Journal des débats (Hansard) of the Committee on Agriculture, Fisheries, Energy and Natural Resources
Version préliminaire
43rd Legislature, 1st Session
(November 29, 2022 au September 10, 2025)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
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Tuesday, June 3, 2025
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Vol. 47 N° 72
Clause-by-clause consideration of Bill 69, An Act to ensure the responsible governance of energy resources and to amend various legislative provisions
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Intervenants par tranches d'heure
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Montigny, Yves
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Kelley, Gregory
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Fréchette, Christine
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Bouazzi, Haroun
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Bouazzi, Haroun
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Montigny, Yves
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Kelley, Gregory
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Garceau, Brigitte B .
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Fréchette, Christine
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Bussière, Robert
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Sainte-Croix, Stéphane
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St-Louis, François
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Poulin, Samuel
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Montigny, Yves
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Fréchette, Christine
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Kelley, Gregory
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Garceau, Brigitte B .
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Paradis, Pascal
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Bussière, Robert
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Sainte-Croix, Stéphane
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St-Louis, François
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Poulin, Samuel
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Bouazzi, Haroun
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Paradis, Pascal
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Montigny, Yves
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Fréchette, Christine
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Garceau, Brigitte B .
10 h (version révisée)
(Dix heures trois minutes)
Le Président (M. Montigny) :
Alors, à l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la
séance de la Commission de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des
ressources naturelles ouverte.
La commission est réunie afin de
poursuivre l'étude détaillée du projet de loi 69, Loi assurant la
gouvernance responsable des ressources énergétiques et modifiant diverses
dispositions législatives.
Mme la secrétaire, est-ce qu'il y a des
remplacements aujourd'hui?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. M. Rivest (Côte-du-Sud) est remplacé par M. Poulin
(Beauce-Sud); M. Tremblay (Dubuc), par M. St-Louis (Joliette); et M. Ciccone
(Marquette), par Mme Garceau (Robert-Baldwin).
Le Président (M. Montigny) :
Très bien. Alors, lors de l'ajournement de nos travaux jeudi dernier, nous
en étions à l'étude d'un sous-amendement proposé par le député de Jacques-Cartier
à l'amendement introduisant un nouvel article 35.2.
Par ailleurs, je vous rappellerais, pour
le bénéfice de tous, que les articles 35, 36, 39, 111, 112, 129 sont
suspendus.
À ce stade-ci est ce qu'il y a des
interventions en lien avec l'étude de cet amendement? M. le député de Jacques-Cartier,
vous avez donc la parole.
M. Kelley : Oui. Merci
beaucoup, M. le Président. Je veux dire bonjour à tous mes collègues. Le salon
rouge, c'est toujours un peu... étrange un peu de faire une commission
parlementaire. On est loin de nos amis de le côté gouvernemental. Il y a un
manque de proximité, mais, bref, c'est bien correct. Je veux juste saluer tout
le monde.
Puis aussi, c'est notre dernière semaine en
commission ensemble pour cette session-là. J'espère que ça ne va pas terminer
dans un bâillon, mais, si c'est le cas, ça appartient au gouvernement. Mais, quand
même, je veux prendre le temps de remercier la ministre, puis l'équipe autour
de la ministre, et les fonctionnaires qui ont pris beaucoup de temps dans les
dernières couples de semaines de bien répondre à nos questions, certains des
articles que nous avons étudiés sont hyper techniques. Je reviens toujours sur
le fait qu'on a eu une discussion autour de le prix des électrons la semaine
dernière. On est loin de la discussion autour de la table de souper de plein de
Québécois avec des questions comme ça, mais, quand même, elles sont hyper
importantes en même temps. C'est des choses très, très complexes, quand même, comment
la tarification va marcher.
On sait que ce projet de loi a plusieurs
articles aussi qui modifient, des fois, deux autres lois, la régie... la Loi
sur la Régie de l'énergie et, des fois, la loi d'Hydro-Québec. Et, en même
temps, des fois, une modification à <un...
M. Kelley :
...deux
autres lois, la régie... la Loi sur la Régie de l'énergie et, des fois, la loi
d'Hydro-Québec. Et, en même temps, des fois, une modification à >un
article change un article qui apparaît plus loin dans le projet de loi.
À ce stade-ci, M. le Président, c'est
important quand même de rappeler que cinq de nos propositions d'amendement ont
été acceptées par le côté gouvernemental sur environ, on peut dire... on est
rendus à étudier 50 articles, 45 articles, ça dépend, avec des
sous-amendements, etc. Mais bref, quand même, sur les articles qui ont été
adoptés, on est rendus à cinq propositions qui ont été acceptées par le côté du
gouvernement. Des fois, c'était une contre-proposition de le gouvernement qu'on
a tous acceptée ensemble. Mais ça démontre la bonne volonté, la bonne foi de le
gouvernement... excusez-moi, des oppositions et du gouvernement de travailler
ensemble pour essayer d'améliorer ce projet de loi.
Mais c'est certain, M. le Président, que les
raisons encore pourquoi j'ai déposé un autre sous-amendement à l'amendement de
la ministre, c'est pour essayer de donner un petit peu plus de transparence
autour des décisions de le gouvernement concernant la capacité par décret de le
gouvernement de fixer certains tarifs. Et je pense que c'est important... juste
de rappeler que ce projet de loi est suivi par plusieurs différents groupes.
Puis on l'a vu sur... M. le Président, sur la fin de semaine et quand même
aujourd'hui, des différentes lettres ouvertes qui ont été déposées, des
articles qui restent dans La Presse, sur le site de Radio-Canada et
ailleurs. Alors, c'est important, je pense, de juste encore mettre ces
arguments de l'avant ce matin, parce que c'est lié directement à ce que nous
sommes en train de discuter, et, ça, c'est le plafond des tarifs par décret par
le gouvernement.
On vient ce matin de voir une étude par la
FCEI sur la facture des PME pour les prochaines... une couple d'années. Puis le
titre, dans La Presse, c'est : Une facture de 3 à 6 milliards
atterrirait sur les PME. Il y a une étude qui a été sortie, je crois, ce
matin, un document complet de la FCEI sur leurs préoccupations avec ce projet
de loi et les impacts sur nos petites et moyennes entreprises que... Je le rappelle,
M. le Président, des fois, quand on parle de PME, c'est peut-être un peu...
difficile à... à quoi, mais c'est les petits bistros dans nos circonscriptions,
chacun de nous ici, les petites entreprises, le dépanneur du coin. On peut
faire la grande liste de toutes les places qu'on visite souvent avec nos amis,
avec notre famille. Quand nous sommes chez nous, on parle d'eux autres.
Et je veux juste répéter une couple de
choses qui ont été dites dans l'entrevue entre M. François Vincent, le
vice-président de la FCEI, puis la journaliste Hélène Baril, que «c'est triste — ça,
c'est le commentaire de M. Vincent — pour le Québec, ce sont les
entreprises qui vont payer pour ça et celles qui vont payer le plus, ce sont
les PME. Cette année, le gouvernement a annulé par décret la décision de la Régie
de l'énergie qui a approuvé une augmentation des tarifs d'électricité à
3,6 % pour la clientèle résidentielle pour ramener ça à une hausse de
3 %. Il y a des amendements apportés au projet de loi 69 sur
l'énergie qui pourraient être adoptés d'ici vendredi, le gouvernement se donne
le droit d'imposer chaque année à la régie un plafond sur les tarifs
résidentiels. La politisation de la Régie de l'énergie par le gouvernement du
Québec a soulevé une opposition généralisée, tant au côté des associations de
consommateurs que du côté des industriels et des spécialistes du secteur de
l'énergie. Si les ménages québécois sont épargnés à l'avenir, ça veut dire que
les autres catégories de clients devront payer plus.»
Il dit aussi, quand même, que c'est une
évaluation très conservatrice, que «la facture pourrait être plus salée encore
si les grandes entreprises et les autres convainquent le gouvernement de
maintenir l'élimination de l'inflation sur une grande part de l'électricité
qu'elles consomment».
Encore, on revient à le point qu'on peut
fixer des tarifs par décret. Puis il vient quand même dans l'article de parler
de le côté résidentiel. Alors, il trouve que c'est une iniquité qui est mise
devant nous. Et je veux aussi dire que «c'est... ce sont des montants élevés
qui affaibliront les PME du Québec et diminueront leur marge de manœuvre en ce
temps de guerre commerciale avec les États-Unis». C'est une citation de
François Vincent, le vice-président de la FCEI.
• (10 h 10) •
Je pense que c'est important aussi, M. le
Président, de soulever que sur le week-end, on a vu que M. Jocelyn Allard, le
président de l'Association québécoise des consommateurs industriels
d'électricité, François Vincent, vice-président de la FCEI, Jean-Pierre Finet,
le porte-parole du Regroupement des organismes environnementaux en énergie, et
Laurence Marget, la directrice générale de la Coalition des associations de
consommateurs du Québec ont tous <cosigné...
M. Kelley :
...Marget,
la directrice générale de la Coalition des associations de consommateurs du
Québec ont tous >cosigné une lettre ouverte concernant le 69.
Alors, c'est toujours impressionnant qu'on
ait les grands industriels à côté des groupes environnementaux, comme avec les
consommateurs, tous ensemble, pour dire que le projet de loi de le gouvernement
doit être mieux réfléchi. Et je pense que c'est important encore... juste de
rappeler qu'est-ce qu'ils ont dit dans leur lettre, une couple de paragraphes,
M. le Président : «Sans faire de consultation publique et moins de deux
semaines avant la fin de la session parlementaire, le gouvernement s'apprête à
adopter pas moins de 52 amendements au projet de loi 69 mettant en
péril les mécanismes qui assurent une surveillance neutre et indépendante du
secteur énergétique québécois.
«Les changements proposés au projet de loi 69
suivent une tendance claire : ils réduisent les pouvoirs de la Régie de
l'énergie et donnent plus de contrôle au gouvernement et à Hydro-Québec, et ce,
au détriment de toutes les classes de consommateurs québécois.»
Je pense que c'est... ça dit pas mal tout,
mais, quand même, c'est impressionnant. Il dit que «le gouvernement reste
aujourd'hui à la croisée des chemins en matière de gestion énergétique. En
fragilisant la régie et en affaiblissant les mécanismes de supervision du
secteur, le gouvernement compromet le succès de la transition énergétique au
Québec et c'est impératif que le gouvernement respecte et protège le rôle de la
Régie de l'énergie en tant que régulateur indépendant. Il doit s'appuyer sur
son expertise, ainsi que celle des acteurs concernés, pour bâtir notre avenir
énergétique et élaborer le plan de gestion intégrée des ressources énergétiques.»
Alors, encore, c'est un bon point qui est
fait par tout le monde. On a quand même vu dans la... Les Affaires...
les mêmes arguments sont repris dans un article, Régie de l'énergie :
les entreprises dénoncent les intentions du Québec. Puis je crois que mon
collègue de Jean-Talon a cité certaines citations des différents acteurs
économiques.
Alors, encore, M. le Président, c'est
important de soulever ces points qui ont été mis de l'avant par les différents
groupes. Malheureusement, on n'a pas eu une chance nécessairement d'entendre
ces groupes ici encore, en commission parlementaire, sur certains éléments qui
étaient déposés avec les 52 amendements que la ministre a déposés... ce
n'était pas la semaine dernière, mais la semaine d'avant, je crois.
Alors, bref, je reviens à la base de
l'amendement que... sur l'amendement que j'ai proposé. Je pense que c'est
quelque chose qui est au minimum des questions quand le gouvernement va prendre
une décision par décret d'indexer ou de fixer des tarifs, qu'il y ait
45 jours avant le processus de révision tarifaire, qu'on laisse au minimum
45 jours. Ça va publier des différents acteurs pour prendre connaissance
que le gouvernement est en train de déposer une décision. Puis eux autres
peuvent avoir une discussion en public, ils peuvent questionner le
gouvernement, ils peuvent faire leur démarche de parler avec la ministre, avec
le gouvernement. C'est un bon compromis, je trouve, un minimum. C'est l'option
F, je pense, qu'on a dit la semaine dernière. On a essayé de proposer des
choses pour rendre cet article plus transparent, je peux le dire comme ça.
