Journal des débats (Hansard) of the Committee on Public Administration
Version préliminaire
43rd Legislature, 1st Session
(November 29, 2022 au September 10, 2025)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
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Thursday, October 5, 2023
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Vol. 47 N° 3
Hearing of the Ministère de la Santé et des Services sociaux, the CIUSSS de la Capitale-Nationale and the CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal on Chapter 4 of the Auditor General’s May 2023 report entitled “Santé mentale: efficacité du continuum de soins et de services pour les usagers ayant des troubles mentaux graves” (Mental health: Effectiveness of the continuum of care and services for users with serious mental health disorders)
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Intervenants par tranches d'heure
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Caron, Vincent
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Lemay, Mathieu
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Lemay, Mathieu
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Caron, Vincent
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Dufour, Virginie
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Haytayan, Céline
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Lakhoyan Olivier, Sona
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Caron, Vincent
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Lakhoyan Olivier, Sona
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Mallette, Carole
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Labrie, Christine
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Labrie, Christine
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Caron, Vincent
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Thouin, Louis-Charles
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Arseneau, Joël
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Dufour, Virginie
13 h 30 (version révisée)
(Quatorze heures)
Le Président (M. Caron) :
À l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance
de la Commission de l'administration publique ouverte.
La commission est réunie afin de procéder
à l'audition du ministère de la Santé et des Services sociaux et des CIUSSS de
la Capitale-Nationale et de l'Est-de-l'Île-de-Montréal sur le chapitre 4
du rapport de mai 2023 du Vérificateur général intitulé Santé mentale :
efficacité du continuum de soins et de services pour les usagers ayant des
troubles mentaux graves.
M. le secrétaire, y a-t-il des
remplacements?
Le Secrétaire : Oui, M. le
Président. M. Lamothe (Ungava) est remplacé par M. Lemay (Masson); M. Beauchemin
(Marguerite-Bourgeoys), par Mme Dufour (Mille-Îles); et M. Derraji
(Nelligan), par Mme Lakhoyan Olivier (Chomedey).
Le Président (M. Caron) : Merci,
M. le secrétaire. Nous débuterons par l'exposé de 10 minutes du Vérificateur
général et enchaînerons avec celui du ministère de la Santé et des Services
sociaux. Les CIUSSS de la Capitale-Nationale et de l'Est-de-l'Île-de-Montréal
suivront et disposeront de 10 minutes conjointement. Le reste de la <séance...
>
14 h (version révisée)
<17849
Le
Président (M. Caron) :
...des services sociaux. Les CIUSSS de
la Capitale-Nationale et de l'Est-de-l'Île-de-Montréal suivront et disposeront
de 10 minutes conjointement. Le reste de la >séance sera consacrée
aux échanges avec les membres de la commission. Les échanges se dérouleront par
blocs d'une durée d'environ 10 minutes, incluant les questions et les
réponses, en alternance entre le gouvernement et les oppositions afin de
permettre à tous les groupes parlementaires d'écouler graduellement leur temps
de parole.
Donc, j'invite maintenant la
sous-vérificatrice générale à nous présenter les gens qui l'accompagnent puis à
faire son exposé. Vous disposez donc de 10 minutes.
Exposé de la sous-vérificatrice générale, Mme Christine
Roy
Mme Roy (Christine) : Merci, M.
le Président. Mmes, MM. les membres de la commission, M. le sous-ministre de la
Santé et des Services sociaux, MM. les présidents-directeurs généraux des centres
intégrés universitaires de santé et de services sociaux de la Capitale-Nationale
et de l'Est-de-l'Île-de-Montréal, c'est avec plaisir et avec intérêt que je
participe à cette séance de la Commission de l'administration publique en
remplacement de la Vérificatrice générale, qui n'est pas disponible aujourd'hui.
Nous vous remercions pour cette invitation. Permettez-moi de vous présenter les
personnes qui m'accompagnent : M. Jacques Hébert, vérificateur
général adjoint, M. François Dubreuil, secrétaire général, M. Alain
Fortin, directeur général en audit de performance, et Mme France Bêty,
directrice d'audit.
Tout d'abord, il faut savoir que les
personnes ayant des troubles mentaux graves et des besoins chroniques en santé
mentale sont en situation de grande vulnérabilité. Elles requièrent des soins
adaptés à leurs besoins. Des problèmes de santé physique, de dépendance, de
judiciarisation et d'instabilité résidentielle peuvent s'ajouter à leur
condition, de même que la stigmatisation ou les préjugés dont elles font
souvent l'objet. Des ruptures dans la continuité des services peuvent aggraver
les problèmes de ces personnes et ainsi avoir des répercussions significatives
sur elles et sur leurs proches, comme la diminution de leur espérance de vie ou
la détérioration de leurs relations sociales et de leur situation socioéconomique.
Ces ruptures de services peuvent aussi entraîner des passages répétés à l'urgence
ou des hospitalisations fréquentes.
Les soins et services en santé mentale
offerts par le réseau public sont très diversifiés et nécessitent l'implication
d'un grand nombre d'intervenants. Outre les services d'urgence, ces soins et
services vont de l'hospitalisation de courte durée ou de la consultation
psychiatrique en clinique externe aux services d'accompagnement proposés par
les établissements et par les organismes communautaires partenaires du réseau
de la santé et des services sociaux. À cela s'ajoutent différents types d'hébergement
offerts par le réseau en collaboration avec le secteur privé ou le milieu
communautaire.
Notre audit de performance avait deux
objectifs. Le premier était de s'assurer que les établissements audités offrent
un continuum de soins et de services efficaces aux adultes ayant des troubles
mentaux graves et des besoins chroniques en santé mentale. Le deuxième objectif
était d'évaluer si le ministère de la Santé et des Services sociaux soutient
efficacement les établissements et ses partenaires du réseau afin que ceux-ci
assurent la coordination et la continuité des soins et des services en santé
mentale. Nos travaux nous ont permis de relever quatre principaux constats.
Premièrement, plusieurs personnes ayant
des troubles mentaux graves sont de grands utilisateurs des urgences, mais l'accès
aux informations nécessaires pour une prise en charge efficace de ces personnes
est difficile. En effet, les entités auditées n'ont pas toute l'information
nécessaire pour les identifier. De plus, le personnel soignant ne dispose pas
de l'ensemble des informations cliniques des usagers en temps opportun. Or, il
est important de reconnaître rapidement les grands utilisateurs des urgences
ayant un trouble de santé mentale et de disposer de leurs informations
cliniques afin d'adapter leur prise en charge et de la rendre plus efficace.
Cela permet notamment de comprendre les causes sous-jacentes à la récurrence
des visites à l'urgence et de s'assurer qu'un filet de sécurité est mis en
place à la sortie de ces urgences.
Deuxièmement, les ressources offertes ne
permettent pas à tous les usagers d'avoir accès à un hébergement convenant à
leurs besoins, notamment en raison du manque de ressources <adaptées...
Mme Roy (Christine) :
...leurs
besoins, notamment en raison du manque de ressources >adaptées à des
clientèles de plus en plus complexes, et aussi parce que les usagers dont la
condition leur permettrait de vivre en logement autonome demeurent hébergés
dans le réseau par manque de logements abordables. En conséquence, des lits
d'hospitalisation sont occupés par des gens en attente d'un hébergement, bien
qu'ils ne requièrent pas de soins hospitaliers. Cela n'est ni avantageux pour
l'usager, qui ne bénéficie pas d'un environnement adapté à son état, ni
avantageux pour l'établissement, qui ne fait pas une bonne utilisation de ses
ressources.
Troisièmement, l'accès aux soins et aux
services représente un défi pour les usagers et leurs proches. En effet, les
grands utilisateurs des urgences en santé mentale demeurent plus longtemps sur
les listes d'attente du Guichet d'accès à un médecin de famille que l'ensemble
de la population. En ce qui a trait aux psychiatres, le nombre de postes
vacants dans les établissements publics associé au nombre croissant de ces
spécialistes exerçant exclusivement en cabinet réduit l'accès à leurs services
pour la clientèle ayant des troubles mentaux graves. En outre, l'accès aux
services dans la communauté est fragilisé par les problèmes de pénurie de
main-d'oeuvre auxquels sont confrontés les établissements audités et les
organismes communautaires.
Enfin, nous avons constaté un manque de
fluidité lors des passages aux urgences de même qu'un manque de communication
entre les services hospitaliers et les équipes externes. Cette situation
entraîne des retards dans les soins offerts à l'usager. De plus, les exigences
en matière de consentement, notamment pour la communication d'information aux
proches, ne sont pas toujours bien comprises par les intervenants du réseau.
Au terme de nos travaux, nous avons
formulé des recommandations qui ont été acceptées par les entités. La plupart
de nos recommandations nécessiteront une prise en charge conjointe par le
ministère de la Santé et des Services sociaux ainsi que les centres intégrés
universitaires de santé et de services sociaux concernés. La collaboration
entre tous ces intervenants est donc primordiale pour que les changements
prévus dans leurs plans d'action respectifs soient mis en oeuvre.
En terminant, j'aimerais souligner
l'excellente collaboration du personnel du ministère de la Santé et des
Services sociaux ainsi que des centres intégrés universitaires de santé et de
services sociaux de la Capitale-Nationale et de l'Est-de-l'Île-de-Montréal.
J'aimerais aussi assurer les membres de la commission qu'ils peuvent compter
sur l'entière collaboration du Vérificateur général.
Le Président (M. Caron) : Bien,
merci beaucoup, Mme Roy. J'invite maintenant le ministère de la Santé et
des Services sociaux à nous faire sa présentation. Je vous invite à vous
présenter puis à faire votre exposé. Vous disposez également de
10 minutes. Merci.
Exposé du sous-ministre de la Santé et des Services
sociaux, M. Daniel Paré
M. Paré (Daniel) : Oui, bonjour,
Daniel Paré, sous-ministre santé... du ministère de la Santé et des Services
sociaux.
M. le président de la commission, Mmes,
MM., membres de la commission, Mme la sous-vérificatrice générale, MM. les PDG
des centres intégrés universitaires de santé et services sociaux de la
Capitale-Nationale et de l'Est-de-l'Île-de-Montréal, je vous remercie de nous
donner le privilège d'être parmi vous aujourd'hui. Je suis en compagnie de Mme Caroline
De Pokomandy-Morin, qui est sous-ministre adjointe à la Direction générale
des programmes dédiés aux personnes, aux familles et à la communauté. Je suis
accompagné du Dr Pierre Bleau, qui est le directeur national de la santé
mentale, et enfin je suis accompagné de M. Martin Forgues, qui est
directeur général adjoint de l'accès des services de proximité et des effectifs
médicaux.
• (14 h 10) •
La santé mentale est sans contredit un
dossier prioritaire pour le ministère de la Santé et Services sociaux. Aussi, à
titre de sous-ministre, je suis heureux de pouvoir présenter de façon sommaire
ce qui a été fait au cours des dernières années pour améliorer l'offre de soins
et de services et d'ensuite pouvoir échanger davantage avec vous sur ces
questions.
D'entrée de jeu, le ministère a accueilli
favorablement le rapport du Vérificateur général du Québec portant sur la santé
mentale. Ses recommandations constituent une opportunité d'améliorer
l'efficacité du continuum de soins et de services pour les personnes ayant des
troubles mentaux graves, un objectif cohérent avec nos priorités d'action.
Pour bien orienter nos discussions, je
souhaite d'emblée rappeler le rôle et les responsabilités du ministère de la
Santé et des Services sociaux d'élaborer et de proposer des orientations et des
politiques relatives à la santé mentale et services sociaux, assurer la mise en
oeuvre et veiller à leur application à un niveau stratégique et coordonner leur
exécution à l'échelle de la province.
Le ministère confie aux établissements du
réseau de la santé et des services sociaux la mise en oeuvre et
l'opérationnalisation des orientations et des programmes-services dans le
réseau. Ainsi, la mise en œuvre et l'opérationnalisation relèvent des <conseils...
M. Paré (Daniel) :
...ainsi,
la mise en œuvre et l'opérationnalisation relèvent des >conseils
d'administration et des PDG des établissements. Ceux-ci s'assurent d'organiser
les services dans le respect des lois et orientations nationales et de répartir
équitablement les ressources humaines, matérielles et financières mises à leur
disposition. Les établissements doivent également s'assurer que les services
sont de qualité et accessibles, évaluer les besoins des patients et fournir les
services requis.
Il est important de contextualiser l'audit
qui a été réalisé par le Vérificateur général, notamment en raison des années
de référence, qui couvrent la période 2017 à 2022. Bien évidemment, comme
on s'en rappelle tous, le Québec a vécu une crise sanitaire sans précédent de
mars 2020 à l'été 2022. Durant cette période exceptionnelle, les
ressources et les efforts du ministère ont été principalement consacrés à la
prise en charge de la pandémie. Des ressources de différentes directions ont
d'ailleurs été réaffectées temporairement et des ressources qui avaient été
prêtées par le réseau au ministère sont également retournées prêter main-forte
dans les établissements. Ces éléments permettent d'expliquer le contexte
particulier avec lequel le ministère a dû composer au travers de l'évaluation
réalisée.
J'insiste sur le fait que bien des choix
ont dû être faits pour faire face à cette pandémie. Ceci n'a pas freiné nos
efforts pour améliorer l'efficacité du continuum de soins et de services pour
les personnes ayant des troubles mentaux graves. Une des actions importantes
faites par le ministère a été le développement et le lancement du tout premier Plan
d'action interministériel en santé mentale 2022-2026, lequel s'intitule S'unir
pour un mieux-être collectif. Présenté en janvier 2022, ce plan a été
réalisé en collaboration avec 10 ministères et organismes.
Le ministère était alors bien conscient des
différents enjeux observés par le Vérificateur général dans son rapport déposé
en mai 2023. Des mesures ont été développées et des solutions mises en œuvre
afin de limiter les impacts sur les usagers pouvant avoir besoin des services
en santé mentale, notamment les grands utilisateurs des urgences.
Aussi, la clé d'action du plan ministériel
en santé mentale, c'est l'intersectorialité. Cela témoigne d'une volonté d'agir
en concertation et en collaboration avec l'ensemble des acteurs du réseau, mais
aussi avec les partenaires communautaires, institutionnels et privés. Ces
partenaires sont indispensables pour offrir des soins et des services de
qualité à la population. Travailler tous ensemble est essentiel. C'est un
changement de paradigme que nous entamons pour améliorer l'offre de service à
la population.
Parallèlement, dans les deux dernières
années, le ministère a lancé le Plan d'action interministériel en itinérance
2021-2026, S'allier devant l'itinérance, lancé sa stratégie nationale de
prévention des surdoses, revu ses méthodologies de collecte de données auprès
des établissements afin de voir à une meilleure fiabilité de celles-ci et
repris ses évaluations de la qualité clinique des programmes dans le réseau, tout
ceci en plus d'effectuer des investissements massifs en santé mentale pour agir
sur plusieurs plans.
Le ministère reconnaît les défis présentés
par le Vérificateur général et prioriser la réponse aux besoins en santé
mentale. Bien que nous nous activons à répondre aux recommandations, la réponse
à celle-ci nécessite du temps, une gestion de changement, un vrai changement de
culture, et... en lien avec nos ressources humaines.
D'ailleurs, dans le cadre du plan santé
présenté par le ministre de la Santé et Services sociaux en mars 2022, il a été
notamment question du décloisonnement des pratiques professionnelles,
d'embauche de bacheliers dans les disciplines de relations humaines, de même
que des bourses d'études afin d'augmenter le nombre de psychothérapeutes dans
le réseau.
Le ministère de la Santé et des Services
sociaux accueille favorablement le rapport et prend acte des recommandations
qui lui sont adressées. Les constats énoncés et les recommandations formulées
s'inscrivent en continuité avec les démarches en cours et sont cohérents avec
les objectifs que nous poursuivons. Le ministère s'engage à prendre les mesures
nécessaires pour répondre en œuvre les... pour mettre en oeuvre les
recommandations formulées à son attention en vertu des responsabilités qui lui
incombent.
Un plan d'action est déjà mis à l'œuvre
par notre organisation. Il reprend l'ensemble des recommandations et fournit
une réponse aux constats. Que ce soit sur l'accès à l'information, les
ressources humaines, l'accès et l'organisation des services, beaucoup d'efforts
sont consacrés pour faire progresser ce dossier de manière notable et durable.
Le ministère s'engage aussi à travailler en collaboration avec les
établissements concernés pour améliorer l'efficacité des soins et services
offerts aux personnes ayant des troubles mentaux graves au Québec.
Ceci complète ma présentation, M. le
Président.
Le Président (M. Caron) : Merci
beaucoup, M. Paré. J'invite maintenant le CIUSSS de la Capitale-Nationale
et celui de l'Est-de-l'Île-de-Montréal à nous faire leur présentation. Je vous
invite à vous <présenter...
Le Président (M. Caron) :
...l'Est-de-l'Île-de-Montréal
à nous faire leur présentation. Je vous invite à vous >présenter puis à
nous faire votre exposé. Vous disposez de 10 minutes, non pas chacun, mais
10 minutes partagées. Je ne sais pas qui veut commencer. Est-ce que c'est
le CIUSSS de la Capitale-Nationale?
