(Onze heures vingt-six minutes)
Le Président (M. Ciccone) : Alors, à
l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission
de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles
ouverte.
La commission est réunie afin de poursuivre
l'étude détaillée du projet de loi n° 63, Loi modifiant la Loi sur les mines et
d'autres dispositions.
Mme la secrétaire, y a-t-il des remplacements?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. M. Bernard (Rouyn-Noranda—Témiscamingue) est remplacé par Mme Bogemans
(Iberville); M. Rivest (Côte-du-Sud), par M. Lamothe (Ungava); Mme Rizqy
(Saint-Laurent), par Mme Dufour (Mille-Îles); et Mme Zaga Mendez
(Verdun), par M. Bouazzi (Maurice-Richard).
Étude détaillée (suite)
Le Président (M. Ciccone) : Merci
beaucoup, Mme la secrétaire. Lors de l'ajournement de nos travaux hier, nous
étions à l'étude de l'article 44 tel qu'amendé. Alors, y a-t-il d'autres
interventions sur cet article?
Mme Blanchette Vézina : Oui, M. le
Président. J'aimerais suspendre quelques minutes nos travaux pour pouvoir
discuter d'un élément.
Le Président (M. Ciccone) : Pas de
problème.
Mme Blanchette Vézina : Merci.
Le Président (M. Ciccone) : Alors,
je suspends quelques minutes. Merci beaucoup.
(Suspension de la séance à 11 h 27)
(Reprise à 11 h 53)
Le Président (M. Ciccone) : Alors,
nous reprenons nos travaux. Je comprends...
Des voix : ...
Le Président (M. Ciccone) :
Collègues! Collègues, s'il vous plaît! Merci beaucoup. Je comprends, Mme la
ministre, que vous allez retirer un amendement. Si vous pouvez nous
l'expliquer, s'il vous plaît.
Mme
Blanchette Vézina : Oui. J'aimerais obtenir le consentement de la commission
pour retirer l'amendement qui avait
été adopté concernant l'article 101, donc c'est l'article 44, donc,
qui modifiait l'article 101 de la Loi sur les mines, pour en
déposer un nouveau, là, qui sera...
Le
Président (M. Ciccone) : OK. On va commencer. Est-ce qu'il y a consentement
pour retirer l'amendement?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Ciccone) : Consentement?
Consentement. On retire l'amendement.
Mme Blanchette Vézina : Merci.
Le
Président (M. Ciccone) : Et
on introduit un amendement. Qui va l'introduire? Est-ce que c'est Mme la
députée de Mille-Îles?
Mme Blanchette Vézina : Mme la
députée de Mille-Îles.
Le Président (M. Ciccone) : Alors,
je vous laisse la parole, Mme la députée.
Mme Dufour : Merci,
M. le Président. Alors, pour ceux qui nous écoutent, juste un petit rappel.
Dans le fond, j'avais posé une question concernant un élément, là, qui était
dans l'article 101, qui était... En fait, je vais juste le relire.
C'est celui qui faisait référence à la Loi sur la qualité de l'environnement.
C'était le quatrième alinéa, donc, qui disait
que «l'autorisation requise en vertu de l'article 31.5 de la Loi sur la qualité
de l'environnement [...] pour les travaux d'exploitation d'une mine a
été délivrée». Et je souligne, là, que c'est le Comité consultatif de
l'environnement Kativik qui avait émis, là, la recommandation de faire aussi
référence à l'article 154 de la Loi sur la qualité de l'environnement. Je remercie Mme la ministre et son équipe qui ont fait les
recherches et qui ont constaté qu'effectivement il y avait une
particularité au nord du 50e parallèle.
Et donc l'amendement
que je vais déposer inclut la modification que la ministre avait déposée hier concernant l'étude de mise en marché, mais aussi
la référence, dans le fond, à la Loi
sur la qualité de l'environnement,
les articles 154 et 189, qui doivent s'appliquer, là, le cas échéant. Et
le cas échéant, là, je l'explique, ça va être utilisé parce qu'il y a certains cas où ça ne s'appliquerait pas, donc,
notamment, s'il y a des résidus miniers, si je ne me trompe pas.
Donc, je vais lire
maintenant l'amendement. Article 44 : Au premier alinéa de l'article
101 de la Loi sur les mines, proposé par l'article 44 du projet de loi :
1° remplacer le
paragraphe 4° par le suivant:
«4°
le cas échéant, l'autorisation requise en vertu des articles 31.5, 154 ou 189
de la Loi sur la qualité de l'environnement (chapitre Q-2) pour les
activités d'exploitation visées a été délivrée;»;
2°
supprimer, dans le paragraphe 5°, «mise en» — pour faire «étude de marché» plutôt qu'«étude de
mise en marché».
Je
ne sais pas s'il faut que je lise le commentaire. Je pense que je l'ai déjà
expliqué et je ne pense pas que c'est nécessaire que je lise l'article
modifié, là. Si vous voulez...
Le Président (M.
Ciccone) : Ça va? Est-ce qu'on comprend, tout le monde? Oui? Parfait.
On peut passer.
Mme Dufour : Il
est assez long, M. le Président.
Le Président (M.
Ciccone) : Parfait. Est-ce qu'il y a des interventions sur cet
amendement? Non? Alors, je suis maintenant prêt à mettre aux voix l'amendement.
Est-ce que l'amendement est adopté?
Mme Dufour : Je
vais demander un vote par appel nominal, M. le Président.
Le Président (M.
Ciccone) : Mme la secrétaire, s'il vous plaît.
La
Secrétaire : Oui, M. le Président. Pour, contre, abstention. Mme Dufour
(Mille-Îles)?
Mme Dufour : Pour.
La
Secrétaire : Mme Blanchette Vézina (Rimouski)?
Mme Blanchette
Vézina : Pour.
La
Secrétaire : M. Bussière (Gatineau)?
M. Bussière :
Pour.
La
Secrétaire : M. Sainte-Croix (Gaspé)?
M.
Sainte-Croix : Pour.
La
Secrétaire : M. Tremblay (Dubuc)?
M. Tremblay :
Pour.
La Secrétaire :
M. Lamothe (Ungava)?
M. Lamothe :
Pour.
La
Secrétaire : M. Bouazzi (Maurice-Richard)?
M. Bouazzi : Pour.
La
Secrétaire : M. Ciccone (Marquette)?
Le Président (M. Ciccone) : Abstention.
Merci beaucoup, Mme la secrétaire. Alors, nous sommes maintenant... nous
retournons à l'étude de l'article 44. Est-ce qu'il y a d'autres
interventions? Oui, Mme la députée de Mille-Îles, à vous la parole.
Mme
Dufour : Merci, M. le Président. Effectivement, le député de Pontiac, hier,
faisait la lecture, alinéa par alinéa, là. On était rendus au 101.0.1 de cet
article 44. Et on avait parlé... on était rendus, je pense, ou on a
commencé, je ne suis pas certaine qu'on avait conclu la discussion, sur :
«Le ministre peut assortir, au moment de sa conclusion, le bail minier de
conditions ou d'obligations dans les cas suivants», et là on parlait, là, de
permettre la priorisation, la conciliation des utilisations de la protection du
territoire.
Il y a des groupes
qui ont soulevé des inquiétudes par rapport à ces obligations-là. Il y en a
même plusieurs. Je ne sais pas si vous avez lu ces inquiétudes-là et comment
vous pouvez les rassurer aujourd'hui, au micro, de quelles sont les intentions
derrière les conditions et obligations qu'on veut viser.
Mme Blanchette
Vézina : ...bien, en fait, rappelons, là, l'objectif, parce que je
pense qu'on reprend l'étude d'un article qui
est très, très, très important, deux articles, en fait, donc l'article 44
qui vise deux articles d'importance pour
encourager certaines pratiques, maximiser les retombées, mais aussi s'assurer,
là, de faciliter la conciliation des usages.
Puis
l'article 101.0.1, il vise à faciliter la conciliation des usages pour une
meilleure acceptabilité sociale. Je pense, depuis deux ans que j'ai été nommée,
mais bien avant puisque même le premier ministre avait mentionné qu'il n'y
aurait pas de mine sans acceptabilité sociale, c'est au coeur des
préoccupations de citoyens. Et cet article vient donc, en réponse, clarifier certaines
possibilités, un pouvoir discrétionnaire, oui, pour la ministre, mais pour
s'assurer qu'il y ait une meilleure harmonisation des usages.
Et on a un corollaire
qu'on a adopté ensemble, là, à l'article 50.20...
Une voix : ...
Mme Blanchette Vézina : 50.22, oui, donc, qui
était lors de l'exploration minière, à l'article... L'article 101.0.1,
c'est le corollaire de cet article-là, mais à l'étape de l'exploitation
minière. Voilà.
Mme Dufour : Mais
ce qu'on a... on sait, là, on l'a vu déjà, que, tous ces projets-là seront
désormais applicables à un BAPE, donc ils seront soumis au processus d'étude
environnementale complet. Alors, je vais vous lire,
par exemple, une portion du mémoire du conseil du patronat environnemental du
Québec, qui nous disent : «Bien, les
conditions et obligations pourront notamment porter sur les travaux à effectuer
sur le terrain. La possibilité d'imposer de telles restrictions lors de
la conclusion du bail minier nous semble tardive et constitue un dédoublement du
régime d'autorisation environnementale qui permet déjà au gouvernement du
Québec d'imposer des contraintes en matière de conciliation des utilisations et
de protection du territoire.»
Donc, ils demandent
pourquoi rajouter un nouveau pouvoir d'imposer des conditions une fois le
processus d'autorisation environnementale
complété. Puis on sait qu'on tente quand même d'alléger les procédures et les
processus qui sont déjà quand même assez lourds dans le milieu. Donc,
qu'est-ce qu'on... Comment vous répondez, là, à cette interrogation de ce
groupe?
• (12 heures) •
Mme Blanchette
Vézina : Oui, vous avez bien nommé que, oui, c'est un objectif que
nous avons, puis, à travers le projet, il y a plusieurs dispositions qui
permettent... On en a regardé un, là, justement, qui vient d'éviter de
dédoubler l'exercice du BAPE versus les dispositions de la Loi sur les mines
par souci d'efficacité, effectivement, mais
sans... même... malgré le BAPE, il y a des choses qui pourraient être
nécessaires d'ajouter. C'est sûr que, comme le processus du BAPE, il y aurait un décret qui pourrait donner
certaines conditions, comme le mentionnaient certains groupes. Ceci
étant, ça ne couvrirait pas l'ensemble de ce qui pourrait être nécessaire. Et
là, peut-être que le secteur pourrait donner un exemple de ce qui n'est pas
couvert, disons, par le processus du BAPE, mais qui serait nécessaire, qui
pourrait être nécessaire.
Est-ce que Mme
Hélène...
Une voix : Giroux.
Mme Blanchette Vézina : Mme Giroux? J'aimerais,
avec le consentement, donner la parole à Mme Hélène Giroux.
Mme Dufour :
Consentement.
Le Président (M.
Ciccone) : Consentement. Vous présenter, Mme Giroux, s'il vous
plaît, et votre titre.
Mme Giroux (Hélène) : Merci. Hélène Giroux, directrice des affaires minières et de la
coordination du ministère des Ressources naturelles et des Forêts.
Alors, c'est un
pouvoir qui existe déjà dans la Loi sur les mines actuellement et qui permet,
au niveau, par exemple, d'un titulaire de claim, d'avoir des conditions et
obligations particulières. Et, quand ce titulaire de claim là demande un bail
minier, on va ramener les conditions au niveau du claim dans le bail minier.
Par exemple, si on a demandé à un titulaire de claim de tenir compte de la
présence à proximité, par exemple, d'un sentier de passage pour les citoyens,
bien, évidemment, quand le bail minier va être accordé, on va reproduire, dans
le bail minier, cette condition-là, de toujours respecter le sentier qui est
prévu. Donc, c'est une suite logique du claim dans le cas des bails miniers.
On a des exemples aussi où des
terrains de bail minier sont... comprennent un passage à niveau d'un chemin de
fer. On va ajouter, donc, ces conditions-là dans le bail minier. Donc, c'est
vraiment au-delà des obligations environnementales. La situation du terrain et de son entourage, là,
avec les citoyens, les municipalités, font partie des conditions qu'on va... qu'on
peut mettre dans un bail minier.
Mme Dufour : Je
suis loin d'être une spécialiste des baux miniers, donc je vais vous poser une
question concernant, dans le fond, le... Pour moi, le claim, les conditions qui
viennent avec le claim devraient prévaloir toujours quand le bail minier est
conclu. Mais là, ce que je comprends, c'est qu'il faut les transposer pour
qu'elles soient effectives. Est-ce que ça veut dire que, si on ne les
transposait pas, ce qui est dans le claim n'est plus effectif quand le bail
minier rentre en vigueur?
Mme
Giroux (Hélène) :
Vous me
permettez?
Le Président (M. Ciccone) :
Oui.
Mme
Giroux (Hélène) : Oui, bien, vous avez
raison, il faut les reprendre dans le bail minier. C'est un document, hein?
C'est un acte signé par les parties... par la partie qui demande le bail. Elle
signe. C'est un bail, donc, entre le ministère
et la partie prenante. Donc, on doit reproduire dans le bail minier,
effectivement, toutes les conditions qu'on souhaite imposer, là, au
titulaire, et, évidemment, s'il n'était pas d'accord, bien, il a la possibilité
de ne pas signer le bail. C'est vraiment un
contrat entre l'État et cette personne-là, et on doit reproduire l'ensemble des
conditions qui étaient visées dans le claim dans le bail minier.
Mme Dufour : Juste pour ma compréhension, le claim, lui, il
continue d'exister quand le bail minier est rentré en vigueur?
Mme
Giroux (Hélène) :
Non.
Mme Dufour : Lui,
il disparaît?
Mme
Giroux (Hélène) :
Pour la partie du
bail, le terrain visé par le bail, le claim n'existe plus, il est remplacé par
le bail. Les claims autour vont continuer d'exister en dehors du terrain du
bail, mais, sur le terrain du bail lui-même,
le claim disparaît. C'est vraiment un nouveau droit, qui est un droit
d'exploitation, qui est plus solide, là, qu'un droit d'exploration.
Donc, la loi prévoit qu'on retire du terrain les claims existants.
Mme Dufour : OK,
mais, quand on arrive en fin de vie, là, ça peut être... redevenir un claim
disponible, là, le bail arrivant à échéance. J'essaie juste de comprendre la
logique, là, mais je comprends.
Mme
Giroux (Hélène) :
Effectivement, la
loi prévoit... Quand le bail est expiré ou est abandonné, il y a une possibilité de rouvrir le terrain à l'exploration
et toute nouvelle personne, là, peut faire une demande de claim au même
endroit. Le bail disparaît à ce moment-là.
Mme Dufour : OK.
Merci beaucoup. Il y a des gens qui parlaient... bien, tu sais, les conditions,
obligations, ça dit, le point 2°, là : «pour tout motif d'intérêt public,
notamment pour éviter ou limiter les impacts sur les communautés locales et
autochtones;». Là, ça, il y avait aussi une certaine inquiétude, même que...
même que, c'est ça, c'est l'Association minière du Québec qui demandait de le retirer complètement encore
une fois, parce que les projets miniers doivent obtenir l'autorisation
en vertu de l'article 31.5, donc, pour eux... pour les travaux
d'exploitation d'une mine. Donc, pour eux, ça leur semblait redondant. Je
comprends qu'il y a la question du claim, mais là, là, on ne parle pas de claim,
là, on parle vraiment... Dans le cas du bail, il faut obtenir l'autorisation,
l'article... en vertu de l'article 31.5
de la LQE, mais ce qu'ils disent, c'est aussi ici. Ça fait qu'est-ce que...
est-ce qu'on parle vraiment de motifs distincts ou ça pourrait être les
mêmes que dans l'autorisation environnementale?
Mme Blanchette
Vézina : Encore une fois, l'objectif, ce n'est pas de dédoubler. Il y
aura le processus du BAPE, avec le décret puis les directives, les orientations
qui seront dans le décret, mais il reste qu'il peut y avoir d'autres besoins qui ne seraient pas couverts,
puis ça reste une marge de manoeuvre qui est importante dans le contexte
particulièrement actuel, où on souhaite avoir une meilleure facilité pour
concilier les usages.
Mme Dufour : Puis
ça, c'est dans le bail, ce n'est pas un décret, là, ce n'est pas... on n'est
pas ici par règlement. Les conditions, les obligations, là, ça se négocie
directement, là.
Mme Blanchette
Vézina : Directement dans le bail, mais rappelons que c'est une durée
de 20 ans, un bail minier. Donc, c'est
important pour les contribuables québécois de s'assurer que ce qu'on met en
place est solide pour les 20 prochaines années.
Mme Dufour : Tout à fait. Le point
3° maintenant : «lorsque le bail vise un terrain où les substances
minérales sont réservées à l'État;». Est-ce qu'il peut y avoir une... bien, pas
une contradiction, mais, dans le fond, tu sais, est-ce qu'il peut y avoir deux baux
différents? Si les substances minérales sont réservées à l'État, comment ça
s'opère, le bail minier?
Mme Blanchette Vézina : ...le
consentement, je donnerais la parole à Me Tremblay-Parent.
Le Président (M. Ciccone) : Est-ce
qu'on a le consentement pour donner la parole à Me Tremblay?
Mme Dufour : Consentement.
Le Président (M. Ciccone) : Oui.
M.
Tremblay-Parent (Gabriel) : Gabriel Tremblay-Parent. Je suis avocat pour le
ministère de la Justice du Québec.
Bien, en
fait, c'est que la réserve à l'État, là, qui peut être prise, là, en vertu de
l'article 304, ce que ça fait, c'est que ça permet des activités, ça peut
être d'exploration, mais ça peut être d'exploitation, mais à certaines conditions.
Et donc ce qui est important, c'est que le bail qui soit donné à quelqu'un reflète
les conditions qui sont prévues dans la réserve à l'État, là. Donc, c'est un
mécanisme juste pour donner suite, là, puis être cohérent avec la réserve à
l'État.
Mme
Dufour : OK. Est-ce qu'on peut nous donner des exemples de
minéraux, là, de substances minérales qui seraient réservées à l'État?
Mme Blanchette Vézina : ...
Le Président (M. Ciccone) : Oui, on
va suspendre quelques minutes.
(Suspension de la séance à 12 h 08)
(Reprise à 12 h 09)
Le
Président (M. Ciccone) : Alors, nous sommes de retour. Est-ce qu'on a une
réponse à la question de la députée de Mille-Îles?
Mme Blanchette Vézina : Oui, M. le
Président. En fait, un exemple... En fait, toutes les substances peuvent être réservées à l'État, il n'y a pas une
substance particulière, mais un des bons exemples qu'on pourrait avoir, c'est
celui de l'article 2.4 du projet de loi.
Une voix : ...
Mme Blanchette Vézina : 2 qui
introduit l'article 2.4. Merci. Donc, celui-là permet des ententes avec les
Premières Nations, et, à ce moment-là, il y a une réserve à l'État, et donc,
s'il y a des conditions qui sont assorties avec cette entente, bien, il est
important que le bail reflète les conditions également.
Mme Dufour : Ça fait que, là, ce que
je comprends, c'est qu'à l'article 2 on introduisait 2.4, qui permettait les
ententes, et là ces ententes-là, ça pourrait amener des substances réservées à
l'État, mais qui seraient destinées aux communautés qui auraient fait l'entente
parce que c'est l'objectif du 2.4, là.
Mme Blanchette Vézina : Oui, peut-être...
• (12 h 10) •
M. Tremblay-Parent (Gabriel) : En
fait, l'article 2.4, lui, ce qu'il permettrait de faire, c'est de dire :
Bien, pour l'exploitation, à titre d'exemple, de l'or, je donne un exemple
quelconque, bien, ce qui serait important, c'est que, mettons, l'exploitation
ne se fasse pas pendant la période de la chasse, mettons, à titre d'exemple. Ça,
ça va être une réserve à l'État de l'or, donc, certaines conditions pour
l'exploitation de l'or, ça peut être un mécanisme. Je donne un exemple très
simple. Normalement, on vise plutôt l'ensemble des substances, mais la réserve
à l'État ne pourrait en viser qu'une seule, et puis, à ce moment-là, c'est
important que, dans le bail, on dise : Bien oui, tu as un droit
d'exploitation de l'or, mais tu ne pourras pas le faire pendant telle période
de chasse à tel endroit. Donc, tu sais, ça permet le reflet, finalement, de ce
qui a été prévu dans l'entente, et donc dans la réserve à l'État.
Mme Dufour : OK, mais là, s'il y
avait une exploitation, là, qui est autorisée, puis qu'on constate qu'il y a un minéraux critique qui... qu'on découvre pendant
l'exploitation, est-ce que l'État peut dire : Bien là, je me l'approprie,
puis, finalement, ça devra... ça ne fera pas partie du bail minier, tu sais,
parce que tout le débat... On a beaucoup parlé
des minéraux stratégiques et critiques. Donc, je me demandais, là, est-ce que
ce n'était pas un peu ça qu'on voulait se protéger pour s'assurer qu'on
ait les minéraux qu'on a besoin.
Mme
Blanchette Vézina : La réponse, c'est non, puis peut-être compléter
l'information, Me Tremblay-Parent?
M. Tremblay-Parent
(Gabriel) : Oui, en fait, l'article... il faut avoir en tête l'article
101.0.1. La réserve à l'État, là, ça ne vise pas à dire : L'État se garde
telle substance. Là, tu sais, il faut vraiment voir «réserve» au sens de la Loi sur les mines, c'est-à-dire des restrictions
dans l'exploitation, l'exploration, donc, dans les activités minières, là.
C'est ça, la réserve à l'État, et donc...
Puis il faut... Aussi, l'article 101.0.1, c'est des conditions qui sont au
moment de la conclusion du bail. Donc, par la suite, tu sais, ce n'est
pas possible de réorganiser ou de modifier ces conditions-là. Donc, c'est
vraiment au moment de la conclusion. Donc, il ne pourrait pas y avoir, là, en
cours d'exercice, là, une modification visant à garder pour l'État une
substance ou une autre.
Mme Dufour : OK. Je vais vous donner
un cas de figure. Vous l'avez mentionné, c'est un bail de 20 ans. Donc, c'est
quand même une exploitation qui va durer quand même longtemps, puis on sait
qu'on a des besoins en minéraux stratégiques et critiques qui ont été identifiés
pour la filière batterie, notamment, où on aura vraiment besoin de beaucoup d'exploitation de mines qui
n'existent pas encore, hein? On en a très, très peu dans les faits, là, dans
les minéraux stratégiques et critiques. La plupart des mines, c'est de l'or, au
Québec, et l'or ne fait pas partie de ces minéraux-là
qu'on a besoin pour la filière batterie. Donc, admettons qu'on aurait un
endroit où on constaterait qu'il y a deux types de minéraux, mais qu'une mine
dirait : Non, moi, je suis juste intéressée par l'or, c'est la seule que
je veux exploiter, est-ce qu'on pourrait dire : Bien, c'est le
minéraux critique qui est là, on ne veut pas attendre 20 ans avant de
pouvoir y avoir accès? Est-ce qu'on pourrait se donner les moyens d'aller
l'exploiter aussi?
Mme Blanchette Vézina : On peut
suspendre, oui, je vais suspendre.
Le Président (M. Ciccone) : On va
suspendre quelques instants. Merci.
(Suspension de la séance à 12 h 14)
(Reprise à 12 h 16)
Le Président (M. Ciccone) : Alors, nous
sommes de retour. Mme la ministre.
Mme
Blanchette Vézina : Merci. Quant à la question posée par la députée de
Mille-Îles, là, j'aimerais donner la parole à Mme Giroux...
Me Giroux.
Le Président (M. Ciccone) : Parfait.
Me Giroux.