Mais bref, l'idée, M. le Président... je
comprends que le gouvernement va voter en faveur de le sous-amendement, il n'y
a rien que nous, on peut faire de notre côté pour l'arrêter, mais, au minimum,
on peut faire des suggestions de permettre les sociétés civiles d'avoir une
discussion importante sur ce sous-amendement qui a été proposé par la ministre
et de juste rappeler que le gouvernement a pris l'engagement de garder ça à
3 %. OK, correct. Mais si un autre gouvernement arrive ou, quand même,
prend l'engagement dans leur prochaine campagne électorale l'année prochaine :
Bien, nous, on va mettre ça à 1 %, ou à 2 %, ou à 0 % pour gagner...
essayer de convaincre les gens de voter pour notre bord, voter pour notre
formation politique puis mettre ça en place, c'est quoi, les conséquences? Le
gouvernement va avoir beaucoup de pouvoirs et beaucoup de flexibilité sur une
question hyper importante pour notre société. Et j'espère qu'on va avoir
l'écoute de le côté de le gouvernement.
Au minimum, on va commencer avec le
sous-amendement, M. le Président, que peut-être que le gouvernement a eu des
discussions sur la fin de semaine pour dire : On peut vivre avec ça, c'est
un minimum. Mais de notre côté, dans l'opposition, on n'a pas toujours la
chance de gagner nos points. Quand même, si on a eu cinq sur 35, M. le
Président, ce n'est pas pire, mais, ça, c'est une autre opportunité pour le
gouvernement de peut-être accepter une suggestion de la part de l'opposition
qui va permettre des gens à exprimer leur point de vue sur une fixation de
tarifs par décret. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Montigny) :
Très bien. Merci beaucoup, M. le député. Est-ce qu'il y a d'autres
interventions? Mme la <ministre...
Le Président (M. Montigny) :
Très bien. Merci beaucoup, M. le député. Est-ce qu'il y a d'autres
interventions? Mme la >ministre, vous avez la parole.
Mme Fréchette : Oui.
Merci, M. le Président. Donc... Bien, tout d'abord, mes salutations aux
collègues députés, également aux équipes du ministère et équipes du cabinet.
Merci de votre présence et de votre contribution.
Alors, bien, je voudrais revenir, en fait,
sur la proposition d'amendement mise de l'avant par le député de Jacques-Cartier.
J'aimerais qu'il nous explique plus en détail comment il voit l'application de
cet amendement, parce que les interprétations au sein même de nos équipes ici
diffèrent. Certains voient une idée A et d'autres B. Donc, j'aimerais qu'il
nous présente sa vision des choses pour qu'on clarifie notre compréhension.
Merci.
M. Kelley : Oui. Bien,
l'idée c'est que... de ce qu'on comprend, on va fixer les tarifs ou envoyer un
décret directement à la régie concernant des tarifs, n'est-ce pas? C'est
qu'est-ce qui est dit dans l'amendement. Alors ici, on dit : Ça va arriver
puis ça va être publié par décret, ça va être dans la Gazette officielle,
mais, au minimum, ça ne va pas arriver à la dernière minute où il n'y a pas de
chance de s'exprimer, on va donner 45 jours qui est en lien avec des
règlements, c'est ça? C'est le même nombre de jours qu'on fait pour les
règlements, c'est 45 jours. Alors, on a juste pris ça pour dire : Il
y a un exemple qui existe déjà dans, M. le Président, des annonces de le
gouvernement dans la Gazette officielle, etc.
Alors ça, c'est pourquoi on a dit :
On va au minimum, Mme la ministre, avoir un processus, voici le décret qui va
être envoyé, comme le décret qui a été envoyé cette année par votre
gouvernement, ce n'est pas juste un paragraphe, il y a un peu une explication.
Ça va permettre des différents acteurs de prendre connaissance... le
gouvernement a l'intention de faire ça dans 45 jours. On va l'exprimer
là-dessus. Peut-être, quand même, convaincre le gouvernement de réviser leur
décret ou de renverser leur décision. Mais bref, ça, c'est la raison pourquoi
on a déposé ça, Mme la ministre.
Le Président (M. Montigny) :
Très bien. Mme la ministre, vous avez la parole.
Mme Fréchette : Oui.
Merci, M. le Président. Est-ce que je dois comprendre que le député de Jacques-Cartier
craint qu'on ne veuille pas publiciser le fait qu'on va limiter la hausse des
tarifs résidentiels? Est-ce qu'il craint qu'on va s'en cacher ou... Parce que
ça va passer à travers un processus qui lui-même est public. Donc, il y aura
assurément, comment dire, dépôt et, ensuite, publicisation dans la Gazette,
et tout ça, avec tenue d'audiences. Donc, est-ce que, l'idée derrière ça, c'est
de croire que peut-être qu'on ne va pas divulguer le fait qu'on veut aider les
clients résidentiels, ce qui serait un peu contraire à la logique normale où on
veut valoriser, en fait, le fait que les clients résidentiels d'Hydro-Québec
n'auront pas à payer une trop grande hausse? Donc, assurément que ce sera
publicisé.
Donc voilà, je voulais comprendre, en
fait, ce qui sous-tendait l'idée derrière la proposition.
M. Kelley : OK, oui. C'est
le fun, ça, maintenant, c'est moi qui réponds...
Mme Fréchette : C'est
votre proposition.
M. Kelley : Par exemple,
Mme la ministre, quand... récemment, quand la régie a rendu leur décision que
le tarif doit être 3,6 % puis le gouvernement a répondu : Non, ça va
être 3 %, c'était par décret, mais c'était faites, comme, «tit for tat»,
c'est, comme, directement après que le décret a été envoyé puis c'était un fait
accompli. Bien, on comprend, OK, «fine», c'est correct, c'est une décision que
le gouvernement a prise. Ici, c'est : si jamais se répète encore cette
même décision par le gouvernement, on va communiquer à la Régie de l'énergie notre
intention de changer les tarifs à 2,5 % pour cette année. Que le moment
que le décret est mis dans la Gazette officielle, la décision est prise,
il y a 45 jours avant que le processus... c'est fait 45 jours avant
le processus de la révision tarifaire. Alors, c'est fait en amont, c'est fait
en avant, pas après une décision.
Alors, c'était encore de laisser le temps.
Le gouvernement a l'intention pour la prochaine révision tarifaire de faire ça
et voici nos arguments mis dans le décret dans un document officiel. Puis après
ça on a 45 jours où les gens peuvent regarder pourquoi le gouvernement a
l'intention de faire ça, puis laisser les gens avoir un débat sur l'espace
public. Alors, à la place que c'est juste arrivé le jour de... ou quand même
après, c'est fait 45 jours avant le processus de la révision tarifaire
pour permettre les gens d'avoir une opinion sur les décisions de le
gouvernement.
• (10 h 20) •
Le Président (M. Montigny) :
...Merci. Mme la ministre.
Mme Fréchette : Oui,
bien, je voulais soulever, en fait, que dans le cadre d'une cause tarifaire, il
y a assurément une publication en avance qui est faite. Ça fait partie du
processus. Donc, quelque part, on se trouve à refléter une idée qui est déjà en
pratique, là, de publier en avance dans le cadre d'une cause <tarifaire...
Mme Fréchette :
...qui
est déjà en pratique, là, de publier en avance dans le cadre d'une cause >tarifaire.
M. Kelley : Et
normalement, Mme la ministre, c'est combien de jours avant la révision
tarifaire? Souvent, c'est fait, comme, juste, juste, juste avant, n'est-ce pas?
Mme Fréchette : C'est
ça. Il n'y a pas d'habitude, parce que ça sera une première. Mais, dans le
cadre d'une cause tarifaire, il faut qu'il y ait publication d'un décret.
M. Kelley : Exactement. Sur
le point de le décret, on sait que ça va arriver. Alors ça, c'est pourquoi on
essaie d'encadrer cette décision gouvernementale, qui n'est pas... ça n'a pas
souvent arrivé dans l'histoire qu'au minimum c'est 40 jours avant le
processus pour permettre tout le monde de regarder la question ensemble pour
dire : Ah! on est pour, on est contre, on a des questionnements concernant
ci... Bref, ça, c'est les raisons, c'est de mieux encadrer l'idée de le
gouvernement que ça n'arrive pas juste le jour d'avant. Je comprends que le
décret va être publié, pas d'inquiétude là-dessus, M. le ministre... M. le
Président, Mme la ministre. C'est vraiment d'avoir plus de temps pour tout le
monde de regarder les décisions de le gouvernement avant que le processus de la
révision tarifaire commence.
Le Président (M. Montigny) :
...
Mme Fréchette : Je n'ai
pas d'autre intervention.
Le Président (M. Montigny) :
Ça va. Alors, M. le député de Maurice-Richard, vous
m'aviez demandé la parole, vous l'avez.
M. Bouazzi : Merci, M.
le Président. Très content de continuer ce débat aujourd'hui. Mme la ministre,
vous dites effectivement que le fait d'augmenter de seulement 3 % les...
de caper les augmentations pour les citoyennes et citoyens à 3 % sera
évidemment publicité de... publicisé de votre part, et on voit bien que vous le
faites. Le problème qu'on voit, c'est le manque de débats et puis aussi le fait
qu'il faudrait comprendre qu'est-ce que ça veut dire exactement à moyen et long
terme. Vous nous avez dit la dernière fois que des chiffres avancés par M.
Sabia, l'augmentation pour le privé, donc les PME et les industries, serait
autour de 5 %, celle des Québécoises et Québécois autour de... qui
permettrait de garder donc ce maximum à 3 %.
Étant donné que toute la nouvelle
électricité qu'on va produire coûte très cher et que le pourcentage
d'électricité patrimoniale, la proportion d'électricité patrimoniale va
diminuer à terme, on va passer aujourd'hui de 91 % d'électricité
patrimoniale à 0,035 $ le kilowattheure à, en 2035, un peu plus de
70 % d'électricité patrimoniale. Celle qui n'est pas patrimoniale
aujourd'hui, si on compte les éoliennes ou La Romaine, est autour de 0,07 $
le kilowattheure et les nouveaux investissements qui vont se faire d'ici 2035
sont plutôt à 0,10 $. Donc, d'après nos calculs, d'ici 2035, on a
35 % d'augmentation du coût d'achat de l'électricité par Hydro-Québec en
dollars d'aujourd'hui, parce que, et les contrats d'éoliennes et le prix de
l'électricité patrimoniale, je pense, depuis 2004, sont indexés au coût de la
vie annuellement. Ça fait qu'ils vont augmenter de toute façon d'ici 2035.
Alors, il y a fort à parier qu'en 2035 ni
vous ni M. Sabia ne serez à la tête d'un gouvernement d'un côté et d'Hydro-Québec
de l'autre, et donc je pense qu'on est en droit d'avoir des débats qui prennent
du temps pour comprendre quelle est la valeur des promesses et quelles sont les
conséquences des promesses, que ce soit sur notre réseau de PME, qui
s'inquiètent à juste titre pour la valeur de leurs factures. Parce que, pour
faire une moyenne à 34 %, s'il y en a qui restent à 3 %, il y en a
qui augmentent énormément. Et puis aussi, si vraiment c'est tenable, comme ce
projet de loi vient affaiblir la Régie de l'énergie qui est notre principal
contre-pouvoir à n'importe quelle politique qui pourrait jouer aux apprentis
sorciers avec nos factures d'un côté à n'importe quel dépassement du monopole
naturel qu'est Hydro-Québec en matière d'énergie, bien, avoir le temps de comprendre
et aussi de demander des équations...
Je dois le dire, et ce n'est pas la
première fois que je le dis : je suis un peu «flabbergasté» par le manque
de transparence sur les équations qui nous portent à <expliquer...
M. Bouazzi :
...un
peu «flabbergasté» par le manque de transparence sur les équations qui nous
portent à >expliquer comment on est capables de garder 3 %,
pourquoi on est obligés de doubler la taille d'Hydro-Québec, d'où vient l'idée
qu'il faille absolument investir 180 milliards de nouvelle électricité,
quelles sont les conséquences des 2 500 MW que votre prédécesseur, M. Fitzgibbon,
a distribués aux multinationales en 18 mois, quel est le coût de cette
nouvelle électricité, qui devrait payer pour, tout ça, c'est des débats que
nous n'avons pas.
Et, au-delà des promesses qui valent à peu
près la promesse... bon, étant donné qu'on est sur du long terme... Quand René
Lévesque a présenté son plan aux Québécoises et Québécois, vous avez
probablement vu cette présentation, Mme la ministre, il y avait un tableau, il
y avait des coûts pour chacune des différentes compagnies étrangères qui
géraient notre électricité, il y avait même des fréquences pour expliquer que
le réseau n'était pas homogène sur les différentes technologies qu'ils
utilisaient et qu'on n'était même pas capables d'utiliser le même matériel
électronique d'un côté à l'autre de la province, il y avait des espaces... le
prix n'était pas homogène, etc. Il y avait une croyance, que je dois dire que
je partage, que nous partageons, dans l'intelligence collective, de se faire
expliquer pourquoi est-ce que laisser le privé gérer notre électricité est
terriblement nuisible à l'économie et à notre... au prix de l'électricité,
évidemment, et puis à la qualité de l'électricité. Et cet exercice-là n'a juste
pas lieu depuis que vous êtes au pouvoir, il n'a juste pas lieu. Il y a toutes
sortes d'annonces, mais il n'y a pas une explication, ce qui nous inquiète
énormément.
