Journal des débats (Hansard) of the Committee on the National Assembly
Version préliminaire
43rd Legislature, 1st Session
(November 29, 2022 au September 10, 2025)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
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Wednesday, February 14, 2024
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Vol. 47 N° 3
Examining the preliminary report of the Commission de la représentation électorale
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Intervenants par tranches d'heure
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Lévesque, Sylvain
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Reid, Claude
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Reid, Claude
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Lévesque, Sylvain
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Jeannotte, Chantale
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Rotiroti, Filomena
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Rotiroti, Filomena
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Lévesque, Sylvain
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Massé, Manon
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D'Amours, Sylvie
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Leduc, Alexandre
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Leduc, Alexandre
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Lévesque, Sylvain
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Lévesque, Sylvain
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Zaga Mendez, Alejandra
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Nadeau-Dubois, Gabriel
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Nadeau-Dubois, Gabriel
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Lévesque, Sylvain
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Marissal, Vincent
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Ghazal, Ruba
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Ghazal, Ruba
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Lévesque, Sylvain
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Fontecilla, Andrés
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Fontecilla, Andrés
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Lévesque, Sylvain
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Benjamin, Frantz
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Boivin Roy, Karine
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Boivin Roy, Karine
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Lévesque, Sylvain
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St-Pierre Plamondon, Paul
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St-Pierre Plamondon, Paul
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Lévesque, Sylvain
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Bouazzi, Haroun
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Cliche-Rivard, Guillaume
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Cliche-Rivard, Guillaume
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Lévesque, Sylvain
11 h (version révisée)
(Onze heures vingt-deux minutes)
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) :
Alors, à l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la
séance de la Commission de l'Assemblée nationale ouverte. Et j'invite l'ensemble
des collègues, s'il vous plaît, à bien vouloir éteindre sa sonnerie de son
cellulaire afin d'éviter les bruits.
Et je vous rappelle que la commission est
réunie afin de poursuivre l'étude du rapport préliminaire de la Commission de
la représentation électorale.
Mais, avant de débuter, nous avons reçu
une demande d'intervention tardive de la députée de Rimouski pour la région du Bas-Saint-Laurent,
puisque la plage horaire est libre à notre horaire de jeudi matin à la suite du
passage devancé du député de Drummond—Bois-Francs hier. Y a-t-il consentement
pour accepter... à cette demande?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) :
Consentement. Alors, je vous rappelle que chaque député, lors de cette
audition, dispose d'une période de 20 minutes pour intervenir avec les
membres de la Commission de la représentation électorale, que je salue d'ailleurs
ce matin. Et la première intervention d'aujourd'hui proviendra du député de la
région de la... un député de la région de Montérégie. Et je cède donc la parole
à M. le député de Beauharnois. M. le député, la parole est à vous pour 20 minutes.
M. Reid : Merci, M. le
Président. Salutations, chers collègues, et merci de nous accueillir en cette
belle journée de Saint-Valentin. Alors, c'est la journée de l'amour, on espère
que ce qu'on va vous dire va être bien reçu aujourd'hui et au cours du reste de
la semaine. On en a... On s'est rencontrés en novembre dernier à
Salaberry-de-Valleyfield, et je tiens à vous remercier encore une fois d'avoir
été présents dans... dans ma région. Ça a été fort apprécié de la communauté,
des maires et des intervenants qui se sont pointés pour prendre la parole. Vous
avez un travail à faire. Je pense, de par ce que j'ai entendu, il ne sera pas...
il ne sera pas évident. Il y a un travail de... une nouvelle analyse qui... qui
doit être faite, et on va... on va essayer de vous convaincre le plus possible
pour qu'on puisse faire en sorte de respecter les communautés naturelles,
notamment dans... dans mon coin.
Avant de plonger dans le vif du sujet qui
nous préoccupe aujourd'hui, vous me permettrez de venir rapidement sur l'histoire
de la région de Salaberry-de-Valleyfield, ou plus précisément Beauharnois — Salaberry-de-Valleyfield.
Je l'avais fait en novembre dernier. Mais c'est... c'est une seigneurie, en
fait, qui avait été... qui avait été achetée par Alexander Ellice à ce
moment-là. Et il avait découpé son... le territoire, en fait, du nom <de...
17833
M. Reid : ...Et
il avait découpé son... le territoire, en fait, du nom >de ses... de ses
enfants. Il y avait Catherinestown, Helenstown, Marystown, Annstown. Et tout ça
constituait une grande partie de... du comté de Beauharnois actuel. Donc, ce
n'est pas... ce n'est pas... Ça date de très, très, très longtemps, que notre
territoire a été découpé d'une... d'une certaine façon.
Et, au fil du temps, bien entendu, les
relations régionales, la gouvernance s'est installée en conséquence du
territoire. Alors, vous avez Salaberry-de-Valleyfield, Beauharnois, une partie
de la... de la Rive-Sud, donc trois municipalités, puis même le
Haut-Saint-Laurent. Donc, la dynamique s'est installée nord-sud et est-ouest
sur la rive sud du fleuve Saint-Laurent. Puis, encore aujourd'hui, on le voit
avec les territoires, les organismes qui sont là, la MRC de Beauharnois-Salaberry
est sur la rive sud du fleuve et elle touche le secteur de Beauharnois-Valleyfield...
en fait, le comté de Beauharnois en grande partie. Centres de services
scolaires, c'est la même chose. Donc, la limite géographique du fleuve
Saint-Laurent a toujours séparé les régions et les cultures en termes de
développement socioéconomique des régions de Beauharnois, donc du comté de
Beauharnois, et de la région de Vaudreuil-Soulanges.
La proposition de redécoupage de la
circonscription de Beauharnois que vous soumettez dans votre rapport
préliminaire serait donc formée à partir de la circonscription actuelle de
Beauharnois. Donc, on parle de 51 384 électrices, électeurs et des
modifications suivantes, ce que vous proposez dans votre rapport : on
retire près de 4 244 électeurs, électrices, donc qui sont dans les
municipalités de Saint-Étienne-de-Beauharnois, Saint-Stanislas-de-Kostka et de
Saint-Louis-de-Gonzague, et vous ajoutez 12 668 électrices, électeurs
qui sont sur la rive nord du fleuve Saint-Laurent, donc on parle des
municipalités de Coteau-du-Lac, des Cèdres et de Pointe-des-Cascades. Bien
entendu, avec votre proposition, vous amputez la circonscription de
Beauharnois, dont le nom, c'est la seigneurie de Beauharnois, et on traverse le
nord, donc vous amputez la circonscription d'une partie de son territoire, de
son histoire surtout.
Et, ma lecture, c'est simplement pour une
question de mathématiques. Comme je le mentionnais en novembre dernier,
l'impression qui se dégage à la lecture de la proposition de votre rapport
préliminaire tient davantage d'une opération qui est... qui est mathématique.
Alors, il faut trouver un équilibre entre le nombre d'électeurs par
circonscription qui, selon ma lecture, ne prend pas en compte ni l'histoire ni
l'appartenance des populations qui habitent ce magnifique territoire.
En ce moment, comme je mentionnais, la
circonscription de Beauharnois est parfaite pour le DGEQ : avec
51 384 électeurs, la circonscription se situe seulement à 1,4 %
de la moyenne québécoise, la circonscription a une croissance supérieure à la
moyenne, croissance de la population, et, considérant son nombre d'électeurs
presque parfait, la croissance de la population de Beauharnois n'est pas en
considération aux fins des présentes.
Et là il faut savoir qu'au cours des trois
dernières années, donc post-pandémie, il y a une croissance. Si on prend
Saint-Louis-de-Gonzague, on parle en trois ans d'une... d'une croissance de
20 % de la population. Il est à peu près de même pour la ville de
Beauharnois. Salaberry-de-Valleyfield suit pas très loin. Il y a... Et, comme
le mentionnait le préfet au moment des audiences, il y a énormément de
construction domiciliaire sur le territoire.
Donc, votre proposition, c'est de retirer
4 244 électeurs du territoire d'origine de la circonscription de
Beauharnois pour en rajouter 12 668 d'un autre territoire contigu, mais
qui n'a pas d'appartenance ni physique ni historique au noyau central de la
circonscription. On peut comprendre que la notion d'équité dans la
représentativité citoyenne des circonscriptions est un principe démocratique
qui a de l'importance et qui fait partie du mandat de la commission. Toutefois,
la tradition, l'intégrité territoriale, le sens de l'appartenance, la présence
des instances décisionnelles et surtout le respect des régions naturelles ont
tous autant d'importance et requièrent qu'on s'y attarde.
L'interaction entre les communautés qui
sont appelées à quitter la circonscription, si la proposition de redécoupage
est retenue, va à l'encontre du modèle de gestion territoriale, donc, qui s'est
imposé au fil de l'histoire. Alors, je parlais que c'est une relation
est-ouest, donc Beauharnois-Valleyfield, et vous avez, sur la rive nord, Vaudreuil-Soulanges,
donc le même type d'interrelation régionale qui se fait, c'est davantage
est-ouest. Une grande partie de la... de la municipalité de
Saint-Stanislas-de-Kostka est campivallensienne de par le territoire. Parce
que, vous savez, notre... notre région a été charcutée par la construction de
canaux. Alors, il y avait le premier canal de Beauharnois, ensuite, il y a eu la...
le nouveau canal de Beauharnois, qui est la voie maritime actuelle. Donc,
artificiellement, on a coupé notre territoire, mais au niveau territorial, il y
a toujours une interrelation entre les municipalités de Valleyfield,
Beauharnois, Saint-Étienne, Saint-Louis et Saint-Stanislas-de-Kostka. Et ça,
c'est important d'en prendre note parce que c'est un tout.
Alors, vous savez, le commerce, le centre
administratif, c'est Salaberry-de-Valleyfield et Beauharnois, donc. Et <ces...
M. Reid :
...c'est Salaberry-de-Valleyfield
et Beauharnois, donc. Et >ces municipalités-là, les habitants et les
citoyens de ces villes-là font davantage affaire à Salaberry-de-Valleyfield et
Beauharnois, et non pas ce qui est proposé, par exemple, dans la région de Huntingdon.
Cette intégration naturelle du territoire est donc appelée à être charcutée, de
sorte que deux circonscriptions, dans notre cas Beauharnois et Huntingdon, si
on... si on retire les trois municipalités rurales, vont faire en sorte que,
plutôt que de travailler avec le comté de Beauharnois, vont devoir travailler
avec le comté de Huntingdon. Et ça risque de causer des... des problèmes au
niveau de l'administration régionale et territoriale, sans parler de la
gouvernance régionale, là. On va être rendus avec trois MRC, avec plusieurs
municipalités qui n'ont pas toutes, si on prend votre proposition actuelle... qui
n'ont pas toutes des liens communs.
• (11 h 30) •
Bien qu'elles soient associées au
déploiement du canal de Soulanges, dont l'histoire des canaux, on en a parlé,
du Haut-Saint-Laurent, les communautés de Coteau-du-Lac, Les Cèdres et
Pointe-des-Cascades n'ont historiquement rien à voir avec l'évolution historique
de la circonscription de Beauharnois. Leur adhésion à la circonscription de
Soulanges et leur attraction, en termes de services, vers Vaudreuil-Dorion en
font une entité bien à part de celle de Beauharnois.
Le découpage qui est proposé ne sert en rien
les intérêts des villes et villages visés par la redéfinition des limites
territoriales des territoires électoraux. L'ADN de la circonscription réside
dans les liens physiques qui ont... qui ont façonné le territoire depuis sa...
depuis sa définition par Alexander Ellice autour des années 1880, l'avènement,
voire la construction des canaux. L'apprentissage d'une gestion commune d'un
territoire cicatrisé par les canaux ne peut faire l'objet d'une division qui
contredirait l'histoire. S'il y avait une logique à respecter, elle devrait
inclure les municipalités de Saint-Stanislas-de-Kostka,
Saint-Louis-de-Gonzague, Saint-Étienne-de-Beauharnois, qui resteraient
associées à la force d'attraction que constitue le tandem urbain
Beauharnois-Salaberry-de-Valleyfield.
La création d'une nouvelle circonscription
réunissant des entités municipales des deux côtés du fleuve Saint-Laurent vient
compliquer la responsabilité des représentants à l'Assemblée nationale, en ce
sens qu'elle oblige la conciliation, comme je le mentionne, de quatre
philosophies différentes, Huntingdon, Beauharnois, Soulanges et Vaudreuil,
d'une certaine façon, que la structure physique, donc on parle de la
délimitation territoriale, même de la nouvelle circonscription, ne peut que
difficilement harmoniser. Et d'ailleurs ma collègue de Vaudreuil hier vous
rappelait, je pense, l'historique de la circonscription de Salaberry-Suroît,
qui n'a pas connu un succès, je pense, espéré dans... dans l'histoire.
Je tiens à rappeler que la carte
électorale du Québec, partout, si on prend la carte, le fleuve Saint-Laurent,
je vous l'ai mentionné en novembre... le fleuve Saint-Laurent constitue une
frontière naturelle pour l'ensemble des circonscriptions qui ont été dessinées
par votre commission au fil du temps. Il y a sûrement une logique derrière cet
état de fait. Mais pourquoi seule la future circonscription de Beauharnois ne
respecterait... ne respecterait-elle pas cette logique naturelle historique dans
notre histoire? C'est comme si vous décidiez, je vous l'avais mentionné, de
dire : On va prendre un bout de la circonscription de Jean-Talon à Québec
et faire une circonscription avec Lévis ou prendre un bout de Bécancour, faire
une circonscription avec Trois-Rivières. C'est la même chose. Alors, pourquoi, chez
nous, on... on ne respecterait pas la frontière, qu'est le fleuve? Bien
entendu, si on va de l'avant, la population va être barouettée d'un côté et de
l'autre du fleuve.
Je me permets de citer un extrait de votre
rapport à la page 4 où il est écrit que votre objectif, la commission,
c'est de «faire en sorte que les électrices et les électeurs s'estiment
représentés de façon juste et équitable dans chacune des circonscriptions du
Québec». Dans votre rapport, vous expliquez la notion de représentation effective,
qui est extrêmement importante, comme étant un principe démocratique
fondamental à respecter, et que la première condition est l'égalité relative du
vote des électeurs. Mais, comme vous l'écrivez, cette condition n'est pas
exclusive, vous tenez compte notamment de la géographie et de la démographie.
Et c'est à partir de l'article 16 de la Loi électorale que vous avez une
certaine marge de manoeuvre pour délimiter les circonscriptions dans le respect
des communautés naturelles et assurer une représentation effective. À
l'article 15 de la Loi électorale, il est mentionné qu'une circonscription
doit représenter «une communauté naturelle établie sur des considérations
d'ordre démographique, géographique et sociologique». Dans votre analyse, vous
devez donc prendre en compte plusieurs aspects d'un territoire, notamment
l'organisation ou la dynamique territoriale, les liens socioéconomiques entre
les communautés et leur histoire.
Et, plus loin, toujours à la page 15,
vous devez vous appuyer sur des entités géographiques cohérentes qui regroupent
des collectivités aux intérêts communs. Parmi les facteurs que vous considérez
dans votre analyse, il y a notamment la configuration de la région. Alors, je
ne vous apprends rien, je vais... l'accessibilité, les territoires des
municipalités locales, le sentiment d'appartenance, la communauté d'intérêts,
les pôles de développement régionaux, le patrimoine culturel et historique et
enfin les différentes limites administratives. Vous nous rappelez avec justesse
la décision de la Cour suprême du Canada...
11 h 30 (version révisée)
M. Reid : ...vous nous
rappelez avec justesse la décision de la Cour suprême du Canada dans l'affaire
Carter en 1991. Selon la cour, la représentation effective des électrices et
des électeurs comporte deux composantes : l'égalité relative du vote et le
respect des communautés naturelles. Donc, quand on regarde attentivement la
proposition de délimitation de la nouvelle circonscription de Beauharnois, il
est difficile de comprendre votre approche sur la base de ces éléments que je
viens de vous énumérer.
De plus, moi, ce qui m'a étonné, c'est
quand on regarde le rapport, alors on arrive à la circonscription de
Beauharnois, on dit... l'impression qu'on a, c'est que, regarde, on va
traverser tout simplement pour répondre à un besoin mathématique. Quand on
prend votre rapport à la page 42, vous parlez de, je pense, c'est
Matane-Matapédia, Rimouski, bien, vous dites : «Cette dernière
modification prend en compte le sentiment d'appartenance des citoyennes et
citoyens envers le pôle économique régional de Rimouski.» Vous faites la même
remarque pour la circonscription de Granby. À la page 51, vous parlez de
la ville de Saint-Alphonse-deGranby, bon, on dit «en raison des liens
socioéconomiques qu'elle entretient avec la ville de Granby».
Alors donc, moi, ce que je vous ai
proposé, c'est d'attendre, en fait, d'une certaine façon, de mettre sur pause
le temps que la croissance démographique postpandémique puisse ralentir un peu
pour que vous puissiez avoir une meilleure lecture de la situation en
Montérégie-Ouest. D'une certaine façon, ce qu'on vit actuellement, c'est le
bouclage de la Montérégie avec le développement qu'a connu Vaudreuil, qu'a
connu la région de Châteauguay, et ainsi de suite. Au niveau de la municipalité
de... une autre alternative, en fait, que je vous propose, que je devais
proposer, et on nous avait demandé de vous soumettre des propositions, serait d'inclure
la municipalité de L'Île-Perrot dans la région administrative de Montréal, ce
qui permettrait de régler les problèmes de surpopulation que vous vivez dans la
circonscription de Vaudreuil et l'insuffisance d'électeurs dans Vaudreuil et
Soulanges et l'insuffisance des électeurs dans la circonscription... de la
circonscription Jacques-Cartier, sans avoir à transférer des électeurs de
Vaudreuil, ainsi de suite.
D'ailleurs, quand on regarde les
circonscriptions de Jacques-Cartier et Marquette, qui auront un nombre d'électeurs
selon la réforme, donc, de 46 582 électeurs et l'autre de 45 705
électeurs seulement, je crois, moi, qu'il y a une marge de manoeuvre pour
la commission de regarder de ce côté pour régler le surnombre de la
circonscription de Vaudreuil et faire en sorte d'équilibrer Soulanges aussi, d'autant
plus que cette région ressemble davantage à une agglomération de Montréal ou
une extension de l'Ouest-de-l'Île. Si, d'un côté, vous acceptez de traverser le
fleuve avec Beauharnois, pourquoi ne pas accepter de traverser la rivière des
Outaouais entre L'Île-Perrot et Sainte-Anne-de-Bellevue?
Donc, c'est une proposition qui est sur la
table. De mon côté, moi, ce que je vous demande, c'est, à tout le moins, de
conserver une partie du... de conserver la circonscription de Beauharnois
intacte, de me laisser, d'une certaine façon, les trois municipalités rurales,
donc, qui ont un lien commun important avec Beauharnois et
Salaberry-de-Valleyfield. Et si vous êtes vraiment, vraiment, vraiment mal pris,
bien, de faire en sorte que je puisse... la circonscription de Beauharnois
puisse peut-être traverser pour la portion de Coteau-du-Lac, qui a quand même
certaines affinités avec la région de Salaberry-de-Valleyfield. Mais je vous
demande, avant tout, de regarder du côté de L'Île-Perrot, de l'ouest de Montréal,
il y a quand même un travail qui pourrait être fait là, pour avoir un équilibre
de ces régions-là, et qui ont un lien commun très fort.
Alors, j'espère avoir été en mesure de
vous convaincre de nouveau avec ce que je viens de vous soumettre. Il y a une
histoire dans notre comté, dans notre région, dans la région de Beauharnois, et
j'espère que vous allez être en mesure de prendre ça en considération et
notamment au niveau du lien commun de la communauté. Alors donc, je sais,
encore une fois et je réitère que ce n'est pas un exercice qui est facile pour
vous, mais j'espère que vous êtes en mesure de trouver une méthode mathématique
quelconque pour être en mesure de faire en sorte, soit de mettre ça sur pause.
On attend un autre 10 ans, on va avoir un meilleur portrait puis on va
être capable de... d'avoir une meilleure carte. Donc, voilà.
En terminant, je tiens à vous remercier,
membres de la commission, M. le Président, d'avoir prêté une oreille attentive,
encore une fois, à ce nouvel argumentaire et j'espère que vous serez en mesure
de répondre à nos demandes au cours du... des prochains mois, donc, au cours du
dépôt du prochain rapport. Donc, j'espère, d'une certaine façon, avoir pu vous
aider dans votre démarche pour cette seconde présentation, bien entendu, pour
le maintien du statu quo de la circonscription Beauharnois. Alors, je vous
remercie. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) :
Merci beaucoup, M. le député de Beauharnois. Alors, je veux permettre aux
membres de la Commission de la représentation électorale de s'exprimer. M. le
Président, Mmes et MM. les commissaires, à vous la parole.
Mme Gravel (Édith) : Oui. Je
me permets... Merci beaucoup de vous être quand même prêté à l'exercice, là, de
réfléchir à peut-être des pistes de solution. J'aurais aimé savoir si vous
aviez un peu sondé le pouls des gens <de Jacques-Cartier...
Mme Gravel (Édith) :
...merci
beaucoup de vous être quand même prêté à l'exercice, là, de réfléchir à
peut-être des pistes de solution. J'aurais aimé savoir si vous aviez un peu
sondé le pouls des gens >de Jacques-Cartier, que ce soit vos collègues à
l'Assemblée ou les représentants de ce territoire-là, qui verraient peut-être
arriver, là, la municipalité de L'Île-Perrot. Vous dites qu'il y a des
similitudes en termes de communauté naturelle, est-ce que vous pourriez nous en
dire un peu plus, là, sur comment pourrait être perçu ce déplacement-là?
• (11 h 40) •
M. Reid : Oui. Bien entendu,
je n'ai pas communiqué avec mes collègues. Moi, j'ai regardé la carte et les
affinités qu'il y a entre les territoires pour y habiter, pour faire mes
affaires là-bas, à la fois, le commerce. Et, quand on est sur place, je n'ai
pas parlé aux collègues, là, mais quand on est sur place, on le sait très bien.
Pour connaître des gens qui habitent ce territoire-là, il y a quand même une
interaction régionale qui est très... vraiment plus Montréal que vers le
sud-ouest du Québec.
Mme Gravel (Édith) : OK. Puis
concernant Coteau-du-Lac, vous sembliez dire que, bon, dans un monde idéal,
c'est le statu quo, mais Coteau-du-Lac pourrait peut-être avoir certaines
similitudes avec Beauharnois, malgré la présence du fleuve, là.
M. Reid : Oui. Il y a une
affinité, parce qu'il y a un pont, en fait, qui traverse le fleuve à cet
endroit-là. Il y a quand même une affinité territoriale qui est beaucoup plus
proche que, par exemple, si on prend Les Cèdres ou Pointe-des-Cascades, ça,
c'est vraiment, vraiment, vraiment vers Vaudreuil-Dorion. Il n'y a aucun lien
avec notre communauté de ce côté-là...
Mme Gravel (Édith) : Parfait.
M.
Reid
: ...ça,
ce serait dans le pire des cas. Mais moi, je vous dis qu'on peut faire
l'exercice actuellement, demain matin, vous dites : Voici la nouvelle
carte, mais, dans 10 ans ça va être à refaire. On va probablement refaire
ce qu'on a fait avec Salaberry-Soulanges à l'époque, d'après moi.
Mme Gravel (Édith) : Merci
beaucoup pour le partage des propositions.
M. Reid : Ça me fait plaisir.
Merci.
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) :
Alors, M. le député de Beauharnois, il reste 2 min 15 s. Si
vous souhaitez intervenir encore quelques instants, vous avez du temps.
M. Reid : Bien, moi, je vais,
justement, vous relancer la question. Quand on regarde justement, au niveau des
territoires, des liens communs, qu'est-ce qui fait en sorte que, dans votre
analyse, vous êtes allés chercher la ville des Cèdres et Pointe-des-Cascades?
Comment vous faites cette analyse-là? Je suis curieux.
Mme Gravel (Édith) : Bien, je
pense que vous l'avez bien décrit, là, la commission, son mandat, c'est de
jongler avec les articles de loi qui parlent, oui, évidemment, de la
représentation effective, mais aussi de toute la notion de communauté naturelle
qui se compose d'éléments socioéconomiques, physiques, liens d'affaires. Donc,
la commission regarde aussi vraiment le Québec dans son ensemble. Évidemment,
le fait que Vaudreuil-Soulangesprésente des populations, là, qui, au moment du
début des travaux, commande qu'il y ait des changements qui soient apportés
pour éviter justement d'être dans un écart positif de plus de 25 %.
Donc, on regarde vraiment les liens qui
sont l'organisation spatiale, mais c'est extrêmement difficile, je pense, vous
comprenez, le mandat d'avoir des circonscriptions où les communautés naturelles
sont complètement respectées sur toutes les couches d'information. La
communauté naturelle est constituée de limites municipales, MRC, commissions
scolaires, liens d'affaires. C'est difficile donc d'arriver à un découpage qui
cocherait tous ces critères-là. Donc, c'est vraiment l'ensemble de ces
paramètres-là qu'on tente au mieux avec la représentation effective. Mais, bien
sûr, comme j'expliquais hier aux membres de la commission, les gens ne se
déplacent pas en fonction de communautés naturelles avec un même nombre de 51 000,
et des poussières, là, qui est l'écart recherché.
M. Blanchet
(Jean-François) :Juste pour ajouter,
c'est un premier rapport, justement, aussi, ça nous permet d'avoir le fin
détail, parce que c'est difficile d'avoir le Québec en entier, le fin détail.
Donc, vous participez, dans le fond, à notre... à notre, comment dire,
réflexion.
M. Reid : Vous avez raison. Parfait.
M. Blanchet
(Jean-François) : Merci.
M.
Reid
: Bien,
n'oubliez pas qu'il y a une frontière naturelle qui s'appelle le fleuve
Saint-Laurent. Merci beaucoup.
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) :
Merci beaucoup, M. le député de Beauharnois. Alors, nous allons maintenant
poursuivre avec la région des Laurentides, et je vais céder la parole à Mme la
députée de Labelle. Vous avez droit à 20 minutes, Mme la députée.
Mme Jeannotte : 20 minutes.
Merci, M. le Président. Donc, je salue les collègues de la banquette des
oppositions et de la banquette gouvernementale, et je vous remercie, M. le
commissaire, de nous donner l'occasion de se... de parler de la carte
électorale. D'entrée de jeu, je vais témoigner à quel point le comté de Labelle
est une circonscription qui demande énormément en termes de voyagement, en
termes de... On a tellement un grand territoire. Je veux juste témoigner du
fait que la MRC Antoine-Labelle est située à 110 kilomètres de ville de
Mont-Tremblant qui, elle, est située dans la MRC des Laurentides. Et, vous
savez, quand on est député au Québec, on a encore un rôle extrêmement important
pour les citoyens qu'on rencontre dans nos bureaux de comté. Puis j'en suis
fière que ça fonctionne comme ça, c'est notre culture, mais c'est difficile
d'être partout sur cet immense territoire.
Et j'aimerais donner l'exemple de ce pour
quoi on se bat, moi, députée de Labelle <depuis 2018...
Mme Jeannotte :
...ça,
c'est notre culture, mais c'est difficile d'être partout sur cet immense
territoire.
Et j'aimerais donner l'exemple de ce
pour quoi on se bat, moi, députée de Labelle >depuis 2018, et même mon
prédécesseur qui a fait quand même trois mandats, pour le fait que nous soyons
reconnus comme région éloignée, ça ne passe pas, parce qu'on n'a pas la
volumétrie. Et, toutefois, les liens avec l'Abitibi sont là. Les ministres,
quand ils viennent dans ma région, dans la MRC Antoine-Labelle, ils le
reconnaissent, les similitudes avec l'Abitibi sont pourtant là, mais on n'est
pas capable. Donc, je n'ai pas la réponse au fait que... comment pourrait-on
faire pour être, par exemple, jumelés avec Maniwaki, ça pourrait être ça. Mais
je fais juste vous ouvrir cette fenêtre à l'effet que la MRC Antoine-Labelle, à
elle seule, là, de mon point de vue, pourrait avoir juste un député, mais j'ai
35 000 de population, si je... Mais, vous comprenez, c'est le secteur de
la forêt qui est là, les enjeux sont complètement différents de la MRC des
Laurentides... pas complètement, mais ils sont très similaires, plutôt, aux enjeux
de d'autres MRC qui sont dans l'Abitibi.
Toutefois, aujourd'hui, ce n'est pas sur
ça que je vais vous entretenir. Mon sujet principal est beaucoup plus pour
défendre trois municipalités, c'est-à-dire Brébeuf, Amherst et Huberdeau, que
vous suggérez, là, de mettre dans le comté d'Argenteuil. Et moi, je me fais un
devoir de plutôt démontrer que ce n'est pas une bonne idée, c'est une fausse
bonne idée, d'abord, pour des raisons géographiques. Ça ressemble un peu à ce
que mon collègue disait, la proposition, je vous en avais fait part d'ailleurs
dans un Teams, mais je vais reprendre les arguments. Premièrement, là, Brébeuf,
Huberdeau et Amherst, vers la circonscription d'Argenteuil... la ville-région, Argenteuil,
c'est Lachute. Elle est située à plus de 55 kilomètres de Huberdeau et
plus de 70 kilomètres d'Amherst et Brébeuf. Donc, géographiquement, les
trois municipalités sont plus éloignées de Lachute que de Mont-Tremblant. Ça,
c'est la première chose très, très importante à souligner au niveau géographique.
Économiquement et socialement, les liens
naturels sont quasi exclusivement avec Mont-Tremblant, qui est évidemment dans
la circonscription de Labelle. Les citoyens travaillent majoritairement à
Mont-Tremblant, ont des entreprises, et leurs clients sont aussi à
Mont-Tremblant, ils font leurs achats à Mont-Tremblant. J'étais au Carnaval de
Brébeuf, la semaine passée, et puis la dame me disait : Moi, je travaille
au Jean Coutu, à Saint-Jovite. C'est... Il y a 10 000 personnes le
samedi, à notre célèbre montagne de ski Mont-Tremblant, 12 000 personnes
le dimanche. Ces gens-là, c'est un moteur économique, c'est la troisième
destination touristique au Québec. Donc, ces gens-là viennent naturellement,
c'est beaucoup plus près, viennent travailler à Mont-Tremblant.
Les services publics sont le troisième
argument. Les services publics provinciaux sont à Mont-Tremblant : les
services de santé, le CLSC, les cliniques médicales, les services scolaires,
écoles primaires et secondaires, formation adultes, cégeps, les services de
sécurité incendie pour les trois municipalités. Ça fait qu'imaginez-vous ces
gens-là qu'on leur dirait, demain matin : Votre circonscription, c'est
Argenteuil, ce n'est plus Labelle, pour eux, ça ne passe pas.
Donc, le premier motif de maintenir le
statu quo, c'est l'intérêt public, l'intérêt de tous les citoyens des trois
municipalités touchées négativement par cette proposition de découpage. Les
citoyens résidents permanents des municipalités d'Amherst, dont la population
est de 1 633; Brébeuf, population, 1 041; et Huberdeau, population de
901, utilisent les services supramunicipaux de la ville de Mont-Tremblant,
piscines, gymnases, patinoires, etc., car Mont-Tremblant est à proximité des
trois municipalités, et même limitrophe pour Brébeuf. Lesdites quatre entités
municipales font partie de la MRC des Laurentides, dont le maire Marc L'Heureux
est aussi préfet et utilise les services de la MRC des Laurentides, bureau
situé à proximité de Mont-Blanc. Les trois autres municipalités font partie
intégrante, depuis nombre d'années, de la MRC des Laurentides, laquelle fait
majoritairement partie de la circonscription de Labelle.
Les liens d'appartenance des citoyens et
des citoyennes sont historiquement et de facto avec leur communauté de Mont-Tremblant
et non Lachute. Les enjeux, sur plusieurs aspects, sont différents entre la
circonscription de Labelle et celle d'Argenteuil dont au niveau de la rétention
des jeunes et de la villégiature, de l'emploi et de l'immigration, encore une
fois, faut-il le rappeler, notre fameuse montagne de Mont-Tremblant. Le
conseil des trois municipalités visées m'ont fait savoir par résolution et
verbalement par leurs maires, leur profonde opposition à l'égard de cette
proposition de modification de la carte électorale de la circonscription. J'ai
donc le devoir de prendre fait et cause pour mes... mes concitoyens et
d'informer la commission des nombreuses raisons fondamentales <pour
lesquelles...
Mme Jeannotte :
...j'ai
donc le devoir de prendre fait et cause pour mes... mes concitoyens et
d'informer la commission des nombreuses raisons fondamentales >pour
lesquelles les limites de la circonscription de Labelle doivent demeurer
inchangées.
Donc, je vous demande de garder... de
garder ces trois municipalités dans le comté de Labelle. Donc, je demeure à
votre disposition, si vous avez des questions, mais c'était essentiellement,
là, le but de mon intervention aujourd'hui.
• (11 h 50) •
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) :
Merci beaucoup, Mme la députée de Labelle. Alors, je vais permettre aux
membres de la CRE de réagir à cette intervention-là. Alors, la parole est à
vous.
M. Blanchet
(Jean-François) :Mme la députée, c'est
très clair. Merci beaucoup. On n'a pas de question. C'est beau.
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) :
Mme la députée de Labelle, vous disposez encore de temps. Si vous le
souhaitez, c'est possible d'en ajouter, c'est à votre discrétion.
Mme Jeannotte : Non, je pense
qu'on s'est compris. J'ai fait mon devoir. Puis les gens, j'ai bien confiance,
là. Ce n'est pas simple. Je salue votre... votre... C'est difficile en
politique publique d'élaborer un sujet aussi crucial, mais... puis important
pour notre démocratie, mais ça va être... Je vous remercie donc d'avoir...
d'être à l'écoute autant. Merci.
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) :
Alors, je vous remercie beaucoup pour votre contribution, Mme la députée de
Labelle.
Alors, nous allons maintenant passer à la
région de Montréal. Et la prochaine... la première intervention pour la région
de Montréal, ce sera Mme la députée de Jeanne-Mance—Viger. Mme la députée, je
vous rappelle que vous avez droit également à 20 minutes.
