de nos concitoyens et dire que nous, au Québec, l'Effet Allié, on en
prend soin et on travaille là-dessus, comme parlementaires. Merci, M. le Président.
• (11 h 20) •
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques. Et je reconnais maintenant Mme
la ministre de la Condition féminine.
Mme Martine
Biron
Mme Biron : Merci, M. le
Président. Je suis fière de joindre ma voix à celles de mes collègues et de
prendre la parole, aujourd'hui, pour souligner la Journée internationale de la
lutte contre l'homophobie et la transphobie.
D'abord, moi
aussi, je veux souligner et saluer chaleureusement ceux qui représentent la
communauté LGBTQ+, Laurent Breault, de la Fondation Émergence, et Magali
Boudon, du conseil LGBT, qui nous font l'honneur d'être présents dans nos
tribunes pour l'occasion. Je les remercie pour le travail qu'ils font au
quotidien auprès des personnes issues de la diversité sexuelle et de genre.
J'ai eu l'occasion de collaborer avec eux. Je suis de retour dans ces fonctions.
Alors, ce sera toujours un plaisir de
travailler avec eux, avec des gens compétents, passionnés, qui veulent bâtir un
Québec plus inclusif.
La Journée
internationale de la lutte contre l'homophobie et la transphobie est née ici,
au Québec, sous l'impulsion de Laurent McCutcheon et de la Fondation Émergence.
Le 17 mai est une date qui nous rappelle que les droits ne
s'obtiennent jamais sans mener un combat au sein de notre société.
Cette journée est aussi l'occasion de constater
le chemin qu'on a parcouru. Et, ce chemin, le Québec l'a tracé. Il y a
49 ans, la discrimination était interdite. Il y a 24 ans, le droit
des unions civiles pour les couples homosexuels était reconnu. Il y a 15 ans, la création du
Bureau de lutte contre la transphobie et l'homophobie. Il y a six ans,
l'interdiction des thérapies de conversion.
Évidemment, il reste
beaucoup de travail à faire, ma collègue l'a dit et redit, ici et ailleurs dans
le monde où les droits des personnes LGBTQ reculent. Au Québec, on observe une
montée inquiétante de l'intolérance, des discours haineux et même de violence
envers les communautés de la diversité sexuelle et de genre. Dans ce contexte,
nous avons une responsabilité collective :
continuer de travailler vers une société toujours plus inclusive aujourd'hui et
à tous les jours. Merci.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci, Mme la ministre de la Condition féminine.
Et la parole revient maintenant à Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Jennifer Maccarone
Mme Maccarone :
Merci. M. le Président. L'an dernier, pour la Journée internationale contre
l'homophobie et la transphobie, j'ai lu des
propos haineux entendus dans nos écoles secondaires, des mots durs, violents.
Et malheureusement, un an plus tard, le climat ne s'est pas apaisé, au
contraire. On voit une montée de haine, on voit la montée de peur, mais surtout on voit une montée de silence, le
silence de ceux qui sont témoins, le silence de ceux qui sont inconfortables,
le silence de ceux qui pensent que ce n'est
pas leur combat. Et pourtant c'est exactement comme ça qu'une société recule.
Pas seulement à cause des cris haineux, mais à cause des gens bien qui
finissent de ne plus rien dire.
Être un allié, ce
n'est pas être parfait, ce n'est pas de tout comprendre, ce n'est pas avoir
toujours les bons mots. Être un allié, c'est
choisir de ne pas détourner le regard, c'est intervenir quand un jeune se fait
intimider, c'est refuser une blague humiliante, c'est défendre la
dignité d'une personne même quand c'est inconfortable, même quand c'est
politique, même quand ça vient avec un coût,
parce qu'en ce moment beaucoup des personnes de la communauté LGBTQ,
particulièrement les jeunes, reçoivent un message très clair : Tu
déranges, tu es trop, tu dois te faire plus petit pour être accepté. Imaginez
porter ça à chaque jour. Imaginez grandir avec l'impression que votre simple
existence est devenue un débat public. Je refuse ça. Je refuse de croire
que le Québec que nous aimons soit un Québec qui abandonne les gens lorsqu'ils
deviennent des cibles faciles.
Alors, aujourd'hui,
j'invite cette Chambre à faire plus que condamner la haine, j'invite chacun
d'entre nous à être la personne qui parle, la personne qui protège, la personne
qui reste, parce que, dans un contexte où chaque allié compte, l'indifférence
et le silence ne sont plus une option. Merci.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Merci, Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Et la parole revient maintenant à Mme la députée de Terrebonne.
