Journal des débats (Hansard) of the Committee on Agriculture, Fisheries, Energy and Natural Resources
Version préliminaire
43rd Legislature, 1st Session
(November 29, 2022 au September 10, 2025)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
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Wednesday, February 12, 2025
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Vol. 47 N° 46
Clause-by-clause consideration of Bill 69, An Act to ensure the responsible governance of energy resources and to amend various legislative provisions
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Intervenants par tranches d'heure
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Montigny, Yves
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Cadet, Madwa-Nika
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Cadet, Madwa-Nika
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Montigny, Yves
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Bouazzi, Haroun
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Fréchette, Christine
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Paradis, Pascal
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Garceau, Brigitte B.
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Garceau, Brigitte B.
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Montigny, Yves
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Kelley, Gregory
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Cadet, Madwa-Nika
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Fréchette, Christine
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Sainte-Croix, Stéphane
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Bernard, Daniel
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Bussière, Robert
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Tremblay, François
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Lamothe, Denis
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Bouazzi, Haroun
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Paradis, Pascal
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Paradis, Pascal
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Montigny, Yves
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Kelley, Gregory
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Bouazzi, Haroun
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Bouazzi, Haroun
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Montigny, Yves
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Garceau, Brigitte B.
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Cadet, Madwa-Nika
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Fréchette, Christine
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Sainte-Croix, Stéphane
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Bernard, Daniel
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Montigny, Yves
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Fréchette, Christine
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Paradis, Pascal
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Bernard, Daniel
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Bussière, Robert
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Tremblay, François
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Lamothe, Denis
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Garceau, Brigitte B.
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Cadet, Madwa-Nika
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Bouazzi, Haroun
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Kelley, Gregory
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Kelley, Gregory
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Montigny, Yves
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Garceau, Brigitte B.
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Bouazzi, Haroun
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Fréchette, Christine
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Sainte-Croix, Stéphane
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Bernard, Daniel
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Bussière, Robert
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Tremblay, François
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Lamothe, Denis
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Cadet, Madwa-Nika
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Kelley, Gregory
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Montigny, Yves
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Bouazzi, Haroun
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Paradis, Pascal
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Paradis, Pascal
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Montigny, Yves
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Garceau, Brigitte B.
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Garceau, Brigitte B.
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Montigny, Yves
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Fréchette, Christine
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Cadet, Madwa-Nika
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Fréchette, Christine
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Montigny, Yves
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Kelley, Gregory
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Garceau, Brigitte B.
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Cadet, Madwa-Nika
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Sainte-Croix, Stéphane
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Bernard, Daniel
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Bussière, Robert
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Lamothe, Denis
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Tremblay, François
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Paradis, Pascal
11 h (version révisée)
(Onze heures seize minutes)
Le Président (M. Montigny) :
Alors, à l'ordre, s'il vous plaît! Merci. Ayant constaté le quorum, je
déclare la séance de la Commission de l'agriculture, des pêcheries, de
l'énergie et des ressources naturelles ouverte.
La commission est réunie afin de
poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 69, la Loi assurant la
gouvernance responsable des ressources énergétiques et modifiant diverses
dispositions législatives.
Mme la secrétaire, malgré le bruit,
aujourd'hui, des travaux, est-ce qu'il y a des remplacements?
La Secrétaire
: Oui, M.
le Président. M. Rivest (Côte-du-Sud) est remplacé par M. Lamothe
(Ungava); M. Ciccone (Marquette) est remplacé par Mme Garceau
(Robert-Baldwin); M. Fortin (Pontiac) est remplacé par Mme Cadet
(Bourassa-Sauvé).
Le Président (M. Montigny) :
Merci beaucoup. Maintenant, lors de l'ajournement des travaux hier, nous étions
à l'étape des motions préliminaires. Mme la députée de Bourassa-Sauvé était
dans son intervention. Il vous reste, Mme la députée, 22 min 30 s
pour votre intervention. Je vous donne la parole maintenant, tout en rappelant
que nous faisons des vérifications pour le bruit. Merci.
Mme Cadet : C'est bon.
Bien, merci, M. le Président. Donc, je reprends mon intervention et j'en
profite, donc, pour saluer à nouveau les collègues. J'espère que les
téléspectateurs assidus, qui sont suspendus à nos lèvres, n'ont pas... en fait,
n'entendent pas, donc, ce que nous entendons en ce moment. Donc, j'espère que
nous serons... malgré le fait que ce bruit ambiant, donc, testera notre
patience, que nous serons en mesure de bien mener nos travaux.
Donc, hier... lorsque nous avons suspendu
nos travaux hier, en fin de journée, j'en étais à appuyer la motion de mon
collègue, la motion préliminaire que nous voyons à l'écran, que je relis pour
notre bénéfice :
«Conformément à l'article 244 du
règlement de l'Assemblée nationale», donc, mon collègue de Jacques-Cartier fait
«motion afin :
«Que la Commission de l'agriculture, des
pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles tienne, dans le cadre de l'étude
détaillée du projet de loi n° 69, Loi assurant la gouvernance responsable
des ressources énergétiques et modifiant diverses dispositions législatives,
des consultations particulières; et
«Qu'à cette fin, elle entende M. Michael
Sabia, président-directeur général d'Hydro-Québec.»
Mon collègue de Jacques-Cartier a eu l'occasion
d'étayer son propos à l'occasion, donc, de sa propre allocution. Donc, c'était
à mon tour de le faire. Je reprends, M. le Président, en rappelant, donc,
certains principes que j'ai émis lors de l'étude, donc, d'une autre motion
préliminaire, où nous demandions également des consultations particulières pour
entendre quelques groupes du... donc, de consommateurs, donc, d'électricité,
donc, quelques groupes industriels, l'alliance ayant été formée à cet effet par
sept groupes, le 5 novembre dernier, sur le...
Et donc je reprenais, donc, le principe <suivant...
Mme Cadet :
...sept groupes,
le 5 novembre dernier, sur le...
Et donc je reprenais, donc, le principe
>suivant, du fait que nous ne pouvons pas décontextualiser l'étude
détaillée de ce projet de loi. Je l'énonce, et ce n'est pas quelque chose que
nous avons émis hier en fin de journée, mais la ministre elle-même, hein? Lorsque
les journalistes la questionnaient sur le.... bon, sur les motifs, là, qui
faisaient en sorte que nous n'étions pas en train d'étudier ce projet de loi
ci, donc, à l'automne, elle disait, le 2 décembre dernier, que le
président Donald Trump, que Trump provoque le report du projet de loi sur
l'énergie, et qu'il fallait donc, et ce sont, donc, ses termes, donc... en
fait, il fallait, donc, regarder, donc, comment les tarifs qui seraient
imposés, donc, nous toucheraient. Je la cite : «L'arrivée de la nouvelle
administration aux États-Unis vient un peu changer la donne. S'il y a des
tarifs qui sont imposés, ça vient changer la nature de la compétitivité des
entreprises au Québec, et, par conséquent, on veut voir un peu comment les
choses vont se placer avant d'aller de l'avant, car il y a notamment la
question de la tarification dans le projet de loi.»
Donc, c'est ce qu'a expliqué la ministre
de l'Énergie, de l'Innovation, de l'Économie et de l'Énergie, le
2 décembre dernier, aux médias qui nous... lui posaient des questions sur
cette pièce dite maîtresse du gouvernement en matière de gouvernance
énergétique. Bien, c'est exactement le... En fait, nous reprenons les propos de
la ministre. Si vous avez bien compris, M. le Président, c'est exactement cet
esprit-là qui sous-tend nos argumentaires face aux différentes motions
préliminaires que nous déposons aujourd'hui, notamment celle-ci pour réentendre
M. Sabia.
• (11 h 20) •
M. Sabia, l'automne dernier, a eu
l'occasion, donc, d'ouvrir la session parlementaire au début du mois de
septembre en nous émettant, donc, son... sa perspective, donc, sur le rôle,
donc, d'Hydro-Québec, parce qu'évidemment donc, elle est au cœur, donc, du...
cette institution est au coeur du projet de loi, et lui aussi, il a eu
l'occasion, donc, d'étayer son propos à ce moment-là. Mais, vous comprenez,
comme je le disais, donc, il y a un avant et un après le 5 novembre 2024,
et d'autant plus un avant et un après 20 janvier 2025.
Dans cette perspective, M. le Président,
il nous apparaît absolument opportun d'entendre M. Sabia sur, bon, comment,
lui, il considère que la donne a changé. Donc, ce sont... je reprends, donc,
cette nomenclature de la ministre, donc, que la donne, elle a changé avec
l'arrivée de Donald Trump au pouvoir, notamment, donc, sur le pacte social. Je
le disais, donc, dans ces... dans les... la période, donc, d'échange avec la
députée de Saint-Laurent, donc, il nous parlait de la question, donc, de
l'interfinancement, donc, du pacte social. La ministre, donc, l'a même, elle,
évoqué, donc, le projet de loi évoque la question de la tarification. Je pense
qu'il est essentiel de bien saisir comment M. Sabia... qu'est-ce que... si ses
réponses à lui, donc, auraient changé aussi dans les circonstances.
Je le dis, et ce n'est pas parce que, bon,
nous, par... nous, comme parlementaires, donc, nous... Bon, évidemment, donc,
oui, nous souhaitons nous-mêmes l'entendre, mais on... nous comprenons que ces
consultations, elles sont de nature publique. Donc, non seulement, donc, nous
aurions ce privilège-là de pouvoir le faire, parce que, bien évidemment, la
ministre, en sa qualité de ministre de l'Énergie, rencontre assurément M.
Sabia, ça, nous le comprenons, mais étant donné la nature très structurante du
projet de loi, bien, je pense que les Québécois sont en droit de savoir ce que
le président-directeur général d'Hydro-Québec pense de l'arrivée de Donald
Trump, et comment cela modifie, module, altère sa vision... sa vision quant à
notre avenir énergétique, et, par conséquent, nous permette, comme
parlementaires, de nous orienter, et de le faire, donc, de façon publique, de
le faire de façon transparente.
Notamment, lorsque M. Sabia est venu, en
septembre dernier, exprimer, bon, son... exprimer son point de vue, étayer sa
perspective, nous l'avons aussi entendu émettre, donc, certaines remarques, et
je le cite, donc... ou, en fait, donc, je cite, donc, les... comment est-ce que
les journaux, donc, l'ont titré à ce moment-là. Il nous a dit, donc : «Le PDG
d'Hydro-Québec, Michael Sabia, a notamment reproché au gouvernement d'avoir
offert beaucoup d'énergie à faible prix aux multinationales étrangères au
détriment des entreprises d'ici.» Donc, un autre journal nous indiquait :
«Les entreprises québécoises n'ont pas obtenu leur juste part des mégawatts
disponibles, selon M. Sabia.»
Vous comprenez donc que... on disait... je
disais, M. le Président, donc, qu'il y a un avant et un après, hein? Donc, si,
en septembre <dernier...
Mme Cadet :
...que...
on disait... je disais, M. le Président, donc, qu'il y a un avant et un après,
hein? Donc, si, en septembre >dernier... et tout comme le faisait, donc,
notre collègue de Saint-Laurent, donc, dès la rentrée parlementaire, donc,
nous, vous le savez, donc, nous avons questionné l'enjeu de l'attribution des
blocs d'énergie... si cet enjeu-là était déjà au cœur des préoccupations de
M. Sabia en septembre 2024, vous vous imaginez à quel point cet enjeu,
donc, demeurera aussi à l'avant-plan de ses différentes préoccupations dans un
contexte de menaces tarifaires, et surtout, dans un contexte de guerre
tarifaire. On le voit, donc, bon, le premier ministre est en ce moment, donc,
aux États-Unis, et notre fil d'actualité est constamment, donc, mis à jour
quant à la possibilité, donc, de contre-tarifs qui viendraient toucher nos
différentes industries.
Je parlais du pacte social plus tôt, le...
où M. Sabia nous avait donc longuement, donc, parlé, donc, de la question
de l'interfinancement des différentes entreprises. Le... Ce que... Je lui
demandais si son point de vue, donc, il a changé à cet effet-là, donc, sur les
entreprises, donc, qui sont à... qui sont, donc, des gros consommateurs, donc,
au tarif L, donc comment celles-ci, donc, seraient mises... seraient mises à
profit dans le contexte, donc, stratégique où nous... donc, nous faisons face,
donc, à cette menace de la part d'un partenaire économique, d'un partenaire
financier.
Je reprends donc la question de l'accès
aux blocs d'électricité aux entreprises déjà établies en vous nommant, donc,
ces deux exemples que nous avons... que nous avons indiqués, M. le Président. À
l'époque, en septembre dernier, nous vous parlions de l'exemple des Forges de
Sorel. Je le disais, dans une autre... dans une autre allocution, donc, Les Forges
de Sorel, donc, étant, donc, dans l'industrie de l'acier, l'industrie de
l'acier étant, donc, une... étant notamment, donc, extrêmement touchée par la
question des tarifs, puisqu'il y a plus de concurrents américains dans cette
industrie-là et donc que les clients, donc, pourraient se retrouver avec des
alternatives, oui. Donc, je vous nomme, donc, cet exemple-ci.
Je vous en nomme un autre aussi, dans un
contexte de compétitivité, qui est QScale. La semaine dernière, on a eu
l'occasion de questionner le gouvernement en... dans la foulée du départ, que
le premier ministre a qualifié de sauvage, ce sont ses termes, de... Dans tous
les cas, donc, je pense qu'on pourrait, donc, à tout le moins qualifier ce
départ d'inélégant de notre... de notre contexte québécois, du sol québécois.
Et dans cette perspective-là, donc, nous avons... nous avons appelé le
gouvernement, donc, à revoir sa relation d'affaires avec l'entreprise Amazon,
et surtout, de dire, bien, voilà, donc, si notre gouvernement, donc, doit
revoir sa relation d'affaires avec cette entreprise-là, ce n'est pas seulement,
donc, une question, donc, de ses achats, de ses approvisionnements, mais c'est
aussi, donc, qu'elle... je pense que ça se calme, M. le Président, donc, tout à
coup, on entend beaucoup mieux, donc on arrive à se concentrer, merci... mais
c'est aussi comme tout ce qui se déroule du côté du domaine de l'infonuagique.
Et QScale, c'est une entreprise qui est
sortie dans les médias il y a... il n'y a pas si longtemps, donc, en fait,
donc, bien avant l'enjeu... bien avant... bien avant, donc, le départ d'Amazon,
et qui nous parlait déjà de cet... ce concept de souveraineté numérique, qui
nous parlait déjà, en d'autres termes, de Québec d'abord, mais sur le plan
numérique, et de comment, donc, il serait beaucoup plus opportun pour nous de
mettre de l'avant la compétitivité de nos entreprises québécoises dans la
conservation et dans la facilité de pouvoir bien stocker les données
personnelles des Québécois et des Québécoises.
Donc, on a cette entreprise-là, qui est un
concurrent direct d'Amazon, qui a... qui aurait donc cette capacité, donc, de
pouvoir remplir cette mission ou, du moins, remplir, donc, une partie, donc, du
rôle que joue Amazon, et auquel, donc, le gouvernement actuel a octroyé ces
contrats-là. Hein, on se rappellera, c'est quand même le gouvernement de la CAQ
qui a fait entrer le loup dans la bergerie, et ce qui fait en sorte, donc,
qu'Amazon donc, détient, donc, plusieurs de nos données personnelles. Et on
comprend que ce qui est un frein, ce n'est pas leur capacité d'action. Ce qui
est un frein à pouvoir déployer leur service, donc, ce n'est pas, donc, le
financement qu'ils reçoivent, par exemple, de bailleurs de fonds privés, ce n'est
pas donc, leur expertise. Au contraire, M. le Président, ce qui est un frein à
leur développement, bien, c'est le fait qu'ils se sont vu refuser l'attribution
de différents blocs d'énergie par le gouvernement actuel.
Hier, M. le Président, j'ai rappelé la
politisation de l'attribution des blocs d'énergie, j'ai rappelé comment, au
début de cette législature-ci, lors du projet de loi n° 2, donc, l'ancien
ministre de l'Énergie, le <ministre...
Mme Cadet :
...au
début de cette législature-ci, lors du projet de loi
n° 2,
donc, l'ancien ministre de l'Énergie, le >ministre Fitzgibbon, donc, a
décidé, donc, de ramener vers lui l'attribution de ces différents blocs plutôt
que de conserver cette... ce mandat du côté d'Hydro-Québec. Nous l'avions
critiqué à l'époque et nous continuons de le critiquer aujourd'hui, non
seulement pour tous les motifs qui ont été évoqués par les milieux d'affaires,
qu'ils trouvaient qu'ils voyaient là, donc, une certaine... un certain manque
de prévisibilité et qui se questionnaient beaucoup sur la légitimité de cette
décision-là, mais, aujourd'hui, dans le contexte où nous nous trouvons, le fait
que des entreprises québécoises qui concurrencent des entreprises étrangères se
soient vues refuser ces blocs d'énergie, bien, ça nous met dans une position de
faiblesse.
Si M. Sabia, parce que j'en reviens à
lui, si M. Sabia, au moment de son apparition en commission parlementaire,
au mois de septembre, a jugé bon de nous prévenir quant à la surallocation de
ces blocs d'énergie à ces... à faible prix, et je reprends ses termes ici, aux
multinationales étrangères... il disait alors vouloir mettre cartes sur table,
hein, c'était les termes qu'il a privilégiés... bien, s'il a cru bon de nous
mettre en garde contre cette décision qui... et là, donc, j'extrapole un peu,
mais j'imagine que l'objectif, c'était de nous dire que ce n'était pas
nécessairement une décision tout à fait stratégique pour le Québec, pour la
compétitivité de nos entreprises, que ce n'était peut-être pas une décision
stratégique, malgré, donc, un contexte géopolitique qui était favorable au fait
que l'on puisse le faire à l'époque... bien, je peux... je ne peux que présumer
que, dans le contexte post-élection de Donald Trump, que les propos de
M. Sabia iraient encore plus, donc, dans ce sens-là. Et je nous enjoins,
M. le Président, à lui poser ces questions, à vouloir, donc, le rappeler.
• (11 h 30) •
Je revois, donc, un article, donc, du
10 septembre 2024 disant : «Le PDG d'Hydro-Québec, Michael Sabia, a
volé la vedette à la rentrée parlementaire. Il a passé un message percutant au
premier ministre en reprochant à son gouvernement d'avoir trop donné d'énergie
aux nouvelles entreprises étrangères au détriment de la décarbonation des
entreprises déjà existantes. Cartes sur table, je pense qu'il faut rebalancer
les choses.» Donc, ce sont ses termes, M. le Président, et dans le contexte
géopolitique qui a changé. Je vous ai donné les exemples d'Amazon, et la
réaction du gouvernement, donc, a été, donc, dans... a été, donc, de dire, donc,
voilà, donc, il faudrait, donc, que l'on puisse se retirer ou revoir, donc,
cette relation, donc, ce que nous avons demandé. Je repense, donc, à des
industries... je repense, encore une fois, donc, aux Forges de Sorel, on le
rappelle, donc, qui est membre, donc, du secteur de l'acier, alors que ces
secteurs de l'acier et de l'aluminium sont frappés par des menaces tarifaires
de 30 %... de l'ordre de 25 %. Donc, dans cette perspective-là, il y
a un travail à faire dans l'attribution des blocs d'énergie, et il serait tout
à fait pertinent d'entendre M. Sabia nous entretenir de sa vision à cet
égard.
Un autre point, M. le Président, qui me
semble tout à fait pertinent à revoir avec M. Sabia en commission
parlementaire, c'est la question des emplois. Mon collègue de Jacques-Cartier,
hier, dans sa... dans son allocution, donc, a effleuré le sujet. Donc, je vous
remets ici en perspective, hein? Moi, j'ai été surprise, il y a deux semaines,
donc, lors... bon, le samedi soir où le premier ministre, donc, a fait son
annonce publique aux médias québécois, à la population québécoise, voulant donc
annoncer, donc, quel serait, donc, le plan suite à l'annonce de M. Trump
de nous présenter, donc, des tarifs de l'ordre de 25 %, et, bon, annonce,
donc, qui, par la suite, donc, nous a octroyé un sursis de 30 jours.
À ce moment-là, le premier ministre, donc,
a d'emblée annoncé à la population que les employés, les salariés du secteur
manufacturier... on a ..., les membres de MEQ, Manufacturiers et Exportateurs
du Québec, on parle de 503 000 emplois qui sont dans ce secteur-là...
mais qu'en fait que 20 % de ces emplois-là seraient à risque. Il a
mentionné à la population, donc, qu'il y aurait, donc, des risques de perte de
près de 100 000 emplois, et ce n'était pas la première fois qu'il
mentionnait ce chiffre. Donc, de sa toute première intervention publique, le
premier ministre l'avait fait également. Et, à ce moment-là, M. le Président,
il nous a immédiatement... il est... immédiatement lancé le message suivant à
la population, mais également, donc, aux... en fait, aux travailleurs du secteur
manufacturier, il leur a dit : Bien, inquiétez-vous pas, malgré le fait
que j'estime qu'il y aura des pertes de près de 100 000 emplois, bien nous
serons en mesure, donc, d'aller... de déplacer ces emplois-là...
11 h 30 (version révisée)
Mme Cadet : ...malgré le fait
que j'estime qu'il y aura des pertes de près de 100 000 emplois, bien,
nous serons en mesure, donc, d'aller... de déplacer ces emplois-là vers les
chantiers d'Hydro-Québec.
Vous êtes... Je ne sais pas si vous, vous
avez été surpris, M. le Président, mais, moi, de mon côté, ces propos-là m'ont
laissée très dubitative parce que... bien, d'abord, je me suis questionnée sur
leur faisabilité, mais surtout, je me suis dit que la menace tarifaire qui
plombait, donc, surtout notre secteur manufacturier... puis on en parlait hier,
on a déposé une motion en ce sens, donc, pour que, donc, Manufacturiers et
Exportateurs du Québec, donc, MEQ, qui est membre de l'alliance que je nommais
un peu plus tôt, puisse également, donc, revenir en commission parlementaire et
nous parler de leur contexte post-tarifaire, alors qu'on nous a émis des
recommandations sur la prévisibilité, sur la transparence et sur le fait que
les tarifs, donc, s'appuient sur... la hausse ou la modulation des tarifs s'appuie
sur des coûts réels assumés par la société d'État.
Donc, considérant, donc, tout ceci, le...
ce qui m'a semblé le plus important, M. le Président, ce qui m'aurait semblé
plus important à envoyer comme message à la population, bien, ça aurait été de
dire : Bien, puisque nous vous mentionnons de vive voix l'importance de la
diversification des marchés, bien, ces emplois-là doivent demeurer dans le
secteur et doivent, donc... peut-être, oui, donc, voir, donc, à une certaine,
donc, requalification, mais à l'intérieur du secteur, pour permettre cette
diversification. Parce que lorsqu'il y aura une reprise, bien, ces travailleurs-là,
bien, seront nécessaires à cette reprise-là. Parce que, s'ils quittent en grand
nombre, bien, ce ne sera pas tout à fait facile, du jour au lendemain, de les
voir revenir dans le secteur manufacturier.
On peut penser, M. le Président, à ce qu'on
a vu dans la pandémie, dans le secteur aéronautique, par exemple, dans un
secteur où, bien évidemment, donc, les vols, donc, ayant été, donc,
complètement annulés, étant donné les mesures sanitaires, et c'était important
de le faire, bien, les carnets de commandes des fournisseurs de cette industrie-là,
donc, se sont... se sont vidés, et, évidemment, donc, les travailleurs ont dû
changer de secteur à ce moment-là. Mais, lorsqu'il y a eu une reprise, ce qu'on
a constaté dans le secteur aéronautique, c'est que c'était absolument... c'était
tout à fait difficile, donc, de reprendre aussi facilement, de redémarrer la
machine de façon efficace, mais parce que bien des travailleurs, et c'est
normal, avaient quitté.
Ici, on n'est pas du tout dans le même
contexte. Nous ne sommes pas dans un contexte pandémique, M. le Président.
Donc, dans cette perspective, il m'apparaît beaucoup plus primordial, il nous est
apparu beaucoup plus primordial de voir, de veiller à ce que ces emplois, donc,
soient conservés, qu'ils soient... qu'il y ait, donc, peut-être, donc, une
revue du développement des compétences de la main-d'œuvre, afin, donc, de voir
à une hausse de la productivité des entreprises, mais surtout, à veiller à ce
que ces travailleurs soient là, donc, lorsque le Québec, donc, sera prêt, donc,
à diversifier ses marchés, soit vers la levée des tarifs réglementaires, pour
permettre, donc, une plus grande fluidité interprovinciale, mais également se
tourner vers les marchés européens et asiatiques.
M. Sabia, donc, comme PDG d'Hydro-Québec,
nous a présenté son plan d'action, hein, son Plan d'action 2035 qui s'appelait,
donc, Vers un Québec décarboné et prospère. Dans ce Plan d'action 2035,
il nous mentionnait... donc, qui avait été déposé, donc, en novembre 2023, il
nous mentionnait qu'il faudrait 35 000 travailleurs par année pour pouvoir
réaliser ce plan et nous mener, donc, à cette... à cette décarbonation. Donc,
ce que j'ai saisi du premier ministre, d'abord, c'est de se dire : Mon
Dieu, peut-être que le premier ministre, il a voulu saisir la balle au bond et
régler son problème, parce qu'il n'a jamais été en mesure... et, pour toutes
les fois qu'on a posé la question, que j'ai posé la question à la ministre de l'Emploi,
que notre chef intérimaire a posé la question au premier ministre sur où est-ce
qu'il trouverait ces 35 000 travailleurs là, il n'a jamais été en mesure
de nous répondre. Et le message qu'on a envoyé aujourd'hui au secteur
manufacturier, eh bien... selon nous, bien, l'objectif, donc, ce n'est pas,
donc, de les déshabiller pour pouvoir habiller, donc, les chantiers d'Hydro-Québec.
C'est la première des choses.
Mais aussi, considérant ce plan d'action
là, bien, ce serait important, donc, de voir comment M. Sabia, dans le nouveau
contexte actuel... je viens de le nommer, donc, encore une fois, donc, c'est un
contexte où notre secteur manufacturier, nos secteurs de l'acier et de l'aluminium
se font frapper directement par ces différentes menaces tarifaires... donc,
comment, sur le plan stratégique, Hydro-Québec peut être un allié et comment,
donc, sur le plan de la... de la main-d'œuvre, qu'on... qu'on l'entend et
qu'on... qu'on puisse veiller, oui, à la réalisation des intérêts stratégiques
et des objectifs stratégiques de <la...
Mme Cadet :
...et
qu'on... qu'on puisse veiller, oui, à la réalisation des intérêts stratégiques
et des objectifs stratégiques de >la société d'État, mais également
comment, pour le Québec dans son ensemble, les mesures mises de l'avant soient
les plus judicieuses et les plus appropriées possible dans une perspective de
pacte social, peut-être pas le même pacte social dont il faisait mention, dont
il parlait lors de sa première venue en commission parlementaire, mais dans...
Le Président (M. Montigny) : En
conclusion.
Mme Cadet : ...dans cette
perspective plutôt générale.
Donc, merci beaucoup, M. le Président.
Donc, encore une fois, j'appuie cette motion préliminaire. Merci beaucoup.
Le Président (M. Montigny) : Merci,
Mme la députée. Alors, est-ce qu'il y a d'autres interventions? Oui, M. le
député de Maurice-Richard, je vous laisse la parole.
Est-ce que vous intervenez au nom de votre chef?
M. Bouazzi : Non.
Le Président (M. Montigny) : Parce
que le temps n'est pas le même. Alors, je vous laisse votre intervention.
Merci.
M. Bouazzi : Et c'est combien
de temps? 10 minutes. C'est ça?
Le Président (M. Montigny) : Vous
avez donc 10 minutes, M. le député.
M. Bouazzi : 10 minutes.
C'est parfait. Je vais être court, peut-être, pour rassurer la banquette en
face, mais je pense que c'est une très bonne... c'est une très bonne motion,
effectivement.
• (11 h 40) •
D'abord, il y a des nouvelles informations
qui se sont passées depuis la dernière fois où M. Sabia est venu, parmi
lesquelles le fait qu'il y a au moins un certain nombre de départements où il y
a des gels d'embauche. Et on se demande, dans un contexte où on va dépenser
180 milliards de dollars en très peu de temps, où on cherche
20 000 personnes, au minimum, et on veut accaparer 20 % du
marché de la construction juste pour les lignes de transport, je m'explique mal
comment est-ce que cette situation peut être compatible avec des gels
d'embauche, surtout sachant qu'il y a des économies qui ont été demandées à Hydro-Québec.
Ça fait qu'on aimerait comprendre quel genre d'économies lui ont été demandées
et quel genre d'impacts ces économies vont avoir sur les capacités d'Hydro à
livrer ce qu'elle est censée livrer.
La deuxième information sur laquelle je
pense qu'il serait important de questionner M. Sabia, c'est... d'un côté, on
entend qu'Hydro-Québec va être plus présente sur les différents projets de
l'éolien, mais, de l'autre côté, on entend aussi que ce n'est pas les
ingénieurs d'Hydro-Québec qui vont être sollicités. Or, M. le Président, je ne
peux que me rappeler la douloureuse commission... zut! comment elle s'appelait,
sur la corruption des contrats, y compris de la ville, mais pas seulement,
c'était Charbonneau, Charbonneau, où on s'est rappelé que le fait que la ville,
entre autres, manquait d'expertise et que c'était du privé qui faisait des
travaux et un autre au privé qui validait que les travaux étaient bons, etc.,
était une des raisons de la quantité de perte d'argent public et, disons,
d'apparence de corruption, voire de corruption, bon. Et l'idée de se dire que
ce n'est pas les ingénieurs d'Hydro-Québec, qui, quand même, on peut se le
dire, sont une fierté pour le Québec, ont construit des choses absolument
extraordinaires à travers les différents... les différents projets pharaoniques
qui entourent les barrages, et qu'une turbine qui tourne dans l'eau, ça...
c'est quand même... reste une turbine par rapport à celle qui tourne dans les
airs, ça fait qu'on serait vraiment curieux de voir comment est-ce qu'on peut
garantir une saine gouvernance d'un côté, une expertise québécoise, en se
passant de l'expertise des ingénieurs ou en n'embauchant pas des ingénieurs qui
vont travailler sur ces gros projets d'éoliennes.
Ça fait que, pour toutes ces raisons, je
pense qu'inviter M. Sabia au sein de cette noble institution serait une bien
bonne idée. Donc, j'appuie cette proposition. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Montigny) : Parfait.
Merci beaucoup, M. le député. Il y a d'autres interventions? Mme la ministre,
je crois.
Une voix : ...
Le Président (M. Montigny) : Oui,
par alternance.
Mme Fréchette : Je peux
laisser le député passer aussi...
Le Président (M. Montigny) : Parfait.
À ce moment-là, je vais céder la parole au député de Jean-Talon.
M. Paradis : Merci. Merci à
notre collègue de Jacques-Cartier pour cette motion. Merci à notre collègue
aussi de Bourassa-Sauvé pour son exposé éloquent des multiples raisons pour
lesquelles on devrait entendre le PDG d'Hydro-Québec à ce moment-ci.
Il va sans dire que j'appuie cette motion.
S'il y a une personne qu'il faut absolument entendre, alors que nous amorçons
nos débats sur un projet de loi <qui...
M. Paradis :
...motion.
S'il y a une personne qu'il faut absolument entendre, alors que nous amorçons
nos débats sur un projet de loi >qui va au cœur de l'avenir énergétique
et économique du Québec, c'est bien Michael Sabia. D'abord, en faisant ça, on
répondrait à son... à son propre appel. Il... Je pense qu'il faut saluer la
transparence dont il a fait preuve dans des... dans des interventions précédentes
ici. On l'a reçu à quelques reprises en commission parlementaire, j'ai moi-même
eu la chance, comme certains de mes collègues, d'échanger avec lui, et il nous
a dit ça, qu'il allait être transparent, qu'il était dans cette optique d'un
dialogue avec les membres de l'Assemblée nationale.
Et je me souviens qu'après son passage le
30 novembre 2023, et en commission parlementaire, je lui avais suggéré
qu'il pourrait personnellement participer, en compagnie de la haute direction d'Hydro-Québec,
à des consultations avec les représentants de la société civile et, bien sûr,
avec des représentants de l'Assemblée nationale pour discuter de sa vision de
l'avenir énergétique du Québec. Il avait... Il avait répondu favorablement à
cet appel-là. Il m'avait répondu oui, ici, en commission parlementaire.
J'ai donné suite. Je lui ai écrit par la
suite. Je lui ai dit : Bien, vous avez cet engagement. Est-ce que vous
seriez prêt à ce qu'on s'engage dans un exercice comme celui-là? Et là, à ce...
là, par là, ça a été moins... c'était moins concret. J'ai dit : Bon, on le
fait déjà, on a déjà des opportunités. Mais je trouve que, malheureusement,
c'était une occasion ratée parce que, d'abord, c'est intéressant d'échanger
avec M. Sabia, il est de commerce agréable, puis on a toujours des
informations intéressantes quand on discute avec lui. Et il y a beaucoup de
gens, donc, au Québec, qui veulent l'entendre, qui veulent pouvoir dialoguer
avec lui, particulièrement à ce moment-ci, particulièrement à ce moment-ci où,
encore une fois, le contexte a changé et où la question tarifaire, la question
de nos relations commerciales sur le plan de l'énergie avec notre voisin du
Sud, avec les États-Unis d'Amérique, est en jeu. Quelle est sa perspective?
