(Onze heures quarante-six minutes)
Le Président (M. Julien) : À
l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la
Commission de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources
naturelles ouverte.
La commission est réunie afin de procéder à
l'étude du volet Énergie des crédits budgétaires du portefeuille Économie,
Innovation et Énergie pour l'exercice financier 2026‑2027. Une enveloppe
de 1 h 30 min a été allouée pour l'étude des crédits.
Mme la secrétaire, y a-t-il des remplacements?
La
Secrétaire : Oui, M.
le Président. M. Sainte-Croix
(Gaspé) est remplacé par M. Montigny (René-Lévesque) et M. Boissonneault (Arthabaska), par
M. Paradis (Jean-Talon).
Énergie
Le Président (M. Julien) : Parfait.
Merci. Donc, nous allons procéder à une discussion d'ordre général par blocs
d'environ 15 minutes, incluant les questions et les réponses. La mise aux
voix de ces crédits sera effectuée à la fin du temps qui leur est alloué, soit
cet après-midi, vers 16 h 30. Nous débutons nos travaux à
11 h 47. Nous sommes en attente d'une entente entre les parties, mais
on peut commencer les travaux pour... pour la fin.
Discussion générale
Donc, maintenant, je suis prêt à reconnaître une
première intervention de l'opposition officielle pour un premier bloc
d'échange. M. le député de Jacques-Cartier, la parole est à vous.
M. Kelley : Merci beaucoup, M. le Président. Bonjour, M. le ministre, et bonjour à
votre équipe. M. le ministre, j'ai suivi la course de la chefferie de la
CAQ de près, là, j'ai écouté tous les débats. Je n'étais pas convaincu car les
deux candidats étaient superbes, mais, quand même, je n'ai pas pris ma carte,
j'ai demeuré une bonne libérale. Mais, ceci dit, j'ai aussi écouté toutes les
différentes émissions, les entrevues qui étaient faites par le ministre. Puis
je me rappelle une qui j'ai trouvé superintéressante, comme critique
responsable pour le dossier énergie, c'était avec Infoman. Et, pendant
cette émission-là, avec Infoman, le ministre, le député à l'époque, mais
le ministre a dit que, pour Hydro-Québec, pour le plan de 2035, lui, il pense
que c'est possible d'augmenter les coûts pour le plan à 250 milliards de
dollars, 50 milliards de dollars de plus que qu'est-ce qui est prévu
dans le plan.
Alors, dans votre tête, M. le ministre, est-ce
que vous croyez que c'est toujours important qu'on augmente le plan
d'Hydro-Québec de 50 milliards de dollars ou on est capable de livrer ça
dans le chiffre qui est mis de l'avant par Hydro-Québec de 200 milliards
de dollars?
M. Drainville : Bien, d'abord, M. le
Président, si vous me permettez, je vais saluer tous les collègues ici réunis.
Je suis content de vous retrouver. C'est toujours un exercice important, les
crédits. On se rappelle que ça faisait partie des revendications des patriotes,
c'était une des... une des grandes batailles menées par les patriotes, la
responsabilité ministérielle. Alors, c'est ce que nous exerçons ici
aujourd'hui.
Alors, M. le député de Jacques-Cartier, je vous
salue en particulier. Je suis... je suis certain d'avoir dit 200, mais, si
jamais j'ai dit 250, c'est que la langue m'a fourchu. Alors, le plan
d'Hydro-Québec, c'est bien 200 milliards d'investissement d'ici 2035, M.
le député. Et je vois à votre sourire que ce n'était qu'un hors-d'oeuvre que
vous me serviez en guise d'introduction de cet... de ce sympathique échange que
nous allons avoir.
• (11 h 50) •
M. Kelley : Je pensais,
c'était une bonne question. De mémoire, c'est 250 milliards de
dollars, mais je pense que le ministre vient de clarifier le tout. Alors, merci
beaucoup pour ça.
Et je reviens encore sur un autre débat qui a
été très important aussi de la course à la chefferie de la CAQ. Et mon collègue
de Jean-Talon a posé une bonne question. Mais je me souviens, dans le débat
avec le premier ministre, vous avez clairement dit que gaz de schiste versus
notre eau, il n'y a aucune question là-dessus. Il faut protéger notre eau,
c'est une richesse pour toutes les nations. Bref, c'était un super bel échange.
J'étais super d'accord avec le ministre à l'époque. J'ai dit : Ah! moi, je
suis d'accord avec lui. Je pense qu'on a déjà fait le débat. Je pense que le
débat est clos. Mais la première ministre, elle a eu une différente vision.
Puis, hier, votre collègue le ministre responsable pour la Transition
énergétique, il a dit : Bien, on ne va pas changer les lois, mais on va
lancer les débats sur l'autonomie énergétique du Québec. Alors, la porte ne
semble pas fermée sur la question de la fameuse gaz de schiste. Et je
comprendre votre réponse en Chambre, que certains critères, l'acceptabilité
sociale, l'eau, etc., mais, quand même, M. le ministre,
est-ce que la possibilité de réouvrir la loi est possible? Parce qu'on est en
train de relancer le débat. Alors, je veux avoir un petit peu de clarté de
votre part.
M.
Drainville : Oui. Alors, ce que j'ai dit en Chambre, c'est que la
sécurité énergétique, c'est l'objectif suprême, c'est ce qui va nous guider
dans toutes nos décisions. Et le choix que nous avons fait, nous, comme
Québécois, pour assurer cette sécurité énergétique, c'est de miser sur
l'énergie verte. Et c'est pourquoi nous appuyons, bien entendu, le plan
d'action d'Hydro-Québec, d'un investissement de 200 milliards d'ici 2035,
donc, dans les énergies vertes.
Alors, l'avantage de
miser sur les énergies vertes, c'est que ça nous permet d'abord d'avoir une
politique énergétique, donc produire plus d'énergie pour subvenir aux besoins
des citoyens et des entreprises. Ça nous permet d'avoir également une politique
climatique, parce que, quand on décide d'investir dans les énergies vertes, on
investit dans la décarbonation de notre économie. Ça nous permet aussi d'avoir une
politique industrielle, parce qu'évidemment, en générant plus d'énergie, on va
pouvoir donner plus de courant à nos entreprises qui ont des projets et pour
lesquels on manque d'énergie présentement. Et finalement ça nous permet aussi,
en investissant dans les énergies vertes, d'avoir une politique commerciale.
Parce qu'il y a une dimension commerciale à ce choix que nous faisons. Si on
veut exporter vers l'Europe, l'Europe a commencé à tarifer les produits qui
sont fabriqués avec des énergies polluantes. Donc, en fabriquant des produits
ici avec de l'énergie verte qui ne produit pas de GES, on se donne un avantage
comparatif pour exporter vers l'Europe. Donc, le choix des énergies vertes,
c'est un choix qui nous permet de gagner sur le plan énergétique, climatique,
industriel et commercial.
Maintenant, pour ce
qui est de votre question, M. le député, ce que j'ai dit, c'est qu'il y aurait
une discussion, il y aura une discussion au sein du gouvernement, parce que la
question de la sécurité énergétique ne se résume pas qu'à l'approvisionnement
en énergie verte, il faut regarder toutes les options. Maintenant, j'ai aussi
ajouté, vous avez raison de le dire, que
cette discussion, elle sera encadrée par un certain nombre de principes, dont
le respect de l'acceptabilité sociale, le respect des règles de
protection de l'eau et le respect des règles de protection de l'environnement.
M. Kelley : Merci,
M. le ministre. Alors, il y a des discussions, à ce stade ici, entre les
différents ministres au sein du gouvernement, pas avec la société civile. On
n'est pas rendus à des débats avec toute la nation. Alors, est-ce que vous avez
demandé à votre ministère ou est-ce que la première ministre a fait une demande
ou une commande envers la fonction publique de commencer à regarder la question
des gaz de schiste?
M.
Drainville : Pas au sein de mon ministère, en tout cas.
M. Kelley : OK.
Alors, pour l'instant, on peut dire que... parce que j'ai remarqué que, dans le
discours inaugural de la première ministre, on n'a pas parlé des gaz de
schiste, ce n'était pas là, mais ce n'était pas présent. Alors, peut-être la
première ministre a pris votre avis de... comme vous avez mentionné dans un
tweet, de reculer, et ce n'est pas nécessairement une bonne option de relancer
ce débat-là, mais on verra la suite des choses.
Je pense que, M. le
ministre, vous avez... vous avez bien répondu à mes questions, là, merci pour
ça, puis on va continuer de surveiller ce dossier de près. Puis un jour,
peut-être, on va avoir une réponse de la première ministre si elle, elle a une
autre vision de tout ça. C'est une bonne chose qu'il y ait des études de crédits,
pour elle, qui s'en viennent, de mémoire. Alors, on verra la suite des choses.
Je veux maintenant,
M. le ministre, aller sur une autre question qui est superimportante pour le
dossier de l'énergie, et ça, c'est l'entente de Churchill Falls. Depuis que vous
avez arrivé en poste, est-ce que vous avez eu des discussions avec Hydro-Québec
ou, quand même, avec vos homologues à Terre-Neuve sur cette entente qui est
superimportante pour Hydro-Québec?
M.
Drainville : Alors, est-ce qu'on a eu des discussions au sein du
gouvernement? La réponse, c'est oui. Vous savez, parce que ça a été rendu
public, que la première ministre a eu des discussions avec le premier ministre
terre-neuvien. Nous sommes en attente du dépôt du comité, du dépôt du rapport
du comité d'experts ou du comité indépendant, tel qu'ils l'ont qualifié par le
gouvernement terre-neuvien. Selon les informations que nous avons, ce comité va
déposer son rapport la semaine prochaine. Et évidemment, M. le député, on
attend avec, je dirais, beaucoup d'intérêt de voir quel en sera le contenu.
Vous avez raison de poser la question, parce qu'il y a consensus, je pense, au
Québec, sur le fait que c'est un dossier extrêmement stratégique. Quand on
parle de sécurité énergétique, c'est certain que nous, on voit, dans cette
entente avec Terre-Neuve, un excellent moyen de contribuer à la sécurité
énergétique à la fois des Québécois et des Terre-Neuviens, parce que nous, on
est convaincus, M. le Président, que cette entente-là, c'est une entente qui
est gagnante-gagnante.
Et donc je conclurai
ma réponse, M. le député, en vous disant que nous continuons d'avoir confiance
de pouvoir signer une entente finale le plus rapidement possible. Ça reste
l'objectif, conclure une entente finale avec Terre-Neuve le plus rapidement
possible.
M. Kelley :
Merci beaucoup, M. le ministre. M. le Président, une autre question sur
Churchill Falls. Je comprends que c'est toujours possible que Terre-Neuve va
dire non puis on retourne à la table de négociation. La première ministre, elle
a dit que, si jamais ça arrive, et ce n'est pas un souhait, je veux juste
mettre sur la table que ça demeure une possibilité, que, si ça arrive que
Terre-Neuve rejette l'entente puis on recommence les négociations, que le Québec a un plan b puis un plan c pour
s'assurer que les objectifs puis le plan d'Hydro-Québec sont atteints. Alors, je
ne sais pas si vous avez une réponse sur la partie plus spécifique sur le plan
b et le plan c, c'est quoi exactement?
M.
Drainville : Bien, je vais vous dire honnêtement, M. le Président,
moi, je mise sur le plan a, puis le gouvernement, on mise sur le plan a. Je
vous rappelle que le contrat actuel, il est valide jusqu'en 2041. Donc, on a
accès à la production de Churchill pour un minimum de 15 ans encore. C'est
un contrat de tout près de 5 000 MW à un prix qui est effectivement
très, très, très, concurrentiel.
Maintenant, nous, on
continue, donc, d'avoir confiance de pouvoir signer cette entente-là à brève
échéance. Et je rappelle, M. le Président, qu'on n'attend pas après personne
pour investir dans nos ressources renouvelables. Le plan d'action
d'Hydro-Québec de 2035 prévoit l'ajout de plusieurs milliers de mégawatts. Il y
a des chantiers éoliens qui ont été annoncés et il y en a d'autres qui sont en
appel d'offres. On va de l'avant avec... également avec une augmentation de
notre capacité de production d'énergie solaire et on veut également rehausser
la production de nos barrages et de nos ouvrages, devrais-je dire,
hydroélectriques.
Donc, le plan
d'action d'Hydro-Québec de 2035, c'est un plan qui nous appartient, ce sont des
investissements qui ne dépendent de personne. Donc, on va de l'avant avec le
plan d'action d'Hydro-Québec et puis on va évidemment s'asseoir avec
Terre-Neuve dès qu'on connaîtra le rapport du... le contenu du rapport, pour
voir s'il y a moyen d'en arriver à une entente finale avec eux à très brève
échéance.
M. Kelley :
Merci, M. le ministre, mais encore, peut-être juste pour nous... parce que
c'est des déclarations qui étaient mises de l'avant par la première ministre et
par le gouvernement, qu'il y a des options b et c. Et je suis d'accord, on mise
sur le plan a, mais encore c'est possible que ça ne marche pas. Alors, de bien
comprendre, c'est juste de continuer avec le plan d'Hydro-Québec ou est-ce
qu'on va modifier peut-être les mégawatts qu'on veut produire, réduire le plan,
ou est-ce qu'on va miser sur des projets, des barrages sur le territoire du Québec?
Je comprends le solaire puis l'éolienne, tout ça, c'est beau, mais, quand même,
c'est énormément d'énergie. Dans l'entente,
qu'est-ce qu'on va produire à Churchill Falls, c'est énormément d'énergie,
c'est énormément de mégawatts, et, si c'est un échec, je pense qu'on est
coincés un petit peu avec notre plan d'Hydro-Québec.
• (12 heures) •
M.
Drainville : Bien, M. le Président, si vous permettez, le député a
tout à fait raison de poser la question, puis, si j'étais à sa place, je la
poserais. Puis Dieu sait que j'en ai fait, des heures en commission
parlementaire puis en crédits dans le rôle qu'il occupe présentement. Donc,
c'est une question qui est tout à fait légitime.
Maintenant,
s'il se met à ma place, maintenant, il, je pense, partagera la position qui est la
mienne, c'est-à-dire qu'on ne peut pas à ce stade-ci, alors qu'on est
dans l'attente du contenu du rapport du gouvernement terre-neuvien... on ne
peut pas se placer dans une position où on envisagerait ouvertement autre chose
qu'une réussite des discussions. Il faut absolument réitérer que cette
entente-là, elle est stratégique, elle est capitale pour l'avenir énergétique
et du Québec et de Terre-Neuve. Donc, c'est une entente qui est gagnant-gagnant
ou gagnante-gagnante.
Et nous avons
confiance de pouvoir en arriver à une entente finale parce que, justement,
l'intérêt québécois et l'intérêt terre-neuvien concordent, vont dans la même
direction. On a trouvé un espace où on peut sécuriser de grandes quantités
d'énergie à un prix qui est compétitif. Et Terre-Neuve voit dans cette
entente-là une façon de corriger ce qu'ils ont... ce qu'ils ont considéré
historiquement comme une sorte d'injustice. Et donc on est confiants, M. le Président, de trouver, justement, l'espace
qui va nous permettre d'obtenir une signature finale, et c'est là-dessus qu'on
veut mettre nos énergies, pas sur autre chose.
Le Président (M.
Julien) : ...M. le ministre. Donc, j'ai compris qu'il y avait eu un
consentement, là, juste avant de passer au prochain bloc, pour que le retard
qu'on a eu en début de séance soit imputé à l'enveloppe gouvernementale et
qu'on puisse poursuivre un peu dépassé 13 heures, jusqu'à 13 h 02, à peu près,
pour terminer. Alors, consentement? Oui?