Mme Catherine Gentilcore
Mme Gentilcore : Merci, M. le Président.
Le Québec a toujours été un précurseur des droits des personnes de la diversité
sexuelle et de genre.
Dès 1977, le Québec, sous un gouvernement de René
Lévesque, a interdit la discrimination basée sur l'orientation sexuelle. Il a
reconnu à même le Code civil du
Québec la possibilité de changer sa
mention de sexe dans ses documents légaux.
En 2002, le Québec a
instauré l'union civile parce que le Canada ne reconnaissait pas le mariage
entre conjoints de même sexe, et parce qu'au Québec on est une société ouverte
et qu'on croit qu'il est possible d'aimer qui on veut.
En
2022, le marqueur X a été reconnu dans le Code civil, parce qu'au Québec
on est une société ouverte et on croit qu'il est possible d'être reconnu
pour qui on est.
Il faut soutenir le
consensus québécois sur les dispositions de la charte québécoise des droits et
libertés et du Code civil du Québec quant aux droits des personnes de la
diversité sexuelle et de genre.
À
l'occasion de la 24e édition de la journée contre l'homophobie et la
transphobie, une initiative de la Fondation Émergence lancée en 2003, nous réaffirmons notre soutien à la pleine
participation des personnes de la diversité sexuelle et de genre à la
société et à la vie publique québécoises.
Nous
allons nous tenir fermement debout pour contrer et dénoncer tout geste haineux,
qui sont malheureusement en constante
augmentation. Je pense, par exemple, et il y a plusieurs exemples, mais je
pense récemment à cet enseignant de
secondaire qui a été cible de menaces homophobes et, plus récemment encore,
l'attaché de presse du maire de Québec, qui a été victime de propos
haineux et homophobes publiés à son égard sur les réseaux sociaux. Il faut
saluer la dignité dont il a fait preuve face
à des attaques inacceptables, qu'il a réussi à transformer en un message
puissant : Tout le monde a sa place, au Québec, et tout le monde
peut se démarquer au mérite de sa contribution.
Bien sûr, on ne peut
pas fermer les yeux devant de telles menaces. Le Parti québécois défendra
toujours l'idée de préserver notre paix
sociale au bénéfice de tous, y compris, bien sûr, des minorités sexuelles, car
l'un des fondements de la société québécoise dans son ensemble est que,
peu importent nos différences individuelles, nous avons tous droit à la
sécurité et au respect. Merci, M. le Président.
Mise aux voix
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
Mme la députée de Terrebonne. Alors, cette motion est-elle adoptée?
Des
voix : Adopté.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Adopté. Merci. M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Merci, M. le Président. Est-ce qu'une
copie de cette motion peut être envoyée à la Fondation Émergence et au
Conseil québécois LGBTQ, s'il vous plaît?
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Ce sera fait, M. le leader du deuxième groupe
d'opposition.
Et, pour la motion du
troisième groupe d'opposition, je reconnais M. le député de Matane-Matapédia.
M. Bérubé :
M. le Président, je sollicite le consentement des membres de cette
Assemblée afin de présenter, conjointement avec les députés de Taschereau, d'Abitibi-Est
et de Rosemont, la motion suivante :
«Que l'Assemblée
nationale prenne acte que les bureaux de la protection de la faune du Québec
jouent un rôle stratégique et essentiel en assurant une présence sur le
terrain, une capacité d'intervention rapide et une couverture efficace des vastes territoires, contribuant ainsi
directement à la protection des ressources faunique et à la sécurité des
usagers;
«Que l'Assemblée
nationale demande au gouvernement de s'engager à maintenir l'ensemble des
bureaux de la protection de la faune
actuellement en fonction sur le territoire québécois et de maintenir dans leur
entièreté les effectifs et les ressources qui leurs sont alloués.»
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Y a-t-il consentement pour débattre de cette
motion?
Mme LeBel :
Pas de consentement, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Il n'y a pas de consentement.
Alors, il y a une
cinquième motion, et je reconnais Mme la députée de Laporte.
Mme Poulet : Merci, M. le Président.
Alors, je salue avant toute chose Mme Cynthia Lachance, M. Francis Côté,
président de la Fédération québécoise des directions d'établissement
d'enseignement, Mmes Mélanie Hubert, présidente de la Fédération
autonome de l'enseignement, et
Kathleen Legault, présidente de l'Association montréalaise des directions
d'établissement scolaire, qui sont parmi
nous.
