Journal des débats (Hansard) of the Committee on Agriculture, Fisheries, Energy and Natural Resources
Version préliminaire
43rd Legislature, 3rd Session
(début : May 5, 2026)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
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Thursday, May 14, 2026
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Vol. 49 N° 3
Étude des crédits budgétaires du ministère de l'Économie, de l'Innovation et de l'Énergie, volet Énergie - Hydro-Québec
Étude des crédits budgétaires du ministère de l'Économie, de l'Innovation et de l'Énergie, volet Énergie
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Intervenants par tranches d'heure
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Julien, Jonatan
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Kelley, Gregory
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Drainville, Bernard
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Julien, Jonatan
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Bouazzi, Haroun
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Drainville, Bernard
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Kelley, Gregory
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Drainville, Bernard
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Kelley, Gregory
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Julien, Jonatan
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Paradis, Pascal
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Kelley, Gregory
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Julien, Jonatan
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Drainville, Bernard
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Julien, Jonatan
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Kelley, Gregory
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Paradis, Pascal
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Kelley, Gregory
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Julien, Jonatan
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Bouazzi, Haroun
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Drainville, Bernard
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Kelley, Gregory
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Julien, Jonatan
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St-Louis, François
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Drainville, Bernard
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Bouazzi, Haroun
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Drainville, Bernard
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Bouazzi, Haroun
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Julien, Jonatan
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Kelley, Gregory
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Paradis, Pascal
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Julien, Jonatan
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Paradis, Pascal
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Dufour, Pierre
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Kelley, Gregory
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Asselin, Mario
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Asselin, Mario
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Julien, Jonatan
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Drainville, Bernard
11 h 30 (version révisée)
(Onze heures quarante-six minutes)
Le Président (M. Julien) : À
l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission
de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles ouverte.
La commission est réunie afin de procéder
à l'étude du volet Énergie des crédits budgétaires du portefeuille Économie, Innovation
et Énergie pour l'exercice financier 2026‑2027. Une enveloppe de
1 h 30 min a été allouée pour l'étude des crédits.
Mme la secrétaire, y a-t-il des
remplacements?
La Secrétaire
: Oui, M.
le Président. M. Sainte-Croix (Gaspé) est remplacé par M. Montigny
(René-Lévesque) et M. Boissonneault (Arthabaska), par M. Paradis
(Jean-Talon).
Énergie
Le Président (M. Julien) : Parfait.
Merci. Donc, nous allons procéder à une discussion d'ordre général par blocs d'environ
15 minutes, incluant les questions et les réponses. La mise aux voix de
ces crédits sera effectuée à la fin du temps qui leur est alloué, soit cet
après-midi, vers 16 h 30. Nous débutons nos travaux à 11 h 47.
Nous sommes en attente d'une entente entre les parties, mais on peut commencer
les travaux pour... pour la fin.
Discussion générale
Donc, maintenant, je suis prêt à
reconnaître une première intervention de l'opposition officielle pour un
premier bloc d'échange. M. le député de Jacques-Cartier, la parole est à vous.
M. Kelley
: Merci
beaucoup, M. le Président. Bonjour, M. le ministre, et bonjour à votre équipe. M.
le ministre, j'ai suivi la course de la chefferie de la CAQ de près, là, j'ai
écouté tous les débats. Je n'étais pas convaincu car les deux candidats étaient
superbes, mais, quand même, je n'ai pas pris ma carte, j'ai demeuré une bonne
libérale. Mais, ceci dit, j'ai aussi écouté toutes les différentes émissions, les
entrevues qui étaient faites par le ministre. Puis je me rappelle une qui j'ai
trouvé superintéressante, comme critique responsable pour le dossier énergie, c'était
avec Infoman. Et, pendant cette émission-là, avec Infoman, le
ministre, le député à l'époque, mais le ministre a dit que, pour Hydro-Québec,
pour le plan de 2035, lui, il pense que c'est possible d'augmenter les coûts
pour le plan à 250 milliards de dollars, 50 milliards de dollars
de plus que qu'est-ce qui est prévu dans le plan.
Alors, dans votre tête, M. le ministre,
est-ce que vous croyez que c'est toujours important qu'on augmente le plan d'Hydro-Québec
de 50 milliards de dollars ou on est capable de livrer ça dans le chiffre
qui est mis de l'avant par Hydro-Québec de 200 milliards de dollars?
M. Drainville : Bien, d'abord,
M. le Président, si vous me permettez, je vais saluer tous les collègues ici réunis.
Je suis content de vous retrouver. C'est toujours un exercice important, les
crédits. On se rappelle que ça faisait partie des revendications des patriotes,
c'était une des... une des grandes batailles menées par les patriotes, la
responsabilité ministérielle. Alors, c'est ce que nous exerçons ici aujourd'hui.
Alors, M. le député de Jacques-Cartier, je
vous salue en particulier. Je suis... je suis certain d'avoir dit 200, mais, si
jamais j'ai dit 250, c'est que la langue m'a fourchu. Alors, le plan d'Hydro-Québec,
c'est bien 200 milliards d'investissement d'ici 2035, M. le député. Et je
vois à votre sourire que ce n'était qu'un hors-d'œuvre que vous me serviez en
guise d'introduction de cet... de ce sympathique échange que nous allons avoir.
• (11 h 50) •
M. Kelley
: Je pensais,
c'était une bonne question. De mémoire, c'est 250 milliards de
dollars, mais je pense que le ministre vient de clarifier le tout. Alors, merci
beaucoup pour ça.
Et je reviens encore sur un autre débat
qui a été très important aussi de la course à la chefferie de la CAQ. Et mon
collègue de Jean-Talon a posé une bonne question. Mais je me souviens, dans le
débat avec le premier ministre, vous avez clairement dit que gaz de schiste
versus notre eau, il n'y a aucune question là-dessus. Il faut protéger notre
eau, c'est une richesse pour toutes les nations. Bref, c'était un super bel
échange. J'étais super d'accord avec le ministre à l'époque. J'ai dit :
Ah! moi, je suis d'accord avec lui. Je pense qu'on a déjà fait le débat. Je
pense que le débat est clos. Mais la première ministre, elle a eu une
différente vision. Puis, hier, votre collègue le ministre responsable pour la Transition
énergétique, il a dit : Bien, <on ne va pas changer...
M. Kelley :
...elle
a eu une différente vision. Puis hier, votre collègue, le ministre responsable
pour la transition énergétique, il a dit : Bien, >on ne va pas
changer les lois, mais on va lancer les débats sur l'autonomie énergétique du
Québec. Alors, la porte ne semble pas fermée sur la question de la fameuse gaz
de schiste. Et je comprendre votre réponse en Chambre, que certains critères,
l'acceptabilité sociale, l'eau, etc., mais, quand même, M. le ministre, est-ce
que la possibilité de réouvrir la loi est possible? Parce qu'on est en train de
relancer le débat. Alors, je veux avoir un petit peu de clarté de votre part.
M. Drainville : Oui. Alors,
ce que j'ai dit en Chambre, c'est que la sécurité énergétique, c'est l'objectif
suprême, c'est ce qui va nous guider dans toutes nos décisions. Et le choix que
nous avons fait, nous, comme Québécois, pour assurer cette sécurité
énergétique, c'est de miser sur l'énergie verte. Et c'est pourquoi nous
appuyons, bien entendu, le plan d'action d'Hydro-Québec, d'un investissement de
200 milliards d'ici 2035, donc, dans les énergies vertes. Alors,
l'avantage de miser sur les énergies vertes, c'est que ça nous permet d'abord d'avoir
une politique énergétique, donc produire plus d'énergie pour subvenir aux
besoins des citoyens et des entreprises. Ça nous permet d'avoir également une
politique climatique, parce que, quand on décide d'investir dans les énergies
vertes, on investit dans la décarbonation de notre économie. Ça nous permet
aussi d'avoir une politique industrielle, parce qu'évidemment, en générant plus
d'énergie, on va pouvoir donner plus de courant à nos entreprises qui ont des
projets et pour lesquels on manque d'énergie présentement. Et finalement ça
nous permet aussi, en investissant dans les énergies vertes, d'avoir une
politique commerciale. Parce qu'il y a une dimension commerciale à ce choix que
nous faisons. Si on veut exporter vers l'Europe, l'Europe a commencé à tarifer
les produits qui sont fabriqués avec des énergies polluantes. Donc, en
fabriquant des produits ici avec de l'énergie verte qui ne produit pas de GES,
on se donne un avantage comparatif pour exporter vers l'Europe. Donc, le choix
des énergies vertes, c'est un choix qui nous permet de gagner sur le plan
énergétique, climatique, industriel et commercial.
Maintenant, pour ce qui est de votre
question, M. le député, ce que j'ai dit, c'est qu'il y aurait une discussion,
il y aura une discussion au sein du gouvernement, parce que la question de la
sécurité énergétique ne se résume pas qu'à l'approvisionnement en énergie verte,
il faut regarder toutes les options. Maintenant, j'ai aussi ajouté, vous avez
raison de le dire, que cette discussion, elle sera encadrée par un certain
nombre de principes, dont le respect de l'acceptabilité sociale, le respect des
règles de protection de l'eau et le respect des règles de protection de
l'environnement.
M. Kelley : Merci, M. le
ministre. Alors, il y a des discussions, à ce stade ici, entre les différents
ministres au sein du gouvernement, pas avec la société civile. On n'est pas
rendus à des débats avec toute la nation. Alors, est-ce que vous avez demandé à
votre ministère ou est-ce que la première ministre a fait une demande ou une
commande envers la fonction publique de commencer à regarder la question des
gaz de schiste?
M. Drainville : Pas au sein
de mon ministère, en tout cas.
M. Kelley : OK. Alors, pour
l'instant, on peut dire que... parce que j'ai remarqué que, dans le discours
inaugural de la première ministre, on n'a pas parlé des gaz de schiste, ce
n'était pas là, mais ce n'était pas présent. Alors, peut-être la première
ministre a pris votre avis de... comme vous avez mentionné dans un tweet, de
reculer, et ce n'est pas nécessairement une bonne option de relancer ce
débat-là, mais on verra la suite des choses.
Je pense que, M. le ministre, vous avez...
vous avez bien répondu à mes questions, là, merci pour ça, puis on va continuer
de surveiller ce dossier de près. Puis un jour, peut-être, on va avoir une
réponse de la première ministre si elle, elle a une autre vision de tout ça.
C'est une bonne chose qu'il y ait des études de crédits, pour elle, qui s'en
viennent, de mémoire. Alors, on verra la suite des choses.
Je veux maintenant, M. le ministre, aller
sur une autre question qui est superimportante pour le dossier de l'énergie, et
ça, c'est l'entente de Churchill Falls. Depuis que vous avez arrivé en poste,
est-ce que vous avez eu des discussions avec Hydro-Québec ou, quand même, avec
vos homologues à Terre-Neuve sur cette entente qui est superimportante pour
Hydro-Québec?
M. Drainville : Alors, est-ce
qu'on a eu des discussions au sein du gouvernement? La réponse, c'est oui. Vous
savez, parce que ça a été rendu public, que la première ministre a eu des
discussions avec le premier ministre terre-neuvien. Nous sommes en attente du
dépôt du comité, du dépôt du rapport du comité d'experts ou du comité
indépendant, tel qu'ils l'ont qualifié <par le gouvernement
terre-neuvien....
M. Drainville :
...ou du comité indépendant, tel qu'ils l'ont qualifié >par le
gouvernement terre-neuvien. Selon les informations que nous avons, ce comité va
déposer son rapport la semaine prochaine. Et évidemment, M. le député, on
attend avec, je dirais, beaucoup d'intérêt de voir quel en sera le contenu.
Vous avez raison de poser la question, parce qu'il y a consensus, je pense, au
Québec, sur le fait que c'est un dossier extrêmement stratégique. Quand on
parle de sécurité énergétique, c'est certain que nous, on voit, dans cette
entente avec Terre-Neuve, un excellent moyen de contribuer à la sécurité
énergétique à la fois des Québécois et des Terre-Neuviens, parce que nous, on
est convaincus, M. le Président, que cette entente-là, c'est une entente qui
est gagnante-gagnante.
Et donc je conclurai ma réponse, M. le
député, en vous disant que nous continuons d'avoir confiance de pouvoir signer
une entente finale le plus rapidement possible. Ça reste l'objectif, conclure
une entente finale avec Terre-Neuve le plus rapidement possible.
M. Kelley
: Merci
beaucoup, M. le ministre. M. le Président, une autre question sur
Churchill Falls. Je comprends que c'est toujours possible que Terre-Neuve va dire
non puis on retourne à la table de négociation. La première ministre, elle a
dit que, si jamais ça arrive, et ce n'est pas un souhait, je veux juste mettre
sur la table que ça demeure une possibilité, que, si ça arrive que Terre-Neuve
rejette l'entente puis on recommence les négociations, que le Québec a un plan
b puis un plan c pour s'assurer que les objectifs puis le plan d'Hydro-Québec
sont atteints. Alors, je ne sais pas si vous avez une réponse sur la partie
plus spécifique sur le plan b et le plan c, c'est quoi exactement?
M. Drainville : Bien, je vais
vous dire honnêtement, M. le Président, moi, je mise sur le plan a, puis le
gouvernement, on mise sur le plan a. Je vous rappelle que le contrat actuel, il
est valide jusqu'en 2041. Donc, on a accès à la production de Churchill pour un
minimum de 15 ans encore. C'est un contrat de tout près de 5 000 MW
à un prix qui est effectivement très, très, très, concurrentiel.
Maintenant, nous, on continue, donc,
d'avoir confiance de pouvoir signer cette entente-là à brève échéance. Et je
rappelle, M. le Président, qu'on n'attend pas après personne pour investir dans
nos ressources renouvelables. Le plan d'action d'Hydro-Québec de 2035 prévoit
l'ajout de plusieurs milliers de mégawatts. Il y a des chantiers éoliens qui
ont été annoncés et il y en a d'autres qui sont en appel d'offres. On va de
l'avant avec... également avec une augmentation de notre capacité de production
d'énergie solaire et on veut également rehausser la production de nos barrages
et de nos ouvrages, devrais-je dire, hydroélectriques.
Donc, le plan d'action d'Hydro-Québec de
2035, c'est un plan qui nous appartient, ce sont des investissements qui ne
dépendent de personne. Donc, on va de l'avant avec le plan d'action
d'Hydro-Québec et puis on va évidemment s'asseoir avec Terre-Neuve dès qu'on
connaîtra le rapport du... le contenu du rapport, pour voir s'il y a moyen d'en
arriver à une entente finale avec eux à très brève échéance.
M. Kelley
: Merci, M.
le ministre, mais encore, peut-être juste pour nous... parce que c'est des
déclarations qui étaient mises de l'avant par la première ministre et par le
gouvernement, qu'il y a des options b et c. Et je suis d'accord, on mise sur le
plan a, mais encore c'est possible que ça ne marche pas. Alors, de bien
comprendre, c'est juste de continuer avec le plan d'Hydro-Québec ou est-ce
qu'on va modifier peut-être les mégawatts qu'on veut produire, réduire le plan,
ou est-ce qu'on va miser sur des projets, des barrages sur le territoire du
Québec? Je comprends le solaire puis l'éolienne, tout ça, c'est beau, mais,
quand même, c'est énormément d'énergie. Dans l'entente, qu'est-ce qu'on va
produire à Churchill Falls, c'est énormément d'énergie, c'est énormément de
mégawatts, et, si c'est un échec, je pense qu'on est coincés un petit peu avec
notre plan d'Hydro-Québec.
• (12 heures) •
M. Drainville : Bien, M. le
Président, si vous permettez, le député a tout à fait raison de poser la
question, puis, si j'étais à sa place, je la poserais. Puis Dieu sait que j'en
ai fait, des heures en commission parlementaire puis en crédits dans le rôle
qu'il occupe présentement. Donc, c'est une question qui est tout à fait
légitime.
Maintenant, s'il se met à ma place, maintenant,
il, je pense, partagera la position qui est la <mienne...
>
12 h (version révisée)
<209
M.
Drainville :
...légitime.
Maintenant, s'il se met à ma place
maintenant, il, je pense, partagera la position qui est la >mienne, c'est-à-dire
qu'on ne peut pas à ce stade-ci, alors qu'on est dans l'attente du contenu du
rapport du gouvernement terre-neuvien... on ne peut pas se placer dans une
position où on envisagerait ouvertement autre chose qu'une réussite des
discussions. Il faut absolument réitérer que cette entente-là, elle est
stratégique, elle est capitale pour l'avenir énergétique et du Québec et de
Terre-Neuve. Donc, c'est une entente qui est gagnant-gagnant ou gagnante-gagnante.
Et nous avons confiance de pouvoir en
arriver à une entente finale parce que, justement, l'intérêt québécois et l'intérêt
terre-neuvien concordent, vont dans la même direction. On a trouvé un espace où
on peut sécuriser de grandes quantités d'énergie à un prix qui est compétitif.
Et Terre-Neuve voit dans cette entente-là une façon de corriger ce qu'ils ont...
ce qu'ils ont considéré historiquement comme une sorte d'injustice. Et donc on
est confiants, M. le Président, de trouver, justement, l'espace qui va nous
permettre d'obtenir une signature finale, et c'est là-dessus qu'on veut mettre
nos énergies, pas sur autre chose.
Le Président (M. Julien) : ...M.
le ministre. Donc, j'ai compris qu'il y avait eu un consentement, là, juste
avant de passer au prochain bloc, pour que le retard qu'on a eu en début de
séance soit imputé à l'enveloppe gouvernementale et qu'on puisse poursuivre un
peu dépassé 13 heures, jusqu'à 13 h 02, à peu près, pour terminer. Alors,
consentement? Oui?
Alors, ce bloc d'échange étant terminé. La
parole est maintenant au député de Maurice-Richard. Vous
disposez de 14 min 40 s.
M. Bouazzi : Merci, M. le
Président. Très heureux à être dans ces crédits. Je vais revenir avec vous, M.
le ministre, sur un peu les conséquences du projet de loi n° 69, que
nous avions décrié et que votre gouvernement a passé sous bâillon.
Récemment, la compagnie Domtar était dans
les médias parce qu'elle a cédé deux barrages de 80 MW chaque à une
compagnie à numéro. Cette cession n'était tout simplement pas possible avant le
projet de loi n° 69. La nouvelle compagnie à numéro n'a
plus aujourd'hui d'obligation par rapport aux obligations historiques qu'avait
la compagnie Domtar par rapport à la création d'emplois dans la région, etc.,
et pourrait se retrouver à être tout simplement une compagnie énergétique,
voire tout simplement à vendre de l'électricité à une autre compagnie privée,
ce que permet le projet de loi n° 69. Qu'est-ce
que vous pensez que les Québécoises, les Québécois ont gagné de cette
situation?
M. Drainville : ...Président,
je tiens d'abord à exprimer... ou à réitérer les faits. Malgré le transfert,
les obligations demeurent, il n'y a eu aucune concession qui a été faite sur
les engagements qui avaient été contractés. Donc, les obligations de l'entreprise
sont préservées.
M. Bouazzi : Laquelle? Parce
que ce n'est plus la même. Donc, on s'entend, juste pour comprendre, moi, j'aimerais
bien que les gens qui nous écoutent comprennent un peu la situation, parce que
je vais vous dire, moi, Domtar gagne à ça, hein? Il faut comprendre que cette
compagnie-là a été vendue à un archimilliardaire étranger indonésien, que le
fait de lui avoir vendu la compagnie lui permet d'avoir des droits de coupe sur
nos forêts assez exceptionnels, qu'il hérite avec tout ça des barrages et que...
Alors, je vais commencer les coïncidences.
M. Fitzgibbon était sur le conseil d'administration de Domtar avant d'être
ministre, il dépose un projet de loi, le projet de loi n° 69,
qui permet, justement, des transferts de barrages de moins de 100 MW vers
d'autres compagnies, de vendre ce que... Il monte la limite de 50 à 100. Il s'en
va. Le projet de loi est adopté sous bâillon au mois de juin. Au mois d'août,
Domtar crée une compagnie à numéro pour recevoir ces barrages.
Rappelons au passage que M. Fitzgibbon,
après avoir, donc, déposé ce projet de loi, a été ministre de l'Économie, part
comme conseiller pour la compagnie du milliardaire indonésien, qui est d'ailleurs,
et c'est un autre sujet, mais une sacrée crapule d'un point de vue droit <international...
M. Bouazzi : ... et c'est un
autre sujet, mais une sacrée crapule d'un point de vue droit >international
et se retrouve donc à faire ce transfert-là.
Moi, je ne vois pas ce que les Québécois
ont gagné, mais la compagnie a clairement gagné quelque chose en faisant ce
transfert-là de Domtar à une compagnie à numéro. Est-ce que vous pouvez nous expliquer,
encore une fois? Je veux dire, ils font ça pour le plaisir, de passer une
compagnie... les barrages d'une compagnie qui avait des obligations, des
contrats avec l'État, à une compagnie à numéro à côté?
Le Président (M. Julien) : ...de
Maurice-Richard, je vous appelle quand même à la prudence dans vos
commentaires. M. le ministre.
M. Drainville : Oui. Bien,
écoutez, M. le Président, moi, je ne suis pas ici, là, pour parler au nom de
Domtar ou au nom des propriétaires de Domtar. C'est assez facile de retrouver
dans les déclarations médiatiques les raisons pour lesquelles ils ont souhaité
faire ce transfert. Mais moi, je tiens à réitérer, M. le Président, que, malgré
le transfert de propriété, les obligations demeurent parce que les ouvrages
continuent d'être détenus à 100 % par Domtar.
Et j'ai parlé des obligations en matière
d'emploi tout à l'heure. L'autre obligation qui est extrêmement importante,
c'est l'obligation que la production d'énergie serve aux installations dans la
région. Donc, ça aussi, c'est une obligation qui existait avant et qui existe
toujours. Les obligations, M. le député, en tout respect, n'ont pas changé, la
compagnie doit préserver... doit, dis-je, respecter les mêmes obligations
qu'elle avait avant.
M.
Bouazzi : À part celle de vendre son... de transférer le barrage à une
compagnie à numéro. J'entends vos mots, M. le Président, et je vais faire
attention, mais laissez-moi quand même rappeler que le propriétaire de cette
compagnie, donc, Paper Excellence, qui a racheté Domtar, que d'ailleurs M. Fitzgibbon
décrit comme quelqu'un d'assez exceptionnel, M. Jackson Wijaya, fait partie
d'une famille, donc, qui pèse 18 milliards de dollars et qui a fait
état de graves, graves manquements. Amnistie internationale a demandé une
ouverture d'enquête sur ce que, donc, la compagnie mère a fait en Indonésie, à
savoir envoyer des gens dans un village, les sortir de là, pour ensuite
détruire le village et lui mettre le feu pour pouvoir couper les arbres autour.
Et ce n'est pas par hasard que le gouvernement, d'ailleurs, pas loin... pas
plus loin qu'en février, ait été obligé d'intervenir pour arrêter des coupes
d'arbres dans des territoires ancestraux à grande valeur pour les Premières
Nations. C'est effectivement des voyous et ce n'est pas ce qu'on considère
comme d'extraordinaires partenaires d'affaires.
Le Président (M. Julien) : M.
le député, je vous réinvite à la même prudence. Merci.
M. Bouazzi : Je suis très
prudent, là, je suis factuel. Donc, parlons des différents tarifs, M. le
ministre...
M. Drainville : Domtar, là,
ou on est sur un autre sujet? Excusez-moi.
M. Bouazzi : Non, on est...
on est sur un autre sujet.
M. Drainville : D'accord.
M. Bouazzi : Les... D'abord,
commençons par... Vous avez parlé effectivement des milliers de mégawatts
qu'Hydro-Québec a décidé de... enfin, va dégager d'ici 2035, un investissement
de pratiquement 200 milliards de dollars, qui est, rappelons-le, plus
que le budget annuel du Québec, là, c'est des grosses, grosses... Comment
est-ce que... Donc, dans ce plan-là, en gros, il y avait 25 % de la
nouvelle électricité qui irait à des développements économiques et 75 %
qui irait à la décarbonation de notre économie et notre société. Est-ce que
vous êtes d'accord avec ces chiffres?
M. Drainville : Écoutez, M.
le Président, je suis en train de faire vérifier, là, la teneur de
l'affirmation que l'honorable député de Maurice-Richard vient de faire. Je veux
quand même préciser que la présidente, la PDG d'Hydro-Québec sera parmi vous
cet après-midi. Donc, sur les questions peut-être plus techniques, si vous me
permettez, M. le député, ça pourrait être une bonne idée de vous les réserver
pour Mme la PDG.
• (12 h 10) •
Et l'autre chose, bon, ça fait un petit
peu plus de trois semaines, là, que j'occupe le poste qui est le mien
maintenant, donc j'ai essayé de me préparer à toutes les questions techniques,
mais évidemment c'est possible que je n'aie pas réponse à toutes les questions.
Alors, je suis en train de faire vérifier, là, l'affirmation que vous avez
faite, M. le député, mais je dois vous dire que, sur les... sur les mégawatts,
je ne sais pas si vous m'avez entendu au début, là, les mégawatts qui vont être
produits <en vertu du...
M. Drainville :
...
je ne sais pas si vous m'avez entendu au début, là, les mégawatts qui vont être
produits >en vertu du nouveau plan 2035, là, je ne sais pas si vous
êtes d'accord avec moi, mais d'investir dans les énergies vertes, ça reste le
choix, le bon choix qu'il faut faire sur le plan énergétique, sur le plan
écologique, et donc climatique, sur le plan économique, industriel, pour les
emplois, et tout le reste, et sur le plan, également, de notre capacité à
exporter en faisant valoir que les productions qui sortent du Québec sont
produites avec de l'énergie qui ne produit pas de GMS. Est-ce que... Est-ce
qu'on s'entend là-dessus, vous et moi, que c'est le bon choix, les énergies
vertes?
M. Bouazzi : Alors,
d'abord, c'est moi qui pose les questions. Deuxièmement, quand même, je vais y
répondre. Oui, effectivement, l'énergie verte, c'est important. Je suis quand
même vraiment étonné que savoir que 75 % de la nouvelle énergie sert à
décarboner, alors que 25 % sert à de la nouvelle économie et, aux yeux du
ministre de l'Énergie, quelque chose de technique. On est très, très loin des
questions techniques, que je ne vais pas aborder, je vais effectivement
réserver le reste.
Mais restons sur l'énergie verte, à ce
moment-là, parce que vous avez mangé beaucoup de mon temps, M. le ministre. Si
on regarde une compagnie comme Marinvest, par exemple, qui... qui...
M. Drainville : ...
M. Bouazzi : Marinvest.
M. Drainville : Ah! Marine
Invest. Oui.
M. Bouazzi : Si vous
voulez, avec votre accent anglophone. Moi, je respecte.
19305
209
M. Drainville : Non,
d'accord, d'accord.
M. Bouazzi : Cette
compagnie-là qui passe du gaz de schiste et qui va produire des quantités... je
veux dire, on a des études qui parlent de 45 millions de tonnes de CO2 à
terme, par an, sur la vie de 30 ans de cette... de ce pipeline, plus la
liquéfaction qui s'ensuit. Est-ce que, pour vous, ça, c'est de l'investissement
dans de l'énergie verte?
M. Drainville : Alors,
M. le Président, le choix que nous avons fait, c'est le choix des énergies
vertes avec l'objectif d'assurer la sécurité énergétique des Québécois. Maintenant,
c'est vrai qu'il y a, dans notre mix énergétique, si vous me permettez le mot
«mix», il y a, dans ce mix énergétique, une part pour le gaz naturel à des fins
industrielles, notamment, parce que c'est effectivement difficile,
actuellement, d'utiliser une autre énergie que le gaz naturel dans des grandes
usines qui produisent sur une très grande échelle...
M. Bouazzi : M. le
ministre, en tout respect...
M. Drainville : Est-ce
que je peux finir la réponse?
M. Bouazzi : Bien, c'est
une... ma question est claire : Marinvest ne sert absolument pas le gaz
qu'on consomme ici, au Québec. Donc, votre réponse, en tout respect, est hors
sujet. Est-ce que vous avez promis des blocs d'électricité à Marinvest pour
qu'elle puisse faire sa liquéfaction du côté de la Côte-Nord?
M. Drainville : Bien, en
tout cas, moi je n'ai rien promis. Je ne les ai même pas rencontrés, je ne leur
ai pas parlé. Et puis, pour le moment, à ma connaissance, il n'y a aucun projet
qui a été déposé. Alors, on verra bien si Marine Invest finit par déposer un
projet. Chose certaine, s'ils le font, ça devra se faire dans le respect de
l'acceptabilité sociale, puis ils devront faire la preuve qu'il y a des
retombées économiques et financières qui sont claires pour le projet. Donc,
pour le moment, nous n'avons pas de position officielle, comme gouvernement,
parce qu'il n'y a pas de projet qui a été déposé. Maintenant, j'ajouterais
ceci, j'ajouterais ceci, s'il y a un projet qui est déposé, M. le Président,
nous allons l'évaluer.
M. Bouazzi : C'est très
bien. Donc, vous avez le député de René-Lévesque du coin qui parle de
30 milliards d'investissements, des retombées de 12 milliards. On a
des demandes d'accès à l'information parce que c'est la seule manière d'obtenir
des informations. Au niveau fédéral, on sait qu'il y a une équipe qui s'occupe
juste de ça. Pour l'instant, la population, tout ce qu'elle sait, c'est qu'il y
avait GNL Québec qui a été annulé parce qu'il n'y avait aucune acceptabilité
sociale et, entre autres choses, des millions de tonnes de CO2 de plus qui vont
accélérer la fin du monde, là, parce que c'est ça que c'est. Et là vous êtes en
train de nous dire qu'il n'y a pas de projet sur la table. Au moins, rendez
transparentes les études de marché qui, clairement, ont été vues par le député
de René Lévesque pour que nous aussi et la population évaluent à quel point
est-ce que c'est rentable ou pas pour la société.
M. Drainville : M. le
Président, rien n'a été déposé officiellement auprès du gouvernement en ce qui
a trait à ce projet. Rien.
M. Bouazzi : OK. Donc,
le député de René-Lévesque n'a pas eu une présentation des retombées
économiques du projet?
M. Drainville : M. le
Président, M. le député pourra poser la question, au début, au député, s'il le
souhaite...
M. Bouazzi : C'est à vous
que je la pose, M. le ministre.
M. Drainville : Bien, je
vous ai... j'ai donné une réponse. J'ai donné une réponse, oui.
M. Bouazzi : Donc, donc,
on a un député de votre majorité, du coin, qui parle de 10 à 12 milliards
pour la construction d'un oléoduc, 8 milliards pour l'usine de
liquéfaction, 4 à 5 milliards pour l'amélioration du <réseau
principal...
M. Bouazzi :
...
oléoduc, 8 milliards pour l'usine de liquéfaction, 4 à 5 milliards
pour l'amélioration du >réseau principal existant, 3 à 4 milliards
pour un parc éolien associé, etc., et vous les êtes en train de nous dire que
les documents et le projet n'existent pas? Ça, c'est la transparence et
l'acceptabilité sociale dont vous parlez?
M. Drainville : Bien, M. le
Président, je réitère qu'aucun projet n'a été déposé, qu'aucun document n'a été
déposé. Et je n'ai pas parlé avec quiconque de Marine Invest puis je n'ai pas
rencontré personne de Marine Invest. Il n'y a rien qui a été déposé, rien qui a
été déposé à notre ministère.
M. Bouazzi : Donc, sur les
ondes de la radio, vous-même, vous avez dit que vous étiez favorable à ce
projet-là. S'il n'y a absolument aucun document qui a été déposé, sur quelle
base vous êtes favorable, excusez-moi?
M. Drainville : Alors, j'ai
dit que j'étais ouvert à l'évaluer, je n'ai jamais dit que j'étais favorable.
Je ne dirai pas que je suis favorable à un projet que je n'ai pas vu. Mais
l'idée d'avoir un gazoduc qui nous permet de s'approvisionner en gaz naturel à
des fins industrielles et peut-être, oui, c'est possible, à des fins
d'exportation également, cette idée-là, moi, je suis prêt à l'évaluer, je suis
prêt à la regarder. Je ne dis pas non d'emblée, je ne dis pas oui non plus.
L'évaluer, ça ne veut pas dire l'autoriser. Mais, s'il y a un projet — parce
qu'il n'y en a pas — qui est déposé et que... et que les documents
accompagnants ledit projet sont éventuellement déposés, on va effectivement
l'évaluer.
Le Président (M. Julien) : Je
me dois de vous interrompre. Ce bloc d'échange est terminé. Je cède maintenant
la parole au député de Jacques-Cartier. Vous disposez de 14 min 40 s.
M. Kelley : ...il n'y a rien,
aucun problème avec un accent anglophone. Moi, j'aime ça bien. C'est correct.
M. Drainville : Merci,
monsieur.