Alors,
ce bloc d'échange étant terminé. La parole est maintenant au député de Maurice-Richard. Vous disposez de 14 min 40 s.
M. Bouazzi : Merci, M. le Président. Très heureux à être dans
ces crédits. Je vais revenir avec vous, M. le ministre, sur un peu les conséquences du projet de loi n° 69, que nous avions décrié et que votre gouvernement a passé sous
bâillon.
Récemment, la
compagnie Domtar était dans les médias parce qu'elle a cédé deux barrages de
80 MW chaque à une compagnie à numéro. Cette cession n'était tout
simplement pas possible avant le projet de loi n° 69.
La nouvelle compagnie à numéro n'a plus aujourd'hui d'obligation par rapport
aux obligations historiques qu'avait la compagnie Domtar par rapport à la
création d'emplois dans la région, etc., et pourrait se retrouver à être tout
simplement une compagnie énergétique, voire tout simplement à vendre de
l'électricité à une autre compagnie privée,
ce que permet le projet de loi n° 69. Qu'est-ce que vous
pensez que les Québécoises, les Québécois ont gagné de cette situation?
M.
Drainville : ...Président, je tiens d'abord à exprimer... ou à
réitérer les faits. Malgré le transfert, les obligations demeurent, il n'y a eu
aucune concession qui a été faite sur les engagements qui avaient été
contractés. Donc, les obligations de l'entreprise sont préservées.
M. Bouazzi : Laquelle?
Parce que ce n'est plus la même. Donc, on s'entend, juste pour comprendre, moi,
j'aimerais bien que les gens qui nous écoutent comprennent un peu la situation,
parce que je vais vous dire, moi, Domtar gagne à ça, hein? Il faut comprendre
que cette compagnie-là a été vendue à un archimilliardaire étranger indonésien,
que le fait de lui avoir vendu la compagnie lui permet d'avoir des droits de
coupe sur nos forêts assez exceptionnels, qu'il hérite avec tout ça des
barrages et que...
Alors, je vais commencer
les coïncidences. M. Fitzgibbon était sur le conseil d'administration de
Domtar avant d'être ministre, il dépose un projet de loi, le projet de
loi n° 69, qui permet, justement, des transferts
de barrages de moins de 100 MW vers
d'autres compagnies, de vendre ce que... Il monte la limite de 50 à 100. Il
s'en va. Le projet de loi est adopté sous bâillon au mois de juin. Au
mois d'août, Domtar crée une compagnie à numéro pour recevoir ces barrages.
Rappelons au passage que M. Fitzgibbon,
après avoir, donc, déposé ce projet de loi, a été ministre de l'Économie, part
comme conseiller pour la compagnie du milliardaire indonésien, qui est
d'ailleurs, et c'est un autre sujet, mais une sacrée crapule d'un point de vue
droit international et se retrouve donc à faire ce transfert-là.
Moi, je ne vois pas ce que les Québécois ont
gagné, mais la compagnie a clairement gagné quelque chose en faisant ce
transfert-là de Domtar à une compagnie à numéro. Est-ce que vous pouvez nous
expliquer, encore une fois? Je veux dire, ils font ça pour le plaisir, de
passer une compagnie... les barrages d'une compagnie qui avait des obligations,
des contrats avec l'État, à une compagnie à numéro à côté?
Le Président (M. Julien) : ...de
Maurice-Richard, je vous appelle quand même à la prudence dans vos
commentaires. M. le ministre.
M. Drainville : Oui. Bien, écoutez,
M. le Président, moi, je ne suis pas ici, là, pour parler au nom de Domtar ou
au nom des propriétaires de Domtar. C'est assez facile de retrouver dans les
déclarations médiatiques les raisons pour lesquelles ils ont souhaité faire ce
transfert. Mais moi, je tiens à réitérer, M. le Président, que, malgré le transfert de propriété, les obligations demeurent parce
que les ouvrages continuent d'être détenus à 100 % par Domtar.
Et j'ai parlé des obligations en matière
d'emploi tout à l'heure. L'autre obligation qui est extrêmement importante,
c'est l'obligation que la production d'énergie serve aux installations dans la
région. Donc, ça aussi, c'est une obligation
qui existait avant et qui existe toujours. Les obligations, M. le député, en
tout respect, n'ont pas changé, la compagnie doit préserver... doit,
dis-je, respecter les mêmes obligations qu'elle avait avant.
M. Bouazzi :
À part celle de vendre son... de transférer le barrage à une compagnie à
numéro. J'entends vos mots, M. le Président, et je vais faire attention, mais
laissez-moi quand même rappeler que le propriétaire de cette compagnie, donc,
Paper Excellence, qui a racheté Domtar, que d'ailleurs M. Fitzgibbon décrit
comme quelqu'un d'assez exceptionnel, M. Jackson Wijaya, fait partie d'une
famille, donc, qui pèse 18 milliards de dollars et qui a fait état de
graves, graves manquements. Amnistie internationale a demandé une ouverture
d'enquête sur ce que, donc, la compagnie mère a fait en Indonésie, à savoir
envoyer des gens dans un village, les sortir de là, pour ensuite détruire le
village et lui mettre le feu pour pouvoir couper les arbres autour. Et ce n'est
pas par hasard que le gouvernement, d'ailleurs, pas loin... pas plus loin qu'en
février, ait été obligé d'intervenir pour arrêter des coupes d'arbres dans des
territoires ancestraux à grande valeur pour les Premières Nations. C'est
effectivement des voyous et ce n'est pas ce qu'on considère comme d'extraordinaires
partenaires d'affaires.
Le Président (M. Julien) : M. le
député, je vous réinvite à la même prudence. Merci.
M. Bouazzi : Je suis très prudent,
là, je suis factuel. Donc, parlons des différents tarifs, M. le ministre...
M. Drainville : Domtar, là, ou on
est sur un autre sujet? Excusez-moi.
M. Bouazzi : Non, on est... on est
sur un autre sujet.
M. Drainville : D'accord.
M. Bouazzi : Les... D'abord,
commençons par... Vous avez parlé effectivement des milliers de mégawatts qu'Hydro-Québec a décidé de... enfin, va dégager
d'ici 2035, un investissement de pratiquement 200 milliards de
dollars, qui est, rappelons-le, plus que le budget annuel du Québec, là,
c'est des grosses, grosses... Comment est-ce que... Donc, dans ce plan-là, en
gros, il y avait 25 % de la nouvelle électricité qui irait à des
développements économiques et 75 % qui
irait à la décarbonation de notre économie et notre société. Est-ce que vous
êtes d'accord avec ces chiffres?
M. Drainville : Écoutez, M. le
Président, je suis en train de faire vérifier, là, la teneur de l'affirmation
que l'honorable député de Maurice-Richard vient de faire. Je veux quand même
préciser que la présidente, la PDG d'Hydro-Québec sera parmi vous cet
après-midi. Donc, sur les questions peut-être plus techniques, si vous me
permettez, M. le député, ça pourrait être une bonne idée de vous les réserver
pour Mme la PDG.
• (12 h 10) •
Et l'autre chose, bon, ça fait un petit peu plus
de trois semaines, là, que j'occupe le poste qui est le mien maintenant, donc
j'ai essayé de me préparer à toutes les questions techniques, mais évidemment
c'est possible que je n'aie pas réponse à toutes les questions. Alors, je suis
en train de faire vérifier, là, l'affirmation que vous avez faite, M. le
député, mais je dois vous dire que, sur les... sur les mégawatts, je ne sais
pas si vous m'avez entendu au début, là, les mégawatts qui vont être produits en
vertu du nouveau plan 2035, là, je ne sais pas si vous êtes d'accord avec
moi, mais d'investir dans les énergies vertes, ça reste le choix, le bon choix
qu'il faut faire sur le plan énergétique, sur le plan écologique, et donc
climatique, sur le plan économique, industriel, pour les emplois, et tout le
reste, et sur le plan, également, de notre capacité à
exporter en faisant valoir que les productions qui sortent du Québec sont produites avec de l'énergie qui ne produit pas de
GMS. Est-ce que... Est-ce qu'on s'entend là-dessus, vous et moi, que
c'est le bon choix, les énergies vertes?
M. Bouazzi : Alors,
d'abord, c'est moi qui pose les questions. Deuxièmement, quand même, je vais y
répondre. Oui, effectivement, l'énergie verte, c'est important. Je suis
quand même vraiment étonné que savoir que 75 % de la nouvelle énergie sert
à décarboner, alors que 25 % sert à de la nouvelle économie et, aux yeux
du ministre de l'Énergie, quelque chose de technique. On est très, très loin
des questions techniques, que je ne vais pas aborder, je vais effectivement
réserver le reste.
Mais restons
sur l'énergie verte, à ce moment-là, parce que vous avez mangé beaucoup de mon
temps, M. le ministre. Si on regarde une compagnie comme Marinvest, par
exemple, qui... qui...
M. Drainville : ...
M. Bouazzi : Marinvest.
M. Drainville : Ah! Marine
Invest. Oui.
M. Bouazzi : Si vous voulez,
avec votre accent anglophone. Moi, je respecte.
19305
209
M. Drainville : Non,
d'accord, d'accord.
M. Bouazzi : Cette compagnie-là
qui passe du gaz de schiste et qui va produire des quantités... je veux dire,
on a des études qui parlent de 45 millions de tonnes de CO2 à terme, par
an, sur la vie de 30 ans de cette... de ce pipeline, plus la liquéfaction
qui s'ensuit. Est-ce que, pour vous, ça, c'est de l'investissement dans de
l'énergie verte?
M. Drainville : Alors,
M. le Président, le choix que nous avons fait, c'est le choix des énergies
vertes avec l'objectif d'assurer la sécurité
énergétique des Québécois. Maintenant, c'est vrai qu'il y a, dans notre mix
énergétique, si vous me permettez le mot «mix», il y a, dans ce mix
énergétique, une part pour le gaz naturel à des fins industrielles, notamment,
parce que c'est effectivement difficile, actuellement, d'utiliser une autre
énergie que le gaz naturel dans des grandes usines qui produisent sur une très
grande échelle...
M. Bouazzi : M. le ministre, en
tout respect...
M. Drainville : Est-ce que je
peux finir la réponse?
M. Bouazzi : Bien, c'est une...
ma question est claire : Marinvest ne sert absolument pas le gaz qu'on
consomme ici, au Québec. Donc, votre réponse, en tout respect, est hors sujet.
Est-ce que vous avez promis des blocs d'électricité à Marinvest pour qu'elle
puisse faire sa liquéfaction du côté de la Côte-Nord?
M. Drainville : Bien, en tout
cas, moi je n'ai rien promis. Je ne les ai même pas rencontrés, je ne leur ai
pas parlé. Et puis, pour le moment, à ma connaissance, il n'y a aucun projet
qui a été déposé. Alors, on verra bien si Marine Invest finit par déposer un
projet. Chose certaine, s'ils le font, ça devra se faire dans le respect de
l'acceptabilité sociale, puis ils devront faire la preuve qu'il y a des
retombées économiques et financières qui sont claires pour le projet. Donc,
pour le moment, nous n'avons pas de position officielle, comme gouvernement,
parce qu'il n'y a pas de projet qui a été déposé. Maintenant, j'ajouterais
ceci, j'ajouterais ceci, s'il y a un projet qui est déposé, M. le Président,
nous allons l'évaluer.
M. Bouazzi : C'est très bien.
Donc, vous avez le député de René-Lévesque du coin qui parle de
30 milliards d'investissements, des retombées de 12 milliards. On a
des demandes d'accès à l'information parce que c'est la seule manière d'obtenir
des informations. Au niveau fédéral, on sait qu'il y a une équipe qui s'occupe
juste de ça. Pour l'instant, la population, tout ce qu'elle sait, c'est qu'il y
avait GNL Québec qui a été annulé parce qu'il n'y avait aucune acceptabilité sociale
et, entre autres choses, des millions de tonnes de CO2 de plus qui vont
accélérer la fin du monde, là, parce que c'est ça que c'est. Et là vous êtes en
train de nous dire qu'il n'y a pas de projet sur la table. Au moins, rendez
transparentes les études de marché qui, clairement, ont été vues par le député
de René Lévesque pour que nous aussi et la population évaluent à quel point
est-ce que c'est rentable ou pas pour la société.
M. Drainville : M. le
Président, rien n'a été déposé officiellement auprès du gouvernement en ce qui
a trait à ce projet. Rien.
M. Bouazzi : OK.
Donc, le député de René-Lévesque n'a pas eu une présentation des retombées
économiques du projet?
M. Drainville : M. le
Président, M. le député pourra poser la question, au début, au député, s'il le
souhaite...
M. Bouazzi :
C'est à vous que je la pose, M. le ministre.
M. Drainville : Bien, je vous
ai... j'ai donné une réponse. J'ai donné une réponse, oui.
M. Bouazzi : Donc, donc, on a
un député de votre majorité, du coin, qui parle de 10 à 12 milliards pour
la construction d'un oléoduc, 8 milliards pour l'usine de liquéfaction, 4
à 5 milliards pour l'amélioration du réseau principal existant, 3 à
4 milliards pour un parc éolien associé, etc., et vous les êtes en train
de nous dire que les documents et le projet n'existent pas? Ça, c'est la
transparence et l'acceptabilité sociale dont vous parlez?
M. Drainville : Bien, M. le
Président, je réitère qu'aucun projet n'a été déposé, qu'aucun document n'a été
déposé. Et je n'ai pas parlé avec quiconque de Marine Invest puis je n'ai pas
rencontré personne de Marine Invest. Il n'y a rien qui a été déposé, rien qui a
été déposé à notre ministère.
M.
Bouazzi : Donc, sur les ondes de la radio, vous-même, vous
avez dit que vous étiez favorable à ce projet-là. S'il n'y a absolument
aucun document qui a été déposé, sur quelle base vous êtes favorable,
excusez-moi?
M. Drainville : Alors, j'ai dit que
j'étais ouvert à l'évaluer, je n'ai jamais dit que j'étais favorable. Je ne
dirai pas que je suis favorable à un projet que je n'ai pas vu. Mais l'idée
d'avoir un gazoduc qui nous permet de s'approvisionner en gaz naturel à des
fins industrielles et peut-être, oui, c'est possible, à des fins d'exportation
également, cette idée-là, moi, je suis prêt à l'évaluer, je suis prêt à la
regarder. Je ne dis pas non d'emblée, je ne dis pas oui non plus. L'évaluer, ça
ne veut pas dire l'autoriser. Mais, s'il y a un projet — parce
qu'il n'y en a pas — qui
est déposé et que... et que les documents accompagnants ledit projet sont
éventuellement déposés, on va effectivement l'évaluer.
Le Président (M. Julien) : Je me
dois de vous interrompre. Ce bloc d'échange est terminé. Je cède maintenant la
parole au député de Jacques-Cartier. Vous disposez de 14 min 40 s.
M. Kelley : ...il n'y a rien, aucun
problème avec un accent anglophone. Moi, j'aime ça bien. C'est correct.
M. Drainville : Merci, monsieur.
M. Kelley : Le contenu
québécois. Je pense que je vais poser les questions, M. le ministre, après
qu'est-ce que la première ministre a dit aujourd'hui devant l'UMQ. Elle a juste
dit, et je cite rapidement la première ministre, que «je ne veux pas vous parler des infrastructures sans parler de
l'approvisionnement des ressources. Et ici nos PME sont importantes. Mon nouveau gouvernement veut
aider nos PME en réformant nos marchés publics pour que les marchés québécois
achètent davantage québécois. Je vais renvoyer une lettre à l'ensemble des
ministres et des organisations gouvernementales pour que tout le monde embarque
dans le mouvement.» Et je sais que, M. le Président, vous connaissez ce dossier
très, très bien. Il y a déjà une loi qui a été adoptée, mais ça semble que ce
n'est pas suffisant.