Quelle est la perspective d'Hydro-Québec? Très important de le savoir.
Encore une fois, je comprends, j'imagine
qu'il y a un dialogue avec la ministre, mais ce dialogue-là, nous, on ne le
connaît pas. Nous, on n'a pas ces informations-là. Et je l'indiquais hier, il
n'y a pas eu tant de transparence à l'aube de nos travaux. On arrive ici, je
le... je le répète encore, on a reçu des... quelques amendements à la dernière
minute. On nous dit que, peut-être, il va y en avoir d'autres, mais on n'a
toujours pas de transparence sur la... sur la vision du gouvernement en matière
d'énergie, en matière tarifaire, en matière de cible, de demande d'énergie,
d'offre d'énergie. On n'a toujours pas ça, mais c'est le temps d'avoir une mise
à jour aussi de la part d'Hydro-Québec, parce que la dernière fois qu'il est
venu ici, officiellement, c'était bien avant que le contexte change de façon
importante.
Voyons des éléments, là, qui sont sortis
dans les derniers jours, dans les dernières semaines, dans l'actualité, avec
des messages d'Hydro-Québec. Et, pour nous, d'aller au fond de ces messages-là,
c'est important parce que ça va guider nos débats, ça va nous rendre meilleurs
dans notre travail de parlementaire. À l'inverse, ne pas avoir ces
informations-là de première main de la part d'Hydro-Québec, ça peut avoir un
impact négatif sur nos débats. On apprend, par exemple, tout récemment, début
du mois de février, le 3 février, on apprend qu'actuellement Hydro-Québec
importe plus d'électricité qu'elle n'en exporte. Ce qui veut donc dire que nos
revenus d'exportation ont beaucoup diminué et qu'en conséquence ça change la
position du Québec pour faire face à la menace de tarifs douaniers qui est
brandie par l'administration Trump. Alors, qu'en est-il, alors qu'on parle
depuis le début de la possibilité d'avoir des tarifs douaniers... soient
imposés par l'administration américaine? Donc là, c'est les tarifs de
10 %, la menace est toujours là. On va savoir le 4 mars qu'est-ce
qu'il en est, mais aussi ça fait partie de la discussion sur les contre-tarifs,
de la riposte potentielle du Canada. Alors, dans quelle situation on se trouve
et quel est l'impact sur notre vision à long terme à nous de la question
tarifaire ici, au Québec?
On apprend aussi, toujours de la part d'Hydro-Québec,
que ce qui se passe actuellement, toujours aussi début du mois de février, là,
c'est tout à fait récent, mais que ce qui se passe actuellement sème le chaos
dans le marché de l'électricité et que ça pourrait avoir des impacts à long
terme sur le marché de l'électricité. Qu'est-ce qu'en pense Michael Sabia?
Qu'est-ce qu'en pense Hydro-Québec? On nous rappelle, notamment <dans...
M. Paradis :
...de
l'électricité. Qu'est-ce qu'en pense Michael Sabia? Qu'est-ce qu'en pense
Hydro-Québec? On nous rappelle, notamment >dans des... dans plusieurs
médias, qu'il y a une partie importante, donc, de l'électricité consommée en
Nouvelle-Angleterre qui provient du Québec et notamment aussi du Nouveau-Brunswick,
et que, là, Hydro-Québec dit que c'est une situation, la situation actuelle, la
menace tarifaire, que nous suivons attentivement et que nous sommes à évaluer
les divers risques associés à nos activités. On dit, par exemple, que, si les
prix d'Hydro-Québec doivent grimper de 10 % à cause des tarifs,
l'électricité québécoise va devenir moins compétitive sur le marché spot. Le
marché spot, là, c'est le moment où on vend de l'électricité au moment où
quelqu'un en a besoin, et nous, on a une capacité d'en donner, on donne, d'en
fournir. Ça, c'est le marché spot.
Dans les contrats avec les États-Unis, les
divers contrats qu'on a avec les États-Unis pour New York, Boston, la
Nouvelle-Angleterre, il y a un élément de marché spot là-dedans. Donc, une
baisse de volume des ventes d'Hydro-Québec est un scénario qui est possible,
mais qui n'est pas certain. Donc, l'impact de tout ça sur les décisions qu'on a
à prendre, nous, comme législateurs, est extrêmement important.
• (11 h 50) •
La pertinence d'entendre Michael Sabia
dans le contexte actuel, c'est Michael Sabia lui-même qui nous l'indique. Puis,
c'est intéressant, il a pris la parole dans les médias, lui-même, le
30 janvier. Il a écrit une lettre publique dans laquelle il parle qu'il y
a des périodes que... on est dans une période de turbulences, turbulences
politiques, des turbulences économiques, que ça suscite un débat sur les bonnes
décisions à prendre pour assurer notre prospérité. Intéressant. Ce n'est pas ce
que... Ce n'est pas ça, nous, qu'on a à faire dans les prochaines semaines,
ici? Bien oui, c'est ça qu'on a à faire.
Puis là il dit : «Dans ce contexte,
il faut être diligents, prudents et à l'écoute pour ne pas perdre notre
compréhension des tendances lourdes.» Je cite Michael Sabia. Il est en train de
nous dire lui-même qu'il devrait être ici en train de discuter avec nous parce
qu'on va discuter justement de ces questions-là.
Et là il prend... il réitère, dans cet
article-là, un certain nombre d'orientations quant aux tarifs et il discute de
l'impact des hausses tarifaires aux États-Unis par rapport à cette politique.
Et en gros, donc, il indique qu'il maintient ou qu'Hydro-Québec entend
maintenir sa vision à elle. Attendez. On ne sait pas si c'est la vision du
gouvernement. On parle de la vision d'Hydro-Québec. Mais il indique donc qu'il
entend maintenir cette vision-là.
Bien, moi, j'aimerais ça, l'entendre ici,
nous dire ça. Puis j'aimerais ça, lui poser des questions là-dessus. Puis je
suis convaincu que mes collègues des banquettes de l'opposition aimeraient
faire ça. Puis, en fait, je suis convaincu qu'il y a des banquettes gouvernementales
aussi, on aimerait ça, avoir ce dialogue, pas derrière des portes closes, mais
publiquement, dans le cadre de l'exercice démocratique privilégié qu'on a ici,
dans le cadre de la commission parlementaire.
Et là ce qu'il y a d'encore plus intéressant,
c'est qu'hier, on disait... on avait une autre motion du collègue de Jacques-Cartier
qui disait : Bien, il faudrait qu'on entende aussi de nouveau les
représentants de l'industrie. C'est lié. Ces mêmes représentants de l'industrie
lui ont répondu quelques jours plus tard publiquement puis ils ont dit :
Ah! c'est intéressant, ce que le PDG d'Hydro-Québec dit, mais nous, on voudrait
apporter des nuances à ça, notamment sur la question de la tarification. Puis,
encore une fois, je l'indique à la ministre, ça ne veut pas dire qu'on prend ça
pour de l'argent comptant puis qu'on est d'accord, c'est d'entendre tous les
points de vue. Moi, je veux entendre tous les points de vue, ceux avec lesquels
j'ai des affinités puis ceux avec lesquels même... peu importe ce que j'en
pense, je veux entendre, je veux avoir le débat le plus éclairé possible.
Et là, donc, dans une... dans une longue
lettre, le président de l'Association québécoise des consommateurs industriels
d'électricité et plusieurs co-signataires, dont des organisations dont on a
parlé hier, répond... répondent à Michael Sabia. Bien, c'est bien, ce débat-là,
il est public pour une certaine partie, mais là, actuellement, c'est un
dialogue où il n'y a pas d'interaction avec nous, la députation, alors que
c'est ça qu'on devrait faire actuellement.
Donc, Michael Sabia, PDG d'Hydro-Québec
est l'une des personnes clés, sinon la personne qu'on doit entendre aujourd'hui
parce que ça fait plusieurs mois qu'on ne l'a pas entendu.
Le Président (M. Montigny) :
Merci.
M. Paradis : Merci.
Le Président (M. Montigny) : Merci,
M. le député. Alors, est-ce qu'il y a d'autres interventions? Mme la ministre,
je vous cède la parole maintenant.
Mme Fréchette : Oui. Merci. Merci,
M. le Président. Bien, j'aimerais tout d'abord dire, bien, merci à l'ensemble
des élus pour leur participation à ces travaux à la commission. C'est un
travail important qu'on a à faire. Et d'ailleurs je veux remercier également
l'ensemble des personnes qui ont contribué à la préparation de ces travaux-là
au ministère, également à l'Assemblée nationale. Bienvenue également aux
nouvelles membres, aux nouveaux <membres...
Mme Fréchette :
...travaux-là
au ministère, également à l'Assemblée nationale. Bienvenue également aux nouvelles
membres, aux nouveaux >membres de cette commission parlementaire. Merci
pour vos bons mots hier. J'ai bien apprécié.
Je voudrais rappeler, en fait, aux membres
de la commission qu'on a reçu 70 mémoires et qu'on a entendu près d'une
quarantaine de groupes en commission parlementaire l'automne dernier. Et ce
sont des commentaires et des avis qu'on a pris en considération, même pour ceux
qui n'ont pas été invités en audience. Donc, je voudrais rassurer ceux qui ont
déposé un mémoire et qui n'ont pas été présents en audience ici, leur point de
vue, leurs propositions ont été considérés également comme l'ensemble des
mémoires. Donc, c'est important de le... de le souligner.
Alors, je dirais aussi qu'il y a... il n'y
a pas que ces mémoires-là qui vont nous alimenter, il y a également les
discussions qu'on tient ici, bien entendu. Et j'ai bien hâte que l'on procède
au début des travaux de l'analyse article par article du projet de loi. Ça
semble être plus long que ce que j'avais envisagé, mais on y viendra, j'en suis
convaincue.
Je voudrais parler du contexte, en fait,
créé par l'arrivée du président Trump. Je voulais voir sur quel pied il allait
danser, comme on dit, à partir du moment où il mettrait... bon, il entrerait en
fonction, il prendrait ses fonctions. Et puis ce que l'on voit, c'est qu'il y a
des changements, franchement, on pourrait dire, presque quotidiens de ses
orientations, des changements très fréquents de ses orientations. Et, de ma
perception, j'ai l'impression qu'on va vivre dans ce genre de climat
d'incertitude pendant encore bien longtemps. Donc, c'est le pouls que je voulais
capter avant d'entamer la suite pour le projet de loi 69. Ce pouls-là, il
est capté. Ça fait trois semaines à peine qu'il est arrivé en poste et
clairement ça va être... ça va caractériser, j'ai l'impression, son approche,
cette volonté d'y aller d'une proposition, et d'une autre, et d'une autre, des
propositions souvent menaçantes quant à notre capacité à nous déployer sur le
plan économique. Donc, je pense qu'on va devoir vivre dans ce contexte-là et
tenir nos discussions, adopter nos politiques, mettre en place nos initiatives
dans le cadre d'un contexte qui va être comme ça, empreint d'incertitude.
Alors, c'est un constat, bref, que je voulais partager parce que je voulais
voir les premiers jours, justement, de sa présidence. Et je pense que c'est
assez clair quant à la nature de la philosophie ou de l'approche qu'il a...
qu'il prendra pendant ses années de présidence.
Je voudrais revenir aussi sur quelques-uns
des propos qui ont été tenus, des inquiétudes, en fait, qui ont été exprimées
hier, notamment par le député de Jacques-Cartier, puis ça a été repris aussi
par d'autres collègues, quant aux alumineries. C'est vrai que ce sont des
acteurs économiques de premier ordre, de grande importance, alors c'est
important qu'on ait à l'oeil ce qu'il adviendra de ces alumineries dans le
contexte d'incertitude que l'on connaît.
Or, je voudrais rappeler que les tarifs
d'électricité assumés par les alumineries sont basés sur des contrats spéciaux.
Donc, ils sont, je dirais, dans une catégorie à part et ne sont donc pas
affectés advenant qu'il y ait des tarifs qui soient imposés par
l'administration Trump. On a huit des neuf alumineries au Canada, donc c'est
sûr que c'est un secteur de très grande importance qu'il faut avoir à l'oeil. Mais
je pense que la situation qui prévaut en Amérique du Nord en matière de
production d'aluminium primaire fait en sorte que ce ne seront pas les
Québécois ou les Canadiens qui assumeront les plus grands risques en lien avec
l'impact de tarifs douaniers sur la production d'aluminium, mais...
En fait, il y a Jean Simard qui... alors
même que les collègues se prononçaient hier, Jean Simard faisait l'objet d'un
article qui a été publié hier par Le Devoir, où il disait, comme
président et chef de la direction de l'Association de l'aluminium du Canada,
que «la décision du président Trump ne changera rien.. nos résultats des
alumineries du Canada», notamment parce qu'il ne croit pas que ses tarifs vont
s'éterniser dans le temps. Et le plus ses tarifs seront élevés, le moins ils
risquent de durer dans le temps parce que l'impact va être considérable. Et il
ajoutait, M. Simard : «En revanche, les tarifs de 25 %», ou,
rendu à aujourd'hui, c'est peut-être 50 %, selon lui, «auront un effet
destructeur sur le marché américain», donc qui est avant tout un marché de
transformation. «Le prix de certains produits finis risquerait de monter en
flèche, notamment dans le secteur de l'automobile», et bien d'autres,
j'ajouterais. Et, si les tarifs sont maintenus, M. Simard prévoit, par
exemple, une hausse de l'ordre de 1 500 dollars américains sur le
prix de vente du très populaire F-150. Donc, ça, c'est juste pour nommer un
exemple.
Alors, c'est pour dire que, <oui...
Mme Fréchette :
...vente
du très populaire F-150. Donc, ça, c'est juste pour nommer un exemple.
Alors, c'est pour dire que, >oui,
des tarifs, ça peut nous paraître comme étant... nous attaquant, nous, mais il
y a des secteurs pour lesquels, et l'aluminerie en est un très bon exemple,
pour lesquels ce sont ultimement les Américains qui vont payer parce que les
alternatives ne sont pas vraiment disponibles. Et je comprends que le président
Trump aimerait bien que se déploie à nouveau le secteur des alumineries aux États-Unis,
qu'il soit sur une courbe croissante, mais ça ne se fait pas en criant ciseau.
Alors, par conséquent, voilà, il ne faut pas penser que ça va être directement
que nous qui subirions les contrecoups.
Alors, pour parler de la proposition de
l'Alliance pour la compétitivité énergétique, tout comme le président d'Hydro-Québec,
eh bien, c'est des gens qu'on a reçus en commission parlementaire déjà, qui se
sont exprimés, et je pense que, si on voulait, on pourrait trouver une
justification pour réinviter chacune des 40 personnes qu'on a entendues. Je
veux dire, il y aurait toujours des éléments qui vont changer dans le temps.
Mais ils ont été entendus, on va les prendre en considération, et je pense que
l'heure est venue maintenant d'étudier article par article entre parlementaires
le projet de loi 69. Alors, voilà qui complète. Merci, M. le Président.
• (12 heures) •
Le Président (M. Montigny) : Merci
beaucoup, Mme la ministre. Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Oui. Alors,
Mme la députée de Robert-Baldwin, je vous cède la parole. Vous avez donc 10
minutes.
Mme Garceau : Merci beaucoup,
M. le Président. Évidemment, j'appuie la motion préliminaire de mon collègue de
Jacques-Cartier. J'apprécie beaucoup les commentaires, Mme la ministre, en ce
qui a trait à ce nouveau... ce nouveau contexte géopolitique, l'effet des
tarifs au niveau de l'industrie de l'aluminium, mais là on est dans un
contexte... On sait très bien que le président Trump fait ce que le président
Trump veut faire. Il a des conseillers. Les conseillers du président, et on le
sait très bien, ça a été dans les médias, lui ont dit : Ça va faire mal
aux Américains, les tarifs de 25 %. Ça, c'était lundi, l'annonce de lundi
le 10 février. Mais là on a ajouté une autre couche hier.
Et là je reviens, M. le Président, sur mes
remarques préliminaires concernant que c'était le début de la guerre
commerciale, qu'on n'a pas demandée, qu'on n'a pas souhaitée. Elle est imposée
par les États-Unis, et vraiment par le président Trump lui-même, parce que
c'est un outil politique pour avoir des gains politiques. On est en train
d'utiliser des tarifs de façon complètement injustifiée.
Mais là on est dans une situation
complètement différente, et je reviens à la raison pour laquelle il est
absolument fondamental que le PDG d'Hydro-Québec revienne en commission parlementaire,
que M. Sabia revienne, parce que, là, on est dans un contexte où le président
Trump, par ses annonces récentes, est en complète violation de l'entente
libre-échange entre le Canada, les États-Unis et le Mexique. Il y a une
violation de cette entente-là. Et là on est rendus à : Ah! bien, une minute.
Oui, il y a peut-être un sursis sur le premier volet des tarifs. Mais,
savez-vous, là on vient d'ajouter un autre 25 % lundi. Donc, au bout du
compte, ça va être 50 %. 50 % de tarifs.
Et là je ne sais pas, Mme la ministre,
avec grand respect, peut-être que... Et je ne suis pas experte dans le domaine
puis je ne prétends pas être experte dans le domaine non plus, mais là, en
termes de l'aluminerie, les contrats spéciaux, qui va payer, au bout du compte,
le 50 %? Ça va être nous. Qui va payer? Ça va être le gouvernement qui va
être... qui va payer. Parce que, si on est en train de dire : C'est les
Américains, bien là on le voit très bien, que M. Trump continue d'imposer des
tarifs complètement injustifiés. Il se fait conseiller que c'est les Américains
qui vont payer pour, mais, on va se le dire, il s'en fiche. Ce n'est pas dans
son plan d'action, qu'est-ce que les Américains pensent des tarifs. Lui, il a une
vision, il y a des tactiques qu'il est en train d'utiliser pour nous affaiblir
dans un contexte, plus tard, de négociations...
12 h (version révisée)
Mme Garceau : ...tactique qu'il
est en train d'utiliser pour nous affaiblir dans un contexte plus tard de
négociation au niveau du contrat de libre-échange.
Et donc, là, je reviens à la nécessité que
M. Sabia revienne, étant donné que, oui, on l'a déjà mentionné, sa lettre
ouverte qui avait été publiée, de Michael Sabia. Et la lettre ouverte était
quand même juste avant l'annonce. C'était le 30 janvier 2025, donc juste
avant l'annonce du premier volet des tarifs, dont il mentionne que «nous sommes
indéniablement dans une période de turbulence politique et économique. Ces
perturbations suscitent un débat sur les bonnes décisions à prendre pour
assurer notre prospérité. Dans ce contexte, il faut être diligents, prudents et
à l'écoute pour ne pas perdre notre compréhension des tendances lourdes».
Et il parle aussi, dans sa lettre ouverte,
concernant toute la question de l'interfinancement, l'augmentation tarifaire de
4 % à 5 % pour l'industriel qui était proposée par Hydro-Québec, et
qu'il dit : Oui, clairement, ça va nous laisser... on va demeurer dans une
position concurrentielle. Mais là, ça, c'était avant l'annonce des tarifs. Et,
si on regarde sa position, le 30, qui a été dite, qui a été publiée
publiquement, et aussi qu'est-ce qu'il a dit en commission parlementaire, et l'échange
avec notre collègue la députée de Saint-Laurent concernant toute cette question
de, le 3 %, on va le plafonner pour les résidences... Et évidemment il
doit y avoir un équilibre entre l'industriel, les commerces.
Mais M. Sabia a aussi parlé, et mon
collègue l'a mentionné... les deux ententes, les deux ententes signées avec New
York et le Massachusetts, ces deux ententes là, où il dit, il le mentionne, Journal...
Le Journal de Québec... Et là on parle du 14 janvier, donc, là, là,
c'est avant aussi l'imposition des tarifs. Là, on est dedans, on est dans le
feu d'action. Là, c'est avant le feu d'action. Et M. Sabia le dit
clairement, il laisse la porte ouverte concernant, et je vais le citer, «de
déchirer ou non les contrats d'exportation d'électricité». De déchirer ou non
ces deux contrats monumentaux, que, s'ils sont déchirés, on va se le dire, va avoir
tout un impact au niveau de l'étude de ce projet de loi en ce qui a trait aux
tarifs, la productivité, qu'est-ce qu'on va avoir de besoin, et tout ça, dans l'avenir.
Et donc, lorsque je regarde les propos du DG
d'Hydro-Québec, qui dit, de passage au micro du 88,5 FM... qui a souligné
le besoin... deux choses qu'il a dites : Face à l'administration de Donald
Trump d'adopter des positions fortes et unifiées, il faut essentiellement matcher
leur menace avec notre menace. C'est ça qu'il dit. Et donc, dans sa tête à lui,
il le mentionne : «Concernant les contrats d'exportation d'électricité aux
États-Unis, qui entreront en vigueur très bientôt, le PDG d'Hydro-Québec a
laissé entrevoir que revenir sur ces contrats demeure une possibilité et une
question ouverte. La société d'État a signé un contrat avec l'État de
Massachusetts dont la livraison débutera au printemps 2026, un autre contrat de
livraison avec la ville de New York, qui va démarrer quant à lui à la fin de
2025.» Ce n'est pas si loin que ça. Je le cite : «C'est... Ce n'est pas
quelque chose que nous pourrions utiliser immédiatement, parce que c'est
essentiel, la livraison de puissance, dans l'avenir. Nous avons examiné dans le
passé nos options. Est-ce une bonne chose, dans les circonstances, de déchirer
une entente avec toutes sortes de conséquences juridiques et légales pour
Hydro-Québec?» Pour moi, ça reste <une...
Mme Garceau :
...pour
Hydro-Québec?» Pour moi, ça reste >une question ouverte.
Et là, moi, c'est absolument fondamental
d'entendre M. Sabia sur qu'est-ce qu'il va faire avec ces contrats-là
maintenant, compte tenu de cette guerre commerciale. Et là, ça, c'était avant
ses propos, avant l'annonce des tarifs, qu'on est rendus à peut-être un
50 %, sur l'aluminium et l'acier. Et donc, les opinions juridiques qu'il a
obtenues à cette époque, je ne les ai pas vues, je ne sais pas, est-ce qu'il y
a une possibilité maintenant, compte tenu du nouveau contexte dont lequel nous
nous retrouvons aujourd'hui... ou, si les États-Unis, qui sont en train de
violer les termes d'un contrat, de l'accord libre-échange, compte tenu
maintenant qu'il y a une violation... est-ce que ça change l'opinion juridique
que M. Sabia a obtenue?
• (12 h 10) •
Moi, j'aimerais bien le savoir. Et j'ai
l'impression que M. Sabia est probablement en train de faire des vérifications
avec les procureurs pour voir... et de revoir cette opinion juridique, compte
tenu du nouveau contexte dont nous nous retrouvons aujourd'hui. Il me semble,
c'est fondamental de faire cette vérification, et qu'il soit ici pour nous
éclairer.
Le Président (M. Montigny) : Merci
beaucoup de votre intervention. Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur
cette motion préliminaire? Alors, il n'y a pas d'autre intervention. Alors,
maintenant, on serait rendus à la période de la mise aux voix de cette motion
préliminaire.
Une voix : ...
Le Président (M. Montigny) : Parfait.
Merci. Je l'attendais. Alors, voilà, on va procéder par appel nominal. Mme la
secrétaire.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Kelley (Jacques-Cartier)?
M. Kelley
: Pour.
La Secrétaire
: Mme Garceau
(Robert-Baldwin)?
Mme Garceau : Pour.
La Secrétaire
: Mme Cadet
(Bourassa-Sauvé)?
Mme Cadet : Pour.
La Secrétaire
: Mme Fréchette
(Sanguinet)?
Mme Fréchette : Contre.
La Secrétaire
: M. Sainte-Croix
(Gaspé)?
M. Sainte-Croix : Contre.
La Secrétaire
: M. Bernard
(Rouyn-Noranda—Témiscamingue)?
M. Bernard : Contre.
La Secrétaire
: M. Bussière
(Gatineau)?
M. Bussière : Contre.
La Secrétaire
: M. Tremblay
(Dubuc)?
M. Tremblay : Contre.
La Secrétaire
: M. Lamothe
(Ungava)?
M. Lamothe : Contre.
La Secrétaire
: M. Bouazzi
(Maurice-Richard)?
M. Bouazzi : Pour.
La Secrétaire
: Et M. Montigny
(René-Lévesque)?
Le Président (M. Montigny) : Abstention.
La motion est donc rejetée. Merci. Maintenant, est-ce... est-ce qu'il y a
d'autres interventions? Oui. M. le député de Jean-Talon. Je présume que vous
avez une motion préliminaire.
M. Paradis : Exact. Si on
peut suspendre, le temps qu'on vous la communique.
Le Président (M. Montigny) : Oui.
Nous allons donc suspendre les travaux quelques instants pour vous permettre de
déposer votre motion préliminaire. Merci.
(Suspension de la séance à 12 h 12)
(Reprise à 12 h 17
)
Le Président (M. Montigny) : Alors,
nous reprenons nos travaux. M. le député de Jean-Talon, nous avons bien reçu
une motion préliminaire, je vous laisse donc la parole pour 10 minutes. M.
le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Non, c'est
30 minutes, je pense.
Le Président (M. Montigny) : 30 minutes,
excusez-moi, vous avez raison.
M. Paradis : Merci, merci, M.
le Président. Alors, content que vous ayez reçu la motion, hein? C'est... C'est
beau, notre époque, on est juste à côté, mais on ne va plus l'apporter à la main,
on vous l'envoie de manière électronique. Alors :
«Conformément à l'article 244 du Règlement de l'Assemblée nationale, je fais motion afin que la
Commission de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources
naturelles, dans le cadre de l'étude détaillée du projet de loi n° 69, Loi
assurant la gouvernance responsable des ressources énergétiques et modifiant
diverses dispositions législatives,demande au gouvernement de
transmettre dans les plus brefs délaisson plan
énergétique.»
Très bien. Alors, hier, dans mes remarques
préliminaires, j'indiquais que ce projet de loi, en quelque sorte, trace une
route, on pave une route, mais on ne sait pas quelle est la destination, on ne
sait pas où le gouvernement veut aller avec cette route-là.
J'indiquais notamment que, de la part
d'Hydro-Québec, bien, Hydro-Québec fait ses devoirs : son <Plan...
19999
M. Paradis :
...bien, Hydro-Québec fait ses devoirs : son >
Plan
d'action 2035 — Vers un Québec décarboné et prospère, son plan
stratégique 2022-2026, sa stratégie de développement éolienne... éolien,
présentée il n'y a pas si longtemps, son plan
d'approvisionnement 2023-2032, dont je parlais hier, mais dont on aimerait
avoir une mise à jour au moment où on commence nos débats dans le cadre des
travaux du projet de loi n° 69.
De la part du gouvernement, qu'est-ce
qu'on a, qu'est-ce qu'on a, là, comme vision intégrée, qu'est-ce qu'on a,
j'oserais dire, comme plan de gestion intégrée des ressources énergétiques?
Rien. On a eu une série de déclarations de l'ancien ministre Pierre Fitzgibbon,
parfois contradictoires avec celles du premier ministre, sur des questions
vraiment essentielles qui sont au coeur des travaux qu'on va faire dans le
cadre de cette commission parlementaire. On cherche le plan, bien, on trouve...
il faut se rabattre sur un certain nombre de choses : le Plan pour une
économie verte 2030, qui date de 2020, 2020, ça fait cinq ans, ou, tiens,
encore le plan directeur en transition, innovation et efficacité énergétique,
c'est un plan de 2018, bon, il a été mis à niveau en 2026, mais on prend bien
soin de dire que ça ne remplace pas, que c'est encore le plan de 2018. À part
de ça, pas grand-chose à se mettre sous la dent comme grande vision énergétique
du gouvernement. Donc, où est-ce qu'on s'en va avec ce projet de loi
n° 69?
• (12 h 20) •
Et donc, là, la question qui se pose,
c'est : Qu'est-ce qui urge? Parce que, là, la ministre nous dit :
Vite, on veut aller dans l'étude détaillée, donc je ne sais pas, moi, est-ce
qu'on veut... Qu'est-ce qui urge? Qu'on réfléchisse au Règlement sur la
procédure de la Régie de l'énergie puis des modifications de concordance dans
les articles 15, 16, 19 de ce règlement? C'est vraiment ça qui urge, là,
qu'on... qu'on plonge dans ce cahier-là, avec toutes sortes de modifications
techniques qui sont... qui sont importantes, mais c'est ça qui urge, ou c'est
de comprendre où le gouvernement du Québec veut nous amener avec ce projet de
loi, qui va, je le réitère, au coeur de l'avenir énergétique du Québec?
Et prenons... prenons... Tiens, on va...
on va regarder un petit peu le projet de loi lui-même, parce que, là, il énonce
des choses très intéressantes par rapport à la planification.
Le projet de loi prévoit que d'ici 2026,
il va falloir avoir un premier plan de gestion intégrée des ressources
énergétiques, hein, donc «un plan intégré des ressources énergétiques sur une
période de 25 ans visant à favoriser le développement énergétique du
Québec dans une perspective de transition énergétique».
Puis là on nous dit que «le plan peut
porter sur toutes les sources d'énergie consommées au Québec et il contient
notamment un état de la situation et des besoins énergétiques du Québec... ou
au Québec». Ce serait intéressant d'avoir ça maintenant, au moment où on
commence nos travaux pour le projet de loi. Qu'est-ce qui empêche de l'avoir
aujourd'hui? Rien.
«Il établit — ce plan — des
orientations à respecter et des objectifs et cibles à atteindre en matière
d'énergie et d'efficacité énergétique et notamment, pour les marchés de
l'électricité et du gaz naturel, des orientations, objectifs et cibles quant
aux approvisionnements, au développement des infrastructures énergétiques et à
l'innovation.» Heille! Ce n'est pas intéressant, ça, ce qu'on devrait avoir
comme vision? Pourquoi on ne l'a pas aujourd'hui?
«Le plan précise la cible des
approvisionnements en électricité aux fins de la satisfaction des besoins en
cette matière des marchés québécois par Hydro-Québec au terme d'un horizon qu'il
indique.» Comment ça se fait qu'on n'a pas une idée de ce que le gouvernement
voit sur ces questions-là?
On dit que «le ministre établit ce plan en
conformité avec les orientations gouvernementales en matière de développement
économique, les principes et les objectifs énoncés dans la politique-cadre sur
les changements climatiques. Il s'adjoint Hydro-Québec — on en
parlait tout à l'heure — ainsi que, notamment, les autres titulaires
d'un droit exclusif de distribution d'électricité et les distributeurs de gaz
naturel.»
Et là, plus loin, on dit que «le ministre
consulte également la population aux fins de l'élaboration de ce plan». Heille!
Ce n'est pas des principes extraordinaires, ça? Pourquoi on ne les applique pas
alors qu'on s'engage dans l'étude du projet de loi? Je pose la question.
Dans son mémoire... Donc, c'est la
ministre qui parle, là... c'est l'ancien ministre qui parle. Ça, c'est le
mémoire au Conseil des ministres. Donc, le ministre... l'ancien ministre dit :
«Pour répondre à la demande croissante en électricité, le Québec <devra...
M. Paradis :
...demande
croissante en électricité, le Québec >devra notamment accroître ses
efforts en efficacité énergétique, investir dans des installations actuelles
pour optimiser leur capacité de production et accélérer le développement de
nouvelles sources d'énergies renouvelables. Il devra aussi répondre aux enjeux
liés aux réseaux de transport et à l'augmentation de la proportion d'énergies
de source variable, solaire, photovoltaïque et éolien, qui entraîne des défis
d'équilibrage du réseau.» Heille! Il y en a, des questions de planification,
là-dedans! Comment ça se fait qu'on n'a aucune indication de quelconques
orientations gouvernementales sur chacune des questions? Presque chaque mot,
dans ce paragraphe-là, contient toute une série de questions tentaculaires
importantes qu'on va étudier dans le projet de loi n° 69
puis on n'a aucune idée d'où le gouvernement veut nous amener avec ça.
«L'objectif du Québec de favoriser un
développement économique durable en décarbonant son économie, l'importante
mouvance dans le secteur de l'énergie, incluant les développements
technologiques dans le domaine des énergies renouvelables, la nécessité d'une
planification à long terme du mix énergétique requis — la
planification à long terme — et la redéfinition des modèles
d'affaires des distributeurs font en sorte qu'une modernisation du cadre légal
et réglementaire applicable dans le secteur de l'énergie est absolument
nécessaire.» Fort bien, mais qu'est-ce qui nous empêchait d'avoir... ou
qu'est-ce qui empêchait le gouvernement de nous communiquer minimalement ses
intentions avant qu'on étudie la boîte à outils dont il veut se douter... dont
il veut se doter pour faire ça?