Ça fait qu'avoir 45 jours avant un
processus de révision tarifaire, ce qui obligerait votre gouvernement ou les
gouvernements suivants d'avoir à subir un débat public, qu'ils le veuillent ou
pas, parce que les cartes seront déjà affichées, bien, on pense que ce n'est
pas du luxe pour notre démocratie, étant donné l'affaiblissement,
malheureusement, que votre projet de loi apporte à la caisse... à la Régie de
l'énergie d'un côté et au processus démocratique que nous vivons actuellement,
étant donné le bâillon qui s'en vient.
Donc, je ne sais pas, moi : Comment
vous expliquez qu'il n'y a aucune, aujourd'hui, équation publique qui nous
explique comment vous êtes capables de maintenir à 3 % les augmentations
pour les particuliers et à 5 % les augmentations pour le privé quand on
sait que les investissements qui s'en viennent d'ici 2035, et ne parlons même
pas de ceux jusqu'à 2050, sont absolument majeurs?
Le Président (M. Montigny) :
Très bien. Mme la ministre.
Mme Fréchette : Oui.
Bien, en fait, c'est des questions qu'on avait abordées, là, la semaine
dernière et que je trouve moins directement liées à la proposition
d'amendement, amendement pour lequel j'ai encore des questionnements, mais
peut-être que le député de Maurice-Richard aurait les
réponses. Quand vous dites, 45 jours avant, qu'il devrait y avoir donc
publication du décret, à quel moment est-ce que vous situez le début du
processus, processus de révision tarifaire? Est-ce que vous le situez à l'été
précédant l'adoption du processus tarifaire? Parce que, là, si on est
45 jours avant le début du processus, ça veut dire 45 jours avant
quelque part en été, donc ça nous ramène à la fin du printemps. Est-ce que,
c'est ça, la proposition, là?
• (10 h 30) •
M. Bouazzi : Bien, en
tout respect, Mme la ministre, on comprend que votre promesse, là, ce dont on
parle, c'est un amendement qui s'applique, un pouvoir que vous vous donnez pour
pouvoir imposer des contraintes à la régie dans le calcul de l'électricité et
dire : Voilà, pour les particuliers, ça va être 3 % max, vous vous
débrouillez avec ça. En gros, c'est de ça dont on parle. Évidemment, c'est un
pouvoir qui peut très bien s'appliquer différemment, hein? Parce que c'est un
pouvoir ouvert, vous pouvez décider que c'est pour l'industrie, que ça va être
0 % et pas pour les particuliers, et vous pouvez décider ce que vous
voulez, bon.
Dans les faits, si on revient juste à
cette promesse-là, en imaginant que c'est celle-là qui va s'appliquer, vous la
connaissez tout de suite, là, vous pouvez très bien, au lendemain de l'adoption
du projet de loi, sortir un décret demain matin, là. Je ne comprends pas trop
l'idée de dire : Ah! bien là, c'est un peu trop tôt, ou un peu... Si c'est
ça la promesse, assumons-la le plus tôt possible et en...
10 h 30 (version révisée)
M. Bouazzi : ...bien là c'est
un peu trop tôt ou un peu... Si c'est ça, la promesse, assumons-la le plus tôt
possible et en laissant le temps à la société civile ou aux spécialistes de se
l'approprier et de débattre de sa légitimité ou de sa faisabilité.
Donc, oui, c'est un débat qu'on a eu la
semaine dernière, mais, malheureusement, Mme la ministre, je n'arrive toujours
pas à... et toujours pas de réponse à l'idée de dire : Si l'électricité
patrimoniale, en proportion, passe de 90 % à 70 % dans les 10 prochaines
années, comment que ce soit un comptable ou un ingénieur pourrait nous
expliquer que ça va augmenter juste de 2 %, 3 % quand le prix d'achat va
augmenter de 34 %? Là, j'ai... tu sais, j'aimerais bien, moi, que vous
nous donniez une réponse, et qu'on ne revienne pas à ce cas-là. Bon, pour l'instant,
vous n'avez aucune réponse. Ça fait que prendre le temps du débat public... et
de la société civile, je pense que c'est important.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Nous sommes toujours à l'étude du sous-amendement à 35.2. Alors, d'autres
interventions toujours en lien avec le sous-amendement du député de
Jacques-Cartier? M. le député, il vous reste à peu près trois minutes.
M. Kelley : Alors, M. le
Président, je pense qu'on a fait le tour. De notre côté, je pense, c'est une
positive suggestion. Alors, si aucune autre personne ne veut prendre la parole,
je pense qu'on peut mis l'amendement au vote par appel nominal.
Le Président (M. Montigny) : Appel
nominal. Ah! vous aviez une intervention?
Mme Garceau : Oui, oui, oui,
M. le Président.
Le Président (M. Montigny) : Mme
la députée de Robert-Baldwin, je suis désolé, je ne vous vois pas tout le
temps.
Mme Garceau : Non, ça va.
Bonjour, bon matin à tous et à toutes.
Le Président (M. Montigny) : Je
vous laisse la parole, Mme la députée, avant de prendre le vote.
Mme Garceau : Oui, M. le
Président, c'est parce que toute la question... le questionnement de Mme la
ministre concernant le délai de 45 jours est vraiment lié à l'amendement qui a
été proposé par la ministre à l'article 52.4.1 parce que c'est dans ces termes,
l'article tel quel : «Le gouvernement peut, aux fins d'une révision
tarifaire visée au premier alinéa ou au troisième alinéa de l'article 48 et
pour les années tarifaires et les tarifs domestiques de distribution d'électricité
qu'il détermine, établir un taux maximal applicable à la hausse de ces tarifs.»
Et la régie va être tenue de fixer les tarifs en fonction de qu'est-ce que le
gouvernement va dicter à la régie.
Donc, moi, j'aimerais, compte tenu... C'est
parce que nous, on tente de miser sur : Bien, ça ne peut pas être deux
jours ou trois jours avant que ce soit déposé. Donc, je pense que je vais
retourner à Mme la ministre sa même question qu'elle nous a posée en ce qui a
trait... Pour vous, quand est-ce que vous allez transmettre le décret? C'est
quoi, le délai du gouvernement de transmettre le décret qui va fixer les tarifs
domestiques aux fins d'une révision tarifaire? Donc, c'est quoi, le délai?
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci. Mme la ministre.
Mme Fréchette : Oui, merci, M.
le Président. Donc, on va le faire en amont, en amont de la décision en lien
avec la cause tarifaire, mais il n'y a pas un délai précis dans lequel je
voudrais... que je voudrais fixer, en fait, parce qu'il y a, quelque part, une
question d'opportunité qui relève du gouvernement, mais, comme je l'indiquais, c'est
au bénéfice des clients domestiques. Alors, je pense que les gouvernements de l'avenir
auront intérêt à ce que ce soit connu le plus en amont possible. Maintenant, je
ne voudrais pas limiter la flexibilité.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci.
Mme Garceau : Donc, M. le
Président, c'est ça que nous tentons de préciser pour fins de clarifier pour
tout le monde, compte tenu que c'est le gouvernement qui va, de façon
unilatérale, décider des tarifs domestiques... Donc, peut-être que le 3 %,
à un moment donné, va être modifié par le gouvernement. Est-ce que ça va être
plus bas, ça va être plus élevé, mais, certainement, si ça va être plus bas,
puis c'est là où le bât blesse, là, avec l'étude qui est sortie dans Le Devoir,
ce <matin, de la Fédération canadienne...
Mme Garceau :
...puis
c'est là où le bât blesse, là, avec l'étude qui est sortie dans Le Devoir,
ce >matin, de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante,
c'est sûr que ça va avoir un impact sur les autres tarifs, surtout en termes
des PME et des industriels. Donc, c'est pour ça qu'il faut déterminer que ce
soit transparent, que des gens puissent intervenir à un moment donné si la
décision du gouvernement ne plaît pas à tout le monde et qu'il va y avoir des
impacts économiques, surtout en ce qui a trait aux PME qui en a... qui ont
leurs charges assez lourdes, merci.
Et donc je crois que ce serait très
important, et là on mentionne dans l'amendement : «Au minimum
45 jours avant le processus de révision tarifaire». Donc, je ne sais pas,
en termes de voie de passage, est-ce que la ministre a une suggestion pour
que... L'objectif, ici, c'est que les acteurs de la société civile, suite au
dépôt du décret, puissent avoir une possibilité de transmettre leurs opinions
en ce qui a trait à la décision du gouvernement en amont... avec la révision
tarifaire. Ça veut dire quoi? Ça veut dire que, déjà, on est dans le processus,
puis la régie est déjà comme en audiences. Ça ne peut pas être ça. Donc, il
faut que ce soit avant, si je peux dire, l'audience par la régie. Peut-être
qu'il faut être encore plus précis, je ne sais pas, Mme la ministre, dans cet
amendement ou dans ce sous-amendement, mais je pense que tout le monde ici... Qu'est-ce
qui est très important, c'est de prévoir un certain délai et d'éviter à tout
prix que ce soit fait directement en amont, qui voudrait dire : Bien là,
l'audience a déjà commencé. Je ne pense pas que ce soit... Ça pourrait causer
un grand préjudice, c'est sûr et certain, aux PME et aux industriels.
Donc, il est là, le débat, peut-être qu'on
doit... doit encore être plus précis. Nous sommes évidemment très ouverts si,
Mme la ministre, vous avez une suggestion afin que nous puissions, là, avoir un
sous-amendement qui va faire en sorte qu'on va pouvoir avoir un processus
démocratique à un certain niveau compte tenu de la décision du gouvernement de
fixer par décret, mais, à un moment donné, il va falloir qu'il y ait un échange
ou qu'on laisse aux parties qui sont intéressées, qui sont impliquées, qui vont
être affectées par les tarifs domestiques... avoir une possibilité de faire
entendre leur voix.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Alors, Mme la ministre.
Mme Fréchette : Oui, bien, je
réitère, M. le Président. Donc, il sera dans l'intérêt des gouvernements futurs
de faire connaître à l'avance leurs orientations en lien avec la hausse
tarifaire pour la clientèle domestique. Donc, assurément que ça devrait être
publié en amont de la décision de la régie. Maintenant, combien de temps en
amont, là, je pense qu'il y a une discrétion qui... une capacité d'avoir une
décision qui relève du gouvernement, et je ne voudrais pas engager, là, les
futurs gouvernements dans un processus plus étroit. Donc, voilà, mais,
assurément, il y aura une volonté de faire connaître ça puisque c'est au
bénéfice des clients résidentiels d'Hydro-Québec que ce sera fait, parce que
l'idée étant qu'on veut aider les Québécois à avoir une moindre pression financière,
avoir plus d'argent dans leur portefeuille. Donc, ça s'inscrit dans cette
orientation.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci. Mme la députée.
• (10 h 40) •
Mme Garceau : Je suis un peu
surprise, Mme la ministre, par votre réponse à ce stade-ci parce que votre
processus ne peut pas être plus étroit qu'il est actuellement, parce que c'est :
le gouvernement, sans consultation, unilatéralement, décide... va dicter à la régie
les tarifs domestiques. On ne peut pas être plus étroit que ça. Donc, on tente
d'ouvrir, l'opposition, une porte d'entrée, puis elle va être aussi assez
étroite, elle pourrait être beaucoup plus large. Le 45 jours, avec grand
respect, là, ce n'est pas... c'est très raisonnable. Et donc... et, lorsque
vous dites : Bien, c'est au bénéfice des résidences, des consommateurs
résidentiels, mais ça va <être au détriment des autres...
Mme Garceau :
...bénéfice
des résidences, des consommateurs résidentiels, mais ça va >être au
détriment des autres. Et donc il me semble que...
Puis là je regarde en termes de... vos
termes dans... à l'article 52.4.1, «aux fins d'une révision tarifaire», mais
peut-être qu'on le met... puis là peut-être qu'on pourrait suspendre un instant
pour que je voie avec mon collègue... mais il me semble qu'on pourrait, et que
ce serait dans l'intérêt de tous... pour avoir une certaine ouverture ici. Vous
êtes en train de lier les gouvernements futurs, Mme la ministre, avec le
libellé de cet article. Donc, au moins, laissons aux parties intéressées par
l'effet... l'effet ou les conséquences de la mise en œuvre de cet article...
qu'on laisse aux parties concernées avoir un élément de temps pour faire valoir
leurs opinions. Donc, M. le Président, est-ce qu'on pourrait juste peut-être
suspendre quelques instants, s'il vous plaît?