Moi, je vais miser vraiment sur le plan d'action
d'Hydro-Québec. Et peut-être c'était une occasion ratée. Parce qu'on a eu la
discussion, tous mes collègues dans l'opposition étaient présents pendant
l'étude de projet de loi n° 69, on a déposé des
amendements qu'il faut avoir des obligations de la contenue québécoise pour,
oui... de projets, tous des différents projets d'Hydro-Québec, de renforcer
cette capacité de nos entreprises d'ici d'avoir une grande partie de la marché
de le plan d'action d'Hydro-Québec et tous les projets devant notre société.
Et, à l'époque, la ministre et, maintenant, la première ministre a refusé nos
amendements, des motions ont été refusées.
Alors, qu'est-ce qui a changé? Et ce n'est pas
le contexte mondial, parce que M. Trump était en pouvoir quand on a étudié
le projet de loi n° 69, la guerre tarifaire a
commencé. Et comment vous pouvez rassurer nos PME et nos grosses entreprises
aussi que, cette fois ici, ça va être un succès? Parce qu'on a déjà eu des
occasions de changer nos lois, puis la réponse de le gouvernement a été non.
M. Drainville : Oui. Bon, écoutez,
je pense que vous l'avez vu passer, M. le député, mais, le 7 mai dernier, Hydro-Québec a lancé un appel aux marchés pour
sécuriser l'approvisionnement des éoliennes. Donc, Hydro-Québec a
annoncé à ce moment-là qu'ils allaient travailler avec les fabricants pour
optimiser le contenu québécois, et ce, dans le respect des accords de commerce.
Alors, on parle, par exemple, de l'usine de pales de Gaspé. Hydro-Québec va
inviter cette usine de pales de Gaspé à proposer des options de contenu local,
incluant notamment la fabrication de pales. Alors, Hydro-Québec... Et vous
pourrez poser la question à Mme la PDG cet après-midi, mais, dans l'esprit d'Hydro-Québec, c'est une occasion, effectivement,
d'accroître la participation des entreprises québécoises à la chaîne d'approvisionnement
mondiale de fabricants d'éoliennes.
• (12 h 20) •
L'autre chose aussi qui doit être soulignée,
c'est qu'Hydro-Québec travaille quand même depuis un certain temps avec Investissement
Québec et avec le ministère de l'Économie pour identifier, donc, des occasions
concrètes pour donner, donc... pour faire
affaire davantage, donc, avec des manufacturiers d'ici. J'ajoute ceci, parce
que c'est factuel, 50 % à 60 % des investissements qui sont
liés aux projets éoliens sont déjà réalisés au Québec. Et, dans le cadre de
l'appel d'offres du 10 avril, donc, pas celui du 7 mai, mais du
10 avril, il y a eu cette volonté qui a été exprimée de bonifier le
critère de contenu québécois pour maximiser, donc, les retombées au Québec.
On... Hydro-Québec travaille notamment avec Marmen pour
augmenter le contenu québécois du projet Des Neiges, donc, dans la région de
Charlevoix. Voilà.
J'ai parlé de...
M. Kelley :
Merci, monsieur...
M.
Drainville : ...j'ai fait une erreur factuelle : le 7 mai,
ce n'était pas un appel... ce n'était pas un appel d'offres, c'est un appel au
marché pour sécuriser davantage l'approvisionnement en contenu québécois pour
les éoliennes. Je m'excuse.
M. Kelley :
Et c'est parfait. Merci pour la correction, M. le ministre. Et, oui, j'ai bien
vu ça, mais, encore, je dis : Bien, dans les appels d'offres, il n'y a pas
une obligation. Et hier en Chambre, M. le ministre, nous avons eu une bonne
échange sur un autre projet, de Nemaska, et la justification pour les
investissements, de le côté de le gouvernement, c'était qu'il faut être en
compétition contre la Chine. Mais présentement on sait que c'est fortement
probable que beaucoup des pales puis des tours pour les projets d'Hydro-Québec,
éoliennes, vont... vient de la Chine.
Je comprends, il y a
certains efforts pour travailler avec nos PME, j'imagine, c'est très apprécié
de leur part, mais je pense qu'ils regardent tout l'argent qui est présentement
dépensé puis ils posent des questions. Ça fait des années qu'on demande, quand même, les entreprises ici d'avoir l'appui de
le gouvernement d'agrandir leurs projets, etc. Mais je veux juste
essayer de jumeler tout ça. C'est comme, quand même, avec le plus grand projet
économique de notre nation, présentement, le plan d'Hydro-Québec, on va
toujours vers la Chine pour acheter des... plusieurs éléments pour leurs
projets, particulièrement les éoliennes au Québec. Au minimum, ça va
probablement arriver, mais je trouve ça un petit peu problématique. Et, je
comprends, on ne peut pas régler ça aujourd'hui. Mais, pour la suite des
choses, comment on peut aider notre industrie à agrandir puis avoir une plus
grande part de le marché de ces projets d'Hydro-Québec?
M.
Drainville : Encore une fois, M. le Président, c'est une question qui
est tout à fait légitime. Puis vous avez raison, M. le député, de dire qu'avec
un chantier 200 milliards il faut s'assurer que ce soit le Québec qui
bénéficie de la large part des retombées économiques et industrielles qui vont
découler de ces investissements.
Je tiens quand même à
souligner le fait qu'en 2025 c'est presque 90 % des achats de biens et de
services d'Hydro qui ont bénéficié à des entreprises du Québec. On parle de
plus de 7 milliards, donc, de retombées, d'achats de biens et de services. C'est quand même considérable. Et, dans le
respect, justement, de la logique que vous énoncez, le plan 2035,
l'avantage qu'il a, c'est qu'il offre de la prévisibilité, donc, sur les
volumes, sur les calendriers d'acquisition. Et Hydro-Québec travaille
présentement avec l'Association de l'industrie électrique du Québec, avec le
ministère, avec Investissement Québec pour développer, justement, une chaîne
d'approvisionnement qui soit la plus québécoise et la plus robuste possible.
Donc,
votre question est légitime. Hydro-Québec fait des efforts et veut en faire
encore davantage pour s'assurer que ce soit le... qu'on génère le
maximum de contenu québécois dans le cadre de ce plan d'action de
200 milliards.
M. Kelley :
Merci, M. le ministre. Il n'y a aucun doute, il y a plusieurs entreprises au
Québec qui fabriquent... si c'est des transformateurs ou des autres... des
lignes, etc., il y a plusieurs fleurons, on peut être fiers, et c'est sûr que
le plan d'action d'Hydro-Québec va être un avantage pour eux autres. Mais c'est
juste une question d'aller plus loin. Et, selon vous, de mettre des... des clauses
dans une loi, ce n'est pas... ce n'est pas nécessaire ou ce n'est pas quelque
chose que vous envisage, présentement, de changer les lois pour s'assurer, particulièrement
dans le secteur énergétique, qu'il y ait une obligation d'acheter local?
M. Drainville :
C'est une nuance très intéressante que vous faites. Puis, encore une fois,
est-ce qu'une cible fait le travail ou est-ce qu'il faudrait aller plus loin
vers une obligation? Pour le moment, nous n'en sommes pas là, parce
qu'Hydro-Québec a démontré, justement, sa bonne volonté... plus que sa bonne
volonté, sa très grande détermination d'aller plus loin, donc de
s'approvisionner encore davantage auprès des entreprises québécoises. Ils ont
déjà fait, je vous l'ai dit, quand même un bon bout de chemin. Quand on dit
90 % des achats de biens et services d'Hydro, là, qui ont bénéficié à des
entreprises québécoises en 2025, c'est quand même très, très, très important.
Maintenant, Hydro est consciente qu'on lui en demande davantage et qu'on en
souhaite davantage, et ils ont pris l'engagement d'en faire davantage.
Alors, je vous
dirais, vous savez, à un moment donné, M. le député de Jacques-Cartier, on ne
peut pas toujours marcher par obligation. Hydro-Québec, c'est une société
d'État qui appartient aux Québécois, ils sont conscients de leur
responsabilité. On a un leadership, une direction, chez Hydro, qui veut aller
dans cette direction encore plus, et je pense qu'à un moment donné il faut
faire confiance. Alors, faisons confiance. Si jamais ça ne fonctionne pas,
bien, on s'en reparlera. Mais, moi, mon premier réflexe, c'est de faire
confiance à la direction actuelle. Puis, si vous... Encore une fois, puis je ne
veux vraiment pas pelleter ça, de... comment dire, ne pas répondre à la
question, mais je pense qu'il est légitime que vous posiez la question à la
direction d'Hydro-Québec, un peu plus tard aujourd'hui, sur les moyens concrets
qu'ils comptent mettre en oeuvre pour augmenter le contenu québécois.
M.
Kelley : Merci
beaucoup, M. le ministre. Je veux changer le sujet, maintenant, sur les blocs
d'énergie, M. le ministre. Parce
qu'une chose d'un de vos prédécesseurs puis ancien collègue, Pierre Fitzgibbon,
il était toujours très direct et transparent,
particulièrement avec les blocs d'énergie puis le nombre de mégawatts
disponibles. Souvent, il était prêt à dire ça publiquement, combien des
mégawatts restent, c'est quoi, l'état des lieux. Mais, depuis un certain temps, on parle moins. Et c'est
impossible d'avoir une croissance économique sans plus d'énergie, c'est juste
un calcul très simple.
On sait que présentement nos blocs d'énergie
sont serrés, on n'a pas énormément d'énergie disponible pour les entreprises du Québec. Est-ce que vous pouvez
donner nous, les autres formations politiques qui est en train d'écrire leurs
plateformes électorales, et, quand même, c'est important pour les acteurs
économiques et pour la population en général,
combien d'énergie est disponible, combien des blocs d'énergie sont disponibles
au Québec dans les prochaines deux ans?
M. Drainville : Oui. Alors, vous
avez raison de dire, M. le député, que les bilans sont serrés, hein, c'est pour
ça qu'on gère serré. On s'est donné un
nouveau processus, vous le savez, vous étiez là, un nouveau processus, au cours
de la dernière année, qui prévoit, donc, deux étapes : d'abord, une
étape d'autorisation initiale ou de préautorisation avant de passer, donc, à
l'autorisation finale, donc la préautorisation puis, par la suite,
l'autorisation finale. Et ce que nous demandons, entre ces deux moments, c'est
au projet, à l'entrepreneur, à la direction de l'entreprise concernée, donc qui
s'est vue préautoriser un certain nombre de mégawatts... ce que ce qu'on lui
demande, c'est d'optimiser le plus possible le projet. Parce que, qu'est-ce que
vous voulez, la quantité d'énergie étant limitée, on veut s'assurer de bien
gérer chaque mégawatt. Alors, si on est capables, entre la préautorisation et
l'autorisation finale, de diminuer les besoins en mégawatts pour libérer, donc,
des mégawatts qu'on pourra attribuer à un autre projet, on le fait et on le
fait systématiquement. Donc, optimisation du projet, ça, ça demeure une
priorité pour nous.
• (12 h 30) •
Maintenant, M. le M. le député, on a quand même,
depuis avril 2025... c'est quand même 541 mégawatts, dis-je bien,
541 mégawatts de projets qui ont été préautorisés ou autorisés. Donc, en
un peu plus d'une année, on a quand même préautorisé ou autorisé
541 mégawatts. Alors, je peux être encore plus précis, il y a neuf projets
qui ont été autorisés pour 117 mégawatts puis il y a 18 projets qui
ont été préautorisés pour 424 mégawatts. Et, comme vous le savez, vous
pouvez retrouver sur le site Internet du gouvernement les projets qui ont fait
l'objet d'une autorisation, pas d'une préautorisation, ça, on garde ça
confidentiel. Mais, pour ce qui est de l'autorisation, vous avez, donc, je le
vois, vous brandissez le papier, donc, les projets qui ont obtenu, donc, de
l'énergie en autorisation, alors Les Fraises de l'île d'Orléans, AEM Canada,
General Dynamics, Hitachi, Agnico-Eagle, Davie, Kruger et les autres.
M. Kelley : Merci, M. le
ministre. Il y a combien de projets qui sont sur la liste d'attente
présentement?
M. Drainville : Ah! écoutez, je ne
sais pas si on a un chiffre là-dessus. Je me tourne vers le sous-ministre ici,
à ma droite, que j'aurais pu vous présenter, d'ailleurs. On va... on va le
vérifier.
M. Kelley : On... on peut revient
aussi dans un prochain bloc ou il peut donner la commission la réponse, parce
que j'ai une minute qui reste.
M. Drainville : ...parfait. Si on
n'a pas le chiffre, c'est bien, j'apprécie votre ouverture.
M. Kelley : Et, M. le ministre,
peut-être rapidement, comment on va bien gérer les blocs d'énergie pour s'assurer qu'il y a de l'énergie disponible pour
les petites et moyennes entreprises du Québec versus les quatre priorités
de votre gouvernement, si c'est la défense, les centres de données? Puis on
peut continuer, mais je n'ai pas beaucoup de temps, mais je vise vraiment les
centres de données. Comment ça, ça va marcher? Parce qu'on sait que nos PME, on
a besoin de l'énergie aussi.
M. Drainville : Bien, on va...
Le Président (M. Julien) : En
30 secondes.
M.
Drainville : ...on va continuer à les gérer avec beaucoup de
rigueur en appliquant les critères d'attribution. Puis, parmi les
critères d'attribution, il y a évidemment la capacité technique du réseau, les
retombées économiques, l'impact environnemental, l'impact social, développement
régional, cohérence avec la stratégie gouvernementale. Donc, il y a de multiples critères qui s'appliquent pour qu'on prenne
les bonnes décisions, qu'on attribue les mégawatts aux bons projets, et
on va continuer de le faire avec beaucoup de rigueur, M. le député de
Jacques-Cartier.
Le Président (M. Julien) : Merci.
Donc, je comprends qu'il y aura certaines réponses qui seront données dans le
prochain bloc de questions.
Le bloc d'échange étant terminé, je cède
maintenant la parole au député de Jean-Talon. Vous disposez de
14 min 40 s.
M. Paradis : Bonjour, M. le
ministre, à vous et à toute votre équipe. Aujourd'hui, le gouvernement fédéral
de Mark Carney vient de lancer la nouvelle Stratégie nationale
d'électrification qui vise à construire l'infrastructure nécessaire pour
doubler la production d'électricité au Canada et à relier les réseaux
fragmentés du Canada de l'est à l'ouest grâce à la construction
et l'extension de lignes de transport d'électricité. Avez-vous été consultés
aux fins de cette annonce aujourd'hui?
M. Drainville : La réponse, c'est
non.
M. Paradis : Est-ce que vous êtes
préoccupés par le fait que cette stratégie est vraisemblablement l'oeuvre de
Michael Sabia, qui, jusqu'au mois de juin 2025, était le PDG d'Hydro-Québec,
qui a démissionné de manière complètement inattendue juste après l'adoption d'un
bâillon sur la réforme de l'électricité et du secteur de l'énergie dont tout le
monde sait qu'il a été un des maîtres d'oeuvre de cette réforme-là? Est-ce que
ça vous préoccupe que, maintenant, ce soit lui qui soit derrière,
vraisemblablement, la nouvelle stratégie fédérale?
M.
Drainville : Je ne peux pas présumer du... de l'identité de la
personne qui est derrière la stratégie qui a été proposée hier.
M. Paradis : Est-ce qu'il est
vraisemblable, compte tenu de son expertise, que Michael Sabia ait participé à
l'élaboration de cette politique parce que c'est dans son expertise?
M. Drainville : Je ne peux pas
présumer de ça, M. le député.
