Journal des débats (Hansard) of the Committee on the National Assembly
Version préliminaire
43rd Legislature, 1st Session
(November 29, 2022 au September 10, 2025)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
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Thursday, February 15, 2024
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Vol. 47 N° 4
Examining the preliminary report of the Commission de la représentation électorale
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Intervenants par tranches d'heure
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Lévesque, Sylvain
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Dufour, Virginie
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Dufour, Virginie
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Lévesque, Sylvain
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Zanetti, Sol
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Grandmont, Etienne
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Grandmont, Etienne
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Lévesque, Sylvain
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Lefebvre, Eric
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Blanchette Vézina, Maïté
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Blanchette Vézina, Maïté
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Lévesque, Sylvain
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Lévesque, Sylvain
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Blouin, Catherine
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Blouin, Catherine
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Lévesque, Sylvain
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Sainte-Croix, Stéphane
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Sainte-Croix, Stéphane
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Lévesque, Sylvain
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Ciccone, Enrico
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Bérubé, Pascal
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Provençal, Luc
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Bachand, André
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Roberge, Jean-François
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Bérubé, Pascal
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Lévesque, Sylvain
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Dionne, Amélie
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Dionne, Amélie
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Lévesque, Sylvain
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Bérubé, Pascal
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Derraji, Monsef
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Zanetti, Sol
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Roberge, Jean-François
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Roberge, Jean-François
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Lévesque, Sylvain
11 h (version révisée)
(Onze heures vingt minutes)
12213
Le
Président (M. Lévesque, Chauveau) : À l'ordre, s'il vous plaît!
Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission de l'Assemblée
nationale ouverte. La commission est réunie afin de poursuivre l'étude du
rapport préliminaire de la Commission de la représentation électorale.
Et avant de commencer, je sollicite votre
consentement afin de permettre au député de Jean-Lesage de remplacer le député d'Hochelaga-Maisonneuve
pour la durée de la séance. Est-ce qu'il y a consentement?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Lévesque,
Chauveau) : Consentement.
Alors, je vous rappelle, pour les
auditions de ce matin, comme c'était précédemment le cas, que chacun des
députés dispose de 20 minutes pour intervenir. C'est un maximum de 20 minutes
avec la Commission de la représentation électorale. Et aujourd'hui, la première
intervention sera celle de Mme la députée de Mille-Îles puisqu'il sera question
de la région de Laval. Alors, Mme la députée, la parole est à vous pour une <durée...
Le Président (M. Lévesque,
Chauveau) :
...puisqu'il sera question de la région de Laval.
Alors, Mme la députée, la parole est à vous pour une >durée maximum... maximum
de 20 minutes.
Mme Dufour : Merci, M.
le Président. Alors, d'abord, j'aimerais saluer les membres de la commission
qui sont ici, mais... Donc, je vais saluer, là, les membres de la Commission de
la représentation électorale, donc M. Blanchet, Jean-François Blanchet,
président et directeur général des élections, ainsi que les commissaires,
Mme Édith Gravel et M. Bouchard. Je vous remercie donc d'être
présents ici et de... Quand même, depuis mardi, vous êtes... vous écoutez les
députés, alors je vous remercie. Et je voudrais évidemment remercier le ministre
qui nous fait l'honneur de sa présence, le ministre des Institutions
démocratiques, ainsi que toute la banquette ministérielle et je crois que c'est
ça. Et ma collègue députée de Chomedey qui pourra... qui pourra entendre les
commentaires concernant Laval. Donc, il est important pour nous de... Il est important
de nous entendre, nous les députés élus, parce que le rôle qu'on représente...
On représente les citoyens de nos comtés et des régions d'où on provient, et
nous sommes appelés à les accompagner dans tout ce qui est gouvernemental, à
prendre des décisions, légiférer.
C'est donc... On est là pour défendre les
intérêts. Et il y a eu des consultations sur la refonte... la refonte à la
carte électorale à Laval, il y a quelques... quelques semaines, quelques mois,
de mémoire, et de la commission, là, de refonte, bien, on a été informés qu'une
partie de la circonscription de ma collègue, Chomedey, serait transférée vers
la circonscription de Laval-des-Rapides et qui deviendrait... Cette
circonscription-là deviendrait alors en excédant, ce qui ferait que, par un jeu
de dominos, ma circonscription, la circonscription de Mille-Îles, elle
hériterait d'un secteur qui est... qui est conscrit, là, entre
l'autoroute 19 et Notre‑Dame‑de‑Fatima, au sud du boulevard Saint-Martin
Est. Dit comme ça, c'est... ça a l'air de rien, mais en fait, ça représente
quand même quatre nouvelles écoles primaires, deux résidences... deux très
grandes résidences pour personnes âgées et même une église patrimoniale
supplémentaire. Donc, quatre écoles primaires supplémentaires, ce n'est quand
même pas rien.
Et je dois dire que déjà la
circonscription de Mille-Îles est... est la plus grande de Laval, elle
représente près du tiers du territoire, principalement parce qu'on a un très,
très grand secteur agricole. On a beaucoup de terres agricoles. Mais moi... Tu
sais, pour les gens de la région de Montréal qui sont députés, bien moi, me
déplacer d'un bout à l'autre de mon comté, ça peut me prendre 35 minutes
facilement, alors que dans... tu sais, si on change de ville normalement. Mais
là, moi, je suis juste à l'intérieur de mon comté.
Là, ce que je voudrais souligner, c'est
que les données qui ont été utilisées pour les circonscriptions lavalloises se
sont basées principalement sur l'émission des permis de construction à Laval.
Et donc, c'est avec ces données qu'on a prédit la croissance démographique de
chaque circonscription. L'enjeu majeur qu'on voit avec l'utilisation des permis
de construction, c'est qu'ils ne tiennent pas en compte les prévisions réelles
de croissance. En effet, il y a plusieurs projets qui ont été mis sur pause
dans les trois dernières années partout au Québec, là, notamment dû à la COVID,
ça a créé une incertitude économique, il y a eu une pénurie mondiale des
matériaux et on l'a vu, là, dans la dernière année et demie, une hausse majeure
des taux d'intérêt. Donc, ça, ça a fait un ralentissement.
Mais à Laval, il y a une situation
particulière qui a retardé encore plus les projets, les demandes de permis de
construction. C'est qu'on a fait à Laval une refonte majeure des règlements
d'urbanisme qui s'est échelonnée, là, sur plus de trois ans. Et donc, aucune
nouvelle demande de changement de zonage n'a été acceptée par la ville entre
2019 et 2022. Et, si je ne me trompe, les demandes qui ont été analysées, les
demandes de permis qui ont été utilisées, bien, elles ont été faites dans ces
années-là. Et je peux vous dire, je connais très, très bien cette situation-là,
là, parce que j'étais responsable de l'urbanisme à Laval comme élue municipale
jusqu'en novembre 2021. Donc... Donc, je connais l'état qu'il y avait
plusieurs promoteurs, plusieurs projets qui ont été mis sur la glace du fait de
ce... de cette refonte. Il y a eu, c'est vrai, des permis de construction qui
ont pu être déposés, là, il n'y a pas de doute, mais seulement pour des projets
qui étaient déjà conformes au zonage en vigueur à l'époque, donc avant... avant
le gel, le gel, là, qui a commencé en 2019, le gel des demandes de changement
de zonage. Il y a une... vraiment une très grande majorité des projets qui ont
plutôt été mis sur pause par les développeurs et les constructeurs <immobiliers...
Mme Dufour :
...majorité
des projets qui ont plutôt été mis sur pause par les développeurs et les
constructeurs >immobiliers parce qu'ils impliquaient des changements de
zonage pour notamment augmenter la densité. Puis, on l'a vu avec tous les coûts
qui ont augmenté, bien, pour qu'ils soient rentables, il fallait augmenter la
densité, et pour augmenter la densité, ça impliquait d'avoir cette grande
refonte de changement de... cette grande refonte d'urbanisme là, pour qu'elle
soit en vigueur et qu'ensuite il puisse y avoir des demandes de changement de
zonage.
La circonscription de Mille-Îles, c'est
d'ailleurs un des secteurs, probablement le secteur qui pouvait... pourrait
voir la plus forte croissance à Laval au cours des deux prochaines décennies parce
qu'il y a un immense secteur... Je vous ai dit que j'avais le plus grand comté...
circonscription, il y a un immense secteur qui s'appelle Val‑des‑Ruisseaux qui
est appelé à se développer, qui n'est pas en zone agricole, mais qui
présentement n'est pas développé, et ça pourrait devenir vraiment un très,
très, très grand quartier.
Et il y a aussi une forte croissance qui
est prévue dans Chomedey, la circonscription de ma collègue, et dans Laval-des-Rapides,
parce que ces deux circonscriptions là, on y trouve trois stations de métro, et
on sait qu'aux abords des stations de métro, on va développer beaucoup plus
dense dans les prochaines années. Et il y a aussi tout le secteur du
centre-ville de Laval qui est en développement, et donc on devrait... Ça fait
que ces trois circonscriptions-là, on pourrait voir la plus forte croissance de
Laval. Donc, le jeu de dominos risque de continuer à se faire.
Maintenant, je voudrais mettre l'emphase
sur une suggestion qui a été proposée pendant la consultation sur la refonte à
la carte électorale, celle qui s'est tenue à Laval. Un citoyen a proposé de
déplacer, de changer le secteur de Val‑des‑Brises vers la circonscription de Vimont
sur la base d'une supposée affinité naturelle et le fait qu'apparemment que
l'autoroute 440 représenterait une barrière qui ferait qu'il ne serait pas
naturellement relié au reste de la circonscription de Mille-Îles.
Moi, je dois dire que ce n'est pas du tout
le cas, il n'y a aucune affinité naturelle entre Val‑des‑Brises et le secteur
de Vimont. Ça n'existe pas. D'ailleurs, il y a une autoroute, une autre
autoroute qui fait une grande barrière entre les deux, c'est
l'autoroute 19, et entre Vimont et Val‑des‑Brises, là, c'est... ça ne circule
pas si simplement que ça. Et en fait, les enfants du secteur de Val‑des‑Brises
s'en vont... Toutes les écoles où ils sont assignés sont dans la
circonscription de Mille-Îles, plusieurs dans Duvernay notamment, un autre...
un autre quartier, un autre secteur de ma circonscription, et les commerces... Et
Val‑des‑Brises est... a vraiment plusieurs commerces de proximité. Alors, il n'y
a pas... Il y a... C'est faux que les gens vont naturellement vers Vimont, ça
n'existe pas. Alors j'aimerais vraiment, là, et je termine là-dessus, inviter
les commissaires à maintenir le secteur de Val‑des‑Brises dans la
circonscription de Mille-Îles.
Voilà. Alors, ça termine mon allocution et
je vous remercie à tous pour votre écoute.
Le Président (M. Lévesque,
Chauveau) : Merci beaucoup, Mme la députée de Mille-Îles. Maintenant,
je vais permettre à l'équipe du... de la commission de pouvoir intervenir et
réagir. Alors, je comprends que, Mme Gravel, vous souhaitez intervenir, je
vous cède la parole.
Mme Gravel (Édith) : Oui.
Bonjour, Mme la députée, juste pour bien comprendre votre propos, vous avez
bien expliqué le jeu de cascades, là, au moment des débuts des travaux de la
commission, c'était effectivement la circonscription de Chomedey qui présentait
une croissance importante, et avec les projections démographiques, laisse à
penser, là, que justement, il y aurait peut-être un écart à la moyenne
supérieure. Donc, évidemment, par la proximité, il y a ce jeu de cascades qui
se fait de Chomedey vers Laval‑des‑Rapides, vers Mille-Îles. Est-ce que je
comprends que le découpage qui est proposé dans le rapport préliminaire de la
commission convient ou vous le questionnez par rapport au fait que peut-être la
croissance est moins au rendez-vous qu'anticipé?
• (11 h 30) •
Mme Dufour : Non, au
contraire, je crois que la croissance va être bien plus grande que celle qui
est anticipée.
Mme Gravel (Édith) : D'accord.
Mme Dufour : Et pas...
Chomedey, en fait, ce qui arrive, c'est que... Et puis, là, je peux vraiment
bien parler parce que, là, je connais bien les zonages. Chomedey avait déjà un
zonage de grande densité, donc les permis, les demandes de permis pouvaient
continuer dans Chomedey. D'ailleurs, il y a plusieurs projets qui sont déjà en
construction, par exemple la... l'ancienne récréathèque, c'est un immense
projet qui est en construction présentement. Mais... Mais ce n'est pas le cas
dans Laval-des-Rapides, par exemple. Laval-des-Rapides va être appelé à se
densifier beaucoup plus, et il y avait besoin de la refonte des règlements
d'urbanisme pour que les projets puissent être déposés. Je pense notamment, là,
autour de la station Cartier, il y a... il y a une énorme refonte du... bien,
en fait, revitalisation du boulevard des Laurentides qui va se faire près de la
station. Il y a des milliers d'unités qui s'en viennent, c'est juste qu'au
moment...
11 h 30 (version révisée)
Mme Dufour : ...qui va se
faire près de la station. Il y a des milliers d'unités qui s'en viennent. C'est
juste qu'au moment que la commission a regardé les données, elle n'avait pas
ces demandes de permis là, parce que ce n'était pas possible de déposer les
demandes. Dans Mille-Îles, il y en a une, portion, que c'est aussi cette
situation-là. Par contre, il y a tout un secteur qui est en... qui va se
développer, comme je disais, c'est le secteur Val-des-Ruisseaux. Ça pourrait
venir plus vers la prochaine... Tu sais, je ne pense pas que, dans les
prochains quatre ans, ça va exploser, mais dans le prochain cycle, il faudra le
prendre en compte, parce que là ça pourrait vraiment amener, là, des... Tu
sais, on peut parler, certainement, de plus de 10 000 personnes, là,
qui... 10 000 unités, pardon, dans le secteur.
Donc, pensons au nombre d'électeurs, là, c'est
énorme. Mais c'est sûr que Mille-Îles, c'est quand même le comté le moins
populeux actuellement, donc je pense qu'il y a place à croissance de ce côté-là.
Mais Laval-des-Rapides, cet effet domino là va continuer, parce qu'il va
croître beaucoup plus que ce qui avait été... ce que je crois que les
projections que vous avez regardées vont réellement, là, donner.
Mme Gravel (Édith) : Parfait.
Merci pour les précisions.
Mme Dufour : Merci.
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) :
Est ce qu'il y a d'autres interventions auprès de... Non, il n'y a pas d'autre
intervention? Mme la députée de Mille-Îles, il vous reste quand même du temps.
Est-ce que vous souhaitez poursuivre un peu l'intervention? Il reste 8 min 48 s.
Mme Dufour : M. le Président,
je suis attendue dans une autre commission parlementaire, alors je ne les ferai
pas attendre indûment. Merci.
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) :
Bien, je vous remercie, à ce moment-là, puis de votre contribution à la
commission aujourd'hui. Merci de votre travail.
Alors, nous allons maintenant procéder à
la prochaine audition, et nous allons parler de la Capitale-Nationale. Et je
vais céder la parole à M. le député de Jean-Lesage. M. le député, vous avez
droit à un maximum de 20 minutes pour votre intervention.
M. Zanetti : Merci beaucoup, M.
le Président. Merci à vous, à la commission, d'être présent ici et de venir
nous entendre par rapport au redécoupage de cette carte. Il n'y a pas
énormément de changements dans la Capitale-Nationale. Cela dit, je vais avoir
quand même quelques commentaires à faire. Si je, disons, commence par ce que je
connais le mieux, la circonscription de Jean-Lesage, je mentionne que, bon, ses
frontières ne changent pas. Je pense que c'est une bonne chose. Quand on pense,
mettons, à la cohérence, mettons, des communautés, et tout ça, le grand
Limoilou doit rester ensemble, là. Lairet, Maizerets, Vieux-Limoilou,
Stadacona, tout ça, c'est comme une communauté vraiment séparée par, tu sais,
la rivière Saint-Charles, bordée par des autoroutes, puis ça fait que... Bon,
les autoroutes, c'est une autre affaire, là, mais, je veux dire, ça crée une
communauté où... qui est cohérente et... sociologiquement. Bon, c'est sûr que
ce qui est étonnant dans Jean-Lesage puis Montmorency, c'est le fait qu'on
coupe Beauport en deux, mais on le coupe à, probablement, la moins pire place,
là, la rivière. Donc, tu sais, d'un point de vue aussi du transport, des gens,
où est-ce qu'ils vont, les écoles, les bassins, là, tout ça, c'est... il y a
une cohérence, quand même, là-dedans, puis, bon, ça ne change pas. Alors, c'est
une bonne chose. Voilà.
Je remarque quand même, en regardant les
caractéristiques démographiques puis son évolution, que Jean-Lesage est comme
un peu en dessous de la moyenne des circonscriptions, avec 45 000 électeurs.
Mais ça, je veux dire quelque chose par rapport à ça, là, c'est une des
circonscriptions, à Québec, sinon celle où il y a le plus d'immigrants, ou
presque. En tout cas, il faudrait le vérifier, là, je n'ai pas les chiffres les
plus à jour, là, mais il y en a beaucoup, justement, dans Jean-Lesage, et ça
fait en sorte que... dont la charge de travail, pour un bureau de
circonscription, est élevée par ça, parce qu'évidemment on ne défend pas juste
des électeurs. Tout le monde qui a moins de 18 ans, on les défend pareil.
Les gens qui sont... qui ne sont pas encore citoyens, pas encore électeurs, on
les défend. Dans les cas de cas citoyens, là, je n'ai pas demandé à mon... à
mon équipe de me sortir les chiffres exacts du pourcentage, mettons, de cas citoyens
qui sont des cas d'immigration, mais c'est très élevé, là, c'est... Mettons, je
pourrais dire assez, de façon conservateur, que c'est le tiers, minimum, là, tu
sais, minimum.
Et en termes de nombre d'heures aussi,
quand on sait que c'est... les démarches d'immigration sont longues et
pénibles, hein, les dossiers restent ouverts longtemps. Donc, c'est quelque
chose dont il faut tenir compte, puis c'est quelque chose dont on a, plus
clairement, dans les quartiers centraux qu'ailleurs, parce que les immigrants ont
tendance à s'installer plus dans les quartiers densément peuplés de la
capitale. Donc, c'est quelque chose à tenir en compte quand on regarde le
découpage, je voulais le mentionner.
Sinon, j'aurais un commentaire sur... en
fait, le seul changement qui arrive dans la Capitale-Nationale... Bien, ce n'est
pas vrai, non, bien, il y a... c'est la circonscription de Vanier puis Portneuf,
La Peltrie, là, c'est... Mon intervention va porter particulièrement sur
la frontière Vanier-Les Rivières, La Peltrie, c'est sûr que Vanier-Les Rivières,
donc, il y a une augmentation de la population, tout ça, des applications qui
se construisent plus au sud de la circonscription. Puis je dirais que <d'un
point de vue...
M. Zanetti :
...
La Peltrie,
c'est sûr que
Vanier-Les Rivières, donc, il y a une augmentation de
la population, tout ça, des applications qui se construisent plus au sud de la
circonscription. Puis je dirais que >d'un point de vue... de la
cohérence des communautés sociologiques et puis des intérêts politiques à
défendre puis de, tu sais, les intérêts qui sont similaires puis le genre de
vécu puis de problèmes auxquels font face les gens, on dirait que c'est
vraiment quelque chose qui change du sud au nord, là, c'est-à-dire que plus on
est au sud, plus ça se ressemble; plus on est au nord, plus ça commence à être
différent.
Donc, dans un souci de garder des
communautés, disons, sociologiquement cohérentes, j'ai l'impression que le
quartier, là, qui est enlevé, il n'est peut-être pas celui qui a le plus de
sens, parce que, justement, Vanier, Duberger ont plus de cohérence, par
exemple, que Vanier et le nord de la circonscription. La perte d'une section,
par exemple, au nord du boulevard de l'Ormière... Non, pardon, pardon. C'est la
perte d'une section qui serait au nord... dans la section nord de l'avenue
Chauveau, par exemple, ça serait... ça aurait plus de sens. Évidemment, là, je
comprends qu'il n'est pas question, dans le redécoupage, de changer la
circonscription de Chauveau, mais peut-être que La Peltrie pourrait faire
un petit développement vers l'est. En tout cas, je vous envoie là des idées,
là. La principale préoccupation, c'est qu'est-ce qui est plus cohérent avec
Vanier, Duberger ou le nord? Puis la réponse, c'est Duberger. Ça fait que je soumets
cette réflexion.
Sinon, pour ce qui est de la
Capitale-Nationale, ça ressemble à ça. Je ferai quelques petites remarques,
peut-être plus, comme, nationales, là. En passant, évidemment, bien, bon, vous
l'avez vu dans les médias, là, tu sais, puis je comprends bien, je le mentionne
ici, mais, tu sais, je comprends que ce n'est pas de votre ressort le nombre de
circonscriptions. Vous travaillez avec des limites légales qui sont imposées
par la loi, décidées par les législateurs, mais je trouve ça toujours un peu
crève-coeur quand il s'agit de retirer des circonscriptions au Québec, parce
qu'on retire de la représentation et on pourrait, je pense, facilement éviter
ça en augmentant à 129 le nombre de circonscriptions. Je comprends que, pour la
commission, ça serait probablement difficile, parce qu'il faudrait comme
recommencer à zéro ce travail-là.
Mais, en même temps, entre ça puis faire
perdre la représentation politique ou avoir des circonscriptions en Gaspésie,
qui se parcourent en six heures de voiture, puis des élus municipaux qui vont
avoir de la misère à avoir leur rendez-vous avec leur député, parce qu'ils vont
être bien trop nombreux par député, je pense que c'est moins pire que la CRE,
disons, soit contrainte par la loi à revoir un redécoupage, ou, du moins, peut
être qu'il serait plus simple, en fait, on vous enlèverait des dilemmes. La
prochaine réflexion serait peut-être plus rapide parce qu'on dirait :
Bien, on n'enlève pas de circonscription, puis s'il y a vraiment besoin d'en
rajouter, là où il y a une augmentation de la population, on le fait peut-être.
Donc, voilà. Tu sais, ça n'a pas changé
depuis 1989. On a 2 millions de personnes de plus au Québec. On a,
comparativement au reste du monde, une démocratie quand même, vous permettrez
le terme, l'emprunt au grec ancien, «extra light» en termes de quantité d'élus
par population. Donc, je pense que c'est quelque chose qui mérite d'être
réfléchi, et ça, c'est l'essentiel. Ceci conclut l'essentiel des réflexions que
j'avais à vous partager.
• (11 h 40) •
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) :
Merci beaucoup, M. le député de Jean-Lesage. Alors, je vais permettre aux
membres de la CRE de pouvoir émettre certains commentaires s'ils le souhaitent.
M. Blanchet
(Jean-François) :M. le député, question
par rapport à Vanier-Les Rivières, justement, est-ce que ça vient du
milieu ou c'est votre... analyse? Est-ce que vous l'avez entendu sur le
terrain, quand même, ou aux confrères, ou...
M. Zanetti : C'est notre
analyse, et personne n'est venu nous dire... Je pense que c'est quand même
un... tu sais, au niveau comme micro comme ça, un petit changement de frontière.
Je pense que les gens ne sont pas au courant, honnêtement, là. C'est comme,
mettons, fusionner deux circonscriptions en Gaspésie, ça, c'est spectaculaire,
évidemment, tout le monde en parle, les gens le savent. Mais ce petit
changement là, bien honnêtement, on n'est pas allés solliciter non plus des
avis, mettons, de conseiller municipal ou, des choses comme ça, tu sais, ça
pourrait être intéressant de le faire, effectivement. Mais c'est plus notre
perception basée sur l'expérience du terrain, tu sais, à la fois en campagne
électorale, hors campagne électorale. C'est là qu'on voit un peu puis qu'on...
c'est notre perception, la perception des gens aussi de Québec qui sont
impliqués en politique puis qu'on a consultés.
M. Blanchet
(Jean-François) :Parce que, lors de
l'audience, à Québec, si je me rappelle bien, on n'a pas eu... je pense qu'il
n'y a personne qui est venu nous parler <de la Capitale-Nationale...
M. Blanchet
(Jean-François) :...à Québec, si je me
rappelle bien, on n'a pas eu... je pense qu'il n'y a personne qui est venu nous
parler >de la Capitale-Nationale. Je vous rappelle qu'il est toujours le
temps de... s'il y a des personnes, des élus qui veulent nous soumettre quand
même des recommandations ou des commentaires, ce serait apprécié avant que la
décision finale soit rendue. Donc..
M. Zanetti : Parfait. Je vais
transmettre le message.
M. Blanchet
(Jean-François) :C'est bon. Nous, ça nous
va. Donc...
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) :
Merci beaucoup. M. le député de Jean-Lesage, il vous reste quand même du
temps. Alors, si vous souhaitez ajouter, vous êtes le bienvenu.
M. Zanetti : Bien, je voulais
parler aussi de la Gaspésie, mais je pense que mon collègue va s'en occuper.
Alors, voilà. Merci.
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) :
Alors, merci beaucoup, M. le député de Jean-Lesage, pour votre contribution
à la commission. Très agréable. Alors, oui, je vous en prie, allez-y.
M. Zanetti : Finalement, il
me vient une idée de dernière minute.
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) :
Allez-y.
M. Zanetti : Merci pour votre
souplesse. Ce que je disais au sujet de la population, puis dans Jean-Lesage,
la présence d'immigrants, ce que ça donne aussi comme impact sur le bureau de
comté, puis les ressources du bureau de comté, je pense que c'est vrai aussi
pour la plupart des circonscriptions de Montréal, parce que, bon, il y a comme
projet d'en retirer une, alors. Puis je sais que vous êtes conscients de ça
aussi, là, tu sais, il y a le nombre d'électeurs, mais le nombre de personnes
qui sont là, puis on sert plus que les électeurs.
Donc, j'amène ça à votre réflexion aussi
pour les circonscriptions dans lesquelles, justement, il y a une grande
présence de non-électeurs, mais qui... que nous servons tout de même.
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) :
Merci beaucoup, M. le député Jean-Lesage. Alors, nous allons maintenant
poursuivre toujours avec la Capitale-Nationale. Alors, je vais céder la parole
à M. le député de Taschereau. Vous avez droit, M. le député de Taschereau, à 20 minutes,
maximum de 20 minutes. Alors, je vous cède la parole.
M. Grandmont : Parfait. Merci
beaucoup. Merci beaucoup, M. le Président. Bonjour, chers membres de la
commission. Merci de nous honorer de votre présence, puis de nous permettre
aussi d'intervenir comme parlementaires, comme représentants de la population.
Je pense que c'est important. J'ai quand même noté tantôt qu'effectivement il y
a des idées que mon collègue, là, dans Jean-Lesage, amenait, qui n'avaient pas
nécessairement été soulevées par la population lors de vos audiences publiques.
En même temps, il se permet de faire... d'être le relais pour ramener
l'information. Donc, je pense que c'est toujours opportun d'avoir... d'avoir
cette opportunité-là, comme parlementaires, représentants de la population, de
pouvoir vous rencontrer.
D'abord, je vais commencer... on va
commencer par petit puis élargir, si vous permettez. Je vais commencer par ma
circonscription, Taschereau, une circonscription, je pense que mes collègues
seront d'accord, c'est la plus belle circonscription au Québec, là, parce qu'on
y siège notamment, mais aussi parce qu'il y a le patrimoine mondial de l'UNESCO,
il y a les... Il y a de l'histoire, il y a de la culture, il y a beaucoup
d'enjeux aussi évidemment, des enjeux sociaux, des enjeux de logement. Mais ça
demeure quand même une circonscription où, je dirais, il y a... il y a une
certaine forme d'unité. Moi, c'est ce que j'apprécie de cette... de ce
découpage-là actuellement. On est dans les... on est dans quelque chose qui
représente un peu la vieille ville de Québec, les premiers quartiers de Québec.
Bon, il y a tout le Vieux-Québec, il y a Cap-Blanc, le Vieux-Québec
intra-muros, Saint-Roch, Saint-Sauveur, Saint-Jean-Baptiste, Montcalm, et une
partie, là, de Saint-Sacrement.
Il y a une communauté naturelle qui s'y
trouve, dans le fond, avec des enjeux qui sont assez uniformes, homogènes en
termes de ce que la population vit. Donc, moi, je pense que c'est une
délimitation de circonscription qui vaut la peine de conserver, parce qu'on la
sent, cette unité-là. Et évidemment, là, toutes sortes de types de revenus,
toutes sortes... c'est un centre-ville, hein, de Québec, donc c'est normal
qu'on se trouve un peu dans ce genre de situation là. Mais il y a... ça forme
un ensemble, une unité où il y a de la cohérence, donc, je trouve que c'est
intéressant.