Mme Giroux (Hélène) :
Merci. Au moment de la demande du bail minier, le premier à
l'origine, on a vu tout à l'heure qu'on lui
demandait de nous fournir une étude d'opportunité économique. Dans cette étude
d'opportunité économique et dans l'étude de faisabilité, là, qu'il doit
déposer, c'est sûr que le promoteur va venir nous parler de ce qu'il a trouvé
sur le terrain pendant qu'il avait les claims et son choix d'exploiter telle
substance, qui est souvent celle qui est la plus économiquement rentable. Après
les 20 premières années du bail, il doit redéposer une nouvelle étude
d'opportunité. Donc, on recommence.
Donc, si jamais il avait, entre-temps, trouvé
une autre substance économiquement exploitable, on va la voir réapparaître au
niveau de la deuxième étude, et ça fait toujours partie de l'ensemble des
documents que le ministère examine avant de donner : Là, OK, tu peux aller
continuer ton exploitation et tu peux changer d'exploitation... changer
d'exploitation... transmettre... transférer ton type d'exploitation, toujours
en allant chercher les autorisations environnementales, mais c'est possible de
le faire, là, donc, de voir évoluer, sur un même bail minier, par le même promoteur, une exploitation différente au fil du
temps, mais il demeure que le droit que détient le titulaire du bail minier, c'est
celui d'exploiter de façon exclusive ce qu'on lui a permis de faire, là, par le
bail minier.
Mme Dufour : Merci pour la réponse.
C'est quand même 20 ans d'attente avant de pouvoir remettre à niveau, là,
et, s'il y a des substances critiques importantes qui étaient découvertes en
cours de route, bien, je ne sais pas, là,
mais il me semble qu'on perdrait une belle opportunité. Puis est-ce qu'on peut
vraiment se permettre d'attendre 20 ans pour avoir ces minéraux-là,
compte tenu des délais que ça prend pour les exploiter, là?
Mme Blanchette Vézina : Je suis
quand même surprise d'entendre la question de la députée de Mille-Îles.
Considérant que ça prend beaucoup de temps, d'énergie, d'investissement,
développer un projet minier, le bail de 20 ans,
il est important pour rentabiliser l'investissement. Donc, je pense que, dans
le contexte d'affaires, ce serait vraiment de mettre un pavé dans la
mare. Ça amènerait vraiment un manque de prévisibilité pour les entreprises.
Là, nous, ce qu'on vient dire, puis
rappelons, là, qu'on est sur l'article 101.0.1, là, c'est de dire :
Bien, on se garde certaines marges de manoeuvre au besoin pour les substances
minérales qui sont réservées à l'État puis, si vous voulez qu'on regarde le paragraphe
4° aussi : «pour maximiser les retombées économiques en territoire
québécois de l'exploitation;».
Mme Dufour : Oui, merci, Mme la
ministre. Je veux que ce soit clair, je ne mets pas du tout en doute le... en
question le délai de 20 ans du bail. Ce que je dis, c'est que, quand on se
donne l'opportunité de se garder des substances
minérales réservées à l'État, bien, peut-être qu'on pourrait se garder une
possibilité d'exploiter des minéraux qui seraient trouvés en cours de route si
l'entreprise qui a le bail minier ne souhaite pas le faire et que ces
minéraux-là sont d'une valeur stratégique extrêmement importante pour le
Québec.
• (12 h 20) •
Mme Blanchette
Vézina : Tout à fait, puis on le fait avec l'article 101 en
introduisant le dernier alinéa, là, le fait qu'il puisse y avoir des baux
donnant uniquement le droit d'exploiter des résidus. Donc, ça pourrait être une
situation, là, possible, mais il reste qu'il faut garder, pour le détenteur du
bail minier, une prévisibilité. Il en va de la survie de la... de l'ouverture
de, tu sais, potentiels projets.
Mme Dufour : Je
pense qu'on en a parlé allégrement, le député de Pontiac et moi, de
l'importance de la prévisibilité. Alors, là-dessus, on est tout à fait d'accord.
Vous avez mentionné le dernier alinéa de l'article 101, où on parle de la possibilité d'avoir un bail pour
l'exploitation de résidus miniers. Est-ce que ça, un bail comme ça pourrait
s'appliquer au même endroit et sur la même surface qu'un bail minier en
vigueur?
Mme Blanchette
Vézina : Oui.
Mme Dufour : OK.
Bien, déjà, ça répond à cette inquiétude-là. Le 4°, effectivement, «pour
maximiser les retombées économiques en
territoire québécois de l'exploitation», là, il y avait aussi certains...
certaines questions, à savoir comment on prévoit le faire, là,
exactement, là. Qu'est-ce que ce qu'on a en tête aussi, là?
Mme Blanchette
Vézina : Il y a l'article... il y a un article...
Une voix : ...
Mme Blanchette Vézina : Oui, peut-être, je
céderais, avec votre consentement, la parole à mon sous-ministre associé
aux Mines.
Le Président (M.
Ciccone) : Est-ce qu'il y a consentement? Parfait, vous présenter.
M. Morissette (Ian) : Oui, Ian Morissette,
sous-ministre associé aux Mines au ministère des Ressources naturelles
et des Forêts.
Donc, comme on
l'expliquait dans un article précédent, l'objectif, c'est peut-être que
l'entreprise puisse faire valoir auprès de la communauté locale ses besoins en
termes de services ou en termes de biens, question que les entreprises, PME de la région puissent faire
valoir leurs offres de services. Donc, c'est le genre de condition qui pourrait
être imposée. Comme on l'a mentionné, la ministre ne pourrait pas imposer de
faire affaire avec une entreprise plutôt qu'une autre. Ce n'est vraiment pas
ça, l'objectif, mais c'est plutôt qu'on puisse davantage reconnaître les
besoins du projet à la communauté d'affaires de la région, par exemple.
Mme Dufour : Donc,
de forcer des appels de services?
M. Morissette
(Ian) : Ce n'est pas un appel de... ce ne serait pas de forcer un
appel de services, mais ça pourrait être de
faire une séance d'information. On le fait déjà avec le ministère, où on
demande à l'entreprise de tenir une séance en disant : Bien, cette
année, je vais avoir besoin de tels types de travaux de déboisement. Donc, une
entreprise de déboisement de la région le sait, peut faire valoir son offre de
service. Ça lui donne juste l'opportunité de connaître les besoins du projet
puis ensuite de faire elle-même ses propres démarches.
Mme Dufour : Est-ce
que ça peut aller aussi dans la... tu sais, la provenance des employés? Puis je
ne me souviens plus, là, si c'était le Grand Conseil des Cris, là, qui nous
avait parlé de l'enjeu, des fois, d'avoir certains de leurs commettants, dans
le fond, être employés par les mines. Est-ce que ça, ça peut faire partie des
conditions?
Le Président (M.
Ciccone) : Mme la ministre.
Mme Blanchette
Vézina : Oui, tu sais, je ne pense pas que l'objectif est d'aller
aussi loin, là. Comme on a discuté hier, tu sais, c'est de surtout offrir des
opportunités aux gens de la région, mais les entreprises minières, en ce moment, déjà, qui sont sur le terrain,
particulièrement en territoire cri, là, embauchent... ont des politiques
d'embauche. Ça fait partie des bonnes pratiques, là, surtout à l'étape
de l'exploitation du bail minier.
Mme Dufour : Non,
c'est certain, mais il y a quand même beaucoup de «fly-in/fly-out» aussi, là,
et de faire appel à des gens locaux peut être une façon de réduire le
«fly-in/fly-out», là, que plusieurs municipalités, d'ailleurs, dénoncent.
Allons-y avec le dernier alinéa de cet article : «Les conditions et [...]
obligations peuvent notamment, malgré les dispositions de la présente loi,
concerner les travaux à effectuer sur le terrain.» Ici, il y avait une
inquiétude, là, à savoir, par exemple, quels genres de conditions, là, de
travaux sur le terrain qu'on pourrait imposer.
Le Président (M. Ciccone) :
Allez-y.
M.
Morissette (Ian) : Oui, merci. Donc, c'est plutôt dans l'aménagement
du site. Donc, on pourrait demander de
considérer certaines options pour justement limiter les impacts sur les
différents usages. Comme disait la ministre tantôt, s'il y a un sentier
qui passe proche, on pourrait demander, tu sais, de s'organiser, si vous
voulez, pour limiter les impacts autant que possible.
Mme Dufour : Est-ce que ça peut
aller dans des éléments du genre : La machinerie lourde et bruyante, il ne
faudrait pas qu'elle soit de... tu sais, qu'elle soit... mettons, qu'elle passe
la fin de semaine ou entre telle heure et telle heure ou...
Mme Blanchette Vézina : Oui.
Mme Dufour : Ça pourrait être de cet
ordre-là? OK.
Mme Blanchette Vézina : ...de
précision, là, puis je veux peut-être donner un exemple, là, de mine qui est en
territoire urbain, là, notamment Malartic, là, nommément Malartic, ils ont déjà
des pratiques comme celles-là, là, pour... Ils monitorent, donc, le bruit. Ils
monitorent également la quantité de poussière. Ils ont un comité de suivi. Donc, ce qui viendrait... ce qui serait mis en
place serait simplement cohérent avec des pratiques qui sont déjà en vigueur
dans la mesure où il y a une cohabitation nécessaire avec une communauté
locale.
Mme Dufour : Merci. Puis ça va avec
le point que nos... les deux groupes nous avaient fait, là, d'avoir des
consultations, être consultés à ces étapes-là des conditions. Ce que je
comprends, c'est que c'est l'intention de les consulter, puis vous l'avez
mentionné, je pense, au micro hier.
Mme Blanchette Vézina : Il y a
plusieurs éléments dans le projet de loi, là, où on ne force pas. On ajuste,
d'ailleurs, mais...
Mme Dufour : Vous avez mentionné
tout à l'heure que, des fois, il y a des moments où une mine ne fonctionnera
pas ou serait arrêtée pour la période de la chasse, par exemple. Est-ce qu'il
peut y avoir des enjeux économiques à faire
ça? Mais, tu sais, on comprend que c'est un besoin... un besoin dans certaines
communautés, mais...
Mme Blanchette Vézina : Je donnais
cet exemple... On a donné cet exemple-là. Ce n'est pas nécessairement qu'on
doit l'appliquer ou l'imposer, c'est une possibilité si... mais c'est certain
qu'on tiendrait compte de l'impact économique des mesures qui seraient mises en
place pour balancer, disons, le besoin de conciliation versus l'économie, le
contexte réel de l'entreprise, là. Donc, on tiendrait compte des deux
certainement.
Mme Dufour : OK, parfait. Merci.
J'ai une dernière question, mais c'est dans le 100... c'est dans le 101. Ça
concernait, en fait, l'économie circulaire, là. J'ai noté, par la suite, là,
qu'on avait eu un mémoire qui parlait de ça et qui mentionnait qu'il faudrait
qu'il y ait des critères de faisabilité économiques et techniques qui soient
établis en concertation avec l'industrie de
manière à s'assurer qu'ils soient réalisables. Donc, je transmets, là...
C'était dans un mémoire de Mines Agnico-Eagle.
Mme Blanchette Vézina : Vous êtes à
quel paragraphe?
Mme
Dufour : Je suis... Bien, en fait, c'est l'alinéa 5° du
101, tu sais, quand on parle d'une étude d'opportunité économique et de marché
portant notamment sur l'intégration d'exploitation envisagée dans une économie
circulaire.
Mme
Blanchette Vézina : Bien, en fait, il va de soi, là, que, si on vient
mettre cette étude-là, c'est qu'on en tient compte, de la...
Mme Dufour : Non mais ce que je dis,
c'est que l'industrie souhaite être consultée sur les critères de faisabilité
économiques et techniques qui seront mis en place.
Mme Blanchette Vézina : Oui.
M.
Morissette (Ian) : Peut-être juste pour préciser, dans l'article ici,
on n'impose pas des conditions. On demande à ce que l'étude d'opportunité économique tienne compte de l'économie
circulaire, donc, dans ce qu'ils vont nous soumettre, qu'ils l'aient
prise en considération.
Mme
Blanchette Vézina : Mais je tiens à vous rassurer. On a un esprit de
collaboration avec les parties prenantes, pas juste l'industrie, mais
avec aussi d'autres parties prenantes, mais, oui, elles seront impliquées.
Mme Dufour : Oui, effectivement, il
y avait aussi les groupes environnementaux, là, qui soulignaient à quel point c'était risqué, des fois, d'exploiter des
résidus miniers, notamment. Donc, je comprends. Bien, pour moi, ça complète
mon intervention dans ces points-là.
Le
Président (M. Ciccone) : Merci. Est-ce qu'il y a d'autres
interventions à l'article 44 tel qu'amendé? Non. Alors, je suis prêt
maintenant à mettre aux voix l'article 44 amendé. Alors, est-ce que
l'article 44 amendé est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Ciccone) : Adopté. Parfait. Merci beaucoup. Nous sommes maintenant
prêts à passer à l'article 45. Mme la ministre, nous en faire la
présentation, s'il vous plaît.
Mme Blanchette Vézina : Merci,
M. le Président. L'article 45, donc : L'article 101.0.2 de cette
loi est abrogé.
Cet article vise à
abroger l'article 101.0.2 de la Loi sur les mines par concordance avec le
remplacement de l'article 101.0.1 par l'article 44 du projet de loi,
qui permettra d'assortir le bail minier de conditions et d'obligations pour maximiser les retombées économiques en
territoire québécois. La ministre des Ressources naturelles et des Forêts
pourra ainsi prévoir ce type de conditions et d'obligations directement dans le
bail minier prise d'un décret... La prise d'un décret ne sera plus nécessaire.
Le Président (M. Ciccone) : Y
a-t-il des interventions sur l'article 45? Non. Est-ce que l'article...
Oui, Mme la députée des Mille-Îles.
Mme Dufour : Oui, juste pour ceux qui nous écoutent, dans le
fond, c'est que ça a été intégré... les éléments de cet article-là ont
été intégrés dans l'article qu'on vient juste de discuter avant, le 101.0.1.
Le Président (M.
Ciccone) : C'est ça. Mon Dieu! Ça va bien. On s'entend.
Mme Blanchette
Vézina : Ça avance bien, hein?
Le Président (M.
Ciccone) : Alors, est-ce que l'article 45 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Ciccone) : Adopté. On passe maintenant à l'article 46.
Mme Blanchette
Vézina : Là, vous allez vouloir revenir sur notre commission, M. le
Président.
Le Président (M. Ciccone) : Oui,
oui, oui. Je libérerai mon agenda, Mme la ministre, ça va me faire plaisir.
Alors, à vous la parole.
• (12 h 30) •
Mme Blanchette
Vézina : Article 46 : L'article 101.0.3 de cette loi
est modifié :
1° par le
remplacement des premier et deuxième alinéas par le suivant :
Le locateur... «Le
locataire constitue un comité de suivi, dont le mandat est déterminé par
règlement, pour favoriser l'implication de
la communauté locale dans les 30 jours de la délivrance du bail, sauf si
un comité a déjà été constitué pour le même projet.»;
2°
par le remplacement, dans le quatrième alinéa, de «d'une communauté autochtone
consultée» par «de chacune des nations ou des communautés autochtones
consultées, selon le cas,»;
3° par l'ajout, à la
fin, des alinéas suivants :
«Le ministre peut
toutefois autoriser une composition différente du comité si le locataire lui
démontre l'impossibilité de trouver un représentant de chaque milieu.
«Le comité est
maintenu jusqu'à l'exécution complète des travaux prévus par le plan de
réaménagement et de restauration.»
Alors, cet article
vise d'abord à remplacer les deux premiers alinéas de l'article 101.0.3 de
la Loi sur les mines afin de prévoir que le mandat du comité de suivi qui doit
être constitué par le titulaire d'un bail minier sera prévu par règlement du
gouvernement. Il vise également à préciser qu'un titulaire n'aura pas à
constituer un tel comité lorsqu'un comité de suivi a déjà été constitué pour un
même projet. En effet, plusieurs baux miniers sont souvent consentis pour un
seul projet qui couvre une grande surface. Un seul comité de suivi est alors
suffisant.
Par ailleurs, il
propose que chacune des communautés autochtones concernées soient représentées
sur le comité et que le comité reste en place jusqu'à la fin des travaux prévus
au plan de réaménagement et de restauration. Enfin, il vise à préciser une
situation où la ministre des Ressources naturelles et des Forêts pourra
autoriser une composition différente du comité de suivi.
Oui,
peut-être préciser de manière plus intelligible, parfois. Donc, l'objectif
derrière ça, c'est d'éviter le mur-à-mur. On a beaucoup entendu, dans
les consultations particulières, d'avoir des sensibilités face à diverses
situations. Donc, on s'adapte, avec cet article, aux réalités locales puis on
répond notamment, donc, aux besoins des milieux locaux.
Le Président (M.
Ciccone) : Y a-t-il des interventions? Mme la députée des Mille-Îles.
Mme Dufour : Merci, M. le Président. Alors, évidemment, on se
réjouit de voir que les communautés autochtones seront non seulement
consultées, mais qu'elles feront partie d'un comité de suivi. Donc, ça,
c'est... Je pense, ça a été souligné, d'ailleurs, par le comité consultatif en environnement de
Kativik dans leur mémoire, mais il y a quand même des questions qui sont soulevées dans d'autres mémoires qui... De quel
comité on parle, par exemple? Comment il va être composé? Comment on va
choisir les membres, etc.? Donc, est-ce qu'on peut avoir un petit peu plus de
détails sur les orientations prévues pour ça?
Mme Blanchette Vézina : Bien, peut-être comme
expliquer... J'aimerais donner la parole à monsieur... à Mme Giroux.
Le Président (M.
Ciccone) : Mme Giroux, alors, à vous la parole.
Mme Giroux (Hélène) :
Merci. Le comité de suivi est déjà prévu dans la Loi sur les mines. On
vient préciser certains éléments, mais les nouveaux titulaires de baux
miniers ont tous eu l'obligation de constituer un comité de suivi dans les 30
jours, là, de la délivrance du bail minier, et ces comités de suivi là, la
façon d'inviter les gens à faire partie du comité est prévue dans la
réglementation. Donc, dans le règlement, il y a déjà des dispositions.
Par contre, la loi
vient aussi prévoir quelle est votre... quelle est la composition minimale que
doit avoir le comité de suivi. Et c'est
déjà, donc, prévu, là, dans la loi. On nomme des... Vous avez, dans
l'article... 101.0.3, là, on vient vous dire : «...le comité est
composé d'au moins un représentant du milieu municipal, [...] du milieu
économique, d'un citoyen...» Et on vient ajouter maintenant, là, chacune des
nations des communautés autochtones.
Donc, c'est un
minimum de représentativité qu'il doit y avoir dans le comité, mais évidemment
ça peut être beaucoup plus large que ça et c'est souvent beaucoup plus large
que ça.
Donc, toutes ces
règles-là sont connues de l'industrie et l'applique, depuis 2013, cette
obligation-là.
Mme Dufour : Comment
sont établis les représentants? Parce qu'il y a des membres indépendants, un
citoyen et des membres du milieu économique, du milieu municipal, là, je le
vois, mais comment ils sont choisis? Qui les... tu sais, qui compose ce
comité-là? Qui détermine qui composera le comité?
Des voix :
...
Mme Blanchette
Vézina : Je céderais la parole à Mme Giroux.
Le Président (M.
Ciccone) : Ah! parfait. Mme Giroux.
Mme Giroux (Hélène) :
L'article, le même
article vient vous dire : «Les membres du comité sont choisis selon
la méthode déterminée par le locataire.»
Donc, l'entreprise
minière, elle doit déterminer une méthode, ça peut être par un appel à tous, ça
peut être par une assemblée où les gens se lèvent et sont choisis.
Donc, le locataire a
l'obligation de provoquer la mise en place du comité par une méthode, mais ce
n'est pas lui qui choisit, ce n'est pas
l'entreprise qui choisit, là, qui identifie les personnes. Il va dire :
Moi, j'ai besoin de quelqu'un du milieu économique, du milieu municipal,
et je vous invite à une rencontre, et là ça peut être un vote, ça peut être
volontairement, c'est vraiment la méthode qu'il met en place. Et lui a
l'obligation, par contre, d'avoir son minimum de représentativité.
Mme Dufour : Mais...
Je comprends, il y a cette obligation-là, mais là on dit «la méthode déterminée
par le locataire». Pourquoi à... Puis, tu sais, on aurait eu l'occasion de
changer ça puis de dire, bien, «établie par règlement par la ministre», par exemple, pour s'assurer que la méthode déterminée
soit vraiment... permette vraiment d'être... de mener à un comité
représentatif du milieu.
Mme Blanchette
Vézina : Je n'en vois pas l'intérêt autrement que ce qu'on a déjà
modifié.
Mme Dufour : OK.
Donc, à ce moment... en ce moment, comment on sait que c'est vraiment
représentatif du milieu?
Mme Blanchette
Vézina : Mme Giroux.
Mme
Giroux (Hélène) :
C'est des comités
qui sont en place depuis 2013, on les valide, on les contrôle, là. Chaque comité doit... vous voyez un petit peu
plus loin, là, chaque comité doit... le titulaire du bail minier doit déposer, sur son site Internet, les comptes rendus annuels
des rencontres du comité. Donc, on connaît, là, qui fait partie de chacun
des comités qui sont associés aux baux miniers. Donc, c'est...
Jusqu'à maintenant,
là, ils n'ont pas d'enjeu de représentativité, sauf pour la question des
communautés autochtones. Donc, on vient
ajouter un représentant de chacune des communautés autochtones justement pour
s'assurer, là, que tous sont bien impliqués dans le comité de suivi.
Le Président (M.
Ciccone) : ...ajouter, Mme la ministre?
Mme
Blanchette Vézina : ...si le locataire lui démontre l'impossibilité de
trouver un représentant de chaque milieu, là. Il y a un exercice qui doit être
fait, mais il y a quand même aussi de la latitude, là, pour une composition qui
pourrait être différente.
Mme Dufour : Mais
je... d'abord, on parle de membres indépendants du locataire, que le comité
doit être constitué majoritairement de membres indépendants du locataire.
Qu'est-ce qu'un membre indépendant du locataire?
Mme Blanchette
Vézina : Bien là, c'est les règles d'indépendance. Voulez-vous
expliquer?
M. Tremblay-Parent
(Gabriel) : Bien, je pense qu'on peut, dans le sens commun, là,
établir que ce ne serait pas quelqu'un qui a des intérêts dans l'entreprise,
là, ou un lien, tu sais, quelconque qui pourrait influencer son... ses
commentaires et sa participation au comité, là.
Mme Blanchette
Vézina : ...42.1.
M. Tremblay-Parent
(Gabriel) : Oui. Bien, il y a une disposition dans le règlement aussi,
là, qui vient préciser cette notion dans le sens que je viens d'expliquer, là,
à 42.1 du règlement.
Mme Dufour : Du
règlement de?
M. Tremblay-Parent
(Gabriel) : Sur les mines.
Mme Dufour :
La Loi sur les mines, le règlement?
M. Tremblay-Parent (Gabriel) : Bien,
en fait, il y a la Loi sur les mines et puis le règlement, là, le
chapitre R-2, là, finalement, de la Loi sur les mines, là.
Mme Dufour : OK. Parfait. Je vais poser une autre question
concernant la représentativité, là, des communautés autochtones, là.
Il y a l'Association
minière du Québec, et je vais vous lire, là, l'extrait de la mémoire, parce que
ça va être plus simple comme ça :
«Comme le nombre de
communautés autochtones consultées est différent dans le processus
d'autorisation québécois par rapport à celui du fédéral, l'industrie espère que
cette situation ne créera pas de confusion ou d'attente au niveau des communautés autochtones consultées. L'Association, donc,
comprend que, puisque la Loi sur les mines agit dans le cadre des
orientations du gouvernement du Québec, les communautés consultées seront
celles identifiées par l'étude d'impact provincial ou proposées par le
Secrétariat aux relations avec les Premières Nations et les Inuits. Cependant, les communautés additionnelles
consultées selon le processus fédéral pourraient voir les choses autrement.»
Donc,
ce qui... L'association dit qu'elle est d'avis que ceci devrait être précisé
dans le texte modifiant la loi à cette fin. Est-ce que vous aviez vu cet
élément-là dans le mémoire?