Mme Rotiroti : Merci, merci
beaucoup, M. le Président. Alors, à mon tour de saluer les collègues du
gouvernement, M. le ministre, mes collègues de l'opposition officielle et chers
membres de la Commission de la représentation électorale du Québec. Merci
d'être ici. Merci de nous donner cette opportunité d'échanger avec vous et de
vous parler des comtés qui nous tiennent à coeur.
Évidemment, je suis députée dans l'est de
Montréal, alors dans le comté Jeanne-Mance—Viger, qui est limitrophe à le comté
de Viau, mais qui n'est pas très loin du comté d'Anjou non plus. Alors, je suis
porte-parole de la métropole, et c'est pour ça que je suis ici aujourd'hui,
parce que j'aimerais ça qu'on en discute, parce qu'à chaque fois qu'il y a une
redistribution de la carte électorale, un changement dans la carte électorale,
c'est Montréal quand même qui écope de cette réforme-là. Moi-même, dans la
dernière réforme, mon comté... mon comté, le Jeanne-Mance—Viger, est le produit
de... à l'époque, le comté de Viger qui avait un député, le comté de
Jeanne-Mance, qui ont fusionné ensemble.
Pour le comté d'Anjou, c'est quand même un
comté... Moi, j'ai grandi là, mes parents, ça fait 27 ans qu'ils habitent
dans le comté. Mon père a représenté la population au conseil de ville pendant
20 ans, et je peux vous dire que c'est un comté qui est quand même très...
comment je pourrais dire, c'est un comté... la ville d'Anjou, malgré le fait
qu'elle est avec... fusionnée avec Montréal, a toujours gardé son identité
propre, alors, tellement que leur devise, c'est : Anjou pour la vie. Les
gens d'Anjou s'identifient comme des Angevins et des Angevines, et c'est...
j'étais un peu étonnée de voir de la manière qu'Anjou, dans votre réforme,
disparaît complètement. Le nom «Anjou» n'apparaîtra pas à nulle part. Il y a eu
une forte mobilisation des acteurs socioéconomiques, des anciens élus, que ça
soit les... le provincial, le municipal, même le fédéral a décidé de prêter
leur voix et de dire à quel point que la disparition du comté, ça, c'est
catastrophique.
On parle beaucoup, on dit que le sentiment
d'appartenance... bien, le sentiment d'appartenance, c'est... c'est aussi
d'être capable de s'identifier à la personne qui nous représente, l'élu qui va
nous représenter. Je vais vous dire que, tel que formulé dans la proposition
qui est sur la table, vous ceindrez le territoire de l'arrondissement d'Anjou
et repartirez la population angevine dans deux nouvelles circonscriptions
électorales. Ce découpage aura pour effet d'instaurer une cohérence dans les
services intégrés offerts à la population et une instabilité sociale. Il y a
plusieurs, même des citoyens qui, c'est la deuxième fois, qui vont se faire
bousculer de comté, qui sont venus dire qu'ils veulent conserver leur comté et
ils doivent... ils doivent le conserver.
Montréal fait face à des défis économiques
propres, c'est une grande ville, et la communauté au complet de Montréal, qui
perdent aujourd'hui des circonscriptions, mais c'est toutefois <l'est qui
en subit...
Mme Rotiroti :
...fait
face à des défis économiques propres, c'est une grande ville, et la communauté
au complet de Montréal, qui perdent aujourd'hui des circonscriptions, mais
c'est toutefois >l'est qui en subit le contrecoup. On parle beaucoup...
on entend beaucoup mes collègues des régions qui disent : Nous, c'est
vraiment la distance, la grandeur du comté. Bon, bien, ça, à Montréal, on ne
l'a pas. On peut faire le tour de notre comté dans à peu près 15 minutes,
quand il n'y a pas de trafic, et etc. Nous, on vit un autre phénomène, par
exemple, un phénomène qui n'est pas nécessairement considéré dans les calculs
que vous faites par rapport à le nombre d'électeurs, et ça, c'est... quand on
parle de la démographie réelle versus la démographie électorale. Je m'explique.
Quand vous regardez le nombre d'électeurs
d'Anjou, on était à peu près 41 000... 42 000 électeurs, plus ou
moins, mais la démographie réelle est au-delà de 63 000 électeurs. Ça, ce
n'est pas pris en considération quand vous faites la redistribution de la
carte. Nous, comme députés, on n'a pas le choix de prendre ça en considération,
parce que quelqu'un qui arrive à nos bureaux de comté, on ne leur demande pas
si... On ne regarde pas sur la liste électorale pour voir s'ils sont des
électeurs, on les... On va les servir puis on va les aider... qui fait en sorte
que la charge de travail augmente, mais c'est dans la façon qu'on fait, on
coupe la carte électorale, ce facteur-là n'est pas considéré, mais c'est quand
même 20 000 personnes de plus qu'on dessert, qui ne se retrouvent à
nulle part dans la réforme.
Aussi, je vais vous dire que l'est de
Montréal est en pleine expansion, ne serait-ce juste à penser l'arrivée avec la
ligne bleue. Il y a une station de la ligne bleue, la station qui va dans
Anjou, qui est... où est-ce qu'il y a le centre d'achats les Galeries d'Anjou.
L'arrivée du métro, on sait très bien que son... il y a une densification qui
se fait autour du transport en commun. Il y a des tours qui sont en train
d'être construites, des tours de condos, etc. Alors, la population
d'aujourd'hui, au moment... et, avec cette densification-là, on s'en va vers
une croissance d'électeurs, mais aussi de... c'est ça, une hausse d'électeurs
dans le comté.
Alors, je ne sais pas, je me questionne du...
comment vous avez arrivé à la conclusion de prendre... un, d'éliminer le comté
d'Anjou, parce qu'Anjou ne se retrouvera pas à nulle part, et ça, tout le sens
d'appartenance, l'attachement qu'on a pour la ville, les gens qui habitent là,
les Angevins, Anvegines, ils ne veulent pas qu'Anjou disparaît. Comment vous
arrivez à la conclusion... puis de mettre Anjou avec Camille-Laurin? J'aimerais
ça savoir, parce que, quand on regarde au fédéral, ce n'est pas dans la même
logique, parce que le... on a Anjou, mais ça s'en va vers le nord-est et... au
lieu d'aller vers Camille-Laurin.
Alors, je serais curieuse de savoir c'est
quoi, le raisonnement que vous avez fait pour arriver à cette conclusion-là.
Moi, je vais vous dire, mesdames... puis je pense qu'on aura... il y a un
mémoire qui a été déposé par la députée d'Anjou, et je suis sûre qu'elle va
venir faire son plaidoyer, et elle a démontré à quel point qu'il y a eu un
mouvement fort de la population qui se sont exprimés, de l'importance non
seulement de garder le comté d'Anjou, mais l'importance de l'est de Montréal.
C'est toujours l'est de Montréal qui finit par payer le prix avec la
distribution que vous faites dans la... dans la carte électorale.
Alors, moi, je vous demande, quand vous
allez analyser la situation, de vraiment prendre en compte le fait de la
démographie réelle, parce que c'est vraiment un enjeu qui est préoccupant à
Montréal. Tu sais, on parle de l'immigration, bien, l'immigration, la majorité
de l'immigration, ça s'installe à Montréal. C'est des gens qui ne sont pas des
électeurs tout de suite, mais vous convenez avec moi qu'ils vont devenir des
électeurs. Et ça, ce n'est pas pris en compte, mais c'est un défi réel, le même
défi que les gens ont avec la distance et la grosseur de leur comté. Alors, je
vais m'arrêter... je vais m'arrêter là, M. le Président, mais j'aimerais ça, si
quelqu'un pourrait m'expliquer pourquoi, un, qu'on enlève Anjou complètement,
deux, pourquoi qu'Anjou s'en va vers Camille-Laurin et pas du côté nord-est.
• (12 heures) •
Le Président (M. Lévesque,
Chauveau) : Merci beaucoup, Mme la députée de Jeanne-Mance—Viger.
Alors, je vais évidemment céder la parole aux membres de la CRE, <en
réaction...
Mme Rotiroti :
...du
côté nord-est.
• (12 heures) •
Le Président (M. Lévesque,
Chauveau) :
Merci beaucoup, Mme la députée de
Jeanne-Mance—Viger.
Alors, je vais évidemment céder la parole aux membres de la CRE, >en
réaction. Alors, M. le président ou madame, monsieur, les commissaires.
M. Blanchet
(Jean-François) :M. le Président, premièrement,
à l'est de la ville de Montréal, il y a un déficit d'électeurs. Puis je
comprends, là, vous dites qu'on ne devrait pas travailler avec le nombre
d'électeurs, mais la loi parle du nombre d'électeurs, contrairement au fédéral,
là, le fédéral, eux, c'est le nombre de citoyens. Bon. Donc, nous, on travaille
avec le nombre d'électeurs. On l'a entendu quelques fois aussi. Et donc c'est
pour ça, il y a un déficit dans l'est de Montréal de
45 000 électeurs, là, si je ne me trompe pas. Donc, à quelque part,
on doit retirer une circonscription.
Maintenant, vous avancez certaines pistes
de solution. C'est sûr qu'on est là pour entendre vos pistes de solution par
rapport à ce qu'on fait. Donc, vous laissez sous-entendre qu'on devrait
peut-être aller plus... plutôt qu'aller vers Camille-Laurin, d'aller vers
peut-être le nord, vers LaFontaine ou, en tout cas, je ne sais pas si je
comprends bien, là, vos propos. Donc, ça serait plus logique, déjà en partant,
de faire ça, donc, si j'entends bien vos propos.
Mme Rotiroti : Bien, je vous
dirais que le Haut-Anjou, ça serait pertinent; l'autre côté, Louis-Riel, qu'il
s'en aille dans Camille-Laurin, oui, ça serait plus logique, effectivement. Il
y a plus... Ça se rapproche... la population se rapproche un petit peu plus.
Mais je réitère que... je comprends que, quand vous dites l'est de Montréal,
l'est de Montréal, il est vaste en territoire. Il y a une partie qui n'est pas
encore développée qui va... je pense que c'est les intervenants... les
intervenants sur le terrain sont en train de travailler vers un plan d'action
justement pour peupler ces terrains-là et... Alors, je comprends qu'aujourd'hui
vous faites face à ça. Je comprends aussi très bien quand vous dites :
Bien, dans la Loi électorale, nous, on est liés à garder le nombre d'électeurs
versus la population.
Moi, je vous demande de quand même garder
cet aspect-là, parce que c'est important, c'est un argument qu'on fait à chaque...
à chaque moment où est-ce qu'on redéfinit la carte électorale, c'est... Puis je
pense que tous les collègues de Montréal peuvent convenir que, nous, la charge
de travail augmente, pas nécessairement le nombre d'électeurs, mais la charge
de travail augmente. Si je prends juste mon comté, j'ai
56 000 inscrits, mais je dessers à peu près
70 000 personnes. Puis ça, ce n'est pas... on ne peut pas leur dire :
Bien, écoutez, vous n'êtes pas des électeurs, on ne vous aidera pas. Je pense
qu'il n'y a aucun député, autour de la table, qui dirait : On n'est pas...
on est élus pour desservir la population puis l'ensemble de la population, et
je... C'est dommage parce qu'à chaque fois qu'on vient devant la commission, ça
revient comme argument, mais ce n'est pas pris... ce n'est pas pris en
considération. Ça fait que c'est dommage.
Moi, je vous dis, Anjou, il y a un
potentiel d'expansion énorme. Il y a la ligne bleue qui s'en vient. Comme je
vous dis, quand une ligne de métro arrive, il y a toute la densification, ça
s'appelle le TOD. Autour de cette ligne de métro là, je sais qu'il y a
plusieurs projets sur la table pour voir comment que, justement, ils pourront
développer ces coins-là. Écoute, moi, je plaide évidemment de garder Anjou
intact, comme il est là, Anjou—Louis-Riel, mais... Puis ça, ça fait que... tu
sais, je pense que ça serait nécessaire, éventuellement. Je comprends, c'est un
changement dans la loi, mais, quand... tu sais, ce n'est pas juste une question
de chiffres, hein, ce n'est pas juste un calcul mathématique de dire :
Bien, ici, dans ce secteur-là, j'ai 5 000 voteurs, parfait. Lui est
plus près de ce comté-là, on les met là. Anjou... bien, Anjou-sur-le-Lac, bien,
eux autres, c'est tant d'électeurs, parfait, je les mets dans ce comté-là, parce
que c'est le comté le plus proche. Ça enlève tout ce sentiment d'appartenance
là. Vous êtes en train de... Dans le fond, le comté d'Anjou disparaît
complètement, il ne paraîtra pas à nulle part, et je trouve ça extrêmement
dommage.
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) :
Merci beaucoup, Mme la députée de Jeanne-Mance—Viger. Est-ce qu'il y a une
intervention supplémentaire de la part des membres de la CRE?
M. Blanchet
(Jean-François) :Si vous n'avez pas
d'autre piste de solution pour nous, nous, ça va aller. Merci.
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) :
Mme la députée de Jeanne-Mance—Viger, il reste quand même quelques minutes.
Si vous souhaitez continuer votre intervention, vous êtes... il y a du temps
pour vous.
Mme Rotiroti : Ça va. Merci
beaucoup, encore une fois, de nous laisser cette opportunité-là. Merci.
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) :
Alors, merci beaucoup, Mme la députée de Jeanne-Mance—Viger. Alors, nous allons
toujours poursuivre avec la région de Montréal, et la prochaine intervenante...
12 h (version révisée)
Mme Rotiroti : ...encore une
fois de nous... de nous laisser cette opportunité-là. Merci.
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) :
Alors, merci beaucoup, Mme la députée de Jeanne-Mance—Viger. Alors, nous
allons toujours poursuivre avec la région de Montréal, et la prochaine
intervenante sera Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Mme Massé : Merci, M. le
Président. Bonjour à vous trois. Premièrement, merci d'avoir accepté un mandat
où, on sait, c'est casse-gueule. À chaque fois, on se fait ramasser puis on se
dit : Coudon, on va-tu y arriver? Mais à chaque fois, vous y arrivez. En
tout cas, vos prédécesseurs y sont arrivés. Et, en fait, l'enjeu, si je comprends
bien... puis c'est vrai pour Montréal, j'entendais les arguments de ma
collègue. Je comprends très bien. La région de Montréal en soi, si on regarde
le Grand Montréal, on le sait, vous le savez autant que moi, c'est la moitié du
Québec. Mais, en même temps, ça ne peut pas... ça ne peut pas... On comprend
bien, là. Il faut que... les autres régions... parce que Montréal, c'est une
région, les autres régions du Québec soient aussi représentées ici, dans le
Parlement du Québec, et de façon la plus juste et la plus équitable possible.
On est d'accord là-dessus. L'enjeu, c'est que vous êtes pris dans une loi qui
vous cadre ça bien serré, puis qui vous dit : Vous avez... vous avez le
devoir de revisiter la carte électorale avec les critères — on en
parlera plus tard — mais vous devez le faire dans un cadre où il y a
125 députés. «That's it, that's all». Même si la population du Québec a
passé de 7 millions à 9 millions depuis qu'on est 125 députés au
Parlement du Québec, on est pris dans... vous êtes pris dans ce cadre-là. Nous
aussi, nous aussi. Pourquoi? Bien, parce qu'il y en a qui ont décidé de ne pas
la revisiter, cette loi électorale là, de fond en comble. De revoir le mode de
scrutin pour nous assurer qu'au Québec, la démocratie, c'est tellement
important, que chaque vote va compter. Ils ont fait ce choix-là. Puis là, après
ça, bien, ils chialent parce qu'il y a trop de députés à Montréal. Bien, là, si
on voulait une réelle représentation, il fallait revoir le mode de scrutin...
Mme D'Amours : ...
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) :
Mme la députée de Mirabel, oui?
Mme D'Amours : ...on
nous prête des intentions, là. On n'a pas chialé. C'est censé être une
commission neutre. Elle prête des intentions aux collègues.
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) :
On va demeurer prudents. Soyons prudents. Gardons un bon ton,
effectivement. Mais en même temps, permettons aussi à la députée d'exprimer son
point. On est quand même en politique. Alors, Mme la députée, prudence, mais je
vous laisse poursuivre...
Mme Massé : Bien, dans ce
cas-là, je vais juste prendre les mots, hein? Il y avait une loi qui revisitait
le mode de scrutin puis qui a été retirée, malheureusement pour vous, parce que
vous êtes encore pris. On aurait voulu régler ça pour 2026, mais vous êtes
encore pris dans ce cadre de 125 députés. Et là, j'arrive sur la région de
Montréal. Parce que c'est sûr que quand tu représentes, dans le Grand Montréal,
la moitié du Québec, il faut qu'à un moment donné, ça paraisse aussi dans la
représentation.
Ma collègue a soulevé un point fondamental,
qui est celui de qui sont les gens qui sont comptabilisés. Mais, encore là,
vous êtes pris dans la loi. Je suis consciente de ça. Bon, je crois comprendre
que vous avez quand même une sensibilité à reconnaître que... comme moi, comme
députée, je ne dis pas aux concitoyens qui arrivent chez nous : T'as-tu le
droit de vote? Non? Je suis désolée, va voir ailleurs. Puis une chance! Puis
une chance, parce qu'il y a plein de gens qui, pour toutes sortes de raisons, d'ailleurs,
vivent des injustices dans notre système, que ce soit au niveau de la santé, de
l'éducation, services de garde, aide sociale, dans toutes nos responsabilités
comme État. Ils ont des problèmes avec... avec nos... nos institutions, et ces
gens-là ont besoin d'avoir quelqu'un pour être leur porte-voix.
Alors moi, je... puis je le sais bien que
ce n'est pas à vous qu'il faut que je demande ça. Je le sais bien que c'est à
nous, le législateur. D'ailleurs, il y a des discussions, présentement, sur la
révision de la Loi électorale. Bien, moi, je pense qu'une démocratie comme la
nôtre serait prête à se dire : OK, c'est vrai que... peut-être qu'à l'époque
où on a écrit la Loi électorale, peut-être que cette dimension-là était au coeur,
était essentielle. Mais là, on est rendus à un moment où le nombre de personnes
qui habitent sur un territoire, qui nécessitent les services et l'accompagnement
d'un élu, bien, ça va être ça notre «gauge», ça va être ça notre... notre
guide. Et là, ça changerait complètement la carte. Vous le savez autant que
moi, ça serait bien différent. Puis ce n'est pas pour rien qu'à Québec
solidaire, on dit que 125 députés, ce n'est pas assez. Pas assez. Je sais
bien que vous ne pouvez pas rien faire là-dessus, mais je pense qu'il faut
qu'on se le dise tout le monde, autant députée de Mirabel, qui est <coincée...
Mme Massé :
...mais je pense qu'il faut qu'on se le dise tout le monde,
autant députée de Mirabel, qui est >coincée, que les autres, que...
bon, le député de Drummond, il se dit : OK, il va y avoir plus de monde
chez nous, ça va être le fun. Bien non. C'est de se dire : On est rendus à
une étape.
• (12 h 10) •
Puis en plus, puis en plus, ce que vous
devez savoir, je ne sais pas si on vous l'a dit, dans la réflexion qu'on a
entamée pour le salon bleu, la réfection du salon bleu, il a été prévu que le
Québec va agrandir son nombre de députés, éventuellement. Bien,
«éventuellement», ça pourrait être très bientôt. Parce que là, ce qu'on est en
train de faire, on est en train de jouer dans un carré de sable où il manque de
monde, dans ce carré de sable, là. Ça fait que qu'est-ce que ça fait? Bien, ça
fait qu'on en enlève un petit peu à l'autre puis... Même si ça n'a pas de bon
sens, là, on enlève là, puis... Heille! La Gaspésie, ça n'a pas de bon sens. Ça
n'a pas de bon sens qu'on se retrouve dans une situation où, encore une fois,
la Gaspésie, en je sais plus trop combien d'années, même pas 10 ans...
non, c'était 2012, je pense, se voit retirer une nouvelle circonscription. Ça
n'a pas de bon sens, ça. Parce qu'on n'a pas un mode de scrutin où chaque vote
compte, parce qu'on n'a pas un mode de scrutin qui permet une réelle
représentation, ça vous met dans le trouble, j'en conçois. Mais le problème,
c'est qu'il est temps qu'on change ces choses-là, profondément.
Alors, le plafonnement à 125 députés
va vous compliquer la tâche, mais vous pouvez compter sur moi et ma formation
politique pour continuer de convaincre l'ensemble de nos collègues qu'on est
dus. Puis souvent, on se fait dire : Oui, mais là, il y a plus... tu sais,
par habitant, il y a plus de monde. En Ontario, mettons, tu sais, en Ontario,
il y a moins de députés pour le nombre d'habitants. On dit : Oui, oui, ça,
c'est si on se compare à l'Ontario. Mais est-ce qu'on voudrait... On aime ça se
comparer à la Suède. On veut-tu se comparer à la Suède? Bien, la Suède, eux
autres, ils ont un ratio de un pour 28 000, c'est-à-dire qu'il y a
349 députés pour 9 000 700 personnes. Je ne dis pas qu'il
faut aller là. Ce que je dis, c'est que quand on choisit notre point de
comparaison, on le choisit pour défendre notre point, puis c'est exactement ce
que je suis en train de faire. La Finlande, on aime ça, c'est des pays nordiques,
hein? Ils sont pris, eux autres aussi, avec des tempêtes de neige, des grands
territoires, des concentrations exactement comme nous : 200 députés pour
un ratio de un sur 26 000. Ils sont 5 millions de population.
Ça fait que moi, je veux bien qu'on se
compare à l'Ontario pour des questions économiques et etc., mais des questions
démocratiques, ça serait le fun qu'on ne se compare pas juste avec ceux qui ont
fait ces choix-là, puis ça leur appartient, puis c'est pour ça que je suis dans
un parti indépendantiste, notamment. Je ne trouve pas que c'est un bon choix.
Mes yeux sont plus tournés vers des endroits comme la Suède, la Finlande. Je ne
vous en ai pas nommé, là, j'ai une petite liste. Puis je ne suis pas une
spécialiste de la question, mais il y a des gens qui travaillent fort avec nous
autres, puis on l'apprécie beaucoup. Ça nous aide à nous rendre plus
intelligents.
Bon, là, vous vous dites : Elle va-tu
poser une question? En fait, premièrement, je veux vous parler de ma
circonscription. Sainte-Marie—Saint-Jacques, une des premières circonscriptions,
je pense que Saint-Jacques, c'était à l'époque de la fondation. Ils appelaient
ça le «numéro deux», comme circonscription, ça fait qu'on existe depuis
longtemps. On est là. Puis là, bien sûr, il y a du monde qui sont arrivés, du
monde de toutes les régions du Québec qui sont venus s'installer dans les
faubourgs, dans les ci, dans les ça. Et tranquillement, notre communauté s'est
développé une cohésion, cohésion, d'ailleurs, que la communauté vous a fait
valoir... bien, pas à vous, mais à l'ancienne commission de la révision
électorale. Parce que, bien, avec le Village, avec le sud du Plateau, avec le
Faubourg à m'lasse, avec les institutions scolaires qui amènent, donc, une
population étudiante ayant le droit de vote importante durant plusieurs années,
bien, cette communauté-là, d'esprit, elle est vivante, et elle a tous les
problèmes du monde et... malheureusement.
Et je pense que de voir que vous avez
tenu compte que son élargissement, parce qu'on concède non pas... Si on prenait
ça du point de vue du nombre de citoyens et citoyennes qui y habitent, ah, bien
là, on n'aurait pas besoin d'agrandir dans Sainte-Marie—Saint-Jacques, là, mais
si on prend ça du nombre d'électeurs, vous avez raison... en fait, ce que la
loi vous impose, vous avez raison. Puis dans ce sens-là, j'ai envie de vous
dire que, tu sais, comparativement à la dernière fois, de penser que
l'agrandissement, c'est d'extendre vers l'est, ça, c'est beaucoup plus <naturel...
Mme Massé :
...de
penser que l'agrandissement, c'est d'extendre vers l'est, ça, c'est beaucoup
plus >naturel, dans Sainte-Marie—Saint-Jacques. D'ailleurs,
Sainte-Marie, qui est un faubourg qui existe depuis plusieurs siècles... hum? Oui,
oui, oui, 18. Oui? OK, depuis au moins deux siècles, Sainte-Marie, bien, inclut
déjà, dans sa structure, la dimension que vous y pensez. Alors, donc, je
confirme que c'est un bon côté de regarder, mais j'ai, bien sûr, de grandes
questions sur votre... pas autonomie, parce que je sais bien que vous êtes
gérés par la loi, mais... mon Dieu! Vous n'êtes pas insensibles au fait que je
retrouve, dans ma circonscription... bien là, ça va changer, mais, mettons,
50 000 électeurs, mais probablement autour de 70 000 citoyens adultes. Vous
n'êtes pas sensibles à ça, j'imagine. Comment vous arrivez à considérer, sans
enfreindre la loi, parce qu'on n'est pas supposés d'enfreindre la loi, mais
comment considérez-vous cette dimension-là, lorsque vous regardez la
démographie, les chiffres, etc.?
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) :
Merci beaucoup, Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques. Alors, je
vais permettre aux membres de la commission, de la CRE, de réagir à votre
première intervention. Alors, chers membres de la commission.
M. Blanchet
(Jean-François) :On ne nie pas qu'il y a
effectivement plus... que la population est plus élevée que le nombre
d'électeurs. Ça, on est conscients de ça. On le sait, que, de toute façon, le
logement... il n'y a plus de logement, à Montréal, quand on entend... Donc, ça
veut dire qu'il y a du monde, à quelque part, sauf que, pour l'instant, ce
n'est pas des électeurs. Et il y a des secteurs, ailleurs dans la province,
qu'il y a des surplus d'électeurs, aussi. Je ne sais pas si vous avez entendu,
hier, mais il y a de vos confrères, quand même, qui nous ont trouvé quasiment
frileux en enlevant seulement une circonscription à Montréal, qui auraient
voulu qu'on en enlève plus. Donc, il y a de vos confrères qui disent que leurs
électeurs sont sous-représentés, étant donné qu'à Montréal, ils considèrent que
vos électeurs sont surreprésentés. Donc, on doit, comme vous le dites, composer
avec tout ça. Ce n'est pas facile.
On est conscients que, dans les dernières
années, post-pandémiques, il y a eu quand même, justement, une entrée beaucoup... — puis
ça se passe à Montréal — d'immigrants, qui vont peut-être, peut-être
devenir électeurs, avec le temps. On sait que c'est de plus en plus long, quand
même, avec les délais, mais il n'y a rien qui confirme qu'effectivement, ça va
être des électeurs. Donc, nous, on travaille avec les chiffres d'aujourd'hui,
bien, même pas d'aujourd'hui, même 30 avril 2023. C'est de cette façon-là qu'on
arrive à la proposition qu'on a présentement.
Je... Bon, je pense que je comprends quand
même que, par rapport à Sainte-Marie—Saint-Jacques, vous êtes en accord de la
façon qu'ont a ajouté les électeurs, donc la direction qu'on est allés.
Peut-être que ce serait intéressant de vous entendre, quand même, aussi, sur
les autres circonscriptions de l'est de Montréal, si vous avez une opinion pour
nous aider, aussi, là-dessus, donc.
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) :
Merci beaucoup, M. le président de la commission. Alors, je vais céder la
parole à Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques. Il vous reste 6 min 30 s,
Mme la députée.
15421 Mme Massé : On a le
même «timer». Bien, écoutez, oui, bien sûr, mon... Il y a une partie
d'indignation parce qu'où s'en va l'immigration? Elle ne s'en va pas partout à
travers le Québec, ce n'est pas vrai. Pas encore. Elle se condense, puis c'est
normal. Si, nous tous, on déménageait dans un autre pays, on irait s'asseoir
pour être capables de fêter le 24 juin ensemble, pour être... Ça fait que moi,
ça, je n'ai pas d'enjeu là-dessus, je reconnais ça, sauf que, surtout depuis la
pandémie, avec les retards incommensurables qu'on a au niveau de l'acceptation
des immigrants, et là, je parle juste des immigrants permanents, je ne vous
parle pas de tous les immigrants temporaires qui résident dans nos
circonscriptions déjà, bien, c'est sûr que là, je me dis : C'est un
«catch-22», tu sais, c'est comme : Oui, vous devez jouer dans des règles,
sauf, sauf si on change nos règles. Si on change les règles, là, on vous donne du
lousse, on vous donne du souffle, <potentiellement...
Mme Massé :
...dans
des règles, sauf, sauf si on change nos règles. Si on change les règles, là, on
vous donne du lousse, on vous donne du souffle, >potentiellement. Mais
c'est sûr que... Tu sais, pourquoi l'ouest de l'île, qui mange la claque
encore... l'est, pardon, excusez-moi, et pourquoi pas l'ouest? Bien là, il y a
sûrement plein d'arguments que je n'ai pas étudiés avec attention, ça fait que
je réserve mes... Mais c'est sûr que je... Tu sais, que ce soit, par exemple,
la circonscription de... les... pas les amalgames, voyons! Les fusions entre
deux circonscriptions, qui, honnêtement, n'ont rien à voir ensemble, là,
j'avais vécu ça en 2017, justement, où Sainte-Marie—Saint-Jacques se voyait
fondre dans Westmount—Saint-Louis, où tu as deux communautés de pensées
complètement différentes. Tu sais, je... Alors...
• (12 h 20) •
Mme Gravel (Édith) : ...quelle
fusion, vous trouvez, où les gens, justement, ont plus ou moins d'affinités?
Mme Massé : Bien, par
exemple, Louis-Riel.
Mme Gravel (Édith) : Oui.
Mme Massé : C'est lui qui est
avec Rosemont, hein?
Mme Gravel (Édith) : Oui.
Mme Massé : C'est ça. Bien,
je ne sais pas si vous êtes déjà allés à Anjou, là, mais ça n'a vraiment rien à
voir. Rosemont, vieux quartier de gens qui sont installés depuis longtemps, les
familles sont là. C'est un petit village, Rosemont, je dirais ça de même. Puis
là, je ne veux pas que la députée m'arrache la tête, mais Anjou est un quartier
beaucoup plus récent et avec une communauté immigrante qui s'est enracinée,
puis tant mieux, qu'ils en ont fait leur chez eux, j'en suis très heureuse.
Alors, ils ne vont pas magasiner aux mêmes places, ce monde-là, ils ne parlent
pas... Mais là, je pense qu'elle a fait son plaidoyer. Moi, je m'arrêterais là,
mais c'était surtout pour signifier comment, quand on... — puis je
reconnais vos limites — on met ensemble des communautés qui ne se
ressemblent pas, bien, ça devient un sérieux casse-tête pour la personne qui
est députée, en fait, elle finit par représenter seulement une partie des
citoyens de sa circonscription, puis ça, bien, ce n'est pas cool, en
démocratie, là. Ça serait mon principal argument.
D'ailleurs, dans le peu de minutes qu'il
me reste, j'aimerais ça vous entendre parce que j'ai été confrontée à,
plusieurs fois... Moi, je suis responsable du dossier des Premières Nations et
des Inuit dans ma formation politique depuis plusieurs années, et il y a une
circonscription qui n'a pas de bon sens au Québec, c'est la circonscription d'Ungava.
Premièrement, parce que... Bon, à la limite, les Inuit et les Cris, à la
limite, ça peut aller ensemble, mais le Nunavik, c'est un autre monde, c'est
circumpolaire, c'est un... il y a... Ouf! Alors, quand il faut que la personne
qui est députée là représente autant les villages inuit que les réserves
autochtones, que Chibougamau, mettons, là, ou Chapais, ou... ce n'est pas juste
que c'est des milliers de kilomètres, là, mais c'est comme les Îles-de-la-Madeleine,
hein? Ils ont à peu près, d'ailleurs, le même... Le Nunavik a à peu près
12 000 Inuit. On ne peut pas aller au Nunavik si on ne prend pas
l'avion. Les Îles-de-la-Madeleine, il y a 12 000, grosso modo, habitants.
Puis le point en commun avec le Nunavik, c'est qu'on ne peut pas y aller
autrement que par avion.
Alors, je sais bien encore que vous ne
pourrez rien faire, mais dans vos considérations ou, peut être, dans les
nôtres, je pense qu'un jour, il va falloir considérer à scinder la
circonscription d'Ungava pour permettre, finalement, que ce ne soient pas les
non-autochtones du Sud qui déterminent du député qui va gérer le Nord. Pour
faire simple. Je vous vois acquiescer, alors je pense que vous comprenez ce que
je veux dire, Ça fait que je voulais dire... Mais je suis consciente. Ça, pour
avoir une exception, je comprends que c'est dans la loi, la même loi que je dis
qu'il faudrait changer pour que chaque vote compte. Peu de pouvoir. Est-ce que
vous avez d'autres questions pour moi, comme ça? Mon temps file...
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) :
Il reste une minute.
M. Blanchet
(Jean-François) :
Non, merci
beaucoup, Mme Massé, très apprécié.
Mme Massé : Bien, moi, je
vais aussi vous remercier, vous souhaiter bonne chance. Et de notre côté, on va
faire le travail pour amener tout le monde à être convaincu que 10 ans
plus tard... non, que dis-je, 30 ans plus tard, 40 ans plus tard, il
serait temps de passer de 125 à 127. S'ils ne veulent pas aller à 129, 128,
mais il y a 129 places dans le futur salon bleu. Pensons-y.
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) :
Merci beaucoup, Mme la députée de Sainte-Marie-Saint—Jacques. Alors, nous
allons maintenant poursuivre avec la prochaine <intervention...
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) :
...Merci beaucoup, Mme la députée de Sainte-Marie-Saint—Jacques.
Alors, nous allons maintenant poursuivre avec la prochaine >intervention.
Toujours dans la région de Montréal. Et je vais maintenant céder la parole à M.
le député d'Hochelaga-Maisonneuve. M. le député, vous avez droit à
20 minutes également.
M. Leduc : Merci, M. le
Président. Le voisin de l'est?
Une voix : Oui.
M. Leduc : Voisin de l'est,
de ma voisine du centre-ville. Bonjour à vous trois. Très heureux de vous voir
ici. Je vais parler d'Hochelaga, je vais parler de l'est, puis je vais parler
de Montréal. D'abord, sur Hochelaga-Maisonneuve. Un de mes prédécesseurs
s'appelle Robert Burns, hein? C'est lui qui, je pense, avait travaillé, entre
autres, sur des réformes électorales de financement, mais je ne sais pas si
c'est lui qui avait travaillé sur la réforme de la façon dont on fonctionne
aujourd'hui. Mais, en tout cas, c'est un personnage important dans notre
histoire politique que je... dont je salue la mémoire.
