(Neuf heures quarante-sept minutes)
Le Président (M. Ciccone) : Alors,
bonjour à tous. Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission
de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles
ouverte.
La commission est réunie afin de procéder à
l'étude du volet Ressources naturelles des crédits budgétaires du portefeuille
Ressources naturelles et Forêts pour l'exercice financier 2026‑2027. Une
enveloppe de 1 h 30 min a été allouée pour ces crédits.
Alors, Mme secrétaire, y a-t-il des
remplacements?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. M. Bouazzi (Maurice-Richard) est remplacé par Mme Zaga
Mendez (Verdun) et M. Boissonneault (Arthabaska) est remplacé par Mme Laflamme
(Chicoutimi).
Ressources naturelles
Le
Président (M. Ciccone) : Alors,
nous allons procéder à une discussion d'ordre général par blocs d'environ
15 minutes, incluant les questions et les réponses. La mise aux voix des
crédits du portefeuille Ressources naturelles et Forêts sera effectuée cet
après-midi, vers 16 heures.
Puisque nous avons débuté nos travaux à 9 h 48,
est-ce que... une période de 1 h 30 doit être consacrée à l'étude de ces crédits cet... cet avant-midi, y
a-t-il consentement pour poursuivre nos travaux au-delà de l'heure prévue,
jusqu'à 11 h 40... 40...
Une voix : ...
Le Président (M. Ciccone) : ...11 h
18? Voilà.
Des voix : Consentement.
Le
Président (M. Ciccone) :
Oui. Consentement. Parfait. Je vous rappelle que le temps de réponse de la
ministre est équilibré par rapport à la question posée.
Discussion générale
Alors, je suis maintenant prêt à reconnaître une
première intervention de l'opposition officielle pour un premier bloc
d'échange. M. le député de Jacques-Cartier, à vous la parole et vous avez
14 min 29 s.
M. Kelley : Merci beaucoup, M.
le Président. Bonjour, Mme la ministre. Bonjour à tout le monde qui vous
accompagne aujourd'hui. Je dis ça chaque fois que j'ouvre l'étude des crédits,
mais merci à tous les fonctionnaires de
votre ministère, mais aussi de l'État. C'est une... c'est vraiment un processus
superimportant pour notre démocratie, l'étude des crédits. Je sais que
c'est énormément de travail pour les fonctionnaires de préparer des cahiers,
et, quand même, on n'a pas énormément de temps de vraiment poser toutes les
questions. J'ai pris le temps de lire les cahiers des crédits. On peut faire
cet exercice, juste pour vous autres, presque pour la moitié de la journée,
mais, quand même, on va essayer de faire notre mieux possible. Mais encore un
grand merci à la fonction publique pour tout le travail qui a été fait en amont
pour la préparation de les études des crédits de cette année.
Alors, Mme la ministre, je veux avoir vos
commentaires sur le rapport qui a été déposé par le Commissaire au
développement durable et je vais aller... je vais être très, très précis. Parce
que quelque chose qui a à sortir de ces pages-là, c'était vraiment le fait que
les fonctionnaires de votre ministère ont eu plusieurs avis, plusieurs drapeaux
rouges autour de plusieurs projets, notamment comme Nemaska, où ils ont soulevé
des préoccupations, est-ce qu'on doit aller de l'avant avec le financement,
etc., puis on a vu dans les... dans le rapport que le ministère de l'Économie a
pas mal demandé à vos fonctionnaires de renverser leur opinion pour s'assurer
que le projet avance. Je pense que vos fonctionnaires ont toutes les
compétences nécessaires de faire des commentaires sur des projets miniers,
c'est le ministère des Ressources
naturelles, des Mines, c'est votre expertise. Alors, est-ce que vous pouvez
expliquer qu'est-ce qui s'est passé exactement?
• (9 h 50) •
Mme Champagne Jourdain : Merci
beaucoup. Bien, d'abord, cher collègue, je joins ma voix à la vôtre pour
remercier toutes les équipes du ministère qui se sont effectivement préparées,
le font d'année en année, mais à vous aussi,
chers collègues, pour cette préparation-là, qui est exhaustive, qui vous
demande beaucoup. Alors, vous l'avez dit, c'est un exercice qui est important,
important pour la démocratie, important pour éclairer aussi les citoyens du
Québec. Alors, je joins ma voix à la vôtre.
Maintenant, comme il
sera probablement question, j'anticipe, du rapport de la VGQ, je veux vous dire
que, d'entrée de jeu, on prend ces recommandations-là très au sérieux. On y
adhère aussi. Je veux vous dire qu'on analyse le
tout avec le sérieux nécessaire, on va regarder chacune des recommandations. Et
peut-être vous dire aussi qu'on est déjà en action sur plusieurs fronts.
On a eu... On a lancé... Bien, en fait, on a lancé la stratégie qui est
concernée dans ce rapport-là dernièrement, l'automne dernier. Mais, avant ça,
on était dans un plan, un plan pour le développement des minéraux critiques et
stratégiques. Et, durant le rapport, là, durant l'analyse qui a été faite, de
la commissaire, eh bien, déjà, on
travaillait à améliorer certains des points dans le plan pour les améliorer
dans la stratégie qu'on a développée.
Là,
vous m'amenez sur, naturellement, le projet Nemaska. Je peux vous dire que,
d'entrée de jeu, Nemaska Lithium, dans les investissements qu'on a
faits, on est en partenariat avec, naturellement, Rio Tinto, qui est un partenaire,
évidemment, solide. Vous connaissez sa présence partout au Québec, dans
différents secteurs, notamment celui du fer aussi. Et ça vient sécuriser aussi
ce projet-là qui est un projet, disons-le, stratégique pour le Québec.
Je veux vous dire
aussi que, dans les dernières... dans les derniers investissements qui ont été
faits dans ce projet-là, on a réduit progressivement la participation de l'État
pour... ce qui réduit aussi les risques de l'État. C'est toujours un projet,
c'est important de le dire, qui est en cours, qui se développe. On parle de la
construction de la mine, mais aussi de l'usine. Et, en réduisant
progressivement notre participation, bien, on démontre aussi qu'on gère de
façon responsable les fonds publics. Peut-être que... ou, pour répondre plus
précisément à votre question au niveau du positionnement des fonctionnaires,
vous le savez, je n'étais pas là à ce moment-là à la tête du ministère, je
pourrais passer la parole à notre sous-ministre, Anne Racine, si vous acceptez.
Une voix : Consentement.
Le Président (M.
Ciccone) : Consentement. Parfait.
Mme Racine
(Anne) : D'abord, juste pour préciser que...
Le Président (M.
Ciccone) : Mme Racine, juste vous nommer, s'il vous plaît, donner
votre poste.
Mme Racine
(Anne) : Oui, pardon, excusez-moi. Anne Racine, du ministère des
Ressources naturelles et des Forêts. Bonjour, tout le monde. Je n'étais pas là
non plus, là, lorsqu'il y a eu des discussions entourant le projet Nemaska. Une fois que j'ai dit ça, c'est normal,
là, qu'il y ait des allers-retours dans le cadre d'un projet... d'un projet comme...
comme celui Nemaska puis celui d'une envergure comme celui-là, là. C'est un
comité d'investissement qui discute de l'ensemble des projets, il y a des
allers-retours, il y a les risques du projet qui évoluent. Donc, dans ce
projet-là, ça a été le cas, comme c'est le cas dans d'autres projets.
Une fois que j'ai dit
ça, l'avis sectoriel du ministère, qu'il produit, fait état de risques sur le
plan minier. C'est un intrant parmi d'autres dans des décisions
d'investissement, mais ça ne saurait être le seul... le seul intrant non plus,
là. Ce dont les différents avis sectoriels produits par le ministère, tous, y
compris le dernier avis, ce dont ils font état, c'est des risques et des
avantages, là, sur le plan minier des projets.
M. Kelley : OK. Merci beaucoup. Je comprends, Mme la ministre
et Mme la sous-ministre, vous n'étiez pas là, mais, quand même, dans le
rapport, c'est clairement indiqué que qu'est-ce qui a été soulevé par vos
fonctionnaires, c'est les questions des coûts, aussi l'échéancier du projet. Il
me semble qu'il y a eu une pression que ça avance. Et on a vu récemment une
annonce de Rio Tinto où... ont dit qu'il est... a commencé à ralentir la
construction de... le site minier. Alors, peut-être vos fonctionnaires ont eu
raison. Alors, pourquoi ce projet-là a eu le feu vert? Pourquoi il y a comme un
privilège qui a été donné versus des autres projets?
Parce que, si moi, je
suis quelqu'un qui veut investir au Québec... Et on revient là-dessus tantôt,
mais on sait que le classement du Québec comme une place pour investir pour le
secteur minier a chuté dramatiquement dans les derniers couples des années, ce
n'est plus une place que les gens voient comme facile d'investir, notamment en comparaison à nos amis ontariens. Alors, quand
même, avec vos décisions, avec un projet comme ça, les fonctionnaires
disent : Il y a plein de drapeaux rouges, mais on va aller de l'avant.
Et est-ce que vous
avez, Mme la sous-ministre, peut-être des processus verbaux autour de ces
discussions au sein de ces comités, que vous pouvez déposer pour nous, des
élus, pour bien comprendre pourquoi, après que vous avez des bémols avec ce projet, le projet a quand même donné le feu
vert? Et ça me semble, dans le rapport de la... le VG, c'était pas mal
parce que c'était poussé par le ministère de l'Économie. Moi, je veux juste
s'assurer que la voix de le MRNF est
toujours prise pas juste en considération, mais il y a vraiment une confiance
qui est dédiée à votre expertise dans le secteur minier. Je pense, c'est
supercrucial pour le Québec.
Le Président (M.
Ciccone) : Mme la ministre ou... Oui.
Mme Champagne
Jourdain : Bien, effectivement, peut-être préciser aussi qu'au niveau
du financement, là, mon collègue... mon collègue Bernard Drainville va pouvoir
aussi vous répondre davantage à vos questions à travers vos autres...
Le Président (M. Ciccone) : Madame,
on nomme par... le ministre.
Mme
Champagne Jourdain : Oui, le ministre de l'Environnement... le
ministre de l'Économie.
Le Président (M.
Ciccone) : Merci.
Mme Champagne
Jourdain : Effectivement, mon collègue à l'Économie pourra vous
répondre de manière plus précise. Ce que je peux certainement vous dire, c'est
qu'au niveau du ralentissement que vous évoquez, effectivement, Rio Tinto procède actuellement à une évaluation, là, des
gisements Whabouchi et Galaxy pour déterminer la stratégie qui va être
la plus optimale pour approvisionner l'usine de Bécancour. Je peux vous dire
qu'on a obtenu l'engagement clair que Rio Tinto serait de la suite du projet,
évidemment. Et, pour nous, bien, ça... la manière dont on procède au niveau du
financement, c'est un modèle qui est gagnant. L'État est un levier, n'est pas
un gestionnaire, vous savez, on a diminué
notre part de responsabilité à ce niveau-là, on n'intervient pas comme
gestionnaire permanent. Alors, on est un levier là-dedans et on a joué
le rôle qui nous revenait en créant, effectivement, des conditions qui sont
nécessaires pour que le projet avance aujourd'hui sur des bases solides.
M. Kelley :
Parfait. Alors, est-ce que vous pouvez confirmer que, pour l'instant, il n'y a
pas des autres sous qui va être mettre dans le projet de Nemaska? Et est-ce que
vous pouvez s'assurer que ce n'est pas un trou noir, une prochaine Northvolt où on va continuer de lancer
l'argent dans un projet qui ne marche pas puis on perd des centaines de
millions de dollars qui peut être utilisé pour les autres projets au Québec,
quand même, pour les autres projets des sites miniers qui sont en train
de regarder des options d'une expansion?
Mme Champagne
Jourdain : Je peux vous assurer que le projet poursuit son
développement. Le projet est en fonction, il est actif, on construit le site
minier, les installations sur le site minier. Et je peux aussi vous dire que Rio Tinto s'est engagé à ne pas demander de
nouvelles sommes. Maintenant, pour le reste de votre question adressée au gouvernement,
c'est une question que... à laquelle mon collègue à l'Économie pourra aussi
répondre.
M.
Kelley : Mais, de
votre part, de votre ministère, est-ce que vous... voir toujours ce projet d'un
oeil favorable et que le gouvernement doit continuer de mettre de
l'argent dedans si une demande est faite?
Mme Champagne
Jourdain : C'est toujours un projet qui est favorable, c'est un projet
qui est stratégique pour le Québec, notamment dans le développement des
minéraux critiques et stratégiques. C'est un projet qui est en marche. Comme je vous l'ai dit, on est en train de
réévaluer, du côté de Rio Tinto, la stratégie, là, pour approvisionner l'usine de Bécancour. Et, au niveau du
financement, je vous le dis, c'est une question qui pourrait être adressée à
mon collègue. Et, je le répète, Rio Tinto s'est engagé à ne pas demander
de nouvelles sommes pour ce projet-là.
M. Kelley :
Parfait. Merci beaucoup, Mme la ministre. Je veux maintenant passer à un autre
sujet, parce qu'on n'a pas énormément de temps, mais je reviens sur le
classement du Québec qui a été fait par le Fraser Institute, l'Institut Fraser.
Parce que, quand même, l'apport, l'année passée, a été pas mal dévastateur pour
le Québec. Comme je mentionnais, on était en arrière de 10 autres
provinces, selon le classement qui a été fait par Fraser, mais on a vraiment
chuté. Par exemple, un régime... un régime fiscal, Québec a passé de 21,
classement, jusqu'à 54... 54e. On peut regarder aussi en termes de
prévisibilité, on a glissé à quatrième classement après qu'on était à 19e.
Bref, ça me semble qu'il y a plusieurs des enjeux. Et votre gouvernement a
déposé un projet de loi. Vous avez dit que vous avez l'intention de déposer un
autre projet de loi. Mais, bref, comment vous pouvez expliquer que, depuis les
dernières couples des années, des
investisseurs ont regardé le Québec et, avec la CAQ, ils ont dit : Non,
merci, je vais aller ailleurs dans le reste du Canada?
• (10 heures) •
Mme Champagne
Jourdain : Bien, je vous remercie. Peut-être vous dire que ce n'est
pas pour rien qu'on a développé d'abord un plan, là, pour le développement de
nos minéraux critiques et stratégiques, qui s'est transformé aussi, comme je le disais tout à l'heure, en
stratégie qu'on a adoptée l'automne dernier. On veut faire en sorte de développer
une chaîne de valeur, on veut être certain de maximiser le développement des
minéraux critiques et stratégiques. Je peux aussi certainement vous amener sur
le fait qu'on travaille en collaboration avec les collègues... ma collègue à
l'Environnement aussi, faire en sorte de pouvoir accélérer les processus. Ça va
certainement aider au classement du Québec, faire
en sorte qu'on puisse développer des projets plus rapidement sans tourner les
coins ronds. C'est extrêmement important.
Au
niveau de l'environnement, vous savez, ça fait près de 50 ans qu'on fait
des évaluations environnementales ici, au niveau minier; on sait comment ça
fonctionne. Je pense qu'on est en mesure d'optimiser les processus pour
faire en sorte de gagner du temps, toujours en accordant l'importance
nécessaire au volet environnement...
Le Président (M. Ciccone) : Mme la ministre, je dois garder le temps
équilibré. Il reste une minute. M. le
député a une autre question.
Mme Champagne
Jourdain : Oui, voilà.
Le Président (M.
Ciccone) : Voilà.
M.
Kelley : Merci, Mme la ministre. Mais, dans le rapport de la
VG, c'est le contraire, la stratégie que vous avez déposée en 2020, le taux de
réussite, c'est seulement 62 %, puis les critiques sont sévères. On n'a
pas créé une chaîne de valeur, une économie circulaire. Comment on peut... vous
croyez que le prochain plan va être un succès quand la dernière plan n'a
clairement pas fonctionné?
Mme Champagne
Jourdain : Bien, comme... Pardon, 30 secondes. Je vous le disais
tout à l'heure, là, on est passé d'une stratégie, laquelle on a améliorée pour
en faire un plan, un plan où on est venu adresser... adresser ces... ces
questions-là. Et, au niveau du... pour favoriser les investissements, pour
répondre à la demande croissance puis contribuer à la transition énergétique,
là, du Québec, plus technologique, je dirais. On s'est doté...
Le Président (M.
Ciccone) : Merci beaucoup, Mme la ministre. Merci beaucoup, Mme la
ministre. Je passe maintenant la parole à la députée de Verdun. Vous avez un
temps de 14 min 29 s.
Mme Zaga
Mendez : Merci, M. le Président. À mon tour de saluer Mme la
ministre dans sa première séance de crédits avec nous. Je vais revenir sur le
cas de Nemaska Lithium. Je pense que tous les Québécois et Québécoises sont très inquiets suite aux révélations de la Commissaire au développement durable, avec un rapport assez accablant, qu'on
nous apprend que le gouvernement a quand même ignoré des signaux rouges
évidents venant du ministère des Ressources
naturelles, avant de réinjecter des sommes assez importantes, on parle de
250 millions de dollars en 2024. Le rapport nous dit encore
plus, c'est-à-dire, en 2023, des experts, au sein du MRNF, ont émis un avis
défavorable sur un investissement de 250 millions de dollars. La
ministre, tout à l'heure, nous disait... elle était très préoccupée. Elle s'est
penchée, j'imagine, sur cette situation depuis les quatre derniers jours. Ma
question : Est-ce qu'elle a pris connaissance... est-ce qu'elle a lu ces
avis produits par son propre ministère dans les derniers jours?
Mme Champagne
Jourdain : Pouvez-vous préciser votre question?
Mme Zaga
Mendez : Est-ce que, dans les derniers jours, Mme la ministre,
avez-vous lu, pris connaissance des avis défavorables de votre propre
ministère?
Mme Champagne
Jourdain : Bien, moi, j'ai pris connaissance du rapport. J'ai eu la
chance de pouvoir échanger avec mes équipes sur l'accueil qu'on a fait de ces
recommandations-là. Je peux vous dire que, déjà, on a des améliorations qui ont été faites depuis le plan. On est passé du
plan à la stratégie, comme je le disais tout à l'heure. Alors, j'ai eu
la chance d'échanger avec les équipes à ce niveau-là.
Mme Zaga
Mendez : Là, tout le monde a lu le rapport, tout le monde a regardé,
ici. Vous avez... sous votre gouverne et votre responsabilité, vous voulez
prendre les choses en main. Avez-vous pris connaissance des avis défavorables produits en 2023? Et, si oui, est-ce
que vous et votre ministère pouvez les déposer ici? Parce que je pense que
c'est rendu d'intérêt public.
Mme Champagne
Jourdain : Bien, je pense qu'au niveau des avis défavorables, moi,
j'ai accueilli le rapport, j'ai regardé ce
qui a été fait. Naturellement, on va faire un suivi très serré de ce
rapport-là. Au niveau du dépôt de ces avis-là, je peux peut-être passer
la parole à la sous-ministre pour voir si c'est possible de déposer ça. Je...
Le Président (M.
Ciccone) : Ça vous va, Mme la députée?
Mme Zaga
Mendez : Bien sûr.
Mme Champagne
Jourdain : OK.
Mme Zaga
Mendez : Est ce que...
est-ce que ces rapports-là peuvent être déposés? Est-ce que l'avis interne,
produit en 2023, qui est un avis défavorable, pourrait être déposé?
Mme Racine
(Anne) : Les avis... les avis ne peuvent pas être déposés parce que c'est
des avis internes au comité d'investissement, puis il y a plusieurs aspects
industriels qui sont traités. Maintenant, par ailleurs, je peux vous dire que
les risques qui sont évoqués dans le rapport de la Commissaire au développement
durable sont présents dans toutes les versions de l'avis qui ont été produites
pour le comité d'investissement.
Mme Zaga
Mendez : Merci. De ce que je comprends de la réponse de la ministre, puis
je vais continuer, la ministre n'a pas pris connaissance encore, à moins que je
me trompe, de ces avis-là. Pourtant, ces avis-là, vous le dites, sont dans la
version finale. Ce que la commissaire nous dit, c'est qu'il y a une volonté de
développer la filière batterie, influencer la modification à la recommandation.
Là, on parle de pressions politiques ou de pressions venant du ministère de
l'Économie et d'Investissement Québec. À quoi sert l'avis technique et
l'avis... l'expertise que nous avons dans le sein de notre ministère des
Ressources naturelles si une pression seulement économique et politique peut
venir changer les choses de la part du ministère de l'Économie?
Mme Champagne
Jourdain : Peut-être vous dire qu'au niveau de l'avis technique, juste
30 secondes, je veux juste chercher... Parfait. Bon, peut-être vous dire
qu'au niveau de l'avis sectoriel du MRNF, comme la sous-ministre vous le disait
tout à l'heure, c'est des intrants aux discussions gouvernementales et à la
prise de décision du comité d'investissement. Alors, ce n'est pas le seul
intrant. Vous le savez, le ministère des Ressources naturelles a un rôle qui est technique, de s'assurer du... bon, du
respect des lois, oui, mais du bon développement dans les... selon les règles
en cours de ces projets-là. Alors, cet avis-là n'est qu'un intrant. Il y a
d'autres... Il y a d'autres informations ou d'autres, je dirais, intrants qui
doivent être considérés, ceux de nature, oui, économique. Puis on est... On
développe, aussi, une chaîne de valeur au niveau des minéraux critiques et
stratégiques. Alors, c'est un des intrants qui sert à la prise de décision.
C'est peut-être des questions aussi... Vous allez probablement trouver des
réponses à vos questions davantage d'un point de vue décision économique, du
côté du ministère, là, de l'Économie.
Mme Zaga Mendez : Là, vous...
vous parlez des avis produits par votre propre ministère, vos expertises, comme
un simple intrant de l'information. Ce que la commissaire nous révèle, c'est que,
des 19 avis sectoriels, les intrants dont vous parlez, produits depuis
2020, 12, donc plus de la moitié, soulevaient des risques importants, mais tous
ont conclu par une recommandation favorable. Ça veut dire que c'est juste un
document qu'on dépose et que c'est ignoré autour de la table? Quel est le vrai
poids du MRNF quand ça vient le temps de faire entendre ces avis techniques?
Parce que plus de la moitié qui... où on soulevait des risques importants ont
tous été conclus par une recommandation favorable à l'investissement.
Mme Champagne Jourdain : Peut-être
vous dire que l'objectif de l'avis sectoriel... de l'avis sectoriel, c'est de
favoriser des discussions éclairées au sein du comité d'investissement, là, en
fonction, naturellement, des aspects techniques d'un projet, bien, par exemple,
la qualité du gisement, la méthode de minage, le traitement du minerai. Puis il
faut pouvoir distinguer clairement l'avis sectoriel qui doit être favorisé,
qui... Cet avis sectoriel là doit favoriser, lui, des discussions au sein du
comité d'investissement versus l'avis favorable de la ministre du MRNF qui devrait être produit au terme du comité
d'investissement où plusieurs autres informations sont échangées, considérées dans l'émission d'un avis favorable, par
exemple. Mais, peut-être d'un point de vue un peu plus technique, je
pourrais passer la parole à M. Ian Morissette, sous-ministre.
• (10 h 10) •
Mme Zaga Mendez : J'ai... Je
n'ai pas beaucoup de... J'ai... J'ai une question de relance, peut-être, juste
pour avancer, parce qu'il ne me reste pas beaucoup de temps. Ma dernière
question sur ce sujet : Est-ce qu'il est vrai, parce que c'est ça qu'il
laisse entendre, le rapport de la commissaire, dans le cas de Nemaska Lithium,
est-ce qu'il est vrai que le ministère de l'Économie a formellement demandé le
retrait des conditions de prudence?
Mme Champagne
Jourdain : Bien, c'est une question que je vous suggère
d'adresser au ministère de l'Économie.
Mme Zaga Mendez : Mais vous
êtes autour de la table aussi, vous avez des équipes autour de la table. Vous l'avez dit, vous êtes autour de la table. Est-ce
qu'il est vrai, oui ou non, que le ministère de l'Économie a formellement demandé
le retrait des conditions de prudence dans ce cas-là?
Mme Champagne
Jourdain : Parfait. Pour répondre à votre question rapidement,
je suggère, là, que M. Ian
Morissette, là, qui est sous-ministre associé aux Mines, puisse répondre, là,
puisqu'il était... il est dans le dossier depuis longtemps.
Le Président (M. Ciccone) : Est-ce
que j'ai le consentement pour entendre...
Mme Zaga Mendez : Allez-y. Oui.
