Journal des débats (Hansard) of the Committee on Agriculture, Fisheries, Energy and Natural Resources
Version préliminaire
43rd Legislature, 1st Session
(November 29, 2022 au September 10, 2025)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
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Wednesday, September 11, 2024
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Vol. 47 N° 23
Special consultations and public hearings on Bill 69, An Act to ensure the responsible governance of energy resources and to amend various legislative provisions
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Intervenants par tranches d'heure
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Montigny, Yves
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Fréchette, Christine
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Rizqy, Marwah
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Rizqy, Marwah
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Montigny, Yves
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Bouazzi, Haroun
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Paradis, Pascal
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Fréchette, Christine
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Fréchette, Christine
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Montigny, Yves
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Tremblay, François
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Rizqy, Marwah
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Bouazzi, Haroun
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Paradis, Pascal
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Montigny, Yves
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Fréchette, Christine
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Rivest, Mathieu
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Bernard, Daniel
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Rizqy, Marwah
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Rizqy, Marwah
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Montigny, Yves
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Bouazzi, Haroun
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Paradis, Pascal
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Fréchette, Christine
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Fréchette, Christine
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Montigny, Yves
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Bernard, Daniel
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Rivest, Mathieu
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Dufour, Virginie
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Bouazzi, Haroun
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Paradis, Pascal
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Paradis, Pascal
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Montigny, Yves
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Fréchette, Christine
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Tremblay, François
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Montigny, Yves
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Rivest, Mathieu
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Rizqy, Marwah
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Bouazzi, Haroun
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Paradis, Pascal
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Montigny, Yves
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Fréchette, Christine
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Rizqy, Marwah
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Rizqy, Marwah
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Montigny, Yves
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Bouazzi, Haroun
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Paradis, Pascal
11 h 30 (version révisée)
(Onze heures trente-cinq minutes)
Le Président (M. Montigny) :
Bonjour. À l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la
séance de la Commission de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des
ressources naturelles ouverte.
Je vous souhaite la bienvenue puis je
demande à toutes les personnes dans la salle de bien vouloir éteindre, mettre
en sourdine, la sonnerie de leurs appareils électroniques. Merci.
La commission est réunie afin de
poursuivre les consultations particulières et auditions publiques sur le projet
de loi 69, Loi assurant la gouvernance responsable des ressources énergétiques
et modifiant diverses dispositions législatives.
Mme la secrétaire, y a-t-il des
remplacements?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. M. Ciccone (Marquette) est remplacé par Mme Dufour
(Mille-Îles) et Mme Zaga Mendez (Verdun), par M. Bouazzi
(Maurice-Richard).
Le Président (M. Montigny) :
Merci beaucoup. Ce matin, nous entendrons les organismes suivants, <i>l'association
québécoise des consommateurs industriels et d'électricité et la Fédération
canadienne de l'entreprise indépendante.
Alors, je souhaite donc la bienvenue,
maintenant, aux représentants de l'Association québécoise des consommateurs
industriels d'électricité. Je vous rappelle que vous disposez de 10 minutes
pour votre exposé, puis nous procéderons à la période d'échange avec les
membres de la commission. Donc, je vous invite à vous présenter et à commencer
votre exposé. Merci beaucoup. Bienvenue!
M. Allard (Jocelyn B.) :
Merci. M. le Président, Mme la ministre de l'Économie, de l'Innovation et de l'Énergie.
Mmes et MM. les députés, je vous remercie sincèrement de nous offrir la chance
de prendre la parole devant vous aujourd'hui, au nom de l'Association
québécoise des consommateurs industriels d'électricité, plus communément
appelée l'AQCIE. Alors, je suis Jocelyn B. Allard, je suis président de l'association
et je suis accompagné de M. Daniel St-Onge qui est directeur énergie
région atlantique chez Rio Tinto aluminium, mais qui est ici aujourd'hui à
titre de président du conseil d'administration de l'association. Alors, nous
sommes ici pour exprimer nos préoccupations et partager nos recommandations à
propos du projet de loi n° 69. Ce projet de loi aura des répercussions
majeures sur les usines, grandes consommatrices d'électricité, que nous
représentons et sur l'avenir économique de nos régions.
Permettez-moi d'abord de débuter par un
rappel du rôle de l'AQCIE. Fondée en 1981, notre association regroupe les plus
importants consommateurs d'électricité à des fins industrielles au Québec. Nos
membres opèrent dans des secteurs diversifiés tels que l'agroalimentaire, l'aluminium,
l'acier, les produits chimiques, les pâtes et papiers et bien d'autres. Ces
entreprises ne sont pas seulement des consommatrices majeures d'électricité,
mais elles sont aussi le principaux... les principaux moteurs de développement
économique et social dans plusieurs des régions du Québec, et ce, depuis des
décennies.
En effet, elles génèrent et maintiennent
des dizaines de milliers d'emplois bien rémunérés, souvent dans des zones
éloignées des grands centres urbains. Nos industries représentent plus du tiers
de l'électricité vendue par Hydro‑Québec dans ses fonctions de distributeur.
Environ 20 % des produits de vente d'électricité au Québec en dollars
proviennent du secteur grands industriels, et ce, malgré le fait qu'ils ne
comptent que pour une très petite fraction des abonnements d'Hydro-Québec. On
dénombre 178 abonnements au tarif L et en contrats spéciaux sur les 4 377 892 abonnements
de la société d'État. Cette consommation importante d'électricité contribue non
seulement à l'économie du Québec, mais elle permet également d'amortir les
investissements réalisés dans les infrastructures hydroélectriques, qui sont un
élément clé de notre <patrimoine...
M. Allard (Jocelyn B.) :
...investissements
réalisés dans les infrastructures hydroélectriques, qui sont un élément clé de
notre >patrimoine collectif. Il est donc crucial de maintenir un cadre
tarifaire compétitif pour ces entreprises afin de préserver leur pérennité et
de soutenir l'économie québécoise dans son ensemble.
Le projet de loi 69 introduit plusieurs
changements qui entraîneront des répercussions significatives dans le... sur le
cadre de la gouvernance et de la tarification de l'électricité. Bien que
certaines mesures, telle la mise en place du PGIRE, amélioreront la
transparence et sont à saluer, d'autres dispositions, cependant, nous
préoccupent grandement. Plus spécifiquement, l'indexation des coûts
d'approvisionnement patrimonial pour les consommateurs industriels
d'électricité en grande puissance, soit ceux au tarif L, représente une
menace directe à la compétitivité de nos usines et à l'économie des régions où
elles opèrent.
Pour de nombreuses industries,
l'électricité constitue un intrant majeur dans leur processus de production,
variant généralement de 20 % à, par exemple, dans l'industrie chimique,
plus de 60 % des coûts variables de production. Si le projet de loi
n° 69 devait être... devait être adopté tel quel, avec l'indexation
proposée des coûts de l'électricité patrimoniale, nous estimons qu'avec une
inflation à seulement 2 % sur les prochaines années, le tarif L augmentera
de 57 % de 2025 à 2035.
Or, prenons l'exemple de l'usine moyenne
au tarif L selon les données d'Hydro-Québec. Cette usine paie actuellement
environ 8,5 millions de dollars par année. En 2035, avec l'indexation
du patrimonial, cette facture atteindra 13,5 millions de dollars.
Pour certaines des plus grandes entreprises, certaines paient jusqu'à 100 millions de
dollars par année en facture d'électricité. Parmi les membres de l'AQCIE,
l'impact serait encore plus dévastateur. Une telle augmentation mettrait en
péril des centaines d'emplois bien rémunérés dans nos régions.
• (11 h 40) •
La transition énergétique et la
décarbonation de notre économie entraîneront forcément une hausse des tarifs
d'électricité. La première chose à faire pour réussir la transition énergétique
est donc de favoriser la plus grande transparence dans la fixation des tarifs. Il
y aura alors une meilleure compréhension et une plus grande acceptabilité
sociale parmi la population québécoise. Cette transparence doit s'étendre à
examiner non seulement les composantes transport et distribution d'électricité
de nos factures, mais aussi la composante approvisionnement patrimonial. Ça
représente près de la moitié des factures d'électricité des clients québécois
de tous types.
Ce tarif patrimonial a été fixé il y a 25 ans,
et nos calculs, que vous trouvez dans le mémoire, montrent qu'il est maintenant
au moins 155 % supérieur à ce qu'il coûte réellement à Hydro-Québec. En
effet, l'électricité patrimoniale produite par des infrastructures amorties
depuis des décennies ne devrait pas voir son coût augmenter avec le temps. Un
tarif patrimonial à coût compétitif est conforme aux promesses faites lors de
la nationalisation d'Hydro-Québec. Notre tissu industriel s'est développé en
fonction de ce contrat social qui a fait accéder le Québec à la modernité et à
la prospérité.
Nous proposons donc que le projet de loi
69 mandate la Régie de l'énergie pour fixer le tarif patrimonial sur la base du
coût réel d'Hydro‑Québec. Et, dans l'intervalle, nous proposons également de ne
pas indexer le bloc patrimonial attribué au tarif L afin de maintenir la
compétitivité internationale de ces usines, comme c'est le cas depuis 10 ans.
Afin de conserver un climat favorable aux
investissements industriels, il faut de la transparence dans la fixation des
tarifs d'électricité. Depuis longtemps, l'AQCIE plaide pour une tarification
qui permette à Hydro-Québec d'avoir l'argent nécessaire pour servir ses
clients, avec un profit raisonnable, mais pas plus. Les tarifs ne doivent pas
être sujets à des décisions politiques imprévisibles qui génèrent de
l'incertitude sur leur évolution future. La Régie de l'énergie a été créée dans
le but d'assurer cette transparence et de garantir que les tarifs soient fixés
en fonction du seul coût de service. Chaque classe de clients doit supporter ce
qu'elle fait encourir à Hydro-Québec pour être desservie, et les tarifs ne
doivent pas servir à collecter de l'argent pour d'autres fins, aussi nobles
soient-elles.
Le projet de loi 69 ouvre la porte à
l'inclusion, dans les tarifs, d'une myriade de frais qui ne sont pas liés aux
services énergétiques pour lesquels ils paient. Les consommateurs du Québec,
industriels ou autres, n'ont pas à financer des initiatives qui relèvent plutôt
d'autres sources de financement que les tarifs d'électricité comme, par
exemple, le Fonds vert. Nous proposons donc de ne pas modifier les articles 5
et 49 de la Loi sur la Régie de l'énergie comme proposé par le projet de loi
69.
Sous un autre aspect, nous supportons la
proposition du projet de loi 69 de créer un fonds d'aide à la clientèle
domestique d'Hydro-Québec, lequel ne serait pas alimenté par les autres
consommateurs d'électricité. Cela constitue une bonne première étape pour
corriger graduellement l'interfinancement et cesser de faire payer certaines
classes de consommateurs pour les coûts de desserte d'autres classes de clients
d'Hydro-Québec.
Par ailleurs, afin de mieux protéger les
consommateurs d'électricité, vu que le projet de loi 69 propose de fixer à
l'avance les tarifs pour une période de trois ans, il faut inclure expressément
un mécanisme annuel de protection des <consommateurs...
M. Allard (Jocelyn B.) :
...il
faut inclure expressément un mécanisme annuel de protection des >consommateurs,
en termes techniques, un MTER, un mécanisme de traitement des écarts de
revenus, qui permette à la régie de remettre aux clients les trop-perçus
qu'Hydro-Québec obtiendrait si elle se trompait en sa faveur avec des tarifs
plus élevés que requis au cours de la période de trois ans. C'est un mécanisme
de protection qui existait avant le changement de la loi, en 2019, et qui doit
être expressément repris ici, dans le projet de loi 69.
Il est essentiel de garder à l'esprit que
la transition énergétique, bien que nécessaire et prioritaire, ne doit pas se
faire au détriment de la compétitivité de nos industries, sinon, ce sera un
échec. Nous appuyons les efforts du Québec pour décarboner son économie, mais,
pour être un véritable leader, il est essentiel d'atteindre nos objectifs
environnementaux tout en maintenant des conditions favorables de compétitivité
pour nos industries.
Pour cela, il est crucial d'assurer une
gouvernance claire et transparente des tarifs et d'éviter toute décision qui
pourrait compromettre la viabilité de nos entreprises. Chaque groupe de
consommateurs d'électricité doit être entendu et doit avoir l'occasion, en
toute transparence, de participer au processus de détermination et
d'application des tarifs et conditions d'approvisionnement, et ce, sur toutes
les composantes de la facture d'électricité, incluant le tarif pour le bloc
patrimonial que... et également pour les approvisionnements post-patrimoniaux.
En conclusion, Mmes et MM. les députés,
nous demandons à cette commission de prendre en compte les répercussions
économiques du projet de loi n° 69 sur les industries grandes
consommatrices d'électricité et sur l'économie régionale du Québec. Nous
demandons que ces ajustements soient apportés pour protéger la compétitivité de
nos entreprises, tout en soutenant la transition énergétique. Le maintien de
tarifs d'électricité concurrentiels est essentiel pour garantir l'avenir
économique du Québec et pour préserver les emplois et les investissements dans
nos régions.
M. le Président, Mme la ministre, Mmes et
MM. les députés, je vous remercie de votre attention.
Le Président (M. Montigny) :
Merci beaucoup, vraiment, je vous remercie pour votre exposé. Nous allons
maintenant débuter la période d'échange. Mme la ministre, la parole est à vous.
Mme Fréchette : Oui.
Merci, M. le Président. Alors, merci beaucoup, M. Allard, M. St-Onge,
d'être des nôtres ce matin et de partager votre perception, votre vision, vos
attentes par rapport à cet important projet de loi, et vous constituez
manifestement un acteur important dans les thèmes que nous avons mis... soumis
à discussion dans le cadre de cette commission parlementaire sur le projet de
loi 69.
Alors, je vais vous amener, bien, tout
d'abord, sur un des sujets que vous avez abondamment abordés, à savoir
l'indexation des tarifs. J'aimerais en ce sens-là nous sortir un petit peu, là,
de votre contexte à vous, pour dire, si les consommateurs québécois paient un
panier d'épicerie, je dirais, de 100 $ une année donnée, disons en 2023,
et qu'il y a un contexte inflationniste, disons de 5 %, combien le panier
d'épicerie devrait-on s'attendre à payer à l'année suivante? Est-ce qu'on
devrait s'attendre à payer 100 $, toujours, le panier d'épicerie, dans un
contexte inflationniste de 5 %, ou 105 $, de votre point de vue?
M. Allard (Jocelyn B.) : C'est
une question intéressante parce que ça met en relief le fait qu'on est dans un
mode de monopole. On est dans un mode où les clients sont captifs
d'Hydro-Québec. Or... Pour répondre à votre question, si, évidemment, qu'il y a
une inflation de 5 %, pour prendre votre exemple, et que je... la nouvelle
épicerie veut me vendre à 105 $, mais qu'il y a de la... il y a de la
compétition... Alors, si l'épicerie ABC veut vendre à 105 $, mais que
l'épicerie, elle, DEF, est capable de compétitionner puis de faire des efforts,
puis elle a des... plus d'innovation, etc., puis elle est capable de le vendre
à 103,50 $, bien, je vais aller à... vendre à 103,50 $.
Alors, ça, vous avez raison, je suis
totalement d'accord avec vous, c'est la question de quelle valeur on peut aller
chercher. Puis on le voit dans le monde de l'électricité, Hydro-Québec le fait.
Quand elle vend son électricité aux Américains sur le marché... le court... le
court terme, elle l'exporte aux États-Unis, on a... on a su, là, on le sait,
tout le monde, là, c'est public, ils ont fait beaucoup moins d'argent dans les
dernières années, la question des réservoirs était moins... il y avait moins
d'eau, mais il y a également le fait que les prix de l'électricité sont
beaucoup en baisse aux États-Unis parce que l'électricité est générée beaucoup
à partir du gaz naturel.
Et c'est d'ailleurs ce qui fait mal à nos
gens ici, aux usines au Québec, c'est que les concurrents, les usines
américaines, eux, voient leur prix d'électricité baisser, puis nous, on voit
notre prix augmenter. Alors, le tarif L, par exemple, a augmenté de 8 % de
2023 à 2024, il a augmenté et Hydro-Québec veut l'augmenter de 3,3 % au
1er avril 2025. Puis là, quand on regarde la transition énergétique, en
plus, on veut mettre l'indexation du patrimonial, on est rendus, comme je
disais, à 57 % d'augmentation.
Alors, c'est la différence avec l'exemple
de... On est... on est dans un marché qui n'est pas compétitif, alors on n'a
pas le choix. Et c'est pour ça que les utilités comme Hydro-Québec sont
tarifées en fonction du coût réel pour servir la clientèle. C'est la seule
façon, puis ça fait 100 ans et plus, dans toutes les juridictions
nord-américaines, c'est la façon de rassurer les investisseurs. Comment vous
fixez les tarifs, ce n'est pas politique, ce n'est pas un facteur <imprévisible...
M. Allard (Jocelyn B.) :
...rassurer
les investisseurs. Comment vous fixez les tarifs, ce n'est pas politique, ce
n'est pas un facteur >imprévisible comme l'inflation, c'est en fonction
de qu'est-ce que ça coûte pour être desservi, et on est capables de questionner,
tous les groupes de consommateurs sont capables de questionner devant la régie
pour savoir pourquoi vous avez besoin de tant d'argent. Avez-vous besoin de
tant d'argent? C'est la meilleure façon de se rassurer que les tarifs vont
garder une évolution prévisible et compétitive.
Mme Fréchette : Bien,
écoutez, si vous me dites que le seul moyen de rester compétitifs, pour vos
membres, et d'avoir un modèle d'affaires qui tienne la route sur le plan
financier, c'est d'avoir droit à un tarif qui n'est pas indexé au fil du temps,
qui n'est pas indexé en fonction de l'inflation, je dois dire que ça m'inquiète
un peu, parce que si de là découle la compétitivité de vos membres, je pense
qu'on passe peut-être à côté d'un objectif important, là, qui est celui de se
maintenir compétitifs, non pas parce qu'on a accès à un prix qui est non indexé
depuis 10 ans, mais bien parce qu'on a misé sur des... la productivité, la
formation de la main-d'œuvre, le rehaussement de la requalification des gens.
Il me semble que c'est comme ça que devrait fonctionner le système.
Alors, de mon côté, je m'étonne d'entendre
que le fait d'indexer, comme on l'a fait d'ailleurs pour les consommateurs
résidentiels québécois, comme on l'a fait d'ailleurs pour les PME québécoises, on
les a indexés et il a fallu qu'ils s'adaptent et qu'elles s'adaptent, parce que
ça fait partie de... des forces du marché que d'avoir cette indexation-là.
Donc, je m'étonne de vous... entendre que pour les industriels, en ce qui a
trait au bloc patrimonial, il ne faudrait pas faire fonctionner les règles du
marché. Est-ce que, vraiment, c'est la seule façon pour que vos membres
puissent poursuivre leurs activités sur le moyen et long terme?
• (11 h 50) •
M. Allard (Jocelyn B.) : ...de
fort important, parce que vous dites, c'est une question de multifactorielle, là,
justement, la compétitivité des usines.
Alors, ce qui arrive, c'est qu'évidemment,
historiquement, le Québec, là... Puis on a développé, on a attiré beaucoup de
grands joueurs industriels parce qu'on avait de l'énergie compétitive en grande
quantité, c'est comme ça qu'on est... on s'est permis d'avoir des clients
majeurs pour être capables, justement, d'amortir les investissements majeurs du
passé desquels on est tous fiers. Alors, c'est sûr qu'on a des entreprises qui
se sont installées ici parce qu'il y avait de l'électricité qui était très compétitive,
c'était notre avantage compétitif. Pour les membres, comme je le mentionnais,
ça représente de 20 à jusqu'à 60 quelques pour cent du coût de production.
Au Québec, on a fait le choix qu'on
veut... on ne veut pas compétitionner, puis vous avez raison, on ne veut pas
compétitionner sur la main-d'oeuvre, on ne veut pas avoir des mauvais salaires,
on ne veut pas... On a des coûts de main-d'oeuvre plus élevés au Québec, on a
des coûts de construction plus élevés au Québec, on a des coûts de conformité
environnementale plus élevés au Québec, on a des coûts de carbone plus élevés
au Québec, puis c'est des choix sociaux qu'on a faits. C'est parfait, on est...
On supporte ça, puis moi, les gens que je représente, c'est les gens qui
défendent leurs jobs pour faire en sorte que l'usine du Québec, elle se
démarque puis qu'elle continue à fonctionner par rapport aux compétiteurs,
souvent dans le même groupe corporatif, qui essaient d'avoir la commande pour
produire, on produit des commodités.
Alors ça peut se produire dans d'autres
juridictions, puis les gens ont tendance à aller où ils vont faire le plus
d'argent. Alors, évidemment, au Québec, on essaie... L'avantage compétitif que
nous avons, c'est le prix de l'électricité, c'est pour ça qu'on est ici. Alors,
c'est ça qu'on veut éviter, de nuire à notre compétitivité pour l'avenir.
Bon. Maintenant, pour ce qui est du tarif
patrimonial, je réitère, c'est qu'il a été fixé... moi, je dis arbitrairement,
mais on me dit, bon, c'est basé sur une étude, on en parle dans le mémoire de
Merrill Lynch qui a été fait en 2000, il a été calculé que si le producteur
faisait un taux de rendement d'au moins 18 %, ça donnait 0,0279 $ le
kilowattheure, le taux moyen. On a fait des calculs, nous autres, puis avec un
taux de rendement qui serait quand même pas mal intéressant pour Hydro-Québec
sur ses actifs de production de 10 %, ça devrait être à peu près de 1,40 $
aujourd'hui.
Toutes les classes de clients, incluant
les clients résidentiels, les clients commerciaux... Les clients industriels
membres de l'AQCIE, au tarif M en moyenne puissance, sont affectés par
l'indexation depuis longtemps... On est tous visés par ça, on a tous avantage à
regarder à nouveau, puis la question de l'indexation, parce que ces clients-là,
ils sont captifs. Alors, c'est difficile, si vous êtes à la maison, vous
chauffez à l'électricité, de dire : Je ne prendrai pas d'électricité, vous
n'êtes pas capable de faire ça. Alors, les commerces, les commerciaux puis les
clients moyenne puissance, souvent, sont dans la même situation, c'est
effectivement plus difficile, on est plus captifs.
Et c'est la raison pour laquelle, en 2014,
quand ils ont décidé de commencer à indexer, quelque chose qui aurait dû
baisser le tarif patrimonial, et non pas augmenter, à partir de 2014, ça aurait
dû être réduit à l'avantage de tous les Québécois, de tous les consommateurs
d'électricité québécoise. Le seul groupe qui a été exempté — c'est
parce que les gens se sont aperçus que ce n'était pas un cadeau, c'était une
taxe déguisée pour tout le monde — la seule chose, c'est que pour les
grands clients industriels qui ont des usines partout, ils sont un petit peu moins
captifs parce que ce qu'on va faire, c'est de déplacer la production <ailleurs...
M. Allard (Jocelyn B.) :
...moins
captifs parce que ce qu'on va faire, c'est de déplacer la production >ailleurs.
Puis l'idée, ce n'est pas... Ça ne veut pas dire qu'on va fermer du jour au
lendemain, mais là, tu n'attires pas de la modernisation, tu as plus de
difficultés à convaincre tes gens d'investir pour faire des projets de
décarbonation, ça coûte des sous. Puis ce que tu veux, comme usine, tu veux
toujours être la plus à jour pour être la moins chère, pour que ce soit celle d'ailleurs
qui n'ait pas la commande, ou qui soit fermée, ou qui soit au ralenti. Tu ne
veux pas... En anglais, on dit le «swing plan», tu ne veux pas que l'usine du
Québec soit le «swing plan», surtout pour nos plus grands joueurs qui sont
vraiment souvent l'employeur et le cœur économique de plusieurs des régions du
Québec.
Mme Fréchette : À mon
avis, le fait de ne pas indexer, ça revient à offrir un rabais aux industriels,
parce que l'inflation suit son cours, particulièrement ces années-ci. Alors, je
ne vois pas pourquoi il faudrait offrir un rabais à chaque année, le renouveler,
aux industriels pour le bloc patrimonial pour leur permettre de poursuivre
leurs activités avec un bon niveau de compétitivité. Je suis étonnée de la
logique que vous... que vous mettez de l'avant.
Et par ailleurs, je me dis, est-ce que,
pour vos membres, le fait d'avoir accès à une électricité verte, ça constitue
en soi aussi un avantage comparatif? Dans un contexte de transition
énergétique, il me semble que le fait de s'approvisionner avec de l'énergie
propre — et Dieu sait qu'on a un des réseaux électriques les plus
propres de la planète — alors, est-ce qu'en soi, ça ne peut pas être
un avantage aussi, en plus du bloc patrimonial dont vous bénéficiez? Il me
semble qu'il y a là une composante intéressante, là...
M. Allard (Jocelyn B.) : ...
Mme Fréchette : ...qui a
une certaine valeur et dont la valeur va aller croissante avec le contexte de
décarbonation, de lutte aux changements climatiques. Tout ça, ça fait en sorte
de rendre plus attractive notre électricité. Donc, est-ce qu'en plus de cet
avantage-là, vous avez absolument besoin pour vos membres d'une réduction du
prix de l'électricité pour le bloc patrimonial?
M. Allard (Jocelyn B.) : Je
veux... je veux tout simplement... m'assurer que j'ai... que je suis... j'explique
bien. Le point c'est qu'on n'est pas... On ne demande pas un rabais, bien au
contraire, ce qu'on demande, à l'avantage...
Mme Fréchette : Bien, une
non-indexation sur 10 ans, ça revient à un rabais, là, quand on n'est pas
indexé sur 10 ans puis qu'on est dans un contexte inflationniste.
M. Allard (Jocelyn B.) : ...on
est dans un contexte inflationniste, mais comme je l'expliquais, c'est que
depuis 2014, le tarif patrimonial pour l'ensemble des consommateurs d'électricité
du Québec aurait dû être diminué parce que les actifs sont amortis depuis fort
longtemps, et le 2,79, il l'a été artificiellement, c'était une taxe déguisée
qui n'avait aucun rapport avec les effets inflationnistes sur les coûts d'Hydro-Québec.
C'est un... On est rendus à 0,0359 $ le kilowattheure, le tarif
patrimonial moyen dans les calculs d'Hydro-Québec pour 2025, ce tarif devrait...
devrait être, avec un rendement raisonnable de 10 %, de 1,40, devrait même
être plus bas que 1,40. Or, nous, on ne demande pas d'avoir un tarif de rabais,
un tarif spécial, on demande que toutes les classes de clients se fassent
facturer le patrimonial qui représente, dans notre cas, 50 % à peu près de
notre facture totale d'électricité, dans le cas des autres classes de clients,
ça peut jouer entre 35 à 50 quelques pour cent de la facture totale.
Il est temps qu'on se dise les vraies
affaires au Québec, de dire combien Hydro-Québec me charge pour ce qui
appartient aux Québécois depuis longtemps puis qui a été payé par l'ensemble
des Québécois, les industries et les particuliers et les commerces, puis qu'on
se charge le vrai prix patrimonial. Moi, c'est ce que je demande. Puis, en ce
qui concerne le rabais, actuellement, même avec le tarif patrimonial non
indexé, le tarif L paie 114 % de ce qu'il coûte à Hydro-Québec. On
subventionne comme des tarifs commerciaux et comme mes membres qui sont en
moyenne puissance au tarif L...
Le Président (M. Montigny) :
En conclusion.
M. Allard (Jocelyn B.) :
...paient jusqu'à 132 % du coût de ce que ça coûte à Hydro-Québec, en
faveur des résidentiels.
Le Président (M. Montigny) :
Merci. Merci. Le temps est écoulé.
M. Allard (Jocelyn B.) : Merci,
M. le Président.
Le Président (M. Montigny) :
Ça va très vite. Merci beaucoup, Mme la ministre. Je veux vous informer
simplement qu'on va rattraper le retard. On a débuté en retard, alors on a
réparti le temps de façon... En fait, on a soustrait du temps de façon
équitable à l'ensemble des groupes parlementaires.
Je cède maintenant la parole à la députée
de Saint-Laurent. Merci.
Mme Rizqy : Merci, M. le
Président. Bonjour, M. Allard et <i>M. Raymond. Merci de votre
présence et aussi merci pour votre mémoire.
Si vous le permettez, parce que j'aimerais
ça mettre les choses en contexte, parce que c'est bien de donner des affaires
en théorie, mais moi, j'ai de la réalité de terrain. Donc, parlons des vraies
choses comme j'ai fait hier avec M. Sabia. Vous, vous représentez
Lassonde, Air Liquide, <i>Alcoa, Aluminerie Allouette, ArcelorMittal,
Cascades — d'ailleurs, on a... Le ministre de la Santé actuel était
chez Cascades — Chimie ParaChem, Congebec, Énergie Valero, tout ça en
région, <i>Indorama, <i>IBM, <i>Molson, Rio Tinto, Saputo et
je pourrais en passer, là, la liste est longue. Pour le premier ministre,
pouvez-vous le rassurer, est-ce que, pour <reprendre...
Mme Rizqy :
...longue.
Pour le premier ministre, pouvez-vous le rassurer, est-ce que, pour >reprendre
ses mots à lui, est-ce que ce sont des jobs payants au Québec, oui ou non?
M. Allard (Jocelyn B.) : Bien,
écoutez, je peux vous dire que les membres sont fiers d'offrir des conditions
d'emploi fort intéressantes. Ce sont des emplois très bien payés, industriels.
C'est effectivement, comme je le mentionnais, le cœur économique de plusieurs
des régions du Québec. Ça permet d'avoir une ribambelle de sous-traitants de
bureaux autres qui gravitent autour.
Mme Rizqy : Oui, donc
des jobs payants, en plus en région. Dites-moi... Permettez-moi de vous lire la
question et la... Je ne vous lirai pas la question, mais juste la réponse parce
que je pense que c'est la plus importante. Alors, hier, la ministre m'a répondu :
«Si on veut parler de Dollarama, bien, j'aimerais bien parler d'une mesure qu'a
adoptée le <i>Parti libéral, à savoir qu'ils ont donné un cadeau aux
industriels, vous, en faisant en sorte que les industriels ne soient pas
indexés pendant des années sur le bloc patrimonial d'énergie qu'ils ont
consommé. Avec la CAQ, ce cadeau-là, c'est fini.» C'est quoi, les conséquences
pour votre... pour toutes les entreprises que vous représentez si ce fameux
soi-disant cadeau est terminé?
M. Allard (Jocelyn B.) : Bien,
évidemment, la conséquence, les faits, les chiffres sont... sont dans le
mémoire, là, on parle de... Tout simplement, la question de l'indexation du
patrimonial, cet aspect-là, ça représente 8,1 % de plus sur la facture,
dans une facture d'électricité qui est appelée, d'ici 2035, à augmenter à
57 % en raison de la transition énergétique. Comme on l'a mentionné, on
est tous conscients que les tarifs de tout le monde vont augmenter dans toutes
les classes de clients parce qu'on électrifie et on prend plus d'électricité.
Alors, la seule portion de l'indexation du patrimonial, si l'inflation est à
2 %, ça veut dire 8,1 % de plus sur la facture d'électricité en 2035.
• (12 heures) •
Mme Rizqy : Hier on avait
le secteur de l'aluminium qui... qui était présent, ils ont tout de suite fait
un communiqué de presse parce qu'ils disent que même dans leur secteur
d'activité, ça peut mettre à risque des emplois. Est-ce qu'une hausse telle que
souhaité par le gouvernement peut mettre à risque des emplois en région?
M. Allard (Jocelyn B.) : Bien,
écoutez, quand on regarde les coûts de production, quand les coûts de
production, c'est 50 %, 60 % de... L'électricité, le 50 %,
60 %... de production, je vais prendre l'exemple d'un membre, on ne
prendra pas les plus gros à 100 millions de dollars par année, on ne
prendra pas le cas moyen à 8,5 millions par année qu'Hydro-Québec donne.
Mais si je suis un client de 40 millions, c'est souvent le gros joueur
dans la région, là, une facture de 40 millions, là, 2 %
d'augmentation en 2026, ça représente 360 000 $... juste pour
l'indexation du patrimonial, sans compter les autres augmentations. Mais juste
l'augmentation du patrimonial, 360 000 $, c'est l'équivalent de
quatre jobs bien payants dans un... dans une usine.
Mme Rizqy : Donc, ça
peut mettre à risque des emplois en région.
M. Allard (Jocelyn B.) : Ça
ne veut pas dire que les jobs vont être coupés, mais il faut que l'entreprise trouve
360 000 $ de plus dans ses coûts de production. Puis tu ne peux pas
nécessairement repasser ça à tes clients parce que tu es dans un marché
compétitif mondial où c'est les commodités. Puis l'année suivante, c'est un
autre 360 000 $, puis l'année suivante également.
Mme Rizqy : Bien, juste
une seconde, marché compétitif mondial, c'est très intéressant parce que je
crois qu'on doit s'arrêter là-dessus un petit peu. Le marché compétitif, pour
certaines des entreprises que vous représentez, il y a de la compétition, il y
en a qui sont... que la compétition est très féroce parce qu'on les attire avec
des... On les attire avec non seulement des tarifs plus bas en matière
d'énergie, vous l'avez fait mention par rapport au gaz, mais certaines, même,
bénéficient de fonds souverains, n'est-ce pas?
M. Allard (Jocelyn B.) : C'est
la compréhension qu'on en a. Mais moi, je prends l'exemple, là... La réalité,
je vais vous donner l'exemple de ce qui s'est passé en 2018, par exemple.
Alors, le tarif L, parce qu'il faut regarder aussi la valeur du tarif L, les
gens puis Hydro-Québec aiment bien dire qu'il est meilleur que les tarifs
affichés quand on regarde avec les Américains, mais ils comparent avec... vous
regarderez votre... leur liste, là, ils comparent avec des tarifs à San
Francisco, puis à Boston, puis à New York, à Manhattan, il n'y a pas d'usine, alors
il faut comparer des pommes avec des pommes, il faut comparer avec des régions
industrielles, il faut comparer avec le Texas, il faut comparer avec
leMississippi, il faut comparer avec la Géorgie. Alors nous, c'est avec ça
qu'on compétitionne.
Puis en 2018, et là, on va prendre
l'exemple, c'est un exemple public, là, AkzoNobel, qui... une usine à
Valleyfield, qui avait une usine à Magog, qui a une usine dans le Sud-Est
américain, et ils font le même produit, du chlorate de sodium, malheureusement,
la demande est en baisse, ils ont décidé de moderniser les usines puis
malheureusement, bien, c'est l'usine de Valleyfield qui a écopé puis qui a
fermé.
Alors ça, c'est une... c'est une réalité.
À Beauharnois, autour, à petit peu près, autour des mêmes années, <i>Chemtrade
a également cessé ses activités. Et là, on voit qu'à la fin de
l'année 2024, on entend qu'un de mes membres, là, qui est Indorama, lequel
vous avez mentionné, un tissu de l'Est de Montréal, puis ça, ça m'inquiète
parce qu'évidemment Indorama a annoncé qu'il cesserait ses activités. Puis je
sais qu'il y a Chimie ParaChem, qui est également un des membres de l'AQCIE
dans l'est de Montréal, dont le seul client, là, je rapporte ce qui est marqué
dans les journaux, c'est... c'est Indorama. Alors, c'est certain que ça
m'inquiète, le tissu industriel de l'est de Montréal. Puis je ne dis pas que
c'est à cause du patrimonial qui va être indexé, mais Indorama a déclaré
publiquement : On n'est plus capables de compétitionner avec ce qui se
fait à l'extérieur. Alors, c'est un problème.
Mme Rizqy : Dites-moi, hier on
a eu la chance d'avoir les éclairages...
12 h (version révisée)
Mme Rizqy : ...dites-moi,
hier, on a eu la chance d'avoir les éclairages de M. Sabia, et qui disait, à
juste titre, à notre avis à nous, que le gouvernement actuel a trop préféré les
entreprises étrangères au détriment des entreprises d'ici par rapport aux blocs
d'énergie qui ont été attribués. Dans la liste des entreprises que vous
représentez, je vois Les Forges de Sorel. Or, Les Forges de Sorel, c'est
public, j'apprends, c'est public. Ils ont demandé des blocs d'énergie, et ils
se sont fait dire non. Et qui a reçu ce bloc d'énergie? Une entreprise chinoise,
pas encore établie ici. Et on apprend même que ça se peut que les employés qui
vont venir travailler dans une nouvelle entreprise qui va être en démarrage, il
va falloir les faire venir d'ailleurs, de la Corée du Sud, là. Donc, moi, je
suis un petit peu étonnée.
Est-ce que vous partagez le même avis que M.
Sabia, à savoir qu'il est préférable de faire un rééquilibrage et de s'assurer
que les entreprises d'ici bénéficient en priorité des blocs d'énergie pour leur
propre développement à eux?
