(Quatorze heures)
Le Président (M. Caron) :
À
l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la
Commission de l'administration publique ouverte.
La commission est réunie afin de procéder à
l'audition du ministère de la Santé et des Services sociaux et des CIUSSS de la Capitale-Nationale et de
l'Est-de-l'Île-de-Montréal sur le chapitre 4 du rapport de mai 2023 du
Vérificateur général intitulé Santé mentale : efficacité du
continuum de soins et de services pour les usagers ayant des troubles mentaux
graves.
M. le secrétaire, y a-t-il des remplacements?
Le
Secrétaire : Oui, M. le Président. M. Lamothe (Ungava) est
remplacé par M. Lemay (Masson); M. Beauchemin (Marguerite-Bourgeoys), par Mme Dufour
(Mille-Îles); et M. Derraji (Nelligan), par Mme Lakhoyan Olivier
(Chomedey).
Le
Président (M. Caron) : Merci, M. le secrétaire. Nous débuterons par
l'exposé de 10 minutes du Vérificateur général et enchaînerons avec celui du ministère de la Santé et des
Services sociaux. Les CIUSSS de la Capitale-Nationale et de
l'Est-de-l'Île-de-Montréal suivront et disposeront de 10 minutes conjointement.
Le reste de la séance sera consacrée aux
échanges avec les membres de la commission. Les échanges se dérouleront par
blocs d'une durée d'environ 10 minutes, incluant les questions et
les réponses, en alternance entre le gouvernement et les oppositions afin de
permettre à tous les groupes parlementaires d'écouler graduellement leur temps
de parole.
Donc, j'invite maintenant la sous-vérificatrice
générale à nous présenter les gens qui l'accompagnent puis à faire son exposé.
Vous disposez donc de 10 minutes.
Exposé de la
sous-vérificatrice générale, Mme Christine Roy
Mme Roy
(Christine) : Merci, M. le Président. Mmes, MM. les membres de
la commission, M. le sous-ministre de la Santé et des Services sociaux, MM. les
présidents-directeurs généraux des centres intégrés universitaires de
santé et de services sociaux de la Capitale-Nationale et de
l'Est-de-l'Île-de-Montréal, c'est avec plaisir et avec intérêt que je participe
à cette séance de la Commission de l'administration publique en remplacement de
la Vérificatrice générale, qui n'est pas
disponible aujourd'hui. Nous vous remercions pour cette invitation.
Permettez-moi de vous présenter les personnes qui m'accompagnent :
M. Jacques Hébert, vérificateur général adjoint, M. François
Dubreuil, secrétaire général, M. Alain Fortin, directeur général en audit
de performance, et Mme France Bêty, directrice d'audit.
Tout d'abord, il faut savoir que les personnes
ayant des troubles mentaux graves et des besoins chroniques en santé mentale sont en situation de grande
vulnérabilité. Elles requièrent des soins adaptés à leurs besoins. Des
problèmes de santé physique, de dépendance, de judiciarisation et
d'instabilité résidentielle peuvent s'ajouter à leur condition, de même que la stigmatisation ou les préjugés dont
elles font souvent l'objet. Des ruptures dans la continuité des services
peuvent aggraver les problèmes de ces personnes et ainsi avoir des
répercussions significatives sur elles et sur leurs proches, comme la diminution de leur espérance de vie ou la
détérioration de leurs relations sociales et de leur situation socioéconomique. Ces ruptures de services peuvent
aussi entraîner des passages répétés à l'urgence ou des hospitalisations
fréquentes.
Les soins et
services en santé mentale offerts par le réseau public sont très diversifiés et
nécessitent l'implication d'un grand nombre d'intervenants. Outre les services
d'urgence, ces soins et services vont de l'hospitalisation de courte durée ou de la consultation psychiatrique en
clinique externe aux services d'accompagnement proposés par les établissements
et par les organismes communautaires partenaires du réseau de la santé et des
services sociaux. À cela s'ajoutent différents
types d'hébergement offerts par le réseau en collaboration avec le secteur
privé ou le milieu communautaire.
Notre audit de performance avait deux objectifs.
Le premier était de s'assurer que les établissements audités offrent un
continuum de soins et de services efficaces aux adultes ayant des troubles
mentaux graves et des besoins chroniques en santé mentale. Le deuxième objectif
était d'évaluer si le ministère de la Santé et des Services sociaux soutient
efficacement les établissements et ses partenaires du réseau afin que ceux-ci
assurent la coordination et la continuité
des soins et des services en santé mentale. Nos travaux nous ont permis de relever
quatre principaux constats.
Premièrement,
plusieurs personnes ayant des troubles mentaux graves sont de grands
utilisateurs des urgences, mais
l'accès aux informations nécessaires pour une prise en charge efficace de ces
personnes est difficile. En effet, les entités auditées n'ont pas toute
l'information nécessaire pour les identifier. De plus, le personnel soignant ne
dispose pas de l'ensemble des informations
cliniques des usagers en temps opportun. Or, il est important de reconnaître
rapidement les grands utilisateurs des urgences ayant un trouble de
santé mentale et de disposer de leurs informations cliniques afin
d'adapter leur prise en charge et de la rendre plus efficace. Cela permet
notamment de comprendre les causes sous-jacentes
à la récurrence des visites à l'urgence et de s'assurer qu'un filet de sécurité
est mis en place à la sortie de ces urgences.
Deuxièmement, les
ressources offertes ne permettent pas à tous les usagers d'avoir accès à un
hébergement convenant à leurs besoins, notamment en raison du manque de
ressources adaptées à des clientèles de plus en plus complexes, et aussi parce que les usagers dont la condition leur
permettrait de vivre en logement autonome demeurent hébergés dans le réseau par manque de logements
abordables. En conséquence, des lits d'hospitalisation sont occupés par des gens en attente d'un hébergement, bien qu'ils
ne requièrent pas de soins hospitaliers. Cela n'est ni avantageux pour l'usager, qui ne bénéficie pas d'un environnement
adapté à son état, ni avantageux pour l'établissement, qui ne fait pas une
bonne utilisation de ses ressources.
Troisièmement,
l'accès aux soins et aux services représente un défi pour les usagers et leurs
proches. En effet, les grands utilisateurs
des urgences en santé mentale demeurent plus longtemps sur les listes d'attente
du Guichet d'accès à un
médecin de famille que l'ensemble de la population. En ce qui a trait aux
psychiatres, le nombre de postes vacants
dans les établissements publics associé au nombre croissant de ces spécialistes
exerçant exclusivement en cabinet
réduit l'accès à leurs services pour la clientèle ayant des troubles mentaux
graves. En outre, l'accès aux services dans la communauté est fragilisé
par les problèmes de pénurie de main-d'oeuvre auxquels sont confrontés les
établissements audités et les organismes communautaires.
Enfin, nous avons
constaté un manque de fluidité lors des passages aux urgences de même qu'un
manque de communication entre les services hospitaliers et les équipes
externes. Cette situation entraîne des retards dans les soins offerts à l'usager. De plus, les exigences en matière de
consentement, notamment pour la communication d'information aux proches,
ne sont pas toujours bien comprises par les intervenants du réseau.
Au terme de nos
travaux, nous avons formulé des recommandations qui ont été acceptées par les
entités. La plupart de nos recommandations nécessiteront une prise en charge
conjointe par le ministère de la Santé et des Services
sociaux ainsi que les centres intégrés universitaires de santé et de services
sociaux concernés. La collaboration entre tous ces intervenants est donc
primordiale pour que les changements prévus dans leurs plans d'action
respectifs soient mis en oeuvre.
En terminant,
j'aimerais souligner l'excellente collaboration du personnel du ministère de la
Santé et des Services sociaux ainsi que des centres intégrés universitaires de
santé et de services sociaux de la Capitale-Nationale et de l'Est-de-l'Île-de-Montréal. J'aimerais aussi assurer les membres
de la commission qu'ils peuvent compter sur l'entière collaboration du
Vérificateur général.
Le Président (M. Caron) :
Bien, merci beaucoup, Mme Roy. J'invite maintenant le ministère de la
Santé et des Services sociaux à nous faire
sa présentation. Je vous invite à vous présenter puis à faire votre exposé.
Vous disposez également de 10 minutes. Merci.
Exposé du sous-ministre de la Santé et des
Services sociaux, M. Daniel Paré
M. Paré (Daniel) : Oui, bonjour, Daniel
Paré, sous-ministre santé... du ministère de la Santé et des Services sociaux.
M. le président de la
commission, Mmes, MM., membres de la commission, Mme la sous-vérificatrice
générale, MM. les PDG des centres intégrés universitaires de santé et services
sociaux de la Capitale-Nationale et de l'Est-de-l'Île-de-Montréal,
je vous remercie de nous donner le privilège d'être parmi vous aujourd'hui. Je
suis en compagnie de
Mme Caroline De Pokomandy-Morin, qui est sous-ministre adjointe à la
Direction générale des programmes dédiés aux personnes, aux familles et
à la communauté. Je suis accompagné du Dr Pierre Bleau, qui est le
directeur national de la santé mentale, et
enfin je suis accompagné de M. Martin Forgues, qui est directeur général
adjoint de l'accès des services de proximité et des effectifs médicaux.
• (14 h 10) •
La santé mentale est
sans contredit un dossier prioritaire pour le ministère de la Santé et Services
sociaux. Aussi, à titre de sous-ministre, je
suis heureux de pouvoir présenter de façon sommaire ce qui a été fait au cours
des dernières années pour améliorer
l'offre de soins et de services et d'ensuite pouvoir échanger davantage avec
vous sur ces questions.
D'entrée de jeu, le
ministère a accueilli favorablement le rapport du Vérificateur général du
Québec portant sur la santé mentale. Ses
recommandations constituent une opportunité d'améliorer l'efficacité du
continuum de soins et de services pour les personnes ayant des troubles
mentaux graves, un objectif cohérent avec nos priorités d'action.
Pour bien orienter
nos discussions, je souhaite d'emblée rappeler le rôle et les responsabilités
du ministère de la Santé et des Services
sociaux d'élaborer et de proposer des orientations et des politiques relatives
à la santé mentale et services
sociaux, assurer la mise en oeuvre et veiller à leur application à un niveau
stratégique et coordonner leur exécution à l'échelle de la province.
Le ministère confie
aux établissements du réseau de la santé et des services sociaux la mise en
oeuvre et l'opérationnalisation des
orientations et des programmes-services dans le réseau. Ainsi, la mise en
oeuvre et l'opérationnalisation
relèvent des conseils d'administration et des PDG des établissements. Ceux-ci
s'assurent d'organiser les services dans le respect des lois et
orientations nationales et de répartir équitablement les ressources humaines,
matérielles et financières mises à leur disposition. Les établissements doivent
également s'assurer que les services sont de qualité et accessibles, évaluer
les besoins des patients et fournir les services requis.
Il est important de contextualiser l'audit qui a
été réalisé par le Vérificateur général, notamment en raison des années de
référence, qui couvrent la période 2017 à 2022. Bien évidemment, comme on
s'en rappelle tous, le Québec a vécu une crise sanitaire sans précédent de mars 2020 à
l'été 2022. Durant cette période exceptionnelle, les ressources et les
efforts du ministère ont été principalement consacrés à la prise en charge de
la pandémie. Des ressources de différentes directions ont d'ailleurs été
réaffectées temporairement et des ressources qui avaient été prêtées par le
réseau au ministère sont également retournées prêter main-forte dans les
établissements. Ces éléments permettent d'expliquer le contexte particulier
avec lequel le ministère a dû composer au travers de l'évaluation réalisée.
J'insiste sur le fait que bien des choix ont dû
être faits pour faire face à cette pandémie. Ceci n'a pas freiné nos efforts
pour améliorer l'efficacité du continuum de soins et de services pour les
personnes ayant des troubles mentaux graves. Une des actions importantes faites
par le ministère a été le développement et le lancement du tout premier Plan d'action interministériel en santé
mentale 2022-2026, lequel s'intitule S'unir pour un mieux-être collectif.
Présenté en janvier 2022, ce plan a été réalisé en collaboration avec
10 ministères et organismes.
Le ministère
était alors bien conscient des différents enjeux observés par le Vérificateur
général dans son rapport déposé en mai 2023. Des mesures ont été
développées et des solutions mises en oeuvre afin de limiter les impacts sur
les usagers pouvant avoir besoin des services en santé mentale, notamment les
grands utilisateurs des urgences.
Aussi, la clé
d'action du plan ministériel en santé mentale, c'est l'intersectorialité. Cela
témoigne d'une volonté d'agir en
concertation et en collaboration avec l'ensemble des acteurs du réseau, mais
aussi avec les partenaires communautaires, institutionnels et privés.
Ces partenaires sont indispensables pour offrir des soins et des services de
qualité à la population. Travailler tous ensemble est essentiel. C'est un
changement de paradigme que nous entamons pour améliorer l'offre de service à
la population.
Parallèlement,
dans les deux dernières années, le ministère a lancé le Plan d'action
interministériel en itinérance 2021-2026, S'allier devant l'itinérance,
lancé sa stratégie nationale de prévention des surdoses, revu ses méthodologies
de collecte de données auprès des établissements afin de voir à une meilleure
fiabilité de celles-ci et repris ses
évaluations de la qualité clinique des programmes dans le réseau, tout ceci en
plus d'effectuer des investissements massifs en santé mentale pour agir
sur plusieurs plans.
Le ministère
reconnaît les défis présentés par le Vérificateur général et prioriser la
réponse aux besoins en santé mentale. Bien que nous nous activons à
répondre aux recommandations, la réponse à celle-ci nécessite du temps, une
gestion de changement, un vrai changement de culture, et... en lien avec nos
ressources humaines.
D'ailleurs, dans le cadre du plan santé présenté
par le ministre de la Santé et Services sociaux en mars 2022, il a été
notamment question du décloisonnement des pratiques professionnelles,
d'embauche de bacheliers dans les disciplines
de relations humaines, de même que des bourses d'études afin d'augmenter le
nombre de psychothérapeutes dans le réseau.
Le
ministère de la Santé et des Services sociaux accueille favorablement le
rapport et prend acte des recommandations qui lui sont adressées. Les constats énoncés et les recommandations
formulées s'inscrivent en continuité avec les démarches en cours et sont
cohérents avec les objectifs que nous poursuivons. Le ministère s'engage à
prendre les mesures nécessaires pour répondre en oeuvre les... pour mettre en
oeuvre les recommandations formulées à son attention en vertu des
responsabilités qui lui incombent.
Un plan d'action est déjà mis à l'oeuvre par
notre organisation. Il reprend l'ensemble des recommandations et fournit une réponse aux constats. Que ce soit
sur l'accès à l'information, les ressources humaines, l'accès et l'organisation
des services, beaucoup d'efforts sont
consacrés pour faire progresser ce dossier de manière notable et durable. Le
ministère s'engage aussi à travailler en collaboration avec les
établissements concernés pour améliorer l'efficacité des soins et services
offerts aux personnes ayant des troubles mentaux graves au Québec.
Ceci complète ma présentation, M. le Président.
Le
Président (M. Caron) : Merci beaucoup, M. Paré. J'invite maintenant
le CIUSSS de la Capitale-Nationale et celui
de l'Est-de-l'Île-de-Montréal à nous faire leur présentation. Je vous invite à
vous présenter puis à nous faire votre exposé.
Vous disposez de 10 minutes, non pas chacun, mais 10 minutes
partagées. Je ne sais pas qui veut commencer. Est-ce que c'est le CIUSSS
de la Capitale-Nationale?
M. Thibodeau (Guy) : Bien, je peux
commencer, M. le Président.
Le Président (M. Caron) : Allez-y.
Exposé du
président-directeur général du Centre intégré
universitaire de santé et de services sociaux de la
Capitale-Nationale, M. Guy Thibodeau
M.
Thibodeau (Guy) : Donc, merci beaucoup, M. le Président.
Membres de la commission, Mme la sous-vérificatrice générale, M. le
sous-ministre de la Santé et des Services sociaux, nos collègues du CIUSSS de
l'Est-de-Montréal, je me permets de vous
représenter les personnes qui m'accompagnent aujourd'hui, donc Mme Amélie
Morin, qui est directrice générale
adjointe, Partenariats, services sociaux, réadaptation, et Mme Véronique
Fugère, qui est directrice du programme Santé mentale, dépendances et
itinérance.
Nous tenons à vous remercier de cette
opportunité de pouvoir échanger avec les membres de la commission sur certaines
mesures mises en place au sein de notre établissement pour pouvoir offrir les
services les plus adaptés possibles à une
clientèle des plus vulnérables, soit les personnes présentant des troubles
mentaux graves, services qui ont fait l'objet d'un audit par le DGQ et
pour lesquels nous sommes ici aujourd'hui.
