(Treize
heures quarante-deux minutes)
La Vice-Présidente
(Mme D'Amours) : Bonjour, chers collègues. Veuillez prendre place.
Affaires courantes
Déclarations de députés
Nous
débutons nos travaux à la rubrique Déclarations de députés, et je cède
maintenant la parole à Mme la députée de Laviolette—Saint-Maurice.
Rendre hommage à Mme Marie-Andrée
Paquin
Mme Marie-Louise Tardif
Mme Tardif :
Merci. Mme Marie-Andrée Paquin est une entrepreneure généreuse qui aime
aider.
Suite à sa propre
transformation physique et mentale, elle a décidé de mettre en place des moyens
afin de soutenir les personnes vivant avec
la maladie de l'obésité. Ayant traversé une transformation majeure liée à une
chirurgie bariatrique et à la perte de près de 160 livres, elle
s'investit maintenant dans une mission collective.
Sur
la base de bonnes habitudes de vie et de contrôle de poids, elle a créé le
projet Transformations-Point final!, une démarche humaine et
accueillante, bienveillante, qui vise à accompagner les personnes dans leur
transformation physique et mentale de manière durable.
Par son approche axée
sur l'état d'esprit, l'identité, la motivation et la responsabilisation,
Marie-Andrée contribue à briser les tabous entourant l'obésité, la chirurgie
bariatrique et les rechutes.
Elle agit à titre de
patiente-partenaire à la Faculté de médecine de l'Université de Montréal. Elle
accompagne aussi des...
La Vice-Présidente
(Mme D'Amours) : Merci. Merci beaucoup, Mme la députée. Merci
infiniment. Je vous rappelle que vous avez une minute pour votre déclaration.
Donc, je sais que madame était ici parmi nous. Je lui souhaite bon courage pour
la suite. Et bravo pour votre exploit! Bravo, madame!
Donc, je cède
maintenant la parole à Mme la députée de Robert-Baldwin.
Souligner le 60e anniversaire
du Fonds d'aide de l'Ouest-de-l'Île
Mme Brigitte B. Garceau
Mme Garceau :
Merci beaucoup, Mme la Présidente. Donc, en cette année marquant le
60e anniversaire du Fonds d'aide de l'Ouest-de-l'Île, je tiens à souligner
avec gratitude six décennies de dévouement envers les personnes les plus
vulnérables de notre communauté.
Depuis
ses débuts, le Fonds d'aide joue un rôle essentiel en offrant une banque
alimentaire qui sert chaque mois des centaines de familles et d'individus qui
comptent sur ce soutien pour traverser des moments difficiles. À travers
sa friperie, l'organisme contribue également
à rendre accessibles des biens de première nécessité, tout en favorisant la
dignité, l'inclusion et la solidarité.
Aujourd'hui, fidèle à
sa mission et tourné vers l'avenir, le Fonds d'aide entreprend un ambitieux
projet d'agrandissement afin d'élargir ses services, incluant la création d'une
cuisine communautaire.
Merci au Fonds d'aide
pour 60 ans d'impact concret, de compassion et d'engagement. Votre travail
transforme des vies et contribue à bâtir une communauté plus solidaire et plus
humaine. Merci.
La Vice-Présidente
(Mme D'Amours) : Merci beaucoup, Mme la députée. Je cède maintenant la
parole à M. le député de Saint-Jean.
Saluer le projet
d'agrandissement du cégep Saint-Jean-sur-Richelieu
M. Louis Lemieux
M. Lemieux :
Mme la Présidente, la semaine dernière, j'ai participé à la traditionnelle
pelletée de terre sur le site où seront
érigées les nouvelles serres pédagogiques du cégep Saint-Jean-sur-Richelieu.
C'est majeur parce que c'est un outil d'apprentissage important pour la
région agricole que nous sommes.
Et ce n'est pas tout,
puisque, comme plusieurs autres collèges au Québec, celui de
Saint-Jean-sur-Richelieu manque de place, ce qui est un beau problème, parce
que c'est la conséquence d'une hausse importante des inscriptions. Le défi du
cégep, c'est de créer plus de places, mais pas seulement pour enseigner, mais
aussi pour lui permettre d'investir davantage ce qui est devenu une spécialité,
la santé. Un projet de clinique de santé globale s'est donc imposé, et j'ai rendez-vous avec la ministre de
l'Enseignement supérieur avant la fin du mois, au cégep, pour concrétiser cette
ambition.
Et
le plus beau, c'est que rien de tout ça n'aurait été possible si la fondation
du cégep et donc la communauté n'avaient pas répondu présent, parce que c'est
ensemble qu'on y arrive. Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente
(Mme D'Amours) : Merci beaucoup, M. le député. Je cède maintenant la
parole à Mme la députée de Verdun.
Souligner le retour des
célébrations de la fête
nationale du Québec à Verdun
Mme Alejandra Zaga Mendez
Mme Zaga
Mendez : Merci, Mme la
Présidente. Vous savez, le 23 juin prochain se tiendra l'Apéro Saint‑Jean sur la rue Wellington, à Verdun, et je veux célébrer le retour des
célébrations de la fête nationale du Québec dans notre quartier.
Notre fête nationale,
ça veut dire beaucoup pour nous, les Québécois. C'est l'occasion de se
rassembler, de chanter, de fêter qui nous sommes, de célébrer notre
appartenance à cette grande nation d'Amérique du Nord qui s'obstine à parler, à rire et à pleurer en
français, d'affirmer qu'au Québec la fierté rime avec inclusion, solidarité et
ouverture.
Pendant 11 ans,
il n'y a pas eu de festivités pour la fête nationale à Verdun, puis c'est grâce
au travail acharné des citoyens de la promenade Wellington et avec l'appui de
mon bureau que la fête nationale a repris vie l'an passé. Et cette année encore les festivités auront lieu
au coeur du village le 23 juin prochain en après-midi. Et je veux
souligner le travail de tous les gens
de ma circonscription qui sont impliqués. Et je souhaite que cette initiative
devienne une tradition.
Bonne fête du Québec,
gens de Verdun!
La Vice-Présidente
(Mme D'Amours) : Merci beaucoup, Mme la députée. Je cède maintenant la
parole à M. le député de Gaspé.
Rendre hommage à Mme Suzanne
Guité
M. Stéphane Sainte-Croix
M. Sainte-Croix : Merci, Mme la Présidente.
Cette année marque le 100e anniversaire de naissance de Mme Suzanne
Guité, une figure incontournable de notre histoire culturelle nationale.
Profondément attachée
à Percé, cette artiste visionnaire a fait rayonner la Gaspésie bien au-delà de
ses frontières grâce à une oeuvre reconnue à l'international. Si son parcours
l'a menée dans plusieurs lieux de création, c'est dans ce mythique village, face
au rocher, qu'elle a choisi d'ancrer une part essentielle de sa vie et de son
oeuvre. En fondant le Centre d'art de Percé, Mme Guité a
contribué à faire de ce coin de pays un lieu de rencontre pour les artistes et les passionnés de culture. Au-delà
de sa pratique artistique, son engagement a contribué à mettre en place
un environnement propice à la création et aux échanges, faisant de Percé un
lieu d'effervescence culturelle dont les retombées se font encore sentir
aujourd'hui.
À
l'occasion de son centenaire, soulignons le parcours exceptionnel de cette
femme d'audace et de talent qui a porté la Gaspésie dans son coeur et qui
continue d'inspirer les générations d'artistes qui lui succèdent. Merci, Mme la
Présidente.
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) : Merci
beaucoup, M. le député. Maintenant, je cède la parole à Mme la
députée de Notre-Dame-de-Grâce.
Souligner le 150e anniversaire
de la circonscription
de Notre-Dame-de-Grâce
Mme Désirée McGraw
Mme McGraw : Merci, Mme la Présidente.
Alors, 2026 est une année spéciale pour ma circonscription, car elle
marque le 150e anniversaire de Notre-Dame-de-Grâce, ou NDG.
Since its foundation had it stood as a
beacon of diversity across Québec, a place where people of all backgrounds can live, work, study, and play together.
NDJ est reconnue pour nos nombreux quartiers, Loyola, Westhaven, Benny,
Saint-Raymond, le village Monkland, ainsi que, au sud, la falaise
Saint-Jacques, à l'ouest le campus Loyola de Concordia, à l'est le Domaine
Villa-Maria. On a aussi des sites extraordinaires, de classe mondiale, Mme la
Présidente, comme le CUSM, le MUHC, le McGill University Health Complex, mais
aussi le centre Mackay.
What
makes... what makes NDG truly special is its people.
Alors, je suis honorée, aujourd'hui, d'avoir avec nous, dans nos
tribunes, la mairesse de Côte-des-Neiges—NDG, Mme Stéphanie
Valenzuela, ainsi que les leaders et les représentants du conseil communautaire
Halah Al‑Ubaidi et Julie Cormier. Bravo! Et merci
pour votre leadership au sein de notre communauté.
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) : Merci
beaucoup, Mme la députée. Bienvenue à l'Assemblée nationale. Et bravo
pour votre 150e!
Maintenant, je cède la parole à M. le député de
Portneuf.
Souligner
le succès de la 11e édition de la Marche Jean-Marc-Denis
M. Vincent Caron
M. Caron :
Portneuf, c'est ça, Mme la
Présidente. Je souhaite souligner la 11e édition de la Marche Jean-Marc-Denis
à Saint-Ubalde.
S'il y a un endroit
où l'expression «communauté tissée serré» prend tout son sens, c'est bien à
Saint-Ubalde. Chaque année, des citoyens de
tous âges enfilent leurs chaussures de marche ou de course, enfourchent leurs
vélos avec un objectif simple mais noble : tendre la main à ceux
qui traversent la maladie.
La marche
Jean-Guy-Denis, c'est un formidable élan de générosité qui permet de financer
des services et des équipements médicaux pour les résidents de la municipalité.
C'est la preuve qu'à Saint-Ubalde personne n'est laissé seul devant l'épreuve. Lorsque des centaines de personnes se mobilisent
pour prendre soin de leurs voisins, de leurs amis, de leurs proches,
elles nous rappellent ce qu'il y a de plus beau : l'entraide, la
solidarité et le coeur.
Bravo
aux organisateurs, aux bénévoles qui font vivre cette magnifique tradition et
qui démontrent année après année que la générosité fait partie de l'ADN
de Saint-Ubalde. Merci, Mme la Présidente.
• (13 h 50) •
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) : Merci
beaucoup, M. le député. Je cède maintenant la parole à M. le député d'Abitibi-Est.
Souligner l'importance de ne
pas négliger l'Abitibi-Témiscamingue
M. Pierre Dufour
M. Dufour :
En 2026, les Québécois et Québécoises éliront un nouveau gouvernement. Les
plateformes électorales se multiplieront, tout comme les engagements liés à la
transition énergétique, à l'autonomie économique et à la relance industrielle.
Mais une question demeure trop souvent sans réponse : Quelle place le
Québec accorde-t-il réellement à l'Abitibi-Témiscamingue?
Région nourricière au
coeur du Québec productif, elle alimente la province en métaux, en produits
forestiers et agricoles, en or bleu et en
savoir-faire. Elle crée de la richesse, exporte, innove et soutient des chaînes
de valeur stratégiques. Pourtant, année après année, elle est négligée.
Pendant
que les ambitions se formulent à Québec et à Montréal, sur le terrain la
réalité est plus rude : infrastructures vieillissantes, pénurie de
logements, défis d'attraction et de rétention de la main-d'oeuvre. Cette
situation n'est ni accidentelle ni inévitable. Elle est le résultat de choix
politiques répétés.
L'Abitibi-Témiscamingue
n'est pas une périphérie, elle est un pilier de la souveraineté économique du
Québec. Elle mérite considération. Merci.
La
Vice-Présidente (Mme D'Amours) : Merci beaucoup, M. le député. Je cède maintenant la parole à M. le député
de Masson.
Féliciter les nageuses du Club
aquatique de Mascouche pour
leurs performances aux championnats provinciaux
M. Mathieu Lemay
M. Lemay : Mme la Présidente, je veux prendre un moment pour
souligner une belle réalisation du club de natation CAMI. On le connaît pour la
natation compétitive, le sauvetage, le waterpolo, mais cette année le club a
ajouté une nouvelle discipline, la natation artistique. Et laissez-moi vous
dire, Mme la Présidente, que c'est un départ plus que prometteur.
Dès leur première
participation aux championnats provinciaux, nos athlètes ont livré des
performances dont toute la région peut être
fière. Les résultats parlent d'eux-mêmes. L'équipe des 9-10 ans a décroché
l'or, tout comme le duo Alice et Olivia. L'équipe des 11-12 ans
s'est, quant à elle, qualifiée pour la finale provinciale. C'est difficile de demander mieux pour une première année. Et ce
n'est pas une surprise pour ceux qui ont assisté à leur spectacle de fin
d'année, qui avait lieu en fin de semaine dernière. C'était vraiment impressionnant.
Un grand bravo aux nageuses et à leurs entraîneures.
Et,
en terminant, je souhaite bonne chance à Elizabeth et Janelle, qui vont
représenter notre région aux Championnats canadiens des maîtres. On est
fiers de vous. Merci, Mme la Présidente.
La
Vice-Présidente (Mme D'Amours) : Merci beaucoup, M. le député. Je cède maintenant la parole à Mme la
députée d'Abitibi-Ouest.
Remercier les parlementaires
pour leur travail, leur
dévouement et leur esprit de collaboration
Mme Suzanne Blais
Mme Blais : Merci, Mme la
Présidente. Alors que nous arrivons à la fin de la session de la
43e législature, il m'apparaît clair que le temps a passé à une vitesse
remarquable. Nous avons dû faire preuve d'adaptabilité, d'écoute, d'engagement pour
répondre aux attentes de nos concitoyens dans un contexte souvent complexe.
Chaque débat, chaque décision ont contribué à faire évoluer notre
société vers un avenir plus juste et plus prometteur.
Je
tiens à remercier chacun d'entre vous pour votre travail, votre dévouement et
votre esprit de collaboration tout au
long de cette législature. Ensemble, nous avons surmonté des défis majeurs et
préparé les bases des transformations à venir.
Que
cette... que cette fin de session soit aussi le moment d'un nouveau départ,
porté par l'espoir et la détermination. Merci, Mme la Présidente.
La
Vice-Présidente (Mme D'Amours) : Merci, Mme la députée. Maintenant, je suis prête à entendre M. le député
de Côte-du-Sud.
Souligner les attraits de la
région de Côte-du-Sud
M. Mathieu Rivest
M. Rivest :
Merci, Mme la Présidente. La Côte-du-Sud, vous savez, c'est des paysages à
couper le souffle, des villages qui
racontent notre histoire, des festivals vibrants, une gastronomie reconnue, L'Isle-aux-Grues
la magnifique, Sainte-Apolline qui danse avec les loups,
Saint-Jean-Port-Joli qui sculpte l'horizon, le Kamouraska, notre doux pays, et
je touche du bois à Saint-Pamphile.
La Côte-du-Sud, ce
n'est pas seulement un territoire d'exception, c'est aussi une région qui
avance. En 2022, j'ai reçu la confiance des citoyens. J'en suis fier. Depuis,
des projets majeurs prennent forme, le complexe culturel et sportif de
Montmagny, la réfection de la piscine de La Pocatière, la salle et la
modernisation de la salle André-Gagnon, et
bien d'autres, des investissements qui renforcent notre qualité de vie, qui
soutiennent nos familles et bâtissent l'avenir de nos communautés.
Alors, cet été, je
lance une invitation à tous mes collègues et à l'ensemble des Québécois. Venez
nous visiter en Côte-du-Sud. Merci. Et au plaisir de vous retrouver chez nous.
La
Vice-Présidente (Mme D'Amours) : Merci beaucoup, M. le député. Je cède maintenant la parole à Mme la
députée de Hull.
Souligner le 35e anniversaire
de la Banque
Alimentaire Services Entraide
Mme Suzanne Tremblay
Mme Tremblay :
Mme la Présidente, je souhaite souligner, aujourd'hui, le 35e anniversaire
de la BASE, Banque Alimentaire Services Entraide, autrefois connue sous le nom
de La Manne de L'Île.
La BASE vient en aide
aux personnes et aux familles qui vivent de l'insécurité alimentaire, souvent
dans des périodes difficiles de leur vie.
Son action ne se
limite pas au dépannage alimentaire. Grâce à un accueil chaleureux, empreint de
respect, de dignité et de non-jugement, l'organisme crée des liens de confiance
et offre un soutien précieux à celles et ceux qui en ont besoin.
À travers son centre
de distribution alimentaire et ses services d'accompagnement, la BASE contribue
à contrer la pauvreté, à briser l'isolement et à orienter les personnes vers
les ressources appropriées. Elle favorise également le développement de
l'autonomie afin que chacun puisse reprendre confiance et retrouver une plus
grande stabilité.
Je tiens à remercier
chaleureusement toute l'équipe de la BASE, les bénévoles, les membres du
conseil d'administration ainsi que les partenaires qui soutiennent cette
mission essentielle. Votre générosité, votre dévouement et votre bienveillance
font une réelle différence dans notre communauté.
Bon
35e anniversaire à la BASE! Que cette belle mission se poursuive encore
longtemps, avec coeur et humanité, auprès de la population de Hull.
Merci, Mme la Présidente.
La
Vice-Présidente (Mme D'Amours) : Merci beaucoup, Mme la députée. Cela met fin à la rubrique Déclarations
de députés.
Et je suspends les
travaux quelques minutes.
(Suspension de la séance à
13 h 57)
(Reprise à 14 h 05)
La
Présidente : Bonjour, tout le monde. Vous êtes nombreux, aujourd'hui.
Mesdames messieurs, bonjour et bienvenue. Bienvenue. Le parlement du Québec,
c'est chez vous.
Mmes, MM. les
députés, nous allons nous recueillir quelques instants, je vous prie.
Je vous remercie
beaucoup. Veuillez vous asseoir.
Présence des boursiers de la
Fondation Jean-Charles-Bonenfant
Alors, aujourd'hui,
j'ai le plaisir de souligner la présence, dans les tribunes, des boursières et
des boursiers de la Fondation Jean-Charles-Bonenfant, qui complètent leur stage de 10 mois à l'Assemblée
nationale. J'espère que vous avez pleinement profité de cette expérience
enrichissante et que vous en garderez de bons souvenirs.
Et nous poursuivons
les affaires courantes.
Aujourd'hui, il n'y a
pas de déclarations ministérielles ni présentation de projets de loi.
Dépôt de documents
À la rubrique Dépôt
de documents, M. le ministre des Finances.
M. Girard (Groulx) : Mme la Présidente,
permettez-moi de déposer le rapport annuel 2026 de la Société des alcools du Québec.
La Présidente :
Ce document est déposé. M. le ministre responsable de la Stratégie
maritime.
M. Drainville :
Mme la Présidente, permettez-moi de déposer le plan stratégique 2026‑2030
de la Société des traversiers du Québec.
La Présidente :
Ce document est déposé. Maintenant, M. le ministre de la Culture et des Communications.
M. Lacombe :
Merci, Mme la Présidente. Donc, permettez-moi de déposer l'avis du Conseil
consultatif de la lecture et du livre sur la proposition de modification aux règlements
de la Loi sur le développement des entreprises dans le domaine du livre
ainsi que la directive du ministre de la Culture et des Communications sur
l'orientation et les objectifs généraux concernant une offre culturelle adaptée
à la jeunesse que certaines sociétés d'État doivent poursuivre. Merci.
La Présidente :
Ces documents sont déposés.
Dépôt de rapports de
commissions
À
la rubrique Dépôt de rapports de commissions, M. le président de la Commission
de l'aménagement du territoire et député de Drummond—Bois-Francs.
Étude détaillée du projet de
loi n° 4
M. Schneeberger :
Merci, Mme la Présidente. Alors, je dépose le rapport de la Commission de
l'aménagement du territoire qui, les 5, 8 et 9 juin 2026, a procédé à
l'étude détaillée du projet de loi n° 4, Loi sur la
communication de renseignements aux fins de
protection contre la violence d'un partenaire intime et modifiant diverses
dispositions législatives. La commission a adopté le texte de loi avec
des amendements.
La
Présidente : Ce
rapport est déposé. M. le président de la Commission de la santé et des
services sociaux et député de Beauce-Nord.
Consultations particulières
sur le projet de loi n° 9
M. Provençal :
Merci, Mme la Présidente. Je dépose le rapport de la Commission de la santé
et des services sociaux qui, le 9 juin 2026, a tenu des auditions
publiques dans le cadre des consultations particulières sur le projet de loi n° 9, Loi visant à
prévenir les effets nocifs de la boisson énergisante sur la santé des jeunes. Merci beaucoup, Mme la Présidente.
La Présidente :
Et ce rapport est déposé.
Dépôt de pétitions
Maintenant à la
rubrique Dépôt de pétitions, je reconnais Mme la députée de Vaudreuil.
Améliorer la sécurité routière
aux abords des écoles
Mme Nichols : Oui. Merci, Mme la Présidente. Permettez-moi de
souligner la présence d'Alexandre, 11 ans, dans les tribunes,
lequel est l'auteur de la pétition. Salut, Alexandre.
(Applaudissements)
Mme Nichols :
Donc, il y aura... il y aura deux pétitions, Mme la Présidente. La première, je
dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par
400 pétitionnaires.
«Les faits invoqués
sont les suivants — désignation,
citoyens et citoyennes du Québec :
«Considérant que la
sécurité des enfants sur le chemin de l'école est essentielle à leur bien-être
et à leur réussite scolaire;
«Considérant que
plusieurs situations dangereuses sont observées aux abords des écoles de la
ville de Pincourt, notamment en raison du non-respect des limites de vitesse et
de la signalisation routière;
«Considérant que
l'augmentation de la circulation automobile autour des écoles accroît les
risques pour les élèves piétons et cyclistes;
«Considérant que
certaines zones scolaires présentent un manque d'infrastructures sécuritaires,
notamment trottoirs, pistes cyclables, traverses piétonnes adaptées et
corridors scolaires;
«Considérant que la
sécurité routière est une responsabilité partagée et qu'une collaboration
accrue permettrait des solutions durables;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous, signataires,
demandons au gouvernement du Québec :
«1. De collaborer
avec la ville de Pincourt afin d'améliorer la sécurité aux abords des écoles;
«2. D'augmenter le
soutien aux municipalités pour des infrastructures sécuritaires (trottoirs,
pistes cyclables, traverses, corridors scolaires);
«3. D'encourager des
mesures de réduction de la vitesse, dont les zones à 30 km/h et
l'utilisation de radars pédagogiques;
«4. De soutenir la
présence de brigadiers scolaires aux intersections à risque;
«5. De promouvoir des
campagnes de sensibilisation;
«6. D'établir des
normes minimales pour des environnements scolaires sécuritaires;
«7. D'intégrer des
aménagements sécuritaires lors de la construction de nouvelles écoles; et
«8. De mettre en
place des mécanismes de suivi avec les municipalités.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
• (14 h 10) •
La
Présidente : Et cet
extrait de pétition est déposé. Je reconnais maintenant Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce.
Assurer la préservation et la
pérennité du collège
Villa-Maria au Domaine Villa-Maria
Mme McGraw : Merci, Mme la Présidente. Alors, je tiens à souligner la présence, dans
nos tribunes, aujourd'hui, de la
mairesse de Côte-des-Neiges—Notre-Dame-de-Grâce, des
dirigeants du Conseil communautaire Notre-Dame-de-Grâce et aussi
l'instigatrice de cette pétition, Mme Anne Delorme.
Alors,
je dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par
3 913 pétitionnaires. Désignation : citoyens et
citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant que le Collège
Villa Maria est une école secondaire privée subventionnée, laïque, mixte,
bilingue et moderne avec environ 200 employés et 1 800 élèves
qui bénéficient d'une éducation exceptionnelle;
«Considérant
que l'école, fondée par les Soeurs de la Congrégation de Notre-Dame et située
au Domaine Villa-Maria depuis 1854, est une institution phare et
patrimoniale à Notre-Dame-de-Grâce;
«Considérant
que le collège a un bail avec la Congrégation
pour occuper ses bâtiments jusqu'en 2030 et que celle-ci n'a pas
l'intention de la renouveler;
«Considérant que
l'avenir du Collège est en péril à la suite de la décision de la Congrégation
de vendre le terrain en 2031 sans laisser la chance à l'école de l'acquérir
malgré d'excellents états financiers;
«Considérant
que la Congrégation a vendu pour 8 millions de dollars une portion du Domaine
au Collège Marianopolis;
«Considérant
que, depuis l'annonce de la vente du terrain en 2023 et l'incertitude créée, le
nombre d'inscriptions au Collège a diminué;
«Considérant que la
fermeture de l'école serait un échec collectif pour notre communauté, notre
patrimoine et notre système éducatif;
«Considérant
que le Collège a l'appui des résidents de Notre-Dame-de-Grâce, des élus locaux,
des élèves, des parents, des professeurs ainsi que des anciens et des
anciennes élèves;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous, signataires,
demandons au gouvernement du Québec de mettre leurs meilleurs efforts afin de
permettre à la Congrégation de Notre-Dame, au Collège Villa Maria ainsi qu'à la
Ville de Montréal de trouver des solutions dans l'intérêt de la communauté
ainsi que d'assurer la pérennité du Collège et sa préservation au Domaine
Villa-Maria.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
La
Présidente : Et cet extrait de pétition est déposé.
J'ai
reçu une demande de Mme la députée de Vaudreuil pour la présentation d'une pétition non conforme.
Y a-t-il consentement pour la présentation de cette pétition?
Consentement. Alors, Mme la députée de Vaudreuil.
Améliorer la sécurité routière
aux abords des écoles
Mme Nichols : Oui, merci, Mme
la Présidente. Alors, ce sont des signatures recueillies par Alexandre dans un
kiosque dans une épicerie.
Alors, je
dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par
652 pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes du
Québec.
«Les faits invoqués sont les suivants :
«Considérant
que la sécurité des enfants sur le
chemin de l'école est essentielle à leur bien-être et à leur réussite scolaire;
«Considérant que plusieurs situations
dangereuses sont observées aux abords des écoles de la ville de Pincourt,
notamment en raison du non-respect des limites de vitesse et de la
signalisation routière;
«Considérant que l'augmentation de la
circulation automobile autour des écoles accroît les risques pour les élèves
piétons et cyclistes;
«Considérant que certaines zones scolaires
présentent un manque d'infrastructures sécuritaires, notamment trottoirs,
pistes cyclables, traverses piétonnes adaptées et corridors scolaires;
«Considérant que la sécurité routière est une
responsabilité partagée et qu'une collaboration accrue permettrait des
solutions durables;
«Et l'intervention réclamée se résume
ainsi :
«Nous, signataires, demandons au gouvernement du
Québec :
«1. De collaborer avec la ville de Pincourt afin
d'améliorer la sécurité aux abords des écoles;
«2.
D'augmenter le soutien aux municipalités pour des infrastructures sécuritaires — comme des trottoirs, pistes cyclables,
traverses, corridors scolaires;
«3.
D'encourager des mesures de réduction de vitesse, dont les zones à 30 km/h
et l'utilisation de radars pédagogiques;
«4. De soutenir la présence de brigadiers
scolaires aux intersections à risque;
«5. De promouvoir des campagnes de
sensibilisation;
«6. D'établir des normes minimales pour des
environnements scolaires sécuritaires;
«7. D'intégrer des aménagements sécuritaires
lors de la construction de nouvelles écoles; et
«8. De mettre en place des mécanismes de suivi
avec les municipalités.»
Je certifie que cet extrait est conforme à
l'original de la pétition.
La Présidente : Et cet extrait de
pétition est déposé.
Il n'y a pas de réponses orales aux pétitions ni
d'interventions portant sur une violation de droit ou de privilège.
Questions et réponses orales
Nous en sommes maintenant rendus à la période de
questions et de réponses orales, et, pour ce faire, je cède la parole, en
question principale, au chef de l'opposition officielle.
Délais d'attente dans les urgences
M. André Fortin
M. Fortin : Mme la Présidente, c'est la même triste histoire année
après année. Le 29 et le 30 novembre 2023, coup sur coup, deux Québécois sont décédés en attente de soins à l'Hôpital Anna-Laberge, à Châteauguay. Un des patients avait été classé
«urgent», il devait être vu dans les 30 minutes. 12 heures plus tard,
il n'avait pas vu de médecin, et il est décédé dans la salle d'attente. Le
ministre de la Santé de la CAQ, à l'époque, avait dit que c'était inacceptable.
En février 2025, un Québécois est décédé à
l'urgence de l'Hôpital de la Cité-de-la-Santé, à Laval. Il avait été classé
«urgent», il devait être vu dans l'heure. 11 heures plus tard, il n'avait
toujours pas vu de médecin, et il est décédé dans la salle d'attente. Le
gouvernement avait dit que c'était inacceptable.
Et aujourd'hui, Mme la Présidente, on apprend
qu'à l'Hôpital Pierre-Le Gardeur une femme a été trouvée par hasard, par
un paramédic, décédée dans un corridor de l'urgence, en attente d'avoir des
soins.
Mme la
Présidente, c'est l'histoire qui se répète. Des patients meurent dans les
salles d'attente des urgences, le gouvernement trouve ça inacceptable, il offre ses sympathies
aux familles, mais ça continue. Ces décès-là, ils sont indignes d'une
société comme la nôtre, Mme la Présidente.
Comment la
première ministre, comment le gouvernement de la CAQ peut continuer à tolérer
des situations comme celles-là?
La Présidente : La réponse de la
première ministre.
Mme Christine Fréchette
Mme Fréchette : Oui. Merci, Mme
la Présidente. Bien, j'ai beaucoup d'empathie. Je suis particulièrement sensible aux cas que nous rapporte le chef
parlementaire de l'opposition officielle. C'est clair, personne ne veut de ça,
au Québec. Et sachez qu'on met tous nos efforts pour améliorer
l'efficacité du système de santé.
On met tout en place aussi
pour améliorer l'accès aux soins. Ça, c'est crucial, puis c'est un défi de
longue date, au Québec, mais on s'y est pris
d'une manière différente, ces derniers mois, pour ajouter des options qui nous
permettront d'améliorer l'efficacité
de ce système-là. Je pense notamment à l'entente qu'on a signée avec les
médecins omnipraticiens pour
l'inscription de 500 000 Québécois, qui se voient assignés à un
groupe de médecine familiale ou à un médecin de famille. Ça, ça va contribuer, d'autant qu'on a atteint notre objectif
un mois plus tôt que prévu. On est maintenant rendus à
550 000 Québécois qui sont assignés à un tel groupe ou à un médecin
de famille. Donc, ça, ça fait partie des mesures qu'on a mises en place pour
améliorer cet accès-là.
Dans ces 550 000 personnes, il y en a
200 000 qui sont des personnes plus vulnérables, et c'est pour eux que,
particulièrement, cet accès-là est primordial et crucial. Et là aussi on a
dépassé notre objectif. Notre objectif était d'en avoir 180 000, vulnérables,
qui soient inscrits, et on est déjà à 220 000.
C'est donc
dire que nos mesures portent fruit, amènent un changement. En fait, au Québec,
en date d'aujourd'hui, il y a
90 % de la population qui est prise en charge. En 2018, quand on est
arrivés, c'était 78 %. 90 % versus 78 %, l'accès, il est
plus grand pour une grande partie, la très grande majorité des Québécois, et on
va continuer à développer d'autres mesures pour ce faire.
La Présidente : Première
complémentaire.
M. André Fortin
M. Fortin : Mme la Présidente, les gens ne sont pas capables d'avoir de
rendez-vous et ils continuent de se pointer à l'urgence. Il n'y a rien de réglé,
là. Je ne sais pas combien de fois, ici, on a cité le Dr Boucher, le président
des médecins d'urgence, qui nous a dit qu'à partir de 150 % d'occupation
c'était dangereux pour le patient. Bien, aujourd'hui,
là, c'est 192 % d'occupation à l'hôpital juif puis 230 % d'occupation
à Baie-Comeau. Si ce n'est pas dangereux, je ne sais pas
ce que c'est.
La première ministre, elle ne peut pas
considérer ça acceptable, au Québec.
La Présidente : La réponse de la
première ministre.
Mme Christine Fréchette
Mme Fréchette : Mme la
Présidente, bien, on comprend très bien, là, la déception de ceux qui ne sont
pas en mesure d'avoir accès à un rendez-vous rapidement. On aura les données
dans les prochaines semaines quant au niveau d'accès de ceux qui ont été
récemment inscrits, donc les 550 000 personnes. Ça met un certain
temps avant qu'on ait les données sur leur accès à des rendez-vous réels, mais
cet accès-là, il doit être bien réel. Ça, c'est non discutable. Il faut que ce
soit concret, il faut que ce soit fonctionnel, il faut que ce soit du
pragmatique. C'est ça qu'on veut puis c'est ce à quoi on travaille au profit
des Québécois.
Il reste encore beaucoup de travail à faire, on
en convient, mais on est en action. Et on est en action aussi sur différentes
dimensions, mais celui de l'accès aux soins, c'est sûr, il est primordial. Les
Québécois doivent être capables de consulter leur médecin ou leur groupe de
médecine familiale.
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
M. André Fortin
M. Fortin : Mme la Présidente, ce n'est pas de la déception, là, il y a
des gens qui sont décédés à l'urgence.
Là, on va
revenir à la base. Les gens qui se pointent à l'urgence, les protocoles disent
qu'ils doivent être vus dans la demi-heure ou dans l'heure, ils attendent 10,
11, 12 heures et ils décèdent sans voir de médecin. À
Pierre-Le Gardeur, là, c'est
tellement hors de contrôle qu'ils font fi des protocoles et que les
professionnels de la santé se mettent à risque d'agression.
Le gouvernement a beau se dire qu'il est en
action, la situation, elle est intolérable.
• (14 h 20) •
La Présidente : La réponse de la
ministre.
Mme Christine Fréchette
Mme Fréchette : Oui, Mme la
Présidente. C'est sûr que chaque cas tragique est un cas de trop. Ça, c'est
clair pour tous ici. Il faut travailler à
améliorer cet accès-là. On comprend qu'il y a encore des améliorations à faire,
il y a beaucoup de pain sur la planche, mais on est en action.
Donc, l'inscription des Québécois auprès d'un
médecin, d'un groupe de médecine familiale, c'est une voie d'action. On a aussi
ouvert des cliniques, hein, des cliniques, il faut le rappeler, on en a ouvert
17, des cliniques IPS. Notre objectif, c'est
d'en ouvrir 23. Encore là, ça va désengorger les salles d'urgence. Il y a
encore trop de Québécois qui se rendent aux salles d'urgence alors
qu'ils n'ont pas besoin de consulter à l'urgence. Et l'ouverture de ces
17 cliniques d'IPS nous permet d'offrir
une alternative aux Québécois. Puis on va continuer d'augmenter le déploiement
de ces cliniques.
La Présidente : Troisième
complémentaire.
M. André
Fortin
M. Fortin : OK. Là, le gouvernement de la CAQ, il avait promis
90 minutes d'attente à l'urgence, 90 minutes, puis en réalité, là, c'est qu'année après année, les délais d'attente à
l'urgence, ils augmentent. Des gens sont décédés en attendant de voir un
médecin. On place les patients et le personnel à risque. Ça fait huit ans que
la CAQ brise cet engagement-là. Ça fait huit ans que la situation s'empire.
Qu'est-ce que la
première ministre a à dire aux familles, aujourd'hui, des gens décédés? Parce
que ces situations-là, elles continuent de se reproduire.
La Présidente :
La réponse de la première ministre.
Mme Christine Fréchette
Mme Fréchette :
Ils ont, bien sûr, toute mon empathie, ma compassion, mes pensées sont avec
eux. Mais il faut voir qu'on a eu des améliorations dans le système. Ici, je
pense notamment au temps d'attente pour une chirurgie. La liste des gens qui sont en attente d'une chirurgie depuis plus d'un
an, elle a diminué considérablement. En fait, elle est passée de
22 000 personnes à 4 000, donc vraiment, un bond considérable,
qui démontre l'amélioration de la situation. Puis on va continuer à
améliorer ça. On veut qu'au cours des prochaines années on passe à moins de
1 000, moins de 1 000 personnes qui seront sur une liste
d'attente pour une chirurgie.
Donc, on fait tout
pour désengorger les urgences. On a aussi mis de l'avant des projets pilotes
pour avoir des urgences virtuelles, de telle sorte que les gens n'ont pas à
engorger les rangs dans l'urgence officielle.
La Présidente :
En question principale, je reconnais maintenant le député de Nelligan.
Prise en charge des patients
via le Guichet d'accès à la première ligne
M. Monsef Derraji
M. Derraji :
Mme la Présidente, la première ministre vient de répondre à mon collègue
qu'eux, ils ont dépassé leurs objectifs d'inscription collective. Alors, il
répond quoi à Mme Therrien, Lorraine Therrien, 80 ans? «"Les
inscriptions collectives ne valent rien." Malgré ses enjeux de santé — cancer
du côlon, maladie de Crohn — son
GMF n'a jamais de rendez-vous pour elle. Au lieu de se faire barouetter par le
GAP, elle paie pour un médecin privé, quitte à se priver de loisirs.» Je
continue, Mme la Présidente : «"Ça sert à quoi d'être pris en charge
par un GMF si on ne peut pas avoir le suivi médical le plus basique?" Par
exemple, qui va faire le test de Pap? Qui enlèvera son stérilet?»
Mme la Présidente, ce
sont des exemples concrets. Le gouvernement a acheté des rendez-vous pour
baisser artificiellement la liste d'attente, mais on est loin de la prise en
charge.
Est-ce que la
ministre de la Santé réalise-t-elle l'ampleur de l'enjeu?
La Présidente :
La réponse de la ministre de la Santé.
Mme Sonia Bélanger
Mme Bélanger :
Oui, Mme la Présidente. Très contente d'avoir cette question sur une
amélioration importante qu'on est en train de faire dans notre réseau de
première ligne, au Québec, Mme la Présidente.
Au moment où on se
parle, il y a 7 760 000 personnes, au Québec, qui ont accès à un
médecin de famille ou à un GMF. C'est du jamais-vu, Mme la Présidente. On a
réussi, avec l'entente avec la FMOQ, aujourd'hui, à dépasser l'objectif qu'on s'était
donné en termes de nombre de patients inscrits, Mme la Présidente. Au moment où
on se parle, c'est 593 000 patients qui ont été inscrits depuis le
mois de janvier dernier.
Il faut continuer
d'améliorer le mode de fonctionnement des GMF. On est rendus là. On a des
ententes avec la FMOQ. On travaille en
étroite collaboration avec les médecins. Il faut améliorer les plages horaires,
il faut en avoir plus, et il faut que les patients dans un GMF aient
accès en priorité à leur GMF et non pas à un GMF d'une autre région, Mme la
Présidente.
Alors, on continue. On
travaille bien et on le fait dans l'ordre.
La Présidente :
Première complémentaire.
M. Monsef Derraji
M. Derraji :
Mme la Présidente, je lui recommande de lire l'excellente chronique de Stéphanie
Grammond, Les médecins imaginaires, Mme la Présidente.
Je
vais répéter ma question. Mme la ministre, vous répondez quoi à Marie-Ève
Poliquin, qui dit : «Une consultation pour renouveler les médicaments, une
autre pour un diagnostic... jamais plus qu'un bobo par rendez-vous, jamais de
bilan complet. Qui fera son test de Pap? Qui enlèvera son stérilet?» C'est ça,
votre médecine fast-food.
La
Présidente : Et, M. le député, je vous rappelle deux
choses : de un, un article de journal n'est pas un tableau didactique, et,
de deux, vous vous adressez à la présidente, vous le savez. La réponse de la
ministre.
Mme Sonia Bélanger
Mme Bélanger :
Mme la Présidente, écoutez, on continue d'améliorer les services de première
ligne, au Québec. Donc, on a parlé de l'accès à un médecin de famille, d'un
accès à un GMF, mais n'oublions pas les cliniques IPS. Au Québec, nous avons
plus de 2 000 infirmières praticiennes spécialisées, et notre
objectif, c'est de faire en sorte de continuer d'augmenter le nombre de
cliniques publiques, des cliniques publiques affiliées à des CLSC, alors, pour
faire en sorte, justement, que les IPS puissent faire les interventions que
vous avez ciblées, notamment. Et elles peuvent faire encore plus, les infirmières en pratique spécialisées. Elles ont
la formation pour faire de l'évaluation, du diagnostic, du traitement, prescrire
des médicaments et faire une série d'interventions, Mme la Présidente.
La Présidente :
Deuxième complémentaire.
M. Monsef Derraji
M. Derraji :
Mme la Présidente, en tout respect, Mme la ministre est complètement
déconnectée de la réalité du terrain. Les
cas se multiplient. Ce n'est pas la première fois qu'on va parler d'un cas
réel, d'un patient, d'une patiente qui
a reçu une lettre, qui n'a pas besoin d'aller dans un GMF. Elle est... On est
loin de la prise en charge, et ça, elle le sait, Mme la Présidente, Mme la
ministre est une professionnelle de la santé. On est très loin de la prise en
charge.
Nous sommes devant
une médecine fast-food, une médecine d'achat de rendez-vous. Elle doit
l'avouer. Ils ont échoué dans la prise en charge, et c'est ça, l'échec
caquiste.
La Présidente :
La réponse de la ministre.
Mme Sonia Bélanger
Mme Bélanger :
Bien, Mme la Présidente, écoutez, là, c'est un peu sarcastique d'entendre la
question de mon collègue député. Quand ils
étaient au pouvoir, les libéraux, c'est eux qui ont brisé les relations avec
les médecins, dans les années 2014, 2015, 2016. Oui, Mme la Présidente.
Des voix :
...
La Présidente :
Attendez, Mme la ministre. Article 32, gardez le silence. On a écouté le
député de Nelligan avec attention, le député de Nelligan, on l'écoute avec
attention, on vous a écouté. Maintenant, j'aimerais entendre la réponse — M.
le chef! — j'aimerais
entendre la réponse de la ministre.
Mme Bélanger :
Mme la Présidente, j'étais là, à ce moment-là. J'en ai eu, des témoignages des
médecins qui étaient désespérés. On était en train de renverser la situation, on
a changé la discussion avec les médecins, au Québec, on est à la bonne place. Et
on va continuer de travailler dans les objectifs qu'on poursuit : plus de
médecins de famille, plus d'IPS, plus de
pharmaciens. Mme la Présidente, je vois qu'il y a beaucoup de citoyens qui
nous écoutent. Les pharmaciens font un rôle extraordinaire.
La Présidente :
En question principale, je reconnais maintenant la députée de Robert-Baldwin.