M. Thibodeau (Guy) : Bien, je
peux commencer, M. le Président.
Le Président (M. Caron) : Allez-y.
Exposé du président-directeur général du Centre
intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Capitale-Nationale,
M. Guy Thibodeau
M. Thibodeau (Guy) : Donc,
merci beaucoup, M. le Président. Membres de la commission, Mme la
sous-vérificatrice générale, M. le sous-ministre de la Santé et des Services
sociaux, nos collègues du CIUSSS de l'Est-de-Montréal, je me permets de vous
représenter les personnes qui m'accompagnent aujourd'hui, donc Mme Amélie
Morin, qui est directrice générale adjointe, Partenariats, services sociaux, réadaptation,
et Mme Véronique Fugère, qui est directrice du programme Santé mentale, dépendances
et itinérance.
Nous tenons à vous remercier de cette
opportunité de pouvoir échanger avec les membres de la commission sur certaines
mesures mises en place au sein de notre établissement pour pouvoir offrir les
services les plus adaptés possibles à une clientèle des plus vulnérables, soit
les personnes présentant des troubles mentaux graves, services qui ont fait
l'objet d'un audit par le DGQ et pour lesquels nous sommes ici aujourd'hui.
Je tiens à réitérer notre adhésion aux
recommandations émises par le VGQ suite à son audit et qui traduisent bien la
pertinence des projets en cours dans notre établissement, dont ceux concernant
la fluidité de la trajectoire de l'usager sur l'ensemble du continuum,
particulièrement en amont et en aval de l'hospitalisation.
Certains enjeux soulevés dans le rapport
de la Vérificatrice générale nous apparaissent avoir un impact particulier sur
les usagers considérés comme étant de grands utilisateurs des urgences et ceux
ayant des troubles mentaux graves. Parmi ces enjeux, l'accès à l'hébergement
demeure un défi important, considérant que le milieu de vie est un déterminant
social important de la santé et un élément fondamental du rétablissement. À cet
égard, notre établissement est en action avec nos partenaires territoriaux et
le ministère de la Santé et des Services sociaux pour identifier des pistes de
solution.
Aussi, le partage des informations pour
permettre une continuité d'intervention auprès de ces usagers entre les
établissements de santé et les partenaires qui interviennent auprès de ces
derniers constitue un enjeu important à l'heure actuelle. En effet, il n'est
pas, pour l'instant, possible de communiquer ces renseignements aux partenaires,
ces renseignements s'avérant confidentiels et requérant l'autorisation de
l'usager pour être communiqués, sauf dans le cas de certaines exceptions
législatives assez contraignantes.
Au sein de la région de la
Capitale-Nationale, il est important de rappeler que trois établissements de
santé desservent la population en collaboration avec des partenaires, des
organismes communautaires et d'autres collaborateurs intersectoriels. Cette situation
requiert donc une constante coordination, un arrimage et une concertation
quotidienne. À cet égard, notre établissement participe quotidiennement au
caucus de coordination des urgences de nos collègues du CHU de
Québec-Université Laval afin de faciliter la continuité informationnelle
requise pour une prise en charge optimale des usagers en santé mentale.
De plus, à notre plan d'action, nous avons
identifié une autre stratégie, mise de l'avant au printemps dernier, qui
comprend plusieurs jalons et qui optimisera le partage d'informations aux bons
professionnels et au moment opportun entre les services d'hospitalisation et
les services dits externes.
• (14 h 20) •
Enfin, nous tenons à souligner qu'un autre
défi particulier se pose fréquemment pour cette clientèle, soit la
non-reconnaissance ou la difficulté à reconnaître sa maladie et à recevoir les
soins et les services requis par son état. Cette réalité pose un obstacle
important aux intervenants du réseau de la santé pour permettre une bonne prise
en charge de la maladie et un suivi adéquat et de qualité, ce qui conduit
malheureusement à des hospitalisations répétées pour certains usagers.
Comme on le sait, un usager qui refuse des
soins ne peut être traité contre son gré, sauf si le tribunal l'autorise. Or,
comme il est mentionné au rapport du VGQ, le critère actuel de la loi qui
prévoit la possibilité pour un tribunal d'intervenir uniquement en cas
d'usager... en cas d'une personne qui est un danger immédiat pour elle-même ou
pour autrui s'avère très restrictif et pose un défi de la bonne prise en charge
de ces personnes.
Nous vous référons finalement à notre
présentation générale du CIUSSS de la Capitale-Nationale pour une bonne
compréhension de notre desserte et de nos principales missions. Nous tenons
uniquement à rappeler que l'offre de soins et de services en santé mentale,
dépendance et itinérance représente une part importante de notre mission.
Assumant un leadership régional, le CIUSSS de la Capitale-Nationale participe,
avec ses partenaires, au développement d'une vision commune, axée sur des
pratiques et des services orientés vers le rétablissement, offerts, en forte <proportion...
M. Thibodeau (Guy) :
...des
pratiques et des services orientés vers le rétablissement, offerts en forte >proportion,
dans la communauté.
C'est dans ce contexte et avec grand
intérêt que nous pourrons répondre à vos questions, vous présenter plus en
détail notre plan d'action que vous avez préalablement reçu et vous partager
certaines initiatives et projets de notre établissement en matière de santé
mentale, de dépendance et d'itinérance.
Merci, M. le Président. Cela complète mon
allocution.
Le Président (M. Caron) : Merci,
M. Thibodeau. M. Fortin Verreault, c'est à vous la parole.
Exposé du président-directeur-général du Centre
intégré universitaire de santé et de services sociaux de
l'Est-de-l'Île-de-Montréal, M. Jean-François Fortin Verreault
M. Fortin Verreault (Jean-François) :
Merci, M. le Président. Bonjour, bien heureux d'être parmi vous. Je salue,
moi, également, là, les membres de la commission, la sous-vérificatrice
générale, mes collègues du ministère et de la Capitale-Nationale. J'ai la
chance, là, d'être accompagné par Jonathan Brière, qui est le
président-directeur général adjoint du CIUSSS de l'Est, Sandra D'Auteuil,
qui est la directrice, Santé mentale, Karine Girard, qui est la directrice
de la qualité, et Christian Merciari, qui travaille avec moi à la
direction générale.
Comme mon collègue, on accueille très
favorablement les recommandations, là, du Vérificateur général. On s'est déjà
mis en action pour les actualiser. Je me permettrais de partager mon écran, là,
pour vous illustrer un petit peu ce qu'on a... dans quel contexte on
intervient, au CIUSSS de l'Est, pour la santé mentale.
Le premier élément qu'on souhaitait, là,
revenir avec vous, là, c'était sur l'organisation générale des services, parce
que rentrer dans l'univers de la santé mentale, c'est un défi pour des gens qui
ne connaissent pas ça au quotidien. On tenait à rappeler, puis je pense que
c'est très clair dans le rapport du Vérificateur général, que l'organisation de
services en santé mentale s'appuie d'abord et avant tout sur une première ligne
qui doit répondre aux besoins généraux de la population puis se rend progressivement
jusqu'à l'hospitalisation et aux services de réadaptation et d'hébergement.
Pour vous donner une idée, parce que,
parfois, ça peut paraître abstrait, là, on a... on s'est permis de lister, puis
je ne ferai pas la lecture de tout ça, vous avez le détail, mais chacun des
services qui est actuellement offert pour réussir à répondre aux besoins de la
population ayant des troubles graves de santé mentale, puis ça vous donne
également une idée des volumétries qui est accessible à ces personnes-là. On a
mis l'emphase sur nos propres services, mais c'est important de mentionner
qu'en santé mentale il y a vraiment un travail de collaboration avec les
organismes communautaires, avec la ville, parce que les enjeux de logement puis
les enjeux sociaux sont vraiment fortement intégrés, idem pour les relations
avec les services de police.
Donc, je ne ferai pas la lecture détaillée
de tout ça, peut-être mentionner, là, qu'il y a des services importants, dans
la communauté, qui se donnent en intensité variable, qui s'ajustent selon la
condition des patients puis qui varient dans le temps. Il y a également des
services surspécialisés pour des gens qui ont des problèmes très graves, avec
des cliniques dédiées, des psychiatres dédiés, qui ont l'expertise pour les
accompagner, également un très grand investissement dans tout ce qui est juste
avant l'hospitalisation puis ce qui est dans l'hospitalisation à domicile, des
centres de crise qui peuvent répondre en 24/7 au besoin, du volet à domicile,
notamment pour la gérontopsychiatrie puis pour certaines clientèles, puis une
réponse en situation d'urgence, avec des durées courtes, pour les personnes.
Finalement, quand la situation requiert
des soins un peu plus intenses, il y a des services d'hospitalisation, certains
spécialisés, certains généraux. On pourra répondre à vos questions si vous en
avez, là, à cet égard-là. Et, finalement, un des enjeux nommés par le Vérificateur
général, tout ce qui est l'hébergement, la réadaptation longue durée, avec des
programmes qui sont plus temporaires puis des structures d'hébergement qui se
sont installées depuis la désinstitutionnalisation, là, qui sont accessibles.
Donc, dans le cas du CIUSSS de l'Est, là,
où on est responsables d'une partie du parc régional, vous voyez le nombre de
places, on parle quand même de 1 629 places en ressources
intermédiaires et en ressources de type familial et 246 places en
ressources d'établissement. Pour vous donner une idée, évidemment, là, vous
voyez la répartition des ressources sur le territoire, là, que je viens de vous
nommer. On pourra répondre à vos questions si vous en avez, parce que ça
faisait l'objet de plusieurs recommandations, là, de la part du Vérificateur
général.
Peut-être un mot... Je pense que, tout le
monde, on veut améliorer les services aux patients. On vous a donné quelques
indicateurs qui vous permettent de voir une amélioration par rapport à
plusieurs des éléments, là, qui ont été soulignés sur le Vérificateur général,
que ça soit sur la qualité de la prise en charge sur les durées moyennes de
séjour, que ça soit sur les taux de réadmission, là, pour les grands
utilisateurs ou que ça soit par rapport à l'utilisation, là, par les <patients...
M. Fortin Verreault (Jean-François) :
...ou que ça soit par rapport à l'utilisation, là, par les >patients
qui ont terminé leur épisode de soins actifs, des lits.
Finalement, on vous a mis, là,
quelques-uns des éléments en lien avec les recommandations spécifiques. On
pourra revenir si vous avez des questions, là, mais soyez assurés que, sur
chacune des recommandations locales, on est déjà en action puis on a déjà
réussi à faire des gains pour répondre aux recommandations de la Vérificatrice
générale.
Donc, c'est ce qu'on souhaitait vous
partager aujourd'hui. Ça va nous faire plaisir de répondre à vos questions puis
de bonifier les discussions et les recommandations.
Le Président (M. Caron) : Merci
beaucoup, M. Fortin Verreault. Nous allons maintenant, donc, procéder à la
période d'échange. On va débuter avec le député de Masson. Je vous cède la
parole. Vous avez un peu plus de 10 minutes, M. le député.
Discussion générale
M. Lemay : Merci, M. le
Président. Très heureux d'être avec vous aujourd'hui. Merci, Mme Roy,
ainsi que votre équipe, là, pour les travaux que vous avez faits, M. Paré,
M. Thibodeau et M. Fortin Verreault, ainsi que vos équipes
respectives. Très heureux d'être avec vous aujourd'hui.
Vous savez, moi, j'irai sur le constat un
que le bureau du Vérificateur général du Québec a fait concernant l'accès aux
informations nécessaires pour une prise en charge efficace des usagers, qui
semble être difficile, et, lorsqu'on lit, dans le rapport du VG, notamment, les
paragraphes 21 à 30, là, on cible un peu mieux qu'est-ce qui se passe dans
ce constat-là.
Et j'ai pris connaissance, M. Paré,
aussi du plan d'action que vous avez soumis, là, avec les différentes actions
que vous avez mises en place, justement, pour les paragraphes 21, 23, 28
et 30, puis j'irais avec une première question concernant, dans le fond, ce
qu'on met en place avec le Dossier de santé numérique. Vous avez mis un
calendrier ainsi que... On le voit... En fait, c'est au paragraphe 30 de
votre plan d'action, là, vous mentionnez que vous voulez finaliser le processus
d'acquisition du Dossier de santé numérique, ensuite débuter le déploiement du Dossier
de santé numérique selon votre calendrier de déploiement dans deux régions
vitrines et, par la suite, mettre en service le Dossier de santé numérique.
Je comprenais aussi, quand on lisait un
peu les commentaires qui étaient faits, là, aussi, aux paragraphes 31 et
32, là... à l'effet que, dans les deux CSSS, là, qui sont avec vous
aujourd'hui... comme quoi que vous avez des systèmes maison, si on veut, qui ne
communiquent pas avec l'externe, puis, si on veut aller voir si un grand
patient a des données à l'extérieur, c'est difficile, il faut sortir d'un
système pour accéder à l'autre. On a même des... pour certaines informations,
elles sont plus prises en compte avec du papier au lieu d'être de façon
numérique.
Donc, il y a beaucoup de choses à faire de
ce côté-là. Je crois qu'il y a un grand potentiel avec le DSN, simplement nous
mentionner, là, tu sais, selon vous... Vous avez un calendrier pour les deux
régions vitrines, mais après que se passe-t-il? Tu sais, est-ce qu'on a un plan
de déploiement? Est-ce qu'on va... Avez-vous une vision pour vraiment réussir à
l'atteindre sur l'ensemble du territoire du Québec?
• (14 h 30) •
M. Paré (Daniel) : M. le
Président, je vais débuter, là, la réponse. Effectivement, le Dossier de santé
numérique va être la clé au niveau du partage d'informations entre les
installations, les établissements du Québec, dans l'avenir. C'est quand même
lié aussi à la loi n° 100, qui a été adoptée en avril
dernier, sur le partage des renseignements personnels, parce qu'il faut savoir
qu'aujourd'hui les renseignements ne peuvent pas se partager entre
établissements. Il y a vraiment une notion de consentement. Il y a une
notion... Il y a un défi, en tant que tel, oui, au niveau des outils, mais
aussi au niveau des lois, mais, par rapport... par rapport à ça, déjà, nos
niveaux, là, de contractuels, DSN, comme vous mentionniez, au niveau des projets
vitrines, on a une fenêtre, et la volonté est vraiment de... est vraiment, là,
de faire le déploiement, là, aux... cinq ans après le déploiement des vitrines.
Ça fait qu'on estime autour de six à sept ans pour compléter complètement
l'établissement du Dossier de santé numérique, et ça, ce que ça veut dire, ce
dossier-là, ça veut dire que les professionnels, bien sûr, avec le respect des
lois puis s'assurer que le personnel a les droits d'accès, là, pour la bonne
utilisation des services, bien, dans un dossier, notamment, là, sur l'île de
Montréal, où est-ce qu'il y a plusieurs établissements, on va être capables de
voir qu'un patient, un usager A ou B, quand même, magasine ou va consulter dans
différents endroits. Aujourd'hui, considérant que c'est des établissements
séparés, on n'a pas accès à cette information-là.
Ça fait que c'est quand même un outil
hyperimportant pour le Québec, et, comme je vous disais, en plus, avec la loi,
la loi qui est modernisée, et là qui a été adoptée tout récemment, on est en
train de travailler sur les règlements, avec cette notion-là, bien sûr, bien
là, on... tout le <processus...
>
14 h 30 (version révisée)
< M. Paré (Daniel) :...bien
sûr, bien là, on... tout le >processus, aussi, de partage des données,
que les professionnels auront accès aux données lorsque la nécessité, là, est
en lien avec l'usager, bien, ça va être un... ça va être un grand plus. Très
conscient, par exemple, que ça va prendre du temps. C'est d'un projet de
milliards qu'on parle ici. C'est un projet... c'est un projet aussi que l'équipe
du ministère engage une équipe vraiment d'implantation, là, partout dans les
établissements, avec les apprentissages, aussi, là, des projets-vitrines. Mais
c'est certainement la clé qui devrait... qui va répondre, là, notamment, là,
aux recommandations, là, du Vérificateur général, là, qu'il a données.
M. Lemay : Donc, si je
comprends bien, on a deux régions-vitrines pour lesquelles on cible 2025 pour
faire l'implantation et, par la suite, pour atteindre l'ensemble du territoire
québécois, on pense que ça va prendre un autre cinq années additionnelles, ce
qui nous amènerait en 2030, pour avoir les travaux réalisés à la grandeur du
territoire. C'est ce que je comprends?
M. Paré (Daniel) : C'est en
plein ça. Parce que ce qu'il faut savoir, là, c'est beaucoup de systèmes d'information,
et encore là, au Québec, présentement, il n'y a pas un établissement qui est
organisé, qui a les mêmes logiciels que les... Même, des fois, ils peuvent
avoir le même logiciel, mais ils n'ont pas la même version, et c'est toute
cette mise à niveau là.