M. Paradis : Très bien. Est-ce que
vous êtes préoccupé qu'après cette démission assez inattendue, c'est votre
gouvernement aussi qui avait réagi comme ça, que, maintenant, celui qui avait
toutes les clés et tous les chiffres de la stratégie québécoise en matière
d'énergie soit maintenant un proche conseiller du premier ministre du Canada au
moment où on reçoit cette politique pour laquelle vous n'avez pas été
consultés?
M. Drainville : Écoutez, on a reçu
le document hier, en fin de journée. Nous sommes à l'évaluer, nous sommes à
l'analyser, et donc je me dois d'être prudent quant aux commentaires que... que
je souhaite formuler. Donc, on va d'abord analyser le document, mais, chose
certaine, si vous me permettez, monsieur... M. le député, je tiens quand même à
réitérer, la politique, appelons-la traditionnelle, des gouvernements québécois,
peu importe leur couleur... c'est-à-dire que, peu importe la stratégie qui sera
mise de l'avant, nous ferons évidemment respecter nos compétences en matière
d'énergie et de ressources naturelles.
M. Paradis : Les Québécois ont bâti,
avec l'argent de leurs impôts, de leurs taxes, avec l'intelligence des
Québécoises et des Québécois, tout le réseau de production énergétique du
Québec, 100 % québécois. Est-ce que vous êtes préoccupé par le fait que le
gouvernement fédéral se propose maintenant de mettre sur pied une stratégie
nationale d'investissement qui pourrait, en réalité, financer les concurrents
d'Hydro-Québec avec l'argent des Québécois, visant notamment une interconnexion
de tous les réseaux d'est en ouest, qui, à ce que je sache, n'est pas du tout
dans la priorité du plan d'action d'Hydro-Québec? Est-ce que ça vous préoccupe?
M.
Drainville : Bien, écoutez, quand vous dites «ça ne fait
pas partie des priorités d'Hydro-Québec», je vous rappelle quand même
que l'entente avec Terre-Neuve va nécessairement passer par une interconnexion
entre les deux provinces.
M. Paradis : Il y a déjà de
l'interconnexion. On parle de nouvelles... vraisemblablement de nouvelles
interconnexions, mais, n'empêche, le principe, c'est que nous, on a bâti notre
capacité énergétique 100 % avec notre intelligence, nos bras, notre
argent, et là le gouvernement fédéral, y compris avec de l'argent des
Québécois, se propose de développer une
nouvelle stratégie d'investissement. Si le passé est garant de l'avenir, ça va
être une intrusion dans la compétence et dans la souveraineté
énergétique historique du Québec. Donc, comment réagissez-vous face à cette
annonce d'aujourd'hui?
M. Drainville : Écoutez, M. le
député, puis peut-être que le sous-ministre pourra venir compléter ma réponse
ici, là, mais je tiens quand même à souligner qu'il existe déjà un programme
fédéral qui permet d'obtenir un crédit sur l'investissement dans les
infrastructures interprovinces. Je pense que c'est important de le noter, ça
existe déjà, cela. Là, ce que propose le gouvernement fédéral... Encore une
fois, c'est ce que j'ai lu, c'est ce que j'ai lu dans ce qui a été rapporté par
les médias, je n'ai pas encore pris connaissance du document technique, là,
mais ce que j'ai lu, c'est que, là, le gouvernement fédéral se propose d'aller
plus loin, et donc d'offrir un crédit à l'investissement pour des projets
intraprovinciaux, donc à l'intérieur d'une même province. Alors, encore une
fois, M. le Président, nous allons prendre connaissance du... de la stratégie
ou de la politique proposée par le gouvernement fédéral. Je veux être prudent,
je ne veux pas faire des commentaires qui ne sont... qui ne sont pas basés sur
une analyse fine du texte. Alors, on va
faire une analyse fine du texte et, par la suite, on pourra aller plus loin
dans les commentaires que nous ferons.
M. Paradis : Je comprends et
j'apprécie votre saine prudence par rapport à une annonce qui vient d'être
effectuée aujourd'hui, mais il y a quand même un principe très important, là,
il s'agit de la souveraineté énergétique du Québec, un domaine où le Québec a
investi lui-même et a créé un géant à l'échelle nationale et internationale. Et
je vois que vous avez une... vous semblez avoir une réaction assez timide. Il
me semble que vous pourriez dire aujourd'hui, puis je
vous invite à préciser votre réponse, mais que vous allez protéger la
souveraineté énergétique du Québec et que, si, de fait, comme vous venez de le
mentionner, il s'agit de projets principalement intraprovinciaux... Est-ce que
vous pouvez vous engager tout de suite à réclamer un droit de retrait à
100 % avec pleine compensation pour que le Québec continue de s'occuper
lui-même de ses affaires et ne dépende pas de nouveau du fédéral, à venir
quêter des permissions du fédéral et à venir se faire imposer par le fédéral
des décisions qui vont se prendre à la majorité à Ottawa, alors que nous
n'avons pas la majorité à Ottawa? Est-ce que vous pouvez prendre cet engagement
aujourd'hui de protéger la souveraineté énergétique du Québec?
M. Drainville : La réponse, c'est
oui.
M. Paradis : Est-ce que vous allez
demander...
M. Drainville : Nous allons faire
respecter la... comme je l'ai dit dans ma première réponse, M. le député...
M. Paradis : Très bien.
M. Drainville : ...nous allons faire
respecter les compétences du Québec en matière d'énergie et de ressources
naturelles. Ce sont des compétences qui relèvent des provinces, et donc notre
intention est ferme, on va tenir notre bout. Si c'est ça que vous voulez que je
vous dise, on va tenir notre bout. Là où vous et moi, on se rejoint, je pense,
c'est sur le fait que nous sommes deux fiers nationalistes. On ne pense pas nécessairement
de la même manière pour ce qui est des moyens de l'exprimer, mais, chose
certaine, la protection et la préservation des pouvoirs du Québec, pouvoirs qui
lui sont accordés par les textes, ces pouvoirs-là, ces compétences-là, on a
l'intention de les faire respecter.
• (12 h 40) •
M. Paradis : Très bien. Je vous
suggère néanmoins que ce qui est annoncé aujourd'hui présente des risques très
importants pour la souveraineté énergétique du Québec, parce que, si le passé
étant... est garant de l'avenir, on le sait, ce qui va se passer, le
gouvernement fédéral va prendre toute la place. Le temps file, mais j'ai
apprécié votre réponse. Merci.
Il y a environ un an, un peu moins d'un an, le
projet de loi n° 69, qui est devenu la loi n° 24, a été adopté sous bâillon. C'est devenu, donc, la
loi n° 24 sous bâillon. À l'époque, la première
ministre, alors ministre de l'Énergie, a dit ceci pour justifier le bâillon, je
la cite : «On a besoin du projet de loi n° 69 maintenant, parce qu'il
y a des projets, comme je l'indiquais, qui vont démarrer cet été, notamment
celui dans Charlevoix, qui va pouvoir démarrer cet été, celui également au Saguenay—Lac-Saint-Jean,
qui va également démarrer cet été. Et ça, ça va créer 1 000 emplois
payants en région et des économies de 6 milliards de dollars.»
Pourriez-vous me dire quel projet a été démarré à l'été 2025 au Québec,
combien d'emplois ont été créés et combien de milliards ont été économisés?
M. Drainville : M. le Président, je
vais prendre en délibéré cette question et je vais fournir une réponse un peu
plus tard. Je... j'admets que je ne connais pas la réponse à cette question,
qui est quand même assez technique. Alors, on va vérifier les faits puis on
va... on va revenir au...
Le Président (M. Julien) : Donc,
c'est un engagement à fournir cette information-là?
M. Drainville : De revenir, oui,
c'est ça. Oui. Vous acceptez ça, M. le député de Jean-Talon?
M. Paradis : ...oui, mais, quand
même, vous êtes le ministre de l'Énergie. Moi, j'ai devant moi le rapport annuel d'Hydro-Québec avec la liste des projets.
Est-ce que vous pouvez me dire si, en 2025, disons, élargissons... après juin 2025, pourriez-vous me dire quels projets ont
été démarrés, sont sortis de terre au Québec en matière d'éoliennes?
M. Drainville : Écoutez, M. le
Président, je vais fournir cette réponse un peu plus tard, lorsque j'en aurai
vérifié les faits, lorsque j'aurai vérifié les faits.
Le Président (M. Julien) : C'est
encore un engagement de fournir cette information-là à la commission?
M. Drainville : Mais, je pense,
connaissant... connaissant mon honorable collègue, avec son parcours d'avocat,
je suis certain qu'il connaît la règle «ne pas poser de question à
laquelle on ne connaît pas déjà la réponse». Je soupçonne qu'il connaît déjà la
réponse. Je le... je l'invite à me la fournir, comme ça on pourra avoir une
discussion plus éclairée.
M. Paradis : Je glisse à l'oreille
du ministre qu'il n'y a eu aucun projet qui a démarré ni à l'été 2025 ni
par la suite, que les emplois relatifs à ces projets-là n'ont pas été créés et
que les milliards d'épargnes requis n'ont pas... ne sont pas arrivés. Je vous suggère même que les médias nous a informés
que le projet au Saguenay—Lac-Saint-Jean, auquel référait la ministre, a même été mis sur pause quelques jours
plus tard. Donc, je vous suggère que ce qu'a dit la première ministre du Québec, alors ministre de
l'Énergie, ne s'est pas avéré. Je vais surveiller ce que je dis, M. le
Président, et je vais dire «était très inexact».
M. Drainville :
...je peux dire, M. le Président, c'est qu'il y a quand même eu des annonces
qui ont été faites par Hydro-Québec pour des nouveaux projets éoliens, et je
pense que la présence de la PDG d'Hydro-Québec, cet après-midi, sera une belle occasion pour le député de Jean-Talon d'aller
plus loin dans ses questions sur... sur ce thème.
M. Paradis : Très bien. J'apprécie
cette réponse, mais je peux vous dire que ces projets, dont les annonces ont
été faites pour plus... pour plus tard, je les connais bien, ils étaient en
négociation depuis un certain temps, et ce sont des projets à long terme, alors
qu'on a adopté ce que votre gouvernement a dit être la plus grande réforme du
secteur de l'énergie depuis des décennies sous bâillon, sous ce prétexte-là,
qui ne s'est pas avéré.
Je vous amène à un autre sujet. Une autre des
grandes promesses de votre gouvernement, c'est de faire un plan de gestion
intégrée des ressources énergétiques, le PGIRE. Vous avez déposé une version
préliminaire de ce plan-là, qui a été taillé en pièces, en réalité, par la
Régie de l'énergie, qui a dit, je la cite, que «ça ne peut tenir lieu du plan intégré attendu, qu'il gagnerait en
crédibilité s'il s'appuyait sur des scénarios de long terme identifiant des
leviers concrets, les séquences décisionnelles, les responsabilités
dévoilant les mécanismes de révision et d'ajustement».
Réponse de votre gouvernement, vous avez suspendu
le processus, alors qu'il y avait une promesse de déposer ce plan que tout le
monde attend au Québec depuis longtemps, parce que ça fait longtemps que les
oppositions et que toute la société civile dit qu'on n'a pas le plan du
gouvernement en matière énergétique. Que se passe-t-il avec votre plan? Parce
que la session arrive à sa fin, et la dernière promesse de votre prédécesseur,
c'était que ce soit déposé à la fin de la session. Alors, que se passe-t-il
avec votre plan en matière énergétique?
M.
Drainville : Il n'y a rien de suspendu, M. le Président. Il y a eu
effectivement un avis de la régie. Il y a des
travaux qui sont faits présentement. Et notre intention, c'est toujours de
déposer un document final le plus rapidement possible.
M. Paradis : Vous avez noté les
critiques, donc, de la Régie de l'énergie sur le plan. Donc, on a hâte de voir
les suites de cet avis dévastateur. Bon, ce plan-là, c'est un plan notamment
basé sur des objectifs en décarbonation. Vous
avez, comme ministre de l'Environnement, changé les objectifs de décarbonation.
Vous les avez reportés de 2030 à 2035. Or, tout le plan d'Hydro-Québec
est basé sur cette cible. Est-ce que vous pouvez nous dire si vous révisez en conséquence la cible et les
investissements qui sont maintenant prévus à l'article 155 de la loi n° 24?
Est-ce que votre décision, comme ministre de l'Environnement, a un
impact? Et pouvez-vous nous le chiffrer et nous dire lequel? Et, s'il n'y en a
pas, pouvez-vous nous expliquer comment le plan du gouvernement en matière
énergétique peut encore tenir si les cibles sur lesquelles ils sont basés,
elles, ont changé?
Le Président (M. Julien) : ...
M. Drainville : Écoutez, M. le Président,
tout ce que je peux dire, c'est que, lorsque nous allons déposer le PGIRE, il
sera en cohérence avec les différentes décisions gouvernementales qui ont été
prises.
M. Paradis : Très bien. Vous... Il
me reste combien de temps, M. le Président?
Le Président (M. Julien) : 19 secondes.
M. Paradis : Vous... Bon, merci, M.
le ministre. En 19 secondes, on n'aura pas le temps d'aller plus loin.
M. Drainville : Mais vous pourriez
chanter.
M. Paradis : Bien, je vous ai... je
vous ai invité à le faire aujourd'hui en Chambre.
M. Drainville : Malheureusement, on
n'a plus de temps.
Le Président (M. Julien) : C'est
tout le temps que vous aviez. Merci. Donc, ce bloc d'échange étant terminé, je cède
maintenant la parole au député de Jacques-Cartier. Vous disposez de
14 min 55 s. À vous la parole.
M.
Kelley : Merci beaucoup, M. le Président. Je veux reviens
sur le sujet des blocs d'énergie. Question, M. le ministre, on a vu que
plusieurs projets étaient annulés, là, plusieurs sont dans la filière de la
batterie, je veux juste souligner ça, dans le même coin environ du Québec.
Qu'est-ce qui est arrivé avec ces blocs d'énergie qui étaient accordés, mais les
projets étaient annulés? Est-ce que tous ces blocs d'énergie étaient raccordés
dans les autres projets qui étaient annoncés en 2026 ou est-ce que c'est
toujours... est-ce que nous sommes toujours en attente d'un plan de match
d'utiliser tous ces blocs d'énergie, ou le projet malheureusement a échoué?
M. Drainville : Alors, M. le
Président, dans le cas de Northvolt, on parlait de 352 mégawatts. Alors,
ce qu'on a fait, c'est qu'on a fait ce qu'on fait avec les projets annulés ou
les projets pour lesquels les mégawatts sont retirés, c'est-à-dire que les
mégawatts qui ont été récupérés sont allés augmenter la marge de manoeuvre
globale qui est disponible pour de nouveaux projets, pour de nouveaux octrois.
Et donc, quand je disais, tout à l'heure, là, qu'on a quand même, depuis un an,
depuis avril 2025, préautorisé ou autorisé un total de 424 mégawatts,
bien, on peut... alors, je m'excuse, c'est 541,
pardonnez-moi, 424 préautorisés et 117 autorisés pour un total de
541 mégawatts depuis avril 2025.
On peut penser, M. le Président, que les
352 mégawatts de Northvolt faisaient partie de l'enveloppe de
541 mégawatts qui ont été autorisés ou préautorisés. Il n'y a pas un lien
direct, il n'y a pas une corrélation directe, là, on ne prend pas des mégawatts
puis on ne les envoie pas dans une petite case ou dans une... dans une colonne.
Tu sais, ce n'est pas une... comment dire, il n'y a pas une relation de cause à
effet qui est aussi directe que ça, mais ce qui est vrai, c'est que ces
mégawatts ont servi pour d'autres projets, et on peut penser qu'il y a une
bonne partie de ces mégawatts qui ont servi dans les 541 mégawatts
préautorisés ou autorisés par la suite depuis avril, donc, 2025.