Révision du système de
protection de la jeunesse
Mme Brigitte B. Garceau
Mme Garceau : Merci, Mme la Présidente. Parlons de la DPJ de la Mauricie—Centre-du-Québec. La CDPDJ a déposé un rapport accablant en lien avec
157 dossiers liés à des adoptions et des placements. Elle a reconnu
l'existence d'une culture organisationnelle systémique profondément
défaillante, des lésions de droits, des faits omis, manipulés et même inventés.
On parle d'enfants qui ont moins de six ans, des enfants qui n'auraient jamais
dû être adoptés.
Et
ce matin, au micro de Patrick Lagacé, Mme Nathalie Petitclerc, la DG du
CIUSSS, refusait toujours de reconnaître clairement toutes les
conclusions du rapport.
En octobre 2024, le
ministre disait mettre cette DPJ sous tutelle, c'était cette directive, mais
dans les faits c'était plutôt un accompagnement,
qui a duré moins de trois mois. Résultat : 157 dossiers révisés sans
même rencontrer les parents biologiques, Mme la Présidente.
Qui dirige, le
ministre ou la DPJ? Qu'est-ce que le ministre va faire? Est-ce qu'il va imposer
une tutelle?
La Présidente :
La réponse du ministre responsable des Services sociaux et de la Lutte contre
l'itinérance.
M. Lionel
Carmant
M. Carmant : Merci beaucoup, Mme la Présidente. Je remercie la
députée de Robert-Baldwin pour la question. Ça va me permettre de
clarifier bien des points.
Premièrement, ce qui
est arrivé en Mauricie—Centre-du-Québec,
c'est inacceptable. D'ailleurs, qui a interdit les alertes bébés, c'est-à-dire
de retirer les enfants à leur naissance de leurs parents sans les en aviser?
C'est notre gouvernement, parce que nous, on
trouvait que c'était inacceptable. Sous votre gouvernement, c'était permis,
d'accord? Premièrement.
Deuxièmement, deuxièmement,
Mme la Présidente, ce qui est important ici, là, c'est que l'enquête a été
faite par l'inspectrice nationale de la... de Santé Québec, une personne
indépendante, avec des experts indépendants, et qui ont révisé les dossiers de façon indépendante, Mme la Présidente. Ils ne
se sont pas adressés aux intervenants de la DPJ, qui ne sont pas
neutres. Ils ont décidé de ne pas s'adresser aux parents.
Maintenant, quand je
suis arrivé au... quand j'ai su la situation du délai pour rencontrer les
parents, je suis tout de suite intervenu. J'ai assis la DPJ avec la CDPDJ, et
on est allés de l'avant. Les lettres sont envoyées. Les parents vont être
rencontrés de façon personnalisée. Les services sont mis en place pour les
accompagner. Mme la Présidente, on fait les choses dans l'ordre.
• (14 h 30) •
La Présidente :
Première complémentaire.
Mme Brigitte B. Garceau
Mme Garceau :
On parle, Mme la Présidente, de bébés, de familles détruites, des parents qui
disent qu'on leur a volé leurs enfants. Il y a encore un autre
1 500 dossiers à réviser, des dossiers d'adoption et de placement,
depuis les deux dernières années. Ces
parents ne peuvent pas vivre le même sort que les autres. Il faut agir. Il faut
éviter de créer d'autres lésions de droits et d'autres familles brisées.
Il faut arrêter l'hémorragie.
Est-ce qu'on... M. le
ministre, une tutelle, une véritable tutelle, cette fois-ci. Est-ce que vous
allez le faire?
La Présidente :
Et je vous rappelle que vous vous adressez à la présidente quand vous posez vos
questions, Mme la députée. La réponse du ministre.
M. Lionel Carmant
M. Carmant :
Bien, concernant la tutelle, là, je n'ai pas du tout aimé les réponses qui ont
été dites ici, parce que la tutelle, elle a bel et bien eu lieu.
Maintenant, le CIUSSS
de la Mauricie—Centre-du-Québec
dit qu'il faut juste... on ne peut que mettre tout l'établissement sous tutelle,
mais, écoutez, la DPJ qui était en place a été déplacée puis les intervenantes
qui étaient en place ne sont plus là. On a installé une intervenante, que j'ai
nommée, qui a révisé les dossiers, qui nous faisait rapport, à moi et à la directrice nationale, de façon
régulière, Mme la Présidente. Si ce n'est pas une tutelle, ça, qu'est-ce que
c'est?
Maintenant,
les pratiques ont été complètement changées, en Mauricie—Centre-du-Québec. On a des plans de vie pour les enfants, les pratiques ont été complètement
changées, les listes d'attente n'existent plus, en Mauricie—Centre-du-Québec. Il faut remercier madame... la DPJ qui a...
La
Présidente : Deuxième complémentaire.
Mme Brigitte B. Garceau
Mme Garceau :
Mme la Présidente, est-ce que le ministre trouve que c'est normal qu'il n'y
a aucun parent qui a été rencontré suite au rapport de la CDPDJ pour vérifier
leur version des faits? Est-ce qu'il trouve ça normal? C'est un échec
monumental.
Encore une fois,
est-ce qu'il va imposer une tutelle? Est-ce que vous allez le faire?
La
Présidente : Et le «vous», c'est à la présidente qu'il s'adresse,
Mme la députée. La réponse du ministre.
M. Lionel Carmant
M. Carmant : Merci, Mme la Présidente.
Écoutez, encore une fois, quand je suis arrivé, j'ai assis la CDPDJ avec la DPJ
et je leur ai demandé de briser ce qui limitait la rencontre des parents.
C'était un malentendu entre les deux organismes.
Maintenant, les
parents vont être rencontrés un à un de façon personnalisée. De l'aide a été
mise en place pour ceux qui vont avoir besoin de soutien psychosocial, de
soutien au niveau de la santé mentale. Donc, il faut saluer ce que la DPJ en
place actuellement a effectué.
Les pratiques ont été
complètement révisées, Mme la Présidente. Chaque enfant a un plan de vie. Les
dossiers qu'il reste à réviser, on est en discussion avec la CDPDJ pour voir
est-ce qu'on rencontre tous les 1 500 ou est-ce qu'on peut limiter au
0-5 ans. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente : En question
principale, je reconnais maintenant la députée de La Pinière.
Financement
des ressources intermédiaires
Mme Linda Caron
Mme Caron :
Mme la Présidente, les ressources intermédiaires sont prises à la gorge et
lancent un cri du coeur en 2024. 43 % des RI craignent alors devoir fermer
dans les trois ans à cause du sous-financement rattaché à l'entente nationale
2020-2025. La CAQ reste de glace et ne fait rien.
Le 31 mars 2025,
l'entente est arrivée à échéance. 15 mois plus tard, 15 mois, la CAQ
a encore le pied sur le frein, alors que 24 RI ont fermé. Les coûts
explosent, les propriétaires doivent prendre des décisions crève-coeur :
abolir des postes, réduire des heures de services dans les soins, dans les
activités.
Actuellement,
le gouvernement nie les réalités économiques locales. Aux Îles-de-la-Madeleine,
où la nourriture coûte plus cher, une RI est obligée d'aller au
Nouveau-Brunswick pour magasiner dans une grande surface et nourrir son monde.
Ça ne durera pas longtemps, là. L'étape suivante, c'est la fermeture.
Ça va prendre quoi
pour que la CAQ agisse?
La
Présidente : La réponse du ministre responsable des Services sociaux
et de la Lutte contre l'itinérance.
M. Lionel Carmant
M. Carmant : Oui, Mme la Présidente.
Les ressources intermédiaires sont une partie importante des ressources d'hébergement,
soit pour la santé mentale, pour les personnes âgées ou pour les enfants de la
DPJ, les ressources jeunesse. On est en négociation avec eux actuellement, donc
je ne viendrai pas négocier ici. Ma collègue du Conseil du trésor fait un
travail important avec eux.
Ce
qu'on se dit, c'est qu'on veut accélérer les choses, Mme la Présidente.
Effectivement, on aimerait avoir des changements dans leurs forme de
rémunération et que la rémunération soit en lien avec les types de personnes
qui sont hébergées dans chacune des ressources intermédiaires, et non
plus une attente plus... une évaluation plus générale de la condition.
Donc, on travaille
sur des... différents points. Et c'est sûr que les changements au niveau du
coût de la vie ont eu un impact significatif.
On travaille là-dessus aussi, là, ce qu'ils appellent la composante
immobilière. C'est des choses que
l'on regarde avec eux. Puis ce qu'on essaie de faire également, c'est de faire
avancer le cadre de référence des ressources intermédiaires pour que la
qualité des soins dans ces ressources intermédiaires s'améliore, pour que
l'accès soit plus facile, que la fluidité
entre les ressources, que ce soient les CHSLD, les hôpitaux et les ressources
intermédiaires, s'améliore. Donc, on est... on est en action, Mme la
Présidente.
La
Présidente : Première complémentaire.
Mme Linda Caron
Mme Caron : Les RI ont tout fait pour
tenir jusqu'à la fin de l'entente. Le ministre parle d'accélération; ça fait
15 mois qu'elle est finie, l'entente.
Déjà en 2024, Coup de main à domicile a fermé ses 30 places en RI au Bas-Saint-Laurent. Le ministre s'était dit
ouvert à regarder le volet immobilier en 2024, il n'a rien fait. Par son
inaction, la CAQ est en train de laisser
couler les ressources intermédiaires et les personnes vulnérables qui y vivent.
C'est un autre échec avec la même vieille CAQ.
Quelle crédibilité
lui reste-t-il?
Des voix :
...
La Présidente :
Je vous rappelle, le pas de bravo, c'est toujours bon. La réponse du ministre.
M. Lionel Carmant
M. Carmant : Merci, Mme la Présidente.
Bien, on a... on est encore en discussion avec l'ARIHQ et la FFARIQ, mais
plusieurs regroupements ont eu des... ont eu droit à des ententes. Donc, on est
définitivement en action.
Maintenant, la
situation avec l'ARIHQ et la FFARIQ nécessite des travaux plus avancés, pour
toutes sortes de raisons, rémunération, diversité, lourdeur de la clientèle,
Mme la Présidente. Donc, on y travaille de façon très active. Maintenant,
on les rencontre régulièrement pour discuter des différents irritants. Le Conseil
du trésor travaille également avec eux pour s'assurer de la poursuite des
travaux, Mme la Présidente.
Donc,
on est en action. Et on va continuer à travailler jusqu'à ce qu'on trouve une
solution qui est adéquate pour les RI mais pour les patients, dans les
différents types de RI, Mme la Présidente. Il ne faut pas oublier ça.
La
Présidente : Deuxième complémentaire.
Mme Linda Caron
Mme Caron :
Le Nord-Côtier
écrit que les RI de la Côte-Nord sont au bord du gouffre. M. Talbot,
propriétaire de RI à Baie-Comeau, constate une hausse importante des coûts d'exploitation. Les RI n'y
arrivent plus. 24 fermées, là. M. Talbot se désole aussi que les activités qui
sont souvent... sont souvent les premières à écoper. Les intervenants dénoncent
que les réalités des régions éloignées ne sont pas prises en compte.
Est-ce qu'au moins la CAQ reconnaît qu'il y a
une crise puis va accélérer?
La Présidente : La réponse du
ministre.
M. Lionel Carmant
M. Carmant : Bien, Mme la
Présidente, je discutais justement avec le sous-ministre récemment puis on voulait accélérer la fréquence des visites, des
rencontres, et c'est ce qui... et c'est ce qui est en train de survenir. Mais,
encore une fois, Mme la Présidente, on essaie de trouver une entente avec les
derniers groupes, là, cinq sur neuf ont déjà été signées. On essaie de
trouver des ententes qui non seulement améliorent la situation financière des
RI, mais également qui touchent la qualité des services et des soins que l'on
donne aux différents patients.
Encore une fois, on ne peut pas tous les
englober sous un même chapeau. Il y a de la santé mentale, il y a des aînés, il
y a de la jeunesse. Nous, ce qu'on veut, c'est que les services soient
appropriés pour chacune des clientèles, que la fluidité entre les centres hospitaliers,
les CHSLD et les RI soient maintenus et que chacun y trouve son compte, Mme la
Présidente. Merci.
La Présidente : En question
principale, je reconnais maintenant la cheffe du deuxième groupe d'opposition.
Extension du moratoire sur les
évictions
Mme Ruba
Ghazal
Mme Ghazal : Merci, Mme la
Présidente. Le nombre de reprises de logement a explosé. 14 000 en
cinq ans. Ça, c'est déjà beaucoup plus que dans la dernière décennie
entière. Des milliers de gens font face à des reprises illégales de logement.
J'ai ici le cas d'Annie et Steve, un couple qui s'est battu pendant
cinq ans pour finalement avoir raison. Il
y a plein de locataires qui se retrouvent dans cette situation-là où il y a des
reprises de logement déguisées ou illégales, puis ce n'est pas tout le monde qui a les moyens, qui a la capacité, qui
a la force de se battre pendant des années pour faire valoir ses droits.
Imaginez, Mme
la Présidente, comment la situation va être catastrophique juste cet automne,
quand les spéculateurs vont commencer à envoyer des avis d'éviction,
sachant que le moratoire va être terminé juste en 2027. Le Tribunal
administratif du logement est déjà très surchargé, il va l'être encore plus.
On a une
solution entre nos mains, aujourd'hui. On a le pouvoir, aujourd'hui, ensemble,
de protéger les locataires, qui sont très inquiets de se retrouver à la
rue. Il y a le projet de loi n° 22 qui est à l'étude.
On va... Québec solidaire va déposer un amendement, un article qui va
permettre de prolonger le moratoire. On peut travailler ensemble. Si la CAQ
accepte cet amendement-là, on peut prolonger le moratoire et protéger les
locataires.
J'invite donc la première ministre à suivre la
voix du gros bon sens et prolonger l'interdiction des évictions des locataires.
Est-ce qu'elle accepte de le faire?
• (14 h 40) •
La Présidente : La réponse de la
première ministre.
Mme Christine
Fréchette
Mme Fréchette : Oui. Merci, Mme
la Présidente. La situation est pas mal la même comparativement à la semaine
dernière. On a abordé cette question-là, moi et la cheffe du deuxième groupe
d'opposition, la semaine dernière. Mais je vais rappeler, en fait, les mesures
qu'on a adoptées déjà.
On a adopté déjà le projet de loi n° 31
puis le projet de loi n° 65, qui permettent de mieux
protéger les locataires puis d'accélérer
aussi la construction de logement. Ça, c'est des mesures qui créent un impact,
qui ont des conséquences positives sur le marché.
Pour contrer la hausse des loyers, on a mieux
encadré la clause F du bail. Il faut le rappeler, là, les propriétaires
doivent indiquer aux locataires les hausses de loyer maximales pour chacune des
cinq prochaines années. Ça, c'est une mesure de protection qui n'existait
pas puis qu'on a mise en place.
Pour mieux protéger aussi les locataires,
pendant qu'on traverse une crise quand même importante au niveau du logement,
on a mis en place le moratoire auquel la collègue fait référence, un moratoire
de trois ans.
Maintenant, il faut voir les résultats que
génère ce moratoire-là. On a besoin de regarder quels impacts il a eus avant de se prononcer sur la suite. On le sait, il
reste encore une année à ce moratoire de trois ans. Et, pour nous, c'est
important de voir les résultats avant de s'avancer davantage. Mais, en
parallèle, on travaille à construire davantage de logement abordable. Et,
là-dessus, on a des chiffres, également, parlants qui montrent qu'on est en
voie de rétablir l'équilibre qui crée la
hausse des prix importante sur le marché du logement, parce que, justement, il
y a un déséquilibre, il y a trop de demande
pour des logements abordables comparativement à l'offre qui existe. Alors, on
est à travailler sur l'ensemble de ces axes-là pour rétablir la
situation puis aider les gens qui ont plus de défis de ce côté.
La Présidente : Première
complémentaire.
Mme Ruba Ghazal
Mme Ghazal : Mme la Présidente,
la première ministre peut faire les études, mais là on s'en va en campagne
électorale. Pendant l'automne, les avis d'éviction vont pleuvoir, parce que,
les propriétaires, il y a un «backlog» de trois ans où est-ce qu'ils veulent
évincer les gens qu'ils ne pouvaient pas évincer. Déjà que les reprises du
logement déguisées et illégales sont interdites dans la loi, puis ils le font
quand même.
J'aimerais que la première ministre regarde les
locataires. Grâce au moratoire, on a protégé 2 000 locataires par année. C'est 6 000 locataires. La
situation va être encore pire pas par rapport à la semaine passée, mais par
rapport à 2024...
La Présidente : La réponse de la
première ministre.
Mme Christine
Fréchette
Mme Fréchette : Oui, Mme la
Présidente. Bien, j'aimerais rappeler aussi qu'on a agi par rapport aux Airbnb.
Ça aussi, c'est une autre mesure qui nous
permet de rétablir un meilleur équilibre, parce qu'il y avait trop de logements
qui étaient destinés aux locations de court terme. Et donc on a agi pour
limiter ce phénomène-là et l'encadrer, de manière à retrouver plus rapidement
un équilibre.
On a aussi créé le programme... le PHAQ, le
nouveau programme qui vise à réduire les délais de construction. Grâce à ça,
depuis l'automne, il y a plus... depuis l'automne 2018, il y a plus de
16 900 logements abordables qui ont été
créés, 16 000 logements abordables. Donc, ça, c'est
10 200 nouvelles unités qui vont l'être également prochainement.
Alors, tout ça, ça crée un équilibre plus
important.
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
Mme Ruba
Ghazal
Mme Ghazal : Mme la Présidente,
j'invite la première ministre à arrêter de parler du bilan, parce que tout ce
que ça démontre, c'est l'échec de la CAQ en matière de logement. Les locataires
sont seuls face à la situation, face à la
crise, qui ne fait que s'empirer. En 2024... avant, en 2023, il y avait eu une
explosion des évictions de 123 %, puis après on a mis le moratoire,
ça a protégé du monde, mais la crise, elle continue. Les gens continuent à
perdre leurs logements, à être inquiets.
Est-ce qu'elle peut les rassurer? On a une
solution aujourd'hui, on peut travailler ensemble pour protéger les locataires.
Pourquoi est-ce qu'elle refuse?
La Présidente : La réponse de la
première ministre.
Mme Christine
Fréchette
Mme Fréchette : Mme la Présidente,
on a agi aussi d'une autre manière il y a quelques jours, on a investi
28 millions pour aider, justement, les gens aux prises avec des enjeux en
matière de logement, et plus particulièrement des gens qui sont à risque
d'éviction. Donc, de ce montant, 28 millions, il y en a une grande part,
21 millions, qui vont permettre
d'éviter que les gens se retrouvent à la rue. À partir du moment où ils sont à
risque d'éviction, eh bien, déjà là, le gouvernement prend contact avec
eux et les aide à offrir un supplément de loyer pour pouvoir garder leurs
logements, au lieu d'être mis à la rue. Ça, c'est du concret. C'est du monde
qu'on garde dans leurs logements et qu'on évite d'aller gonfler les rangs des
itinérants.
Alors, ça,
c'est du concret. On va voir les résultats de tout ça, en plus du moratoire
qu'on a mis en place et qui est d'une durée de trois ans. On est aux
deux tiers de ce moratoire-là, il y a encore le temps de cumuler des données.
La Présidente : En question
principale, je reconnais à nouveau la cheffe du deuxième groupe d'opposition.
Plan de lutte contre
l'itinérance
Mme Ruba
Ghazal
Mme Ghazal : Pendant que la
première ministre me dit : On va attendre, on va attendre, on va attendre,
les gens continuent à perdre leurs logements
puis à vivre dans l'inquiétude parce qu'il n'y a pas de logement abordable. On
a une crise pas juste du logement,
mais de l'abordabilité. Des logements à 2 000 $ et plus, ça, il y en
a plein. N'importe qui de sérieux qui veut s'attaquer à la crise de l'itinérance
doit s'attaquer à la crise du logement.
Samedi matin, à Trois-Rivières, un itinérant a
été retrouvé sans vie devant une épicerie. Le responsable de sécurité a tenté de le réanimer, il n'a pas
survécu. C'est d'une tristesse sans nom, Mme la Présidente. Moi, je n'accepte
pas, cette situation-là, que ce soit une fatalité, dans le Québec de
2026. Et il y en a plein, des situations comme ça.
L'itinérance est rendue partout, même dans des
endroits où, il y a juste deux ans, on n'en voyait pas. On a maintenant 12 000 personnes itinérantes.
Ils étaient, il y a deux ans, à 10 000. Plus de la moitié d'entre ces...
d'entre ces personnes-là, les 12 000, ont perdu leurs logements.
L'itinérance,
ça ne tombe pas du ciel. Elle commence souvent par un avis d'éviction, une
reprise de logement, une «bad luck».
Est-ce que la
première ministre peut admettre que, si elle ne s'occupe pas de la crise du
logement pour vrai, là, de façon urgente, bien, elle ne pourra pas régler la
crise de l'itinérance?
La Présidente :
La réponse de la première ministre.
Mme Christine Fréchette
Mme Fréchette :
Merci, Mme la Présidente. Bien, j'aimerais rappeler que, justement, on s'en
occupe, de la question de l'itinérance. Et c'est pour ça, notamment, qu'on a un
ministre, maintenant, qui a cette responsabilité, cette responsabilité de la
lutte contre l'itinérance, un phénomène qui est maintenant visible non
seulement à l'échelle de Montréal, de la métropole, mais également partout au
Québec. J'ai fait plusieurs tournées du Québec et je l'ai constaté, partout on
me parle de ce phénomène-là. Donc, il faut agir, et c'est ce qu'on a fait.
Mais l'important,
c'est de réaliser que ce n'est pas d'un seul coup de baguette magique, ce n'est
pas une seule mesure qui va nous permettre de régler la situation, parce que
l'idée, ce n'est pas juste de reporter dans le temps le règlement de cette
situation, c'est de la régler pour de vrai en amont. Et c'est ça qu'on fait en
construisant, notamment, davantage de
logement. Ça, c'est du règlement en amont. Ça, c'est du règlement pour du moyen
terme, pour du long terme. Au-delà
d'un moratoire qui peut durer encore un an, ça prend des engagements de long
terme qui vont rétablir l'équilibre. Et c'est ce à quoi on travaille. On
travaille avec l'ensemble des personnes qui sont à risque. Et je pense
notamment aux aînés, notamment, pour qui on a développé également des mesures
pour réduire l'itinérance. On a 21 millions, comme je disais tout à l'heure, pour financer un projet pilote de 1 000 unités de logement, dans le cadre du Programme de supplément au
loyer, puis on va mieux soutenir,
avec ça, les ménages à risque imminent de perdre leurs logements. Ça,
c'est une autre mesure qui va nous permettre de garder les gens dans leurs
logements.
C'est important parce
que la situation est difficile. L'inflation a sévi. Les gouvernements, pendant
des années, les gouvernements antérieurs
n'ont pas investi dans le développement immobilier, et ça, j'entends à la fois
le gouvernement du Québec puis le fédéral. Les villes également se
sont... se sont retenues de le faire, et ça a créé un manque à gagner important. Nous, on est dans le grand rattrapage,
le grand rattrapage des gouvernements antérieurs qui n'ont pas agi quand il fallait.
La Présidente :
Première complémentaire.
Mme Ruba Ghazal
Mme Ghazal :
Absolument, la CAQ est dans le grand rattrapage des huit dernières années,
c'est ce que la première ministre est en train d'admettre et d'avouer.
L'itinérance a doublé, depuis que la CAQ est au pouvoir, puis la construction
se fait à pas de tortue. On a besoin de solutions à long terme, à moyen terme,
mais aussi à court terme.
À
Québec solidaire, on a proposé des solutions qui ne coûtent pas
cher au gouvernement. Contrôler les loyers, la première ministre me dit
non. Prolonger le moratoire, la première ministre me dit non.
Quand est-ce que la
première ministre va répondre oui à prévenir l'itinérance?
La Présidente :
La réponse de la première ministre.
Mme Christine Fréchette
Mme Fréchette : Bien, qu'elle me pose des questions, tout simplement,
sur les mesures qu'on a mises en place pour éviter que les gens ne se
retrouvent à la rue, et je pourrais répondre qu'il y a quelques jours on a
annoncé des millions de dollars pour
retenir les gens à risque d'éviction. Ça, c'est de l'action en amont. C'est
l'idéal. Ça évite que les personnes ne se
retrouvent à la rue puis ensuite s'engouffrent dans une série en chaîne qu'il
va être difficile pour eux de quitter, parce qu'une fois à la rue, eh
bien, tout dépérit, tout décline à vitesse grand V.
Donc, nous, on
travaille sur l'itinérance de manière active et de manière multiple. On veut
travailler sur différentes dimensions. En matière d'accès au logement, il y a
le ministre des Affaires municipales qui a déposé des amendements pour doter les villes de pouvoirs additionnels pour
accélérer la construction de logement, ça, c'est du concret aussi,
accélérer les projets.
La Présidente :
Deuxième complémentaire.
Mme Ruba Ghazal
Mme Ghazal :
Mme la Présidente, la première ministre, là, elle doit défendre son propre
bilan, là, puis le bilan de la CAQ, il est catastrophique, en matière de
logement puis en matière d'itinérance. On le voit, l'itinérance a doublé depuis
qu'ils sont au pouvoir.
Je
vais vous le dire, Mme la Présidente, c'est quoi, le bilan de la CAQ. C'est
plus de gens à la rue, plus de reprises frauduleuses, plus de campements
partout. Puis il va y avoir encore plus d'évictions, parce que, le moratoire,
elle refuse de le prolonger.
On
a une solution, le projet de loi n° 22 est encore en
commission, on peut travailler ensemble, on va déposer l'amendement. J'espère
que la CAQ va dire oui, cette fois.
La Présidente :
La réponse de la première ministre.
Mme Christine Fréchette
Mme Fréchette : Alors, je rappelle qu'on veut donner, justement,
ce que l'on appelle des superpouvoirs aux villes pour accélérer la
construction de logement abordable. Ça, encore là, c'est du concret. Et ça va
nous aider à rétablir l'équilibre, à corriger le déficit, en fait, de logement
abordable puis à multiplier les occasions d'accéder à du logement abordable. En
adoptant le projet de loi n° 22, en fait, on va se doter de plus d'outils
pour construire des logements plus rapidement partout au Québec. Donc, ça,
c'est des mesures concrètes.
Notre gouvernement,
aussi, on a élargi l'accès au programme Allocation-logement. Ça, ça profite
surtout aux aînés. On est passés, en fait,
de 62 000 à 129 000 logements, je répète, là, 62 000 à
129 000 logements qui reçoivent de l'aide, entre 100 $ et
170 $ par mois.
• (14 h 50) •
La Présidente :
En question principale, je reconnais maintenant le chef du troisième groupe
d'opposition.
Bilan du gouvernement en
matière d'immigration
M. Paul St-Pierre Plamondon
M. St-Pierre
Plamondon : Merci, Mme la Présidente. Il y a environ
514 000 immigrants temporaires sur le territoire, au Québec, en ce moment, alors qu'il y a 10 ans, en
2016, il y avait 108 000 immigrants temporaires. La CAQ a été
nettement plus immigrationniste que le Parti libéral du Québec, et ça, c'est
l'oeuvre de la première ministre lorsqu'elle était ministre de l'Immigration,
une augmentation de 375 %. Conséquence, les Québécois n'ont plus accès à
la propriété, les services publics arrivent à peine à répondre à la demande.
Et ce matin on
apprend qu'il y a, et je cite, un «débordement extrême» dans les écoles de la
région de Québec. Ça prendrait la construction de 20 écoles seulement pour
la ville de Québec. Selon le centre de services scolaire des Navigateurs, sans
un ajout d'espace supplémentaire, il ne sera pas en mesure d'accueillir tous
les élèves du secondaire d'ici deux ans. En
septembre, l'ancien ministre de l'Immigration nous disait qu'en fait il y avait
62 000 enfants d'immigrants temporaires dans le réseau de
l'éducation, présentement, au Québec.
Ma
question pour la première ministre : Selon elle, c'est quoi, la cause du
débordement extrême dans les écoles? Est-ce qu'elle est surprise que nos
écoles débordent? Et est-ce qu'elle peut faire le lien avec ses propres
politiques lorsqu'elle était ministre de l'Immigration?
La
Présidente : La réponse de la première ministre.
Mme Christine Fréchette
Mme Fréchette :
Oui, Mme la Présidente. Donc, rappelons-le, là, quand j'étais à
l'Immigration, et depuis que je suis au
gouvernement, on demande à ce qu'il y ait une réduction du nombre d'immigrants,
de personnes immigrantes, particulièrement les temporaires, sur le territoire
québécois. Et j'ai en tête les demandeurs d'asile. On en a reçu jusqu'à
200 000. De 2017 à 2026, on en a accueilli, et accompagné, puis hébergé,
et puis soigné, puis aidé à apprendre le français, aidé à s'intégrer dans la
société 200 000. C'est colossal. C'est trop pour le Québec.
Et je ne sais combien
de fois j'ai eu cette discussion-là avec le gouvernement fédéral, encore il y a
quelques jours avec le premier ministre Carney, pour dire : Arrivez-nous
avec un mécanisme de répartition des demandeurs d'asile, question que ce ne
soit plus le Québec qui assure cette responsabilité-là au nom du Canada. Ça n'a
pas de sens. Ça crée une pression incroyable sur nos services, nos écoles.
Alors que le ministre de l'Économie était à l'Éducation, on le voyait bien, là, la quantité d'écoles qu'on
a dû déployer. On avait même fait une conférence de presse. J'invite le chef
du troisième groupe d'opposition à aller écouter à nouveau cette conférence de
presse là. J'étais accompagnée de plusieurs de mes collègues pour rappeler que
le poids assumé par le Québec est démesuré.
Et ça, il y a un
équilibre à être trouvé par le fédéral. Il faut qu'il y ait une répartition des
demandeurs d'asile, il faut qu'il y ait une
compensation pour le Québec, puis ne pas négocier à la va-comme-je-te-pousse
une fois par année, quand ça lui tentera, non, non, chaque année, selon
une règle mathématique. Ça se fait ailleurs. Je ne vois pas pourquoi, le
Québec, on n'en bénéficierait pas. J'en ai parlé encore en fin de semaine à mes
interlocuteurs au fédéral, on est actifs là-dessus, je ne vais pas lâcher le
morceau. Il faut que ça change.
La
Présidente : Première complémentaire.
M. Paul St-Pierre Plamondon
M. St-Pierre Plamondon : Les
députés du gouvernement peuvent s'autoattribuer des bravos, mais la réalité,
c'est que ce que vient de dire la première ministre, c'est inexact.
Lorsque le Parti québécois a interpelé la première ministre, alors qu'elle
était ministre de l'Immigration...
La Présidente : ...du
gouvernement, quel est votre rappel au règlement?
M. Bonnardel : Article 35,
Mme la Présidente. On doit prendre la parole de la première ministre.
La Présidente : Le mot «inexact» est
permis. Alors, Mme la première ministre expliquera son point de vue. J'aimerais
entendre la question. Il vous reste du temps.
M. St-Pierre Plamondon : On
avait interpelé la ministre de l'Immigration, elle nous avait répondu qu'on ne
pouvait pas planifier l'immigration temporaire. Résultat, les étudiants étrangers
ont augmenté par 38 % sous son règne comme ministre de l'Immigration, et
les travailleurs temporaires ont augmenté par 151 % parce que la ministre
de l'Immigration, aujourd'hui première ministre, faisait du recrutement. Et
donc est-ce qu'on peut avoir confiance...
La Présidente : La réponse de la
première ministre.
Mme Christine
Fréchette
Mme Fréchette : Merci, Mme la
Présidente. J'aimerais ça rappeler au chef du troisième groupe d'opposition que je suis la seule ici à avoir eu des gains avec
le fédéral, en matière d'immigration. Rappelons-nous de la fermeture du chemin
Roxham, hein? Une chance qu'on ne s'est pas fiés aux propositions du Parti
québécois, parce que, bordel, on aurait encore 70 000 personnes qui
rentreraient par le chemin Roxham. Bonjour, les demandeurs d'asile, c'est ici
que vous arrivez. Parce que les traques, franchement...
Des voix : ...
La
Présidente : Attendez. Attendez, Mme la première ministre.
L'article 32, c'est bon pour tout le monde, également pour le gouvernement. 32, rappel au décorum. Gardez
le silence. Gardez le silence. J'aimerais entendre la réponse de la première
ministre. Poursuivez, il vous reste 20 secondes.
Mme Fréchette : Oui. Alors, on
est arrivés avec des propositions concrètes, et surtout on est arrivés avec des
résultats. Moi, quand je travaille, c'est
pour aller chercher des résultats. Quand je travaille avec Ottawa, c'est pour
avoir des gains pour le Québec, ce n'est pas pour inventer des milliards
qui n'existent pas puis qu'on fait miroiter aux Québécois. D'ailleurs, je suis
étonnée que le chef du troisième parti ne m'ait pas questionnée plutôt sur le
TGV. À suivre.
La Présidente : Deuxième...
Des voix : ...
La Présidente : Article 32,
gardez le silence. Deuxième complémentaire.
M. Paul
St-Pierre Plamondon
M. St-Pierre Plamondon : Mme la
Présidente, c'est une deuxième inexactitude de la première ministre, mais cette fois-ci c'est vraiment gênant. Sur Roxham,
le Parti québécois demandait la fermeture, et la ministre de l'Immigration,
aujourd'hui première ministre, était sortie pour dire qu'on ne peut pas fermer
Roxham, et c'est son prédécesseur qui l'a rabroué, elle a été obligée de faire
un 180 degrés le même jour.
Et, peu importent ces faits-là, le bilan de la
CAQ, factuellement, c'est l'augmentation par 220 % de l'immigration
temporaire. Est-elle surprise, oui ou non, que les écoles débordent?
La Présidente : La réponse de
la première ministre.
Mme Christine
Fréchette
Mme Fréchette : Merci, Mme la
Présidente. Permettez que je répète pour, je ne sais plus, la énième fois, là,
mettons 20 fois, que, lorsque j'ai répondu ça, c'est parce qu'on m'a
demandé de commenter la mesure proposée par le PQ de barricader Roxham, barricader
Roxham. C'était ridicule. J'ai dit : Voyons, on ne peut pas fermer Roxham
de cette manière-là. Ils proposaient d'envoyer davantage de policiers, la SQ, ils
ont toujours pensé que c'était un problème de policiers. Ça n'a rien à voir. Et
puis ils proposaient de mettre des barricades autour de Roxham. Voyons! Des
gens qui ont traversé 5 000,
10 000 km à pied, ils vont se faire... ils vont se faire déplacer
par des petites barricades qu'on met autour
du chemin Roxham? Ce n'était absolument pas comprendre la logique de ce
chemin-là, qui était dévastateur pour le Québec.
Alors, on a fait fermer le chemin Roxham. On est
allés faire imposer des visas pour les Mexicains, exiger également des...
La Présidente : En question
principale, je reconnais maintenant le député de Laurier-Dorion.
Encadrement législatif des reprises de logement
M. Andrés Fontecilla
M. Fontecilla :
Merci, Mme la Présidente. Continuons à parler des vrais problèmes, les reprises
de logement. Encore une fois, nous apprenons que, depuis les cinq dernières
années, il y a eu près de 14 000 dossiers de reprise de logement au
TAL, la plupart acceptées, et c'est plus que les 10 années précédentes. Et
les locataires contestent les reprises, mais
la plupart de ces contestations-là finissent par être approuvées par le TAL.
Bref, on a fermé une brèche avec le
moratoire sur les évictions et on ouvre, on permet qu'une autre brèche
s'agrandisse avec les reprises. On est clairement face à un grave problème de reprises de logement
abusives, qui aggrave en bout de ligne la crise de l'itinérance et alimente
l'augmentation effrénée des loyers.
Est-ce
que le gouvernement va agir pour... par exemple en mettant en place des
mécanismes de vérification des reprises?
La Présidente :
La réponse de la ministre responsable de l'Habitation.
Mme Karine Boivin Roy
Mme Boivin
Roy : Merci, Mme la Présidente. J'apprécie la question du collègue,
également les questions de la cheffe de l'opposition sur le dossier. On crée
une urgence sur la question du moratoire, qui est encore en vigueur jusqu'en
juin 2027, mais, Mme la Présidente, j'aimerais qu'on parle de l'urgence dans
20 jours. On arrive au 1er juillet, dans 20 jours, et on sait
que c'est une situation qui est très difficile pour nombreux Québécois,
Québécoises qui vont devoir déménager, qui vont subir le stress des
déménagements et toute autre difficulté qu'ils peuvent avoir autour de ça. J'aimerais entendre les oppositions dire le
1 800 463-4315, Mme la Présidente. J'aimerais les entendre dire :
Québec.ca/RechercheLogement, au singulier,
avec un R majuscule, avec un L majuscule. J'aimerais les entendre dire ça,
Mme la Présidente, parce qu'il y a, au Québec, une quarantaine de SARL, donc
les services d'aide à la recherche de logement, qui sont à travers les régions
du Québec, qui sont là pour aider les citoyens et citoyennes qui se retrouvent dans des situations difficiles, présentement, à
rechercher des logements. Ils sont là pour les orienter, pour les guider. Ils sont
là pour leur offrir différentes sortes d'aide, Mme la Présidente, que ce soit
l'entreposage de biens, que ce soit le transport de biens...
La Présidente :
Première complémentaire.
M. Andrés Fontecilla
M. Fontecilla : Oui. Merci, Mme la Présidente. La ministre se trompe
de cible. Ce n'est pas d'aider des locataires qui ont à trouver un logement, des locataires qui ont été évincés, il
s'agit de garder les locataires dans leurs logements actuels, par, entre
autres, des reprises abusives, là.
Est-ce que la
ministre est consciente qu'il y a des reprises abusives, que ça explose et que
des locataires sont mis à la rue? Est-ce qu'elle entend agir sur les reprises?
• (15 heures) •
La Présidente :
La réponse de la ministre.
Mme Karine Boivin Roy
Mme Boivin Roy :
Mme la Présidente, si les oppositions avaient suivi les deux campagnes qui sont
en cours, il y en a eu une au mois de décembre, il y en a une présentement qui
est en cours depuis le 18 mai, qu'est-ce que la campagne nationale nous
dit? Bien, on est là pour vous aider si vous allez vous retrouver à la
recherche de logement, entre autres, si vous êtes encore en logement, ou si
encore vous n'en avez pas trouvé, Mme la Présidente. Alors, c'est pour ça qu'on
a les SARL. Ce sont... Comme je le disais tout à l'heure, il y en a une
quarantaine. S'il n'y en a pas dans votre région, vous pouvez contacter le
service d'urgence de la SHQ. Ils sont là pour aider les citoyens, pour les
orienter, justement, le but étant, Mme la
Présidente, qu'il n'y ait aucun citoyen qui ait fait utilisation de ce service
qui se retrouve à la rue le 1er juillet.
La Présidente :
Voilà. Cela met fin à cette période de questions et de réponses orales.
Motions sans préavis
Comme
il n'y a pas de votes reportés, nous allons passer à la rubrique Motions sans
préavis. Pour ce faire, je cède la place à la première vice-présidente
de l'Assemblée nationale. Je vous remercie pour votre attention et vous
souhaite une bonne fin de journée.
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) :
Nous sommes maintenant à rubrique de motions sans préavis. En fonction de nos
règles et de l'ordre de présentation des motions sans préavis, je reconnais
maintenant un membre du groupe formant le gouvernement. Mme la députée de Bellechasse.
Mme Lachance : Merci,
Mme la Présidente. Je sollicite le consentement de cette Assemblée afin de
présenter la motion suivante conjointement avec les députés de Westmount—Saint-Louis, de Terrebonne, d'Abitibi-Est, de Saint-Jérôme, de Laporte et de
Chomedey :
«Que l'Assemblée nationale réitère l'importance
de conserver et d'utiliser le mot "femme";
«Qu'elle invite tous les parlementaires à être
exemplaires à cet effet;
«Qu'elle rejette toute formulation ou concept
ayant pour effet d'invisibiliser les femmes.»
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) : Y
a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
Une voix : ...
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) : Il
n'y a pas de consentement.
Des voix : ...
La
Vice-Présidente (Mme D'Amours) : S'il vous plaît, collègues! J'aimerais entendre, maintenant, un membre
du groupe formant l'opposition officielle. M. le leader de l'opposition
officielle, la parole est à vous, s'il vous plaît, et rien qu'à vous.