Le Président (M. Ciccone) : Oui,
consentement. M. Morissette, vous présenter, s'il vous plaît, et votre
titre.
M. Morissette (Ian) : Bonjour.
Ian Morissette, sous-ministre associé aux mines au ministère des Ressources
naturelles et des Forêts.
Peut-être juste rappeler le processus du comité
d'investissement. Donc, il y a des représentants du ministère des Ressources
naturelles, du ministère de l'Économie, du ministère des Finances et
d'Investissement Québec qui sont autour de la table, et chacun arrive avec son
expertise. Et là, il y a des échanges entre les différents partenaires et, comme le mentionnait la ministre, nous, on
arrive avec des aspects plus techniques, donc, notamment la qualité du gisement, la teneur, les difficultés
d'exploitation du gisement. Et c'est... Ces risques-là, disons, sont dans les
avis sectoriels. Ils sont tous... Ils sont tous inscrits, et on en
discute ensemble. Et ensuite, bon, la position est développée de concert entre les différents ministères, et ensuite, il y
a une recommandation qui est... qui est faite. Donc, moi non plus, je n'étais
pas là à l'époque, en 2023, mais ce que je vois des échanges, c'est
qu'effectivement il y a eu des discussions, et la recommandation a été positive
sur un investissement dans le projet.
Mme Zaga Mendez : J'entends
qu'il y avait plusieurs personnes ici qui n'étaient pas là, mais il me semble
qu'on n'a pas changé de gouvernement depuis 2023, là. Il y a quand même une
responsabilité, ici, gouvernementale et ministérielle puis un exercice de
transparence à faire sur comment cette décision a été prise, parce que, là, on
nous dit que c'est des
rapports techniques, c'est des études des risques, des risques importants, puis
je pense qu'on est en train de passer à côté. Là, on va répondre puis on
va poser la même question au ministère de l'Économie. Mais, moi, ce que j'entends, c'est qu'on nous dit : Nous,
on ne fait que parler des questions techniques. Mme la ministre n'a pas encore
pris connaissance des avis, je pense, ça demeure urgent, puis je vous prie de
rendre ces avis-là publics pour qu'on puisse
avoir une discussion sur plus de 1,2 milliard qui s'accumulent en termes
d'argent. Je ne sais pas si vous voulez réagir avant que je passe à ma
prochaine question.
Mme Champagne
Jourdain : Bien, c'est un dossier très important. C'est certain qu'on
est activement sur ce dossier-là. Ça va faire partie des actions que je vais
prendre. Vous le savez, je commence ma troisième semaine. Je suis affairée à prendre connaissance des dossiers
intensément depuis... depuis ma nomination. Et soyez assurée qu'on va suivre ce projet-là, ce projet d'importance pour
le Québec, là, qui continue d'aller de l'avant, qui est un projet qui est en train
de se développer, de se construire, et ça va faire partie des top priorités.
Mme Zaga
Mendez : Je vous amène sur un autre projet qui a quand même fait les
manchettes dans les dernières années. Le gouvernement de la CAQ nous l'a dit à
plusieurs reprises, autour de cette table, qu'il n'y aura pas de mine ou
d'exploitation, d'exploration sans acceptabilité sociale. Comment est-ce qu'on
justifie... Comment justifiez-vous que le ministère des Ressources naturelles
ait octroyé des permis d'échantillonnage en vrac à Lomiko Metals, un projet en
Outaouais? Ce permis-là a été donné en juin dernier, alors que 95 % de la
population locale, là, des dizaines de municipalités, ont voté non, lors d'un
référendum, pour dire qu'ils ne voulaient pas, ils ne voulaient rien savoir de
cette mine? Est-ce que le concept d'acceptabilité sociale a une date
d'expiration? Est-ce que vous comptez ignorer la volonté démocratique de toute
la population de la Petite-Nation, en Outaouais?
Mme Champagne
Jourdain : Bien, écoutez, je... d'entrée de jeu, je peux vous dire que
je suis extrêmement sensible, comme ministre, aux enjeux d'acceptabilité
sociale en lien avec tous les projets, mais notamment celui de La Loutre.
Actuellement, à l'heure où on se parle, le cadre légal, lui, ne permet pas
d'arrêter ou de suspendre un projet comme celui de Lomiko. Notre pouvoir, comme
gouvernement, une fois... une fois que les conditions sont respectées, c'est de
décider si on finance le projet ou pas ou... Et puis je pense qu'on s'est déjà
clairement prononcé là-dessus. Les autorisations de travaux à impacts font
partie du processus puis déclenchent aussi des consultations auprès des milieux
locaux, auprès des communautés autochtones aussi. Et c'est, je dirais, au
moment du BAPE, que l'acceptabilité sociale sera mesurée de façon légale et que
des résultats du référendum seront assurément pris en considération.
Mme Zaga
Mendez : Vous venez de dire,
Mme la ministre, que vous vous êtes déjà prononcée là-dessus. Alors,
quelle est votre position? Est-ce que cette mine doit avoir lieu ou pas?
Mme Champagne
Jourdain : Bien, je vous
dirais qu'on a... dans le cadre légal où un projet se développe, il y a des
étapes qui doivent être respectées, celles... Puis le ministère a supporté le
développement de ce projet-là, comme d'autres projets. Et c'est au niveau du...
C'est au moment du BAPE que l'acceptabilité sociale va être mesurée puis, comme
je vous dis, va entrer en compte, les communications, dont le référendum qui a
eu lieu pour ce projet-là.
Mme Zaga
Mendez : Vous parlerez avec votre député de la région, je pense qu'il
a déjà pris une position qui est un peu plus ferme par rapport à ce projet-là,
parce que...
Mme Champagne
Jourdain : Mais on a des processus, si vous permettez, on a des
processus au Québec...
Mme Zaga
Mendez : Vous nous parlez du
BAPE. Je comprends tous les processus, on les connaît très bien...
Mme Champagne
Jourdain : ...puis ils sont là pour permettre aux gens de s'exprimer.
Mme Zaga
Mendez : ... il y a aussi...
Le Président (M.
Ciccone) : Collègues! Collègues! Un à la fois, s'il vous plaît, sinon
on va s'adresser à la présidence, là.
Mme Zaga
Mendez : Merci, M. le Président. Désolée. Il y a aussi une population
autochtone importante au Lac-Barrière, les
Algonquins, le Lac-Barrière, qui ont un protocole de gestion du territoire très
clair. Quel poids est-ce que vous accordez au consentement préalable,
libre et éclairé de cette communauté?
Mme Champagne
Jourdain : Bien, je vous le
dis, là, dans nos processus aussi... Puis d'ailleurs on a amélioré ces
processus-là avec la nouvelle version de la Loi sur les mines, adoptée en 2024.
On vient renforcer les processus de consultation, oui, avec les communautés
locales, mais aussi avec les communautés autochtones. C'est important de le
faire. C'est important d'améliorer ces processus-là dans le but de toujours
faire mieux, dans le but, aussi, de... oui,
de favoriser l'acceptabilité sociale, mais de pouvoir inclure, aussi, les... je
dirais, les préoccupations, mais l'apport que peuvent avoir ces
différentes communautés-là, qu'elles soient autochtones ou locales. Et le BAPE
va permettre aussi de faire la lumière au niveau de l'acceptabilité sociale sur
le projet de Lomiko.
Le Président (M. Ciccone) :
30 secondes.
Mme Zaga Mendez : Juste
rappeler, ce projet a reçu des millions de dollars du département américain. Ma
question : Est-ce que le gouvernement du Québec va mettre de l'argent, oui
ou non?
Mme Champagne Jourdain : Je vous
dirais qu'au niveau... Là, vous voulez dire va mettre de l'argent dans ce
projet-là?
Mme Zaga Mendez : Dans ce
projet-là, oui ou non?
Mme Champagne
Jourdain : Je pourrais
peut-être valider, là. Je n'ai pas cette information-là à ce moment-ci. Je
vous le dis, là, ça fait... On me dit que non.
Mme Zaga Mendez : Aucun. Donc,
ceci demeure, l'engagement de ne pas mettre de l'argent.
Ça fait qu'on va continuer. Ce projet-là est
financé grandement par le Pentagone, là, vous le savez, là, c'est le
département américain de la Défense...
Le
Président (M. Ciccone) : Merci beaucoup, Mme la députée. Merci
beaucoup. Nous passons maintenant
la parole au député de Jacques-Cartier pour 14 min 24 s.
M. Kelley : Merci
beaucoup, M. le Président. Je veux juste reviens à certaines des questions que
ma collègue a posées sur les avis. Je comprends, Mme la ministre, que c'est
impossible de déposer des avis ici, en commission, mais votre sous-ministre adjoint a mentionné qu'il y a eu des précisions
techniques. Je ne sais pas si c'est exactement les mots qu'il a utilisés. Si on n'est pas capables
d'avoir les avis, est-ce que vous êtes capable d'expliquer à nous, les élus, qu'est-ce
qui était dans les avis de cette expertise technique? Qu'est-ce que vous avez
écrit exactement dans ces avis? Pas juste dans les mots que je trouve dans le
rapport, mais, vraiment, c'étaient quoi, les préoccupations autour... autour
des coûts des échéanciers du projet de Nemaska?
Mme Champagne Jourdain : Je
croyais que vous vous adressiez à M. Morissette...
M. Kelley : J'adresse à
votre équipe.
Mme Champagne Jourdain :
...répétez juste la dernière partie de votre... je m'excuse, la dernière
phrase, le bout... le bout de la question.
M. Kelley : C'est
d'avoir, à la fin, là, à la fin, là, Nemaska, c'est de bien comprendre, bien,
c'était quoi, les préoccupations? Et je ne dis pas comme juste les mots :
Ah, oui, on a soulevé des enjeux avec les coûts. Vous avez une expertise
technique. Qu'est-ce que vous avez dit dans ce comité interministériel
précisément? Parce qu'on parle de 250 millions de dollars, les fonds
des payeurs de taxes du Québec. Je pense qu'ils méritent d'avoir un petit peu
plus d'information, Mme la ministre.
Mme Champagne
Jourdain : Tout à fait.
Si vous me permettez, je passerais... repasserais la parole à M. Morissette.
M. Kelley : Bien sûr,
avec consentement.
Le Président (M. Ciccone) : Oui,
parfait.
Mme Champagne Jourdain : Merci.
M. Morissette
(Ian) : Merci. Donc, comme
je le mentionnais tantôt, c'est des informations qui sont de nature technique, donc sur la qualité du gisement, sur le
procédé de traitement du minerai, sur les infrastructures qui permettent de
se rendre jusqu'au projet. Par contre, je ne peux pas aborder les éléments
spécifiques de l'avis sectoriel. Comme il l'a été
dit par la ministre plus tôt, c'est des informations de nature confidentielle,
des secrets industriels sur le projet, et donc de les rendre publics
pourrait révéler des informations qui ne doivent pas l'être. Par contre, ce que
je vous ai mentionné sur les éléments qui
sont dans les avis, c'est dans tous les avis sectoriels qu'on fait, donc, c'est
les éléments qui sont abordés, donc, vraiment sur l'aspect plus
technique du projet.
• (10 h 20) •
M. Kelley : D'accord, je
peux comprendre qu'on ne veut pas parler de la qualité... qualité des
gisements, peut-être, ça, c'est un secret industriel, là, on ne veut pas aller
là. Mais, sur les enjeux des coûts puis l'échéancier, ça, ce n'est pas un
secret industriel, je suis désolé, là, ça, c'est les fonds des payeurs de taxes
du Québec. Un manque de transparence est complètement inacceptable. Si vous
avez des enjeux avec les coûts, on a le droit de savoir pourquoi. C'est notre argent, ce n'est pas l'argent de Rio Tinto.
Alors, est-ce que vous pouvez expliquer, s'il y a eu des enjeux de coûts
autour de ce projet, c'était quoi, exactement?
Mme Champagne
Jourdain : Bien, peut-être vous dire que... on l'a expliqué, là, on
est beaucoup... on est dans les avis techniques, ici. Oui, il y a un comité
interministériel qui... c'est amené à un comité interministériel pour les
questions d'investissements, qui sont tout à fait légitimes, je tiens à le
souligner. C'est une question qui peut être adressée au MEIE.
M. Kelley : Parfait.
Regarde, je comprends, là, et je vais avoir une chance de questionner le
ministre de l'Économie. Et je comprends, là, on ne va pas avancer plus que ça.
Ce n'est pas votre faute, je comprends que vous n'étiez pas là, et, quand même, il y a... Mais, je pense, c'est
important juste de faire le point. Je peux comprendre, sur certains
aspects techniques d'un projet, on ne veut pas dire tout ici, en public, mais,
quand même, quand on parle des sommes qui vient les fonds publics, là, ça, ce
n'est pas un secret industriel, selon moi, et je ne pense pas que mes collègues
de l'opposition, la troisième opposition officielle et le député indépendant...
sont probablement d'accord avec moi.
Je vais passer... c'est un peu un autre sujet,
mais, encore, c'est en lien avec le rapport de l'Institut de... Fraser, mais...
en général, le climat d'investissement, ici, au Québec. C'est une étude qui va
sortir tantôt... demain, demain, de l'Association de l'exploration minière du
Québec, il y a eu une étude qui a été faite, qui démontre que tous des frais
supplémentaires qui est ajouté par les règlements dans la dernière couple
d'années, c'est un ajout d'environ 18 millions de dollars par projet
qui doit payer en termes de gérer cette... des nouveaux règlements, etc. Eux
autres voient ça comme c'est une perte de... des centaines des emplois. Encore,
il y a un plus gros fardeau sur le dos des gens qui veut développer des projets
ici, au Québec. Et je veux... j'essaie de jumeler ça avec le message de
l'ancien premier ministre et la nouvelle première ministre, qui va partout dans
les autres juridictions sur la planète puis dit : Heille! viens... viens au Québec, on va avancer les projets rapidement.
Mais, sur le terrain, c'est complètement le contraire, Mme la ministre.
Mme Champagne Jourdain : Merci
beaucoup pour votre question. Tout d'abord, effectivement, c'est... c'est... on
va se le dire, c'est complexe de développer des projets ici, chez nous. On a
des normes environnementales qui sont élevées, on en est fiers, mais ça amène
du travail, je dirais, sur la planche, et c'est correct, on en est très
conscients. Je pense qu'on aborde ça aussi dans notre stratégie, là, pour les
minéraux critiques et stratégiques. Ce qu'on
veut faire en sorte, c'est que ça aille plus rondement et, je le disais tout à
l'heure, c'est important, sans tourner les coins ronds au niveau de
l'environnement.
Personnellement, moi, c'est quelque chose dont
je suis très fière, nos normes environnementales. Mais, comme je le disais, on
a l'expertise depuis plusieurs années. Ça fait presque 50 ans qu'on fait
des évaluations environnementales ici. Ça
fait longtemps qu'on développe des projets miniers. Il y a certainement des
améliorations qui doivent être faites.
Notre
gouvernement s'est penché là-dessus aussi, travaille à faire en sorte qu'on
puisse raccourcir les délais pour que les entreprises qui veulent investir chez
nous, ici, développer des projets, puissent faire des économies en temps aussi
en ce sens-là. On en fait état dans notre stratégie, là, de développement pour
les minéraux critiques et stratégiques mais
aussi au niveau de l'évaluation environnementale. Il y a un travail qui est
fait aussi, et ma collègue pourra répondre, au niveau de l'environnement, mais
ce serait intéressant aussi de lui poser la question au niveau du BAPE,
certainement.
Alors, c'est sur, je vous dirais, notre radar,
de faire en sorte que ce soit... ça aille plus rondement ici puis qu'on profite
de l'expérience, de l'expertise qu'on a ici, au Québec, dans le développement
de ces projets-là.
Peut-être vous dire, là, qu'au niveau des
dépenses d'investissement dans le secteur minier, aussi... parce que vous
amenez des données qui sont importantes, puis c'est important qu'on ait cette
discussion-là aussi, mais, au niveau des
dépenses d'investissement dans le secteur minier, en dépit de... du rapport
auquel vous faites référence, là, au Québec, les investissements ont
connu des hausses, en 2021, de 52,2 %, en 2022, de 10,9 %, en 2023,
de 19,4 %, pour atteindre respectivement 4,29 milliards, 4,76 milliards
et 5,69 milliards. Alors, les données aussi, pour l'année 2025, les
données préliminaires indiquent un léger recul par rapport à 2024, pour
atteindre 6,1 milliards. C'est à peu
près moins 2 %. C'est donc vous dire que, malgré ces données-là, les investissements
continuent d'augmenter, mais ça ne veut pas dire qu'il ne faut pas
continuer à améliorer les processus.
M. Kelley : Oui, puis on peut
dire un grand merci à le prix d'or dans les dernières... des années, je pense.
Mme la ministre, sur une autre question, gaz de
schiste, est-ce qu'on va de l'avant, comme la première ministre a dit pendant
la course à la chefferie de la CAQ? Parce que ça, c'est un dossier qui relève
de les Ressources naturelles. Alors, est-ce qu'on va réviser nos lois sur les
gaz de schiste?
Mme Champagne Jourdain : Bien,
je vous dirais que c'est un dossier qui concerne l'Énergie au MEIE. Le MRNF n'a
pas de rôle à jouer dans ce dossier-là. Alors, si je peux... si je peux vous
donner cette information-là, ça va être, encore une fois, une bonne question
pour le collègue au... à l'Économie.
M. Kelley : Alors, il n'y a pas
eu une discussion entre la première ministre puis le ministre de l'Économie, le
ministre... et l'Énergie, et le ministre des Ressources naturelles, et la
ministre responsable de l'Environnement et Lutte contre les changements
climatiques sur la question des gaz de schiste?
Mme Champagne Jourdain :
Bien...
M. Kelley : Juste à ce stade-ci, ils n'ont pas eu une
discussion pour dire : Hé! ça prend une note d'information des fonctionnaires pour dire : Est-ce qu'on peut aller
de l'avant? Parce que, quand même, j'imagine, il y a certaines lois dans... c'est une énorme loi, la Loi sur les
ressources naturelles, qui touchent un petit peu la question, par exemple,
des gazoducs, les pipelines, etc. Pas mal important pour l'industrie, le gaz de
schiste ou le gaz naturel en général.
Mme Champagne
Jourdain : C'est un dossier d'Énergie, ça sera une bonne question à poser à mon collègue. Vous
pourrez savoir s'il a eu des discussions en ce sens là.
M. Kelley : OK,
mais aucune rencontre encore entre qui que ce soit sur ce sujet. Au minimum,
vous n'avez pas participé à des rencontres autour de la question de le gaz de
schiste avec la première ministre puis vos autres collègues.
Mme Champagne Jourdain : Je ne
suis pas concernée par ce dossier-là, donc je n'ai pas... je n'ai pas assisté à
des rencontres sur ce dossier-là, pour répondre précisément à votre question,
cher collègue.
M. Kelley : OK.
Parfait. Puis, sur la question des pipelines puis des gazoducs, si jamais il y
a une proposition pour un Énergie Est 2.0, est ce que votre gouvernement
est ouverte à approuver un projet, si jamais le premier ministre du Canada veut
mettre ça comme une des cinq priorités des projets d'infrastructures critiques?
C'est quoi, votre opinion là-dessus? Est-ce
que c'est quelque chose que vous trouvez intéressant, un autre pipeline qui
traverse le territoire du Québec?
Mme Champagne Jourdain : Bien,
je vous dirais qu'encore une fois, c'est un dossier d'Énergie, un dossier qui concerne mon collègue. Les hydrocarbures
relèvent, vous le savez, de l'Énergie. Alors, ce sera de bonnes questions pour
mon collègue à l'Économie.
M. Kelley : Mais je ne pense
pas que les pipelines, ça relève du ministère de l'Énergie. Juste, peut-être je
me trompe, mais je pense que les Ressources naturelles a un rôle à jouer sur
l'encadrement des oléoducs, les pipelines, tout ce qui est... tout ça. Mais,
bref, je comprends, Mme la ministre, qu'il n'y a pas une réponse précise.
Mme Champagne Jourdain : Je
vous le confirme, ça relève de l'Énergie.
M. Kelley : OK. Ça relève juste
de l'Énergie. OK. Une autre question un petit peu plus philosophique pour les gens qui gèrent le Plan Nord,
la Société du Plan Nord. On voit, avec... en Ontario, présentement, avec le Ring of Fire, ils ont mis en place une politique pour
essayer d'exploiter leurs ressources dans le Nord. Ils ont des réussites. Ça
fait maintenant un bon 20 ans que la société Plan Nord existe, de mémoire,
mais, si... OK, 10, mais, quand même, le plan qui a été lancé par
M. Charest...
Mme Champagne Jourdain : Ils
ont tellement fait, hein?
M. Kelley : Qu'est-ce
qu'on peut faire pour, peut-être, améliorer notre approche pour s'assurer qu'il
y ait une exploitation, oui, le Nord qui est responsable, mais on demeure
compétitifs avec les Ontariens puis les autres juridictions? Est-ce qu'on peut
donne un «reboot» à la Société Plan Nord puis la stratégie dans le Nord?
Mme Champagne Jourdain : Est-ce
que vous me permettez de passer la parole à M. Patrick Beauchesne?
M. Kelley : Oui.
Le Président (M. Ciccone) : Parfait.
Vous vous présentez, et votre titre, s'il vous plaît.
• (10 h 30) •
M. Beauchesne (Patrick) : Bonjour.
Patrick Beauchesne, PDG de la Société du Plan Nord.
Alors, M. le
Président, pour répondre à la question, la comparaison entre le Ring of Fire
ontarien et le Plan Nord, qui a été lancé par... crée la société d'État, effectivement, on a eu nos 10 ans en 2025-2026, la grande, grande différence,
d'abord, territoriale, c'est qu'une grande partie du territoire nordique est
couverte par une convention et traité moderne de La Convention de la Baie James
et du Nord québécois. Donc, il faut tenir compte de ses prérogatives à cet
effet... à cet effet-là.
L'autre grand chapitre sur lequel on travaille,
c'est la planification cohérente des infrastructures d'accès au territoire. Le territoire est immense. Le
territoire nordique, c'est 1,2 million de kilomètres carrés, c'est deux
fois la France, une population de 140 000 personnes. Donc,
c'est important, quand vient le temps de définir des filières stratégiques
comme la fosse du Labrador ou encore les minéraux critiques et stratégiques du
côté Eeyou Istchee—Baie-James,
de voir à ce que la planification des infrastructures routières, les aéroports,
les zones de transbordement pour le minerai, tout
ça puisse se faire de façon cohérente et concertée, parce qu'on n'a pas les
moyens de faire des routes tout partout puis des zones de transbordement
tout partout. Donc, on travaille avec les communautés.
Il faut tenir compte des traités. On travaille
avec les enjeux de certaines communautés. Je vais donner un exemple très concret, Matagami. En 2022,
Glencore a fermé la mine de nickel. SPN et d'autres partenaires ministériels,
on s'est affairés à trouver une solution qui pourrait faire de Matagami un hub
important de transbordement des minéraux critiques et stratégiques
provenant de la région Eeyou Istchee et de la Jamésie. Donc, ces travaux-là
sont en cours actuellement.
On croit que ça va relancer, donner de l'espoir à la communauté de Matagami,
attirer des familles, attirer des employés. Donc, c'est un peu dans
cette perspective-là qu'on travaille dans le côté ouest pour la Côte-Nord. Mais
tous les travaux qui se sont faits depuis 10 ans à la Société ferroviaire
et portuaire de Pointe-Noire...
Le Président (M. Ciccone) : En
terminant, s'il vous plaît.
M. Beauchesne
(Patrick) : Donc, 100 millions de tonnes transbordées
depuis 10 ans, des... qui viennent des mines de la fosse du
Labrador. Donc...
Le
Président (M. Ciccone) : Merci beaucoup, merci beaucoup. Avant de passer la parole à la députée de Chicoutimi, je
demanderais de fermer le son de tous vos appareils électroniques, s'il vous
plaît. Mme la députée de Chicoutimi, à vous la parole pour 14 min
29 s.
Mme Laflamme : Merci, M. le
Président. Alors, d'entrée de jeu, félicitations pour votre nomination comme
ministre des Ressources naturelles et des Forêts, mais je tiens quand même à
rappeler que ce changement-là, hein, il prend place dans un contexte
d'instabilité économique, que les secteurs des ressources naturelles et des
forêts sont particulièrement touchés par cette grande instabilité et qu'on
aurait eu besoin, en fait, de davantage de stabilité, prévisibilité à ce
poste-là plutôt qu'une nouvelle nomination à quelques mois de la fin de la
législature.