M. Kelley : Merci beaucoup. Et, M.
le ministre, je reviens un petit peu à la question que j'ai posée dans le
dernier bloc, désolé, je n'ai pas reçu une réponse très claire. Combien de
mégawatts sont disponibles aujourd'hui et combien de mégawatts sont prévus pour
les prochains deux ans? Je sais qu'il y a un chiffre qui est dans le plan
d'Hydro-Québec, mais est-ce que des choses ont changé à cause qu'il y a eu
certains projets qui étaient annulés? Encore, je veux juste mettre les choses
très transparentes pour la population, pour les partis politiques, pour les
acteurs économiques. Combien d'énergie est disponible aujourd'hui pour les
projets économiques du Québec? Si vous avez une réponse pour moi, ça va être
apprécié.
• (12 h 50) •
M. Drainville : Alors, je... je vais
revenir à la question sur la marge de manoeuvre dans un instant, mais j'avais
promis de... au député de lui donner une réponse si j'en avais une, et je l'ai.
Il a posé la question, tout à l'heure, des
projets en attente. Alors, on peut parler d'une centaine de projets en attente
présentement. Alors, il y en a, évidemment, qui sont en évaluation. Il y
en a d'autres pour lesquels le dossier est incomplet. Il y en a qui sont en...
qui sont en optimisation. Il y en a d'autres pour lesquels le montage financier
est à compléter. Et je tiens à souligner ceci, M. le Président, il y a très
peu... il y a eu très peu de refus par manque de mégawatts, très peu de refus,
de projets refusés par manque de mégawatts. Donc, je pense que ça, c'est
important de le noter.
Sur la marge de manoeuvre, je vais vous le dire,
M. le député. Alors, on me parlait, là, pendant que vous finissiez votre
question, là, mais je pense en avoir deviné le contenu. On identifie les
entreprises qui ont obtenu des mégawatts, donc pour lesquels il y a eu
autorisation finale, pas préautorisation, mais autorisation finale, mais on ne
donne pas les mégawatts, de la même manière qu'on ne dit pas exactement combien
de mégawatts il y a dans cette enveloppe ou dans cette marge de manoeuvre. Et
la raison est simple, c'est que cette marge de manoeuvre, elle change
constamment.
Quand on décide, par exemple, M. le député de
Jacques-Cartier, d'autoriser, mettons, on jase, comme dirait l'autre, on
autorise, mettons, 30 MW pour un projet, enfin, on le préautorise, on
demande à l'entreprise d'optimiser, bien, ça se peut que, quelques mois plus
tard, donc, dans le processus entre préautorisation et autorisation... ça se
peut qu'ils nous reviennent puis qu'ils nous disent : Bien, finalement,
savez-vous quoi? Après optimisation, on n'a plus besoin de 30, on a juste besoin
de 20 MW. Bien, à ce moment-là, la marge de manoeuvre, elle vient de
changer de 10 MW.
Alors, si je vous donnais un chiffre
aujourd'hui, M. le député de Jacques-Cartier, c'est fort possible que le
chiffre que je vous donne ne soit plus bon dans quelques semaines ou dans
quelques mois. Et vous auriez raison, à ce moment-là, de m'en faire le
reproche, vous pourriez dire : M. Drainville, vous ne m'avez pas
donné le bon chiffre. Alors, on se garde cette marge de prudence, M. le député
de Jacques-Cartier. C'est pour ça qu'on fait attention avec le chiffre
concernant la marge de manoeuvre.
M. Kelley : Je comprends, M. le
ministre, mais, quand même, vous avez une idée de combien de mégawatts sont
disponibles puis vous avez une idée de combien de mégawatts ont été demandés
par des centaines de différents groupes. Je ne demande pas... je comprends
qu'un chiffre peut changer par une centaine ou une cinquantaine de mégawatts.
Je suis d'accord avec vous, qu'il y a des changements dans les projets. Des fois,
c'est pour moins, des fois, c'est pour plus. Mais, quand même, j'imagine, vous
avez une idée combien de mégawatts sont demandés, présentement, par toutes les
centaines de projets et combien de mégawatts sont disponibles aujourd'hui puis
aussi dans les deux prochaines années.
M. Drainville : M. le
Président, je me dois de... malheureusement d'attirer l'attention du député sur
ma réponse précédente. Ce que je peux dire, parce que j'essaie... je ne veux
pas me défiler puis je veux vraiment lui donner le maximum d'informations, je
sais que les crédits servent à ça, ce que je peux dire, c'est que, depuis 2020,
OK, c'est 3 000 MW qui ont été octroyés par Hydro-Québec pour la
croissance naturelle des besoins, pour l'augmentation de la demande industrielle,
pour la décarbonation. Et donc il y en a, de l'énergie, il y en a... il n'y en
a pas beaucoup, mais il y en a. Et on ne refuse pas, on n'a pas refusé, jusqu'à
maintenant, de projet faute d'énergie, parce qu'on les gère très serré.
Et puis, je
répète, M. le Président, pour générer cette marge de manoeuvre, pour la
nourrir, bien, Hydro-Québec fait appel, par exemple, à l'efficacité
énergétique. L'efficacité énergétique, c'est un moyen rapide et économique de
dégager de la marge de manoeuvre. Alors, on continue à travailler très fort
pour générer cette marge de manoeuvre. Évidemment, les besoins augmentent. Par
exemple, les voitures électriques, on est rendus à 450 000 véhicules
électriques au Québec. Alors, ça, ça augmente, donc, la demande en énergie.
Alors, ce qu'il faut, c'est continuer à gérer
très serré les marges de... la marge de manoeuvre que nous avons. Et, je le
réitère quand même depuis avril 2025, on a préautorisé ou autorisé pour
541 mégawatts d'énergie. Donc, c'est... en un peu
plus d'un an, 541 mégawatts, c'est quand même très important. Maintenant,
notre analyse rigoureuse de ces projets-là va se poursuivre.
M. Kelley :
Merci, M. le... M. le ministre. C'est... c'est vrai que c'est un débat
extrêmement important pas juste pour le secteur énergétique... énergétique,
mais pour l'économie. Parce que je sais que vous étiez déjà sur le terrain,
vous avez des entreprises chez vous, mais la première chose que les entreprises
disent : OK, je suis sur une liste d'attente pour les mégawatts, mais je
suis où sur la liste? Il n'y a aucune prévisibilité. Alors, pour nos petites et
moyennes entreprises et des grandes entreprises qui sont déjà installées ici,
eux autres n'ont vraiment pas une bonne idée quand ces mégawatts vont être
disponibles. Alors, c'est difficile pour eux autres de faire leur
planification, de faire les investissements nécessaires pour agrandir un projet
ou, quand même, de donner le feu vert à un projet. Alors, c'est... comme, ils
sont en mode d'attente pour l'énergie nécessaire ou non. Parce que, si la
réponse est clairement non, ça va être dans cinq ans, 10 ans, bien, eux
autres vont prendre l'argent puis peut-être investir dans un autre secteur de
leur... de leur entreprise, embaucher plus de gens, je ne sais pas, faire des...
acheter de l'équipement. Mais c'est ce manque de prévisibilité, M. le ministre,
je pense, qui rend des entrepreneurs du Québec, des gestionnaires des
entreprises un peu frustrés, parce qu'il n'y a pas de transparence.
Et, je comprends, il
y a des secrets industriels, on ne va pas mettre tout ça sur un site Web, mais,
au minimum, une meilleure communication avec eux autres de la part de votre
ministère et aussi d'Hydro-Québec sera appréciée dans l'avenir, et c'est
quelque chose, je pense, qu'il faut régler, M. le Président.
M.
Drainville : Oui, écoutez, M. le Président, on est conscients du fait
qu'il y a beaucoup de projets et qu'il y a... qu'il y a une quantité d'énergie
qui est limitée pour ces projets-là. C'est la raison pour laquelle on s'est donné
un processus qui est très rigoureux, étape par étape, avec des critères qui
sont très clairement définis.
Alors, je l'ai... je
les ai mentionnés tout à l'heure, mais je pense que ce n'est... ce n'est pas
inutile de les rappeler. On évalue le développement économique, ça, c'est un
des critères qui nous... qui nous guide dans la décision d'octroyer ou pas des
mégawatts, le développement économique, la décarbonation, la contribution au
développement économique régional, donc la vitalité régionale, la création de
valeurs, etc. Puis on regarde, évidemment, des critères comme l'impact
environnemental. Il y a toujours une dimension d'acceptabilité sociale
également qui... qu'on ne peut pas ignorer. Alors, tous ces critères-là font
partie, donc, de la liste des critères qui nous aident à prendre les bonnes
décisions. Comme je l'ai dit tout à l'heure, il y a quand même beaucoup de
mégawatts qui ont été octroyés ces derniers temps...
Le Président (M.
Julien) : Merci, M. le ministre.
M. Drainville :
...et donc... et donc on va continuer à être rigoureux dans nos décisions.
Le Président (M.
Julien) : Merci.
M. Kelley : Alors,
nous avons un marché serré, M. le ministre, vous puis moi, on est d'accord
là-dessus, avec nos mégawatts. Alors, pourquoi courir après des centres de
données, qui ont besoin énormément d'énergie, quand on a déjà une grande liste
des entreprises du Québec, déjà installées ici, qui ne sont pas capables
d'avoir le feu vert pour l'énergie qu'ils
demandent de votre ministère? Pourquoi eux autres sont... (panne de son)
...versus eux autres?
M.
Drainville : M. le Président, question très légitime, encore une fois.
C'est pour ça que le plan 2050 est si important. C'est pour ça que les
200 milliards doivent être investis d'ici 2035. C'est pour ça qu'il faut
continuer à lancer des projets éoliens, comme le fait Hydro-Québec, c'est pour
ça qu'il faut s'ouvrir à d'autres formes d'énergie pour lesquelles on n'a
peut-être pas eu l'ambition... une ambition suffisante par le passé, comme le
solaire. Puis là Hydro-Québec va de l'avant avec, quand même, l'acquisition de
300 MW d'énergie solaire. Ça, ça a été lancé l'an passé, en 2025.
On encourage, je
tiens à insister là-dessus, M. le Président, on encourage les consommateurs à
faire de l'autoproduction. Alors là, actuellement, c'est quoi? Je pense, c'est
700 clients résidentiels qui ont installé des panneaux solaires chez eux
pour les fins de leur propre consommation énergétique. Et, lorsque ça dépasse
leur consommation énergétique, M. le Président, ils peuvent fournir la
consommation excédentaire au réseau d'Hydro, qui leur donne des crédits en
contrepartie. Moi, je trouve ça fantastique. Ça s'appelle le mesurage, le
mesurage net. Hydro-Québec veut en arriver à 125 000 clients qui
installeront, au fil du temps, leur propre capacité de production. Donc, ça
vise à assurer l'autonomie énergétique sur une base individuelle ou
résidentielle. Moi, je vous le dis, je m'emballe quand j'en parle, M. le député
de Jacques-Cartier, parce qu'il y a une forme de responsabilisation de notre
consommation d'énergie...
• (13 heures) •
Le Président (M.
Julien) : En terminant sur cette question.
M.
Drainville : ...responsabilisation. Alors, tu t'occupes de ta... de ta
consommation d'énergie puis, si tu en produis plus que tes besoins, tu mets ça
sur le réseau, on te crédite. Je trouve ça fantastique, puis on devrait pousser
dans cette direction-là, n'est-ce pas, M. le député de Jacques-Cartier?
Le Président (M. Julien) :
M. le député.
M. Kelley : Oui, M. le...
oui, M. le ministre, j'ai écrit une formidable lettre ouverte sur les
microréseaux et l'autoproduction à la maison. Je vous encourage de lire ça,
c'est... c'est sur le site du Journal de Montréal. Alors...
M. Drainville : ...j'aimerais ça la
voir.
M. Kelley : Parfait. Bien, ce
n'est pas... ça, ce n'est pas ma question. Je n'ai pas beaucoup de temps, mais,
si le ministre est capable de nous dire combien des refus de donnés à des
différentes entreprises du Québec... Je comprends, il y a des centaines des
entreprises sur la liste en attente pour les mégawatts. Combien étaient refusés
dans la dernière année?
Le Président (M. Julien) : Il reste
une minute.
M. Drainville : M. le Président,
combien de temps, vous avez dit?
Le Président (M. Julien) : ...
M. Drainville : Une minute. Bien, je
vais permettre à notre sous-ministre, M. Mathieu Gervais, de répondre à
cette question. Ça va prendre...
Le Président (M. Julien) : Consentement?
Nom et titre, s'il vous plaît.
M. Gervais (Mathieu) : Oui. Mathieu
Gervais, sous-ministre, Économie, Innovation, Énergie.
Donc, je n'ai pas le chiffre exact, mais on peut
parler d'environ une dizaine de refus pour toutes sortes de raisons, soit
qu'ils étaient dans un endroit sur le réseau qui ne permettait pas le type
d'approvisionnement, soit que les années pour lesquelles ils avaient besoin
d'un montant... un nombre important de mégawatts, ces mégawatts-là n'étaient
pas disponibles. Mais on parle d'une dizaine de projets environ.
M. Kelley : Merci beaucoup.
Malheureusement, je pense qu'on n'a pas beaucoup plus de temps. Je veux juste
rapidement, rapidement, soulever un enjeu, M. le ministre. Présentement, pour
les appels d'offres, les 14 appels d'offres pour les projets privés,
éoliennes, ils ont répondu à l'appel d'offres d'Hydro-Québec. Souvent, ils sont
sur les terres agricoles. Et, si c'est bloqué, M. le ministre, on va avoir un
enjeu avec ces appels d'offres. Alors, regardez ça, parlez avec les gens dans
l'industrie. C'est superimportant.
Le Président (M. Julien) : Merci.
Merci, M. le député.
Compte tenu de l'heure, la commission suspend
ses travaux jusqu'à 14 heures, où on... on va entreprendre les travaux...
volet Énergie, Hydro-Québec des crédits budgétaires du portefeuille Économie,
Innovation, Énergie. Merci, tout le monde!
(Suspension de la séance à 13 h 02)
(Reprise à 14 h 03)
Le Président (M. Julien) : Donc, à
l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission
de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles
ouverte.
La commission est réunie afin de procéder à
l'étude du volet Énergie, Hydro-Québec des crédits budgétaires du portefeuille
Économie, Innovation et Énergie pour l'exercice financier 2026‑2027. Une
enveloppe de 2 h 30 min est... a été allouée pour l'étude des
crédits.
Mme la secrétaire, est-ce qu'il y a des
remplacements?
La
Secrétaire : Oui, M.
le Président. M. Boissonneault
(Arthabaska) est remplacé par M. Paradis (Jean-Talon).
Hydro-Québec
Le Président (M. Julien) : Merci.
Donc, nous allons procéder à des discussions d'ordre général par blocs
d'environ 12 minutes, incluant les questions et les réponses. La mise aux
voix de ces crédits sera effectuée à la fin du temps qui leur aura été alloué,
soit cet après-midi, vers 16 h 30. Alors, sans plus tarder...
Une voix : ...
Le
Président (M. Julien) : Oui,
bien, on ne prendra pas de chance. On a dépassé de quelques minutes. Est-ce qu'il
y a consentement pour poursuivre jusqu'à 16 h 33, genre? Merci.
Discussion
générale
Donc, je suis
maintenant prêt à reconnaître une première intervention de l'opposition
officielle pour le premier bloc d'échange. M. le député de Jacques-Cartier, la
parole est à vous.
M.