Je ne m'étendrai pas trop sur la carte, en
général, pour la région de la Capitale-Nationale, mon collègue en a fait part
un peu. Il y a une petite modification qui m'apparaît, somme toute, mineure, une
correction, en fait, qui me semble adéquate aussi, là, au vu, là, du
développement de la population et l'augmentation de la population dans Vanier-Les Rivières.
Mais, disons, de manière générale, là, pour ce qui est de la
Capitale-Nationale, je ne vois pas trop d'enjeux ni pour ma circonscription.
Maintenant, j'aimerais aller sur la suite,
en fait, la représentation de la population. Pour moi, mon intervention, elle
se base sur deux principes, d'abord, le premier, c'est la question du nombre de
députés, et puis aussi la question, là, de la quantité de population totale au
sein d'une circonscription et pas seulement le nombre d'électeurs et
d'électrices. Je pense que c'est quelque chose dont on a... on vous a
certainement beaucoup entretenu, là. Évidemment, chaque fois que la carte
électorale est révisée, bien, ça amène son lot, là, de drames. C'est un exercice
difficile que vous avez amené, évidemment, en même temps, c'est normal aussi de
voir à l'amélioration de la carte électorale, parce que la population, ce n'est
pas quelque chose de statique. Le développement des communautés... c'est un
événement assez vivant, dans le fond, c'est organique, et il faut évidemment
s'assurer que chaque élu soit en mesure de représenter une population, mais
aussi... Ce <qu'on espère toujours...
M. Grandmont :
...c'est
un événement assez vivant, dans le fond, c'est organique, et il faut évidemment
s'assurer que chaque élu soit en mesure de représenter une population, mais
aussi... Ce >qu'on espère toujours aussi, c'est que les citoyens, qu'ils
soient électeurs ou non, soient en mesure d'être bien représentés par la
population.
Et donc, dans la révision qui est proposée
actuellement, bien, la région de Montréal perd une circonscription et la
Gaspésie également, alors qu'à l'inverse, bien, le Centre-du-Québec, notamment
Drummondville, les Laurentides, Saint-Jérôme, se voit octroyer des comtés
supplémentaires, alors que la Gaspésie, en fait, a vu sa population augmenter,
moins rapidement qu'ailleurs au Québec, mais sa population a augmenté quand
même. Alors, c'est un peu étrange de voir qu'on lui retire une circonscription,
alors que sa population continue d'augmenter. À Montréal, la population a
augmenté, elle, grandement, bien que ça ne soit pas le nombre d'électeurs qui
vient d'augmenter, c'est... le nombre d'électeurs a diminué, mais la population
augmente.
Mon collègue tantôt a parlé d'un peu...
là, le travail qui est fait dans chacun de nos bureaux de circonscription. Des
cas citoyens, on en a plusieurs. C'est la grande découverte de mon rôle de
parlementaire, c'est de voir combien on est... on est sollicités. Puis je vous
dirais que mon bureau, là, est formé... j'ai pu embaucher toute mon équipe, là,
il y a à peu près un an, en fait, au mois de février, on s'est installés dans
nos nouveaux locaux. J'avais mon équipe, trois attachés politiques, et on a,
depuis ce temps-là, eu 136 demandes pour des cas citoyens, donc des gens
qui nous contactent, qui ont des enjeux de logement, de... des enjeux liés à la
pauvreté, des enjeux liés à l'immigration, à la RAMQ, énormément de ce genre de
cas là. Puis, dans les faits, tantôt mon collègue a glissé un tiers... a estimé
à un tiers, mais c'est à peu près ça. J'ai demandé à mon équipe aussi, là, sur
les 136 cas, il y en a eu 52 qui étaient, de fait, de personnes ou de
groupes de personnes, là, de ménages qui n'avaient pas le droit de vote. Donc,
52 cas citoyens sur 136, et ça, c'est depuis seulement un an.
Donc, je vous laisse imaginer au fur et à
mesure que mon bureau va être de plus en plus connu. On remarque qu'il y a une
augmentation du nombre de personnes ou de groupes qui viennent nous voir, parce
qu'ils apprennent que, finalement, je suis disponible. Puis on essaie de régler
les enjeux pour eux, en tout cas, on les accompagne ou on les réfère. Mais vous
voyez qu'en une seule année d'un premier mandat, 36 % des cas, donc, 52
sur 136, sont le cas de personnes qui sont... qui n'ont pas le droit de vote.
Et ça, ça représente un immense travail pour nos bureaux de circonscription. On
se doit... Nous, en tout cas, on se donne l'obligation de répondre. Évidemment,
on ne répond pas juste aux gens qui ont le droit de vote, on répond à tout le
monde qui est sur le territoire de notre circonscription, et ça représente
quand même un travail énorme.
Donc, je serais très curieux, moi, de
voir, du côté de Montréal, ce que ça pourrait avoir comme effet de retirer une
circonscription, parce que l'immigration est fortement implantée. Et il y en a
de plus en plus, des gens qui s'installent, qui arrivent de l'extérieur, qui
s'installent sans droit de vote. Ils sont en attente de l'avoir, ils sont
temporaires, peu importe le statut, mais ça va avoir un impact aussi sur la
capacité des équipes de circonscription de répondre à ces besoins-là, et ils
sont nombreux, ils sont vraiment nombreux. Donc, moi, je vous invite vraiment à
se questionner, à vous questionner sur la... sur le fait de retirer des
circonscriptions, notamment à Montréal, parce que c'est un enjeu qui risque
d'être très majeur. Puis une des solutions qui pourrait aider finalement à
atteindre l'objectif d'une bonne représentativité, bien, c'est la question du
nombre... du nombre d'élus, en fait, qui sont... qui siègent à l'Assemblée
nationale. Évidemment, ce n'est pas de votre ressort. Je comprends que vous
êtes en train de faire votre travail.
Si on allait pour une refonte de la Loi
sur l'Assemblée nationale, c'est ça, je pense, hein, et donc qui... et on
augmentait le nombre d'élus, bien, ça vous obligerait à peut-être revoir votre
travail. Mais je suis sûr que vous êtes capables d'agir avec diligence si
jamais nos collègues du Parlement acceptaient de revoir cette loi-là et de
revoir le nombre d'élus qui nous représentent... qui représentent la population
à l'Assemblée nationale, d'autant plus qu'avec les travaux qui sont attendus à
l'Assemblée nationale en 2026, le salon bleu pourra... pourrait accueillir
129 députés.
• (11 h 50) •
On le sait, là, le nouvel aménagement en
fer à cheval qui a été accepté, voté, et l'agrandissement qui sera... qui en
découlera, dans le fond, permettrait d'ajouter des pupitres, et on pourrait
avoir quatre nouveaux élus à l'Assemblée nationale. Puis c'est le fun de voir,
moi, je... on nous a donné, là, des statistiques qui sont quand même
intéressantes. Bon, je sais que certains aiment bien se comparer à l'Ontario, puis
que, bon, le nombre d'électeurs... de personnes élues, de députés, par exemple,
est à 124, pour une population qui est beaucoup plus grande. Mais, si on
regarde par rapport à d'autres États, bien, le Québec, le Québec fait pâle
figure, là. Au Québec, on est 125 parlementaires pour une population de
9 millions, c'est à peu près, là, 65, 66 électeurs... population,
pardon, et donc personnes par parlementaire. En Autriche, on est plus à
33 000; en Finlande, on est plus à 26 000; en Nouvelle-Zélande, à
36 000. Donc, on est pas mal tout le temps <deux fois plus...
M. Grandmont :
...électeurs...
population, pardon, et donc personnes par parlementaire. En Autriche, on est
plus à 33 000; en Finlande, on est plus à 26 000; en
Nouvelle-Zélande, à 36 000. Donc, on est pas mal tout le temps >deux
fois plus de personnes par circonscription qu'au Québec. En Suède, c'est 27 000;
en Suisse, c'est 32 000; même aux États-Unis, là, au Minnesota, c'est 28 300;
puis, au Massachusetts, 35 000.
Comme l'a dit mon collègue tantôt, ça fait
depuis les années 90, à peu près, là, qu'on n'a pas révisé le nombre
d'élus à l'Assemblée nationale. On est 125, la population a quand même... est
quand même passée de 6,8 millions à 9 millions d'habitants. Si on
avait suivi, là, cette espèce d'inflation démographique là, bien, on aurait 158 députés...
à l'Assemblée nationale. Il faudrait un réaménagement substantiel des deux
chambres pour arriver à loger tout ce monde-là. Mais tout ça pour dire qu'on a
accumulé, à travers le temps, un certain retard en termes de capacité à
représenter les citoyens de nos circonscriptions, parce qu'on a plus de monde,
tout simplement.
Donc, moi, je pense que c'est une...
Évidemment, ça dépasse votre mandat, mais vous comprenez que, pour nous, c'est
extrêmement important et ça permettrait de résoudre aussi des enjeux comme
celui de devoir éventuellement couper des circonscriptions, alors que les
besoins sont très présents. Mais, comme je vous le disais tantôt, le principe
aussi, c'est vraiment de s'assurer que le découpage des circonscriptions
reflète non pas seulement le nombre d'électeurs, mais le nombre total de
population, de personnes qui y sont présentes, parce que ce n'est pas moins de
travail, en fait, pour les élus. Vous savez, les trois rôles que nous avons,
là, législateur, surveillant de l'action gouvernementale, mais aussi
représenter notre monde dans notre circonscription. Si on est appelé à avoir
davantage de monde dans les circonscriptions, causé par un redécoupage qui
n'aurait pas été, disons, enligné sur les bonnes bases, je ne pense pas qu'on
rende service à personne, ni à la fois à la population, ni à la fois aux élus
qui vont devoir conjuguer avec ça. Donc, c'est très important.
Maintenant, puisqu'il me reste encore du
temps, je vais me permettre d'aller sur la Gaspésie, puisque mon collègue a
déjà annoncé, là, que j'en parlerais. Comme je l'ai dit tantôt, là, d'abord, la
Gaspésie a vu son nombre de... sa population augmenter, dans les dernières
années, là. Elle a crû, elle a augmenté, moins rapidement qu'ailleurs au Québec,
mais elle a quand même augmenté, là. On pourrait même s'attendre à ce qu'elle
augmente encore. Le télétravail pourrait amener davantage de personnes à se
déplacer. Il y a peut-être une nouvelle forme d'économie qui va se développer
aussi à travers la possibilité que nous offre la technique, là. S'il y a un
élément positif à la pandémie, c'est bien celui-là, c'est que ça va nous
permettre à travailler à distance, puis peut-être aussi de recommencer à
repeupler, en fait, nos régions qui ont souffert d'un exode rural très
important, donc.
Mais j'aimerais vous amener sur des enjeux
aussi qui découlent, en fait, de la proposition de révision de la carte électorale.
D'abord, fusionner Gaspé et Bonaventure, ça veut dire... bien, d'abord, en
passant de trois à deux députés, ça veut dire 33 % moins de représentation
à l'Assemblée nationale, ce qui est un peu incohérent avec le fait que,
finalement, la population a quand même augmenté. Donc, la population augmente,
puis ils voient la proportion ou la représentativité qu'ils ont à l'Assemblée
nationale diminuer. Un autre élément aussi, c'est que la circonscription... tu
sais, une circonscription qui ferait 450 kilomètres de long, ça m'apparaît
humainement difficile de bien la couvrir. Moi, j'ai la chance d'être dans une
circonscription urbaine. Ma campagne électorale, je l'ai entièrement faite sur
le... en utilisant le service de vélo partage de la ville de Québec, là, les
vélos électriques. J'ai fait toute ma campagne électorale à pied et en vélo.
C'est exceptionnel, ce n'est pas tout le monde qui a la chance de faire ça.
C'était le moyen le plus rapide, ça ne me coûtait même pas cher, en plus. Mais
là on est complètement dans un autre extrême, là, 450 kilomètres de long,
ça veut dire une circonscription qui aurait la taille... qui impliquerait des
déplacements qui équivaut à Québec jusqu'à Gatineau. Comment voulez-vous qu'une
personne arrive à bien faire son travail si elle doit représenter des gens sur
une aussi... sur un aussi grand territoire? J'ai de la misère à me l'expliquer.
Puis évidemment, ça, c'est en ligne
droite, parce que ça, c'est si on suit la 132, parce que c'est sans compter
qu'il faut aussi... Ce n'est pas une ligne, une circonscription, là, c'est un
territoire, c'est une surface. Donc, évidemment, il reste Murdochville, tout
l'arrière-pays aussi à couvrir. Donc, humainement, c'est difficile, puis donc c'est
se priver ou c'est priver aussi la population, les citoyens de la présence de
leur élu, puis de pouvoir faire leur travail aussi. Couvrir un territoire qui
regroupe quatre MRC, c'est ça que ça veut dire aussi, là, pour certaines
circonscriptions, c'est 35 municipalités, dont Gaspé et Percé, qui sont
d'immenses territoires, elles-mêmes, des territoires fusionnés, quatre
territoires non organisés, trois communautés autochtones. Ça, ça fait autant de
vis-à-vis aussi que la personne élue a à rencontrer puis dont la personne <a
à porter...
M. Grandmont :
...des
territoires fusionnés, quatre territoires non organisés, trois communautés
autochtones. Ça, ça fait autant de vis-à-vis aussi que la personne élue a à
rencontrer puis dont la personne >a à porter des messages aussi. On agit
comme courroie de transmission. On est les représentants. Ça veut dire aussi
autant de préfets, de préfètes, de maires, de mairesses que cette personne-là
doit rencontrer pour porter les messages. Ça complique vraiment beaucoup son
travail.
Accepter de fusionner cette gigantesque
circonscription là, c'est accepter de mettre des obstacles considérables pour
les femmes aussi qui voudraient se présenter en politique, qui veulent
concilier la famille et la politique. C'est vrai pour de plus en plus d'hommes,
mais, malheureusement, on n'est pas encore rendu à parité là-dessus. C'est
beaucoup plus les femmes qui s'occupent de la gestion familiale, et c'est un
frein à la présence des femmes en politique aussi. Alors, vous imaginez combien
ça peut être difficile de conjuguer la vie familiale, la vie personnelle, avec
un travail qui est aussi demandant. Il y en a qui vont le faire, mais c'est un
frein. On ne peut pas... On ne peut pas nier que ça va être un.
Les députés en région ne représentent pas
juste des électeurs ou une population, ils représentent aussi un territoire,
donc, des enjeux relatifs au territoire, la forêt, l'agriculture, les pêches,
les mines, les montagnes, ça ajoute une couche de complexité. Je pense que,
là-dessus, tu sais, chaque circonscription vient avec son lot d'enjeux, mais
juste ne pas... ne pas oublier que même dans des circonscriptions régionales,
il n'y a rien d'uniforme, là. Il y a beaucoup de territoires à couvrir
également, beaucoup de types d'entreprises à couvrir également. Et donc c'est
pour ça qu'on pense que c'est une tâche qui est titanesque pour une seule
personne puis ce sera un recul pour la population, puis aussi pour les acteurs,
les organismes locaux qui... pour qui l'accès au député va être, tu sais,
considérablement compliqué si on retirait une circonscription en Gaspésie.
Donc, voilà. Moi, j'ai envie de, peut
être, de vous... Bien, je n'ai pas... C'est peut-être que... En fait, je vais
terminer là. Je vais vous laisser me poser des questions si vous le voulez bien,
puis j'en aurais peut-être d'autres après, si on n'a pas couvert, en fait, certains
éléments.
Le Président (M. Lévesque,
Chauveau) : Merci beaucoup, M. le député de Taschereau. Alors,
effectivement, il reste 4 min 30 s Je vais céder la parole aux
membres de la CRE qui souhaitent réagir à votre propos.
M. Blanchet
(Jean-François) :M. le député, on vous
a... on vous a entendu. On a entendu de vos confrères. On sait qu'on va
entendre de vos confrères cet après-midi aussi. On est sensibles quand même à
ce que vous dites par rapport aux régions. Mais ça reste quand même, quand on
regarde le poids du vote des électeurs, il y a quand même une très grande
différence. Quand même, on est à moins 40 % en Gaspésie. Donc, c'est
difficile d'aller dire aux gens de Lanaudière, Laurentides, Lanaudière, qui
sont plus 95 000 personnes quand même, qu'on ne fera rien, donc. Je
comprends que vous comprenez qu'est-ce qu'on a à faire, mais on est très
sensibles quand même à ce que vous dites. Mais on n'a pas de question
supplémentaire.
M. Grandmont : Est-ce
que... Je vous ai dit tantôt, là, que ça pouvait être un frein à la fois à la
représentativité, mais aussi à la participation des femmes à la démocratie, en
fait, à se lancer en politique, finalement, là. Est-ce que vous... est-ce que
vous prenez en compte également le fait que le fait de fusionner des
circonscriptions en Gaspésie pourrait être un frein aussi à la participation
des femmes en politique?
• (12 heures) •
M. Blanchet
(Jean-François) :On n'a pas fait d'études
spécifiquement là-dessus, parce qu'il ne faut pas oublier qu'il y a quand même,
même avec la fusion de Gaspé et Bonaventure, ça reste que la circonscription va
être la 11e plus grande au Québec. Donc, il y en a quand même 10 qui sont
plus grandes, qu'il faut se poser la question : Est-ce qu'ils ont la même
difficulté aussi d'avoir des femmes pour les représenter? C'est sûr que ce
n'est pas un critère qu'on prend systématiquement en compte, là. On marche avec
les données et avec, quand même, la démographie puis le nombre d'électeurs.
Vous apportez un point, mais qui est considéré quand on parle de quand même une
communauté naturelle ou tout autre aspect qu'on peut évaluer, mais c'est... je
pense, c'est la première fois. Merci de nous l'apporter comme... Je pense,
c'est... Vous êtes le premier à le faire quand même.
M. Grandmont : Si je
peux me permettre, j'ai l'impression que vous ne faites pas d'analyse
différenciée selon les sexes, donc, je comprends, dans le processus de révision
de la carte électorale.
M. Blanchet
(Jean-François) :Non, pas
systématiquement, parce que, nous, on traite le nombre d'électeurs. C'est le
poids du vote des électeurs.
M. Grandmont : Oui, oui,
oui.
M. Blanchet
(Jean-François) :Donc, ce n'est pas le...
On ne travaille pas sur le député qui va représenter ces électeurs-là.
M. Grandmont : ...deux
choses, là. D'abord, vous dites, vous fonctionnez avec les électeurs, mais
c'est aussi, selon la loi, vous avez aussi la population. C'est aussi un des
critères.
M. Blanchet
(Jean-François) :C'est-à-dire que c'est
un des critères qu'on peut tenir compte, oui.
M. Grandmont : OK, mais
j'espère que vous allez en tenir compte, d'une part. Mais disons que je vous
invite vraiment à intégrer ça dans... à voir si c'est possible maintenant ou
pour le prochain processus, mais intégrer une analyse différenciée selon les
sexes...
12 h (version révisée)
M. Grandmont : ...Bien, j'espère
que vous allez en tenir compte, d'une part. Puis sinon, bien, je vous invite
vraiment à intégrer ça dans... dans... à voir si c'est possible maintenant ou
pour le prochain processus, mais intégrer une analyse différenciée selon les
sexes dans la capacité puis le travail aussi des élus à travers ça. Moi, je
pense que ce serait une perspective vraiment intéressante à faire, parce que c'est
tout la... toute la capacité que ces élus-là auront de bien représenter puis c'est
l'accès aux politiques, pour les citoyens et citoyennes aussi. Ça fait que,
pour moi, c'est quelque chose qui doit faire partie, évidemment, du processus
de révision de la carte.
M. Blanchet
(Jean-François) :Oui. Vous comprendrez
quand même que ce n'est pas... ce n'est pas évident, quand même. Parce qu'où
est-ce que ça commence? Où est-ce que ça s'arrête? Quel genre de
circonscription...
M. Grandmont : ...
M. Blanchet
(Jean-François) :Je le sais, c'est ça.
M. Grandmont : ...balisé,
mais moi, je vous invite vraiment à cheminer là-dessus parce que c'est majeur,
ça peut changer vraiment beaucoup, puis notre démocratie peut en souffrir
également, aussi, tout comme les femmes peuvent voir des difficultés à pouvoir
se lancer en politique avec ça.
M. Blanchet
(Jean-François) :Parfait.
M. Grandmont : J'arrêterai là-dessus.
Merci beaucoup.
M. Blanchet
(Jean-François) :Merci beaucoup.
Le Président (M. Lévesque,
Chauveau) : Alors, merci beaucoup, M. le député de Taschereau, pour
votre intervention et votre contribution à la commission. Alors, nous allons
maintenant procéder à la prochaine audition, nous allons parler de la région
Centre-du-Québec, et je vais céder la parole, pour un maximum de 20 minutes,
à M. le député d'Arthabaska.
M. Lefebvre : Merci beaucoup,
M. le Président. M. le directeur général, Mme et M. les commissaires, collègues
de la banquette gouvernementale, des oppositions, les employés de l'Assemblée
nationale qui sont là, bonjour à tous. Merci, M. le Président, de m'accueillir
dans cette commission. Merci à vous de prendre le temps de nous écouter. Il y a
deux sujets que je veux aborder aujourd'hui avec vous : un que vous ne serez
pas surpris, assurément, le nom de la circonscription d'Arthabaska-L'Érable, et
je veux vous parler également de la municipalité de Saint-Louis-de-Blandford
qui m'a fait parvenir un mémoire, mais également, par la bande, de la
municipalité également de Saint-Rosaire.
Je sais que ça va être un petit peu redondant
pour vous, mais pour moi, c'est important également de le partager du côté des
collègues également.
J'ai eu le privilège de faire une campagne
électorale, en 2016, une élection partielle, et lorsque je faisais le porte-à-porte
du côté de l'Érable, principalement à l'extrémité du comté, qu'on parle de Lyster,
Inverness, tout ça, les gens disaient : M. Lefebvre, on vous arrête
tout de suite, on n'est pas en élection, nous, ici. Il dit : Vous, c'est...
le comté qui est dans l'élection, c'est le comté d'Arthabaska. Bien, je disais :
Vous faites partie du comté d'Arthabaska.
Et pour les collègues, le comté d'Arthabaska,
actuellement, a 17 municipalités, six de la MRC d'Arthabaska, que j'ai le
privilège de partager avec mon collègue de Drummond—Bois-Francs, et l'ensemble
des 11 municipalités de la MRC de l'Érable. Donc, toute la MRC de l'Érable
fait partie de mon comté. Et Plessisville, qui est la ville centre du comté d'Arthabaska-l'Érable,
est reconnue comme la capitale mondiale de l'érable, alors c'est quand même un
signal important de la connotation de l'érable dans notre... dans notre
collectivité. Et également la réserve mondiale de sirop d'érable est du côté de
Plessisville, Citadelle est à Plessisville. Donc, il y a un point fort, les
gens sont très attachés, un, à cette acériculture-là, mais également au nom de
l'Érable. Et je pense qu'au niveau de la représentativité de l'ensemble des
citoyens, ce serait un geste important.
Et, en tout respect, je dois vous avouer
que, depuis 2016, puis même dans mon allocution, vous voyez, j'ai de la
difficulté à utiliser seulement qu'«Arthabaska», j'utilise déjà le nom Arthabaska-L'Érable
au niveau de... de ma circonscription. Et il n'y a pas plus tard que deux
semaines, là, je viens de le faire sortir, on a une séance historique, à
Plessisville, on a eu la fusion de Plessisville et de Plessisville paroisse,
une fusion volontaire de deux municipalités, ça a été un geste historique, et
on en est bien fiers, les deux municipalités vont unir leurs forces. Et dans
le... dans le reportage du journaliste, le journaliste cite : «Le député d'Arthabaska-l'Érable,
comme il... — là il met entre parenthèses — comme il se
plaît à dire, Eric Lefebvre, a profité de cette soirée pour...» Alors, vous
voyez déjà que, chez nous, c'est bien ancré.
Je vous l'avais dit lors de ma
présentation, la dernière fois, si vous venez à la... au Panthéon de la
performance, chez nous, de la chambre de <commerce...
M. Lefebvre :
... si
vous venez à la... au Panthéon de la performance, chez nous, de la chambre de >commerce,
où on honore nos entrepreneurs, lorsqu'on va me présenter en avant, on va
présenter Eric Lefebvre, député d'Arthabaska-L'Érable. Chez nous, c'est déjà
ancré, c'est déjà reconnu et reconnu. Les 17 municipalités m'ont fait des
résolutions unanimes de leur appui au changement du nom de circonscription,
autant les villes de la MRC d'Arthabaska que les villes, assurément, de la MRC
de L'Érable. La MRC d'Arthabaska, comme regroupement, a également fait une
résolution unanime d'appui au changement de nom de circonscription. La MRC de
L'Érable, assurément, a également fait une résolution unanime du côté du
changement de nom de circonscription. Et la Chambre de commerce des Bois-Francs
de L'Érable a également fait une résolution d'appui.
Alors, c'est un dossier qui me tient à
cœur depuis 2016, vous... vous le savez, les collègues également. Puis je veux
juste citer quelques exemples d'organisations, chez nous, qui utilisent déjà le
nom d'Arthabaska-L'Érable. Alors, je vous donne, comme, par exemple, le Centre
de prévention suicide Arthabaska-L'Érable, l'ancien CSSS, centre de santé et de
services sociaux Arthabaska-L'Érable, projet Arthabaska-L'Érable en forme, syndicat
de la santé et services sociaux Arthabaska-L'Érable, SADC Arthabaska-L'Érable, parc
en jeux Arthabaska-L'Érable, centre de gestion administrative, poste de la Sûreté
du Québec Arthabaska-Érable, Comité enfance jeunesse famille
Arthabaska-L'Érable, Association des proches aidants Arthabaska-L'Érable. Et je
pourrais continuer comme ça de façon importante.
Et je me rappelle, à l'époque, parce que,
vous le savez, ce n'est pas... j'avais déposé un projet de loi privé du député
pour le changement de nom de circonscription. Et, quand j'avais fait mon
plaidoyer en Chambre, là, maintenant, je peux le nommer parce qu'il n'est plus
député, mais, mon ami Gaétan Barrette, on s'était croisés dans l'ascenseur,
puis là j'avais dit tous les exemples d'Arthabaska-L'Érable, et Gaétan m'avait
dit : Bien là, Eric, avec tous les exemples que tu viens de nous donner,
là, il dit, je pense qu'il y a un lien naturel avec Arthabaska-L'Érable.
Alors, pour ce dossier-là, je ne veux pas
prendre plus de votre temps, mais ce n'est pas parce que je ne prends pas plus
de temps que ça ne me tient pas vraiment à cœur au niveau de la
représentativité de mes citoyens et des citoyennes, l'esprit d'appartenance des
citoyens d'Arthabaska-L'Érable. Et, comme je vous dis, c'est vraiment une
question de... technique, parce qu'au niveau de la population, là, depuis déjà
six ans que les gens utilisent le nom d'Arthabaska-L'Érable.
Alors, le deuxième volet que je veux vous
parler, c'est au niveau des municipalités qui quitteraient pour le comté de
Nicolet-Bécancour, deux municipalités : Saint-Louis-de-Blandford et
Saint-Rosaire. Je vais vous partager un mémoire de la municipalité de
Saint-Louis-de-Blandford, mais je vous dirais que les enjeux que
Saint-Louis-de-Blandford nous apporte aujourd'hui sont sensiblement les mêmes
arguments pour Saint Rosaire, alors vous comprendrez que je ne veux pas
dédoubler. Alors, si vous... M. le Président, juste, là, au niveau du temps...
Le Président (M. Lévesque,
Chauveau) : Il vous reste 13 minutes, M. le député.
• (12 h 10) •
M. Lefebvre : 13 minutes.
Bon, ça va bien, ça va bien. Alors, on y va comme suit. M. le Président, Mme et
M. les commissaires, la révision des découpages de circonscriptions électorales
est un processus complexe, exigeant une analyse approfondie des aspects
logistiques, administratifs, de continuité territoriale et de l'attachement des
citoyens à leur territoire. Ce mémoire se consacrera sur l'importance de
préserver l'intégration de la municipalité de Saint-Louis-de-Blandford au sein
de la circonscription d'Arthabaska — permettez-moi d'ajouter : L'Érable.
Nous mettons en évidence des arguments solidement fondés sur la rationalité
administrative, le maintien de la cohérence territoriale et le renforcement du
sentiment d'appartenance des collectivités locales.
Saint-Louis-de-Blandford a été fondée en
1825, donc va fêter son 200e anniversaire l'an prochain, et il faut savoir
qu'elle est fondatrice de la MRC d'Arthabaska, dans la circonscription
d'Arthabaska, une municipalité de 1 186 habitants et fière capitale
mondiale de la canneberge. Et là j'en profite pour faire une parenthèse. Parce
qu'on est tous chauvins de nos circonscriptions, on est tous d'accord avec ça.
Quand je vous disais que Plessisville est la capitale mondiale de l'érable, Saint-Louis-de-Blandford
est la capitale mondiale de la canneberge, et il y a 80 % de la canneberge
biologique au monde <qui est faite dans la...