Hochelaga-Maisonneuve, c'est une
communauté tissée serrée qui, je pense, n'a pas pris toute la mesure de la
suggestion que vous avez faite d'élargir vers l'est. Les gens qui suivent
peut-être un peu plus finement les travaux m'en parlent parfois. Ils ne
comprennent pas toujours, dans le sens où il y a cette perception-là, que le
centre-ville de Montréal finit à la rue Viau, à peu près, là, grosso modo. Puis
après ça, ça pourrait être considéré, d'une certaine manière, comme la banlieue
sur l'île de Montréal, parce que ce n'est pas le même type de maison, pas
toujours le même type de commerces, beaucoup plus de déplacements en voiture que
dans Hochelaga-Maisonneuve.
Donc, c'est sûr que, moi, je préférerais,
bien sûr, le maintien tel quel d'Hochelaga-Maisonneuve, il va sans dire. Cela
dit, si d'aventure vous maintenez votre suggestion de faire bouger les
aiguilles, il y a un certain... il y a une certaine logique, là, à ce que vous
avez soumis. Comme ma prédécesseure le mentionnait, moi, dans le fond, quand je
me promène, j'ai fait quatre élections dans Hochelaga-Maisonneuve, puis quand
je me promène, au-delà des élections, là, comme dans ma fonction de député, il
y a deux endroits, des fois, que les gens, ils ne savent pas qu'ils votent dans
Hochelaga-Maisonneuve au provincial, aux élections du Québec, c'est
principalement dans Sainte-Marie Est, entre le métro Frontenac puis la track de
chemin de fer. Les gens, des fois, sont surpris de voir que c'est moi, leur
député, et non Manon Massé. Des fois, ils sont déçus, mais bon, ça, ça leur
appartient.
Blague à part, c'est un endroit que j'aime
beaucoup. J'ai habité là, moi, dans ce secteur-là, pendant quelques années. Je
serais triste de le voir partir de mes fonctions si d'aventure j'étais réélu,
aussi, en 2026, mais ça serait logique suivant les découpages municipaux, des
arrondissements municipaux, que ça aille chez ma voisine de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
L'autre segment que, lui, vous n'avez pas touché, c'est le segment qui,
logiquement, au municipal, est à Rosemont, donc qui est juste au nord de...
entre Sherbrooke et Rachel. Ça, c'est l'autre endroit où, des fois, les gens ne
comprennent pas pourquoi ils votent dans Hochelaga-Maisonneuve, parce qu'ils
sont au municipal à Rosemont—Petite-Patrie, et au fédéral, également, à
Rosemont, si je ne me trompe pas. Mais ça, je suis moins sûr. Mais au municipal,
ça, je suis convaincu qu'ils sont dans Rosemont, puis des fois, ils s'étonnent
de devoir aller voter pour Hochelaga-Maisonneuve.
Moi, c'est un secteur que j'apprécie
aussi. Je ne suis pas en train de plaider pour perdre des électeurs devant vous
aujourd'hui, bien au contraire. Mais si vous suivez votre logique d'essayer de
se coller sur les frontières municipales et que vous voulez rééquilibrer un peu
Rosemont, en tout cas, dans un éventuel redécoupage, il y a ce secteur-là qui
serait à considérer. Même si, là, dans ce cas-ci, même si administrativement,
c'est dans Rosemont, la communauté, la frontière n'est pas étanche, bien sûr,
avec la rue Sherbrooke, le monde qui habite un bord ou l'autre, ça peut aller
magasiner dans les mêmes places, ça fréquente, grosso modo, les mêmes
commerces. Ça fait qu'on... Il y a ça que je voulais dire, donc sur la bande
Rachel et Sherbrooke.
Maintenant, sur l'agrandissement vers
l'est, je comprends que ce que vous avez fait, c'est que vous avez pris
Camille-Laurin, vous l'avez coupé en deux à travers la... le pont-tunnel, dans
le fond, là, la 25, ce qui est une frontière assez naturelle, on pourrait dire,
qui d'ailleurs divise souvent Mercier ouest et Mercier est. Comme je le disais
tantôt, tu sais, le monde d'Hochelaga-Maisonneuve, est-ce qu'ils vont nécessairement
toujours dans Mercier ouest? Pas tout le temps. Je le dis... Par exemple, le
club de soccer, ceux qui jouent au soccer l'été avec les enfants, c'est pour
l'arrondissement au complet. Ça fait que moi, tous les petits amis de ma fille,
l'été passé, jouaient dans Mercier ouest, près d'une école qui est là-bas.
Quand les écoles ont fermé, sur la rue Adam, coup sur coup, parce qu'elles
étaient atteintes de champignons, puis qu'on ne les avait pas rénovées pendant
trop d'années, bien, les enfants étaient délocalisés dans une école secondaire
qui est dans Mercier ouest. Donc, ce n'est pas fou là, ce que vous nous
soumettez pour dire s'il faut décaler un peu pour rattraper le moins... c'était
combien qu'on avait, à Hochelaga? On était dans le négatif pas mal, je pense, 20 %.
S'il faut aller gagner des électeurs pour Hochelaga-Maisonneuve, d'aller dans
Mercier ouest, il y a un certain sens, puis, en même temps, on resterait dans
le même <arrondissement...
M. Leduc :
...S'il
faut aller gagner des électeurs pour Hochelaga-Maisonneuve, d'aller dans
Mercier ouest, il y a un certain sens, puis, en même temps, on resterait dans
le même >arrondissement. Tu sais, si vous nous aviez dit : On
fusionne avec Rosemont, ou je ne sais pas trop. Là, j'aurais eu pas mal plus de
réticences parce qu'on n'est pas dans le même arrondissement, pas le même
député fédéral, ça commence à être compliqué. C'est des identités quand même
très différentes, tandis que de bouger un peu vers l'est, ce n'est pas naturel,
ce n'est pas le même mode de vie, mais ce n'est pas complètement exagéré ou pas
complètement fou non plus, bien au contraire. Rester dans le même
arrondissement, ça fait sens.
• (12 h 30) •
Puis je fais le pont, donc, sur l'est,
j'étais surpris de votre proposition sur Rosemont-Louis-Riel puis Camille-Laurin—Anjou.
Louis-Riel, en particulier, moi, ça... il me semble, je l'aurais plus gardé
avec Camille-Laurin—Mercier est, ça aurait fait deux circonscriptions pour le
même arrondissement de Mercier—Hochelaga-Maisonneuve, plutôt que le scénario
actuel, où on se ramasse à trois, puis je pense qu'on était quatre dans... dans
la... quatre députés provincials dans la réalité précédente. Ça fait que c'est
ce que j'ai à dire pour le redécoupage.
Par contre, de manière plus générale,
c'est sûr que je m'oppose, bien sûr, à la perte d'une circonscription dans
l'est de Montréal. L'est de Montréal, c'est une... c'est un espace qui a été
délaissé pendant des décennies, qui a été, j'oserais dire, jeté en pâture à une
industrie, à une mono-industrie du pétrole, pendant des années, puis quand la
mono-industrie du pétrole a chuté, ralenti, puis, en tout cas, presque
disparue, bien là, on s'est retrouvés avec des terrains contaminés, des
terrains vides, on ne sait plus trop quoi faire avec.
Mais là, il se passe quelque chose, dans
l'est de Montréal, il y a eu un gros sommet sur l'est de Montréal, là, au Parc
olympique il y a quelques semaines, quelques mois déjà, il y a un nouveau
dynamisme. Puis là, je vous épargne des détails, tu sais, il y a toutes sortes
de critiques que j'ai faites et que je continue à faire, par exemple, sur le
REM de l'Est puis le projet structurant de l'est, mais il se passe quelque
chose, puis, éventuellement, il y aura un projet de transport collectif
structurant dans l'est de Montréal. On s'obstinera entre nous sur le mode,
exactement, aérien ou pas, ou souterrain ou... ou tramway, mais quelque chose
se prépare, quelque chose se trame dans l'est, et je fais le pari, et nous sommes
plusieurs à le faire, que ça va attirer et maintenir une population beaucoup
plus structurante dans l'est de Montréal. J'ai en tête, notamment, tout le pôle
alentour du métro L'Assomption, dont des grandes tours, là, sont en
préparation, des constructions importantes sont en préparation, donc il y a un
nombre d'électeurs qui va se multiplier dans les prochaines années dans l'est
de Montréal. Même, dans ma circo, il y a des... il y a quatre tours qui sont en
construction dans l'ancien Pro Gym, là, au coin Hochelaga et Bennett, ça va
attirer aussi des centaines, peut-être même des milliers d'électeurs dans une...
dans un horizon de quelques années seulement.
Alors, évidemment, l'est de Montréal, pour
le redynamiser, pour le garder dans son élan, je dirais, politique et
économique, il faut éviter de lui mettre des obstacles, et le retrait d'une
circonscription en est un, à mon avis. Alors, j'espère, j'appelle de vos voeux,
encore une fois, comme ma collègue de Sainte-Marie—Saint-Jacques, je sais que
l'exercice est compliqué, puis qu'à un moment donné, il y a des contraintes
difficiles, mais pour le bien-être de l'est de Montréal, je fais le plaidoyer
suivant, qu'il mériterait de garder l'entièreté de ses députés actuels.
Sur l'analyse plus générale, plus macro,
sur Montréal. Moi, je veux vraiment m'inscrire en faux, puis vous y avez fait
référence dans la conversation précédente, avec le plaidoyer de mon collègue de
Borduas d'hier, qui a fait une charge à fond de train pendant presque
10 minutes pour plaider une réduction supplémentaire du nombre de sièges à
Montréal. J'étais estomaqué. J'ai eu une pensée pour ma collègue actuelle d'Anjou—Louis-Riel,
pour ma collègue actuelle de Pointe-aux-Trembles, je ne sais pas si, quand il
disait ça, il proposait de faire disparaître le siège de Pointe-aux-Trembles en
plus de celui de Camille... d'Anjou—Louis-Riel, je vais lui laisser le soin de
s'expliquer, mais Montréal, c'est la métropole du Québec, c'est le coeur
économique du Québec. Moi, je suis toujours désolé quand on essaie de monter
Montréal contre les régions. Moi, je viens de la banlieue. J'ai toute ma
famille, du côté de mon père et de ma mère, qui ont grandi en Montérégie, qui y
sont encore.
Je veux dire, je ne comprends pas cette
volonté-là de monter Montréal contre Québec. Je m'en éloigne le plus possible.
En plus que Montréal reçoit toutes sortes de gens qui viennent des régions du
Québec, parfois pour y étudier quelques années, notre propre nouvelle
porte-parole, Émilise Lessard-Therrien, l'ancienne députée de Rouyn-Noranda—Témiscamingue,
qui est une passionnée des régions, bien, elle a étudié à l'UQAM pendant
quelques années, elle a été montréalaise pendant quelques années. Donc, c'est
ça qui fait la beauté de Montréal aussi, c'est les allées et venues. La plupart
des gens qui ont fondé Hochelaga, Sainte-Marie—Saint-Jacques, c'était des
familles qui venaient avec l'exode rural à Montréal, ça fait que cette
culture-là des quartiers, de la... la fabrique des quartiers, elle a été faite
à partir de familles qui ont vécu des exodes ruraux. Ça fait qu'encore une
fois, moi, je m'éloigne le plus possible de cette tentative de monter Montréal
contre les régions. Je ne participe pas à ça du tout, et je... encore une fois,
je pense que pour maintenir la pertinence économique de Montréal, il faut
maintenir, le plus possible, les... le nombre de circonscriptions actuel, déjà
qu'on en avait perdu une dans l'ouest... bien, «dans l'ouest, Mont-Royal—Outremont...
12 h 30 (version révisée)
M. Leduc : ...et je... encore
une fois, je pense que, pour maintenir la pertinence économique de Montréal, il
faut maintenir le plus possible les... le nombre de circonscriptions actuelles.
Déjà qu'on en avait perdu une dans l'ouest, bien, dans l'ouest, Montréal, Outremont,
on peut considérer plus l'ouest que l'est, mais on avait déjà perdu une circo à
Montréal dans le dernier exercice. Là, vous proposez d'en couper une dans celui-ci.
Je serais catastrophé si d'aventure vous en rajoutiez une autre, coupure,
supplémentaire à Montréal. Que ce soit dans l'est ou dans l'ouest, ce serait
une très mauvaise nouvelle pour la métropole, et je m'y opposerais fortement.
Je termine ce bout-là en soulignant un peu
le sourire que j'ai esquissé quand mon collègue utilisait l'argument : Ah!
mais, à Montréal, on peut marcher pour faire le tour des circonscriptions. Oui,
on peut marcher, et je marche parfois dans ma circonscription, bien sûr, mais je
ne fais pas le tour en 15 minutes, là, hein? Pour faire le tour d'Hochelaga-Maisonneuve,
il y en a, des rues, puis en long puis en large. Puis ça prend du temps, là,
même en vélo. Moi, j'aime bien la trottinette, personnellement. Mais, blague à
part, ce n'est pas vrai qu'on fait juste marcher. On se déplace en voiture à Hochelaga,
on a des courses à faire, l'épicerie pour la famille, on ne tient pas tout ça
dans nos sacs à deux mains. Des fois, ça prend une plus grosse épicerie. Il
faut aller chercher un Kijiji pour une plus grosse marchette, une poussette
pour la petite, tu ne fais... tu ne fais pas tout ça à pied, tu fais ça...
Beaucoup de gens ont des voitures, moins de voitures peut-être que dans une
banlieue parce qu'il y a évidemment, objectivement, un nombre limité d'espaces
dans la rue puis dans les ruelles. Mais ce n'est pas vrai qu'on fait tout ça à
pied puis que, ah! sur cette seule base là, ça mériterait de faire sauter une
autre... une couple d'autres circonscriptions à Montréal. Encore une fois, je
ne peux pas être plus clair, je m'oppose à cette proposition de mon collègue de
Borduas.
Et je ne sais pas quel... combien de temps
il me reste, M. le Président.
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) :
Il vous reste 8 min 30 s, M. le député.
M. Leduc : Je terminerais
sur... pour faire un peu de pouce sur ce que ma collègue disait, sur les 129 sièges.
Encore une fois, je comprends que ce n'est pas de votre ressort, mais je trouve
ça important de le réitérer. On a la possibilité, au salon bleu, de le faire.
129 sièges maintenant, ça va être effectif pour la rentrée de la prochaine
élection de 2026. C'est une bonne nouvelle. On n'a pas bougé depuis 1989. Je
tends la main à mes collègues des autres partis. Ça serait une réforme qui, je
pense, vous faciliterait la vie dans ce découpage-là certainement dans le
futur. Alors, je pense que c'est quelque chose qui doit être considéré.
J'ai peut-être une question. Vous en aurez
peut-être pour moi, mais j'ai une question pour vous, parce qu'on est plusieurs
à évoquer aussi la question du nombre de résidents, hein, au-delà du nombre de
la qualité d'électeurs, le nombre de résidents dans une circonscription. Puis,
à la page 15, là, de votre rapport, vous parlez... les communautés
naturelles, vous esquissez : «quelques facteurs que nous considérons
lorsque nous analysons le territoire d'une circonscription électorale et ses
dynamiques territoriales». C'est le premier picot, c'est la densité de la
population et son taux relatif de croissance. Quand vous écrivez ça, «la
densité de la population», vous faites référence à la population électeur, non-électeur
ou juste la population électrice?
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) :
Merci beaucoup, M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve. Je vais permettre aux
membres de la CRE de réagir à votre question.
Mme Gravel (Édith) : En fait,
je me suis tournée vers nos experts plus techniques, vous me comprendrez. C'est
vraiment le taux de croissance de la population totale, mais qui... qui est un
facteur, comme vous voyez, dans la liste, là, des critères qu'on analyse, là,
dans le volet de la... de la portion communauté naturelle.
M. Leduc : Bien sûr. Puis il
y en a plusieurs qui sont évoqués.
Mme Gravel (Édith) : Oui.
M. Leduc : Donc, je comprends
que c'est une espèce d'équilibre que vous recherchez.
Mme Gravel (Édith) : C'est ce
qu'on tente toujours, entre la représentation effective et les critères qui
composent la communauté naturelle. Comme j'expliquais précédemment à M. Reid,
ça... ça ne se présente pas nécessairement dans... dans la totalité du
territoire où on arrive à avoir le respect des limites municipales, là, le
respect des limites de MRC, mais on essaie de pondérer la représentation
effective et le critère de communiqué... communauté naturelle, pardon, qui est
constitué de plusieurs facteurs, comme vous voyez.
M. Leduc : Donc, c'est ça, il
y a comme plusieurs éléments devant vous sur lesquels vous pouvez... avec
lesquels vous pouvez ou même devez fonctionner.
Mme Gravel (Édith) : Tout à
fait.
M. Leduc : Mais ce que je
vous invite à faire, c'est que cet élément-là, sur la densité, peut-être que
vous pourriez justement le...
Mme Gravel (Édith) : Le prépondérer.
M. Leduc : Voilà!
Le pondérer un peu plus vers le haut. Parce que... puis je ne répéterai pas
tout ce que mes prédécesseurs ont dit, mais c'est vrai, là, que les gens qui
viennent cogner à notre porte, Hochelaga-Maisonneuve, c'est la même chose que
ma collègue de Sherbrooke hier, que ma collègue de Sainte-Marie—Saint-Jacques aujourd'hui,
une large proportion des gens qui viennent nous voir ne sont pas des électeurs,
veulent le devenir, vont probablement le devenir, mais nous, on aide tout le
monde, et ça implique des services et du travail de député qu'on amène ici, à l'Assemblée.
Les questions qu'on pose, etc., ce n'est pas tout le temps des questions de
juste pour nos électeurs, c'est pour les gens qui habitent notre
circonscription. Ça fait que ce que je vous invite à faire, dans le fond, c'est
de donner un petit peu de twist là-dessus.
Mme Gravel (Édith) : On a
bien entendu.
M. Leduc : Oui.
M. Blanchet
(Jean-François) :Oui.
Mme Gravel (Édith) : J'en
aurais peut-être une...
M. Blanchet
(Jean-François) : Un, mais je... Ce ne sera pas long.
Mme Gravel (Édith) : OK.
Parfait.
M. Blanchet
(Jean-François) :Je veux juste ajouter là-dessus,
quand même, si on... si on augmente, justement, le degré, vous me comprenez, que...
je comprends que c'est concentré beaucoup à Montréal, mais il y a quand même d'autres
régions qu'on devrait réévaluer et qui auraient peut-être des changements qu'on
ne fait pas présentement et qu'on devrait faire aussi. Donc, si on l'applique à
la région de Montréal, <là...
M. Blanchard (Jean-François) :
...qu'on ne fait pas présentement et qu'on devrait faire aussi.
Donc, si on l'applique à la région de Montréal, >là je vais parler de
région, là, il faut l'appliquer ailleurs aussi au Québec, et ça peut amener des
changements dans d'autres régions qu'on ne touchait pas qui nous poseraient
problème ou... qui nous poseraient problème.
• (12 h 40) •
M. Leduc : Tout ça est un
équilibre fragile, bien sûr.
M. Blanchard (Jean-François) : C'est
ça.
Mme Gravel (Édith) : C'est
une courtepointe. Exactement.
M. Leduc : C'estcomme
le château de Jenga, là : tu retires un bloc puis, hi! elle va-tu tenir?
M. Blanchard (Jean-François) : Exactement.
M. Leduc : Mais vous faites
bien de le mentionner.
M. Blanchard (Jean-François) : Oui.
Puis c'est quand même... Je comprends ce que vous dites aussi. Vous avez
mentionné... C'est la... la dimension de la circonscription, les
circonscriptions à Montréal versus les régions. Puis on a entendu toutes sortes
de choses dans la tournée, là, il ne faut pas se le cacher, on est allés
partout au Québec. Mais nous, on comprend, de notre point de vue, chaque région
a des réalités qu'on doit tenir compte, tu sais. Donc, ce n'est pas... ce n'est
pas blanc, ce n'est pas noir. C'est... C'est vraiment une mixité qu'on doit
tenir compte, nous, dans notre analyse aussi. Donc, c'est sûr qu'il y a des
gens qui vont dire : Bien oui, c'est facile, Montréal. C'est...
15 minutes, les gens ont fait le tour. Mais, par contre, il y a d'autres
défis ailleurs. Vous avez d'autres défis que dans les régions, les régions ont
des défis, donc tout ça doit être pris en compte aussi. Donc, on entend... on a
entendu toutes les versions, mais chaque version est bonne aussi. Il faut
comprendre ça.
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) :
M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve, il reste 3 min 45 s.
M. Leduc : Peut-être un ou
deux derniers...
Mme Gravel (Édith) : Moi,
j'avais une question, peut-être...
M. Leduc : Oui, allez-y. Bien,
parfait. Bien sûr.
Mme Gravel (Édith) : ...où on
a eu... Merci. On a bien entendu votre plaidoyer sur un statu quo, idéalement.
Dans l'optique où la Commission poursuivrait ses travaux, est-ce que vous
pourriez nous laisser peut-être quelques incontournables des frontières où vous
nous diriez : N'allez pas là, ne jumelez pas certaines choses? Il y a des
choses qui sont tellement immuables dans votre perception de ce territoire-là qui
nous permettraient peut-être, là, d'avoir encore une meilleure compréhension de
l'est.
M. Leduc : Pour Hochelaga-Maisonneuve,
vous voulez dire?
Mme Gravel (Édith) : La
portion de l'est, je vous dirais.
M. Leduc : Ah! bien,
écoutez...
Mme Gravel (Édith) : Vous
avez parlé tout à l'heure de... pardon, de l'autoroute 25, qui était quand
même, somme toute, une bonne barrière physique. Est-ce qu'il y a d'autres
éléments comme ça que vous pourriez laisser à la Commission pour raffiner notre
analyse?
M. Leduc : C'est une bonne
question. Tu sais, quand je... quand je disais que ce n'était pas fou d'aller
jusqu'à la 25 puis de prendre Mercier Ouest, je rajoute un autre élément de
réflexion, c'est qu'il y a toute une bataille, en ce moment, dans
Hochelaga-Maisonneuve, surtout la partie est, dans ce qu'on appelle Viauville,
sur un... Ray-Mont Logistics, qui est une grosse entreprise de transbordement,
puis le secteur de L'Assomption Sud, qui est un endroit industriel, mais qui va
avoir un impact majeur sur les résidents de Viauville et aussi sur les
résidents de Longue-Pointe. Donc, tu sais, il y a comme une... On respire le
même air, en quelque sorte, là. On va vivre la même inconvénience de cette
entreprise-là. Et les citoyens se parlent déjà un petit peu, ils se concertent
dans cette espèce de bataille citoyenne là. Ça fait que...
Encore une fois, si vous me dites :
C'est quoi, le... tu sais, bouger vers l'Est... Un peu comme ma collègue dit :
Bouger vers l'Est, il y avait un certain sens. Je vous l'ai mentionné tantôt. La
bande Sherbrooke-Rachel, ça peut-tu jouer? Ça, je vous laisse la prépondérance.
Monter vers Rosemont, je commencerais à trouver ça bizarre, comme je le
mentionnais. Sinon, je disais aussi, tu sais, Louis-Riel, ça serait plus
logique, je pense, de le rattacher à Camille-Laurin, à la Mercier-Est, donc
réduire Camille-Laurin, laisser Anjou. Après ça, Anjou, on le remet où? Là, je
vous laisse voir avec... Je ne sais pas. Mais il y aurait... Il pourrait y
avoir deux circos dans Mercier et Hochelaga-Maisonneuve, c'est-à-dire le
Hochelaga-Maisonneuve que vous proposez, puis Louis-Riel, Mercier-Ouest...
Mercier-Est, pardon, donc l'ancien Camille-Laurin plus Louis-Riel. Laisser Rosemont
dans ces... sa taille à peu près actuelle, là, je laisserai mon collègue de Rosemont
faire ses représentations par rapport à ces circos. Mais, après ça, tu sais, Pointe-aux-Trembles,
LaFontaine, il y a-tu du jeu, là, à faire? Je vous laisse faire votre magie.
Mme Gravel (Édith) : Merci
pour le partage.
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) :
Merci beaucoup. Alors, il reste 1 min 15 s. Je comprends, M. le
député d'Hochelaga-Maisonneuve, si vous avez d'autres points à...
M. Leduc : Un dernier
élément...
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) :
Oui, allez-y.
M. Leduc : ...de toponymie. Tu
sais, je ne sais pas, si jamais vous recevez des mémoires, mais
Hochelaga-Maisonneuve après Viau, ce n'est plus Hochelaga-Maisonneuve, hein?
Quand tout... C'est Mercier-Ouest. C'est drôle parce que, des fois, quand on
lit les journaux, s'il y a un accident ou un... ou un crime qui s'est passé
dans ce coin-là, drame dans Hochelaga-Maisonneuve, je regarde toujours quel
coin de rue, bien non, ce n'est pas Hochelaga-Maisonneuve.
Mais je vous dis ça, mais je ne suis pas
en train de plaider pour un changement de nom parce que c'est comme ça qu'on le
reconnaît. Puis je pense que, même dans une... dans votre nouveau découpage, le
cœur de la circo demeurerait Hochelaga-Maisonneuve, comme ce l'est au fédéral.
Le fédéral, ils ont étiré la sauce, là, ça s'appelle Hochelaga, mais ça va
quasiment jusqu'à Pointe-aux-Trembles, puis ça va loin, ça va prendre des bouts
d'Anjou. Ça, je leur laisse leur toponymie. Mais, si, d'aventure, des gens...
vous dites : Il faut le renommer, il faut le renommer, moi, je le
garderais tel quel. Si, dans le futur, ça rebouge encore plus, on évaluera.
Est-ce qu'on renommera ça Louise-Harel, le comté de Louis-Harel, peut-être? On le
verra en temps et lieu. Mais, pour moi, je pense qu'Hochelaga-Maisonneuve, même
avec votre rajout de Mercier-Ouest, demeure un nom <qui...
M. Leduc :
...moi,
je pense qu'Hochelaga-Maisonneuve, même avec votre rajout de Mercier-Ouest,
demeure un nom >qui fait sens, qui est facilement reconnaissable et que
les gens connaissent et reconnaissent.
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) :
Alors, merci beaucoup, M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Merci.
Le Président (M. Lévesque,
Chauveau) : Merci pour votre contribution à la commission.
Et, considérant l'heure, je suspends nos
travaux jusqu'à 15 heures cet après-midi. Bon appétit. Bon dîner à tous.
(Suspension de la séance à 12 h 45)
15 h (version révisée)
(Reprise à 15 heures)
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) :
Alors, à l'ordre, s'il vous plaît! La Commission de l'Assemblée nationale
reprend ses travaux.
Avant de débuter, j'invite l'ensemble des
collègues, s'il vous plaît, à bien vouloir s'assurer que le cellulaire est
fermé afin d'éviter les sonneries.
Alors, les travaux recommencent toujours
sur la région de Montréal tel que nous l'étions avant la fin des échanges, et,
pour la suite de nos travaux, je cède la parole à Mme la députée de Verdun.
Vous avez droit à 20 minutes, Mme la députée. La parole est à vous.
Mme Zaga Mendez : Merci, M.
le Président. Merci aux membres de la commission d'être là aujourd'hui avec
nous. Je viens vous parler un peu de ma circonscription, la circonscription de
Verdun, et je veux commencer par souligner, en fait, le bon travail que la
commission a fait pour préserver les limites de la circonscription de Verdun.
Bien sûr, on a tous pris en considération
les principes qui guident ce découpage, autant le nombre d'électeurs... Moi, j'irais...
On va parler tout à l'heure de l'importance de prendre en considération la
population, et le deuxième... la deuxième caractéristique, ce qu'on appelle le
respect des communautés qui sont naturelles, et c'est pour ça, entre autres,
que je suis... J'étais très contente de voir le découpage de la circonscription
de Verdun, qui reflète et qui respecte les limites de cette communauté
naturelle.
Vous savez, Verdun, ce n'est pas seulement
une circonscription. C'était une ville, dans le passé, avant de se joindre à la
ville de Montréal, une ville avec une grande histoire. Je ne vais pas détailler
tout l'apport que Verdun a eu à la communauté québécoise, entre autres, à la
production économique dans la Première ou la Deuxième Guerre mondiale. C'est
une communauté qui est un peu chauvine. Quand on vient de Verdun, là, ce n'est
pas... ce n'est pas juste dire qu'on vient de l'île de Montréal. On vient d'une
communauté très, très serrée.
Les limites qui sont dans la carte
électorale respectent aussi des limites naturelles. Je vais juste les nommer un
peu, là. On a la frontière par l'aqueduc, le canal de l'Aqueduc, qui traverse à
l'ouest, par l'autoroute 15, dans le nord-est, tout dépendant comment on se
situe. C'est les mêmes limites qui étaient tracées depuis le début de la ville
de Verdun. Par la suite, on a l'ancienne rivière Saint-Pierre, qui a été
canalisée, qui devient aussi une limite naturelle, avec Pointe-Saint-Charles,
et, bien sûr, en complément, le bord du fleuve Saint-Laurent, qui sépare de
juste seulement 220 mètres... du côté insulaire de notre circonscription. Entre
nous, à Verdun, on parle de terre ferme et l'île, mais c'est une histoire
depuis la création de la ville, l'inclusion de l'île des Soeurs à l'intérieur
de ces limites. La dernière limite, c'est la rue Fayolle, qui marque la
frontière sud, qui correspond à la même frontière qu'on a avec l'arrondissement
de Verdun, donc la limite entre Verdun et LaSalle.
Donc, c'est pour toutes ces raisons-là
que, déjà, en termes géographiques, le découpage respecte l'histoire et l'évolution
de la ville de Verdun dans le cadre montréalais et qui permet aussi de
suivre... Ce n'est pas pour rien, là, d'avoir le même palier de gouvernance que
l'arrondissement, je vous dirais, c'est très clair pour les électeurs, très
clair pour les citoyens, c'est plus facile de se référer... On reviendra sur
les questions de population, mais ça respecte également les ratios souhaités.
Une autre chose aussi que... qu'on parle
des communautés naturelles, puis je trouvais ça intéressant, que... de parler
des territoires qui sont couverts par nos services sociaux puis nos services
scolaires. Entre autres, l'île des Soeurs et Verdun sont touchés par la même
commission scolaire... pardon, centre de services scolaire — mauvaise
habitude — Marguerite-Bourgeoys, et également par la même commission
anglophone, Lester-B.-Pearson. Dès qu'on traverse de l'autre côté de l'aqueduc
ou de Pointe-Saint-Charles, c'est le centre de services scolaire de l'île de
Montréal, c'est la commission scolaire... une autre commission scolaire
anglophone.
Donc, déjà, ça recouvre bien les
frontières des services, et, nous, comme députés, c'est quelque chose qui est
extrêmement utile pour faire des interrelations ou faire des suivis avec nos
citoyens en ce qui concerne l'accès à l'éducation et d'autres... Puis c'est la
même chose pour la question des services en santé. On fait partie... Une grande,
grande partie de la circonscription, c'est le CIUSSS du Centre-Sud, une seule
partie qui est avec le CIUSSS de l'Ouest-de-l'Île, mais que ça se fait très
naturellement. Alors, ça ne cause pas de problème, si vous voulez, en termes de
gouvernance ou d'interpellation à ces <différents paliers...
Mme Zaga Mendez :
...ça
ne cause pas de problème, si vous voulez, en termes de gouvernance ou
d'interpellation à ces >différents paliers.
Là, ce que je voulais vous parler un peu
plus, c'est la question de la population. En ce moment, la population de
Verdun, on parle de 70 376 personnes. Au nombre d'électeurs, on est à
38 658. C'est des données qui viennent du site Web d'Élections Québec.
C'est très, très dense, avec un territoire... là, on parle de 29 personnes
par kilomètre... non, 7 130 personnes par kilomètre carré. C'est
extrêmement dense comme circonscription.
Ceci dit, ce qu'on voit comme tendance
ici, à Verdun, c'est la tendance qu'on voit partout à Montréal, c'est-à-dire
une augmentation de la population, même si on ne voit pas une grande... que
l'augmentation des électeurs se fait au même... au même rythme que la
population, et, quand on représente... Comme députés, on représente... on ne va
pas représenter seulement les personnes qui ont le droit de vote. On représente
tous les gens qui habitent sur notre territoire, et j'aimerais ça... Je porte
ceci à votre attention. Ça a sûrement porté à l'attention... va être... ça va
être mentionné par d'autres collègues qui... qui sont à l'île de Montréal. C'est
une tendance, et moi, je pense qu'on ne doit pas... on doit prendre ça en
considération et ne pas pénaliser les places dans lesquelles on voit une
augmentation de population, puis on va se le dire, là, on le voit partout au
Québec.
C'est pour ça qu'on plaide pour augmenter
une... Pour nous, l'idéal, là, ce serait d'augmenter le nombre de députés puis
augmenter le nombre de comtés, en fin de compte, pour être capables de
respecter et de refléter l'augmentation de la population un peu partout. Je
pense que, si on avait ces outils-là, on serait capables de... on serait
capables, je crois... on pourrait avoir cette discussion sur avoir les outils
nécessaires pour faire un découpage qui reflète vraiment l'augmentation de la
population sans étant... en nous mettant, comment je peux dire, en opposition
entre des lieux, comme à Montréal, dans lesquels on a de plus en plus
d'électeurs sur une surface qui est très petite, comme c'est le cas de Verdun,
versus des lieux dans lesquels il y a moins de densité, mais qu'on voit quand
même une augmentation de la population, et qu'on veut respecter, puis on veut
donner ce pouvoir de représentation en région.
Donc, ça, c'est un des points plus
spécifiques que je voulais amener, parce qu'on ne veut pas réduire le poids
politique ni de l'île de Montréal ni de Gaspésie. Moi, je ne viens pas ici
plaider pour couper ailleurs parce qu'on a besoin de plus de place à Montréal.