Kelley : Merci
beaucoup, M. le Président. Bonjour, tout le monde. Bienvenue à l'équipe
d'Hydro-Québec. J'ai dit ça hors ondes, mais félicitations, quand même,
à Mme Bouchard. Là, ce n'est pas... Je n'ai pas eu la chance de dire ça, quand
même, ça fait un bon bout, mais je sais qu'il y a une bonne citation de
Mme Marois, que, quand on voit une femme dans un poste important, c'est un
bon signe pour toute la population et toutes les femmes du Québec. Alors, je
pense, ça, c'est bien mérité, mais, encore, je suis fier de voir qu'il y a une
PDG, encore une femme, à Hydro-Québec. Je pense, c'est une marque de fierté
pour notre nation.
Maintenant, je vais
poser une couple de questions à Mme Bouchard sur un sujet qui est
superimportant, j'ai eu une discussion avec le ministre ce matin, mais c'est
sur Churchill Falls. Je comprends très, très bien que, de leur côté, ils sont en train de réviser ça avec le
comité des experts, etc., mais est-ce que vous pouvez, peut-être, donnez-nous une
mise à jour sur les négociations avec Churchill Falls? Quel rôle est-ce
qu'Hydro-Québec joue présentement pour s'assurer que cette entente est réalisée
et que c'est un succès? Parce que c'est un morceau important pour le plan
d'action d'Hydro-Québec jusqu'en 2035.
Le Président (M.
Julien) : Est-ce qu'il y a consentement pour que Mme la PDG... Oui.
S'il vous plaît, nom et titre, madame.
Mme Bouchard
(Claudine) : Oui. Alors, bonjour, tout le monde. Merci de m'accueillir
aujourd'hui avec mon équipe. Donc, Claudine Bouchard, présidente-directrice
générale, Hydro-Québec.
Alors donc, au niveau
de Terre-Neuve, vous savez qu'on a conclu une entente avec Terre-Neuve en
décembre, une entente de principe avec les gens de Terre-Neuve, donc, avec
Terre-Neuve-et-Labrador Hydro, donc, la compagnie d'électricité du côté de Terre-Neuve-et-Labrador,
en décembre 2024, une entente de principe qui est vraiment gagnante-gagnante
pour les deux provinces, je le répète.
Pour Hydro-Québec, ça
permet d'assurer la sécurité énergétique et aussi obtenir cette énergie-là un
prix concurrentiel et avantageux pour le Québec. Du côté de Terre-Neuve, ça
devance certains paiements pour la révision du tarif ou du coût d'achat de
l'énergie de Churchill Falls et ça leur permet aussi d'obtenir, d'acquérir de
l'énergie supplémentaire pour le développement de Labrador City, qui en a
grandement besoin actuellement.
Suite à l'élection de
l'automne dernier du côté du gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador, donc il y
a eu un changement de parti de ce côté, il y a une commission d'enquête
indépendante qui a été mise sur pied par le nouveau premier ministre, M.
Wakeham. Cette commission d'enquête là a déposé son rapport au premier ministre
il y a environ 10 jours, donc c'était le 31 avril, donc, à peu près
10 jours, 12 jours, et ce rapport-là va être rendu public le 19, donc
mardi prochain.
Donc,
Hydro-Québec attend avec intérêt le rapport, bien entendu, pour voir quelles
seront les prochaines étapes. Nous sommes toujours confiants, disponibles et
enthousiasmés à obtenir une entente finale avec Terre-Neuve-et-Labrador Hydro
parce qu'on juge que cette entente-là, elle est gagnante pour tout le monde.
Elle est gagnante aussi pour la décarbonation parce qu'on a accès à de
l'énergie renouvelable avec le développement de plus de 2 000 MW avec le
projet de Gull Island.
M. Kelley :
Merci beaucoup à Mme Bouchard. Et je veux juste parler un petit peu, parce
que... et merci beaucoup pour la réponse dans le cahier des crédits, où on a un
tableau ou un calendrier, je pense, c'est mieux expliqué comme ça, des paiements annuels prévus. Est-ce qu'il y a une
marge de manoeuvre sur ce côté-là? Si Terre-Neuve revient puis
dit : Ah! je pense qu'on est capables... ou on demande plus d'argent de
votre côté, je sais que ce n'est pas toujours une bonne idée de faire les
négociations sur l'espace public, mais est-ce que vous êtes quand même prête à
faire certains ajustements à le MOU qui a été déjà signé? Est-ce qu'il y a de
la flexibilité sur votre côté ou on verra la suite?
Mme Bouchard
(Claudine) : Je vais reprendre ce que vous avez dit. On ne fera pas de
négociation sur la place publique. Toute négociation mérite des discussions
entre les parties concernées. Alors, en respect du processus, je ne vais pas
commenter davantage.
M. Kelley :
Très bien, mais est-ce que... sur le côté d'Hydro-Québec, est-ce que vous avez
des demandes supplémentaires si jamais on réouvre le MOU?
Mme Bouchard
(Claudine) : Je vais répondre avec la même réponse. Alors, vous savez,
quand vous achetez une maison, vous négociez, hein? Vous pouvez inclure les
meubles, le lave-vaisselle, et tout. Alors, c'est un peu le même processus dans
lequel on se retrouve. On a négocié pendant environ deux ans. On est... on est
venus à une entente de principe qu'on juge gagnante-gagnante. Maintenant, si on
change les paramètres de cette entente-là, bien, on doit discuter de part et
d'autre pour que ça demeure... nous, c'est de défendre les intérêts du Québec
et d'Hydro-Québec, et, par conséquent, bien, il faut que l'entente demeure
gagnante-gagnante pour tout le monde.
M. Kelley :
Merci beaucoup. Peut-être plus dans une façon plus générale, sur l'argent
qui... si l'entente est signée, puis on avance, c'est juste un petit peu sur
les paiements et le montant, l'année prochaine, si ça arrive, là, c'est à
500 millions de dollars environ, et, par 2041, on est à 2 milliards
de dollars. Alors, chaque année, on augmente. Est-ce que, de votre côté de
l'échange, c'est dans le fait qu'on va avoir moins de redevances pour l'État,
mais, à long terme, c'est une... c'est une bonne entente parce qu'on va être
capables d'avoir plus de mégawatts? Pour moi, quand je regarde ça avec un
budget qui est serré pour... pour l'État québécois présentement, puis on trouve
des façons de retourner à un budget équilibré, on sait qu'on dépend beaucoup de
la ristourne d'Hydro-Québec... pas juste Hydro-Québec, mais toutes les sociétés
d'État, est-ce que ça va mettre de la pression sur notre côté ici? Est-ce que
ça va sortir de notre ristourne, Mme Bouchard, si vous suivez ma question?
• (14 h 10) •
Mme
Bouchard (Claudine) : Bon, je pense que j'ai bien saisi votre question.
Donc, le projet avec Terre-Neuve est immobilisé sur la durée de vie des
installations. Il y a une partie là-dedans qui est, je dirais, une négociation
d'un nouveau tarif pour l'électricité qu'on achète de Churchill Falls, mais en
conséquence de quoi on a une garantie de prix stable et abordable sur l'horizon
du nouveau contrat plutôt que de s'arrêter en 2041. Donc, c'est bon au niveau
de l'abordabilité et c'est bon au niveau de la sécurisation de
l'approvisionnement énergétique pour le Québec. Donc, ça, c'est la première des
choses.
La deuxième des choses, c'est que ces prix-là ou
cet argent-là s'immobilisent sur la durée du projet. Donc, ce n'est pas de
l'argent direct, payable, il y a une partie que oui, mais il y a une partie qui
s'immobilise sur la durée. Mais là, si vous voulez parler du détail financier,
je passerais peut-être la parole à mon collègue Dave, là. Dave a été le
responsable de la négociation du... de l'entente de principe, mais là on va
rentrer dans des paramètres financiers qui ont fait l'objet de discussions,
donc, un peu commercialement délicats aussi, là.
M. Kelley : Parfait.
Le Président (M. Julien) : Est-ce
qu'il y a consentement pour...
M. Kelley : Consentement.
Le Président (M. Julien) : Nom et
titre, monsieur.
M. Rhéaume
(Dave) : Dave Rhéaume, vice-président exécutif, stratégie
réglementaire, énergétique et industrielle.
Peut-être la précision, en respectant ce qui est
confidentiel, c'est... Dans le cadre de la négociation, je dirais qu'on avait
trois objectifs, s'assurer d'avoir le meilleur prix possible pour le Québec,
mais aussi... Donc, lorsqu'on vous parlez de la montée, l'augmentation dans le
temps, on voulait s'assurer d'éviter des chocs tarifaires pour les Québécois et
un impact significatif à la base... à la baisse sur le bénéfice. Donc, ça a
vraiment été calibré. Donc, autant... Le but, c'était de payer le moins cher
possible, bien entendu, mais aussi de mitiger la notion de choc. Donc, on a
autant négocié, je vous dirais, le coût que l'augmentation graduelle pour
s'assurer d'éviter ces impacts-là.
M. Kelley : Et, si jamais... Le
premier ministre du Canada vient d'annoncer un objectif d'augmenter la
production de l'électricité au Canada. Si jamais il y a une offre de payer pour
une ligne de transmission, par exemple, Churchill Falls vers le Québec, est-ce
que ça, ça va aider dans les coûts en général pour Hydro-Québec et, quand même,
pour le gouvernement du Québec? Est-ce que c'est quelque chose qui est
intéressant de votre part ou c'est mieux de peut-être prendre un transfert de
le gouvernement fédéral puis faire qu'est-ce qu'on veut avec ça?
Mme Bouchard (Claudine) : La
stratégie émise ce matin, on n'en a pas pris connaissance, bien entendu, parce
qu'on n'a pas eu accès aux documents. Donc, on va se réserver le droit de
l'analyser et de se positionner officiellement une fois qu'on l'aura eue.
Quelles seront les possibilités à l'intérieur de ça, on verra, mais les crédits
d'impôt pour les investissements, c'est déjà quelque chose qui existait dans
les budgets fédéraux précédents. Donc, l'expansion de ça aux lignes
intraprovinciales, qu'est-ce que ça veut dire, il faut l'analyser. Il est trop
tôt, pour nous, pour se positionner là-dessus.
M. Kelley : Merci beaucoup. Je
veux... rapidement, je ne pense pas que j'ai énormément de temps qui reste,
mais, sur les sommes versées au... le gouvernement du Québec, est-ce qu'il y
a... est-ce qu'il y aura un impact sur le... sur le retour... le gouvernement
du Québec avec cette augmentation... les transferts vers Terre-Neuve?
M. Rhéaume (Dave) : Donc, oui,
lorsqu'on a présenté l'entente, on a expliqué que, dans le fond, la hausse des
coûts allait être partagée entre un impact sur le bénéfice net et un impact sur
les hausses de tarifs, mais tout ça dans le respect des engagements qu'on avait
déjà pris. Donc, essentiellement, dans le temps, on s'assure de lisser l'impact
autant sur les tarifs que sur le bénéfice, puis l'augmentation du bénéfice,
dans les prochaines années, est capable d'absorber une partie de ces coûts-là.
M. Kelley : Merci beaucoup,
M. Rhéaume. Et j'ai eu un échange avec le ministre. Tout le monde ici
veut... Bien, je ne peux pas dire tout le monde. Tout le... il y a beaucoup de
monde ici qui veut que l'entente est un succès, mais, sinon, c'est quoi, les
plans B et C pour Hydro-Québec?
Mme Bouchard
(Claudine) : Vous savez, le métier d'Hydro-Québec, c'est d'assurer la
sécurité énergétique du Québec depuis toujours. Alors, Hydro-Québec travaille
toujours avec un portefeuille de projets et une séquence de projets qui
évoluent dans le temps. Aujourd'hui dans notre plan d'action, on a dit qu'on
allait mettre en service 10 000 MW pour 2035 dans une séquence,
évidemment, annuelle. Maintenant, juste en éolien, aujourd'hui, on a un
potentiel en étude et pour lequel on a des partenariats avec les communautés
autochtones et les communautés locales, on est déjà à 12 500 MW de
potentiel.
Alors, le portefeuille de projets évolue, et,
là-dedans, on se donne de l'optionalité avec ou sans Terre-Neuve, hein? Quand
on a lancé le plan d'action au départ, Terre-Neuve n'était pas là, ça s'est
ajouté. Alors, ça s'ajoute aux optionalités et à la séquence de projets qu'on
va dérouler. Alors, il n'y a pas de B identifié et C identifié. C'est un groupe
de projets, c'est un portefeuille de projets, avec un total de mégawatts, et
vous le savez comme moi que ça prend toujours plus de mégawatts que ce qu'on
vise à faire.
Alors, on avance avec plusieurs projets partout
au Québec, sur le territoire. On est en lien avec les communautés locales. On a
déjà commencé à faire du travail terrain pour évaluer ces projets-là pour nous
permettre d'avoir un portefeuille le plus précis possible au fur et à mesure où
on avance, mais n'oubliez pas qu'on a l'énergie, quand même, de Churchill
Falls, jusqu'en 2041, à un prix très avantageux pour les Québécois.
M. Kelley : Merci beaucoup. Et la
raison pour... je pose la question, c'est parce que la première ministre et
l'ancien premier ministre ont clairement dit qu'il y a toujours un plan B et un
C, mais c'est juste... ça va être à un coût supplémentaire. Alors, j'imagine
c'est pourquoi on vise vraiment sur le plan A ou, quand même, l'entente avec
Churchill Falls, parce que c'est le meilleur coût, mais, si ça n'arrive pas,
toutes les autres options, bien, le prix par kilowatt, ça va être plus élevé.
Mme Bouchard (Claudine) : Il y a
deux choses, il y a deux choses. Évidemment, Terre-Neuve est à un coût
avantageux. Terre-Neuve, Gull Island, est le projet le plus étudié d'énergie
renouvelable aujourd'hui au Canada. Donc, c'est un projet qui est prêt à faire,
qui a déjà ses permis. Le meilleur projet, c'est celui qu'on peut faire.
Le Président (M. Julien) : Alors, ce
bloc d'échange est terminé. Je cède maintenant la parole au député de
Jean-Talon. Vous disposez de 12 min 10 s.
M. Paradis : M. le ministre, Mme la
présidente, membres de l'équipe d'Hydro-Québec, bonjour.
Donc, le gouvernement fédéral de Mark Carney a
annoncé ce matin sa nouvelle stratégie nationale d'électrification. J'ai
entendu votre réponse à mon collègue il y a quelques minutes et je vous ai
entendue en point de presse il y a quelques instants. J'aimerais savoir si vous
avez été consultée par le gouvernement fédéral aux fins de ce plan.
Mme Bouchard (Claudine) : ...jusqu'à
présent.
M. Paradis : Donc, vous avez été
informée à quel moment de l'existence de ce plan?
Mme Bouchard (Claudine) : En même
temps que le ministre, hier, en fin de journée, hier soir.
M. Paradis : Très bien. J'ai bien
entendu la prudence dont vous devez faire preuve parce que vous n'avez pas
encore vu les détails. Néanmoins, le communiqué du gouvernement fédéral est
clair sur les intentions : construire des infrastructures nécessaires pour
doubler la production d'électricité au Canada d'ici 2050 et relier les réseaux
fragmentés du Canada de l'est à l'ouest par la construction et l'extension de
lignes de transport d'électricité, notamment, entre autres. Il y en a deux autres,
des objectifs, mais j'aimerais me concentrer là-dessus. Est-ce que ces annonces
s'inscrivent dans le cadre du plan d'action d'Hydro-Québec à l'horizon 2035?
Mme Bouchard (Claudine) : Encore une
fois, on n'a pas le détail de la stratégie énergétique du gouvernement fédéral.