M. Lefebvre :
...
mondiale de la canneberge, et il y a 80 % de la canneberge biologique au
monde >qui est faite dans la... dans le comté, à
Saint-Louis-de-Blanford, particulièrement. Alors, c'est vraiment un point fort
à Saint-Louis-de-Blanford. Je tenais à faire la petite parenthèse.
Géographiquement, Saint-Louis-de-Blandford
est à 15 kilomètres au nord-est de Daveluyville, dans le canton de
Blandford, fondé en 1823, mais est à 24 kilomètres de Victoriaville. Et,
au niveau de la continuité territoriale et la cohérence, bien, avec la venue de
la filière batterie au parc industriel de Bécancour, on le sait qu'il va y
avoir beaucoup de nouveaux emplois qui vont être créés, on en est bien fiers,
filière batterie, la vision du futur du développement économique du Québec,
mais ça va amener déjà, on le sait, d'ici quelques années, beaucoup de nouveaux
habitants dans le comté de Nicolet-Bécancour.
Alors, sur le plan politique,
administratif, communautaire, notre communauté de Saint-Louis-de-Blandford fait
principalement affaire, naturellement, avec la MRC d'Arthabaska, qui délègue
ses services d'évaluation foncière, travaille en étroite collaboration avec les
chargés de projet de la MRC d'Arthabaska pour le développement économique,
social, touristique et la gestion de ses cours d'eau. Alors, toute la partie de
travail de la municipalité de Saint-Louis-de-Blandford, Saint-Rosaire également
par la bande, travaille déjà en étroite collaboration avec la MRC d'Arthabaska.
Donc, il y a un lien qui est là, qui est naturel. Et les citoyens, comme je
vous le disais, là, on est à 24 kilomètres de Victoriaville... les citoyens
se déplacent naturellement du côté de Victoriaville, dans la circonscription
d'Arthabaska-L'Érable. Et là ce n'est pas moi qui le dis, c'est dans leur
mémoire, eux-mêmes ont souligné le nom d'Arthabaska-L'Érable et qu'ils disent
souhaiter de recevoir les services de leur député, Eric Lefebvre. Ils n'ont pas
dit qu'il était bon, tout ça, je ne veux pas rien ajouter, là, mais je pense
que... je pense qu'ils m'apprécient.
Du point de vue purement administratif, il
est essentiel de noter que la municipalité de Saint-Louis-de-Blandford fait
partie de la même municipalité que la circonscription d'Arthabaska depuis 200 ans.
Les municipalités au sein de la MRC partagent des enjeux, je le disais tantôt,
des intérêts communs, développement économique, aménagement du territoire,
gestion des services publics. Saint-Louis-de-Blandford... soit déjà intégrée
dans cette structure administrative là crée une cohérence naturelle qui
facilite la gestion des affaires locales et régionales.
Les élus locaux, les citoyens ont développé
des relations et des mécanismes de travail en commun, qui est essentiel pour
une prise de décision efficace et efficiente. Alors, pour eux, tout changement
dans cette configuration administrative pourrait entraîner, là, une
désorganisation et des complications qu'ils jugent inutiles. Pour eux, cette
continuité territoriale est importante pour garantir une représentation
efficace des intérêts locaux et régionaux ici, au sein de l'Assemblée
nationale. Ça se traduirait par des divergences notables en ce qui concerne la
préfecture, développement territorial, schéma d'aménagement, impact sur la
municipalité, aspect de logement social, incohérences et préjudices au niveau
de l'efficacité des politiques régionales, puisque le député en charge de notre
municipalité serait d'une circonscription d'une autre MRC.
Et il faut comprendre que, je le répète,
mais avec le développement de la filière batterie du côté de Nicolet-Bécancour,
bien là, on a une réalité, présentement, autant au niveau du logement, des
écoles, des soins de services de santé, garderies, et tout ça, qui est... qui
est... qui est bien propre à ce développement-là, mais qui a quand même un
impact, là, sur l'ensemble, là, de la... du centre du Québec. On a d'ailleurs...
le gouvernement, octroyé un montant d'argent important pour que les cinq MRC au
Centre-du-Québec puissent se développer... d'un plan de match pour la suite des
choses. Parce que, l'objectif, en créant plusieurs milliers d'emplois du côté
de Nicolet-Bécancour, il ne faut pas, comme on dit, déshabiller Paul pour
habiller Jean, donc il faut s'assurer de bien prévoir cette arrivée massive de
nouveaux emplois et de nouveaux besoins, mais qui est quand même spécifique à
Nicolet-Bécancour.
Alors, on revient au sentiment
d'appartenance des citoyens à leur circonscription, qui est un élément non
négligeable. Les municipalités de la circonscription d'Arthabaska ont une
histoire commune au sein de la MRC pour laquelle, on le répète,
Saint-Louis-de-Blandford est fondatrice depuis 200 ans. Les citoyens,
citoyennes partagent des valeurs, des préoccupations et des projets qui les
unissent. Tout changement dans la composition de la circonscription pourrait
perturber ce sentiment d'appartenance là. Et, au niveau de la cohésion, la
stabilité de la circonscription d'Arthabaska sont essentielles pour maintenir
un <engagement...
M. Lefebvre :
...
la circonscription d'Arthabaska sont essentielles pour maintenir un >engagement
civique fort parmi les citoyens.
Alors, la suggestion qui est faite, nous
recommandons vivement à la Commission de la représentation électorale qu'elle révise
sa proposition de retirer la municipalité de Saint-Louis-de-Blandford à la
circonscription d'Arthabaska-l'Érable et, comme je vous dis, également
Saint-Rosaire, qui a les mêmes enjeux de ce côté-là : alors, prendre en
compte les liens géographiques, administratifs, culturels forts qui unissent
les collectivités de la circonscription et qui justifient leur regroupement,
s'assurer une représentation adéquate pour les citoyens de Saint-Louis de
Blandford, en maintenant leur connexion avec les autres municipalités de la
circonscription, et je reviens encore une fois au fait de tenir compte du fait
qu'il va y avoir des milliers de nouveaux emplois qui vont être du côté de
Nicolet-Bécancour, avec la filière batterie, dans quelques... quelques années.
Et, si on compare à Saint-Louis-de-Blandford, bien, c'est
1 186 habitants, puis on va augmenter déjà plus que ça avec... avec
la filière batterie du côté de Nicolet-Bécancour.
Alors, voilà, je vous dirais, en
conclusion, nous apprécions grandement l'opportunité de soumettre ce mémoire
par l'entremise de notre député Eric Lefebvre et de participer au processus de
redécoupage. Nous sommes convaincus que la Commission de la représentation
électorale saura prendre en considération nos commentaires, nos suggestions,
lors de sa décision finale. Et le maintien, pour eux, de la municipalité de Saint-Louis-de-Blandford
au sein de cette circonscription s'impose comme une décision logique et
cohérente, tout en respectant les intérêts des citoyens et des citoyennes, en
préservant la relation établie au sein de la MRC d'Arthabaska.
Et M. le Président, je conclurais en
disant que je sais que votre travail n'est pas facile. J'ai écouté quelques
collègues, vous avez un enjeu de ratios, de partage. Mais je vous dirais que
moi, je suis sensible à deux choses. Premièrement, du côté de la Gaspésie, je
pense qu'au niveau de la représentativité de la Gaspésie, je pense qu'on se
doit de garder ce comté- là, c'est important. Et tantôt, on parlait de
distances, et en éliminant une circonscription comme celle-là, on sait où on
s'en va avec des... des distances pour le travail de député, pour l'aide. Pour
savoir ce que c'est, 17 municipalités sur un territoire X, bien là, on
s'en va dans des territoires qui sont... qui ne sont pas travaillables, là,
pour un... pour un ou une député.
Et je me permets une autre parenthèse. C'est
que lorsqu'on voit du côté de Montréal, où est-ce que les comtés sont beaucoup
plus petits, qu'on est à l'intérieur d'un quartier, je pense qu'on pourrait
agrandir, du côté de l'île, pour avoir un bassin de population qui... qui
serait plus grand et permettre de libérer des espaces de circonscriptions pour
les régions qui sont beaucoup plus grandes à servir avec un plus... beaucoup
plus grand nombre de municipalités. Et je ramène à mon exemple, mais il y a des
comtés encore beaucoup plus grands que moi, mais, quand tu es dans un quartier
d'une municipalité, tu as un ou une élu, à peu près, à t'occuper. Si je ramène
ça chez nous, 17 municipalités, 17 maires, 17 conseils
municipaux, 17 clubs de FADOQ, 17 âge d'or, ça fait que les réalités
sont complètement différentes en région versus l'île. Alors moi, je pense que,
pour qu'on ait une cohésion, qu'on ait une forme d'égalité, bien, il faudrait
agrandir les côtés... les comtés du côté de l'île pour en éliminer peut-être
quelques-uns pour permettre aux régions d'avoir des comtés qui sont plus
adéquats.
• (12 h 20) •
Alors voilà, M. le Président, je m'arrête
là. Mais je veux, en terminant, vous remercier encore une fois de votre temps.
Je sais qu'il y a certains points que je vous ai apportés qui peuvent être
redondants pour vous, mais moi, ça me permet de le partager avec les collègues,
de le partager avec nos citoyens et citoyennes. Et merci pour le temps que vous
nous accordez et merci pour le travail colossal que vous faites. Encore une
fois, je ne voudrais pas être à votre place parce que je sais que c'est...
c'est difficile, il y a des choix qui sont déchirants puis que vous ne pourrez
pas, assurément, faire plaisir à tout le monde. Voilà.
Le Président (M. Lévesque,
Chauveau) : Merci beaucoup, M. le député d'Arthabaska. Je pense que
vous avez fait parvenir une lettre de la MRC d'Arthabaska, ainsi qu'un mémoire,
vous en avez... vous en avez parlé, là, de la municipalité de Saint-Louis de
Blandford, une lettre de l'UPA de Victoriaville également.
M. Lefebvre : Oui.
Le Président (M. Lévesque,
Chauveau) : Est-ce que je comprends, donc, que vous avez... vous
voulez déposer ces documents-là?
M. Lefebvre : S'il vous
plaît.
Le Président (M. Lévesque,
Chauveau) : Alors, ces documents sont donc déposés. Il reste 1 min 30
s en réaction aux membres de la CRE.
M. Blanchet (Jean-François) :Oui, M. le député. Donc, vous nous dites de conserver le
statu quo pour votre circonscription, donc vous comprenez que, vos électeurs,
leur poids par rapport à leur droit de vote va être <moins grand...
M. Blanchet
(Jean-François) :
... que, vos
électeurs, leur poids par rapport à leur droit de vote va être >moins
grand que d'autres au Québec. Est-ce que vous avez des suggestions, quand même?
Parce que votre circonscription est à 22,9 % d'écart, donc est-ce qu'il y
a d'autres modifications qu'on peut regarder?
M. Lefebvre : Bien, c'est là
que je vous dis que vous avez un travail difficile, parce que, pour les
collègues, je suis déjà... 22 %, là?
Une voix : ...
M. Lefebvre : 22,9 %? Ça
fait que je suis déjà dans les circonscriptions où est-ce qu'il y a le plus
d'électeurs... dans ma circonscription. C'est juste que, là, les deux villes
qu'on parle, de ce côté-là, on est du côté de la MRC d'Arthabaska, il y a un
lien qui est plus naturel. Mais de là à, moi, vous suggérer qu'est-ce qu'on
pourrait enlever, c'est difficile, vous comprendrez. Parce que, comme je vous
l'avais dit lors de notre première rencontre, puis je suis sûr que les
collègues vont tous être d'accord, au fil des ans, on développe des affinités,
des amitiés, puis on voudrait tous... on devient tous comme un bon père de
famille, on veut tout garder, hein, nos citoyens, citoyennes, qu'on apprécie,
avec qui on passe beaucoup de temps. Alors, pour moi, c'est difficile de vous
dire qui, dans ma famille, je serais prêt à donner en adoption, si vous me
permettez, si vous me permettez l'image, mais je tenais quand même à... Mais je
comprends ce que vous me dites, il y a un travail à faire de ce côté-là...
Le Président (M. Lévesque,
Chauveau) : En terminant.
M. Lefebvre : ...puis il
n'est pas facile.
Le Président (M. Lévesque,
Chauveau) : Merci beaucoup, M. le député d'Arthabaska, pour votre
contribution aujourd'hui à la commission, très agréable. Alors, nous allons
maintenant poursuivre avec la prochaine intervenante, et nous allons maintenant
dans la région du Bas-Saint-Laurent, et je vais céder la parole à Mme la
députée de Rimouski, en vous rappelant, Mme la députée, que vous avez droit à
maximum de 20 minutes pour votre intervention. Alors, je vous cède la
parole.
Mme Blanchette Vézina : Merci.
Très heureuse d'être ici aujourd'hui à titre de ministre responsable des
régions du Bas-Saint-Laurent et de la région de la Gaspésie—Îles-de-la-Madeleine.
Alors, bien, salutations à vous, les commissaires. Mme la commissaire, contente
de vous revoir. On s'est vues à Matane, il y a quelques semaines, déjà, puis
très heureuse de pouvoir revenir vous parler d'un sujet, à nouveau, qui est
fondamental, c'est-à-dire la représentation électorale des régions du Québec.
Donc, je me présente devant vous à titre
de ministre de ces deux régions, Bas-Saint-Laurent, Gaspésie—Îles-de-la-Madeleine,
mais également par devoir de citoyenne, d'une femme autrefois établie à Québec,
donc originaire de Chaudière-Appalaches, mais qui a fait le choix des régions
et qui est fondamentalement... Je suis fondamentalement convaincue que notre
avenir collectif, bien, il passe par l'occupation de ces mêmes régions. Puis
mon collègue le mentionnait, député d'Arthabaska-L'Érable, tout à l'heure, je
le sais que votre travail, il n'est pas simple. Il ne fait aucun doute que ce
que vous faites comme travail, ça a pour but... ça a un but noble, un but de
représentativité effective des électeurs, puis l'objectif, c'est d'éviter des déséquilibres,
là, et je le comprends bien. Puis je vous remercie, d'ailleurs, aussi pour le
travail que vous faites dans cet exercice qui n'est pas facile. Et donc, dans
cet exercice, je trouve important de faire entendre ma voix sur les impacts
anticipés de la refonte proposée par la commission.
Ça fait que je vais commencer par le
Bas-Saint-Laurent, plus particulièrement pour la circonscription de Matane-Matapédia,
parce que cette même circonscription n'est pas menacée de disparition, comme le
comté de Gaspé, mais son redécoupage va quand même entraîner des impacts qui
sont majeurs, impacts majeurs sur sa réalité politique en raison de la
scission, donc, de la MRC de la Mitis en deux circonscriptions distinctes et
aussi, plus précisément, sur la capacité de son ou sa député à représenter
efficacement à l'Assemblée nationale les réalités propres de deux régions
administratives distinctes, soit le Bas-Saint-Laurent et la Gaspésie. Donc, ça
veut dire deux réalités en santé, deux réalités en éducation, deux réalités en
emploi, en solidarité sociale, en groupes communautaires, en occupation du
territoire, deux réalités dans des territoires aux prises avec des enjeux,
aussi, de vitalité importantes. Et cette situation, ce serait d'ailleurs
problématique aussi pour plusieurs citoyens de la MRC de la Mitis qui, eux, se
verraient divisés entre deux... en deux, donc, divisés en deux par la
proposition de la commission telle qu'elle est faite : ils seront tantôt
représentés par un député de Matane-Matapédia et tantôt par le ou la député de
Rimouski.
Et on peut ajouter à ça le fait que ce
comté aurait une cinquantaine de municipalités. Mon collègue, tout à l'heure,
vous mentionnait les difficultés avec 17. Imaginez avec 50. Donc, ce
représentant aurait une cinquantaine de municipalités sur son territoire, et <dans
un territoire qui...
Mme Blanchette Vézina :
...
ce représentant aurait une cinquantaine de municipalités sur son territoire, et
>dans un territoire qui, disons-le, serait aussi grand qu'un pays. Et là
vous obtenez un scénario qui... selon lequel il deviendrait extrêmement
difficile pour un représentant élu de porter efficacement la voix de ses
citoyens puis ses concitoyens dans les réalités que je vous ai nommées, qui
vont différer considérablement. Et, dans ce contexte, donc, il ne fait aucun
doute que les grands perdants de votre proposition, en tout respect, là, Mmes,
MM. les commissaires, ce n'est pas juste les députés des circonscriptions
projetées, mais c'est plutôt et surtout les citoyens de ces comtés, qui vont
être privés d'un accès équitable à leurs représentants élus. Puis, à mon avis,
bien humblement, c'est aussi ça, la représentativité effective que vous
défendez à titre de commissaires, soit un accès réel aux représentants
politiques qui sont répartis sur le territoire. Mais pourtant la proposition
actuelle, bien, elle ne semble pas en tenir compte.
Ça fait que je vous ai parlé du
Bas-Saint-Laurent, situation qui recoupe, bien sûr, la Gaspésie, parce que vous
nommiez une et même et grande région qui n'existe pas. Rappelons-le,
Bas-Saint-Laurent, Gaspésie—Îles-de-la-Madeleine, c'est deux régions. Mais je
vais vous parler de la Gaspésie parce que je pense que... sujet important, donc...
c'est parce que je suis aussi très heureuse d'être ministre de cette magnifique
région. Je tiens aussi à remercier les députés qui sont venus et qui vont
venir, là, des collègues qui sont... qui sont venus parler de la situation du
redécoupage tel que proposé pour la Gaspésie. Donc, je fais miennes les
arguments qu'ils ont portés devant vous.
Je tiens... Je tiens à vous remercier, par
exemple, d'avoir aussi ajouté une consultation à New Richmond, alors que ce
n'était pas prévu dans votre tournée. Donc, je vous remercie, là, à la demande
de la collègue, Catherine Blouin, et moi-même, d'être arrêtés dans le comté de
Bonaventure. Je pense, c'était la bonne décision d'aller voir les citoyens
touchés par le redécoupage, et donc je vous remercie. Mais cette... lors de
cette tournée régionale, vous avez dû entendre, comme moi et comme mes
collègues, vous avez dû voir également et constater la vaste mobilisation des
citoyens contre la proposition de la commission. Je vous donne un exemple :
205 personnes qui étaient à New Richmond le 26 octobre dernier, un
jeudi après-midi, après avoir, pour certains, fait deux heures de route
pour se rendre à New Richmond, quand même, disons-le, parce que le comté est
déjà grand. Et donc ces gens, 205 personnes, ont pris leur temps dans un
après-midi, un jeudi de jour de semaine, pour... ils en avaient long à dire, on
va se le dire, pour nommer leur incompréhension et demander à la commission de
ne pas enlever un comté en Gaspésie. Ils en avaient donc long à dire sur la
possibilité que le comté de Bonaventure absorbe celui de Gaspé puis qu'il
s'étire jusqu'à Grande-Vallée. 205 personnes, c'est beaucoup, c'est énorme,
pour une seule rencontre, 205 citoyens sur les 600, là. On m'a nommé... On
en a vu passer 600, rencontrés dans l'ensemble du Québec, dont, dans le comté
de Bonaventure uniquement, 205 personnes. Et, si on compte les
80 personnes qui ont pris la peine de se déplacer à Gaspé et la vingtaine
qui étaient à Matane également, comme moi, ça fait plus de 300 personnes
qui se sont exprimées à la défense du comté... des comtés de la Gaspésie. C'est
la moitié, M. le Président et MM, Mmes les commissaires, des gens qui ont
participé à l'exercice de consultation qui demeurent en Gaspésie. Et elles ont
toutes et tous rejeté la proposition à l'unanimité.
• (12 h 30) •
Et cette levée de boucliers monumentale
qu'on a vue, ça, ça s'explique par les incohérences qui se trouvent dans le
redécoupage électoral qui est actuellement à l'étude. Parce qu'en plus de
causer une sous-représentation politique des régions de la Gaspésie, du
Bas-Saint-Laurent, la proposition de la commission cause aussi des
disproportions importantes dans les nouveaux comtés qu'elle crée. Par exemple,
le nouveau comté de Gaspé-Bonaventure deviendrait la 21 ᵉ circonscription
la plus populeuse du Québec. Et ça, ce serait comparable à des circonscriptions
densément peuplées, à proximité de grands centres comme Mont-Royal—Outremontou encore Laval-des-Rapides. Mais ces deux comtés, donc, dans
la région de Montréal, font respectivement 20 kilomètres carrés et
24,37 kilomètres carrés, alors que Gaspé-Bonaventure, tel que présenté, en
ferait pour sa part 14 987 kilomètres carrés. Alors, vous constaterez
comme moi que cette proposition, bien, ça ne fait aucun sens pour la Gaspésie.
Est-ce qu'on peut réellement comparer des municipalités
en milieu rural de 3 000 ou 4 000 habitants comme Bonnaventure...
12 h 30 (version révisée)
Mme Blanchette Vézina : ...comparer
des municipalités en milieu rural de 3 000 ou 4 000 habitants,
comme Bonaventure, avec une ville en milieu urbain, comme Laval-des-Rapides qui
compte plus de 36 000 habitants? Pour une région éloignée qui compte
son lot de personnes âgées aussi, disons-le, imposer des déplacements sur
plusieurs centaines de kilomètres pour avoir accès à un service qu'on pourrait
qualifier de première ligne, été comme hiver, l'état des routes parfois
difficiles, ça ne fait simplement pas de sens.
Donc, en résumé, en appliquant la
proposition de la commission, on prive les citoyens de l'Est du Québec d'une
juste représentation à l'Assemblée nationale, tantôt en créant un comté d'une
superficie gigantesque, tantôt en modifiant des circonscriptions à l'intérieur
desquelles les élus vont devoir concilier la réalité de plusieurs régions
administratives, tel que ce serait le cas pour le comté projeté de Matane-Matapédia.
Et ça, à mon avis, bien respectueusement, c'est la démocratie qui perd au
change. Et pour justifier cette fracture de la réalité politique de l'Est du
Québec, la commission, bien, elle plaide les grandes tendances...
démographiques, pardon, selon lesquelles le nombre d'électeurs du Bas-Saint-Laurent
et de la Gaspésie serait en diminution, seraient moins nombreux qu'en 2017, en
citant l'Institut de la statistique du Québec. Mais lorsqu'on retourne voir l'Institut
de la statistique du Québec, elle soulignait, en 2023, à grands traits, que la
Gaspésie, pour une sixième année consécutive, était la grande championne de l'immigration
interrégionale et que, pour une troisième année consécutive, bien, sa
population, elle est en hausse.
Et ce n'est pas le fruit du hasard, là.
Depuis 2012, la région pilote une stratégie d'attraction des nouveaux
arrivants, puis ça s'est intensifié en 2017 pour travailler vraiment ardemment
sur la croissance démographique, l'occupation du territoire également. Et
contrairement aux messages qui sont véhiculés les dernières années, bien, ils
ne sont pas marqués par un déclin démographique. La région vit plutôt une
croissance accélérée en comparaison avec d'autres régions du Québec. Et il n'y
a pas que la Gaspésie, c'est... La situation également démographique au
Bas-Saint-Laurent est aussi digne de mention. Même rapport, donc, en 2023, l'Institut
de la statistique du Québec soulignait également la croissance démographique de
la région, qui est en hausse aussi depuis 2018-2019. Et ça, encore une fois, c'est
le travail de longue haleine mené par une région qui est soucieuse de son
avenir.
Donc, prétendre au déclin démographique de
ces deux régions, de la Gaspésie et du Bas-Saint-Laurent, c'est non seulement
une distorsion de la réalité, M. le Président, mais c'est aussi faire un pied
de nez aux efforts de centaines d'acteurs locaux qui, depuis 15 ans, à la
sueur de leur front, travaillent sans relâche. C'est des bâtisseurs d'avenir en
région, des jeunes qui viennent s'installer, qui s'intéressent de plus en plus,
depuis près de 20 ans, deux décennies, à qui vous opposez un poids
politique moindre et des comtés qui sont, comme je vous le disais, grands comme
des pays, avec, pour représentation politique, bien, qu'un seul député à l'Assemblée
nationale. Et moi, je vous pose une question aujourd'hui : Est-ce que c'est
vraiment ce qu'on souhaite pour l'occupation de notre territoire, pour la
vitalité de nos régions? J'ai l'impression que de poser la question, c'est d'y
répondre.
Donc, en terminant, bien, je tiens à vous
rappeler le respect que j'ai puis le... Je comprends la complexité que vous
avez, là, comme travail, je tiens une fois de plus à rappeler que mon
intervention, là, aujourd'hui, ça n'a pas du tout pour but de discréditer votre
travail, ni le vôtre ni celui de la commission, au contraire, c'est sain de se
questionner puis c'est un processus qui est important à suivre. C'est sain de
se questionner sur la qualité de vie démocratique de nos régions puis du Québec,
et, bien, la carte électorale, c'en est un aspect. Par contre, à cette heure où
on constate enfin qu'après des années de durs labeurs, le Bas-Saint-Laurent,
les acteurs du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie parviennent à inverser des
tendances démographiques lourdes qui avaient cours depuis plusieurs dizaines d'années
et qu'on accueille enfin sur le territoire des gens qui... plus de gens qui en
sort, alors, la dernière chose à faire, bien, ce serait d'amoindrir le poids
politique de ces deux régions, puis de nier cette particularité régionale de l'Est
du Québec.
Alors, à titre de ministre régional, on
rencontre des acteurs régulièrement, j'ai rencontré des acteurs, beaucoup de
gens impliqués dans leur milieu qui vont travailler et qui travaillent avec
passion pour leur coin de pays, pour le développement de leur région, et ces
gens, ils sont unanimes, la Gaspésie, le Bas-Saint-Laurent doivent conserver
une représentation politique réelle et effective. Et pour eux, là, c'est
inadmissible de perdre un comté en Gaspésie. À mon avis, il en va de l'avenir
du Québec et de sa capacité à occuper et surtout à mettre en valeur son
territoire parce que l'avenir, bien, ce n'est pas juste une affaire de grands
centres, l'avenir, ça se joue aussi à Matane, ça se joue à Rivière-du-Loup, à
Chandler, à Gaspé, à Bonaventure, à New Richmond, à Havre-Aubert, à Mitis et
dans Rimouski-Neigette que je <représente...
Mme Blanchette Vézina :
...
Matane, ça se joue à
Rivière-du-Loup, à Chandler, à Gaspé, à
Bonaventure,
à New Richmond, à Havre-Aubert, à Mitis et dans Rimouski-Neigette que je >représente
à titre de députée. Bien, c'est donc primordial que la Gaspésie conserve son
statut d'exception et son poids politique pour que l'avenir de cette région et
de l'Est du Québec continue d'être brillant, d'être pérenne et résolument
régional.
Merci. Merci à vous. Encore une fois, je
sais que votre travail, ce n'est pas simple, mais je tenais aujourd'hui à vous
passer le message que je vous ai passé lors de ma présence à la... aux
consultations pour vous rappeler l'importance de conserver le poids politique
de la Gaspésie, du Bas‑Saint‑Laurent pour l'Assemblée nationale. Merci.
Le Président (M. Lévesque,
Chauveau) : Merci beaucoup, Mme la députée de Rimouski et ministre
responsable du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie—Îles-de-la-Madeleine. Alors,
je vais permettre aux membres de la CRE de réagir ou questionner. Alors, il
reste encore 5 min 40 s à l'intervention de Mme la députée de
Rimouski. Je vous en prie.
M. Bouchard (Kevin) : Merci.
Merci, Mme la députée. Vous nous avez rappelé plusieurs des choses qu'on a
entendues lors de notre passage en Gaspésie et au Bas-Saint-Laurent aussi. La
préoccupation pour le développement régional, on la partage. C'est quelque
chose... On a une sensibilité, évidemment, à ces questions-là. Comme tous les
Québécois, on est attachés à nos régions et on comprend bien sûr l'importance
du développement des régions pour l'avenir du Québec. Et certainement, vous
nous l'avez bien expliqué, et ça fait partie des choses dont on tient compte.
En même temps, notre travail, nous, c'est
d'assurer la représentation, la représentation effective et de préserver le
droit de vote de chacun des citoyens dans l'ensemble du Québec. Et, quand on
fait ça, il faut tenir compte à la fois des électeurs et électrices qui sont
situés en région, mais de ceux qui sont situés dans des milieux urbains ou
périurbains, et il faut tenir compte du droit de vote de tout le monde. Et, à
cet égard, vous mentionnez une hausse démographique, peut-être que, dans la
période récente, il y a eu un certain regain, mais si on prend une lunette un
petit peu plus large, si on regarde sur une période plus longue, nous, par
exemple, les chiffres sur lesquels on se base, c'est depuis la dernière
révision de la carte électorale, depuis 2014, ce qu'on observe, par exemple,
dans les comtés de Bonaventure, Gaspé, Matane‑Matapédia, c'est qu'il y a eu une
diminution de 1000 électeurs. Donc, il n'y a pas une croissance de la... Il
y a peut-être une croissance de la population, mais sur le critère qui est un
repère fiable, à partir de la liste électorale permanente, on voit quand même
un déclin de 1000 électeurs.