De plus, et c'est pour ça qu'on veut faire
des projets-vitrines, c'est qu'il ne faut pas sous-estimer la gestion de
changement de ces outils-là. Ce n'est pas juste un... pas juste un logiciel
Word, c'est vraiment une... Ce système-là va être vraiment une des pierres
angulaires d'une trajectoire, là, les cliniciens auront un système similaire et
qu'ils pourront... ils pourront vraiment, là, mieux communiquer ensemble, et le
fameux accès.
Ça fait que oui, je peux comprendre, je
peux comprendre que ça va prendre un certain temps, mais je peux vous dire qu'avec
les apprentissages qu'on aura des projets-vitrines... Parce que, pour nous, c'était
important de bien l'essayer. Ce serait facile, hein, ce serait déjà fait. Ça
fait que c'est pour ça qu'on a optimisé cette stratégie-là, mais on sait, là,
qu'au cours des prochaines années, avec... avec l'implantation partout, partout
au Québec, ça va être un outil, là, ça va être un outil essentiel autant pour
des enjeux de santé mentale qu'on étudie en commission présentement, mais pour
tous les autres services.
M. Lemay : OK. Puis dites-moi
aussi, dans une des recommandations du rapport du Vérificateur général, une des
recommandations qui vous est faite, je vais vous la lire, là, c'est concernant
les grands utilisateurs des urgences, là, on parle de... «en collaboration avec
les établissements, à établir des critères d'identification des grands
utilisateurs des urgences en santé mentale, voir à leur utilisation uniforme
dans tout le réseau et s'assurer qu'un système permet à chaque établissement d'identifier
ces usagers dans toutes ces urgences où ils ont reçu des services.»
Et là la question qui me vient à l'esprit
concernant les grands utilisateurs des urgences, c'est... En fait, vous avez un
système aussi, là... on aime ça, les acronymes ici, là, le SAIRC, là, le système
d'alertes informatisées pour le repérage des clientèles. J'aimerais savoir si
ce fameux SAIRC, là... On est rendus où avec l'avancement de ce projet-là? Et,
dans le fond, on peut commencer avec ça. Puis ensuite, tu sais, est-ce que c'est
vraiment cette solution-là? Si ce n'est pas cette solution-là, il y a-tu
quelque chose d'autre qui est en réflexion pour, justement, améliorer l'identification
des grands utilisateurs d'urgences?
M. Paré (Daniel) : Non, c'est...
La solution qu'on travaille déjà à mettre en place, c'est celle-ci.
Effectivement, on aime beaucoup les acronymes, dans le milieu de la santé et
services sociaux, là. Mais en date du 4 octobre, on a 10 établissements
qui sont présentement en déploiement de cette... de cette nouvelle solution-là.
Il n'y en a aucun encore qui est pleinement opérationnel, notamment pour les...
Parce qu'encore là il faut faire une cartographie, là, de tous les... de tous les
secteurs, et, encore une, fois il n'y a pas un CISSS ou un CIUSSS qui a la même
cartographie. Former le personnel, et aussi, là, bien sûr, avec nos enjeux de
personnel... Parce qu'on a créé des... ça demande la création de postes, et, en
lien avec nos règles, nos règles syndicales, il n'y a pas d'ouvertures de
postes dans l'été, là, c'est comme ça. Mais on a 10 établissements, et le
déploiement va se poursuivre tout au cours de l'année par...
Ce qu'il faut savoir aussi, dans les 10 établissements,
c'est 10 sur 34, mais il faut avoir que c'est principalement au niveau des
CISSS et des CIUSSS. Donc, on en a 17 à déployer.
M. Lemay : Bon, il nous reste
à peu près une minute, là, je ne sais pas s'il y a quelqu'un d'autre qui
voulait rajouter de l'information supplémentaire sur le constat 1 ou,
sinon, on peut toujours transférer le temps à un autre bloc, là. Mais il y a-tu
quelqu'un d'autre d'une autre équipe, là, qui voudrait rajouter quelque chose
sur le <constat...
M. Lemay : ...rajouter
quelque chose sur le >constat?
Le Président (M. Caron) : Je
pourrais... je pourrais, si...
M. Lemay : Allez-y.
Le Président (M. Caron) : Ah!
excusez, je pensais que vous cherchiez une question supplémentaire.
M. Lemay : Non, je voulais
juste savoir si...
Le Président (M. Caron) : Allez-y,
allez-y.
M. Lemay : ...si, dans les
équipes de la Capitale-Nationale ou de l'Est-de-Montréal, ils voulaient
rajouter quelque chose. Ça va? Bon, bien, M. le Président, allez-y.
Le Président (M. Caron) : Merci.
Merci, M. le député. Quand on parle de grands utilisateurs, est-ce qu'il y a
une harmonisation de ce qu'est un grand utilisateur, quelles que soient les
régions du Québec?
M. Paré (Daniel) : Présentement,
non. Il y a des différences, il y a des différences en termes... en termes
d'indicateurs ou de standards. Ce qu'il faut savoir, la notion de grand
utilisateur a été introduite plus au niveau de la santé physique. On avait un
chiffre, là, qui avait été bien détaillé, et c'était cinq... quelqu'un qui
venait consulter cinq fois dans un temps rapproché était considéré un grand
utilisateur. On l'identifiait et on faisait des appels directs.
Au niveau de la santé mentale, en lien
avec... en lien avec nos territoires, les territoires des établissements, là,
respectifs, il y a certains établissements qui ont utilisé... bien, je pense,
le rapport en... le rapport du Vérificateur général le met en lumière, cinq ou
six... Et, encore là, il y a une des recommandations sur laquelle nous, dans
notre plan d'action du ministère, on veut... on veut s'assurer de bien le
développer. Parce qu'encore là on croit qu'au niveau de cet indicateur-là ça va
peut-être... ça va probablement inclure plus que l'urgence. Parce qu'encore là,
je vous dis, en santé... en santé physique, la porte d'entrée est souvent
l'urgence, mais, au niveau de la santé mentale, si on est cohérent avec notre
approche plus globale, bien, on va vouloir avoir un indicateur qui vient
prendre en compte l'urgence, mais peut-être le centre de crise est peut-être
une autre affaire.
Et ça on travaille... on travaille en
collaboration avec l'INESSS, qui est l'Institut national d'excellence en santé
et en services sociaux, qui vont nous... On ne veut pas improviser, dans le
fond, au niveau de cette donnée-là. Ça fait qu'au niveau de l'INESSS ils vont
nous donner... ils vont nous donner la bonne... le bon indicateur selon les
meilleures pratiques, là, locales, provinciales, internationales. Et ça va...
au niveau de notre plan d'action, ce sera quelque chose qu'on va vouloir donner
comme orientation, là, aux établissements de santé dans l'avenir.
Le Président (M. Caron) : Parfait.
Merci, M. Paré. C'est tout le temps qui nous est accordé dans ce premier
bloc.
Nous allons passer au bloc réservé à
l'opposition officielle. Est-ce que c'est Mme la députée de Chomedey? Mme la
députée de Mille-Îles? Allez-y.
• (14 h 40) •
Mme Dufour : Merci, M. le
Président. Alors, moi, je vais m'intéresser au constat 2 du... dans le
fond, du Vérificateur général et je vais revenir, là, sur... je pense, c'est M. Paré
qui a mentionné, la clé du Plan d'action interministériel en santé mentale,
c'est l'intersectionnalité... l'intersectorialité plutôt, je m'excuse, et on disait
qu'on voulait agir en concertation et en collaboration avec l'ensemble des
acteurs du milieu, incluant les partenaires communautaires.
On nous a fait part de la difficulté des
organismes communautaires à maintenir... à garder leur main-d'œuvre, que souvent,
en fait, elle était recrutée par le réseau de la santé. Donc, les organismes
communautaires, de plus en plus, ont de la difficulté à être attractifs, et on
vit une pénurie de main-d'oeuvre assez forte. Et donc j'aurais... j'aimerais en
savoir un peu plus sur le plan, là, pour la main-d'oeuvre dans... puis comment
on va s'assurer de ne pas aller déshabiller Paul, dans le fond, pour habiller
Pierre, là, ou nommez le nom que vous voulez, Jacques, là, parce qu'il a moins
en moins de vêtements, hein? La main-d'oeuvre, là, il y en a de moins en moins,
et là ça devient un enjeu. Tu sais, aux dernières nouvelles, il y avait autour
de 300 000 postes vacants au Québec. Ça, ça veut dire que, de la
main-d'oeuvre, il en manque partout.
Donc, quand on dit qu'on veut aller
attirer de la main-d'oeuvre, on a un plan d'action là-dessus, comment on pense...
c'est ça, le faire, mais sans fragiliser nos organismes communautaires qui sont
à la base de l'écosystème?
M. Paré (Daniel) : Un autre
dossier pas facile, hein, qu'on adresse, effectivement, vous mettez le... vous
mettez le doigt dessus, que les enjeux de main-d'œuvre sont réels au niveau du
réseau de la santé. On voit quand même qu'il y a une progression, là, à chaque
année, mais les enjeux de main-d'oeuvre, notamment en lien avec les organismes
communautaires... Et, même si on n'a pas de données dures sur des transferts,
en termes de ressources des organismes communautaires qui viendraient se faire
embaucher au niveau des établissements de santé, on est quand même conscients
qu'il y a certaines... il y a certaines conditions de travail qui sont
peut-être plus avantageuses, là, dans... au niveau du secteur public versus
communautaire.
Cependant, le travail est <différent...
M. Paré (Daniel) :
...Cependant,
le travail est >différent, puis je pense qu'une des clés de l'avenir,
c'est d'intéresser les gens à nos beaux métiers au niveau de la santé et des
services sociaux, et ça, on est beaucoup plus inclusifs. Encore là, on
travaille notamment en lien avec d'autres ministères, et là je parle de
l'Éducation supérieure, l'Éducation tout court, parce qu'il y a certains cours
plus au niveau professionnel. On travaille aussi avec l'Office des professions sur,
notamment, le travail au niveau de l'élargissement des pratiques, qui pourrait
très bien fonctionner au niveau des organismes communautaires qu'au niveau du
secteur public.
Ça fait que la clé, c'est... C'est gratifiant
travailler pour le réseau de la santé et services sociaux, c'est gratifiant
travailler dans le milieu de la santé mentale parce qu'on peut voir, on peut
voir des améliorations au niveau de la réadaptation. C'est de valoriser
beaucoup cet élément-là. C'est sur ça, sur lequel on travaille. Mais, comme je
vous dis, ça ne sera pas facile. Notamment, on essaie différentes façons, comme
je vous dis, on essaie d'augmenter le nombre de places au niveau des
institutions d'enseignement. On a fait des projets au niveau de bourses pour
venir, encore là, encourager les gens, là, à venir notamment en psychothérapie,
et encore là, bien, c'est différents moyens...
Vous savez que présentement nous sommes en
négociation, là, aussi dans le secteur public. Mais encore là, aussi, au niveau
de... chaque année, au niveau des organismes communautaires, il y a une
indexation qui est quand même donnée, mais l'équilibre est fragile, là, j'en
conviens. Et c'est pour ça que la notion de valorisation, je dirais, des
métiers et du secteur, pour moi, c'est une des clés.
Mme Dufour : Je comprends
qu'on veut améliorer peut-être l'attractivité, mais ça ne crée pas des gens. Il
manque de gens, tout court. Et donc je me demandais, est-ce que... puis là ça
va être peut-être deux questions, mais est-ce que vous avez une idée de vos
besoins futurs en main-d'œuvre, compte tenu de l'importante quantité de gens
qui vont prendre leur retraite dans les prochaines années? Et avez-vous un plan
pour aller chercher de la main-d'œuvre à l'étranger? Parce que, comme je
disais, des gens, il n'y en a pas, puis tout le monde se les arrachent. Donc
c'est bien beau, s'ils vont chez vous, c'est parce qu'ils n'iront pas ailleurs.
Il va y avoir des trous ailleurs. Donc, peut-être vous entendre davantage
là-dessus.
M. Paré (Daniel) : Bien, au
niveau de l'immigration, encore là, selon les types d'emploi, effectivement, on
a travaillé en collaboration avec d'autres ministères pour de l'intégration.
Pas facile, je dois le dire, parce qu'on travaille en étroite collaboration
avec les ordres pour vraiment augmenter notre bassin, dans le fond, notre
bassin de main-d'oeuvre. Mais la clé passe beaucoup par... je vous dirais,
encore une fois, par l'intéressement. Si vous permettez, M. le Président, j'ai
ma collègue qui est sous-ministre adjointe, Mme Pokomandy-Morin, qui
pourrait aussi en rajouter, parce qu'en tant que responsable, là, au niveau
plus administratif du programme de santé mentale, elle travaille fort...
Le Président (M. Caron) : Bien
sûr, allez-y.
Mme De Pokomandy-Morin
(Caroline) : Oui. Bonjour. Pour compléter la réponse de M. Paré,
peut-être dire... Spécifiquement, votre question a un lien avec les organismes
communautaires puis, j'allais dire, la migration des ressources des organismes
communautaires vers le réseau de la santé. Notre première préoccupation, c'est
qu'on a besoin des organismes communautaires, des intervenants qui sont dans
les organismes communautaires, pour complémentariter, dans le fond, l'offre de
services qu'on a puis de travailler en cohésion puis en collaboration.
Donc, on a des stratégies de recrutement,
mais également des stratégies pour changer nos modes d'intervention auprès des
clientèles. Il y a là des stratégies numériques, des autosoins, amener les gens
à prendre en charge aussi une portion des problématiques et aussi à travailler
en étroite collaboration avec les organismes communautaires qui sont dans le
milieu puis qui sont nécessaires à la complémentarité de l'offre de services,
parce qu'il y a des gens qui vont avoir besoin de ces services-là.
Donc, on veut compléter, nous, au niveau
de toutes les démarches qu'on fait pour élargir les pratiques puis augmenter le
bassin des intervenants, qui va aider également les organismes communautaires,
parce que ce bassin-là qui augmente va aussi aller dans les organismes
communautaires, parce qu'il y en a qui veulent travailler dans ce secteur-là.
Donc, on veut travailler en étroite collaboration pour augmenter, dans le fond,
notre force de frappe de façon générale, incluant les organismes communautaires
en collaboration avec les intervenants du réseau de la santé.
Mme Dufour : C'est juste la
question, là, des retraites à venir. Parce que, quand on voit les cibles, bon,
on parle de 350 personnes détentrices d'un permis de psychothérapie, des
infirmières praticiennes, 269, 1 500 agents de relations humaines
supplémentaires. Ça, c'est les cibles. Mais est-ce que ça, ça va couvrir
l'ensemble des gens qui s'en vont à la retraite, dans les prochaines années,
qui ont rapport avec la santé mentale, là...
M. Paré (Daniel) : Encore là,
bien...
Mme Dufour : ...qui
interviennent?
M. Paré (Daniel) : Encore là,
quand on <regarde...
M. Paré (Daniel) :
...
Encore là, bien...
Mme Dufour : ...qui
interviennent?
M. Paré (Daniel) :
Encore
là, quand on >regarde notre planification de main-d'oeuvre,
effectivement, oui, ça augmente, on en perd, mais on a plus... on aurait
plus... avec notre planification, on aurait plus d'entrées que de sorties. Et
c'est pour ça que je faisais un petit lien, là...
Puis, je vous rassure, là, on ne fera pas
de négociation sur la place publique. Mais c'est pour ça qu'il faut trouver une
façon d'être attractifs, encore là, pour maintenir les gens en emploi plus
longtemps et les intéresser. Et ça passe par... ça passe aussi, là, par des
nouvelles façons, des nouvelles façons de travailler. Puis ça, c'est des
éléments, là, qu'on... comme je vous dis... puis vous comprendrez que je ne
peux pas vous en dire beaucoup plus, mais qu'on travaille en collaboration avec
nos partenaires syndicaux parce qu'ils ont aussi, là, l'intérêt, là, de... dans
le fond, d'augmenter, entre guillemets, la force de frappe, augmenter les
services à la population.
Ça fait que vous voyez qu'on travaille sur
des formations, on travaille au niveau d'être employeur de choix, on travaille
au maintien en emploi et on croit, là, que ça va être notre stratégie gagnante,
madame.
Mme Dufour : Bien, merci.
Peut-être juste une dernière question sur les organismes communautaires. Oui,
il y a peut-être des gens qui ont de l'intérêt pour les organismes
communautaires, mais, actuellement, leur financement fait en sorte qu'ils
n'arrivent pas à être le moindrement concurrentiels, et là il y a de.... — au
niveau des salaires — puis il y a de plus en plus d'organismes, en
fait, qui ont des postes vacants, qui n'arrivent plus à soutenir les services.
Moi, j'ai rencontré des gens qui étaient en burn-out, et il restait un employé,
et qu'il tenait à bout de bras, qui tombe en burn-out, donc, des organismes qui
ferment, des fois. Bref, ils sont fragiles. Est-ce que le ministère s'assure
que... ou pense à s'assurer qu'au moins ils aient le financement nécessaire
pour... au complet, sans passer par des projets... pour soutenir la mission?
M. Paré (Daniel) : On le fait
à chaque année...