On vient de vous dire qu'il faut garder cette représentation un peu partout. À
l'île de Montréal, c'est important. Comme... comme je le disais, on représente
également les personnes qui ne sont pas des citoyens. C'est des personnes qui
vont devenir citoyens et citoyennes, des fois, dans les prochaines années,
c'est aussi des enfants, ce sont des jeunes qui font partie de cette
population-là, et qu'on représente auprès des différents organismes québécois.
Moi, j'ai... ça fait un peu le tour de ma
petite exposé. Je ne sais pas si vous avez des questions ou si je peux, moi,
poser des questions pour vous également.
M. Blanchet
(Jean-François) :Une petite question, Mme
la députée. Verdun, j'imagine quand même que la densité de population que vous
mentionnez, de... vous êtes pas mal au maximum de la... des possibilités de
développement, j'imagine qu'il n'y a plus...
Mme Zaga Mendez : Ah non! OK,
c'est une bonne, excellente question. En fait, en ce moment, il y a plusieurs
projets de développement, surtout à l'île des Soeurs, qui se déroulent. Je n'ai
pas tous les détails des noms avec moi, là. Je pourrais les trouver puis vous
l'envoyer si vous souhaitez, là. C'est des... un dossier qu'on suit également,
en termes de développement à l'île des Soeurs, qui a sa propre dynamique, mais
qu'en même temps il y a un lien d'appartenance, comme je vous disais, par les
services, par l'arrondissement, avec l'ensemble de la circonscription. Ça fait
que, oui, il y a des projets de développement qui se font présentement. Même si
on n'a pas de nouveaux terrains, ça se construit vers le haut. C'est la
tendance qu'on voit en ce moment.
M. Blanchet
(Jean-François) :OK, merci.
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) :
Alors, Mme la députée de Verdun, vous disposez toujours de 11 min
20 s encore. Si vous souhaitez poursuivre votre intervention, vous avez
jusqu'à 20 minutes. Alors, la parole est à vous.
Mme Zaga Mendez : Moi, j'ai
une question pour vous. On voit qu'il va y avoir une coupure, une
circonscription de moins sur l'île de Montréal. J'aimerais ça vous entendre un
peu plus sur qu'est-ce qui justifie cette décision ou quelles sont vos... l'intention
de la commission par rapport à ça.
M. Blanchet
(Jean-François) :Bien, premièrement,
c'est un rapport préliminaire, hein? On n'est pas au rapport... On n'est pas au
deuxième rapport. On n'est pas à la décision finale. Donc, il y a encore... Si
on tient des consultations, c'est pour vous entendre puis <comprendre le
territoire...
M. Blanchet
(Jean-François) :
...si on tient
des consultations, c'est pour vous entendre puis >comprendre le
territoire. Donc, il y a toujours possibilité qu'il y ait des modifications, mais
vous voulez savoir, par rapport à Montréal... le retrait d'une circonscription
à Montréal. Bien, je l'ai mentionné ce matin, on parle quand même d'un déficit
de 45 000 électeurs sur l'île puis un taux de croissance d'électeurs,
quand même, qui est en deçà de la moyenne de 4,8 % au Québec, même qu'il
est négatif, si je ne me trompe pas, un petit peu, moins 0,4 %, le nombre... le
nombre d'électeurs. Donc, c'est pour ça...
• (15 h 10) •
M. Bouchard (Kevin) : Depuis
2014, on a perdu à peu près 5 000 électeurs sur l'île, et une
majorité des circonscriptions... On est presque au deux tiers des
circonscriptions qui ont connu une diminution depuis la dernière révision de la
carte électorale, donc 18 circonscriptions, puis, quand on regarde, en ce moment,
il y a deux tiers des circonscriptions aussi qui ont un nombre d'électeurs en
dessous de la moyenne. Donc, c'est vraiment... Tu sais, il y a un déficit
d'électeurs sur l'île qui doit être corrigé.
Mme Zaga Mendez : Je
comprends puis, j'imagine, bien, comme je disais tantôt, vous travaillez avec
les limites qui sont les vôtres, c'est-à-dire l'interprétation directe de la Loi
électorale, dans laquelle on compte le nombre d'électeurs et pas le nombre...
la population, parce que nous, ce qu'on voit, puis les chiffres le disent, on
est... on augmente le nombre de personnes qui habitent sur notre territoire, ce
qui vient aussi avec un nombre de demandes, des pressions sur nos écoles. Quand
on visite nos écoles, ces jeunes-là sont... ils ne sont pas seulement à la
classe d'accueil, hein, sont... c'est qu'on parle des jeunes immigrants, là, ils
sont un peu partout, c'est... et, qu'on représente ces familles pour avoir des
services adéquats. C'est des résidents permanents qui contribuent à la société
québécoise.
C'est la même chose dans nos hôpitaux. C'est
la même chose dans nos CLSC. C'est des personnes que nous, on reçoit au
quotidien. Nous, on regardait les chiffres du côté de Verdun. Là, en ce moment,
j'ai 50 cas... cas actifs, là. Les personnes avec qui on est en contact
pour des questions reliées à l'immigration, c'est près de la moitié des
personnes avec qui nous sommes en contact direct, là. Je compte à peu près une
centaine de cas actifs dans mon bureau. J'aimerais ça vous entendre un peu
là-dessus, sur le fait de la... le fait qu'on a de plus en plus de personnes à
représenter.
M. Blanchet
(Jean-François) :De un, je pense que,
bien, je l'ai mentionné ce matin, mais je peux le répéter aussi... bien, je
l'ai mentionné hier, le choix de travailler avec le nombre d'électeurs, c'est
le législateur qui l'a fait, mais je peux comprendre qu'à l'époque, quand même,
les données qu'on a, à Élections Québec, le nombre d'électeurs varie de jour en
jour, on a le portrait exact, tandis que la population du Québec, ça repose sur
les... sur les recensements, sur les données de l'institut de statistique, mais
qui ne sont pas à jour, au jour le jour, comme nous, on peut être à jour avec
le nombre d'électeurs. Donc, ça, ça explique une partie...
L'autre point, par contre, comme je l'ai
mentionné ce matin, si on travaillait avec le nombre de personnes, donc si on
refaisait notre travail avec le nombre de personnes, bien, il faudrait le
refaire pour la province au complet. Donc, ça ne veut pas dire que... Je
comprends que Montréal, il y a une concentration peut-être un peu plus grande,
mais il y a d'autres secteurs, quand même, au Québec où est-ce qu'il y a des
immigrants aussi qui s'installent, puis que, donc, il faudrait refaire le
travail de faire... de voir est-ce qu'il n'y a pas d'autres circonscriptions
qui tombent aussi dans une problématique où est-ce qu'on devrait intervenir.
Mme Zaga Mendez : Bien, sur
ce point-là, je pense qu'on est tout à fait d'accord, c'est-à-dire que, quand
on considère la population, c'est au-delà d'un enjeu montréalais. Il y a aussi une
augmentation de population un peu partout au Québec. C'est pour ça... Puis ce
n'est pas de votre ressort, c'est des questions de législateurs. Je pense
qu'avec les collègues on va avoir... continuer à avoir des débats là-dessus en
Chambre, sur avoir plus de comtés, donc plus d'augmenter le nombre de députés,
là.
Je n'avais pas eu la chance de le dire,
mais juste pour donner des exemples, peut-être, il y a des places, dans le
monde, dans lesquelles on a des populations qui sont semblables à celle du
Québec et pour lesquelles, dans les chambres législatives, on a... on double
presque de nombre de parlementaires, là. C'est le cas de l'Autriche, avec une
population arrondie de 8,2 millions, il y a 245 parlementaires. Notre cas,
c'est... avec 8,6 millions, là, avec une population arrondie, on en a 125.
Donc, on est...
Je pourrais donner des exemples en
Finlande, en Nouvelle-Zélande, Suède, Suisse, et même aux États-Unis, là, dans
les États fédérés, là, Massachusetts, Minnesota, dans lesquels...
Massachusetts, c'est 7 millions. Donc, c'est quand même comparable au
Québec. Il y a 200 circonscriptions, donc 200 parlementaires. Donc,
je comprends que vous n'avez pas le pouvoir de nous... de changer le nombre de
comtés, mais je trouve ça superintéressant, ce que vous nous dites sur l'effet
de la population.
M. Blanchet
(Jean-François) :Puis j'ai oublié de vous
le mentionner, mais le choix d'électeurs... le nombre d'électeurs versus la
population... Quand même, au Canada, c'est à peu près moitié-moitié, les
provinces ou <territoires qui utilisent soit les...
M. Blanchet
(Jean-François) :
...population, quand
même, au Canada, c'est à peu près moitié-moitié, les provinces ou >territoires
qui utilisent soit les électeurs soit la population. Donc, les deux sont...
sont valables. On comprend très bien que, peu importe la circonscription, c'est
clair que zéro à 18 ans, il y en a partout, là, aussi, là, des citoyens, donc,
qui ne sont pas comptés, mais... c'est un choix, mais sachez que, quand on
regarde, on compare avec le reste des provinces et territoires au Canada... que
c'est à peu près moitié-moitié, donc.
Mme Zaga Mendez : Voilà, bien,
je vous remercie. Je suis contente d'avoir pu exposer pourquoi il faut avoir
les limites naturelles de la circonscription de Verdun. Merci. Au revoir.
M. Blanchet
(Jean-François) :Merci beaucoup.
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) :
Alors, merci beaucoup, Mme la députée de Verdun, pour votre intervention et
votre contribution à la commission. Alors, nous allons maintenant poursuivre
avec le prochain intervenant également pour un 20 minutes. Je vais céder la
parole à M. le député de Gouin.
M. Nadeau-Dubois : Merci, M.
le Président. Bonjour. J'ai 20 minutes et j'ai, grosso modo, trois choses à
vous dire.
D'abord, je veux... je veux discuter avec
vous de la circonscription de Gouin, que je représente et qui est quand même
lourdement affectée par le rapport préliminaire que vous avez déposé. Ensuite,
je vais vouloir poursuivre l'échange sur la question de la prise en compte de
la population totale, et, en terminant, quelques mots sur
l'Abitibi-Témiscamingue.
Donc, d'abord, la circonscription de
Gouin. Depuis essentiellement 30 ans, la circonscription de Gouin est... a été
délimitée en se basant sur les frontières d'un quartier historique à Montréal
qui s'appelle La Petite-Patrie, d'où l'appellation, d'ailleurs, de
l'arrondissement Rosemont—La Petite-Patrie au niveau municipal et de la
circonscription fédérale qui s'appelle également Rosemont—La Petite-Patrie.
Donc, il y a ici, déjà, une communauté
naturelle qui est historiquement très définie. Il y a même un célèbre roman
québécois, n'est-ce pas, qui s'appelle La Petite Patrie. C'est une...
c'est une entité historique et sociologique importante dans le nord de Montréal,
et s'est développé, sur ce territoire-là de La Petite-Patrie, toute une série
d'institutions, historiquement, à la fois sur le plan politique, sur le plan
communautaire, sur le plan scolaire, sur le plan des services de santé, donc,
on a le CLSC de La Petite-Patrie, mais aussi sur le plan, je le disais,
culturel.
Il faut savoir que La Petite-Patrie est un
quartier où il y a un écosystème communautaire extrêmement vigoureux,
extrêmement dynamique et très, très bien organisé, qui s'organise autour d'un
regroupement qui s'appelle le Regroupement des tables de concertation de La
Petite-Patrie. Nos amis du communautaire aiment beaucoup les acronymes, alors
ils appellent ça le RTCPP, et autour de cette table-là est représenté
l'ensemble des acteurs de ce territoire historique que tout le monde connaît,
qui s'appelle La Petite-Patrie. On a les groupes en santé mentale, les groupes
en sécurité alimentaire. On avait, à l'époque, les commissaires scolaires. On a
les élus, donc, provinciaux, les élus municipaux, les élus fédéraux. Il y a
tout ce qui grouille, donc, de groupes communautaires dans tous les domaines,
logement, jeunesse, santé mentale, aînés, «name it», et donc toute la vie
politique, communautaire du quartier s'appuie sur cette entité historique
qu'est La Petite-Patrie.
Ce qui est proposé dans le rapport
préliminaire, c'est, grosso modo, de couper La Petite-Patrie historique en deux
en utilisant la rue Christophe-Colomb. C'est, selon moi, une grave erreur qui
va complètement venir déstructurer le rapport que, depuis 30 ans, les députés
de Gouin ont entretenu avec les différents partenaires, les différents acteurs
sur le territoire de La Petite-Patrie. Je dirais qu'il y a, pour résumer, trois
problèmes principaux, là, avec cette division en deux du territoire historique
de La Petite-Patrie.
Le premier problème, c'est que la
circonscription de Gouin, la nouvelle, va être complètement coupée de la majorité
de l'écosystème que je viens de vous décrire, qui se retrouve en majorité à
l'ouest de la rue Christophe-Colomb, la partie qui va tomber dorénavant dans
Laurier-Dorion. Alors, moi, je vais me retrouver, moi et mes successeurs pour
les prochaines législatures, dans une situation où je vais représenter un
territoire, le nouveau Gouin, qui va donc manger une partie de l'actuel
Rosemont en gardant la moitié de ma circonscription actuelle, mais l'essentiel
de mes partenaires institutionnels, ça va de la caisse pop au CLSC en passant
par les groupes <communautaires, eux vont se retrouver...
M. Nadeau-Dubois :
...ça
va de la caisse pop au CLSC en passant par les groupes >communautaires,
eux, vont se retrouver dans ce qui va être dorénavant Laurier-Dorion.
Donc, ce travail de député, qui est
normal, qui est souhaité, qui est enchâssé dans notre culture politique,
d'interagir avec les partenaires du milieu, va être beaucoup, beaucoup plus
compliqué dans la mesure où la circonscription va être complètement décalée par
rapport à l'organisation de la vie politique, communautaire, associative,
institutionnelle de La Petite-Patrie.
• (15 h 20) •
Le deuxième problème, c'est que ce nouveau
découpage là va faire en sorte que les résidents de La Petite-Patrie ouest,
donc la portion qui va tomber dans Laurier-Dorion, vont se retrouver dans une
espèce de flou artistique dans la mesure où leurs élus municipaux vont être
organisés en fonction de l'arrondissement Rosemont—La Petite-Patrie. Leur élu
fédéral également va être dans la circonscription Rosemont—La Petite-Patrie. Le
seul élu qui va être complètement décalé, ça va devenir l'élu québécois.
Et donc ces gens-là qui sont... qui font
partie, sur le plan institutionnel, le plan associatif, le plan des services de
santé, de l'unité Petite-Patrie, sur le plan municipal et fédéral, le sont
également, tout d'un coup, quand va venir le temps d'interagir avec leur
député, vont se retrouver avec une référence complètement différente, et ça va,
donc, je pense, compliquer l'accès des électeurs, des électrices à leurs élus,
à leurs députés, parce que le référent va être complètement différent.
Et on peut le voir également de la manière
inverse. Le député de Laurier Dorion va se mettre à représenter deux entités
naturelles, Villeray et Parc-Extension, qui sont des quartiers historiques qui
ont des vies propres, et ce député-là va avoir aussi une petite moitié d'un
autre quartier, mais pas vraiment au complet. Ils vont avoir juste l'ouest de La
Petite-Patrie. Ces gens-là vont se retrouver, donc, dans ce que je considère
être un flou artistique sur le plan de leur représentation politique. Je prends
une image, mais je pense que vous comprenez ce que je veux dire.
Le troisième problème, et, je pense, c'est
le cumul des deux premiers, c'est que la collaboration entre les différents
paliers gouvernementaux va être beaucoup plus difficile. En ce moment,
l'arrondissement de La Petite-Patrie, le comté fédéral de Rosemont—La
Petite-Patrie et les deux circonscriptions provinciales que sont Rosemont et
Gouin, tout ça, grosso modo, à quelques approximations près, se correspondent,
ce qui fait en sorte que la concertation entre les différents élus est facile,
elle est naturelle, elle est simple. Bon, il y a un petit morceau de
l'arrondissement Rosemont—La Petite-Patrie qui est dans une autre
circonscription fédérale, mais on parle d'un tout petit morceau, mais, grosso
modo, il y a une cohérence sur le plan de la représentation politique qui fait
en sorte que les électeurs, les électrices savent qui est leur député, puis
savent ils sont dans quel quartier, puis, au municipal, au fédéral, au
provincial, il y a une cohérence.
Là, le député de Rosemont—La Petite-Patrie
au fédéral, par exemple, se retrouverait avec trois interlocuteurs provinciaux
différents : Rouyn... Rosemont, Gouin et Laurier-Dorion. Il y a là... Encore
une fois, on vient briser une communauté naturelle puis on vient
considérablement compliquer le travail de tous les élus, de tous les paliers,
sans compter qu'on vient complexifier l'accès des électeurs à leurs élus en
créant une division qui va apparaître, pour les... au regard des habitudes des
gens, comme une division arbitraire : Comment ça, tout d'un coup,
Christophe-Colomb, notre quartier, arrête là? Notre quartier, dans l'esprit des
gens de La Petite-Patrie, depuis des générations, il n'a jamais arrêté là.
Grosso modo, La Petite-Patrie historique, là, c'est Saint-Laurent, Iberville. Bon,
là, c'est-tu... Il y en a qui s'obstinent à savoir si c'est De Lorimier ou
Iberville, mais, je veux dire, personne ne pense que c'est Christophe-Colomb, ça,
je vous le dis.
Donc, il y a... il y a ici une cohérence
que moi, je vous invite à respecter puis à prendre en compte pour le bien-être
des électeurs, des électrices, pour le bien-être de la concertation entre les
différents élus des différents paliers gouvernementaux.
Combien de temps il me reste, M. le
Président?
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) :
Il vous reste 12 minutes, M. le député de Gouin.
M. Nadeau-Dubois :
12 minutes? Ça va, ce n'est pas si pire... de boire de l'eau en
12 minutes.
J'attire votre attention sur un rapport
qui a été déposé par les organisations communautaires de La Petite-Patrie, qui
reprend exactement ces arguments-là. Ce n'est pas pour rien. Il y a eu une
réaction extrêmement vive dans les organisations du comté, qui ont développé
des beaux rapports de collégialité avec leur bureau de député depuis des années,
et il y a consensus sur le territoire, là, et je n'ai pas parlé du milieu
économique, mais le milieu économique aussi est structuré comme ça. Donc, les
SDC, par exemple, sont structurées sur les bases du quartier de La
Petite-Patrie. Tout fonctionne comme ça chez nous. Et donc il y a un consensus
très fort dans l'ensemble de la communauté à l'effet que, vraiment, c'est une
mauvaise idée de décider qu'à Christophe-Colomb il y a un changement, alors
que, sociologiquement, historiquement, économiquement, socialement, ce n'est
pas le cas.
Le deuxième élément dont je voulais
discuter avec vous aujourd'hui, c'est la prise en <compte de la
population...
M. Nadeau-Dubois :
...le
deuxième élément dont je voulais discuter avec vous aujourd'hui, c'est la prise
en >compte de la population totale. Juste pour vous donner une idée, là,
moi, j'ai demandé à mon équipe de faire une recension. À peu près une personne
sur trois qui cogne à notre porte réside dans la circonscription, mais n'est
pas une personne électrice. Donc, soit elle a moins de 18 ans soit elle est en
attente d'obtenir sa résidence permanente ou son statut de citoyenneté, mais
c'est des gens qui n'ont... qui n'ont pas ou qui n'ont... et surtout qui n'ont
pas encore le statut d'électeur, d'électrice.
Il y a eu une augmentation de
l'immigration à Montréal dans les... dans les dernières années. Ce n'est pas
étonnant que le nombre... Puis il y a des mouvements de population dans la
grande couronne de Montréal. Ce n'est pas étonnant, quand on connaît ces
phénomènes-là, qu'on observe une légère baisse du nombre d'électeurs. Moi, la
question que je vous invite à considérer, c'est : pendant combien de
temps? Parce qu'une forte proportion de ces gens-là vont obtenir le statut
d'électeur. Ces gens-là ne demeureront pas en attente d'une réponse du
ministère de l'Immigration pendant 25 ans. Les délais sont longs, mais, quand
même, pas à ce point-là. Donc, c'est des gens qui, aujourd'hui, résident dans
nos circonscriptions, n'ont peut-être pas, en vertu de vos statistiques,
aujourd'hui, le statut d'électeur, d'électrice, mais vont l'acquérir parce
qu'ils vont obtenir leur résidence permanente puis ensuite leur citoyenneté.
Donc, moi, je vous... je vous mets en
garde contre une refonte de la carte électorale qui serait basée sur une vue à
trop court terme de la dynamique démographique à Montréal, où on viendrait dire :
Bien là, c'est vrai que, depuis, donc, vous disiez, 2014, il y a un petit peu
moins d'électeurs, donc on redécoupe en fonction de ça. La commission court le
risque que, dans quelques années, le travail soit à refaire parce qu'une bonne
proportion, puis ce ne sera peut-être pas 100 %, mais, déjà, si c'est
80 %, c'est quand même pas mal de monde, vont acquérir le statut
d'électeur, et là on va être obligés de tout rebrasser parce qu'il va y avoir à
nouveau un débalancement.
Le travail du député, oui, c'est de
représenter les électeurs, les électrices, mais mes collègues le savent, toutes
formations politiques confondues, les gens cognent à notre porte, on les aide.
On ne leur demande pas de nous montrer leur passeport. S'ils ont un problème de
logement, on les aide. On ne vérifie pas s'ils ont un statut d'électeur ou
d'électrice. On aide les gens qui résident sur notre territoire et de... Moi,
je vous invite vraiment à avoir la vue la plus large possible pour considérer
la réalité de ce travail de député qu'on fait, où une bonne proportion des gens
qu'on aide n'ont pas le statut d'électeur, d'électrice, pourtant on les aide
quand même, et agrandir les territoires, ça fait en sorte qu'on se retrouverait
à devoir aider et représenter beaucoup, beaucoup, beaucoup de monde.
En terminant, quelques commentaires sur
l'Abitibi-Témiscamingue. Je voulais vous souligner que, de notre côté, on salue
le fait que l'Abitibi-Témiscamingue va conserver son poids de représentation à
l'Assemblée nationale dans la mesure où Abitibi-Est et Abitibi-Ouest vont
obtenir le statut d'exception. On pense que c'est essentiel de garder ces
circonscriptions-là dans l'état actuel dans la mesure où c'est déjà des territoires
très, très, très étendus, et là il y a... il y a une limite à étendre les
circonscriptions si on veut continuer à bien représenter les personnes qui y
résident. Voilà.
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) :
Alors, merci beaucoup, M. le député de Gouin. Alors, je vais permettre aux
membres de la CRE de pouvoir répliquer et donner leur point de vue. Alors, je
vous cède la parole. Si vous avez des commentaires à faire, n'hésitez pas. Il
reste 7 min 28 s à l'intervention de M. le député de Gouin.
M. Blanchet
(Jean-François) :Je vais vous poser une
question. Je n'ai pas les données, mais, par rapport à l'âge moyen de la
population dans Gouin, est-ce que vous avez ça?
M. Nadeau-Dubois : Moi, je
connais toutes mes statistiques par coeur. Je connais le comté comme le fond de
ma poche!
M. Blanchet
(Jean-François) :Oui, j'imagine...
M. Nadeau-Dubois : Non, mais
on vous fera... on vous le fera parvenir. Je n'ai pas...
M. Blanchet
(Jean-François) :OK, non, mais c'est
parce que...
M. Nadeau-Dubois : Je ne sais
pas... je ne sais pas ça.
M. Blanchet
(Jean-François) :Non, mais, je veux dire,
c'est correct, mais c'est de... où est-ce que je veux en venir avec ça, c'est...
quand même, vous dites : Oui, il y a des gens qui vont obtenir le statut
de citoyen canadien dans le temps, mais c'est sûr que probablement que vous
allez perdre quand même d'autres électeurs par l'autre bout. Ce que je veux
dire, c'est quand même la... Donc, c'est... Il faut que ça... Selon nos
projections, les projections de l'Institut de la statistique, quand même, on se
ramène, là, il ne faut pas que je me trompe, en 2028, si on prend... pour votre
circonscription, Gouin, on est à 41 000 électeurs, je parle d'électeurs, en
2028. Donc, c'est sûr qu'on... C'est difficile de prévoir le taux de personnes
qui vont obtenir leur citoyenneté d'ici 2028, mais c'est ce dont... selon les
projections, donc.
• (15 h 30) •
M. Bouchard (Kevin) : Vous
faites bien d'attirer notre attention sur les personnes, là, qui n'ont pas
encore le statut d'électeur et d'électrice. Je pense que c'est important. C'est
une donnée dont on tient compte, la densité de population... Nous, on essaie...
C'est sûr qu'on se fie sur le nombre d'électeurs. On essaie aussi de projeter...
15 h 30 (version révisée)
M. Bouchard (Kevin) : ...c'est
important, c'est une donnée dont on tient compte, là, la densité de population,
la quantité. Nous, on essaie... C'est sûr qu'on se fie sur le nombre d'électeurs.
On essaie aussi de projeter. On utilise un modèle, là, de projection linéaire
simple, on compare avec l'Institut de la statistique du Québec. Et ce qu'on
remarque quand même sur l'île de Montréal depuis des décennies, c'est que, par
rapport au reste du Québec, il y a quand même tranquillement un mouvement assez
constant d'une diminution de la population comparative par rapport à l'ensemble
du Québec. Et c'est un mouvement que l'Institut de la statistique du Québec
prévoit se poursuivre aussi. Là, vous parlez d'immigration, on en entend parler
aussi, puis on... c'est possible que ça renverse la tendance. Nous, on ne
connaît pas l'avenir, évidemment, comme personne, mais on essaie d'anticiper au
mieux possible. Puis c'est comme ça qu'on a fait la proposition qui est... qui
est sur la table.
M. Nadeau-Dubois : L'autre
enjeu, c'est celui des services que l'on donne comme bureau de député. Et ces
services-là ont... on ne fait pas de tri, de discrimination en fonction du
statut. Par ailleurs, ironiquement, un des services qui est beaucoup donné par les
bureaux de députés, c'est d'accompagner les gens précisément dans leurs
procédures d'immigration. Et donc dans la mesure où les gens obtiennent une
permission de la part des gouvernements d'entrer sur le territoire, ils ont des
permis de travail, ils ont des visas, tout ça, ils ont un accès, je pense,
légitime, à leur député quand vient le temps d'interagir avec l'administration
publique ou les organismes gouvernementaux, puis nous, comme députés, on le...
on le fait, ce travail-là.
Donc, il y a des députés qui ont... qui vous
plaident, avec raison, que l'étendue du territoire rend plus difficile leur
travail, puis ils ont bien raison de le faire, puis je suis d'accord avec eux.
Je vous dirais qu'en fonction, grosso modo, de la même logique, il faut aussi
porter attention à la capacité des députés de faire leur travail dans un
contexte où, oui, il y a moins d'électeurs, mais il y a plus de monde. Et moi,
j'attire votre attention là-dessus. Je pense qu'il faut le considérer, tout
comme... J'entendais mon collègue de Matane-Matapédia vous dire que là, à un
moment donné, quand on allonge les distances, il y a une limite à allonger les
distances à l'intérieur d'une circonscription. Moi, je vous dirais, il y a une
limite aussi à ajouter toujours du monde, même s'ils ne sont pas, à strictement
parler, des électeurs, des électrices.
M. Blanchet
(Jean-François) :M. le député, est-ce que
vous avez quand même... Vous avez parlé de Gouin, mais pour l'est de Montréal,
avez-vous quand même des arguments, des solutions pour nous, des idées?
M. Nadeau-Dubois : Oui. Bien,
moi, je... moi, je... La ville de Montréal, ce n'est pas un tout homogène, hein?
C'est une mosaïque de communautés naturelles où il y a des... une vie
institutionnelle puis un écosystème politique qui date même des fois d'avant
même la création de la ville de Montréal, hein? Maisonneuve était... était une
ville avant qu'il y ait un... qu'il y ait un arrondissement Hochelaga-Maisonneuve.
À l'est de chez nous, Rosemont, c'est ça aussi, une communauté naturelle,
historique. Et vous allez entendre ou vous avez entendu mon collègue de Rosemont,
mais il va... il va vous faire des représentations similaires aux miennes. Je
pense que la commission doit tenir en compte le fait qu'on a là des... vraiment
des entités sociologiques puis historiques qui sont très fortes puis qui
sont... auxquelles aussi les gens sont attachés. Les gens s'identifient comme
Rosemontois, comme Rosemontoises, s'identifient comme résidents, comme résidentes
de La Petite-Patrie. Puis moi, je vous invite à avoir une grande considération
pour ces frontières naturelles là qui sont des repères politiques pour les
gens. Ça fait en sorte aussi que l'accès à un député, c'est plus facile.
Parce que, tu sais, moi, j'habite dans
quel quartier? J'habite dans le quartier Rosemont. Mon député, ça va être qui?
Bien, le député de Rosemont, puis au fédéral, bien, le député de Rosemont. Ça
fait que la... quand on se met à brouiller les pistes en... Puis là je ne le
dis pas... je ne suis pas mal intentionné, mais en inventant un peu des
nouvelles frontières qui n'ont jamais existé dans l'esprit des gens, je pense
qu'on éloigne la politique des gens dans la mesure où on vient tracer des
lignes sur une carte qui ne correspondent pas à une réalité vécue par les
électeurs, par les électrices qui, eux, considèrent que j'habite dans Rosemont,
c'est mon quartier. Mon comité logement, c'est le Comité logement Rosemont. Mon
CLSC, c'est le CLSC Rosemont. Mais là, tout d'un coup, quand je vais voter, c'est
un autre nom. Ce n'est pas clair, c'est flou, je ne comprends pas. Puis moi, je
vais vous le dire, même le fait que la circonscription s'appelle Gouin, souvent
des électeurs m'approchent pour me dire : Gabriel, c'est... pourquoi c'est...
le boulevard Gouin, c'est à l'autre bout, ce n'est pas chez <nous...
M. Nadeau-Dubois :
...le
boulevard Gouin, c'est à l'autre bout, ce n'est pas chez >nous.
Ça fait que je pense que la commission
doit... Puis là, je prends un autre exemple qui a trait à la dénomination de la
circonscription, mais, quand vient le temps de faire une carte électorale, il
faut penser aussi de... à comment les gens vont vivre dans cette carte-là,
comment les électeurs vont vivre dans cette carte, puis les électeurs et les
électrices, à Montréal, ils ne vivent pas juste à Montréal, ils vivent dans des
quartiers, et ce n'est pas pour rien, que les arrondissements les respectent
puis que les circonscriptions fédérales ont tendance aussi, grosso modo, à les
respecter. Puis il y a un certain niveau d'imperfection qui est normal, hein,
comprenez-moi bien, ce n'est pas... il ne faut pas être dogmatique, mais de
venir déchirer La Petite-Patrie en deux comme ça, je pense que c'est... je
pense que c'est une erreur, je pense que ça va éloigner les gens de leur
député. Je pense que ça vaut également pour... Ah! bien, voilà mon collègue de
Rosemont qui vient d'apparaître. Il y a vraiment... Il y a vraiment là quelque
chose de Montréalais, je pense, que la commission doit tenir en compte quand
vient le temps...
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) :
En terminant.
M. Nadeau-Dubois : ...de
découper la carte.
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) :
Alors, merci beaucoup, M. le député de Gouin. Vous avez utilisé votre
20 minutes. Alors, merci beaucoup pour votre contribution à la commission.
Alors, nous allons maintenant passer au
prochain intervenant, et également avec un droit de parole de 20 minutes.
Je vais céder la parole à M. le député de Rosemont.
M. Marissal : Merci, M. le
Président. 20 Minutes, ça inclut l'échange avec nos invités, hein?
D'accord. Que je salue, d'ailleurs. Bonjour, merci de... merci d'être là.
Évidemment, je ne vais pas tout répéter ce
que mon collègue de Gouin, mon voisin, vient de dire. Mon collègue de Gouin et
moi, là, on est séparés par une ligne jaune sur la 6e Avenue,
essentiellement. Si vous êtes du côté ouest, vous êtes dans Gouin; si vous êtes
du côté est, vous êtes dans Rosemont. Mais c'est tricoté serré, tout ça. Puis
je sais que ça a déjà été fait, ça, par des découpages plus ou moins
artificiels à l'époque, mais ça respectait néanmoins les tissus dont a parlé
mon collègue de Gouin.
Comment vous dire? Rosemont, la circo,
existe depuis 1972. Ce n'est pas une création récente basée sur un nouveau
développement, qu'on peut voir parfois dans certaines régions du Québec où ça
pousse beaucoup. Je parle par exemple des Basses-Laurentides, où ça a
construit; je parle de Vaudreuil, par exemple, où il y a une forte croissance. On
pourrait comprendre qu'on veuille redessiner parce que, de un, c'est récent
comme... comme lotissements, de deux, ça s'est beaucoup construit, il y a
quelque chose de nouveau là. Mais Rosemont... Vous savez, moi, l'endroit
central de Rosemont, qui est la promenade Masson, ça, ça s'appelle le
Vieux-Rosemont. Ça porte ce nom-là pour une raison bien évidente, là.
D'ailleurs, là, pour faire un peu
d'histoire ici — mon collègue à ma droite va apprécier, lui qui est
historien de formation — en 1903, Ucal Dandurand et M. Holt — d'ailleurs,
deux rues principales de ma circo, c'est Dandurand et Holt — achètent
la terre appartenant à la famille Crawford. Ils la divisent en
2 553 lots et ouvrent la première à la 10e avenue — c'est
chez nous, ça — juste au nord du boulevard Saint-Joseph. C'est le
début du peuplement massif du village. Ça s'appelle Rosemont d'ailleurs parce
que la mère de M. Dandurand s'appelait Rose. Bien, tout est dans tout, hein? On
a une histoire, c'est tricoté serré. Ce n'est pas né de génération spontanée,
là, ça existe, tout ça, et les gens, Gabriel l'a dit, mon collègue de Gouin l'a
dit, sont attachés à ça.
Bon, je comprends, peut-être vous
n'écrivez pas, vous ne dessinez pas vos cartes électorales sur les sentiments
du monde, mais ça existe. Les gens de Rosemont, ce sont des Rosemontois et des
Rosemontoises. Moi aussi, d'ailleurs, et c'était important pour moi que de me
présenter dans la circonscription où je vis, où j'ai ma maison, où j'ai élevé
mes enfants, où ils ont fréquenté les écoles, où j'ai mes habitudes. C'est
important pour moi. Ce n'est pas... Ce n'est pas fortuit que je me suis
présenté dans Rosemont. Ce n'était pas juste par défi politique, c'est parce
que c'était chez nous, c'était réellement chez nous.