Maintenant, je m'en voudrais de ne pas revenir
sur les questions de mes collègues concernant Nemaska Lithium. Vous comprenez que c'est 1,2 milliard d'argent public
potentiellement mis dans ce projet-là quand on additionne tous les
investissements. On parle d'intervention, dans ce dossier-là, directe du MEIE
pour invalider l'expertise des spécialistes du MRNF, alors on doit avoir des
réponses. Vous commencez votre troisième semaine, mais c'est quand même huit ans de bilan qu'on doit faire ce matin.
Alors, j'aimerais savoir, Mme la ministre, est-ce que vous reconnaissez que le
MEIE est intervenu directement dans le dossier, comme ça a été rapporté dans la presse,
à partir des conclusions de la Commissaire au développement durable?
Mme Champagne Jourdain : Bien, je
vous dirais que c'est une question qui pourrait être posée au MEIE. Maintenant, si vous voulez qu'on puisse en
discuter ici, de l'apport qui est technique, là, puis je l'expliquais tout à
l'heure, j'ai eu la chance de l'expliquer, du MRNF, je peux, si vous le
permettez, passer la parole, là, à M. Ian Morissette.
Mme Laflamme : Bien sûr.
Consentement.
Le Président (M. Ciccone) : ...
M. Morissette (Ian) : Bonjour. Comme
on l'expliquait tantôt, il y a un comité d'investissement qui rassemble des représentants de chacun des
ministères, où chacun arrive avec son expertise. Le ministère des Ressources
naturelles arrive avec la sienne, qui concerne les aspects plus techniques du
projet, et là il y a des discussions, et les risques qui ont été mentionnés
dans le comité se retrouvent dans les avis sectoriels qui sont... qui sont
acheminés à la ministre.
Mme Laflamme : Donc, ces risques
existent toujours?
M. Morissette (Ian) : Bien, je vous
dirais que, depuis 2023, donc, il y a des risques qui ont été atténués, qui ont
été pris en considération. Donc, il y a certains risques qui sont présents, il
y en a d'autres qui ont été mitigés en cours de route.
Mme Laflamme : Et combien est-ce
qu'il existerait de risques encore? Est-ce que ces risques-là sont de nature
financière ou autre?
M. Morissette (Ian) : Ah! ça, je ne
pourrais pas vous dire de proportion par rapport à ce qui avait été évoqué dans
l'avis au départ.
Mme
Laflamme : Très bien. Je vous amène maintenant sur le projet
de développement des zones d'innovation, qui a été porté, bien évidemment, par
le MEIE, vous me direz, mais qui a aussi un lien fortement étroit avec les
Ressources naturelles. On a annoncé, donc, une zone d'innovation minière à
Rouyn-Noranda, très bien, mais on avait dans
les cartons aussi depuis longtemps une zone d'innovation en matière d'aluminium
au Saguenay—Lac-Saint-Jean. Cette zone d'innovation là avait été annoncée à plusieurs reprises par
le gouvernement en 2024, en 2025. L'aluminium a d'ailleurs été ajouté
comme un minérau critique et stratégique sur la liste.
Alors, malheureusement, je constate que, dans
les cinq zones existantes, il n'y en a aucune à l'est de la rivière
Saint-Maurice. Alors, c'est triste pour les régions du Québec. J'aimerais
savoir : Est-ce que vous appuyez la zone d'innovation en aluminium au Saguenay—Lac-Saint-Jean?
Mme Champagne Jourdain : Bien,
écoutez, c'est une question, encore une fois, qui peut être adressée au
ministère de l'Économie et de l'Innovation, puisque la question de
transformation relève aussi, là, du MEIE.
Mme Laflamme :
Alors, on parle de recherche, d'innovation dans ce dossier-là. On parle, je
vous le rappelle, là, d'un minerai critique stratégique déterminé, défini par
le gouvernement. On vit une crise sans précédent aussi au niveau tarifaire, on
est particulièrement touchés en aluminium, on en parlera plus tard pour la
forêt. Est-ce que vous ne croyez pas qu'une zone d'innovation aurait permis, en
fait, d'accroître la valeur ajoutée des exportations et de pouvoir vraiment
raffermir notre positionnement québécois?
Mme Champagne Jourdain : Bien,
écoutez, comme je le disais tout à l'heure, là, c'est une question qui peut être adressée au MEIE. On parle de zone
d'innovation, on parle de transformation, puis aussi au niveau de l'aluminium,
mais ça ne relève pas de la Loi sur les mines ni du mandat du MRNF. Alors, pour
avoir des réponses plus précises à votre question, je vous suggère, là,
de les poser au ministre de l'Économie.
Mme Laflamme : Alors, dans votre
posture de ministre des Ressources naturelles et de la Forêt, êtes-vous en
mesure de me dire si vous appuyez ou non la zone d'innovation?
Mme Champagne Jourdain : Bien, je
vous dirais que l'aluminium, ce n'est pas un minerai. Moi, je suis concentrée
sur ce qui est minerai puis forêts. On va avoir la chance, je suis convaincue,
d'avoir de bons échanges tout à l'heure
là-dessus, mais, pour avoir les meilleures réponses à vos questions, je vous
suggère, là, de les adresser au ministère de l'Économie.
Mme Laflamme : Et, concernant la
zone d'innovation minière, donc on touche les mines, ici on souhaite
nécessairement que ça rejaillisse sur les autres régions, hein, au pourtour de
celles d'Abitibi. Alors, quelle est votre planification pour en arriver aussi à
une contribution des autres régions?
Mme Champagne Jourdain : Bien, je
vous dirais que ce projet-là est très important — je viens aussi d'une région qui est fièrement minière — je
vous le dirais, c'est un projet qui repose sur l'expertise minière qui est déjà
en place, qui est déjà là depuis de
nombreuses années, de nombreuses décennies, je dirais encore plus à Rouyn-Noranda. Et aussi, ailleurs au Québec, comme je le disais, il y a d'autres
régions minières. On veut développer davantage l'écosystème en innovation dans le secteur minier, et ce
projet-là, on l'a annoncé, on est très fiers de ce projet-là. Puis aussi la zone
économie... la zone d'innovation minière,
elle repose sur un réseau d'acteurs locaux, mais aussi sur un réseau provincial
d'expertise en innovation minière. Alors, je
vous dirais que ce projet-là, vous vouliez avoir mon senti, on en est très
fiers, puis voilà.
Mme Laflamme : Merci. Il existe
des listes de minéraux critiques et stratégiques. Alors, si l'aluminium est sur
la liste a, le phosphate ne l'est toujours pas. Au Saguenay—Lac-Saint-Jean,
nous avons des projets de mines de phosphate. Vous savez, le phosphate est
important pour l'industrie agroalimentaire, mais également pour la batterie. J'aimerais savoir si vous souhaitez intégrer le
phosphate sur la liste a pour que les projets de développement en lien avec ce
minéral-là... ce minerai-là, pardon, puissent bénéficier, notamment, des
crédits d'impôt et de tous les avantages d'être sur la liste.
Mme Champagne Jourdain : Bien,
c'est une question... Vous savez, c'est une décision qui relève aussi du
ministère des Finances du Québec. C'est des discussions qu'on devra avoir avec
le ministère des Finances, comme je le disais. Il y a eu des ajouts qui ont été
faits au cours des dernières années sur cette... sur cette liste des minéraux
critiques et stratégiques, je pense, entre autres, au fer de haute pureté qui a
été ajouté. Ce n'est pas impossible qu'on ajoute d'autres minéraux critiques et
stratégiques, mais on aura les discussions, là, avec le ministère des Finances
en ce sens-là, c'est eux qui décident, au
final, là, d'aller de l'avant ou non avec un ajout, par exemple, du phosphate,
entre autres, pour les crédits d'impôt. On aura ces discussions-là.
• (10 h 40) •
Mme Laflamme : Alors,
cette discussion-là, je l'espère, sera avant la fin de votre mandat, puisqu'il
y a des projets qui attendent, quand même, au Québec, de pouvoir être
développés.
Mon collègue le disait tantôt, au niveau de la
prévisibilité dans le secteur minier, le verdict est sans appel, puisque le
Québec a dégringolé du cinquième au 22e rang en 2024, selon un sondage
effectué par l'Institut Fraser. Parmi les
facteurs déterminants qui sont pris en compte pour établir notre classement
global, on parle de régime fiscal, de réglementation, de barrières
commerciales, mais également de dédoublement fédéral-provincial, et j'en passe.
J'aimerais savoir, Mme la ministre, si vous
êtes consciente des dédoublements réglementaires entre le fédéral et le
provincial et comment est-ce que vous comptez arrimer les deux paliers
pour rendre notre secteur minier plus attractif.
Mme Champagne Jourdain : Bien,
vous voulez savoir si j'en suis consciente? Absolument. Je pense qu'on peut
simplifier les choses et j'insiste toujours sur le fait de le faire sans
tourner les coins ronds. Pour nous, les valeurs environnementales, le respect
de nos normes est important. On a acquis au fil des ans, au fil des décennies,
au fil du dernier siècle, je vais le dire comme ça, une expertise importante au
niveau, là, du développement des projets miniers, au niveau des processus
d'évaluation environnementale. Cette expertise-là, cette connaissance-là,
acquise au cours des... au cours des développements des différents projets ici,
sur le territoire, doit servir, et c'est ce à quoi notre gouvernement s'est
engagé, notamment dans notre stratégie de valorisation des minéraux critiques
et stratégiques, mais aussi au point de vue environnemental, pour faire en
sorte qu'on puisse, je dirais, optimiser le processus d'évaluation
environnementale. Je suis convaincue que ma collègue va avoir des questions
là-dessus, ce sera une discussion aussi qui sera intéressante d'avoir avec
elle. On continue de promouvoir activement aussi les avantages distinctifs, là,
du Québec pour améliorer notre environnement d'affaires.
Tout à l'heure, j'ai fait état des
investissements qui, malgré ces classements-là, là, dans ces études-là, ont quand
même augmenté de manière très considérable au Québec au courant des dernières
années. Alors, on veut certainement améliorer notre environnement d'affaires
pour voir aussi des projets se développer. Ça passe par des initiatives comme
le projet de loi Q-5, qui est porté par mon collègue le ministre des
Finances, et aussi la réduction des délais au BAPE pour faire en sorte
d'optimiser, puis de couper dans les longueurs qui sont peut-être un peu plus
superflues, et faire en sorte, là, que ce soit moins long, moins difficile à
soutenir pour... de manière... d'une manière pécuniaire
pour les promoteurs. On parlait tout à l'heure, là, d'augmentation, on veut
s'assurer que ce soit plus optimal à tous les niveaux.
Mme Laflamme : On parle de diminuer
les délais. Je vous donne un exemple concret ici. Alors, Arianne Phosphate
attend depuis un an et demi le renouvellement de son décret. Malgré le fait que
le projet a obtenu une autorisation
environnementale, l'acceptabilité sociale, le gouvernement continue de lui
exiger des informations en boucle. Alors, est-ce qu'on va être en mesure de
donner des réponses rapidement et de pouvoir aussi réduire le délai de réponse?
Parce que, vous le savez, pour l'industrie minière, chaque semaine
compte pour les investisseurs.
Mme Champagne Jourdain : Bien, ça,
encore une fois, c'est une question qui va être intéressante à poser à ma collègue à l'Environnement, puisque le décret,
là, l'émission de ce décret-là... puis là on est dans un deuxième décret, je
dirais, ou dans le prolongement, en fait, du premier décret, là, du décret, ça
relève, là, du ministère de l'Environnement, là, et de la Lutte aux
changements climatiques, là, et des Parcs... de la Faune et des Parcs, pardon.
Je peux vous dire que le gouvernement du Québec
a soutenu le développement du projet de mine, notamment par le fonds Capital Ressources naturelles et Énergie. C'est donc un
projet auquel le gouvernement croit, effectivement. Ceci étant dit,
quand on émet ou quand on décide de prolonger le décret, il faut s'assurer de
certaines données, certaines informations, je pense qu'il faut le faire en
toute connaissance de cause et s'assurer de poser les bonnes questions. C'est
ce que le ministère de l'Environnement doit s'affairer actuellement à faire. Ils
pourront vous donner plus de détails sur ça.
Mme Laflamme : Je vous reviens avec
la coordination avec le palier fédéral. Puisque nous ne travaillons pas à
partir de la même liste, il y a plus de minéraux qui sont reconnus au fédéral,
moins ici. Alors, qu'est-ce qui est en cours pour harmoniser les pratiques?
Mme Champagne Jourdain : C'est une
excellente question. Si vous me permettez, je pourrais passer la parole, faire un miroir, un ricochet à M. Ian
Morissette. Vous le savez, je rentre dans ma troisième semaine, j'ai acquis
beaucoup de connaissances, j'ai encore de
bonnes questions comme ça, mais, pour nous donner un petit peu une idée,
je passerais la parole à M. Morissette.
Mme Laflamme : Bien sûr.
Le Président (M. Ciccone) : M.
Morissette, à vous la parole.
M.
Morissette (Ian) : Merci. Donc, du côté du Québec, il y a une première
liste de minéraux critiques et stratégiques
qui avait été élaborée, elle en comptait 22. Il y en a six qui ont été ajoutés,
donc, maintenant, on est à 28. Ce qu'il faut comprendre, c'est que nous, on
choisit des minéraux critiques et stratégiques qui sont présents au Québec,
donc on ne met pas des minéraux dont on ne connaît pas l'existence ou qu'on n'a
pas. Donc, c'est probablement la différence qui existe entre la liste
fédérale et la liste québécoise.
Mme
Laflamme : Le phosphate est bien présent ici et n'est pas sur
la liste, mais il est sur celle du gouvernement fédéral.
M. Morissette (Ian) : Le phosphate
est sur la liste du gouvernement du Québec, c'est l'apatite. Donc, vous pouvez
voir, c'est... elle a été ajoutée lors de la dernière révision.
Mme Laflamme : Sur la liste a, donc,
et ils sont disponibles pour les crédits d'impôt, et tout...
M. Morissette (Ian) : Il n'y a pas
de...
Mme Laflamme : ...sur la liste qui
les rend disponibles, donc, à tous les crédits, là, pour développement, crédits
d'impôt?
M. Morissette (Ian) : Il y a une
liste... Il n'y a pas de liste a et de liste b. Il y a une liste, donc, la
première avec les 22, qui, elles, sont
admissibles aux crédits d'impôt, effectivement. Il y en a six qui ont été
rajoutées, dont l'apatite, le phosphate, et celui-là n'est pas... les
six nouvelles qui ont été ajoutées ne sont pas admissibles au crédit d'impôt.
Mme
Laflamme : D'accord. Merci. En terminant, comment est-ce qu'on fait
pour améliorer la prévisibilité pour
l'industrie minière, notamment en ce qui a trait à la réglementation
environnementale, pour qu'on puisse profiter pleinement de notre
potentiel? Première action à poser?
Mme Champagne Jourdain : Je vous dirais que, certainement, une des
choses... une des choses qui peut être faites, puis on... j'ai eu la chance,
là, de pouvoir en parler tout à l'heure, c'est d'améliorer nos processus,
certainement, de faire en sorte que
ce soit plus court, qu'on abrège les longueurs peut-être pas nécessaires,
puisqu'on a acquis beaucoup d'expertise,
beaucoup de connaissances au fil des ans. On veut certainement aussi continuer
de promouvoir les avantages distinctifs du Québec...
Le Président (M.
Ciccone) : En terminant.
Mme
Champagne Jourdain :
...puis, peut-être de manière plus concrète, mettre en place un accompagnement
personnalisé pour l'industrie.
Le Président (M.
Ciccone) : Merci beaucoup, Mme la ministre. Vraiment désolé.
Mme Champagne
Jourdain : On aura peut-être la chance d'en reparler. Merci.
Le Président (M. Ciccone) : Alors,
je passe maintenant la parole à M. le député d'Abitibi-Est pour
1 min 57 s.
M. Dufour : Très simplement, chez nous, j'ai une minière,
présentement, qui va vous verser, au gouvernement, au-delà de 600 millions de dollars.
Pendant ce temps-là, j'ai un bout de piste d'aéroport de 4,5 millions, il
n'y a aucun programme,
naturellement... au programme, actuellement, au niveau du gouvernement, mais on
n'est même pas capables d'avoir cette somme-là par le biais des
différents ministères.
Vous-même en tant que
ministre d'une région ressource, trouvez-vous ça normal qu'on ne soit pas
capables de mieux accommoder nos régions lorsqu'on a des projets précis comme
ça et tangibles?
Mme Champagne
Jourdain : Là, vous me parlez d'une piste d'atterrissage précisément
pour les besoins...
M. Dufour :
Naturellement, pour les besoins pour alimenter le Nord aussi, qui est un hub,
naturellement, pour amener des travailleurs dans les industries minières
au Nord-du-Québec.
Mme Champagne
Jourdain : Puis là vous faites référence, naturellement, je pense, à
toutes les redevances minières, dans la manière dont elles sont partagées, je
dirais, au Québec?
M. Dufour :
Définitivement.
Mme Champagne
Jourdain : Les redevances minières, là, on le sait, là, c'est la
manière dont les Québécois reçoivent leur juste part de l'exploitation de nos
ressources naturelles.
M. Dufour :
M. le Président, je comprends que les Québécois le reçoivent, mais ceux des
régions qui sont exploitées, c'est là qu'est ma question.
Mme Champagne
Jourdain : Absolument.
M. Dufour :
Les gens des régions exploitées... Est-ce qu'on est juste encore à la base de
la colonisation de ces régions-là? Et vous faites partie d'une de ces régions
là-bas.
Mme Champagne
Jourdain : Bien, absolument, absolument, tout à fait. Et je suis
d'accord avec vous que nos régions doivent recevoir la juste part. En 2024, on
a redistribué 478 millions au fonds consolidé, bon, vous savez à quoi ça
sert, je vais... je vais m'abréger là-dessus, mais je veux vous dire que je les
comprends, les attentes des communautés qui veulent avoir des retombées
directement chez elles. Il y a 38 millions qui est redonné via le...
Le Président (M.
Ciccone) : En terminant.
Mme
Champagne Jourdain :
...bien, qui sont distribués chaque année par la MRC, mais je veux vous dire
que, moi, c'est une question sur laquelle je veux me repencher, assurément,
comme ministre des Ressources naturelles et des Forêts.
Le Président (M.
Ciccone) : Merci beaucoup. Merci beaucoup, Mme la ministre.
Maintenant, je passe la parole à M. le député de Jacques-Cartier pour
14 min 29 s.
M. Kelley : Merci beaucoup,
M. le Président. Avant de passer vraiment à l'étude des crédits, je veux juste
noter que le ministre des Finances a dit qu'il n'était pas au courant de l'avis
défavorable par le ministre des Ressources naturelles. Je
comprends que la ministre n'était pas là. Certains des fonctionnaires n'étaient
pas présents quand ces avis étaient écrits.
Nous avons demandé qu'ils ont déposé l'avis, ce n'est pas possible, ni les
procès-verbaux des discussions entre
tout le monde. Bref, on a beaucoup de questions pour le ministre de l'Économie
et, quand même, pour la première ministre, qui était présente, mais je
pense que ça résume bien les discussions qu'on a eues ce matin.
Maintenant, Mme la
ministre, cahier des crédits, je suis dans les renseignements généraux, sur la
page 32. On parle des listes de
voyages. Ce n'est pas le montant, mais j'ai trouvé ça intéressant qu'on a
envoyé Jean-François Bergeron à Washington...
seulement les coûts qui étaient pensés par l'État, c'était 75 $, c'est
bien correct, ça, mais pour agir à titre de témoin dans le cadre d'un litige opposant le fonds d'investissement
américain Ruby River Capital au gouvernement du Canada. La grande
majorité des frais de déplacement étaient remboursés par les Affaires mondiales
du Canada. Pourquoi M. Bergeron était à
Washington pour être un témoin dans un cas de litige entre, ça me semble, le
gouvernement du Canada et ce fonds d'investissement?
• (10 h 50) •
Mme Champagne
Jourdain : Si vous me permettez, pour répondre à votre question, qui
est très précise et pertinente, je pourrais
passer la parole à Mme Lucie Ste-Croix, qui est sous-ministre associée aux
territoires et aux affaires stratégiques.
M. Kelley :
Avec plaisir.
Mme Champagne
Jourdain : Merci.
Le Président (M.
Ciccone) : ...vous nommer, et votre position, s'il vous plaît.
Mme Ste-Croix (Lucie) : Oui. Merci, M. le Président. Donc, Lucie
Ste-Croix, sous-ministre associée aux territoires et aux affaires
stratégiques au ministère des Ressources naturelles et des Forêts. Donc, je
comprends de la question de M. le député,
là... à savoir qu'est-ce que cette personne-là est allée faire à Washington
pour des frais, quand même, somme toute minimes. Vous l'avez mentionné,
les frais, moins le 75 $, ont été remboursés par le gouvernement fédéral. Donc, M. Bergeron a agi à titre de témoin
expert dans ce dossier-là, là, concernant le litige qui oppose les entreprises,
là, au gouvernement fédéral.
M. Kelley :
OK. Écoutez, très précisément, c'est quoi, l'expertise de M. Bergeron?
Mme Ste-Croix
(Lucie) : C'est un expert en matière d'impact environnemental.
M. Kelley :
Et est-ce que c'est quelque chose qui arrive souvent, que les fonctionnaires de
l'État du Québec soient interpelés de témoigner devant un processus indépendant
de qu'est-ce qui arrive avec le gouvernement? Alors, c'est comme, souvent, ils sont demandés, des fonctionnaires de l'État,
de Québec, d'être un témoin dans un processus pour leur expertise?
Mme Ste-Croix
(Lucie) : C'est exceptionnel.
M. Kelley :
OK. Parfait. Merci beaucoup pour la réponse. Maintenant, je suis sur la
page 35, puis on a une liste des dépenses de formation de communication.
Il y a une dépense de 16 000 $ pour une formation de Négocier
stratégiquement : pour un accord mutuel gagnant, à l'Université de
Laval. Est-ce que ça, c'était une formation qui a été faite pour un groupe des
fonctionnaires ou est-ce que le ministère a subventionné une formation qui a
été livrée par l'Université Laval pour les étudiants?
Mme Champagne
Jourdain : Merci. Si vous me permettez, pour répondre à cette
question-là, précisément, je demanderais à Anne Racine, sous-ministre.
M. Kelley :
Oui.
Mme Racine (Anne) :
En fait, c'est une formation qu'on a achetée pour des fonctionnaires du
ministère. On a plusieurs fonctionnaires, au ministère, qui sont appelés à agir
dans des négociations, notamment. Vous le savez, on est un ministère très actif
en matière autochtone, alors beaucoup de discussions, négociations d'ententes,
notamment avec les communautés, là, donc c'est pour ça qu'on avait un besoin de
formation, qui fait qu'on en a acheté, là. C'est une formation qui était pour
80 personnes.
M. Kelley :
OK. Et même chose pour Rédiger pour convaincre, l'Université Laval,
j'imagine, c'était la même chose, c'est pour certaines personnes dans le
domaine des communications, d'améliorer leur...
Mme Racine
(Anne) : Tout à fait.
M. Kelley :
Parfait. Puis combien de personnes ont participé à ça, Mme Racine?
Mme
Racine (Anne) : Là, je n'ai pas le chiffre sous les yeux pour
celle-là, mais je peux... je pourrai vous le donner, là...
Une voix :
...
Mme Racine
(Anne) : C'est 80 aussi, OK. C'est parce qu'on me redonnait 80, puis
je me disais : Ça ne se peut pas que ça soit le même chiffre, mais, par
hasard, c'est le même.
M. Kelley :
Excellent.
Le Président (M.
Ciccone) : Je comprends que vous allez déposer ce chiffre-là à la
commission?
Mme Racine
(Anne) : Non, bien, je peux vous confirmer que c'est pour
80 personnes également, là, pour la formation pour la rédaction.
Le Président (M.
Ciccone) : La même chose. OK. Parfait.
Mme Racine
(Anne) : Oui, c'est la même chose.
Le Président (M.
Ciccone) : Merci.
M.
Kelley : Excellent.
Sur la prochaine page, on parle de la Table jamésienne de concertation minier.
On a dépensé un montant de 24 000 $ pour une étude
d'opportunité sur le développement du secteur transformation. Est-ce que c'est possible d'avoir une copie de l'étude qui a
été faite? Ça semble que c'est pas mal pertinent. Je ne sais pas si l'étude
est déjà prête, et tout ça, mais, si possible, de déposer ça à la commission, ça
va être apprécié.