M. Tanguay : Mme la Présidente,
je sollicite le consentement de cette Assemblée, afin de présenter la motion
suivante conjointement avec le député des Îles-de-la-Madeleine :
«Que l'Assemblée nationale se souvienne que le
gouvernement caquiste a maintes fois déclaré que l'ensemble de ses promesses
électorales seraient réalisées;
«Qu'elle prenne acte, alors que se concluent les
travaux de la 43e législature, que le gouvernement de la
Coalition Avenir Québec est notamment en voie de briser les promesses et [les]
engagements électoraux suivants :
«Atteindre l'équilibre budgétaire en 2027‑2028
comme le promettait le cadre financier de la CAQ;
«Respecter la cible climatique de réduction de
37,5 % des GES d'ici 2030;
«Interdire la vente de véhicules légers neufs à
essence à partir de 2035;
«Réduire la quantité de déchets plastiques au
Québec;
«Décerner 30 000 diplômes de plus en
formation professionnelle en 4 ans dans les secteurs comme la soudure,
l'électricité, la charpenterie-menuiserie, etc.;
«La mise en chantier d'un troisième lien entre
Québec et Lévis;
«Réaménager les voies de desserte de l'autoroute 25
et de l'autoroute 40 en boulevard urbain sous l'échangeur Anjou à
Montréal;
«Construire un pont d'étagement enjambant
l'autoroute 25 pour relier les boulevards Bélanger et Châteauneuf à
Montréal;
«Construire un lien aménagé en parc au-dessus de
l'Autoroute 25 à la hauteur du boulevard Yves-Prévost à Montréal afin de
reconnecter deux quartiers résidentiels;
«Réaliser un REM de l'Est à Montréal;
«Prolonger le REM à partir de la gare [...] Du
Ruisseau jusqu'au centre-ville de Laval;
«Prolonger le REM vers Chambly;
«Prolonger le REM vers Saint-Jean-sur-Richelieu;
«Prolonger le REM vers Boucherville et
Sainte-Julie;
«Prolonger la ligne jaune du métro à Longueuil
avec un tramway sur le boulevard Roland-Therrien;
«Élargir à trois voies l'autoroute 30,
entre les autoroutes 10 et 20 en Montérégie;
«Réaménager la 132 en boulevard urbain à Delson,
Sainte-Catherine et Saint-Constant en Montérégie;
«Élargir l'autoroute 15 dans la couronne
nord de Montréal;
«Prolonger l'autoroute 13 à Saint-Eustache
et Mirabel;
«Compléter l'élargissement de l'autoroute 50
en Outaouais;
«Prolonger et élargir l'autoroute 20 entre
Notre-Dame-des-Neiges, Trois-Pistoles et Rimouski;
«Réaliser le pont de Tadoussac;
«Réaliser des voies réservées au transport en
commun dans la couronne nord de Québec;
«Réaliser le projet de mise à niveau et
d'électrification du Garage Newton à Québec;
«Réaliser le projet de pont à étagement
Robert-Bourassa–Lebourgneuf à Québec;
«Construire une nouvelle école secondaire de
1 450 places à Sherbrooke pour remplacer l'école Mitchell-Montcalm
d'ici 2026;
«Réaliser un concours d'architecture pour chaque
nouvelle école bâtie;
«La mise en oeuvre de la Déclaration des Nations
unies sur les droits des peuples autochtones;
«Conclure le traité Petapan;
«Créer un réseau muséal d'Espaces Bleus;
«Augmenter de 10 millions de dollars par
année au cours du mandat le budget des programmes servant à la sauvegarde du
patrimoine religieux;
«Offrir un médecin de famille à tous les
Québécois;
«Améliorer substantiellement l'accès aux soins
de première ligne;
«Réduire
l'attente à 90 minutes en moyenne avant de voir un médecin à l'urgence;
«Augmenter le taux
d'utilisation des blocs opératoires;
«Mettre en place un
réseau de santé et services sociaux décentralisé, moderne [...] efficace;
«Poursuivre les
17 projets pilotes sur les ratios patients-infirmière;
«Accélérer
le déploiement du Centre de répartition des demandes de services pour les médecins
spécialistes (CRDS 2.0);
«[Abolir
définitivement le] temps supplémentaire obligatoire (TSO);
«Resserrer les règles
de l'incorporation des médecins;
«Compléter le réseau
des services éducatifs à l'enfance d'ici 2025;
«Convertir toutes les
places non subventionnées en places subventionnées dans les services de garde;
«Réaliser une chasse
aux abus dans la gestion des contrats informatiques octroyés par le
gouvernement;
«Réduire la taille de
la fonction publique de 5 000 emplois sous le niveau de 2018;
«Réduire le fardeau
bureaucratique pour les Québécois;
«L'instauration d'un
rapport d'impôt unique;
«La création d'un
soutien au covoiturage;
«[La réforme du] mode
de scrutin;
«Revoir le processus
de sélection et d'attribution des postes de juges administratifs;
«Revoir le régime
forestier;
«Ajouter
500 places dans les centres de répit pour personnes handicapées;
«Qu'enfin,
elle constate que plusieurs de ces engagements deviendront inévitablement
autant de promesses rompues», Mme la Présidente.
La Vice-Présidente
(Mme D'Amours) : Merci, M. le député. Y a-t-il...
Des voix :
...
La Vice-Présidente
(Mme D'Amours) : Merci. Y a-t-il consentement pour débattre de cette
motion?
Une voix :
...
La Vice-Présidente
(Mme D'Amours) : Pas de consentement.
Je suis maintenant
prête à entendre un membre du deuxième groupe d'opposition.
Des voix :
...
La
Vice-Présidente (Mme D'Amours) : S'il vous plaît! J'aimerais entendre la députée de Taschereau dire sa
motion. Donc, en silence, tout le monde. M. le député de Taschereau, la
parole est à vous.
M. Grandmont :
Merci, Mme la Présidente, je vais le prendre.
Je sollicite le
consentement de cette Assemblée pour présenter la motion suivante conjointement
avec le député de Rosemont :
«Que l'Assemblée
nationale prenne acte que les stations Griffintown–Bernard-Landry et
Bridge-Bonaventure sont envisagées depuis plusieurs années dans le cadre du
Réseau express métropolitain afin de desservir des secteurs en forte croissance
du sud-ouest de Montréal;
«Qu'elle souligne
que, dès 2024, la CDPQ Infra a conclu à la faisabilité technique de ces
deux stations et a indiqué être en mesure de les réaliser;
«Qu'elle constate que
les secteurs Griffintown et Bridge-Bonaventure connaissent une croissance
soutenue et demeurent insuffisamment desservis par un mode de transport
collectif structurant;
«Qu'en
conséquence elle demande au gouvernement du Québec de s'engager à annoncer et
financer dans les plus brefs délais la réalisation des stations
Griffintown–Bernard-Landry et Bridge-Bonaventure du Réseau express
métropolitain.»
• (15 h 10) •
La
Vice-Présidente (Mme D'Amours) : Merci, M. le député. Est-ce qu'il y a consentement pour débattre de
cette motion? Il n'y a pas de consentement.
Je suis maintenant
prête à entendre un membre du troisième groupe d'opposition. M. le député de
Jean-Talon, la parole est à vous.
M. Paradis :
Je sollicite le consentement des membres de cette Assemblée afin de présenter,
conjointement avec le député de Jacques-Cartier, le député de Maurice-Richard
et la députée de Laporte, la motion suivante :
«Que
l'Assemblée nationale prenne acte que les bénéfices nets d'Hydro-Québec ont
fondu de 206 millions de dollars au premier trimestre de 2026 par
rapport à la même période en 2025;
«Qu'elle
prenne note des niveaux anormalement bas des réservoirs d'Hydro-Québec pour
produire de l'hydro-électricité, ce qui oblige Hydro-Québec à acheter à
fort prix aux États-Unis de l'électricité produite par énergie fossile pour répondre aux besoins des Québécois et honorer les
contrats d'exportation d'électricité verte vers ces mêmes États-Unis;
«Qu'elle
prenne acte que malgré ce qui précède, 42 millions de dollars ont été
distribués en boni aux cadres et hauts dirigeants d'Hydro-Québec, une
augmentation par rapport aux années antérieures, avec des primes dépassant les
100 000 $ par année pour les hauts dirigeants;
«Qu'elle
rappelle que par un décret du 16 juillet 2025 approuvant la nouvelle
politique de rémunération incitative de la société d'État, le gouvernement de
la CAQ a permis à Hydro-Québec d'octroyer ces bonifications et primes
plus généreuses à ses cadres et hauts dirigeants;
«Qu'elle rappelle
qu'Hydro-Québec est la propriété de tous les Québécois; et
«Qu'en
conséquence, l'Assemblée nationale demande à Hydro-Québec de rendre publics les
détails de sa politique de rémunération incitative et de la réviser.»
La Vice-Présidente
(Mme D'Amours) : Merci. Y a-t-il consentement pour débattre de cette
motion?
Une voix :
...
La Vice-Présidente
(Mme D'Amours) : Il n'y a pas de consentement.
Une motion sans
préavis ayant déjà été présentée par le groupe parlementaire formant le
gouvernement, je demande s'il y a
consentement pour permettre la lecture d'une autre motion sans préavis. Est-ce
que j'ai le consentement? Consentement. Mme la leader adjointe du
gouvernement.
Entériner
le mandat de procéder à des consultations
particulières sur le projet de loi n° 9
Mme Lachance :
Mme la Présidente, je demande le consentement pour déroger à
l'article 84.1 de notre règlement afin de déposer une motion rétroactive
de consultations particulières donnant suite à une entente entre les leaders, le député d'Abitibi-Ouest, la députée de
Rimouski, le député de Saint-Jérôme, le député d'Orford,
la députée de Laporte, le député de La Prairie, le député de Dubuc,
la députée de Saint-Laurent, la députée de Chomedey et le député de
Rosemont.
Je fais motion,
conformément à l'article 146 du règlement de l'Assemblée nationale,
afin :
«Que l'Assemblée
nationale entérine le mandat donné à la Commission de la santé et des services
sociaux, dans le cadre de l'étude du projet de loi n° 9, Loi visant à
prévenir les effets nocifs de la boisson énergisante sur la santé des jeunes,
de procéder à des consultations particulières et de tenir des auditions
publiques [mardi le] 9 juin[...], de 9 heures à 12 h 30;
«Qu'à cette fin, la
commission entende les personnes et organismes suivants : Institut
national de [...] santé publique du Québec, Association canadienne des
boissons, Ordre des pharmaciens du Québec conjointement avec le Collège des
médecins du Québec, Association des cardiologues du Québec;
«Qu'une période de
12 minutes soit prévue pour les remarques préliminaires, répartie de la
manière suivante : 6 minutes pour le groupe parlementaire formant le
gouvernement, 3 minutes 36 secondes pour l'opposition
officielle, 1 minute 12 secondes au deuxième groupe
d'opposition, 1 minute 12 secondes pour le député indépendant;
«Que la durée maximum
de l'exposé de chaque organisme soit de 10 minutes et l'échange avec les
membres de la commission soit d'une durée maximale de 35 minutes partagées
ainsi : 17 minutes 30 secondes pour le groupe parlementaire formant le gouvernement, 10 minutes 30 secondes
pour l'opposition officielle, 3 minutes 30 secondes pour
le deuxième groupe d'opposition, 3 minutes 30 secondes pour le
député indépendant;
«Qu'une suspension de
5 minutes soit prévue entre les échanges avec chaque personne et
organisme;
«Que la ministre de
la Santé soit membre de ladite commission pour la durée du mandat.»
Une voix :
...
La Vice-Présidente
(Mme D'Amours) : Oui, M. le député d'Abitibi-Est.
M. Dufour : ...la députée a mentionné «Abitibi-Ouest», c'est «Abitibi-Est» qui
aurait fallu être mentionné. Merci.
Mme Lachance :
...Abitibi, Abitibi-Ouest... Ah! Oui, c'est Est. Bon. Voilà.
La Vice-Présidente
(Mme D'Amours) : Merci. La motion étant corrigée pour «Abitibi-Est»,
est-ce que cette motion... Est-ce qu'il y a consentement, pardon, pour débattre
de cette motion? Consentement? Mme la leader.
Une voix :
...
La Vice-Présidente
(Mme D'Amours) : Consentement, sans débat. Merci.
Mise aux voix
Cette motion est-elle
adoptée?
Des voix : Adopté.
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : Adopté.
Avis touchant les travaux des commissions
Nous serions maintenant à la rubrique Avis
touchant les travaux des commissions. Mme la leader adjointe du gouvernement,
s'il vous plaît.
Mme Lachance : La Commission
des institutions poursuivra l'étude détaillée du projet de loi n° 3, Loi
visant à assurer la représentation effective des électeurs, aujourd'hui, après
les affaires courantes jusqu'à 18 heures et de 19 h 30 à
21 h 30, à la salle Louis-Joseph-Papineau.
La Commission des transports et de
l'environnement poursuivra l'étude détaillée du projet de loi n° 22, Loi
bonifiant les pouvoirs d'intervention des municipalités et modifiant d'autres
dispositions législatives, aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à
18 heures et de 19 h 30 à 21 h 30, à la salle
Louis-Hippolyte-La Fontaine.
La Commission de la santé et des services
sociaux poursuivra l'étude détaillée du projet de loi n° 23, Loi visant
principalement à mieux accompagner les personnes dont l'état mental pourrait
représenter un risque pour leur propre sécurité
ou celle d'autrui, après les affaires
courantes jusqu'à 18 heures et de 19 h 30 à 21 h 30, à
la salle Pauline-Marois.
La Commission des relations avec les citoyens entreprendra l'étude détaillée du projet de loi
n° 24, Loi protégeant le
consommateur contre l'utilisation trompeuse ou frauduleuse de l'identité ou de
l'image d'une personne, aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à
18 heures et de 19 h 30 à 21 h 30, à la salle
Marie-Claire-Kirkland.
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) : Merci
beaucoup, Mme la leader adjointe.
Il n'y a pas d'avis de la présidence? Non.
Donc, nous serions à la rubrique Renseignements
sur les travaux de l'Assemblée.
Une voix : ...
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) : Je
vais terminer les... J'étais aux renseignements sur les travaux de l'Assemblée.
Affaires du jour
Si vous
n'avez pas de renseignements aux travaux de l'Assemblée, la période des
affaires courantes étant terminée, nous allons maintenant passer aux affaires
du jour. Mme la leader adjointe, là c'est à vous.
Mme Lachance : Merci, Mme la
Présidente. Je vous demande d'appeler l'article 17 du feuilleton.
Projet de loi n° 11
Prise en considération du
rapport de la commission qui en a
fait l'étude détaillée et de l'amendement du ministre
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) : À
l'article 17 du feuilleton, l'Assemblée prend en considération le rapport
de la Commission de l'économie et du travail sur le projet de loi n° 11, Loi
modifiant diverses dispositions principalement aux fins d'allègement du fardeau
réglementaire et administratif, ainsi que l'amendement transmis en vertu de
l'article 252 du règlement par M. le ministre délégué à l'Économie et aux
Petites et Moyennes Entreprises.
Y a-t-il des interventions? M. le ministre, la
parole est à vous.
M. Daniel Bernard
M. Bernard : Merci. Merci, Mme la Présidente. Mieux vaut tard que jamais. Alors, voici le
moment de procéder à la prise en considération du rapport de la
commission sur le projet de loi n° 11, Loi modifiant diverses dispositions
principalement aux fins d'allègement du fardeau réglementaire et administratif.
Alors, premièrement, je voudrais saluer le travail
de mon prédécesseur, le député de Beauce-Sud, qui a fait un travail
exceptionnel pour l'adoption de ce projet de loi là. Je tiens également à
souligner l'apport et l'appui qu'il a eus, tout le long de ce projet, par la
députée de Saint-François.
Mme la Présidente, je rappelle qu'il s'agit du
cinquième projet de loi omnibus d'allègement réglementaire et administratif
présenté depuis 2021. Il s'agit du plus important projet de loi omnibus en la
matière pour ce qui est du nombre d'articles et de mesures et des retombées
générées pour les PME.
Aujourd'hui, ce sera l'occasion de faire le
point sur les travaux effectués en commission et des amendements ajoutés au
projet de loi ce printemps.
Je rappelle brièvement quelques-unes de nos
mesures-phares de ce projet de loi.
Il y a eu l'ajout d'un volet sur l'allègement du
fardeau réglementaire et administratif des entreprises à la mission du
ministère de l'Économie, de l'Innovation et de l'Énergie.
• (15 h 20) •
Il y a eu l'élargissement
des possibilités de sous-traitance pour les titulaires des permis fabricants
d'alcool; également, la simplification des obligations administratives liées à
l'autocollant de la Régie des alcools, des courses et des jeux pour simplifier
la vie des producteurs de vin et de cidre; la prolongation de la durée de
validité de certains permis destinés aux PME, notamment pour les taxis et les
acériculteurs; l'autorisation de vendre des prêts-à-boire à base d'alcool et de
spiritueux en épicerie et en dépanneur.
Également, ce projet de loi nous permet, à mon
ministère, de se doter des leviers nécessaires pour se donner une nouvelle
politique d'allègement ambitieuse, notamment l'introduction du deux pour un,
c'est-à-dire deux... retirer deux articles pour tout ajout d'un nouveau
règlement.
Finalement, un point majeur important, les
forêts, la modification de la tarification des bois récoltés en forêt publique
et l'abolition de la redevance sur les garanties d'approvisionnement, de même
que l'abolition du Bureau de mise en marché des bois. Mme la Présidente, je
suis fier de l'envergure de ce projet de loi, préparé avec l'objectif de
propulser notre économie encore plus loin en réduisant les irritants
réglementaires pour nos PME.
Je termine en réitérant que l'allègement
réglementaire fait partie des grandes priorités économiques de notre
gouvernement. Avec le projet de loi n° 11 et les
amendements proposés, on démontre encore, une fois de plus, qu'on est à
l'écoute des PME et des régions et qu'on accorde de l'importance aux secteurs
porteurs de notre économie. Mais surtout, on
poursuit le travail de fond qui, en date du 31 mars 2025, a permis au
Québec, par rapport à 2020, de réduire le nombre de formalités
administratives de 11 %, d'abaisser leur volume de 7 % et de diminuer
leurs coûts de 23 %, ce qui correspond à une économie annuelle de
250 millions de dollars pour nos entreprises.
Mme la Présidente, nous en sommes à la dernière
étape du processus législatif avant l'adoption finale de notre loi. Je désire
souligner, en terminant, la collaboration des députés de l'opposition, qui ont
contribué à la bonification du projet de loi, et je les remercie au nom de ma
collègue et de mon prédécesseur. Nous avons entendu les collègues lors de
l'étude détaillée. Nous avons à présent un rapport de la commission entre les
mains, et nous sommes aujourd'hui disposés à l'adopter. Merci, Mme la
Présidente.
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) : Merci
beaucoup, M. le ministre. Je cède maintenant la parole à Mme la députée de
Jeanne-Mance—Viger.
Mme Filomena Rotiroti
Mme Rotiroti :
Merci, Mme la Présidente. Écoutez, j'ai écouté attentivement le ministre, le
nouveau ministre qui arrive dans le dossier. Effectivement, on a eu le plaisir,
avec mon collègue de Jacques-Cartier, de siéger sur ce projet de loi avec son
prédécesseur, le ministre, à l'époque, et c'était supposé être, effectivement,
leur cinquième projet de loi, de la CAQ, sur l'allègement réglementaire.
Je vais juste vous mettre un petit peu... mise
en contexte. On a 278 000 PME au Québec, réparties dans les
17 régions économiques à travers le Québec, et ce sont des PME, ce sont la
colonne vertébrale économique dans tous nos territoires. Aujourd'hui, il y a un
consensus partout, Mme la Présidente. Moi, j'ai eu l'occasion de parcourir le Québec, faire une tournée économique avec mon
collègue le député de Marguerite-Bourgeoys, et c'est unanime, unanime dans les
tables... les tables économiques qu'on a faites et les visites qu'on a faites
dans les PME, ils nous disaient : Le gouvernement doit nous laisser gérer
nos entreprises.
On fait face à un gouvernement
interventionniste, un gouvernement qui, au lieu de donner les outils à nos PME
pour qu'elles puissent prospérer puis être plus productives, ils sont... ils
mettent leur nez dans, quasiment, la gestion quotidienne.
Ils sont en train de les étouffer avec la réglementation. Et aujourd'hui, on se
pète les bretelles, après cinq projets de
loi sur l'allègement réglementaire, supposément... Savez-vous c'est quoi, le
projet de loi n° 11, M. le ministre? C'est 186 articles. Sur 186 articles, Mme la
Présidente, là, on a eu 127 amendements. Sur 186 articles, c'est les
premiers cinq articles qui traitaient de, supposément, l'allègement
réglementaire.
Le ministre faisait référence, tout à l'heure,
du deux pour un. Ils ont fait, dans le projet de loi n° 85,
le un pour un, c'est-à-dire, un règlement qui sort, on doit enlever un, pour ne
pas avoir quasiment des doublons. Ils n'ont pas eu de succès, ça n'a pas fonctionné. Puis là ils vont nous faire croire que
le deux pour un va fonctionner quand les ministères eux-mêmes ne sont pas
capables de suivre leurs propres règles qui sont adoptées par le gouvernement.
Et ils s'attendent que les entreprises, eux, qui passent des heures...
il y a des... 735 heures, Mme la Présidente, pour faire de la reddition de
comptes. C'est des ressources qu'on met sur la paperasse et ne pas se
concentrer d'être productifs puis d'avancer dans l'entreprise. C'est ça que
vous avez fait, M. le ministre. Alors, écoutez, on peut bien dire que c'est un
projet de loi qui va révolutionner les PME,
nous, on se fait dire : Ce n'est pas assez. On aurait pu aller plus loin,
mais on n'a pas eu le courage de le faire.
Une fois que je vous dis ça, Mme la Présidente,
oui, on a collaboré. On a collaboré avec l'espoir que, cette fois-ci, ce projet
de loi là... d'autant plus qu'on ouvrait alentour de 35 lois, parce qu'on
a touché tous les secteurs, Mme la Présidente, dans ce projet de loi là.
Ce n'était pas juste l'allègement réglementaire, on est allés dans les forêts, on est allés dans les boissons alcoolisées, on est
allés dans les mines. Dans le fond, là, c'est devenu un omnibus. Toutes les
lois qu'ils ont passées puis qu'ils ont réalisé qu'ils avaient manqué quelque
chose ou qu'ils n'avaient pas fait... ils n'ont
pas... oups, il y a un oubli aussi, un oubli, là... c'est arrivé avec le projet
de loi avec des amendements. Moi puis mon collègue de Jacques-Cartier, on faisait des... on riait, on se gardait, un
moment donné, de dire : Bien, il fallait qu'on soit des experts quasiment
dans tous les domaines, dans tous les ministères pour être capable de traiter
ce projet de loi là.
M. le
ministre faisait référence à la forêt, l'industrie de la... forestière. Bien,
on avait un régime forestier, ils l'ont scrapé. Après ça, ils ont
réalisé : Ah! bien, regarde donc, il y avait des bonnes choses dans cette
loi-là qu'on venait de scraper. Ça fait que qu'est-ce
qu'ils ont fait? Ils ont fait du «cherry picking», Mme la Présidente. Ça fait
qu'ils ont choisi les projets pilotes, hein? On a traité, à partir de
l'article 62 à 70, puis c'était... on a ramené le concept des projets pilotes
dans le secteur forestier. C'était une approche qui visait à tester des
nouveaux modèles de gestion et à offrir plus
de flexibilité aux acteurs du milieu. Plusieurs groupes ont exprimé des
inquiétudes quant au manque de balises qui entouraient ces projets. Sans encadrement clair, ces projets
portaient... pourraient entraîner des dérogations importantes, Mme la
Présidente, aux règles existantes, notamment en matière environnementale ou de
mise en marché du bois. Ils ont dit... Ils ont dit, carrément, il y avait une
absence de critères précis pour les projets pilotes, parce que tout se faisait
par règlement.
Ça aussi, Mme la Présidente, c'est une nouvelle
façon de fonctionner avec le gouvernement. On fait un projet de loi, mais tous
les critères se font par règlement. Pourquoi? Parce que le règlement, eux, ça
se fait à portes closes, au Conseil des ministres. Ils décident entre eux c'est
quoi, les règles du jeu. Et après ça, bien, l'industrie est pognée à suivre ces règles-là sans avoir un mot à dire,
tandis que, dans une loi, bien, il y a la transparence. Ça aussi, Mme la
Présidente, le gouvernement n'est pas très fort sur la transparence et
la reddition de comptes. En ayant ces critères-là dans le projet de loi, bien,
ça... un, ça permet les groupes de commenter, de venir s'exprimer, de modifier.
Comme législateurs, on a le droit de modifier ces règles-là, si on voit que ça
ne va pas... pas où on devrait y aller. On a un mot à dire, mais pas quand ça
se fait en vase clos dans un règlement. Le règlement est publié, puis, bon, on
est pognés avec. Alors, vos projets pilotes forestiers, on va voir qu'est-ce
que ça va donner, M. le Président.
Vous avez parlé que vous avez touché
l'acériculture, hein? Le projet de loi introduit certains assouplissements pour
le secteur acéricole, notamment en matière de permis et des infras. Bien que
les mesures soient généralement bien accueillies, plusieurs acteurs du milieu
ont indiqué qu'elles ne répondaient pas à l'ensemble des enjeux. C'est un
secteur stratégique pour plusieurs régions, et les producteurs demandaient
davantage la flexibilité pour soutenir leur développement. Ils ont jugé que les
mesures, dans le projet de loi n° 11, qui leur touchaient étaient
insuffisantes puis qu'ils avaient besoin de plus de flexibilité.
• (15 h 30) •
Ça aussi, Mme la Présidente, avec ce
gouvernement-là, on fait face à du mur-à-mur. On n'est pas très à l'écoute de
qu'est-ce que les experts, dans leur propre domaine, nous dit. Eux, ils savent
tout, ils ont la vérité infuse, Mme la Présidente. On a eu des consultations,
on a eu des groupes qui sont venus, spécialisés dans ces domaines-là, très
spécifiques, Mme la Présidente, et ils nous ont dit : Là, c'est votre
cinquième projet de loi, est-ce qu'on peut aller plus loin? Ayez le courage de
vraiment nous donner les outils qu'on a besoin. Mais devinez quoi, Mme la
Présidente? Ils n'ont pas eu l'écoute.
Je peux vous parler de plusieurs enjeux par
rapport à l'alcool, Mme la Présidente. Tout qu'est-ce qui est boissons
alcoolisées, on s'est fait dire qu'il y avait déjà eu des négociations avec les
différents acteurs par rapport à tout qu'est-ce qui était distribution,
transport. Finalement, après qu'on a étudié le projet de loi, on a reçu des
appels, on a reçu de la correspondance en nous disant que finalement, bien, ces
négociations-là n'avaient même pas commencé. Mais nous, on s'est basés sur ces faits-là,
hein, sur qu'est-ce que nous, on... qu'est-ce qu'on avait comme information à
ce moment-là pour prendre les décisions que nous avons prises dans le projet de
loi.
Il y a des changements... On a plusieurs
intervenants qui ont carrément demandé, puis ça, c'est toujours dans le secteur boissons alcooliques, l'abolition des
timbrages. Ça, on l'avait déjà discuté au PL n° 85. Nous, on avait
apporté, même, des amendements à cet effet-là, en disant : Avec le
registre, là, le travail se fait déjà, la traçabilité de la bouteille se fait avec ce registre-là. Encore là, les
experts dans le domaine sont venus nous dire : Enlevez le timbrage, le
timbrage, c'est un fardeau pour nous. Ça prend des ressources, hein,
parce qu'il faut... il faut coller ces timbres-là. Et là l'enjeu, c'est aussi, une fois qu'on met ce timbre-là et on
fait la distribution, le transport, puis on l'amène, notre produit, en...
mettons, dans un restaurant, si le timbre décolle, bien, la personne est
responsable... c'est la personne qui a fait le... qui a amené la bouteille qui est responsable de le fait que le
timbre n'est plus sur la bouteille. Alors, qu'est-ce que ça veut dire? Il subit
des amendes, il subit des contraventions.
Alors, ils nous ont dit : Si la police
rentre, parce que c'est un enjeu aussi de la police, quand ils rentrent dans un établissement, il faut être capable de voir la
traçabilité de cette bouteille-là, que le registre... Parce que, là, on... Il y
a le timbre et le registre qui fait la même chose, Mme la Présidente. Ça fait
que le registre était suffisant pour la traçabilité. Mais, devinez quoi, Mme la Présidente, on est
toujours... le timbre est toujours là. On n'a pas eu le courage d'aller plus
loin.
On a eu aussi, Mme la Présidente... On a parlé,
évidemment, de municipalités, les réserves financières et obligations. On a parlé de l'affaiblissement de la
surveillance indépendante en énergie. Et je ne sais pas si mon collègue, qui
est un expert dans le domaine, va peut-être l'aborder avec son intervention
tout à l'heure, mais, chose certaine, Mme la
Présidente, on a un gouvernement qui se fait dire, parce que j'ose croire que
les 125... les 90 députés de l'autre côté, quand ils vont dans
leurs régions puis quand ils rencontrent leurs entreprises dans leurs parcs
industriels ou dans leurs comtés, ils
doivent se faire dire la même chose que nous, ça ne se peut pas que... Nous, on
a fait le tour du Québec. Les enjeux se ressemblent dans toutes les
régions du Québec. Dans tous les secteurs, ils nous disent : Laissez-nous
gérer nos entreprises. On a un gouvernement qui rentre, qui veut... qui
intervient, qui leur dit quasiment comment gérer leurs entreprises.
Moi, je ne sais pas, Mme la Présidente... Moi,
je viens d'une famille d'entrepreneurs, et ils disent que c'est de plus en plus difficile parce qu'ils ont besoin des
gens, quasiment des experts, d'être capables d'aller chercher les informations
qu'ils ont besoin.
Ils ont mis
le guichet unique, un autre bel exemple, Mme la Présidente. Le guichet unique,
c'était une bonne idée, hein, on
l'avait mis dans un projet de loi en disant : Le guichet unique va servir
comme un outil pour nos PME, un point de chute pour... où ils peuvent aller puis chercher toute l'information
qu'ils ont besoin par rapport à qu'est-ce qui est disponible comme
subvention, qu'est-ce qui est disponible comme information pour les aider à
avancer dans leurs entreprises, pour alléger, justement, ce fardeau-là qu'ils
ont, que ce soit au niveau de la fiscalité ou au niveau de la paperasse. Bien, devinez quoi, Mme la Présidente? Ils nous ont
dit : Bien, ça ne fonctionne pas. C'est tellement compliqué à naviguer sur
ce site-là, qui était supposé être, justement,
le contraire. C'était supposé d'être un outil performant pour nos PME,
justement, pour sauver du temps et de
ne pas être obligé de naviguer dans chaque ministère pour aller chercher la
documentation qu'ils ont besoin pour faire, justement, la reddition de
comptes qui est demandée par le gouvernement de la CAQ.
Là, écoutez, je veux bien dire aujourd'hui qu'on
se réjouit pour dire : Bien, écoutez, on a fait un projet de loi quasiment... Si on entend... si on écoute les gens
en face, le ministre, écoute, c'est le meilleur projet loi qu'on a jamais fait.
Bien, moi, je vais vous dire, Mme la Présidente, là, c'est loin d'être
le meilleur projet de loi qu'on ait fait.
D'ailleurs, c'est un... on dirait que c'est un
pattern avec la CAQ. On le voit systématiquement dans tous les projets de loi
qu'ils font. On écrit un projet de loi, on arrive en commission parlementaire,
on fait des consultations sur le projet de
loi qu'on a devant nous. Après les consultations, Mme la Présidente... Ça,
c'est important, parce que les gens, les groupes qui viennent, qui
prennent le temps de nous écrire, nous écrit sur qu'est-ce qu'ils voient dans
les articles qui sont dans le projet de loi. Alors, si on prend le projet de
loi n° 11, pour que tout le monde nous comprend, il y
avait 186 articles qui touchaient des secteurs différents. On s'en va de
la forêt aux mines, aux boissons alcoolisées, et autres. Mais j'en passe, parce
que je peux... je peux parler pendant des heures. Et les groupes sont venus
s'exprimer là-dessus. On avait des groupes, des experts dans les domaines,
hein, dans ces compétences-là qui sont venus nous... nous donner leurs
opinions, comment bonifier, qu'est-ce qu'on pourrait faire de plus : Tant
qu'à ouvrir la loi, bien, allez-y plus loin. Pourquoi? Parce que ça va avoir ce
bénéfice-là, on va avoir ces retombées-là. Et là on fait les consultations, et
là le ministre ne nous dépose pas un, pas
deux, 127 amendements. On avait quasiment réécrit le projet de loi en
plein vol, Mme la Présidente, en plein vol.
Et là ces 127 amendements là n'ont pas
fait... On n'a pas... Ils n'ont pas été assujettis à les consultations. Alors, on n'a pas eu la... le... Nous, comme
législateurs, on n'a pas eu... on n'a pas pu bénéficier de ces experts-là qui
sont venus en commission parlementaire pour nous éclairer sur les
amendements, qui, dans certains cas, changeaient quasiment la formulation de
l'article complet. On n'a pas eu... On n'a pas pu bénéficier de cette
expertise-là pour être capables d'évaluer
ces amendements-là et de dire : OK, on bonifie, on va plus loin. Non, il a
fallu nous-mêmes, entre les séances, de contacter les groupes, d'essayer
de voir qu'est-ce qu'on peut faire avec ces amendements-là, parce que nous,
comme législateurs, on a l'obligation de s'assurer que, quand on adopte des
lois, on adopte les meilleures lois. C'est ça, notre objectif, comme législateurs. Et malheureusement de la manière, de la
façon que la CAQ se comporte puis la façon qu'eux, ils font leurs projets de loi, ça ne nous permet
pas d'être à cette hauteur-là, comme on voudrait l'être comme législateurs.
Et ça, Mme la Présidente, c'est dangereux, parce qu'on arrive avec des projets
de loi mal ficelés, on arrive avec des projets de loi qui, finalement, ne
changent rien.
D'ailleurs, j'ai fait... j'ai siégé sur le
projet de loi n° 85. Ça aussi, c'était un projet de loi supposément sur
l'allègement réglementaire. Les groupes qui sont venus pour le PL n° 11, il y en a qui ont soumis quasiment le même mémoire parce qu'on touchait quasiment les mêmes
sujets. Puis je me suis fait un plaisir, un plaisir de leur demander : Dans
les quatre autres projets de loi que la CAQ, supposément... puis le tout
dernier, le 85, qui portait sur l'allègement réglementaire, avez-vous vu une
amélioration par rapport à tout qu'est-ce qui est paperasse, reddition de
comptes dans votre entreprise? Mme la
Présidente, c'était unanime, unanime, ils ont tous dit : On n'a rien vu de
différence. C'était non. Il n'y avait quasi aucune, aucune amélioration.
Au contraire, on avait alourdi le fardeau de nos entreprises. On les a
alourdies à la hauteur de 2,4 milliards de dollars. Il faut le faire, Mme
la Présidente. Il faut le faire.
• (15 h 40) •
Et ça, c'était un engagement de la première ministre,
oui, mais aussi du... le premier ministre, qui, aujourd'hui, est député de L'Assomption, qui avait dit...
Parce qu'il se faisait dire par les PME et tous les groupes, que ce soit le
Conseil du patronat, la FCEI : Bon, laissez-nous gérer nos affaires,
arrêtez d'intervenir, d'être interventionnistes, on n'a pas besoin de vous, la seule chose qu'on a besoin du
gouvernement, c'est de nous laisser... de nous donner de l'air pour respirer, c'est juste ça qu'on a besoin, pouvez-vous nous
laisser tranquilles? Et qu'est-ce qu'on a fait, Mme la Présidente? On les
étouffe davantage. C'est ça qu'on a réussi à faire avec les cinq, je répète,
cinq, Mme la Présidente, cinq projets de loi, supposément, qui portaient sur
l'allègement réglementaire.
Alors, lorsque les entrepreneurs doivent se
battre contre la paperasse, Mme la Présidente, et la bureaucratie plutôt que d'investir dans leurs projets pour
accroître leur productivité, ça, ce n'est pas comme ça qu'on va prospérer au Québec.
Ce n'est pas comme ça qu'on va s'assurer que nos PME vont être productives et
compétitives. Ce n'est pas comme ça. Et ça
me... Et je sais qu'il y a des députés de l'autre côté... Écoute, je sais,
c'est des entrepreneurs. Je sais qu'ils sont très branchés dans leurs
milieux. Je les vois quand ils font leurs interventions. Il y en a qui ont
siégé avec nous en commission parlementaire.
Tu les vois, ils font face à la même réalité que nous. Qu'est-ce que je dis là,
Mme la Présidente, je l'ai dit tout à l'heure. Ils les entendent, eux
aussi. Alors, où est-ce qu'ils sont? Dans les caucus, j'ose espérer qu'ils vont
parler, qu'ils ont parlé, qu'ils ont eu le temps de s'exprimer.
Alors, comment ça se fait qu'on se retrouve avec
des projets de loi, cinq projets de loi, qui ne changent pas grand-chose dans la vie de nos... de nos
entreprises? Ce n'est pas normal, Mme la Présidente. Ça devrait être le contraire.
Ça devrait être que les entreprises félicitent et qu'après cinq projets de
loi... qu'on avait enlevé suffisamment de bureaucratie pour qu'ils puissent
voir la lumière finalement puis se concentrer à s'assurer que... bien, de
croître et d'avoir plus de contrats. Il y en
a, des entreprises, qui nous l'ont dit, Mme la Présidente : Je n'en prends
plus, des contrats, là, parce que je
mets trop d'énergie ailleurs, j'ai... des ressources sont limitées. On sait
qu'il y a une pénurie de main-d'oeuvre.
Alors, Mme la Présidente, malheureusement, on a
un gouvernement qui se dit gouvernement de l'économie; dans les faits, on voit
exactement le contraire. On a un gouvernement qui dit : Bien, nous, les
PME sont importantes. Nous, les PME, on veut les aider à
accroître puis être productives. On fait exactement le contraire. Alors, moi,
je vous dis, le seul gouvernement qui va se
concentrer sur l'économie, le seul gouvernement qui va être capable de
réellement enlever la bureaucratie dans nos PME, ça va être un gouvernement
libéral, avec le leadership de Charles
Milliard. Alors, merci, Mme la
Présidente.
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) : Merci
beaucoup, Mme la députée. Je cède maintenant la parole à Mme la députée de Verdun.
Mme Alejandra Zaga Mendez
Mme Zaga Mendez : Merci, Mme la
Présidente. Vous savez, quand on a commencé à travailler sur le projet de loi n° 11... Et je suis venue ici me prononcer,
même, en faveur du principe, parce que, tel qu'il était proposé à la base, le
projet de loi était présenté avec un objectif fondamental, c'est-à-dire alléger
le fardeau administratif qui pèse sur nos différentes PME. On nous parlait de
moins de paperasse, de plus d'efficacité pour nos entrepreneurs locaux, bref,
du gros bon sens. Mais aujourd'hui on est appelés à nous prononcer sur le
rapport de la commission et sur pas seulement le projet de loi. Le projet de
loi a changé en cours de route avec nombreux amendements, plus d'une centaine,
qui ont modifié, même, l'essence du projet de loi depuis l'adoption de son
principe.
Encore une fois, la CAQ transforme un projet de
loi dit de simplification administrative, un véritable projet de loi
fourre-tout, et à coups d'amendements déposés l'un après l'autre, des fois,
même, à la dernière minute. La CAQ a utilisé ces textes comme un cheval de
Troie pour faire adopter des mesures qui sont même controversées, au bénéfice
de multinationales, je ne vous parle pas de PME, au bénéfice de multinationales
polluantes et pour même imposer des changements majeurs dans le secteur de
l'alcool, et même certains nous ont dit que le tout, à l'abri du regard du
public et avec très peu d'informations. Et j'en reviendrai.
Je veux aujourd'hui, dans cette prise en
considération, d'amener des éléments fondamentaux qu'on n'a pas pu revoir en
commission et revenir sur le travail et... entre autres, qui est pour moi la
plus grande aberration dans ce projet de loi, les articles... les amendements
faits sur mesure pour la Fonderie Horne.
Le premier thème que je veux aborder, bien,
c'étaient tous les changements concernant l'alcool. L'Association pour la santé
publique du Québec, qui nous a écrit, en fait, un mémoire à la suite d'amendements,
qu'on n'a pas eu la chance d'entendre lors
des consultations, elle a joint sa voix aussi au syndicat de la SAQ. Puis ils
sonnent... Ils ont sonné la sonnette d'alarme, parce que, selon
l'Association pour la santé publique du Québec, «nous assistons à une véritable
capture réglementaire où les règles
publiques finissent par être dictées par des intérêts économiques du secteur
privé au détriment de l'intérêt collectif», c'est-à-dire que ce qu'on
voit dans le projet de loi «s'inscrit dans une voie de libéralisation, voire de
privatisation graduelle du marché de l'alcool, où le gouvernement ne doit pas
laisser des gains économiques demandés par un certain lobby du secteur privé
occulter les impacts sur la santé publique». L'État a le devoir de limiter et
même se pencher à chaque fois qu'on change la commercialisation des substances
à risque par ses sociétés d'État, comme c'est le cas de l'alcool.
Donc, par des amendements qui ont été ajoutés au
fil du processus législatif, et je parle de ceux concernant les prêts-à-boire,
le gouvernement... le gouvernement de la CAQ ouvre désormais la porte à la
vente des cocktails à base d'alcool distillé
dans les épiceries et les dépanneurs. L'ASPQ nous a rappelé dans son mémoire
qu'un constat scientifique est quand même bien établi : lorsque la
disponibilité de l'alcool augmente, que ce soit par le nombre de points de
vente, et que l'offre de produits se
diversifie, bien, la consommation et les méfaits qui sont associés vont
augmenter également.
Je vous avoue, Mme la Présidente, j'aurais
souhaité entendre et questionner l'ASPQ lors de nos consultations, mais c'était
impossible parce qu'on était rendus déjà trop loin, parce qu'on nous a amené
les amendements au fur et à mesure, puis comprendre aussi que ces méfaits
frappent de manière disproportionnée les populations qui sont déjà
défavorisées, nos jeunes ou des personnes à risque.
Vous savez, l'alcool n'est pas... n'est pas une
marchandise comme les autres. Puis loin de moi vouloir retourner à des lois de
prohibition, mais il faut comprendre que le Québec assume déjà des coûts
sociaux estimés à près de 3 milliards de dollars par année en raison
des problèmes qui sont liés à l'alcool, puis cela représente plus de 5 %
de nos dépenses totales en santé et services sociaux de la province. Alors,
chaque fois qu'on fait un changement, il faut le faire avec diligence et en
prenant en considération l'avis de nos experts en santé publique.
Et, en déplaçant la vente des spiritueux, même
qui sont dilués, vers les épiceries, bien, on est en train d'un peu normaliser,
voire banaliser ces produits dans des environnements de consommation courante,
qu'on soit dans les épiceries, les
dépanneurs, des lieux qui sont fréquemment fréquentés de façon massive par des
mineurs, par des jeunes, où des modalités de contrôle et de surveillance
sont, des fois... je ne le souhaite pas, mais peuvent être moins rigoureuses
que dans les réseaux spécialisés, dans nos succursales de la SAQ.
• (15 h 50) •
Procéder à une telle réforme de façon, je vous
dirais, improvisée, voire dernière minute, au détour d'un projet de loi
pourtant d'abord sur l'allègement administratif puis nous amener... en menant
sur un allègement tous azimuts, pour nous, c'est extrêmement irresponsable. Une
réforme de cette ampleur mérite un débat public complet, plus large, et une
révision en ayant en vue la vision qu'on donne à l'encadrement et la vente de
l'alcool, ce qui amène aussi à se questionner sur le rôle et la place de la
SAQ. Et ce qu'on sent de... pas seulement dans ce projet de loi là, et je l'ai
vu également dans mes échanges, c'est qu'on voit cette... une modernisation de
la mission de la SAQ. On n'est pas contre que
les choses changent, mais il faut comprendre les effets de cette modernisation.
On s'inscrit de façon plus explicite dans un... dans un mandat d'une
société d'État qui est plus tournée vers l'optimisation du profit, mais dont la
société d'État n'a pas de responsabilité en matière de
prévention ou de protection de santé publique, comme par exemple c'est le cas
de notre Société québécoise du cannabis, la SQDC. C'est donc la responsabilité
du gouvernement de s'interroger sur le
virage commercial de la SAQ, pas d'aider à l'accomplir étape par étape, tel
qu'il nous est présenté. On le... Comme je le disais, cette société d'État nous
semble de plus en plus être tournée vers le profit au détriment du modèle de
succursales.
