Journal des débats (Hansard) of the Committee on Agriculture, Fisheries, Energy and Natural Resources
Version préliminaire
43rd Legislature, 1st Session
(November 29, 2022 au September 10, 2025)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
Pour en savoir plus sur le Journal des débats et ses différentes versions
Thursday, November 30, 2023
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Vol. 47 N° 16
Hearing of Hydro-Québec within the framework of the examination of its “Strategic Plan 2022–2026” and “Action Plan 2035 – Towards a Decarbonized and Prosperous Québec”
Aller directement au contenu du Journal des débats
Intervenants par tranches d'heure
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Ciccone, Enrico
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Fitzgibbon, Pierre
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Tanguay, Marc
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Bouazzi, Haroun
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Bouazzi, Haroun
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Ciccone, Enrico
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Paradis, Pascal
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Fitzgibbon, Pierre
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Bogemans, Audrey
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Bogemans, Audrey
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Ciccone, Enrico
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Sainte-Croix, Stéphane
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Kelley, Gregory
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Kelley, Gregory
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Ciccone, Enrico
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Bouazzi, Haroun
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Paradis, Pascal
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Ciccone, Enrico
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Poulin, Samuel
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Kelley, Gregory
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Kelley, Gregory
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Ciccone, Enrico
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Bouazzi, Haroun
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Paradis, Pascal
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Sainte-Croix, Stéphane
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Sainte-Croix, Stéphane
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Ciccone, Enrico
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Poulin, Samuel
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Tanguay, Marc
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Tanguay, Marc
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Ciccone, Enrico
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Bouazzi, Haroun
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Paradis, Pascal
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St-Louis, François
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St-Louis, François
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Ciccone, Enrico
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Bernard, Daniel
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Kelley, Gregory
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Bouazzi, Haroun
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Bouazzi, Haroun
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Ciccone, Enrico
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Paradis, Pascal
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Bogemans, Audrey
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Poulin, Samuel
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Ciccone, Enrico
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Paradis, Pascal
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Bouazzi, Haroun
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Kelley, Gregory
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Fitzgibbon, Pierre
11 h (version révisée)
(Onze heures vingt-trois minutes)
Le Président (M. Ciccone) : À
l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission
de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles ouverte.
Je vous souhaite la bienvenue et je demande à toutes les personnes dans la
salle de bien vouloir éteindre la sonnerie de leurs appareils électroniques.
La commission est réunie afin de procéder
à l'audition d'Hydro-Québec dans le cadre de l'étude de son Plan stratégique 2022-2026
et de son Plan d'action 2035 intitulé : Vers un Québec décarboné
et prospère.
M. le secrétaire, y a-t-il des
remplacements?
Le Secrétaire : Oui, M. le
Président. M. Fortin (Pontiac) est remplacé par M. Tanguay
(LaFontaine) et Mme Zaga Mendez (Verdun) est remplacée par M. Bouazzi
(Maurice-Richard).
Le Président (M. Ciccone) : Nous
débuterons ce matin par les remarques préliminaires, puis nous entendrons
Hydro-Québec, qui fera une présentation de 15 minutes. Par la suite, nous
enchaînerons avec le bloc I intitulé : Améliorer la qualité du service.
Chaque bloc est d'une durée d'une heure et débute par une présentation de 15 minutes
d'Hydro-Québec, suivie d'une période d'échange avec les membres.
Comme la séance a débuté à
11 h 22, y a-t-il consentement <pour poursuivre nos travaux...
Le Président (M. Ciccone) :
...à
11 h 22, y a-t-il consentement >pour poursuivre nos travaux
au-delà de l'heure prévue?
M. Fitzgibbon : Je consens.
Le Président (M. Ciccone) : Vous
consentez?
M. Fitzgibbon : Oui.
Le Président (M. Ciccone) : Alors,
consentement, monsieur... Parfait. M. le secrétaire, vous allez ajuster
l'heure? Parfait.
Des voix : ...
M. Fitzgibbon : Je me
suis trompé.
Le Président (M. Ciccone) : Vous
vous êtes trompé. OK. Pas de consentement?
M. Fitzgibbon : ...puis
on va finir à l'heure prévue.
Le Président (M. Ciccone) : Vous
le prenez dans votre temps? Parfait.
M. Fitzgibbon : Je
m'excuse.
Le Président (M. Ciccone) : Ça
va être ajouté dans les temps. Merci beaucoup, M. le ministre. J'invite
maintenant le ministre de l'Économie, de l'innovation et de l'Énergie à faire
ses remarques préliminaires. M. le ministre, vous disposez de 7 min 30 s.
À vous la parole.
M. Fitzgibbon : Je vais
essayer de couper à cinq. Alors, bien, premièrement, merci à tout le monde.
Bonjour, tout le monde, les collègues de l'Assemblée nationale, le staff. Je
pense, c'est une journée importante. Je remercie aussi Michael Sabia et toute
l'équipe d'Hydro-Québec qui est ici présente, je pense qu'on donne beaucoup d'importance
à cette initiative-là.
Alors, d'entrée de jeu, je pense, je peux
dire que, tu sais, après plusieurs années de surplus énergétiques, la volonté
du gouvernement d'atteindre une carboneutralité en 2050 et aussi le
développement économique qui vient avec, toute la richesse qu'on... pour le
Québec, que ça soit la filière batterie, l'aluminium vert et j'en passe, fait
en sorte qu'on doit pratiquement doubler l'offre d'Hydro-Québec d'ici 2050.
C'est une large tâche. On n'est pas les seuls dans le monde qui veut avoir la
carboneutralité. C'est une compétition qui prend place entre... qui est très
féroce, en fait, dans toutes les nations.
Alors, notre gouvernement ne demeure pas
les doigts croisés. On a rendu public, Hydro-Québec a rendu public, un plan
d'action, qui est la raison pour quoi nous sommes ici, un plan d'action qui est
très cohérent avec nos objectifs, au gouvernement, et un plan d'action qui est
très ambitieux aussi. On parle d'augmenter, d'ici 2035, de
9 000 mégawatts la production électrique du Québec. On parle entre
autres d'augmenter de façon importante les mégawatts de production éolienne
d'ici 2035. Ça s'ajoute déjà à des projets qui ont été annoncés. Il y a à peu
près 4 000 mégawatts qui ont été annoncés, on pense au projet Apuiat,
on pense au projet Des Neiges, on pense aux appels d'offres qui ont eu lieu en
2021, il y en a eu deux, et celle de 2023. Alors, c'est clair qu'aussi on doit
augmenter les lignes de transport électrique, c'est important de produire,
c'est important aussi de transporter, et on parle d'investissements totaux, là,
si j'oublie les frais d'opération, de près de 160 milliards pour une
longue période. Donc, c'est massif comme investissement.
En plus de travailler l'offre énergétique,
évidemment, on veut aussi gérer la demande. On veut aussi s'assurer qu'on va
octroyer les projets selon une grille très, très ferme. Les projets en haut de
5 mégawatts sont maintenant assujettis à ce que le gouvernement les
autorise. Donc, avec le ministère, on a établi des grilles d'évaluation qui
sont très sophistiquées, qui sont importantes, considérant la problématique de
l'offre et la demande présentement. Vous savez, on a présentement
30 000 mégawatts de demande industrielle, alors que, selon
Hydro-Québec, on a peut-être un 500 mégawatts, plus ou moins quelques
centaines de mégawatts, d'ici 2028. Donc, il faut être très, très rigoureux.
On travaille, pour conclure, sur la
modernisation de la Loi de la Régie de l'énergie et la loi d'Hydro-Québec, un
projet que je vais vouloir déposer au début 2024, qui va permettre, entre
autres, à Hydro-Québec et d'autres entreprises énergétiques d'être plus agiles
puis d'être plus flexibles pour pouvoir obtempérer ou pouvoir atteindre l'offre
que nous voulons avoir. Donc, il faut vraiment être plus agiles si on veut
devenir carboneutre dans les délais requis. Ça va impliquer,
interministériellement, de travailler conjointement avec le ministère de
l'Environnement, le ministère du Travail et le ministère des Ressources
naturelles.
Donc, on a des très gros chantiers en
perspective, mais ça demeure une opportunité incroyable, qu'Hydro-Québec puisse
participer de façon vraiment active au développement économique du Québec, puis
aussi pour atteindre nos objectifs ambitieux de changements climatiques. Merci.
Le Président (M. Ciccone) : Merci
beaucoup, M. le ministre. J'invite maintenant le chef de l'opposition
officielle à faire ses remarques préliminaires pour une durée de
5 min 37 s. À vous la parole, M. le chef de l'opposition
officielle.
M. Tanguay : Merci
beaucoup, M. le Président. D'abord, vous saluer, M. le Président, saluer le
ministre, saluer les collègues, saluer le collègue de Jacques-Cartier,
porte-parole de l'opposition officielle en matière, entre autres, d'énergie, et
la collègue de Notre-Dame-de-Grâce, porte-parole en matière d'environnement,
saluer M. Sabia et toute l'équipe qui vous accompagne. Merci beaucoup de
venir répondre à nos questions.
Pour les remarques préliminaires, puis,
M. Sabia, vous allez nous aider, je pense, à défaire un peu ce qui est une
sorte d'a priori. Vous nous aiderez peut-être, à la fin de l'exercice, à nous
empêcher de dire : On a beaucoup plus de questions que de réponses. Je le
sais que vous n'avez probablement pas les réponses à toutes nos questions, mais,
pour avoir une carte routière, pour avoir une carte routière, vous me
dites : Ça, c'est sûr. Alors, vous me donnez <déjà la conclusion de
l'exercice...
M. Tanguay :
...vous
me dites : Ça, c'est sûr. Alors, vous me donnez >déjà la conclusion
de l'exercice. Peut-être que vous allez dire qu'on a trop de questions, mais
c'est tellement important, tellement important, notre avenir énergétique.
Quand on regarde les besoins en
électricité, M. le Président, on a vu que la CAQ... quand la CAQ est arrivée au
pouvoir en 2018, il y avait surplus d'énergie cumulé, 40 térawattheures.
On a appris, au cours du mandat de la CAQ, qu'en 2027 il n'y avait plus aucun
surplus, on était en déficit énergétique. Le premier ministre a dit, a toujours
dit, je le paraphrase, qu'on avait absolument besoin de nouvelle énergie, de
nouvelle électricité pour développer les nouveaux projets. Or, on a pu voir,
dans le plan que vous avez déposé, que la part des nouveaux projets représente
25 % du 60 térawattheures dont on a de besoin pour 2035. Donc,
25 % pour les nouveaux projets, mais 75 % de l'énergie nécessaire
d'ici 2035, c'est pour atteindre notre objectif, dans un processus d'atteindre
notre objectif de carboneutralité en 2050. Ça, c'est connu depuis 2017, c'est
l'électrification des transports, la décarbonation de nos bâtiments, décarboner
nos industries.
• (11 h 30) •
Donc, notre postulat, notre constat,
évidemment, c'est que, sous la CAQ, on a perdu cinq ans, on a pris cinq ans de
retard, et là vous devez, M. Sabia... vous avez la lourde tâche de
travailler avec cinq ans de moins en termes de prévisibilité, de moyens, de
temps pour atteindre ces objectifs-là. Ce que l'on sait, le calendrier des
échéances de besoins... Et il faut réellement analyser le dossier, le défi qui
est devant nous en se basant : Quelles sont nos échéances de besoins? Et
les échéances de besoins, nous l'avons... Évidemment, on peut voir qu'en 2027,
en térawattheures, il va nous manquer 1,1 térawattheure, en 2028, il va
nous en manquer 8, et ainsi de suite. 2032, il va en manquer 31, puis, en 2035,
il va nous en manquer 60,5, térawattheures. Alors, le calendrier, l'échéancier
des besoins, on l'a.
Maintenant, la question fondamentale :
Quel est le calendrier des livrables prévisibles? Vous avez une demande, un
besoin en électricité qu'on est capable de chiffrer jusqu'en 2035. J'aimerais
bien savoir : Qu'en sera-t-il pour répondre à ces besoins-là, basés sur un
calendrier qui nous ferait en sorte qu'en 2035 on les aura, les 60 térawattheures?
Autrement dit, l'année un, l'année deux, l'année huit, l'année 11, quelle
sera la part de l'éolien? Quelle sera la part du solaire? Quelle sera la part
de l'efficacité énergétique? Quelle sera... À un moment donné, pouf! on va
avoir un barrage, peut-être plus qu'un barrage. Quelle est la part, le cas
échéant, du nucléaire si d'aventure vous voulez aller là? Nous n'avons pas le
calendrier des livrables prévisibles, et vous devez travailler avec ça comme
objectif, de dire : Tout va s'enchaîner, puis faites-vous-en pas, on n'en
manquera pas, d'électricité.
Également, les défis nombreux. Quand on
dit ce que ça représente, c'est l'équivalent de trois de nos plus gros ouvrages
hydroélectriques, ce que l'on a de besoin d'ici... On commence à calculer sur
11 ans, là. 2024, là, c'est très prochainement. 2024-2035, c'est dans 11 ans.
On a besoin de l'équivalent, en électricité, du barrage Robert-Bourassa LG-2,
de Manic-5 et du complexe de La Romaine. Si on veut aller sur les barrages, La
Romaine, ça n'a pas pris 11 ans, ça a pris 13 ans. Alors, on aura des
questions sur votre niveau de prévisibilité et de réalisme... Là, je pense que
le mot-clé, c'est le réalisme, de dire : Allons-nous collectivement atteindre
nos objectifs en livrant tout cela, surtout dans un contexte de pénurie de
main-d'œuvre où vous dites que ça va nécessairement engager l'équivalent de
35 000 travailleurs de la construction? Quelle sera, à travers tout
ça, la part du privé et quels choix plus fondamentaux allez-vous faire pour
dire : Bon, on va aller sur tel, tel, tel élément pour répondre aux
besoins?
Ultimement, ça va engager des milliards de
deniers publics. Capacité d'emprunt d'Hydro-Québec, elle n'est pas à démontrer,
elle est démontrée, mais nous devons savoir qui va payer la facture. Alors,
soit c'est la baisse des dividendes au gouvernement, moins d'argent pour
l'État, soit c'est nos entreprises, puis le gouvernement, déjà, s'enligne vers
ça, soit ce sera le...
Le Président (M. Ciccone) : En
terminant, s'il vous plaît.
M. Tanguay : ...oui, M. le
Président, il me reste cinq secondes, soit ce sera le particulier. Beaucoup de
questions. J'espère qu'on aura des réponses. Merci, M. Sabia.
Le Président (M. Ciccone) : Merci
beaucoup, M. le chef de l'opposition officielle. Maintenant, j'invite le
porte-parole du deuxième groupe d'opposition à faire ses remarques
préliminaires, pour une durée de 1 min 52 s. À vous la parole.
M. Bouazzi : Merci, M. le
Président. Très, très heureux d'être ici, chers collègues, M. Sabia. Nous,
évidemment, on est heureux...
11 h 30 (version révisée)
M. Bouazzi : ...merci, M. le
Président. Très, très heureux d'être ici, chers collègues, M. Sabia. Nous,
évidemment, on est heureux, spécialement heureux d'être ici parce que ça fait
déjà plusieurs années qu'on demande de rencontrer... à l'époque, Mme Brochu
pour présenter le plan stratégique. Aujourd'hui, nous avons enfin le PDG d'Hydro-Québec
devant nous.
Je ne peux pas m'empêcher de remarquer que
le plan d'action ne s'appelle pas plan stratégique, mais s'appelle plan d'action,
et de remarquer que les remarques préliminaires du ministre n'ont pas fait
allusion une seule fois au plan stratégique de Mme Brochu, qui avait peur qu'Hydro-Québec
se transforme en Dollarama des multinationales étrangères. Je comprends que ce
plan d'action là est aligné avec les objectifs du gouvernement et probablement
pas avec le plan stratégique dont on ne va vraisemblablement pas parler aujourd'hui.
Donc, nous, bien, on va aborder plusieurs
sujets qui sont vraiment importants pour nous. On n'a pas beaucoup la chance de
vous avoir ici. On va essayer d'échanger avec vous sur les questions des
tarifs. Le gouvernement dit qu'ils n'augmenteront pas. On voudrait comprendre
exactement comment, même, est-ce possible. On va parler d'efficacité
énergétique et de justice, de comment cette efficacité énergétique là va se
faire. On va parler de décarbonation et des objectifs de décarbonation face à
ce qu'on va dépenser avec... avec les projets, justement, de développement
économique. On va parler de dénationalisation d'Hydro-Québec. Et, si on a le
temps, on va aussi parler de gaz naturel avec vous. Merci beaucoup.
Le Président (M. Ciccone) : Merci
beaucoup, M. le député. J'invite maintenant le député de Jean-Talon à faire ses
remarques préliminaires pour une durée d'une minute.
M. Paradis : Bonjour à toute
l'équipe d'Hydro-Québec. Bonjour à vous, M. Sabia, chers collègues. On est
très contents de vous recevoir aujourd'hui afin de pouvoir mieux comprendre les
grandes orientations d'Hydro-Québec pour le Plan d'action 2035. C'est un
moment charnière pour l'avenir énergétique du Québec, et on doit vraiment
mettre en place des moyens de décarboner notre économie, d'être plus efficaces
sur le plan énergétique, dans une transition juste et pérenne pour tous.
Moi, je suis vraiment content de pouvoir
participer à ces consultations. D'emblée, je veux vous assurer de notre
collaboration pleine et entière, mais on va être particulièrement attentifs à
tout ce qui touche la propriété publique de la production, de la distribution
et du transport de l'énergie au Québec, et précisément sur la place que les
entreprises occupent dans la filière énergétique. L'avenir des tarifs, on va
être très attentifs à ce que vous allez nous dire là-dessus.
D'emblée aussi, je m'excuse, j'ai très peu
de temps, je vais être parfois direct dans mes questions et je vais vous
demander aussi de l'efficacité dans vos réponses. Merci beaucoup d'avance.
Le Président (M. Ciccone) : Merci
beaucoup, M. le député. Je souhaite donc la bienvenue aux représentants d'Hydro-Québec.
Je vous rappelle que vous disposez de 15 minutes pour votre présentation,
puis nous procéderons à la période d'échange avec les membres de la commission.
Malgré le fait qu'on vous connaît très bien, M. Sabia, je vous demande de
vous présenter, et de présenter également vos collègues, et à commencer votre
exposé.
M. Sabia (Michael) : Juste...
M. le Président, juste avant de faire quelques commentaires, est-ce que je peux
présenter mes collègues sans consumer mes 15 minutes?
Le Président (M. Ciccone) : Non,
ça fait partie de vos 15 minutes. C'est bien demandé.
M. Sabia (Michael) : OK. Très
rapidement.
M. Rhéaume (Dave) : Bonjour.
Dave Rhéaume, vice-président exécutif, Planification énergétique et expérience
client.
Mme Bouchard (Claudine) : Bonjour.
Claudine Bouchard. Je suis vice-présidente exécutive et cheffe de l'exploitation
et des infrastructures.
M. Aucoin (Maxime) : Bonjour.
Maxime Aucoin, vice-président exécutif, Stratégie et finances.
M. Sabia (Michael) : Michael
Sabia, PDG d'Hydro-Québec. Donc, merci de votre, entre guillemets, invitation
aujourd'hui. Donc, plusieurs commentateurs et, ce matin, le ministre, tout le
monde, beaucoup de monde ont caractérisé notre plan comme un plan ambitieux, et
je suis entièrement d'accord avec ça. À Hydro-Québec, l'ambition est ancrée
dans... dans notre héritage. Les meilleurs moments de notre histoire ont été
marqués par l'audace, le courage, le courage des grands bâtisseurs.
Donc, pourquoi c'est le bon moment de
revenir à cette ambition maintenant? Clairement parce que la transition
énergétique et économique est déjà devant nous, et le défi... et c'est un défi
crucial pour l'avenir du Québec. Le monde, également notre climat nous disent
qu'il faut agir maintenant. D'ici 2035, les États-Unis vont investir au moins 7 500 milliards de
dollars dans la transition énergétique. En Allemagne, c'est 1 000 milliards.
Le Royaume-Uni, c'est 600 milliards. Donc, ce n'est pas le temps pour des demi-mesures.
Notre plan d'action est construit autour
de deux grands piliers. Le premier : service à la clientèle. Hydro-Québec...
dans le fond, Hydro-Québec est avant tout une entreprise de service. Cependant,
cartes sur table, <présentement
M. Sabia (Michael) :
...dans
le fond, Hydro-Québec est avant tout une entreprise de service. Cependant,
cartes sur table, >présentement, notre niveau de service n'est tout
simplement pas à la hauteur. Donc, qu'est-ce qu'on va faire? On va reconstruire
notre service.
À cet égard, nous avons deux objectifs
fondamentaux : fiabilité, numéro un. L'importance de fiabilité,
évidemment, augmente parce que la dépendance de nos clients en électricité
augmente. Les habitudes de vie changent, les gens travaillent plus de la
maison. Ils ont besoin d'un signal Internet stable et donc d'un accès fiable à
la puissance. Comment livrer? Tout simplement, on va doubler nos
investissements en résilience, jusqu'à 50 milliards de dollars. À terme,
ces investissements vont nous permettre à réduire le nombre de pannes de
35 % d'ici sept à 10 ans.
Mais réduire les pannes n'est pas... ça ne
suffit pas. On doit aussi être plus accessibles lorsque des problèmes
surviennent. Nos clients ont besoin d'informations plus précises et
transparentes. Avec des outils numériques simples, on va communiquer
proactivement. La simplicité est au cœur de tous les changements qu'on va faire
pour mieux servir nos clients.
• (11 h 40) •
Deuxième objectif de notre stratégie de
service : être abordable. À l'épicerie, à la pompe, pour les loyers, nous
sommes conscients de la pression qui pèse sur les citoyens du Québec, nos
clients. Le coût de la vie augmente au même moment où l'électricité devient de
plus en plus présente dans leur vie. Donc, pour le résidentiel, mon engagement est
clair : un plafond tarifaire à 3 %, point à la ligne. Mais ce n'est
pas juste le tarif qui compte, c'est la facture totale. Mieux consommer, c'est
réduire la facture totale. On a donc doublé notre cible en efficacité
énergétique. Pour y arriver, nous allons offrir un accompagnement plus
personnel à nos clients, avec des experts dédiés et des offres financières
bonifiées et simplifiées. Avec cette stratégie, notre marque de commerce va
devenir un service fiable, simple et abordable.
Donc, le deuxième grand pilier de notre
plan : la transition énergétique et économique. Donc, évidemment, nous
l'avons tous ressenti cet été, les impacts climatiques s'intensifient. Les
gouvernements à travers le monde tentent à répondre à ce défi en réalisant des
investissements colossaux. Selon les experts, pour décarboner nos économies,
des investissements de 1,5 à 2,500 milliards de dollars par année seront
nécessaires chaque année pour les 30 prochaines années.
Le monde bouge. Les investissements sont
énormes. Surprenant? Pas du tout. Encore aujourd'hui, 80 % de l'énergie
dans le monde est fossile, 80 %. Donc, restructurer une économie mondiale
bâtie sur les énergies fossiles depuis 200 ans, ce n'est pas juste un
ajustement, il s'agit d'une véritable rupture, et ce ne sera pas facile. Et, si
on pensait que ce serait facile, pensez-y encore une fois.
Plus d'énergies propres pour décarboner,
c'est bon pour l'environnement, mais, en même temps, c'est bon aussi pour la
prospérité. L'énergie propre sera le vecteur déterminant de la compétitivité
mondiale des économies. L'énergie propre, c'est la locomotive de la croissance
économique. Atteindre ces deux objectifs en même temps, décarboner et créer de
la richesse, ça, c'est le nerf de la guerre. Les pays qui vont bâtir une économie
à la fois décarbonée et prospère seront les grands gagnants de cette
transition.
Il s'agit donc d'un projet de société,
mais la bonne nouvelle, le Québec est bien positionné. 50 % de l'énergie
consommée localement est déjà propre et abordable. Mais le reste du monde est
en action, et il faut agir maintenant. Donc, d'ici 2035, Hydro-Québec doit
produire entre 8 000 et 9 000 mégawatts supplémentaires. Pour y <arriver...
M. Sabia (Michael) :
...2035,
Hydro-Québec doit produire entre 8 000 et 9 000 mégawatts
supplémentaires. Pour y >arriver, on va diversifier notre production.
75 % de cette énergie additionnelle ira à la décarbonation : les
véhicules électriques, le chauffage électrique, l'aluminium et l'acier vert.
Bien sûr, oui, il faut décarboner et il
faut également rester compétitifs. Aujourd'hui, nos tarifs industriels sont au
moins deux fois plus bas que dans la grande majorité des pays occidentaux :
deux fois plus bas qu'au Michigan, trois fois, qu'à New York et en Angleterre,
et quatre fois, qu'en Allemagne. Dans les autres pays, tous les investissements
massifs dans la production électrique auront le même impact, une augmentation
des tarifs. Au Québec, même si on ajoute de nouvelles sources d'énergie avec
notre base d'actifs à très bas coûts, autrement dit le bloc patrimonial, nos
coûts moyens vont rester toujours plus bas. Ça, c'est notre engagement envers
nos clients, être toujours plus concurrentiels.
Bien sûr, M. le Président, pour réaliser
ce plan d'action, Hydro-Québec devra changer, devenir une organisation plus
ouverte et plus efficiente. Nous devrons innover sur nos chantiers, adopter des
meilleures pratiques mondiales dans le service à nos clients et mieux utiliser
nos actifs et, bien sûr, simplifier nos processus. Inévitablement, avec un plan
ambitieux viendront des défis. Les défis accompagnent toujours l'ambition.
Premièrement, les chaînes
d'approvisionnement sous pression à travers le monde. Ma réponse : L'ampleur
de ce plan et la réputation mondiale d'Hydro-Québec vont nous aider auprès des
fournisseurs.
Deuxièmement, pour réaliser ce plan,
Hydro-Québec aura besoin d'une plus grande flexibilité. Ça veut dire simplifier
la réglementation pour nous permettre de bouger plus rapidement.
Troisièmement, le financement. Pour le
faire, pour réaliser ce plan, nous aurons besoin à peu près 1 milliard...
excuse, 100, 100 milliards... 1 milliard, ce n'est pas vraiment beaucoup,
100 milliards de dollars. Ma réponse : Les marchés sont
tellement profonds et cherchent activement des occasions d'investir dans la
transition énergétique, donc on a plusieurs options. Et, bien sûr, ce n'est pas
100 milliards de dollars qu'on va investir demain matin. L'augmentation
sera graduelle. Est-ce que c'est faisable? Selon moi, c'est faisable.
Et finalement la main-d'oeuvre, le défi le
plus difficile. En moyenne, d'ici 2035, nous aurons besoin à peu près
35 000 travailleurs en construction. Ma réponse : Si nous sommes
sérieux quand on dit qu'on veut décarboner et rester les leaders, alors nous
devons être ouverts à plusieurs changements : accélérer la formation,
décloisonner les emplois, attirer plus de travailleurs et leur donner les
meilleurs outils possibles.
Donc, c'est clair, nous avons du travail à
faire sur cette question. Mais ce projet de société, le projet que nous avons
proposé, ça exige de travailler ensemble, tous ensemble. D'abord, avec les
nations... les Premières Nations et les Inuits, nous allons poursuivre une
approche novatrice fondée sur le principe de réconciliation économique. Le cœur
de cette stratégie comprend deux éléments fondamentaux : une approche de
planification plus ouverte, transparente et inclusive, et le développement de
vrais partenariats dans lesquels les communautés prennent des participations
financières dans nos projets. Le résultat? La création de sources de revenus
autonomes qui peuvent être utilisées comme les communiqués... les communautés
le souhaitent, selon leurs propres priorités.
Bien sûr, travailler ensemble va beaucoup
plus loin. Avec tous les éléments de ce plan, il faudra impliquer plusieurs <intervenants...
M. Sabia (Michael) :
...sûr,
travailler ensemble va beaucoup plus loin. Avec tous les éléments de ce plan,
il faudra impliquer plusieurs >intervenants. Ça signifie de s'engager
dans des vraies conversations, d'écouter, de débattre, de s'ajuster et surtout
de montrer clairement les choix que nous avons à faire. Pour cette raison, nous
avons mis sur la table un plan spécifique, un plan clair avec des chiffres, des
faits et des coûts, un plan qui montre ce qui est vraiment requis pour
décarboner. C'est la seule manière, selon nous, de focaliser sur les vrais
choix et d'avoir des conversations productives.
• (11 h 50) •
Hydro-Québec sera à l'écoute. Nous avons
élaboré un plan d'action suffisamment concret pour servir de base de
discussion. Au cours des prochains mois, nous allons faire une série de
rencontres avec différents acteurs de la société québécoise pour raffiner les
pistes de solutions proposées.
Sur la question du service, nous allons
consulter les Québécois et les Québécoises en ligne pour comprendre leurs
attentes et leurs besoins. Nous allons aussi rencontrer les municipalités. Sur
la question de l'efficacité énergétique, pour développer les meilleures
solutions, nous serons à l'écoute de tous nos types de client et nous allons
consulter des experts pour rester à l'affût des meilleures pratiques mondiales.
Au niveau de la production d'électricité,
nous souhaitons avoir une conversation sur le mix énergétique proposé dans le
plan d'action pour réaliser la transition énergétique. Et, bien sûr, nous
allons travailler avec le gouvernement, avec la CCQ, avec le milieu de
construction sur cette question importante de main-d'œuvre. Et finalement, mais
extrêmement important, nous allons continuer d'aller à la rencontre des
communautés autochtones afin de créer ensemble un plan de réconciliation
économique.
Maintenant, M. le Président, à vous la
parole.
Le Président (M. Ciccone) : Merci
beaucoup de me donner la parole, M. Sabia. Je vous remercie pour cette
présentation.
Nous allons maintenant enchaîner avec le
bloc 1, intitulé Améliorer la qualité du service. Alors, M. Sabia et vos
collègues, je vous invite à faire votre présentation pour une durée de 15
minutes. Nous procéderons ensuite à la période d'échange avec les membres de la
commission. Je vous cède maintenant la parole.
Mme Bouchard (Claudine) : Merci,
M. le Président. Mmes, MM. les députés de cette commission, bonjour. Les
Québécoises et les Québécois sont très attachés à Hydro-Québec. Depuis plus de
75 ans, notre organisation a pour mission d'offrir à ceux-ci un service fiable
et de qualité. Mais, avec les changements climatiques et ses impacts, ajoutés
au vieillissement de nos actifs, ça provoque une dégradation de la qualité du
service électrique à nos clients. L'année 2023 est parmi les pires des 15 dernières
années en ce qui concerne les pannes d'électricité. Nos délais d'alimentation,
pour leur part, ont augmenté de presque 70 % depuis quatre ans. Notre
clientèle fait face à des lourdeurs dans ses interactions avec nous. Nos
factures sont difficiles à consulter, nos systèmes de communications lors de
pannes majeures ne sont pas précis, et notre clientèle doit traiter avec de
trop nombreux intervenants pour les nouveaux raccordements. Ce sont là des
éléments d'insatisfaction que nos clients nous interpellent fréquemment.
Nous devons donc investir davantage dans
le réseau électrique afin d'offrir à notre clientèle un service fiable, de
grande qualité et à un coût abordable, et ce, tout en offrant une meilleure
expérience. C'est l'un des piliers principaux de notre plan d'action, comme
vient de le mentionner M. Sabia.
Parlons d'abord d'améliorer la qualité du
service. Nous devons placer le service offert à notre clientèle au cœur de
toutes nos actions et de toutes nos décisions, et ce, à tous les jours. Dans le
contexte des changements climatiques, nos efforts à ce chapitre acquièrent une
importance encore plus particulière. Les phénomènes météo extrêmes que le
Québec a connus dans les dernières années, tels que les tempêtes de verglas,
les feux de forêt, les épisodes de grands vents, ont provoqué des pannes
d'électricité plus fréquentes et plus longues. Combinés au vieillissement de
notre parc d'actifs, ces phénomènes ont entraîné une certaine dégradation de la
qualité du service. Nous visons à stabiliser la situation rapidement pour
éviter que la fiabilité ne se dégrade davantage et nous travaillerons
activement à améliorer la qualité du service.
Dans le Plan d'action 2035, pour un Québec
décarboné et prospère, nous nous engageons à investir davantage dans le réseau
électrique afin d'offrir à notre clientèle un <service
Mme Bouchard (Claudine) :
...nous
nous engageons à investir davantage dans le réseau électrique afin d'offrir à
notre clientèle un >service encore plus fiable et de meilleure qualité.
Voici comment nous entendons le faire.
D'abord, nous allons diminuer les pannes et les interruptions planifiées, alors
nous allons augmenter nos investissements dans la fiabilité du réseau
électrique face aux événements majeurs et, évidemment, aux impacts des
changements climatiques. Hydro-Québec s'est donné la grande ambition de
corriger la tendance et de réduire le nombre de pannes de 35 % d'ici sept
à 10 ans. Pour ce faire, nous déploierons un plan qui vise à accroître la
fiabilité et la robustesse du réseau. Ce plan proposera une combinaison
d'actions, que nous réaliserons sur trois axes : le premier, le réseau,
donc la résilience du réseau; le deuxième, la résilience communautaire; et
finalement, le dernier, la résilience de nos clients et de nos clientes.
En augmentant de façon importante les
sommes investies pour accroître la robustesse de notre réseau électrique, nous
allons le moderniser et remplacer des équipements désuets. Les investissements
qui visent à assurer la pérennité du réseau électrique totaliseront entre 45 et
50 milliards d'ici 2035. Autrement dit, nous prévoyons investir, en
moyenne, de 4 à 5 milliards de dollars par année dans la fiabilité de tous
nos actifs, et ce, en tenant compte des effets prévus pour les changements
climatiques, ce qui veut dire, donc, presque doubler nos investissements en
pérennité des dernières années. Nous solidifierons ainsi la fondation qui nous
permettra aussi de mieux accueillir la croissance. Dans cette perspective, nous
déploierons une combinaison de solutions adaptées à la géographie locale,
c'est-à-dire des équipements télécommandés, des poteaux en composite plus
solides, et nous adopterons des pratiques innovantes, comme l'enfouissement
léger des lignes électriques.
Environ 40 % des pannes sur les réseaux
électriques de distribution sont attribuables à la présence de la végétation,
qui, lorsqu'elle entre en contact avec nos équipements, peut entraîner,
évidemment, une interruption de service. Cette proportion devient encore plus
importante lors des événements de météo majeurs. Nous prévoyons intensifier nos
travaux en maîtrise de la végétation à proximité des lignes électriques afin de
réduire le taux de pannes liées à celle-ci de 30 % d'ici 2028. Nous
réaliserons plus de travaux préventifs de déboisement, créant ainsi un corridor
de sécurité autour de notre réseau électrique, et nous investirons davantage
dans la coupe de branches et d'arbres à risque qui se trouvent à proximité de
nos installations. À cet égard, nous solliciterons la collaboration des
citoyens, et des citoyennes, ainsi que des collectivités pour mieux gérer ces
arbres dangereux. Ces efforts seront maintenus au-delà de l'horizon 2028
afin de continuellement améliorer la fiabilité et la qualité du service que
nous offrons aux Québécoises et aux Québécois.
Si les investissements et les travaux que
je viens de décrire diminueront certainement de façon importante le nombre de
pannes, nous ne pouvons jamais faire la promesse de les éliminer complètement.
C'est pourquoi nous souhaitons aussi améliorer nos communications avec notre
clientèle lors de pannes. Nous voulons faire une meilleure utilisation des
outils numériques pour rendre les communications avec notre clientèle plus
proactive, plus simple et mieux adaptée à leurs préférences.
En plus d'améliorer les interfaces et
d'enrichir le contenu de nos plateformes existantes, nous exploiterons des
canaux de communication supplémentaires, comme les notifications proactives par
texto ou par courriel. Nous introduirons progressivement les éléments suivants :
des avertissements ciblés en cas de possibilité de pannes liées à un phénomène
météo sévère, l'indication dans l'application Info-pannes d'un délai de
rétablissement prévu dans les cas de panne majeure, des mises à jour plus
régulières et plus précises concernant le rétablissement du service ainsi que
des informations à caractère plus local, des sondages auprès de la clientèle à
la suite des pannes majeures afin d'améliorer nos pratiques en continu.
Enfin, nous souhaitons offrir à la
clientèle des solutions de résilience d'alimentation électrique d'appoint lors
des interruptions de service prolongées. Nous miserons donc sur des
technologies disponibles sur le marché, comme les batteries et les
accumulateurs de chaleur, pour élaborer de nouvelles offres de résilience
destinées à la clientèle qui souhaitera se prémunir contre l'impact des
interruptions de servir. Nos premières offres de services seront
commercialisées dès l'an prochain.
Nous lancerons également un projet pilote
visant le déploiement de pôles de dépannage mobiles communautaires intégrant à
terme des batteries, et des génératrices, et des bornes de recharge qui
pourront être déplacées d'une collectivité à l'autre en cas de besoin. Ce
projet sera évidemment mené en collaboration avec les municipalités et les
services d'urgence.
En tant que députés, vous êtes fréquemment
interpelés par vos concitoyens qui déplorent les délais pour être branchés à
notre réseau. Les citoyens ont raison de noter que les délais se sont allongés.
Hydro-Québec doit composer avec des demandes d'alimentation qui sont en
croissance, mais qui sont surtout de plus en plus complexes. Nous voulons
néanmoins accélérer le traitement des <demandes...
Mme Bouchard (Claudine) :
...mais
qui sont surtout de plus en plus complexes. Nous voulons néanmoins accélérer le
traitement des >demandes d'alimentation d'électricité et gagner en
efficacité pour réduire le délai moyen de traitement de ces demandes. Nous
avons déjà entrepris d'apporter des ajustements à nos pratiques, comme la
priorisation des travaux avec le plus grand impact pour la clientèle, la
simplification du processus de traitement des demandes et l'uniformisation de
nos méthodes de travail.
Afin de rendre plus fluide l'expérience
client, nous réduirons également le nombre d'intervenants avec qui notre
clientèle doit intervenir. Nous rehausserons la qualité de l'information
fournie sur nos plateformes numériques concernant la progression des travaux.
Mis ensemble, toutes ces mesures permettront de réduire de 40 % le délai
moyen de réalisation des travaux les plus courants liés à l'alimentation de nos
clients et clientes sur la période allant de 2023 à 2028.
• (12 heures) •
En conclusion, je réitère que
l'amélioration de la qualité de notre service est au cœur de notre plan. Dès la
fin de 2024, nous aurons commencé à livrer des solutions concrètes pour
bonifier nos interactions numériques avec nos clients par le déploiement d'une
plateforme numérique unique. Ils pourront... Nos clients pourront profiter de
la bonification de nos outils interactifs de diagnostic et de conseils
énergétiques sur cette même plateforme unique pour les aider à réduire leur
consommation et, bien entendu, leur facture d'électricité. Nous mettrons aussi
des outils à la disposition de nos clients d'affaires avec pour objectif
d'atteindre 1 million d'utilisateurs et utilisatrices supplémentaires
d'ici cinq ans. Notre engagement fondamental envers notre client est d'offrir,
donc, un service plus fiable, plus simple et abordable. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Ciccone) : Je
vous remercie, Mme Bouchard, pour votre exposé. Nous allons maintenant
commencer la période d'échange. M. le ministre, vous avez... on va rajouter du
temps, un petit peu, vous avez aux alentours d'à peu près 18 minutes.
Alors, à vous la parole.
M. Fitzgibbon : Ma collègue
va prendre la place.
Le Président (M. Ciccone) : Ah!
Mme la députée, à vous la parole.
Mme Bogemans : Merci beaucoup.
C'est bien gentil. Au niveau... Bien, premièrement, merci beaucoup d'être avec
nous aujourd'hui. Ça nous fait vraiment plaisir de vous recevoir. C'est
vraiment un honneur.