Mme Champagne
Jourdain : ...on va la déposer.
M. Kelley :
Excellent. Merci beaucoup.
Le Président (M.
Ciccone) : ...connaissance puis on va la... on va voir si on va la
déposer pour que tous les membres puissent en prendre connaissance. Merci.
M. Kelley :
Excellent. Merci beaucoup, M. le Président. Maintenant, je suis sur la
page 39 puis je vois que des contrats
des services professionnels engagés au ministère des Ressources naturelles et
des Forêts, pour le secteur d'unité centrale, on a un contrat de
17 000 $ pour un Marc Ouellet, pour les services professionnels, pour
participation à les réunions des comités d'audit, audit interne. Alors,
j'imagine, ces audits sont... On embauche quelqu'un de l'externe pour venir voir toutes les dépenses qui étaient
faites dans le ministère en général, ou est-ce que ça, c'était un audit qui a été
fait qui était très précise pour le ministère?
Mme Racine
(Anne) : En fait...
Mme Champagne
Jourdain : Allez-y.
Mme Racine
(Anne) : Ni un, ni l'autre, en fait, tous les ministères ou, en tout
cas, la plupart des ministères ont un comité
d'audit interne généralement constitué de personnes de l'externe. C'est le cas
de M. Ouellet. On a trois membres, là, externes sur le comité
d'audit. Alors, leur rôle, c'est de recevoir les rapports d'audit, qui, eux,
sont faits par des fonctionnaires du ministère, de les analyser, d'en discuter
avec moi, d'échanger avec les fonctionnaires du
ministère sur le contenu des rapports et de jeter un regard externe, je vous
dirais, sur la gestion du ministère en général.
M.
Kelley : Puis est-ce
que M. Ouellet a fait des suggestions à vous que certaines pratiques doit être
révisées ou, quand même, peut-être il y a des manquements dans certains
rapports qui été déposés à vous puis à votre équipe?
Mme Racine
(Anne) : Bien, en effet, c'est tout le but de l'audit, là, de formuler
des recommandations pour améliorer la gestion au ministère, notamment sur
l'amélioration des lignes de défense, là, tu sais, de mettre en place des
mécanismes pour s'assurer qu'il n'y a pas de... il n'y a pas d'erreurs qui sont
commises dans la gestion. C'est beaucoup
là-dessus. Ils regardent notre gestion des risques, également, au ministère.
Donc, c'est leur rôle, là, au comité d'audit, de formuler... de me
formuler des recommandations sur la gestion du ministère.
M.
Kelley : Parfait.
Puis, sur la ligne de défense, j'imagine, vous mentionnez juste d'éviter de
faire des erreurs ou, quand même... Juste de bien comprendre la suite.
Mme Racine
(Anne) : Oui, bien, pour s'assurer que tous les mécanismes sont en
place pour que, si les premières... par exemple, sur le plan comptable, si les
premières vérifications n'ont pas marché, qu'il y ait une autre ligne qui vient
ensuite, pour être certain qu'il n'y a pas d'erreurs qui ont été commises.
Voilà.
M.
Kelley : OK. Parfait.
Prochaine question, c'est sur la page 47, c'est le secteur, encore, mais
dans les mines, c'est pour...
Noranda, Hôtel & Spa, c'est le local, j'imagine, qui a été utilisé... Ah!
excusez-moi, je suis dans la mauvaise ligne, c'était pour la Gestion B2B-2GO,
la création d'une plateforme de maillage lors du congrès de le... Québec Mines.
C'était quoi exactement, ça? C'est la façon, j'imagine, de communiquer
avec les participants, puis, j'imagine, ça, c'est leur expertise?
Mme Champagne Jourdain : Si vous me
permettez, je passerais la parole à M. Morissette, sous-ministre associé aux
Mines.
M. Kelley : Bien sûr.
M. Morissette (Ian) : Oui,
merci. Donc, Québec Mines + Énergie, c'est l'événement qu'on organise au ministère à chaque année, au mois de novembre, et
c'est une plateforme qui permet d'organiser des rendez-vous d'affaires
entre les différents participants lors du congrès.
M.
Kelley : OK. Maintenant, M. le Président, je vais juste
poser une couple de questions de Société de Plan Nord. Je sais que ce n'est pas vous, mais, quand vous
avez mentionné la bonne coordination des infrastructures dans le Nord, je dois juste souligner comme le fait que,
récemment, il y a un article sur la 138, le... le pont à nulle part, et,
j'imagine, Mme la ministre, vous êtes au courant de ça aussi. On a
besoin beaucoup d'argent partout sur nos routes au Québec, sur la Côte-Nord
aussi, mais, si jamais, dans votre rôle dans le... responsable pour la Société
de Plan Nord et dans les discussions avec
vos collègues dans les autres ministères, d'éviter des ponts à nulle part, ça
va être très apprécié par pas juste les citoyens de ma circonscription,
mais, je pense, par tous mes collègues aussi.
Mais,
peut-être, on peut juste parler encore, j'ai... On a fait le même exercice,
l'année passée, sur des montants accordés dans la Société de Plan Nord
et l'état d'avancement d'un projet, puis certaines... Quand même, je pense qu'on a eu des discussions, l'année passée, alors
si on... peut-être juste revient là-dessus... Comme, par exemple, sur la
page 13, le Parc régional des
Grandes-Rivières du lac Saint-Jean, aménagement d'un corridor de transport actif,
le montant qui était dédié, de 597 000 $, puis on n'a pas eu
un avancement dans la dernière année. Alors, est-ce qu'on peut juste avoir,
peut-être, une mise à jour où on est rendus avec ce projet ou est-ce que ça a
été mis ailleurs pour quelque chose de différent?
Mme Champagne Jourdain : Si vous me
permettez, avant de passer la parole à M. Beauchesne, pour répondre à
votre question, je veux vous dire : La Basse-Côte-Nord, ce n'est pas nulle
part, là, par exemple.
M. Kelley : Non. Ça, c'est
vrai, on est d'accord avec ça, c'est plus une expression.
Mme Champagne Jourdain : Mais
je comprends votre question. Je comprends votre question.
M. Kelley : C'est
l'expression.
Le Président (M. Ciccone) : ...
M. Beauchesne (Patrick) : M. le
Président, si je pouvais demander de repréciser la page...
M. Kelley : Absolument. C'est
page 13, on voit le parc, et je suis dans la demande de renseignements
particulières de l'opposition officielle.
M. Beauchesne (Patrick) : Ah!
OK, parfait. Parfait.
• (11 heures) •
Le Président (M. Ciccone) : Je vais
prendre le temps... de minutes pour déposer le document que vous vous êtes
engagé à déposer, parce que je dois en prendre connaissance et je dois
l'autoriser. Alors, s'il vous plaît, le faire rapidement, s'il vous plaît.
M. Beauchesne (Patrick) : Pour
la question posée, je vais devoir consulter mes équipes. On pourra fournir la
réponse par écrit à la commission, pour le degré d'avancement du projet, là, que
vous mentionnez.
Le Président (M. Ciccone) : Alors,
vous vous engagez à déposer le...
M. Beauchesne (Patrick) : Oui.
Le Président (M. Ciccone) : ...parfait,
la réponse, merci. Merci.
M. Kelley : Parfait, ça
va être apprécié. Puis j'ai vu aussi un autre dossier, c'est avec la Maison des
organismes communautaires de Sept-Îles. Alors, j'ai pensé, peut-être, la
ministre ou vous pouvez juste mentionner l'état d'avancement, c'est à
40 %, c'est un montant d'environ 400 000 $, alors, tu sais,
peut-être juste avoir une mise à jour qui... projet, qui, j'imagine, est très important pour la
ministre, mais aussi très important pour les gens de Sept-Îles. Et je
sais que, des fois, c'est complexe, parce que... comme une partie municipale
puis...
Mme Champagne Jourdain : Oui,
on fait référence à... on fait référence au MOCSÎ, j'imagine, à l'annonce qui
avait été faite. Peut-être, M. Beauchesne, vous pourriez répondre si vous
avez l'état d'avancement.
M. Beauchesne (Patrick) : ...
Mme Champagne Jourdain : Merci.
Allez-y.
Le Président (M. Ciccone) : M.
Beauchesne.
M. Beauchesne (Patrick) : M. le
Président, pour la préparation de l'étude des crédits, toutes les données sont
en date du 31 janvier. Donc, les données qui sont fournies à la commission
sont les mises à jour à cette date-là. Puis,
effectivement, dans la réalisation de certains projets, au niveau des
financements, il y a des mises à jour qui sont faites régulièrement avec les promoteurs. Donc, on pourra voir si, d'ici
le 31 janvier, il y a eu de l'avancement là-dedans.
M. Kelley : Parfait.
Le Président (M. Ciccone) : ...M. le
député?
M. Kelley : Oui. Aussi,
le projet à la ville de Chibougamau, l'acquisition d'un logiciel de transport
collectif, on a un montant accordé de
64 000 $, puis il n'y a aucun avancement de le projet. Est-ce qu'il y
a une raison pour ça?
M. Beauchesne
(Patrick) : La... dans la... M. le Président, dans
l'administration des programmes et de l'octroi des aides financières, le
versement de l'argent et la progression est toujours au moment où l'ensemble du
montage financier est terminé par le
promoteur. Donc, il est possible qu'entre le temps que nous, on accepte le
projet et on signe une lettre qu'on va octroyer, si le promoteur a tardé
à compléter son montage financier, donc, que le projet n'ait pas nécessairement
démarré. Donc, il faut... Il y a toujours un temps flottant, là, entre la
promesse d'octroi de subvention par la Société du Plan Nord et le début du
projet.
M. Kelley : Parfait.
Puis, je sais qu'il y a plusieurs projets pour... autour des ports, et ça
semble... l'avancement... Je
comprends qu'il y a un pourcentage, peut-être c'est plus, mais, en
général, on est rendus où avec les investissements? Parce qu'avec tout qui a
changé sur la planète dans les dernières deux années, là, on peut dire que les
ports dans... sur la Côte-Nord, dans le Grand Nord, sont
hyperimportants. Alors, est-ce que ça avance bien ou est-ce qu'il y a quand
même toujours des choses il faut travailler pour avancer ces dossiers?
Mme Champagne Jourdain : Oui, vous
pouvez y aller.
M.
Beauchesne (Patrick) : Merci
pour la question. Si on prend pour la Côte-Nord, par exemple, on travaille de
façon assez intense avec l'administration du port de Sept-Îles et
l'administration du port de Baie-Comeau. Baie-Comeau travaille beaucoup... Ils
sont en association avec le port de Rotterdam et ils veulent vraiment instaurer
Baie-Comeau comme aussi un hub de transition pour plusieurs ressources
naturelles qui viennent de la Côte-Nord. Pour ce qui est du Nunavik, dans les
14 villages nordiques, il y a de petites infrastructures maritimes, et effectivement
c'est inscrit dans... J'indiquais plus tôt la question de la planification puis
de la cohérence des grandes infrastructures d'accès au territoire. Pour le
Nunavik, les infrastructures maritimes...
Le Président (M. Ciccone) : En
terminant, s'il vous plaît.
M. Beauchesne (Patrick) :
...deviennent névralgiques, et on est à faire des études, des «due diligence»,
des revues diligentes pour l'état des infrastructures en ce moment.
M. Kelley : Parfait. Merci beaucoup.
Le Président (M. Ciccone) : Merci beaucoup.
Je passe maintenant la parole à un membre du gouvernement pour 13 minutes, mais je veux juste vous rappeler
qu'on n'a pas reçu le document encore. Je ne veux pas être fatigant,
mais vous vous êtes engagée, et ça doit être envoyé à l'adresse courriel de la
commission. Merci beaucoup. Alors, un membre du gouvernement, M. le député de
Gaspé, à vous la parole, vous avez 13 min 8 s.
M. Sainte-Croix : Merci, M. le
Président. Vous me permettrez d'abord d'adresser les salutations d'usage, à
commencer par vous, à titre de président, très heureux d'être ici aujourd'hui.
Mme la ministre, vos équipes de professionnels, ma collègue de Laviolette—Saint-Maurice,
toujours un plaisir, mon collègue de Vanier-Les Rivières, collègues des
oppositions, mon collègue d'Abitibi-Est et, bien évidemment, nos auditeurs et
auditrices, là, qui nous regardent à la maison. M. le Président, comme je le
disais, je suis très heureux d'être ici, à l'étude des crédits, un processus important au niveau de notre saine démocratie.
Donc, c'est toujours un plaisir de participer à l'exercice et, bien évidemment,
d'y contribuer.
J'aimerais faire un petit... un petit tour dans
l'histoire au niveau d'un historique de législature sur les mines pour vous
amener vers la modification législative importante, là, de la Loi sur les
mines, qui date de 2024, vous dire que la Loi sur les mines québécoise repose
sur un modèle héritier... hérité, pardon, du XIXe siècle, donc ce n'est
pas d'hier, fondé sur le principe du «free mining». Essentiellement, le «free
mining» se résume à trois grandes préoccupations,
à savoir une priorité accordée à l'activité minière sur les autres usages du
territoire, un accès relativement facile aux droits d'exploration, les
claims, communément appelés, et un faible encadrement initial des impacts
environnementaux et sociaux. Ce régime a longtemps favorisé le développement
rapide de l'industrie minière au Québec, un pilier économique du Québec, mais
aux dépens de d'autres acteurs alors largement ignorés.
En 2013 eut lieu une première modification
législative majeure. Elle visait notamment à renforcer la restauration des
sites miniers, primordial dans un contexte de vision à long terme et de
responsabilisation des entreprises minières.
Elle visait aussi introduire davantage de transparence et, finalement, à
améliorer la prise en compte de l'environnement.
Nonobstant l'avancée majeure de 2013, plusieurs
critiques subsistent, à savoir le maintien du principe du «free mining» et les
conflits d'usage du territoire, qu'on parle d'agriculture, qu'on parle de
villégiature, qu'on parle de récréotourisme. Suite à cette réforme, nous avons
pu voir une augmentation assez significative de la spéculation foncière et une explosion des claims, chose dont
il a régulièrement été question ici depuis le début de la législature 42.
On parle de 10 % du territoire qui
était... qui était sous le principe du claim sans aucune réelle intention
d'exploration, ce qui est quand même assez surprenant.
Ça m'amène à ma première question, M. le
Président, que j'adresse à notre ministre. Mme la ministre, depuis les
modifications à la Loi sur les mines, qui datent de novembre 2024, pouvez-vous
nous parler des avancées significatives de la loi? Et quels sont les bénéfices
attendus et actuels?
Mme Champagne Jourdain : Merci
beaucoup, cher collègue. Effectivement, il y a eu... au cours des interventions qui ont pu être faites au niveau de
la Loi sur les mines, il y a des modifications qui sont venues moderniser
le cadre législatif, là, qui, vous l'avez bien dit dans votre... dans votre
introduction, doit être adapté aux réalités économiques, environnementales et
sociales d'aujourd'hui. Je le dis souvent, je l'ai souvent dit, on ne développe
plus des projets miniers comme on l'a vu dans une autre... à une autre époque
ou dans un autre siècle. On ne fait plus les choses de la même manière, et les
gens s'informent, les gens se sentent concernés, c'est tout à fait normal, par
le développement de ces projets-là et veulent avoir aussi leur mot à dire, leur
impact sur le développement de ces projets-là.
Alors, notre gouvernement a choisi d'agir, là,
pour rendre le Québec certainement plus prévisible, plus efficace, plus
compétitif aussi, et, je l'ai dit à plusieurs reprises tout à l'heure, tout en
maintenant nos standards environnementaux élevés. C'est important pour nous. On
vient, avec les modifications qui auront été faites, mieux encadrer les travaux d'exploration, renforcer la
transparence puis améliorer aussi la collaboration avec les communautés
locales, mais aussi les communautés autochtones. C'est très important.
On peut dire qu'on a écouté les préoccupations
des citoyens puis qu'on a agi par rapport à ça, je pense que c'est important
qu'on le souligne, en soustrayant des terres privées puis des périmètres
d'urbanisation de l'activité minière — c'est un changement important — en
consultant aussi systématiquement les communautés autochtones puis les
communautés locales dès l'étape d'exploration minière pour encourager, comme je
le disais tout à l'heure, la transparence, l'échange d'information et améliorer
aussi l'acceptabilité sociale de ces projets-là qui peuvent se bâtir avec les communautés d'accueil, en instaurant
aussi des mesures pour mieux encadrer le régime minier lui-même, limiter la
spéculation puis mieux contrôler l'accès aux ressources minérales québécoises,
puis, finalement, en assujettissant le nouveau... tout nouveau projet...
Bien, en fait, chaque nouveau projet est
assujetti à la procédure d'évaluation, là, et d'examen d'impacts sur
l'environnement et au BAPE. Ça aussi, c'est un changement qui mérite d'être
souligné. Et je vous dirais que, du côté des
MRC, bien, elles disposent aussi davantage, puis c'était un besoin... davantage
d'outils pour planifier leur territoire, ce qui contribue aussi
directement à l'acceptabilité sociale.
Le bénéfice concret, c'est un climat d'affaires
plus stable. C'est vers là qu'on veut tendre aussi, nos efforts sont déployés
en ce sens-là, donc, un climat d'affaires plus stable qui va favoriser les
investissements privés puis accélérer la mise en valeur de nos ressources, et,
on le sait, bien, dans le contexte géopolitique actuel, le Québec doit être capable d'avancer rapidement pour saisir les
occasions stratégiques qui sont liées aux minéraux critiques et stratégiques.
Alors, voilà
succinctement les avancées significatives qui ont été faites là, sur la loi...
sur la Loi sur les mines. Voilà.
• (11 h 10) •
M. Sainte-Croix : Merci, Mme la
ministre, pour ces réponses claires, convaincu que ça a été apprécié par
l'ensemble des collègues et des auditeurs.
Je vais
continuer sur les leçons d'histoire pour la seconde partie de mon intervention,
cette fois sur l'importance des
minéraux, plus largement des ressources minérales critiques dans l'économie du
XXe siècle. On s'entend pour dire que ces minéraux... Ce secteur d'activité est
essentiel, fondamental à l'économie du Québec, à la fois le moteur matériel
de l'industrialisation, de la puissance économique et militaire et de la
croissance mondiale.
Essentiels
dans l'économie, des produits comme le fer, l'acier, tout comme le cuivre et
l'aluminium, ont permis de développer d'importants secteurs de
l'économie du Québec depuis plus d'un siècle. C'est ce qui a entraîné des développements urbains dans plusieurs régions plus
éloignées, des constructions d'infrastructures pour assurer l'exploitation de
ces ressources et un effet important sur la croissance du PIB d'une province
comme celle du Québec.
Vers la fin des années 90 apparaît le terme
«critique» dans l'industrie minière. On parle ici de minéraux essentiellement
indispensables à l'économie, rares ou concentrés géographiquement et
vulnérables aux ruptures d'approvisionnement,
et c'est là que le Québec tire son épingle du jeu. Ces minéraux sont
indispensables aux technologies modernes, à la transition énergétique et
à l'économie numérique.
Ce qui m'amène vers ma seconde question, M. le
Président. L'arrivée du président américain a amené une incertitude
géopolitique qui évolue rapidement et qui est parfois difficile à suivre pour
nous et aussi pour les entreprises, mais une
chose est certaine, c'est qu'on entend de plus en plus parler des minéraux
critiques et stratégiques. Comment le Québec peut-il se positionner, Mme
la ministre, comme un leader des minéraux critiques et stratégiques à
l'international?
Mme Champagne Jourdain : Merci
beaucoup, cher collègue. Je pense que c'est une question extrêmement intéressante puis qui vaut la peine, là, d'être
adressée ici. Je pense que c'est important de souligner que le Québec, là, a
tous les ingrédients pour devenir un leader mondial des minéraux critiques et
stratégiques. On possède les ressources, évidemment, un sol riche,
l'expertise qui est là, qui a été développée au courant de nombreuses années,
une énergie propre, aussi, et renouvelable puis un environnement politique
stable et prévisible.
Alors, c'est
une excellente recette, je crois, pour pouvoir développer une chaîne de valeur,
là, très intéressante, qui est indispensable aussi dans plusieurs
secteurs, au niveau des technologies, au niveau de la santé aussi, et j'en
passe, évidemment. Alors, il y a près de 50 % du... des projets de lithium
du Canada qui se trouvent sur le territoire québécois, de même que 70 %...
79 %, en fait, des réserves mondiales de graphique... de graphite, pardon.
Le Québec est déjà le premier producteur de lithium
puis de graphite naturel en Amérique du Nord. Alors, ça, c'est important
à souligner.
C'est aussi, le Québec, le seul fournisseur de
scandium en Amérique du Nord, un produit qui est produit à Sorel-Tracy. Le
scandium, c'est important de le dire, demeure un très petit marché dont la
Chine est le principal producteur. Alors, ça aussi, c'est important dans la
réponse à la question que vous posez. On dépend beaucoup, dans plusieurs
secteurs, du... de la Chine. Alors, c'est important de pouvoir développer, de
là notre stratégie, aussi, qu'on a mise en place et adoptée dernièrement.
Puis, à titre d'information, le scandium, c'est
un élément de microalliage qui est le plus efficace au monde. Ça permet de
renforcer l'aluminium. On en parlait tout à l'heure, c'est important aussi au
Québec, c'est un secteur qui est important. Alors, ça permet de renforcer
l'aluminium en réduisant son poids puis en améliorant sa flexibilité, sa
résistance à la chaleur et à la corrosion. Alors, ça vient dans la recette de
notre aluminium.
Les producteurs... Effectivement, les promoteurs
font actuellement face à beaucoup d'incertitude depuis le début des tensions
commerciales aux États-Unis. C'est difficile, c'est un contexte qui est
complexe pour nos producteurs actuellement, et on veut intervenir certainement
pour créer plus de prévisibilité. Tout à l'heure, je parlais du projet... bien,
du projet de loi ou de la loi Q-5, qui, dans le fond, vient accélérer les
projets d'envergure nationale. Cette loi-là, elle est faite dans le respect des
lois environnementales, je l'ai dit plusieurs fois ici, je le répète, puis de
la procédure d'évaluation environnementale. Alors, dans un contexte où nos
alliés cherchent à sécuriser leur chaîne d'approvisionnement, bien, le Québec
demeure une juridiction qui est fiable et qui est responsable.
Le Président (M. Ciccone) : Il
restait 40 secondes. Je veux juste... Je faisais signe qu'il y avait
30 secondes.
Mme Champagne Jourdain : Ah! je
pensais que c'était déjà terminé.
Le Président (M. Ciccone) : Il y a
30 secondes. Non.
Mme Champagne Jourdain : Parfait.
Alors, je peux vous dire que le Québec peut devenir un fournisseur
incontournable de minéraux, on l'a vu, là, avec la richesse de nos sols. Donc,
on peut devenir un fournisseur incontournable de minéraux qui sont produits, et
selon les plus hauts standards environnementaux et sociaux, et ça, pour moi,
c'est très important. Je sais que ce l'est pour tous les collègues ici aussi
qui sont assis autour...
Le Président (M. Ciccone) : En
terminant.
Mme Champagne Jourdain : Dans
le contexte actuel de souveraineté économique, énergétique, bien, nos
partenaires passent de plus en plus par le Québec. On va les accompagner.
Le Président (M. Ciccone) : Merci
beaucoup, Mme la ministre. Merci beaucoup, M. le député.
M. Sainte-Croix : Merci, M. le
Président.
Le Président (M. Ciccone) : Ceci
dit, avant de fermer la session, Mme la ministre, vous vous étiez engagée
à déposer un document. On ne l'a pas reçu encore. Alors, je m'attends à ce que
vous le déposiez incessamment à la commission.
Mme Champagne
Jourdain : Ce sera fait.
Le Président (M.
Ciccone) : Les membres vont en prendre connaissance ultérieurement. Ça
vous va? Vous confirmez?
Mme Champagne
Jourdain : Je confirme, ce sera fait.
Le Président (M.
Ciccone) : Parfait. Merci beaucoup, Mme la ministre.
Alors, compte tenu de
l'heure, la commission suspend ses travaux jusqu'à 11 h 30, où elle
entreprendra l'étude du volet Forêts des crédits budgétaires du portefeuille
Ressources naturelles et Forêts. Merci beaucoup, chers collègues.
(Suspension de la séance à
11 h 18)
(Reprise à 11 h 29)
Le Président (M.
Julien) : Donc, à l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum,
je déclare la séance de la Commission de l'agriculture, des pêcheries, de
l'énergie et des ressources naturelles ouverte.