M. Kelley
: Le contenu
québécois. Je pense que je vais poser les questions, M. le ministre, après
qu'est-ce que la première ministre a dit aujourd'hui devant l'UMQ. Elle a juste
dit, et je cite rapidement la première ministre, que «je ne veux pas vous
parler des infrastructures sans parler de l'approvisionnement des ressources.
Et ici nos PME sont importantes. Mon nouveau gouvernement veut aider nos PME en
réformant nos marchés publics pour que les marchés québécois achètent davantage
québécois. Je vais renvoyer une lettre à l'ensemble des ministres et des
organisations gouvernementales pour que tout le monde embarque dans le
mouvement.» Et je sais que, M. le Président, vous connaissez ce dossier très,
très bien. Il y a déjà une loi qui a été adoptée, mais ça semble que ce n'est
pas suffisant.
Moi, je vais miser vraiment sur le plan
d'action d'Hydro-Québec. Et peut-être c'était une occasion ratée. Parce qu'on a
eu la discussion, tous mes collègues dans l'opposition étaient présents pendant
l'étude de projet de loi n° 69, on a déposé des
amendements qu'il faut avoir des obligations de la contenue québécoise pour,
oui... de projets, tous des différents projets d'Hydro-Québec, de renforcer
cette capacité de nos entreprises d'ici d'avoir une grande partie de la marché
de le plan d'action d'Hydro-Québec et tous les projets devant notre société. Et,
à l'époque, la ministre et, maintenant, la première ministre a refusé nos
amendements, des motions ont été refusées.
Alors, qu'est-ce qui a changé? Et ce n'est
pas le contexte mondial, parce que M. Trump était en pouvoir quand on a étudié
le projet de loi n° 69, la guerre tarifaire a
commencé. Et comment vous pouvez rassurer nos PME et nos grosses entreprises
aussi que, cette fois ici, ça va être un succès? Parce qu'on a déjà eu des
occasions de changer nos lois, puis la réponse de le gouvernement a été non.
M. Drainville : Oui. Bon,
écoutez, je pense que vous l'avez vu passer, M. le député, mais, le 7 mai
dernier, Hydro-Québec a lancé un appel aux marchés pour sécuriser
l'approvisionnement des éoliennes. Donc, Hydro-Québec a annoncé à ce moment-là
qu'ils allaient travailler avec les fabricants pour optimiser le contenu
québécois, et ce, dans le respect des accords de commerce. Alors, on parle, par
exemple, de l'usine de pales de Gaspé. Hydro-Québec va inviter cette usine de
pales de Gaspé à proposer des options de contenu local, incluant notamment la
fabrication de pales. Alors, Hydro-Québec... Et vous pourrez poser la question
à Mme la PDG cet après-midi, mais, dans l'esprit d'Hydro-Québec, c'est une
occasion, effectivement, d'accroître la participation des entreprises québécoises
à la chaîne d'approvisionnement mondiale de fabricants d'éoliennes.
• (12 h 20) •
L'autre chose aussi qui doit être
soulignée, c'est <qu'Hydro-Québec...
M. Drainville :
...
fabricants d'éoliennes.
L'autre chose aussi qui doit être
soulignée, c'est >qu'Hydro-Québec travaille quand même depuis un certain
temps avec Investissement Québec et avec le ministère de l'Économie pour
identifier, donc, des occasions concrètes pour donner, donc... pour faire affaire
davantage, donc, avec des manufacturiers d'ici. J'ajoute ceci, parce que c'est
factuel, 50 % à 60 % des investissements qui sont liés aux projets
éoliens sont déjà réalisés au Québec. Et, dans le cadre de l'appel d'offres du
10 avril, donc, pas celui du 7 mai, mais du 10 avril, il y a eu
cette volonté qui a été exprimée de bonifier le critère de contenu québécois
pour maximiser, donc, les retombées au Québec. On... Hydro-Québec travaille
notamment avec Marmen pour augmenter le contenu québécois du projet Des Neiges,
donc, dans la région de Charlevoix. Voilà.
J'ai parlé de...
M. Kelley
: Merci,
monsieur...
M. Drainville : ...j'ai fait
une erreur factuelle : le 7 mai, ce n'était pas un appel... ce
n'était pas un appel d'offres, c'est un appel au marché pour sécuriser
davantage l'approvisionnement en contenu québécois pour les éoliennes. Je
m'excuse.
M. Kelley
: Et c'est
parfait. Merci pour la correction, M. le ministre. Et, oui, j'ai bien vu ça, mais,
encore, je dis : Bien, dans les appels d'offres, il n'y a pas une
obligation. Et hier en Chambre, M. le ministre, nous avons eu une bonne échange
sur un autre projet, de Nemaska, et la justification pour les investissements, de
le côté de le gouvernement, c'était qu'il faut être en compétition contre la
Chine. Mais présentement on sait que c'est fortement probable que beaucoup des
pales puis des tours pour les projets d'Hydro-Québec, éoliennes, vont... vient
de la Chine.
Je comprends, il y a certains efforts pour
travailler avec nos PME, j'imagine, c'est très apprécié de leur part, mais je
pense qu'ils regardent tout l'argent qui est présentement dépensé puis ils
posent des questions. Ça fait des années qu'on demande, quand même, les
entreprises ici d'avoir l'appui de le gouvernement d'agrandir leurs projets,
etc. Mais je veux juste essayer de jumeler tout ça. C'est comme, quand même,
avec le plus grand projet économique de notre nation, présentement, le plan
d'Hydro-Québec, on va toujours vers la Chine pour acheter des... plusieurs éléments
pour leurs projets, particulièrement les éoliennes au Québec. Au minimum, ça va
probablement arriver, mais je trouve ça un petit peu problématique. Et, je
comprends, on ne peut pas régler ça aujourd'hui. Mais, pour la suite des
choses, comment on peut aider notre industrie à agrandir puis avoir une plus
grande part de le marché de ces projets d'Hydro-Québec?
M. Drainville : Encore une
fois, M. le Président, c'est une question qui est tout à fait légitime. Puis
vous avez raison, M. le député, de dire qu'avec un chantier 200 milliards
il faut s'assurer que ce soit le Québec qui bénéficie de la large part des
retombées économiques et industrielles qui vont découler de ces
investissements.
Je tiens quand même à souligner le fait
qu'en 2025 c'est presque 90 % des achats de biens et de services d'Hydro
qui ont bénéficié à des entreprises du Québec. On parle de plus de
7 milliards, donc, de retombées, d'achats de biens et de services. C'est
quand même considérable. Et, dans le respect, justement, de la logique que vous
énoncez, le plan 2035, l'avantage qu'il a, c'est qu'il offre de la
prévisibilité, donc, sur les volumes, sur les calendriers d'acquisition. Et
Hydro-Québec travaille présentement avec l'Association de l'industrie
électrique du Québec, avec le ministère, avec Investissement Québec pour
développer, justement, une chaîne d'approvisionnement qui soit la plus
québécoise et la plus robuste possible.
Donc, votre question est légitime.
Hydro-Québec fait des efforts et veut en faire encore davantage pour s'assurer
que ce soit le... qu'on génère le maximum de contenu québécois dans le cadre de
ce plan d'action de 200 milliards.
M. Kelley
: Merci, M.
le ministre. Il n'y a aucun doute, il y a plusieurs entreprises au Québec qui
fabriquent... si c'est des transformateurs ou des autres... des lignes, etc.,
il y a plusieurs fleurons, on peut être fiers, et c'est sûr que le plan
d'action d'Hydro-Québec va être un avantage pour eux autres. Mais c'est juste
une question d'aller plus loin. Et, selon vous, de mettre des... des clauses
dans une loi, ce n'est pas... ce n'est pas nécessaire ou ce n'est pas quelque
chose que vous envisage, présentement, de changer les lois pour s'assurer, particulièrement
dans le secteur énergétique, qu'il y ait une obligation d'acheter local?
M. Drainville : C'est une
nuance très intéressante que vous faites. Puis, encore une fois, est-ce qu'une
cible fait le travail ou est-ce qu'il faudrait aller plus loin vers une
obligation? Pour le moment, nous n'en sommes pas là, parce qu'Hydro-Québec a
démontré, justement, sa bonne volonté... plus que sa bonne volonté, sa très <grande...
M. Drainville :
...
démontré, justement, sa bonne volonté... plus que sa bonne volonté, sa très
>grande détermination d'aller plus loin, donc de s'approvisionner encore
davantage auprès des entreprises québécoises. Ils ont déjà fait, je vous l'ai
dit, quand même un bon bout de chemin. Quand on dit 90 % des achats de
biens et services d'Hydro, là, qui ont bénéficié à des entreprises québécoises
en 2025, c'est quand même très, très, très important. Maintenant, Hydro est
consciente qu'on lui en demande davantage et qu'on en souhaite davantage, et
ils ont pris l'engagement d'en faire davantage.
Alors, je vous dirais, vous savez, à un
moment donné, M. le député de Jacques-Cartier, on ne peut pas toujours marcher
par obligation. Hydro-Québec, c'est une société d'État qui appartient aux
Québécois, ils sont conscients de leur responsabilité. On a un leadership, une
direction, chez Hydro, qui veut aller dans cette direction encore plus, et je
pense qu'à un moment donné il faut faire confiance. Alors, faisons confiance.
Si jamais ça ne fonctionne pas, bien, on s'en reparlera. Mais, moi, mon premier
réflexe, c'est de faire confiance à la direction actuelle. Puis, si vous... Encore
une fois, puis je ne veux vraiment pas pelleter ça, de... comment dire, ne pas
répondre à la question, mais je pense qu'il est légitime que vous posiez la
question à la direction d'Hydro-Québec, un peu plus tard aujourd'hui, sur les
moyens concrets qu'ils comptent mettre en œuvre pour augmenter le contenu
québécois.
M. Kelley
: Merci
beaucoup, M. le ministre. Je veux changer le sujet, maintenant, sur les blocs
d'énergie, M. le ministre. Parce qu'une chose d'un de vos prédécesseurs puis
ancien collègue, Pierre Fitzgibbon, il était toujours très direct et
transparent, particulièrement avec les blocs d'énergie puis le nombre de
mégawatts disponibles. Souvent, il était prêt à dire ça publiquement, combien
des mégawatts restent, c'est quoi, l'état des lieux. Mais, depuis un certain
temps, on parle moins. Et c'est impossible d'avoir une croissance économique
sans plus d'énergie, c'est juste un calcul très simple.
On sait que présentement nos blocs
d'énergie sont serrés, on n'a pas énormément d'énergie disponible pour les
entreprises du Québec. Est-ce que vous pouvez donner nous, les autres
formations politiques qui est en train d'écrire leurs plateformes électorales,
et, quand même, c'est important pour les acteurs économiques et pour la
population en général, combien d'énergie est disponible, combien des blocs
d'énergie sont disponibles au Québec dans les prochaines deux ans?
M. Drainville : Oui. Alors,
vous avez raison de dire, M. le député, que les bilans sont serrés, hein, c'est
pour ça qu'on gère serré. On s'est donné un nouveau processus, vous le savez,
vous étiez là, un nouveau processus, au cours de la dernière année, qui prévoit,
donc, deux étapes : d'abord, une étape d'autorisation initiale ou de
préautorisation avant de passer, donc, à l'autorisation finale, donc la
préautorisation puis, par la suite, l'autorisation finale. Et ce que nous
demandons, entre ces deux moments, c'est au projet, à l'entrepreneur, à la
direction de l'entreprise concernée, donc qui s'est vue préautoriser un certain
nombre de mégawatts... ce que ce qu'on lui demande, c'est d'optimiser le plus
possible le projet. Parce que, qu'est-ce que vous voulez, la quantité d'énergie
étant limitée, on veut s'assurer de bien gérer chaque mégawatt. Alors, si on
est capables, entre la préautorisation et l'autorisation finale, de diminuer
les besoins en mégawatts pour libérer, donc, des mégawatts qu'on pourra
attribuer à un autre projet, on le fait et on le fait systématiquement. Donc,
optimisation du projet, ça, ça demeure une priorité pour nous.
• (12 h 30) •
Maintenant, M. le M. le député, on a quand
même, depuis avril 2025... c'est quand même 541 mégawatts, dis-je bien,
541 mégawatts de projets qui ont été préautorisés ou autorisés. Donc, en
un peu plus d'une année, on a quand même préautorisé ou autorisé
541 mégawatts. Alors, je peux être encore plus précis, il y a neuf projets
qui ont été autorisés pour 117 mégawatts puis il y a 18 projets qui
ont été préautorisés pour 424 mégawatts. Et, comme vous le savez, vous
pouvez retrouver sur le site Internet du gouvernement les projets qui ont fait
l'objet d'une autorisation, pas d'une préautorisation, ça, on garde ça
confidentiel. Mais, pour ce qui est de l'autorisation, vous avez, donc, je le
vois, vous brandissez le papier, donc, les projets qui ont obtenu, donc, de
l'énergie en autorisation, alors Les Fraises de l'île d'Orléans, AEM Canada,
General Dynamics, Hitachi, Agnico-Eagle, Davie, Kruger et les autres.
M. Kelley
: Merci, M.
le ministre. Il y a combien de projets qui sont sur la liste <d'attente...
>
12 h 30 (version révisée)
<
M. Drainville :
...Davie,
Kruger, et les autres.
M. Kelley :
...M.
le ministre. Il y a combien des projets qui sont sur la liste >d'attente
présentement?
M. Drainville : Ah! écoutez,
je ne sais pas si on a un chiffre là-dessus. Je me tourne vers le sous-ministre
ici, à ma droite, que j'aurais pu vous présenter, d'ailleurs. On va... on va le
vérifier.
M. Kelley : On... on peut
revient aussi dans un prochain bloc ou il peut donner la commission la réponse,
parce que j'ai une minute qui reste.
M. Drainville : ...parfait.
Si on n'a pas le chiffre, c'est bien, j'apprécie votre ouverture.
M. Kelley : Et, M. le
ministre, peut-être rapidement, comment on va bien gérer les blocs d'énergie
pour s'assurer qu'il y a de l'énergie disponible pour les petites et moyennes
entreprises du Québec versus les quatre priorités de votre gouvernement, si c'est
la défense, les centres de données? Puis on peut continuer, mais je n'ai pas
beaucoup de temps, mais je vise vraiment les centres de données. Comment ça, ça
va marcher? Parce qu'on sait que nos PME, on a besoin de l'énergie aussi.
M. Drainville : Bien, on
va...
Le Président (M. Julien) : En
30 secondes.
M. Drainville : ...on va
continuer à les gérer avec beaucoup de rigueur en appliquant les critères d'attribution.
Puis, parmi les critères d'attribution, il y a évidemment la capacité technique
du réseau, les retombées économiques, l'impact environnemental, l'impact
social, développement régional, cohérence avec la stratégie gouvernementale.
Donc, il y a de multiples critères qui s'appliquent pour qu'on prenne les
bonnes décisions, qu'on attribue les mégawatts aux bons projets, et on va
continuer de le faire avec beaucoup de rigueur, M. le député de Jacques-Cartier.
Le Président (M. Julien) : Merci.
Donc, je comprends qu'il y aura certaines réponses qui seront données dans le
prochain bloc de questions.
Le bloc d'échange étant terminé, je cède
maintenant la parole au député de Jean-Talon. Vous disposez de 14 min 40 s.
M. Paradis : Bonjour, M. le
ministre, à vous et à toute votre équipe. Aujourd'hui, le gouvernement fédéral
de Mark Carney vient de lancer la nouvelle Stratégie nationale d'électrification
qui vise à construire l'infrastructure nécessaire pour doubler la production d'électricité
au Canada et à relier les réseaux fragmentés du Canada de l'est à l'ouest grâce
à la construction et l'extension de lignes de transport d'électricité. Avez-vous
été consultés aux fins de cette annonce aujourd'hui?
M. Drainville : La réponse,
c'est non.
M. Paradis : Est-ce que vous
êtes préoccupés par le fait que cette stratégie est vraisemblablement l'oeuvre
de Michael Sabia, qui, jusqu'au mois de juin 2025, était le PDG d'Hydro-Québec,
qui a démissionné de manière complètement inattendue juste après l'adoption d'un
bâillon sur la réforme de l'électricité et du secteur de l'énergie dont tout le
monde sait qu'il a été un des maîtres d'œuvre de cette réforme-là? Est-ce que
ça vous préoccupe que, maintenant, ce soit lui qui soit derrière,
vraisemblablement, la nouvelle stratégie fédérale?
M. Drainville : Je ne peux
pas présumer du... de l'identité de la personne qui est derrière la stratégie
qui a été proposée hier.
M. Paradis : Est-ce qu'il est
vraisemblable, compte tenu de son expertise, que Michael Sabia ait participé à
l'élaboration de cette politique parce que c'est dans son expertise?
M. Drainville : Je ne peux
pas présumer de ça, M. le député.
M. Paradis : Très bien. Est-ce
que vous êtes préoccupé qu'après cette démission assez inattendue, c'est votre
gouvernement aussi qui avait réagi comme ça, que, maintenant, celui qui avait
toutes les clés et tous les chiffres de la stratégie québécoise en matière d'énergie
soit maintenant un proche conseiller du premier ministre du Canada au moment où
on reçoit cette politique pour laquelle vous n'avez pas été consultés?
M. Drainville : Écoutez, on a
reçu le document hier, en fin de journée. Nous sommes à l'évaluer, nous sommes
à l'analyser, et donc je me dois d'être prudent quant aux commentaires que...
que je souhaite formuler. Donc, on va d'abord analyser le document, mais, chose
certaine, si vous me permettez, monsieur... M. le député, je tiens quand même à
réitérer, la politique, appelons-la traditionnelle, des gouvernements
québécois, peu importe leur couleur... c'est-à-dire que, peu importe la
stratégie qui sera mise de l'avant, nous ferons évidemment respecter nos
compétences en matière d'énergie et de ressources naturelles.
M. Paradis : Les Québécois
ont bâti, avec l'argent de leurs impôts, de leurs taxes, avec l'intelligence
des Québécoises et des Québécois, tout le réseau de production énergétique du
Québec, 100 % québécois. Est-ce que vous êtes préoccupé par le fait que le
gouvernement fédéral se propose maintenant de mettre sur pied une stratégie
nationale d'investissement qui pourrait, en réalité, financer les concurrents d'Hydro-Québec
avec l'argent des Québécois, visant notamment une interconnexion de tous les
réseaux d'est en ouest, qui, à ce que je sache, n'est pas du tout dans la
priorité du plan d'action <d'Hydro-Québec...
M. Paradis :
...qui,
à ce que je sache, n'est pas du tout dans la priorité du plan d'action >d'Hydro-Québec?
Est-ce que ça vous préoccupe?
M. Drainville : Bien,
écoutez, quand vous dites «ça ne fait pas partie des priorités
d'Hydro-Québec», je vous rappelle quand même que l'entente avec Terre-Neuve va
nécessairement passer par une interconnexion entre les deux provinces.
M. Paradis : Il y a déjà de
l'interconnexion. On parle de nouvelles... vraisemblablement de nouvelles
interconnexions, mais, n'empêche, le principe, c'est que nous, on a bâti notre
capacité énergétique 100 % avec notre intelligence, nos bras, notre argent,
et là le gouvernement fédéral, y compris avec de l'argent des Québécois, se
propose de développer une nouvelle stratégie d'investissement. Si le passé est
garant de l'avenir, ça va être une intrusion dans la compétence et dans la
souveraineté énergétique historique du Québec. Donc, comment réagissez-vous
face à cette annonce d'aujourd'hui?
M. Drainville : Écoutez, M.
le député, puis peut-être que le sous-ministre pourra venir compléter ma
réponse ici, là, mais je tiens quand même à souligner qu'il existe déjà un
programme fédéral qui permet d'obtenir un crédit sur l'investissement dans les
infrastructures interprovinces. Je pense que c'est important de le noter, ça
existe déjà, cela. Là, ce que propose le gouvernement fédéral... Encore une
fois, c'est ce que j'ai lu, c'est ce que j'ai lu dans ce qui a été rapporté par
les médias, je n'ai pas encore pris connaissance du document technique, là, mais
ce que j'ai lu, c'est que, là, le gouvernement fédéral se propose d'aller plus
loin, et donc d'offrir un crédit à l'investissement pour des projets
intraprovinciaux, donc à l'intérieur d'une même province. Alors, encore
une fois, M. le Président, nous allons prendre connaissance du... de la
stratégie ou de la politique proposée par le gouvernement fédéral. Je veux être
prudent, je ne veux pas faire des commentaires qui ne sont... qui ne sont pas
basés sur une analyse fine du texte. Alors, on va faire une analyse fine du
texte et, par la suite, on pourra aller plus loin dans les commentaires que
nous ferons.
M. Paradis : Je comprends et
j'apprécie votre saine prudence par rapport à une annonce qui vient d'être effectuée
aujourd'hui, mais il y a quand même un principe très important, là, il s'agit
de la souveraineté énergétique du Québec, un domaine où le Québec a investi
lui-même et a créé un géant à l'échelle nationale et internationale. Et je vois
que vous avez une... vous semblez avoir une réaction assez timide. Il me semble
que vous pourriez dire aujourd'hui, puis je vous invite à préciser votre
réponse, mais que vous allez protéger la souveraineté énergétique du Québec et
que, si, de fait, comme vous venez de le mentionner, il s'agit de projets
principalement intraprovinciaux... Est-ce que vous pouvez vous engager tout de
suite à réclamer un droit de retrait à 100 % avec pleine compensation pour
que le Québec continue de s'occuper lui-même de ses affaires et ne dépende pas
de nouveau du fédéral, à venir quêter des permissions du fédéral et à venir se
faire imposer par le fédéral des décisions qui vont se prendre à la majorité à
Ottawa, alors que nous n'avons pas la majorité à Ottawa? Est-ce que vous pouvez
prendre cet engagement aujourd'hui de protéger la souveraineté énergétique du
Québec?
M. Drainville : La réponse,
c'est oui.
M. Paradis : Est-ce que vous
allez demander...
M. Drainville : Nous allons
faire respecter la... comme je l'ai dit dans ma première réponse, M. le député...
M. Paradis : Très bien.
M. Drainville : ...nous
allons faire respecter les compétences du Québec en matière d'énergie et de
ressources naturelles. Ce sont des compétences qui relèvent des provinces, et
donc notre intention est ferme, on va tenir notre bout. Si c'est ça que vous
voulez que je vous dise, on va tenir notre bout. Là où vous et moi, on se
rejoint, je pense, c'est sur le fait que nous sommes deux fiers nationalistes.
On ne pense pas nécessairement de la même manière pour ce qui est des moyens de
l'exprimer, mais, chose certaine, la protection et la préservation des pouvoirs
du Québec, pouvoirs qui lui sont accordés par les textes, ces pouvoirs-là, ces
compétences-là, on a l'intention de les faire respecter.
• (12 h 40) •
M. Paradis : Très bien. Je
vous suggère néanmoins que ce qui est annoncé aujourd'hui présente des risques
très importants pour la souveraineté énergétique du Québec, parce que, si le
passé étant... est garant de l'avenir, on le sait, ce qui va se passer, le
gouvernement fédéral va prendre toute la place. Le temps file, mais j'ai
apprécié votre réponse. Merci.
Il y a environ un an, un peu moins d'un
an, le projet de loi n° 69, qui est devenu la loi n° 24, a été adopté sous bâillon. C'est devenu, donc, la
loi n° 24 sous bâillon. À l'époque, la première
ministre, alors ministre de l'Énergie, a dit ceci pour justifier le bâillon, je
la cite : «On a besoin du projet de loi n° 69 maintenant, parce qu'il
y a des projets, <comme...
M. Paradis :
...on a
besoin du projet de loi n° 69 maintenant, parce qu'il y a des projets,
>comme je l'indiquais, qui vont démarrer cet été, notamment celui dans
Charlevoix, qui va pouvoir démarrer cet été, celui également au Saguenay—Lac-Saint-Jean,
qui va également démarrer cet été. Et ça, ça va créer 1 000 emplois
payants en région et des économies de 6 milliards de dollars.»
Pourriez-vous me dire quel projet a été démarré à l'été 2025 au Québec, combien
d'emplois ont été créés et combien de milliards ont été économisés?
M. Drainville : M. le
Président, je vais prendre en délibéré cette question et je vais fournir une
réponse un peu plus tard. Je... j'admets que je ne connais pas la réponse à
cette question, qui est quand même assez technique. Alors, on va vérifier les
faits puis on va... on va revenir au...
Le Président (M. Julien) :
Donc, c'est un engagement à fournir cette information-là?
M. Drainville : De revenir, oui,
c'est ça. Oui. Vous acceptez ça, M. le député de Jean-Talon?
M. Paradis : ...oui, mais,
quand même, vous êtes le ministre de l'Énergie. Moi, j'ai devant moi le rapport
annuel d'Hydro-Québec avec la liste des projets. Est-ce que vous pouvez me dire
si, en 2025, disons, élargissons... après juin 2025, pourriez-vous me dire
quels projets ont été démarrés, sont sortis de terre au Québec en matière
d'éoliennes?
M. Drainville : Écoutez, M.
le Président, je vais fournir cette réponse un peu plus tard, lorsque j'en
aurai vérifié les faits, lorsque j'aurai vérifié les faits.
Le Président (M. Julien) :
C'est encore un engagement de fournir cette information-là à la commission?
M. Drainville : Mais, je
pense, connaissant... connaissant mon honorable collègue, avec son parcours
d'avocat, je suis certain qu'il connaît la règle «ne pas poser de question
à laquelle on ne connaît pas déjà la réponse». Je soupçonne qu'il connaît déjà
la réponse. Je le... je l'invite à me la fournir, comme ça on pourra avoir une
discussion plus éclairée.
M. Paradis : Je glisse à
l'oreille du ministre qu'il n'y a eu aucun projet qui a démarré ni à
l'été 2025 ni par la suite, que les emplois relatifs à ces projets-là
n'ont pas été créés et que les milliards d'épargnes requis n'ont pas... ne sont
pas arrivés. Je vous suggère même que les médias nous a informés que le projet
au Saguenay—Lac-Saint-Jean, auquel référait la ministre, a même été mis sur
pause quelques jours plus tard. Donc, je vous suggère que ce qu'a dit la
première ministre du Québec, alors ministre de l'Énergie, ne s'est pas avéré.
Je vais surveiller ce que je dis, M. le Président, et je vais dire «était très
inexact».
M. Drainville : ...je peux
dire, M. le Président, c'est qu'il y a quand même eu des annonces qui ont été
faites par Hydro-Québec pour des nouveaux projets éoliens, et je pense que la
présence de la PDG d'Hydro-Québec, cet après-midi, sera une belle occasion pour
le député de Jean-Talon d'aller plus loin dans ses questions sur... sur ce
thème.
M. Paradis : Très bien.
J'apprécie cette réponse, mais je peux vous dire que ces projets, dont les
annonces ont été faites pour plus... pour plus tard, je les connais bien, ils
étaient en négociation depuis un certain temps, et ce sont des projets à long
terme, alors qu'on a adopté ce que votre gouvernement a dit être la plus grande
réforme du secteur de l'énergie depuis des décennies sous bâillon, sous ce
prétexte-là, qui ne s'est pas avéré.
Je vous amène à un autre sujet. Une autre
des grandes promesses de votre gouvernement, c'est de faire un plan de gestion
intégrée des ressources énergétiques, le PGIRE. Vous avez déposé une version
préliminaire de ce plan-là, qui a été taillé en pièces, en réalité, par la
Régie de l'énergie, qui a dit, je la cite, que «ça ne peut tenir lieu du plan
intégré attendu, qu'il gagnerait en crédibilité s'il s'appuyait sur des
scénarios de long terme identifiant des leviers concrets, les séquences
décisionnelles, les responsabilités dévoilant les mécanismes de révision et
d'ajustement».
Réponse de votre gouvernement, vous avez
suspendu le processus, alors qu'il y avait une promesse de déposer ce plan que
tout le monde attend au Québec depuis longtemps, parce que ça fait longtemps
que les oppositions et que toute la société civile dit qu'on n'a pas le plan du
gouvernement en matière énergétique. Que se passe-t-il avec votre plan? Parce
que la session arrive à sa fin, et la dernière promesse de votre prédécesseur,
c'était que ce soit déposé à la fin de la session. Alors, que se passe-t-il
avec votre plan en matière énergétique?
M. Drainville : Il n'y a rien
de suspendu, M. le Président. Il y a eu effectivement un avis de la régie. Il y
a des travaux qui sont faits présentement. Et notre intention, c'est toujours
de déposer un document final le plus rapidement possible.
M. Paradis : Vous avez noté
les critiques, donc, de la Régie de l'énergie sur le plan. Donc, on a hâte de
voir les suites de cet avis dévastateur. Bon, ce plan-là, c'est un plan
notamment basé sur des objectifs en décarbonation. Vous avez, comme ministre de
l'Environnement, changé les <objectifs...
M. Paradis :
...décarbonation.
Vous avez, comme ministre de l'Environnement, changé les >objectifs de
décarbonation. Vous les avez reportés de 2030 à 2035. Or, tout le plan
d'Hydro-Québec est basé sur cette cible. Est-ce que vous pouvez nous dire si
vous révisez en conséquence la cible et les investissements qui sont maintenant
prévus à l'article 155 de la loi n° 24? Est-ce que votre décision,
comme ministre de l'Environnement, a un impact? Et pouvez-vous nous le chiffrer
et nous dire lequel? Et, s'il n'y en a pas, pouvez-vous nous expliquer comment
le plan du gouvernement en matière énergétique peut encore tenir si les cibles
sur lesquelles ils sont basés, elles, ont changé?
Le Président (M. Julien) : ...
M. Drainville : Écoutez, M.
le Président, tout ce que je peux dire, c'est que, lorsque nous allons déposer
le PGIRE, il sera en cohérence avec les différentes décisions gouvernementales
qui ont été prises.
M. Paradis : Très bien.
Vous... Il me reste combien de temps, M. le Président?
Le Président (M. Julien) : 19 secondes.
M. Paradis : Vous... Bon, merci,
M. le ministre. En 19 secondes, on n'aura pas le temps d'aller plus loin.
M. Drainville : Mais vous
pourriez chanter.
M. Paradis : Bien, je vous
ai... je vous ai invité à le faire aujourd'hui en Chambre.
M. Drainville : Malheureusement,
on n'a plus de temps.
Le Président (M. Julien) : C'est
tout le temps que vous aviez. Merci. Donc, ce bloc d'échange étant terminé, je
cède maintenant la parole au député de Jacques-Cartier. Vous disposez de
14 min 55 s. À vous la parole.
M. Kelley : Merci beaucoup,
M. le Président. Je veux reviens sur le sujet des blocs d'énergie. Question, M.
le ministre, on a vu que plusieurs projets étaient annulés, là, plusieurs sont
dans la filière de la batterie, je veux juste souligner ça, dans le même coin
environ du Québec. Qu'est-ce qui est arrivé avec ces blocs d'énergie qui
étaient accordés, mais les projets étaient annulés? Est-ce que tous ces blocs
d'énergie étaient raccordés dans les autres projets qui étaient annoncés en
2026 ou est-ce que c'est toujours... est-ce que nous sommes toujours en attente
d'un plan de match d'utiliser tous ces blocs d'énergie, ou le projet
malheureusement a échoué?
M. Drainville : Alors, M. le
Président, dans le cas de Northvolt, on parlait de 352 mégawatts. Alors,
ce qu'on a fait, c'est qu'on a fait ce qu'on fait avec les projets annulés ou
les projets pour lesquels les mégawatts sont retirés, c'est-à-dire que les
mégawatts qui ont été récupérés sont allés augmenter la marge de manœuvre
globale qui est disponible pour de nouveaux projets, pour de nouveaux octrois. Et
donc, quand je disais, tout à l'heure, là, qu'on a quand même, depuis un an,
depuis avril 2025, préautorisé ou autorisé un total de 424 mégawatts,
bien, on peut... alors, je m'excuse, c'est 541, pardonnez-moi, 424 préautorisés
et 117 autorisés pour un total de 541 mégawatts depuis avril 2025.
On peut penser, M. le Président, que les
352 mégawatts de Northvolt faisaient partie de l'enveloppe de
541 mégawatts qui ont été autorisés ou préautorisés. Il n'y a pas un lien
direct, il n'y a pas une corrélation directe, là, on ne prend pas des mégawatts
puis on ne les envoie pas dans une petite case ou dans une... dans une colonne.
Tu sais, ce n'est pas une... comment dire, il n'y a pas une relation de cause à
effet qui est aussi directe que ça, mais ce qui est vrai, c'est que ces
mégawatts ont servi pour d'autres projets, et on peut penser qu'il y a une
bonne partie de ces mégawatts qui ont servi dans les 541 mégawatts
préautorisés ou autorisés par la suite depuis avril, donc, 2025.