On n'est pas les seuls à réclamer ça. Je
l'indiquais aussi hier, dans mes remarques préliminaires, la quantité de
personnes qui sont venues en consultations particulières nous dire : Oui,
mais comment ça se fait qu'on s'engage dans cette opération-là, qui est très
technique, qui est très complexe, sans qu'on ait eu réellement le débat dont on
a besoin dans la société québécoise? Bon, les consultations particulières,
c'est une étape, soit, c'est bien, mais il y a aussi des contraintes de temps,
il y a aussi des contraintes de format. Puis je sais, j'ai entendu plusieurs
fois l'ancien ministre référer aux consultations de l'été précédent et L'avenir
énergétique du Québec. Ça, c'était le cahier du participant pour ces
consultations-là, en plein été, et, attendez un petit peu, là, avec plein
d'interlignes. C'est huit pages. Et qu'est-ce qu'on en a tiré comme conclusion?
Un rapport synthèse de 10 pages, L'avenir énergétique du Québec.
Puis là on a tenu des consultations
particulières où on s'est fait proposer des dizaines... des centaines de
modifications au projet de loi et où certains intervenants ont mis des
questions fondamentales sur la table sur lesquelles on voudrait connaître la
réponse, ou la vision, ou au moins des orientations du gouvernement. On n'a
rien eu. On a eu des... quelques amendements qui nous ont été communiqués en
liasse vendredi dernier. Surprenant. Donc, depuis des semaines, depuis des
mois, depuis des années, depuis que ce gouvernement est au pouvoir, la société
civile québécoise, le milieu des affaires, les experts, le secteur de l'énergie
demandent plus de clarté et de transparence sur la vision du Québec, et
aujourd'hui, on s'en va étudier un projet de loi très complexe sans... sans
réponses à ces questions-là.
De manière intéressante, aujourd'hui même,
il y a un groupe qui publie une lettre ouverte dans les médias, et le titre,
c'est Une planification énergétique avant tout projet de loi. Bien oui,
tu planifies avant d'aller dans la technique, mais surtout, tu communiques avec
le Québec sur ta planification avant d'aller dans les outils, la technique puis
les moyens. Qui signe : le Regroupement national des conseils régionaux de
l'environnement du Québec; le Regroupement des organismes environnementaux en
énergie; le Syndicat de la fonction publique au Québec, les travailleurs
d'Hydro-Québec, là, qui n'ont même pas été appelés en consultations
particulières, nous l'avaient dit, il a fallu qu'un autre intervenant les
invite pour nous dire : Heille, les travailleurs d'Hydro-Québec, les
artisans, la force, le cerveau, les bras d'Hydro-Québec n'ont même pas été
convoqués en consultations particulières pour venir nous dire ce qu'ils pensent
de ce projet de loi là, bien, eux autres, ils nous disent : Bien, nous
aussi, on voudrait en savoir plus sur les intentions du gouvernement; Vivre en
Ville; Union des consommateurs; Les Amis de la Chicot de Saint-Cuthbert; le <regroupement...
M. Paradis :
...Amis
de la Chicot de Saint-Cuthbert; le >regroupement des citoyens Demain
Verdun; le Réseau québécois des groupes écologistes; le Conseil central du
Montréal métropolitain de la CSN; Fondation Rivières; fondation Coule pas chez
nous!; Non à une marée noire dans le Saint-Laurent; Les Amis de l'environnement
de Brandon; Action Climat Outaouais; Prospérité sans pétrole; Action
environnement Basses-Laurentides; Climat-Énergie; Équiterre; Coalition climat
Montréal; attendez un peu, je n'ai pas fini, Collectivité ZéN de
Rimouski-Neigette; Mouvement d'éducation populaire et d'action communautaire du
Québec; Carrefour de participation en renforcement et formation; comité noyau
de Rimouski et transition; L'Assomption en transition; Collectif Entropie; ACEF
du Nord de Montréal.
• (12 h 30) •
Il y a des gens là-dedans qu'on a entendus
en consultations particulières, mais voyez la diversité des organisations, des
spécialistes, des gens dont le travail, c'est de réfléchir aux questions qu'on
va se poser, d'analyser ces questions-là dans le contexte changeant du domaine
de l'énergie, mais aussi des organisations de base, des gens qui représentent
des citoyens qui vont être affectés par la réforme dont on va entreprendre
l'étude. Puis on en a entendu quelques-uns qui ont dit : Ça, c'est...
c'est plus difficile pour ces gens-là, d'avoir une voix, mais ils sont les
principaux concernés, parce que la question des tarifs d'électricité, c'est une
question qui touche toutes les Québécoises et tous les Québécois. Et ces
gens-là non seulement demandent à être entendus, demandent à avoir une voix,
mais ils demandent de la clarté sur ce qui s'en vient, qu'est-ce qui va se
passer avec mes tarifs d'électricité. Parce que j'entends une chose du
gouvernement, mais on entend dire qu'il y a d'autres choses dans le projet de
loi. Mais quelles sont donc les intentions du gouvernement? On voudrait plus de
clarté.
Il y a tellement de questions qui ont été
posées en consultations particulières et dans les mémoires qu'on a reçus
d'organisations, d'entreprises, de citoyens qui ne sont pas venus en
consultations particulières. On en a 75, donc il y en a une quarantaine qu'on
n'a pas entendus. Et je sais que... je sais qu'on... Une planification ne donne
pas nécessairement dans le détail toutes les réponses à toutes les questions,
mais on a au moins une idée de l'orientation et de comment ces orientations-là
s'incarnent dans le projet de loi, pourquoi on veut faire telle chose, pourquoi
on veut modifier tel règlement, pourquoi on veut modifier telle loi. Au moins,
on a... on a une orientation générale.
Mais, par exemple, des questions aussi
fondamentales que quel équilibre établir entre les foyers québécois et les
entreprises, les PME et les grandes entreprises, cette fameuse question de
l'interfinancement puis comment on le voit en date d'aujourd'hui... Plusieurs
nous ont posé des questions, là. Puis là ça ne veut pas dire... Encore une
fois, aujourd'hui, là, l'idée, pour moi, ce n'est pas de... ce n'est pas de
prendre position tout de suite, mais les gens veulent connaître par contre les
intentions du gouvernement sur ces questions-là, tout ce débat-là, là, entre
qu'est-ce qu'on fait. Les PME viennent nous dire : Bien, nous,
actuellement, c'est difficile pour nous, la question des tarifs. Là, les
grandes entreprises viennent nous dire : Dans le contexte actuel, on a des
choses à comprendre aussi, d'où va le gouvernement. Puis là les foyers disent :
Oui, mais là, nous... si, eux, ils demandent de payer moins, ça fait que, là,
l'interfinancement, ça va avoir un impact sur nos tarifs à nous. Où est-ce
qu'on en est, là-dessus, cette question-là, de l'interfinancement? Moi, j'ai
entendu plusieurs experts, j'ai entendu plusieurs organisations, je n'ai pas
entendu beaucoup la nouvelle ministre ni l'ancien ministre.
Qu'est-ce qu'on fait en sobriété
énergétique? Où est-ce qu'on en est avec nos cibles, compte tenu de ce qui se
passe actuellement, des nouvelles informations qu'on a sur les changements
climatiques, sur notre capacité à prendre le virage de l'électrification? Le
contexte a changé, là, depuis les... Ça fait quelques années, là, qu'on a eu
les cibles puis les... la prévision gouvernementale. Où est-ce qu'on en est?
Qu'est-ce que ça veut dire? Qu'est-ce que le gouvernement entend imprégner
comme changements dans les habitudes de vie des citoyens et des citoyennes en
matière de sobriété énergétique? Parce qu'on en a entendu beaucoup, de choses,
là. Puis il y a eu des messages contradictoires de la part du gouvernement,
puis il y en a certains qui étaient rassurants puis il y en a certains qui
étaient inquiétants, là. Qu'est-ce... Qu'est-ce qui va se passer, là, avec la
tarification modulaire puis l'heure où on consomme, etc.? Il y a des
dispositions dans le projet de loi là-dessus, mais qu'est-ce... quelle est
l'intention du gouvernement?
C'est quoi, le... Dans le mix énergétique
dont on parle dans le mémoire...
12 h 30 (version révisée)
M. Paradis : ...c'est quoi,
le... Dans le mix énergétique dont on parle dans le mémoire du ministre, qu'est-ce
qu'il y a en filigrane du projet de loi? Est-ce que, vraiment, on insiste
autant qu'on pourrait sur la... sur l'efficacité énergétique ou on parle
vraiment beaucoup plus de capacité de production? C'est quoi, l'équilibre entre
les deux? Parce qu'à un moment donné on a entendu, puis il y a des gens qui
sont venus nous dire : On entend tellement parler d'augmentation de la
capacité de production, mais pas beaucoup de l'efficacité énergétique. Bon,
bien, c'est quoi? Qu'est-ce qu'il y a en filigrane du projet de loi? Il veut
nous mener où là-dessus?
Les communautés autochtones sont venues
nous demander quelle place pour eux dans ce plan énergétique. On a entendu
Hydro-Québec venir nous tendre la main, puis Michael Sabia, dont on parlait
tout à l'heure, est allé les voir puis il a dit : Je veux vous entendre
puis je suis dans une nouvelle ère de dialogue. Qu'en est-il du gouvernement du
Québec, lui, dans son plan énergétique global?
Toute la question de la privatisation, on
a entendu des choses, des fois, à l'Assemblée nationale, qui disaient :
Oui, oui, oui, on va y aller, puis on aime ça, puis, oui, il y a de la place
pour le privé, puis on entend le faire encore plus, puis des TES Canada, on en
veut plein. Ah oui? Puis, d'autres fois, on a entendu d'autres messages, que,
oui, c'est précieux, notre héritage collectif. Bien, c'est quoi, la position du
gouvernement du Québec là-dessus?
Puis ça, ça nous aide à interpréter puis à
comprendre, parce que, des fois, c'est l'intention du législateur derrière des
dispositions qui nous aident à les comprendre, parce qu'une disposition, elle
peut avoir bien... elle peut avoir l'air bien technique, mais elle peut ouvrir
la porte toute grande à ce qu'il y en ait plus, de privatisation, ou pas tant
que ça, mais on n'a pas de clarté du gouvernement sur ces questions-là.
Toute la question de la protection du
territoire aussi, par rapport au grand plan d'Hydro-Québec, on a entendu des
intervenants régionaux, des regroupements, aussi, qui représentent les
Premières Nations du Québec venir s'inquiéter de ce plan-là. Qu'est-ce que ça
veut dire? Qu'est-ce que ça veut dire pour la protection du territoire
agricole, pour la protection des paysages, pour la protection des terres
proches de là où les citoyens habitent? Parce que, oui, il y a des impératifs
de développement puis, oui, il y a des impératifs aussi de protection du
territoire. Il y a plein de questions. On ne sait pas exactement où se situe le
gouvernement là-dessus.
Toute cette question aussi de, bien, qu'est-ce...
Il y a quelques années, là, c'étaient des grands surplus, puis, vite, allons
vendre, puis, aujourd'hui, bien là c'est : On n'en a pas tant que ça. Qu'est-ce
qu'on fait avec toute cette question du Dollarama de l'énergie puis d'attirer
des multinationales avec des projets, puis là, après ça, on dit qu'on n'a pas
de bloc d'énergie pour nos propres PME ici, au Québec? On en est où là-dessus?
Parce qu'on en a eu, des discussions à l'Assemblée nationale, mais on n'a pas
de document, on n'a pas de politique.
Cette question de comment on attribue les
blocs d'énergie au Québec, c'est quoi, là, c'est à la discrétion de la
ministre? Parce qu'on ne le sait pas. Cette question-là a été posée par toutes
les oppositions à de très nombreuses reprises : Oui, mais qu'est-ce qui
fait que des blocs d'énergie ont été attribués là, puis qu'il y a eu des
promesses de tant... de tant de quantité d'énergie, puis là d'autres n'en ont
pas? On ne le sait pas. On n'a aucune idée de ce que c'est, la politique d'attribution
des blocs d'énergie, puis on l'a posée, la question, j'ai posé la question, les
collègues de l'opposition officielle ont posé la question. On n'a toujours pas...
Alors, c'est quoi, la stratégie?
Toute cette question des responsabilités,
on fait... Il y a une réforme puis il y a des... il y a des choses intéressantes
là-dessus, sur la Régie de l'énergie. Je pense qu'on veut corriger un certain
nombre d'erreurs du début du mandat de ce gouvernement par rapport à la Régie
de l'énergie, très bien, fort bien, mais quelle est la vision justement du rôle
de la Régie de l'énergie au-delà des dispositions qui sont là? Quel est le rôle
du ministère? Quel est le rôle du cabinet? Cette question-là, aussi, on l'a
posée souvent, là. Il est où, le centre du pouvoir, actuellement? Qui décide,
surtout dans les moments où on a eu des combats même sur la place publique, là,
ou, en tout cas, des déclarations qui pouvaient sembler contradictoires entre,
d'une part, le PDG d'Hydro-Québec, le premier ministre du Québec, le ministre?
Il est où, le centre du pouvoir, actuellement?
Puis comment on décentralise? Il y a une
vision... il y a une vision intéressante dans les plans d'action d'Hydro-Québec,
d'Hydro-Québec, parce que les gens disent : Ah! il y en a un, plan, mais
il y a les plans d'Hydro-Québec. Il nous manque tout le plan du Québec sur,
notamment, le rôle des MRC, des régies intermunicipales, des municipalités, de
comment on voit les partenariats. Il y a eu des annonces intéressantes aussi
dernièrement, d'ailleurs, je les ai saluées publiquement, où il y a des
partenariats qui se forment, mais ça s'intègre dans quelle stratégie globale?
Qu'est-ce qui fait qu'on annonce un <projet à ce moment-ci...
M. Paradis :
...mais
ça s'intègre dans quelle stratégie globale? Qu'est-ce qui fait qu'on annonce un
>projet à ce moment-ci à tel endroit? Il est dans quel cadre?
J'ai évoqué la question, hier, de... aussi
de tout le transport, de la transmission. C'est quoi, la vision, s'il y a plein
de projets d'autoproduction, mais de l'autoproduction, ou les lieux de
production, ou des parcs éoliens, par exemple, sont à grande distance d'une
usine ou du lieu de production? Ça veut dire quoi, ça, pour la cohérence de
notre système de transmission au Québec? Il y a plein de questions qui se
posent. On n'a pas... on n'a pas les réponses à ça.
Donc, si on veut augmenter notre capacité
énergétique, puis on le sait, qu'il faut le faire, mais quel est l'équilibre
qu'on va atteindre entre l'acceptabilité sociale, cette fameuse acceptabilité
sociale qui est au cœur maintenant de toutes nos décisions... Est-ce qu'on y va
par projet? Est-ce qu'on y va globalement, par filière, par secteur? Comment on
consulte la population? Comment on s'assure qu'on avance de manière équitable,
de manière ordonnée, mais de manière efficace?
C'est en vrac, là, puis j'en ai pour des
pages et des pages. Ça, c'est des questions qui ont été soulevées dans les
mémoires puis dans les consultations particulières, hein? Bon, la place du gaz
de source renouvelable dans le paysage québécois, comment on juge, notamment,
ces gaz-là par rapport à nos émissions de gaz à effet de serre? Quelle
utilisation on veut... veut-on faire des gaz de source renouvelable? Là aussi,
les intervenants du milieu nous ont dit plein de choses, là aussi, on a des
plans d'Énergir, d'autres intervenants, mais quelle est la vision du
gouvernement? Est-ce qu'on veut restreindre leur utilisation à des procédés
industriels qui sont difficilement électrifiables? Est-ce qu'on veut les
utiliser pour les industries en général? Est-ce qu'on veut continuer que les foyers
québécois puissent aussi les utiliser et en bénéficier? Si oui, comment?
• (12 h 40) •
Le lien aussi entre le Plan pour une
économie verte, l'atteinte de nos objectifs de décarbonation, l'atteinte de nos
objectifs en réduction de gaz à effet de serre, le futur plan dont on parle,
mais qu'on n'a pas encore, bien, c'était quoi, la vision de ça au moment où on
commence l'étude du projet de loi? On n'a pas des statistiques. On n'a pas de
rapport récent quant à des données qui sont incontournables, pour nous, à
l'aube de commencer notre travail, sur c'est quoi, l'état de la situation, sur
l'atteinte de nos objectifs, sur comment on voit, dans le nouveau contexte, la
possibilité de les atteindre.
Quels ouvrages on privilégie pour
l'avenir? Est-ce qu'on parle encore de barrages? On a parlé de nucléaire. On a
parlé de l'énergie renouvelable dans nos... dans nos consultations
particulières, dans les mémoires, le solaire, ça a été aussi abordé, mais on
n'a pas la vision du gouvernement du Québec sur toutes ces questions-là.
Qu'est-ce qu'on peut tirer, par exemple,
des données de l'Institut de la statistique du Québec à jour, au moment de
commencer nos débats, pour qu'on puisse les utiliser puis avoir des données
probantes qui nous aident à faire notre travail parlementaire? On ne le sait
pas. Bon, la ministre pourrait dire : Bien, vous pouvez aller les
chercher, les statistiques de l'Institut de la statistique du Québec, mais
l'idée, c'est que le gouvernement nous aide toutes et tous dans notre travail à
l'aube de l'étude article par article.
Et donc il y a plusieurs qui nous disent :
Bien, on n'a pas ces réponses-là dans le projet de loi. Parce qu'il y en a qui
ont dit ça, on a entendu ça aussi : Bien, le projet de loi, c'est un peu
le plan, c'est lui qui nous dit où est-ce qu'on veut aller. Non, le projet de
loi, c'est une série de moyens, c'est une série de normes qui nous aident à
atteindre des objectifs, mais je le réitère, parce que c'est ça, le message, on
ne connaît pas ces objectifs-là.
Donc, plusieurs ont salué... puis c'est ça,
le paradoxe, plusieurs ont salué les dispositions relatives au plan de gestion
intégrée des ressources énergétiques, et je fais la même chose. Il y a peut-être
des améliorations qu'on peut apporter aux dispositions, mais c'est intéressant,
ce qui est mentionné là. C'est intéressant parce que ça nous dit : C'est
ça dont on a besoin au Québec, ce plan de gestion intégrée des ressources
énergétiques.
Donc, bravo, il y a ça dans le projet de
loi, mais pourquoi rapporter ça à dire : On va avoir ça en 2006? On avait
besoin d'exactement ce que dit le projet de loi, ce dont parle le projet de loi,
qui est essentiel pour déterminer plusieurs autres actions politiques, et
plusieurs des décisions qu'on va avoir à prendre, notamment, dans l'étude du <projet
de loi, elles sont déterminées...
M. Paradis :
...plusieurs
des décisions qu'on va avoir à prendre, notamment, dans l'étude du >projet
de loi, elles sont déterminées par ce plan de gestion intégrée des ressources
énergétiques.
Donc, plusieurs ont dit : On salue
ça, mais, de le faire avant ou d'aller le plus loin possible puis de donner le
plus d'indications possibles avant de commencer notre travail, ça aurait été
utile pour guider notre travail de parlementaires et pour permettre aussi aux
Québécoises et aux Québécois de dialoguer de manière encore plus efficace avec
leur gouvernement.
Donc, à la fin, on arrive avec des
questions essentielles. Est-ce que ce gouvernement, oui ou non, est partisan de
la transparence? C'est ça, la question qui se pose avec cette motion-là, parce
que, là, on ne pourra pas dire que c'est juste l'opposition qui s'oppose, chose
qu'on entend souvent. Nous voulons faire notre travail de manière constructive,
et on a un projet de loi vraiment complexe devant nous, puis on n'a pas accès à
l'information qui explique qu'est-ce qui sous-tend tout ça.
Et la question... la sous-question qui se
pose, c'est pourquoi refuser une telle motion de transparence? Moi, je voudrais
bien savoir. Je veux avoir la réponse à cette question-là. J'ai hâte d'entendre
la ministre parce que moi, je vois deux avenues : ou alors il n'y a pas
vraiment de plan, et ça, c'est inquiétant... Il n'y en a pas, de plan. On ne le
sait pas encore. On va se faire le projet de loi, là, puis là, après ça, on va
se mettre à travailler sur un PGIRE, sur un plan de gestion intégrée des
ressources énergétiques. Heille! Ça, ce serait inquiétant.
Donc, ce qu'on a vu, là, dans les
dernières années, là, un gouvernement, là, qui dit une chose puis une autre
après... la semaine d'après, puis là on essaie... Il faut poser des questions
puis arracher l'information pour comprendre où on s'en va. J'espère que ce
n'est pas ça, ou alors il y a un plan quelque part, il y a une planification,
il y a des orientations, puis on ne veut pas nous les communiquer, on ne veut
pas dire : Bon, c'est important, comme travail de parlementaires, qu'on
partage l'information puis qu'on ait un débat éclairé. Alors, c'est quoi, le
motif, c'est pas de plan ou pas de transparence? Donc, ce qu'on veut faire,
nous, c'est bien faire notre travail parlementaire, prévenir, de notre part, de
la part du gouvernement, de la part des oppositions, des décisions hâtives, des
décisions qui ne seraient pas les bonnes. Donc, la chose responsable à faire,
c'est de nous permettre de prendre les bonnes décisions pour l'intérêt
énergétique, l'intérêt économique, l'intérêt du développement durable au
Québec.
Alors, j'espère, j'espère vraiment que la
ministre va considérer avec beaucoup d'ouverture, et même va accepter la
motion, puis va dire : Je vais vous en donner le plus possible, de
l'information, le voici, notre plan, voici où est-ce qu'on veut aller. Puis, si
elle ne le fait pas, j'ai hâte de voir c'est quoi, le motif, pas de plan ou pas
de transparence? Merci, M. le Président.
Le Président (M. Montigny) : Merci,
M. le député de Jean-Talon. Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Oui, M. le
député, je vous laisse la parole. Vous avez donc 10 minutes.
M. Kelley : Merci beaucoup,
M. le Président. Je vais appuyer la motion de mon collègue de Jean-Talon et,
désolé, chers collègues, je n'ai pas de réponse à toutes vos questions, mais
j'ai les mêmes questions que vous.
Je reviens un petit peu sur cet enjeu sur
un plan énergétique parce que c'est sûr que c'est une question que je pose
depuis pas juste 2022, mais on peut retourner jusqu'à 2019, quand le
gouvernement est arrivé avec leur premier projet de loi, 34, qui était supposé
d'être un projet de loi pour régler l'enjeu, M. le Président, des trop-perçus,
mais, finalement, on a rentré dans les autres enjeux, de fixer les tarifs
résidentiels à l'inflation. On a pas mal ajouté ce contrôle des tarifs... excusez-moi,
on a mis le contrôle des tarifs plus dans les mains de le gouvernement que dans
la main de la Régie de l'énergie.
Je me rappelle l'époque, tous les
différents groupes qui ont plaidé en commission que garder ce pouvoir dans les
mains de la Régie de l'énergie... Au minimum, c'est une instance indépendante
puis c'est une instance où on peut avoir un débat devant eux autres pour
questionner pourquoi Hydro-Québec demande une augmentation de tarifs puis on
peut répliquer avec nos propres arguments. Alors, ça a commencé là, que, quand
même, on a cette partie-là, puis on a aussi un gouvernement qui est arrivé et
qui dit : Le plan, c'était de vendre tous nos surplus, et seulement quand
nous avons vendu tous nos surplus énergétiques, on va passer à une phase de <construction
des nouveaux projets...
M. Kelley :
...nous
avons vendu tous nos surplus énergétiques, on va passer à une phase de >construction
des nouveaux projets.
Mais le gouvernement a rapidement... a rapidement...
Notre président a rapidement... Excusez-moi, M. le Président, j'étais... j'ai
reçu un petit message là, mais, rapidement, le gouvernement a réalisé que,
bien, il faut continuer à le construire parce que c'est un petit peu moins
évident que ça. Je pense qu'on a besoin de plus d'énergie. Alors, on a vu,
comme j'ai parlé hier, le projet d'Apuiat qui a été mis à côté, a été
finalement approuvé et mis de l'avant, un excellent projet. Alors, j'appuie
cette décision du gouvernement. Ils ont finalement réalisé le potentiel de
l'éolien dans notre portfolio de production énergétique au Québec. Il y a une
bonne valeur.
Mais, quand même, comme j'ai répété, le
premier ministre a décidé : OK, on va prendre nos surplus, on va... et je
vais prendre ma valise, puis je vais aller à New York, puis je vais trouver une
solution, à vendre tous nos surplus, les surplus ne sont pas une bonne chose,
l'ancien gouvernement n'a rien fait avec ça. Mais les surplus, c'était toujours
une bonne chose pour le Québec parce que ça donnait à nous une marge de
manœuvre de faire des choses tranquillement, de bâtir des choses tranquillement
puis de s'assurer qu'il y a un bon coût pour nos industriels, pour nos PME et
pour, quand même, les clients résidentiels. Alors, encore, après que le
gouvernement a réalisé que le projet de loi n° 34, fixer des tarifs directement
à l'inflation, ce n'était pas nécessairement la meilleure idée du siècle, ils
ont déposé un autre projet de loi qui a été finalement repris... repris par
l'ancien ministre quand le gouvernement a été réélu en 2022.
• (12 h 50) •
Mais tout ça pour dire que le gouvernement
a pris des décisions majeures avant de quand même déposer un plan à long terme
sur notre énergie, et je me rappelle toujours que, quand même, quand le premier
ministre a pris la parole pour le discours d'ouverture en 2022, après que le
gouvernement a été réélu, puis il a cité le nombre d'énergie qu'on a besoin,
puis ce n'était pas exact avec le chiffre de Dunsky, alors on a commencé tout
un débat : Bien, combien d'énergie est-ce qu'on a besoin? On a commencé à
100, puis on a terminé avec 200, puis on a finalement dit : Peut-être 150
ou on est entre les trois, mais, désolé, là, 150 térawatts versus 200, c'est
énorme. On parle de plusieurs projets de barrages, plusieurs projets
d'éoliennes, plusieurs projets d'efficacité énergétique. Ce n'est pas un petit
montant, là. On ne parle pas de petits chiffres ici. En réalité, c'est des
quantités énormes.
Alors, encore, le ministre... le premier
ministre a dit ça, le ministre a corrigé le tir, puis ça, c'était une tendance
qui a continué, entre l'ancien ministre de l'Économie et le premier ministre.
Un jour, c'est... notre stratégie, ça va être de rouler le lave-vaisselle au
milieu de la nuit. On va faire comme en... comme ils font en Chine, tout le
monde va juste apporter plus de cotons ouatés à leur maison en place de monter
le chauffage. Le premier ministre est comme : Wo, wo, wo! On va reculer un
peu, les gens peuvent rouler leur lave-vaisselle après leur souper, puis
n'inquiétez pas si vous voulez chauffer votre maison comme vous le faites
toujours, pas d'inquiétude sur ce côté-là. Mais on a vu, sur plusieurs
reprises, de temps en temps, que le ministre de... l'ancien, excusez-moi,
ministre de l'Économie, M. le Président, et le premier ministre n'étaient pas
toujours sur la même page, et ça, c'est... pour nous, l'opposition, on pose des
questions.
Mais est-ce que c'est parce qu'il n'y a
pas de plan? Est-ce qu'il n'y a pas une orientation gouvernementale, une
direction, une personne, un capitaine de la... qui achemine nous dans une
direction claire et précise? Et, quand même, des fois, on a vu qu'Hydro-Québec
était un peu... Ils ont perdu leur patience, des fois, avec le gouvernement,
dire : Bien, ça prend plus d'information de votre part pour nous... de
bouger, ça prend un projet de loi, ça prend plusieurs éléments. Alors, des
fois, on a quand même vu Hydro-Québec qui a posé des questions : Le
gouvernement veut qu'on fasse quoi exactement?
Alors, c'est bien intéressant, et, de
notre côté, on a toujours pensé : Bien, au minimum, si on va faire une
réforme majeure comme ça... Parce que moi, je me rappelle très, très bien, dans
la dernière campagne électorale, je parlais beaucoup de le projet Éco avec mes
citoyens, qui n'était pas juste sur l'hydrogène, M. le Président, mais c'était
aussi un projet pour développer plus d'énergie, d'augmenter l'offre, pour avoir
une vision que c'est nécessaire de faire ça, et ça commence toujours avec une
bonne jasette nationale pour parler avec tous les acteurs et tous les citoyens,
mais c'est exactement pourquoi, quand même, si on a perdu des élections, on a
réclamé que c'était nécessaire d'avoir une discussion avec toute la société sur
quelque chose qui est hyperimportant.
Eh oui, je sais que le ministre a fait des
consultations puis un huis clos. Les gens ont déposé des mémoires, puis il y a
eu un rapport après, et moi, j'ai pris le temps de... j'ai pris le temps de lire
tous ces mémoires-là. C'est sûr que beaucoup de gens ont parlé à cette
époque-là d'un plan de gestion des ressources intégré, que c'était une bonne
idée, c'est fait par les autres juridictions, mais, quand même, dans tout ce <temps-là
que des gens réclament ça, pas juste depuis...
M. Kelley :
...c'est
fait par les autres juridictions, mais, quand même, dans tout ce >temps-là
que des gens réclament ça, pas juste depuis 2021, ou 2022, ou 2023, ça date des
années, le gouvernement n'a pas à agir parce que, quand même, ce projet de loi,
ça va être adopté.
Malheureusement, de notre côté, je ne peux
pas parler pour mes autres collègues, mais, quand même, si tout le monde de ce
côté décide de voter contre ce projet de loi, on va perdre le vote final. Ça,
c'est la vie, mais, au minimum, M. le Président, on va essayer de mettre de
l'avant les voix et les opinions des différents groupes et, quand même, pousser
le gouvernement de déposer un vrai plan, parce qu'ils ont eu le temps, ils ont
eu la chance de déposer des politiques, pas juste des lois, mais des politiques,
en ce sens-là, pour vraiment définir c'est quoi, notre énergie... avenir
énergétique, M. le Président, et encore je reviens avec le fait qu'on a fait
des autres... mon collègue a cité ça, on a fait un plan pour l'économie
verte 2020.
Alors, ce n'est pas comme le gouvernement
n'était pas en train de réfléchir un peu sur nos besoins énergétiques. Si on
veut mettre en place une date limite pour la vente des chars, du gaz, et ça va
sûrement être des chars électriques qui sont disponibles au Québec, mais quelqu'un
doit faire le calcul. Ça va prendre combien d'énergie pour faire ça? Qui va
construire le réseau? Comment on veut... va inciter les citoyens à participer
dans un tel projet comme ça, que tout le monde roule avec un véhicule
électrique, ou, quand même, les sociétés de transport ont des véhicules... des
autobus électriques, les commissions scolaires, les centres de services
scolaires, toutes les petites et moyennes entreprises ont des véhicules de
transport électriques?
Ça, c'est un projet énorme, et, quand même,
je pose la question : Mais c'est quoi, le plan de ce gouvernement en
termes de l'énergie? Parce que tout commence, M. le Président, avec l'énergie.
Sans l'énergie, je ne suis pas ici, je n'ai pas un «laptop» devant moi, on n'a
pas cette table ici. L'énergie, c'est la base de tout, et on sait que ça, c'est
la réalité, M. le Président.
Alors, je vais appuyer cette motion de mon
collègue de Jean-Talon. On va continuer de demander pour un plan, et j'espère
que le gouvernement, comme mon collègue a dit, a un plan et peut le déposer
rapidement pour nous, et je pense que la ministre est capable de livrer quelque
chose pour nous. Je ne pense pas... J'espère que ce n'est pas une question de
transparence. Alors, j'ai hâte d'entendre la ministre sur la motion de mon
collègue, que je vais appuyer. Merci beaucoup, M. le Président.
Le Président (M. Montigny) : Merci
beaucoup, M. le député. Alors, compte tenu de l'heure, je vais suspendre pour
l'heure du dîner. Je vous remercie, et nous reprendrons nos travaux après le
dîner.
(Suspension de la séance à 12 h 57)
(Reprise à 15 h 01)
Le Président (M. Montigny) : Alors,
bienvenue, tout le monde. Nous recommençons nos travaux. Nous sommes toujours
ici à la commission des ressources naturelles... on est... elle s'appelle la
Commission de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources
naturelles. On va le dire dans le bon ordre, c'est beaucoup mieux, et on
redébute nos travaux. Nous étions à la période des motions préliminaires. On
avait eu une intervention déjà. Maintenant, c'est le moment de demander s'il y
a d'autres membres de la commission qui aimeraient s'exprimer sur la motion
préliminaire à l'étude. Oui, parfait. M. le député, je vous laisse la parole.
Vous disposez d'un maximum de 30 minutes.
M. Bouazzi : Merci, M. le
Président. Je tiens à insister sur le fait que ne pas avoir un plan alors qu'on
est en train d'analyser le projet de loi est... est plus que troublant, et la
demande qui est faite par mon collègue de Jean-Talon est... est plus que
légitime. Elle est essentielle pour pouvoir analyser un projet de loi qui vient
modifier je ne sais plus combien de lois existantes, qui vient modifier des
lois qui touchent à Hydro-Québec, à la régie, à Énergir, à la place du privé
et, plus largement, à notre capacité et nos chances d'atteindre la
carboneutralité en 2050 sans avoir ce plan.
Mon collègue de Jean-Talon a parlé des
différents plans qu'Hydro-Québec nous a présentés. Il y a, ceci étant dit, une
prémisse dans ces plans-là, c'est qu'Hydro-Québec a besoin de doubler sa
capacité d'ici 2050, ce qui est, pour le genre d'infrastructure dont on parle,
très rapide, donc, en 25 ans, et, à date, il manque deux choses vraiment
importantes, je pense, et puis c'est pour... c'est essentiel qu'on ait ces deux
choses pour pouvoir analyser sérieusement ce projet de loi.