Vous avez bien insisté, tout à l'heure,
que la mission d'Hydro-Québec, c'est de fournir une alimentation fiable, sécuritaire
et de qualité à l'ensemble de la population. Puis on sait que plus on a de
communications au cœur d'un service aussi, plus la population comprend, plus
ils sont derrière les organismes, quels qu'ils soient, mais dont Hydro-Québec,
puis je voulais vraiment parler de la première priorité d'améliorer la qualité
du service sur l'ensemble du réseau. Puis, je pense, ça touche particulièrement
les nouvelles demandes de raccordement, par exemple, les modifications de
raccordement, les changements climatiques, qui sont complètement indissociables
aussi de notre réalité aujourd'hui.
Donc, concrètement, le nombre d'appels
qu'on peut recevoir à un bureau de comté qui touchent les raccordements sont
assez phénoménaux. Vous disiez que vous voulez avoir plus d'entreprises aussi
qui se connectent à l'hydroélectricité. On sait que, parfois, on a jusqu'à deux
ans d'attente pour pouvoir se raccorder au réseau. Vous avez dit que vous
voulez améliorer cette connectivité-là. Avez-vous un plan précis en actions
claires qu'on... comment ça pourrait se traduire?
Mme Bouchard (Claudine) : Oui,
tout à fait. On a un plan précis qui est déjà, je dirais... déjà amorcé, là. Il
y avait beaucoup de volets à votre question. Je vais commencer par les demandes
d'alimentation, si vous le permettez. Merci pour votre question. Effectivement,
au niveau des demandes d'alimentation, nous sommes à mettre en place ou à
améliorer le processus, je dirais d'emblée, déjà de la prise en charge du
client, donc de déjà faciliter et simplifier l'expérience du moment où le
client appelle ou fait son formulaire sur Internet pour assurer qu'il a déjà
l'information nécessaire pour prendre les décisions nécessaires dans le cours
de ses travaux de construction, ou peu importe les travaux de modification
qu'il a à faire. Donc, ça démarre là.
Ensuite, on va prioriser, mais pas juste
la partie des travaux, je dirais, liée à l'alimentation, mais on va le... on va
le prioriser dans l'ensemble de ce qu'on a à faire. Je vous disais, tout à
l'heure, que de plus en plus de... on a de plus en plus de demandes en termes
de volume, mais elles sont de plus en plus complexes, c'est-à-dire qu'elles
demandent de plus en plus de travail d'ingénierie. Alors donc, en faisant de
l'ingénierie en amont, ça va permettre d'accélérer le traitement de ces
demandes-là. Et aussi, de travailler avec les municipalités et les promoteurs
en amont, bien, ça va nous permettre également d'avoir une meilleure
prévisibilité.
Aussi, pour les députés dans les régions,
on va aussi travailler avec les bureaux pour avoir cette information-là, sur la
prévision de développement, la prévision de construction. On parle beaucoup de
construction de logements, donc, ça, ça aura une incidence sur ça. Alors,
plutôt que de le faire au moment où les gens sont prêts à faire leurs demandes,
comment on est capables de travailler en amont pour réduire le cycle, alors,
ça, c'est vraiment la façon dont on va travailler pour réduire de 40 % nos
délais, et améliorer la prise en charge de nos clients du début à la fin, et de
leur donner une prévisibilité aussi d'une date où on va faire les fameux
travaux.
Il y a des travaux, par ailleurs, qui
prennent un peu plus de temps...
12 h (version révisée)
Mme Bouchard (Claudine) : ...aussi
d'une date où on va faire les fameux travaux. Il y a des travaux, par ailleurs,
qui prennent un peu plus de temps, d'autres un peu moins de temps, mais, au
départ, le client devra avoir une meilleure compréhension du processus et de ce
que lui a à faire comme client aussi à travers ce processus-là. Alors, je
répondrais pour ce bout-là.
Ensuite, pour la fiabilité... Je ne sais
pas si vous voulez y aller, M. Sabia, Michael. Donc, pour la fiabilité,
bien, on le voit, hein, on a juste à repenser à l'été qu'on vient de vivre, le
mois d'octobre qui a été le plus chaud dans l'histoire. Donc, les tempêtes sont
de plus en plus fréquentes, elles sont de plus en plus sévères. Les vents sont
de plus en plus forts. C'est une bonne nouvelle pour l'éolien, mais c'en est
moins pour la végétation qui est à proximité de notre réseau. Tout ça combiné,
hein? Notre réseau s'est construit à travers les dernières décennies par
phases, donc nos actifs sont également vieillissants. Donc, tout ça a un impact
sur la qualité de la fiabilité de notre service, et on constate une
détérioration.
Si on regarde, dans les dernières années,
la part des pannes liées aux événements majeurs météorologiques, ça a augmenté
à 50 %. Donc, aujourd'hui, les pannes que les clients connaissent sur une
année type, c'est environ 50 % liés aux événements météo majeurs. Si on
recule de 10 ans, c'était environ 20 %. Alors, juste dans une période
de 10 ans, on voit l'impact des effets des changements climatiques.
Donc, je vous le disais tout à l'heure,
environ 40 % à 70 % des pannes sont liées à la présence de végétation
près de nos installations. Donc, à court terme, là où on va davantage investir,
c'est vraiment sur le contrôle de la végétation. On a déjà doublé les budgets
par rapport à 2018, on va continuer à les augmenter, mais on ne va pas
seulement les augmenter, on va les utiliser de façon plus optimale et différemment.
Donc, on va créer des corridors de sécurité autour de nos installations pour
éviter qu'il y ait des arbres dangereux qui, lors de vents forts, puissent
venir affecter la qualité de service à nos clients. On va également travailler
avec les municipalités, encore là, en amont, en prévisionnel; il y a beaucoup d'arbres
qui se plantent, comment on plante le bon arbre au bon endroit pour éviter que,
plus tard, ces arbres-là viennent causer des pannes électriques à nos clients.
Donc, on va travailler sur ce volet-là également.
Et on va travailler également sur, je
dirais, l'information aux clients. Pourquoi est-ce qu'on doit couper les
arbres? Donc, évidemment, tout le monde veut garder l'arbre dans sa cour, mais
quand on explique aux gens que l'arbre peut provoquer une panne, bien, souvent
les gens voient l'arbre avec un autre oeil. Alors, ça aussi, c'est un devoir qu'on
se fait de pouvoir aller mieux expliquer à nos clients pourquoi on a besoin de
créer ce corridor de sécurité là. Donc, on aura besoin de la collaboration des
clients, clientes, mais aussi des municipalités dans le cadre de l'amélioration
de notre qualité de service pour réduire 40 % des pannes... en fait, le
40 % des pannes liées à la végétation, mais aussi d'ordre général,
35 % des pannes d'ici sept à 10 ans, ce qui est colossal et
ambitieux. J'espère que ça répond à votre question.
Mme Bogemans : Parfait. Oui.
Bien, j'ai quelques petites précisions. Dans le fond, par rapport à la
connectivité, comment pensez-vous améliorer la transparence? Vous parlez
justement de mieux informer dès le départ de toute la procédure, d'avoir des
gens aussi qualifiés pour guider. Comment comptez-vous mettre des points de
contact ou des jalons le long du chemin pour que les entrepreneurs, les gens
qui se construisent des maisons, qui font des rénovations puissent entrer en
communication avec les bonnes instances?
Mme Bouchard (Claudine) : Très
bonne question. Effectivement, ça va donner un peu de concrétude, comme on dit.
On va utiliser beaucoup les plateformes numériques, ce qu'on utilise peu
actuellement. Donc, on va être vraiment en mode où les gens auront un outil, un
site où ils pourront avoir toute l'information centralisée dans ce site-là. L'information
sera mise à jour de façon un peu plus régulière, et on va s'assurer aussi que l'information
soit compréhensible de la part du client. Parce que le processus est très
technique, mais on va le rendre plus facile à comprendre par nos clients qui,
eux aussi... il ne faut pas oublier que, dans l'écosphère de ça, il y a aussi
le maître électricien. Alors, comment je donne de l'information à mon client en
même temps que le maître électricien? Donc, il y aura ces éléments-là, mais,
définitivement, on va améliorer nos outils numériques pour s'assurer que le
client ait tout ce dont il a besoin pour comprendre le processus et agir comme
il devrait pour avoir son service au moment où il en a besoin.
M. Sabia (Michael) : ...est-ce
que je peux ajouter quelque chose?
Mme Bouchard (Claudine) : Bien
oui. Avec plaisir.
M. Sabia (Michael) : Donc...
parce que ce n'est pas juste un plan. Le plan est en action parce que... un
exemple. Cette semaine, nous avons eu une panne, une panne causée par la neige,
la neige très lourde, ici, à Québec, mais ailleurs au Québec. Mais juste pour
illustrer le point de Claudine, la panne a débuté essentiellement le matin, c'était
le 17 novembre, je pense, et donc, avant midi, nous avons informé
65 % de nos clients affectés nous leur avons donné un délai de
rétablissement, et, avant <16 heures de l'après-midi, je pense...
M. Sabia (Michael) :
...nous
leur avons donné un délai de rétablissement, et, avant >16 heures
de l'après-midi, je pense, nous avons donné à 94 % de nos clients un délai
de rétablissement.
Donc, la qualité de communication, grâce
aux efforts de Claudine et son équipe, ça commence maintenant, parce que le
plan d'action, c'est deux parties importantes. On a une amélioration, une
préoccupation de la qualité des services et également une efficacité
énergétique. Les deux sont en action maintenant. Toute la question de
production et l'augmentation, ça demande une planification, et donc on va
prendre un peu de temps pour bien planifier des choses et pour consulter les
gens. Mais, sur la question de service, j'espère, touche le bois,
l'amélioration du service est déjà en cours.
• (12 h 10) •
Mme Bogemans : Prévoyez-vous
une meilleure communication entre les équipes de terrain, justement, puis les
équipes qui mettent à jour les outils Web pour être capable d'arriver à la
précision?
Mme Bouchard (Claudine) : Merci
pour la question. Oui, c'est exactement ce qu'on a fait cette semaine. Cette
semaine, c'était le premier pilote. Quand on a des pannes majeures,
normalement, on n'est pas en mesure de donner des délais de rétablissement de
façon aussi rapide pendant l'événement. Alors là, on a vraiment forcé cette
collaboration, donc, si bien que, cette semaine, on était en mesure de donner à
94 %, comme M. Sabia l'a mentionné...
M. Sabia (Michael) : Michael.
Mme Bouchard (Claudine) : ...des
délais de rétablissement. Et là, bien là, la prochaine étape, c'est de sonder
ces gens-là, est-ce que c'est bien qu'on leur donne un délai?, et de sonder
aussi : Est-ce que... Parce qu'on a... on a respecté ce délai-là dans
60 % des cas. Alors là, la prochaine fois, bien, il faut être meilleurs.
Mais, dans ce 60 % là ou dans le 40 % qui est manqué, il y a des gens
qui ont retrouvé le service électrique plus tôt que ce qui était écrit, mais
ça, ça entre dans le 40 % de «manqué». Alors, on va aller écouter nos
clients pour ajuster comment ils veulent qu'on leur communique cette
information-là tout au long de notre amélioration continue du service qu'on va
donner à nos clients, en termes de qualité d'information.
M. Sabia (Michael) : De temps
en temps, Hydro-Québec est un peu trop hiérarchique. Donc, au bureau, nous
sommes Michael et Claudine, mais, devant vous, pour les raisons que je ne
comprends pas, je deviens M. Sabia. Mais au bureau, je suis Michael.
Mme Bouchard (Claudine) : C'est
l'environnement qui fait ça.
M. Sabia (Michael) : Oui,
c'est l'environnement, oui.
Mme Bogemans : Il n'y a aucun
problème. En terminant, ma question était sur le plan de travail de
l'enfouissement des fils, parce qu'en effet il y a la... tout ce qui est
végétation, les changements climatiques, les forts vents, les lignes
électriques aussi qui s'étendent maintenant sur des plus grandes distances.
Dans quelle mesure... Dans le fond, avez-vous émis un plan d'enfouissement des
fils, puis dans quel moment particulier vous allez prioriser, par exemple, les
poteaux en composite?
Mme Bouchard (Claudine) : Oui,
l'enfouissement... On va commencer par... En fait, je vais revenir à ce que
j'ai dit tout à l'heure. Ce qu'on veut, c'est déployer la combinaison des
meilleures solutions en fonction de la géographie locale. Donc, l'enfouissement
doit faire partie des solutions, mais n'est pas la solution unique à la
fiabilité du réseau. Quand il y a des pannes en souterrain, c'est beaucoup plus
difficile de trouver le problème ou l'origine de la panne et c'est beaucoup
plus long généralement, OK? Et on a déjà parlé que ça coûtait plus cher, bien
entendu.
Donc, on va... on va combiner différents
équipements. Le premier, ce sont des équipements télécommandés, donc qu'on est
capables d'opérer à distance, qui permettent de rétablir des secteurs sur le
réseau plus rapidement. Les poteaux en composite aussi, on en... déjà dans la
panne la semaine dernière, donc, quand on va reconstruire des réseaux dans des
endroits névralgiques ou des endroits où les tempêtes, historiquement, sont
plus présentes et plus fortes, comme dans l'Outaouais, par exemple, on va
ajouter des poteaux en composite. C'est ce qu'on a fait d'ailleurs cette
semaine, lundi. Et troisièmement, ce qu'on va faire également, c'est de mettre
des conducteurs recouverts. Je vous disais tout à l'heure que, lorsque la
végétation touche aux fils, c'est à ce moment-là qu'il y a des interruptions de
services. Alors, en ayant des conducteurs qui sont recouverts, même si la
branche touche aux fils, il n'y aura pas de panne.
Donc, il faut utiliser mieux ces trois
éléments-là dans l'architecture de notre réseau et aussi quand on reconstruit
suite à une panne. Donc, ça, on fait ça, on est déjà, je dirais, bien avancés
là-dedans. Donc, on a déjà des engagements à déployer ça en 2024 en nombre
quand même assez ambitieux.
Maintenant, en termes d'enfouissement,
l'enfouissement standard est davantage utile et optimal pour des régions ou des
secteurs à densité de population ou de consommation élevée. On ne peut pas
déployer ça partout. C'est ce qui... C'est ce qui limite un peu l'utilisation,
et le prix, bien entendu, qui est 10 fois plus cher. Nous avons innové
dans nos techniques d'enfouissement. On s'apprête à déployer... en fait, on l'a
déployé l'an passé en pilote, mais là on va le déployer de façon plus
substantielle, ce qu'on appelle de l'enfouissement allégé, qui coûte, celui-là,
trois à cinq fois plus cher, donc un peu plus raisonnable, mais celui-là va
être pour des régions où la densité de consommation <est un peu plus
faible...
Mme Bouchard (Claudine) :
...la
densité de consommation >est un peu plus faible. Donc, on va être en
mesure de le déployer dans des régions périrurales, je vais dire ça comme ça,
ou des banlieues. Donc, ça aussi, ça fait partie du coffre à outils qu'on va
déployer pour donner plus de fiabilité, plus de qualité de services à nos
clients et, évidemment, assurer d'affronter les changements climatiques, à
l'avenir, qui vont augmenter ce qu'on regarde devant nous. Voilà.
Mme Bogemans : Merci
beaucoup. Je passe la parole à mon collègue de Gaspé.
Le Président (M. Ciccone) : OK.
M. le député de Gaspé, à vous la parole.
M. Sainte-Croix : Salutations
aux collègues de la commission. Très heureux d'être ici avec vous aujourd'hui.
Salutations à M. Sabia et à votre équipe. Très heureux aussi de vous avoir
pour répondre à plusieurs belles questions d'intérêt, assurément. Au niveau de
votre vision, vous avez parlé essentiellement de deux grands poteaux, service
client et puis transition énergétique. Vous avez parlé aussi d'une année 2023
comme une l'année la plus importante en termes de pannes, nécessairement,
reliées à la question climatique et puis vous avez aussi parlé de vos systèmes
de communication client comme des... un système ou des systèmes plutôt
imprécis.
Comment voyez-vous — puis vous
avez amené des éléments, mais j'aimerais vous entendre de façon plus pointue
là-dessus, là — ce virage-là au niveau communication, qui est
important au niveau du service client? Parce qu'on s'entend qu'en termes de
pannes la première préoccupation d'une famille, c'est de s'assurer, d'une part,
d'avoir une certaine compréhension de ce qui arrive dans le moment présent et
puis de voir dans un terme projeté, là, comment on va se sortir de cet état de
situation là de pannes. Comment vous voyez-vous, là, concrètement, là, en
termes d'architecture, de communication, de déploiement sur le terrain, vos
façons de faire à venir, qui, je comprends, ont déjà été mises en place là,
progressivement? Vous avez beaucoup parlé de numérique à cet effet-là.
Mme Bouchard (Claudine) : Oui.
Aujourd'hui, on utilise le numérique, mais davantage pour les clients qui
s'adressent à nous. On ne l'utilise pas beaucoup en mode proactif. On a aussi,
sur notre réseau, l'application Info-pannes, qui donne une information de façon
plus générale à nos clients. On va vouloir ramener ça beaucoup plus local, donc
être capable de savoir, sur ma rue ou sur les deux rues, à quel moment
l'électricité va venir. Donc, ça, c'est vraiment ce qu'on vise, c'est ce qu'on
a essayé de faire d'ailleurs cette semaine. Et donc on va permettre aux clients
d'avoir cette information-là dont ils ont besoin pour prendre les meilleures
décisions dans le cadre de leurs responsabilités. Première étape.
Deuxième étape, ce qu'on va vouloir quand
on va être assez bons sur l'application Info-pannes pour dire : On répond
aux attentes des clients, c'est-à-dire que les délais qu'on donne sont
respectés en grande partie et les clients apprécient, bien là, on va être
capables de l'envoyer de façon proactive aux clients, soit par courriel ou soit
par texto, selon leurs préférences. Donc, ça, c'est l'élément, je dirais,
numérique qu'on utilise peu actuellement, qu'on va mettre en place. Et donc,
ça, bien, ça sera évidemment avec l'accord du client, là, selon ses
préférences. Donc, ça, c'est le volet plus communication.
Ensuite, des pannes, malheureusement, il y
en aura encore. Même si on fait, comme je le disais tout à l'heure,
l'investissement de 45 à 50 milliards, il va quand même rester des pannes
sur les réseaux provoqués par les changements climatiques, notamment. Donc, ce
qu'on veut, c'est mieux équiper nos clients. Donc, je vous parlais tout à
l'heure d'un pôle de dépannage communautaire. Alors, ce qu'on voit à terme, ce
sont des batteries mobiles, des batteries vraiment de grande capacité qui
seraient mobiles, qu'on pourrait amener dans une collectivité qui est en panne
depuis un bon moment, qui seraient branchées à des bornes de recharge de
véhicules et probablement une espèce... on peut imaginer une roulotte où les gens
pourraient venir à la fois se réchauffer, travailler et aussi recharger tous
leurs outils électroniques. Donc, ça aussi fait partie de l'engagement qu'on
veut prendre avec les collectivités, les services de mesure d'urgence pour non
seulement leur donner une meilleure prévisibilité, mais les aider aussi dans
leur quotidien lorsqu'ils sont en panne électrique.
Et le troisième volet, aussi, puis on va
travailler en collaboration avec mon collègue Dave, on veut donner
l'opportunité aux gens d'avoir leur propre résilience client. Donc, il y a déjà
des technologies qui existent sur le marché, comme des batteries, comme des
accumulateurs thermiques, donc on va développer une offre commerciale pour les
gens qui voudront se prémunir contre les interruptions de service en achetant,
en requérant ces services-là, soit de batteries ou soit d'accumulateurs
thermiques.
Alors, on va les aider à avoir une bonne
information pour prendre la bonne décision, on va leur permettre dans leur
collectivité d'avoir au moins le minimum de ce qu'ils ont besoin, puis, avec la
voiture, ils vont être capables aussi de réinjecter l'électricité dans leur
maison, et, troisièmement, on va avoir un programme aussi que... pour qu'eux,
dans leur propre maison, on puisse améliorer leur résilience. Alors, au-delà de
la communication, on veut vraiment aider nos clients pour faire face à ces
événements-là, donc, de changements climatiques.
M. Sainte-Croix : Intéressant,
merci. J'ai toujours du temps?
Le Président (M. Ciccone) : Oui,
oui. Il reste 1 min 30 s.
M. Sainte-Croix : Excellent,
merci. Je m'intéresse beaucoup à votre idée de <pôle de dépannage...
Le Président (M. Ciccone) :
...il
reste 1 min 30 s.
M. Sainte-Croix :
Excellent,
merci. Je m'intéresse beaucoup à votre idée de >pôle de dépannage. Pour
un citoyen de région, moi, je suis député d'une région, la Gaspésie, comté de
Gaspé, une panne électrique, vous comprenez que ce qu'il se passe
nécessairement au National à 6 heures, c'est loin de chez nous, puis, souvent,
ça commence comme ça pour nous informer, pour un citoyen, là, une citoyenne de
Gaspé, qui, demain matin, est privée de son électricité, comment un projet
comme celui-là... puis je comprends que c'est des projets actuellement à
l'ordre du pilote, donc vous prévoyez développer ça sur certaines régions du
Québec, dans un premier temps, et puis...
Mme Bouchard (Claudine) : Dans
un premier temps.
M. Sainte-Croix : ...comment
ça se... concrètement, là, comment ça va se dealer avec les municipalités, les
MRC? Quels seront les partenaires d'associés à ça? Quelle forme ça va prendre?
Puis comment on peut s'imaginer, en termes de feuille de route, d'amener ça à
terme dans les prochains mois, prochaines années?
• (12 h 20) •
Mme Bouchard (Claudine) : Vous
avez d'excellentes questions.
Le Président (M. Ciccone) : Vous
avez une minute pour répondre, Mme Bouchard.
Mme Bouchard (Claudine) : Oui,
très bien, merci. Je vais être brève.
Le Président (M. Ciccone) : Bonne
chance!
Mme Bouchard (Claudine) : Je
suis désolée. Vous voyez que ça me passionne, alors j'aime ça expliquer les
éléments qui me passionnent.
En fait, vous posez d'excellentes
questions, et c'est ce qu'on voudra discuter avec les municipalités, donc les
associations de municipalités, et aussi les services des mesures d'urgence qui
ont une responsabilité, donc la sécurité civile quand il y a des événements
comme ça. Pour le moment, on pense qu'on va être... Dépendamment du délai de
mobilisation de ce pôle de dépannage mobile là, bien, nous, à ce moment-ci, on
n'a pas de limite... à terme, on n'a pas de limite de région où est-ce qu'on
pourrait déployer ça.
Alors, on pourrait avoir une unité mobile dans
une région et le déployer dans un cercle de x kilomètres carrés autour de cet
endroit-là. Vous savez, on a des bureaux partout au Québec, alors dépendamment
de ce qui ressortira de la mise en place de ça. Des gains aussi. Parce que, tu
sais, les gains, il faudra aussi aller voir les clients. Est-ce que ça rend
vraiment service? Est-ce que les clients l'apprécient? Est-ce que les
municipalités aussi l'apprécient? On ne veut pas créer de doublons ou
multiplier les efforts avec les municipalités.
Alors, suite à ces tests-là, ces
discussions-là, bien, à ce moment-là, on pourra voir à quel endroit on en
déploiera, mais il n'y a pas... Pour le moment, comme on a des bureaux partout
au Québec, on veut être présents partout au Québec, selon les critères qu'on se
donnera à travers les essais qu'on fera dans les prochains mois.
Le Président (M. Ciccone) : Extraordinaire,
Mme Bouchard, extraordinaire. Vous êtes rentrée dans votre minute. Merci
beaucoup, cher collègue. Maintenant, je cède la parole au député de
Jacques-Cartier, de l'opposition officielle. Vous avez un temps de
13 min 33 s
M. Kelley : Merci, M. le
Président. Bienvenue ici, tout le monde.
Je pense, beaucoup des Québécois
présentement sont un petit peu confus avec la situation avec notre avenir
énergétique. Dans les nouvelles, ils voient qu'on a eu un surplus, puis,
maintenant, on a peu de surplus. On vend de l'électricité à New York, mais on
dit non à des projets, à des entreprises du Québec de se brancher des fois à le
réseau d'Hydro-Québec à cause d'un manque d'énergie. Eux autres regardent le
portrait puis ils disent : Est-ce que je vais être obligé de payer plus
parce qu'on doit être obligé d'importer plus sur l'heure de pointe?
Alors, j'ai une question pour vous autres
concernant les tarifs. Je sais qu'il y a des différents types de tarifs que
vous êtes obligés de gérer, mais, pour l'horizon 2035, est-ce que vous
avez calculé la hausse moyenne de l'ensemble des tarifs qui vous seraient
nécessaires pour les prochaines cinq années?
M. Sabia (Michael) : Donc,
il y a... Jusqu'à l'année 2035, il y a plusieurs facteurs, plusieurs
éléments qui vont contribuer à la réponse à cette question, mais ces éléments
restent, pour une certaine période de temps, un peu incertains. Donc, par
exemple, la question des taux d'intérêt. Deuxième, la structure du financement
de l'ensemble de ces projets. Parce qu'il y aura une structure, nous allons
adopter une structure pour un projet et une autre structure pour un autre
projet. Donc, la combinaison de l'ensemble de ces structures... cette
combinaison aura un impact important sur l'ensemble des coûts de ce plan
d'action. Trois, un autre élément, un élément très important, et ça, c'est
l'impact sur nos chances d'exploitation du prix de main-d'œuvre. Parce que nous
avons... et vous avez fait référence à cet enjeu, et, comme je vous ai dit,
nous sommes tout à fait d'accord que la disponibilité du main-d'œuvre <reste
un enjeu...
M. Sabia (Michael) :
...nous
sommes tout à fait d'accord que la disponibilité du main-d'œuvre >reste
un enjeu et également le prix de main-d'œuvre, qui pourrait avoir un impact
potentiellement significatif à nos charges d'exportations. Donc, étant donné
ces incertitudes, pour l'instant, ce n'est pas simple de vous donner... ce
n'est pas vraiment possible de vous donner une réponse à cette question parce
que la réponse dépend, de façon significative, de ces trois facteurs.
M. Kelley : Merci. Merci pour
la réponse précise, M. Sabia. Une autre question. La COP, c'est la semaine
prochaine. Ce plan ici, c'est très important pour les changements climatiques
et important pour vos clients. Est-ce que nous avons, dans votre plan, toute l'énergie
nécessaire pour atteindre nos cibles de réduction de GES? Est-ce que toutes les
entreprises vont être capables de faire la transition d'une entreprise
décarbonée?
M. Sabia (Michael) : Donc,
selon nos analyses, la réponse courte est oui. Et, selon nos analyses, d'ici
jusqu'à 2035, avec une augmentation de notre production entre 8 000 et 9 000 mégawatts,
on est bien positionnés. On est sur une trajectoire pour réaliser cet objectif,
mais cet objectif, essentiellement devenir une économie carboneutre, c'est en
2050. Donc, pour nous, la question, c'est : Il faut trouver une
trajectoire pour y arriver, mais nous avons... dans le plan, nous avons mis
l'accent sur 2035. Pourquoi? Parce que, d'ici 2035, c'est une période un peu
plus prévisible, et donc ça nous donne une occasion de mieux planifier nos
investissements. Le problème, pour l'instant, en termes de planification et
de... pour les investissements, 2050 est un peu loin d'ici, et donc d'ici à
27 ans, pas mal de choses vont arriver, et probablement il y aura des
changements technologiques probablement très importants étant donné les niveaux
d'investissement mondialement actuellement sur ces questions. Donc, nous
avons... c'est la raison pour laquelle nous avons choisi 2035 et pas 2050.
Mais jusqu'à 2022 à 2035, selon nous, avec
8 000 et 9 000, entre 8 000 et 9 000 mégawatts, on est
sur une bonne trajectoire pour réaliser cet objectif important.
M. Kelley : Parfait. Encore,
merci beaucoup pour la réponse précise. On n'a pas beaucoup de temps, M. Sabia,
de notre côté, alors j'apprécie ça beaucoup.
Je reviens un petit peu plus précisément
sur le sujet de l'amélioration de la qualité des services. La Vérificatrice
générale du Québec a eu un rapport qui était très, très clair. Selon vous
autres, est-ce que le 4 et 5 milliards de dollars va répondre à les craintes
de la VG?
Mme Bouchard (Claudine) : Je
vais faire comme Michael. La réponse simple et courte, c'est oui. Évidemment que
la gestion du parc d'actifs, hein, il faut reprendre que... que le rapport du
VGQ était seulement sur les activités de distribution, n'incluant pas les
activités de maîtrise de la végétation. Donc, c'était vraiment la maintenance
des équipements qui était visée. Alors, de toute évidence, en augmentant le
taux de remplacement de nos équipements, en doublant l'investissement en
pérennité, on va adresser les éléments qui étaient dans le VGQ. Et, en ce qui
concerne les indicateurs, donc, on est déjà à déployer le plan d'action à la
satisfaction de la VGQ. Donc, on est déjà en marche de ce côté-là pour répondre
à toutes les actions qui étaient demandées dans son rapport.
M. Sabia (Michael) : Mais
vous serez en position de juger notre performance parce que, je pense, juin
2024, nous allons déposer un état d'avancement par rapport aux critiques du Vérificateur
général, et donc vous allez... tous les détails, vous allez avoir tous les
détails.
M. Kelley : Puis elle aussi,
c'est elle qui est plus importante aussi parce qu'elle a plus une grande
expertise que moi. Moi, je suis d'accord, on va suivre ça de près. Dans le 4 à
5 milliards de dollars, est-ce que ça inclut des investissements pour
l'ajout de 5000 kilomètres
des lignes de transport pour les projets qu'on va ajouter, ou ça, c'est un
budget différent?
M. Sabia (Michael) : C'est
dans une autre catégorie. Donc, ça, c'est pour la croissance, on va en parler
un peu plus tard. Non, là, c'est vraiment du remplacement de la végétation, de
l'automatisation de ce qui est déjà existant dans ce 4 à 5 milliards là.
M. Kelley : Parfait. La
dernière fois que vous êtes ici, on a eu une citation parce qu'on a discuté...
c'était après la tempête, là.
M. Sabia (Michael) : ...
M. Kelley
: Non, non,
non, Hydro-Québec en général, M. Sabia.
M. Sabia (Michael) : Le sujet
de la caisse. Donc, si vous...
M. Kelley : Oui, oui. La
dernière fois <qu'Hydro-Québec était ici...
M. Kelley :
...M. Sabia.
M. Sabia (Michael) :
Le
sujet de la caisse. Donc, si vous...
M. Kelley :
Oui,
oui. La dernière fois >qu'Hydro-Québec était ici, en commission, on a
parlé des... la tempête, le verglas, où on a eu plusieurs pannes partout au
Québec. Puis Hydro-Québec a lancé le message : Bien, c'est un petit peu
pour les citoyens de se préparer pour les pannes, c'est à vous autres à gérer.
J'entends qu'il y a des changements dans votre plan, mais, quand même, les...
C'est toujours un petit peu sur les citoyens de bien s'assurer que le réseau va
bien fonctionner. Comme, quand j'entends : Bien, les gens doivent acheter
des génératrices puis des batteries pour s'assurer... puis Hydro-Québec va
peut-être aider, c'est encore sur le dos des citoyens. Et j'allais plus loin
quand même. Sur la page numéro 8, vous demandez la collaboration des
citoyens et des collectivités de mieux gérer les arbres dangereux. Est-ce que
vous savez combien ça coûte pour couper un arbre au complet pour un citoyen?
• (12 h 30) •
Mme Bouchard (Claudine) : Oui.
Bien, il y a beaucoup d'éléments... Merci pour la question, il y a beaucoup
d'éléments. Vous me permettez de préciser que ce qui est écrit ici... on ne
demande pas aux citoyens de couper l'arbre. Parce que vous savez
qu'actuellement obtenir l'autorisation d'un citoyen pour abattre un arbre ou
obtenir le même permis de la ville, ça peut prendre un délai important et des
efforts importants. Alors, ce qu'on dit ici, c'est qu'on veut travailler avec
les clients et les clientes et les collectivités pour que ce processus-là soit
moins énergivore et surtout plus rapide pour nous permettre de couper l'arbre
avant qu'il tombe sur le réseau. Alors, c'est vraiment ça qu'on veut dire ici
et non pas que le citoyen doit couper l'arbre, là. C'est peut-être ambigu, mais
je veux juste le clarifier.
Puis, en ce qui concerne les génératrices,
les batteries, comme on l'expliquait tout à l'heure, nous, de notre côté, on va
tout faire pour minimiser l'impact des changements climatiques sur le réseau,
mais il n'en demeure pas moins qu'avec l'accélération de ces impacts-là il va
quand même y avoir des pannes. On va mieux informer les clients pour qu'ils
prennent les décisions en fonction de leurs responsabilités. Maintenant, ça
appartient aux clients, clientes de voir si eux veulent se prémunir contre le
résiduel de ces pannes-là, donc, avec des solutions de résilience, qui, je le
rappelle, feront l'objet d'une offre commerciale pour certains secteurs plus
névralgiques où la qualité de services s'est davantage détériorée, je pense à
des endroits plus éloignés, des secteurs avec des secteurs très boisés. Donc,
c'est de cette façon-là qu'on veut travailler avec nos clients, clientes et
avec les collectivités.
M. Kelley : Merci. Juste pour
répondre, je sais que j'ai des citoyens qui m'écrivent, ça peut coûter un 1 000 $,
2 000 $ pour couper un arbre, et c'est la gestion... et, des fois,
Hydro cible un arbre puis ça prend 10 ans pour couper. C'est une réalité
sur le terrain. Et je dois aller sur le terrain dans mon comté... j'ai écrit
une lettre à vous, M. Sabia, demander une séance d'information avec les
citoyens de Pointe-Claire et Beaconsfield. Je dois aller dans mon comté parce
que j'ai des citoyens à Pointe-Claire qui ont perdu du courant 17 fois
cette année. Ça arrive trop souvent. Puis, malheureusement, leur réponse d'Hydro-Québec,
c'était non. Je pense qu'un changement pour vous autres... être plus présents
sur le terrain avec nos citoyens. Parce que moi, je ne peux pas répondre à
pourquoi il y a des pannes. Puis j'ai écrit à Hydro-Québec : Bien, on n'a
pas l'information pour vous autres. Ça rend les citoyens un petit peu frustrés
avec le processus. Et ce n'est pas juste des courriels, viens nous voir, et je
ne dis pas juste à Pointe-Claire puis à Beaconsfield, mais partout sur le
territoire, s'il vous plaît.
M. Sabia (Michael) : Laissez-moi...
Je suis et nous sommes entièrement d'accord avec ça. La performance dans
l'ouest de l'île, à Montréal, n'était pas du tout, du tout, du tout acceptable,
mais, également, il faut que nous soyons plus présents, plus visibles, et donc
ça fait partie de nos orientations en termes de communication. Nous sommes
entièrement d'accord, et c'est quelque chose que vous allez voir.
M. Kelley : Parfait. Et je
cite deux exemples dans mon comté, mais je sais que mes collègues peuvent aussi
citer des exemples dans leur coin où le réseau est moins fiable. Alors, merci
pour ça et merci pour la précision.
M. Sabia (Michael) : Ma seule
préoccupation... je pense que nous n'avons pas l'équipe nécessaire pour visiter
toutes vos circonscriptions, donc...
M. Kelley : Non, non, et je
comprends ça.
M. Sabia (Michael) : ...mais
on est conscients de l'enjeu.
M. Kelley : Parfait, parfait.
Parce je pense que ça va rassurer des gens dans mon coin, mais, quand même,
s'il y a une façon d'améliorer ça... parce que, comme je le dis, je ne suis pas
un expert, je n'ai pas toute l'expertise de poser toutes les questions qui sont
nécessaires.
Une autre chose que je dois vous informer
aussi sur cette partie informatique et numérique, pendant la panne, dans
l'ouest de Montréal, la tour cellulaire, aussi, il y a eu une panne. Alors, les
gens n'étaient pas capables de communiquer avec Hydro-Québec qu'est-ce qui se
passe sur le terrain. Encore, c'est l'importance d'avoir les équipes, parce que
les réseaux sociaux, des groupes communautaires de Facebook bougent plus
rapidement que tout le monde ici, mais eux autres ont demandé :
Hydro-Québec est où sur le terrain? Mais bref, encore, je... juste répète que,
pour les citoyens, présentement, ça, c'est un enjeu énorme. Je transfère
l'information parce que ça arrive sur mon bureau de comté tout le temps puis
c'est quelque chose qu'Hydro-Québec doit vraiment améliorer. Puis je suis
content de voir que c'est une piste numéro un dans votre plan.
Le Président (M. Ciccone) :
Merci, M. le député...
12 h 30 (version révisée)
M. Kelley : ...je suis content
de voir que c'est une piste numéro un dans votre plan.
Le Président (M. Ciccone) : Merci.
M. le député, est-ce que c'est terminé?
M. Kelley : Bien...
Le Président (M. Ciccone) : Oui.
Bien, voulez-vous répondre, ou c'est... c'est bien? Parfait. Merci beaucoup.
Alors, je vais maintenant céder la parole au député de... Maurice-Richard,
pardon, pour une durée de 4 min 31 s.
M. Bouazzi : Merci, M. le
Président. Peut-être revenir sur les questions de tarifs. Le plan que vous avez
présenté parle de dépenses de 100 à 182 milliards de dollars, c'est
énormément d'argent. Vous avez dit, dans une rencontre avec vos employés, que c'est
sûr que les tarifs vont augmenter. Le gouvernement dit, et vous l'avez répété
vous-même, que les tarifs n'augmenteront pas de plus de 3 % pour les
résidents. Vous avez aussi dit que... donner des exemples d'endroits où ça
coûte le double et le triple, et vous avez dit qu'on restera compétitifs.
Vous comprenez que ça ne nous rassure pas,
parce que «compétitifs», par rapport au double, c'est quand même une
augmentation de 100 %, ça fait que... Mais peut-être revenir sur la clause
du 3 %. Techniquement, aujourd'hui, elle s'arrête devant la régie en 2025,
on va être en 2024 dans un mois exactement, est-ce que vous êtes en train de
dire qu'après 2025 on va rester dans les eaux du 3 %, ou il se peut qu'il
y ait une augmentation réelle des tarifs d'électricité?
M. Sabia (Michael) : ...selon
toute la planification que nous avons faite, le 3 % est un plafond qui
dure et qui est là pendant la période de ce plan. Ça, c'est notre... ça, c'est
notre supposition de planification, juste pour être...
M. Bouazzi : Donc, jusqu'à
2035?
M. Sabia (Michael) : Donc,
ça, c'est... mais il faut souligner ce que... ce que je viens de vous dire, c'est
une supposition de notre part pour simplifier notre planification.
M. Bouazzi : C'est... Donc,
le... si on reste à 3 % au résidentiel, donc on s'entend que le commercial
et l'industriel vont augmenter davantage?
M. Sabia (Michael) : Donc, il
y a... oui, encore une fois, il y a plusieurs facteurs qui sont... qui sont pertinents
ici. Ça, c'est également la question de l'avenir de l'inflation, qui, en ce
moment, n'est pas quelque chose qui est très, très clair. Donc, inflation, ça...
ça représente un élément de cette question, notre coût de services, ça
représente un autre, et également on a toute la question de... le plan d'action...
le plan d'action.
M. Bouazzi : ...de vous
couper, je n'ai pas beaucoup de temps. Actuellement, le coût marginal est de 0,11 $
le kilowattheure, au tarif L, on est plutôt autour de 0,05 $. Au-delà de
toutes les questions d'inflation, il y a une différence à payer entre le 11 et
le 5, c'est qui, qui va la payer?
M. Sabia (Michael) : Donc,
«well», j'étais en train d'essayer de répondre à votre question. Donc, la
structure de tarification, immédiate ou dans moyen terme ou à plus long terme,
n'est pas quelque chose que nous sommes aujourd'hui en mesure de préciser.
Également, on a tout un autre niveau de questions, et ça, c'est la question de
parce qu'on a des vases communicants entre les niveaux de tarification,
également, notre bénéfice net, autrement dit, les politiques budgétaires du gouvernement.