Le Président (M. Montigny) : Peut-être,
avant, on peut laisser Mme la ministre répondre, là, qui a demandé la parole.
Mme la ministre, je vous laisse la parole.
Mme Fréchette : Merci, M. le
Président. Bien, je voudrais rappeler, en fait, que les futurs gouvernements
auront le loisir d'utiliser ou pas cet outil-là. Donc, on ne les contraint pas
à le faire. Nous, comme gouvernement, c'est une priorité, une priorité qu'on a
énoncée depuis fort longtemps et qu'on respecte, donc, mais ça n'engage pas les
futurs gouvernements. Si d'autres gouvernements, dans 15 ans, dans
20 ans, décident de ne pas utiliser cet outil-là, ce sera comme ils
l'entendent. Ils ne seront pas contraints d'utiliser ça. Donc, je pense que
c'est une nuance qui est importante.
Le Président (M. Montigny) : Alors,
je rappelle toujours que nous sommes sur le sous-amendement de
l'article 35.2. Oui, Mme la députée.
Mme Garceau : ...minutes, M.
le Président, de suspension, s'il vous plaît.
Le Président (M. Montigny) : Alors,
nous allons suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 10 h 43)
(Reprise à 10 h 49)
Le Président (M. Montigny) : Alors,
nous reprenons donc nos travaux. Mme la députée de Robert-Baldwin.
Mme Garceau : M. le
Président, juste une précision en ce qui a trait à l'amendement déposé par la
ministre, là, l'article 52.4.1, parce qu'évidemment, là, on est en train de
voir un sous-amendement à cet article. Dans... L'objectif visé par le
gouvernement en ce qui a trait au moment du dépôt de votre décret dans le
processus de révision, ça va être à quel moment? Parce que je comprends que ça
peut être un processus de plusieurs mois, là. Donc, pour le gouvernement, selon
cet article, parce que ce n'est pas précisé, ce n'est pas clair... Est-ce que
le gouvernement va déposer son décret suite à la décision de la régie, qui va
fixer les tarifs domestiques, ou avant l'évaluation de la régie?
• (10 h 50) •
Le Président (M. Montigny) : Mme
la ministre.
Mme Fréchette : Oui, merci,
M. le Président. Donc, c'est nécessairement avant la décision de la régie
puisque la régie doit tenir... est tenue de fixer les tarifs concernés de
manière à ce que leur hausse n'excède pas le taux fixé par le gouvernement.
Donc, assurément, c'est en amont de la décision de la régie, d'autant qu'il
s'agit quand même d'une... également d'une nouvelle que le gouvernement voudra
faire connaître aux clients résidentiels puisque ça vise à les aider à limiter
la hausse tarifaire.
Le Président (M. Montigny) : Alors,
oui, Mme la députée.
Mme Garceau : Donc,
évidemment, si c'est avant la décision de la régie, et donc avant la révision <tarifaire,
où est le problème...
Mme Garceau :
...donc,
évidemment, si c'est avant la décision de la régie, et donc avant la révision >tarifaire,
où est le problème, Mme la ministre, à prévoir un 45 jours pour... de délai
avant... avant que la régie termine son... le processus de révision tarifaire?
Le Président (M. Montigny) : Mme
la ministre.
Mme Fréchette : Merci. Bien,
d'une part, comme je le rappelais, c'est une question de choix pour les
gouvernements en place. Et par ailleurs le libellé mentionne que c'est avant le
processus de révision tarifaire. Or, la décision de la régie, c'est un élément
du processus de révision tarifaire, mais ce n'est pas le seul. Donc, le début
exact du processus de... tarifaire n'est pas précisé dans l'amendement. Donc,
l'amendement laisse un flou sur le moment à partir duquel on doit calculer 45
jours, et par ailleurs c'est un choix qui nous... qui nous semble relever du
gouvernement.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci. Alors, comme il n'y a pas d'autre intervention, nous pouvons passer
à la mise aux voix. Nous avions eu une demande appel nominal. Nous allons
procéder par appel nominal. Mme la secrétaire.
La Secrétaire : Pour,
contre...
Le Président (M. Montigny) : Le
sous-amendement... On rappelle que c'est sur le sous-amendement du député de
Jacques-Cartier à l'article 35.2. Allez-y, excusez-moi.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Kelley (Jacques-Cartier)?
M. Kelley
: Pour.
La Secrétaire
: Mme
Garceau (Robert-Baldwin)?
Mme Garceau : Pour.
La Secrétaire
: Mme
Fréchette (Sanguinet)?
Mme Fréchette : Contre.
La Secrétaire : M. Bussière (Gatineau)?
M. Bussière : Contre.
La Secrétaire
: M.
Ste-Croix (Gaspé)?
M. Sainte-Croix : Contre.
La Secrétaire
: M.
St-Louis (Joliette)?
M. St-Louis : Contre.
La Secrétaire
: M.
Poulin (Beauce-Sud)?
M. Poulin : Contre.
La Secrétaire
: M.
Montigny (René-Lévesque)?
Le Président (M. Montigny) :
Abstention. Alors, la proposition de sous-amendement est rejetée. Nous revenons
donc à la proposition d'amendement à l'article 35.2. Est-ce qu'il y a des
interventions sur l'amendement à l'étude à l'article 35.2? Il n'y a pas
d'intervention. Parfait. Nous allons donc passer à sa mise aux voix par appel
nominal. Oui?
M. Kelley : ...M. le
Président, plus côté technique. Après que c'est adopté, l'amendement, ça
devient l'article, puis là on va voir une discussion sur l'article?
Le Président (M. Montigny) :
Tout à fait.
M. Kelley
: Mais tout
amendement à l'article ne peut pas modifier d'une façon majeure l'article,
parce qu'on a adopté par amendement... parce que je sais qu'on a eu cette
discussion déjà.
Le Président (M. Montigny) : En
fait, oui, vous avez raison, nous ajoutons un article par amendement. Ce nouvel
article... En adoptant l'amendement, ça adopte l'article au complet parce que
c'est l'ajout d'un nouvel article que nous procédons... Alors, on ne reviendra
pas sur l'article comme tel parce qu'il va avoir été ajouté tel qu'adopté par
la commission. Est-ce que c'est clair pour vous ou si vous voulez que je
précise à nouveau?
M. Kelley
: OK, c'est
clair pour moi. Je ne sais pas si c'est clair pour mes autres collègues, mais
c'est juste de bien comprendre qu'au moment...
Le Président (M. Montigny) : Donc,
nous allons voter sur l'amendement et, par la suite, nous passerons à autre
chose.
M. Kelley
: Alors, je
ne sais pas si les gens...
Le Président (M. Montigny) : Alors,
parfait. Merci.
M. Kelley
: Merci.
Le Président (M. Montigny) : Nous
allons procéder par appel nominal. Mme la secrétaire.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. Mme Fréchette (Sanguinet)?
Mme Fréchette : Pour.
La Secrétaire
: M. Bussière
(Gatineau)?
M. Bussière : Pour.
La Secrétaire
: M. Sainte-Croix
(Gaspé)?
M. Sainte-Croix : Pour.
La Secrétaire
: M. St-Louis
(Joliette)?
M. St-Louis : Pour.
La Secrétaire
: M. Poulin
(Beauce-Sud)?
M. Poulin : Pour.
La Secrétaire
: M. Kelley
(Jacques-Cartier)?
M. Kelley
: Contre.
La Secrétaire
: Mme Garceau
(Robert-Baldwin)?
Mme Garceau : Contre.
La Secrétaire
: M. Bouazzi
(Maurice-Richard)?
M. Bouazzi : Contre.
La Secrétaire : M. Montigny
(René-Lévesque)?
Le Président (M. Montigny) : Abstention.
Alors, pour l'amendement 35.2 introduisant l'article, il est donc adopté.
Très bien. Nous avons une nouvelle proposition d'amendement qui nous a été
déposée, elle est sur Greffier, pour ajouter un 35.3. Nous allons prendre le
temps de l'afficher à l'écran. On va afficher à l'écran le 35.3, parfait, peut-être
juste agrandir un peu pour que nous soyons capables d'en faire la lecture.
Alors, proposition d'amendement, oui, Mme la ministre.
Mme Fréchette : C'est qu'on
avait convenu, en fait, de revenir avec une proposition auprès des oppositions
suite à leur demande pour un autre article qui avait été <suspendu. Donc,
j'aimerais bien qu'on...
Mme Fréchette :
...auprès
des oppositions suite à leur demande pour un autre article qui avait été >suspendu.
Donc, j'aimerais bien qu'on puisse...
Le Président (M. Montigny) : Bien,
avec grand plaisir. Si on a le consentement de revenir à un autre article, nous
pouvons le faire, Mme la ministre. Je vous écoute. Vous proposez d'aller...
Mme Fréchette : On avait
consulté à l'interne et on revient avec une proposition de libellé suite à la
demande, donc, des oppositions. Je vais juste m'assurer... On va prendre
quelques secondes pour vous transmettre cette proposition.
Le Président (M. Montigny) : On
va suspendre? Parfait. Nous allons donc suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 10 h 56)
11 h (version révisée)
(Reprise à 11 h 01)
Le Président (M. Montigny) : Alors,
nous reprenons donc nos travaux. Nous avons reçu une proposition d'amendement à
l'article 35.
Avant d'en faire la présentation,
simplement pour le bénéfice de tous, nous avons un amendement qui a déjà été
suspendu en lien avec l'article 35 du député de Jean-Talon. Il restera
suspendu. Nous y reviendrons pour l'étude un peu plus tard.
Maintenant, nous avons la proposition d'amendement.
Mme la ministre, je vous laisse faire la proposition.
Mme Fréchette : Oui. Merci,
M. le Président.
Le Président (M. Montigny) : Oui,
bien, en fait, j'ai comme besoin du consentement, là, pour revenir à l'article
35. Est-ce que ça vous convient tous? Parfait. Merci.
Mme la ministre, je vous laisse faire la
proposition. Allez-y.
Mme Fréchette : Parfait.
Bien, tel que convenu, en fait, on vous revient avec une proposition de libellé
pour amender l'article 35. Donc, il est proposé d'ajouter, à la fin de
l'article 52.3 de la Loi sur la Régie de l'énergie, proposé par l'article 35 du
projet de loi tel qu'amendé, l'alinéa suivant :
«Pour l'application du premier alinéa, la
Régie peut exiger, pour chacune des années visées par la révision tarifaire
précédente, que le transporteur d'électricité ou le distributeur d'électricité
lui fournisse tout renseignement ou document concernant l'établissement des
surplus ou des manques à gagner.»
Donc, c'est un amendement qui apporte une
précision sur la proposition du nouvel article 52.3 de la Loi sur la Régie de l'énergie.
Il prévoit, en fait, que la Régie de l'énergie peut, lorsqu'elle effectue une
révision tarifaire, exiger d'Hydro-Québec, dans ses activités de transport ou
de distribution, tout renseignement ou document concernant l'établissement de
ses surplus ou de ses manques à gagner.
Donc, je pense que c'était le souhait de
ce qui avait été proposé par les oppositions.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci, Mme la ministre. Est-ce qu'il y a d'autres interventions en lien
avec cette proposition d'amendement? Oui, M. le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley : Une courte
suspension, de consulter ma collègue de Robert-Baldwin là-dessus.
Le Président (M. Montigny) : Oui,
oui. Sans problème.
Nous allons suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 11 h 03)
(Reprise à 11 h 06
)
Le Président (M. Montigny) : Alors,
nous reprenons donc nos travaux. Au moment de la suspension... nous sommes
toujours à l'étude d'une proposition d'amendement, Mme la ministre a proposé, à
l'article 35. M. le député de Jacques-Cartier, vous aviez la parole. Par
contre, nous allons la laisser...
M. Kelley : Je vais céder la
parole, M. le Président, à la formidable députée de Robert-Baldwin.
Le Président (M. Montigny) : Avec
plaisir. Mme la députée de Robert-Baldwin, je vous laisse la parole.
Mme Garceau : ...à se voir aujourd'hui,
M. le Président, hein?
Le Président (M. Montigny) : Oui,
on doit faire un peu d'exercice.
Mme Garceau : Ce n'est pas
évident aujourd'hui. C'était plus facile en bas.
Le Président (M. Montigny) : Alors,
allez-y, Mme la députée, avec plaisir.