Je
tiens à réitérer notre adhésion aux recommandations émises par le VGQ suite à
son audit et qui traduisent bien la pertinence des projets en cours dans notre
établissement, dont ceux concernant la fluidité de la trajectoire de l'usager
sur l'ensemble du continuum, particulièrement en amont et en aval de
l'hospitalisation.
Certains enjeux
soulevés dans le rapport de la Vérificatrice générale nous apparaissent avoir
un impact particulier sur les usagers
considérés comme étant de grands utilisateurs des urgences et ceux ayant des
troubles mentaux graves. Parmi ces enjeux, l'accès à l'hébergement
demeure un défi important, considérant que le milieu de vie est un déterminant social important de la santé et un
élément fondamental du rétablissement. À cet égard, notre établissement est en
action avec nos partenaires territoriaux et le ministère de la Santé et des
Services sociaux pour identifier des pistes de solution.
Aussi, le partage des
informations pour permettre une continuité d'intervention auprès de ces usagers
entre les établissements de santé et les partenaires qui interviennent auprès
de ces derniers constitue un enjeu important à l'heure actuelle. En effet, il
n'est pas, pour l'instant, possible de communiquer ces renseignements aux
partenaires, ces renseignements s'avérant
confidentiels et requérant l'autorisation de l'usager pour être communiqués,
sauf dans le cas de certaines exceptions législatives assez
contraignantes.
Au sein de la région
de la Capitale-Nationale, il est important de rappeler que trois établissements
de santé desservent la population en
collaboration avec des partenaires, des organismes communautaires et d'autres
collaborateurs intersectoriels. Cette situation requiert donc une
constante coordination, un arrimage et une concertation quotidienne. À cet
égard, notre établissement participe quotidiennement au caucus de coordination
des urgences de nos collègues du CHU de Québec-Université Laval afin de
faciliter la continuité informationnelle requise pour une prise en charge
optimale des usagers en santé mentale.
De
plus, à notre plan d'action, nous avons identifié une autre stratégie, mise de
l'avant au printemps dernier, qui comprend
plusieurs jalons et qui optimisera le partage d'informations aux bons
professionnels et au moment opportun entre les services d'hospitalisation
et les services dits externes.
• (14 h 20) •
Enfin, nous tenons à
souligner qu'un autre défi particulier se pose fréquemment pour cette
clientèle, soit la non-reconnaissance ou la difficulté à reconnaître sa maladie
et à recevoir les soins et les services requis par son état. Cette réalité pose un obstacle important aux
intervenants du réseau de la santé pour permettre une bonne prise en charge de
la maladie et un suivi adéquat et de qualité, ce qui conduit malheureusement à
des hospitalisations répétées pour certains
usagers.
Comme
on le sait, un usager qui refuse des soins ne peut être traité contre son gré,
sauf si le tribunal l'autorise. Or, comme il est mentionné au rapport du VGQ,
le critère actuel de la loi qui prévoit la possibilité pour un tribunal d'intervenir uniquement en cas d'usager... en cas
d'une personne qui est un danger immédiat pour elle-même ou pour autrui
s'avère très restrictif et pose un défi de la bonne prise en charge de ces
personnes.
Nous vous référons
finalement à notre présentation générale du CIUSSS de la Capitale-Nationale
pour une bonne compréhension de notre
desserte et de nos principales missions. Nous tenons uniquement à rappeler que
l'offre de soins et de services en
santé mentale, dépendance et itinérance représente une part importante de notre
mission. Assumant un leadership
régional, le CIUSSS de la Capitale-Nationale participe, avec ses partenaires,
au développement d'une vision commune, axée sur des pratiques et des services
orientés vers le rétablissement, offerts, en forte proportion, dans la communauté.
C'est dans ce
contexte et avec grand intérêt que nous pourrons répondre à vos questions, vous
présenter plus en détail notre plan d'action
que vous avez préalablement reçu et vous partager certaines initiatives et
projets de notre établissement en matière de santé mentale, de
dépendance et d'itinérance.
Merci, M. le
Président. Cela complète mon allocution.
Le Président (M.
Caron) : Merci, M. Thibodeau. M. Fortin Verreault, c'est à
vous la parole.
Exposé du président-directeur-général du Centre intégré
universitaire
de santé et de services sociaux de l'Est-de-l'Île-de-Montréal,
M. Jean-François Fortin Verreault
M. Fortin Verreault (Jean-François) : Merci,
M. le Président. Bonjour, bien heureux d'être parmi vous. Je salue, moi,
également, là, les membres de la commission, la sous-vérificatrice générale,
mes collègues du ministère et de la Capitale-Nationale. J'ai la chance, là,
d'être accompagné par Jonathan Brière, qui est le président-directeur général
adjoint du CIUSSS de l'Est,
Sandra D'Auteuil, qui est la directrice, Santé mentale,
Karine Girard, qui est la directrice de la qualité, et
Christian Merciari, qui travaille avec moi à la direction générale.
Comme
mon collègue, on accueille très favorablement les recommandations, là, du
Vérificateur général. On s'est déjà mis en action pour les actualiser.
Je me permettrais de partager mon écran, là, pour vous illustrer un petit peu
ce qu'on a... dans quel contexte on intervient, au CIUSSS de l'Est, pour la
santé mentale.
Le premier élément
qu'on souhaitait, là, revenir avec vous, là, c'était sur l'organisation
générale des services, parce que rentrer
dans l'univers de la santé mentale, c'est un défi pour des gens qui ne
connaissent pas ça au quotidien. On tenait à rappeler, puis je pense que
c'est très clair dans le rapport du Vérificateur général, que l'organisation de
services en santé mentale s'appuie d'abord
et avant tout sur une première ligne qui doit répondre aux besoins généraux de la population puis se rend progressivement
jusqu'à l'hospitalisation et aux services de réadaptation et d'hébergement.
Pour vous
donner une idée, parce que, parfois, ça peut paraître abstrait, là, on a... on
s'est permis de lister, puis je ne ferai pas la lecture de tout ça, vous
avez le détail, mais chacun des services qui est actuellement offert pour réussir à répondre aux
besoins de la population ayant des troubles graves de santé mentale, puis ça
vous donne également une idée des
volumétries qui est accessible à ces personnes-là. On a mis l'emphase sur nos
propres services, mais c'est important
de mentionner qu'en santé mentale il y a vraiment un travail de collaboration
avec les organismes communautaires, avec la ville, parce que les enjeux
de logement puis les enjeux sociaux sont vraiment fortement intégrés, idem pour
les relations avec les services de police.
Donc, je ne ferai pas
la lecture détaillée de tout ça, peut-être mentionner, là, qu'il y a des
services importants, dans la communauté, qui
se donnent en intensité variable, qui s'ajustent selon la condition des
patients puis qui varient dans le temps. Il y a également des services
surspécialisés pour des gens qui ont des problèmes très graves, avec des
cliniques dédiées, des psychiatres dédiés,
qui ont l'expertise pour les accompagner, également un très grand investissement
dans tout ce qui est juste avant
l'hospitalisation puis ce qui est dans l'hospitalisation à domicile, des
centres de crise qui peuvent répondre en 24/7 au besoin, du volet à
domicile, notamment pour la gérontopsychiatrie puis pour certaines clientèles,
puis une réponse en situation d'urgence, avec des durées courtes, pour les
personnes.
Finalement, quand la
situation requiert des soins un peu plus intenses, il y a des services
d'hospitalisation, certains spécialisés,
certains généraux. On pourra répondre à vos questions si vous en avez, là, à
cet égard-là. Et, finalement, un des enjeux nommés par le Vérificateur
général, tout ce qui est l'hébergement, la réadaptation longue durée, avec des programmes qui sont plus temporaires puis des
structures d'hébergement qui se sont installées depuis la désinstitutionnalisation, là, qui sont
accessibles.
Donc, dans le cas du
CIUSSS de l'Est, là, où on est responsables d'une partie du parc régional, vous
voyez le nombre de places, on parle quand
même de 1 629 places en ressources intermédiaires et en ressources de
type familial et 246 places en ressources d'établissement. Pour
vous donner une idée, évidemment, là, vous voyez la répartition des ressources sur le territoire, là, que je viens de
vous nommer. On pourra répondre à vos questions si vous en avez, parce que
ça faisait l'objet de plusieurs recommandations, là, de la part du Vérificateur
général.
Peut-être un mot...
Je pense que, tout le monde, on veut améliorer les services aux patients. On
vous a donné quelques indicateurs qui vous permettent de voir une amélioration
par rapport à plusieurs des éléments, là, qui ont été soulignés sur le Vérificateur général, que ça soit sur la qualité de
la prise en charge sur les durées moyennes de séjour, que ça soit sur
les taux de réadmission, là, pour les grands utilisateurs ou que ça soit par
rapport à l'utilisation, là, par les patients qui ont terminé leur épisode de
soins actifs, des lits.
Finalement,
on vous a mis, là, quelques-uns des éléments en lien avec les recommandations
spécifiques. On pourra revenir si
vous avez des questions, là, mais soyez assurés que, sur chacune des
recommandations locales, on est déjà en action puis on a déjà réussi à
faire des gains pour répondre aux recommandations de la Vérificatrice générale.
Donc, c'est ce qu'on
souhaitait vous partager aujourd'hui. Ça va nous faire plaisir de répondre à
vos questions puis de bonifier les discussions et les recommandations.
Le Président (M.
Caron) : Merci beaucoup, M. Fortin Verreault. Nous allons
maintenant, donc, procéder à la période
d'échange. On va débuter avec le député de Masson. Je vous cède la parole. Vous
avez un peu plus de 10 minutes, M. le député.
Discussion générale
M. Lemay : Merci,
M. le Président. Très heureux d'être avec vous aujourd'hui. Merci,
Mme Roy, ainsi que votre équipe, là,
pour les travaux que vous avez faits, M. Paré, M. Thibodeau et
M. Fortin Verreault, ainsi que vos équipes respectives. Très
heureux d'être avec vous aujourd'hui.
Vous savez, moi,
j'irai sur le constat un que le bureau du Vérificateur général du Québec a fait
concernant l'accès aux informations nécessaires pour une prise en charge
efficace des usagers, qui semble être difficile, et, lorsqu'on lit, dans le rapport du VG, notamment, les paragraphes 21
à 30, là, on cible un peu mieux qu'est-ce qui se passe dans ce
constat-là.
Et j'ai pris
connaissance, M. Paré, aussi du plan d'action que vous avez soumis, là,
avec les différentes actions que vous avez mises en place, justement, pour les
paragraphes 21, 23, 28 et 30, puis j'irais avec une première question
concernant, dans le fond, ce qu'on met en place avec le Dossier de santé
numérique. Vous avez mis un calendrier ainsi
que... On le voit... En fait, c'est au paragraphe 30 de votre plan
d'action, là, vous mentionnez que vous voulez finaliser le processus
d'acquisition du Dossier de santé numérique, ensuite débuter le déploiement du
Dossier de santé numérique selon votre
calendrier de déploiement dans deux régions vitrines et, par la suite, mettre
en service le Dossier de santé numérique.
Je comprenais aussi,
quand on lisait un peu les commentaires qui étaient faits, là, aussi, aux
paragraphes 31 et 32, là... à l'effet
que, dans les deux CSSS, là, qui sont avec vous aujourd'hui... comme quoi que
vous avez des systèmes maison, si on
veut, qui ne communiquent pas avec l'externe, puis, si on veut aller voir si un
grand patient a des données à
l'extérieur, c'est difficile, il faut sortir d'un système pour accéder à
l'autre. On a même des... pour certaines informations, elles sont plus
prises en compte avec du papier au lieu d'être de façon numérique.
Donc, il y a beaucoup
de choses à faire de ce côté-là. Je crois qu'il y a un grand potentiel avec le
DSN, simplement nous mentionner, là, tu
sais, selon vous... Vous avez un calendrier pour les deux régions vitrines,
mais après que se passe-t-il? Tu
sais, est-ce qu'on a un plan de déploiement? Est-ce qu'on va... Avez-vous une
vision pour vraiment réussir à l'atteindre sur l'ensemble du territoire
du Québec?
• (14 h 30) •
M. Paré (Daniel) : M. le Président, je vais
débuter, là, la réponse. Effectivement, le Dossier de santé numérique va
être la clé au niveau du partage d'informations entre les installations, les
établissements du Québec, dans l'avenir. C'est quand même lié aussi à la loi n° 100, qui a été adoptée en avril dernier, sur le partage des
renseignements personnels, parce qu'il
faut savoir qu'aujourd'hui les renseignements ne peuvent pas se partager entre
établissements. Il y a vraiment une notion de consentement. Il y a une
notion... Il y a un défi, en tant que tel, oui, au niveau des outils, mais
aussi au niveau des lois, mais, par rapport... par rapport à ça, déjà, nos
niveaux, là, de contractuels, DSN, comme vous mentionniez, au niveau des projets vitrines, on a une fenêtre, et la
volonté est vraiment de... est vraiment, là, de faire le déploiement, là, aux... cinq ans
après le déploiement des vitrines. Ça fait qu'on estime autour de six à sept
ans pour compléter complètement l'établissement du Dossier de santé numérique,
et ça, ce que ça veut dire, ce dossier-là, ça veut dire que les professionnels,
bien sûr, avec le respect des lois puis s'assurer que le personnel a les droits
d'accès, là, pour la bonne utilisation des services, bien, dans un dossier,
notamment, là, sur l'île de Montréal, où est-ce qu'il y a plusieurs
établissements, on va être capables de voir qu'un patient, un usager A ou B, quand même,
magasine ou va consulter dans différents endroits. Aujourd'hui, considérant que
c'est des établissements séparés, on n'a pas accès à cette information-là.
Ça fait que c'est
quand même un outil hyperimportant pour le Québec, et, comme je vous disais, en
plus, avec la loi, la loi qui est modernisée, et là qui a été adoptée tout
récemment, on est en train de travailler sur les règlements, avec cette
notion-là, bien sûr, bien là, on... tout le processus, aussi, de partage des
données, que les professionnels auront accès
aux données lorsque la nécessité, là, est en lien avec l'usager, bien, ça va
être un... ça va être un grand plus. Très conscient, par exemple, que ça va
prendre du temps. C'est d'un projet de milliards qu'on parle ici. C'est un projet... c'est un projet aussi que
l'équipe du ministère engage une équipe vraiment d'implantation, là, partout dans
les établissements, avec les apprentissages, aussi, là, des projets-vitrines.
Mais c'est certainement la clé qui devrait... qui va répondre, là, notamment,
là, aux recommandations, là, du Vérificateur général, là, qu'il a données.
M. Lemay : Donc,
si je comprends bien, on a deux régions-vitrines pour lesquelles on cible 2025
pour faire l'implantation et, par la suite, pour atteindre l'ensemble du
territoire québécois, on pense que ça va prendre un autre cinq années additionnelles, ce qui nous amènerait
en 2030, pour avoir les travaux réalisés à la grandeur du territoire. C'est
ce que je comprends?
M. Paré (Daniel) : C'est en plein ça. Parce
que ce qu'il faut savoir, là, c'est beaucoup de systèmes d'information,
et encore là, au Québec, présentement, il n'y a pas un établissement qui est
organisé, qui a les mêmes logiciels que les...
Même, des fois, ils peuvent avoir le même logiciel, mais ils n'ont pas la même
version, et c'est toute cette mise à niveau là.
De plus, et c'est
pour ça qu'on veut faire des projets-vitrines, c'est qu'il ne faut pas
sous-estimer la gestion de changement de ces
outils-là. Ce n'est pas juste un... pas juste un logiciel Word, c'est vraiment
une... Ce système-là va être vraiment
une des pierres angulaires d'une trajectoire, là, les cliniciens auront un
système similaire et qu'ils pourront... ils pourront vraiment, là, mieux
communiquer ensemble, et le fameux accès.
Ça fait que oui, je
peux comprendre, je peux comprendre que ça va prendre un certain temps, mais je
peux vous dire qu'avec les apprentissages qu'on aura des projets-vitrines...
Parce que, pour nous, c'était important de bien l'essayer. Ce serait facile,
hein, ce serait déjà fait. Ça fait que c'est pour ça qu'on a optimisé cette
stratégie-là, mais on sait, là, qu'au cours
des prochaines années, avec... avec l'implantation partout, partout au Québec,
ça va être un outil, là, ça va être
un outil essentiel autant pour des enjeux de santé mentale qu'on étudie en
commission présentement, mais pour tous les autres services.