Alors, la nouvelle circonscription que
vous voulez nous faire, dans la première mouture, qui s'appellerait Rosemont—Louis-Riel — c'est
bien ça? — j'ai même du mal à le dire, parce que j'ai du mal à
l'imaginer, j'ai... honnêtement, là, ce n'est pas une boutade, j'ai du mal à le
voir. Puis je vois ma collègue d'Anjou—Louis-Riel, qui a probablement autant de
misère à voir le... bien, de un, son comté disparaître, là, ce qui serait une
catastrophe pour Montréal-Est, on va se le dire tout de suite, là, mais à voir
ce Rosemont venir manger une partie d'Anjou. Cette nouvelle circonscription
fictionnelle, là, toucherait quatre arrondissements, <quatre arrondissements...
M. Marissal :
...toucherait
quatre arrondissements, >quatre arrondissements. Ça va venir
compliquer, là. Ça va devenir compliqué pour la personne qui sera là, et je
précise que je ne sais pas si ce sera moi, puisque je ne sais pas si je me
représente. Alors, que ce soit dit, là, je ne fais pas ça par intérêt propre,
là, je ne le sais même pas, si je me représente. C'est loin 2026, il peut se
passer bien des affaires d'ici là.
• (15 h 40) •
Alors, je vous ai parlé du Vieux-Rosemont.
Je pourrais vous parler des shops Angus où j'habite maintenant. Les shops
Angus, c'est le coeur industriel de l'est... de cette partie de l'est de
Montréal, parce que l'est de Montréal, c'est vaste. Moi, quand je dis à mes
voisins : Vous ne serez plus dans Rosemont, ils capotent, ils ne
comprennent pas, là, ils... Détacher Angus de Rosemont, c'est un peu comme
m'arracher les ongles, là, tu sais, c'est... ça fait mal, là, c'est comme... je
sais que l'image est forte, là, mais sur une carte géographique, ça n'a pas de
sens. Puis j'aurai des questions pour vous, là, si je ne mange pas tout mon
temps à parler, parce que je suis assez passionné, moi, de cette affaire-là.
Puis ce que vous nous avez présentés, je vais vous le dire, ça a déjà été dit,
de toute façon, ça a été publié, je suis pas mal tombé en bas de ma chaise.
J'ai dit : Wo! Où est-ce qu'on s'en va avec ça, là? Vous avez shippé ma
circonscription de Rosemont, la circonscription des Rosemontois et des
Rosemontoises dans la cour des Galeries d'Anjou. Je ne peux pas croire, c'est...
excusez, là, de ma grande franchise, là, mais je n'ai pas d'autre façon de le
dire, là, je... je ne peux pas croire. Les shops Angus, je l'ai dit, ça fait
partie de l'histoire intégrale de l'histoire de cette circonscription.
Puis, en plus, je vous dirais, puis je
vous l'ai déjà dit l'autre fois, mais je vais vous le redire : Rosemont,
la circonscription, en ce moment, est en parfait équilibre. Ça fait que je ne
sais pas, moi, généralement, j'ai plutôt tendance à me dire : Si ce n'est
pas brisé, on ne répare pas. Là, je comprends que vous avez un... vous avez un
casse-tête à faire, là, puis je ne voudrais pas être à votre place. Puis je
respecte parfaitement le travail que vous faites, en passant, hein, ne prenez
pas ça personnel, là. Moi, j'ai tendance à prendre mon Rosemont un peu
personnel, mais je n'ai rien... je n'ai pas d'attaque à faire ici contre vous,
là, soyez... soyez rassurés. Mais, quand j'ai vu cette carte-là, nouvelle, j'ai
eu vraiment des problèmes, parce que d'autant que ce n'est pas la
circonscription la plus déséquilibrée où il faut absolument corriger quelque
chose. Et il y aurait d'autres façons de le faire, il y aurait... il y aurait
d'autres façons de le faire, notamment par le nord, Viau. Rosemont pourrait
descendre un peu de quelques rues, mais je ne commencerai pas à faire votre
travail puis de réécrire la carte, là, je ne ferais pas ça, puis ce n'est pas
très élégant de le faire, le «gerrymandering», là, mais vous avez vu la carte
comme moi, là, il y a moyen de jouer avec ça.
Ce que je veux surtout vous dire, au-delà
de Rosemont, c'est qu'il me paraît assez contre-productif, pour ne pas dire
plus, pour ne pas dire dramatique, de couper des circonscriptions dans l'est de
Montréal. C'est... c'est déjà une région de Montréal, puis l'est de Montréal,
quand on regarde à l'échelle du Québec, c'est quasiment une région du Québec,
là, qui est... qui est défavorisée, qui en arrache, qui reçoit un fort
pourcentage de nouveaux arrivants, qui a toujours du mal à aller tirer son
épingle du jeu, qui doit se battre pour tout, tout le temps. Le fait de retirer
une circonscription dans cet... dans ce contexte-là me paraît pénaliser encore
davantage cet endroit qui, par ailleurs, est à l'orée d'une revitalisation, si
on fait ça correctement.
Moi, je vous donne juste, là, quelques
projets majeurs qui courent en ce moment dans l'est de Montréal, l'Hôpital
Maisonneuve-Rosemont, le REM de l'Est, ou appelez-le comme vous voulez, là,
pour le moment, ce n'est plus le REM de l'Est, là, mais... on ne sait pas ce
que c'est, mais ça va être quelque chose, souhaitons-le, en tout cas, du transport
structurant dans l'est de Montréal. Le Stade olympique, dont on a beaucoup
parlé la semaine dernière, dont on parle beaucoup depuis 50 ans en fait. Les
terrains contaminés. Ma collègue d'Anjou—Louis-Riel en sait quelque chose,
hein? Il y en a un méchant paquet, là, puis ils sont là, on peut les
décontaminer, on peut faire quelque chose avec ça. Il y a des beaux projets,
d'ailleurs, il y a du monde qui s'intéresse à ça. La fameuse ligne bleue, dont
on parle aussi depuis 40 ans. Le fameux pont-tunnel Louis-Hippolyte-La
Fontaine, qui est... qui est à la fois une solution et un problème pour l'est
de Montréal. Et puis toute la question du logement, toute la question du
logement.
Tout ça pour dire que de retirer de la
représentation politique, dans l'est de Montréal, me semble la plus... la plus
mauvaise des idées à ce <stade-ci...
M. Marissal :
...la
plus... la plus mauvaise des idées à ce >stade-ci. D'autant que, et ça
été dit, mon collègue l'a dit, les députés de Montréal vous l'ont dit, on ne
sert pas que les électeurs et les électrices inscrits sur une carte. Et j'ai
revérifié encore ce matin, là, chez nous, là, dans mon bureau de comté, là, sur
la 5e Avenue, dans Rosemont, qui ne serait plus dans Rosemont, d'ailleurs,
je n'habiterais plus dans Rosemont non plus, si on adopte la carte telle quelle,
dans mon bureau, c'est 75 % de dossiers qui sont des gens qui n'ont pas
qualité d'électeur, pas parce qu'ils sont mineurs, je précise, parce qu'ils ne
sont pas citoyens canadiens. Ce sont des gens en situation migratoire,
fraîchement arrivés ou pas, peu importe, 75 %, 75 %.
On a un mur dans mon bureau, là, on
appelle ça les bébés RAMQ. C'est des femmes de l'immigration qui accouchent
ici, qui se ramassent avec des factures. Puis, à chaque fois, il faut faire des
représentations, puis, généralement, ça finit par fonctionner, puis on finit
par éponger l'ardoise... par effacer l'ardoise, puis on réussit, mais de fois
en fois... mais on a un mur de ça. On appelle ça les bébés RAMQ. J'avais un
attaché, là, qui faisait à peu près que ça. On l'appelait à la blague
l'accoucheur de Rosemont parce qu'il faisait à peu près que ça.
Puis là je vous parle juste des femmes en
situation migratoire qui accouchent, là, mais des gens qui rentrent dans mon
bureau, puis dans le bureau d'à peu près tous les députés généralement... De
toute façon, le bureau de député, c'est un peu le terminus de la misère
humaine, là, souvent, là, mais qu'en plus tu n'as pas citoyen, tu n'as pas
qualité d'électeur, que tu as Immigration Canada aux trousses, que tu n'as pas
de RAMQ, que ton propriétaire veut te mettre dehors, que tu n'es pas capable de
faire tes cours de francisation, que tes enfants n'ont pas trouvé d'école... Je
peux continuer, là. Je peux continuer. La chaîne de la misère humaine est
infinie. Bien, ces gens-là, on les sert pareil, hein? Bien, évidemment qu'on
les sert, puis on les sert bien en plus. J'ai un excellent bureau et j'en suis
fier. Et je les remercie d'ailleurs de faire ça. Ces gens-là ne vont pas
disparaître, là, mais si vous faites disparaître par contre des
circonscriptions, il va juste y en avoir plus, puis il y en aura toujours plus.
Puis, comme mon collègue de Gouin nous disait tout à l'heure, bien, ces
gens-là, j'espère bien qu'un jour ils vont être citoyens, puis qu'ils vont
avoir droit de vote, puis qu'ils seront considérés donc dans vos listes
d'électeurs et d'électrices.
Alors, c'est un peu la situation que je
voulais vous décrire en ce qui concerne... en ce qui concerne Rosemont, mais en
ce qui concerne l'est de Montréal. Puis je m'en voudrais beaucoup de ne pas
aborder la question de la Gaspésie. Ça... ça me touche... Je ne suis pas
gaspésien du tout, là, mais pas pantoute, là. Je ne viens pas du tout de là.
C'est un endroit que j'aime beaucoup, que je fréquente à l'occasion, mais le
fait de faire sauter une circonscription dans la Gaspésie, là, c'est... Je
comprends encore une fois le jeu de casse-tête que vous essayez de faire, puis
tout ça, puis vous... vous êtes pris avec la loi qui dit
125 circonscriptions.
Moi, je pense, comme beaucoup, qu'on
pourrait changer la loi, là, puis qu'on pourrait monter le nombre de députés.
La population a lourdement augmenté au Québec, là, depuis la dernière loi quand
même, là. On est rendus 9 millions, là, au Québec, là. Moi, je pense qu'on
vient de passer le cap des 9 millions. Ce ne serait pas un luxe inopiné
que de monter à 127 ou 129. Vous avez probablement entendu d'ailleurs
l'anecdote que la prochaine... le prochain salon bleu sera en mesure d'adopter
129. Ça fait que ce n'est même pas une question d'espace, sinon on se collera,
ce n'est pas grave.
Donc, on peut augmenter le nombre... on
pourrait augmenter le nombre, mais surtout pas baisser le nombre. Mais surtout
pas, je l'ai dit, là, pour l'est de Montréal et pour Montréal en général, mais
pas la Gaspésie non plus, là. Ça, ça m'apparaît... ça m'apparaît un recul grave
pour cette population qui n'est pas homogène de Matane à Percé en passant par
la Baie-des-Chaleurs, là.
Puis, de toute façon, ça a été dit par des
collègues qui sont de cette région-là, là, les distances sont énormes, là.
C'est... c'est presque inimaginable, là. Moi, dans la dernière campagne
électorale, je me suis fait un défi 10 kilomètres pour 10 défis dans
Rosemont. J'avais à peu près fait le tour de Rosemont. Si je faisais ça en
Gaspésie, là, ça me prendrait probablement un an en courant tous les jours, là,
Forest Gump, là, probablement, là.
Alors, on ne peut pas couper une
circonscription en Gaspésie. Cette région-là est en train de se relever. Ils
font des efforts extraordinaires, ils ont des alliances régionales très fortes,
mais ils ont besoin d'une voix ici, à l'Assemblée nationale, de deux voix.
C'est le strict minimum, deux voix, pour la <Gaspésie...
,
M. Marissal :
...le
strict minimum, deux voix, pour la >Gaspésie. Il y a une exception
pour les Îles-de-la-Madeleine. On peut-tu en faire une pour la Gaspésie? Ça se
peut, peut-être, je ne sais pas, mais je ne pense pas que c'est un choix
valable à ce moment-ci que de retirer une voix à la Gaspésie.
• (15 h 50) •
Je pense que j'ai à peu près fait le tour
de ce que je voulais vous dire. J'ai... Question, je peux? Vous permettez?
M. Blanchet
(Jean-François) :Essayez.
M. Marissal : Oui, je suis
pas pire là-dedans d'habitude. Dans la Loi, là, électorale puis quand vous
refaites les... la carte, quand vous faites la refonte de la carte, il y a... il
y a un élément central, là, une expression qui est à peu près l'étalon de
mesure, qui est la communauté naturelle. Je l'ai lue, je l'ai lue, la loi. J'ai
lu votre rapport. Moi, je suis mystifié par la communauté naturelle entre la
promenade Masson et Anjou. Vous dites que c'est par le boulevard Beaubien, vers
l'est. Ça me mystifie. J'aimerais que vous m'expliquiez où est-ce que vous avez
trouvé une communauté naturelle là.
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) :
...M. le député de Rosemont. Je comprends qu'il y a une demande
d'intervention. Alors, il reste environ cinq minutes, rien que pour qu'on
puisse comprendre le temps qu'il reste. Alors, les membres de la CRE, c'est à
votre... à votre tour.
M. Blanchet
(Jean-François) :M. le député, je veux
juste vous rassurer qu'on ne prend rien de personnel parce que, sinon, on ne
serait peut-être pas là. Donc... Bon, on l'a dit, c'est un rapport
préliminaire. C'est sûr que, si on y va juste mathématique, les gens vont dire
qu'on y va juste mathématique. Si on y va juste... Communauté naturelle, ça
devient difficile sans tenir compte de la mathématique. Donc, c'est un... c'est
un mix. Je comprends que ça ne peut pas être parfait non plus. On essaie de
trouver des communautés dans certains cas, parce que, sinon, la carte va être
purement mathématique. Mais on vous entend puis on a l'entendu aussi lors de la
tournée, là, donc, par rapport à ce que vous dites. Mais c'est sûr que ça
devient difficile, hein, avec tous les... tout ce qu'on doit tenir compte, à un
moment donné, on doit prendre... ou faire des propositions qui restent à être
corrigées. Dans certains cas, on va pouvoir faire les corrections sur ce qu'on
a entendu, mais, en même temps, ça... ça devient difficile.
Tu sais, je vous entends dire : Ne
retirez pas dans l'est de Montréal, ne retirez pas en Gaspésie. Bien, là, vous
nous... vous êtes en train de me dire : Bien, faites donc un statu quo au
complet de la carte du Québec. C'est... Ça serait une solution facile pour
nous, là, c'est sûr que, tu sais, ça serait très facile pour nous de dire :
On ne fait rien jusque dans 10 ans, là, tu sais, on... Mais c'est ça.
Donc, je comprends ce que... ce que vous
nous dites, mais c'est difficile d'avoir le découpage parfait. Et on a entendu
tous vos collègues aussi. C'est dans le détail que ça se gâte, là, c'est quand
on tombe dans le... les petits détails. Donc, voilà. Je ne sais pas si vous
avez quelque chose à rajouter par rapport à ça, mais c'est...
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) :
...M. le député de Rosemont. Alors, je vous cède la parole.
M. Marissal : Merci. Bien, je
comprends que ça ne peut pas être parfait, hein? Puis je l'ai dit en toute
honnêteté, je ne souhaiterais pas être à votre place, là. C'est un travail qui
est difficile. C'est un exercice d'équilibre qui est difficile. C'est un
casse-tête qui est assez complexe, là, puis ça fait penser à mes enfants, quand
ils se tannaient de faire des casse-têtes, des fois, ils sortaient les ciseaux
puis ils rentraient des morceaux où il ne fallait pas que ça aille, là, même si
ce n'était pas la bonne couleur, là, ça fait qu'on... Je vous demande quand
même de ne pas aller là puis de ne pas faire ça.
Pour moi, le Vieux-Rosemont puis les
Galeries d'Anjou, c'est un morceau de casse-tête qu'on va couper avec des
ciseaux à bouts ronds, puis ça ne fittera pas. Et je le dis en tout respect
pour ma collègue d'en face, là, qui est... qui est dans Anjou, là. Puis je suis
pas mal sûr qu'elle est d'accord avec moi, là, qu'Anjou, Rosemont... bien, on
est des voisins, on s'aime beaucoup, puis j'aime beaucoup les gens de...
Je vais vous le dire bien franchement, là,
moi, je ne suis pas capable de nommer quatre rues transversales dans Anjou. Je
suis capable de vous nommer les grands boulevards, là, que tout le monde est
capable de nommer, là, mais je suis... Ça fait que je peux vous nommer toutes
les rues dans Rosemont, puis pas juste les avenues, ce serait trop facile, là,
de 1 à 45, là.
Il y a... il y a une question
d'appartenance, il y a une question de vie, il y a une question d'histoire
là-dedans. Je présume qu'il y a 25 ans... d'ailleurs, j'étais ici, je
couvrais la politique, moi, il y a 25 ans, ici, quand ils ont créé
Rosemont, j'imagine qu'il y avait une entité historique, qu'il y avait un sens,
avec la sociologie de la place.
Alors, c'est que je... et j'entends votre
réponse, et je l'entends, je l'entends bien, je l'entends <bien...
M. Marissal :
...et
j'entends votre réponse, et je l'entends, je l'entends bien, je l'entends >bien,
mais je vous demande, et je sais que vous le ferez, de respecter ces
particularités.
M. Blanchard (Jean-François) : ...l'important
lors de cette commission, c'est justement de nous donner le plus d'informations
possible sur la réalité du terrain. C'est ce qu'on... ce qu'on a... ce qu'on
retient depuis la tournée qu'on a entreprise au mois d'octobre et novembre puis
ce qu'on est en train de peaufiner en vous écoutant aujourd'hui. Donc, plus...
le plus d'informations que vous nous donnez, le mieux, c'est. C'est sûr qu'on
va avoir un deuxième rapport qui ne sera... qui ne sera pas un copier-coller du
premier, là, donc, c'est sûr qu'on... qu'il va y avoir des aménagements qui
vont être faits, là. Donc... Donc, plus vous êtes... vous nous donnez de
l'information, le mieux, c'est. Donc, voilà.
M. Marissal : Très bien. Et
permettez-moi, là, puisqu'il me reste 20 secondes, d'insister sur... Je
pense sincèrement qu'on est dans un moment névralgique pour l'est de Montréal.
Puis là il va falloir qu'il se passe des choses là. Oui, le toit du stade, là,
tant mieux, c'est une bonne décision. Et moi, je suis heureux de ça. Mais ça va
nous prendre de la cohésion politique. Et le milieu est très, très mobilisé en
ce moment dans l'est de Montréal.
Le Président (M. Lévesque,
Chauveau) : Merci, M. le député de Rosemont.
M. Marissal : Ce ne serait pas
le moment de mettre la switch à off. Merci.
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) :
Merci beaucoup, M. le député de Rosemont, pour votre intervention, votre
contribution à cette commission aujourd'hui, très appréciée.
Alors, nous allons maintenant poursuivre
avec la prochaine intervenante. Nous sommes toujours sur la région de Montréal,
et je vais céder la parole, pour son 20 minutes maximum, à Mme la députée
de Mercier.
Mme Ghazal : Merci beaucoup,
M. le Président. Salutations à mes collègues membres de la commission.
Salutations à vous aussi. Merci pour votre travail. Je sais que ce n'est pas un
travail facile. Je vous entendais discuter avec mon collègue le député de
Rosemont, puis des fois, vous avez beaucoup de contraintes, beaucoup de
critères à prendre en jeu, puis là il y a comme des arbitrages que vous devez
faire. Puis je sais que ce n'est peut-être pas facile, puis je vous remercie
pour les consultations que vous faites.
Donc, moi, je vais intervenir en premier
lieu sur la circonscription que je représente fièrement, la circonscription de Mercier,
qui n'est pas Mercier—Hochelaga-Maisonneuve. Mercier, c'est Le Plateau, une
partie, une bonne partie du Plateau—Mont-Royal et le Mile-End. Là, cette
fois-là, vous avez décidé de ne pas faire... de garder les délimitations
actuelles, puis je vous en remercie. Je sais que, lors de la dernière révision
électorale, ça a été élargi plus vers l'ouest, donc dans le Mile-End, même une
partie d'Outremont, là, jusqu'à Hutchison, puis là, cette fois-là, c'est les
mêmes délimitations.
Moi, je veux vous parler de l'importance,
là, pour Montréal, pas uniquement pour Mercier. On voit qu'ici, dans la
révision, puis vous allez probablement m'entendre répéter certaines... certains
des arguments qui ont été mentionnés par mes collègues sur le fait de
l'importance de peut-être ne pas toucher... ou de ne pas réduire le nombre de
circonscriptions spécifiquement à Montréal, ailleurs aussi, mais spécifiquement
à Montréal, surtout que le poids démographique de la population est en train
d'augmenter. Je le sais que vous, parmi les critères que vous regardez, c'est
le nombre d'électeurs. Et ça, c'est un critère. Vous regardez aussi d'autres
critères, mais je pense que, dans la loi, vous pouvez aussi regarder le poids
démographique de façon générale. C'est quelque chose dont vous pouvez aussi
tenir compte. Puis moi aussi, à mon tour, je vous invite fortement à le faire.
Puis j'ai parlé avec mes... dans mon
bureau de circonscription, par exemple, où, on sait, il n'y a pas que ça, mais
il y a aussi une immigration française quand même assez importante et... mes attachés
dans mon bureau qui font le travail pendant que nous, on est ici, puis qui
servent les citoyens et citoyennes. Bien, il y en a parmi eux qui ne sont pas
des citoyens au sens de la loi, mais c'est des personnes qui viennent nous voir
puis nous demander de l'aide. Et approximativement, si on regarde ce qu'on
appelle les cas citoyens, c'est 60 %, au moins, au moins 60 %. Puis
là on est comme conservateurs, parce que des fois il y a des dossiers
d'immigration qui prennent moins de temps, peut-être en termes d'efforts,
d'autres qui sont beaucoup, beaucoup plus compliqués, plus complexes. Et les
gens, quand ils ne savent plus où aller, souvent, ils se font référer à leur
député de comté. Des fois, ça relève du Québec, d'autres fois, du fédéral. On
travaille en collaboration avec aussi des députés du fédéral.
Moi-même, des fois, je viens intervenir
pour des cas. Je me rappelle d'un cas d'une... d'une personne immigrante qui
n'avait... qui s'est retrouvée comme entre deux dates où elle n'avait pas
de statut puis elle a... elle a découvert qu'elle était enceinte, et là elle
était très, très inquiète, là, parce que ça allait coûté extrêmement cher...
16 h (version révisée)
Mme Ghazal : ...qu'elle
était enceinte, et là elle était très, très inquiète, là, parce que ça lui
coûtait extrêmement cher. Donc, j'ai dû intervenir auprès du ministre de la
Santé pour son cas. Puis, elle, elle n'est pas du tout citoyenne, en tout cas,
je pense qu'elle voulait le devenir, ça fait que... mais je ne faisais pas ça
pour que, dans l'avenir, elle vote pour moi, vous comprenez? Quand les gens
viennent nous voir, c'est dans notre mandat, on a un budget, on a un bureau de
comté, on a des... du personnel pour donner du service à toutes les personnes
qui cognent à notre porte. Et 60 %, ce n'est quand même pas rien. Puis
vous avez entendu mes collègues puis, je suis certaine, aussi d'autres
collègues de tous les partis, ils ont beaucoup de cas de gens qui ne sont pas
citoyens, citoyennes. Donc, c'est important que le critère du... de...
démographique, du poids démographique de la population, vous en teniez compte,
quasiment plus que le nombre d'électeurs, d'électrices.
• (16 heures) •
Puis aussi... En fait, c'est ça, c'est que
vous êtes pris dans une contrainte qui vous est donnée, qui est de dire :
Bien, vous devez travailler à l'intérieur de la limite de 125 députés,
puis, ça, là, c'est 125, puis là c'est comme un jeu de puzzle, puis, des fois,
les morceaux ne rentrent pas, et tout ça, puis vous devez quand même les
enfoncer, ce qui fait qu'on se retrouve dans des situations comme le député de Rosemont,
qui vous dit que la communauté naturelle n'est pas si respectée que ça. En
fait, elle ne l'est pas du tout, puis vous l'avez probablement entendu de la
part aussi des citoyens, citoyennes, pas uniquement de nous, les élus. Et ça, c'est
à cause de cette contrainte-là.
Puis, à chaque fois, vous êtes pris avec
ce dilemme que vous enlevez une circonscription, vous en ajoutez ailleurs...
bien, ça crée un drame dans la communauté, qu'on pense à la Gaspésie, mais
aussi à Montréal, où vous enlevez un comté alors que le poids démographique de
la population, lui, monte. Donc, il y a quelque chose, un petit peu, d'incohérent
là-dedans. Et cette contrainte vous vient à cause des 125 députés. Puis,
dans le fond, il serait tout à fait possible, comme ça s'est passé aussi dans
le passé, on a... ça n'a pas toujours été... Depuis le début, là, du Parlement,
ici, du Québec, ça n'a pas toujours été 125, évidemment, vous connaissez l'histoire,
puis ça a augmenté avec le temps.
Puis j'ai trouvé intéressant aussi de
comparer, peut-être avec d'autres législatures ailleurs, par exemple, dans le
monde, avec des populations similaires ici, au Québec, populations globales,
là, pas les électeurs, électrices, ici, par exemple, à peu près, là, en termes
de population, presque 9 millions. Je prends d'autres pays qui n'ont pas
la même réalité que nous, mais je vous donne ça, par exemple, en Autriche, 8,2 millions
de population, 245 députés, en Nouvelle-Zélande, 4,4, eux autres, ils sont
moins, ils ont 120 députés, Suède, 9,7 millions d'habitants, 349 députés,
etc. Je ne dis pas qu'il faut aller jusque là, ce n'est pas du tout ça, ce n'est
pas la même réalité, mais, quand même, le fait de pouvoir... En fait, une des
solutions pour vous enlever cette contrainte-là, c'est d'augmenter, puis je
pense qu'on est rendus là. Quand on voit le nombre de population augmenter, on
est rendus à réfléchir à augmenter le nombre total de députés à l'Assemblée
nationale.
Il y a... On va avoir un nouveau salon
bleu d'ici quelques années, et donc il a été réfléchi de façon intelligente par
les gens qui s'occupent de ça pour s'assurer, si un jour, voyant la population
augmenter, on a plus de députés, bien, qu'on leur permette d'avoir de l'espace.
Donc, tout est réfléchi en ce sens-là.
Et donc ça vous aiderait, moi, je pense,
aussi, vous, d'avoir moins cette contrainte-là puis d'être obligés, là, de
jouer à ce jeu de puzzle qui crée des problèmes, comme en Gaspésie ou ici, à
Montréal, où on enlève un député alors que les besoins et les demandes auprès
des bureaux de députés ne cessent d'augmenter, justement, entre autres, à cause
de l'augmentation de la population.
Donc, bien, comme vous voyez, mon
intervention n'était pas uniquement spécifiquement à Mercier, parce qu'il n'y a
pas eu de changement ni de modification, mais c'est beaucoup plus par rapport
au nombre de députés, de façon générale, et le fait qu'on... de ne pas enlever
de poids de représentation ici, à l'Assemblée nationale, pour la population à
Montréal, en enlevant une circonscription, comme vous le faites, par exemple,
aussi en Gaspésie.
Je n'ai pas de question particulière pour
vous, à part vous dire : Que pensez-vous de cette idée-là d'augmenter le
nombre de députés? Je ne sais pas si ça fait partie de votre mandat, peut-être
que vous allez dire : Pas vraiment, on ne peut pas, on a une loi, nous ne
faisons pas la loi, ça, c'est une décision politique, mais vous avez le droit,
comme des gens qui travaillez avec ça, peut-être, de dire : Oui, peut-être
que ça nous aiderait, d'avoir plus de députés, ne pas devoir faire ce genre
d'arbitrage, qui, des fois, pourrait avoir l'air un peu... je ne vais pas dire
ça, là, parce que je sais que <vous...
Mme Ghazal :
...des
fois, pourrait avoir l'air un peu... je ne vais pas dire ça, là, parce que je
sais que >vous travaillez très bien pour ne pas que ce soit le cas, mais
qui pourrait être arbitraire... arbitrage... arbitraire sans vraiment le
vouloir, mais parce que vous avez cette réalité-là devant vous et cette
contrainte-là.
Le Président (M. Lévesque,
Chauveau) : Merci beaucoup, Mme la députée de Mercier. Alors,
évidemment, je veux permettre aux membres de la CRE de réagir à vos propos,
alors je vais vous céder la parole. Il reste 11 min 11 s à votre
intervention, Mme la députée. Alors, M. le président.
M. Blanchet
(Jean-François) :Mme la députée, la loi
électorale spécifie, en passant, que c'est entre 122 et 125. Donc, on aurait
toujours le loisir présentement de faire une carte avec
122 circonscriptions. Vous comprendrez qu'on n'ira pas là. Par contre, je
vous inviterais à faire des calculs si jamais on... Mettons qu'il y aurait
quatre circonscriptions de plus au Québec, vous verriez que les problèmes, ou,
en tout cas, les solutions ne seraient pas plus évidentes pour nous quand même.
Donc, le nombre d'électeurs moyen par circonscription ne varierait pas tant que
ça, et donc on devrait quand même faire de la gymnastique dans certaines
régions. Dans le fond, vous l'avez dit, là, dans des populations comparables, à
200 députés ou...
Mme Ghazal : ...
M. Blanchet
(Jean-François) :Comment? Excusez.
Mme Ghazal : Oui, oui,
certains. Pas tous, mais oui.
M. Blanchet
(Jean-François) :Oui, donc... Pas tous, mais
c'est ça. Donc, sinon ça va toujours rester difficile quand on a des
circonscriptions qui ont 30 000 électeurs. Avant de rattraper, tu
sais, la moyenne, il va falloir qu'on travaille fort à quelque part, quand même,
encore, là, parce que... surtout que, dans certaines régions, la... le nombre
d'électeurs va continuer d'augmenter. Donc, on... il y a... En tout cas, de mon
point de vue, rajouter des circonscriptions, oui, mais on ne règle pas... C'est-à-dire
qu'on... le problème ou, en tout cas, si on peut appeler ça un problème, je ne
veux pas dire que c'est un problème, là... Mais c'est-à-dire que ça ne règle
pas tous les cas, c'est-à-dire qu'on va vivre les mêmes difficultés de
découpage. Ça, c'est une prédiction que je vous fais, là, ce ne sera pas plus
facile s'il y a quatre circonscriptions de plus.
Mme Ghazal : Bien,
c'est-à-dire que, ça, vous le faites à cause... parce que... à cause de la
contrainte de moins 25 %, plus 25 % de nombre d'électeurs. Mais que
pensez-vous de ce qu'on vous... on a été plusieurs à vous le dire, là, puis
probablement peut-être que je vais avoir d'autres collègues aussi qui vont le
dire, qu'il ne faut pas tenir compte uniquement du nombre d'électeurs, mais
aussi de la population, qu'il faut en tenir compte aussi de ça, parce que c'est
notre réalité, on travaille avec des gens qui ne sont pas des électeurs.
M. Blanchet
(Jean-François) :Dans toutes les
circonscriptions, les députés travaillent avec des gens qui ne sont pas
électeurs. Mais je comprends que Montréal, il y a une concentration, ça, je
l'ai déjà mentionné, mais c'est un fait aussi que si on travaillait avec le
nombre de citoyens plutôt que le nombre d'électeurs, il faudrait revoir aussi
la province, parce qu'il y a d'autres secteurs quand même, au Québec, où est-ce
qu'il y a un nombre de personnes qui est vraiment différent du nombre
d'électeurs. Donc, en d'autres mots, c'est... ça peut paraître simple, mais on
ne peut pas juste... si on tient compte du nombre de personnes et non du nombre
d'électeurs, ce n'est pas clair que ça va avantager ou, en tout cas, Montréal
va y gagner au change, là. Oui, peut-être, mais...
Mme Ghazal : Bien, je ne
comprends pas vraiment le raisonnement, parce que si on réfléchit...
M. Blanchet
(Jean-François) : C'est comme s'il y avait...
Mme Ghazal : Oui?
M. Blanchet
(Jean-François) :...juste Montréal qui
avait un apport de citoyens qui ne sont pas électeurs.
Mme Ghazal : Mais,
moi... moi, je le fais de façon générale.
M. Blanchet (Jean-François) :Ah! OK.
Mme Ghazal : C'est-à-dire
que je ne parlais pas juste de Montréal.
M. Blanchet
(Jean-François) :C'est bon.
Mme Ghazal : C'est parce
que, là, je dis qu'en ce moment... Bien, j'ai nommé la Gaspésie, parce qu'eux
autres aussi ils en perdent alors que leur nombre de population totale n'a pas
baissé. Si on suit le... C'est-à-dire que, si on regarde le nombre de
population...
M. Blanchet
(Jean-François) :Il y a une légère
croissance en Gaspésie, mais qui est loin de la croissance, quand même,
québécoise. Donc, c'est pour ça que dans le fond et à quelque part, il y a une
perte de pouvoir, d'une certaine façon.
Mme Gravel (Édith) : Peut-être
qu'il faut rappeler aussi que l'objectif, dans le fond, du découpage de la
carte électorale, c'est de s'assurer que chaque citoyen, citoyenne soit
représenté équitablement, oui, auprès de l'Assemblée nationale. Donc,
l'objectif, c'est que chaque député arrive avec une population qui est quand
même similaire à représenter. On a bien entendu le volet immigration, alors,
qu'actuellement au début des travaux de la commission, certaines sont sous
représentées, donc, des circonscriptions. On l'a entendu depuis notre passage
ici, où c'est des 70 000, c'est des électeurs qui sont là. Donc, c'est là
le jeu du casse-tête, là, du mandat de la commission dans les balises actuelles
de la loi.
• (16 h 10) •
Vous parlez du critère du poids
démographique, celui-là est dans la composante de la communauté naturelle, avec
d'autres éléments : la superficie du territoire, les taux de croissance.
Mais la représentation effective, le critère numérique est un... c'est comme un
critère <numérique...