Le Président (M. Caron) : Très
rapidement, puisque... Très rapidement, s'il vous plaît.
M. Paré (Daniel) : Oui. Bien,
à chaque année, je peux vous dire que le financement des organismes
communautaires est bonifié, indexé et bonifié. Ça demeure un enjeu, là, pour le
milieu, parce qu'effectivement on n'est pas la seule source de financement,
habituellement, là, pour... au niveau de ces organismes qui sont autonomes, ont
d'autres sources de financement à côté. Mais c'est quelque chose qu'on
surveille, là. Et peut-être que, dans une prochaine question, les
établissements qui travaillent en étroite collaboration avec les organismes
communautaires pourraient bonifier leur... mieux répondre peut-être à votre
questionnement.
Le Président (M. Caron) : Absolument,
on pourra revenir sur cette question. Merci, M. Paré. Donc, je cède la
parole à Mme la députée de Laval-des-Rapides pour environ 11 minutes.
Mme Haytayan : ...
M. Paré (Daniel) : Je
m'excuse, M. le Président, je n'entends pas la question. On a...
Le Président (M. Caron) : Allez-y.
Pouvez-vous répéter votre question, s'il vous plaît, Mme la députée?
Mme Haytayan : Oui,
certainement. Est-ce que vous m'entendez?
M. Paré (Daniel) : Là, c'est
mieux, oui. Merci.
Mme Haytayan : Ça va? OK,
parfait. Problème de micro, probablement. Sur l'offre de services en
hébergement en santé mentale, quel modèle d'hébergement le ministère va
privilégier au cours des prochaines années et pourquoi?
M. Paré (Daniel) : ...vous
permettez, M. le Président, je demanderais à ma collègue, Caroline, là, de
débuter une réponse, et, bien sûr, notre... peut-être, le directeur national
pourrait aussi... pourra aussi compléter.
Le Président (M. Caron) : Bien
entendu.
• (14 h 50) •
Mme De Pokomandy-Morin
(Caroline) : Bien, je vais... Bonjour. Bien, je vais commencer la
réponse et ensuite je vais vous.... je vais passer la parole à Dr Bleau
pour la suite des choses.
En fait, on regarde, je dirais, l'ensemble
du parc d'hébergement dans un continuum de prises en charge, parce que ça nous
prend différents types d'hébergement. On est d'ailleurs en train de faire une
cartographie des hébergements qui existent et des besoins qu'on a. On a besoin
d'hébergement institutionnel, mais on a besoin aussi de ressources
intermédiaires, de ressources de type familial, de ressources de type
alternatif aussi pour certaines clientèles, puis on a tout le volet, également,
complémentarité à ça, tout le volet de la prise en charge dans la communauté.
Donc, c'est un élément qu'on... Je n'ai pas de modèle, dire le nombre de
places, mais on est en train de regarder, de dire l'évolution de notre parc
d'hébergement en fonction des besoins puis des besoins qui évoluent dans le
temps, de la clientèle. Si c'est possible, Dr Bleau pourrait compléter plus en
détail pour l'aspect plus clinique.
M. Bleau (Pierre) : Bien,
merci, M. le Président. Merci pour la question. En fait, il y a plusieurs
complexités différentes, hein, des gens qui souffrent de problèmes de santé
mentale, qui souffrent de problèmes chroniques, qui ont besoin d'attention,
puis il y a <plusieurs...
M. Bleau (Pierre) :
...qui
souffrent de problèmes chroniques, qui ont besoin d'attention, puis il y a >plusieurs
services d'accompagnement qui existent dépendamment de ces clientèles-là. Donc,
c'est important de considérer que ça rend les situations complexes.
J'aimerais attirer votre attention, aussi,
c'est que, dans les types d'hébergement, il y a des réalités différentes dans
l'accompagnement aussi. Il y a des gens qui sont là pour un certain temps, il y
a d'autres personnes qui vont être là dans des ressources plus de type social
avec accompagnement communautaire, qui vont demeurer là. Et ces transitions-là
non plus ne sont pas nécessairement faciles à diagnostiquer.
Ce que vous devez savoir, c'est que, quand
je suis arrivé comme directeur national, en 2019, il y avait déjà un rapport
qui avait été fait au ministère, en fait, qui a été présenté, là, en 2020, sur
les types d'hébergement, à Montréal, qu'on avait, comment, la gouvernance puis
au niveau clinique... qu'est-ce qu'on devait viser comme trajectoire.
J'ajouterais aussi à ceci que beaucoup de
notre clientèle souffrent ou, en tout cas, ont des... les gens ont des préjugés
défavorables par rapport à eux, de sorte que ça rend souvent les parcs
d'hébergement ou même les incitatifs d'offrir des places sociales à des gens
difficiles. Donc, on travaille là-dessus. Il y a des patients qui présentent
aussi des problématiques complexes de troubles de dépendances, de maladies
sévères au niveau de la santé mentale, maladies psychiatriques, en fait, et
aussi qui présentent des enjeux juridiques.
Donc, vous voyez, cette cartographie-là
pour voir comment on peut répondre adéquatement avec les bonnes trajectoires,
les bons usagers, avec les bonnes personnes, dans les bons milieux
d'hébergement, bien, c'est ce qu'on projette de faire, là, en fonction de ce
qu'on a comme données. Et comme vous le dites, peut-être de répertorier, là, le
nombre de places qu'on va avoir besoin dans différents secteurs.
Mme Haytayan : Merci. Le
rapport du Vérificateur général du Québec mentionne que les deux CIUSSS qui ont
été audités ont fait des demandes de soutien financier pour de nouvelles places
d'hébergement. Le ministère, est-ce qu'il a répondu à ces demandes? Si ce n'est
pas le cas, pouvez-vous m'expliquer pourquoi?
M. Bleau (Pierre) : Je peux
peut-être tenter une... faire une tentative de réponse. Ce serait qu'à l'issue
de... à l'issue du parc d'hébergement montréalais, par exemple, c'est le CIUSSS
de l'Est-de-Montréal puis le CIUSSS de l'Ouest, aussi, qui sont en charge de la
gouvernance ou en charge, là, de la direction des parcs d'hébergement. Puis ce
que vous devez savoir aussi, c'est que les trois autres CIUSSS qui sont sur
l'île de Montréal ont demandé aussi d'avoir leur propre gouvernance de parc
d'hébergement.
Donc, le rapport dont on fait mention parlait
effectivement qu'il manquait de places au niveau social, qu'il manquait
d'équipes d'accompagnement. Et le rapport mentionnait aussi que la gestion de
changement et les difficultés qu'on pouvait avoir à les faire devaient être
revues. Donc, ça, ça va être revu, bien sûr.
Ce que j'entends aussi, c'est qu'il y a eu
ces demandes de subvention là, puis ils sont à l'étude actuellement, là,
j'ai... Il faudrait que je revérifie les données, mais c'est ce que j'ai. Tout
passe par la gouvernance pour s'assurer que les patients du rapport... Le
rapport, le fameux rapport, c'était sur l'île de Montréal, là, puis...
Mais c'est certain que ce qui pose un
problème, c'est que, oui, on a peut-être amené un financement, mais une autre
difficulté qu'on a puis qui est plus patente, actuellement, c'est que... Par
exemple, je vous donne un exemple pour les ressources de type familial, on
aimerait que les gens amènent... ou lèvent la main pour être des familles
d'accueil, mais on a un problème aussi de recrutement au niveau de ces types
d'hébergement là. Donc, ça, c'est important de le mentionner. Et, vous savez,
d'augmenter l'argent, souvent, on retourne l'argent au niveau des fonds consolidés
parce qu'on a de la difficulté à retrouver, là, les structures de changement
nécessaires pour assumer d'améliorer nos conditions.
Mme Haytayan : OK. Merci.
Tout à l'heure, il était question de pénurie de main-d'oeuvre. Est-ce que vous
pouvez nous faire part de d'autres enjeux liés au développement de nouvelles
places d'hébergement, peut-être l'inflation, collaboration avec des partenaires,
puis aussi nous dire, suite à la liste de ces enjeux, comment vous allez faire
pour y pallier?
M. Paré (Daniel) : ...débuter,
si vous permettez, M. le Président, puis peut-être Dr Bleau pourra, justement,
compléter, là. Avec les enjeux, bien, vous l'avez super bien amené, là, la
première chose, bien sûr : ressources humaines. Des fois aussi, selon le
type de ressources, s'il faut, entre guillemets, construire certaines
ressources plus intermédiaires, etc., ça vient affecter le Plan québécois des
infrastructures. Des fois, c'est des ajouts de places. Ça fait que vous voyez,
notre stratégie, des fois, un peu différente... Là, je vous parle de
problématiques, mais je vous parle aussi de <solutions...
M. Paré (Daniel) :
...je
vous parle de problématiques, mais je vous parle aussi de >solutions.
Mais on a un enjeu, je vous dirais, là, quant
à moi, qui est... c'est tout le continuum, puis je pense que c'est au coeur des
recommandations du Vérificateur général, c'est un continuum de soins et,
ultimement, bien, on a des usagers qui, selon leurs besoins, évoluent d'une
place d'hébergement et dans une autre. Et, à ce niveau-là, et c'est ce qu'on
souhaite, ultimement, hein, quand c'est possible, c'est d'avoir des gens qui
retournent dans la communauté. Mais des fois, justement, on travaille en
collaboration avec les municipalités pour développer des nouvelles places,
logements abordables...
Ça fait que, vous voyez, quand... tantôt
on parlait d'intersectorialité, mais quand on parle de places ajoutées, bien, faut
aussi voir la finalité parce que, sinon, si ça bloque, il n'y a pas de places
de logements pour la communauté, après, là, vous comprendrez que le continuum,
il arrête. Et on l'a vécue aussi un peu, cette problématique-là. Mais je sais
notamment que, le CIUSSS de Capitale-Nationale, on vient travailler sur un
projet... cet exemple-là. Puis si vous permettez, M. le Président, je lui
laisserais peut-être la parole.
Le Président (M. Caron) : Oui,
oui, allez-y. Bien sûr.
M. Thibodeau (Guy) : Oui.
Merci, M. le Président, M. Paré. Bien, effectivement, peut-être juste un
commentaire. C'est qu'on parle beaucoup de l'hébergement, là, pour que les
clientèles sortent de l'hôpital. Ça, pour répondre à votre question, madame,
tout à l'heure, nous, on a des demandes de transmises au ministère, on a des
avis de pertinence puis on est en train de discuter des modalités de
financement, là, donc c'était bien adressé.
En contrepartie, il faut aussi travailler
en amont de l'hospitalisation. Puis ici on travaille beaucoup avec... nous,
avec la ville de Québec, avec l'OMH de Québec, avec les organismes
communautaires aussi. J'inviterais Mme Fugère, Véronique, à vous présenter
sommairement, là, un des succès qu'on a eu, là, qu'on appelle, nous, le projet
Montmagny, là. Mais Véronique, s'il te plaît, si tu veux expliquer sommairement
ce que c'est.
Mme Fugère (Véronique) : Oui.
Bien, effectivement, Mme la députée, on a constaté que, le parc RI étant à
saturation, on devait remettre une certaine fluidité puis peut-être identifier
des usagers qui, dans leur parcours résidentiel, étaient prêts à retourner vers
un logement plus autonome, mais, bien sûr, en assurant un accompagnement
adéquat. Donc, on a travaillé avec l'Office municipal de l'habitation de Québec
à identifier avec eux un promoteur qui était capable d'offrir des logements
abordables. Donc, c'est avec AccèsLogis qu'on l'a travaillé, et ce sont nos
équipes de SIV qu'on appelle dans notre jargon, donc c'est les équipes qui vont
dans la communauté offrir des services en santé mentale, ce sont des
travailleurs sociaux, des infirmières qui assurent le bon fonctionnement de
l'usager dans sa communauté et qui permettent une réadaptation puis un
rétablissement qui est beaucoup plus optimal que dans un milieu un peu plus
contrôlé. Alors, c'est aussi une façon parmi tant d'autres qu'on peut faire
face à la difficulté d'accès à l'hébergement, actuellement, c'est assurer une
fluidité encore plus grande. Et c'est certain que d'autres projets comme
ceux-là pourraient voir le jour.
Le Président (M. Caron) : Il
vous reste 55 secondes.
Mme Haytayan : Allons-y avec
une question rapide : Combien de places prévoyez-vous créer dans les
prochaines années par type et par région?
M. Paré (Daniel) : Dr Bleau,
est-ce qu'on a exactement le bon nombre, comme la question est demandée?
• (15 heures) •
M. Bleau (Pierre) : Non, je
ne pense pas qu'on a cette cartographie-là, là. C'est que ce qu'on est en train
de vouloir faire. À l'échelle provinciale, c'est plus complexe aussi. Il faut
que vous sachiez aussi qu'on envisage que les profils gériatriques peuvent
compliquer la situation. Quand on parle de santé mentale, ça inclut parfois,
dans des régions différentes, des gens qui ont des troubles neurocognitifs, des
gens aux prises avec des troubles du spectre de l'autisme.
Donc, je pense qu'il va falloir bien
cartographier, justement, à qui s'adresse ces types d'hébergement là puis quel
type d'hébergement on a besoin en fonction de ces clientèles-là. Ça, on n'a pas
ce nombre-là. Et c'est difficile de prévoir, là, avec les ralentissements de la
construction, comme vous savez, là, de qu'est-ce qu'on aurait de disponible
dans deux ans.
Le Président (M. Caron) : Merci
beaucoup. On va se tourner vers l'opposition officielle. Est-ce que... C'est
Mme la députée de Chomedey qui va s'adresser à vous.
Mme Lakhoyan Olivier : Bonjour.
Merci pour votre présence. J'avais entendu que Lauberivière, c'est un milieu
qui vient... qui héberge ceux qui ont le besoin. C'est le plus grand refuge à
Québec, je pense, si je ne me trompe pas. Puis apparemment il y a des places
disponibles, mais pas d'employés, pas des employés... Qu'est-ce qui arrive avec
ça?
M. Paré (Daniel) : Vous me
permettez, M. le Président, je demanderais peut-être à mon <collègue...
>
15 h (version révisée)
< M. Paré (Daniel) :...je
demanderais peut-être à mon >collègue du CIUSSS de la Capitale-Nationale,
qui connaît très bien le dossier...
Le Président (M. Caron) :
Oui,
allez-y, M. Thibodeau.
M. Thibodeau (Guy) : Oui, merci,
M. le Président. Bien, effectivement, Lauberivière, c'est une construction
neuve, là. Donc, il y a beaucoup de places de type refuge qui, elles, sont
occupées. On a... on est aussi en projet avec eux parce qu'ils ont développé un
peu comme des logements supervisés, là, donc, plus pour de l'intégration
sociale. Ça, il y a des discussions qui sont en cours actuellement, là. Même
notre ministre est venu les visiter dernièrement, là, pour bien comprendre les
besoins, tout ça.
Donc, je vous dirais que c'est le défi de
trouver du personnel, puis je fais un lien avec ce qui était posé comme
question tout à l'heure aussi, c'est sûr que les organismes communautaires sont
comme nous. Ils cherchent du personnel, mais ils ont aussi le défi de soir, de
nuit, de fin de semaine. Donc, le personnel qu'ils engagent veut aussi une
qualité de vie. Nous, dans notre région, on a décloisonné, entre autres, de
concert avec le Regroupement des organismes communautaires, là, les allocations
qu'on donne à ces organismes-là pour le soir et la nuit pour qu'ils puissent
être capables d'embaucher et de payer plus cher les gens.
L'autre élément, je pense, qu'il faut
dire... On parle beaucoup de Lauberivière, mais on parle de... parce qu'on fait
référence à toute la clientèle qui circule autour, là. Notre défi avec ces
personnes-là, c'est que ce sont beaucoup des personnes que, par diverses
stratégies, on essaie de rejoindre, mais qui ne veulent pas nécessairement nos
services, et ce n'est pas toutes des personnes qui veulent nécessairement
utiliser les services de Lauberivière comme tels. Alors, on est plus dans le
défi de rejoindre les personnes et de leur... et qu'ils adhèrent aux services
qu'on veut leur offrir.
Je ne sais pas, Mme Fugère... Véronique, as-tu
des éléments de complément par rapport à ce que je dis?
Mme Fugère (Véronique) : Bien,
il faut savoir qu'effectivement Lauberivière joue un rôle crucial au
centre-ville de Québec, est un refuge de très grande qualité. Il n'est pas le
seul. Il y a d'autres organismes qui se mobilisent. On a quand même eu l'occasion,
avec le ministère, de travailler à un appel à projets pour continuer à
augmenter les lieux de répit disponibles toute l'année du côté de la région de
Québec, et je sais que c'est le cas aussi dans d'autres régions du Québec.
Alors, je pense qu'il faut continuer à valoriser aussi l'identification de
lieux et peut-être ne pas concentrer nécessairement nos énergies juste à un
endroit. L'itinérance, on l'a vu, a pris de l'ampleur et s'est retrouvée un peu
partout, donc, dans la ville de Québec. Donc, on tente, avec nos partenaires
communautaires, d'identifier des lieux alternatifs et de les répartir sur le
territoire.