Donc, il y a des questions et des décisions, dans l'avenir, pas maintenant mais
dans l'avenir, qui sont très importantes, qui va influencer cette question. En
général, est-ce que, selon nous, il y aura une augmentation à certains niveaux
pour nos clients d'affaires, selon nous? Oui, c'est très probable. Et j'ai dit...
j'ai déjà dit publiquement que...
M. Bouazzi : ...excusez-moi,
j'ai juste cinq minutes. Ça fait que je comprends que... longue introduction
pour dire que, techniquement, il devrait y avoir une augmentation. Et je
comprends que, si on dit qu'il y a 182 milliards d'investissements, il
faut bien qu'il y ait de l'argent qui rentre aussi pour rembourser cet
argent-là. Et puis je suis persuadé que vous avez des simulations, pas juste le
3 % mais aussi des augmentations pour l'industriel.
Actuellement, il y a des nouveaux projets
qui ne comptent pas dans la décarbonation, si on pense à un Nouveau Monde
Graphite ou si on pense à la compagnie chouchou du ministre, Northvolt, qui
vont payer moins cher l'électricité que le tarif L. Est-ce que ça veut dire
que, pour financer ça, il va y avoir encore plus d'augmentations de tarif pour
les compagnies qui, elles, ont besoin de décarboner leur industrie?
M. Rhéaume (Dave) : ...précision,
les... Il y a eu des... plusieurs reportages par rapport aux clients qui ont un
rabais par rapport au tarif L, mais ça n'a pas d'impact sur les tarifs d'électricité.
Donc, c'est un programme du ministère des Finances qui aide les clients pour
leur compétitivité. On passe par les tarifs d'Hydro-Québec pour le... pour le
service de facturation, mais Hydro-Québec est 100 % compensée. Donc,
lorsqu'on établit les tarifs de tous les clients, il n'y a absolument aucun
impact de ces aides financières là qui sont versées aux clients.
Le Président (M. Ciccone) : Il
vous reste 20 secondes, M. le député.
M. Bouazzi : On s'entend que
ces restes de <l'argent...
M. Rhéaume (Dave) :
...clients,
il n'y a absolument aucun impact de ces aides financières là qui sont versées
aux clients.
Le Président (M. Ciccone) :
Il
vous reste 20 secondes, M. le député.
M. Bouazzi :
On
s'entend que ces restes de >l'argent des Québécoises et des Québécois...
qui sort effectivement de nos poches à toutes et tous pour compenser cet
argent-là. Et c'est... c'est effectivement une autre manière de financer des
compagnies qui viennent prendre notre électricité, apparemment si importante,
mais malheureusement on est obligés de leur vendre moins cher, et c'est
probablement ce que la précédente...
Le Président (M. Ciccone) : Merci
beaucoup.Merci beaucoup, M. le député. Merci beaucoup. Je cède
maintenant la parole au député de Jean-Talon pour un temps alloué de
3 min 56 s.
M. Paradis : Merci, M. le
Président. Vous avez évoqué le concept de résilience, dès votre introduction,
M. Sabia, puis ensuite on l'a entendu. Bon, on a parlé, donc, de
résilience communautaire et on retrouve ça notamment dans le plan d'action.
Est-ce que vous pourriez expliquer, pour le bénéfice des Québécoises et des...
des Québécois, de quoi on parle, quand on parle de résilience communautaire, et
de quelles données on a... on dispose pour établir certainement... ce concept-là
de résilience communautaire?
• (12 h 40) •
Mme Bouchard (Claudine) : Très
bien. Merci pour... pour la question, ça permet de préciser. Tout à l'heure,
j'ai parlé d'un volet de ce concept de résilience communautaire qui sont les
pôles de dépannage mobile, donc avec des génératrices et, ultimement, avec des
batteries mobiles. Donc, on va aller dans les quartiers, dans les
collectivités, lorsqu'il y aura des pannes d'ampleur, des pannes de longue
durée, pour devenir un... je dirais, une alimentation supplémentaire à ce qui
existe en termes de services de mesure d'urgence, en collaboration avec les
municipalités et services de mesure d'urgence, pour que les gens puissent
revenir charger leur voiture, parce qu'il y aura de plus en plus de voitures
électriques, pour que les gens puissent revenir aussi charger leurs... leurs
appareils électroniques, avoir du wifi, pouvoir travailler. Donc, ça, à terme,
c'est ce qu'on veut faire pour le premier volet.
Deuxième volet, dont je n'ai pas parlé
tout à l'heure, ce sont les microréseaux. On a déjà un microréseau d'installé
aux Îles-de-la-Madeleine depuis deux ans. On est encore en mode de test de
l'interaction. On l'a îloté pour la première fois l'été dernier. Donc, îloter,
ça veut dire que je débranche complètement la communauté de ce microréseau-là
du réseau principal. Donc, s'il y a une panne, bien, ils sont capables, entre
eux, avec des panneaux solaires, des batteries et des... je dirais, des
batteries à l'extérieur puis des batteries dans les maisons... ils sont
capables d'être complètement autonomes. Donc, on a ça au Lac-Mégantic et on est
en devenir du côté des Îles-de-la-Madeleine également. Et, dans notre plan,
dans l'horizon du plan, on veut lancer cinq nouveaux microréseaux pour
permettre à des communautés de s'îloter du réseau là où l'indice ou la
fiabilité va réellement s'être dégradé dans les dernières années. Donc, c'est
là où on en est aujourd'hui.
M. Paradis : Tout à l'heure,
on a entendu que vous n'aviez pas suffisamment d'équipes pour aller sur le
terrain. Donc, quand on parle, justement, là, de cette résilience communautaire
puis des données, là, les communautés en question dont on parle, comment
ont-elles été consultées? Comment on les rejoint puis comment on établit les
données par rapport à ces communautés-là?
M. Sabia (Michael) : ...évidemment,
étant donné la planification de Claudine pour identifier, disons, cinq
communautés pour les microréseaux, évidemment, nous avons l'équipe nécessaire
pour bien, bien consulter ces communautés et de développer les plans ensemble.
M. Paradis : De manière
générale... Oui, vous voulez compléter?
Mme Bouchard (Claudine) : ...aux
Îles-de-la-Madeleine puis à Lac-Mégantic, les parties prenantes ont été
intégrées dès la conception, la planification puis la réflexion des deux
microréseaux.
M. Sabia (Michael) : ...que
nous allons imposer sur une communauté.
M. Paradis : Bon. Et donc,
sur ce point-là, sur cette thématique, mais globalement sur l'ensemble du plan
d'action, pourriez-vous nous dire à quel point les communautés concernées ont
été consultées? Ce matin, là, on avait des gens, là, qui sont très informés
puis très impliqués dans tout le domaine de l'énergie au Québec et qui disent
qu'on a besoin d'un débat public, puis qu'on a besoin de dialoguer avec
Hydro-Québec, et qu'elles n'ont pas eu l'espace pour le faire, donc, de...
M. Sabia (Michael) : ...mais
c'est exactement la raison pour laquelle, lors du lancement de notre plan
d'action, que nous avons dit publiquement... et nous nous sommes engagés
d'avoir un dialogue, disons, dans la société québécoise. Et donc nous avons
déjà, je pense... on avait déjà 26 rencontres pour mieux continuer
d'expliquer le plan d'action et de sorte pour chercher des réactions. Donc,
c'est quelque chose que nous allons continuer avec les outils numériques, mais
également avec les rencontres directes avec l'ensemble des parties prenantes.
Et c'est la raison pour laquelle nous avons décidé de prendre... de lancer ce
processus de concertation, parce que les sujets et les questions sont tellement
importants, ça demande cette période d'échange.
Le Président (M. Ciccone) : Merci
beaucoup, M. le député. Merci de votre réponse, M. Sabia. Alors, je vous
remercie pour votre collaboration.
La commission suspend ces travaux jusqu'à
14 h 30. Bon lunch, tout le monde.
(Suspension de la séance à 12 h 44)
14 h (version révisée)
(Reprise à 14 h 32)
Le Président (M. Ciccone) : À
l'ordre, s'il vous plaît! La Commission de l'agriculture, des pêcheries, de
l'énergie et des ressources naturelles reprend ses travaux. Je demande, encore
une fois, je réitère, à toutes les personnes dans la salle de bien vouloir
éteindre la sonnerie de leurs appareils électroniques.
Nous poursuivons les auditions d'Hydro-Québec
dans le cadre de l'étude de son plan stratégique 2022-2026 et de son Plan d'action
2035 intitulé Vers un Québec décarboné et prospère. Cet après-midi, nous
procéderons à l'étude du bloc 2 : Aider la clientèle à faire une meilleure
consommation d'énergie, du bloc 3 : Augmenter la production d'électricité,
du bloc 4 : Collaborer plus étroitement avec les communautés autochtones,
et du bloc 5 : Devenir une organisation agile, innovante et transparente.
Nous allons maintenant débuter le bloc 2 :
Aider la clientèle à faire une meilleure consommation d'énergie. J'invite donc
les représentants d'Hydro-Québec à faire leur présentation pour une durée de 15
minutes, et, à la suite, nous aurons un échange... des échanges avec les
parlementaires. Alors, à vous la parole.
M. Rhéaume (Dave) : Merci, M.
le Président. Mmes, MM. les députés, membres de la commission. Les Québécoises
et les Québécois ont aujourd'hui accès à de l'électricité propre et abordable.
Cette situation est enviée par plusieurs et nous place dans une position
avantageuse.
Toutefois, le Québec fait malheureusement
piètre figure en matière de consommation énergétique lorsque nous nous
comparons à d'autres endroits dans le monde. La Chaire de gestion en énergie
des HEC affirmait, dans son plus récent état de l'énergie au Québec, que nous
vivons en état d'ébriété énergétique. En fait, ce n'est pas parce qu'on a un
bien qui est disponible en abondance et peu cher qu'on doit le gaspiller.
Comme nous l'avons dit, la demande prévue
pour l'électricité est déjà et continuera d'être en croissance. Avant de
construire de nouvelles infrastructures de production, nous devons d'abord
regarder...
14 h 30 (version révisée)
M. Rhéaume (Dave) : ...avant
de construire de nouvelles infrastructures de production, nous devons d'abord
regarder notre consommation énergétique et nous assurer que nous avons fait
tout en notre possible pour l'optimiser. C'est pourquoi nous nous engageons à
faire preuve d'innovation pour encourager notre clientèle à considérer l'électricité
comme une ressource précieuse qui mérite que tous et toutes collaborent avec
nous pour mieux la consommer. En d'autres termes, il s'agit de consommer moins,
c'est-à-dire réduire notre consommation en tout temps, et consommer au bon
moment, soit déplacer une partie de notre consommation en dehors des heures de
pointe.
Voici comment nous entendons le faire. Les
efforts que nous avons déployés, au cours des 20 dernières années, ont
permis des économies d'énergie et de déplacement d'une partie de la
consommation en dehors des heures de pointe. Dans notre plan d'approvisionnement
de novembre 2022, nous visions des économies d'énergie équivalentes à 1 800 mégawatts.
Aujourd'hui, nous aspirons à faire beaucoup plus et plus rapidement. Dans le plan
pour un Québec décarboné et prospère, nous avons donc doublé notre cible d'économie
d'énergie afin d'éviter de 1 600 à 1 800 mégawatts de puissance
de plus, pour un total de 3 500 mégawatts. 3 500 mégawatts,
c'est plus que la puissance combinée de la centrale Manic-5 et des quatre
centrales du complexe de La Romaine.
Pour encourager l'ensemble de notre
clientèle à consommer moins et au bon moment, nous allons prendre plusieurs
actions. Premièrement, offrir à tous nos clients et clientes un accompagnement
adapté leur permettant de faire les meilleurs choix en matière d'énergie.
Hydro-Québec mise déjà sur une équipe renommée composée de membres du personnel
spécialisé en ingénierie qui fournit des conseils personnalisés à nos grands
clients d'affaires et industriels. Nous comptons rendre disponible ce même
service d'accompagnement de qualité à l'ensemble de notre clientèle, des
particuliers résidentiels aux hôpitaux, en passant par les dépanneurs.
Nous savons que modifier une habitude de
consommation, c'est un comportement qui n'est pas facile et c'est pourquoi nous
allons bonifier aussi nos incitatifs financiers pour accélérer le
déploiement... le déploiement d'équipements performants et connectés. Ces
équipements simplifient les gestes à poser et réduisent l'impact au quotidien.
Nous augmenterons les appuis financiers pour couvrir jusqu'à 50 % du coût
d'achat des équipements comme des thermopompes, des thermostats intelligents et
des contrôleurs de chauffe-eau. Nous visons l'installation de 700 000 équipements
chez nos clientes et clients résidentiels et commerciaux d'ici 2035. Ça nous
permettrait de passer de 3 % des ménages qui aujourd'hui ont des
équipements connectés à 25 % sur cette période.
Nous encouragerons la réalisation de
rénovations écoénergétiques, par exemple l'amélioration de l'enveloppe
thermique des bâtiments existants. À terme, nos initiatives devraient permettre
d'améliorer la performance énergétique de 100 000 bâtiments au
Québec. Je précise d'emblée que ces initiatives seront complémentaires à celles
qui sont déjà promues par le gouvernement du Québec.
Enfin, nous offrirons davantage de soutien
pour faciliter la mise en œuvre de procédés industriels performants et l'adoption
de systèmes d'automatisation des bâtiments chez nos clients d'affaires. Nous
soutiendrons les petites et moyennes entreprises afin qu'elles diminuent leur
consommation d'énergie grâce à nos appuis financiers et à de l'accompagnement
offert par des partenaires affiliés.
Nous souhaitons créer des conditions
avantageuses qui vont faire de sorte que les Québécois et Québécoises, les
commerces et les industries voudront mieux consommer. Nous souhaitons donc
élargir nos offres tarifaires afin d'encourager de bons comportements de
consommation. Pour déplacer une partie de la consommation en dehors des
périodes de pointe hivernales, des options tarifaires aux modalités plus
flexibles permettront à notre clientèle résidentielle de participer à la
hauteur souhaitée, tout en préservant leur confort. Nous visons à quadrupler le
nombre de ménages québécois mobilisés pour atteindre 1 million en 2035.
Une famille vivant dans une résidence moyenne pourrait ainsi économiser environ
150 $ par année. De plus, des options tarifaires personnalisées et
adaptées aux contraintes de certains segments de marché seront élaborées pour
notre clientèle d'affaires. Des conditions de service et des tarifs adaptés
seront envisagés, notamment pour accroître l'effort de sensibilisation et d'encadrement
de certaines catégories de clientèle, comme les propriétaires de maisons
imposantes ou d'immeubles locatifs mal isolés et les entreprises de secteurs
qui consomment beaucoup d'électricité. En tout temps, nous veillerons à ce que
la clientèle résidentielle soit protégée en appliquant les lois en vigueur.
Pour mettre en place ce chantier et en
assurer le succès, nous devons travailler en étroite collaboration avec les
acteurs du milieu énergétique du Québec. Le gouvernement continuera de jouer un
rôle central dans la mise en place des conditions requises pour atteindre nos
cibles de réduction et de déplacement de la consommation. Nous comptons sur sa
collaboration pour faire évoluer la réglementation et l'encadrement législatif,
notamment pour la mise en place de <meilleures...
M. Rhéaume (Dave) :
...la
consommation. Nous comptons sur sa collaboration pour faire évoluer la
réglementation et l'encadrement législatif, notamment pour la mise en place de
>meilleures pratiques énergétiques dans le secteur du bâtiment et
l'établissement d'un cadre tarifaire plus flexible qui respecte la limite des
hausses tarifaires pour la clientèle résidentielle.
Enfin, les entreprises qui oeuvrent dans
le marché énergétique du Québec sont... avantageusement positionnées pour aider
notre clientèle à consommer moins et consommer au bon moment. Nous pensons
notamment aux fournisseurs d'équipements, aux firmes de génie-conseil, ainsi
qu'aux installateurs comme les entreprises spécialisées en électricité, en
plomberie et en ventilation. Nous... élaborerons un programme de partenaires
affiliés Hydro-Québec qui offrira à ces entreprises des formations et des
outils de soutien à la vente efficaces. Nous souhaitons que ces partenaires
deviennent des ambassadeurs et ambassadrices de nos incitatifs financiers, de
nos offres tarifaires et des technologies facilitantes. Notre clientèle aura
accès à un accompagnement de qualité et à des services conformes aux meilleures
pratiques énergétiques, et ce, au meilleur coût.
• (14 h 40) •
En conclusion, nous visons à ce que la
réduction de la consommation et le déplacement de celle-ci en dehors des
périodes de pointe permettent à nos clients de réaliser des économies
intéressantes sur leur facture d'électricité. À cet égard, Hydro-Québec a un
rôle à jouer, et nous devons les outiller en conséquence. D'autre part, mieux
consommer permettra aussi de limiter le nombre de nouvelles infrastructures à déployer.
L'énergie économisée rendra ainsi le Québec plus décarboné et plus prospère, ce
qui est au cœur de notre plan pour un Québec décarboné et prospère. Merci, M.
le Président.
Le Président (M. Ciccone) : Merci
beaucoup. Nous allons maintenant débuter la période d'échange avec M. le député
de Beauce-Sud. Vous avez 21 min 30 s.
M. Poulin : Merci
beaucoup, M. le Président. M. Sabia, Mme Bouchard, M. Rhéaume,
M. Aucoin, bonjour à nouveau. Énormément de questions en ce qui a trait à
une meilleure consommation d'énergie puis une sobriété énergétique, qui est
assez nouveau dans le vocabulaire des Québécois au cours des dernières années.
J'ai le goût de vous entendre : Jusqu'à présent, est-ce que les rabais que
vous avez donnés aux Québécois fonctionnent? Est-ce que vous avez un chiffre à
nous donner sur le nombre de Québécois qui ont adhéré à votre programme de
sobriété énergétique? Et combien d'argent avez-vous remis aux Québécois,
l'hiver dernier, par exemple, en sobriété énergétique?
M. Rhéaume (Dave) : Oui,
on a des chiffres là-dessus. Juste pour rappeler l'historique, là, donc, de la
tarification incitative, pour influencer le comportement aux périodes de pointe,
c'est quelque chose d'encore assez récent au Québec. On a démarré un pilote il
y a environ quatre ans, qui était limité à un nombre très restreint de
participants. Puis, depuis trois années, on a amorcé une communication de la
publicité par rapport au programme. Aujourd'hui, on a plus de
200 000 clients qui y participent, on vise à se rendre, dans le plan,
à 1 million de clients qui y participent.
M. Poulin : 200 000,
c'est sur combien de clients d'Hydro-Québec?
M. Rhéaume (Dave) : 4 millions.
M. Poulin : Donc,
200 000 Québécois...
M. Rhéaume (Dave) : Plus de
200 000.
M. Poulin : ...sur
4 millions, participent à votre programme de sobriété énergétique?
M. Rhéaume (Dave) : Exact.
M. Poulin : C'est peu.
M. Rhéaume (Dave) : C'est
peu, mais c'est... en même temps, c'est nouveau. Puis ce qu'on constate, c'est
que c'est encore quelque chose que les clients apprennent à travailler, puis
nous, on a un travail pour le communiquer. C'est une chose de s'inscrire à la
tarification dynamique, il faut apprendre quels sont les comportements puis il
faut avoir les outils pour être capable d'aller chercher les économies.
Un constat qu'on a, c'est que, dans
certains cas, on a des clients qui génèrent peu d'économies. Donc, un... un
client qui met en place les bonnes technologies puis les bons comportements
peut s'attendre à avoir environ 150 $ d'économies par année pour une
résidence de taille moyenne. Par contre, on a plusieurs clients qui... qui ont
des économies aujourd'hui de moins de 30 $. Pour nous, on ne se décourage
pas, au contraire, c'est le début de cette transition-là. On doit transformer
nos programmes, puis il faut s'assurer que ces clients-là se sentent
accompagnés pour aller chercher... les économies puis, le Québec, l'économie en
pointe.
M. Poulin : Tout à fait.
Puis on est évidemment en faveur de ces programmes-là. Vous dites, et vous le
dites bien, qu'on peut avoir jusqu'à 150 $ par année d'économies ou plus
haut. 150 $, en moyenne, pour une famille, c'est 3,12 $ par semaine
quand je le prends sur une période annuelle. Comment allons-nous faire pour
faire adhérer des Québécois à un programme qui pourrait leur remettre
3,12 $ par semaine?
M. Rhéaume (Dave) : Bien,
je vous dirais humblement que, 150 $, pour plusieurs familles, durant... sur
l'économie de ta facture d'hiver, on pense que c'est significatif. Puis c'est
quelque chose qui va... que, pour plusieurs familles, ils vont valoriser de
façon très forte. Plus les tarifs vont évoluer dans le temps puis plus on va
venir bonifier nos offres, parce que c'est aussi notre intention d'être de plus
en plus, je dirais, agressifs, dans les bonifications qu'on veut offrir pour
aller chercher le plus de mégawatts possible, plus ça va être intéressant.
Puis j'ajouterais que c'est aussi une
grosse question, puis ma collègue Claudine en a parlé ce matin, des
technologies. Il faut faciliter la vie du client qui veut accéder à ce
150 $ là. Si 150 $ implique de changer complètement la façon dont on
élève notre famille, ce n'est pas suffisant, probablement, mais, si c'est des
technologies facilitantes, un accompagnement facilitant qui le permet, on pense
que c'est un 150 $ facile et avantageux pour le client et pour le Québec.
M. Poulin : ...vous ouvrez la
porte, cet après-midi, à augmenter en dollars l'argent que vous allez remettre
aux <Québécois...
M. Rhéaume (Dave) :
...technologies
facilitantes, un accompagnement facilitant qui le permet, on pense que c'est un
150 $ facile et avantageux pour le client et pour le Québec.
M. Poulin :
...vous
ouvrez la porte, cet après-midi, à augmenter en dollars l'argent que vous allez
remettre aux >Québécois s'ils adhèrent au programme de sobriété
énergétique.
M. Rhéaume (Dave) : Absolument.
C'est ça, le plan, nous allons bonifier l'ampleur des incitatifs financiers.
M. Poulin : ...vous avez un
chiffre à nous donner? Est-ce qu'on parle de doubler, de tripler ou...
M. Rhéaume (Dave) : Bien, il
y a... on a plusieurs programmes actuellement, mais il y a certains, qu'on a
déjà dévoilés, qui doublent actuellement l'ampleur de l'aide financière qu'on
donne. Donc... en toute transparence, la limite, c'est tant que c'est moins
cher d'inciter quelqu'un à modifier son comportement puis lui donner les outils
que de bâtir une infrastructure, on aurait tort de s'en passer.
M. Poulin : On va se parler,
dans les prochaines minutes, des bâtiments gouvernementaux, des établissements
hôteliers au Québec, des collaborations qu'Hydro-Québec a avec les villes. Je
m'en viens, mais d'abord, peut-être bon de rappeler aux gens qui nous écoutent,
parce qu'entre autres, M. Sabia, vous avez fait une conférence il n'y pas
tellement longtemps à Montréal, où on rappelait que, pour éviter de grands
projets, même si on n'aura pas le choix d'y venir, à ces grands projets
énergétiques au Québec, il faut que les Québécois fassent leur part aussi en
matière de sobriété énergétique pour pouvoir emmagasiner notre électricité au
Québec.
Est-ce que vous évaluez en pourcentage la
part que la population, que chacun, M., Mme Tout-le-monde peut faire pour
Hydro-Québec, dans les prochaines années, en matière de sobriété énergétique? Et
l'électricité que ça va emmagasiner au Québec, vous l'évaluez à 30 % de
vos capacités, 40 %? Est-ce que vous avez une idée si vous avez l'occasion
de sensibiliser les gens?
M. Rhéaume (Dave) : Aujourd'hui,
ce qu'on... ce qu'on anticipe, là, lorsque... lorsque vous regardez certains
éléments du plan, là, c'est qu'on est capables de réduire de 10 % la
consommation de toutes les tranches de marché, donc, résidentiel, commercial,
grandes industries. On pense qu'il y a 10 % sur la durée du plan qu'on va
aller chercher.
M. Poulin : Bâtiments
municipaux, bâtiments du gouvernement du Québec, on n'est pas sans savoir,
lorsqu'on entre dans une grande ville au Québec, à n'importe quelle heure du
jour, qu'il y a encore beaucoup, beaucoup de lumières d'allumées. On est aussi
dans un secteur où, entre autres, les établissements hôteliers, dans certaines
institutions, les corridors, les lumières sont fermées. On a développé des
outils technologiques pour une meilleure consommation d'électricité.
Qu'en est-il de ces grands bâtiments là
énergétiques au Québec? Qu'allez-vous faire? Est-ce que selon vous... et là
j'inclus le gouvernement du Québec, on ne se défile pas, là, mais les
municipalités, le gouvernement du Québec, le gouvernement fédéral aussi, dans
certaines villes, est-ce que vous avez remarqué une diminution de consommation
d'énergie au cours des dernières années? Est-ce que, dans d'autres mots, les
lumières le soir sont plus souvent fermées? Avec le télétravail, est-ce qu'il y
a des espaces de bureaux qui consomment moins d'électricité également? Est-ce
qu'il y a un pas qui a été fait, du moins dans les... la dernière année ou les
dernières années?
M. Rhéaume (Dave) : Il y a
une amélioration de la performance énergétique des grands bâtiments au Québec,
elle est réelle. On fait de la reddition de comptes là-dessus à la Régie de
l'énergie, donc on constate des améliorations. Néanmoins, on demeure... on
conserve, au Québec, un parc de grands bâtiments qui... qui est moins
performant sur le plan énergétique que dans d'autres juridictions. On ne pense
pas que... Il y a deux... il y a deux volets sur comment on va adresser ça, un,
on l'a mis de façon très transparente, on pense qu'avec le gouvernement il y a
un travail à faire à créer les bonnes conditions pour aller le chercher.
Par contre, pour nous, Hydro-Québec, notre
priorité, c'est de créer des conditions gagnantes qui vont inciter les clients,
de toute catégorie, dont les gestionnaires des grands parcs immobiliers, à
participer à ces programmes puis à y trouver leur compte là-dedans. Puis on
fait ça, oui, avec des aides financières, mais, en toute transparence, une
grosse partie de ce qu'on reconnaît, c'est le besoin de transformer nos offres
pour faciliter l'adhésion. Trop d'entreprises, au Québec, de particuliers ne
connaissent pas nos programmes d'efficacité énergétique, puis c'est, entre
autres, par une perception de difficulté à y participer. On sait qu'on a un
travail à faire là-dessus, puis c'est là-dessus qu'on s'engage à prendre.
M. Poulin : Quelles sont vos
relations avec, par exemple, la ville de Montréal? Est-ce qu'il y a une
ouverture à davantage opter pour la sobriété énergétique de leurs bâtiments?
M. Rhéaume (Dave) : Pouvez-vous
juste répéter la fin de votre question?
M. Poulin : Quels sont vos
liens avec la ville de Montréal? Est-ce qu'il y a un intérêt à réduire leur
consommation énergétique de leurs bâtiments? On parle quand même de la
métropole, donc, oui.
M. Rhéaume (Dave) : Oui, oui.
Très... très positive, la relation. La ville de Montréal a... au cours des...
de la dernière année, je dirais, a communiqué à quelques... à quelques reprises
des grandes ambitions en matière de décarbonation et de performance
énergétique. C'est un partenaire. Ces solutions-là, c'est... c'est les
propriétaires qui voient une partie de l'équation, Hydro-Québec en voit une
partie. Donc, on travaille en collaboration à définir les normes optimales qui
répondent aux besoins du client puis qui vont aider le Québec dans sa stratégie
de décarbonation.
M. Poulin : Avec la SQI, la Société
québécoise des infrastructures, parce qu'évidemment, bon, il y a des hôpitaux
qui, on le comprend, sont ouverts 24 heures sur 24, sept jours sur sept,
mais on pense aux écoles primaires, aux écoles secondaires, au collégial, aux
universités, et j'inclus là-dedans les grands bâtiments gouvernementaux qui
sont tout près d'ici, là, est-ce qu'il y a eu une réduction de consommation
d'électricité de façon importante? Et quels sont vos liens? Avez-vous des...
des objectifs très chiffrés de... de <réduction...
M. Poulin :
...qui
sont tout près d'ici, là, est-ce qu'il y a eu une réduction de consommation
d'électricité de façon importante? Et quels sont vos liens? Avez-vous des...
des objectifs très chiffrés de... de >réduction de consommation
d'électricité de ces lieux-là?
M. Rhéaume (Dave) : Donc,
nos... nos liens sont en cours... Pardon, il y avait quelques questions dans
votre question. Donc, d'abord...
M. Poulin : ...
M. Rhéaume (Dave) : ...il y
a... il y a des baisses de consommation dans tous les secteurs, dont les grands
parcs de bâtiments, incluant les hôpitaux. C'est-à-dire que la performance
énergétique des nouveaux bâtiments est meilleure que dans le passé. Ça, c'est
positif. On est en échange constant avec les grands développeurs de bâtiments
pour améliorer la performance.
Là où nous, on voit qu'on a un rôle à
jouer, c'est qu'en toute transparence j'aimerais mieux savoir que les
dirigeants de l'hôpital, ils gèrent le service de santé plutôt que la
consommation énergétique, notre travail, c'est de faciliter leur vie. Notre
travail, c'est de s'assurer qu'ils ont un accès simple, pouvoir prendre les
bonnes décisions pour leurs bâtiments, de la façon la plus performante sur le
plan énergétique possible. C'est notre responsabilité.
• (14 h 50) •
M. Poulin : Avez-vous ciblé
déjà des endroits, des lieux au Québec que vous dites : Eux, s'ils
réduisent leur consommation énergétique, ça fera toute une différence?
M. Sabia (Michael) : Oui.
Laissez-moi juste... Donc, honnêtement... J'ai utilisé une phrase plus tôt
aujourd'hui, et j'ai parlé d'un projet de société, et j'ai parlé d'une rupture,
de remplacer ou de reconstruire une économie essentiellement bâtie sur énergie
fossile. Donc, je vous dis ça parce que la question de... Et vous posez des
bonnes questions et des questions importantes, mais la question d'une meilleure
utilisation de l'énergie par nos bâtiments... et les bâtiments représentent une
partie importante du problème. Donc, ça demande également, donc... des
changements dans le... les codes des bâtiments, la cotation des bâtiments. Et
donc il y a une occasion ici, pour le gouvernement du Québec, pour les
municipalités, d'agir leur rôle.
Et donc, oui, nous avons... grâce à Dave
et son équipe, nous avons tout un programme de nouvelles initiatives que nous
allons dévoiler de façon constante d'ici quelques semaines, quelques mois. Et
nous allons donc... nous allons faire notre partie, mais il y a un rôle
essentiel pour les gouvernements de répondre à l'enjeu, que vous avez bien
identifié, et donc ce n'est pas juste... Je vais terminer maintenant, mais ce
n'est pas juste une question d'Hydro-Québec et qu'est-ce que nous allons faire
pour réaliser ces objectifs. Et, quand j'ai utilisé le mot... la phrase «projet
de société», c'est un projet de société, ce n'est pas un projet d'Hydro-Québec.
Et donc nous avons besoin... une plus grande mobilisation au niveau des paliers
du gouvernement, y compris le gouvernement du Canada, pour toutes sortes de
choses. Et donc nous allons jouer notre rôle, mais nous avons besoin également
la participation et le leadership qui viennent de... des gouvernements et
d'autres parties prenantes.
M. Poulin : Il me reste
combien de temps, M. le Président?
Le Président (M. Ciccone) : 9 min 43 secondes.
M. Poulin : Excellent. J'ai
le goût qu'on aborde... En matière de sobriété énergétique, vous allez voir, il
y a un... il y a un parallèle que je fais avec les bornes électriques des
véhicules automobiles. On a parlé, depuis tout à l'heure, de l'importance de
décarboner notre économie. Les Québécois, via différents incitatifs, sont
incités à acheter des véhicules électriques. Plusieurs sont sur des listes
d'attente, depuis un an ou deux, pour espérer avoir un véhicule électrique. Mais
on souhaite évidemment atteindre nos objectifs dans les prochaines années, mais
c'est très difficile, et ce qui inquiète beaucoup les gens, c'est l'accès aux
bornes électriques. Ça va, évidemment, des lieux publics sur les grandes
autoroutes que nous avons au Québec afin de pouvoir se recharger,
particulièrement en période hivernale, mais aussi pour l'accès rapide de
branchement à une borne électrique en milieu résidentiel.
Tout à l'heure, ma collègue parlait, à
juste titre, des délais pour brancher des parcs industriels, des délais pour
brancher des nouvelles maisons. Imaginez des jeunes qui ont enfin accès à la
propriété, puis ça leur prend trois mois pouvoir entrer dans leur maison parce
qu'ils n'ont pas été branchés. Puis là on leur dit en plus : Bien, ça te
prendrait une borne électrique d'ici un an, deux ans, trois ans si tu achètes
un véhicule électrique.
Quelle est votre vision du développement
des bornes? On sait que ça se fait en collaboration avec le ministère de
l'Environnement, bien entendu, mais êtes-vous capables de nous garantir, dans
les prochains mois, un certain rythme de branchement de bornes électriques au
Québec pour répondre à cette demande de véhicules électriques?
M. Rhéaume (Dave) : Bien sûr.
Puis, Claudine, n'hésite pas si tu veux ajouter. Donc, la stratégie, par
rapport à l'électrification des... des véhicules de particuliers, elle touche
exactement ces deux points-là. Nous avons pris des engagements, puis il y a...
il y a plusieurs annonces qui ont été faites sur accroître la <disponibilité...
M. Rhéaume (Dave) :
...
véhicules de particuliers, elle touche exactement ces deux points-là. Nous
avons pris des engagements, puis il y a... il y a plusieurs annonces qui ont
été faites sur accroître la >disponibilité du parc de bornes publiques.
Donc, si je veux traverser le Québec, j'ai besoin de savoir qu'il va y avoir
suffisamment de bornes bien entretenues, disponibles pour être capable de
planifier, pour que le véhicule électrique puisse être ma seule voiture. Encore
plusieurs personnes voient le véhicule comme seulement pour être autour, pour
retourner. Donc, ça, c'est une priorité sur laquelle on demeure alignés.
De l'autre côté, c'est certain, en ce qui
a trait aux besoins de la clientèle, un client qui a besoin de faire faire des
travaux pour son alimentation électrique parce qu'il s'achète un véhicule
électrique, ça fait partie des demandes de nos clients. Lorsque Claudine
parlait plus tôt, de dire : On est en action pour répondre aux besoins des
clients, ça fait partie des demandes des clients pour lesquelles... qu'on
priorise avec les autres.
M. Poulin : Les délais de
branchement, actuellement, là, ne serait-ce que pour une borne ou pour une
résidence, ressemblent à quoi en moyenne au Québec? J'imagine, ça doit dépendre
d'une région à l'autre.
Mme Bouchard (Claudine) : En
fait, il faut juste distinguer. Avec le nouveau code du bâtiment, les nouvelles
constructions qui voient le jour ont déjà intégré, dans leur panneau électrique,
la capacité d'ajouter une borne électrique, et là ces travaux-là ne requièrent
aucune intervention de la part d'Hydro-Québec, seulement l'électricien. Ça fait
que ça, il faut comprendre ça.
Maintenant, pour le parc du passé, de ce
côté-là, il y a beaucoup d'entrées électriques qui ne requièrent pas de
modification pour être capable d'ajouter une borne électrique. Alors... il ne
faut pas penser que chaque personne qui... qui s'achète une voiture électrique
doit nécessairement changer son branchement électrique chez Hydro-Québec. Donc,
ça, c'est la première.
Maintenant, si une personne doit changer
l'entrée électrique pour augmenter sa capacité, elle fait une demande,
effectivement, de modification de branchement, et là les... les délais varient
en fonction des travaux qui... qui sont nécessaires. Et ça varie entre
20 jours et 55 jours, dépendamment du type de travaux qu'on a à
faire. Et là, on parlait un peu plus tôt ce matin, si on est dans un projet de
promoteur, bien là, il y a un réseau à construire, donc là ça peut aller à
beaucoup plus longuement en raison de l'obtention des servitudes. Parfois, les
délais dépendent des... des activités d'Hydro-Québec, mais souvent ils
dépendent de tiers qui doivent donner la permission à Hydro-Québec de
construire son réseau. Alors, nous, c'est sur cette chaîne de valeurs là au
complet qu'on veut intervenir et agir pour réduire le délai complet.
M. Poulin : Donc, vous laissez
sous-entendre, ne serait-ce qu'avec certaines municipalités, qu'il y a des
délais supplémentaires qui s'ajoutent lorsque vous arrivez sur place.
Mme Bouchard (Claudine) : Bien,
il y a les municipalités, mais il y a aussi les individus, les propriétaires de
terrains sur lesquels je dois obtenir des droits de servitude, des droits de
passage. Alors, quand on ajoute, chacun le petit délai... tout le monde est bien
intentionné, mais, quand on ajoute chacun des délais de chaque individu, bien,
l'addition de tout ça fait en sorte que les délais de branchement sont beaucoup
trop longs. Alors là, il faut trouver un moyen de travailler en parallèle et
d'accélérer ces travaux-là puis ces activités-là.
M. Poulin : Excellent. Je
dispose de combien de temps, M. le Président?
Le Président (M. Ciccone) : 5 min 25 s.
M. Poulin : On a beaucoup
parlé de chauffage, dans les derniers mois, au Québec, ne serait-ce qu'en
matière de règlements municipaux, d'une ville à l'autre, qui peuvent évoluer,
qui peuvent changer. Le chauffage des résidences, au Québec, on le sait, repose
beaucoup sur des plaintes électriques, sur le chauffage électrique, qui est
plus énergivore, par exemple, que les thermopompes.
Pour Hydro-Québec, premièrement, est-ce
que c'est problématique? Puis est-ce que vous avez un plan en ce sens, ne
serait-ce qu'en collaboration aussi avec les municipalités, afin de s'assurer
que peut-être le chauffage de la fameuse plainte électrique puisse diminuer?
M. Rhéaume (Dave) : Le... de
miser davantage sur les pompes à chaleur et thermopompes, c'est le geste le
plus, je vous dirais, pratique, facile à mettre en place. Et on va déployer, au
cours des prochaines semaines, des aides financières de plus en plus
importantes pour le faciliter et faciliter le parcours du client qui cherche à
accéder. Plusieurs Québécois parfois optent pour... Il fait chaud dans leur
maison l'été, ils s'installent un climatiseur, même parfois la télécommande a
le bouton chauffage dessus, mais c'est un climatiseur qui n'a pas des capacités
de thermopompe pour chauffer l'hiver. En toute transparence, c'est une perte
économique pour le client qui ne bénéficie pas de la performance énergétique
beaucoup plus élevée que les thermopompes peuvent amener. Donc, pour nous, le
début de ça, là, au... au Québec, il y a environ 15 %, je vous dirais, 15 %
à 20 % des ménages qui ont aujourd'hui des thermopompes. C'est quelque
chose qu'il va falloir augmenter puis qu'on a l'intention de... de favoriser en
priorité, je vous dirais, au cours des prochains mois.
M. Poulin : Est-ce que ces
programmes-là vont également accompagner les entreprises, exemple, des
établissements hôteliers, au centre-ville de Montréal, de 200,
300 chambres, qui, pendant des fins de semaine complètes, est 100 %
électricité, chauffage dans le corridor, dans les salles de congrès, dans les
chambres? Ça devient de grands consommateurs d'énergie. On sait aussi que les
propriétaires de ces établissements-là, c'est très difficile pour eux de
limiter la consommation de leur clientèle également. Ce n'est pas pour rien
qu'en Europe, parfois, on est limités dans notre consommation. Est-ce que vous
allez également accompagner ces gens-là pour se tourner vers d'autres...
d'autres sources?
M. Rhéaume (Dave) : Absolument.
Donc, équipe dédiée qui va s'attaquer à ce marché-là pour <vraiment...