Mme Gravel (Édith) :
...représentation
effective, le critère numérique est un... c'est comme un critère >numérique
avec un critère avec plusieurs composantes, donc c'est vraiment le jeu
d'équilibriste qu'on doit faire en gardant toujours en tête que chaque
citoyen... notre travail, c'est de tenter au mieux que chaque citoyen soit
représenté équitablement.
Mme Ghazal : Le nombre
des députés n'a pas bougé depuis 1991, alors qu'à l'époque, la population
totale, là, 6,8 millions, là, on est presque 9 millions puis on se
dit que c'est la même chose, tu sais, et... c'est-à-dire que si on faisait...
Mme Gravel (Édith) : ...différent
de combien d'électeurs étaient représentés, là.
Le Président (M. Lévesque,
Chauveau) : ...s'il vous plaît. Je suis d'accord de laisser aller les
discussions, mais on est quand même dans une discussion de commission. Je
voudrais qu'on s'interrompe le moins possible...
Mme Gravel (Édith) :
Parfait. Désolée.
Le Président (M. Lévesque,
Chauveau) : ...question, réponse, sinon je vais redonner les droits de
parole.
Mme Gravel (Édith) : Bien
reçu.
Le Président (M. Lévesque,
Chauveau) : Alors... intervenir d'un côté, de l'autre. Mme la députée
de Mercier, il vous reste 5 min 42 s. Le temps est à vous.
Allez-y.
Mme Ghazal : Tout allait
très bien. Ce n'est pas un ministre que j'ai devant moi, là, c'est...
M. Lévesque (Chauveau) : Quand
même, quand même.
Mme Ghazal : ...des
membres gentils de la commission électorale. Donc, en fait, c'est que si on
faisait un calcul bébête, là, de... une règle de trois, on devrait être à
158 députés, mais évidemment ce n'est pas du tout ça qu'il faut faire, là,
ça, on convient que ce n'est pas juste la population qu'il faut suivre, bien
sûr. C'est là qu'on dit que peut-être qu'il y a lieu d'avoir plus de...
quelques députés, là, c'est... ça se compte sur les doigts d'une main, là, de
les augmenter. Puis comme ça, peut-être que ça enlèverait ce casse-tête pour ne
pas rester sur la... sur toujours cette proportion-là de... du nombre
d'électeurs.
M. Bouchard (Kevin) : ...souhaitait
attirer votre attention, puis je pense avec raison, c'est que peu importe le
nombre de circonscriptions, si on ajoute, on diminue, il y a toujours des
réajustements, des déplacements de populations et des réajustements à faire. Et
peut-être qu'à court terme ça simplifie un peu les choses, mais il reste que
c'est un équilibrage et qu'il va y avoir un travail de redécoupage à refaire à
chaque fois, qui demande des choix, qui doit apparaître le mieux justifié
possible, le mieux expliqué, le plus en phase avec les communautés naturelles
tout en respectant l'égalité relative.
Mme Ghazal : Puis je
veux juste revenir à... parce que vous avez dit que c'est important que chaque
député... chaque citoyen ou personne aussi puisse avoir des services de son
député de façon équitable, des élus. Mais, par exemple, là, je sors de
Montréal, là, puis je vais en Gaspésie, c'est sûr que, pour un député, de
couvrir un aussi gros territoire, bien, il y a des citoyens, des fois, que mon
Dieu, ils ne vont pas voir leur député si souvent que ça, parce que c'est un
député qui va couvrir un territoire incroyable. Même s'il ouvre deux, trois, je
ne sais pas moi, quatre, cinq bureaux, là, je ne pense pas que ça nécessite à
ce point-là, mais c'est quand même... bien, je veux dire, on n'ira pas jusque
là, ouvrir autant de bureaux, parce que le territoire est vaste.
Ça fait que là aussi il y a la question
d'équité. Comment est-ce que vous répondez à ça, les... des gens qui seraient
moins servis, par exemple en Gaspésie, à cause de la... l'immensité du
territoire qui fait que c'est inhumain pour une personne, un député ou une
députée, aussi extraordinaire soit-il ou soit-elle... puisse servir ces gens-là?
Ça fait que la notion d'équité est moins présente, parce qu'on s'est beaucoup
fiés sur le chiffre.
Mme Gravel (Édith) : Bien,
c'est qu'en fait ça revient un peu à ce que je vous expliquais précédemment où,
notre travail, c'est de jongler avec l'aspect mathématique, donc le nombre
moyen d'électeurs par circonscription et l'aspect communauté naturelle, qui est
composé de plusieurs paramètres dont la démographie, la superficie, sans
nécessairement donner une prépondérance à ces éléments qui constituent la communauté
naturelle. Donc, oui, dans la mesure du possible, on essaie de respecter les
limites administratives, les limites de MRC, mais parfois on n'y arrive pas
parce que les populations ne sont pas distribuées de façon pareille sur le
territoire québécois.
Pour répondre à votre question en lien
avec la Gaspésie, la commission ne crée pas nécessairement un précédent en
termes de superficie de circonscription, il y en a quand même 11 actuellement
dans la carte électorale qui ont une grande superficie. C'est grand le Québec,
c'est rempli de défis pour... pour avoir une carte qui répond à, oui, ce
critère numérique là, mais les communautés naturelles, et ça revient aussi à ce
qu'on explique depuis le début de notre présence. Cette carte-là présente ses
limites, parce que, comme je vous dis, la population n'est pas répartie de
façon égale sur le territoire. Mais la carte est quand même le reflet de la...
l'évolution de la démographie des dernières années, donc depuis la carte de
2017, avec... en tentant au meilleur de répondre aux critères de communautés
naturelles, mais qui sont composés de plusieurs paramètres, comme je
mentionnais.
Et l'objectif de la commission, de
l'audience publique qu'on a tenue cet automne, c'est d'aller chercher ces
raffinements-là, ces éléments-là, qu'autant les citoyens que les députés
peuvent porter à notre connaissance pour que, dans un deuxième rapport, cette
carte-là soit encore plus le reflet de la réalité, mais qu'elle ne sera pas
parfaite non plus. Parce que <ça...
Mme Gravel (Édith) :
...plus
le reflet de la réalité, mais qu'elle ne sera pas parfaite non plus. Parce que >ça
revient à ce qu'on vous dit depuis hier, les populations ne se promènent pas en
blocs homogènes de mêmes nombres d'électeurs. Ça serait tellement plus simple,
mais ça serait peut-être moins... moins réaliste comme... exercice, pardon.
Mme Ghazal : Oui, oui.
Merci. Oui, allez-y.
M. Blanchet
(Jean-François) :Je veux juste rajouter
une précision à ce que Mme Gravel a dit, parce que je ne sais pas si vous l'avez
bien saisi, mais Gaspé-Bonaventure, la circonscription, la nouvelle
circonscription, deviendrait la 11e plus grande circonscription
au Québec. Donc, il y a encore 10 circonscriptions qui sont de plus grandes
étendues et qui sont difficilement couvrables. Donc, ce n'est pas un précédent,
d'une certaine façon.
Mme Ghazal : Puis, dans
le fond, on va en ajouter combien, comme ça, des fusions? Tu sais, si on ne
touche jamais au nombre total, ça va être encore de plus en plus... À moins que
la répartition se fasse différemment, là, de la population, mais, ça, on ne le
contrôle pas. Mais, moi, je vous invite vraiment, vraiment à considérer les
arguments à l'effet qu'il ne faut pas enlever de poids démographique, notamment
à Montréal. Montréal aussi, c'est une région du Québec qui est importante, qui
est appelée à grandir, grandir. Puis le nombre d'immigrants, on le voit, on le
sait, ne va pas en diminuant. Donc, ça va être... ça va donner encore plus, tu
sais, de travail pour nous et tout ça. Donc, c'est important de ne pas enlever
la circonscription, comme le magnifique plaidoyer...
Le Président (M. Lévesque,
Chauveau) : En terminant.
Mme Ghazal : ...qui vous
a été fait par mon collègue de Rosemont. Donc, je ne répéterai pas. Je vous
remercie. Merci beaucoup.
Le Président (M. Lévesque,
Chauveau) : Merci beaucoup, Mme la députée de Mercier. Alors, vous
avez épuisé votre 20 minutes. Alors, merci beaucoup pour votre
contribution à la commission.
Alors, maintenant, nous allons procéder à
la prochaine audition, c'est-à-dire pour la région de Montréal toujours. Je
vais céder la parole à M. le député de Laurier... Dorion, pardonnez-moi. Vous
disposez également de 20 minutes, M. le député.
M. Fontecilla : Merci,
M. le Président. Donc, bonjour, mesdames, messieurs. C'est un plaisir... Oups! c'est
un plaisir d'être... d'être avec vous pour parler en particulier de mon comté
qui va être quand même, comment dire... de façon substantielle il va être
modifié, Laurier-Dorion, à Montréal. Mais j'aimerais quand même, avant de faire
une... donner quelques... quelques opinions générales sur ce que vous avancez,
là, pour l'ensemble du... du Québec, là, mes collègues en ont parlé, je ne veux
pas manquer cette opportunité-là pour... de réitérer l'importance pour nous,
là, de conserver le nombre total de circonscriptions en Gaspésie, là, sur la
base des arguments qui ont été avancés.
J'aimerais quand même aborder, comme mes
collègues, là, la question de la grandeur des circonscriptions. Vous dites que
c'est quand même la 11 ᵉ circonscription la plus importante en termes de
superficie. Effectivement, il faut considérer aussi... et là je n'ai pas ce
chiffre-là, mais il y a la question de la densité de population, ce n'est pas
juste une question de territoire. Donc, il nous paraît que le lien entre les
électeurs, électrices avec leur député dans une circonscription plus... plus
grande devient plus ténu, plus difficile. Donc, l'accès à la représentation
politique est quand même complexifié. Cela est un aspect à considérer.
D'autre part, je dirais, et je ne sais pas
si d'autres députés l'ont apporté, là, mais je l'apporte à votre attention, là,
on sait que, par exemple, il y a un problème de représentation de certains
groupes en termes de représentation politique, là, en termes de députés à
l'Assemblée nationale, par exemple les femmes.
La représentation des femmes, c'est
toujours un problème. Il y a des efforts à faire à ce niveau-là. Nous, dans ma
formation politique, on le vit aussi et on sait que les femmes, il y a un
travail supplémentaire de motivation à faire pour les inciter à se présenter à
une course électorale. Et, dans ce sens-là, de façon générale, j'ai tendance à
croire qu'on est toujours porté à présenter sa candidature lorsqu'on veut
défendre les intérêts de ce qu'on pourrait appeler une communauté naturelle, de
mon patelin, là, de mon... de mes gens à moi, là.
Si on multiplie les communautés
naturelles, si on agrandit le territoire, bien, certaines personnes pourraient
avoir développé, comment dire, une réticence plus grande, parce que, bien, on
ne connaît pas la réalité des communautés qui sont plus loin, etc., et cela
pourrait affecter la motivation de certains groupes en particulier, notamment
les femmes. Je voudrais apporter cet élément-là, cette réflexion-là à votre
réflexion.
• (16 h 20) •
D'autre part, nous, on s'est donné comme
pratique, là, d'avoir des députés qui représentent certaines régions qui ne
sont pas les nôtres. Moi, j'ai le plaisir et l'honneur de m'occuper de la
région Centre-du-Québec, où est-ce qu'il <va...
M. Fontecilla :
...Moi,
j'ai le plaisir et l'honneur de m'occuper de la région
Centre-du-QuébecT,
où est-ce qu'il >va y avoir la création d'une nouvelle circonscription,
là, Marie-Lacoste-Gérin-Lajoie. D'emblée, je salue... comment dire, je salue
votre... le nom que vous avez donné à cette nouvelle circonscription, le nom
d'une grande femme politique du Québec, là.
De façon générale, j'ai eu des contacts
avec des gens du Centre-du-Québec, en particulier des militants, militantes de
ma formation politique, là, qui viennent du Centre-du-Québec, là, que j'ai
consultés pour... en vue de cette rencontre-ci, et qui nous disent que, oui, on
salue, et de façon unanime, on salue la création d'une nouvelle circonscription,
parce qu'il y a une grande croissance démographique à l'est de... non, à
l'ouest, pardon, de Drummondville.
Ceci étant dit, ce qui a été nommé de
façon... il y a deux éléments qui ont été nommés de façon unanime : le
premier, qui n'est pas extrêmement... comment dire, qui n'est pas extrêmement
important pour les gens, mais qui l'ont nommé quand même, c'est que le nouveau
découpage de la circonscription Johnson va être à cheval sur trois régions, en
quelque sorte, donc l'Estrie, la Montérégie et le Centre-du-Québec, ce qui peut
poser des problèmes en termes d'identité et d'éventuels, comment dire,
questionnements pour savoir, bien, mon député, qui... quelle population
représente-t-il ou représente-t-elle? La population du coin de l'Estrie, du
coin de la Montérégie, etc., là? Donc, les gens se... il y a un petit malaise
par rapport à cette situation-là.
Mais ce qu'ils nous ont surtout... ce
qu'ils m'ont surtout informé, là, c'est le découpage qui existe toujours, le découpage
actuel de la ville de Drummondville, autour du boulevard Saint-Joseph, donc
d'est en ouest, un découpage qui leur paraît tout à fait arbitraire, artificiel,
parce que les gens de chaque côté de la rue, ils ne s'identifient pas à une
communauté naturelle. C'est comme si on coupait une communauté naturelle — la
communauté de Drummondville — en deux, sans... pour le bénéfice, bon,
bien, d'avoir un découpage, là, mais non pas nécessairement représenter une
communauté naturelle, là.
Ceci étant dit, ils ont suggéré ces
personnes-là que j'ai consultées, là, peut-être d'étudier un découpage... au
lieu d'avoir un découpage plus est-ouest autour du boulevard Saint-Joseph, à
Drummondville, avoir... et je sais que mes collègues ici... il y a des
collègues qui représentent, oui, un des deux comtés, là. Ils m'ont parlé d'un
découpage peut-être plus au nord, là, un découpage plus nord-sud, là, autour de
le boulevard Jean-de-Brébeuf, je suis sûr que vous connaissez mieux cette
zone-là, ce qui m'a été rapporté de la part de ces gens-là.
Mais j'aimerais aussi aborder la question
de... la question montréalaise, là, la disparition d'un comté, d'une
circonscription à Montréal. C'est un élément qui nous préoccupe énormément,
parce que, de façon générale, enlever un député, mais... concrètement, ça fait
perdre du poids politique à la métropole du Québec. Et je suis bien conscient
des critères sur lesquels vous travaillez, là, donc des critères
démographiques, et aussi des communautés naturelles, là, mais le critère
démographique étant très important, là, mais aussi, et c'est ce que je voudrais
soulever auprès de vous, là, c'est l'importance de garder le poids politique de
Montréal, qui est, bon, la métropole du Québec, un moteur économique
excessivement important. C'est... comment dire, c'est malvenu, je pense, là, de
mettre en opposition, c'est une fausse opposition, les intérêts d'une ville,
d'une métropole comme Montréal, aux intérêts des «régions», on va les appeler
comme ça.
Je pense que la santé économique,
politique, civile, sociologique de Montréal bénéficie à l'ensemble du Québec,
comme la santé des régions bénéficie aussi à Montréal. Nous faisons partie d'un
même écosystème. Donc, enlever la représentation politique à une métropole
telle que Montréal m'apparaît comme... comment dire, comme une fausse
dichotomie, ou régler ce qui n'est pas véritablement un problème.
D'autre part, j'aimerais souligner que l'est
de Montréal, malgré les aléas démographiques actuels... Vous savez que les
mouvements démographiques vont un jour dans un sens, le lendemain ils peuvent
aller dans l'autre sens, à travers les années, évidemment, ça ne <se...
M. Fontecilla :
...le
lendemain ils peuvent aller dans l'autre sens, à travers les années,
évidemment, ça ne >se fait pas du jour au lendemain, là. Mais l'est de
Montréal est appelé à... et il y a beaucoup, beaucoup de gens qui travaillent
dans ce sens-là. Je pense que ma collègue d'Anjou—Louis-Riel pourrait en
témoigner, c'est appelé à être un des prochains pôles de développement, là,
autant de l'habitation qu'économique. Il y a beaucoup de projets dans ce
sens-là qui exigent évidemment une volonté politique autant du gouvernement du
Québec que de la ville de Montréal. Mais c'est important d'avoir ces poids
économiques dans l'est du... de Montréal.
Et je réitère aussi, j'insiste sur
l'argument avancé sur mes collègues, là, qu'effectivement on représente des
électeurs, des électrices, mais on représente aussi une population qui est
beaucoup plus vaste dans le cas de Montréal, on parle d'immigration. Bien que
depuis quelques années, l'immigration tend à... comment dire, par la force des
choses... On parle beaucoup d'immigration ici à l'Assemblée nationale depuis
quelque temps, là, mais, vous savez, vous connaissez le vieux débat de la
fameuse régionalisation ou les difficultés à effectuer la régionalisation de
l'immigration, là. Mais aujourd'hui, par la force des choses, on peut... on
peut en débattre, mais, par l'arrivée des travailleurs et travailleuses
temporaires, c'est comme si cette régionalisation-là était en train de se faire,
comme, naturellement, parce qu'on trouve des personnes issues de l'immigration
avec un statut précaire, non-résident, là, un statut temporaire... mais on le
retrouve un peu partout au Québec, là.
Donc, ce n'est plus tellement, tellement
vrai, même si ça continue à être vrai, que l'immigration se concentre
uniquement à Montréal. Mais il demeure que, nous, comme députés, nous sommes
très concernés par une grande masse de population qui n'a pas, de façon, comment
dire, institutionnelle... qui n'a pas de représentation. Donc voilà, notre
population en ce sens-là, la population qu'on représente est beaucoup plus
grande que le nombre d'électeurs ou d'électrices.
Dans ce sens-là, j'aimerais terminer
peut-être sur ce qui me concerne principalement, c'est les aménagements... le
découpage que vous proposez pour ma circonscription, Laurier-Dorion. En fait,
c'est une... c'est un découpage très important qui vient, je vais utiliser le
terme, «démembrer» ma communauté naturelle. Vous savez, ma circonscription, il
y a deux territoires principalement, Villeray, le quartier Villeray, et le
quartier Parc-Extension, qui sont très différents, qui sont aux antipodes. Vive
la différence, parce que ça se passe très, très bien, là.
Mais concrètement, vous... la proposition
que vous mettez de l'avant vient enlever la moitié de notre... bien, la moitié
du quartier Villeray, je vais dire, du quartier Villeray historique,
sociologique, et on reprendrait, bien, une bonne portion du... de la
circonscription de mon collègue de Gouin, là. Sauf que, d'une part, rattacher
l'est de Villeray au quartier Saint-Michel, là, m'apparaît une solution qui...
comment dire, qui découpe une communauté naturelle, parce que les gens de l'est
de Villeray se considèrent comme des Villerois. Et rattacher le sud du... bien,
en fait traverser la rue Jean-Talon et aller rattacher une bonne partie du...
de La Petite-Patrie, qu'on appelle, de la circonscription de Gouin au... à la
circonscription de Laurier-Dorion, bien, les gens du sud de Jean-Talon appartiennent
à une autre communauté, la communauté de La Petite-Patrie. Donc, c'est un
découpage qui me paraît hautement questionnable.
Dans ce sens... dans ce sens-là, moi, je
ne représenterai plus, somme toute, deux quartiers, le quartier Villeray et
Parc-Extension. Maintenant, je commence à représenter un seul quartier au
complet, Parc-Extension et la moitié de deux autres quartiers, le quartier
Villeray et le quartier Petite-Patrie. Et je fais appel à la notion de
communauté naturelle ou ce qu'on... souvent, on parle, dans le jargon local, de
quartiers sociologiques, là. Les gens de l'est de Villeray, encore une fois, se
considèrent comme faisant partie du quartier Villeray. Et c'est important,
parce que... il y a quelque chose dans le quartier Villeray, il y a une sorte
de creuset démographique très intéressant. La partie centrale du quartier
Villeray est composée en grande majorité par une population, on va l'appeler «de
vieille souche», là, si je peux m'exprimer ainsi, francophone. Et la partie est
de Villeray, là, la situation devient... du point de vue de la diversité,
devient moins évidente. Il y a une... encore une bonne partie de la population
qui est de vieille souche, mais on commence à voir la... il commence à y avoir
une forte proportion de cette population-là qui est venue d'ailleurs, et qui,
pour la plupart...
16 h 30 (version révisée)
M. Fontecilla : ...et il
commence à y avoir une forte proportion de cette population-là qui est... qui
est venue d'ailleurs et qui... pour la plupart, qui sont francisés ou en voie d'être
francisés. Donc, ces deux... ces deux composantes-là configurent un peu le
Québec de demain, là. C'est une population qui est en train de devenir
québécoise par la force des choses et à travers les générations, et ce qui est
différent, dans le quartier plus à l'est, le comté plus... plus à l'est, le
comté de Viau, qui a une... encore une fois, un caractère multiethnique
beaucoup, beaucoup plus... plus marqué.
• (16 h 30) •
Donc, pour moi, séparer... séparer
Villeray en deux vient briser, vient couper une communauté naturelle. Et on
vient nous ajouter une communauté qui fait partie carrément d'une autre... d'une
autre identité sociologique, c'est La Petite-Patrie. Donc, voilà la question
que je pourrais vous poser, c'est : Quelle est les... quelles sont les
raisons qui vous ont poussés à... comment dire, à couper cette communauté
naturelle et à ajouter une autre, qui est comme différente?
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) :
...M. le député de Laurier-Dorion. Alors, il reste 5 min 42 s
à cette intervention. Alors, je vais céder la parole aux membres de la CRE
pour... en réaction des propos du député de Laurier-Dorion.
M. Bouchard (Kevin) : ...de
vos commentaires, M. le député. C'est certain, là, comme on l'a expliqué pour
les... à vos collègues de l'île de Montréal, que, quand on fait l'exercice, on
essaie de respecter au maximum le... les délimitations actuelles, les limites
municipales, les limites administratives, on cherche les sentiments d'appartenance.
Et une des choses qui nous a guidés dans la délimitation actuelle, c'est le
respect des trames résidentielles.
On est conscients qu'il y a plusieurs
quartiers, mais on cherchait la continuité. On entend ce que vous nous dites.
Est-ce que, quand même, vous pensez qu'il peut y avoir une certaine continuité
tout de même dans la trame résidentielle, dans ce qui est proposé, ou vraiment
le sentiment d'appartenance risque de créer une fracture trop grande?
M. Fontecilla : ...une
continuité dans la trame résidentielle. Vous savez, Montréal s'est développée
du sud vers le nord autour de la rue Saint-Denis... Saint-Denis, la rue
Christophe-Colomb, deux axes nord-sud, et c'est là qu'on retrouve le plus... le
plus vieux quartier, de notre coin en tout cas. Donc, oui, il y a une
continuité.
Il y a un autre type de continuité, qui
est celle de... que ce secteur-là, autant au sud de Jean-Talon que... qu'au
nord de Jean-Talon, et même beaucoup... encore plus au sud, jusqu'au...
jusqu'au... Au Plateau—Mont-Royal, ça change un peu, là, mais c'est deux... c'est
des axes qui, de chaque côté, historiquement, ont accueilli une population, je
vais l'appeler comme ça parce que j'utilise le mauvais vieux terme, canadienne-française.
Et, dans Plateau—Mont-Royal, ça... ça devient un peu plus... un peu plus... il
y a une immigration plus européenne, etc., là, mais vers le nord, là, c'est une
population de francophones de vieille... de vieille souche.
Ceci étant dit, pas parce qu'on est des
francophones de longue date qu'on n'a pas des identités différentes, je pense
que vous l'avez entendu beaucoup. Donc, oui, le sud de Jean-Talon et le nord de
Jean-Talon, les gens sont... c'est clairement démarqué : Moi, je vis à
Villeray ou moi, je vis à La Petite-Patrie. C'est deux... deux identités
distinctes en toute... Comment dire, il y a quand même une certaine rivalité,
ce qui est très bien, là, mais... Et même, on le voit au niveau de... bien, au
niveau municipal, c'est deux arrondissements différents, donc d'une part Villeray—Saint-Michel—Parc-Extension,
de l'autre part, Rosemont—La Petite-Patrie, si je ne me trompe pas. Et donc, c'est
deux... deux configurations complètement différentes.
M. Bouchard (Kevin) : Puis...
Mais est-ce que vous auriez des suggestions?
M. Fontecilla : En fait, j'ai...
moi, la suggestion que j'ai, c'est de conserver mes communautés naturelles, qui
sont le quartier Villeray dans toute sa superficie. Et, bon, la proposition que
vous avancez ne touche pas le quartier... le quartier Parc-Extension, ce qui
est excellent, là, mais je... c'est ça, je me pose la question sur... Au-delà
de la trame... je comprends votre critère, votre point de vue, la trame
résidentielle, mais je voudrais vous sensibiliser, ce que... la continuité
architecturale n'implique pas une continuité en termes de quartier
sociologique, là. Voilà.
M. Bouchard (Kevin) : Merci.
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) :
Merci beaucoup, M. le député de Laurier-Dorion. Est-ce qu'il y a une
réaction supplémentaire du côté de la <commission...
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) :
...
Laurier-Dorion. Est-ce qu'il y a une réaction
supplémentaire du côté de la >commission? Ça convient. M. le député de
Laurier-Dorion, il vous reste 1 min 48 s, si vous souhaitez poursuivre
votre intervention. Ça convient. Alors, je tiens à vous remercier, M. le député
de Laurier-Dorion, pour votre contribution à la commission aujourd'hui.
M. Fontecilla : Merci.
Le Président (M. Lévesque,
Chauveau) : Et nous allons poursuivre maintenant avec la prochaine
intervention, intervention de 20 minutes portant également sur la région
de Montréal de mon collègue député de Viau. M. le député de Viau.
M. Benjamin : Merci, M. le
Président, M. le ministre, membres de la commission, collègues, donc, membres
de la Commission de la représentation électorale du Québec. Très content de
vous retrouver, puisqu'il y a déjà quelques mois, nous avons eu l'opportunité
de... lors des consultations publiques dans l'est de Montréal, j'avais eu
l'occasion de faire valoir les intérêts et les enjeux de la circonscription de
Viau. J'ai beaucoup apprécié, tout à l'heure, quand je vous ai entendu dire que
c'est un véritable casse-tête auquel vous faites face. Je suis très conscient
de ce casse-tête aussi et... Mais à cela, j'aimerais apporter aussi à votre...
à votre connaissance quelques éléments qui feront appel sûrement à votre... à
votre sensibilité, membres de la Commission de la représentation électorale.
Ce que je vous amène aujourd'hui, ce n'est
pas seulement la perspective d'un député, du député de la circonscription de
Viau, je vous amène la perspective d'un petit gars de Saint-Michel, et
souffrez, collègue, quelquefois, j'aurai à vous parler de Saint-Michel,
d'autres fois de Viau, mais sachez que la circonscription de Viau, à presque
toutes fins utiles, c'est l'équivalent du grand quartier Saint-Michel, donc. Et
cette perspective que je vous amène, c'est à partir des éléments, c'est ce que
vous avez souhaité entendre aussi, des éléments du terrain, de ce qui se passe
comme mouvement actuellement dans la circonscription de Viau, dans le quartier
Saint-Michel.
Quand on parle de la circonscription de
Viau, du quartier Saint-Michel, sachez que, jusqu'à la fin des années 60,
c'était ville Saint-Michel, une municipalité qui s'est fusionnée à Montréal.
Et, encore aujourd'hui, il y a des citoyennes, des citoyens de la
circonscription de Viau que je rencontre, qui me parlent de ville Saint-Michel.
Donc, ils se considèrent encore comme des résidents de ville Saint-Michel. Et
le législateur, au début des années 2000, lors des modifications
législatives amenant les fusions municipales, créant les arrondissements, a eu
la sagesse de respecter les communautés naturelles de ces trois quartiers qui
forment l'arrondissement Villeray—Saint-Michel—Parc-Extension. Et je pense que
cette sagesse-là a permis justement à cet... à cet arrondissement, que je
connais bien puisque j'y ai siégé à titre de conseiller municipal pendant quand
même plusieurs années, de pouvoir évoluer dans l'avancement des enjeux pour
l'ensemble des citoyens, mais tout en respectant les personnalités de chacun de
ces quartiers-là.
Quand on parle de Saint-Michel, quand on
parle de la circonscription de Viau, à l'est de Montréal, située dans cet
arrondissement de Villeray—Saint-Michel—Parc-Extension, bordée à l'ouest par le
quartier Villeray, bordée au sud par le quartier Rosemont, j'y reviendrai
d'ailleurs, par rapport à ces deux frontières, pour vous parler des enjeux
actuels, les enjeux concrets qui ont des liens directs avec ce qui se passe sur
le terrain dans Saint-Michel, et bordée aussi à l'est par Saint-Léonard et au
nord par Ahuntsic-Cartierville et un peu Montréal-Nord aussi, donc,
Montréal-Nord et Ahuntsic-Cartierville, je parle de cette circonscription
souvent et un peu partout au Québec comme étant un quartier berceau.
Saint-Michel, c'est un quartier berceau, doublement berceau.
C'est un quartier qui, depuis plus de 100 ans,
a accueilli et continue d'accueillir des générations d'immigrants qui sont
venus au Québec pour renaître ou pour naître, tout simplement. C'est aussi un
quartier berceau, parce que, quand on regarde le taux de natalité dans le
quartier Saint-Michel, c'est un taux de natalité qui est supérieur à la moyenne
montréalaise, voire à la moyenne québécoise. Donc, vous comprendrez, cette
dynamique-là, il faut en tenir compte quand on parle aussi de la
circonscription de Viau et du quartier Saint-Michel, population de 70 000,
un peu plus de 70 000 habitants, dont une grande majorité, un grand
nombre de ces personnes-là sont des personnes d'origine immigrante.
• (16 h 40) •
C'est un territoire, le quartier
Saint-Michel, qui a connu et qui connaît des enjeux de revitalisation dans
plusieurs dimensions. Au cours des 10 dernières années, on a vu... nous
avons connu à Saint-Michel, par rapport à nos voisins, les effets de la
gentrification dans <Villeray...
M. Benjamin :
...nous
avons connu, à Saint-Michel, par rapport à nos voisins, les effets de la
gentrification dans >Villeray, gentrification dans Rosemont aussi. Et
voulant prévenir l'effet de la gentrification, que nous avons vue arriver dans
deux quartiers, qui sont des quartiers limitrophes au quartier Saint-Michel, il
y a eu toute une stratégie qui a été mise en place, notamment par
l'arrondissement Villeray—Saint-Michel—Parc-Extension, afin d'amener des plans
de revitalisation. Et des actions de revitalisation, il y en a plusieurs. Je
pense entre autres au plan de revitalisation de la rue Jarry, donc qui concerne
cette portion de la rue Jarry, qui est une des artères principales de
Saint-Michel, qui va d'Iberville jusqu'au boulevard Pie-IX. Il y a aussi le
prolongement de la ligne bleue. Le prolongement de la ligne bleue, le
premier... la première station, ça va être dans Saint-Michel, dans la
circonscription de Viau. Il y a eu le parc Frédéric-Back. Le parc
Frédéric-Back, c'est... c'est curieux, mais c'est vrai, à parler de l'arrivée
d'un parc, le deuxième plus grand parc de Montréal aujourd'hui, l'effet que ça
a eu sur le quartier.
Je vais aborder un aspect que M. le
ministre connaît très bien, puisque, dans une ancienne vie ministérielle, il a
été ministre de l'Éducation, il connaît très bien l'enjeu des mesures de
soutien par rapport aux écoles défavorisées. Donc, il y a au moins deux écoles
de cette circonscription qui bénéficiaient de cette mesure... de ces mesures
qui ne sont plus sur ces mesures, parce que, justement, l'arrivée d'une
nouvelle population a permis en sorte... à faire en sorte que ce n'est plus de
mise pour ces deux écoles.
Je veux parler aussi de la vitrine
Crémazie, la vitrine Crémazie, où il y a aussi un plan de revitalisation qui
concerne cette portion de la rue Crémazie, allant d'Iberville jusqu'à Pie-IX,
mais comprenant aussi dans le quadrilatère allant, grosso modo, de Villeray
jusqu'à la rue Jarry aussi. C'est une vision de revitalisation portée aussi par
l'arrondissement.
Et les effets de la revitalisation que
nous connaissons actuellement font en sorte que, seulement cette année, il y a
une quinzaine de projets de construction qui sont en cours cette année. Pas
plus tard que vendredi dernier, j'étais à l'inauguration d'une nouvelle unité d'habitation
qui va amener des dizaines de nouveaux résidents dans le quartier Saint-Michel.
On parle de cette année seulement de quelque 700 unités de logement qui
sont en construction. Et ce que l'arrondissement... les échos que j'ai de
l'arrondissement nous disent que le prolongement de la ligne bleue, un nouveau
projet porté par le Cirque du Soleil, la Tohu, qui est le Quartier des arts du
cirque, vont faire en sorte que l'avenir s'annonce prometteur en termes de
revitalisation, de redynamisation économique du quartier. Donc, je pense qu'il
est très important de tenir compte de ces aspects-là, de ces dimensions-là.
Et ce que j'ai observé comme député de la
circonscription, depuis maintenant quelques années, la population de la
circonscription de Viau, qui a toujours été depuis... je le rappelle, depuis
une centaine d'années, une population qui a accueilli des générations
d'immigrants, s'est diversifiée davantage, accueillant, depuis maintenant une
dizaine... une dizaine d'années, une population venant, par exemple, surtout du
Sud-Est asiatique. Je constate qu'il y a beaucoup de gens qui habitaient le
quartier Parc-Extension, qui habitaient le quartier Villeray pour qui peut-être
ces logements-là sont devenus peut-être inabordables, le prix... le coût des
loyers. Mais l'abordabilité est encore présente à Saint-Michel, donc ces
gens-là migrent vers chez nous et nous sommes très contents, très heureux de
les recevoir.