Et on voit qu'on réserve également une part des
dividendes de la SAQ au... Ah! pardon. Une chose qui pourrait être souhaitable,
c'est de questionner, voir comment on ajoute des aspects de santé publique à la
mission de la SAQ et même à... et jusqu'à réserver des parts de dividendes de
la SAQ au financement de la recherche, de la prévention et des traitements de
dépendances, des réformes qui pourraient être dans l'intérêt public et nous
permettraient de faire, main dans la main,
une modernisation, tout en prenant soin des effets sur la santé publique. On
souhaite voir que toute future expansion de la distribution de l'alcool a une
évaluation sur la santé publique de façon... de santé indépendante et publique.
Puis j'aimerais aussi revenir sur le fait qu'on
fait des changements à la pièce, parce que je l'ai vu dans d'autres projets de loi ici et là. OK. Là, on va plus
alléger. Aujourd'hui, c'est pour les moissons... pour les boissons à base de
malt. Après, on va le faire pour le vin. Après, on va le faire pour le
cidre. Mais c'est qu'on ne nous présente pas tout ça comme une vision cohérente de tout ce qu'on fait. Puis au détriment de
qui? Puis c'est là où on n'a pas vu des avancées, bien, de soutenir nos
producteurs locaux plutôt qu'être toujours à la merci puis en train d'écouter
le lobbyisme des grands joueurs. Parce que,
pendant qu'on ouvre la grande... la porte grande ouverte aux distributeurs, de
l'autre côté, on continue à refuser d'accorder à nos artisans locaux des
allègements que je dirais plus simples, plus faciles à appliquer, qui sont
compatibles même avec des objectifs de santé publique. Ça peut être des... pour
faciliter la livraison ou même donner plus
de place à certaines productions, que ce soient les microdistillateurs, et
autres, au coeur de nos marchés publics. C'est le souhait, par exemple, des
producteurs de vin, de cidre pour exposer dans des marchés ou d'autres façons
de rendre... faire plus de liens
entre la production locale et la consommation, et qui, ça, à une échelle
raisonnable, bien, ne vient pas créer des inquiétudes, comme on l'a vu
avec les prêts-à-boire.
Un autre
enjeu qu'on a... on a senti pendant l'étude du projet de loi, c'est tout ce qui
nous préoccupe autour de la transparence de l'État. Vous me permettrez
deux secondes, on va avoir un petit peu plus de place. Donc, comme je disais, il y a des reculs importants puis des
préoccupations pour le... en ce qui concerne la transparence de l'État
québécois.
Dans le secteur minier, des groupes nous l'ont
dit, les modifications qui sont là réduisent les obligations de justification écrite de certaines décisions
ministérielles. Ça, c'est moins de transparence, moins de prévisibilité. Et,
plus grave encore, l'abolition du pouvoir de transparence de... du
pouvoir d'examen de la Régie de l'énergie sur les projets d'hydrocarbures
retire une importance... important mécanisme de surveillance indépendant. Des
organismes comme Nature Québec et le SFPQ
déplorent également la disparition de ce chien de garde essentiel que... quand
même, notre Régie de l'énergie.
En matière d'achat public, le gouvernement
retire aussi certaines obligations de reddition de comptes, de suivi concernant l'acquisition de biens et de services québécois.
Après tant de discours puis d'engagements sur l'achat local, le contraste est
quand même frappant, parce que, même si ça semble anodin, bien, c'est ce type
de suivi là qui nous permet de voir comment on avance en termes d'achat
public dans la fonction publique... dans le marché public québécois.
Après, on a eu toute une série d'amendements sur
la foresterie pour lesquels on n'a pas pu non plus avoir une plus grande
discussion. Ce qu'on a vu, c'est que, tout ce qu'on n'a pas réussi à passer
dans le projet de loi sur la réforme forestière, on l'a vu arriver dans le
projet de loi n° 11. Et c'est très problématique
parce qu'on utilise ce projet de loi comme un projet de loi omnibus. On passe
du coq à l'âne. On n'est pas capables de faire de suivi puis on n'a pas toutes les... pas seulement connaissances,
mais informations pour en débattre, puis, entre autres, les articles qui vont
permettre la mise en oeuvre des projets pilotes pour expérimenter et innover.
Puis, même si cette mesure nous est présentée
comme une mesure d'agilité, il y a quand même des reculs. Le projet de loi
stipule que c'est... que les projets pilotes peuvent déterminer leurs
propres normes, lesquelles peuvent différer des obligations prévues par la loi
et le règlement.
Nature Québec
puis, encore une fois, le SFPQ nous ont... ils ont sonné l'alarme que... le
fait que le gouvernement tente de faire passer par la porte d'en arrière
des éléments de la réforme forestière qui avaient été rejetés par le passé. Rien dans l'article 70 n'oblige le ministre à
consulter les acteurs locaux, régionaux ou même les communautés autochtones
avant de lancer un projet pilote. Et, même, pour l'Assemblée des Premières
Nations du Québec et du Labrador, ils voient
ça comme une violation flagrante de l'obligation constitutionnelle de
consultation et du principe du consentement libre, préalable et éclairé.
Et donc... Ou également le gouvernement ne s'oblige à publier les résultats
qu'un an après la fin d'un projet pilote, qui peut durer jusqu'à sept ans,
donc, c'est-à-dire qu'on va avoir le suivi puis les résultats dans... dans sept
ans. C'est plus qu'un cycle électoral, Mme la Présidente. On n'a aucune
exigence de rapport annuel pour corriger le tir en cas d'impact négatif, par
exemple, sur la biodiversité.
Puis il est
impossible pour moi de passer sous silence toutes les mesures qui touchent
l'attestation environnementale de la Fonderie Horne, de Glencore, des
mesures qu'on n'a pas pu étudier dans le détail, et j'en reviendrai, pas parce
qu'on n'a pas eu le temps. Moi, je tiens à vous dire, Mme la Présidente, moi,
j'ai pris tout le temps que j'avais pour questionner puis comprendre. C'est
parce que nous n'avons pas eu d'avis scientifique complet sur l'impact des
mesures que nous... qui sont dans le projet de loi.
Pour la première fois dans l'histoire du Québec,
la CAQ insère directement dans la Loi sur la qualité de l'environnement des
dispositions sur mesure, une attestation sur mesure pour une multinationale
polluante. Je n'ai jamais vu ça et j'ai siégé
pendant quatre ans dans différentes commissions qui regardent notre loi sur les
qualités... sur la qualité de l'environnement. Je n'ai jamais vu un
article qui nomme une multinationale et qui insère des dispositions faites sur
mesure. On le sait, on connaît l'histoire ici, mais, dans l'histoire récente,
ce qui est arrivé, c'est qu'on a une entreprise
qui n'a pas pu arriver au seuil qui leur était exigé, même si ce seuil était
insuffisant, qui a menacé de fermer l'usine et que, de l'autre côté, le gouvernement du Québec a cédé aux pressions
et lui a même dit : Pas de problème, nous allons répondre
à vos exigences et nous allons allonger les permis jusqu'à 2033 au seuil
d'arsenic souhaité par l'entreprise elle-même.
Et ce qui m'a plus
frappée, Mme la Présidente, puis je tiens à le dire parce qu'on n'a pas pu le
dire en commission, c'est qu'on a fini l'étude du projet de loi, et, une
semaine après, noir sur blanc, la Santé publique nous dit qu'elle n'a pas été
consultée sur les articles et sur les amendements considérant la Fonderie
Horne. Ça, c'est arrivé après l'étude détaillée du projet de loi. Et pourquoi?
Parce qu'on n'a pas consulté la Santé publique au début. Il n'y a eu aucun
rapport exhaustif avec un avis du INSPQ ou la Santé publique qui nous a été
déposé pour au moins justifier si c'était valable de passer à 2033 l'arsenic,
le cadmium, les acides de... acide de soufre, également autres métaux très
polluants.
• (16 heures) •
Puis, je le dis noir
sur blanc, c'est... le gouvernement Legault n'a pas sollicité l'avis de la
Santé publique. La Santé publique a seulement donné un avis en octobre dernier
sur une échéance plus courte que l'amendement, et seulement pour un polluant.
L'INSPQ non plus, il a dit... qui a notamment pour mission d'analyser les politiques
publiques ayant une incidence sur la santé, ils n'ont pas été consultés, alors
qu'ils avaient aussi été auparavant consultés dans ce dossier. Il nous
dit : Les modalités n'étaient pas prévues lors de l'élaboration des
travaux, et nous n'avons pas fourni de nouveaux travaux depuis. Ça, c'est la
déclaration de l'INSPQ une semaine après qu'on a fermé le livre puis qu'on a
fermé l'étude du projet de loi. Ça fait que je n'ai pas le choix d'amener cette
information ici et quand même rappeler à tout le monde qu'on... la CAQ veut
nous faire voter sur un projet de loi qu'il n'a pas consulté de façon... la
bonne façon notre direction de la santé publique et notre institut en termes de
santé au Québec.
La direction
nationale a même confirmé, ils ont fait un rapport jusqu'en 2029 exclusivement
pour l'arsenic, mais pas pour les autres métaux lourds. Et, à cet égard,
pendant nos discussions, pendant nos discussions, la directrice de la santé
publique régionale, la Dre Sobanjo, s'est vue forcée de nous écrire, à toute la
commission, pour nous dire : Attention, ce que vous êtes en train de voter
va au-delà du premier avis de la santé publique. Elle nous fait deux pages
d'explications sur les effets nocifs sur l'environnement et sur la santé des
populations de passer... de bouger les échéances en matière de cadmium,
d'arsenic et d'autres métaux lourds.
Moi, je tiens à vous
dire, Mme la Présidente, malgré les 20 milliards de dollars
américains, là, ça, c'est 20 milliards de dollars américains de
profits mondiaux, depuis trois ans, de la multinationale Glencore, elle
continue à remettre en question le fait d'être capable d'arriver aux objectifs,
même de remettre en question les analyses de nos scientifiques québécois. Elle
a exigé, cette multinationale, des délais supplémentaires pour atteindre la
cible intérimaire de 15 nanogrammes par
mètre cube d'arsenic, elle nous a menacés de fermer le site, elle a demandé
encore des centaines de millions de
fonds publics pour moderniser les installations, puis le Québec a plié, au
moins aux deux premières demandes.
Sur
mesure, noir sur blanc, on a mis, dans ce projet de loi, la demande de la
multinationale. Et, quand on le sait, et que c'est écrit, puis je
pourrais vous le lire... bien, le l'ai cité à nombreuses fois, nombreuses fois
pendant l'étude du projet de loi, qu'exiger
des délais supplémentaires pour ce... pour la cible intérimaire de
15 nanogrammes menace la santé des populations. Exiger des délais
supplémentaires pour le cadmium puis d'autres métaux lourds menace la santé des
populations. Prolonger cette situation jusqu'en 2033 comporte un risque
sanitaire réel. Selon l'INSPQ, descendre rapidement
sous la barre des 15 nanogrammes, c'est le seuil nécessaire pour protéger
le développement cognitif des enfants de Rouyn-Noranda.
Puis je vous disais,
noir sur blanc, la santé publique régionale de l'Abitibi-Témiscamingue nous le
dit que les amendements qui sont déposés vont au-delà d'une simple prolongation
de l'échéancier initial, parce qu'on repousse de
24 mois la cible pour l'arsenic, le plomb et le cadmium et on repousse de
30 mois l'entrée de vigueur des normes concernant le dioxyde de soufre et les particules fines. Puis
en verrouillant ce cadre jusqu'en 2033, on se limite même aussi la possibilité d'adopter des exigences à l'évolution de nos
connaissances scientifiques. Puis ce, malgré toutes les préoccupations exprimées
par des gens de Rouyn-Noranda qui m'ont écrit pendant qu'on était dans l'étude
du projet de loi, puis ils continuent à m'écrire, et je sais qu'ils m'écoutent
aujourd'hui.
Malgré
les cris du coeur des différents groupes à Rouyn-Noranda, malgré les
interventions répétées, que ce soit en commission
ou ici, en Chambre, parce que ce n'est pas la première fois qu'on se lève,
bien, ce qu'on voit, c'est comment on continue à dérouler le tapis rouge
vers une multinationale polluante, qu'on se plie encore une fois devant leurs demandes. Puis moi, ma crainte, Mme la Présidente,
c'est qu'on va être devant la même situation, peut-être même à la veille
de 2033, parce qu'à chaque fois on le repousse, à chaque fois, on nous
dit : Ce n'est pas possible. Et là on l'inscrit dans la loi. Donc, pour changer quoi que ce soit, il va falloir
retourner dans la loi pour changer son attestation d'ici 2033. Quand on
a eu l'aveu de la santé publique qu'ils n'ont pas été consultés sur l'ensemble
des changements, moi, je trouve ça déplorable.
Puis ça me fait mal
parce que, ce matin, j'étais dans les consultations sur les boissons
énergisantes, puis je ne sais pas s'il y en a d'autres, députés, qui étaient là
ce matin, puis j'ai vu une des plus belles choses qu'on peut avoir au Québec
lorsque notre santé publique collabore avec l'INSPQ, lorsqu'il y a un partage
des connaissances scientifiques et qu'on arrive à avoir les bonnes informations,
un consensus clair sur les effets nocifs des boissons énergisantes et on
légifère en se basant sur la science. J'aurais voulu voir la même chose autour
de la table au projet de loi n° 11, de voir l'INSPQ
nous dire pourquoi et c'est quoi, les effets de chaque changement, avoir un
avis complet de la santé publique, et là, légiférer, basé sur la science. Mais
ce n'est pas ça du tout que la CAQ a fait.
Ce
projet de loi n'est plus un projet de loi d'allègement réglementaire destiné à
aider nos PME, parce que Glencore, ce
n'est pas une PME. À 20 milliards de dollars par année, c'est une
multinationale suisse qui fait de l'argent, ils sont capables de
réformer leurs pratiques. Ce n'est pas une PME.
Ce projet de
loi est devenu un véhicule législatif qui va sûrement être adopté, parce que je
pense que nous sommes les seuls à
nous opposer ici. Sous le couvert de simplification administrative, on voit une
libération, une... des passe-droits aux grands
pollueurs étrangers et des mesures graves qui vont affaiblir la transparence et
la surveillance de l'État. Puis, après avoir
pris en considération le rapport de commission, les mémoires déposés et les
dernières sorties, que je souhaite vraiment à tous les membres de cette
commission à aller lire avant de voter aujourd'hui, d'avoir pris en
considération les effets sur la santé
publique, l'environnement, on ne peut pas appuyer ce projet-là. Nous allons
voter contre la prise en considération.
Nous allons même voter contre ce projet de loi. Et on va continuer à se battre pour
la santé de nos populations et pour le respect de nos lois
environnementales. Merci beaucoup, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) :
Merci beaucoup, Mme la députée. Y a-t-il d'autres interventions? Oui, Mme la
députée de...
Une voix : ...
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) : Saint-François.
Merci.
Mme Geneviève Hébert
Mme Hébert : Bon.
Bon après-midi, Mme la Présidente. Alors, très heureuse de prendre la parole.
Donc, je salue ma collègue de Jeanne-Mance—Viger, ma collègue de Verdun, il y
a aussi le député de Jean-Talon. On a travaillé ensemble sur ce projet de loi
là, puis moi, bien, c'était mon premier projet de loi, dans le sens qu'il
m'était attitré. Parce qu'étant l'adjointe parlementaire du ministre délégué à
l'Économie et aux PME, à l'époque, bien, le député de Beauce-Sud, qui est rendu
ministre des Affaires municipales, m'avait donné la responsabilité, justement,
de tout le comité réglementaire et
administratif pour l'allègement réglementaire et administratif. Alors, très
heureuse d'avoir préparé ce projet de loi là, d'avoir fait les
consultations, d'avoir participé à l'étude détaillée avec les collègues des
oppositions, qui ont été vraiment
collaboratives. Ils ont posé des bonnes questions, mais il y a eu vraiment une
belle collaboration de la part de
l'opposition avec le ministre qui était en charge à l'époque. Et très fière du
ministre actuel, qui a repris le flambeau. Alors, je sais qu'il a fait
une intervention qui m'a précédée.
C'est intéressant de voir que, dès le départ,
lors des consultations, il y avait énormément d'acteurs qui étaient favorables.
Bon, il y en a qui trouvaient qu'on pourrait aller encore un peu plus loin,
mais, majoritairement, les gens étaient favorables avec ce projet de loi là,
qui vient encore donner un peu d'air à nos entreprises, à nos municipalités, donc, que ce soit aussi au niveau forestier, avec
les projets pilotes. Donc, j'étais vraiment surprise, parce que c'était mon
premier projet de loi, de voir à quel point ce qu'on faisait avait des échos,
donc, sur le terrain.
Et d'ailleurs
je suis vraiment très heureuse, parce que je veux vous mentionner, des fois,
nous, les députés, on a des acteurs locaux qui viennent nous questionner, qui
viennent dire : Voyons, Geneviève, c'est compliqué, toute la procédure. Je
vous donne un exemple. Microbrasseries, moi, j'ai Hop Station, une petite
microbrasserie qui a ouvert pendant la
pandémie, juste, juste avant. Donc, ils ont eu tout un processus à passer à
travers la pandémie et tout. Puis je salue d'ailleurs l'un des
copropriétaires, Étienne Pélissier, qui justement m'alimente énormément dans
toute cette réforme-là de réglementation et tout pour les microbrasseurs. Et je
suis très fière que, dans ce projet de loi là, j'aie eu de l'écoute du
ministre, on a eu de l'écoute de tout le monde, les légistes, pour qu'on puisse
autoriser les titulaires de permis de brasseurs et de distributeurs de bières à
vendre directement aux titulaires de permis de réunion. Ça, Mme la Présidente,
là, ça se faisait, mais indirectement. Donc, ce qu'ils faisaient, les
microbrasseurs, c'est qu'ils devaient vendre... aller porter la bière. Disons
qu'il y a un événement, donc ils devaient prendre la bière, aller la porter à l'épicerie. Puis là l'épicerie devait aller la
livrer à l'événement puis, là, facturer à... facturer à l'événement qui
refacture, puis... Écoutez, il y avait du dédoublement. Donc, pourquoi
qu'on n'aurait pas pu directement, le microbrasseur, aller porter à l'événement
puis facturer interne au lieu de passer par une épicerie? Donc, très heureuse
de voir que cet article-là est dans la loi et que, quand elle sera sanctionnée,
la loi, bien, on n'aura plus besoin d'avoir un intermédiaire entre les deux. Ça
fait que ça, c'est... ça ne parle pas pour beaucoup, M. Tout-le-Monde, mais,
pour des petits entrepreneurs, des
microbrasseurs, ça vient changer la dynamique. Alors, très heureuse de voir
qu'on a pu mettre en place cet article-là qui va venir simplifier la vie
de nos microbrasseurs.
• (16 h 10) •
Puis, vous
savez, tout le long de la consultation, on s'est questionnés, le ministre et
moi, à voir : Écoutez, la loi qu'on a présentement sur les boissons
alcooliques date de la prohibition. C'est un héritage de 1920. Alors est venue
l'idée de partir un comité qui est chapeauté par deux anciennes
députées, donc, Mme France Dionne et Mme Diane Lemieux. Donc, il y a eu un comité qui a été mis en place,
il y a eu des consultations particulières et sectorielles au mois de mai, dont
j'ai assisté, et le nouveau ministre délégué à l'Économie et aux PME, qui a
assisté avec moi. C'était vraiment beau, Mme la Présidente, de voir autour de
la table tous les acteurs qui étaient là, de voir qu'il y avait des échanges,
il y avait des consensus. La RACJ était témoin. Ça fait que, tu sais, il y a
une volonté de faire avancer les choses, et c'est ce que, dans ce projet de loi là, on a vu, qu'on pouvait
aller plus loin, donc, avec ce comité-là qui va déposer un rapport d'ici la fin
du mois de juin. Bien, j'encourage le prochain gouvernement, qui sera
sûrement nous, mais... sinon si c'est quelqu'un d'autre, mais de s'assurer
d'avoir vraiment une portée de pouvoir appliquer, éventuellement, les
recommandations qui auront été faites par ce comité-là.
Et, Mme la Présidente, en terminant, je voudrais
juste parler aussi que ce projet de loi là instaure une nouvelle règle du deux pour un dans l'allègement
réglementaire puis administratif. Donc, vous savez, deux pour un, là, on est une
des premières, je dirais, peut-être la
deuxième province au Canada qui va mettre ça en place. Il y a le Manitoba qui
l'avait mis en place partiellement. Donc, nous, on va vraiment le mettre
en place. Et ça, ça veut dire, Mme la Présidente, que le
gouvernement exige que l'administration retire deux anciennes formalités
administratives ou exigences pour chaque nouvelle obligation qui sera imposée
aux PME et aux municipalités. Et j'ai su qu'on veut élargir ça à plus de 42 organismes et entreprises, donc... et
ministères, excusez-moi. Donc, je trouve ça vraiment intéressant de voir que ça
chemine. Ce n'est pas juste parce qu'on en a
débattu. Il y a encore du travail qui se fait. Puis ma collègue de Jeanne-Mance—Viger, elle a
raison de dire qu'il faut en faire plus mais ce n'est pas simple. J'ai vu tout
l'appareil gouvernemental derrière ça. Mais
moi, je suis toujours la députée qui voit le côté positif. On peut voir un
verre à moitié vide, mais moi, je le vois à moitié plein, puis je sais
qu'on va encore avancer.
Donc, merci, Mme la Présidente, ça a été
vraiment un plaisir comme première expérience du début à la fin d'un projet de
loi.
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) :
Merci beaucoup, Mme la députée. Je cède maintenant la parole à M. le
député de Jacques-Cartier.
M. Gregory Kelley
M. Kelley : Merci beaucoup, Mme
la Présidente. Je vais prendre un couple de minutes de prendre la parole, aujourd'hui, sur le projet de loi n° 11. Je suis d'accord avec la députée de Saint-François qu'on a eu une
bonne atmosphère en commission, on a travaillé bien ensemble quand même
si on n'était pas d'accord sur tous les points. Je pense que la députée de Verdun
vient de bien expliquer la position de Québec solidaire. Et, quand même, comme
je dis, il y a eu des moments où on ne
s'entendait pas sur les enjeux, quand même, le ton est demeuré très
respectueux, et ça, c'est toujours important pour le déroulement d'une
commission parlementaire, parce qu'on est... nous sommes des collègues, et
c'est important de toujours rappeler ça.
Mais, ceci dit, c'était un projet de loi pour
réparer des pots cassés de le gouvernement. C'est eux autres qui ont ajouté
énormément de fardeaux administratifs sur les PME. Depuis 2018, Mme la
Présidente, le fardeau pour nos PME a augmenté de 2,4 milliards de
dollars. Chaque année, on a augmenté de plus, en plus, en plus. Et, quand même,
l'évaluation qui a été faite par le gouvernement, c'est que ce projet de loi va
diminuer ça par 200 millions de dollars. Ce n'est pas rien, mais
quand on a ajouté 2,4 milliards de dollars, ce n'est quand même pas
assez. En 2018, nos petites et moyennes entreprises étaient dans une meilleure
situation. Il y a eu moins de paperasse, c'est juste factuel. Ça, c'est les
chiffres qui viennent quand même de le côté gouvernemental dans les différents
rapports qui sont déposés. Alors, il faut prendre ça en considération.
Et c'est important de noter... Pourquoi j'ai
décidé de prendre la parole aujourd'hui, Mme la Présidente, c'est juste de rappeler que l'ACEI, ils ont déposé un
mémoire, avec plusieurs chiffres, avec l'état de l'esprit des entrepreneurs, et
comment... combien de temps eux autres dédient à la paperasse et gérer la
paperasse. Alors, je veux juste répéter certains chiffres qui sont dans
leur mémoire. Là, je pense que c'est important de rappeler ça à tout le monde.
Ils ont posé une question sur le coût social de la réglementation au Canada
depuis 2024, et c'est sûr que Québec a des enjeux majeurs, mais ils ont...
c'était vraiment... ils ont regardé les PME du Québec dans leur sondage, et
c'est intéressant de voir que «l'excès des règlements ajoute un stress très
important dans ma vie». Les réponses de toutes les personnes qui étaient
sondées, c'est que 55 % ont dit «tout à fait d'accord», 35 % ont dit
«plutôt d'accord». Quand la question a été posée, «je ne conseillerai pas à la
prochaine génération de lancer une entreprise à cause du fardeau réglementaire
actuel», 33 % ont dit «tout à fait d'accord», 35 % ont dit «plutôt
d'accord». Puis c'est triste. C'est un chiffre que, je pense, aucune personne
ici ne va regarder ça, écouter ça, lire ça puis dire : Oh wow! ça, c'est
formidable. Non. Ça démontre comment c'est
difficile de gérer une PME présentement au Québec à cause du fardeau
administratif et la paperasse que nos entreprises doivent gérer chaque
jour.
Encore, je répète que, dans leur mémoire, la
paperasse est coûteuse pour eux autres. Le coût annuel de la réglementation par
employé selon la taille de l'entreprise, en 2024, on parle que c'est
6 000 $ dans la réglementation nécessaire et 3 000 $ pour
la paperasse. Ça, c'est pour les entreprises de moins de cinq employés. C'est
énormément d'argent qui est dédié à gérer la
paperasse. C'est sûr qu'avec le plus grande l'entreprise, il y a plus de
travailleurs à gérer ça, mais, quand même, pour les entreprises à cinq à
19 employés, c'est plus que 4 000 $ qui est dédié à gérer la
réglementation, 20 à 49, c'est 3 000 $. Alors, ça, c'est pour chaque
employé. C'est beaucoup des pertes.
Puis le temps qui est alloué à ça, ils ont
posé : C'est quoi, la moyenne annuelle des heures qui sont consacrées à la
réglementation par employé? C'est environ 100 à 98 pour... des heures qui sont
dédiées par les entreprises avec moins de cinq employés, cinq à 19, c'est 79,
20 à 49, c'est 39 heures, et, pour 50 à 100 employés, c'est
29 heures par employé. C'est énormément de temps qui est perdu par nos
entreprises chaque jour, chaque jour, Mme la Présidente, il y a... ils doivent gérer toute cette paperasse.
Puis ils ont clairement indiqué qu'avec plus de temps, avec moins de paperasse,
il fait quoi, exactement, avec le temps qui
a été libéré, aussi avec l'argent qui est libéré. Puis, il dit, c'est clair
qu'ils vont remettre l'argent pour avoir plus de temps pour développer
des activités, un meilleur équilibre travail-vie personnelle, augmenter les salaires... salariés et améliorer
les avantages sociaux des employés, investir dans l'équipement ou prendre
de l'expansion, réduire la dette, embaucher des employés, réduire les prix.
Alors, quand même, d'avoir moins de paperasse,
Mme la Présidente, c'est une mesure de réduire le coût de la vie. Et c'est vrai que le gouvernement dit vouloir
appliquer le deux pour un, c'est dans la loi maintenant, mais il n'était pas capable
de s'assurer un «un pour un». Alors, ça, ça va être le défi de le prochain
gouvernement libéral, de livrer ce... l'engagement de la CAQ, et je sais que
nous sommes capables.
I think it's important,
Madam Speaker, just to highlight the fact that, since 2018, the
administrative burden and the red tape on companies, small, medium businesses,
in my riding, in the ridings all across Québec, has increased by $2.4 billion under the CAQ Government. This bill reduces
some of the red tape that the current Government created. It is expected to reduce, in financial terms, the
administrative burden by $200 million, so, yes, that's not... it's not
any... it's not nothing, it's... it's
a significant amount of money, but it's a start. And, in 2018, when the
CAQ took over, our small and medium businesses were not as burdened by
red tape, it's just... it's a fact, they were spending less money on having to
manage all the new red tape, and rules, and regulations that this Government
put into place over the years.
• (16 h 20) •
And we know, we know that right
now people who run a small, medium business are feeling discouraged, and discouraged, too, that it's a huge stress in their
life, having to manage all these administrative burdens, red tape that the Government
has put onto them. We know, too, that they wouldn't even advise the next
generation to launch a company because it is so hard to wade through all the
red tape that this Government has put into place. There are, for all of our companies, we can look at it, hundreds of hours
that are spent, especially for small companies, dealing with red tape. We
understand that there's always going to be some administrative burden that
companies have to deal with, but we just know
that it has increased in the last couple of years, and that has made life more
difficult for the small and medium businesses across this province.
And the reality is, with all
these costs associated with that, with all the hours dedicated to managing red
tape, we know that, if we were to give them some breathing room, if we were to
reduce that significantly, they would use the time and the money to reinvest in
their own companies, whether it is expanding projects, making the workers at
their companies get paid more, have better social advantages, better health
care plans, better dental plans, better insurance, whatever it may be. But, I
think, what is most important, too, is that they would pay their workers more,
but, not only that, they would possibly reduce the prices for their products.
And, at a time where the cost of living has increased drastically, reducing the
red tape would be one measure to attack the cost of living. We could make life
easier for our farmers to produce goods, to make people who produce goods sell
them locally here, in Québec. We could maybe help start to reduce the cost for
Quebeckers across this province when they go to the grocery store, when they go
to the store to buy, you know, whether it be something for their family that is
crucial that they need, products made here in Québec, could be part of the
solution.
Alors, Mme la Présidente, merci beaucoup pour
votre écoute. Je veux aussi saluer le travail qui a été fait par ma collègue
de Jeanne-Mance—Viger
sur ce dossier. Puis merci beaucoup encore, Mme la Présidente.
La
Vice-Présidente (Mme D'Amours) : Merci, M. le député. Y a-t-il d'autres interventions? M. le député
d'Abitibi-Est, la parole est à vous.
M. Pierre Dufour
M. Dufour : Merci, Mme la
Présidente. Moi, mon allocution va être très courte, mais je pense que c'est
important de le souligner quand il y a des bons coups qui se font. J'aimerais
féliciter particulièrement le ministre, M. Samuel
Poulin. Je sais qu'on ne doit pas
dire les noms, mais j'aimerais quand même souligner le ministre, qui a été, dans
le projet de loi n° 11, un acteur très, très, très
important, parce qu'il n'a pas eu peur de le moduler selon la situation de ce qui lui a été présenté. Et je pense qu'il a
fait un travail parfaitement intéressant sur le côté, par exemple, des coussins
gonflables, où... alors qu'on était la seule province du Canada, on était la
seule province où est-ce qu'on ne pouvait pas recycler les coussins gonflables des autos accidentées qui n'avaient pas
été justement, mis à contribution lors de l'accident. Ce qui fait en sorte qu'à
partir du moment que le projet de loi va être accepté, nos différents
ferrailleurs seront en mesure de pouvoir maximiser ce produit-là au lieu
que ce produit-là se retrouve tout simplement aux déchets.
Donc, je pense que c'est comme ça qu'on doit
faire des projets de loi, avec de l'écoute attentive, et faire en sorte qu'on
puisse améliorer la société sur des principes, des fois, qu'on se met qui ne
sont peut-être pas des principes qui mériteraient d'être. Donc, on fait en
sorte qu'aujourd'hui c'est... à partir du moment, comme je dis, que le projet
de loi va être accepté, qu'on aura un outil de plus pour les véhicules alors
qu'autrefois on faisait tout simplement des déchets avec ça.
Donc, j'aimerais féliciter le ministre pour son
écoute attentive dans ce dossier-là, ainsi que certains éléments qu'il a mis en place, particulièrement pour le
dossier de la foresterie. Il y a un enjeu, on le sait très, très bien. Le BMMB,
c'est un enjeu majeur, parce que ça fait partie d'une nomenclature qui a été
mise en place, quand même, depuis plusieurs années, mais je pense que les
éléments précis pour lesquels il a mis en place certains éléments du projet de loi n° 11 permettront
certainement de désengorger certaines problématiques du milieu forestier,
malgré tous les soubresauts que le milieu vit présentement.
Donc, sur ce, je voudrais, encore une fois,
féliciter le travail d'écoute qui a été fait par le ministre, à l'époque, dans
ce dossier-là. Merci.
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) :
Merci beaucoup. Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Oui, Mme la
députée de... de Rimouski.
Mme Maïté Blanchette Vézina
Mme Blanchette Vézina : Merci,
Mme la Présidente. Projet de loi n° 11, en fait,
j'aimerais revenir à une sortie qui a été faite par les acteurs de la forêt
privée il y a quelques jours à peine, là, qui mentionnent les problèmes qui
sont vécus sur le terrain par les propriétaires de boisés privés, notamment. Le
ministre et l'ancien ministre des Ressources naturelles
et des Forêts avaient une occasion, avec le projet de loi n° 11,
de venir intervenir aussi pour alléger le fardeau réglementaire des producteurs
privés forestiers, qui sont des dizaines de milliers, plusieurs milliers au
Québec, mais, malheureusement, il y a eu une
fermeture de la part et du ministre et de l'ancien ministre des Ressources
naturelles et des Forêts à ce sujet-là.
Et d'ailleurs les
producteurs de bois privés du Québec ont fait cette sortie, en mai dernier,
demandant à être mieux protégés de la
concurrence déloyale, notamment, de la forêt publique. La sortie médiatique,
elle survenait alors que, bien, bien sûr, on s'apprête à adopter le projet de
loi n° 11, et ça va venir, ce projet de loi là, accentuer
le déséquilibre qui est déjà annoncé... dénoncé par le milieu depuis de
nombreuses années. Il y aurait eu une occasion d'enchâsser dans la loi le
principe de résidualité, ils ne l'ont pas fait, et donc ce n'est pas à
l'avantage du tout de nos producteurs, partout au Québec, qui aident également
à l'approvisionnement des usines, dans un contexte tellement difficile que
l'adoption de ce projet de loi...
Changer
l'attribution, les règles d'attribution et de fixation du bois de la forêt
publique, ça va venir avoir un effet de
concurrence déloyale, selon eux, et c'était un mécanisme aussi qui était
utilisé pour eux... pour pouvoir déterminer de manière juste le prix du bois. Pour eux, ça devient une façon arbitraire
de calculer le prix du bois, et l'approvisionnement va donc devenir beaucoup plus avantageux encore en
forêt publique qu'en forêt privée, venant priver bien sûr, de plusieurs
milliers de dollars de revenus les producteurs.
Ils ont aussi dénoncé
le manque de transparence flagrant, alors que le projet de loi aurait pu...
alors que le ministre aurait pu entendre les groupes et apporter des
améliorations au projet de loi, il a refusé de le faire. Les producteurs
privés, la fédération et d'autres groupes ont déposé et souhaitaient déposer
des amendements, ont déposé des amendements au ministre, que celui-ci a refusé
d'inclure au projet de loi, alors que c'est des amendements qui auraient pu
faire consensus.
Alors, une occasion
manquée pour agir, malheureusement, pour aider à alléger le fardeau
réglementaire des producteurs de boisés privés dans un contexte où c'est très,
très difficile. L'industrie forestière traverse des moments qui sont vraiment,
vraiment difficiles. On parle d'une industrie qui emploie plus de
57 000 personnes dans nos régions. L'approvisionnement de forêts
privées peut être une solution, mais malheureusement, donc, on est venu fermer
la porte à ces amendements, qui auraient pu
aider grandement et sans impact sur le budget de l'État. Alors, c'est une
occasion manquée, M. le Président, par le gouvernement.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
Mme la députée de Rimouski. Est-ce qu'il y a d'autres intervenants?
Mise aux voix de l'amendement
Alors,
s'il n'y a pas d'autre intervention, l'amendement proposé par M. le
ministre délégué à l'Économie et aux Petites et Moyennes Entreprises
est-il adopté? Adopté.
Mise aux voix du rapport
amendé
Le rapport, tel
qu'amendé, de la Commission de l'économie et du travail portant sur le projet
de loi n° 11, Loi modifiant diverses dispositions
principalement aux fins d'allègement du fardeau réglementaire et administratif,
est-il adopté?
Des voix :
Adopté.
Des voix :
Sur division.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Adopté sur division. Mme la leader adjointe du
gouvernement.
Mme Lachance :
M. le Président, je vous demande d'appeler l'article 18 du feuilleton.
Projet de loi n° 12
Prise en considération du
rapport de la commission qui en a fait l'étude détaillée
Le Vice-Président (M. Benjamin) : À
l'article 18 du feuilleton, l'Assemblée prend en considération le rapport
de la Commission des relations avec les citoyens sur le projet de loi n° 12, Loi instituant la prestation de services de garde éducatifs à l'enfance par les personnes
reconnues à titre de responsables d'un service de garde éducatif en communauté.
Je reconnais Mme la
ministre de la Famille... Mme la députée de Saint-François.
Mme Geneviève Hébert
Mme Hébert :Voilà. Donc, bien, bonjour, M. le Président. Je suis très heureuse de
prendre la parole, au nom de ma collègue la
ministre de la Famille, pour la prise en considération du projet de loi n° 12 instituant la prestation de services de garde éducatifs à l'enfance
par les personnes reconnues à titre de responsables d'un service de garde
éducatif en communauté, qu'on appelle communément le RSGE.
• (16 h 30) •
Ce
projet de loi est important parce qu'il répond à une réalité bien concrète,
celle des familles qui ont besoin de plus de places en services de garde, mais
aussi de solutions plus flexibles, mieux adaptées à leur quotidien. Depuis plusieurs années, nous le savons, le réseau doit
évoluer. Les besoins ont changé, les horaires atypiques, les réalités régionales
différentes, diversité des milieux de
travail. Donc, il faut être capables d'y répondre avec des solutions nouvelles,
mais bien encadrées. Alors, c'est exactement ce que propose le projet de
loi n° 12.
Pour rappel, le
projet de loi, bien, vise à instaurer un nouveau type de services de garde
éducatifs à l'enfance, soient les services
de garde éducatifs en communauté. Il s'inscrit dans une foulée de projets
pilotes qui ont été très bien accueillis par le milieu, mais aussi par
les familles qui en ont bénéficié.
D'ailleurs, M. le
Président, j'ai eu la chance d'assister, justement, à la rencontre de la table
des maires de l'Estrie en mai dernier et j'ai rencontré deux maires, dont
M. Poulin, qui est maire de Saint-Ludger, et le maire de Saint-Robert, qui sont dans le comté de mon
collègue de Beauce-Sud, et qui me disaient qu'ils ont saisi cette
occasion-là de partir un projet pilote dans la municipalité de
Saint-Ludger et que c'est fantastique, ça fonctionne très bien. Puis il
dit : Amenez-en, des projets, parce que
je vais en partir d'autres, projets pilotes. Donc, on voit que ça a eu un bel
écho dans les communautés, surtout
des petites communautés comme les petites municipalités en Beauce, que ça
pourrait être en Estrie ou un peu partout.
Donc, ainsi, il y a
deux personnes qui sont responsables d'un service de garde éducatif qui vont
pouvoir unir leurs forces et travailler en collaboration pour accueillir
jusqu'à 12 enfants, soit six enfants pour chacune des RSGE, dans un local
qui est loué par la RSGE ou offert par une entreprise ou une municipalité, par
exemple, comme je vous mentionnais pour Saint-Ludger. C'est une solution
concrète qui permet de créer plus de places et qui contribue à la rétention du
personnel en brisant l'isolement des RSGE.
Donc,
je tiens d'ailleurs à souligner le travail de ma collègue la députée,
justement, de... sur la Côte-Nord, l'ancienne ministre de la Famille, qui a mené
les étapes précédentes pour faire cheminer ce projet de loi avec dévouement et
ouverture. Et je remercie les groupes représentant les CPE, les organismes
communautaires famille et les Premières Nations ainsi que les syndicats qui sont venus exposer leur point de vue lors des
consultations particulières. Leurs interventions, bien, nous ont permis
de mieux orienter les débats et discussions afin de mettre en place les
conditions d'un projet de loi adapté aux réalités que vivent quotidiennement
les RSGE et leurs bureaux coordonnateurs.
Puis, bien, je tiens
aussi à souligner la collaboration entre le ministère de la Famille ainsi que
celui du ministère de la Justice pour les dispositions qui concernent le
recouvrement international des aliments destinés aux enfants et à d'autres membres de la famille. Je crois que l'on
s'entend sur le fond, comme quoi ce projet de loi est une belle avancée pour
les familles québécoises, mais aussi pour
les personnes qui souhaitent devenir RSGE, puisque les nouvelles opportunités
s'offriront à elles.
Plusieurs amendements
ont été proposés et débattus, un exercice qui démontre bien l'intérêt que nous
avons tous pour améliorer le bien-être des familles et de leurs enfants. On
tient d'ailleurs à remercier nos collègues des partis d'opposition, qui ont contribué, eux aussi, à déposer et à adopter des
amendements. Certaines ambiguïtés ont été résolues, comme le statut des
RSGE lorsqu'une entente de collaboration expire ou doit être résiliée. Il y a
eu un amendement qui a visé à ce que le ou la ministre propose des modèles de
clauses à prévoir dans le cadre d'un bail entre deux ou une RSGE et un locateur
et également a été adopté, et ce, afin que... de mieux les outiller. Depuis,
l'encadrement des rôles et des responsabilités des RSGE — c'est bizarre,
hein, toujours dire «RSGE», mais ça a l'air que c'est trop long de tout
l'énumérer à toutes les fois, mais, bon, alors... — et des bureaux
coordonnateurs a été mieux défini pour certains amendements. En effet, la
collaboration entre deux éducatrices a été revue afin que ces dernières
puissent se remplacer à tout moment, tout en étant responsables de six enfants
chacune.
Le travail dans le
cadre des travaux de la commission a permis d'établir des conditions favorables
pour la mise en place de ce nouveau mode de garde, et ce, au bénéfice des
familles québécoises et de nos partenaires du réseau des services de garde
éducatifs à l'enfance.
Alors, M. le
Président, très heureuse d'avoir pris la parole au nom de la ministre de la
Famille et de voir qu'on a un autre projet de loi qui va bien cheminer pour
aider nos familles et nos petits Québécois sur le... pour avoir des services de
garde éducatifs à l'enfance vraiment encore plus accessibles à toutes nos
familles. Merci beaucoup, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci, Mme la députée de Saint-François. Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Pas d'autres
interventions?
Mise aux voix du rapport
Donc, le rapport de
la Commission des relations avec les citoyens portant sur le projet de loi n° 12, Loi instituant la prestation de services de garde
éducatifs à l'enfance par les personnes reconnues à titre de responsables d'un
service de garde éducatif en communauté, est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Adopté. Mme la leader adjointe du gouvernement.
Mme Lachance :
M. le Président, je vous demande d'appeler l'article 16 du feuilleton.
Projet
de loi n° 10
Prise en considération du
rapport de la commission
qui en a fait l'étude détaillée
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : À l'article 16 du feuilleton, l'Assemblée
prend en considération le rapport de la Commission de la culture et de
l'éducation sur le projet de loi n° 10, Loi protégeant les consommateurs
contre les pratiques abusives de revente de billets et de renouvellement
d'abonnements en ligne.