M. Allard (Jocelyn B.) : Évidemment
que plusieurs des membres de l'AQCIE ont eu des frustrations de voir des blocs
qui leur étaient... qui ne leur étaient pas attribués, souvent, pour faire...
puis là Les Forges de Sorel, c'était un ... public, là, c'était à la radio,
dans les journaux, partout... pour faire des projets de décarbonation, pour
être capables, justement, de rencontrer l'objectif de décarbonation puis de
changer... d'enlever du gaz naturel pour mettre de l'électricité. Alors là, le
problème que ça pose, c'est que, déjà, c'est plus dispendieux de fonctionner à
l'électricité que des compétiteurs à l'externe qui fonctionnent avec du gaz
naturel. On veut augmenter l'électricité...
Le Président (M. Montigny) : En
conclusion.
M. Allard (Jocelyn B.) : ...on
va avoir augmenté le bloc patrimonial puis, en plus de ça, on leur dit :
Bien là, vous n'en aurez pas, en plus. Bien là, c'est sûr que ça devient
vraiment difficile.
Le Président (M. Montigny) : Merci.
Très bien, merci. Sans plus tarder, merci, je cède maintenant la parole au
député de Maurice-Richard.
M. Bouazzi : J'ai très peu de
temps, ça fait que je vais aller vite, j'espère que vous allez me répondre
rapidement. Avec le projet de loi n° 2, le Fitzgibbon...le M. Fitzgibbon,
le ministre démissionnaire, s'était donné le droit de distribuer l'électricité
à qui bon il voulait au-dessus de cinq mégawatts, sans ce qu'on appelle «segregation
of duties», donc séparation de tâches, sans critères précis, sans même une
procédure d'appel quand on est refusé. Est-ce que vous pensez que c'est... ou
vos membres pensent que c'est une bonne gouvernance ou est-ce qu'il faudrait
revenir sur ce processus-là pour qu'on ait plus de démocratie et de
transparence?
M. Allard (Jocelyn B.) : Eh
bien, en 2023, lors du projet de loi n° 2, effectivement, on avait demandé
à ce que les règles du jeu ne soient pas modifiées pour les clients existants
au Québec qui contribuaient déjà. On aurait dû garder... parce qu'il y avait
plusieurs projets de décarbonation que les gens voulaient faire... on aurait dû
garder la règle à 50 mégawatts, comme auparavant, et ne pas leur appliquer
une nouvelle règle du jeu en cours de route.
Évidemment, c'est clair que c'est... les
choix qui devaient être faits, il faut qu'ils soient faits par quelqu'un. C'est
certain qu'on préfère que ce soit fait par le gouvernement que par Hydro-Québec,
parce qu'on ne voulait pas avoir une boîte noire. Ce que j'entends de mes
membres, c'est que ce n'est pas... ce n'est pas toujours clair, l'ensemble des
critères qui guident l'attribution, et ça, ça a besoin, effectivement, d'être
raffiné, puis que ça puisse nous aider à mieux comprendre qu'est-ce qui va
prévaloir pour certains... certaines attributions par rapport à d'autres.
M. Bouazzi : Donc, ça ne vous
gêne pas qu'il n'y a pas de processus d'appel, par exemple, ou que c'est la
même personne, le ministre qui approuve et qui met les critères? Je vous
avouerai que moi, je viens d'un domaine bancaire, où, quand on donnait un prêt
de 200 000 $ à une PME, on avait beaucoup plus de transparence, et de
critères, et de gouvernance que dans des choses aussi importantes qu'avoir
accès à l'électricité ou pas.
M. Allard (Jocelyn B.) : Oui,
si ça avait été... Évidemment, on aimerait avoir des critères qui soient
élaborés, puis qu'on soit capables... que ce soit... que ce soit discuté
publiquement, qu'on soit capables de comprendre le pourquoi. Chose certaine, ça
aurait certainement aidé lorsqu'on a décidé d'attribuer des mégawatts à l'exportation
long terme...
M. Bouazzi : Il me reste...
M. Allard (Jocelyn B.) : ...qui
est un problème, parce qu'évidemment on aurait utilisé les 20 térawattheures
qu'Hydro-Québec a commis, à long terme, aux Américains.
M. Bouazzi : On a une
seconde.
M. Allard (Jocelyn B.) : On
l'aurait utilisé pour nos usines du Québec.
M. Bouazzi : Je m'excuse, on a
une seconde. Est-ce que le tarif L pourrait être conditionnel au fait que vous
décarbonez vos industries, par exemple?
M. Allard (Jocelyn B.) : Nos
gens tentent de réduire tous les coûts. Alors, il y a déjà des coûts de carbone
au Québec...
M. Bouazzi : C'est oui ou
non?
M. Allard (Jocelyn B.) : Alors,
on...
Le Président (M. Montigny) : En
conclusion.
M. Allard (Jocelyn B.) : ...on
fait en sorte de tenter de minimiser l'ensemble des coûts, puis ça inclut les
coûts de carbone, puis avec le moins de carbone possible.
Le Président (M. Montigny) : Merci,
le temps est terminé. Sans plus tarder, je cède maintenant la parole au député de
Jean-Talon.
M. Paradis : L'Association
québécoise des consommateurs industriels d'électricité existe depuis 1981. Depuis
votre fondation, est-ce qu'il vous est arrivé de dire officiellement que les
tarifs que vous payez sont justes, ou même, que vous pourriez payer plus?
Est-ce que ça vous est déjà arrivé de dire ça?
M. Allard (Jocelyn B.) : Pas
de dire qu'on veut payer plus. Effectivement, je ne veux pas... Moi, je suis en
poste depuis 2018, là. Alors, on a fait des représentations quand il y avait un
débat sur les... la portion des tarifs qui était débattue dans la Régie de
l'énergie, et, malgré les demandes d'Hydro-Québec d'augmenter nos tarifs, la
régie a reconnu que ce n'était pas <nécessaire...
M. Allard (Jocelyn B.) :
...la régie a reconnu que ce n'était pas >nécessaire.
M. Paradis : Est-ce qu'à
votre connaissance... est-ce qu'à votre connaissance votre association a déjà
eu ce discours-là que les tarifs qui sont payés par vos membres sont justes?
M. Allard (Jocelyn B.) : Nos
tarifs sont... ont toujours été... On a toujours contribué...
M. Paradis : Est-ce que, oui
ou non, vous avez déjà eu cette position-là?
M. Allard (Jocelyn B.) : On
paie l'interfinancement. On paie plus que ce qu'on coûte.
M. Paradis : Très bien. Vous
êtes en faveur du fonds qui va soutenir le programme d'aide financière visant à
limiter les hausses de tarifs de distribution pour la clientèle domestique, parce
que vous dites : Ça va mettre fin à l'interfinancement, et ça, ça va être
alimenté par les fonds généraux du gouvernement. C'est donc dire que, pour
vous, vous êtes d'avis que ce fonds-là va faire en sorte que les clients
résidentiels vont payer plus, à travers le fonds général, que le plafonnement
des hausses à 3 % annoncé par le gouvernement?
M. Allard (Jocelyn B.) :
L'important, c'est de faire en sorte que les tarifs d'électricité représentent
vraiment les coûts pour desservir en électricité. Ça, c'est une chose.
Maintenant, l'utilisation des fonds publics, à travers les impôts qui sont
collectés, puis est-ce qu'on veut aider les clients les plus vulnérables, nous,
on n'a pas de... on n'a pas de position là-dessus, mais on est... je pense que
c'est, effectivement, une bonne idée. Puis je pense que le Pr Pineau a expliqué
en long et en large comment on pouvait faire pour aider, bien cibler les gens.
Mais ce n'est pas le rôle d'Hydro-Québec. Le point, c'est que le tarif
d'électricité, tout le monde devrait payer le vrai coût, puis, ensuite, ceux
qui ont besoin d'aide, pour toutes sortes de raisons, devraient être aidés par
les programmes gouvernementaux.
M. Paradis : Ma question,
c'est... Parce que... parce que vous dites que c'est alimenté par les fonds
généraux. C'est donc dire qu'il va y avoir des hausses plus que le plafonnement
de 3 % qui vont être payées par les Québécois. Vrai ou faux?
Le Président (M. Montigny) : ...en
conclusion.
M. Allard (Jocelyn B.) : Non,
parce que les gens qui ne paient pas d'impôts... une grande partie des
Québécois, qui sont des gens plus vulnérables, ne paient pas d'impôts... ils ne
paieront pas...
Le Président (M. Montigny) :
Merci, merci, le temps est écoulé. Je suis désolé, c'est allé très vite. Je
vous remercie pour votre contribution aux travaux de la commission.
Je suspends les travaux quelques instants
afin de permettre au prochain groupe de s'installer. Merci beaucoup.
(Suspension de la séance à 12 h 10)
(Reprise à 12 h 13)
Le Président (M. Montigny) :
...maintenant la bienvenue aux représentants de la Fédération canadienne de
l'entreprise indépendante. Je vous rappelle que vous disposez de
10 minutes pour votre exposé, puis nous procéderons par la suite à la
période d'échange avec les membres de la commission. Donc, je vous invite à
vous présenter, nommer et commencer votre exposé de 10 minutes. Merci.
M. Vincent (François) : M. le
Président, Mme la ministre, Mmes et MM. les députés, bonjour, Je me présente,
François Vincent, je suis vice-président pour la Fédération canadienne de
l'entreprise indépendante, la FCEI. Je suis accompagné, à droite, de Francis
Bérubé, qui est directeur des affaires provinciales à la FCEI et rédacteur du
mémoire, et, à gauche, de Me André Turmel, de Fasken, un expert reconnu en
énergie. La FCEI, c'est le plus gros regroupement de PME du pays. On compte
21 000 dirigeants de PME de partout au Québec, dans tous les secteurs
d'activité économique.
Nous vous remercions de nous recevoir
aujourd'hui pour le projet de loi... à la consultation du projet de loi
n° 69. Cette proposition législative, conjuguée au plan d'investissement
massif déposé par Hydro-Québec, de 150 milliards, aura des impacts directs
pour les petites et moyennes entreprises au cours des prochaines années.
En analysant le projet de loi, nous étions
heureux d'y retrouver de bonnes orientations, mais je dois vous confier, M. le
Président, que notre bonne humeur a quelque peu été éteinte par les propos du
premier ministre du Québec la semaine passée, affirmant que ce seront les
entreprises qui ramasseront la facture. En fait, dans les faits, par souci de
précision, ce sont les PME québécoises qui seront défavorisées, et cela n'est
pas une bonne avenue à prendre pour l'économie. Pourquoi, M. le Président?
Parce que ce sont nos PME qui sont le cœur de notre économie du Québec. Les
entreprises de moins de 50 employés, ça représente 89 % à 97 %
des entreprises des différentes régions administratives du Québec. Les PME
emploient près de 2 millions de Québécoises et Québécois. Leur rôle est
névralgique pour avoir une économie prospère.
Lorsqu'on regarde les données de la FCEI,
particulièrement le Baromètre des affaires, indicateur économique reconnu qui
est regardé par la Banque du Canada et les ministères des Finances du pays, on
constate que les temps sont encore rudes pour nos PME. L'indice de confiance,
l'an dernier, au Québec, a été à son plus bas niveau en 15 ans
d'indicateurs, à l'exception de l'année 2020, mais là on avait fermé
l'économie. La confiance a un peu remonté cette année, puis il y a les données
du mois d'août. Le Québec se classe quand même en avant-dernière position des
provinces. Ce que vivent les PME cette année est similaire à l'an dernier. D'un
côté, les coûts d'opération montent de partout, tout en étant significativement
plus élevés que notre indicateur historique sur 15 ans, puis, de
l'autre... puis, de l'autre, il y a une diminution des ventes. De l'autre côté,
les ventes et la production des PME sont freinées par la demande qui est
insuffisante, la pénurie de main-d'œuvre qualifiée et les problèmes de fonds de
roulement.
Puis quand on parle des charges qui
augmentent, les charges salariales, les coûts d'assurance, les coûts de
carburant, les coûts d'emprunt, les coûts d'électricité... Puis d'ailleurs ces
coûts d'électricité là, les PME ont connu, cette année et l'année passée
combinées, les plus fortes hausses de tarifs d'électricité en un quart de
siècle. Il faut le faire. Ça ne prend pas un doctorat en économie, en finances
ou en entrepreneuriat pour comprendre que ce calcul n'est pas positif, pas
positif pour personne, et ce n'est... c'est dans ce contexte que les dirigeants
de PME entendent le premier ministre du Québec suggérer que les entreprises
seront heureuses de payer des fortes hausses d'électricité.
Pour aider les PME à se positionner, elles
doivent pouvoir avoir la marge de manœuvre d'investir, investir dans leur
main-d'oeuvre, investir dans leurs processus d'automatisation, investir dans la
transition énergétique. Mais le gouvernement du Québec leur impose la fiscalité
pour la petite entreprise la plus désavantageuse du pays, avec des taxes sur la
masse salariale de 30 % plus élevées que la moyenne canadienne. Et on est
la seule, la seule province qui n'offre même pas le taux d'impôt réduit pour
les plus petites entreprises des secteurs de la construction et des services,
qui n'ont pas accès aux taux d'impôt réduits pour petites entreprises.
Puis en manière... en matière
d'électricité, bien, c'est la PME qui paie pour les autres, pour les
multinationales et pour les clients résidentiels. Oui, M. le Président, en
raison de l'interfinancement, selon les données de la régie de 2021, les PME
paient, en moyenne, entre 18 % et 28 % de plus les coûts réellement
encourus pour les desservir. Les données de 2022... de 2022 de la régie, cet
interfinancement <gonfle...
M. Vincent (François) :
...pour
les desservir. Les données de 2022... de 2022 de la régie, cet interfinancement
>gonfle de 23 % à 34 %. En 2023, les PME ont versé 4,4 milliards de
dollars à Hydro-Québec, comparativement à 2,9 milliards de dollars
pour les grands clients industriels.
Les investissements massifs d'Hydro-Québec
feront exploser la facture des PME de 2,5 fois à 1,5 fois leur facture en 2035,
selon notre évaluation. Vous pourriez me dire, M. le Président, que ce n'est
pas si intense que ça, parce que, bien, c'est dans 10 ans, mais je vous
rappellerai la situation économique que je vous ai décrite précédemment. Puis
aussi, pour vous donner un ordre de grandeur, bien, admettons, un manufacturier
qui paierait une facture mensuelle de 4 500 $ aujourd'hui paierait
11 133 $ par mois en 2035. Si le projet de loi est adopté sans
modification, ce sera une facture de 8 239,50 $ par mois. Pour une
petite entreprise qui a une facture de 500 $ par mois, bien, annuellement,
son coût passera de 6 000 $ à 14 844 $, ou 10 986 $
avec le projet de loi n° 69.
Comme nous l'avons démontré dans une étude
publiée il y a deux ans, la majorité va être refilée dans le prix des
consommateurs, mais c'est moins le cas pour les petites entreprises, qui,
elles, vont réduire davantage leur marge bénéficiaire, vont diminuer leurs
investissements, vont augmenter leur endettement. Les petites entreprises n'ont
pas le luxe de perdre des clients. Donc, ça va affaiblir la petite entreprise,
ça va diminuer les possibilités d'investissement des PME, ça va réduire les
avantages compétitifs et ça va faire pression sur le prix des consommateurs.
• (12 h 20) •
Les dirigeants de PME veulent un appui du
gouvernement du Québec, et près de 4 000 ont signé une pétition pour
demander d'arrêter d'être la vache à lait d'Hydro-Québec, et qu'on s'engage à
régler l'interfinancement. La FCEI croit que le législateur devrait donner le
mandat à la régie de régler l'interfinancement sur le long terme, en ayant
comme mandat de ne pas créer de choc tarifaire. Maintenir un système
défavorable à nos propres PME, ça suffit. Le projet de loi n° 69
fait certains pas pour l'atténuer, mais le fond du problème demeure encore. On
note quand même que, par l'application de l'indexation du coût moyen de
l'électricité patrimoniale à la catégorie des consommateurs des grands
industriels, le coût alloué au tarif L, cela permettra une diminution des coûts
alloués aux autres catégories de consommateurs, dont les clients domestiques et
commerciaux. Ça, c'est une bonne chose.
Ensuite, le projet de loi ne protège plus
les augmentations du secteur résidentiel comme il le faisait avec le projet de
loi n° 2, donc les PME cesseront d'encaisser des tarifs plus élevés pour
cette raison dans les prochaines années. Pour protéger et maintenir le tarif
des citoyens à un maximum de 3 %, le gouvernement souhaite créer un fonds
venant compenser la différence, qui serait administré par Hydro-Québec et
financé à même les dividendes versés par la société d'État. Pour la FCEI, ce
fonds n'aidera pas réellement le Québec dans la transition énergétique. Pour
nous, il serait nettement plus stratégique de prioriser les programmes
d'économie d'énergie pour soutenir tant le citoyen que les entrepreneurs à
compenser avec une hausse tarifaire d'électricité à venir, en faisant des
investissements pour économiser l'énergie. Ce sont neuf dirigeants de PME sur
10 qui le disent dans un de nos sondages. Selon nous, cela représenterait une
politique publique plus structurante que ce qui est sur la table actuellement. Dans
un contexte de forte demande et d'investissements majeurs prévus, qui
augmenteront les coûts, chaque kilowattheure économisé a une énorme valeur
individuelle et collective.
Les PME demandent aussi une meilleure
gouvernance en réhabilitant la Régie de l'énergie. Sur ce point, le projet de
loi fait un pas en avant. Nous soulignons les modifications concernant la Régie
de l'énergie. En redonnant à la régie un rôle accru, le législateur assurera
une prise de décision neutre sur les tarifs, arrimée sur les véritables besoins
d'Hydro-Québec, mais nous aurions préféré un retour, comme avant le projet de
loi n° 34. Mais en ayant à statuer aux trois ans,
cela va permettre d'offrir une meilleure prévisibilité pour les propriétaires
de PME, puis c'est souhaité par 83 % d'entre eux.
Pour assurer une meilleure prise de
décision, le projet de loi n° 69 va également dans la
bonne direction par la mise en place d'un plan de gestion intégrée des
ressources énergétiques, qui couvrira une période de 25 ans, en vue de
prendre collectivement la voie de la décarbonation de l'économie. Une
planification intégrée des ressources favorisera des solutions plus efficaces
pour assurer l'équilibre entre l'offre et la demande. La FCEI croit que cette
planification devrait viser l'atteinte des objectifs de la transition
énergétique dans une perspective de minimalisation des coûts et d'équité entre
les clientèles.
Nous vous <remercions...
M. Vincent (François) :
...des
coûts et d'équité entre les clientèles.
Nous vous >remercions pour votre
écoute et nous serons heureux de répondre à vos questions.
Le Président (M. Montigny) :
Merci. Alors, je vous remercie pour votre exposé. Nous allons maintenant
débuter la période d'échange. Mme la ministre, la parole est à vous, mais vous
disposez d'une période d'échange de 12 min 30 s.
Mme Fréchette : D'accord.
Merci beaucoup, M. le Président. Merci, MM. Vincent, Bérubé et Turmel.
Bien, merci de votre participation à cet... à cet échange, à cette commission,
merci de nous partager votre point de vue.
Alors, bon, bien sûr, la question des
tarifs est au centre de vos préoccupations et de vos intérêts. C'est aussi
notre cas. On veut faire en sorte, notamment à travers le projet de loi n° 69, qui va nous permettre, en fait, de décarboner
l'économie puis de poser un cadre pour le secteur énergétique qui soit plus
efficient, plus flexible, plus efficace, également, qui va nous permettre de
réduire aussi la durée d'analyse pour des projets... on veut, dans le fond,
simplifier les démarches et faire en sorte qu'il y ait davantage de
développement dans le secteur des énergies renouvelables. Donc, c'est une des
choses que l'on souhaite obtenir. Et, en ce sens-là, j'aimerais ça savoir si,
notamment, vos membres sont engagés dans la transition énergétique. Est-ce que
vous voyez qu'ils prennent des actions, que ce soit pour atteindre des
objectifs d'efficacité énergétique ou de décarbonation? Donc, j'aimerais vous
entendre là-dessus.
Mais, dans un premier temps, j'aimerais
revenir sur la notion d'équité, parce qu'en fait il est quand même assez
étonnant que, depuis 10 ans, les PME du Québec soient indexées pour ce qui
est de leur consommation du bloc d'énergie patrimoniale. Parallèlement, et
depuis 10 ans, il n'y a pas eu d'indexation du tarif d'électricité qui est
consommé par les industriels. Moi, ça m'apparaît inéquitable comme situation,
d'autant que les clients résidentiels ont été, eux aussi, indexés, tout comme
les PME, pour leur consommation au niveau du bac... du bloc patrimonial.
Donc, est-ce que vous voyez là deux poids,
deux mesures dans les règles entre différents types d'entreprises? Le Parti
libéral<i>, pour eux, ça respecte tout à fait la logique des choses, là,
d'avoir, comme ça, deux types de mesures, mais, de notre côté, il me semble que
c'est un peu déloyal, inéquitable ou injuste. Je vous laisse nous partager
votre point de vue là-dessus que vos membres, depuis 10 ans, soient
indexés alors que, du côté des industriels, eh bien, non, on leur offre, en
fait, un prix non indexé pendant plusieurs années. Donc, j'aimerais vous
entendre là-dessus.
M. Vincent (François) : Bien,
là-dessus, je peux vous dire qu'on est... on est d'accord avec ça, on le met
dans notre mémoire puis on trouve que c'est un pas pour réduire
l'interfinancement. Donc, on est d'accord avec vous. Puis je peux vous dire
aussi que je suis d'accord avec vous que ça prend un tarif juste. Je vous ai vue
dans les médias, hier, là-dessus. Bien, ça fait... ça fait une vingtaine
d'années ou plus qu'on le demande. Pour avoir un tarif... juste tarif, il faut
que le tarif soit juste, puis le tarif n'est pas juste avec l'interfinancement.
Puis si on veut, justement, avoir un tarif juste, il faut s'attaquer à cette
question-là pour débalancer, justement, arrêter que ce soit la PME qui finance
tout le monde, puis si ce n'est pas changé dans le projet de loi, bien,
l'impact de la transition énergétique, bien, ça va être pris dans les poches
des dirigeants des petites et moyennes entreprises.
Puis vous dites... vous voulez savoir,
bien, quelles actions sont prises. Je peux vous dire qu'elles sont au Québec,
engagées à vouloir la réduction des émissions de 40 % à 45 %
au-dessus des niveaux de 2005 d'ici 2030, à 74 % en faveur, mais elles ne
veulent pas être celles qui doivent payer pour tout le monde, puis, ça, bien,
si on ne permet pas d'avoir une attraction du tarif du kilowattheure, on n'aide
pas les entreprises à aller vers cette source d'énergie là. Puis si on n'engage
pas les citoyens dans la transition énergétique par l'efficacité énergétique,
bien, c'est tout le petit bâtiment qui ne va pas, justement, faire des efforts,
puis ça va être refilé sur une production plus grande, puis une facture plus
grande pour les petites entreprises.
Mme Fréchette : Oui, la
démarche dans laquelle on s'inscrit, en fait, c'est de faire en sorte, et je
vous rejoins là-dessus, qu'on applique la juste valeur à notre tarif
d'électricité. Quand j'entends les gens nous dire : Bien, vous savez, les
infrastructures ont été amorties, c'est déjà payé, alors vous devriez nous le
donner, parce que ça ne vous coûte rien, bien, c'est comme de laisser aller la
plus-value qu'a prise cet actif-là au bénéfice des Québécois et de le
transformer en un don aux <entreprises...
Mme Fréchette :
...la
plus-value qu'a prise cet actif-là au bénéfice des Québécois et de le
transformer en un don aux >entreprises. Il me semble que c'est l'envers
de la logique. Si ces investissements-là ont été faits depuis des décennies, eh
bien, il me semble que c'est aux Québécois à aller récupérer ce qu'ils ont créé
comme richesse. Ce n'est pas aux industriels à bénéficier d'un prix sous la
valeur réelle.
Alors, la notion de valeur, de juste
valeur que vous apportez, elle est centrale dans le débat qu'on est en train de
mener parce que, si on n'applique pas la juste valeur, eh bien, c'est qu'on s'abstient
d'aller capter la plus-value qu'on a réussi à générer grâce à des efforts, à
des investissements avant-gardistes qui ont été faits dans un secteur
stratégique qui nous positionne d'une manière idéale dans le contexte de la
transition énergétique. Alors, je pense qu'il y a là vraiment un débat vaste de
société qu'on est en train de tenir, qu'on va continuer à tenir parce qu'il va
être fondamental dans la suite des choses, pour le développement économique du
Québec. Alors, de ce côté-là, on se rejoint sur l'importance de la... de la
juste valeur.
De votre côté, parmi vos membres, est-ce
que vous constatez qu'il y a une reconnaissance justement, de la valeur de l'électricité
québécoise, du fait qu'elle soit verte? Est-ce qu'il y a... c'est perçu comme
un atout, comme un avantage? Je pense que beaucoup d'entreprises souhaitent
montrer non pas nécessairement patte blanche, mais patte verte, en ce sens qu'ils
veulent montrer qu'ils ont des intrants décarbonés. Et, en ce sens-là, donc,
est-ce qu'il y a une reconnaissance parmi vos membres, de l'intérêt de notre
électricité verte, puis est-ce que c'est quelque chose dont ils peuvent tirer
parti, ou si ce n'est pas encore amorcé, comme phénomène, là, de parvenir à
capter la plus-value que notre électricité verte peut générer?
• (12 h 30) •
M. Vincent (François) : Mais,
je dirais, sur le don aux entreprises, là, qu'on paie 23 % à 33 %
plus cher les coûts de desservir, moi, je n'appelle pas ça un don, hein? C'est
peut-être aller piger dans les...
Mme Fréchette : Industriels,
pardon, je faisais référence aux industriels, à qui on fait un don parce qu'on
ne va pas capter la plus-value au fil des ans, parce qu'on n'a pas indexé le
prix. Je n'ai pas précisé, donc je le fais.
M. Vincent (François) : OK. Mais
si on ne règle pas l'interfinancement, le problème de fond demeure, puis ça va
être la PME qui va payer pour tout le monde. Et puis, par rapport à l'augmentation
du tarif, bien, nos PME vont avoir moins d'argent, dans un moment où ils n'en
ont pas, pour investir dans leurs milieux stratégiques. Puis le kilowattheure,
quand on regarde les autres provinces, la consommation d'énergie est différente,
là. À part les provinces du Nouveau-Brunswick ou de Terre-Neuve, la
consommation de l'électricité pour le commercial, l'utilisation de l'énergie
est plus basse dans les autres provinces, mais ça vient aussi avec le coût. Je
veux dire, le gaz naturel est moins cher dans les autres provinces aussi. Puis
la PME d'ici, qui va avoir des augmentations significatives des investissements
d'Hydro-Québec, paie une fiscalité plus grande que dans le reste du Québec.
Donc, dites à un entrepreneur au... à Shawinigan,
là, qui a fondé son entreprise il y a trois générations, qui a payé des taxes
sur la masse salariale plus importantes, qui a créé des emplois qui ont créé
des salaires, qui n'a pas participé à la construction d'Hydro-Québec... puis
lui, il va voir son kilowattheure augmenter... sa facture d'électricité
augmenter de façon significative sur les prochaines... les prochaines années, bien,
il paie la facture d'ici, il ne paie pas la facture de l'entrepreneur de
Medicine Hat, qui a été fondée dans le même secteur d'activité il y a trois
ans. Je ne sais pas si tu voulais rajouter quelque chose?
M. Turmel (André) : Peut-être
ajouter, si vous permettez, sur la juste valeur. C'est tout à fait... on est
tout à fait d'accord avec ce qui est dit, mais j'ajouterais : la juste
valeur au bon endroit, allouer au... donc, allouer les bons coûts, et le projet
de loi, en ce sens, il ramène le coût de service, et ça, on est très contents,
finalement, de ce qu'on avait enlevé en 2019. Mais il faut faire l'exercice
jusqu'au bout, le juste coût, oui, le juste coût alloué... alloué au bon
consommateur, et vous avancez un pas à l'égard de la réduction de l'interfinancement,
mais ce pas-là n'est pas franchi, et tant que ce pas-là n'est pas franchi, je
pense que vous retardez la décarbonation, parce que vous n'envoyez pas le
signal de la juste valeur à l'ensemble des consommateurs.
On est tous des consommateurs résidentiels,
on les voit, les factures, mais tant qu'on les voit, les factures, et que ce
n'est pas trop cher, bien on n'a pas un réflexe de réduire notre consommation,
et ne pas réduire notre consommation, ça affecte, dans le temps, notre action
pour réduire la consommation d'énergie. Donc, ça fait en sorte qu'on demande
plus de projets, et ainsi de suite. Donc, il y a une logique, là. La juste
valeur, mais jusqu'au bout.
Mme Fréchette : Oui. J'entends
votre logique. On a abordé la question, d'ailleurs, hier soir avec M. Mousseau,
de l'Institut Trottier, où il nous mentionnait à quel point c'est important que
le... que ce soit sur le plan structurel, surtout, que l'on fasse des
interventions, parce que ce n'est pas tant dans la consommation individuelle qu'on
va générer les... la réduction que l'on souhaite obtenir mais c'est avec des
changements de nature structurelle, par exemple, avec le code du bâtiment...
12 h 30 (version révisée)
Mme Fréchette : ...individuelle
qu'on va générer la réduction que l'on souhaite obtenir, mais c'est avec des
changements de nature structurelle, par exemple avec le code du bâtiment, faire
en sorte que nos... nos bâtiments soient davantage verts. Donc, c'est dans ce
type de modes là, l'utilisation des transports en commun... Donc, c'est dans
des... des actions de nature structurelle qu'on va se trouver à pouvoir
bénéficier des... des retombées qui sont souhaitées dans le cadre de la
transition énergétique. Donc, merci. Je vais céder la parole à des collègues
pour la suite. Merci.
Le Président (M. Montigny) :
Parfait. Merci. Alors, la partie gouvernementale... Parfait. Je cède la
parole maintenant au député de Dubuc. Merci.
M. Tremblay : Merci.
Bonjour. Dites-moi... Je comprends... je comprends très bien votre position. D'ailleurs,
certains évoquent leurs formations d'économistes, d'ingénieurs, je suis plutôt
politologue de formation. Je dirais que votre non-verbal aussi est très campé.
Maintenant, outre... outre le volet... Vous me permettez, c'est en tout... en
tout respect. Outre l'aspect de tarification versus les PME, puis je prendrais
un exemple... Puis ce que j'aimerais savoir, c'est : À quel niveau se
situe votre ouverture par rapport au projet de loi et la reconnaissance de...
de son importance dans la conjoncture, dans le contexte, autant international
que chez nous?
Puis je prendrais un exemple qui s'appelle
IDEA Contrôle, dans ma circonscription, je ne sais pas si vous connaissez, c'est
une cinquantaine de... de professionnels ingénieurs qui... qui ont, entre
autres... qui arrivent à transformer, à convertir des sécheurs à bois du mazout
à l'électricité. Ils ont inventé un truc qui s'appelle Synapse, qui vient gérer
la pointe et puis qui vient ensuite la contrôler, pour le profit, jusqu'à des
20 %, ou 25 %, ou 30 % pour des PME qui s'impliquent à ce
niveau-là. Il y a déjà des incitatifs qui existent. On travaille pour aller
plus loin. Maintenant, ils sont allés encore plus loin au niveau de la
décarbonation, où le fait de récupérer dans la perte de gestion de pointe...
Bien, eux, ils ont créé des batteries jusqu'à 1 MW puis ils travaillent
sur une... une biénergie avec, bon... pour être capables de récupérer ça, puis,
ensuite, possiblement de la revendre.
Mais ceci dit, dans l'ensemble de l'oeuvre,
c'est du «know-how». M. Lévesque parlait de «know-how» à l'époque des
grands chantiers hydroélectriques.
Comment voyez-vous le projet de loi 69,
les opportunités que va provoquer, comme ça, de l'essaimage et du développement
pour améliorer la situation puis venir contrer un peu, peut-être, l'approche
plus... plus campée de fermeture sur l'opportunité de faire du développement
sur l'axe au Québec? Voilà. Je ne sais pas si vous comprenez bien ce que je
veux dire, ça fait peut-être un peu philosophique, là.
M. Vincent (François) : Bon...
Le Président (M. Montigny) :
...il ne vous reste pas de temps, là, pour répondre. Alors, merci. Je cède
maintenant la parole à la députée de Saint-Laurent, pour une durée de huit
minutes, tout au plus.
Mme Rizqy : Merci
beaucoup, M. le Président. Bonjour, M. Vincent, M. Bérubé, Me Turmel.
Merci d'être présents avec nous pour nos échanges. Je pense qu'on va avoir
besoin d'un page pour aider notre collègue, qui, malheureusement, a échappé son
café.
J'aimerais vous entendre, parce que, vous
savez, mes collègues, Marguerite-Bourgeoys, Jacques-Cartier, mon chef, mais
aussi le député de Nelligan se sont époumonés au salon bleu, maintenant qui est
rendu le salon rouge, pour poser des questions au nom des PME, pour vos tarifs,
et à savoir pourquoi on vend au rabais des blocs d'énergie à des entreprises
qui n'ont pas encore oeuvré, qui n'ont pas encore fait leurs preuves au Québec,
au détriment des PME québécoises, à qui on a refilé la facture.
Jusqu'à présent, je sais que, M. Vincent,
vous êtes une personne qui est quand même assidue, je vous vois quand même dans
les nouvelles très souvent, est-ce que, de ce que vous avez entendu des
échanges au salon bleu... est-ce que ça vous a rassuré, les propos du
gouvernement par rapport aux hausses pour les PME?
M. Vincent (François) : Je
veux peut-être répondre au non-verbal, avant, là. Moi, je ne suis pas quelqu'un
qui sourit facilement, puis avec le stress, encore moins. Mais j'ai mis plein
de notes ici, là, «sourire», puis tout, mais je ne les ai pas vues. Tu sais, on
voit positivement...
Mme Rizqy : Vous gérez
très bien votre <stress...
M. Vincent (François) :
...on
voit positivement...
Mme Rizqy :
Vous
gérez très bien votre >stress.
M. Vincent (François) :
Hein?
Mme Rizqy : Vous gérez
très bien votre stress.
M. Vincent (François) : On
voit positivement le projet de loi, notamment sur le plan des gestions
intégrées. On pense que c'est la meilleure façon pour faire la transition
énergétique, la réhabilitation de la régie. Maintenant, on ne veut pas que la
PME fasse les frais de cette transition énergétique là. Puis, dans les propos,
bien, ça... ça a campé... ça a campé notre position, parce que c'est ça qui
arrive. Puis ça arrive dans un contexte qui ne fonctionne... qui n'est pas bon
pour les PME.
Puis, tu sais, si on n'avait pas adopté le
projet de loi 34 sous le bâillon, si on n'avait pas adopté le projet de loi 2,
bien, on serait probablement ici juste pour parler d'un plan de gestion
intégrée des ressources puis il n'y aurait pas de levée de boucliers. C'est ça
qui est triste, là. On est rendus à faire une politisation des tarifs
d'électricité. On avait été capables de se sortir de tout ça avec la Régie de
l'énergie. Me Turmel, il fait le tour du monde pour aller implanter des régies
de l'énergie partout à travers le monde, parce que le modèle québécois
fonctionne. Puis là on va aller faire une transition énergétique qui doit
impliquer l'ensemble des parties prenantes de la société pour que ça
fonctionne, et notamment nos PME qui sont le cœur de l'économie. Puis, si on se
cante dans une position qu'on ne touchera pas aux tarifs résidentiels, ça ne
marchera pas.
Puis on est sensibles à la question des
citoyens. C'est difficile actuellement de rejoindre les deux bouts, on le sait.
C'est la même chose pour les dirigeants de PME. Mais pour ça, il faut... On a
10 ans devant nous, faisons une... un effort de programme d'efficacité
énergétique sur les stéroïdes en même temps qu'on va arriver. Puis peut-être
que, même en augmentant les tarifs du résidentiel, ça coûterait moins cher aux
personnes de payer leur énergie.
Puis, pour les PME, bien, c'est assez
simple, là, ça, c'est l'indice de confiance des PME, OK? Quand c'est à 60,
l'énergie roule à plein régime. On voit qu'il y a eu une chute drastique avec
la pandémie, que c'est remonté puis que c'est redescendu. Puis, en même temps,
bien, c'est ça qui s'est passé avec les tarifs d'électricité sur une
base 100. Puis ça, ça n'inclut pas le plan d'Hydro-Québec massif
d'investissement qui va être refilé dans la cour des PME si on ne règle pas
l'interfinancement.
• (12 h 40) •
Mme Rizqy : Merci.
Dites-moi... Parce que vous dites qu'il faut mettre ça sur les stéroïdes, mais,
moi, je me pose la question, parce que... toujours le danger d'avancer sous
stéroïdes, pour reprendre votre expression... Je me pose d'abord la question :
Mais pourquoi on est rendus là? Parce que, moi, je me rappelle très bien qu'en
2020, juste avant que le gouvernement signe un contrat important, il disait
qu'on avait encore des surplus, puis là, pouf! trois semaines après, il n'y
avait plus de surplus. Puis là il faut faire un immense plan important à
vitesse grand V, mais on... j'ai l'impression qu'on est... qu'on nous demande
de trouver une solution à un problème que le gouvernement a lui-même créé.