M. Lemay : OK.
Puis dites-moi aussi, dans une des recommandations du rapport du Vérificateur
général, une des recommandations qui vous
est faite, je vais vous la lire, là, c'est concernant les grands utilisateurs
des urgences, là, on parle de... «en
collaboration avec les établissements, à établir des critères d'identification
des grands utilisateurs des urgences
en santé mentale, voir à leur utilisation uniforme dans tout le réseau et
s'assurer qu'un système permet à chaque établissement d'identifier ces
usagers dans toutes ces urgences où ils ont reçu des services.»
Et là la question qui
me vient à l'esprit concernant les grands utilisateurs des urgences, c'est...
En fait, vous avez un système aussi, là... on aime ça, les acronymes ici, là,
le SAIRC, là, le système d'alertes informatisées pour le repérage des clientèles. J'aimerais savoir si ce
fameux SAIRC, là... On est rendus où avec l'avancement de ce projet-là? Et, dans le fond, on peut commencer avec ça. Puis
ensuite, tu sais, est-ce que c'est vraiment cette solution-là? Si ce n'est pas cette solution-là, il y a-tu quelque chose
d'autre qui est en réflexion pour, justement, améliorer l'identification des
grands utilisateurs d'urgences?
M. Paré (Daniel) : Non, c'est... La solution
qu'on travaille déjà à mettre en place, c'est celle-ci. Effectivement, on
aime beaucoup les acronymes, dans le milieu de la santé et services sociaux,
là. Mais en date du 4 octobre, on a 10 établissements qui sont
présentement en déploiement de cette... de cette nouvelle solution-là. Il n'y
en a aucun encore qui est pleinement
opérationnel, notamment pour les... Parce qu'encore là il faut faire une
cartographie, là, de tous les... de
tous les secteurs, et, encore une, fois il n'y a pas un CISSS ou un CIUSSS qui
a la même cartographie. Former le
personnel, et aussi, là, bien sûr, avec nos enjeux de personnel... Parce qu'on
a créé des... ça demande la création de postes, et, en lien avec nos règles, nos règles syndicales, il n'y a pas
d'ouvertures de postes dans l'été, là, c'est comme ça. Mais on a
10 établissements, et le déploiement va se poursuivre tout au cours de
l'année par...
Ce qu'il faut
savoir aussi, dans les 10 établissements, c'est 10 sur 34, mais il faut
avoir que c'est principalement au niveau des CISSS et des CIUSSS. Donc,
on en a 17 à déployer.
M. Lemay : Bon, il nous reste à peu
près une minute, là, je ne sais pas s'il y a quelqu'un d'autre qui voulait rajouter de l'information supplémentaire sur le
constat 1 ou, sinon, on peut toujours transférer le temps à un autre bloc,
là. Mais il y a-tu quelqu'un d'autre d'une autre équipe, là, qui
voudrait rajouter quelque chose sur le constat?
Le Président (M.
Caron) : Je pourrais... je pourrais, si...
M. Lemay : Allez-y.
Le Président (M. Caron) : Ah!
excusez, je pensais que vous cherchiez une question supplémentaire.
M. Lemay : Non, je voulais juste
savoir si...
Le Président (M. Caron) : Allez-y,
allez-y.
M. Lemay : ...si, dans les équipes
de la Capitale-Nationale ou de l'Est-de-Montréal, ils voulaient rajouter
quelque chose. Ça va? Bon, bien, M. le Président, allez-y.
Le
Président (M. Caron) : Merci. Merci, M. le député. Quand on parle de
grands utilisateurs, est-ce qu'il y a une harmonisation de ce qu'est un
grand utilisateur, quelles que soient les régions du Québec?
M. Paré (Daniel) : Présentement,
non. Il y a des différences, il y a des différences en termes... en termes
d'indicateurs ou de standards. Ce qu'il faut savoir, la notion de grand
utilisateur a été introduite plus au niveau de la santé physique. On avait un chiffre, là, qui avait été bien détaillé, et
c'était cinq... quelqu'un qui venait consulter cinq fois dans un temps
rapproché était considéré un grand utilisateur. On l'identifiait et on faisait
des appels directs.
Au niveau de la santé mentale, en lien avec...
en lien avec nos territoires, les territoires des établissements, là, respectifs, il y a certains établissements qui ont
utilisé... bien, je pense, le rapport en... le rapport du Vérificateur général
le met en lumière, cinq ou six... Et, encore
là, il y a une des recommandations sur laquelle nous, dans notre plan d'action du
ministère, on veut... on veut s'assurer de bien le développer. Parce qu'encore
là on croit qu'au niveau de cet indicateur-là
ça va peut-être... ça va probablement inclure plus que l'urgence. Parce
qu'encore là, je vous dis, en santé... en santé physique, la porte d'entrée est
souvent l'urgence, mais, au niveau de la santé mentale, si on est cohérent avec
notre approche plus globale, bien, on va vouloir avoir un indicateur qui vient
prendre en compte l'urgence, mais peut-être le centre de crise est peut-être
une autre affaire.
Et ça on travaille... on travaille en
collaboration avec l'INESSS, qui est l'Institut national d'excellence en santé
et en services sociaux, qui vont nous... On ne veut pas improviser, dans le
fond, au niveau de cette donnée-là. Ça fait qu'au niveau de l'INESSS ils vont
nous donner... ils vont nous donner la bonne... le bon indicateur selon les meilleures pratiques, là, locales, provinciales,
internationales. Et ça va... au niveau de notre plan d'action, ce sera quelque
chose qu'on va vouloir donner comme orientation, là, aux établissements de
santé dans l'avenir.
Le
Président (M. Caron) : Parfait. Merci, M. Paré. C'est tout le temps
qui nous est accordé dans ce premier bloc.
Nous allons passer au bloc réservé à
l'opposition officielle. Est-ce que c'est Mme la députée de Chomedey? Mme la
députée de Mille-Îles? Allez-y.
• (14 h 40) •
Mme Dufour : Merci, M. le Président.
Alors, moi, je vais m'intéresser au constat 2 du... dans le fond, du
Vérificateur général et je vais revenir, là, sur... je pense, c'est
M. Paré qui a mentionné, la clé du Plan d'action interministériel en santé
mentale, c'est l'intersectionnalité... l'intersectorialité plutôt, je m'excuse,
et on disait qu'on voulait agir en
concertation et en collaboration avec l'ensemble des acteurs du milieu,
incluant les partenaires communautaires.
On nous a
fait part de la difficulté des organismes communautaires à maintenir... à
garder leur main-d'oeuvre, que souvent, en fait, elle était recrutée par
le réseau de la santé. Donc, les organismes communautaires, de plus en plus, ont de la difficulté à être attractifs, et
on vit une pénurie de main-d'oeuvre assez forte. Et donc j'aurais... j'aimerais
en savoir un peu plus sur le plan, là, pour la main-d'oeuvre dans... puis
comment on va s'assurer de ne pas aller déshabiller Paul, dans le fond, pour
habiller Pierre, là, ou nommez le nom que vous voulez, Jacques, là, parce qu'il
a moins en moins de vêtements, hein? La
main-d'oeuvre, là, il y en a de moins en moins, et là ça devient un enjeu. Tu
sais, aux dernières nouvelles, il y avait autour de 300 000 postes
vacants au Québec. Ça, ça veut dire que, de la main-d'oeuvre, il en
manque partout.
Donc, quand
on dit qu'on veut aller attirer de la main-d'oeuvre, on a un plan d'action
là-dessus, comment on pense... c'est ça, le faire, mais sans fragiliser
nos organismes communautaires qui sont à la base de l'écosystème?
M. Paré (Daniel) : Un autre dossier
pas facile, hein, qu'on adresse, effectivement, vous mettez le... vous mettez le doigt dessus, que les enjeux de
main-d'oeuvre sont réels au niveau du réseau de la santé. On voit quand même qu'il
y a une progression, là, à chaque année, mais les enjeux de main-d'oeuvre,
notamment en lien avec les organismes
communautaires... Et, même si on n'a pas de données dures sur des transferts,
en termes de ressources des organismes communautaires qui viendraient se
faire embaucher au niveau des établissements de santé, on est quand même conscients qu'il y a certaines... il y a
certaines conditions de travail qui sont peut-être plus avantageuses, là,
dans... au niveau du secteur public versus communautaire.
Cependant, le travail est différent, puis je
pense qu'une des clés de l'avenir, c'est d'intéresser les gens à nos beaux métiers au niveau de la santé et des
services sociaux, et ça, on est beaucoup plus inclusifs. Encore là, on
travaille notamment en lien avec d'autres ministères, et là je parle de
l'Éducation supérieure, l'Éducation tout court, parce qu'il y a certains
cours plus au niveau professionnel. On travaille aussi avec l'Office des
professions sur, notamment, le travail au niveau de l'élargissement des pratiques, qui pourrait
très bien fonctionner au niveau des organismes communautaires qu'au
niveau du secteur public.
Ça fait que la clé, c'est... C'est gratifiant
travailler pour le réseau de la santé et services sociaux, c'est gratifiant
travailler dans le milieu de la santé mentale parce qu'on peut voir, on peut
voir des améliorations au niveau de la
réadaptation. C'est de valoriser beaucoup cet élément-là. C'est sur ça, sur
lequel on travaille. Mais, comme je vous dis, ça ne sera pas facile. Notamment,
on essaie différentes façons, comme je vous dis, on essaie d'augmenter le nombre
de places au niveau des institutions d'enseignement. On a fait des projets au
niveau de bourses pour venir, encore là, encourager les gens, là, à venir
notamment en psychothérapie, et encore là, bien, c'est différents moyens...
Vous savez que présentement nous sommes en
négociation, là, aussi dans le secteur public. Mais encore là, aussi, au niveau de... chaque année, au niveau des
organismes communautaires, il y a une indexation qui est quand même donnée, mais l'équilibre est fragile, là, j'en
conviens. Et c'est pour ça que la notion de valorisation, je dirais, des métiers
et du secteur, pour moi, c'est une des clés.
Mme Dufour : Je comprends qu'on veut
améliorer peut-être l'attractivité, mais ça ne crée pas des gens. Il manque de
gens, tout court. Et donc je me demandais, est-ce que... puis là ça va être
peut-être deux questions, mais est-ce que vous avez une idée de vos besoins
futurs en main-d'oeuvre, compte tenu de l'importante quantité de gens qui vont prendre leur retraite dans les prochaines
années? Et avez-vous un plan pour aller chercher de la main-d'oeuvre à
l'étranger? Parce que, comme je disais, des gens, il n'y en a pas, puis tout le
monde se les arrachent. Donc c'est bien
beau, s'ils vont chez vous, c'est parce qu'ils n'iront pas ailleurs. Il va y
avoir des trous ailleurs. Donc, peut-être vous entendre davantage
là-dessus.
M. Paré (Daniel) : Bien, au niveau
de l'immigration, encore là, selon les types d'emploi, effectivement, on a
travaillé en collaboration avec d'autres ministères pour de l'intégration. Pas
facile, je dois le dire, parce qu'on travaille en étroite collaboration avec
les ordres pour vraiment augmenter notre bassin, dans le fond, notre bassin de main-d'oeuvre. Mais la clé passe beaucoup par...
je vous dirais, encore une fois, par l'intéressement. Si vous permettez,
M. le Président, j'ai ma collègue qui est
sous-ministre adjointe, Mme Pokomandy-Morin, qui pourrait aussi en
rajouter, parce qu'en tant que responsable, là, au niveau plus
administratif du programme de santé mentale, elle travaille fort...
Le Président (M. Caron) : Bien sûr,
allez-y.
Mme De
Pokomandy-Morin (Caroline) : Oui. Bonjour. Pour compléter la réponse de
M. Paré, peut-être dire... Spécifiquement, votre question a un lien
avec les organismes communautaires puis, j'allais dire, la migration des
ressources des organismes communautaires vers le réseau de la santé. Notre
première préoccupation, c'est qu'on a besoin
des organismes communautaires, des intervenants qui sont dans les organismes
communautaires, pour complémentariter, dans le fond, l'offre de services
qu'on a puis de travailler en cohésion puis en collaboration.
Donc, on a
des stratégies de recrutement, mais également des stratégies pour changer nos
modes d'intervention auprès des clientèles. Il y a là des stratégies
numériques, des autosoins, amener les gens à prendre en charge aussi une
portion des problématiques et aussi à travailler en étroite collaboration avec
les organismes communautaires qui sont dans
le milieu puis qui sont nécessaires à la complémentarité de l'offre de
services, parce qu'il y a des gens qui vont avoir besoin de ces
services-là.
Donc, on veut compléter, nous, au niveau de
toutes les démarches qu'on fait pour élargir les pratiques puis augmenter le
bassin des intervenants, qui va aider également les organismes communautaires,
parce que ce bassin-là qui augmente va aussi
aller dans les organismes communautaires, parce qu'il y en a qui veulent
travailler dans ce secteur-là. Donc,
on veut travailler en étroite collaboration pour augmenter, dans le fond, notre
force de frappe de façon générale, incluant les organismes
communautaires en collaboration avec les intervenants du réseau de la santé.
Mme Dufour : C'est juste la
question, là, des retraites à venir. Parce que, quand on voit les cibles, bon,
on parle de 350 personnes détentrices d'un permis de psychothérapie, des
infirmières praticiennes, 269, 1 500 agents de relations humaines supplémentaires. Ça, c'est les
cibles. Mais est-ce que ça, ça va couvrir l'ensemble des gens qui s'en vont
à la retraite, dans les prochaines années, qui ont rapport avec la santé
mentale, là...
M. Paré (Daniel) : Encore là,
bien...
Mme Dufour : ...qui interviennent?
M. Paré (Daniel) : Encore là, quand
on regarde notre planification de main-d'oeuvre, effectivement, oui, ça augmente, on en perd, mais on a plus... on aurait
plus... avec notre planification, on aurait plus d'entrées que de sorties.
Et c'est pour ça que je faisais un petit lien, là...
Puis, je vous rassure, là, on ne fera pas de
négociation sur la place publique. Mais c'est pour ça qu'il faut trouver une
façon d'être attractifs, encore là, pour maintenir les gens en emploi plus
longtemps et les intéresser. Et ça passe
par... ça passe aussi, là, par des nouvelles façons, des nouvelles façons de
travailler. Puis ça, c'est des éléments, là, qu'on... comme je vous
dis... puis vous comprendrez que je ne peux pas vous en dire beaucoup plus,
mais qu'on travaille en collaboration avec nos partenaires syndicaux parce
qu'ils ont aussi, là, l'intérêt, là, de... dans le fond, d'augmenter, entre
guillemets, la force de frappe, augmenter les services à la population.
Ça
fait que vous voyez qu'on travaille sur des formations, on travaille au niveau
d'être employeur de choix, on travaille au maintien en emploi et on croit, là,
que ça va être notre stratégie gagnante, madame.
Mme Dufour : Bien, merci. Peut-être juste une dernière question
sur les organismes communautaires. Oui, il y a peut-être des gens qui ont de
l'intérêt pour les organismes communautaires, mais, actuellement, leur
financement fait en sorte qu'ils n'arrivent pas à être le moindrement
concurrentiels, et là il y a de... — au
niveau des salaires — puis
il y a de plus en plus d'organismes,
en fait, qui ont des postes vacants, qui n'arrivent plus à soutenir les
services. Moi, j'ai rencontré des gens qui étaient en burn-out, et il restait un
employé, et qu'il tenait à bout de bras, qui tombe en burn-out, donc, des organismes qui ferment, des fois. Bref, ils sont
fragiles. Est-ce que le ministère s'assure que... ou pense à s'assurer qu'au moins
ils aient le financement nécessaire pour... au complet, sans passer par des
projets... pour soutenir la mission?
M. Paré
(Daniel) : On le fait à chaque année...
Le Président (M.
Caron) : Très rapidement, puisque... Très rapidement, s'il vous plaît.
M. Paré (Daniel) : Oui. Bien, à chaque année,
je peux vous dire que le financement des organismes communautaires est bonifié, indexé et bonifié. Ça
demeure un enjeu, là, pour le milieu, parce qu'effectivement on n'est pas la
seule source de financement, habituellement, là, pour... au niveau de ces
organismes qui sont autonomes, ont d'autres sources de financement à
côté. Mais c'est quelque chose qu'on surveille, là. Et peut-être que, dans une
prochaine question, les établissements qui
travaillent en étroite collaboration avec les organismes communautaires
pourraient bonifier leur... mieux répondre peut-être à votre
questionnement.
Le Président (M.