D'abord, pourquoi on a besoin de doubler
la taille d'Hydro-Québec? Je mets au défi mes collègues ou Mme la ministre de
nous présenter une équation, quelque chose qui nous dise : Voici pourquoi
on a besoin de doubler la taille d'Hydro-Québec. Et je suis vraiment sincère et
honnête dans ma demande, M. le Président...
15 h (version révisée)
M. Bouazzi : ...quelque
chose, qu'ils nous disent : Voici pourquoi on a besoin de doubler la
taille d'Hydro-Québec. Et je suis vraiment sincère et honnête dans ma demande, M.
le Président, à Mme la ministre. On a entendu, au début, M. Legault parler
d'un barrage aux dernières élections. Ensuite, on a entendu parler d'un demi-Hydro.
Ensuite, on a entendu parler d'un deux tiers d'Hydro, pour, en fin de compte, arriver
sur le fait qu'il faut doubler la taille, donc un Hydro complet qui nous
manquerait basé sur on n'a aucune idée quoi. Ce qui est quand même terriblement
gênant pour un investissement de 180 milliards, M. le Président. 180 milliards,
c'est plus que le budget annuel de l'État québécois, faut-il le rappeler.
La deuxième, c'est : À quelle vitesse
allons-nous diminuer nos consommations des hydrocarbures et du gaz fossile pour
pouvoir avoir l'autre courbe, pas juste celle où on augmente les capacités de
production d'électricité, mais la courbe qui nous permet de diminuer la
consommation d'énergie fossile? Et c'est très perturbant qu'on n'ait pas ces
planifications-là et qu'on commence ce projet de loi qui, encore une fois,
touche des fondements assez importants de notre politique énergétique, sachant
qu'en plus, doubler Hydro-Québec en 25 ans, M. le Président, ce n'est pas
réaliste, ce n'est pas réaliste.
Et donc nous n'allons pas arriver à faire
cette chose sur laquelle on ne sait pas sur quoi on se base pour la faire. Ce
qu'on sait, par exemple, c'est que le prédécesseur de Mme la ministre, M. Fitzgibbon,
a distribué 2 500 MW de puissance à toutes sortes de compagnies et
toutes sortes de multinationales, basé sur le fait que nous allions y arriver,
à ce doublage d'Hydro-Québec, ce qui est terriblement gênant, sachant que même
sans avoir distribué toute cette électricité-là, le fait de doubler Hydro-Québec
n'était pas réaliste. Je comprends que dans le plan d'Hydro, en gros, un quart
était prévu pour du développement économique et les trois quarts pour la
décarbonation. M. Fitzgibbon a déjà distribué le quart en question, ce qui
est quand même une prouesse dont on se serait passée étant donné que ça met
encore plus à mal ce plan qui, encore une fois, est terriblement risqué.
Et, vous savez, comme député, c'est
toujours spécial ces moments-là, parce que je pense vraiment que c'est une
demande importante et puis je sais malheureusement qu'elle va être rejetée et
qu'on va analyser ce projet de loi sans jamais avoir vu une équation qui nous
explique pourquoi il faut doubler Hydro-Québec, c'est quoi, le plan de société,
comment est-ce qu'on va atteindre la carboneutralité, à quelle vitesse on se
débarrasse du pétrole. Et je ne la comprends pas, la vérité. On avait tellement
de temps pour pouvoir travailler là-dessus.
Même ce projet de loi là, on a mis deux
ans à nous le présenter, là. Je veux dire, on en entend parler depuis... il
était censé commencer à être étudié en automne 2023. On est rendus en
2025. Ça aurait été vraiment bien, parce que la fenêtre, elle se referme. Ça
aurait été vraiment bien qu'on ait ce débat démocratique sur quelle société
pouvons-nous avoir pour atteindre la carboneutralité. Ce qui ouvre, du coup, la
porte à... une fois qu'on est sérieux sur les équations, bien, à comment
redistribuer la richesse que nous avons au Québec, étant donné que pour y
arriver il va falloir compter sur la sobriété et pas seulement sur l'efficacité
énergétique. Or, ce projet de loi ne touche pas à la question de la sobriété. La
sobriété étant, chers collègues, de consommer moins, tout simplement.
Donc, l'efficacité, c'est changer une
voiture à essence par une voiture électrique, et, la sobriété, c'est changer
une voiture à essence par un vélo électrique.
Et donc je vais voter pour cette
proposition. J'espère que mes <collègues...
M. Bouazzi :
...Et
donc je vais voter pour cette proposition. J'espère que mes >collègues
en feront autant, sachant que c'est une des demandes principales de la société
civile des syndicats. À peu près tout le monde est venu en commission nous dire :
On ne comprend pas trop comment est-ce que vous êtes capables de proposer un
projet de loi aussi massif sans n'avoir jamais proposé une planification et
avoir eu un vrai débat démocratique pour comprendre vers quelle société on s'en
va, sachant l'importance de la place de l'énergie dans, justement, le futur de
notre société. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Montigny) :
Merci, M. le député. Est-ce qu'il y a d'autres interventions en lien avec la
motion préliminaire? Mme la députée, je vous laisse la parole. Vous avez donc
10 minutes.
Mme Garceau : Merci
beaucoup, M. le Président. Je remercie notre collègue de Jean-Talon pour sa
motion, dont j'appuie entièrement, complètement justifiée et absolument
nécessaire. Je vais utiliser un terme, étant avocate, et je sais qu'il y a
d'autres juristes ici, dans la salle, donc on va parler, lorsqu'on regarde une
entente... Avant de signer un document, il y a un principe par lequel on doit
signer quelque chose avec une connaissance claire, informée. Avant de signer un
document, évidemment, on doit avoir... on doit connaître toute l'information,
et c'est très, très important, parce que qu'est-ce qu'on signe va faire en
sorte que ça va lier des parties, ça va avoir des obligations, des
responsabilités, et tout.
• (15 h 10) •
Et là on est un petit peu dans cet
aspect-là, en ce moment, dans cette situation où on nous demande de, en tant
que parlementaires, réviser ce projet de loi que nous savons très bien... est
très volumineux, étoffé, complexe, 157 articles, on modifie au moins 15 lois,
des règlements. Il y a une création aussi d'une nouvelle loi concernant le
fonds d'aide. Mais le cœur de ce projet de loi, qu'est-ce qui manque,
évidemment, c'est le PGIRE, le plan intégré, parce que c'est ça qui va faire en
sorte qu'on va se baser là-dessus, sur les orientations, qu'est-ce qu'on doit
faire, pour les prochaines 25 années, en termes de transition énergétique.
Et on n'a pas le plan du gouvernement afin de pouvoir prendre une décision
informée et éclairée en termes de : Est-ce que nous avons tous les
éléments, dans ce projet de loi, pour mettre en exécution, pour mettre en œuvre
ce plan intégré? Est-ce qu'on doit aussi consulter d'autres... peut-être
d'autres acteurs dans le domaine?
Et, quand on relit particulièrement l'article 14.2,
14.3 et on regarde l'ampleur de ce plan de gestion intégrée des ressources
énergétiques... regardons... On doit le lire, c'est important : «Le plan
peut porter sur toutes les sources d'énergie consommées au Québec et il contient
notamment un état de la situation et des besoins énergétiques au Québec.» Il me
semble qu'on devrait avoir cette information-là aujourd'hui, et je rejoins un
peu les commentaires de mon collègue de Jean-Talon, que ça ne se peut pas que
le gouvernement n'ait pas de plan, actuellement, sur la transition énergétique.
On dépose un projet de loi sans plan. Je vais faire attention à mes mots.
Et donc je continue : «Il établit des
orientations à respecter et des objectifs et cibles à atteindre en matière d'énergie
et d'efficacité énergétique et notamment, pour les marchés de l'électricité et
du gaz naturel, des orientations, des objectifs, des cibles quant aux
approvisionnements, au développement des infrastructures énergétiques et à
l'innovation.» Et un peu... juste en bas de... Et on peut consulter d'autres
ministères afin d'élaborer ce plan, la régie, Hydro-Québec.
Et, à la fin, à la toute <fin...
Mme Garceau :
...d'autres
ministères afin d'élaborer ce plan, la régie,
Hydro-Québec. Et, à la
fin, à la toute >fin, on mentionne : «Le ministre consulte
également la population aux fins de l'élaboration du plan.» Et donc, là, quand
j'ai pris connaissance de cet aspect-là... et je me dis : Bien, mon
collègue de Jacques-Cartier, notre porte-parole, a fait cette demande de
consultation des acteurs dans le domaine pour déterminer un plan énergétique
pour l'avenir du Québec depuis... début de 2023? 2023. Et donc, comment se
fait-il que le gouvernement a refusé de faire cette consultation-là qu'on
retrouve maintenant à l'étude ou lors du dépôt au mois de juin 2024? On l'a
intégré dans notre projet de loi. Qu'est-ce qui faisait en sorte que le
gouvernement ne pouvait pas faire cette consultation-là avant de rédiger le
projet de loi?
Il me semble que ça fait en sorte qu'on a
un projet de loi beaucoup plus précis, avec des orientations beaucoup plus
précises, en raison du fait qu'on a consulté les acteurs dans le domaine, qu'on
a fait cette grande consultation avec... et incluant les autochtones. Parce que
je comprends que, ça, c'est un amendement, et on va y revenir, mais, ça, c'est
un aspect crucial, absolument fondamental dans tout l'aspect de la
réconciliation avec les Premières Nations, avec les Inuits, avec les peuples
autochtones, ici, au Québec.
Et donc pour moi, de ne pas avoir ce plan
détaillé avant l'étude détaillée de ce projet de loi, c'est un peu au
détriment, au détriment de nous tous, parce qu'on devrait avoir cette
information-là afin de pouvoir poser peut-être des questions beaucoup plus, si
je peux dire, approfondies, pointilleux, pour pouvoir élaborer un projet de loi
qui tient compte des orientations non seulement... Et ça, il me semble que
c'est fondamental qu'Hydro-Québec et le gouvernement, quand même... ils doivent
avoir une collaboration en termes de ce plan intégré, et donc avec une
consultation préalable au projet de loi et non pas... et là, parce que ça va
être tout un processus, là, en lisant les articles 14.2 à 14.4, ça va
prendre du temps, là, pour élaborer ce plan-là.
Donc, on a déjà perdu deux ans et
probablement qu'on va en perdre un autre deux ans, parce que le gouvernement
caquiste a retardé, dans cette responsabilité, de... d'élaborer un plan, un
plan énergétique pour l'avenir du Québec. Et c'est vraiment regrettable que
nous soyons dans cette position-là en ce moment compte tenu évidemment de... du
changement dans notre économie lié aux annonces du président Trump et les
annonces tarifaires.
Et donc j'appuie la motion de mon collègue
et c'est vraiment... tout ce que je vais dire, c'est : S'il n'y a pas de
plan, s'il n'y a pas de plan du gouvernement, je ne vois pas comment on va
pouvoir mettre en œuvre des orientations et des décisions importantes qu'on
doit faire dans l'intérêt des Québécois et des Québécoises dans un avenir
immédiat. Ça ne va... Malheureusement, on va perdre encore beaucoup trop de
temps au détriment des intérêts des... du Québec. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Montigny) :
Merci, Mme la députée. Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Oui, Mme la
députée <de...
Le Président (M. Montigny) :
...Merci, Mme la députée. Est-ce qu'il y a d'autres interventions?
Oui, Mme la députée >de Bourassa-Sauvé, vous avez la parole. Vous
disposez d'un maximum de 10 minutes.
Mme Cadet : Merci
beaucoup, M. le Président. Donc, vous l'aurez compris, donc, moi aussi, je suis
en faveur de la motion préliminaire déposée par le député de Jean-Talon, donc,
qui se lit comme suit : «Conformément à l'article 244, donc, de notre
règlement, donc, il fait motion que cette commission, la CAPERN, dans le cadre
de l'étude détaillée du projet de loi n° 69, demande au gouvernement de
transmettre dans les plus brefs délais son plan énergétique.»
M. le Président, je l'évoquais lors de mes
remarques préliminaires hier, au Parti libéral du Québec, notre avenir
énergétique, bien, ça fait un peu partie... en fait, la... nos... les
considérations, donc, face à notre avenir énergétique font partie de notre ADN
depuis la Révolution tranquille. On l'a démontré maintes et maintes fois à
travers les différents gouvernements.
Être le parti de l'économie, ça veut aussi
dire être le parti, donc, qui se préoccupe de notre filière énergétique et qui
veille à la planification de celle-ci.
• (15 h 20) •
C'est dans ce cadre que le collègue de Jacques-Cartier,
avec le chef intérimaire de l'opposition officielle, ont, le 16 janvier
2023, demandé une commission, une consultation nationale sur notre avenir
énergétique.
Je le... Avant d'y revenir, je le disais
hier, cet automne, là, quand le ministre Fitzgibbon a démissionné avec fracas,
notre collègue de Saint-Laurent nous disait... bien, en fait, disait au... en
fait, nous disait, bien évidemment... mais est sortie, et, au nom du Parti
libéral du Québec, a demandé à ce que cette étude-là, donc, soit repoussée,
donc, bien évidemment, dans le cadre d'un changement de ministre, mais surtout,
et je l'ai mentionné... Parce qu'à notre sens le gouvernement actuel n'a jamais
obtenu le mandat de la population pour effectuer une réforme aussi importante.
Puis évidemment, donc, nous en sommes ici,
nous allons étudier le projet de loi, je l'ai évoqué, je ne reviendrai pas sur
cet argumentaire, M. le Président. Mais c'est certain qu'il nous... selon nous,
il aurait été beaucoup plus opportun de faire les choses dans l'ordre. Il
aurait été beaucoup plus opportun de nous assurer d'arriver et de faire cette
consultation-là, donc d'effectuer cette consultation auprès des experts, auprès
de la société civile afin d'avoir leur son de cloche et de voir, donc, comment
les représentants des institutions québécoises considèrent, donc, cet avenir
dans cet horizon 2050 que nous nous sommes donnés.
Je vous... je vous partage, donc, des
extraits, donc, précis de cette demande que nous avions faite à l'époque. Donc,
le Parti libéral du Québec propose une commission nationale itinérante sur
l'énergie. Donc : «Le Parti libéral du Québec propose de convier la
société civile à une grande conversation nationale sur l'avenir de l'énergie au
Québec. Cette commission nationale porterait sur nos besoins actuels et futurs
en matière énergétique et sur les investissements publics qui seront nécessaires
dans les prochaines décennies pour réaliser la transition énergétique et
atteindre la carboneutralité pour 2050.»
Nos porte-parole, donc, proposaient que
l'Assemblée nationale lance une telle consultation nationale, qui se rendrait
partout au Québec pour consulter la population et les experts. Et, à ce
moment-là, donc, nous souhaitions que le rapport soit déposé d'ici la fin de
2023. Et cette consultation aurait eu pour mandat d'étudier les mesures
concrètes à mettre en place concernant l'avenir énergétique du Québec, en
visitant impérativement toutes les régions du Québec et les nations autochtones
ainsi que les parties prenantes du processus.
Je vous épargne le reste, M. le Président.
Vous comprenez donc que ce n'est pas d'hier que nous souhaitons que le... qu'une...
bon, évidemment, qu'une consultation nationale soit effectuée, mais que nous
souhaitons que cette consultation nationale, donc, mène au dépôt d'un plan
énergétique qui prenne en considération les revendications et les sensibilités
de plusieurs parties prenantes impliquées au dossier et qui auraient donc mené
à la planification, à la transmission d'un plan énergétique. Ça, ça a été notre
contribution.
Nous sommes deux ans plus tard. Je vous
l'ai dit, le... cette consultation a été demandée en janvier 2023. Nous sommes
aujourd'hui en janvier 2025. Vous comprenez donc qu'à l'intérieur de cette
période-ci, si nous avions voulu faire les choses avec transparence, j'ai dit
«dans l'ordre», mais surtout en conviant la population... Parce que, bon, du
côté de la partie gouvernementale... certains, donc, se sont affairés, donc, à
nous concocter, donc, le projet de loi que nous allons étudier, mais c'est un
peu mettre la charrue avant les bœufs.
Ma collègue de Robert-Baldwin, à l'instant
<même...
Mme Cadet :
...c'est
un peu mettre la charrue avant les bœufs.
Ma collègue de
Robert-Baldwin, à
l'instant >même, disait : Je fais attention à mes mots. Je vais
m'avancer un petit peu plus en disant, et là vous ne serez pas surpris, M. le
Président, j'appellerais ça, c'est une... la façon de travailler, là,
j'appellerais ça... je dirais que c'est un petit peu brouillon, hein? Donc, à
cet égard, donc, vous aurez compris que nous considérons qu'avec les enjeux
fondamentaux auxquels le Québec fait face sur le plan énergétique, donc, on a
parlé, donc, sur le fond, de la transformation de nos surplus énergétiques en
déficit, alors que, dans les prochaines années, Hydro-Québec devra donc doubler
sa capacité de production dans le but d'atteindre la carboneutralité, de
pouvoir répondre aux besoins de l'ensemble de la population. C'est... À notre
sens, donc, il nous apparaît impératif que les Québécois, parce qu'il n'y a pas
juste les parlementaires... mais que les Québécois puissent bénéficier d'un tel
exercice afin d'avoir la pleine mesure de ce qui leur est proposé à travers le
projet de loi 69.
Évidemment, donc, nous ne sommes pas les
seuls à l'avoir demandée... évidemment, on le voit bien, là... d'abord et avant
tout, ici, donc, la motion du député de Jean-Talon que nous débattons... Mais
des acteurs de la société civile, donc, aujourd'hui, nous disait : Une
planification énergétique avant tout projet de loi. Donc, des cosignataires,
donc, nous disent qu'ils souhaitent que le Québec prenne des décisions
éclairées tenant compte à la fois des enjeux climatiques, énergétiques,
environnementaux, de santé et de justice. Et qui se... ce qu'ils nous disent...
Bien, en fait, ils soutiennent que le fameux PGIRE, le plan de gestion intégrée
des ressources énergétiques, soit préparé en amont de l'adoption de tout projet
de loi concernant le secteur énergétique, y compris, évidemment, le projet de
loi 69. Ils nous disent : Une telle planification est réclamée de
toutes parts depuis longtemps.
Donc, nous avons mis cet enjeu-là sur la
place publique il y a deux ans. Et l'objectif, ici, là, ce n'est pas de s'en
prémunir, c'est juste de vous dire que ce n'est pas... que nous ne... nous
n'appuyons pas, donc, cette motion-là à brûle-pourpoint, là, c'est de façon
réfléchie que nous le faisons, mais c'est certainement aussi pour transmettre
comme message à la ministre et à l'ensemble des collègues de la partie
gouvernementale que la motion du collègue de Jean-Talon est tout à fait à
propos, parce qu'elle rejoint des revendications transversales... mais aussi
qu'elle vient rejoindre ce que la société civile elle-même souhaite et demande,
et nous dit ici, donc, alors que c'est déposé aujourd'hui même... nous dit ici
qu'une telle planification est réclamée de toutes parts.
Parce que le PGIRE, donc, est un outil... donc,
stratégique de planification à long terme pour coordonner de façon optimale
l'approvisionnement, la production et la consommation d'énergie... mais aussi
parce qu'il est nécessaire pour assurer une prévisibilité dans le secteur
énergétique, par exemple pour mieux prévoir les investissements pour des
installations de production et de production de composants d'éoliennes.
Lorsqu'il est élaboré au cours d'un
processus de consultation large, un PGIRE permet de dégager une vision
collective claire de l'avenir et d'augmenter l'adhésion à celle-ci. Sur ce
point-ci, et je reviens sur cette demande, donc, de consultation où est-ce que
c'était notre objectif, je l'ai dit, j'ai mentionné des points précis de la
demande que nous avions déposée le 16 janvier 2023 : l'objectif était
d'aller dans toutes les régions du Québec, M. le Président. L'objectif était,
oui, donc, d'aller rencontrer des experts, je l'ai dit, mais aussi l'ensemble
de la population. Et, pour nous, donc, ça vient tout à fait rejoindre ce motif
d'adhésion et qui est... qui nous est présenté par les signataires. Ici, donc
on a, donc, Denis Bolduc, Philippe Duhamel et Alice-Anne Simard qui nous
signent... qui nous cosignent cette lettre avec, donc, plusieurs cosignataires
que je ne nommerai pas, donc, qui sont sur la même longueur d'onde.
Donc, M. le Président, pour tous ces
motifs, il nous apparaît absolument impératif de donner suite au dépôt de cette
motion préliminaire, de nous assurer que le gouvernement transmette dans les
plus brefs délais son plan énergétique, parce que j'imagine qu'il y a bel et
bien, donc, une ébauche, donc, qui a été réalisée, et que les parlementaires,
mais surtout que l'ensemble de la société québécoise puisse prendre connaissance
de ce plan énergétique, puisse le faire à tête reposée, puisse se sentir
interpelé par ce qui... par ce que contient ce plan énergétique et ne <se...
Mme Cadet :
...puisse
se sentir interpelé par ce qui... par ce que contient ce plan énergétique et ne
>se sente pas sur la défensive, donc, par la suite...
Le Président (M. Montigny) :
Merci. Merci beaucoup. Merci pour votre intervention. À ce stade-ci,
j'aimerais demander aux collègues s'il y a d'autres interventions. Je vois bien
que Mme la ministre demande une intervention. Alors, Mme la ministre, je vous
laisse la parole... de 30 minutes.
Mme Fréchette : Merci,
merci, M. le Président. Je serai plus brève que ça. Alors, bien, j'invite tout
d'abord les oppositions à aller lire l'article 4 du projet de loi 69,
qui introduit les articles 14.1 à 14.5, lesquels portent sur notre plan de
gestion intégrée des ressources énergétiques, le PGIRE. Alors, les oppositions
sont d'accord avec nous, le PGIRE, il est nécessaire et, en fait, on en fait la
pierre angulaire de notre projet de loi.
Le projet de loi, il assure une cohérence
entre les plans d'approvisionnement des distributeurs, de même que les plans de
transport du transporteur, et le tout est en lien avec les orientations
gouvernementales découlant du PGIRE. À l'instar des autres juridictions, et
j'ai notamment l'Ontario en exemple, le PGIRE est instauré et introduit par une
loi habilitante, ce qui est notre cas. Il est donc commun qu'un plan de gestion
intégrée, comme le PGIRE, découle d'une loi habilitante.
• (15 h 30) •
Quant au projet... quant au délai, pardon,
du dépôt du PGIRE, on a instauré, là, une mesure transitoire, dans le projet de
loi, qui va permettre d'accélérer la première mouture du PGIRE, à l'article 126,
qui se lit comme suit : «Le ministre de l'Économie, de l'Innovation et de
l'Énergie doit, au plus tard le 1er avril 2026, soumettre à l'approbation du
gouvernement le premier plan de gestion intégrée des ressources énergétiques
visé à l'article 14.2 de la Loi sur le ministère de l'Économie, de
l'Innovation et de l'Énergie (chapitre M-14.1), édicté par l'article 4 de
la présente loi. Alors, jusqu'à l'approbation par le gouvernement de ce premier
plan, la cible des approvisionnements en électricité visée au troisième alinéa
de cet article 14.2 est fixée à 255 térawattheures au 1er janvier
2035.»
Le ministère, d'ailleurs, est déjà à l'oeuvre,
là, pour mettre en place le dispositif administratif pour gérer l'information
et rencontrer l'échéance du 1er avril 2026. Et donc il est important de
souligner que ce processus accéléré est nettement plus rapide, rapide que le
temps qui est généralement requis pour ce type d'exercice. À titre d'exemple,
au Manitoba, ils ont fait l'équivalent d'un PGIRE, et ça a requis deux ans,
deux ans pleins de travail.
Alors, il faut comprendre qu'un PGIRE
nécessite une vaste consultation auprès de la population, notamment auprès des Premières
Nations et Innus, de même que ça nécessite aussi une modélisation, une
modélisation qui est très complexe et qui implique de nombreux joueurs tels qu'Hydro-Québec,
les distributeurs gaziers et plusieurs autres parties prenantes du domaine
énergétique.
Alors, le PGIRE va permettre au Québec, en
fait, d'avoir un plan énergétique clair portant sur l'ensemble des types
d'énergie consommée au Québec, de même que sur l'efficacité énergétique, il ne
faut pas l'oublier, ce qui va nous permettre de rencontrer nos objectifs.
Alors, conséquemment, on juge que la date
du 1er avril 2026 est la date qui correspond effectivement au plus bref délai
du plan de gestion intégrée des ressources énergétiques. Ça complète mon
intervention, M. le Président.
Le Président (M. Montigny) :
Merci. Merci beaucoup, Mme la ministre.
Maintenant, comme il n'y a pas d'autre
intervention, c'est le moment de voter sur la motion préliminaire. Alors,
est-ce que la motion est adoptée ou rejetée?
Une voix : ...
Le Président (M. Montigny) :
Ah! vous demandez un vote...
Des voix : ...
Le Président (M. Montigny) :
Merci. Vous demandez un votre par appel nominal. Nous allons donc procéder.
Mme la secrétaire.
La Secrétaire : Merci. Pour,
contre, abstention.
Mme Fréchette (Sanguinet)?
Mme Fréchette : Pour.
La Secrétaire
: M. Sainte-Croix
(Gaspé)?
M. Sainte-Croix : Pour.
La Secrétaire
: M. Bernard
(Rouyn-Noranda—Témiscamingue)?
M. Bernard : Pour...
Une voix : ...
Le Président (M. Montigny) :
...Je veux juste bien comprendre, je veux juste bien...
Une voix : ...
Le Président (M. Montigny) :
Oui, je veux juste bien être sûr que tout le monde comprend bien. On est pour,
contre, abstention... la motion préliminaire telle qu'affichée. Tout le monde a
bien compris? On est corrects? C'est parfait. Parce qu'il y avait hésitation,
là, du côté... Alors, Mme la ministre?
Mme Fréchette : ...
Le Président (M. Montigny) :
Non, non, non. Je voulais...
15 h 30 (version révisée)
Le Président (M. Montigny) : ...parce
qu'il y avait hésitation, là, du côté... Alors, Mme la ministre.
Mme Fréchette : ...
Le Président (M. Montigny) : Non,
non, non, je voulais juste être sûr, parce que je voulais éviter toute
confusion.
Une voix : ...
Le Président (M. Montigny) : On
va suspendre quelques instants, là, il y a une petite confusion ici. On vous
revient, ça ne sera pas long. On va suspendre quelques...
(Suspension de la séance à 15 h 34
)
(Reprise à 15 h 35
)
Le Président (M. Montigny) : Rebonjour,
tout le monde. Nous continuons le vote. Nous étions rendus à la suspension.
Une voix : ...
Le Président (M. Montigny) : Pardon?
Une voix : ...
Le Président (M. Montigny) : Je
n'ai pas suspendu. Nous avons repris nos travaux. Je vous avais demandé de vous
rasseoir. Vous pouvez vous asseoir à votre micro, me faire la demande, on va
procéder selon les règles. Il y a quelqu'un qui m'a demandé une période de
suspension additionnelle?
M. Paradis : M. le Président,
je vous prierais de bien vouloir suspendre quelques minutes.
Le Président (M. Montigny) : Merci.
J'accepte votre demande de suspension avec plaisir. Merci.
(Suspension de la séance à 15 h 36
)
(Reprise à 15 h 37
)
Le Président (M. Montigny) : Nous
reprenons donc nos travaux. Nous étions maintenant à... au vote. M. le député
de...
Une voix : ...
Le Président (M. Montigny) : Monsieur,
oui, de l'Abitibi-Témiscamingue.
M. Bernard : Pour.
Le Président (M. Montigny) :
Pour.
Une voix : ...
La Secrétaire : M. Bernard
(Rouyn-Noranda—Témiscamingue), pour, contre, abstention?
M. Bernard : Pour.
La Secrétaire : M. Bussière
(Gatineau)?
M. Bussière : Pour.
La Secrétaire : M. Tremblay
(Dubuc)?
M. Tremblay : Pour.
La Secrétaire : M. Lamothe
(Ungava)?
M. Lamothe : Pour.
La Secrétaire : M. Kelley
(Jacques-Cartier)? Mme Garceau (Robert-Baldwin)?
Mme Garceau : Pour.
La Secrétaire : Mme Cadet
(Bourassa-Sauvé)?
Mme Cadet : Pour.
La Secrétaire : M. Bouazzi
(Maurice-Richard)?
M. Bouazzi : Pour.
La Secrétaire : M. Montigny
(René-Lévesque)?
Le Président (M. Montigny) : Abstention.
Alors, la motion est adoptée. Merci. Est-ce qu'il y a maintenant d'autres
motions préliminaires?
Une voix : ...
Le Président (M. Montigny) : Oui,
il y a une motion préliminaire...
M. Bouazzi : Absolument.
Le Président (M. Montigny) : ...de
la part du député de Maurice-Richard. Alors, oui, j'ai une
demande d'intervention. C'est une demande de règlement? Vous avez...
Une voix : ...
Le Président (M. Montigny) : Il
ne peut pas voter.
Une voix : ...
Le Président (M. Montigny) : Oui.
Juste pour expliquer pour tout le monde, pour la... pour que tout le monde
comprenne bien, hein, le député indépendant ici, qui est le député de Jean-Talon,
a le droit de présenter des motions, mais il n'a pas cette capacité, à titre de
député indépendant, de voter.
Une voix : ...
Le Président (M. Montigny) : Ce
n'est pas grave. Ça vaut la peine d'expliquer ça pour tout le monde parce que
des gens pouvaient peut-être se poser la question.
Alors, nous sommes toujours dans la
période de dépôt de motions préliminaires. M. le député de Maurice-Richard,
nous avons donc une motion préliminaire d'affichée à l'écran, ça adonne bien.
M. Bouazzi : Parfait.
Le Président (M. Montigny) : Maintenant,
je vous donne la parole, M. le député. Vous disposez de 30 minutes pour la
présentation de votre motion.
M. Bouazzi : Excellent, M. le
Président. On n'aura même pas besoin de suspendre. Donc, je vais vous lire la
motion d'abord. Donc :
«Qu'en vertu de l'article 244 du
règlement de l'Assemblée nationale, la Commission de l'agriculture, des
pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles, avant d'entreprendre l'étude
détaillée du projet de loi n° 69, Loi assurant la gouvernance responsable
des ressources énergétiques et modifiant diverses dispositions législatives,
tienne des consultations <particulières...
M. Bouazzi :
...ressources
énergétiques et modifiant diverses dispositions législatives, tienne des
consultations >particulières et qu'à cette fin elle entende le syndicat
des spécialistes et des professionnels d'Hydro-Québec.»
Bon. Alors, la demande, elle tombe un peu
sous le sens. Et puis, évidemment, elle fait suite à une incompréhension totale
de notre part de ne pas avoir invité le syndicat d'Hydro-Québec à part entière,
comme entité à part entière pour s'adresser à nous, en tant que législateurs.
On s'entend que, je dirais, une personne raisonnable, pour reprendre un jargon
juridique, est facilement convaincue de l'importance de donner toute la place
à... aux représentants des travailleuses et travailleurs d'Hydro-Québec, qui
ont fait, au fur et à mesure des années et depuis maintenant bientôt un siècle,
depuis 81 ans si mes calculs sont bons, la fierté, notre fierté nationale.
Ils l'ont fait aussi... Parce qu'on se gargarise souvent de dire que notre
électricité est la moins chère, la plus bon marché, la plus verte en Amérique
du Nord, et figurez-vous, M. le Président, que, si c'est vrai, ce n'est pas
grâce au capitalisme débridé et... mais c'est grâce à une vision de société où
nous voulions un bien commun qui soit géré par nous-mêmes, hein, quelque chose
qui nous appartienne à toutes et tous, en tant que Québécois, en collaboration
avec des grandes firmes d'ingénierie qui ont été créées à travers ces gros
projets, d'ailleurs, et qui, malheureusement, ont eu toutes sortes de problèmes
plus tard. Mais ce n'est pas le sujet de cette commission.
• (15 h 40) •
Et donc... Et donc, alors qu'il y a... on
est dans des situations de pénurie de main-d'oeuvre, alors que le gouvernement,
Hydro-Québec nous dit que le risque numéro un — ayant, si mes
souvenirs sont bons, dans le plan, identifié trois risques — c'est la
question de la main-d'oeuvre, sachant que c'est un syndicat qui croit
énormément à la mission d'Hydro-Québec, c'est un syndicat qui représente des
personnes terriblement compétentes et qui auraient des choses très importantes
à nous dire, on pense qu'il serait vraiment important de les écouter avant de
commencer les études article par article, qui s'en viendront sous peu.
Voilà, en gros. J'espère que la partie
gouvernementale et mes chers collègues vont accepter cette demande, qui me
semble on ne peut plus raisonnable. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Montigny) : Merci
beaucoup, M. le député. Est-ce qu'il y a d'autres interventions de d'autres
députés? Oui, Mme la députée de Bourassa-Sauvé. Vous avez donc la parole pour
10 minutes.