M. Poulin :
...dans
notre consommation. Est-ce que vous allez également accompagner ces gens-là
pour se tourner vers d'autres... d'autres sources?
M. Rhéaume (Dave) :
Absolument.
Donc, équipe dédiée qui va s'attaquer à ce marché-là pour >vraiment
faire la promotion de nos programmes avantageux pour la thermopompe, mais, je
vous ajouterais, dans ce cas-là aussi pour la géothermie. Le Québec va devenir
l'une des juridictions au monde où on favorise le plus le déploiement de la
géothermie, parce que la géothermie permet une utilisation aussi en pleine
pointe, l'hiver, puis c'est un avantage qui peut être très intéressant pour...
pour les grands bâtiments. Puis c'est des aides financières très importantes
qu'on doit mettre de l'avant pour favoriser cette technologie-là. Puis, à
nouveau, je le répète, toujours pour nous, la priorité, le programme doit être
gagnant-gagnant. Le client doit y trouver son compte, avec un retour sur
investissement qui est... qui est raisonnable, puis le Québec est gagnant avec
ces économies-là d'énergie qu'on peut ensuite déployer vers d'autres usages de
décarbonation.
• (15 heures) •
M. Poulin : Vous parliez,
tout à l'heure, et M. Sabia également, de projet de société. Les jeunes
sont très préoccupés par les enjeux environnementaux, vont dans la rue,
marchent, c'est important, mais ça nous arrive aussi de prendre des douches
d'une demi-heure, là. Donc, comment faire pour sensibiliser la plus jeune
génération? Est-ce que vous... est-ce qu'Hydro-Québec doit entrer dans les
écoles du Québec? Est-ce qu'Hydro-Québec doit faire plus de sensibilisation dès
le jeune âge? Comment... comment vous voyez ça?
M. Rhéaume (Dave) : ...je
vous dirais, en toute transparence, qu'on a accumulé un certain retard au cours
des dernières années. Compte tenu de l'époque des surplus, des bas prix, on n'a
probablement pas communiqué beaucoup l'importance de traiter cette énergie-là
comme précieuse. On le sait, qu'on a un rattrapage à faire de ce côté-là, et
c'est ça, notre priorité. De notre point de vue, les gens veulent contribuer,
les gens veulent en plus y tirer certains avantages, mais il faut leur donner
les moyens, il faut leur donner l'information, puis c'est... c'est un élément
central du plan d'action.
M. Poulin : Parfait.
Le Président (M. Ciccone) : ...20 secondes.
M. Poulin : Bien,
simplement pour vous remercier pour ces explications-là, qui sont fort
importantes, et effectivement je pense qu'il va falloir qu'Hydro-Québec parle
aux jeunes, parle aux jeunes parents. Je vois de façon très triste ce qui se
passe à Saint-Jean-sur-Richelieu ces jours-ci, avec l'eau, où les gens disent :
On a toujours pris l'eau pour acquis. Bien, nombre de Québécois qui prennent
l'électricité pour acquise également, c'est... Oui?
M. Sabia (Michael) : ...très
rapidement. Nous allons utiliser l'ensemble des canaux de communication, oui,
certainement avec les jeunes, mais également avec les Québécois, les
Québécoises. Donc, il y aura des choses qu'on va faire avec les médias... les
médias sociaux, également à la télévision, également un programme de
rencontres. Donc, nous sommes très conscients de l'enjeu. Dave a fait référence
à cet... ce changement tellement important entre électricité en tant que
commodité et électricité en tant que produit précieux. Et il faut... nous avons
la responsabilité, mais également vous avez... c'est peut-être impertinent de
ma part, mais vous avez la responsabilité également de parler de cet... de changement
entre commodité et précieux.
M. Poulin : ...
Le Président (M. Ciccone) : Merci
beaucoup, M. le député. Je cède maintenant la parole au député de
Jacques-Cartier pour un total de 13 min 33 s.
M. Kelley : Merci, M. le
Président. M. Sabia et M. Rhéaume, je dois... reviens sur la
discussion qu'on a eue, dans le dernier bloc, concernant le 3 % pour les
tarifs résidentiels. On a eu des questions des journalistes après, puis moi,
j'étais... ce n'était toujours pas très clair pour moi, les conséquences d'une
prévision comme ça et les impacts peut-être sur les petites et moyennes
entreprises. Mais l'autre chose que j'étais un petit peu surpris, c'est que,
quand nous avons adopté le projet de loi n° 2, on a prévu qu'en 2025 c'est
la régie qui doit intervenir pour faire qu'est-ce que le ministre appelle...
appelait le «rebasing», donc de déterminer l'évolution des tarifs. Alors, vous
avez dit que les... vos projections sont à 3 % pour le résidentiel, mais
comment pouvez-vous prévoir en... c'est ce que la régie doit décider?
M. Sabia (Michael) : Essentiellement,
et je pense que c'est assez bien évident, le gouvernement a pris une décision
pour plafonner le résidentiel à 3 %. Donc, en fin du compte, le
gouvernement a pris cette décision. Donc, selon nous, la décision est prise.
M. Kelley : Alors, vous
êtes juste prêts pour les décisions qui sont prises par le gouvernement. Alors,
on laisse ça un petit peu dans la main de la politique, de déterminer des
tarifs, puis Hydro-Québec va s'ajuster. Et ça... qui dit que le «rebasing» de
la régie est moins important... et juste, parce que M. Rhéaume, je me souviens,
quand vous étiez en commission sur le projet de loi n° 2, vous avez quand
même dit...
15 h (version révisée)
M. Kelley : ...et ça, ça qui
dit que le «rebasing» de... de la régie est moins important et... juste parce
que, M. Rhéaume, je me souviens, quand vous étiez en commission sur le PL n° 2, vous avez quand même dit de retourner
occasionnellement à la Régie de l'énergie, c'est absolument essentiel
concernant des tarifs.
Alors, encore, je comprends, M. Sabia,
vous, vous êtes juste en train... vous répondre un petit peu à une demande de
le premier ministre. C'est une prévision aussi, ce n'est pas vous qui
déterminez les tarifs, mais je trouve ça juste un petit peu surprenant, et je
vais mettre ça plus sur le côté de le gouvernement, que ça semble que le... le
rôle de la régie est un petit peu ignoré dans le processus des tarifs jusque...
entre ici et 2035.
Et aussi, de laisser ça dans les mains d'un
premier ministre et un ministre, ça devient peut-être un enjeu politique pour
les campagnes électorales, qui peut baisser les tarifs le plus rapidement,
parce que c'est nous qui décide. C'est un précédent qu'on vient de créer qui
peut avoir des conséquences majeures pour votre organisation.
M. Rhéaume (Dave) : Si je
peux juste, M. le Président, faire un... un point de précision pour éviter une
possible confusion, donc, dans notre... comme... comme Michael a dit, on
travaille... c'est ça, notre hypothèse, mais, dans notre planification, toute
la transparence qu'on avait dite lors de l'adoption du projet de loi n° 2
demeure, c'est-à-dire que, pour l'année tarifaire 2025, Hydro-Québec va se
présenter à la Régie de l'énergie, donner toute la transparence requise sur l'ensemble
de ses coûts aux fins de l'établissement des tarifs. Donc, il n'y a aucune
perte de transparence en ce qui a trait à l'évolution des coûts pour les tarifs
d'électricité.
M. Sabia (Michael) : Mais
vous soulevez une question très intéressante. Le... Et pour revenir à mon point,
et pour revenir à la phrase «projet de société», donc, un élément, selon nous,
mais c'est juste notre point de vue, et nous ne sommes pas les décideurs dans
ce contexte, c'est vous parce que ça demande un changement de la loi, mais,
dans le... dans les analyses faites par la régie, selon nous... parce que,
selon nous, il faut... il faut réfléchir au mandat de la régie, parce qu'actuellement
la transition énergétique et économique, cette transition ne fait pas partie du
mandat de la régie, mais, selon nous, cet élément, cette transition devrait
jouer un rôle dans les analyses faites par la régie.
Donc, ce n'est pas pour nous, et donc
peut-être mon commentaire est impertinent, mais, si on va mobiliser le Québec
pour réaliser un objectif tellement ambitieux, devenir essentiellement
carboneutre d'ici 2050, il faut mobiliser l'ensemble des choses, y compris la
régie. Et, pour l'instant, leur façon... ce n'est pas leur faute du tout parce
que c'est la loi, mais il faut, à un moment donné, considérer l'importance d'ajuster
leur rôle.
M. Kelley : Merci, M. Sabia.
Mais est-ce que vous trouvez que c'est normal que c'est un premier ministre qui
décide des tarifs résidentiels ou est-ce que c'est mieux que ce n'est pas un
processus juste politique?
M. Sabia (Michael) : Honnêtement,
sur une telle... étant donné votre question, je pense que ce n'est pas le rôle d'Hydro-Québec
de... de nous exprimer sur cette question. Ça, c'est une question pour...
essentiellement pour le gouvernement.
M. Kelley : Merci, M. Sabia.
Et je sais que, dans votre document, le plan, vous parlez un petit peu de la
discussion avec le gouvernement du Québec. Vous... C'est écrit que vous... vous
demandez un tarifaire plus flexible. Vous parle quand même d'un processus
législatif qui s'en vient. Je sais que vous siège sur le comité sur l'économie
et les transitions énergétiques présentement avec le ministre... avec le
ministre des Finances, le ministre responsable pour la Lutte contre les
changements climatiques et le ministre responsable des Relations avec les
Premières Nations et les Inuit. Est-ce que ça, ça va être partie de la
discussion? C'est... Sur cet enjeu, comment on va déterminer des tarifs
résidentiels? Je lance la question. Est-ce que vous avez discuté quand même le
projet de loi qui s'en vient dans ce comité?
Des voix : ...
M. Rhéaume (Dave) : Est-ce
que vous pouvez juste clarifier... Est-ce que je comprends que votre question,
c'est : Est-ce que, dans le cadre des échanges avec les membres du comité?
M. Kelley
: Oui.
M. Rhéaume (Dave) : Est-ce
que la question de l'évolution <tarifaire...
M. Kelley
: ...oui.
M. Rhéaume (Dave) :
Est-ce
que la question de l'évolution >tarifaire est discutée?
M. Kelley : Exactement. Et
est-ce que vous avez parlé de le projet de loi qui s'en vient dans le comité
que vous... Bien, M. Sabia, vous êtes membre de le comité avec le ministre...
les ministres — pluriel — et le premier ministre, qui est président. Je veux
savoir si vous avez discuté les tarifs au sein de ce comité et, quand même, le
plan, un petit peu, pour le projet de loi qui s'en vient.
M. Sabia (Michael) : Donc, ce
n'est pas mon intention de vous parler de l'ensemble de nos communications avec
les membres du gouvernement, mais je peux vous dire, en pleine transparence,
que la question de les ajustements réglementaires qui sont nécessaires pour
contribuer à la réalisation de ce plan et les objectifs de ce plan,
certainement, ces changements font partie de nos conversations avec le
gouvernement. Et ça, c'est une bonne collaboration, une collaboration efficace.
Et je pense que c'est nécessaire pour mettre à contribution l'expertise, à Hydro-Québec,
pour contribuer et enrichir, selon moi, les réflexions du gouvernement à cet
égard.
• (15 h 10) •
M. Kelley : Merci, M. Sabia
et M. Rhéaume. Une autre question. Sur les prévisions d'Hydro-Québec, vous avez
faites une... pour les tarifs résidentiels à 3 %. Est-ce que vous avez une
pour les petites et moyennes entreprises du Québec? Un pourcentage que, pour
les tarifs, vous regardez...
M. Sabia (Michael) : Oui, un
de vos collègues a déjà posé, essentiellement, la même question ce matin, et
donc ma... pendant l'heure de lunch, je n'ai pas changé ma réponse. Donc, c'est
déjà... Ça, selon moi, c'est un gaspillage de votre temps, pour moi, de répéter
la question... de répéter ma réponse.
M. Kelley : Ce n'est pas
grave. Merci beaucoup encore. C'était juste de clarifier des choses. Puis on
suive le côté politique de près puis le projet de loi qui s'en vient pour voir
qu'est-ce que le gouvernement va déposer et comment le gouvernement va encadrer...
comment on fixe les tarifs, c'est quoi, le processus exactement après 2025
aussi, je pense, c'est très, très important.
Je veux poser une question maintenant
encore sur les tarifs, mais ce concept d'avoir un tarif flexible, c'est un
petit peu la carotte puis le bâton. On a entendu que peut-être des gens doivent
commencer à rouler leur lave-vaisselle au milieu de la nuit, des trucs comme
ça, prendre une douche à 5 heures avant, pas à 6 heures... entre
6 h et 9 h. Alors, vous voyez ça comment? Comme, je sais qu'il y a
des «incentives» qui sont présents, mais est-ce qu'à un certain moment vous
pensez que le bâton est peut-être nécessaire aussi de... sur l'heure de pointe,
qu'on a de la misère à gérer, qu'il faut avoir une autre approche ou ce n'est
vraiment pas quelque chose qui serait... au Québec?
M. Sabia (Michael) : Non. Notre
plan est construit sur l'idée de l'utilisation des incitatifs, pas du tout, pas
du tout les bâtons. Et, étant donné le travail de Dave et de son équipe...
Mais, essentiellement, nous sommes et, personnellement, je suis d'accord avec
le constat qui était déjà mis sur la table. Les programmes actuels, oui, ils
ont un impact, mais un impact assez limité. Donc, il faut... Dave a utilisé le
mot «transformer», et ça, c'est vraiment notre façon de penser à cet enjeu. Il
faut transformer ce que nous faisons, il faut faire du travail pour mieux
comprendre les besoins de nos clients. Et, dans le passé, honnêtement, Hydro-Québec
n'était pas toujours à l'écoute des clients, et, la seule façon de bâtir un
ensemble de programmes, un ensemble d'initiatives pour réaliser l'objectif de
cette efficacité énergétique, il faut que nous soyons à l'écoute. Et donc c'est
exactement ce que l'équipe de Dave va faire essentiellement maintenant pour
mieux comprendre.
Également, nous allons examiner les
meilleures pratiques de façon mondiale. Donc, il faut reconstruire dans
l'ensemble. Il faut essentiellement recommencer le développement de ces
programmes. Et c'est exactement ce que nous allons faire parce qu'on est
conscients du fait que la cible est une cible très ambitieuse.
M. Kelley : Non, exactement.
Puis je reviens un petit peu sur l'idée des microréseaux. J'ai écrit une lettre
ouverte, je sais que mes collègues de le côté le gouvernement et l'opposition a
lu ça avec grand intérêt, mais je pense que c'est vraiment une solution de
l'avenir. Mais je fais plus un point parce que le temps coule, je ne pense pas
que le fardeau doit être <exclusivement...
M. Kelley :
...de
l'avenir. Mais je fais plus un point parce que le temps coule, je ne pense pas
que le fardeau doit être >exclusivement sur Hydro-Québec avec les
microréseaux. Je pense qu'on est capables d'aussi, comme l'État, trouver des
façons à financer pas juste l'autoproduction à la maison, si c'est nécessaire,
mais aussi le stockage avec les batteries. Je sais que nos voisins à Vermont
sont en train de regarder ça, de vraiment déployer les batteries partout. C'est
la technologie de l'avenir. Tout le monde va charger leur auto, l'auto va
charger la maison, on va dans cette direction-là. Mais, quand même, je pense
qu'on doit regarder comment on peut déployer des microréseaux.
Et ce n'est pas juste à Hydro-Québec de le
faire. L'exemple de Lac-Mégantic et les Îles-de-la-Madeleine, c'est formidable.
Mais je sais qu'il y a des municipalités partout qui regardent ça et disent :
Ça, c'est intéressant. Et, quand même, les consommateurs qui disent : Moi,
je peux aussi gérer en termes de la consommation, moi-même, avec un système
propre, à ma maison, avec des panneaux solaires puis une batterie.
Alors, j'encourage Hydro-Québec de
continuer ces démarches. Tu vas toujours avoir l'appui de le député de Jacques-Cartier
puis le Parti libéral. Mais... merci encore, c'était mentionné dans le dernier
bloc, mais une idée très intéressante pour l'avenir du Québec. C'est tout pour
moi, M. le Président.
Le Président (M. Ciccone) : Merci
beaucoup, M. le député. Je cède maintenant la parole au député de
Maurice-Richard. Vous avez 4 min 31 s.
M. Bouazzi : Ce qui est très
peu de temps, malheureusement. Je vais essayer d'être très rapide. D'abord, la
transition énergétique dont on parle, pour nous, elle se doit d'être juste,
c'est-à-dire qu'on ne doit pas demander les mêmes énergies au 1 % le mieux
nanti qui, à peu près, produit 97 tonnes de CO2 par personne,
alors que le 50 % en bas de l'échelle en produit seulement cinq.
Et donc j'en viens à la question de la
tarification dynamique et optionnelle, en fait, de ce que vous dites, ce qui
est effectivement important. Le problème, c'est que la structure de
contribution aux revenus d'Hydro-Québec est très régressive, c'est-à-dire que
moins on est riches, plus c'est un haut pourcentage de notre revenu qui va en
électricité. Les personnes les moins nanties sont souvent dans des maisons très
mal isolées. Il y a 19 % de la population qui sont des ménages à faibles
revenus, il y en a 38 % qui sont propriétaires, ça fait
270 000 ménages. Vous avez parlé de subventions qui peuvent aller
jusqu'à 50 % sur les thermopompes. On sait que c'est vraiment l'isolation
de la maison ou un système de chauffage efficace qui vont faire vraiment la différence.
Est-ce que ces personnes-là, en fait, sont exclues de la possibilité
d'améliorer la situation? Comment vous voyez les choses?
M. Rhéaume (Dave) : C'est une
problématique qu'on reconnaît. Aujourd'hui puis historiquement, la façon dont
les programmes ont été conçus, essentiellement, le client doit financer son
projet avant d'être capable d'accéder aux aides financières. Et, dans certains
cas, il y avait peut-être un manque de prévisibilité sur l'ampleur des aides
financières et le temps que ça allait prendre de se faire payer. C'est un
problème. C'est certain que... Puis plus les familles sont moins nanties, plus
ce problème-là devient problématique. C'est une priorité pour nous de corriger
cette situation-là puis de transformer notre programme pour s'assurer surtout
que les ménages moins bien nantis ont accès à améliorer la performance
énergétique, parce que, comme vous le dites, c'est une partie plus importante
de leurs revenus.
M. Bouazzi : Est-ce que vous
avez une idée quel pourcentage des 200 000 personnes qui utilisent
Hilo sont justement dans les familles à faibles revenus?
M. Rhéaume (Dave) : On n'a
pas de 200 000 clients Hilo. Hilo, non, ça, c'est pour tous les
moyens de tarification dynamique. Du côté d'Hilo, on a environ 30 000 clients.
On n'a pas les données précises, mais, vraisemblablement, ce n'est pas
principalement dans les ménages à faibles revenus. On reconnaît le besoin
d'adresser ça, puis c'est une priorité pour nous de faciliter. Puis je vais
aller jusqu'à ouvrir : parmi les choses qu'on va chercher à déployer
rapidement, ça inclut faciliter l'accès au capital. Est-ce qu'Hydro-Québec peut
prendre une partie de la charge financière pour financer le projet plutôt que
demander aux clients de trouver l'accès au capital? C'est une priorité.
M. Bouazzi : Il y a 35 %
de la population qui sont locataires, c'est 1,3 million de ménages qui ne
sont pas, donc, capables de faire les travaux parce qu'ils n'en ont pas la
responsabilité. Vous avez parlé de la classification des bâtiments tantôt.
Est-ce que vous pensez qu'on peut faire cette transition, ce changement, cette
coupure dont vous parliez, M. Sabia, si les duplex, les triplex, les
quadruplex sont exclus, en fait, de ces classifications des bâtiments? Et
j'imagine, dans la suite des choses, une obligation ou, en tout cas, des
propriétaires d'améliorer les passoires énergétiques dont ils sont
propriétaires des fois.
M. Rhéaume (Dave) : On
travaille avec le gouvernement. Pour nous, c'est certain que la situation des
locataires est particulièrement problématique. Donc, évidemment, le
propriétaire, lui, n'a pas intérêt à investir puisque ce n'est pas lui qui paie
la facture, puis le client... le locataire en souffre pendant cette période-là.
Donc, ça fait partie des représentations qu'on fait auprès des différentes
autorités pour dire : Il faut s'assurer que les locataires sont mieux
protégés. Puis, notamment, l'outil du... du Code du bâtiment en est un qu'on
regarde <sérieusement...
M. Rhéaume (Dave) :
...locataires
sont mieux protégés. Puis, notamment, l'outil du... du Code du bâtiment en est
un qu'on regarde >sérieusement pour favoriser l'amélioration de la
performance énergétique des... de ces bâtiments-là, du plus de bâtiments
possible.
M. Bouazzi : Et... Et donc,
encore une fois, la majorité des locataires ne sont pas dans des gros bâtiments
à condos. La plupart sont dans... Est-ce que... Est-ce qu'on... Est-ce qu'on
peut être d'accord pour dire qu'il va falloir qu'ils fassent partie des
législations pour pouvoir améliorer les choses, ou alors est-ce que c'est même
une option, pour les objectifs que vous avez, de se dire : Bien, ceux-là,
on va les laisser de côté?
M. Rhéaume (Dave) : Pour
nous, il faut agir sur tous les leviers. Donc, c'est certain que, pour nous, on
ne pense pas qu'il faut exclure certaines catégories de bâtiments de la
réglementation. Le plus il va y avoir d'incitatifs à déployer de la performance
énergétique, le mieux le Québec va s'améliorer.
M. Bouazzi : ...
Le Président (M. Ciccone) : Non.
M. Bouazzi : ...dire que j'ai
entendu beaucoup de belles choses, et je suis bien content, pas juste à l'échange,
mais avant aussi, et ça fait plaisir.
Le Président (M. Ciccone) : Merci
beaucoup, M. le député. Je cède maintenant la parole au député de Jean-Talon
pour un temps alloué de 3 min 26 s.
• (15 h 20) •
M. Paradis : 3 min 26 s.
On vient d'entendre qu'il y a peu ou pas de familles à faibles revenus dans les
20 000 adhérents au système Hilo. Est-ce qu'on peut dire la même
chose de... des adhésions à la tarification dynamique, les 228 000? Est-ce
que ce sont à peu près les mêmes courbes par rapport aux foyers?
M. Rhéaume (Dave) : Non.
M. Paradis : Non?
M. Rhéaume (Dave) : Dans le
cas de la tarification dynamique, il n'y a pas de coût à l'adhésion, il n'y a
pas d'achat à faire. Donc, on... on présume que c'est... ça ressemble plus à
une courbe normale de ce côté-là.
M. Paradis : Vous présumez ou
vous savez? Donc, est-ce qu'il y a beaucoup de foyers à faibles revenus qui...
qui adhèrent à la tarification dynamique?
M. Rhéaume (Dave) : Je... je
n'ai pas la donnée précise parce que tous les... les clients d'Hydro-Québec
n'identifient pas leurs revenus systématiquement.
M. Paradis : Est-ce que ce
serait possible que vous nous transmettiez cette information-là, si vous
l'avez?
M. Rhéaume (Dave) : Je viens juste
de répondre, on n'a...
M. Paradis : Vous ne l'avez
pas. OK.
M. Rhéaume (Dave) : ...on n'a
pas cette information-là.
M. Paradis : Parce que la
question, c'est : Comment on fait pour ne pas répéter ce patron-là, celui
d'Hilo, en tout cas, parce que, l'autre, on ne peut pas présumer, mais que
c'est surtout les familles les plus nanties, les mieux nanties qui sont
capables d'avoir accès à des réductions, mais que les impacts des mesures de
réduction de la consommation touchent plus durement les familles plus
vulnérables? Comment on fait pour ne pas répéter ça puis améliorer notre bilan
là-dessus?
M. Rhéaume (Dave) : Trois
choses : on travaille avec les parties prenantes qui supportent les... les
ménages à faibles revenus pour favoriser leur participation; deux, on simplifie
le processus pour accéder à ces offres-là puis les diffuser; puis, trois, on...
on limite... on... on augmente le support financier pour favoriser la
participation. À la fin de la journée, tout le monde qui participe à la
tarification dynamique ou aux périodes d'effacement... bénéficie à tous les
Québécois, mais on veut aussi que les ménages à faibles revenus aillent
chercher la récompense, puis c'est notre travail de leur donner l'accès le plus
facile possible à ces... à ces programmes-là.
M. Paradis : Donc, vous êtes
confiants aujourd'hui que, dans quelques années, quand on va se parler, on va
être capables de dire que les gros utilisateurs de... de spa en janvier ont
payé plus et que ceux qui vivent dans des loyers mal isolés dans des quartiers
plus modestes ont pu bénéficier des mesures que vous mettez en place?
M. Rhéaume (Dave) : Je vais
me permettre de dire que, si on n'a pas été capables d'accroître
significativement la participation des ménages à faibles revenus au... au
consommer moins, au consommer mieux, on ne va pas avoir atteint nos objectifs.
M. Paradis : Très bien. Ces
mesures-là, dont on parle, elles dépendent aussi de grands objectifs de
réduction, hein, des gaz à effet de serre. C'est quoi, la cible d'Hydro-Québec
de réduction, en pourcentage et en mégatonnes, pour 2000... pour l'horizon
2035? Est-ce que vous êtes capables de nous donner ces chiffres-là aujourd'hui?
M. Rhéaume (Dave) : Je ne
suis pas sûr si ça... si je réponds...
M. Paradis : Combien... C'est
quoi, l'estimation des émissions de gaz à effet de serre qu'on va éviter dans
la consommation de l'énergie grâce aux mesures que vous comptez mettre en place
à l'horizon 2035, en pourcentage par rapport à aujourd'hui et en mégatonnes?
M. Rhéaume (Dave) : Oui. Actuellement,
on avait estimé autour de 25 mégatonnes de GES à l'horizon 2035.
M. Sabia (Michael) : ...à peu
près 30 %.
M. Paradis : 30%,
25 mégatonnes.
M. Rhéaume (Dave) : Exact.
M. Paradis : Est-ce que vous
pouvez nous dire d'où viennent ces cibles?
M. Rhéaume (Dave) : Ça, c'est
notre plan. En électrifiant des usages existants fossiles, ça, c'est les
réductions de GES qui vont être associées.
M. Paradis : Comment vous les
avez établies puis comment vous les comparez, par exemple, à l'objectif de
80 % qui a été fixé par l'Agence internationale de l'énergie?
M. Rhéaume (Dave) : Bien,
de... la... l'Agence internationale de l'énergie fixe une cible pour tous les
réseaux énergétiques du monde, certains qui sont beaucoup plus carbonés que le
nôtre. Notamment, nous, on ne va pas chercher des réductions de mégatonnes en
décarbonant notre production électrique parce que notre production électrique,
elle, est déjà renouvelable. Donc, ça, c'est vraiment... En électrifiant des
usages qui sont aujourd'hui fossiles dans l'économie du Québec, dont votre
véhicule à moteur à combustion, votre bâtiment, vos grandes industries, le
résultat, c'est 25 mégatonnes.
M. Paradis : ...
Le Président (M. Ciccone) : Merci.
Merci beaucoup, M. le député.
Des voix : ...
Le Président (M. Ciccone) : Est-ce
que j'entends que vous allez nous déposer les documents?
M. Rhéaume (Dave) : Oui.
Le Président (M. Ciccone) : Parfait.
C'est noté. Merci beaucoup. Merci beaucoup, M. le député. Alors, merci.
Le bloc 2 étant terminé, nous allons
maintenant débuter le bloc 3 : Augmenter la production d'électricité.
Alors, j'invite donc les représentants d'Hydro-Québec à faire leurs
représentations pour une durée maximale de 15 minutes.
Mme Bouchard (Claudine) : ...M.
le Président. Mesdames et messieurs, encore une fois, bonjour. C'est un plaisir
pour moi d'être avec vous. Nous avons décrit plus tôt que la <décarbonation...
Mme Bouchard (Claudine) :
...encore
une fois, bonjour. C'est un plaisir pour moi d'être avec vous. Nous avons
décrit plus tôt que la >décarbonation et la croissance de notre économie
exerceront une immense pression sur la demande en électricité. À titre de
rappel, nous prévoyons que la consommation du Québec doublera d'ici 2050, et,
d'ici 35, ce sont entre 8 000 et 9 000 mégawatts de puissance
additionnelle qui seront requis pour combler nos besoins en électricité. Force
est d'admettre que l'optimisation et la réduction de la consommation dont nous
avons discuté plus tôt ne suffiront pas à combler l'ensemble de nos besoins
additionnels. Une augmentation importante de notre capacité de production sera
également requise.
Si le Québec a aujourd'hui accès à de
l'électricité propre et à un coût compétitif, c'est qu'il bénéficie de la
vision de nos prédécesseurs, qui, eux, ont construit notre complexe hydroélectrique
actuel. Nous devons aujourd'hui profiter de cette position avantageuse pour
créer de la richesse collective pour les générations à venir. En plus de miser
en priorité sur des filières déjà bien établies au Québec, comme
l'hydroélectricité et l'énergie éolienne, nous devons explorer toutes les
options offertes par les nouvelles technologies pour produire l'électricité la
plus verte, la plus socialement acceptable et la plus abordable possible.
Afin de répondre à des besoins de
puissance additionnels, nous devons tripler la capacité de production éolienne.
L'énergie éolienne est une filière bien établie, à coût concurrentiel et qui
présente des synergies intéressantes avec notre hydroélectricité. Nous visons
donc à intégrer plus de 10 000 mégawatts de nouvelles capacités
d'éoliennes d'ici 2035.
L'énergie éolienne est un incontournable,
mais malheureusement, elle est insuffisante. Lorsque le vent souffle, l'énergie
éolienne peut en partie remplacer l'hydroélectricité, ce qui permet évidemment
de stocker l'eau dans nos réservoirs un peu partout au Québec. Pendant les
périodes moins venteuses, bien, les centrales hydroélectriques doivent prendre
le relais pour répondre à la demande de façon fiable et continue.
Bien que l'ajout de nouvelles capacités
éoliennes soit un élément pour répondre à la demande croissante du Québec,
celles-ci ne pourront pas être suffisantes. Nous devrons donc mettre en service
des installations qui fournissent une production stable et prévisible. Au
Québec, l'hydroélectricité est la meilleure option pour complémenter l'éolien.
C'est pourquoi, à l'horizon du plan, nous souhaitons ajouter de 3 800 à
4 200 mégawatts de nouvelle capacité hydroélectrique.
La construction et l'exploitation de notre
parc de production hydroélectrique nous a permis de développer une expertise et
un savoir-faire qui font l'envie de plusieurs pays, plusieurs États à l'échelle
mondiale. Il est essentiel pour nous de miser sur ces compétences et sur le
potentiel hydroélectrique du Québec pour répondre aux nouveaux besoins avec
fiabilité. Il est essentiel pour nous de miser sur ces... Pardon, excusez-moi.
Nous misons donc, en premier lieu, sur l'augmentation de la puissance de nos
centrales existantes. Cette stratégie permettra de maximiser l'utilisation des
infrastructures qui sont déjà en place. Le remplacement des groupes turbines
alternateurs par une technologie plus récente nous permettra d'ajouter
2 000 mégawatts de plus de puissance à nos installations.
Afin d'être au rendez-vous pour répondre à
la croissance de la demande, nous entamerons également les premières étapes de
développement de nouvelles installations hydroélectriques, y compris les
centrales à réserves pompées. Aux étapes de planification de ces projets, nous
travaillons en partenariat avec les communautés autochtones et les
collectivités locales pour évaluer le potentiel des différents sites et surtout
les meilleures façons de les développer. Les investissements requis pour
réaliser les ajouts de capacité hydroélectrique envisagés pourraient représenter
à eux seuls de 35 à 45 milliards de dollars.
Maintenant, il faut intégrer un mixte
énergétique un peu plus large. Donc, en complément de l'énergie éolienne et
l'hydroélectricité, l'énergie solaire et le stockage par batterie peuvent
offrir une contribution importante au bilan énergétique québécois. Nous étudions
présentement les meilleures configurations d'intégration de cette filière au
système électrique avec, notamment, le raccordement de petits parcs solaires au
réseau de distribution, qui pourraient atteindre, au total, 300 mégawatts.
L'autoproduction par la clientèle et
l'utilisation de batteries pour combler des besoins en période de pointe sont
aussi des avenues que nous étudions. Nous faciliterons l'installation de
panneaux solaires chez plus de 125 000 de nos clients. L'autoproduction
solaire pourrait satisfaire jusqu'à 45 % des besoins en électricité de ces
ménages. À terme, nous visons à intégrer au réseau de nouveaux apports en
énergie solaire et en stockage par batteries à hauteur de quelques centaines de
mégawatts d'ici 2035.
Enfin, nous envisageons de convertir au
gaz naturel renouvelable la centrale thermique existante de TransCanada Énergie
à Bécancour afin d'assurer la stabilité du réseau pendant pendant les journées
les plus froides de l'hiver et aux heures de pointe. Cette centrale sera utilisée
de façon <limitée...
Mme Bouchard (Claudine) :
...pendant
les journées les plus froides de l'hiver et aux heures de pointe. Cette
centrale sera utilisée de façon >limitée comme une police d'assurance.
L'utilisation du gaz naturel renouvelable pour cette centrale de réserve
permettrait d'assurer la cohérence avec l'objectif de décarbonation du Québec.
En parallèle, nous devons garder l'esprit
ouvert. Face à l'ampleur des besoins à venir, nous devons envisager un ensemble
de solutions pour augmenter notre capacité de production et atteindre nos
objectifs à long terme de décarbonation et de prospérité économique. Nous
réaliserons donc des analyses pour évaluer le potentiel de différentes filières
en cours de développement ailleurs dans le monde qui pourraient jouer un rôle
au Québec après 2035. Parmi celles-ci, nous pourrions envisager des
technologies comme l'éolien en mer, qui se développent d'ailleurs dans
plusieurs pays dans le monde. Nous étudierons également le potentiel du site
existant de Gentilly-2 pour accueillir une centrale nucléaire ou de petits
réacteurs modulaires. Ces options seront analysées en fonction de leur maturité
technologique, et de leurs coûts, ainsi que de leur acceptabilité sociale. Mais
on parle d'une contribution, encore une fois, post-2035, donc aucun mégawatt de
ça n'est dans le plan qu'on vous présente aujourd'hui.
• (15 h 30) •
Maintenant, il faut intégrer toute cette
production-là au réseau électrique et l'acheminer jusqu'au lieu de
consommation. Pour ce faire, nous devrons rehausser la capacité de nos
infrastructures de transport d'électricité. Nous tablerons sur une vision
intégrée du réseau électrique des sites de production jusqu'à l'aval du
compteur pour saisir les meilleures occasions de développement du réseau de
transport. Le déploiement de nouvelles infrastructures de transport exigera
d'investir de 45 à 50 milliards de dollars à l'horizon de 2035.
En conclusion, les investissements
réalisés pour répondre à la demande croissante seront de l'ordre de 90 à
110 milliards d'ici 2035. Ces investissements s'ajouteront à ceux dont on
a déjà parlé ce matin, qui sont prévus pour la pérennisation visant à assurer
la fiabilité et la qualité du service électrique à nos clients. Autrement dit,
nous devrons investir, en moyenne, de 7 à 9 milliards par année pour
déployer les nouveaux actifs de production, de transport et de distribution qui
sont requis par le plan.
Afin de permettre aux acteurs du secteur
privé de mieux planifier leurs activités, nous poursuivrons notre planification
ouverte offrant aux marchés une meilleure vision de l'état du réseau. Notre
objectif sera de permettre aux différents acteurs, comme les promoteurs de
parcs éoliens, les fournisseurs et les entreprises énergivores, de mieux
connaître les zones favorables à leurs activités et de pouvoir s'ajuster en
conséquence. Nous prévoyons ainsi pouvoir contribuer à accélérer les mises en
service et à réduire surtout les délais de raccordement. Ça complète pour la
priorité 3. Merci.
Le Président (M. Ciccone) : Merci
beaucoup, Mme Bouchard. Je cède maintenant la parole au député de Gaspé. Vous
avez 28 min 30 s.
M. Sainte-Croix : Merci, M.
le Président. Rebonjour à tous et à toutes. M. Sabia, votre plan a été qualifié
de très ambitieux, très ambitieux par le gouvernement, très ambitieux par nos
collègues de l'opposition et spécialistes de la question énergétique, les
chroniqueurs. Bref, je pense qu'on s'entend sur le fait que ce que vous nous
proposez comme vision est quelque chose de jamais vu au Québec en termes
énergétique. Quand on parle de doubler, pratiquement, la production actuelle d'Hydro-Québec,
pour les Québécois et les Québécoises assis aujourd'hui dans leur salon qui
nous regardent, comment peut-on leur faire réaliser l'ampleur de la chose,
parce que je crois que c'est très important pour la suite, hein, et à quoi va
servir cette production monumentale d'énergie, pour bien faire comprendre aux
Québécois l'ampleur du défi qui est devant nous?
M. Sabia (Michael) : Bon, évidemment,
vous venez de poser une question absolument fondamentale. Et donc à travers le
monde, et certainement dans le monde occidental, on fait face à l'enjeu de
reconstruire nos économies, et des économies... qui étaient essentiellement
bâties sur énergies fossiles, et depuis 200 ans. Donc, le changement
nécessaire est une... comme je disais plus tôt, pas un ajustement, c'est une
rupture. Et, dans un tel contexte, évidemment, les circonstances, l'ampleur
demandent un niveau d'ambition très, très, très élevé.
Et donc ici, au Québec, nous avons une
occasion, nous avons un avantage extrêmement important à l'échelle mondiale, et
c'est grâce, franchement, aux grands bâtisseurs, il y a des décennies, qui ont...
15 h 30 (version révisée)
M. Sabia (Michael) : ...et c'est
grâce, franchement, aux grands bâtisseurs, il y a des décennies, qui ont bâti Hydro-Québec,
qui ont fait, avec beaucoup d'audace, avec beaucoup de courage... ils ont
entamé des gros travaux, des travaux immenses. Et le résultat : nous avons
maintenant une quantité, énergie propre, qui, essentiellement, est très rare
dans le monde. Et donc, le moment, il est important. C'est... Ce n'est pas
juste important. C'est crucial de saisir le moment parce qu'énergie propre,
dans l'avenir, va déterminer la compétitivité des économies mondialement. Mais,
grâce à ces grands bâtisseurs, nous avons une occasion que Québec, franchement,
dans le passé, nous avons rarement. Nous avons eu rarement une telle occasion,
donc, de bâtir une économie décarbonée et prospère, et de faire les deux en
même temps, qui est, comme je disais, le nerf de la guerre.
Et donc, oui, nous avons proposé un plan
ambitieux, mais c'est exactement ce dont nous avons besoin. Parce que sinon, si
on décide d'aller plus tranquillement, ce n'est pas nécessaire. Il faut garder
toutes les règles dans l'industrie de construction, et tout ça, et nous sommes
mal à l'aise de faire x, y, z. Honnêtement, le Québec va perdre cette occasion.
Et ce n'est pas les gens dans la salle qui va payer le prix. C'est la prochaine
génération et la génération suivante, ils vont payer le prix. Et donc selon
moi, nous, mes collègues, vous-mêmes, tout le monde, cette génération, nous
avons la responsabilité de saisir le moment. Et donc c'est la... c'est la raison
pour laquelle nous avons proposé un plan de cette envergure. Parce que selon
nous, c'est réalisable. Puis ce n'est pas facile, pas du tout, mais c'est
réalisable. Et c'est, selon nous... c'est exactement ce dont nous avons besoin,
de ne pas... afin de ne pas perdre cette occasion précieuse.