Caron) : Absolument, on pourra revenir sur cette question. Merci,
M. Paré. Donc, je cède la parole à Mme la députée de Laval-des-Rapides
pour environ 11 minutes.
Mme
Haytayan : ...
M. Paré
(Daniel) : Je m'excuse, M. le Président, je n'entends pas la question.
On a...
Le Président (M.
Caron) : Allez-y. Pouvez-vous répéter votre question, s'il vous plaît,
Mme la députée?
Mme
Haytayan : Oui, certainement. Est-ce que vous m'entendez?
M. Paré
(Daniel) : Là, c'est mieux, oui. Merci.
Mme Haytayan :
Ça va? OK, parfait. Problème de
micro, probablement. Sur l'offre de services en hébergement en santé mentale,
quel modèle d'hébergement le ministère va privilégier au cours des prochaines
années et pourquoi?
M. Paré
(Daniel) : ...vous permettez, M. le Président, je demanderais à ma
collègue, Caroline, là, de débuter une réponse, et, bien sûr, notre...
peut-être, le directeur national pourrait aussi... pourra aussi compléter.
Le Président (M.
Caron) : Bien entendu.
• (14 h 50) •
Mme De
Pokomandy-Morin (Caroline) : Bien, je vais... Bonjour. Bien, je vais
commencer la réponse et ensuite je vais vous... je vais passer la parole à
Dr Bleau pour la suite des choses.
En fait, on regarde,
je dirais, l'ensemble du parc d'hébergement dans un continuum de prises en
charge, parce que ça nous prend différents types d'hébergement. On est
d'ailleurs en train de faire une cartographie des hébergements qui existent et
des besoins qu'on a. On a besoin d'hébergement institutionnel, mais on a besoin
aussi de ressources intermédiaires, de
ressources de type familial, de ressources de type alternatif aussi pour
certaines clientèles, puis on a tout le volet, également,
complémentarité à ça, tout le volet de la prise en charge dans la communauté. Donc, c'est un élément qu'on... Je n'ai pas de
modèle, dire le nombre de places, mais on est en train de regarder, de dire
l'évolution de notre parc d'hébergement en fonction des besoins puis des
besoins qui évoluent dans le temps, de la clientèle. Si c'est possible,
Dr Bleau pourrait compléter plus en détail pour l'aspect plus clinique.
M. Bleau
(Pierre) : Bien, merci, M. le Président. Merci pour la question. En
fait, il y a plusieurs complexités différentes,
hein, des gens qui souffrent de problèmes de santé mentale, qui souffrent de
problèmes chroniques, qui ont besoin d'attention, puis il y a plusieurs
services d'accompagnement qui existent dépendamment de ces clientèles-là. Donc,
c'est important de considérer que ça rend les situations complexes.
J'aimerais attirer
votre attention, aussi, c'est que, dans les types d'hébergement, il y a des
réalités différentes dans l'accompagnement
aussi. Il y a des gens qui sont là pour un certain temps, il y a d'autres
personnes qui vont être là dans des
ressources plus de type social avec accompagnement communautaire, qui vont
demeurer là. Et ces transitions-là non plus ne sont pas nécessairement
faciles à diagnostiquer.
Ce que vous devez
savoir, c'est que, quand je suis arrivé comme directeur national, en 2019, il y
avait déjà un rapport qui avait été fait au
ministère, en fait, qui a été présenté, là, en 2020, sur les types
d'hébergement, à Montréal, qu'on avait, comment, la gouvernance puis au
niveau clinique... qu'est-ce qu'on devait viser comme trajectoire.
J'ajouterais
aussi à ceci que beaucoup de notre clientèle souffrent ou, en tout cas, ont
des... les gens ont des préjugés défavorables par rapport à eux, de sorte que ça
rend souvent les parcs d'hébergement ou même les incitatifs d'offrir des places
sociales à des gens difficiles. Donc, on travaille là-dessus. Il y a des
patients qui présentent aussi des
problématiques complexes de troubles de dépendances, de maladies sévères au
niveau de la santé mentale, maladies psychiatriques, en fait, et aussi
qui présentent des enjeux juridiques.
Donc, vous voyez,
cette cartographie-là pour voir comment on peut répondre adéquatement avec les
bonnes trajectoires, les bons usagers, avec
les bonnes personnes, dans les bons milieux d'hébergement, bien, c'est ce qu'on
projette de faire, là, en fonction de ce qu'on a comme données. Et comme
vous le dites, peut-être de répertorier, là, le nombre de places qu'on va avoir
besoin dans différents secteurs.
Mme
Haytayan : Merci. Le rapport du Vérificateur général du Québec
mentionne que les deux CIUSSS qui ont été
audités ont fait des demandes de soutien financier pour de nouvelles places
d'hébergement. Le ministère, est-ce qu'il a répondu à ces demandes? Si
ce n'est pas le cas, pouvez-vous m'expliquer pourquoi?
M. Bleau (Pierre) : Je peux peut-être tenter
une... faire une tentative de réponse. Ce serait qu'à l'issue de... à l'issue
du parc d'hébergement montréalais, par
exemple, c'est le CIUSSS de l'Est-de-Montréal puis le CIUSSS de l'Ouest, aussi,
qui sont en charge de la gouvernance ou en
charge, là, de la direction des parcs d'hébergement. Puis ce que vous devez
savoir aussi, c'est que les trois autres CIUSSS qui sont sur l'île de Montréal
ont demandé aussi d'avoir leur propre gouvernance de parc d'hébergement.
Donc, le rapport dont
on fait mention parlait effectivement qu'il manquait de places au niveau
social, qu'il manquait d'équipes
d'accompagnement. Et le rapport mentionnait aussi que la gestion de changement
et les difficultés qu'on pouvait avoir à les faire devaient être revues.
Donc, ça, ça va être revu, bien sûr.
Ce
que j'entends aussi, c'est qu'il y a eu ces demandes de subvention là, puis ils
sont à l'étude actuellement, là, j'ai... Il faudrait que je revérifie les
données, mais c'est ce que j'ai. Tout passe par la gouvernance pour s'assurer
que les patients du rapport... Le rapport, le fameux rapport, c'était
sur l'île de Montréal, là, puis...
Mais c'est certain
que ce qui pose un problème, c'est que, oui, on a peut-être amené un
financement, mais une autre difficulté qu'on
a puis qui est plus patente, actuellement, c'est que... Par exemple, je vous
donne un exemple pour les ressources de type familial, on aimerait que
les gens amènent... ou lèvent la main pour être des familles d'accueil, mais on a un problème aussi de
recrutement au niveau de ces types d'hébergement là. Donc, ça, c'est important
de le mentionner. Et, vous savez, d'augmenter l'argent, souvent, on
retourne l'argent au niveau des fonds consolidés parce qu'on a de la difficulté
à retrouver, là, les structures de changement nécessaires pour assumer
d'améliorer nos conditions.
Mme
Haytayan : OK. Merci. Tout à l'heure, il était question de pénurie de
main-d'oeuvre. Est-ce que vous pouvez nous
faire part de d'autres enjeux liés au développement de nouvelles places
d'hébergement, peut-être l'inflation, collaboration
avec des partenaires, puis aussi nous dire, suite à la liste de ces enjeux,
comment vous allez faire pour y pallier?
M. Paré
(Daniel) : ...débuter, si vous permettez, M. le Président, puis
peut-être Dr Bleau pourra, justement, compléter,
là. Avec les enjeux, bien, vous l'avez super bien amené, là, la première chose,
bien sûr : ressources humaines. Des
fois aussi, selon le type de ressources, s'il faut, entre guillemets,
construire certaines ressources plus intermédiaires, etc., ça vient
affecter le Plan québécois des infrastructures. Des fois, c'est des ajouts de
places. Ça fait que vous voyez, notre
stratégie, des fois, un peu différente... Là, je vous parle de problématiques,
mais je vous parle aussi de solutions.
Mais on a un enjeu,
je vous dirais, là, quant à moi, qui est... c'est tout le continuum, puis je
pense que c'est au coeur des recommandations
du Vérificateur général, c'est un continuum de soins et, ultimement, bien, on a
des usagers qui, selon leurs besoins, évoluent d'une place d'hébergement
et dans une autre. Et, à ce niveau-là, et c'est ce qu'on souhaite, ultimement, hein, quand c'est possible,
c'est d'avoir des gens qui retournent dans la communauté. Mais des fois,
justement, on travaille en collaboration
avec les municipalités pour développer des nouvelles places, logements
abordables...
Ça fait que, vous
voyez, quand... tantôt on parlait d'intersectorialité, mais quand on parle de
places ajoutées, bien, faut aussi voir la
finalité parce que, sinon, si ça bloque, il n'y a pas de places de logements
pour la communauté, après, là, vous
comprendrez que le continuum, il arrête. Et on l'a vécue aussi un peu, cette
problématique-là. Mais je sais notamment
que, le CIUSSS de Capitale-Nationale, on vient travailler sur un projet... cet
exemple-là. Puis si vous permettez, M. le Président, je lui laisserais
peut-être la parole.
Le Président (M.
Caron) : Oui, oui, allez-y. Bien sûr.
M. Thibodeau (Guy) : Oui. Merci, M. le
Président, M. Paré. Bien, effectivement, peut-être juste un commentaire.
C'est qu'on parle beaucoup de l'hébergement, là, pour que les clientèles
sortent de l'hôpital. Ça, pour répondre à votre
question, madame, tout à l'heure, nous, on a des demandes de transmises au
ministère, on a des avis de pertinence puis on est en train de discuter
des modalités de financement, là, donc c'était bien adressé.
En contrepartie, il
faut aussi travailler en amont de l'hospitalisation. Puis ici on travaille
beaucoup avec... nous, avec la ville de Québec, avec l'OMH de Québec, avec les
organismes communautaires aussi. J'inviterais Mme Fugère,
Véronique, à vous présenter sommairement, là, un des succès qu'on a eu, là,
qu'on appelle, nous, le projet Montmagny, là. Mais Véronique, s'il te
plaît, si tu veux expliquer sommairement ce que c'est.
Mme Fugère
(Véronique) : Oui. Bien, effectivement, Mme la députée, on a constaté
que, le parc RI étant à saturation, on
devait remettre une certaine fluidité puis peut-être identifier des usagers
qui, dans leur parcours résidentiel, étaient prêts à retourner vers un
logement plus autonome, mais, bien sûr, en assurant un accompagnement adéquat. Donc, on a travaillé avec l'Office municipal de
l'habitation de Québec à identifier avec eux un promoteur qui était capable
d'offrir des logements abordables. Donc,
c'est avec AccèsLogis qu'on l'a travaillé, et ce sont nos équipes de SIV qu'on appelle
dans notre jargon, donc c'est les équipes qui vont dans la communauté offrir
des services en santé mentale, ce sont des
travailleurs sociaux, des infirmières qui assurent le bon fonctionnement de
l'usager dans sa communauté et qui permettent une réadaptation puis un
rétablissement qui est beaucoup plus optimal que dans un milieu un peu plus
contrôlé. Alors, c'est aussi une façon parmi tant d'autres qu'on peut faire
face à la difficulté d'accès à l'hébergement, actuellement,
c'est assurer une fluidité encore plus grande. Et c'est certain que d'autres
projets comme ceux-là pourraient voir le jour.
Le Président (M. Caron) : Il vous
reste 55 secondes.
Mme
Haytayan : Allons-y avec une question rapide : Combien
de places prévoyez-vous créer dans les prochaines années par type et par
région?
M. Paré (Daniel) : Dr Bleau, est-ce
qu'on a exactement le bon nombre, comme la question est demandée?
• (15 heures) •
M. Bleau (Pierre) : Non, je ne pense
pas qu'on a cette cartographie-là, là. C'est que ce qu'on est en train de vouloir faire. À l'échelle provinciale, c'est plus
complexe aussi. Il faut que vous sachiez aussi qu'on envisage que les profils
gériatriques peuvent compliquer la situation. Quand on parle de santé mentale,
ça inclut parfois, dans des régions différentes,
des gens qui ont des troubles neurocognitifs, des gens aux prises avec des
troubles du spectre de l'autisme.
Donc, je pense qu'il va falloir bien
cartographier, justement, à qui s'adresse ces types d'hébergement là puis quel
type d'hébergement on a besoin en fonction de ces clientèles-là. Ça, on n'a pas
ce nombre-là. Et c'est difficile de prévoir,
là, avec les ralentissements de la construction, comme vous savez, là, de qu'est-ce
qu'on aurait de disponible dans deux ans.
Le Président (M. Caron) : Merci
beaucoup. On va se tourner vers l'opposition officielle. Est-ce que... C'est
Mme la députée de Chomedey qui va s'adresser à vous.
Mme Lakhoyan Olivier : Bonjour.
Merci pour votre présence. J'avais entendu que Lauberivière, c'est un milieu qui vient... qui héberge ceux qui ont le
besoin. C'est le plus grand refuge à Québec, je pense, si je ne me trompe pas. Puis apparemment il y a des places
disponibles, mais pas d'employés, pas des employés... Qu'est-ce qui arrive avec
ça?
M. Paré
(Daniel) : Vous me permettez, M. le Président, je demanderais
peut-être à mon collègue du CIUSSS de la
Capitale-Nationale, qui connaît très bien le dossier...
Le Président (M. Caron) :
Oui,
allez-y, M. Thibodeau.
M. Thibodeau (Guy) : Oui, merci, M.
le Président. Bien, effectivement, Lauberivière, c'est une construction neuve, là. Donc, il y a beaucoup de places de type
refuge qui, elles, sont occupées. On a... on est aussi en projet avec eux
parce qu'ils ont développé un peu comme des logements supervisés, là, donc,
plus pour de l'intégration sociale. Ça, il y
a des discussions qui sont en cours actuellement, là. Même notre ministre est
venu les visiter dernièrement, là, pour bien comprendre les besoins,
tout ça.
Donc, je vous dirais que c'est le défi de
trouver du personnel, puis je fais un lien avec ce qui était posé comme
question tout à l'heure aussi, c'est sûr que les organismes communautaires sont
comme nous. Ils cherchent du personnel, mais
ils ont aussi le défi de soir, de nuit, de fin de semaine. Donc, le personnel
qu'ils engagent veut aussi une
qualité de vie. Nous, dans notre région, on a décloisonné, entre autres, de
concert avec le Regroupement des organismes communautaires, là, les allocations
qu'on donne à ces organismes-là pour le soir et la nuit pour qu'ils puissent
être capables d'embaucher et de payer plus cher les gens.
L'autre élément, je pense, qu'il faut dire... On
parle beaucoup de Lauberivière, mais on parle de... parce qu'on fait référence à toute la clientèle qui
circule autour, là. Notre défi avec ces personnes-là, c'est que ce sont
beaucoup des personnes que, par
diverses stratégies, on essaie de rejoindre, mais qui ne veulent pas
nécessairement nos services, et ce n'est pas toutes des personnes qui veulent
nécessairement utiliser les services de Lauberivière comme tels. Alors,
on est plus dans le défi de rejoindre les personnes et de leur... et qu'ils
adhèrent aux services qu'on veut leur offrir.
Je ne sais pas, Mme Fugère... Véronique, as-tu
des éléments de complément par rapport à ce que je dis?
Mme Fugère (Véronique) : Bien, il
faut savoir qu'effectivement Lauberivière joue un rôle crucial au centre-ville
de Québec, est un refuge de très grande qualité. Il n'est pas le seul. Il y a
d'autres organismes qui se mobilisent. On a
quand même eu l'occasion, avec le ministère, de travailler à un appel à projets
pour continuer à augmenter les lieux de répit disponibles toute l'année
du côté de la région de Québec, et je sais que c'est le cas aussi dans d'autres
régions du Québec. Alors, je pense qu'il
faut continuer à valoriser aussi l'identification de lieux et peut-être ne pas
concentrer nécessairement nos énergies juste à un endroit. L'itinérance,
on l'a vu, a pris de l'ampleur et s'est retrouvée un peu partout, donc, dans la ville de Québec. Donc, on
tente, avec nos partenaires communautaires, d'identifier des lieux alternatifs
et de les répartir sur le territoire.
M. Paré
(Daniel) : Si je peux compléter, M. le Président, encore là, on a vu
une annonce récente, là, par rapport à
l'itinérance, mais qui touche justement la Maison de Lauberivière, qui a eu un
financement additionnel, mais, vous
voyez, hein, dans le cadre de... dans
le cadre de nos réponses, il y a, oui,
la notion d'ouverture de places, de financement,
mais aussi au niveau des ressources humaines. Ça fait que c'est pour ça qu'il
faut vraiment le travailler de façon globale, parce que, selon nous,
c'est la clé... ça va être la clé de la solution pour l'avenir.