Mme Cadet : Oui. Merci, M. le
Président. Donc, nous prenons connaissance à l'instant même de la motion
déposée par notre collègue de Maurice-Richard, qu'il vient de lire, donc, cette
motion préliminaire qui... qu'il évoque en vertu de l'article 244 du
règlement, qui demande qu'avant d'entreprendre l'étude détaillée du projet de
loi n° 69, Loi assurant la gouvernance responsable des ressources
énergétiques et modifiant diverses dispositions législatives... que l'on tienne
des consultations particulières et qu'à cette fin elle entende le Syndicat des
spécialistes et professionnels d'Hydro-Québec.
Je... Bien, on va... M. le Président,
donc, je suis en faveur, donc, de cette motion qui a été déposée par le collègue
de Maurice-Richard. On se rappellera que le 29 octobre dernier, le
29 octobre 2024, un article du Devoir titrait : «"On n'a
pas du tout été entendus" sur la réforme de l'énergie, déplorent des
groupes.» Donc, «On n'a pas du tout été entendus», vous aurez compris, donc, se
retrouvait entre guillemets. Et, à ce moment-ci, donc, ce qu'on apprenait,
c'est que six semaines... bien, «ce qu'on apprenait»... ce que... ce qui
était... ce que le public, plutôt, apprenait, parce que les membres de la
commission qui étaient... qui étaient présents, donc, en avaient bien...
évidemment, donc, bien... bien pris connaissance, étaient bien au fait de ce...
de cet état de fait là. Donc, six semaines, donc, après la fin des
consultations sur le projet de loi n° 69 sur l'énergie, donc, différents
groupes, dont des groupes syndicaux, des groupes citoyens, s'inquiétaient de ne
pas avoir... de ne pas avoir été entendus. C'est 99 signataires qui
réitéraient leur demande de tenir un véritable... et là je mets ça entre
guillemets encore, «un véritable débat de société sur l'avenir énergétique du
Québec».
Vous venez de <m'entendre...
Mme Cadet :
...encore,
«un véritable débat de société sur l'avenir énergétique du Québec».
Vous venez de >m'entendre faire,
donc, un plaidoyer sur l'importance de tenir un véritable débat de société à
travers la consultation nationale que le Parti libéral du Québec avait demandée,
d'entendre non seulement, oui, les experts, mais également les différents
groupes de la société civile. Et c'est sûr qu'à notre sens entendre les
différents groupes de la société civile et la population, bien, ça comprend,
évidemment, donc, les organisations syndicales.
Le... Évidemment, donc, ces groupes
avaient des doléances sur le projet de loi lui-même en matière de tarification,
mais aussi sur différentes orientations générales du gouvernement en matière...
en matière d'énergie. Et je reprends un peu ce que le député de Jean-Talon
disait un petit peu plus tôt, là, sur l'importance d'entendre différents
groupes, alors qu'il... bon, qu'il intervenait sur une autre, donc, des motions
qui témoignaient, donc, de l'importance d'avoir une vision mise à jour, là, comme
on le disait, donc, dans le contexte de la menace tarifaire, de différents
groupes économiques, eux-mêmes assujettis à une modulation de leurs
tarifications à travers ce qui est prévu dans les dispositions du projet de loi
et qui, selon nous, auraient été pertinents d'entendre ou, dans certains cas,
de réentendre afin d'avoir une vision beaucoup plus, oui, à jour, mais surtout
avec une certaine portée stratégique sur la façon dont notre riposte ou la
façon dont la menace tarifaire, donc, les touche et comment le projet de loi n° 69,
donc, à travers le levier dont nous disposons comme législateurs, pourrait être
bien et pourrait, donc, être utilisé, donc, à des fins qui répondent au
contexte dans lequel nous nous trouvons, contexte qui a bel et bien changé
depuis le dépôt du projet de loi le 6 juin dernier, d'autant plus... bon, disons,
de façon générale, donc, bien évidemment, donc, nous allons dans le même sens
que ce que ces groupes nous disent, donc, d'entendre différents points de vue, non
pas nécessairement pour toujours être en accord avec ces points de vue là, mais
surtout pour avoir accès, donc, à une pluralité de propositions, de
perspectives, qui nous permet, donc, d'avoir, donc, cette véritable
consultation et ce brassage d'idées qui nous mèneraient, nous, parlementaires,
à faire notre travail de façon... de façon plus efficace et de façon beaucoup
plus complète, alors que nous adoptons une réforme législative qui nous
apparaît costaude. Ces acteurs-là, donc, nous parlaient d'une réforme majeure.
Le... Donc, parmi les auteurs de la
lettre, bien, on retrouvait le Syndicat des spécialistes et professionnels
d'Hydro-Québec, donc le groupe même qui est invoqué dans le cadre de cette
motion préliminaire, qui demande des... donc, qui réitère ici, donc, la
tenue... la demande d'une tenue d'un réel débat public sur les orientations
énergétiques du Québec, un exercice qui servirait de socle à un projet de loi
remanié ainsi qu'au premier plan de gestion intégrée des ressources
énergétiques, donc le PGIRE, dont nous venons... dont nous venons de parler
abondamment.
Donc, vous aurez compris, M. le Président,
que, dans la perspective où, depuis deux ans, nous, au Parti libéral du Québec,
nous demandons une véritable consultation nationale, où nous l'avons demandée à
ce moment-là, mais nous l'avons réitérée maintes et maintes fois, sachant ce
qui nous amène, ce qui... ce qui se présente à nous comme portrait énergétique,
bien, je ne vois pas comment nous pourrions nous opposer à la demande du député
de Maurice-Richard qu'à cette fin... que la commission, donc, puisse tenir des
consultations particulières et entendre le Syndicat des spécialistes et
professionnels d'Hydro-Québec. Évidemment, donc, il y a ce point de vue
plutôt... donc, cette position de principe, cette position, donc, de pouvoir
tenir, donc, une véritable consultation, que nous mettons sur la table, mais
ici, d'autant plus... on parle quand même... je veux dire, je pense que le nom,
donc, l'évoque de par lui-même.
Donc, je disais plus tôt qu'il y avait
quand même... il y avait 99 groupes qui avaient signé cette lettre le
29 octobre dernier en évoquant des doléances et en disant aux médias ne
pas avoir été entendus. Le collègue, ici, ne présente pas une motion pour entendre,
donc, les 98 autres groupes ici, là, mais vraiment pour entendre celui
qui, en regardant, donc, rapidement, donc, cette liste, m'apparaît le plus
intimement lié à l'adoption ou à l'étude détaillée du projet de loi qui... qui
est devant nous, donc, soit le Syndicat des spécialistes et professionnels
d'Hydro-Québec, sachant qu'ils seront les plus touchés, hein?
Un peu plus tôt dans ce <processus...
Mme Cadet :
...sachant
qu'ils seront les plus touchés, hein?
Un peu plus tôt dans ce >processus,
nous, au Parti libéral du Québec, nous avons aussi demandé à ce que nous
puissions réentendre Michael Sabia, PDG d'Hydro-Québec, pour des raisons...
pour des raisons exprimées, donc, de voir un peu, donc, quelle est sa vision
remaniée de... du plan d'action d'Hydro-Québec 2035, de voir, donc, comment
est-ce qu'il voit la question de l'attribution des blocs d'énergie, alors qu'il
a présenté ses propres préoccupations à cet égard un peu plus tôt, de voir
comment, donc, dans le contexte actuel de menace tarifaire, qu'il verrait, donc,
le rôle stratégique d'Hydro-Québec. Eh bien, si nous demandons à ce que le PDG
d'Hydro-Québec soit entendu dans ce contexte-ci, bien, ça me semble, donc, en
fait, tout à fait approprié à ce que nous demandions aussi de pouvoir entendre
le Syndicat des spécialistes et professionnels d'Hydro-Québec.
• (15 h 50) •
M. le Président, moi, à titre de
porte-parole libérale en matière d'emploi et de travail, donc, ce sont des
groupes que j'ai l'occasion de rencontrer. Et je sais, pour l'avoir fait, donc,
intimement, que ce sont de... que le groupe, donc, qui... qui est présenté ici,
donc, aurait des points à faire valoir, évidemment, donc, oui, quant à leur
propre rôle, mais surtout quant à leur expertise. Je sais aussi qu'il s'agit
d'un groupe, donc, qui... qui avait exprimé, donc, certaines préoccupations
quant à... le fait, donc, d'avoir une brèche dans la fin du monopole de
distribution d'Hydro-Québec.
Et, à cet égard, lorsqu'on regarde les
dispositions du projet de loi, on le sait que, bon, le projet de loi prévoit
une plus grande ouverture à la revente d'électricité d'une entreprise privée
vers une autre entreprise privée et qu'ici, donc, on... potentiellement qu'on
bousculerait le monopole d'Hydro-Québec. Et beaucoup ont dénoncé cette
situation comme une brèche dans le monopole de distribution de notre société
d'État. Le député de Jean-Talon, hier, dans ses remarques préliminaires, donc,
parlait de cheval de Troie pour briser de bon ce monopole de transport et de
distribution.
Et j'imagine que, considérant l'expertise
des membres du Syndicat des spécialistes et professionnels d'Hydro-Québec...
qu'ils auraient certainement des choses à dire sur ces dispositions-ci. Et,
puisqu'ils ne sont pas venus en consultations particulières au premier tour,
bien, il s'agirait de leur première opportunité de pouvoir faire valoir ces
préoccupations à l'ensemble des parlementaires, encore une fois pas pour que
nous y acquiescions sans... sans questionnement, mais à tout le moins pour
soupeser ce qui nous serait présenté. Et ces éléments, donc, nous amèneraient,
donc, à considérer que, oui, donc, il ne s'agirait pas nécessairement, donc,
d'une présentation, donc, quant à leurs conditions de travail, donc, de façon
directe, mais... mais surtout, donc, face à la contribution qu'ils auraient,
donc, face à notre avenir énergétique. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Montigny) : Merci
beaucoup, Mme la députée. Maintenant, est-ce qu'il y a d'autres interventions de
d'autres collègues? Oui, M. le député de Jean-Talon. Vous avez donc la parole
pour une période de 10 minutes maximum.
M. Paradis : Merci, M. le
Président. C'est une motion, encore une fois, fort pertinente, et je suis en
faveur, je suis d'accord avec cette motion. Et je vais avoir des propos qui
complètent bien ceux qu'on vient d'entendre, mais je vais aussi poser la
question, comme je l'ai fait dans d'autres occasions depuis le début de nos...
de nos travaux, je vais prendre la question de l'autre côté : Qu'est-ce
qui justifierait qu'on dise non à une demande d'entendre des spécialistes et
les professionnels d'Hydro-Québec alors qu'on va débuter des travaux où on va
parler de plein de questions techniques dont ils sont les principaux experts au
Québec? C'est eux qui connaissent ça. C'est leur job quotidienne.
Et, de manière intéressante, ils font
aussi partie des personnes les plus pertinentes à entendre qui n'ont pas été
entendues. Ils n'ont pas été convoqués en consultations particulières. Les
spécialistes et les professionnels d'Hydro-Québec n'ont pas été entendus en
consultations particulières. Heureusement, ils ont déposé un mémoire très
intéressant, qui nous informe de beaucoup de choses, mais je pense que les
Québécois et les Québécoises auraient intérêt à les <entendre...
M. Paradis :
...de
choses, mais je pense que les Québécois et les Québécoises auraient intérêt à
les >entendre, que nous aurions, nous, députés, intérêt à dialoguer avec
eux et que la ministre et les banquettes du gouvernement auraient intérêt à les
entendre, même si, je le dis, ils présentent des idées avec lesquelles le
gouvernement n'est pas d'accord. Mais c'est important, dans notre démocratie,
d'entendre les gens avec lesquels on n'est pas d'accord ou avec lesquels, de
prime abord, on peut avoir des désaccords mais que peut-être que du choc des
idées va naître la lumière, va naître les meilleures solutions.
Donc, ce syndicat représente 5 500
spécialistes d'Hydro-Québec, et, il nous le rappelle, c'est les gens qui
analysent et conseillent, qui analysent la situation de l'énergie au Québec et
qui conseillent les gestionnaires d'Hydro-Québec. Ils possèdent... Les gens qu'il
représente, c'est ceux qui possèdent l'expertise la plus pointue, la plus
précise dans des domaines dont on va parler : l'ingénierie forestière, les
relations avec le milieu, l'environnement, la finance, la météo, la
planification commerciale, l'exploitation du réseau, la planification des
approvisionnements, la gestion des appels d'offres, la sécurité informatique et
les technologies de l'information, etc. Mais de quoi allons-nous parler dans
les prochaines semaines? Exactement de ça. Puis on ne les a pas entendus. Ils
sont là non seulement pour défendre l'intérêt de leurs membres, mais l'intérêt
public aussi. Et ils avaient des choses très importantes à nous dire dans leur
mémoire, puis je pense que ça vaut la peine de le... de le rappeler. Je les
cite, c'est au début de leur mémoire, c'est dans leur introduction :
«Mauvaise foi»... je cite, ouvrez les
guillemets : «Mauvaise foi, mauvaise volonté ou, tout simplement, une
incompréhension du secteur énergétique, peu importe les motifs qui alimentent
la vision du gouvernement en matière de gestion des ressources énergétiques,
nous ne pouvons entériner la position du gouvernement et la grande majorité des
changements proposés dans le projet de loi n° 69. Ce gouvernement n'a
jamais été élu et mandaté pour privatiser la production et la distribution de
l'énergie, un enjeu aussi important et crucial à l'avenir du Québec. À cet
égard, le syndicat des spécialistes et des professionnels d'Hydro-Québec
rappelle que, dans l'ensemble des cas de privatisation du secteur énergétique à
l'échelle planétaire, il n'a jamais été démontré que d'augmenter la part du
secteur privé dans cette industrie avait été bénéfique aux populations
concernées.»
Et là, dans leur mémoire, ils présentent
un état de la situation, ils démontrent la précarité de la situation
énergétique actuelle, ils dénoncent que ça soit un prétexte pour justifier le
dépôt du projet de loi n° 69. Ils disent que tout ça, c'est le... c'est «le
résultat d'un manque de planification du présent gouvernement et la conséquence
d'une politique de développement industriel archaïque, et ce, faussement
utilisée au nom de la transition énergétique». Je les cite toujours, là.
Ensuite, ils font une analyse des principaux articles du projet de loi
n° 69 qui suscitent chez eux un désaccord, en précisant, pour chacune des
dispositions, les conséquences, les réserves et les changements souhaités, donc
ils proposent.
Et, si je me souviens bien, là... j'essaie
de trouver l'endroit, mais eux aussi, ils disent qu'on aurait dû avoir la
vision du gouvernement avant de passer à l'étude détaillée du projet de loi
n° 69. Eux aussi ont probablement des informations à nous donner sur le
nouveau contexte, sur la situation actuelle. Ils sont les travailleurs
d'Hydro-Québec. Et ce qui est intéressant, c'est que le premier ministre du
Québec, dans une intervention, dans sa déclaration ministérielle, la semaine dernière,
ou, en tout cas, il y a peu de temps, a dit qu'il tendait la main à tout le
monde. Il a dit qu'il tend la main aux députés, de tous les députés de
l'Assemblée nationale, qu'il tendait la main aux travailleurs, c'était dans son
discours, qu'il tendait la main à toute la société civile, qu'il était à
l'écoute puis qu'il était prêt à dialoguer pour voir, bien, qu'est-ce qu'on
pense de la situation actuelle.
Je sais, la ministre l'a mentionné, le
premier ministre l'a dit, ils parlent beaucoup aux gens de l'industrie, aux
gens du monde des affaires. Mais ce qu'on a appris, c'est que les syndicats
ont... avaient déjà tendu la main au gouvernement pour dire : On aimerait
ça vous parler puis on aimerait ça vous parler des impacts sur les travailleurs
de ce qui est en train de se passer dans les négociations commerciales, avec
les menaces de tarifs. Et cette main-là, elle n'a pas été acceptée, tout comme
l'ensemble des oppositions. On avait... Avant de se faire dire par le
gouvernement : On tend la main, mais, finalement, on apprend qu'elle n'est
pas <tellement...
M. Paradis :
...par
le gouvernement : On tend la main, mais, finalement, on apprend qu'elle n'est
pas >tellement tendue, la main du gouvernement, on avait tendu la main.
Nous, au Parti québécois, dès le début, on a proposé la formation d'une équipe
Québec puis on a dit : Bien, on va aller se parler ensemble pour être
unis. L'opposition officielle, depuis le début, demande la nomination... sur
laquelle on pourrait s'entendre, la nomination d'un négociateur en chef, d'un
représentant commercial international pour le Québec, qui est une très bonne
idée. Bien, en tout cas, officiellement, ils n'ont pas eu de réponse. Je ne
sais pas si, en privé, vous avez eu une réponse, mais nous, on n'a même pas eu
d'accusé réception à la lettre, à la main tendue. Mais ça, c'est... Donc, c'est
la... c'est dans la même... c'est dans la même lignée. Les syndicats ont dit :
On aimerait ça vous parler de ce qui se passe actuellement puis de l'impact sur
les travailleurs du Québec. Ils n'ont pas été entendus.
• (16 heures) •
Donc, c'est la même chose dans ce projet
de loi. Pourquoi on se priverait d'entendre les spécialistes et les
professionnels, ceux qui connaissent le plus ça, non seulement sur l'ensemble
du projet de loi tel qu'il a été présenté, sur le plan, la vision que le
gouvernement devrait avoir mais qu'on n'a pas eue, mais aussi sur les nouveaux
développements, sur la situation actuelle? Soyons le plus informé possible, avant
de... avant de commencer nos travaux, sur le détail du projet de loi.
Alors, j'ai hâte d'entendre la ministre
sur sa réponse, parce que j'ai hâte d'entendre c'est quoi, les bonnes réponses...
la... les bonnes raisons qui justifieraient le fait que, non, on ne veut pas
entendre les Québécois et les Québécoises, non, on ne veut pas entendre les
gens qui connaissent le plus ça, non, on ne veut pas entendre les gens qui sont
le plus au cœur des sujets dont on... dont on va discuter, surtout maintenant
qu'on sait, bon, que, pour l'instant, le projet de loi, il est à peu près... il
est à peu près inchangé par rapport aux consultations particulières. Je
comprends que leurs propositions ne risquent malheureusement pas de faire un
grand chemin auprès du gouvernement, mais, au moins, de pouvoir discuter avec
eux, de pouvoir les entendre, de pouvoir entendre leurs recommandations, ce
serait bénéfique, je pense, pour l'ensemble des députés. Alors, je suis en
faveur.
Puis... Et ça fait... c'est le... c'est la
contrepartie. On a commencé, on a dit, notamment les gens de l'industrie, il y
a une alliance qu'on a convoquée : Il faut les entendre, mais les
travailleurs aussi, il faut les entendre, les gens qui sont au cœur de notre...
de notre société d'État, il faut les entendre aussi. Alors, je suis en faveur
de la motion et j'espère qu'elle sera adoptée. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Montigny) : Merci,
M. le député. Maintenant, c'est le moment de demander s'il y a d'autres
collègues qui veulent prendre la parole. Parfait. M. le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley : Merci beaucoup,
M. le Président. De notre côté, on va aussi appuyer la motion de notre collègue
de Maurice-Richard. J'ai manqué ses interventions, malheureusement, mais j'ai
entendu la dernière couple de minutes de le collègue de Jean-Talon et, encore,
comme lui, je pense que ça, c'est un groupe... malheureusement, on n'a pas entendu
eux autres en commission, mais on a reçu un mémoire, qui donne nous, au
minimum, un petit peu une idée de qu'est-ce qu'eux autres pensent sur 69. Mais
c'est... c'est regrettable que nous n'avons pas eu une chance de questionner
eux autres en commission. C'est sûr qu'on a nos chances de rencontrer des
différents groupes, mais je pense que c'est toujours préférable quand on peut
écouter aussi le ou la ministre et échanger avec des groupes en commission
parlementaire, sur tous les différents projets de loi. Puis, après ça, des
fois, des choses sortent d'une discussion entre le ou la ministre et des
groupes qui sont devant nous. Et ça, ça aide nous, des fois, d'être inspirés à
des amendements ou, quand même, de peut-être pousser la réflexion du gouvernement...
et, quand même, des groupes de mieux expliquer qu'est-ce qui se passe avec ce
projet de loi, les impacts que ça peut avoir sur eux autres.
Alors, je pense, c'est important de noter
que, oui, de notre côté, on était un peu déçus qu'on n'ait pas eu une chance
d'entendre les travailleurs d'Hydro-Québec en commission. Et, pour moi, juste d'une
façon plus basique, M. le Président, j'aimerais parler avec eux autres, parce
que je sais que le gouvernement aime parler. Bien, pour des gens qui... mais,
encore, je répète, on espère qu'aucune personne ne perde leurs emplois à cause
de qu'est-ce qui se passe présentement dans le contexte mondial, mais des gens
qui, peut-être, perdent leurs jobs à cause d'une guerre commerciale peut aller
travailler pour Hydro-Québec, parce qu'on sait qu'Hydro-Québec cherche beaucoup
de travailleurs.
Mais, quand même, M. le Président, juste
dans mon coin, quand il y a une panne d'électricité puis on voit des équipes
déployées sur le terrain, ce n'est pas un travail hyperfacile que tu peux juste
embaucher n'importe qui, on sait, ça, c'est la réalité, parce que tu dois être
formé de travailler pour Hydro-Québec, d'être partie de ces équipes qui font un
travail extraordinaire sur le terrain partout au Québec. Et ça, c'est juste un
petit exemple. J'ai vu, dans les nouvelles, quand il y a eu des... la tempête
de verglas dans votre coin...
16 h (version révisée)
M. Kelley : ...exemple, j'ai
vu, dans les nouvelles, quand il y a eu des tempêtes de verglas dans votre coin,
la Côte-Nord, puis Hydro-Québec a déployé des drones pour frapper des lignes de
transmission quand il y a eu de la glace, mais quand même, de temps en temps,
on sait que ça va prendre des techniciens qui vont monter des grosses tours
pour faire une réparation. Pas mal tout le monde qui... se souvient de la crise
de verglas, rappelle des gens dans les hélicoptères qui sont mis sur les tours
sur le fleuve de Saint-Laurent, en train de réparer des tours d'électricité, des
grosses, grosses tours qui sont hyperimportantes pour fournir l'électricité à
l'île de Montréal. Alors, on a tout le respect pour les gens qui travaillent pour
Hydro-Québec. Et on sait que ce n'est pas facile, quand même, c'est des gens
qui travaillent dans un barrage, qui s'assurent que tout roule bien, que les
turbines marchent bien. C'est des... incroyables.
Alors, oui, d'une certaine façon, pour un
projet de construction, c'est sûr qu'on peut former des gens d'une certaine
façon pas mal rapidement. Mais, pour certaines expertises d'Hydro-Québec, on
sait que ça prend plus que juste une formation brève et rapide, mais, des fois,
des années d'études pour s'assurer qu'ils sont capables de bien performer leur
emploi. Puis, quand même, on a vu le problème d'Hydro-Québec, avec le
recrutement des travailleurs, M. le Président, avec le rapport de la régie, où
Hydro-Québec a de la misère de remplacer des gens qui prennent leur retraite. Alors,
quand même, d'ajouter plus de gens à l'équipe d'Hydro-Québec, c'est un défi
énorme. Et ce n'est pas moi qui dis ça, M. Sabia, quand il est venu en
commission a été très, très clair... là-dessus, que la formation...
excusez-moi, la main-d'oeuvre, c'est un enjeu pour lui qui va être très
difficile, très difficile à remplir, et avec raison. Alors, comme j'ai dit, M.
le Président, juste sur le côté d'un aspect plus «basic», je veux entendre, eux
autres, qu'est-ce qu'ils pensent de ça, comment Hydro-Québec peut mieux
recruter, comment les syndicats peuvent jouer un rôle dans tout ça aussi.
Mais, bref, je reviens plus à leur mémoire
et je pense que le lien, c'est hyperimportant aussi, les syndicats. Et ils
savent très bien qu'avec l'offre qu'on veut augmenter dans la province, ça va
créer des défis. Je me rappelle la rencontre que j'ai eue avec eux autres, c'était
avant le dépôt de 69, on a eu une bonne discussion sur les différents projets
de lignes de transmission, de le remplacement, quand même, les défis de gérer
certains parcs d'éoliennes qui vient à la fin de la vie, si c'est Hydro-Québec
qui prend la responsabilité. Il y a plein de différents défis pour eux autres.
Et ils sont prêts à répondre à l'appel, mais ça va être... Ce n'est pas aussi
simple, des fois, qu'on explique devant la population. Et c'est un autre
argument pourquoi c'est important d'entendre un groupe comme ça en commission. E
Et je veux juste... reviens un petit peu, M.
le Président, parce que j'ai trouvé que leur mémoire, encore, c'était bien
préparé et bien présenté. Il fait un petit peu un «debrief», pour nous, sur
certains articles qui ont des problèmes avec. Ils commencent avec article 4
qui donne les nouveaux rôles pour... au ministère. Puis, pour eux autres, ils
listent tous les différents trucs dedans. Puis les impacts, pour eux autres, c'est
des responsabilités accrues, ils disent ça, c'est eux autres qui citent ça, «démesurées
du ministère de l'Économie, de l'Innovation et de l'Énergie». Et puis le plan
de gestion intégrée sous la forme... du ministre, c'est une préoccupation de
leur côté. Et leurs réserves sont qu'il y a une trop grande centralisation des
pouvoirs décisionnels, attribution des pouvoirs et des responsabilités dont le
ministère n'a pas l'expertise et la connaissance nécessaire. Et, bien que
favorable au concept de plan de gestion intégrée, le plan global intégré des
ressources énergétiques aurait dû être élaboré avant l'adoption du projet de
loi.
Alors, un autre groupe qu'on a entendu ce
matin, en lien, c'est sûr, le syndicat, c'est un de signataires de la lettre
ouverte à la FTQ, au minimum. Puis on a eu une grande, grande liste que mon
collègue de Jean-Talon a listée plus tôt ce matin, et encore un autre groupe
qui dit : C'était probablement mieux d'avoir le plan de gestion intégrée
avant que nous avons à avancer avec le projet de loi, et finalement que l'élaboration
de la... doit être un exercice apolitique effectué avec les changements
législatifs. Il présente des recommandations de répartir certaines
responsabilités à Hydro-Québec et de limiter l'attribution des rôles au
ministère de l'Économie, de l'Innovation et de l'Énergie. Bien que le <syndicat
soit favorable...
M. Kelley :
...législatifs.
Il présente des recommandations de répartir certaines responsabilités à
Hydro-Québec et de limiter l'attribution des rôles au ministère de l'Économie,
de l'Innovation et de l'Énergie. Bien que le >syndicat soit favorable à
l'établissement d'un plan de gestion des ressources, le PGIRE, non favorable à
confier cette tâche au ministre de l'Économie et de l'Innovation et de
l'Énergie. Et ce doit être élaboré et piloté par Hydro-Québec. Et ça, c'est un
élément intéressant, parce que, pour le gouvernement, de développer un plan de
gestion intégrée des ressources énergétiques, Hydro-Québec doit jouer pas mal
un rôle énorme dans cette démarche-là.
Puis, juste à ce stade-ci, je sais qu'on
va discuter ça plus tard, mais la question : Est-ce que Hydro-Québec va
être plus... est-ce qu'ils vont être obligés de fournir certains documents ou
est-ce que ça va être une participation volontaire? Parce que, comme mon
collègue de Jean-Talon a cité avant, c'est le plan d'approvisionnement... Et,
quand même, je soupçonne qu'Hydro-Québec a quelque chose similaire à un PGIRE
au sein de leur propre institution. Je ne peux pas croire qu'il n'y ait aucune
documentation, un plan de gestion de gestion intégrée, il doit avoir quelque
chose. On sait, certains documents ne sont jamais déposés devant le public,
parce que c'est des secrets commercials, etc., mais j'espère qu'Hydro-Québec ne
va pas juste être invité à participer, mais peut-être avoir une obligation de
le faire. Mais encore, c'est... ici, puis peut-être c'est mieux que c'est Hydro-Québec
qui pilote ça. Et pourquoi pas? Je pense qu'Hydro-Québec a aussi beaucoup
d'expertise dans le domaine de l'énergie, M. le Président.
• (16 h 10) •
Pour l'article 5 à 8, le rôle accru
du ministère, encore, la plus grande... il parle encore du plus grand rôle
ainsi que la centralisation des pouvoirs décisionnels du ministre, que le
rapatriement de certains rôles au ministère de la Faune et des Ressources naturelles
est un changement suggéré.
Une voix : ...
M. Kelley
: Ah! en
conclusion. Bref, je pense, j'ai présenté une couple des arguments pourquoi
c'est nécessaire d'entendre ce groupe ici, en commission. M. le Président,
merci beaucoup pour votre écoute.
Le Président (M. Montigny) : Merci
beaucoup, M. le député. Est-ce qu'il y a d'autres collègues à ce stade-ci? Oui.
Bonjour. Mme la députée de Robert-Baldwin. Vous allez prendre la parole pour à
peu près 10 minutes.
Mme Garceau : Oui, merci
beaucoup, M. le Président. J'appuie également la motion préliminaire de notre
collègue de Maurice-Richard. Et, à ce stade-ci, on sait
que, on l'a répété, il y avait une soixante-dizaine de mémoires, une
quarantaine de groupes qui sont venus en consultations particulières. Et je
trouve inquiétant, préoccupant le fait que ce groupe n'a pas été convoqué. Le Syndicat
des spécialistes et professionnels d'Hydro-Québec n'a pas été convoqué pour
venir expliquer leur mémoire, mais aussi leurs préoccupations. Et je comprends
qu'il y en avait peut-être plusieurs, préoccupations et critiques, mais ça fait
en sorte que, compte tenu de la nature de leur travail au sein d'Hydro-Québec,
ce syndicat regroupe quand même plus de 5 000 spécialistes, c'est des
planificateurs, des architectes. Il rassemble des professionnels qui analysent
et conseillent les gestionnaires d'Hydro-Québec. Chacun possède une expertise
précise dans des domaines tels que l'ingénierie forestière, les relations avec
le milieu de l'environnement, la finance, la météo, la planification
commerciale, la sécurité informatique et les technologies de l'information.
Mais, dans le cadre de ce projet de loi,
lorsqu'on est en train de regarder les orientations d'un plan énergétique de la
transition énergétique, je me questionne sur le pourquoi. Et je pense que le
syndicat, ce serait important, compte tenu de la nature de leur travail, et
évidemment ils vont jouer un rôle clé dans la mise en œuvre dans l'exécution du
PGIRE, il me semble qu'on aurait dû les entendre malgré le fait que, oui, il y
a peut-être plusieurs critiques concernant les plusieurs dispositions du projet
de loi 69, mais ça fait en sorte que c'est important de les entendre pour
voir comment <nous pouvons améliorer...
Mme Garceau :
...peut-être
plusieurs critiques concernant les plusieurs dispositions du projet de loi 69,
mais ça fait en sorte que c'est important de les entendre pour voir comment >nous
pouvons améliorer un projet de loi. Et ça fait partie, évidemment, de nos responsabilités,
de poser des questions difficiles. Puis, des fois, on a des réponses
difficiles, mais ça fait en sorte qu'on retourne à la table de travail et puis
on refait... peut-être qu'on modifie certaines dispositions en raison du fait
qu'on a eu de l'information additionnelle, surtout des informations qui émanent
des experts dans le domaine.
Et donc, je trouve, M. le Président, qu'à
la lumière de l'ampleur de ce projet de loi, des dispositions législatives
proposées et le mémoire qui a été déposé par le syndicat et aussi l'expertise
qu'il amène... qu'il apporte, qu'il aurait pu apporter évidemment à ce projet
de loi, c'est vraiment regrettable qu'ils n'ont pas été convoqués pour que tout
le monde puisse se poser des questions, pour voir comment nous pourrions
bonifier ce projet de loi, l'améliorer, évidemment dans l'intérêt de tous et
des Québécois. Donc, là-dessus, M. le Président, j'appuie la motion de mon
collègue.
Le Président (M. Montigny) : Merci
beaucoup, Mme la députée. Est-ce qu'il y a d'autres interventions de d'autres
collègues? Alors, comme il n'y a pas d'intervention, nous sommes maintenant à
la période de la mise aux voix de la motion préliminaire du député de
Maurice-Richard.
M. Bouazzi : ...
Le Président (M. Montigny) : Merci.
Je l'attendais. Merci beaucoup pour la demande du vote nominal. Mme la
secrétaire.
Le Secrétaire : Pour, contre,
abstention, M. Bouazzi (Maurice-Richard)?
M. Bouazzi : Pour.
La Secrétaire : Mme Fréchette
(Sanguinet)?
Mme Fréchette : Contre.
La Secrétaire
: M. Sainte-Croix
(Gaspé)?
M. Sainte-Croix : Contre.
La Secrétaire : M. Bernard
(Rouyn-Noranda—Témiscamingue)?
M. Bernard : Contre.
La Secrétaire : M. Bussière
(Gatineau)?
M. Bussière : Contre.
La Secrétaire : M. Tremblay
(Dubuc)?
M. Tremblay : Contre.
La Secrétaire : M. Lamothe
(Ungava)?
M. Lamothe : Contre
La Secrétaire : M. Kelley
(Jacques-Cartier)?
M. Kelley : Pour.
La Secrétaire : Mme Garceau
(Robert-Baldwin)?
Mme Garceau : Pour.