Y a-t-il des
interventions? Je reconnais Mme la députée de Verchères.
Mme Suzanne Roy
Mme Roy
(Verchères) : Merci, M. le Président. Chers collègues, ça me fait
plaisir de prendre la parole aujourd'hui pour la prise en considération du
rapport de la commission parlementaire qui a procédé, ces dernières semaines, à l'étude détaillée du projet de loi de
n° 10, Loi protégeant les
consommateurs contre les pratiques abusives de revente de billets et de
renouvellement d'abonnements en ligne
Alors, nous entrons
dans le dernier droit en vue de l'adoption attendue pour cette importante pièce
législative. Alors, vous allez me permettre, M. le Président, d'abord, de
souligner et de profiter de cette occasion pour souligner l'excellent travail
du ministre de la Justice, Simon Jolin-Barrette, qui est porteur du dossier,
mais également aussi le travail des collègues de toutes les formations
politiques, qui ont permis l'étude détaillée, qu'elle puisse se dérouler
rondement, comme quoi la partisanerie n'est pas toujours de la partie.
Alors,
avec le projet de loi n° 10, nous envoyons un message clair aux revendeurs
de billets de spectacle : s'ils veulent faire affaire au Québec, ils
devront le faire de manière honnête et de manière transparente. Trop souvent,
les plateformes de revente camouflent leur statut de revendeur et trompent les
Québécois en revendant des billets à prix gonflés sans avoir préalablement
conclu des ententes avec le vendeur officiel. Et, en bout de compte, ce qu'il
faut comprendre, c'est que ni les artistes,
ni les maisons de production, ni les milieux de la culture québécoise ne voient
la couleur du profit qui est réalisé.
• (16 h 40) •
Avec le projet de loi
n° 10, on met fin à cette pratique malhonnête. Les revendeurs devront
obligatoirement informer les clients qu'ils sont sur une plateforme de revente
et que les billets qu'ils convoitent peuvent être vendus à prix inférieur
ailleurs, les informer aussi des sièges que les billets permettent d'occuper,
du prix d'origine du billet mis en revente, du nom du dernier propriétaire du
billet et, en cas d'annulation de spectacle, devra aussi informer du changement d'horaire et de lieu. De plus, pour
pouvoir revendre un billet à un prix supérieur à celui d'origine, le revendeur
devra avoir convenu une entente préalable avec le producteur.
Pour
une famille, se payer un spectacle, c'est souvent un luxe, quelque chose qu'on
ne s'offre pas souvent, alors on veut que les familles puissent faire
leurs achats en toute connaissance de cause, qu'elles puissent faire les
meilleurs choix en fonction de leurs besoins.
Le projet de loi
n° 10 et ses mesures s'attaquent justement à des irritants concernant les
abonnements en ligne aussi, qui se
renouvellent souvent automatiquement. Vous savez, le genre de contrat auquel on
souscrit parce qu'il y avait une promotion, il y avait un rabais, mais
avec lequel on reste pris ensuite parce qu'on n'arrive tout simplement pas à se
désabonner. Alors, on parle notamment des plateformes de diffusion, de
livraison de repas, de câblodistribution. Alors,
ce n'est pas normal que ce soit aussi simple de s'y abonner et qu'au moment où
l'on souhaite, justement, se désabonner il faut traverser un labyrinthe
informatique. Alors, certaines entreprises vont même jusqu'à obliger les
consommateurs à appeler le service à la clientèle, question de se donner une
dernière chance pour maintenir captifs les clients. Ce n'est tout simplement
pas normal. C'est pourquoi le bouton «se désabonner» facilement accessible
devra désormais être mis à la disposition
des clients afin qu'ils puissent mettre fin à l'abonnement en quelques clics.
Les clients devront aussi être informés deux à 10 jours avant la
fin d'une période de gratuité ou de rabais et être informés du nouveau prix qui
sera exigé ainsi que la date du... à partir de laquelle il sera en vigueur, et
ça devra être indiqué clairement.
Le projet de loi n° 10 prévoit également une protection de liberté
d'expression des Québécois quant aux avis en ligne sur un produit ou un
service. C'est un phénomène qu'on a surtout observé aux États-Unis pour le
moment, mais certaines entreprises incluent, dans les clauses de leurs
contrats, qu'ils empêchent les clients d'aller exprimer leur mécontentement sur
des commentaires en ligne. Alors, on ne voulait pas attendre, justement, que ce
type de dérive arrive ici, au Québec, alors avec, justement, ce type de clause,
ce sera illégal avec le projet de loi n° 10.
Vous l'aurez
constaté, par les différentes mesures on s'attaque aux irritants du quotidien.
Personne ne devrait se sentir pris au piège
par un service ou floué par des revendeurs. Alors que tout le monde fait son
possible pour joindre les deux bouts,
le gouvernement vient, encore une fois, de réduire la pression sur le
portefeuille et protéger le pouvoir d'achat de nos familles. Le Québec
est un leader en matière de protection des consommateurs. On poursuit nos
efforts, car on veut demeurer un leader dans ce domaine. Alors, M. le
Président, merci.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Merci, Mme la députée de Verchères. Donc,
poursuivons ce débat. Et je reconnais Mme la députée de La Pinière.
Mme Linda Caron
Mme Caron : Merci, M. le Président. Alors, ça me fait plaisir
d'intervenir sur la prise en considération du projet de loi n° 10, Loi protégeant les consommateurs contre les
pratiques abusives de revente de billets et de renouvellement d'abonnements en
ligne.
Alors, comme on peut le
lire dans les notes explicatives du projet de loi, projet de loi n° 10, il
a pour principal objectif de modifier la Loi sur la protection du consommateur
en matière de revente de billets de spectacle, c'est le premier volet, et de
renouvellement d'abonnement en ligne, c'est le deuxième volet. Alors, la
majorité des groupes qui sont venus en
commission parlementaire pour les consultations étaient favorables au projet de
loi, tout en proposant, par contre, plusieurs bonifications pour améliorer,
clarifier et assurer l'efficacité, l'applicabilité et la robustesse juridique
du projet de loi.
De l'avis de Lepointdevente.com, énoncé en
commission, le projet de loi ne résoudra pas nécessairement les problèmes de
revente, mais au moins il outillera les consommateurs, qui sauront qu'ils sont
sur un site de revente, puisqu'il sera obligatoire désormais de mettre bien en
évidence qu'on est sur un site de revente et que, si ça fait notre affaire
d'acheter un billet au prix qui est proposé sur le site de revente, bien, la
décision du consommateur sera prise en
connaissance de cause. Et, si le consommateur, c'est contre ses principes
d'acheter un billet sur un site de revente, ou s'il ne veut tout
simplement pas payer ce prix-là, ou sait qu'il y a un autre endroit où il peut
obtenir un billet au prix original, bien, à
ce moment-là, il sera outillé, il sera informé et pourra prendre sa décision en
toute connaissance de cause. Tous les groupes qui sont venus en
commission parlementaire souhaitent que la mise en application de la loi soit
efficace, et c'est dans cette optique-là que les bonifications proposées ont
été faites.
Sur le premier volet du projet de loi, la vente
de billets de spectacle, donc, le projet de loi vient encadrer la revente de billets sur des plateformes numériques.
C'est important de faire la distinction, ici. Une personne qui a acheté des billets
de spectacle qui ne peut plus s'en servir parce que quelqu'un est tombé malade
ou, bon, il y a un conflit d'horaire, peu
importe, et que cette personne met, sur un des médias sociaux, quelques billets
à vendre, ce n'est pas considéré de la revente
de billets, donc la personne pourra le faire comme avant. Par contre, il ne
faut pas que ce soit de la... ça ne pourra pas être de la revente massive
de billets.
Durant les travaux, l'étude détaillée du projet
de loi, j'ai soutenu l'importance d'inclure le diffuseur au coeur de la décision relativement à la revente de
billets, parce que ce sont les lieux de diffusion, donc, les salles de
spectacle, qui sont les plus touchées quand il y a des problèmes avec
des billets revendus. Puisque les spectacles se passent dans leurs salles, bien, c'est eux qui ont à gérer à
l'entrée, là, les plaintes d'une personne, par exemple, qui aurait un billet
qui est en double, donc qui n'a pas sa place dans la salle de spectacle.
Et, bon, toutes les pertes de revenu, atteintes à la réputation du diffuseur, à
ce moment-là, bien, c'est le diffuseur qui en souffre, et donc il devrait être
partie prenante de la décision. Et un
amendement a été apporté en ce sens à l'article 7, donc on lit maintenant,
dans le projet de loi final, «diffuseur» et puis la notion d'entente
écrite aussi pour ce qui est de la revente des billets.
Un autre
amendement, et je souligne que cette proposition-là avait été... c'était une
recommandation du Groupe iCible, qui
était venu en commission, là, de s'assurer que le diffuseur qui, dans la
réalité, sur le terrain, est celui qui gère les plaintes, bien, que ce... qu'il soit aussi partie prenante
de la décision, que la décision n'appartienne pas uniquement au producteur
du spectacle.
À l'article 9 aussi, il y a eu un
amendement pour retirer les frais de transfert, parce que, dans une... quand on
achète un billet sur une plateforme de revente, il y a le prix du billet puis
souvent, bien, il y a des frais de transfert. Donc,
au lieu d'interdire les frais de transfert... parce qu'il faut savoir que les
plateformes qui revendent des billets ont quand même... et même celles
qui vendent des billets ont quand même des frais d'exploitation de la
plateforme, donc, pour que ça continue,
c'est possible qu'elles aient des frais, mais on ne veut pas, évidemment, des
frais qui n'ont aucun sens. Donc, ce qui a été modifié dans le projet de
loi, c'est qu'au lieu de parler de frais de transfert, on a plutôt introduit la
mesure de ventilation du prix. Alors, on
peut voir le prix du billet puis on peut voir tous les autres frais, le cas
échéant, et, de cette façon-là, bien, on ne vient pas interdire des
frais de transfert en permettant des frais qui porteraient un autre nom, mais qui seraient, finalement, des frais de
transfert abusifs. Alors, c'est... cet amendement-là, je pense, est bien, au
projet de loi. Ça va être plus transparent pour les consommateurs, qui pourront
décider en toute connaissance de cause, comme je l'avais dit tout à
l'heure.
Effectivement, il y a un article du projet de
loi qui vise à interdire d'interdire des... d'empêcher, en fait, un
consommateur d'aller mettre un commentaire sur le site Web d'un commerçant. Un
commentaire, ça peut être un commentaire positif. Habituellement, il n'y a
pas... il n'y a jamais d'enjeu avec ceux-là. Mais quelqu'un qui n'a pas reçu un bon service et qui va le dire sur le site,
bien, on ne veut pas qu'il soit exposé à des représailles, puis il n'y a pas de raison d'interdire cela. Donc, ce sera...
maintenant, ce sera légiféré, si je peux dire... m'exprimer ainsi, c'est dans
la loi.
• (16 h 50) •
Le deuxième volet du projet de loi porte sur les
contrats à exécution successive. Alors, ça, ici, on parle de contrats dont
l'exécution s'échelonne dans le temps, par exemple un abonnement, donc un
abonnement à... on pense facilement à l'exemple d'un Netflix, ou un Crave, ou
peu importe, une plateforme de diffusion où... à laquelle on s'abonne parce qu'il y a une offre spéciale ou
simplement parce qu'on veut s'abonner à cette plateforme. C'est très facile,
mais, sur certaines plateformes, pour se désabonner, ça devient très difficile,
et des fois les gens abandonnent ou même oublient, parce que, justement, ils
n'ont pas le temps d'aller... de trouver le moyen de se désabonner. Bref, c'est
problématique, et ce projet de loi fait en
sorte que le bouton de désabonnement devra être très visible et très facile à
utiliser.
Alors, dans le cas de tous les abonnements, là,
j'ai utilisé l'exemple d'une plateforme de diffusion, ça pourrait être un
abonnement à un service de repas, ça pourrait être un abonnement, même, à une
revue, donc, dans ces cas-là, il n'y a aucun
enjeu avec ce qui est proposé dans le projet de loi. On vient vraiment protéger
le consommateur puis éviter que des abonnements soient étirés sur le...
sur plusieurs mois, voire des années simplement parce que c'est trop difficile
de se désabonner.
Par contre,
il y a des enjeux sur deux points. Premièrement, dans... en ce qui concerne les
services bancaires, les services bancaires sont déjà soumis à des
protocoles très stricts, par exemple, de vérification de l'identité d'une personne lorsque la personne veut fermer un compte bancaire,
par exemple. Alors, de faire ça en ligne, c'est... ça vient à l'encontre de ces
règles de vérification de l'identité. Ça peut poser des problèmes aussi parce
que, dans les comptes bancaires, il peut y
avoir une saisie judiciaire sur un salaire, il peut y avoir des paiements qui
sont faits annuellement ou mensuellement et que la personne oublie de
les annuler. Ça vient avoir... ça peut avoir ensuite un effet sur sa cote de
crédit, etc., donc c'est plus... disons que c'est plus délicat de fonctionner
comme ça.
Ce
que le ministre a accepté de faire, c'est d'exempter les comptes de dépôt de
cette possibilité de fermer le compte en ligne. Mais, pour tout le reste
qui serait pris en ligne pourrait être... pas désabonné, mais supprimé en
ligne. Et, en tout cas, on verra à l'usage, mais on a été sensibilisés par le
secteur bancaire à cette difficulté-là. Donc, je suis contente quand même que
mon amendement pour exempter les comptes de dépôt ait été accepté. Par contre,
pour le reste, j'ose espérer que ça ne
créera pas plus de difficultés que ce qu'on veut éliminer pour les
consommateurs, mais c'est... on le verra à l'usure, comme on... comme
dit l'adage populaire.
Et
aussi, pour les télécommunicateurs, en fait, surtout pour les services mobiles,
je comprends le point de vue du ministre de ne... de vouloir permettre
aux consommateurs de se désabonner d'un forfait cellulaire facilement, et c'est
vrai que c'est difficile. Par contre, si quelqu'un
annule son forfait et annule en même temps, sans le vouloir, son téléphone
cellulaire, il perd son numéro de téléphone
à tout jamais. Et on sait à quel point on est dépendants de nos cellulaires,
alors, si on perd notre numéro, on a... on perd peut-être notre
authentification à deux facteurs parce que c'était avec l'ancien numéro, on... toutes les personnes qui ont nos
contacts, et tout ça, perdent notre trace. Bref, ça peut amener des difficultés
assez grandes.
Ce
que... l'amendement que le ministre a accepté, c'est que, sur le site, par
exemple, d'un fournisseur de services mobiles, là où il y aurait le
bouton pour se désabonner du service, il y ait une mention comme quoi si vous
procédez, vous allez perdre votre numéro, ce sera irrécupérable. Si vous voulez
conserver votre numéro, vous devez téléphoner à votre fournisseur de services,
parce que ce n'est même pas le fournisseur de services lui-même qui le fait
tout seul, il faut que ça se fasse entre les deux fournisseurs de services.
Donc, celui qui est votre fournisseur actuel doit être en communication avec
votre futur fournisseur de services pour s'assurer que vous conservez votre
numéro de cellulaire, donc c'est impossible
de faire ça en ligne. Alors, le ministre, donc, a accepté cet amendement.
Maintenant, est-ce que les gens vont
vouloir... vont prendre le temps de lire cet avertissement qui sera sur le site
du fournisseur de services mobiles? En tout cas, c'est à espérer qu'ils
le feront pour ne pas se mettre dans une situation difficile, mais disons que
j'ai des réserves sur le fait que ça va
fonctionner comme ça. Encore une fois, c'est à l'usure qu'on verra si ça crée
plus de facilités que de difficultés, ou l'inverse. Voilà.
Et finalement, durant
l'étude détaillée, M. le Président, le ministre a introduit deux amendements
qui n'ont rien à voir avec le projet de loi lui-même, mais il s'est servi du
projet de loi pour pouvoir légiférer sur ces points-là, c'est la question des
chiens d'assistance. Donc, il y a un régime d'autorisation qui est instauré, en
fait, pour s'assurer que les chiens d'assistance qui sont offerts comme tels ou
vendus comme tels aux consommateurs aient été formés et puis que... donc, qu'ils puissent faire le travail qu'ils sont censés
faire auprès d'une personne malvoyante ou d'une personne autiste, donc, parce qu'il y a eu des cas, ça a
fait l'objet de... d'une émission Enquête, il y a eu des cas où les
chiens d'assistance n'étaient pas de véritables chiens d'assistance,
puisqu'ils n'avaient pas été formés.
Et l'autre... il y a
eu un autre amendement, aussi, du ministre qui a été apporté à la loi de
protection du consommateur, à l'article 272.1, pour préciser que cet
article-là, 272.1 de la Loi sur la protection du consommateur, est déclaratoire. Donc, la raison pour laquelle
cet amendement a été apporté, c'était pour écarter l'interprétation retenue par
la Cour d'appel du Québec dans l'affaire qui opposait Union des consommateurs à
Air Canada.
Alors, voilà, M. le
Président, pour la prise en considération de ce projet de loi. Je vous
remercie.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci, Mme la députée de La Pinière. Est-ce qu'il y a d'autres interventions?
Mise aux voix du rapport
Le rapport de la Commission
de la culture et de l'éducation portant sur le projet de loi n° 10,
Loi protégeant les consommateurs contre les pratiques abusives de revente de
billets et de renouvellement d'abonnements en ligne, est-il adopté?
Des voix :
Adopté.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Adopté. Mme la leader adjointe du gouvernement.
• (17 heures) •
Mme Lachance :
M. le Président, je vous demande d'appeler l'article 1 du feuilleton.
Projet de loi n° 2
Adoption du principe
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : À l'article 1 du feuilleton, M. le
ministre de la Langue française propose l'adoption du principe du projet de loi
n° 2, Loi permettant au Parlement du Québec de
préserver le principe de la souveraineté
parlementaire à l'égard de la Charte de la langue française et de la Loi sur la
langue officielle et commune du Québec, le français.
Je reconnais comme premier intervenant M. le
député de Saint-Jean.
M. Louis
Lemieux
M. Lemieux :
Merci beaucoup, M. le Président. Nous voilà donc au débat sur l'adoption du
principe du projet de loi n° 2, et,
pour moi, M. le Président, c'est fondamental, parce que ce dont il est question
dans ce projet de loi, c'est notre langue et notre pouvoir... voyons,
législatif à tous en cette Chambre. On parle donc de la fameuse clause
dérogatoire. On pourrait aussi parler de la clause nonobstant. Je n'aime pas
tellement ces deux expressions, mais on a trouvé autre chose avec le temps, puisque ça remonte en...
à 1982. En fait, c'est un héritage du rapatriement de la Constitution de
1982, que — il
faut le rappeler à chaque fois qu'on en parle, c'est trop important — le
Québec n'avait pas signée à l'époque, et aucun gouvernement du Québec ne l'a
signée depuis.
D'ailleurs, on va se
le dire, là, cette nouveauté, en 1982, franchement, c'était une sorte de
prix de consolation de la fédération pour faire digérer, à mon sens, aux États
fédérés tout ce qui ne faisait pas leur affaire dans la nouvelle Constitution
en leur accordant cette option d'inclure dans certaines de leurs lois une disposition
pour les protéger de l'intervention des tribunaux pendant cinq ans. Sauf
erreur, pas mal toutes les juridictions s'en sont prévalues depuis, pour toutes
sortes de raisons. Et c'est comme ça que ce pouvoir d'exclusion est devenu une
sorte de police d'assurance pour le Québec, toujours dans le contexte de ne pas
avoir signé la Constitution et de se retrouver avec les mêmes règles du jeu constitutionnel que les autres États de la
fédération, et c'est pour ça qu'on parle maintenant... et j'y venais, je vous
l'avais dit, qu'on parle maintenant du principe de souveraineté parlementaire,
parce que nous sommes... notre Parlement est souverain dans ses champs de compétence et dans les lois qu'il
adopte. Et donc c'est juste ça, et c'est tout ça à la fois, le projet de
loi n° 2.
Bref, le 6 mai
2026, le ministre de la Langue française a donc déposé le projet de loi
n° 2, projet de loi permettant au Parlement du Québec de préserver le
principe de la souveraineté parlementaire à l'égard de la Charte de la langue française
et de la Loi sur la langue officielle et commune du Québec, le français.
C'était un engagement de la nouvelle première ministre. Cette clause expire, en
théorie et en pratique, lorsqu'on l'a adoptée il y a quatre ans, au
printemps 2027. Le projet de loi n° 2 vise donc à renouveler pour
cinq ans, jusqu'au printemps 2031. Et je pense que nous en avons besoin, mais surtout que notre langue en a besoin, parce
que la Charte de la langue française a été mise à jour, on pourrait aussi dire
mise à niveau par le projet de loi n° 96, en 2022, qui a requis cette
clause de souveraineté parlementaire. Et ce
n'était pas un luxe, cette mise à niveau de la Charte de la langue française.
J'y étais, c'était en 2022, juste en fin de session d'ailleurs. Parce que la charte,
donc, la loi 101 de 1977 datait de presque une cinquantaine d'années...
Imaginez, M. le Président, on a adopté, l'Assemblée nationale a adopté la
Charte de la langue française en 1977. L'Internet était un projet théorique en
exploration à ce moment-là. Et pour une langue, l'Internet, en tout cas pour la
nôtre, ça a changé bien des choses,
parce que c'est là que l'hégémonie anglophone, partout sur la planète, s'est
vraiment installée à la puissance 10.
Bref, la Charte de la
langue française, ce ne sera jamais facile, quand on considère ce qu'il fallait
faire dans la mise à niveau, dans la mise à jour. Notre langue officielle et
commune, depuis l'adoption de 2022... parce que le mot «commune» n'y était pas
à l'origine, c'était la seule langue officielle, mais c'est en 2022 qu'on a
rajouté «commune». Elle est au coeur de
notre identité, rien de moins, depuis des siècles, mais force est de constater
que son déclin, particulièrement dans la région métropolitaine, est plus
qu'inquiétant. Et renverser la tendance est loin d'être évident. Dans le
contexte géographique nord-américain, ce ne sera jamais facile, et le français
aura toujours besoin d'être protégé. Et c'est ça que faisait le projet de loi n° 96 de l'époque, qui est maintenant
devenu la nouvelle version, édition de la Charte de la langue française.
Mais il reste encore
beaucoup de travail à faire, et ce n'est pas le moment d'ébranler ou, pire
encore, d'affaiblir la Charte de la langue française avec des doutes juridiques
ou des doutes politiques. En tout cas, dans cette Chambre, parce qu'il y a les
deux, quand on parle des doutes et des problèmes, quand on y regarde de près,
dans cette Chambre, les doutes politiques
sont considérables. D'ailleurs, du point de vue politique, mettons que les
positions de certains partis pour défendre notre langue sont loin d'être
claires ou rassurantes ces jours-ci.
Pour nous, c'est
clair. Nous sommes justement en train d'étendre la charte au secteur
d'enseignement pour adultes et professionnel, et on va le plus vite possible et
plus loin possible avec les enjeux qui nous inquiètent pour nos jeunes,
notamment leur consommation culturelle en français. Et là encore c'est un défi
et pas juste pour les jeunes, d'ailleurs. Nos lois pour la langue française ne
sont pas juste nécessaires, elles sont vitales pour notre nation. Nous devons
faire tout, tout ce qu'on peut, tout ce qu'il faut pour la protéger. La
souveraineté parlementaire nous permet de décider seuls de notre avenir.
Je
sollicite donc l'Assemblée nationale pour l'adoption du principe de ce projet de loi n° 2. Merci, M.
le Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci, M. le député de Saint-Jean. Nous
poursuivons ce débat sur le projet de
loi n° 2. Cette fois-ci, je reconnais M. le député de l'Acadie.
M. André Albert Morin
M. Morin :
Merci, M. le Président. Alors, je serai bref à l'étape de l'adoption du
principe du projet de loi n° 2, Loi permettant au Parlement du Québec de
préserver le principe de la souveraineté parlementaire à l'égard de la Charte
de la langue française et de la Loi sur la langue officielle et commune du
Québec, le français. D'ailleurs, ma collègue députée
de Bourassa-Sauvé, porte-parole de l'opposition officielle en matière de
français, l'a déjà souligné publiquement, nous allons voter contre le
principe.
Mais, vous savez, ce qui est fascinant cet
après-midi, c'est que, si mon souvenir est bon, et je crois que le député de
Saint-Jean y faisait référence, le projet de loi a été déposé le... en mai, mai
2026. Et donc, là, on se retrouve aujourd'hui, il reste
quelques jours de session, et on nous demande de travailler dans un projet de
loi pour renouveler une disposition de dérogation, donc, qui empêche les gens
d'exercer leurs droits, mais cette disposition de dérogation va prendre fin,
son exercice, en 2027. Donc, il n'y a pas... il n'y a pas d'urgence cet
après-midi, là.
Et on peut se
demander pourquoi, pourquoi la CAQ, à nouveau, tente d'improviser. Et on peut
se demander aussi si c'est un bon usage du temps du Parlement. Puis on peut se
demander aussi si, évidemment, c'est sain pour une démocratie comme le Québec.
Vous savez, on a
énormément de projets de loi à travailler, et, que l'on soit obligé de traiter
d'une disposition de dérogation qui est
encore en vigueur pendant des mois et des mois, évidemment, on peut
s'interroger sur la façon dont le gouvernement de la CAQ gère ses
priorités.
Alors, pour toutes
ces raisons, M. le Président, nous allons voter contre le principe du projet de
loi n° 2. Je vous remercie.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Merci, M. le député de l'Acadie. Est-ce qu'il y a
d'autres intervenants? M. le député de Matane-Matapédia.
M. Pascal Bérubé
M. Bérubé :
Oui. Donnez-moi juste un petit... M. le Président, on comprend l'importance,
pour le ministre, de renouveler de façon
anticipée pour cinq ans l'utilisation de la clause dérogatoire. Je suis bien
dans le bon projet de loi, parce qu'il existe un consensus parmi tous les vrais
défenseurs de la langue française que toutes les occasions sont bonnes
pour protéger la seule langue officielle du Québec. Nous savons tous ce qui
arrive lorsque nos lois se retrouvent sans protection et sont soumises au
jugement des tribunaux.
Les différents
gouvernements que les libéraux ont formés nous ont donné une illustration très
claire, je les prendrai donc en exemple. C'est un hommage en même temps. Depuis
40 ans, chaque fois que le PLQ a réussi à former le gouvernement, il s'est
empressé d'affaiblir les lois linguistiques renforcées par ses prédécesseurs,
et M. Milliard semble déterminé à poursuivre cette tradition avec un zèle
remarquable.
Le chroniqueur Michel
David a rappelé dans sa chronique, ce matin, les faits essentiels : «Les
libéraux aiment rappeler continuellement que Robert Bourassa a utilisé lui
aussi la disposition de dérogation en 1988 pour maintenir l'affichage commercial unilingue français à
l'encontre d'un jugement de la Cour suprême.» C'était vrai, mais cela
s'appliquait seulement à l'extérieur
des commerces. L'affichage bilingue avait été autorisé à l'intérieur. Et donc,
même en utilisant la clause dérogatoire, le PLQ passait du compromis à
la compromission.
Mais ce n'était pas
suffisant. On se rappelle qu'en réaction à Robert Bourassa un caucus de députés
dissidents s'est formé, créant le Equality Party, un parti qui a été fondé le
22 mars 1989 par des dissidents libéraux anglophones qui s'opposaient à la loi 178 du gouvernement
libéral sur l'affichage linguistique, même si la loi, on en convient, était
plutôt tiède. Avec son chef, Robert Libman, qui sévit toujours dans
certaines publications montréalaises, le Parti égalité a fait élire quatre députés, pour mémoire, Gordon
Atkinson, Neil Cameron et Richard B. Holden, en plus de M. Libman, aux
élections de 1989, tous dans les circonscriptions de l'ouest de la ville de
Montréal, D'Arcy-McGee, Notre-Dame-de-Grâce, Jacques-Cartier
et Westmount. Des circonscriptions aussi aujourd'hui bien ancrées dans le Parti
libéral actuel de Charles Milliard et qui,
on le devine, ont des préoccupations similaires, en matière de langue, à celles
de Robert Libman.
Robert Bourassa a dû
travailler fort pour les faire rentrer dans le rang, et, sans surprise, lors de
l'expiration de la disposition de dérogation en 1993, le même gouvernement choisissait
cette fois-ci de reculer complètement sur l'utilisation de la clause
dérogatoire. L'affichage bilingue avait alors été rétabli à l'extérieur, comme
l'avait édicté la Cour suprême, à condition
que le français ait la nette prédominance, sans oublier, après avoir vainement
tenté d'abolir, en 1986, la Commission de protection de la langue française, ça
prend de la mémoire, que les anglophones avaient baptisée la police de
la langue, le gouvernement Bourassa l'a finalement dissoute, elle aussi, en
1993.
• (17 h 10) •
Sous une autre
génération de libéraux, dans les années 2000, ça a été d'autres
compromissions, mais le même manque de
courage pour protéger le français. En 2002, le gouvernement de Bernard Landry a légiféré pour abolir les écoles passerelles, des écoles
privées anglophones non subventionnées que des élèves francophones ou
allophones n'avaient qu'à fréquenter pendant un an pour que toute leur fratrie
ait ensuite accès au réseau public anglophone. Bernard Landry était convaincu que la loi passerait avec succès
le test des tribunaux, mais la Cour suprême l'a déclarée inconstitutionnelle
en 2009.
Un
gouvernement réellement soucieux de l'avenir du français au Québec, au moment
où la Cour suprême rendait son jugement, aurait utilisé la clause dérogatoire. Or,
on était sous les libéraux à cette époque, qui est le gouvernement Charest... a
plutôt choisi de réhabiliter les écoles passerelles en imposant simplement
l'obligation d'y séjourner pendant trois ans avant de pouvoir passer au réseau
public. Même chose sous la gouverne de Philippe Couillard, le PLQ a
combattu férocement la tentative du gouvernement minoritaire de Pauline
Marois — je
m'en souviens, j'en étais — de
renforcer la Charte de la langue
française. Les données du recensement
de 2011 avaient beau être alarmantes, les libéraux continuaient de
s'opposer à toute mesure un tant soit peu coercitive.
Les données du
recensement de 2021 sont pires encore, en plus des récents constats du
commissaire, mais les libéraux de Charles Milliard continuent de défendre l'indéfendable en matière de protection du
français et de s'opposer à l'utilisation de la clause dérogatoire.
Aujourd'hui, le gouvernement l'invoque pour protéger la loi n° 96.
Je me rappelle que nous nous sommes opposés, nous, le Parti québécois, à la loi
n° 96, mais pas à son principe ni à toutes ses
mesures. Nous nous sommes opposés à cette
loi, on a voté contre, parce que la loi n'allait pas assez loin. Je m'en
souviens, j'étais le chef parlementaire.
Le
Commissaire à la langue française l'a d'ailleurs confirmé la semaine dernière,
nous donnant tardivement, mais enfin, crédit
à nos critiques, comme un épilogue au régime de la CAQ. La loi n° 96 n'a pas apporté la solution au déclin du français. Je l'ai dit
à maintes reprises au ministre qui, lui, disait que c'était une loi costaude,
puis il disait que c'était une loi
révolutionnaire, et que, lui, ça le plaçait dans l'histoire, tel un Camille
Laurin moderne... à nos yeux, non, puis aux yeux de plusieurs de ses
collègues non plus, parce que plusieurs m'en ont parlé.
On se souvient que le
ministre avait dit que... il y a quelques mois, et contre l'évidence même,
avoir renversé le déclin du français. C'était assez présomptueux et,
finalement, assez faux aussi. C'était faux à l'époque. C'est prouvé aujourd'hui
par les travaux de M. Dubreuil. Mais ma formation politique appuie
l'utilisation de la clause dérogatoire pour sauvegarder les dispositions, même
si elles sont insuffisantes, de la loi n° 96. Donc,
c'est un principe important. C'est un outil à notre disposition, nous
l'appuyons. Et merci de m'avoir écouté.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
M. le député de Matane-Matapédia. Est-ce qu'il y a d'autres intervenants?
Alors, le principe du
projet de loi n° 2, Loi
permettant au Parlement du Québec de préserver le principe de la souveraineté parlementaire à l'égard de la Charte
de la langue française et de la Loi sur la langue officielle et commune du
Québec, le français, est-il adopté? Adopté sur division?
Des voix :
...
Vote reporté
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Un vote électronique a été demandé. Et ce vote-là
est reporté à demain. Mme la leader adjointe du gouvernement.
Mme Lachance :
M. le Président, je vous demande d'appeler l'article 5 du feuilleton.
Projet de loi n° 17
Adoption du
principe
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : À l'article 5 du feuilleton, M. le ministre
délégué à l'Économie et aux Petites et Moyennes Entreprises propose l'adoption
du principe du projet de loi n° 17, Loi
modifiant principalement la Loi sur le stockage de gaz naturel et sur les
conduites de gaz naturel et de pétrole aux fins d'encadrer les réservoirs
souterrains et certaines conduites.
Y a-t-il des
intervenants? Je reconnais M. le ministre à l'Économie et aux Petites et
Moyennes Entreprises.
M. Daniel
Bernard
M. Bernard :
Merci. Merci, M. le Président.
C'est avec un grand plaisir, M. le Président, que je prends la parole
aujourd'hui afin de procéder à la prise de principe du projet de loi n° 17, Loi modifiant principalement la Loi sur le stockage de gaz naturel et sur les
conduites de gaz naturel et de pétrole aux fins d'encadrer les réservoirs
souterrains et certaines conduites.
Pour
atteindre la carboneutralité et respecter son engagement puis à réduire ses
émissions de gaz à effet de serre et réussir sa transition énergétique,
le Québec doit faire preuve d'innovation, miser sur le développement de
nouvelles filières et tirer profit de sa géologie. Et c'est vraiment ce
volet-là, M. le Président, que j'étais content de... d'être porteur du projet
de loi, parce qu'on parlait, dans le projet de loi, d'une grande partie de ma
carrière, c'est-à-dire la géologie et les connaissances. Et ce projet de loi là
touche vraiment le fondement, et on a eu beaucoup de plaisir en commission
parlementaire, M. le Président.
La semaine dernière,
on a fait deux jours de consultations, le 3 et le 4 juin derniers, puis on
a rencontré une dizaine d'organismes et de
représentants, puis je vais vous les nommer : Deep Sky, qui a un projet
actuellement de captage et de séquestration de carbone à Thetford Mines;
Québec Innovative Materials, qui, eux, font la recherche d'hydrogène naturel,
dont une partie dans ma région, au Témiscamingue, qui ont débuté là-bas, et je
vais vous revenir là-dessus parce que je veux démontrer l'importance du projet
de loi n° 17 en me servant de cet exemple-là. On a
également rencontré les groupes Énergir, Intragaz, le Comité consultatif sur
les changements climatiques, le Conseil Patronal de l'Environnement du Québec,
d'autres acteurs importants. Puis lequel je veux vraiment revenir aussi, c'est L'Union
des producteurs
agricoles... l'Union des municipalités du Québec, Fédération
québécoise des municipalités; deux,
je dirais, chercheurs et sommités dans le secteur, M. Benoit
Marcoux puis M. Pierre-Olivier Pineau, qu'on entend souvent.
Tous les... Je vais
vous dire, qu'est-ce qui est ressorti, entre autres, des consultations puis qui
nous amène au projet de loi, M. le Président, c'est... tous sont d'accord qu'il
faut, premièrement, si on veut vraiment, en termes de carboneutralité,
travailler sur des aspects suivants, la réduction à la source, la captation à
la source et, dans le cas qui nous concerne avec le projet de loi, c'est le
captage, soit aérien puis naturellement à la source, et la séquestration dans des milieux géologiques où, dans le sous-sol, il y a
des réservoirs souterrains. Le deuxième volet du projet de loi, comme je
vous disais, c'est la recherche de nouvelles sources de... un potentiel
énergétique aussi dans la transition énergétique, tel que l'hydrogène naturel.
Tous les intervenants, M. le Président, ils ont vraiment appuyé puis ils
étaient vraiment contents du projet de loi puis... parce que le projet de loi
vise à structurer la mise en place de nouvelles filières qui ont le potentiel
de propulser le Québec à l'avant-garde de l'innovation en matière de
transition.
L'objectif,
M. le Président, c'est d'offrir un encadrement légal et réglementaire complet
et cohérent permettant l'émergence de filières énergétiques stratégiques, dont
le stockage géologique, comme je vous disais, la géothermie et l'extraction d'hydrogène géologique. Pourquoi ce
projet de loi là? C'est qu'actuellement il n'existe aucune réglementation, au
Québec, actuellement, pour qu'est-ce qui concerne ces deux secteurs-là, la
séquestration de CO2 ou de d'autres matières dans le sous-sol et aussi
pour la recherche d'hydrogène naturel. Et je l'ai vécu, comme je vous disais, dans
le cadre de l'hydrogène naturel au Témiscamingue. Alors qu'il n'y avait aucune
réglementation en place, les compagnies, pour faire des travaux, sont venues en
place. Ils ont pris... Ils se sont servis de la Loi sur les mines, qui ne
correspondait pas, M. le Président, à
qu'est-ce qu'on faisait là, parce que la Loi sur les mines, c'est pour chercher
des minéraux solides. Et, quand on parle d'hydrogène naturel, on parle
donc d'un gaz, même si les deux étaient dans la roche.
Donc, il y avait un
vide réglementaire à ce moment-là, et ça a créé des enjeux sur le terrain,
entre autres, avec les agriculteurs sur place et les municipalités. Et c'est pour
ça que, quand, en consultations, la semaine dernière, l'Union des producteurs
agricoles, dont, entre autres, mon président régional était présent... parce
que ça avait vraiment soulevé des enjeux
entre l'entreprise et les producteurs, les détenteurs des droits de surface.
Ils ont fait des travaux sans le respect réel de la loi de protection du
territoire agricole, qui, normalement, auraient dû demander des autorisations, et autres, même chose du côté municipal, prévenir
plus, etc. Alors, l'union... l'UMQ puis la FQM sont donc venues vraiment
appuyer le projet de loi n° 17, et, vraiment, leurs interventions ont été
cohérentes là-dessus.
Alors, comme je vous
le disais, en plus, ce sont des filières émergentes. Autant du côté de la
captation puis de la séquestration du carbone, nous sommes... c'est un secteur
qui est en pleine émergence et en développement. Même chose pour les recherches
de gaz naturel, M. le Président, c'est émergent. C'est des connaissances
géologiques à acquérir pour vraiment
développer ces filières-là, le faire dans, aussi, un encadrement sécuritaire
pour les populations, les propriétaires terriens, et autres. Donc, c'est
à ça qu'on faisait face.
• (17 h 20) •
Alors,
qu'est-ce qu'on veut faire essentiellement, M. le Président, c'est qu'à terme
cet encadrement permettra, entre autres, de rendre l'initiative
québécoise admissible éventuellement, dans une dernière phase, à des crédits
d'impôt pour l'utilisation et le stockage de carbone. Mais qu'est-ce qui est
important, vraiment, c'est... dans tout l'environnement, comme il n'y a pas
d'encadrement actuellement, c'est de limiter des territoires où que les
entreprises pourront faire des demandes de licences quand celles-ci seront
mises en place.
Mais le point
important vers lequel je veux vous amener, M. le Président, que tous les gens,
les intervenants étaient d'accord, c'est la mise en place de projets pilotes.
Comme je vous ai dit... juste un peu précédemment, c'est qu'il n'y a pas...
c'est des entreprises, il y a des sources émergentes, les connaissances sont
peu avancées. Alors, autant les municipalités que même les groupes
environnementaux et les professionnels qui sont intervenus, ils ont dit :
Ça nous prend des projets pilotes. Et c'était un des volets vraiment importants
dans le projet de loi, la mise en place de projets
pilotes, faire des projets pilotes, qu'il va y avoir un encadrement du
gouvernement avec des paramètres qui... les entreprises feront des demandes,
et, à ce moment-là, le gouvernement pourra autoriser ou non les projets pilotes
dans un cadre qui... on pourra fixer les balises. Et ces projets pilotes là
vont donc permettre d'aller acquérir des connaissances en termes de géologie
puis en termes de technologie pour vraiment mettre en place un cadre
réglementaire qui va correspondre aux attentes de la population pour
protéger le public mais aussi permettre à ces filières-là d'aller de l'avant.
Alors, je comprends
les... je sais que l'opposition va soulever que... le fait que le projet de loi
a été déposé au mois de février, qu'on
aurait... on est à la dernière minute, et autres. Mais ce projet de loi là, M.
le Président, il est important. C'est
pour ça qu'aujourd'hui on fait l'adoption de principe, pour aller de l'avant
quand même en étude article par article, pour aller de l'avant et, si
possible, le faire adopter ou avancer le plus possible.
Alors,
M. le Président, je recommande fortement l'adoption du principe du projet de
loi parce que ces modalités-là vont favoriser une approche concertée
face aux différentes utilisations du territoire et un déploiement progressif et
ordonné de ces nouvelles filières.
Le projet de loi
n'affectera pas les interdictions en vigueur actuellement concernant la
recherche, la production d'hydrocarbures et l'exploitation de la saumure. Parce
que, si on se rappelle, M. le Président, le gouvernement avait donc interdit
ces recherches-là et la production d'hydrocarbures. Donc, le projet de loi,
c'est important de le mentionner aux gens qui nous écoutent, on ne rouvre pas cette
filière-là, elle reste fermée comme elle l'est actuellement.
Alors... Puis, de
plus, il va maintenir les licences et autorisations déjà accordées pour les
activités en lien avec le stockage géologique de gaz naturel ayant un caractère
stratégique pour le Québec, d'où la présence d'Énergir et Intragaz lors des
consultations parlementaires.
Donc, M. le
Président, je termine. Alors, vraiment, avec le projet de loi, on veut offrir
davantage de prévisibilité aux entreprises pour les encourager à la réalisation
d'initiatives en lien avec les filières qui valorisent la géologie d'ici et les investissements dans les différents
secteurs stratégiques. On a une géologie favorable pour la recherche de gaz et,
en même temps, pour le stockage de gaz. Le gouvernement se donnera donc
ainsi les moyens pour favoriser l'essor des régions et poursuivre la transition
énergétique tout en continuant de consolider la position du Québec en tant que
leader d'économie verte. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
M. le ministre. Nous poursuivons toujours le débat sur l'adoption du principe
du projet de loi n° 17. Et cette fois-ci je reconnais M. le député de Jacques-Cartier.