M. Vincent (François) : Non,
non, ça, je ne pense pas. Hydro-Québec, c'est... je pense que c'est 75 %
pour la décarbonation, 25 % pour les projets économiques. Si on veut faire
une décarbonation, c'est clair que ça va avoir un impact sur les productions
énergétiques propres. Le problème, c'est que, là, on va... il y a quelqu'un qui
va payer pour ça. Puis tout le monde veut faire des efforts pour faire une
transition, mais, quand ça touche au portefeuille, là, c'est un petit peu plus
difficile. Puis, dans le cadre actuel, bien, c'est la PME qui... qui se ramasse
à payer davantage les tarifs d'électricité. Puis on ne pense pas que c'est
quelque chose de... de positif, parce qu'on a aussi la fiscalité la plus
grande.
Donc, tu sais, le seul avantage compétitif
qu'on pouvait avoir, bien, on va le perdre. Ça fait qu'on va se ramasser à
payer le même coût que les autres au niveau du kilowattheure, qui utilisent
d'autres sources d'énergie, par ailleurs. Mais on va garder quand même
l'injustice fiscale des petites entreprises, on va garder les taxes sur la
masse salariale plus élevée, dans un moment où, admettons, on veut automatiser
puis nos données démontrent que le principal frein à l'automatisation, c'est le
coût. Bien, ils n'ont pas de marge de manœuvre pour investir. Donc, il faut
vraiment aider toute la transition. Puis les défis, bien, il faut faire plus
pour nos PME.
Mme Rizqy : Merci. Bien,
juste que vous sachiez qu'au niveau des blocs d'énergie qui ont été alloués, il
n'y en a pas un qui a été alloué avec un objectif clair de décarboner. Donc, je
me mets des... une certaine réserve là-dessus.
Tantôt, vous avez dit... vous avez parlé
de la juste valeur. Vous avez aussi ici un plan où vous dites que le
résidentiel, c'est à -14 %, les grandes entreprises, 0 % à
13 %, puis les PME, 18 % à 28 %. Pour vous, c'est quoi, la juste
valeur pour le consommateur résidentiel?
M. Turmel (André) : Dans
toute l'Amérique du Nord, aux États-Unis, au Canada, il y a des... il y a des régies
d'énergie, des «public utility boards», ça fait 75 ans que ça fait ça, même
avant la Régie de l'énergie, il y avait la <i>régie du gaz. Et le
principe était toujours le même, on établissait le tarif sur la base du revenu
requis, les coûts, cette année... l'année passée, c'était 100, cette année,
c'est 105, on fixait le tarif en conséquence. Tout va bien quand... Et, en
général, les politiciens ne se mêlaient pas de ça. Parce qu'on confiait ça à
des spécialistes, et des associations de consommateurs résidentiels, petits,
grands, moyens, faisaient <valoir...
M. Turmel (André) :
...des
associations de consommateurs résidentiels, petits, grands, moyens, faisaient >valoir
leurs doléances, et les gens voyaient les coûts et comprenaient.
La FCEI, elle, elle va payer le prix qui
sera bien, bien démontré, point final. Et on pense que ça devrait être le cas
pour les consommateurs... industriels, et, également, même si ça va peut-être
faire un peu mal, pour les consommateurs résidentiels, oui, avec peut-être le
support du fonds d'aide qui sera créé, là. Ça, c'est une mesure fiscale en
apport, mais il faut que le coût réel soit ressorti. Il faut que tous le voient
en plein jour. Et avec ça, on a peut-être de meilleures chances de réussir
notre décarbonation.
Mme Rizqy : Puis, est-ce
que...
M. Vincent (François) : Puis
il faut que ça vienne aussi avec des programmes d'économie d'énergie. Puis
l'expert, M. Pineau, l'a dit aussi que la décarbonation pouvait passer par
l'amélioration de l'efficacité de... du résidentiel ou du bâtiment... l'APCHQ a
fait une recherche aussi qui démontrait que par la rénovation...
Mme Rizqy : Bien, ça, on
est d'accord avec vous.
M. Vincent (François) : ...par...
le bâtiment, c'était 2,5 barrages, là.
Mme Rizqy : Ça, on est
d'accord avec vous. Le seul hic, c'est que le programme RénoVert a été aboli.
Donc, les gens voudraient peut-être faire des rénovations à la maison, bien, encore
faut-il avoir les moyens et les outils.
Mais, ma dernière question, pour revenir sur
votre tableau : Quand... Est-ce que, quand vous marquez -14 % pour le
domestique, c'est... Vous, quand vous parlez de juste valeur, est-ce que vous
voulez qu'on... C'est quoi, votre souhait exactement? Parce que je veux juste
être certaine de bien vous comprendre.
M. Vincent (François) : Là,
c'est la PME qui finance pour le bas tarif résidentiel, qui finance pour les
bas tarifs des multinationales, donc, oui, le -14 viendrait à zéro. Mais on
veut donner le mandat à la régie de régler l'interfinancement, puis c'est
important pour nous, pour ne pas faire que ça fasse un choc tarifaire. Donc, on
n'a pas donné un nombre d'années. Est-ce qu'on doit régler l'interfinancement
sur 10 ans ou sur 20 ans...
Le Président (M. Montigny) :
...temps est écoulé. Merci. Je cède maintenant la parole au député de Maurice-Richard, pour 2 min 44 s.
M. Bouazzi : Vous avez
parlé effectivement de ce que plusieurs spécialistes nous disent, c'est que,
s'il y a augmentation des tarifs d'électricité pour les particuliers, il
faudrait que ce soit associé à un large programme d'efficacité énergétique qui
les aide à passer à travers ça. Il y a toutes sortes de mécanismes qui
permettent aussi d'aider les personnes les moins nanties de... pour payer tout
simplement l'électricité. Est-ce que vous auriez besoin, vous, en fin de
compte, au niveau des PME, tout simplement aussi, de larges programmes qui
pourraient être accompagnés avec les grosses augmentations? On ne vous a pas
entendus sur ce sujet.
M. Vincent (François) : Oui,
puis c'est neuf PME sur 10 qui le disent dans un sondage, tant pour les
citoyens que pour les entreprises. Puis là-dessus, Hydro-Québec... on voit que
les programmes sont... ils ne sont pas utilisés par les petites entreprises,
parce qu'en gros le dirigeant d'entreprise, plus l'entreprise est petite, c'est
lui qui va faire toute la prospection, le suivi, etc., puis il se ramasse dans
une situation de pénurie de main-d'oeuvre, où la première conséquence, c'est
qu'il travaille plus d'heures. Donc, on voit que c'est plus difficile à
rentrer, là, pour les petites entreprises.
Mais on est contents de voir l'effort
significatif qu'Hydro-Québec vient de faire pour faire connaître davantage ses
programmes. C'est dur de se promener dans le métro ou d'écouter la radio sans
entendre une publicité de... d'Hydro-Québec. Puis on voit que dans leur plan
aussi, il y a 10 milliards qui est prévu pour l'économie d'énergie. Ça,
c'est vraiment la voie à suivre, mais il faudrait aussi en faire davantage.
Puis, nous, la FCEI, on va s'engager aussi
à aller rencontrer les dirigeants d'entreprises pour leur faire connaître les
programmes, pour les préparer, justement, aux futures hausses, parce que c'est...
c'est la clé de la solution. Puis, plus on économise, moins on a besoin de
produire, ça fait que probablement que même les investissements peuvent être
moins importants et l'augmentation de tarifs moins importante aussi.
M. Bouazzi : Juste pour
être clair, donc... Mais si... Moi, je compatis énormément avec les
entrepreneurs que je sais qu'ils travaillent très, très fort en ce moment depuis
déjà plusieurs années, étant donné le manque de main-d'oeuvre, entre autres.
Mais le fait que ça coûte plus cher, ça peut justement pousser à prioriser les
entrepreneurs pour accélérer ce genre de transition, si, évidemment, ils ont
accès à des programmes qui les aident à améliorer l'efficacité énergétique de
leurs processus ou de leurs bâtiments, tout simplement.
M. Vincent (François) : Bien,
c'est... Nous, c'est clair que la transition énergétique doit venir aussi avec
un accompagnement pour l'économie d'énergie. Puis les PME, là, actuellement,
sont vraiment pressées comme des citrons. Ils ont été 4 000 à signer une
pétition — puis on aimerait ça la déposer — d'entrepreneurs,
puis ça, c'est à partir du 27 mai. Donc, c'est des dirigeants
d'entreprises qui demandent d'être pris en considération dans tout ce débat.
Le Président (M. Montigny) :
Merci. Il n'y a plus de temps. On va procéder tout de suite... donner la
parole au député de Jean-Talon, pour 2 min 5 s.
M. Paradis : En connaissez-vous
beaucoup des endroits dans le monde où, comme au Québec, il y a une telle
différence entre les tarifs qui sont payés par les PME locales puis les grandes
entreprises multinationales?
M. Turmel (André) : À ma
connaissance, en général, il y a... c'est toujours basé sur les coûts, hein, puis
il y a toujours un rapport qui est à peu près le... à peu près similaire à ce
qu'on voit au <Québec...
M. Turmel (André) :
...puis
il y a toujours un rapport qui est à peu près le... à peu près similaire à ce
qu'on voit au >Québec. Évidemment, les coûts peuvent varier, mais... mais...
Parce que, tu sais, les grandes entreprises, leur tarif est beaucoup moins,
parce qu'il prend de grandes quantités d'énergie. Les PME, c'est un peu moins.
Mais... le rapport qu'on a au Québec par rapport à d'autres juridictions, je
pense qu'il est relativement similaire. Évidemment, ici au Québec, en général,
c'est plus bas à cause de l'avantage que nous avons.
Mais donc, notre système... La loi sur la
régie a été adoptée en 1997, et en 2000 on a ajouté le fameux article pour
empêcher la régie de bloquer l'interfinancement. Ça pose un problème.
M. Paradis : Très bien. J'ai
compris de votre témoignage et de votre mémoire que vous êtes quand même
d'accord sur le fait que les grandes entreprises multinationales peuvent en
faire plus dans le partage. Est-ce que... est-ce que je résume bien votre
position?
M. Vincent (François) : ...dans
la... dans les recommandations, dans l'allocution.
M. Paradis : Très bien.
En ce qui concerne le résidentiel — parce que l'interfinancement,
c'est ça, qui paie quelle part de l'énergie — vous êtes d'accord avec
la position de HEC, avec la création d'un fonds. Mais, en filigrane, ça veut
dire... vous le dites dans votre mémoire, ça implique des dépenses de la part
du gouvernement, qui sont payées par M. et Mme Tout-le-Monde. Donc, vous aussi,
vous êtes d'avis que le fonds, il a comme effet de faire en sorte que les
Québécois, les contribuables vont payer au-delà de... de l'augmentation,
plafonnée à 3 %, par ce mécanisme-là. C'est ça que le projet de loi dit.
On est bien d'accord?
M. Vincent (François) : Le
fonds, on le voyait positivement, parce qu'avant il y avait un 3 % «locké»
dans le projet de loi qui faisait en sorte que nécessairement le tarif des
entreprises augmentait, des PME, puis ça accentuait l'interfinancement. Donc,
c'est moins pire.
Mais, après ça, ça va coûter combien? Le
premier ministre, l'ancien ministre Fitzgibbon disaient : 100 millions à
300 millions.
Le Président (M. Montigny) :
En conclusion.
M. Vincent (François) : Mettons,
par exemple, que c'est 100 millions une année, ça va être...
M. Paradis : Vous dites...
M. Vincent (François) : ...100
millions de plus l'année d'après...
Le Président (M. Montigny) :
Merci. Je suis désolé, le temps est maintenant écoulé. Alors, je vous
remercie pour votre contribution aux travaux.
La commission suspend ses travaux jusqu'à
15 heures.
(Suspension de la séance à 12 h 50)
14 h 30 (version révisée)
(Reprise à 15 h 02)
Le Président (M. Montigny) : Alors,
à l'ordre, s'il vous plaît. La Commission de l'agriculture, des pêcheries, de
l'énergie et des ressources naturelles reprend ses travaux. Je demande à toutes
les personnes dans la salle de bien vouloir, là, éteindre leur cellulaire, la
sonnerie, tout ça, pour ne pas se faire déranger. Alors, voilà.
Maintenant, on va poursuivre avec les
consultations particulières et les auditions publiques sur le projet de loi n° 69,
la Loi assurant la gouvernance responsable des ressources énergétiques et
modifiant diverses dispositions législatives.
Pour ce faire, aujourd'hui, on va
accueillir les groupes suivants, cet après-midi : l'Association de l'industrie
électrique du Québec, le Regroupement national des conseils régionaux de l'environnement
du Québec, l'Association des redistributeurs d'électricité du Québec, l'AREQ,
et la Fédération des chambres de commerce du Québec. Alors, voilà.
Je souhaite maintenant... Évidemment, vous
êtes déjà installés. C'est parfait. Je souhaite maintenant la bienvenue à l'Association
de l'industrie électrique du Québec. Je vous rappelle que vous disposez, donc,
de 10 minutes pour votre exposé, puis nous procéderons, là, par la suite
aux échanges avec les membres de la commission. Je vous invite donc à vous
présenter, madame, et à commencer votre exposé pour 10 minutes. Merci.
Mme Lapointe (Marie) : Merci
beaucoup. Ça me fait un grand plaisir. J'aimerais vous souhaiter un bon
après-midi...
15 h (version révisée)
Le Président (M. Montigny) : ...madame,
et à commencer votre exposé pour 10 minutes. Merci.
Mme Lapointe (Marie) : Merci
beaucoup. Ça me fait un grand plaisir. J'aimerais vous souhaiter un bon
après-midi à tous. Et c'est un grand plaisir pour moi de représenter l'industrie
électrique du Québec cet après-midi. J'aimerais tout d'abord souhaiter la
bienvenue à notre ministre, Mme Fréchette. Félicitations. Et j'aimerais
également souhaiter la bienvenue à votre sous-ministre adjointe, Mme Deschênes.
Mon exposé est en trois parties : un
court exposé sur la décarbonation, sur les avantages qu'on voit sur le projet
de loi et aussi sur des recommandations d'amélioration. Le Québec pourrait
devenir le premier État décarboné au monde d'ici 25 ans, ou du moins un
des premiers États. Soyons prêts, allons de l'avant. L'électricité représente
43 % du portfolio d'énergie au Québec, déjà. Et à 99 % d'énergie
renouvelable, bien, ça veut dire qu'on est déjà en situation unique au monde,
avec l'Islande. Toute notre électricité est... d'énergies propres. Ce qu'il
nous reste à faire, c'est de tasser le 50 % d'énergies fossiles. Donc, on
a eu plusieurs questions dans les derniers jours, dans la commission : Pourquoi
on a besoin de plus d'énergie? Bien, c'est parce que pour tasser ces énergies
fossiles là, il faut électrifier.
Depuis 70 ans, nous avons développé, au
Québec, un formidable écosystème de savoirs, de compétences, avec 70 000 personnes
qui travaillent dans cette industrie-là — dont 20 000 à Hydro-Québec — dont
les firmes d'ingénierie et de services qui sont compétitives et qui offrent
leurs services partout au Canada et en Amérique, les PME, qui sont
exportatrices à 60 % et les grands manufacturiers qui offrent des
solutions au Québec, mais aussi partout dans le monde. On est donc
excessivement bien équipés en compétences pour être capables de décarboner.
Décarboner, ça veut dire quoi? Ça veut
dire éliminer d'ici 2050, comme vous le savez, 80 millions de tonnes de CO2, et ça veut dire 30 millions de
tonnes d'ici 2030. 30 millions de tonnes de CO2, qu'est-ce que
ça veut dire? 30 % viennent de l'industrie. Ça veut dire éliminer 10 millions
de tonnes de CO2, donc 3 500 à 4 000 mégawatts de
puissance. Ça veut dire 45 % du transport, 80 % est terrestre, donc à
peu près 9 000 tonnes... 9 millions de tonnes de CO2,
à peu près 3 500 mégawatts. C'est quand même beaucoup. Et une autre
portion, aussi, que ça va prendre pour des biocarburants et de l'hydrogène pour
être capables de décarboner le transport ferroviaire, maritime, d'avions.
Le cluster d'électricité au Canada, il est
au Québec. C'est ici que sont les compétences. Puis nos gens donnent déjà des
services partout dans le monde. Notre électricité propre, c'est notre carte de
visite. C'est ça qui attire puis qui fait l'envie de partout dans le monde,
puis c'est pour ça qu'il y a des entreprises qui veulent venir s'installer chez
nous. Électrifier puis décarboner nos activités, ça va être l'économie de
demain. C'est le message que je voudrais que vous gardiez aujourd'hui. S'il
faut investir, c'est bien en électricité et dans ce savoir-là.
Voici pourquoi on croit aux forces de ce
projet de loi là. D'abord, du côté du ministère, le PGIRE, qu'est ce que ça
apporte? Ça apporte de la prévisibilité, de la prévisibilité pour tous les
fournisseurs de notre chaîne de valeur, mais aussi pour établir les meilleurs
choix, les meilleurs scénarios. Et normalement, ce PGIRE-là, il devrait être un
outil vivant qu'on va réviser régulièrement, mais qui va être... qu'on va être
capables de moduler aussi. Donc, s'il y a des options qui ne sont pas possibles
pour une raison x, on va avoir d'autres solutions dans nos poches.
C'est aussi pour la première fois qu'on
met la production d'électricité et l'efficacité énergétique. Ici, je regarde
les personnes qui ont participé à la rédaction de ce projet de loi là. C'est
une première. Et qu'est ce que ça permet, ça? Les deux sont sur le même pied d'égalité.
Bien, enfin, on s'en va vers la sobriété, on s'en va vers l'économie, on s'en
va à ne pas harnacher des rivières pour rien, à ne pas aménager des territoires
pour rien et à commencer à optimiser toutes les ressources qu'on a. Ça veut
dire, aussi, qu'on va être capables d'être complémentaires dans nos approches.
Ça amène une autre façon de gérer l'énergie. Ça apporte de la transparence, au
niveau de la régie, parce qu'on remet le rôle à la régie où il doit être, c'est-à-dire
d'accepter des projets et d'avoir une position de proposition. Ça va nous aider
pour la gestion des projets qu'on aura choisis et ça va nous aider pour
sécuriser l'approvisionnement.
Au niveau de la régie, bien, il y a toute
la notion de performance que ça amène. Lorsqu'on est en position où c'est une
grosse société d'État qui offre les services, bien, ça va nous aider, aussi, à
être capables de mettre des performances, des critères de performance finaux au
lieu de contrôler tout le processus. Pour <Hydro-Québec...
Mme Lapointe (Marie)T :
...aussi, à être capables de mettre des performances, des critères de
performance finaux au lieu de contrôler tout le processus. Pour >Hydro-Québec,
ce que ça veut dire, le PGIRE, ce que ça veut dire aussi, dans ce projet de loi
là, l'élément le plus important, le plus gros atout qu'on a, c'est la
flexibilité que ça apporte. Être capable, pour Hydro-Québec, de faciliter les
processus, c'est un atout majeur pour accélérer la transition énergétique. Ça
va permettre de faire des projets gré à gré sans appel d'offres, ça va
permettre d'être capables d'électrifier plus rapidement tout en conservant la
transparence d'information tout au long du processus. Et enfin, bien, c'est un
formidable outil pour s'ouvrir à l'innovation et à tout ce qui se passe dans le
monde. C'est une chance unique de penser autrement, d'innover les façons de
faire, d'accélérer la transition puis de bâtir une nouvelle société.
Donc, si on regarde dès maintenant les
recommandations que nous faisons, la première : confirmer la demande par
le biais d'une consultation publique régionale. Je pense que ça va résonner
auprès de certaines personnes. Ce n'est pas tout le monde qui comprend les
besoins. Pourquoi on décarbone? Pourquoi on remplace le pétrole, le gaz, le
mazout, le kérosène par de l'électricité? Ça amène des contraintes, ça amène
des investissements. Donc, c'est très important de faire une tournée régionale
en parallèle de l'élaboration du PGIRE. Et peut-être, Mme la ministre, vous
allez décider avec quel escadron vous allez le faire, peut-être avec des gens
du ministère de l'Environnement, avec les gens de la transition énergétique,
mais c'est essentiel de faire une tournée régionale pour garder la voix des
clients, la voix de l'industrie, la voix des fournisseurs.
• (15 h 10) •
Deuxième proposition : développer une
stratégie manufacturière d'approvisionnement durable et compétitive. On a une
chaîne de valeur, déjà, on a 70 000 employés. Le taux
d'investissement va passer, avec le plan qui a été présenté d'Hydro-Québec,
110 millions par année. On passe de 3 à 4 milliards par année, au
Québec, à 10 à 12 milliards au Québec. L'AIEQ a fait faire une étude, ça,
ça peut amener au moins 400 millions de plus de revenus pour... pour nos
manufacturiers qui sont déjà parmi les meilleurs au monde. Ça mérite d'être
soutenu.
Troisièmement : Assurer une agilité
de marché et d'innovation au Québec grâce à un plan de clientèle et
d'efficacité énergétique. Ce qu'on propose, c'est que le plan de clientèle qui
va vous être proposé à la régie et au ministère, il soit révisé plus souvent.
Il soit révisé, il soit déposé aux six ans, mais soit revu aux trois ans.
Pourquoi? Parce que les technologies évoluent très rapidement et ça va nous
éviter de faire des investissements massifs, parce qu'on est capables, on
rapproche l'énergie des gens, on rapproche l'électricité des gens. La façon de
gérer va changer.
Quatrièmement : Faire contribuer
l'industrie électrique à une vigie des meilleures pratiques mondiales.
Peut-être juste des coquilles dans le projet de loi, mais on parle de
l'implication du ministère, de la régie dans l'innovation, de la société
d'État. Le plan... le plan d'action d'Hydro-Québec parle d'impliquer ses
employés. Nous, on dit : Impliquez, s'il vous plaît, les grands
manufacturiers qui offrent des solutions, déjà, partout dans le monde au niveau
de l'innovation, nos PME aussi puis nos firmes d'ingénierie. C'est une
ouverture aux meilleures pratiques extraordinaire dans toutes les régions du
Québec.
Cinquièmement, puis ça va avec la
précédente : explorer la formation d'un pôle de compétitivité et
d'excellence en électrification au Québec. Pourquoi? Pour bâtir une société de
savoir. On a des universités, on a des centres de recherche, on a nos employés,
déjà, et on a déjà des zones d'innovation. Mais être capables de tous travailler
ensemble vers le même objectif, être capables de se coordonner et s'il nous
manque des ressources, d'aller les chercher.
Sixièmement : s'assurer, à l'instar
du reste du Canada, d'intégrer les communautés autochtones dans le
développement durable des projets de croissance et de décarbonation ou de
résilience à travers les processus de décision, d'approvisionnement, de
recrutement et d'implication communautaire. Et ça, c'est déjà dans la feuille
de route de nos grandes firmes d'ingénierie, de nos groupes de service-conseil
qui sont avancés, ainsi que de nos manufacturiers qui travaillent déjà comme ça
avec le reste du Canada. Nous autres, on a une histoire pour ça. On n'en avait
pas besoin, on était proches des communautés autochtones, eux, ils avaient des
traités. Maintenant, tournons ça à notre avantage à tous.
Et dernière proposition : diversifier
les sources d'approvisionnement, diversifier les sources d'approvisionnement en
valorisant l'autoproduction des communautés et des partenaires industriels. On
doit changer de paradigme, on doit changer de «mindset» de ce côté-là. On
devrait permettre l'autoproduction de gens qui le veulent, mais à condition
qu'ils puissent stocker l'énergie puis la redonner si on en a besoin. Imaginez
qu'on ait une centaine de partenaires...
Le Président (M. Montigny) : En
conclusion.
Mme Lapointe (Marie) : Alors,
les abonnés deviennent des <clients...
Mme Lapointe (Marie)T :
...une
centaine de partenaires...
Le
Président (M. Montigny) :
En conclusion.
Mme Lapointe (Marie)T :
Alors,
les abonnés deviennent des >clients, et les clients deviennent des
partenaires. C'est tout.
Le Président (M. Montigny) : Parfait,
merci beaucoup. Alors, sur ce, on va procéder maintenant à la période
d'échange. Mme la ministre, c'est à vous pour une période de
16 min 30s.
Mme Fréchette : Merci
beaucoup, M. le Président. Grand merci, Mme Lapointe. Très heureuse d'avoir
l'occasion de vous entendre, de vous rencontrer. On sent toute la détermination
et l'enthousiasme qui vous habitent, et j'ai l'impression que vous allez avoir
un effet de contamination positive sur le secteur.
Vous parliez de l'intérêt qu'il y aurait à
avoir... à faire une tournée. Je suis de cette eau-là, de faire des tournées,
c'est d'ailleurs ce que j'avais fait en premier quand j'étais arrivée à
l'Immigration. Et là, ce que je trouve fascinant, bien, c'est que la tournée
vient à nous, parce que tous les acteurs viennent nous rencontrer. Alors, le
timing ne pourrait pas être plus idéal pour moi pour, justement, rencontrer
l'ensemble de ceux qui font bouger le secteur énergétique. Alors, merci d'être
de ce nombre. C'est très, très intéressant, instructif et éclairant.
Alors, bon, d'une part, j'entends toute
votre ambition en lien avec votre secteur et je me disais : Dans quelle
mesure est-ce que vous considérez que de doubler la production d'Hydro-Québec
permettra d'aller plus avant dans ce que vous proposez de faire, là? Est-ce que
c'est un incontournable? Est-ce que ce doublement est quelque chose qui...
Mme Lapointe (Marie) : Bien,
en fait, c'est clair qu'il faut électrifier. Donc, le 10 milliards de
litres qu'on achète, bien, il va falloir qu'on l'enlève. En passant, l'argent,
on l'a, hein, parce qu'on l'achète, cet argent-là, on devrait l'avoir pour
décarboner, on doit... on devrait se donner des mécanismes pour le faire. Donc,
il est clair, par contre, on n'est pas obligés de tout électrifier ce qui est
inefficace. Il faut commencer par faire un exercice de revue. On sait qu'au
niveau industriel, il y a des pertes de chaleur, il y a des inefficacités, au
niveau des commerces aussi, au niveau des résidents aussi. Donc, c'est clair
qu'un vaste programme d'efficacité, ça va être la première chose. Ça veut dire
se mesurer en premier, et ça veut dire, aussi, donner des incitatifs en
parallèle avec le ministère de l'Environnement pour être sûrs que les gens vont
travailler pour isoler leurs maisons, installer des thermopompes, faire tout ce
qu'ils peuvent. Ça, c'est la première chose.
Doubler? Je ne sais pas. Est-ce que c'est
1,5? Est-ce que c'est deux fois? Il faut bien comprendre qu'à chaque fois qu'on
fait de l'efficacité énergétique, on baisse la demande. Donc, est-ce que
c'est... on a besoin de... Ce qu'on sait, c'est qu'à peu près... C'est pour ça
qu'on veut vérifier, une tournée pour faire la vérification des besoins. Est-ce
que c'est 60 térawattheures qu'on va mettre d'ici 2035? Est-ce que c'est
plus, est-ce que c'est moins? Les HEC arrivaient à peu près à 80, 60 plus 21,
d'efficacité. Est-ce que c'est ça, maintenant? Est-ce que c'est plus, est-ce
que c'est moins, d'ici 2035-2040?
Maintenant, le 200, est-ce qu'on va
s'apercevoir qu'on peut travailler autrement? Est-ce que les gens vont
tellement vouloir venir s'installer chez nous qu'on va vouloir aussi créer de
la valeur? On ne le sait pas.
Mme Fréchette : Vous accordez,
justement, beaucoup de valeur au PGIRE, vous considérez, donc, que c'est un
outil incontournable et vous proposez aussi de faire une consultation. De
quelle manière est-ce que vous verriez que les gens puissent participer à
l'élaboration du PGIRE? Parce que c'est quelque chose qu'on va vouloir mettre
en place. Donc, j'aimerais bien vous entendre de ce côté-là, pour le
fonctionnement.
Mme Lapointe (Marie) : Bien,
Mme la ministre, vous savez que nous, on défile devant vous en qualité d'experts,
ou en qualité de lobbies, ou en qualité de parties prenantes, mais la
population, elle, elle doit comprendre quels sont les besoins, pourquoi on fait
ça. Alors, il y en a qui pensent qu'on peut se débarrasser du fossile puis ne
pas rajouter de capacité. Ça fait qu'il y a tout un côté d'acceptabilité
sociale puis d'éducation.
Ça fait que c'est sûr que ce que je
verrais, c'est qu'être capables de repartager, Hydro-Québec l'a déjà fait, mais
refaire vraiment un effort de besoins, mais ne pas empêcher Hydro-Québec
d'avancer, par exemple, et ne pas retarder le PGIRE non plus. Parce que, vous
savez, on pourrait avoir des vents de face, là, qui pourraient nous ralentir,
dans les prochaines années. Il faut être prêts, là, il faut être prêt l'année
prochaine.
Donc, ce que ça prend, c'est sûr que je
verrais une consultation avec des représentants des différentes parties
prenantes qui feraient des consultations régionales. C'est comme ça que je
verrais ça. Et en même temps, les gens travaillent le PGIRE avec des experts,
ils regardent les scénarios, les coûts économiques, qu'est-ce que ça donne,
aussi, en CO2.Il y a qu'est-ce que ça coûte et qu'est-ce que ça
donne, et comment on va être capables de s'assurer qu'on va maintenir des
emplois de qualité dans les régions partout au Québec, avec des entreprises qui
vont être pérennes, qui vont pouvoir vivre 20, 30, 40 ans avec ça, 50 ans.
Mme Fréchette : Vous parlez
aussi de l'importance d'avoir une... de faire une vigie des meilleures
pratiques à l'international. C'est sûr que l'idée est intéressante parce que
c'est un secteur qui évolue à vitesse grand V, et puis je pense que la plupart
des pays, occidentaux, du moins, sont dans cette mouvance-là d'agir rapidement,
de se positionner rapidement. Est-ce que vous auriez quelques exemples de
pratiques intéressantes qui se sont déployées ailleurs, peut-être en Islande,
où vous faisiez un parallèle avec le Québec, ou ailleurs?
Mme Lapointe (Marie) : Bien,
l'Islande, en fait, c'est <parce...
Mme Fréchette :
...peut-être
en Islande, où vous faisiez un parallèle avec le Québec, ou ailleurs?
Mme Lapointe (Marie)T :
Bien,
l'Islande, en fait, c'est >parce qu'ils sont... ils sont à 100 %.
Donc, ce n'est pas... Ils sont bons, mais bon. Mais ce qu'on voit, c'est que la
Californie, l'Angleterre, l'Allemagne, les endroits où il n'y a pas beaucoup
d'énergie, la Norvège, le Danemark, ils ont été obligés d'accélérer les
biocarburants ou de gérer la demande de façon beaucoup plus dynamique, de façon
beaucoup plus serrée. Donc, tout ce qui est de robotisation, numérisation,
information au client, donner la capacité au client, qui devient un partenaire,
de baisser sa demande quand il y a... au lieu d'investir énormément plus de
capacité et permettre à Hydro-Québec, aussi, d'avoir toute l'information sur le
niveau de charge, par exemple, ça, c'est ce que les autres font.
Donc, c'est... Quand on parle de
numérisation, on parle de données, la société d'État est déjà là, elle est déjà
en train de le faire. Ce qu'on peut faire, c'est l'accélérer. Il y a des choses
que les gens font parfois un peu plus rapidement, pas nécessairement mieux. Il
y a des solutions aussi qui ne seront pas bonnes pour Hydro-Québec, parce que
c'est lui, quand même, qui est le chef d'orchestre de cette transition-là.
Mais, par exemple, Hydro One sait, par exemple, où sont toutes les charges des
autos. Bien, ça, c'est quelque chose qu'Hydro-Québec va avoir dans quelques
mois, OK? Donc, Hydro-Québec s'est donné une prévisibilité pour les voitures.
Ensuite, il y en a... En Californie, ils
sont capables de gérer la demande : comment le solaire puis les éoliens
travaillent. Puis la grande chose qu'il y a présentement, on va être capables
de stocker l'énergie, donc ça, ça ouvre des opportunités extraordinaires qui
n'existaient pas avant. Et là-dessus, on a des choses à apprendre, où est-ce
qu'on va placer les...
Mme Fréchette : Oui.
Pourriez-vous nous parler des différentes formules de stockage, justement?
Mme Lapointe (Marie) : Pardon?
Mme Fréchette : Pourriez-vous
nous parler des différentes formules de stockage, ce qui fait l'objet
d'innovations?
Mme Lapointe (Marie) : Bien,
en fait, c'est parce que les intermittents... vous le savez, les intermittents,
quand ils passent, bien, des fois, il y a des...
Mme Fréchette : Ce n'est pas au
bon moment.
• (15 h 20) •
Mme Lapointe (Marie) : ...il
y a des systèmes qui sont obligés de ralentir leur production hydroélectrique
ou autre, ou nucléaire, en France, pour faire passer l'intermittent pendant
qu'il vente ou pendant qu'il fait soleil. Et ça crée des frustrations, parfois,
par les opérateurs, ou des inefficacités. Alors que si vous êtes capables de
stocker l'énergie, bien là, ça devient... pas simplement avec les barrages,
mais de façon correcte, près des charges, près des consommateurs, bien, après
ça, eux autres, ils peuvent vous le redonner, le redonner au système quand
c'est le temps. Donc, c'est des... c'est des options qui existent déjà dans
d'autres endroits.
Mme Fréchette : Oui. La
question était plus à savoir est-ce qu'il y a des innovations dans les formes
de stockage?
Mme Lapointe (Marie) : Oui,
oui.
Mme Fréchette : Si vous
pouviez nous en parler.
Mme Lapointe
(Marie) :
Bien, en fait, il y a... il y a eu... il y a EVLO qui a
fait une présentation, hier, à notre... lors de notre entrée, qui est capable
de... qui, avant, avait 1.2 mégawatt sur des camions de 40 pieds,
maintenant c'est rendu cinq mégawatts dans 20 pieds. Déjà là, eux autres
font beaucoup d'innovations. On est capables de mettre ces batteries-là en
série. Et plus ça va, plus il y en a qui sont en train de développer des
solutions pour être capables de tenir des charges pendant très longtemps. Puis
si vous regardez dans l'évolution des batteries, bien, il y a des nouvelles
solutions qui vont s'en aller tranquillement vers d'autres façons de stocker
l'énergie, dont l'hydrogène ou dans des matériaux avancés.
C'est pour ça que ça nous prend un
leadership, aussi, au niveau de nos centres de recherche. Ça prend une
entreprise qui est nationale. Décibel, qui est une entreprise, par exemple, qui
est capable de faire... de stocker l'énergie, le soir, des voitures, de le
gérer puis de le... avec des bâtiments intelligents, puis de le redonner. C'est
des... C'est des exemples d'innovations qui existent déjà au Québec.
Mme Fréchette : Excellent.
Merci. Et je vais laisser la parole à mes collègues. Merci.
Le Président (M. Montigny) : Merci
beaucoup. Maintenant, c'est le temps de donner la parole au député de Côte-du-Sud.
Il vous reste 8 min 10 s.
M. Rivest : Combien?
Le Président (M. Montigny) : 8
min 10 s.
M. Rivest : D'accord. Merci.
J'abonde dans le même sens que Mme la ministre, merci de votre enthousiasme. De
retour de dîner, ça fait vraiment beaucoup de bien de vous entendre.
Mme Lapointe (Marie) : Vous
ne voulais pas vous endormir. J'en suis fort aise. Merci.
M. Rivest : On n'est pas
endormis du tout. C'est... c'est plaisant. Puis j'apprécie la clarté, aussi, de
vos propos puis la pertinence, aussi, du mémoire que vous avez déposé.
Puis j'aimerais vous demander, au fait,
dans le projet de loi, est ce qu'il y a... Vous semblez, évidemment, très
enthousiaste, on vous l'a dit, mais quels sont les outils qui vous paraissent
les plus pertinents? Est-ce que vous voyez des éléments qui peuvent manquer au
projet de loi? Quelles seraient vos priorités qui pourraient être apportées et
changées, modifiées, modulées, bonifiées? Mais, particulièrement, les... est-ce
que vous pensez que les outils sont assez nombreux, là, à l'intérieur du projet
de loi proposé?
Mme Lapointe (Marie) : Bien,
en fait, l'équilibre entre... entre le ministère, le rôle du ministère, la
régie puis Hydro-Québec me semble assez... assez bien expliqué. Ça, c'est très
bien. Ce qui... ce qui ressort, c'est la volonté d'innovation, mais il va
falloir le mettre en place. Quels outils d'innovation on va se donner? Je pense,
c'est ça qui est le... qui est le point qu'on doit clarifier. Le PGIRE, aussi,
pourrait laisser entendre à certaines personnes que ça retient Hydro-Québec
d'agir. Ce serait une grosse erreur. Parce qu'on est... il faut absolument
électrifier plus rapidement. Il ne faudrait pas retenir les projets qui ont été
annoncés, le 3 500 mégawatts d'éolien, il ne faudrait pas <retenir...
Mme Lapointe (Marie)T :
...électrifier
plus rapidement. Il ne faudrait pas >retenir les projets qui ont été
annoncés, le 3 500 mégawatts d'éolien, il ne faudrait pas retenir...
Il y a six projets de lignes 735, peut-être qu'ils veulent en faire un ou
deux, je ne sais pas, je n'ai pas les plans détaillés. Je pense qu'il ne
faudrait pas retenir les premiers plans d'Hydro-Québec.