M. Sainte-Croix : Merci.
Mme Bouchard nous a tracé un peu, énuméré un peu le portefeuille d'actifs
d'Hydro-Québec en termes d'énergie : bien entendu, l'hydroélectricité, la
question éolienne, solaire et, ultimement, nucléaire. Vous parlez d'ajouter 2 000 mégawatts
de puissance à vos installations hydroélectriques. Dans le contexte qu'on
connaît, donc post-pandémie, avec toute la question des filières industrielles,
la question... Tu sais, je comprends aussi que la planète est... est... est sur
la ligne de départ énergétique, on n'est donc pas les seuls à réfléchir de
cette façon-là, et vous l'avez bien... vous en avez fait une belle
démonstration, rajouter 2 000 mégawatts à nos installations hydroélectriques
actuellement, ça passe par où, concrètement? Comment allons-nous arriver à ça
dans un délai quand même assez rapide pour de tels travaux, là, de cette
envergure?
Une voix : ...
Mme Bouchard (Claudine) : Parfait.
Merci. Bien, vous savez, nos centrales commencent à être âgées, hein? Si on
prend Manic-2, qui est la centrale Jean-Lesage, a été mise en service en 1965,
en 1965, les groupes turbine-alternateur ont été dessinés avec des crayons de
plomb puis des règles trigonométriques, des règles à trois faces, pour ceux qui
ne connaîtraient pas ça. Donc, il est évident que quand on remplace ces groupes
turbine-alternateur là, qui arrivent tout près de la fin de leur durée de vie
utile, bien, on va les remplacer par des technologies d'aujourd'hui pour
lesquelles on est capables de faire des simulations de la fabrication, d'avoir
une exécution de fabrication qui est beaucoup plus optimale, beaucoup plus
précise. Et... non seulement ça, on est aussi capables de faire des simulations
3D de l'impact de la goutte d'eau sur ce groupe turbine-alternateur là. Donc,
on est capables de modéliser l'arrivée de la goutte d'eau, l'effort ou l'énergie
qui est produite jusqu'à la sortie de cette goutte d'eau. Et, en remplaçant
donc avec les meilleures technologies, c'est comme ça qu'on arrive à upgrader,
en anglais, mais rehausser la puissance de nos centrales existantes de l'ordre
de 2 000 mégawatts dans différentes centrales, où encore une fois les
groupes turbine-alternateur arrivent à la fin de leur vie utile ou encore
montrent des signes de fatigue, j'oserais dire. Donc, on va les changer avant
qu'elles brisent, donc c'est de la maintenance <prédictive...
Mme Bouchard (Claudine) :
...j'oserais
dire. Donc, on va les changer avant qu'elles brisent, donc c'est de la
maintenance >prédictive ou du remplacement prédictif. Alors, c'est
vraiment comme ça qu'on procède.
Et, quand vous faites référence à la
chaîne d'approvisionnement, on est... on est à tous les jours, je vous dirais,
en vigie dans notre chaîne d'approvisionnement. Et, dans ce contexte-là, je
peux vous dire qu'on fait l'envie de beaucoup d'autres utilités dans le monde
parce qu'on a été en avance. Dès le début de la pandémie, on a commencé à
contracter du long terme avec nos fournisseurs, nos turbiniers, donc les
fournisseurs de groupes turbine-alternateur. Et ça, bien, ça nous positionne
avantageusement dans le cadre de cette quête, je dirais, aux groupes
turbine-alternateur mondiale. Donc, on est très bien positionnés. On vient de
donner des contrats stratégiques avec des grands turbiniers pour nos prochains
changements de roues de turbines. Donc, on est extrêmement bien positionnés
pour livrer tout ça à temps et à meilleur coût.
• (15 h 40) •
M. Sabia (Michael) : Je
vais...
M. Sainte-Croix : Oui, oui...
(panne de son) ...
M. Sabia (Michael) : Donc, je
vais ajouter deux choses.
Mme Bouchard (Claudine) : C'est
parfait.
M. Sabia (Michael) : Corrigez-moi.
Mme Bouchard (Claudine) : ...
M. Sabia (Michael) : Donc,
juste deux autres points. Quelqu'un, ce matin, a parlé un peu des périodes du
temps et l'importance d'accélérer des choses. Donc, une des raisons pour
laquelle nous nous intéressons fortement à le... cette amélioration de la
technologie dans nos installations existantes, c'est quelque chose que nous
pourrions faire plus rapidement. Ce n'est pas, évidemment, la construction
d'une nouvelle centrale. C'est quelque chose qui pourrait contribuer
relativement vite à cette question d'accélérer la décarbonation du Québec.
Donc, ça, c'est un facteur.
Deuxième facteur : c'est une autre
façon pour nous de minimiser les impacts environnementaux. Ce n'est pas... Je
ne peux pas vous dire qu'il n'y aura aucun impact, parce que ça augmente le
débit, et donc il y aura certains impacts sur certaines rivières, mais c'est
beaucoup, beaucoup, beaucoup moins. Et donc il faut évidemment... nous avons la
responsabilité de discuter de ces changements avec nos partenaires, les communautés
autochtones, mais c'est une façon... donc, de minimiser, de réduire de façon
importante les impacts environnementaux, mais également d'accélérer le
processus de décarbonation. Donc, c'est un peu comme les éoliennes, parce que, les
éoliennes, nous sommes en mesure de les faire plus rapidement, donc ça
contribue au développement du momentum sur cet... vers cet objectif de
décarbonation.
M. Sainte-Croix : Merci.
Hydroélectrique, bien entendu. Éolien, on parle de tripler la puissance actuelle,
la production actuelle du secteur éolien. Un peu comme dans vos turbines, il y
a, là aussi j'imagine, un enjeu de fournisseurs, assurément. On est encore dans
le même processus où tout le monde est sur la ligne de départ. Vous n'êtes pas
sans savoir que l'éolien amène aussi des enjeux particuliers au niveau des
régions. Bref, il y a du potentiel éolien en termes de gisements éoliens sur
plusieurs belles régions du Québec. On a des enjeux, bien évidemment, de
transport de cette énergie-là au niveau des lignes existantes. On a aussi des
enjeux d'acceptabilité sociale dans les milieux et la question des partenariats
avec les communautés. J'aimerais vous entendre un petit peu là-dessus, sur
cette vision-là, parce que, quand même, tripler la puissance éolienne, c'est
quand même un chantier drôlement intéressant pour plusieurs régions du Québec.
M. Sabia (Michael) : Donc,
c'est exactement, votre question... c'est exactement pourquoi nous mettons tant
d'accent sur cette période de concertation ou de collaboration. Je vais vous
donner un exemple. Donc, selon nos analyses, le Québec, d'ici 2035, nous avons
besoin entre 8 000 et 9 000 mégawatts substantiellement pour
décarboner l'économie. Donc, si on accepte ça comme un point de départ, il faut
avoir une discussion sur les choix.
Nous avons proposé un mix énergétique dans
le plan, mais juste pour vous donner un exemple. Si vous, si vous êtes mal à
l'aise, disons, avec 10 000 mégawatts, qui représentent à peu près
15 fois la superficie de l'île de Montréal, donc c'est beaucoup, donc...
prenez pour acquis pour l'instant, OK, on va réduire 10 000 à, disons,
7 000 <mégawatts...
M. Sabia (Michael) :
...de
Montréal, donc c'est beaucoup, donc... prenez pour acquis pour l'instant, OK,
on va réduire 10 000 à, disons, 7 000 >mégawatts. Qu'est-ce
que ça veut dire? Pour garder 8 000 à 9 000 et donc pour garder
l'objectif de décarbonation, qu'est-ce qu'il faut faire? Nos options, donc, il
y en a plusieurs. Mais, juste pour vous donner une idée, ça représente, disons,
3 000 mégawatts, installer éoliennes. C'est essentiellement... Et c'est
un peu plus. Il faut augmenter notre utilisation hydroélectrique
essentiellement plus qu'un montant équivalent à l'ensemble du complexe Romaine.
Donc, le choix : un autre complexe Romaine ou 3 000 mégawatts
éoliennes. Une autre façon de faire la même chose : nous pourrions
construire trois centrales thermiques, donc, pour toujours rester entre
8 000 et 9 000. C'est juste deux exemples.
Mais, en tant que société, et encore une
fois je reviens à la phrase, «un projet de société», il faut avoir ces
conversations. Et la seule façon d'entamer ces conversations ou de déclencher
ces conversations et d'ajouter quelque chose sur la table... Parce que tout le
monde parle : Ah! il faut décarboner! Oh! il faut faire x, y, z, mais
aucune référence aux coûts, période du temps, comment le faire, quelle
installation. Donc, notre objectif, avec ce plan, est de déposer quelque chose
et ensuite de dire : OK, dites-nous, préférez-vous le programme proposé
par Claudine avec, disons, un changement des turbines-alternateurs ou
préférez-vous de réduire les éoliennes? Parce que, si on accepte 8 000 à 9 000,
il faut faire d'autres... il faut trouver d'autres options.
Donc, dans le fond, l'objectif... un
objectif, c'est... qui est fondamental de ce plan, est d'alimenter une telle
conversation. Et nous avons besoin d'une conversation, essentiellement, dans la
société québécoise pour arriver à un mix énergétique qui est... qui est préféré.
Selon nous, nous avons proposé un mix qui fonctionne, et nous sommes très à
l'aise avec ça, mais maintenant, on va chercher les réactions. Et, s'il faut
faire des ajustements, on va faire des... des ajustements.
M. Sainte-Croix : Merci. Je
m'en réserve une dernière puis je... Combien de temps reste-t-il?
Le Président (M. Ciccone) : Bien,
je ne veux pas... je ne veux pas... je ne veux pas créer de chicane avec vos
collègues, là, mais...
M. Sainte-Croix : Combien de
temps reste-t-il?
Le Président (M. Ciccone) : Il
reste 6 min 24 s.
M. Sainte-Croix : Une petite
vite. La question éolienne, bien entendu, la question éoliennes en mer, le
offshore, parce que vous l'avez dit, hein, c'est une pratique qu'on voit
ailleurs, ici en Amérique, ailleurs en Europe aussi, fort potentiel sur le
Saint-Laurent, bien évidemment, comment voyez-vous cette étape-là? Est-ce que
c'est réaliste de penser qu'ultimement on aura du offshore au Québec?
Mme Bouchard (Claudine) : Le
offshore, c'est... c'est une technologie qui a évolué beaucoup, rapidement,
dans les dernières années. C'est aussi une technologie, je vous dirais, où le
raccordement avec la terre ferme, parce qu'à un moment donné il faut rapporter
cette électricité-là sur la terre ferme... ce raccordement-là représente un
défi technique et un défi aussi... l'acceptabilité sociale pour... l'arrimage,
pardon, avec la rive. Donc, ça, on est en vigie sur ce qui se passe ailleurs
dans le monde. On a vu des projets du côté des États-Unis, le Nord-Est
américain, qui ont été abandonnés parce que les coûts ont explosé, donc on est
très, très vigilants de ce côté-là. On suit ça. On suit la technique aussi, la
technologie de câbles sous-marins. Donc, on est vraiment en mode vigilance de
ce côté-là avec notre équipe de l'institut de recherche.
Mais, pour le moment, au Québec, on a
suffisamment de potentiel d'éolien sur terre qu'on doit, qu'on se doit
d'utiliser, de développer en respect des critères économiques, évidemment,
d'acceptabilité sociale et d'impact environnemental. Mais, pour le moment, il y
a un gisement-là qui est encore beaucoup trop important pour qu'on investisse
massivement dans le offshore, qui coûte, encore une fois, aujourd'hui beaucoup
plus cher à cause des technologies émergentes de ce côté-là. Mais on le regarde
dans le plan. Vous l'avez vu, on le garde en vigie, on suit la maturité de
cette technologie-là. Mais c'est vraiment les coûts qui vont être déterminants
puis l'acceptabilité sociale aussi. Parce qu'on voit qu'il y a des endroits où
même le offshore devient un défi d'acceptabilité sociale. Donc, c'est vraiment
les coûts puis l'acceptabilité sociale qui vont nous <diriger...
Mme Bouchard (Claudine) :
...Donc,
c'est vraiment les coûts puis l'acceptabilité sociale qui vont nous >diriger.
Mais, pour le moment, on a suffisamment de mégawatts d'éolien disponibles, là,
pour être capables d'intégrer ça sur le réseau sur l'horizon du plan 2035.
Mais ce n'est pas dit qu'on n'en fera pas.
M. Sainte-Croix : ...
Le Président (M. Ciccone) : M.
le député de Beauce-Sud, à vous la parole.
M. Poulin : ...bien, c'était
la question que je m'étais préparée, l'acceptabilité sociale des parcs éoliens.
On a eu des exemples dans l'actualité, récemment, où les communautés n'ont pas
accepté les parcs éoliens. Je ne veux pas en cibler un plus qu'un autre parce
que les paramètres et les raisons peuvent changer d'un endroit ou d'un autre, mais
génériquement, combien de projets, disons dans la dernière année, de parcs
éoliens qui ont été empêchés chez Hydro-Québec à cause de l'acceptabilité
sociale?
• (15 h 50) •
M. Rhéaume (Dave) : Je peux
peut-être... En fait, de la façon dont ça fonctionne, c'est : lorsqu'on a
un appel d'offres, comme on en a un qui est en cours actuellement, les
soumissionnaires participent et, s'ils n'ont pas l'acceptabilité sociale, ils
sont d'emblée exclus. Donc, souvent, ils ne déposent même pas, là. Donc, il y a
probablement des promoteurs qui, dans certains cas, n'ont pas encore réussi à
obtenir l'acceptabilité sociale, qui repoussent leur participation à un appel
d'offres subséquent.
M. Poulin : ...qui ont quand
même été autorisés. Et les consultations, un peu plus tard, en milieu
municipal, a fait qu'ils n'ont pas eu d'acceptabilité sociale. Est-ce que ça,
vous avez des chiffres à nous donner sur des projets qui n'ont pas été de
l'avant, même une fois les mégawatts alloués?
M. Rhéaume (Dave) : Non. Non.
De ce côté-là, c'est... Ce n'est pas un cas, je vous dirais, courant, là, de ce
côté-là. À partir du moment où nous, on a donné un contrat, essentiellement, qu'il
a remporté en appel d'offres, l'énorme majorité va de l'avant parce qu'ils
étaient... ils nous avaient démontré une certaine acceptabilité sociale avant
même de se faire octroyer leur contrat.
M. Poulin : Les critères
d'acceptabilité sociale ressemblent à quoi de façon générique? Est-ce qu'on est
dans un vaste consensus au sein de la municipalité? Est-ce qu'on est dans les
gens qui se trouvent près du parc éolien? Comment faites-vous pour bien le
paramétrer?
M. Rhéaume (Dave) : On laisse
le milieu le déterminer. Donc, essentiellement, nous, on demande une résolution
des autorités de la...
M. Poulin : ...
M. Rhéaume (Dave) : Qui vient
confirmer. Exact.
M. Sabia (Michael) : Oui. Mais
également les communautés autochtones.
M. Poulin : Oui. Absolument. Puis
on va pouvoir y venir tout à l'heure. Mais donc, si un maire et ses six
conseillers disent : Nous, on considère qu'il y a une acceptabilité
sociale, pour vous, la résolution fait foi d'acceptabilité sociale?
M. Rhéaume (Dave) : Je vous
dirais qu'on suit quand même ce qui se passe, là. S'il y avait juste un maire
et six représentants qui étaient tous pour, puis le reste de la ville, dans le
journal, a l'air d'être contre, on poserait des questions. Mais c'est... Ce
n'est pas... Ce n'est pas comme ça que ça fonctionne. C'est une industrie qui
est de plus en plus sophistiquée. Les gens savent le travail qu'ils ont à faire
pour aller chercher le support des communautés autochtones et allochtones.
Donc, on... C'est un... C'est un... C'est un système qui fonctionne bien à
l'heure actuelle.
M. Poulin : D'accord. Est-ce
qu'actuellement... Parce qu'il y a certains projets qui ne se sont pas
qualifiés dans l'appel d'offres. C'est le cas chez nous. Pourtant, il vente, en
Beauce, je vous le garantis. Est-ce qu'on manque de projets d'éoliennes ou on
en a trop pour la capacité d'appels d'offres présentement?
M. Rhéaume (Dave) : On ne
dirait jamais qu'on en a trop, parce qu'on aime qu'il y ait beaucoup de gens
qui veulent développer puis qui vont chercher le support, parce que ça accroît
la... ça donne les meilleurs prix possibles aux Québécois. Donc, aujourd'hui,
tous les appels d'offres qu'on fait, il y a plus de participants que la
quantité de mégawatts disponibles. Néanmoins, on vise à continuer de favoriser
le support à l'industrie pour avoir l'environnement le plus compétitif
possible.
M. Poulin : Donc, pour des
entreprises qui ne se sont pas qualifiées dans le cadre d'un appel d'offres,
dans un projet x ayant surtout l'acceptabilité sociale, vous les invitez à
déposer lors du prochain, puis il y a des chances qu'ils puissent l'obtenir?
M. Rhéaume (Dave) : C'est
une... C'est une grande valeur, je vous dirais, du plan. C'est donner de la
prévisibilité aussi à l'industrie, d'annoncer, dire : C'est 10 000 mégawatts
qu'on va installer au cours des prochaines années. Il y a... Il y a une...
seulement une fraction de ça pour l'instant qui a eu lieu en matière d'appels
d'offres, donc il reste de la place pour convenir d'ententes pour la suite,
absolument. On encourage les gens.
M. Poulin : Comment de
secondes?
Le Président (M. Ciccone) : 30 secondes.
M. Poulin : 30 secondes.
Bien, vous remercier, tout à fait, parce qu'effectivement des grandes
entreprises que vous connaissez, qui sont des partenaires d'Hydro-Québec de
longue date, peuvent mettre plusieurs projets au jeu. Et, s'ils en remportent
un, deux ou trois, bien, ils sont contents. Puis on sait tous qu'on vit dans un
contexte de rareté de main-d'oeuvre, mais de maintenir cette cadence d'appels
d'offres là est importante. Parce que l'acceptabilité sociale, des fois, elle
n'est pas acquise sur une longue période, donc, quand on réussit à l'obtenir
dans la communauté, c'est une bonne nouvelle. Je vous remercie.
Le Président (M. Ciccone) : Merci
beaucoup, M. le député. Et je cède maintenant la parole au chef de l'opposition
officielle pour un temps alloué de 13 min 33 s.
M. Tanguay : Merci beaucoup.
Merci, encore une fois, M. Sabia et toute votre équipe qui vous accompagne.
Vendredi dernier, à une interpellation de
mon collègue de Jacques-Cartier, le ministre délégué à l'Économie a parlé d'au
Québec faire fi des forces d'inaction. M. Sabia, pour vous, c'est qui les
forces d'inaction au Québec?
M. Sabia (Michael) : Pourriez-vous
répéter? Vous avez dit?
M. Tanguay : Il y a eu une
interpellation vendredi dernier. Le ministre délégué à l'Économie, le ministre...
caquiste, a parlé : Au Québec, pour développer notre énergie, nous devons
nous atteler à éliminer les forces d'inaction. Pour vous, est-ce que c'est un
concept qui existe chez vous, les forces d'inaction? Comment vous le
définissez?
M. Sabia (Michael) : Ce n'est
pas ma façon de penser à la nature du <défi...
M. Tanguay :
...d'inaction?
Comment vous le définissez?
M. Sabia (Michael) :
Ce
n'est pas ma façon de penser à la nature du >défi.
M. Tanguay : ...
M. Sabia (Michael) : Parce
que ce n'est pas une force d'inaction. Selon moi, la question, c'est... Je
pense à cette question autrement et de sens presque inverse. La question,
c'est... ce n'est pas force d'inaction. C'est une question de mobilisation. Et
donc il faut faire des choses au niveau du gouvernement, nous-mêmes à
Hydro-Québec, d'autres parties prenantes, pour mobiliser l'ensemble de la
société. Et c'est la raison pour laquelle j'utilise souvent la phrase «un
projet de société», pour mobiliser des choses, pour réaliser ces objectifs et
pour saisir le moment, un moment, selon moi, absolument crucial pour l'avenir
du Québec. Donc, ma façon de penser à cette question, c'est plus en termes
de... en termes positifs de mobilisation, encourager des choses, créer des incitatifs,
créer un environnement où le Québec va accélérer des choses. Et donc...
M. Tanguay : Merci beaucoup.
Merci, M. Sabia. Et je vous remercie beaucoup. Je sais que je vous demande
des questions complexes, alors la réponse doit être minimalement longue, mais
je vous remercie pour votre coopération. Il me reste déjà...
M. Sabia (Michael) : ...en
courtes phrases.
M. Tanguay : Vous pouvez?
M. Sabia (Michael) : Après
plusieurs années, incapable.
M. Tanguay : Ah! vous êtes
incapable? Ah! mais essayons de cheminer.
M. Sabia (Michael) : Oui. C'est
une faiblesse de ma part. Avec mes excuses.
M. Tanguay : Je vais avoir la
même approche que vous. Je vais vous encourager à...
Alors, nucléaire, y aura-t-il des analyses
qui... Est-ce qu'il y a des analyses, au moment où on se parle, qui ont débuté
chez Hydro-Québec, des analyses par rapport au nucléaire? Est-ce qu'il y a des
analyses en cours?
M. Sabia (Michael) : Analyses
en cours actuellement, non.
M. Tanguay : Quand vont-elles
commencer?
M. Sabia (Michael) : Nous
allons, comme nous disons dans le plan, le plan d'action... nous allons
continuer dans l'avenir à étudier. Nous avons fait... pas vraiment une étude,
mais nous avons demandé à l'ancien SNC-Lavalin, mais maintenant c'est
AtkinsRéalis. Ils ont fait une très... quel est le bon mot, une analyse, mais à
50 000 pieds, sur la viabilité de Gentilly. Pour l'instant, nous
avons, étant donné les enjeux d'acceptabilité sociale... de ne pas continuer
avec ça. Mais, ceci dit, on a des choses. Il y a beaucoup de choses, beaucoup
d'évolution dans les technologies. Donc, nous nous intéressons potentiellement
dans l'avenir sur les petits réacteurs modulaires qui pourraient être bien
structurés pour certains endroits au Québec, mais ce n'est pas quelque chose
qui fait partie du plan. Il n'y a aucun, pas un seul mégawatt qui vient du
nucléaire dans le plan.
M. Tanguay : Je comprends.
L'analyse de SNC-Lavalin date de quelle année?
M. Sabia (Michael) : Cette
année.
M. Tanguay : Est-ce qu'il
serait possible d'en avoir une copie?
M. Sabia (Michael) : Probablement,
oui.
Mme Bouchard (Claudine) : ...si
je peux me permettre. Il faut... Il faudra demander la permission au
fournisseur de SNC-Lavalin parce qu'il y a quand même de l'information qui leur
appartient. Mais...
M. Tanguay : Mais vous avez
payé Hydro-Québec pour l'analyse, donc c'est vous, le client, qui avez le
droit.
Mme Bouchard (Claudine) : Oui,
oui, je suis d'accord. Oui, oui, je suis d'accord. Mais on va le regarder, là,
puis on va... on va vous revenir. Je ne voudrais pas...
M. Tanguay : On ne serait
trop...
M. Sabia (Michael) : ...
Mme Bouchard (Claudine) : S'ils
sont à l'aise, il n'y a pas de soucis.
M. Tanguay : Mais vous avez
payé pour, c'est à vous, le privilège vous appartient légalement. Mais...
Mme Bouchard (Claudine) : Mais
c'est basé sur leurs connaissances. Mais on va le valider. On va valider les
clauses contractuelles puis on va vous revenir. D'accord?
M. Tanguay : Vous avez payé
pour. OK. Parfait. Merci pour ça. Merci pour votre...
Mme Bouchard (Claudine) : Parce
qu'on ne voulait... on ne voulait pas l'inverse non plus, qu'eux le divulguent,
alors on a pris... on a mis... on a pris le soin de s'assurer d'avoir une
entente de confidentialité qui va dans les deux sens. Ça fait qu'on va regarder
qu'est-ce qu'on est capables de faire puis on vous revient. OK?
Le Président (M. Ciccone) : Juste
un instant. Mais je ne prendrai pas votre temps, M. le chef de l'opposition
officielle. Si vous avez des documents à déposer, vous devez les déposer à la
fin... avant la fin de cette audition-là.
M. Sabia (Michael) : ...
M. Tanguay : ...dans les
semaines qui vont suivre.
Le Président (M. Ciccone) : Ou
les transmettre plus tard au secrétariat.
M. Sabia (Michael) : Impossible.
Également, pour répondre à votre question, nous aurons besoin juste quelques
jours pour préparer les documents.
M. Tanguay : Mais vous
pourrez... je vous invite, ça se fait, là, vous pouvez les fournir au
secrétariat de la commission dans les semaines qui suivent, après votre
analyse, bien évidemment.
Vous avez dit, M. Sabia, un peu plus
tôt : Pour différents projets, il y a des structures de financement qui
sont différentes. Quels projets appellent la part du privé? Quel type de projets
appelle la part du privé?
M. Sabia (Michael) : Oh!
selon... Ce n'était pas mon point. Mon point était : il y a toutes sortes
de structures financières que nous pourrions utiliser pour financer nos propres
<projets...
M. Sabia (Michael) :
...de
structures financières que nous pourrions utiliser pour financer nos propres
>projets. Donc... Et nous sommes juste au début de la planification de
ces projets. Donc, ce n'était pas une question de privé ou pas privé. C'est une
question de : Est-ce que nous allons financer un projet sur les marchés
publics, sur les marchés privés, dans un financement hautement structuré? Donc,
on a plusieurs options pour financer les projets qui... Et cette variation aura
un impact sur l'ensemble des coûts. C'était mon point plus tôt.
• (16 heures) •
M. Tanguay : Je comprends.
Est-ce qu'au Québec on doit faire une place accrue au privé dans votre plan?
M. Sabia (Michael) : Oui. Je
pense que... Je pense, le... Il y a toujours des occasions de créer des
partenariats, mais selon moi et selon nous, la question n'est pas
nécessairement, et je vais vous donner des exemples... ce n'est pas
nécessairement avec le privé. Et peut-être ils pourraient être avec le privé, mais
également, nous pensons sérieusement, actuellement, à la structure, de créer un
nouveau genre de partenariat avec la communauté autochtone. Nous pensons
actuellement à l'idée de créer des partenariats pour les petites centrales qui
ne sont plus en exploitation. Mais il y a des occasions intéressantes pour
faire quelque chose en partenariat avec une municipalité et potentiellement une
communauté autochtone.
Donc, pour répondre à cette question :
est-ce qu'on est ouverts à l'idée du partenariat, oui, est-ce que nous avons
une perspective sur le privé ou non, honnêtement, pas vraiment.
M. Tanguay : Merci. Vous avez
dit, et je sais que vous en avez touché rapidement, puis ça se peut que ça...
votre réponse soit très courte, auquel cas, n'hésitez pas : Les tarifs
industriels sont trop bas. Vous l'avez affirmé à matin.
M. Sabia (Michael) : ...que
vous avez dit?
M. Tanguay : Les tarifs
industriels sont trop bas. Bas.
M. Sabia (Michael) : Sont
trop bas? Je n'ai pas dit ça.
M. Tanguay : C'est... C'est
ce que j'avais noté ce matin.
M. Sabia (Michael) : Non. Je
n'ai pas dit ça.
M. Tanguay : Quand vous
compariez avec les autres législations.
M. Sabia (Michael) : Non. J'ai...
Non...
M. Tanguay : Qu'est-ce que
vous avez dit? Je vous en prie.
M. Sabia (Michael) : J'ai dit
qu'il y a un écart.
M. Tanguay : Est-ce qu'on
doit combler cet écart-là?
M. Sabia (Michael) : Mais...
Mais le mot «trop» représente un jugement, et moi, je n'ai pas fait un jugement
par rapport au niveau. Donc, j'ai dit : On a un écart et, oui, cet... cet écart
existe.
M. Tanguay : Est-ce que... Et
pourquoi vous le... Pourquoi mentionniez-vous ce fait? Parce que vous voulez le
combler ou vous faisiez juste le mentionner sans aucune intention?
M. Sabia (Michael) : Non. Je
pense que l'idée de l'écart est une... est une... Le fait... Ce n'est n'est pas
une idée. Le fait de cet écart est important. Pourquoi? Parce que ça, c'est
quelque chose qui... qui va continuer à renforcer la compétitivité de
l'économie québécoise. Et ça, c'est un élément important pour naviguer cette
transformation, la transition énergétique et économique. Donc, cet écart nous
donne un avantage concurrentiel à l'échelle mondiale qui est extrêmement
important. Et donc notre objectif, oui, il y aura très probablement... Parce
qu'ailleurs dans le monde... Nous sommes à 50 % de l'énergie au Québec qui
vient des sources des énergies fossiles. Dans le reste du monde, c'est
80 %. Donc, dans plusieurs pays, ils vont lancer des programmes
d'investissement, et les programmes sont en cours, et avec un impact sur leurs
tarifs. Ça, c'est inévitable. Mais cet écart qui vient du bloc patrimonial est
un avantage concurrentiel, pour nous, qui est primordialement important.
M. Tanguay : ...vous, il
n'est pas question de toucher à cet avantage compétitif là. Quand on compare...
M. Sabia (Michael) : Nous
avons dit... Pardon.
M. Tanguay : Quand on compare
les tarifs industriels payés au Québec versus les tarifs industriels ailleurs,
pour vous, il faut préserver ça. Il ne faut pas aller jouer là-dedans.
M. Sabia (Michael) : Préserver
l'écart.
M. Tanguay : Préserver
l'écart. Parfait, si tout le monde monte, on monte.
J'ai une question à 100 milliards de
dollars. Puis je ne suis pas en train de dire que, si vous avez la bonne
réponse, je vous donne 100 milliards, là, parce que ce serait trop facile.
Vous avez, Hydro-Québec, le bilan d'énergie en approvisionnement existant. On
sait qu'à partir de 2027 on a un besoin de 1,1 térawattheure...
16 h (version révisée)
M. Tanguay : ...on a un besoin
de 1,1 TWh, après ça, en 2026, ce n'est plus 1,1, c'est 8, 14 jusqu'à 60,5
en 2035. Ma question : Avez-vous une ébauche d'un calendrier des livrables
pour venir combler ce besoin-là? Parce que, moi, dans votre plan, vous me
suivez parfaitement bien, j'ai la finalité, mon 60,5, il est là, il représente
8 000 MW à 9 000 MW. Mais qu'en est-il de mon livrable,
moi? Puis vous, comme gestionnaires d'expérience, vous devez absolument avoir
ce document-là. Mon livrable fait en sorte que, mon 1,1 en 2027, je le comble
avec telle portion de telle, telle, telle source, mon 8, un an après, je le
comble... Vous comprenez? Avez-vous ça, ce document-là?
M. Rhéaume (Dave) : Donc, ce
n'est pas un document, c'est une stratégie qui est reflétée dans le plan d'action.
Donc, vous avez, dans le plan d'action, la contribution de chacune des filières
énergétiques. Donc, sur la durée, 2035, c'est assez intuitif. Évidemment, les
grands ouvrages hydroélectriques arrivent vers la fin de la période, alors que
les moyens d'efficacité énergétique sont plus faciles à déployer. Miser sur les
importations, miser sur différentes technologies sont davantage au début de la
période. Donc, si vous aviez à le répartir : là, d'abord, on travaille sur
le consommer moins, le consommer mieux; au milieu de la période, on pense qu'on
va avoir des approvisionnements éoliens importants; puis, vers la fin de la
période, on a davantage la portion qui provient de la filière hydroélectrique.
M. Tanguay : Je suis
excessivement surpris que vous me dites que c'est intuitif. Ça ne peut pas être
intuitif.
M. Rhéaume (Dave) : Ce n'est
peut-être pas le bon choix de mots, mais ce que je cherchais à dire, c'est... Il
y a évidemment des technologies qui sont plus faciles à déployer, d'un point de
vue temporel, que d'autres.
M. Tanguay : Je comprends,
mais vous devez avoir une pensée minimalement élaborée là-dessus. 2027, c'est
demain matin. Vous allez avoir besoin de 1,1, après ça, l'année d'après, de 8,
et ainsi de suite. Ça peut être... Ça doit être autre chose qu'intuitif. Et je
suis persuadé, parce que vous êtes des professionnels, vous êtes des experts, qu'il
y a un tableau à quelque part avec une ventilation, de dire : Un éolien,
on est capables de livrer ici, et ainsi de suite, barrage, papi, papa.
Existe-t-il... Rassurez-moi, il y a une réflexion qui existe.
M. Rhéaume (Dave) : Absolument.
En déployant un plan, on s'assure que le plan va permettre de répondre à la
demande et on sait ce qu'on a à faire pour répondre à cette demande-là.
M. Tanguay : On peut le
savoir? Nous? Moi, c'est la page ou l'annexe que j'aurais... qui, selon moi,
manque à ce plan-là, c'est l'annexe des livrables. Est-ce qu'on peut l'avoir?
M. Sabia (Michael) : Mais il
y a une chose importante ici. Ce n'était pas pour rien que nous avons lancé un
processus de concertation, ce n'est pas pour rien que je viens de parler des
choix qu'il faut faire en termes de sources d'énergie. Donc, première étape,
concertation; deuxième étape, un plan potentiellement révisé pour refléter le
contenu que nous avons reçu de ce processus de concertation; troisième étape,
planification en détail, planification en détail avec les échéances. Donc, nous
allons arriver à ça, absolument, avec aucune hésitation. Mais est-ce que ça
existe actuellement? Non. Nous allons mettre l'accent sur consultation,
révision et ensuite planification en détail.
M. Tanguay : ...temps. On
commençait à se réchauffer.
Le Président (M. Ciccone) : Merci.
Merci beaucoup, M. le chef de l'opposition officielle. Merci beaucoup. Juste
une petite précision, là, à titre informatif, quand il y a un dépôt de
documents, pour que ce soit rendu public, il faut que ce soit fait avant les
fins des auditions. Ça peut toujours être fait après les auditions, qui va être
remis au secrétariat, et là les membres de la commission vont être capables d'en
prendre connaissance. Alors, on va passer maintenant la parole au député de
Maurice-Richard pour 4 min 31 s.
M. Bouazzi : Merci, M. le
Président. Moi, je voudrais parler de la question de la dénationalisation. On a
parlé beaucoup d'autoproduction, dans les dernières semaines. Peut-être, ma
première question sur les 9 000 MW prévus jusqu'en 2035 et puis les,
carrément, 200 TWh jusqu'en 2050 : Est-ce que l'autoproduction est
incluse dans ce plan-là ou c'est carrément à l'extérieur?
M. Sabia (Michael) : ...par
exemple, nous avons parlé de...
M. Bouazzi : Par exemple, TES
Canada.
M. Sabia (Michael) : ...la
question de les...
Des voix : ...
M. Sabia (Michael) : ...les
panneaux solaires, donc...
M. Rhéaume (Dave) : ...par
exemple, sont inclus là-dedans. Donc, si le client résidentiel se... sont
des...
M. Bouazzi : Et un projet
comme TES Canada, à Shawinigan, est-ce que... on parle quand même de 2 000 MW
en éoliennes, est-ce que c'est inclus ou ce n'est pas... Ce genre de projet
est-tu exclu?
M. Rhéaume (Dave) : On est...
C'est exclu, donc on... S'il y a un projet privé de production, il est exclu de
la planification d'Hydro-Québec.
M. Bouazzi : Donc, s'il y a
un autre demi-Hydro-Québec qui est fait dans le privé, il ne fait pas partie du
Hydro-Québec qu'on doit rajouter actuellement d'ici 2050?
M. Sabia (Michael) : Donc,
laissez-moi répondre à cette question parce que vous soulevez une <question...
M. Sabia (Michael) :
Donc,
laissez-moi répondre à cette question parce que vous soulevez une >question...
M. Bouazzi : ...est claire.
Si je veux bien... J'ai d'autres questions. Je comprends que ça ne fait pas
partie. Et puis, effectivement, quel que soit ce qui va se faire en
autoproduction, ce n'est pas dans le plan que vous avez fait. Je pense que la
réponse est très claire. Je vais rentrer dans les détails.
M. Sabia (Michael) : ...en
désaccord.
M. Bouazzi : OK. Excusez-moi,
j'ai mal compris peut-être.
M. Sabia (Michael) : Donc,
Dave vous a dit que ce n'est pas inclus dans notre plan, mais c'est tout une
autre question. Parce qu'une initiative de cette nature, TES, qui a certains
avantages... Et je ne veux pas prendre beaucoup de votre temps pour passer à
travers les avantages de ce projet, mais également ce projet est une nouveauté.
Et, avec les nouveautés, il faut être prudent, il faut être, et le mot clé,
bien coordonné. Donc...
M. Bouazzi : ...
M. Sabia (Michael) : Non,
non, mais donc la question des projets... Parce que vous êtes en train de
suggérer qu'il y... il pourrait être toutes sortes de TES. Mon point, c'est :
chacun de ces projets demande beaucoup de coordination, et ça, c'est ce que
nous allons faire.
• (16 h 10) •
M. Bouazzi : C'est très bien.
Ce n'est pas moi qui le suggère, c'est le ministre de l'Économie lui-même. Dans
le projet TES lui-même, dans la loi, en fait, l'autoproduction, c'est pour... ou
sur le terrain ou, je lis, «un emplacement adjacent au site de la production». «Adjacent»
voulant dire «à la frontière de», on a vérifié dans le dictionnaire hier.
Est-ce que vous pensez, vous, que Cintech, par exemple, c'est adjacent à un
terrain qui est à Shawinigan?
M. Rhéaume (Dave) : Non. En
fait, c'est qu'il y a deux clauses dans la loi. Il y en a une sur les terrains
adjacents, mais il y en a une sur les réseaux de transport privé. Donc, c'est à
cause, dans ce cas-ci, que le développeur a l'intention de bâtir son propre
réseau de transport et de ne pas utiliser le réseau de transport d'Hydro-Québec
que ça se qualifie.
M. Bouazzi : Donc,
actuellement, vous avez un monopole sur le réseau de transport sur tout le
territoire du Québec. Faire un transport d'à peu près n'importe où vers une
compagnie, aujourd'hui, ça ne contrevient pas à la loi de votre monopole sur le
transport?
M. Rhéaume (Dave) : Pas à
notre interprétation, non. En fait, il y a... c'est des cas rares, c'est vrai,
mais il y a d'autres cas d'entreprises qui possèdent des réseaux de transport
aujourd'hui au Québec.
M. Bouazzi : C'est des droits
acquis, on s'entend?
M. Rhéaume (Dave) : Ah! il y
en a qui se sont faits récemment. Donc, il y a des grands projets industriels
qui, pour des raisons stratégiques qui leur appartiennent, ont dit : Nous,
on... rejoignez-nous là, puis nous, on va s'occuper de la... reste de notre
réseau de transport pour être capables de répondre à notre besoin. Donc, c'est
une des exceptions à la loi.
M. Bouazzi : Et ce n'est pas
sur leur terrain?
M. Rhéaume (Dave) : Et ce
n'est pas sur leur terrain.
M. Bouazzi : Et ce n'est pas
adjacent?
M. Rhéaume (Dave) : Et ce
n'est pas adjacent.
M. Bouazzi : Donc, si demain,
moi, pour ma propre usine, je mets une éolienne à 300 kilomètres et que je
tire un câble, ça ne contrevient pas au monopole d'Hydro-Québec?
M. Rhéaume (Dave) : C'est en
effet notre compréhension de la loi.
M. Bouazzi : Écoutez, il va y
avoir des conversations de juristes parce que je vous avoue que ce n'est pas
vraiment l'interprétation qui est faite par beaucoup, beaucoup de spécialistes.
Le Président (M. Ciccone) : En
terminant, s'il vous plaît.
M. Bouazzi : Et évidemment,
nous, ça ne peut que nous inquiéter par rapport au monopole qui est très cher
et que vous avez introduit vous-même. Ce qui fait qu'aujourd'hui on est
capables de coordonner toute cette énergie et d'être en très bonne position
pour la suite, c'est bien parce que c'est nationalisé. Et paix à l'âme de
M. René Lévesque.
Le Président (M. Ciccone) : Merci.
Merci beaucoup, M. le député. Je cède maintenant la parole au député de
Jean-Talon pour 3 min 26 s.