Mme Garceau : Merci, M. le
Président. Donc, merci, Mme la ministre, pour l'amendement. On est proches. On
y arrive. On n'est pas là encore parce qu'on laisse toujours la façon que c'est
rédigé. Puis je sais que Me Marois est très... il va être très reconnaissant de
qu'est-ce qui s'en vient à titre d'arguments à faire valoir pour peut-être
juste de modifier un peu le «peut» avec le mot «doit». Parce qu'il me semble
que la régie, en ce qui a trait... Parce que tout cet article-là est lié au
surplus ou au manque à gagner cumulé par le transporteur ou le distributeur et
aussi les prévisionnels. Et donc, afin que la régie puisse prendre... puisse
prendre en considération, là, l'ampleur des... évidemment, des calculs, ce
n'est pas juste d'informer la régie, puis : Voici un document, puis on a
fait tous les calculs, mais voici la conclusion, voici le surplus, puis voici
le manque à gagner, voici le montant, puis ça s'arrête là. Ça ne peut pas être
comme ça, Mme la ministre. Il va falloir que ça soit un exercice un petit peu
plus étoffé, dans le sens qu'on va... que ce soit distributeur ou transporteur,
on va informer, mais on va informer la régie avec les documents à l'appui de
nos calculs.
Et donc, au moins, pour l'amendement,
c'est juste de remplacer le «peu» avec un «doit», que «la régie doit exiger,
pour chacune des années visées, que le transporteur d'électricité ou le distributeur
lui fournisse tout renseignement ou document concernant l'établissement». Il
faut... Il faut que la régie puisse voir comment les calculs ont été établis,
que ça soit le surplus ou le manque à gagner. Il me semble que, règle de base,
ce n'est pas une... ce n'est pas une demande déraisonnable, compte tenu,
également aussi, de, encore une fois, la conséquence de la mise en œuvre de
cette disposition spécifique. Parce que, là, on va refiler la facture aux
consommateurs, et surtout s'il y a un manque à gagner.
Donc, il me semble, pour vraiment avoir
une... une... pour pouvoir évaluer, pour que la régie puisse évaluer de façon
complète les éléments de surplus ou de manque à gagner, la régie doit exiger
les documents liés à l'établissement des surplus et des manques à gagner.
• (11 h 10) •
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. D'autres interventions? Mme la ministre.
Mme Fréchette : Merci, M. le
Président. Juste un commentaire. Donc, je considère personnellement que la régie
est maître de son analyse. C'est à elle de voir si elle a besoin de documents
additionnels. Et, si c'est le cas, ce paragraphe-là vient préciser, bien que
c'était déjà le cas, là, mais ça vient préciser qu'elle peut faire des
demandes.
Si elle estime que ce n'est pas
nécessaire, que ça ne viendrait qu'alourdir le processus, pourquoi devrait-on
l'exiger? On parle d'alléger la réglementation, d'alléger les processus. Si on
vient exiger une procédure additionnelle alors que, dans les faits, aux yeux de
la régie, ça n'apporte pas d'élément d'information qui lui permette de préciser
<certaines...
Mme Fréchette :
...que,
dans les faits, aux yeux de la régie, ça n'apporte pas d'élément d'information
qui lui permette de préciser >certaines dimensions précises, je ne vois
pas pourquoi il faudrait l'imposer.
Donc, c'est à la régie de décider si c'est
pertinent qu'elle obtienne ces renseignements. Si c'est le cas, elle aura le
loisir de les demander, bien que, comme je l'indiquais, c'était déjà possible
pour elle de le faire, mais ça vient le souligner.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci, Mme la ministre. Mme la députée.
Mme Garceau : ...moi, je le
regarde également, Mme la ministre, d'un autre côté ici, en ce qui a trait à la
façon que le... que ça soit le distributeur ou le transporteur, la façon qu'ils
vont informer la régie. Comment est-ce qu'ils vont informer? Quelle est votre
définition, là, en termes d'informer? D'informer, ça veut dire quoi dans cet
article?
Le Président (M. Montigny) : ...Mme
la ministre, vous avez la parole.
Mme Fréchette : Merci. Comme
dans beaucoup de situations, il y aura dépôt de documents, transmission
d'informations à la régie, on imagine, de manière électronique.
Mme Garceau : Donc, lorsque,
dans le terme «informer»... je ne veux pas dire que c'est implicite, mais c'est
sûr et certain qu'il y a un devoir, une responsabilité du transporteur ou du
distributeur de transmettre les documents et les informations à l'appui des
calculs qu'ils vont soumettre à la régie. Que ce soit surplus ou manque à
gagner, il y a quand même, dans le devoir, la responsabilité d'informer la
régie. Une transmission de documents à l'appui de ces calculs, il me semble que
ça, c'est assez élémentaire.
Le Président (M. Montigny) : Mme
la ministre.
Mme Fréchette : Bien,
écoutez, M. le Président, je regarde le libellé, puis on m'indique qu'ils
devront fournir tout renseignement ou document. Alors, j'essaie de comprendre
l'enjeu que perçoit la députée, parce qu'il est question, dans le libellé, de
fournir des renseignements ou des documents. Est-ce qu'elle... Est-ce qu'elle
voudrait voir un autre mot apparaître? Je saisis mal.
Mme Garceau : Bien là, c'est
parce que... Voici où je m'en vais, Mme la ministre. Parce que, là, c'est la
régie qui pourrait ou ne pourrait pas demander. Mais, moi, lorsque je regarde
le processus, la révision tarifaire... Dans une révision tarifaire que la régie
doit faire, il me semble important, fondamental que, lorsque le distributeur ou
le transporteur va fournir l'information à la régie, il y ait une définition à
cette information-là. La définition, c'est les documents et les informations à
l'appui des calculs des... du surplus ou des manques à gagner. Donc, pour moi, l'amendement,
au lieu que ça soit «la régie peut exiger», ça devrait être, dans un processus
de révision tarifaire, que le distributeur ou le transporteur doit, dans
l'information, doit transmette à la régie les documents et les informations
liées aux calculs qu'ils ont faits du surplus ou du manque à gagner. Donc, ça
devrait être leur responsabilité, leur devoir dans... sous le titre d'informer,
que ces documents vont être transmis.
Parce que, vous le dites, Mme la...
c'est... lorsqu'ils vont informer la régie, c'est sûr que ça doit être avec des
documents et... liés aux calculs, mais là, la façon que c'est formulé, même
avec votre amendement, on pourrait... le distributeur ou le transporteur
pourrait juste transmettre un document qui dit : Bon, bien, voici le
montant sans... de surplus ou de manque à gagner sans calcul, sans autre
document. Il me semble que ça, c'est... ce n'est pas suffisant, compte tenu de
l'importance et de l'impact que ceci pourrait avoir sur le calcul des tarifs.
Le Président (M. Montigny) : Bien.
D'autres interventions?
Comme il n'y en a pas... Il y avait une
demande d'intervention de M. le député de Jean-Talon. Je vous rappelle que nous
sommes <toujours...
Le Président (M. Montigny) :
...il
y avait une demande d'intervention de M. le député de Jean-Talon. Je vous
rappelle que nous sommes >toujours sur l'étude de la proposition
d'amendement à l'article 35 et que nous avons un amendement de suspendu,
qui provient justement du député de Jean-Talon, en attente. Merci. M. le
député. Vous avez la parole, M. le député.
M. Paradis : Oui. Merci, M.
le Président, d'avoir refait ce rappel, parce qu'en fait, oui, c'est un
amendement proposé par le gouvernement mais qui reprend presque mot à mot
l'amendement que j'ai déposé. Donc, dépendant de ce qui se passera avec cet
amendement du gouvernement, il y aura la réponse pour le prochain, pour le
mien.
Mais je voudrais remercier d'abord la
ministre et l'équipe gouvernementale de proposer cet amendement, bon, qui...
comme je reviens, c'est ma proposition, c'est-à-dire qu'est-ce qu'on veut faire
ici, qu'est-ce qu'on veut accomplir, et ensuite j'aurai peut-être une ou deux
questions pour la ministre, mais il s'agit donc de la question des surplus ou
manques à gagner d'Hydro-Québec dont on a parlé la semaine dernière. C'est
important de se remettre ça en mémoire.
Donc, lorsqu'il y a une révision tarifaire
aux trois ans, le premier alinéa de 52,3... 52.3, pardon, permet à Hydro-Québec
de dire à la Régie de l'énergie : Je me suis trompé dans mes calculs, j'ai
un manque à gagner — parce que, généralement, elle va le demander
parce qu'elle a un manque à gagner. J'avais émis l'hypothèse que ce soit,
disons, un demi-milliard, ou 500 millions. Tenez-en compte dans mes coûts,
en réalité, pour fixer les tarifs pour les trois prochaines années. Donc, ça
va... ça va avoir une pression à la hausse sur les tarifs.
Le problème, c'est que c'est lié à un
grand débat qu'on a eu depuis une dizaine d'années sur les surplus et les
manques à gagner d'Hydro-Québec. Et j'ai expliqué, la semaine dernière, dans
une de mes interventions où je parlais de magie, que, comme par magie, on a
fait disparaître les surplus... en fait, j'allais dire, ou les manques à
gagner, mais, à l'époque, c'étaient des surplus. Donc, il restait
1 milliard en 2019 de surplus. Hydro-Québec, compte tenu de ses réels
besoins et compte tenu de ses réelles dépenses, lorsqu'elle a fait ses calculs,
elle a dit : Oups! J'ai facturé 1 milliard en trop. Au début, c'était
1,5 milliard. Hydro-Québec prétend en avoir redonné 500 millions,
donc il restait 1 milliard en trop facturé dans les poches des
consommateurs, les individus, les PME, les industries, 1 milliard payé en
trop.
Avant, il y avait l'article 75 de la
Loi sur la Régie de l'énergie qui permettait d'établir si, de fait, il y avait
des surplus ou des manques à gagner d'Hydro-Québec. Parce qu'Hydro-Québec, le
distributeur, devait, à chaque année, donner le bilan de son actif, son passif,
ses dépenses et ses revenus de l'année, et, avant aussi, il y avait un calcul
tarifaire qui faisait en sorte que la Régie de l'énergie fixait un montant de
référence, pas seulement des tarifs, un montant de référence, donc on savait
par rapport à quel montant il y avait ou non des surplus ou des manques à
gagner. Maintenant, on n'a plus cette information-là parce que
l'article 75 a été changé, il ne parle maintenant que du transporteur
d'électricité ou du distributeur de gaz naturel, et l'annexe aussi,
l'annexe II a changé.
L'idéal, je le redis, l'idéal, ça serait
d'avoir de nouveau ces montants-là. C'est une question de transparence. À
défaut, j'ai proposé cette solution qui fait que la régie peut demander au distributeur,
et ici au transporteur, de lui donner toute l'information qui permet d'établir
si, oui ou non, il y a un surplus ou un manque à gagner. On dit : Hydro-Québec,
si tu veux faire bouger les tarifs sur la base d'un surplus ou d'un manque à
gagner, permets-nous, à la régie, permets au public d'être capable de le
calculer. C'est le minimum. Ça, c'est le seuil minimum. Donnez-nous
l'information, puis elle va être publique.
• (11 h 20) •
Maintenant, j'aimerais savoir si la
ministre est prête à aller plus loin ou si c'est le maximum qu'elle a pu
obtenir de ses discussions avec ses collègues au Conseil des ministres, de
donner ce pouvoir à la régie de demander. Elle peut demander, la régie. Est-ce
qu'on peut aller plus loin? Est-ce que ça peut être de forcer le transporteur
et le distributeur à montrer leurs calculs? Parce qu'on le rappelle, là, ils
vont demander quelque chose, là. Ils vont dire : Rajoute
500 millions, 200 millions, 1 milliard. La dernière fois,
c'était 1,5 milliard de surplus, mais ça peut être un manque à gagner
aussi, compte tenu des investissements importants qu'on a à faire. Est-ce qu'on
serait prêts à forcer Hydro-Québec à le faire lorsqu'elle demande d'agir sur
les tarifs, compte tenu de tel surplus ou manque <à...
M. Paradis :
…à
forcer Hydro-Québec à le faire lorsqu'elle demande d'agir sur les tarifs,
compte tenu de tel surplus ou manque >à gagner. Au minimum, c'est :
Tu dois nous le démontrer, Hydro-Québec. Est-ce qu'on pourrait aller là?
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Mme la ministre, on vous écoute.
Mme Fréchette : Merci. Merci,
M. le Président. Donc, bien, clairement, on a fait un pas dans la direction de
ce que le député de Jean-Talon et les collègues souhaitaient. Donc, c'est la
proposition que je vous soumets. C'est le plus loin où je vais aller dans ce
sens-là, mais je pense que ça s'inscrit pleinement dans la perspective que vous
souhaitiez mettre de l'avant. Alors, voilà. C'est la proposition.