M. Rivest : Mais pour ne pas
retenir tout ça, réaliser le projet de loi, avoir les objectifs de l'échéancier
qu'on a, c'est un bon défi.
Mme Lapointe (Marie) : Oui,
mais ça se fait en parallèle, hein? Il y a l'opérationnel puis il y a l'agenda
stratégique. Puis je pense qu'on est capables de faire les deux, c'est quelque
chose qu'on est capables de faire.
M. Rivest : Vous avez
mentionné, sur le PGIRE, les mécanismes de consultations. Compte tenu du dépôt
qu'on souhaite, aussi, assez rapidement, il y a-tu des éléments que vous pouvez,
justement,nous aider à faire en sorte que ça puisse se faire assez rapidement
dans...
Mme Lapointe (Marie) : Bien,
en fait, on connaît... on connaît des recettes gagnantes. On sait, par
exemple... qu'en France, là, RTA a développé, avec des firmes internationales,
huit scénarios, par exemple, avec des portfolios différents : les coûts,
les impacts, les délais, qu'est-ce que ça donne, comme... le risque, et l'État
a choisi un scénario avec des «backups». Maintenant, est-ce qu'ils sont
capables de l'implanter puis de l'expliquer à la population? C'est quelque
chose.
Nous, ce qu'on dit, c'est : Ça va
prendre des gens extérieurs, suffisamment, des tiers suffisamment extérieurs,
impliquer Hydro-Québec, impliquer l'institut Trottier, impliquer le HEC, bien
sûr, mais être sûrs qu'il va y avoir un bras de distance pour la personne qui
va être engagée par l'État pour faire ça. Il y a l'ADEME, aussi, qui offre
différents scénarios de décarbonation au niveau de l'environnement. Ça fait que
ça, c'est des balisages à retenir. Ça fait partie des meilleures pratiques à
faire.
M. Rivest : Je comprends.
Dans votre mémoire, vous parlez aussi, puis vous l'avez bien dit aussi, de
tasser, même, vous avez pris cette expression-là, l'énergie fossile, 50 %,
tout ce volet-là, d'électrifier l'écosystème, etc. Dans cet écosystème-là, vous
avez mentionné votre recommandation numéro cinq, la mise sur pied de tout un
volet d'un pôle de compétitivité. Vous en avez parlé un petit peu, mais
pouvez-vous nous donner plus d'informations? Comment voyez-vous ça? Surtout,
une fois qu'on a nommé les acteurs, de quelle façon cette coordination-là, ce
travail ensemble là pourrait être réalisé?
Mme Lapointe (Marie) : Bien,
il y a... il y a... Moi, je dirais, il faudrait... il faudrait regarder les
champions d'innovation dans le monde, de façon générale. Hier, le...
M. Rivest : En avez-vous en
tête?
Mme Lapointe (Marie) : Oui,
absolument. L'Allemagne, par exemple. Le consulat d'Allemagne était avec nous
hier. Ils nous ont présenté comment ils voyaient les choses pour
s'approvisionner, pour se décarboner. Parce qu'ils n'ont pas d'énergie, mais
ils ont des cerveaux. En Allemagne, ils ont des cerveaux, ils sont capables
d'encourager l'innovation puis d'investir dans l'innovation. Ça, ils ont ça.
Ils sont capables de s'entendre, aussi. Ça fait qu'il y a des bonnes pratiques,
ailleurs. Il y en a qui vont vite. Puis, en Californie, par exemple, c'est des
gens qui vont vite aussi. Donc, je pense qu'il faut aller voir les meilleurs.
On veut établir un corridor, avec notre gouvernement, avec la France. Les zones
d'innovation, c'est bien, mais des pôles de compétitivité, c'est bien aussi,
parce que tu réunis la technique, les universités, tu formes les gens, un peu
comme l'institut que l'Hydro-Québec veut faire, mais il faut le soutenir au
niveau gouvernemental. Ça va nous prendre des cerveaux, ça va nous prendre des
dizaines de milliers d'ingénieurs, de techniciens, de soudeurs, de machinistes,
qu'on va chercher présentement au Cameroun, au Pérou, en Colombie. Ça fait
qu'il va falloir les former, hein?
Une voix : ...
Mme Lapointe (Marie) : Oui,
les franciser.
M. Rivest : On a des beaux
défis, on a des beaux défis.
Mme Lapointe (Marie) : On a
des beaux défis. Mais un pôle de compétitivité, ça permet d'avoir une vision
complète puis d'être au service de la société.
M. Rivest : Qui devrait
être... qui devrait être le porteur de...
Mme Lapointe (Marie) : C'est
l'État. Le leadership et l'innovation, ça vient de l'État. Ça devrait être le
ministère. J'ai confiance.
M. Rivest : Merci, merci.
Merci pour cette confiance. Comme dernière question, je voudrais savoir... vous
en avez parlé aussi, mais la partie d'autoproduction, le volet des sources
d'approvisionnement et de stockage. Mme la ministre a posé la question, puis sur
ce volet-là, de stockage, là, vous en avez parlé un petit peu, de certaines
innovations, mais ici, est-ce qu'on a la capacité, aujourd'hui ou dans les
prochaines années, d'avoir cette capacité-là, cette volonté-là aussi? Comment
vous envisagez ce volet-là, d'autoproduction, en lien avec le stockage?
Mme Lapointe (Marie) : La
capacité? Certainement, c'est la volonté. Quelqu'un... une compagnie privée
puisse générer un peu d'énergie, pouvoir la stocker puis la redonner, au
besoin, à Hydro-Québec, il y a plein d'organisations, présentement, puis de
mines, d'organisations de... pétrochimiques, de commerces qui seraient prêts à
jouer ce jeu... ce rôle de partenaire.
M. Rivest : À grande échelle?
Mme Lapointe (Marie) : Bien,
c'est-à-dire que c'est la petite échelle cumulée avec les microréseaux qui
finit par faire la grande échelle. Mais c'est... imaginez si on était capables
de... Et, en plus, ça va les légitimer.
M. Rivest : Merci beaucoup.
Le Président (M. Montigny) : Merci
beaucoup. M. le député de Rouyn-Noranda—Témiscamingue, il resterait 1 min 50 s.
M. Bernard : Merci, M. le
Président. Bonjour, Mme Lapointe. Merci énormément pour vos propos. Petite
question. Ce matin, on <avait...
M. Bernard :
...Merci, M. le Président. Bonjour, Mme Lapointe. Merci énormément
pour vos propos. Petite question. Ce matin, on >avait la FCEI qui
était ici, puis vous êtes dans le secteur manufacturier, donc ça devrait dire
que normalement, techniquement, vos membres sont également membres de la FCEI.
Mme Lapointe (Marie) : Ça
arrive.
M. Bernard : Pas tout le
temps à la majorité.
Mme Lapointe (Marie) : Bien,
c'est-à-dire qu'il y en a qui le sont, ils ne le sont pas toujours. Par
exemple, vous avez des grands manufacturiers électriques qui, eux, sont plus
avec nous. OK? Il y a des firmes d'ingénierie qui sont aussi avec les firmes
d'ingénierie, bien, l'association des firmes d'ingénierie, c'est clair. Quand
on parle des tiers deux et des tiers trois, c'est-à-dire des gens qui
travaillent pour les grands manufacturiers puis pour les donneurs d'ordre,
bien, il y en a qui travaillent dans l'aluminium, il y en a qui travaillent
dans l'acier, il y en a qui travaillent dans les pâtes et papiers, il y en a
qui travaillent aussi dans les grands secteurs d'aérospatial. Donc, pour eux,
l'électrification, ça représente un créneau, pour eux, extraordinaire, de
stabiliser le cash-flow, de développer des compétences latérales. Puis des
fois, on le sait, que les pâtes et papiers descendent, donc, de pouvoir être
capables de migrer vers des créneaux d'avenir.
M. Bernard : OK. Bien, je
comprends un peu ce que vous dites, parce que moi, je viens du secteur minier,
je viens de l'Abitibi-Témiscamingue, donc il y a beaucoup d'entreprises, au
niveau électrique, qui ont fait beaucoup d'innovations, entre autres, en
partant du secteur minier, mais, par la suite, les besoins vont dans d'autres
secteurs d'activité. Mais je revenais... les propos, vous, les gens... Ce
matin, les propos de la FCEI touchaient les tarifs. Est-ce que vos membres vous
en parlent, pour... Eux, ils s'inquiètent moins, ils ne sont pas touchés par
les tarifs d'électricité qui vont s'en venir ou ce n'est vraiment pas leur
préoccupation?
Mme Lapointe (Marie) : En
réalité, nos... les manufacturiers fournissent des services pour amener les
infrastructures à la mobilité...
Le Président (M. Montigny) : Merci
beaucoup. Merci. Il ne reste malheureusement plus de temps. Je suis désolé de
vous couper. C'est maintenant la période pour... Je vais céder, maintenant, la
parole à Mme la députée de Saint-Laurent pour une période de 10 min
24 s.
• (15 h 30) •
Mme Rizqy : Merci beaucoup,
M. le Président. Bonjour, Mme Lapointe. Un grand merci. Vous faites souvent...
Je vous écoutais parler avec vos gestes, vous me faisiez penser aux professeurs
d'université, là, qui s'assuraient les élèves suivaient, là, à un bon rythme.
Vous êtes très bonne.
Dites-moi, j'aimerais aller directement
dans votre mémoire, parce qu'il est bien écrit, mais surtout concis, droit au
but, j'aime ça. Vous avez parlé tantôt, mais... capacité de stocker, vous en
avez fait mention, hier on avait un autre groupe qui nous disait qu'au Québec,
ça pourrait être peut-être plus difficile de stocker parce qu'on a des hivers,
c'est froid. Mais moi, j'avais entendu d'autres spécialistes dire : Non,
la technologie a tellement avancé, ce n'est plus comme avant, les batteries de
stockage. Alors, je voudrais vraiment vous entendre là-dessus, s'il vous plaît.
Mme Lapointe (Marie) : Bien,
en fait, vous comprendrez qu'il y a beaucoup d'experts dans le domaine. Si vous
voulez, je pourrais organiser des sessions spéciales avec les grands
manufacturiers puis avec les firmes d'ingénierie, qui sont toutes là et qui
offrent ces services-là aux mines, qui offrent ces services à la mobilité, qui
offrent ces services-là aux municipalités. Donc, les options de stockage
évoluent à vitesse grand V, présentement.
Mme Rizqy : Hier, un groupe
disait que mettre de l'argent dans le stockage, c'est du gaspillage de fonds
publics. Est-ce que vous êtes d'accord avec cette affirmation-là?
Mme Lapointe (Marie) : Absolument
pas.
Mme Rizqy : Parfait. Parce
que nous, on croit, effectivement... Puis on a fait une proposition pour faire
ce virage qui inclurait aussi le solaire, mais le grand enjeu qu'on a, par la
suite, c'est de stocker, particulièrement lorsqu'il y a des pointes, et...
Mme Lapointe (Marie) : Bien
oui.
Mme Rizqy : Bon, vous
pouvez...
Mme Lapointe (Marie) : Bien
oui, bien oui.
Mme Rizqy : Bien, c'est
là-dessus que je veux vous entendre parce que j'aimerais vraiment comprendre
pourquoi on a des experts qui disent : Non, ce n'est pas bon, ça ne marche
pas, et vous, qui êtes là... Et moi, j'entends aussi des entreprises que j'ai
côtoyées qui disent : Non, on est prêts et on a la capacité de le faire,
la technologie est au rendez-vous.
Mme Lapointe (Marie) : C'est-à-dire
qu'il y a des façons de faire qui combinent et la digitalisation ou la
numérisation, la collecte de données... Le panneau solaire, par exemple, est
là, on est capables de stocker l'énergie et, après ça, de le redonner en
période de pointe, parce que vous le savez, des fois, que l'ensoleillement
n'est pas en même temps que... au Québec, que l'heure de pointe, qui est en fin
de journée, ou qui se déplace en fin de journée, avec la charge des voitures,
présentement, elle est le matin mais elle se déplace en fin de journée. Et il y
a des nouvelles technologies, en passant, en Allemagne, qui permettent de
prendre le solaire le matin puis l'après-midi.
Donc, effectivement, si on veut déployer,
au Québec, le solaire, il va falloir que ça se fasse avec des batteries. En
fait, la valeur est dans la batterie, pour être capable d'optimiser ça. Puis,
en plus, si on a une batterie avec notre auto, bien, là, on est capables de
jouer puis d'avoir des bâtiments intelligents puis des villes intelligentes.
Mme Rizqy : Et on a du
savoir-faire intelligent québécois.
Mme Lapointe (Marie) : Absolument.
Mme Rizqy : Merci. Là,
j'aimerais aussi vous entendre, parce que vous en avez fait mention, qu'ici,
vous, dans ce que vous avez dit, puis je vais... je vais le dire, puis
corrigez-moi si je me trompe : On stocke et on redonne à la société
d'État. Donc, ce n'est pas pour revendre à tous et chacun, là, c'est vraiment
gagnant-gagnant. Hydro-Québec reste, à ce moment-là, vraiment, notre cheval...
notre bateau amiral et si jamais, par exemple, il y a un surplus d'énergie,
l'entreprise pourrait le retourner à Hydro-Québec, c'est ça...
15 h 30 (version révisée)
Mme Rizqy : ...notre cheval...
notre bateau amiral, et si jamais, par exemple, il y a un surplus d'énergie, l'entreprise
pourrait le retourner à Hydro-Québec. C'est ça que vous avez dit tantôt. Juste
le confirmer.
Mme Lapointe (Marie) : C'est
ce que j'ai dit. C'était mon propos ou c'était l'idée que j'avais. Parce que,
normalement, si on stocke, c'est pour redonner à la société. Donc, si ce n'est
pas directement en bidirectionnalité, dans le réseau, ça peut être dans son
quartier, à l'intérieur d'un microréseau. Il y a différentes façons de le
faire.
Mme Rizqy : OK. Parce que,
là, présentement, dans l'article 38 du projet de loi, la façon que c'est
écrit, c'est pour une personne adjacente. Adjacente, hein, vous comprendrez,
là, c'est à côté. Il y a un groupe qui est venu dire : Non, ouvrez ça de
façon très large. Et nous, on a fait : Un instant. Parce qu'on a
nationalisé Hydro-Québec avec les objectifs très clairs d'assurer qu'on a une
société d'État très forte et surtout de s'assurer que le coût, partout au
Québec, soit le même et non pas comme à une certaine époque où est-ce que les
gens de Rivière-du-Loup payaient trois fois plus cher que les gens de Montréal.
Mme Lapointe (Marie) : Exactement.
Mme Rizqy : Parfait. Donc...
Mme Lapointe (Marie) : Puis
ce n'est pas ça qu'on veut.
Mme Rizqy : Parfait. On
aurait dû vous inviter avant, vous. Bon, alors, on continue. Recommandation n° 2 : «Développer une stratégie manufacturière d'approvisionnement
durable et compétitive.» Dans le projet de loi, présentement, il n'est pas
mention d'un pourcentage qui pourrait être local, qui pourrait être québécois.
Dans les anciens appels d'offres, jusqu'à tout récemment, jusqu'en 2022, il y
avait quand même un pourcentage qui devait être québécois, et même, on allait
le préciser plus loin, on disait : 50 % québécois, mais 35 %
régional. Est-ce que ça, c'est quelque chose que vous pensez que le groupe que
vous représentez aimerait quand même... sans parler de pourcentage, mais d'avoir
au moins une... un pourcentage québécois, sans le dire...
Mme Lapointe (Marie) : Il y a
déjà un pourcentage québécois, hein, il existe.
Mme Rizqy : Oui, mais là dans
le...
Mme Lapointe (Marie) : Il y a
déjà un pourcentage. En fait, dans l'expérience qu'on a eue, on évite de mettre
un pourcentage, parce qu'il faut que l'entreprise soit compétitive avant tout.
Donc, il faut qu'elle présente dans son plan d'affaires une façon de se
robotiser, ou d'augmenter ses capacités, ou d'aller chercher des compétences,
ou d'amener des nouveaux procédés pour être compétitive. C'est ça, la notion qu'on
a fait développer avec PASQÉ, qui est une initiative d'approvisionnement
stratégique pour l'industrie...
Mme Rizqy : Ah! j'ai
peut-être mal formulé ma question.
Mme Lapointe (Marie) : Allez-y.
Mme Rizqy : Au niveau, par
exemple, des appels d'offres d'Hydro-Québec, lorsqu'on va de l'avant, par
exemple, avec des éoliennes ou peu importe, là, là, à ce moment-là, est-ce qu'il
doit y avoir... devons-nous nous assurer que notre manufacturier québécois
fasse partie de l'équation?
Mme Lapointe (Marie) : Oui.
Mme Rizqy : Oui...
Mme Lapointe (Marie) : Définitivement.
Et, si vous vous rappelez bien, ça faisait partie du plan d'Hydro-Québec aussi
d'encourager la richesse collective quand ça faisait du sens.
Mme Rizqy : Oui, mais là, ça,
vous l'avez conjugué au passé puis vous faites bien parce que ça s'est arrêté
en 2022, là, au niveau des nouveaux appels d'offres qui avaient été retirés. C'est
un article du <i>Journal de Montréal qui en faisait mention, que,
jusqu'en 2022, dans les appels d'offres d'Hydro-Québec, c'était marqué
textuellement : «50 % québécois» et même «35 % régional», dans
la mesure du possible, évidemment. Mais là, après ça, les nouveaux appels d'offres,
on a complètement retiré le pourcentage québécois. Mais je pense que vous nous
confirmez qu'on est capable de fournir, là, en matière de manufacturier.
Mme Lapointe (Marie) : Plus, beaucoup
plus que ce qu'on fait présentement.
Mme Rizqy : Beaucoup plus? Ah
oui?
Mme Lapointe (Marie) : Bien,
il y a de la... il y a de la place pour enrichir le Québec, avec des
manufacturiers de classe mondiale...
Mme Rizqy : Vous savez que
vous êtes une excellente ambassadrice du Québec, hein, vous?
Mme Lapointe (Marie) : ...de
classe mondiale.
Mme Rizqy : Bien, en arrière
de vous, il y a... vous avez un fan-club, hein? Vous, vous ne le voyez pas,
mais nous, on le voit.
Une voix : ...
Mme Rizqy : Hein?
Une voix : ...
Mme Lapointe (Marie) : Ça
nous prend des fournisseurs de classe mondiale. On en a déjà.
Mme Rizqy : Non, mais moi...
Mme Lapointe (Marie) : Ils
exportent déjà partout à travers la planète.
Mme Rizqy : Ici,
recommandation... Il me reste combien de temps? Recommandation n° 4 :
«Faire contribuer l'industrie électrique à la vigie des meilleures pratiques
mondiales.» Tantôt, vous avez fait mention. Donc, vous, idéalement, ce serait,
oui, Hydro-Québec, on peut penser... Parce que, vous savez, en région, on a
beaucoup nos cégeps qui sont directement en lien avec...
Mme Lapointe (Marie) : Les
CCTT. Ah oui! Bien oui!
Mme Rizqy : Oui, puis ils
sont bons, vous le savez.
Mme Lapointe (Marie) : Ils
sont bons.
Mme Rizqy : Oui.
Mme Lapointe (Marie) : On l'a,
la recette. Ça, ça marche, oui.
Mme Rizqy : Alors, vous, au
fond, dans l'équation, c'est... la vigie, c'est vraiment de s'assurer d'avoir
aussi les gens de l'industrie, mais aussi de nos secteurs de recherche qui
existent. Et cette vigie-là, vous, vous la voudrez en continu, avec des
rapports qui seraient déposés à chaque combien de temps? Pouvez-vous juste,
peut-être, nous...
Mme Lapointe (Marie) : En
réalité, ce qui est important, c'est que ce soit sur une base régulière, de
passer d'un mode d'innovation fermé à un mode d'innovation ouvert. On sait qu'on
a déjà un... Hydro-Québec a un centre de recherche. On pense que l'industrie
électrique devrait participer à l'innovation au Québec. Ils savent déjà qu'est-ce
qui se passe ailleurs. Il y a des choses qu'on peut faire plus rapidement, on
peut être plus efficace, puis ça va bénéficier à tous les Québécois.
Mme Rizqy : Bon, là,
excusez-moi de vous poser la question, là : Est-ce que vous avez un
colloque prochainement?
Mme Lapointe (Marie) : Oui.
Mme Rizqy : Bon, c'est quand,
là?
Mme Lapointe (Marie) : C'est
le 16 octobre. D'ailleurs, on avait invité M. Fitzgibbon et on invite Mme
Fréchette. Ça va être le 16 octobre au Paddock.
Mme Rizqy : Là, je suis un
petit peu... je suis un peu...
Mme Lapointe (Marie) : J'espère
que...
Mme Rizqy : Vous ne m'invitez
pas?
Mme Lapointe (Marie) : On va
vous inviter aussi.
Mme Rizqy : Ah! Vous allez m'inviter?
Parce que je n'ai pas reçu <l'invitation...
Mme Rizqy :
...
m'invitez pas?
Mme Lapointe (Marie) :
On
va vous inviter aussi.
Mme Rizqy :
Ah!
Vous allez m'inviter? Parce que je n'ai pas reçu >l'invitation, moi, là.
Mme Lapointe (Marie) : Vous
allez... On le...
Mme Rizqy : Merci, Mme
Lapointe.
Mme Lapointe (Marie) : Je
vous remercie.
Mme Rizqy : Vous avez dit
16 octobre?
Mme Lapointe (Marie) : 16 octobre,
au Paddock.
Mme Rizqy : Parfait. Non,
mais je trouve ça intéressant parce qu'effectivement...
Mme Lapointe (Marie) : Sur la
transition énergétique, justement.
Mme Rizqy : En plus! Bon, dites-moi — on
continue parce que, moi, mon temps file — la recommandation
n° 5, s'il nous manque des ressources, vous avez dit : Allez les
chercher. Vous, présentement, quand vous écoutez le monde... Parce que vous
avez dit : S'il nous en manque, allons en chercher. Est-ce que les gens
vous disent qu'est-ce qui nous manque, présentement, qu'est-ce qu'on peut faire
de mieux pour aider puis appuyer nos manufacturiers québécois?
Mme Lapointe (Marie) : Ils
ont besoin d'aide pour accélérer les investissements. Donc, un programme comme
PASQÉ, par exemple, donnait des subventions puis aidait une portion de leurs
plans d'affaires pour qu'ils puissent doubler leur capacité, augmenter leur
capacité, sur la Côte-Nord, en Abitibi, au Saguenay, dans le Bas-Saint-Laurent,
dans toutes les régions du Québec. On a aidé déjà 13 entreprises avec un
programme que le MEIE nous a offert, de 3,75 millions, il y a
13 entreprises qui ont bénéficié de ça puis qui vont accélérer leurs
projets. À quoi ça sert? C'est pour faire plus de sectionneurs, plus de
disjoncteurs, plus de câbles électriques, des pylônes, toutes des usines pour fournir
des turbines, des portions d'usines. Donc, c'est à ça que ça sert, c'est pour
alimenter puis amener de la robustesse à toute la chaîne de valeur. Parce que
depuis la pandémie, depuis 2020, les délais ont augmenté. Si on veut être
capables de répondre à temps, il faut qu'on sécurise notre approvisionnement.
Mme Rizqy : Puis donc, au
fond, les aider là-dedans. Ils ont une capacité et une volonté. Manifestement,
la volonté, on la sent, là. Donc, ce serait au niveau...
• (15 h 40) •
Mme Lapointe (Marie) : Pour
nous aider, ce serait d'autoriser PASQÉ 2.0. Puis on a assez de projets au
Québec pour faire trois autres, quatre autres PASQÉ point zéro pour aider les
entreprises.
Mme Rizqy : OK. Puis est-ce
qu'il y a des entreprises chez vous qui ont demandé... — mais non,
vous ne pouvez pas me répondre, là, sans nommer d'entreprises, bien évidemment,
parce qu'on sait que c'est très important de ne jamais nommer des entreprises — qui
ont peut-être besoin de blocs d'énergie ou de mégawatts pour continuer leur
décarbonation?
Mme Lapointe (Marie) : Nous,
on travaille surtout avec les fournisseurs.
Mme Rizqy : Avec les
fournisseurs.
Mme Lapointe (Marie) : OK?
Par contre, oui, votre point est bon, il y en a qui ont besoin de mégawatts, puis
à ce moment-là c'est plus au niveau des biocarburants puis de l'hydrogène.
Mme Rizqy : L'homme derrière
vous?
Mme Lapointe (Marie) : Voilà.
Mme Rizqy : D'accord.
Parfait. Bien, un gros merci. Il me reste juste neuf secondes. Je vous dis
sincèrement un immense merci d'avoir participé à nos travaux, grandement
apprécié. Je vous dis au 16 octobre.
Mme Lapointe (Marie) : Merci
beaucoup. Vous êtes la bienvenue.
Le Président (M. Montigny) : Merci
beaucoup. Alors, maintenant, je cède maintenant la parole au député de
Maurice-Richard. Vous disposez de 3 min 28 s, M. le député.
M. Bouazzi : Merci, M. le
Président. Merci beaucoup d'être ici. C'était fort intéressant et puis,
effectivement, énergie... énergétique, très approprié pour cette heure de
rencontre. Bien, moi, je reviendrai sur ce que vous avez dit tout à l'heure sur
les besoins qu'en fait on ne connaît pas. Vous avez cité, effectivement, les
travaux de la <i>chaire HEC qui parlait d'un 60 TW plus un 21 W
d'économie. Est-ce que vous pensez qu'on aurait gagné, en fait, à déjà avoir
évalué les besoins pour ensuite ouvrir toutes les modifications législatives?
Mme Lapointe (Marie) : Écoutez,
c'est une question un petit peu rhétorique. L'ingénieure que je suis va être un
peu plus pragmatique. Je pense qu'il fallait commencer quelque part.
Hydro-Québec a des demandes. Puis les calculs ont été faits à partir de notre
consommation de pétrole, de mazout, de gaz naturel, de kérosène, et ils ont
fait des évaluations sur les besoins, selon les...
M. Bouazzi : Vous avez vu les
calculs, vous?
Mme Lapointe (Marie) : Non, sauf
qu'il y a des... il y a des règles de trois à faire.
M. Bouazzi : Ah! Parce qu'en
tout respect... en tout respect, il y a... ni vous ni moi n'avons vu les
calculs. Peut-être que la ministre a eu les calculs, mais...
Mme Lapointe (Marie) : Vous
avez tout à fait raison, vous avez tout à fait raison. Ce serait présomptueux
de ma part de vous dire que je les ai vus. Toutefois, ce qu'on a vu, dans les
dernières années, c'était où étaient les sources de demandes. Ça, on l'a vu. On
a vu qu'il y avait des besoins pour l'électrification des véhicules puis que ça
correspondait à beaucoup de térawattheures, comme l'a dit M. Sabia hier. On a vu
aussi qu'il y avait des créneaux émergents. On a vu qu'il y avait des créneaux
pour décarboner des sections qui sont très difficiles à électrifier, qui
demandent des biocarburants et de... ou de l'hydrogène.
Par exemple, M. le Président de
l'Assemblée, vous avez un beau projet, à Baie-Comeau, d'ammoniac, hein? On sait
que c'est 3 % de gaz à effet de serre dans le monde, l'ammoniac, ça va
décarboner les engrais, ça va décarboner aussi toute notre maritime, dans le
futur, pour le transport maritime, ça fait que c'est stratégique. Donc, c'est
des exemples comme ça.
Donc, il y a une... il y a eu une
évaluation des besoins qui a été faite. Notre point n'était pas que cette
évaluation-là n'est pas bonne, était qu'il va falloir la partager avec les
communautés, avec les <députés, avec la...
Mme Lapointe (Marie) :
...
n'est pas bonne, était qu'il va falloir la partager avec les communautés, avec
les >députés, avec la population.
M. Bouazzi : Ce serait bien.
Effectivement, l'ingénieur que je suis vous avoue qu'il préfère avoir un plan
avant de voir des changements. Et je vous avouerais, même, c'est la première
fois que je vois des choses aussi faramineuses que 180 milliards de
dollars d'investissement, sans plan, et même une ouverture, dans ce projet de
loi, de la vente du privé au privé. Est-ce que vous avez un avis là-dessus, par
exemple?
Mme Lapointe (Marie) : Non,
je n'ai pas d'avis.
M. Bouazzi : OK. On a vu
aussi... Vous parlez beaucoup de décarbonation, etc. Sur les derniers mois, il
y a eu toutes sortes d'investissement de nos mégawatts dans des multinationales
étrangères. Nous, on a fait une demande d'accès à l'information pour comprendre
si la filière batterie participait à la baisse de CO2au Québec, et la réponse a été : Nous n'avons aucun
document dans le ministère de l'Économie, pas un seul, qui associe des baisses
de CO2 ou même une étude de baisse de CO2. Est-ce que vous, vous avez une idée d'à quoi
ça contribuerait, en baisse de CO2, tout ce
qui a été fait sur les 18 derniers mois?
Le Président (M. Montigny) : Malheureusement,
il ne reste plus de temps pour la réponse, et je dois passer maintenant la
parole au député de Jean-Talon pour une période de 2 min 38 s.
Merci.
M. Paradis : Merci. Je vois
dans les listes des membres de votre association qu'il y a le ministère de
l'Économie, de l'Innovation et de l'Énergie.
Mme Lapointe (Marie) : ...pas
membres, mais ils sont...
M. Paradis : Non? Mais ils
sont dans votre liste de membres.
Mme Lapointe (Marie) : Ils
sont dans notre liste parce qu'on a des ententes avec eux. Et souvent ils vont
venir comme observateurs, puis on les invite pour venir à nos événements.
M. Paradis : Très bien. Je
vois aussi que vous avez deux membres d'Hydro-Québec à votre conseil
d'administration. C'est bien le cas?
Mme Lapointe (Marie) : C'est
exact. C'est exact.
M. Paradis : Vous avez aussi
un membre d'Hitachi dans votre conseil d'administration.
Mme Lapointe (Marie) : Hitachi,
Siemens, tous les grands manufacturiers sont là. Schneider, ABB, GE, ANDRITZ...
M. Paradis : Très bien...
Mme Lapointe (Marie) : Tous
les grands leaders du monde... Voith.
M. Paradis : Donc, vous avez
deux membres d'Hydro-Québec à votre conseil d'administration puis vous avez des
ententes avec le ministère. Est-ce que vous avez eu des discussions aux fins de
la préparation de votre mémoire et votre témoignage aujourd'hui?
Mme Lapointe (Marie) : Avec nos
membres?
M. Paradis : Avec soit le
ministère ou soit les membres de votre conseil d'administration d'Hydro-Québec.
Mme Lapointe (Marie) : Avec
les membres de notre conseil d'administration, évidemment, on leur a partagé
hier, puis il y a... avec notre comité de gouvernance aussi, on a partagé les
recommandations qu'on vous envoie, qu'on a partagées avec vous.
M. Paradis : Est-ce qu'ils
ont été consultés aux fins de la formulation des recommandations que vous nous
faites aujourd'hui?
Mme Lapointe (Marie) : Aujourd'hui,
oui, elles ont été... Mais on n'a pas tenu de consultation, je m'excuse. L'an
passé, on a tenu une consultation avant le projet de loi. L'an passé, le projet
de loi n'était pas...
Des voix : ...
Mme Lapointe (Marie) : Excusez-moi.
L'an passé, le projet de loi n'était pas fait, on a tenu une consultation avec
tous nos membres. Mais là on n'a pas tenu de consultation.
M. Paradis : Et vous, est-ce
que vous avez été consultés aux fins de la préparation du projet de loi
n° 69?
Mme Lapointe (Marie) : Non.
M. Paradis : Non? Très bien.
Vous parlez, dans votre recommandation n° 7,
d'autoproduction.Puis c'est quoi, votre définition à vous de
l'autoproduction?
Mme Lapointe (Marie) : Ça
veut dire que c'est un privé, soit un commerce ou soit une entreprise, soit une
entreprise chimique, soit une entreprise qui se met un panneau solaire, se met
une batterie, se met un éolien.
M. Paradis : Et qui...
Mme Lapointe (Marie) : Autoproduit
une portion de ses besoins.
M. Paradis : Pour lui-même?
Mme Lapointe (Marie) : Oui. Par
exemple la SÉPAQ, par exemple, un producteur de ciment, par exemple, un
producteur qui y va... d'un centre d'achat.
M. Paradis : Est-ce que ça...
Est-ce que ça comprend, pour vous, la revente à d'autres acteurs privés?
Mme Lapointe (Marie) : Non,
non.
M. Paradis : Jamais?
Mme Lapointe (Marie) : Non.
M. Paradis : Est-ce que ça
compte... est-ce que l'autoproduction, c'est nécessairement, donc, la
production avec une facilité adjacente, selon vous?
Mme Lapointe (Marie) : Non.
M. Paradis : Ça peut être à
distance?
Mme Lapointe (Marie) : Ce
n'est pas adjacent. Le principe est de stocker pour économiser de l'énergie.
Le Président (M. Montigny) : En
conclusion...
Mme Lapointe (Marie) : Puis
ce que je vous disais, c'est le donner... le redonner...
M. Paradis : Sur le site même?
Mme Lapointe (Marie) : Non,
c'est de redonner à la société d'État, à la société d'État.
Le Président (M. Montigny) : Le
temps est maintenant écoulé. Je suis désolé, le temps est maintenant écoulé. Je
vous remercie beaucoup pour votre contribution aux travaux de la commission.
Je suspends les travaux quelques instants
afin de permettre au prochain intervenant de prendre place. Merci beaucoup.
(Suspension de la séance à 15 h 48)
(Reprise à 15 h 52)
Le Président (M. Montigny) : Alors,
bienvenue. Nous sommes de retour, maintenant, pour les travaux de la
commission.
Je souhaite maintenant la bienvenue aux
représentants du Regroupement national des conseils régionaux de
l'environnement du Québec. Je vous rappelle que vous disposez de 10 minutes
pour votre exposé, puis nous procéderons par la suite à une période d'échange
avec les membres de la commission. Je vous invite donc à vous présenter et à
commencer votre exposé. Vous avez 10 minutes. Merci beaucoup.
M. Turgeon (Alexandre) : Merci,
M. le Président. Mme la ministre, Mmes, MM. les députés, je m'appelle Alexandre
Turgeon, je suis directeur du Conseil régional de l'environnement de la région
de la Capitale-Nationale. Je suis un des 17 CRE membres du Regroupement
des conseils régionaux de l'environnement. Je suis accompagné du directeur
général du regroupement, M. Martin Vaillancourt, et M. Philip Raphals,
directeur général du Centre Hélios, avec qui le regroupement collabore depuis
plus de 25 ans, à titre d'analyste expert sur les dossiers sur lesquels
nous intervenons, notamment, à la Régie de l'énergie.
On vous remercie de nous donner l'occasion
de prendre la parole aujourd'hui sur un sujet qui est au cœur de nos
préoccupations collectives, le projet de loi n° 69 et
la mise en place d'un plan de gestion intégrée des ressources énergétiques,
PGIRE. Ce projet représente une avancée significative pour la planification
énergétique du Québec, mais il soulève aussi des questions importantes sur la
transparence, la participation et la cohérence des politiques publiques en
matière de transition vers une société décarbonée.
Nous tenons tout d'abord à saluer
l'initiative du gouvernement en proposant ce plan. Depuis des années, le
Regroupement national des conseils régionaux d'environnement du Québec
préconise la mise en place d'une gestion plus intégrée et <plus durable...
M. Turgeon (Alexandre) :
...
du Québec préconise la mise en place d'une gestion plus intégrée et >plus
durable de nos ressources énergétiques. Par nos interventions à la Régie de
l'énergie ou lors de consultations publiques touchant les enjeux de transport
ou de production, le regroupement des CRE et ses conseils régionaux de
l'environnement sont des acteurs qui s'impliquent sur ces dossiers. Entre 2005
et 2020, les conseils régionaux de l'environnement ont animé les territoires
sur les enjeux de transition énergétique en déployant la démarche Par notre
propre énergie, qui visait à sensibiliser les acteurs territoriaux à notre
dépendance collective vis-à-vis les énergies fossiles.
Le PGIRE, tel que proposé dans le projet
de loi n° 69, est une réponse, en partie, à nos
recommandations. Il constitue un pas dans la bonne direction pour mettre en
œuvre la transition énergétique, notamment en prévoyant une place importante à
l'efficacité énergétique dans l'atteinte des cibles de décarbonation. Nous rappelons
que le Québec consomme beaucoup plus d'énergie par habitant que des pays comme
la Suède et l'Allemagne, malgré un PIB inférieur. Pour atteindre ses objectifs
de transition énergétique, le Québec doit améliorer sa sobriété et son
efficacité énergétiques. Le potentiel d'efficacité... d'efficacité reste
sous-exploité, et des mesures comme la réduction de la consommation énergétique
doivent précéder l'électrification.
Le regroupement des CRE souligne
l'importance d'incitatifs gouvernementaux pour accélérer ce processus et
recommande d'intégrer les principes de sobriété et d'économie circulaire dans
les politiques énergétiques. Et je passe, pour la suite, la parole à Martin.