Et on se retrouve dans une situation où la
circonscription de... ou pendant que les circonscriptions de la Gaspésie
perdent des électeurs, il y a des... d'autres régions où il y a un gain
important d'électeurs. Dans Laurentides-Lanaudière, il y en a 95000 qui se sont ajoutés.
En Montérégie, on est à plus de 60 000, en Estrie, une cinquantaine de
milles. Donc, pendant ce temps là, il faut tenir compte aussi du... de
l'importance d'assurer une représentation juste et équitable à l'ensemble des
électeurs du Québec. Donc, c'est une des raisons qui nous a conduits à faire la
proposition qu'on vous... qu'on vous a faite.
• (12 h 40) •
Vous parliez du Bas-Saint-Laurent et de la
Mitis, du fait que c'est quand même un enjeu qu'elle soit scindée en deux. Je
ne sais pas si vous auriez peut-être une suggestion à nous faire sur le
sentiment d'appartenance des gens de la Mitis. Est-ce qu'ils sont plus tournés
vers Rimouski ou plus vers Matane? Peut-être, est-ce que vous pourriez nous
relancer sur cet aspect-là?
Mme Blanchette Vézina : Peut-être
vous mentionner... Bien sûr, là, je vous l'ai dit, votre travail, il n'est pas
simple, je ne veux pas refaire le travail... faire votre travail. Je comprends
la difficulté que vous avez, mais je sais aussi que, dans la loi, vous avez des
possibilités d'accorder des statuts d'exception. Et ça s'est fait pour la
Gaspésie dans le passé, le contexte et les critères qui avaient justifié ce
statut d'exception à l'époque sont toujours valides aujourd'hui. On parle de
densité de population, configuration de la région, qui sont des critères dont
vous pouvez tenir compte également, l'accessibilité, ce sont toutes des choses
que je vous ai nommées tout à l'heure, superficie, frontières naturelles du
milieu, sentiment d'appartenance des citoyens, je pense qu'ils vous l'ont très
bien nommé, le sentiment d'appartenance par rapport aux comtés de Gaspé et de
Bonaventure, puis, bien sûr, les <limites...
Mme Blanchette Vézina :
...bien
nommé, le sentiment d'appartenance par rapport aux comtés de Gaspé et de
Bonaventure, puis, bien sûr, les >limites administratives. Donc, c'est
des éléments sur lesquels vous pouvez... Ce sont des critères qui sont déjà
existants dans la loi, sur lesquels vous pouvez vous baser pour permettre
d'accorder un statut d'exception. Pour la Gaspésie, c'est... ce qu'on vous
demande, c'est de considérer, comme au même titre que la dernière fois, ce
statut d'exception pour les comtés.
Vous me parliez de la Mitis. En fait, les
citoyens ont différentes appartenances. Je pense qu'ils sont venus vous nommer
que, pour eux, c'était inacceptable d'être divisés en deux. Donc, la communauté
d'appartenance, elle est mitoyenne, effectivement, mais ils ne veulent pas être
scindés en deux pour les difficultés aussi d'organisation puis de pouvoir bien
s'assurer d'avoir un député qui travaille pour le milieu. C'est quand même une
MRC qui est dévitalisée aussi, là, dans... une de celles les plus dévitalisées
au Québec, donc de la couper en deux viendrait aussi affecter ce statut, là,
qui est déjà précaire pour la... pour la MRC. Donc, je vous laisse... je laisse
le choix à la commission de déterminer le côté, le côté qui serait le mieux,
par rapport à leur... à leur sentiment d'appartenance, mais il est certain que
les découper en deux, ce ne serait pas acceptable.
Le Président (M. Lévesque,
Chauveau) : Merci beaucoup, Mme la députée. Alors, cela, j'imagine,
met fin, il reste 10 secondes, donc il ne reste pas beaucoup de temps.
Merci beaucoup. Alors, cela met fin à votre intervention, et je tiens à vous
remercier pour votre contribution à cette commission.
Avant de poursuivre, je veux surtout vous
dire que j'ai reçu les documents qui ont été transmis par Mme la députée de Laporte
à la suite de son intervention de mardi, soit les résolutions des villes de
Brossard, Longueuil et Saint-Lambert, le mémoire et le communiqué de presse
préparés par la députée, ainsi qu'une lettre de la famille Laporte. Alors, les
documents, je les dépose aujourd'hui à la commission.
Alors, considérant l'heure et les
interventions qui étaient prévues, chers collègues, je vous remercie et je
suspends nos travaux jusqu'à 14 heures. Bon appétit à tous.
(Suspension de la séance à 12 h 44)
13 h 30 (version révisée)
(Reprise à 14 heures)
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) :
À l'ordre, s'il vous plaît! La Commission de l'Assemblée nationale reprend
ses travaux. Je vous invite, avant de commencer, s'il vous plaît, Mmes et MM.
les députés, à bien vouloir vous assurer que votre sonnerie de téléphone soit
fermée. Et alors nous allons poursuivre maintenant avec la région de Gaspésie—Îles-de-la-Madeleine,
et nous en sommes à l'intervention de Mme la députée de Bonaventure.
Mme la députée, je vous rappelle que vous
avez un maximum de 20 minutes pour votre intervention. Alors, je vous cède
la parole.
Mme Blouin : Merci beaucoup, M.
le Président. Chers collègues, bonjour. Salutations à vous aussi, M. Blanchet,
Directeur général des élections, ainsi qu'à vos collègues commissaires. Mme Gravel,
M. Bouchard, bonjour.
Je suis très heureuse d'être ici aujourd'hui
parce que la représentation politique des régions, c'est un enjeu qui me
préoccupe particulièrement. Quand je me suis lancée en politique, je l'ai fait
avant tout pour aider les gens de ma circonscription. Mon but, c'est d'offrir
la meilleure écoute et le meilleur accompagnement possible. Le lien de
confiance entre un député et ses citoyens, je suis certaine que vous le savez,
c'est sacré. Comme députée, je me lève chaque matin, très motivée, motivée pour
défendre mes concitoyens de la circonscription de Bonaventure, peu importe
leurs problèmes, leurs défis, leurs enjeux...
14 h (version révisée)
Mme Blouin : ...mes concitoyens
de la circonscription de Bonaventure, peu importe leurs problèmes, leurs défis,
leurs enjeux. C'est donc avec honneur et fierté que je suis devant vous aujourd'hui
pour conserver et protéger notre voix.
La survie du comté de Bonaventure, soyons
clairs, est nécessaire et indispensable pour notre population. Ce que je fais
aujourd'hui, c'est un plaidoyer pour l'unité gaspésienne, mais aussi pour le
poids politique des régions. Évidemment, je prends la parole à titre de députée
aujourd'hui, parce que c'est mon devoir de le faire, mais je dois vous dire que
c'est principalement la Gaspésienne qui s'adresse à vous aujourd'hui, parce que
l'enjeu est déterminant pour notre avenir.
D'abord, il faut savoir que de défendre les
réalités propres à la Gaspésie, c'est un combat de tous les jours. Tous les
Gaspésiens vous le diront, on doit toujours se battre pour se faire entendre et
être reconnus. Rappelons d'ailleurs que j'ai dû insister pour que les
commissaires acceptent d'entendre les gens de mon comté, puisqu'on ne faisait
pas partie de la tournée initiale, parce que les impacts de la nouvelle
proposition de circonscription n'étaient pas assez significatifs pour les gens
de Bonaventure, et donc ça ne valait pas la peine de les entendre et de se
rendre dans mon comté. Évidemment, je le redis, je vous l'ai dit lors de l'audience,
je suis très heureuse et très reconnaissante que vous soyez revenus sur cette
décision-là et que vous nous ayez honorés de votre présence. Encore une fois,
merci.
Mais, quand même, je reviens sur cette
anecdote, qui peut sembler banale, mais, en réalité, c'est vraiment tout le
contraire. Ça représente très bien les impacts de la méconnaissance de notre
milieu à laquelle nous, les Gaspésiens, on est confrontés au quotidien. Lors de
l'audience dans Bonaventure, j'ai d'ailleurs raconté une discussion que j'avais
eue avec une citoyenne, qui a bien résumé la situation en disant : Il faut
insister pour tout ici, même pour que la commission vienne nous voir. Eh bien,
c'est exactement ça, notre réalité. Il faut toujours redoubler d'efforts pour
se faire entendre, pour avoir le droit de défendre nos enjeux, qui sont très
différents de ceux des grands centres urbains.
Présentement, le comté de Bonaventure
compte 26 municipalités et 35 000 électeurs, et, si on veut
aller d'un bout à l'autre du comté, ça prend environ 3 h 30 min
en voiture. La proposition actuelle double pratiquement la superficie et
contiendrait 34 municipalités, près de 57 000 électeurs, et ça prendrait
environ sept heures se rendre d'un bout à l'autre. C'est une évidence que ça
représenterait d'importants changements, notamment l'accessibilité au député,
évidemment, qui serait encore moins présent en raison de la distance à
parcourir et de l'éloignement de Québec, pour ne nommer que ça. Alors, c'est
très, très clair que le service rendu aux citoyens serait considérablement
diminué, mais ce n'était pas un enjeu au départ, des conséquences non
significatives. Mais je vous rassure, ou pas, en fait, on est habitués. Ce n'est
pas à une incompréhension près lorsqu'on parle des réalités régionales. Que ce
soit en matière de transport, d'accessibilité, de distances ou tout autre
sujet, comme député, on est constamment en train d'expliquer nos réalités, tant
à l'interne qu'à l'externe.
Alors, vous comprendrez que la proposition
de délimitation des circonscriptions électorales me préoccupe grandement. Je
crois que le mémoire, d'ailleurs, que j'ai déposé devant la commission démontre
clairement que le redécoupage proposé se ferait au détriment des
représentations effectives des citoyens et des citoyennes de Bonaventure, mais
aussi de Gaspé. On est souvent confrontés au fameux mur-à-mur, alors que ce n'est
pas adapté à nous. Même aujourd'hui, avec cette commission, on doit se
conformer aux mêmes critères que des comtés de Montréal qui tiennent sur
quelques coins de rue, alors qu'il y a des pays entiers avec la même superficie
que la Gaspésie.
Permettez-moi, chers commissaires, de
revenir sur quelques points que j'ai présentés dans mon mémoire. D'abord, je
parlais du double défi que représente la distance entre la capitale nationale
et la circonscription de Bonaventure. On parle de 650 kilomètres, quand
même. Il y a la charge démesurée que représente le fait de presque doubler le
territoire du comté existant, qui est, croyez-moi, déjà très difficile à
couvrir. De façon imagée, je peux vous comparer le territoire projeté à la
distance entre Montréal et Rivière-du-Loup, mais sans la 20. À la place, on a
des limites de vitesse de 50 à 90 kilomètres à l'heure.
Chers commissaires, je suis prête à faire
du covoiturage s'il le faut, accompagnez-moi sur la route à toutes les semaines
dans mon comté, et là vous allez comprendre, parce que c'est une chose de se
déplacer et de tenir des audiences d'une commission comme vous l'avez fait et c'en
est une autre de le faire à chaque semaine comme députée, bien évidemment. Et d'ailleurs
je vous avais demandé de venir en voiture, et vous l'avez fait. Je vous en
remercie. Par contre, vous n'avez pas fait le trajet au complet et surtout vous
n'avez pas fait le trajet que la circonscription proposée représente, je le
rappelle, environ sept heures de route. Parce que plus de temps sur la route, c'est
moins de temps pour du travail terrain auprès des citoyens.
Quelques collègues ont parlé des
conditions météo. Ce n'est pas pour rien que la région est pionnière en matière
d'éolien, hein, parce qu'il vente beaucoup chez nous, et la neige combinée aux
grands vents, ça fait de la poudrerie. On ajoute à ça les grandes marées, qu'on
voit un petit peu moins souvent du côté de Montréal. Tout ça pour dire que
notre seul lien routier accessible est souvent difficilement praticable ou même
fermé en raison des conditions météorologiques difficiles. Alors, comment
est-ce qu'on peut offrir un service adéquat quand on peine à se déplacer sur un territoire qui est trop grand?
En fin de compte, le scénario de
redécoupage <électoral...
Mme Blouin :
...sur un territoire qui est trop grand?
En fin de compte, le scénario de
redécoupage >électoral, c'est une autre preuve que nos particularités
sont incomprises et sous-estimées. La vitalité d'une région comme la Gaspésie,
elle est menacée par le scénario de fusion des circonscriptions de Gaspé et de Bonaventure.
Le député élu devrait inévitablement faire des choix et laisser de côté
certains dossiers prioritaires par manque de temps et de ressources. Choisir,
c'est renoncer, vous connaissez l'expression, et pas question pour un député en
Gaspésie de devoir renoncer à des rencontres avec des maires, des citoyens, des
aînés, des organismes communautaires, tout ça en raison de l'incompréhension de
la spécificité de notre région.
On parle beaucoup de nombre d'électeurs,
mais, à mon avis, l'analyse doit être plus complète. Cet électorat est composé
de la population la plus âgée du Québec et des MRC les plus dévitalisées et
vulnérables du Québec, alors ça nécessite un accompagnement important de la
part du député parce que les besoins sont grands. Lorsqu'on se réduit seulement
au nombre d'électeurs, on ne tient pas compte de toutes les autres instances
qui demandent du soutien de la part du député. Présentement, ce sont
26 municipalités. Bon, beaucoup sont des petites municipalités, avec des
petites équipes, parfois même incomplètes, et des gens qui vont travailler à
temps partiel. Alors, elles ont besoin de leur député pour faire cheminer leurs
dossiers. Ce n'est pas comparable à une ville autonome qui peut avoir quatre,
cinq, six députés juste à elle.
Et je répète que le député ou la députée
de Gaspé-Bonaventure aurait 34 municipalités à accompagner, sans oublier
la liste de tous les organismes qui se multiplient : près d'une trentaine
de clubs de 50 ans et plus, des clubs Lions des Chevaliers de Colomb,
trois hôpitaux, cinq CHSLD, plusieurs RPA, des cégeps, près d'une
quarantaine... trentaine, quarantaine d'écoles, je n'ai pas tout calculé, M. le
Président. Le nombre est grand. Tous s'attendent à un député qui est accessible
et présent. Et c'est normal, c'est normal et légitime de s'attendre à avoir un
député qui est accessible et présent parce qu'on est là pour les servir, pour
les écouter et pour les aider. Alors, c'est normal que les attentes soient
élevées.
Je rappelle que c'est vraiment difficile à
mesurer parce que ça se vit. C'est quelque chose qu'on va sentir sur le
terrain. On le sent quand on rencontre les gens, quand on leur parle, parce
que, chez nous, tout le monde se connaît, hein? Le député, ça va être le
cousin, l'ami, la voisine. Les attentes sont élevées tant qu'à... quant à
l'accessibilité, à la présence et à la disponibilité. Et je vous entends déjà
dire qu'il y a des comtés avec encore plus de municipalités, puis c'est vrai. C'est
le cas de ma collègue la députée de Rivière-du-Loup—Témiscouata, incluant Les
Basques, qui fait un supertravail, mais le contexte géographique est différent
de par sa proximité avec le parlement.
Et un autre élément qui nous distingue des
grands centres et des autres... des plus grands comtés, dois-je dire, c'est
notre façon d'habiter le territoire. En Gaspésie, on l'occupe de façon
linéaire, ce qui fait qu'on doit faire le tour complet de la péninsule pour
aller à la rencontre de notre population. Alors, on n'est pas condensés dans un
même endroit, on doit vraiment aller partout, tout autour de la péninsule, pour
rencontrer notre monde. Il faut rappeler aussi qu'il y a des comtés à Montréal
qui tiennent sur quelques coins de rue.
Et d'ailleurs j'aimerais justement revenir
sur certains points que mon collègue le ministre de la Justice a abordés avec
vous précédemment, qui étaient très importants. Il vous disait que Montréal est
surreprésentée par rapport aux régions, et je suis d'accord avec lui. Le comté
de Gaspé-Bonaventure aurait 57 000 électeurs, alors que le nombre moyen
des électeurs des comtés de Montréal est de 50 000. 7 000 personnes
de plus qu'à Montréal à servir. Je n'ai pas besoin de vous dire que la plupart
des comtés à Montréal se font à pied en très peu de temps. Alors, nous, pour
encore plus de personnes à servir, il faudrait faire sept heures de char.
Est-ce que vous trouvez ça normal? Un citoyen qui fait plusieurs heures de
route pour aller au bureau de son député, est-ce que vous considérez que c'est
un bon service rendu? Est-ce qu'on devrait comprendre avec ça qu'un électeur de
la Gaspésie vaut moins qu'un électeur de Montréal? Je me pose la question. Pour
y avoir habité quelques années, je sais qu'à Montréal tout est proche. On a
accès à tous les services, la population est dense, les députés ont un seul
bureau de comté aussi. Alors, je suis certaine que vous serez d'accord avec
moi, c'est incohérent, mais c'est aussi injuste. Alors, je vous invite fortement
à revoir votre position.
• (14 h 10) •
Comme je l'ai fait lors de votre passage
dans Bonaventure, je vous fais une micro-incursion dans ma semaine. Alors, je
pars le lundi, je fais mes trois grosses journées à Québec et je repars le
jeudi, après ma journée, pour arriver vers minuit, 1 heure chez nous.
Alors, vous pouvez me dire : Bien, pourquoi vous ne partez pas le
vendredi? C'est simple, c'est parce que c'est ma seule journée ouvrable dans le
comté où je peux recevoir les citoyens, les commettant, les organismes, les
entreprises. On passe trois jours par semaine à Québec, mais notre priorité,
c'est de servir nos citoyens. Et j'ai deux filles. Après trois dodos à
l'extérieur, j'aime bien leur souhaiter une bonne journée en personne avant
qu'elles partent pour l'école le vendredi matin. En parallèle, j'ai des
collègues qui vont partir le mardi matin et qui peuvent souper chez eux le
jeudi soir. Ils ont souvent, donc, si on fait le calcul, un 13, 15 heures de
plus que nous, par semaine, dans leur comté, et leur comté est <souvent...
Mme Blouin :
...15
heures de plus que nous, par semaine, dans leur comté, et leur comté est >souvent
beaucoup plus petit que ceux de la Gaspésie.
Je vous dis ça parce qu'à une époque où on
essaie de démocratiser le rôle de député, attirer des profils différents, des
jeunes avec des familles, bien, je pense que c'est incohérent de proposer une
circonscription aussi immense, située à plusieurs centaines de kilomètres de
Québec. La réalité, c'est que le scénario qui est proposé ne laisse aucune
place à la conciliation travail-famille pour le député. Alors, je me pose une
autre question : Quel message est-ce qu'on envoie aux députés avec des
jeunes enfants et aux prochaines générations? Et je ne vous parle pas des déplacements
que je dois faire, une fois arrivée chez moi, pour rencontrer les différents
intervenants et organismes de la région. Parce que je vous disais tantôt que,
pour me déplacer dans ma circonscription, actuellement, on parle d'environ
3 h 30 min d'un bout à l'autre, mais je ne vous ai pas dit que
ça exclut les villages qui sont éloignés de la 132.
Alors, que ce soit très clair, par contre,
vraiment, je fais ce travail avec grand, grand plaisir et passion, parce que
c'est important, pour moi, de comprendre les enjeux de ma communauté et de bien
les représenter ici, à l'Assemblée nationale, mais je ne peux pas concevoir
comment offrir le même niveau d'accompagnement, la même proximité dans une
circonscription fusionnée.
Il faut ajouter que la Gaspésie a déjà
perdu la circonscription d'Avignon—La Mitis—Matane—Matapédia au fédéral.
Désormais, donc, l'ensemble de la région est regroupé dans la circonscription
Gaspésie—Les Îles-de-la-Madeleine—Listuguj. Aux prochaines élections fédérales,
les Gaspésiens perdront donc une voix sur deux pour défendre leurs enjeux. Dans
ce contexte, je réitère que la fusion de Bonaventure et Gaspé serait une perte
énorme pour la représentation effective des communautés gaspésiennes. Et, sans
rien enlever aux députés fédéraux, il faut dire que les députés provinciaux
assurent un lien de proximité plus important avec la population et avec les
organisations. Le rôle terrain, pour un député provincial, est essentiel.
Une région fière et distincte comme la
nôtre ne mérite pas le déracinement proposé en envoyant La Haute-Gaspésie au Bas-Saint-Laurent.
Ce scénario-là va à l'encontre à la fois des principes qu'a défendus la
commission elle-même dans le passé et de la représentation adéquate des
intérêts gaspésiens. Et ça entraînerait aussi des répercussions sur les
organismes, les instances de développement régional, qui jouent un rôle de
premier plan pour la vitalité économique, sociale et culturelle de la Gaspésie.
Je prends ici l'exemple du CISSS de la Gaspésie, qui devrait se référer à un
député pour la région administrative Gaspésie—Îles-de-la-Madeleine pour trois
de ses hôpitaux et à un député du Bas-Saint-Laurent pour un hôpital. Ce n'est
tout simplement pas efficace.
Bonaventure est à la limite de son
expansion à la fois en raison de la taille du territoire à couvrir, qui est
déjà très grand, mais aussi en raison de ses limites naturelles. À l'ouest, la
vallée de la Matapédia est une frontière naturelle entre les communautés, qui
est un fait, d'ailleurs, déjà reconnu par la commission, et, à l'est, Gaspé ne
peut pas contribuer à équilibrer le rapport numérique sans le faire à son
détriment.
Il faut comprendre qu'il y a des réalités
uniques aux régions éloignées. Je pense, entre autres, à l'accès à des soins de
santé spécialisés, qui peuvent nécessiter des déplacements vers des grands
centres urbains. Les personnes âgées, dans ce temps-là, vont se retourner,
souvent, vers leurs députés pour de l'aide. Et c'est juste un exemple parmi
tant d'autres.
Le point positif, la bonne nouvelle, c'est
que le statut d'exception existe, justement, pour ce genre de cas où une
circonscription ne peut pas être élargie sans nuire aux communautés. Et je sais
que les commissaires sont familiers avec ce volet identitaire parce que c'est,
entre autres, grâce à cet élément-là qu'on a obtenu le statut d'exception en
2017. Et ces arguments sont toujours valides.
Ça m'amène à vous parler d'un élément
crucial aussi. La proposition de la commission s'appuie sur une idée qui est
fausse, celle du déclin démographique de la région. C'est faux. La Gaspésie
connaît une croissance démographique depuis 2017, et on se situe au cinquième
rang des régions qui se démarquent le plus au Québec, devant la Montérégie et
la Capitale-Nationale, toutes proportions gardées, bien évidemment. Alors, la
vérité, c'est que la Gaspésie prend sa démographie en main, et prétendre le
contraire, c'est un manque de considération envers les efforts mis de l'avant
pour attirer des nouveaux arrivants.
Alors, aujourd'hui, je réitère ma demande
à la commission, qui est de maintenir le statut d'exception de Bonaventure. Ça
me semble la seule option pour continuer d'assurer une bonne représentation des
citoyens et des citoyennes. Nous enlever une circonscription, M. le Président,
c'est rendre nos réalités invisibles, c'est fermer les yeux sur les
caractéristiques qui nous sont propres et sur nos enjeux. Je vous demande
d'accorder une place plus importante aux autres critères plutôt que de
privilégier simplement le nombre d'électeurs. Cette façon de faire, elle est
réductrice et en décalage avec les besoins réels.
Je sais que les commissaires accordent
aussi une attention particulière au sentiment d'appartenance. Permettez-moi de
vous rappeler qu'il y avait plus de 200 personnes qui se sont déplacées à New
Richmond, en après-midi, sur semaine, à 14 heures, un jeudi pour être précise,
à environ 10 jours d'avis, et, à ma connaissance, j'ai eu vent qu'il s'agit de
la plus grande audience de toute votre tournée au Québec. D'anciens députés de
Bonaventure étaient présents pour s'opposer à la création du nouveau <comté...
Mme Blouin :
...D'anciens députés de Bonaventure étaient présents pour
s'opposer à la création du nouveau >comté. Toutes les formations
politiques étaient représentées et étaient contre la fusion. Cette mobilisation
importante a envoyé un message très clair : On n'en veut pas, de fusion.
Vous avez été témoins de notre très fort sentiment d'appartenance, et la foule
était plutôt participative, vocale également. Je pense que vous pouvez vous en
souvenir. Et j'ai moi-même été surprise quand les plus de 200 personnes se
sont levées d'un bond pour applaudir après mon intervention. Et là je tiens à
dire que ce n'est pas moi qu'ils ont applaudie, pas du tout. Ce qu'ils ont
fait, c'est donner leur approbation au message que j'ai porté, et que je vous
porte encore aujourd'hui, qui vise à faire reconnaître nos particularités et
conserver notre voix, parce qu'on en a besoin.
Ça, c'est sans compter toutes les autres
actions comme le mouvement Sauvons la Gaspésie lancé avec quelques citoyens
engagés. Dans le cadre de ce mouvement-là, on a lancé une pétition qui dépasse
aujourd'hui les 3 300 signatures. Sans oublier la lettre ouverte
parue dans LaPresse, signée par l'ensemble des élus de tous
les paliers politiques de la Gaspésie et du Bas-Saint-Laurent, pour ne nommer
que ça. Et je vais d'ailleurs utiliser cette tribune pour dire qu'il est
toujours le temps de signer la pétition au sauvonslagaspesie.com.
J'ai lu aussi que 600 personnes au
total ont témoigné au Québec. Je rappelle qu'il y avait 200 personnes
juste dans le comté de Bonaventure, c'est le tiers. Et, de mémoire, il y avait
environ 80 personnes à Gaspé. Donc, près de la moitié de ce que vous avez
entendu au Québec, c'est en Gaspésie. Ça en dit long sur toute la mobilisation
et les impacts que ça représente pour les Gaspésiennes et pour les Gaspésiens.
En tant que commissaires, je crois qu'il est de votre devoir de vous montrer
sensibles, à l'écoute de la population et de respecter notre volonté.
C'est plutôt rare aussi qu'un sujet fasse
l'unanimité, jusqu'ici, à l'Assemblée nationale. J'ai entendu plusieurs
collègues qui ont défilé ici, au cours des derniers jours, s'opposer à la
proposition de fusion. Et, en ce sens, je ne veux pas passer sous silence la
motion à laquelle j'étais conjointe et qui a été adoptée à l'unanimité ici,
toujours à l'Assemblée nationale, qui vous demandait, à vous, les commissaires,
de réviser votre recommandation de procéder à la fusion des comtés de
Bonaventure et de Gaspé. J'ajoute à ça le nombre important de résolutions
prises par les conseils municipaux et les MRC, qui s'opposent, évidemment, eux
aussi.
Alors, mon objectif, je pense que c'est
assez clair aujourd'hui, c'est de vous faire changer d'idée. J'ai confiance que
vous pouvez le faire parce que vous l'avez déjà fait pour le comté de Sainte-Marie—Saint-Jacques
et aussi vous l'avez fait en ajoutant une audience dans Bonaventure.
Notre Québec est riche de ses régions, et
on en est fiers quand c'est le temps de vanter notre belle province. Soyons
cohérents, traitons la Gaspésie avec respect, conservons nos deux voix à
l'Assemblée nationale.
Pour nos citoyens qui ont le droit de se
faire entendre et d'avoir accès à leur député, pour les maires de la
circonscription qui doivent compter sur une députée présente, impliquée, à
l'écoute de leurs besoins pour leurs projets dans leurs municipalités, pour nos
aînés, une population vieillissante et vulnérable qui a besoin des services
adaptés et d'une députée qui va à leur rencontre pour comprendre leur réalité,
pour les familles qui veulent une députée présente et au diapason de leurs
préoccupations, pour nos jeunes qui ont besoin d'une députée accessible pour
comprendre leurs besoins et pour contrer leur exode vers les grands centres,
pour nos entrepreneurs qui veulent une députée qui comprend leur environnement
d'affaires et leurs enjeux du quotidien, pour les citoyens et pour les citoyennes
de la circonscription de Bonaventure, je vous exhorte d'être à leur écoute et
de maintenir intacte, telle qu'elle est, la circonscription de Bonaventure, que
je suis si fière de représenter. Merci, M. le Président.
• (14 h 20) •
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) :
Merci beaucoup, Mme la députée de Bonaventure. Il reste une minute. Je vous
permets de réagir, chers commissaires.
M. Blanchet
(Jean-François) :Merci, Mme la députée.