Mme Blanchette
Vézina : Mais, écoutez, c'est déjà connu, là, de la part de mon
ministère et en fonction effectivement de ce
qui est nommé, là, qui doit être consulté. Donc, c'est la loi provinciale qui
s'applique, là. Peut-être préciser d'un point de vue juridique.
M. Tremblay-Parent
(Gabriel) : Je validais, là, 42.1, là, juste au moment où vous posiez
votre question, est-ce que vous pouvez juste répéter, puis je pourrai... Je
faisais une vérification en même temps, donc je veux être sûr de bien répondre
à votre question.
Mme Blanchette Vézina : C'est concernant... Mais
voulez-vous qu'on suspende? On va faire la vérification pour...
Mme Dufour : Oui, oui. Bien, je peux
peut-être juste... Bien, je le dirai le micro fermé, là. Je répéterai à micro
fermé.
Mme Blanchette
Vézina : Vous pouvez y aller.
Le Président (M.
Ciccone) : Posez votre question au micro.
• (12 h 40) •
Mme Dufour : Bien,
dans le fond, c'est très, très... en fait, c'est très, très...
En
fait, c'est que l'Association minière
du Québec s'inquiète qu'il y aurait
une représentativité différente selon la
loi fédérale ou provinciale et que là, s'il y a une obligation de consulter au
provincial certaines mais d'autres au fédéral, que ça pourrait amener une
confusion et des attentes aussi. Donc, ils sont d'avis que la loi devrait le
préciser ici.
M. Tremblay-Parent
(Gabriel) : Bien, tu sais, en fait, c'est clair que, tu sais,
l'obligation constitutionnelle de consulter,
là, tu sais, s'applique indépendamment, là, du régime fédéral ou provincial.
Puis, évidemment, au Québec, par
rapport à l'application de la Loi sur les mines, c'est le régime provincial qui
s'applique. Là, ça, ça ne fait pas de doute que c'est la loi.
Tu sais, par rapport à
l'application de Loi sur les mines, s'il y a d'autres autorisations à avoir au
niveau fédéral, évidemment, c'est leur régime qui s'applique, mais, par rapport
à l'application de la Loi sur les mines, c'est le régime de la Loi sur les
mines qui va s'appliquer.
Mme Dufour : Mais ce que je
comprends, là, l'association craint qu'en créant ces comités-là et en ayant une
représentativité, parce que là, ici, on vient dire «de chacune des nations ou
des communautés autochtones consultées», il
y en a qui ne le seront pas, parce qu'elles le sont au fédéral, mais elles ne
le sont pas au provincial, et là que ça pourrait créer des attentes et
peut-être certaines frictions, là. C'est ce que je comprends du message qu'ils
font, là.
Mme
Blanchette Vézina : Mais peut-être simplement préciser qu'il y a déjà
des consultations qui sont menées. En fonction du secteur, on guide aussi les
promoteurs vers les bons partenaires. Je ne vois pas ça comme un enjeu réel,
là.
Mme
Dufour : Donc, vous n'avez pas cette crainte-là de
confusion que l'Association minière
du Québec évoque?
Mme Blanchette Vézina : Non.
Mme Dufour : Merci.
Le Président (M. Ciccone) : Merci
beaucoup. Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Oui. M. le député de Maurice-Richard.
M. Bouazzi : J'étais curieux sur la
partie qui est biffée, «d'une communauté autochtone consultée», qu'on remplace par «de chacune des nations ou des
communautés autochtones consultées, selon le cas». C'était quoi qui n'était pas
possible avant avec la première terminologie?
Mme Blanchette Vézina : Je vais,
d'un point de vue juridique, là, laisser Me Parent... Tremblay-Parent vous
expliquer.
M. Tremblay-Parent (Gabriel) : Bien,
en fait, la distinction, là, entre les deux, c'est que, tu sais, à la suite
d'échanges, là, tu sais, l'orientation qui avait été prise, c'était de
s'assurer qu'il n'y ait pas juste le représentant d'une des communautés ou
nations consultées qui se retrouve sur le comité de suivi, puis s'assurer que,
finalement, si plusieurs communautés avaient potentiellement des impacts et
donc qui étaient consultées par le ministère, que chacune d'elles soit sur le comité de suivi, là, qui, il faut le
rappeler, est quand même composé par l'entreprise, là. Donc, c'est une
garantie finalement que chacune d'elles se retrouve sur le comité.
M. Bouazzi : OK. Donc, c'est plus la
question du pluriel que du reste de la formulation?
Mme Blanchette Vézina : Oui, mais il
y a «nation».
M.
Tremblay-Parent (Gabriel) : Bien, si c'est votre question... Il y a «nation».
Je peux aborder cette question-là aussi, si vous le souhaitez.
En fait, par rapport à la nation, c'est que,
dans certains cas, tu sais, en vertu d'ententes notamment, bien, c'est la
nation qui va représenter différentes communautés.
Et donc ça va être un représentant de la nation
autochtone qui va être sur le comité de suivi plutôt qu'un représentant de
chacune des communautés.
Donc, c'est
vraiment en fonction de la situation ou des ententes puis ce que souhaitent les
communautés des nations elles-mêmes, là.
M. Bouazzi : OK. Ça me va.
Le Président (M. Ciccone) : Est-ce
qu'il y a d'autres interventions? Oui, Mme la députée des Mille-Îles.
Mme Dufour : Merci, M. le Président.
Alors, un des éléments qui est dans la loi actuelle, c'est — on
l'a dit tout à l'heure — qu'on
doit avoir un représentant du milieu municipal. Comment on choisit ce
représentant du milieu municipal actuellement?
Mme Blanchette Vézina : Je céderais
la parole à Mme Giroux.
Le Président (M. Ciccone) : Mme Giroux.
Mme
Giroux (Hélène) :
Mais c'est comme ce que je vous
expliquais tout à l'heure, le titulaire du bail minier, le locataire a
l'obligation de mettre en place la méthode pour choisir les participants au
comité de suivi.
Donc, il doit
s'assurer, là, lors de sa... dans le cadre de sa méthode, qu'il obtienne des
offres de personnes du milieu municipal qui lèvent la main, qui puissent
faire partie du comité de suivi.
Donc, c'est vraiment sa
méthode de susciter les participations au comité de suivi qui se font. Il ne
valide pas, il n'a pas à prendre de... il ne choisit pas le représentant, il
choisit la méthode pour que quelqu'un du milieu municipal lève la main et se
déclare intéressé à participer au comité de suivi de ce projet minier là.
Mme Dufour : OK. Vous savez, des
fois, le... Puis, tout à l'heure... hier, on en parlait, on est plusieurs
autour de la table qui viennent du municipal, donc on sait que, des fois, il y
a des... on ne s'entend pas tous puis on voudrait tous être autour de la table
du comité. Et il y a aussi des instances régionales, donc il n'y a pas que la
municipalité, il y a aussi la MRC.
Donc, je souligne que la Fédération québécoise
des municipalités nous recommandait, dans leur mémoire, de justement ajouter un représentant de la MRC et de
s'assurer que chacune des municipalités qui sont touchées, s'il y en a plus
qu'une, soit présente autour de la table. Après ça, que le représentant en
question, effectivement, selon la méthode... mais qu'au moins chacune des
municipalités soit présente.
Le Président (M. Ciccone) : Mme la
ministre.
Mme Blanchette Vézina : J'aimerais
suspendre, M. le Président.
Le Président (M. Ciccone) : Oui. On
va suspendre quelques instants. Merci.
(Suspension de la séance à 12 h 46)
(Reprise à 12 h 47)
Le Président (M. Ciccone) : Alors,
nous reprenons nos travaux. Mme la ministre.
Mme Blanchette Vézina : Merci. En
réponse à la question, la suggestion de la FQM, là, il est indiqué dans
l'article que c'est au moins un représentant du milieu municipal, mais
peut-être mentionner, là, bien sûr, que l'entreprise qui souhaite faire le
développement du projet a tout à gagner à impliquer les parties prenantes, et
c'est souvent ce qui est fait.
Il faut garder quand même en tête qu'un comité
de suivi doit être efficace. Donc, on va garder la formulation telle qu'elle
est là.
Mme Dufour : Mais, M. le Président,
je vais déposer un amendement à cet effet. Donc, je demanderais de suspendre,
le temps de pouvoir le terminer puis le transmettre.
Le Président (M. Ciccone) : Parfait.
Alors, suspendons. Merci.
(Suspension de la séance à 12 h 48)
(Reprise à 12 h 59)
Le Président (M. Ciccone) : Alors,
collègues, nous sommes de retour.
Cependant,
compte tenu de l'heure, la commission suspend ses travaux jusqu'à
14 heures. Bon lunch, tout le monde.
(Suspension de la séance à 13 heures)
(Reprise à 14 h 06)
Le Président (M. Sainte-Croix) : À
l'ordre, s'il vous plaît, chers collègues. La Commission agriculture, des
pêcheries et de l'énergie et des ressources naturelles reprend ses travaux.
Nous poursuivons l'étude détaillée du projet de
loi n° 63, Loi modifiant la Loi sur les mines et d'autres dispositions.
Lors de la
suspension de nos travaux, cet avant-midi, nous en étions à l'étude de
l'article 46. Donc, il était question d'un amendement par Mme la
députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Oui, merci, M. le
Président. Bien, on a eu quelques échanges pendant la pause, avant qu'on se
quitte pour le dîner et, de commun accord, là, il y a eu un amendement qui a
été rédigé. Mais, dans le fond, pour expliquer ce qu'on fait ici, c'est qu'on
répond à une demande de la Fédération québécoise des municipalités, qui voulait
s'assurer que la MRC, la municipalité régionale de comté, et la municipalité,
qui sont touchées directement par le projet, puissent faire partie de ce
comité. Et donc... Et, des fois, c'est plusieurs municipalités qui
pourraient... Tu sais, un projet pourrait avoir un territoire et toucher deux
municipalités ou plus.
Donc, dans le fond, ce qu'on va
proposer comme amendement, c'est de dire que chacune des MRC, s'il y avait
deux MRC touchées, et chacune des municipalités feront partie du comité, si
elles en font la demande, donc, pour faciliter
aussi les choses. Peut-être qu'il y en a une qui dirait : Bien non, je ne
veux pas en faire partie, donc pour ne pas alourdir le processus, et tout.
Donc, c'est une proposition.
Donc, il y a un
amendement, là, il a été déposé, à l'article, c'est ça, 46. Voilà. Alors, je
vais le lire. Donc, c'est : Remplacer le paragraphe 2° de
l'article 46 du projet de loi par le suivant :
2° par le
remplacement du quatrième... alinéa — pardon — par
le suivant :
«Le locataire
détermine le nombre de représentants qui composent le comité. Cependant, le
comité est composé d'au moins un représentant du milieu économique et d'un
citoyen qui proviennent de la région où est située le projet et, le cas
échéant, d'un représentant de chacune des nations ou des communautés
autochtones consultées, selon le cas, par le gouvernement à l'égard de ce
projet. Le comité doit également être composé d'un représentant de chacune des
municipalités locales et des municipalités régionales de comté, dont le
territoire est inclus, en tout ou en partie, dans le terrain faisant l'objet du
projet, qui le demande. Le comité doit être constitué majoritairement de
membres indépendants du locataire."»
Donc, ça répond à la
demande, et moi, ça... c'est ça, ça... Je pense que, d'un commun accord, là, ça
convenait aussi à la ministre.
Le Président (M.
Sainte-Croix) : D'autres commentaires, interventions sur l'amendement
de l'article 46?
Mme Blanchette
Vézina : La députée de Mille-Îles a très bien résumé les discussions,
donc je n'ai pas de commentaire supplémentaire.
Le Président (M.
Sainte-Croix) : Donc, je pourrais porter aux voix l'amendement?
Mme Blanchette
Vézina : Oui.
Mme Dufour :
Merci. Puis je vais faire par appel nominal, s'il vous plaît, M. le Président.
Le Président (M.
Sainte-Croix) : Oui. Mme la secrétaire.
La
Secrétaire : Oui, M. le Président. Pour, contre, abstention. Mme Dufour
(Mille-Îles)?
Mme Dufour : Pour.
La
Secrétaire : M. Fortin (Pontiac)?
M.
Fortin : Pour.
La
Secrétaire : Mme Blanchette Vézina (Rimouski)?
Mme Blanchette
Vézina : Pour.
La
Secrétaire : M. Bussière (Gatineau)?
M. Bussière :
Pour.
La
Secrétaire : Mme Bogemans (Iberville)?
Mme
Bogemans : Pour.
La
Secrétaire : M. Tremblay (Dubuc)?
M. Tremblay :
Pour.
La
Secrétaire : M. Lamothe (Ungava)?
M. Lamothe : Pour.
La
Secrétaire : M. Bouazzi (Maurice-Richard)?
M. Bouazzi : Pour.
La
Secrétaire : M. Sainte-Croix (Gaspé)?
Le
Président (M. Sainte-Croix) : Abstention. Donc, l'amendement à
l'article 46 est adopté. Article 47. Mme la ministre.
Des voix : ...
Le Président (M. Sainte-Croix) : 46.
Excusez-moi. Oui, retour à l'article 46. Pardonnez-moi. Mme la ministre.
• (14 h 10) •
Mme Blanchette
Vézina : Oui. En fait, je pense qu'on avait discuté, là, de plusieurs
éléments, là. Je n'ai pas de commentaire supplémentaire à ce stade-ci.
Le Président (M.
Sainte-Croix) : D'autres interventions? Allez-y, Mme la députée
des Mille-Îles.
Mme Dufour : Oui.
Merci. Juste une question, là. Je viens de le lire à... le dernier alinéa, là,
de l'article, là, «le comité est maintenu
jusqu'à l'exécution complète des travaux prévus par le plan de réaménagement et
de restauration». Donc, ça, ce
plan-là, c'est jusqu'à la toute, toute, toute fin, donc ça veut dire, ça va
bien au-delà du 20 ans, par exemple, là, qu'on parle. Ça fait qu'en
cours de route, ça peut changer, donc, le comité?
Mme Blanchette
Vézina : Oui.
Mme Dufour : Compte
tenu des... l'étendue, là, des délais que ça représente?
Mme Blanchette
Vézina : Oui.
Mme Dufour : Parfait.
Merci.
Le Président (M.
Sainte-Croix) : ...
M.
Fortin : Ça va, M. le Président.
Le Président (M.
Sainte-Croix) : Ça va. Donc, je porterais aux voix l'adoption de
l'article 46. Est-ce que l'article 46 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Sainte-Croix) : Merci. Article 47. Mme la ministre.
Mme Blanchette
Vézina : Merci, M. le Président.
47.
L'article 103 de cette loi est modifié :
1° par le
remplacement de «claims» par «droits exclusifs d'exploration»;
2°
par la suppression de «et les travaux à effectuer pendant l'année en cours sur
ce territoire ne sont pas réduits».
Alors, cet article
vise à corriger l'article 103 de la Loi sur les mines afin de retirer
l'obligation pour le titulaire d'un bail minier de réaliser des travaux
d'exploration sur le terrain qui faisait l'objet de droits exclusifs
d'exploration qui ont été convertis en baux miniers. En effet, la superficie
d'un droit exclusif d'exploration étant réduite
par la conclusion du bail minier visant le même terrain, les travaux
d'exploration sont nécessairement diminués.
Donc, des éléments...
c'est des éléments de précision ici, M. le Président. C'est une façon de faire
précision supplémentaire, façon de faire déjà en cours actuellement.
Le Président (M.
Sainte-Croix) : Connue. Commentaires, interventions?
M.
Fortin : ...habituelle. C'est juste que,
là, on vient l'inscrire dans la loi?
Mme Blanchette
Vézina : Exact.
M. Fortin : La
superficie d'un droit exclusif d'exploration étant réduite par la conclusion du
bail minier visant le même terrain, les travaux d'exploration sont
terminés?
Mme Blanchette
Vézina : Avec le consentement, j'aimerais donner la parole...
M.
Fortin : Oui. Sont diminués? Oui, juste pour...
Mme
Blanchette Vézina : Ah!
bien, je pense qu'il avait déjà eu le consentement, là, mais à
Me Tremblay-Parent.
M.
Tremblay-Parent (Gabriel) : Oui. Bien, en fait, c'est qu'on fait déjà une
application logique de cet article-là. C'est-à-dire, mettons, si la
moitié du droit exclusif d'exploration devient un bail, donc il reste l'autre
moitié, et, de façon logique, la moitié des travaux d'exploration devront être
exécutés sur la moitié restante, là. Donc...
M.
Fortin : La valeur, vous parlez de la
valeur des...
M.
Tremblay-Parent (Gabriel) : La valeur, exactement, là, de la valeur des travaux
qui sont prévus par règlement, là, qu'on avait vus en vertu de
l'article 72, donc, tu sais, pour ne pas avoir à faire, finalement, la
totalité des travaux sur la moitié seulement du droit exclusif d'exploration.
M. Fortin : OK. Ça, ça peut marcher si c'est du 50-50, là, dans
l'exemple que vous prenez. Mais, si, je ne sais
pas, moi, l'exploitation a lieu sur 98 % du terrain, du claim, il faut
vraiment faire des travaux d'exploration sur 2 % du... pour
2 % de la valeur?
M. Tremblay-Parent (Gabriel) : Oui.
Bien, en fait, c'est ce que l'article prévoit, là, mais il y a quand même des... tu sais, des ajustements, là, qui sont
prévus dans la loi, là. Si, mettons, il reste simplement une petite partie du
droit exclusif, là, il y a des pouvoirs qui sont prévus, là, pour
réajuster, là, en fonction des cellules qui sont établies, là, pour une
superficie habituelle.
M. Fortin : C'est quoi, une superficie habituelle?
M. Tremblay-Parent (Gabriel) : Il y
a une dimension, là, établie, là. Peut-être que les...
Mme Blanchette Vézina : Je céderais
la parole à Roch ou à Mme Giroux.
Mme Giroux (Hélène) : Donc, effectivement, le
bail minier a un maximum de 100 hectares. Et généralement les découvertes
ne se font pas toujours sur un claim, mais sur plusieurs claims. Et il arrive
que le claim... qu'un claim soit entièrement à l'intérieur du bail minier, donc
il est complètement évacué, et qu'il reste des parties de claims autour. Et on
vient chercher vraiment le pourcentage de superficie qui reste pour imposer des
travaux d'exploration. C'est une règle mathématique, là. Ce n'est pas
compliqué.
M.
Fortin : Mais c'est ça, c'est... Moi, ça, c'est mon claim,
là, puis il reste des petits coins de page, là, qui ne sont pas en
exploitation. Dans ce cas-là, il faut que je fasse le 1 %... il faut que
je fasse 4 % de travaux d'exploration?
Mme Giroux (Hélène) :
C'est possible. C'est possible.
M. Fortin : Puis les gens font ça? Les gens, ils...
Mme Giroux (Hélène) :
Oui. Tout à fait.
M. Fortin : ...ils s'acquittent de leurs... ils s'acquittent de...
Mme Giroux (Hélène) :
Ils s'acquittent de leurs obligations parce qu'ils veulent
conserver le droit exclusif à cet endroit-là. Donc, même cette bande de
terrain, qui pourrait être de 100 mètres, ils ne souhaitent pas... S'ils
ne la... S'ils ne remplissent pas les
obligations, ils vont le perdre. Et le risque est d'arriver avec un tiers, là,
qui prend ledit claim puis qui vient prendre... s'immiscer entre le bail
minier et les autres claims. Donc, ils ont tout avantage à continuer. Même si
leurs travaux sont de moindre importance, là, ils vont le faire.
M. Fortin : Mais... Puis pour...
Mme
Blanchette Vézina : ...dont on a parlé hier, là, qui permettrait, parce
que, là, il y a un bail, donc une exploitation, de regrouper des claims,
donc de...
M.
Fortin : Oui, oui. OK. Tu veux dire les... Vous voulez
dire, là, les petits bouts de terrain, là, à gauche, à droite, qui ne
sont pas en exploitation.
Mme Blanchette Vézina : Bien, on
pourrait aussi, vu que... étant donné qu'il y un bien d'exploitation, donc il y
aurait une possibilité, selon les nouvelles dispositions, de faire un
regroupement. Donc, ce serait inclus dans l'ensemble de ce regroupement, si
l'exploitant voulait... si le titulaire de droit souhaitait regrouper.
M.
Fortin : Oui. Puis, dans ce cas-là, honnêtement, il
pourrait aussi juste le payer en double, là, plutôt que faire les
travaux, là?
M. Morissette (Ian) : ...
Mme Blanchette Vézina : Oui.
M. Fortin : Si?
M.
Morissette (Ian) : Si ça a été fait sur d'autres claims, oui,
effectivement, il peut transférer puis les agglomérer, comme on disait hier.
Mme Blanchette
Vézina : Oui. Tout à fait. C'est vrai.
M.
Fortin : Oui. OK.
Le Président (M.
Sainte-Croix) : D'autres interventions?
M. Fortin : Mais,
dans le fond, là, je comprends que l'article, en tant que tel, c'est... ce
n'est pas tant un allègement. C'est peut-être un allègement législatif,
là, mais c'est juste refléter la réalité de ce qui se passe déjà.
Mme Blanchette
Vézina : Tout à fait.
M.
Fortin : OK. Je n'ai pas d'autre question,
M. le Président.
Le Président (M. Sainte-Croix) : D'autres
commentaires, interventions sur l'article 47? S'il n'y a pas d'autre intervention,
je serais prêt à mettre aux voix l'article 47. Est-ce que
l'article 47 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Sainte-Croix) : Merci. Article 48. Mme la ministre.
Mme Blanchette
Vézina : M. le Président, j'aimerais suspendre quelques secondes.
Le Président (M.
Sainte-Croix) : ...
(Suspension de la séance à
14 h 17)
(Reprise à 14 h 18)
Le Président (M.
Sainte-Croix) : Nous reprenons notre séance de travaux. Mme la
ministre.
Mme Blanchette
Vézina : Oui. On serait prêts à regarder l'article 48, M. le
Président.
Le Président (M.
Sainte-Croix) : Allons-y pour l'article 48. Mme la ministre.
Mme Blanchette
Vézina : Merci. Donc, l'article 104 de cette loi est
modifié :
1°
par l'insertion, à la fin du premier alinéa, de «, sauf pour un bail conclu
pour l'exploitation de résidus miniers, dont la durée, déterminée par le
ministre, est d'au plus 10 ans»;
2° par le
remplacement des paragraphes 2° et 2.1° du deuxième alinéa par les paragraphes
suivants :
«2°
ait présenté un rapport établissant qu'il a fait de l'exploitation minière
pendant au moins 2 ans au cours de sa période de validité, lorsqu'il a été
conclu pour l'exploitation de résidus miniers, ou au cours des
10 dernières années dans les autres cas;
«2.1° ait fourni au
ministre, pour l'exploitation des substances minérales déterminées par
règlement et selon les normes qui y sont prévues, une étude d'opportunité
économique et de mise en marché portant notamment sur l'intégration de l'exploitation dans une économie circulaire et sur la
transformation au Québec des substances minérales extraites;».
Donc, cet article
vise à modifier l'article 104 de la Loi sur les mines afin de prévoir que
la durée du bail pour l'exploitation de résidus miniers est déterminée par la
ministre des Ressources naturelles et des Forêts et qu'elle est d'au plus
10 ans.
Afin
qu'un tel bail puisse être renouvelé, son titulaire devra avoir fait de
l'exploitation minière durant au moins deux ans.
Également, à l'instar
de ce qui sera dorénavant exigé pour la conclusion d'un bail minier en vertu de
l'article 101 de la Loi sur les mines, remplacé par l'article 44 du
projet de loi, l'étude d'opportunité économique qui devra être fournie, le cas échéant, pour le renouvellement d'un bail
miner devra notamment porter sur l'intégration de l'exploitation dans
une économie circulaire et sur la transformation au Québec des substances
minérales extraites.
Donc,
à titre de précision, là, on veut vraiment encourager l'exploitation des
résidus miniers, là, en simplifiant le bail de 20 ans à 10 ans. Donc,
c'est vraiment une mesure, économie circulaire, de passer d'un site qu'on
appelle gris, donc, à restauré au vert, donc un site qui est... qui a
fait l'objet donc de restauration minière. Voilà.