La commission est
réunie afin de procéder à l'étude du volet Forêts des crédits budgétaires du
portefeuille Ressources naturelles et Forêts pour l'exercice
financier 2026-2027. Une enveloppe de 1 h 30 min est allouée pour l'étude
des crédits.
Mme la secrétaire, y
a-t-il des remplacements?
La Secrétaire :
Oui, M. le Président. M. Bouazzi (Maurice-Richard) est remplacé par Mme Zaga
Mendez (Verdun) et M. Boissonneault (Arthabaska), par Mme Laflamme
(Chicoutimi).
Forêts
Le Président (M.
Julien) : Merci. Nous allons procéder à une discussion d'ordre général
par blocs approximatifs d'une dizaine de minutes, incluant les questions et les
réponses. La mise aux voix de ces crédits sera effectuée à la fin du temps qui leur est alloué, soit cet après-midi,
vers 16 heures. On débute à l'heure. On est parfaitement corrects.
Discussion générale
Donc, je suis
maintenant prêt à reconnaître une première intervention de l'opposition
officielle pour un premier bloc d'échange. M. le député de Pontiac, la parole est
à vous.
• (11 h 30) •
M.
Fortin : Oui, merci. Merci, M. le
Président. Bonjour, tout le monde. Merci de... merci de m'accueillir dans votre
commission, M. le Président.
Alors, Mme la
ministre, on ne perdra pas... on ne perdra pas beaucoup de temps, là. Je veux
rentrer dans ce qui est le creux de l'enjeu, disons, pour beaucoup de gens
qui... qui travaillent dans le secteur forestier ces jours-ci, c'est-à-dire
qu'il y a... il y a une incertitude monstre qui plane... qui plane sur eux et
il y a déjà beaucoup de travailleurs et de communautés forestières qui ont été
affectés au cours des derniers mois, de la dernière année, entre autres, et moi, j'ai l'impression qu'on ne prend
pas... collectivement, là, qu'on ne se rend pas compte de l'ampleur de la
situation à laquelle on fait face.
Alors, je vous réfère
à un tableau que vous nous avez fourni dans les cahiers de crédits, là, et qui
fait référence aux usines, aux scieries, aux entreprises forestières qui ont,
de façon temporaire, fermé leurs portes l'an dernier,
puis vous n'êtes pas sans savoir ce que ça veut dire, une fermeture temporaire,
là, ça veut dire... ça veut dire que les factures à la fin du mois sont
dures à payer pour beaucoup de familles.
Juste en 2025, le
Groupe Lebel à Saint-Joseph-de-Kamouraska, le Groupe Lebel à Saint-Michel-du-Squatec,
Arbec à Dolbeau-Mistassini, Les Scieries du Lac-Saint-Jean, ça, c'est la coop Fernand-Boilieu, là, à Métabetchouan—Lac-à-la-Croix, la scierie Lachance à Saint-Bruno,
Damabois à Saint-Jean-Port-Joli, Arbec à La Tuque, Kruger à LaSalle, Commonwealth
Plywood, chez moi, à Rapides-des-Joachims, les Produits forestiers R. Perron à
Gatineau, Résolu à Maniwaki, Arbec à Amos,
Arbec à Port-Cartier, Carbonité à Port-Cartier, Résolu à Baie-Comeau,
Granule 777 à Chapais, Résolu à
Lebel-sur-Quévillon, Scierie St-Michel à Saint-Michel-des-Saints, et le Groupe
Crête à Saint-Faustin—Lac-Carré,
ça, ce sont des fermetures temporaires qui ont toutes eu lieu en 2025.
Les
fermetures permanentes : White Birch à Rivière-du-Loup,
Petit-Saguenay à Petit-Saguenay, Bois Laurentide à Saint-Célestin, Compagnie WestRock à La Tuque, la Scierie Opitciwan à
Obedjiwan, Graphic Packaging à East Angus, Les Bois Saxby à Sherbrooke,
Chantiers Chibougamau à Val-d'Or, KWP à Terrebonne, Les Bois Laurentiens
Scierie Gaudreault à Rivière-Rouge. Ça, c'est les fermetures permanentes et ça,
c'est en 2025. Il y en a qui se sont ajoutées depuis, là, dans les premiers
mois de 2026.
Le
premier ministre précédent nous avait dit qu'il était... qu'il y aurait
30 000 emplois qu'on perdrait en forêt. Moi, ce que je veux savoir, c'est : Est-ce que
c'est toujours le plan du gouvernement d'abandonner la moitié du
secteur forestier? Parce que ça a l'air bien parti comme ça.
Mme Champagne Jourdain : Merci
beaucoup. Merci pour votre question. Tout d'abord, d'entrée de jeu, je veux
vous dire que, comme ministre des Ressources naturelles et des Forêts, je
partage... même plus, comme... comme députée
aussi de Duplessis, d'une région qui vit des ressources naturelles, entre
autres, et des forêts, je partage votre inquiétude pour le secteur
forestier. La fermeture d'une usine, là, qu'elle soit permanente ou temporaire,
ça a un impact important pour nos travailleurs, pour nos communautés, pour nos
régions, pour nos municipalités aussi, puis, en ce sens-là, notre gouvernement
n'a pas ménagé les efforts pour atténuer les effets de la crise sans précédent,
puis c'est important, j'insiste là-dessus, sur la crise sans précédent qu'on
traverse au niveau de l'industrie forestière. Je veux vous rassurer qu'à court
terme on va continuer de soutenir, d'accompagner les entreprises qui sont
durement affectées, entre autres par les tarifs, assurément. Et, pour ce qui
est de leurs besoins de liquidités puis leurs projets de consolidation, on aura
sûrement la chance de reparler de ça, mais on va les accompagner à ce
niveau-là.
Au niveau des... du ministère des Finances, on a
annoncé, à l'automne, des mesures d'allègement aussi pour le secteur forestier, pour répondre rapidement à
des enjeux de liquidités puis accroître la résilience, aussi, économique
du secteur, la mise en place d'un congé de
cotisation de fonds... au fonds de santé... au fonds de... au Fonds des
services de santé pour les
entreprises en 2026 puis en 2027 et aussi le prolongement du mécanisme d'étalement
du revenu pour les producteurs forestiers. On a eu... On a investi aussi
à différents niveaux, depuis les dernières années, depuis 2023, c'est près de 2,2 milliards, pour pouvoir
soutenir le secteur, pour s'assurer que le contexte actuel ait le moins d'impact
possible pour nos travailleurs, nos famines... — nos famines! — nos
familles, pardon, et c'est important pour nous de continuer en ce sens-là.
Peut-être vous rappeler qu'au dernier budget
aussi... Je sais que vous êtes au fait du dossier, je sais que vous suivez ça
depuis des années, mais au dernier budget, le 18 mars dernier, on a prévu
des sommes supplémentaires, 104,5 millions, pour abolir les redevances
annuelles pour... afin d'améliorer la compétitivité du secteur forestier par
une réduction du coût de la fibre, 60 millions aussi pour un programme d'aide
au fonds de roulement destiné aux entreprises dans la transformation du bois
qui vont entreprendre des projets d'investissement, là, pour appuyer leur
croissance. Et on encourage aussi les entreprises à diversifier... à se
diversifier, oui, mais à se convertir aussi vers des secteurs qui sont en croissance, là. On sait qu'il y a des secteurs pour
lesquels, bien, il y a une décroissance, notamment celui du papier, alors...
Puis vous êtes au courant, on va avoir la chance d'en parler aussi, du PL n° 11 qu'on a mis pour donner rapidement de l'oxygène, là, au
secteur forestier, aux entreprises.
M. Fortin : OK. J'apprécie la réponse, là. Il y a des mesures là-dedans
qu'on va discuter en détail. Je vous avoue, le 60 millions, là, pour aider
les investissements, là, d'accord, il y en a qui ont des projets
d'investissement, mais il y en a beaucoup qui veulent juste passer à travers la
crise en ce moment.
Moi, je... Moi, j'ai une question pour la
ministre qui est aujourd'hui ministre responsable des Forêts mais qui a eu un
emploi précédent aussi, là, pour lequel elle a... elle a déjà discuté de la
question des entreprises qui fermaient. Parce
qu'avant de... avant de parler, entre autres, là, de soutenir puis
d'accompagner les entreprises, je pense qu'il faut parler de soutenir
puis accompagner les individus, les familles qui sont affectés par ce qui est
en train de se passer en ce moment. Quand
la... Quand l'usine de Résolu, à Maniwaki, entre autres, là, a fermé ses
portes, l'an dernier, la réponse de la ministre en question, c'était de
dire : Bien, on va les accompagner dans la requalification, ces
employés-là.
Moi, ce que
j'aimerais savoir, c'est : Combien de travailleurs forestiers se sont tournés
vers la requalification dans les dernières années, suite à la fermeture
de leur usine?
Mme Champagne Jourdain : Bien,
écoutez, vous l'avez bien dit, là, Services Québec... Emploi-Québec est
toujours là pour soutenir les travailleurs, là. Des fois, c'est possible, des
fois, ce n'est pas possible de le faire, dépendamment des réalités économiques
de la région, de faire du... de faire de la... de rediriger les travailleurs
vers d'autres secteurs, je vais le dire
comme ça. Mais Emploi-Québec est toujours là pour pouvoir soutenir, effectivement,
nos travailleurs, offrir de la formation, offrir du soutien.
Peut-être qu'au niveau précis de votre question
je pourrais peut-être passer la parole à un des sous-ministres associés pour
avoir des données, là, si on en a, si possible, si elles existent. Moi, je n'ai
pas connaissance, là, je l'ai dit tout à
l'heure, c'est ma troisième semaine. J'ai acquis... j'ai acquis beaucoup,
beaucoup, beaucoup d'informations, je
prends des bouchées triples, certainement, pour m'assurer de pouvoir adresser
les grands dossiers du ministère, mais je passerais la parole à M.
Jean-François Béland, qui est sous-ministre associé aux Forêts.
M. Fortin : Je n'ai pas de problème avec ça, M. le Président.
Cependant, tu sais, je comprends que la ministre est en poste depuis quelques
semaines, mais elle a occupé un emploi, précédemment, qui lui permet d'avoir une compréhension de ça aussi. Alors, si on se
tourne vers le ministre de l'Emploi aujourd'hui, il va nous dire : Bien là,
ça fait trois semaines que je suis en
place, bien... tu sais. Donc, il y a quelqu'un en quelque part qui l'a, cette
réponse-là, là.
Mme
Champagne Jourdain : Non, je comprends, je comprends, là, vos... votre
question puis je suis convaincue que vous
allez la poser aussi au ministre de l'Emploi, qui aura, je le souhaite, les
données sous la main. Ils doivent... ils doivent sûrement écouter, peut-être qu'ils vont être prêts, je le
souhaite. Mais, pour le bien de l'exercice aujourd'hui, là, je demanderais
à M. Béland.
M.
Fortin : Si M. Béland... Si M. Béland a
des données, absolument.
Le Président (M. Julien) : Est-ce
qu'il y a consentement de tous? Merci. M. Béland.
M. Béland
(Jean-François) : Oui. Bonjour, M. le Président. Spécifiquement sur
la question de la requalification à l'usine de Maniwaki, je n'ai pas les
données spécifiques pour Maniwaki. C'est vraiment le ministère de l'Emploi qui
pourrait...
M. Fortin : Non. Est-ce que vous avez des données plus larges?
C'est-à-dire...
M. Béland (Jean-François) : Non, je
n'ai pas...
M.
Fortin : La réponse,
souvent, là, à chaque fois qu'on parlait d'usines qui ferment, là, la réponse
qui venait du gouvernement,
c'était : Bien, il y a les programmes de requalification, puis on va être
là pour aider. On veut savoir : Dans le fond, est-ce que le
gouvernement a été là, et est-ce qu'il a aidé, et à quelle hauteur?
M. Béland (Jean-François) : Non, je
n'ai pas les données spécifiquement.
M. Fortin : Donc, le ministère des Ressources naturelles et de la
Forêt, là, ne fait pas de suivi, à savoir, quand
il y a une usine qui ferme, est-ce que les travailleurs, on leur offre de la
requalification, est-ce qu'ils... est-ce qu'ils acceptent cette
offre-là. Une fois que l'usine est fermée, là, le ministère, pour lui, là,
c'est... le dossier est fermé?
M. Béland (Jean-François) : Le
dossier n'est pas fermé, M. le député. On est en... On a en place une cellule
interministérielle pour travailler conjointement avec le ministère de l'Emploi
et on est en mesure de faire un suivi, mais c'est vraiment...
• (11 h 40) •
M. Fortin : OK. On va le... On va prendre un exemple type, là, d'une
usine qui... qui est en difficulté, là, qui choisit de fermer ses portes, là,
la scierie Béarn, là, en Abitibi-Témiscamingue. Et ça, c'est une nouvelle
récente, là, ça ne fait pas très longtemps que les travailleurs ont appris
cette nouvelle-là. Là, le gouvernement dit aujourd'hui : Bien, on est au courant puis on va travailler
là-dessus, à voir s'il y a des possibilités. Je suis certain que, si on demande
au ministre de l'Emploi, il va nous dire : Bien, il y a quand même des
travailleurs qui pourraient se requalifier.
Quand le ministère des Ressources naturelles et
de la Forêt, là, dit : Bien, on est en train de regarder les possibilités... C'est quand même une usine qui,
selon les... selon les dires de ses dirigeants, a perdu de l'argent pendant
deux ans. Les deux dernières années, là, elle a fonctionné à perte à cause du
régime forestier, à cause du coût de la fibre,
à cause de toutes sortes de choses. Alors, moi, je veux savoir, pour cette
usine spécifique là, parce qu'on l'utilise comme exemple type, là, il y
en a plusieurs, qu'est-ce que le gouvernement, qu'est-ce que le ministère des
Ressources naturelles et de la Forêt a l'intention de faire spécifiquement pour
la scierie Béarn.
Mme Champagne Jourdain : Bien, de
manière générale, je peux vous dire qu'on adresse, à travers le PL n° 11, là, certaines
mesures, puis on va pouvoir en reparler, je suis convaincue, à une de vos
questions, pour soutenir les entreprises forestières, oui. Alors, on
veut...
M. Fortin : Oui, mais ça, c'est celles qui sont déjà en... qui sont
encore en opération, là. La scierie Béarn, là, elle a fermé ses portes, et le
gouvernement nous dit : On essaie d'aider. OK, mais comment?
Mme Champagne Jourdain : Bien,
actuellement, on est en discussion avec... avec la scierie... bien, on est...
En fait, laissez-moi vous expliquer ça, là. Actuellement, on est en discussion
avec mon collègue du Développement régional pour voir comment on peut
travailler ensemble pour trouver un repreneur. Alors, c'est le but. On veut
certainement trouver une solution pour que l'usine demeure ouverte. Il est
annoncé qu'elle va fermer le 10 juillet, alors
ce qu'on veut, c'est pouvoir éviter ça. On va travailler activement dans les
prochains jours, prochaines semaines pour être capable de trouver un
repreneur pour cette usine-là. C'est le but, éviter la fermeture.
M. Fortin : OK. Les différents programmes d'aide, là, les différents
programmes d'aide qui sont disponibles pour
aider les liquidités, entre autres, là, des entreprises, l'an dernier, là, si
je fais le... si je fais le tour des programmes du gouvernement, là,
notamment au niveau de l'aménagement des forêts, et tout ça...
En fait, parlons spécifiquement, là, de
l'aménagement des forêts, là, le Programme d'aide à la mise en valeur des
forêts privées, le Programme de participation autochtone à l'aménagement
durable des forêts, le programme Innovation bois, le Programme d'aménagement
durable des forêts, si on fait le cumulatif de tous ces programmes-là, cette
année, là, dans le budget, c'est marqué qu'il y a 176 millions qui sont
investis. Ça, c'est le tableau que vous nous avez fourni. L'an dernier,
l'enveloppe pour les programmes, c'était 187 millions. Donc, cette année,
on perd 11 millions. Comment vous
pouvez dire aux gens qui vivent de la forêt, aux entrepreneurs qui ont des
petites entreprises, qui ont de la misère à payer leurs factures, que
les programmes d'aide sont diminués cette année, alors que tout le monde le
sait qu'on est dans une crise majeure puis que l'objectif, là, c'est d'aider
plusieurs de nos entreprises à passer à travers de la situation actuelle?
Mme
Champagne Jourdain : Bien, merci, je vous remercie. Écoutez, on a
différents programmes, vous l'avez bien dit, qui sont là pour pouvoir soutenir
les entreprises. Je veux vous dire aussi qu'on met de l'avant puis qu'on aura
la chance... On a rappelé officiellement le PL n° 11.
Vous l'avez dit, là, c'est pour les entreprises qui sont actuellement...
Le Président (M.
Julien) : Merci...
Mme Champagne
Jourdain : Merci.
Le Président (M.
Julien) : Merci. Alors, ce premier bloc d'échange étant terminé, je
cède maintenant la parole à la députée de Verdun. Vous disposez de
9 min 34 s.
Mme Zaga
Mendez : Merci, M. le Président. Rebonjour, Mme la ministre. Je vais
continuer sur un thème que nous avons abordé
tout à l'heure, là, concernant certaines des... la prise de décision puis des
pressions qu'ils peuvent subir au sein du ministère des Ressources
naturelles et des Forêts.
En février dernier,
nous avons appris qu'un petit appel de 19 minutes à un autre fonctionnaire
avait suffi à l'entreprise multinationale Domtar pour obtenir un permis de
travaux forestiers qui lui avait été refusé par les voies officielles. Vous
allez me dire : Cette situation a été corrigée. Ceci étant dit, cette
situation est une preuve, encore une fois,
qu'il existe des pressions au sein du ministère des Ressources naturelles et
des Forêts. Encore plus important, c'est qu'il y a un problème
systémique qui demeure. Ce n'est pas possible qu'une entreprise ait un numéro
direct, comme ça, en même temps que... Je pense qu'on connaît tous la situation
de la forêt en ce moment où même des coopératives forestières ne sont pas... ne
sont pas entendues. Et là une entreprise multinationale a reçu un aval, un
renversement de décision, avec seulement 19 minutes, en parlant à un autre
fonctionnaire. Comment est-ce que vous expliquez que ceci est possible au sein
de votre ministère?
Mme Champagne
Jourdain : Merci. Pour ce dossier-là, l'information que j'ai — je
vous l'ai dit, vous le savez, là, je n'étais pas là, mais, quand même, je veux
répondre à votre question — l'autorisation
qui a été accordée à l'entreprise, elle a été émise conformément aux règles du
cadre de délégation de pouvoirs en vigueur, après analyse des éléments
techniques, en tenant compte de l'harmonisation des usages qui était déjà
complétée. Les travaux ont été arrêtés par
Domtar, à la fin de novembre, à la demande de Pessamit. Les autorisations du
ministère, quant à elles, ont été suspendues le 10 février 2026,
jusqu'à ce que l'harmonisation opérationnelle avec la communauté, là, on la
juge satisfaisante.
Je
peux peut-être aussi vous dire qu'il y a un comité de travail par rapport à ça,
là, un comité de travail collaboratif qui a été mis en place, MRNF-communauté
de Pessamit, qui porte sur la consultation, l'harmonisation puis la
planification, là... qui a été mis en place, puis ce comité-là va pouvoir
permettre, là, de travailler conjointement à l'amélioration des pratiques de
consultation, d'harmonisation puis de planification en définissant, en
établissant des mécanismes qui sont mieux adaptés, là.
Mme Zaga
Mendez : Je veux juste bien comprendre. Parce ce que vous avez dit que
les autorisations ont été données en suivant les règles de base, mais ce que
nous, on a su par les médias, c'est qu'il y avait un refus initial basé sur des avis techniques, là, à l'intérieur du
ministère, par des ingénieurs forestiers, et c'est après un appel de
19 minutes avec un autre
fonctionnaire que cette décision de refus a été renversée. Alors, moi, je ne
pense pas que c'est ça, les règles de l'art, là, en termes d'autorisations
forestières, surtout dans une zone écologique extrêmement sensible, vous avez parlé
de la communauté de Pessamit. Moi, je me demande : Est-ce qu'on va prendre
d'autres décisions comme celle-là, où la protection environnementale et les droits
des communautés sont renversés par des appels politiques?
Mme Champagne
Jourdain : Peut-être, pour vous parler un peu plus du contexte, là, de
Domtar, là, et de la question que vous avez, je passerais la parole à M.
Breault, si vous êtes d'accord, qui est sous-ministre associé aux opérations
régionales.
Mme Zaga
Mendez : Oui, oui.
Le Président (M.
Julien) : Est-ce qu'il y a consentement?
Mme Zaga
Mendez : Consentement, oui.
Le Président (M.
Julien) : Vous nommer avec votre titre, s'il vous plaît.
M. Breault
(Martin) : Oui. Bonjour. Martin Breault, je suis sous-ministre associé
aux opérations régionales au ministère. Écoutez, en réponse à la question de la
députée, M. le Président, effectivement, l'autorisation, elle a été émise, là,
conformément à nos procédures à l'interne. Peut-être quelques éléments de
contexte dans le dossier.
Bien, d'abord, il y
avait eu plusieurs étapes de consultations qui avaient débuté avec la
communauté, à partir de décembre 2023, il y avait eu expression d'enjeux de la
part de Pessamit à cette étape-là aussi. Au printemps 2025, il y a eu à
nouveau, là, d'autres consultations qui ont été faites, on avait invité la
communauté à nous faire part, là, de certaines informations pour qu'elles
soient prises en compte. Puis on a poursuivi, là, notre processus de
planification.
Il
y a effectivement eu une demande de la part de Domtar. Il faut savoir que le
territoire ou le chantier qui était envisagé s'était approvisionné à l'usine
des Outardes, comme vous le savez, qui a procédé, là, à une fermeture en
décembre dernier. Il y avait un questionnement, de la part de certaines...
certains employés dans notre direction régionale, sur l'état de la discussion
avec la communauté autochtone, ce qui a été interprété dans les médias comme étant un refus d'autorisation. C'était plus un
questionnement. Puis le pouvoir d'autorisation qui incombait aux gestionnaires
du ministère, après revue, là, du dossier,
il a été décidé d'émettre l'autorisation avec la condition que Domtar poursuive
ses discussions avec Pessamit sur ce que nous, on appelle, dans notre
vocabulaire, l'harmonisation opérationnelle. Je pense que c'est...
Mme Zaga
Mendez : Si vous permettez...
M. Breault
(Martin) : Oui.
Mme Zaga
Mendez : Excusez-moi, je vous laisserais... parce qu'il ne me reste
pas beaucoup de temps. J'ai juste une question de relance là-dessus. Vous
dites... on parle du secteur de Commodore 2, là.
M. Breault
(Martin) : Exact.
Mme Zaga
Mendez : S'il y avait eu des consultations et que tout ceci s'est fait
en harmonie... en harmonisation, quand même, le Conseil des Innus de Pessamit
est sorti, là, publiquement...
M. Breault
(Martin) : Oui, tout à fait.
Mme Zaga
Mendez : ...il a dit à quel point il était choqué, il était choqué de
cette décision, pourquoi ils n'ont pas été écoutés?
M.
Breault (Martin) : Puis, en
fait... Bien, écoutez, nous, ce qu'on a fait, là, suite à cette... à cette
décision-là puis la prise de position qui a été faite au mois de
février, d'abord, l'autorisation, elle a été suspendue, puis ma directrice
générale a déjà rétabli, là, un contact très, très rapidement avec le conseil
de bande, il y a déjà eu une première rencontre de travail avec eux au début du
mois d'avril. Il y en a une autre, si je ne me trompe pas, qui est prévue, là,
dans les prochaines semaines avec la communauté. Puis ça a permis de rétablir,
je dirais, là, des bons canaux de
communication puis s'assurer qu'on puisse prendre en compte convenablement leurs...
leurs préoccupations.
• (11 h 50) •
Mme Zaga
Mendez : Merci. Je vais passer à un autre thème, avec les quelques
minutes qui me restent, pour parler des travaux sylvicoles. Nous avons
rencontré des entrepreneurs sylvicoles qui sont extrêmement préoccupés par l'état de la santé actuelle des forêts en
raison notamment des retards dans les interventions, la mauvaise planification,
mais aussi la réduction budgétaire occasionnée par le non... la non-indexation
depuis 2014. 2014, ça fait 12 ans que les
budgets destinés aux travaux sylvicoles ne sont pas indexés, on parle de
143 000 hectares de plantations qui ont été laissés à
l'abandon. Et, seulement pour 2025, il manque 52 millions pour faire les
travaux de base. Il reste quelques semaines à la ministre en poste. Est-ce que
la ministre peut s'engager à indexer le budget des travaux sylvicoles?