M. Kelley : Merci beaucoup.
Et, M. le ministre, je reviens un petit peu à la question que j'ai posée dans
le dernier bloc, désolé, je n'ai pas reçu une réponse très claire. Combien de
mégawatts sont disponibles aujourd'hui et combien de mégawatts sont prévus pour
les prochains deux ans? Je sais qu'il y a un chiffre qui est dans le plan d'Hydro-Québec,
mais est-ce que des choses ont changé à cause qu'il y a eu certains projets qui
étaient annulés? Encore, je veux juste mettre les choses très transparentes
pour la population, pour les partis politiques, pour les acteurs économiques.
Combien d'énergie est disponible aujourd'hui pour les projets économiques du
Québec? Si vous avez une réponse pour moi, ça va être apprécié.
• (12 h 50) •
M. Drainville : Alors, je...
je vais revenir à la question sur la marge de manœuvre dans un instant, mais
j'avais promis de... au député de lui donner une réponse si j'en avais une, et
je l'ai. Il a posé la question, tout à l'heure, des projets en attente. Alors,
on peut parler d'une centaine de projets en attente présentement. Alors, il y
en a, évidemment, qui sont en évaluation. Il y en a d'autres pour lesquels le
dossier est incomplet. Il y en a qui sont en... qui sont en optimisation. Il y
en a d'autres pour lesquels le montage <financier...
M. Drainville :
...qui
sont en... qui sont en optimisation. Il y en a d'autres pour lesquels le
montage >financier est à compléter. Et je tiens à souligner ceci, M. le
Président, il y a très peu... il y a eu très peu de refus par manque de
mégawatts, très peu de refus, de projets refusés par manque de mégawatts. Donc,
je pense que ça, c'est important de le noter.
Sur la marge de manœuvre, je vais vous le
dire, M. le député. Alors, on me parlait, là, pendant que vous finissiez votre
question, là, mais je pense en avoir deviné le contenu. On identifie les
entreprises qui ont obtenu des mégawatts, donc pour lesquels il y a eu
autorisation finale, pas préautorisation, mais autorisation finale, mais on ne
donne pas les mégawatts, de la même manière qu'on ne dit pas exactement combien
de mégawatts il y a dans cette enveloppe ou dans cette marge de manœuvre. Et la
raison est simple, c'est que cette marge de manœuvre, elle change constamment.
Quand on décide, par exemple, M. le député
de Jacques-Cartier, d'autoriser, mettons, on jase, comme dirait l'autre, on
autorise, mettons, 30 MW pour un projet, enfin, on le préautorise, on
demande à l'entreprise d'optimiser, bien, ça se peut que, quelques mois plus
tard, donc, dans le processus entre préautorisation et autorisation... ça se
peut qu'ils nous reviennent puis qu'ils nous disent : Bien, finalement,
savez-vous quoi? Après optimisation, on n'a plus besoin de 30, on a juste
besoin de 20 MW. Bien, à ce moment-là, la marge de manœuvre, elle vient de
changer de 10 MW.
Alors, si je vous donnais un chiffre
aujourd'hui, M. le député de Jacques-Cartier, c'est fort possible que le
chiffre que je vous donne ne soit plus bon dans quelques semaines ou dans
quelques mois. Et vous auriez raison, à ce moment-là, de m'en faire le reproche,
vous pourriez dire : M. Drainville, vous ne m'avez pas donné le bon
chiffre. Alors, on se garde cette marge de prudence, M. le député de
Jacques-Cartier. C'est pour ça qu'on fait attention avec le chiffre concernant
la marge de manœuvre.
M. Kelley : Je
comprends, M. le ministre, mais, quand même, vous avez une idée de combien de
mégawatts sont disponibles puis vous avez une idée de combien de mégawatts ont
été demandés par des centaines de différents groupes. Je ne demande pas... je
comprends qu'un chiffre peut changer par une centaine ou une cinquantaine de
mégawatts. Je suis d'accord avec vous, qu'il y a des changements dans les
projets. Des fois, c'est pour moins, des fois, c'est pour plus. Mais, quand
même, j'imagine, vous avez une idée combien de mégawatts sont demandés,
présentement, par toutes les centaines de projets et combien de mégawatts sont
disponibles aujourd'hui puis aussi dans les deux prochaines années.
M. Drainville : M. le
Président, je me dois de... malheureusement d'attirer l'attention du député sur
ma réponse précédente. Ce que je peux dire, parce que j'essaie... je ne veux
pas me défiler puis je veux vraiment lui donner le maximum d'informations, je
sais que les crédits servent à ça, ce que je peux dire, c'est que, depuis 2020,
OK, c'est 3 000 MW qui ont été octroyés par Hydro-Québec pour la
croissance naturelle des besoins, pour l'augmentation de la demande
industrielle, pour la décarbonation. Et donc il y en a, de l'énergie, il y en
a... il n'y en a pas beaucoup, mais il y en a. Et on ne refuse pas, on n'a pas
refusé, jusqu'à maintenant, de projet faute d'énergie, parce qu'on les gère
très serré.
Et puis, je répète, M. le Président, pour
générer cette marge de manœuvre, pour la nourrir, bien, Hydro-Québec fait
appel, par exemple, à l'efficacité énergétique. L'efficacité énergétique, c'est
un moyen rapide et économique de dégager de la marge de manœuvre. Alors, on
continue à travailler très fort pour générer cette marge de manœuvre.
Évidemment, les besoins augmentent. Par exemple, les voitures électriques, on
est rendus à 450 000 véhicules électriques au Québec. Alors, ça, ça
augmente, donc, la demande en énergie.
Alors, ce qu'il faut, c'est continuer à
gérer très serré les marges de... la marge de manœuvre que nous avons. Et, je
le réitère quand même depuis avril 2025, on a préautorisé ou autorisé pour
541 mégawatts d'énergie. Donc, c'est... en un peu plus d'un an,
541 mégawatts, c'est quand même très important. Maintenant, notre analyse
rigoureuse de ces projets-là va se poursuivre.
M. Kelley : Merci, M.
le... M. le ministre. C'est... c'est vrai que c'est un débat extrêmement
important pas juste pour le secteur énergétique... énergétique, mais pour
l'économie. Parce que je sais que vous étiez déjà sur le terrain, vous avez des
entreprises chez vous, mais la première chose que les entreprises disent :
OK, je suis sur une liste d'attente pour les mégawatts, mais je suis où sur la
liste? Il n'y a aucune prévisibilité. Alors, pour nos petites et moyennes
entreprises et des grandes entreprises qui sont déjà installées ici, eux autres
n'ont vraiment pas une bonne idée quand ces mégawatts vont être <disponibles....
M. Kelley :
...eux
autres n'ont vraiment pas une bonne idée quand ces mégawatts vont être >disponibles.
Alors, c'est difficile pour eux autres de faire leur planification, de faire
les investissements nécessaires pour agrandir un projet ou, quand même, de
donner le feu vert à un projet. Alors, c'est... comme, ils sont en mode
d'attente pour l'énergie nécessaire ou non. Parce que, si la réponse est
clairement non, ça va être dans cinq ans, 10 ans, bien, eux autres vont
prendre l'argent puis peut-être investir dans un autre secteur de leur... de
leur entreprise, embaucher plus de gens, je ne sais pas, faire des... acheter
de l'équipement. Mais c'est ce manque de prévisibilité, M. le ministre, je
pense, qui rend des entrepreneurs du Québec, des gestionnaires des entreprises
un peu frustrés, parce qu'il n'y a pas de transparence.
Et, je comprends, il y a des secrets
industriels, on ne va pas mettre tout ça sur un site Web, mais, au minimum, une
meilleure communication avec eux autres de la part de votre ministère et aussi
d'Hydro-Québec sera appréciée dans l'avenir, et c'est quelque chose, je pense,
qu'il faut régler, M. le Président.
M. Drainville : Oui, écoutez,
M. le Président, on est conscients du fait qu'il y a beaucoup de projets et
qu'il y a... qu'il y a une quantité d'énergie qui est limitée pour ces
projets-là. C'est la raison pour laquelle on s'est donné un processus qui est
très rigoureux, étape par étape, avec des critères qui sont très clairement
définis.
Alors, je l'ai... je les ai mentionnés tout
à l'heure, mais je pense que ce n'est... ce n'est pas inutile de les rappeler.
On évalue le développement économique, ça, c'est un des critères qui nous...
qui nous guide dans la décision d'octroyer ou pas des mégawatts, le
développement économique, la décarbonation, la contribution au développement
économique régional, donc la vitalité régionale, la création de valeurs, etc.
Puis on regarde, évidemment, des critères comme l'impact environnemental. Il y
a toujours une dimension d'acceptabilité sociale également qui... qu'on ne peut
pas ignorer. Alors, tous ces critères-là font partie, donc, de la liste des
critères qui nous aident à prendre les bonnes décisions. Comme je l'ai dit tout
à l'heure, il y a quand même beaucoup de mégawatts qui ont été octroyés ces
derniers temps...
Le Président (M. Julien) :
Merci, M. le ministre.
M. Drainville : ...et donc...
et donc on va continuer à être rigoureux dans nos décisions.
Le Président (M. Julien) : Merci.
M. Kelley : Alors, nous avons
un marché serré, M. le ministre, vous puis moi, on est d'accord là-dessus, avec
nos mégawatts. Alors, pourquoi courir après des centres de données, qui ont
besoin énormément d'énergie, quand on a déjà une grande liste des entreprises
du Québec, déjà installées ici, qui ne sont pas capables d'avoir le feu vert
pour l'énergie qu'ils demandent de votre ministère? Pourquoi eux autres sont...
(panne de son) ...versus eux autres?
M. Drainville : M. le
Président, question très légitime, encore une fois. C'est pour ça que le
plan 2050 est si important. C'est pour ça que les 200 milliards
doivent être investis d'ici 2035. C'est pour ça qu'il faut continuer à lancer
des projets éoliens, comme le fait Hydro-Québec, c'est pour ça qu'il faut
s'ouvrir à d'autres formes d'énergie pour lesquelles on n'a peut-être pas eu
l'ambition... une ambition suffisante par le passé, comme le solaire. Puis là
Hydro-Québec va de l'avant avec, quand même, l'acquisition de 300 MW d'énergie
solaire. Ça, ça a été lancé l'an passé, en 2025.
On encourage, je tiens à insister
là-dessus, M. le Président, on encourage les consommateurs à faire de
l'autoproduction. Alors là, actuellement, c'est quoi? Je pense, c'est
700 clients résidentiels qui ont installé des panneaux solaires chez eux pour
les fins de leur propre consommation énergétique. Et, lorsque ça dépasse leur
consommation énergétique, M. le Président, ils peuvent fournir la consommation
excédentaire au réseau d'Hydro, qui leur donne des crédits en contrepartie.
Moi, je trouve ça fantastique. Ça s'appelle le mesurage, le mesurage net.
Hydro-Québec veut en arriver à 125 000 clients qui installeront, au
fil du temps, leur propre capacité de production. Donc, ça vise à assurer
l'autonomie énergétique sur une base individuelle ou résidentielle. Moi, je
vous le dis, je m'emballe quand j'en parle, M. le député de Jacques-Cartier,
parce qu'il y a une forme de responsabilisation de notre consommation
d'énergie...
• (13 heures) •
Le Président (M. Julien) : En terminant
sur cette question.
M. Drainville :
...responsabilisation. Alors, tu t'occupes de ta... de ta consommation
d'énergie puis, si tu en produis plus que tes besoins, tu mets ça sur le
réseau, on te crédite. Je trouve ça fantastique, puis on devrait pousser dans
cette direction-là, n'est-ce pas, M. le député de Jacques-Cartier?
Le Président (M. Julien) : M.
le député.
M. Kelley
: Oui, M.
le... oui, M. le ministre, j'ai écrit une formidable lettre ouverte sur les
microréseaux et l'autoproduction à la maison. Je vous encourage de lire ça,
c'est... c'est sur le site du Journal de Montréal. Alors...
M. Drainville : ...j'aimerais
ça la voir.
M. Kelley
: Parfait.
Bien, ce n'est pas... ça, ce n'est pas ma <question...
>
13 h (version révisée)
<209
M.
Drainville :
...moi-la. J'aimerais ça la voir.
M. Kelley
: OK. Parfait!
Mais ce n'est pas... Ça, ce n'est pas ma >question. Je n'ai pas beaucoup
de temps, mais, si le ministre est capable de nous dire combien des refus de
donnés à des différentes entreprises du Québec... Je comprends, il y a des
centaines des entreprises sur la liste en attente pour les mégawatts. Combien étaient
refusés dans la dernière année?
Le Président (M. Julien) : Il
reste une minute.
M. Drainville : M. le
Président, combien de temps, vous avez dit?
Le Président (M. Julien) : ...
M. Drainville : Une minute.
Bien, je vais permettre à notre sous-ministre, M. Mathieu Gervais, de
répondre à cette question. Ça va prendre...
Le Président (M. Julien) : Consentement?
Nom et titre, s'il vous plaît.
M. Gervais (Mathieu) : Oui.
Mathieu Gervais, sous-ministre, Économie, Innovation, Énergie.
Donc, je n'ai pas le chiffre exact, mais
on peut parler d'environ une dizaine de refus pour toutes sortes de raisons,
soit qu'ils étaient dans un endroit sur le réseau qui ne permettait pas le type
d'approvisionnement, soit que les années pour lesquelles ils avaient besoin d'un
montant... un nombre important de mégawatts, ces mégawatts-là n'étaient pas
disponibles. Mais on parle d'une dizaine de projets environ.
M. Kelley : Merci beaucoup.
Malheureusement, je pense qu'on n'a pas beaucoup plus de temps. Je veux juste rapidement,
rapidement, soulever un enjeu, M. le ministre. Présentement, pour les appels d'offres,
les 14 appels d'offres pour les projets privés, éoliennes, ils ont répondu
à l'appel d'offres d'Hydro-Québec. Souvent, ils sont sur les terres agricoles.
Et, si c'est bloqué, M. le ministre, on va avoir un enjeu avec ces appels d'offres.
Alors, regardez ça, parlez avec les gens dans l'industrie. C'est superimportant.
Le Président (M. Julien) : Merci.
Merci, M. le député.
Compte tenu de l'heure, la commission
suspend ses travaux jusqu'à 14 heures, où on... on va entreprendre les
travaux... volet Énergie - Hydro-Québec des crédits budgétaires du portefeuille
Économie, Innovation, Énergie. Merci, tout le monde!
(Suspension de la séance à 13 h 02)
14 h (version révisée)
(Reprise à 14 h 03)
Le Président (M. Julien) :
Donc, à l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la
séance de la Commission de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des
ressources naturelles ouverte.
La commission est réunie afin de procéder
à l'étude du volet Énergie, Hydro-Québec des crédits budgétaires du
portefeuille Économie, Innovation et Énergie pour l'exercice financier 2026‑2027.
Une enveloppe de 2 h 30 min est... a été allouée pour l'étude
des crédits.
Mme la secrétaire, est-ce qu'il y a des
remplacements?
La Secrétaire
: Oui, M.
le Président. M. Boissonneault (Arthabaska) est remplacé par M. Paradis
(Jean-Talon).
Hydro-Québec
Le Président (M. Julien) : Merci.
Donc, nous allons procéder à des discussions d'ordre général par blocs d'environ
12 minutes, incluant les questions et les réponses. La mise aux voix de
ces crédits sera effectuée à la fin du temps qui leur aura été alloué, soit cet
après-midi, vers 16 h 30. Alors, sans plus tarder...
Une voix : ...
Le Président (M. Julien) :
Oui, bien, on ne prendra pas de chance. On a dépassé de quelques minutes. Est-ce
qu'il y a consentement pour poursuivre jusqu'à 16 h 33, genre? Merci.
Discussion générale
Donc, je suis maintenant prêt à
reconnaître une première intervention de l'opposition officielle pour le
premier bloc d'échange. M. le député de Jacques-Cartier, la parole est à vous.
M. Kelley
: Merci
beaucoup, M. le Président. Bonjour, tout le monde. Bienvenue à l'équipe d'Hydro-Québec.
J'ai dit ça hors ondes, mais félicitations, quand même, à Mme Bouchard. Là,
ce n'est pas... Je n'ai pas eu la chance de dire ça, quand même, ça fait un bon
bout, mais je sais qu'il y a une bonne citation de Mme Marois, que, quand
on voit une femme dans un poste important, c'est un bon signe pour toute la
population et toutes les femmes du Québec. Alors, je pense, ça, c'est bien
mérité, mais, encore, je suis fier de voir qu'il y a une PDG, encore une femme,
à Hydro-Québec. Je pense, c'est une marque de fierté pour notre nation.
Maintenant, je vais poser une couple de
questions à Mme Bouchard sur un sujet qui est superimportant, j'ai eu une
discussion avec le <ministre ce matin, mais...
M. Kelley
:
...j'ai eu une discussion avec le >ministre ce matin,
mais c'est sur Churchill Falls. Je comprends très, très
bien que, de leur côté, ils sont en train de réviser ça avec le comité des
experts, etc., mais est-ce que vous pouvez, peut-être, donnez-nous une mise à
jour sur les négociations avec Churchill Falls? Quel rôle est-ce
qu'Hydro-Québec joue présentement pour s'assurer que cette entente est réalisée
et que c'est un succès? Parce que c'est un morceau important pour le plan
d'action d'Hydro-Québec jusqu'en 2035.
Le Président (M. Julien) : Est-ce
qu'il y a consentement pour que Mme la PDG... Oui. S'il vous plaît, nom et
titre, madame.
Mme Bouchard (Claudine) : Oui.
Alors, bonjour, tout le monde. Merci de m'accueillir aujourd'hui avec mon
équipe. Donc, Claudine Bouchard, présidente-directrice générale, Hydro-Québec.
Alors donc, au niveau de Terre-Neuve, vous
savez qu'on a conclu une entente avec Terre-Neuve en décembre, une entente de
principe avec les gens de Terre-Neuve, donc, avec Terre-Neuve-et-Labrador
Hydro, donc, la compagnie d'électricité du côté de Terre-Neuve-et-Labrador, en
décembre 2024, une entente de principe qui est vraiment gagnante-gagnante pour
les deux provinces, je le répète.
Pour Hydro-Québec, ça permet d'assurer la
sécurité énergétique et aussi obtenir cette énergie-là un prix concurrentiel et
avantageux pour le Québec. Du côté de Terre-Neuve, ça devance certains
paiements pour la révision du tarif ou du coût d'achat de l'énergie de
Churchill Falls et ça leur permet aussi d'obtenir, d'acquérir de l'énergie
supplémentaire pour le développement de Labrador City, qui en a grandement
besoin actuellement.
Suite à l'élection de l'automne dernier du
côté du gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador, donc il y a eu un changement
de parti de ce côté, il y a une commission d'enquête indépendante qui a été
mise sur pied par le nouveau premier ministre, M. Wakeham. Cette commission
d'enquête là a déposé son rapport au premier ministre il y a environ
10 jours, donc c'était le 31 avril, donc, à peu près 10 jours,
12 jours, et ce rapport-là va être rendu public le 19, donc mardi prochain.
Donc, Hydro-Québec attend avec intérêt le
rapport, bien entendu, pour voir quelles seront les prochaines étapes. Nous
sommes toujours confiants, disponibles et enthousiasmés à obtenir une entente
finale avec Terre-Neuve-et-Labrador Hydro parce qu'on juge que cette
entente-là, elle est gagnante pour tout le monde. Elle est gagnante aussi pour
la décarbonation parce qu'on a accès à de l'énergie renouvelable avec le
développement de plus de 2 000 MW avec le projet de Gull Island.
M. Kelley
: Merci
beaucoup à Mme Bouchard. Et je veux juste parler un petit peu, parce que... et
merci beaucoup pour la réponse dans le cahier des crédits, où on a un tableau
ou un calendrier, je pense, c'est mieux expliqué comme ça, des paiements
annuels prévus. Est-ce qu'il y a une marge de manœuvre sur ce côté-là? Si
Terre-Neuve revient puis dit : Ah! je pense qu'on est capables... ou on
demande plus d'argent de votre côté, je sais que ce n'est pas toujours une
bonne idée de faire les négociations sur l'espace public, mais est-ce que vous
êtes quand même prête à faire certains ajustements à le MOU qui a été déjà
signé? Est-ce qu'il y a de la flexibilité sur votre côté ou on verra la suite?
Mme Bouchard (Claudine) : Je
vais reprendre ce que vous avez dit. On ne fera pas de négociation sur la place
publique. Toute négociation mérite des discussions entre les parties concernées.
Alors, en respect du processus, je ne vais pas commenter davantage.
M. Kelley
: Très bien,
mais est-ce que... sur le côté d'Hydro-Québec, est-ce que vous avez des
demandes supplémentaires si jamais on réouvre le MOU?
Mme Bouchard (Claudine) : Je
vais répondre avec la même réponse. Alors, vous savez, quand vous achetez une
maison, vous négociez, hein? Vous pouvez inclure les meubles, le lave-vaisselle,
et tout. Alors, c'est un peu le même processus dans lequel on se retrouve. On a
négocié pendant environ deux ans. On est... on est venus à une entente de
principe qu'on juge gagnante-gagnante. Maintenant, si on change les paramètres
de cette entente-là, bien, on doit discuter de part et d'autre pour que ça
demeure... nous, c'est de défendre les intérêts du Québec et d'Hydro-Québec,
et, par conséquent, bien, il faut que l'entente demeure gagnante-gagnante pour
tout le monde.
M. Kelley
: Merci
beaucoup. Peut-être plus dans une façon plus générale, sur l'argent qui... si
l'entente est signée, puis on avance, c'est juste un petit peu sur les
paiements et le montant, l'année prochaine, si ça arrive, là, c'est à
500 millions de dollars environ, et, par 2041, on est à 2 milliards
de dollars. Alors, chaque année, on augmente. Est-ce que, de votre côté de
l'échange, c'est dans le fait qu'on va avoir moins de redevances pour l'État,
mais, à long terme, c'est une... c'est une bonne entente parce qu'on va être
capables d'avoir plus de mégawatts? Pour moi, quand je regarde ça avec un budget
qui est <serré pour... pour l'État québécois présentement...
M. Kelley :
...avec
un budget qui est >serré pour... pour l'État québécois présentement, puis
on trouve des façons de retourner à un budget équilibré, on sait qu'on dépend
beaucoup de la ristourne d'Hydro-Québec... pas juste Hydro-Québec, mais toutes
les sociétés d'État, est-ce que ça va mettre de la pression sur notre côté ici?
Est-ce que ça va sortir de notre ristourne, Mme Bouchard, si vous suivez ma
question?
• (14 h 10) •
Mme Bouchard (Claudine) : Bon,
je pense que j'ai bien saisi votre question. Donc, le projet avec Terre-Neuve
est immobilisé sur la durée de vie des installations. Il y a une partie
là-dedans qui est, je dirais, une négociation d'un nouveau tarif pour
l'électricité qu'on achète de Churchill Falls, mais en conséquence de quoi on a
une garantie de prix stable et abordable sur l'horizon du nouveau contrat
plutôt que de s'arrêter en 2041. Donc, c'est bon au niveau de l'abordabilité et
c'est bon au niveau de la sécurisation de l'approvisionnement énergétique pour
le Québec. Donc, ça, c'est la première des choses.
La deuxième des choses, c'est que ces
prix-là ou cet argent-là s'immobilisent sur la durée du projet. Donc, ce n'est
pas de l'argent direct, payable, il y a une partie que oui, mais il y a une
partie qui s'immobilise sur la durée. Mais là, si vous voulez parler du détail
financier, je passerais peut-être la parole à mon collègue Dave, là. Dave a été
le responsable de la négociation du... de l'entente de principe, mais là on va
rentrer dans des paramètres financiers qui ont fait l'objet de discussions,
donc, un peu commercialement délicats aussi, là.
M. Kelley : Parfait.
Le Président (M. Julien) :
Est-ce qu'il y a consentement pour...
M. Kelley
: Consentement.
Le Président (M. Julien) : Nom
et titre, monsieur.
M. Rhéaume (Dave) : Dave
Rhéaume, vice-président exécutif, stratégie réglementaire, énergétique et
industrielle.
Peut-être la précision, en respectant ce
qui est confidentiel, c'est... Dans le cadre de la négociation, je dirais qu'on
avait trois objectifs, s'assurer d'avoir le meilleur prix possible pour le
Québec, mais aussi... Donc, lorsqu'on vous parlez de la montée, l'augmentation
dans le temps, on voulait s'assurer d'éviter des chocs tarifaires pour les
Québécois et un impact significatif à la base... à la baisse sur le bénéfice.
Donc, ça a vraiment été calibré. Donc, autant... Le but, c'était de payer le
moins cher possible, bien entendu, mais aussi de mitiger la notion de choc.
Donc, on a autant négocié, je vous dirais, le coût que l'augmentation graduelle
pour s'assurer d'éviter ces impacts-là.
M. Kelley : Et, si jamais... Le
premier ministre du Canada vient d'annoncer un objectif d'augmenter la
production de l'électricité au Canada. Si jamais il y a une offre de payer pour
une ligne de transmission, par exemple, Churchill Falls vers le Québec, est-ce
que ça, ça va aider dans les coûts en général pour Hydro-Québec et, quand même,
pour le gouvernement du Québec? Est-ce que c'est quelque chose qui est
intéressant de votre part ou c'est mieux de peut-être prendre un transfert de
le gouvernement fédéral puis faire qu'est-ce qu'on veut avec ça?
Mme Bouchard (Claudine) : La
stratégie émise ce matin, on n'en a pas pris connaissance, bien entendu, parce
qu'on n'a pas eu accès aux documents. Donc, on va se réserver le droit de
l'analyser et de se positionner officiellement une fois qu'on l'aura eue.
Quelles seront les possibilités à l'intérieur de ça, on verra, mais les crédits
d'impôt pour les investissements, c'est déjà quelque chose qui existait dans
les budgets fédéraux précédents. Donc, l'expansion de ça aux lignes
intraprovinciales, qu'est-ce que ça veut dire, il faut l'analyser. Il est trop
tôt, pour nous, pour se positionner là-dessus.
M. Kelley : Merci beaucoup.
Je veux... rapidement, je ne pense pas que j'ai énormément de temps qui reste,
mais, sur les sommes versées au... le gouvernement du Québec, est-ce qu'il y a...
est-ce qu'il y aura un impact sur le... sur le retour... le gouvernement du
Québec avec cette augmentation... les transferts vers Terre-Neuve?
M. Rhéaume (Dave) : Donc,
oui, lorsqu'on a présenté l'entente, on a expliqué que, dans le fond, la hausse
des coûts allait être partagée entre un impact sur le bénéfice net et un impact
sur les hausses de tarifs, mais tout ça dans le respect des engagements qu'on
avait déjà pris. Donc, essentiellement, dans le temps, on s'assure de lisser
l'impact autant sur les tarifs que sur le bénéfice, puis l'augmentation du
bénéfice, dans les prochaines années, est capable d'absorber une partie de ces
coûts-là.
M. Kelley : Merci beaucoup, M. Rhéaume.
Et j'ai eu un échange avec le ministre. Tout le monde ici veut... Bien, je ne
peux pas dire tout le monde. Tout le... il y a beaucoup de monde ici qui veut
que l'entente est un succès, mais, sinon, c'est quoi, les plans B et C pour
Hydro-Québec?
Mme Bouchard (Claudine) : Vous
savez, le métier d'Hydro-Québec, c'est d'assurer la sécurité énergétique du
Québec depuis toujours. Alors, Hydro-Québec travaille toujours avec un
portefeuille de projets et une séquence de projets qui évoluent dans le temps.
Aujourd'hui dans notre plan d'action, on a dit qu'on allait mettre en service
10 000 MW pour 2035 dans une séquence, évidemment, annuelle.
Maintenant, juste en éolien, aujourd'hui, on a un potentiel en étude et pour
lequel on a des partenariats avec les communautés autochtones et les
communautés locales, on est déjà à 12 500 MW de potentiel.
Alors, le portefeuille de projets évolue,
et, là-dedans, on se donne de l'optionalité avec ou sans Terre-Neuve, hein?
Quand on a lancé le plan d'action au départ, Terre-Neuve n'était pas là, ça
s'est ajouté. Alors, ça s'ajoute aux optionalités et à la séquence de projets
qu'on va dérouler. Alors, il n'y a pas de B identifié et C identifié. C'est un
groupe de projets, c'est un <portefeuille de...
Mme Bouchard (Claudine) :
...identifié
et C identifié. C'est un groupe de projets, c'est un >portefeuille de
projets, avec un total de mégawatts, et vous le savez comme moi que ça prend
toujours plus de mégawatts que ce qu'on vise à faire.
Alors, on avance avec plusieurs projets
partout au Québec, sur le territoire. On est en lien avec les communautés
locales. On a déjà commencé à faire du travail terrain pour évaluer ces
projets-là pour nous permettre d'avoir un portefeuille le plus précis possible
au fur et à mesure où on avance, mais n'oubliez pas qu'on a l'énergie, quand
même, de Churchill Falls, jusqu'en 2041, à un prix très avantageux pour les
Québécois.
M. Kelley : Merci beaucoup.
Et la raison pour... je pose la question, c'est parce que la première ministre
et l'ancien premier ministre ont clairement dit qu'il y a toujours un plan B et
un C, mais c'est juste... ça va être à un coût supplémentaire. Alors, j'imagine
c'est pourquoi on vise vraiment sur le plan A ou, quand même, l'entente avec
Churchill Falls, parce que c'est le meilleur coût, mais, si ça n'arrive pas,
toutes les autres options, bien, le prix par kilowatt, ça va être plus élevé.
Mme Bouchard (Claudine) : Il
y a deux choses, il y a deux choses. Évidemment, Terre-Neuve est à un coût
avantageux. Terre-Neuve, Gull Island, est le projet le plus étudié d'énergie
renouvelable aujourd'hui au Canada. Donc, c'est un projet qui est prêt à faire,
qui a déjà ses permis. Le meilleur projet, c'est celui qu'on peut faire.
Le Président (M. Julien) : Alors,
ce bloc d'échange est terminé. Je cède maintenant la parole au député de
Jean-Talon. Vous disposez de 12 min 10 s.
M. Paradis : M. le ministre,
Mme la présidente, membres de l'équipe d'Hydro-Québec, bonjour.
Donc, le gouvernement fédéral de Mark
Carney a annoncé ce matin sa nouvelle stratégie nationale d'électrification.
J'ai entendu votre réponse à mon collègue il y a quelques minutes et je vous ai
entendue en point de presse il y a quelques instants. J'aimerais savoir si vous
avez été consultée par le gouvernement fédéral aux fins de ce plan.
Mme Bouchard (Claudine) : ...jusqu'à
présent.
M. Paradis : Donc, vous avez
été informée à quel moment de l'existence de ce plan?
Mme Bouchard (Claudine) : En
même temps que le ministre, hier, en fin de journée, hier soir.
M. Paradis : Très bien. J'ai
bien entendu la prudence dont vous devez faire preuve parce que vous n'avez pas
encore vu les détails. Néanmoins, le communiqué du gouvernement fédéral est
clair sur les intentions : construire des infrastructures nécessaires pour
doubler la production d'électricité au Canada d'ici 2050 et relier les réseaux
fragmentés du Canada de l'est à l'ouest par la construction et l'extension de
lignes de transport d'électricité, notamment, entre autres. Il y en a deux
autres, des objectifs, mais j'aimerais me concentrer là-dessus. Est-ce que ces
annonces s'inscrivent dans le cadre du plan d'action d'Hydro-Québec à l'horizon
2035?
Mme Bouchard (Claudine) : Encore
une fois, on n'a pas le détail de la stratégie énergétique du gouvernement
fédéral. Cependant, on peut voir une certaine cohérence avec ce qu'on dit. Nous
aussi, on dit que, sur l'horizon de 2050, le besoin en électricité, en énergie
renouvelable, va quasi doubler. Alors, c'est ce sur quoi on vise. Là, on se
ramène à 2035. Ce qu'on a dit, c'est qu'on visait un plan d'action... nous
permettait d'ajouter 10 000 MW de capacité supplémentaire, incluant,
bien entendu, l'efficacité énergétique, qui est le moyen le plus efficace pour
être capables de faire face à la demande devant nous et de consommer notre
énergie précieuse de façon responsable. Alors, on voit une cohérence, mais on
va se garder une réserve parce qu'on n'a pas vu le détail de ce qu'il y avait
dans le programme ou la stratégie énergétique fédérale.
M. Paradis : Je conviens une
nouvelle fois que vous n'avez pas encore vu les détails et que vous devez
exercer une saine prudence. Néanmoins, compte tenu des intentions annoncées de
ce programme fédéral, est-ce que vous voyez Hydro-Québec s'inscrire nécessairement
dans le cadre de ce plan fédéral ou protéger l'autonomie d'Hydro-Québec et la
souveraineté énergétique du Québec?
Mme Bouchard (Claudine) : Vous
savez, en tant que PDG d'Hydro-Québec, mon rôle, c'est défendre l'intérêt
d'Hydro-Québec, mais l'intérêt des Québécois aussi. Alors, il est un peu trop...
pour se positionner, mais je peux vous dire que, des interconnexions, ça existe
déjà. On en a déjà avec le Nouveau-Brunswick, on en a déjà avec l'Ontario.