• (14 h 20) •
Le Président (M.
Sainte-Croix) : Commentaires? Oui.
Mme
Blanchette Vézina : J'ai un amendement à présenter pour
l'article 48. Ah! il a été déposé, M. le Président.
Le Président (M.
Sainte-Croix) : Il est sur Greffier.
Mme Blanchette Vézina : Vous l'avez,
hein? Parfait. Il est à l'écran. Alors, on vient maintenant modifier l'article 104 de la Loi sur les mines :
Supprimer, dans le paragraphe 2.1° proposé par le paragraphe 2° de
l'article 48 du projet de loi, «mise en».
Alors, cet amendement
vise à corriger le nom de l'étude d'opportunité économique qui doit être
fournie. En effet, il s'agit davantage d'une étude de marché que d'une
étude de mise en marché. Donc, je pense qu'on avait eu la discussion hier à ce
sujet.
Le Président (M. Sainte-Croix) : Commentaires,
interventions?
M. Fortin : ...mémoire, M. le Président.
Le Président (M. Sainte-Croix) : Ça
va? Je suis... Je pourrais porter aux voix...
Mme Dufour : ...l'amendement.
M. Fortin : Sur l'amendement.
Le Président (M. Sainte-Croix) : ...l'amendement
de l'article 48?
Mme Dufour : OK. L'amendement, ça
va.
Le Président (M. Sainte-Croix) : Est-ce
que l'article... l'amendement de l'article 48 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Sainte-Croix) : Revenons
à l'article 48.
M. Fortin : ...sur l'article 48, juste sur l'explication de la
ministre, là, qui est... qui disait essentiellement, là, on veut passer
essentiellement d'un site gris à un site vert, juste comprendre ce qu'elle veut
dire par ça. Parce que la restauration ne veut pas nécessairement dire juste
l'utilisation des résidus miniers, là.
Mme Blanchette Vézina : En fait,
c'est simplement de...
M. Fortin : De plus gris à moins gris, et plus vert. C'est ça?
Mme Blanchette Vézina : Exact.
M. Fortin : OK.
Mme Blanchette Vézina : L'objectif
étant de créer de la valeur avec des résidus, là. Donc, une expression qui est
dans notre jargon, là, mais qui vient permettre de passer donc d'un site à
restaurer puis une... la valeur avec ce site à restaurer.
M. Fortin : C'est ça. C'est ça. Mais le site demeure quand même à
restaurer, là, même si on a utilisé une bonne partie des résidus.
Mme Blanchette Vézina : Tout à fait,
tout à fait.
M.
Fortin : OK. Allons-y pour le début, là. Hier, c'est vrai,
on a eu la discussion, là, sur : le bail minier dure 20 ans,
le bail, comment on a appelé ça, là... le bail conclu pour l'exploitation des
résidus miniers peut durer 10 ans. Là, ici, je comprends que c'est d'au plus 10 ans puis c'est déterminé par la
ministre. Alors, ça pourrait être moins, essentiellement. Ça ne peut pas
être plus que 10 ans. D'accord. Ça, on a... on s'est collectivement dit
pourquoi hier et on est d'accord avec l'explication qui a été donnée, à savoir
que d'autres joueurs pourraient revenir reprendre un site abandonné. Mais pourquoi vous vous donnez la latitude d'avoir
potentiellement moins que 10 ans? Et là, en partant, là. J'imagine
que c'est au moment de la délivrance du bail pour l'exploitation de résidus
miniers, là?
Mme
Blanchette Vézina : C'est la même chose que pour le bail minier, là.
Bien, minier, c'est un maximum de 20 ans.
M. Fortin : Oui.
Mme Blanchette Vézina : Donc, c'est
le même principe, maximum de 10 ans.
M.
Fortin : OK. Mais la seule... La raison
pourquoi je vous pose la question, c'est parce que, dans le point 2°, là,
que vous introduisez... le paragraphe 2°, si je ne m'abuse, que vous
introduisez, vous venez dire et vous avez... que l'exploitant a «présenté un
rapport établissant qu'il a fait de l'exploitation minière pendant au moins 2
ans [pendant] la période de validité». Donc,
en théorie, en théorie, là, vous pourriez émettre un bail d'une durée de deux
ans avec une durée minimale de travaux de deux ans. Donc, il faudrait
qu'il fasse des travaux pendant les jours où il y a le bail. Parce que la
formule du bail minier est différente. La formule du bail minier...
Mme Blanchette Vézina : Je vais
faire une vérification avant de vous répondre, là. Ce n'est pas l'intention,
bien sûr, là.
M. Fortin : OK. Non, je sais, mais je veux juste, peut-être avant la
vérification, là... peut-être juste encadrer notre propos.
Mme Blanchette Vézina : Bien, c'est
quoi, votre question? Oui.
M. Fortin : Oui, c'est ça, c'est... Tu sais, dans le bail minier, là,
vous dites essentiellement : Bien, il faut qu'il ait fait des travaux dans
les dernières années ou dans les... oui, dans les 10 dernières années du
bail de 20 ans. Moi, je vous soumettrais que, tu sais, c'est un peu le
même principe, là. Quelqu'un qui a fait des travaux pendant deux ans, sur un
bail de 10 ans, puis qui n'en a pas fait pendant huit ans, bien, peut-être
que c'est la même chose que le bail minier, là. Est-ce que ce ne serait pas plus
judicieux de dire : OK, bien, laissons-le à d'autres, rendus là? Ou
encore, tu sais, le renouvellement ne devrait pas se faire de façon
automatique, là? Je pense, le principe qui est dans le bail minier n'est pas
mauvais pour le nouveau bail.
Mme Blanchette Vézina : Oui. On va
suspendre, avec votre...
Le Président (M. Sainte-Croix) : Suspension,
s'il vous plaît. Merci.
(Suspension de la séance à 14 h 25)
(Reprise à 14 h 32)
Le Président (M. Sainte-Croix) : Nous
sommes de retour avec la reprise de nos travaux. Nous étions à
l'article 48 tel qu'amendé. Mme la ministre.
Mme Blanchette Vézina : Oui. Merci.
On a fait certaines vérifications, réflexions, là, sur... C'est un nouveau
mécanisme, hein? Donc, on est en train de construire le mécanisme, on voulait
s'assurer que c'était... le mécanisme était efficace. Donc, pour l'instant...
En fait, le deux ans conviendrait, là. Puis ce qu'on a réfléchi et ce qui, je
crois, sera le cas lorsqu'il y a un risque que, 10 ans, ce soit trop long,
c'est qu'on va réduire la durée du bail, puisque la disposition permet, là, que
ce soit donc d'un maximum de 10 ans, là, ce qui fait que... d'au plus
10 ans, donc, ce qui fait qu'on pourrait réduire, si jamais il y avait une
possibilité que le projet ou que l'exploitation ne soit pas rentable, là, donc,
s'il y avait un certain risque, pour s'assurer que le territoire ne soit pas...
ne fasse pas l'objet d'exploitation pendant, par exemple, huit ans, si la
durée était de 10 ans. Voilà.
Le Président (M. Sainte-Croix) : Commentaires?
M. Fortin : Oui. Puis...
Le Président (M. Sainte-Croix) : M.
le député.
M. Fortin : Merci, M. le Président. Je... Bon, j'apprécie que la
ministre fasse la réflexion avec son équipe, et je n'ai pas l'intention de
présenter d'amendement, là, je voulais... je veux vraiment juste qu'on ait une
réflexion collective sur la chose. Et là, la ministre nous dit : Oui, OK,
vous avez un point, mais, s'il y a un risque, on peut toujours réduire la durée
à cinq ans. Mais, tu sais, j'ai entendu, là, pendant la pause, certains
des arguments sur la fluctuation des prix, entre autres, qui fait en sorte que quelqu'un
peut commencer un projet. Donc, l'enjeu, c'est que vous ne le savez pas tant au
début, au moment où vous émettez le permis de cinq, huit, 10 ans, là, vous
ne le savez pas tant, il est où, le niveau de risque puis de viabilité, puis
tout ça.
L'autre chose, c'est que j'entends de la bonne
volonté de la ministre actuelle, celui qui passera après, je n'ai aucune idée,
là. Je n'ai aucune idée, s'il va avoir la même réflexion pour dire : Oui,
cinq ans, je pense que c'est une bonne affaire puis c'est vers là qu'on va
aller, là. Ce n'est pas ça qui est entre les... qui est entre nos mains puis
qui est dans le document devant nous.
Donc, moi, je maintiens ma crainte parce que je
pense que ce qu'on veut ici, c'est favoriser l'économie circulaire, c'est faire
en sorte qu'il y en ait davantage, des mines où il y a des résidus miniers qui
peuvent être utilisés, transformés, qui sont mis en valeur. Alors, j'ai une
crainte qu'on émette un permis de 10 ans, qu'il y ait des travaux qui soient faits
dans les deux premières années, qu'il n'y ait rien qui soit fait pendant
huit ans, puis que ce soit automatiquement renouvelé. Moi, huit ans pour
des résidus miniers, là, je ne parle pas pour un bail minier d'exploitation traditionnelle,
là, pour des résidus miniers, ça m'apparaît très long quand on veut favoriser
l'économie circulaire.
Le Président
(M. Sainte-Croix) : D'autres commentaires? Mme la ministre.
Mme Blanchette
Vézina : Bien, quant à la durée, je... tu sais, je... comme on... je
vous l'ai mentionné, c'est une nouvelle disposition. Tu sais, je pense que le
ministère va faire preuve de flexibilité ou de nuance. Puis je suis convaincue
qu'on aura des projets qui vont réussir à faire plus que deux ans.
M. Fortin : ...il va y en avoir. Il va y en avoir.
Mme Blanchette Vézina : C'est
ce qu'on souhaiterait, là, donc. Mais, effectivement, il y a des conditions de
marché. Mais je pense que les
messages... le message qu'on porte aujourd'hui, c'est de dire : Bien,
soyons prudents avec la durée.
M. Fortin : Dans le fond, ce que j'entends de la ministre, c'est :
le jour où elle, elle ne sera plus là puis le jour
où moi, je ne serai plus là pour m'assurer qu'elle tienne parole sur ce qu'elle
dit, M. Morissette va encore être là, puis M. Gauvreau va
encore être là, puis ils vont s'assurer que c'est...
Mme Blanchette
Vézina : Il y aura les commentaires de la ministre en... pendant
l'étude.
M. Fortin : Il
y aura encore l'aura de la ministre précédente qui va être là puis qui va
dire : Non, non, c'est ça qu'on voulait faire? Si on met notre confiance
en...
Mme Blanchette Vézina : À
ce moment-là, on aura probablement des beaux projets qui vont avoir vu le jour
puis vont demander 20 ans, puis il va falloir amender la loi pour plus
longtemps.
M. Fortin : C'est beaucoup de... Bien, ils n'en auront pas besoin s'il y a un
renouvellement automatique, là, hein? Mais...
Mme Blanchette
Vézina : Effectivement.
M. Fortin : Mais ce n'est pas traditionnel, ce n'est pas normal.
Comptez-vous choyé, M. Morissette, qu'on... que les parlementaires placent
leur confiance en vous dans cet article.
Mme Blanchette
Vézina : La pression est grande.
Le Président (M. Sainte-Croix) : Y
a-t-il d'autres interventions sur l'article 48 amendé? Allez-y, Mme la députée
de Mille-Îles.
Mme Dufour :
Merci, M. le Président. Donc, ma question ne concerne pas la portion qui
est amendée, mais la portion qui reste. On dit : «Le ministre le
renouvelle — là,
on parle du bail, là — sur
simple avis pour une période de 10 ans, au plus trois fois...» Et là,
je me demandais, tu sais, on est... je me demandais pourquoi on limitait à au
plus trois fois, premièrement, là, et... surtout qu'on entend parler que
certaines mines, bon, ça peut être plus long. Mais je pensais particulièrement
aux résidus miniers, où là, ce que je me demandais, c'est que, si... Par
exemple, tout à l'heure, on parlait... plus tôt ce matin, on parlait du fait
qu'on pourrait avoir un bail pour une mine et en même temps un bail pour
exploiter les résidus miniers de cette mine-là. Si cette mine-là, si la mine en
question est en fonction pendant... pendant
plusieurs années, mettons, là, ça pourrait aller jusqu'à 50 ans, de ce que
je comprends, le bail, bien là, les résidus miniers... le bail pour les
résidus miniers, lui, serait limité à 30 ans ou 40. Oui, c'est ça, 40.
Donc, je me demandais juste, c'est ça, si...
c'était pourquoi qu'on le limitait à trois... au plus trois fois puis est-ce
qu'il y aurait un décalage, là, finalement, entre...
Mme Blanchette
Vézina : On va suspendre.
Mme Dufour :
OK. Merci.
Le Président
(M. Sainte-Croix) : Je demande une suspension, s'il vous plaît.
(Suspension de la séance à
14 h 39)
(Reprise à 14 h 43)
Le Président (M. Sainte-Croix) : Nous
sommes de retour. Nous reprenons nos travaux. Nous étions à l'article 48
amendé. Mme la ministre.
Mme Blanchette Vézina : Oui.
La question était : Pourquoi au plus trois fois, là? Donc, je vais céder
la parole à maître... pardon, à Mme Giroux, là, qui va pouvoir
expliquer le trois fois.
Le Président
(M. Sainte-Croix) : Mme Giroux, la parole est à vous.
Mme Giroux
(Hélène) :
Alors, c'est la règle
habituelle. Comme vous voyez, dans le cas des baux miniers, c'est 20 ans, trois renouvellements possibles
de 10 ans, et ensuite on prolonge après, on peut prolonger après le
troisième renouvellement pour des périodes de cinq ans.
Dans le cas des
résidus miniers, on retrouve la même séquence, sauf que la période est plus
courte. Donc, le bail pour résidus miniers serait... pourrait être accordé pour
un maximum de 10 ans, renouvelable trois fois. Et, après cette période de renouvellement trois fois, on
tombe à la même... le même principe, c'est-à-dire qu'on vient renouveler,
on vient prolonger pour des périodes de cinq ans le bail de résidus
miniers. Évidemment, le territoire et la substance est connu de celui qui va le demander, contrairement à un bail minier,
où il va... vraiment, va développer son projet minier.
Donc, il n'est pas
nécessaire, là, d'aller beaucoup plus loin dans le cas des prolongations.
Le Président
(M. Sainte-Croix) : Merci, Mme Giroux. Y a-t-il d'autres
interventions sur l'article 48?
Mme Blanchette
Vézina : ...
Le Président
(M. Sainte-Croix) : Oui, Mme la ministre.
Mme Blanchette Vézina : L'objectif
étant de s'assurer qu'il y a une fin, éventuellement, là, à l'exploitation puis
qu'il y ait une restauration aussi, là, qu'on... oui.
Mme Dufour :
Oui, mais je...
Le Président
(M. Sainte-Croix) : Mme la députée des Mille-Îles.
Mme Dufour : C'est ça, le... Parce que
je vous avoue que je n'ai pas compris le pourquoi au plus trois ans, là.
On m'a expliqué le mécanisme, mais...
Mme Blanchette
Vézina : Trois fois, vous voulez dire.
Mme Dufour :
Pourquoi au plus trois fois. Voilà. Tu sais...
Mme Blanchette
Vézina : Bien, c'est que c'est déjà le même principe, là, donc, pour
ce qui est des baux. Puis, en fait, comme je
vous le disais, il faut qu'éventuellement... Au moment où il y a
l'exploitation, le bail, on connaît la
quantité de résidus, là, parce qu'on est dans le résidu, la valeur, donc, tu
sais, il y a clairement une fin qui va arriver. L'objectif, c'est qu'on
arrive à une fin, éventuellement, pour que la restauration se fasse du site.
Mme Dufour :
Bien là, j'aurais cru penser que l'objectif d'exploiter une mine était de
l'exploiter d'abord et avant tout...
Mme Blanchette
Vézina : Tout à fait.
Mme Dufour :
...pas qu'il y ait une fin avant tout, là. Donc, je vous avoue que je ne
suis pas sûre que je sois rassurée par...
Mme Blanchette
Vézina : Non, mais il y a une fin aux minéraux à exploiter, là, on le
sait.
Mme Dufour :
Oui, mais si on n'est pas... si on n'est pas rendus à la fin, tu sais, s'il
reste des minéraux et qu'ils sont toujours exploitables...
Mme Blanchette
Vézina : Il y aura un renouvellement.
Mme Dufour :
Mais ça amène une... moins de prévisibilité parce que c'est : Le
ministre peut prolonger, mais il n'y a pas d'obligation de le prolonger. Donc,
je le soulève, là.
Mme Blanchette
Vézina : Bien, il n'y a pas eu de commentaire de la part de
l'industrie par rapport à cette mécanique.
Mme Dufour : Il n'y en a peut-être pas
eu cette fois-ci, mais, à l'époque... Puis je ne sais pas de quand ça date. C'est
pour ça que je posais la question, le pourquoi au plus trois fois?
Mme Blanchette Vézina : On s'en
tient au même mécanisme que pour le bail.
Mme Dufour : Merci.
Le Président (M. Sainte-Croix) : D'autres
interventions, article 48 amendé? M. le député de Maurice-Richard, la parole est à vous.
M. Bouazzi :
Merci, M. le Président. Mme la ministre, l'idée... S'il y a des très bonnes
raisons de ne pas renouveler... Imaginons, là... Imaginons qu'on est en 2024,
que la moitié des spécimens de la planète sont déjà disparus et que les scientifiques
nous disent que ça va aller très, très, très mal bientôt. Est-ce que vous ne
voudriez pas vous doter d'un pouvoir
discrétionnaire qui vous permet de dire : Avec toutes les nouvelles
informations qu'on a, on voudrait, pour des raisons d'intérêt public ou
pour des questions d'ententes dans le cadre de réconciliations avec les
Premières Nations, de vous doter d'un pouvoir discrétionnaire qui dit :
Bien, là, non, on ne le renouvelle pas?
Le Président
(M. Sainte-Croix) : Mme la ministre.
Mme Blanchette
Vézina : Bien, je pense qu'on avait déjà eu la discussion. Je ne me
souviens pas si c'était votre collègue de Verdun qui était là ou si c'était
vous. Mais, bon, on a des droits qui sont accordés, un régime qui permet, par
la Loi sur les mines, la mise en valeur des ressources naturelles. Il y a un
autre mécanisme et d'autres mécanismes qui existent avec la Loi sur la
conservation du patrimoine naturel. Là, je pense qu'il y a une autre loi
également, là, avec certaines...
Une voix : ...
Mme Blanchette
Vézina : Espèces menacées et vulnérables. Donc, le rôle de la
ministre, c'est de mettre en place un régime qui permet de mettre en valeur ou
d'avoir des mécanismes qui permettent certaines améliorations, accommodements,
tout en gardant un environnement d'affaires qui permet de continuer d'en faire,
de l'exploitation minière. Si on était
rendus à un point... puis c'est très théorique, là, mais il y a d'autres
mécanismes dans d'autres lois qui permettraient de...
M. Bouazzi :
Bien, ce que j'ai décrit, ce n'est pas théorique, c'est ce qu'on vit
actuellement. C'est que la moitié des espèces planétaires ont disparu. C'est
zéro théorique. Mais, juste pour comprendre, vous faisiez allusion... Est-ce
que je peux comprendre le mécanisme... des mécanismes, dont vous avez parlé
sur...
Mme Blanchette Vézina : Bien,
c'étaient les articles... là, je pense qu'on peut vous les renommer.
Me Tremblay-Parent.
Le Président
(M. Sainte-Croix) : Allez-y, Me Tremblay-Parent.
M. Tremblay-Parent
(Gabriel) : Bien, on avait notamment donné en exemple, là,
l'article 8 de la Loi sur la conservation
du patrimoine naturel, là, qui permet d'exproprier, donc, tu sais, de prendre
possession d'un... de tout bien, là. Puis on avait donné l'exemple, là,
d'un décret, là, d'ailleurs, d'expropriation où on faisait l'expropriation de
droits exclusifs d'exploration. Ça pourrait
viser également, là, un bail minier, si jamais, là, on voulait soustraire à
l'exploitation, là, un territoire, là, notamment pour sa conservation ou la
conservation d'espèces.
M. Bouazzi :
OK. Et, dans le cas des relations avec les Premières Nations, est-ce qu'on
peut imaginer que ce genre de mécanisme existe d'une autre manière? Si on
arrive à la conclusion que, pour le bien de nos relations, étant donné l'histoire coloniale qu'est la nôtre, on ne
voudrait juste pas renouveler un bail? Et puis vous n'êtes pas obligé de
l'utiliser, votre pouvoir discrétionnaire.
Je comprends que vous dites que... Moi, je veux... L'idée, c'est pourquoi juste
même se priver d'un tel pouvoir, Mme la ministre?
Le Président
(M. Sainte-Croix) : Mme la ministre.
• (14 h 50) •
Mme Blanchette
Vézina : Parce qu'on est dans une société de droit puis dans... Il y a
une... Il y a des mécanismes d'expropriation de droits qui sont mis en place
puis qui doivent être exercés de manière exceptionnelle. À chaque fois qu'on
crée un pouvoir discrétionnaire, ça amène de l'incertitude, un manque de
prévisibilité. Nous, on veut trouver cet
équilibre-là. Dans le projet de loi, il y a plusieurs dispositions qui
permettent d'avoir un équilibre pour mieux concilier les usages,
notamment la préservation de l'environnement. Donc, je ne vois pas l'intérêt
d'ajouter d'autres dispositions.
M. Bouazzi :
Mais là, l'idée de dire : Pour des raisons d'intérêt public, on peut
bien, pour des raisons d'intérêt public, ça reste dans la loi, je vous rappelle
quand même que vous êtes dans un gouvernement qui a décidé d'enlever des droits à des citoyens pour pouvoir
travailler parce que c'était important pour vous. On peut bien imaginer
que, pour des questions d'intérêt public, dans une société de droit
démocratique, vous auriez un droit pour dire : On ne renouvelle pas un
bail. Non? Je veux dire le droit, il marche... il est à géométrie...
Mme Blanchette Vézina : Écoutez, là, je vous
suis... Je m'excuse, mais je... On peut... Est-ce qu'on peut revenir à
l'article 48, qui amende l'article 104?
Le Président (M. Sainte-Croix) : Revenons
à l'article 48 amendé.
M. Bouazzi : Je vous propose, à
ce moment-là, de déposer l'amendement qu'on a envoyé, comme ça...
Le Président (M. Sainte-Croix) : Nous
allons attendre l'amendement, M. le député.
Mme Blanchette Vézina : Merci.
Des voix : ...
M. Bouazzi : Donc, l'idée ici,
c'est de rajouter...
Le Président (M. Sainte-Croix) : Allez-y,
M. le député.
M. Bouazzi : Ici, c'est de
rajouter. À l'article 104 de la Loi sur les mines, modifié par
l'article 33 du projet de loi, ajouter, avant-dernier alinéa, le
suivant :
«Malgré ce qui précède, le ou la ministre a le
pouvoir de refuser le renouvellement d'un bail minier pour des raisons d'intérêt public ou si une entente conclue
avec des communautés autochtones soustrait un territoire à une telle activité
minière.»
Donc, ici, je veux dire, on peut imaginer que
vous ayez un pouvoir discrétionnaire, parce que l'État pense que, pour des
questions d'intérêt public, ce n'est pas une bonne idée, et puis il y a, dans
une société de droit libre et démocratique, des mécanismes où on peut aller
dire : Bien non, l'intérêt public, ce n'est pas d'actionner ce droit?
Le Président (M. Sainte-Croix) : Mme
la ministre.
Mme Blanchette Vézina : Bien,
écoutez, je vous ai mentionné que, déjà, de certains pouvoirs discrétionnaires
qui sont requis, on essaie d'éviter le plus possible, mais il y a des accords
de commerce qu'on doit respecter. Si on
acceptait un amendement comme celui-ci, ce serait... ça aurait des impacts très
négatifs sur l'environnement d'affaires. Donc, mon avis, c'est qu'on...
nous n'avons pas besoin de cet amendement, ce pouvoir supplémentaire.