Qu'est-ce qu'elle compte faire dans les prochaines semaines?
Mme Champagne
Jourdain : Merci. Je veux juste prendre une minute pour revenir sur
votre question d'avant. Parce qu'on avait demandé à Domtar d'harmoniser les
usages avant que le chantier reprenne. Là, l'usine est actuellement fermée, il
n'y a pas de coupes, mais je voulais vous signifier que c'est important, puis
vous devez vous en douter, que les
discussions entre les entreprises et les Premières Nations aient lieu, c'est
important pour moi. Je vais porter une attention à ça, soyez-en assurée.
Maintenant,
au niveau des travaux sylvicoles, notre gouvernement démontre l'importance, là,
qu'on accorde... qu'on accorde à la filière sylvicole en consacrant des
investissements soutenus autant pour les travaux sylvicoles commerciaux que
pour les travaux non commerciaux en forêt publique. Depuis 2018-2019, les
budgets sont passés d'environ 230 millions à un peu plus de
315 millions en 2025-2026. Les mécanismes qui servent à la tarification, puis c'est important de le souligner, là, des
travaux sylvicoles non commerciaux, eux, ne fonctionnent pas avec l'indexation,
et le MRNF est en mesure de vous confirmer, là, pour l'année 2026-2027, le
maintien des investissements en travaux sylvicoles
en forêt publique à un niveau similaire à celui de l'année passée. Les travaux
sylvicoles non commerciaux, là, je fais référence, naturellement, à la
préparation de terrain, le reboisement, l'entretien, la plantation, comptent
pour à peu près 80 % de ces investissements-là.
Mme Zaga
Mendez : Mme la ministre, le problème, c'est que, depuis 2014, il n'y
a pas une indexation suffisante pour faire les travaux. En ce moment, il y a un
choix à faire entre reboiser ou entretenir nos forêts, c'est ça, la réalité.
Puis, si ça continue comme ça, ceci va juste s'aggraver et contribuer à la
crise. Comprenez qu'on a besoin de ces travaux-là pas seulement pour continuer
à extraire, mais aussi pour s'adapter aux changements climatiques. Est-ce que
ces budgets vont être indexés, oui ou non?
Mme
Champagne Jourdain : Bien, le MRNF dépasse... Je veux juste vous dire
que, pour les travaux sylvicoles, le MRNF dépasse déjà les cibles qui
sont prévues. À ce jour, on a, comme données préliminaires, là... qui indiquent
que près de
40 000 hectares ont fait l'objet de préparation de terrains, que
28 000 plants ont été reboisés. Peut-être vous dire que les
budgets annuellement alloués aux travaux sylvicoles est constitué, puis vous le
savez probablement...
Le Président (M. Julien) : Merci.
Ce bloc d'échange étant terminé, je cède maintenant la parole à la députée de Chicoutimi.
Vous disposez de 9 min 34 s.
Mme Laflamme :
Merci. Bonjour, Mme la ministre.
Rebonjour. Alors, ce matin, sous la plume de Louis Tremblay,LeQuotidien
titrait : Le Forestier en chef oblige Québec à définir ses priorités.
C'est important de définir les priorités puisque ça va faire en sorte qu'on va être capables aussi de connaître
notre possibilité pour les prochaines années et de pouvoir les dévoiler
cet automne.
Alors, ce qui se
passe, c'est qu'il y a plusieurs enjeux qui n'ont pas été répondus, notamment
dossier du caribou forestier, les projets d'aires protégées, l'harmonisation
avec d'autres usages du territoire ou encore avec les Premières Nations. On
parle de 8,5 millions d'hectares qui seraient soumis à un évitement à
l'heure actuelle. Alors, ça instabilise
énormément toute l'industrie forestière, qui est déjà instabilisée. Notamment,
chez nous, je me permets de nommer Boisaco, qui ne sait pas ce qui va
advenir d'elle si, effectivement, on évitait un si grand nombre d'hectares.
Alors,
j'aimerais savoir, Mme la ministre, si vous êtes en accord avec l'affirmation
suivante, que c'est le laxisme du gouvernement qui met en péril nos
communautés forestières à l'heure actuelle.
Mme Champagne
Jourdain : Bien, je vous dirais d'entrée de jeu que le contexte dans
lequel on oeuvre actuellement au niveau
forêts est extrêmement complexe, là. Il y a une crise sans précédent qu'on vit,
notamment liée aux tarifs. On a aussi une pression, là, avec la baisse
des mises en chantier, qui est là, mais aussi on a des superficies à éviter,
que ce soit au niveau... bien, des superficies qui sont actuellement évitées,
parce que, oui, il faut déterminer, entre autres, ce qu'il en sera au niveau
des aires protégées. Il y a plusieurs centaines de projets qui ont été déposés
au niveau des aires protégées, alors on essaie de ne pas oeuvrer, là, jusqu'à
ce que soient déterminées les aires protégées qui seront retenues au niveau du
caribou, vous l'avez dit aussi, et des demandes des communautés autochtones.
Alors, l'étau se
resserre, assurément, il faut prendre les meilleures décisions en ce sens-là
pour être capables, là, de permettre au Forestier en chef de déterminer les possibilités. Vous le savez, il fait un travail qui
est indépendant, mais il doit avoir des intrants de notre côté, vous
avez totalement raison en ce sens-là.
Je
peux... je peux vous dire que nous, actuellement au ministère, aussi, on est en
discussion, puis c'est un dossier qui
est dans mes priorités, pour être en mesure de lui revenir le plus rapidement
dans les prochaines semaines. C'est attendu. Et peut-être que, pour compléter, je peux lui passer la parole, si vous
voulez, M. Pelletier, là, qui est Forestier en chef, qui est ici, avec
nous.
Mme
Laflamme : Oui, bien sûr.
Le Président (M.
Julien) : Alors, il y a consentement? Oui. S'il vous plaît, vous
nommer, avec votre titre.
M. Pelletier
(Louis) : Louis Pelletier, Forestier en chef. Bien, le rôle du
Forestier en chef, c'est déterminer les
possibilités forestières, éclairer les décideurs et informer la population sur
l'état des forêts. Quand on fait un calcul, ça prend de l'inventaire, ça prend
de l'information. Vous parliez de sylviculture. On prend l'ensemble de l'information,
mais un des points importants, c'est le
territoire. Depuis plusieurs années, on a constaté qu'il y avait de l'évitement
sur certains territoires, M. le Président. Ça a commencé en mars 2024,
où est-ce qu'on a constaté un écart entre la donnée terrain et ce que nous
avions dans nos travaux. Actuellement, ce qu'on voit, c'est des retards au
niveau des décisions au niveau du caribou forestier. Je vais prendre une gorgée
d'eau.
Mme Laflamme :
Allez-y.
M. Pelletier
(Louis) : Déjà, en place, on a des plans de rétablissement. Dans nos
calculs, il couvre 2,8 millions d'hectares.
À cela s'est rajouté des mesures temporaires, des mesures intérimaires,
caribou. On additionne à ce 2,8 millions d'hectares
1,4 million d'hectares. Elles ont été établies en 19 décembre... mois
de décembre 2019 et, à ce jour, elles perdurent.
Mme Laflamme : Merci. Je n'ai pas
beaucoup de temps, est-ce que vous pourriez me dire ce que vous attendez
toujours comme information?
M. Pelletier
(Louis) : Bien, je vais finir avec mon exemple. C'est qu'elles
perdurent. Elles étaient supposées être
temporaires. Ces superficies-là contribuent au calcul, mais elles sont évitées
par la récolte sur le terrain. Donc, ce que je demande au gouvernement,
c'est : Pouvez-vous me préciser les superficies sur lesquelles on peut
récolter et faire des travaux?
Mme Laflamme :
Bien sûr, bien sûr. Alors, ma question, donc, demeure : Pourquoi
est-ce que c'est si long avant de fournir ces informations-là au Forestier en
chef, qui en a bien besoin?
Mme Champagne Jourdain : Bien,
vous le savez, l'utilisation du territoire fait l'objet de plusieurs enjeux
d'harmonisation, là, je ne vous apprendrai rien. Au niveau des équipes du
ministère, là, elles prennent en compte ces enjeux-là
pour éviter les conflits d'usage. Mais, il faut se l'avouer, c'est un défi. On
aura essayé, par un projet de loi qu'on a abandonné, là, pour repartir le
travail, de... d'harmoniser ces usages-là. Mais ce travail-là va devoir être
fait. D'ici là, on veut soutenir
certainement les entreprises, oui, forestières, développer un projet pilote,
là, avec le PL n° 11, pour
être capables de mieux définir, là, le travail qu'on peut faire conjointement
avec les... entre autres, les communautés autochtones. Mais il faut
s'assurer d'un équilibre. Il y a certaines choses ici qui sont à l'Environnement,
d'autres qui sont ici. Moi, ce que je veux
faire rapidement, c'est donner les possibilités, dans le contexte actuel, dans
les prochaines semaines, au Forestier en chef pour qu'il puisse
déterminer les possibilités.
• (12 heures) •
Mme Laflamme : Donc, au niveau,
effectivement, du caribou forestier, vous faites bien de le nommer parce que c'est vraiment un sujet... un dossier chaud
qui a été, je vous dirais, à quelque part, pelleté par en avant. Il en est
question depuis au moins 10 ans. Le dossier traîne, ça, c'est très
clair. Alors, est-ce que vous vous engagez à déposer le plan de protection du
caribou forestier avant la fin du mandat?
Mme Champagne Jourdain : Bien,
je vous dirais que le dossier du caribou, c'est un dossier... forestier puis
montagnard, c'est un dossier qui est extrêmement complexe. Si c'était simple,
ça aurait été déjà réglé, je peux vous le
dire. C'est un dossier... Nous, on collabore, on contribue aux travaux qui sont
menés par le ministère de l'Environnement et de la Lutte contre les
changements climatiques, de la Faune et des Parcs, dans le cadre des deux
projets pilotes qui sont soumis en consultation, là, je fais référence à celui
de Charlevoix, évidemment, et celui de la Gaspésie, pour qu'on puisse concilier
la conservation du caribou, de son habitat aussi, qui est extrêmement
importable, mais aussi tenir en compte la viabilité économique des régions qui
sont concernées.
Alors, c'est
un équilibre qui est complexe à atteindre. Ce n'est pas simple. Il faut travailler
sur les deux fronts. Les territoires qui sont ciblés dans ces projets
pilotes là sont considérés dans les décisions puis les actions qu'on prend
comme gouvernement, évidemment. La planification forestière, elle est
actuellement invitée dans ces... dans ces territoires-là. Il y a seulement les
travaux de restauration de l'habitat du caribou puis les travaux sylvicoles non
commerciaux qui sont faits. Alors, c'est assurément un dossier qu'on va devoir
continuer de travailler. Il appartient en...
je dirais, en majorité au ministère de l'Environnement. Ma collègue et moi, on
va travailler là-dessus pour voir notre alignement dans les prochains
jours, prochaines semaines. Mais, nous, notre rôle, c'est de contribuer à ça, à
cette stratégie-là pour pouvoir sauver, préserver la... l'espèce.
Mme Laflamme : Vous savez,
le... Vous savez que le... le statu quo du gouvernement crée à l'heure actuelle
une dévitalisation importante de nos
communautés en région. Entre 2015 et 2020, il y avait 83 % des
municipalités qui comptaient au moins un travailleur forestier.
Aujourd'hui, c'est 61 %. Est-ce que vous considérez qu'il y a un recul
territorial de la filière forestière et qu'il faut s'y attarder de façon
urgente?
Mme Champagne Jourdain : Bien,
absolument, absolument. C'est au coeur de nos préoccupations. Comme je vous
l'ai dit, ce n'est pas... ce n'est pas faute d'avoir essayé. On a mis au jeu un
projet de loi qui permettait d'harmoniser, mais force est de constater qu'il
faut... il faut revoir la manière de faire. L'harmonisation des usages est extrêmement
complexe, là, de nos jours, on va le dire, là. Alors, c'est à ça qu'on va être
affairés, puis, pour votre question plus précise, je vous invite à la poser à
ma collègue, là, du ministère de l'Environnement.
Mme Laflamme : Et, à l'heure
actuelle, donc, l'harmonisation des usages est visiblement un échec. On n'est
pas capables de s'entendre. Maintenant, les gens sur le terrain nous
disent : Mais nous, on a notre mot à dire et on pourrait faire la
différence. Depuis 2018, quels types de responsabilités concrètes vous avez
décentralisées dans les régions forestières pour qu'ils puissent l'influencer,
la suite des choses?
Le Président (M. Julien) : En
20 secondes.
Mme Champagne Jourdain : Bien, je
vous... répétez-moi votre question rapidement, là, je...
Mme
Laflamme : Alors, depuis 2018, quelles responsabilités
concrètes ont été décentralisées pour que les régions forestières
participent à déterminer les solutions?
Mme
Champagne Jourdain : Bien, je vous dirais, avec le temps qu'il nous
reste, je ne passerai pas la parole, mais je peux vous dire qu'avec le PL n° 11...
Le Président (M. Julien) : Merci,
merci. Alors, ce bloc d'échange est terminé. Je cède maintenant la parole au
député d'Abitibi-Est. Vous disposez d'environ deux minutes.
M. Dufour : Merci. Hier dans un
article de Radio-Canada, Rexforêt assure de n'être responsable d'aucun retard dans la saison du reboisement. Rexforêt,
aujourd'hui, est-ce encore une pertinence, surtout qu'on ne semble pas
comprendre que les travailleurs sylvicoles... Je comprends qu'ils vont... que
Rexforêt va nous dire que les contrats sont,
pour la plupart, signés à telle date, exemple 1er mai, mais il faut que
ces organismes-là, il faut que ces entrepreneurs-là se structurent avec
du personnel. Je pense que Rexforêt, à un moment donné, ne comprend pas trop,
trop aussi comment est la dynamique. Ce n'est pas juste de signer des contrats,
c'est qu'il faut que tu prépares tes équipes. Est-ce que Rexforêt est toujours une
pertinence au sein du ministère pour octroyer les contrats en
sylviculture?
Mme Champagne Jourdain : Bien, je
vous dirais que Rexforêt, on le sait, là, c'est une... c'est une filière, je
vais le dire comme ça, d'Investissement Québec qui permet de pouvoir,
justement, là, répartir les contrats qui sont... qui doivent être donnés pour
les travaux sylvicoles. Je peux vous dire que moi, depuis mon arrivée, là,
honnêtement, je n'ai pas regardé la question sous l'angle que vous le proposez
cet après-midi, mais je considère, là, que le travail, aussi, dans le contexte,
là, actuel, a été fait. Certainement, on le sait, là, qu'il y a eu... qu'on
avait des craintes, là, que les contrats ne
soient pas donnés en temps cette année. Ça n'a pas... ça n'a pas été le cas,
là, mais, jusqu'à maintenant, je peux témoigner de la pertinence. Je
vous l'ai dit, là, je viens d'arriver au ministère, mais les trois
associations, là, qui ont des contrats sylvicoles ont demandé à...
Le Président (M. Julien) : Je vous
remercie. Le bloc d'échange est terminé. Je cède maintenant la parole au député
de Pontiac. Vous disposez de 14 min 21 s.
M. Fortin : Merci, M. le Président. Mme la ministre, je vous ai
entendue dire quelque chose il y a quelques instants,
là. Quand vous faisiez référence au projet de loi n° 97, vous avez
dit : On avait un projet de loi, on l'a abandonné pour repartir le
travail. Il y a-tu des gens au ministère qui sont en train de travailler sur
une nouvelle version du régime forestier en ce moment?
Mme
Champagne Jourdain : Bien, je vous dirais qu'on s'est concentrés, au
ministère, sur le projet de loi n° 11. Il fallait agir de manière rapide.
Alors, la réponse est non. Là, actuellement, il fallait donner rapidement de
l'oxygène, on va le dire comme ça, là, à l'industrie forestière. Alors, le
ministère a travaillé sur le projet de loi n° 11,
qui, vous le savez, a été rappelé,
puis qu'on pourra adopter d'ici la fin de la session, pour soutenir l'industrie
forestière, là, puis faire en sorte qu'elle passe à travers, là, le
contexte actuel.
M. Fortin : Mais, vous, la réforme proposée, là, le projet de loi
n° 97, est-ce que vous étiez en faveur de ça? Vous voyez ça d'un bon oeil,
ce projet de loi là?
Mme Champagne Jourdain : Bien, je
pense qu'il faut procéder à une réforme du régime forestier.
M. Fortin : Je
suis d'accord. Ce n'était pas ça, ma question.
Mme Champagne Jourdain : On a
entendu les gens. Je pense que, comme gouvernement, il faut être en mesure d'entendre les gens puis de dire :
Bien, écoutez, on recule, puis peut-être qu'il faut recommencer dans une autre
avenue puis refaire les choses d'une autre manière.
M. Fortin : Donc, ce n'était pas... ce n'était pas un bon projet de
loi.
Mme
Champagne Jourdain : Je n'ai pas dit ça. J'ai dit qu'on a proposé
quelque chose. On a entendu les gens, puis, bien, il faudra retravailler une
réforme. Elle est à faire, assurément. Je pense que le projet de loi, ce qu'il
propose à court terme, c'est, oui,
d'apporter de l'oxygène par différentes mesures, par trois mesures principales,
pour l'industrie forestière, mais surtout il nous permet... il va nous
permettre de mettre en place des projets pilotes qui vont nous permettre de
travailler avec les communautés autochtones pour tester... pour tester d'autres
avenues.
M. Fortin : Je comprends que la ministre veut se rabattre sur le projet
de loi n° 11, là, régulièrement, elle le fait depuis
le début de l'étude, mais ce n'est pas...
Mme Champagne Jourdain : Bien, c'est
ce qui va permettre d'aider à court terme l'industrie. On a tous...
M. Fortin : Je
n'ai pas entendu si c'était bon ou pas, le projet de loi n° 97,
mais, ça va, je vais... on va passer à un autre sujet, si vous le permettez,
là.
Tantôt, vous avez fait référence à certains
éléments qui sont peut-être plus hors de votre contrôle, disons, mais qui affectent l'industrie forestière en ce
moment. Vous avez mentionné les tarifs, les baisses des mises en chantier, qui
n'est peut-être pas dans votre contrôle à vous, comme ministre des Ressources
naturelles et de la Forêt, mais qui... Quand même, le gouvernement a un
rôle à jouer dans son ensemble, là, et, quand je regarde les prévisions de
mises en chantier dans le budget, le dernier
budget caquiste, on ne peut pas dire que c'est de bon augure pour le secteur
forestier. On prévoit des diminutions significatives.
Mais il y a une chose que vous pouvez contrôler,
quand même, c'est les investissements puis le travail qui est fait en
sylviculture, le travail qui est fait pour replanter, pour s'occuper de nos
plantations en forêt également. Et, vous le
savez, Mme la ministre, il y a quelques années, il y a eu des feux de forêt
importants au Québec, qui ont quand même eu un impact sur une grande
superficie de la forêt québécoise, et, à ce moment-là, le gouvernement nous a
dit : Bien, on va investir 200 millions sur huit ans pour remettre en
production 25 000 hectares de forêt qui a été brûlée. Est-ce qu'on
plante plus aujourd'hui qu'on plantait avant les feux de forêt?
Mme Champagne
Jourdain : Peut-être pour répondre à votre question, effectivement,
là, à la suite de la saison exceptionnelle qu'on a connue, en 2023, des feux de
forêt, on a annoncé, à la mise à jour économique qui suivait ça, en novembre
2023, une mesure budgétaire, là, de 200 millions sur huit ans, qui visait, là,
à remettre, oui, en production plus de 25 000 hectares de superficie
brûlée qui était destinée à la récolte forestière.
Alors, je l'ai... je l'ai dit tout à l'heure,
là, on dépasse nos cibles. Là, le MRNF dépasse les cibles prévues à ce jour.
Nos données préliminaires nous permettent d'avancer que
40 000 hectares ont fait l'objet de préparation de terrains, c'est important de les souligner, ces
chiffres-là, et que 28 000... 28 millions de plants, pardon, ont été
reboisés. En 2025-2026, il y a 37,4 millions qui ont été investis dans la
production de plants et la préparation de terrains. De plus, le reboisement aussi de certaines superficies
brûlées a débuté depuis 2024-2025. Et, pour 2026-2027, c'est
48,9 millions qui sont investis dans la production de plants, la
préparation de terrains puis de reboisement.
• (12 h 10) •
M. Fortin : OK, mais là je vais le... je vais essayer de le dire à sa
plus simple expression. Il y a énormément d'hectares de forêt qui ont brûlé. Le
gouvernement est sorti de cette situation-là en disant : On va investir
davantage parce qu'on a plusieurs hectares qui ont brûlé puis on va avoir du
reboisement additionnel à faire, hein, au-delà de ce qu'on fait habituellement. En 2021-2022, avant les feux de forêt, ça,
c'est vos chiffres, là, il y avait 136,7 millions de plants qui
étaient mis en terre. L'an dernier, on était à 137 millions de plants qui
ont été mis en terre, 137,7. Moi, je cherche il est où, l'effort supplémentaire
de la part du gouvernement. On a à peu près le même nombre de plants qui ont
été plantés. Alors, ce 200 millions-là, là, il sert à quoi?
Mme
Champagne Jourdain : Bien, peut-être apporter une précision aussi que
les commandes de plants dépendent d'un certain nombre de facteurs. Vous
le savez, là, la fermeture d'usines, ça a eu un impact sur les superficies récoltées. Alors, le nombre de superficies à
remettre en production, bien, c'est aussi en lien direct avec ça. Maintenant,
pour aller un petit peu plus dans le technique, si vous me le permettez, là, je
passerais la parole à M. Breault, qui est sous-ministre associé aux
opérations régionales.
M. Fortin : Non, mais... oui, on va y arriver, mais juste... juste pour
bien comprendre votre propos, là, vous nous dites essentiellement, là : On
avait plus de superficies à reboiser à cause des feux de forêt, puis là on en a
moins à cause que l'industrie forestière tourne à plus basse vitesse, là,
disons. Alors, ce que vous nous dites, c'est...
Mme Champagne Jourdain : Bien, je
parlais de la commande de plants, là, qu'on s'ajuste, là, oui.
M. Fortin : OK, mais, dans le fond, là, est-ce qu'on est en train de
reboiser plus qu'avant? C'est ça, notre question,
parce qu'en... après les feux de forêt, là, en 2023, là, le gouvernement
disait : Il faut en faire plus, on a plus d'hectares à reboiser.
Puis là, aujourd'hui, on voit qu'on reboise exactement le même nombre de
plants. Alors, c'est ça, notre question. Est-ce qu'on est vraiment en train de
reboiser davantage?
Mme
Champagne Jourdain : Je
passerais la parole à M. Breault pour vous apporter plus de points techniques
là-dessus.
M. Fortin :
Bien sûr.
M. Breault (Martin) : Oui, bien, en
fait, peut-être, historiquement, là, si on regarde les cinq dernières années, là, c'est environ entre 130 et
140 millions de plants qui ont été livrés, dont une partie très
importante, environ 70 %, qui vient des pépinières privées. Mme la
ministre a parlé, là, de l'addition qu'on a eue, du 200 millions. Je vous
dirais qu'on est en train, avec ce montant-là, qui a été d'ailleurs abordé, je
pense, dans les deux dernières années à l'étude des crédits, là... on est en
train de dépasser, en termes de superficie, ce qu'on avait anticipé pour optimiser
où on fait nos investissements.
Il faut comprendre qu'il y a une partie non
négligeable du territoire qui a de la régénération naturelle. Donc, ça comprend
également, là, les zones qui ont été affectées par les feux de forêt. Là, je
pense au Nord-du-Québec. Il faut comprendre
aussi qu'une partie non négligeable de ces territoires-là sont difficilement
accessibles. Donc, il ne serait pas même économiquement possible d'aller
investir, reboiser dans des territoires qui n'ont même pas des chemins d'accès
pour y aller.
Donc, on tente, nous autres, d'aller optimiser
là où on peut aller chercher un meilleur... meilleur rendement. On compose... Mme la ministre l'a demandé, là...
Je pense que c'est une réalité que tout le monde voit bien. On compose
avec une détérioration au niveau de l'industrie forestière qui fait en sorte
qu'il y a moins de récolte forestière depuis déjà
deux ans, ce qui vient aussi impacter, donc, les superficies qui sont à
reboiser. Puis, cette année, ça a été confirmé, là, aux trois grandes
associations de travaux sylvicoles, mais l'enveloppe totale dont elles vont
disposer cette année est supérieure, en fait, à celle de l'année passée,
notamment suite à la mesure budgétaire qui a été annoncée au dernier budget du
ministre des Finances.