M. Paradis : Faut-il
augmenter la production? De quelle façon? Des barrages? L'éolien? Le nucléaire?
Quelle place pour le privé? On est vraiment dans des questions existentielles
pour le peuple québécois.
J'allais vous poser la question,
initialement : Quels genres de consultations ont eu lieu pour arriver au
plan d'action?, mais en fait je vais changer ma question parce que j'ai entendu
beaucoup de choses que j'ai aimées. Vous nous avez dit : Il faut avoir une
discussion sur les choix. C'est un projet de société, nous avons besoin d'une
conversation. On cherche les réactions, dites-nous, c'est ce que vous nous avez
dit tout à l'heure. La société civile, les Québécoises et les Québécois
doivent, je pense, participer à cette conversation. Est-ce que vous pourriez
prendre un engagement aujourd'hui à avoir un lieu comme celui-ci, mais pour la
société civile québécoise, pour des gens qui veulent pouvoir s'adresser à vous
et à votre équipe?
M. Sabia (Michael) : Nous
sommes en train de développer maintenant les moyens les plus efficaces pour
chercher des idées pour donner aux Québécois et Québécoises accès à
Hydro-Québec, de continuer leur réflexion. Et donc c'est exactement ce que nous
allons faire. Également, il y aura tout un programme de rencontres avec les municipalités,
avec les autochtones, avec les experts, avec les groupes environnementaux.
Donc, notre ambition, d'ici quatre, cinq mois... cinq, six mois, est d'avoir un
<processus...
M. Sabia (Michael) :
...
Donc, notre ambition, d'ici quatre, cinq mois... cinq, six mois, est d'avoir un
>processus hautement inclusif.
M. Paradis : Est-ce qu'on
pourrait... C'est très agréable d'échanger avec vous et avec la haute
direction. Est-ce qu'on pourrait avoir un engagement...
M. Sabia (Michael) : C'est
probablement plus agréable pour vous que pour nous.
M. Paradis : Mais... Mais,
pour vous aussi, ça peut être très agréable. C'est un échange constructif.
Est-ce qu'on pourrait avoir un engagement à ce que vous... vous participiez
vous-même, à ce que cette équipe participe à un échange avec des représentants
de la société civile québécoise?
M. Sabia (Michael) : Pourquoi
pas?
M. Paradis : Très bien,
merci. Prenons l'exemple, les barrages. Où les faire, s'il y en a? En faut-il? Quelles
rivières? Le nucléaire, vous nous dites : On veut continuer à étudier la
possibilité. Le ministre s'est déclaré ouvert. Le premier ministre : Non,
on ne touche pas à ça. En fait, ça m'amène une grande question aussi que j'ai
le goût de vous poser candidement. Parce que, dans les derniers jours, moi,
j'ai parlé à beaucoup d'organisations, beaucoup de gens, et certains ont
dit : Bien, les grandes décisions sur, notamment, l'avenir de la
production électrique au Québec, on ne sait plus où ça se prend, comment ça se
prend. Certains disent : Ça se prend derrière des portes closes par un
nombre très limité de personnes. J'ai le goût de vous poser la question...
M. Sabia (Michael) : ...
M. Paradis : Mais j'ai le
goût de vous poser la question à vous : Où se décide l'avenir de la
production électrique actuellement au Québec et par qui?
M. Sabia (Michael) : Nous
avons proposé... Je pense que nous avons fait une contribution importante à ce
processus avec la présentation de notre plan. Maintenant, on va chercher des
réactions, on va faire des révisions. Et donc, disons, au printemps, nous
allons très probablement présenter un plan révisé qui reflète les intrants que
nous avons reçus lors de ce processus de concertation.
M. Paradis : Si vous avez un
Québécois, une Québécoise devant vous, là, qui vous demande ça, il dit :
Mais qui décide s'il va y en avoir, des barrages ou du nucléaire, ou pas, qui
décide au Québec?, vous répondez quoi, vous?
M. Sabia (Michael) : Bien, en
ce qui concerne, par exemple, un barrage, c'est très, très, très probable, un
barrage, si on décide d'embarquer sur un tel projet, c'est quelque chose que
nous allons... que nous allons faire en partenariat avec... très, très, très
probablement avec une communauté autochtone, donc... Mais c'est toujours dans
un mode de collaboration. Et donc ça, c'est notre façon de faire des choses
qui...
Une voix : ...
Le Président (M. Ciccone) : Non,
finissez votre phrase, M. Sabia. Finissez votre phrase.
M. Sabia (Michael) : Non, ça
va.
Le Président (M. Ciccone) : C'est
beau? Parfait. Alors, c'est ce qui met fin au troisième bloc. Si vous voulez
bien, chers collègues, on va prendre une petite pause, une dizaine de minutes,
avant de commencer le quatrième bloc.
On suspend les travaux. Merci.
(Suspension de la séance à 16 h 17)
(Reprise à 16 h 25)
Le Président (M. Ciccone) :
Bonjour. Alors, nous sommes de retour. Nous sommes maintenant rendus au
bloc 4, Collaborer plus étroitement avec les communautés autochtones.
Alors, j'invite donc les représentants
d'Hydro-Québec à faire leur présentation, puis, comme d'habitude, vous avez un
maximum de 15 minutes. Et je crois comprendre que vous avez une nouvelle
invitée avec vous, une nouvelle collègue. Est-ce vous pouvez vous présenter,
s'il vous plaît?
Mme Boucher (Julie) : Bien
sûr. Bonjour. Julie Boucher, vice-présidente, Développement durable, Relations
avec les communautés et Communications.
Le Président (M. Ciccone) : Merci.
M. Sabia (Michael) : Oui, M.
le Président. Je pense que c'est évident, dans les dernières années, décennies «indeed»,
en tout cas, la grande majorité des projets d'infrastructures d'Hydro-Québec
ont été réalisés sur les terres ancestrales des nations autochtones. Ces
projets ont mené à des impacts importants pour les communautés, ils ont aussi
généré des retombées économiques très importantes pour le Québec. Cependant,
celles-ci n'ont pas toujours été partagées de la manière la plus équitable avec
les communautés autochtones.
Selon nous, aujourd'hui, à travers le
pays, à travers le Canada, le Canada s'est engagé sur un chemin vers la
réconciliation avec les Premières Nations et les Inuits, c'est-à-dire :
reconnaissance, respect et partenariat. En termes simples, en fin de compte, le
monde a beaucoup changé. Dans cet esprit, nous allons travailler avec les
communautés autochtones du Québec afin de réaliser une réconciliation économique.
Une approche traditionnelle axée sur la compensation n'est plus adéquate, point
à la ligne. C'est une vieille mentalité, et nous allons changer cette
perspective. Donc, nous allons faire un virage important : passer de la
compensation à une approche de véritable partenariat où les bénéfices sont
partagés plus équitablement.
La transition énergétique nous donne
l'occasion unique de changer notre approche, d'aller plus loin et de faire
mieux. C'est pourquoi nous allons avoir un dialogue avec les Premières Nations
et les Inuits pour élaborer avec eux — avec eux — un plan
de réconciliation économique. Et ce plan sera basé sur trois principes
fondamentaux.
N° 1,
premièrement, les partenariats financiers avec les communautés autochtones.
Nous souhaitons aller plus loin dans le partage de la richesse générée par les
projets énergétiques. Un partenariat, c'est la participation économique dans
les bénéfices du projet. L'idée centrale, c'est de créer des sources de revenus
autonomes qui peuvent être utilisées par les communautés autochtones comme eux
le souhaitent selon leurs propres priorités, par exemple : le
développement économique, la préservation de la culture, de la langue, des
activités traditionnelles ou le développement des occasions pour les jeunes. Mais
le point qui est fondamental : c'est les <communautés qui vont...
M. Sabia (Michael) :
...
occasions pour les jeunes. Mais le point qui est fondamental : c'est les >communautés
qui vont décider quoi faire.
Un bon exemple, juste au début, c'est un petit
exemple, mais quand même un exemple important, nous avons créé un partenariat
avec le Conseil mohawk de Kahnawake pour la ligne qui connecte notre réseau aux
États-Unis. Donc, le conseil est notre partenaire dans une coentreprise qui
partage les bénéfices liés au projet, il est aussi impliqué dans plusieurs
aspects du projet comme les études environnementales, les permis, autorisations
et travaux archéologiques. Donc, un exemple intéressant. Donc, premièrement, la
question de partenariat et la participation financière dans nos projets.
• (16 h 30) •
Deuxième principe, simplifier l'accès au
financement. Être un bon partenaire veut aussi dire qu'Hydro-Québec sera prête
à aider avec le coût lié aux prises de participation des communautés
autochtones, et nous allons explorer différentes formules de financement
concessionnel.
Troisième principe, inclure les
communautés dans un processus plus transparent de planification de nos projets
majeurs. Au-delà de leur participation financière, nous souhaitons collaborer
plus activement avec les communautés et entreprises autochtones à toutes les
phases du projet, par exemple : la participation, une participation à
l'évaluation des impacts environnementaux.
On va évidemment aussi continuer à
soutenir les entreprises autochtones dans notre réseau de fournisseurs et faire
de la formation et les embauches comme nous l'avons fait dans le passé. Mais ce
que nous avons fait dans le passé n'est plus suffisant. En effet, un aspect
incontournable pour forger des meilleurs partenariats est qu'Hydro-Québec
devienne plus représentatif de la diversité de ses partenaires. Et donc nous
allons accroître la représentation des Premières Nations et les Inuits dans nos
activités à Hydro-Québec, nous allons adapter nos pratiques de recrutement et
développer des solutions pour créer un milieu de travail qui tient mieux compte
des réalités et de la culture des communautés autochtones.
Donc, notre approche de réconciliation
économique devra aussi faire l'objet de discussions avec les communautés
elles-mêmes pour affiner l'ensemble de nos propositions. Nos échanges avec
plusieurs communautés autochtones sont amorcés et nous allons continuer de le faire
au cours des prochains mois. Merci.
Le Président (M. Ciccone) : Merci
beaucoup, M. Sabia. Je cède maintenant la parole au député de Joliette.
M. St-Louis : Merci beaucoup,
M. le Président. Permettez-moi d'abord de souhaiter la bienvenue à M. Sabia,
Mme Bouchard, Mme Boucher, M. Aucoin. Merci d'être ici aujourd'hui.
On connaît tous l'importance de cultiver
de bonnes relations et de bien nourrir le vivre-ensemble avec les
11 nations, les 11 Premières Nations du Québec. Il y a à peu près un
an, le premier ministre, au salon rouge, lors de l'assermentation du Conseil
des ministres, disait que la responsabilité des relations avec les Premières
Nations n'était pas uniquement celle du ministre Lafrenière, mais bien celle de
tout le gouvernement.
Ce qui m'amène à ma première
question : Comment comptez-vous collaborer avec le gouvernement dans votre
approche avec les communautés autochtones?
M. Sabia (Michael) : Nous
sommes toujours ouverts à l'idée de collaborer avec le gouvernement. Nous
sommes en train, actuellement, de faire certaines conversations, certaines
discussions, d'un côté, avec le gouvernement, de l'autre côté avec une
communauté autochtone. Donc, on est toujours ouverts à l'idée de collaboration.
Ceci dit, sur la question de la
participation d'une communauté autochtone dans un développement éolien ou un développement
hydroélectrique, quelque chose... essentiellement, c'est nous qui va négocier
la structure financière de leur participation. Mais, si le gouvernement nous
demande d'avoir une collaboration avec le gouvernement sur ces sujets, nous
n'avons aucun problème avec ça.
M. St-Louis : Merci. Vous
présentez, dans votre nouveau plan... dans le plan d'action, la priorité n° 4 comme étant une piste initiale de réflexion. Pourquoi?
M. Sabia (Michael) : Oh! Parce
que c'est... Je vais prendre un peu de recul. Donc, depuis ma nomination, mon
arrivée...
16 h 30 (version révisée)
M. Sabia (Michael) : ...oh! parce
que c'est... Je vais prendre un peu de recul. Donc, depuis ma nomination ou mon
arrivée... mon arrivée en haut à Hydro-Québec, Julie, Claudine, moi-même, nous
avons visité plusieurs, plusieurs communautés autochtones, et toujours dans
une... dans une perspective de... On est à l'écoute. Nous devrions et nous
voudrions comprendre mieux... Et donc c'est dans cet esprit que nous avons dit
que c'était une proposition, disons, initiale parce qu'on cherche la
contribution et les perspectives de ces communautés.
Donc, ce n'est pas... mais ça, c'était le
problème du passé, une situation dans le passé, où Hydro-Québec ou le
gouvernement, soit gouvernement du Québec ou gouvernement du Canada... Les
gouvernements ont imposé des choses, mais ce n'est pas quelque chose qui
fonctionne, et, dans un encadrement, dans une structure de réconciliation, la
seule façon d'aller de l'avant est dans un esprit de partenariat, et, dans ce
cas, un esprit de partenariat demande, au début, que nous sommes bien à l'écoute.
M. St-Louis : Lorsque vous
parlez de partenariat, est-ce que vous pouvez m'en parler un peu plus, en
termes de type de partenariats possibles avec les communautés?
M. Sabia (Michael) : ...chose
simple, je vais utiliser l'exemple de Kahnawake et la structure de cette
coentreprise. Donc, Julie, voulez-vous le faire?
Mme Boucher (Julie) : Allez-y.
M. Sabia (Michael) : OK. Donc,
c'était Julie qui a négocié cette entente. Donc, on a une ligne de
transmission. Et donc nous avons structuré une coentreprise qui,
essentiellement, est la propriétaire de ces lignes, et cette communauté,
Kahnawake, ils sont propriétaires d'un certain pourcentage de ces lignes de
transport avec, donc, le droit des revenus qui viennent de ces activités. Donc,
ça, c'est un exemple, un exemple assez simple, et la coentreprise est
structurée d'une façon assez simple. Ils ont des options, pour le conseil de
Kahnawake, dans l'avenir, d'ajuster leur participation.
Mais donc ça, c'est un modèle que nous pourrions
utiliser dans plusieurs circonstances, mais ça dépend des besoins, les intérêts
de chacune de ces communautés. Une chose qui m'a frappé lors de l'ensemble de
mes rencontres avec les communautés autochtones... Il y a une variation très
importante entre les besoins de chacun, leurs préférences. Donc, ce n'est pas
une situation où nous devrions imposer un modèle, de leur dire que, OK, donc,
nous avons la structure de partenariat, c'est ici, oui ou non, pas du tout
notre approche. Il faut avoir une approche beaucoup plus flexible, qui est en
mesure de comprendre les variations, les besoins qui sont... comme je disais,
qui sont tellement différents entre plusieurs communautés autochtones.
Donc, on est juste au début de cette
démarche de trouver un modèle de réconciliation économique, mais je pense que c'est
la seule façon de développer l'énergie dont nous avons besoin, mais de le faire
de façon beaucoup plus équitable et d'utiliser le bénéfice de la production de
cette énergie d'une façon qui permet à ces communautés de poursuivre leurs
objectifs et de décider quoi faire avec des sources de revenus que nous allons...
ensemble, que nous allons créer dans chacune de ces coentreprises. Donc, ça, c'est
l'essence, l'essentiel de l'idée.
M. St-Louis : Donc, est-ce qu'on
pourrait dire à ce moment-là qu'Hydro-Québec aurait l'ouverture de <recevoir
des initiatives et des propositions de certaines communautés...
M. St-Louis :
...aurait
l'ouverture de >recevoir des initiatives et des propositions de
certaines communautés?
M. Sabia (Michael) : Tout à
fait, tout à fait. Par exemple, dans le développement des éoliennes, il y a
plusieurs communautés qui s'intéressent et qui sont à l'aise, et franchement
plus à l'aise, de faire affaire avec nous que de faire affaire avec d'autres
organisations. Est-ce que nous sommes ouverts à l'idée de faire affaire avec
eux dans une coentreprise, Hydro-Québec et communautés autochtones? Absolument,
la réponse est oui, parce que ça va créer des occasions pour cette communauté,
mais également ça va augmenter la production d'énergie dont nous avons besoin,
de puissance dont nous avons besoin, qui viennent d'un plus grand développement
des éoliennes.
• (16 h 40) •
M. St-Louis : Donc, dans le
même ordre d'idées, on sait qu'il y a des réservoirs au Québec où il y a des
barrages, mais il n'y a pas de centrale. Quelle serait la place de plus petites
centrales hydroélectriques, de projets, dans votre...
M. Sabia (Michael) : Voulez-vous
parlez des petites centrales ou...
Une voix : ...
M. Sabia (Michael) : OK.
Donc, il y a plusieurs... Par exemple, on a actuellement plusieurs, quatre,
cinq, six, petites centrales qui ne sont plus en exploitation par Hydro-Québec,
mais chacune, selon nous, représente une occasion intéressante de créer,
peut-être avec notre participation financière ou non... mais de créer un
partenariat, disons, entre une municipalité et une communauté autochtone ou
peut-être un troisième élément, la présence d'Hydro-Québec, mais, dans ce cas,
le rôle le plus important pour Hydro-Québec est entrer dans une contrainte pour
acheter la puissance qui vient de cette petite centrale, parce qu'avec un
engagement à long terme de notre part, en tant qu'acheteur, ça rend le projet
finançable. C'est possible de financer le projet pour soit la communauté
autochtone ou la municipalité parce qu'on est là comme acheteur. Donc, ça,
c'est une autre façon pour nous de mieux utiliser ces installations, parce que
ce n'est pas nécessaire, dans tous les cas, que nous sommes opérateurs. Nous
pourrions être opérateurs, mais ce n'est pas toujours nécessaire si nous sommes
en mesure de travailler avec une communauté autochtone ou une municipalité.
M. St-Louis : Merci. Combien
de temps, M. le Président?
Le Président (M. Ciccone) : Il
reste 12 minutes.
M. St-Louis : 12 minutes? Je
céderais la parole, si vous permettez, à mon collègue député de Rouyn-Noranda—Témiscamingue.
Le Président (M. Ciccone) : M.
le député, à vous la parole.
M. Bernard : Merci. Qui
dois-je remercier, le président ou mon collègue?
Le Président (M. Ciccone) : Bien,
le collègue, c'est...
M. Bernard : Merci beaucoup.
Je vais essayer de parler un petit peu. J'ai une petite extinction de voix,
mais je ne parlerai pas fort, mais le micro va faire le travail.
Je suis vraiment content de vous entendre,
M. Sabia, sur les relations que vous voulez vraiment développer avec les
communautés autochtones. Moi, je viens du secteur minier. Donc, les ententes...
J'ai travaillé pour une compagnie qui avait fait la première entente, je
dirais, moderne, à l'époque, avec la mine Troilus, puis ça a déboulé avec des
ententes, du côté minier, qui sont devenues des références, de même
qu'Hydro-Québec puis le gouvernement, à l'époque, quand ils ont signé l'entente
de la Baie James pour le développement...
Mais je profite de l'occasion pour faire
un petit éditorial, M. le Président, puis M. Sabia. Rouyn-Noranda—Témiscamingue,
OK, il y a les... il y a quatre communautés anichinabées sur mon territoire :
Timiskaming, Kebaowek, Wolf Lake et Long Point. En 1911, le gouvernement
fédéral... Puis là je rejoins vos propos quand vous disiez : Les
gouvernements antérieurs, ils ont créé les trois barrages, Laniel, Kipawa, des
Quinze, qui a affecté énormément le territoire anichinabé, puis on était... à
l'époque, les gens les ont surnommés les communautés invisibles, mais ils n'ont
jamais eu de compensations et retombées de ça.
Par la suite, la centrale de Rapide-7 qui
a été construite par... à l'époque, ça s'appelait la Commission des eaux
courantes du Québec, OK, en 1941... Hydro-Québec est née par la suite, en 1944.
Hydro-Québec, par la suite, a construit, à l'époque, un des premiers barrages,
Rapide-2, en 1954. Le territoire du Témiscamingue a été un des premiers qui a
été affecté, on pourrait dire, depuis les années 1900, par les barrages, peu
importe leur nature, puis ils n'ont jamais eu de <retombées de ça...
M. Bernard :
...par
les barrages, peu importe leur nature, puis ils n'ont jamais eu de >retombées
de ça. Puis, à l'époque, dans le gouvernement, j'ai déjà été député ici, puis
je disais un peu à mes collègues, à l'époque, que les gouvernements...
maintenant, même encore, il fait deux classes d'autochtones, de Premières Nations,
ceux qui ont de l'argent puis ceux qui n'en auront pas.
Puis je salue le travail que le
gouvernement puis Hydro-Québec font pour tous les projets qui s'en viennent, OK,
pour les partenariats que vous avez soulignés, et autres, mais les communautés
du Témiscamingue, qui ont été les premières affectées des ententes du passé,
c'est de même que ça se faisait, ils n'auront jamais rien. Il n'y a plus
d'éolien qui va se faire là, des petits projets. Ça fait que je souligne
vraiment qu'est-ce qui s'est fait, les avancées, mais le Témiscamingue va
demeurer un peuple oublié, mais, je me dis, il n'est peut-être pas trop tard...
Quand même, malgré tout, les deux centrales qu'il y a là, il y a des
compensations qui sont données pour le nombre de kilométrage de lignes
électriques qui est construit sur les territoires. Alors, je me dis, peut-être,
M. le Président, il n'est pas trop tard pour revoir la situation des
communautés du Témiscamingue.
M. Sabia (Michael) : Alors, je
vais juste... ja vais faire un ou deux commentaires et ensuite je vais passer
la parole à Julie.
Donc, évidemment, ces communautés ne sont
pas les seules. La semaine dernière, nous étions dans une communauté innue qui
est très loin de Montréal, mais, quand même... et nous avons exactement le même
problème. Nous avons, il y a des années, construit une centrale à un endroit
qui s'appelle Lac-Robertson, pas une de ces communautés... aucune, aucune
compensation. Et donc c'est la raison pour laquelle, chaque fois que j'arrive à
une communauté autochtone, la conversation commence, et c'est bien justifié,
avec une méfiance importante par rapport à Hydro-Québec, parce que, dans le
passé, nous n'avons pas livré la marchandise et nous n'avons pas respecté ces
ententes. Il faut changer ça, il faut... et ça commence aujourd'hui, et mon
message quand je rencontre ces communautés : Nous avons changé les règles,
nous avons changé notre façon de faire des choses, et évidemment nous ne
pouvons pas aller de l'avant sans avoir corrigé le passé, et nous avons des
choses à corriger dans le passé, et, dans notre engagement, nous allons
corriger le passé, et ensuite, j'espère, nous allons aller de l'avant vers
l'avenir, mais...
En tout cas, Julie, sur le...
Mme Boucher (Julie) : ...vous
dire quelques... quelques éléments. Quand on parle de réconciliation, souvent,
la première étape, c'est de reconnaître qu'il y a quelque chose à corriger, à
réparer. Donc, on est dans ça, et, vous avez raison, en Abitibi, il y a des
installations qui datent même d'avant la nationalisation d'Hydro-Québec. On a
commencé des discussions avec des communautés de la région pour voir qu'est-ce
qu'on peut faire, puis la première étape, c'est de se comprendre, c'est
d'écouter puis c'est de recevoir ce que les gens ont à nous dire pour ces
installations-là. Donc, on a commencé à faire ça avec certaines nations
anichinabées, certaines communautés anichinabées, et on navigue, j'ai envie de
vous dire, là-dedans, et je dis souvent, moi : Ce qui est accumulé depuis
50, 60 ans va demander du temps.
Donc, c'est un processus qu'on commence,
puis il commence par l'écoute, puis il commence par voir qu'est-ce qu'on peut
travailler ensemble pour la suite des choses, mais on n'oublie pas les
communautés qui sont sur des territoires pour lesquels on n'a pas de projet
actuellement. Donc, que ça soit en Abitibi, que ça soit certaines communautés
en Haute-Mauricie, on a commencé des discussions aussi à propos du passé pour
voir comment on va adresser ces choses-là, si vous me permettez l'expression,
parce qu'un jour, bien, on va vouloir parler du futur, mais il faut commencer
par régler le passé. Donc, oui, on a commencé des discussions pour des
installations qui datent même d'avant la nationalisation, en Haute-Mauricie et
chez vous également.
M. Sabia (Michael) : ...vous
me permettez... parce que vous avez dit, au début de vos commentaires,
qu'évidemment, Abitibi-Témiscamingue, on a des mines et des sociétés minières,
mais, selon moi, pour les grands projets, pas juste au Québec, mais à travers
le Canada, la seule façon, la seule façon que nous allons réaliser ces grands
projets, soit une mine, soit d'autres choses, c'est avec la participation
économique et financière des autochtones. C'est la seule façon.
Mme Boucher (Julie) : ...de
l'Abitibi, dernier élément, je m'en voudrais de ne pas nommer le raccordement
de Kitcisakik. Donc, c'est une communauté anichinabée qui <vivait dans
des conditions...
Mme Boucher (Julie) :
...raccordement
de Kitcisakik. Donc, c'est une communauté anichinabée qui >vivait dans
des conditions... qui vit dans des conditions très difficiles, sans
électricité. Le projet est lancé, est en cours, et puis le raccordement va se
faire.
M. Bernard : Oui, merci.
Je voulais le souligner, d'ailleurs. Merci beaucoup. Vos propos m'encouragent.
Merci, M. Sabia. Merci, Mme Boucher.
Le Président (M. Ciccone) : Merci
beaucoup, M. le député. Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Non? Parfait.
Alors, je cède maintenant la parole au député de Jacques-Cartier.
M. Kelley : Merci
beaucoup, M. le Président.
M. Sabia (Michael) : ...moi
aussi.
M. Kelley
: Oui. M. Sabia,
en 2019, j'ai rencontré un chef autochtone puis j'ai... pendant notre
discussion, il a répété une histoire d'une discussion qu'il a eue avec vous. Il
a dit : M. Sabia...
M. Sabia (Michael) : ...
• (16 h 50) •
M. Kelley : Oui, avec
vous, puis il a dit : M. Sabia, on était en train de jaser de
développement économique dans vos autres, anciennes fonctions. Puis
M. Sabia a dit : Le temps est arrivé qu'on fait des choses ensemble
puis des affaires ensemble. Et je trouve ça très intéressant qu'aujourd'hui on
arrive, puis, dans le plan que vous avez déposé, c'est pas mal exactement la
discussion que j'ai eue avec le chef, puis c'était très bien reçu aussi par le
chef. Il a dit : C'était vraiment rafraîchissant d'entendre ça de
quelqu'un comme M. Sabia, qu'on peut faire des choses différemment.
Alors, quand j'ai lu la section 4, j'ai
dit : C'est clair que vous avez... pour vous, c'est quelque chose qui est
très important, de faire les choses correctement avec les Premières Nations et
les Inuits, puis, maintenant, c'est sûr que c'est la suite des choses, et ce
n'est pas juste vous qui est responsable pour la réconciliation partie
économique. Le gouvernement a un gros rôle à jouer dans ça aussi. Nous avons
adopté, à l'Assemblée nationale, une motion unanime sur la déclaration des
Nations unies sur les peuples autochtones. Je sais que plusieurs Premières
Nations et les Inuits veulent qu'on inscrive ça dans une loi ici, à Québec. Et,
pour vous, c'est une chose, d'arriver avec une façon de changer le modèle des
affaires puis vraiment avoir des partenariats qu'eux autres sont parties de le
modèle des affaires, mais il y a toujours la question territoriale qui est
primordiale, puis la protection de le territoire aussi.
Alors, je ne sais pas comment vous voyez
ça, le rôle qu'Hydro-Québec peut jouer de faciliter des discussions de la
protection de le territoire et aussi s'assurer qu'après que le projet d'un
barrage, des éoliennes, du solaire, tout ça, des lignes de transmission, est
présenté... qu'on va respecter aussi la décision qui est prise par les
Premières Nations et les Inuits, mais aussi comment le gouvernement peut vous
aider, de s'assurer que ça marche bien, parce que, sur les ententes finales,
c'est sûr que votre signature, ou la personne qui va précéder vous, va être sur
les ententes, mais la signature de le premier ministre du Québec va être là, la
signature du ministre des Affaires autochtones, le ministre de l'Énergie... va
être là aussi. Là, c'est juste d'avoir vos réflexions un petit peu sur cette
partie qui est très, très importante pour la réconciliation, pas juste
économique.
M. Sabia (Michael) : ...vous
donner quelques commentaires et, par la suite, je vais passer la parole à
Julie.
Donc, une des raisons pour laquelle moi,
je préfère fortement ce modèle, pour simplifier des choses, de coentreprise, de
partenariat, parce que ça crée... c'est comme un contrat, et, dès le moment
qu'une communauté devient, à 10 %, 15 %, 20 %, je ne sais pas le
chiffre, propriétaire d'un projet, ils ont le droit... un droit qui... un droit
légal à une participation, à un pourcentage des revenus créés par et dans cette
coentreprise.
Et donc ce n'est pas quelque chose... parce
que, dans le passé, le problème, soit un PDG d'Hydro-Québec, ou un ministre, ou
quelqu'un pouvait signer quelque chose, et, par la suite, le PDG change ou
quelque chose est arrivé, mais c'est une façon de rendre plus, essentiellement,
permanent leur accès à une source de revenus qui ne dépend pas de ma présence,
ou de la présence de la prochaine PDG d'Hydro-Québec, ou, franchement, le
prochain ministre de XYZ. Et donc c'est une façon de répondre... ce n'est pas
la seule façon, mais c'est une façon de répondre à cette grande méfiance, de
leur donner un droit légal qui va durer dans le temps. Et donc, selon moi,
c'est la raison pour laquelle je pense que, peut-être, cette idée de
partenariat pourrait nous créer, pour nous, un chemin, une <voie vers une
réconciliation...
M. Sabia (Michael) :
...cette
idée de partenariat pourrait nous créer, pour nous, un chemin, une >voie
vers une réconciliation dont nous avons besoin.
Julie, vas-y.
Mme Boucher (Julie) : Peut-être
préciser... Il y a différents types d'ententes, évidemment, différents niveaux
d'ententes. Il y a des ententes très opérationnelles. On participe, par exemple,
à la mise sur pied d'une société ou un fonds, par exemple, donc, des trucs qui
sont très opérationnels, qui sont davantage sous la responsabilité
d'Hydro-Québec. Puis, à l'autre bout du spectre, on peut penser à un traité,
par exemple. Évidemment, Hydro-Québec ne signe pas de traité. C'est le
gouvernement du Québec, de nation à nation, qui signe ce genre d'entente ou de
traité, mais il y a une collaboration constante avec le gouvernement du Québec.
Chaque fois qu'il est question de territoire, notamment, ou qu'il est question
de revendications territoriales, il y a un arrimage, il y a une collaboration
très étroite qui se fait, mais le partenariat économique, c'est une des façons
de développer des ententes avec les communautés, les nations autochtones.
Puis, Michael l'a bien dit tout à l'heure,
il n'y a... j'ai envie de dire, il n'y a pas un gabarit qui existe : Voici,
le partenariat, comment on va le faire, ou voici l'entente. Chaque entente,
chaque partenariat est modelé ou est écrit en fonction de la communauté, en
fonction du projet et, j'ai envie de dire, en fonction du moment dans le temps
aussi. C'est une négociation, à chaque fois, qui est faite, pour le projet, avec
la communauté. Il y a des communautés avec qui on a discuté pour des projets de
partenariat, qui nous ont dit : C'est intéressant, mais, pour l'instant,
on n'est pas là puis on préférerait une entente plus classique, là, retombées,
avantages. Donc, c'est intéressant, les partenariats. On pense que ça nous
amène ailleurs, mais ça ne sera pas l'unique solution puis la solution pour
tous les projets qu'on va faire non plus.
M. Kelley : Merci beaucoup.
Puis on va suivre la suite des choses, parce que je sais que, quand même, vous
avez mentionné, dans votre plan, la possibilité, probabilité d'ajouter cinq
barrages au Québec. C'est sûr que ça va commencer... Excusez-moi, des barrages,
je ne dis pas «cinq», des différents projets de barrages. C'est une possibilité
pour Hydro-Québec dans l'avenir.
M. Sabia (Michael) : ...
M. Kelley : ...excusez, pas
cinq, je ne sais pas pourquoi j'ai dit «cinq», des projets de barrages, je
m'excuse, et c'est sûr que ça va prendre des discussions aujourd'hui avec les
communautés autochtones. Au minimum, Hydro-Québec doit avoir une idée des
meilleurs emplacements pour certains barrages. On sait que certaines
communautés ont déjà dit non pour certaines rivières, mais aussi, avec tous les
travaux qui doivent être faits pour, quand même, la rectification de certains
barrages, est-ce que les discussions avec les communautés autochtones vont être
parties de ça? Si certains barrages vont produire plus d'électricité, est-ce
que c'est possible de peut-être revoir si des retombées économiques peuvent
être... comme pour les communautés autochtones, peuvent être incluses dans
certains projets comme ça?
M. Sabia (Michael) : Donc, je
vais faire quelques commentaires, et ensuite Claudine...
Donc, nous sommes en train de... Donc,
juste pour clarifier des choses, sur la question de développement hydroélectrique,
il y a trois choses. Donc, Claudine vient de parler d'une amélioration de la
technologie dans nos installations existantes, qui représente à peu près
2 000 mégawatts.
Également, nous sommes en train d'examiner
une option qui est intéressante, une réserve pompée, qui est une autre façon de
créer à peu près 1 000 mégawatts, et une façon qui est un peu plus...
un peu moins destructive sur le plan environnemental. Donc, ça, ça fait partie
de nos plans, et nous sommes en train d'examiner plusieurs options pour la
localisation d'une telle installation.
Troisième élément, c'est la possibilité
d'un autre développement... un projet plus, disons, traditionnel. Nous avons
plusieurs options à travers le Québec et nous sommes en train d'étudier chacune
de ces options. Également, dans certains cas, nous allons soulever ces options
avec les communautés autochtones dans chacune de ces régions du Québec, mais,
avant d'aller de l'avant avec ces projets, il faut, et nous mettons
actuellement beaucoup d'accent sur cette question, pour revenir à votre
question... de corriger le passé, mais, sur la question de nos options...
Mme Bouchard (Claudine) :
Bien, à ce moment-ci, on est vraiment au tout début de l'analyse de ces
différentes options là, et, de toute évidence, les conversations avec les
communautés autochtones doivent faire partie... Nous, ce qu'on souhaite à terme...
Donc, évidemment, il y a ce dont Julie et Michael ont parlé, donc, la
réconciliation économique, pour pouvoir être capables de parler <d'avenir,
mais lorsqu'on...
Mme Bouchard (Claudine) :
...parlé,
donc, la réconciliation économique, pour pouvoir être capables de parler >d'avenir,
mais, lorsqu'on sera rendus là dans le temps, plus loin sur la route, mais,
quand on sera rendus là, nous, ce qu'on veut, c'est définir le projet avec eux,
planifier le projet avec eux pour faire le meilleur projet en respect de leurs
traditions, de l'environnement, de leur acceptabilité sociale et du bénéfice
global pour le Québec. Alors, c'est vraiment comme ça qu'on veut travailler
avec eux et... mais, pour se rendre là, bien, il y a toute une route à
parcourir au préalable.
M. Kelley : Et, sur le
recrutement, le recrutement pour les peuples autochtones, et aussi la
formation, quel rôle est-ce qu'Hydro-Québec peut jouer pour... Oui, vous avez
un enjeu de main-d'oeuvre, et on sait que les Premières Nations et les Inuits
sont une population en croissance, forte croissance aussi. Alors, comment
Hydro-Québec peut faire le recrutement, mais aussi s'assurer qu'ils ont la
formation nécessaire pour travailler pour Hydro-Québec?
• (17 heures) •
Mme Boucher (Julie) : Vous
avez raison, ça prend... Il faut non seulement recruter, il faut recruter les
bonnes personnes, s'assurer que les gens sont fermés puis... formés. Et j'ai
envie d'ajouter à votre énumération : Il faut s'assurer qu'ils sont reçus
chez nous, dans un milieu qui est accueillant, qui est recevant, je ne dis pas
qu'on ne l'est pas, mais il faut s'en assurer, et qu'on les garde dans notre
organisation aussi.
Donc, on a beaucoup de travail à faire
dans les prochaines années. On a des discussions en ce moment avec certaines
communautés pour des centres de formation, pour des ententes en formation,
parce qu'il y a même, souvent, des communautés qui se trouvent à proximité de
nos installations, pour lesquelles on a vraiment des besoins criants de
main-d'oeuvre. Donc, effectivement, il y a un intérêt clair de notre part à
voir comment on peut aider, dès le départ, en formation, en compagnonnage,
accueillir des employés autochtones dans notre organisation, bien le faire et,
le défi, les garder avec nous.
M. Kelley : Et est-ce que
vous avez...
Mme Bouchard (Claudine) : J'ajouterais
autre chose, une autre dimension, Julie, si tu le permets, parce qu'on a obtenu
la certification PAIR. Dans la certification PAIR, on a travaillé aussi avec
les entrepreneurs autochtones. On veut qu'ils créent davantage
d'entrepreneuriat, parce que ce n'est pas tout de travailler chez Hydro-Québec
si on les sort de leur communauté, mais, si on est capables de créer de
l'entrepreneuriat davantage durable dans les communautés...
Alors, ça aussi, on est actifs là-dedans.
On a créé un guichet unique pour les entrepreneurs autochtones, pour faciliter
de faire affaire avec Hydro-Québec. On sait que, parfois, ça peut être un peu
complexe, les structures administratives, et tout ça. Donc, pour alléger ce
fardeau-là, on a créé un guichet unique, et, jusqu'à présent, ça fonctionne
bien. Donc, il y a des jeunes qui ont envie de se partir dans
l'entrepreneuriat, et ça, bien, ça nous fait bien plaisir de contribuer à ça.
M. Kelley : Excellent, c'est
une très bonne nouvelle. Je veux juste reviendre rapidement sur le recrutement.
Est-ce que vous avez une cible en tête pour le nombre, pourcentage des
Premières Nations et des Inuits qui travaillent au sein d'Hydro-Québec ou vous
n'avez pas... rendus là encore?
Mme Boucher (Julie) : ...une
augmentation de 5 % pour l'an prochain.
M. Kelley : OK, parfait, et,
présentement, c'est... il y a combien... est-ce que vous avez un chiffre ou...
Mme Boucher (Julie) : Présentement,
en septembre 2023, on était à 362 personnes qui se déclarent être
autochtones.
M. Kelley : Parfait. Puis,
rapidement, sur le conseil d'administration, est-ce que vous avez un membre qui
est issu d'une Première Nation ou une communauté inuite?
M. Sabia (Michael) : Pas
actuellement.
M. Kelley : OK. Et je sais
que ce n'est pas vous autres qui sont responsables pour la nomination, mais
c'était juste... Je ne peux pas assumer, juste à cause de leur dernier nom, si
les gens sont autochtones ou non. Alors, merci beaucoup pour vos réponses sur
le sujet, qui est très, très important pour nos Premières Nations et nos
Inuits.
Le Président (M. Ciccone) : Merci
beaucoup, M. le député. Et je cède maintenant la parole au député de
Maurice-Richard.
M. Bouazzi : Merci, M. le
Président. D'abord, merci. J'ai pris le temps, évidemment, de lire tout, mais
cette partie-là particulièrement. On sent beaucoup tout le chemin qui a été
parcouru, étant donné l'histoire douloureuse, un peu, d'Hydro-Québec dans les
partenariats différents avec les Premières Nations et puis les différentes
corrections, les différents avancements. Vous avez parlé de reconnaissance de
cette histoire-là et puis aussi de la situation présente pour pouvoir bâtir
l'avenir. Est-ce que vous reconnaissez qu'il existe du racisme systémique?
Mme Boucher (Julie) : Je ne
crois pas que c'est à Hydro-Québec de se prononcer sur le racisme systémique au
Québec.