Le Président (M. Sainte-Croix) : D'autres
interventions?
M. Bouazzi : Sur les
questions...
Le Président (M. Sainte-Croix) : M.
le ministre... M. le député, pardon. Allez-y.
M. Bouazzi : Un jour, un jour.
Sur les questions des ententes conclues avec les communautés autochtones, c'est
quoi, le genre de pouvoir que vous avez, Mme la ministre, pour soustraire des
territoires aux activités minières, une fois qu'il y a des ententes...
Mme Blanchette Vézina : L'article 2
du projet du projet de loi.
M. Bouazzi : Et ça, ça vous
permet de diriger une entente... avec des communautés, donc je ne renouvelle
pas le bail?
Mme Blanchette Vézina : Non.
M. Bouazzi : Donc, ça ne vous
le permet pas. Donc, est-ce qu'il y a moyen... Donc... Parce que vous comprenez
quand même qu'on a une histoire quand même douloureuse avec les Premières
Nations. Si vous en arrivez à la conclusion, avec des ententes conclues avec
des communautés autochtones, qu'il faut soustraire un territoire de toute
activité minière, vous dites : Pour le bien de mon activité économique et
minière, je ne veux même pas avoir le pouvoir de pouvoir dire non, là... là,
non. C'est ça que vous dites?
Mme Blanchette Vézina : Bien,
en fait, il y a des mécanismes qui existent déjà dans la loi. On va s'en tenir
à ce qui est déjà là. Il y aurait notamment un BAPE aussi avant l'émission d'un
bail. Écoutez, il y a des... plusieurs...
M. Bouazzi : Là, on parle du
renouvellement, là.
Mme Blanchette Vézina : Mais
j'aimerais juste terminer. Vous m'avez posé une question, je pense?
M. Bouazzi : Oui. Oui.
Le Président
(M. Sainte-Croix) : ...s'il vous plaît.
Mme Blanchette Vézina : Merci.
Donc, il y a plusieurs dispositions dans le projet de loi qui viennent aider à
la conciliation des usages, notamment avec les usages avec les Premières
Nations, et, dans nombre de mémoires, il est noté les avancées importantes.
Donc, pour nous, c'est suffisant.
M. Bouazzi : Là, si je ne me
trompe pas, on est en train de parler du renouvellement. Ce n'est pas à ça que
vous avez fait allusion. Pas de BAPE pour le renouvellement, on est d'accord?
Mme Blanchette Vézina : Non.
M. Bouazzi : OK. Donc, si vous
voulez bien...
Mme Blanchette Vézina : Pour le
bail, avant le bail, là.
M. Bouazzi : Exact. Mais, une
fois qu'il y a eu un bail, il est là depuis longtemps, il est renouvelé,
renouvelé, renouvelé, et on se retrouve à avoir conclu des accords avec des
communautés autochtones qui soustraient un territoire à toute activité minière,
vous dites : Moi, je ne veux pas avoir le pouvoir de ne pas le renouveler.
C'est ça que vous dites?
Mme Blanchette Vézina : Ce que
je vous dis, c'est : Il y a des mesures dans la loi qui permettent de
faire des meilleures conciliations. C'est ce qu'on va faire. On a des
obligations de consultation qu'on va respecter, qui sont respectées. Donc, pour
nous, ce n'est pas... c'est suffisant déjà. On ne voit pas la nécessité
d'ajouter ce pouvoir.
Le Président (M. Sainte-Croix) : D'autres
interventions, commentaires?
M. Bouazzi : Bien, je...
Le Président (M. Sainte-Croix) : Oui,
M. le député.
M. Bouazzi : Oui. Je voudrais
juste avoir une réponse vraiment claire, Mme la ministre, si possible. Donc, ce
qu'on dit, c'est que, s'il y a un bail qui est renouvelé et que, tout d'un
coup, il y a un accord avec des communautés autochtones qui soustraient un
territoire, vous n'avez pas le pouvoir de pouvoir dire : Non, je ne le
renouvelle pas dans la loi actuelle. Est-ce que, oui ou non, cette affirmation
est vraie?
Le Président (M. Sainte-Croix) : Mme
la ministre.
Mme Blanchette Vézina : Là, je
peux faire la vérification de savoir comment... quels sont les mécanismes. Et
on a parlé, à de nombreuses reprises, qu'il y avait des mécanismes pour
permettre d'aider à la conciliation des usages,
les ententes de 2.4, donc de... bien, de l'article 2, mais de 2.4 qu'on
introduit, mais il y en a d'autres également. Je ne vois pas la nécessité.
M. Bouazzi : Ce n'est pas ça,
ma question, Mme la ministre. Si vous voulez bien, vous pourrez me dire : Non, je n'ai pas ce pouvoir-là, là. Mais, je veux
dire, vous ne pouvez pas me dire : Je n'ai aucune idée des pouvoirs que j'ai.
L'idée ici...
Mme Blanchette Vézina : Ce
n'est pas ce que je vous ai dit.
M. Bouazzi : Oui.
L'idée... Donc, la réponse, c'est : Non, je n'ai pas ce pouvoir-là, ou
oui, j'ai... Parce que vous me dites : J'ai d'autres pouvoirs.
Mme Blanchette
Vézina : Oui, je peux faire... On va en faire la
vérification. Comme je dis, il y en a plusieurs. On pourrait demander un avis
légal qui va prendre quelque temps. Moi, ce que je vous dis, c'est : Il y
a plusieurs mécanismes dans la loi qui permettent d'améliorer l'environnement
avec les communautés, d'améliorer la conciliation d'usages avec les communautés,
donc, d'ajouter ce type de pouvoirs, ce n'est pas nécessaire.
Le Président (M. Sainte-Croix) : Est-ce
que vous voulez suspendre?
Mme Blanchette Vézina : Non.
Le Président (M. Sainte-Croix) : Non.
Nous continuons.
M. Bouazzi : Est-ce
que... À ce moment-là, est-ce que vous pouvez nous décrire le genre de pouvoirs
auquel vous avez droit dans ce projet de loi par rapport à ce genre
d'accords avec les Premières Nations? Parce que j'essaie d'être convaincu, honnêtement,
Mme la ministre, par ce que vous dites, et je n'arrive pas à comprendre, en
fait, concrètement, de quoi vous parlez quand on parle... Moi, je vous
propose quelque chose de très, très concret.
Mme Blanchette
Vézina : ...que ça va trop loin dans le considérant que ça mènerait à
des conséquences importantes, ça amènerait un environnement d'affaires qui
ferait l'équivalent de ne pas pouvoir faire vraiment d'exploration... d'exploitation minière, pardon, donc on ne voit pas
l'intérêt. Donc, il y a d'autres mesures, puis on est très
sensibles, et d'ailleurs les communautés l'ont noté dans les mémoires, très
sensibles à améliorer la relation. Et il y a
des bonnes mesures, dans le projet de loi, notées par les Premières Nations qui
vont permettre d'améliorer la relation également.
M. Bouazzi :
Vous comprenez, Mme la ministre, qu'il y a eu de très, très, très bonnes
affaires qui ont été faites en démolissant des environnements au détriment des
Premières Nations dans l'histoire de ces territoires. Ça fait que je comprends
l'argument de dire : Il faut qu'on ait un climat pour faire des bonnes
affaires. Nous, ici, ce qu'on dit, c'est... On ne vous dit pas : Utilisez
un pouvoir discrétionnaire à chaque fois, tout le temps, là. On vous dit : Il y a probablement des moments où vous
allez avoir des accords avec des Premières Nations qui vont soustraire des territoires à des activités minières, donnez-vous
au moins le pouvoir de pouvoir le faire dans une réflexion de réconciliation.
Je comprends que
votre gouvernement ne reconnaît le racisme systémique envers les Premières
Nations, mais il faudrait que nos institutions, quand même, et nos lois
puissent permettre un minimum de réconciliation sans en arriver à... Ce n'est
pas un excès de se dire : Bien oui, on a un deal avec les Premières
Nations, on veut extraire des territoires et on va se donner le droit de ne pas
renouveler des baux, là. Non?
Le Président
(M. Sainte-Croix) : Mme la ministre.
Mme Blanchette
Vézina : Je pense avoir tout dit, M. le Président.
Le Président (M. Sainte-Croix) : Donc,
on comprend qu'on a vidé la question de l'amendement de l'article 48?
M. Bouazzi :
Bien...
Mme Blanchette
Vézina : De mon côté...
M. Bouazzi :
Oui. Je suis quand même... Est-ce que vous pouvez donc me décrire... Parce
qu'à date, moi, ma question était claire, mais à date, vous avez dit : Il
y a d'autres mécanismes qui peuvent permettre de faire ça. Est-ce que vous
pouvez me donner des exemples concrets de qu'est-ce que ça permet exactement?
Le Président (M. Sainte-Croix) :
Vous recevez la demande ou...
Mme Blanchette
Vézina : Bien, écoutez, je peux vous nommer 101.0.1, je vous ai nommé
l'article 276 du projet de loi plus tard. Je pense qu'on a fait le tour de
la question, là, M. le Président.
M. Bouazzi :
Et il vous permet de faire quoi par rapport à... pour...
Mme Blanchette Vézina : Je
vous invite à lire le projet de loi, ou lire la loi si vous souhaitez savoir
les pouvoirs.
M. Bouazzi :
Mais...
Le Président (M. Sainte-Croix) :
Je nous propose de passer au vote.
M. Fortin : ...
Le Président
(M. Sainte-Croix) : Allez-y, M. le député de Pontiac.
Excusez-moi.
M. Fortin : Moi, je suis en désaccord profond avec ce que le député Maurice-Richard amène à la table, mais il a quand même le droit
d'avoir une discussion complète sur ce qu'il propose. Il y a un temps de parole
qui est limité à son amendement, là, il ne peut pas en parler éternellement,
mais je suggère, pour la bonne gouverne de nos travaux... je pense que c'est
utile qu'il y ait une vraie discussion de fond sur cet enjeu-là, avec lequel je
ne suis pas d'accord. Je suis... Je me rallie à l'argument de la ministre, mais
je pense, M. le Président, en toute honnêteté et sincérité, que votre
travail, ce n'est pas de nous demander de passer au vote, votre travail, c'est
d'assurer de bons débats dans cette chose-là.
• (15 heures) •
Le Président (M. Sainte-Croix) : Je
comprends, M. le député. D'autres interventions sur l'article 48 amendé?
M. Bouazzi :
...vous voulez dire, de l'article.
Le Président (M. Sainte-Croix) : Oui.
M. Bouazzi : Oui,
parce qu'il n'est pas encore amendé. J'aimerais bien, M. le Président, mais il
n'est pas encore amendé. Bien, écoutez, on... Je trouve un peu dommage,
honnêtement, Mme la ministre, que vous ne soyez pas capable de me répondre sur
qu'est-ce qui... est-ce que vous êtes capable ou pas de répondre à une telle...
Parce qu'il y a des communautés, là, je
comprends qu'il y a un mémoire des communautés cries qui vous demandent
justement ce genre d'introduction dans votre projet de loi. L'idée de se
dire : Si j'ai un deal avec les Premières Nations qui soustrait des
territoires à une activité minière, je ne veux surtout pas avoir le droit de
pouvoir ne pas renouveler un bail, ça me
dépasse un peu. Et je comprends que le Parti
libéral n'a pas de problème avec le
fait qu'on fasse des trous sur des territoires malgré des accords avec
les Premières Nations pour ne pas le faire, là, mais c'est, encore une fois,
assez dommage d'un point de vue... juste du rapport de l'état et des lois par
rapport aux communautés qui ont été colonisées sur ce territoire.
Le Président (M. Sainte-Croix) : Mme
la ministre.
Mme Blanchette Vézina : Bien
loin de moi l'idée de parler au nom des Premières Nations, mais la plupart et, en fait, 100 % de celles que j'ai
visitées nommaient qu'elles souhaitaient continuer de faire des affaires,
d'être partenaires. J'étais avec
Pita... j'étais avec Pita Aatami du Nunavik
la semaine dernière, qui me
disait : On est intéressés à faire des affaires et on souhaite avoir des
activités économiques, minières, particulièrement en partenariat. Donc, je me
questionne sur les interventions que vous faites, parce que ce n'est pas
le message qu'on m'envoie sur le terrain de la part des Premières Nations et ce
n'est pas ce que j'ai lu des mémoires. Est-ce qu'il y a des choses à ajouter?
Il y a toujours des choses qui pourraient
être ajoutées. Puis je suis très ouverte puis je pense avoir démontré... En
tout cas, ma volonté, c'est qu'on travaille ensemble à un projet de loi
qui va être dans le meilleur intérêt de l'ensemble des Québécois, qui va améliorer
les relations avec les communautés, mais avec les Premières Nations également.
Je pense, c'est ce qu'il y a dans le projet de loi.
Quant à votre question sur les pouvoirs de
refuser un renouvellement d'un bail, là, je vais faire la vérification pour vous
répondre correctement. Ça fait qu'on peut suspendre. Je vous reviendrai avec la
réponse.
Le Président (M. Sainte-Croix) : Suspension?
Suspension, s'il vous plaît.
(Suspension de la séance à 15 h 03)
(Reprise à 15 h 06)
Le Président (M. Sainte-Croix) : Nous
reprenons notre séance de consultation détaillée. Alors, nous étions sur
l'amendement du député de Maurice-Richard. Y a-t-il
d'autres interventions sur l'amendement du député de Maurice-Richard?
Mme Blanchette Vézina : Oui.
Le Président (M. Sainte-Croix) : Allez-y,
Mme la ministre.
Mme Blanchette Vézina : Merci, M. le
Président. Donc, en réponse à la question : Est-ce qu'il y a des droits dans la Loi sur les mines? Le pouvoir de
non-renouvellement n'est pas présent. Et l'explication que je vous donnais tout
à l'heure, c'est qu'il y a des règles dans notre société, notamment en matière
de commerce, possibilité d'expropriation selon différentes dispositions qu'on vous a nommées pour des objectifs
qui sont louables, mais qui sont dans d'autres lois que celles de la Loi
sur les mines. On a d'autres dispositions, et celle qu'on est en train de
regarder, notamment, là, permet d'avoir une fin au renouvellement.
Donc, il y a quand même le fait que le
renouvellement n'est pas éternel. Mais, lorsqu'une entreprise vient investir
des centaines, voire des milliards de dollars, si un tel pouvoir était inclus
dans la loi, ça viendrait vraiment mettre à mal l'environnement qui permettrait
tout simplement de faire des projets miniers. On a besoin des minéraux dans la
décarbonation. Puis je m'inscris, là, dans la volonté, normalement, de QS de
travailler pour décarboner. Puis c'est quelque chose qui est primordial pour
moi, pour notre gouvernement aussi. Et donc je pense qu'on a besoin des minéraux. L'idée, c'est de trouver l'équilibre,
puis c'est ce qu'on amène avec plusieurs dispositions dans le projet de loi, notamment,
qui viennent améliorer les relations avec les Premières Nations.
Le Président (M. Sainte-Croix) : Commentaires,
interventions?
M. Bouazzi : Oui, peut-être deux
derniers...
Le Président (M. Sainte-Croix) : Allez-y,
M. le député de Maurice-Richard.
M. Bouazzi : ...deux derniers
commentaires. D'abord, Mme la ministre, vous avez évoqué que vous vous demandez
au nom de qui on parle. Évidemment, on ne parle pas au nom des Premières
Nations non plus. Par contre, vous avez aussi dit qu'il y avait... vous n'aviez
pas vu ce genre de demande dans les mémoires. Je veux vous référer au mémoire 17M-2 des communautés cries, qui font une
demande qui va exactement dans ce sens, ou... et on les comprend.
Le deuxième point,
c'est que, vous savez, moi, le premier projet de loi sur lequel j'ai siégé,
c'est le projet de loi n° 2, où le ministre
démissionnaire de l'Économie s'est octroyé le droit lui-même de décider quelle
industrie aurait accès à quelle électricité et laquelle ne l'aurait pas sans
aucun autre processus de gouvernance, ce qui est, par rapport à ce genre de
droit discrétionnaire, immense dans le manque de prévisibilité des grandes
industries face à leur capacité de décarboner, de grandir, de se développer ou
de s'installer au Québec.
Étant donné le
pouvoir discrétionnaire absolument immense que le gouvernement est capable de
se donner dans ce genre de situation fait que je comprends votre argument de
dire qu'il faut de la prévisibilité... enfin, vous n'avez pas utilisé ce mot,
mais, j'imagine, c'est ça que vous vouliez dire, mais je le trouve un peu
insuffisant ou peut-être léger devant les enjeux qui peuvent venir contredire
effectivement des droits inaliénables de faire des affaires et de faire des
trous dans un territoire.
Pour finir, s'il y a
des communautés qui veulent développer et être partenaires d'un projet minier,
qu'elles soient autochtones ou pas, on est très, très, très heureux pour elles
et on espère que ça va bien prospérer et fonctionner, là. Ce n'est pas ça, le
problème, le problème, c'est qu'on... Voilà.
Le Président (M. Sainte-Croix) : D'autres
interventions? Donc, s'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons procéder
à la mise aux voix. Est-ce que l'amendement à l'article 48 est adopté?
Une voix : ...
Le Président (M.
Sainte-Croix) : Allons-y, oui, madame. Mme la secrétaire.
La
Secrétaire : Pour, contre, abstention? M. Bouazzi
(Maurice-Richard)?
M. Bouazzi : Pour.
La
Secrétaire : Mme Blanchette Vézina (Rimouski)?
Mme Blanchette
Vézina : Contre.
La Secrétaire :
M. Bussière (Gatineau)?
M. Bussière :
Contre.
La
Secrétaire : Mme Bogemans (Iberville)?
Mme
Bogemans : Contre.
La
Secrétaire : M. Tremblay (Dubuc)?
M. Tremblay :
Contre.
La
Secrétaire : M. Lamothe (Ungava)?
M. Lamothe :
Contre.
La
Secrétaire : M. Fortin (Pontiac)?
M.
Fortin : Contre.
La
Secrétaire : Mme Dufour (Mille-Îles)?
Mme Dufour : Contre.
La
Secrétaire : M. Sainte-Croix (Gaspé)?
Le Président (M. Sainte-Croix) : Abstention.
Donc, l'amendement... l'article 48 amendé est rejeté... l'amendement
est rejeté. De retour à l'article 48. Mme la ministre.
• (15 h 10) •
Mme Blanchette
Vézina : Je n'ai pas de commentaire supplémentaire.
Le Président (M.
Sainte-Croix) : Pas de commentaire. D'autres interventions,
commentaires?
M. Fortin : ...sur l'article 48, là?
Le
Président (M. Sainte-Croix) : Exact.
M.
Fortin : Non. Ça va pour moi.
Le Président (M. Sainte-Croix) : Ça
va. Donc, je serais prêt à appeler la mise aux voix de l'article 48.
Est-ce que l'article 48 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Sainte-Croix) : Article 49. Mme la ministre.
Mme Blanchette
Vézina : Je peux y aller?
Le Président (M.
Sainte-Croix) : Oui.
Mme Blanchette
Vézina : Merci. Article 49, donc : L'article 111 de
cette loi est modifié par l'insertion, après «pierre», de «ou de résidus
miniers inertes».
Cet article vise à
modifier l'article 111 de la Loi sur les mines afin de prévoir qu'aucune
indemnité ne doit être versée à un locataire ou à un concessionnaire pour
l'extraction de résidus miniers inertes sur le terrain faisant l'objet de son
droit pour la construction ou l'entretien d'ouvrages de l'État. À l'heure
actuelle, cet article se limite à la pierre. Alors, c'est une simple précision.
Le Président (M. Sainte-Croix) : Commentaires,
interventions? Oui, allez-y, Mme la députée des Mille-Îles.
Mme Dufour : Oui. On avait eu des messages au début, là, dans
les mémoires, là, qui parlaient d'inerte, il y avait... on souhaitait préciser qu'est-ce que c'était,
«inerte», là. Je ne me souviens plus exactement c'était dans quel mémoire, mais
ça avait été mentionné. De mémoire, c'était un des groupes environnementaux,
là. Je ne sais pas si on peut le préciser, à qu'est-ce qu'on fait exactement
référence.
Mme Blanchette
Vézina : Je céderais la parole à M. Gaudreau, M. le Président.
Le Président (M.
Sainte-Croix) : Allez-y, M. Gaudreau, la parole est à vous.
Une voix : ...
Le Président (M.
Sainte-Croix) : C'est la première fois que monsieur... On m'informe...
Pardon, on m'informe que c'est la première fois que M. Gaudreau parle
aujourd'hui, donc j'aurais besoin du consentement.
Des voix : ...
M. Gaudreau (Roch) : Ah, oui. D'accord. Oui.
Roch Gaudreau, ministère des Ressources naturelles et des Forêts.
Le Président (M.
Sainte-Croix) : On vous écoute.
M. Gaudreau
(Roch) : Oui. Les résidus miniers inertes, c'est les résidus, là, qui
sont... qui originent, là, de l'extraction, la partie stérile. Donc, c'est
cette partie-là qui pourrait être utilisée dans les travaux d'infrastructure du
gouvernement, l'entretien des routes notamment. Donc, c'est une ressource qui
est du domaine de l'État, qui pourrait être utilisée à bon escient.
Le Président (M.
Sainte-Croix) : Merci. Interventions, commentaires? Oui, Mme la
députée des Mille-Îles.
Mme Dufour : Oui.
Donc, pour ma compréhension, quand on dit un stérile minier, on fait référence
à un résidu minier inerte. Est-ce que c'est ça?
M. Gaudreau
(Roch) : Oui. Quand on exploite une mine, on enlève du stérile, ce qui
est la roche qui ne contient pas de minerai,
pour se rendre jusqu'à la zone minéralisée. Cette partie-là de roche, si elle
est vraiment stérile, s'il n'y a pas de soufre résiduel, peut être
utilisée, respecte les normes, par exemple, du ministère des Transports, pour
les travaux d'infrastructure. Donc, ça devient une substance minérale de
surface qui peut être utilisée pour ça.
Mme Dufour : Sur
le site, je ne sais pas exactement quelle page, mais du gouvernement canadien,
ils parlent de l'inerte, ils disent qu'ils ne
rejettent pas de substance de l'INRP. Je ne sais pas c'est quoi, l'INRP. Mais
bref, c'est comment qu'on détermine que c'est inerte? C'est juste si...
M. Gaudreau (Roch) : Bien, en
fait, c'est des tests que le ministère des Transports fait. Il s'assure que
ce... notamment que le matériel ne sera pas générateur d'acide. Parce que, s'il
y a du soufre à l'intérieur, même s'il n'y a pas de minéralisation, mettons, de cuivre ou d'or,
il peut y avoir du soufre, et ce soufre-là, bien, c'est un contaminant. Donc,
ça ne serait pas utilisé, ça ne respecterait pas les «specs» pour être utilisé
pour les travaux d'infrastructure. Mais, dans des exploitations
minières, il y en a beaucoup de stériles qui sont inertes, qui peuvent être
réutilisés. C'est une saine... Ça fait partie de l'approche de l'économie
circulaire.
Mme Dufour : OK.
Merci beaucoup.
Le Président (M. Sainte-Croix) : D'autres
interventions, commentaires, article 49? Donc, s'il n'y a pas d'autre intervention,
nous allons procéder à la mise aux voix. Est-ce que l'article 49 est
adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Sainte-Croix) : Article 50, Mme la ministre.
Mme Blanchette
Vézina : Oui, merci, M. le Président. Donc, 50 :
Cette loi est
modifiée par l'insertion, après l'article 116, du suivant:
«116.1.
Le concessionnaire doit verser, avant le 31 janvier de chaque année, les
droits annuels fixés par règlement.»
Alors, cet article
vise à introduire l'article 116.1 à la Loi sur les mines afin de prévoir
que le concessionnaire doit verser les droits annuels prévus par règlement. À
l'heure actuelle, le titulaire d'un bail minier doit verser de tels droits,
mais pas le concessionnaire.