En 30 secondes, on n'a pas le temps d'ajouter, mais on vous a entendue, on
vous a entendue à New Richmond. Et c'est vrai, je pense que la moitié des
personnes qui sont venues nous rencontrer lors de la tournée étaient soit de la
Gaspésie ou du Bas-Saint-Laurent. Donc, effectivement, les gens sont très attachés
à leurs circonscriptions. Donc, on a... on a pris note. Merci beaucoup.
Mme Blouin : Merci beaucoup.
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) :
Il reste une vingtaine de secondes, Mme la députée.
Mme Blouin : Je pense que
tout est dit.
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) :
Je vous remercie beaucoup, Mme la députée de Bonaventure. Merci pour votre
contribution à cette commission.
Je vais maintenant procéder à la prochaine
intervention, toujours pour la région Gaspésie—Îles-de-la-Madeleine, et je vais
céder la parole à M. le député de Gaspé. Vous avez également droit à un maximum
de 20 minutes. M. le député de Gaspé, la parole est à vous.
M. Sainte-Croix : Merci, M.
le Président. À mon tour de procéder aux salutations d'usage aux estimés
collègues, M. le Président, membres de la commission, personnel technique,
personnel politique. Très heureux d'être ici aujourd'hui pour discuter, parler,
se positionner d'un sujet important. Je pense que ma collègue en a fait une
démonstration assez claire, de l'importance de notre sujet d'aujourd'hui.
Stéphane Sainte-Croix, je suis député de
Gaspé. Je suis à ma première législature. Donc, fier député de Gaspé, de cette
magnifique <région...
M. Sainte-Croix :
...à
ma première législature. Donc, fier député de Gaspé, de cette magnifique >région
du Québec, de cette magnifique population du Québec, que je représente
fièrement.
Je suis devant vous aujourd'hui tout vêtu
de noir, et ce n'est pas par hasard. Considérant la nature de la journée, moi,
je trouve que c'est une journée préoccupante pour la démocratie de notre
nation, préoccupante pour les régions du Québec, et particulièrement
préoccupante pour ma Gaspésie.
Donc, aujourd'hui, on va vous faire part
de la nécessité de maintenir notre poids politique sur l'ensemble du territoire
québécois. Et, aujourd'hui, on parle de la Gaspésie, mais je pense que, dans
les années à venir, on pourrait parler de d'autres régions qui sont devant des
situations plus ou moins similaires pour les années à venir, à savoir des
aspects démographiques particuliers, territorials particuliers, qui font en
sorte que l'exercice que vous avez fait dans les derniers mois est nécessaire.
Je tiens à souligner qu'aujourd'hui, dans
le fond, dans l'ensemble du processus dans lequel nous nous sommes investis, de
façon rigoureuse, de façon sérieuse, dans un contexte particulier, hein, à
savoir la défense de notre comté, c'est quand même particulier... bien, je
tiens à souligner, moi, le travail de mon équipe de comté, parce qu'il ne faut
pas oublier qu'aujourd'hui c'est nous, ici, devant la caméra, c'est nous qui, représentant
nos... qui représentons notre... nos commettants, mais, dans le comté, il y a
des gens qui, à tous les jours, nous accompagnent, quand même des petites
équipes, petites équipes dévouées.
Alors, aujourd'hui, j'aimerais dire merci
à Aline, Julie, Jean-Sébastien et Jérôme. C'est avec ces gens-là, qui... à tous
les jours on fait face aux défis qui sont les nôtres, à tous les jours on va au
combat, parce qu'être député en région, c'est une forme de combat, pour toutes
sortes de raisons. Et puis, bien, sans eux, aujourd'hui, je ne pourrais pas
vous tenir ce propos-là puis je n'aurais pas fait tout le travail qu'on a fait
dans les six derniers mois. Alors, je tiens à leur dire. Puis je trouve que
c'est très important que l'ensemble des citoyens qui nous écoutent aujourd'hui
comprennent que ce que nous faisons à tous les jours, ça ne se fait pas tout
seul, il y a des gens qui nous accompagnent dans cette... dans cette
aventure-là.
Je ne peux passer sous silence, et ma
collègue l'a fait aussi, une mobilisation extraordinaire des Gaspésiens devant
un phénomène, hein, qui est la menace de voir un de leurs comtés disparaître.
Donc, vous l'avez dit, les chiffres ont été énoncés, on parle de, grosso modo,
600 personnes, selon nos informations, là, dont près de 50 % se sont
déplacées sur le territoire gaspésien, qui demande quand même un effort, au
sens où c'est un déplacement, puis, dans certains cas, ça pourrait même être un
dodo sur place pour espérer revenir chez soi le lendemain. Donc, près de
50 % des gens qui ont pris le temps d'aller exprimer un point de vue,
préparé, non pas seulement le goût du jour, mais une... un propos réfléchi, se
sont déplacés sur le secteur de la péninsule pour venir se faire entendre,
faire entendre leurs voix, leur désaccord à la proposition que nous avons
actuellement sur la table. Donc, j'ose croire que ces 300 personnes sur la
péninsule gaspésienne ont été entendues. C'est très important, je crois, de
comprendre que ces gens-là, aujourd'hui, attendent impatiemment le résultat de
ces travaux et ont pleinement confiance en leurs représentants que nous sommes.
Donc, je trouvais important de le dire aussi.
Je retiendrais, en fin d'introduction, un
extrait d'un article qui a paru cette semaine, pas plus tard qu'hier, dans Le Devoir,
dans lequel il est écrit, grosso modo, que les délais actuels limitaient la
possibilité d'explorer un plan B à substituer à la proposition soumise par la commission
de représentation électorale. Je vous dirais bien franchement que cet article
faisait partie de ma revue de presse quotidienne et que j'ai quand même... j'ai
quand même tiqué à quelques reprises sur cette ligne, et je m'explique.
Que devons-nous comprendre de ce signal?
Que l'exercice auquel nous nous soumettons est vain? Que votre proposition
préliminaire est finale? Que nous sommes placés devant l'inéluctable, à savoir
la fusion des comtés de Gaspé et Bonaventure et, par conséquent, la perte de
poids politique de la Gaspésie face à l'ensemble du Québec? J'ose sincèrement
croire que non et je m'en remets à la nécessité, et aux règles du processus qui
nous est périodiquement soumis, et à la confiance que nous portons à nos
institutions.
Voilà donc pour ma mise en contexte. Le
reste de mon exposé est tiré essentiellement d'un mémoire qu'on a <déposé...
M. Sainte-Croix :
...Le
reste de mon exposé est tiré essentiellement d'un mémoire qu'on a >déposé
dans le cadre des commissions, un mémoire qui fait quelque 35 pages et
qui, ma foi, est rigoureux, est sérieux. On a pris le temps de faire nos
devoirs. Et puis je suis très fier du travail qu'on a fait, au sens où on va
laisser une trace, peu importe ce qu'il va advenir de la suite des choses. Nous
avons fait notre travail dans l'optique des intérêts des citoyens gaspésiens et
gaspésiennes.
Donc, je vais m'attarder aujourd'hui à
quelques éléments qui m'apparaissent fondamentaux sur la compréhension de notre
région, de ses enjeux, de ses particularités, à savoir la géographie, donc le
territoire. C'est une péninsule avec des particularités quand même
exceptionnelles. Il y a une démographie... et ma collègue l'a amené, une
démographie particulière au sens québécois, démographie vieillissante, qui
vieillit plus vite qu'ailleurs et qui tient à sa région. Je vais aussi
m'intéresser et vous exposer quelques éléments sur le statut d'exception qui
couvre les Îles-de-la-Madeleine et l'impact sur la Gaspésie et le Bas-Saint-Laurent
dans l'idée même de la nouvelle proposition de carte électorale que vous avez
mise sur la table. Et je terminerais enfin avec le statut particulier de La
Haute-Gaspésie, qui, il faut le dire, est la MRC la plus dévitalisée du Québec,
qui demande un accompagnement particulier et qui, à mon sens, se trouve
perdante dans la proposition que nous avons actuellement sur la table.
Allons-y avec la géographie. Quand on
regarde la proposition soumise par la commission, nous, on insiste beaucoup plus
sur l'aspect linéaire en termes de distance que de superficie, pour la simple
et bonne raison que les superficies peuvent aussi englober des territoires non
habités, des aires protégées, donc des territoires naturels pour lesquels
l'aspect du député est plus ou moins pertinent. Par contre, la question des
kilomètres linéaires, donc une distance entre deux milieux de vie, parle, à mon
sens, beaucoup plus. C'est un réel défi... et ma collègue l'a bien exprimé et
démontré, c'est un réel défi à tous les jours que de couvrir le territoire, de
se rendre accessible à nos citoyens, à nos citoyennes, d'aller à leur
rencontre, parce que c'est important, ça fait partie de notre travail, d'aller
où se passent les choses, vers les gens. C'est déjà un défi de le faire dans le
contexte actuel que nous connaissons.
Suivant la nouvelle proposition sur la
table, le nouveau comté de Gaspé-Bonaventure ferait en sorte qu'entre le
premier et le dernier des villages compris dans la circonscription, il nous
faudrait parcourir 544 kilomètres, d'un point a au point b.
544 kilomètres, c'est l'équivalent de la distance entre Montréal et
Toronto ou Montréal et Rimouski, et j'insiste aussi sur ce qu'a amené ma
collègue, pas sur une autoroute à quatre voies, mais sur une route nationale
mythique, la 132, route qui fait partie du patrimoine québécois, pour plein de
raisons. Mais vous comprenez que la route mythique 132, qui est sur nombre
de cartes postales et de publications touristiques, bien, par les temps qui
courent, en ce mois de février, c'est un peu moins sexy, on va dire ça comme
ça. Donc, la route 132, malgré des investissements incroyables d'une
amélioration continue de... du lien routier, amène ses défis. Donc, vous comprenez
que 544 kilomètres, dans une situation de déplacement sur le territoire,
c'est quand même un défi. Et là je ne vous parle pas d'aller régulièrement,
pratiquement à chaque semaine pendant plusieurs mois, du comté vers Québec. Et
là on parle de... dans mon cas, actuellement, de 700 kilomètres qui se rajoutent
à la réalité.
• (14 h 30) •
Donc, quand je regarde cette réalité-là, hein,
cet élément-là de notre... de notre quotidien, au regard de cette
proposition-là, bien, pour ça puis pour bien d'autres choses, je crois que le
statut d'exception doit demeurer.
On parle d'accessibilité, on parle de
déplacements, on parle de temps consacré, mais il faut aussi comprendre que ça
va dans les deux sens. Autant le député a à se déplacer pour aller à la
rencontre de la communauté, autant la communauté, elle aussi, vient voir...
14 h 30 (version révisée)
M. Sainte-Croix : ...le
député a à se déplacer pour aller à l'encontre de la communauté, autant la
communauté, elle aussi, vient voir son député. Donc, vous comprenez que le 544 kilomètres,
c'est vrai pour Stéphane, ce serait vrai pour Catherine, mais c'est vrai aussi
pour nos citoyens et nos citoyennes. Et je m'imagine mal, moi, comment un
citoyen peut s'imaginer, pour toutes sortes de raisons, de trouver normal, dans
un Québec qui est celui d'aujourd'hui, de devoir consacrer 544 kilomètres
pour aller discuter, régler un problème, se documenter sur une réalité qui
touche les citoyens, ça m'apparaît un peu hors norme.
Dans le cadre actuel, donc du comté de Gaspé
tel qu'on le connaît, au niveau des déplacements internes et de mes
déplacements sur la vieille capitale, entre 20 et 30 % de mon temps est
consacré à me déplacer. Et il faut comprendre que, dans la notion de
déplacement, oui, on peut faire un bout de travail au niveau de notre agenda,
mais il y a encore des défis, il y a encore des défis de connectivité où on n'a
pas toujours accès à une communication et il y a des défis de sécurité, bien
évidemment, qui entourent tout ça. Donc, c'est un élément qui peut paraître
plus ou moins pertinent, mais qui prend tout son sens quand, au quotidien, on est
dans cette... dans cette réalité-là.
Parlons démographie. La proposition que
nous avons sur la table de créer cette nouvelle circonscription regroupant les
MRC de la Côte‑de‑Gaspé, du Rocher-Percé, de Bonaventure et d'Avignon entraînerait
une surreprésentation de 11,6 % par rapport à la moyenne québécoise. Je
vous rappelle qu'actuellement, on est en sous‑représentation de près de
40 % et on se situerait de l'autre côté du spectre avec cette proposition-là.
Cette surreprésentation placerait la circonscription en 22e position en
termes de poids relatif parmi les 125 circonscriptions du Québec, ça m'apparaît
quand même assez incroyable, ce qui est difficile à justifier, surtout compte
tenu de la grandeur exceptionnelle de cette circonscription en région éloignée.
Le fait que seulement 21 circonscriptions auraient un poids relatif
supérieur soulève des questions sur l'équité de représentation,
particulièrement pour une région qui bénéficiait auparavant d'un statut d'exception.
Cette situation est d'autant plus
remarquable que les circonscriptions avec des écarts similaires de
surreprésentation sont généralement situées dans des régions fortement
urbanisées à proximité des grands centres. La justification de telles
disparités pour une circonscription étendue et éloignée, comme celle proposée
pour Gaspé et Bonaventure, demeure un défi pour la commission, mettant en
lumière un potentiel d'incohérence dans l'application des critères de
délimitation des circonscriptions électorales.
Pour réaliser la fusion, la commission
envisage de combiner deux régions administratives distinctes, le Bas-Saint-Laurent
et la Gaspésie—Îles-de-la-Madeleine, en une seule région électorale. Il
convient de mentionner que cette approche n'était pas utilisée lors de la
révision préliminaire de la carte en 2015, indiquant par le fait même un
changement de méthodologie qui pourrait compromettre la représentation des
communautés naturelles et des identités régionales. La commission avait
précédemment conclu qu'une fusion entre Gaspé et Bonaventure n'était pas
envisageable en raison du dépassement des seuils d'électeurs. Le maintien des
circonscriptions sur la Côte-Nord et en Abitibi en raison de la traversée des
limites régionales territoriales contraste avec l'approche proposée pour Gaspé
et Bonaventure, révélant une incohérence dans l'application des critères et
justifications entre différentes régions.
Un mot sur le statut d'exception pour les Îles-de-la-Madeleine.
La Loi électorale du Québec confère un statut d'exception aux Îles-de-la-Madeleine,
ce qui signifie que la commission n'a pas le pouvoir de modifier les limites de
cette circonscription. Par conséquent, notre mémoire souligne que ce statut d'exception
devrait exclure les Îles-de-la-Madeleine de tout calcul relatif à la
redéfinition des circonscriptions électorales, car la commission n'a aucune
compétence sur la délimitation de cette circonscription spécifique. Cette
approche n'a cependant pas été suivie dans le calcul actuel de la commission,
qui inclut les Îles dans l'évaluation <globale...
M. Sainte-Croix :
...
spécifique. Cette approche n'a cependant pas été suivie dans le calcul actuel
de la commission, qui inclut les Îles dans l'évaluation >globale de la
région du Bas-Saint-Laurent, Gaspésie, Îles-de-la-Madeleine. L'inclusion des Îles-de-la-Madeleine
dans les calculs de la commission a conduit à une évaluation qui indique une
surreprésentation électorale de la région, en se basant sur une diminution du
poids électoral depuis 2014. Cela a des implications sur les circonscriptions
de Gaspé et de Bonaventure, exacerbant leur situation d'exception négative. Le
mémoire argumente que cette méthode de calcul pénalise indûment nos régions de
la Gaspésie et du Bas-Saint-Laurent, surtout compte tenu de la création d'une
nouvelle région par la commission, sans tenir compte du statut unique des Îles-de-la-Madeleine.
Si nous excluons les Îles du calcul du poids électoral, qui, on convient, là,
sont un pays dans un pays, nous nous retrouvons avec une région périphérique
sous représentée avec 4 comtés pour un poids électoral qui se situe à 4,15
au minimum. Nous serions la seule région excentrée dans cette situation.
La Haute-Gaspésie : La proposition
actuelle de redécoupage électoral met en péril l'identité et l'influence
politique de la Haute-Gaspésie, une région qui, je l'ai dit d'entrée, là, fait
déjà face à d'importants défis économiques et sociaux. En intégrant cette MRC
dans une circonscription majoritairement bas-laurentienne, les liens naturels
et historiques qui unissent la Haute... Gaspésie plutôt, au reste de la
Gaspésie, sont compromis. Cette restructuration, qui n'a pas été justifiée de
manière convaincante par la commission à nos yeux, isole la MRC la plus
dévitalisée du Québec de ses homologues régionaux, remettant en question le
principe même de la représentation politique régionale.
En termes de représentation, le
redécoupage proposé réduit l'influence de la Haute-Gaspésie de manière
significative. Actuellement, cette MRC représente 50 % des municipalités
de la circonscription de Gaspé. Avec la nouvelle structure, elle ne
constituerait plus que 17 % des municipalités de la circonscription
élargie de Matane-Matapédia. De même, la part de la population électrice de la
Haute-Gaspésie chuterait de 31 à 18 %. Cette dilution structurelle
pourrait considérablement réduire le poids politique de la Haute-Gaspésie,
rendant ses préoccupations et besoins spécifiques moins audibles et moins
visibles politiquement. De plus, le défi logistique et relationnel pour le
député de couvrir une MRC dans une région administrative différente, avec un
poids politique relativement faible, soulève des préoccupations quant à la
capacité du député à accorder une attention suffisante aux enjeux régionaux,
risquant ainsi une marginalisation accrue de la Haute-Gaspésie.
En terminant, notre recommandation est
simple, M. le Président : Retirez cette proposition de fusion pour la
région et favorisez le maintien du statu quo.
• (14 h 40) •
Le Président (M. Lévesque,
Chauveau) : Merci beaucoup, M. le député de Gaspé. Il reste
45 secondes. Est-ce qu'il y a une réaction des membres de la commission?
M. Bouchard (Kevin) : Je
voulais juste m'assurer de clarifier une chose.
M. Sainte-Croix : Oui.
M. Bouchard (Kevin) : Merci
pour vos... vos commentaires, vos remarques. Peu importe ce qui a peut-être été
dit dans les médias ou qui a été rapporté, je ne le sais pas, là... peut-être
c'est pris hors contexte, là, je veux vous assurer que nous, on prend le
processus au sérieux, et qu'on a l'esprit ouvert, et qu'on est ici pour
entendre tous les arguments, qu'on va les prendre en considération et qu'il y a
des scénarios qui sont évoqués qui vont mener à des réflexions. Donc, je
voulais juste clarifier ce point-là pour être sûr que...
Le Président (M. Lévesque,
Chauveau) : ...10 secondes, M. le président.
M. Blanchet
(Jean-François) :Merci. Juste...
Une voix : ...
Le Président (M. Lévesque,
Chauveau) : Est-ce qu'il y a consentement pour qu'on permette à M. le
Président... Peut-être rajouter quelques minutes? OK.
M. Blanchet
(Jean-François) :Ça ne sera pas long.
Le Président (M. Lévesque,
Chauveau) : M. le Président, allez-y.
M. Blanchet (Jean-François) :Ça ne sera pas long. Juste pour spécifier, effectivement,
ce qui a été dit. C'est que, dans les scénarios, si jamais on ne retirait pas
en Gaspésie, on n'irait pas retirer dans une autre région du Québec qui n'ont
pas... qui n'auront pas la chance de se faire valoir. Donc, c'est soit le statu
quo, donc pas de retrait, ou retrait, mais on n'ira pas retirer mettons, dans
une autre région pour laquelle il n'y a pas d'autres audiences publiques suite
au dépôt du second rapport. Donc, on veut laisser la chance aux gens quand même
de se prémunir. Donc, c'est ça qui a été mentionné, donc c'est statu quo,
retrait, mais c'est sûr qu'on n'ira pas ailleurs au Québec, là, sans <avertissement...
M. Blanchet
(Jean-François) :
...laisser la
chance aux gens quand même de se prémunir. Donc, c'est ça qui a été mentionné,
donc c'est statu quo, retrait, mais c'est sûr qu'on n'ira pas ailleurs au
Québec, là, sans >avertissement comme ça. C'est ça qui a été... qui a
été dit. Donc, juste pour vous rassurer, là, ce n'est pas... Il n'y a aucune
décision de prise à ce moment-ci, on est encore dans les audiences et on prend
note de tout ce qu'on entend. Donc, merci. Merci pour le temps.
Le Président (M. Lévesque,
Chauveau) : Merci beaucoup, M. le député de Gaspé. Je vous remercie
pour votre précieuse collaboration à la commission. Alors, merci aux collègues
d'avoir donné du temps également pour la réponse. Alors, nous allons toujours
poursuivre dans la région Gaspésie—Îles-de-la-Madeleine, et je vais céder la
parole à M. le député de Marquette.
M. Ciccone :Merci beaucoup. Plusieurs se demandent pourquoi je prends
la parole aujourd'hui, moi qui est le député de la plus belle circonscription
du Québec, Marquette. À la blague, bien sûr, tout le monde dit ça, tous les
députés disent ça. C'est parce que j'ai à cœur la région et, comme porte-parole
de mon parti politique, de responsable de la région, c'est important pour moi
d'ajouter ma voix à tout ça.
À mon tour, M. le Président, de vous
saluer, de saluer les collègues de l'Assemblée nationale et vous, Mmes et MM.
les commissaires. J'ai beaucoup de sympathie pour vous, honnêtement, c'est un
travail qui n'est pas facile. Vous devrez prendre des choix. Vous avez fait des
propositions, et ce qu'on... ce qu'on voit aujourd'hui, là, c'est très clair,
là, les propositions n'ont pas passé comme facilement. Alors, j'espère que vous
êtes à l'écoute et que vous allez prendre en considération tout ce que... ce
qui a été dit. Je n'ai pas la prétention de connaître la Gaspésie comme mes
estimés collègues qui sont des résidents et des fiers représentants de leur
région.
J'aimerais également, avant de débuter la
lecture de mon texte, citer... Hier, 14 février, dans La Presse, je vais
citer une partie, là : «Pour sa part, M. Blanchet a rappelé aux
parlementaires que la commission est à l'écoute des critiques.» «Critique» a
une connotation négative, moi, j'aimerais que vous receviez tout ce qu'on a à
vous dire aujourd'hui et tout ce qui a été dit avant, durant les auditions,
comme un cri du cœur, comme un cri du cœur de la part des citoyens de la
Gaspésie.
Alors, merci de me donner l'occasion de
m'exprimer aujourd'hui. En tant que fier représentant de la Gaspésie, j'entends
la population et j'ai aussi consulté des gens de la place depuis la sortie du
rapport préliminaire. Tous sont en désaccord avec la proposition de
modification de la carte électorale en Gaspésie. Je joins ma voix, donc, à ma
collègue de Bonaventure et de Gaspé ainsi que tous ceux qui sont passés devant
vous en audience pour protéger et garder intacte la Gaspésie.
Le projet de la commission de jumeler la
circonscription de Bonaventure et de Gaspé en une nouvelle circonscription de
Gaspé-Bonaventure ne tient pas compte des réalités sur le terrain et ne fait
que réduire le poids politique de la région de la Gaspésie et de l'Est du
Québec. Cette fois-ci, il a été décidé de ne pas renouveler le statut
d'exemption négative des circonscriptions de Gaspé et Bonaventure, comme ce fut
le cas en 2017. On ne peut pas seulement s'arrêter à un calcul mathématique
sous prétexte que Bonaventure, avec ses moins 29,2 %, et Gaspé, avec moins
40,6 %, ont enregistré un écart encore plus prononcé par rapport à la
moyenne provinciale. La commission, dans l'établissement de ses propositions,
doit prendre en compte des critères quantitatifs, notamment l'écart du nombre
d'électrices et d'électeurs des circonscriptions par rapport à la moyenne
provinciale, mais elle doit aussi prendre en compte des critères qualitatifs,
notamment le regroupement des communautés naturelles, selon les critères
démographiques, géographiques et sociologiques. La commission reconnaît, dans
son rapport préliminaire, que le territoire de la Gaspésie se démarque par des
plaines littorales fertiles et des paysages montagneux. Celle-ci reconnaissait
elle-même, lors de son dernier rapport, que la géographie particulière de la
péninsule confirmait la décision d'accorder à ses circonscriptions des
exceptions.
La réalité des circonscriptions rurales
comme Bonaventure et Gaspé est complètement différente des circonscriptions
urbaines et périurbaines. Le jumelage des deux circonscriptions de la Gaspésie
fera de la nouvelle... circonscription, pardon, la neuvième circonscription avec
la plus grande superficie, environ 20 160,33 kilomètres. Un large
territoire réduit l'efficacité du représentant élu. Je pense également à la
sécurité, avec autant de route à faire et j'ouvre une parenthèse, ici, là, et
il vous a interpellé, l'ancien député de Bonaventure qui expliquait les
dangers... les dangers. Peut-être que la députée de Bonaventure pourrait nous <calculer...
M. Ciccone :
...et j'ouvre une parenthèse, ici, là, et il vous a
interpellé, l'ancien député de Bonaventure qui expliquait les dangers... les
dangers. Peut-être que la députée de Bonaventure pourrait nous >calculer
le nombre de kilomètres qu'elle fait d'ici à sa circonscription en une année et
le nombre de kilomètres qu'elle fait également dans son comté, et l'ancien député,
Sylvain Roy, de Bonaventure, vous avait expliqué qu'à trois occasions il aurait
pu y laisser sa vie. Moi, j'aime mes collègues, j'aime ma collègue de... puis je
suis persuadé, puis elle me fait signe, qu'elle aussi a déjà peut-être pris le
champ, soit dit en passant, mais je ne vais pas lui prêter des intentions.
La proposition de la commission entraînera
concrètement la perte de la voix d'un député à l'Assemblée nationale pour
représenter la population gaspésienne. Le poids politique de la région administrative
de la Gaspésie, déjà affaibli, sera réduit de moitié, 1,6 % à 0,8 %.
Les autres modifications de la commission
proposent notamment sur le transfert des municipalités de la MRC de la
Haute-Gaspésie, de Gaspé et 3mm Matane-Matapédia, sur le transfert des
municipalités de la MRC de la Mitis, de Matane-Matapédia à Rimouski, ainsi que
d'autres changements de délimitation pour les circonscriptions de Bonaventure,
Gaspé, Matane‑Matapédia et Rimouski, ne tient pas compte du sentiment
d'appartenance et des liens déjà existants dans leurs communautés. C'est
déstabilisant, pour une population, et cela prend des années avant de tisser à
nouveau des liens. Vous devez être sensibles à leurs réalités. Pour plusieurs Gaspésiens
à qui j'ai parlé, puis là je ne veux pas faire de la peine au député de Matane,
ils m'ont dit : Nous sommes des Gaspésiens, pas des Bas‑Saint‑Laurentiens.
La proposition entraînera aussi des
nouvelles difficultés pour le député chargé de représenter la population de
Gaspé‑Bonaventure. Un territoire trop grand à couvrir, avec une augmentation de
temps de voyagement, un risque plus élevé pour sa sécurité. Voici des données à
considérer, la Gaspésie enregistre la plus faible proportion de jeunes de moins
de 20 ans de toutes les régions et une part importante des personnes âgées
de 65 ans et plus. Elle fait face à différents problèmes socioéconomiques,
notamment l'accès aux services, le vieillissement de la population et le taux
de chômage 3 % de plus élevé que la moyenne provinciale. La population a
besoin d'être servie, mais en fusionnant les territoires, le député sera moins
accessible pour ses citoyens et moins de dossiers seront défendus.
La proposition de redécoupage fait une
opposition catégorique au sein de la région. En novembre 2023, 65 maires,
députés, préfets et représentants de l'Est du Québec ont publié sur La
Presse une lettre ouverte en opposition à cette proposition, et je cite :
«L'abolition d'une circonscription est une perte démocratique qui va au-delà de
la disparition d'une voix à l'Assemblée nationale. La vie démocratique ne
s'active pas qu'une fois tous les quatre ans, mais à tous les instants des
communautés.»
Également, une motion à l'Assemblée
nationale, comme cela a été dit à plusieurs reprises, a été adoptée à
l'unanimité par l'ensemble des députés le 17 octobre dernier afin que la Commission
de la représentation électorale révise sa recommandation de fusionner les
circonscriptions de Gaspé et de Bonaventure. Devant la levée de boucliers de
cette région, et pour toutes les raisons évoquées dans les audiences ici même,
au parlement, par mes collègues députés, la commission doit reculer sur sa
proposition et garder le statu quo.