M. Fortin :
Oui, mais, quand je regarde, là, même juste le nombre de plants ensemencés, en 2025‑2026,
c'est 137 723 000 plants qui
ont été ensemencés, l'an dernier, c'était 139 664 000. Donc, on
diminue le nombre de plants qui sont ensemencés de 2 millions
environ. Comment est-ce qu'on peut dire qu'on est en train de faire un
investissement en sylviculture quand on diminue de cette façon-là le nombre de
plants qui sont ensemencés?
M.
Breault (Martin) : Bien, écoutez, en fait, on tente d'optimiser à quel
endroit le type de plants... Donc, il y a un
paquet de facteurs, là... Ce n'est pas juste mathématique, de dire : C'est
plus que l'année dernière ou c'est moins que l'année... l'année
dernière. Il y a un paquet de facteurs qui déterminent ça. C'est un exercice...
La détermination de ce qu'on appelle, chez
nous, la demande pluriannuelle de plants, qui est ajustée à chaque année en
fonction des besoins sur le terrain, c'est un exercice qui est
extrêmement complexe et rigoureux, qui tient compte de l'état de la récolte et
de la forêt dans toutes... dans toutes les régions.
Donc,
ça ne peut pas être juste mathématique, est-ce que c'est plus ou c'est moins?
Cette année, notre demande pluriannuelle de plants, elle sera moindre
pour 2026. Ce qui va être ensemencé, ça a été communiqué à la fois aux
producteurs de plants, aux pépinières privées. Ça a été communiqué également
aux trois associations. Puis, je l'ai expliqué tantôt, c'est vraiment lié au
fait qu'il y a une détérioration de la récolte forestière au cours des deux...
des deux dernières années. Les montants sont à la hauteur de ce qui était... ce
qui était l'année passée, puis, je pense, là, à moins de me tromper, on est
dans le seul secteur d'activité économique, au niveau forestier, dont le niveau
d'activité, en 2026, là, reste à peu près à ce qu'il était en 2025.
M. Fortin : Oui, il y en a une... il y en a une, chose qui est mathématique puis
que vous contrôlez cependant, là, c'est le nombre de plants par hectare,
et, nous, ce qu'on comprend, c'est que, traditionnellement au Québec, là, ça a toujours été, quand on fait de la plantation,
2 000 plants par hectare. Là, le ministère des Forêts choisit de
passer à 1 600. Pouvez-vous m'expliquer pourquoi on va planter
1 600 plants par hectare au lieu de 2 000?
M. Breault
(Martin) : Bien, en fait, c'est une orientation qui date... qui repose
sur la recherche forestière. C'est une orientation qui est déjà en place au
ministère depuis de nombreuses années, là. De mémoire, je pense que ça a été
établi autour de 2013, 2015. Ça a été mis en place progressivement puis, au
final, c'est ce qui permet d'aller s'assurer le meilleur maintien de la forêt,
en tenant compte aussi...
Là, il faut se dire
les vraies affaires, là, on gère les deniers publics. On s'assure de mettre
l'argent là où on est capables de faire le meilleur aménagement durable des
forêts, mais, contrairement à ce qui a été véhiculé dans les médias il y a
quelques jours, là, ce n'est pas une nouvelle orientation qui date de cette
année. C'est quelque chose qui était déjà en place depuis de nombreuses années
au ministère.
M.
Fortin : Mais vous avez regardé ce qui s'est passé en
Colombie-Britannique. Ça ne semble pas particulièrement, particulièrement
porteur comme solution, là. Ils ont changé d'idée puis ils sont revenus à
2 000. Alors, est-ce qu'il y a une
réévaluation dans ce cas-là? Si vous nous dites : Ce n'est pas une
décision récente, j'imagine que vous l'évaluez au fur et à mesure.
M. Breault
(Martin) : Bien, moi, là, ça, c'est... Nous, on travaille à partir de
ce qui a été produit au sein du ministère
par nos équipes de recherche forestière qui nous ont fait ces recommandations-là,
puis c'est ce qui est appliqué.
M. Fortin : OK, mais c'est un peu votre job, de regarder ailleurs si ça a fonctionné
ou pas. La Colombie-Britannique a dit : On est passés à 1 600,
ça n'a pas fonctionné, on est rendus... on revient à 2 000. Pour s'assurer
que notre forêt est aussi productive qu'elle peut l'être, là, est-ce qu'il y a
quelqu'un qui a mesuré ça au ministère?
Mme Champagne Jourdain : Si vous me le permettez,
j'ai M. Béland, qui est sous-ministre associé aux Forêts, qui voudrait
apporter un complément à votre question, s'il vous plaît.
M.
Fortin : Oui.
Le Président (M. Julien) : M.
Béland, s'il vous plaît, votre titre puis votre nom parce que, tantôt, on ne
l'a pas dit.
M. Béland (Jean-François) : Pardon,
M. le Président. Jean-François Béland, sous-ministre associé aux Forêts.
Oui, effectivement,
donc, il y a les comparaisons, mais c'est vraiment basé, au niveau de la
direction de la recherche forestière au secteur des forêts... comparaisons
entre les autres provinces, mais également basé sur les études scientifiques
à... ça a déjà monté même à 2 500 plants. Il y avait de la mortalité,
il y avait des difficultés, les arbres
étaient plus petits. Donc, il a été... Le consensus scientifique était pour
1 600. La Colombie-Britannique est une autre forêt, une autre
géographie au niveau géomorphologique, et, au Québec, à 1 600, c'était
l'optimalité pour la récolte et la production.
M.
Fortin : OK, une dernière question...
Une voix :
...
M.
Fortin : 1 min 30 s? Parfait. Une dernière question pour vous
sur l'aménagement de la forêt, là. L'an dernier, dans les chiffres que vous
nous avez donnés, on comptait 3 226 hectares de superficie de
plantation qui était en état critique. Ça, ça veut dire... c'est de la
plantation, là, dont on ne s'est fort probablement pas occupé au fil du temps puis qui est devenue en état critique. Cette
année, on en compte 5 177. C'est une augmentation significative, là. Pouvez-vous
nous dire qu'est-ce qui s'est passé? Puis est-ce qu'on est en train de
s'occuper de nos plantations ou est-ce que, l'an prochain, on va avoir un
chiffre qui est encore plus élevé?
Mme Champagne
Jourdain : Si vous le permettez encore, on est dans le technique, là,
je passerais la parole à M. Breault.
M. Breault (Martin) : Merci. Bien,
en fait, je pense qu'il faut retenir, là, qu'au niveau de l'entretien des
plantations c'est quelque chose qui se fait en différentes étapes, là, au cours
de la croissance. Donc, c'est sûr que ça débute dans les premières années après
la mise... la mise en terre puis ça se poursuit, là, sur une période d'une
quinzaine d'années aussi, puis l'entretien va vraiment varier en fonction de
l'âge des plantations de manière à soutenir leur croissance. Ce n'est pas
uniforme. Ça va varier en termes de régions. Nous, on fait un suivi, là,
environ deux ans après la plantation, pour évaluer c'est quoi, les besoins de
ce qu'on appelle le dégagement des arbres. Par la suite, là, on est à autour de cinq ans plus tard qu'on va faire un autre
suivi pour s'assurer qu'ils sont libres de croître aussi.
Le Président (M. Julien) : En
terminant.
M. Breault (Martin) : Sur les
résultats de 2024-2025, donc, qui sont faits...
• (12 h 20) •
Le Président (M. Julien) : Merci.
Merci, M. Breault. Ce bloc d'échange est terminé. Je cède maintenant la parole
à la députée de Laviolette—Saint-Maurice
pour 8 min 14 s. À vous la parole.
Mme Tardif : Merci. Deux minutes ou
12 minutes?
Le Président (M. Julien) : Huit
minutes.
Mme Tardif : Huit minutes. Ah!
voilà, mes oreilles...
Le Président (M. Julien) : Ni un, ni
l'autre.
Mme Tardif : Oui, c'est ça, merci.
Merci, Mme la ministre. Je vais me tenter quasiment de continuer sur la
discussion du reboisement, mais parce que, trop souvent, on fait le... si vous
me permettez, trop souvent, on fait l'adéquation
ou le calcul mathématique : Il y a tant d'hectares qui ont brûlé, donc il
faut qu'on reboise systématiquement tous ces hectares-là. Ça fait que ce
n'est pas ça sur le terrain. On ne peut pas regarder ça mathématiquement, comme
ça, parce qu'il y a beaucoup de peuplements
forestiers qui brûlent et qui se régénèrent naturellement. Entre autres, en
Abitibi, au Lac-Saint-Jean, en
Mauricie, il y a eu des grands feux précédemment, d'où les bleuetières, d'où le
pin gris. Le pin gris est une essence qui se régénère et qui a besoin du
feu pour se régénérer.
Donc, c'est assez... c'est assez simple, mais
c'est... la réalité, c'est ça, là, et là on parle des feux, mais on peut parler
aussi des peuplements qui sont... qui sont coupés. Donc, il y a, je dirais,
75 % à 80 % des peuplements naturels qui se régénèrent naturellement
aussi, et le chiffre, moi, dans mon jeune temps, c'étaient
2 500 tiges à l'hectare qu'on
mettait, qu'on plantait, et 2 500 tiges à l'hectare, là, on parlait
de résineux, parce que, si on reboise du feuillu dur, c'est un autre chiffre, et, si on reboise
2 500 tiges à l'hectare, ceci a comme conséquence qu'il faut faire du
déboisement, du précommercial et du commercial. Donc, ça ajoute des
travaux de sylviculture par la suite.
Mme la ministre, dans le cadre du
budget 2026-2027, pour pallier à certains enjeux temporaires de liquidités
dans certaines entreprises qui veulent
entreprendre des projets d'investissement, qu'est-ce que le gouvernement prévoit
faire?
Mme Champagne Jourdain : Merci
beaucoup pour votre question puis votre intervention qui témoignent de votre expérience dans le... dans le secteur.
Peut-être vous dire que le gouvernement a annoncé, depuis 2023, 2,2 milliards
d'investissements afin de soutenir, là, le
secteur forestier. On l'a dit souvent, mais c'est important de le rappeler, on
est là pour l'industrie. On est là
pour nos régions, nos familles aussi. Alors, c'est important, puis ce
2,2 milliards-là se décline de la façon suivante.
Il y a 128 millions de dollars qui ont
été investis, dans le budget 2023-2024, pour, notamment, augmenter le niveau d'investissement dans les travaux
sylvicoles. Il y a 469 millions de dollars qui ont été investis, dans
la mise... bien, qui ont été annoncés, en fait, dans la mise à jour à
l'automne 2023, pour les initiatives déployées en réaction aux feux de
forêt exceptionnels de l'été 2023, et 527,5 millions de dollars,
dans le budget 2024-2025, pour accroître les investissements sylvicoles
dans la forêt publique, mais aussi privée, 455 millions de dollars,
dans la mise à jour de l'automne 2024, pour investir dans les efforts de
reboisement, incluant la contribution de 220 millions de dollars du
gouvernement fédéral, et 94,7 millions, dans le budget de 2025-2026, pour
diversifier l'industrie des produits forestiers puis encourager aussi
l'innovation, et 130,4 millions de dollars, dans la mise à jour de
l'automne 2025, pour offrir un congé temporaire de cotisation au fonds de
services de santé en 2027, mais aussi en 2027.
Alors, si on tient compte du montant de plus de
365 millions de dollars qui a été prévu dans le cadre du dernier budget, l'appui de notre gouvernement au
secteur forestier totalise près de 2,2 milliards de dollars depuis
2023.
Mme Tardif : Merci. Merci beaucoup.
Ce sont vraiment des beaux exemples, parce que, dans le budget qui a été déposé
en mars... Puisqu'on parle ici des crédits du budget, là, on va parler de
chiffres un peu. Dans le budget qui a été déposé en mars, on offrait un appui
de plus de 580 millions de dollars répartis sur cinq ans pour
financer... et on disait... et c'était de la
musique à mes oreilles, pour financer des initiatives de développement
économique régional, pour favoriser différents secteurs. On parlait, entre autres, du secteur
touristique, agricole, mais forestier, pour aider les entreprises, pour
aider les communautés forestières.
Alors, plus
concrètement, pour les communautés forestières et les entreprises, qu'est-ce
qui va être fait pour mieux encourager le
développement des PME, les entreprises, toutes les régions, là, avec ce 580 millions de
dollars là sur cinq ans? Vous en avez parlé un peu, là, mais plus
spécifiquement...
Mme Champagne
Jourdain : Je cherche le détail du...
Mme Tardif :
Ah! pas de problème.
Mme Champagne
Jourdain : Je suis en train de chercher ce détail-là. Je regarde si on
l'a...
Mme Tardif :
Alors, je vais vous...
Mme Champagne
Jourdain : Peut-être, si vous avez une autre question, puis je
reviendrai, si j'ai le temps, avec ce détail-là important.
Mme Tardif :
Bien oui, c'est ça, je vais avoir une autre question, une autre question que
j'ai notée, mais je n'ai pas besoin de la... je n'ai pas besoin de ma feuille.
Au cours des 12 dernières années, puis là je vais peut-être... Vous allez
peut-être passer la rondelle à quelqu'un d'autre, mais...
Mme Champagne
Jourdain : Ah bien! Peut-être, j'ai la réponse à votre
580 millions de dollars.
Mme Tardif :
Ah! merci, merci.
Mme Champagne
Jourdain : Alors, effectivement, il se décline comme ça... Bien, il va
permettre aussi d'agir à court terme, là,
vous l'avez dit, pour soutenir les PME dans nos régions. Alors, c'est
216,2 millions de dollars pour renforcer les principaux atouts
de nos régions, et il y a 365,1 millions de dollars qui est attribué
pour appuyer les entreprises des communautés forestières. De ce montant-là, il
y a plus de 60 % de ces sommes qui sont prévues pour
l'année 2026-2027. Alors, on a la preuve, là, qu'évidemment, une fois de
plus, on est à l'écoute, là, des réalités des régions forestières. La crise
frappe fort. On a mis plusieurs efforts pour les supporter, ces entreprises-là.
C'est important de le faire aussi. C'est une
crise sans précédent, comme j'ai eu la chance de l'exprimer, vous le savez
mieux que moi, puis on va être là pour nos régions, nos entreprises, nos
familles.
Mme Tardif :
Merci. Une minute? On va commencer, mais on continuera cet après-midi, parce
qu'on a prononcé le mot «projet pilote», mais on n'est pas allés beaucoup en
détail. Donc, j'aimerais que vous nous parliez de qu'est-ce que c'est. On a parlé du projet de loi n° 11, qui...
qui permettrait de faire des projets pilotes. Je vous laisse aller, Mme
la ministre. Merci.
Mme Champagne
Jourdain : Parfait. Alors, au niveau des projets pilotes, je pense
qu'il fallait trouver une nouvelle manière, innover pour... pour être capable
de mieux adresser, là, les besoins qu'on a en matière de gestion forestière,
puis les projets pilotes, qui seraient maintenant rendus possibles grâce au
projet de loi n° 11, des projets qui seront régionaux ou locaux, vont permettre
de tester...
Le Président (M.
Julien) : En terminant.
Mme Champagne
Jourdain : ...concrètement différentes matières, et je fais
référence... je veux... je veux souligner celui qu'on travaille actuellement
avec...
Le Président (M. Julien) : Merci.
Merci, Mme la ministre. Alors, merci, chers collègues, pour votre
collaboration, votre discipline pour
mon baptême de président de commission. C'est agréable d'être de ce côté-ci de
la table pendant l'étude des crédits.
Alors, ceci étant
dit, compte tenu de l'heure, la commission suspend ses travaux jusqu'à
15 h 30.
(Suspension de la séance à
12 h 29)
(Reprise à 15 h 37)
Le Président (M.
Julien) : Parfait. Merci. Donc, on va... on va reprendre les travaux.
Je vous rappelle que la commission est réunie afin de poursuivre l'étude du
volet Forêts des crédits budgétaires du portefeuille Ressources naturelles et
Forêts pour l'exercice financier 2026‑2027.
Puisque nous
avons débuté nos travaux à 15 heures presque 37, qu'une période de
30 minutes doit être consacrée à l'étude des crédits cet
après-midi, y a-t-il consentement pour poursuivre nos travaux au-delà de
l'heure prévue, soit jusqu'à 16 h 07? Consentement? Merci.
Donc,
nous sommes maintenant au bloc d'intervention de l'opposition officielle pour
le premier bloc d'échange. M. le député de Pontiac, la parole est à vous
pour...
M.
Fortin : Oui, merci. Merci, M. le Président. Je veux juste
reprendre là où on a arrêté nos échanges tantôt, là. Dans le fond, vous
avez posé la question par rapport aux hectares de superficie de plantation qui
sont en état critique, et le sous-ministre nous avait dit : Bien, il y a
toutes sortes de... toutes sortes de facteurs qui jouent là-dedans. Mais on n'a pas vraiment eu réponse comme tel à la
question, c'est-à-dire : Qu'est-ce qui fait en sorte qu'on a augmenté de
façon substantielle le nombre d'hectares de superficie de plantations qui sont
en état critique? Et est-ce qu'on s'enligne vers une augmentation encore l'an
prochain?
Mme Champagne Jourdain : Est-ce que
vous me permettez de passer la parole à M. Béland qui...
M. Fortin :
Oui, mais je pense que c'était...
Mme Champagne Jourdain : M. Breault.
M. Fortin :
Oui, c'est ça.
Mme Champagne Jourdain : Pardon, je
m'excuse.
M. Breault (Martin) : Bien, en fait,
écoutez, un, je ne suis pas certain que c'est substantiel, là. De mémoire, je
pense qu'on a indiqué, l'année passée, 5 000 hectares étant critiques
et, cette année, un peu plus. J'expliquais que c'est des suivis qu'on fait, là,
périodiquement, donc aux 15 ans. Puis je pense que ce qui est important de
retenir, que ce n'est pas parce qu'ils sont en état critique qu'ils sont en
risque de mortalité. Ça fait juste indiquer qu'on doit les suivre plus attentivement. Donc, c'est le... On
est dans le plan de travail qu'on fait, là, habituellement, là, de ce côté-là.
M. Fortin : OK. Je veux revenir à la question qu'on a posée par rapport
à l'aide... ou c'était la protection, là, peut-être, qu'on offre à nos
entreprises forestières en période qui, on le sait, là, tout le monde, est
particulièrement difficile, là. Votre prédécesseur, qui est aujourd'hui
ministre de l'Emploi, si je ne m'abuse... mais votre prédécesseur vous avait dit : Eh bien, il y a deux fonds,
vraiment, là, qu'on utilise pour s'assurer que... pour donner de la liquidité
aux entreprises forestières qui sont
les plus à risque. Il nous a fait mention du fonds PARESAU et du programme
FRONTIERE. Alors, moi, j'aimerais ça juste comprendre. Le fonds PARESAU,
là, on le sait qu'il a servi pour des feux de forêt en 2022-2023 puis en
2023-2024, mais est-ce qu'il y a eu des investissements depuis?
• (15 h 40) •
Mme Champagne Jourdain : Vous savez,
ça, ce sont des programmes qui sont développés mais aussi administrés par le
ministère de l'Économie et de l'Innovation. Ce programme-là, PARESAU, c'est un
programme d'appui à la rétention des... à la rétention des entreprises
stratégiques et une aide à l'urgence pour soutenir le besoin de liquidités à court terme des entreprises qui
étaient affectées par le programme douanier... les tarifs, pardon, les tarifs
douaniers. Là, vous, vous voulez avoir des données par rapport à ce
programme... à ce programme-là précisément?
M.
Fortin : Bien, en fait, moi ce que je comprends, là, c'est
qu'ici avec nous aujourd'hui, là, on a l'état-major de gens qui sont
supposés s'assurer que notre écosystème industriel forestier a toutes les
ressources du gouvernement à sa disposition,
hein? D'habitude, les industriels, ils commencent par vous autres, là, puis ils
disent : Bien, vous êtes là pour
nous donner un coup de main. Le précédent ministre nous disait : Le
programme PARESAU, c'est un des grands programmes
pour aider les gens de l'industrie forestière. Alors, moi, je veux juste
savoir... c'est : Est-ce qu'il a été utilisé par l'industrie
forestière depuis 2023-2024?
Mme
Champagne Jourdain : Le ministère de l'Économie pourrait donner des
données précises ou probablement répondre de manière plus précise. Sauf que,
moi, ce que je peux vous dire, c'est que l'information que j'ai, c'est
qu'il a été utilisé par des entreprises de l'industrie forestière, oui.
M.
Fortin : OK. Est-ce que vous
pouvez quand même vous engager, peut-être, à déposer les données par rapport
à ça ici?
Mme Champagne Jourdain : On pourra
les transmettre après la commission.
M. Fortin : OK, très bien. Le programme FRONTIERE, est-ce que vous avez
une indication qu'il a été utilisé? On sait qu'il y a eu 12 demandes en
2025. Est-ce que le programme a été utilisé? Est-ce que ces demandes-là ont été
acceptées?
Mme
Champagne Jourdain : Ce qu'on peut faire, c'est... on peut valider, là,
tout comme pour le PARESAU, puis vous transmettre ces données-là. Je
n'ai pas l'information, là, à ce moment-ci.
Le Président (M. Julien) : Est-ce
que c'est un engagement formel de transmettre la documentation?
Mme Champagne
Jourdain : Oui.
Le Président (M. Julien) : Parfait.
M. Fortin : Je veux revenir. Tantôt, là, on s'est... Je pense que c'est
dans le premier bloc d'échange, là, on n'a pas tout à fait terminé, là. L'an
dernier, l'enveloppe pour ce qui était le Programme d'aide de mise en valeur
des forêts privées, le programme Innovation
Bois, le Programme d'aménagement des forêts, le Programme de financement
forestier et les autres, là... l'an dernier, c'était 187 millions. Cette
année, dans le budget, il y a 176 millions. Comment, dans le
contexte actuel, comment, dans le contexte qu'on connaît tous, là, est-ce qu'on
peut se dire qu'on investit moins dans ces programmes-là que par le passé?
Mme Champagne Jourdain : Bien,
écoutez, je pense qu'on a été clairs sur le fait que, depuis 2023, notre
gouvernement a investi 2,2 milliards. Donc, je ne pense pas qu'on puisse
dire qu'on ne soutient pas, à ce niveau-là, l'industrie forestière. Au
contraire, on est bien conscients de ce qu'il... du contexte dans lequel... le
contexte difficile dans lequel ils doivent évoluer.
Peut-être revenir sur le plan budgétaire 2026‑2027,
qui est un investissement de 365 millions, 365,1 millions, pour être
plus précise, sur cinq ans, alors on avait... dans lequel on a choisi
d'investir 104,5 millions pour abolir la redevance annuelle, pour
améliorer la compétitivité du secteur forestier puis réduire aussi le coût de
la fibre : 60 millions, en 2026‑2027,
toujours pour appuyer les activités de transformation du secteur forestier, ça,
c'est du côté du MEIE, le 104,5 millions était du côté du MRNF;
179,9 millions sur deux ans pour maintenir les investissements dans les
travaux sylvicoles en forêt publique du côté du MRNF; 16 millions, en 2027‑2028,
pour poursuivre les efforts visant à contrer l'épidémie de la tordeuse des
bourgeons d'épinette, effectivement, c'est au MRNF; 1,7 million sur quatre
ans pour adopter... adapter, pardon, les forêts aux changements climatiques, et
un...
M. Fortin : ...pas de ces programmes-là qu'on parlait, là, mais ce
n'est pas grave, on va y revenir tantôt, là. On parlait vraiment du...
Mme Champagne Jourdain :
Précisément, est-ce que vous voudriez que...
M.
Fortin : ...des programmes,
entre autres, la forêt privée, mais on y reviendra tantôt, il n'y a pas de
problème.
Mme Champagne Jourdain : OK.
Le
Président (M. Julien) : Merci. Alors, on va compléter le bloc. Et
maintenant on s'en va au bloc d'échange, puisque celui-là est terminé... La
parole est maintenant à la députée de Verdun pour une durée de
4 min 40 s.