La Secrétaire
: Mme Cadet
(Bourassa-Sauvé)?
Mme Cadet : Pour.
La Secrétaire
: M. Montigny
(René-Lévesque)?
Le Président (M. Montigny) : Abstention.
La motion préliminaire est donc rejetée à la majorité. Merci. Maintenant,
est-ce qu'il y a une autre demande de motion préliminaire?
M. Kelley : Oui, M. le
Président, nous avons une autre motion à déposer et je suggère qu'on suspende jusqu'en
temps... pour transmettre ça au secrétariat.
Le Président (M. Montigny) :
Oui, M. le député de Jacques-Cartier, pas de problème.
Nous allons suspendre, le temps de
transmettre la motion préliminaire.
(Suspension de la séance à 16 h 17)
(Reprise à 16 h 19)
Le Président (M. Montigny) :
Alors, on peut recommencer maintenant. M. le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley : Merci beaucoup,
M. le Président. On va déposer une autre motion préliminaire, et je vais la
lire : «Conformément à l'article 244 du Règlement de l'Assemblée
nationale, je fais motion afin que la Commission de l'agriculture, des
pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles tient, dans le cadre de
l'étude détaillée du projet de loi n° 69, Loi assurant
la gouvernance responsable des ressources énergétiques et modifiant diverses
dispositions législatives, des consultations particulières <et qu'à cette
fin...
M. Kelley :
...projet
de loi 69,
Loi assurant la gouvernance responsable des ressources
énergétiques et modifiant diverses dispositions législatives, des consultations
particulières >et qu'à cette fin elle entende l'Assemblée nationale des
Premières Nations du Québec et du Labrador.».
M. le Président, pourquoi, je pense, c'est
important de réentendre l'Assemblée des Premières Nations du Québec et Labrador
en commission, c'est parce que c'est vrai que le gouvernement a déposé
plusieurs motions pour notre lecture, mais, malheureusement, il n'y a pas eu
beaucoup...
Une voix : ...
M. Kelley
: Oui, des
amendements, excusez-moi. Malheureusement, dans les amendements que le
gouvernement a déposés déjà, on est loin, loin, loin des recommandations et des
suggestions, des modifications qui étaient proposées par le chef Ghislain
Picard, le grand chef, et le chef Dominique quand ils étaient ici, en Chambre.
• (16 h 20) •
Je veux commencer à la base, M. le
Président. Je pense que tout le monde autour de la table ici, particulièrement
sur le côté et les banquettes gouvernementales, a des communautés autochtones
dans leur circonscription. Si c'est des Micmacs, si c'est des Cris et des
Innus... Inuits, excusez-moi, si c'est des Innus ou si c'est des Anishnabe, je
pense, tout le monde ici connaissez la réalité de, oui, nos voisins et... nos
voisins autochtones. Je pense, mes collègues sont très au courant de les défis
de certaines communautés de faire face.
Mais une chose qui revient toujours dans
tous les projets de loi que j'ai étudiés depuis que je suis élu ici en 2018,
c'est le concept d'une vraie relation nation à nation. Et je sais que, souvent,
le chef Picard a toujours réclamé et demandé si le gouvernement peut essayer de
penser hors de la boîte, de trouver des façons d'être plus flexible, d'être
plus créatif. Parce que j'ai toujours trouvé, M. le Président, qu'on arrive
toujours avec les mêmes enjeux. Et, des fois, ce n'est pas une critique de la
ministre ni d'aucune formation politique, mais j'ai toujours trouvé que, des
fois, le gouvernement oublie qu'ils ont énormément des ressources. Ils ont des
milliers des fonctionnaires. Et, des fois, on arrive avec des projets de loi,
comme 69, qui est un changement, énormément, pour notre société, mais aussi
pour les Premières Nations et les Inuits, et eux autres n'ont pas la même
machine pour répondre, puis regarder, puis étudier une question aussi large que
ça aussi rapidement, et souvent on est en train de bombarder eux autres avec
des autres projets de loi.
Je sais que ma collègue de Robert-Baldwin
peut parler beaucoup sur le projet de loi sur le musée du Québec, le projet de
loi sur les protections de la jeunesse, c'est souvent des gros projets de loi
qui arrivent devant eux autres, puis ils sont en train de regarder comment ça
impacte toutes les différentes nations, toutes les Premières Nations, sur la
communauté du Québec, comment ça impacte les différentes communautés au sein
des nations. Alors, je sais, et, des fois, le chef Picard dit ça clairement
quand on pose des questions, qu'est-ce qu'il pense des amendements, des
articles dans les projets de loi, il dit : Bien, regarde, on n'a pas des ressources
de toujours, toujours... suivi tout en même temps. Et qu'est-ce qui est triste,
c'est que tout ça est capable d'être évité si on était invités autour de la
table dès le départ d'un projet de loi.
Je sais que ce n'est pas facile,
nécessairement, de... On ne peut pas juste changer les lois sur la place, mais
est-ce qu'il y a une façon qu'on peut... Oui, on a un privilège parlementaire,
on ne peut pas faire d'outrage. Mais est-ce qu'il y a une façon, un jour, qu'on
peut mieux inclure les Premières Nations et les Inuits dans nos décisions,
quand on est en train de préparer un projet de loi, de valider certains
articles en avance? Je ne sais pas, mais je sais que c'est, des fois, des
suggestions, des idées qui sont présentées dans les discussions autour...
comment on peut avoir une vraie réconciliation, mais, au bout de la ligne,
c'est d'éviter, si c'est des contestations en cour, ou qu'une certaine nation
arrive à l'Assemblée nationale en furie, parce que le projet de loi ne respecte
aucun de leur droit territorial, ne prend pas en considération leurs droits
ancestraux. On peut faire la liste, et c'est juste une réalité.
Et qu'est-ce que je trouve toujours
remarquable de la part des différentes communautés autochtones au Québec, c'est,
quand même, si dans le passé on était loin d'un chemin de réconciliation Quand
même, toutes des histoires blessantes dans leur passé, quand même, des
anciennes attitudes qui étaient... et l'ancienne façon que, des fois, les
communautés étaient traitées, <ils demeurent toujours...
M. Kelley :
...quand
même, toutes des histoires blessantes dans leur passé, quand même, des
anciennes attitudes qui étaient... et l'ancienne façon que, des fois, les
communautés étaient traitées, >ils demeurent toujours prêts à travailler
avec le gouvernement du Québec, avec leurs voisins. Il veut améliorer l'avenir
de leurs enfants comme nous, on veut améliorer l'avenir de nos enfants, nos
petits-enfants. Et, ça, c'est juste une réalité. Mais, quand même, on arrive
souvent avec des situations, avec des projets de loi où ça va directement
contre leurs intérêts, ou, quand même, qu'est-ce qu'ils demandent dans les
négociations territoriales. On peut faire la liste, ça change d'un projet loi à
l'autre, mais, des fois, il y a de l'espoir, des fois, il y a des choses qu'on
fait bien correctement ici, à l'Assemblée nationale.
Je vais toujours rappeler que j'ai siégé
sur le projet de loi 79 avec le ministre des Affaires autochtones, M.
Lafrenière, et c'était sur les enfants disparus. C'était avec le collègue de
Sainte-Marie et Saint-Jacques et l'ancien député de René-Lévesque. Puis on a
vraiment eu un esprit de collaboration. Ce projet de loi était la conséquence de
le rapport Viens et quand même le rapport du gouvernement fédéral ENFFADA, avec
une suggestion que Québec mette en place une loi qui permette des autochtones à
faire des recherches dans nos institutions pour essayer de retrouver un enfant
qui a disparu. Et on ne parle pas nécessairement juste dans les
années 30-40, on parle des années 60-70, des histoires tellement
tristes.
Je vais toujours, M. le Président,
rappeler l'intervention de deux mesdames de Schefferville, qui... des Naskapis,
qui a dit : Moi, je me rappelle que mon cousin est monté sur un avion
gouvernemental, très, très malade, puis n'a jamais revenu, puis on n'a jamais
eu une explication. C'est la dernière fois que j'ai vu cette personne dans ma
vie. Puis tout le monde dans la communauté a rappelé de ça. Puis on a des
histoires qui existent un petit peu sur le territoire du Québec, où, ça,
c'était une triste réalité d'une autre époque. Mais il y a toujours les
personnes vivantes qui veut savoir qu'est-ce qui est arrivé avec un membre de
leur famille, qu'est-ce qui est arrivé avec une amie, un voisin, et les gens
qui luttent toujours pour ça. Et j'ai trouvé qu'ensemble, avec le gouvernement
et les partis de l'opposition, on a produit un projet de loi qui n'était pas
juste accepté, mais, je pense, apprécié par la communauté, particulièrement les
démarches que nous avons prises tous ensemble pour produire un projet de loi
qui respecte leurs besoins.
Alors, des exemples existent. C'est
possible que, des fois, ça prend un petit peu plus de temps d'adopter un projet
de loi, parce qu'il faut, oui, des fois, négocier des articles, pas juste avec
les oppositions, mais aussi avec les groupes qui sont intéressés dans nos
projets de loi, qui a des suggestions et des idées. Et ça prend peut-être un
petit peu de temps d'analyser ça tout ensemble, mais c'est un exemple comment
on a fait ça, moi, je trouve, d'une façon correctement, dans la meilleure
façon, à respecter nos lois existantes. Et c'est une expérience que je ne vais
jamais oublier. Puis, chaque fois que j'ai une occasion, je salue le ministre
des Affaires autochtones pour sa réussite sur ce projet de loi.
Et il y a toujours un comité de suivi. On
fait des rapports, on dépose ça à l'Assemblée nationale. Il y a des groupes de
travail avec les oppositions pour s'assurer que le gouvernement continue
d'aider les autochtones et des gens qui sont à la recherche de qu'est-ce qui
est arrivé à un membre de leur famille qui est disparu dans les institutions du
Québec. Et on a une question, les institutions dans les autres provinces, qu'un
jour, peut-être, on va être capables de régler avec nos voisins. Je ne sais pas
où on est rendus avec ça, parce que je ne suis plus le porte-parole dans le
dossier, mais c'est juste une note qu'on peut faire des choses correctement, M.
le Président. Et, ici encore, il y a beaucoup de suggestions, et, pour
l'instant, pas énormément des amendements de la part du gouvernement... du
gouvernement.
Et, s'il y a un dossier où on doit
vraiment aller de l'avant avec une approche qui est nation à nation, c'est le
dossier de l'énergie. Je sais que le premier ministre et la ministre étaient
présents pour une annonce pour Churchill Falls. C'est une question, oui, pour
les nations... les Premières Nations à Terre-Neuve, plus précisément Labrador,
mais quand même, on sait que les lignes de transmission, si jamais il faut
faire des changements ou ajouter des lignes de transmission, partout dans le Grand
Nord, pour tous les différents projets, c'est sur le territoire autochtone. On
sait que, oui, l'entente de James Bay, c'est une des plus importantes ententes
dans l'histoire de ce pays et de cette province, quelque chose qui a laissé un
legs et un exemple pour les autres juridictions à suivre, mais quand même, le
développement dans plusieurs secteurs, ça va prendre, oui, une relation de
nation à nation, un respect, une diplomatie pour s'assurer la réussite des
grands projets énergétiques.
Et c'est sûr qu'on a vu récemment <un
changement de cap...
M. Kelley :
...secteurs,
ça va prendre, oui, une relation de nation à nation, un respect, une diplomatie
pour s'assurer la réussite des grands projets énergétiques.
Et c'est sûr qu'on a vu récemment >un
changement de cap du côté d'Hydro-Québec, que je sais est très, très apprécié
par plusieurs différentes communautés autochtones, parce que ce n'était pas
nécessairement ça avant, puis je pense que c'est Mme Brochu qui a commencé le
changement, puis M. Sabia a continué d'aller de l'avant, parce qu'eux autres
vont être partie de la solution. Et j'ai trouvé dans leurs mémoires, ils ont
plusieurs suggestions exactement dans ce sens, M. le Président. Mais encore
l'importance de nation, de nation, et c'est vrai qu'on peut signer des ententes
spécifiques, des fois, avec une communauté ou avec une nation, mais ça revient
souvent. Je sais que l'entente Petapan, c'est quelque chose qui traîne depuis
des... des années maintenant. Il y a plusieurs chefs qui veut qu'on signe
quelque chose plus rapidement, puis on règle la question territoriaux pour les
différentes communautés innues. Il y a toujours les autres communautés, les
Anishnabe qui ont encore des demandes et des... ce n'est pas des demandes, mais
des réclamations territoriales... territoriaux avec le gouvernement fédéral,
des fois, avec le gouvernement du Québec.
Alors, il demeure beaucoup de travail qui
doit être fait. Eh oui, le ministre peut faire une partie, eh oui, la ministre
de l'Énergie a un rôle à jouer, mais ça prend aussi le premier ministre du
Québec qui prend ce rôle et sa responsabilité. Et je ne dis pas qu'il ne fait
ça, jamais, mais de jouer un rôle plus actif dans certaines négociations à la
plus... plus haut niveau est extrêmement important. Et c'est le concept d'une
relation nation à nation, on peut trouver dans la Déclaration des Nations unies
sur les droits des peuples autochtones. Et je rappelle que c'est quelque chose
que nous, à l'Assemblée nationale, on a adopté à l'unanimité. Et, de mémoire,
c'était la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques, qui a déposé ça à l'époque. Puis
tout le monde dans l'Assemblée nationale, moi, j'étais présent, je regarde
autour de la table, je pense que mes collègues étaient-là, et juste, à ce
stade-ci, on n'a pas nécessairement avancé avec une façon d'intégrer cette loi
dans notre législation. Ça a été fait dans les autres juridictions, mais c'est
quelque chose qu'il faut régler. Ça va jouer un rôle très important, je pense,
dans l'avenir énergétique du Québec, si on n'adopte pas juste des notions, mais
mettre ça en mesure dans nos lois, puis on présente quelque chose de
l'Assemblée nationale pour discussion avec les Premières Nations.
• (16 h 30) •
Je veux juste... je reviens sur le mémoire
avec certains éléments plus précis, des enjeux. Une chose que je sais qui a été
discutée pendant des audiences publiques, c'était sur la gouvernance, et je
vais citer le mémoire : «Que les Premières Nations ont le droit de décider
de développement de leurs territoires et de leurs eaux. Les chefs des Premières
Nations partagent une vision commune de développement sur les territoires,
lequel doit respecter quatre grands principes : le consentement préalable,
libre et éclairé, la congestion du... la cogestion du territoire, la
conservation du territoire et le partage des redevances avec les Premières
Nations. Les gouvernements des Premières Nations ont la compétence pour
déterminer le développement énergétique sur leurs territoires.» Et ça, c'est où
revient encore avec des discussions sur la gouvernance de développement
économique, le partage des richesses, mais aussi cette importance d'une
relation du gouvernement à un gouvernement. Et il dit, et cite : «C'est
impératif que le projet de loi reflète la place inhérente des Premières Nations
dans la gouvernance de l'énergie du Québec. Les Premières Nations doivent ainsi
être représentées significativement sur le conseil d'administration ainsi que
dans les postes de direction d'Hydro-Québec. Cette collaboration de
gouvernement à gouvernement doit également s'inscrire dans l'élaboration de
toutes politiques et stratégies énergétiques susceptibles d'affecter des
territoires, les eaux et les ressources des Premières Nations, y compris le
plan de gestion intégrée des ressources énergétiques.»
Alors ça, c'est une chose, je sais que
beaucoup des gens ont parlé d'un poste dédié à une personne issue des
communautés autochtones, si c'était une possibilité de faire ça, et je crois
que quelqu'un qui est issu de la communauté innue a été nommé sur le conseil
d'administration récemment, si je ne me trompe pas. Alors, c'est une avancée,
mais est-ce que ça prend quelque chose qui est écrit spécifiquement dans le
mandat d'Hydro-Québec sur leur conseil d'administration, c'est à discuter, mais
c'est quelque chose...
16 h 30 (version révisée)
M. Kelley : ...alors, c'est
une avancée, mais est-ce que ça prend quelque chose qui est écrit
spécifiquement dans le mandat d'Hydro-Québec sur le conseil d'administration, c'est
à discuter, mais c'est quelque chose que les Premières Nations du Québec
mettent de l'avant.
Une autre chose que j'ai trouvé
intéressante, et, je sais, qui a été discutée, c'est des questions de
redevances, mais aussi est-ce que les Premières Nations doivent avoir des parts
dans les actions?
Je vais essayer, excusez-moi, de trouver
exactement ce qui est écrit, parce que je ne veux pas mal citer qu'est-ce qu'eux
autres ont dit, mais ils ont cité l'exemple d'Hydro One en Ontario. C'est juste
ici, dans le partage des richesses, oui :
«Les Premières Nations doivent avoir la
possibilité d'être actionnaires d'Hydro-Québec afin d'obtenir une part juste et
équitable des dividendes et des retombées de l'exploitation de leurs
territoires. Pour leur consommation en électricité, les Premières Nations
doivent disposer de tarifs et de mesures fiscales adaptés à leurs réalités,
leurs besoins et leurs droits.»
Alors, c'est encore des idées et des
choses qui sont... qui sont intéressantes, qui méritent d'être discutées. Une
autre raison pourquoi peut-être d'entendre M. Sabia en commission n'est
pas une mauvaise idée.
Excusez-moi, M. le Président, je vais
prendre une gorgée d'eau.
Mais encore, ils reviennent aussi avec
plusieurs recommandations, M. le Président, pour comment on peut améliorer le
projet de loi.
Assurer une représentation des Premières
Nations au sein de l'effectif d'Hydro-Québec. La recommandation, c'est d'ajouter
un paragraphe de l'article 7.2 de la Loi sur Hydro-Québec prévoyant que le
conseil d'administration a la fonction d'élaborer et d'adopter une politique
avec les Premières Nations visant à tenir compte des réalités et des cultures
autochtones, collaborer avec les Premières Nations à toutes les étapes de cycle
de la vie des projets, planification, conception, réalisation et exploitation,
à augmenter l'effectif autochtone au sein d'Hydro-Québec dans le contexte que
les Premières Nations ne sont pas représentées au sein de l'effectif d'Hydro-Québec,
plus d'une façon institutionnelle et écrite dans la loi. Alors, conséquemment,
la Loi sur Hydro-Québec doit être modifiée.
Prévoir un financement dédié aux Premières
Nations. Dans le contexte, ils disent : «Afin de donner pleinement effet à
la volonté d'Hydro-Québec de créer des occasions de participation aux nouveaux
projets énergétiques pour les Premières Nations, plan d'action, le projet de
loi doit être modifié afin de faciliter la participation financière des
Premières Nations dans les infrastructures déployées sur les territoires
ancestraux, contribuant à davantage des retombées économiques sur eux.»
Ils prévoient la création d'un mécanisme
de financement. Ça, je sais que, dans un projet de loi, peut-être pas
nécessairement quelque chose qu'on peut écrire noir sur blanc, au minimum, c'est
quelque chose qui doit être négocié, mais les Premières Nations doivent
pleinement participer à la gestion de ces mécanismes de financement. Je sais qu'on
a vu un début avec certains projets éoliens, mais encore il y a des autres
grands projets.
Si jamais le gouvernement va de l'avant
avec un projet de barrage, des barrages, on sait que ça va être nécessaire d'inclure
les communautés autochtones dans ces plans, mais aussi de trouver une façon qu'eux
autres profitent de ces retombées, comme on l'a vu avec la Baie James, les
projets de Baie James puis les autres projets de barrages sur le territoire du
Québec, La Romaine, notamment aussi.
Aussi, de contribuer à la réconciliation
économique avec les Premières Nations en précisant des exonérations fiscales.
Une chose que je reviens toujours, des fois, avec la complexité des situations
fiscales ou la réalité des différentes nations autochtones. Je me souviens
quand j'ai eu une discussion avec un chef Crie qui a dit : Greg, tu sais
que c'est impossible d'être assuré pour ma maison sur le territoire, parce qu'il
n'y a aucune compagnie d'assurance qui va assurer une maison qui appartient le
gouvernement fédéral techniquement. C'est quelque chose qu'il a dit. C'est un
des enjeux. J'ai des gens qui construisent leur maison sur le territoire, les
nouveaux maisons, mais ils ne sont pas assurés, ne sont pas capables de trouver
un assureur à cause de la complexité de la Loi sur les Indiens. Ce n'est pas
vraiment l'enjeu qui est... ce n'est pas un enjeu nécessairement directement
lié à les lois du Québec, de qu'est-ce que j'ai compris à l'époque, mais un
autre exemple, des fois, sur... pour les communautés autochtones. Leur
situation est complexe et le gouvernement attend toujours de voir des façons d'être
flexibles pour essayer de trouver des solutions pour aider eux autres.
Je reviens aussi de partager les retombées
et de compenser les dommages du passé et actuels.
Ils disent, et leur recommandation, c'est :
«Ajouter un article 16.2 de la Loi sur Hydro-Québec qui prévoit qu'Hydro-Québec
doit adopter une <politique...
M. Kelley :
...de la
Loi sur Hydro-Québec qui prévoit qu'
Hydro-Québec doit adopter une >politique
de partage des retombées économiques afin que les Premières Nations obtiennent
une part équitable des retombées de l'exploitation de leurs territoires. Cette
politique doit être élaborée en collaboration avec les Premières Nations dans
un délai convenu avec ces derniers. Elle devrait notamment prendre en compte
les dommages, passés, actuels, et des impacts cumulatifs de ces dommages.»
Dans le secteur des recommandations
relatives aux modifications proposées par le projet de loi, il parle sur la loi
sur le ministère de l'Économie et l'Environnement : «Dans la loi sur le
ministre de l'Économie et de l'Innovation, on ne trouve aucune reconnaissance
des droits constitutionnels des peuples autochtones, de leur droit inhérent à l'autodétermination,
de leur rôle dans la gestion du territoire, de ses ressources, ainsi que des
droits de consentement préalable libre et éclairé des peuples autochtones.»
• (16 h 40) •
Alors, ils suggèrent d'ajouter une section
sur les droits des peuples autochtones à la loi, comprenant le droit qu'on
trouve à l'article 35 de la Loi constitutionnelle de 1982, à la
reconnaissance des droits établis par la déclaration des Nations unies sur les
droits des peuples des Autochtones, aussi l'inclusion des connaissances et des
pratiques durables des Premières Nations. Et on sait que ça, c'est un enjeu qui
est hyperimportant.
Et j'ai eu l'occasion, dans une ancienne
vie, M. le Président, quand j'étais attaché politique pour l'ancien ministre
des Affaires autochtones, Pierre Corbeil, de visiter plusieurs communautés dans
le Nord.
Et, quand même, je me rappelle une
discussion qu'on a eue avec une communauté crie à l'époque, qui a dit : On
voit la réalité des changements climatiques là, comme des... la glace a changé,
le climat a changé, on voit ça en temps réel. Ce n'est pas fictionnel de notre
part, on voit qu'est-ce qui est réel et comment...
Quand même, oui, on était en train de
parler des changements climatiques à cette époque-là, mais c'est une discussion
que j'ai eue qui m'a frappé un petit peu l'imaginaire.
Peut-être, à Montréal, à l'époque, on n'a
pas remarqué nécessairement des changements climatiques, on ne peut pas dire ça
maintenant, mais quand même, ça, c'était une discussion hyperimportante. Et
leurs connaissances de leurs territoires, les changements qu'ils voient, hyperimportants
à prendre en considération.
L'engagement du ministre à respecter le
principe de consentement préalable libre et éclairé, c'est encore répété ici,
et la prise de compte des effectifs cumulatifs du développement énergétique sur
les droits et les intérêts des Premières Nations.
Puis il a suggéré encore d'ajouter un
paragraphe au premier alinéa, l'article 14.1, d'assurer un développement
qui favorise l'efficacité énergétique, de compenser les dommages passés et
actuels subis par les Premières Nations dans le cadre du développement
énergétique.
Et ajouter un deuxième alinéa à l'article 14.1,
les paragraphes 1° à 7° du premier alinéa, le ministre doit : «Inclure les
corps dirigeants des Premières Nations dans toute décision relative à la
gestion de leurs territoires, des ressources naturelles, incluant des ententes
intergouvernementales et internationales.»
Et je vais terminer avec ça, M. le
Président, mais c'est sur le plan de gestion intégrée.
Il faut offrir une vision d'ensemble des
besoins énergétiques, des actions, des ressources nécessaires pour y répondre,
intégrer des considérations environnementales, réduction des GES, efficacité
énergétique, etc., et les réductions à anticiper, intégrer les effectifs
cumulatifs sur le territoire à prévoir et à prévenir, et — je suis
sur la bonne page, oui — intégrer la prise en compte des droits des
peuples autochtones, intégrer les connaissances et pratiques durables des Premières
Nations afin de répondre aux besoins spécifiques des communautés.
BC Hydro a fait de la mise en œuvre de la Déclaration
des Nations unies sur les droits des peuples autochtones et la réconciliation
avec les peuples autochtones une des trois caractéristiques déterminantes de son
«2021 Integrated Resource Plan».
Le Québec devrait emboîter le pas à la Colombie-Britannique
et intégrer la prise en compte des droits des peuples autochtones au coeur de
le plan de gestion intégrée des ressources énergétiques.
C'est une très bonne suggestion. Je pense
qu'on doit fouiller dans qu'est-ce que BC Hydro a fait, une autre juridiction
qui a plusieurs ententes sur l'autodétermination et l'autogouvernance des
peuples autochtones dans leur coin.
Alors, M. le Président, je peux... Il y a
plein des autres recommandations, je pense, mes autres collègues vont prendre
de l'avant pour faire des suggestions.
Encore, c'est un document bien réfléchi.
Les Premières Nations du Québec et Labrador ont travaillé très fort sur ce <mémoire...
M. Kelley :
...bien
réfléchi. Les
Premières Nations du Québec et Labrador ont travaillé très
fort sur ce >mémoire. Ils ont probablement dépensé un bon montant
d'argent pour parler avec des consultants qui sont des experts dans le domaine
de l'énergie.
Tout le monde aussi, autour de la table,
on connaît un petit peu le secteur de l'énergie, mais on sait que c'est
complexe. Tous mes collègues ont répété que c'est complexe, ce n'est pas un
projet de loi qui est hyperfacile à expliquer à nos citoyens. Toutes les
technicalités autour des tarifs, etc., c'est sûr que c'est complexe.
Alors, je pense que c'est important qu'on
prenne le temps ici aujourd'hui, de répéter que c'est important d'entendre les Premières
Nations en commission, de voir qu'est-ce qu'ils pensent et qu'est-ce qui a été
amendé est-ce que ça change leur vision sur certaines choses. Alors, ça, c'est
pourquoi, M. le Président, je pense que c'est important.
I will just quickly say,
because... Juste, pour mes collègues, qu'est-ce que je vais dire, je
vais toujours essayer de le répéter en français... excusez-moi, qu'est-ce que
je dis en anglais, je l'ai déjà dit en français. But I know a
lot of the indigenous communities in Québec are English, it is their second
language, roughly 50-50, it depends what church showed up first, was it
Anglican or Catholic, and usually that tells what language to determine, that's
how it's explained, in a lot of ways, and proximity to certain different areas.
But I think it's
important just to remember the importance... they always are looking... Yes,
despite our past, despite reasons to easily say: We don't trust the Government,
don't want to work with the Government, they always have a hand that is open to
collaboration and to working with the Government of Québec, despite the past,
to try and build a better future for their children, for their grand-children,
and for the future of their community, which is something that, I think, is
shared around this table by everyone here who's trying to improve Québec for
their children, for their grand-children.
So, in that respect, I
always... I'm very impressed at all the hard work that the association of the
First Nations of Québec and Labrador does on all the different bills.
We ask a lot of them to
give out their opinions on important pieces of legislation that will have a
huge impact, not just on our ridings, but on their communities, on their
territory. And it's not always easy.
As I mentioned before,
the Government, sometimes, forgets how large and powerful it can be, that they
have a lot of resources, they have a lot of social services, they have a lot of
lawyers, they have a lot of people, they have a lot of experts who can go
through these things and study it, and, on the other hand, it's not always the
same way, they don't always necessarily have the same resources, and we can
also say the same thing about a lot of community organizations as well. But
it's true, and I do really respect… The memoir that they tabled was well
thought-out. There's a lot of propositions for amendments.
Again, we know that the
Government decided to table some initial amendments, and they're just not the
changes necessarily we see here, or enough. And it will be interesting to hear
their part.
This is what the
Government put forward so far in plans to amend this law. Does it satisfy, what
you, guys, wrote? And, I mean, every group will table amendments that won't
necessarily be accepted by the Government, but there are certain ones that they
would really like the Government to take a much longer and harder look at, to
ensure we're respecting reconciliation, to ensure that they are fully included
in the path forward.
So, we'll continue on our
side to push for changes in this bill, put things forward. Even if the
Government says no, I think we have a duty to do our best to, at least, put
their amendments and suggestions forward.
Alors, merci, M.
le Président, merci beaucoup pour votre écoute. Et je vais passer la parole,
j'espère, à un de mes collègues à côté de moi.
Le Président (M. Montigny) : Merci,
M. le député de Jacques-Cartier.
Comme c'est le souhait de plusieurs
membres de la commission, nous allons suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 16 h 48)
(Reprise à 16 h 56)
Le Président (M. Montigny) :
Alors, nous revenons à nouveau pour nos travaux.
Nous sommes toujours sur une motion
préliminaire. Alors, est-ce qu'il y a des collègues qui souhaiteraient...
Parfait, M. le député. Je veux juste être sûr de ne pas me tromper. Alors, M.
le député de Maurice-Richard, je vous cède la parole.
M. Bouazzi : Merci, M. le
Président. Nous allons appuyer aussi cette motion pour plusieurs raisons.
D'abord, la grande majorité, voire possiblement tous les grands développements
de nouveaux... de nouvelles sources d'énergies renouvelables vont se faire sur
des terres autochtones.
Et l'Assemblée des Premières Nations du
Québec et du Labrador sont venus nous dire quelque chose de vraiment
intéressant. Ils sont venus nous dire que les partenariats entre Hydro-Québec,
le privé et eux, ce n'est pas... ça ne les intéressait pas vraiment. Ce qui les
intéressait, c'est un vrai partenariat de nation à nation entre le Québec et
les Premières Nations à travers une... un commun qui serait Hydro-Québec. Et
c'est une... En 2025, dans...
Sachant l'histoire coloniale qui a forgé
ce pays, sachant les différentes plaies que différents développements d'Hydro-Québec
ont laissées dans nos relations avec les Premières Nations, bien, je pense
qu'on ne devrait pas faire l'économie de mieux comprendre ce qu'ils avaient à
nous dire pour... parce que ça vient régler plusieurs problèmes.
Un des problèmes, c'est que la question de
la place du privé, des partenariats privés avec que ce soit les Premières
Nations ou les... ou les municipalités viennent, en fin de compte, nous
compliquer la tâche pour garantir qu'Hydro-Québec reste un bien <commun...
M. Bouazzi :
...nous
compliquer la tâche pour garantir qu'
Hydro-Québec reste un bien >commun
et puis pour ne pas avoir à transférer de la richesse vers le privé mais la
garder, que ce soit pour les municipalités d'ailleurs, ou les Premières Nations,
et évidemment pour... pour la nation québécoise et le peuple dans son entier.
• (17 heures) •
Donc, cette demande me semble vraiment
importante, surtout qu'on est partis pour un développement quand même qui va
durer 25 ans et que même si, ici et là, quelques partenariats fonctionnent
plutôt bien et sont accueillis favorablement par des représentants des Premières
Nations, sur le long terme, on pense qu'avoir une approche, une philosophie qui
permette de copenser, de coréfléchir, de cocréer l'avenir énergétique du Québec
est justement la bonne manière de faire, et pas juste en se disant quels sont
les coups de cash qu'il y a à faire, ou voir toute cette transition énergétique
comme étant seulement essentiellement une opportunité financière et économique,
mais c'est plutôt la chance d'un changement de philosophie de société.
Et je pense qu'on a vraiment beaucoup à
apprendre des peuples qui ont étaient ici depuis des millénaires et qui ont été
gardiens de ce territoire pour pouvoir imaginer qu'on va garantir justement un
territoire viable pour les prochaines générations, d'autant plus que les
nouveaux développements vont prendre beaucoup de surface, M. le Président.
Et donc, même s'il y a une acceptabilité
sociale d'un certain nombre de projets actuellement, étant donné l'aspect
pharaonique des développements qu'on s'apprête à faire, bien, on peut se
retrouver, si on n'a pas fait le travail de... de relations, justement,
sincères et honnêtes de nation à nation, à arriver à un cul-de-sac, à un moment
ou à un autre, étant donné que devant l'immense développement, avec tout ce que
ça peut opérer comme balafres sur des territoires qui étaient protégés comme
d'impacts sur... sur la faune et la flore, on peut imaginer que ce serait
vraiment important, justement, de prendre le temps de bien faire les choses.
D'ailleurs, quand ils sont venus, c'était
une de leurs... de leurs doléances, c'était le peu de collaboration qu'il y
avait eu avant de... que le projet de loi leur soit présenté dans sa forme
finale.
Et puis, encore une fois, on pense que la
cocréation et puis imaginer un avenir commun ensemble est la meilleure manière
de le faire.