J'ai le goût de vous parler aussi de... du
travail aussi d'un député, de presque tous les députés, j'ose même dire de tous
les députés à l'Assemblée nationale. Souvent, le bureau du député, c'est le
lieu du dernier recours pour les citoyennes, les citoyens lorsqu'ils ne savent
plus à quel saint se vouer, à quelle porte frapper. Ils viennent chez nous, ils
viennent chez nous pour les accompagner, pour les aider. Je sais que plusieurs
des collègues qui sont passés devant cette commission ont eu à le répéter, mais
je pense que ce n'est pas vain de le répéter encore une fois, que lorsque les
gens viennent frapper au bureau du député, le député ne leur demande pas leur
passeport, ne leur demande pas une pièce d'identité. Et ce que nous vivons dans
la circonscription de Viau, depuis les dernières années, c'est des besoins
accrus.
Tiens, je vais donner un exemple, un
exemple d'une école que connaît bien le ministre, puisque... et j'en profite
d'ailleurs pour le remercier, parce qu'il a eu à m'accompagner afin de doter
cette école de fenêtres, l'école Louis-Joseph-Papineau. L'école Louis-Joseph-Papineau,
aujourd'hui, dans la circonscription de Viau, c'est une école où, au moment où
je vous parle, il y a quelque 20 classes d'accueil, 20 classes
d'accueil, c'est-à-dire c'est 400 élèves de plus qui sont dans cette
école. Je vous parle de cette école, mais <j'aurais...
M. Benjamin :
...20
classes d'accueil, c'est-à-dire c'est 400 élèves de plus qui sont dans
cette école. Je vous parle de cette école, mais >j'aurais pu vous parler
aussi des CPE, des garderies et de toutes les institutions, des organismes
communautaires qui sont au quotidien et qui constatent des besoins de la
population. Et nous, comme députés de l'Assemblée nationale, notre devoir
cardinal, c'est de soutenir, c'est d'accompagner ces gens-là, nonobstant leur
statut.
Moi, je ne veux pas opposer la nationalité
à la citoyenneté, et il ne faut surtout pas opposer la nationalité à la
citoyenneté, car, celles et ceux que nous accueillons ici aujourd'hui, ce que
nous voulons, ce que je souhaite, en tout cas, dans mon travail au quotidien,
c'est d'en faire rapidement des citoyens, des citoyens du Québec, par leur
contribution économique, par l'intégration, par l'apprentissage du français,
par leur participation à la vie démocratique, à la vie sociale, en attendant
qu'ils puissent devenir des électeurs.
Et la proposition que nous avons devant
nous, et cet appel à la sensibilité que je fais appel aujourd'hui, de vous, de
saisir cette dimension aussi comme une dimension importante d'une
circonscription comme la mienne, mais pas seulement la mienne, de beaucoup de
circonscriptions au Québec, pas seulement de la région de Montréal.
Et, parlant de Montréal, comme
Montréalais, j'ai le devoir de vous dire devant cette commission... et je sais
que ma collègue la députée d'Anjou—Louis-Riel aura à le faire dans quelques
minutes, à... toute ma solidarité avec ma... la députée de... le collègue d'Anjou—Louis-Riel,
pour le maintien de cette circonscription-là, comme Montréalais. Et, comme
député de la circonscription de Viau, j'inviterais les membres de la commission
à prendre en compte, à tenir compte des besoins de la population que nous
accueillons au quotidien dans nos bureaux, à tenir compte aussi de cette
communauté naturelle qu'est le quartier Saint-Michel.
Vous savez, je vous ai dit que c'est aussi
un petit gars de Saint-Michel qui se présente devant vous aujourd'hui. J'ai
grandi le long du boulevard Pie-IX, une artère principale de la circonscription
de Viau, et je n'ai jamais pu fréquenter, plus jeune, ma bibliothèque de
quartier à cause des barrières physiques. Et aujourd'hui ce que je constate,
dans ce... dans ce découpage que vous proposez, ce découpage viendrait à
accentuer la blessure des communautés naturelles... pas respecté. Saint-Michel,
c'est un quartier auquel nous nous identifions comme quartier. La ville de
Montréal l'a bien compris, notamment avec l'arrivée de l'arrondissement Villeray—Saint-Michel—Parc-Extension,
et c'est ce que je vous demande de faire aussi.
Pour terminer, permettez, puisque, ce
message, je viens de le recevoir, c'est un message que je viens de recevoir, je
veux partager un extrait avec vous, d'un citoyen de la circonscription de Viau.
Vous savez, il y a toutes sortes de moyens de rejoindre les députés
actuellement, notamment par Messenger. Alors, le citoyen, un extrait de son
message : «Bonjour, M. Benjamin, j'espère que vous allez bien. Je vous
contacte cette fois pour vous dire que je suis rendu à l'étape du serment au
roi. Donc, j'aimerais vous remercier, etc., etc., ce n'est pas ça qui est
important. Moi et mes parents, qui sont ici, aimerions, dans la mesure du
possible, vous rencontrer.»
Ce citoyen-là, il sera un électeur, et,
des personnes comme lui, il y en a beaucoup dans la circonscription de Viau.
Alors, je fais appel à votre sensibilité dans vos délibérations. Merci
beaucoup.
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) :
Merci beaucoup, M. le député de Viau. Il reste 6 min 16 s à
l'intervention du député de Viau. Alors, est-ce que les collègues de la CRE
souhaitent intervenir?
M. Blanchet
(Jean-François) :M. le député, merci
beaucoup pour votre témoignage. On n'a pas de commentaire. Merci.
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) :
M. le député de Viau, il reste 5 min 57 s. Est-ce que vous
souhaitez conclure sur...
M. Benjamin : Simplement, M.
le Président, vous remercier, remercier les membres de la commission de m'avoir
accordé ce temps. Et je vous souhaite un bon travail, je sais que c'est un
travail fastidieux, je vous souhaite du courage, et du succès, et de la
sensibilité. Merci.
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) :
Oui, je vous en prie, allez-y, M. le commissaire.
Des voix : ...
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) :
Alors, merci beaucoup, M. le député de Viau. Cela conclut votre
intervention. Merci à votre contribution à la commission. Compte tenu qu'on a <sauvé...
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) :
...votre contribution à la commission. Compte tenu qu'on a >sauvé
quelques minutes, je propose que nous prenions une petite pause de cinq
minutes.
Alors, je vais suspendre nos travaux pour
une durée de cinq minutes et je vous attends à 16 h 56.
(Suspension de la séance à 16 h 50)
(Reprise à 16 h 57)
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) :
Alors, mesdames et messieurs, nous allons reprendre nos travaux, et la
prochaine intervention sera celle de Mme la députée d'Anjou—Louis-Riel. Nous
sommes toujours dans la région de Montréal et, Mme la députée d'Anjou—Louis-Riel,
vous disposez également d'un maximum de 20 minutes. Je vous cède la
parole.
Mme Boivin Roy : Merci
beaucoup, M. le Président. Alors, salutations à vous, salutations aux membres de
la commission de l'Assemblée nationale. Évidemment, salutations au commissaire.
C'est un plaisir de vous retrouver aujourd'hui. On s'était vus effectivement le
2 novembre dernier. Aujourd'hui, jour de la Saint-Valentin, il faut quand
même le dire, jour qui fait battre nos coeurs, et j'espère aussi jour qui fera
battre vos coeurs et votre raison en symbiose avec la communauté montréalaise,
tout particulièrement celle de l'Est de Montréal, pour donner suite
favorablement à une demande qui fait un large consensus au sein de la
communauté, soit celle de ne pas soustraire la communauté d'Anjou—Louis-Riel de
l'Est de Montréal.
Je me trouve devant vous, comme je l'ai
fait à deux reprises le 2 novembre dernier, lors des audiences publiques
de la Commission de la représentation électorale du Québec, pour vous
convaincre de revenir sur votre proposition d'abolir, de démembrer, en quelque
sorte, de faire disparaître de l'échiquier de la politique québécoise la
circonscription d'Anjou—Louis-Riel. Aujourd'hui, je vais en ajouter une couche
sur le 2 novembre dernier, vous me permettrez. Alors, s'il subsiste un
doute en vous que la circonscription d'Anjou—Louis-Riel doit être sacrifiée,
alors permettez-moi d'approfondir le plaidoyer qui milite en faveur du maintien
de la circonscription.
Aujourd'hui, j'oserai affirmer devant vous
que c'est toute une population montréalaise qui appuie notre démarche et qui
demande à l'unisson le maintien des 27 circonscriptions sur l'île de
Montréal. Et, bien sûr, je ne fais pas abstraction de ce qui s'est dit
aujourd'hui. Alors, ce sont des élus, bien sûr, mais aussi des résidents, des
organismes communautaires, des gens d'affaires, des élus, des ex-élus, de tous
les paliers de gouvernement, qui sont fortement et vivement convaincus qu'il ne
faut pas soustraire un comté sur l'île de Montréal, et encore moins dans l'est
de Montréal.
La beauté de l'histoire est que notre
démarche a été, depuis le début, transpartisane à l'égard de la population, à
l'égard de nos partenaires, un processus qui s'est voulu purement démocratique,
et tous les partis de tous les paliers, que ce soit le municipal, le provincial
ou le fédéral, sont unis par rapport à cet enjeu que nous considérons comme un
nuage, un nuage qui menace notre équilibre démocratique. Tous et chacun croient
qu'il serait insensé d'enlever un comté à Montréal, et donc une voix à Québec
pour représenter la population d'Anjou—Louis-Riel et, de manière générale, la
population de l'est de Montréal, pour défendre les intérêts de dizaines de
milliers, voire des centaines de milliers de personnes. Tous y vont de
raisonnements similaires pour justifier le statu quo, que ce soit en termes du
nombre de circonscriptions ou encore de délimitations...
17 h (version révisée)
Mme Boivin Roy : ...pour
justifier le statu quo, que ce soit en termes du nombre de circonscriptions ou
encore de délimitation naturelle de celles-ci. Les chemins argumentaires sont
parfois différents, mais le point d'arrivée est le même, à savoir il est
totalement inconcevable de retirer une circonscription dans l'est de Montréal.
Sans reprendre intégralement ma
présentation du 2 novembre dernier, permettez-moi de revenir sur certains
éléments et arguments pour le bénéfice des membres de la Commission de
l'Assemblée nationale ici présents, qui n'ont pas pu prendre part aux
consultations publiques du 2 novembre, mais aussi de vous présenter, pour
vous, commissaires, des nouveaux éléments. Évidemment, le dossier a été
évolutif depuis le mois de novembre, vous comprendrez.
• (17 heures) •
Tout d'abord, au niveau de l'histoire de
la communauté naturelle et du sentiment d'appartenance, élément que vous
regardez dans votre étude, lors des élections de 2022, la circonscription d'Anjou—Louis-Riel
a célébré son 50e anniversaire de création, ça remontait à 1972. La
composante toponymique de Louis-Riel a été ajoutée au nom de la circonscription
lors de la refonte de 2011. Mon élection du 3 octobre 2022 constituait la
septième personne à être élue pour la constitution. Avant cela, Mme Lise
Thériault, ancienne vice-première ministre du Québec, M. Jean-Sébastien
Lamoureux, M. Pierre Bélanger, feu M. René Serge Larouche, M. Pierre
Marc Johnson, ancien premier ministre également, et M. Yves Tardif. Donc,
tous ont été députés de la circonscription d'Anjou—Louis-Riel. En éliminant la
circonscription, c'est un pan de l'histoire électorale du Québec qui
disparaîtrait. On irait rayer définitivement le toponyme d'Anjou de la carte
électorale québécoise.
Également, lorsqu'on regarde plus
spécifiquement au niveau géographique, donc on démembre et on dénature l'arrondissement
d'Anjou. On crée le nouveau comté de Rosemont—Louis-Riel, qui serait dorénavant
composé de trois arrondissements, je pense que M. le député de Rosemont—La
Petite-Patrie en a parlé tout à l'heure. On fabrique un nouveau comté en
recollant des morceaux des arrondissements d'Anjou et de MHM, donc MHM, pour Mercier—Hochelaga-Maisonneuve,
une partie de l'ancien comté de Camille-Laurin. Alors, le nouveau comté s'étendrait
du fleuve jusqu'au boulevard Henri-Bourassa, et ce, malgré une composition
territoriale assez éclectique au niveau de la démographie, des secteurs
résidentiels et des enjeux urbains. On y conserverait, par contre, le nom de
Camille-Laurin. Vous me permettrez d'arrêter à ce niveau-là, je pense que le
député du comté concerné aura son mot à dire là-dessus plus tard.
Mais, bref, avec la proposition de la
commission, pour une première fois de son histoire, on divise et on dénature le
territoire d'Anjou en y partageant ses citoyens dans deux circonscriptions
limitrophes, dans le rapport, sans réelle explication, à part, comme vous nous
avez mentionné tout à l'heure, le déficit d'électeurs sur l'île de Montréal qui
est à corriger de manière générale. Alors, il va sans dire que les citoyens d'Anjou,
en tant que communauté, naturellement et historiquement réunis, ils perdront au
change relativement, notamment, au sentiment d'appartenance dans leur milieu de
vie.
Parlant d'ailleurs du sentiment d'appartenance,
nous souhaitons souligner avec fierté que l'arrondissement d'Anjou est renommé
pour ses importants pôles industriels et commerciaux qui comptent près de 1 500 établissements
d'affaires pour plus de 31 000 emplois. À lui seul, le vaste parc
industriel d'Anjou compte plus de 600 entreprises. Ce fait est également
non négligeable pour la commission en ce qui a trait au principe de la
préservation du lieu d'appartenance à une communauté et de la charge de travail
de représentation de ce groupe de citoyens corporatifs pour le ou la députée à
l'Assemblée nationale.
Maintenant, quelques données
démographiques sur Anjou—Louis-Riel. Selon les statistiques du recensement de
2021, la population de la circonscription d'Anjou—Louis-Riel est de 63 611 personnes.
De ce nombre, 50 830 personnes sont de 18 ans et plus, et 1 895 personnes
sont âgées entre 14 et 18 ans, cohorte qui aura l'âge pour voter en 2026.
La population d'Anjou présente la plus importante proportion d'aînés parmi les
19 arrondissements de la ville de Montréal. Au total, près de 23 % de
la population de l'arrondissement est âgée de 65 ans ou plus,
comparativement à une proportion de seulement 15 % pour Montréal. Ce fait
particulier des 65 ans et plus, pour Anjou—Louis-Riel, doit être considéré
par les commissaires dans l'hypothèse de leur... de leur couper, pardon, leur
point de contact facilitant avec leurs représentants à l'Assemblée nationale,
leur réalité vécue de la politique localement.
Soustraire une circonscription, c'est
soustraire un bureau de comté, une équipe, un député. Lorsqu'on pense, entre
autres, aux personnes âgées, plusieurs de ce groupe d'âge abandonneront l'idée
d'aller voir leur visiter... d'aller visiter leur député, considérant qu'ils
auront un plus long parcours à faire pour accéder au nouveau bureau de comté.
De plus, pour les citoyens <d'Anjou...
Mme Boivin Roy :
...pour
accéder au nouveau bureau de comté. De plus, pour les citoyens >d'Anjou,
il est tout à fait naturel et attendu que leur bureau de circonscription se
trouve dans leur Anjou, si vous me permettez les guillemets, les gens d'Anjou
ayant encore le réflexe d'avant les fusions municipales de 2001, alors que c'était
ville d'Anjou.
Maintenant, pour la question des nouveaux
arrivants et le principe de représentativité à l'Assemblée nationale du Québec,
comme le mentionne la déclaration du conseil municipal de la ville de Montréal
du 20 novembre 2023, que vous avez dans les pièces qui ont été déposées à
la Commission de la représentation électorale, en ce qui a trait au maintien de
toutes les circonscriptions de l'est de Montréal, selon une mise à jour
évolutive des données, effectuée par Statistique Canada en 2023, le nombre de
personnes qui ne sont ni citoyens canadiens ni résidents permanents a presque
doublé depuis 2021 dans le secteur, et cette donnée, comme vous le savez, n'est
pas prise en compte dans le calcul de la commission. D'ailleurs, dans cette
perspective, Anjou—Louis-Riel fut historiquement composée d'une population
immigrante et continue d'être une terre d'accueil privilégiée pour les nouveaux
arrivants. En fait, 13,2 % de la population de la circonscription ne sont
pas des citoyens canadiens, comparativement à 6,2 % pour la province du
Québec. Cela représente donc plus du double de citoyens non canadiens dans d'Anjou—Louis-Riel
par rapport à la moyenne québécoise. C'est 13 %... 13,2 % de la
population qui ne peut pas voter aux élections. C'est 6 375 personnes
qui seraient en âge de voter mais qui ne peuvent pas le faire en raison des
règles du jeu actuelles.
Sans être certain que nos citoyens non
canadiens obtiendront tous leur citoyenneté canadienne, on peut cependant être
optimiste qu'une partie d'entre eux, peut-être même une majeure partie d'entre
eux, l'obtiendront au cours des prochaines années. Ainsi, toutes proportions
gardées, en chiffres d'aujourd'hui, ce seraient plus de
48 000 personnes avec le statut d'électeur dans Anjou—Louis-Riel dans
un avenir rapproché, et ce, en se basant uniquement sur les 18 ans et plus
des citoyens non canadiens plus nos électeurs actuels. Et ce 48 000 ne
comprend pas la projection des nouveaux résidents électeurs qui s'additionneront
grâce aux développements résidentiels qui verront le jour au cours des
prochaines années. Je vous en avais parlé brièvement le 2 novembre. Vous
comprendrez que je vais renchérir aujourd'hui et je rajouterai certaines
informations.
Vous le savez, un élu qui effectue son
travail de représentativité à Québec, il le fait pour l'ensemble de la
population. Qu'une personne ait le statut d'électeur ou non, nous sommes là
pour tous les citoyens. L'élu ne fait pas de distinction à cet égard. Il
représente toute la population de sa circonscription, sans exception. Lorsqu'un
citoyen rentre dans notre bureau de comté, on ne lui demande pas s'il a son
statut d'électeur, on l'accueille, on l'écoute et on l'aide. On doit lui rendre
les services requis, et ça, à la mesure des 30 ministères du gouvernement
du Québec. Pourtant, ces citoyens ne sont pas considérés par la Commission de
la représentation électorale. Or, toutes ces personnes travaillent, paient des
impôts, utilisent et mettent de la pression sur le réseau des services publics
d'éducation, de santé, de transport, etc.
Maintenant, pour ce qui est des projets de
développement pour l'est de Montréal et la croissance de la population, bien,
membres de la CAN, je peux vous dire que ça bouge dans l'est de Montréal. On
peut facilement le constater en observant la sphère médiatique actuelle ou en
fréquentant diverses tribunes publiques. On en a eu une belle démonstration à l'occasion
du sommet de l'est de Montréal organisé par la Chambre de commerce de l'est de
Montréal le 13 novembre dernier, donc quelques jours après notre
rencontre, où plus de 800 acteurs de l'est de Montréal étaient rassemblés
pour l'avenir de l'est. Diverses annonces de projets avant, durant et après cet
événement ont été annoncées, et ça prouve que les planètes sont alignées pour
le développement du plein potentiel de ce vaste territoire de Montréal.
Encore récemment, le 5 février
dernier, notre collègue Caroline Proulx, ministre du Tourisme, faisait une
annonce majeure d'investissement pour le remplacement de la toiture du Stade
olympique. Cet investissement générera d'importantes retombées économiques pour
le Québec, mais aussi pour sa métropole. Sans contredit, les retombées se
feront sentir concrètement sur tout le territoire de l'est de Montréal.
Alors, évidemment, aujourd'hui, vous avez
entendu parler aussi de la ligne bleue, de l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont, du
projet de réseau structurant en transport collectif. La liste a été faite, alors
permettez-moi de faire tout simplement miennes les paroles des collègues qui
ont mentionné les différents projets. Je rajouterai cependant que, selon l'étude
sur les perspectives du marché de l'emploi de l'écosystème de l'est de <Montréal...
Mme Boivin Roy :
...l'étude
sur les perspectives du marché de l'emploi de l'écosystème de l'est de >Montréal,
qui a été réalisé par la Chambre de commerce de l'est de Montréal, les besoins
de main-d'œuvre d'ici 2030 sont estimés à 137 000 emplois avec plus
de 80 % de ces emplois nécessitant un remplacement dû aux départs à la
retraite et environ 20 % représentant la création de
25 000 emplois sur le territoire de l'île à créer.
• (17 h 10) •
Alors, l'essor démographique futur de
l'est de Montréal nécessaire pour soutenir la croissance économique de la
région met en évidence la nécessité de préserver la circonscription d'Anjou—Louis-Riel
afin d'assurer des structures politiques et administratives alignées avec les
besoins futurs en main-d'œuvre et au niveau du développement démographique de
l'est de Montréal.
Je le répète, si la commission va de
l'avant avec sa proposition de retirer une circonscription dans l'est de
Montréal, on enlève un poids politique à un secteur en pleine effervescence
avec une population grandissante et des besoins correspondants.
Maintenant, au niveau des perspectives de
croissance d'Anjou—Louis-Riel comme tels. Parmi les critères qui sont étudiés
par la commission, on note justement de pareilles perspectives de croissance
dans chacune des circonscriptions. Alors, la Ville de Montréal estime le
potentiel de nouveaux logements dans l'est à 100 000 unités, ce qui
permettrait de loger quelque 200 000 nouveaux résidents dans le
secteur, soit l'équivalent de combien? Bien l'équivalent de trois nouvelles
circonscriptions. Cette information-là, vous l'avez eue, bien sûr, dans la
déclaration de la ville de Montréal, dont, j'imagine, vous avez pris
connaissance.
À l'instar de ces circonscriptions
voisines de l'est de Montréal, plusieurs projets de développement résidentiel
lèveront de terre au cours des prochaines années dans la circonscription d'Anjou—Louis-Riel.
L'arrivée de nouvelles stations de métro avec la ligne bleue, dont celle à
Anjou, et la requalification de vastes terrains dans l'est de l'île de Montréal
supposent une augmentation de la population résidente et, bien sûr, du nombre
d'électeurs.
De fait, les autorités de l'arrondissement
d'Anjou nous confirment que le grand secteur environnant la nouvelle station de
métro de la ligne bleue connaîtra une densification importante au cours des
prochaines années. D'ailleurs, trois projets sont déjà entérinés ou en voie de
l'être, dont celui des Halles d'Anjou, du Toys"R"Us et de l'ancien
Fortier Ford.
L'arrondissement d'Anjou, également,
étudie présentement divers projets qui totalisent 2025 unités de logement
représentant approximativement 4 000 nouveaux résidents. De plus, la
projection de densification conservatrice pour le secteur des Galeries d'Anjou
est de 12 000 unités de logement résidentielles, soit une
augmentation potentielle de la population d'environ 22 000 citoyens.
De manière corrélative, vous ne serez pas
surpris, M. le Président, si je vous parle de la croissance scolaire parce que,
bien sûr, il y a aussi une clientèle scolaire dont on voit la croissance.
L'arrondissement d'Anjou a vu une forte augmentation de sa population des moins
de 15 ans au cours des dernières années et la hausse de cette courbe d'âge
se constate par les projets de nouveaux espaces scolaires. Selon les
informations recueillies de l'arrondissement d'Anjou, en plus d'une nouvelle
école secondaire qui est en fin de construction sur notre territoire pour
ouverture en septembre 2024, au moins trois écoles primaires d'Anjou ont connu
des agrandissements de leurs installations, on parle de Des Roseraies,
Saint-Joseph et à venir pour Jacques-Rousseau. Qui plus est, certains
organismes communautaires occupant des espaces dans deux écoles primaires,
Chénier et Cardinal-Léger, ont été délocalisés en raison du manque d'espace
pour les nouveaux élèves. Et enfin une ancienne école primaire,
Saint-Jean-Eudes, utilisée à des fins administratives, a été réquisitionnée
pour des jeunes élèves du quartier, devenant l'annexe de l'école primaire
Wilfrid-Pelletier.
Fait intéressant à noter, selon la
commission de services scolaire de la Pointe-de-l'Île, les prévisions
démographiques de la clientèle scolaire ne tiennent pas compte de nouveaux
élèves issus de l'immigration. À titre d'exemple, pour l'année
scolaire 2023-2024, la prévision de clientèle du MEQ pour le secteur
d'Anjou au préscolaire primaire était de 3 232 élevée, alors que la
déclaration officielle de la clientèle du 30 septembre 2023 comptait
3 571 élèves, soit près de 10 % de plus d'élèves que prévu.
Alors, ces chiffres et ces projections d'augmentation d'espace d'enseignement
démontrent une croissance de la population à Anjou. Conséquemment, cela suppose
de nouvelles familles et donc de nouveaux <électeurs...
Mme Boivin Roy :
...Conséquemment,
ce la suppose de nouvelles familles et donc de nouveaux >électeurs.
La proposition de la commission, si
acceptée, aurait pour effet un surpeuplement de nouvelles circonscriptions, ce
qui entraînerait inévitablement des conséquences négatives sur l'intégralité du
principe de représentativité à l'Assemblée nationale. Assez paradoxalement,
pour l'exercice de refonte de la carte électorale de 2031 pour les élections de
2034, la Commission aurait peut-être à refaire ce qu'elle aurait recommandé de
défaire pour l'exercice de refonte actuelle, c'est-à-dire de reformuler une
circonscription semblable aux limites actuelles de Louis-Riel... d'Anjou—Louis-Riel.
Au niveau des critères qui sont regardés
par la commission, hormis le nombre d'électeurs, on parle entre autres de
considérations d'ordre démographiques, géographiques, sociologiques, telles que
la densité de population, donc le nombre total de citoyens, mais également,
pour Anjou, il s'agit de 3 633 personnes au kilomètre carré. Alors,
également regardé par la Commission, le taux relatif de croissance de la
population, les tendances démographiques, l'accessibilité, les frontières
naturelles du milieu, le respect des communautés naturelles. Et vous me
permettrez d'éviter la suite de l'énumération, puisqu'elle a déjà été faite par
les collègues aujourd'hui, mais simplement vous rappeler les principes d'équité
et de représentativité des citoyens à l'Assemblée nationale, principe de
représentation juste et équitable de la population, de tous les citoyens. Ce
principe est fondamental, et évidemment, je comprends qu'hier, dans vos mots
d'ouverture, vous en avez fait part, et je le réitère aujourd'hui.
M. le Président, il me reste combien de
temps?
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) :
30 secondes.
Mme Boivin Roy : 30 secondes,
très bien. Alors, j'ai devant moi.... Je pense qu'une image vaut 1 000 mots.
J'ai devant moi les documents déposés à la commission, 150 pages d'appui
de tous les paliers de gouvernement, de citoyens, de partenaires, de... bon
Dieu, de tout... de... je vous dirais presque 200 appuis. Vous avez ça
dans deux documents. Les appuis continuent de rentrer, c'est ce qui fait qu'on
a déposé un autre document hier à la commission. Et bien sûr, comme je le
disais, les 103 élus de la ville de Montréal, l'arrondissement d'Anjou
évidemment, l'arrondissement de Montréal-Nord, à venir l'arrondissement de
Saint-Léonard et Montréal-Est.
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) :
Merci. Merci beaucoup, Mme la députée d'Anjou—Louis-Riel. Je comprends que
vos documents ont déjà été déposés, donc vous n'avez pas à les déposer à
nouveau. C'est bien ça?
Mme Boivin Roy : C'est bien
ça.
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) :
Parfait. Alors, je vous remercie. Votre 20 minutes est écoulé et merci
beaucoup de votre contribution à cette commission. Et maintenant, pour la suite
des choses, je vais céder la parole à M. le député de Camille-Laurin. On parle
toujours de la région de Montréal, évidemment, et vous avez également jusqu'à
20 minutes à votre disposition, M. le député.
M. St-Pierre Plamondon : Merci,
M. le Président. Mes salutations à nouveau. C'est la deuxième fois qu'on a la
chance de se parler de ce sujet-là et c'est pourquoi je vais être plus bref. Je
vais essayer de ne pas réitérer les faits et statistiques qui ont été souvent
nommés, que vous connaissez, pour me concentrer uniquement sur l'essentiel.
L'essentiel, au fond, plus on réfléchit à
la situation, c'est de déterminer les critères applicables et les standards
décisionnels qui devraient nous mener à une conclusion ou l'autre. Les critères
sont déjà énoncés très clairement par le Directeur général des élections, la
présentation que vous avez faite d'ailleurs, dans Camille-Laurin, était on ne
peut plus utile. Il y a des critères de chiffres, et là-dessus, je crois qu'il
y a une ambiguïté à savoir quelles mathématiques est-ce qu'on prend. Seulement
l'électeur ou la population au total qui génère des besoins. C'est un point que
ma collègue députée d'Anjou a bien expliqué. Mais hormis les mathématiques, il
y a ce critère de cohésion et de cohérence sociologique, géographique. Donc les
critères sont, à mon avis, bien identifiés, ils sont clairs.
Quel est le standard décisionnel pour le
Directeur général des élections? Bien, moi, j'aimerais plaider que vous êtes
parti à un processus quasi judiciaire, c'est-à-dire que vous n'avez pas
d'intérêt dans... vous n'êtes pas une partie, vous demeurez impartial, vous
recherchez le mieux possible l'intérêt du système électoral et vous êtes devant
une décision difficile, à savoir instaurer un changement ou pas.
Et normalement, dans les situations comme
celle-là, pensons aux injonctions, c'est le test de la balance des
inconvénients qui s'applique, c'est quoi la balance des inconvénients. Si on se
dit : Si j'accorde l'injonction, quels inconvénients ça va causer à une <partie...
M. St-Pierre Plamondon :
...inconvénients.
Si on se dit : Si j'accorde l'injonction, quels inconvénients ça va causer
à une >partie versus si je ne l'accorde pas, quels autres inconvénients?
Et là on fait la balance de ces inconvénients-là. Moi, je pense que c'est
essentiellement ce à quoi on doit répondre. Quels sont les inconvénients
générés par le statu quo? Et, lorsqu'on les balance avec les inconvénients
générés par les changements proposés, lesquels a prépondérance? Et c'est ce que
je m'invite, là, très rapidement, à faire.
• (17 h 20) •
Donc, j'ai la particularité d'être le
député de Camille-Laurin, mais d'avoir été candidat dans Prévost.
Donc, pour ce qui est de la circonscription qui est envisagée dans les
Laurentides, je comprends quand même bien de quel développement domiciliaire il
est question, quel est le genre d'écosystème social dont il est question,
également, quelle est la géographie. Je connais moins la situation du
Centre-du-Québec, mais ce que je comprends, c'est qu'il y a un déplacement de
population. Ça crée des nouveaux développements, des domiciliaires, ça fait
plus d'électeurs à servir. On est par contre, dans les deux cas, dans des
circonstances géographiques qui ne sont pas comparables, supposons, avec le cas
de la Gaspésie, là. Parce que ce qui serait proposé, dans le cas de la
Gaspésie, c'est une distance invraisemblable entre les deux coins de la
circonscription, là, plus de 6 heures de route pour faire d'une ville à l'autre.
On est ici dans une volonté, je crois, de mieux servir une population qui
devient de plus en plus nombreuse dans ces coins-là, ce qui est louable.
Maintenant, si... donc, l'inconvénient du
statu quo, c'est que, dans ces deux régions là, malgré une hausse mesurable de
la population, il y aurait un seul député pour le même nombre... un nombre
grandissant d'électeurs. Je note que la composition sociologique et les enjeux
que ça génère ne sont pas les mêmes à Prévost, Saint-Jérôme
que dans l'est de Montréal. Mais ma collègue a été assez claire sur ce qui se
passe présentement. Plusieurs classes d'accueil qui sont ouvertes, des enjeux
de logement très, très importants, parce qu'il y a une pression démographique
soudaine. Et ces enjeux-là, je les nomme parce que je ne considère pas, ou, en
tout cas à mes yeux... puis, évidemment, vous avez entendu toutes sortes de
gens, on n'est pas dans un contexte sociologique pour le Centre-du-Québec ou la
région des Basses-Laurentides, où les défis sont comparables aux changements
subis que vient d'énoncer ma collègue. Nous, on le voit sur le terrain.
Donc, je le mentionne au niveau de la
balance des inconvénients pour dire : Si vraiment on veut évaluer ces
inconvénients-là de part et d'autre, le test mathématique ne pourra pas se
limiter au nombre d'électeurs enregistrés dans l'est de Montréal. C'est certain
qu'il faut tenir compte de la démographie totale et des besoins que ça génère
sur le plan social et politique, sur le plan d'un député qui doit répondre de
tous et chacun sur le terrain. Donc, ça, c'est pour la balance des
inconvénients, pour la mathématique.
Maintenant, la balance des inconvénients,
lorsqu'on regarde pour Camille-Laurin, et le fait d'enlever une circonscription
à l'est de Montréal. Je réitère que c'est une région historiquement délaissée,
négligée en termes d'investissement et de développement. Et ce n'est pas que
théorique, là, c'est la qualité de l'air, c'est un fait. La décontamination des
terrains qui n'avance pas, c'est un fait. Les anciennes raffineries, dont une
qui menace de partir parce qu'elle veut laisser de l'arsenic dans ses
opérations, c'est un fait. Un service de transport collectif qui est nettement
en deçà de ce qu'on trouve ailleurs dans la grande région de Montréal, donc qui
ne se compare pas avantageusement. Je suis intervenu souvent, comme mes
collègues, sur le caractère vétuste des écoles, des hôpitaux. Donc, d'enlever à
cette partie-là du Québec une représentation, c'est un réel inconvénient. Je ne
sais pas s'il se compare avec les deux régions envisagées, là, pour la création
d'une nouvelle circonscription.
Au niveau de la cohésion, là où, dans les
Basses-Laurentides et au Centre-du-Québec, je ne vois pas de difficulté à
agencer un quartier, l'amener dans une circonscription ou une autre, parce que
ce n'est pas si différent entre Prévost, Saint-Jérôme et Argenteuil, pour ce
qui est... de ce qui est... pour ce qui est de... et ça, j'avais eu la chance
de vous le présenter, là.
Mais prendre la réalité d'Anjou et essayer
de la juxtaposer à celle de Camille-Laurin... Lorsqu'on regarde les données de
la langue maternelle, Camille-Laurin est une circonscription où la langue
maternelle en français est à 83 %, une situation complètement différente à
Anjou, c'est 58 % de langue maternelle. Quand on regarde qui est citoyen
canadien, dans <Camille-Laurin...