M. Gregory Kelley
M. Kelley : Merci beaucoup, M.
le Président. Tout à fait, je vais souligner le fait que ce projet de loi a été
présenté le 5 février 2026, puis nous
avons commencé des audiences publiques, les consultations publiques, M. le
Président, mercredi dernier. On est en juin. Et
c'est vrai, présentement, pour le stockage du carbone puis aussi pour
l'hydrogène naturel, il n'y a pas autant des règlements autour de ces deux
nouvelles filières, mais encore, ce n'est pas la faute de l'opposition officielle qu'on arrive à minuit
moins un. Et je vous rappelle, M. le Président, il y a 84 articles à
étudier, un paquet des amendements suggérés par tous les différents
groupes que nous avons entendus en commission. Ça inclut ceux... eux autres qui... c'est eux autres qui
sont dans l'industrie, les entreprises. On a entendu des experts, on a entendu
des municipalités, on a entendu
l'UPA, on a entendu plein des différents groupes, et tout le monde a des
suggestions d'amélioration.
Est-ce que c'est
nécessaire d'encadrer le stockage géologique du carbone puis l'hydrogène naturel?
La réponse, c'est oui. Sur le principe de le projet de loi et sur qu'est-ce qui
était présenté comme une option, oui, on est d'accord avec ça, mais c'est sûr,
M. le Président, qu'il faut prendre en considération tous les éléments qui
étaient soulevés par les différents groupes. Parce que ce n'est pas... Oui,
c'est un projet de loi important, mais c'est aussi un projet de loi, M. le
Président, qui va créer un nouveau régime pour des filières qui sont plus ou
moins... Alors, il faut faire ça correctement. On veut qu'on ait un régime qui
dure pour une bonne décennie, qui... on n'est pas retournés à... obligés de
retourner à la table de dessin non plus dans un an. Alors, c'est important de
mettre ça en contexte, M. le Président.
Le projet de loi
n° 17 vise à doter le Québec d'un cadre législatif moderne pour encadrer
la recherche, l'exploitation des réserves souterraines et de certains fluides,
notamment le stockage géologique et de carbone et l'hydrogène naturel. C'est
pourquoi nous sommes ici, M. le Président, c'est exactement pour faire ça.
Des bénéfices du
projet de loi n° 17? Je peux le nommer, M. le Président, je peux le
noter : il faut combler un vide juridique qui existe présentement par le
fait qu'on n'a pas des règlements, comme le ministre l'a mentionné, autour des
nouvelles filières énergétiques. Il faut... maintient l'interdiction de la
recherche et de produire les hydrocarbures, ça, c'est maintenu, offre un cadre
plus prévisible pour les promoteurs grâce à un régime de licences et des règles
d'encadrement des activités, favoriser l'innovation, le développement
économique, et soutient l'émergence des filières comme le stockage géologique
du carbone et l'hydrogène naturel, contribuer aux objectifs climatiques du
Québec puis aussi permettre aux entreprises québécoises de soumissionner pour
bénéficier des crédits d'impôt fédéraux liés à des captages... d'utilisation,
de stockage du carbone.
Il y a aussi, M. le
Président, les enjeux et des défis, avec le projet de loi, qui étaient
soulignés par les différents groupes. Sur la prévisibilité du régime, plusieurs
dispositions essentielles sont renvoyées à des futurs règlements, les licences,
garanties financières, restauration, responsabilités, qui se limitent... la
prévisibilité du cadre proposé, acceptabilité sociale et gouvernance. Les
municipalités, les communautés locales et les Premières Nations souhaitent être
pleinement associées au développement des projets et aux décisions touchant
leur territoire.
Protection du
territoire. Les groupes municipaux et le milieu agricole demandent un meilleur
équilibre entre le développement des nouvelles filières énergétiques et la
protection du territoire agricole, des schémas d'aménagement et des autres
usages du sous-sol.
Responsabilité
à long terme. Plusieurs intervenants réclamant... réclament des mécanismes
clairs concernant les garanties financières, la surveillance des sites, la
restauration et la responsabilité pour... afin de protéger les contribuables.
Cohérence avec une
transition énergétique. Le stockage géologique du carbone doit demeurer un
outil complémentaire à la réduction des
émissions de GES, ne pas devenir un substitut aux affaires... aux efforts de
décarbonisation.
• (17 h 30) •
C'est intéressant, M.
le Président, et je veux lire encore pourquoi je trouve ça un peu... Je ne sais
si c'est les bons mots pour les... mais le
fait qu'on arrive à minuit moins un pour adopter un projet de loi qui est
important pour ces nouvelles filières... parce que le gouvernement était
bien au courant, depuis un bon bout, comment c'était important. Et je veux
juste trouver le mémoire du Conseil des ministres qui a été fait, et je vous
lis une citation du mémoire qui a été fait pour le Conseil des ministres.
«Le statu quo n'est
pas une option possible, puisque l'absence d'encadrement légal et réglementaire
expose le Québec à des interventions désordonnées, accroît les risques
environnementaux et de sécurité pour la population et compromet l'acceptabilité
sociale et les investissements des personnes ou sociétés exploitant une
entreprise dans le domaine. Plusieurs élus
et promoteurs ont d'ailleurs manifesté leur préoccupation face à l'absence
d'encadrement. Par ailleurs, le statu quo priverait le Québec des
retombées éventuelles liées au développement de ces nouvelles filières.»
Alors, quand même, le
mémoire a été déposé, il y a une urgence à agir, mais le gouvernement n'a pas
agi, selon mon opinion, M. le Président,
assez rapidement. Maintenant, c'est un défi d'aller contre l'horloge. Et moi,
comme un élu, on... comme vous le savez, M. le Président, on ne va
jamais sentir une pression de faire quelque chose rapidement juste pour faire
quelque chose rapidement. Il faut prendre le temps d'étudier les articles,
parce que, des fois, il y a quand même des enjeux juste avec la base d'un
article dans un projet de loi. Le ministre, moi, peut-être la collègue de Verdun
si elle est présente, et les collègues de le Parti québécois, tout le monde
travaille sur les projets de loi pour s'assurer qu'on sort avec le meilleur
projet de loi possible puis on évite des erreurs qui peut avoir des
conséquences pour l'industrie ou quand même pour les communautés locales.
Alors, il... Ça, c'est notre travail, c'est notre devoir. Et j'entends... Je
connais bien le ministre. Moi, je veux faire mon mieux possible de collaborer,
faire des suggestions, travailler ensemble, mais, comme je dis, on est contre
l'orage. On n'a pas beaucoup de temps qui reste. Puis on va faire notre mieux
possible. Et c'est clair de leur côté de la... de l'autre côté de la Chambre et
sur notre côté de Chambre, que, quand même, on veut adopter un projet de loi
qui est étoffé, mais, en même temps, il est bien fait correctement.
Et on peut quand
même dire, de notre côté : Si jamais ça n'arrive pas par vendredi, bien,
en octobre, quand un gouvernement libéral est élu, puis on revient ici, à
l'Assemblée nationale, on va l'adopter. Ça va être un de nos premiers projets
de loi qu'on va mettre de l'avant pour s'assurer que ça passe. Puis on donne la
prévisibilité à les industries puis aussi aux municipalités, aux Premières
Nations, à tout le monde qui trouve que ce projet de loi est important.
Je pense, M. le Président,
je vais prendre notre prochaine couple de minutes, juste souligner certains
éléments qui ont été soulevés par les
groupes, parce que c'est important de porter leurs voix ici, en Chambre. Et je
veux juste aller en dehors de les présentations qui étaient faites en
commission.
Alors, Deep Sky, qui est une entreprise de la
capture de carbone, qui a un projet pilote à Thetford Mines présentement puis
aussi peut-être des plans pour les autres projets au Québec, a passé en
commission. C'est sûr qu'ils sont
favorables. Ce projet de loi va permettre à eux autres à appliquer pour le
crédit d'impôt, le niveau fédéral. Ça prend un encadrement. Ça, c'est écrit dans la politique fédérale. Sans
encadrement, pas de crédit d'impôt. Alors, ça, c'est important pour eux
autres parce que... pas juste pour Deep Sky, mais toutes les entreprises qui
sont dans l'industrie de la capture de
carbone, M. le Président... pour eux autres, d'avoir des projets rentables, ça
prend un crédit d'impôt, un système d'un crédit d'impôt, parce que,
juste le côté de privé, de faire ça sur une base volontaire ne rend pas
nécessairement les projets rentables. Alors, bref, ça prend un crédit d'impôt
comme une... Il y a des autres manières de le faire, mais le crédit d'impôt,
c'est une façon d'aider ces types de... des entreprises.
Bien, eux autres ont juste fait une suggestion
pour les amendements, que l'entreprise Deep Sky a proposé des amendements
ciblés, notamment pour inclure les conduits de le CO2, prévoir les
mesures transitoires pour les projets déjà
amorcés, éviter les dédoublements avec la Loi sur la qualité de l'environnement et mieux protéger les renseignements industriels, commerciaux
confidentiels.
Après ça,
nous avons entendu Quebec Innovative Materials Corp. Eux autres sont dans
l'exploration, exploitation de l'hydrogène naturel, une source d'énergie ou
une... l'hydrogène blanc, M. le Président, naturel. C'est pas mal nouveau.
On était toujours au courant que ça existe probablement, mais, récemment, il y
a eu plus d'un intérêt des investisseurs pour aller voir qu'est-ce qui est dans
nos terrains, pas juste ici, au Québec, mais un petit peu sur la planète. Puis
ils pensent qu'il y a peut-être un potentiel intéressant de l'hydrogène
naturel, qui pourrait être ajouté à les différentes sources d'énergie, qui est
faible ou n'a aucune émission de gaz à effet de serre. Alors, c'est
superintéressant. Ils sont vraiment nouveaux, là. Ils ont fait une couple de
forages dans le coin de l'Abitibi-Témiscamingue. Alors, une entreprise
québécoise qui a déjà des projets en développement en Nouvelle-Écosse, puis il
veut faire les projets ici, au Québec. Eux autres ont suggéré que... Ils
demandent que l'hydrogène naturel soit défini dans la loi afin de mieux
distinguer cette filière des hydrocarbures à
carbures, alors, d'avoir l'hydrogène naturel, l'hydrogène gris, l'hydrogène
brun, vert. Alors, il y a des différentes façons qu'on peut classifier de
l'hydrogène. QIMC recommande d'encadrer la discrétion ministérielle afin
d'assurer une meilleure prévisibilité pour les promoteurs, les investisseurs.
Après ça, on a entendu Énergir, Intragaz. Eux
autres sont aussi favorables à le projet de loi, mais avec certains bémols. Ils ont clairement dit que... Énergir a...
comme exemple, a souligné toutefois que la portée très large du projet de loi
et le renvoi de le plusieurs paramètres essentiels aux règlements soulèvent un
enjeu de prévisibilité.
Énergir a aussi recommandé de revoir les
restrictions qui limitent le développement des nouveaux ressources de stockage
de gaz naturel aux seuls périmètres existants. Eux autres disent : Bien,
si on peut faire plus de stockage, peut-être, on peut essayer de faire un peu
mieux à aider à gérer la pointe ou quand même renforcer notre sécurité
énergétique. C'est une suggestion qu'eux autres ont faite.
Après ça, on a entendu le Comité consultatif sur
les changements climatiques, puis eux autres sont d'accord que la capture de le
carbone, c'est une solution. Ils ont vraiment, M. le Président, répété que ce
n'est pas une raison non plus de laisser des... ceux qui mettent beaucoup de
GES dans l'atmosphère de continuer de polluer. Ce n'est pas l'objectif. C'est comme... C'est inutile pour se
rendre vers la carboneutralité. Mais ça n'a... ce n'est pas une excuse de
continuer d'avoir les mauvaises habitudes non plus. Alors, c'était intéressant,
une bonne présentation côté plus environnemental.
Eux autres
ont aussi fait une suggestion intéressante et a toutefois indiqué de ne pas
recommander l'élargissement de la possibilité d'acheter ou de vendre des
crédits de cette capturation au-delà des cadres définis par le marché conjoint
de Québec et Californie. Et il y a eu des différents groupes qui ont eu des
points sur est-ce que... Et ils ont fait une recommandation, le comité, de
commander... d'intégrer éventuellement les mécanismes de circulation permanente
au marché conjoint avec Québec et
Californie. Ils recommandent toutefois d'élargir aux... l'achat et de vente.
Alors, c'est comme, eux autres voient
peut-être le marché du carbone comme un vecteur d'aider aussi, pas
nécessairement à financer, mais de créer un marché pour la capture de
carbone. Alors, c'était fort intéressant.
Après ça, nous avons entendu le CPEQ et... le
Conseil Patronal de l'Environnement du Québec. Eux autres ont demandé des
précisions sur plusieurs éléments qui seront déterminés par règlement, alors,
encore, on revient des règlements, notamment
les conditions d'attribution et d'exercice des licences, les normes applicables
aux travaux, les garanties financières, les obligations de fermeture, et
la restauration, et le suivi postfermeture.
Le lendemain,
on a entendu, M. le Président, L'Union
des producteurs agricoles, l'UPA. Eux
autres ont probablement eu le mémoire le... un de les plus critiques de le
projet de loi. Ils sont d'accord qu'il faut l'encadrer, ces nouvelles
filières. Ceci dit, ils ont des suggestions. Ils sont vraiment inquiets pour
les terres agricoles du Québec puis ils veulent avoir une meilleure
participation avec les licences, avec quelle terre et... quelle terre va être
utilisée. Puis eux autres, ils ont dit que la protection de la terre agricole
soit explicitement prise en compte dans les décisions ministérielles liées aux
licences et aux autorisations. L'organisation souhaite que le CPTAQ conserve un
rôle central pour toute activité liée à l'hydrogène
naturel en zone agricole. L'UPA demande que les projets pilotes soient encadrés
plus strictement et qu'ils ne puissent pas servir à contourner les
exigences normales applicables.
Important de noter, l'UPA n'a pas vraiment parlé
de la capture du carbone ou des enjeux quand même liés à le gaz naturel. Ils
ont vraiment parlé juste de l'hydrogène. Et les agriculteurs qui a présenté,
c'était un monsieur de le coin de le
ministre. Je ne pense pas que j'ai les noms devant moi, je m'excuse. Je pense,
c'était M. Rheault. Puis M. Rheault, qui est un agriculteur, il dit : Bien, certains gens de l'industrie
de l'hydrogène naturel a frappé sur la porte des agriculteurs dans la
région pour voir s'il y a l'hydrogène naturel. Puis ça a créé beaucoup de buzz
dans la communauté. Les gens disent : Ah! peut-être,
une nouvelle industrie va arriver chez nous, ça va créer des emplois. Mais il
dit : Ça a aussi posé beaucoup de questions : Mais qu'est-ce qui va
arriver le moment qu'un puits est mis dans notre terre? Mais, le problème, il
n'y a pas de règlement autour de tout ça. Alors, eux autres sont en faveur d'un
bon encadrement, mais encore ils ont dit, et ça, c'est leurs mots, que,
globalement, ils considèrent que le projet de loi n° 17 n'est pas dans la
bonne direction, mais qu'il doit être... et c'est un pas dans la bonne
direction, mais il doit être renforcé afin de protéger l'intégrité du territoire agricole, la pérennité des entreprises
agricoles et sécurité alimentaire du Québec. Alors, on ne peut pas
ignorer un mémoire assez important comme ça, M. le Président.
• (17 h 40) •
Après ça, on
a eu l'Union des municipalités du
Québec, encore un autre groupe qui a
des différentes critiques envers ce projet de loi, d'accord avec le
principe, il faut l'encadrer, mais certaines critiques envers le projet de loi,
notamment, que l'UMQ souhaite retirer
l'obligation faite aux municipalités et MRC de modifier leurs schémas
d'aménagement après l'émission d'une licence et remplacer ce mécanisme
par une consultation obligatoire en amont. Le groupe recommande que les territoires... aux activités prévues par
la loi soient déterminés par règlement plutôt que par un arrêté ministériel, en
concertation avec les municipalités et les MRC.
Puis, un autre élément, le mémoire exprime des
préoccupations importantes quant à la possibilité de déléguer un pouvoir de... — oh mon Dieu! j'ai besoin de l'eau — expropriation
aux titulaires des licences. L'UMQ souhaite que ces pouvoirs soient strictement encadrés par les règlements utilisés
seulement par les derniers... que cet... que ce règlement est utilisé
seulement au dernier recours.
Et finalement on a entendu deux différents
experts. M. Benoit Marcoux, lui, a juste fait une suggestion qu'il faut... Le crédit impôt fédéral pour le captage et
le stockage du Québec est superimportant, mais ça ne devrait pas dicter les
priorités du Québec, puis lui a fait une suggestion qu'il faut avoir les
principes essentiels inscrits dans la loi plutôt qu'entièrement renvoyer au
règlement. C'est... Le principe, c'est la finalité climatique, l'intérêt
public, le traitement des hydrocarbures
associés, la responsabilité à long terme, la transparence, la gouvernance des
projets pilotes et principe d'un fonds pour fermeture.
Aussi, une autre... Lui a suggéré qu'il faut avoir
un bon jumelage avec le PGIRE, qui sort tantôt, que le capture de le carbone
puis aussi l'hydrogène blanc doit être pris en considération dans le PGIRE,
puis c'est tout partie de la stratégie en général de gérer nos ressources
énergétiques. Et il a répété que le projet de loi n° 17
est nécessaire, mais qu'il ne doit pas être traité comme un simple ajustement
technique. Il a vraiment, vraiment répété qu'on va créer une nouvelle... un
nouveau régime, et il faut être prudents avec qu'est-ce qu'on adopte puis
s'assurer que c'est bien fait.
On a aussi entendu le Pr Pineau, qui, aussi,
lui, a dit... Le point que j'ai retenu de ça, c'est que c'est... On ne peut pas juste avoir la capture de carbone puis
continuer de mettre des GES dans l'atmosphère non plus. Ça, ce n'est pas une stratégie de succès à long terme. Mais, quand
même, il dit : C'est une technologie intéressante pour la suite des
choses.
Et finalement la fédération des municipalités, la
FQM, la Fédération québécoise des municipalités, a soulevé plusieurs enjeux
très similaires avec l'UMQ.
Alors, voilà,
ça, c'est la voix des différents groupes, M. le Président. Je pense qu'on doit
prendre en considération leurs suggestions puis avoir des bons
amendements qui vont dans cette direction. De notre... notre côté, on va voter en faveur de le principe, mais, ce
projet de loi, il y a beaucoup de travail à faire pour s'assurer qu'on termine
avec un produit final qui marche pour tout
le monde, qu'il y a une discussion aussi pendant les consultations... excusez-moi,
l'étude détaillée avec les différents
groupes qui sont touchés et qui ont soulevé les enjeux. Alors, on va faire
notre travail, M. le Président. On va prendre le temps qu'il faut. Et je
vous remercie beaucoup pour votre écoute, M. le Président.
Le
Vice-Président (M. Benjamin) : Merci, M. le député de Jacques-Cartier. Nous poursuivons, cette fois-ci, avec Mme la députée de Verdun.
Mme Alejandra Zaga Mendez
Mme Zaga Mendez : Merci, M. le
Président. Donc, à mon tour de me prononcer sur le principe du projet de loi n° 17. Je vais être assez brève. En principe et sur le
fond, je pense que nous sommes pour d'avoir un encadrement législatif qui est
nécessaire pour mettre fin, justement, à un far west puis un vide réglementaire
et législatif concernant la séquestration du carbone, des technologies que je
connais assez bien puis qui, je veux quand même le dire d'entrée de jeu... qui s'insèrent, oui, dans la lutte aux
changements climatiques, mais qui est une option parmi d'autres, qui demeure
complémentaire dans l'atténuation des effets, surtout dans la réduction de nos
émissions de gaz à effet de serre.
Ce qu'on souhaite avant tout, c'est la sobriété,
réduire à la source, maintenir, voire réduire sur le long terme pour atteindre
la carboneutralité, et en effet, dans certains cas, qu'on peut avoir des
technologies de séquestration qui vont nous permettre... le boucler lorsque ce
n'est pas possible de le faire. En ce moment, on n'a pas de cadre législatif pour cela. Donc, pour nous, oui, il est nécessaire
de le faire, et tout en prenant en considération cette vision de
complémentarité, et qu'elle n'est pas la solution, mais plutôt une
technologie qui s'insère dans un... qui doit s'insérer dans un projet plus
ambitieux en termes de lutte et d'atténuation aux... des changements
climatiques.
Donc, pour nous, le projet de loi n° 17
marque un tournant majeur dans la gestion des ressources naturelles du Québec
parce qu'on va parler maintenant de séquestration. On va encadrer la
séquestration géologique du carbone, l'hydrogène naturel, la géothermie
profonde, qui est des mots que, peut-être, on entend peu ici, mais dont ça vaut
la peine de se pencher. On le voit dans la loi, l'esprit, que notre sous-sol,
les réservoirs puis ce qu'on a, là, bien, ça fait partie du domaine de l'État.
C'est nos... c'est nos ressources naturelles, et il faut s'intéresser à comment
on les utilise dans la séquestration du carbone.
Il
y a quand même eu, dans les consultations, des mises en garde, certaines
fractures entre les ambitions de l'industrie, d'un côté, et aussi, bien... et,
de l'autre côté, les impératifs de protection du territoire. Je tiens quand
même à les nommer pour qu'ils soient pris en considération. Lorsqu'on va
être... se pencher dans l'étude détaillée... Je reviendrai sur quand et comment
allons-nous faire ça, parce que, je veux dire, on débat. On est mardi soir. Il
nous reste quelques heures encore de débats
parlementaires. Donc, je ne sais pas si on va être capables de se rendre
jusqu'à la fin.
D'un côté, bien sûr,
l'industrie nous a présenté puis a mis de la pression afin qu'on puisse adopter
ce projet de loi pour sécuriser des investissements et capter des crédits
d'impôt fédéraux avant qu'ils ne s'envolent vers d'autres provinces, puis de
comprendre aussi que nos partenaires, comme la Californie, sont déjà plus
avancés en termes législatifs pour la séquestration. Donc, il faut quand même
rattraper ce retard-là. Mais, en revanche, bien que les experts scientifiques
qui ont été cités, ils sont favorables à l'encadrement de façon générale, M. Pineau,
M. Benoit Marcoux, le Comité consultatif sur les changements climatiques, entre
autres, M. Webster ont quand même insisté sur le fait que la séquestration
ne doit pas servir comme un permis de polluer, comme un ticket d'échange pour
continuer à faire «business as usual», pour ne pas sortir de notre dépendance
envers les hydrocarbures puis, en fin de compte, bafouer puis ne pas respecter
nos objectifs climatiques.
Donc, la
séquestration doit être réservée aux seules émissions industrielles qui sont
inévitables, après avoir épuisé les solutions de réduction à la source. Ça doit
être ça, la priorité. Puis nous partageons cette position. Le captage et le stockage
du carbone ne doivent en aucun cas devenir un permis de polluer, une solution
de facilité pour retarder la réduction réelle des émissions de GES à la source.
Donc, ça ne va pas être juste une simple... un simple échange, de dire :
Là, maintenant, on fait de la séquestration, donc on peut continuer à émettre
comme on le faisait au tout début.
Quelques réserves
également que ça vaut la peine de mentionner. L'Union des producteurs agricoles
a dénoncé l'absence de protection automatique pour les terres agricoles. Ça
demeure quand même une préoccupation lorsqu'on fait... on insère et on encadre ce type de technologie. L'Union des municipalités du Québec et la FQM, ils ne veulent pas qu'on ait
seulement une approche en aval où les municipalités sont contraintes à adapter
leurs aménagements aux licences déjà émises par le ministère. Donc, le prendre
en considération.
Également, le renvoi
systémique des conditions essentielles, c'est-à-dire les garanties financières,
les normes de sécurité, les critères
d'attribution à des règlements futurs a été qualifié de... qu'on ne peut pas
juste repousser ça. Ça peut être vu comme un chèque en blanc et ça a été
ramené par plusieurs groupes. Autant les groupes environnementaux qu'une nation
autochtone, W8benaki, nous demandent aussi de prendre le temps de bâtir un
cadre plus robuste qui respecte les droits ancestraux et qui intègre
l'intégrité écologique sur le long terme.
Et
j'ai... Une inquiétude que j'ai également, c'est dans l'article 22, tel
qu'il est écrit, qui permet de déléguer un pouvoir d'expropriation au
profit d'intérêts privés pour accéder à un bien commun. Je pense que ça va être
intéressant de débattre elles sont où, les limites, parce qu'il faut que les
garanties financières pour la restauration des sites soient aussi obligatoires
et totales afin d'éviter que l'État n'hérite de... environnementaux coûteux et
de puits orphelins. Nous l'avons déjà... On a déjà vécu cela dans le passé. Je
rappelle, la transition énergétique du Québec doit reposer sur un cadre de gouvernance rigoureux qui refuse la
privatisation des profits et la... et la socialisation, de l'autre côté, de nos
risques environnementaux sur plusieurs siècles.
• (17 h 50) •
Je me permets quand
même de nous dire qu'on a quand même une inquiétude sur l'adoption. Il y a
beaucoup d'articles. C'est un cadre assez
complexe. On va voir qu'est-ce qu'on va nous proposer. Mais, sur le fond et sur
le principe qu'il nous faut un cadre, s'il nous faut... il nous faut
même des projets pilotes, bien, on va être pour ça. Je pense qu'on va regarder
ça en détail pour répondre aux préoccupations et de toujours ramener à l'esprit
que c'est une technologie qui ne vient pas se substituer à la lutte et à
l'atténuation de nos émissions de gaz à effet de serre, mais elles viennent
être complémentaires, à la fin, lorsque certaines émissions, bien, sont
inévitables.
Alors, nous votons...
nous sommes pour l'adoption de ce principe. Merci beaucoup.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Merci, Mme la députée de Verdun. Nous poursuivons
ce débat. Est-ce qu'il y a d'autres intervenants? Je reconnais Mme la députée
de Notre-Dame-de-Grâce.
Mme Désirée McGraw
Mme McGraw :
Oui. Merci, M. le Président. Alors, c'est un honneur pour moi, à mon tour,
de prendre la parole en tant que... au nom
de ma formation, l'opposition officielle, en tant que porte-parole, entre autres,
en matière de changements climatiques suite à mon collègue le député de
Jacques-Cartier, qui est notre porte-parole, entre autres, en matière
d'énergie, et de travailler avec lui de tout près sur ce projet de loi
n° 17, c'est-à-dire la loi modifiant... la Loi modifiant
principalement la Loi sur le stockage de gaz naturel et sur les conduites de
gaz naturel et de pétrole aux fins d'encadrer les réservoirs souterrains et
certaines conduites.
Alors,
on aimerait tout d'abord, évidemment, saluer le ministre délégué à l'Économie
et aux Petites et Moyennes Entreprises et, bien sûr, mon collègue, comme
j'ai dit, le député de Jacques-Cartier.
Alors, comme a déjà
été souligné, on parle d'un projet de loi assez complexe, assez technique, M.
le Président, 84 articles sur
31 pages, qui modifie non moins de 10 lois et qui vise principalement à
encadrer la recherche et l'exploitation des réservoirs souterrains et de
certains fluides, notamment le stockage géologique du carbone, l'hydrogène
naturel et certaines activités liées à la géothermie. La loi ou le projet de
loi maintient également l'interdiction, et c'est très important de le souligner, M. le Président, l'interdiction de chercher
et d'exploiter des hydrocarbures. Mais ce projet de loi, en même temps
d'effectivement... cette interdiction, ce projet de loi, quand même, vient
créer un nouveau régime, un nouveau régime de licence pour les usages permis du
sous-sol.
Enfin,
plusieurs éléments importants seront déterminés par règlement, qui est normal,
mais, en même temps, on n'a pas même reçu les intentions réglementaires, M. le
Président. Et c'est une habitude de ce gouvernement de faire beaucoup par
règlement, et ça rend notre travail de législateur plus difficile, donc, des
règlements, notamment, sur les conditions d'attribution et d'exercice de
licence, les normes applicables aux travaux, les garanties financières, les
obligations de fermeture, de restauration et de suivi postfermeture.
Mais, quand même,
c'est un projet de loi robuste, mais je tiens à souligner, M. le Président, le
fait qu'on est maintenant... On est aujourd'hui le 9 juin. Ce projet de
loi, il a été déposé en février de cette année. Donc, ça fait plus que quatre
mois. Qu'est-ce qui s'est passé pendant ces quatre mois, M. le Président? Bien,
il y a eu une course à la chefferie à la CAQ et il y a eu plein de projets de
loi, dont celui-ci, qui a été retardé avec un changement de première ministre,
avec un changement de ministre. Et, si je comprends bien, ça fait trois ans au
moins, M. le Président, que le gouvernement est au courant qu'on a besoin d'un
cadre législatif, que c'est primordial. Même dans le mémoire, au Conseil des
ministres, on souligne le fait que le statu quo n'est... est inacceptable.
Donc, le gouvernement sait qu'il faut mettre en place ce cadre législatif,
depuis pas juste quatre mois, mais des années. Ça fait qu'on se retrouve, ces
derniers jours, ici, à l'Assemblée nationale, où on essaie de faire passer des
projets de loi importants... importants, ce projet de loi, pour notre futur
climatique, pour notre futur économique et énergétique, et voilà qu'on fait les
choses à la va-vite. Et ce n'est pas comme ça qu'on devrait travailler, M. le
Président.
Ceci étant, on prend
notre rôle d'opposition officielle très au sérieux. On va travailler de façon
rigoureuse, constructive pour bonifier le projet de loi si on a cette
opportunité.
Comme mon collègue
l'avait dit, nous allons... on sera... on va voter en faveur de l'adoption du
principe parce qu'on trouve que c'est important de mettre en place le cadre
législatif. Et d'ailleurs tous les groupes qui sont venus en consultations,
pendant les consultations particulières, tout le monde a été d'accord pour
dire : On a besoin d'un cadre législatif.
Est-ce qu'il y a des bonifications? Est-ce qu'il y a des amendements?
Absolument. On a entendu... on a entendu des propositions. Mais tout le
monde est d'accord qu'il faut encadrer, qu'il faut un nouveau régime, qu'il
faut encadrer puis il faut bien faire les choses.
Alors, comme je dis,
l'idée, c'est d'encadrer les activités émergentes comme la recherche de
nouvelles filières énergétiques sur le territoire, telles que l'hydrogène
géologique ou la géothermie, le stockage géologique du carbone, essentiel pour compenser certaines émissions
résiduelles, c'est-à-dire inévitables, de gaz à effet de serre. Ce dernier
implique le captage de CO2 et son stockage profondément sous
terre.
Et on souligne ce que
les experts nous ont dit, que l'objectif de ce projet loi en matière de
stockage et de séquestration, ce n'est pas de diminuer notre ambition
climatique, M. le Président. C'est sûr qu'on parle de GES, d'émissions de GES résiduels, c'est-à-dire des GES
industriels qui sont inévitables. Et ça représente à peu près, M. le Président,
15 % des émissions. Le 85 % des émissions GES, ça, c'est des
réductions qu'on doit faire. Et on ne peut pas remplacer ces réductions. C'est important. Mais, pour
atteindre la carboneutralité d'ici 2050, on a un 85 % à aller chercher
dans la réduction des GES, mais il y
a des GES qui sont résiduels, qu'on ne peut pas réduire, et donc il faut mettre
en place des technologies pour aller
chercher ce 15 %. Donc, c'est important. Tout ça, M. le Président,
s'inscrit dans la lutte contre les changements climatiques.
En même temps, avec
le triple bilan, il y a des avantages pas juste environnementaux, mais
économiques et sociaux aussi, notamment dans le cas... dans le cas du captage
pour la ville de Thetford Mines. Ma collègue la députée de Mont-Royal—Outremont a été... c'est notre porte-parole. Elle vient de cette
région-là. C'est notre porte-parole pour cette région. Elle a été visiter le
site, elle a été à Thetford Mines, et il y a des retombées assez importantes,
monsieur... économiques pour Thetford Mines. Si ce projet avec Deep Sky se
réalise, on parle de 1 à 1,7 milliard de dollars à travers les quatre phases de ce projet. Ce n'est
pas rien, M. le Président, surtout qu'on se retrouve en pleine crise
déficitaire. On a un déficit historique au Québec. Donc, il faut aller
créer de la richesse, il faut augmenter notre productivité et créer... Ça, ça
pourrait créer de la richesse et aussi créer des emplois, beaucoup d'emplois,
des centaines d'emplois, M. le Président.
Donc, ce n'est pas négligeable. Mais aussi ça permettrait, par exemple, à Deep
Sky d'aller chercher des crédits du fédéral. Il y a un programme de
crédits au niveau fédéral pour encourager la recherche et le développement dans
ce secteur-là, et ils pourraient aller chercher... Ça pourrait couvrir le deux
tiers des coûts de ce projet-là à Ottawa. Donc, on ne parle pas de subvention
publique du Québec, on parle d'un cadre législatif, mais c'est seulement...
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Mme la députée, souhaitez-vous poursuivre à la
reprise des travaux?
Une voix :
...
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Parfait. Alors, compte tenu de l'heure, nous
allons suspendre les travaux jusqu'à 19 h 30.
(Suspension de la séance à
18 heures)
(Reprise à 19 h 31)
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Bon
début de soirée à toutes et à tous. Prenez place. Nous allons poursuivre
nos travaux.
Nous étions arrivés à l'article 5, donc, où
il y avait un débat. Donc, M. le ministre délégué à l'Économie et aux Petites
et Moyennes Entreprises propose l'adoption du principe du projet de loi
n° 17, Loi modifiant principalement la
Loi sur le stockage de gaz naturel et sur les conduites de gaz naturel et de
pétrole aux fins d'encadrer les réservoirs souterrains
et certaines conduites. Et
nous étions à l'intervention de Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce. Poursuivez, Mme la députée.
Mme McGraw : Merci, M. le
Président. Alors, justement, on parlait des consultations particulières lorsque
nous... pendant deux jours, le 3 et le 4 juin. On a écouté des groupes,
des experts, milieu municipal, agricole, milieu des affaires, les experts, les groupes environnementaux aussi, et on
comprend que, sans ce cadre... l'absence de règles et de cadre
législatif crée de l'incertitude, n'encadre suffisamment... pas de façon
suffisante les risques environnementaux et freine les investissements alors que
des projets sont à l'étape de la recherche sur le terrain. Alors, tout le monde
était d'accord, justement, sur la nécessité
de créer un cadre législatif pour ce nouveau régime et avait des amendements
pour bonifier le projet de loi.
Plusieurs entreprises ou des groupes industriels, comme Deep Sky, QIMC,
Énergir, Intragaz, le CPEQ, ont
demandé un cadre clair, prévisible et adopté rapidement afin de remettre des...
permettre des investissements et l'accès au crédit d'impôt fédéral,
alors ils veulent... voulaient une adoption assez rapide.
Les groupes municipaux, dont l'UMQ et la FQM,
ont demandé une meilleure reconnaissance des compétences municipales et une consultation obligatoire en
amont, le respect des schémas d'aménagement et des garanties financières
claires. L'UPA a demandé un meilleur
encadrement des activités liées à l'hydrogène naturel en territoire agricole,
notamment une soustraction par défaut des terres agricoles, un rôle
central pour la CPTAQ et des mesures de restauration adaptées.
En ce qui concerne les groupes environnementaux
et les experts, dont le Comité consultatif sur les changements climatiques, le groupe Regroupement national des
conseils régionaux de l'environnement du Québec, Pr Pierre-Olivier Pineau
et M. Benoît Marcoux... ont insisté sur le fait que le stockage du
carbone doit demeurer complémentaire à la réduction des émissions de GES et non devenir une solution de facilité.
Effectivement, comme je l'avais dit auparavant, M. le Président, que ça
s'adresse... le stockage, c'est vraiment pour les GES résiduels, impossibles à
éviter et résiduels.
Donc, je vais m'attarder quand même à
quelques-uns de leurs mémoires et présentations. Donc, le Comité consultatif
sur les changements climatiques, ils ont recommandé... ils ont fait plusieurs
recommandations, d'ailleurs c'était assez détaillé, leur mémoire, donc déterminer
le potentiel de captage et de stockage du carbone sur le territoire québécois, définir le cadre réglementaire pour
assurer le développement adéquat de cette filière, mettre en oeuvre à court
terme des projets pilotes de séquestration
permanente du carbone, intégrer ces mécanismes de... pardon, de séquestration
permanente du carbone au marché conjoint avec la Californie. Ça, c'était un
point important qu'ils ont amené. Ils ont aussi
fait la distinction entre la séquestration permanente et temporaire et aussi
basée... des solutions basées sur la nature versus des solutions technologiques. Et basées sur la nature, bien que
c'est important, il faut avoir d'autres solutions aussi, des solutions technologiques. Alors, le comité ne
recommande toutefois pas un élargissement de la possibilité d'acquérir
ou de vendre ses éventuels crédits de séquestration au-delà du cadre défini par
le marché conjoint avec la Californie. Et finalement il recommande d'adopter
une cible de carboneutralité pour le secteur de l'ATCATF correspondant à zéro
émission nette en 2045.
Le Pr Pierre-Olivier Pineau, il mentionnait
qu'il est essentiel d'avoir un cadre juridique pour la séquestration de carbone et que c'est... et c'est ce que la loi
doit avant tout viser. Il faut s'assurer que les promoteurs du projet de
stockage du carbone puissent opérer dans un cadre clair, et il est
évident que la responsabilité et les coûts des sites de stockage doivent rester
aux mains des promoteurs. Ceux-ci doivent composer pleinement tous les
dérangements actuels et à venir causés par les sites de séquestration. Ensuite,
Pr Pierre Pineau a ajouté que cette séquestration doit être aussi une mesure de
dernier recours, alors que toutes les stratégies de réduction d'émissions de
GES ont été épuisées. Donc, on revient à cet
aspect d'il faut miser sur la réduction pour le 85 % pour atteindre la
carboneutralité, mais aussi il y a ce 15 %, donc, de GES résiduels.
Le projet de
loi n° 17 est important pour permettre le développement d'un type de
stockage du carbone, c'est-à-dire la séquestration en réservoirs
souterrains, et pour encadrer une éventuelle production d'hydrogène blanc. Il
ne faut cependant pas perdre de vue que d'autres types de stockage sont
possibles, et il parlait notamment de la carbonatation minérale, et que d'autres types d'hydrogène sans émission de GES peuvent
être développés, mais surtout la logique de développement de ces
secteurs doit être subordonnée à une réduction des émissions de GES. On revient
encore à la même... au même point central. Alors, cette réduction doit primer
sur tout autre développement au nom de l'économie et de l'environnement.
Et finalement, dans son mémoire... dans sa
présentation, le Pr Pineau a souligné le fait que le projet de loi n° 17
propose un cadre nécessaire pour les réservoirs souterrains. Il doit s'inscrire
dans une volonté générale de développer le Québec en appliquant des principes
du développement durable et ne doit pas permettre de simplement qualifier des
projets pour recevoir des subventions d'un ordre de gouvernement qui en
propose, pour des projets impliquant des réservoirs souterrains. Ceci étant, on
comprend très bien, comme je l'avais souligné auparavant, qu'il y a des crédits
fédéraux qui valent des centaines de millions de dollars et qu'à peu près les
deux tiers des coûts, en tout cas, du projet Deep Sky, à Thetford, seraient...
ce serait le gouvernement fédéral qui s'en occuperait. Donc, ce n'est pas
négligeable, et c'est important, surtout dans un contexte déficitaire et dans
un contexte où il faut innover.
M. le Président, pendant les consultations, j'ai
souligné mon ancien mentor. Comme vous le savez, j'ai cofondé le projet climat
Réalité climatique d'Al Gore au Canada, et il disait tout le temps, en ce qui
concerne les changements climatiques... il disait tout le temps : «There's
no silver bullet solution, there's only a silver buckshot.» Donc, il faut
regarder plus de solutions naturelles, technologiques. Et la réalité, M. le
Président, c'est qu'en 2026, après... ça fait depuis
les années 90 qu'on reconnaît les changements climatiques, on est rendus
où beaucoup des solutions les plus faciles ont été mises en vigueur, il
nous reste surtout des solutions plus difficiles.
• (19 h 40) •
En
ce qui concerne le Regroupement national des conseils régionaux de
l'environnement du Québec, ils ont souligné le fait que le projet de loi n° 17
représente une étape importante dans l'encadrement des activités du stockage du
carbone au Québec, et cette avancée législative doit s'inscrire dans une vision
globale et cohérente de notre stratégie climatique où la séquestration du
carbone, qu'elle soit naturelle ou technologique — naturelle, par
exemple, c'est la biodiversité, c'est les
forêts — ne
saurait se substituer aux efforts indispensables de réduction des émissions à
la source. Ça fait que tout le monde est d'accord là-dessus. Le
regroupement réitère l'importance d'adopter une approche prudente, et intégrée, et transparente de cette nouvelle
technologie. Il exprime également des inquiétudes concernant l'autorisation
de l'exploitation de l'hydrogène blanc ouverte, parce que le projet... ce
projet de loi enjoint le gouvernement du Québec à adopter une politique
séparée, claire et spécifique à cette filière, si son souhait est d'explorer
cette source énergétique encore mal connue
et aux débouchés commerciaux plus qu'incertains. Alors, ça, c'est leur point de
vue. Alors, ils ont aussi fait plusieurs recommandations, cinq
recommandations très détaillées.
Et en conclusion,
monsieur... donc, je ne vais pas citer tous les groupes, tous les mémoires,
mais je voulais m'attarder surtout aux
experts, au Comité consultatif sur
les changements climatiques. Je réitère
que tout le monde était d'accord sur le besoin d'avoir un cadre
législatif au Québec. On est d'ailleurs en retard par rapport aux autres
provinces, la Colombie-Britannique, l'Alberta, la Saskatchewan, l'Ontario. On
est en retard, M. le Président. Ça fait au moins trois ans que le gouvernement sait qu'il faut faire... qu'il faut aller
de l'avant avec cette législation, on... qui a été déposée, même, en retard, en février 2026, et là appelée en
juin 2026, donc quatre mois plus tard, après la course à la chefferie. Donc,
on a perdu beaucoup de temps, M. le Président, et on se retrouve dans une
position très difficile, parce qu'on a un devoir de législateurs, d'opposition
officielle, de faire un travail qui est rigoureux, qui est sérieux, c'est de
notre devoir de s'assurer qu'on a des
politiques publiques qui sont éclairées, qui sont bien débattues, qui
représentent les données, qui représentent
l'expertise, qui représentent tout ce qu'on a entendu des groupes, et il nous
reste très peu de temps, M. le Président.