M. Vaillancourt (Martin) : La
première préoccupation, là, qu'on souhaite soulever, là, concerne la
transparence dans le processus d'élaboration du PGIRE. Actuellement, le projet
de loi donne beaucoup de pouvoirs et de latitude, là, à vous, Mme la ministre,
et on croit, comme d'autres intervenants, qu'il doit y avoir une plus grande participation
de la société civile et des experts à cette élaboration-là et qu'il y a des
moments qui pourraient être privilégiés pour les uns et pour les autres, là, de
façon à avoir un PGIRE le plus robuste possible et qui fasse surtout consensus,
là, dans sa mise en œuvre. Donc, le projet de loi n° 69
devrait rendre plus explicites les gens qui seront consultés, là, dans le cadre
des consultations publiques, là, qui sont déjà prévues.
Le PGIRE doit aussi s'arrimer aux
politiques environnementales existantes, bien sûr. Actuellement, le PGIRE fait
directement référence à la politique-cadre sur les changements climatiques,
mais il devrait également faire face... faire référence à d'autres politiques
ou d'autres plans gouvernementaux, là, notamment le Plan nature qui est à
venir. Les enjeux qu'on a vis-à-vis nos écosystèmes et le maintien de la
biodiversité, là... On ne peut pas nous demander de transformer la manière de
produire de l'énergie, au Québec, au détriment de l'environnement, là, sans
faire attention à... sans prendre en considération ces éléments-là.
Un autre élément. Il y a une mention
indirecte que le PGIRE s'intéresse à toute forme d'énergie ou à toutes les
énergies distribuées. Par contre, il y a très peu d'éléments qui encadrent
l'utilisation des carburants dans le PGIRE qui est proposé. On comprend bien
que le but du PGIRE, c'est de sortir les carburants de notre mix énergétique.
Il faudrait donc, à notre avis, qu'il y ait des objectifs chiffrés à atteindre,
en cours de PGIRE, pour dire dans quelle proportion ces carburants-là, là, vont
être sortis de notre mix énergétique.
Lors des consultations, le groupe qui nous
précédait a mentionné, là, l'importance, là, d'aller à la rencontre des
régions. Nous, on va encore plus loin, on pense que les régions ont une
collaboration à offrir, en termes de planification intégrée des ressources
énergétiques. Et vous le savez, les MRC débutent actuellement des plans climat.
En Europe, on est rendu maintenant à faire des plans climat énergie, et qualité
de l'air, et territoire, là. Donc, le lien entre le climat et l'énergie est
très apparent, dans ces plans-là, et ça permet d'évaluer, dans chacune des
régions, quels sont les besoins, quelles sont les possibilités en termes
d'efficacité énergétique, mais... et de quelle manière ces mêmes régions-là
pourraient contribuer à une production additionnelle éventuelle. Il y a des
régions au Québec qui ont déjà entrepris ces réflexions-là, on pense au Bas-Saint-Laurent,
là, qui s'est donné une cible d'autosuffisance énergétique. Et notre mémoire
souligne, là, une démarche qu'un de nos membres, là, le CRE de l'Outaouais, là,
a développée, là, pour son territoire.
Le projet de loi aborde aussi tout ce qui
touche la Régie de l'énergie, et, pour cet élément-là, je vais donner la parole
à M. <Philip Raphals...
M. Vaillancourt (Martin) :
...
touche la Régie de l'énergie, et, pour cet élément-là, je vais donner la parole
à M. >Philip Raphals et je reviendrai, là, dans les échanges par la
suite, pour amener certaines précisions.
M. Raphals (Philip) : Bonjour,
M. le Président, Mme la ministre, Mmes, MM. les députés. Merci beaucoup de me
recevoir aujourd'hui.
Notre mémoire est dense, et je l'admets,
et vous n'avez pas eu beaucoup de temps de le regarder. Alors, j'aimerais vous
présenter certains éléments parmi les plus importants. Je commence avec un bref
regard historique.
En 1996, après un vaste débat public,
l'Assemblée nationale adopte la loi n° 50 qui crée la
Régie de l'énergie avec le mandat, entre autres, de réglementer Hydro-Québec
dans son entièreté. Toutefois, ces compétences n'ont jamais pu être exercées,
surtout en raison de l'opposition d'Hydro-Québec à la réglementation de sa
production.
En 2000, malgré beaucoup d'opposition, le
gouvernement Bouchard adopte la loi n° 116 qui change
toute la structure. Il crée un régime dit de séparation fonctionnelle où les
trois fonctions principales d'Hydro-Québec, la production, transport et
distribution, sont séparées en trois divisions, avec un traitement
réglementaire différent pour chacun : transport et distribution
réglementés par la Régie, production non réglementée. Cette approche devait
donner à Hydro-Québec les coudées libres pour vendre dans les marchés
américains et pour construire afin de... pour produire des dividendes pour son
actionnaire.
Cet objectif a été, dans une grande mesure,
réalisé dans les derniers 20 ans. Toutefois, en 2024, l'avenir a une
allure très différente. Le vaste chantier de construction envisagé est destiné
aux besoins du Québec, pas des Américains, et, dans ce contexte, la séparation
fonctionnelle n'a plus de pertinence. En effet, Hydro a même rejeté cette
notion fonctionnelle avec sa réforme Une Hydro. Sur l'organigramme, il n'y a
aucune trace des divisions de production, de transport et distribution.
À son honneur, le projet de projet de loi
fait un pas important de reconnaître ce changement fondamental avec la mise en
place du PGIRE qui inclut spécifiquement la production d'électricité.
Toutefois, à notre avis, il ne va pas assez loin. Il laisse la séparation
fonctionnelle intouchée, dans la loi sur la Régie, ce qui crée une incohérence
importante, expliquée en détail dans le mémoire.
Maintenant, sur le PGIRE. C'est
effectivement un très grand pas vers l'avant, mais nous avons deux
préoccupations importantes. Le projet de loi est muet par rapport au processus
d'élaboration du PGIRE. Avant d'établir un plan énergétique pour six ans, il y
a une quantité énorme d'information qui doit être analysée et intégrée. Dans le
mémoire, nous proposons quatre étapes.
Un, établir les prévisions des demandes
pour chaque type d'énergie, avec plusieurs scénarios.
Deux, définir la courbe d'offre, combien
d'énergie de chaque type peut réellement être obtenue et à quel prix. C'est un
intrant essentiel et compliqué où on risque d'avoir des opinions divergentes.
Et, n° 3, développer
des scénarios de ressources en fonction des différents scénarios de la demande.
C'est une étape essentielle qui, encore, requiert beaucoup d'analyse et de
jugement.
Nous recommandons que ces trois étapes
préalables soient confiées, dans la loi, à la Régie de l'énergie. Elle est sans
doute l'institution appropriée pour les faire, tant pour sa capacité d'analyse
que pour sa structure qui permet d'entendre les autres voix.
Ensuite, finalement, il y a la
consultation publique. Ça peut être fait par le BAPE ou par une commission ad hoc,
mais c'est une étape essentielle.
Ayant en main toutes ces options
développées par la régie et les fruits de la consultation publique, ce sera au
ministre de faire les grands choix pour établir le plan. Et avec toutes ces
étapes préalables faites de façon rigoureuse et transparente, on peut avoir
confiance que le plan soit aux mesures des besoins énormes, qui doit être
répondre non seulement maintenant, mais encore en six ans, en 12 ans, et
ainsi de suite.
• (16 heures) •
Toutefois, malgré tout ça, il peut y avoir
des surprises. Six ans est long, et un plan parfait établi en 2019 n'aurait pas
beaucoup d'utilité aujourd'hui. C'est pour ça, je crois, qu'il y a des
ajustements nécessaires dans les modifications dans... dans le projet de loi à
l'égard de l'article 22 de la Loi sur Hydro-Québec et l'article 5 de
la loi sur la Régie, afin de donner la flexibilité requise pour faire face
aux... aux situations changeantes.
Le Président (M. Montigny) :
En conclusion. Il ne reste que 15 secondes.
M. Raphals (Philip) : L'efficacité
est aussi très importante et est traitée dans le mémoire. Et on va probablement
en parler pendant les échanges. Merci beaucoup pour votre écoute.
Le Président (M. Montigny) : Merci
beaucoup. Alors, je vous remercie pour votre exposé. Nous allons maintenant
commencer la période d'échange. Mme la ministre, vous avez la parole et vous
disposez de 16 min 30 s.
Mme Fréchette : Merci
beaucoup, M. le Président. Alors, merci beaucoup à vous trois, messieurs. Très
intéressant de vous entendre. Le Regroupement national des conseils régionaux
de l'environnement a vraiment une belle expertise pour contribuer à ces
échanges qu'on tient ces jours-ci. Je me réjouis que vous saluiez le PGIRE, en
fait, comme outil. Je pense que ça va être quelque chose qui va nous donner une
feuille de route qui va nous guider pour la phase de transition énergétique qui
doit interpeller l'ensemble des acteurs qui ont tous un rôle à jouer,
différentes mesures.
Mais je suis intéressée par votre
proposition à l'effet que vous souhaitiez qu'il y ait une collaboration avec
soit des collectivités ou des territoires de manière à les engager dans la
mouvance. Parce que c'est sûr que ce sont les gens, aussi, sur le terrain,
hein, qui devront prendre action. Donc, pour contribuer aussi à l'acceptabilité
sociale, je pense que les parties prenantes ont un rôle à jouer quant à
l'identification des différentes mesures qu'on devra adopter. Alors, je me...
j'aimerais ça vous entendre sur comment vous verriez, justement, qu'on fasse...
16 h (version révisée)
Mme Fréchette : ...j'aimerais
ça vous entendre sur comment vous verriez, justement, qu'on fasse participer
les collectivités, parce que ça reste que c'est complexe, et est-ce que... si,
par exemple, on y allait par région, est-ce que les gens sont outillés déjà
pour mener un tel exercice d'avoir des plans régionaux ou des plans par
collectivité? Donc, voilà, je voulais vous entendre là-dessus.
M. Vaillancourt (Martin) :
Oui, merci pour cette intéressante question. Il y a une capacité de concertation
dans les régions du Québec. Les gens sont habitués de se parler et réfléchir
ensemble dans le respect, là, des contraintes et des connaissances qu'ils
possèdent déjà sur le territoire, mais il y a également de bons efforts à faire
en termes de littératie énergétique pour qu'on ait un langage commun autour de
ce qu'on cherche à entreprendre.
Au Québec, historiquement, on a travaillé
beaucoup sur les saines habitudes de vie. Aujourd'hui, ça devient assez normal
de voir des gens qui joggent, des gens qui courent, des gens qui cherchent à
avoir une meilleure alimentation. Dans un monde idéal, on serait capables d'avoir
le même réflexe quand on pense à de l'efficacité énergétique. Il faut que ça
devienne aussi naturel que ça. De cette manière-là, on va véritablement être
capables d'atteindre la transition énergétique si, dans nos choix personnels et
collectifs, on fait toujours... on fait toujours des choix en se posant la
question : Est-ce le meilleur choix en termes énergétique, aussi bien lors
de la conception, la construction d'un bâtiment que dans l'usage de l'énergie
de façon générale, mais on n'en est pas là, malheureusement.
Donc, il faut continuer à travailler ces
éléments-là de communication. Il faut aussi faire une analyse de ce qu'on fait
dans les territoires. Historiquement, Hydro-Québec a de la facilité à rejoindre
sa clientèle commerciale, institutionnelle lorsqu'elle met en place des
programmes en efficacité énergétique. Par contre, la clientèle résidentielle
est un peu... En tout cas, le taux de pénétration des programmes, si je peux m'exprimer
ainsi, est moins bon. Donc, il faut trouver des partenaires qui sont en mesure
d'intéresser... et les municipalités sont, par nature, de bons ambassadeurs
auprès de leur population pour les projets en efficacité énergétique.
Donc, les acteurs municipaux sont des
parties prenantes importantes dans une réflexion sur qu'est-ce qu'on peut faire
sur les territoires en matière d'efficacité énergétique. Ils sont aussi des
gens qui devront porter et défendre parfois les projets de production. Donc, on
n'a pas les mêmes potentiels partout au Québec, de les identifier va favoriser,
par la suite, l'acceptabilité sociale.
Mme Fréchette : Comment
vous verriez justement qu'on puisse développer, susciter cette acceptabilité
sociale? Parce que, souvent, c'est vu comme étant intrusif, là, les changements
que l'on propose. On vient changer le comportement des gens. On vient changer
les habitudes. Ça confronte, les gens questionnent. Donc, comment est-ce que
vous voyez qu'on puisse justement amener une acceptabilité sociale plus grande?
Est-ce que c'est via la participation des communautés ou il y a des méthodes
que vous mettriez de l'avant pour faciliter ça?
M. Vaillancourt (Martin) :
La discussion est importante. Partout, de demander aux acteurs régionaux de
définir un plan ou une planification pour leur territoire, ça aide énormément
cette discussion publique là. Il existe aussi des méthodes de communication
grand public pour rejoindre les citoyens directement, là, mais c'est un
assemblage de toutes ces approches-là, mais, chose certaine, de faire l'économie
de discussions en région dans le cadre du PGIRE n'aidera pas à mettre en œuvre
le PGIRE par la suite. Donc, il faut trouver une façon, dans le cadre de son
élaboration, de faire contribuer les régions à sa réalisation.
Mme Fréchette : Je vois
également que vous parlez de l'importance particulière des rejets de chaleur.
Est-ce que vous pourriez élaborer davantage sur cette question-là?
M. Vaillancourt (Martin) :
Oui, bien sûr, dans une société décarbonée, on voit beaucoup... une très grande
place pour l'électricité ou l'usage de l'électricité. Par contre, il y a un
usage qui est encore ingrat. C'est-à-dire, d'utiliser l'électricité à des fins
de chauffage, c'est un peu l'utilisation la moins noble qui existe...
Mme Fréchette : La moins
efficace, oui.
M. Vaillancourt (Martin) :
...surtout quand c'est des plinthes électriques, de manière très
traditionnelle, là, qui sont, en fait, des engins peu efficaces. L'idée, c'est
de maximiser tout le potentiel de rejets thermiques qui existe déjà, donc, que ce
soit de la chaleur latente ou de la cogénération, là, de différentes
entreprises qui peuvent être situées à proximité de demandeurs de chaleur, donc,
qu'on puisse, au Québec, déployer davantage de réseaux... de réseaux de chaleur
qui exploitent ces potentiels-là, et on n'est pas à la case départ dans ce
domaine-là. Il y a... On est... L'inventaire de ces potentiels-là existe déjà.
Il y a des cartes interactives qui sont fournies par le ministère de l'Environnement,
notamment. Donc, on connaît le potentiel de chaleur résiduelle. On connaît même
là où sont <situés les demandeurs...
M. Vaillancourt (Martin) :
...le
potentiel de chaleur résiduelle. On connaît même là où sont >situés les
demandeurs. Il s'agit maintenant de trouver une façon de rendre plus facile l'action
des distributeurs énergétiques pour qu'ils puissent combiner dans leur offre à
la fois l'usage de ces chaleurs résiduelles là... de manière à ne pas proposer
du gaz ou de l'électricité pour chauffer un centre-ville ou un nouveau
quartier, mais qu'on puisse utiliser une chaleur qui est déjà produite à
d'autres fins.
Mme Fréchette : Au niveau des
nouvelles constructions, est-ce que vous trouvez qu'on est quand même assez
bien positionnés ou il y a un coup de barre à donner de ce côté-là en matière
d'efficacité énergétique des bâtiments?
M. Vaillancourt (Martin) : Je
vais la laisser à mon collègue Alexandre.
M. Turgeon (Alexandre) : Bien,
je vous répondrais par une question : Est-ce que vous trouvez normal que
des pays qui ont un climat beaucoup plus clément, là, je pense à la France,
l'Allemagne ou d'autres pays européens, aient des normes d'efficacité énergétique
de leurs bâtiments qui sont plus exigeantes et plus rigoureuses que les nôtres
depuis plus de 20 ans? Alors, pour nous, non, nos normes ne sont pas
suffisamment exigeantes. C'est nous qui avons les... qui connaissons les moins
25, moins 30, et pourtant nos normes nous permettent encore de concevoir des
bâtiments qui vont difficilement atteindre une carboneutralité malgré leur... l'amélioration
de leur processus de chauffage. Il faut qu'on resserre la vis et qu'on mette en
place des nouvelles réglementations dans les bâtiments. On a une section dans
notre mémoire, d'ailleurs, qui adresse cette question-là.
Mme Fréchette : Merci. Je
vais laisser la parole à mes collègues pour la suite. Merci beaucoup.
Le Président (M. Montigny) : Merci.
Maintenant, je vais laisser la parole au député de Rouyn-Noranda—Témiscamingue.
Il vous reste 8 min 48 s.
• (16 h 10) •
M. Bernard : Merci, M. le
Président. Je vais revenir à la suite de qu'est-ce que la ministre vient de
parler avec vous, puis il y avait votre... la page 8 de votre mémoire et
autres... Je vais vous amener sur un terme. Vous avez beaucoup parlé du
territoire, mais en fonction de production d'énergie. Il y a un sujet, moi, qui
m'interpelle beaucoup en région, c'est la carboneutralité. On voit beaucoup,
ces temps-ci, des entreprises qui veulent être carboneutres. Donc, l'approche
qu'elles font, c'est de faire de la plantation d'arbres sur des territoires
privés, et, entre autres, je regarde chez nous, en région, les terres en friche,
puis, dans votre mémoire, vous parlez, entre autres, justement, de classer les
terres puis préserver le futur usage agricole.
Alors, moi, j'ai une inquiétude un peu
là-dessus, dans le sens que le gouvernement a fait un programme, le ministère
des Ressources naturelles, pour accompagner les entreprises, mais... avec un
plan de plantation d'arbres, mais, quand tu vas dans le privé, les entreprises
ne sont pas obligées de le faire. Le potentiel de... puis les entreprises,
beaucoup... puis même moi, je dirais : Est-ce qu'un PGIRE devrait mieux
encadrer les usages? L'autre volet, pourquoi je dis ça, c'est que le
gouvernement vient de déposer un plan, les OGAT, les objectifs gouvernementaux
d'aménagement du territoire. Est-ce qu'on devrait, quelque part, mettre sur
pause un peu tout ça pour qu'éventuellement l'aménagement du territoire soit
bien, je dirais, encadré avec le futur <i>programme de gestion intégrée
des ressources énergétiques?
M. Vaillancourt (Martin) : M.
Turgeon va répondre à une partie de la question.
M. Turgeon (Alexandre) : Bien,
je suis content que vous fassiez le lien entre les deux. Quand on parle
d'énergie, des fois, j'ai l'impression qu'on parle strictement de sources
énergétiques et de lieux de consommation de ces ressources-là, et, quand, dans
notre mémoire, on fait appel aux notions puis aux principes d'efficacité et de
sobriété, bien, ça sous-entend une planification en amont de plusieurs pans de
notre société, incluant notre aménagement du territoire, et, dans ce sens-là,
je ne pense pas qu'il faut mettre sur pause les OGAT. Je vous annonce qu'elles
vont commencer à être mises en œuvre tout prochainement, puis que c'est un
processus qui va prendre sans doute six à huit ans avant que tous les schémas
d'aménagement aient été révisés et que les plans d'urbanisme des différentes
municipalités soient rendus conformes à ces schémas-là, là. Ça va être long.
Donc, il ne faut certainement pas mettre
ça sur pause. Je pense que les objectifs qui sont dans les OGAT concourent déjà
à des objectifs de sobriété en carbone, mais, quand on fait... Je pense que
votre point, ce qu'il amène... et je pense qu'il faut avoir la préoccupation
que le PGIRE, ce n'est pas... Quand on parle d'énergie, bien, on parle de
comment on s'installe sur le territoire aussi, où on les met, les industries.
Quand on parlait tout à l'heure de réseaux de chaleur, c'est sûr qu'un réseau
de chaleur est plus efficace selon la façon dont on conçoit nos <parcs
industriels...
M. Turgeon (Alexandre) :
...réseau
de chaleur est plus efficace selon la façon dont on conçoit nos >parcs
industriels. Quand il y a une certaine densité dans ces parcs industriels là, il
y a une proximité entre les entreprises qui peuvent se partager des surplus de
chaleur par rapport à d'autres qui ont des besoins en chaleur. Et c'est vrai
également dans le résidentiel, dans les différentes activités. Être plus sobre
en carbone, être plus sobre en énergie, c'est s'affranchir d'une certaine
dépendance de l'automobile et ça sous-entend de mettre en place plusieurs des
orientations qui sont dans les... qui ont été adoptées par le gouvernement du
Québec dans les OGAT.
Le Président (M. Montigny) :
Parfait. Merci. À ce stade-ci, je céderais la parole au député de
Côte-du-Sud.
M. Rivest : Merci. Merci
à vous trois. Peu d'intervenants ont parlé de la biomasse forestière. Je voyais
que vous aviez quelques éléments aussi dans votre mémoire là-dessus. Est-ce que
vous pouvez nous donner vos impressions? Qu'est-ce que vous voyez qui peut être
fait dans le futur?
M. Vaillancourt (Martin) : Oui,
absolument, puis ça rejoint peut-être les préoccupations, là, qu'on observe
davantage en région. C'est-à-dire que la biomasse forestière au Québec
représente un très beau potentiel d'énergie calorifique et pourrait alimenter
des réseaux de chaleur là où il n'y a pas nécessairement d'entreprises à
proximité, là, qui ont des surplus de chaleur. Puis, toujours dans un esprit de
la meilleure énergie au meilleur endroit, là, donc, d'éviter d'avoir à
électrifier davantage pour chauffer l'aréna ou le centre communautaire local, la
biomasse forestière, ça, sait très bien le faire.
Après, il faut juste que cette filière-là...
puis ça paraît simple à dire, là, mais se développe de façon durable, c'est-à-dire
qu'on utilise les résidus forestiers, les résidus d'émondage des villes lorsqu'elles
sont à proximité, parfois certains types de résidus agricoles et des résidus de
matériaux de construction, là, dans la phase de recyclage, là, des CRD, par
exemple.
Là où nous, on met, mettons, des drapeaux
rouges, c'est lorsqu'on irait couper des arbres à des fins uniquement
énergétiques, ça fait un peu un non-sens, et, lorsqu'on met en plantation des
terres, qui auraient pu avoir des vocations agricoles, pour des cultures
énergétiques, là aussi, là, ça fait... ça devient un non-sens, là, puis ça rejoint
une partie de nos préoccupations sur la filière des biocarburants, là. On
devrait d'abord conserver la vocation agricole des terres à des fins humaines
et animales avant de produire de l'énergie avec.
M. Rivest : Il y a quelqu'un
derrière vous qui est pleinement d'accord avec ce que vous dites. Est-ce que...
Aussi, vous parlez beaucoup de sobriété énergétique, puis le gouvernement du
Québec en a déjà beaucoup, là, sur les bras. Vous parlez aussi d'en faire des
éléments de pédagogie, là, qu'on puisse prendre à notre charge certains
éléments, qui peut permettre d'avoir une meilleure acceptabilité. J'aimerais ça
avoir une baguette magique, puis peut-être que vous pouvez nous aider
là-dessus, de savoir comment on pourrait faire en sorte que cet élément-là
devienne plus sexy, devienne un peu plus intéressant pour la population. Est-ce
que vous auriez des éléments à nous partager là-dessus?
M. Vaillancourt (Martin) : On
a abordé cette question-là avec Hydro-Québec il y a quelques années. En fait,
c'est eux qui nous ont approchés parce qu'ils avaient fait des sondages auprès
de leurs différentes clientèles et ils s'étaient rendu compte que les
18-34 ans n'avaient pas une meilleure compréhension des enjeux
énergétiques que les autres tranches de la population. Eh oui, c'est surprenant
comme résultat, là, mais c'était ce que leurs sondages puis leurs «focus
groups» donnaient. Et, depuis trois ans, on a déployé des campagnes
d'information sur TikTok pour cette clientèle-là, et la dernière, là, c'est
9 millions de vues.
Donc, il y a moyen de rejoindre certaines
clientèles par des canaux qu'on utilise peu ou... Pour parler de ces enjeux-là,
c'est possible aussi. Donc, il faut se doter d'une... Puis là, on s'entend, on
n'est pas une boîte de pub, là, ni une boîte de com, là. On est des gens qui
réfléchissons à ça, qui identifiaient les messages à... puis on a travaillé
avec des influenceurs, mais, si on est capables de déployer des campagnes de
communication publique qui font que les réflexes des gens vont changer, qu'ils
vont avoir... qu'on va pouvoir se poser la question sur nos choix personnels,
mais aussi collectifs, il y a moyen d'avoir un apprentissage autour des
questions d'efficacité et de sobriété énergétique.
Le Président (M. Montigny) :
Pour une minute, je céderais la parole au député de Rouyn-Noranda—Témiscamingue.
M. Bernard : Merci. Une
question rapide : Minicentrales, oui, non, peut-être, comment, pourquoi, minicentrales
hydroélectriques?
M. Vaillancourt (Martin) : Il
y a un très grand attrait, de la part des acteurs municipaux, à être partie
prenante de ce type de projet là. Notre préoccupation, c'est que les critères
environnementaux de tout petits projets soient très rigoureux parce que,
souvent, ces projets-là ne seront pas nécessairement le meilleur <projet
au meilleur endroit...
M. Vaillancourt (Martin) :
...ces
projets-là ne seront pas nécessairement le meilleur >projet au meilleur
endroit. Ils vont être le meilleur projet possible dans une municipalité
donnée. Donc, la même quantité d'énergie aurait pu être produite ailleurs avec
des effets collatéraux, sur l'environnement ou sur l'acceptabilité sociale,
moindres. Donc, lorsque de tels projets se présentent, il faut avoir, je pense,
la rigueur de se poser la question, si on ne pourrait peut-être pas faire mieux
ailleurs, mais...
Le Président (M. Montigny) : Merci.
Merci beaucoup. Alors, merci. Maintenant, c'est le temps de céder la parole à
la députée de Saint-Laurent pour 10 min 24 s. Merci.
Une voix : ...
Le Président (M. Montigny) : ...la
parole, évidemment... de Mille-Îles, excusez-moi.
Mme Dufour : Merci, M. le
Président. Comme c'est la première fois que je prends la parole, je vais en
profiter pour saluer Mme la ministre et vous féliciter pour la nomination.
Merci, MM. Vaillancourt, Turgeon et Raphals, si je ne me trompe pas, pour votre
exposé et pour votre mémoire fort exhaustif.
Vous avez mentionné que les taux de
pénétration des programmes dans... pour les consommateurs résidentiels étaient
moins bons, vous avez dit qu'ils étaient moins connus peut-être aussi, ce qu'on
comprenait par le mémoire, mais il y avait un programme qui existait, qui était
RénoVert. Est-ce qu'à votre avis il fonctionnait, ce programme?
M. Vaillancourt (Martin) : Je
vais donner la parole à M. Raphals sur...
M. Raphals (Philip) : Je n'ai
malheureusement pas une vue globale sur l'efficacité de ce programme, mais, si
je peux rajouter, il est, selon nous, très important que la régie récupère sa
capacité justement de surveiller, mais aussi de prescrire et insister sur les
programmes, les mesures et le financement requis, et c'est un aspect qui a été
perdu dans une modification ultérieure à la loi. Il y a 17 mots, dans l'article
85.41, qui excluent Hydro-Québec de cette compétence, et je vous encourage
fortement de remettre dans... ces 17 mots.
• (16 h 20) •
Mme Dufour : Merci. Bien,
juste pour vous donner une idée, il était... il y avait 300 millions qui
étaient alloués à ce programme et ils étaient utilisés en totalité. Donc, il
était utile. Et, quand on lit votre mémoire, vous parlez justement de la
réduction de la consommation énergétique qui va... va arriver seulement si les
incitatifs nécessaires sont mis en place, comme les gouvernements européens
l'ont fait, et vous dites... vous vous inquiétez de la vitesse à laquelle le
gouvernement québécois progresse sur ce terrain. Je me demande, lorsqu'on sait
qu'en 2019 le programme RénoVert a été retiré et que, récemment, on a annoncé
la fin des subventions pour les véhicules électriques, est-ce qu'on progresse
avec les incitatifs ou est-ce que ce n'est pas l'inverse qui se passe présentement?
M. Vaillancourt (Martin) : Oui,
actuellement, le signal de prix envoyé par les tarifs de consommation
domiciliaire, là, pour le résidentiel, font en sorte que, si les programmes en
efficacité... pardon, les programmes en efficacité énergétique ne sont pas
accompagnés d'incitatifs, ils ne seront pas mis en place, parce qu'il coûte
moins cher de gaspiller de l'énergie que d'investir pour régler certains
problèmes qu'on a en rénovant nos maisons ou en changeant les systèmes de
chauffage, malheureusement, là. Donc, il faut trouver un équilibre, au Québec,
entre les incitatifs qu'on offre et les tarifs de l'énergie, là, parce qu'il y
a... on est dans un contexte où on souhaite garder les tarifs accessibles.
Le taux de pénétration des programmes,
c'est souvent sur une base volontaire, et il n'y a pas de... il n'y a personne
qui est obligé, actuellement, de changer son chauffe-eau pour un chauffe-eau
plus économique, puis même les dernières approches d'Hydro-Québec, c'est de
proposer un certain nombre de chauffe-eau dits intelligents et que, sur la
durée de vie des chauffe-eau actuels, éventuellement, on réussisse à changer
les chauffe-eau en place, mais les chauffe-eau intelligents sont encore
beaucoup trop dispendieux par rapport à des chauffe-eau conventionnels, qui
sont encore vendus, par ailleurs. Donc, lorsque le pépin arrive, puis il faut
prendre une décision rapide un mardi matin ou un dimanche après-midi, bien, généralement,
on remet la même chose puis on ne surinvestit pas si on n'a pas la garantie
d'avoir le coup de pouce qui nous permettrait d'investir un peu mieux. Donc,
tout est une question d'équilibre de ce côté-là, mais il faut surtout... il
faut conserver les incitatifs.
Mme Dufour : Il faut
conserver, mais ce que je comprends, c'est qu'il faut même accélérer, parce que
vous <mentionnez ici que...
Mme Dufour :
...mais
ce que je comprends, c'est qu'il faut même accélérer parce que vous >mentionnez
ici que la vitesse à laquelle ça se déploie, ce n'est pas assez rapide. Est-ce
que vous croyez que le retrait des subventions pour véhicules électriques va
aller... va dans le sens de votre proposition?
M. Turgeon (Alexandre) : Deux
choses. D'abord, sur l'efficacité énergétique versus les tarifs d'électricité, on
ne l'aborde pas beaucoup, même si on l'a déjà fait dans d'autres consultations,
mais, pour nous, les bas tarifs d'électricité, aux entreprises comme aux
individus, sont un frein à une meilleure efficacité énergétique, et on est
d'avis que les ressources naturelles ne devraient pas servir à faire de la redistribution
des richesses.
D'ailleurs, au Québec, ceux qui profitent
de ces bas tarifs là, c'est souvent ceux qui ont des belles grandes maisons de
4 000 pieds carrés et plus, et ces personnes-là, en général, ce ne
sont pas des personnes à faible revenu. Donc, il faut se questionner sur à qui
profitent nos bas tarifs d'électricité, et mettre une limite à 3 % sans
connaître l'indexation de l'inflation pour les prochaines années, ça nous
apparaît assez peu en termes de rattrapage. On a beaucoup de place pour
augmenter nos tarifs d'électricité et rester parmi les tarifs les plus bas dans
le monde.
Sur l'aspect des subventions à l'achat de
véhicules électriques, je pense qu'on s'entend, comme la majorité des groupes
environnementaux, à l'effet que, s'il doit y avoir une subvention aux véhicules
électriques, ça doit être dans un système de redevance-remise, donc, où on
tarifie davantage les véhicules les plus polluants, et/ou pour remettre à
l'achat... des subventions à l'achat de ceux qui se procureraient des véhicules
de moindre émission, donc, des véhicules électriques, mais, non, ça ne devrait
pas venir du Fonds vert, ces subventions-là. L'argent du Fonds vert devrait
servir à d'autres mesures de décarbonation.
Mme Dufour : Dans l'étude du
projet de loi n° 41 sur l'efficacité énergétique des bâtiments, il a été
mentionné qu'il y a des passoires énergétiques, qu'on appelle. Là, vous avez
mentionné les propriétaires de grandes maisons, mais nombreux sont les
propriétaires, en fait, d'immeubles à logements qui ne paient pas la facture
d'électricité. Ce sont leurs locataires qui la paie. Et donc il faut les
encourager à faire des rénovations. Actuellement, il ne semble pas y avoir de
mesure pour le faire, et je reviens encore à RénoVert. C'était une formule qui
le permettait. Donc, est-ce qu'un incitatif du même genre, qui permettrait,
dans le fond, d'avoir... que ce soit, disons, rentable pour le propriétaire de
faire ces changements-là qui amèneraient une meilleure efficacité énergétique,
serait souhaitable, selon vous?
M. Turgeon (Alexandre) : Surtout
que, dans le domaine du bâtiment, là, les investissements sont quand même dans
les bâtiments anciens. Quand vous parlez du multilogement, que ce soient des
triplex, des sixplex, des huit logements construits dans les années 50,
60, 70, les investissements doivent être extrêmement conséquents pour refaire
l'enveloppe de ces bâtiments-là puis en améliorer l'efficacité énergétique.
Regardez les quartiers ici autour de l'Assemblée nationale, là, puis dites-vous
qu'il y a un potentiel d'économie d'énergie extrêmement substantiel, mais que
ça n'arrivera pas sans programme de subvention extrêmement conséquent.
Mme Dufour : Tout à fait.
Donc, ça n'arrivera pas sans programme de subvention...
M. Raphals (Philip) : Je peux
rajouter...
Mme Dufour : Oui, monsieur, je
m'excuse.
M. Raphals (Philip) : ...justement,
pardon, effectivement, dans le Plan d'action 2035, Hydro-Québec prévoit une
grande expansion des efforts en efficacité énergétique, mais, jusqu'ici, leur
document déposé à la Régie de l'énergie ne donne aucune trace de ça, et, encore
une fois, je m'excuse, pour me répéter, mais redonner les outils à la régie
pour vraiment insister sur la mise en place des programmes appropriés est un
élément qui serait tout à fait pertinent pour le projet de loi.
Mme Dufour : Parfait. Merci
beaucoup. Je voudrais peut-être vous amener ailleurs. Il y a quelques groupes
qui nous ont mentionné dans leur mémoire, ceux qui sont passés hier, notamment,
qu'il y avait une confusion par rapport au PGIRE et les objectifs du <i>Plan
pour une économie verte, qui... lequel est subordonné au... Votre compréhension,
donc, de cette... de cette situation, c'est laquelle?
M. Vaillancourt (Martin) : Je
ne sais pas si on a eu une discussion avec les groupes qui sont passés hier,
mais on a aussi... on trouve aussi que le... il y a un manque de cohérence, là,
c'est-à-dire que la... Je vais le dire en mes mots, là, mais, actuellement,
dans le projet de loi, on dit que le PGIRE doit tenir compte du Plan pour une
économie verte lorsqu'il va être structuré, mais qu'après le plan de mise en
œuvre du Plan pour une économie verte, lui, est subordonné au PGIRE
nouvellement en place.
Donc, effectivement, là, on a l'impression
qu'on est dans un cercle vertueux ou vicieux, mais peu importe, mais il y a un
problème de cohérence à cet endroit-là qui mériterait d'être clarifié, et nous,
notre préoccupation, c'est que ça ne soit pas le Plan pour une économie verte <qui
soit pris en compte...
M. Vaillancourt (Martin) :
...et
nous, notre préoccupation, c'est que ça ne soit pas le Plan pour une économie
verte >qui soit pris en compte par le PGIRE, mais que d'autres plans
tout aussi importants, comme le Plan nature, là, qui devrait être incessamment
annoncé, puissent aussi influencer la réalisation du PGIRE, de manière à ne pas
générer des problèmes, là, lors de sa réalisation.
Mme Dufour : Il y a... il y a
des... il y a, je pense, deux groupes qui nous ont mentionné que le PGIRE
devrait aussi prendre en compte les orientations gouvernementales, les OGAT.
Est-ce que ça, c'est quelque chose que vous partagez une opinion avec eux?
M. Vaillancourt (Martin) : Oui,
tout à fait. C'est mentionné dans notre mémoire.
Mme Dufour : C'est mentionné
dans votre mémoire? Parfait. Bien, que... Si vous avez un choix à faire entre, qu'est-ce
qui vient avant, le PGIRE ou le Plan pour une économie verte? Selon vous,
lequel devrait avoir préséance sur lequel?
M. Vaillancourt (Martin) : En
fait, les grandes orientations gouvernementales d'abord, les politiques, donc,
en aménagement du territoire, puis ensuite l'étape de la planification, les
plans devraient être au même niveau, mais il n'y a pas les mêmes buts.
Le Président (M. Montigny) : Merci,
en conclusion.
Mme Dufour : Parfait. Merci
beaucoup.
Le Président (M. Montigny) : Merci
beaucoup. Alors, merci. Maintenant, je cède la parole au député de
Maurice-Richard pour 3 min 28 s.
• (16 h 30) •
M. Bouazzi : Merci beaucoup,
M. le Président. C'est absolument passionnant de vous écouter.
Mes questions vont peut-être aller à M.