Cependant, on peut voir une certaine cohérence avec ce qu'on dit. Nous aussi,
on dit que, sur l'horizon de 2050, le besoin en électricité, en énergie
renouvelable, va quasi doubler. Alors, c'est ce sur quoi on vise. Là, on se
ramène à 2035. Ce qu'on a dit, c'est qu'on visait un plan d'action... nous
permettait d'ajouter 10 000 MW de capacité supplémentaire, incluant,
bien entendu, l'efficacité énergétique, qui est le moyen le plus efficace pour
être capables de faire face à la demande devant nous et de consommer notre
énergie précieuse de façon responsable. Alors, on voit une cohérence, mais on
va se garder une réserve parce qu'on n'a pas vu le détail de ce qu'il y avait
dans le programme ou la stratégie énergétique fédérale.
M. Paradis : Je conviens une
nouvelle fois que vous n'avez pas encore vu les détails et que vous devez
exercer une saine prudence. Néanmoins, compte tenu des intentions annoncées de
ce programme fédéral, est-ce que vous voyez Hydro-Québec s'inscrire nécessairement
dans le cadre de ce plan fédéral ou protéger l'autonomie d'Hydro-Québec et la
souveraineté énergétique du Québec?
Mme Bouchard (Claudine) : Vous
savez, en tant que PDG d'Hydro-Québec, mon rôle, c'est défendre l'intérêt
d'Hydro-Québec, mais l'intérêt des Québécois aussi. Alors, il est un peu
trop... pour se positionner, mais je peux vous dire que,
des interconnexions, ça existe déjà. On en a déjà avec le Nouveau-Brunswick, on
en a déjà avec l'Ontario. L'Ontario ajoute de la capacité, on ajoute de la
capacité, le Nouveau-Brunswick ajoute de la capacité. Alors, à terme, au-delà
de 2035, comment on va tirer profit... Le Québec a ce que les autres n'ont pas,
un avantage, on a développé des grands réservoirs. Comment on va tirer profit
de ces grands réservoirs là qui agissent comme des batteries, c'est ça qui
devrait guider nos intérêts pour les Québécois, pour garder les tarifs les plus
bas et le service le plus fiable. Maintenant, je ne peux pas, encore une fois,
parler du lien entre cette volonté ou ces intérêts-là et la stratégie fédérale
parce que je ne sais pas le détail de tout ça.
M. Paradis : La stratégie fédérale
indique... Vous m'avez parlé d'interconnexion. Je vais me concentrer maintenant
sur la production. L'objectif, il est clair, il est indiqué ce matin par le
gouvernement fédéral, c'est doubler la production d'électricité au Canada d'ici
2050. Hydro-Québec a ses propres cibles et son propre plan. Est-ce que vous
voyez que, nécessairement, Hydro-Québec devra s'inscrire dans les cibles
fédérales ou qu'Hydro-Québec va maintenir ses cibles et ses objectifs qui sont
déjà dans le plan à l'horizon 2035?
• (14 h 20) •
Mme
Bouchard (Claudine) : Bien, moi, je vois ça en cohérence. Notre objectif
à nous, c'est... en 2050, au-delà de 2035, c'est de doubler la capacité.
Maintenant, on va mettre la capacité dont on a besoin pour répondre aux
intérêts et aux besoins des Québécois et du Québec.
M. Paradis : Avez-vous l'impression
que vous allez être à armes égales compte tenu du fait que votre prédécesseur,
Michael Sabia, est aujourd'hui l'un des plus proches conseillers du premier
ministre Mark Carney et que, jusqu'à sa démission soudaine, au mois de juin,
l'année dernière, il avait avec lui les clés de toute la stratégie et tous les
chiffres d'Hydro-Québec?
Mme Bouchard (Claudine) : Encore une
fois, mon travail de PDG, ça va être de défendre les intérêts d'Hydro-Québec et
des Québécois. Je ne peux pas présumer des intentions de qui que ce soit.
M. Paradis : Très bien. Je vous
amène au plan, justement, au plan d'action 2035 d'Hydro-Québec. Pourquoi?
Parce que c'est un axe fondamental du développement économique et énergétique
du Québec. Il y a une cible ambitieuse en matière de production, et donc en matière
d'investissement. Le plan d'action est dépendant notamment du plan de lutte aux
gaz à effet de serre, et il y avait une cible qui était fixée en 2035, qui a
été modifiée par le ministre de l'Économie,
de l'Énergie et de l'Innovation, alors ministre de l'Environnement, à 2030,
donc, d'ici 2030, réduction de 37,5 %.
Une voix : ...
M. Paradis : Exact. Est-ce que vous,
vous aviez des cibles qui allaient jusqu'à 2030 dans votre plan par rapport à
2035? Vous comprenez que mes questions sont sur l'adaptabilité et savoir si le
plan tient encore compte tenu des cibles qui ont été modifiées en matière de
réduction des gaz à effet de serre. Donc, vous, à Hydro-Québec, est-ce que,
dans votre plan, vous aviez des cibles à 2030 plutôt qu'à 2035?
Mme Bouchard (Claudine) : Vous
savez, nous, notre plan... Hydro-Québec s'inscrit dans un horizon long terme.
Ce n'est pas pour rien qu'on parle de 2035. Quand on débute un projet pour
ajouter de la capacité, ça prend plusieurs années. L'hydroélectricité, avant,
c'était 10 ans. On a ramené ça avec un cycle d'environ huit ans, l'éolien,
un cycle de quatre ans, à peu près, pour être capables de développer ça. Alors,
nous, le séquencement des projets avance dans le temps. La mise en oeuvre de
notre plan... Comme vous le savez, le maximum de nos investissements arrivait
autour de 2030 à peu près.
Alors pour nous, la cible de 2030 ne change en
rien dans l'objectif de 2035. Il faut livrer ce 10 000 MW là pour
2035, et la séquence des projets, de toute façon, va suivre le cours, hein?
Quand on met en service des projets, on ne peut pas mettre la moitié d'un
projet en service. Alors, c'est 1 000 MW ou zéro. Si on a besoin de
1 000 MW l'année suivante, je ne peux pas mettre 500 une année puis
500 l'année suivante. Alors, nous, on poursuit, on ajuste le plan, comme
toujours, au fur et à mesure où on avance, mais l'objectif du plan, c'est de
répondre aux besoins, de répondre aux
besoins du Québec, autant en décarbonation qu'en développement économique.
Alors, c'est ce qu'on suit.
Et je voudrais ajouter à ça... On ne le réalise
pas, mais, en 2025, on a eu un record de la demande électrique au Québec, plus
de 185 TWh. Alors, la demande, bien qu'on ajuste certaines cibles, la
demande se matérialise malgré tout et augmente malgré tout de façon importante.
M. Paradis : Néanmoins, le plan
dépend aussi de la cible en matière d'approvisionnement, et là vous avez une
cible qui était fixée à 2030. Donc, il fallait investir massivement pour
décarboner et atteindre les cibles en 2030. Là, ça a été déplacé, cette
cible-là, en 2035. Je veux bien comprendre votre réponse. Est-ce que vous êtes
en train de me dire que ça ne change pas? Ou, si ça change, ça change comment?
Et est-ce que les cibles qui sont fixées dans le plan 2035 changent? Parce
que, là, on disait : Il faut décarboner massivement, on a des objectifs à
atteindre en 2030. Là, c'est... ce ne sont plus des objectifs pour 2030, ce
sont les objectifs pour 2035. Donc, est-ce que vous aviez des cibles de
quantité d'énergie nécessaire pour atteindre cette cible-là en 2030, qui,
nécessairement, devrait changer pour 2035?
Mme Bouchard
(Claudine) : Je vous répète ce que j'ai dit. Nous, la séquence du plan
d'action demeure sur l'horizon de 2035. Le séquencement des projets demeure
comme il était. Maintenant, est-ce qu'il y aura des ajustements à la marge?
Peut-être, en fonction des besoins, mais l'important, c'est de comprendre que
le projet qui était pour être mis en service en 2030, il donnait
1 000 MW. Il n'y avait pas de flexibilité. Chaque projet amène un
nombre de mégawatts, pour le total de 10 000 en 2035. Alors, c'est cette
flexibilité-là qui nous permet d'avancer dans la séquence, mais ce que je peux
vous dire, par ailleurs, c'est que l'augmentation de la demande se matérialise
malgré le ralentissement de cette norme de décarbonation là.
M. Paradis : Est-ce que, pour les
gens qui nous écoutent, on peut résumer votre réponse en disant que le fait que
le ministre de l'Environnement ait changé la cible de cinq ans ne change rien
au plan d'Hydro-Québec à l'horizon 2035?
C'est-à-dire que la cible, notamment, fixée à l'article 155 de la loi n° 24, qui était le projet de loi n° 69 de 2025,
elle demeure à 250 térawattheures au 1er janvier 2035 et que, donc,
les investissements requis et que les cibles que vous avez fixées demeurent les
mêmes.
Mme Bouchard (Claudine) : Ça demeure
les mêmes. Encore une fois, je répète, le séquencement, l'optionnalité des
projets et la réalisation des projets est en cours. Maintenant, l'objectif est
toujours à 2035.
M. Paradis : Est-ce qu'il y a une
mise à jour qui est envisagée quand même, compte tenu de ces modifications-là?
Mme Bouchard (Claudine) : Hydro-Québec
doit déposer, à l'automne du côté de la Régie de l'énergie, un nouveau plan d'approvisionnement
en fonction des besoins. Alors, il y aura peut-être des ajustements, mais,
comme je répète, quand je mets en service une centrale de 1 000 MW ou
que je fais des groupes turbine-alternateur pour lesquels je rehausse la puissance,
c'est 2 400 MW. Je ne peux pas dire : J'en fais la moitié. Quand
je le mets en service, c'est 2 400 MW, et, une fois que le projet est
parti, je ne peux pas dire : Je prends sept ans pour le faire, parce que
les frais financiers augmentent, l'inefficience augmente. Alors, pour nous, le
séquencement demeure. Maintenant, on voit, comme je le disais, une augmentation
de la demande malgré ça.
M. Paradis : Très bien. Vos cibles
dépendent aussi du plan d'approvisionnement 2023-2032, et je vous amène à
la page 9 parce que, là, c'est la... c'est quelle va être la demande
d'énergie, et donc quels investissements on doit faire pour répondre à cette
demande-là, n'est-ce pas, hein, puis les sites d'approvisionnement. Et là je
vois que, pour les grandes entreprises... Pour
le secteur industriel, alors que, par exemple, pour les grandes entreprises, en
2025, 2026, 2027, 2028, ça varie entre 0 % et 2,4 %, la
croissance, soudainement, en 2029, c'est 7,3 %. Pour les autres grandes
industries, alors qu'en ces années-là, les années précédentes, ça va de
4,9 % à 6,5 %, soudainement, il y a une hausse, en 2029, de
20,4 % de la demande, idem pour tous les secteurs, pétrole, mines,
sidérurgie. Pouvez-vous m'expliquer comment ça se fait que la planification
d'Hydro-Québec, donc, sur la quantité d'énergie dont on va avoir besoin, il y a
un pic comme ça en 2029?
Mme Bouchard (Claudine) : Oui, bien,
je vais demander à Dave de répondre, mais, tu sais, la réponse à ça, c'est...
Évidemment, ces chiffres-là vont être revus à l'automne pour le nouveau plan
d'approvisionnement, bien entendu. Ils étaient basés aussi sur le cycle
économique, sur la prévision économique, sur les projets, aussi, qui étaient
connus au moment où on a déposé le dernier plan d'approvisionnement. Alors, je
vais laisser Dave répondre par rapport aux pourcentages parce que je ne les
connais pas par coeur, bien entendu, mais, chose certaine, c'est que ces
chiffres-là sont basés sur les projets qui étaient... qui étaient soumis ou qui
étaient, je dirais, en élaboration pour le Québec.
M. Paradis : Mais donc, avant...
avant de vous laisser parler, donc, pour que les gens qui nous regardent
comprennent, c'est que, là, on parle de comment on prévoit la demande qui va
déterminer ce qu'on... ce dont on a besoin comme énergie, et donc combien on
investit pour se rendre là, notamment en matière de décarbonation, et là ce
qu'on voit, c'est que, dans vos prévisions sur 10 ans, il y a une espèce
de pic comme ça, en 2029, dans toutes les industries du Québec, dans tous les
secteurs. Je voudrais comprendre pourquoi.
Le Président (M. Julien) : En
20 secondes.
M. Rhéaume (Dave) : Je corrige, ce
n'est assurément pas dans tous les secteurs. Donc, l'exercice de prévision de
demande se fait publiquement à la Régie de l'énergie, puis, à chaque année, il
y a une remise à jour. Donc, cette prévision-là a été déposée à la régie,
approuvée par la Régie de l'énergie, et reflète, en effet, comme disait
Mme Bouchard, le fait que, lorsqu'il y a des filières qui s'accélèrent, les
changements technologiques...
Le Président (M. Julien) : M. Rhéaume,
je dois interrompre, ce bloc étant terminé. Je cède maintenant la parole au
député de Jacques-Cartier. Vous disposez de 12 min 10 s.
M. Kelley : Merci beaucoup, M. le Président.
Est-ce que vous êtes en mesure de donner nous une mise à jour sur les possibles projets de nouveaux barrages au
Québec? Nous sommes rendus où exactement dans vos évaluations?
Mme
Bouchard (Claudine) : Dans le 10 000 MW, une ponction
importante était le rehaussement de puissance de nos groupes
turbine-alternateur, faire plus avec ce qu'on a déjà. Donc, quand on a lancé le
plan d'action, on parlait de 2 000 MW de plus en changeant nos
turbines pour des modèles plus récents, plus performants, et aussi, avec les
jumeaux numériques, être capables de piloter de façon beaucoup plus précise. La
bonne nouvelle, c'est qu'avec le travail qu'on a fait avec nos manufacturiers
on arrive à 2 400 MW juste en changeant nos groupes
turbines-alternateurs. Quand je dis «juste», c'est pas mal plus complexe que
ça, bien entendu, vous l'aurez compris, mais, néanmoins, donc, on arrive avec
2 400 MW, donc 400 MW de plus. Quand je parlais d'optionnalité,
tout à l'heure, bien, ça fait partie de notre portefeuille, portefeuille
d'options, portefeuille de mégawatts.
• (14 h 30) •
On avait aussi parlé,
sur l'horizon du plan, d'une centrale à réserve pompée. Alors, je peux vous
dire qu'on avance bien de ce côté-là. Je ne peux pas vous parler de l'endroit
parce qu'on a toujours des discussions avec les communautés locales et
autochtones, alors, en respect des discussions que nous avons avec eux, mais je
peux vous dire qu'on est déjà à pied d'oeuvre au terrain pour évaluer les
projets, et c'est prometteur, et c'est intéressant, et il y a des belles
opportunités pour développer ce genre de nouvelle technologie là.
Au Québec, on n'a pas
ça, des centrales à réserve pompée. Une réserve pompée, on prend l'eau à la
pointe le matin pour produire l'énergie pendant la journée; pendant le creux,
on va prendre de l'énergie pour repomper l'eau en haut pour que, le soir, on
soit capables de redémarrer la centrale pour produire de l'énergie. Donc, ça,
ça va être un nouveau concept hydroélectricité. L'avantage de ça, c'est que
l'empreinte environnementale est beaucoup moins grande, il n'y a pas
d'inondation de territoire, et donc, vraiment, on utilise un canal un peu
fermé, si on veut. Donc, en conséquence, c'est vraiment les deux éléments
d'hydroélectricité sur lesquels on travaille de façon plus active actuellement.
M. Kelley : Merci
beaucoup. Est-ce que c'est possible d'avoir un échéancier puis peut-être aussi
une mise à jour sur les discussions avec des communautés autochtones et des
communautés locales? Est-ce que ça avance bien? Est-ce qu'il y a quelque
chose... je sais que vous êtes à côté de le ministre, mais une demande
spécifique peut-être aussi pour le côté gouvernemental d'aider dans les
relations, négociations avec les communautés autochtones concernées par les
possibles projets? Je pense qu'on parle un peu dans la Côte-Nord. Alors...