Donc, pourquoi on est
rendus là, deux, trois jours avant pas juste la session parlementaire, mais le
mandat, cette 43e législature? Donc, on nous a mis, le gouvernement, dans
une très, très mauvaise position pour un projet de loi qui est important. Alors,
on va voter, évidemment, pour l'adoption de principe, qu'on veut... on veut
procéder. On va... on reconnaît la nécessité
de ce projet de loi, effectivement, parce
qu'on ne veut pas laisser de
nouvelles filières se développer dans un vide juridique. Un encadrement
est nécessaire pour assurer la sécurité des personnes, la protection de l'environnement, la prévisibilité pour les
promoteurs et l'acceptabilité sociale des projets. Donc, on a... on va aborder
l'étude détaillée de manière constructive. Nous allons effectuer notre travail
de parlementaires pour poser les questions nécessaires
et proposer des amendements afin de bonifier le projet de loi, et notre
objectif sera de nous assurer que le cadre final soit clair, prévisible et rigoureux, tout en protégeant l'intérêt
public, l'environnement, les contribuables, les municipalités, les
producteurs agricoles et les communautés concernées. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce. Est-ce qu'il y a d'autres interventions
dans ce dossier? On parle de l'adoption du principe du projet de loi n° 17.
Mise aux voix
Alors, le principe du
projet de loi n° 17, Loi modifiant
principalement la Loi sur le stockage de gaz naturel et sur les conduites de gaz naturel et de pétrole aux fins d'encadrer les
réservoirs souterrains et certaines conduites, est-il
adopté?
Des voix :
Adopté.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Adopté. Mme la leader adjointe du gouvernement.
Renvoi à la Commission de l'agriculture,
des pêcheries,
de l'énergie et des ressources naturelles
Mme Lachance :
M. le Président, conformément à l'article 243 de notre règlement, je
fais motion afin que le projet de loi n° 17, Loi modifiant
principalement la Loi sur le stockage de gaz naturel et sur les conduites de
gaz naturel et de pétrole aux fins d'encadrer les réservoirs souterrains et
certaines conduites, soit référé à la
Commission de l'agriculture, des
pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles pour son étude détaillée
et que le ministre délégué à l'Économie et aux Petites et Moyennes
Entreprises soit membre de ladite commission pour la durée du mandat.
Mise aux voix
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Cette motion est-elle adoptée?
Des voix :
Adopté.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Adopté. Mme la leader adjointe du gouvernement.
Mme Lachance :
M. le Président, je vous demande d'appeler l'article 88 du feuilleton.
Motions
du gouvernement
Motion proposant que
l'Assemblée approuve la Convention sur le
recouvrement international des aliments destinés aux
enfants et à d'autres membres de la famille
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : À l'article 88 du feuilleton... L'Assemblée
procédera maintenant au débat sur la motion inscrite à l'article 88 du
feuilleton le 12 mai 2026 par le ministre des Relations internationales et
de la Francophonie à l'égard d'un engagement international. Cette motion se lit
comme suit :
«Que l'Assemblée
nationale approuve la Convention sur le recouvrement international des aliments
destinés aux enfants et à d'autres membres de la famille déposée le
24 mars 2026.»
Je vous rappelle
qu'en vertu de l'article 22.3 de la Loi sur le ministère des Relations
internationales cette motion donne lieu à un débat restreint de deux heures. La
répartition des temps de parole dans le cadre de ce débat s'effectuera comme suit :
49 min 30 s allouées au groupe parlementaire formant le
gouvernement, 27 minutes allouées au groupe parlementaire formant
l'opposition officielle, 16 min 50 s allouées au deuxième groupe
d'opposition, 11 min 40 s allouées au troisième groupe d'opposition, 1 min 30 s
allouée à chacun des députés indépendants. Dans le cadre de ce débat, le temps non utilisé par les députés indépendants
ou par l'un des groupes parlementaires sera redistribué entre les groupes
parlementaires selon les proportions établies précédemment. Mis à part ces
consignes, les interventions ne seront soumises
à aucune limite de temps. Enfin, je rappelle aux députés indépendants que, s'ils
souhaitent intervenir au cours du débat, ils ont 10 minutes à
partir de maintenant pour en aviser la présidence.
Je cède maintenant la
parole à M. le député de Masson.
M. Mathieu Lemay
M. Lemay :
Merci, M. le Président. Ça fait que c'est avec un profond sentiment d'accomplissement qu'on se réunit
aujourd'hui pour approuver la convention de
La Haye sur le recouvrement international des aliments destinés aux enfants
et à d'autres membres de la famille.
Alors,
ce qu'on doit savoir, M. le Président, c'est que la convention multilatérale,
elle a été... qu'on débat aujourd'hui, a
été adoptée à la Conférence de La Haye de droit international privé lors de la
21e session, le 23 novembre 2007, et puis il s'agit d'un
instrument de droit international privé, mais surtout d'un outil concret qui
est destiné à faire en sorte que les obligations alimentaires demeurent
effectives même lorsque les frontières interviennent dans la vie des familles. Et derrière ce texte juridique, il y a une réalité
simple, de plus en plus de familles vivent des situations transfrontalières,
des parents qui résident dans des
États différents, et trop souvent ce sont les enfants qui subissent les
conséquences des limites du droit lorsque les mécanismes juridiques ne
suivent pas la mobilité des personnes.
Concrètement, ce qui
arrive, M. le Président, c'est qu'on peut avoir quelqu'un qui habite ici, au
Québec, qui a des enfants, qui doit verser une pension alimentaire, mais qui
décide d'aller ailleurs, dans un autre État, aux États-Unis ou dans un autre pays qui est membre de la
convention, et là on ne peut pas faire appliquer la pension alimentaire parce
qu'il a quitté. En mettant en place la convention, bien, qu'est-ce qui
arrive, c'est que la convention met en place un système structuré de
reconnaissance et d'exécution des décisions en matière d'obligation
alimentaire, et donc les jugements qui sont rendus par les autorités
compétentes des États contractants peuvent plus facilement circuler entre
États, être reconnus et être exécutés au-delà de nos frontières selon des
règles claires, avec des motifs de refus qui sont strictement encadrés, et là ça permet de s'assurer que
l'obligation de respecter une ordonnance alimentaire ne disparaît pas lorsque
la frontière apparaît.
Et donc la
convention, elle vient créer un véritable réseau de coopération administrative.
Ce sont des autorités centrales qui sont désignées pour recevoir les demandes
et les transmettre pour aider à localiser les débiteurs, à établir la
filiation, à obtenir l'information pertinente et pour assurer l'exécution des
décisions. Et, pour les justiciables, bien, ça change profondément la réalité.
Ils sont... ils ne font plus, seuls, face à des systèmes juridiques étrangers
complexes. Et ce que fait la convention, au fond,
bien, c'est de rendre le droit réellement effectif au-delà de nos frontières.
Elle s'inscrit dans une logique
claire de protection de l'intérêt de l'enfant. C'est pour ça qu'on est réunis
aujourd'hui, M. le Président.
• (19 h 50) •
Et, pour le Québec,
la convention est pleinement cohérente avec notre droit. Notre régime juridique
y reconnaît déjà la primauté de l'intérêt de l'enfant, la force obligatoire des
pensions alimentaires et le rôle de l'État comme garant de l'effectivité du droit. Et c'est aussi un geste institutionnel qui
est important. Et, ce faisant, le Québec affirme sa capacité à participer activement à la construction du droit
international, à la mise en place de mécanismes de coopération juridiques et
à la protection des personnes vulnérables à l'échelle transnationale. Et donc
on vient affirmer que notre diplomatie n'est pas seulement économique ou
commerciale, mais elle est aussi juridique, sociale et humaine.
Alors, M. le
Président, la convention n'est pas un texte abstrait. Elle permet un meilleur
recouvrement des pensions alimentaires, elle
va réduire les délais, elle va simplifier les démarches, elle va sécuriser les
situations familiales et surtout elle va protéger mieux les enfants et
les autres membres de la famille à qui les aliments y sont dus.
Et donc cette
convention, qui est entrée en vigueur le 1er janvier 2013, elle compte
aujourd'hui plus d'une cinquantaine d'États contractants, dont tous les États
membres de l'Union européenne, les États-Unis, plusieurs pays d'Amérique du Sud
et quelques-uns en Afrique et en Asie.
La convention
au Canada, pour elle, elle est entrée en vigueur le 1er février 2024. Elle
s'applique présentement dans trois provinces, soit en Ontario, au
Manitoba et en Colombie-Britannique. Donc, si on va de l'avant avec l'adoption
de cette motion, bien, le Québec va s'inscrire dans cette convention.
Alors, présentement, pour
avoir la réciprocité avec un État étranger, le Québec doit appliquer la Loi sur
l'exécution réciproque d'ordonnances alimentaires. Cette loi, elle a été
adoptée dans les années 50. Elle est demeurée pratiquement inchangée depuis. Donc, pas besoin de vous mentionner, M.
le Président, qu'elle est désuète et elle suscite de nombreuses
difficultés d'application. Voilà pourquoi c'est une très bonne idée de se
joindre à la convention.
Alors, chacune des conventions internationales
multilatérales auxquelles le Québec se déclare lié renforce la reconnaissance
du Québec comme un partenaire à part entière sur la scène internationale. La
pertinence de faire ces démarches en vue de
se lier à de telles conventions demeure évidente pour tous, sans oublier le
rayonnement international qu'elles apportent au Québec. Il s'agit d'une
démonstration concrète de l'action internationale du Québec en mettant en oeuvre ces conventions, dont son droit interne,
et en mettant en place les structures nécessaires pour qu'elles puissent s'appliquer
de façon efficace pour le plus grand bénéfice des personnes qui pourront en
profiter.
Et rappelons que, si on se réunit aujourd'hui
ici pour approuver la convention, c'est parce que, depuis 2002, la Loi sur le
ministère des Relations internationales confère à l'Assemblée nationale une
compétence d'approbation préalable des engagements internationaux importants
pris par le gouvernement. Donc, ça fait en sorte que c'est la première
institution parlementaire de type britannique qui codifie législativement une
compétence de telle nature. Et, M. le
Président, en approuvant la convention, l'Assemblée nationale fait un choix
clair, celui d'un droit qui reste effectif dans un monde de mobilité,
celui d'une justice qui ne s'arrête pas aux frontières.
Et, pour toutes ces raisons, qu'elles soient
sociales, juridiques, administratives et profondément humaines, je propose que
l'Assemblée nationale approuve la convention de La Haye sur le recouvrement
international des aliments destinés aux enfants et à d'autres membres de la
famille, que je viens de présenter. Et je conclus en exprimant ma grande
satisfaction de voir à nouveau cette Assemblée exercer ce pouvoir collectif
exceptionnel. On fait un choix responsable,
moderne et cohérent avec des valeurs que nous portons. Et je vous remercie pour
votre attention, M. le Président. Merci.
Le
Vice-Président (M. Benjamin) : Merci, M. le député de
Masson. Est-ce qu'il y a d'autres intervenants dans ce dossier? Donc, je
reconnais Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce.
Mme Désirée McGraw
Mme McGraw : Merci, M. le
Président. Chers collègues, alors, nous allons aborder aujourd'hui un volet
important des ententes internationales du Québec. Et je veux commencer par un
dossier qui, à première vue, peut paraître
très technique, presque administratif, le recouvrement international des
aliments. Mais derrière cette expression juridique se cache une réalité profondément humaine, M. le
Président : on parle d'enfants, on parle de familles, on parle de
parents, très souvent des mamans, des mères de famille qui se retrouvent seules
à devoir faire respecter une obligation alimentaire lorsque l'autre parent se
trouve à l'étranger. Et, dans ces situations, ce qui semble être une simple
question de procédure devient rapidement un véritable parcours d'obstacles,
parce que, lorsqu'une pension alimentaire doit être exécutée au-delà des
frontières, les difficultés peuvent se multiplier, les démarches peuvent être
longues. Les systèmes juridiques ne se
parlent pas toujours de façon efficace. Il peut être difficile de localiser le
parent débiteur. Les autorités ne disposent pas toujours des mêmes outils, et,
au bout du compte, l'exécution de la décision demeure trop souvent incertaine.
Pour la
personne qui attend cette pension, ce n'est pas une abstraction juridique,
c'est l'argent qui permet de payer le logement, l'épicerie, les vêtements, les
frais scolaires, les soins, les activités d'un enfant. C'est une contribution
essentielle à la stabilité et à la dignité d'une famille. C'est pourquoi la
convention sur le recouvrement international des aliments, adoptée sous l'égide
de la conférence de La Haye du droit international privé, est importante. Son
objectif est simple : faire en sorte
qu'une obligation alimentaire ne disparaisse pas à la frontière. Elle vise à
renforcer la coopération entre les
États, à faciliter la reconnaissance des décisions et à accélérer l'exécution
des pensions alimentaires. Elle permet de passer d'un système fragmenté,
souvent lourd et incertain, à un mécanisme plus coordonné, plus efficace et
plus prévisible. Concrètement, aujourd'hui, une mère au Québec peut attendre
des années pour faire exécuter une pension si l'autre parent se trouve à
l'étranger. Elle doit naviguer entre plusieurs systèmes juridiques, multiplier
les démarches, parfois recommencer les procédures, et ce, sans garantie de
résultat.
Avec cette
convention, on change de logique, M. le Président. Le dossier peut être pris en
charge par les autorités centrales, la demande peut être transmise
directement à l'État concerné, la décision québécoise peut être reconnue sans
être rejugée sur le fond et des mesures concrètes peuvent être appliquées plus
rapidement, notamment le repérage des revenus du débiteur ou l'exécution
forcée, selon les mécanismes prévus dans l'État concerné. Autrement dit, on passe
d'un système où la personne est souvent
laissée seule devant la complexité internationale à un mécanisme où les États
ont l'obligation de coopérer, et cela change tout, M. le Président.
Mais ce dossier n'est pas seulement un dossier
de justice familiale, comme dirait ma collègue la députée de Robert-Baldwin,
notre porte-parole en matière, entre autres, de condition féminine et
protection des enfants, il accepte de reconnaître... pardon, parce que, lorsque
les... un État adhère à ce type de convention, il ne le fait pas uniquement
pour protéger ses propres citoyens, il accepte aussi de coopérer avec les
autres États. Il accepte de reconnaître que les obligations alimentaires sont
réciproques. Il accepte que les enfants et les familles doivent être protégés,
peu importe l'endroit où se trouve le débiteur. C'est le principe même de la
réciprocité. Nous protégeons nos citoyens à l'étranger, dans la mesure où nous acceptons aussi de protéger les citoyens des
autres États sur notre territoire. Ce principe est au coeur des relations
internationales. Il est au coeur des ententes commerciales. Il est au coeur des
conventions de coopération judiciaire.
Il est au coeur de la diplomatie moderne. Et c'est précisément là que l'enjeu
devient politique. On ne peut pas, d'un côté, dire que le Québec veut renforcer
sa présence internationale, diversifier ses partenariats, protéger ses citoyens
à l'étranger, participer pleinement aux grands réseaux
juridiques et diplomatiques du monde et, de l'autre côté, demeurer en
marge d'instruments internationaux qui permettent, justement, de rendre cette
présence crédible.
Une présence
internationale, ce n'est pas seulement des missions économiques, ce n'est pas
seulement des bureaux à l'étranger, ce n'est pas seulement des rencontres
bilatérales, des annonces ou des déclarations de principe, bien que tout cela
soit important. Une présence internationale crédible, c'est aussi la capacité
de s'inscrire dans les mécanismes juridiques qui protègent concrètement les
personnes, et c'est exactement ce que fait cette convention. Elle transforme
une valeur, soit la protection des enfants, en mécanismes concrets. Elle
transforme une intention, soit la coopération internationale, en obligation
réelle. Elle transforme un principe, soit celui de la responsabilité parentale,
en outil exécutoire. Il faut aussi rappeler que cette convention s'inscrit dans
un mouvement international déjà bien établi. Plus de 50... plus qu'une cinquantaine d'États participent à ce régime,
incluant des partenaires nord-américains, européens et plusieurs juridictions
canadiennes. Pendant ce temps, le Québec accuse un retard, M. le Président,
alors que son système actuel demeure plus limité, plus fragmenté et
moins adapté à la réalité des familles transnationales.
• (20 heures) •
Et ce retard a des conséquences. Il limite la
capacité des familles québécoises à faire reconnaître leurs droits ailleurs. Il limite notre capacité de coopérer
efficacement avec un grand nombre de juridictions. Il affaiblit la
prévisibilité du système pour les concitoyens... les citoyens. Et il
crée un décalage important entre les ambitions internationales du Québec et les
instruments juridiques auxquels il choisit d'adhérer. À mon sens, nous devons
regarder ce dossier avec lucidité. Ce n'est
pas une convention imposée au Québec, ce n'est pas un abandon de compétences,
ce n'est pas un recul de notre modèle juridique. Au contraire, cette convention
peut être intégrée dans le respect des compétences du Québec, dans le
respect de la tradition de droit civil et avec les adaptations nécessaires à
notre modèle social. Les documents préparatoires rappellent d'ailleurs que le
Québec peut prévoir certaines modalités particulières, notamment pour les personnes vulnérables et pour l'encadrement de
certaines ententes privées. Cela veut dire que le Québec ne subit pas cette
convention, il intègre... il l'intègre selon ses priorités, il l'adapte à son
système et il s'en sert pour mieux protéger ses citoyens, nos citoyens. Et c'est exactement ce que nous devrions rechercher
dans nos ententes internationales, M. le Président, non pas une adhésion passive, mais une
participation intelligente, souveraine dans ses choix, cohérente avec nos
valeurs et utile pour les citoyens.
Il y a aussi, dans ce dossier, une dimension de
justice sociale internationale, M. le Président. Les familles ne vivent plus toujours dans un même territoire. Le
parcours... les parcours migratoires, les mobilités professionnelles, les
séparations transfrontalières, les familles binationales ou
plurijuridictionnelles font partie de la réalité contemporaine. Le droit doit
suivre cette réalité. Lorsqu'un parent quitte le territoire, l'obligation
alimentaire ne devrait pas... de plus... devenir
plus faible. Lorsqu'un enfant vit au Québec, mais que le parent débiteur est
ailleurs, cet enfant ne devrait pas être moins protégé. Lorsqu'une
décision est rendue par une autorité compétente, elle ne devrait pas perdre son
efficacité simplement parce qu'il y a une
autre... il y a une frontière. C'est pourquoi cette convention n'est pas
seulement un outil juridique, c'est un instrument de diplomatie sociale. Elle
permet au Québec d'affirmer une conception claire de son action
internationale, une action internationale qui ne se limite pas à l'économie,
mais qui protège aussi les droits, les familles, les enfants et les personnes vulnérables. C'est important parce que le
Québec a toujours voulu projeter à l'international une voix distincte,
une voix francophone, juridique, culturelle, économique, mais aussi sociale.
Nous parlons
souvent du rayonnement du Québec, mais le rayonnement ne doit pas être
uniquement institutionnel, il doit être humain, M. le Président.
Rayonner, c'est aussi... c'est d'être reconnu comme une société fiable,
organisée, responsable, capable de coopérer avec les autres États pour faire
respecter des droits fondamentaux. Et, dans ce dossier, le droit international privé devient un outil très concret de justice
sociale, et je crois que c'est précisément ce type de dossier qui nous permet de faire le lien entre les grandes
ambitions internationales du Québec et la vie... la vie réelle des citoyens.
Parce que, trop souvent, lorsqu'on parle d'ententes internationales, on pense à
des textes lointains, à des conventions techniques,
à des discussions entre gouvernements, mais ces ententes ont des effets très
concrets, elles peuvent simplifier la vie d'une famille, d'un enfant, elles
peuvent protéger un enfant, elles peuvent accélérer une procédure, elles peuvent
donner à une personne le sentiment que l'État est capable de l'accompagner,
même lorsque la situation dépasse nos frontières.
Et c'est là que l'action publique prend tout son sens, M. le Président. Notre
responsabilité comme législateurs n'est pas seulement de regarder si une
convention est conforme techniquement, c'est aussi nous demander si elle répond
à un besoin réel, si elle améliore la protection des citoyens, si elle renforce
la cohérence de notre action publique et si
elle contribue à la crédibilité du Québec. Dans ce cas-ci, la réponse est oui.
Oui, parce que cette convention modernise un système devenu insuffisant.
Oui, parce qu'elle protège concrètement les enfants. Oui, parce qu'elle
soutient les parents qui assument déjà une lourde charge. Et oui, parce qu'elle
améliore la coopération entre les juridictions. Oui, parce qu'elle aligne le
Québec avec ses partenaires. Oui, parce qu'elle renforce notre crédibilité
internationale.
Donc, en tant
que porte-parole en matière de relations internationales pour ma formation,
l'opposition officielle, je suis fière de souligner le fait qu'on va appuyer
cette convention. Mais nous devrions aussi en tirer une leçon plus
large, M. le Président, en conclusion, que chaque entente internationale
devrait être évaluée à partir d'une question simple : Qu'est-ce qu'elle
permet, concrètement, au Québec de mieux faire? Est-ce qu'elle protège mieux
nos citoyens? Est-ce qu'elle renforce notre capacité d'agir? Est-ce qu'elle
améliore notre coopération avec nos partenaires? Est-ce qu'elle augmente notre crédibilité? Est-ce qu'elle est
cohérente avec nos valeurs et nos intérêts? Et, dans le cas du recouvrement
alimentaire, la réponse est claire, cette convention permet au Québec d'être
plus efficace, plus juste, plus moderne et plus crédible. Elle montre que notre
action internationale peut être à la fois juridique, sociale et humaine. Et,
dans un monde où les familles sont mobiles, où les frontières ne correspondent
plus aux réalités personnelles, économiques et familiales, il est essentiel que nos mécanismes de protection suivent
cette évolution. Le Québec ne peut pas se permettre d'être en retard sur
ce type d'instrument, de ne pas être ambitieux dans ses discours internationaux
et hésitant dans les outils qui donnent la portée à cette
ambition, ne peut pas réclamer la coopération entre les autres sans accepter
pleinement de participer aux mécanismes de coopération.
Alors, pour toutes ces raisons, nous allons
appuyer cette convention. Nous le faisons avec sérieux. Nous devons le faire
avec responsabilité. Et nous voulons le faire avec la conviction que le Québec
gagne toujours à être présent, crédible et cohérent dans les grands instruments
internationaux qui protègent les citoyens. Merci.
Le
Vice-Président (M. Benjamin) : Merci, Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce. Est-ce qu'il y a d'autres interventions dans ce dossier?
Mise aux voix
Alors, nous allons maintenant procéder à la mise
aux voix de la motion proposant :
«Que, l'Assemblée nationale approuve la Convention
sur le recouvrement international des aliments destinés aux enfants et à
d'autres membres de la famille déposée le 24 mars 2026.»
Cette motion est-elle adoptée?
Des voix : Adopté.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Adopté. En conséquence, cet engagement international est approuvé par
l'Assemblée nationale.
Mme la leader adjointe du gouvernement.
Mme Lachance : M. le Président,
je vous demande d'appeler l'article 87 du feuilleton.
Motion proposant que l'Assemblée approuve l'Entente entre
le gouvernement du
Québec et le Centre d'excellence OTAN pour le changement climatique et la
sécurité concernant les exemptions, les exonérations et les prérogatives
de courtoisie consenties au Centre et aux membres de son personnel
Le Vice-Président (M. Benjamin) : À
l'article 87 du feuilleton, l'Assemblée procédera maintenant au débat sur
la motion inscrite à l'article 87 du feuilleton faisant suite au dépôt par
M. le ministre des Relations internationales et de la Francophonie, le
6 mai 2026, d'un engagement international. Cette motion se lit comme
suit :
«Que l'Assemblée nationale approuve l'Entente
entre le gouvernement du Québec et le Centre d'excellence OTAN pour le
changement climatique et la sécurité concernant les exemptions, les
exonérations et les prérogatives de courtoisie consenties au Centre et aux
membres de son personnel, signée à Montréal, le 9 avril 2026.»
Je vous rappelle qu'en vertu de
l'article 22.3 de la Loi sur le ministère des Relations internationales,
cette motion donne lieu à un débat restreint de deux heures. La répartition des
temps de parole dans le cadre de ce débat s'effectuera
comme suit : 49 min 30 s au groupe parlementaire formant le
gouvernement, 27 minutes allouées au groupe parlementaire formant l'opposition officielle,
16 min 50 s allouées au deuxième groupe d'opposition,
11 min 40 s allouées au troisième groupe d'opposition,
1 min 30 s allouée à chacun des députés indépendants. Dans le
cadre de ce débat, le temps non utilisé par les députés indépendants ou par
l'un des groupes parlementaires sera redistribué entre les groupes
parlementaires selon les proportions établies précédemment. Mis à part ces
consignes, les interventions ne seront soumises à aucune limite de temps. Enfin,
je rappelle aux députés indépendants que, s'ils souhaitent intervenir au cours
du débat, ils ont 10 minutes à partir de maintenant pour en aviser la
présidence.
Je cède maintenant la parole à M. le député de
Masson.
M. Mathieu Lemay
M. Lemay : M. le Président,
c'est avec plaisir que je prononce aujourd'hui à cette Assemblée l'approbation de l'Entente entre le gouvernement du Québec et le
Centre d'excellence de l'OTAN pour le changement climatique et la sécurité concernant les exemptions, les exonérations
et les prérogatives de courtoisie consenties au Centre et aux membres de
son personnel.
• (20 h 10) •
Alors, comme
vous l'avez mentionné, signée le 9 avril dernier avec le directeur du
centre, M. Mathieu Bussières, cette entente est le fruit d'un
important travail de coordination interministérielle mené par le ministre des
Relations internationales et de la Francophonie conformément à la loi. Et la
conclusion d'une entente internationale, telle que celle qui fait l'objet du
débat actuel, est la forme la plus achevée des relations diplomatiques entre
les États, parce que l'entente est créatrice d'obligations juridiques sur le
plan international avec nos partenaires étrangers, ce qui renforce la
reconnaissance du Québec comme partenaire à part entière sur la scène
internationale. Et la pertinence de conclure de
telles ententes demeure évidente pour tous, sans oublier le rayonnement
international qu'elles apportent au Québec en tant qu'une des rares entités fédérées à négocier des ententes
internationales avec des pays souverains et des organisations
internationales gouvernementales. Il s'agit là d'une démonstration concrète de
l'action internationale du Québec.
Et, depuis 1965, l'action internationale du
Québec s'appuie sur la doctrine Gérin-Lajoie, qui établit que ce qui relève de
notre compétence chez nous relève aussi de notre action à l'international. Et
cette doctrine est encore la base de l'action du
ministère. Et l'entente qui nous occupe aujourd'hui est la première entente de
siège conclue depuis plus de 20 ans avec une nouvelle organisation
internationale gouvernementale. Alors, M. le Président, permettez-moi de
profiter de cette occasion pour entretenir cette assemblée de l'importance que
revêt la présence du Centre d'excellence de l'OTAN pour le changement
climatique et la sécurité au Québec.
Ce qu'on doit savoir,
c'est que c'est créé à l'initiative du Canada et c'est soutenu par plusieurs
pays alliés. Le centre a pour mission
d'analyser les effets des changements climatiques sur la sécurité
internationale. Des enjeux comme les événements météorologiques
extrêmes, l'élévation des niveaux de la mer ou l'épuisement des ressources
naturelles pour avoir... peuvent avoir des
répercussions importantes sur la stabilité des États, les populations et la
sécurité régionale. Le centre d'excellence est une plateforme unique au
moyen de laquelle les acteurs militaires et civils développent, améliorent et partagent leurs connaissances sur
les effets liés aux changements climatiques et la sécurité, permettant ainsi
de développer les meilleures pratiques pour répondre à ces défis.
L'implantation du centre d'excellence de l'OTAN à Montréal s'inscrit dans la
mise en oeuvre de la politique d'accueil des organisations internationales du
gouvernement du Québec et la compétition
internationale pour l'accueil des sièges des organisations internationales
demeure très forte, et le Québec se démarque, on doit le dire, car il
compte 78 organisations internationales, ce qui en fait la troisième ville d'accueil en Amérique du Nord, après New
York et Washington. Et cette politique d'accueil vise à offrir un ensemble
de conditions favorables à la réalisation de leur mandat et au développement de
leurs activités. Elle reflète notre engagement à favoriser leur établissement
sur notre territoire, ce qui souligne la vision et la proactivité du Québec.
Alors, M. le
Président, un fait intéressant, c'est que les organisations internationales qui
sont ici, en sol québécois, génèrent des retombées économiques annuelles de
plus de 450 millions de dollars. Par ces retombées et le rayonnement
international qu'elle apporte au Québec, la Politique d'accueil des
organisations internationales contribue tant aux objectifs de diplomatie
économique que de diplomatie d'influence du Québec.
Par
ailleurs, la présence de ces organisations favorise le développement de
partenariats entre les acteurs internationaux
et locaux. Une telle présence multiplie les synergies entre la science,
l'innovation et la société civile, tout en permettant de mettre en
valeur des expertises québécoises en tant que référence mondiale.
De
plus, la présence des organisations internationales contribue aussi à
l'attraction d'événements internationaux au Québec. Et le plus important, c'est que la tenue d'événements
d'envergure produit des retombées économiques directes, notamment en
matière de tourisme d'affaires.
M. le Président, plus
techniquement, lorsqu'on accueille, sur notre territoire, une organisation
internationale gouvernementale, le gouvernement du Québec se conforme à
l'esprit des conventions internationales qui peuvent trouver application. Pour ce faire, il octroie à l'organisation et à ses
employés, par entente, des privilèges fiscaux et des immunités de
juridiction, et il accorde un ensemble concurrentiel de prérogatives de
courtoisie, conformément à ce qui se fait en pratique internationale. Et ces
dispositions sont essentielles pour maintenir la compétitivité du Québec comme un lieu d'accueil, toujours dans le but d'attirer
et de conserver au Québec ces prestigieuses organisations internationales.
Alors, M. le
Président, je propose donc :
«Que, l'Assemblée
nationale approuve l'Entente entre le gouvernement du Québec et le Centre
d'excellence [de l']OTAN pour le changement
climatique et la sécurité concernant les exemptions, les exonérations et les
prérogatives de courtoisie consenties au Centre et aux membres de son
personnel», que je viens de présenter.
Je conclus en
exprimant ma grande satisfaction de voir à nouveau cette Assemblée exercer ce
pouvoir collectif exceptionnel.
Sur une note plus
personnelle, M. le Président, si la tendance se maintient, il est fort possible
que ce discours à l'Assemblée était mon dernier discours à l'Assemblée
nationale.
Merci pour votre attention,
M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Merci. Merci beaucoup, M. le député de Masson.
J'en profite pour vous remercier pour tout votre... tout votre apport à
l'Assemblée et aux travaux, et particulièrement le NCSL.
Nous poursuivons le
débat. Cette fois-ci, je reconnais Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce.
Mme Désirée McGraw
Mme McGraw :
Bien, si je peux me permettre, sur une autre note personnelle aussi, j'ai
beaucoup apprécié travailler avec mon
collègue le député de Masson. On a fait plusieurs missions ensemble
au NCSL, entre autres. Je sais que les relations internationales, entre autres,
plusieurs sujets, que c'est une passion qu'on partage, mais surtout vis-à-vis des
États-Unis, entre autres, donc, et je pense qu'on espère qu'on va faire une
autre mission encore cet été. Alors, j'ai bien
hâte. Je sais que le député est très populaire aussi avec les délégations
américaines. Il est très connu, il est très apprécié, donc, il représente très bien l'Assemblée
nationale et le Québec à l'étranger, et c'est un plaisir de travailler avec mon
collègue.
Alors, pour revenir
au sujet, M. le Président, je prends la parole aujourd'hui au nom de ma
formation politique, le Parti libéral du
Québec, l'opposition officielle et... moi, en termes de porte-parole en matière
de relations internationales mais aussi de lutte contre les changements
climatiques, au sujet de la motion visant à faire approuver, par l'Assemblée
nationale, l'Entente entre le gouvernement du Québec et le Centre d'excellence
OTAN pour le changement climatique et la sécurité.
Alors, cette entente,
qui a été signée en avril, à Montréal, 2026, porte sur les exceptions, les
exonérations et les prérogatives de courtoisie consenties au centre et aux
membres de son personnel. La motion vise donc à reconnaître, à encadrer sur le territoire québécois la présence
d'une organisation internationale gouvernementale dont le mandat touche un enjeu de plus en plus central, M. le
Président : les liens entre les changements climatiques, la sécurité, la
résilience et la stabilité internationale.
D'entrée de jeu, je vais
être très claire : le Parti libéral du Québec, l'opposition officielle, on
va aller... on va voter en faveur de cette motion. Nous le ferons parce que cette
entente sert les intérêts du Québec, nous le ferons parce qu'elle renforce le
rôle de Montréal comme ville internationale, nous le ferons parce qu'elle
positionne le Québec dans un espace stratégique où se croisent la diplomatie,
la science, la sécurité, la résilience climatique et la coopération internationale. Mais nous le ferons aussi parce
que cette entente s'inscrit dans une vision du Québec que le Parti libéral du
Québec a toujours portée, celle d'un Québec ouvert sur le monde, capable
d'accueillir des institutions internationales, capable de dialoguer avec les
grands réseaux diplomatiques, scientifiques et multilatéraux et capable de
faire rayonner son expertise bien au-delà de ses frontières. M. le Président,
pour le Parti libéral du Québec, les relations internationales ne sont pas un supplément d'armes, elles font
partie de la manière dont le Québec affirme son identité, défend ses intérêts
et contribue au monde.
L'histoire moderne du Québec est marquée par
cette conviction : le Québec doit être présent là où se prennent les grandes décisions, là où se construisent les
alliances, là où circulent les idées, les talents, les institutions et les
occasions de développement. C'est dans cet esprit que le Québec a
développé une diplomatie propre, une diplomatie d'influence, une diplomatie économique, culturelle,
scientifique et institutionnelle. C'est aussi dans cet esprit que le Québec a
cherché, au fil des décennies, à attirer, sur son territoire, des
organismes internationaux.
Cette vocation internationale de Montréal et du
Québec ne s'est pas construite au hasard. Elle est le résultat d'une vision,
une vision qui reconnaît que la présence d'organismes internationaux chez nous
crée plus que des emplois ou des activités
protocolaires, elle crée des réseaux, elle crée de l'influence, elle crée des
échanges d'expertise, elle crée une capacité de participer aux grandes
conversations du monde. Aujourd'hui, le Québec compte, et mon collègue l'a souligné, mais je pense que c'est plus que...
compte à peu près 80 sièges d'organismes internationaux, gouvernementaux
ou non gouvernementaux. Et ce chiffre n'est pas anodin, il témoigne d'un
positionnement, d'une ambition et d'une crédibilité.
Il témoigne aussi du fait que Montréal et le Québec ont su devenir un lieu de
siège, un lieu de convergence et un lieu de référence dans plusieurs
secteurs d'excellence.
• (20 h 20) •
M. le Président, être un lieu de siège
d'organismes internationaux, ce n'est pas seulement d'accueillir des bureaux, c'est accueillir des mandats, des
réseaux, des experts, des diplomates, des chercheurs, des décideurs et des
occasions de collaboration et d'innovation. Lorsqu'un organisme
international s'établit au Québec, il ne vient pas simplement occuper un espace
physique, il vient s'inscrire... inscrire le Québec dans une architecture
internationale. Il crée des liens avec nos universités, avec nos centres de
recherche, avec nos entreprises et avec nos institutions publiques et avec nos
talents. C'est pourquoi cette entente doit être comprise dans un... comme un
instrument de positionnement, M. le Président. Elle ne se limite pas à une
série d'exemptions fiscales ou administratives, elle participe à une stratégie
plus large : faire du Québec un territoire attractif pour les organismes
internationaux et faire de Montréal une capitale institutionnelle dont des...
dans des secteurs où nous avons déjà des forces reconnues. Nous voyons déjà
dans plusieurs domaines. La note explicative
rappelle la présence d'organismes internationaux dans des secteurs d'excellence
pour le Québec, la francophonie, bien évidemment, l'aéronautique,
l'environnement. Elle mentionne notamment l'organisme international de la francophonie, l'OACI, le secrétariat de la
convention sur la... sur la diversité biologique, l'Institut de statistique de l'UNESCO, la Commission de
coopération environnementale de l'Amérique du Nord, le Fonds multilatéral
du Protocole de Montréal, etc. Ces présences ont contribué à faire de Montréal
une ville internationale, elles ont renforcé son rôle comme espace de
rencontre, de dialogue, de diplomatie, d'expertise et d'innovation. L'arrivée
du Centre d'excellence OTAN pour le changement
climatique et la sécurité s'inscrit dans cette même logique. Elle ajoute une
nouvelle dimension à l'écosystème international montréalais, celle de la
sécurité climatique.
M. le Président, au-delà de la mécanique
juridique, il faut comprendre pourquoi ce centre est important. Le Centre d'excellence OTAN pour le changement
climatique et la sécurité a pour mandat d'offrir aux alliés un lieu central où
ils pourront mettre en commun leurs connaissances et à élaborer des réponses
efficaces aux incidences du changement climatique sur la sécurité. C'est écrit
dans l'entente elle-même. Ce mandat est profondément actuel. Les changements
climatiques ne sont plus seulement un enjeu environnemental, ils sont aussi un
enjeu de sécurité, de stabilité, de résilience et de gouvernance publique. Ils
touchent la sécurité civile, ils touchent les infrastructures essentielles, ils
touchent la gestion des risques, la souveraineté alimentaire, les chaînes
d'approvisionnement, ils touchent l'Arctique, ils
touchent les déplacements de la population, ils touchent la capacité des États
à anticiper, prévenir et répondre à des crises de plus en plus
complexes. Et, dans ce contexte, le Québec a intérêt à être présent dans les
lieux où se... où se pense... se concrétise cette nouvelle réalité.
Alors, l'accueil du centre à Montréal permet
précisément cela. Il place Montréal au coeur d'un réseau d'expertise
international sur les liens entre le climat et la sécurité. Il donne au Québec
une occasion de se connecter à des
réflexions stratégiques qui auront de plus en plus d'importance dans les
prochaines années. Et cela rejoint une année... une idée très simple : le
Québec ne doit pas regarder le monde de loin. Le Québec doit être autour de la
table, autour de la table, pas sur le menu. Comme on a dit à Davos, le
premier ministre canadien : Pas sur... Si on n'est pas à la table, on est
sur le menu. Ça fait qu'on veut être à la table.
Alors, le Parti libéral du Québec va voter pour
quatre raisons. Premièrement, parce que cette entente renforce le rayonnement
international du Québec. Le Québec ne gagne rien à se replier sur lui-même, il
gagne lorsqu'il attire des institutions, lorsqu'il accueille des talents,
lorsqu'il participe au réseau de coopération, lorsqu'il devient un lieu où les grands enjeux mondiaux sont discutés, étudiés
et compris. C'est une vision profondément libérale du Québec. Un Québec
qui est ouvert, confiant, influent, capable de faire valoir ses intérêts et ses
expertises dans le monde.
Deuxièmement, nous voterons oui, parce que
Montréal doit continuer d'être un lieu de siège. Accueillir des organismes
internationaux, c'est une force, c'est une dimension de la diplomatie
d'influence, c'est une manière pour le Québec d'être reconnu non seulement comme un
territoire, mais comme un partenaire, comme un carrefour et comme un
acteur crédible.
Troisièmement, nous
voterons oui, parce que seul l'enjeu climat, sécurité est stratégique. Il est
désormais impossible de séparer complètement les enjeux climatiques des enjeux
de sécurité. Les feux de forêt, les inondations, la fonte du pergélisol, les
vulnérabilités des infrastructures, les pressions sur l'Arctique et les
perturbations des chaînes d'approvisionnement
sont des réalités qui appellent une expérience... expertise internationale. Le
Québec doit être présent dans ces réflexions et dans ces actions.
Quatrièmement, nous
voterons oui, parce que l'entente est encadrée. Les privilèges accordés sont
liés à l'exercice de fonctions... des fonctions du centre. Ils sont assortis de
balises, ils peuvent être encadrés. L'entente prévoit des mécanismes contre les
abus, la protection des renseignements personnels, la possibilité de
modification et même la dénonciation de l'entente avec un préavis d'un an.
Notre appui est donc un appui responsable.
En conclusion, M. le
Président, le Parti libéral du Québec va voter en faveur de cette motion, parce
qu'elle s'inscrit dans une vision du Québec que nous assumons pleinement :
un Québec qui a confiance en lui, un Québec qui sait que son avenir se
construit aussi dans ses liens avec le monde, un Québec qui comprend que
Montréal doit demeurer une ville
internationale, une ville de siège, une ville d'organismes, une ville de
savoir, de diplomatie et d'influence,
un Québec qui ne se contente pas d'être spectateur des grands enjeux mondiaux,
mais qui veut y contribuer. Le Centre d'excellence OTAN pour le
changement climatique et la sécurité touche un enjeu majeur de notre
époque : la manière dont les changements climatiques transforment les
conditions de sécurité, de stabilité et de résilience des sociétés. En
accueillant ce centre à Montréal, le Québec affirme qu'il peut être un lieu où
ces questions sont étudiées, débattues et comprises.
Notre vote est donc
favorable, mais ce sera un oui exigeant, M. le Président. C'est un oui pour le
rayonnement du Québec, c'est un oui pour Montréal comme ville internationale et
un oui pour l'héritage libéral d'ouverture, de diplomatie et de présence active
dans le monde, un oui pour le Québec, que le Québec soit non seulement un
territoire d'accueil, mais un véritable lieu d'influence. Merci, M. le
Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce. Est-ce qu'il y a d'autres
interventions?
Mise aux voix
Alors, s'il n'y a pas
d'autre intervention, nous allons maintenant procéder à la mise aux voix de la
motion de M. le ministre des Relations internationales et de la Francophonie
proposant :
«Que l'Assemblée
nationale approuve l'Entente entre le gouvernement du Québec et le Centre
d'excellence OTAN pour le changement climatique et la sécurité concernant les
exemptions, les exonérations et les prérogatives de courtoisie consenties au
Centre et aux membres de son personnel, signée à Montréal, le 9 avril 2026.»
• (20 h 30) •
Cette motion est-elle
adoptée?
Des voix :
Adopté.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : En conséquence, cet engagement international est
approuvé par l'Assemblée nationale.
Mme la leader
adjointe du gouvernement.
Mme Lachance :
M. le Président, je vous demande d'appeler l'article 85 du feuilleton.
Projet de loi n° 204
Adoption du principe
Le Vice-Président (M. Benjamin) : À
l'article 85 du feuilleton, Mme la députée de Hull propose l'adoption du principe
du projet de loi n° 204, Loi concernant la Ville de Gatineau.
Je reconnais Mme la
députée de Hull.
Une voix : ...
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Il n'y a pas d'intervention? Ah! d'accord.
Mise aux voix
Le principe du... le
principe du projet de loi n° 204, Loi concernant la Ville de Gatineau,
est-il adopté?
Des voix :
Adopté.