L'Ontario ajoute de la capacité, on ajoute de la capacité, le Nouveau-Brunswick
ajoute de la capacité. Alors, à terme, au-delà de 2035, comment on va tirer
profit... Le Québec a ce que les autres n'ont pas, un avantage, on a développé
des grands réservoirs. Comment on va tirer profit de ces grands réservoirs là
qui agissent comme des batteries, c'est ça qui devrait guider nos intérêts pour
les Québécois, pour garder les tarifs les plus bas et le service le plus fiable.
Maintenant, je ne peux pas, encore une fois, parler du lien entre cette volonté
ou ces intérêts-là et la stratégie fédérale parce que je ne sais pas le détail
de tout ça.
M. Paradis : La stratégie
fédérale indique... Vous m'avez parlé d'interconnexion. Je vais me concentrer
maintenant sur la production. L'objectif, il est clair, il est indiqué ce matin
par le gouvernement fédéral, c'est doubler la production d'électricité au
Canada d'ici 2050. Hydro-Québec a ses propres cibles et son propre plan. Est-ce
que vous voyez que, nécessairement, Hydro-Québec devra s'inscrire dans les
cibles fédérales ou qu'Hydro-Québec va maintenir ses cibles et ses objectifs
qui sont déjà dans le plan à l'horizon 2035?
• (14 h 20) •
Mme Bouchard (Claudine) : Bien,
moi, je vois ça en cohérence. Notre objectif à nous, c'est... en 2050, au-delà
de 2035, c'est de <doubler la capacité. Maintenant, on va mettre la...
Mme Bouchard (Claudine) : ...nous,
c'est... en 2050, au-delà de 2035, c'est de >doubler la capacité.
Maintenant, on va mettre la capacité dont on a besoin pour répondre aux
intérêts et aux besoins des Québécois et du Québec.
M. Paradis : Avez-vous
l'impression que vous allez être à armes égales compte tenu du fait que votre
prédécesseur, Michael Sabia, est aujourd'hui l'un des plus proches conseillers
du premier ministre Mark Carney et que, jusqu'à sa démission soudaine, au mois
de juin, l'année dernière, il avait avec lui les clés de toute la stratégie et
tous les chiffres d'Hydro-Québec?
Mme Bouchard (Claudine) : Encore
une fois, mon travail de PDG, ça va être de défendre les intérêts
d'Hydro-Québec et des Québécois. Je ne peux pas présumer des intentions de qui
que ce soit.
M. Paradis : Très bien. Je
vous amène au plan, justement, au plan d'action 2035 d'Hydro-Québec.
Pourquoi? Parce que c'est un axe fondamental du développement économique et
énergétique du Québec. Il y a une cible ambitieuse en matière de production, et
donc en matière d'investissement. Le plan d'action est dépendant notamment du
plan de lutte aux gaz à effet de serre, et il y avait une cible qui était fixée
en 2035, qui a été modifiée par le ministre de l'Économie, de l'Énergie et de
l'Innovation, alors ministre de l'Environnement, à 2030, donc, d'ici 2030,
réduction de 37,5 %.
Une voix : ...
M. Paradis : Exact. Est-ce
que vous, vous aviez des cibles qui allaient jusqu'à 2030 dans votre plan par
rapport à 2035? Vous comprenez que mes questions sont sur l'adaptabilité et
savoir si le plan tient encore compte tenu des cibles qui ont été modifiées en
matière de réduction des gaz à effet de serre. Donc, vous, à Hydro-Québec, est-ce
que, dans votre plan, vous aviez des cibles à 2030 plutôt qu'à 2035?
Mme Bouchard (Claudine) : Vous
savez, nous, notre plan... Hydro-Québec s'inscrit dans un horizon long terme.
Ce n'est pas pour rien qu'on parle de 2035. Quand on débute un projet pour
ajouter de la capacité, ça prend plusieurs années. L'hydroélectricité, avant,
c'était 10 ans. On a ramené ça avec un cycle d'environ huit ans, l'éolien,
un cycle de quatre ans, à peu près, pour être capables de développer ça. Alors,
nous, le séquencement des projets avance dans le temps. La mise en œuvre de
notre plan... Comme vous le savez, le maximum de nos investissements arrivait
autour de 2030 à peu près.
Alors pour nous, la cible de 2030 ne
change en rien dans l'objectif de 2035. Il faut livrer ce 10 000 MW là
pour 2035, et la séquence des projets, de toute façon, va suivre le cours,
hein? Quand on met en service des projets, on ne peut pas mettre la moitié d'un
projet en service. Alors, c'est 1 000 MW ou zéro. Si on a besoin de 1 000 MW
l'année suivante, je ne peux pas mettre 500 une année puis 500 l'année suivante.
Alors, nous, on poursuit, on ajuste le plan, comme toujours, au fur et à mesure
où on avance, mais l'objectif du plan, c'est de répondre aux besoins, de répondre
aux besoins du Québec, autant en décarbonation qu'en développement économique. Alors,
c'est ce qu'on suit.
Et je voudrais ajouter à ça... On ne le
réalise pas, mais, en 2025, on a eu un record de la demande électrique au
Québec, plus de 185 TWh. Alors, la demande, bien qu'on ajuste certaines
cibles, la demande se matérialise malgré tout et augmente malgré tout de façon
importante.
M. Paradis : Néanmoins, le
plan dépend aussi de la cible en matière d'approvisionnement, et là vous avez
une cible qui était fixée à 2030. Donc, il fallait investir massivement pour
décarboner et atteindre les cibles en 2030. Là, ça a été déplacé, cette
cible-là, en 2035. Je veux bien comprendre votre réponse. Est-ce que vous êtes
en train de me dire que ça ne change pas? Ou, si ça change, ça change comment?
Et est-ce que les cibles qui sont fixées dans le plan 2035 changent? Parce
que, là, on disait : Il faut décarboner massivement, on a des objectifs à
atteindre en 2030. Là, c'est... ce ne sont plus des objectifs pour 2030, ce
sont les objectifs pour 2035. Donc, est-ce que vous aviez des cibles de
quantité d'énergie nécessaire pour atteindre cette cible-là en 2030, qui,
nécessairement, devrait changer pour 2035?
Mme Bouchard (Claudine) : Je
vous répète ce que j'ai dit. Nous, la séquence du plan d'action demeure sur
l'horizon de 2035. Le séquencement des projets demeure comme il était.
Maintenant, est-ce qu'il y aura des ajustements à la marge? Peut-être, en
fonction des besoins, mais l'important, c'est de comprendre que le projet qui
était pour être mis en service en 2030, il donnait 1 000 MW. Il n'y
avait pas de flexibilité. Chaque projet amène un nombre de mégawatts, pour le
total de 10 000 en 2035. Alors, c'est cette flexibilité-là qui nous permet
d'avancer dans la séquence, mais ce que je peux vous dire, par ailleurs, c'est
que l'augmentation de la demande se matérialise malgré le ralentissement de
cette norme de décarbonation là.
M. Paradis : Est-ce que, pour
les gens qui nous écoutent, on peut résumer votre réponse en disant que le fait
que le ministre de l'Environnement ait changé la cible de cinq ans ne change
rien au plan d'Hydro-Québec à l'horizon 2035? C'est-à-dire que la cible,
notamment, fixée à l'article 155 de la loi n° 24, qui
était le projet de <loi n° 69 de 2025,
elle demeure à 250...
M. Paradis :
...155
de la loi
n° 24, qui était le projet de >loi
n° 69 de 2025, elle demeure à 250 térawattheures
au 1er janvier 2035 et que, donc, les investissements requis et que les
cibles que vous avez fixées demeurent les mêmes.
Mme Bouchard (Claudine) : Ça
demeure les mêmes. Encore une fois, je répète, le séquencement, l'optionnalité
des projets et la réalisation des projets est en cours. Maintenant, l'objectif
est toujours à 2035.
M. Paradis : Est-ce qu'il y a
une mise à jour qui est envisagée quand même, compte tenu de ces
modifications-là?
Mme Bouchard (Claudine) : Hydro-Québec
doit déposer, à l'automne du côté de la Régie de l'énergie, un nouveau plan
d'approvisionnement en fonction des besoins. Alors, il y aura peut-être des
ajustements, mais, comme je répète, quand je mets en service une centrale de
1 000 MW ou que je fais des groupes turbine-alternateur pour lesquels
je rehausse la puissance, c'est 2 400 MW. Je ne peux pas dire : J'en
fais la moitié. Quand je le mets en service, c'est 2 400 MW, et, une
fois que le projet est parti, je ne peux pas dire : Je prends sept ans
pour le faire, parce que les frais financiers augmentent, l'inefficience
augmente. Alors, pour nous, le séquencement demeure. Maintenant, on voit, comme
je le disais, une augmentation de la demande malgré ça.
M. Paradis : Très bien. Vos
cibles dépendent aussi du plan d'approvisionnement 2023-2032, et je vous
amène à la page 9 parce que, là, c'est la... c'est quelle va être la
demande d'énergie, et donc quels investissements on doit faire pour répondre à
cette demande-là, n'est-ce pas, hein, puis les sites d'approvisionnement. Et là
je vois que, pour les grandes entreprises... Pour le secteur industriel, alors
que, par exemple, pour les grandes entreprises, en 2025, 2026, 2027, 2028, ça
varie entre 0 % et 2,4 %, la croissance, soudainement, en 2029, c'est
7,3 %. Pour les autres grandes industries, alors qu'en ces années-là, les
années précédentes, ça va de 4,9 % à 6,5 %, soudainement, il y a une
hausse, en 2029, de 20,4 % de la demande, idem pour tous les secteurs,
pétrole, mines, sidérurgie. Pouvez-vous m'expliquer comment ça se fait que la
planification d'Hydro-Québec, donc, sur la quantité d'énergie dont on va avoir
besoin, il y a un pic comme ça en 2029?
Mme Bouchard (Claudine) : Oui,
bien, je vais demander à Dave de répondre, mais, tu sais, la réponse à ça, c'est...
Évidemment, ces chiffres-là vont être revus à l'automne pour le nouveau plan
d'approvisionnement, bien entendu. Ils étaient basés aussi sur le cycle
économique, sur la prévision économique, sur les projets, aussi, qui étaient
connus au moment où on a déposé le dernier plan d'approvisionnement. Alors, je
vais laisser Dave répondre par rapport aux pourcentages parce que je ne les
connais pas par cœur, bien entendu, mais, chose certaine, c'est que ces
chiffres-là sont basés sur les projets qui étaient... qui étaient soumis ou qui
étaient, je dirais, en élaboration pour le Québec.
M. Paradis : Mais donc, avant...
avant de vous laisser parler, donc, pour que les gens qui nous regardent
comprennent, c'est que, là, on parle de comment on prévoit la demande qui va
déterminer ce qu'on... ce dont on a besoin comme énergie, et donc combien on
investit pour se rendre là, notamment en matière de décarbonation, et là ce
qu'on voit, c'est que, dans vos prévisions sur 10 ans, il y a une espèce
de pic comme ça, en 2029, dans toutes les industries du Québec, dans tous les
secteurs. Je voudrais comprendre pourquoi.
Le Président (M. Julien) : En
20 secondes.
M. Rhéaume (Dave) : Je
corrige, ce n'est assurément pas dans tous les secteurs. Donc, l'exercice de
prévision de demande se fait publiquement à la Régie de l'énergie, puis, à
chaque année, il y a une remise à jour. Donc, cette prévision-là a été déposée
à la régie, approuvée par la Régie de l'énergie, et reflète, en effet, comme
disait Mme Bouchard, le fait que, lorsqu'il y a des filières qui
s'accélèrent, les changements technologiques...
Le Président (M. Julien) : M. Rhéaume,
je dois interrompre, ce bloc étant terminé. Je cède maintenant la parole au
député de Jacques-Cartier. Vous disposez de 12 min 10 s.
M. Kelley : Merci beaucoup, M.
le Président. Est-ce que vous êtes en mesure de donner nous une mise à jour sur
les possibles projets de nouveaux barrages au Québec? Nous sommes rendus où
exactement dans vos évaluations?
Mme Bouchard (Claudine) : Dans
le 10 000 MW, une ponction importante était le rehaussement de
puissance de nos groupes turbine-alternateur, faire plus avec ce qu'on a déjà.
Donc, quand on a lancé le plan d'action, on parlait de 2 000 MW de
plus en changeant nos turbines pour des modèles plus récents, plus performants,
et aussi, avec les jumeaux numériques, être capables de piloter de façon
beaucoup plus précise. La bonne nouvelle, c'est qu'avec le travail qu'on a fait
avec nos manufacturiers on arrive à 2 400 MW juste en changeant nos
groupes turbines-alternateurs. Quand je dis «juste», c'est pas mal plus
complexe que ça, bien entendu, vous l'aurez compris, mais, néanmoins, donc, on
arrive avec 2 400 MW, donc 400 MW de plus. Quand je parlais
d'optionnalité, tout à l'heure, bien, ça fait partie de notre portefeuille,
portefeuille d'options, portefeuille de mégawatts.
• (14 h 30) •
On avait aussi parlé, sur l'horizon du
plan, d'une centrale à réserve pompée. Alors, je peux vous dire qu'on avance
bien de ce côté-là. Je ne peux pas vous parler de l'endroit parce qu'on a
toujours des discussions avec les communautés locales et autochtones, alors, en
respect des discussions que nous avons avec eux, mais je peux vous dire qu'on
est déjà à pied d'oeuvre au terrain pour évaluer les projets, et c'est
prometteur, et c'est intéressant, et il y a des <belles...
>
14 h 30 (version révisée)
< Mme Bouchard (Claudine) : ...pied
d'oeuvre au terrain pour évaluer les projets. Et c'est prometteur, et c'est
intéressant, et il y a des >belles opportunités pour développer ce genre
de nouvelle technologie là.
Au Québec, on n'a pas ça, des centrales à
réserve pompée. Une réserve pompée, on prend l'eau à la pointe le matin pour
produire l'énergie pendant la journée; pendant le creux, on va prendre de l'énergie
pour repomper l'eau en haut pour que, le soir, on soit capables de redémarrer
la centrale pour produire de l'énergie. Donc, ça, ça va être un nouveau concept
hydroélectricité. L'avantage de ça, c'est que l'empreinte environnementale est
beaucoup moins grande, il n'y a pas d'inondation de territoire, et donc,
vraiment, on utilise un canal un peu fermé, si on veut. Donc, en conséquence, c'est
vraiment les deux éléments d'hydroélectricité sur lesquels on travaille de
façon plus active actuellement.
M. Kelley : Merci beaucoup. Est-ce
que c'est possible d'avoir un échéancier puis peut-être aussi une mise à jour
sur les discussions avec des communautés autochtones et des communautés locales?
Est-ce que ça avance bien? Est-ce qu'il y a quelque chose... je sais que vous êtes
à côté de le ministre, mais une demande spécifique peut-être aussi pour le côté
gouvernemental d'aider dans les relations, négociations avec les communautés autochtones
concernées par les possibles projets? Je pense qu'on parle un peu dans la
Côte-Nord. Alors...
Mme Bouchard (Claudine) : Oui,
bien, écoutez, on a des discussions avec plusieurs communautés autochtones
partout, sur le territoire du Québec, à des niveaux d'avancement différents,
sur des opportunités différentes, avec des groupes qui sont complètement
différents. Vous le savez, au Québec, chaque communauté est indépendante et
chaque communauté à un profil différent, autant social, culturel, même de
langue.
Alors, pour nous, en respect des
discussions actuellement, je vais m'arrêter là, mais vous dire que ça progresse
bien. Déjà, qu'on puisse créer ces relations de confiance là avec les
communautés autochtones et déjà d'avancer à certains endroits... Les meilleurs
exemples de ça, c'est ce qu'on a fait du côté du Bas-Saint-Laurent, de la
Gaspésie avec les Micmacs, notamment, hein? Donc, on a plus de 6 000 MW
de potentiel d'éolien de ce côté-là. On a aussi, avec les Innus de Mashteuiatsh,
un peu plus de potentiel, 3 000 MW. Et on a, du côté d'Essipit aussi...
Évidemment avec les MRC, là, je m'en voudrais de ne pas nommer les MRC et l'Alliance
de l'énergie de l'Est aussi, qui sont des partenaires. Mais, en ce qui concerne
les communautés autochtones, donc, on a déjà des partenariats pour lesquels on
est actifs, pour lesquels on est au terrain à trouver les meilleurs projets à
faire en partenariat avec ces communautés-là. Donc, on est au terrain pour
prendre des mesures, pour évaluer quels sont les potentiels, comment on
pourrait développer ce projet-là. Alors, je pense que ça témoigne de l'avancement
et du sérieux qu'on a mis dans notre réconciliation économique avec les
communautés autochtones.
Un autre élément important aussi dont on
parle dans la réconciliation économique, c'est l'autonomie économique des
communautés. Et ça, bien, on est fiers de dire que notre politique d'approvisionnement
auprès des communautés ou des entreprises autochtones fonctionne bien. 221 millions,
jusqu'à présent, qu'on a dépensés. Souvenez-vous, on a l'intention de donner 1 milliard
de contrats à des entreprises qui sont concurrentielles dans les communautés
autochtones, et c'est ce qu'on fait.
Maintenant, on accompagne ces compagnies-là
qui sont autochtones. On a même une entreprise, côté de Mashteuiatsh, qui vient
d'être accréditée dans un créneau très, très stratégique pour Hydro-Québec.
Alors, pour nous, ça, c'est des beaux succès pour témoigner de l'importance de
cette stratégie de réconciliation là économique avec les communautés
autochtones, mais partout au Québec.
M. Kelley : Merci beaucoup.
Alors, je comprends, pour un échéancier, là, on avance à le rythme qui est
nécessaire. Bien, merci pour les réponses.
Je veux poser des autres questions sur le
plan 2035. On a eu des discussions en Chambre, mais c'est des questions de
contrôle des coûts. Vous n'êtes pas toute seule sur le planète présentement de
gérer... oui, l'augmentation dans le prix de tout, c'est une réalité, mais j'ai
vu quand même avec les lignes de transmission, c'était dans le document que
vous avez fourni pour nous, les élus, que, quand même, la ligne de transport de
Hertel à New York, on a eu des dépassements de coûts pas mal importants. Et,
dans le document, on soulève le réalité de COVID, on soulève le réalité de la
guerre en Ukraine, juste le fait qu'avec les tarifs, etc., tout a augmenté. Ça,
c'est juste pour un projet. Alors, sur l'ensemble... Et je sais que, récemment,
vous avez annoncé une approche sur l'éolienne de faire des... excuse-moi, pas
des demandes, mais aller chercher des commandes en blocs.
Mais, bref, quelles sont les autres mesures
que vous êtes capables de mise en place pour s'assurer qu'il y a un contrôle
des coûts et on ne dépasse pas cet objectif de 200 millions de
dollars, Mme Bouchard?
Mme Bouchard (Claudine) : Merci
pour cette question. C'est une question qui me tient à cœur, vous l'aurez
compris. Hydro-Québec a été très stratégique dans son positionnement avec les
grands manufacturiers. On a fait des contrats stratégiques de partage de marché
avec des grands manufacturiers qui sont protégés, qui sont exclus de la Loi sur
les contrats internationaux, et ça, ça nous permet d'être bien positionnés. Alors,
dans certains cas, on a la clause du meilleur client. Donc, à livre <ouvert...
Mme Bouchard (Claudine) :
...bien
positionné. Alors, dans certains cas, on a la clause du meilleur client. Donc,
à livre >ouvert, les manufacturiers sont obligés de nous montrer qu'on
est le meilleur client, parce que nous, on a une relation de long terme avec
ces manufacturiers-là. Pendant longtemps, Hydro-Québec a été le plus grand
client d'Hitachi, pour nommer celui-là. Il y en a plein d'autres où c'est la
même chose. Aujourd'hui, le monde a changé, bien entendu, mais cette relation
durable là dans le temps, ces revenus pérennes dans le temps a permis de tisser
cette relation-là. La reconnaissance technique d'Hydro-Québec comme client
également nous a amenés à avoir ces relations stratégiques là avec nos
manufacturiers, ce qui nous permet de se prémunir contre des variations de
volatilité des marchés.
Maintenant, évidemment, il y a des coûts
des matériaux qui augmentent. Alors, ça aussi, on suit ça de très près. On fait...
On réserve des plages de fabrication plus tôt dans le processus qu'on le
faisait auparavant, ce qui nous garantit quand même un accès à des prix
intéressants, parce qu'on veut faire le plan pour le meilleur coût et optimiser
les coûts avec les Québécois.
Mais on ne s'arrête pas là. À l'interne...
à l'interne aussi, on fait beaucoup de choses pour réduire les coûts de projet.
Alors, on est beaucoup dans la standardisation. Alors, avant, chaque poste
était différent, aujourd'hui, on y va un peu à la Tim Hortons, tous les
magasins sont pareils. Bien, nous, c'est ce qu'on est en train de faire aussi,
de déployer des mécanismes de standardisation de construction à l'extérieur des
chantiers pour réduire les coûts de tout ce qu'on va construire comme
infrastructure.
Alors donc, c'est sur plusieurs leviers
qu'on s'assure du contrôle des coûts. Et on a des équipes d'approvisionnement
stratégique qui sont vraiment au cœur de ces discussions-là. Et, vous le savez,
on a nos propres ingénieurs à l'interne qui travaillent justement avec les gens
d'approvisionnement pour s'assurer qu'on tire notre épingle du jeu malgré la
volatilité des marchés de chaîne d'approvisionnement internationale.
M. Kelley : Merci beaucoup,
Mme Bouchard. Puis je sais aussi que des chocs mondials, ce n'est pas des
choses que vous êtes capables de contrôler, mais est-ce qu'il y a un peu, de
flexibilité dans votre plan aussi, que, si jamais c'est juste impossible
nécessairement... dans votre budget, comme de rester dans votre budget, que, si
ça coûte trop cher à un certain moment, d'acheter une certaine... si c'est des
paires des... des pales ou, quand même, des tours, quoi que ce soit, que vous êtes
capables de réduire des commandes, ajuster ailleurs?
C'est juste aussi, je sais qu'on a... on
aime parler de qu'est-ce qui est écrit noir sur blanc dans le plan, mais la
capacité d'être flexible, est-ce que c'est une partie de votre approche?
Mme Bouchard (Claudine) : On
a toute la flexibilité nécessaire, mais, à terme, on doit mettre en service
10 000 MW au meilleur coût, avec le plus de fiabilité et de sécurité
énergétique. Alors, quand je parlais tantôt du portefeuille d'optionnalités,
c'est la même chose, mais les projets doivent arriver à temps et au meilleur
coût. C'est de cette façon-là qu'on travaille.
Et on fait aussi jouer... Je vais le dire
comme ça, ce n'est peut-être pas le bon terme, mais on fait jouer la
compétition. On vient de le faire dans l'éolien, hein, on vient d'aller en
appel d'offres pour aller chercher les meilleurs mégawatts à meilleur coût. On
le fait pour se trouver un partenaire aussi pour développer notre grande
stratégie de projets structurants éoliens pour aller chercher des partenaires
qui ont une prévisibilité. Quand je rencontre des entrepreneurs puis des
manufacturiers, ce qu'ils veulent, c'est de la prévisibilité. Alors, quand on
s'engage sur le long terme avec eux, on bénéficie de meilleurs prix. Alors, ce
qu'on est en train de faire dans l'éolien, de garantir des mégawatts à des
manufacturiers ou des turbiniers, ça nous permet de se garantir à nous cette
flexibilité-là à laquelle vous faites référence.
Alors, c'est vraiment quelque chose qui va
nous permettre de grandir, mais, qui plus est, on veut aussi avoir des
retombées économiques au Québec. Et ça, ça nous est cher. Et ça, on y
travaille, je dirais, ardemment pour s'assurer que ce plan-là se fasse au
meilleur coût pour les Québécois, mais non seulement ça, qu'il serve aussi de
tremplin pour nos entreprises au Québec. Et cette prévisibilité permet aux
entreprises de pouvoir investir dans leurs usines — on a plusieurs
cas qui ont été annoncés dans les dernières semaines — investir dans
leurs usines et non seulement devenir fournisseur d'Hydro-Québec, mais devenir
fournisseur pour d'autres utilités ailleurs dans le monde. Alors, ça, c'est
vraiment quelque chose qui va nous permettre de grandir comme Québec, autant
dans l'économie que dans le secteur énergétique.
M. Kelley : Merci. Et est-ce
que vous avez remarqué une augmentation de pression sur le marché de tous les
équipements d'électricité avec l'arrivée, oui, de l'intelligence artificielle,
mais les nouveaux joueurs? Soudainement, Google, OpenAI deviennent des
producteurs d'électricité et sont aussi dans le distribution. Et ça, c'est en
Amérique du Nord, mais on sait que ça répète un petit peu sur le planète. Alors,
est-ce que vous avez remarqué ça, que, soudainement, vous avez plus de
compétition pour les mêmes pièces? Et je sais que vous êtes un grand joueur
aussi, mais est-ce que ça... Est-ce que ça, c'est un défi pour Hydro-Québec?
• (14 h 40) •
Mme Bouchard (Claudine) : C'est
une excellente question. Écoutez, la réponse à ça, c'est ce que je disais tout
à l'heure. La relation stratégique de confiance et économiquement rentable
qu'on a établie avec nos grands fournisseurs nous amène aujourd'hui à avoir ce
lien-là et à avoir, encore une fois, des <clauses...
Mme Bouchard (Claudine) : ...nous
amène aujourd'hui à avoir ce lien-là et à avoir, encore une fois, des >clauses
de meilleur client dans les contrats.
Mais, oui, on est... on est en compétition
avec Google. Pas plus tard qu'il y a un mois, j'étais avec un fournisseur, que
je ne vais pas nommer, qui me disait que Google ou un autre... Je ne veux pas
nommer juste Google, mais un autre des grands, lui offrait 30 % de plus
que ce que moi, je payais pour qu'il prenne la plage de fabrication que moi,
j'ai réservée puis qu'il donne à ce grand joueur là. Mais, compte tenu de la
relation d'affaires à livre ouvert, bien, ce n'est pas possible pour ce
manufacturier-là de changer la séquence.
Alors, c'est un peu comme ça, on s'est
protégés contre ce genre de démarche là parce qu'on n'est plus sur notre île.
Pendant des années, Hydro-Québec a été sur son île, et tous les fournisseurs
venaient nous voir pour faire affaire avec nous, parce qu'on est évolués et
sophistiqués et on paie rubis sur l'ongle.
Le Président (M. Julien) :
Merci. Merci. Je dois vous interrompre. Désolé. Ce bloc d'échange étant terminé,
je cède maintenant la parole au député de Maurice-Richard,
vous avez... disposez de 12 min 10 s.
M. Bouazzi : Merci, M. le
Président. À mon tour de vous féliciter de vive voix au micro pour votre
assignation, puisqu'on n'a pas eu la chance de vous voir avant.
Je vais peut-être d'abord commencer sur la
question des objectifs de baisses de gaz à effet de serre. Dans votre plan, il
y avait marqué, donc, dans... jusqu'à 2035, que 25 % de la nouvelle
énergie servirait à la nouvelle économie et 75 % à décarboner. M.
Fitzgibbon, avant de quitter, a distribué à peu près 2 500 MW à des
industries. Quel pourcentage de cette distribution était pour baisser les gaz à
effet de serre?
Mme Bouchard (Claudine) : ...je
vais passer la parole après, Dave, mais je veux juste qu'on prenne peut-être un
pas de recul, OK? La décarbonation et le développement économique ne sont pas
mutuellement exclusifs. Une entreprise qui ait aujourd'hui un procédé de
fabrication au mazout, dont les équipements viennent à pérennité, c'est-à-dire
qu'il faut les moderniser, quand elle se modernise, elle passe du mazout à
l'électrique. En faisant ça, bien, évidemment, elle vient décarboner. Mais non
seulement ça, elle augmente sa productivité, parce qu'elle a des nouvelles
machines automatisées, donc elle augmente grandement sa productivité, peut
créer plus d'emplois, peut créer plus de retombées économiques locales.
Alors, c'est pour ça qu'il n'y a pas de
mutualité... il y a... En fait, il y a une mutualité entre les deux.
M. Bouazzi : Bien, en tout...
Mme Bouchard (Claudine) :
Donc, c'est difficile vraiment de qualifier, de caractériser : Est-ce que
c'est juste du développement économique? Un exemple de ça, c'est Les Forges de
Sorel. On est avec eux, c'est un projet, donc, avec Les Forges de Sorel, où ils
changent exactement ça, des équipements au mazout pour des équipements
électriques. Dans quelle catégorie on les met? Dans les deux. Alors, le 75-25,
c'était plus une tendance vers laquelle on voulait migrer. Maintenant, c'est
sur l'horizon 2035, ce n'est pas à chaque année qu'on comptabilise ça.
C'était une vision pour l'horizon du plan de 2035.
M. Bouazzi : Bien, en tout
respect, Mme la PDG, remplacer du mazout par l'électricité, c'est tout à fait
de la décarbonation. C'est clair. Ça fait que celui-là, par exemple, on le met
au complet sur la décarbonation. Vous avez décidé — en fait, vous en
collaboration avec le gouvernement en place — d'investir
200 milliards de dollars avec comme principal argument la transition
énergétique pour, à terme, atteindre la carboneutralité en 2050. Est-ce... Vous
êtes en train de me dire qu'il n'y a aucun... aucune métrique à l'intérieur?
Donc, donc, ma question, elle est claire,
sur les 2 500 MW que M. Fitzgibbon a donnés, pour la majorité à des
multinationales étrangères, donc, ce n'était pas pour décarboner, puisqu'elles
n'étaient pas là, bon. Quel pourcentage était pour... Parce que c'est déjà plus
que 25 %, là, tu sais, on est déjà à 30 % de 19 TWh, à terme,
sur les 60 TWh qu'on devrait produire de plus ou, en tout cas, dégager
d'ici 2035. Quel pourcentage sert à baisser les gaz à effet de serre?
Mme Bouchard (Claudine) : Je
reviens à ce que je disais tout à l'heure, c'est... le 75-25, c'est sur
l'horizon 2035. Et, quand on regarde, on a environ 7 100 MW de
projets de décarbonation qui vont s'inscrire sur l'horizon 2035.
Maintenant, si on fait la comptabilité
annuelle de ce qui est alloué comme mégawatts, de toute évidence, on ne pourra
pas tendre à chaque année 75-25, parce que l'objectif est sur le long terme.
La chose, par ailleurs, la plus
importante, c'est que notre énergie, c'est l'avantage concurrentiel du Québec...
notre énergie renouvelable à bas coût. Et ça, il ne faut pas perdre ça, il faut
s'assurer de créer le maximum de richesse avec ça. Et Hydro-Québec, avec le
gouvernement, s'assure, par exemple, d'augmenter les tarifs pour certains
usages pour créer encore plus de richesse pour le Québec, comme on l'a fait
pour le centre de données et la cryptomonnaie.
M. Bouazzi : Ça, on est
d'accord. En tout... D'accord. Donc, vous avez dit qu'il y a des métriques,
parce que, juste qu'on se mette d'accord, moi, je suis <arrivé...
M. Bouazzi : ...des
métriques, parce que, juste qu'on se mette d'accord, moi, je suis >arrivé,
et il y avait une PDG avant vous qui disait : Nous ne devons pas devenir
le Dollarama des multinationales étrangères. Elle a quitté ou elle s'est fait
quitter, au choix, là. Ensuite, il y a eu un autre PDG, qui, au moment où le
ministre Fitzgibbon a quitté, il est venu au même micro, ici, en commission,
pour nous dire : Vraiment, on n'a pas été bons, en fin de compte, on
aurait dû prioriser un minimum les compagnies ici pour décarboner les
compagnies ici.
Je ne sais pas avec lequel des deux PDG
vous êtes en accord ou en désaccord, mais là ce que vous dites, ce n'est en
accord avec aucun des deux, là. Moi, je vous demande, on a décidé d'investir
200 milliards de dollars, 200 milliards de dollars,
c'est-à-dire que... plus que le budget du Québec annuel avec une courbe... On
n'a toujours pas le plan, parce que le ministre ici présent ne nous... ne donne
pas le PGIRE, qui est censé, justement, nous donner comment ça évolue.
Malheureusement, on a juste vous.
Ça fait que moi, j'ai une question claire.
Vous dites qu'il y a une métrique. On a distribué... Je ne vous dis pas de le
dire année après année. Là, on a distribué 2 500 MW. Ça, c'est plus
du tiers de ce qu'on a... censé dégager, les 8 000 à 9 000 MW
d'ici 2035, ce n'est pas année par année, là. Ça, c'est plus du tiers. Donc, de
cette quantité-là, quel pourcentage sert à décarboner et quel pourcentage ne
sert pas à décarboner?