M. Bouazzi : Non, mais, par
rapport à, même, la structure, le racisme systémique, c'est quand une
institution crée, produit ou reproduit des inégalités. Au Québec, vous êtes une
institution qui a énormément de travailleurs et qui a beaucoup de relations
avec les Premières Nations. Ce n'est pas grave, là, si vous ne voulez pas répondre,
ce n'est pas grave. J'ai d'autres questions. Ceci étant dit, une des questions
des Premières Nations, qui demandent la reconnaissance face aux institutions de
l'État dont vous faites partie, c'est aussi la reconnaissance de la réalité du
racisme systémique. Ça fait que je vous inviterais peut-être à y réfléchir pour...
M. Sabia (Michael) : ...faire
de commentaire sur les mots que vous avez utilisés, mais je vais dire juste
pour... et alors elle peut... sur un point que Julie a... vient de faire...
17 h (version révisée)
M. Sabia (Michael) : ...faire
des commentaires sur les mots que vous avez utilisés, mais je vais dire, juste
pour élaborer un peu sur un point que Julie vient de faire, oui, nous sommes à
peu près... nous avons 23 000 employés à Hydro-Québec, et un élément
de notre travail pour créer un environnement accueillant pour les Premières
Nations, les Inuits... nous avons toujours... et c'est vrai pour toutes les
organisations, nous avons la responsabilité de travailler avec nos gens, qui
sont actuellement nos employés, pour créer un tel environnement qui pourrait
facilement accueillir les autochtones.
M. Bouazzi : Merci, M. Sabia.
Vous avez parlé des différentes manières de faire des partenariats et puis
économiques dans... Au Québec, on a l'habitude d'avoir des partenaires sur la
question de la production. Que ce soit avec des municipalités, avec le privé,
etc., il y a toutes sortes de choses qui se font.
Sur la question du transport
particulièrement, étant donné que c'est un monopole d'Hydro et qu'il y a eu un
précédent, en fait, justement, qui a été changé par la loi, le projet de loi
dont j'ai oublié le numéro, où j'ai siégé moi-même, où on crée des compagnies
qui sont justement copropriétaires, vous serez d'accord avec moi qu'il y a quand
même d'autres manières d'assurer un revenu ad vitam aeternam sur de l'électricité
qui passe sur un terrain, autre que de créer des compagnies privées dont vous
êtes les copropriétaires. Est-ce qu'on pourrait juste éviter d'utiliser les
partenariats avec les Premières Nations et trouver d'autres manières pour
garantir que ce monopole-là reste un monopole d'Hydro-Québec? Je parle de
transport.
M. Sabia (Michael) : Oui. Il
y a plusieurs façons, donc... et, honnêtement, nous sommes ouverts, nous n'avons
pas des idées fixes sur quelle est la meilleure structure. Donc, l'objectif est
de créer une source de revenus autonomes qui est protégée pour une très longue
période du temps, qui respecte le droit de chacune de ces communautés de
prendre leurs propres décisions sur l'utilisation de ces revenus. Donc, ça, c'est
l'essentiel de l'idée. Donc, nous pourrions faire d'autres choses pour y
arriver, et l'idée des coentreprises, c'est une façon qui cristallise l'objectif.
M. Bouazzi : On est d'accord,
on est d'accord qu'il y en a d'autres. J'ai vraiment très, très peu de
secondes, excusez-moi, M. Sabia. Ça fait qu'on peut se mettre d'accord que...
on peut garantir tout ce que vous avez dit, tout en garantissant le monopole d'Hydro-Québec
sur le transport.
M. Sabia (Michael) : Oui.
M. Bouazzi : Est-ce que ça
pourrait être un objectif?
M. Sabia (Michael) : Pardon?
M. Bouazzi : Et est-ce qu'on
est d'accord pour dire : C'est ce qu'il y aurait de mieux à faire, plutôt
que de toucher au monopole?
M. Sabia (Michael) : Oui, nous
sommes ouverts à toutes sortes d'options, mais, encore une fois, dans ces
réflexions, nous serons guidés par les préférences des communautés autochtones,
et donc si elles préfèrent... si elles préfèrent une structure de coentreprise,
je pense que c'est très probable que nous allons accepter cette idée. Mais oui,
nous avons d'autres options, et donc dans certains cas où une communauté est
moins à l'aise de devenir propriétaire, nous allons faire d'autres choses.
Le Président (M. Ciccone) : Merci
beaucoup, M. Sabia. Merci beaucoup, M. le député. Je cède maintenant la
parole au député de Jean-Talon.
M. Paradis : Donc, l'engagement
d'Hydro-Québec avec les communautés autochtones, c'en est un de réconciliation
économique. Et, quand on regarde le plan sur cette section-là, ça commence avec
un grand titre qui s'appelle Partenariat financier.
Ensuite, on parle de collaboration dans
les différentes phases d'élaboration, dès la conception d'un nouveau projet et
dans toutes les étapes subséquentes. Mais, en réalité, le plan semble un peu
silencieux sur ce qui précède et sur un enjeu fondamental pour les peuples
autochtones, c'est-à-dire celui du droit à la terre, de la protection du
territoire, et donc de la décision qui précède un peu tout ça, de savoir :
Est-ce que, oui ou non, on doit construire un barrage, harnacher une rivière?
Donc, avant le partage des revenus et l'entente
financière, il me semble que la décision sur qu'est-ce qu'on fait sur ce point-là
est fondamental, existentiel pour les peuples autochtones. Donc, si les peuples
autochtones du Québec s'opposent au harnachement d'une rivière et à la
construction d'un nouveau barrage, que fera Hydro-Québec?
M. Sabia (Michael) : Pas de
projet.
M. Paradis : C'est un
engagement formel ici, aujourd'hui?
M. Sabia (Michael) : Pas de
projet. C'est l'acceptabilité sociale. Et, dans ce contexte, c'est l'acceptabilité
de la communauté, <c'est clair...
M. Sabia (Michael) :
...la
communauté, >c'est clair.
M. Paradis : Le Parti
québécois a notamment déposé une motion pour qu'Hydro-Québec renonce à
construire un nouveau barrage sur la rivière Magpie, qui a été reconnue à
l'échelle internationale comme aire de patrimoine autochtone et communautaire.
Est-ce que vous pourriez aussi prendre un engagement similaire aujourd'hui à ne
pas harnacher la rivière Magpie?
M. Sabia (Michael) : C'est
déjà fait.
M. Paradis : Est-ce que vous
avez...
M. Sabia (Michael) : Ancienne
nouvelle.
M. Paradis : Très bien,
merci. Est-ce que vous avez une étude sur les rivières... à jour sur les
rivières sur lesquelles on peut envisager de construire des barrages et sur les
critères qui vont guider Hydro-Québec dans ses décisions sur ces rivières-là,
tenant compte notamment de la position historique des groupes autochtones sur
ces différentes rivières?
• (17 h 10) •
Mme Bouchard (Claudine) : Comme
on l'a mentionné un peu plus tôt, actuellement, nous avons plusieurs options en
analyse, en analyse d'opportunité, en analyse préliminaire et sommaire, donc à
différentes étapes de ces analyses-là. Donc, je vous dirais que les critères
qui sont utilisés actuellement, la première, c'est la faisabilité technique.
Évidemment, de toute évidence, ce n'est pas toutes les rivières qu'on peut
utiliser avec un plein potentiel, on va dire ça de cette façon-là.
Ensuite, le deuxième, bien, c'est
l'acceptabilité sociale des communautés locales et aussi comment, ensemble, on
minimise, dans la conception, la planification, l'élaboration, les impacts,
autant sur l'environnement que sur les aires utilisées par les communautés
autochtones. Alors, c'est vraiment comme ça qu'on veut le faire.
Cette... La liste à laquelle vous faites
référence, ce sont, je dirais, des éléments très préliminaires parce que tout
évolue, je dirais, à un rythme différent. Alors, un jour, il y a un projet qui
peut passer plus loin dans l'acceptabilité sociale puis, une semaine plus tard,
pour d'autres considérations, revenir en arrière à cause d'une contrainte
technique. Alors, c'est vraiment quelque chose de très vivant que les équipes
utilisent, donc, pour dicter notre travail, et c'est ce qui guide aussi
certaines de nos discussions avec les communautés, bien entendu. Mais, à ce
moment-ci, cette liste-là, elle n'est que très préliminaire puis indicative
parce qu'on est vraiment en mode très préliminaire.
M. Paradis : ...sur ces
discussions-là?
Mme Bouchard (Claudine) : Bien,
je ne pense pas...
M. Paradis : Non?
Mme Bouchard (Claudine) : ...parce
que c'est quand même de l'information stratégique. Puis, comme je vous dis, la
situation aujourd'hui n'est pas du tout la même que la semaine prochaine.
Alors, si on prend ça hors contexte, ça ne sert pas. Ce qu'on peut prendre puis
ce qu'on prend comme engagement dans le plan, c'est de travailler ça avec les
communautés puis de s'assurer de cette acceptabilité sociale là. Et, dans le
plan, on indique aussi qu'on sera transparents. Donc, au moment où ces
discussions-là avanceront avec les communautés puis que nos solutions ou nos
options deviendront plus claires, bien, par souci de transparence, de toute
évidence, il y aura une information qu'on pourra communiquer de façon publique.
Le Président (M. Ciccone) : Merci.
Mme Bouchard (Claudine) : Mais,
pour le moment, c'est beaucoup trop tôt. C'est prématuré à ce moment-ci.
Le Président (M. Ciccone) : Merci
beaucoup. Merci beaucoup. Maintenant que le bloc IV est terminé, nous
allons maintenant débuter le bloc V, Devenir une organisation agile, innovante
et transparente. Alors, vous connaissez la pratique, chers invités. Alors, je
vous donne 15 minutes pour faire votre présentation.
M. Aucoin (Maxime) : Merci.
M. le Président, Mmes, MM. députés membres de cette commission, après une
période de relative stabilité, Hydro-Québec entre dans une période de
croissance majeure. Il s'agit d'un changement de cap important pour tout le
Québec dans son ensemble, mais également pour notre organisation. C'est la
raison pour laquelle nous tenions à avoir une priorité qui adresse les défis
que doit relever Hydro-Québec comme organisation.
En pensant aux changements à effectuer,
une citation bien connue de l'auteur Peter Drucker exprime bien un des risques
devant nous. Il disait : «Le plus grand danger dans les moments de grands
changements, ce n'est pas le changement comme tel, c'est d'agir avec la logique
d'hier.» Dans ce nouveau contexte, on doit donc ajuster nos façons de faire et
ne pas simplement agir avec la logique d'hier.
Donc, quand on parle de changement de cap,
vous avez entendu mes collègues vous parler de nos ambitions, que ça soit sur
les services aux clients, l'augmentation de la production, mais, concrètement,
quels sont les défis qu'Hydro-Québec, comme organisation, devra relever? Je
vais vous donner quelques exemples.
On devra gérer en parallèle une multitude
de grands projets complexes qui conjuguent à la fois la croissance de notre
production et le maintien de notre réseau performant. C'est un défi de
priorisation, d'ingénierie et de gestion de projet. On va devoir accélérer les
échéanciers. Donc, comment raccourcir la durée des chantiers et impliquer en
amont les parties prenantes dans le développement des projets? C'est un beau
défi d'innovation et de collaboration. Il faudra gérer... puis on en a parlé
tantôt, il faudra gérer des pénuries d'équipement et de matériel. Nous ne
sommes pas les seuls à avoir un plan de transition aussi ambitieux. Donc, il y
a un défi de taille <pour notre approvisionnement...
M. Aucoin (Maxime) :
...aussi
ambitieux. Donc, il y a un défi de taille >pour notre approvisionnement
qui nécessitera qu'on soit prévoyants puis qu'on soit créatifs.
Les technologies qui vont nous aider...
qui vont aider nos clients, pardon, à mieux consommer vont évoluer très
rapidement. Alors, comment on s'assure d'avoir un pas d'avance afin de bien
intégrer ces technologies dans notre offre?
Finalement, il y a plusieurs changements
réglementaires qui seront requis pour atteindre nos objectifs. Donc, nous
devrons se coordonner de manière plus efficace avec une planification intégrée.
Et ce n'est que quelques exemples des défis que nous devrons relever comme
organisation.
Donc, pour y arriver, on voit quatre
éléments sur lesquels on devra focaliser. Le premier, c'est sur bâtir... bâtir
sur l'expertise déjà en place. Le deuxième est: Simplifier nos façons de faire
et être plus agiles, miser sur l'innovation et collaborer avec tous les acteurs
de l'écosystème.
On va commencer avec bâtir sur l'expertise
en place. Pour répondre aux défis de leur époque, nos prédécesseurs ont imaginé
et développé des façons de faire qui étaient alors inédites. C'est dans l'ADN
d'Hydro-Québec de se retrousser les manches et de réaliser de grandes choses.
Moi, ça ne fait que quelques semaines que j'ai rejoint Hydro-Québec, mais je
peux vous dire que je le ressens déjà. L'organisation a une grande expertise
dans toutes les sphères de nos activités. On a donc un très bon point de
départ. On a la chance de pouvoir bâtir sur cette expertise, mais il faudra la
challenger pour nous permettre d'aller ailleurs.
C'est ce qui m'amène au deuxième défi :
Simplifier nos façons de faire et être plus agiles. Le plan d'action qu'on a
déposé est ambitieux, l'échéancier pour le réaliser l'est tout autant. Donc...
pardon, devant l'ampleur de la tâche, on doit remettre en question nos
pratiques établies et nos façons de faire, on doit simplifier nos processus et
être plus agiles comme organisation. Mes collègues ont déjà évoqué les
changements que nous apporterons pour améliorer le service à la clientèle puis,
pour que nos multiples grands projets voient le jour, nous aurons la même
posture, on doit faire différemment.
Donc, concrètement, ça veut dire alléger
nos processus décisionnels, réduire nos exigences administratives,
décentraliser la prise de décision et intensifier nos efforts de
simplification, d'automatisation et d'uniformisation de nos pratiques. Puis je
vais vous donner un exemple pour mettre ça bien concret. Lorsqu'on fait de la
planification de travaux de maintenance ou d'alimentation de clients, on a
plusieurs intervenants qui identifient des besoins de travaux, donc des
employés de terrain. On a le service à la clientèle, des gens qui exploitent le
réseau, on a des ingénieurs qui écrivent nos normes. Tous ces besoins sont
ensuite traduits dans des ordres de travail, puis les ordres de travail ont des
formats qui peuvent parfois différer selon le type d'équipement, selon le
terrain, selon l'équipe, et, ensuite, ils sont entrés dans des systèmes. Et
parfois, malheureusement, ce sont des systèmes différents, SAP, un système fait
maison, etc. Donc, quand c'est le temps de planifier puis de séquencer et de
communiquer sur l'ensemble des travaux effectués, bien, c'est là qu'on voit des
défis de... et certainement, des fois, des oublis ou des temps qui sont
beaucoup plus longs et trop d'intervenants qui doivent intervenir.
Donc, il y a certainement lieu de
moderniser nos façons de faire afin de limiter le nombre d'intervenants requis
pour ce type de demande. Ça, ce n'est qu'un exemple concret pour illustrer le
défi devant nous.
Bref, nous avons la ferme intention de
nous attaquer à tout ça. Pour être clair, ça ne veut pas dire qu'on va tourner
les coins ronds, ça signifie qu'on va travailler de manière plus efficace et
trouver des solutions innovantes en réponse à nos défis et nos enjeux.
Troisième élément, c'est miser davantage
sur l'innovation. Hydro-Québec...
(Interruption)
M. Aucoin (Maxime) : Je
continue? C'est normal?
Le Président (M. Ciccone) :
...
M. Aucoin (Maxime) : Désolé.
Donc, Hydro-Québec dispose déjà d'une solide expertise à l'interne, que ce soit
dans nos centres de recherche ou sur le terrain. Il est fondamental pour nous
de capitaliser sur cette expertise, comme je le mentionnais tantôt, mais il
faut miser davantage sur l'innovation. Puis moi, quand je pense à l'innovation,
j'y pense sur deux fronts, à deux niveaux.
Le premier niveau d'innovation, c'est
celui de l'amélioration continue, c'est l'innovation au service du réseau. Nos
employés sont souvent les mieux placés pour voir ce qui pourrait être amélioré.
Donc, pour favoriser l'émergence de solutions nouvelles, on doit offrir à nos
employés un environnement où leurs idées seront entendues. Donc, on va mettre
en place une plateforme qui permettra le partage d'idées sur différents sujets,
comme la santé-sécurité, l'efficacité <opérationnelle ou
organisationnelle...
M. Aucoin (Maxime) :
...la
santé-sécurité, l'efficacité >opérationnelle ou organisationnelle, mais
on doit aussi, et je dirais même surtout, leur donner la possibilité de
participer à la concrétisation de ces idées les plus prometteuses. Parce que,
des bonnes idées, si elles ne sont pas exécutées, ne servent pas grand-chose,
c'est l'exécution de ces bonnes idées qui compte.
On a aussi nos centres de recherche qui
développent une multitude de projets qui améliorent nos opérations. Donc,
j'étais... je vais vous donner un autre exemple. J'étais à Varennes, il y a
quelques semaines, à notre centre de recherche, et ils me présentaient des
projets en cours, dont un qui est un outil de diagnostic thermographique qui
permet de mieux diagnostiquer les travaux souterrains. En gros, là, ça permet
d'identifier d'avance les zones à risques avant d'entrer dans des tunnels
souterrains pour faire des efforts de maintenance. Puis souvent, avec ces
innovations-là, la vraie question intéressante, ce n'est pas tant l'aspect
technique, mais c'est : Est-ce que l'innovation est réellement utilisée? Est-ce
que ça aide vraiment? Est-ce qu'elle est vraiment utilisée sur le terrain? Puis
moi, ce que j'ai aimé de mon expérience puis de cet exemple-là, c'est que les
personnes qui me l'ont présenté, ce ne sont pas les chercheurs, mais ce sont
les gens de terrain, ce sont les gens qui l'utilisent au quotidien, car trop
souvent de la recherche est produite pour des chercheurs. Et donc il faut
davantage miser sur les besoins terrain et accroître la collaboration entre la
recherche et les opérations. C'est là que la création de valeur va s'effectuer.
• (17 h 20) •
Le deuxième niveau d'innovation, c'est
l'innovation disruptive. C'est celle qui vient plus fondamentalement changer
les modèles d'affaires. Puis, on le constate, en matière de décarbonation, les
technologies évoluent rapidement. L'appétit pour l'électrification des usages
amène lui aussi d'importants changements technologiques qui vont impacter la
façon dont on mène nos activités. Donc, il faudra être à l'affût de ces
changements rapides en ayant une fenêtre beaucoup plus ouverte sur le monde
extérieur et une vigie sur ce qu'il se passe à l'échelle mondiale. Puis je
pense que l'Europe en particulier, avec toutes les contraintes énergétiques
qu'ils vivent, sera particulièrement intéressante à suivre au fur et à mesure
qu'elle est forcée de s'adapter rapidement. Ça va donc prendre une Hydro-Québec
qui est davantage connectée sur le monde.
C'est ce qui m'amène à mon dernier point :
Collaborer avec l'écosystème et les parties prenantes. Un élément central de
notre plan est que l'on met de l'avant des actions concrètes pour lesquelles
nous ne pourrons agir seuls. Si Hydro-Québec est une locomotive de la
transition énergétique, elle devra collaborer avec plusieurs pour atteindre ces
objectifs. On doit profiter des expertises complémentaires aux nôtres pour
réfléchir à la meilleure façon de décarboner le Québec et de maintenir une
prospérité économique. En bref, ça prend une planification intégrée pour
s'assurer qu'on avance tous ensemble dans le même sens. C'est pourquoi nous
proposons de créer un pôle d'expertise qui élaborera, en étroite collaboration
avec le gouvernement du Québec, une feuille de route pour guider la transition
énergétique et économique. Cette nouvelle équipe va concevoir des stratégies
qui permettront à la fois de décarboner l'économie et d'accroître la prospérité
du Québec. Finalement, il y a tout un écosystème d'entreprises en
démarrage, des pairs, le milieu universitaire et le secteur privé avec qui nous
allons pouvoir collaborer et tirer profit afin d'atteindre collectivement nos
ambitions. Voilà qui complète mon tour d'horizon de cette priorité numéro 5.
Le Président (M. Ciccone) : Merci
beaucoup, M. Aucoin. Je cède maintenant la parole à la députée
d'Iberville.
Mme Bogemans : Merci
beaucoup. C'est superintéressant de vous entendre, vraiment, les plans
structurants, puis tout ça. Puis j'ai beaucoup aimé l'endroit où vous avez
parlé de collaborer avec tous les acteurs du milieu.
Puis je vais vous amener vers une
situation peut-être un petit peu plus pointue puis moins de grande envergure, mais
M. Sabia aussi, tout à l'heure, parlait de concrétisation de la
décarbonation, donc la capacité de vraiment agir sur la situation, puis on a
aussi des défis à la grandeur des ambitions. Puis il y a bien des fermes, des
entreprises, des résidents qui veulent investir, par exemple, dans les panneaux
solaires, dans une éolienne, dans la biométhanisation, à l'interne. En ce
moment, ce qu'Hydro-Québec fait, c'est d'émettre des crédits, si jamais il y a
des surplus qui retournent dans le réseau. Sauf que, quand on est
autosuffisant, un crédit, ce n'est pas un incitatif à en créer puis à en
ajouter. Puis on sait que, par exemple, dans le sud du Québec, il y a de la
place dans le réseau pour prendre plus d'électricité, donc il y a de la place
pour ce genre d'initiative là.
Est-ce que ça fait partie des choses que
vous envisagez actuellement, de changer de modèle, de pouvoir peut-être
rémunérer les kilowatts qui sont renvoyés dans le réseau, pour ces
initiatives-là, pour pouvoir créer un engouement puis atteindre la cible de
125 clients <qui pourraient installer...
Mme Bogemans :
...créer
un engouement puis atteindre la cible de 125 clients >qui
pourraient installer, par exemple, des panneaux solaires, si on prend cet
exemple-là?
Mme Bouchard (Claudine) : En
fait, ce n'est pas 125, mais c'est 125 000 clients.
Mme Bogemans : ...
Mme Bouchard (Claudine) : Oui.
Oui, oui. En fait, ce à quoi vous faites référence, c'est le programme
d'autoproduction. Le programme d'autoproduction a connu une progression
fulgurante dans les trois dernières années. On était, il y a trois ans, autour
de 400, on est rendus à 830, 840, donc il y a vraiment un intérêt important des
gens de participer à ce programme-là. Alors, le programme... Mon collègue en
parlait tout à l'heure, on est en train de revoir la plupart de nos programmes,
celui-là en fera partie.
Là où vous dites, dans votre question...
la dimension intéressante, je dirais, par rapport au réseau, c'est :
Est-ce qu'il y a de la place sur le réseau? Bien, il faudra avoir peut-être des
programmes qui vont être adaptatifs en fonction du réseau, alors en fonction de
la capacité du réseau. Donc, c'est ce qu'on est à élaborer actuellement, mais
il est clair qu'on va vouloir... pour accélérer le déploiement des panneaux
solaires, des 125 000 panneaux solaires, il y aura des incitatifs de
cette façon-là pour l'autoproduction et aussi pour les producteurs agricoles.
Donc, de ce côté-là aussi, il aura des éléments, là, qui seront regardés pour
l'autoproduction.
M. Sabia (Michael) : Est-ce
que je peux juste prendre un peu de votre temps pour dire une autre chose?
Donc, nous avons... Maxime vient de parler d'innovation et l'importance de
structurer une organisation qui est plus agile. Nous avons parlé de partenariat,
et je vais y revenir à ce point. Et donc on est ouverts à... essentiellement,
parce que le monde est en train de changer et nous faisons face à un grand,
grand défi, donc il faut être à l'écoute, il faut avoir un esprit ouvert, mais
il y a une chose qui est incontournable, selon moi, et maintenant je parle pour
moi-même, et ça, c'est la nature d'Hydro-Québec comme une institution publique.
Et donc j'ai entendu, lors de notre
conversation, des commentaires sur dénationalisation, et donc je voudrais être très
clair sur ce point. Moi, je crois fermement à l'importance des institutions
publiques, comme Hydro-Québec, comme la Caisse de dépôt. Ces deux organisations
sont, et depuis longtemps, des piliers du fonctionnement du Québec moderne.
Quand je suis arrivé à la caisse, la caisse était en trouble, et grâce à
Maxime, parce Maxime était avec moi à la caisse, grâce à toute l'équipe, après
une période de temps, la caisse maintenant est très solide, bien respectée
mondialement, est un moteur de développement économique pour le Québec.
Et donc, essentiellement, nous faisons
face... Les circonstances sont différentes à Hydro-Québec, mais,
essentiellement, c'est le même défi, de solidifier et de bâtir une institution
publique québécoise pour l'avenir. Essentiellement, ça, c'est la chose qui
est... ça, c'est une idée très mobilisante pour l'ensemble de l'équipe. C'est
la raison pour laquelle nous sommes ici pour bâtir cette institution québécoise
publique. Nous venons...
Mme Bogemans : Et par le
monde.
M. Sabia (Michael) : Donc,
nous venons d'annoncer un programme d'investissement de 150 à
180 milliards de dollars d'investissements faits par une institution
publique. Donc, loin d'être une question de dénationalisation, c'est une
augmentation importante de la présence et de l'engagement d'Hydro-Québec pour
faire une contribution de la même façon que la caisse a faite depuis longtemps,
a fait une contribution primordiale au Québec moderne. Nous allons faire la
même chose ici, dans le contexte d'une institution publique. Et donc si on a
des questions sur quelle est ma position par rapport à l'importance d'une
institution publique, tout simplement regardez ce que nous avons fait à la
caisse et ce que nous allons faire ici, à Hydro-Québec.
Donc, moi, je suis complètement,
complètement mal à l'aise, énormément mal à l'aise avec l'idée de
dénationaliser une institution publique de cette importance pour l'avenir du
Québec.
Le Président (M. Ciccone) : M.
le député de Beauce-Sud.
M. Poulin : Il nous reste
combien de temps, M. le Président?
Le Président (M. Ciccone) : 16
minutes.
M. Poulin : 16 minutes? Ah
oui? OK. Je pensais... Bien, on verra ce qu'on fait avec le reste de notre
temps. Merci pour ce plaidoyer pour les affaires publiques et pour ces <grandes
institutions publiques là...
M. Poulin :
...les
affaires publiques et pour ces >grandes institutions publiques là qui
ont été bâties au Québec. On a réalisé de grands projets, et un qui est tout
récent, c'est Internet haute vitesse partout à travers le Québec, qui a été
réalisé par notre gouvernement, qui est une belle réalisation pour les régions
du Québec, mais on a aussi pris un engagement pour la couverture cellulaire à
travers les régions du Québec. Vous m'avez inspiré. J'aimerais vous entendre.
Est-ce qu'Hydro-Québec peut être un partenaire pour la couverture cellulaire
dans les régions du Québec, sachant que vous avez des pylônes, sachant que vous
êtes quand même un lieu... Je vous sens... je vous sens emballé.
M. Sabia (Michael) : Moi,
j'ai une réponse à cette question. Mais, si vous avez... Maxime.
Mme Bouchard (Claudine) : Allez-y,
allez-y avec votre réponse, puis on complétera.
M. Sabia (Michael) : OK.
Donc, honnêtement, nous avons tant de choses à faire. Donc, l'idée de
diversifier, ce n'est pas la priorité la plus importante c'est nous.
• (17 h 30) •
M. Poulin : Sans vous
demander de diversifier... Évidemment, on est d'accord qu'Hydro-Québec, sa
mission d'abord et avant tout, c'est au niveau de l'électricité au Québec et de
rendre le Québec encore plus vert. Alors, je pense qu'on est tous au même
endroit. Mais vous nous parlez de pôles d'expertise, vous nous parlez de
développement économique, de jouer un rôle de partenaire à ce niveau-là.
Mme Bouchard (Claudine) : Bien,
en fait, il faut voir. Vous savez que, dans le cadre du déploiement de la
fibre, on a été quand même un partenaire important avec les compagnies de
télécoms. Ça fait qu'il faut voir, là. Moi, je suis... On n'a pas de visibilité
sur leurs plans autre que de raccorder des tours de télécoms. Il faut voir
leurs plans. Mais je suis d'accord avec Michael quand on dit : Il ne faut
pas se distraire, on a déjà beaucoup à faire. Puis, par ailleurs, on
n'est pas très connaissants dans les tours cellulaires, pour être bien honnête
avec vous. On a des tours micro-ondes, mais on n'a pas de tours cellulaires
vraiment, on a de la fibre optique. Ça fait qu'il faudrait voir quel est le
plan. Si on peut aider sans toutefois nous distraire de nos objectifs
extrêmement ambitieux, il faut voir. On est toujours ouverts à collaborer,
parce que, sur la route, parfois, collaborer fait que nous aussi, on aura
besoin d'eux, mais on travaille de très, très, près avec toutes les compagnies
de télécoms, ça, c'est de toute évidence.
M. Poulin : Je vous dis ça
parce qu'Hydro-Québec est aussi appelée à aller dans le Nord-du-Québec, est
aussi appelée à couvrir des territoires qu'il n'y a pas de couverture
cellulaire. Lorsque les travailleurs se rendent sur des... même des endroits,
j'imagine, où Hydro-Québec est propriétaire, il n'y a pas de couverture
cellulaire. Dans le bois, à plusieurs endroits, il n'y en a pas, puis on n'a
pas besoin d'aller... là, je cite le Nord, mais on n'a pas besoin d'aller très,
très loin. Donc, je pense qu'il faut simplement garder le tout en tête. Puis
nous, comme gouvernement, on a aussi un travail à faire, mais il ne faut pas
mettre ça trop, trop loin, parce que c'est aussi un enjeu qui pourrait aussi aider
Hydro-Québec dans son travail. Alors, ça, je pense que c'est un volet
important.
J'aimerais vous entendre... Et, Audrey,
vas-tu vouloir revenir par la suite, vu que... Oui? Vas-tu vouloir revenir,
Daniel aussi? OK. Très, très rapidement, les feux de forêt que nous avons vécus
l'été dernier au Québec, Qu'est-ce qui a changé chez Hydro et quelles
préparations faites-vous pour l'été prochain?
Mme Bouchard (Claudine) : Beaucoup
de choses ont changé, hein, ce sont des feux de forêt historiques. Alors, quand
on parle de changements climatiques, je pense que, là, on est confrontés à un
des pires événements, je dirais, d'impact des changements climatiques. On avait
vécu des inondations, des tornades, ce qu'on n'avait jamais vécu en aussi grand
nombre, et là arrivent les feux de forêt dans une zone en région éloignée,
inaccessible. Donc, je pense que ça aura permis... On a fait des post-mortem.
Évidemment, on a collaboré avec la SOPFEU tout au long, et dans le post-mortem
aussi.
Donc, les éléments d'apprentissage
là-dedans... bien, il y a plusieurs éléments. Un, tout le programme de mesures
d'urgence. Donc, ça, il faut rendre ça encore... Généralement, on est un des
premiers, je dirais, en termes de reconnaissance, quant à la solidité des plans
de mesures d'urgence, mais là il faut aller encore plus loin là-dedans, l'évacuation.
Quand on est sur des territoires où le seul moyen de sortir devient l'avion,
l'hélicoptère, là, il y a de la fumée, parce que la route est envahie par le
feu, ça complexifie les choses. Aussi, travailler mieux en partenariat. Il y a
des minières qui sont sur le territoire qui, eux, n'avaient peut-être pas les
ressources et les plans de mesures d'urgence qu'on avait. Alors là, comment on
travaille ensemble? Il y a les communautés locales, les communautés autochtones
aussi, comment on travaille mieux ensemble? Donc, ça, on a un rôle à jouer
de... On ne veut pas occuper d'espace, on respecte les responsabilités et
l'imputabilité de tout le monde, mais je pense qu'il y a un niveau supplémentaire
de coordination à faire avec les gens à la Sécurité publique et Sécurité
civile. Donc, ça, on y travaille.
Donc, ça, c'est... si toutefois ça
arrivait, être mieux préparés puis avoir plus de plans de repli pour être
capables d'assurer la sécurité de tout le monde puis la sécurité de nos installations.
Nos installations n'ont pas été affectées par les feux de forêt, à l'exception
de quelques poteaux de bois sur des lignes de transport en Abitibi qui sont
faites sur des poteaux de bois qui ont été brûlés, mais ça n'a jamais compromis
la sécurité de l'alimentation pour ce bout-là, puis on les a remplacés aussitôt
que les feux ont été éteints.
Maintenant, par ailleurs, si on regarde
dans l'avenir...
17 h 30 (version non révisée)
Mme Bouchard (Claudine) : ...puis
on les a remplacés aussitôt que les feux ont été éteints. Maintenant, par
ailleurs, si on regarde dans l'avenir, on parlait tantôt d'investir en
prévision des futurs impacts des changements climatiques. Alors. Ça, c'est à ça
qu'il faut réfléchir. On a vu toutes sortes de méthodes, si on veut, pour
essayer de freiner la progression des feux de forêt, toutes sortes de nouvelles
méthodes pour protéger les installations stratégiques. Cet été, on était même
en lien avec les gens de la France, du Portugal, qui ont une connaissance
importante des mesures de mitigation et de prévention des feux de forêt parce
qu'ils en ont de façon répétée depuis plusieurs années. Alors là, l'idée, c'est
de voir quelles sont les meilleures mesures, mais pas dans un environnement
habité, occupé, mais dans un environnement de zone éloignée où le territoire
est vaste.
Donc, ça, c'est la transposition qu'on
devra faire et ça fait partie du plan, il y a des éléments dans le plan. Alors,
est-ce qu'on met des jerseys de béton? Est-ce qu'on crée des espèces de fosses
qui empêchent le feu de progresser aussi vite? Alors, ça, c'est actuellement en
réflexion par les équipes, mais on regarde vraiment ce qui se fait de mieux
ailleurs dans le monde.
M. Poulin : ...je conclurais
avant de laisser la parole à mon collègue de l'Abitibi, ma collègue d'Iberville,
mais je suis content de vous entendre dire qu'il y a des solutions extrêmement
concrètes qui peuvent être mises en place pour protéger les villages, pour
protéger les installations d'Hydro-Québec, sachant également que ça peut venir
assez vite, la prochaine vague des feux de forêt au Québec, mon collègue l'Abitibi
l'a vécu de bon aloi l'été dernier. Alors, merci pour ce partage.
Le Président (M. Ciccone) : Merci
beaucoup, M. le député. Je cède la parole au député de
Rouyn-Noranda-Témiscamingue.
M. Bernard : Merci, M. le
Président. Rebonjour. J'avais... J'attendais ce bloc-là vraiment avec
impatience, parce que vous ne le savez peut-être pas, je viens ingénieur de
formation, donc j'ai travaillé dans plusieurs organisations, puis on essayait
tout le temps de s'inspirer des meilleures pratiques de chacune des
organisations pour améliorer la nôtre qu'on travaille. Et donc j'adhère vraiment
avec vos objectifs d'Hydro-Québec pour rendre votre organisation agile,
innovante et transparente.
Puis j'ai lu ça, puis là je vais revenir
sur deux points, sur lesquels je veux vous entendre. Le mot «agile», ce que je
veux savoir, puis je vais vous dire pourquoi, c'est : Quelle est la place
des régions dans votre organisation qui s'en vient? Je vais vous faire un
exemple de ça. À l'époque, moi, et ça s'appelait la direction La Grande
Rivière, j'ai connu M. Michel Lemay puis M. Daniel Rivard comme directeurs à l'époque.
Ils étaient présents dans le milieu. L'organisation était en place. Il y a eu
des changements depuis ce temps-là, le nom a changé, les directeurs sont
partis. Puis on voit qu'actuellement dans le contexte de pénurie de main-d'œuvre,
de difficultés d'embauche, on voit des postes tranquillement se rapatrier vers
Montréal. Donc, première question que je veux vous entendre, puis je vais vous
donner l'exemple pourquoi après ça. Donc, dans votre structure future pour le
développement, quelle est la place dans les régions que vous voulez prendre d'Hydro-Québec?
Puis la raison pour...
Le deuxième point, c'était «transparence».
O.K. Dans votre titre de votre priorité cinq, c'est difficile actuellement
région, puis je vais vous donner l'exemple. On a été interpellés, puis
peut-être que vous le savez, sur la modernisation des systèmes de conduite de
réseau, O.K., on a été interpellés là-dessus, on attend des commentaires un
peu. Il y a trois postes... trois centres de téléconduite, dont un à Rouyn-Noranda
à cet égard-là. Puis là ce qu'on entend actuellement, c'est qu'on craint, les
gens en région, une centralisation, déplacement de ça vers le sud de la
province, le secteur de Varennes puis de Beauport. C'est un enjeu, puis le
gouvernement, on décentralise. Le gouvernement s'est engagé à envoyer des
postes dans la fonction publique, dans les régions. Puis là on ne voudrait pas
voir les organisations paragouvernementales, comme Hydro-Québec et autres, qui,
eux, ramènent les postes vers Montréal, parce qu'au final on ne gagnerait rien.
Donc, quelle est la place des régions dans
votre future organisation? Puis qu'arrive-t-il vraiment avec ces centres de
conduite de réseau là... tout le monde qui est... Merci.
Mme Bouchard (Claudine) : Merci
pour votre question. Les régions, je peux vous dire que les régions sont au
cœur de tout ce qu'on fait. On a des installations, des bureaux d'affaires
partout au Québec, et les bureaux d'affaires vont demeurer parce que c'est là
qu'on est près de nos clients. O.K. Donc, ça, c'est important. Maintenant, vous
faites référence à la Loi sur la régionalisation des emplois. J'ai les
statistiques devant moi. Hydro-Québec s'était engagée à régionaliser 541
effectifs en 2028. On en a déjà 306 de fait au 30 septembre 2022. O.K. Donc, je
pense que, de ce côté-là, on est sur la bonne voie. Maintenant, c'est sûr que
ça ne peut pas être partout égal en termes de pourcentage. Donc, le
Saguenay-Lac-Saint-Jean...
Mme Bouchard (Claudine) : ...a
eu quand même une progression importante de 120 effectifs de 2018 à 2022.
Donc, c'est au cœur de ce qu'on fait. Et, de toute évidence, on en a parlé
brièvement un peu plus tôt, avec la pénurie de main-d'œuvre, ce n'est pas un
choix qu'on va avoir de toute façon, il faudra aller chercher l'expertise et
l'expérience et la main-d'œuvre là où elle sera. Avec les techniques,
maintenant, de télétravail, avec des Q.G. différents, on va être en mesure de
créer les emplois en région ou de soutenir des emplois puis pas des emplois...
en fait, des emplois seniors, je vais les appeler comme ça, en région
également.
Ça fait que ça, je vais vous rassurer
là-dessus, ça fait partie du plan, donc, mais... c'est pour faire ça. Ce qu'on
veut faire aussi, c'est faire des partenariats avec les universités pour
essayer de voir dans les créneaux d'universités pour créer des espèces de pôles
d'emplois dans les régions. Bon, Chicoutimi, je connais peut-être un peu plus
ça, à Chicoutimi, une chaire de recherche sur le gel atmosphérique. Donc,
est-ce qu'on pourrait créer des emplois qui vont «designer» le réseau pour la
robustesse au verglas, de gens qui pourraient être diplômés de ce bout-là de
l'Université du Québec à Chicoutimi? Donc, ça, c'est un des exemples sur
lesquels on veut travailler dans le cadre de nos recrutements pour s'assurer
d'avoir la main-d'œuvre et l'expertise dont on a besoin pour faire ce plan-là.
• (17 h 40) •
Je reviens au centre de téléconduite. Vous
êtes très bien informés, je dois vous avouer, parce que ces discussions-là sont
encore à un stade assez embryonnaire avec nos partenaires syndicaux. Oui, il y
aura une réduction des sites à terme, mais il n'y en aura combien, ils seront
où? Ce n'est pas défini encore. Il reste encore beaucoup de discussions à avoir
avec nos partenaires syndicaux. Et la façon dont on veut traiter ce dossier-là,
ce n'est pas de dire : Je coupe les emplois puis on les remet ailleurs, il
y aura une période de transition, et, pendant cette période de transition là,
bien, il faut regarder si les partenariats, auxquels je faisais référence, avec
les universités vont pouvoir... de permettre... vont pouvoir permettre, plutôt,
de migrer ces emplois-là mais d'en créer d'autres d'un même niveau d'importance
et de niveau, je dirais, de revenus de la rémunération.