• (14 h 50) •
En terminant, M. Blanchet, j'aimerais
que, nonobstant la loi ou bien le pouvoir que vous détenez, d'approcher le tout
avec beaucoup, beaucoup, beaucoup d'humanité, car hormis tous les chiffres
qu'on vous a présentés aujourd'hui, là, l'aspect humain, sécurité, devrait et
doit faire une partie de votre réflexion et avoir une très grande place. Vous
vous basez sur ces chiffres, mais, nous, les parlementaires, représentons des
êtres humains. Je comprends que c'est la loi, mais vous prêter des intentions
suite à vos propositions, c'est très froid, comme lecture. Je vous invite
également à ne pas repousser du revers de la main et de considérer le sentiment
d'appartenance pour le député avec ses citoyens. Le travail terrain est
important. Le travail terrain chez moi est plus facile, je suis reconnu comme
une personne terrain, je suis persuadé que les collègues également ont des...
sont reconnus comme des personnes terrain, et ils le font à la pleine mesure,
avec les capacités qu'ils ont, alors pourquoi leur mettre des bâtons dans les
roues? Alors, je vous demande de reculer sur votre... vos propositions. Je ne
ferai pas comme les collègues, d'autres collègues qui... à savoir... faire des
suggestions où couper ailleurs, mettre la ligne dans d'autres circonscriptions
plus loin. Ça, je ne ferai pas ça, parce que je n'ai pas les <qualités...
M. Ciccone :
...faire des suggestions où couper ailleurs, mettre
la ligne dans d'autres circonscriptions plus loin. Ça, je ne ferai pas ça,
parce que je n'ai pas les >qualités pour le faire, je n'ai pas les
outils pour le faire. Mais la seule chose que je vous dirai, M. et Mme les
commissaires : Laissez la Gaspésie tranquille. Merci.
Le Président (M. Lévesque,
Chauveau) : Merci beaucoup, M. le député de Marquette. Je veux
permettre aux membres de la commission de la révision électorale de s'exprimer
sur vos propos.
M. Blanchet
(Jean-François) :Merci, M. le député. Merci
pour votre commentaire. Merci.
Le Président (M. Lévesque,
Chauveau) : Il reste encore 10 minutes, M. le député de
Marquette. Si vous souhaitez ajouter, vous êtes le bienvenu.
M. Ciccone :J'aurais peut-être une question, j'aurais peut-être une
question, si vous me permettez, M. le Président. Quand vous avez... Dans votre
processus de proposition, avez-vous consulté les communautés autochtones
concernées des circonscriptions?
M. Blanchet
(Jean-François) :Non, non. On en tient
compte dans... encore là, dans les différents secteurs, mais on n'a pas
consulté parce que si on consulte... Bien, de un, consulter les communautés
autochtones, c'est... dépendamment de la région, ce n'est pas toujours évident.
Vous comprendrez que si on le fait pour la Gaspésie, on doit le faire partout
aussi, là, donc on ne le fait pas systématiquement, non.
M. Ciccone :Est ce que vous jugez peut-être bon de revoir cette
chose-là, peut-être, et de communiquer avec eux autres avant? Parce que vous
savez qu'ils ont un statut particulier, là, on pourrait peut-être leur parler.
Parce que, souvent, la critique des communautés autochtones, dans d'autres
situations, là, c'est qu'on leur parle toujours après, sans les consulter
avant.
M. Bouchard (Kevin) : ...tient
les audiences publiques. On s'est déplacés à travers le Québec. Il y avait des
audiences publiques qui étaient ouvertes à toutes et à tous, et donc ils
pouvaient se présenter là... Mais on entend votre remarque, c'est une bonne
suggestion.
M. Ciccone :Merci beaucoup. C'est tout pour moi, monsieur...
Le Président (M. Lévesque,
Chauveau) : Merci beaucoup, M. le député de Marquette, et merci de
votre contribution aux auditions d'aujourd'hui.
M. Ciccone :...
Le Président (M. Lévesque,
Chauveau) : Oui, vous avez encore un peu de temps. Allez-y.
M. Ciccone :Mais s'il me reste du temps, moi, j'inviterais... Est-ce
qu'on peut donner le temps? On ne peut pas faire ça?
Une voix : ...
M. Ciccone :Par consentement, on ne peut pas faire ça?
Le Président (M. Lévesque,
Chauveau) : C'est du temps pour chacun, c'est 20 minutes.
M. Ciccone :Puis on peut... On peut tout faire, par consentement, M. le
Président.
Le Président (M. Lévesque,
Chauveau) : Par consentement, on peut tout faire. Oui, monsieur le... M.
le président, oui, allez-y, M. Blanchet.
M. Blanchet
(Jean-François) :Je veux juste rajouter
quelque chose sur le... sur le dernier point, par rapport aux...
Des voix : ...
Le Président (M. Lévesque,
Chauveau) : Oui, M. le député de Matane-Matapédia.
M. Bérubé : ...ma longue
expérience, habituellement, celui qui a le temps choisit à qui il le donne.
Alors si tout le monde est d'accord, ça peut se faire.
Le Président (M. Lévesque,
Chauveau) : Je vais vérifier la procédure, là.
M. Bérubé : Belle
solidarité, monsieur le...
M. Provençal : On sait
très bien que dans... dans une rencontre...
Le Président (M. Lévesque,
Chauveau) : M. le député de Beauce-Nord, oui.
M. Provençal : Oui, je
voulais simplement spécifier que, par consentement, au niveau d'une commission,
on peut permettre certaines choses, alors... Et vous avez toujours le droit de
trancher, si vous voulez, comme président. Simplement.
Le Président (M. Lévesque,
Chauveau) : M. le député de Richmond, allez-y, oui.
M. Bachand : ...pas
finir ça en queue de poisson. Alors, moi, je suis d'accord, et puis ça va bien
dans le temps, là. Alors assurons-nous de finir ça correctement.
Le Président (M. Lévesque,
Chauveau) : Alors, il y a une... Alors, je comprends qu'il y a une
proposition du député de Marquette de donner son temps, il reste
7 min 50 s... de remettre son temps au député de
Matane-Matapédia... C'est ce que vous proposez?
M. Ciccone :...on peut le partager aussi.
Le Président (M. Lévesque,
Chauveau) : Mais si vous proposez ça... Moi, je veux y aller avec une
proposition concrète.
M. Ciccone :C'est ce que je propose.
Le Président (M. Lévesque,
Chauveau) : Donc, c'est proposé, puis j'entends que, moi, je demande
le consentement. Est-ce qu'il y a consentement? Oui, M. le ministre.
M. Roberge : Est-ce
qu'on peut suspendre une minute... discuter, là?
Le Président (M. Lévesque,
Chauveau) : On va suspendre les travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à 14 h 56)
(Reprise à 14 h 57
)
Le Président (M. Lévesque,
Chauveau) : Alors, à l'ordre, s'il vous plaît! Tout à l'heure, on...
nous débattions entre nous pour savoir... Proposition du député de Marquette de
remettre sa banque de temps, il reste 7 min 51 s au député de
Matane-Matapédia. Je vous demande : Est-ce qu'il y a consentement pour
céder ce temps au député de Matane-Matapédia?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Lévesque,
Chauveau) : Consentement. Alors, maintenant, nous allons poursuivre
avec la région du Bas-Saint-Laurent. Et justement, la prochaine intervention
sera celle de M. le député de Matane‑Matapédia. Et, en fonction de la nouvelle
proposition, vous avez droit à 27 min 51 s. M. le député, la
parole est à vous.
M. Bérubé : Merci, M. le
Président. C'est la deuxième fois que je m'adresse à la commission cette
semaine. Ce n'est pas la première fois non plus que je participe à un tel
exercice. Rappelons que, lors de l'exercice de 2011, on a fait disparaître la
circonscription de Matane, il faut le rappeler. Donc, c'est une perte. Il y en
a eu d'autres dans le passé, il y a eu Gaspé‑Nord qui a disparu. On vient
d'apprendre que notre circonscription fédérale, c'est foutu, on n'en a plus non
plus. Donc, il faut tenir compte de ce contexte- là, des diminutions
successives du nombre de circonscriptions en Gaspésie et au Bas-Saint-Laurent, et
d'une circonscription au fédéral. Donc, ça, ça fait partie du contexte.
L'Assemblée nationale a adopté
unanimement, en octobre dernier, une motion unanime vous demandant de ne pas
toucher ni à la circonscription de Bonaventure ni à la circonscription de
Gaspé. Je pourrais dire ça, puis m'arrêter là en me disant : Tenez compte
d'une motion unanime de l'Assemblée nationale représentant les quatre
formations politiques qui sont représentées. À elle seule, je n'ai pas vu ça
souvent, c'est une expression de solidarité à l'égard de deux régions, la
Gaspésie et le Bas-Saint-Laurent. Ça veut dire que les parlementaires sont
capables de vivre avec le fait qu'il y a moins d'électeurs dans ces
circonscriptions. Moi-même, M. le Président, je compte 47 000 électeurs,
ce qui est quand même 17 000 de plus qu'une des deux circonscriptions
appelées à disparaître. Je suis capable de vivre avec ça. Il y a plus de volume
d'appels, il y a plus d'achalandage, plus de travail, mais j'accepte cette
situation. Donc, ce n'est pas comme si ça me causait préjudice à moi qui est
juste à côté. Moi, j'accepte que ma collègue de Bonaventure et que mon collègue
de Gaspé, quel qu'il soit, ait moins de monde compte tenu des particularités
qui leur sont propres, donc ça, je veux vous dire ça.
• (15 heures) •
Mais je veux quand même vous dire que j'ai
fait d'autres calculs, et j'ai toujours aimé l'émission Des chiffres et des
lettres, et j'avoue que j'étais assez champion dans ce domaine. Alors, je
me suis amusé à regarder l'Île de Montréal. Alors je suggère le calcul suivant.
Sur l'île de Montréal, le nombre d'électeurs, partons avec le chiffre de
1 293 619 électeurs. D'accord? Si vous voulez faire l'exercice
avec moi, bien à vous. 1 293 619 pour 27 circonscriptions sur
l'île de Montréal, on arrive à une moyenne de 47 911,81, ce qui est à peu
près exactement le nombre d'électeurs que j'ai dans Matane-Matapédia, mais avec
combien de municipalités? Qui dit mieux? J'en ai 45. J'ai l'impression que ma
collègue de Rivière-du-Loup—Témiscouata en autant, dans ces eaux-là. 45 municipalités,
45 maires, 45 fois six conseillers, mais j'ai aussi une préfète élue
au suffrage universel. Ça en fait du monde qui a mon numéro de téléphone pour
plaider du municipal, des tuyaux, de l'asphalte et tout ce que vous voulez.
Avec la proposition, bien sûr, ma
circonscription ne disparaît pas, elle a déjà disparu, mais je tombe à
51 municipalités entre Saint-Flavie, la porte de la Gaspésie, et
Sainte-Madeleine-de-la-rivière-Madeleine qui se rend toujours très célèbre à
chaque exercice électoral parce que c'est toujours le début ou la fin d'une
circonscription, municipalité la plus longue du Québec, avec le plus de
caractère dans la municipalité qui va être... dans le comté qui va peut-être
être le plus grand. Ça, c'est la réalité.
Je vous ai parlé également mardi qu'une
circonscription comme celle-là, à quatre MRC, il faut avoir un service dans les
quatre. On ne peut pas choisir. Donc, présentement, j'ai un bureau de
circonscription à Matane, bureau principal, à Mont-Joli, à Amqui, une personne
à temps...
15 h (version révisée)
M. Bérubé : ...donc,
présentement, j'ai un bureau de circonscription à Matane, bureau principal, à
Mont-Joli, à Amqui, une personne à temps plein minimum dans chacun des bureaux,
personne à Québec, je n'ai pas le budget. Si on rajoute La Haute-Gaspésie, ça
prend un bureau, ça prend une personne à temps plein. Je vous suggère qu'on n'a
pas le budget pour ça. Donc, comment on va faire? Je ne le sais pas. Comment on
fait pour bien représenter les gens? Puis, après ça, vous pouvez bien avoir quelqu'un
qui est là, mais ce n'est pas le député. Donc, ça, c'est une dynamique.
Je pense que vous devriez aussi vous
donner des guides, par exemple, ne jamais diviser une MRC. On ne divise jamais
une MRC. C'est une municipalité régionale de comté au singulier. Dans le cas de
La Mitis, c'est une municipalité qui lutte justement pour ne pas apparaître
comme un satellite de Rimouski. Vous leur envoyez le message qu'il y en a la
moitié qui sont tournés vers Rimouski puis l'autre moitié vers la ville centre
qui est Mont-Joli. C'est la fin de la solidarité. Ils vont jouer les influences
en disant : Bien, nous, c'est vers l'est, vous, c'est vers l'ouest. Et ça,
c'est une MRC constituée en 1980. Alors, c'est la... c'est exactement ce à quoi
on s'emploie, établir la MRC de La Mitis comme un milieu à part entière avec
une ville centre qui est Mont-Joli. Ce n'est pas Rimouski, ce n'est pas La
Matapédia, ce n'est pas La Matanie, c'est La Mitis. En faisant ça, vous venez d'envoyer
un message épouvantable à la MRC de La Mitis.
Ensuite, vous choisissez de rétablir une
inégalité que j'ai vécue lorsque j'étais député de Matane entre 2007 et 2012. La
Matanie et La Haute-Gaspésie, c'est deux régions administratives différentes, deux
CISSS, deux directions régionales, deux tables régionales des élus. C'est
compliqué. Quand j'ai commencé à faire de la politique, il y a bien longtemps,
comme député, en 2007, je représentais deux MRC. Depuis 2012, j'en représente
trois et, si d'aventure je me représente et je gagne, j'en représenterai
quatre. C'est pas mal.
Alors, pourquoi je vous reviens avec
Montréal? Alors, Montréal, la moyenne actuelle, c'est 47 911. Mettons qu'on dit que Montréal, on plafonne
son poids politique à 25 circonscriptions au lieu de 27, les deux qui nous
manquent, 1 293 619 divisé par 26, j'arrive à 49 754. Je vais pousser un peu
plus loin, je divise par 25. On décide, puis vous pouvez l'écrire dans votre
argumentaire... plafonne le poids politique de Montréal à 25, 1 293 619 divisé
par 25, 51 744, c'est jouable. Je vous suggère que 12 municipalités sur 27,
de l'île de Montréal, ont moins de population que la mienne, 12. Il y en a une,
la circonscription de Viau, qui en compte 39 000.
J'en ai quelques autres, là, choisies,
puis ce n'est pas un jugement sur quoi que ce soit, ni sur leur titulaire ni
sur leur situation, mais Gouin, Hochelaga-Maisonneuve, Mercier, Sainte-Marie—Saint-Jacques
ont tous pas mal moins de citoyens que moi. Sainte-Marie—Saint-Jacques, que
vous... quand je dis «vous», vous comprenez que c'est le DGE précédent... a
choisi de corriger, savez-vous combien il y a de monde dans ce comté qui a été
protégé puis a fait l'objet d'une mobilisation québécoise? 40 000, 7 000 de
moins que moi, et une circonscription qui est probablement desservie par quatre
à cinq stations de métro, deux universités. C'est ça, la réalité.
Alors, je ne sais pas si la ville de
Montréal considérait que c'est une inégalité de plafonner à 25 pour s'assurer d'avoir
une couverture de l'ensemble du Québec, mais je vous donne là la clé pour aller
chercher deux circonscriptions et j'espère que, d'ici les deux prochaines
élections, des mouvements feront en sorte que certaines formations politiques
qui ne sont pas en faveur d'un système proportionnel, en voyant des résultats à
venir, puissent s'y rallier, et là vous aurez davantage de latitude avec le
système de listes. On gagne deux élections avec ça, puis vous avez un
argumentaire : Montréal solidaire des régions, Montréal plafonne à 25 avec
une moyenne à 51 000. Là, on n'est pas dans les MRC, là. On est dans des
territoires de quartiers qui se mélangent plutôt bien.
Je vous ai nommé quelques circonscriptions.
Vous avez la liste. Alors, je répète, là, il y a des circonscriptions à 39 000, à 40 000, à 42 000. Il y en a 12 sur 27 qui
comptent moins de population que la mienne. Comment on fait pour y arriver?
Très simple. Vous demandez une prolongation de votre exercice. Vous faites une
deuxième mouture. Si vous arrivez à ce résultat, vous allez consulter sur place
l'île de Montréal, et là on entendra les élus de Montréal nous dire : Non,
non, c'est important de maintenir le poids de l'île de Montréal à 27. Le
corollaire de ça, c'est qu'il va falloir couper ailleurs, et là, à ce moment-là,
ils vont regarder vers là, et nous, on va être encore là à plaider nos
affaires. Je vous suggère ça.
Donc, comment le justifier? On se donne
des guides. Il y a des alternatives. Bon, d'abord, vous avez un poids politique
assez fort pour aller de l'avant. Quand tu as une <motion unanime de...
M. Bérubé :
...d'abord,
vous avez un poids politique assez fort pour aller de l'avant. Quand tu as une >motion
unanime de l'Assemblée nationale, c'est assez fort, gardez ça en banque pas
loin. Après, vous dites : Bien, on a entendu, à l'appui de cette motion,
beaucoup de monde qui nous ont parlé des enjeux.
Puis je veux saluer mes collègues, parce
que c'est toujours un peu malaisant pour nous. On plaide notre propre situation,
d'une certaine façon, puis ma collègue de Bonaventure, mon collègue de Gaspé
l'ont fait avec brio. D'ailleurs, l'idée de sortir les Îles-de-la-Madeleine de
la moyenne, je trouve ça brillant puis j'aurais aimé y avoir pensé, mais, je
pense, ça doit être considéré aussi. C'est une très bonne idée pour la personne
qui l'a trouvé.
Ensuite, on ne veut pas diviser les MRC. On
ne veut pas faire en sorte qu'un comté se retrouve dans deux régions
différentes. OK, après ça, vous avez une autre clé. Je vous ai donné des
indices mardi. Savez-vous ce que j'ai fait hier avec mon collègue, Me Blanchet?
On est allés voir le secrétaire général de l'Assemblée nationale, qui voulait
nous présenter des plans du nouveau salon bleu. On commence cet automne. On
s'en va au salon rouge. Il va y avoir des travaux. On va... C'est une nouvelle
configuration. Donc, c'est arrondi, il y a des paliers, c'est très beau. Ceux
qui n'ont pas vu, allez voir ça. Moi, je lui ai posé, la question : C'est
quoi, la capacité? Réponse : M. le député, 129. Vous avez du jeu pour quatre,
une deuxième clé. Donc, on peut aller jusqu'à 129 sans dénaturer la nouvelle
enceinte du salon bleu de l'Assemblée nationale, deuxième affaire.
Je ne parle pas de légiférer, ce qui est
souvent évoqué dans ces exercices-là, parce que, souvent, ça va venir du
gouvernement majoritaire, mais je demande au gouvernement de garder ça en tête
parce qu'il a ce pouvoir-là. Ça a été évoqué, ça a été un peu... Bon, je
m'adresse à lui sans le regarder. Je vous regarde, vous, mais il m'entend. Il y
a ça aussi.
Si d'aventure vous décidiez de laisser
votre proposition comme celle-là, parce que changer d'idée, ce n'est pas
simple, décider de dire qu'on s'est trompés, ce n'est pas... J'ai vécu ça cette
semaine, j'ai été dans une situation où quelqu'un avait changé d'idée, ça n'a
pas été simple, mais on y est arrivés. Si c'est le cas, tenez compte des MRC. Quant
à ça, gardez les MRC ensemble, si vous êtes pour garder la même opinion, même
si ça fait plus de monde, vous êtes mieux de garder les MRC pour le trouble que
ça va donner, ça, c'est sûr, faites des recommandations, pour la première fois
de l'histoire, qui s'adressent à l'Assemblée nationale, en disant que ça va
prendre des moyens considérables pour être capables de bien couvrir...
Je pense à des bureaux de circonscription,
en tenant compte du coût du marché, d'ailleurs. Ça, c'est un autre enjeu, louer
un espace, un bureau de circonscription dans un endroit où le pied carré coûte
très cher, faire ça chez nous, ce n'est pas la même chose, évidemment, mais,
quand tu as en a quatre, c'est autre chose. Les ressources humaines, il est là,
l'enjeu. Il va-tu y avoir quelqu'un au minimum? Je suis sûr que j'ai plein de
collègues qui ont trois bureaux de circonscription comme moi. Pour moi, c'est
la normalité. Des fois, je vais des endroits et j'aime ça visiter les bureaux
de mes collègues, des fois, quand je me promène en vacances. Je suis toujours
fasciné de ceux qui en ont un, je dis : Comment vous faites? Bien, ça ne se
justifierait pas d'en avoir deux ou trois. Ça, c'est une réalité qui est
importante.
• (15 h 10) •
Au bout de la ligne, si on y va dans ce
sens-là, puis là c'est la Gaspésie qui a été touchée, je ne veux pas vous
suggérer une autre région, mais j'ai fait mes calculs dans d'autres régions
aussi. Il y en a au moins une autre qui aurait pu faire l'objet d'une
attrition. Je ne la nomme pas, je ne veux pas stigmatiser personne, mais il y
en a une qui s'en tire plutôt bien. C'est un autre choix qui aurait pu être
fait, là. Ça fait plusieurs, en Gaspésie, qui ont été faits. Je veux saluer la
mobilisation... imaginez, là, il y a des gens qui se sont rendus à... c'est à
New Richmond, je pense, dans la baie des Chaleurs, c'est ça, à New Richmond. Ce
n'est pas pour eux qu'ils font ça, là, peut-être qu'ils n'ont jamais accès au
député puis peut-être qu'ils n'ont pas besoin du député.
Habituellement, ceux qui nous appellent,
c'est des gens qui ont besoin d'une information, qu'on les sorte du pétrin, qui
ont des choses à nous dire, mais ce n'est pas tant de monde que ça dans une
année, mais c'est comme un médecin qui a des... qui a des personnes à maladies
chroniques, des fois, là, je ne le dis pas négativement, il faut qu'ils
reviennent souvent, il y a des cas plus lourds, parce qu'on vient suppléer des
services qui n'existent pas. Puis une bonne partie de mon temps, c'est
d'expliquer ce qui est fédéral puis ce qui est Québec, ce qui relève d'une
municipalité, ce qui est judiciaire, tout ça. Ça, on fait ça beaucoup, puis ils
nous écrivent, puis ils ont des questions. Ça fait qu'on essaie de tout faire
ça. C'est un hommage aux députés ruraux que je veux lancer.
Une autre affaire, c'est un slogan, OK? Si
vous faites des comtés à quatre MRC, je vais vous suggérerez le slogan suivant :
Si vous n'êtes pas capables de les nommer, vous ne pouvez pas les modifier.
Vous ne pouvez pas prendre mon comté puis dire : Il y a quatre MRC, il y a
La Matanie, il y a La Matapédia, il y a La Mitis, La Haute-Gaspésie, ça va <être
Matane-Matapédia...
M. Bérubé :
...il y
a quatre MRC, il y a La Matanie, il y a La Matapédia, il y a La Mitis, La
Haute-Gaspésie, ça va >être Matane-Matapédia. Bien, c'est comme un père
ou une mère qui aurait quatre enfants puis il dit : Il y en a deux qui ont
des noms puis les deux autres... Ça ne marche pas. Ça fait qu'on les nomme tous
ou on a un nom générique qui a du sens, mais, si vous ne pouvez pas les nommer,
vous ne pouvez pas la modifier.
Moi, j'aurais aimé faire comme ma collègue
de Rivière-du-Loup—Témiscouata, qui vient proposer d'ajouter, à juste raison,
la MRC des Basques, comme je le fais depuis des années avec la MRC de La Mitis.
C'est ça que j'aurais aimé vous faire. Là, je ne peux pas. Je suis pogné dans
une situation où je veux protéger le pouvoir politique d'une région où je
n'habite même pas, la Gaspésie—Les Îles, et je veux protéger un comté qui
a... qui va dans... qui est gérable. En tout cas, il l'est pour moi, puis ça ne
veut pas dire que ça va être moi qui va être là la prochaine fois, mais qui va
l'être pour une personne qui va vouloir s'engager.
Dans le cas de Bonaventure puis Gaspé, si
ce comté-là devient réalité, il y a certainement un coût à payer sur
l'engagement. Il y a des gens qui vont refuser de s'engager parce que c'est
trop compliqué. L'horaire d'avion, le transport, le coût est trop élevé. Moi,
je le vois avec le comté fédéral qui est comme un «C» un peu, hein? Ça commence
à Matane, ça fait tout le tour de la Gaspésie jusqu'à Carleton, plus les Îles.
Nous, on doit se trouver une candidature présentement. Je peux-tu vous dire que
mes arguments... Je mets la carte géographique à la fin de l'entretien, ça joue,
mais ça va jouer aussi sur l'engagement de tout le monde, les hommes et les
femmes qui veulent s'engager, la qualité de vie.
Puis ce n'est pas juste que c'est grand, c'est
parce qu'après tu as la distance pour aller à Québec. On pourrait avoir des
comtés très, très grands, mais à côté de Québec. Moi, j'ai un collègue qui a
été élu en octobre, il est député de Jean-Talon, je lui ai dit : Toi, un
des avantages de ta vie, c'est que tu couches chez vous tous les soirs. C'est
pratique. Moi, je suis à 400 kilomètres, la députée est à 200, d'autres
sont plus loin. Ça vient avec aussi. On a deux classes de députés. Je sais que
c'est tabou. J'ai dit ça une fois. Il y a un député qui m'en veut à mort, il
n'est plus ici, depuis ce temps-là, il dit : Tu banalises notre... Non, je
dis juste : La nature du travail n'est pas la même.
Alors, on est rendus là. Bon, je vous ai
fait des calculs, je vous ai... Je m'arrêterais là pour qu'on échange ensemble,
peut-être avez-vous des questions, mais je vous donne une façon... Avec la
motion unanime, avec le calcul de Montréal puis avec le fait que vous avez
129 sièges, je suis sûr qu'avec ces trois éléments-là vous êtes capables
d'arriver avec une proposition qui va maintenir les comtés que vous voulez
créer. D'ailleurs, on en a... Moi, je n'en ai pas parlé, le comté de
Marie-Lacoste, je pense, dans la région du Centre-du-Québec, et le comté de Bellefeuille,
dans les Laurentides. Vous arrivez à ces objectifs-là. Et là l'autre ligne que
vous avez, c'est de dire : Plafonnons Montréal à 25, beau chiffre rond,
capable de jouer avec ça, pas mal sûr.
Et mon collaborateur me dit : Tu as
probablement oublié quelque chose. Ah oui! OK, c'est bon, je l'avais dit. Merci
beaucoup. Est-ce qu'il nous reste du temps pour échanger?
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) :
Bien sûr, M. le député de Matane-Matapédia.
M.
Bérubé
: Je
n'avais pas...
Le Président (M. Lévesque,
Chauveau) : Alors, je comprends que vous vouliez laisser la prise de
parole à...
M. Bérubé : Ah! je veux
échanger, puis j'avais un café aussi, il s'en vient.
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) :
Alors, merci beaucoup pour votre intervention.
M. Bérubé : Il est là!
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) :
Il reste encore 11 minutes. Alors, je vais permettre aux membres de la
CRE de pouvoir réagir à vos propos, et, par la suite, il y aura un échange.
M. Bérubé : Je suis en mode
trucs puis j'ai d'autres trucs aussi.
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) :
Je vous en prie, M. Blanchet.
M. Blanchet
(Jean-François) :Oui. Est-ce que je peux
revenir sur les Îles-de-la-Madeleine, le calcul, tu sais, quand même, parce
qu'on a entendu...
M. Bérubé : Bien, c'est
comme... c'est comme si on calcule un écart type. En méthode quantitative, si
on retire celui qui fait l'objet de l'exception parce que l'écart est trop
grand puis il vient dévaluer le reste de l'exercice, moi... C'est plein de
sens.
M. Blanchet
(Jean-François) :Mais, malgré ça, le
calcul, c'est 42 000, quand même, 033 électeurs, quand même, si on retire les
Îles-de-la-Madeleine.
M. Bérubé : Oui. Ça ne se
joue pas de beaucoup. Ça ne se joue pas de beaucoup. Ils sont...
M. Blanchet
(Jean-François) :Oui, c'est ça. Donc, si
on retire...
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) :
Si vous me permettez, chers collègues, juste cinq secondes, là, j'ai fait
l'intervention hier, je la refais, là, je veux éviter qu'on s'interpelle, bing-bang,
bing-bang, ping-pong. C'est correct que chaque... que chaque intervenant puisse
s'exprimer. Juste, pour les frais de la retranscription, aussi, pour le Journal
des débats, c'est important qu'on ne se coupe pas la parole. Alors, M. le président,
allez-y, puis ensuite M. le député de Matane-Matapédia.
M. Blanchet
(Jean-François) :Oui, M. le Président. M.
le député, quand même, aussi, là, vous avez parlé des MRC, si je peux revenir
là-dessus, quand même, je sais qu'on... je pense qu'on l'avait mentionné lors
de la tournée aussi, mais il y a quand même 44 MRC au Québec qui sont...
qui sont divisées entre d'autres circonscriptions. Je le sais, que ce n'est pas
l'idéal, mais mettez nous à notre place, quand même, qu'à un moment donné, si
on met des limites partout, que ça va être impossible de diviser les
circonscriptions, et si on tient compte de tous les territoires imaginables, on
ne serait pas capables de faire des circonscriptions, mais on vous a entendu
quand même par rapport à votre suggestion pour les Mitis.