M. Paré (Daniel) : Si je peux
compléter, M. le Président, encore là, on a vu une annonce récente, là, par
rapport à l'itinérance, mais qui touche justement la Maison de Lauberivière,
qui a eu un financement additionnel, mais, vous voyez, hein, dans le cadre de...
dans le cadre de nos réponses, il y a, oui, la notion d'ouverture de places, de
financement, mais aussi au niveau des ressources humaines. Ça fait que c'est
pour ça qu'il faut vraiment le travailler de façon globale, parce que, selon
nous, c'est la clé... ça va être la clé de la solution pour l'avenir.
Mme Lakhoyan Olivier : Merci.
Avec une liste d'attente, ce qu'on a remarqué, le chiffre de 22 000 personnes,
c'est ceux qui sont... qui se sont présentés. On ne connaît pas ceux qui
souffrent et qui ne se sont pas présentés. Donc, le 22 000, ce sont les
chiffres que nous avons... que le gouvernement investit un montant de 27 millions
dans le dernier budget. Clairement, avec cette liste d'attente, vous ne pensez
pas qu'il est nécessaire d'investir davantage? Pour 22 000 personnes,
27 millions ajoutés, est-ce que vous ne trouvez pas que c'est peu?
M. Paré (Daniel) : Bien,
écoutez, au niveau budgétaire, bien, c'est des sous qui nous ont été octroyés.
En même temps, un peu pour prendre l'exemple que je vous donnais, l'argent, c'est
une chose, mais, encore là, des crédits qu'on recevrait, qu'on ne serait pas
capables de les allouer en lien avec le personnel, les enjeux, etc... Ça fait
qu'écoutez, nous, là-dessus, on travaille beaucoup plus sur notre fluidité,
mais Dr Bleau pourrait certainement compléter, là, ma réponse là-dessus.
M. Bleau (Pierre) : Ce qui
est important de comprendre, c'est qu'il y a beaucoup de gens qui attendent
puis, parfois, qui sont dédoublés dans des listes d'attente qu'on a. Ça fait
que nous, on a d'abord le souci de vous donner un bon chiffre des gens qui
attendent, parce que souvent le chiffre combine première, deuxième ligne. Donc,
ça veut dire que les gens qui attendent en deuxième ligne ont déjà un service.
Ça, c'est un exemple.
La deuxième chose aussi que vous devez
comprendre, c'est qu'on a toujours l'habitude de penser en... quand on parle de
problèmes de soins psychologiques au Québec, à dire : Ah! il faut voir un
psychiatre, il faut voir un psychologue. D'abord, il faut augmenter la <pertinence...
M. Bleau (Pierre) :
...il
faut augmenter la >pertinence de qui doit être vu au bon moment, et où,
et par qui. Il y a une dizaine de professionnels, vous savez, qu'on peut
recruter, là. Je parle de travailleurs sociaux, d'ergothérapeutes,
d'infirmières. On projette d'engager des infirmières praticiennes en santé
mentale qui peuvent voir des patients, là, sans avoir nécessairement à attendre
de voir un psychologue ou un psychiatre.
Vous devez savoir aussi que, dans le
nombre de gens qui ont des soins psychologiques à recevoir au Québec, il y a
une bonne partie de ces gens-là qui n'ont pas besoin du concept de
psychothérapie. En fait, si on prend le modèle de l'Angleterre, parce qu'on
veut investir dans le PQPTM, puis c'est probablement ce à quoi vous faites
référence, tu sais, au niveau des mécanismes d'accès, celui qui est
l'initiateur de ce projet-là en Angleterre va nous dire... puis c'est David
Clark, c'est un psychologue très connu, il va nous dire : Les gens qui
souffrent, en soins... qui souffrent de problèmes psychologiques, 10 % ont
des besoins de psychothérapie.
Donc, c'est pour ça que nous, on investit
d'abord dans une prise en charge rapide, une évaluation rapide pour envoyer le
patient ou les gens qui en ont besoin dans le bon secteur. Puis on compte aussi
sur toutes sortes de technologies émergentes, comme... comme se servir du
numérique, par exemple. On a investi dans un programme de santé mentale
numérique où les gens peuvent être accompagnés par des accompagnateurs, si vous
voulez, à faire des devoirs pour mieux prendre en charge à la fois leur santé
puis diminuer leurs souffrances.
Donc, ça, c'est important. Là, actuellement,
on est dans un virage parce qu'on ne peut pas continuer de faire la même chose
avec plus, là. Comme vous savez, on veut faire plus, mais augmenter la
pertinence de nos références, augmenter la validité de nos programmes,
décloisonner aussi des professions, parce qu'il y a encore beaucoup de gens,
même dans le réseau, qui ne connaissent pas tous les services qui peuvent être
offerts.
Il y a des gens qui vont référer directement
à un psychiatre, alors que, moi, dans ma pratique, là, ça fait 32 ans que
je pratique la psychiatrie, je vous dirais, en milieu spécialisé, il y a
peut-être 30 % à 40 % des gens que je voyais qui n'avaient pas besoin
de me voir, en fait. Donc, c'est en augmentant la pertinence... Et c'est pour
ça que, cette année, on a lancé les mécanismes d'accès, justement, en santé
mentale pour revoir, avec des équipes interdisciplinaires, la pertinence de
bien envoyer les patients dans les bons services, et on souhaite assurément,
là, diminuer les listes d'attente.
Par contre, je voudrais vous dire qu'un
indicateur, juste un chiffre... Moi, j'ai toujours... je dis à la blague :
J'ai toujours 300 courriels à recevoir, là, mais il faut voir aussi
comment les gens sont pris en charge puis combien ont été vus là-dedans, parce
que c'est sûr qu'on peut traiter quelqu'un, mais il faut comprendre aussi qu'il
n'y a personne, là, qui veut qu'un chiffre demeure constant, et il y a un
certain roulement qu'on aimerait démontrer dans nos indicateurs. Voilà.
M. Paré (Daniel) : Je sais...
Mme Lakhoyan Olivier : Oui,
allez-y, c'est beau, allez-y.
Le Président (M. Caron) : Il
reste 40 secondes.
M. Paré (Daniel) : C'est que
j'ai... On a le CIUSSS de l'Est-de-l'Île qui avait peut-être une expérience à
partager, mais peut-être qu'il n'aura pas assez de temps.
M. Fortin Verreault (Jean-François) :
Oui, bien, je peux, rapidement, donner un exemple concret autour de ça. On
avait une liste d'attente de 2 200 patients en attente d'un premier
service. On a réussi à passer à 400 patients avec un délai en
18 jours. Donc, les méthodes que Dr Bleau évoquait tout à l'heure,
là, ça s'appelle le programme ELAN. On a réussi à mobiliser l'ensemble des
professionnels reliés au dossier, puis ça nous a permis vraiment de faire une
prise en charge puis de donner le premier service de façon pertinente et
adaptée selon les besoins des patients, là, à l'intérieur de ce temps-là. Ça
fait qu'il y a moyen d'actualiser ça, là. Tu sais, je voulais juste donner la
lunette terrain avec comment on le fait, puis comment on donne accès aux
services, puis, si vous avez d'autres questions, là, on pourra rentrer dans
l'autosoin puis dans...
Le Président (M. Caron) : On
pourra... Désolé de vous interrompre. On pourra y revenir plus tard si
nécessaire. Je cède la parole à Mme la députée d'Huntingdon.
• (15 h 10) •
Mme Mallette : Merci, M. le
Président. Super. Je pense que, depuis le début, on s'entend tous pour dire que
la main-d'œuvre est vraiment un enjeu clé, un enjeu qui est conséquent, surtout
pour les cas graves puis les cas chroniques. Donc, on parle vraiment, là, des
psychiatres à ce moment-là, puis j'ai... Dans ce qu'on a eu comme information,
puis, notamment, même dans le plan d'action, on démontre qu'il y a une certaine
problématique qui s'accentue en région.
Je m'explique. Exemple, dans la région de
Montréal, on parle de 26 psychiatres par 100 000 habitants. Dans
la région de Québec, on est à 23. Puis on n'a pas besoin d'aller très loin pour
se rendre compte qu'à Laval on est rendus à sept psychiatres par 100 000 habitants.
Puis j'imagine que, si on va vraiment un peu plus éloignés encore des grands
centres, bien, la variabilité est peut-être même encore plus importante, puis,
sans doute, même d'un RLS à l'autre, donc pas juste d'une région à l'autre.
Puis j'ai remarqué qu'au
paragraphe 74 du plan d'action du ministère, au point 1, on parlait
de réviser l'attribution des plans d'effectifs médicaux, les PEM, en psychiatres
et les postes <réseaux...
Mme Mallette :
...on
parlait de réviser l'attribution des plans d'effectifs médicaux, les PEM, en
psychiatres et les postes >réseaux. Est-ce que vous pouvez me parler
comment qu'on va attribuer maintenant ces effectifs-là ou, en fait, comment ils
le sont présentement? C'est quoi, les critères? Est-ce qu'il y a des incitatifs
pour amener les psychiatres en région? Comment ça fonctionne?
M. Paré (Daniel) : Si vous me
permettez, M. le Président, Dr Bleau pourrait certainement, là, débuter,
là, un premier jet de réponse, mais, encore là, selon... selon... On a aussi M. Martin
Forgues qui travaille directement sur les notions des plans des effectifs
médicaux aussi.
M. Bleau (Pierre) : Bien,
merci de la question. M. le Président, quand on a fait le plan d'effectifs 2020-2025
pour la spécialité, là, j'ai participé à cette œuvre-là, puis ce que vous devez
savoir, c'est qu'il ne manque pas de psychiatres au Québec. Ils ne sont juste
pas aux bonnes places puis, souvent, ils ne veulent pas nécessairement faire
tout ce qu'on veut qu'ils fassent, bon, mais, ceci dit, ce que j'aimerais que
vous sachiez, c'est qu'on a 14,5 psychiatres par 100 000 de population,
puis c'est l'équivalent de ce qu'on va retrouver en Australie, en
Grande-Bretagne, puis même plus que ce qu'on va retrouver aux États-Unis.
Toutefois, depuis trois ans, quatre ans,
on a un problème de rétention, là, et d'attractivité, là, comme pour le reste
des ressources humaines. On a aussi des jeunes, nouveaux psychiatres qui
cherchent à avoir des conditions de pratique agréables, puis nous, bien, notre
rôle puis la mobilité qu'on va... qu'on a prise depuis un an, deux ans, en
fait, c'est de faire le tour, justement, pour rehausser le leadership puis les
stratégies, là, d'intégration des psychiatres dans le réseau. Il y a 1 200 psychiatres
inscrits au tableau, 1 274, là, puis moi, j'ai à peu près 200 postes
de disponibles.
Donc, c'est certain qu'il y a une fuite
vers le privé qui est inquiétante, puis on n'a pas moyen de contrôler... Quand
vous dites qu'il y a neuf psychiatres à Laval par 100 000 de population,
bien, je vous dirais, il y a 33 postes de disponibles à Laval, actuellement,
il y a 22 psychiatres adultes, là, prenons les psychiatres adultes, mais
les psychiatres qui travaillaient pour un PEM complet, là, à Laval, bien, ils
sont en privé autour de Laval aussi. Ça fait que, quand on regarde... si on
regarde le cumul de ça, bien, c'est une chose. On sentait, il y a deux ans,
qu'on avait un problème de répartition. On a créé, à ce moment-là, des
regroupements pour que chaque regroupement puisse aider le réseau. Donc, on a
créé quatre regroupements, mettre des établissements ensemble pour que les
établissements puissent s'aider aussi dans leurs manœuvres.
Quand vous parlez de PEM réseau, vous
parlez de PEM... Il y a des PEM réseau obligatoires puis il y a des PEM réseau
facultatifs, là. C'est-à-dire que, sur le plan d'effectifs, par exemple,
prenons Laval parce que vous le citez, bon, bien, moi, j'ai... il manquerait
neuf psychiatres, par exemple, là-bas, bien, dans les critères d'attribution
d'un plan réseau facultatif, bien, Laval demeure fiduciaire de son PEM, de son
poste, mais on peut organiser, avec une région universitaire ou, par exemple,
l'Université de Montréal... où un psychiatre serait intéressé à faire une
pratique de 80 % à Laval, mais, d'abord, peut-être, 20 % où il peut
contribuer à des activités universitaires.
Donc, on pense que ça, ça peut être un
incitatif. On est aussi en train de négocier avec les syndicats, là, pour avoir
justement des activités obligatoires, est-ce qu'il n'y aurait pas lieu de
penser à des rémunérations graduées ou partagées, le différencier, mais il y
avait ces incitatifs-là voilà 20 ans. On est dans d'autres aspects. Donc,
on pense qu'on peut réussir, puis réussir à attirer ou réintégrer nos
psychiatres qui ont fui les réseaux, justement, parce que c'est certain que
plus on voit les gens aller dans des secteurs plus nichés, si vous voulez,
bien, plus ça donne de poids ou une lourdeur à ceux qui travaillent dans le
réseau.
Donc, effectivement, ce que vous
soulignez, ça a été ma première préoccupation le lendemain de mon travail au
ministère, puis je vous dis qu'on veut travailler pour que ça change.
Mme Mallette : Bien, je suis
très heureuse d'entendre ça. J'ai une petite sous-question, à savoir est-ce que
vous pensez maintenir la rémunération majorée selon l'identification de
certaines... Je pense qu'il y a huit catégories, de 0 à 7, pour régions
éloignées. Est-ce que vous pensez maintenir ces primes-là?
M. Paré (Daniel) : Écoutez,
je vais débuter un projet de réponse, puis vous comprendrez que ces notions-là
doivent être négociées avec les fédérations médicales, qui sont des
organisations négociantes pour les médecins. Encore là, quand on négocie au
niveau... avec les fédérations médicales, on veut faire un peu de... j'appelle
ça du dirigisme, pour, justement, amener ces médecins vers des endroits où est-ce
que c'est plus difficile, puis effectivement la notion de prime ou de
bonification salariale est certainement quelque chose d'important, mais...
Ça fait que je vous répondrais, là, que
c'est définitivement une stratégie que le ministère, là, pourrait justement
utiliser, mais vous comprendrez que je ne peux pas vous en dire plus
spécifiquement, là, à votre <question...
M. Paré (Daniel) :
...mais
vous comprendrez que je ne peux pas vous en dire plus spécifiquement, là, à
votre >question. Ce qu'il faut savoir, c'est que l'entente ou le
protocole d'entente avec les deux fédérations médicales sont terminés, là,
depuis le 31 mars dernier. Donc, on va débuter bientôt, justement, le
processus de négociation, mais, lorsqu'on fait ça, bien, vous comprendrez
qu'effectivement on regarde la situation par spécialité. C'est un indicateur
hyperimportant qui nous aide à, justement, faire du dirigisme un peu comme...
Mme Mallette : Maintenant, on
va demeurer en région, on aime ça aller ailleurs, comment qu'on fait... parce
qu'on s'entend que, si on va dans certaines régions où est-ce qu'il n'y a pas
de transport en commun, que la mobilité est difficile tant pour les usagers qui
ont besoin des services de santé, mais aussi pour les médecins, pour les
psychiatres... Comment qu'on fait... Donc, ça rajoute un enjeu de plus, là,
pour rejoindre cette clientèle-là qui n'est déjà peut-être pas tout le temps
facile à aller rejoindre. Est-ce que vous avez envisagé quelque chose pour
rejoindre les gens plus en région? Est-ce qu'il y a un plan pour rejoindre,
pour faciliter, dans le fond, l'accès à ces services de santé là en région?
M. Paré (Daniel) : Vous savez
qu'au niveau des services à la population les CISSS et les CIUSSS ont une
responsabilité populationnelle, hein? Ça fait que ça, c'est justement d'offrir
des services avec la caractéristique... un peu comme l'exemple que vous
mentionnez, là, une région plus rurale versus urbaine, donc, d'adapter des
services. Et, avec votre accord, M. le Président, je pourrais demander au
CIUSSS de la Capitale-Nationale, qui vit les deux dualités, notamment avec un
territoire que vous connaissez bien, Portneuf et Charlevoix... peut-être que M. Thibodeau,
là, pourrait donner, peut-être, des exemples.
Le Président (M. Caron) : Ça
m'intéresse beaucoup.
M. Thibodeau (Guy) : Oui,
merci, M. le Président. Bien, nous, dans notre région, effectivement, là, on
a... on vit des réalités, là, avec Charlevoix, Portneuf, qui sont une partie de
la Capitale-Nationale. Donc, on a une petite unité de psychiatrie dans
Charlevoix parce qu'on a... comme on disait, on a un hôpital. Du côté de
Portneuf, on est en train de développer actuellement tout l'hôpital à domicile,
donc un concept qu'on a implanté à Québec, mais... Québec métro, mais qu'on va
expérimenter en région plus rurale.