Donc, précision supplémentaire,
il y a plusieurs concessions en ce moment, là, qui sont sur le territoire avec
différentes obligations de celles du bail minier. Donc, l'objectif, c'est de
les rapprocher autant que possible du bail minier
et, encore une fois, d'éviter de geler du territoire, là... qu'il y ait des
activités minières réellement, là, qui soient faites sur les territoires
où il y a des droits miniers.
Le Président (M.
Sainte-Croix) : Merci. Est-ce qu'il y a des interventions? M. le
député de Pontiac.
M.
Fortin : Est-ce qu'on peut en profiter, de
cet article-là? Je ne veux pas qu'on s'éternise, là, sur l'article, mais c'est
là qu'on introduit la notion de «concessionnaire», là, puis on en a dans les
autres articles, là, juste pour que tout le monde sache on est où, de quoi on
parle, exactement c'est quoi, plutôt qu'on pose tous des questions un peu
naïves, là. Je peux juste peut-être situer la chose pour tous les
parlementaires ici, là.
Mme Blanchette Vézina : Oui. Je céderais la
parole à Mme Giroux, qui va pouvoir expliquer «concessionnaire».
Le Président (M.
Sainte-Croix) : Allez-y, Mme Giroux.
Mme
Giroux (Hélène) :
Alors, les
concessions minières, c'est un titre, c'est un droit minier, comme le bail
minier et les autres droits dans la Loi sur les mines, qui est un droit
d'exploitation exclusive. C'est l'ancien titre qui était délivré bien avant les
baux miniers, jusqu'en 1968. Donc, à l'époque, dans une volonté de rouvrir de
nouveaux territoires, le gouvernement accordait à des entreprises des
concessions minières. Donc, souvent, ces concessions minières là — puis
c'est un document, là, comme le bail — venaient parfois accorder aux
concessionnaires, à la fois la propriété de la surface et la propriété du
sous-sol, jusqu'en 1911. C'est pour ça que vous allez retrouver, dans la Loi
sur les mines, «concessions minières» avant 1911, là, cette date-là était
importante.
Par la suite, il y a
eu des époques où les concessionnaires n'avaient que le droit d'exploiter le
sous-sol. Donc, c'est ces titres-là qui sont toujours existants, qui n'ont pas
d'expiration, n'ont pas de date d'expiration, donc sont éternels si le concessionnaire
continue à remplir ses obligations.
Et, en 2013, lors de
la dernière modification de la Loi sur les mines, la loi a exigé des
concessionnaires miniers qu'ils... par l'article 118, qu'ils nous
démontrent qu'ils étaient en exploitation ou qu'ils avaient entrepris des
travaux d'exploitation. Certains nous l'ont démontré. Plusieurs
concessionnaires miniers ont abandonné leurs titres parce qu'ils ne remplissent
pas les conditions. Et, quand on parle de «concessionnaires miniers», ce
n'étaient pas toutes des entreprises minières, là, ça se passait... il y avait
même des droits qui appartenaient à des successions. Et évidemment, une
concession minière, ça gèle du territoire, là. On ne peut plus émettre de
droits d'exploration exclusifs, on ne peut pas émettre de baux miniers, on a
vraiment un gel de territoire. Alors, on doit passer à une prochaine étape,
venir vraiment encadrer davantage ces concessions-là pour leur mettre des
obligations en toute équité avec les entreprises minières, là, qui ont des baux
miniers et qui ont des obligations. Donc, on vient encadrer davantage deux
vieux titres d'exploitation minière qui ne sont pas toujours en exploitation.
Par contre, il y a
des concessionnaires miniers, on pense à l'Abitibi-Témiscamingue, où il y a
actuellement des mines exploitées par le biais de concessions minières. Donc,
on a vraiment deux types de concessionnaires, les actifs et ceux qui le sont
moins.
M.
Fortin : Bien, même ceux qui le sont
moins, ils ont eu a quand même prouvé au ministère, là, au cours des, quoi, 10,
11 dernières années, qu'il y avait quand même un certain niveau d'activité
suite au changement de la loi en 2013... 2012, 2013.
Mme Giroux (Hélène) :
Oui.
Effectivement, en 2013, ils avaient cinq ans pour nous démontrer qu'ils avaient entrepris des travaux d'exploitation
minière, donc ils ont passé la rampe. Maintenant, on ne veut pas qu'ils
retombent dans une inactivité parce que le titre demeure actuellement
sans date d'expiration.
M.
Fortin : C'est ce que vous avez vu,
qu'on... on vous l'a prouvé une fois, qu'il y avait un peu d'exploitation, puis
là, depuis, il ne se passe plus grand-chose sur certains sites? C'est-tu ça...
C'est ça, le problème que vous voyez, là?
Mme
Giroux (Hélène) : C'est possible. C'est
possible.
M.
Fortin : Vous n'êtes pas politicienne,
Mme Giroux. Vous pouvez me répondre par oui ou non.
Mme
Giroux (Hélène) :
C'est possible.
Le Président (M.
Sainte-Croix) : ...sur l'article 50?
• (15 h 20) •
M. Fortin : Juste
un instant, M. le Président, là. Alors là, on vient dire «les droits annuels
prévus par règlement». Là, il n'y en a pas de droit. Ils n'ont rien à payer,
ces gens-là, là, qui sont concessionnaires. Puis concessionnaire, ça
doit être un anglicisme, ça, concessionnaire, ou pas? Moi, j'ai grandi sur une
concession, mais c'était dans un vieux canton, là, donc je présume que c'est un
anglicisme, ça.
Mme Blanchette
Vézina : Je ne sais pas.
M.
Fortin : Non? Le...
Mme Blanchette
Vézina : Mais est-ce qu'ils ont des droits...
M.
Fortin : Quand vous avez présenté ça au Conseil
des ministres, le ministre de la Langue française ne vous a pas tapé sur les
doigts.
Mme Blanchette
Vézina : C'est un terme qui est dans la loi depuis suffisamment...
M.
Fortin : Oui, mais on change «claim» quand
même.
Une voix :
...
Mme Blanchette
Vézina : Ah! c'est vrai. Je vois, je vois. Je vais faire la
vérification, question de m'assurer qu'on parle d'un vrai terme français, je vais
me permettre de faire une vérification, mais, sur le fond, votre question est
pertinente, là. Donc, il n'y a pas, non, de droit annuel. Par contre, s'il y
avait de l'exploitation, il y aurait des...
Une voix : ...
Mme Blanchette
Vézina : ...de l'impôt minier. Merci. Donc, il y aurait de l'impôt
minier à payer s'il y avait une exploitation.
M. Fortin : OK,
mais s'il paie de l'impôt minier, c'est compté comme des droits annuels, non?
Ils vont payer de l'impôt minier plus les droits annuels?
Mme Blanchette
Vézina : Oui.
M. Fortin : OK.
Puis vous avez quoi en tête, là? Parce que, là, je veux juste savoir, là... Tu
sais, je comprends que vous allez le faire par règlement, mais, tu sais,
c'est quoi qu'ils vont devoir payer ces gens-là?
Mme Blanchette
Vézina : Bien, on va s'arrimer avec ce qui est fait avec le bail
minier.
M.
Fortin : OK.
Mme Blanchette Vézina : Il y a déjà... pour le bail minier, les
détenteurs de baux, ils ont ce droit annuel à payer, donc on va
s'arrimer.
M.
Fortin : OK. Ce serait la même obligation
pour les concessionnaires que...
Une voix : Que
pour un bail.
M. Fortin : ...que pour un titulaire de bail minier.
Mme Blanchette
Vézina : À l'hectare?
M. Fortin : À l'hectare.
Mme Blanchette Vézina : À l'hectare.
M.
Fortin : OK. Donc, ce serait la même... à la même hauteur,
là, les mêmes paramètres, la même fréquence, la même... tous pareils,
là, qu'un titulaire.
Mme Blanchette Vézina : L'objectif
étant d'avoir une équité, là, toute chose devant probablement être adaptée, là,
en fonction de la concession même, mais, oui, l'objectif, c'est d'arrimer avec
les mêmes balises.
M. Fortin : OK. Puis ces concessions-là sont... parce qu'ils sont...
ils ont été faits il y a longtemps, avant, quoi, 1911, qu'on nous a dit, là, ça
date d'un certain temps. C'est-tu... Comparativement à un droit d'exploration
exclusif, là, c'est-tu... sont-tu immenses, ces concessions-là? Ils vont-tu se
retrouver à payer pas mal plus parce que c'est des centaines et des centaines
et des centaines d'hectares? Honnêtement, je ne peux pas vous dire ça ressemble
à quoi, une concession.
Le Président (M. Sainte-Croix) : M. Gaudreau.
M.
Gaudreau (Roch) : Oui. C'est des superficies similaires. Donc, on
parle, là, d'autour d'une centaine d'hectares. Ça tourne autour de ça, 150 hectares, là, ce n'est pas très gros.
Mais, à titre d'information, là, on avait 167 concessions minières au 31 décembre 2013. Les modifications
législatives de l'époque ont permis de descendre ça à 105 concessions
minières aujourd'hui. Et on veut continuer, là, pour passer au régime
essentiellement de bail minier à terme.
M. Fortin : Ils sont détenus essentiellement par des entreprises et non
par des particuliers.
M. Gaudreau (Roch) : Il y a toutes
sortes de cas de figure, là. Il y des successions, il y a des syndics. Pour ceux qui sont... ceux qui ne sont pas en... c'est
ceux-là qu'on veut éliminer. Ceux qui sont auprès de sociétés minières
puis qui ont fait la démonstration qu'ils sont... qu'ils ont respecté les
critères d'exploitation, ils les ont gardés.
M. Fortin : ...je regarde... j'essaie de regarder rapidement les...
certains articles subséquents, là, mais est-ce qu'il y a les mêmes obligations
qu'un titulaire de droits d'exploitation exclusifs, là, c'est-à-dire, tu sais,
là, ceux par règlement que vous avez prévu dans le projet de loi, là, suivre un
cours de x, y?
Une voix : ...
M. Fortin :
Non, c'est vraiment juste celle-là. OK
Mme Blanchette Vézina : Oui, mais il
n'y a pas de claim, là, donc c'est...
M. Fortin : Bien...
M.
Gaudreau (Roch) : Bien, c'est-à-dire que le titulaire va devoir se
conformer, là, tout titulaire de droits miniers. On ne vise pas juste
les... Au niveau de la qualification, c'est tout titulaire de droits miniers.
M. Fortin : Mais c'est ça. Mais vous l'avez mis dans le projet de loi,
ça?
M. Gaudreau (Roch) : Oui.
M. Fortin : Ces titulaires de droits miniers, ça inclut le
concessionnaire?
M. Gaudreau (Roch) : Absolument.
M. Fortin : OK.
Mme Blanchette Vézina : ...18.1.
Oui, allez-y, maître. M. le maître.
M. Tremblay-Parent (Gabriel) : Oui.
Bien, effectivement, on avait dit...
Mme Blanchette Vézina : C'est bon.
M.
Tremblay-Parent (Gabriel) : Oui, en fait, on avait effectivement, par amendement,
là, déplacé l'obligation de... en fait, le pouvoir réglementaire
permettant de prévoir ces obligations-là à un autre endroit dans la loi, là,
c'était rendu l'article 18.1 de la Loi sur les mines
qui permettait finalement de prévoir des conditions pour tous les droits
miniers. Donc, ça inclut le droit exclusif d'exploration, le bail minier et la
concession minière, là.
M. Fortin : ...parce qu'on n'avait pas... puis je ne me souviens pas
qu'on en ait parlé à ce moment-là, mais vous me dites : C'est inclus comme
tous les autres?
M. Tremblay-Parent (Gabriel) : Absolument.
M. Fortin : Parfait.
Le Président (M. Sainte-Croix) : D'autres
interventions, commentaires?
M. Fortin : Ça me va de mon côté.
Le Président (M. Sainte-Croix) : Ça
vous va, M. le député. Alors, s'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons
procéder à la mise aux voix. Est-ce que l'article 50 est adopté?
Mme Blanchette Vézina : Adopté.
Le Président (M. Sainte-Croix) : Adopté.
Article 51. Mme la ministre, je crois que vous allez introduire un
amendement.
Mme Blanchette Vézina : Oui, j'ai un
amendement, effectivement.
Le Président (M. Sainte-Croix) : ...
Mme Blanchette Vézina : Oui, je peux
peut-être débuter par la lecture de l'article, puis on pourra introduire
l'amendement ensuite.
Le Président (M. Sainte-Croix) : Allez-y.
Mme Blanchette Vézina : Parfait.
Le Président (M. Sainte-Croix) : La
parole est à vous.
Mme Blanchette Vézina : Alors,
article 51 :
Les articles 118 et 118.1 de cette loi sont
remplacés par les suivants:
«118. À compter du (indiquer ici la date de la
sanction de la présente loi), le concessionnaire doit, pour chaque période de
10 ans suivant cette date, effectuer des travaux d'exploitation minière
pendant au moins 2 ans.
«118.1. Le concessionnaire transmet au ministre,
dans les six mois suivant la date de l'entrée en vigueur du présent article,
une étude d'opportunité économique et de mise en marché portant notamment sur
l'intégration de l'exploitation dans une
économie circulaire et sur la transformation au Québec des substances minérales
extraites pour l'exploitation des substances minérales déterminées par
règlement et selon les normes qui y sont prévues. Il transmet une révision de
cette étude tous les 10 ans.
«118.2. À la demande du concessionnaire, le
ministre peut convertir la concession minière en bail minier. La demande de conversion doit être présentée sur la
formule fournie par le ministre, contenir les renseignements déterminés
par règlement et être accompagnée du montant des frais fixé par règlement.
«Les
dispositions applicables au bail minier obtenu par conversion s'appliquent, à
l'exception des articles 101 et 101.0.1.».
Cet article vise... Donc, pour
l'article 118, cet article vise à remplacer l'article 118 de la Loi
sur les mines afin de prévoir que les travaux d'exploitation sur une concession
minière devaient débuter dans les cinq ans suivant le 10 décembre 2003.
Les concessionnaires qui n'ont pas respecté cette obligation ont vu leur droit
révoqué en vertu de l'article 278 de cette loi. Dorénavant, les
concessions qui ont débuté leurs travaux en temps utile devront exploiter leur
concession durant au moins deux ans pour chaque période de 10 ans. Il
s'agit d'une obligation similaire à celle des titulaires de baux miniers qui
doivent avoir fait de l'exploitation durant au moins deux ans lors des
10 dernières années du bail pour obtenir le renouvellement de celle-ci.
Quant à
l'article 118.1, cet article vise à remplacer l'article 118.1 de la
Loi sur les mines afin d'exiger qu'une étude d'opportunité économique
équivalente à celle exigée aux titulaires d'un bail minier ainsi que sa
révision soit transmise par le concessionnaire tous les 10 ans. À l'heure
actuelle, il est prévu que l'étude soit transmise tous les 20 ans.
Concernant l'article 118.2 maintenant. Cet
article vise à introduire l'article 118.2 de la Loi sur les mines afin de
permettre à un concessionnaire de convertir sa concession minière en bail
minier. Cette conversion permettra au titulaire qui n'est pas en mesure de
réaliser deux ans de travaux d'exploration au cours des 10 prochaines
années, conformément à l'article 118 de la Loi sur les mines, remplacé par
le présent article du projet de loi, de bénéficier des règles applicables au
bail minier, notamment quant au renouvellement prévu à l'article 104 de la
Loi sur les mines, modifié par l'article 48 du
projet de loi, qui permet un renouvellement lorsque le titulaire a réalisé deux
ans d'exploitation lors des 10 dernières années d'un bail de 20 ans.
Cette conversion
implique cependant que le concessionnaire renonce à un droit minier perpétuel
au profit d'un droit de 20 ans renouvelable et qu'il entreprenne des
travaux d'exploitation minière dans les quatre années à compter de la
conclusion du bail, comme prévu à l'article 117 de la loi.
Et
donc, amendement à introduire concernant l'article 118 de la Loi sur les
mines : Remplacer le deuxième alinéa de l'article 118... Vous
me permettez de recommencer, M. le Président? Merci.
Remplacer le deuxième
alinéa de l'article 118.2 de la Loi sur les mines, proposé par
l'article 51 du projet de loi, par le suivant :
«Les dispositions
applicables au bail minier s'appliquent au bail obtenu par conversion, à
l'exception des articles 101 et 101.0.1.»
Alors, l'amendement
vise à apporter un ajustement terminologique au deuxième alinéa de
l'article 118.2 de la Loi sur les mines, proposé par l'article 51 du
projet de loi, qui précise les dispositions applicables aux baux obtenus par
conversion.
Le Président (M. Sainte-Croix) : Merci,
Mme la ministre. Y a-t-il des interventions sur l'amendement à
l'article 51?
Mme Blanchette
Vézina : Me permettez-vous de suspendre une minute, M. le Président?
Le Président (M. Sainte-Croix) : Nous
vous permettons, Mme la ministre. Demande de suspension, s'il vous plaît.
(Suspension de la séance à
15 h 29)
(Reprise à 15 h 36)
Le Président (M.
Sainte-Croix) : Alors, la commission reprend ses travaux. Nous étions
à l'amendement à l'article 51. Mme la ministre.
Mme Blanchette
Vézina : Oui. Donc, c'est pour ajuster, là, la terminologie au
deuxième alinéa, là. Peut-être préciser, Me Tremblay-Parent.
Le Président (M.
Sainte-Croix) : Allons-y. La parole est à vous,
Me Tremblay-Parent.
M. Tremblay-Parent
(Gabriel) : Il manquait, là, disons, quelques mots pour être, tu sais,
bien clairs, là, sur qu'est-ce qui est applicable, là, en vertu du deuxième
alinéa. Donc, l'objectif de cet alinéa-là, c'est de rendre applicable, là,
l'ensemble des dispositions qui sont applicables au bail minier, au bail minier
qui est obtenu à la suite d'une conversion, donc à la demande du
concessionnaire. Et puis, là, on disait que les articles du bail minier sont
applicables, mais on ne disait pas à quoi, là. Donc, on rajoute «obtenu par
conversion», là... «au bail minier obtenu par conversion», là, pour être
vraiment plus précis, là, sur la disposition, mais ce n'est pas un changement
de fond.
Le Président (M. Sainte-Croix) : Merci,
Me Tremblay-Parent. Commentaires, interventions? Oui. M. le député de
Pontiac.
M.
Fortin : Techniquement, là, avant de
rentrer dans l'application, vous avez juste changé le «s'appliquent» de place. Vous avez pris le «s'appliquent», qui
était après «conversion», puis vous l'avez mis avant «au bail minier»... «au
bail obtenu»?
M. Tremblay-Parent
(Gabriel) : Bien, on a ajouté «au bail minier minier obtenu»...
M.
Fortin : Il est déjà là. Ah! il y a
«minier». Oui, c'est... OK, c'est «minier» que vous avez rajouté.
M. Tremblay-Parent
(Gabriel) : Oui. Exactement.
M.
Fortin : OK.
Le Président (M.
Sainte-Croix) : D'autres commentaires?
M.
Fortin : OK, il y a comme deux... il y a
comme... Oui. Non? Vous avez enlevé le «minier».
Mme Blanchette
Vézina : «À la demande»... On va suspendre, OK, juste être certains.
Le Président (M.
Sainte-Croix) : Demande de suspension, s'il vous plaît.
(Suspension de la séance à 15 h 38)
(Reprise à 15 h 39
)
Le Président (M. Sainte-Croix) : La
commission reprend ses travaux. Donc, nous étions à l'amendement de
l'article 51. Mme la ministre.
Mme
Blanchette Vézina : Oui, tout à fait. Donc, on a clarifié. Là, le
changement, c'est qu'on a déplacé, donc, «obtenu par conversion» un petit peu plus loin dans l'alinéa pour avoir
un sens plus clair et juste. Vous... voulez-vous compléter, Me
Tremblay-Parent?
Le Président (M. Sainte-Croix) : Me
Parent-Tremblay.
M.
Tremblay-Parent (Gabriel) : Oui. Et on ajoute «les dispositions applicables au
bail minier s'appliquent au bail minier obtenu par conversion». Donc, tu
sais, c'est clair que ce qui s'applique aux autres baux vont s'appliquer... va
s'appliquer au bail minier obtenu par conversion.
Le
Président (M. Sainte-Croix) : Commentaires, interventions? M. le député de
Pontiac... Mme la députée de Mille-Îles, pardon, excusez-moi.
Mme
Dufour : Peut-être suis-je la seule à ne pas savoir ce
qu'est un bail obtenu par conversion. Je serais curieuse de savoir à
quoi on fait référence.
Le Président (M. Sainte-Croix) : M.
le maître.
• (15 h 40) •
M.
Tremblay-Parent (Gabriel) : Bien, en fait, c'est l'objet de
l'article 118.2 comme tel, là. Donc, ça, c'est... finalement, ça indique de... tu sais, de façon
transitoire, le deuxième alinéa, qu'est-ce qui va s'appliquer. Donc, ce qui
est l'objet de l'amendement, là, c'est de préciser finalement le régime
transitoire.
Mais le bail minier qui est obtenu par
conversion, c'est quand le concessionnaire, finalement, ne pense pas être en
mesure de respecter ses obligations. À titre d'exemple, il peut demander la
conversion de sa concession en bail minier,
là, pour être en mesure... Tu sais, il va y avoir un délai, à ce moment-là, une
durée de 20 ans, à titre d'exemple. Et puis il pourra faire deux
années d'exploitation durant les 10 dernières années de son bail, là.
Donc, ça pourrait être, pour lui, plus simple, là, de respecter ses
obligations. Mais, en contrepartie, comme la ministre l'a indiqué, là, dans son
commentaire, il renonce à un droit éternel au profit d'un droit avec une durée
déterminée.
Mme Dufour : OK, donc...
Le Président (M. Sainte-Croix) : Mme
la députée.
Mme
Dufour : Merci. Donc, l'intérêt d'avoir un bail... dans le
fond, de convertir la concession en bail minier, c'est que c'est un peu de se
défaire des nouvelles obligations qu'on inclut ici, là, dans ces articles-là,
parce qu'auparavant il y avait... quel était l'intérêt, sinon que, tu
sais, ça pouvait effectivement continuer ad vitam aeternam. Là, ce que je comprends, on le... on met des nouvelles
dispositions qui disent que, bien, à chaque 10 ans, il va falloir qu'il
démontre qu'il y a eu une
exploitation minière pendant au moins deux ans. Donc, il va falloir... puis il
y a des droits à payer, etc., qu'il n'y avait pas avant, auparavant,
c'est ce que je comprends.
Mme Blanchette Vézina : De l'autre
article.
Mme Dufour : Hein?
Mme Blanchette Vézina : De l'autre
article.
Le Président (M. Sainte-Croix) : Mme
la ministre.
Mme Blanchette Vézina : Bien,
peut-être se rappeler, là, ce que maître... Mme Giroux nous avait mentionné il y a quelques... pour l'autre article précédent,
concernant la volonté, là, donc, que les concessionnaires aient un régime
arrimé avec celui des baux miniers, là.
Peut-être que Mme Giroux pourrait compléter, là, sur les notions, là, de
quels sont les objectifs, là, derrière cette conversion.
Le Président (M. Sainte-Croix) : Mme
Giroux, la parole est à vous.
Mme
Giroux (Hélène) :
Donc, comme vous voyez, le projet
de loi introduit de nouvelles obligations à ces vieux titres miniers là
de façon à ce qu'ils soient en exploitation et qu'on puisse avoir devant nous
des droits actifs. Un concessionnaire minier qui verrait qu'il ne peut remplir
ces nouvelles obligations là, plutôt que de se voir révoquer sa concession avec
tous les enjeux... Quand on révoque une concession, on ne peut pas obtenir de
droits par la suite sur ces terrains-là. Donc, il pourrait plutôt faire une
demande à la ministre, là, de convertir son... sa concession en un bail minier. Il va se
retrouver avec toutes les obligations d'un bail minier, comme on dit, en équité
avec tous les exploitants par un bail
minier. Donc, c'est une mesure de transformation d'un vieux titre perpétuel,
là, en un titre qui a des échéances, mais ça assure une équité dans les
exploitants miniers.