Vous avez parlé aussi du nom de la
circonscription. Donc, je vous entends aussi. Je <comprends que vous...
M. Blanchet
(Jean-François) :
...aussi du nom
de la circonscription. Donc, je vous entends aussi. Je >comprends que
vous n'aimez pas la possibilité... bien, vous n'aimez pas le fait d'avoir des
orphelins puis vous avez dit : Quant à ça, bien, trouvez quasiment un
autre nom ou changez de nom. Si ça devait être le cas, est-ce que vous auriez
des suggestions?
M. Bérubé : Je n'aime mieux
pas parce que je me mets la main dans l'engrenage. Je ne veux pas être
complice.
M. Blanchet
(Jean-François) :OK, c'est bon.
M. Bérubé : Je ne veux pas
m'incriminer là-dedans.
M. Blanchet
(Jean-François) :OK. Je ne sais pas si
mes... Avez-vous des questions? Oui?
M. Bérubé : Si vous
permettez, sur le nom, puis vous voyez bien, là, la démarche du député
d'Arthabaska qui veut rajouter «L'Érable», la députée de Rivière-du-Loup—Témiscouata
qui veut rajouter une MRC à part entière, «Les Basques», mon cas qui veut
rajouter «La Mitis», le comté de Gaspé actuel pourrait aussi s'appeler «Gaspé—Haute-Gaspésie»,
puis j'ai proposé ça quand j'étais député là-bas, ce n'est pas rien parce que
c'est aussi la capacité pour des citoyens de reconnaître que tu es leur député.
Combien de fois il a fallu que j'explique
à des gens de La Mitis, quand je suis arrivé comme député là, que j'étais leur
député. Ils me disaient : Non, tu es député de Matane, puis, encore là, ce
n'est même pas «Matanie», là, la MRC, tu es député de Matane-Matapédia, «La
Mitis» n'est pas là. Là, il faut... C'est moi qui est obligé de faire la job
d'expliquer que vous préférez avoir deux noms, que c'est plus facile à gérer.
Au fédéral, ils font ça, ils en mettent
quatre, puis là ils sont partis, là, sur une lancée, là, d'inclure des noms
historiques puis d'avoir des réalités autochtones qui sont présentes. Ils en
mettent quatre, puis il y en a qui en ont juste un ou deux, hein? Le nom, c'est
Hochelaga-Maisonneuve, par exemple. Bon, ça se fait. Le préjudice est plus
grand de ne pas le mettre pour nous. Ça peut paraître banal pour du monde, mais
c'est des territoires à part entière. Le Témiscouata, allez virer dans le Jal au
Témiscouata puis allez rencontrer Victor-Lévy Beaulieu à Trois-Pistoles, ce
n'est pas pareil. C'est quand même dans l'émission L'Héritage, mais ce
n'est pas pareil.
Alors, je la comprends, la démarche de ma
collègue, puis elle fait bien de le faire, puis elle le fait avec fierté, pour
les gens qu'elle représente, même chose chez nous. Alors, retenez ce que je
vous ai dit : Si vous n'êtes pas capable de la nommer, vous ne pouvez pas
la changer. C'est un défi pour vous.
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) :
Merci beaucoup, M. le député de Matane-Matapédia. Oui, Mme la commissaire.
Mme Gravel (Édith) : Oui, en
fait, un peu en complément, là, en lien avec la toponymie, on a bien entendu,
là, la préoccupation d'avoir cette MRC là d'un côté ou de l'autre. M. le président
de la commission a bien expliqué qu'en effet il y a plus de 44 MRC
actuellement. Je pense, je l'ai mentionné à quelques occasions depuis le début
de la commission, les MRC n'ont pas une population homogène, plutôt, là, qui
répond toujours aux électeurs moyens par circonscription. J'en comprends que,
pour certaines portions du territoire, le nom de la MRC est très identitaire,
le toponyme géographique. On essaie de trouver cet équilibre-là. Parfois, c'est
une référence à un personnage historique. Parfois, c'est culturel. Je pense que
vous connaissez bien les 125 circonscriptions. Donc, on n'a pas
systématiquement le nom des MRC dans chacun des toponymes de chacune des
circonscriptions. Par exemple, je vis dans la circonscription de Berthier, qui
couvre plusieurs MRC, puis c'est une parmi tant d'autres. Il y en a... il y a
d'autres exemples, là, mais on entend bien, là, votre préoccupation.
• (15 h 20) •
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) :
M. le député de Matane-Matapédia.
M. Bérubé : À titre
d'exemple, en 2023, on a eu une élection partielle... 2022, une élection
partielle dans la circonscription de Marie-Victorin, Conrad Kirouac, c'est
connu, grand personnage historique, mais d'aller expliquer que c'est Longueuil,
c'est compliqué. Alors, j'ai proposé à mon équipe que, sur l'affiche
électorale, ce soit écrit «pour Longueuil» parce que Marie-Victorin, au plan
politique, ça ne veut rien dire. Puis, si, un jour, il y avait une élection
partielle sur la Côte-Nord, où il y a Duplessis puis René-Lévesque, bien, je
dirais «Sept-Îles—Port-Cartier» puis «Baie-Comeau—Tadoussac». C'est bien beau,
là, pour honorer, là, les personnages historiques, mais ça crée un déficit
d'identification rapide du lieu. C'est ça qui est problématique. Tu sais, ça ne
veut rien... Le monde entendait ça : Oui, bien là l'élection dans
Jean-Talon... Devinez ce que j'ai fait écrire sur l'affiche? «Pour Sainte-Foy
et Sillery», juste.
Mme Gravel (Édith) : Donc, un
plus grand ancrage géographique dans les toponymes.
M. Bérubé : Je pense, c'est
bon, tu sais, et c'est profondément... Identifier ton député, c'est bon, ça
permet de l'identifier, de dire... parce qu'il n'y a pas de borne qui dit :
Vous êtes maintenant dans la circonscription de... mais, si, dans le nom de la
circonscription, c'est «Charlesbourg», bien, il y a des bonnes chances que je <connaisse
le quartier, l'arrondissement...
M. Bérubé :
... dans
le nom de la circonscription, c'est «Charlesbourg», bien, il y a des bonnes
chances que je >connaisse le quartier, l'arrondissement. Ça peut varier,
mais ça me donne une bonne indication. Je ne vous demande pas de revenir en
arrière avec les noms historiques. C'est des hommages qui ont été accordés,
puis c'est correct, mais il faut être sensibles à ça pour permettre une
meilleure identification, à moins que vous permettiez des budgets au ministère
des Transports pour qu'il puisse borner chacun des comtés en disant : Vous
êtes maintenant dans la circonscription de Montmorency. Moi, je serais pour, en
tout cas, parce que je m'intéresse à ça beaucoup. J'aimerais ça savoir où le
comté commence puis où il finit. Ça, c'est une autre affaire, là, qui pourrait
être faite éventuellement, que le MTQ, aussi, identifie les circonscriptions
par des balises. J'ai plein d'idées.
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) :
Merci. Messieurs dames du commissaire, est-ce que vous souhaitez réagir? Ça
va? M. le député de Matane-Matapédia, est-ce que vous avez d'autres... Oui, M.
le président.
M. Blanchet
(Jean-François) :Bien, je veux juste
rajouter quelque chose. On vous a bien entendu par rapport à vos suggestions ou
les recommandations qu'on devrait faire. Je pense qu'on les avait déjà notées
avant même que vous nous en parliez. Quand même, c'est des choses qu'on va
faire. Si on va dans le sens qu'on... du premier rapport, s'il n'y a pas de
modification, on va faire... absolument, on va faire des...
M. Bérubé : Oui, mais ce
n'est pas mon premier choix.
M. Blanchet
(Jean-François) :Non, je le sais, mais
quand même...
M. Bérubé : Je veux terminer
avec... Je veux quand même vous dire que vous avez là une avenue extraordinaire
pour maintenir les comtés de la Gaspésie, parce que, là, le calcul de Montréal,
je ne sais pas si vous l'aviez fait, là?
M. Blanchet
(Jean-François) :Oui.
M. Bérubé : Vous l'aviez fait
en plus? Bien là, il est probablement plus précis que le mien encore. Écrire,
dans un rapport qu'on dépose en septembre à l'Assemblée nationale, qu'on a
plafonné le nombre de circonscriptions de l'île de Montréal à 25, de mon humble
expérience de parlementaire, je pense, ça va passer parce que vous l'expliquez,
puis, en plus, les moyennes vont... 51 000, ce n'est pas énorme. Bien sûr, ça
va augmenter compte tenu de la concentration de l'immigration dans les
prochaines années, et, pour les deux prochains scrutins, avec une moyenne à
51 000 sur l'île de Montréal, vous êtes capables de jouer avec ça.
Puis, si ça ne suffit pas, jouez d'audace,
entre 125 et 129, vous avez du jeu, la configuration du salon bleu est ainsi
faite. Vous avez ce jeu-là. Vous pourriez même être encore plus audacieux et
arriver avec une proposition qui n'a même pas été faite, qui couvre la Jamésie
et le Nord-du-Québec. On en parle souvent, puis ça n'a jamais été fait. Elle
serait très audacieuse aussi, cette proposition-là.
Donc, je vous ai exposé quelques pistes.
Je vais continuer de vous écrire après la commission avec des calculs que j'ai
faits, avec des avenues, avec quelques idées que j'ai. Il y a de l'espoir. Moi,
quand j'ai vu que la circonscription de Sainte-Marie—Saint-Jacques a été
maintenue, ça m'a beaucoup surpris, parce que je la connais bien, je l'ai
habitée longtemps, ce n'est pas la circonscription la plus homogène, mais elle est...
elle a tellement été bien défendue par sa députée et par les citoyens que le
DGE a voulu la maintenir, circonscription de 40 000 électeurs, 7 000 de moins
que la mienne, à 45 municipalités. C'était audacieux, mais là, je pense, c'est
le tour de la Gaspésie.
M. Blanchet
(Jean-François) :Il reste-tu du temps?
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) :
Oui, encore une minute, M. le président.
M. Blanchet
(Jean-François) :OK. M. le député, je ne
sais pas si vous avez écouté vos collègues, quand même, de la ville de Montréal
hier...
M. Bérubé : Non.
M. Blanchet
(Jean-François) :...non, OK, qui sont
venus massivement nous dire, quand même, que ça n'avait pas de bon sens qu'on
retire une circonscription sur l'île de Montréal. Donc là, vous me... vous nous
demandez d'en retirer plusieurs. Donc, c'est juste que je voulais porter...
M. Bérubé : Entre un et deux.
M. Blanchet
(Jean-François) :Entre un et deux, et on
fait déjà un... Ah! de plus que ce qu'on fait?
M. Bérubé : Il y en a 27. Vous
pouvez aller jusqu'à 25 sans problème, 51 000 de moyenne. Là, vous venez d'en
gagner deux. Vous n'avez même pas pris votre carte magique qui vous en donne
quatre de plus.
M. Blanchet
(Jean-François) :C'est bon.
M. Bérubé : Vous avez un jeu
de six.
M. Blanchet
(Jean-François) :Merci, M. le député.
M. Bérubé : Merci.
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) :
Merci beaucoup, M. le député de Matane-Matapédia, et merci pour votre
contribution à cette commission.
M. Bérubé : Ça valait la
peine.
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) :
Alors, nous en sommes maintenant à la prochaine intervention. Nous sommes
toujours... pour la région du Bas-Saint-Laurent, et je vais céder la parole à
Mme la députée de Rivière-du-Loup—Témiscouata, et vous avez droit à maximum 20
minutes, Mme la députée.
Mme Dionne : Merci beaucoup,
M. le Président. Chers collègues députés, M. le ministre, chers membres de la
commission, d'abord, c'est très gentil à vous de nous consacrer du temps
aujourd'hui. Je pense que cette étude du rapport préliminaire de la Commission
de la représentation électorale est essentielle puis elle va nous permettre
aussi... elle nous permet aussi puis vous permet d'entendre la voix de la
population par l'entremise de plusieurs députés qui sont de passage ici pour
plaider leur cause.
Donc, nécessairement, la réalité des
régions nécessite parfois, pour ne pas dire très souvent, des considérations
particulières, et c'est en ce sens qu'à mes yeux il est essentiel qu'on prenne
le temps d'en débattre aujourd'hui. En tant que députée de
Rivière-du-Loup—Témiscouata, c'est <sûr que les limites de...
Mme Dionne :
...débattre
aujourd'hui. En tant que députée de Rivière-du-Loup—Témiscouata, c'est >sûr
que les limites de ma circonscription ne sont pas touchées par la proposition
de délimitation du rapport préliminaire, mais je suis solidaire avec mes
collègues du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie qui désirent, tout comme moi,
s'assurer d'une bonne représentation électorale politique des régions.
Alors, pour confirmer à mon collègue
député de Matane-Matapédia—La Mitis, oui, je confirme que j'ai trois bureaux
dans ma circonscription. J'ai 43 municipalités et trois MRC. Donc, ce sont
des horaires de sept jours sur sept, si on peut dire, si on peut s'exprimer
ainsi, mais, aujourd'hui, je me présente plutôt devant vous pour recommander à
la commission de modifier le nom de ma circonscription pour y inclure «Les
Basques». On s'était parlé en octobre dernier. Donc, tel qu'indiqué dans le
rapport préliminaire, la commissaire attribue les noms des circonscriptions au
moment de l'établissement d'une nouvelle carte électorale, donc, après avoir
consulté la commission de la toponymie. Donc, c'est pour ça que je suis ici
devant vous aujourd'hui.
J'aimerais d'abord vous parler un peu de
mon parcours. Moi, je suis une fière résidente de la circonscription de
Rivière-du-Loup—Témiscouata depuis toujours. Je connais très bien les enjeux de
mon milieu. J'ai été conseillère municipale, membre de plusieurs organismes
communautaires, conseils d'administration. Je suis animée par un désir de
développer économiquement et socialement ma région.
J'ai été élue députée de la
circonscription de Rivière-du-Loup le 2 octobre... le 3 octobre 2022
et nommée adjointe gouvernementale pour la ministre du Tourisme. Je suis aussi
vice-présidente de la Commission de la culture et de l'éducation et membre de
la Commission de l'aménagement du territoire, mais, par-dessus tout, je me lève
chaque matin pour représenter fièrement les gens de ma circonscription et, en
ce sens, mon plaidoyer devant vous aujourd'hui est tout sauf anodin parce qu'il
est porté par la grande majorité de mes citoyens.
Pour vous mettre en contexte,
Rivière-du-Loup—Témiscouata se situe dans la belle région du Bas-Saint-Laurent,
et le toponyme «Rivière-du-Loup—Témiscouata» a été attribué en 2011, à la suite
de la fusion des anciennes circonscriptions de Rivière-du-Loup et, évidemment,
Témiscouata, qui avaient été créées, elles, en 1930 et en 1853.
Donc, selon la carte électorale établie
conformément à la liste des circonscriptions, la circonscription de
Rivière-du-Loup regroupe les municipalités régionales de Rivière-du-Loup,
Témiscouata et, bien sûr, Les Basques. Donc, le territoire de la
circonscription comprend 43 municipalités, dont 11 font partie de la MRC
des Basques. Donc, la MRC des Basques fait entièrement partie de la
circonscription.
Les élus locaux et bon nombre de citoyens
considèrent que l'appellation, bien évidemment, «Rivière-du-Loup—Témiscouata»
ne reflète pas fidèlement la réalité de l'ensemble du territoire couvert par la
circonscription. Donc, pour avoir moi aussi rencontré l'ensemble des
municipalités depuis mon élection, force est de constater que le nom de la
circonscription pourrait être beaucoup plus inclusif et représentatif si on y
ajoutait «Les Basques».
Donc, ma demande de modification du nom de
la circonscription est appuyée par de nombreux citoyens, des acteurs de la
circonscription, et évidemment plusieurs municipalités, ainsi que les trois
MRC. D'ailleurs, une consultation auprès de 400 citoyens interpelés par la
proposition a été menée au préalable du dépôt du rapport de la commission, le
25 octobre 2023. L'appui était plus que positif. Et, quelques semaines
plus tard, le site de TVA Nouvelles CIMT a mené aussi une enquête auprès
de 3 000 répondants, qui donnaient un appui à 67 % dans ma
démarche.
• (15 h 30) •
Donc, dans la dernière année, la région
des Basques a connu le taux de croissance démographique le plus important parmi
les huit MRC du Bas-Saint-Laurent. Donc, c'est une croissance qui ne peut pas
être négligée quand on parle d'inclure et de bien représenter la population des
Basques. À titre de députée de la circonscription, c'est certain que, pour moi
aussi, ce serait plus favorable d'avoir la reconnaissance de mes trois MRC.
D'ailleurs, j'invite les commissaires à lire la petite histoire des Basques
dans le journal local, Infodimanche, parue à l'automne dernier. Donc, ça
vous démontre à quel point c'est un... c'est ça, c'est un projet porté par mon
milieu.
Évidemment, depuis le début de mon mandat,
et ça avait fait rire le premier ministre lors de mon assermentation, j'inclus
le nom des Basques entre parenthèses dans toutes mes communications. Donc, ce
n'est pas anodin, ces parenthèses-là. C'est certain que je ne peux pas le dire
officiellement et l'écrire officiellement, surtout que ça fait quand même
10 ans que cette recommandation-là... que cet ajout-là est demandé par la
population des Basques.
Donc, le toponyme a été attribué en 2011,
après la fusion entre Rivière-du-Loup et Témiscouata, comme je le disais, et,
pour reprendre les beaux mots de notre préfet Bertin Denis, des Basques, c'est
certain que c'est insultant pour Les Basques — je rapporte ses
propos, bien entendu — le fait que le Témiscouata arrive après Les
Basques dans la circonscription, et on met le nom du Témiscouata, et on nous
enlève le nom des Basques. Et je dois, d'ailleurs, aussi vous spécifier que,
selon la nouvelle carte électorale fédérale, mon collègue Maxime, député de
Rimouski, donc, va perdre le nom des Basques dans le nom de la circonscription.
Donc, ça, c'est donc dire que Les Basques disparaissent de deux cartes
électorales...
15 h 30 (version révisée)
Mme Dionne : ...Maxime, député
de Rimouski, donc, va perdre le nom des Basques dans le nom de la
circonscription. Donc ça, c'est donc dire que Les Basques disparaissent des
deux cartes électorales. Donc, pour finir sur mon préfet, c'est choquant. Alors,
je tenais à vous rapporter ses propos.
Je vais terminer ici. Je ne m'attarderai
pas, parce que, c'est ça, c'est un enjeu quand même qui est... qui est un peu
plus... un peu moins préoccupant que... que la Gaspésie, mais j'aurais deux
recommandations à vous faire officiellement. Donc, un, que la commission
renomme la circonscription de Rivière-du-Loup—Témiscouata, en incluant la
municipalité régionale de comté des Basques, avec l'appellation Rivière-du-Loup—Témiscouata—Les
Basques; que, si le Directeur général des élections du Québec a des enjeux
technologiques par rapport au nombre de caractères inclus dans l'appellation d'une
circonscription, bien, qu'on puisse modifier les plateformes technologiques
afin de permettre la nouvelle appellation.
Alors, je vous remercie beaucoup pour
votre écoute. Merci, M. le Président. Membres de la commission, merci.
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) :
Merci beaucoup, Mme la députée de Rivière-du-Loup—Témiscouata. C'est ainsi
que je dois le nommer aujourd'hui. Est-ce que les membres de la CRE souhaitent
réagir à l'intervention?
M. Blanchet
(Jean-François) :Merci, Mme la députée.
On a entendu votre message. Merci beaucoup.
Mme Dionne : Merci à vous.
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) :
Mme la députée, il le reste du temps, je l'ai fait pour chacun des
collègues, est-ce que vous souhaitez poursuivre quelques instants ou ça termine
votre intervention?
Mme Dionne : C'est ça, je
voulais juste vous dire, en gros, bon, j'ai parlé d'enjeux technologiques, mais
je pense que, c'est ça, pour être inclusifs, pour être représentatifs, je pense
qu'il n'y a pas de... on ne doit pas avoir d'obstacles à pouvoir choisir le nom
de notre circonscription, puis qu'il soit représentatif. Est-ce qu'un nom plus
général pourrait suffire? Moi, je consulterais peut-être ma population, mais
soi-disant, c'est, pour l'instant... c'est... J'ai trois MRC. Je... Les
citoyens considèrent que ce n'est pas équitable, donc. Mais je pense qu'en 2024
on doit avoir cette latitude-là, de... C'est... Ce n'est pas anodin, un nom de
circonscription, comme le disait mon collègue de Matane. C'est... Les gens s'associent
beaucoup au nom de leur circonscription. Effectivement que, géographiquement
parlant, c'est vrai que c'est plus facile de s'y retrouver. Puis il y a toute...
il y a... il y a une histoire dans chaque MRC, il y a une histoire pour Les
Basques. Donc, c'est ça, alors c'était mon petit mot de la fin.
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) :
Merci beaucoup, Mme la députée de Rivière-du-Loup—Témiscouata, pour votre
contribution aux auditions aujourd'hui.
Alors, nous en sommes maintenant à l'étape
des remarques finales de chacune des formations politiques ainsi que de la commission
de révision électorale. Alors, je vais tout d'abord céder la parole, et la
période, c'est 10 minutes, à l'équipe du Parti québécois. Donc, M. le
député de Matane-Matapédia, vous avez droit à 10 minutes.
M. Bérubé : Merci, M. le
Président. Fidèle à sa tradition, le Parti québécois est là pour défendre
notamment une région qui lui est chère, la Gaspésie et Les Îles, qui est la
terre où est né son père fondateur. La Gaspésie a toujours besoin de soutien.
Ce n'est pas sans raison que des premiers ministres ont présidé son plan de
relance, ont été ministres responsables de la Gaspésie, elle a besoin d'un
soutien supplémentaire. Ce soutien, il passe notamment par des députés qui
plaident pour elle à l'Assemblée nationale du Québec, des députés en nombre
suffisant. L'histoire de la Gaspésie est parsemée de changements à la carte
électorale qui laissent des traces. J'ai déjà parlé des existences des comtés
de Gaspé-Sud, Gaspé-Nord, qui n'existent plus, ensuite, le comté de Matane est
disparu, ensuite, le comté fédéral, le dernier qu'on avait, Avignon—La
Mitis—Matane—Matapédia, n'existe plus, bien, c'est autant de personnes qui ne
parlent plus de la Gaspésie. Alors, c'est important pour notre région. On est
déjà éloignés géographiquement, si, en plus, on a moins de représentants pour
plaider, écoutez, c'est une évidence qu'on tombe dans la marginalité. Donc, il
y a une pression supplémentaire sur les élus de la Gaspésie pour bien se faire
entendre une fois qu'ils ont fait tous les kilomètres qui les séparent de leur...
de la circonscription jusqu'à Québec.
Mardi, aujourd'hui, en remarques finales,
je vais réitérer que je connais bien le cadre dans lequel, imposé par la loi...
dans lequel la Commission de la représentation électorale doit fonctionner,
mais je lui ai suggéré des clés, des avenues qui lui permettent de faire des
choix différents à l'intérieur de la loi. Et, encore là, je dis à l'intérieur
de la loi, mais ultimement, le gouvernement pourrait modifier la loi. J'ai
entendu mon collègue de Gaspé l'évoquer pas plus tard que cette semaine, d'appeler
de ses souhaits qu'ultimement, s'il le fallait, le gouvernement change la loi.
J'ai aussi lu que ce n'était pas le plan pour l'instant, mais cette possibilité
existe. Mais, avant ça, je rappelle qu'il est possible d'augmenter le nombre de
sièges au salon bleu à 129. Donc, à partir de la prochaine élection, où les
travaux seront terminés au salon bleu, 129 sièges. Je l'ai vérifié encore
hier en présence <du...
M. Bérubé :
...129
sièges. Je l'ai vérifié encore hier en présence >du secrétaire général.
Ça, c'est la première option.
La deuxième option, bien, c'est celle de
regarder là où il y a énormément de pouvoir et de dire : On va plafonner
ce pouvoir, un cinquième, 25 sièges sur l'île de Montréal au lieu de 27.
Et, quand on fait le calcul, ça résiste à l'exercice. Dans le sens que ça a du
sens. Présentement, la moyenne est à 47 000, si on tombe à 25,
51 000, ce qui est à peine plus qu'une circonscription comme la mienne,
qui en compte... 45, municipalités différentes, et qui tomberait à
51 municipalités.
C'est aussi la réalité, que j'ai évoquée
tout à l'heure, qu'il faut être capable de dire. À 47 000 de population
dans mon comté, trois bureaux de circonscription, j'accepte que les Îles-de-la-Madeleine
en aient 11 000 avec évidemment beaucoup moins de volume d'appels, de
rencontres, de charge mentale, pour reprendre cette expression moderne. Dans
Gaspé puis dans Bonaventure, il y en a moins, je pense, c'est 30 000, puis
peut-être 34 000 et 35 000. C'est la même chose, je sais qu'il y a
moins de volume d'appels, je le sais qu'ils sont moins sollicités à certains
égards, je l'accepte même si je suis juste à côté. Il m'arrive même d'être
sollicité par des gens de d'autres circonscriptions. Je les réfère tout
doucement avec les bonnes ressources à leur circonscription en leur disant :
Je ne peux pas en prendre plus, mais je vais prendre le temps de vous donner le
nom, les coordonnées de la personne qui peut vous aider beaucoup plus près de
chez vous. Je fais ça régulièrement. Donc, moi, je l'accepte, c'est le coût à
payer pour ça.
Est-ce qu'il y a un mouvement au Québec
qui suit ça puis qui dit : J'ai vraiment une cause pour aller plaider que
mon vote, là, mon vote, là, dans telle circonscription, là, ne vaut pas autant
que celui qu'on retrouve ailleurs? Bien, je ne sais pas s'il y a eu des recours
qui ont été faits, je les ai probablement oubliés, mais moi, je m'essayerais, tu
sais. Je pense que le bien commun, c'est de tenir compte aussi, et c'est le
troisième élément, d'une motion unanime de l'Assemblée nationale, les quatre
partis. Puis c'est beaucoup plus sain que... que ce que j'ai vécu autrefois. En
2011, là, il y avait des formations politiques qui ne s'entendaient pas, des
formations politiques qui achetaient une page dans le journal pour dire que
notre position n'était pas la bonne pour sauver la Gaspésie. Heureusement,
cette époque est révolue. On a réussi à avoir une motion commune pour la
Gaspésie. Bien, ce n'est pas rien, puis ça me rend fier.
Donc, ça, vous savez comment ça
fonctionne, M. le Président, vous êtes souvent assis sur le trône. Je me suis
levé puis j'ai demandé que la motion soit envoyée au Directeur général des
élections. Alors, elle est arrivée depuis un bout, depuis octobre, vous l'avez
entre les mains, et j'espère qu'elle pourra vous servir d'argumentaire pour
justifier une autre décision que vous pourriez prendre, et que je souhaite que
vous preniez, et qui va être plus... plus intéressante que celle qu'on a
présentement.
Alors, j'ai déjà vécu ça. Il y a aussi
d'autres configurations possibles. Moi, je me souviens d'avoir déjà vu ma
circonscription... Le premier élément, c'était Saint-Ulric à Gaspé. Puis là,
là, ça jouait dans les MRC. Finalement, c'est devenu les trois M, Matane,
Métis, Matapédia. Trois MRC au Bas-Saint-Laurent, trois MRC en Gaspésie
touristique, ça faisait un triangle. C'est... C'est comme ça que ça a été fait.
Donc, vous allez peut-être nous surprendre avec une autre configuration.
• (15 h 40) •
Mais, en terminant, interpeler Montréal. Combien
de nos fils et de nos filles de la Gaspésie contribuent à la vitalité de
Montréal et sont toujours attachés à leur région? Je sais où est-ce qu'ils sont.
Ils sont notamment à Montréal. Il y en a beaucoup. Il y en a plein. Puis il y
en a qui ont des origines au Bas-Saint-Laurent, mais en Gaspésie. Le député de Marquette
me racontait d'ailleurs que sa mère est une Bérubé du Bas-du-Fleuve. Alors, ils
sont partout. Ça aussi, ça joue. Et je pense que le Québec est capable de cette
solidarité et comprendra. Puis... Et ensuite, à l'autre exercice après,
peut-être qu'on... on aura un nouveau système électoral. Je suis confiant que
ceux qui ne sont pas encore convaincus vont peut-être y voir aussi leur intérêt
plus tard.