Ils sont arrivés avec un certain nombre de
pistes qui n'ont pas été assez explorées. Je suis persuadé que nous gagnerons
comme législateurs, et la ministre aussi, à recevoir ce groupe pour... pour
mieux comprendre ce qu'ils avaient à nous dire, car c'était vraiment important.
Donc, on va appuyer cette proposition avec
grand plaisir, M. le Président. C'est tout pour moi.
Le Président (M. Montigny) : Merci
beaucoup, M. le député. Est-ce qu'il y a d'autres collègues qui souhaiteraient
prendre la parole? Oui, M. le député de Jean-Talon, vous avez la parole.
M. Paradis : Je remercie le
député de Jacques-Cartier pour cette motion et j'indique tout de suite que j'y
suis favorable. Je suis d'accord.
Et il s'agit une nouvelle fois d'un groupe
qui m'apparaît essentiel d'entendre ou de réentendre, quelques mois plus tard,
au sujet des orientations qu'on aimerait avoir encore une fois de la part du
gouvernement, qu'on n'a pas, mais les grandes orientations qu'il devrait y
avoir... qu'il devrait y avoir derrière ce projet de loi, mais aussi des
dispositions parfois techniques, mais, en tout cas, presque toujours au cœur
des préoccupations des Premières Nations.
Donc, pour bien faire notre travail de
parlementaire ayons ce dialogue avec les Premières Nations à l'aube de nos
travaux.
L'assemblée des Premières Nations a
produit un mémoire, et elle est venue en consultations particulières, et je vais
citer un paragraphe de leur mémoire...
17 h (version révisée)
M. Paradis : ...a produit
un mémoire et elle est venue en consultation particulière, et je vais citer un
paragraphe de leur mémoire qu'il est important de porter en nous. Elle nous dit,
l'assemblée, ouvrez les guillemets : «Le gouvernement du Québec et
Hydro-Québec ont le devoir de collaborer avec les Premières Nations de
gouvernement à gouvernement. Les Premières Nations veulent prendre part à
toutes les décisions relatives au développement énergétique de leur territoire,
de leurs eaux et de leurs ressources. Elles ont un rôle central à jouer dans la
gouvernance du secteur énergétique. Leur participation au processus décisionnel — c'est
eux qui le mettent en gras, participation au processus décisionnel — est
essentielle tant pour assurer le respect de leurs droits que pour intégrer leurs
savoirs et leurs expertises en gestion durable des territoires.» Fermez les
guillemets. Bien, si ce n'est pas un appel à ce qu'on les entende de nouveau
pour justement être éclairés dans les discussions qu'on va avoir sur les
dispositions du projet de loi 69, ça me semble assez clair.
Comme mon collègue le député de Jacques-Cartier
le mentionnait, il nous rappelle aussi que les Premières Nations partagent une
vision commune du développement qui est basée sur quatre grands principes, dont
le premier est le consentement préalable, libre et éclairé, et l'Assemblée des
Premières Nations nous rappelle qu'ils ont les compétences pour déterminer le
développement énergétique de leur territoire. Alors, c'est important de s'en...
de s'en rappeler parce que nous sommes dans une époque où on est encore en
train de travailler à la réconciliation, où on est encore en train de rebâtir
les ponts, et pour rebâtir les ponts, il faut se souvenir que c'est un
processus continu. Ce n'est pas une fois de temps en temps, on les informe ou
on les écoute pendant une vingtaine de minutes en consultations particulières, c'est
un processus constant de toujours, de tous les jours, de tous les moments. Et c'est
d'ailleurs ce qui a été indiqué lors du dialogue que les Premières Nations ont
eu dans les dernières semaines, dans les derniers mois avec Hydro‑Québec, parce
qu'Hydro-Québec, elle, je le rappelle, Hydro-Québec, elle a un plan, Vers un
Québec carbone et prospère.
Donc le gouvernement, lui, il n'en a pas
de plan, mais Hydro-Québec en a un. Et dans le plan, un des axes centraux d'Hydro-Québec,
c'est de collaborer plus activement avec les communautés et les entreprises
autochtones dans les différentes phases d'élaboration des projets et dans le
cadre des activités d'exploitation. Et ça, on en a discuté avec eux. C'est
avant, pendant et après, tout le temps, d'être en communication et en
collaboration constante avec les Premières Nations. Et lors, justement, d'un
dialogue qui avait lieu en juin de l'année dernière, c'était entre Ghislain
Picard et Michael Sabia, c'était un... c'était un dialogue public, le chef
sortant de l'Assemblée des Premières Nations, Ghislain Picard, rappelait que
les enjeux autochtones occupent la place publique et deviennent des enjeux
incontournables. Et ailleurs, dans son discours, il dit : C'est en tout temps.
Il souligne que des occasions comme celle-là, c'est... comme celle qui se
présente à nous, là, actuellement, d'entendre et de dialoguer, pas juste d'entendre,
de dialoguer de nation à nation avec l'Assemblée des Premières Nations,
notamment, qui représente les Premières Nations, c'est une occasion inédite de
jeter les bases d'un véritable partenariat, rompant ainsi avec les erreurs du
passé. Les erreurs du passé, ce n'est pas assez de consultation, pas assez d'écoute,
pas assez de dialogue. Alors, ne les répétons pas et ayons ce dialogue
actuellement parce que dans le contexte actuel, souvenons-nous, il y a cette...
il y a toujours cette nécessité de dialogue sur les termes mêmes du projet de
loi 69, mais aussi sur une ligne sur laquelle les oppositions, on s'entend,
là, depuis... depuis hier, c'est-à-dire qu'il y a un nouveau contexte.
Oui, on a eu des consultations
particulières il y a plusieurs mois, c'était en septembre, si je me souviens
bien, mais il y a un nouveau contexte actuellement, et le nouveau contexte a
des impacts importants et potentiellement durables, plusieurs experts nous le
disent, dans le domaine de l'énergie, dans le domaine de l'exploitation des
ressources et donc de l'exploitation du territoire.
Dans des interventions récentes, les
représentants des Premières Nations de partout au pays appellent à faire partie
des discussions sur ce qui se passe actuellement : Nous voulons faire
partie de la conversation. Mais surtout, ce qui se discute quand on met sur la
table de potentiels tarifs sur l'électricité, sur <l'énergie...
M. Paradis :
...Mais
surtout, ce qui se discute quand on met sur la table de potentiels tarifs sur
l'électricité, sur >l'énergie, quand on se dit : Bon, bien, là,
s'il se passe ça, il va peut-être falloir développer plus, etc. Il dit :
Ça nous concerne, ça nous préoccupe, on veut en discuter avec vous. Et ça, je
serais curieux de savoir s'il y a eu des discussions entre la ministre et entre
le gouvernement avec les Premières Nations récemment au sujet de ce qui se
passe avec les tarifs. Je serais bien curieux de le savoir. Peut-être que dans
sa réponse tout à l'heure la ministre pourra nous le dire. Est-ce qu'elle a
parlé, oui ou non, régulièrement avec les représentants des Premières Nations
sur ce qui se passe actuellement? Est-ce qu'elle considère que les Premières
Nations sont concernées et si oui, est-ce qu'elle leur parle? Parce qu'en tout
cas, dans les médias, ils nous disent : Nous, on veut prendre part aux
discussions puis on veut participer. Alors, j'aimerais bien avoir la réponse à
cette question-là. Si oui, tant mieux, mais sinon c'est préoccupant. Et là, on
a une occasion de le faire. Alors, si le gouvernement vote non sur cette
motion-là, j'aimerais bien comprendre pourquoi. Pourquoi on se passerait de
leur savoir, pourquoi on se passerait de leur avis alors qu'on va travailler
pendant probablement plusieurs semaines sur des questions qui les concernent,
dont ils sont partie prenante?
• (17 h 10) •
D'autres ont suggéré actuellement que,
bien, la question des tarifs aussi va avoir des impacts sur les entreprises
autochtones, sur l'entrepreneuriat autochtone où il y a des particularismes,
puis on est en train... on l'encourage au Québec et on sait que c'est
important. Il y a une prise en main de l'avenir économique des Premières
Nations par les Premières Nations, mais là, ce qui se passe, ça a un impact
très important aussi sur ces questions-là. Elles nous disent : On veut
prendre part à la conversation, on a peut-être besoin de mesures d'aide
particulières si besoin est, mais en plus, on a des propositions constructives
à faire. Bien, écoutons-les et saisissons cette main tendue, cette possibilité
pour nous donc de bénéficier de leur savoir particulier, de leur savoir
millénaire sur des questions qui les préoccupent, parce que oui, on va parler
d'aménagement du territoire, on va parler de développement du territoire, on va
parler de développement durable. Bien, c'est le temps de continuer le dialogue
avec... avec eux.
Alors, je suis très en faveur de la motion
et j'espère qu'elle va être adoptée. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Montigny) :
Merci, M. le député. Alors, est-ce qu'il y a d'autres interventions? Oui,
Mme la députée, je vous laisse la parole. C'est à vous.
Mme Garceau : Merci
beaucoup.
Une voix : ...
Mme Garceau : Oui,
opposition du chef, oui. Désolée.
Le Président (M. Montigny) :
Parfait, on y va pour 30 minutes.
Mme Garceau : Merci
beaucoup, M. le Président. Comme Michael Sabia avait mentionné, je crois que
c'était dans son... dans son mémoire, mais lors des consultations particulières :
On va se dire les vraies choses. Je vais reprendre ses propos en ce qui a trait
à l'importance, l'importance de la collaboration avec les peuples autochtones
en termes de l'élaboration du plan, le PGIRE, mais surtout en termes de
l'avenir de la transition énergétique du Québec.
J'espère que tout le monde ici, nous
sommes d'accord que les peuples autochtones, les Premières Nations ont un rôle
très important à jouer dans le succès de cette transition énergétique et que
leur collaboration est essentielle, M. le Président, et je le mentionne parce
que, avec grand respect, il semble y avoir un genre de modus operandi du
gouvernement en ce qui a trait aux consultations avec... surtout avec l'Assemblée
des Premières Nations Québec‑Labrador et le chef Ghislain Picard, qui joue un
rôle tellement important et a toujours la main tendue pour collaborer avec le
gouvernement pour élaborer des projets de loi, des politiques qui sont dans
l'intérêt de tous. Et je le mentionne parce que, M. le Président, j'ai eu... On
est dans l'ère, on se dit, c'est l'heure de la réconciliation, et il ne faut
pas perdre ça de vue lors de l'étude de ce <projet...
Mme Garceau :
...l'heure
de la réconciliation, et il ne faut pas perdre ça de vue lors de l'étude de ce
>projet de loi et surtout à ce moment-ci, à l'appui de la motion
préliminaire que l'APNQL revienne en commission parlementaire parce que, dans
toutes les recommandations ici de leur rapport, je crois qu'il y en a juste une
qui fait l'objet d'un amendement du gouvernement au projet de loi. Et ça, ça
n'aide pas du tout, ça n'aide pas du tout notre relation avec les Premières
Nations, avec les peuples autochtones, surtout compte tenu que...
Et je vais prendre quelques minutes, M. le
Président, parce que c'est important de le mentionner dans ce contexte-ci, il y
a eu une décision de la Cour suprême qui a été rendue le 9 février 2024,
qui a confirmé la constitutionnalité du projet de loi, c'était fédéral, le
C-92, la Loi concernant les enfants, les jeunes, les familles des Premières
Nations, des Inuits et des Métis. Le gouvernement du Québec avait porté la
décision en appel et la décision a été débattue devant la Cour suprême, et la
Cour suprême est arrivée pour dire que cette loi-là, elle est
constitutionnelle, les Premières Nations ont le droit à l'autodétermination en
ce qui a trait à la protection de la jeunesse et à leurs enfants, mais on a
parlé plus particulièrement de l'importance, dans notre... dans le droit
canadien, mais aussi au Québec parce qu'on a adhéré à la déclaration, la
Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones, et ça,
nous ne pouvons pas l'écarter, l'importance de cette déclaration-là, surtout
dans le contexte de ce projet de loi lorsqu'on regarde en termes des droits
liés au territoire des autochtones et nous, gouvernement, le gouvernement du
Québec qui veut venir installer des réseaux énergétiques qui vont vouloir
utiliser... vont vouloir utiliser ces territoires-là, ces terres-là, pour
évidemment élaborer le plan énergétique.
Et donc, cette déclaration-là, elle est
extrêmement importante, et nous devons la respecter, et nous avons de la
difficulté, et je ne sais pas pourquoi. J'ai été dans le projet de loi, c'était
le projet de loi 37 sur la nomination d'un commissaire au bien‑être et aux
droits des enfants, et le projet de loi... On avait commencé à étudier le
projet de loi avant la décision de la Cour suprême. Et encore une fois, l'APNQL
avait été consultée par le ministre des Services sociaux. Il y avait eu une
grande conversation, des consultations préalablement au dépôt du projet de loi,
M. le Président. Et donc, les recommandations et la recommandation phare de
l'APNQL, c'était que nous, on a le droit d'avoir l'autodétermination en ce qui
a trait à nos enfants, à ce qui a trait à la protection de nos enfants sur
notre territoire, et donc on aimerait avoir notre propre commissaire dédié aux
enfants autochtones. Et à leur plus grande surprise, lors du dépôt du projet de
loi, ce n'est pas du tout ce qui a été retenu par le gouvernement, en termes de
ce n'est pas un commissaire dédié aux enfants autochtones, ça va être un
commissaire qui va être associé au commissaire principal. Et donc, encore une
fois, on écartait complètement les recommandations de l'APNQL et aussi on faisait
complètement... on écartait tout cet aspect de droit à l'autodétermination, au <respect...
Mme Garceau :
...on
faisait complètement... on écartait tout cet aspect de droit à
l'autodétermination, au >respect des droits des peuples autochtones. Et
je dois vous dire, M. le Président... Parce que la décision de la Cour
suprême... On avait commencé l'étude du projet de loi, puis la décision de la
Cour suprême a été prononcée suite au début de l'étude, et on a dû suspendre,
M. le Président, l'étude détaillée du projet de loi, parce qu'évidemment, tout
le chapitre concernant ce commissaire associé n'était pas conforme, évidemment,
avec la décision rendue par la Cour suprême du Canada, qui reconnaissait le
droit des Premières Nations à l'autodétermination en ce qui a trait à la
protection de leurs enfants et à la santé. Et, nonobstant la décision de la
Cour suprême, et nonobstant d'autres consultations avec le chef Picard, le
gouvernement n'est pas revenu avec des modifications ou des amendements au
projet de loi qui reflétaient complètement le souhait ou les désirs de l'APNQL
en ce qui a trait à la protection de la jeunesse sur leurs territoires, dans
leurs communautés.
• (17 h 20) •
Et tout cet aspect, le processus juridique
de faire valoir des droits au Québec qui sont reconnus de façon internationale
en raison de la déclaration des Nations Unies, ça a laissé des cicatrices
profondes. Et lorsqu'on regarde tout cet aspect de la réconciliation avec les
peuples autochtones, qui ont subi des injustices historiques inouïes, et
surtout, et je vais le mentionner, en ce qui a trait à la dépossession de leurs
terres, territoires et ressources, et là, en ce moment, on est dans un projet
de loi où on va avoir besoin de la collaboration des peuples autochtones pour
l'avenir, la transition énergétique ici au Québec, nous avons besoin de la
collaboration de l'APNQL.
Et il y a aussi le mémoire, qui a été très
bien préparé, avec et en collaboration... Et ça, c'est important, M. le
Président, parce que non seulement est-ce que l'assemblée, l'APNQL représente
43 communautés des Premières Nations situées au Québec et au Labrador,
mais aussi, il y avait la collaboration de l'Institut de développement durable
des premières nations du Québec et du Labrador qui ont collaboré avec les
Premières Nations dans la mise en œuvre de leur mission du développement
durable, et ça, ça fait depuis 20 ans, et donc c'est conjoint, le rapport
qu'ils ont déposé ensemble. Donc, c'est une vision également du développement
durable. Et on indique que cet — je vais l'appeler «l'institut» — soutient
les Premières Nations dans leurs démarches pour un territoire et des ressources
en santé, pour des communautés durables, pour exercer pleinement leurs droits,
responsabilités et juridictions et pour promouvoir leurs cultures et leurs
langues.
Et il y a une série de recommandations, M.
le Président, qui n'ont pas été intégrées dans le projet de loi. Je comprends
qu'il y a eu des consultations préalablement au dépôt du projet de loi, et donc
je vais... je vais présumer que suite à ces consultations-là on n'a pas retenu
les recommandations de l'APNQL. Et donc, l'APNQL revient à la charge dans un
mémoire, et encore une fois, on commence un projet de loi qui va plus tard,
peut-être intégrer un amendement qui est lié à leurs <recommandations...
Mme Garceau :
...
qui va plus tard, peut-être intégrer un amendement qui est lié à leurs >recommandations,
et c'est juste une question de consultation. C'est ça, l'amendement, qu'on va
consulter les Premières Nations. Je ne peux pas croire, M. le Président, que
dans le cadre du projet de loi, à l'article 14.3, troisième alinéa, qu'on
n'était pas pour consulter les Premières Nations. Donc, il y a eu... Il y a, si
je peux dire, suite à la décision de la Cour suprême et suite aux démarches,
les démarches subséquentes qui ont été prises par ce gouvernement à l'égard de
l'APNQL, et encore un manque de reconnaissance des droits inhérents à
l'autodétermination. On n'a même pas voulu dans le cadre du PL 37, dans le
cadre de du préambule, on ne parle même pas du... Là, c'était juste dans le
préambule qu'on voulait simplement reconnaître qu'est-ce que la Cour suprême a
confirmé. Puis le gouvernement l'a refusé, de confirmer le droit des
autochtones, des Premières Nations à l'autodétermination en ce qui a trait aux
enfants, à la jeunesse, protection des enfants.
On nous avait mentionné qu'il va y avoir
quelque chose plus grand dans le futur, lié à peut-être une reconnaissance. On
ne sait pas quand est-ce que ça va être. Mais là, je dois vous dire que lorsque
je regarde ce projet de loi et l'importance, l'importance de leur
collaboration, et lorsqu'ils disent : On veut... On veut avoir plus qu'un
partenariat, on veut négocier de nation à nation, il faut les prendre au
sérieux, il faut les prendre au sérieux. Et ça fait partie aussi de cette
réconciliation qu'on a un devoir, un devoir de faire avec eux.
Et donc, M. le Président, lorsque je
regarde leur mémoire, et ça, c'était... N'oublions pas, il y a eu une
consultation préalable au dépôt du projet de loi, et là je lis un paragraphe en
particulier et je les cite :
«Or, les Premières Nations ont été
historiquement exclues de la planification, de la réalisation et de la mise en
œuvre des projets de développement. Elles en ont subi les impacts négatifs sur
leurs territoires et leurs droits, sans bénéficier des retombées positives.
Hydro-Québec et le gouvernement du Québec ont profité et continuent de profiter
de l'exploitation des ressources situées sur ces territoires, en dépit des
droits des Premières Nations.
«Les Premières Nations, leurs
gouvernements, leurs savoirs et leurs expertises doivent être placés au premier
plan de la transition énergétique et du développement économique.
«Les Premières Nations ont le droit de
décider du développement sur leurs territoires et leurs eaux.
«Les chefs des Premières Nations partagent
une vision commune du développement sur les territoires, lequel doit respecter
quatre grands principes : le consentement préalable libre et éclairé, la
cogestion du territoire, la conservation du territoire et le partage des
redevances avec les Premières Nations.
«Les gouvernements des Premières Nations
ont la compétence pour déterminer du développement énergétique sur leurs territoires.
La politique... La position politique des chefs de l'APNQL sur l'énergie
réaffirme le leadership des Premières Nations en matière de gouvernance, de
développement économique et de partage de la richesse.
«Ce faisant, le gouvernement du Québec et
Hydro-Québec ont le devoir de collaborer avec les Premières Nations de
gouvernement à gouvernement. Les Premières Nations veulent prendre part à
toutes les décisions relatives au développement <énergétique...
Mme Garceau :
...gouvernement
à gouvernement. Les Premières Nations veulent prendre part à toutes les
décisions relatives au développement >énergétique et de leurs
territoires, de leurs eaux et de leurs ressources. Elles ont un rôle central à
jouer dans la gouvernance du secteur énergétique. Leur participation aux
processus décisionnels est essentielle tant pour assurer le respect de leurs
droits et que pour intégrer leurs savoirs et leurs expertises en gestion
durable des territoires.
«Il est impératif que le projet de loi
reflète la place inhérente aux Premières Nations dans la gouvernance de
l'énergie au Québec.
«Les Premières Nations doivent ainsi être
représentées significativement sur le conseil d'administration ainsi que dans
les postes de direction d'Hydro‑Québec.
«Cette collaboration de gouvernement à
gouvernement doit également s'inscrire dans l'élaboration de toute politique ou
stratégie énergétique susceptible d'affecter les territoires, les eaux et les
ressources des Premières Nations, y compris le plan de gestion intégrée des
ressources énergétiques. «Les Premières Nations ont le droit de produire,
d'acquérir, de vendre, de transporter et de distribuer de l'électricité.
«Les projets réalisés par les Premières
Nations ou en codéveloppement avec celles-ci font partie de la solution pour
réaliser la transition énergétique. Ils concilient le développement économique
et social avec la protection de l'environnement et le respect des pratiques
culturelles, favorisant ainsi l'acceptabilité sociale. La participation
autodéterminée des Premières Nations au développement énergétique par des
mesures concrètes bénéficie à l'ensemble du Québec.»
• (17 h 30) •
On a déjà parlé, M. le Président, en
Chambre, en commission parlementaire, de l'importance de la coconstruction avec
les Premières Nations, entre le Québec et les Premières Nations, cette
coconstruction de collaboration pour l'avenir du Québec, pour l'avenir des
communautés autochtones, parce que nous comprenons très bien les difficultés
financières dans lesquelles ils vivent actuellement dans plusieurs communautés,
et à ce stade-ci, lorsqu'on regarde le projet de loi, et avec un amendement, où
est cette coconstruction? Elle n'est pas là. Elle n'existe pas dans ce projet
de loi, la coconstruction entre les Premières Nations et le Québec dans cette
transition énergétique. Comment se fait-il? C'est la question que je me pose,
M. le Président. Et je le mentionne parce que c'est dans l'intérêt de tout le
monde, c'est dans notre intérêt collectif de travailler en coconstruction, dans
ce modèle de collaboration, surtout pour l'élaboration d'un plan stratégique,
d'un plan énergétique. On va avoir besoin de, évidemment, des terres et des
ressources qu'ils ont, et donc, pourquoi est-ce qu'on a uniquement regardé un
amendement qu'on... Le gouvernement propose seulement un amendement et qui
écarte complètement l'idée de coconstruction, parce que de consulter veut juste
dire consulter. On le sait très bien qu'est-ce que c'est, consulter, ça ne veut
pas dire que... Puis ils ont eu déjà l'expérience à plusieurs reprises, on
consulte, mais ça ne veut pas dire que nos souhaits, nos désirs, nos
recommandations, nos propositions vont se retrouver dans le projet de loi ou
vont se trouver dans le PGIRE le 1er avril 2026, on va se le dire. Ça,
c'est très préoccupant, M. le Président. Et donc, la raison pour laquelle mon
collègue de Jacques-Cartier a fait... a déposé cette motion préliminaire que
l'APNQL revienne en commission parce que l'avenir, le succès, il faut se le
dire, là, le succès de ce projet...
17 h 30 (version révisée)
Mme Garceau : ...l'APNQL
revienne en commission parce que l'avenir, le succès, il faut se le dire, là,
le succès de ce projet de loi repose en partie sur cette collaboration, sur
cette coconstruction avec les Premières Nations. Si j'ai tort, vous allez me le
dire. Dites-le-moi si j'ai tort. Dites-le au chef, à Ghislain Picard, que j'ai
tort, qu'on n'a pas besoin des Premières Nations pour notre avenir énergétique.
Je ne sais pas s'il nous écoute, mais j'ai
été... je l'ai entendu en commission au PL n° 37,
lorsqu'on avait complètement écarté les recommandations de l'APNQL lors d'une
consultation préalable. Là, on est rendus dans un mémoire qu'ils ont présenté,
ils ont travaillé très fort, c'est très constructif et c'est dans un esprit de
coconstruction qu'ils l'ont fait, c'est la main tendue. Et je sais qu'il y a eu
du succès avec le ministre de l'Éducation dans l'élaboration de certains cours.
Il va y avoir, également, avec le ministre de la Culture, dans le cadre du Musée
national de l'histoire du Québec, il y a eu des... un amendement pour intégrer,
évidemment... de s'assurer que l'histoire des Premières Nations, des peuples
autochtones, soit, évidemment, incluse dans la trame narrative de l'histoire du
Québec, parce qu'ils ont aidé le Québec, ils nous ont aidés à construire notre
société québécoise et ils ont... ils veulent continuer à construire avec nous
notre société québécoise dans l'intérêt de tous. C'est ça qu'ils proposent dans
ce projet de loi, et moi, je crois que c'est extrêmement important de les
entendre, parce que si on va se limiter à une consultation avec les Premières
Nations, dans ce projet de loi, et qu'on va complètement écarter toutes les
recommandations, les recommandations telles qu'assurer une représentation des
Premières Nations au sein de l'effectif d'Hydro-Québec, prévoir un financement
dédié aux Premières Nations, contribuer à la réconciliation économique avec les
Premières Nations en précisant des exonérations fiscales. Très important,
partager les... les retombées et compenser les dommages du passé et actuels.
Hydro-Québec tient sa réussite de l'exploitation
des ressources qui se trouvent sur les territoires sur lesquels les Premières
Nations détiennent des droits ancestraux et issus de traités. Les Premières
Nations ont été historiquement exclues des décisions concernant le
développement sur leurs territoires, alors que celui-ci a eu des impacts majeurs
sur les droits et leurs territoires. Considérant notamment ces droits sur les
territoires respectifs, les Premières Nations ont le droit de recevoir des
redevances pour l'exploitation et l'occupation de leurs territoires par les
promoteurs énergétiques, notamment Hydro-Québec. Une autre recommandation, M.
le Président : verser des dividendes d'Hydro-Québec aux Premières
Nations... Ah! réaménager les torts et restaurer à la fin de l'exploitation,
alléger le processus de conclusion des ententes entre Hydro-Québec et les
Premières Nations, interdiction de la production d'énergie nucléaire, cible
minimale d'approvisionnement auprès des entreprises des Premières Nations.
Et donc, M. le Président... Et là, il y
avait une série, également, de recommandations relatives aux modifications
proposées par le projet de loi. Et donc, compte tenu qu'on a écarté complètement
toutes ces recommandations-là, tout le niveau de collaboration qui est
nécessaire, qu'on a de besoin, avec, <surtout...
Mme Garceau :
...qu'on
a écarté complètement toutes ces recommandations-là, tout le niveau de
collaboration qui est nécessaire, qu'on a de besoin, avec, >surtout, l'APNQL,
les Premières Nations, dans l'élaboration d'une stratégie énergétique, qu'est-ce
qui va se passer si on n'a pas la collaboration des Premières Nations? Moi,
j'aimerais bien entendre, parce que si c'est juste... on va juste intégrer un
amendement concernant une consultation, moi, j'aimerais bien avoir le chef
Picard nous expliquer, de son point de vue, quelle va être la... quelle va être
la réaction des Premières Nations lorsqu'il va y avoir des demandes pour
établir des réseaux énergétiques sur leurs territoires.
• (17 h 40) •
Et, donc, il est temps, M. le Président.
On a un moment... c'est un moment important dans lequel nous nous retrouvons
pour réparer des torts, respecter les droits inhérents des peuples autochtones.
Et, honnêtement, si nous ne le faisons pas dans le cadre de ce projet de loi,
je ne sais pas dans quel projet de loi nous allons le faire, mais il me semble
qu'il soit capital de réentendre, parce que peut-être qu'on va avoir des surprises.
Et c'est un projet de loi trop... trop important pour l'avenir du Québec... de
ne pas réentendre l'APNQL et, plus particulièrement, le chef Picard. Merci
beaucoup, M. le Président.
Le Président (M. Montigny) : Merci
beaucoup, Mme la députée. Maintenant, à ce stade-ci... Oui, Mme la ministre.
Mme Fréchette : Oui.
Pourrais-je demander une... la suspension des travaux pour quelques minutes?
Le Président (M. Montigny) : Oui,
sans problème. Alors, nous allons suspendre quelques minutes. Merci.
(Suspension de la séance à 17 h 42)
(Reprise à 17 h 48)
Le Président (M. Montigny) : Merci.
Alors, nous sommes de retour. Maintenant, nous... juste pour resituer tout le
monde, nous sommes toujours à l'étude d'une motion préliminaire qui a été
proposée. Maintenant, c'est le moment de savoir s'il y a d'autres collègues qui
souhaitent intervenir. Oui, Mme la députée de Bourassa-Sauvé, vous avez demandé
la parole. Vous avez donc 10 minutes.
Mme Cadet : Merci beaucoup,
M. le Président. Vous avez entendu mes collègues de Jacques-Cartier, de Robert-Baldwin,
de Jean-Talon, et je pense que le député de Maurice-Richard
aussi a eu l'occasion d'intervenir sur cette motion. Vous parler avec éloquence
de l'importance de pouvoir réentendre l'Assemblée des Premières Nations du
Québec et du Labrador en commission parlementaire pour, donc, oui, étudier le
projet de loi n° 69.
Je vais commencer cette intervention sur
la question qu'a posée ma collègue de Robert-Baldwin il y a quelques instants,
parce que ça m'a frappé, puis je pense que... en fait, j'imagine que je n'ai
pas été la seule, si vous avez bien écouté ce à quoi elle nous enjoignait. Elle
disait : Qu'est-ce qui va se passer si on n'a pas la collaboration des
Premières Nations? Qu'est-ce qui va se passer si on n'a pas cette
collaboration? Moi, je pense que cette question-là, elle est cruciale parce
qu'on a entendu... on les a entendus en commission parlementaire, ils vont...
Je pense que tout le monde a eu l'occasion de prendre connaissance des
mémoires, on vous en a lu quelques <extraits...
Mme Cadet :
...parlementaire,
ils vont... Je pense que tout le monde a eu l'occasion de prendre connaissance
des mémoires, on vous en a lu quelques >extraits, je le ferai également,
si j'ai le temps, où on nous parle abondamment, donc, de cette relation de
nation à nation, qui est absolument essentielle, et des droits dont disposent
les Premières Nations quant à l'exploitation, donc, des différentes... bon, les
droits inhérents d'autodétermination dont... dont ils bénéficient et le droit
de déterminer l'utilisation de leurs terres dont ils bénéficient. Dans cette
perspective, ma collègue de Robert-Baldwin a également mentionné, donc, les
termes «coconstruction» et l'importance, donc, d'agir dans cette perspective.
• (17 h 50) •
J'en fais un petit peu un exposé général,
M. le Président, comme l'ont fait mes collègues. Donc, quatre éléments
essentiels : les Premières Nations ont le droit de déterminer
l'utilisation de leurs terres, d'en jouir, de les occuper, de les posséder,
essayer d'en tirer des avantages économiques et de gérer ces terres de manière
proactive. Les Premières Nations disposent du droit inhérent à
l'autodétermination, lequel est reconnu par la Déclaration des Nations unies
sur les droits des peuples autochtones, qui a été intégrée au droit canadien en
2021, et l'Assemblée nationale du Québec a d'ailleurs adopté, en 2019, une
motion, à l'unanimité, qui reconnaissait les grands principes de la
déclaration. Or, celles-ci ont été historiquement exclues de la planification,
de la réalisation et de la mise en œuvre des projets de développement. Elles en
ont subi les impacts négatifs sur leurs territoires et leurs droits, sans
bénéficier des retombées positives. Hydro-Québec et le gouvernement du Québec
ont profité et continuent de profiter de l'exploitation des ressources situées
sur ces territoires, en dépit des droits des Premières Nations.
Donc, elles nous... elles nous indiquent,
les Premières Nations : leur gouvernement, leur savoir et leurs expertises
doivent être placés au premier plan de la transition énergétique et du
développement économique. Au premier plan, M. le Président, ici, quand on lit
le projet de loi... et ma collègue a parlé, donc, de... bon, de l'amendement,
de l'unique amendement, donc, en ce sens... je n'ai pas l'impression qu'ici, on
place les Premières Nations, leur gouvernement, leur savoir et leurs expertises
au premier plan de la transition énergétique et du développement économique. En
fait, ce qu'on constate, là, je pourrais même parler d'invisibilité de ces...
de ces demandes, de ces revendications, dans le projet de loi tel que déposé,
et tel que partiellement amendé, pour le moment.
Vous comprendrez, M. le Président... et
c'est là que je reviens à la question qu'a posée ma collègue un peu plus tôt,
parce que je la trouve essentielle : Qu'est-ce qui va se passer si on n'a
pas... si on n'a pas, donc, un sentiment d'adhésion, si on n'a pas cet
assentiment des représentants des Premières Nations, qui, eux, nous ont
présenté plusieurs recommandations? Je vous ai parlé, donc, de l'exposé
général, donc, des droits dont ils bénéficient de façon légitime, mais outre
cet exposé-là, conceptuel, l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du
Labrador nous a fait une panoplie de recommandations qu'il ne serait pas
nécessairement difficile d'incorporer au projet de loi.