Alors,
je sollicite le consentement de cette Assemblée afin de présenter la motion
suivante conjointement avec la députée de Bourassa-Sauvé, le député de
Gouin, le député de Rosemont et le député de Matane-Matapédia :
«Que
l'Assemblée nationale reconnaisse que l'Indice de milieu socio-économique
(l'IMSE) est un outil déterminant dans l'allocation des ressources
essentielles aux écoles du Québec;
«Qu'elle reconnaisse
que cet indice comporte des limites structurelles documentées depuis 2003 par
le ministère de l'Éducation lui-même,
notamment son caractère écologique, l'IMSE étant calculé à partir des
caractéristiques du territoire de résidence des élèves plutôt que de
leur situation familiale réelle, ainsi que le décalage inhérent au cycle
quinquennal du recensement canadien;
«Qu'elle
rappelle que, certaines écoles voient le rang IMSE s'améliorer sur le plan
statistique, sans qu'il n'y ait de réelle amélioration des conditions
socio-économiques des élèves et de leurs familles;
«Qu'elle constate
que, le passage au recensement de 2021 a entraîné, pour de nombreux
établissements, une modification à la baisse de leur cote de défavorisation
sans que les besoins réels des élèves et des familles qu'ils desservent n'aient
diminué en conséquence;
«Qu'elle souligne que
ces variations peuvent découler de données agrégées et de mouvements
démographiques ne reflétant pas la réalité vécue sur le terrain;
«Qu'elle s'inquiète
que ces écarts entre les données statistiques et la réalité vécue compromettent
l'équité entre les écoles;
«Qu'elle reconnaisse
que cette reclassification entraîne une diminution du financement et des
services (soutien professionnel, mesures d'aide, encadrement), malgré des
besoins inchangés, voire croissants sur le terrain;
«Qu'elle
constate que plusieurs études démontrent un lien direct entre la
défavorisation, la réussite scolaire et le besoin accru des ressources;
«Que l'Assemblée
nationale demande au gouvernement du Québec d'instaurer un mécanisme de statu
quo financier pour les établissements dont
la cote IMSE est revue à la baisse lors d'une mise à jour du recensement, afin
que cette révision n'entraîne pas de réduction des ressources allouées
pour l'année [...] 26-27;
«Qu'enfin,
l'Assemblée nationale demande au gouvernement du Québec une révision de la
méthodologie de l'IMSE afin d'en améliorer la précision, par exemple, par
l'ajout d'autres variables, et de rendre publics, école par école, les impacts
financiers des variations de cote IMSE, dans le but d'assurer un financement
équitable, prévisible et transparent au bénéfice des milieux les plus
défavorisés.»
• (11 h 30) •
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Y a-t-il consentement pour débattre de cette
motion?
Une voix : ...
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Il n'y a pas de consentement.
Toujours à la rubrique des motions sans préavis,
Mme la leader adjointe du gouvernement.
Mme LeBel : Oui.
Conformément au premier alinéa...
Des voix : ...
Le
Vice-Président (M. Benjamin) : Pour celles et ceux... pour celles et ceux qui doivent quitter, s'il
vous plaît, je vous demande de le faire en toute discrétion, question de
permettre la continuité des travaux.
Mme la leader adjointe du gouvernement.
Renvoyer à la Commission de l'aménagement
du territoire le projet de loi n° 201
Mme LeBel : Merci,
M. le Président. Donc, il y aurait une motion de renvoi pour le PLIP n° 201 en commission. Donc, conformément au premier alinéa de
l'article 267 du règlement, je propose la motion suivante, M. le
Président :
«Que le projet de loi d'intérêt privé n° 201, Loi concernant le Monastère des Ursulines de Québec,
soit renvoyé pour consultation et étude détaillée à la Commission de
l'aménagement du territoire et que le ministre des Affaires municipales soit
membre de ladite commission pour la durée de ce mandat.»
Mise
aux voix
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Cette
motion est-elle adoptée?
Des voix : Adopté.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Adopté.
Avis
touchant les travaux des commissions
Nous sommes à
la rubrique des avis touchant les travaux des commissions. Mme la leader
adjointe du gouvernement.
Mme LeBel : Merci beaucoup, M.
le Président.