Le
Vice-Président (M. Benjamin) : Mme la leader adjointe du
gouvernement.
Mme Lachance :
M. le Président, je vous demande d'appeler l'article 85 du feuilleton.
Adoption
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : À l'article 85 du feuilleton, Mme la députée
de Hull propose l'adoption du projet de loi n° 204, Loi concernant la
Ville de Gatineau.
Y a-t-il des interventions?
Je reconnais M. le ministre des Régions.
M. Mathieu Lévesque
M. Lévesque
(Chapleau) : Oui. Merci beaucoup, M. le Président. Effectivement, mais
c'est aussi en ma qualité de député de Chapleau, fier représentant de Gatineau
et de l'Outaouais que j'interviens ce soir sur cet important projet de loi pour
notre ville. J'en profite pour vous saluer, saluer les collègues de la
banquette gouvernementale, saluer également les collègues de l'opposition.
Très,
très heureux de participer à l'adoption du projet de loi n° 204,
Loi concernant la Ville de Gatineau. J'ai eu le privilège d'en être le porteur pour
un certain temps et je suis certain que les collègues, justement, de Hull, de
Gatineau, de Papineau, même de Pontiac, je dirais, sont heureux de pouvoir...
de pouvoir adopter ce projet de loi pour notre ville.
Évidemment, on a eu
l'occasion de bien travailler en étude détaillée. On se souviendra qu'il y
avait la présence des représentants de la ville de Gatineau, incluant Mme la
mairesse Maude Marquis-Bissonnette, qui y était, qui est venue expliquer le projet de loi. On a très, très
bien travaillé avec les oppositions, avec l'équipe gouvernementale, donc, une
très, très bonne collaboration. Je salue, d'ailleurs, ce travail d'équipe pour
notre belle ville de Gatineau.
Donc, c'est une
initiative, ça marque une étape importante pour la démocratie municipale, M. le
Président, et pour la place que nous
souhaitons accorder aux citoyens dans les décisions qui façonnent leur milieu
de vie. Le projet de loi vient... repose sur une conviction simple mais
surtout essentielle : la participation publique constitue une exigence
fondamentale de nos institutions démocratiques. Elle vient favoriser la
cohésion sociale, enrichit la réflexion collective et permet de prendre des
décisions plus éclairées grâce à la diversité des points de vue et des
expertises présentés. Et donc, par
l'adoption de cette loi, le gouvernement du Québec permet à notre belle ville
de Gatineau de se doter d'un office de
participation publique indépendant qui aura notamment pour mission d'encadrer
les consultations publiques, de tenir les
consultations relatives aux modifications du plan d'urbanisme et d'accompagner
la ville dans les grands projets d'intérêt collectif.
Cette nouvelle
structure va permettre de renforcer la confiance des citoyens envers leurs
institutions et de professionnaliser davantage les mécanismes de consultation.
D'ailleurs, plusieurs observateurs ont souligné qu'un tel office va contribuer à assurer des processus plus
transparents et plus efficaces, tout en donnant aux Gatinois l'assurance que
leur voix est entendue.
Et donc Gatineau
possède déjà une forte culture de participation citoyenne. Depuis plusieurs
années, la ville multiplie les consultations
et les occasions de dialogue avec la population, et l'Office de participation
publique va permettre de franchir,
justement, une nouvelle étape, M. le Président, et de consolider cette culture
de collaboration entre les élus, l'administration municipale et surtout
nos chers concitoyens de notre ville.
Cette loi est
également le reflet d'une volonté de moderniser nos institutions municipales,
les adapter aux attentes de la population.
Dans une démocratie vivante, vous le savez, M. le Président, eh bien, la
participation des citoyens ne doit pas être perçue comme une contrainte
mais bien comme une richesse, et comme une source d'innovation, et surtout une
source d'idées innovantes.
Je
tiens à saluer tous ceux et celles qui ont contribué à cette avancée
importante, les élus municipaux de Gatineau, les représentants de la
société civile et évidemment les citoyens qui sont bien engagés. Aujourd'hui,
nous pouvons être fiers, voire très fiers, M. le Président, de poser un geste
concret visant à renforcer la démocratie locale et à donner aux citoyens de Gatineau les moyens de participer
pleinement à l'avenir de leur ville. C'est une victoire pour la transparence,
le dialogue et surtout pour la confiance entre les institutions et la
population. Et je suis bien heureux d'inviter les collègues à voter en sa
faveur et en faveur de l'adoption. Merci beaucoup, M. le Président. Merci.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci, M. le ministre des Régions. Nous
poursuivons ce débat, et je reconnais maintenant Mme la députée de Hull.
Mme Suzanne Tremblay
Mme Tremblay :
Merci, M. le Président. Donc, je suis très heureuse aussi de prendre la
parole aujourd'hui pour l'adoption,
finalement, du projet de loi n° 204, donc à laquelle on a eu la chance d'être en
commission, moi et mon collègue le député de Chapleau. Effectivement, la
mairesse de Gatineau est venue, avec l'ensemble de son équipe, nous
présenter son projet de loi et l'importance, en fait, qu'il a pour la ville de
Gatineau, mais aussi plus largement pour l'ensemble des citoyens et des
citoyennes.
Donc, c'est un projet
de loi qui tenait particulièrement à coeur à la ville de Gatineau, mais à nous
aussi, les députés de l'Outaouais, parce que
ça concerne directement notre ville, parce que ça touche, comme je le disais,
les citoyens puis les citoyennes que
nous représentons ici même, à l'Assemblée nationale. Parce que ça vient
renforcer quelque chose, M. le Président, de fondamental, la démocratie
municipale, la participation publique, puis ça, c'est important.
Alors, lorsqu'on choisit,
vous le savez, M. le Président, de s'engager en politique, bien, on le fait
avec la volonté de faire vraiment une différence dans la vie des gens. C'est
pour ça que, chaque jour ici, on travaille tous ensemble, qu'on travaille dans nos comtés, qu'on est sur le terrain.
Puis cette différence-là qu'on veut faire, bien, elle peut prendre plusieurs formes. Ça peut passer
effectivement par de grands projets de loi, ça peut être par des
investissements, ça peut être par des annonces attendues depuis
longtemps, mais ça peut aussi passer par des projets de loi comme celui d'aujourd'hui, plus ciblés, mais qui vont faire la
différence dans nos villes, dans nos communautés, parce que ça répond à une
réalité précise puis à un besoin qui est bien concret.
Alors, ce projet de loi là, ici, donc, le projet
de loi n° 204, vient permettre la création, comme mon
collègue le disait, de l'Office de
participation publique de Gatineau. C'est une avancée importante pour notre
ville. D'ailleurs, ils sont venus en commission et nous l'ont expliqué,
expliqué très clairement.
Gatineau,
c'est une ville en mouvement, c'est une ville qui est grandissante, c'est une
ville qui a plein de projets, c'est
une ville qui se transforme puis qui doit faire des choix importants pour son
avenir. Donc, on le voit dans différents dossiers, dossiers d'urbanisme,
d'aménagement du territoire, de mobilité, développement de nos quartiers, de la
protection des milieux de vie, vous l'aurez compris, dans différents volets de
notre belle ville.
Donc, ces décisions, bien, que l'on prend quand
on discute de ce que je viens de nommer, bien, ça touche directement le quotidien des gens, ça touche leur
quartier, ça touche leur vie, leur environnement, les parcs, les déplacements,
bref, leur qualité de vie. C'est donc normal et même essentiel que les citoyens
et citoyennes puissent être informés, consultés puis entendus.
Bien sûr, la ville de Gatineau tenait déjà des
consultations publiques, il faut le reconnaître, mais, ici, la création de l'Office de participation publique, bien, ça va
permettre d'aller plus loin. Ça permet de doter Gatineau d'une instance qui est indépendante, crédible et impartiale, dont
le rôle sera précisément d'encadrer certaines démarches de consultation
et de participation publiques.
Un tel office, c'est un... ce n'est pas
seulement un nouvel outil, là, administratif, c'est vraiment un outil
démocratique, M. le Président. C'est une façon de dire aux citoyens puis aux
citoyennes : Bien, votre voix compte, on veut vous entendre puis on vous
donne l'espace nécessaire pour que cela puisse se faire. Donc, je pense que ça
va être grandement, moi, apprécié par les citoyens puis les citoyennes de la
ville de Gatineau. Parce que, vous savez, qui qui connaît mieux les gens que
ceux qui habitent leur ville, ceux qui vivent dans leur quartier? Alors, quand
ils font face à certaines modifications,
bien, je pense qu'ils apprécient tout le temps de pouvoir se faire entendre,
parce que les citoyens, ils savent ce qui fonctionne, ils savent ce qu'on peut
améliorer, ils vont venir partager aussi leurs inquiétudes. Puis ça,
bien, ultimement, l'écoute, c'est important puis ça vient même rassembler, M.
le Président, les gens.
Donc, c'est important qu'ils apportent leur
regard puis leurs critiques aussi, parce que ça permet d'améliorer les décisions que l'on prend. On fait la même
chose ici, à l'Assemblée nationale, quand on va en consultation, vous l'aurez
compris, M. le Président.
Alors, la participation publique, bien, c'est
important, comme je le mentionne depuis le début de mon discours. Puis ça
permet aussi, comme je l'ai dit, d'entendre les préoccupations, d'ajuster les
décisions puis d'éviter des tensions, parce que, vous savez, des fois, les
changements, bien, ça amène des zones d'inquiétude, les gens, ils ne sont pas
certains de ce qui s'en vient. Donc, c'est bien d'avoir ce type d'espace là
pour les entendre, pour que les gens puissent poser
leurs questions. Et ça, je pense que, vraiment, la ville de Gatineau... ce
qu'on va permettre aujourd'hui de faire à la ville de Gatineau, c'est
vraiment important.
On le dit, hein, souvent, la démocratie, est
souvent mise à l'épreuve. Les citoyens et citoyennes, bien, ils disent tout le temps... ils veulent être davantage
écoutés. On l'entend sur le terrain : Il se passe telle chose, on est
inquiet. À quel endroit on peut d'en
parler? Où est ce qu'on peut le dire? Puis c'est normal, ils veulent être au
coeur des décisions qui les concernent. Alors, c'est exactement dans cet
esprit-là que va s'inscrire le présent projet de loi.
Donc, l'Office de participation publique de
Gatineau pourra notamment tenir des consultations sur des projets de règlement
modifiant ou révisant le plan d'urbanisme de la ville de Gatineau. Il pourra
aussi intervenir dans le cadre de la
politique de participation publique et tenir des activités de participation sur
des projets ou des sujets d'intérêt confiés par le conseil municipal ou
le comité exécutif.
Le projet de loi prévoit également des balises
importantes pour assurer la crédibilité de cette nouvelle instance, M. le
Président. D'ailleurs, le président de l'office devra être désigné par le
conseil municipal aux deux tiers des voix exprimées.
L'office devra également adopter un code d'éthique et de déontologie applicable
aux commissaires. Il devra aussi rendre compte de ses activités au
conseil au moins une fois par année... sont des éléments importants. Ils
viennent assurer que l'office ne sera pas
seulement un lieu de consultation, mais aussi une instance qui va être une
instance encadrée, donc, et transparente.
• (20 h 40) •
Alors, M. le Président, bien, comme mon collègue
l'a dit tantôt, j'ai eu la chance d'assister, le 2 avril dernier, à l'étude détaillée du projet de loi. En écoutant,
évidemment, les intervenants de la ville, on a compris vraiment l'importance
que ce projet-là avait pour eux, la création de cette instance-là. Évidemment,
les travaux se sont très, très bien passés, on
a eu des beaux échanges, il faut le souligner. Ce projet là a fait un consensus
lors de son étude détaillée. Puis ça, je pense que je tiens à remercier, là,
justement, tout le monde qui ont participé, le 2 avril dernier, à ce
projet de loi là, à son étude détaillée, parce que ça a... ça va
permettre vraiment de donner un nouveau levier à la ville de Gatineau, mais
aussi aux citoyens puis aux citoyennes.
Donc, je
tiens à remercier mon collègue le député de Chapleau, qui a présenté ce projet
de loi puis qui a porté ce dossier-là.
Donc, je veux aussi remercier, comme je disais, les collègues de la banquette
de l'opposition pour leur collaboration, pour leur contribution à
l'étude rapide et efficace du projet de loi.
Enfin,
je veux saluer le conseil municipal de Gatineau pour cette initiative. En
demandant la création d'un office de
participation publique, les élus municipaux envoient un message
important : la participation citoyenne, bien, ça occupe une place réelle dans les décisions pour
l'avenir de notre ville. Comme députée de Hull, je suis fière de contribuer
aujourd'hui à cette étape-là très, très importante. Je suis fière d'appuyer ce
projet-là avec mes collègues de la belle ville
de Gatineau. Ça vient renforcer la transparence. C'est un outil qui est
vraiment adapté à la... notre réalité, à la réalité d'aujourd'hui.
Au nom des citoyens
et des citoyennes de Hull, au nom de tous ceux et celles qui pourront
bénéficier de cette nouvelle instance, je tiens vraiment à dire que c'est une
avancée importante pour la consultation à Gatineau. Je suis certaine que ça va
être un lieu d'écoute, un lieu de dialogue, un lieu où les citoyens et
citoyennes pourront mieux faire comprendre, vont pouvoir faire comprendre ce
qui... les projets qui les concernent, un lieu où leur voix pourra contribuer à
améliorer les décisions publiques. C'est ainsi qu'on renforce la démocratie. Ce
n'est pas seulement dans les grands
principes, mais c'est aussi dans la vie concrète des gens, dans leurs villes,
dans leurs quartiers, puis surtout dans leur quotidien. Alors, pour toutes ces raisons, je suis vraiment très
fière d'appuyer l'adoption du projet de loi privé n° 104.
Merci, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Merci, Mme la députée de Hull. Nous poursuivons
ce débat, cette fois-ci avec Mme la députée de Mille-Îles.
Mme Virginie Dufour
Mme Dufour :
Merci beaucoup, M. le Président. Alors, ça me fait bien plaisir d'être ici ce
soir pour discuter du PLIP n° 204 pour l'Office de
consultation publique de Gatineau. Je dois dire qu'il a fallu que je retourne
un peu dans mes... dans ma mémoire, parce
que ça fait quand même quelques semaines qu'on avait... qu'on a eu les
consultations et les discussions, là,
avec la ville. Je me souviens que j'étais quand même... j'avais été
impressionnée par la préparation des représentants de la ville, qui se
sont tous déplacés, d'ailleurs, ici, en commission parlementaire. C'est quand
même à cinq heures de route, M. le Président. Alors, je pense que ça
démontrait, là, un grand intérêt. Ils auraient pu le faire en virtuel, mais ils
sont venus en personne. Donc, je les salue, d'ailleurs, s'ils nous écoutent. Ça
a été, comme je disais, quand même une présentation fort étoffée pour un projet
de loi qui, en fait, est très simple.
Dans le fond, ce
qu'on comprend, c'est ça, c'est que la... il faut modifier la charte de
Gatineau pour pouvoir leur permettre de créer un office de consultation
publique. Et moi, j'ai mentionné que je me demande pourquoi on doit passer par ce processus-là. On devrait permettre à
toutes les grandes villes de pouvoir se doter d'un office de consultation
publique, ça devrait être dans la Loi sur les cités et villes, tout simplement,
à mon avis, parce que c'est... c'est, en fait, une professionnalisation de la
consultation.
La ville de Gatineau
s'est basée, dans le fond, sur ce que la ville de Longueuil avait fait, un PLIP
similaire. Je ne sais pas exactement c'était
quand, mais ce n'était pas moi qui étais là à l'époque, là. Donc, c'était
peut-être avant 2022, là, je ne suis
pas certaine. Mais il y a aussi la ville de Montréal qui a un office de
consultation publique depuis plusieurs années.
Et donc, bon, on
comprend, là, qu'il y ait ce besoin de se professionnaliser, mais c'est aussi
une façon de le rendre indépendant de la municipalité. Actuellement, c'est le
Service de l'interaction citoyenne, qui est un service à l'intérieur de la
municipalité, qui gère, finalement, les consultations publiques, notamment. Et
ce qu'on comprend, c'est réalisé avec le soutien du Service des communications,
ce qui est, d'ailleurs... vous savez, M. le Président, que j'ai été
longtemps à la ville de Laval, et c'était un modèle similaire à la ville de
Laval, où c'était le Service des communications qui gérait les consultations
publiques. Et c'est vrai qu'en étant un service à l'intérieur de la ville,
bien, il n'y a peut-être pas la distance
nécessaire avec la municipalité pour... aux yeux des citoyens, pour être
considéré comme indépendant. Ils ont... ils ont à gérer quand même de
plus en plus de changements dans la Loi sur l'aménagement et l'urbanisme, il y
a...
Tu sais, ça se
complexifie, la consultation citoyenne, et je pense qu'il y a des grands
projets qui sont visés à Gatineau. Et, avec
les années, on l'a vu particulièrement avec la pandémie, on a senti que, de
plus en plus, l'acceptabilité sociale était un enjeu. C'est plus
difficile pour plusieurs projets d'atteindre cette acceptabilité sociale là. Il
y a un certain... peut-être un... je ne
saurais pas comment dire, mais un... les citoyens, des fois, peuvent se braquer
quand ils sentent que ça vient directement de la municipalité, et on peut
mélanger les genres. Donc, en ayant une instance publique indépendante,
bien, ça amène cette neutralité-là face... tu sais, pour les citoyens, à la vue
des citoyens.
Donc, ce qu'on
comprend, c'est ça, c'est que la municipalité, là, dans sa présentation, elle
nous mentionnait que les citoyens, les organismes aussi, demandent des
consultations plus en amont. Ça, c'est une réalité que j'ai vécue aussi à la
ville de Laval, où... ce qu'on voyait, c'est que ce n'est plus juste... on ne
veut pas juste voir une fois que le projet
est complété, on veut participer à l'élaboration du projet. Ça, c'est... les
citoyens le demandent, notamment pour les grands projets, mais aussi
pour l'aménagement du territoire, donc...
Et ce que la ville
souhaite aussi, c'est systématiser la rétroaction auprès des participants afin
de démontrer l'impact des consultations. Ils veulent diversifier leurs efforts
de communication et d'accessibilité. Pour eux, on le voit, c'est une question d'indépendance, de crédibilité, d'agilité
aussi, de flexibilité. Ils veulent rendre ça pérein, ils veulent être
plus près des citoyens. Ils veulent rendre ça prévisible pour la population,
ils veulent que ce soit... Puis ce qui est intéressant, c'est que, dans leur
présentation, ils ont même budgétisé la mise en place de l'office. Donc, c'est
une... c'est une réflexion très aboutie,
hein? C'est un budget, de mémoire, de 1,3 million qu'ils ont prévu. Donc,
c'est très... C'est ça, c'est un projet qui est très abouti.
Donc, en gros, c'est
ça, ce qu'ils souhaitent, c'est ça, c'est assurer l'indépendance, la
crédibilité, l'autonomie de l'instance. Et
ce qui est intéressant aussi, j'ai trouvé, c'est qu'ils disaient :
Pourquoi on choisit l'Office de participation publique
et non pas de consultation publique? Ça, ça va peut-être vous intéresser, M. le
Président, mais ce qu'ils disaient, c'est que la consultation publique, c'est
une forme de participation, mais ce n'est pas la seule. Il existe de nombreux
autres dispositifs, et ça ne se limite pas à la consultation publique. Donc, ce
qui permet... Ils disent que, dans le fond, en choisissant «participation
publique», bien, ça permet de moduler les choix en fonction des besoins et
des... et de la population. Ça fait que ça, je trouvais ça pas mal intéressant. Puis, bon, comme je disais, il
y a l'office de... public de Montréal et de Longueuil qui existent déjà.
Donc là, ce sera la troisième grande ville à se doter d'un office de
consultation publique.
Évidemment, c'est un
projet qu'on va appuyer. Moi, j'invite... j'en profite, pour les autres grandes
villes, je les invite à réfléchir, à se doter d'un tel... d'un tel outil. C'est
une question de... c'est ça, de crédibilité aussi. On voit de... tu sais, les projets, on dit : Pas dans ma
cour, puis avec... Aujourd'hui, on a adopté des amendements dans un projet de
loi, le projet de loi n° 22, où on est venu
pérenniser le pouvoir exceptionnel des municipalités de déroger à leur
règlement d'urbanisme. Ça risque de faire des flammèches dans certains cas.
Alors, d'avoir un office de consultation publique indépendant de la
municipalité, je pense que ça va permettre d'apaiser peut-être des tensions qui
vont se créer avec l'utilisation de... qui
pourraient se créer, pardon, avec l'utilisation de ce pouvoir. Quand les gens
vont se rendent compte... être mis devant le fait accompli, puis là
arrive un autre projet, puis les gens vont peut-être avoir le ressentiment du projet précédent. Alors, d'avoir un comité... une
instance qui est externe à la municipalité, ça va permettre, là, de séparer les
deux et séparer les émotions.
• (20 h 50) •
Bref, je ne ferai pas
plus de temps, M. le Président. J'appuie, évidemment, la demande, et le projet
de loi, puis qu'on l'adopte. Puis j'invite
les autres municipalités, les grandes municipalités, à aller de l'avant avec un
projet de loi similaire. Ils peuvent voir, ça passe vite à l'Assemblée quand on
a ce type de projet de loi. Alors, on est prêts à vous accompagner là-dedans.
Donc, merci beaucoup,
M. le Président. Puis merci aussi aux députés de la banquette gouvernementale
qui représentent, là, la région de Gatineau, là, d'avoir porté ce projet de
loi. Merci.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Merci. Merci, Mme la députée de Mille-Îles.
Est-ce qu'il y a d'autres interventions dans ce dossier?
Mise aux voix
S'il n'y a pas
d'autre intervention, le projet de loi n° 204, Loi
concernant la Ville de Gatineau, est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Adopté. Mme la leader adjointe du gouvernement.
Mme Lachance :
M. le Président, je vous demande d'appeler l'article 83 du feuilleton.
Projet de loi n° 200
Adoption du principe
Le Vice-Président (M. Benjamin) : À
l'article 83 du feuilleton, Mme la députée de Laporte
propose l'adoption du principe du projet de loi n° 200,
Loi concernant Le Country Club de Montréal.
Y a-t-il des
interventions? Il n'y en a pas.
Mise aux voix
Le principe du projet
de loi n° 200, Loi concernant Le Country Club de
Montréal, est-il adopté?
Des voix :
Adopté.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Mme la leader adjointe du gouvernement.
Mme Lachance :
M. le Président, je vous demande d'appeler l'article 83 du feuilleton.
Adoption
Le Vice-Président (M. Benjamin) : À
l'article 83 du feuilleton, Mme la députée de Laporte propose l'adoption
du projet de loi n° 200, Loi concernant Le Country
Club de Montréal.
Je reconnais, comme
première intervenante, Mme la députée de Laporte.
Mme Isabelle Poulet
Mme Poulet : Merci, M. le
Président. Alors, aujourd'hui, nous franchissons la dernière étape d'un projet
de loi qui permettra au Country Club de Montréal de disposer d'un cadre
juridique adapté aux réalités du XXIe siècle. Il vise
à actualiser une charte devenue désuète afin de mieux répondre aux besoins de
gouvernance et d'administration du Country
Club de Montréal, situé à Saint-Lambert. Fondé en 1910, Le Country Club de
Montréal a su évoluer au fil des décennies, et il est tout naturel que
son cadre juridique évolue lui aussi.
M. le
Président, sa charte n'a pas été mise à jour depuis 1968, elle est aujourd'hui
devenue rigide et difficilement applicable
au regard des transformations qu'a connues l'organisation depuis plus d'un
siècle. Le projet de loi modernise notamment les règles relatives à la
composition du conseil d'administration et au capital-actions afin d'offrir une
gouvernance plus souple, plus efficace et mieux adaptée aux besoins actuels du
Country Club de Montréal.
Permettez-moi de souligner le travail accompli
dans le cadre de l'étude de ce projet de loi. Il a permis aux membres de la
commission de mieux comprendre le contexte entourant cette demande. Nous avons
étudié chaque article avec attention afin d'en mesurer les effets tant sur le
plan de l'administration que sur celui de la gouvernance. Nous nous sommes
assurés que ces dispositions répondent aux besoins exprimés tout en maintenant
des mécanismes adéquats de transparence, de responsabilité et de saine gestion.
Comme législateurs, nous avons la responsabilité d'examiner avec rigueur tous
les projets de loi, et c'est ce qui a été fait dans ce dossier.
En terminant, je désire remercier l'ensemble des
personnes qui ont contribué aux travaux ainsi que les professionnels qui nous
ont accompagnés, les membres de la commission et le personnel de l'Assemblée
nationale. Un merci tout spécial à M. Mario
Lavoie et M. Marc-Étienne... David-Étienne Bouchard, du Country Club de
Montréal, de m'avoir fait marraine de ce projet de loi.
La collaboration de tous et la qualité des
interventions ont grandement facilité l'étude de ce projet de loi d'intérêt
privé. Il offrira au Country Club de Montréal un cadre juridique mieux adapté à
la réalité d'aujourd'hui. Il est conforme aux principes de saine gestion, ce
qui le projette maintenant dans le XXIe siècle. Il est le fruit d'un
travail rigoureux et consensuel. C'est pourquoi j'invite l'ensemble de mes
collègues à l'appuyer. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
Mme la députée de Laporte. Est-ce qu'il y a d'autres intervenants? Mme la
leader adjointe du gouvernement.
Mme Stéphanie Lachance
Mme Lachance : Merci,
M. le Président. Permettez-moi de saluer tous les collègues qui sont ici en ce
magnifique mardi.
M. le
Président, la partie gouvernementale a bien compris l'objectif poursuivi par le
projet de loi n° 200, marrainé par
la députée de Laporte. Il s'agit essentiellement de moderniser la charte d'une
institution bien enracinée dans la communauté de Saint-Lambert depuis
115 ans afin qu'elle reflète mieux la réalité actuelle de l'organisation.
Le Country Club de Montréal est un organisme
sans but lucratif qui contribue à la vitalité économique, sociale et
communautaire de la région. Au-delà de ses activités sportives, il soutient
plusieurs initiatives locales, accueille des organismes communautaires et
participe à des collectes de fonds au bénéfice de causes importantes.
Le projet de loi n° 200 vise donc à
éliminer certaines contraintes devenues désuètes à la suite de changements
survenus au fil des décennies et à donner à l'organisation les outils
nécessaires pour poursuivre sa mission dans les meilleures conditions.
Ultimement, le projet de loi n° 200 fera en sorte que Le Country Club de
Montréal pourra continuer à jouir de sa réputation enviable.
M. le Président, non seulement la partie
gouvernementale n'a pas d'enjeu avec ce projet de loi, mais elle tient de surcroît à souligner la collaboration des
parlementaires dans ce dossier. En effet, tous les parlementaires présents ont
coopéré et travaillé activement lors de l'étude détaillée, et nous tenons à les
remercier.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
Mme la leader adjointe du gouvernement. Et comme prochain intervenant je
reconnais M. le député de Marquette.
M. Enrico Ciccone
M. Ciccone : Merci beaucoup, M.
le Président. Comme vous pouvez le constater, là, je ne ferai pas beaucoup de
temps là-dessus, c'était un projet de loi qui devait être fait, et je tiens à
remercier la députée de Laporte, qui a été marraine. C'est toujours le fun
d'être marraine quand on n'est pas sur la partie gouvernementale et qu'on
peut... qu'on peut... qu'on peut laisser son nom et une trace également sur un
élément ou sur un projet de loi.
Alors, comme mes collègues l'ont mentionné,
c'était rendu... la charte était rendue désuète, il fallait faire... il fallait
mettre au goût du jour, justement, cette charte-là, et on l'a fait avec,
justement, les suggestions de M. Lavoie et M. Bouchard et pour les
actionnaires et les membres également.
Et, M. le Président, je m'en voudrais de ne pas
dire... tu sais, souvent, on dit que les députés ne parlent jamais pour rien
dire, mais imaginez-vous donc qu'on a déposé un amendement sur le projet de
loi, justement, Le Country Club de Montréal. J'étais fier de la déposer parce
qu'on a été capable de voir une petite... pas une faille, mais, en même temps,
être capable de leur donner un peu plus de latitude dans le futur. Le projet...
Les projets de loi sont écrits, puis, si on veut les garder le plus longtemps
possible sans être obligé de réouvrir, justement, cette fameuse charte là,
bien, câline, je pourrais dire que, la prochaine fois que je vais mettre les
pieds sur le... à Saint-Lambert, sur Le Country Club de Montréal, je vous invite, à tous les collègues ici, et vous, M. le
Président, d'aller faire un tour. C'est un terrain de golf qui est
extraordinaire, avec des gens également qui... les gestionnaires
extraordinaires aussi.
Alors, sur ce, M. le Président, vous comprendrez
qu'on va être pour le projet de loi n° 200. Merci beaucoup.
Le
Vice-Président (M. Benjamin) : Merci, M. le député de Marquette.
Est-ce qu'il y a d'autres interventions?
Mise aux voix
S'il
n'y a pas d'autre intervention, le projet de loi n° 200, Loi concernant Le Country Club de Montréal, est-il adopté?
Des voix :
Adopté.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Adopté. Mme la leader adjointe du gouvernement.
Mme Lachance :
M. le Président, je vous demande d'appeler l'article 84 du feuilleton.
Projet de loi n° 201
Adoption du principe
Le Vice-Président (M. Benjamin) : À l'article 84 du feuilleton, M. le député
de Taschereau propose l'adoption du principe du projet de loi
n° 201, Loi concernant le Monastère des Ursulines de Québec.
Y a-t-il des interventions?
Une voix : ...
Mise aux voix
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Le principe du projet de loi n° 201, Loi concernant le Monastère des Ursulines
de Québec, est-il adopté?
Des voix :
Adopté.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Mme la leader adjointe du gouvernement.
Mme Lachance :
M. le Président, je vous demande d'appeler l'article 84 du feuilleton.
Adoption
Le Vice-Président (M. Benjamin) : À l'article 84 du feuilleton, M. le député
de Taschereau propose l'adoption du principe du projet... propose l'adoption du
projet de loi n° 201, Loi
concernant le Monastère des Ursulines de Québec.
Y a-t-il des
interventions? M. le député de Taschereau.
M. Etienne Grandmont
M. Grandmont :
Merci beaucoup, M. le Président. Il me fait vraiment très plaisir d'être ici
aujourd'hui pour l'adoption du projet de loi n° 201 concernant le
Monastère des Ursulines de Québec.
Vous savez, M. le
Président, quand on... quand on se lance en politique, on le fait pour toutes
sortes de raisons. Moi, je l'ai fait, entre autres, pour bien représenter les
gens de ma circonscription et représenter ma circonscription en ce qu'elle
représente également. Taschereau, c'est une circonscription un peu
particulière, c'est le berceau de la Nouvelle-France, qui est devenue le
Québec. C'est la capitale nationale aussi de ce pays qu'on souhaite avoir.
C'est également, évidemment, le siège du
gouvernement. C'est... Donc, c'est une circonscription particulière, avec ses
enjeux, évidemment, les enjeux de
logement, les enjeux de pauvreté, les enjeux d'itinérance sont multiples, sont
variés. Mais un des enjeux qui me touche particulièrement dans
Taschereau, c'est la question du patrimoine.
Donc,
étant une ville ancienne au sein... bâtie depuis longtemps, étant le siège...
pas le siège mais le noyau fondateur, en
quelque sorte, du Québec, il y a de ces institutions, de ces organisations, de
ces bâtiments qui sont un marqueur de temps incroyable, un marqueur de notre histoire assez important. Et ce n'est
pas pour rien non plus qu'on a une reconnaissance au patrimoine mondial de l'UNESCO. Notre
Vieux-Québec a une particularité très grande et nous renseigne sur l'histoire
de notre nation.
• (21 heures) •
Alors, évidemment,
quand les Ursulines sont venues me voir pour me parler d'un projet, celui de
transformer le site du Monastère des
Ursulines en pôle culturel, communautaire, social, davantage accessible à la
population, avec une vocation
toujours tournée vers la communauté pour... tout ça dans le but, là, de
pérenniser les installations du monastère, parce que les Ursulines, bon, vont devoir passer le flambeau. Elles sont
peu nombreuses à reprendre les activités religieuses, et on pense à
l'avenir, on pense à préserver ce joyau, ce marqueur important du patrimoine du
Québec. Et donc, pour protéger ce joyau,
bien, elles sont venues me voir avec une idée de projet... de projet de loi
d'intérêt privé pour justement permettre la pérennisation des
installations du Monastère des Ursulines.
Donc,
pour moi, c'est vraiment un honneur de... En fait, c'est un grand jour pour, je
pense, ma circonscription, c'est un grand
jour pour le Québec. C'est un grand jour pour le respect du... de cette
reconnaissance importante que nous avons au patrimoine mondial de l'UNESCO.
Parce qu'en quelque sorte en venant protéger cet ensemble, le Monastère des
Ursulines, on vient s'assurer de la préservation d'un ensemble plus grand,
celui de la reconnaissance à l'UNESCO.
Puis je dois vous
dire aussi, M. le Président, que non seulement le projet des Ursulines va
protéger les installations actuelles, mais il va permettre aussi de mettre en
valeur une foule d'items, d'artefacts, d'archives qui sont existantes et qui, malheureusement, pour toutes
sortes de raisons, manque de financement, justement, aussi, et ce sera possible
à travers le prochain projet, pourront être mis en valeur, pourront être rendus
accessibles à la population.
Donc, c'est une...
c'est un regard sur notre histoire aussi qu'on se permet, à travers le projet
de loi, qui vient, en fait, accorder tout
simplement... Ce qu'on a dans... ce qu'on avait sous le chapeau religieux, en
fait, des installations du monastère, maintenant on va l'avoir sous le
chapeau, finalement, communautaire, social, culturel, donc des exemptions de
taxes municipales qui vont venir pérenniser ce projet-là.
Et donc je suis très
fier du travail qui a été effectué par les Ursulines, je les remercie
particulièrement. Je remercie aussi les personnes de mon bureau de
circonscription, je pense notamment à ma collègue Élisabelle Nadeau, qui a énormément travaillé sur ce projet de loi
là, beaucoup d'allers-retours entre les différentes parties impliquées. Donc, je
lui lève mon chapeau. Gros travail, Élisabelle. Et également la partie gouvernementale,
qui a travaillé avec beaucoup de diligence,
donc je remercie notamment le ministre des Affaires municipales et son
équipe, de même que le leader du gouvernement et son équipe, qui ont
permis, finalement, l'adoption rapide avant la session parlementaire de ce
projet de loi d'intérêt privé.
Donc,
M. le Président, pour moi, c'est un... c'est avec grand plaisir, en fait, que
je vois ce projet de loi d'intérêt privé adopté aujourd'hui. Je pense
que tous et toutes ici, au Québec, nous y sommes vraiment gagnants. Merci
beaucoup.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
M. le député de Taschereau. Mme la leader adjointe du gouvernement.
Mme Stéphanie Lachance
Mme Lachance :
Merci, M. le Président. Ce qui nous a été présenté récemment, lors de
l'étude détaillée, le 3 juin dernier, met en lumière le caractère tout à
fait exceptionnel du projet de loi n° 201, un projet de loi qui rappelle
d'ailleurs celui des Augustines adopté en 2011.
Les
Ursulines de Québec proposent à la société québécoise un legs patrimonial d'une
valeur inestimable, constitué de
bâtiments, d'archives, de collections qui témoignent de près de quatre siècles
de l'histoire de ces femmes pionnières qui ont contribué à forger le
Québec.
Au-delà
de la préservation de ce patrimoine unique, le projet repose sur une volonté
claire d'assurer la pérennité du monastère des Ursulines grâce à un
modèle autonome et sans but lucratif. Les sommes investies par les communautés
religieuses elles-mêmes ainsi que l'appui des gouvernements et des partenaires
municipaux démontrent l'importance accordée à cette initiative.
Le projet de loi,
parrainé par le député de Taschereau, vise donc à donner à ce projet les
conditions nécessaires à sa viabilité financière afin que ce patrimoine
exceptionnel demeure accessible, vivant et protégé, au bénéfice des générations
actuelles et futures. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Merci, Mme la leader adjointe du gouvernement.
Est-ce qu'il y a d'autres interventions dans ce dossier, dans ce projet de loi?
Mise aux voix
Alors, le projet de
loi n° 201, Loi concernant le monastère des Ursulines de Québec, est-il
adopté?
Des voix : Adopté.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Adopté. Mme la leader adjointe du gouvernement.
Mme Lachance :
M. le Président, je vous demande d'appeler l'article 86 du feuilleton.
Projet de loi n° 205
Adoption du principe
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : À l'article 86 du feuilleton, M. le député
de Vanier-Les Rivières propose l'adoption du principe du projet de
loi n° 205, Loi concernant un immeuble situé sur le territoire de la
Ville de Québec.
Y a-t-il des
interventions?
Mise
aux voix
Alors, le
principe du projet de loi n° 205, Loi
concernant un immeuble situé sur le territoire de la Ville de Québec,
est-il adopté?
Des
voix : Adopté.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Mme la leader adjointe du gouvernement.
Mme Lachance :
M. le Président, je vous demande d'appeler l'article 86 du feuilleton.
Adoption
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : À l'article 86 du feuilleton, M. le député
de Vanier-Les Rivières propose l'adoption du projet de loi n° 205, Loi
concernant un immeuble situé sur le territoire de la Ville de Québec.
Et je reconnais M. le
député de Vanier-Les Rivières.
M. Mario Asselin
M. Asselin : M. le Président, très
heureux d'être ici pour poursuivre le travail sur l'adoption du projet de loi n° 205.
Le projet de loi
n° 205, il est un peu particulier, parce qu'il vise exclusivement la
sécurisation d'un titre de propriété qui est existant depuis plus de
60 ans. Les gens de la région de la Capitale-Nationale pourront peut-être visualiser de quels immeubles il s'agit. On parle
d'immeubles situés dans la section... dans le secteur de la gare d'autobus
de Sainte-Foy et du Centre de glaces Intact Assurance, l'ancien anneau de glace
Gaétan-Boucher. Étonnamment, le projet de loi n'a aucun impact sur les usages existants
des immeubles dans le secteur.
À la base de ce
projet de loi, M. le Président, il y a une transaction qui date de 1965. En
effet, en 1965, la commission scolaire de Sainte-Foy et la Corporation de la
Cité de Sainte-Foy décident de faire un échange de terrains. Évidemment, depuis les fusions municipales de
janvier 2002, c'est la ville de Québec qui est en cause ici. Du côté de la commission
scolaire de Sainte-Foy, donc, cet échange de terrain a permis la construction
de l'école dans le secteur Saint-Denis, à
côté du parc du même nom. Et, en ce qui concerne la Corporation de la Cité de
Sainte-Foy, la transaction a permis la construction de plusieurs bâtiments
municipaux et d'infrastructures de voirie. Elle a plus tard vendu une partie
de ce terrain à la compagnie d'autobus de la Vieille-Capitale.
Depuis 1965, d'autres
transactions ont eu lieu. Ce terrain a été morcelé, ce qui a permis, au fil des
années, de transformer ce secteur et de l'améliorer. Ça a permis, par exemple,
de modifier le chemin des Quatre-Bourgeois, la rue Roland-Beaudin et même de créer la petite rue Amanda-Savard. À la gare,
ça a permis l'agrandissement du stationnement qui était situé à
l'arrière.
Plusieurs de ces
transformations ont eu lieu entre 2021 et 2023. D'autres travaux se sont
déroulés plus récemment, en 2026, et certains ont impliqué le ministère du
Transport du Québec.
M. le Président,
c'est à partir de ce moment-là que des vérifications ont été faites et qu'il a
été remarqué que la transaction de 1965
n'avait jamais reçu l'autorisation requise par le ministère de l'Éducation de
l'époque, comme le prévoit l'article 228 sur la Loi de l'instruction
publique. C'est un défaut qui rend l'acte d'échange susceptible d'annulation.
C'est ce qu'on appelle un vice de titre. Auprès des... Après des vérifications
exhaustives, tant du côté de la ville que du côté du ministère de l'Éducation,
il est rapidement devenu clair que la seule façon de corriger ce vice de titre,
c'est par un projet de loi d'intérêt privé, que j'ai parrainé avec grand
intérêt, vous le comprenez.
Donc, M. le
Président, quand on se lance en politique, c'est évidemment pour faire une
différence dans la vie des citoyens, on a naturellement tendance à penser à des
grands projets de loi, mais parfois, des projets de loi d'intérêt privé peuvent
faire une grande différence en prévenant une cascade de litiges malheureux qui
pourraient coûter bien cher aux citoyens.
C'est donc par souci de prévoyance et de probité que j'ai accepté le
parrainage, ce parrainage, un geste qui me semblait aussi logique
qu'essentiel.
Donc, pour finir, M.
le Président, j'aimerais prendre un moment pour souligner la collaboration de
nos collègues de l'opposition lors de
l'étude détaillée. Autant le député... la députée de Bourassa-Sauvé, le député
de Taschereau, le député de Jean-Lesage et celui de Jean-Talon ont fait
preuve d'une grande collaboration dans le processus. Le ministre de la Capitale-Nationale s'était aussi déplacé pour l'occasion,
alors vous me permettrez de le remercier et de souligner tout le sérieux
qu'il met dans son... dans son rôle de ministre régional.
Je tiens, pour finir,
à remercier tous les membres de la fonction publique au ministère des Affaires
municipales qui ont travaillé sur ce projet de loi d'intérêt privé, ainsi que
le ministre en titre, également député de Beauce-Sud, qui, comme d'habitude, a
fait preuve d'une grande originalité, un grand professionnalisme, et qui a été
gentil pour moi, comme d'habitude. Sans
oublier les employés de la ville de Québec, pour qui ça a dû être tout un
casse-tête de retrouver les pièces manquantes.
Alors, je vous
réitère que je suis bien heureux d'avoir contribué à tout remettre en ordre.
Voici ce que j'avais à dire sur le projet de loi n° 205.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci, M. le député de Vanier-Les Rivières. Est-ce qu'il y a d'autres interventions
dans ce... dans ce projet de loi?
Mise aux voix
Alors, le projet de
loi n° 205, Loi concernant un immeuble situé sur le territoire de la Ville
de Québec, est-il adopté? Adopté.
Mme la leader adjointe du gouvernement.
Ajournement
Mme Lachance : M. le Président,
je vous demande d'ajourner nos travaux à demain, 9 h 40.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Cette motion est-elle adoptée?
Des voix : Adopté.
Le
Vice-Président (M. Benjamin) : Alors, par conséquent, nous ajourner les travaux à demain, mercredi 10 juin,
9 h 40.
(Fin de la séance à 21 h 12)