Mme Bouchard (Claudine) : La
plus grande décarbonation... Là, vous parlez d'une partie de l'équation. La
plus grande décarbonation va venir de l'électrification des bâtiments et des
résidences, OK? Alors, dans les mégawatts alloués, vous ne faites pas référence
à cette partie-là. Donc, l'électrification du chauffage, nommément, va
permettre de réduire les gaz à effet de serre. Et ça, ça ne fait pas partie des
projets auxquels vous référez de façon importante.
Les véhicules électriques aussi. Donc, les
véhicules électriques, c'est probablement la source la plus importante de
croissance pour la décarbonation. Aujourd'hui, on a 450 000 véhicules
électriques, on parle de 300 MW, à l'horizon 2035, on parle de
2 millions. Si vous faites le calcul, c'est une hausse d'autour de
4 000 MW juste pour l'électrification des transports. Alors, ça, il
faut aussi considérer.
Alors, ce n'est pas juste des projets
industriels qui vont permettre de décarboner, mais beaucoup cette
électrification-là des usages aujourd'hui utilisés par des énergies fossiles.
M. Bouazzi : Le problème,
c'est qu'il y a un problème, en tout respect, de crédibilité, là. Nous, on dit
qu'on va investir 200 milliards pour arriver à 9 000 MW de
nouvelle électricité. On en a déjà distribué 2 500. Ce n'est pas les
véhicules électriques. Ce qu'on a distribué comme 2 500 MW, c'est
principalement de la nouvelle industrie, à moins que vous me disiez le
contraire, c'est principalement de la nouvelle industrie qui dépasse déjà le
fameux 25 %.
Maintenant, vous parlez des véhicules
électriques. C'est sûr qu'on est très loin de 2 500 MW jusqu'à
aujourd'hui, peut-être même très loin du 2 000, peut-être même... Vous
avez parlé de 300... L'ordre de grandeur et quand même... C'est-à-dire qu'on a
déjà distribué les 2 500 MW qui sont supérieurs aux 25 %. Et, en
fin de compte, on n'a pas mis grand-chose, d'un point de vue comparable par
rapport à l'ordre de grandeur dans la décarbonation.
J'ai juste... Je vais continuer là-dessus
parce que le premier ministre du Québec est sorti, il y a... en septembre 2025,
pour nous dire : Maintenant, la nouvelle affaire, c'est les centres de
données. Est-ce que les centres de données participent à décarboner le Québec?
Parce que c'est en plus des 2 500 MW.
Mme Bouchard (Claudine) :
Bien, eux... Les centres de données, là, premièrement, pour nous, les centres
de données, on veut qu'ils créent de la richesse durable au Québec. C'est pour
ça qu'on a déposé un nouveau tarif, pour les centres de données et pour la
cryptomonnaie, qui vient tenir compte de la valeur de notre énergie
renouvelable. Donc, ça, pour moi, c'est crucial.
Deuxièmement, les centres de données vont
être dans le développement économique. Ce n'est pas de la décarbonation parce
que ça n'existe pas, il n'y a pas d'autre technologie, actuellement, que
l'électricité pour être capable d'opérer des centres de données. Donc, on peut
récupérer de la chaleur, tout ça, il y a moyen d'optimiser vraiment la
consommation électrique, mais la base du fonctionnement d'un centre de données,
c'est l'électricité. Donc, ce serait dans le 25 % de développement, mais
je réitère ce que je disais tantôt, le 75-25, c'est sur l'horizon 2035. Et
actuellement la prévision de demande qu'on a, c'est encore aligné sur ce 75-25 là,
au-delà des projets, là, auxquels vous faites référence.
M. Bouazzi : Donc, vous êtes
en train de dire qu'on n'a pas encore dépassé le 25 %.
• (14 h 50) •
Mme Bouchard (Claudine) : Si
on regarde sur l'horizon 2035.
M. Bouazzi : Oui. Si on
regarde...
Mme Bouchard (Claudine) : Toujours.
Toujours.
M. Bouazzi : Parce que
2 500 mégawatts, c'est plus que 25 %, Mme la PDG, ça fait que ce
qu'on dit... À date, je n'ai pas eu un seul chiffre...
Mme Bouchard (Claudine) :
Bien, 10 000 mégawatts, 2 500. Puis, comme je vous dis, ce n'est
pas mutuellement exclusif, dans le 2 500....
M. Bouazzi : Bien, 2 500 divisés
par 8 000 à 9 000, qui est dans votre projet, c'est 31 %,
exactement, qui est supérieur à 25 %.
Mme Bouchard (Claudine) :
10 000 au total. On met 10 000 mégawatts en service, effectifs.
M. Bouazzi : Exact.
Mme Bouchard (Claudine) :
Donc, 25 % c'est 2 500, mais, dans ce 2 500 là, comme on disait
tout à l'heure, ce n'est pas mutuellement exclusif. Alors, des projets vont
cocher dans deux cases, la décarbonation et le développement économique, comme Les
Forges de Sorel, <auxquelles...
Mme Bouchard (Claudine) :
...
et le développement économique, comme Les Forges de Sorel >auxquelles je
référais tout à l'heure, comme Hitachi, par exemple. Hitachi va agrandir son
usine pour nous fournir de l'énergie. Bien, ça, ça permet de décarboner le
Québec. Plus j'ai d'équipement électrique, plus je suis capable de bâtir de la
capacité de transit et d'alimenter des clients en énergie renouvelable. Alors,
tout ça, c'est un peu comme une boucle, on ne peut pas prendre un seul morceau
du cercle. Il faut prendre l'entièreté avec la perspective globale de 2035.
M. Bouazzi : Le problème, Mme
la PDG, c'est qu'à date, vous ne m'avez donné aucun pourcentage, c'est-à-dire,
du 2 500 mégawatts. C'est quoi? C'est 80 % qui décarbone?
20 % qui décarbone? Parce qu'on ne peut pas juste dire qu'on utilise
75 % pour décarboner, 25 % pour la nouvelle économie sans avoir la
moindre métrique à présenter aux Québécoises et Québécois, là. Le
200 milliards, là, ce n'est ni de la poche du ministre ni de la vôtre,
c'est, en gros, notre capital commun, là.
Je veux dire, moi, je ne sais pas, là, je
vais puiser... je vais puiser dans mes... l'Ordre des ingénieurs m'a dit de ne
plus dire que j'étais ingénieur, donc dans ma formation d'ingénieur — et
je les salue, hein, je les aime beaucoup — et aussi dans le fait que
j'ai été vice-président adjoint à la banque canadienne de développement, je
veux dire, sérieusement, là, quelqu'un qui vient nous dire : Voici ma
vision sur 10 ans, je vais dépenser... pas 200 milliards, parce que ce
n'était pas cet ordre de grandeur là à la BDC, je vais mettre 25 % pour la
nouvelle économie et 75 % pour décarboner et, au bout de deux ans, est
incapable de me donner la moindre métrique sur le pourcentage, vous comprenez
qu'il y a un problème, là.
Mme Bouchard (Claudine) : Je
vais demander Dave qu'est-ce que...
M. Rhéaume (Dave) : En tout
respect, et en tout respect pour l'ancien ministre Fitzgibbon, ce que... vous
nous demandez de suivre ses annonces ou ses octrois. Ce qu'on vous répond,
c'est : Il y a une prévision de demandes publique débattue à chaque année
par des intervenants représentants de l'industrie, des groupes de clientèles,
des petites, des grandes entreprises qui se prononcent sur cette prévision-là.
Lorsqu'un bloc de mégawatts est octroyé,
ça ne veut pas dire qu'il se matérialise, ça veut simplement dire : C'est
un projet que, si jamais il devait voir le jour, aurait accès à son énergie.
Donc, ce qu'on vous dit, c'est : Sur l'horizon 2035, la prévision de
demandes qu'on fait encore aujourd'hui, malgré les octrois, elle reflète le
25-75 qu'on annonce depuis le début, on est en cohérence. Et ça, c'est ce
qu'on traque.
Vous parlez de comment on le suit. Nous,
on s'assure, puis on est transparent à la régie, c'est des débats qui sont
publics, pour montrer d'où va venir la croissance. Véhicules électriques
d'abord et avant tout, électrification dans le transport, grandes entreprises.
Les centres de données, c'est de la croissance, ça compte dans le 25 %, et,
si vous regardez la répartition, on est sur nos objectifs de 25-75.
M. Bouazzi : Bécancour au
complet...
Une voix : ...
M. Bouazzi : Bécancour au
complet compte dans le 25 %, on est d'accord?
M. Rhéaume (Dave) : Comme l'a
dit la PDG, ce n'est jamais au complet. Dans un projet d'investissement, si
c'est une toute nouvelle usine, oui, vous avez raison, c'est de la croissance.
Mais il y a beaucoup d'entreprises existantes qui se font octroyer des blocs
qui, souvent, profitent d'ajouter une ligne pour aussi convertir des
équipements du fossile vers le renouvelable.
M. Bouazzi : Bien, pour
l'instant à Bécancour, on a surtout rajouté une conduite de gaz pour amener du
gaz et chauffer des bâtiments. Bon, je vais garder les quelques secondes qui me
restent pour le prochain bloc.
Le Président (M. Julien) : Merci.
Ce bloc d'échanges étant terminé, je cède maintenant la parole au député de Jacques-Cartier.
Vous disposez de 12 min 10 s.
M. Kelley : Merci beaucoup, M.
le Président. Je veux revient un petit peu sur le contrôle des coûts et parler
de la rareté de la main-d'œuvre parce que ça, c'est un coût additionnel dans le
sens que, de plus en plus, on a des entreprises qui luttent pour le même bassin
de travailleurs, bien, le prix, pour le travailleur, augmente. Une bonne chose
pour les travailleurs du Québec, mais quand même un défi. Alors, je ne sais
pas, Mme Bouchard, si vous pouvez... Donnez-nous une mise à jour sur comment
vont le recrutement des travailleurs pour Hydro-Québec.
Mme Bouchard (Claudine) : Merci.
Merci pour la question. Hydro-Québec était, évidemment, au cœur de ce débat-là,
et mon collègue, ici, qui était à l'Éducation à l'époque... nous avons fait une
entente entre Hydro-Québec et le ministère de l'Éducation pour accélérer le
nombre de diplômés dans certains métiers stratégiques pour ce que nous avons à
accomplir, donc bâtir des infrastructures. Donc, il y avait, du côté
d'Hydro-Québec, deux métiers stratégiques, soit les monteurs de ligne et les
électriciens. Donc, Hydro-Québec a accepté d'ajouter 100 millions de
dollars au ministère de l'Éducation pour ouvrir des cohortes supplémentaires
dans les écoles de diplôme d'études professionnelles. Si bien que, cette année,
on a 220 électriciens de plus que la moyenne des 1 500 électriciens
qui sont formés par les DEP. Alors, ça, ça nous fait plaisir parce que ça crée
de la main-d'œuvre disponible, et donc ça crée ce bassin de recrutement là
nécessaire pour nos entrepreneurs.
Deuxième chose, les monteurs de ligne, on
a investi 12 millions du côté du centre professionnel de montage de lignes
du côté de Chibougamau pour, encore là, ajouter des cohortes de formation, des
monteurs. Et on veut aussi concentrer ce centre-là pour faire de l'inclusion,
donc on veut inclure des cohortes de Premières Nations, donc, à former en
termes de monteur de lignes. Donc, de ce <côté-là...
Mme Bouchard (Claudine) : ...de
Premières Nations, donc, à former en termes de monteur de lignes. Donc, de ce
>côté-là aussi s'ajoute une centaine de diplômés par année. Donc, c'est
comme ça qu'on ajoute de la main-d'œuvre.
Et, du côté du ministère de l'Éducation,
il y avait d'autres métiers qui étaient stratégiques, donc le 150 millions
du ministère était pour accélérer des cohortes de charpentiers-menuisiers, de
grutiers et de ceux aussi qui manipulent la dynamite, on a besoin d'eux aussi.
Donc, ce ne sont que des exemples, mais on accélère le nombre de diplômés
annuels, donc on augmente le nombre de diplômés annuels pour être capables de
faire ça.
Maintenant, encore une fois, une fois que
cette main-d'œuvre-là sort des écoles, il faut l'embaucher. C'est là où on est
rendus dans notre plan. Donc, on travaille avec l'industrie de la construction,
la CCQ, bien entendu, est un partenaire là-dedans, pour s'assurer que les
entrepreneurs voudront bien grandir avec nous et profiteront des opportunités
pour grandir leurs centres d'affaires et embaucher cette main-d'œuvre-là pour,
évidemment, obtenir des contrats chez Hydro-Québec. Alors, de ce côté-là, on
travaille avec eux pour qu'il y ait des apprentis dans leurs... dans leurs
profils d'emploi, dans leurs profils d'employés.
Et il y a le gouvernement fédéral aussi
qui a annoncé un programme pour faciliter ce troisième homme ou cette troisième
personne là au sein des équipes, pour avoir vraiment toujours des gens en
développement dans chacune des équipes. Donc, ça, on va regarder ça,
évidemment, nos partenaires du gouvernement et le CCQ, pour s'assurer de
pouvoir tirer notre épingle du jeu dans cette perspective-là avec nos
entrepreneurs, parce que c'est eux, au bout du compte, qui embauchent cette
main-d'œuvre-là.
M. Kelley : Merci beaucoup. Et
ça, c'est toutes des bonnes nouvelles puis des bonnes mesures qui sont mises en
place.
M. Drainville : Des bonnes
annonces, hein?
M. Kelley
: Bien oui,
oui. Moi, je crois que, si on offre à des jeunes Québécoises l'opportunité
d'être formés pour travailler avec Hydro-Québec, notre grande fierté, c'est une
bonne chose, M. le ministre. On est toujours capables de souligner des bonnes
choses qui sont faites par le gouvernement et aussi souligner des choses qui va
moins bien.
Mme Bouchard (Claudine) : J'ajouterais
à ce que je disais tout à l'heure : non seulement on veut créer plus de
main-d'oeuvre, c'est très bien, mais on veut réduire l'empreinte de
main-d'oeuvre sur nos chantiers par des robots, bien entendu, par de la
préfabrication en usine. La standardisation, qui prend moins de temps au
chantier, alors va réduire l'empreinte de main-d'oeuvre dont on a besoin. Donc,
on travaille sur les deux fronts, vraiment, d'être capables d'en avoir plus,
comme on en a besoin, mais réduire nos besoins en amont également, ce qui va
permettre d'être à l'équilibre.
M. Kelley : Parfait. Et,
peut-être... je sais que l'objectif, c'est environ
35 000 travailleurs par année, la moyenne. Alors, est-ce que nous
sommes presque à cette moyenne?
Mme Bouchard (Claudine) : Oui,
là, la courbe de croissance de la main-d'oeuvre arrive un peu plus tard, arrive
autour de 2029, parce qu'aujourd'hui on est en préambule de nos projets. On
fait beaucoup d'études environnementales, d'études techniques, on fait du
design, on fait de l'ingénierie. Alors, les heures en ingénierie qu'on confie
aux firmes d'ingénierie au Québec ont augmenté à peu près du tiers. Donc là,
aujourd'hui, c'est là où on a augmenté. Donc, on a travaillé avec les firmes
d'ingénierie pour se donner de la capacité de façon différente, avec de la
flexibilité, de la reconnaissance d'expertises croisées également. Donc, ça, on
l'a fait.
Puis là, dans quelques années, on va
arriver sur les chantiers de construction où, là, on va être vraiment à la
pointe, je dirais, des besoins de main-d'œuvre. Donc, on a encore un peu de
temps devant nous. C'est pour ça qu'on travaille d'arrache-pied avec toute
l'industrie, pour s'assurer d'avoir ce dont on aura besoin pour accueillir,
parce qu'il faut aussi accueillir ces gens-là. Ce n'est pas de les former, de
les faire embaucher par les entrepreneurs, il faut aussi que, sur nos
chantiers, on soit prêts à accueillir tous ces nouveaux-là. Alors, nous aussi,
on est en mouvement de ce côté-là pour se créer cette force d'accueil là, et
d'utiliser ces nouveaux talents là de façon optimale, et surtout pour la santé
et sécurité des travailleurs sur nos chantiers.
• (15 heures) •
M. Kelley : Alors, vous êtes
confiants que vous êtes capables d'atteindre votre objectif de 35 000 travailleurs
par 2029, si je comprends bien?
Mme Bouchard (Claudine) : Oui.
L'idéal, ça va peut-être être aussi de venir réduire le 35 000, parce que,
si on met des robots, bien, peut-être, on en aura moins besoin. On le voit à
des endroits dans le monde aujourd'hui où il y a la construction d'un pont en
aluminium, un pont piétonnier, mais, quand même, à Amsterdam, qui s'est faite
entièrement par de l'impression 3D, ce n'est pas rien. Alors, on suit ça de
très, très près.
M. Kelley : Intéressant.
Est-ce qu'il y a aussi peut-être des places où on peut réduire le fardeau
administratif ou, quand même, réglementaire? Je veux juste donner un exemple,
comme, est-ce que c'est nécessaire d'avoir une maître électricienne s'assurer
qu'un branchement des panneaux solaires sur un toit est nécessaire ou est-ce
que ça peut être quelqu'un qui est dans apprentissage, et, après ça, le maître
électricien fait une inspection? Il y a des petits gestes comme ça que... Vous
savez que j'aime le solaire, je crois fortement dans l'énergie solaire, mais,
quand même, est-ce qu'il y a une façon où on peut rendre votre vie plus facile,
le côté, comme, législateur, d'enlever certaines barrières ou empêchements pour
vos travailleurs d'aller... être plus flexibles, agiles sur le terrain?
Mme Bouchard (Claudine) : Je
vous dirais que dans tout ce qu'on fait, il y a toujours moyen d'être plus <agile...
>
15 h (version révisée)
< Mme Bouchard (Claudine) : ...je
vous dirais que, dans tout ce qu'on fait,
il y a toujours moyen d'être
plus >agiles, mais, néanmoins, on travaille avec le ministère du Travail,
parce que vous savez que la segmentation des métiers dans la construction, dont
celle des électriciens, est encadrée par le Code du travail.
Alors, on travaille avec le ministère du
Travail justement pour essayer de voir comment on est capables d'évoluer. Il y
a déjà des gains qui ont été faits sur les emplois régionaux, les employés
privilégiés qu'on est capables de bouger entre les régions de façon un peu plus
facile. Donc, on a obtenu quand même, avec les dernières législations, une
certaine flexibilité, mais on est toujours en discussion, autant avec nos
collègues de la CCQ que le ministère du Travail, pour essayer de trouver les
voies de passage pour donner de la flexibilité autant pour nous que... Dans ce
cas-là, c'est nos clients qui installent les panneaux solaires.
Alors, comment on rend la vie plus facile
à nos panneaux solaires? Vous savez, on vient de lancer un appel d'offres. En
fait, on a lancé un appel d'offres l'année passée pour le 300 MW de
solaire qui serait raccordé sur le réseau de distribution. L'objectif de ça, c'est,
bien entendu, d'avoir 300 MW d'énergie le plus rapidement possible, mais c'est
aussi de favoriser l'éclosion de cet écosystème-là qui n'existe pas encore
beaucoup au Québec. Alors, qui va installer les panneaux solaires? Qui va
pouvoir se spécialiser? Qui va offrir les meilleurs prix, les meilleurs coûts?
Alors, on veut aussi favoriser la création de cet écosystème-là au Québec pour
les entreprises du Québec et, bien entendu, pour nos clients.
M. Kelley : C'est des très,
très bonnes nouvelles, puis vous pouvez compter sur nous. Si jamais il y a des
modifications qui doivent... faites en termes des lois, on est prêts à faire
notre part, parce que je pense que l'exemple... Comme en Australie, là, pour
mettre des panneaux solaires sur un toit puis... comme le permis vient... tout
arrive en même temps, le gars arrive, il installe, puis vous êtes branché sur
le réseau, puis les chiffres, en Australie, ils sont superimpressionnants avec qu'est-ce
qu'ils ont fait avec l'énergie solaire, mais ce n'est pas juste en Australie. On
peut regarder Texas, Californie, ces juridictions-là avancent rapidement.
Et je veux reviens... On a posé... Excuse-moi,
c'était dans le cahier de la troisième opposition, ils ont posé une question
sur les batteries, et je ne parle pas... mais c'est des batteries
stationnaires, des parcs de batteries. On voit que ce marché a pris de l'ampleur
partout sur la planète. C'est sûr, ce n'est pas pour produire l'électricité,
mais de capter la puissance et, quand même, d'essayer... régler des réseaux de
diffusion. C'est superfascinant, ce qui se passe sur la planète.
Alors, Hydro-Québec, je comprends, nous
avons des barrages. Ça, c'est une forme de batterie, mais, quand même, on peut
capter du puissance qui n'est pas utilisée dans les batteries d'un barrage, des
parcs solaires, des éoliennes. En tout cas, les possibilités sont très
intéressantes. Je vois qu'en Ontario ils ont annoncé le plus grand parc de
batteries au Canada. Hydro-Québec est où exactement? Vos évaluations sont quoi?
Mme Bouchard (Claudine) : Deux
choses. La première, évidemment, sur l'horizon du plan d'action 2035, on avait
indiqué qu'on allait regarder la possibilité d'intégrer des batteries sur le réseau.
Maintenant, il faut comprendre la différence entre le réseau de l'Ontario, de
production, j'entends, et la capacité de production au Québec. Nous, nos
batteries, comme vous l'avez dit, sont derrière nos barrages, donc dans nos
réservoirs. En Ontario, ils produisent... thermique, du nucléaire. Donc, eux,
les centrales, ils virent toujours à plein régime.
Alors, au moment où ils virent à plein
régime, et il y a un creux dans la demande, qu'est-ce qu'ils font avec l'excédent?
Bien, c'est gratuit, pour eux, de mettre ça dans des batteries. Nous, on n'a
pas ce défi-là supplémentaire. On voit plus une opportunité, de dire :
Plutôt que d'avoir des creux où on charge des batteries, tout simplement, on
arrête nos groupes turbine-alternateur et on garde de l'eau dans nos grandes
batteries, qui sont nos réservoirs.
Par ailleurs, évidemment, plus on va
ajouter de l'intermittent comme de l'éolien et du solaire... Donc, on a... Notre
intention, c'est d'ajouter jusqu'à 3 000 MW de solaire sur le réseau
éventuellement sur l'horizon du plan. Alors, ça, le couplage solaire-batterie,
devient extrêmement intéressant. Donc, c'est ce qu'on est à regarder, comment
on intègre ça. Il y a beaucoup, je dirais, d'évolution, dans les batteries, en
termes de technologie, en termes de coût, mais surtout en termes d'intégration
sur le réseau. Donc, de ce côté-là, on est à regarder. Mais, si je reviens à
mes centrales de réserve pompée, c'est un peu aussi comme une batterie.
Alors, au Québec, on a un vaste territoire
où on peut se permettre d'exploiter le territoire. Est-ce qu'on a besoin de
mettre des batteries nécessairement? C'est ce que les équipes techniques
regardent. Je vous parle... On parlait tantôt de coût. C'est quoi, l'optimalité
de la solution batterie? Est-ce que c'est une batterie chimique ou une batterie
naturelle en ayant une centrale à réserve pompée? Donc, c'est ce qu'on regarde
dans les portefeuilles de projets et d'optionnalités.
M. Kelley : Je sais que,
souvent, avec les centres de données, un des enjeux, c'est que le centre de données
n'a besoin pas toute l'énergie nécessaire tout le temps, eux autres sont... ils
utilisent l'énergie très intermittente, eux autres. De demander à eux autres d'avoir
les batteries, est-ce que ça peut être une solution qui aide Hydro-Québec à
bien gérer des centres de données en place d'avoir toujours un bloc d'énergie
réservé de 350 MW, qu'il y a des batteries qui peuvent aider le centre de
données de mieux... d'avoir une meilleure interaction avec le <réseau d'Hydro-Québec...
M. Kelley :
...d'avoir
une meilleure interaction avec le >réseau d'Hydro-Québec?
Le Président (M. Julien) : En
20 secondes.
Mme Bouchard (Claudine) : Je
vais laisser Dave répondre de façon plus précise à ça.
M. Rhéaume (Dave) : Donc,
lorsque des nouveaux clients comme les centres de données viennent s'installer
au Québec, on leur demande de déployer des solutions de gestion de pointe.
Historiquement, au Québec, ça a beaucoup été des génératrices, mais, de plus en
plus, les centres de données qui essaient d'avoir une empreinte la plus
renouvelable possible déploient des projets de batteries. Donc, il y a des
projets de centres de données qui sont en développement qui incluent des
projets de batteries pour réduire l'impact.
Le Président (M. Julien) : Merci.
Merci. Donc, ce bloc d'échange étant terminé, je cède maintenant la parole au
député de Joliette. Vous disposez de 11 min 2 s.
M. St-Louis : Merci beaucoup,
M. le Président. Bonjour, Mme Bouchard, M. le ministre. Salutations à
l'équipe ministérielle et à l'équipe d'Hydro-Québec, chers collègues.
Mme Bouchard, on connaît tous puis on
s'entend tous sur l'importance du développement énergétique dans l'essor
économique du Québec. Le budget mentionne que le plan d'action 2035
d'Hydro exigera des investissements en capital de l'ordre de 135 à
160 milliards de dollars pour la période 2024-2035. Comme ce
sont des sommes considérables, pour le bénéfice des gens qui nous écoutent,
pourriez-vous revenir sur la nécessité et l'importance pour Hydro-Québec
d'augmenter la capacité énergétique du Québec?
Mme Bouchard (Claudine) : Merci.
Le plan d'action, donc, d'Hydro-Québec de 2035 prévoit d'abord la mesure la
plus importante parce que c'est la plus économique et la plus verte,
c'est-à-dire l'efficacité énergétique. Donc, je pense que ça, c'est important.
Il y a à peu près le cinquième du plan d'action qui est de l'efficacité
énergétique. Hydro-Québec a l'ambition d'être la juridiction, en Amérique du
Nord, la plus ambitieuse en termes d'efficacité énergétique.
Alors, sur l'horizon du plan, on parle
d'un investissement de 10 milliards de dollars. Donc, ça, c'est
1 milliard de dollars par année pour que nos clients réduisent la
consommation de notre produit, et tout autant puissent réduire leur facture, et,
dans certains cas, bien, ajoutent à la productivité et à leur espace
concurrentiel mondial.
Donc, ça, je vous dirais, c'est le plus
important, parce que l'électron le plus vert, c'est celui qu'on ne consomme pas.
Donc, ça, c'est... Notre ressource, elle est précieuse. C'est l'avantage du
Québec, hein, d'avoir développé ces grands barrages là. Alors, on veut s'assurer
de tirer le maximum de ça en invoquant des comportements responsables de
consommation responsable en réduisant, donc, la consommation par l'efficacité
énergétique.
Ensuite, on a dit qu'on voulait faire plus
avec ce qu'on a. On en a parlé tout à l'heure, donc, l'augmentation de
puissance de nos groupes turbine-alternateur qui arrivaient à la fin de leur
durée de vie utile. Donc, on devait les remplacer de toute mesure. Donc, en
remplaçant ces équipements-là par des équipements plus performants, on arrive à
générer jusqu'à 2 400 MW de plus.
Ensuite, on veut un mix énergétique plus
varié au Québec. Donc, on veut ajouter de l'éolien. La complémentarité entre
l'énergie éolienne et l'énergie hydroélectrique, elle est parfaite, avec
réservoirs, bien entendu, avec nos grands réservoirs. Donc, quand il vente,
j'arrête mes groupes turbine-alternateur, puis, quand il ne vente pas, bien, je
vais tout simplement... quand il vente... oui, c'est ça, quand il ne vente pas,
bien, je vais redémarrer mes groupes turbine-alternateur.
Alors, c'est vraiment un... totalement, je
dirais, cohérent l'un avec l'autre. Donc, ça, c'est un 10 000 MW
d'éolien qu'on va ajouter, et, à ça, on en parlait tout à l'heure, on veut
développer notre mixte énergétique en ajoutant de la nouvelle hydroélectrique
avec des centrales à réserve pompée, et s'est ajouté à ça le solaire parce que
le développement du solaire s'est accéléré partout dans le monde. Donc, la
technologie... les prix ont diminué, et c'est une technologie qu'on est
capables de déployer rapidement. Donc, ça, ça explique comment on arrive.
Maintenant, pourquoi on a besoin de ce
10 000 MW là, j'en parlais tout à l'heure, parce qu'il y a une
croissance de la demande, au Québec, à laquelle on fait face. Cet hiver, il a
fait froid, quand même, on a eu à plusieurs reprises des pointes de demande
au-delà de 40 000 MW et on s'est approchés de 43 000 MW,
qui est presque un record. Donc, la demande en électricité au Québec, elle
augmente.
J'ajoute à ça, pendant qu'on se parle ici :
Aujourd'hui, 50 % de l'énergie qui est consommée au Québec est de source
fossile et, en grande partie, importée. Alors, de développer de l'énergie
renouvelable ici, ça crée de la richesse ici, pour le Québec, et ça nous permet,
un, de faire de la décarbonation et, deux, d'assurer le développement
économique du Québec.
• (15 h 10) •
Donc, le besoin est là. On le voit partout
dans le monde. Les investissements en énergies renouvelables, en 2025 dans le
monde entier, ont représenté 2 300 milliards US. C'est du jamais-vu.
C'est le double des investissements qui ont été faits dans les énergies
fossiles. Alors, la tendance de l'énergie renouvelable, elle est là, elle est
bien là et elle demeure, et le Québec a un avantage concurrentiel qu'on a <développé
dans les 75 dernières années...
Mme Bouchard (Claudine) :
...Québec
a un avantage concurrentiel qu'on a >développé dans les
75 dernières années. Il ne faut pas se laisser distancier pour assurer la
sécurité énergétique de nos Québécois et de nos clients, mais aussi pour
assurer la décarbonation et le développement économique du Québec.
M. St-Louis : Merci beaucoup.
Donc, je comprends que l'augmentation de la demande exige que ça se fasse
maintenant et non pas plus tard.
Mme Bouchard (Claudine) : Clairement,
oui, c'est les... On en parlait tout à l'heure. Donc, la prévision de la
demande indique qu'en 2035 on va avoir besoin de 60 TWh, donc 10 MW
de plus, pour suffire à la demande du Québec. Il y a une croissance naturelle. Si
vous regardez les ménages, l'usage de l'électricité, l'électrification des
transports, donc un gros, gros, gros, je dirais, pourcentage de cette
demande-là vient de ça et aussi l'électrification des bâtiments, le chauffage,
et l'électrification des procédés industriels, et la croissance économique.
M. St-Louis : Mon collègue de
Jacques-Cartier parlait tout à l'heure, là, des 35 000 travailleurs,
en moyenne, demandés par année. Vous avez parlé un peu de la possibilité de
robotiser. J'espère que ce sera une mixitude puis qu'on aura beaucoup de
Québécois qui travailleront chez Hydro-Québec. Êtes-vous en mesure de nous
donner une petite idée des retombées économiques, des opportunités d'emploi
pour nos régions?
Mme Bouchard (Claudine) : Écoutez,
j'étais du côté du Saguenay pas plus tard que la semaine dernière. Je vous
dirais que l'important, actuellement, pour nous, c'est de s'assurer que les
entreprises du Québec voient le plan d'action comme un tremplin. On leur donne
cette prévisibilité-là. Alors, ce qu'on dit, c'est : On va vous
accompagner dans votre préparation pour investir dans votre talent, pour
investir dans la machinerie, pour investir dans les équipements, pour être
capables d'obtenir des contrats de ce 200 milliards de dollars là.
Juste pour le Saguenay—Lac-Saint-Jean, on
a estimé que les investissements, sur les 10 prochaines années, vont être
autour de 13 milliards, d'autant de contrats possibles pour les
entreprises de la région. Je ne peux pas vous dire aujourd'hui exactement ce
que ça représente en termes d'emploi régional, mais il ne faut pas oublier que
ce n'est pas parce que les travaux ne se font pas au Saguenay—Lac-Saint-Jean
qu'ils ne peuvent pas prendre des entrepreneurs du Saguenay—Lac-Saint-Jean pour
aller travailler ailleurs. Prenez La Romaine. Un des fournisseurs importants
sur le projet de La Romaine, c'était Fernand Gilbert, une entreprise du
Saguenay—Lac-Saint-Jean.
Donc, ce qu'on veut, c'est aider toutes
les entreprises du Québec à grandir, à embaucher de la main-d'œuvre, à se
préparer et à profiter du plan d'action pour, évidemment, pouvoir, je dirais,
profiter des opportunités et aussi créer cette vitalité économique là partout
en région, et c'est important, pour nous, de travailler avec les gens et les
accompagner. Parfois, on a l'impression que c'est un peu lourd
administrativement, faire affaire avec Hydro-Québec. Alors, on a des équipes en
approvisionnement stratégique qui siègent sur des tables de maximisation des
retombées économiques régionales où on va rencontrer les entrepreneurs. On leur
explique, on leur présente les contrats qui vont venir dans les prochaines
années pour qu'ils puissent se préparer non seulement avec les équipements,
mais aussi d'un point de vue administratif à être prêts à venir déposer des
offres sur nos appels d'offres.