Mme Lakhoyan Olivier : Merci. Avec une liste
d'attente, ce qu'on a remarqué, le chiffre de 22 000 personnes,
c'est ceux qui sont... qui se sont
présentés. On ne connaît pas ceux qui souffrent et qui ne se sont pas présentés.
Donc, le 22 000, ce sont les chiffres que nous avons... que le
gouvernement investit un montant de 27 millions dans le dernier budget. Clairement, avec cette liste d'attente,
vous ne pensez pas qu'il est nécessaire d'investir davantage? Pour
22 000 personnes, 27 millions ajoutés, est-ce que vous ne
trouvez pas que c'est peu?
M. Paré
(Daniel) : Bien, écoutez, au niveau budgétaire, bien, c'est des sous
qui nous ont été octroyés. En même temps, un
peu pour prendre l'exemple que je vous donnais, l'argent, c'est une chose,
mais, encore là, des crédits qu'on recevrait, qu'on ne serait pas capables de
les allouer en lien avec le personnel, les enjeux, etc... Ça fait qu'écoutez,
nous, là-dessus, on travaille beaucoup plus
sur notre fluidité, mais Dr Bleau pourrait certainement compléter, là, ma réponse
là-dessus.
M. Bleau
(Pierre) : Ce qui est important de comprendre, c'est qu'il y a
beaucoup de gens qui attendent puis, parfois, qui sont dédoublés dans des
listes d'attente qu'on a. Ça fait que nous, on a d'abord le souci de vous
donner un bon chiffre des gens qui
attendent, parce que souvent le chiffre combine première, deuxième ligne. Donc,
ça veut dire que les gens qui attendent en deuxième ligne ont déjà un
service. Ça, c'est un exemple.
La deuxième chose
aussi que vous devez comprendre, c'est qu'on a toujours l'habitude de penser
en... quand on parle de problèmes de soins psychologiques au Québec, à
dire : Ah! il faut voir un psychiatre, il faut voir un psychologue.
D'abord, il faut augmenter la pertinence de qui doit être vu au bon moment, et
où, et par qui. Il y a une dizaine de professionnels, vous savez, qu'on peut
recruter, là. Je parle de travailleurs sociaux, d'ergothérapeutes,
d'infirmières. On projette d'engager des infirmières praticiennes en santé
mentale qui peuvent voir des patients, là, sans avoir nécessairement à attendre
de voir un psychologue ou un psychiatre.
Vous devez savoir
aussi que, dans le nombre de gens qui ont des soins psychologiques à recevoir
au Québec, il y a une bonne partie de ces gens-là qui n'ont pas besoin du
concept de psychothérapie. En fait, si on prend le modèle de l'Angleterre,
parce qu'on veut investir dans le PQPTM, puis c'est probablement ce à quoi vous
faites référence, tu sais, au niveau des
mécanismes d'accès, celui qui est l'initiateur de ce projet-là en Angleterre va
nous dire... puis c'est David Clark, c'est un psychologue très connu, il va
nous dire : Les gens qui souffrent, en soins... qui souffrent de
problèmes psychologiques, 10 % ont des besoins de psychothérapie.
Donc, c'est pour ça
que nous, on investit d'abord dans une prise en charge rapide, une évaluation
rapide pour envoyer le patient ou les gens
qui en ont besoin dans le bon secteur. Puis on compte aussi sur toutes sortes
de technologies émergentes, comme...
comme se servir du numérique, par exemple. On a investi dans un programme de
santé mentale numérique où les gens peuvent être accompagnés par des
accompagnateurs, si vous voulez, à faire des devoirs pour mieux prendre en
charge à la fois leur santé puis diminuer leurs souffrances.
Donc, ça, c'est
important. Là, actuellement, on est dans un virage parce qu'on ne peut pas
continuer de faire la même chose avec plus, là. Comme vous savez, on veut faire
plus, mais augmenter la pertinence de nos références, augmenter la validité de nos programmes, décloisonner aussi des
professions, parce qu'il y a encore beaucoup de gens, même dans le
réseau, qui ne connaissent pas tous les services qui peuvent être offerts.
Il y a des gens qui
vont référer directement à un psychiatre, alors que, moi, dans ma pratique, là,
ça fait 32 ans que je pratique la psychiatrie, je vous dirais, en milieu
spécialisé, il y a peut-être 30 % à 40 % des gens que je voyais qui
n'avaient pas besoin de me voir, en fait. Donc, c'est en augmentant la
pertinence... Et c'est pour ça que, cette
année, on a lancé les mécanismes d'accès, justement, en santé mentale pour
revoir, avec des équipes interdisciplinaires, la pertinence de bien envoyer les patients dans les bons services, et on
souhaite assurément, là, diminuer les listes d'attente.
Par contre, je
voudrais vous dire qu'un indicateur, juste un chiffre... Moi, j'ai toujours...
je dis à la blague : J'ai toujours
300 courriels à recevoir, là, mais il faut voir aussi comment les gens
sont pris en charge puis combien ont été vus là-dedans, parce que c'est
sûr qu'on peut traiter quelqu'un, mais il faut comprendre aussi qu'il n'y a
personne, là, qui veut qu'un chiffre demeure
constant, et il y a un certain roulement qu'on aimerait démontrer dans nos
indicateurs. Voilà.
M. Paré
(Daniel) : Je sais...
Mme Lakhoyan
Olivier : Oui, allez-y, c'est beau, allez-y.
Le Président (M.
Caron) : Il reste 40 secondes.
M. Paré (Daniel) : C'est que j'ai...
On a le CIUSSS de l'Est-de-l'Île qui avait peut-être une expérience à partager,
mais peut-être qu'il n'aura pas assez de temps.
M.
Fortin Verreault (Jean-François) : Oui, bien, je peux, rapidement,
donner un exemple concret autour de ça. On
avait une liste d'attente de 2 200 patients en attente d'un premier
service. On a réussi à passer à 400 patients avec un délai en 18 jours. Donc, les méthodes
que Dr Bleau évoquait tout à l'heure, là, ça s'appelle le programme ELAN.
On a réussi à mobiliser l'ensemble des professionnels reliés au dossier, puis
ça nous a permis vraiment de faire une prise en charge puis de donner le premier service de façon pertinente et
adaptée selon les besoins des patients, là, à l'intérieur de ce temps-là. Ça fait qu'il y a moyen
d'actualiser ça, là. Tu sais, je voulais juste donner la lunette terrain avec
comment on le fait, puis comment on
donne accès aux services, puis, si vous avez d'autres questions, là, on pourra
rentrer dans l'autosoin puis dans...
Le Président (M. Caron) : On pourra... Désolé de
vous interrompre. On pourra y revenir plus tard si nécessaire. Je cède
la parole à Mme la députée d'Huntingdon.
• (15 h 10) •
Mme
Mallette : Merci, M. le Président. Super. Je pense que, depuis le
début, on s'entend tous pour dire que la
main-d'oeuvre est vraiment un enjeu clé, un enjeu qui est conséquent, surtout
pour les cas graves puis les cas chroniques. Donc, on parle vraiment,
là, des psychiatres à ce moment-là, puis j'ai... Dans ce qu'on a eu comme
information, puis, notamment, même dans le plan d'action, on démontre qu'il y a
une certaine problématique qui s'accentue en région.
Je m'explique.
Exemple, dans la région de Montréal, on parle de 26 psychiatres par
100 000 habitants. Dans la région
de Québec, on est à 23. Puis on n'a pas besoin d'aller très loin pour se rendre
compte qu'à Laval on est rendus à sept psychiatres par
100 000 habitants. Puis j'imagine que, si on va vraiment un peu plus
éloignés encore des grands centres, bien, la
variabilité est peut-être même encore plus importante, puis, sans doute, même
d'un RLS à l'autre, donc pas juste d'une région à l'autre.
Puis
j'ai remarqué qu'au paragraphe 74 du plan d'action du ministère, au
point 1, on parlait de réviser l'attribution des plans d'effectifs médicaux, les PEM, en
psychiatres et les postes réseaux. Est-ce que vous pouvez me parler comment qu'on
va attribuer maintenant ces effectifs-là ou, en fait, comment ils le sont
présentement? C'est quoi, les critères? Est-ce qu'il y a des incitatifs pour
amener les psychiatres en région? Comment ça fonctionne?
M. Paré
(Daniel) : Si vous me permettez, M. le Président, Dr Bleau
pourrait certainement, là, débuter, là, un premier
jet de réponse, mais, encore là, selon... selon... On a aussi M. Martin
Forgues qui travaille directement sur les notions des plans des
effectifs médicaux aussi.
M. Bleau
(Pierre) : Bien, merci de la question. M. le Président, quand on a
fait le plan d'effectifs 2020-2025 pour la spécialité, là, j'ai participé
à cette oeuvre-là, puis ce que vous devez savoir, c'est qu'il ne manque pas de psychiatres au Québec. Ils ne sont juste pas aux
bonnes places puis, souvent, ils ne veulent pas nécessairement faire tout ce qu'on veut qu'ils fassent, bon, mais, ceci dit,
ce que j'aimerais que vous sachiez, c'est qu'on a 14,5 psychiatres par 100 000 de population, puis c'est
l'équivalent de ce qu'on va retrouver en Australie, en Grande-Bretagne, puis
même plus que ce qu'on va retrouver aux États-Unis.
Toutefois,
depuis trois ans, quatre ans, on a un problème de rétention, là, et
d'attractivité, là, comme pour le reste des ressources humaines. On a aussi des jeunes, nouveaux psychiatres qui
cherchent à avoir des conditions de pratique agréables, puis nous, bien, notre
rôle puis la mobilité qu'on va... qu'on a prise depuis un an, deux ans, en fait,
c'est de faire le tour, justement,
pour rehausser le leadership puis les stratégies, là, d'intégration des
psychiatres dans le réseau. Il y a 1 200 psychiatres inscrits
au tableau, 1 274, là, puis moi, j'ai à peu près 200 postes de
disponibles.
Donc, c'est certain
qu'il y a une fuite vers le privé qui est inquiétante, puis on n'a pas moyen de
contrôler... Quand vous dites qu'il y a neuf
psychiatres à Laval par 100 000 de population, bien, je vous dirais, il y
a 33 postes de disponibles à
Laval, actuellement, il y a 22 psychiatres adultes, là, prenons les
psychiatres adultes, mais les psychiatres qui travaillaient pour un PEM
complet, là, à Laval, bien, ils sont en privé autour de Laval aussi. Ça fait
que, quand on regarde... si on regarde le cumul de ça, bien, c'est une
chose. On sentait, il y a deux ans, qu'on avait un problème de répartition. On a créé, à ce moment-là, des
regroupements pour que chaque regroupement puisse aider le réseau. Donc,
on a créé quatre regroupements, mettre des
établissements ensemble pour que les établissements puissent s'aider aussi dans
leurs manoeuvres.
Quand
vous parlez de PEM réseau, vous parlez de PEM... Il y a des PEM réseau
obligatoires puis il y a des PEM réseau facultatifs, là. C'est-à-dire
que, sur le plan d'effectifs, par exemple, prenons Laval parce que vous le
citez, bon, bien, moi, j'ai... il manquerait
neuf psychiatres, par exemple, là-bas, bien, dans les critères d'attribution
d'un plan réseau facultatif, bien, Laval demeure fiduciaire de son PEM,
de son poste, mais on peut organiser, avec une région universitaire ou, par
exemple, l'Université de Montréal... où un psychiatre serait intéressé à faire
une pratique de 80 % à Laval, mais, d'abord, peut-être, 20 % où il
peut contribuer à des activités universitaires.
Donc, on pense que
ça, ça peut être un incitatif. On est aussi en train de négocier avec les
syndicats, là, pour avoir justement des activités obligatoires, est-ce qu'il
n'y aurait pas lieu de penser à des rémunérations graduées ou partagées, le différencier,
mais il y avait ces incitatifs-là voilà 20 ans. On est dans d'autres
aspects. Donc, on pense qu'on peut réussir,
puis réussir à attirer ou réintégrer nos psychiatres qui ont fui les réseaux,
justement, parce que c'est certain que plus on voit les gens aller dans
des secteurs plus nichés, si vous voulez, bien, plus ça donne de poids ou une
lourdeur à ceux qui travaillent dans le réseau.
Donc, effectivement,
ce que vous soulignez, ça a été ma première préoccupation le lendemain de mon
travail au ministère, puis je vous dis qu'on veut travailler pour que ça
change.
Mme
Mallette : Bien, je suis très heureuse d'entendre ça. J'ai une petite
sous-question, à savoir est-ce que vous pensez maintenir la rémunération
majorée selon l'identification de certaines... Je pense qu'il y a huit
catégories, de 0 à 7, pour régions éloignées. Est-ce que vous pensez maintenir
ces primes-là?
M. Paré
(Daniel) : Écoutez, je vais débuter un projet de réponse, puis vous
comprendrez que ces notions-là doivent être négociées avec les fédérations
médicales, qui sont des organisations négociantes pour les médecins. Encore là, quand on négocie au niveau... avec les
fédérations médicales, on veut faire un peu de... j'appelle ça du dirigisme,
pour, justement, amener ces médecins vers
des endroits où est-ce que c'est plus difficile, puis effectivement la
notion de prime ou de bonification salariale est certainement quelque
chose d'important, mais...
Ça fait que je vous
répondrais, là, que c'est définitivement une stratégie que le ministère, là,
pourrait justement utiliser, mais vous comprendrez que je ne peux pas vous en
dire plus spécifiquement, là, à votre question. Ce qu'il faut savoir, c'est que l'entente ou le protocole d'entente avec
les deux fédérations médicales sont terminés, là, depuis le 31 mars
dernier. Donc, on va débuter bientôt, justement, le processus de négociation,
mais, lorsqu'on fait ça, bien, vous comprendrez qu'effectivement on regarde la
situation par spécialité. C'est un indicateur hyperimportant qui nous
aide à, justement, faire du dirigisme un peu comme...
Mme
Mallette : Maintenant, on va demeurer en région, on aime ça aller
ailleurs, comment qu'on fait... parce qu'on
s'entend que, si on va dans certaines régions où est-ce qu'il n'y a pas de transport
en commun, que la mobilité est difficile
tant pour les usagers qui ont besoin des services de santé, mais aussi pour les
médecins, pour les psychiatres... Comment qu'on fait... Donc, ça rajoute
un enjeu de plus, là, pour rejoindre cette clientèle-là qui n'est déjà
peut-être pas tout le temps facile à aller
rejoindre. Est-ce que vous avez envisagé quelque chose pour rejoindre les gens
plus en région? Est-ce qu'il y a un plan pour rejoindre, pour faciliter,
dans le fond, l'accès à ces services de santé là en région?
M. Paré
(Daniel) : Vous savez qu'au niveau des services à la population les
CISSS et les CIUSSS ont une responsabilité
populationnelle, hein? Ça fait que ça, c'est justement d'offrir des services
avec la caractéristique... un peu comme l'exemple que vous mentionnez,
là, une région plus rurale versus urbaine, donc, d'adapter des services. Et, avec votre accord, M. le Président, je pourrais
demander au CIUSSS de la Capitale-Nationale, qui vit les deux dualités, notamment avec un territoire que vous connaissez
bien, Portneuf et Charlevoix... peut-être que M. Thibodeau, là, pourrait
donner, peut-être, des exemples.
Le Président (M.
Caron) : Ça m'intéresse beaucoup.
M. Thibodeau (Guy) : Oui, merci, M. le
Président. Bien, nous, dans notre région, effectivement, là, on a... on vit des
réalités, là, avec Charlevoix, Portneuf, qui sont une partie de la
Capitale-Nationale. Donc, on a une petite unité de psychiatrie dans Charlevoix parce qu'on a... comme on disait, on a un
hôpital. Du côté de Portneuf, on est en train de développer actuellement tout l'hôpital à domicile, donc un concept qu'on
a implanté à Québec, mais... Québec métro, mais qu'on va expérimenter en
région plus rurale.
Puis je vous dirais
aussi que, dans le cas de notre réseau, plus pour l'est du Québec, nous, on a
des ententes de services avec les collègues
de la Côte-Nord, pour la psychiatrie adulte, à la fois pour le volet
psychiatrie, mais aussi pour le volet
soutien professionnel, et on est un centre universitaire, donc, pour aussi
certaines stratégies d'intervention et de gestion. On a des ententes
avec Gaspésie—Les Îles-de-la-Madeleine
pour le volet plus pédopsychiatrie, mais la Côte-Nord, c'est aussi la
pédopsychiatrie.