Raphals. Concernant le rôle de la régie dans l'élaboration de la... du fameux
PGIRE, vous avez parlé des trois étapes. Je veux juste être sûr de les avoir
comprises. Je comprends que vous faites... vous faites référence à une...
d'abord, à se donner des critères de succès du processus en tant que tel, mais
aussi à une saine gouvernance, parce qu'actuellement les pouvoirs sont très,
très centralisés dans le projet de loi tel... tel qu'il nous est proposé. Vous
parlez de quatre étapes. Donc, pour être sûr de comprendre les premières, les
scénarios, etc., l'évaluation des besoins, ça se ferait au niveau de la régie.
Ensuite, il y aurait la question de la consultation sur les différents
scénarios pour qu'enfin le politique puisse trancher, en fait, en fonction de
tout ça. Est-ce que c'est bien ça?
M. Raphals (Philip) : Oui,
c'est bien ça, effectivement, mais mon point, c'est que ces trois premiers
éléments, la prévision de la demande, la définition des courbes de l'offre et
l'élaboration des scénarios pour répondre, avec ces offres potentielles, aux
différentes possibilités d'évolution de la demande, sont complexes et vraiment
fondamentales, et la régie est sans doute l'institution qui a la capacité de le
faire, et aussi la pratique de consulter, via des audiences publiques, les
gens, les parties intéressées, pour que ces informations soient vraiment
rigoureuses et robustes, parce qu'il ne faut pas oublier... On ne parle pas
seulement de ce gouvernement qui va faire un plan bientôt, mais, dans six ans,
ce sera un autre gouvernement qui fera un plan, et, 12 ans après, un autre.
Alors, il faut créer une structure qui a cette robustesse et transparence pour
que le plan, finalement, se base sur des informations qui sont solides et bien
réfléchies.
M. Bouazzi : Et vous dites
qu'il faut sortir une première version, quand même, le plus vite possible, et ne
pas attendre, évidemment, six ans avant d'avoir une première version, et entrer
en amélioration continue, j'imagine, pour la suite.
M. Raphals (Philip) : Mais, si
je ne me trompe pas, il y a des dates dans le projet de loi qui disent que le
premier plan sera fait en 2026. Alors, c'est prochainement. Surtout si on va faire
des étapes préalables, il faut commencer maintenant.
M. Bouazzi : OK. J'espère
vraiment, sincèrement, que la ministre sera sensible à ce point. Moi, j'ai été
là pendant le projet de loi n° 2, où le ministre de
l'époque s'est doté de pouvoirs, de choisir des critères, de ne pas rendre
publics de critères, d'être juge et partie, de choisir quelles compagnies auraient
droit à de l'électricité, sans aucune séparation de tâches, et, à l'époque,
nous avions déjà proposé que la régie soit ou en charge de définir les critères
ou en charge de les appliquer, mais qu'elle ne puisse pas faire les deux.
J'espère vraiment qu'on va sortir de l'ère de la gouvernance, pour le moins,
manquante, sinon tout à fait inexistante, qui est partie, on l'espère, avec le ministre
démissionnaire.
Je vois que je n'ai plus de temps. Merci
encore. On va vous demander une rencontre très prochainement pour être sûrs de
continuer cette conversation. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Montigny) : Merci
beaucoup, M. le député. Je vais maintenant céder la parole au député de
Jean-Talon pour 2 min 38 s.
M. Paradis : D'un côté, on a
le gouvernement qui est allé vendre notre électricité un peu partout dans le
monde, puis là on dit aujourd'hui : On est en déficit d'énergie, il faut
produire, produire, investir 150 à 185 milliards, d'un côté, puis, de l'autre
côté, il y a des organisations comme la vôtre qui nous disent : Oui, mais
il faut regarder l'approche RTA, réduire, transférer, améliorer...
16 h 30 (version révisée)
M. Paradis : ...il y a des
organisations comme la vôtre qui nous disent : Oui, mais il faut regarder
l'approche RTA, réduire, transférer, améliorer, il faut parler d'efficacité
énergétique, et que c'est une partie de la solution. Vous citez notamment, là,
une étude de HEC Montréal qui dit qu'on peut faire des économies, de réduire la
consommation d'énergie d'environ 10 %.
Est-ce que vous avez des modèles un peu
plus détaillés de la part qu'on pourrait gagner dans notre combinaison pour l'avenir
en misant sur l'efficacité énergétique, d'abord et avant tout? Vous nous dites :
Il faut l'inscrire dans le PGIRE, mais est-ce que vous avez des modèles, là,
qui nous montrent, bien, que ça pourrait réduire la part d'investissements qu'on
a à faire pour produire plus d'énergie?
M. Vaillancourt (Martin) : La
réponse est non, je n'ai pas de... je n'ai pas un modèle magique à vous
proposer. Ce que je répète, par contre, c'est la cible qui est proposée en
termes d'efficacité énergétique, à la fois à travers le PGIRE, mais aussi à
travers ce qui a été déposé par Hydro-Québec, c'est ce qui est de plus
ambitieux qui n'a jamais été mis en place, au Québec, en termes d'efficacité
énergétique. Donc, si on veut l'atteindre... Parce que toutes les fois qu'on va
passer à côté de la cible en efficacité énergétique, bien sûr, on va devoir
produire davantage pour combler les mêmes besoins, la... ça nous oblige à
revoir la manière qu'on aborde l'efficacité énergétique puis par quels canaux
on passe, de quelle manière on convainc les gens de changer leurs habitudes. Et
c'est ce qu'on... et c'est ce que nous, on pense qu'on peut... où... c'est à
cet endroit-là qu'on peut contribuer, donc, dans ce message-là, puis de le travailler
aussi avec les collectivités.
M. Paradis : Est-ce qu'on n'aurait
pas eu intérêt à faire ce calcul-là avant, à travailler sur ce modèle-là avant
de commencer un projet de loi qui met la table pour d'autres choses, là, pour
produire encore plus de l'énergie? Est-ce qu'on n'aurait pas eu intérêt à avoir
une vision pour dire : Voici ce dont on a besoin, parce qu'on l'a calculée
avant?
Une voix : C'est sûr.
M. Vaillancourt (Martin) : C'est
toujours difficile de...
M. Turgeon (Alexandre) : Vas-y,
Philip.
M. Vaillancourt (Martin) : Philip.
M. Raphals (Philip) : Oui,
bien évidemment, les deux vont ensemble, il faut prendre les bonnes décisions
en tout temps sur la production, mais aussi sur l'efficacité. Et, même s'il n'y
a pas un modèle magique, il y a énormément de débats parmi les experts, partout
en Amérique du Nord et même... et en Europe, sur la meilleure façon de faire,
avec tous les nouveaux outils informatiques qui permettent différentes choses,
et il faut participer à ces... à ces débats-là. Mais ce n'est pas le projet de
loi qui détermine la quantité de térawattheures...
Le Président (M. Montigny) : En
conclusion, en conclusion
M. Raphals (Philip) : Mais...
mais c'est bien, le PGIRE, et alors c'est pour ça que c'est important de
bien...
Le Président (M. Montigny) : Merci.
Merci beaucoup. Alors, je vous remercie beaucoup pour votre contribution aux
travaux de la commission. Je suspends les travaux quelques instants afin de
permettre à la... au prochain groupe de prendre place. Merci
(Suspension de la séance à16 h 36)
(Reprise à 16 h 40)
Le Président (M. Montigny) : Et
voilà, nous reprenons nos travaux. Alors, je souhaite maintenant la bienvenue
aux représentants de l'Association des redistributeurs d'électricité du Québec.
Je vous rappelle que vous disposez d'une période de 10 minutes pour votre
exposé. Puis nous procéderons par la suite, là, à la période d'échange avec les
membres de la commission. Je vous invite donc à vous présenter et à commencer
votre exposé dès que vous êtes prêts.
Mme Beaudin (Évelyne) : ...M.
le Président. Je me présente, mon nom, c'est Évelyne Beaudin. Je suis la
mairesse de la belle ville de Sherbrooke, mais aujourd'hui c'est en tant que
présidente de l'Association des redistributeurs d'électricité du Québec que je
viens m'adresser à vous avec mes collègues. Je suis donc accompagnée de M.
Christian Laprise, à ma gauche, qui est directeur du service d'Hydro-Sherbrooke
et également premier vice-président de l'AREQ. On a également M. Martin Vachon,
de la ville de Saguenay, qui vient représenter aujourd'hui Hydro-Jonquière et qui est second vice-président de
l'AREQ. Et j'ai également M. Damien Tholomier, directeur général de la <i>coopérative
d'électricité de Saint-Jean-Baptiste.
Tout d'abord, évidemment, on veut
remercier la commission de nous donner l'opportunité de participer à ces
consultations particulières sur le projet de loi n° 69. Peut-être une
petite présentation de ce qu'est l'AREQ, l'Association des redistributeurs
d'électricité du Québec. Ce sont neuf distributeurs municipaux d'électricité,
ainsi qu'une coopérative régionale d'électricité. Donc, on a un total de
10 membres dans notre association. On a été créé en 1990. C'est une
association qui, depuis ce temps, a multiplié ses efforts pour contribuer
activement au développement économique du Québec et de ses régions.
L'AREQ, c'est la représentante des réseaux
municipaux auprès d'Hydro-Québec et également auprès des instances
gouvernementales, ainsi qu'auprès de la Régie de l'énergie. On a notamment
comme objectif de promouvoir les intérêts des réseaux municipaux afin de leur
permettre d'offrir à leurs clients un approvisionnement électrique fiable et
économique. Les réseaux municipaux, c'est 170 000 clients,
41 municipalités desservies, 300 millions de dollars d'achat
d'électricité à Hydro-Québec. M. Laprise pourra vous expliquer notre modèle
d'affaires juste un peu plus tard. Ça équivaut à un achat de
5,5 térawattheures, et donc 315 emplois directs.
On est également la seule expertise
publique en distribution électrique au Québec, évidemment à part Hydro-Québec.
Comme vous le constatez... comme vous le constaterez à la présentation de notre
mémoire, l'AREQ soutient les orientations générales du gouvernement dans le
cadre de la transition énergétique et accueille donc favorablement les
objectifs visés par le projet de loi n° 69. Un des enjeux extrêmement
importants pour tous les Québécoises et les Québécois, c'est la transition
énergétique et les changements climatiques. Pour ça, ça va nécessiter des
investissements accrus, et surtout en période de forte inflation, on le sait,
les équipements d'appareils électriques coûtent de <plus...
Mme Beaudin (Évelyne) :
...période
de forte inflation, on le sait, les équipements d'appareils électriques coûtent
de >plus en plus cher, alors ça nous demande des investissements accrus.
Pour maintenir la pérennité de nos infrastructures et pour répondre à la
nouvelle demande d'électrification, encourager une meilleure consommation
d'énergie et améliorer la fiabilité et la résilience de nos réseaux de
distribution, il est essentiel d'intensifier ces différents investissements.
Maintenant, passons aux choses sérieuses.
Dans le mémoire, si vous allez voir en annexe, on a fait la liste très claire
des modifications qu'on vous suggère. Il y a trois éléments sur lesquels je
voudrais apporter l'attention des membres de la commission en particulier. Le
premier élément, c'est qu'on veut préciser que le projet de loi, et particulièrement
le programme d'aide financière, vise la clientèle des réseaux municipaux, donc
pas seulement la clientèle d'Hydro-Québec, mais vraiment la clientèle
québécoise. Donc, ça, c'est la première modification qu'on vous demande. Vous
pouvez le voir à la page 18 du mémoire, dans l'annexe.
La deuxième modification, c'est que, dans
le contexte de multiplication des tarifs, on veut apporter une précision au
texte des lois constitutives des réseaux municipaux afin que les obligations de
tarification de ceux-ci ne soient pas supérieures à celles d'Hydro-Québec, pour
une même catégorie de consommateurs, tarif pour tarif, et non liées par une
comparaison des coûts. C'est l'article 89. Vous le retrouvez en bas de la
page 19, où on aurait dû lire, d'ailleurs, «article 89». Est-ce qu'on
pourra envoyer une version révisée du mémoire s'il y a juste une petite
coquille? Oui. Donc, on vous enverra la version où on corrige cette petite
coquille, mais vous pouvez le retrouver au bas de la page 19. Et, de plus,
on considère que, pour la compensation financière qui est prévue, on... il
faudrait qu'elle soit calculée en s'assurant que l'effet cumulé de l'impact
financier soit reconnu. Donc, vous allez retrouver ça à l'article 113, à
la page 22 du mémoire qu'on vous a partagé.
Donc, ça, c'est les trois éléments qui
touchent le projet de loi, mais, également, ce qu'on demande aujourd'hui aux
membres de la commission, c'est qu'on voudrait que la... que le gouvernement
émette un décret de préoccupation auprès de la Régie de l'énergie pour qu'elle
se... pour se prononcer sur une solution pérenne et raisonnable liée à la
tarification des réseaux municipaux au Québec.
Donc, pour vous présenter d'autres
éléments et préciser certaines choses que j'ai mentionnées, je vais maintenant
céder la parole à mon collègue, M. Laprise.
M. Laprise (Christian) : Merci,
Mme Beaudin. Dans un premier temps, il est important de comprendre que depuis
plus de 100 ans les réseaux municipaux sont des outils de développement
durable, dans le sens économique et social, dans les régions. Alors, ça
appartient à la société. Les municipalités ont pris des risques financiers au
tout début pour bien investir, puis ça n'a pas toujours été rentable. Ils sont
titulaires des droits exclusifs de distribution dans un territoire bien défini.
Ils possèdent les poteaux, les conducteurs, les transformateurs, les services à
la clientèle, mais aussi des postes et, dans certains cas, des capacités de
production. Alors, il faut comparer en partie avec Hydro-Québec Distribution,
mais aussi avec <i>Hydro-Québec Transport pour les postes et, dans...
pour certaines parties, avec la production, Hydro-Québec Production.
Dans le contexte du projet de loi
n° 69, nous sommes heureux de collaborer à la planification en lien avec
le PGIRE. On fait déjà des planifications, puis tant mieux si on peut en faire
encore de plus longues. Aussi, nous félicitons la modification de la mission de
la Régie de l'énergie pour une plus grande flexibilité, qui pourrait prendre en
fait une décision sur un décret de préoccupation pour les réseaux municipaux.
Dans le contexte de la mouvance des
technologies, des demandes énergétiques et aussi de la décarbonation, nous
accueillons aussi favorablement la périodicité des causes à la régie, qui...
qui seraient aux trois ans. D'ailleurs, bien, comme on disait, on vous invite à
lire le mémoire, qui explicite plusieurs éléments. Le modèle d'affaires
existant des réseaux municipaux consiste à acheter au tarif LG. Le tarif LG,
c'est un tarif de centres commerciaux et d'institutions, c'est un tarif de
consommation. Puis les réseaux municipaux, ils ne consomment pas de
l'électricité, ils redistribuent. Alors, ça fait partie de... du modèle
existant. Ensuite, une obligation des réseaux municipaux, c'est de... qu'ils ne
peuvent pas vendre plus... plus cher que le... les tarifs d'Hydro-Québec dans
la même catégorie de consommateurs. Alors, on voit qu'à l'entrée et à la
sortie, c'est... c'est défini.
Alors, l'idée de revoir le modèle
d'affaires, c'est que... il faut nommer quelques éléments, c'est que les marges
s'effritent depuis 2009. La <transition...
M. Laprise (Christian) :
...c'est
que... il faut nommer quelques éléments
, c'est que les marges
s'effritent depuis 2009. La >transition énergétique... En fait, les
investissements majeurs pour la croissance, la croissance de l'électrification
pour les autos électriques, les procédés d'électrification des usines, mais
aussi pour le chauffage demandent évidemment beaucoup d'investissements.
L'offre de services doit aussi s'élargir. On parle ici d'une offre avec la
tarification différenciée dynamique, des portails plus sophistiqués et plus...
pour instruire, et communiquer, et engager les consommateurs pour finalement
améliorer les... la consommation.
Donc, le tarif LG, c'est... qui vise une
optimisation d'une consommation, alors que nous, on doit viser une efficacité,
une décarbonation, alors c'est là qu'on dit qu'on doit adapter, aménager,
revoir le modèle d'affaires pour être dans la mission de la transition
énergétique.
• (16 h 50) •
Ça fait qu'en conclusion, les réseaux
municipaux sont impliqués localement, ils participent à la... au développement,
ils sont proches de leurs clients. Puis, on entend souvent parler de... acceptabilité
sociale, bien, ils sont bien positionnés pour faciliter les défis que pose la
transition énergétique localement. Il faut moderniser le modèle d'affaires,
puis, dans ce contexte-là, on voit qu'un décret de préoccupation, dans le
contexte où il y aurait une tarifaire en 2026, bien, pourrait être une
opportunité pour ensuite que la régie puisse adopter des aménagements, ou un
tarif, ou quoi que ce soit dans ce domaine-là. Ça complète notre présentation,
là. On vous remercie de votre écoute.
Le Président (M. Montigny) : Merci
beaucoup. Simplement vous aviser, là, que quelqu'un de la commission va
s'occuper de vous contacter dans... juste après votre témoignage pour s'assurer
que vous puissiez envoyer la nouvelle version de votre mémoire sans problème.
Alors, maintenant, il est maintenant temps
de... Je vous remercie d'abord pour votre exposé, et puis nous allons
maintenant commencer la période d'échange. Mme la ministre, la parole est à
vous pour 16 min 30 s
Mme Fréchette : Merci
beaucoup, M. le Président. Alors, merci à vous tous. Mme la mairesse,
messieurs, merci de votre présence, merci de venir nous partager, en fait,
votre réalité, qui est distincte, hein, et puis c'est vrai qu'on a le réflexe
de parler d'Hydro-Québec quand on parle des fournisseurs, mais il faudra vous
considérer aussi dans le paysage, ce qui est une bonne chose.
Alors, bien, j'aimerais ça que vous nous
parliez davantage, là, parce que, bon, votre temps était assez limité,
davantage, donc, des mesures que vous pourriez mettre en place ou que vous
aimeriez qui soient mises en place pour vous inscrire davantage dans la
transition énergétique, considérant votre modèle, vos contraintes. Et aussi
est-ce que les propositions, dans le fond, devraient s'appliquer à l'ensemble
de vos membres, ou là aussi vous voyez des distinctions? Parce qu'il y a une
coopérative, il y a les autres modèles. Donc, voilà, j'aimerais ça que vous
élaboriez davantage là-dessus.
Mme Beaudin (Évelyne) : Tout
à fait. Actuellement, notre modèle est vraiment basé sur une optimisation de la
consommation d'électricité. Donc, on achète à Hydro-Québec et on revend au
consommateur final, là, que ce soit un commerce ou le... dans le résidentiel.
Mais, si on veut aller vers de l'efficacité énergétique, de la décarbonation et
vraiment s'arrimer avec le modèle d'Hydro-Québec, bien, c'est notre... c'est
notre modèle d'affaires qui a besoin d'être optimisé. Parce qu'actuellement, si
on fait juste continuer avec le modèle actuel d'optimisation de la
consommation, c'est sûr que ça ne va pas en phase, là, tout à fait avec... avec
les... le positionnement d'Hydro-Québec. Ça fait que peut-être que M. Laprise
va pouvoir préciser un peu, là.
M. Vachon (Martin) : ...l'option
de mesurage net, qui est proposée dans la nouvelle tarifaire d'Hydro-Québec de
2025, elle a un effet sur Hydro-Québec Production en permettant de conserver
des ressources énergétiques dans ses barrages, un effet qui n'existe pas pour
les réseaux municipaux. Alors, lorsqu'on veut offrir le mesurage... à nos
clients, il faut le faire à nos dépens, donc à un coût additionnel pour notre
clientèle.
Tout ce qu'on souhaite, par exemple, dans
ce cas-là, c'est qu'on puisse faire la passerelle afin que notre clientèle
puisse participer à la décarbonation et s'engager dans les nouvelles
trajectoires d'efficacité énergétique, sans nécessairement que les villes, on
ait à compenser la différence. On ne veut pas nécessairement avoir un gain
sur... sur la compensation, mais on ne veut pas que ça se fasse... qu'on ait à
financer cette... puisqu'elle ne nous rapporte absolument rien, puisqu'on n'est
pas producteurs ou on n'approvisionne pas Hydro-Québec proprement dit. C'en est
un, exemple, là, d'aménagement qu'on souhaiterait.
M. Laprise (Christian) : On
peut nommer plusieurs exemples, parce qu'il y a plusieurs enjeux puis il y a...
il y a plusieurs pistes de solution, puis c'est quelque chose qu'on peut
effectivement discuter avec <Hydro-Québec...
M. Laprise (Christian) :
...plusieurs pistes de solution, puis c'est quelque chose qu'on peut
effectivement discuter avec >Hydro-Québec et le ministère dans un comité
pour... pour arriver à des belles solutions.
Mais un autre exemple, notre tarif, c'est
une pointe de 15 minutes, comme les autres tarifs. Alors, une proposition
qu'on a, c'est plutôt d'avoir une moyenne d'heures annuelle pour gérer
davantage le réseau local, pour mieux aider le réseau provincial, au lieu de
gérer quelque chose qui est moins utile, qui est dans une... un tarif de centre
commercial, en quelque sorte. Par exemple, lorsqu'on fait du délestage pour la
pointe, on est obligés de délester à des moments où Hydro-Québec n'est pas en
pointe et nous non plus. Mais on doit, à cause de notre contrainte tarifaire,
gaspiller du... du délestage ou partir des fournaises au mazout et au gaz,
alors que le modèle ne concorde pas avec le besoin qu'on a. Alors, voici un
autre exemple.
Alors, je pense que la piste de solution,
c'est de parler des enjeux, trouver des solutions robustes, puis évidemment une
pointe plus annuelle avec une pointe ensuite qu'on paierait pour chaque mois au
lieu d'un tarif qui est à la PFM, effectivement.
Mme Fréchette : ...des
profits que vous dégagez, est-ce que vous parvenez à réinvestir dans des
nouveaux équipements, des nouvelles façons de faire, nouveaux procédés qui vous
permettent d'être davantage en phase avec la transition énergétique?
M. Laprise (Christian) : Bien,
présentement, on est déjà dans la transition énergétique, hein? On installe des
bornes, on est en train de grossir des artères ou satisfaire, ajouter des postes
à certains endroits puis... Mais ce qu'on voit à l'horizon déjà de 2030, c'est
des investissements colossaux pour... pour l'ensemble des technologies, pour
suivre toute la panoplie de tarifs qu'on veut bien desservir, mais en même
temps pour satisfaire la charge. Puis notre modèle d'affaires, il ne crée pas
de supplément de revenu pour ces éléments-là, vraiment. Alors, il faut... Ça
fait partie des enjeux, effectivement, dans... dans le contexte de
modernisation.
Mme Fréchette : Est-ce que
vous vous êtes donné aussi l'objectif de décarboner vos collectivités d'ici
2050?
Mme Beaudin (Évelyne) : ...du
modèle d'affaires va... nous permettrait d'être beaucoup plus efficaces dans
cette décarbonation puis dans l'efficacité énergétique. Il faut savoir... en ce
moment, on achète un bloc minimal, puis ensuite on... plus on consomme, plus on
achète et qu'on revend, et plus on fait de... tu sais, plus notre marge est
importante. Donc, c'est sûr que notre modèle, qui est vraiment basé uniquement
sur la distribution, alors que, chez Hydro-Québec, il y a la production, il y a
la distribution, et tout ça, fait en sorte qu'on a de la difficulté à suivre
les orientations gouvernementales.
C'est pour ça qu'il existe, justement,
depuis... depuis peu, une table de discussion tripartite avec le ministère et
avec nous, notamment, où on arrive à avoir... Il existe des solutions, on a...
on a plusieurs propositions à vous faire, peut-être à l'extérieur, désolée, de
cette commission parlementaire. Donc, on a plusieurs propositions à vous
formuler qui nous permettraient d'avoir un modèle d'affaires qui nous permettrait
d'être beaucoup plus efficaces puis d'avoir un plus grand incitatif à accélérer
la décarbonation et l'efficacité énergétique. Donc, nous, on veut vous suivre
et on a des propositions d'outils qui seraient... qu'il serait possible de
mettre en place pour vous suivre de manière... de manière plus efficace.
Mme Fréchette : ...en
concordance. Bien, merci. Je serais intéressée à en connaître davantage. Donc,
d'ici là, d'ici cette rencontre-là, je vais laisser la parole à mes collègues.
Le Président (M. Montigny) :
Merci beaucoup. À ce stade-ci, je vais laisser la parole au député de Dubuc.
Vous avez 10 min 3 s.
M. Tremblay : Merci. Merci,
M. le Président. Bonjour à vous. Vous parlez de révision du modèle d'affaires.
Des prédécesseurs, tout à l'heure, ont parlé d'une tournée potentielle
régionale d'information, mais surtout pour... pour évaluer les besoins réels
dans un processus qui va évoluer quand même assez rapidement, là, étant donné
le contexte. Vous avez évoqué tantôt la nécessité, ou je l'ai lu, d'un décret,
d'un décret de préoccupation pérenne et raisonnable.
Dans le contexte où certains avancent la
nécessité d'aller récupérer des données sur le terrain pour avoir un portrait
actuel de la situation, en quoi on viendrait justifier un décret de
préoccupation pérenne raisonnable, au même titre que d'autres qui... qui font
état de leurs préoccupations sur des... la tarification, vous comprenez?
Mme Beaudin (Évelyne) : Oui,
Bien, en fait, c'est que, dans le modèle d'affaires, c'est sûr que le bout du
tarif est extrêmement important. Comme on a mentionné, actuellement, nous,
on... on est considérés un peu comme un <centre...
Mme Beaudin (Évelyne) :
...important. Comme on a mentionné, actuellement, nous, on... on est considérés
un peu comme un >centre d'achats. On achète au tarif LG, mais on n'est
pas des consommateurs. Le... le centre d'achat, lui, il allume ses lumières
puis il consomme. Nous, on achète uniquement pour revendre. On ne prend pas
d'électricité au passage, on... on redonne. Donc, c'est sûr que le bout de
tarif va être extrêmement important. Mais pour que la régie tienne compte
finalement de nos besoins, il faut qu'il y ait de votre côté un décret de
préoccupation pour que ce soit... c'est ça, pour que ce soit considéré. Est-ce
que j'ai bien résumé?
M. Laprise (Christian) : ...le
tarif puis, effectivement, ça demande... si on reste dans les mêmes paramètres,
qu'il n'y a pas une préoccupation de se tourner vers une nouvelle mission, et
ça risque de rester la racine carrée de un qui donne un.
M. Vachon (Martin) : ...une
question de temps. Le temps presse. On doit être en amont, on doit... on doit investir
avant l'arrivée de la charge. Actuellement, même si on a des discussions avec
les parties prenantes, on croit qu'un décret... un décret de préoccupation nous
permettrait peut-être d'accélérer le processus. Parce que, pour nous, vraiment,
les investissements doivent se faire et rapidement. Actuellement, on croit que
l'intérêt de... que porterait le gouvernement à notre demande nous permettrait
peut-être d'accélérer les choses pour nous permettre d'investir rapidement, là,
dans... dans les modifications nécessaires.
• (17 heures) •
M. Tremblay : OK. Autre
question, bien, d'abord, M. Vachon, vous êtes originaire de?
M. Vachon (Martin) :
Jonquière.
M. Tremblay : Ah! Au
Saguenay. Merci. C'était simplement pour l'entendre.
Des voix : ...
M. Tremblay : Dites...dites-moi...
Le Président (M. Montigny) : Ah!
Allez... allez-y.
M. Tremblay : Ah! oui, oui,
j'ai une question. Je ne me limiterai pas à de l'humour, M. le Président. Oui,
oui, c'est gratuit. J'ai... Dites-moi, au Saguenay, au Saguenay, je prends un
exemple, parce que vous parlez d'optimisation des coûts, de comment... Moi, je
me pose la question : Est-ce que, selon vous, il y a une étape, il y a un...
du cheminement à faire, quant à l'approche de gestion de pointe, d'énergie qui
peut être perdue actuellement et qui pourrait être récupérée? Puis, sans
vouloir être chauvin, je parlerai de l'approche IDEA Contrôle au Saguenay. Et
il y en a d'autres, sans doute, au Québec, qui y travaillent. Est-ce que vous
croyez que, dans le processus de réflexion, il y a un travail nécessaire à
faire où on pourrait aller récupérer de l'énergie et optimiser davantage là,
même au niveau municipal et en région, avec ça, avec un modèle comme celui-là?
M. Vachon (Martin) :
Absolument. Effectivement, c'est crucial que la consommation des... fasse d'une
meilleure façon au Québec. Je vous dirais que les réseaux municipaux, en
général, depuis des années, compte tenu du modèle d'affaires dans lequel on
œuvre, on est déjà très proactifs. Ville de Sherbrooke étant un exemple au
Québec dans la... dans la capacité à réduire la pointe. On le fait, on le fait
depuis longtemps, de manière nécessaire.
La difficulté actuellement avec la
transition énergétique, c'est de permettre à l'ensemble de la clientèle de
participer, et c'est pour ça qu'on s'adresse, vous allez voir, dans notre
mémoire, on met des aides... précisément, là, l'exemple que vous donnez d'IDEA
Contrôle. C'est une façon de faire de la GDP, mais la manière dont on est
tarifés, c'est difficile de la transposer de la même valeur pour les besoins de
la pointe nationale. Alors, c'est des éléments qu'on veut faire converger,
c'est un peu de l'innovation, si vous voulez, au niveau tarifaire pour
maximiser ce potentiel-là, effectivement. Alors, pour nous, c'est crucial et on
y est déjà, comme disait Christian, on est dedans depuis longtemps... même un
exemple, là, en termes de réduction de pointe, contrôle de pointe.
Mme Beaudin (Évelyne) : ...de
compléter, en 2014, il y a eu une révision du tarif auquel on achète auprès
d'Hydro-Québec, ça a affecté énormément nos marges, ce qui a fait qu'on a réussi
quand même à maintenir, tu sais, qu'on a réussi à dégager des marges malgré
tout. C'est la gestion de la pointe, mais il y a quand même une limite à un
moment donné à ce que ça peut nous apporter, la gestion de pointe. C'est pour
ça qu'on veut aussi aller vers d'autres... vers d'autres solutions en matière
d'efficacité énergétique. Pour la ville de Sherbrooke, le 3 février 2022...
c'est ça? 2023...
Des voix : ...
Mme Beaudin (Évelyne) : 3 février
2023, on a eu une pointe de 15 minutes qui a eu un impact sur l'année de
6 millions de dollars, là. Et ça, ce 6 millions de dollars
là, bien, ce n'est pas investi ensuite dans les équipements, qui coûtent de
plus en plus cher, puis qui nous permettraient d'être plus performants dans
notre sobriété énergétique.
M. Tremblay : OK, puis...
M. Tholomier (Martin M.) :
Peut-être, je peux aussi rajouter, là. Là, effectivement, quand on parle de
transition énergétique, il y a, entre autres, l'électrification des transports,
bien, avec les voitures électriques, effectivement, les voitures vont être
chargées pendant les périodes de pointe lorsque les gens vont rentrer chez eux
à... vers 17 h 30 et 18 heures, et donc ça va aussi amplifier
l'impact, évidemment, sur la gestion de la pointe...
17 h (version révisée)
M. Tholomier (Damien M.) :
...vers 17 h 30 et 18 heures. Et donc, ça va aussi amplifier
l'impact, évidemment, sur la gestion de la pointe. Comme... Comme mentionné
précédemment, les réseaux municipaux et la coopérative, on gère déjà notre
pointe. Et effectivement on a besoin de nouveaux outils pour effectivement
optimiser et puis, en fait, mieux consommer, effectivement, pendant les
périodes de pointe. Donc, ça veut dire, en fait, déplacer la pointe. Donc, ça
demande des investissements au niveau des réseaux, que ce soit dans les
compteurs intelligents ou des solutions de gestion ou de distribution de
réseaux électriques.
Le Président (M. Montigny) : ...je
vais céder la parole au député de Côte-du-Sud.
M. Rivest : Merci. Afin de
bien comprendre, là, parce que vous avez un modèle particulier, là, puis je...
on est très contents de vous accueillir, de vous accueillir et vous entendre, mais
j'ai l'impression que vous avez quand même un besoin très spécifique en lien
avec la tarification, là, que je connais d'ailleurs, aussi. Ces éléments-là se
passaient aussi dans... Dans ma vie passée, il y avait ces éléments-là, quand
il y avait la consommation qui dépassait, qui avaient un impact, là, sur toute
l'année. Je peux... Je peux très bien comprendre. En même temps, est-ce qu'il y
a des solutions qui existent déjà? Dans le sens que, là, deux... une question,
deux volets : Est-ce qu'il y a des solutions qui existent déjà dans ce
modèle de tarification là, puis qu'il y a une négociation à y avoir?
Puis là, vous parlez du décret, là, pour
pouvoir que la régie puisse vous donner plus d'informations là-dessus ou
trouver des solutions. Mais quel est le lien actuellement avec le projet de loi
qu'on présente? Quels sont les éléments qui, pour vous, peuvent être
intéressants? Parce que pour moi, là, actuellement, je ne saisis pas tant le
lien avec le PL 69 sur la problématique de la tarification que vous vivez.
Mme Beaudin (Évelyne) : Bien,
je vais... Juste rapidement. Le... Déjà, dans le projet de loi n° 69, vous
venez inscrire dans la loi une compensation financière que vous donnez aux
réseaux municipaux.
M. Rivest : Au domestique. Au
volet domiciliaire.
Mme Beaudin (Évelyne) : Donc...
Donc, pour nous, ça, c'est vraiment un gain très important. Mais néanmoins, si
on parle d'une compensation, c'est parce qu'il y a un enjeu au niveau du
modèle, sinon, on n'aurait pas besoin de cette compensation-là. C'est pour ça,
le lien entre le projet de loi et... C'est sûr qu'on est tout le temps... Surtout...
Surtout eux, ils ont plusieurs coups d'avance, là. Donc, on est déjà en train
de réfléchir, nous, à 2030 puis au rendez-vous 2026, là, qu'on pourra
avoir au niveau tarifaire. Mais je vais laisser les autres exprimer des
solutions ou des propositions.
M. Laprise (Christian) : Je
vais... Lorsqu'on lit le titre du projet de loi, qu'on parle de transition
énergétique et de gouvernance, dans le contexte qu'on a un modèle que, dans le
passé, c'était l'efficacité de nos opérations qui pouvait dégager des marges, aujourd'hui,
le modèle, il nous encourage à ne pas faire ce qu'on veut faire dans la
transition énergétique. Il nous encourage à remplir... à faire... faire... à
trouver de la charge pour être rentables puis à... Ce n'est pas le... Ce n'est
pas la même mission. Puis nous, on veut supporter le gouvernement. On est
alignés sur... sur le support de cette orientation de changer le modèle où on
travaille sur... une efficacité, on travaille à... Si on... Il y a plein, plein
d'options, comme on vous nomme des enjeux de délestage, de travailler davantage
dans un paradigme de provincial et charge locale en même temps que juste la
facture du centre d'achats. C'est assez différent. Puis on pense que ça cadre
dans une mission de peut-être dégager des capacités puis d'être dans un même...
dans une même vision.
M. Vachon (Martin) : ...à la Régie
de l'énergie, qui permettent d'apprécier les tarifs sous un autre angle qu'uniquement
l'angle, là, des revenus requis chez Hydro-Québec...
Le Président (M. Montigny) : Merci.
Merci beaucoup. Le temps étant écoulé, maintenant c'est le temps de céder la
parole à la députée de Saint-Laurent. Vous avez 10 min 24 s.
Mme Rizqy : Merci beaucoup, M.
le Président. Merci d'être présents avec nous aujourd'hui.
J'aimerais revenir sur la page 18 de
votre mémoire. Je ne suis pas certaine d'avoir bien compris votre propos par
rapport à ce que vous suggérez à l'article 75. Est-ce que vous pouvez
peut-être nous éclairer?
Mme Beaudin (Évelyne) : ...en
fait, c'est... c'est tout simple. C'est qu'on réfère à la clientèle d'Hydro-Québec.
Et, dans la colonne de gauche, on reprend le texte du projet de loi, et dans la
colonne de droite, on indique qu'il faudrait changer «Hydro-Québec» par «la
clientèle québécoise». Parce que nous, notre clientèle, ce n'est pas une
clientèle d'Hydro-Québec. Est-ce... Est-ce que c'est plus clair?
Mme Rizqy : Parce qu'au fond,
vous, vous êtes l'intermédiaire, donc...
Mme Beaudin (Évelyne) : C'est
ça. Nous... Mettons, moi, là, j'habite à Sherbrooke, et ma facture, c'est écrit
Hydro-Sherbrooke, là. Je ne suis pas une cliente d'Hydro-Québec. Donc,
vraiment, le fournisseur, c'est le redistributeur. Et nous, dans l'association,
là, on en a 10 comme ça, là, des fournisseurs comme <Hydro-Sherbrooke...
Mme Beaudin (Évelyne) :
...des fournisseurs comme >Hydro-Sherbrooke.