Alors, je fais avis à cette Assemblée que la Commission
de la culture et de l'éducation procédera à l'étude des crédits budgétaires 2026-2027 du volet Culture
et Communications du portefeuille Culture et Communications aujourd'hui, de
11 h 15 à 13 h 15, à la salle
Louis-Hippolyte-La Fontaine;
La Commission de l'agriculture, des pêcheries,
de l'énergie et des ressources naturelles procédera à l'étude des crédits
budgétaires 2026-2027 du volet Énergie du portefeuille Économie,
Innovation et Énergie aujourd'hui, de 11 h 30 à 13 heures, à la salle
Pauline-Marois;
La Commission de l'économie et du travail
procédera à l'étude des crédits budgétaires 2026-2027 du volet Solidarité
sociale et Action communautaire autonome du portefeuille Emploi et Solidarité
sociale aujourd'hui, de 11 h 15 à 13 heures, à la salle
Marie-Claire-Kirkland;
La Commission des institutions procédera à
l'étude des crédits budgétaires 2026-2027 du volet Sécurité publique du
portefeuille Sécurité publique aujourd'hui, de 11 h 30 à
13 heures et de 14 heures à 16 h 30, à la salle du Conseil
législatif;
La Commission de l'aménagement du territoire
procédera à l'étude des crédits budgétaires 2026-2027 du volet Régions du portefeuille Affaires municipales et Habitation
aujourd'hui, de 13 h 45 à 14 h 45, à la salle Louis-Joseph-Papineau;
La Commission de l'agriculture, des pêcheries,
de l'énergie et des ressources naturelles procédera à l'étude des crédits budgétaires 2026‑2027
du volet Hydro-Québec du portefeuille Économie, Innovation et Énergie
aujourd'hui, de 14 heures à 16 h 30, à la salle
Pauline-Marois;
La Commission de l'économie et du travail
procédera à l'étude des crédits budgétaires 2026‑2027 du volet Travail du
portefeuille Travail aujourd'hui, de 14 heures à 15 h 45, à la salle
Marie-Claire-Kirkland;
La Commission
des institutions procédera à l'étude des crédits budgétaires 2026‑2027
du volet Relations canadiennes du portefeuille Conseil exécutif le
mardi 26 mai 2026, de 11 h 30 à 12 h 30, à la salle
Louis-Joseph-Papineau;
La Commission des finances publiques procédera à
l'étude des crédits budgétaires 2026‑2027 du volet Infrastructures du
portefeuille Conseil du trésor, Administration gouvernementale et Efficacité de
l'État le mardi 26 mai 2026, de 9 h 45 à 12 h 30, à la
salle Louis-Hippolyte-La Fontaine;
La Commission de la santé et des services
sociaux débutera l'étude des crédits budgétaires 2026‑2027 du volet Santé du
portefeuille Santé et Services sociaux le mardi 26 mai 2026, de
9 h 30 à 12 h 30, à la salle Pauline-Marois;
La Commission de l'aménagement du territoire
procédera à l'étude des crédits budgétaires 2026‑2027 du volet Habitation du
portefeuille Affaires municipales et Habitation le mardi 26 mai 2026, de
9 h 30 à 12 h 30, à la salle Marie-Claire-Kirkland;
La Commission des relations avec les citoyens
procédera à l'étude des crédits budgétaires 2026‑2027 du volet Famille du
portefeuille Famille le mardi 26 mai 2026, de 9 h 30 à
11 h 30, à la salle du Conseil exécutif;
Et la Commission des relations avec les citoyens
procédera à l'étude des crédits budgétaires 2026‑2027 du volet Lutte contre
l'intimidation du portefeuille Famille le mardi 26 mai 2026, de
11 h 45 à 12 h 15, à la salle du Conseil législatif. Merci,
M. le Président.
Le
Vice-Président (M. Benjamin) : Merci, Mme la leader
adjointe du gouvernement. Alors, y a-t-il consentement pour déroger à
l'article 143 du règlement concernant l'horaire des travaux des
commissions? Consentement.
Ajournement
À la rubrique des renseignements sur les travaux
de l'Assemblée, puisque nous sommes à la période de l'étude des crédits budgétaires
et que, conformément aux dispositions de l'article 282 du règlement,
l'Assemblée ne procède qu'aux affaires
courantes, je lève donc la séance, et les travaux de l'Assemblée sont ajournés
au mardi 26 mai 2026, à 13 h 40.
(Fin de la séance à 11 h 37)