Mais, au-delà de
l'accès à un médecin spécialiste, il y a tout le soutien aux équipes de
première ligne qu'on essaie de mettre en place aussi pour être capables de bien
soutenir les régions. Si vous regardez les listes d'attente, actuellement,
c'est tout à leur avantage, là. Souvent, ces régions-là ont des plus petits
délais d'attente que nous, mais on le
traite, là, dans le fond, en toute équité, c'est-à-dire que, peu importe le
lieu de résidence de la personne, bien, nous, on intervient pour être
capables de répondre aux besoins premiers, là, dans un délai qui est
respectable.
M. Paré (Daniel) : Si je peux bonifier, on
sait aussi, là, que la... avec l'apprentissage... mais ça existait avant,
mais, avec l'apprentissage, là, de la pandémie, tout le volet de télésanté
s'est quand même... s'est quand même bien développé, là, entre les grands
centres universitaires et les régions. Dr Bleau, si vous avez quelques
exemples à nous partager ou si vous voulez développer plus sur cet angle-là...
• (15 h 20) •
M. Bleau
(Pierre) : Bien, en fait, je vous dirais... Bien, merci, M. Paré,
mais je vous dirais, M. le Président, que ce qui est important de voir, c'est
que cette agilité-là, là, elle nous permet aujourd'hui de faire une commission parlementaire avec visioconférence. Moi, je suis
chez moi, là, à Montréal, puis je peux vous parler. Cette même efficacité-là, on
la retrouve de plus en plus en clinique.
Donc, les régions
éloignées vont se sentir moins isolées. On a à mettre sur pied, puis on l'a
déjà fait, là, des cliniques qu'on dit ECHO. Donc, c'est des cliniques où des
gens se réunissent pour discuter des situations difficiles, par exemple. Donc, les gens de partout sont invités
dans ce qu'on appelle le modèle de clinique ECHO. Donc, c'est du télémentorat puis ça permet aussi de démocratiser
les connaissances surspécialisées que certains centres peuvent avoir.
Donc, c'est un modèle
qui vient des États-Unis. C'est un modèle qui assure que, justement, des
régions plus éloignées, bien, ont des contacts fréquents avec des spécialistes
ou des gens qui ont plus d'agilité dans des secteurs particuliers, puis ça démocratise et ça rend aussi plus compétents les
gens qui ont peut-être des niches moins fréquentes. On l'a fait, par
exemple, pour les troubles alimentaires, comme vous savez...
Le
Président (M. Caron) : Je suis désolé de vous interrompre. C'est
malheureusement le temps qui nous est accordé pour ce bloc-là.
Je
cède la parole... On se dirige maintenant vers la deuxième opposition. Je cède
la parole à Mme la députée de Sherbrooke.
Mme Labrie : Merci,
M. le Président. Je vais revenir avec vous sur la question de l'hébergement
parce qu'il manque plusieurs réponses, à mon sens, puis c'est quand même
majeur, là. On le voyait, dans les chiffres qui ont été présentés par le CIUSSS
de l'est de Montréal, c'est au-dessus de 20 % de taux d'utilisation des
lits par des gens qui ont fini de recevoir des soins, c'est préoccupant. Ma
collègue, tout à l'heure, vous a demandé combien de places d'hébergement
étaient en développement actuellement dans les différents types d'hébergement.
Vous n'avez pas donné de chiffre. Vous avez
plutôt parlé du travail de cartographie que vous êtes en train de faire. Est-ce
que ça veut dire qu'il y a zéro place en développement, que ce soit en
RI, en RTF, en OBNL d'habitation, en centre de réadaptation?
M. Paré (Daniel) : Bien, M. le Président, je
vais débuter, puis, après ça, peut-être qu'au niveau des établissements
ils pourront compléter.
Il
y a eu des... Au cours des dernières années, il y a eu du financement qui a
été... qui a été donné, là, où nous, on appelait plus... au niveau
des... justement, au niveau des niveaux de soins, là, alternatifs. Encore cette
année, là, c'est plus de 128 millions
pour justement s'assurer que les jeunes ne soient plus hospitalisés, qu'ils
soient au bon endroit, et là il y a
eu beaucoup de places. Encore récemment, là... des rencontres, là, je dirais,
régulières avec les établissements, où est-ce qu'on... où est-ce qu'on
leur demande de dire : Bien, quels seraient justement vos projets pour
diminuer...
Mme Labrie : Non,
mais moi, je ne vous demande pas les... Je vous demande combien de places sont
en développement. Est-ce que la réponse, c'est zéro? Parce que, tout à l'heure,
vous n'avez pas donné de chiffre. Est-ce qu'il y a des places en développement?
M. Paré
(Daniel) : Je peux vous donner l'exemple... Bien, je demanderais
peut-être aux deux établissements parce que je sais qu'ils travaillent, eux
autres, sur des places en développement. Ça, c'est quelque chose de continu.
Mme Labrie : Mais
les deux établissements, par exemple, on sait qu'ils ont un projet, puis, tout
à l'heure, vous avez répondu que le projet
était encore à l'étude, alors que ça date depuis 2022 au minimum, le dépôt de
ce projet-là. Combien de temps ça prend pour étudier un projet comme ça?
M. Paré
(Daniel) : Bien, encore là, en termes de demandes, dépendamment du
projet, mais il y a quand même eu d'autres
choses, là... C'est parce que je pense qu'il y a beaucoup de places
d'hébergement qui sont développées en
parallèle. Je vois que les collègues du CIUSSS de l'Est-de-l'Île-de-Montréal,
au niveau de... vous, de votre planification du nombre de places...
M. Fortin Verreault (Jean-François) : Oui,
peut-être pour entrer, là... Nous, on a ouvert récemment 25 places
de développement, là, en ressources intermédiaires, donc, puis on est en... on
est en attente puis en discussion avec le ministère,
là, par rapport à la transformation de places. Juste pour situer... On a,
historiquement, beaucoup de places qui étaient de type ressources
familiales, donc, des gens, là, qui ont hébergé... puis, cliniquement, ça ne
représente plus tout à fait ce qu'on a de
besoin. Donc, on a plus besoin des ressources intermédiaires. Ça fait qu'on est
en train de faire la migration de ce
parc-là avec... Quand il y a une fermeture d'une ressource de type familial,
là, puis qui est conforme, puis qu'on
est capables de bien s'occuper des gens qui sont là, on... ça nous... le budget
qui se libère nous permet d'ouvrir des ressources intermédiaires
supplémentaires puis de mieux répondre aux besoins de ce côté-là.
L'autre aspect qui... Peut-être juste compléter,
puis je vous écoute par la suite, l'autre aspect sur lequel on travaille beaucoup, c'est d'essayer d'améliorer ce que je
vais dire... la fluidité du parc puis d'avoir plus de succès dans la réadaptation des gens qui ont des
problèmes de santé mentale graves, parce qu'actuellement on les accueille, on
les héberge, puis notre processus pour les ramener vers une vie, je dirais, qui
est plus normale, on n'est pas encore assez bons.
Ça fait que, cliniquement, on travaille ces aspects-là très concrets avec les
équipes cliniques, les infirmières, les ergos, les physiothérapeutes,
les psychiatres pour essayer d'encadrer puis d'aider au retour vers un
hébergement, là, régulier, je le dirais comme ça, ce qui va nous aider dans la
disponibilité des places.
Mme Labrie : Oui,
je vous entends, mais ma question, c'est vraiment pour le ministère, parce que
je trouve ça quand même particulier que vous vous soyez préparé pour cette
audition puis que vous... puis c'est parce que c'était un des éléments majeurs, là, du rapport, là. Comment se fait-il
que vous ne sachiez pas combien il y a de places d'hébergement en
développement, alors que c'est quand même identifié comme une lacune importante
actuellement dans les services?
M. Paré (Daniel) : Parce qu'aujourd'hui la
responsabilité première du développement des places, en lien avec leur
responsabilité populationnelle, c'est aux établissements, et ils travaillent...
Mme Labrie : Mais
vous les financez, quand même?
M.
Paré (Daniel) : Oui, on les finance soit au niveau des budgets...
des budgets annuels, lorsqu'on... lorsqu'il se développe des budgets. Ça, je vous parlais de 128 millions, là, qu'on
a encore... qu'on a encore financé, mais on adapte le financement aux
besoins, et, un peu à l'exemple que M. Verreault mentionne, c'est qu'on ne
peut pas faire une planification mur à mur,
encore là, et c'est pour ça que les établissements travaillent sur leurs
besoins, et là, là-dessus, le ministère... le ministère est plus... est
plus en soutien, soit par des... soit par des budgets, là, ou bien en partage,
justement, des bonnes pratiques.
Mme
Labrie : Le travail de cartographie que vous faites
actuellement pour identifier les besoins, il a commencé quand et il est
prévu se terminer quand?
M. Paré
(Daniel) : ...si Dr Bleau peut... vous pouvez répondre à
la question, puis, après ça, je peux compléter.
M. Bleau (Pierre) : Oui, bien, en
fait, pour mettre votre questionnement... Quand on parle du nombre de places, là, j'ai répondu un peu plus tôt, tantôt,
qu'il y avait un nombre de places, mais qu'on parle de quelle clientèle, là...
Quand vous parlez de troubles graves, moi, j'ai
peut-être une dizaine de clientèles qui sont des troubles graves. On veut
insister beaucoup sur le rétablissement
aussi. La notion de rétablissement, dans les équipes, n'a pas été tout à fait
bien comprise, là. C'est-à-dire qu'on passe d'un goulot d'étranglement à
un autre, si vous voulez.
Ça fait qu'on pense que le rétablissement puis
la réintégration sociale, c'est par là qu'on va passer pour, justement, spécifier les gens, là, qui sont...
qu'on dit NSA ou qui n'ont pas de niveau de soins. Puis la cartographie que,
moi, j'ai vue... Quand je suis arrivé au
ministère en 2019 puis j'ai été mis au courant, au mois d'août 2019, qu'il y
avait déjà un projet, qui avait été de cartographier Montréal, de voir
que les parcs d'hébergement qui étaient gérés par les CIUSSS de l'est et
l'ouest de Montréal devaient se faire... Puis, comme M. Paré l'a dit,
bien, chaque établissement, maintenant,
CIUSSS et CISSS, ont leurs responsabilités populationnelles, mais les autres
CIUSSS de Montréal revendiquaient la même chose. Ce n'est pas simple. Si
ça avait été simple, on l'aurait fait.
Mme
Labrie : ...de quatre ans... Donc, ça fait plus de quatre
ans que le travail de cartographie est amorcé. Quand va-t-il se
terminer?
M. Bleau (Pierre) : Bon, bien, le
travail de cartographie à Montréal a été déposé en mars 2020, la journée où la pandémie a été annoncée, et, avec la
coordination, j'ai révisé, au printemps... pas au printemps... bien, c'est,
oui, au printemps 2023... de redébuter les travaux, là, pour qu'on
puisse finaliser ce projet-là. Et il faut que vous compreniez aussi qu'il y a une notion de gestion de
changement aussi dans la façon de gérer un parc, et ça, sur le plan
administratif, ce n'est vraiment pas simple.
Mme Labrie : Puis là en...
M. Bleau (Pierre) : Il
y a aussi, comme je disais... il y a
aussi, comme je disais, l'attraction ou l'attractibilité aussi de partenaires, hein? Ce n'est pas tout le monde
qui lève la main, là, pour des ressources de type intermédiaire et familial, pour
nous aider.
Mme
Labrie : Je comprends, mais ça, c'est un enjeu qui est
différent de cartographier les ressources existantes et les besoins. Là, on a
discuté de deux demandes de financement pour l'ajout de places par les deux
établissements qui sont ici avec nous aujourd'hui. J'aimerais savoir
combien de demandes financières pour des ajouts de places sont à l'étude au
ministère de la Santé et des Services sociaux actuellement à l'échelle du
Québec.
M. Paré (Daniel) : C'est en continu,
mais, dans le processus, lorsqu'on parle d'hébergement, disons, d'une RI, une construction, ça passe dans le processus
du programme québécois des infrastructures. Ça fait qu'encore là, dans le processus, il est présentement en cours. Les
établissements fournissent leurs demandes. On regarde, avec, justement, l'espace,
là, qui... que nous avons...
Mme Labrie : Combien de demandes
sont dans le processus?
M. Paré
(Daniel) : Moi personnellement, je n'ai pas la réponse. Je
pourrais... je pourrais vous fournir la réponse, là, peut-être, à la
commission, là, parce que c'est une direction qui est juste en immobilisations
par rapport à ça, cette question.
Mme Labrie : Il a été question, tout
à l'heure, du projet de, je veux dire, réinsertion dans la communauté de personnes qui vivent en RI. Vous avez parlé, là,
de fluidité. Qu'en est-il de rajouter des places en RI? Parce que, là, on a un
établissement qui nous mentionne que c'est le type de milieu qui est le plus
adapté, là, aux besoins des patients. Actuellement, combien de places en RI
vous prévoyez rajouter?
• (15 h 30) •
M. Paré (Daniel) : ...toujours pour
le Québec ou par établissement?
Mme Labrie : Je vous parle du
Québec. Je parle, au ministère, pour le Québec.
M.
Paré (Daniel) : OK, mais, encore là, il n'y a pas de planification de
développement comme nombre de places de
CHSLD. On reçoit les demandes. Il y a de l'évolution. On est en pleine gestion
de changement et, encore là, on analyse les demandes, justement, dans le
cadre du processus, là, budgétaire, d'année en année, et c'est là qu'on alloue comme un nouveau budget, et, encore là,
comme je vous mentionnais, là, récemment, là, notamment dans la région de
Montréal, bien, lorsqu'on vit une situation plus difficile, bien, on regarde le
nombre de places, des fois, des achats de places, et moins de...
Mme Labrie : Mais,
écoutez, quand on le voit dans le réseau...
M. Paré
(Daniel) : Là, c'est plus temporaire.
Mme Labrie : Quand
on voit que, dans un hôpital, il y a un nombre important de places qui est
occupé par des personnes qui devraient être
en CHSLD, on fait un plan pour développer des places en hébergement de longue
durée. Là, vous, vous voyez qu'en santé mentale il y a un nombre important de
places occupées par des personnes qui ne devraient plus être là. Comment se
fait-il qu'il n'y ait pas de plan pour créer des places ailleurs pour les
sortir de l'hôpital?
M. Paré
(Daniel) : Je pense, encore là, je vais débuter, puis Dr Bleau...
Quand on parlait de continuum de services,
dans le fond, il faut que l'usager soit au bon endroit, aux bonnes places, puis
il y a un changement de culture... On
hospitalise encore trop. Et, au niveau des résidences, on doit s'assurer
ultimement que, dans le cadre de la réadaptation, les gens puissent retourner, entre guillemets, en communauté. C'est pour
ça qu'il est en... Tu sais, c'est moins... comment je pourrais dire ça,
c'est...
Mme Labrie : Mais
moi, je vous demande pourquoi il n'y a pas de plan.
Le
Président (M. Caron) :
Désolé de vous interrompre. C'est tout le temps
dont nous disposions pour votre bloc.
Donc, je vais
maintenant céder la parole au député de Rousseau pour 11 minutes, environ.
M. le député.
M. Thouin : Merci,
M. le Président. D'abord, merci d'être présents, les gens du VG, les gens de la
Santé et des CIUSSS. D'abord, je veux vous
dire que j'apprends beaucoup puis j'apprécie ma présence. C'est évidemment...
c'est votre quotidien à vous autres. Pour moi, c'est très complexe. Je n'y
connais absolument rien et j'essaie de patauger pour essayer de
comprendre le mieux possible.
Donc,
rapidement, peut-être, ce que je comprends, le premier constat, c'est l'accès à
l'information nécessaire pour une prise en charge efficace. La réponse à
ça, c'est le DSN, Dossier santé numérique. C'est le principal...
M. Paré (Daniel) : C'est le principal outil
informatique qui va vraiment nous aider à partager. Le deuxième point, c'est la
loi n° 5, qui a été adoptée en avril, sur le partage des
renseignements personnels. Et, bien sûr, bien, vous le savez, il y a un
autre projet de loi à l'étude présentement avec la création de Santé Québec,
selon le résultat, là, des travaux. Il y
aura aussi, là... ça pourrait... selon ce qui serait adopté, pourrait amener
aussi, là, une facilité d'échange d'informations, parce qu'on sait que c'est beaucoup en lien avec
les établissements. Aujourd'hui, on en a 34. Selon, encore là, selon la volonté
des parlementaires, bien, le projet qui serait adopté amènerait des changements
mais qui nous amèneraient certainement, là, des facilités en termes de partage
d'informations.