M. Tholomier (Damien M.) :
Hydro-Québec fournit à peu près 86 % de l'électricité aux Québécois et
un... moins de 4 %... Effectivement, les distributeurs d'électricité n'est
pas Hydro-Québec, mais les neuf réseaux municipaux et la coopérative
d'électricité.
Mme Rizqy : OK. Alors, c'est
de là que vous voudriez, à la page 18, qu'on enlève «distribution
d'électricité». On enlèverait «Hydro-Québec pour la clientèle domestique
québécoise»...
Mme Beaudin (Évelyne) :
Exactement.
Mme Rizqy : Je pense, ça va
être un petit peu... je pense, un petit peu plus... On va réfléchir parce que,
je pense, c'est un petit peu compliqué au niveau de légiste. Mais là, vous,
vous nous expliquiez aussi tarif pour tarif au niveau commercial, industriel et
résidentiel. C'est ça que vous voulez dire, tantôt, quand vous faisiez allusion
à tarif pour tarif?
Mme Beaudin (Évelyne) : Oui.
Tarif pour tarif, je vais peut-être laisser M. Laprise expliquer. C'est au bas
de la page 19.
M. Laprise (Christian) :
Bien, le deuxième élément, c'est la <i>loi des réseaux municipaux qui
mentionne qu'on doit respecter que le... on doit offrir à un coût qui n'est pas
supérieur. Puis on croit que ce serait mieux... ce serait mieux d'être
spécifique que le tarif ne doit pas être plus élevé, et non pas comparer à un
coût qui est... qui n'est pas nécessairement... Parce que la... la journée
qu'il y a des nouveaux tarifs, puis que nous, on n'a pas mis en place encore
les tarifs, c'est... on compare un coût sur quelque chose qui n'existe pas, là,
un tarif qui n'existe pas. Ça fait que...
• (17 h 10) •
Mme Beaudin (Évelyne) : Donc,
en d'autres mots, vous utilisez le terme «coût», puis nous, on propose
d'utiliser le terme «tarif».
Mme Rizqy : OK.
L'article 38 du projet de loi n° 69, où est-ce
qu'on... c'est écrit noir sur blanc qu'il est possible de vendre de
l'électricité à un consommateur, comment ça... c'est quoi, l'impact, pour vous?
M. Laprise (Christian) :
Bien, il y a... il peut toujours y avoir un impact, mais notre alignement,
c'est de toujours... d'être en support aux volontés du gouvernement puis
d'Hydro-Québec, là, qui est quand même une intelligence importante dans le
domaine de la distribution. Alors, on se positionne normalement pour être
totalement en appui aux décisions du gouvernement. Alors, on n'a pas fait de
recommandations différentes à ce sujet-là. Pour nous, on est... on intègre ça.
Donc, s'il y avait, dans notre réseau, un producteur voisin à un consommateur,
bien, ça pourrait exister. On... C'est inclus dans notre... dans notre
territoire.
Mme Rizqy : Donc, vous, vous
pourrez acheter l'électricité d'un tiers?
M. Laprise (Christian) :
Nous, on ne peut pas. La loi sur les réseaux municipaux ne nous permet pas
d'acheter à autre qu'Hydro-Québec.
Mme Beaudin (Évelyne) : Par
contre, on produit... on peut produire de l'électricité dans... Certains de nos
membres produisent, comme, par exemple, Hydro-Sherbrooke. On produit à peu près
3,5 % de toute l'électricité qu'on distribue à nos clients.
Mme Rizqy : OK. Donc, si je
veux être certaine de vraiment bien comprendre, vous, votre loi constituante,
vous pouvez seulement acheter 100 % d'Hydro-Québec, d'aucune autre
personne, et la loi 69 ne le change pas. Mais là, vous, côté Jonquière,
vous faites un bémol. Je vous écoute.
M. Vachon (Martin) : ...sur
les... sur les marchés voisins. Pour être précis, on peut... on peut
s'approvisionner en dehors du Québec, mais on ne peut pas s'approvisionner
d'une entreprise privée au Québec. Mais on pourrait s'improviser sur les
marchés.
M. Laprise (Christian) : ...un
décret...
M. Vachon (Martin) : ...un
décret. Mais, selon la loi, là, on aurait la possibilité de, ce qu'on ne fait
pas, là, mais....
Mme Rizqy : OK. Donc, au
niveau de l'article 38, c'est... Est-ce que c'est pour ça que vous n'avez
pas aucun commentaire? C'est parce qu'il n'y a pas d'impact pour vous?
M. Laprise (Christian) : Bien,
s'il y a un impact, on l'accepte. On l'accepte. Bien, parce qu'il pourrait...
on pourrait avoir un client qui achète d'un autre client... d'un fournisseur
à... dans notre territoire, puis on ne s'objecte pas à ça.
Mme Rizqy : OK. Puis à quoi
ça peut être bénéfique ou non bénéfique pour vos marges?
M. Laprise (Christian) :
Exact. On accepte...
Mme Rizqy : Mais en quoi ça
peut l'être, bénéfique ou pas?
M. Laprise (Christian) : Ah
bien, bénéfique... Bien, si c'était un très mauvais client qui consomme très
mal, ça pourrait être bénéfique pour nos marges. Mais, si c'est un très bon
client puis il a un très bon fournisseur, c'est... on perd un bon client. Alors...
Mais on ne s'objecte pas à ça dans le cadre de la loi.
Mme Rizqy : OK. Parce que
tantôt, vous faisiez référence à vos marges, donc j'essaie... Vous, vous
avez... vous dégagez des marges?
Mme Beaudin (Évelyne) : Oui.
M. Laprise (Christian) : Oui.
Mme Rizqy : OK. Donc, si, par
exemple, dans l'article 38, un consommateur... disons un manufacturier a maintenant,
à partir de... une fois qu'il serait... disons qu'il... Tel... Tel qu'écrit,
adopté, l'article 38 permettrait à un... à autre producteur n'étant pas
Hydro-Québec de vendre à un consommateur, disons, adjacent, pour reprendre le
terme écrit dans la loi actuellement. Disons que lui, en ce moment, se fournit
chez Hydro-Sherbrooke. Et là, il se dit : Ah bien, finalement, je vais
aller vers l'autre, qui est, disons, <i>Énergie éolienne, je donne un
exemple à tout hasard. Bien, à ce moment-là, ce n'est plus un de vos
consommateurs, donc ça peut avoir un impact sur vos marges.
Mme Beaudin (Évelyne) : ...tout
à fait. Mais, en fait, nous, là, ce qui nous intéresse, c'est à quelle heure il
consomme. S'il consomme pendant la pointe, on est contents de le perdre, puis
s'il consomme en dehors des heures de pointe, on est tristes.
M. Laprise (Christian) : Mais
on n'aura pas le contrôle sur ça.
Mme Rizqy : Mais s'il
consomme tout le temps? Oui, mais le... il consomme tout le temps? Les
manufacturiers... Les manufacturiers maintenant sont sur des quarts qui
n'arrêtent presque jamais, là. Bien, ils ont des quarts de soir, des quarts...
C'est <rendu...
Mme Rizqy :
...Bien,
ils ont des quarts de soir, des quarts... C'est >rendu quand même des
quarts de nuit.
Mme Beaudin (Évelyne) : Tout
à fait. Non, mais c'est ça. Bien, dans le fond, la réponse, c'est que ça
dépend. Quand on dit : Ça dépend, l'impact sur nos marges va dépendre du
type de consommation, de l'intensité de la consommation. Donc, c'est... c'est difficile
de vous dire si c'est un impact positif ou négatif de façon générale.
Mme Rizqy : Donc, si je
comprends bien, si c'était... disons, un consommateur qui est plus énergivore
lors des pointes, ça ne vous dérange pas trop, mais si c'est une... un
consommateur qui consomme en continu, ça peut avoir un impact sur vos marges.
Mme Beaudin (Évelyne) : Bien,
en fait, idéalement, c'est quelqu'un qui ne consomme presque pas pendant les
pointes. C'est surtout ça que... C'est... C'est ça, pour nous, les... le
meilleur client, là, typique, là. C'est quelqu'un qui consomme beaucoup en
dehors des heures de pointe puis qui ne consomme pratiquement pas pendant les
heures de pointe.
Mme Rizqy : L'ex-ministre
parlait d'ajouter peut-être, il avait lancé ça dans l'univers, des tarifs
différenciés selon la journée. Moi, j'ai vécu à Sherbrooke une bonne dizaine
d'années, étudiante, après ça professeure à l'Université de Sherbrooke.
Mme Beaudin (Évelyne) : Oui.
La même faculté que moi.
Mme Rizqy : Eh oui! Et, quand
je suis arrivée à Sherbrooke, quel a été mon étonnement de recevoir
Hydro-Sherbrooke. J'ai fait : Coudon! Je ne le savais pas. Et c'est là que
j'ai aussi découvert, dès l'époque 2005, que finalement, si je partais ma
sécheuse un peu plus tard, c'était bénéfique. J'avais même un petit compteur
qui allumait rouge pour me dire : Non, non, non, ce n'est pas le bon
moment, vert quand c'est le bon moment. C'est... Donc, vous, à Sherbrooke, ça
fait quand même... plusieurs années que ça existe. Comment vous accompagnez les
citoyens là-dedans?
Mme Beaudin (Évelyne) : C'est
sûr que moi, j'ai envie de vous dire que l'existence de nos membres, ça rajoute
des gens dans le domaine de la distribution... d'électricité puis ça favorise
l'innovation. Donc, effectivement, dans le passé, il y a des choses qui ont pu
émerger chez Hydro-Sherbrooke ou chez d'autres membres de l'AREQ puis qui ont
pu, tu sais, contribuer à faire avancer le domaine.
Aujourd'hui, un des défis qu'on a, c'est
justement l'effritement de nos marges qui limite assurément nos capacités
d'innovation. Donc, par exemple, il y a des innovations qui... il y a des
nouveaux programmes, des nouveaux... des nouvelles choses qui sont mises en
place par Hydro-Québec, que, nous, on a de la difficulté à suivre le rythme.
Donc, vous, vous avez vécu une situation
où vous aviez quelque chose chez Hydro-Sherbrooke qui n'existait pas chez
Hydro-Québec, mais en ce moment, on a la situation inverse. Il y a des services
qui existent chez Hydro-Québec, que, nous, on n'est pas encore en mesure
d'offrir. Puis c'est sûr que les clients comme vous, surtout à Sherbrooke,
qui... tu sais, qui viennent étudier, qui vont ailleurs, voient qu'il y a des
choses qui sont disponibles ailleurs, qui voudraient pouvoir contribuer à cette
vision du gouvernement de sobriété et d'efficacité énergétique... bien, à la
vision de toute l'Assemblée nationale, mais qui ont de la difficulté à, tu sais...
à comprendre pourquoi ce n'est pas disponible chez vous. Puis ça devient
difficile d'expliquer : Bien, c'est parce que nos marges s'effritent
depuis... depuis plusieurs années, tu sais.
Mme Rizqy : Je ne sais pas si
vous voulez ajouter quelque chose. C'est que je... je prenais un exemple de
Sherbrooke parce que je le connais, mais gênez-vous pas, les autres régions, je
vous apprécie tout autant. J'ai aussi travaillé au Saguenay, là. Donc, je ne
sais pas si vous voulez ajouter quelque chose. Jonquière, c'est toujours
apprécié.
Une voix : ...
Mme Rizqy : On ne va pas là. Bon,
bien, je ne sais pas...
Une voix : ...
Mme Rizqy : D'accord. Bien, c'est
terminé. Merci.
Le Président (M. Montigny) : Bien,
merci. Aucun problème. Alors, maintenant, merci. Je cède maintenant la parole
au député de Maurice-Richard. Vous avez
3 min 28 s.
M. Bouazzi : Merci beaucoup,
M. le Président. Merci beaucoup d'être là. J'ai l'impression que c'est un peu
le jour de la marmotte. À chaque projet de loi, on vous oublie un peu dans...
C'est... Ça fait juste deux ans que je suis là, et c'est...
Mme Beaudin (Évelyne) : ...veut
pas.
M. Bouazzi : ...c'est
systématique. Ça fait que j'inviterais à un réflexe, n'est-ce pas, pour le
petit 4 %, effectivement, que vous distribuez, et que ce n'est pas
Hydro-Québec.
Je veux être sûr d'avoir compris ce dont
vous parliez concernant les 15 minutes de pointe qui vous a coûté
terriblement cher. Est-ce que c'est parce que vous vous fournissez à ce
moment-là sur le réseau spot? C'est... C'est... Ça marche comment?
Mme Beaudin (Évelyne) : Bon.
Je vais l'expliquer dans mes mots de non-experte puis ensuite je vais passer la
parole aux experts.
M. Bouazzi : OK. J'ai juste...
J'ai juste 3 min 30 s, là, juste pour vous dire, donc.
Mme Beaudin (Évelyne) : Tout
à fait. Donc, il faisait à peu près moins 75 degrés.
M. Bouazzi : Non, mais ça, je
comprends. Il y a un moment où vous manquez d'électricité.
Mme Beaudin (Évelyne) : Exactement.
Et donc, pendant... Et, à toutes les 15 minutes, on mesure la puissance,
le jus qu'on tire. Donc, pendant ce 15 minutes-là, on a... on a mesuré, et
c'était une très... une très grande puissance demandée. Et ça impacte notre
tarif auquel on achète pour l'année entière. C'est pour ça que M. Laprise dit :
Si notre tarif était plutôt basé sur la pointe moyenne plutôt que sur la pire
pointe, bien, c'est sûr que nous, ça nous permettrait d'avoir des marges plus...
plus intéressantes.
M. Bouazzi : Et ça... Et ça,
c'est le tarif... qu'Hydro-Québec... c'est votre... votre tarif...
M. Laprise (Christian) : Le
tarif LG.
M. Bouazzi : Exact.
Mme Beaudin (Évelyne) : Le
tarif centre d'achats, comme on l'appelle, effectivement.
M. Bouazzi : OK, qui est...
M. Vachon (Martin) : J'ajouterais
pour votre compréhension que, comme on n'en fait pas l'usage, contrairement aux
<autres...
M. Vachon (Martin) :
...pas l'usage, contrairement aux >autres consommateurs, mais qu'on le
redistribue, bien, dans cette journée-là, entre autres, c'est le chauffage
résidentiel où on n'a pas beaucoup de contrôle encore. Les outils
technologiques qu'on veut introduire ne sont pas encore implantés et
disponibles pour aider le client, par exemple, comme la solution Hilo, à
contrôler sa pointe domestique. Bien, on subit l'usage par nos clients pour un
seul 15 minutes de manière disproportionnée, selon nous, par rapport à nos
obligations de distributeurs et aussi par rapport maintenant à nos obligations
d'implanter des nouvelles solutions.
M. Bouazzi : Excusez mon...
mon ignorance : Vos clients, eux, paient les mêmes tarifs que les tarifs
d'Hydro, là?
Mme Beaudin (Évelyne) : ...similaire,
là. Parce qu'on ne peut pas... On a l'obligation. On ne peut pas vendre plus
cher que les autres, là. Donc, c'est les... c'est la même chose.
M. Bouazzi : Intéressant. Et
tout à l'heure vous disiez : Vous auriez pu vous... enfin, vous pourriez
théoriquement vous... vous... acheter de l'électricité à l'extérieur du Québec,
donc sur le marché spot. Ce n'est pas sur le marché instantané. Ce serait un
truc long terme?
M. Laprise (Christian) : Mais
il y aurait... il y aurait une formule instantanée puis une formule avec des
contrats. Mais c'est quelque chose qui demande quand même un décret aussi. Puis,
ceci dit, on en a déjà discuté ouvertement avec Hydro-Québec, puis c'est... ce
n'est pas quelque chose qui a été... C'était mieux de rester au Québec pour...
M. Bouazzi : C'est sûr que
c'est moins cher techniquement.
M. Laprise (Christian) : Pas
juste ça. Imaginez qu'on doit réserver des capacités de ligne, ça enlève
l'optimisation qu'Hydro-Québec peut faire au niveau provincial de tout le
réseau, mais en même temps, avec les achats et les ventes aux États-Unis. Puis
on est plutôt preneurs de ça. On veut... On veut...
• (17 h 20) •
M. Bouazzi : Il me reste 10 secondes.
Sur les 180 milliards d'investissements qu'Hydro-Québec a annoncés pour
mettre à jour tout ce qu'il y a à mettre à jour, vous, là, ce que vous dites,
c'est : Vous avez des dépenses à faire de votre côté, ce n'est pas là-dedans
que vous piochez, là.
M. Laprise (Christian) : Bien,
nous, il n'y a pas de sous pour nous là‑dedans, hein? Nous, on doit mettre
peut-être 200 millions sur cinq ans, là.
M. Bouazzi : Donc, si on... n'organise
pas tout ça, on peut se retrouver avec un réseau qui est entièrement mis à jour
et un 4 % qui reste à l'âge de pierre?
Mme Beaudin (Évelyne) : ...ça
va être beaucoup plus long probablement pour nous, là, parce qu'on y va avec nos...
nos petites marges. Ça fait que...
M. Bouazzi : Comptez sur
nous, on va porter cette voix-là.
Mme Beaudin (Évelyne) : Merci
beaucoup.
Le Président (M. Montigny) :
M. le député de Maurice-Richard, il vous resterait un peu de temps, parce qu'il
y a eu un petit peu de temps qui n'a pas été utilisé, si vous voulez continuer.
C'est rare, hein?
Mme Beaudin (Évelyne) : C'est
Noël.
M. Bouazzi : Alors là, je
l'ai perdu, j'imagine. Il me reste combien de temps?
Le Président (M. Montigny) : Malheureusement,
c'est terminé. Je suis désolé. Alors... maintenant, merci. C'est le temps de
céder la parole au député de Jean-Talon pour 2 min 38 s. Merci.
M. Paradis : Merci. Pour ceux
qui suivent ces consultations particulières, vous aurez remarqué que je
m'intéresse beaucoup au programme d'aide financière visant à limiter l'impact
de la hausse des tarifs domestiques d'électricité. Et là, vous, vous faites une
proposition relativement à l'article 75 du projet de loi, qui traite de ce
fonds. Je veux être bien sûr que je comprends bien la mécanique que vous
proposez. Vous dites : Les réseaux municipaux ne peuvent pas vendre plus
cher qu'Hydro-Québec, donc ils sont plafonnés comme est plafonné Hydro-Québec,
puis ils doivent donc pouvoir avoir accès à la compensation pour cette
limitation-là. Mais là, après ça, vous dites dans votre mémoire : On doit
donc prévoir que la clientèle domestique municipale ait accès au fonds. Donc,
c'est la... c'est le réseau qui est... qui est plafonné, mais la clientèle
devrait avoir accès. Je veux être bien sûr que je comprends la mécanique que
vous proposez.
M. Laprise (Christian) :
Hydro-Québec reçoit un... selon le projet, là, il reçoit un programme pour
subventionner les tarifs... plafonner les tarifs domestiques. Ce qu'on lit du
projet. Mais c'est de la façon que c'est formulé. C'est «les tarifs domestiques
d'Hydro-Québec». Les tarifs domestiques, chez nous, c'est Hydro-Québec qui nous
transfère cet argent-là. Mais ça prend le total de l'ensemble des Québécois
pour les tarifs domestiques. Puis, lui, il nous transfère une partie qui sont
pour nos clients au domestique.
M. Paradis : Le fonds qui est
créé pour soutenir ce programme-là, c'est un fonds qui est payé par l'ensemble
des contribuables québécois. C'est M. et Mme Tout-le-monde de l'ensemble du
Québec qui paient ce fonds-là. Mais là, même si... C'est-tu comme une clientèle
séparée dans la municipalité? Vous dites : Nous, on devrait quand même...
notre clientèle ou nos réseaux devraient avoir accès à ce même fonds.
M. Laprise (Christian) : Mais,
en fait, c'est... c'est prévu dans le projet de loi n° 2 que les réseaux
municipaux sont compensés pour ce manque à gagner là, qui est le plafonnement
des tarifs domestiques. Alors là, la mécanique, elle continue dans cette
loi-là.
M. Paradis : OK. Puis c'est...
c'est le réseau qui a accès à la compensation, dans votre vision des choses, ou
c'est le... c'est le client domestique?
M. Laprise (Christian) : Bien,
c'est... Le client, on plafonne son tarif de la même façon, mais c'est le
réseau qui a le manque à gagner. C'est ça.
M. Paradis : Donc, c'est le
réseau. Donc, la phrase, c'est «le réseau devrait avoir accès au fonds»?
M. Laprise (Christian) :
Bien, c'est administré par Hydro-Québec, qui nous transfère l'argent. Mais la
quantité de volume, c'est pour les tarifs domestiques de l'ensemble des
Québécois.
M. Paradis : Très bien.
Merci.
Le Président (M. Montigny) :
Merci beaucoup.
M. Laprise (Christian) :
Peut-être...
Le Président (M. Montigny) :
Oui. Allez-y. Vous avez 15 secondes.
M. Laprise (Christian) : Il
faut comprendre que notre tarif augmente de 6 %, et <les...
M. Laprise (Christian) :
...que
notre tarif augmente de 6 %, et >les tarifs auxquels on vend, ils
augmentent de 3 %. Il y a...
Le Président (M. Montigny) : ...vous
remercier pour votre contribution aux travaux de la commission.
Je suspends donc les travaux quelques
instants avant... pour permettre à la... au prochain groupe de prendre place.
Merci beaucoup.
(Suspension de la séance à 17 h 24)
(Reprise à 17 h 29)
Le Président (M. Montigny) : Merci.
Nous reprenons nos travaux. Je souhaite maintenant la bienvenue aux
représentants de la Fédération des chambres de commerce du Québec. Je vous
rappelle que vous disposez de 10 minutes pour votre exposé, puis nous
procéderons à la période d'échange par la suite avec les membres de la
commission. Je vous invite donc à vous présenter et à commencer votre exposé de
10 minutes. Merci. Allez-y.
M. Noël (Philippe) :Oui. Bonjour.
Je me présente. Philippe Noël. Je suis vice-président aux Affaires publiques et
économiques à la Fédération des chambres de commerce du Québec. Je suis
accompagné par mon collègue Mathieu Lavigne, directeur aux Affaires publiques
et économiques, et qui est responsable aussi de notre comité Énergie et environnement,
entre autres, à la FCCQ.
À titre de rappel, on représente plus de
45 000 entreprises exerçant leurs activités dans tous les secteurs de
l'économie et sur l'ensemble du territoire québécois, dans les 17 régions.
On est le plus important réseau de gens d'affaires et d'entreprises du Québec.
Nous sommes à la fois une fédération de chambres de commerce et la Chambre de
commerce du Québec. Nos membres, que ce soient des membres ou des entreprises,
poursuivent tous le même but, favoriser un environnement d'affaires innovant et
concurrentiel.
• (10 h 30) •
D'abord, je tiens, au nom de mon
organisation, d'entrée de jeu, à féliciter la ministre de l'Économie, de
l'Innovation et de l'Énergie pour sa nomination, et à souhaiter une excellente
session parlementaire à tous les députés réunis aujourd'hui pour étudier ce
projet de loi aussi attendu qu'important. Nous vous remercions aussi pour
l'invitation pour que nous puissions exprimer, en fait, les commentaires de la
FCCQ à propos du projet de loi n° 69. Nous avons d'ailleurs transmis un
mémoire à ce sujet.
D'abord, quelques éléments de contexte.
Le double défi de la décarbonation des
activités économiques existantes ainsi que du développement de nouvelles
filières industrielles ou encore de nouveaux modes de transport décarbonés
engendre une hausse sans précédent de la demande en énergies propres. Nous
souhaitons évidemment que le Québec prenne sa place dans le développement de
ces filières d'avenir, et adhérons aussi à l'objectif de décarboner notre
planète, notre économie, comme en témoigne, par exemple, le guide de
décarbonation de la FCCQ publié récemment et réalisé avec la firme <i>Dunsky,
adressé aux entreprises, de la petite à la grande, afin de leur permettre plus
facilement de poser les gestes nécessaires pour réduire significativement leur
empreinte environnementale.
Il est évident pour nous qu'on ne pourra
répondre à ce double défi sans une approche basée sur deux principes
fondamentaux : premièrement, la pluralité énergétique puisque le Québec
dispose de nombreuses sources d'énergie propre, l'hydroélectricité, l'éolien,
le solaire, le gaz naturel renouvelable, la biomasse, et j'en passe, mais
deuxièmement, la productivité énergétique aussi, c'est-à-dire que chaque
électron et chaque molécule doit donner le meilleur rendement possible. La
réussite de la transition énergétique passera aussi nécessairement par un
allègement des processus et contraintes réglementaires et administratives afin
d'accélérer la réalisation de projets de décarbonation.
Maintenant, la FCCQ est enthousiaste de
retrouver ces grands principes dans le projet de loi n° 69 de même qu'une
grande partie des recommandations qu'elle avait formulées l'an dernier dans le
cadre de la consultation sur l'encadrement et le développement des énergies
propres au Québec tenue par le ministère de l'Économie, de l'Innovation et de
l'Énergie. Notre enthousiasme est en revanche tempéré par certains éléments que
nous jugeons préoccupants, notamment en ce qui a trait à la tarification. Nos
premières recommandations, d'ailleurs, concernent cet enjeu.
Rappelons que depuis 2019, le présent
projet de loi est le quatrième à être présenté par le gouvernement concernant
les tarifs d'électricité. La FCCQ avait exprimé ses réserves face à l'idée
d'animer... d'arriver... d'arrimer la hausse des tarifs à l'inflation puisque
la Régie de l'énergie avait alors perdu son rôle d'arbitre indépendant des
tarifs. Cet arrimage à l'inflation est devenu rapidement problématique avec le
choc inflationniste postpandémique qui a amené le gouvernement à proposer en
juin 2022, quelques jours avant la fin de la session parlementaire, un
plafonnement à 3 % de tous les tarifs d'électricité, tant pour la
clientèle résidentielle que pour la clientèle d'affaires. Malheureusement, à la
fin de l'année 2022, le gouvernement a fait le choix d'exclure la clientèle
d'affaires de ce plafonnement, ce qui a eu pour effet immédiat de faire hausser
grandement la facture d'électricité des entreprises, avec un impact
disproportionné sur les PME, soit des hausses de 6,5 % en 2023 et de
5,1 % en 2024.
Ainsi, d'année en année, l'interfinancement
s'accroît. C'est-à-dire que les tarifs de la clientèle résidentielle sont
gardés artificiellement bas en augmentant continuellement le fardeau tarifaire
des PME québécoises. Bien évidemment, ça produit un impact sur le coût des
biens et services...
17 h 30 (version révisée)
M. Noël (Philippe) :...bien évidemment, ça produit un impact sur le coût des
biens et services que produisent ces PME ainsi que sur leur compétitivité. Et
ça concerne aussi les grandes entreprises industrielles, les employeurs majeurs
dans plusieurs régions, puisque le projet de loi propose des hausses
automatiques de leurs tarifs liés au bloc patrimonial.
Selon nous, la fixation des tarifs ne
devrait être soumise ni aux aléas de l'inflation ni aux aléas des décisions d'un
gouvernement ou un autre. Elle devrait revenir à une autorité indépendante :
la Régie de l'énergie.
C'est pourquoi nous recommandons de mettre
fin à ces déséquilibres et à revenir à une fixation des tarifs par la régie
sans indexation automatique ni plafond artificiel.
Cela dit, même en matière de tarification,
ce projet de loi contient plusieurs avancées et prévoit notamment que les
révisions tarifaires auraient désormais lieu à tous les trois ans, ce qui
constitue, selon nous, un excellent point d'équilibre entre la prévisibilité
souhaitée par les consommateurs et la flexibilité souhaitée par le
distributeur.
Il introduit aussi enfin une modernisation
des règles entourant le gaz naturel renouvelable afin de le rendre plus
attractif pour la clientèle d'Énergir et de Gazifère, les deux distributeurs
présents au Québec en la matière.
Passons maintenant aux aspects de
gouvernance qui ont moins retenu l'attention, mais qui sont au moins tout aussi
importants.
Plusieurs gains seraient obtenus avec l'adoption
de ce projet de loi, à commencer par la mise en place d'un plan de gestion
intégrée des ressources énergétiques, soit le PGIRE, sur un horizon de 25 ans
et incluant toutes les ressources, y compris l'efficacité énergétique.
L'élaboration du PGIRE devrait se faire,
selon nous, en consultant notamment les producteurs et distributeurs privés des
différentes énergies présentes au Québec ainsi que les consommateurs, incluant
les consommateurs commerciaux et industriels.
C'est pourquoi pour nous, à la FCCQ, il
serait important de doter le PGIRE d'un volet régional afin de tenir compte du
portrait énergétique et des capacités d'approvisionnement qui diffèrent de
région en région selon le contexte et la demande.
Nous proposons d'ailleurs de modifier les
articles 14.2 et 14.3 de la Loi sur le ministère de l'Économie et de l'Innovation,
introduits par l'article 4 du projet de loi.
Au même endroit dans le texte législatif,
pour l'article 14.5, nous recommandons également de baliser le pouvoir de
modifier le PGIRE, d'autant plus que des révisions aux six ans sont déjà
prévues.
L'inscription de la transition énergétique
dans la mission de la Régie de l'énergie constitue une avancée importante que
nous réclamions et qui mérite d'être saluée.
Nous saluons aussi l'introduction de
cibles en matière de délais de traitement des dossiers, mais nous recommandons
d'en faire de vraies obligations. C'est ce que fait la Régie de l'énergie du
Canada. Nous ne voyons pas pourquoi la Régie de l'énergie du Québec n'en serait
pas capable. Le tout serait en cohérence aussi avec les objectifs
gouvernementaux en matière d'allègements réglementaires et administratifs, afin
de limiter les délais indus et évitables.
L'ouverture plus grande aux partenariats
avec les collectivités est aussi un progrès important puisque le cadre juridique
actuel avait notamment requis qu'un projet de loi soit rédigé et adopté afin de
permettre à Hydro-Québec de réaliser un partenariat avec une communauté
autochtone dans le cadre du grand projet de ligne de transport Montréal-New York.
Nous recommandons toutefois de baliser les
dispositions du projet de loi qui retireraient l'obligation de tenir des appels
d'offres pour l'approvisionnement en électricité. Que l'on dispense le
distributeur de procéder par appel d'offres pour de la puissance d'équilibrage,
que réalistement il est le seul à pouvoir se fournir via ses barrages et ses
centrales hydroélectriques, tombe sous le sens, mais ça devrait demeurer l'exception.
Les consommateurs seront toujours mieux servis par un processus d'approvisionnement
compétitif où tous les producteurs et opérateurs privés peuvent soumettre des
projets et que les meilleurs d'entre eux soient sélectionnés.
Enfin, concernant un sujet qui a fait
beaucoup jaser, soit l'article 38 du projet de loi sur les achats
corporatifs d'énergie d'un producteur privé à un consommateur privé, nous
considérons que le projet de loi en arrive à un point d'équilibre satisfaisant.
La production privée d'énergie existe déjà
au Québec au sein de grandes entreprises, permettre que cela se poursuive entre
entreprises tout en demeurant limité aux sites adjacents l'un de l'autre ne
remet aucunement en question le modèle énergétique québécois, il s'agit
simplement de lui permettre d'évoluer en tenant compte des réalités d'aujourd'hui.
Merci de votre attention. Nous sommes
prêts à répondre à vos questions.
Le Président (M. Montigny) : Parfait.
Merci beaucoup pour votre présentation.
Nous sommes rendus maintenant à la période
d'échange avec les membres de la commission. Alors, maintenant, je vous donne
la parole. Mme la ministre, vous avez 16 min 30 s.
Mme Fréchette : Merci. Merci
beaucoup, M. le Président. Merci à vous, MM. Noël et Lavigne, de
participer à cette commission au nom de la FCCQ. Ça nous fait plaisir de vous
entendre. Merci de nous avoir préparé le mémoire et de nous l'avoir présenté.
Alors, je vous ai entendu notamment
souligner le fait que le système d'interfinancement fait en sorte que les
clients résidentiels, bon, bénéficient d'un tarif artificiellement bas. Bon. On
sait qu'il y a une part de pacte québécois, je dirais, qui <fait...
Mme Fréchette :
...Bon.
On sait qu'il y a une part de pacte québécois, je dirais, qui >fait en
sorte de faire bénéficier l'ensemble des Québécois à ce qui a été construit à
travers Hydro-Québec et bénéficier de ses retombées également, donc... Mais en
fait je suis....
J'aimerais vous entendre sur pourquoi
c'est à questionner, ce prix artificiellement bas pour les clients
résidentiels, alors que vous ne semblez pas questionner le prix
artificiellement bas que paient les industriels en lien avec le bloc
patrimonial, prix qui n'est pas indexé depuis 10 ans.
Alors, en soi, c'est un prix artificiellement
bas s'il n'est pas indexé depuis 10 ans, mais vous semblez dire que ça,
c'est moins préoccupant, en fait, qu'il faudrait maintenir ça, alors que pour
les clients résidentiels la logique est différente. J'aimerais vous entendre
là-dessus.
M. Noël (Philippe) :Je vais y aller puis je vais peut-être laisser mon collègue
compléter.
En fait, ce qu'il faut comprendre, c'est,
pour nous, le tarif L, le bloc patrimonial est important, parce que ça
permet de préserver, pour les grandes entreprises industrielles, qui sont déjà
des employeurs importants, surtout, pour certaines régions... d'être
concurrentielles au maximum par rapport aux États autour de nous, qui ont
parfois des coûts beaucoup moins élevés en matière de main-d'oeuvre, des coûts
de fiscalité moins élevés, des fois, moins aussi — puis il faut le
dire — de contraintes environnementales à respecter qu'ici, et ça, ça
amène des coûts supplémentaires, des fois, aux entreprises.
Donc, le bloc patrimonial demeure, à bien
des égards, souvent, notre principal argument en matière de compétitivité, pour
non seulement attirer des joueurs mais aussi les maintenir au Québec.
Puis là on est vraiment dans une
perspective de maintien, et là... et de rehausser systématiquement le tarif L,
bien, ça amène une pression supplémentaire financière auprès des entreprises,
de ces entreprises qui sont visées.
• (17 h 40) •
Mme Fréchette : Mais vous
comprenez que si on n'indexe pas ce prix-là, dans un contexte inflationniste,
on réduit le prix, dans les faits, puisqu'on est dans un contexte
inflationniste. Alors, est-ce que vos membres, leurs succès reposent sur le
fait qu'un des intrants importants va diminuant, en termes de prix, d'année en
année? Est-ce que c'est ce qui fait notre compétitivité? Parce que, si c'est le
cas, je pense qu'il faut peut-être s'en inquiéter.
D'autant plus que les PME, les petites,
les moyennes entreprises qui ont moins de marge de manœuvre, elles, on leur
impose une indexation depuis ces 10 dernières années, alors pourquoi leur
demande-t-on d'avoir du succès en affaires alors qu'aux industriels on leur dit :
Bien, vous, on vous offre une réduction, dans le fond, en dollar constant, là,
mais c'est une réduction de prix, là, sur 10 ans? Alors, comment vous
expliquez ces deux... ces deux barèmes de compétitivité, là?
M. Lavigne (Mathieu) : Bien,
dans le cas... Ce que j'ajouterais par rapport au tarif L, c'est qu'il
faut tenir compte du fait que dans d'autres juridictions aussi le prix de
l'énergie baisse. Ceux qui s'approvisionnent, par exemple, en gaz naturel aux États-Unis,
leur coût d'approvisionnement a baissé dans les dernières années, dans d'autres
juridictions, également, ailleurs dans le monde.
Parlons de nos grands industriels qui
concurrencent, par exemple, la Chine ou la Russie sur les marchés
internationaux, eux aussi ont des opportunités d'avoir des gains de coût basés
sur d'autres éléments, parce qu'on parle beaucoup de l'électricité, mais
parlons, en fait, de la charge fiscale complète de ces entreprises-là, des subventions
massives qu'elles peuvent recevoir de certains États. Donc, il y a plein
d'éléments. Pour nous, ce qu'on regarde, c'est le portrait fiscal et la charge
tarifaire globale des entreprises.
Au Québec, l'argument que nous avons,
principal, pratiquement, c'est les tarifs d'électricité pour ces
entreprises-là. Donc, c'est sûr que si on nuit à cet avantage-là, bien, on rend
le portrait plus difficile pour eux.
Mais quand on parlait tantôt de garder les
tarifs artificiellement bas pour la clientèle résidentielle, c'était par
rapport aux PME qui, elles, vivent un choc tarifaire.
Donc, nous, tout ce qu'on souhaite, c'est
que ce soit rééquilibré, et que — les PME et la clientèle
résidentielle, tous les deux — les tarifs soient fixés par la Régie
de l'énergie, et que ça reflète donc le coût d'approvisionnement réel d'Hydro-Québec.
Donc, on comprend que les tarifs
d'électricité soient bas pour la clientèle résidentielle. Le principe de
l'interfinancement, on ne le remet pas en question, ce qu'on remet en question,
c'est le fait qu'il s'accroît d'année en année, en ce moment, depuis 2019.
Mme Fréchette : J'aimerais
bien vous entendre sur la transition énergétique. Dans quelle mesure est-ce que
vos vous membres, vous les sentez engagés dans cette mouvance de la transition
énergétique? On en parle beaucoup. Bon, il faut dire que là on a un cadre
particulier pour en parler ici, mais il n'en demeure pas moins que c'est un
sujet d'importance, dont l'importance va croissante aussi au fil des ans, puis
ça a démarré il n'y a pas si longtemps, mais ça va à grande vitesse parce qu'on
voit les changements climatiques s'opérer.