Le Président (M. Montigny) :
Très bien. M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : C'est en effet
un pas en avant, là, puis je… j'en remercie la ministre, là, et, je dirais,
c'est mieux que rien, mais je pense qu'on devrait faire en sorte qu'Hydro-Québec
soit tenue de démontrer les surplus et les… ou les manques à gagner. Je le
redis, ça va… Généralement, quand il va y avoir un impact tarifaire, ça va être
en raison d'un manque à gagner. Et c'est possible, Mme la ministre, qu'il y en
ait dans le futur parce qu'il y a des investissements considérables, il y a de
l'incertitude économique, il y a cette guerre commerciale, entre guillemets,
avec les États-Unis. Donc, il y a plusieurs facteurs. L'hydraulicité pourrait
jouer aussi dans le futur, avec les changements climatiques, etc.
Je vais vous poser une autre question.
Vous avez parlé d'allègement administratif en réponse à une des questions de ma
collègue de Robert-Baldwin. J'aimerais spécifier ici que c'est l'inverse. Quand
on parle d'allègement administratif, c'est de l'allègement administratif pour
les citoyens qui font affaire avec l'appareil de l'État. Et ici vous faites
l'inverse, parce que ce que les gens de l'industrie, des PME et des commerces,
des représentants des consommateurs qui vont à la régie nous disent, depuis
2019, depuis votre projet de loi 34, c'est que c'est impossible de faire
les calculs, ça leur demande beaucoup de travail, et ils n'arrivent pas à armes
égales avec Hydro-Québec. Hydro-Québec, elle, elle les a, ces calculs. À chaque
année, tout le monde ici peut être certain, là, je vous le garantis, Hydro-Québec
le sait, elle, si elle a des surplus ou des manques à gagner. Mais elle est la
seule à le savoir avec le gouvernement.
Donc, si l'allègement administratif… En
fait, là vous êtes en train de donner encore des bonbons à Hydro-Québec, avec
le premier alinéa, hein, on s'entend. Le deuxième alinéa, là, que vous ajoutez
fait un pas en avant. Mais, en gros, sans cet amendement-là, vous disiez à Hydro-Québec :
Ah! tu peux réclamer des tarifs différents en vertu d'un surplus ou d'un manque
à gagner, mais la seule organisation, la seule personne, la seule société
d'État, en fait, qui va avoir l'information au Québec, ça va être toi. Puis les
autres vont jouer à armes inégales, vont devoir essayer de faire des calculs.
Donc, si je reprends votre argument de
l'allègement... l'allègement administratif, vous ne devriez pas faire l'inverse,
en réalité, ne pas faciliter la vie d'Hydro-Québec devant la régie, mais
faciliter la vie des gens qui veulent présenter un point de vue alternatif.
Ici, ça pourrait être des gens qui diraient : Non, Hydro-Québec ne devrait
pas mettre tant de centaines de millions ou tant de milliards dans ses coûts
pour faire augmenter les tarifs parce que voici le calcul.
Donc, sur la base de l'allègement
administratif, est-ce que vous ne devriez pas aller plus loin?
Le Président (M. Montigny) : Alors,
Mme la ministre.
Mme Fréchette : Merci, M. le
Président. Bien, juste un mot pour dire que, dans le fond, tout est lié aussi à
la gestion des fonds publics. Est-ce qu'on estime qu'il est souhaitable que les
fonds publics servent à obtenir ou à mettre en place, plutôt, un processus qui
pourrait ne pas avoir d'impact sur la régie, au sens où peut-être que ça
n'amènerait pas d'information nécessaire à la régie de le faire, de l'imposer
chaque année? Alors, on laisse ça à la discrétion de la régie. Si elle
considère que ça va être un plus pour elle que d'avoir ces renseignements-là
annuellement, elle pourra le faire. Si elle estime que ce n'est pas nécessaire,
je ne vois pas pourquoi il faudrait l'obliger, l'exiger. C'est une façon de
concevoir, je pense, la gestion des fonds publics de manière plus saine, de
donner le droit à la régie de le faire. Et, si elle souhaite l'exiger, elle pourra
le faire.
Le Président (M. Montigny) : Bien.
M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Oui. Avec cet
amendement que j'ai… que j'ai proposé et que vous aviez reformulé, je le redis,
c'est un pas en avant, c'est un pas pour la transparence, mais souvenons-nous
qu'avant 2019, avant votre réforme, le projet de loi 34, Hydro-Québec
avait ces obligations-là. Et elle vivait très bien avec. Ça permettait aux gens
de connaître, à chaque année, si, oui ou non, il y avait un surplus ou un
manque à gagner. Il y a eu un débat public. Encore une fois, il faut le
réitérer, la CAQ, dans l'opposition, en avait fait un de ses… un de ses chevaux
de bataille. C'était un cheval de bataille de la CAQ. La question des surplus,
ça appartient au consommateur, ça doit être retourné au consommateur. <Vous...
M. Paradis :
...question
des surplus, ça appartient au consommateur, ça doit être retourné au
consommateur. >Vous en avez fait une promesse électorale en 2018. Mais
là vous avez fait l'inverse. Vous avez enlevé l'information, ce qui fait qu'il
n'y a plus personne qui est capable de l'avoir, l'information, s'il y a des
surplus ou des manques à gagner. C'est une question de transparence.
Moi, je pense que notre gouvernement, ce
qu'il veut, c'est le plus de transparence, le plus de redditions de comptes. Hydro-Québec,
c'est une grosse machine. On veut être capables de la rendre le plus possible
imputable, pas enlever des moyens aux citoyens d'avoir l'information, pas
compliquer la vie des PME quand elles s'en vont devant la régie, pas faire en
sorte que les industries, quand elles veulent aller discuter avec Hydro-Québec
devant la régie, elles ne sont pas à armes égales. Il n'y a personne qui est à
armes égales.
Donc là, vous avez l'opportunité. Je vous
repose la question une dernière fois : Est-ce que vous ne voudriez pas
aller vers la solution de la transparence, de l'égalité des armes devant la Régie
de l'énergie, de la plus grande imputabilité pour aider Hydro-Québec à être la
plus efficace possible, et donc à faire les meilleures prévisions possibles
pour qu'il n'y ait pas de surplus ni de manque à gagner — on s'en
souvient, c'est l'objectif numéro un — et que, quand il y en a,
notamment des manques à gagner, et qu'Hydro-Québec demande à ce que ça augmente
les tarifs d'électricité de tout le monde, elle soit tenue de faire... dans la
plus grande transparence, en donnant le plus d'information possible?
Le Président (M. Montigny) : Alors,
Mme la ministre.
Mme Fréchette : Bien,
écoutez, c'est le pas en avant que je nous propose de faire. Je pense que ça
répond quand même à l'objectif, au principe que souhaitait que l'on adopte le
député de Jean-Talon. Donc, voilà. Je suggère ce libellé.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Alors, maintenant, pour l'amendement de l'article 35, nous allons
procéder à sa mise aux voix. Alors, par appel nominal, Mme la secrétaire.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. Mme Fréchette (Sanguinet)?
Mme Fréchette : Pour.
La Secrétaire
: M. Bussière
(Gatineau)?
M. Bussière : Pour.
La Secrétaire
: M. Sainte-Croix
(Gaspé)?
M. Sainte-Croix : Pour.
La Secrétaire
: M. St-Louis
(Joliette)?
M. St-Louis : Pour.
La Secrétaire
: M. Poulin
(Beauce-Sud)?
M. Poulin : Pour.
La Secrétaire
: M. Kelley
(Jacques-Cartier)?
Le Président (M. Montigny) : ...
La Secrétaire
: Mme Garceau
(Robert-Baldwin)?
Mme Garceau : Abstention.
La Secrétaire
: M. Bouazzi
(Maurice-Richard)?
M. Bouazzi : Pour.
La Secrétaire
:
M. Montigny (René-Lévesque)?
Le Président (M. Montigny) : Abstention.
Alors, la proposition d'amendement à l'article 35 est adoptée. Très bien.
Ça nous ramène maintenant à une
proposition d'amendement qui était suspendue. Alors, il y avait une proposition
d'amendement qui avait été suspendue par... par la commission, amendement
proposé par M. le député de Jean-Talon. Est-ce que vous souhaitez le ramener à
l'étude, comme nous sommes à l'article 35, M. le député de Jean-Talon?
M. Paradis : L'amendement qui
vient d'être adopté reprend, sur le fond, exactement ce que je proposais. Il y
a eu un changement de libellé, là, pour mieux cadrer dans le style
rédactionnel.
Le Président (M. Montigny) : Alors,
vous le retirez?
M. Paradis : Donc, je propose
de retirer cet amendement.
Le Président (M. Montigny) : Parfait.
Est-ce qu'il y a consentement pour retirer la proposition d'amendement du
député de Jean-Talon?
Des voix : ...
Le Président (M. Montigny) : Il
y a consentement. Donc, l'amendement du député de Jean-Talon à l'article 35
est donc retiré. Très bien.
Tout à l'heure, lors de nos travaux...
Oui, on se rappelle qu'il faut prendre le
temps de voter l'article 35 tel qu'amendé. Alors, est-ce qu'il y a
d'autres interventions en lien avec l'article 35 tel qu'amendé?
Il n'y en a pas. Oui, M. le député de Jean-Talon,
vous avez la parole.
M. Paradis : Oui. Donc,
maintenant, avec l'amendement, on a un article qui continue de permettre à Hydro-Québec
de demander à la Régie de l'énergie de tenir compte de manques à gagner qui
peuvent être importants pour faire augmenter les tarifs. J'avais posé la
question au tout début de nos discussions sur cet article. Peut-être qu'avec le
temps, il y a un petit peu plus d'informations, mais est-ce que la ministre a
une idée de la situation actuelle, des surplus ou des manques à gagner? Et
est-ce que... Encore une fois, la loi prévoit qu'il ne devrait pas y en avoir,
mais j'aimerais savoir si la ministre a une analyse actuellement.
• (11 h 30) •
Donc, vous savez, là, moi, je suppose que
tous ces amendements-là ont été poussés par Hydro-Québec. Est-ce qu'il y a des
risques en particulier que le gouvernement entrevoit dans l'avenir, compte tenu
du plan qui est annoncé à l'horizon 2035, compte tenu des investissements
qu'il y a à faire, compte tenu de la situation de l'économie qui a beaucoup
changé, compte tenu de l'hydraulicité, compte tenu des investissements
importants...
11 h 30 (version révisée)
M. Paradis : ...de la
situation de l'économie qui a beaucoup changé, compte tenu de l'hydraulicité,
compte tenu des investissements importants qu'on a à faire.
Donc, est-ce que... est-ce que, derrière
cet amendement, il y a seulement la volonté d'Hydro-Québec de dire : Bon,
bien, moi, je veux encore cette possibilité-là — puis c'est le cas
dans plein des amendements qu'on a reçus, là, c'est Hydro-Québec qui est en
train de se donner les bretelles, la ceinture, le chapeau, tout ce qui vient
avec — ou il y a quelque chose derrière ça, là? Qu'est-ce... Est-ce
que... est-ce qu'il y a des prévisions, est-ce qu'il y a des risques
identifiés, etc.? Quelle est la philosophie derrière cet article qui nous est
proposé?
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Mme la ministre.
Mme Fréchette : Merci, M. le
Président. Bien, écoutez, la philosophie, on l'a énoncée d'entrée de jeu, c'est
à savoir de permettre aux consommateurs, advenant qu'il y ait des surplus qui
soient accumulés... ce n'est pas notre souhait, ce n'est pas... on ne travaille
pas en ce sens-là, mais advenant qu'il y en ait, que ça puisse être récupéré l'année
subséquente au bénéfice des consommateurs.
Et, s'il y a des manques à gagner, bien,
voilà, ça irait dans les deux sens, mais l'idée étant de ne pas avoir de
surplus et d'arriver exactement là où la demande se trouve.
Le Président (M. Montigny) : Bien.
M. le député.
M. Paradis : Ici se pose de
nouveau la question de l'absence de plan gouvernemental ou de vision
gouvernementale, parce qu'ici on est encore dans ce sujet-là.
Le débat, dans le passé, il a fait rage.
La CAQ, dans l'opposition, était au cœur de ce débat : Il y a des surplus,
ce n'est pas correct, ça doit être remboursé aux consommateurs. La promesse de
la CAQ, c'était de régler cette question-là, mais, magie, on a fait disparaître
toutes les lignes dans les bilans d'Hydro-Québec qui permettaient d'avoir le
calcul.
C'était à une époque où Hydro-Québec
disait qu'on a tellement d'électricité qu'on ne sait plus quoi en faire, c'était
à l'époque de bonne hydraulicité et donc la mode était à l'exportation, à la
sollicitation d'entreprises, de multinationales à qui on concédait des bons
tarifs parce qu'on avait plein de blocs d'énergie à leur concéder.