Puis je vous dirais aussi que, dans le cas
de notre réseau, plus pour l'est du Québec, nous, on a des ententes de services
avec les collègues de la Côte-Nord, pour la psychiatrie adulte, à la fois pour
le volet psychiatrie, mais aussi pour le volet soutien professionnel, et on est
un centre universitaire, donc, pour aussi certaines stratégies d'intervention
et de gestion. On a des ententes avec Gaspésie—Les Îles-de-la-Madeleine
pour le volet plus pédopsychiatrie, mais la Côte-Nord, c'est aussi la
pédopsychiatrie.
Mais, au-delà de l'accès à un médecin
spécialiste, il y a tout le soutien aux équipes de première ligne qu'on essaie
de mettre en place aussi pour être capables de bien soutenir les régions. Si
vous regardez les listes d'attente, actuellement, c'est tout à leur avantage,
là. Souvent, ces régions-là ont des plus petits délais d'attente que nous, mais
on le traite, là, dans le fond, en toute équité, c'est-à-dire que, peu importe
le lieu de résidence de la personne, bien, nous, on intervient pour être
capables de répondre aux besoins premiers, là, dans un délai qui est
respectable.
M. Paré (Daniel) : Si je peux
bonifier, on sait aussi, là, que la... avec l'apprentissage... mais ça existait
avant, mais, avec l'apprentissage, là, de la pandémie, tout le volet de télésanté
s'est quand même... s'est quand même bien développé, là, entre les grands
centres universitaires et les régions. Dr Bleau, si vous avez quelques
exemples à nous partager ou si vous voulez développer plus sur cet angle-là...
• (15 h 20) •
M. Bleau (Pierre) : Bien, en
fait, je vous dirais... Bien, merci, M. Paré, mais je vous dirais, M. le
Président, que ce qui est important de voir, c'est que cette agilité-là, là,
elle nous permet aujourd'hui de faire une commission parlementaire avec
visioconférence. Moi, je suis chez moi, là, à Montréal, puis je peux vous
parler. Cette même efficacité-là, on la retrouve de plus en plus en clinique.
Donc, les régions éloignées vont se sentir
moins isolées. On a à mettre sur pied, puis on l'a déjà fait, là, des cliniques
qu'on dit ECHO. Donc, c'est des cliniques où des gens se réunissent pour
discuter des situations difficiles, par exemple. Donc, les gens de partout sont
invités dans ce qu'on appelle le modèle de clinique ECHO. Donc, c'est du
télémentorat puis ça permet aussi de démocratiser les connaissances
surspécialisées que certains centres peuvent avoir.
Donc, c'est un modèle qui vient des
États-Unis. C'est un modèle qui assure que, justement, des régions plus
éloignées, bien, ont des contacts fréquents avec des spécialistes ou des gens
qui ont plus d'agilité dans des secteurs particuliers, puis ça démocratise et
ça rend aussi plus compétents les gens qui ont peut-être des niches moins
fréquentes. On l'a fait, par exemple, pour les troubles <alimentaires...
M. Bleau (Pierre) :
...niches
moins fréquentes. On l'a fait, par exemple, pour les troubles >alimentaires,
comme vous savez...
Le Président (M. Caron) : Je
suis désolé de vous interrompre. C'est malheureusement le temps qui nous est
accordé pour ce bloc-là.
Je cède la parole... On se dirige
maintenant vers la deuxième opposition. Je cède la parole à Mme la députée de
Sherbrooke.
Mme Labrie : Merci, M. le
Président. Je vais revenir avec vous sur la question de l'hébergement parce
qu'il manque plusieurs réponses, à mon sens, puis c'est quand même majeur, là.
On le voyait, dans les chiffres qui ont été présentés par le CIUSSS de l'est de
Montréal, c'est au-dessus de 20 % de taux d'utilisation des lits par des
gens qui ont fini de recevoir des soins, c'est préoccupant. Ma collègue, tout à
l'heure, vous a demandé combien de places d'hébergement étaient en
développement actuellement dans les différents types d'hébergement. Vous n'avez
pas donné de chiffre. Vous avez plutôt parlé du travail de cartographie que
vous êtes en train de faire. Est-ce que ça veut dire qu'il y a zéro place en
développement, que ce soit en RI, en RTF, en OBNL d'habitation, en centre de
réadaptation?
M. Paré (Daniel) : Bien, M.
le Président, je vais débuter, puis, après ça, peut-être qu'au niveau des
établissements ils pourront compléter.
Il y a eu des... Au cours des dernières
années, il y a eu du financement qui a été... qui a été donné, là, où nous, on
appelait plus... au niveau des... justement, au niveau des niveaux de soins,
là, alternatifs. Encore cette année, là, c'est plus de 128 millions pour
justement s'assurer que les jeunes ne soient plus hospitalisés, qu'ils soient
au bon endroit, et là il y a eu beaucoup de places. Encore récemment, là... des
rencontres, là, je dirais, régulières avec les établissements, où est-ce qu'on...
où est-ce qu'on leur demande de dire : Bien, quels seraient justement vos
projets pour diminuer...
Mme Labrie : Non, mais moi,
je ne vous demande pas les... Je vous demande combien de places sont en
développement. Est-ce que la réponse, c'est zéro? Parce que, tout à l'heure,
vous n'avez pas donné de chiffre. Est-ce qu'il y a des places en développement?
M. Paré (Daniel) : Je peux
vous donner l'exemple... Bien, je demanderais peut-être aux deux établissements
parce que je sais qu'ils travaillent, eux autres, sur des places en
développement. Ça, c'est quelque chose de continu.
Mme Labrie : Mais les deux
établissements, par exemple, on sait qu'ils ont un projet, puis, tout à
l'heure, vous avez répondu que le projet était encore à l'étude, alors que ça
date depuis 2022 au minimum, le dépôt de ce projet-là. Combien de temps ça
prend pour étudier un projet comme ça?
M. Paré (Daniel) : Bien,
encore là, en termes de demandes, dépendamment du projet, mais il y a quand
même eu d'autres choses, là... C'est parce que je pense qu'il y a beaucoup de
places d'hébergement qui sont développées en parallèle. Je vois que les
collègues du CIUSSS de l'Est-de-l'Île-de-Montréal, au niveau de... vous, de
votre planification du nombre de places...
M. Fortin Verreault (Jean-François) :
Oui, peut-être pour entrer, là... Nous, on a ouvert récemment 25 places
de développement, là, en ressources intermédiaires, donc, puis on est en... on
est en attente puis en discussion avec le ministère, là, par rapport à la
transformation de places. Juste pour situer... On a, historiquement, beaucoup
de places qui étaient de type ressources familiales, donc, des gens, là, qui
ont hébergé... puis, cliniquement, ça ne représente plus tout à fait ce qu'on a
de besoin. Donc, on a plus besoin des ressources intermédiaires. Ça fait qu'on
est en train de faire la migration de ce parc-là avec... Quand il y a une
fermeture d'une ressource de type familial, là, puis qui est conforme, puis
qu'on est capables de bien s'occuper des gens qui sont là, on... ça nous... le
budget qui se libère nous permet d'ouvrir des ressources intermédiaires
supplémentaires puis de mieux répondre aux besoins de ce côté-là.
L'autre aspect qui... Peut-être juste
compléter, puis je vous écoute par la suite, l'autre aspect sur lequel on
travaille beaucoup, c'est d'essayer d'améliorer ce que je vais dire... la
fluidité du parc puis d'avoir plus de succès dans la réadaptation des gens qui
ont des problèmes de santé mentale graves, parce qu'actuellement on les
accueille, on les héberge, puis notre processus pour les ramener vers une vie,
je dirais, qui est plus normale, on n'est pas encore assez bons. Ça fait que,
cliniquement, on travaille ces aspects-là très concrets avec les équipes
cliniques, les infirmières, les ergos, les physiothérapeutes, les psychiatres
pour essayer d'encadrer puis d'aider au retour vers un hébergement, là,
régulier, je le dirais comme ça, ce qui va nous aider dans la disponibilité des
places.
Mme Labrie : Oui, je vous
entends, mais ma question, c'est vraiment pour le ministère, parce que je
trouve ça quand même particulier que vous vous soyez préparé pour cette
audition puis que vous... puis c'est parce que c'était un des éléments majeurs,
là, du rapport, là. Comment se fait-il que vous ne sachiez pas combien il y a
de places d'hébergement en développement, alors que c'est quand même identifié
comme une lacune importante actuellement dans les services?
M. Paré (Daniel) : Parce
qu'aujourd'hui la responsabilité première du développement des places, en lien
avec leur responsabilité populationnelle, c'est aux établissements, et ils
travaillent...
Mme Labrie : Mais vous les
financez, quand même?
M. Paré (Daniel) : Oui, on
les finance soit au niveau des budgets... des budgets annuels, lorsqu'on... lorsqu'il
se développe des budgets. Ça, je vous parlais de 128 millions, là, qu'on a
encore... qu'on a encore financé, mais on adapte le financement aux besoins, et,
un peu à l'exemple que M. Verreault mentionne, c'est qu'on ne peut pas
faire une planification mur à mur, encore là, et c'est pour ça que les
établissements travaillent sur leurs besoins, et là, là-dessus, le ministère...
le ministère est plus... est plus en soutien, soit par des... soit par des
budgets, là, ou bien en <partage...
M. Paré (Daniel) :
...est
plus en soutien soit par des... soit par des budgets, là, ou bien en >partage,
justement, des bonnes pratiques.
Mme Labrie : Le travail de cartographie
que vous faites actuellement pour identifier les besoins, il a commencé quand
et il est prévu se terminer quand?
M. Paré (Daniel) : ...si Dr Bleau
peut... vous pouvez répondre à la question, puis, après ça, je peux compléter.
M. Bleau (Pierre) : Oui, bien,
en fait, pour mettre votre questionnement... Quand on parle du nombre de
places, là, j'ai répondu un peu plus tôt, tantôt, qu'il y avait un nombre de
places, mais qu'on parle de quelle clientèle, là... Quand vous parlez de
troubles graves, moi, j'ai peut-être une dizaine de clientèles qui sont des
troubles graves. On veut insister beaucoup sur le rétablissement aussi. La
notion de rétablissement, dans les équipes, n'a pas été tout à fait bien
comprise, là. C'est-à-dire qu'on passe d'un goulot d'étranglement à un autre,
si vous voulez.
Ça fait qu'on pense que le rétablissement
puis la réintégration sociale, c'est par là qu'on va passer pour, justement,
spécifier les gens, là, qui sont... qu'on dit NSA ou qui n'ont pas de niveau de
soins. Puis la cartographie que, moi, j'ai vue... Quand je suis arrivé au
ministère en 2019 puis j'ai été mis au courant, au mois d'août 2019, qu'il y
avait déjà un projet, qui avait été de cartographier Montréal, de voir que les
parcs d'hébergement qui étaient gérés par les CIUSSS de l'est et l'ouest de
Montréal devaient se faire... Puis, comme M. Paré l'a dit, bien, chaque
établissement, maintenant, CIUSSS et CISSS, ont leurs responsabilités
populationnelles, mais les autres CIUSSS de Montréal revendiquaient la même
chose. Ce n'est pas simple. Si ça avait été simple, on l'aurait fait.
Mme Labrie : ...de quatre
ans... Donc, ça fait plus de quatre ans que le travail de cartographie est
amorcé. Quand va-t-il se terminer?
M. Bleau (Pierre) : Bon,
bien, le travail de cartographie à Montréal a été déposé en mars 2020, la
journée où la pandémie a été annoncée, et, avec la coordination, j'ai révisé,
au printemps... pas au printemps... bien, c'est, oui, au printemps 2023...
de redébuter les travaux, là, pour qu'on puisse finaliser ce projet-là. Et il
faut que vous compreniez aussi qu'il y a une notion de gestion de changement
aussi dans la façon de gérer un parc, et ça, sur le plan administratif, ce
n'est vraiment pas simple.
Mme Labrie : Puis là en...
M. Bleau (Pierre) : Il y a aussi,
comme je disais... il y a aussi, comme je disais, l'attraction ou
l'attractibilité aussi de partenaires, hein? Ce n'est pas tout le monde qui
lève la main, là, pour des ressources de type intermédiaire et familial, pour
nous aider.
Mme Labrie : Je comprends,
mais ça, c'est un enjeu qui est différent de cartographier les ressources
existantes et les besoins. Là, on a discuté de deux demandes de financement
pour l'ajout de places par les deux établissements qui sont ici avec nous
aujourd'hui. J'aimerais savoir combien de demandes financières pour des ajouts
de places sont à l'étude au ministère de la Santé et des Services sociaux
actuellement à l'échelle du Québec.
M. Paré (Daniel) : C'est en
continu, mais, dans le processus, lorsqu'on parle d'hébergement, disons, d'une
RI, une construction, ça passe dans le processus du programme québécois des
infrastructures. Ça fait qu'encore là, dans le processus, il est présentement
en cours. Les établissements fournissent leurs demandes. On regarde, avec,
justement, l'espace, là, qui... que nous avons...
Mme Labrie : Combien de
demandes sont dans le processus?
M. Paré (Daniel) : Moi
personnellement, je n'ai pas la réponse. Je pourrais... je pourrais vous
fournir la réponse, là, peut-être, à la commission, là, parce que c'est une
direction qui est juste en immobilisations par rapport à ça, cette question.
Mme Labrie : Il a été
question, tout à l'heure, du projet de, je veux dire, réinsertion dans la
communauté de personnes qui vivent en RI. Vous avez parlé, là, de fluidité.
Qu'en est-il de rajouter des places en RI? Parce que, là, on a un établissement
qui nous mentionne que c'est le type de milieu qui est le plus adapté, là, aux besoins
des patients. Actuellement, combien de places en RI vous prévoyez rajouter?
• (15 h 30) •
M. Paré (Daniel) : ...toujours
pour le Québec ou par établissement?
Mme Labrie : Je vous parle du
Québec. Je parle, au ministère, pour le Québec.
M. Paré (Daniel) : OK, mais,
encore là, il n'y a pas de planification de développement comme nombre de
places de CHSLD. On reçoit les demandes. Il y a de l'évolution. On est en
pleine gestion de changement et, encore là, on analyse les demandes, justement,
dans le cadre du processus, là, budgétaire, d'année en année, et c'est là qu'on
alloue comme un nouveau budget, et, encore là, comme je vous mentionnais, là,
récemment, là, notamment dans la région de Montréal, bien, lorsqu'on vit une
situation plus difficile, bien, on regarde le nombre de places, des fois, des
achats de places, et moins de...
Mme Labrie : Mais, écoutez,
quand on le voit dans le réseau...
M. Paré (Daniel) : Là, c'est
plus temporaire.
Mme Labrie : Quand on voit
que, dans un hôpital, il y a un nombre important de places qui est occupé par
des personnes qui devraient être en CHSLD, on fait un plan pour développer des
places en hébergement de longue durée. Là, vous, vous voyez qu'en santé mentale
il y a un nombre important de places occupées par des personnes qui ne
devraient plus être là. Comment se fait-il qu'il n'y ait pas de plan pour créer
des places ailleurs pour les sortir de l'hôpital?
M. Paré (Daniel) : Je pense,
encore là, je vais débuter, puis Dr Bleau... Quand on parlait de continuum
de services, dans le fond, il faut que l'usager soit au bon endroit, aux bonnes
places, puis il y a un changement de culture... On hospitalise encore trop. Et,
au niveau des résidences, on doit s'assurer ultimement que, dans le cadre de la
réadaptation, les gens puissent retourner, entre guillemets, en <communauté...
>
15 h 30 (version révisée)
< M. Paré (Daniel) :...ultimement,
que, dans le cadre de la réadaptation, les gens puissent retourner, entre
guillemets, en >communauté. C'est pour ça qu'il est en... Tu sais, c'est
moins... comment je pourrais dire ça, c'est...
Mme Labrie : Mais moi, je
vous demande pourquoi il n'y a pas de plan.
Le Président (M. Caron) :
Désolé
de vous interrompre. C'est tout le temps dont nous disposions pour votre bloc.
Donc, je vais maintenant céder la parole
au député de Rousseau pour 11 minutes, environ. M. le député.
M. Thouin : Merci, M. le
Président. D'abord, merci d'être présents, les gens du VG, les gens de la Santé
et des CIUSSS. D'abord, je veux vous dire que j'apprends beaucoup puis j'apprécie
ma présence. C'est évidemment... c'est votre quotidien à vous autres. Pour moi,
c'est très complexe. Je n'y connais absolument rien et j'essaie de patauger
pour essayer de comprendre le mieux possible.
Donc, rapidement, peut-être, ce que je
comprends, le premier constat, c'est l'accès à l'information nécessaire pour
une prise en charge efficace. La réponse à ça, c'est le DSN, Dossier santé
numérique. C'est le principal...