Le Président (M.
Sainte-Croix) : D'autres commentaires? Oui, Mme la députée des
Mille-Îles.
Mme Dufour :
Oui, une question. Il y en a combien? Il en reste combien, des concessions
comme ça?
Une voix :
...
Mme Dufour :
105, c'est ça, OK, qui pourraient avoir le potentiel de se convertir. OK
Le Président (M.
Sainte-Croix) : ...interventions?
M. Fortin : ...je
pense, c'est plus une question de clarification, mais, sur le fond, on en aura,
bien évidemment.
Le Président (M.
Sainte-Croix) : Tout à fait. Excellent. Donc, est-ce qu'on passe au
deuxième? On va voter celui-là d'abord. S'il
n'y a pas d'autre intervention, nous allons procéder à la mise aux voix. Est-ce
que l'amendement à l'article 51 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Sainte-Croix) : Excellent. Allons-y pour le 118.2. Mme la ministre.
Mme Blanchette
Vézina : Oui. Bien, M. le Président, je... peut-être qu'on pourrait
faire l'autre amendement tout de suite à 118.1. C'est un amendement, quand
même, je crois, qui pourrait être rapide, selon...
Le Président (M.
Sainte-Croix) : Allons-y. Pas de problème. Allons-y.
Mme Blanchette Vézina : Alors... et tout le monde
l'avait reçu, là, il est affiché? Oui. Article 51, qui modifie l'article 118.1
de la Loi sur les mines, alors : Supprimer, dans l'article 118.1 de
la Loi sur les mines, proposé par l'article 51 du projet de loi, «mise
en».
Alors,
cet amendement vise à corriger le nom de l'étude d'opportunité économique qui
doit être fournie. En effet, il s'agit davantage d'une étude de marché
que d'une étude de mise en marché. On a déjà eu cette discussion-là tout à
l'heure.
Le Président (M.
Sainte-Croix) : Interventions, commentaires?
M.
Fortin : ...causé du trouble, ce petit mot
là de trop.
Le Président (M.
Sainte-Croix) : Je comprends qu'il n'y a pas d'autre intervention et
commentaire sur l'amendement à l'article 51. S'il n'y a pas d'autre
intervention, nous allons procéder à la mise aux voix. Est-ce que l'amendement
à l'article 51 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Sainte-Croix) : Pour la suite, Mme la ministre.
Mme Blanchette
Vézina : Je pense qu'on peut discuter de... donc, des articles
amendés, 118, 118.1 et 118.2, qui sont introduits par l'article 51 du
projet de loi, monsieur...
M.
Fortin : ...
Le Président (M.
Sainte-Croix) : Allons-y, M. le député de Pontiac.
M. Fortin : Merci,
M. le Président. Bien là, je comprends, là, le... je comprends l'intention, là,
du législateur, là, je comprends ce que vous essayez de faire. Dans le
fond, là, vous voulez dire à tous les... ce n'est pas un propriétaire de... concessionnaires, là... tous les
concessionnaires, là, vous voulez leur dire, essentiellement : On veut que
vous deveniez des titulaires de bail minier, là. C'est à peu près ça,
là. On veut que vos obligations soient essentiellement les mêmes.
Mme Blanchette
Vézina : ...c'est une question aussi d'activité sur le territoire,
c'est ça.
M.
Fortin : Oui, oui, c'est ça. Non, je
comprends les raisons derrière ça.
Mme Blanchette Vézina : Tout à fait,
oui, oui.
M. Fortin : Mais, dans le fond, leurs
obligations, ils passent des obligations qu'ils ont aujourd'hui aux obligations
d'un titulaire de bail minier.
Mme
Blanchette Vézina : L'objectif, c'est qu'un concessionnaire fasse des
travaux, s'il y a... s'il a une concession, là. Donc, oui.
M.
Fortin : Mais je... c'est ça, mais j'essaie de comprendre
leurs obligations, là. Leurs obligations deviennent celles du titulaire
de bail minier.
Mme Blanchette Vézina : On
souhaiterait bien sûr avoir un seul régime. Là, il y a des droits qui sont accordés, donc le... on respecte les droits
accordés, tout en s'assurant qu'il y ait de l'activité sur les concessions.
Puis, si éventuellement il y a une conversion, effectivement, ce sera
plus simple.
M. Fortin : Mais c'est... Je regarde ça, Mme la ministre, c'est sûr
qu'il va y avoir des conversions, là. Vous leur dites essentiellement : Si
vous êtes un concessionnaire, vous devez faire deux ans de travaux sur une
période de 10 ans, si vous êtes un propriétaire de... un titulaire de bail
minier, bien là, vous les faites sur 20 ans. C'est quoi, l'avantage de
rester concessionnaire? Il n'y en a pas, là. Il y en a-tu? Sous forme de
question : Il y en a-tu?
Une voix : ...
Mme Blanchette Vézina : Avoir le
titre... avoir le... Oui, bien, en fait, on me répond, il y a le titre
perpétuel. Est-ce qu'il y a d'autres choses auxquelles vous pourriez penser?
M. Fortin : Bien, le titre perpétuel, mais qui vient avec les
obligations de paiement comme si on avait un bail minier, là.
Mme Blanchette Vézina : Oui. Il y a
une expiration au bail minier, contrairement à la concession.
M. Fortin : Oui, OK, sauf que je suis obligé de faire des travaux aux
10 ans au lieu d'aux 20 ans.
Des voix : ...
M. Fortin : OK. Là, ça...
Mme Blanchette Vézina : Ce qui est
dans l'intérêt, je pense, là, de... quand il y a un... des droits d'accordés
sur le territoire qui gèlent d'autres activités, par exemple, là, donc... qui
peuvent geler, je devrais dire.
M. Fortin : OK. Mais votre prévision, là, à travers tout ça, c'est
qu'il y a bien du monde qui vont se convertir au bail minier. Parce que, tu
sais, je... moi, mettons... mettons que je suis concessionnaire aujourd'hui,
là, je regarde ça, là, puis je me dis : Ouf! OK, là, vous voulez que, dans
les 10 prochaines années, je fasse des travaux d'exploitation qui durent
au moins deux ans. Ça prend 16 ans, lancer une mine au Québec, là, on l'a
dit l'autre fois. Donc, que c'est que vous pensez qu'ils vont faire, ils vont
se convertir.
Mme Blanchette Vézina : Effectivement.
M.
Fortin : OK. Bon. Bien, dites... mais dites-le, ce que vous
voulez, là. On n'a pas à se cacher quoi que ce soit, là.
Mme
Blanchette Vézina : Bien, en fait, je l'ai déjà dit, mais je vais le
répéter, l'objectif... puis c'est peut-être dans l'autre article, là,
mais l'objectif, c'est qu'éventuellement on ait un seul régime.
M. Fortin : Il y ait un seul régime. OK. OK.
Mme Blanchette Vézina : Ce serait
souhaitable.
M. Fortin : Parce qu'effectivement, moi, si je suis concessionnaire
aujourd'hui puis je n'ai pas d'activité minière
d'exploitation minière, je suis dans le trouble, là, parce que... Je suis dans
le trouble, dans le sens où, si je veux rester concessionnaire, ça devient quasiment impossible parce qu'il faut
que je lance une mine en 10 ans avec au moins deux ans
d'exploitation. Donc, en huit ans, il faut que je lance une mine, alors que
c'est 16 ans en moyenne, là.
Mme
Blanchette Vézina : Bien, effectivement, là, on va souhaiter... on va
faire l'accompagnement nécessaire pour que les choses soient accélérées,
mais bien sûr... l'objectif, c'est de bien... c'est de ne pas avoir de droits
qui... qui sont inactifs, là, donc qui empêchent d'autres activités, par
exemple, là, par les municipalités, oui.
M. Fortin : On se comprend. OK
Le
Président (M. Sainte-Croix) : ...M. le député?
M.
Fortin : Bien, sur le 118.1, «le
concessionnaire transmet au ministre, dans les six mois suivant la date de
l'entrée en vigueur du présent article, une étude d'opportunité économique»,
je... avez-vous déjà fait ça, une étude d'opportunité économique? Six mois,
c'est «short» en s'il vous plaît, là. Ce n'est pas long six mois, là.
Le Président (M.
Sainte-Croix) : Mme la ministre.
M. Bussière :
...
M.
Fortin : Pardon?
M. Bussière :
...
M.
Fortin : Pas de temps à perdre. Je
reconnais le pragmatisme...
Mme Blanchette
Vézina : ...
M.
Fortin : ...du député de Gatineau.
Mme Blanchette
Vézina : ...à l'entrée en vigueur de la loi, là, j'imagine... du
présent article.
Une voix : ...
Mme Blanchette
Vézina : Oui, peut-être, mentionner...
M.
Fortin : Oui, mais on n'est pas loin, là,
de l'adoption du projet de loi, Mme la ministre.
Mme Blanchette
Vézina : Ça avance bien.
M.
Fortin : Je comprends, hein, ça avance bien. Hein, voyez-vous?
Le Président (M.
Sainte-Croix) : Je comprends que vous cédez la parole à
Me Tremblay-Parent?
Mme Blanchette
Vézina : Tout à fait.
Le Président (M.
Sainte-Croix) : Allez-y, Me Tremblay-Parent, la parole est à
vous.
• (15 h 50) •
M. Tremblay-Parent
(Gabriel) : Oui. Bien, à l'article, justement, 118.1, on ne dit pas à
la sanction de la présente loi, là. On parle à l'entrée en vigueur du présent
article. Donc, il pourra y avoir à l'article... dans les articles suivants, là, des mesures d'entrée en vigueur, là,
pour s'assurer notamment que les normes pour la rédaction de l'étude d'opportunité
économique soient élaborées.
M.
Fortin : OK. Moi, je vous le soumets comme
ça, puis c'est des commentaires de l'industrie, là, tout ça, puis je ne le sais pas ce que vous voulez faire
dans la période de mise en vigueur de différents articles, là. Je pense que
ça rassurerait beaucoup de monde, puis je ne pense pas que ça change quoi que
ce soit au fondement de votre article, si vous mettez un an au lieu de six
mois. Je pense que l'objectif, c'est le même. Je pense, ça rassurerait du monde
quant à l'opportunité de remplir leurs obligations dans les délais appropriés.
Mme Blanchette
Vézina : Permettez-moi de suspendre.
M.
Fortin : Oui.
Le Président (M.
Sainte-Croix) : Demande de suspension, s'il vous plaît.
(Suspension de la séance à 15 h 51)
(Reprise à 15 h 56)
Le Président (M.
Sainte-Croix) : La commission reprend ses travaux. Nous étions à
l'article 51 amendé. Donc, Mme la ministre.
Mme Blanchette Vézina : Oui. Donc,
il y avait une discussion, là, sur le six mois, puis je pense que je céderais
la parole au député de Pontiac pour expliquer la proposition qui a été discutée
par rapport au délai.
Le
Président (M. Sainte-Croix) : Excellent. La parole est à vous, M. le
député de Pontiac.
M. Fortin : Bien,
ça va me faire grand plaisir, dès que la commission peut peut-être le mettre à
l'écran. Moi, je vois qu'il semble y avoir une certaine... un certain
délai.
Le Président (M.
Sainte-Croix) : Petit problème.
Des voix :
...
Le Président (M.
Sainte-Croix) : Demande suspension, s'il vous plaît. Nous allons
régler notre problème technique.
(Suspension de la séance à
15 h 57)
(Reprise à 15 h 58)
Le Président (M. Sainte-Croix) :
La commission reprend ses travaux. Nous étions à l'article 51 amendé.
Donc, M. le député de Pontiac, la parole est à vous.
M.
Fortin : Oui. Merci, M. le Président.
Après discussion avec l'équipe ministérielle, là, on va proposer l'amendement suivant à l'article 51,
article 118.1 de la Loi sur les mines : L'article 118.1, modifié
par l'article 51 du projet de loi, est modifié par le remplacement
des mots «les six mois» par les mots «l'année».
Dans le fond, on veut
juste donner un petit peu plus de période d'adaptation, là, aux
concessionnaires, à l'entreprise en question pour qu'elle puisse soumettre son
étude d'opportunité économique et de... pas de mise, mais de marché. L'idée,
c'est juste de simplifier les choses, là, puis de permettre une... comme je le
dis, là, une... un délai un petit peu plus
long. Ça ne change absolument rien au fond des choses pour le maintien de
son... de sa concession, là. Les termes sont quand même indiqués. Mais
faire une étude d'opportunité économique et de... une étude de marché en six
mois, ça nous apparaissait relativement court comme délai.
Le Président (M.
Sainte-Croix) : Merci, M. le député. Mme la ministre.
Mme Blanchette
Vézina : Je suis en accord avec la proposition qui est formulée. Donc,
je n'ai pas de commentaire supplémentaire, très bien expliqué.
Le Président (M.
Sainte-Croix) : D'autres interventions, commentaires? Tous d'accord?
Excellent. Donc, s'il n'y a pas d'autre intervention ou commentaire, nous
allons procéder à la mise aux voix. Est-ce que...
M.
Fortin : ...
Le Président (M. Sainte-Croix) : Par
appel nominal, à votre demande. Allez-y, Mme la secrétaire, s'il vous plaît.
• (16 heures) •
La
Secrétaire : Pour, contre, abstention. M. Fortin (Pontiac)?
M.
Fortin : Pour.
La
Secrétaire : Mme Dufour (Mille-Îles)?
Mme Dufour : Pour.
La
Secrétaire : Mme Blanchette Vézina (Rimouski)?
Mme Blanchette
Vézina : Pour.
La
Secrétaire : M. Bussière (Gatineau)?
M. Bussière :
Pour.
La
Secrétaire : Mme Bogemans (Iberville)?
Mme
Bogemans : Pour.
La
Secrétaire : M. Tremblay (Dubuc)?
M. Tremblay : Pour.
La Secrétaire : M. Lamothe
(Ungava)?
M. Lamothe : Pour.
La Secrétaire : M. Bouazzi
(Maurice-Richard)?
M. Bouazzi : Pour.
La Secrétaire : M. Sainte-Croix
(Gaspé)?
Le Président (M. Sainte-Croix) : Abstention.
L'amendement est adopté. Alors, nous pouvons poursuivre. Mme la ministre.
Mme Blanchette Vézina : Je n'ai pas d'autre
commentaire.
Le
Président (M. Sainte-Croix) : Vous n'avez pas d'autre commentaire. Oui, Mme la
députée des Mille-Îles.
Mme Dufour : Merci, M. le Président.
Généralement, je dis «la députée de Mille-Îles».
Le Président (M. Sainte-Croix) : Excusez-moi.
Mme Dufour : J'essaie de faire
corriger ça...
Le Président (M. Sainte-Croix) : Excusez-moi.
Mme Dufour : ...même si
officiellement vous n'avez pas tort...
Le Président (M. Sainte-Croix) : Merci.
Vous me rassurez.
Mme
Dufour : ...mais ça sonne très mal. Donc, j'ai une question
par rapport à... toujours les concessionnaires, qu'on est en train de parler. Là, c'est quand même... on fait un
changement quand même substantiel pour eux. Certains, comme vous l'avez
dit, c'est des successions qui ont ça depuis fort longtemps. Comment on va les
aviser ou est-ce qu'on compte plutôt les
aviser plus particulièrement? Parce qu'une loi comme ça... rentre en vigueur,
c'est quand même un changement substantiel. Et comme ce ne sont pas
des... peut-être pas des professionnels du domaine minier, certains, ils ne
sont peut-être pas en train de scruter les changements à la loi. Donc, je veux
juste savoir si on pensait aviser les... c'est ça, d'une façon plus officielle.
Mme Blanchette Vézina : Oui. La
réponse, c'est oui. Puis, en fait, pour l'ensemble du projet de loi, là, on
souhaite bien sûr faire de l'information, là, avec les partenaires. Donc, il y
aura de l'accompagnement dans la transition,
là, bien sûr, avec les changements. Puis, peut-être de manière plus spécifique,
j'aimerais céder la parole, avec l'autorisation de la commission, à
Mme Renée Garon.
Le Président (M. Sainte-Croix) : Est-ce
que nous avons consentement?
Mme Blanchette Vézina : Elle avait
déjà...
Le Président (M. Sainte-Croix) : Allez-y,
Mme Garon.
Mme Garon (Renée) : Renée Garon,
ministère des Ressources naturelles et des Forêts.
Bien, rappelons que c'est le deuxième exercice
du genre. On l'a déjà fait en 2013, donc on va écrire à chacun des concessionnaires. Je rappelle aussi que
l'Association minière ne s'est pas objectée à cette mesure-là et qu'ils étaient
en accord. Et je rappelle aussi que les concessions qui sont actives
actuellement ont démontré ou devaient démontrer qu'ils étaient en exploitation.
Donc, techniquement, on n'aura pas de difficulté à les rejoindre.
Mme Dufour : OK. Est-ce qu'ils font
tous partie de l'Association minière?
Mme Garon
(Renée) : Pas nécessairement, mais ils sont tous, par
exemple, des gens qui sont dans notre système, ça fait qu'on les connaît
puis on leur a déjà... on a déjà communiqué avec eux.
Mme Dufour : OK. Parfait.
Le Président (M. Sainte-Croix) : D'autres
questions, Mme la députée?
Mme Dufour : Non. Merci.
Le Président (M.
Sainte-Croix) : D'autres interventions? Oui, M. le député de Pontiac
M. Fortin : Quand vous avez communiqué avec eux, la réception était
bonne?
Le Président (M. Sainte-Croix) : La
parole est à vous, madame.
Mme Garon (Renée) : Bien, on n'a pas
d'enjeu, je vous dirais, de façon générale avec eux. On a eu, dans les dernières années, à travailler avec eux, pour ceux
qui souhaitaient abandonner leur concession minière, parce qu'il y en a, dans certains cas, qui n'étaient pas en
exploitation, mais non, il n'y a pas de problématique. Les cas problématiques,
on les a, somme toute, assez bien réglés.
M.
Fortin : OK. Avez-vous évalué la possibilité, là, qui a été
demandée, je pense, tant par l'association minière que par certaines entreprises elles-mêmes, de
fusionner, là, les concessions qui sont contiguës de la même façon que ça peut
être le cas pour le bail minier?
Le Président (M. Sainte-Croix) : Mme
la ministre.
M. Fortin : C'est une demande qui est venue au cours des consultations,
là. Ils nous ont fait part de cette demande-là, si le bail minier est fait
d'une façon, les concessions devraient être de la même façon, là. Dans votre
objectif d'animer un peu les façons de faire, ce serait logique?
Le Président (M. Sainte-Croix) : Mme
la ministre, la parole est à vous.
Mme Blanchette Vézina : J'aimerais
suspendre, M. le Président.
Le Président (M. Sainte-Croix) : Demande
de suspension, s'il vous plaît.
(Suspension de la séance à 16 h 04)
(Reprise à 16 h 06)
Le Président (M. Sainte-Croix) : La
commission reprend ses travaux. Nous étions à l'article 51 amendé. Mme la
ministre.
Mme
Blanchette Vézina : Oui. Donc, explication, là, concernant le... En
fait, non, nous n'avons pas envisagé, ou on l'a vu, mais on ne l'a pas... on ne
le retiendra pas. C'est que, dans le fond, ce n'est pas le même... ce n'est
pas au même moment puis ce n'est pas la même superficie non plus. Donc, ce
qu'on a fait comme fusion possible, regroupement de claims, ce sont des droits
d'exploration.
Là, on est en concessions minières, donc c'est
comme le bail minier. Il n'y a pas de fusions de bail minier, là, qui sont
proposées dans le projet de loi. C'est les droits d'exploration qui ont... dont
on va permettre le regroupement lorsqu'ils sont adjacents à un bail en
exploitation. Donc, ce n'est pas le même... ce n'est pas la même logique. Et, considérant la volonté, donc, de faire réellement
des travaux d'exploitation puis de s'assurer qu'il y a de l'activité minière
sur les concessions minières, on va demeurer avec ce... on ne fera pas de
fusion de concessions.
M. Fortin : OK. Mais la...
Le Président (M. Sainte-Croix) : Commentaires,
interventions? M. le député de Pontiac.
M. Fortin : Pardon, M. le Président. Je veux juste essayer de bien
comprendre. Parce que, tantôt, quand on a parlé
des bails miniers, là, on nous a dit : Même s'il y a une petite partie
d'un bail minier où il n'y a pas d'exploitation, bien, il faut qu'il y
ait des travaux d'exploration, hein? Si je ne me trompe pas, là, c'est ce
qu'on... c'est un peu ce qu'on a dit tantôt, là. On avait l'exemple de la feuille,
là, qu'on montrait.
Le Président (M. Sainte-Croix) : Mme
la ministre.
Mme
Blanchette Vézina : ...avec votre permission, céder la parole... Bien
non. Bien, en fait, je cède la parole à Me Tremblay, permission.
Le Président (M. Sainte-Croix) :
Excellent.
M. Tremblay-Parent (Gabriel) : C'est
péremptoire. C'est ça.
Le Président (M. Sainte-Croix) : Nous
vous écoutons, maître. La parole est à vous.
M.
Tremblay-Parent (Gabriel) : Bien, en fait, ce qu'on a vu, tu sais,
précédemment, là, à l'article 103, là, de la Loi sur les mines, là, je
remontais, donc 47 du projet de loi, c'est finalement ce qu'il reste comme
droit exclusif d'exploration une fois que le
reste est devenu bail minier, là. Donc, c'est des travaux... Évidemment, il va
devoir y avoir des travaux
d'exploration, comme l'indiquait la ministre, pour conserver la petite partie
qui reste, un droit exclusif d'exploration, mais, pour ce qui est du
droit d'exploitation, donc le bail minier, bien, lui, c'est comme on l'a vu,
là, à l'article 104, là, donc il va falloir qu'il y ait des activités
d'exploitation durant les 10... deux... durant les 10 dernières années du
bail.
Le Président (M.
Sainte-Croix) : M. le député, commentaires?
M.
Fortin : C'est peut-être moi, là, mais
je... le bail minier, là, il... Je prends mon territoire sur lequel j'ai un
droit d'exploration, là. Je convertis en bail minier, éventuellement, parce que
j'ai un projet d'exploitation. Il reste des parties, là, du claim initial, là.
Sur ces parties-là, je dois continuer de faire des travaux d'exploration. Ça,
c'est ce qu'on a vu tantôt.
Dans le cas, ici,
d'une concession, je dois faire des travaux sur l'entièreté de la concession?
Le Président (M.
Sainte-Croix) : ...
Mme Blanchette
Vézina : Sur la concession, mais...
M.
Fortin : Oui, mais, la concession, c'est
100 hectares, tantôt, qu'on nous a dits, là.
Mme Blanchette
Vézina : Mais là on est en exploitation, mais c'est...
M.
Fortin : Oui. Mais c'est parce que l'idée,
là... Vous me dites que... Je ne veux pas avoir deux régimes différents entre le bail minier puis la
concession. Donc, si... Moi, j'ai compris que le bail minier, là, il faut qu'il
y ait des travaux partout. Puis, si on ne fait pas des travaux partout, il faut
qu'il y ait des travaux d'exploration sur le reste du claim.
Mme Blanchette
Vézina : Sur chacun des claims.
M.
Fortin : Oui.
Mme Blanchette Vézina : Là, il y a un type, c'est
la concession, donc il doit y avoir des travaux d'exploitation dans la
concession, mais pas...
M.
Fortin : Qui ne sont pas faits sur
l'entièreté du site, bien, évidemment, là.
Mme Blanchette
Vézina : Non, non, pas nécessairement.
• (16 h 10) •
M. Fortin : OK.
Puis, sur le reste, il n'y a rien à faire, là. Alors, moi, je fais des... J'ai
un site de 100 hectares, j'ai une
concession de 100 hectares, là. Je prends les premiers 20 hectares
puis je fais de l'exploitation. Je n'ai rien à faire sur le
80 autres, là.
Mme Blanchette
Vézina : Ça satisfait aux conditions.
M. Fortin : OK.
OK.
M. Gaudreau
(Roch) : ...