Mme Zaga Mendez : Merci, M. le
Président. Tout à l'heure, on a eu quand même des échanges sur le futur de la
forêt, de l'état du cadre forestier, là. On connaît tous ici ce qui est arrivé
avec la réforme forestière. Bien, moi, je me demande qu'est-ce que la ministre
compte vraiment faire dans les quelques semaines qu'elle a devant elle. Le milieu s'attend que les régions soient consultées,
qu'elles soient au coeur, mais aussi qu'il y ait un degré d'acceptabilité
sociale et donner plus de pouvoir à nos différentes MRC et municipalités pour
avoir une part plus importante dans la planification forestière. Est-ce que la
ministre compte respecter ou au moins écouter l'engagement qui est demandé de
la part des différentes municipalités?
Mme Champagne Jourdain : Pouvez-vous
être plus précise sur le dernier bout, là, l'engagement, si je suis prête à
prendre un engagement sur...
Mme Zaga Mendez : Une des critiques
puis qu'on a... Je pense qu'on a tous été ici à différentes conférences sur la
forêt dernièrement, puis une des demandes, entre autres, du milieu municipal,
c'est faire en sorte que nos municipalités,
nos régions, nos peuples autochtones aussi, dans la gouvernance locale, soient
au coeur de la planification puis l'aménagement forestier, ce qu'on n'a
pas réussi à faire avec le projet de loi qui a été complètement mis de côté.
Donc, qu'est-ce que vous comptez faire dans les prochaines semaines pour
répondre à cette demande?
Mme Champagne Jourdain : Bien, ce
qui est important, pour moi, dans les prochaines semaines... Vous savez, mon prédécesseur a travaillé un projet
pilote qui est important, qui est important, oui, pour donner de l'oxygène
aux entreprises dans le secteur forestier. Mais, dans ce projet de loi là,
aussi, il y a un pan important qui concerne, dans le fond, les projets pilotes
qui peuvent être mis en place par le ou la ministre, cette fois-ci, ce sera la
ministre, des projets pilotes qui permettent certainement de pouvoir développer
avec, entre autres, les Premières Nations, un aménagement, oui, de... là, je
cherche le mot...
Des voix : ...
Mme Champagne Jourdain : ...merci,
la gestion, je... blanc de mémoire de fin de journée, qui permet de tester
aussi de... la gestion participative avec les Premières Nations sur des
territoires qui vont être définis. Et moi, je considère
qu'on a besoin d'avoir cette expérience-là sur le terrain avec les Premières
Nations pour pouvoir alimenter ce que sera éventuellement une réforme, une
réforme qui est nécessaire, du régime forestier, et on va apprendre à
collaborer, Premières Nations, secteur forestier, entreprises, à travers ces projets
pilotes là, puis on va pouvoir alimenter la prochaine réforme.
Mme Zaga Mendez : Merci, Mme la
ministre. Tout à l'heure, on parlait de 365 millions qui ont été annoncés.
Je veux juste être capable de comprendre. On a quand même... on approche de la
saison des feux de forêt. En 2023, on a connu une pire saison au Québec. On ne
le souhaite pas, on ne se souhaite pas une autre. Je veux juste bien
comprendre, des 365 millions qui ont été annoncés... Ou est-ce qu'il y a
d'autres sommes qui seront dans la prévention,
préparation, adaptation de nos forêts, si ce n'est pas trop tard, que... pour
prévenir le pire dans quelques mois?
Mme Champagne Jourdain : Si vous me
permettez, je passerais la parole à M. Breault. C'est une question importante,
là, des feux de forêt, technique aussi, puis on est à l'aube, vous le dites...
je veux que vous ayez les meilleures réponses dans le contexte.
Le Président (M. Julien) : Pour une
minute.
M. Breault (Martin) : Oui. Bien, en
fait, sur les... sur les feux de forêt, là, d'abord, sur la question de la
remise en production suite aux feux de forêt de 2023, on a poursuivi les
travaux, là, qui étaient en lien avec la mesure budgétaire qui avait été
annoncée de 200 millions il y a déjà quelques années. Je pense que j'ai
expliqué tantôt, là, qu'il y a certaines superficies qui sont inaccessibles
parce qu'on est en terrain où il n'y a pas eu de construction de chemin, donc il ne serait pas, là... il n'y aurait
pas de sens, en termes d'aménagement durable, d'aller faire ces travaux-là.
Mais on est sur les mêmes objectifs qu'on avait au départ, quand on a fait
l'annonce, là, déjà, à l'automne 2023.
Mme Zaga Mendez : ...
Le Président (M. Julien) : 23 secondes.
Mme Zaga
Mendez : 23 secondes! Vous avez dit : Les
200 millions depuis 2023. Combien qu'il reste disponible?
M. Breault
(Martin) : Bien, écoutez, je... si vous me donnez une
seconde. Donc, pour les investissements de 200, on a mis sur... en
2024-2025, 2025-2026, on a mis 68 millions déjà...
Le Président (M. Julien) : Merci
beaucoup. Le bloc d'échange étant terminé, je cède maintenant la parole à la
députée de Chicoutimi pour une durée de 4 min 40 s.
• (15 h 50) •
Mme Laflamme : Merci. Mme la
ministre, je ne sais pas si vous le savez, mais les lois actuelles prévoient
des exigences différentes en matière de contrats sylvicoles en fonction que
l'entreprise est un contractant direct ou si ce sont des sous-contractants
d'une entreprise. Donc, ce que ça crée, c'est que des coopératives, à l'heure
actuelle, qui emploient des gens depuis des dizaines d'années se voient
obligées de puiser dans leurs réserves pour pouvoir avoir accès à ces
contrats-là, parce que la grille tarifaire proposée est devenue tellement
basse. D'autres entreprises font affaire avec des travailleurs étrangers
temporaires qui vont créer des entreprises unipersonnelles qui ne doivent pas
répondre aux exigences, alors ils sont capables de diminuer énormément les
tarifs. Alors, est-ce qu'on est en train de vivre un «Sylviculteur inc.» après
les «Chauffeur inc.», Mme la ministre?
Mme Champagne Jourdain : J'aimerais
répondre à votre question de manière précise et, si vous me permettez, je
passerais la parole à M. Auclair, qui est directeur général du Bureau de la
mise en marché des bois.
Mme Laflamme : ...à vous, Mme la
ministre.
Mme Champagne Jourdain : Pouvez-vous
la répéter, s'il vous plaît, juste pour être sûre?
Mme Laflamme : Bien sûr. Alors, on
se retrouve avec un système à deux vitesses : des coopératives qui ont des
employés, et ils offrent de bonnes conditions de travail; des entreprises qui
vont chercher des travailleurs temporaires, qui deviennent des entreprises
unipersonnelles qui ne sont pas soumises aux mêmes règles que la coopérative,
ce qui fait que la... il y a une force à la baisse sur la grille tarifaire.
Donc, une coopérative qui offre de bonnes conditions de travail se voit obligée
d'aller puiser dans ses réserves pour pouvoir... pour ne pas respecter, en fait,
les contrats, étant donné que les autres ont des coûts beaucoup moins élevés
d'opération, étant donné que les règles sont différentes.
Mme Champagne Jourdain : ...je vous
dirais que, de manière générale, le MRNF met à jour annuellement la grille, là,
des... de la valeur des travaux sylvicoles non commerciaux. Votre référence à
ça, la grille 2026-2027 a été publiée au mois d'avril, elle, 2026, elle
intègre progressivement les résultats des appels d'offres publics lancés par
Rexforêt, là, on fait référence à Rexforêt aussi, et ça, c'est dans le but de
s'assurer, bien sûr, que les taux payés reflètent la valeur du marché. Alors, si vous...
Je veux vous rassurer, là, le système, ce n'en est pas un qui est à deux
vitesses, là, ce sont des stratégies qui sont propres aux entreprises.
Mais, si vous voulez qu'on aille plus dans le technique, là, je peux passer la
parole à M. Auclair.
Mme
Laflamme : Bien sûr, allons-y.
Le Président (M.
Julien) : Consentement? Oui, M. Auclair, s'il vous plaît, votre nom
ainsi que votre titre.
M. Auclair
(Vincent) : Vincent Auclair, directeur général au ministère des
Ressources naturelles et des Forêts. Donc, ce à quoi vous faites référence,
c'est la grille pour les taux des travaux offerts en contrats répartis entre
plusieurs fournisseurs. C'est des contrats de gré à gré confiés par Rexforêt à
des entreprises sylvicoles sur une durée de trois ans pour leur assurer une
certaine prévisibilité. Puis la valeur de cette grille-là est déterminée à
partir des résultats des appels d'offres, et c'est dans le cadre des appels
d'offres que les taux qu'on obtient, les résultats, historiquement, au cours
des dernières années, sont en moyenne 19 % inférieurs à la grille de taux
qui est payée.
Ce qu'on a fait cette
année, c'est qu'on a intégré graduellement les résultats des appels d'offres
pour ajuster ladite grille à la valeur du marché, comme Mme la ministre l'a
mentionné. Ceci dit, au niveau des appels d'offres, il y a des règles
contractuelles très claires, et des entreprises qui tourneraient les coins
ronds pour... au détriment de conditions de travail ou de différents trucs
comme ça, il y a des règles très claires, et ce n'est pas permis. Et c'est le
mandat de Rexforêt de s'assurer que les règles sont respectées en matière
d'appels d'offres.
Mme Laflamme :
Comment peut-on expliquer une baisse tarifaire de 19 % dans le
contexte actuel?
M. Auclair
(Vincent) : La baisse tarifaire...
Le Président (M.
Julien) : ...
M. Auclair
(Vincent) : La baisse tarifaire... L'écart historique, c'est
19 %. La baisse tarifaire cette année, en moyenne, pour tous les taux,
c'est 0,2 % qui a été appliqué. Il y a certains taux qui montent, certains
taux qui baissent à la marge. C'est une approche graduelle qui a été retenue,
au MRNF, pour assurer qu'il n'y ait pas un choc. Puis, au niveau des
entreprises sylvicoles, ce qu'on observe dans les données, c'est qu'il y a des
entreprises qui ont encore des marges de profit très acceptables avec les taux
offerts. Oui, certaines entreprises ont plus de difficultés.
Mme Laflamme :
...parce que, vous savez que, quand même, le nombre de travailleurs
syndiqués en sylviculture a chuté de 80 % depuis 10 ans. Alors, il se
passe quelque chose dans ce marché-là, c'est clair. Je pense qu'il faut le
fouiller. Est-ce qu'on pourrait avoir le dépôt, aussi, des grilles tarifaires?
Le Président
(M. Julien) : En terminant.
Mme Champagne
Jourdain : Oui, elles sont publiques, mais on pourra les déposer.
Le Président
(M. Julien) : Donc, vous vous engagez à faire le dépôt?
Mme Champagne
Jourdain : Absolument.
Le
Président (M. Julien) :
Merci. Ce bloc d'échange est terminé. La parole est maintenant au député de Pontiac.
Vous êtes... disposez de 7 min 21 s.
M. Fortin : Est-ce que la ministre considère qu'avec la nouvelle grille tarifaire
pour les entreprises sylvicoles il y a des entreprises qui vont fermer
leurs portes?
Mme Champagne
Jourdain : Vous voulez savoir si je considère qu'avec la nouvelle
grille tarifaire il y a des entreprises qui vont fermer leurs portes. Écoutez,
moi, j'ai... depuis que je suis arrivée en poste, on a fait le tour de ce dossier-là, ça n'a pas été... cette
préoccupation-là n'a pas été apportée à mon... à mon attention, je dirais.
Maintenant, je peux peut-être rappeler, là, que, pour revenir un peu sur
les contrats sylvicoles, ils sont assujettis à la loi sur les organismes
publics, puis, pour avoir ces contrats-là garantis sur six ans, les entreprises
ont accepté la juste valeur marchande des taux... des taux contrats, qu'elle
soit déterminée par la mise aux enchères. Maintenant, c'est important... Comme
je vous le disais, moi... on a échangé sur ce... j'ai... j'ai été briefée, là,
sur ce dossier-là, lequel je suis aussi et je vais suivre de très près, et
on...
M. Fortin : ...de faire un tour de roue avec les entreprises
sylvicoles.
Mme Champagne
Jourdain : Absolument.
M. Fortin : Parce que ce n'est pas ce que nous autres, on
entend. Nous autres, on entend, puis je vois ma collègue qui hoche la
tête, là, nous autres, on entend exactement le contraire, que, oui, peut-être,
il y a des entreprises qui ont des marges plus acceptables, mais qu'il y en a d'autres qui sont sur le
bord puis qu'avec cette nouvelle grille tarifaire là ils ne passeront
pas au travers. Alors, je lui suggère peut-être de faire un autre tour de roue.
Mme Champagne Jourdain : ...possible,
ça pourrait être possible. Il s'agit des lois du marché, évidemment. On veut...
M. Fortin : Bien, en fait, non, ce n'est pas les lois du marché, c'est les lois qui
sont dictées par le gouvernement.
Mme Champagne Jourdain : On
veut agir progressivement pour ne pas créer de choc. Mais je vais assurément continuer
mon tour de roue avec les entreprises à ce niveau-là, que j'ai commencé. Merci.
M. Fortin : Très bien. Les producteurs acéricoles. Est-ce qu'on peut se
parler des producteurs acéricoles du Bas-Saint-Laurent deux minutes, là? Parce
que, vous le savez, là, ils ont fait une demande très directe de respecter
l'entente que votre prédécesseure la députée de Rimouski avait signée à l'effet
qu'il y aurait 2 000 hectares de forêt publique qui serait réservée
pour l'acériculture. Est-ce que vous avez l'intention de respecter cette
entente-là ou si, comme votre prédécesseur le ministre de l'Emploi, vous la
déchirez puis vous passez à autre chose?
Mme Champagne
Jourdain : Bien, écoutez, ce que... je pense, ce qui est important,
particulièrement dans ce dossier-là... Puis je tiens à spécifier que c'est...
c'est... les premières rencontres que j'ai faites, là, j'ai pris contact
rapidement avec le président, là, des PPAQ, je me suis rendue au
Bas-Saint-Laurent. Aussi, on avait un... on avait un caucus, là, effectivement, donc j'ai profité du fait qu'on soit là pour
pouvoir avoir des échanges, là, avec, entre autres, des élus, des gens
du milieu. Parce que c'est important de rappeler qu'il y a une entente de
principe qui avait été annoncée avec les
producteurs, les productrices acéricoles du Québec, et qui permettait de
confirmer l'octroi d'une bande de superficie de 50 000 hectares
en forêt publique.
Alors, dans
l'ensemble... dans l'ensemble du Québec, ça va, je veux dire, on... Là où on a
des enjeux, puis j'ai bien été au fait de ça, c'est effectivement au Bas-Saint-Laurent,
il faut harmoniser aussi l'utilisation des terres publiques à travers tous les
utilisateurs. Ce n'est pas une simple tâche. On a des villégiateurs, on a aussi
des gens de l'industrie forestière, des acériculteurs. C'est une industrie qui
est extrêmement importante, je tiens à le dire, pour notre gouvernement aussi, on reconnaît cette fierté-là, mais cet
apport-là aussi à l'économie. Moi, je... ce à quoi je crois aussi
beaucoup, c'est la concertation régionale. Alors, à travers les tables GIRT, il
y a un comité qui a été fait pour pouvoir déterminer...
Le Président (M.
Julien) : ...
M.
Fortin : Bien, vous n'avez pas tort, là, la concertation, c'est
important, mais ce travail-là, il a été fait par le passé, ces études-là, ces
analyses-là, ils ont été faits par le passé, là. Votre prédécesseure, là, qui
est députée de Rimouski, elle n'a pas tiré un chiffre dans un chapeau, là, elle
considérait que 50 000 hectares de forêt publique, dont
2 000 hectares dans le Bas-Saint-Laurent, une région qu'elle connaît
assez bien, je crois, c'était ça qui était souhaitable. Puis, quand vous
dites : Bien, ça prend... il faut s'assurer d'avoir la bonne utilisation
de la forêt publique pour tout le monde,
moi, ce que... ce que je comprends, là, c'est que 2 000 hectares de
forêt publique au Bas-Saint-Laurent, c'est 0,2 % de la forêt.
C'était ça, l'engagement du gouvernement. Moi, tout ce que je veux savoir de
votre part aujourd'hui, c'est : Est-ce que cet engagement-là, il va être
respecté, oui ou non?
Mme Champagne
Jourdain : Bien, dans le cas du Bas-Saint-Laurent, comme prévu à
l'entente de principe en mai 2025, les superficies acéricoles vont atteindre
6 220 hectares. Maintenant, je le disais tout à l'heure, les élus du
Bas-Saint-Laurent aussi nous ont demandé de les laisser travailler. Ils ont un
comité formé de tous les utilisateurs du territoire pour faire une
recommandation, pour me faire une recommandation. Alors, je pense que, pour
venir d'une région, on veut que les décisions soient prises en région, qu'on
régionalise ces décisions-là. Alors, moi, ce que je veux, c'est laisser
travailler ce comité-là, qu'il me revienne avec une recommandation.
• (16 heures) •
M.
Fortin : Dans le... Vous avez fait référence souvent au projet
de loi n° 11 aujourd'hui, là. Dans l'étude du projet de loi n° 11,
là, votre collègue aux... qui est aujourd'hui aux Affaires municipales a
dit : Ah! bien, les employés du Bureau de mise en marché, là, ils vont
être transférés au ministère, donc on va tous les garder. Aux dernières
nouvelles, il y a 63 équivalents temps complet qui sont attitrés au BMMB.
Est-ce que vous avez vraiment l'intention de garder tous ces employés-là?
Est-ce qu'ils sont encore nécessaires pour vous?
Mme Champagne
Jourdain : Bien, écoutez, la Direction générale des ressources
humaines du MRNF s'assure de respecter les conventions collectives puis les
dispositions qui sont applicables. Je pourrai tout à l'heure, après que j'aie
terminé, là, passer la parole à Mme Racine, mais je tiens à dire que le
ministère communique puis collabore aussi avec les syndicats, comme c'est prévu
aux conditions de travail. Puis les employées, je peux vous dire qu'elles ont
une expertise qui, même si on abolit le BMMB, est nécessaire et utile, là, au
sein du ministère. Certains ont déjà été replacés dans d'autres fonctions.
Mais, pour la suite, je vais laisser la parole à Mme Racine, si vous voulez
bien.
M. Fortin : Ça va. En
fait, je veux juste dire, M. le Président, dans les quelques secondes qui
restent, là, les gens de la forêt, là, ils avaient demandé à ce que leur
dossier soit une priorité absolue au gouvernement. Puis, en tout respect pour
la nouvelle ministre qui arrive dans ses fonctions, là, moi, je ne peux pas
vous dire que je sors de l'étude de crédits
rassuré que c'est la priorité absolue du gouvernement. Je sors surtout
convaincu que... le fait que le premier ministre avait dit à l'époque
que c'était peut-être trop difficile de continuer en forêt, qu'il y avait des
emplois qui seraient sacrifiés, c'est ça qui ressort.
Le Président (M. Julien) :
En terminant.
M. Fortin : On n'a pas l'impression que c'est une priorité absolue au gouvernement
de la CAQ. Merci, M. le Président.
Le Président (M.
Julien) : Merci. Ce bloc d'échange est terminé. La parole est
maintenant à la députée de Laviolette—Saint-Maurice pour 4 min 40 s.
Mme Tardif : Merci,
M. le Président. Mme la ministre, rebonjour. Des petites questions qui peuvent
sembler faciles pour les gens qui sont en foresterie, mais ça va éclairer les
milliers de personnes qui nous écoutent à la télévision et qui vont relire le
script après, là, les échanges. Donc, est-ce que vous pouvez nous dire... Parce
que, là, on parle, depuis le début, de travaux sylvicoles. Est-ce que vous
pouvez nous dire qu'est-ce que c'est, des travaux sylvicoles, et pourquoi le
gouvernement subventionne des travaux sylvicoles?
Mme Champagne
Jourdain : Bien, tout à fait, certainement, c'est une excellente
question. Écoutez, au niveau des travaux sylvicoles, ce sont des travaux qui
permettent de pouvoir... je veux être sûre d'utiliser les bons termes, mais de
pouvoir reboiser, remettre la ressource en place, mais aussi en forme, de
pouvoir intervenir au niveau de la forêt et d'assurer aussi la pérennité de
cette ressource-là, parce qu'on exploite une ressource qui est renouvelable,
mais il faut encore s'en occuper puis être capable de pouvoir remplacer cette
ressource-là, et c'est ce que permettent les travaux sylvicoles.
Mme Tardif : Merci.
Et je vous avais dit précédemment, avant midi, que je vous donnerais plus de
place pour expliquer le fameux projet de loi n° 11, parce qu'on en entend
parler, mais qu'est-ce que ça contient? Qu'est-ce qu'il va y avoir dans ça pour
soutenir le réseau forestier et à quel moment ça va pouvoir être appliqué?
Merci.
Mme Champagne
Jourdain : Bien, la première question... Je vais répondre à votre
dernière question. Le moment où ça va être appliqué, c'est le moment,
évidemment, où on va l'avoir adopté. Alors, c'est important, pour nos
entreprises forestières qui ont besoin d'oxygène, qu'on puisse procéder à
l'adoption de ce projet-là d'ici la fin de la session. On a tous un rôle à
jouer, oui, au gouvernement, mais aussi, je pense, aux différentes oppositions.
C'est
un projet de loi qui va nous permettre aussi de travailler des projets pilotes
de gestion participative avec, entre autres, la communauté... On a une entente
qui est avec le Conseil de la nation atikamekw et les trois communautés
attikameks, mais je sais aussi que d'autres communautés autochtones vont
regarder attentivement ce qui se passe là et peut-être aussi vouloir
développer, je le souhaite, des projets de gestion participative. Je le disais
tout à l'heure, c'est ça qui va nous permettre d'alimenter l'éventuelle réforme
qui doit... qui doit être faite et qui va permettre aussi d'harmoniser les usages aussi à travers...
d'harmoniser les usages... les différents usages, là, dans le fond, là, du
territoire.
Pour revenir au
projet... au projet de loi lui-même, juste deux secondes, je vais me sortir
mon... je l'ai perdu...
Mme
Champagne Jourdain :
Parfait. Merci. Merci beaucoup. Pour revenir en détail sur le projet de loi n° 11,
bien, ça va permettre d'assurer de la
vitalité économique dans les communautés forestières, je le disais, tout en
soutenant les travailleuses, les travailleurs puis leurs familles. C'est
important. On en a discuté aujourd'hui. Le contexte difficile que traverse
l'industrie forestière, ça a un impact sur des gens, des humains, des
entrepreneurs, oui, aussi, mais des travailleurs, des travailleuses.
Alors, à travers ce
projet de loi là, ce qu'on veut faire, c'est abolir la redevance annuelle,
mettre fin au système actuel de vente de bois aux enchères, on en a parlé tout
à l'heure, tout en conservant la mise aux enchères des bois affectés par des
épidémies d'insectes, des feux ou des catastrophes naturelles pour pouvoir
alimenter certaines usines, entre autres, pouvoir appliquer aussi une nouvelle
tarification plus compétitive pour nos entreprises à partir d'un taux de base
auquel va s'ajouter la valeur résiduelle déterminée par la rentabilité d'une
usine moyenne.
Le Président (M.
Julien) : En terminant.
Mme Champagne
Jourdain : On veut aussi alléger en partie la gestion des permis
acéricoles et pouvoir permettre aussi
d'innover en matière de gestion forestière grâce à des projets pilotes
régionaux comme j'en... auxquels j'ai fait référence tout à l'heure.
Merci.
Le Président (M.
Julien) : Merci. Merci, Mme la ministre. Merci à toutes les équipes
qui sont là.
Donc, le temps alloué
à l'étude du volet Forêts des crédits budgétaires du portefeuille Ressources
naturelles et Forêts étant réputé écoulé, nous allons maintenant procéder à la
mise aux voix des crédits.
Adoption
des crédits
Alors, le programme 1, intitulé Gestion des
ressources naturelles et forestières, est-il adopté?
Des voix : Adopté sur
division.
Le Président (M. Julien) : Sur
division.
Adoption de l'ensemble des
crédits
Finalement, l'ensemble des crédits budgétaires
du portefeuille Ressources naturelles et Forêts pour l'exercice 2026‑2027
est-il adopté?
Des voix : Adopté sur division.
Le Président (M. Julien) : Sur
division.
Documents déposés
En terminant, je dépose les réponses aux
demandes de renseignements de l'opposition.
Donc, compte tenu de l'heure, la commission
ajourne ses travaux au mercredi 13 mai 2026, à 15 heures, où elle entreprendra l'étude des crédits budgétaires
du portefeuille Agriculture, Pêcheries et Alimentation. Merci, tout le monde.
(Fin de la séance à 16 h 08)