Alors, c'est vraiment comme ça qu'on
travaille. On accompagne les gens, on veut s'assurer de leur donner de la
prévisibilité puis on les aide une fois qu'ils ont les contrats également.
M. St-Louis : Merci. Combien
de temps, M. le Président?
Le Président (M. Julien) : Il
vous reste 3 min 30 s.
M. St-Louis : Merci.
Historiquement, le développement d'Hydro-Québec se faisait par
l'hydroélectricité. Là, on voit l'appétit pour d'autres types d'énergie, vous
en avez parlé tout à l'heure, le solaire, l'éolien. Moi, je pense notamment à
l'Alliance de l'énergie de l'Est, qui est un beau projet qui... en fait, qui
n'est pas un projet maintenant, qui est une réalisation en collaboration avec
les municipalités et les Premières Nations. En tant qu'adjoint parlementaire au
ministre responsable des Relations avec les Premières Nations, j'aimerais vous
entendre sur ce que ça prend, c'est quoi... quels sont les ingrédients pour
arriver à une telle alliance.
Mme Bouchard (Claudine) : Ça
prend plusieurs ingrédients. Je vous dirais que le premier ingrédient qui me
vient à l'esprit, c'est une relation de confiance pour être capables de bâtir
ces partenariats-là, et ça, bien, ça prend du temps, ça prend des discussions,
ça prend de l'ouverture et ça prend aussi de l'écoute.
Et donc c'est là-dessus qu'on peut grandir
ensemble, et, quand on a des partenariats comme celui auquel vous référez, donc,
il y a, d'un côté, l'Alliance de l'Est, mais aussi, de l'autre côté, un autre
partenaire, qui sont les Micmacs. Alors, comment on crée cette relation de
confiance, là, tripartite? Alors, il faut bien se positionner, puis je
laisserais peut-être la parole à Mathieu, parce que Mathieu est au cœur de ces
discussions-là avec les autochtones. Alors, Mathieu, ce seraient quoi, les
ingrédients, selon toi?
Le Président (M. Julien) : Est-ce
qu'il y a consentement?S'il vous plaît, nom et titre.
M. Johnson (Mathieu) : Mathieu
Johnson, vice-président principal, Partenariats et développement.
Je reviendrais sur les éléments que
Claudine a mentionnés, c'est avant tout d'être dans une position d'écoute puis
de ne pas présumer que chaque communauté et chaque partenariat va être la même
recette, parce qu'on est dans des réalités qui sont différentes, dans des
projets qui sont différents, et la capacité d'être créatifs avec ces
différentes communautés là pour réfléchir des nouveaux modes de partenariat puis
s'adapter en fonction de leurs réalités et leurs préoccupations est <vraiment
la clé du succès...
M. Johnson (Mathieu) :
...et
leurs préoccupations est >vraiment la clé du succès. Puis je dirais que,
la relation de confiance qu'on bâtit, il faut tenir compte du point de départ
aussi, parce que, pour plusieurs de ces communautés-là, il y a un avant, il y a
un historique puis il faut prendre le temps d'en prendre conscience et de
reconnaître cet historique-là pour partir cette nouvelle relation de confiance
là sur des bonnes bases.
Donc, on est beaucoup dans... On dépasse
la notion économique de partenariat au sens très commercial du terme. Il y a
une dimension qui est très relationnelle, mais qui peut être très porteuse
aussi, parce que le savoir local nous aide aussi à faire des meilleurs projets.
Quand on conçoit des projets, on ne les conçoit pas dans notre cour ou dans
notre localité, on les conçoit dans des régions qui sont des milieux d'accueil
qui ne sont pas les nôtres, mais, quand on a accès aux utilisateurs du
territoire, bien, ça nous permet de concevoir, d'adapter les projets pour en
faire des bien meilleurs projets. Donc, voilà.
M. St-Louis : Merci. C'est de
la musique à mes oreilles. J'espère, je nous souhaite tous d'autres exemples comme
Alliance de l'énergie de l'Est. Alors, ce sera tout, M. le Président.
Le Président (M. Julien) : Merci.
Donc, le bloc d'échange étant terminé, je cède maintenant la parole au député
de Jacques-Cartier. Vous disposez de 12 min 10 s.
M. Kelley : Merci beaucoup, M.
le Président. Mme Bouchard, j'ai une question. C'est un peu précis, mais
c'est quelque chose que... J'étais référé, par le cahier des crédits, à le
rapport annuel d'Hydro-Québec, puis je vous pose une... c'est sur les frais financiers,
et je sais que vous êtes en train de prêter beaucoup d'argent pour les projets,
mais j'ai vu qu'il y a eu une hausse de 248 millions de dollars d'une
l'année à l'autre. Est-ce que ça, c'est un cas exceptionnel ou est-ce
qu'Hydro-Québec est en train... Est-ce qu'il y a comme une autre ronde de levée
de fonds qui s'en vient? Alors, c'est juste de bien comprendre ça dans toute
cette discussion de contrôler des coûts. Il n'y a aucune personne ici qui aime
payer des banques pour les prêts, mais je comprends que ça arrive dans la vie.
Alors, peut-être juste de bien expliquer qu'est-ce qui se passe avec ça.
Mme Bouchard (Claudine) : Si
vous le permettez, je vais vous donner un premier niveau de réponse puis
ensuite je vais laisser mon chef de la finance répondre, mais la réponse à ça,
c'est que nos investissements ont augmenté de l'ordre de 20 %. Alors, si
les investissements augmentent, c'est un peu comme... Vous faites des
rénovations ou vous ajoutez une annexe, vous ajoutez un garage à votre maison,
votre maison prend de la valeur, mais vous devez financer. Alors, l'un est dans
l'autre. C'est ce qui explique l'augmentation des frais financiers. Chose
certaine, c'est quelque chose auquel on est extrêmement sensibles et qu'on suit
de très, très près pour aller chercher les meilleures façons de financer notre
plan d'action pour que ça coûte le moins cher.
Maxime, je ne sais pas si tu veux ajouter
quelque chose?
Le Président (M. Julien) : Alors,
oui, consentement?
M. Kelley : Oui, oui.
Le Président (M. Julien) : Nom
et titre, s'il vous plaît.
M. Aucoin (Maxime) : Oui, bonjour.
Donc, Maxime Aucoin, chef de... chef de la finance chez Hydro-Québec.
Donc, effectivement, comme Claudine le
mentionnait, l'important, pour nous, c'est qu'il y ait une cohérence entre
l'évolution de notre plan d'investissement, qui, effectivement, augmente...
augmente de 20 % depuis un an, de 50 %, 60 % depuis deux, trois
ans... que notre... Donc, nos investissements augmentent. Notre financement,
naturellement, augmente en cohérence. Et donc les frais financiers, qui sont
vraiment un dérivé du financement, augmentent. La bonne nouvelle, c'est que le
financement qu'on fait est au... est au plus bas coût possible. Donc,
aujourd'hui, on a la chance de pouvoir émettre des obligations d'Hydro-Québec
qui sont adossées par le crédit de la province, et donc ça nous donne...
procure une façon de développer notre plan d'investissement au moindre coût
possible, là, d'un point de vue financier.
M. Kelley : Et est-ce que...
M. Aucoin, est-ce que vous avez comme une projection de ça va être quoi
exactement, des frais financiers? Vers la fin de tout... de l'argent que vous
allez chercher sur les marchés, est-ce que vous avez en tête : Vers la
fin, on va être obligés de payer... Comment je vais dire ça? Quand on a
commencé le plan versus la fin, c'est quoi, les frais financiers des banques?
Est-ce que vous avez une idée, une estimation de ça ou ça va évoluer avec
chaque ronde de levée des sommes? Parce que, je comprends, les taux d'intérêt
peuvent changer d'une année à l'autre.
M. Aucoin (Maxime) : Exactement.
Donc, on fait des projections financières puis qu'on... qu'on remet au
gouvernement, au ministère des Finances du Québec. Donc, dans nos projections
financières, on voit l'évolution de nos revenus, l'évolution de nos
investissements, et donc l'évolution du plan de financement, et, associé à ça,
il y a l'évolution, là, des frais financiers. Tout ça est naturellement en
cohérence, là.
• (15 h 20) •
Mme Bouchard (Claudine) : Il
faut vraiment spécifier que l'évolution des frais financiers va être aussi
corollaire avec l'évolution de nos revenus...
M. Kelley
: Oui, oui, absolument.
Mme Bouchard (Claudine) : ...parce
qu'on va emprunter pour mettre de la capacité en service qu'on va vendre à nos
clients. Donc, tout ça est relié, dans notre plan financier, sur l'horizon du
plan 2035.
M. Kelley : Puis je sais que,
l'année passée, il y a eu une dégradation de la cote de crédit. Là, je sais que
ça a <changé d'un A à un A moins. Est-ce qu'il y a...
M. Kelley :
...je
sais que ça a >changé d'un A à un A moins. Est-ce qu'il y a eu un
changement cette année ou toute... et je sais que ce n'était pas... c'était lié
avec les finances de le gouvernement du Québec, point, mais pas de changement
cette année?
M. Aucoin (Maxime) : Non, non,
pas de changement cette année, puis on n'a pas... on n'a pas eu d'impact.
M. Kelley
: OK, excellent.
Une autre question. Dans le cahier des crédits, nous avons posé une question 27
sur toute somme obtenue du ministère des Finances ou du gouvernement du Québec
à titre de compensation pour le rabais d'électricité accordé au cours de
l'exercice financier 2025-2026. Vous avez répondu : «Une somme de 222 millions de
dollars a été comptabilisée par Hydro-Québec à titre de compensation pour le
rabais d'électricité accordé pour l'exercice financier 2025-2026. Normalement,
ce montant sera versé à Hydro-Québec en juin 2026.»
C'est peut-être plus une question pour le
ministre, parce que, dans le cahier des crédits qu'on regarde, ça, c'est un
document du ministère des Finances sur le Fonds de l'aide à la clientèle
domestique d'Hydro-Québec, il n'y a aucune somme qui est versée. Il n'y a rien,
M. le ministre. C'est comme... quand même pas un zéro. Alors, est-ce que le
fonds a été développé au sein de le ministère, le financement? Je veux juste
bien comprendre. Vous avez gardé les tarifs résidentiels à 3 %, mais il y
a un fonds pour compenser les pertes, entre guillemets, d'Hydro-Québec. Alors,
je ne sais pas, M. le ministre, si vous... Et c'était un élément qui a été mis
dans le projet de loi n° 69. On a créé un fonds pour ça.
M. Drainville : On n'a pas
besoin de compenser parce que les tarifs sont à 3 %.
M. Kelley : Oui, mais,
comment je peux dire ça, Hydro-Québec, ça coûte, eux autres, de l'argent, puis
le gouvernement dit : On va assumer ça. C'était... Comme je dis, c'était
partie du 69. On a eu ça, des discussions qu'on va créer un fonds dans le
projet de loi, qui est maintenant loi n° 24. C'est
bien ça? Alors, le fait est qu'Hydro-Québec, ils ont gardé ça, c'est correct, là,
on va garder les tarifs à 3 %, mais il y a quand même un coût associé avec
ça, et c'est écrit dans les documents des crédits d'Hydro-Québec. Alors, moi,
je veux bien comprendre. Est-ce que le gouvernement du Québec a transféré
l'argent à Hydro-Québec, oui ou non?
Mme Bouchard (Claudine) : ...du
rabais aux clients industriels. Ce à quoi vous référez, c'est un programme bien
cadré. Je vais demander à Dave de vous donner le détail, c'est lui qui maîtrise
le détail, si vous le permettez.
M. Kelley : Parfait.
M. Rhéaume (Dave) : Il y a
peut-être une confusion. C'est un programme qui existe depuis plusieurs années
où le gouvernement du Québec a mis en place un incitatif à l'investissement de
la part des entreprises installées au Québec. Donc, lorsque les entreprises
investissent, ils ont droit à un rabais sur leur facture d'électricité. Ça ne
vient pas vraiment réduire le bénéfice d'Hydro-Québec, dans le sens que c'est
le gouvernement du Québec qui compense. C'est juste qu'on utilise la
facturation d'Hydro-Québec comme moyen de donner, je dirais, l'aide financière
aux clients, mais c'est neutralisé, essentiellement, sur les résultats
financiers d'Hydro-Québec. Ça existe depuis plusieurs années.
M. Kelley : Parfait. Alors,
c'est quelque chose de séparé. Puis on va aller à la recherche, M. le ministre...
On va transférer l'information du document, mais je me rappelle très, très bien
que, dans le projet de loi n° 69, on a créé un fonds de l'aide à la clientèle
domestique d'Hydro-Québec, puis, comme je dis, il n'y a aucune somme indiquée
sur la feuille qui a été déposée dans l'étude des crédits.
M. Rhéaume (Dave) : Bien,
peut-être juste une précision. Donc là, ce à quoi... Donc, je me souviens très
bien de la création de ce fonds-là. Donc, il n'y a pas de fonds, il n'y a pas
de transfert, il n'y a pas d'argent. Donc, c'est normal qu'il n'y ait pas de
ligne. Hydro-Québec ne reçoit pas de subvention ou d'aide financière par
rapport au seuil de 3 % sur le tarif résidentiel. On charge aux clients résidentiels
3 %, puis ça fait partie des résultats financiers d'Hydro-Québec, point
barre.
M. Kelley : Parfait. Bien,
est-ce que... M. le ministre, pourquoi le fonds existe?
M. Drainville : C'est une
excellente question.
Une
voix : ...
M. Drainville : On me dit... on
me dit qu'il a été créé dans le contexte du projet de loi n° 69, mais qu'il n'a
pas été utilisé. Excellente réponse.
M. Kelley : Merci, M. le
ministre.
M. Drainville : Toujours là
pour servir.
M. Kelley
: Maintenant,
je veux retourner à un sujet que j'aime beaucoup, et ça, c'est l'énergie
solaire. J'étais supercontent quand j'ai vu les annonces des subventions pour
les panneaux solaires pour les clients résidentiels, mais aussi des appels
d'offres, mais une critique par les joueurs dans le secteur privé était comme :
Bonne chose, mais un peu trop timide. On veut des appels d'offres un petit plus
grands pour se rendre ça plus rentable ou intéressant. Je sais qu'Hydro-Québec
n'a jamais vraiment fait des appels d'offres à cette grandeur ou, quand même,
pour tout le territoire du Québec. C'est un début, mais c'est quoi, le plan
d'aller plus loin? C'est quoi, les défis aussi d'avoir peut-être des appels <d'offres
avec des parcs solaires un petit plus grands...
M. Kelley
: ...d'avoir
peut-être des appels >d'offres avec des parcs solaires un petit plus
grands?
Mme Bouchard (Claudine) :
Aujourd'hui, pour le solaire, au Québec, il y a trois façons de le développer,
OK, ou il y aura trois façons de le développer.
La première, c'est l'autoproduction, OK,
où le client résidentiel peut donc installer des panneaux solaires sur son toit,
et là, bien, il y a un échange. Il interagit avec Hydro-Québec. À la fin, bien,
on crédite ce qui... ce qui est débit ou crédit, vous comprenez? Donc, ça,
aujourd'hui, les clients obtiennent une subvention jusqu'à 6 700 $, à
peu près, donc 1 000 $ par kilowatt, pour l'installation de ces
panneaux solaires là. Je reviens à la discussion qu'on avait tout à l'heure. Ça
va permettre à un écosystème de pouvoir éclore de cette situation-là, du côté
résidentiel, donc, avec 1 000 $ par...
On est, aujourd'hui, autour d'à peu près...
entre 800, là... autour de 800 clients qui ont cette désignation-là
d'autoproduction. Évidemment, à terme, sur l'horizon du plan 2035, on en
veut 120 000, panneaux solaires. Donc, on est loin du compte, bien
entendu. Alors, c'est pour ça que c'est important, pour nous, de s'assurer de
l'émergence de cet écosystème-là pour permettre d'arriver à
125 000 panneaux solaires, donc, pas maison, mais panneaux solaires.
Donc, on dit à peu près sept panneaux solaires par maison, si on fait le calcul.
Donc, de ce côté-là, c'est ce qui va nous
permettre d'atteindre notre objectif, mais, pour ça, il faut que le marché soit
présent et il faut aussi qu'on sache qui installe les panneaux solaires. On en
parlait tout à l'heure, le maître électricien va les connecter, mais le maître
électricien ne monte pas sur le toit. Alors, il va falloir qu'il y ait une
organisation, une structure, de ce marché-là, qui va être intéressante pour
certains entrepreneurs du Québec. Donc, ça, c'est une façon de développer le solaire
la plus rapide, probablement, parce que les coûts sont devenus intéressants, la
technologie aussi. Donc, ça, c'est le premier.
La deuxième, donc, on a fait un appel
d'offres de 300 MW pour des petits projets qui vont être directement
connectés sur le réseau de distribution. Donc, ils ne vont pas requérir de
modifications de réseaux, qui, généralement, requièrent beaucoup de temps.
Alors, ça aussi, on est dans le court terme, comment on intègre ces petits
projets là, et la bonne nouvelle, c'est qu'on a eu plus de projets, en termes
de mégawatts, que le 300 MW. Donc, on va évidemment choisir les meilleurs
projets d'un point de vue économique, vous l'aurez compris, d'un point de vue
technique et d'un point de vue de l'environnement également.
Donc, ça, c'est en cours. On va voir le
résultat de ça à quelque part début 2027. Pourquoi c'est aussi long? Bien,
c'est parce qu'il faut faire des études d'intégration de réseaux. La pire des
choses, c'est que ce serait : on fait un petit projet, on l'intègre sur les
réseaux, puis ça cause des fluctuations sur les réseaux ou des pannes chez les
voisins. On ne veut pas ça. Donc, on veut prendre le temps de bien faire les
choses.
Ça aussi, ça va faire émerger un
écosystème des parcs solaires du Québec, donc des fabricants et des
installateurs de parcs solaires, au Québec, de moyenne taille, qui va nous
amener à avoir une stratégie de développement de grands parcs solaires pour
nous amener jusqu'à environ 3 000 MW de solaire sur l'horizon du
plan 2035, mais, demain matin, si on voulait faire 3 000 MW de
solaire, pour lancer ça dans l'univers aujourd'hui, on juge que la concurrence
n'est pas là. La compétitivité et la maturité technique de l'écosystème du
Québec, il faut l'aider à grandir, il faut l'amener à maturité puis il faut la
faire grandir pour nous permettre, à terme, d'avoir ce 3 000 MW de
solaire là sur le réseau.
Et il y a beaucoup de technologies qui
évoluent dans le monde aussi, hein? Je disais, la semaine passée, là, du côté...
du côté de l'Europe, vous vous souvenez qu'il y a eu la grande panne au
Portugal et en Espagne l'été passé. Donc, il y a beaucoup, beaucoup,
actuellement, de cas, d'affaires qui se rédigent, d'un point de vue technique,
sur l'intégration du solaire...
Le Président (M. Julien) :
Merci, Mme Bouchard.
Mme Bouchard (Claudine) : ...en
très grande quantité sur le réseau.
Le Président (M. Julien) :
Merci. Désolé de vous interrompre. Ce bloc d'échange est terminé. Je cède
maintenant la parole au député de Maurice-Richard. Vous
disposez de 12 min 12 s.
M. Bouazzi : Merci beaucoup, M.
le Président. Je vais parler de tarifs. Mme la PDG, peut-être, ma première
question, c'est... Dernièrement, il y a eu une demande de réévaluation des
tarifs, entre autres, pour les résidents, pour les citoyens, et vous avez
demandé 3 % pour chacune des trois prochaines années. C'est bien ça?
Mme Bouchard (Claudine) : Oui.
M. Bouazzi : Peut-être... Je
vais peut-être quand même poser une question au ministre ici présent. Si je ne
me trompe pas, en octobre 2023, le premier ministre avait déclaré : «Les
augmentations des tarifs d'Hydro-Québec n'excéderont jamais l'inflation ou
3 %, le moindre des deux.» Étant donné que l'inflation est inférieure à
3 % et est évaluée inférieure à 3 % pour les deux prochaines
années aussi dans les prévisions du gouvernement, pourquoi n'avez vous pas tenu
votre promesse?
• (15 h 30) •
M. Drainville : Bien, en tout
cas, pour ce qui est du 1er avril 2026, la hausse des tarifs domestiques,
elle a été fixée à 3 %.
M. Bouazzi : C'est ça, mais,
comme le premier ministre avait annoncé que ça serait le moindre des deux, je
relis la phrase, peut-être que vous l'avez raté : «Les augmentations des
tarifs d'Hydro-Québec n'excéderont jamais <l'inflation...
>
15 h 30 (version révisée)
<19305
M.
Bouazzi :
...des deux. Je relis la phrase, peut-être que vous l'avez
ratée : «Les augmentations des tarifs
d'Hydro-Québec n'excéderont
jamais >l'inflation ou 3 %, le moindre des deux.» «Le moindre des
deux», ça veut dire le moindre des deux. Or, l'inflation est en dessous de
3 %. Est-ce que vous considérez que c'est une promesse tenue?
M. Drainville : Bien,
écoutez, l'engagement que nous avons pris, c'est de ne pas dépasser 3 %, et
on maintient cet engagement.
M. Bouazzi : OK. Qui est
différent, donc, de celui d'octobre 2023 par le premier ministre de la CAQ de l'époque.
Je ne vous mentirai pas, il y a une réelle
inquiétude, dans un investissement de 200 milliards, à se retrouver
effectivement à avoir vraiment des augmentations de tarifs. Et plusieurs études,
quand même, nous ont malheureusement inquiétés encore plus. Dans le coût, il y
a plusieurs choses, et on va entrer dans chacun des détails.
La première, c'est l'évolution de la
consommation d'électricité dans les 10 prochaines années. Dans vos
prévisions sur les 10 prochaines années, l'augmentation est 10 fois
supérieure à la moyenne des 20 dernières années. À quel point êtes-vous
confiante que ceci va s'avérer?
Mme Bouchard (Claudine) : Quand
nous regardons la prévision de la demande, je parle encore une fois de l'électrification
des transports, les véhicules, notamment, l'électrification des bâtiments, l'électrification
des procédés industriels et aussi la croissance économique, on arrive donc à
une capacité demandée, donc, en besoins, en 2035, à autour de 10 000 MW.
Comme on le disait tout à l'heure, le plan d'approvisionnement sera révisé à l'automne,
mais on estime pour le moment qu'on est encore alignés autour du 10 000 MW
nécessaire pour assouvir les besoins du Québec.
M. Bouazzi : Est-ce que vous
avez un document qui détaille ce que vous êtes en train de dire, la prévision
sur les 10 prochaines années des différentes décarbonations,
électrifications, etc.?
Mme Bouchard (Claudine) : Je
vais répéter ce que mon collègue a dit tout à l'heure, c'est présenté
annuellement, à l'automne, à la Régie de l'énergie, débattu et approuvé par la
Régie de l'énergie.
M. Bouazzi : Et donc ça, ça
veut dire... Et ce document, par rapport au PGIRE que le ministre était censé nous
déposer, donc le plan intégré en matière de consommation d'énergie... Comment
vous pouvez avoir un plan sans avoir un plan de la part du gouvernement?
Mme Bouchard (Claudine) : C'est
deux choses qui sont en cohérence, hein? La partie électrique est un segment du
PGIRE. Le PGIRE, c'est le Plan de gestion intégrée des ressources énergétiques,
donc c'est plus large que l'électricité. Alors, il y a un volet électrique qui
est aligné, bien entendu, avec notre plan d'approvisionnement. Mais la PGIRE, c'est
une tendance long terme, tandis que le plan d'approvisionnement, c'est quelque
chose qui est à moyen terme pour nous permettre de s'assurer de toujours
suffire aux besoins des Québécois. Alors, c'est deux exercices en parallèle. On
collabore, de toute évidence, avec le ministère de l'Énergie pour le volet
électrique de la PGIRE, pour s'assurer que ce soit en cohérence. Et, de toute
vraisemblance, donc, la PGIRE, qui est revisitée, je crois, aux cinq...
Une voix : Six ans.
Mme Bouchard (Claudine) : ...six
ans, c'est drôle, c'est censé être cinq, on arrondit, d'habitude, mais bon, aux
six ans... tandis que le plan d'approvisionnement, lui, est révisé à chaque
année. Mais, la PGIRE, c'est comme une intention. C'est quelque chose de plus
large que notre plan d'approvisionnement.
M. Bouazzi : Mais vous en
parlez comme s'il existait, le plan. En tout respect, on attend encore que le
gouvernement... On comprend même qu'il y a des scénarios qui sont sur la table,
qui ne sont pas choisis. Ça fait que j'admire la cohérence avec une orientation
qui n'est pas encore sur la table, ou alors, évidemment, on n'a pas jugé bon de
la partager avec les Québécois. Mais ça, je ne vous en prends pas rigueur. C'est
plutôt le ministre qui devrait...
Mme Bouchard (Claudine) : Oui.
Bien, je me permettrais, en tout respect, de vous dire qu'il y a quand même un
plan préliminaire qui a été déposé à la Régie de l'énergie.
M. Bouazzi : Exact.
Mme Bouchard (Claudine) : Il y
a eu 40 intervenants qui sont venus, donc, commenter la PGIRE en version
préliminaire devant la régie. La régie a émis des commentaires publics aussi
sur la version préliminaire de la PGIRE.
M. Bouazzi : Exact. C'est
juste que le plan, il est... Parce que, sinon, il serait public, et on l'aurait.
Et on a comme repoussé à la fin de la session, au mois de juin. Mais restons
sur les... Donc, vous dites, la prévision, vous, vous avez confiance, même si c'est
10 fois supérieur à la moyenne des 20 dernières années. Sur les 20 dernières
années, les prévisions d'Hydro-Québec, combien de fois elles se sont
matérialisées?
Mme Bouchard (Claudine) : Bon,
deux choses. La première des choses, je vous l'ai dit tout à l'heure, en 2025, on
a eu une consommation d'énergie record ou une demande d'énergie record au
Québec, à 185 TWh, qui est en hausse de presque 10 % par rapport à l'année
précédente. Donc, la croissance se matérialise. Vous en parliez vous-même tout
à l'heure, il y a 2 500 MW qui ont été autorisés pour des projets.
M. Bouazzi : Madame... Mme la
présidente, ma question est très claire.
Mme Bouchard (Claudine) : Oui.
M. Bouazzi : Moi, je vous
donne la réponse, en fait. Elle ne s'est jamais matérialisée. Contredisez-moi
si c'est... si je me trompe, mais, à chaque fois qu'on a fait des prévisions,
on s'est trompé, ne serait-ce que, rappelons-nous il y a quelques années, on
nous parlait d'un excès absolument épouvantable d'électricité. Évidemment, on
voit aujourd'hui que cette prévision s'est très, très mal... a très mal <vieilli...
M. Bouazzi :
...mal...
a très mal >vieilli.
Mme Bouchard (Claudine) : Si
je peux me permettre, par ailleurs, l'électrification des transports, à ce
moment-là, n'était pas ce qu'elle est aujourd'hui. L'évolution technologique
des transports n'était pas ce qu'on connaît aujourd'hui. Alors, il y a toute
une évolution technologique qui nous amène vers l'électrification.
M. Bouazzi : C'est vrai.
Mme Bouchard (Claudine) : Il y
a toute une quête de l'énergie renouvelable partout dans le monde qui nous
amène à l'accélération de cette demande-là. Alors, moi, ce que je vous dirais,
dans tout ce qu'on fait aujourd'hui, il ne faut surtout pas se baser sur le
passé pour essayer de prédire l'avenir. Ce serait une très mauvaise idée. Il
faut en tenir compte, bien entendu, mais ajuster les paramètres au gré du
moment, surtout avec ce qu'on voit dans la géopolitique mondiale actuellement.
M. Bouazzi : Je ne suis pas
en train de vous dire qu'il faut se baser sur le passé. Je suis juste en train
de vous dire que, dans le passé, on s'est trompé à chaque fois. Et donc on
comprend qu'on veut bien faire confiance, mais c'est quand même des chiffres
impressionnants. Dans les coûts, dans les fameux 2 500 MW que M. Fitzgibbon
a distribués, pour la majorité, sinon la totalité au tarif L, le tarif L est
autour... Non? Oui?
M. Rhéaume (Dave) : ...
M. Bouazzi : Voilà. Donc, en
moyenne, disons 0,05 $ du kilowattheure. La nouvelle électricité nous
coûte autour de 0,11 $ le kilowattheure. Il y a un rapport d'Option Consommateurs
qui a fait le calcul de la différence de ce que ça va nous coûter sur
20 ans. C'est 22... entre 21 et 22 milliards de dollars, sur
20 ans, de différence par rapport au coût marginal de la nouvelle
électricité et ce qu'on a promis. Est-ce que vous avez des études qui
contredisent l'étude en question? Je suis sûr vous l'avez analysée.
Mme Bouchard (Claudine) : En
fait, souvenez-vous, sur l'horizon du plan d'action, on dit que les nouveaux
approvisionnements vont coûter 0,13 $. Cependant, quand on fait le
partage, on a un bloc d'électricité qui est vraiment moins cher parce qu'on a
des installations qui sont là depuis 75 ans, qui ont été immobilisées et
qui produisent avec une source renouvelable et gratuite, qui est l'eau. Quand
on regarde, je dirais, la moyenne de tout ça, on estime que c'est rentable de
pouvoir faire ces projets-là pour le Québec au tarif L et au tarif G, qui sont
prévus pour tous les projets ou tous les blocs d'énergie de plus de 5 MW.
M. Bouazzi : On s'entend que
plus on va produire d'électricité qui est à 0,13 $ le kilowattheure, plus
la... patrimoniale sera faible dans le pourcentage et plus l'électricité va
coûter plus cher. On est d'accord?
Mme Bouchard (Claudine) : Oui.
Mais souvenez-vous aussi de ce que j'ai dit tout à l'heure, hein? On a une
ressource qui est précieuse puis on veut s'assurer qu'on crée le maximum de
richesse durable avec chaque mégawatt. Alors, c'est pour ça qu'on a déposé,
pour les cryptomonnaies et les centres de données qui créent moins de richesse
en emplois, moins de retombées économiques... on a demandé des tarifs plus
élevés, de 0,13 $ et de 0,19 $. Et on a fait la même chose pour les
surconsommateurs domestiques. Donc, les maisons qui consomment au-delà d'un
certain nombre, donc de 35 000 kWh par année, donc on a proposé un
tarif plus élevé, une augmentation de tarifs plus accélérée pour ces clients-là
justement pour assurer de créer le maximum de valeur pour chaque électron
supplémentaire qu'on doit développer.
M. Bouazzi : Je vous entends.
Je ne rentrerai pas dans les détails de la cryptomonnaie, mais, franchement, ça
ne crée pas beaucoup... Je comprends qu'ils achètent de l'énergie plus chère,
mais ça ne crée pas d'emploi et surtout ça ne sert à rien, la cryptomonnaie, à
part à spéculer en bourse. Mais ce n'est pas vous. C'est le ministre à côté qui
devrait s'y opposer. Ce n'est pas la question de ces crédits.
Une autre chose. Donc, moi, ce que je vous
dis, c'est : Si on se trompe dans l'évaluation, si l'idée de, tout d'un
coup, on payait 10 fois plus... Et, en passant, l'argument de dire qu'on
en a vendu plus cette année, c'est comme la différence entre le climat et la
météo : cette année, il a fait spécialement froid, et donc je comprends
qu'on en a consommé vraiment plus. Mais c'est... c'est particulier, on
s'entend, en ce moment.
Mme Bouchard (Claudine) : Mais
la tendance est là. Ce n'est pas juste cette année. Cette année, ça a été un
record, mais on voit très, très bien la courbe d'augmentation de la demande au
Québec.
M. Bouazzi : L'autre centre
de coûts... Et ici j'ai devant moi un document interne d'Hydro-Québec où on a un
certain nombre de projets. Où, par exemple, j'ai le projet de réhabilitation
des roues... remplacement des roues de La Grande 4, j'ai la réhabilitation
aussi au niveau de barrage Robert-Bourassa où on est passés, par exemple, pour
le premier, à un coût de 38 millions à un coût de 320 millions, donc
on s'est trompé de 800 %, huit fois plus cher, le deuxième, de
38 millions à 273 millions, donc aussi il y a à peu près 800 %
de dépassements. Si on se retrouve dans une situation où, d'un côté, la
consommation ne se matérialise pas, d'un côté, on a des projets, quelques-uns,
pas tous, là, où les coûts explosent, et, en fin de compte, avoir investi les
200 milliards, donc des lignes qui coûtent, dans mes souvenirs,
40 milliards, à peu près, les lignes de transport du nord au sud, bon, et
qu'en fin de compte la consommation ne se matérialise pas, c'est quoi, votre
plan B? Comment on va faire pour ne pas augmenter l'électricité aux Québécoises
et Québécois?