M.
Fortin : Oui, M. Gaudreau.
Mme Blanchette
Vézina : M. Gaudreau, voulez-vous intervenir?
M.
Fortin : Oui?
Le Président (M.
Sainte-Croix) : M. Gaudreau, la parole est à vous.
M.
Fortin : Je vois des choses que vous ne
voyez pas.
M. Gaudreau (Roch) : La conversion d'une
concession minière va donner le même périmètre en bail minier. Il n'y
aura pas de résiduel. C'est l'entièreté de la concession qui va être convertie
en bail minier.
M.
Fortin : Oui, mais les travaux nécessaires
ne seront pas sur l'entièreté du 100 hectares, là.
M. Gaudreau
(Roch) : Ça n'a pas d'importance. C'est... comme un bail minier, là,
c'est une partie du bail minier qui fait l'objet d'une exploitation. Donc,
s'ils ne sont pas capables de respecter les obligations... les nouvelles
obligations qui est proposée dans la concession, bien, ils vont le convertir en
bail minier.
M. Fortin : Là, vous m'avez complètement perdu.
Mme Blanchette Vézina : ...
Le Président (M. Sainte-Croix) : Mme
la ministre.
Mme Blanchette Vézina : En fait, la
question, si j'ai bien saisi votre question, M. le député de Pontiac, c'est : Est-ce qu'il devra y avoir des
travaux partout sur la superficie ou la... le sous-sol de la concession? La
réponse, c'est : Ce n'est pas nécessaire.
M. Fortin : C'est ça.
Mme Blanchette Vézina : Il va
falloir qu'il y ait des travaux selon les balises de travaux minimums, mais il
n'y aura pas de... ça ne sera pas sur tout l'ensemble du... de la concession
minière. Est-ce que j'ai bien compris votre question?
M. Fortin : Je pense que oui.
Mme Blanchette Vézina : C'est bon.
M. Fortin : Là, c'est plus clair que c'était. Si tout le monde est
d'accord, ça me va.
Mme Blanchette Vézina : C'est ça?
Bon.
M. Fortin : OK. C'est bon.
Mme Blanchette Vézina : Notre
géologue a confirmé.
Le Président (M. Sainte-Croix) : D'autres
interventions, commentaires?
M. Fortin : Ça va pour l'instant, oui.
Le Président (M. Sainte-Croix) : Oui,
Mme la députée de Mille-Îles.
Mme
Dufour : Merci beaucoup, M. le Président. Je veux juste
vous lire un passage du mémoire de l'Association
minière du Québec, qui disent, justement, que... C'est eux, là. Ils font la
recommandation de... en tout cas, de prévoir la
possibilité de fusionner des concessions minières contiguës en un seul bail
minier lorsque l'agrégation est possible. Ils disent : «L'AMQ est d'avis
que ce serait plus stratégique. Ceci en simplifierait à la fois la gestion pour
le ministère, les entreprises
minières et les municipalités pour l'exercice de leur pouvoir de taxation. Il y
a beaucoup d'entre-coupages et de
superpositions dans les parties de concessions minières historiques. Ainsi, on
éviterait le morcellement, voire des trous à l'intérieur des périmètres
de ces nouveaux baux miniers.»
Je vous ai entendu tout à l'heure, c'est comme
votre explication, mais, je pense, j'imagine que l'Association minière du Québec connaît quand même comment ça fonctionne, les mines, et ils semblent
penser, eux, que ça pourrait causer un enjeu si on faisait des
concessions comme ça, si on ne pouvait pas permettre les fusions.
Le Président (M. Sainte-Croix) : Mme
la ministre.
Mme
Blanchette Vézina : On a... On sait que la volonté, là, de
l'Association minière et l'expertise de l'Association minière, là... En
fait, parenthèse, on ne remet pas en question leur expertise. Ceci étant, la
volonté, c'est de s'assurer que le territoire n'est pas gelé. En fusionnant des
concessions minières, on se retrouverait avec des grands territoires qui, comme
on le mentionnait, pourraient faire l'objet, sur une seule petite partie, de
travaux, mais tout en empêchant d'autres usages, par exemple, sur un plus grand
territoire. Donc, on considère, bien qu'on respecte l'expertise de
l'association minière, que le désir de ne pas geler de grandes parties de
territoire, particulièrement dans des régions où il y a d'autres activités,
comme des municipalités. Donc, l'idée, c'est de vraiment s'assurer qu'on ne
vient pas geler un plus grand territoire encore.
Mme Dufour : Mais là où ça
m'interpelle, c'est quand ils disent : «Ça pourrait créer des trous à
l'intérieur des périmètres de ces nouveaux
baux miniers.» Donc, je ne sais pas si l'exercice a été fait, mais comment...
Tu sais, si, par exemple, il y a un secteur, puis là tout est entouré de baux
miniers, ce secteur-là, ça va être difficile de l'exploiter. Donc, de
l'intégrer, est-ce que ça peut faciliter les choses? Je me demande, là.
Le
Président (M. Sainte-Croix) : Mme la ministre.
Mme Blanchette
Vézina : Bien, je ne vois pas de problème. Dans la mesure où c'est
déjà ça avec les claims, les droits, les
baux, pour moi, ce n'est pas plus complexe parce que c'est des concessions ou
que ça deviendrait un bail que... ou
qu'il n'y aurait plus de droit à cet endroit-là... plus de droit minier, ce ne
serait pas un... ce ne serait pas un enjeu.
Mme Dufour : Et, quand ils parlent... «pour l'exercice du
pouvoir de taxation des municipalités», ce côté-là, moi, je n'en ai...
on n'en avait pas, de mine, à Laval, donc je ne sais pas, exactement, comment
ça s'opère.
Mme Blanchette
Vézina : Bien, je comprends la volonté d'alléger, de rendre ça plus
simple, je comprends que c'est louable, mais, considérant la grande superficie
du territoire puis le besoin aussi de se dire, bien, qu'il y ait vraiment de l'activité minière sur les concessions
minières, on n'ira pas de l'avant, là, avec une défusion de concessions.
Mme Dufour : OK.
Merci beaucoup. Peut-être une dernière question, c'est par rapport au nombre.
Tout à l'heure, on parlait de
105 concessions. Quand je regarde il y a combien de mines au Québec, là,
ça inclut tout, tout, tout, là, ce
n'est pas juste les mines en exploitation, mais les... il y en a d'autres, on
parle de 200. Quand je lis 200, est-ce que ça inclut ces
105 concessions là?
Des voix : ...
Mme Dufour : Non,
non, pas 200 mines, mais c'est... Non.
Une voix : ...
Le Président (M.
Sainte-Croix) : S'il vous plaît! S'il vous plaît!
Mme Dufour : Oui,
je sais qu'il y a 21 mines, mais...
Une voix : ...
Le Président (M.
Sainte-Croix) : S'il vous plaît! S'il vous plaît!
Mme Dufour : Merci.
Je vais lire exactement : «On dénombre...» Ça, c'est sur le site, là, du
ministère : «On dénombre environ
200 exploitations actives sur l'ensemble du territoire.» Et ça, ça inclut
des mines, des carrières, des sablières,
des tourbières. Les 105 qu'on mentionne, est-ce qu'elles sont incluses dans ces
200? Est-ce que... Puis elles ne sont sûrement pas incluses dans les
22 mines ou 21 mines, là, que le député d'Outaouais mentionnait.
Le Président (M.
Sainte-Croix) : Mme la ministre.
Mme Blanchette
Vézina : Je donnerais la parole à M. Gaudreau.
Le Président (M.
Sainte-Croix) : M. Gaudreau, la parole est à vous.
M. Gaudreau
(Roch) : Oui. Il y a 20 mines actives présentement, mais une...
il n'y a pas nécessairement une mine par bail miner ou une mine par concession
minière. Ce sont des titres d'exploitation qui ont fait l'objet soit
d'exploitation ou d'exploitation qui n'a pas fonctionné. Donc, on a plus de
titres, beaucoup plus de titres d'exploitation
que de mines comme telles. Puis il faut comprendre qu'une mine peut évoluer
dans le temps. Donc, elle peut être
constituée d'un chapelet de baux miniers et/ou de concessions minières. Donc,
on a 100... on a dit 104 concessions minières. Je pense qu'il y a
120 baux miniers, je pense? C'est ça?
Une voix : ...
M. Gaudreau
(Roch) : Autour de 120, mais il y a juste 20 mines.
Une voix : ...
M. Gaudreau
(Roch) : Oui, bien, l'exemple... Une dernière chose. L'exemple qu'on
a, Glencore, Glencore, c'est un chapelet
de... ce n'est pas un chapelet, mais c'est toute une série, là, de baux miniers
qui s'étalent sur 55 kilomètres de long en Ungava.
Mme Dufour : OK.
Merci.
Le Président (M.
Sainte-Croix) : Merci, M. Gaudreau.
M. Gaudreau (Roch) : Puis c'est une
mine, en effet.
Le
Président (M. Sainte-Croix) : Excusez-moi. Merci. D'autres
commentaires, Mme la députée?
Mme Dufour : Non.
Merci.
Le Président (M.
Sainte-Croix) : Y a-t-il d'autres... Oui, M. le député de Maurice-Richard.
M. Bouazzi : Oui.
Peut-être une clarification. À la fin, on dit : «Les dispositions
applicables au bail minier obtenu par la [convention] s'appliquent, à
l'exception [de l'article] 101 et 101.0.1.» Est-ce que vous pouvez nous
expliquer cette exclusion?
Le Président (M.
Sainte-Croix) : Mme la ministre.
Mme Blanchette
Vézina : Oui. Je céderais la parole à Me Tremblay-Parent.
Le Président (M.
Sainte-Croix) : Me Tremblay-Parent, la parole est à vous.
M. Tremblay-Parent (Gabriel) : Oui.
En fait, les... c'est deux articles, là, qu'on a étudiés plus tôt aujourd'hui
et hier, là, 101 et 101.0.1, et c'est des articles qui s'appliquent à la
conclusion d'un nouveau bail, là, donc, tu sais, qui exigent, tu sais, à titre d'exemple, de fournir,
tu sais, la garantie financière mais aussi l'étude d'opportunité économique,
alors que, là, on a...
Tu sais, mettons,
quand on parle d'étude d'opportunité économique, on a une disposition, là,
spécifique qui s'applique, là, pour le... tu sais, qui va s'appliquer à une
concession, puis, si on va vers une conversion, bien, tu sais, on veut quand
même donner, là, une période, tu sais, qui était l'objectif, là. Donc, ça va
être la disposition au niveau du renouvellement, là, qui va s'appliquer, donc
l'article 104, là, qu'on a vu également précédemment.
Le Président (M.
Sainte-Croix) : Ça complète, maître?
M. Tremblay-Parent
(Gabriel) : Oui.
Le Président (M.
Sainte-Croix) : Y a-t-il d'autres interventions? Oui, M. le député de Maurice-Richard.
M. Bouazzi : Juste
pour être sûr, si j'essaie de résumer en une phrase, là, ça serait : Étant
donné que c'est une conversion, c'est pour ça que ça ne s'applique pas.
C'est-tu ça?
M. Tremblay-Parent
(Gabriel) : Effectivement.
M. Bouazzi : OK.
Et... OK. OK.
Le Président (M.
Sainte-Croix) : Ça complète, M. le député?
M. Bouazzi : Oui.
Le Président (M. Sainte-Croix) : D'autres
interventions sur l'article 51 tel qu'amendé? Oui, Mme la députée de
Mille-Îles.
Mme Dufour : Merci,
M. le Président. Bien, je vais continuer sur le point du député de Maurice-Richard. Le mémoire de Québec meilleure mine! faisait
référence à cet élément-là, puis ils disaient, en fait, qu'eux craignent, en fait, que cette conversion permette de contourner
des normes plus strictes que s'il y avait à acquérir un bail et ils suggéraient,
là, que l'application du 101.0.1 s'applique... se fasse.
Donc, je ne sais pas
si vous l'avez regardée, cette mesure-là. Est-ce que... Tu sais, si ce sont des
concessions qui sont déjà en activité, bon, je peux comprendre, mais, si c'est
une concession qui n'est pas en activité puis que, là, la mesure va la rendre... va la faire s'activer, est-ce qu'on... c'est
ça, est-ce qu'on a intérêt ou pas à ce que s'appliquent, là, les...
Parce que c'est les normes environnementales, là, qui sont dans cet article-là,
le 101.0.1.
Le Président (M.
Sainte-Croix) : Merci. Mme la ministre.
• (16 h 20) •
Mme Blanchette Vézina : Bien, je pense qu'il faut
se rappeler que, bon, il y a déjà des mesures importantes, là, pour la
conversion d'un droit qui est déjà existant, là. On parle de la concession
minière. On leur demande vraiment de migrer
vers le bail minier. En tout cas, on y met des mesures pour qu'ils fassent
cette conversion. Il y aura... s'il y avait une nouvelle mine, une fois
la conversion faite, le processus du BAPE, donc il y aurait des mesures quand
même, là, qui permettraient de baliser, pas l'ensemble, mais au moins ces
mesures.
Le Président (M.
Sainte-Croix) : Allez-y, Mme la députée.
Mme Dufour : Merci.
Donc, pour rassurer Québec meilleure mine!, s'il y a une concession qui n'est
actuellement pas active parce qu'elle aurait arrêté d'être active dans les
dernières années, qu'elle décidait de se... de redevenir une mine, elle
devrait...
Mme Blanchette
Vézina : Convertir, oui.
Mme Dufour : ...elle
devrait passer par le processus du BAPE?
Le Président (M.
Sainte-Croix) : Monsieur... Me Tremblay-Parent, la parole est à
vous.
M. Tremblay-Parent (Gabriel) : Effectivement,
bien, aux conditions prévues, là, dans le règlement, là, qu'on va voir à
l'article 160, là. Mais, comme toute nouvelle mine, il y a un
assujettissement qui est prévu, là, tout à fait.
Mme Dufour : OK.
Merci.
Le Président (M.
Sainte-Croix) : D'autres commentaires, interventions sur
l'article 51 tel qu'amendé? Donc, je
comprends que nous avons vidé l'article. S'il n'y a pas d'autre intervention,
nous allons procéder à la mise aux voix. Est-ce que l'article 51
amendé est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Sainte-Croix) : Adopté. Merci. Article 52.
Mme Blanchette
Vézina : Oui. Merci, M. le Président.
Le Président (M.
Sainte-Croix) : La parole est à vous, Mme la ministre.
Mme Blanchette Vézina : Merci, M. le Président.
52. L'article 120 de cette loi est modifié par... est modifié :
1° par le
remplacement du premier alinéa par les suivants :
«Tout locataire et
tout concessionnaire doivent préparer un rapport, conformément aux modalités
prévues par règlement, qui indique, par mine, les éléments suivants :
«1°
les activités réalisées ainsi que la quantité et la valeur du minerai extrait
entre le 1er janvier et le 31 décembre de l'année précédente;
«2° les droits versés
en vertu de la Loi sur l'impôt minier (chapitre I-0.4) au cours de l'année
précédente;
«3° l'ensemble des
contributions versées;
«4° une
caractérisation des substances minérales se trouvant dans les résidus miniers
issus de l'exploitation;
«5° les autres
renseignements déterminés par règlement.
«Tous les cinq ans,
le rapport prévu au premier alinéa doit également indiquer des informations
concernant la transformation au Québec des substances minérales extraites et
leur expédition hors Québec.
«Le rapport est
transmis, au choix du locataire ou du concessionnaire :
«1° soit au ministre,
au plus tard le 150e jour suivant la fin de son exercice ou, dans le cas
d'une personne physique, de l'année civile;
«2°
soit à l'Autorité des marchés financiers en même temps que la déclaration
exigée en vertu de la Loi sur les mesures de transparence dans les
industries minière, pétrolière et gazière (chapitre M-11.5).»;
2°... 3°...
Excusez-moi.
Le Président (M.
Sainte-Croix) : Est-ce que vous voulez...
Mme Blanchette
Vézina : Il y a une coquille dans...
Le Président (M.
Sainte-Croix) : Ça va?
Mme Blanchette
Vézina : Est-ce qu'on peut suspendre la lecture de l'article?
Le Président (M. Sainte-Croix) :
Oui, oui. Pas de problème. Demande de suspension, s'il vous plaît.
(Suspension de la séance à
16 h 23)
(Reprise à 16 h 24)
Le Président (M. Sainte-Croix) : La
commission reprend ses travaux. Nous étions à la lecture de l'article 52. Je
vous passe la parole, Mme la ministre.
Mme Blanchette
Vézina : Merci, M. le Président. Donc, l'article 120 de cette loi
est modifié :
2° par le remplacement, également, donc, dans le
deuxième alinéa, de «premier» par «troisième». Merci.
Alors, cet article vise à remplacer
l'article 120 de la Loi sur les mines afin d'exiger du titulaire d'un bail
minier ou d'une concession minière des
informations concernant la caractérisation des résidus miniers issus de
l'exploitation, de la transformation
au Québec des substances minérales extraites et de leur expédition hors Québec.
Ces informations seront colligées dans le rapport annuel sur les
activités de la mine transmis à la ministre des Ressources naturelles et des
Forêts.
À l'heure
actuelle, la ministre n'a pas de connaissance sur les substances minérales se
trouvant dans les résidus miniers issus d'une exploitation ou sur
l'utilisation des substances minérales extraites.
Le Président (M. Sainte-Croix) : Merci,
Mme la ministre.
Mme Blanchette Vézina : Précision,
là. Ici, je pense, ce qui va être intéressant, c'est vraiment... on a un besoin
d'aller chercher l'information pour comprendre la transformation... plutôt,
l'exploitation ou l'utilisation des substances
minérales, elle se fait comment. Ça va nous... permettre, pardon, d'avoir des
meilleurs programmes puis savoir aussi où vont les exportations.
Le Président (M. Sainte-Croix) : Ça
complète? Merci. Y a-t-il des interventions?
M. Fortin : Sur le...
Le Président (M. Sainte-Croix) : M.
le député de Pontiac, la parole est à vous.
M.
Fortin : Merci, M. le Président. Juste sur le... Là, je
comprends que l'objectif, là, la... ce qui change vraiment, c'est la
caractérisation des substances minérales se trouvant dans les résidus miniers.
C'est... Ça, c'est le changement principal.
Mme Blanchette Vézina : Transformation
au Québec également.
M. Fortin : La transformation au Québec. Là, vous êtes...
Mme Blanchette Vézina : «Tous les
cinq ans...»
M. Fortin : Ah oui! OK. Oui.
Mme
Blanchette Vézina : «...concernant la transformation au Québec des
substances et leur expédition hors Québec.»
M. Fortin : Oui. OK. Juste... Peut-être que vous pouvez nous dire,
là... Et, moi, il y a une chose que j'haïs dans... partout au gouvernement, là,
que ce soit au ministère des Ressources naturelles ou ailleurs, là, dans...
puis c'était comme ça au ministère des Transports, c'est : n'importe où au
gouvernement, quand on demande la même affaire
deux fois, là, c'est à peu près la pire chose qu'on peut faire à des citoyens,
des entreprises, peu importe, là. Il y a des gens qui nous ont mentionné que
vous demandez essentiellement la même affaire que la directive 19 au
ministère de l'Environnement, là. L'avez-vous regardé, ça? C'est le CPEQ
qui nous a parlé de ça.
Une voix : ...
M. Fortin : Ah!
il y a quelqu'un qui l'a regardé. Excellent.
Le Président (M. Sainte-Croix) : Mme
la ministre.
Mme Blanchette Vézina : On l'a
regardé, oui. Je céderais la parole à Mme Garon.
Le Président (M. Sainte-Croix) : Mme
Garon, la parole est à vous.
Mme Garon (Renée) : Oui, bonjour.
Vous parlez de la caractérisation?
M. Fortin : Oui.
Mme Garon (Renée) : En fait, on ne
demande pas la même chose. On pourrait, oui, s'entendre sur des éléments pour lesquels on pourrait, tu sais, avoir
un rapport coordonné, mais eux, ils évaluent l'aspect environnemental de
ce qui est situé sur le terrain. Nous, ce qui nous intéresse, c'est la
caractérisation plus économique. Donc, qu'est-ce que ça contient? Est-ce que
c'est possible d'en faire une réutilisation?
Ça fait que,
oui, c'est embêtant parce que c'est sensiblement la même expression, mais, dans
les faits, ce n'est pas nécessairement les mêmes éléments qui sont
regardés.
M. Fortin : C'est la même expression. Bien, l'objectif... j'imagine, l'objectif du
ministère de l'Environnement, là, c'est de savoir qu'est-ce qu'il y a
sur le terrain, mais vous aussi, c'est juste que vous allez le lire
différemment, là, vous allez le lire avec un oeil économique.
Mme Garon (Renée) : C'est ça. Eux autres,
dans le fond, ce qu'ils regardent... Puis on a le même... dans le fond, c'est la même préoccupation quand on parle, par
exemple, de restauration, là. Tu sais, nous, on fait une caractérisation quand
on fait la restauration environnementale parce qu'on regarde c'est quoi, les
contaminants. Eux, ils le font... quand ils demandent une caractérisation,
c'est cet aspect-là. Mais, si on veut le faire dans un objectif d'économie
circulaire ou de maximisation des retombées, c'est la valeur économique qui
nous intéresse.
M.
Fortin : OK. Alors là, l'exploitant, là,
le concessionnaire ou le locataire, là, il va falloir qu'il prépare un rapport
pour vous puis un rapport pour le ministère de l'Environnement?
Mme Garon (Renée) : Bien, en fait, ce qu'on
va tenter, puis on a commencé des discussions avec nos collègues du...
c'est d'avoir un rapport qui pourrait contenir ces...
Une voix :
...
Mme Garon
(Renée) : Pardon?
Une voix : ...
Mme Garon (Renée) : Oui. Donc, un rapport qui
pourrait contenir les informations qui intéressent les deux ministères.
M.
Fortin : OK. Un rapport d'information qui
va...
Mme Garon
(Renée) : On va...
M.
Fortin : ...aux deux ministères.
Mme Garon (Renée) :
On travaille à ça, oui.
Le Président (M.
Sainte-Croix) : Merci, Mme Garon.
M.
Fortin : On touche du bois.
Le Président (M.
Sainte-Croix) : Merci. Mme la ministre, voulez-vous intervenir?
Mme Blanchette
Vézina : Oui. C'était vraiment pour préciser qu'il y a un travail pour
justement regrouper certaines des demandes qui sont formulées pour qu'il y ait
un rapport pour les deux ministères.
M.
Fortin : Je profite...
Le Président (M.
Sainte-Croix) : Allez-y, M. le député.
M.
Fortin : Je profite de la dernière minute
de nos travaux avant qu'on revienne mardi prochain, puis je vais l'avoir oublié, là, mais je tiens à dire :
Les explications de Mme Garon sont excellentes, elles sont toujours très claires,
toujours très précises. Et j'apprécie beaucoup son... sa transparence et son
expertise.
Le Président (M.
Sainte-Croix) : Nous en prenons bonne note. D'autres interventions?
L'article 52. Oui?
Mme Dufour : Il
va y en avoir vraiment beaucoup.
Le Président (M.
Sainte-Croix) : Oui? Excellent. Voulez-vous qu'on...
Mme Blanchette
Vézina : Bien, dans le...
M.
Fortin : Voulez-vous qu'elle se lance tout
de suite ou qu'elle se lance mardi?
Mme Blanchette
Vézina : C'est ça, considérant l'heure...
Le Président (M.
Sainte-Croix) : Bien, libre à vous, libre à vous. Il reste
30 secondes.
Mme Dufour : Bien,
si je...
Le Président (M.
Sainte-Croix) : Non? Excellent.
Mme Dufour : Non, parce que je pense
qu'on est mieux d'attendre au retour.
Le Président (M. Sainte-Croix) : Excellent.
Donc, je comprends que l'on va procéder à la fermeture de notre rencontre.
Donc, je vous remercie pour votre collaboration.
Compte tenu de l'heure, la commission ajourne
ses travaux jusqu'au mardi 29 octobre à 9 h 45.
(Fin de la séance à 16 h 30)