Je ne sais pas si mes
collègues de CIUSSS de l'Est-de-l'Île voudraient...
M. Fortin
Verreault (Jean-François) : Oui, je peux compléter également, là. De
notre côté, premièrement, pour s'assurer de
la fluidité d'informations, là, dans l'ensemble de l'Est-de-l'Île, on s'assure
que les professionnels de la santé sont capables d'avoir accès à l'ensemble des
dossiers dans les différents réseaux locaux de services. Je m'excuse, là, tu
sais, on est découpés un peu, puis ça fait... Il n'y a pas encore un dossier
unique, mais chaque personne, chaque clinicien est capable de valider
l'information, pour quelqu'un qui utiliserait les services sur l'ensemble du
territoire. Donc, ça, on l'assure.
Puis on est en
travaux pour migrer, là, d'ici un espace de 18 à 24 mois, vers, pour
l'Est-de-l'Île, un dossier unique dans nos points de service. Mais ce ne sera
pas les points de service, évidemment, de l'ensemble de Montréal. Ça fait qu'on fait des pas. On n'attend pas le
DSN, là, on fait des pas pour améliorer l'information clinique au quotidien.
M. Thouin : Merci.
Le deuxième constat parlait plutôt des... parlait, lui, des manques de... restes
de places en hébergement. Je comprends que c'est des manques... Bon,
évidemment, comme je vous disais, là, je ne connais pas le domaine du tout, mais je comprends, surtout en écoutant, qu'il y
a évidemment divers types d'hébergements pour divers types de
clientèles, ça fait que ça fait tout un... tout un quadrillage. Il manque
d'hébergements spécialisés. Ce que ça fait, c'est que les gens restent plus
longtemps hospitalisés puis... donc il y a plus de gens qui sont à l'hôpital puis ils restent plus longtemps hospitalisés.
C'est ce que je comprends. La réponse à ça, ce sera évidemment d'avoir plus de
places, éventuellement, mais, ça, ça veut dire plus de constructions. On sait
que, des fois, même si les budgets sont là... Moi, je suis aux Infrastructures,
ça fait que je sais très bien que, même si les budgets sont disponibles, souvent, on ne réussit pas à dépenser l'argent ou
à investir l'argent parce que les ressources pour réaliser les projets ne sont
pas... ne sont pas là ou les coûts sont faramineux, en surchauffe actuellement.
Mais est-ce que l'hospitalisation à domicile,
c'est une bonne réponse à cet enjeu-là? Tu sais, si on n'est pas capables
d'avoir un endroit, est-ce que... tu sais? Puis j'imagine que ça... Évidement,
je suis bien conscient que ça ne doit pas s'appliquer à tous, mais j'aimerais ça, que vous me parliez de
ça un peu, là, de... tout le modèle d'hospitalisation à domicile en santé
mentale, comment ça marche? C'est-tu un modèle qui est recommandé? Si oui, pour
quelle clientèle? Pourquoi? Est-ce qu'on va
le mettre partout? Est-ce que... Comment ça se passe? Je sais que tantôt
M. Thibodeau, je pense, en a parlé, là, rapidement, qu'il y avait
quelque chose de lancé à ce niveau-là. J'aimerais ça, vous entendre là-dessus,
s'il vous plaît.
M. Paré (Daniel) : M. Thibodeau,
voulez-vous commencer? Après ça, Dr Bleau pourra certainement compléter,
parce qu'en tant que directeur national de
santé mentale vous comprenez qu'il est... qu'il va être au coeur de ça. Ça fait
que M. Thibodeau?
M. Thibodeau
(Guy) : Oui. Bien, merci, M. le Président... M. Paré. J'aime
beaucoup votre question parce que, tu sais,
quand on parle du nombre de places, là, il faut s'entendre qu'on parle de nos
clientèles les plus difficiles. Vous voyez, pour notre région, nous, on
a développé 40 places en RI. Notre demande, actuellement, c'est pour
60 places additionnelles. Donc, il y a des places en RI, il y a des places
plus en ressources de type intermédiaire. Parce qu'on parle d'une clientèle...
entre autres, là, nous, c'est toute la clientèle médicolégale qu'on accueille
dans une unité médicolégale. Ça fait que
c'est des clientèles très spécialisées. Par contre, les personnes qu'on aide
sont aussi des citoyens. Et, comme tout autre citoyen qui vit avec un
revenu minimum, bien là il y a des enjeux du logement qu'on connaît tous, là.
Pour les aider à se maintenir dans leur milieu de vie, on a développé, nous, ce
qu'on appelle DIDD, l'hospitalisation à domicile. Je laisserais Mme Fugère
vous en parler brièvement.
Mme Fugère (Véronique) : Dr Bleau, je vais
commencer et vous me complétez ou vous voulez commencer? Parce que c'est
quand même quelque chose qu'on partage étroitement.
M. Bleau
(Pierre) : Bien, d'abord, j'aimerais donner le crédit à Québec d'avoir
installé l'hospitalisation à domicile, là,
ce qu'on appelle les traitements intensifs brefs dans la communauté, là, à
domicile. Nous, on est fiers d'avoir présenté
pour la première fois au Québec, dans le plan d'action interministériel, là,
l'axe 6, que vous verrez. C'est un nouveau plateau technique où on veut
agir en amont de l'hôpital et empêcher que les patients soient hospitalisés. Il
y a des places dans le monde où l'hospitalisation en psychiatrie est peu
présente.
Quand vous parlez du
nombre de places puis de la population en hébergement, c'est certain que c'est
une clientèle avec des problèmes lourds et
continus, tu sais, dans le temps, tandis que l'hospitalisation à domicile, ça a
été pensé plus pour des
hospitalisations en aigu, pour libérer quand même les hôpitaux qui, eux,
peuvent prendre la charge.
Ce
qui est intéressant dans l'hospitalisation à domicile, puis on les a mis en
contexte, là, d'avoir des unités brèves d'interventions, d'hospitalisation à l'hôpital, donc les gens restent
trois, quatre jours, puis on les met en relais aussi dans la communauté
avec des équipes de crise. Donc, tout ça forme un nouveau plateau technique.
Ce que Québec a
démontré quand même, c'est qu'on augmentait la pertinence et l'efficacité des
équipes de deux à trois fois. Donc, ce n'est pas rien, là. Puis est-ce que...
qu'est-ce qu'on voulait faire avec ça? Bien, je vous dirais, au début, on avait le projet de nationaliser ça, vraiment,
d'étendre ça. Par contre, je pense que, pour bien faire les choses, on a
pris sept sites démonstrateurs. Ces sept sites-là, en fait, sont à géométrie
variable, là. On a trois centres à Montréal, dont un qui est un institut, on a
l'institut à Québec, on a le centre qui est la Mauricie—Centre-du-Québec, Laval et
l'Outaouais, là, justement pour avoir une cartographie différente, là, d'être
en milieu urbain versus rural.
Et là, actuellement,
je dois vous dire qu'on fait la fierté des projets présentés à l'IPAM parce
qu'on est très en avance, je vous dirais. Depuis avril, l'établissement de
l'axe 6 se fait bien, puis on suit vraiment, là, dans notre déploiement, là, quelque chose qui va s'annoncer,
selon moi, un succès. D'ici deux ans, on aura les données pour modifier,
si vous voulez, des projets similaires qui
peuvent se présenter à Gaspé, les Îles-de-la-Madeleine, puis des gens... ou dans des milieux plus
ruraux.
Puis, bien, pour
dire, je ne voulais pas voler la parole à Véronique, mais effectivement Québec
est un modèle d'hospitalisation. Ça
n'augmentera pas le nombre de places pour les patients qui ont besoin
d'accompagnement lourd. Puis on insistait beaucoup sur le nombre de places
qu'on développe. Vous savez, ce n'est pas un nombre de places qu'on a besoin, c'est d'avoir un nombre de places
cohérent avec ce que les patients ont besoin puis un accompagnement de
ces patients-là dans le bon domaine. Moi, ce que j'aimerais, c'est que tous les
gens puissent avoir des logements sociaux, puis, à un moment donné, dans le
rétablissement, bien, ces gens-là n'ont plus besoin ou moins besoin de nous, là. C'est ça aussi qu'il faut investir au
Québec. Puis, je pense qu'on n'a pas toutes les ficelles attachées, mais, pour
ce qui est de l'axe 6, c'est certain qu'on augmente en efficacité
et en pertinence.
M. Thouin : Oui,
est-ce que vous voulez compléter, madame?
• (15 h 40) •
Mme Fugère
(Véronique) : Bien, à votre question initiale — qu'est-ce
que c'est? — dans
le fond, ce que ça permet, c'est de faire
des services d'hospitalisation. Donc, au lieu d'accueillir l'usager dans une structure
hospitalière qui est très costaude,
on poursuit l'hospitalisation à domicile avec les proches, on évite la rupture
avec tout son tissu social, on permet
le maintien dans le milieu de vie. Donc, la probabilité de perdre son milieu de
vie est beaucoup moins importante, ça fait que, déjà là, ce sont des
stratégies qui sont franchement intéressantes.
Et on est tellement
plus efficaces sur le rétablissement de l'usager parce qu'on l'accompagne avec
tous ses stresseurs de la vie quotidienne. Ce n'est pas un traitement qui est
dans un milieu un peu plus hermétique, on le fait à travers son milieu de vie.
Alors, comme Dr Bleau, c'est une réussite de laquelle on est bien fiers, qu'on
mène depuis maintenant 15 ans.
M.
Thouin : Merci. On m'a dit qu'il ne me reste plus beaucoup de temps,
mais...
Le Président (M.
Caron) : Il reste 2 min 30 s.
M. Thouin : Il
reste deux minutes? Je vais essayer, rapidement, là... Bien, j'ai une question
d'abord pour M. Fortin Verreault. Vous
avez dit tantôt que vous avez passé de 2 200 à 400 patients en
attente de service. C'est quoi, la recette?
M. Fortin Verreault (Jean-François) : La
recette, c'est énormément de travail d'équipe. La première chose, c'est
qu'on a mobilisé tous les intervenants qui ont accepté de donner de leur temps
en temps supplémentaire volontaire et on les a formés adéquatement pour
travailler correctement au guichet. Dr Bleau parlait tout à l'heure de
l'importance de la polyvalence, là. Il n'y a pas juste un type d'emploi qui peut
faire ça. Donc, c'est vraiment les équipes cliniques interdisciplinaires qui se
sont mobilisées les équipes étaient non seulement capables d'évaluer le besoin
du patient, mais également de donner, lorsque requis, un premier traitement
rapide. Ça fait qu'on a vraiment fait cette
philosophie-là, puis c'est ça, mis ensemble, maintenu dans le temps, qui nous a
permis d'atteindre ces résultats-là.
M. Thouin : Bien,
félicitations. Puis j'espère que ça va se reproduire dans d'autres CISSS et
CIUSSS aussi. Les recettes à succès qui fonctionnent, il faut les... il faut
les exporter, il faut les reproduire.
Rapidement, je
m'excuse, M. le Président, je finis vite, là, mais j'ai une petite question. Je
vous répète, je ne connais pas le dossier,
le domaine du tout, mais je comprenais aussi que, dans les recommandations, là,
la connaissance par les équipes concernées des exigences légales en
matière de consentement aux soins et consentement au partage d'informations avec les proches... moi, j'ai vécu,
tu sais, une histoire d'horreur l'année passée, là. Il y a une dame, dans
ma circonscription, là, son conjoint... en
fait, le fils de son conjoint... Bien, c'est une histoire qui a été très
médiatisée, là, le fils de son
conjoint a assassiné son père, sa mère, sa grand-mère à Montréal. Et la dame,
moi... la nouvelle conjointe du père, qui se retrouve, aujourd'hui seule au
monde, là, m'a interpelé à plusieurs reprises puis elle me disait : Écoute,
tu sais, si on pouvait intervenir davantage, si la famille était capable
d'avoir, tu sais, une meilleure intervention... parce qu'on essayait, nous autres, de lever... tu sais, de lever les
flags, mais, à cause de la loi, la manière que c'est fait...
Est-ce que vous
pensez... Ce que je comprends, c'est qu'il faut qu'il y ait une meilleure
compréhension des exigences légales en fonction de ça. Mais la base, là, la
P-38, là, elle est-tu bonne?
Le Président (M.
Caron) : Il reste 15 secondes.
M. Thouin : Il
faut-tu la revoir? Il faut-tu retravailler ça? Il faut-tu se pencher là-dessus?
On me dit qu'au Nouveau-Brunswick on est pas mal plus efficaces quand il y a
des dossiers. Est-ce qu'il faut regarder ça? Je vous laisse répondre.
Une voix : Dr Bleau?
Le Président (M.
Caron) : Malheureusement, malheureusement, pour être équitable,
j'aurais bien aimé, moi aussi, entendre la réponse, mais je dois mettre un
terme.
Je vais céder la
parole maintenant au député des Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau :
Bien, je vais être bon prince, je vais vous donner la chance de répondre à
la question de mon collègue. Puis, comme ça, on pourra passer aux deux
questions. J'ai sept minutes. Alors, première minute, peut-être, pour la
réponse?
M. Bleau
(Pierre) : Oui. Bien, merci. La première chose, c'est qu'effectivement
on est à déployer, dans le plan d'action, vous verrez, la mesure 7.5, là,
un guide de bonnes pratiques d'accompagnement pour la confidentialité auprès
des partenaires, des familles. On a eu la collaboration du CIUSSS de la
Capitale-Nationale. Je vous en remercie. Puis le programme devrait être
déployé, là, d'ici la fin de...
Pour ce qui est
des... La deuxième... le deuxième volet, je ne me souviens pas. Je suis désolé.
M. Arseneau :
Bon, bien, on va passer à la question que je voulais vous poser, sur la
question de l'hébergement. En fait, si j'ai bien compris les échanges que vous
avez eus avec mes collègues jusqu'à présent, là, on sait que l'adéquation entre
les besoins puis les ressources ne sont pas... en fait, l'adéquation n'est pas
faite, n'est pas présente. Mais, si je comprends bien, on ne mesure pas très
bien quels sont les besoins, soit par catégories de patient ou par secteurs
géographiques. Est-ce que c'est la volonté du ministère, à un moment donné,
d'avoir un portrait de la situation? Puis est-ce qu'il y a un délai qui peut
être fixé pour dire : Voici les besoins aujourd'hui, puis quels peuvent
être les besoins dans trois ans, dans cinq ans, selon l'évolution de la situation?
M. Paré (Daniel) : Bien, écoutez, est-ce que la volonté du ministère, à travers son plan,
notamment, là, pour... Au niveau de la santé mentale, 2022-2026, vous
allez voir que oui.
Dr Bleau, si vous
voulez, encore là, peut-être renchérir, là...
M.
Bleau (Pierre) : Bien, en
fait... Oui. Bien, moi, je veux insister, puis c'est important, là, parce que
ce n'est pas juste de l'hébergement puis ce n'est pas juste des places. Je
réinsiste là-dessus. Puis, quand on parle aussi de la population, bien, c'est des cartographies
complexes de patients. C'est des gens qui sont aux prises avec différents
problèmes puis qui demandent aussi un accompagnement différent puis
souvent des structures d'hébergement différentes.
Donc, écoutez, ce n'est pas simple de
dire : On a besoin de tant de places d'hébergement en santé mentale, alors
que des gens qui souffrent de schizophrénie chronique résistante ont besoin
d'un accompagnement différent. On notait aussi le volet des gens qui ont des
problèmes juridiques ou, en tout cas, qui sont judiciarisés puis qui souffrent
de problèmes de dépendance puis de problèmes lourds. Et là je pourrais vous
parler, là, pendant une dizaine de minutes juste de ces différences-là. Bien,
nous, on veut faire la cartographie adéquate pour obtenir les trajectoires de
soins adéquates pour aider ces gens-là. On va être beaucoup plus en mesure...
Prenez l'exemple d'un patient qui souffre de
schizophrénie paranoïde qui est résistante puis qui n'est pas dans la bonne... dans le bon lieu d'hébergement,
sans accompagnement. Bien, on ne peut pas penser à un rétablissement puis on ne peut pas penser non plus qu'on va
pouvoir l'aider. Ça fait qu'on mise là-dessus et on vise... Comme je le dis, on a commencé la cartographie. À Montréal, elle
est faite. Il y a quand même des enjeux de capacité puis de complexité
là-dedans. La théorie du changement, là, vous savez, là, juste la gestion de
changement de la culture, de la façon que les gens ont de pratiquer aussi, donc, ce n'est pas simple de répondre à ça,
mais c'est l'envergure du projet qu'on a de régler ça.