Un point, là, d'abord, tout simple, ici :
le fait qu'on nous demande, donc, d'incorporer les membres, donc, des Premières
Nations sur le conseil d'administration d'Hydro-Québec. En fait, sur le plan de
la gouvernance, la toute première recommandation que nous fait l'Assemblée des
Premières Nations du Québec et du Labrador, c'est que les Premières Nations
doivent se... donc, soient représentées significativement sur le conseil
d'administration ainsi que dans les postes de direction d'Hydro-Québec.
Mme la... bien, Mme la Présidente... j'ai
l'habitude, M. le Président... Voilà... Monsieur, bien, c'est peut-être parce
que, justement, je vous en avais parlé, de la Loi sur la gouvernance des
sociétés d'État... M. le Président, s'il le faut, nous-mêmes, on déposerait
l'amendement, c'est assez simple. D'ailleurs, quand ils sont venus, la première
fois, la députée de Saint-Laurent avait eu l'occasion de s'entretenir avec les
représentants de l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador sur
la question de cette représentativité-là. Ils nous disaient que c'était
essentiel, hein, ils se sont assurés que ce point-là soit abordé lors des
différents échanges, en disant : Bien, voilà, donc... Merci, merci. En
fait, M. Picard disait : Bien, c'est très clair pour nous que c'est un
minimum. J'y allais de mémoire, mais j'ai le verbatim ici devant moi, M. le
Président. C'est un minimum. Puis, comme je le disais, c'est assez... c'est
tellement simple, sachant qu'Hydro-Québec est, d'une part, assujettie à la Loi
sur la gouvernance des sociétés d'État et que la Loi sur Hydro-Québec a été
elle-même modifiée pour <permettre...
Mme Cadet :
...à la
Loi
sur la gouvernance des sociétés d'État et que la Loi sur Hydro-Québec a été
elle-même modifiée pour >permettre à ce que des personnes, des
individus, donc, de moins de 35 ans se retrouvent sur le conseil
d'administration, «que le nombre de femmes au sein du conseil d'administration
corresponde à une proportion d'au moins 40 % du nombre total de personnes
qui en sont membres et que le conseil d'administration comprenne au moins un...
un membre, qui, de l'avis du gouvernement, soit représentatif de la diversité
de la société québécoise.» Donc, il y a un calque de ce que l'on retrouve à la
Loi sur la gouvernance des sociétés d'État dans le libellé de la Loi sur
Hydro-Québec depuis les ajustements qui ont été apportés à la fin de la
législature précédente, en 2022.
Donc, vous comprendrez à quel point ce
principe-là, surtout dans le contexte du rôle que jouent les Premières Nations
dans notre avenir énergétique, qu'il n'y a rien qui nous empêche d'aller de
l'avant avec cette toute première recommandation que M. Picard considérait
comme un minimum, clairement comme un minimum.
La gouvernance, c'est le premier point que
les... que l'APNQL a abordé dans son mémoire. Donc, il y avait, donc, cet
élément-ci, et nous dit, donc, par ailleurs, que «la collaboration de
gouvernement à gouvernement doit s'inscrire dans l'élaboration de toute
politique ou stratégie énergétique susceptible d'affecter les territoires, les
eaux et les ressources des Premières Nations, y compris le Plan de gestion
intégrée des ressources énergétiques.» Donc, lorsqu'on nous dit ça, donc, «la
collaboration de gouvernement à gouvernement doit s'inscrire dans l'élaboration
de cette politique-là»... Tantôt, là, on a... on a adopté, donc, la motion du
collègue de Jean-Talon sur la présentation d'un plan énergétique, la ministre
nous disant : Bien oui, oui, oui, donc, le PGIRE, donc, il va être adopté,
donc, selon, donc, son délai, donc d'ici 2026, donc, c'est prévu, je pense que
c'est l'article 4 qui nous était mentionné, donc, au projet de loi.
C'est là que me revient la question qu'a
posée le collègue de Jean-Talon un peu plus tôt. Il nous disait : Est-ce
que la ministre parle régulièrement avec l'Assemblée des Premières Nations?
Elle a... On n'a pas eu l'occasion encore d'entendre la ministre depuis que
cette question a été posée. Je lui relance cette question. Je lui repose cette
question parce que je la trouve aussi essentielle. Parce que quand la toute
deuxième... la deuxième recommandation, là, on nous dit, donc, «représentation
sur le conseil d'administration et les postes de direction», c'est clairement
un minimum, selon M. Picard. Bien, la deuxième recommandation, c'est de
s'inscrire... c'est que «la collaboration de gouvernement à gouvernement
s'inscrive dans l'élaboration de toute politique ou stratégie énergétique.»
Bien, si c'est le cas, bien, j'espère que la ministre, effectivement, est en
conversation soutenue avec des représentants des Premières Nations et que cet
élément-là n'est pas éludé. Parce que vous comprendrez qu'on aura manqué le
bateau, alors même qu'on est dans cette période de réconciliation, dans cette
période de coconstruction, de véritablement avancer avec des partenaires
significatifs.
Les autres recommandations du mémoire de
l'APNQL concernent aussi le développement économique. On nous indique que «les
Premières Nations ont le droit de produire, d'acquérir, de vendre, de
transporter et de distribuer l'électricité, et que cette participation
autodéterminée des Premières Nations au développement énergétique par des
mesures concrètes bénéficie à l'ensemble du Québec.» Donc, vous aurez saisi,
encore une fois, M. le... M. le Président, que ça ne peut plus être une note de
bas de page.
Le Président (M. Montigny) : En
conclusion.
Mme Cadet : Ça doit
véritablement, donc, faire partie de la conversation de façon prédominante. Et
c'est la raison pour laquelle nous demandons au gouvernement de voter en faveur
de cette motion préliminaire. Merci beaucoup, M. le Président.
Le Président (M. Montigny) : Merci
beaucoup, Mme la députée. Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Mme la
ministre. Merci. Vous avez la parole maintenant. Mme la ministre.
Mme Fréchette : Oui. Merci,
merci, M. le Président. Alors, bien, je voudrais... je voudrais dire que, de
notre côté, au gouvernement, on accorde une très grande importance à la place
et au rôle joué par les Premières Nations, et, de manière encore plus... à plus
forte raison, je vous dirais, dans le cadre du développement énergétique du
Québec. Et, d'ailleurs, je tiens à saluer, de ce côté, à la fois le rôle et
l'engagement du premier ministre en matière de développement de liens et de
relations avec l'ensemble des Premières Nations et Innus, de même que mon
collègue, également, ministre des Relations autochtones, Ian, Ian Lafrenière,
M. Michael Sabia également, qui est engagé vraiment personnellement dans le
développement, la consolidation des relations avec les Premières Nations et Innus.
C'est très important, considérant le rôle central qu'occupe Hydro-<Québec...
Mme Fréchette :
...dans
le développement, la consolidation des relations avec les Premières Nations et Innus
C'est très important, considérant le rôle central qu'occupe >Hydro-Québec
dans le développement énergétique, particulièrement dans les... le Nord-du-Québec.
Et puis moi-même, j'endosse, je dirais, cette approche-là, cet élan-là de
resserrement, de réconciliation, notamment sur la base d'une réconciliation et
d'un partenariat économique avec les Premières Nations.
• (18 heures) •
Donc, notre volonté, bien sûr, elle est
affichée de très longue date quant au rôle et à l'importance des Premières
Nations et Innus en lien avec le projet de loi n° 69. On leur a fait une
place, depuis le tout début, en amont, par exemple, avant même que ne débutent
les consultations, soit un an, alors qu'était en préparation le projet de loi
n° 69, à l'automne 2023. Il y a eu, déjà, des consultations qui ont
été menées auprès de l'Assemblée des Premières Nations et des Premières
Nations, en fait, plus largement parlant. Donc, ça a été une première occasion
de discuter des enjeux et du rôle occupé par les Premières Nations. Également,
il y a eu les audiences particulières, auxquelles vous avez assisté, en
septembre dernier, qui ont été une occasion de recevoir leurs mémoires et de les
accueillir en audience également. Et j'ai eu des rencontres, à plus d'une
occasion, depuis les audiences tenues en septembre dernier. J'ai notamment eu
l'occasion de rencontrer M. Ghislain Picard alors qu'il complétait son mandat,
parce qu'en fait, il y aura un nouveau chef à partir du 25 février
prochain, et nous sommes actuellement dans une période d'élection pour cette
association, et voilà, j'étais de l'une des dernières rencontres de M. Picard,
après 33 ans de service. Je veux d'ailleurs saluer son engagement. Je lui
disais que j'étais adolescente, que, déjà, je le voyais à la télé, et, bon, ce
n'est pas d'hier, bref. Déjà, je le voyais à l'oeuvre, travailler au... à
l'intérêt collectif puis à l'intérêt des Premières Nations. Donc, voilà, j'ai
salué son parcours très couronné de succès. Et puis, donc, j'ai eu l'occasion
de le rencontrer encore en janvier, en fait, depuis la nouvelle année, on
s'est... on s'est revus, donc, très récemment. Puis, à chaque fois, on a parlé
de certains aspects du projet de loi n° 69, et voilà. Donc, ça a été,
bref, à plus d'une occasion.
Mais vous saurez, bien entendu, que, de
notre côté, ce n'est pas en réinvitant la même association à une audience,
quelques mois plus tard, qu'on va progresser sur la voie de la route à entreprendre
avec les Premières Nations. Ce n'est pas en répétant quelque chose qu'on a déjà
fait, c'est plutôt en avançant dans le processus et en leur accordant un rôle
en particulier qu'on ne va pas... qu'on va pouvoir cheminer. Donc, voilà, pour
nous, ce qui est important, en fait, c'est de poursuivre le processus du projet
de loi n° 69.
Et, d'ailleurs, mes collègues auront eu
l'occasion de constater que nous avons partagé des amendements récemment et que
l'un d'eux, en fait, indique qu'il y aura une place qui sera accordée aux
Premières Nations et Innus. Donc, c'est ce qui est suggéré par l'amendement.
Donc, on aura l'occasion d'en discuter dans quelques jours, lorsque nous
arriverons à cette étape-là. Mais, pour moi, c'est évident qu'il faut être dans
l'action. Donc, ce n'est pas nécessairement en répétant ce que l'on a déjà
fait.
Puis, comme je disais ce matin, on aurait
la possibilité, assurément, de trouver des justificatifs à chacun des groupes
qu'on a rencontrés ou qui ont déposé un mémoire pour les revoir, les
réentendre. Il y a énormément d'éléments qui changent constamment. Alors, il
faut tracer une ligne. On l'a fait, et maintenant, il faut aller plus avant. Il
faut être dans l'action.
Et nous, on l'a été, dans l'action,
d'ailleurs, très récemment. Ces derniers mois, on a signé pas moins de trois
ententes de développement énergétique, particulièrement dans le domaine éolien,
avec des communautés des Premières Nations. Et ça... ça, c'est du concret. Ça,
ça nous permet d'avancer. Ça, ça nous permet d'aller au-delà de la
consultation. J'entendais la collègue de Robert-Baldwin de... parler des
limites de la consultation. J'ai trouvé ça quand même étonnant dans le cadre
d'une intervention pour appuyer une motion de consultation à nouveau. Donc,
nous, on veut être davantage dans l'action, puis je pense qu'avec les trois
ententes qu'on a signées, on a réussi à faire un pas, un pas important en avant.
C'est important pour nous que les Premières Nations et Innus soient de vrais
partenaires dans le cadre du développement énergétique. Alors, c'est ce à quoi
on s'est affairé au cours des derniers mois. Alors, voilà pour l'essentiel de
mon intervention, M. le Président.
M. Montigny : Merci
beaucoup...
18 h (version révisée)
Mme Fréchette : ...au cours
des derniers mois. Alors, voilà pour l'essentiel de mon intervention, M. le
Président.
Le Président (M. Montigny) : Merci
beaucoup, Mme la ministre. Maintenant, comme il n'y a pas d'autre intervention,
nous...
Une voix : ...
Le Président (M. Montigny) : Merci
beaucoup. Nous allons procéder à la mise aux voix de la motion préliminaire par
appel nominal. Mme la secrétaire.
La Secrétaire : Alors, pour,
contre, abstention. M. Kelley (Jacques-Cartier)?
M. Kelley : Pour.
La Secrétaire : Mme Garceau (Robert-Baldwin)?
Mme Garceau : Pour.
La Secrétaire : Mme Cadet (Bourassa-Sauvé)?
Mme Cadet : Pour.
La Secrétaire : Mme Fréchette
(Sanguinet)?
Mme Fréchette : Contre.
La Secrétaire : M. Sainte-Croix
(Gaspé)?
M. Sainte-Croix : Contre.
La Secrétaire : M. Bernard (Rouyn-Noranda—Témiscamingue)?
M. Bernard : Contre.
La Secrétaire : M. Bussière
(Gatineau)?
M. Bussière : Contre.
La Secrétaire : Et M. Lamothe
(Ungava)?
M. Lamothe : Contre.
Une voix : ...
La Secrétaire : Ah! M.
Tremblay (Dubuc)?
M. Tremblay : Contre.
La Secrétaire : Et M. Lamothe
(Ungava)?
M. Lamothe : Contre encore.
La Secrétaire : Et M.
Montigny (René-Lévesque)?
Le Président (M. Montigny) : Abstention.
La motion préliminaire est rejetée. Merci. Maintenant, est-ce qu'il y a d'autres
personnes qui souhaitent déposer des motions préliminaires? M. le député de
Jean-Talon, vous avez maintenant la parole.
M. Paradis : M. le Président,
je vous demanderais de suspendre brièvement nos travaux, le temps que vous
nous... le temps... Ah non! On va vous faire parvenir une motion.
Le Président (M. Montigny) : Faites
ça très rapidement, M. le député. On peut maintenant procéder. Elle est à l'écran.
M. Paradis : Ah! très bien.
Une voix : ...
M. Paradis : Non, ce n'est
pas celle... ce n'est pas celle-ci, ça, c'est la précédente.
Le Président (M. Montigny) : Non?
On va suspendre. Ce n'est pas la bonne. Alors, sans problème, nous allons
suspendre quelques instants, le temps d'afficher la bonne proposition. Merci.
(Suspension de la séance à 18 h 06
)
(Reprise à 18 h 10)
Le Président (M. Montigny) : Nous
avons repris nos travaux. Nous avons donc reçu une nouvelle motion préliminaire
qui nous parvient de M. le député de Jean-Talon. Nous l'avons affichée à
l'écran. M. le député de Jean-Talon, je vous laisse la parole. Vous avez donc
10... 30 minutes.
M. Paradis : Merci, M. le
Président. Alors, conformément à l'article 244 du règlement de l'Assemblée
nationale, je fais motion afin que la Commission de l'agriculture, des
pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles, dans le cadre de l'étude
détaillée du projet de loi n° 69, Loi assurant la gouvernance responsable
des ressources énergétiques et modifiant diverses dispositions législatives,
tienne des consultations particulières dès que possible et qu'à cette fin elle
entende les organisations suivantes : le collectif scientifique sur les
enjeux énergétiques du Québec, la coalition Toujours maîtres chez nous, la
Fondation David-Suzuki, Greenpeace et le Syndicat canadien de la fonction
publique, SCFP.
Bien, alors, on est dans la foulée de
motions précédentes au même effet, et l'idée est d'avoir, dans la plus large
mesure, ce débat public que tant de gens au Québec réclament et disent qu'il
n'a pas eu lieu. Bon, alors, d'abord, nous, un de nos rôles comme... comme
députés des banquettes de l'opposition, c'est de se faire, dans la plus large
mesure, les porte-voix de ces groupes de la société civile, de ces gens
d'affaires, de tout le monde, de tous ces gens au Québec qui réclament un débat
et qui disent : Non, il n'a pas eu lieu.
J'écoutais la ministre tout à l'heure nous
dire : Bien, on ne veut pas répéter ce qui a déjà été fait. Bon, oui, elle
nous disait qu'elle a eu des conversations avec le chef de l'Assemblée des
Premières Nations, avec d'autres, bien, c'est bien, mais ce n'est pas la même
chose que d'avoir un débat démocratique formel comme celui qui est réclamé avec
vraiment beaucoup d'énergie par tant de gens, puis ça continue. Ce n'est pas
terminé. Donc, si la ministre dit que c'est une répétition, c'est drôle, il y a
des milliers de personnes, peut-être plus, des centaines d'organisations qui
disent que, non, le débat n'a pas encore eu lieu.
Donc, on veut se prononcer, on veut être
entendus, et on veut être entendus dans un contexte changeant. Le projet de loi
a été préparé il y a un certain temps déjà. On a eu des consultations
particulières il y a un certain temps déjà, mais là on a un nouveau contexte, et
les organisations qu'on a ici, là, on les a regroupées. Là, on a fait des
motions avec une organisation. Là, on a décidé d'en regrouper un certain... un
certain nombre. Ces cinq-là, elles ont en commun de ne pas avoir été entendues
lors des consultations particulières. Certaines ont déposé un mémoire, d'autres
non, mais elles n'ont pas été entendues lors des consultations particulières.
Et je vais commencer avec le Syndicat
canadien de la fonction publique parce que c'était... c'était très particulier
de les voir venir invités par d'autres groupes qui, eux, avaient eu une
invitation pour les consultations particulières. Donc là, il y avait beaucoup
de monde, beaucoup d'organisations dans une même délégation pour nous passer
plusieurs messages. On a eu quand même des échanges intéressants, mais <eux-mêmes,
formellement, n'ont pas été entendus...
M. Paradis :
...passer
plusieurs messages. On a eu quand même des échanges intéressants, mais >eux-mêmes
formellement, n'ont pas été entendus.
Et on se rappelle quand même que c'est un
syndicat qui représente 16 000 membres dans le secteur de l'énergie, dont la
plupart travaillent chez Hydro-Québec. On parle des technologues
d'Hydro-Québec, les employés de métiers d'Hydro-Québec, toutes les techniques
professionnelles de bureau... et de bureau d'Hydro-Québec, les spécialistes et
les professionnels d'Hydro-Québec, les employés de réseaux d'Hydro-Québec.
C'est énorme. Encore une fois, là, on parle de la force collective de notre
société d'État. On parle des cerveaux et des bras du domaine de l'énergie au
Québec, et ils n'ont pas encore été entendus.
Donc là, je ne peux pas avoir comme
réponse : Bien non, on les a... on ne veut pas répéter, on les a déjà
entendus. Et ces gens-là, on le répète, là, ils appellent au dialogue avec le
gouvernement puis ils nous disent : Non, on n'a pas eu... on n'a pas eu de
réponse à cette main tendue, notamment dans le contexte actuel. Alors, puisque
je le disais, on est... on est, en quelque sorte, leurs porte-voix, ça fait que
je vais me permettre de rappeler un certain nombre de leurs messages importants
dans leur mémoire qu'ils nous ont... qu'ils nous ont... qu'ils ont déposé à la
commission.
Ils ont abordé, dans leur court témoignage
et dans leur mémoire, la question de la privatisation des actifs de production
d'électricité... et il dit : Bien, ce processus-là, pour lequel l'ancien
ministre de l'Économie, de l'Innovation et de l'Énergie, Pierre Fitzgibbon, a
tant d'affection et d'intérêt... et eux, ils voulaient mettre en garde la
population québécoise contre une politique qui laisserait des milliers de
mégawatts provenant des nouveaux développements éoliens et hydrauliques à des
corporations privées, qui, ainsi, s'accapareraient des ressources naturelles du
Québec pour en faire profiter des intérêts privés, alors qu'on pourrait, nous,
continuer à faire prospérer le Québec avec ces nouveaux développements, et,
pour eux, le projet de loi n° 69 ouvre une porte à ça.
Ils nous rappellent aussi, dans ce
mémoire-là, c'est un autre des mémoires, comme d'autres... Option Québec est
venu nous dire ça, d'autres sont venus nous dire ça, qu'il y a plein d'études
qui démontrent que d'augmenter la part du privé dans l'industrie dans le
secteur de l'énergie n'a jamais rapporté aux citoyens et aux populations
concernés.
Ils ont abordé aussi de manière
intéressante... parmi les grands spécialistes au Québec, ils ont abordé la
question de la tarification puis des programmes d'efficacité énergétique, dit :
Bien, le projet de loi n° 69 a des dispositions là-dessus, mais il faudrait que
ce soit précisé et il faudrait que ce soit amélioré. Ils avaient des
propositions. Ils disent : «S'il y a vraiment une pénurie de capacité de
production d'électricité au Québec, la première étape serait de démarrer des
chantiers importants pour améliorer l'efficience énergétique du parc immobilier
du Québec.»
Et ça, d'autres organisations sont venues
nous parler de ça, puis ce qui est... c'est plus ou moins abordé dans le projet
de loi n° 69, de dire : Bien là, il y a un chantier à venir parce que...
pour ne pas que ce soit les mêmes qui paient, c'est-à-dire les personnes en
situation de vulnérabilité dans des logements mal isolés, qui ont des
problèmes, donc, avec leur chauffage. On est au Québec, il y a un hiver.
D'ailleurs, on le sait, je pense que l'hiver va nous en donner un rappel dans les
prochaines heures. Donc, pourquoi on ne parle pas plus de ça?
La tarification des grands clients, le
rehaussement des tarifs pour les grands industriels, le fameux tarif L, qui,
pour eux, doit être une priorité... Ils nous rappelaient aussi, dans leur mémoire,
que, s'il y a 13 000... à l'époque, 13 500 mégawatts de demande sur le
bureau du ministre, c'était probablement parce que le prix de l'énergie était
relativement bas encore. Ils nous disent : Bien là, il y a des... est-ce
qu'il y a des modifications à la structure de tarification qui vont être... qui
vont être proposées? Elles sont peut-être essentielles pour s'assurer que les
grands consommateurs qui alimentent en électricité leurs biens de luxe aient un
tarif équitable pour eux, et, à l'inverse, que ceux qui ont besoin d'avoir un
tarif social aient la possibilité d'avoir un tarif social.
Donc, ça, c'était parmi les grands
éléments dont ils nous parlaient, et, on se souviendra, ils étaient arrivés
avec des chiffres très intéressants, et même des tableaux qui montraient que,
pour eux, le projet de loi n° 69 pourrait avoir comme effet de faire croître la
part du privé dans la production d'électricité au Québec de plusieurs points de
pourcentage et, à l'inverse, de faire diminuer la part de la production
publique. Il dit : Pour eux... notre analyse... C'est des experts
d'Hydro-Québec, dit : Nous, notre analyse de ce projet de loi là, c'est
que c'est ça que ça va avoir comme effet. D'accord, pas d'accord, ça se discute,
mais pourquoi on <n'entend pas des gens qui disent...
M. Paradis :
...ça
se discute, mais pourquoi on >n'entend pas des gens qui disent :
Nous, on l'a regardé, nous, on connaît ça, et c'est ça qu'on voit comme effet
potentiel? Parce qu'ils disent : Bien, il faut considérer
l'autoproduction, il faut considérer la vente de producteur privé à producteur
privé, il faut considérer la question des fameux IPP, ou PIE en français, les
producteurs indépendants d'énergie ou d'électricité. Il dit : Eux, leur part
va vraiment grandir.
Puis là ils nous ont mis des tableaux :
C'est ça, l'impact du projet de loi n° 69. C'est important de les entendre
parce qu'eux, ils n'ont pas été entendus. Ce n'est pas une répétition, puis,
vraiment, je le redis, j'avais exprimé ma grande perplexité à l'époque devant
le fait qu'ils avaient demandé à être entendus puis qu'on leur avait dit non.
Comment ça se fait que le gouvernement du Québec dit non à entendre ses propres
employés de la société d'État? C'est incompréhensible. Ça, c'est une erreur, c'est
une erreur, réellement, qu'on doit corriger avant d'entreprendre nos travaux
détaillés sur le projet de loi n° 69.
• (18 h 20) •
Bon, la Fondation David-Suzuki et
Greenpeace sont des organisations très connues, qui étudient avec beaucoup de
sérieux, depuis longtemps, les questions qu'on va aborder dans l'étude
détaillée du projet de loi n° 69, et on les propose, on propose de les entendre,
parce que c'est deux des organisations emblématiques qui sont signataires du Manifeste
pour un avenir énergétique juste et viable, diffusé en novembre 2023. Il y
a 200 signataires, là, des organismes très connus, des organismes
communautaires, des organismes locaux, des experts, des organisations
d'experts, quelques individus, des porte-voix, qui ont signé ce manifeste.
Moi, je m'en souviens très bien. Je venais
d'être nommé porte-parole en matière d'énergie, d'innovation et de l'économie
par le... par mon parti, et c'est une des premières activités que j'ai faites
avec eux. C'était au moment où allaient s'ouvrir des consultations ici en
commission parlementaire. Et ça aussi, je voudrais prendre la peine de relire...
de me faire leur porte-voix ici sur un certain nombre de questions qu'ils
posent, et ce qui est intéressant, c'est qu'ils ont des propositions. Ils ont
des analyses à proposer, puis ils n'ont pas été entendus, puis plusieurs des
signataires n'ont pas été entendus. La Fondation David-Suzuki a déposé un
mémoire, mais ils n'ont pas été entendus. Greenpeace aurait voulu être entendu
en consultations particulières, puis ils n'ont pas été convoqués, ils n'ont pas
été choisis.
Et donc, à l'intérieur du manifeste, on
pose plusieurs questions, dit : Là, on est à une croisée des chemins, et
voici un certain nombre des questions qu'il faut se poser :
«Accepterons-nous d'octroyer notre production énergétique en priorité à des
industries étrangères énergivores ou prioriserons-nous l'électrification de nos
maisons, de nos transports et de nos industries? Cette priorisation
implique-t-elle une redéfinition de ce qui est entendu d'une vie épanouissante
afin de protéger le territoire et la planète ou souhaitons-nous tout simplement
électrifier le statu quo? Sommes-nous prêts à réduire la demande en énergie et
mettre en place des transformations socioéconomiques nécessaires pour y arriver
de façon juste ou souhaitons-nous endommager irrémédiablement le territoire
ainsi que les écosystèmes qui s'y trouvent et affecter les communautés locales
par la construction de grands barrages, de parcs éoliens, de centrales
nucléaires et de mines d'uranium? Si nous devons augmenter notre production
énergétique, quelles options sont les plus acceptables? Allons-nous continuer à
confier la production d'énergie renouvelable au secteur privé ou est-il plutôt
souhaitable d'en reprendre la gestion publique? Devrions-nous renforcer une
gestion centralisée ou décentralisée de la responsabilité de la production et
de distribution vers les municipalités, les MRC ou les régies intermunicipales?
Pour quels arbitrages opterons-nous?»
Et là ils le disent eux-mêmes : «Ce
ne sont que quelques exemples des grands choix de société qui se présentent à
nous et qui auront des impacts importants à long terme. Alors que les décisions
d'une telle importance devraient émerger du dialogue social et du débat
démocratique, elles semblent plutôt se prendre derrière des portes closes par
une poignée de personnes. La situation est d'autant plus critique que le
ministre de l'Économie — l'ancien ministre de l'Économie — de
l'Innovation et de l'Énergie se promène d'un pays à l'autre en faisant miroiter
des térawattheures d'énergie propre et à bas coût pour attirer des entreprises
étrangères énergivores, quitte à construire toujours plus de barrages pour leur
fournir plus d'électricité. Gouverner le Québec comme le Dollarama de l'énergie
pourrait avoir des conséquences désastreuses sur le territoire, sur notre
capacité à fournir une énergie abordable à la population et à électrifier
l'économie.»
Et donc eux, ils appellent d'abord et
avant tout à avoir un débat, un débat public, mais, je le <redis, le
document contient...
M. Paradis :
...donc
eux, ils appellent d'abord et avant tout à avoir un débat, un débat public,
mais, je le >redis, le document contient... Puis là qu'on soit d'accord
ou pas d'accord, je le réitère, ce n'est pas ça... Dans plusieurs des
organisations qu'on convoque ou qu'on propose, dont on propose de les inviter
pour les entendre et dialoguer avec eux, il y a des choses avec lesquelles on
va être d'accord, il y a des choses avec lesquelles on ne sera pas d'accord,
puis c'est le cas de la ministre, puis c'est le cas de tout le monde ici, mais
c'est d'entendre tous les points de vue et de nous éclairer pour notre débat
public, et, eux, il y a plein d'analyses, dans leurs documents, qui sont
intéressantes à considérer pour nos travaux à l'aube... alors qu'ils
commencent.
La Fondation David-Suzuki, elle, dans son
propre mémoire qui a été déposé, mais qu'on n'a pas eu l'occasion, donc, d'en
entendre parler ici, en consultations particulières, propose notamment
d'intégrer des mesures plus contraignantes dans le projet de loi n° 69, de
renforcer l'écofiscalité. Elle mentionne que beaucoup des grands principes
annoncés... qu'ils ne trouvent pas vraiment d'incarnation dans le projet de loi
n° 69, sur toute la question de la décarbonation puis de la réduction des
gaz à effet de serre, et elle demande, donc, des objectifs quantitatifs plus
précis.
Elle aussi, elle dit : Bien, on veut
en savoir plus sur le plan du gouvernement là-dessus. Elle dit : Est-ce
qu'on est vraiment alignés, avec ce projet de loi... Elle demande : Est-ce
qu'on est vraiment alignés, avec ce projet de loi, pour assurer la
carboneutralité puis une transition énergétique efficace et pérenne? Donc,
au-delà des mots, est-ce que c'est vraiment l'outillage dont on a besoin?
Est-ce qu'il est propre à nous mener vers là? Quelle méthodologie doit être
adoptée pour faire en sorte que ces cibles concrètes deviennent des réalités?
Donc, la Fondation David-Suzuki, comme
d'autres, dit qu'il y a une multitude de questions qui demeurent, malgré le
projet de loi qui a été présenté, pour s'assurer que la réforme qu'on met en
place ou que le gouvernement veut mettre en place va avoir un impact réel pour
les objectifs annoncés, donc, de décarbonation pour que le développement du
Québec continue à être toujours plus durable et que ce soit équitable et au
bénéfice de l'ensemble de la société québécoise.
Et, vraiment, ça, ce qui est intéressant
dans ce... dans ce mémoire-là et dans la... dans la possibilité d'entendre la
Fondation David-Suzuki, c'est qu'elle insiste beaucoup sur l'importance, donc,
d'avoir un plan, des orientations stratégiques, d'entrée de jeu, mais aussi
d'avoir des indicateurs de rendement et des mesures qui vont nous permettre de
nous assurer que ce qu'on fait, c'est mesurable et que c'est la bonne chose
pour l'atteinte des objectifs, donc, qui sont annoncés, là, dans le mémoire de
la ministre, dans les discours publics, même dans les termes mêmes dans les
commentaires introductifs du projet de loi, mais est-ce que les outils puis
est-ce que la route qu'on est en train de tracer permet d'atteindre certains de
ces objectifs-là ou les objectifs qu'on comprend?
Parce que, là, ce qu'on vient d'apprendre
aujourd'hui, d'ailleurs, ça, c'est intéressant, c'est intéressant, parce que,
donc, le gouvernement a voté oui à une précédente motion que j'ai présentée,
mais en nous disant : Bien, donc, si j'ai bien compris, en quelque sorte,
il n'y a pas de plan actuellement, ou, s'il y en a un, on ne veut pas le
dévoiler, mais donc il va y en avoir un en 2026. Donc, d'autant plus important
d'entendre des gens qui vont venir nous aider à nous assurer qu'on est alignés
sur les bonnes priorités puis les bonnes orientations.
Toujours maîtres chez nous, la coalition Toujours
maîtres chez nous, très intéressant de les entendre parce que c'est une...
c'est une coalition qui est très active et qui nous permettrait de bien
comprendre ce que ça veut dire, le développement dont on parle sur le terrain.
C'est une coalition qui est très présente, donc, dans le territoire qui est
visé par le projet de TES Canada, que j'ai déjà évoqué à quelques reprises ici,
mais qui m'apparaît important, parce que le projet TES Canada, je le réitère, a
été présenté comme un modèle par l'ancien ministre de l'Énergie, Pierre
Fitzgibbon, qui dit... Il a qualifié ce projet-là de magique. C'est magique, ce
projet-là, c'est ça, ces termes, puis on en veut plus... trouve vraiment
formidable.
Il y a de l'opposition sur le terrain. Il
s'agit de traverser les MRC concernées. Je l'ai fait pas plus tard que l'été
dernier pour d'autres raisons, personnelles, mais j'ai vu des dizaines, et des
dizaines, et des dizaines d'affiches de gens qui ne sont pas contents de la <façon
dont se développe le projet...
M. Paradis :
...et
des dizaines d'affiches de gens qui ne sont pas contents de la >façon
dont se développe le projet TES Canada, certains qui le rejettent carrément,
mais qui disent : Attention, on est toujours maîtres chez nous et on veut
avoir notre mot à dire sur ce projet... sur ce projet-là. Donc, d'entendre des
gens sur le terrain qui sont concernés par les projets ou les initiatives dont
on parle et qui pourraient obtenir leur blanc-seing à travers le projet de loi
qu'on va... qu'on va adopter, ça m'apparaît particulièrement intéressant.
Et je vous vois prendre votre micro, M. le
Président, alors je vais vous laisser la parole.
Le Président (M. Montigny) : Oui,
Je vous remercie de votre collaboration, tout le monde.
Compte tenu de l'heure, la commission
ajourne ses travaux sine die.
(Fin de la séance à 18 h 30)