• (15 h 40) •
Mme Bouchard (Claudine) : J'ignore
le document auquel vous avez... vous avez eu accès, document interne, mais je
peux vous dire qu'il n'y a pas de dépassements decoûts actuellement
pour les groupes turbine-alternateur. Ce sont des projets qu'on suit de façon
très, très, très serrée. Alors, moi, le 32 millions, pour <moi...
Mme Bouchard (Claudine) :
...Alors, moi, le 32 millions, pour >moi, là, ça,
c'était l'étude d'avant-projet du projet. Et ensuite le projet, oui, il est pas
mal plus cher, parce que, là, on change les roues. Et la centrale
Robert-Bourassa, je vous rappelle, c'est la plus grande, la plus puissante
qu'on a dans tout le Québec et en Amérique du Nord, donc c'est normal que ça
coûte 800 millions pour changer les groupes turbine-alternateur dans une
centrale de cette grandeur-là et de cette ampleur-là. Alors, je ne peux pas
voir le document que vous avez, mais je peux vous dire qu'actuellement on n'est
pas en dépassement de coûts. Ce sont des coûts qu'on suit de façon très
rigoureuse.
M. Bouazzi : Est-ce que
vous vous engagez à rendre publique... l'évolution des coûts des différents
projets de mise à jour, justement?
Mme Bouchard (Claudine) : C'est
de la gouvernance interne. Ce n'est pas quelque chose qu'on peut rendre public
pour la concurrence. N'oubliez pas que ce sont des manufacturiers, des gens de
l'ingénierie qui font affaire avec nous. Moi, ce sur quoi je peux vous
rassurer, c'est qu'on s'assure d'avoir les meilleurs prix, comme j'expliquais
tantôt...
Le Président (M. Julien) :
En terminant.
Mme Bouchard (Claudine) :
...pour produire le kilowattheure le moins cher possible pour les Québécois.
Le Président (M. Julien) : Merci.
Ce bloc d'échange étant terminé, je cède maintenant la parole au député de Jacques-Cartier.
Vous disposez de 12 min 10 s.
M. Kelley : Merci
beaucoup, M. le Président. Juste, je vais passer à un autre sujet. On a posé
une question, Mme Bouchard, dans le cahier des crédits, sur la... bien, la
possibilité de la production d'énergie nucléaire. Et nous avons posé deux
différentes questions : toutes les sommes investies pour mettre à niveau
les installations existantes puis toutes les sommes investies dans la recherche
ou des partenariats de recherche pour des nouvelles technologies. Je sais qu'il
y a eu quand même à l'interne... Et ça, c'est un document, on a reçu par un
accès d'information ça fait un couple des années. Comme vous avez eu des
études, vous avez regardé les petites réacteurs modulaires. Nous avons rendu
où? Ou vous autres ont rendu... rendu où avec les technologies nucléaires? Est-ce
que c'est quelque chose, vous êtes toujours en train de regarder comme une
option de l'avenir? Est-ce que... Est-ce que vous pouvez partager certaines
informations avec nous? Je comprends, certaines choses sont de nature
confidentielle, mais la parole, c'est... c'est à vous.
Mme Bouchard (Claudine) :
Clairement. Comme on l'a mentionné dans le Plan d'action 2035, il n'y
a pas d'énergie de source nucléaire qui arrive sur l'horizon de 2035. De toute
façon, on est déjà en 2026, alors les délais ne le permettent pas de toute
évidence. Alors, on... on poursuit avec la déclassification de Gentilly-2.
Ce à quoi vous référez probablement, c'est
une étude qui a été faite par AtkinsRéalis pour savoir est-ce que c'était
réactivable, le site de Gentilly-2. La conclusion de ça, c'est que d'essayer de
faire du neuf avec du vieux, c'est... ce n'est jamais une bonne idée, on va
dire ça comme ça, et qu'on était trop loin dans la phase de déclassement de la
centrale. Donc, si on voulait faire du nucléaire, ce n'était pas la meilleure
option, la plus rentable et, en termes d'échéancier, la plus intéressante pour
le Québec.
Maintenant, c'est sûr qu'on suit
l'évolution de la technologie nucléaire partout dans le monde, autant les
petits réacteurs que les grands réacteurs, bien entendu. Actuellement, tous les
pays dans le monde sont à la course de la maturité technologique nucléaire.
Aujourd'hui, il n'y a que très peu de projets, probablement tous en Chine, qui
respectent leurs échéanciers et qui respectent leur budget. Et, quand je dis
«respecte» et «dépasse», là, on ne parle pas de dépasser de 10 %, on parle
de fois trois, fois quatre.
Donc, nous, pour le moment, on est à
regarder quel sera notre positionnement, comment on va se positionner.
L'énergie nucléaire peut être intéressante, mais il faut voir comment on
l'utilise dans notre mix énergétique. Mais, pour le moment, il est un peu tôt
pour déployer ce genre de technologie au Québec, compte tenu de sa maturité
technologique. Mais on suit avec beaucoup, beaucoup d'intérêt ce qui se passe
ailleurs dans le monde.
Et il y a toute une infrastructure aussi
de chaînes d'approvisionnement liées à l'industrie nucléaire qui s'était un peu
dissoute un peu partout. Les Français étaient les premiers, hein, dans les
années 1980, et eux aussi sont à rebâtir cette chaîne d'approvisionnement
là.
Alors, nous, on suit ça avec l'organisme
international de l'énergie nucléaire pour voir comment ça se passe un peu
partout dans le monde. Mais, pour le moment, il y a encore de la maturité, je
dirais, à acquérir de ce côté-là pour qu'Hydro-Québec s'investisse à développer
du nucléaire.
M. Kelley : Et
j'imagine, comme... je comprends qu'avec Gentilly, c'est... c'est peut-être
trop tard, mais quand... quand même, si jamais on va de l'avant, de choisir un
site, quand même, ça, ça doit être très complexe aussi. Parce que, je pense,
des fois, il y a une impression, dans une partie de la population, que de bâtir
un petit réacteur, c'est simple. C'est comme très facile, on peut mettre ça à
côté des parcs résidentiels, et tout ça. On sait que ce n'est pas vrai, mais, quand
même, ce défi est probablement pas mal majeur. On place ça où? Puis, quand
même, l'intégration avec le réseau est aussi complexe, alors c'est peut-être <aussi...
M. Kelley :
...aussi
complexe, alors c'est peut-être >aussi... juste rappeler à la population
que ce n'est pas facile non plus de bâtir un petit centrale nucléaire ou, quand
même, un grand. C'est un énorme défi, avec des coûts astronomiques.
Mme Bouchard (Claudine) : C'est
un énorme défi. Puis évidemment, je le disais tantôt, autant les petits
réacteurs que les grands, il faut regarder la maturité, mais encore plus les
petits réacteurs, parce qu'aujourd'hui la façon qu'on avait de penser le
déploiement des petits réacteurs n'est pas encore tout à fait au point. Hein, aujourd'hui,
ces petits réacteurs là sont quand même gros et requièrent les mêmes permis
qu'une grande centrale. Donc, on n'accélère en rien le développement de petits
réacteurs. Donc, ça, c'est un.
Deuxièmement, évidemment, quand on fait
des sondages, ce qui est un peu bizarre, c'est que c'est souvent les
populations autour des installations nucléaires, puis là je parle ailleurs dans
le monde, c'est les gens qui habitent autour des centrales nucléaires qui, un,
sont davantage, je dirais, sensibilisés, qui connaissent davantage les mesures
de sécurité liées à ce type de centrale là, et c'est là qu'on voit la plus
grande acceptabilité sociale, si je peux m'exprimer ainsi. Donc, il faut
réfléchir effectivement à cette avenue-là pas juste au Québec, mais partout
dans le monde, à l'acceptabilité sociale de ces grands projets là. Et je vous
dirais que le plus important là-dedans, c'est les délais pour l'obtention des
permis, qui est quand même encore, je vous dirais, quelque chose d'extrêmement
rigoureux, bien entendu, parce qu'on veut que ce soit rigoureux, mais assez
long également.
M. Kelley : Et, j'imagine,
vous suivez de près qu'est-ce qui se passe en Ontario. Et je sais qu'eux autres
ont déjà des réacteurs existants, puis c'est, je ne dis pas simple, mais c'est
facile de construire une... de... production supplémentaire sur un site où il y
a déjà une centrale nucléaire. Alors, c'est, eux aussi, un petit peu un défi. Mais,
quand même, qu'est-ce qui se passe en Ontario, j'imagine...
Mme Bouchard (Claudine) : On
suit ça de très près. Évidemment, on est en lien avec toutes les utilités
partout dans le Canada pour voir ce qui se passe. Que ce soit en Saskatchewan,
en Alberta, en Colombie-Britannique ou encore du côté de l'Ontario, alors on
suit ça très près. Et on s'intéresse beaucoup au développement, comme je
disais, qui se passe au Canada actuellement. Il y a aussi le Nouveau-Brunswick,
une centrale de Point Lepreau, donc, qui a du nucléaire également, donc on
suit ça de très près.
M. Kelley : Et, Mme Bouchard,
une autre question en lien avec le nucléaire. Ah! excusez-moi, j'ai en train de
perdre mon... mon fil de pensée. Ah! c'est ça. C'est sur la réglementation
aussi autour de tout... tout qui est nucléaire de niveau fédéral. J'ai eu la
chance de visiter Hitachi. Puis ils ont expliqué un petit peu, de fabriquer un
gros transformateur pour une centrale nucléaire, ça... il y a juste plus de
réglementations à cause le fait que tout est contrôlé par le fédéral ou CANDU.
Mais, bref, est-ce que ça, c'est aussi une chose que vous regardez? D'embarquer
dans ça aussi ajoute beaucoup de fardeau. On peut décider sur un barrage ou un
parc éolien ici, au Québec, avec nos compétences, mais, le moment qu'on se rend
dans le nucléaire, c'est... tout est hautement réglementé, avec raison. Mais,
j'imagine, ça, c'est aussi une barrière qui ajoute des coûts à un projet éventuel.
Mme Bouchard (Claudine) : Évidemment,
l'expertise d'Hydro-Québec, ça a été, dans le passé, de développer de
l'hydroélectricité. On devient de mieux en mieux dans l'éolien. On veut devenir
de mieux en mieux dans le solaire. On ne peut pas être bons dans tout, alors il
faut suivre ce qui se passe ailleurs. Et il faudra faire des choix sur notre
mix énergétique, comment on adresse ce mix énergétique là. Encore une fois, on
suit ça avec beaucoup d'intérêt.
Et, oui, il y a la réglementation. Mais,
qu'elle soit provinciale ou fédérale, la réglementation autour des centrales
nucléaires partout dans le monde, elle est rigoureuse, voire rigide. Mais c'est
important qu'elle le soit pour donner confiance à la population, bien entendu,
pour éviter des accidents comme on a pu connaître dans le passé. Alors, ça, on
a pleinement confiance là-dedans. Maintenant, de toute évidence, à un certain
moment, il faudra peut-être qu'on voie les choses différemment en termes de
durée et de processus. Donc, c'est plus de ce côté-là, là, qu'on pourrait
travailler avec différents partenaires.
M. Kelley : Parfait. Puis ça...
On ouvre une porte à notre autre sujet, et ça, c'est l'acceptabilité sociale.
Il y a eu une... récemment un appel des offres pour les projets éoliens dans...
éoliens dans le sud de Québec. Et souvent c'était... les terres qui étaient
sélectionnées par Hydro-Québec, c'est sur les terres agricoles, pas toutes,
mais une grande partie. Puis on arrive à un moment où la CPTAQ puis, quand même,
le ministère de l'Agriculture puis l'UPA sont fortement contre d'avoir des
tours éoliennes sur les terres agricoles. Comment on va s'assurer que tout ça
marche? Et je ne veux pas parler pour tous les agriculteurs du Québec, je sais
qu'il y a certains qui sont pour, des autres qui sont contre, mais, quand même,
c'est difficile. Et, j'imagine, ça prend un petit peu de coordination aussi
avec le ministre de l'Économie, mais aussi le ministère... mais MAPAQ pour
s'assurer que tout ça marche, parce que c'est superimportant, pour le plan 2035,
de s'assurer que la partie des projets privés dans le sud avance.
• (15 h 50) •
Mme Bouchard (Claudine) : Oui.
Vous savez, on a deux moyens de développer l'éolien, hein? Vous vous souvenez?
On va par <appels...
Mme Bouchard (Claudine) :
...Vous
vous souvenez? On va par >appels d'offres. Donc, le sud du Québec va
être développé par appels d'offres. Ce sera des plus petits projets, moins
structurants par rapport au réseau de transport. Donc, ça, ça va être développé
par appels d'offres, donc, d'autres partenaires qui ont déjà développé d'autres
parcs au Québec. Par ailleurs, les grands parcs de 1 000 MW et plus,
par exemple, ceux-là vont être développés par Hydro-Québec en partenariat avec
les communautés locales autochtones et non autochtones. Donc, ça, c'est deux
choses.
Donc, ce à quoi vous référez, c'est
vraiment des projets qui sont issus de différents appels d'offres du passé qui
se retrouvent en terres agricoles dans le sud du Québec. Maintenant,
Hydro-Québec et le Québec est dans l'industrie éolienne depuis 20 ans. On
a beaucoup appris depuis les 20 dernières années. Et on a modulé la façon
de développer nos projets pour limiter l'impact sur les terres agricoles comme
sur tout le reste du paysage et sur tout le reste de l'empreinte du territoire
du Québec, comme on le fait pour les lignes de transport, soit dit en passant.
Une des clés de cette recette-là, c'est de travailler en amont avec les
communautés, avec les agriculteurs, avec les MRC et avec les municipalités, ce
dans quoi nos partenaires qui développent les mégawatts issus des appels
d'offres se sont inscrits et ce dans quoi ils s'investissent.
Maintenant, on est fiers, grâce à ces
connaissances-là, d'avoir pu s'asseoir avec l'UPA et de convenir d'une entente
de principe sur le développement de parcs éoliens en terres agricoles pour
minimiser l'impact et s'assurer qu'on travaille avec les agriculteurs au cas le
cas pour réduire l'impact et leurs pertes, s'il y en a, bien entendu. Mais,
partout dans le monde, on est capables de concilier le développement éolien. Parce
qu'au Québec on développe l'éolien, mais ça se développe partout dans le monde
de façon encore plus accélérée qu'au Québec. Alors, ailleurs dans le monde, on
est capables de concilier le développement éolien et l'agriculture, alors
faisons le pari qu'au Québec on est tout aussi capables de le faire.
Est-ce que c'est parfait? Bien, on va
continuer d'apprendre ensemble à développer les meilleurs projets. Mais, pour
ça, il faut se parler puis développer ensemble les meilleures méthodes pour
développer ces projets-là, comme on le fait avec les communautés autochtones et
allochtones pour les grands projets structurants.
M. Kelley : Parfait. Et
peut-être, M. le ministre, vous pouvez complémenter le rôle de... bien, de
vous, mais aussi de votre... de votre collègue au MAPAQ. Comment vous pouvez
s'assurer que les projets et les appels d'offres qui étaient faites par
Hydro-Québec sont un succès, puis il n'y a pas un clash avec les agriculteurs
du Québec?
Le Président (M. Julien) : En
50 secondes.
M. Drainville : En se parlant.
En se parlant. Moi, je rencontre le président de l'UPA dans la plupart des
rendez-vous économiques auxquels j'ai assisté au cours des dernières semaines.
Il est toujours présent et... Alors, il faut se mettre en mode écoute, il faut
travailler avec les agriculteurs puis il faut trouver l'équilibre. Puis je
trouve que l'approche de Mme Bouchard et de la direction d'Hydro-Québec
est la bonne, c'est-à-dire qu'il faut cheminer ensemble, il faut trouver le
juste milieu. Ce n'est pas toujours évident. Ce n'est pas toujours facile, mais
je pense que, dans la vaste majorité des cas, il y a moyen de trouver la voie
de passage. Puis c'est là-dessus qu'il faut travailler, parce qu'il faut
préserver nos terres agricoles, mais il faut continuer à avancer avec l'éolien.
Le Président (M. Julien) : Merci.
Merci, M. le ministre. Donc, ce bloc d'échange est terminé. Je cède maintenant
la parole au député de Jean-Talon. Vous disposez de 12 min 10 s.
M. Paradis : Rebonjour.
J'aimerais discuter avec vous de vos interactions avec la Régie de l'énergie.
L'année dernière, j'ai questionné votre prédécesseur sur cette thématique-là et
je lui ai parlé de la politisation des tarifs d'électricité. Et j'ai... je le
questionnais sur sa relation avec le gouvernement, avec la ministre de l'époque,
puis sa relation avec la Régie de l'énergie, puis je lui ai dit : Bien là,
actuellement, il semble y avoir beaucoup de collaboration avec le gouvernement,
alors que c'est la régie, avec son indépendance, qui devrait déterminer les
tarifs. Il m'a répondu ceci, je le cite : «Franchement, monsieur, je suis
très à l'aise avec ça et je suis plus à l'aise avec ça qu'un groupe de
technocrates, à la régie, qui ne sont pas élus.» Là, il fait référence de sa
relation avec le gouvernement pour l'établissement, notamment, du plafond à
3 % de l'augmentation. Il ajoute, je le cite : «Je suis beaucoup plus
à l'aise avec un gouvernement élu de façon démocratique par rapport à un groupe
de fonctionnaires.» Est-ce que vous pourriez nous dire ce que vous pensez de
cette déclaration? Est-ce que ça reflète votre façon de considérer les
interactions d'Hydro-Québec avec la régie et avec le gouvernement?
Mme Bouchard (Claudine) : En
tout respect, M. le député, je ne vais pas commenter les énoncés de mon
prédécesseur. Par contre, je peux vous dire qu'on travaille avec la régie,
qu'on a plusieurs dossiers, et qu'on a déposé, donc, des tarifs en vertu de la
nouvelle loi n° 34... 24, pardon, sur une demande tarifaire jusqu'en 2029.
La régie nous est revenue avec sa <décision...
Mme Bouchard (Claudine) :
...revenue
avec sa >décision. Alors, il y a des discussions avec la régie sur une
base peut-être hebdomadaire ou quasi aux deux semaines. Alors, quand même,
cette relation-là, avec notre réglementaire, notre instance réglementaire, elle
est là, elle est présente.
Et on a plusieurs dossiers devant nous,
par ailleurs. Et le plan d'action, pour nous, c'est vraiment notre étoile du
Nord et c'est là-dessus qu'on veut travailler. Donc, on travaille avec la régie
pour s'assurer qu'on lui donne ce dont elle a besoin pour prendre les
meilleures décisions, et que nous, on fait bien notre travail dans cette
conséquence-là, et qu'elle voit la trajectoire à long terme, non seulement les
décisions long terme sur les tarifs, mais qu'on puisse ensemble définir la
trajectoire long terme pour le Québec avec le Plan d'action 2035.
M. Paradis : Vous me
permettrez d'insister, parce que, lorsqu'il a prononcé ces mots-là, il était le
porte-parole de la société d'État d'Hydro-Québec, et c'est ce qu'il a dit de sa
vision de la Régie de l'énergie. J'aimerais savoir si ses mots reflètent
toujours la façon de la haute direction d'Hydro-Québec de considérer la Régie
de l'énergie. Parce que, je pense que vous le savez puis j'ai vu tout le monde
quand j'allais citer ça, ça a fait beaucoup de bruit, cette déclaration, au
Québec, pas seulement dans les milieux spécialisés, mais au Québec. Alors, j'aimerais
savoir si cette vision reflète toujours la haute direction ou si vous voudriez
exprimer une autre façon de considérer vos interactions avec la Régie de
l'énergie et avec le gouvernement du Québec.
Mme Bouchard (Claudine) : La
façon dont je travaille, avec toutes les parties prenantes de l'entreprise,
c'est de travailler en collaboration, mais il faut qu'on convienne ensemble
d'objectifs communs, bien entendu. C'est là où c'est important, alors, que ce
soit avec le gouvernement, les parties prenantes, que ce soient les communautés
autochtones, que ce soient les MRC. Quand je suis allée au Saguenay, la semaine
dernière, j'ai rencontré plusieurs préfets de MRC. Alors, pour moi, le travail
en partenariat vers un objectif commun, qui est le Plan d'action 2035,
pour le Québec, c'est comme ça qu'il faut travailler.
Maintenant, parfois, il y a des moments
peut-être de tension parce qu'on ne voit pas toujours à 100 % les choses
de la même façon. Mais, comme on l'a dit, c'est la même chose avec les
agriculteurs, il faut trouver cette voie de passage là. Parce que, ce qu'on est
en train de faire, c'est beaucoup plus large qu'Hydro-Québec. C'est pour le
Québec qu'on est en train de faire ça, pour un Québec durable et riche de son
économie.
M. Paradis : Je comprends la
délicatesse de l'exercice qu'on est en train de faire, mais c'est important,
parce que la Régie de l'énergie, elle a une posture qui est prévue par la loi.
Et vos relations avec le gouvernement du Québec et avec la Régie de l'énergie
sont aussi régies par la loi. Et j'aimerais une réponse un peu plus claire
parce que je... vous savez, la réponse que j'aimerais avoir, qui mettrait les
choses au clair : Est-ce que cette position reflète toujours la posture
d'Hydro-Québec face à la Régie de l'énergie?
Mme Bouchard (Claudine) : Moi,
ce que je vous dis, c'est qu'il faut travailler en partenaire avec toutes les
parties prenantes dans l'univers, dans l'écosystème d'Hydro-Québec.
M. Paradis : Je vais
continuer sur la relation avec la Régie de l'énergie. Puis, je vous le dis, je
vais... je vais reposer ensuite ma question. J'ai vu, dans les demandes de
renseignements particuliers... C'est une question que nous avons posée, à la
troisième opposition, sur les dépenses liées aux représentations devant la
Régie de l'énergie. Et Hydro-Québec, en 2025, a dépensé
24,5 millions de dollars en frais de représentation devant la Régie
de l'énergie. J'aimerais savoir si vous avez des chiffres plus précis sur ces
montants pour aller en pourvoi de contrôle judiciaire à l'encontre des
décisions de la Régie de l'énergie et si vous pourriez me dire aujourd'hui...
si vous pouvez me dire aujourd'hui combien de fois, dans les dernières années,
vous êtes allés en pourvoi en contrôle judiciaire à l'encontre des décisions de
la Régie de l'énergie.
Mme Bouchard (Claudine) : Bon,
premièrement, le 24 millions, ce n'est pas seulement les représentations
d'Hydro-Québec, mais c'est aussi, ce que je comprends, le remboursement des
frais pour les intervenants devant la régie, si je comprends bien. OK.
M. Paradis : Oui, c'est
2,7 millions que vous avez payés aux intervenants. Et... Je comprends. Mais
c'est quand même néanmoins 24,5 millions. J'aimerais savoir si vous pouvez
me donner les chiffres, par contre, des coûts pour les pourvois en révision
judiciaire. C'est-à-dire, pour que les gens, qu'ils nous comprennent, là, c'est
que, là, il y a une décision qui est rendue par la régie, et Hydro-Québec
décide d'en appeler, d'aller en pourvoi pour dire : On n'est pas d'accord
avec la décision. J'aimerais savoir si vous pouvez me dire combien vous avez
dépensé pour ces recours-là et combien de fois vous êtes allés en pourvoi.
• (16 heures) •
Mme Bouchard (Claudine) : Bon,
je n'ai pas ces chiffres-là avec moi, vous l'aurez compris. Je sais que c'est
arrivé dans le passé. Combien de fois? Je ne peux pas vous dire exactement.
Alors, on peut vous revenir avec le nombre de fois qu'on est allés en pourvoi
devant la Régie de l'énergie.
Juste vous dire qu'évidemment Hydro-Québec
est un distributeur d'électricité, mais il y a d'autres distributeurs aussi qui
sont... qui vont aussi en pourvoi devant la Régie de l'énergie, là. Ce n'est
pas... Ce n'est pas Hydro-Québec... Tu sais, je ne veux pas qu'on... je ne veux
pas qu'on voie ça, Hydro-Québec et la régie. C'est, dans la loi, prévu qu'on
puisse se prévaloir de ce droit-là, comme tous les autres distributeurs qui
sont régis par la <Régie de l'énergie...
>
16 h (version révisée)
< Mme Bouchard (Claudine) :
...par
la >Régie de l'énergie.
Le Président (M. Julien) : Donc,
Mme Bouchard, je comprends que c'est un engagement que vous... vous prenez
de revenir avec l'information?
Mme Bouchard (Claudine) : Pour
le nombre, oui.
Le Président (M. Julien) :
Merci.
Mme Bouchard (Claudine) : Oui,
pour le nombre de pourvois, oui.
M. Paradis : Très bien. Est-ce
que vous connaissez quel est le délai pendant... que la Cour supérieure prend
pour rendre des décisions, notamment quand vous faites des pourvois en contrôle
judiciaire sur la décision tarifaire de la régie?
Mme Bouchard (Claudine) : Je
ne peux pas me prononcer, je n'ai pas ce niveau de détail là. Je ne sais pas,
Dave, si tu l'as, mais...
M. Rhéaume (Dave) : C'est un
processus qui peut s'échelonner sur des mois, ça ne se compte pas en jours.
M. Paradis : Et est-ce que ça
peut être aussi sur des années?
M. Rhéaume (Dave) : Écoutez, on...
tout est, j'imagine, possible, là, mais je pense qu'on peut s'attendre à un
processus qui pourrait prendre, tu sais, plusieurs mois, voire une année, peut-être
légèrement plus.
M. Paradis : Très bien. Alors...
Mais j'ai hâte d'avoir ces informations parce qu'un des éléments... Vous savez,
on est en contact constant avec les intervenants du milieu, et une des choses
qu'on entend beaucoup actuellement, c'est qu'Hydro-Québec multiplie le nombre
de recours contre les décisions de la Régie de l'énergie, ce qui complique la
vie des intervenants et ce qui crée aussi de l'incertitude sur les tarifs
applicables.
Vous avez parlé vous-même de l'importance
de la certitude quant aux tarifs. Est-ce que vous pensez ou est-ce que vous
êtes d'avis que votre politique de multiplier les pourvois en contrôle
judiciaire contre les décisions de la Régie de l'énergie, qui fixe les tarifs,
contribue à créer de la certitude quant aux tarifs ou de l'incertitude?
Mme Bouchard (Claudine) : Deux
choses. Premièrement, des pourvois récents, on en a deux, on en a déposé deux.
Donc, il faut juste relativiser les choses, donc deux. De toute évidence, la
barrière, je dirais, du 3 %, elle s'applique, alors... et du 4 %... et
de l'échelle de 4 % à 5 % s'applique également. Donc, il y a la
variabilité des recours. Donc, quand on a déposé nos requêtes tarifaires 2026-2027,
2028-2029, on était à l'intérieur des échelles d'abordabilité et de concurrence
qu'on a toujours dit, c'est-à-dire 3 %, 4 % à 5 %. Donc, la
prévisibilité demeure, compte tenu de cette échelle-là. Évidemment, on veut
offrir les meilleurs tarifs à nos clients, mais il faut en même temps s'assurer
de développer le plan d'action avec la séquence, la vélocité nécessaire pour s'assurer
de donner la qualité de service au client, auquel ils s'attendent, bien
entendu, et de développer la capacité nécessaire pour répondre à la sécurité
énergétique du Québec, et à son développement, et à sa décarbonation. Ça, c'est
vraiment les intérêts qu'on veut défendre devant la régie.
Après ça, de toute évidence, une des
décisions de la régie, puis on peut le voir, c'est public, là, c'est la non-reconnaissance
du besoin de maintenance pour réduire le nombre de pannes. Ça, c'est un des
pourvois que nous avons déposés parce que nous, on estime que la qualité de
service qu'on offre à nos clients actuellement, elle n'est pas à la hauteur de
leurs attentes. Et on a même eu un rapport du VGQ qu'on est venu défendre ici.
Donc, le plan d'action était défendu ici, à l'Assemblée nationale, pour
démontrer qu'on avait du rattrapage à faire. Donc, pour nous, c'est important
de défendre ce principe-là parce que nos clients ont droit à une qualité de
service. Et ça, bien, c'est ce qu'on veut défendre dans le cadre de la Régie de
l'énergie.
M. Paradis : Est-ce que,
lorsque vous faites ces pourvois et que vous déplacez le débat de la Régie de
l'énergie, qui est le forum naturel, vers les tribunaux supérieurs... est-ce
que vous considérez que ça contribue à la qualité et à la capacité des
organisations de la société civile à être en dialogue avec Hydro-Québec puis à
suivre le cours de ces débats-là en Cour supérieure, notamment compte tenu du
coût et des délais associés à ces démarches-là?
Mme Bouchard (Claudine) : Vous
savez, la Régie de l'énergie, ce n'est pas le seul endroit où on a des
discussions avec les groupes, on a aussi beaucoup de discussions non seulement
avec les groupes qui représentent les clients, mais aussi directement avec nos
clients un peu partout au Québec. Alors, oui, il y a la régie, il y a l'exercice,
évidemment, qui est démocratique, devant la régie, mais il y a aussi, à notre
sens, les intérêts des Québécois à plus long terme, qui est la réduction du
nombre de pannes. Et c'est l'engagement qu'Hydro-Québec a pris envers le Vérificateur
général du Québec, de réduire le nombre de pannes. Et c'est là-dessus qu'on...
je dirais, qu'on se fixe pour en appeler de cette décision-là.
M. Paradis : Très bien. Je
vais donc attendre les données sur les questions que je vous ai posées.
Je vous amène sur un tout autre sujet. Il
y a un projet qui est un projet que vous qualifiez... en tout cas, qui est
qualifié par le gouvernement, d'autoproduction, c'est celui de TES Canada, en
Mauricie. Donc, c'est une usine d'hydrogène, mais associée à un parc éolien. Néanmoins,
il y a une interconnexion avec un réseau de transmission d'Hydro-Québec qui est
prévue, et le gouvernement a attribué 150 précieux mégawatts à ce projet-là.
Il y a déjà eu quatre référendums, des
sondages et des élections municipales au cours desquels une vaste majorité de
conseillers municipaux opposés à ce projet-là ont été élus, et les quatre
référendums sont largement défavorables au projet. Dans votre stratégie de
développement éolien, vous dites ceci : «L'acceptabilité sociale et la
confiance publiques devront constituer les fondements des projets énergétiques
à venir, <y compris celles où il y a des mégawatts...
M. Paradis :
...publics
devront constituer les fondements des projets énergétiques à venir, >y
compris celles où il y a des mégawatts.» Est-ce que vous considérez qu'un
projet comme celui-là, dans la stratégie d'Hydro-Québec, ça atteint le standard
d'acceptabilité sociale qui est visé par Hydro-Québec?
Mme Bouchard (Claudine) : Le
projet de TES n'est bien entendu pas un projet d'Hydro-Québec. Le rôle
d'Hydro-Québec dans ce projet-là, ce sera, une fois que les permis... le BAPE
sera fait, une fois que les permis seront obtenus. Le rôle d'Hydro-Québec, ça
va être de raccorder le site que TES aura choisi pour octroyer les 150 MW.
C'est ça, le rôle d'Hydro-Québec à ce moment-ci.
Le Président (M. Julien) : Merci,
Mme Bouchard. Merci. Donc, ce bloc d'échange étant terminé, je cède
maintenant la parole au député d'Abitibi-Est, qui dispose de 3 min 16 s.
M. Dufour : Merci, M. le
Président. Bonjour. Avec le peu de temps qu'on a, l'importance, pour moi, c'est
de vérifier un peu avec vous où en est rendu le projet de renforcement de
ligne 315 kV qui a été suspendu en 2022. On le sait, c'était un
projet qui était bien enligné, les plans étaient déjà faits, toute la structure
était préparée. La pandémie est arrivée, ça a ralenti, naturellement,
l'engouement un petit peu, puis, après ça, bien, il a été vraiment suspendu à
partir de 2022. Donc, où on en est rendus avec ce dossier-là?
Mme Bouchard (Claudine) : La
bonne nouvelle, c'est qu'on a de la flexibilité en Abitibi, donc on a octroyé
des mégawatts à deux... en fait, où les projets sont en étude, là. Donc, de ce
côté-là, on a de la flexibilité, du côté de l'Abitibi, pour accepter de
nouveaux... de nouveaux projets en termes de mégawatts. Donc, pour le moment,
le réseau n'est pas un frein à l'octroi de mégawatts. Il faut prendre un pas de
recul, hein? Puis les mégawatts, il y en a en Abitibi, mais il y en a ailleurs
au Québec. Alors, aujourd'hui, il faut gérer ça de façon extrêmement précieuse,
cet octroi de mégawatts là, mais on a encore de la flexibilité, du côté de
l'Abitibi, pour être capables d'autoriser des projets subséquents si toutefois
il y avait des projets qui répondent aux critères. Donc, je vous
rappelle que le processus d'octroi des blocs de cinq mégawatts et plus a des
critères très bien énoncés. Et donc, quand les projets rencontrent ça, bien, il
y a une certaine capacité qu'on est capables de développer, et les équipes
travaillent aussi à ajouter des équipements qui nous donnent une certaine
flexibilité. Et on travaille beaucoup avec les clients à optimiser leur
consommation, Dave en a parlé tout à l'heure, l'effacement à la pointe, la
réduction de la consommation à certains moments. Donc, c'est des moyens qu'on
met de l'avant pour se donner cette flexibilité-là pour... du côté de
l'Abitibi, de la région de l'Abitibi.