Donc, dans quelle mesure les entreprises
de la FCCQ sont-elles engagées et de quelle manière le sont-elles aussi? Alors,
j'aimerais vous entendre là-dessus.
M. Noël (Philippe) :Bien, en fait, la raison pour laquelle on a créé un guide
de décarbonation, c'était justement parce qu'on avait souvent la question des
entreprises : OK. Comment s'y prendre pour réduire mon empreinte environnementale
puis décarboner, voire même viser la carboneutralité de mes opérations?
Et on réalise, avec le guide de
décarbonation qu'on a fait avec Dunsky entre autres, qu'il y a des économies
d'échelle extrêmement importantes à réaliser, notamment en <limitant...
M. Noël (Philippe) :
...des économies d'échelle extrêmement importantes à réaliser, notamment en >limitant
les pertes énergétiques pour plusieurs entreprises et pas juste les grandes
entreprises. Évidemment, Bridgestone<i> est un modèle à Joliette, là,
qu'on a d'ailleurs représenté dans le guide de la décarbonation, mais la PME
également, ne serait-ce qu'en posant de simples gestes en matière... en matière
d'écoénergétique.
Et ça, nous, on s'engageait à faire le
tour du Québec pour aller présenter de manière la plus vulgarisée possible,
autant pour la grande entreprise que pour la PME, le plan de match à faire pour
réaliser, emboîter le pas vers la décarbonation.
Donc, on a déjà fait quelques
présentations, on va continuer à en faire, mais c'est parce que ça venait
vraiment d'un intérêt des entreprises à pouvoir participer à cet effort
collectif là, mais aussi à réduire leurs coûts et leurs pertes énergétiques.
Mme Fréchette : Donc,
seriez-vous d'avis qu'elles valorisent le fait que notre électricité est verte,
notre électricité est propre? En fait, on a un des réseaux d'électricité les
plus verts au monde. Est-ce que c'est quelque chose qui est valorisé par les
entreprises?
M. Noël (Philippe) :
Oui, puis je dirais même également les autres sources énergétiques qui sont
présentes au Québec, il y a un appétit pour ça à les utiliser également et que
ça passe partie, en fait, de l'équation totale, étant donné la demande qui est
de plus en plus élevée et l'offre qui s'amenuise graduellement. Les autres
sources énergétiques sont aussi importantes et à considérer, là, lorsque vient
le temps, notamment, de décarboner ses opérations. La meilleure source au
meilleur endroit, c'est ce qu'on a dit régulièrement dans les dernières années,
puis on va à la rencontre des chambres de commerce, de leurs membres également
pour leur en parler également.
Mme Fréchette : Donc,
j'imagine qu'elles seraient aussi d'avis qu'il y a lieu de valoriser le fait
que notre électricité est verte, de donner une valeur à cette électricité
propre, valeur qui, actuellement, n'a pas été reflétée dans les prix, parce
qu'on s'en est remis essentiellement au coût de service et non pas à la valeur
verte de notre électricité propre. Donc, j'imagine que vos membres vont être
sensibles à cet... à cet argument-là.
M. Lavigne (Mathieu) : Oui.
Ce qui est embêtant, par contre, c'est que cette valorisation-là diffère selon
les secteurs d'activité, diffère selon le type de produit que vend une
entreprise ou ce qu'elle fabrique.
Or, les tarifs, dont le tarif L,
s'appliquent à tous les secteurs de manière égale. Donc, c'est pour ça que pour
nous, il y a un enjeu. C'est pour ça qu'Hydro-Québecet le gouvernement n'ont
jamais reçu autant de projets d'entreprises pour décarboner leurs opérations,
donc les fameuses demandes de mégawatts.
Donc, on voit clairement qu'il y a de
l'engouement pour la décarbonation puis qu'il y a une certaine valeur accordée
à ça dans certains secteurs, très clairement.
Par contre, là, l'enjeu qu'on a, nous,
c'est que, quand on parle des tarifs, ils s'appliquent de manière égale pour
tous les secteurs. Donc, il faut tenir compte des réalités de chacun puis ne
pas rendre des industries moins compétitives, parce que, dans leur secteur, il
n'y a pas encore cette fameuse prime verte qui est accordée au produit ou du
moins pas suffisamment. On souhaiterait qu'elle soit entièrement reflétée.
Parce que le Québec gagne à ce jeu-là. On
a la chance d'avoir de l'énergie propre de manière extraordinaire, mais tant
que cette prime verte là ne sera pas intégrée dans tous les secteurs, bien, si
on augmente les tarifs, nécessairement, on les rend moins compétitives.
Mme Fréchette : Bien,
d'ailleurs, je trouve que c'est... Bien, c'est le thème sur lequel je voulais
vous amener. La prime verte, c'est certainement un des axes sur lequel on
aurait intérêt à collaborer pour faire en sorte de faire reconnaître cette
valeur additionnelle, du fait que notre énergie est verte, elle est propre. Le
marché devrait récompenser ça, d'autant plus qu'on est dans une phase de
transition énergétique et qu'il va falloir y aller en mode accéléré
probablement.
Donc, bref, je voulais vous inviter à
entrer dans la danse de la valorisation de cet élément qui est quand même très
caractéristique de notre électricité puis de bien d'autres sources aussi
d'énergie.
Je vois que vous... En fait, il n'y a pas
de dispositions, là, dans le projet de loi, qui visent une tarification
dynamique obligatoire, mais vous mentionnez, là, que vous êtes plutôt contre
cette introduction d'une telle mesure. Bon.
Pourriez-vous nous expliquer, là, en quoi
ce serait préjudiciable pour les entreprises, d'autant qu'on veut justement
générer aussi les bons gestes au bon moment en lien avec la consommation
énergétique?
M. Lavigne (Mathieu) : Oui,
on l'a inclus dans le mémoire, parce que c'est quand même un élément de
discussion qui est sorti de la conversation par rapport à cette réforme-là.
Donc, on souhaitait quand même adresser cet enjeu-là.
Pour nous, puis on le voit à Hydro-Québec
dans sa demande tarifaire faite plus tôt cet été... a introduit donc un tarif
incitatif volontaire pour la clientèle résidentielle, ce à quoi on adhère
complètement.
Dans le cas des entreprises, c'est que,
souvent, le déplacement de la consommation hors pointe est très difficile, parce
que soit la production se fait en continu pendant toute la journée, donc c'est
très difficile de déplacer la consommation, ou, dans le cas, par exemple,
d'entreprises, de services ou de commerces, bon, on utilise l'électricité sur
les heures de bureau, heures de bureau qui sont régies par soit une convention
collective ou par une façon de fonctionner de l'entreprise depuis de nombreuses
années.
Donc, c'est plus difficile pour les
entreprises <souvent...
M. Lavigne (Mathieu) :
...de
nombreuses années.
Donc, c'est plus difficile pour les
entreprises >souvent de faire ce déplacement-là, surtout si ça venait à
être imposé, parce qu'encore une fois si des entreprises sont capables de le
faire...
Hydro-Québec offre des incitatifs
tarifaires pour ça, est-ce qu'ils devraient être mieux connus, mieux valorisés?
On adhère à ça entièrement, mais de l'imposer de manière égale, pour nous,
serait une erreur, d'où le fait qu'on tenait à le mentionner.
Mme Fréchette : D'accord.
Vous proposez aussi que le PGIRE tienne compte, là, des réalités régionales. À
quelles mesures pensez-vous particulièrement? Comment ça pourrait se traduire? Si
on ne fait pas du mur-à-mur, comment est-ce qu'on module ça, sur la base de
quels critères? J'aimerais vous entendre.
M. Lavigne (Mathieu) : En
fait, un des enjeux par rapport au... qu'on voyait par rapport à ça, il y a
très peu, au Québec, de données énergétiques régionales, puis je pense que les
gens de la chaire de HEC, hier, vous l'ont peut-être mentionné dans leur audition
ou dans leur mémoire.
Ce qu'on observe, c'est que, souvent, il y
a un manque de données à l'échelle régionale en matière énergétique. Donc, pour
nous, le PGIRE serait une occasion de s'assurer qu'on collecte ces données-là
et qu'on développe ces indicateurs régionaux là. Mais aussi c'est que les
plans...
Qu'il y ait un PGIRE national, c'est une
excellente chose, on est 100 % d'accord. Par contre, dans certaines
régions, les réalités sont un peu différentes sur la base du fait que, par
exemple, dans certaines régions, la capacité d'approvisionnement en électricité
est plus limitée parce que les lignes de transport sont déjà surchargées, ça
prendrait de nouvelles lignes de transport, ou, dans certaines régions, à
l'inverse, il y a par exemple plus de biomasse forestière ou de biocarburant
qui sont facilement disponibles.
Donc, qu'il y ait un PGIRE, évidemment,
mais il doit aussi tenir compte du fait que, dans certaines régions, il y a des
réalités d'approvisionnement qui sont différentes puis des réalités de
consommation qui sont différentes.
Donc, si on veut avoir un vrai portrait
énergétique, il faut aussi le décliner à l'échelle régionale.
• (17 h 50) •
M. Noël (Philippe) :Oui. Puis, tu sais, ça permettrait de faire vraiment un
suivi des profils régionaux, la production jusqu'à la consommation, selon nous.
Puis, comme Mathieu vient de l'expliquer,
tu sais, les réalités régionales peuvent tellement être différentes que je
pense que ça ferait juste contribuer, en fait, même, à l'atteinte et au suivi de
ce que vous souhaitez faire en matière énergétique au Québec.
Mme Fréchette : Merci. Bon,
vous mentionnez aussi que vous vous opposez à l'élimination des appels d'offres
publics, sauf dans certains cas spécifiques.
Est-ce que vous pourriez, là, nous
préciser comment est-ce que vous voyez qu'on puisse à la fois accélérer les
procédures... Hein, c'est ce qui est souvent le souhait des associations comme
la vôtre.
Donc, comment faire en sorte qu'on ait ce
juste équilibre d'accélérer les procédures, d'assurer une concurrence équitable
puis de s'inscrire dans la transition énergétique et comme plusieurs variables,
là, qu'il faudra qu'elles se rencontrent? Comment vous voyez ça?
M. Lavigne (Mathieu) : Bien,
effectivement, je pense qu'il faut toujours avoir un souci d'accélérer les
procédures, de les rendre plus efficaces. On est... D'ailleurs, c'est ça, on
soulignait la... l'introduction des délais à... l'énergie qu'on souhaite voir
obligatoire.
Mais pourquoi est-ce qu'on propose la
recommandation qu'on fait concernant les appels d'offres? C'est qu'on est
conscients qu'il y a des absurdités en ce moment.
Par exemple, Hydro-Québec, quand elle veut
de la nouvelle puissance d'équilibrage, doit se faire... se faire un appel
d'offres à elle-même. C'est vrai que c'est un peu absurde, parce qu'en réalité,
de la puissance d'équilibrage, il y a qu'Hydro-Québecqui peut la fournir par
ses barrages et par centrales hydroélectriques.
Donc, on comprend que ça, dans ce cas-là,
par exemple, c'est un peu absurde de le demander.
On peut comprendre qu'il peut y avoir des
situations d'urgence ou encore des partenariats avec des communautés
autochtones dans une région donnée ou avec une municipalité dans une région
donnée, pour lesquels on souhaite faire le partenariat, il n'y a pas d'appel
d'offres à faire, on le fait directement.
Par contre, la règle devrait demeurer que
les approvisionnements se font via des appels d'offres, parce que c'est ce qui
garantit aux consommateurs, qu'ils soient résidentiels, industriels, commerciaux,
le meilleur tarif, parce qu'on met en concurrence plusieurs joueurs, puis il y
en a beaucoup dans l'écosystème québécois qui sont capables d'y répondre.
Donc, c'est une façon de protéger les
consommateurs et c'est également une façon de s'assurer que, dans l'écosystème
de producteurs privés, bien, les meilleurs puissent soumissionner les meilleurs
projets, et que ce soit ceux-là qui soient retenus.
Et souvent ces meilleurs projets là sont
ceux qui ont de l'acceptabilité sociale, parce qu'ils ont des partenaires
locaux, donc des municipalités ou des communautés autochtones. Donc, valorisons
ces projets-là. Donc, d'où notre recommandation.
Mme Fréchette : OK. Merci. Il
nous reste combien de temps, M. le Président?
Le Président (M. Montigny) : 1 min 47 s.
Mme Fréchette : 1 min 47 s
top chrono. Alors, écoutez, j'aimerais ça vous entendre sur le potentiel que
vous voyez pour le Québec, pour se positionner dans un environnement très
compétitif à l'international mais engagé dans la transition énergétique.
Je pense qu'on a des atouts
particulièrement intéressants qui font l'envie de plusieurs en matière
d'énergie verte notamment, mais également en matière de connaissances,
d'expertise, d'audace, créativité. Alors, j'aimerais vous entendre là-dessus.
M. Lavigne (Mathieu) : Oui.
Bien, c'est pour ça qu'on... qu'on adhère à 100 % au plan d'action d'Hydro-Québec
et à son plan d'investissement.
Ce qu'on souhaite, c'est qu'on retrouve
une grande capacité énergétique au Québec, une énergie propre pour qu'on puisse
développer tous ces projets-là, parce qu'on a le <savoir-faire...
M. Lavigne (Mathieu) :
...puisse
développer tous ces projets-là, parce qu'on a le >savoir-faire, on a
plein d'énergie propre, soit qu'on a déjà ou qu'on peut développer de
manière... Donc, on a le potentiel de le faire.
Et le Québec a énormément d'atouts en tant
qu'économie déjà en partie décarbonée et avec énormément de centres de recherche
et d'universités. On est vraiment capables de bien se positionner à l'échelle
internationale là-dessus.
Et on souhaite que ça aille plus loin et,
par exemple, qu'on... qu'il y ait davantage de standards internationaux qui se
développent par rapport à la prime verte, comme vous le mentionnez.
Je dois également souligner que le
gouvernement du Québec et les municipalités pourraient peut-être en faire un
peu plus pour valoriser les technologies vertes et les innovations
environnementales.
Il y a quand même des... dans les
processus d'appel d'offres aussi, il y a des éléments qui pourraient être
bonifiés de la part des gouvernements pour aller plus loin. Le gouvernement
fédéral en fait déjà un peu, un peu plus à cet égard.
Donc, pour nous, il y a... les
opportunités sont très nombreuses pour aller plus loin pour l'économie verte.
Mme Fréchette : Bien, sur ce,
je vous remercie à tous les deux pour votre mémoire, pour votre contribution,
et à l'ensemble des équipes qui ont... qui ont participé à son élaboration.
Merci.
Le Président (M. Montigny) : Merci
beaucoup, Mme la ministre. Maintenant, je cède la parole à la députée de Saint-Laurent.
Vous avez 10 min 24 s.
Mme Rizqy : Merci beaucoup,
M. le Président. Bonjour, M. Lavigne. Je ne sais pas si M. Noël est
toujours avec nous, mais, dans tous les cas, il était présent dès le départ.
Merci beaucoup de participer à nos travaux.
Je ne sais pas si vous avez eu l'occasion
d'écouter l'entrevue de M. Louis Vachon, ex-numéro un de la Banque
Nationale<i>, avec Patrice Roy. Et il avait dit dans cette longue
entrevue la chose suivante : «Je ne connais aucune juridiction qui
favoriserait des entreprises étrangères au détriment d'entreprises d'ici,
québécoises, tout en leur refilant la facture à eux.»
J'ai cherché, je n'en ai pas trouvé. Vous,
est-ce que vous en avez trouvé?
M. Lavigne (Mathieu) : On
comprend le débat qui a été soulevé par M. Vachon puis on a écouté la
commission aussi hier, sur, en fait, la notion de l'attribution des blocs de
cinq mégawatts, là. C'était le contexte de l'entrevue, je crois, de M. Vachon.
Pour nous, c'est sûr...
Mme Rizqy : ...blocs
d'énergie, hein? Parce que, si vous me permettez, c'est plus que juste sur les
blocs d'énergie, M. Vachon faisait aussi référence aux subventions, parce
qu'il y a quelqu'un qu'il faut qu'il paie, hein, parce que... à la fin, là.
M. Lavigne (Mathieu) : Oui.
Je pense que, c'est ça, dans ce contexte-là, il faut toujours regarder
qu'est-ce qui se fait ailleurs, il faut regarder qu'est-ce que... avec qui on
doit se comparer et qui sont nos compétiteurs.
Je pense que le Québec doit investir dans
ses entreprises, dans certains secteurs stratégiques pour les... leur assurer
une... assurer qu'elles puissent concurrencer leurs rivaux à l'échelle
internationale.
Mais, dans le contexte énergétique, on a
effectivement des choix à faire. Puis on en convient, là, il y a une rareté de
l'énergie disponible. Il faut s'assurer que ça favorise à la fois la
décarbonation des opérations existantes, mais aussi qu'on demeure attractifs
pour des nouveaux projets.
Et, quand on parle de nouveaux projets, ce
qui est un peu dommage, c'est que souvent on nous réfère ça comme si tous les
nouveaux projets, c'étaient des projets d'entreprises étrangères qui
viendraient s'établir ici, mais, dans les nouveaux projets, il faut aussi
penser aux entreprises québécoises qui se développent. Donc, les nouvelles
entreprises du Québec qui veulent se développer, elles aussi font face à cette
rareté énergétique là.
Donc, pour nous, il y a... il y a un
équilibre à préserver entre les deux, et on comprend que ce n'est pas... ce
n'est pas évident du tout de faire ces choix-là.
Mme Rizqy : Est-ce que vous
partagez les propos de M. Sabia au niveau que... justement, le
rééquilibre, il faut favoriser les entreprises d'ici avant de favoriser les
entreprises étrangères? Êtes-vous du même avis?
M. Lavigne (Mathieu) : Bien,
nous, bien, on partage l'avis qu'il faut davantage s'attarder sur les
entreprises d'ici qui ont des projets de décarbonation et qui vont leur
permettre de rendre leurs opérations plus pérennes.
Ce qu'on mentionne notamment dans le
mémoire, c'est que, par rapport à l'attribution de ces... de ces blocs
d'électricité là, il y a un enjeu de transparence des critères, parce que
beaucoup d'entreprises nous disent : Bien, on a déposé une demande, on n'a
pas été retenu, mais on ne sait pas exactement pourquoi on n'a pas été retenu.
Et également ce qu'on ne sait pas, puis
c'est l'autre... l'autre élément qu'on mentionne dans le mémoire, c'est qu'arrive-t-il
des demandes qui n'ont pas été retenues? Est-ce qu'elles peuvent redéposer dans
six mois, dans un an, dans... Tu sais, il y a un élément de transparence qu'on
doit avoir avec ces entreprises-là pour dire : Voici pourquoi vous n'avez
pas été retenu. Voici ce que vous pourriez faire pour devenir... pour être
retenu à l'avenir.
Mme Rizqy : Mais, écoutez,
nous, on a fait des demandes, parce que, vous savez, à chaque année, on a des
crédits, donc on envoie nos questions, on a demandé aussi c'est quoi, ces
fameux critères, et on a aussi essayé de tenter de savoir quelles entreprises
ont été refusées, dans quelles régions, parce qu'on considère que c'est
important.
Malheureusement, on n'a pas eu de réponse
à nos questions, même si notre objectif, comme élu, quand on est dans
l'opposition, on a... on est gardien de l'action gouvernementale. Donc,
là-dessus, on n'a pas été en mesure d'avoir lors des demandes...
Une voix : ...
Mme Rizqy : Vous avez la liste
des entreprises qui ont été refusées, madame la...
Une voix : ...
Mme Rizqy : ...la liste des
entreprises.
Mme Fréchette : Ils sont tous
ici.
Mme Rizqy : Bien, Mme la
ministre, je vous ai déjà dit hier, vous ne pouvez pas m'interpeler pendant mes
questions.
Mme Fréchette : Bien là, vous
me questionnez.
Le Président (M. Montigny) :
Vous avez raison, là, on ne s'interpelle pas, on continue les <échanges...
Le Président (M. Montigny) :
...Vous
avez raison, là, on ne s'interpelle pas, on continue les >échanges. Vous
avez la parole, Mme la députée.
Mme Rizqy : Respectueusement,
j'aimerais ça que nos échanges continuent d'être respectueux, M. le Président.
Le Président (M. Montigny) : C'est
très bien. Allez-y, Mme la députée, c'est à vous la parole.
Mme Rizqy : Je ne sais pas
pourquoi qu'Hydro-Québec m'appelle en même temps. C'est une blague. Alors, pour
alléger peut-être la séance.
Donc, la liste des critères, nous, on a
demandé de l'avoir, on n'a pas eu une liste exhaustive. On a aussi demandé de
savoir quelles sont les entreprises qui ont été refusées, dans quelle région,
évidemment. Chose qu'on n'a pas.
Et, à ce jour, plusieurs entreprises nous
le disent en privé qu'elles ont été refusées. Évidemment, nous, on ne le dira
pas publiquement pour protéger ces entreprises, mais il y en a une qui est
sortie publique, et je veux m'attarder à celle-ci : Les Forges de Sorel.
Eux se sont fait dire non. Pendant ce
temps-là, une entreprise chinoise, qui n'a pas encore fait ses preuves au
Québec, s'est fait dire oui. Comment c'est perçu pour vous, qui représentez des
membres à très grande majorité qui sont établis depuis quand même plusieurs
années au Québec?
M. Lavigne (Mathieu) : Bien,
nous, quand ce processus-là d'attribution... C'est pour ça que les commentaires
qu'on fait aujourd'hui, je présume, ne surprennent pas du tout le gouvernement,
parce que dès que le processus a été mis en place d'attribution, depuis le
début, on a tenu le même discours, c'est-à-dire que les critères doivent être
transparents.
Et on doit être transparents aussi avec
les entreprises qui sont refusées pour savoir pourquoi et qu'est-ce qu'elles
pourraient faire, par la suite, pour améliorer leur projet.
Donc, pour nous, ça a toujours été
l'élément préoccupant par rapport à ce processus-là, parce qu'on comprend qu'un
processus décisionnel doit être mis en place parce qu'il y a une rareté, mais
il y a un élément de transparence qui doit être communiqué. Pour nous, depuis
le début, c'est une préoccupation par rapport à ça, on l'a dit à maintes
reprises.
Tu sais, ce qui est difficile de savoir,
c'est, dans ce cas-ci, pourquoi l'entreprise a été refusée puis quelle est
l'évaluation que le gouvernement en a faite.
Pour nous, on ne commentera pas un dossier
précis, mais si on avait une transparence sur les projets et les critères, je
pense qu'on gagnerait tous puis on en ferait tous une réflexion plus
intelligente.
• (18 heures) •
Mme Rizqy : Mais, tantôt,
vous parliez de, justement, de décarboner, et M. Sabia l'a dit hier aussi,
c'est vraiment un enjeu très important d'accompagner les entreprises d'ici à le
faire et qu'il fallait faire un rééquilibrage là-dessus pour les favoriser.
Or, je prends toujours mon exemple des
Forges de Sorel. Vous savez, on a accordé à des entreprises étrangères des
blocs par centaines. Dans le cas de Northvolt, c'est 360 mégawatts pour
une jeune pousse qui n'a pas encore fait ses preuves ici, qui, on apprend, va
voir des employés de Corée du Sud, qui présentement...
Évidemment, il y a quelques nuages, on
aura l'avenir prochainement de cette entreprise, le 16 septembre, en ce
qui concerne le Québec.
360 mégawatts, pour ceux qui nous
écoutent, c'est l'équivalent de la ville de Longueuil. Or, les Forges Sorel,
qui, eux, ont un vrai projet pour être décarbonés, ont demandé six mégawatts,
six, et elles se sont fait refuser.
Est-ce que ça, ça suit la logique qu'on
essaie justement d'aider nos entreprises québécoises à se décarboner quand on
leur dit non à elles, mais en d'autre part, on dit oui à des sociétés
étrangères qui, elles, on ne leur demande pas quels sont leurs objectifs de
décarbonisation?
M. Lavigne (Mathieu) : Bien,
c'est sûr... Tu es de retour, Philippe? Donc, je te laisse...
M. Noël (Philippe) :Oui.
Mme Rizqy : Rebonjour,
M. Noël.
M. Noël (Philippe) :Rebonjour. Mégapépin. Désolé pour ça. Nous, ce qu'on pense
c'est qu'on doit quand même demeurer ouvert aux investissements privés étrangers
massifs qui généreraient quand même beaucoup de retombées substantielles, mais
on ne souhaite pas compromettre les projets de nos entreprises québécoises,
surtout s'il est question de développement ou ici de décarbonation.
Ça fait plusieurs années, dans le cadre
des précédents projets de loi, où notamment j'ai eu la chance d'avoir des
échanges avec le précédent ministre là-dessus, sur la clarification des
critères d'évaluation pour les projets en hausse de cinq mégawatts, et force
est de constater encore actuellement qu'il y a un flou.
Vous parlez des Forges de Sorel. Ce matin,
en entrevue, on entendait la personne des Forges de Sorel dire : On m'a
juste demandé des... des questions techniques sur le projet, mais aucune sur
les retombées, sur le nombre d'emplois, qu'est-ce que ça générerait de manière
économique et l'importance pour la région. Puis, pendant ce temps, il y a une
compagnie étrangère qui a les autorisations d'aller de l'avant avec leur projet
dans le même coin de pays qui plus est. Donc, c'est normal que ça vienne
susciter certains questionnements, certaines frustrations pour ce genre
d'entreprises là.
Et nous, c'est pour ça qu'on demande
vraiment une véritable clarification sur des caractéristiques neutres et
objectives pour attribuer les blocs et ne pas compromettre les projets de nos
entreprises québécoises, qu'elles soient de la grande entreprise à la petite
entreprise. Et voilà!
Mme Rizqy : Merci beaucoup,
M. Noël, on est contents de votre retour. Et je me permets de
m'autocorriger, j'ai dit six au lieu de 16. Désolé. Je n'aime pas induire les
gens en erreur. Je me corrige.
Tantôt, la ministre vous questionnait à
savoir... puis elle disait : Ah, bien, si c'est juste à cause de
l'électricité, je suis inquiète que vous n'êtes pas rentable. Mais, or, juste
pour mettre les choses en perspective, nous, au Québec, on est sur un marché
qui est mondial, où est-ce que nos entreprises doivent faire une compétition,
là, assez... parfois même déloyale...
18 h (version révisée)
Mme Rizqy : ...on est sur un
marché qui est mondial où est-ce qu'une entreprise doit faire une compétition,
là, assez... parfois même déloyale où est-ce que... Je vais donner des exemples
très concrets. Prenons l'exemple de l'aluminium. Le compétiteur est en Chine, eux
ont accès à des fonds souverains chinois qui, on va se le dire très
franchement, côté environnemental, pas certaine que ce soit leur grande
priorité. Est-ce que je me trompe?
M. Lavigne (Mathieu) : Bien,
c'est pour ça que, par exemple — en tout cas, l'exemple est très bon — très
récemment, on s'est prononcés en faveur de tarifs à l'importation des véhicules
électriques chinois, par exemple, parce que la concurrence de ces juridictions
étrangères là est, à plusieurs égards, et dans plusieurs secteurs, déloyale,
selon nous. Donc, il faut s'assurer qu'on demeure compétitifs, puis il y a
différentes façons. Dans certains cas, ça peut être via des tarifs; dans d'autres
cas, ça peut être, parce qu'on offre des avantages différents, comme, par
exemple, le tarif d'électricité plus bas. Donc, on doit opérer... on doit
composer avec le monde dans lequel on est, c'est-à-dire qu'il y a des
juridictions qui fonctionnent très différemment de la nôtre.
Mme Rizqy : Et, très rapidement,
en 30 secondes. On a, aux États-Unis, aussi maintenant des marchés qui
sont quand même... qui offrent de l'électricité verte, par exemple l'énergie
solaire, beaucoup moins chère. Ça aussi, ça fait partie des raisons pour
lesquelles vous êtes, des fois, sollicités à venir vous établir ailleurs qu'au
Québec.
M. Lavigne (Mathieu) : C'est
pour ça que je disais tantôt dans ma réponse à la ministre, quand on regarde la
concurrence ailleurs, même aux États-Unis, les tarifs d'électricité, dans
plusieurs secteurs, sont même en baisse, parce que le prix soit de l'énergie
solaire ou du gaz naturel...
Le Président (M. Montigny) : Merci.
M. Lavigne (Mathieu) : ...est
en baisse. Donc...
Le Président (M. Montigny) : Merci.
Merci beaucoup. Malheureusement, il n'y a plus de temps pour cet échange...
Mme Rizqy : Merci.
Le Président (M. Montigny) : Maintenant,
je cède la parole au député de Maurice-Richard pour 3 min 28 s
M. Bouazzi : Merci, M. le
Président. Vous avez parlé tout à l'heure des partenariats avec les
municipalités, les Premières Nations. Je voudrais rester sur les questions des
municipalités. Est-ce que vous pensez qu'il n'y a pas des meilleurs mécanismes
de compensation des municipalités qui reçoivent des éoliennes sur leurs
terrains, pour prendre un exemple, que de se retrouver à être copropriétaires d'une
entité qui fournit donc Hydro-Québec?
M. Lavigne (Mathieu) : Bien,
c'est-à-dire qu'il y a effectivement plusieurs projets qui sont des
partenariats où les municipalités, où les communautés autochtones sont
partenaires en tant que coentreprises, donc, ils ont des actions d'entreprises.
M. Bouazzi : Exact.
M. Lavigne (Mathieu) : Pour
nous, c'est... ça peut faire partie de la panoplie de projets qui peuvent être
développés. Pour nous, c'est un... Si les municipalités y adhèrent, c'est qu'elles
y trouvent leur compte, manifestement, donc, c'est un projet qui est
intéressant.
M. Bouazzi : Bien, en tout
cas, c'est le seul... c'est le seul modèle qu'on leur propose. Effectivement,
elles adhèrent à l'idée de recevoir de l'argent quand elles ont des éoliennes
sur leur terrain. Ça, on est tous d'accord, on pense que c'est une bonne idée,
hein, ce n'est quand même pas rien de recevoir une éolienne.
Les projets, dont on parle, ils ont...
est-ce que vous avez une idée de l'ordre de grandeur de l'endettement associé à
ces... justement, à ces partenariats pour les municipalités?
M. Lavigne (Mathieu) : Bien,
on fait confiance... on fait confiance aux élus locaux pour prendre les
meilleures décisions pour leurs concitoyens.
M. Bouazzi : Mais est-ce que
vous... Est-ce que vous avez une idée, parce que... Est-ce que c'est 10 millions,
50 millions, 100 millions, un projet d'éoliennes dans une MRC?
M. Lavigne (Mathieu) : C'est
un niveau de détail qu'il faudrait demander aux municipalités concernées, là.
M. Bouazzi : Bien, je vous
informe... je vous informe que les municipalités s'endettent d'un facteur 10,
20, parfois 50, par rapport à leur budget annuel. Est-ce que vous, en tant que
personnes qui comprennent, j'imagine, aux finances, est-ce que vous pensez que
c'est logique, comme investissement, qu'on endette des institutions publiques d'un
ordre de grandeur aussi énorme par rapport à leur budget?
M. Noël (Philippe) :Bien, je pense que ce serait préférable, de notre côté,
évidemment, d'aller à la source, de parler aux municipalités puis de voir...
puis après vous revenir avec cette réflexion-là. De notre côté, on ne l'a pas
menée, en toute transparence.
Cela dit, on a... on s'est commis à
plusieurs reprises sur des projets éoliens et pour faire valoir l'importance d'aller
de l'avant dans un contexte d'acceptabilité sociale, ce qui a souvent lieu,
même si on entend parfois des critiques. Mais, dans les projets éoliens, il y a
souvent de l'acceptabilité sociale et il y a de la demande, donc. Donc, à ce
niveau-là, ça nécessiterait pour... ça nécessiterait pour nous d'aller auprès
des municipalités puis peut-être vous revenir là-dessus.
M. Bouazzi : Bien, je suis
persuadé que vous ne conseillerez pas à une petite compagnie qui a un budget
annuel de 1 million ou 2 millions de s'endetter de 50 millions d'un
coup. Leur raisonnement consiste à dire que c'est des investissements avec zéro
risque, parce qu'Hydro-Québec avale tout le risque derrière, étant donné qu'ils
garantissent un prix. Vous savez comme moi que les investissements avec zéro
risque, ça n'existe pas, en tout respect... tous les raisonnements qui
affirment ça.
Ça fait que, nous, on pense qu'il y a
peut-être d'autres mécanismes que celui d'endetter ces institutions publiques
pour pouvoir les dédommager et permettre une acceptabilité sociale, mais sans
faire appel à des mécanismes qui ne fonctionneraient pas, en fait, pour le privé,
normalement, mis à part acheter l'acceptabilité sociale.
Le Président (M. Montigny) :
Merci beaucoup. Le temps est maintenant terminé. Merci. Je cède maintenant la
parole au député de Jean-Talon <pour 2 min 38 s...
M. Bouazzi :
...privé, normalement, mis à part acheter l'acceptabilité sociale.
Le Président (M. Montigny) :
Merci beaucoup. Le temps est maintenant terminé. Merci. Je cède maintenant la
parole au député de Jean-Talon >pour 2 min 38 s.
M. Paradis : Vous vous
souviendrez peut-être qu'en Chambre je suis intervenu pour parler de ce
problème d'iniquité du traitement des PME québécoises sur la question des
tarifs. Je le comparais, par contre, au traitement des multinationales
étrangères. Et, là-dessus, je m'inscris dans la foulée des questions de Mme la
ministre. Je suis intrigué par le fait que vous, quand vous parlez de la fin de
l'interfinancement, vous semblez vouloir protéger ces tarifs pour les grandes
multinationales étrangères par rapport au résidentiel. Est-ce que j'ai bien
compris que c'est ça que vous nous demandez de faire?
M. Lavigne (Mathieu) : On ne
souhaite pas la fin de l'interfinancement. On indique même, dans le mémoire,
qu'on croit au principe de l'interfinancement. Ce qu'on ne souhaite pas, c'est
qu'il s'accroisse et qu'il s'aggrave au détriment des PME. Mais on comprend que
les tarifs...
M. Paradis : Mais ce
rééquilibrage, si j'ai bien compris vos réponses à la ministre tout à l'heure,
vous le souhaitiez plus du côté résidentiel que du côté des tarifs pour les
grandes multinationales, pour l'industrie. Est-ce que j'ai bien compris?
M. Lavigne (Mathieu) : En
fait, nous, ce qu'on souhaite, c'est que la Régie de l'énergie fixe les tarifs
selon le coût réel des coûts d'approvisionnement d'Hydro-Québec, indépendamment
du type de clientèle, que ce soit la régie qui prenne ces décisions-là. Ce
n'est pas à nous de déterminer le tarif approprié. On ne croit pas que c'est
une décision politique non plus, c'est une décision qui doit revenir à un
tribunal indépendant comme la Régie de l'énergie.
• (18 h 10) •
M. Paradis : Très bien. Mais
si l'impact de ça, c'est d'augmenter les tarifs résidentiels puis de protéger
ou de ne pas toucher aux tarifs des grandes entreprises qui ont accès au tarif L,
est-ce que ça vous convient, ça? Est-ce que c'est la solution qui vous
convient?
M. Lavigne (Mathieu) : On ne
sera jamais favorables à des hausses de tarifs, personne n'aime les hausses de
tarifs, mais il faut que ça reflète le coût réel. Il y a des plans
d'investissement importants d'Hydro-Québec, c'est sûr que les tarifs vont
augmenter. Donc, ce qu'on souhaite, c'est que ça augmente de manière équitable.
Dans le cas des grandes entreprises, c'est un cas particulier, parce que, comme
on l'expliquait, pour le tarif L, il y a plein de facteurs de concurrence
internationale qui fait que ces tarifs-là existent pour les rendre compétitives
par rapport à ce qui se fait ailleurs dans le monde.
M. Paradis : Mais vous, là,
vous êtes, hein, vous représentez notamment les PME québécoises, vous n'êtes
pas en faveur, quand même, du maintien d'une partie du pacte qui fait en sorte
qu'Hydro-Québec, c'est une richesse collective qu'on a bâtie nous-mêmes, et que
ça doit contribuer à bâtir notre richesse des PME et des citoyens, des
citoyennes du Québec, d'abord et avant tout.
M. Noël (Philippe) :
Bien, en fait, la préoccupation sur la hausse des tarifs, puisque vous parlez
des PME, c'est qu'en ce moment, là, le nombre de faillites puis d'insolvabilités,
là, a augmenté de manière drastique. On est à 57 % par rapport à l'été
2023...
Le Président (M. Montigny) :
En conclusion...
M. Noël (Philippe) :
...à l'été 2024. Donc, on jumelle ça...
Le Président (M. Montigny) :
Désolé, le temps est maintenant terminé. Je vous remercie beaucoup pour votre
contribution à nos travaux.
La commission ajourne donc ses travaux
jusqu'à demain, jeudi 12 septembre 2024, après les avis touchant les
travaux des commissions. Merci. Bonne soirée.
(Fin de la séance à 18 h 12)