J'espère que la ministre va consentir avec
moi, va convenir avec moi qu'on est dans une autre époque et que là c'est le
risque de manque à gagner qu'on devrait envisager, parce qu'elle nous a répondu
en disant : Ah! bien, ça va permettre de redistribuer l'éventuel surplus
chez les consommateurs. Fort bien, mais qu'en est-il des manques à gagner?
Quels risques voyez-vous de ce côté-là? Comment pensez-vous procéder? Quelle
est la philosophie de votre gouvernement pour d'éventuels manques à gagner?
Parce que le principal risque, c'est ça,
pour les consommateurs, c'est que tu arrives à une révision tarifaire après
trois ans puis woups! je me suis trompé, il me manque 500 millions, 750 millions,
1 milliard, 1 milliard et demi, vous allez payer ça, consommateurs,
parce que la Régie de l'énergie va en tenir compte pour fixer les tarifs. Qu'est-ce
que vous avez comme réflexion à ce sujet-là qui justifie votre article?
Le Président (M. Montigny) : Mme
la ministre.
Mme Fréchette : Oui. M. le
Président, donc je le réitère, c'est... on veut établir un effet de vases
communicants, advenant qu'il y ait des surplus une année, que ce soit pris en
considération l'année suivante, et ainsi de suite... vice versa, plutôt.
Il faut voir que le contexte dans lequel
on se trouve est peu propice à générer des surplus. On a une très, très grande
demande à laquelle on fait face, notamment du fait de la transition
énergétique, notamment du fait que, pendant plusieurs années, les
investissements pour développer l'offre n'ont pas été au rendez-vous, notamment
du fait qu'on a énormément de projets de développement économique, ce qui est
un bon... un bon signal en soi.
Maintenant, ça nous met dans une situation
où le corridor de l'offre énergétique est plus étroit que la demande, alors je
pense qu'on peut s'attendre à ce qu'il n'y ait pas beaucoup d'années de surplus
au cours des prochaines... prochaines années, de court terme, là, du moins.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Quand vous avez
adopté votre projet de loi 34, qui a fait disparaître l'information qui
permettait à tous les Québécois de rendre Hydro-Québec imputable, on était dans
une situation différente. Notamment, il y a eu une... il y a eu une période
inflationniste après, il y a eu d'importants revenus pour Hydro-Québec.
Et, réitérons-le, on se dirige vers une
période qui pourrait être différente. 200 milliards d'investissements dans
les prochaines années, c'est beaucoup d'investissements avec beaucoup de
risques. L'inflation est maintenant à un niveau plus bas qu'à l'époque, mais il
y a des risques que, du côté des États-Unis, le contexte du <commerce...
M. Paradis :
...qu'à
l'époque, mais il y a des risques que, du côté des
États-Unis, le
contexte du >commerce international est très incertain. Il y a beaucoup
de risques.
Moi, je vous soumets que cette disposition
là, comme plusieurs autres, vise à protéger Hydro-Québec, parce que c'est le
sens des amendements que vous nous avez transmis. C'est toujours Hydro-Québec
qui gagne. C'est toujours, face, Hydro-Québec, pile, ce n'est pas Hydro-Québec
qui perd. Et ça, ici, c'en est un cas, là.
Ce qu'on veut au Québec c'est qu'Hydro-Québecsoit
tenue d'être le plus proche possible dans ses prévisions de la réalité qu'il
n'y ait pas de surplus ni de manque à gagner.
Par cette disposition, vous donnez une
porte de sortie à Hydro-Québec, vous dites : De toute façon, si tu te
trompes, ce n'est pas grave, tu vas venir... tu vas pouvoir te rattraper à la
prochaine révision tarifaire puis tu vas passer... le risque qui s'est réalisé,
tu vas le passer au consommateur.
Donc, ce n'est ni le dividende d'Hydro-Québec
et ce n'est ni la rentabilité d'Hydro-Québec qui est affectée, c'est le
consommateur qui va payer, les industries, les PME, M. et Mme Tout-le-monde.
C'est ça que l'article signifie. Ce n'est pas juste une technicité, c'est un
changement très important dans la façon de calculer les tarifs.
C'est vraiment ça que vous voulez faire, vous
voulez dire à Hydro-Québec : Heille, toi, tu es un gestionnaire unique au
Québec? C'est extraordinaire! Alors que tous les patrons de PME en Beauce,
alors que toutes les industries au Saguenay, tout le monde au Québec, on est
tenus, on est imputables pour nos prévisions, puis après ça, bien, on fait avec
les résultats, Hydro-Québec, lui, va avoir une disposition dans le projet de
loi qui va dire : Ce n'est pas grave, si tu trompes, tu vas pouvoir te
reprendre à la révision tarifaire, tu vas nous passer ça. Ton manque à gagner,
c'est les consommateurs qui vont le payer.
C'est vraiment ça que vous voulez faire? Parce
que c'est ça, le sens de la disposition dont on parle. C'est ce que votre
gouvernement veut faire ou est-ce que c'est Hydro-Québec qui vous demande ça?
Le Président (M. Montigny) : Alors,
d'autres interventions?
M. Paradis : Bien, je me
demandais si la ministre avait une réponse.
Le Président (M. Montigny) :
Mme la ministre.
Mme Fréchette : Écoutez, j'ai
dit l'essentiel de ce que j'avais dit. Je pourrais peut-être ajouter que ce
mécanisme-là va inciter Hydro-Québec à faire de meilleures prévisions, l'effet
de vases communicants aidant. Bon. C'est tout ce que je peux voir, mais...
Voilà. L'essentiel a été communiqué. Merci.
Le Président (M. Montigny) :
Bien. M. le député de Jean-Talon, vous avez la parole.
M. Paradis : Vous, là, vous
nous proposez, là, une réforme majeure du monde de l'énergie au Québec et vous
bouleverser radicalement, je le redis puis je n'hésite pas à le dire, la façon
dont on considère les tarifs.
Cette disposition est au cœur des
bouleversements que vous proposez. Désormais, Hydro-Québec a une porte de
sortie. Si elle a des trop-perçus...
Ah, d'ailleurs, il y a un intérêt, hein,
qui est fixé, là, peut faire... Hydro-Québec peut faire 8,2 % d'intérêt
quand il y a des trop-perçus sur ces capitaux, mais quand il y a un problème,
quand il y a un manque à gagner, ça, c'est les consommateurs qui vont payer
pour ça. Puis je comprends que c'est là que votre gouvernement veut aller.
Est-ce que j'ai bien compris que vous êtes
d'avis que c'est peu probable qu'il y ait des trop-perçus dans les prochaines
années, moins probable?
Le Président (M. Montigny) : Bien.
Mme la ministre.
Mme Fréchette : Mais, comme
je disais, l'idéal, en fait, le souhait actuellement, c'est de faire en sorte
qu'il n'y ait pas de surplus, de trop-perçus non plus.
Quand je parlais des surplus, je parlais
des surplus d'électricité, mais les trop-perçus, bien, c'est sûr qu'on veut
essayer de les éviter également, puis il y aura un effet de vases communicants
qui s'appliquerait du fait de cette mécanique.
• (11 h 40) •
Le Président (M. Montigny) : Oui,
M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Est-ce que vous
êtes d'avis qu'il y a peut-être plus de risques compte tenu du contexte
économique actuel et compte tenu du plan d'investissement majeur d'Hydro-Québec,
qu'il n'y a peut-être plus de risques? Non, je vais enlever le «peut-être», êtes-vous
d'accord qu'il y a plus de risques qu'il y a des manques à gagner dans le
futur?
Des voix : ...
Le Président (M. Montigny) : Mme
la ministre.
Mme Fréchette : Oui, M. le
Président. Donc, si Hydro-Québec fait de bonnes prévisions, respecte son <plan...
Mme Fréchette :
...Oui,
M. le Président. Donc, si
Hydro-Québec fait de bonnes prévisions,
respecte son >plan, je pense que les risques ne devraient pas être
accrus.
Par ailleurs, on aura aussi le PGIRE, qui lui
est un nouvel outil, qui va nous permettre d'avoir de la prévisibilité en
termes de développement de l'offre énergétique et du mix énergétique.
Donc, je pense que c'est un outil qui
pourrait être d'intérêt pour Hydro-Québec, pour justement mieux... encore mieux
cibler la nature de la demande et ses prévisions.
Le Président (M. Montigny) : Bien.
M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Mme la ministre,
est-ce que vous pouvez nous confirmer actuellement si, oui ou non, la
rémunération de la haute direction d'Hydro-Québec est liée aux résultats d'Hydro-Québec
d'une manière ou d'une autre, par bonification par exemple?
Des voix : ...
Le Président (M. Montigny) : Alors,
Mme la ministre.
Mme Fréchette : Alors, M. le
Président, il y a une partie de la rémunération des hauts dirigeants qui est
liée à des rencontres d'objectifs, il y a une partie de la rémunération qui est
basée sur l'atteinte d'objectifs, une bonification, si on veut.
M. Paradis : Est-ce que ces
objectifs sont liés directement ou indirectement aux résultats d'Hydro-Québec?
Mme Fréchette : Je n'ai pas
le détail de cette bonification, à savoir sur combien d'éléments elle porte, et
est-ce que c'est différent d'une personne à l'autre, est-ce que c'est une
approche généralisée ou mur à mur en termes d'indicateurs. Je n'ai pas cette
information.
Le Président (M. Montigny) : Bien.
D'autres interventions? M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Parce que vous
comprenez que si... et vous avez l'air de dire que c'est le cas, si la
rémunération de la haute direction d'Hydro-Québec est liée aux résultats, Hydro-Québec
et sa haute direction sont extrêmement contentes de votre article que vous
proposez actuellement, parce que quand ça va mal, tu passes la facture au
consommateur, ça améliore tes résultats et donc ça améliore ta rémunération. Est-ce
que vous ne considérez pas que c'est un risque? Parce que là je...
Encore une fois, qu'est-ce que vous faites
avec ça, c'est que vous donnez la porte de sortie idéale à Hydro-Québec, vous
faites moins d'imputabilité, moins de transparence sur ses chiffres, mais,
quand ça va mal, elle refile ça aux consommateurs, quand ça va bien, bien là, tu
as un bon résultat puis tu as des bons bonis. Est-ce que c'est un risque que
vous avez considéré?
Le Président (M. Montigny) : Alors,
Mme la ministre.
Mme Fréchette : Bien, il
faudrait voir, en fait, sur quels indicateurs sont basés les politiques de
bonification.
Moi, j'estime qu'Hydro-Québeca tout
intérêt à rencontrer... en fait, à faire en sorte que ses prévisions respectent
l'évolution de la demande. Et je pense que c'est le cadre dans lequel ils vont
vouloir s'engager.
Le Président (M. Montigny) : Bien.
Merci. M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Mais c'est une
information importante, là, pour l'article qu'on est en train d'étudier, parce
que ça a un impact qu'est-ce que tu fais à la fin avec tes surplus ou tes
manques à gagner. Donc, est-ce que tu as fait des bonnes prévisions ou tu n'as
pas fait des bonnes prévisions? Puis est-ce que tu es efficace, est-ce que tu es
assez bon? Ça dépend de ce que tu peux faire.
Ici, vous leur donnez une porte de sortie
très... très efficace pour eux, chez Hydro-Québec. Moi, je me demande si c'est
dans l'intérêt des Québécois, notamment compte tenu du mode de rémunération de
la haute direction. Donc, j'aimerais bien avoir une réponse plus précise à
cette question-là, parce que je suis un petit peu surpris, là, que vous n'ayez
pas l'information.
Je vous mentionnais les chiffres, hein,
l'année passée, là, c'est les... Malgré que les profits d'Hydro-Québec aient
continué à chuter pour une deuxième année d'affilée, la rémunération totale des
cinq dirigeants les mieux payés des sociétés d'État a grimpé de 28,4 % en
2004 pour dépasser 4,7 millions. Ça me paraît beaucoup.
Puis il me semble avoir des gros chiffres
impliqués, donc je pense que vous devriez, avant de faire adopter cet
article-là, voir l'impact que le mode de rémunération peut avoir sur ce que
vous leur permettez de faire à la fin de l'année ou à tous les trois ans avec
leurs surplus et leurs manques à gagner.
Le Président (M. Montigny) : Bien.
Alors, d'autres interventions. Alors, il n'y a pas d'autre intervention. M. le
député de <Jean-Talon...
Le Président (M. Montigny) :
Alors,
il n'y a pas d'autre intervention. M. le député de >Jean-Talon.
M. Paradis : Est-ce que la
ministre cherche la réponse ou ne veut pas répondre? Je ne suis pas sûr, là.