M. Dufour : Par contre, vous
le savez certainement que le fait qu'on a une disponibilité ne veut pas dire
que c'est une fin en soi, ce qui fait en sorte que... de consolider puis
d'assurer que le réseau puisse répondre à une demande développée par
l'industrie minière particulièrement. Je pense que c'est important de garder ça
en mémoire, parce que, vous le savez, un projet minier, ça peut... ça peut
vraiment se développer à un moment donné, et, si les mégawatts ne sont pas là...
Puis on l'a vécu l'autre jour avec le dossier d'Odyssey, là. Pour
25 mégawatts, là, ça a tout pris pour être capable de finaliser ce
dossier-là. Mais je pense qu'il faut bien comprendre que ce n'est pas parce
qu'on a des disponibilités présentement qu'on ne peut pas regarder à être un
actif pour le futur, pour la suite du développement économique, là.
Mme Bouchard (Claudine) : On
le suit de très près. On travaille avec toutes les instances, on travaille avec
Investissement Québec, on travaille avec le ministère de l'Économie, on
travaille avec la Caisse de dépôt, on est toujours en amont des projets, et
c'est comme ça qu'on est capables de travailler en amont de ce qu'on est
capables de faire sur le réseau. Mais, jusqu'à ce moment-ci, comme je vous dis,
la flexibilité permise sur le réseau nous a permis d'octroyer les mégawatts en
fonction de ce qui était à prioriser, selon les critères du bloc... du
processus d'octroi du bloc de cinq mégawatts.
M. Dufour : Pour les
10 secondes qu'il me reste, donc aussi vous remercier pour le travail qui
a été fait pour Kitcisakik, d'avoir été en mesure de faire en sorte que cette
communauté-là puisse avoir de l'électricité. Merci.
Mme Bouchard (Claudine) :
Merci.
Le Président (M. Julien) : Merci.
Merci, cher collègue.
Donc, ce bloc étant terminé, je cède
maintenant la parole au député de Jacques-Cartier, qui dispose... vous disposez
de 12 min 10 s.
• (16 h 10) •
M. Kelley : Merci beaucoup,
M. le Président. Je veux prendre le dernier bloc pour parler de résilience de le
réseau. Tous mes collègues, nous sommes en campagne électorale tantôt puis on a
des citoyens qui veulent parler de... pas tout le monde, mais presque tout le
monde... La résilience de réseau est superimportante, parce que, quand il y a
une panne d'électricité, c'est souvent des députés qui sont interpelés pour
répondre : Pourquoi c'est arrivé? J'étais en train de travailler, ou de
cuisiner, ou quoi que ce soit. On a eu des discussions déjà, Mme Bouchard,
là-dessus. Et j'avoue qu'il y a des améliorations, j'ai vu ça chez moi, et je
sais que mes autres collègues ont remarqué des améliorations, mais je dois
aussi regarder le cahier des crédits de l'année passée versus de cette année,
où on a la durée <moyenne d'interruption par région...
M. Kelley :
...de
l'année passée versus de cette année, où on a la durée >moyenne
d'interruption par région. Alors, je peux noter des bons gains. À le Bas-Saint-Laurent,
des améliorations impressionnantes. Même chose pour l'Estrie. Même chose pour
Montréal. Ça ne dit pas que tout est parfait, mais il y a eu clairement des
améliorations.
Par contre, on a vu, comme dans la
Capitale-Nationale, la durée moyenne a augmenté. Même chose pour le Centre-du-Québec,
Chaudière-Appalaches. Je sais que c'est noté que le nombre moyen des minutes
des pannes par client a diminué d'environ 27 %. Bonne nouvelle. Mais,
quand même, dans certaines régions du Québec, on a vu une augmentation. Je
comprends que ça peut être causé par des événements climatiques, des tempêtes,
mais j'espère que ce n'est pas nécessairement des tendances dans ces
régions-là, où, quand même, dans certaines régions, il faut maintenant mettre
les équipes là-dessus puis faire des investissements. Alors, je vous laisse
expliquer un petit peu l'état de résilience de le réseau d'Hydro-Québec.
Mme Bouchard (Claudine) : Merci
beaucoup pour cette question. On s'est présentés devant vous à quelques
reprises pour vous indiquer qu'on était insatisfaits de la qualité de service
qu'on offrait à nos clients. Alors, on a déployé vraiment tous les efforts pour
ce faire.
On avait choisi, en 2025, une façon
d'intervenir qui était très chirurgicale à des endroits où le service était de
moindre qualité. Alors, on a fait 1 800 zones de clients, donc ça
touchait 1,8 million de clients au Québec, où on est allés intervenir de
façon massive sur la végétation. Évidemment, hein, 40 % à 70 % des
pannes sont créées par la végétation. Donc, en maîtrisant la végétation
davantage, on réduit les pannes.
On a ajouté des poteaux plus solides, des
poteaux en composite, en plastique qui ont une durée de vie plus longue, mais
aussi sont plus résistants lors de verglas, lors de grands vents. On a aussi
ajouté des conducteurs recouverts. Alors, quand les branches viennent toucher
ces fils-là, ça ne crée pas de pannes. Tout ça fait en sorte que, dans ces
1 800 zones là, on a une diminution du nombre de pannes de l'ordre de
40 %. Alors, c'est sûr que, quand on prend ce 1,8 million de clients
là puis on le met sur le total du 4,4 millions, bien, ça ne donne pas un
chiffre, je dirais, absolu qui est aussi intéressant. Mais là où on est... on
est intervenu, c'est payant.
Maintenant, ce qu'on a fait, les
1 800 zones l'année passée, bien, on le refait cette année. Donc, au
fur et à mesure où on avance dans le temps, l'effet provincial, l'effet sur
l'ensemble de nos 4,4 millions de clients va se faire ressentir. Mais ce dont
on est fiers, c'est que notre façon d'intervenir est la bonne et que ça donne
des résultats.
Et je me souviens que vous nous aviez
interpelés, l'an dernier ou l'année précédente, pour Dollard-des-Ormeaux.
Alors, Dollard-des-Ormeaux, on est allé, on a fait vraiment un changement
complet du réseau dans ce secteur-là, si bien qu'aujourd'hui, si je compare
février 2026, février 2025, j'ai une diminution du nombre de pannes de
68 % de ces clients-là. Ce n'est pas rien, c'est beaucoup et c'est pour ça
qu'on continue. Souvenez-vous, on va investir 50 milliards pour améliorer
la qualité de service. Alors, on est fiers de montrer que ça fonctionne, ça
fonctionne là où on intervient.
On a augmenté, de façon significative
aussi dans les autres secteurs, les budgets de maîtrise de la végétation. Et là
où c'est payant, c'est de travailler avec les députés, les MRC et les
municipalités pour nous aider à convaincre les clients et à leur expliquer
combien c'est important d'accepter qu'on coupe les arbres pour eux, pour leur
alimentation électrique, mais pour celle de tout le quartier autour d'eux.
Alors, c'est vraiment comme ça qu'on a
réussi à faire ces gains importants là en termes de qualité de service et qu'on
va poursuivre dans la même veine au cours des prochaines années. Et on
travaille notamment... il y a eu à Repentigny... où il y a eu une couverture
médiatique d'une panne. Alors, on n'hésite pas à intervenir, on a des signaux,
on reçoit des signaux des municipalités et, à ce moment-là, on travaille avec
les municipalités pour s'assurer de donner et d'offrir une qualité de service
de qualité à nos clients, qui est satisfaisante, bien entendu.
M. Kelley : Parfait. Et je ne
veux pas parler pour tous mes collègues, mais j'ai remarqué depuis que je suis
élu, en 2018, c'est sûr qu'il y a une meilleure communication avec les élus et
pas juste d'une base... comme c'est d'une base régulière maintenant, c'est
apprécié, et aussi avec... à le niveau municipal.
Une chose. Si je peux partager des fois
une frustration de mes citoyens, c'est que ce n'est pas nécessairement la
communication qui est faite sur l'application ou le site Web qu'il y a une
panne, puis il y a une équipe qui est dédiée pour répondre à la panne
d'électricité, mais c'est plus pourquoi c'est arrivé. Alors, les gens disent,
particulièrement où ça arrive souvent, c'est comme... et, des fois, c'est là
que j'ai un peu de misère d'avoir une réponse : Qu'est-ce qui est arrivé
spécifiquement qui a créé la panne? Et, s'il y a une façon qu'Hydro-Québec peut
indiquer... <des fois, c'est des raisons de sécurité...
M. Kelley :
...et
s'il y a une façon qu'Hydro-Québec peut indiquer... >des fois, c'est des
raisons de sécurité, mais, des autres fois, il n'y a comme pas une raison qui
est donnée. Et je sais, souvent, c'est parce qu'une branche a tombée sur une
ligne de réseau ou comme même un écureuil a causé une... Je sais que ça, c'est
la réalité, mais c'est juste une remarque que j'ai entendue sur le terrain. Les
gens disent : Bien, si je suis capable de juste savoir qu'est-ce qui est
arrivé, ça va être apprécié. Peut-être quelque chose pour améliorer sur... le site
Web puis sur l'application, quand même, si c'est quelque chose qui arrive après
que c'est réglé, puis ça, c'est pourquoi c'est arrivé... Et, quand même, un
bris d'équipement... moi, je n'ai pas d'enjeu que c'est dit, un bris
d'équipement, c'est un bris d'équipement, mais, bref, juste un petit
commentaire de mes citoyens de Jacques-Cartier.
Mais, quand même, comme j'ai dit, j'ai vu
que ça a amélioré beaucoup, et continuez d'être présents sur le terrain. Je
sais que vous avez fait un style de «town hall» à Dollard-des-Ormeaux, vous
avez invité des maires du coin d'être présents. Je pense qu'on était à Québec à
l'époque, mais continuez cette façon de connecter avec vos clients. Je sais que
ce n'est pas facile d'aller voir la population de temps en temps, chers
collègues. Des fois, c'est plus facile, les autres fois, c'est moins facile,
mais, quand même, ce type de dialogue entre la population et vous autres est
superimportant, et je sais que, quand vous êtes là puis quand vous expliquez à
la population qu'est-ce qui se passe, c'est apprécié, parce qu'après ça elle
dit : Ah! je comprends mieux. Juste montrer une carte de toutes les lignes
de transmission dans un coin du Québec, puis tout le monde réalise à quel point
le réseau est complexe. Alors, c'est juste une des suggestions, compliments,
mais continuez le travail, continuez d'améliorer le service à la clientèle. Ça
va mieux, mais il y a toujours des améliorations qui peut être faite.
Mais je veux poser une autre question plus
sur les défis de le réseau de distribution présentement. Devant vous, c'est
quoi, les grands défis? Je ne parle pas juste des pannes d'électricité causées
par la végétation, mais, pour Hydro-Québec, quand vous regardez les réseaux de
distribution, qu'est-ce que sont les défis pour vous autres?
Mme Bouchard (Claudine) : Comme
tout le reste des infrastructures au Québec, le vieillissement, bien entendu,
hein? C'est dans le rapport du VGQ, c'était très clair. Alors, c'est pour ça
qu'on a un plan de remplacement des équipements sur l'horizon 2035, 2028
en distribution, surtout. Donc, on remplace les équipements. Donc, je vous
parlais tantôt des 1 800 zones d'intervention. Bien, dans ces
coins-là, on en profite pour changer l'équipement et rendre le réseau plus
robuste, bien entendu.
Un autre élément du réseau de
distribution, c'est aussi la consommation des clients, combien j'ai besoin de
bâtir un réseau trop robuste pour une consommation pendant quelques heures de la
journée. Alors, comment les clients font désormais partie de l'exploitation de
notre réseau de distribution? Ça, je pense qu'on a du travail à faire pour que
les clients soient conscients, de Hilo, par exemple, s'effacer à la pointe,
arrêter le chauffage, arrêter le lave-vaisselle à la pointe le matin. Donc,
c'est des éléments... le chauffage est plus payant que le lave-vaisselle, soit
dit en passant, c'est un exemple parmi tant d'autres, mais, réellement, comment
les gens peuvent contribuer au fait que le réseau offre une meilleure
performance, une meilleure qualité.
Et, de l'autre côté, bien, on les
encourage à le faire, parce qu'il y a les défis Hilo pour lesquels ils peuvent
économiser de l'énergie. Et l'efficacité énergétique, aussi, qui nous permet de
réduire la demande sur les réseaux, réduire la pression sur le réseau et avoir,
encore là, une consommation plus responsable. Je répète qu'on va investir
1 milliard par année pour que les gens réduisent leur facture.
Alors, ça, je pense que c'est autant
d'opportunités pour nos clients à nous aider dans cette gestion du réseau là,
mais aussi dans la réduction de leur facture, bien humblement.
M. Kelley : Et est-ce que
vous avez vu... Sur le côté de l'efficacité énergétique, je sais que c'est une
partie cruciale pour le plan d'action. Est-ce que nous avons vu des gains, des
améliorations? Et quelles sont les priorités? Je sais Hilo, et tout ça, mais
c'est quoi, la prochaine étape aussi pour Hydro-Québec?
• (16 h 20) •
Mme Bouchard (Claudine) : En
2025, les économies d'énergie ont été le double de ce qu'elles étaient en 2024,
si bien qu'on est 20 % en avance sur notre objectif, OK? Mais une fois
cela dit, on se retrousse les manches et on continue d'avancer, parce
qu'évidemment les faciles sont derrière nous, les plus difficiles sont devant
nous. Alors, pour ce faire, on en a parlé, le chauffage, donc les thermopompes,
on a un programme de thermopompe où on rembourse une bonne partie, je pense que
c'est 25 % du surcoût, Dave, tu me corrigeras, donc une bonne partie du
surcoût pour l'installation d'une thermopompe. La bonne nouvelle, c'est que la
thermopompe permet aussi de réduire de 20 % les factures des clients.
Alors, c'est toujours gagnant-gagnant, et on donne des subventions pour
l'installation de ces thermopompes-là chez nos clients. Donc, ça, c'est
vraiment de l'efficacité énergétique.
On a des subventions pour des cuisinières,
on a des subventions, également, pour des sécheuses. Alors, il faut vraiment
s'enquérir des programmes d'Hydro-Québec pour participer à cet effort collectif
de l'efficacité énergétique. Je le répète, l'électron le plus vert, c'est celui
qu'on ne consomme pas, puis, en plus, Hydro-Québec vous donne des initiatives
pour réduire votre consommation.
M. Kelley : Merci beaucoup.
Dernière question. <Avec l'arrivée des batteries...
Mme Bouchard (Claudine) :
...des
initiatives pour réduire votre consommation.
M. Kelley :
Merci
beaucoup. Dernière question. >Avec l'arrivée des batteries dans les juridictions
en Amérique du Nord, est-ce que ça crée, dans l'avenir, peut-être, des enjeux,
pour les exportations, que le marché spot devient moins intéressant, et on est
plus obligé d'aller vers des contrats fixes, parce qu'avec les batteries les
autres juridictions sont capables de mieux gérer leurs pointes? Est-ce que c'est
quelque chose que vous êtes en train d'évaluer ou pas encore?
Le Président (M. Julien) : En
une minute.
Mme Bouchard (Claudine) : En
fait, on a... nous, au Québec, on a presque 30 000 MW de batteries déjà
installées, déjà mobilisées, qui ont un coût très avantageux. Ça, c'est notre
avantage concurrentiel dont je parlais tout à l'heure. Il faut continuer à
développer parce qu'il ne faut pas se laisser distancer par les autres juridictions.
Maintenant, de quoi aura l'air le marché
dans les prochaines années? Bien malin celui qui se prononce. On suit ça de
très près, mais, nous, ce n'est pas ce qu'on voit pour le moment, au contraire,
hein? Il ne faut pas oublier que le thermique, qu'on voit s'installer aux
États-Unis avec le vent, fait en sorte que le thermique va toujours être là,
lui. Je ne peux pas le ralentir, je ne peux pas le baisser. Donc, à certains
moments, comment tout ça va prendre forme? Moi, j'ai encore des opportunités
d'importer à bon coût et d'exporter au moment où ils sont en pointe.
Quand je regarde notamment aux États-Unis,
si on veut parler de ça, eux, ils ont une pointe d'été quand il fait chaud, par
exemple à New York. Nous, on a une pointe d'hiver. Donc, cette
complémentarité-là va demeurer un marché intéressant pour le Québec...
Le Président (M. Julien) :
Merci. Merci, Mme Bouchard.
Mme Bouchard (Claudine) :
...mais on verra comment ça se développe.
Le Président (M. Julien) : Je
dois vous interrompre. Donc, ce bloc étant terminé, je cède maintenant la
parole au député de Vanier-Les Rivières, qui dispose... vous disposez de
11 min 34 s.
M. Asselin : Merci beaucoup,
Mme Bouchard. C'est un grand privilège de pouvoir vous... terminer le
questionnement dans ces crédits... crédits-là. D'ailleurs, je remercie les gens
d'Hydro-Québec. Depuis le début, le climat est participatif, et puis c'est un
grand privilège qu'on a de pouvoir vous questionner là-dessus.
Je voulais vous... peut-être en
commençant... Les redevances hydrauliques sont plus connues, mais Hydro-Québec
verse un montant fixe de 650 millions de dollars par année pour
rembourser la dette via le Fonds des générations. Est-ce que vous pourriez nous
en dire plus sur les raisons et l'importance de ce geste-là pour les finances
du Québec?
Mme Bouchard (Claudine) : Oui.
Bien, pour Hydro-Québec, vous le savez, Hydro-Québec, c'est une société d'État
de par sa formation, bien entendu. Alors, Hydro-Québec contribue au
gouvernement, donc à l'état financier du gouvernement, par son dividende, bien
entendu, donc le dividende d'Hydro-Québec est versé au gouvernement, et aussi
par le Fonds des générations. Donc, c'est des droits hydrauliques qu'on paie depuis
la loi sur...
M. Asselin : C'est moins
connu, ce volet-là, mais c'est important.
Mme Bouchard (Claudine) : C'est
moins connu, effectivement, mais ça s'ajoute aux dividendes, hein? Donc, ce
n'est pas l'un qui empêche l'autre, ça s'ajoute aux dividendes qu'on verse au
gouvernement du Québec, mais ce... je dirais, ces dollars-là, eux, sont versés
dans le Fonds des générations que le gouvernement, bien, réinvestit dans des
activités à vocation durable, bien entendu. Donc, c'est... pour Hydro-Québec,
c'est un... En tout cas, moi, je suis très fière de ça parce qu'Hydro-Québec,
ses dividendes et ses profits sont versés pour donner des services aux
Québécois et développer durablement le Québec. Donc, pour nous, c'est une
fierté, chez Hydro-Québec, de maximiser, je dirais, les revenus pour le
gouvernement, autant par les bénéfices que par les droits de redevances hydrauliques,
pour s'assurer que le gouvernement puisse bénéficier des revenus nécessaires
pour donner des services à la population.
M. Asselin : Il en a été
question un peu durant le... votre partie de témoignage... mais il a fait froid
au Québec, en particulier en décembre dernier. Est-ce qu'Hydro-Québec se
prépare toujours de la même façon pour répondre à la demande des familles en
dehors des... et même dans les périodes de grand froid, là, est-ce qu'il y a
une préparation particulière pour cette période-là?
Mme Bouchard (Claudine) : À
chaque année, au mois d'août, mois de septembre, là, on commence à faire des
calculs, à voir ce sera quoi, la pointe de l'hiver suivant, en fonction de la
prévisibilité qu'on a sur l'augmentation de la consommation au Québec, sur la
courbe de consommation. À l'automne aussi, on a certains systèmes météo qui
sont déjà disponibles pour donner des tendances météorologiques pour l'hiver.
La seule chose, c'est... évidemment, on se trompe à chaque fois parce que la
météo, ce n'est pas une science exacte, mais c'est un travail qu'on fait. Et
là, en fonction de ça, bien là on s'assure que la maintenance des équipements
soit au rendez-vous, que tout soit au rendez-vous pour, généralement, début
décembre, parce que les froids peuvent, on l'a vu cette année, débuter dès le
début décembre. Hein, cette année, on a eu le plus froid hiver depuis les
quatre dernières années. Donc, si vous avez trouvé qu'il a fait froid, vous avez
raison...
M. Asselin : On a trouvé
qu'il a fait froid.
Mme Bouchard (Claudine) : ...et
on était prêts. Donc, on était prêts et on a été quand même plus bas que ce
qu'on avait anticipé comme étant la pointe. Mais je vous dirais que le phénomène
différent cette année, c'est le nombre de jours consécutifs où les températures
étaient sous la normale. Alors, ça, pour nous, évidemment, ça requiert, <quand
on le vit, des équipes disponibles...
Mme Bouchard (Claudine) :
...étaient
sous la normale. Alors, ça, pour nous, évidemment, ça requiert, >quand
on le vit, des équipes disponibles, des équipes en mode vigie, parce que l'idée
d'être prêt, c'est bien, mais, s'il arrive un bris sur le réseau quand il fait
froid comme ça, il faut rétablir les clients le plus rapidement possible. On ne
lésine pas là-dessus. Donc, on s'assure d'avoir des équipes prêtes à dispatcher
ou à attribuer, donc, à des travaux, à des tâches de réparation. Donc, ça,
c'est l'extra où on va quand il fait très froid l'hiver pour s'assurer que nos
clients, là, soient en sécurité énergétique.
M. Asselin : Merci beaucoup.
M. le député de Jacques-Cartier vous a abondamment parlé de solaire, parce
qu'ils sont dedans, mais on n'a pas parlé beaucoup d'éolien. Est-ce que vous
pourriez nous en dire un peu plus sur l'appel d'offres qu'il y a eu en regard
de ce secteur-là?
Mme Bouchard (Claudine) : Oui.
Je veux juste revenir sur le solaire parce que, tout à l'heure, j'ai fait une
erreur. Alors...
M. Asselin : Allez-y,
allez-y.
Mme Bouchard (Claudine) : ...mea
culpa. Ce n'est pas 125 000 panneaux, c'est 125 000 clients
à l'horizon de 2035. Donc, une petite distinction. Alors, je m'excuse de cette
erreur.
L'éolien. Donc, l'éolien, on a dit que,
sur l'horizon du plan, on voulait... dans la grande stratégie éolienne, donc de
développer 10 000 MW d'éolien. La première façon de faire ça, c'est par
les appels d'offres. On vient de faire un appel d'offres pour un volume entre
1 500 et 3 000 MW qui sera développé par des partenaires privés, mais
ces partenaires privés là, maintenant, ont une obligation de faire des liens,
de faire des collaborations avec les milieux locaux, donc que ce soient des
MRC, des municipalités ou des communautés autochtones. Donc, on est allés plus
loin. Quand je vous disais : On a appris, ça, c'est un des éléments pour
lequel on a appris et on a changé les critères à l'intérieur de cet appel
d'offres là. On a changé les critères aussi sur le contenu local. Maintenant,
il y a un pointage supérieur, plus vous avez du contenu local, plus le pointage
est élevé, donc plus il y a des chances que votre projet soit retenu dans cet
appel d'offres là. Donc, ça, on vient de lancer ça le 7 mai — là,
je mélange les notes, là — le 7 mai, la semaine passée.
Une voix : Ça fait plusieurs
semaines...
Mme Bouchard (Claudine) : Plusieurs
semaines. Bon, OK.
Une voix : ...
Mme Bouchard (Claudine) : En
avril, celui-là. Le 7 mai, c'est l'autre. OK. J'arrive à l'autre. Bon,
excusez. Merci. Donc, on a lancé cet appel d'offres là au marché pour cette
participation privée là. Donc, ça, c'est un modèle de développement.
L'autre modèle de développement, c'est la
stratégie éolienne pour les projets structurants où, là, Hydro-Québec devient
partenaire d'affaire avec des communautés locales autochtones et allochtones,
et c'est dans ce partenariat-là qu'on va choisir le partenaire privé pour
développer le projet. On a déjà plusieurs de ces partenariats-là signés. On en
a au Bas-Saint-Laurent, en Gaspésie, donc on en a parlé tantôt, avec l'Alliance
de l'énergie de l'Est et les Micmacs. On en a du côté de la Côte-Nord avec la
communauté innue d'Essipit et la MRC du Fjord, si je ne m'abuse. Et, du côté du
Lac-Saint-Jean, on en a avec la MRC du Domaine-du-Roy, et les Innus de
Mashteuiatsh, et la communauté de Wemotaci également.
Alors, dans ces partenariats-là, on va
choisir des partenaires privés pour développer le projet, donc des turbiniers
qui vont développer le projet avec nous, et c'est ce qu'on a lancé, dans ce
cas-là, le 7 mai, un appel d'offres pour trouver le partenaire qui va nous
permettre de développer ces projets-là. Et, encore une fois dans cet appel
d'offres là, on a appris et on a ajouté des critères de retombées économiques
pour le Québec. Comme, par exemple, un turbinier qui voudrait créer au Québec
un centre d'excellence de l'éolien, bien, aurait un pointage supplémentaire,
donc son projet aurait plus de chances ou sa candidature, plutôt, aurait plus
de chances d'être retenue qu'un autre. Donc, on veut vraiment aller dans
les retombées économiques locales régionales. Puis je vous rappelle qu'en 2025
90 % de toutes nos dépenses ont été effectuées auprès d'entreprises qui
ont pied à terre au Québec.
M. Asselin : Merci beaucoup.
Est-ce qu'on a encore le temps d'aborder une nouvelle entente qui a eu lieu?
Le Président (M. Julien) : Il
reste quatre minutes.
M. Asselin : Quatre minutes.
Ah! on est corrects. Par rapport à L'Union des producteurs agricoles, en
novembre 2025, vous avez annoncé une nouvelle entente pour le renouvellement de
l'entente-cadre sur les passages des lignes de transport électrique en milieu
agricole et forestier. Quelques mots là-dessus.
• (16 h 30) •
Mme Bouchard (Claudine) : Oui.
Alors, on avait déjà une entente avec l'UPA mais qui datait quand même, je
dirais, d'une autre génération de projets. Aujourd'hui, on a 5 000 MW
de... pas 5 000, mais 5 000 kilomètres de lignes de transport à
déployer sur le territoire du Québec. Il faut mieux travailler avec l'UPA et
ses membres, donc les agriculteurs. Et on part avec l'apprentissage qu'on a
fait dans les dernières décennies. Alors, ensemble, on a convenu de cette
entente-là, qui vient donner des balises sur comment on va développer des
lignes de transport en territoires agricoles, mais aussi sur les érablières.
Ça, c'était moins prévu dans l'ancienne entente. Donc, on est venus ajouter ça.
Ce qui est intéressant là-dedans, c'est
qu'avec l'UPA on va faire un fonds de développement pour les terres agricoles,
pour les agriculteurs. Donc, on va encourager l'UPA à développer la relève
d'agriculture, d'agriculteurs, d'agricultrices au Québec. Donc, ça, c'est des
éléments qu'on a mis en place. Pourquoi on veut faire ça? Parce qu'ensemble on
veut développer la connaissance des gens et développer les meilleurs projets en
termes de <transport...
>
16 h 30 (version révisée)
< Mme Bouchard (Claudine) : ...ensemble,
on veut développer la connaissance des gens et développer les meilleurs projets
en termes de >transport. Et ça, ça s'inscrit dans notre nouvelle façon
de faire nos consultations sur nos projets de lignes.
Avant, la façon dont on faisait, c'est qu'on
arrivait dans un territoire, puis on disait : Bien, j'ai une ligne à faire
entre le point a et le point b, puis on consultait les gens, puis on trouvait
le meilleur tracé. Maintenant, on arrive beaucoup plus tôt. Dès qu'on sait qu'on
a un enjeu énergétique de transport dans un territoire, on va discuter avec les
gens pour énoncer le problème, énoncer le défi puis qu'ensemble on soit capables
de trouver les meilleures voies de passage. Donc, avant, on disait... on faisait
le poste du poste A au poste B, mais aujourd'hui on regarde le territoire comme
étant vraiment comme une toile d'araignée pour trouver le meilleur chemin électrique,
bien entendu, mais aussi en acceptabilité sociale. Et c'est comme ça qu'on
arrive avec des projets qui sont mieux ancrés, mieux définis avec les gens du
milieu.
Et, bien, on fait parfois certaines...
certaines modifications à nos projets au fur et à mesure où on avance pour s'assurer,
là, d'avoir l'adhésion. Encore une fois, on construit quand même des
infrastructures, on essaie de minimiser l'impact, comme on a tout un projet de
ligne, du côté du Bas-Saint-Laurent, où on va être dans une emprise de ligne
déjà existante. Alors, quand on peut privilégier des corridors déjà existants,
bien, on va s'insérer là-dedans pour minimiser l'impact de construire une autre
ligne.
M. Asselin : ...l'importation
et l'exportation d'énergie, ce qu'on appelle le bouquet énergétique, en
terminant?
Mme Bouchard (Claudine) : Oui.
Bien, pour la première fois, en 2025, Hydro-Québec a été un importateur net d'énergie
à peu près de 3,4 TWh, si je me souviens bien. Évidemment, c'est
directement lié à la faible hydraulicité. On gère avec beaucoup, beaucoup de
prudence notre stock énergétique dans nos réservoirs, parce que notre mission
première, je répète, c'est d'assurer la sécurité énergétique du Québec et des
Québécois. En conséquence, bien, l'importation nous permet de garder l'eau dans
nos réservoirs et d'assurer, sur plusieurs années, avec nos réservoirs
multiannuels, d'avoir suffisamment de réserves, suffisamment d'énergie
disponible pour alimenter les Québécois.
Qui plus est, ça nous a quand même permis
de bénéficier des marchés, hein, parce qu'on importe à bas coût et on exporte à
un tarif intéressant. Donc, ça a quand même amené une profitabilité
intéressante, du côté d'Hydro-Québec, si je me souviens bien, Maxime, autour de
200 millions de revenus de ce côté-là. Ce n'est pas rien! Parce qu'on
exportait à faible coût puis on... En fait, on exportait autour de 0,15 $.
Alors, si je compare, par exemple, à 2019, juste avant la pandémie, on est à
peu près au tiers de volume, mais aux mêmes revenus. Donc, j'ai exporté beaucoup
moins, mais pour les mêmes revenus. Pourquoi? Parce qu'en exportant moins je
crée une rareté dans le marché, je suis capable de maximiser les prix, donc
maximiser la profitabilité des exportations.
M. Asselin : Mme Bouchard, c'est
terminé. Je vous félicite.
Mme Bouchard (Claudine) : Merci.
Adoption des crédits
Le Président (M. Julien) : Oui.
Alors, merci. Donc, le temps alloué à l'étude du volet Énergie, Hydro-Québec,
des crédits budgétaires du portefeuille Économie, Innovation et Énergie étant
presque écoulé, effectivement, nous allons maintenant procéder à la mise aux
voix des crédits.
Le programme 6, intitulé Énergie, est-il
adopté?
Des voix : Adopté.
Des voix : Sur division.
Le Président (M. Julien) : Sur
division...
M. Rhéaume (Dave) : ...possible,
pour faciliter le travail, on pourrait répondre tout de suite à l'engagement
qui a été pris précédemment. Est-ce que c'est correct de le faire oralement?
M. Drainville : Avec
consentement.
Le Président (M. Julien) : Avec
consentement, oui? Oui.
M. Rhéaume (Dave) : Donc, on
confirme l'information, essentiellement, que Mme Bouchard a donnée, là. Il y a
eu deux recours dans les 12 derniers mois, soit celui du 29 décembre
2025 et celui du 16 janvier 2026. C'est ça, le volume.
Une voix : ...
M. Rhéaume (Dave) : Oui, pour
les pourvois.
Le Président (M. Julien) : Parfait.
Donc, vous partez l'âme en paix. C'est bien, ça.
Documents déposés
En terminant, je dépose les réponses aux
demandes de renseignements de l'opposition.
Avant de conclure, bien, merci. Merci, Mme
Bouchard, merci à toute votre équipe. J'étais content de présider ça parce que
je pense que c'est une... l'étude des crédits d'Hydro-Québec, c'est toujours
très... très intéressant, très formateur. Puis, vous, et votre équipe, puis
votre professionnalisme, nous ont donné des réponses qui nous... On aime
Hydro-Québec puis on aime entendre, en réalité, ces questionnements-là et ces
réponses-là. Félicitations!
Donc, compte tenu de l'heure, la
commission ajourne ses travaux à mardi le 26 mai 2026, à 15 h 30,
où elle... elle va entreprendre l'étude du portefeuille Tourisme. Merci, tout
le monde.
(Fin de la séance à 16
h
35)