M. Paré (Daniel) : C'est le
principal outil informatique qui va vraiment nous aider à partager. Le deuxième
point, c'est la loi n° 5, qui a été adoptée en avril,
sur le partage des renseignements personnels. Et, bien sûr, bien, vous le
savez, il y a un autre projet de loi à l'étude présentement avec la création de
Santé Québec, selon le résultat, là, des travaux. Il y aura aussi, là... ça
pourrait... selon ce qui serait adopté, pourrait amener aussi, là, une facilité
d'échange d'informations, parce qu'on sait que c'est beaucoup en lien avec les
établissements. Aujourd'hui, on en a 34. Selon, encore là, selon la volonté des
parlementaires, bien, le projet qui serait adopté amènerait des changements
mais qui nous amèneraient certainement, là, des facilités en termes de partage
d'informations.
Je ne sais pas si mes collègues de CIUSSS
de l'Est-de-l'Île voudraient...
M. Fortin Verreault (Jean-François) :
Oui, je peux compléter également, là. De notre côté, premièrement, pour s'assurer
de la fluidité d'informations, là, dans l'ensemble de l'Est-de-l'Île, on s'assure
que les professionnels de la santé sont capables d'avoir accès à l'ensemble des
dossiers dans les différents réseaux locaux de services. Je m'excuse, là, tu
sais, on est découpés un peu, puis ça fait... Il n'y a pas encore un dossier
unique, mais chaque personne, chaque clinicien est capable de valider l'information,
pour quelqu'un qui utiliserait les services sur l'ensemble du territoire. Donc,
ça, on l'assure.
Puis on est en travaux pour migrer, là, d'ici
un espace de 18 à 24 mois, vers, pour l'Est-de-l'Île, un dossier unique
dans nos points de service. Mais ce ne sera pas les points de service,
évidemment, de l'ensemble de Montréal. Ça fait qu'on fait des pas. On n'attend
pas le DSN, là, on fait des pas pour améliorer l'information clinique au
quotidien.
M. Thouin : Merci. Le
deuxième constat parlait plutôt des... parlait, lui, des manques de... restes
de places en hébergement. Je comprends que c'est des manques... Bon,
évidemment, comme je vous disais, là, je ne connais pas le domaine du tout,
mais je comprends, surtout en écoutant, qu'il y a évidemment divers types d'hébergements
pour divers types de clientèles, ça fait que ça fait tout un... tout un
quadrillage. Il manque d'hébergements spécialisés. Ce que ça fait, c'est que
les gens restent plus longtemps hospitalisés puis... donc il y a plus de gens qui
sont à l'hôpital puis ils restent plus longtemps hospitalisés. C'est ce que je
comprends. La réponse à ça, ce sera évidemment d'avoir plus de places,
éventuellement, mais, ça, ça veut dire plus de constructions. On sait que, des
fois, même si les budgets sont là... Moi, je suis aux Infrastructures, ça fait
que je sais très bien que, même si les budgets sont disponibles, souvent, on ne
réussit pas à dépenser l'argent ou à investir l'argent parce que les ressources
pour réaliser les projets ne sont pas... ne sont pas là ou les coûts sont
faramineux, en surchauffe actuellement.
Mais est-ce que l'hospitalisation à
domicile, c'est une bonne réponse à cet enjeu-là? Tu sais, si on n'est pas
capables d'avoir un endroit, est-ce que... tu sais? Puis j'imagine que ça...
Évidement, je suis bien conscient que ça ne doit pas s'appliquer à tous, mais j'aimerais
ça, que vous me parliez de ça un peu, là, de... tout le modèle d'hospitalisation
à domicile en santé mentale, comment ça marche? C'est-tu un modèle qui est recommandé?
Si oui, pour quelle clientèle? Pourquoi? Est-ce qu'on va le mettre partout?
Est-ce que... Comment ça se passe? Je sais que tantôt M. Thibodeau, je
pense, en a parlé, là, rapidement, qu'il y avait quelque chose de lancé à ce
niveau-là. J'aimerais ça, vous entendre là-dessus, s'il vous plaît.
M. Paré (Daniel) : M. Thibodeau,
voulez-vous commencer? Après ça, Dr Bleau pourra certainement compléter,
parce qu'en tant que directeur national de santé mentale vous comprenez qu'il
est... qu'il va être au coeur de ça. Ça fait que M. Thibodeau?
M. Thibodeau (Guy) : Oui. Bien,
merci, M. le Président... M. Paré. J'aime beaucoup votre question parce
que, tu sais, quand on parle du nombre de places, là, il faut s'entendre qu'on
parle de nos clientèles les plus difficiles. Vous voyez, pour notre région,
nous, on a développé 40 places en RI. Notre demande, actuellement, c'est
pour 60 places additionnelles. Donc, il y a des places en RI, il y a des
places plus en ressources de type intermédiaire. Parce qu'on parle d'une
clientèle... entre autres, là, nous, c'est toute la clientèle médicolégale qu'on
accueille dans une unité médicolégale. Ça fait que c'est des clientèles très
spécialisées. Par contre, les personnes qu'on aide sont aussi des citoyens. Et,
comme tout autre citoyen qui vit avec un revenu minimum, bien là il y a des
enjeux du logement qu'on connaît tous, là. Pour les aider à se maintenir dans
leur milieu de vie, on a <développé...
M. Thibodeau (Guy) :
...du
logement qu'on connaît tous, là. Pour les aider à se maintenir dans leur milieu
de vie, on a >développé, nous, ce qu'on appelle DIDD, l'hospitalisation à
domicile. Je laisserais Mme Fugère vous en parler brièvement.
Mme Fugère (Véronique) : Dr
Bleau, je vais commencer et vous me complétez ou vous voulez commencer? Parce
que c'est quand même quelque chose qu'on partage étroitement.
M. Bleau (Pierre) : Bien,
d'abord, j'aimerais donner le crédit à Québec d'avoir installé
l'hospitalisation à domicile, là, ce qu'on appelle les traitements intensifs
brefs dans la communauté, là, à domicile. Nous, on est fiers d'avoir présenté
pour la première fois au Québec, dans le plan d'action interministériel, là,
l'axe 6, que vous verrez. C'est un nouveau plateau technique où on veut
agir en amont de l'hôpital et empêcher que les patients soient hospitalisés. Il
y a des places dans le monde où l'hospitalisation en psychiatrie est peu
présente.
Quand vous parlez du nombre de places puis
de la population en hébergement, c'est certain que c'est une clientèle avec des
problèmes lourds et continus, tu sais, dans le temps, tandis que
l'hospitalisation à domicile, ça a été pensé plus pour des hospitalisations en
aigu, pour libérer quand même les hôpitaux qui, eux, peuvent prendre la charge.
Ce qui est intéressant dans
l'hospitalisation à domicile, puis on les a mis en contexte, là, d'avoir des
unités brèves d'interventions, d'hospitalisation à l'hôpital, donc les gens
restent trois, quatre jours, puis on les met en relais aussi dans la communauté
avec des équipes de crise. Donc, tout ça forme un nouveau plateau technique.
Ce que Québec a démontré quand même, c'est
qu'on augmentait la pertinence et l'efficacité des équipes de deux à trois
fois. Donc, ce n'est pas rien, là. Puis est-ce que... qu'est-ce qu'on voulait
faire avec ça? Bien, je vous dirais, au début, on avait le projet de
nationaliser ça, vraiment, d'étendre ça. Par contre, je pense que, pour bien
faire les choses, on a pris sept sites démonstrateurs. Ces sept sites-là, en
fait, sont à géométrie variable, là. On a trois centres à Montréal, dont un qui
est un institut, on a l'institut à Québec, on a le centre qui est la Mauricie—Centre-du-Québec,
Laval et l'Outaouais, là, justement pour avoir une cartographie différente, là,
d'être en milieu urbain versus rural.
Et là, actuellement, je dois vous dire
qu'on fait la fierté des projets présentés à l'IPAM parce qu'on est très en
avance, je vous dirais. Depuis avril, l'établissement de l'axe 6 se fait
bien, puis on suit vraiment, là, dans notre déploiement, là, quelque chose qui
va s'annoncer, selon moi, un succès. D'ici deux ans, on aura les données pour
modifier, si vous voulez, des projets similaires qui peuvent se présenter à
Gaspé, les Îles-de-la-Madeleine, puis des gens... ou dans des milieux plus ruraux.
Puis, bien, pour dire, je ne voulais pas
voler la parole à Véronique, mais effectivement Québec est un modèle
d'hospitalisation. Ça n'augmentera pas le nombre de places pour les patients
qui ont besoin d'accompagnement lourd. Puis on insistait beaucoup sur le nombre
de places qu'on développe. Vous savez, ce n'est pas un nombre de places qu'on a
besoin, c'est d'avoir un nombre de places cohérent avec ce que les patients ont
besoin puis un accompagnement de ces patients-là dans le bon domaine. Moi, ce que
j'aimerais, c'est que tous les gens puissent avoir des logements sociaux, puis,
à un moment donné, dans le rétablissement, bien, ces gens-là n'ont plus besoin
ou moins besoin de nous, là. C'est ça aussi qu'il faut investir au Québec. Puis,
je pense qu'on n'a pas toutes les ficelles attachées, mais, pour ce qui est de
l'axe 6, c'est certain qu'on augmente en efficacité et en pertinence.
M. Thouin : Oui, est-ce que
vous voulez compléter, madame?
• (15 h 40) •
Mme Fugère (Véronique) : Bien,
à votre question initiale — qu'est-ce que c'est? — dans le
fond, ce que ça permet, c'est de faire des services d'hospitalisation. Donc, au
lieu d'accueillir l'usager dans une structure hospitalière qui est très
costaude, on poursuit l'hospitalisation à domicile avec les proches, on évite
la rupture avec tout son tissu social, on permet le maintien dans le milieu de
vie. Donc, la probabilité de perdre son milieu de vie est beaucoup moins
importante, ça fait que, déjà là, ce sont des stratégies qui sont franchement
intéressantes.
Et on est tellement plus efficaces sur le
rétablissement de l'usager parce qu'on l'accompagne avec tous ses stresseurs de
la vie quotidienne. Ce n'est pas un traitement qui est dans un milieu un peu
plus hermétique, on le fait à travers son milieu de vie. Alors, comme Dr Bleau,
c'est une réussite de laquelle on est bien fiers, qu'on mène depuis maintenant
15 ans.
M. Thouin : Merci. On m'a dit
qu'il ne me reste plus beaucoup de temps, mais...
Le Président (M. Caron) : Il
reste 2 min 30 s.
M. Thouin : Il reste deux
minutes? Je vais essayer, rapidement, là... Bien, j'ai une question d'abord
pour M. Fortin Verreault. Vous avez dit tantôt que vous avez passé de 2 200
à 400 patients en attente de service. C'est quoi, la recette?
M. Fortin Verreault (Jean-François) :
La recette, c'est énormément de travail d'équipe. La première chose, c'est
qu'on a mobilisé tous les intervenants qui ont accepté de donner de leur temps
en temps supplémentaire volontaire et on les a formés adéquatement pour
travailler correctement au guichet. Dr Bleau parlait tout à l'heure de
l'importance de la polyvalence, là. Il n'y a pas juste un type d'emploi qui
peut faire ça. Donc, c'est vraiment les équipes cliniques interdisciplinaires
qui se sont mobilisées les équipes étaient non seulement capables d'évaluer le
besoin du <patient...
M. Fortin Verreault (Jean-François) :
...les équipes étaient non seulement capables d'évaluer le besoin du >patient,
mais également de donner, lorsque requis, un premier traitement rapide. Ça fait
qu'on a vraiment fait cette philosophie-là, puis c'est ça, mis ensemble,
maintenu dans le temps, qui nous a permis d'atteindre ces résultats-là.
M. Thouin : Bien,
félicitations. Puis j'espère que ça va se reproduire dans d'autres CISSS et
CIUSSS aussi. Les recettes à succès qui fonctionnent, il faut les... il faut
les exporter, il faut les reproduire.
Rapidement, je m'excuse, M. le Président,
je finis vite, là, mais j'ai une petite question. Je vous répète, je ne connais
pas le dossier, le domaine du tout, mais je comprenais aussi que, dans les
recommandations, là, la connaissance par les équipes concernées des exigences
légales en matière de consentement aux soins et consentement au partage
d'informations avec les proches... moi, j'ai vécu, tu sais, une histoire
d'horreur l'année passée, là. Il y a une dame, dans ma circonscription, là, son
conjoint... en fait, le fils de son conjoint... Bien, c'est une histoire qui a
été très médiatisée, là, le fils de son conjoint a assassiné son père, sa mère,
sa grand-mère à Montréal. Et la dame, moi... la nouvelle conjointe du père, qui
se retrouve, aujourd'hui seule au monde, là, m'a interpelé à plusieurs reprises
puis elle me disait : Écoute, tu sais, si on pouvait intervenir davantage,
si la famille était capable d'avoir, tu sais, une meilleure intervention...
parce qu'on essayait, nous autres, de lever... tu sais, de lever les flags,
mais, à cause de la loi, la manière que c'est fait...
Est-ce que vous pensez... Ce que je
comprends, c'est qu'il faut qu'il y ait une meilleure compréhension des
exigences légales en fonction de ça. Mais la base, là, la P-38, là, elle est-tu
bonne?
Le Président (M. Caron) : Il
reste 15 secondes.
M. Thouin : Il faut-tu la
revoir? Il faut-tu retravailler ça? Il faut-tu se pencher là-dessus? On me dit
qu'au Nouveau-Brunswick on est pas mal plus efficaces quand il y a des
dossiers. Est-ce qu'il faut regarder ça? Je vous laisse répondre.
Une voix : Dr Bleau?
Le Président (M. Caron) : Malheureusement,
malheureusement, pour être équitable, j'aurais bien aimé, moi aussi, entendre
la réponse, mais je dois mettre un terme.
Je vais céder la parole maintenant au
député des Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau : Bien, je vais
être bon prince, je vais vous donner la chance de répondre à la question de mon
collègue. Puis, comme ça, on pourra passer aux deux questions. J'ai sept
minutes. Alors, première minute, peut-être, pour la réponse?
M. Bleau (Pierre) : Oui.
Bien, merci. La première chose, c'est qu'effectivement on est à déployer, dans
le plan d'action, vous verrez, la mesure 7.5, là, un guide de bonnes
pratiques d'accompagnement pour la confidentialité auprès des partenaires, des
familles. On a eu la collaboration du CIUSSS de la Capitale-Nationale. Je vous
en remercie. Puis le programme devrait être déployé, là, d'ici la fin de...
Pour ce qui est des... La deuxième... le
deuxième volet, je ne me souviens pas. Je suis désolé.
M. Arseneau : Bon, bien, on
va passer à la question que je voulais vous poser, sur la question de
l'hébergement. En fait, si j'ai bien compris les échanges que vous avez eus
avec mes collègues jusqu'à présent, là, on sait que l'adéquation entre les
besoins puis les ressources ne sont pas... en fait, l'adéquation n'est pas
faite, n'est pas présente. Mais, si je comprends bien, on ne mesure pas très
bien quels sont les besoins, soit par catégories de patient ou par secteurs
géographiques. Est-ce que c'est la volonté du ministère, à un moment donné,
d'avoir un portrait de la situation? Puis est-ce qu'il y a un délai qui peut
être fixé pour dire : Voici les besoins aujourd'hui, puis quels peuvent
être les besoins dans trois ans, dans cinq ans, selon l'évolution de la
situation?
M. Paré (Daniel) : Bien,
écoutez, est-ce que la volonté du ministère, à travers son plan, notamment, là,
pour... Au niveau de la santé mentale, 2022-2026, vous allez voir que oui.
Dr Bleau, si vous voulez, encore là,
peut-être renchérir, là...
M. Bleau (Pierre) : Bien, en
fait... Oui. Bien, moi, je veux insister, puis c'est important, là, parce que
ce n'est pas juste de l'hébergement puis ce n'est pas juste des places. Je
réinsiste là-dessus. Puis, quand on parle aussi de la population, bien, c'est
des cartographies complexes de patients. C'est des gens qui sont aux prises
avec différents problèmes puis qui demandent aussi un accompagnement différent
puis souvent des structures d'hébergement différentes.
Donc, écoutez, ce n'est pas simple de dire :
On a besoin de tant de places d'hébergement en santé mentale, alors que des
gens qui souffrent de schizophrénie chronique résistante ont besoin d'un
accompagnement différent. On notait aussi le volet des gens qui ont des
problèmes juridiques ou, en tout cas, qui sont judiciarisés puis qui souffrent
de problèmes de dépendance puis de problèmes lourds. Et là je pourrais vous
parler, là, pendant une dizaine de minutes juste de ces différences-là. Bien,
nous, on veut faire la cartographie adéquate pour obtenir les trajectoires de
soins adéquates pour aider ces gens-là. On va être beaucoup plus en mesure...
Prenez l'exemple d'un patient qui souffre
de schizophrénie paranoïde qui est résistante puis qui n'est pas dans la
bonne... dans le bon lieu d'hébergement, sans accompagnement. Bien, on ne peut
pas penser à un rétablissement puis on ne peut pas penser non plus qu'on va
pouvoir l'aider. Ça fait qu'on mise là-dessus et on vise... Comme je le dis, on
a commencé la cartographie. À Montréal, elle est faite. Il y a quand même des
enjeux de capacité puis de complexité là-dedans. La théorie du changement, là,
vous savez, là, juste la gestion de changement de la culture, de la façon que
les gens ont de pratiquer aussi, donc, ce n'est pas simple de <répondre...