Le Président (M. Montigny) : Alors,
Mme la ministre, vous avez la parole.
Mme Fréchette : Oui, j'ai une
indication à l'effet que la politique de rémunération variable des employés et
dirigeants d'Hydro-Québec, il y a des objectifs de maximisation des revenus.
Par ailleurs, c'est une politique qui va
faire l'objet d'une refonte l'an prochain et elle devra être orientée davantage
sur les retombées économiques, sociales et environnementales de l'électricité
pour le Québec.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci, Mme la ministre. M. le député de Jean-Talon, vous avez la parole.
M. Paradis : Maximisation des
revenus. «Maximisation des revenus», fermez les guillemets, ouvrez les
guillemets, c'est pratique quand tu as des manques à gagner puis que tu les
refiles aux consommateurs.
Le Président (M. Montigny) : Mme
la ministre, vous aviez demandé la parole?
Mme Fréchette : Oui. En fait,
je soulignais que ça va faire l'objet d'une réorientation, parce que, comme
pour la mission de la régie et d'Hydro-Québec, ma mission en tant que ministre,
et celle de mon collègue à l'Environnement, on se tourne vers la transition
énergétique.
Et dorénavant, donc lorsqu'il y aura
révision de la politique au sein d'Hydro-Québec, il faudra qu'elle soit basée,
la rémunération, notamment, sur l'atteinte d'objectifs en matière de retombées
économiques, de retombées sociales et environnementales de l'électricité pour
le Québec. Donc, c'est un virage qui s'opère de multiples façons.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Mme la ministre.
Mme Fréchette : Un complément
à l'effet de... que ça se trouve à l'article 145, ces informations.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Alors, M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Est-ce que vous
êtes capable de nous arriver avec des pourcentages ou des chiffres plus précis,
là, quelle partie de la rémunération?
Le Président (M. Montigny) : Mme
la ministre...
Une voix : ...
Le Président (M. Montigny) : Ah!
oui, vous n'aviez pas complété.
M. Paradis : Non, non, c'est
bon.
Le Président (M. Montigny) : On
peut laisser le temps à Mme la ministre de répondre.
Mme Fréchette : Oui, M. le
Président. Donc, ce type d'information est confidentiel.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Oui. D'un côté,
je ne suis pas surpris de cette réponse, de l'autre, j'invite la ministre à
considérer que l'équation que je viens de faire compte dans l'article que nous
sommes en train de regarder parce que c'est... c'est un mécanisme qui peut permettre
de maximiser les revenus d'Hydro-Québec ou pas et que ça a un impact donc sur
les bonis de la haute direction d'Hydro-Québec.
C'est aussi lié à ce que je disais
précédemment, que de permettre... sans obliger à avoir une reddition de comptes
sur les chiffres, de permettre à Hydro-Québec de venir jouer dans les tarifs
que tous les Québécois vont payer sans être imputable, justement, de ses
rendements, sans être imputable de ses résultats, sans être imputable du fait
que les prévisions n'ont pas permis d'arriver à ce qui est l'objectif de la
loi, c'est-à-dire de ne pas faire de surplus, de ne pas faire de manque à
gagner, je ne suis pas sûr que c'est... en fait, je ne pense pas que ce soit la
meilleure solution pour favoriser l'efficacité des sociétés d'État puis
l'efficacité du Québec actuellement.
Et puis je suis intrigué aussi par ce que
je viens d'entendre, là, qu'il va y avoir des changements dans cette
rémunération-là. C'est que la ministre considère que ça ne convient pas
actuellement, la façon dont ils sont rémunérés, les hauts dirigeants?
• (11 h 50) •
Le Président (M. Montigny) : Bien.
Alors, Mme la ministre.
Mme Fréchette : ...mais je
vais le répéter, on est en train de faire un virage tous azimuts vers la
transition énergétique. Hydro-Québec fait partie de ce virage-là et les
politiques de rémunération vont refléter ce virage également.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci, Mme la ministre. D'autres interventions?
M. Paradis : Est-ce que la
ministre peut nous confirmer, parce qu'on parle de ça, là, on parle de l'impact,
quel peut être l'intérêt de la haute direction d'Hydro-Québec par rapport à ce
qu'on fait à la fin de l'année dans l'article qui nous est proposé ou lorsqu'il
y a des révisions tarifaires aux trois ans? Est-ce que la ministre a déjà une
idée de ce que l'article 145 du projet de loi 69 veut <dire...
M. Paradis :
...Est-ce
que la ministre a déjà une idée de ce que l'article 145 du projet de loi 69
veut >dire? On se dirige vers quoi comme type de rémunération? Est-ce
qu'on va éliminer, par exemple, cette bonification-là?
Le Président (M. Montigny) : Bien.
Mme la ministre.
Mme Fréchette : Oui. J'ai
fait la lecture déjà qui reflétait la nature des modifications.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci. D'autres interventions? M. le député.
M. Paradis : Excusez-moi, je
n'ai pas compris la réponse.
Le Président (M. Montigny) : Mme
la ministre.
Mme Fréchette : Oui. J'ai
fait la lecture déjà de ce qui reflétait la nature des changements qui seront
en place l'an prochain.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien.
M. Paradis : Ça nous donnait
de l'information sur ce que vous envisagez comme type de rémunération ou ce que
vous voudriez changer dans le type de rémunération?
Le Président (M. Montigny) : Mme
la ministre.
Mme Fréchette : Sur ce qui
fera l'objet d'indicateurs.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Toujours sur la proposition... en fait, sur l'article 35, est-ce
qu'il y a d'autres interventions? Oui. M. le député de Jean-Talon, vous avez la
parole.
M. Paradis : Est-ce qu'il va
y avoir des indicateurs dans ce que vous envisagez relativement aux surplus ou
aux manques à gagner d'Hydro-Québec lors des révisions tarifaires, ou même
annuellement, en fait? Parce qu'eux ils le savent, hein? Je réitère, Hydro-Québec
a cette information-là. Elle l'a, elle, à chaque année, et nous, on ne l'a pas.
Les PME, les industries, les consommateurs ne l'ont pas.
Donc, est-ce qu'il va y avoir des...
Est-ce qu'il va y avoir un lien entre les surplus, les manques à gagner et la
rémunération des hauts dirigeants d'Hydro-Québec?
Le Président (M. Montigny) : Bien.
Mme la ministre.
Mme Fréchette : Oui, M. le
Président. Donc, j'ai indiqué que les... la politique renouvelée à partir de
2026 allait porter essentiellement sur les retombées de nature économique,
sociale et environnementale de l'électricité au Québec.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : C'est bien ce
que vous dites, mais, au moment où on se parle, est-ce que vous envisagez qu'il
y ait un lien entre les surplus et les manques à gagner d'Hydro-Québec et la
rémunération de la haute direction?
Le Président (M. Montigny) : Mme
la ministre.
Des voix : ...
Mme Fréchette : Alors, bien,
comme membre du gouvernement, moi, je donne les grandes orientations à
considérer dans le domaine de la politique de rémunération. Ces grandes
orientations là, je vous les ai partagées. Donc, à voir maintenant comment ça
va se décliner à l'intérieur même d'Hydro-Québec.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci. M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Bon. Bien, je
viens d'ajouter encore un autre critère. Il y a un autre risque qui s'ajoute
avec les amendements que vous proposez à la dernière minute.
Lorsqu'il s'agit de la rémunération des
hauts dirigeants des sociétés d'État comme Hydro-Québec je comprends
qu'actuellement vous êtes peut-être tenue de me faire cette réponse-là, que
c'est confidentiel, ça ne devrait jamais l'être.
Si on paie près de 5 millions de
dollars pour cinq hauts dirigeants d'Hydro-Québec, les Québécois sont en droit
d'avoir toute l'information puis ils sont en droit de chercher à voir s'il y a
des liens entre les mécanismes que vous nous proposez qui vont permettre à Hydro-Québec
de faire toutes sortes de choses pour affecter le rendement montré d'Hydro-Québec.
On doit avoir cette information-là, parce qu'ici ça peut avoir un impact, ça
peut avoir un impact sur ce qui est fait à la fin de l'année.
Puis, d'un côté, la réponse, c'est :
Ah! la rémunération, c'est confidentiel, le calcul. À moins que la régie le
demande puis qu'Hydro-Québecaccepte de le donner, vous n'aurez pas
l'information permettant d'établir les manques à gagner ou les surplus. Encore
une fois, c'est un régime qui n'est pas équitable, qui fait qu'il y en a un qui
a toujours l'information, puis qui a tout l'appareil de l'État, puis qui a la
batterie d'avocats, puis de comptables, et puis tu as tous les autres qui
essaient de démontrer autre chose, ou d'avoir une autre vision, ou de contester
les décisions, de contester des hausses de tarifs, et non seulement ils sont
déjà désavantagés, parce que c'est déjà difficile de faire face à Hydro-Québec...
Il y avait des articles dans les derniers jours, là, qui disaient ça, des gens
qui essaient de faire face à Hydro-Québec sur toutes sortes de questions puis
ils disent : Heille, on est pris avec la machine.
Donc, non seulement vous ne saisissez pas
l'opportunité du projet de loi 69 pour rééquilibrer, vous empirez les
choses, et ça peut avoir des impacts <financiers...
M. Paradis :
…rééquilibrer,
vous empirez les choses, et ça peut avoir des impacts >financiers très
grands pour l'ensemble des Québécoises et des Québécois, du consommateur
jusqu'à l'industrie, en passant par les PME. Donc, moi, je ne recommande pas
d'adopter cet article-là.
Le Président (M. Montigny) : Bien.
D'autres interventions? Mme la députée de Robert-Baldwin.
Mme Garceau : Dans le même…
même ordre d'idée de mon collègue de Jean-Talon, et tout l'aspect qu'une partie
de la rémunération des hauts dirigeants d'Hydro-Québec est liée aux résultats.
Et je regarde, Mme la ministre, la
politique de rémunération incitative des dirigeants d'Hydro-Québec sur leur
site, et on parle spécifiquement président, vice-président, je ne vais pas tous
les énumérer, et paramètres de rémunération incitative : «Une rémunération
incitative annuelle peut être octroyée aux dirigeants en fonction de l'atteinte
d'objectifs individuels et/ou corporatifs établis au début de l'année dans le
cadre du plan d'affaires.»
Et, un petit peu plus tard, on voit que le
régime de rémunération incitative pour les dirigeants peut aller jusqu'à
30 % de leur salaire de base.
Donc, à la lumière de qu'est-ce qu'on voit
sur le site, c'est clairement… il y a des incitatifs assez élevés pour les
hauts dirigeants qui sont liés aux résultats. Et donc le libellé de cet article
de l'amendement est clairement favorable À Hydro-Québec, au détriment des
consommateurs, particulièrement, évidemment.
Dans un cas, Mme la ministre, puis je vais
vous rappeler de la discussion qu'on a eue la semaine dernière, lorsqu'il y a
des surplus deux années de file, mais la troisième année, qui est l'année de
révision tarifaire, Hydro-Québec arrive avec des prévisions de manque à gagner,
et c'est là où vous aviez mentionné : Ah! bien là, on va sauter à la
prochaine révision tarifaire.
Donc, on aurait une période de six ans où
les tarifs vont demeurer fixes selon la révision, même peut-être antérieure à
la première, à la… si je peux dire, la révision qui devait avoir lieu, parce
qu'Hydro-Québec démontre dans ses prévisions… puis on espère, maintenant, avec
l'article amendé, que la régie va exiger les documents à l'appui, surtout en ce
qui a trait aux prévisions durant l'année de révision tarifaire, que là c'est Hydro-Québec
qui, au bout du compte…
Ces surplus-là, le manque à gagner qu'on
va reporter à une… à une autre révision tarifaire, va être clairement favorable
à Hydro-Québec, Mme la ministre, vous ne trouvez pas?
Le Président (M. Montigny) : Mme
la ministre.
Des voix : ...
Mme Fréchette : Ce que je
vois d'un bon œil, c'est le fait qu'on va aligner la nouvelle mission d'Hydro-Québec
avec la politique de rémunération, en parlant des impacts, à la fois
économiques, sociaux, environnementaux. Et je pense que c'est important que
chacun des membres, particulièrement de la haute direction, mais pas seulement,
bien sûr, soit en phase avec la nouvelle orientation que prendra la mission d'Hydro-Québec.
Donc, c'est important que les astres
soient alignés, comme on dit, et je pense que c'est ce qui pourra être fait à
travers la démarche qui va s'amorcer l'an prochain.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci. Je vous remercie pour votre collaboration.
Compte tenu de l'heure, la commission
ajourne ses travaux sine die.
(Fin de la séance à 12 heures)