Donc, c'est ma proposition, je l'ai dit
publiquement. Je vais vous réécrire pour préciser des éléments puis je vais
relire la loi, voir comment vous pourriez faire ça. Ça dépend de vous puis
ultimement des parlementaires. Puis, d'ailleurs, ça, c'est quelque chose dans
la loi d'assez particulier, c'est qu'on pourrait imaginer qu'une formule qui
fait l'affaire d'un gouvernement, je ne parle pas de celui-ci, là... d'un
gouvernement soit choisie majoritairement en disant : C'est ça qui fait
mon affaire. Ça, c'est particulier, hein, d'avoir à voter sur la carte
électorale. Ce n'est pas exécutoire, votre carte, donc ça me met tout le temps
dans une situation particulière. En tout cas, à ma connaissance, c'est comme ça
que ça marche, là, on vote ultimement le rapport. Je... Non? Tant mieux, si je
me suis trompé. Ce n'est pas comme <ça?...
M. Bérubé :
...Ce n'est
pas comme >ça?
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) :
...des échanges, M. le député de Matane.
M. Bérubé : Bon. Alors, j'ai
proposé des avenues, j'espère qu'elles seront entendues et considérées. Et on
se revoit en septembre avec une nouvelle mouture. Le printemps et l'été portent
conseil. Merci.
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) :
Merci beaucoup, M. le député de Matane-Matapédia, et nous allons maintenant
poursuivre avec M. le député de Nelligan.
M. Derraji : Merci, M. le
Président. Premièrement, je vais remercier ceux et celles qui ont pris la
parole pour venir en commission. Et j'en suis sûr et certain que...
(Interruption)
17923 M. Derraji : ...j'en suis
sûr et certain que vous avez apprécié les échanges depuis mardi. Je vous ai dit
que ça va être intéressant. Moi, j'ai suivi... J'étais là, mais à un certain
moment, j'ai suivi les débats, je pense qu'il y avait beaucoup, beaucoup de
réalités, j'en suis sûr et certain. Je les ai notées, ces réalités. Mais je
vais premièrement vous remercier de l'écoute. C'est très intéressant parce que
c'est un exercice... ça a été dit par l'ensemble des partis politiques que c'est
un exercice qui est extrêmement important, un exercice qui... qui est non
partisan. Chacun de nous était là pour défendre ce qu'il voulait défendre. Je
remercie aussi les membres de la commission, le président, l'ensemble des
présidents qui étaient là, le secrétariat aussi, pour leur contribution. Je
veux aussi prendre le temps de remercier ma collègue, qui est une mordue de la
carte électorale. Jolyanne, merci. C'est quelque chose qui l'anime depuis
plusieurs, plusieurs années. Elle chapeaute beaucoup de dossiers, mais je vous
le dis, si vous voulez un jour parler avec elle sur la carte électorale, c'est
une bibliothèque de la carte... de la carte électorale et le processus
électoral. Merci, Jolyanne, pour ta contribution.
Permettez-moi de vous... de vous faire un
résumé de ce que j'ai noté. Et je trouve, à cette étape-ci, très important de
prendre en considération l'ensemble des témoignages, parce qu'il y a beaucoup
de questions et de réflexions, des deux côtés de la table, à prendre en
considération. Et j'en suis sûr et certain qu'une fois vous allez avoir tout ça
entre vos mains, on va quand même avoir quelque chose qui a de l'allure. Parce
que, si on ne prend pas en considération ces éléments, on rate quelque chose.
Le premier élément que nous avons vu, c'est
la représentativité des régions. Et je tiens à rappeler que Montréal est une
région, il ne faut pas l'oublier. Donc, la représentativité des régions est un
élément important.
Le deuxième point, ça a été dit par
beaucoup de collègues, question extrêmement sensible, la valorisation du rôle
de député. Le député... Le contexte qui est là change avec le temps. L'arrivée
des médias sociaux, la pression, le fait de répandre et d'être parfois la porte
d'entrée du gouvernement pour toutes sortes de choses, c'est une réalité que...
de plus en plus, change, élection après élection.
Le point qui a été soulevé par mon
collègue, sécurité liée à la taille des circonscriptions... Quand j'ai entendu
les propos de mon collègue, où il disait que parfois ça devient extrêmement
lourd juste circuler dans sa propre circonscription, et on veut que l'élu du
peuple joue son rôle, il gérait trois bureaux de comté, ça, c'est un élément
important.
Un autre élément que je vous ai ramené sur
la table, carte fondée sur les électeurs versus la population à desservir. Je
pense que, cet élément, j'aimerais bien vous lire, il y a beaucoup de collègues
autour de la table, et ce n'est pas un enjeu montréalais. Ça a été mentionné
par d'autres collègues autour de la table, notamment la collègue députée de Sherbrooke
de Québec solidaire, le fait de dire que la carte est fondée sur les électeurs
versus la population, ça devient de plus en plus un enjeu majeur. Le bureau de
député n'a pas un triage à l'entrée de son bureau pour dire aux électeurs, ils
peuvent avoir un service, et aux non-électeurs, vous ne pouvez pas avoir un
service parce que le DGEQ ne vous considère pas comme électeurs. Ça, là, ça
nous met dans une situation très mal à l'aise. Et on ne peut pas leur refuser l'accès
aux services de l'État. Et ça, c'est très important, parce qu'en fonction de la
loi, je le comprends, ils ne sont pas considérés comme des électeurs. Et ça, on
commence à voir beaucoup de comtés qui vivent cette situation.
L'autre point, c'est l'augmentation
possible du nombre d'élus. Ça a été évoqué. Donc, ce que l'on constate, c'est
que les paramètres qui guident la carte électorale ont atteint une certaine
limite. Et je me questionne s'ils ne doivent pas être modernisés. On n'avait
pas ces paramètres avant le début, mardi, on n'avait pas tous ces paramètres.
Moi, j'ai cru qu'une... une seule réalité qu'on peut appliquer sur l'ensemble du
territoire. <Erreur...
M. Derraji :
...qu'on
peut appliquer sur l'ensemble du territoire. >Erreur! Il y a... Chaque
réalité territoriale est différente d'un comté à un autre d'un point de vue
populationnel, d'un point de vue nouveaux arrivants, d'un point de vue présence
d'étudiants étrangers. Et on l'a vu pendant la pandémie. Je tiens à vous
rassurer que le nombre d'appels que nous avons eus de... pendant la pandémie,
ça venait de qui? Étudiants étrangers bloqués parce qu'ils n'avaient pas de
vols pour revenir chez eux. Ça a été ça, le nombre d'appels de plusieurs
collègues. Ça a été ça, le rôle d'un député provincial, pour mettre la pression
sur un député fédéral pour débloquer des vols et pour que le ministère des
Affaires étrangères puisse débloquer. Vous allez me dire, c'est anecdotique,
c'était pendant un moment, mais que voulez-vous, ça a été le rôle de... pendant
la pandémie, joué dans pas mal de comtés.
Le processus actuel, à mon avis, utilise
une bonne vieille recette habituelle. Ça donne une carte qui ne sera pas
satisfaisante à la lumière des enjeux proposés et des enjeux réels. Il y a des
nouveaux paramètres, il y a des variables. Et, ces variables, si on veut être
cohérents avec une carte qui risque de guider... nous guider pour les
prochaines années, je pense que pour les prochains huit ans, on ne peut pas
faire abstraction de tout ce qui a été dit autour de la table. Et elles étaient
du nombre de cinq propositions. Moi, je pense que c'est le moment, vous avez un
travail à faire, mais nous aussi, on a un travail à faire en tant que
législateurs.
Je me questionne : Est-ce que ce
n'est pas le moment de revoir la formule? Je n'ai pas encore statué ou terminé
la réflexion par rapport à ce que j'ai. J'attendais de finir de... que tout le
monde puisse prendre parole, de voir l'ensemble des réalités régionales, de...
que l'ensemble des collègues puissent partager leurs points de vue. Mais
j'ai... Je me pose la question sur le processus actuel de la révision de la
carte, qui utilise une recette qui, probablement en 2024, devient une bonne
vieille recette, vu ces paramètres que j'ai mentionnés.
• (15 h 50) •
Et clairement il y aura des désagréments.
Nous avons accepté de vivre avec des... avec ces désagréments des dernières
années, mais je ne pense pas que cette formule actuelle peut continuer à bien
jouer son rôle si on veut que nos députés continuent à très bien livrer la
marchandise, qu'augmenter l'appartenance de ses citoyens et faire confiance
dans leur système démocratique, y voir la représentativité d'un point de vue
juste, équitable, sans laisser personne... Moi, je pense que la réflexion doit
continuer.
Vous avez des devoirs. Bien hâte à voir
votre rapport au mois de septembre prochain, mais d'ici là, d'ici là, je pense,
M. le ministre et les autres collègues des oppositions, nous... nous avons tous
un devoir de se questionner sur la méthode utilisée et le processus actuel. Parce
que clairement, si on se base sur ce qui a été dit par l'ensemble des
collègues, c'est difficile pour vous répondre, en fonction du processus actuel,
à l'ensemble des éléments de la représentativité des régions, la valorisation
du rôle des élus, la sécurité liée à la taille des circonscriptions. La carte
fondée sur les électeurs versus la population, il y a des comtés qui souffrent
de ça, de ce... de ce déséquilibre. Et il y a aussi la volonté clairement
prononcée aujourd'hui par deux partis qui vous suggèrent éventuellement de voir
l'augmentation du nombre d'élus.
Sur ce, M. le Président, je tiens encore
une fois à vous remercier pour votre présence. J'espère que ça a été riche,
l'écoute de tous les collègues, d'avoir d'autres réalités. Moi, je pense, c'est
dans le dialogue qu'on a... qu'on se comprend et on comprend la réalité. J'en
suis sûr et certain que votre tournée a été... tournée a été productive. Et
j'ai bien hâte à voir la suite des choses avec l'ensemble des collègues autour
de la table pour qu'on puisse tous se donner un cadre qui va nous guider pour
les prochaines années. Merci beaucoup. Merci.
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) :
Merci beaucoup, M. le député de Nelligan. Alors, nous poursuivons
maintenant avec le député de Jean-Lesage, et porte-parole du deuxième groupe
d'opposition, pour ses remarques finales. M. le député.
M. Zanetti : Merci, M. le
Président. Alors, j'ai trouvé très intéressant, toute la journée <aujourd'hui...
M. Zanetti :
...j'ai
trouvé très intéressant, toute la journée >aujourd'hui, d'entendre les
collègues des différentes régions du Québec parler des enjeux liés à la
représentation puis à leur travail de député. Je pense que c'est important
qu'on entende ces choses-là par rapport particulièrement aux députés qui ont
des circonscriptions extrêmement vastes puis avec les défis que ça pose. Je
pense qu'il faut aussi entendre le pendant de ça, qui est les circonscriptions,
pas vastes, mais avec beaucoup de monde qui ne sont pas électeurs, qui
demandent énormément de travail parce qu'elles ont besoin de services. Et puis,
nous, on est là pour leur donner. Il n'y a personne qui refuse des services à
des gens qui viennent les voir sous prétexte qu'ils sont... qu'ils sont...
qu'ils n'ont pas encore le droit de vote. Et je pense que ça, c'est important
que ce soit entendu.
Je trouve très belle l'unanimité des
députés de toutes les formations politiques de dire : Il faut sauver les
circonscriptions puis la représentation en Gaspésie. Je suis quand même un
petit peu plus déçu, par exemple, de l'attitude de plusieurs députés qui disent :
Donc, la solution, c'est d'en couper à Montréal. Moi, l'optique, c'est de dire :
Il faut qu'on préserve la représentation politique de tout le monde au Québec.
Évidemment, le fond de l'affaire, c'est
changer le mode de scrutin. La deuxième affaire qu'on pourrait faire pour
désempirer les choses, c'est d'augmenter le nombre de circonscriptions à 129
pour pouvoir en rajouter à des endroits sans en couper nulle part, puis que
personne ne perde sa représentation. Mais, de commencer à dire : Là, le
système ne peut pas être changé, alors tirons chacun de notre bord sur la
couverte puis sacrifions ces Québécois-là, parce que, de toute façon, on a
moins d'appui, là, peut-être... Je ne veux pas prêter d'intentions, mais, tu
sais, ça ressemble un petit peu à ça. Moi, quand je défends la Gaspésie, ce
n'est pas parce que j'ai des collègues là qui sont élus, puis que je veux
protéger leurs sièges, là. Ça fait que je fais juste dire ça.
Évidemment, tu sais, on peut difficilement
s'attendre à ce que, dans une vaste consultation comme ça auprès d'élus qui
viennent commenter la carte électorale... qu'il n'y ait aucune tendance
partisane qui s'exprime. Je pense que la plupart du monde réfrène cette...
cette possibilité-là, cette tentation-là, d'autres le font peut-être un petit
peu moins. Mais je suis persuadé que le Directeur général des élections et les
autres commissaires, dans leur position de neutralité, voient ces choses-là
aller puis ils savent distinguer les arguments, disons, fondamentaux et suprapartisans
des autres arguments qui sont... qui le sont moins, alors on va vous faire
confiance par rapport à ça.
Je profite de la dernière tribune qui
m'est donnée ici aussi en présence du ministre des Affaires... des Institutions
démocratiques pour dire : Ce serait vraiment simple de ne pas se déchirer
puis de dire : On augmente ça à 129. Les lieux physiques du salon bleu de
la prochaine législature vont le permettre. Ce n'est pas cher, quatre députés,
par rapport au prix d'avoir une mauvaise représentation politique au Québec,
par rapport aussi à ce que ça demande aux députés qui ont des 700 km à
parcourir d'un bout à l'autre de leur circonscription. Ça n'a comme aucun bon
sens, 45, 45 municipalités, 45 maires et mairesses, comme c'était dit
tantôt par le député de Matane-Matapédia, je ne peux même pas m'imaginer. Donc,
c'est vraiment... c'est vraiment quelque chose, c'est une solution qui serait
facile à faire, là, rapidement, un petit changement à la loi, on fait ça vite.
Évidemment, ça obligerait les commissaires à retourner un petit peu sur la
table à dessin, mais c'est peut-être un moindre mal, en tout respect, par
rapport aux conséquences qu'on voit, qui pourraient être vraiment pénibles, si
on laissait la situation-là actuelle. Puis c'est que la situation va se
reproduire. Dans huit ans, on va être encore en train de se dire : Bon, à
qui on coupe de la représentation politique, chers amis? Moi, ce n'est pas un
scénario dans lequel j'ai envie de revivre, que je sois... que je sois élu à ce
moment-là ou pas.
Alors, voilà, ça clôt, merci, M. le
Président, mes remarques finales.
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) :
Merci beaucoup, M. le député de Jean-Lesage. Et je cède maintenant la
parole également, pour une période de 10 minutes, pour ses remarques
finales, à M. le ministre responsable des Institutions démocratiques. Alors, M.
le ministre, la parole est à vous.
M. Roberge : Merci, M. le
Président. Chers collègues, tous partis confondus. M. Blanchet, Mme Gravel, M.
Bouchard, merci pour cet exercice-là. Ça fait quand même trois jours qu'on a le
temps d'entendre plusieurs, plusieurs, plusieurs collègues députés de toutes
les formations politiques, de toutes les régions, des grands centres, des zones
mixtes, des zones urbaines, et puis on a entendu des préoccupations qui,
parfois, étaient très, très locales et pas moins pertinentes, d'autres fois,
très nationales, des fois, régionales. On a eu des appels à modifier la loi. Et
évidemment ce n'est pas votre rôle de le faire, mais c'est une des raisons pour
lesquelles j'étais là aussi, d'écouter le bouillonnement, là, des réflexions
des uns et des autres. Comme ministre responsable des Institutions
démocratiques, c'était donc très, très intéressant d'écouter. Des fois, on
dit : Ah! j'aimerais <ça...
M. Roberge :
...intéressant
d'écouter. Des fois, on dit : Ah! j'aimerais >ça être un petit
oiseau pour aller écouter les réflexions des uns et des autres. J'ai pu faire
ça cette semaine. J'étais en mode écoute évidemment. Ce qu'on veut, c'est une
représentation qui est juste, qui est... qui est équitable pour l'ensemble des
électeurs puis des électrices.
À travers toutes les interventions qu'on a
entendues, je remarque certaines préoccupations qui ont été évoquées à
plusieurs reprises, par plusieurs personnes d'un peu partout, qui méritent, je
pense, d'être soulignées. Beaucoup l'ont dit de plein de manières différentes,
le critère numérique ne peut pas être la seule considération qui guide les
limites des cartes électorales. Je ne le fais pas souvent, mais je vais me
référer à la Cour suprême. D'ailleurs, la Cour suprême a été claire sur ce
point-là dans l'arrêt Carter, qui introduisait le principe de représentation
effective, mais en évoquant qu'«afin de garantir que nos assemblées législatives
représentent réellement la diversité de notre mosaïque sociale, il est de
rigueur de tenir compte de l'ensemble de facteurs géographiques, démographiques
et sociologiques». Donc, représentation effective ne veut pas dire tout
simplement on prend le nombre d'électeurs, on divise par 125 puis, après ça, on
coupe ça comme ça. Ce n'est pas ce que vous avez fait d'ailleurs, mais il faut
prendre garde à cette logique-là, qui peut être tentante. D'ailleurs, ces
éléments-là, de la Cour suprême, sont carrément inclus dans l'article 15
de la loi actuelle.
Donc, on s'entend tous sur le fait que ça
prend une juste représentation des régions du Québec à l'Assemblée nationale.
C'est un élément très, très important. D'autres provinces, d'autres pays ont
peut-être d'autres représentations, d'autres répartitions géographiques de leur
population, mais, le Québec étant ce qu'il est, il faut s'assurer que toutes
les régions soient vraiment bien entendues. Mais on ne peut pas exclure quand
même, évidemment, l'égalité relative du droit de vote. Pas l'égalité absolue. L'égalité
absolue, de toute façon, on ne pourrait pas avoir notre exception des Îles-de-la-Madeleine.
Puis je n'ai entendu personne, à moins, là, d'avoir raté quelque chose... je
n'ai entendu personne dire qu'il fallait changer le redécoupage et la notion d'exception
des Îles-de-la-Madeleine. Donc... Donc, on doit trouver un équilibre entre
plusieurs considérations. Je suis convaincu que tout ce qui a été dit, même si,
des fois, ça a été dit et contredit des... un côté ou de l'autre, ça vous donne
quand même des bases pour des ajustements.
Il y a eu d'autres considérations qui...
qui réfèrent peut-être à d'éventuelles modifications à la loi ou prises en
considération de votre côté. Il y a des collègues qui ont mentionné qu'il
faudrait... qu'il serait préférable d'utiliser la population plutôt que le
nombre d'électeurs. Les gens vont dire : Bien, voyons, les gens qui
sont... qui font partie de la population sont des électeurs. Ah! pas
nécessairement, il y a des gens qui sont des nouveaux arrivants, il y a des gens
qui sont temporaires, etc. Donc, des gens disent : On devrait tenir compte
de la population plutôt que des électeurs pour la délimitation des
circonscriptions. Moi, je nous invite à accueillir cette idée-là, à la
considérer, mais à la considérer avec une certaine précaution parce que ça
viendrait exacerber encore plus les disparités régionales. Parce que les
circonscriptions où il y a une plus grande population de personnes non électrices
sont des endroits en milieu urbain qui sont déjà surreprésentés. Et, si on
faisait ça, bien, on accroîtrait encore plus. On ne peut pas dire d'une...
d'une même voix : Il faut considérer les populations, pas juste les
électeurs, mais il faut sauver tous les comptés en région, je veux dire, ça ne
marche pas. Puis il y en a qui... qui ne se sont pas gênés pour vous le dire dans...
lors de vos échanges. Ils ont dit : Oui, je vous dis des affaires, deux
choses qui ne sont pas réconciliables. Là, vous nous posiez des questions, puis
les députés : Ah! arrangez-vous, moi, je fais des suggestions. Oui, mais à
un moment donné, le réel s'invite quelque part dans la discussion.
• (16 heures) •
Si on veut faciliter le travail des
députés qui ont une plus grande population que le nombre d'électeurs, bien,
c'est probablement dans d'autres forums, notamment au BAN, au Bureau de
l'Assemblée nationale, qu'on doit exposer notre point de vue, parce que peut-être
qu'il y a des députés qui auraient besoin de davantage de ressources, davantage
de personnel pour servir. Parce que c'est ça que les gens disaient : Oui,
mais j'ai plein de gens qui viennent frapper à mon bureau de comté, j'ai besoin
de les servir. Donc, peut-être qu'ils ont besoin de plus de personnel dans leur
bureau de comté, et peut-être que ça n'a pas de lien avec le redécoupage des
comtés, ce qui est... ce qui nous intéresse ici dans le cas de cette commission-là.
On a parlé aussi de la possibilité
d'augmenter le nombre de circonscriptions. C'est tentant, c'est sûr. C'est sûr
que c'est tentant, mais il faut se poser quand même la question est-ce que
c'est une solution facile et surtout temporaire à une question qui reviendrait
de toute manière...
16 h (version révisée)
M. Roberge : ...temporaire à
une question qui reviendrait de toute manière. Si on l'avait augmenté, le
nombre de circonscriptions, donc, de députés, il y a huit ans, il y aurait
quand même aujourd'hui une carte qui déplairait à certains plutôt qu'à d'autres.
Il y aurait peut-être une carte proposée qui proposerait des fusions de
circonscriptions, et on dirait : Il faudrait en ajouter d'autres encore.
Ça pourrait régler des problèmes, mais je
pense que c'est à court terme. Si on passait de 125 circonscriptions à
129, la moyenne, plutôt qu'être de 50 694 électeurs, serait de 49 122.
On est dans les nuances, là, on est vraiment dans les nuances. Et ce que je
comprends, c'est qu'il y aurait des arbitrages à faire quand même. Et il n'est
pas dit que les nouveaux comtés seraient ajoutés, par exemple, en Gaspésie ou
dans des régions. En tout cas, si je vous écoute, les nouveaux comtés, vous les
placeriez davantage dans les Laurentides, puis au Centre-du-Québec, et en
Estrie. Si on fait juste rajouter des comtés, enfin, il y aurait peut-être même
un accroissement du.... de l'écart entre les régions urbaines, périurbaines et
rurales. Donc, il faut se méfier de ça.
Je ne vous dis pas que ce n'est pas à... c'est
à déconsidérer, puis la question va se reposer, puis peut-être qu'un jour la
réponse sera oui, et puis peut-être qu'un jour il y aura d'autres comtés qui
seront ajoutés, mais ce n'est certainement pas la solution facile à un problème
complexe, d'après ce que j'ai compris. Donc, j'ai entendu plusieurs appels à
réviser la Loi électorale. C'est quelque chose qu'on doit toujours considérer
avec les critères... Parce que je demeure critique de plusieurs propositions,
critique dans le sens d'il faut être capables de réconcilier tout ça avec le
réel, mais, ceci dit, des lois parfaites au Québec, il n'y en a pas, puis on
est toujours en train de les améliorer. Puis j'ai pris beaucoup de notes, d'ailleurs,
à cet effet-là. Comme élus, on se doit de respecter le processus indépendant,
mais je pense que ça a été bien fait par tout le monde ici, je n'ai pas senti
personne qui poussait le bouchon un peu trop loin. Une éventuelle démarche qui
visera à modifier la Loi électorale sera sans doute fructueuse à un moment
donné.
Je vous invite à considérer favorablement
les appels des députés, quels qu'ils soient, par rapport aux noms, à la
toponymie, parce que c'est quelque chose qui, je pense, à chaque fois, était
bien appuyé sur des réflexions et qui ne posait de préjudice à personne. Je
vous invite aussi à considérer avec une attention particulière le fait qu'il y
a rare unanimité, qu'on soit en ville, en région périurbaine, peu importent les
partis, tout le monde a parlé de la Gaspésie, il y a la motion unanime. Ici, on
est à l'extérieur du cadre régulier des débats, des échanges, des
préoccupations, qui sont parfois différentes. Quand il y a unanimité, je pense
qu'il faut vraiment en tenir compte.
Donc, je remercie tous les collègues pour
leur participation. Je remercie la commission pour son écoute sincère, on l'a
vu, autant dans vos questions que dans vos réponses, puis j'ai confiance dans
notre système. Je vous pose quelques questions parce que vous allez bientôt
prendre la parole pour conclure. On sait qu'il y a deux étapes qui s'en
viennent, dépôt, encore, adoption. Pourriez-vous nous donner un calendrier, s'il
vous plaît, qu'on voie venir un peu? D'après vous, à quel mois exactement on
peut s'attendre, pour qu'on voie venir le calendrier et qu'on anticipe encore
mieux les choses? Merci beaucoup. Merci.
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) :
Merci beaucoup, M. le ministre. Et je vais maintenant céder la parole, pour
leurs remarques finales, aux membres de la commission de la révision
électorale. Alors, évidemment, Mme Gravel, M. Blanchet, M. Bouchard, je vous
cède la parole pour 10 minutes.
M. Blanchet
(Jean-François) :Merci, M. le Président.
Je serai bref. La Commission de la représentation électorale tient à remercier
les membres de la Commission de l'Assemblée nationale, mais aussi Mmes et MM.
les députés qui ont pris la parole lors des trois dernières journées. On veut
aussi remercier, parce qu'on ne l'a pas fait, les 186 personnes qui ont
pris la parole lors des audiences publiques lors de notre tournée à travers le
Québec.
Depuis le dépôt du rapport préliminaire,
en septembre 2023, nous avons recueilli une mine d'informations, qui nous
permettra, j'en suis certain, d'approfondir notre réflexion sur la proposition
de notre second rapport. Le but premier de cet important exercice de délimitation
est d'assurer l'égalité relative du vote des électeurs de chaque
circonscription. Comme nous l'avons mentionné, nos travaux sont guidés par la
loi, et cette représentation effective n'est pas uniquement mathématique, mais
elle comprend <également...
M. Blanchet
(Jean-François) :
...cette
représentation effective n'est pas uniquement mathématique, mais elle comprend
>également le respect de communautés naturelles que nous tentons de
respecter dans la mesure du possible.
Ainsi, nous allons poursuivre nos travaux
afin d'apprécier tous ces commentaires et d'en arriver avec une proposition
révisée qui soit le plus équitable possible pour l'ensemble des électeurs et
électrices du Québec. La prochaine étape, mais je parlerai des autres étapes aussi,
quand même, la prochaine étape sera le dépôt de cette proposition du second
rapport, donc, qui devrait être déposée à l'automne, début de l'automne, donc.
Et par la suite, bien sûr, dans les cinq jours, l'Assemblée nationale doit
tenir un débat de cinq heures. Et, dans un délai de 10 jours, suite à ça,
on rend notre décision finale. Donc, c'est assez rapide à partir du moment du
dépôt du deuxième rapport.
M. le Président, je tiens à souligner
l'apport inestimable aussi de l'équipe qui nous soutient dans notre mandat.
Donc, c'est sûr qu'on est trois ici en avant, il y a deux personnes en arrière,
mais il y a toute une équipe qui écoute pour prendre des notes et commencer à
faire déjà, quand même, des scénarios qu'ils vont nous soumettre. Vous comprendrez
qu'un rapport, comme on dépose, ce n'est quand même pas nous qui le produisons,
donc il y a une équipe formidable derrière nous. Et il y a des personnes que ça
fait plusieurs cartes électorales qu'ils proposent, qu'ils... qu'ils soutiennent,
donc, et que, malheureusement, probablement qu'on va perdre pour... dans 10 ans...
ou, en tout cas, comme toute autre personne, à un moment donné, on perd un peu
le côté historique. Donc, voilà, je tenais à les remercier, ils ont fait un
travail remarquable et ils vont continuer à nous appuyer jusqu'à la fin.
Je tiens aussi à remercier mes collègues
commissaires, donc, quand même, qui quittent leur emploi régulier pour nous
appuyer, donc. Et finalement je voudrais vous remercier, M. le Président,
aussi, pour votre soutien puis votre rôle de facilitateur très apprécié. Merci
beaucoup à vous tous.
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) :
Merci beaucoup, M. le président de la commission de la révision électorale,
ainsi que tous les membres qui vous accompagnent, votre équipe. Puis moi aussi,
je veux me permettre de remercier l'ensemble des parlementaires. C'est la
première fois que j'avais le privilège de présider, presque de A à Z, une
commission parlementaire. Donc, j'ai eu beaucoup de plaisir avec des présidents
chevronnés, des parlementaires chevronnés. Merci de votre gentillesse, d'avoir
permis la réalisation, M. le ministre, tous les collègues députés, vraiment
très agréables parmi vous. Et je veux me permettre aussi de remercier tous les
membres de l'Assemblée nationale, l'équipe qui a travaillé très fort, les
équipes des différents partis politiques qui ont favorisé les débats ici, et je
vous souhaite une bonne continuité de votre mandat. Puis merci à tout le monde
d'avoir participé.
Et, à la fin, évidemment, je souligne que
la commission a accompli son mandat et j'ajoute ses travaux sine die. Merci
beaucoup. Bon retour à la maison, dans vos circonscriptions.
(Fin de la séance à 16 h 10)