M. St-Pierre Plamondon :
...c'est
58 % de langue maternelle. Quand on regarde qui est citoyen canadien, dans
>Camille-Laurin, c'est 98 %, alors que, dans Anjou—Louis Riel,
c'est 86 %. Quand on regarde les barrières géographiques, c'est parce
qu'il y a des autoroutes, quand on regarde les organismes communautaires, c'est
parce que Mercier-Est puis Mercier-Ouest se sont développés ensemble puis se
sont créé des réseaux, ça ne connecte pas à Anjou.
Donc, quand on essaie d'évaluer la balance
des inconvénients en ce qui a trait de l'est de Montréal et on le compare à
l'inconvénient des Basses-Laurentides et du Centre-du-Québec, il y a de réels
problèmes qu'on est en train de créer si on... artificiellement, on ne tient
pas compte du critère énoncé par vous-même, là, à savoir : il faut que
tout ça ait une cohésion et une logique sociologiques et géographiques. Ça me
semble être beaucoup plus criant que les dynamiques pour ce qui est des deux...
de la création de nouvelles circonscriptions.
Donc, je passe rapidement, là, sur tous
les arguments de chiffres, parce que je me trouverais à répéter ce que ma
collègue d'Anjou vient de vous dire, et j'irai tout de suite à l'essentiel. Que
ce soit pour la Gaspésie ou l'est de Montréal, je pense que, suivant les
critères que vous énoncez, la balance des inconvénients penche nettement pour
le statu quo.
Et ce n'est pas manquer de respect envers
des demandes légitimes. On a un problème de circonscriptions par rapport à la
population. Je ne vois aucun scénario, d'ici 2050 ou 2100, où notre système
démocratique conserve seulement 125 députés. Là, on est en train de
pousser l'enveloppe : Là, on est passé d'à peu près 50 quelque 1000 habitants
par député et on se dirige vers 70. On ne se rendra pas à 150 000 par
député, donc il y aura une réforme, éventuellement. Ça ne semble pas être
l'intention du gouvernement, mais il y aura un gouvernement qui succédera à ce
gouvernement et qui se rendra à 129, 132, 135 députés, et qui, donc, vous
donnera de l'oxygène pour accommoder tout le monde. Donc, vous êtes dans une
posture que je qualifierais de transitoire et qui est inconfortable, parce que
vous devez travailler à travers ce chiffre, 125, qui ne permet pas de miracle.
Et, dans cette posture intérimaire, on a
le devoir, à mon avis... le critère, c'est de se demander où les inconvénients
seraient les plus grands. Je viens de vous expliquer mon point de vue, je vous
laisse trancher là-dessus, mais ce que je pense qu'on doit éviter, ce sont des
réformes qui vont être, de manière prévisible et en toute probabilité,
redéfaite et à refaire à très court terme. Et moi, c'est ce que je crains du
scénario actuel, parce que la démographie nous indique qu'il ne faut pas être
un devin pour projeter que Montréal est en train, démographiquement, de se
densifier, que ça apporte également son lot de défis, pour les politiciens
comme les services sociaux. Je ne vois aucunement... parenthèse sur la
Gaspésie, je ne vois aucunement comment on peut demander à un député de faire
six heures de route entre une ville puis une autre de sa circonscription. Donc,
ça aussi, ça va être à refaire.
Donc, dans la perspective où nous sommes
devant une situation transitoire, intérimaire, je pense que ce serait une
erreur de... sur une base louable, certes, mais ce serait une erreur de créer
des nouvelles circonscriptions alors qu'aux endroits où on les défait,
prévisiblement, mais même pas à moyen terme, là, à court terme, il va falloir
recréer ces circonscriptions-là. Je ne vois pas d'autre scénario, en termes...
en toute probabilité. Dans quel cas le statu quo est peut-être plate, mais vous
devez travailler dans, malheureusement, les paramètres qu'on vous a laissés,
c'est-à-dire seulement 125 circonscriptions pour une population qui a
atteint le cap du 9 millions plusieurs années avant les projections qui
étaient normalement, là, prévues puis avec lesquelles vous deviez travailler.
Donc, ce n'est pas de la faute du DGE,
c'est aux élus d'en prendre acte et de faire d'autres circonscriptions pour
vous permettre de travailler. Si, en ce moment, il n'y a pas de volonté
politique, je vous soumets que ce qui est sur la table présentement va créer
plus de problèmes que ce que ça va régler, en termes... que ce que ça va
apporter, en termes de solutions.
• (17 h 30) •
Donc, je vous demande respectueusement de
suivre le test de la balance des inconvénients, en suivant tout simplement, à
part équitable, les critères que vous avez vous-même énoncés en début de
consultation, et, respectueusement soumis, ça devrait nous amener à la
conclusion que le statu quo est préférable en attendant des réformes évidentes
et plus importantes...
17 h 30 (version révisée)
M. St-Pierre Plamondon : ...que
le statu quo est préférable en attendant des réformes évidentes et plus
importantes quant au nombre de députés pour bien desservir une population qui
est en croissance très rapide. Ce sera tout. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Lévesque,
Chauveau) : Merci beaucoup, M. le député de Camille-Laurin.
Évidemment, je vais permettre aux membres
de la CRE de réagir aux propos du député. Alors, je vous cède la parole, M. le
Président, Mmes et MM. les commissaires. Mme la Commissaire, M. le Président.
Mme Gravel (Édith) : Bien,
on entend bien votre posture de statu quo à l'égard de la carte électorale. J'aimerais
vous entendre sur cette position-là, qui amènerait certaines régions où il y
aurait une sous-représentation au niveau des électeurs, au niveau du nombre d'électeurs
qui seraient, là, dans les circonscriptions et d'autres où on serait vraiment
en surreprésentation.
J'y vais avec des chiffres, là, des
circonscriptions ou en projection en 2028, on pourrait être, comme, à 73 000 électeurs,
et d'autres où la croissance est moins au rendez-vous, et on aurait une
trentaine de mille d'électeurs. Comment vous répondez à cet état de fait là?
M. St-Pierre Plamondon :
Donc, moi, je crois que les deux critères sont très corrélés, ils doivent être
analysés ensemble eut égard au critère suprême, à savoir est-ce que le député
peut desservir convenablement sa population? Donc, on ne peut pas isoler un et
l'autre, on ne peut pas les mettre en opposition non plus.
Une circonscription comme la Côte-Nord,
prenons celle-là parce qu'elle n'est pas en litige cette fois-ci, va être moins
populeuse, mais va requérir du député de faire énormément de route et d'aller
dans des endroits moins accessibles, moins populeux, mais son travail l'amènera
donc à mettre beaucoup de temps pour également découvrir des réalités diverses
en raison de la grandeur du territoire.
Alors que lorsqu'on envisage 60 000,
70 000 électeurs, mais dans des circonscriptions où géographiquement,
en termes de distance et de capacité à rejoindre l'électeur, il y a moins de
barrières, bien, c'est plus faisable.
Les deux jouent ensemble. Donc, on ne peut
pas les dissocier. Et quand on joint les deux et on se pose la question :
Est-ce qu'on a placé ce député dans une position acceptable pour bien desservir
ses électeurs? Bien, on va évaluer justement cette capacité à rejoindre les
personnes en fonction du territoire, le nombre de personnes qui relèvent de ce
député-là, mais également les dynamiques sociales.
Peut-être, le troisième critère que j'apporterais,
c'est que, dans certaines circonscriptions, les données sociologiques sont
assez claires sur le taux de pauvreté, le taux de criminalité, le nombre de
défis, alors qu'il y a d'autres banlieues où le nom du député est moins connu
parce que les choses vont plus rondement, disons, les réalités sociologiques
sont différentes.
Donc, moi, j'irais même jusqu'à inclure
une certaine lecture de la part du DGE sur le... qualitativement, quel est le
travail qui est attendu du député. Et je pense qu'un député à Saint-Jérôme, Prévost, va travailler aussi fort, mais n'aura pas les mêmes
défis que la députée d'Anjou.
Et que lorsqu'on pense retirer la députée
d'Anjou, il faut se poser la question : Quel sera l'impact sur les
services ou les problématiques pour cette population, versus quel est l'impact
sur la population de Bellefeuille, là, si elle n'a pas de député dans les
prochaines années, est-ce qu'elle va vivre le même genre de problématiques et
de crise que si on retire une représentation dans une circonscription où les
classes d'accueil, l'itinérance, les enjeux sociologiques, là, bougent très,
très rapidement?
C'est pour ça que je vous parle de balance
des inconvénients. Donc, j'aurais tendance à mélanger nombre, faisabilité sur
le plan de la distance et du territoire, et évaluation qualitative des
dynamiques sociales et donc du travail qui attend le député pour qu'au final on
puisse dire : Chaque député est équipé pour bien desservir sa population.
Le Président (M. Lévesque,
Chauveau) : ...M. le député de Camille-Laurin. Il reste quatre minutes,
un petit peu moins de quatre minutes à l'intervention. Y a-t-il d'autres
commentaires? M. le Président.
M. Blanchet
(Jean-François) :Oui. M. le député, j'ai
très bien entendu.
Le statu quo, donc, c'est sûr que, pour
nous, c'est la solution la plus facile, par contre, historiquement, je crois qu'il
n'y a pas une carte électorale au Québec qui a été adoptée sans qu'il y ait une
demande, justement, de statu quo, en disant : Après, on va modifier les
règles pour vous faciliter le travail. Si on avait fait ça, il y a deux cartes
passées, on serait encore dans un statu quo, probablement aujourd'hui.
Donc, c'est sûr que j'ai déjà mentionné
que ce serait facile de faire un statu <quo...
M. Blanchet
(Jean-François) :
...Donc,
c'est sûr que j'ai déjà mentionné que ce serait facile de faire un statu >quo,
mais on vous entend en même temps.
M. St-Pierre Plamondon : Je
vous soumets que ce n'est pas tant un test de facilité ou de difficulté, c'est
un test d'inconvénients dépendamment de si vous mettez côte à côte le statu quo
et le changement que vous vous évaluez.
Donc, le passé n'est pas garant de
l'avenir là-dessus. C'est comme le processus judiciaire, ce n'est pas parce
qu'un juge a donné une injonction une fois que l'autre fois il accorde
l'injonction alors que les faits ne sont pas les mêmes. Vous devez simplement
vous demander, sans avoir de posture favorable ou défavorable au statu quo, est-ce
que ce qui est sur la table va créer plus de bénéfices ou va créer plus de
problèmes, en regardant les deux scénarios côte à côte, suivant vos propres
critères.
Des fois, ça va vous amener au statu quo, puis,
des fois, ça va vous amener à un changement, puis parfois — le DGE
l'a déjà fait — on va prendre un tout autre chemin après une certaine
réflexion.
Mais c'est pour ça que j'insiste sur le
fait d'être dans la balance des inconvénients, une fois qu'on suit les critères
que le DGE a lui-même énoncés. Voilà.
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) :
...M. le député de Camille-Laurin. Il reste moins de deux minutes. Est-ce
que vous avez d'autres commentaires? Oui, M. le président.
M. Blanchet
(Jean-François) :Oui. Je veux juste
revenir. Ce n'est pas le DGE qui énonce les critères.
M. St-Pierre Plamondon : Non,
c'est vrai.
M. Blanchet
(Jean-François) :C'est le président de la
commission électorale, mais aussi, c'est... Ils sont dans la loi, les critères,
et il n'y a aucun critère dans la loi qui parle de la position du député
présentement non plus, là. Je veux juste vous le rappeler.
M. St-Pierre Plamondon : Par
énoncé, ce que je voulais dire, c'est que, dans votre propre exposé, vous dites
vous-même suivre ces critères-là et essayer de les équilibrer.
Donc, évidemment, c'est le législateur qui
légifère, mais ce sont les critères que... Vous êtes vous-même lié à ces
critères-là. Donc, dans cette évaluation-là des critères, c'est de se demander :
Est-ce qu'on crée plus d'inconvénients avec la création de cette nouvelle
circonscription par rapport au statu quo qui, évidemment, aussi, va créer des
inconvénients? Et c'est cette balance-là entre les deux qui me semble déterminante.
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) :
Est-ce qu'il y a d'autres commentaires? M. le député de Camille-Laurin, ça
complète votre Intervention?
M. St-Pierre Plamondon : Oui.
Merci.
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) :
Alors, je tiens à vous remercier, M. le député Camille-Laurin, pour votre
contribution à la commission. Et merci beaucoup.
Alors, nous allons maintenant poursuivre
avec le prochain intervenant. Et toujours sur la région de Montréal, je vais
céder la parole, pour une durée maximale de 20 minutes, à M. le député de Maurice-Richard.
• (17 h 40) •
M. Bouazzi : Merci, M. le
Président. Très heureux d'être ici. Je vais très probablement prendre moins que
les 20 minutes qui me sont allouées.
Je vais parler un peu de ma
circonscription, de la situation. Je commencerai par dire que je suis très
heureux de garder ma circonscription telle quelle.
D'un point de vue social, évidemment, il y
a des limites qui font beaucoup de sens, donc dans la circonscription de Maurice-Richard, par rapport aux quartiers. Et puis c'est un
quartier qui est quand même très tissé serré, les gens se connaissent,
connaissent leurs élus, puis les frontières sont quand même bien délimitées. Ça
fait que je suis bien heureux de ça, surtout que la circonscription évolue,
qu'il y a de plus en plus de familles, de jeunes familles qui apparaissent et
que la composition, qui est quand même très diversifiée, garde donc cette
particularité qu'a Ahuntsic principalement dans le quartier.
Je tiens aussi à vous remercier d'avoir
changé le nom de ma circonscription il n'y a pas si longtemps. Je suis très
heureux qu'à chaque fois qu'on m'appelle on nomme M. Maurice Richard, pour
qui j'ai une admiration sans bornes, non seulement sur les capacités évidemment
athlétiques, mais aussi sur le fait que c'est un personnage qui est arrivé dans
un moment particulier pour les deux groupes particulièrement, et le groupe des
ouvriers et le groupe des Canadiens français qui, à l'époque, vivaient une
oppression sociale. Et on en a besoin, à ce moment-là, comme peuple, d'emblèmes,
et je pense que celui-là a été vraiment très, très bien choisi.
Dans ma circonscription, on parle des fois
de Crémazie. Les amoureux de la littérature sont tristes, mais ils ne sont vraiment
pas très nombreux.
Et donc je me permettrai d'ailleurs... Je
ne sais pas si le député de Saint-Henri—Sainte-Anne est déjà passé, mais je
sais qu'on avait eu une conversation sur les noms des circonscriptions. Dans ce
cas, et je me permettrai de peut-être, pour avoir des noms qui font du <sens...
M. Bouazzi :
...Dans
ce cas, et je me permettrai de peut-être, pour avoir des noms qui font du >sens
par rapport évidemment à l'espace où est la circonscription, et peut-être de
proposer le nom d'Oscar Peterson pour sa circonscription, étant donné le manque
de diversité peut-être qu'il peut y avoir dans les nomenclatures dans les
circonscriptions.
Ayant dit ça, dans notre circonscription,
à Montréal comme dans la majorité des circonscriptions, Louis-Riel en fait
partie particulièrement, il y a évidemment beaucoup de nos concitoyennes et
concitoyens qui n'ont pas la nationalité et le droit de vote et donc qui ne
sont pas inscrits dans les listes électorales, mais qu'on sert avec beaucoup de
plaisir et tout simplement le sens du devoir, étant donné que vous savez aussi
bien que moi qu'un résident permanent n'a pas le passeport ni le droit de vote,
mais a à peu près tous les autres droits possibles et imaginables, et puis on
voit mal comment les circonscriptions, pour bien servir tous les citoyens
qu'elles doivent servir, peuvent ne pas prendre en compte dans leur découpage
toutes ces populations qui ne sont pas dans le nombre de votants.
Je vais aussi répéter — j'en
profite parce qu'il y a quelques députés de la majorité ici — que
nous, on pense qu'une des meilleures solutions, malheureusement, est à
l'extérieur de vos mains, qui consisterait simplement de rajouter jusqu'à
129 députés et puis régler ce problème-là pour pouvoir éviter toutes les
balances justement des inconvénients qui s'accumuleraient, mais trouver juste
des côtés positifs aux différents découpages possibles.
On va continuer, nous, à œuvrer dans ce
sens-là. Malheureusement, ce n'est pas dans vos mains.
Peut-être, un dernier point. Et j'avais
pris des notes, je vais essayer de les retrouver. Non. C'est pas mal ça, en
fait.
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) :
Ça termine votre première... votre premier bloc?
M. Bouazzi : Oui.
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) :
Alors, je vais permettre aux membres de la commission de représentation
électorale, s'ils souhaitent réagir, à cette étape-ci, aux propos du député de Maurice-Richard.
M. Blanchet
(Jean-François) :On n'a pas de
commentaire. Merci. Merci, monsieur.
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) :
Pas de complément, pas de message complémentaire. Alors, il reste
15 minutes à votre intervention, M. le député de Maurice-Richard.
Vous avez le loisir de pouvoir en ajouter, soyez assuré que vous pouvez le
faire. Je ne sais pas si vous avez d'autres commentaires.
M. Bouazzi : Non. Je vais
vous remercier pour votre écoute. Quand j'ai été élu, le 3 octobre, j'ai
été étonné, des fois, on parle beaucoup pour ne pas en dire beaucoup. Ça fait
que là je vais m'arrêter à ce point. Je pense que mes points étaient clairs.
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) :
Merci beaucoup, M. le député de Maurice-Richard.
Alors, à cette étape-ci, il nous reste une
intervention. Je sais que le député est en commission, il est en direction,
alors je vais suspendre nos travaux quelques instants pour lui permettre de se
joindre à la commission.
Alors, je suspends nos travaux quelques
instants.
(Suspension de la séance à 17 h 44)
(Reprise à 17 h 47)
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) :
Alors, à l'ordre, s'il vous plaît! Alors, nous allons reprendre les travaux
de la Commission de l'Assemblée nationale sur les auditions.
Présentement, nous en sommes sur la...
Des voix : ...
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) :
S'il vous plaît! S'il vous plaît, chers collègues! S'il vous plaît!
Nous en sommes sur la région de Montréal
et nous allons reprendre maintenant avec le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. le député, vous avez droit jusqu'à un
maximum de 20 minutes, incluant les échanges avec les commissaires. Alors,
je vous cède maintenant la parole.
M. Cliche-Rivard : Excellent.
Merci beaucoup, M. le Président. Bonjour à vous tous et toutes. Chers
collègues, bonjour.
Je vais faire une intervention en deux
temps, d'abord sur Saint-Henri—Sainte-Anne, évidemment, puis ensuite un petit
volet sur la région des Laurentides, et un peu de Lanaudière. Donc, je vous en
informe tout de suite, hein, pour ne pas que vous soyez pris par surprise.
Bon, commençons avec Saint-Henri—Sainte-Anne.
On a quelque 58 000 électeurs inscrits, là, si mes chiffres sont
bons, et près de 85 000 personnes, population totale. Donc, on est
au-dessus, évidemment, de la moyenne du 50 000, mais on n'est pas
au-dessus du seuil maximal, là, ça, on en convient.
Par contre, vous avez probablement
suivi... Bon. Il y a le quartier Bridge-Bonaventure qui est un nouveau quartier
qui s'ajoute, duquel on estime au moins des bassins populationnels qui vont
tourner autour du 10 000, peut-être 15 000 assez rapidement.
Ma première... Puis, j'avais une question
pour vous, là, en commençant : Est-ce que vous l'aviez évalué, ça, le...
la hausse rapide qu'on va avoir dans le quartier puis le fait qu'assez
rapidement la circonscription risque de dépasser le... la moyenne ou le seuil
de plus 25, là?
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) :
Alors, une question est posée. Je vais céder la parole aux membres de la
commission.
M. Blanchet (Jean-François) :C'est sûr que nous autres, selon les projections, en 2028,
vous seriez à 60 535 électeurs en 2028, ce qui serait 15,9 %
au-dessus de la moyenne, qui c'est sûr qu'en 2028 va être plus élevée, là, on
s'entend qu'au Québec... qui serait rendue... la moyenne serait à 52 225.
Donc là, c'est la projection jusqu'en 2028, donc, mais c'est selon les... ce
qu'on avait quand on a fait la carte au mois d'avril 2023, avec les
données de 2023.
• (17 h 50) •
M. Cliche-Rivard : OK. Donc,
vous dites qu'en 2028... juste pour bien comprendre, en 2028, on va l'avoir
dépassée?
M. Blanchet
(Jean-François) :Non.
M. Cliche-Rivard : Non.
M. Blanchet
(Jean-François) :Non, vous allez être
encore à 15,9 %.
M. Cliche-Rivard : Encore à
15,9 %?
M. Blanchet
(Jean-François) :Oui.
M. Cliche-Rivard : Selon
ce... cette <estimation-là..
M. Blanchet
(Jean-François) :
...Non, vous
allez être encore à 15,9 %.
M. Cliche-Rivard :
Encore
à 15,9 %?
M. Blanchet (Jean-François) :
Oui.
M. Cliche-Rivard :
Selon
ce... cette >estimation-là?
M. Blanchet
(Jean-François) :Oui.
M. Cliche-Rivard : Compte-t-elle
ou ne compte-t-elle pas le développement Bridge-Bonaventure, votre évaluation?
M. Blanchet
(Jean-François) :Le développement, en
quelle année il va être terminé?
M. Cliche-Rivard : Je veux
dire, c'est une bonne question.
M. Blanchet
(Jean-François) :Il est débuté?
M. Cliche-Rivard : Il est
planifié et il commence. Mais, juste pour voir, donc la réponse, c'est non.
Une voix : ...
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) :
Parfait. Cher collègue, je veux juste vous donner une petite indication, s'il
vous plaît.
M. Cliche-Rivard : Oui, oui.
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) :
Je suis à l'aise qu'on échange, que ce soit cordial, je veux simplement
éviter qu'on se coupe la parole, ne serait-ce que pour la retranscription des
débats, c'est important que les propos soient clairs et soient... soient
coordonnés.
Alors, juste, si on fait des échanges, c'est
correct. Je ne veux pas intervenir à toutes les fois.
Je cède la parole aux membres de la
commission. Mme la commissaire, allez-y.
Mme Gravel (Édith) : ...en
complément de mon collègue, on essaie de prendre en compte les projets, mais on
travaille beaucoup avec les... projections, pardon, de l'institut de la
statistique, qui comptent aussi les nouveaux qui vont arriver mais ceux qui
vont quitter, naissances, décès, immigration et migration.
Donc, c'est l'équilibre de ces données qui
sont comptabilisées, là.
M. Cliche-Rivard : D'accord.
J'apprécie la réponse. Donc, vous me dites, c'est ça, là, qu'en 2028 on est à l'intérieur
des chiffres, nonobstant, puis, on le verra, vous avez dit effectivement qu'un
développement ça prend du temps, j'en conviens, n'empêche que vous avez dit
plus 15 % sur la moyenne, à peu près, pour 2028.
M. Blanchet
(Jean-François) :Aujourd'hui, vous êtes à
13 %.
M. Cliche-Rivard : C'est ça.
M. Blanchet
(Jean-François) :C'est ça, donc... Oui.
M. Cliche-Rivard : Non, mais c'est
juste pour... pour vous dire les choses. Parfait. Non, parce qu'en fait
beaucoup l'argument que Montréal a peut-être trop de circonscriptions. J'ai
entendu ça dans les derniers jours, notamment, puis c'est important de
souligner que, dans certaines circonscriptions, on est quand même bien au-delà
de la moyenne. Donc, je pense que c'est important de relativiser ça.
Puis, moi, j'ai une position à l'effet que
la circonscription, comme vous la maintenez, dans les chiffres actuels, moi, je
pense qu'elle est tout à fait justifiée, là. Moi, je suis heureux de voir que
vous ne touchez pas à la circonscription.
La circonscription est en tout et pour
tout le mariage parfait de l'arrondissement du sud-ouest de Montréal, puis ça,
il y a une communauté d'intérêts qui est claire, il y a des liens, il y a des
services qui sont directs, pas que par l'arrondissement, là, mais quand même de
manière importante. On parle des quartiers de Griffintown, de Saint-Henri, de
Pointe-Saint-Charles, de Côte-Saint-Paul, de Ville-Émard évidemment, de la
Petite-Bourgogne donc quand même.
Donc, moi, je suis très favorable à ce qu'on
ne bouge pas ou on ne touche pas à cette circonscription-là, mais quand même qu'on
relève que le poids commence à peser lourd puis que ce soit quand même noté qu'on
est déjà au-dessus puis qu'on va continuer d'aller au-dessus.
Je voulais venir rapidement avec vous puis
je ne voulais pas passer trop de temps là-dessus, mais sur la question du nom
de la circonscription Saint-Henri—Sainte-Anne.
Saint-Henri, c'est un ancien village de
tanneurs, là, historiquement, fondé ville Saint-Henri en 1875, ça fait quand
même tout qu'un temps. Puis c'est correct, parce que, Saint-Henri, le quartier
existe toujours puis il est assez central dans la circonscription.
Sainte-Anne par contre, ça ne dit pas
grand-chose à grand-monde dans la circonscription. C'est le faubourg à
Sainte-Anne, bon, c'est fondé en 1697, ça se situe à Pointe-Saint-Charles. Il y
a une valeur historique, j'en conviens, mais auquel il n'y a aucun des six
quartiers qui se rattache dans la nomenclature, ni Pointe-Saint-Charles, ni
Ville-Émard, ni Côte-Saint-Paul, ni Griffintown, ni Petite-Bourgogne, bref.
Donc, beaucoup, les gens se rattachent à
Saint-Henri, mais si je devais questionner n'importe quel citoyen sur c'est
quoi Sainte-Anne, je vous confirme qu'il y que moins de 1 % des gens qui
pourraient nous le nommer.
Ça fait que je vous envoie quelques indications.
On a des personnages historiques importants qui émanent de la conscription,
notamment des... quelqu'un... des gens issus de la diversité qui ne sont pas
tant représentés ou peut-être pas de manière suffisante dans le titre de nos
circonscriptions, je pense à Oscar Peterson notamment, je pense aussi à
Gabrielle Roy, l'autrice qui s'inspire de Saint-Henri dans Bonheur d'occasion
notamment.
Donc, je vous lance sur cette piste-là de
peut-être de commencer à réfléchir à une circonscription qui... ou à un nom de
circonscription qui représente davantage et peut-être j'ai en tête aussi
seulement du sud-ouest de Montréal. Les gens se reconnaissent dans le Sud-Ouest
beaucoup plus que dans Sainte-Anne. Donc, je vous envoie ça comme réflexion ou
comme piste de réflexion.
M. le Président, j'ai commencé exactement
à quelle heure? Vous l'avez, vous?
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) :
Il vous reste encore 12 min 52 s, M. le député.
M. Cliche-Rivard : Fantastique!
Alors, les Laurentides. Bon. Nous, on a beaucoup consulté sur le terrain. On a
des membres et des gens <issus...
M. Cliche-Rivard :
...Bon.
Nous, on a beaucoup consulté sur le terrain. On a des membres et des gens >issus
de l'ensemble des circonscriptions sur le terrain. On nous a parlé de
l'importance pour eux de préserver les communautés vécues, donc notamment les
liens puis les pôles économiques, les pôles d'emplois, les pôles de services,
qui, des fois ou souvent, vont se heurter ou, en tout cas, être un peu déconnectés
de la réalité historique, là.
On tend des fois à vouloir attacher des
anciennes communautés historiques qui, finalement, ne répondent plus vraiment à
la réalité de services., et c'est là où, de temps en temps, on m'a souligné
qu'il pourrait y avoir des points de tension.
Et évidemment, dans cette région-là, vous
l'avez noté, puis vous en créez une nouvelle circonscription avec Bellefeuille,
là, vous avez noté la hausse fulgurante, voire phénoménale de la population dans
ce... dans cette région, on parle d'une augmentation de population régionale de
7,9 % pour les Laurentides.
Donc, la volonté d'une circonscription
nouvelle puis la nécessité, elle est appuyée puis elle est ressentie sur le
terrain.
On me fait part de quelques propositions
de modifications. Je vous les lance en bloc. Pour Rousseau... en fait, de Bertrand
vers Rousseau, là, puis... appelons-le le thème Rousseau, actuellement il est à
7,9 ou à 8 % sous la cible des 46 339 habitants. Et la
proposition que moi on me dit sur le terrain, ce serait d'y ajouter la
municipalité de Rawdon, qui elle a une dizaine de milles de population, ce qui
ferait qu'on serait en cohérence davantage avec le marché de l'emploi puis des
services publics et que le lien est beaucoup plus clair entre Rawdon et Rousseau
que ce qui est proposé.
On me dit : D'autres communautés
comme Notre-Dame-de-la-Merci ou Saint-Donat font partie de Bertrand, et il est
cohérent de les laisser là, par exemple, parce qu'elles font partie du centre
de services scolaire des Laurentides.
Donc, c'est la proposition qui est faite
pour Rawdon, et on resterait quand même en dessous de la cible populationnelle,
on serait autour de 55, 54 000. Puis ça, c'est une proposition du terrain
qui nous... qui nous est soumise pour Bertrand et Rousseau sur la frontière.
Pour Bellefeuille, ou l'actuel dessin de Bellefeuille,
ou la proposition de Bellefeuille, on a eu des revendications et on les a
entendus auprès de la ville de Sainte-Anne-des-Lacs qui, elle, revendiquait de
rester dans Prévost et... pour des raisons de cohérence,
notamment en lien avec leur territoire de MRC.
Si je ne m'abuse, là, je suis allé il n'y
a pas si longtemps dans la MRC des Pays-d'en-Haut, et que donc eux, leurs
services puis leurs liens administratifs et régionaux et de services publics
est beaucoup plus fort dans ce côté-là, puis ce ne serait pas nécessairement
une distinction de nombre qui serait nécessairement si dramatique.
Et donc on nous soumet que ça pourrait
être davantage utile de les laisser à Prévost plutôt que
de les envoyer dans la nouvelle circonscription de Bellefeuille.
Maintenant, Mirabel versus Bellefeuille,
ça, c'est la grande question de ce qui vous occupe, là.
On comprend la forte croissance
démographique, en fait, c'est la plus grande... c'est la plus grande croissance
démographique au Canada entre 2016 et 2021, et il était clair qu'il fallait
arriver avec une nouvelle circonscription.
Par contre, là, il y a comme la division
en trois de certaines régions ou certaines parties, alors qu'on nous suggère
peut-être plutôt une scission en deux.
Et le découpage proposé, puis là je peux
vous le dire parce que c'est un petit peu précis, là, je vais vous le dire, on
me dit de rattraper le secteur Saint-Janvier de la municipalité de Mirabel, à
l'est de la 15, qui est laissé orphelin par la réorganisation de Les Plaines,
et de replacer avec le secteur des anciennes municipalités de Sainte-Monique, à
l'ouest de la 15, et de Saint-Canut, au nord de la 50, pour héberger ensemble
une grappe industrielle aéronautique et l'aéroport qui sont à même la
municipalité de Mirabel.
Donc, selon le décompte précis des
électeurs, la nouvelle frontière entre le comté de Bellefeuille et celui de Mirabel
se scinderait, là, il y aurait une modification. C'est ce qui est suggéré pour
ces municipalités-là.
• (18 heures) •
Et conséquemment il y a un mouvement entre
Argenteuil et Mirabel. Donc, on dépasse un petit peu, là, mais Argenteuil perdrait
Saint-Colomban, et, probablement, on pourrait y rajouter Saint-Placide pour
qu'on ait un... un ensemble régional cohérent.
Puis, sur le terrain, on me dit que c'est
vraiment une question de services, de ressources...
18 h (version révisée)
M. Cliche-Rivard : ...qu'on
ait un ensemble régional cohérent. Puis, sur le terrain, on me dit que c'est
vraiment une question de services, de ressources, de port d'attache, de lien
administratif puis de lien direct avec les administrations.
Et la dernière chose qu'on me relève, c'est
que d'Argenteuil à Labelle, et là, c'est le thème Mont-Tremblant versus les
villages, un peu, là, on me dit que Amherst, Huberdeau, Brébeuf ne devraient
pas être ajoutées à Argenteuil, qu'on devrait les laisser, à cause de leur
proximité à Mont-Tremblant avec leur pôle économique, leur pôle d'emploi, c'est
des populations qui peinent même à conserver leurs commerces de proximité
tellement Mont-Tremblant pèse lourd, donc ils sont vraiment rattachés au coeur
administratif de Tremblant. Donc, eux, il ne faudrait surtout pas les
rattacher... ou les détacher de Tremblant.
C'est ce que j'ai comme recommandations
pour les Laurentides. Je ne sais pas si vous avez des questions. Non. Bien, ce
sera tout, en vous remerciant pour votre temps.
Le Président (M. Lévesque,
Chauveau) : Merci beaucoup, M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
Avant de céder la parole aux membres de la
commission, il reste quelques minutes, chers collègues, je vais vous demander
votre collaboration. J'entends des bruits à gauche et à droite. Alors je vais
vous demander, s'il vous plaît, rien que d'être attentifs quelques minutes. Ça
se passe bien à date, alors je vous en remercie.
Messieurs dames, membres de la commission
de révision électorale, est-ce que vous avez des commentaires sur les propos de
M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne?
M. Blanchet
(Jean-François) :Non, mais merci
beaucoup.
Mme Gravel (Édith) : Merci,
oui, merci.
M. Blanchet
(Jean-François) :Vous amenez certaines
avenues pour les Laurentides, je pense, qu'on n'avait pas entendues, quand
même.
Mme Gravel (Édith) : Exact.
M. Blanchet
(Jean-François) :Donc, c'est intéressant.
On va vérifier, on va faire des vérifications. Donc, merci beaucoup.
Mme Gravel (Édith) : Merci.
Le Président (M. Lévesque,
Chauveau) : M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne, il reste quand
même six minutes à votre intervention. Est-ce que vous souhaitez poursuivre
plus... un peu plus... plus longuement ou c'est complété?
M. Cliche-Rivard : C'est
complet, M. le Président.
Le Président (M. Lévesque,
Chauveau) : Je vous remercie beaucoup, M. le député, pour votre
contribution à la commission.
Et, considérant qu'on a terminé l'ordre du
jour cet après-midi pour cette séance d'après-midi, je vous remercie.
Et les travaux sont ajournés jusqu'à
demain, après les avis touchant les travaux des commissions, et elle poursuivra
son mandat.
Alors, bonne soirée de Saint-Valentin à
tous et à toutes.
(Fin de la séance à 18 h 02)