Alors, c'est ça, la vision qu'on en a. Et,
pour le centre de téléconduite, tout n'est pas encore arrêté, il reste encore
beaucoup de discussions à avoir avec nos partenaires syndicaux.
M. Bernard : Juste terminer,
on a une très bonne université aussi à Rouyn-Noranda, là.
Mme Bouchard (Claudine) : Oui,
je... Oui, c'est parce que je suis diplômée de l'UQAC. Alors, vous aurez
compris que je... ça se tient à une place, mais on a des universités partout
maintenant. Ce qui est génial, c'est qu'ils ont des cursus complètement
différents. Alors, il faut aller profiter de ça puis créer de la valeur avec ça
davantage.
M. Bernard : Merci beaucoup.
Le Président (M. Ciccone) : Est-ce
qu'il y a d'autres interventions? Non, ça va. Parfait. Je cède maintenant la
parole au député de Jacques-Cartier.
M. Kelley : Merci beaucoup,
M. le Président. M. Sabia, on parle de la famille d'Hydro-Québec. J'ai vu les
documents, c'est... les Hydro-Québécois et Québécoises, c'est une phrase que je
n'ai pas connue avant, j'ai trouvé ça bien intéressant. Mais c'est sûr que, M.
Sabia, vous avez déjà mentionné que vous avez un défi majeur avec la
main-d'oeuvre de trouver 35 000 travailleurs de la construction, mais aussi,
j'imagine, ça va prendre plus des effectifs au sein d'Hydro-Québec. Alors,
juste une question pour vous. Est-ce que vous êtes capables de trouver ces 35
000 travailleurs? Et est-ce que vous avez des commentaires sur les impacts
sur l'industrie de la construction, en général? On sait qu'on a présentement
une crise du logement. Toutes nos écoles ont besoin des rénovations. C'est
mettre vous en compétition un petit peu avec le gouvernement et aussi avec
l'industrie privée. Alors, je veux juste entendre vos réflexions sur ce sujet.
M. Sabia (Michael) : Donc, je
vais faire quelques commentaires, mais si mes collègues voudraient ajouter des
choses. Donc, oui, c'est vrai, là, c'est un enjeu, un enjeu... Selon moi, c'est
l'enjeu le plus important. Et donc je reviens à cette phrase, projet de
société, la seule façon que nous allons trouver les travailleurs, les
travailleuses dont nous avons besoin, c'est avec une mobilisation beaucoup plus
large, beaucoup plus vaste, que nous sommes en mesure de faire nous-mêmes, à
Hydro-Québec, parce que nous avons besoin des travailleurs, des travailleuses
qui sont plus polyvalents. Nous aurons besoin d'une plus grande mobilité entre
les régions du Québec et, peut-être, à l'extérieur du Québec. À Québec, nous
avons besoin une... disons, presque une nouvelle reconnaissance de l'expérience
des travailleurs qui viennent de l'extérieur du Québec et, potentiellement, qui
viennent de l'extérieur du Canada. Nous aurons besoin...
M. Sabia (Michael) : ...Augmentation
du volume de formation, mais également les moyens de former les gens pour avoir
un impact beaucoup plus vite. Et également, comme disait Maxime, il faut
continuer d'augmenter le niveau d'innovation. Par exemple, je pense, et
Claudine, si vous voulez, vous pourriez élaborer, par exemple, innovation dans
la façon, on gère des chantiers, la possibilité de préfabriquer beaucoup de
choses, utiliser de l'intelligence artificielle dans la planification des
projets. Donc, c'est tout un ensemble des choses dont nous aurons besoin pour
répondre à cet élément qui... comme j'ai dit, je me répète, maintenant, le défi
le plus important. Donc, nous allons faire notre part, mais également, il faut
avoir une très, très bonne collaboration avec le gouvernement, avec la CCQ,
avec l'industrie de la construction, même peut-être avec le gouvernement du
Canada. Donc, nous avons... pour répondre à cet enjeu, nous avons beaucoup de
travail à faire. Mais, si vous voulez.
Mme Bouchard (Claudine) : Bien,
je pourrais peut-être juste ajouter peut-être un élément important. Ce que
les... ce dont les entrepreneurs ont grandement besoin, c'est de la
prévisibilité, hein? Parce qu'embaucher des gens, les former, ça coûte beaucoup
de sous, et si on les embauche puis on les forme juste pour la durée d'un petit
projet, puis après ça, on les met à pied, bien, on a contribué à leur
formation, mais on ne crée pas de valeur pour l'entreprise. Je comprends les
entrepreneurs, évidemment, eux veulent la durabilité de leur entreprise, alors
quand on leur donne de la prévisibilité comme on le fait avec le plan, bien, on
les encourage à créer cette main-d'oeuvre-là, à la développer, à la
reconnaître. Donc, de toute évidence, ça va contribuer à créer cette
durabilité-là, de la main-d'oeuvre de la construction, en plus des éléments que
Michael a mentionnés, précédemment.
M. Kelley : Merci beaucoup.
Un très bon point sur la visibilité, et défi énorme, oui, pour Hydro-Québec,
mais pour la société québécoise et un peu aussi canadienne en général. Juste
dans la section cinq, on parle de plus d'efficacité puis agilité. Une
question : le ministre a dit que pour un projet d'un barrage, c'est vous
autres qui ont l'expertise, que, sur 15 ans, il y a 10 ans de papiers
et cinq ans de béton. Est-ce que ça, c'est pas mal exact? Combien de temps ça
prend de construire un barrage? C'est juste de clarifier, peut-être. Je savais
que le ministre était dans les généralités, mais, je pense, c'est important
pour la population, est-ce qu'il y a vraiment 10 ans de papiers, ou est-ce
qu'il y a une façon de réduire le fardeau de la paperasse pour un projet comme
ça. Quelle chose est-ce qu'on doit enlever peut-être de ce processus? Et je
sais que vous parlez un petit peu des doublements avec le gouvernement fédéral
pour certains règlements, je ne sais pas si c'est lié à tout ça?
Mme Bouchard (Claudine) : C'est
une grande question, une question très large mais très intéressante qui occupe
mon quotidien, je dois vous avouer. En fait, notre objectif, c'est de réduire
la durée totale du projet sans pour autant compromettre ce qu'on a mentionné
tantôt puis ce sur quoi on a pris un engagement clair dans le plan d'action,
c'est-à-dire de mieux travailler en amont avec les communautés et de développer
le meilleur projet. Alors, une fois que le projet est développé, effectivement,
il y a les autorisations et l'obtention des permis qui pourraient être
accélérées, allégées ou faites de façon différente, et surtout, la
superposition parfois, qui nous apparaît peut-être artificielle, je vais le dire
comme ça, des processus fédéral et provincial et qui créent des délais
supplémentaires dans le processus d'obtention des autorisations
gouvernementales.
Et par ailleurs, dans la construction
elle-même, dans l'exécution du projet, il faut trouver des moyens d'accélérer
aussi. On a parlé tantôt d'automatisation, de robotisation, de préfabrication
et d'aller voir ailleurs, dans d'autres pays, quelles sont les meilleures
pratiques qu'on peut implanter ici pour aller plus vite. Et par ailleurs, notre
performance, quand on se compare dans les coûts puis les échéanciers, de façon
mondiale, on performe mieux que la plupart des entreprises du PMI, donc en
termes de coûts, en termes d'échéancier. Donc, ça, ça nous fait plaisir, mais
ce n'est pas une raison de s'asseoir sur nos lauriers. Il faut devenir encore
meilleurs à faire ces grands projets là.
M. Sabia (Michael) : Et je
voudrais juste... si je peux ajouter quelque chose, rapidement.
M. Kelley : Oui, vas-y,
vas-y.
M. Sabia (Michael) : Souligner
l'importance, parce que vous avez fait référence également, Claudine, cette
question de dédoublement entre le gouvernement du Québec et le gouvernement du
Canada. Ça, c'est une chose extrêmement importante. Et, si je reviens, le passé
récent, quand j'étais à Ottawa, c'est... Le problème est bien reconnu. Et, pour
accélérer le développement des grands projets, soit ici, au...
M. Sabia (Michael) : ...Québec,
ailleurs dans le reste du Canada, il y a une compréhension de l'importance de
simplifier ces processus. Et donc, au niveau du gouvernement, une chose que le
gouvernement pourrait faire pour accélérer le processus, pour nous aider de
façon importante est d'entamer des conversations, des discussions avec le
gouvernement du Canada sur ce point, c'est extrêmement important.
M. Kelley : Merci beaucoup.
Je suis pas mal d'accord. Je pense que toutes les formations politiques autour
de cette table-là n'ont aucun problème d'aller à Ottawa pour demander plus de
pouvoirs pour le Québec de gérer nos choses. Mais, M. le Président, avec le
consentement de mes collègues, je veux céder la parole à la députée de NDG.
Le Président (M. Ciccone) : Y
a-t-il consentement? À vous la parole, Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce.
• (17 h 50) •
Mme McGraw : Merci, cher
collègue de Jacques-Cartier. Merci, M. le Président, et merci les collègues du
banc ministériel ainsi que les collègues en opposition. Et merci, M. Sabia, et
votre équipe d'être là avec nous aujourd'hui, c'est un privilège de pouvoir
assister et participer.
J'ai une question dans ce sens-là,
justement. L'objectif, on parle de transformer nos façons de faire et soutenir
l'atteinte des objectifs de décarbonation et de prospérité économique du
Québec. M. Sabia, vous avez parlé d'une transition non seulement énergétique,
mais économique. Vous avez parlé de hautes ambitions. On parle... on mise
beaucoup sur nos ressources naturelles aussi, mais je voudrais parler des
ressources humaines. Donc, on aimerait savoir plus quelle est la stratégie pour
mettre en valeur, pour mettre en valeur puis pour partager, effectivement,
parce qu'on comprend que les changements climatiques à l'aube de... bien,
aujourd'hui, avec la COP28, c'est un enjeu mondial. Alors, quelle est la
stratégie pour miser sur l'expertise, le savoir-faire québécois en matière
d'énergies renouvelables, surtout l'hydroélectricité, à l'échelle mondiale?
M. Aucoin (Maxime) : ...oui,
je peux commencer et vous pourrez compléter, là. Donc, effectivement, il y a
deux, trois choses. Un, il y a effectivement un écosystème assez vibrant au
Québec, de toutes sortes de petites entreprises, moyennes entreprises autour
d'Hydro-Québec, sur lesquelles... avec lesquelles on va pouvoir travailler.
Donc, il y a des partenariats qui vont pouvoir se faire, il y a des
partenariats qui se font déjà, autant avec le privé qu'avec le côté
universitaire, qu'avec différentes associations. Donc, je pense qu'il y a plein
de partenariats qui peuvent se faire pour promouvoir le talent local. Moi, ce
que... je vais revenir sur le point de Claudine, tantôt, avec le plan qu'on a
présenté, puis même moi, ça ne fait que quelques semaines je suis chez
Hydro-Québec, le nombre d'appels qu'on reçoit de gens qui sont intéressés,
parce qu'on a une prévisibilité, on a des projets ambitieux, et donc le nombre
d'appels qu'on reçoit de gens qui sont intéressés et qui veulent voir comment
on peut participer, comment qu'on peut travailler ensemble... Donc, je pense
qu'on a devant nous des très, très belles opportunités de s'assurer qu'on
travaille tout l'écosystème au Québec. Je ne sais pas s'il y a des...
Mme McGraw : Donc, si j'ai
un... on me permet une dernière question, et je ne peux pas m'empêcher en tant
que porte-parole en environnement et changements climatiques, une des questions
que j'avais, je sais que vous avez eu une bonne discussion par rapport à
l'acceptabilité sociale, dont l réconciliation économique avec les communautés
autochtones. Et moi, une des questions, évidemment, il y a toujours le triple
bilan, social, économique, environnemental. Alors, une question sur cet
aspect-là, juste au niveau de notre savoir-faire au Québec, est-ce qu'on
prend... dans ces démarches-là, est-ce qu'on prend en considération... c'est
quoi, votre approche vis-à-vis l'impact environnemental de cette transition
énergétique et économique, dont les solutions basées sur la nature qui sont des
solutions importantes pour décarboniser et pour contrer les changements
climatiques? Est-ce que c'est pris en considération dans votre planification?
M. Sabia (Michael) : O.K.,
donc, je vais faire juste un ou deux commentaires. Ensuite, je vais passer la
parole à Julie pour parler de la biodiversité, l'accent que nous mettons sur
cette question. Donc, le point de départ, selon nous, la meilleure chose, la
meilleure chose et de loin qu'Hydro-Québec puisse faire pour contribuer à un
environnement viable pour le long terme, c'est la décarbonation, qui représente
75 % de l'ensemble de cette...
M. Sabia (Michael) : ...augmentation
de production. Donc, selon nous, ça, c'est la chose, comme je disais, le plus
loin... de loin la plus importante. Également, on est... et nous allons vous
donner les détails, mais également, grâce à notre façon d'augmenter le niveau
de production, également d'utiliser 75 % de cette augmentation pour
décarboner soit des bâtiments, des industries, des résidences, décarboner
l'ensemble de ces choses, il y aura une réduction importante des GES ici, au
Québec. Donc, ça représente, selon nous, une contribution... «I mean»,
primordiale, importante, extrêmement importante à... le développement d'un
environnement durable ici, au Québec...
Mme Boucher (Julie) : ...
Le Président (M. Ciccone) : Il
vous reste à peu près 20 secondes. Je suis vraiment désolé.
Mme Boucher (Julie) : ...juste
en disant qu'ensuite on peut agir sur le comment, comment on développe nos
infrastructures pour minimiser les impacts. Parfois, c'est le choix d'un site,
parfois c'est de travailler à limiter les espèces envahissantes, c'est les
toits verts, c'est les îlots. Il y a différentes façons après, dans le
développement de nos infrastructures qui servent à décarboner, pour minimiser
notre impact sur la nature. Le gouvernement du Québec a un plan nature l'année
prochaine, 2030. On sera un contributeur, certainement.
Le Président (M. Ciccone) : Merci
beaucoup, Mme Boucher. Merci beaucoup, Mme la députée. Je cède maintenant la
parole au député de Maurice-Richard.
M. Bouazzi : Merci, M. le
Président. M. Sabia, j'ai noté votre plaidoyer pour... contre, en fait, la
dénationalisation d'Hydro-Québec. L'histoire d'Hydro-Québec, c'est une histoire
de nationalisation, au moins jusqu'à la fin du siècle dernier. C'est une
histoire de transfert de richesse vers les Québécoises et les Québécois du
privé. Depuis le début de ce siècle, en fait, il y a beaucoup de choses qui
vont à l'encontre de ça, hein, je veux dire, 100 %... ça a été commencé
par le PQ, ensuite le Parti libéral, aujourd'hui la CAQ, 100 % des
éoliennes que nous voyons sont faites par le privé. Chacun des kilowatts qu'on
achète, il y a une cote qui va au privé, parce que le privé fait de l'argent
sur cette énergie-là. Je veux dire, Hydro-Québec a été capable d'avoir des
turbines qui vont dans l'eau. Apparemment, ils ne sont pas capables d'avoir des
turbines qui tournent dans l'air. Aujourd'hui, vous nous demandez de ne pas
être inquiets. On nous dit que 38 kilomètres et adjacent à une compagnie qui se
trouve à Shawinigan, alors qu'on va mettre une éolienne à 38 kilomètres. Je
rappelle que le vent est un bien qui nous appartient à toutes et tous, un
gisement. Aujourd'hui, on parlait de gisement de pétrole, historiquement,
maintenant on parle de gisement éolien. On vient de donner 200 kilomètres
carrés de gisement public à une compagnie privée pour son autoproduction, comme
si c'était normal qu'il y ait tout ce transfert de richesse. Ça fait qu'il va y
avoir 182 milliards d'investis. On ne voudrait pas que ça soit un exercice de
transfert de richesse du Québec vers le privé et on veut rester fidèles à cette
histoire-là. Ça fait qu'à moi de faire, donc, mon plaidoyer.
Maintenant, la deuxième chose qui nous
intéresse à Québec solidaire, c'est la question de la décarbonation. Et je
voudrais juste mettre en perspective de quoi on parle. Donc, à terme, d'ici
2050, on va parler de 200 térawattheures à produire. La... Le complexe de la
Romaine, c'est un peu plus de 8 térawattheures. Donc, on parle de 24 fois la
Romaine dans les 26 prochaines années, équivalent, là. Là, évidemment, il y a
toutes sortes de... de trucs. La Romaine, c'est quatre barrages, donc c'est
l'équivalent de 96 barrages de... de ce qui s'est passé dans la Romaine que ça
a pris 11 ans, on est censés faire ça en 26 ans. Bon, évidemment, vous me direz,
il y a des éoliennes, il y a toutes sortes de choses, évidemment. Mais quand
même. Il y a une chance quand même qu'on ait du mal à faire autant de choses en
26 ans.
Et ma question, c'est : Sur le
75 % de décarbonation versus le 25 % de développement économique,
est-ce qu'il n'y aurait pas à prioriser le 75 % de décarbonation devant le
25 % de développement économique au cas où on n'arrive pas à faire tout ce
qu'on a prévu de faire dans un joli plan sur 26 ans?
M. Sabia (Michael) : Vous
avez soulevé tant de choses. Donc, je vais répondre... pour la première fois
aujourd'hui, je vais essayer de répondre très rapidement.
M. Bouazzi : ...qui est la
plus importante, s'il vous plaît.
M. Sabia (Michael) : O.K.
Mais vous avez dit beaucoup de choses. Donc, selon moi... Je ne suis pas
d'accord avec votre façon de caractériser le rôle d'Hydro-Québec. Selon moi...
Et ça revient à mon point sur l'importance des institutions publiques. Cette
institution publique a créé dans l'histoire...
M. Bouazzi : ...deux minutes,
c'est mes dernières deux...
M. Sabia (Michael) : ...créer
un environnement.
M. Bouazzi : Est-ce qu'on
priorise d'abord le 75...
Le Président (M. Ciccone) : M.
le député. M. le député. M. le député. Vous avez posé une question, par
respect, laissez au moins répondre M. Sabia.
M. Bouazzi : ...commencer par
la dernière question.
Le Président (M. Ciccone) : M.
le député. M. le député, vous avez posé une question, laissez M. Sabia, par
respect, répondre à la question.
M. Sabia (Michael) : O.K.
Donc...
M. Bouazzi : ...on essaie
d'avoir des informations.
M. Sabia (Michael) : O.K.
«You win.» calmez-vous. Ça va. Donc, je vais revenir, je vais débuter ma
réponse à la fin. Donc, je pense, il y a une confusion ici. 75, 25, donc, dans
l'ensemble des choses, selon moi, soit le 75, soit le 25, l'ensemble contribue
à la décarbonation du Québec. Et pourquoi je vous dis ça? Parce que l'objectif,
selon nous, selon moi, pour le 25, devrait être encourager des investissements
dans les industries, des sociétés vertes, par exemple, la fabrication
d'aluminium vert, la fabrication d'acier vert. Donc, c'est une façon, dans
l'ensemble, la totalité du plan s'adresse la grande question de comment créer
une société québécoise qui est à la fois décarbonée et prospère. Il faut mettre
les deux ensembles.
• (18 heures) •
Le Président (M. Ciccone) : En
terminant, s'il vous plaît.
M. Sabia (Michael) : Donc,
moi, je ne vois pas une distinction tellement importante entre le 75 à 25 parce
que l'ensemble des choses vont dans le même sens. Donc, ça, c'est ma réponse à
votre dernier point.
Le Président (M. Ciccone) : Merci.
C'est terminé. Malheureusement, M. Sabia, c'est bien, c'est terminé. Merci
beaucoup. Je dois maintenant céder la parole au député de Jean-Talon.
M. Paradis : Alors, ici,
l'engagement d'Hydro-Québec, c'est de mieux répondre aux besoins de la
clientèle. Et un des principaux besoins de la clientèle, c'est celui qui est
relatif à la facture, payer le bon prix. Et là, depuis 2005, Hydro-Québec
aurait engrangé des trop-perçus de 1,5 milliard, je le mets, «trop perçu»,
entre guillemets, parce que je sais qu'il y a eu des discussions là-dessus, là,
mais néanmoins on aurait facturé aux Québécois 1,5 milliard de plus que ce
qu'étaient les besoins réels d'Hydro-Québec en termes de revenus. Et, pendant
la même période, il y a eu des profits records qui ont été engrangés, en 2022,
c'est 4,55 milliards de dollars. Comment on fait pour être plus
agiles sur cette question-là de ce qui est facturé aux Québécois? Quels
mécanismes on peut mettre en place pour éviter ce phénomène-là? Parce qu'en
bout de ligne, c'est de l'argent qui s'en va au gouvernement et le gouvernement
ne le retourne pas dans les poches des Québécois. Parce que là, actuellement,
il y aurait 1 milliard de ces trop-perçus qui n'ont pas encore été
retournés aux Québécois.
M. Sabia (Michael) : O.K.
Donc, je vais répondre, mais si vous avez des commentaires. Donc, selon moi...
donc, présumant, parce que ça, c'est la situation actuelle, un plafond de
3 %, O.K., donc ça, c'était une chose. Une chose qui est excessivement
importante, et je reviens à notre discussion avec Dave d'efficacité
énergétique, parce que ça nous donne une occasion de réduire sensiblement la
facture parce que c'est la facture totale qui compte. Pour une résidence, pour
une société, pour une PME, c'est la facture totale qui compte. Donc, si nous
sommes en mesure d'encourager une meilleure utilisation d'électricité et de
consommer mieux et moins, ça, c'est une façon de réduire la facture totale pour
l'ensemble des résidences des consommateurs ici au Québec. Donc, ça, c'est un
objectif important. Et de travailler sur cette question de la facture totale.
M. Paradis : Cette
question-là, là, sur les prévisions de ce que sont les revenus dont
Hydro-Québec a besoin nous amène dans une question plus large aussi, de la
prévisibilité. Aujourd'hui, on parle de besoins en production hydroélectrique
future, puis là, ce qu'on a entendu là-dessus sous l'administration Martel,
sous l'administration Brochu, et même maintenant, aujourd'hui, ça semble
changer. Il y a cinq ans, on parlait des gros surplus. Là, aujourd'hui, on
parle de déficit de production. Alors, qu'est-ce qui fait aujourd'hui, quand on
parle de gouvernance, que les Québécoises et les Québécois peuvent se fier à ce
qu'ils entendent aujourd'hui? Parce que c'est très différent d'il y a quelques
années puis c'est très différent d'il y a 10 ans. Et pourtant les facteurs
n'ont pas tant changé que ça les composantes. Qu'est-ce qui fait qu'on peut se
fier à ce que vous nous dites aujourd'hui?
Le Président (M. Ciccone) : En
30 secondes, s'il vous plaît.
M. Paradis : Oui. Bien, je
pense, l'élément le plus important, c'est que, pour la première fois, on met un
plan en place qui essaie d'atteindre l'objectif...
18 h (version révisée)
M. Aucoin (Maxime) : ...l'objectif
de décarboner pour 2050. Donc, quand on part de la fin, puis on se dit :
On veut décarboner en 2050, puis qu'on recule, là on dit : Qu'est-ce que
ça prend pour y arriver? Effectivement, ça donne une photo différente. Mais on
est dans un monde qui est différent aujourd'hui par rapport à il y a 10 ans,
par exemple, où est-ce qu'on n'avait pas cette vision, cette visibilité-là sur
qu'est-ce que ça prenait pour décarboner.
Mme Boucher (Julie) : ...de l'électrification.
Regardez le nombre de véhicules électriques qu'on a sur nos routes, aujourd'hui,
versus il y a deux ans à peine. Il y a une électrification importante, il y a
une demande importante pour l'électricité, qui dépasse ce qu'on avait anticipé
il y a deux ans à peine.
Le Président (M. Ciccone) : Merci
beaucoup. Merci beaucoup, Mme Boucher. Merci beaucoup, M. le député.
Nous sommes maintenant rendus à la fin des
auditions. J'invite maintenant le député de Jean-Talon à faire ses remarques
finales pour une durée d'une minute. Et la parole est à vous, M. le...
M. Paradis : Ah! c'est moi
qui commence?
Le Président (M. Ciccone) : Bien
oui, on commence par l'autre côté.
M. Paradis : Bien, écoutez, j'aimerais
vous remercier. Je n'ai pas eu le temps de me préparer tant que ça, mais j'aimerais
vous remercier, vraiment, pour votre présence aujourd'hui, pour votre
transparence et pour les réponses que vous nous avez données. C'est très
important, ce genre de dialogue là.
Et je peux vous dire que vous avez pris
quelques engagements, en réponse à mes questions aujourd'hui, puis je voulais
vous en remercier, notamment celui de vous engager dans un dialogue avec la
société civile. Hydro-Québec, c'est tellement important pour les Québécoises et
les Québécois. Le fait de pouvoir s'asseoir avec vous, je l'ai dit tout à l'heure
avec humour, mais c'est vrai, M. Sabia, avec vous, avec la haute
direction, c'est fondamental, ça va générer de la confiance, ça va générer un
dialogue qui est important et qui va être bénéfique pour les deux parties.
Alors, merci beaucoup. Merci pour vos
efforts aussi sur le plan d'action. On a hâte de voir aussi le plan d'action
révisé à la suite des prochaines étapes qu'on va faire ensemble. Merci
beaucoup.
Le Président (M. Ciccone) : Merci
beaucoup, M. le député. Et j'invite maintenant le député de Maurice-Richard.
Vous avez 1 min 52 s pour vos remarques finales.
M. Bouazzi : Merci, M. le
Président. À mon tour de vous remercier. On a entendu, entre autres choses, que
vous alliez travailler sur les questions d'accessibilité pour les questions de
performance énergétique pour les personnes les moins nanties. C'est quelque
chose qu'on va suivre de très proche dans l'avenir. Il y a aussi tout ce qui
touche, évidemment, aux questions de réconciliation avec les autochtones. Et
puis, plus généralement, il y a les objectifs très, très ambitieux pour pouvoir
décarboner. Vous avez dit à un moment, M. Sabia, que c'était le premier...
fois qu'on avait un plan chiffré. Nous, à Québec solidaire, on en avait un. On
comprend que le gouvernement va pouvoir compter sur le vôtre et puis on est
bien contents qu'il y en ait un sur la table qui permette un dialogue.
À notre tour aussi d'appeler à un dialogue
national parce que cette transition-là ne se fera pas sans qu'il y ait une
vraie adhésion des Québécoises et des Québécois. Et je dirais peut-être aussi
que le 75 % de décarbonation devrait quand même être la priorité des
priorités. Il y a actuellement un appel à ploguer des nouveaux bâtiments au gaz,
parce qu'on n'est pas capables de fournir l'électricité. Il y a des compagnies
qui ont peur de ne pas trouver l'électricité dont elles auront besoin, parce qu'il
y a beaucoup de projets de multinationales étrangères qui viennent ici
consommer l'électricité. Ça fait qu'il serait important qu'on réserve et qu'on
ne tue pas la... on ne vend pas la peau de l'ours avant de l'avoir tué ou...
Le Président (M. Ciccone) : En
terminant, s'il vous plaît.
M. Bouazzi : ...ou la peau du
faisan avant de l'avoir tué. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Ciccone) : Merci
beaucoup. Merci beaucoup, M. le député. J'invite maintenant le député de
Jacques-Cartier. Vous avez 5 min 37 s.
M. Kelley : Merci, M. le
Président. Et merci beaucoup pour votre écoute aujourd'hui. Et M. Sabia,
Mme Bouchard, M. Aucoin, M. Rhéaume et Mme Boucher, merci
beaucoup pour votre participation aujourd'hui.
Ça fait une couple de mois qu'on a martelé
le gouvernement que c'est important d'avoir la présence de le PDG d'Hydro-Québec
ici avec son équipe pour poser des questions sur notre avenir énergétique,
alors merci de... pris le temps aujourd'hui. Mais aussi je sais que, votre
équipe, ça prend beaucoup de temps et de préparation à une commission
parlementaire, alors merci beaucoup à tout le monde qui a travaillé fort pour s'assurer
qu'aujourd'hui était un bon échange entre les élus et Hydro-Québec.
C'est sûr que, comme mon chef et le leader
de l'opposition officielle a dit, on a eu des bons échanges, mais on a toujours
beaucoup de questions sans réponse. Et je sais que ce plan est un départ, dans
plusieurs sens, puis il y a plusieurs choses à développer dans les prochaines
années et les prochains mois. C'est sûr, pour nous, une question concernant les
tarifs pour les entreprises, dans les prochaines années, ça va augmenter par
quel pourcentage?, ce n'est pas juste un enjeu pour Hydro-Québec, mais aussi
pour le gouvernement, à gérer.
M. Sabia, vous étiez très, très clair
sur l'enjeu de la main-d'oeuvre. C'est énorme pour Hydro-Québec, mais quand
même, c'est un défi <pour notre société...
M. Kelley :
...
main-d'oeuvre. C'est énorme pour Hydro-Québec, mais quand même, c'est un défi
>pour notre société. On va suivre le dossier de la construction d'un
barrage avec beaucoup d'intérêt. Ça va être un énorme projet, mais, si c'est
nécessaire, et quand ça arrive, j'espère qu'on va prendre en considération tous
les enjeux de... les changements climatiques, et tout ça, et l'environnement,
mais aussi, c'est sûr, la participation des autochtones.
Et, une mise en garde, pas juste pour
Hydro-Québec, mais pour tout le monde, je pense. M. Sabia, vous et votre équipe
êtes tellement sincères que vous voulez changer votre façon de travailler avec
les communautés autochtones. Mais, pour eux autres, il y a toujours des
paroles, mais est-ce que ça va continuer de suivre, ces paroles, avec des
actions concrètes? Je pense que la réponse, ça va être oui, mais souvent ça
commence bien puis ça termine mal. Alors, je sais que vous, votre équipe va
continuer de travailler sur ça, et c'est très important pour le succès de votre
plan.
• (18 h 10) •
Puis finalement, c'est sûr, une...
importance d'une consultation nationale. Le premier ministre a parlé d'une
jasette nationale. C'est sûr, je sais que vous avez des plans de parler avec
les différents acteurs dans le milieu, mais n'oubliez pas les citoyens non plus
parce que c'est un dossier qui est très, très important pour eux autres, pas
juste nécessairement la question des tarifs, mais tout le développement
d'Hydro-Québec puis la suite des choses.
Alors, encore un grand merci. Et je suis
d'accord avec vous autres, c'est une... oui, c'est un plan de société, c'est un
projet de société, ça va prendre une participation de tout le monde puis un bon
dialogue. Puis j'ai bien aimé, M. Sabia, quand vous avez parlé... Il n'y a pas
des forces d'inaction, il y a juste... C'est sûr que certains gens ont des
questions ou des fois ne sont pas d'accord avec un projet, mais, dans la
plupart des cas, je suis pas mal certain que les Québécois veulent aller de
l'avant avec plus d'énergie renouvelable et aussi faire des efforts pour
conserver l'énergie. Le meilleur kilowatt, c'est le kilowatt qu'on n'utilise
pas.
Puis je pense qu'avec du temps on peut
probablement, oui, convaincre les Québécois d'être meilleurs avec leur
utilisation de l'électricité, mais quand même de ne pas oublier peut-être une
façon d'aider eux autres avec des batteries, des microréseaux, des autres
solutions plus locales où des gens vont sentir qu'ils sont vraiment partie de
la transition énergétique. Ce n'est pas juste des mots, ils sont vraiment
dedans. Puis je pense qu'il y a aussi un rôle, pas juste pour Hydro-Québec,
mais aussi pour le gouvernement d'encourager des types de projets qui sont plus
locaux aussi.
Alors, c'est tout pour moi. Encore un
grand merci puis on va continuer de poser des questions en Chambre et quand
même dans l'espace public. Puis je vais suivre vos actions de près. Alors,
merci beaucoup, tout le monde.
Le Président (M. Ciccone) : Merci
beaucoup, M. le député. J'invite maintenant le ministre de l'Économie, de
l'Innovation et de l'Énergie à faire ses remarques finales. Monsieur le
ministre, vous disposez de 7 min 30 s.
M. Fitzgibbon : Merci
beaucoup. Premièrement, je veux remercier toute l'équipe d'Hydro-Québec. Merci
beaucoup. On a vu un nombre de dirigeants impressionnant ici, dans la salle,
avec M. Sabia. Alors, j'apprécie beaucoup votre temps. La journée a été passée
au complet, je pense que c'est du temps de qualité parce que c'est un sujet,
évidemment, qui est très émotif puis très important pour le Québec.
Je veux remercier aussi tous les collègues
élus qui sont ici et les collègues, aussi, administratifs, particulièrement le
leadership de notre président, l'équipe qui a été ici, aussi, pour garder le
contrôle de la session. Alors, merci à tout le monde. Je pense que c'est
important de le reconnaître.
Je pense que ça va de soi que la
transition énergétique, c'est un élément qui est primordial pour notre
gouvernement, primordial évidemment pour tous les Québécois. Puis les échanges
qu'on a eus aujourd'hui, je pense, s'enlignent très bien avec... de soulever
puis de reconnaître l'importance de cette initiative-là.
Mes commentaires... J'ai six commentaires.
Le premier, je veux m'adresser au chef de l'opposition officielle, qui n'est
pas ici, là, mais, ce matin, on parlait, là, de...
Le Président (M. Ciccone) : ...souligner
l'absence...
M. Fitzgibbon : OK, je m'excuse,
je m'excuse, je m'excuse. Je ne suis pas habitué d'être ici, là. Alors, le
commentaire s'applique à l'opposition officielle, je pense que c'est important
de dire aux Québécois que nous ne manquerons pas d'électricité en 2027. Il n'y
aura pas de grande noirceur au Québec, je peux le confirmer aux citoyens québécois
qu'on n'aura pas de manque. Alors, c'est important de le souligner parce qu'il
ne faut pas faire peur aux gens et surtout il faut prendre l'information dans
les bonnes places.
Deuxièmement, sur le 3 %, beaucoup a
été dit sur ça. 3 %, comment ça va se faire? Le premier ministre a été
très clair, les taux résidentiels vont être limités à l'inflation avec un
plafond de 3 % pour une période lointaine. Comment ça va s'enchâsser dans
la loi? Comment ça va se faire? On n'a pas encore décidé, mais je veux rassurer
la population que le 3 % ne changera pas. Parce qu'il y a eu des débats
sur ça aujourd'hui.
L'autre, <c'est pour la...
M. Fitzgibbon :
...
changera pas. Parce qu'il y a eu des débats sur ça aujourd'hui.
L'autre, >c'est pour la deuxième
opposition... la troisième opposition officielle. Northvolt, contrairement à ce
qui a été dit, ne paie pas un tarif moins cher que le L. Puis il y a bien des
journalistes qui ont pris ça. Alors, je veux confirmer, tout le monde :
Northvolt paie son électricité comme tous les autres industriels. Et d'ailleurs
le fameux L moins 20, puis M. Rhéaume a très bien élaboré ce matin,
M. Rhéaume a mentionné que c'est un programme qui est un programme du
gouvernement, par le ministère des Finances. Le programme, d'ailleurs, a été
éliminé, donc depuis... bien, à partir du 31 décembre, il n'y aura plus de
tarifs qui sont L moins 20, qui n'affectaient pas du tout Hydro-Québec.
Donc, c'est important de le souligner parce qu'il y a un peu de confusion par
rapport à ça.
L'autre élément important, je pense, c'est
le fameux bâton/carotte pour l'efficience énergétique. Je reconfirme que le
gouvernement s'engage, il n'y aura pas de bâton, ça va être la carotte. Je
pense que M. Rhéaume, toute l'équipe, M. Sabia aussi, ont bien
illustré qu'il y a des moyens qu'on peut utiliser pour augmenter l'efficience
énergétique. C'est quelque chose qui est très important parce que c'est
probablement... bien, probablement... c'est l'électricité la moins chère que
nous avons, celle que nous ne consommons pas ou consommons mieux. Alors,
clairement, je veux rassurer la population qu'il n'y aura pas de bâton qui va
être utilisé prochainement.
Cinquième point. On a parlé beaucoup de
TES Canada, Québec solidaire en a fait référence, je peux vous confirmer
aujourd'hui, c'est un projet pour lequel nous sommes, au gouvernement, très
fiers. Pourquoi? Parce que ce projet-là s'inscrit dans le PEV, s'inscrit dans
la décarbonation du Québec. Parce que, quand on regarde... Je sais qu'il y a des
gens qui sont contre, là, mais... Je peux comprendre qu'on est contre de
réduire les GES, mais le projet de TES Canada, selon les avancées de la
société, où le risque est pris 100 % par le privé, va réduire de
800 000 tonnes de GES, si le programme se matérialise.
800 000 tonnes de GES, pour le mettre en perspective, c'est près de
3 % de la cible que nous avons pour 2030. Donc, c'est un projet
intéressant. Et il va y en avoir d'autres, on espère, parce que ça va
s'inscrire globalement dans l'atteinte des objectifs que nous voulons avoir,
qui sont très ambitieux, pour le Québec.
L'autre élément. Le Parti québécois a
soulevé, tantôt : pourquoi ça a changé, la demande puis l'offre? C'est une
question qui est très légitime. Je vous dirais tout simplement que les projets
de décarbonation, les projets industriels qui vont créer des retombées
économiques pour le Québec, M. Sabia en a parlé, de l'acier vert,
l'aluminium vert, ces projets-là n'existaient pas avant. Alors, ils sont
arrivés récemment, parce que la vitesse à laquelle les communautés
internationales veulent se décarboner font en sorte que les entreprises
cherchent des lieux géographiques qui vont permettre d'atteindre leur objectif.
Donc, tant mieux, si le Québec peut en profiter. Évidemment, l'enjeu va être de
séquencer comment on va allouer nos mégawatts à ces différents projets-là. Et
c'est le rôle du gouvernement de choisir les projets qui vont, d'une part,
créer de la richesse, mais également qui vont réduire nos GES.
Dernier point. Le gouvernement, on a tenu,
au printemps dernier, durant l'été, d'énormes consultations qui vont nous
permettre de déposer, quelque part dans le premier trimestre 2024, une
réforme, des amendements au projet de loi. Parce qu'on doit changer la Loi
d'Hydro-Québec, on doit changer la Loi de la régie de l'énergie, un travail
qu'on fait avec Hydro-Québec, mais qui est appuyé pour... avec des multiples
rapports, on en a pour à peu près six pieds de haut, sur qu'est-ce que les
consultants, qu'est-ce que la population, qu'est-ce que les communautés
autochtones nous ont mentionné. Donc, on va prendre ça en considération. On
travaille là-dedans. On va arriver avec une réforme des deux projets de loi qui
va être déposée, comme j'ai dit, quelque part en février, peut-être même mars
2024, ce n'est pas une course. Et ça va être important, je pense, qu'on ait des
commissions parlementaires. Et le forum pour revoir publiquement cette
réforme-là va se faire, formellement, dans une audience comme celle-ci, et ça
va être la revue des projets de loi que nous voulons faire approuver.
Alors, sur ça, merci beaucoup à tout le
monde. Bonne soirée.
Le Président (M. Ciccone) : Merci
beaucoup, M. le ministre. Avant de terminer, d'ajourner, je comprends
qu'Hydro-Québec s'est engagée à déposer deux documents, un document qu'on a
reçu, et il reste un document à fournir au secrétariat, et ces documents seront
remis aux membres de cette commission.
Sur ce, Mme Bouchard,
Mme Boucher, M. Sabia, M. Rhéaume, M. Aucoin, M. le
ministre, membres de la partie gouvernementale, membres des oppositions, je
vous remercie tous pour votre excellente collaboration.
Ayant accompli son mandat, la commission
ajourne ses travaux sine die. Merci beaucoup.
(Fin de la séance à 18 h 19)