M. Bleau (Pierre) :
...que
les gens ont de pratiquer aussi, donc, ce n'est pas simple de >répondre
à ça, mais c'est l'envergure du projet qu'on a de régler ça.
M. Arseneau : Oui, mais j'ai
l'impression qu'on dévie un peu le sujet, là. Je sais que c'est complexe, et ce
n'est pas la question, puis qu'il y a différentes trajectoires, puis il y a
différentes problématiques qui sont identifiées, mais moi, je veux juste parler
de quelque chose de simple, l'hébergement. Puis de voir qu'on nous dit, dans le
rapport de la VG, qu'il y a des délais d'attente puis... si on veut offrir de
l'hébergement puis qu'on veut réduire les délais d'attente, bien, il faudrait
avoir, justement, une cartographie ou, en fait, une lecture de la situation, un
portrait, une photographie, là, et vous appelez ça une cartographie, je pense,
puis ensuite développer un plan d'action qui dit : Bien, cette année, on
va en construire 300, puis l'année d'après, ça va être 1 000, puis... Comprenez-vous
ce que je veux dire?
Si on veut simplifier, pour le commun des
mortels qui nous écoutent, qui ont besoin de services en... Je trouve que les
réponses sont plutôt évasives. C'est comme si on ajoutait à la complexité,
plutôt que nous dire : Bien, voici comment on peut simplifier les choses,
puis on est en mode solution, puis il y a du concret.
M. Paré (Daniel) : Ma
collègue Caroline...
M. Arseneau : Est-ce qu'un
délai d'attente raisonnable, c'est possible d'en fixer un, si on veut se fixer
un objectif, un délai d'attente pour l'hébergement?
M. Paré (Daniel) : Dr Bleau,
sur le délai en tant que tel, avez-vous une...
M. Bleau (Pierre) : Bien,
écoutez, on est... Comme je vous ai dit, au mois de mars, on a eu une
configuration à Montréal. On pensait... Si on n'avait pas eu de pandémie, parce
que ça nous a occupés, là, ça a été quand même jusqu'à l'été 2022, là, on
pense raisonnable de compléter ça avec la coordination d'ici un à deux ans et
de pouvoir avoir un plan d'action qui émane de ça. C'est un projet déjà
continu, ça fait qu'on est déjà dans un plan d'action de réorganisation.
Quand vous dites : On veut quelque
chose de simple, là, c'est de l'hébergement, bien, comme je vous disais, c'est
de l'hébergement complexe, parce qu'à chaque patient il y a une trajectoire
différente, puis il y a des nécessités puis des besoins différents. On veut
faire une cartographie par diagnostic, par besoin de trajectoire. On va avoir
besoin aussi de ressources scientifiques pour nous permettre de voir, bien,
qu'est-ce que c'est, les places les mieux adaptées.
Moi, je pense qu'on veut bien faire les
choses. Ça n'a jamais été fait, ça, hein, en... Moi, depuis que je suis
médecin, il n'y a jamais personne, là, qui s'est présenté en disant : On
va faire une cartographie de ce genre-là. Là, actuellement, on est en train de
la faire. Moi, je pense que j'ai bon espoir que, d'ici un an, j'aurai plus de
détails, puis on pourra plus vous présenter un plan d'action.
M. Arseneau : D'accord.
J'aimerais aborder rapidement, il reste peu de temps, la question des urgences,
là, puis de la réhospitalisation aussi, là. Les plans des deux CISSS ou CIUSSS
ne... en fait, ceux que j'ai devant moi, là, je vois ce... dans certains cas,
il y a des échéances, dans certains cas, il ne semble pas y en avoir. Est-ce
que ça prend, tu sais, un an, deux ans, trois ans pour, je dirais, passer le
message, là, qu'il faut davantage de communication entre l'interne puis
l'externe, par exemple? Je trouve que les délais sont longs.
M. Paré (Daniel) : Si vous
permettez, M. le Président, je demanderais peut-être, là, aux partenaires des
CIUSSS, là, de... qu'on parle de leurs plans en tant que tels.
Le Président (M. Caron) : Oui,
rapidement, il nous reste 50 secondes, s'il vous plaît.
M. Fortin Verreault (Jean-François) :
On est en train de le faire, on est en action sur ça, puis c'est en train
de s'améliorer en ce moment même.
M. Paré (Daniel) : M. Thibodeau.
• (15 h 50) •
M. Thibodeau (Guy) : Oui. Bien,
de notre côté aussi, on a différents plans d'action. Il faut voir... je le
rappelle, nous, nos urgences, en fait, c'est des urgences conjointes,
psychiatrique et santé physique, dans les établissements du CHU de Québec, donc
dans un autre établissement. Ça fait qu'on a tout un... des outils qui sont en
développement, là, pour faciliter ça. Il y a les... Mais, moi, je suis d'accord
qu'il faut s'activer le plus rapidement possible par rapport à ça parce qu'il y
a des solutions à court terme qui peuvent nous donner des réponses adéquates,
là.
M. Arseneau : Est-ce qu'il
reste quelques secondes?
Le Président (M. Caron) : Huit
secondes, M. le député.
M. Arseneau : Huit secondes.
Bien, je vous exprimerais simplement ma préoccupation quant à la question du consentement
puis de la compréhension ou du manque de compréhension des équipes, là, quant
aux exigences légales. Et, s'il y a des interprétations différentes, moi, je
trouve ça inadmissible.
Le Président (M. Caron) : Merci,
M. le député. Nous retournons vers l'opposition officielle. Mme la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Merci, M. le
Président. Je vais continuer sur, dans le fond, le point de ma... la collègue
de Sherbrooke. Quand vous avez terminé — je pense que c'est M. Paré — en
disant qu'il n'y avait pas de planification pour les places, je vous avoue que
ça m'a... ça m'a surprise, et je constate aussi qu'il manque d'information sur
les listes d'attente, je parle au niveau provincial. Et pourtant, quand je
lis... Puis je vous ai entendu, là, dire que ça revenait aux CIUSSS, aux CISSS
de mettre en œuvre tout ça. Par contre, quand vous avez <élaboré...
Mme Dufour :
...ça
revenait aux CIUSSS, aux CISSS de mettre en œuvre tout ça. Par contre, quand
vous avez >élaboré sur vos rôles et responsabilités, là, du ministère,
au tout début, vous avez bien... vous avez mentionné, là, que c'est
effectivement votre rôle... c'est de... le ministère, de proposer des
orientations, des politiques, d'assurer la mise en œuvre et de coordonner leur
exécution à l'échelle de la province. Comment on peut coordonner l'exécution
quand on n'a pas de plan, quand on ne sait pas combien il faut faire, quand on
ne sait pas combien qu'il faut combler? Je suis un peu... je vous avoue, là,
moi, c'est la première fois en cette... que je suis en contact avec ce
ministère et je vous avoue que je suis très étonnée de ces réponses-là. On
navigue... On semble naviguer à l'aveugle et, là, on semble, ce que j'ai
compris, compter sur les CIUSSS pour proposer des projets, mais on ne sait pas
combien qu'on a besoin, puis on les approuve. Je ne sais pas, j'essaie de
comprendre. Je ne sais pas si vous pouvez m'éclairer davantage.
M. Paré (Daniel) : En termes
de plan, c'est vraiment notre plan, au niveau 2022-2026, santé mentale, c'est
assez volumineux. En termes de plan, c'est notre base. Un peu comme Dr Bleau
puis, je pense, dans le cadre des questionnements de la commission en cet
après-midi, c'est qu'il y a un changement de culture à faire au niveau de tout
le continuum de services. Arriver avec un plan au niveau du mobilier, dire tant
de places, tant de choses, à l'heure... aujourd'hui, non adapté avec les
établissements, je crois que ce n'est pas la bonne façon. Dans le fond, c'est
pour ça que, nous, ce qu'on dit, par exemple, aux établissements, en termes
d'orientation : Le continuum est important, on doit s'assurer que les bons...
les bons usagers sont au bon endroit, on travaille sur des indicateurs. Et par
la suite... Mais on veut une gestion de proximité. On veut s'assurer que ce
plan-là ne soit pas dogmatique et que ce soit mieux adapté, un peu à l'exemple,
là, des établissements, là, que... au niveau soit urbain ou soit, là... ou soit
rural. Mais c'est pour ça...
Puis je peux comprendre le défi de dire :
Mais combien de places? Mais, si je vous annoncerais... si je vous annoncerais
un nombre de places x, je vous dirais que, la clientèle, ça nous prend des
places plus adaptées. Et surtout il faut travailler en collaboration avec nos
communautés, parce qu'ultimement on ne veut pas que les gens soient dans nos
places d'hébergement, on veut que les gens retournent en communauté. Ça fait
que c'est cette transition-là. Ça fait que c'est pour ça, là, qu'on va mettre
beaucoup plus l'emphase sur notre continuité de services.
Mme Dufour : Bien, justement,
parlons de... Vous voulez que les gens retournent dans la communauté. Bien,
actuellement, on l'a vu, là, le Vérificateur général mentionnait qu'un des
enjeux, c'était le manque de logements abordables. Et même, dans le Plan
d'action interministériel en santé mentale 2022-2026, on dit : «Un
milieu de vie est un déterminant social important de la santé.» Puis on dit
plus loin : «Avoir un logement abordable et salubre ainsi qu'une stabilité
résidentielle influencent la santé et le bien-être.» Mais... mais le ministère
n'a pas de planification sur le nombre de places, et j'imagine qu'il n'y a
certainement pas d'objectif non plus en termes de construction de logements
abordables. Je comprends que ça relève d'un autre ministère, mais on l'a vu avec
le modèle finlandais, on l'a vu avec le sommet sur l'itinérance, c'est
économique. Donc, dans le fond, ça revient moins cher d'avoir des logements
sociaux adaptés que d'avoir des gens qui se promènent dans le système.
Là, vous parlez de continuum de systèmes...
de continuum dans le système, mais, en même temps, vous voulez... c'est ça,
l'objectif, mais vous ne savez pas combien vous en avez besoin. Vous n'avez pas
les nombres de listes d'attente. Je comprends, il manque beaucoup de données,
et là, en même temps, j'entends qu'il faudrait que ça prenne... ça va peut-être
prendre un an, finaliser la cartographie qui a été commencée il y a quatre ans,
mais... oui, il y a eu une pandémie, mais, en attendant, on n'a pas de plan
d'action. Je ne peux pas croire qu'on ne peut pas faire les deux, là, en même
temps puis commencer à travailler un plan d'action, travailler, développer le
réseau, savoir où on s'en va, s'assurer d'avoir les budgets et l'ajuster quand
les données seront à jour. Mais là, à chaque année qu'on perd, c'est énorme, le
retard. Et on l'a vu, on a de plus en plus de gens qui sont dans la rue, des
gens... l'itinérance amène vers la santé mentale, des enjeux majeurs de santé
mentale. Alors, est-ce qu'on s'en va vers ça? Peut-être regarder le modèle finlandais,
essayer d'avoir plus de logements.
M. Paré (Daniel) : On l'a
dit, hein, je pense, au cours de la présentation, la clé, une des clés de la
santé mentale... le ministère de la Santé et Services sociaux, les
établissements de santé et services sociaux sont un acteur, mais, au niveau...
lorsqu'on arrive au niveau du logement, on a besoin de collaboration des
municipalités, que ce soit aussi, là, au niveau, là, du ministère au niveau des
municipalités, Habitation. Ça fait que c'est ce travail-là qu'on fait avec eux.
On a eu des beaux exemples de projets, mais aussi il y a toute la notion de
logement abordable. On parle de projets ou de développements, mais, encore là,
d'avoir un <appartement...
M. Paré (Daniel) :
...parle
de projets ou de développements, mais, encore là, d'avoir un >appartement
ou un milieu, là, un milieu... ça fait que c'est... c'est là qu'on amène cette
complexité-là. Nous, quand on parle de logements par le ministère... à
développer par le ministère Santé et Services sociaux, cette notion de
transition là, bien, on veut s'assurer qu'il soit encore là, en continuum.
Et, encore là, je peux comprendre votre
question de dire : Bien, voyons, ça en prend 100, oui, mais on joue sur le
paramètre de changement de pratiques. On veut que les bonnes personnes soient
au bon endroit. Ce qu'on s'est aperçu, malheureusement, c'est que, des fois, on
a des gens qui ne sont pas placés au bon endroit parce que c'est... ça a bougé,
un peu, l'adaptation au niveau des services, mais... et c'est pour ça qu'au
niveau du... Pour nous, l'important, c'est de suivre notre plan, mais, encore
là, de travailler avec les établissements pour... et au niveau de
l'intersectoriel pour s'assurer, s'assurer, encore là, que le travail se fasse,
pour ne pas, entre guillemets, imposer une façon qui serait, là... qui ne
serait pas adaptée à chacun des milieux.
Mme Dufour : OK. Je vais
poser la question, peut-être, aux deux CIUSSS qui sont ici présents. Est-ce
que... Vous, vous savez c'est quoi, votre liste d'attente, vous connaissez vos
besoins. Est-ce que vous avez les moyens, actuellement, pour faire
l'hébergement qu'il manque pour atteindre les objectifs d'attente que vous vous
êtes fixés?
M. Paré (Daniel) : M. Thibodeau.
M. Thibodeau (Guy) : Nous...
de notre côté, pardon, c'est 60 personnes, nous, qu'on a besoin, là,
d'hébergement de type un peu plus institutionnel, là, donc RI ou des RAC. Les
RAC, je le rappelle, c'est pour des clientèles qui ont des profils
médicolégaux, ressources intermédiaires. Ces personnes-là sont actuellement
dans nos installations, principalement en institut de santé mentale et font
partie de ce qu'on disait. Puis nos besoins sont clairs, nos demandes,
transmises, puis on est en attente, avec le ministère, de l'évaluation, là, de
la faisabilité à la fois pour les budgets de fonctionnement, mais à la fois
pour le volet construction.
Pour le reste, je le rappelle, nous, on
travaille fort avec nos partenaires du milieu pour que ces personnes-là, comme
l'ensemble de nos clientèles vulnérables puis de nos citoyens, aient, là, accès
à de l'hébergement.
Ceci étant dit, nous, on ne construit pas.
Ce qu'on s'occupe avec des partenaires du communautaire, c'est le soutien à la
personne dans son milieu de vie. Donc, c'est ça, je fais référence à tout ce
que vous ameniez tantôt par rapport à logement abordable et... comme tous les
citoyens qui... qui malheureusement ont des revenus limités et qui vivent le
marché.
Bien, nous, c'est... pour répondre... 60
places, nous, qu'on a besoin à court terme pour être capable d'aller plus loin.
M. Paré (Daniel) : Les
collègues de l'Est-de-l'Île?
M. Fortin Verreault (Jean-François) :
Oui. À l'Est... Bien, en fait, là je vais parler pour l'ensemble de
Montréal, le chiffre, en nombre de places, c'est 200. En termes de...
ajustement du niveau de service, ça peut être moins, ça peut être plus, on
parle de 150 personnes qu'on doit avoir des ressources plus adaptées. Ça
fait qu'au total, c'est... c'est ça, le portrait.
Peut-être revenir également, là, puis je
pense que ce que Guy mentionnait est très, très important, puis Dr Bleau
l'évoquait, on pense aussi avoir beaucoup de gains pour accompagner des gens
vers de l'hébergement. On le fait avec l'office d'habitation de Montréal
également lorsque possible, on connaît tous les contextes autour de ça, mais
c'est une des grandes pistes de solution, là, aussi pour développer de la
capacité.
• (16 heures) •
Puis je termine... je reviendrais, tout à
l'heure, là, on vous l'a montré rapidement, mais on réussit à diminuer les
patients qui sont hébergés en santé mentale actuellement, en proportion, donc
on est en amélioration. Mais, tu sais, on ne veut pas laisser l'impression, là,
que ce n'est pas en train de s'améliorer, là, c'est en train d'avoir des gains.
Puis on a plus de lits disponibles pour les gens qui ont des besoins aigus.
Mme Dufour : Mais il y a plus
de gens dans la rue...
Le Président (M. Caron) : Mais,
désolé, désolé, vraiment.
Mme Dufour : Ah! je pensais
qu'il me restait une minute.
Le Président (M. Caron) : En
effet, vous comprendrez qu'on vous aurait gardés encore plusieurs heures parce
qu'on avait une tonne de questions. Merci d'avoir participé à cet exercice.
Merci d'avoir essayé d'éclairer nos lanternes. Merci, bien entendu, à toute
l'équipe du Vérificateur général d'avoir été présente aussi et de nous
accompagner aussi bien tout au long de l'année en présentant des rapports qui
sont toujours extrêmement à la fois pertinents et enrichissants.
Alors, la commission suspend ses travaux
quelques minutes avant de se réunir en séance de travail afin de statuer sur
ses observations, ses conclusions et ses recommandations à la suite de
l'audition. Encore une fois, merci beaucoup pour votre participation.
(Fin de la séance à 16 h 01)