M. Arseneau : Oui, mais j'ai
l'impression qu'on dévie un peu le sujet, là. Je sais que c'est complexe, et ce
n'est pas la question, puis qu'il y a
différentes trajectoires, puis il y a différentes problématiques qui sont
identifiées, mais moi, je veux juste parler de quelque chose de simple,
l'hébergement. Puis de voir qu'on nous dit, dans le rapport de la VG,
qu'il y a des délais d'attente puis... si on veut offrir de l'hébergement puis
qu'on veut réduire les délais d'attente, bien, il faudrait avoir, justement,
une cartographie ou, en fait, une lecture de la situation, un portrait, une photographie, là, et vous appelez ça une
cartographie, je pense, puis ensuite développer un plan d'action qui dit :
Bien, cette année, on va en
construire 300, puis l'année d'après, ça va être 1 000, puis...
Comprenez-vous ce que je veux dire?
Si on veut simplifier, pour le commun des
mortels qui nous écoutent, qui ont besoin de services en... Je trouve que les
réponses sont plutôt évasives. C'est comme si on ajoutait à la complexité,
plutôt que nous dire : Bien, voici comment on peut simplifier les choses,
puis on est en mode solution, puis il y a du concret.
M. Paré (Daniel) : Ma collègue
Caroline...
M. Arseneau : Est-ce
qu'un délai d'attente raisonnable, c'est possible d'en fixer un, si on veut se
fixer un objectif, un délai d'attente pour l'hébergement?
M. Paré (Daniel) : Dr Bleau, sur le
délai en tant que tel, avez-vous une...
M. Bleau
(Pierre) : Bien, écoutez, on est... Comme je vous ai dit, au
mois de mars, on a eu une configuration à Montréal. On pensait... Si on n'avait
pas eu de pandémie, parce que ça nous a occupés, là, ça a été quand même
jusqu'à l'été 2022, là, on pense raisonnable de compléter ça avec la
coordination d'ici un à deux ans et de pouvoir avoir un plan d'action qui émane de ça. C'est un projet déjà continu, ça fait
qu'on est déjà dans un plan d'action de réorganisation.
Quand vous dites : On veut quelque chose de
simple, là, c'est de l'hébergement, bien, comme je vous disais, c'est de
l'hébergement complexe, parce qu'à chaque patient il y a une trajectoire
différente, puis il y a des nécessités puis
des besoins différents. On veut faire une cartographie par diagnostic, par
besoin de trajectoire. On va avoir besoin aussi de ressources
scientifiques pour nous permettre de voir, bien, qu'est-ce que c'est, les
places les mieux adaptées.
Moi, je pense
qu'on veut bien faire les choses. Ça n'a jamais été fait, ça, hein, en... Moi,
depuis que je suis médecin, il n'y a
jamais personne, là, qui s'est présenté en disant : On va faire une
cartographie de ce genre-là. Là, actuellement, on est en train de la
faire. Moi, je pense que j'ai bon espoir que, d'ici un an, j'aurai plus de
détails, puis on pourra plus vous présenter un plan d'action.
M.
Arseneau : D'accord. J'aimerais aborder rapidement, il reste
peu de temps, la question des urgences, là, puis de la réhospitalisation
aussi, là. Les plans des deux CISSS ou CIUSSS ne... en fait, ceux que j'ai
devant moi, là, je vois ce... dans certains
cas, il y a des échéances, dans certains cas, il ne semble pas y en avoir.
Est-ce que ça prend, tu sais, un an, deux ans, trois ans pour, je
dirais, passer le message, là, qu'il faut davantage de communication entre
l'interne puis l'externe, par exemple? Je trouve que les délais sont longs.
M. Paré (Daniel) : Si vous
permettez, M. le Président, je demanderais peut-être, là, aux partenaires des
CIUSSS, là, de... qu'on parle de leurs plans en tant que tels.
Le Président (M. Caron) : Oui,
rapidement, il nous reste 50 secondes, s'il vous plaît.
M. Fortin Verreault (Jean-François) : On
est en train de le faire, on est en action sur ça, puis c'est en train de
s'améliorer en ce moment même.
M. Paré (Daniel) : M. Thibodeau.
• (15 h 50) •
M.
Thibodeau (Guy) : Oui. Bien, de notre côté aussi, on a différents
plans d'action. Il faut voir... je le rappelle,
nous, nos urgences, en fait, c'est des urgences conjointes, psychiatrique et
santé physique, dans les établissements du CHU de Québec, donc dans un autre établissement. Ça fait qu'on a tout
un... des outils qui sont en développement, là, pour faciliter ça. Il y
a les... Mais, moi, je suis d'accord qu'il faut s'activer le plus rapidement
possible par rapport à ça parce qu'il y a des solutions à court terme qui
peuvent nous donner des réponses adéquates, là.
M. Arseneau :
Est-ce qu'il reste quelques secondes?
Le Président (M.
Caron) : Huit secondes, M. le député.
M. Arseneau :
Huit secondes. Bien, je vous exprimerais simplement ma préoccupation quant
à la question du consentement puis de la
compréhension ou du manque de compréhension des équipes, là, quant aux
exigences légales. Et, s'il y a des interprétations différentes, moi, je
trouve ça inadmissible.
Le Président (M. Caron) : Merci, M. le député. Nous
retournons vers l'opposition officielle. Mme la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Merci,
M. le Président. Je vais continuer sur, dans le fond, le point de ma... la
collègue de Sherbrooke. Quand vous avez terminé — je pense que c'est
M. Paré — en
disant qu'il n'y avait pas de planification pour les places, je vous avoue que
ça m'a... ça m'a surprise, et je constate aussi qu'il manque d'information sur
les listes d'attente, je parle au niveau provincial. Et pourtant, quand je
lis... Puis je vous ai entendu, là, dire que ça revenait aux CIUSSS, aux CISSS
de mettre en oeuvre tout ça. Par contre, quand vous avez élaboré sur vos rôles
et responsabilités, là, du ministère, au tout début, vous avez bien... vous
avez mentionné, là, que c'est effectivement votre rôle... c'est de... le
ministère, de proposer des orientations, des politiques, d'assurer la mise en
oeuvre et de coordonner leur exécution à l'échelle de la province. Comment on
peut coordonner l'exécution quand on n'a pas de plan, quand on ne sait pas
combien il faut faire, quand on ne sait pas combien qu'il faut combler? Je suis
un peu... je vous avoue, là, moi, c'est la première fois en cette... que je
suis en contact avec ce ministère et je vous avoue que je suis très étonnée de ces réponses-là. On
navigue... On semble naviguer à l'aveugle et, là, on semble, ce que j'ai compris,
compter sur les CIUSSS pour proposer des
projets, mais on ne sait pas combien qu'on a besoin, puis on les approuve.
Je ne sais pas, j'essaie de comprendre. Je ne sais pas si vous pouvez
m'éclairer davantage.
M. Paré
(Daniel) : En termes de plan, c'est vraiment notre plan, au
niveau 2022-2026, santé mentale, c'est assez volumineux. En termes de
plan, c'est notre base. Un peu comme Dr Bleau puis, je pense, dans le
cadre des questionnements de la commission en cet après-midi, c'est qu'il y a
un changement de culture à faire au niveau de tout
le continuum de services. Arriver avec un plan au niveau du mobilier, dire tant
de places, tant de choses, à l'heure... aujourd'hui, non adapté avec les
établissements, je crois que ce n'est pas la bonne façon. Dans le fond, c'est
pour ça que, nous, ce qu'on dit, par exemple, aux établissements, en termes
d'orientation : Le continuum est important, on doit s'assurer que
les bons... les bons usagers sont au bon endroit, on travaille sur des
indicateurs. Et par la suite... Mais on veut
une gestion de proximité. On veut s'assurer que ce plan-là ne soit pas
dogmatique et que ce soit mieux adapté, un peu à l'exemple, là, des
établissements, là, que... au niveau soit urbain ou soit, là... ou soit rural.
Mais c'est pour ça...
Puis je peux
comprendre le défi de dire : Mais combien de places? Mais, si je vous
annoncerais... si je vous annoncerais un nombre de places x, je vous dirais
que, la clientèle, ça nous prend des places plus adaptées. Et surtout il faut travailler en collaboration avec nos
communautés, parce qu'ultimement on ne veut pas que les gens soient dans nos
places d'hébergement, on veut que les gens
retournent en communauté. Ça fait que c'est cette transition-là. Ça fait que c'est
pour ça, là, qu'on va mettre beaucoup plus l'emphase sur notre continuité de
services.
Mme Dufour : Bien, justement, parlons de... Vous voulez que les
gens retournent dans la communauté. Bien, actuellement, on l'a vu, là,
le Vérificateur général mentionnait qu'un des enjeux, c'était le manque de
logements abordables. Et même, dans le Plan
d'action interministériel en santé mentale 2022-2026, on dit : «Un
milieu de vie est un déterminant
social important de la santé.» Puis on dit plus loin : «Avoir un logement
abordable et salubre ainsi qu'une stabilité résidentielle influencent la santé
et le bien-être.» Mais... mais le ministère n'a pas de planification sur le
nombre de places, et j'imagine qu'il n'y a
certainement pas d'objectif non plus en termes de construction de logements
abordables. Je comprends que ça relève d'un autre ministère, mais on l'a
vu avec le modèle finlandais, on l'a vu avec le sommet sur l'itinérance, c'est économique. Donc, dans le fond,
ça revient moins cher d'avoir des logements sociaux adaptés que d'avoir
des gens qui se promènent dans le système.
Là, vous parlez de continuum de systèmes... de
continuum dans le système, mais, en même temps, vous voulez... c'est ça,
l'objectif, mais vous ne savez pas combien vous en avez besoin. Vous n'avez pas
les nombres de listes d'attente. Je comprends, il manque beaucoup de
données, et là, en même temps, j'entends qu'il faudrait que ça prenne... ça va peut-être prendre un an, finaliser la cartographie
qui a été commencée il y a quatre ans, mais... oui, il y a eu une pandémie,
mais, en attendant, on n'a pas de plan
d'action. Je ne peux pas croire qu'on ne peut pas faire les deux, là, en même
temps puis commencer à travailler un plan d'action, travailler,
développer le réseau, savoir où on s'en va, s'assurer d'avoir les budgets et l'ajuster quand les données seront
à jour. Mais là, à chaque année qu'on perd, c'est énorme, le retard. Et on
l'a vu, on a de plus en plus de gens qui
sont dans la rue, des gens... l'itinérance amène vers la santé mentale, des
enjeux majeurs de santé mentale.
Alors, est-ce qu'on s'en va vers ça? Peut-être regarder le modèle finlandais,
essayer d'avoir plus de logements.
M. Paré (Daniel) : On
l'a dit, hein, je pense, au cours de la présentation, la clé, une des clés de
la santé mentale... le ministère de la Santé et Services sociaux, les
établissements de santé et services sociaux sont un acteur, mais, au niveau... lorsqu'on arrive au niveau du logement,
on a besoin de collaboration des municipalités, que ce soit aussi, là, au
niveau, là, du ministère au niveau des municipalités, Habitation. Ça fait que
c'est ce travail-là qu'on fait avec eux. On
a eu des beaux exemples de projets, mais aussi il y a toute la notion de logement
abordable. On parle de projets ou de développements, mais, encore là,
d'avoir un appartement ou un milieu, là, un milieu... ça fait que c'est...
c'est là qu'on amène cette complexité-là. Nous, quand on parle de logements par
le ministère... à développer par le ministère Santé et Services sociaux, cette
notion de transition là, bien, on veut s'assurer qu'il soit encore là, en
continuum.
Et,
encore là, je peux comprendre votre question de dire : Bien, voyons, ça en
prend 100, oui, mais on joue sur le paramètre
de changement de pratiques. On veut que les bonnes personnes soient au bon
endroit. Ce qu'on s'est aperçu, malheureusement, c'est que, des fois, on
a des gens qui ne sont pas placés au bon endroit parce que c'est... ça a bougé, un peu, l'adaptation au niveau des
services, mais... et c'est pour ça qu'au niveau du... Pour nous, l'important,
c'est de suivre notre plan, mais, encore là, de travailler avec les
établissements pour... et au niveau de l'intersectoriel pour s'assurer, s'assurer, encore là, que le travail se
fasse, pour ne pas, entre guillemets, imposer une façon qui serait, là... qui ne
serait pas adaptée à chacun des milieux.
Mme Dufour : OK.
Je vais poser la question, peut-être, aux deux CIUSSS qui sont ici présents.
Est-ce que... Vous, vous savez c'est quoi,
votre liste d'attente, vous connaissez vos besoins. Est-ce que vous avez les
moyens, actuellement, pour faire l'hébergement qu'il manque pour
atteindre les objectifs d'attente que vous vous êtes fixés?
M. Paré
(Daniel) : M. Thibodeau.
M. Thibodeau (Guy) : Nous... de notre côté,
pardon, c'est 60 personnes, nous, qu'on a besoin, là, d'hébergement
de type un peu plus institutionnel, là, donc RI ou des RAC. Les RAC, je le
rappelle, c'est pour des clientèles qui ont des
profils médicolégaux, ressources intermédiaires. Ces personnes-là sont
actuellement dans nos installations, principalement
en institut de santé mentale et font partie de ce qu'on disait. Puis nos
besoins sont clairs, nos demandes, transmises, puis on est en attente,
avec le ministère, de l'évaluation, là, de la faisabilité à la fois pour les
budgets de fonctionnement, mais à la fois pour le volet construction.
Pour le reste, je le
rappelle, nous, on travaille fort avec nos partenaires du milieu pour que ces
personnes-là, comme l'ensemble de nos clientèles vulnérables puis de nos
citoyens, aient, là, accès à de l'hébergement.
Ceci étant dit, nous,
on ne construit pas. Ce qu'on s'occupe avec des partenaires du communautaire,
c'est le soutien à la personne dans son milieu de vie. Donc, c'est ça, je fais
référence à tout ce que vous ameniez tantôt par rapport à logement abordable et... comme tous les citoyens qui... qui
malheureusement ont des revenus limités et qui vivent le marché.
Bien, nous, c'est...
pour répondre... 60 places, nous, qu'on a besoin à court terme pour être
capable d'aller plus loin.
M. Paré
(Daniel) : Les collègues de l'Est-de-l'Île?
M. Fortin Verreault (Jean-François) : Oui.
À l'Est... Bien, en fait, là je vais parler pour l'ensemble de Montréal, le
chiffre, en nombre de places, c'est 200. En
termes de... ajustement du niveau de service, ça peut être moins, ça peut être
plus, on parle de 150 personnes qu'on
doit avoir des ressources plus adaptées. Ça fait qu'au total, c'est... c'est
ça, le portrait.
Peut-être revenir
également, là, puis je pense que ce que Guy mentionnait est très, très
important, puis Dr Bleau l'évoquait, on pense aussi avoir beaucoup de
gains pour accompagner des gens vers de l'hébergement. On le fait avec l'office d'habitation de Montréal
également lorsque possible, on connaît tous les contextes autour de ça, mais
c'est une des grandes pistes de solution, là, aussi pour développer de la
capacité.
• (16 heures) •
Puis je termine... je
reviendrais, tout à l'heure, là, on vous l'a montré rapidement, mais on réussit
à diminuer les patients qui sont hébergés en
santé mentale actuellement, en proportion, donc on est en amélioration. Mais,
tu sais, on ne veut pas laisser
l'impression, là, que ce n'est pas en train de s'améliorer, là, c'est en train
d'avoir des gains. Puis on a plus de lits disponibles pour les gens qui
ont des besoins aigus.
Mme Dufour : Mais
il y a plus de gens dans la rue...
Le Président (M.
Caron) : Mais, désolé, désolé, vraiment.
Mme Dufour : Ah!
je pensais qu'il me restait une minute.
Le Président (M.
Caron) : En effet, vous comprendrez qu'on vous aurait gardés encore
plusieurs heures parce qu'on avait une tonne de questions. Merci d'avoir
participé à cet exercice. Merci d'avoir essayé d'éclairer nos lanternes. Merci, bien entendu, à toute l'équipe
du Vérificateur général d'avoir été présente aussi et de nous accompagner aussi
bien tout au long de l'année en présentant des rapports qui sont toujours
extrêmement à la fois pertinents et enrichissants.
Alors, la commission
suspend ses travaux quelques minutes avant de se réunir en séance de travail
afin de statuer sur ses observations, ses conclusions et ses recommandations à
la suite de l'audition. Encore une fois, merci beaucoup pour votre
participation.
(Fin de la séance à 16 h 01)