Mme Bouchard
(Claudine) : Oui, bien, écoutez, on a des discussions avec plusieurs
communautés autochtones partout, sur le territoire du Québec, à des niveaux
d'avancement différents, sur des opportunités différentes, avec des groupes qui
sont complètement différents. Vous le savez, au Québec, chaque communauté est
indépendante et chaque communauté à un profil différent, autant social,
culturel, même de langue.
Alors, pour nous, en
respect des discussions actuellement, je vais m'arrêter là, mais vous dire que
ça progresse bien. Déjà, qu'on puisse créer ces relations de confiance là avec
les communautés autochtones et déjà d'avancer à certains endroits... Les
meilleurs exemples de ça, c'est ce qu'on a fait du côté du Bas-Saint-Laurent,
de la Gaspésie avec les Micmacs, notamment, hein? Donc, on a plus de
6 000 MW de potentiel d'éolien de ce côté-là. On a aussi, avec les
Innus de Mashteuiatsh, un peu plus de potentiel, 3 000 MW. Et on a,
du côté d'Essipit aussi... Évidemment avec les MRC, là, je m'en voudrais de ne
pas nommer les MRC et l'Alliance de l'énergie de l'Est aussi, qui sont des
partenaires. Mais, en ce qui concerne les communautés autochtones, donc, on a
déjà des partenariats pour lesquels on est actifs, pour lesquels on est au
terrain à trouver les meilleurs projets à faire en partenariat avec ces
communautés-là. Donc, on est au terrain pour prendre des mesures, pour évaluer
quels sont les potentiels, comment on pourrait développer ce projet-là. Alors,
je pense que ça témoigne de l'avancement et du sérieux qu'on a mis dans notre
réconciliation économique avec les communautés autochtones.
Un autre élément
important aussi dont on parle dans la réconciliation économique, c'est
l'autonomie économique des communautés. Et ça, bien, on est fiers de dire que
notre politique d'approvisionnement auprès des communautés ou des entreprises
autochtones fonctionne bien. 221 millions, jusqu'à présent, qu'on a
dépensés. Souvenez-vous, on a l'intention de donner 1 milliard de contrats
à des entreprises qui sont concurrentielles dans les communautés autochtones,
et c'est ce qu'on fait.
Maintenant, on
accompagne ces compagnies-là qui sont autochtones. On a même une entreprise,
côté de Mashteuiatsh, qui vient d'être accréditée dans un créneau très, très
stratégique pour Hydro-Québec. Alors, pour nous, ça, c'est des beaux succès
pour témoigner de l'importance de cette stratégie de réconciliation là
économique avec les communautés autochtones, mais partout au Québec.
M. Kelley : Merci
beaucoup. Alors, je comprends, pour un échéancier, là, on avance à le rythme
qui est nécessaire. Bien, merci pour les réponses.
Je veux poser des
autres questions sur le plan 2035. On a eu des discussions en Chambre, mais
c'est des questions de contrôle des coûts. Vous n'êtes pas toute seule sur le
planète présentement de gérer... oui, l'augmentation dans le prix de tout,
c'est une réalité, mais j'ai vu quand même avec les lignes de transmission,
c'était dans le document que vous avez fourni pour nous, les élus, que, quand
même, la ligne de transport de Hertel à New York, on a eu des dépassements de
coûts pas mal importants. Et, dans le document, on soulève le réalité de COVID,
on soulève le réalité de la guerre en Ukraine, juste le fait qu'avec les
tarifs, etc., tout a augmenté. Ça, c'est juste pour un projet. Alors, sur
l'ensemble... Et je sais que, récemment, vous avez annoncé une approche sur
l'éolienne de faire des... excuse-moi, pas des demandes, mais aller chercher des
commandes en blocs.
Mais, bref, quelles
sont les autres mesures que vous êtes capables de mise en place pour s'assurer
qu'il y a un contrôle des coûts et on ne dépasse pas cet objectif de
200 millions de dollars, Mme Bouchard?
Mme Bouchard (Claudine) :
Merci pour cette question. C'est une question qui me tient à coeur, vous
l'aurez compris. Hydro-Québec a été très stratégique dans son positionnement
avec les grands manufacturiers. On a fait des contrats stratégiques de partage
de marché avec des grands manufacturiers qui sont protégés, qui sont exclus de
la Loi sur les contrats internationaux, et ça, ça nous permet d'être bien
positionnés. Alors, dans certains cas, on a la clause du meilleur client. Donc,
à livre ouvert, les manufacturiers sont obligés de nous montrer qu'on est le
meilleur client, parce que nous, on a une relation de long terme avec ces
manufacturiers-là. Pendant longtemps, Hydro-Québec a été le plus grand client
d'Hitachi, pour nommer celui-là. Il y en a plein d'autres où c'est la même
chose. Aujourd'hui, le monde a changé, bien entendu, mais cette relation
durable là dans le temps, ces revenus pérennes dans le temps a permis de tisser
cette relation-là. La reconnaissance technique d'Hydro-Québec comme client
également nous a amenés à avoir ces relations stratégiques là avec nos
manufacturiers, ce qui nous permet de se prémunir contre des variations de
volatilité des marchés.
Maintenant, évidemment, il y a des coûts des
matériaux qui augmentent. Alors, ça aussi, on suit ça de très près. On fait...
On réserve des plages de fabrication plus tôt dans le processus qu'on le
faisait auparavant, ce qui nous garantit quand même un accès à des prix
intéressants, parce qu'on veut faire le plan pour le meilleur coût et optimiser
les coûts avec les Québécois.
Mais on ne s'arrête pas là. À l'interne... à
l'interne aussi, on fait beaucoup de choses pour réduire les coûts de projet.
Alors, on est beaucoup dans la standardisation. Alors, avant, chaque poste
était différent, aujourd'hui, on y va un peu à la Tim Hortons, tous les
magasins sont pareils. Bien, nous, c'est ce qu'on est en train de faire aussi,
de déployer des mécanismes de standardisation de construction à l'extérieur des
chantiers pour réduire les coûts de tout ce qu'on va construire comme infrastructure.
Alors donc, c'est sur plusieurs leviers qu'on
s'assure du contrôle des coûts. Et on a des équipes d'approvisionnement
stratégique qui sont vraiment au coeur de ces discussions-là. Et, vous le
savez, on a nos propres ingénieurs à l'interne qui travaillent justement avec
les gens d'approvisionnement pour s'assurer qu'on tire notre épingle du jeu
malgré la volatilité des marchés de chaîne d'approvisionnement internationale.
M. Kelley : Merci beaucoup,
Mme Bouchard. Puis je sais aussi que des chocs mondials, ce n'est pas des
choses que vous êtes capables de contrôler, mais est-ce qu'il y a un peu, de
flexibilité dans votre plan aussi, que, si jamais c'est juste impossible
nécessairement... dans votre budget, comme de rester dans votre budget, que, si
ça coûte trop cher à un certain moment, d'acheter une certaine... si c'est des
paires des... des pales ou, quand même, des tours, quoi que ce soit, que vous
êtes capables de réduire des commandes, ajuster ailleurs?
C'est juste aussi, je sais qu'on a... on aime
parler de qu'est-ce qui est écrit noir sur blanc dans le plan, mais la capacité
d'être flexible, est-ce que c'est une partie de votre approche?
Mme Bouchard (Claudine) : On a toute
la flexibilité nécessaire, mais, à terme, on doit mettre en service
10 000 MW au meilleur coût, avec le plus de fiabilité et de sécurité
énergétique. Alors, quand je parlais tantôt du portefeuille d'optionnalités,
c'est la même chose, mais les projets doivent arriver à temps et au meilleur
coût. C'est de cette façon-là qu'on travaille.
Et on fait aussi jouer... Je vais le dire comme
ça, ce n'est peut-être pas le bon terme, mais on fait jouer la compétition. On
vient de le faire dans l'éolien, hein, on vient d'aller en appel d'offres pour
aller chercher les meilleurs mégawatts à meilleur coût. On le fait pour se
trouver un partenaire aussi pour développer notre grande stratégie de projets
structurants éoliens pour aller chercher des partenaires qui ont une
prévisibilité. Quand je rencontre des entrepreneurs puis des manufacturiers, ce
qu'ils veulent, c'est de la prévisibilité. Alors, quand on s'engage sur le long
terme avec eux, on bénéficie de meilleurs prix. Alors, ce qu'on est en train de
faire dans l'éolien, de garantir des mégawatts à des manufacturiers ou des
turbiniers, ça nous permet de se garantir à nous cette flexibilité-là à
laquelle vous faites référence.
Alors, c'est vraiment quelque chose qui va nous
permettre de grandir, mais, qui plus est, on veut aussi avoir des retombées
économiques au Québec. Et ça, ça nous est cher. Et ça, on y travaille, je
dirais, ardemment pour s'assurer que ce plan-là se fasse au meilleur coût pour
les Québécois, mais non seulement ça, qu'il serve aussi de tremplin pour nos
entreprises au Québec. Et cette prévisibilité permet aux entreprises de pouvoir
investir dans leurs usines — on
a plusieurs cas qui ont été annoncés dans les dernières semaines — investir
dans leurs usines et non seulement devenir fournisseur d'Hydro-Québec, mais
devenir fournisseur pour d'autres utilités ailleurs dans le monde. Alors, ça,
c'est vraiment quelque chose qui va nous permettre de grandir comme Québec,
autant dans l'économie que dans le secteur énergétique.
M. Kelley : Merci. Et est-ce que
vous avez remarqué une augmentation de pression sur le marché de tous les
équipements d'électricité avec l'arrivée, oui, de l'intelligence artificielle,
mais les nouveaux joueurs? Soudainement, Google, OpenAI deviennent des
producteurs d'électricité et sont aussi dans le distribution. Et ça, c'est en
Amérique du Nord, mais on sait que ça répète un petit peu sur le planète.
Alors, est-ce que vous avez remarqué ça, que, soudainement, vous avez plus de
compétition pour les mêmes pièces? Et je sais que vous êtes un grand joueur
aussi, mais est-ce que ça... Est-ce que ça, c'est un défi pour Hydro-Québec?
• (14 h 40) •
Mme
Bouchard (Claudine) : C'est une excellente question. Écoutez, la réponse
à ça, c'est ce que je disais tout à
l'heure. La relation stratégique de confiance et économiquement rentable qu'on
a établie avec nos grands fournisseurs nous amène aujourd'hui à avoir ce
lien-là et à avoir, encore une fois, des clauses de meilleur client dans les
contrats.
Mais,
oui, on est... on est en compétition avec Google. Pas plus tard qu'il y a un
mois, j'étais avec un fournisseur, que je ne vais pas nommer, qui me disait que
Google ou un autre... Je ne veux pas nommer juste Google, mais un autre des
grands, lui offrait 30 % de plus que ce que moi, je payais pour qu'il
prenne la plage de fabrication que moi, j'ai réservée puis qu'il donne à ce
grand joueur là. Mais, compte tenu de la relation d'affaires à livre ouvert,
bien, ce n'est pas possible pour ce manufacturier-là de changer la séquence.
Alors, c'est un peu
comme ça, on s'est protégés contre ce genre de démarche là parce qu'on n'est
plus sur notre île. Pendant des années, Hydro-Québec a été sur son île, et tous
les fournisseurs venaient nous voir pour faire affaire avec nous, parce qu'on
est évolués et sophistiqués et on paie rubis sur l'ongle.
Le Président (M.
Julien) : Merci. Merci. Je dois vous interrompre. Désolé. Ce bloc
d'échange étant terminé, je cède maintenant la parole au député de Maurice-Richard, vous avez... disposez de
12 min 10 s.
M. Bouazzi :
Merci, M. le Président. À mon tour de vous féliciter de vive voix au micro pour
votre assignation, puisqu'on n'a pas eu la chance de vous voir avant.
Je vais peut-être
d'abord commencer sur la question des objectifs de baisses de gaz à effet de
serre. Dans votre plan, il y avait marqué, donc, dans... jusqu'à 2035, que
25 % de la nouvelle énergie servirait à la nouvelle économie et 75 %
à décarboner. M. Fitzgibbon, avant de quitter, a distribué à peu près
2 500 MW à des industries. Quel pourcentage de cette distribution
était pour baisser les gaz à effet de serre?
Mme
Bouchard (Claudine) : ...je
vais passer la parole après, Dave, mais je veux juste qu'on prenne peut-être un
pas de recul, OK? La décarbonation et le développement économique ne sont pas
mutuellement exclusifs. Une entreprise qui
ait aujourd'hui un procédé de fabrication au mazout, dont les équipements
viennent à pérennité, c'est-à-dire qu'il faut les moderniser, quand elle
se modernise, elle passe du mazout à l'électrique. En faisant ça, bien,
évidemment, elle vient décarboner. Mais non seulement ça, elle augmente sa
productivité, parce qu'elle a des nouvelles machines automatisées, donc elle
augmente grandement sa productivité, peut créer plus d'emplois, peut créer plus
de retombées économiques locales.
Alors, c'est pour ça
qu'il n'y a pas de mutualité... il y a... En fait, il y a une mutualité entre
les deux.
M. Bouazzi :
Bien, en tout...
Mme Bouchard
(Claudine) : Donc, c'est difficile vraiment de qualifier, de
caractériser : Est-ce que c'est juste du développement économique? Un
exemple de ça, c'est Les Forges de Sorel. On est avec eux, c'est un projet,
donc, avec Les Forges de Sorel, où ils changent exactement ça, des équipements
au mazout pour des équipements électriques. Dans quelle catégorie on les met?
Dans les deux. Alors, le 75-25, c'était plus une tendance vers laquelle on
voulait migrer. Maintenant, c'est sur l'horizon 2035, ce n'est pas à
chaque année qu'on comptabilise ça. C'était une vision pour l'horizon du plan
de 2035.
M. Bouazzi :
Bien, en tout respect, Mme la PDG, remplacer du mazout par l'électricité, c'est
tout à fait de la décarbonation. C'est clair. Ça fait que celui-là, par
exemple, on le met au complet sur la décarbonation. Vous avez décidé — en
fait, vous en collaboration avec le gouvernement en place — d'investir
200 milliards de dollars avec comme principal argument la transition
énergétique pour, à terme, atteindre la carboneutralité en 2050. Est-ce... Vous
êtes en train de me dire qu'il n'y a aucun... aucune métrique à l'intérieur?
Donc, donc, ma
question, elle est claire, sur les 2 500 MW que M. Fitzgibbon a
donnés, pour la majorité à des multinationales étrangères, donc, ce n'était pas
pour décarboner, puisqu'elles n'étaient pas là, bon. Quel pourcentage était
pour... Parce que c'est déjà plus que 25 %, là, tu sais, on est déjà à
30 % de 19 TWh, à terme, sur les 60 TWh qu'on devrait produire
de plus ou, en tout cas, dégager d'ici 2035. Quel pourcentage sert à baisser
les gaz à effet de serre?
Mme Bouchard
(Claudine) : Je reviens à ce que je disais tout à l'heure, c'est... le
75-25, c'est sur l'horizon 2035. Et, quand on regarde, on a environ
7 100 MW de projets de décarbonation qui vont s'inscrire sur
l'horizon 2035.
Maintenant, si on
fait la comptabilité annuelle de ce qui est alloué comme mégawatts, de toute
évidence, on ne pourra pas tendre à chaque année 75-25, parce que l'objectif
est sur le long terme.
La chose, par
ailleurs, la plus importante, c'est que notre énergie, c'est l'avantage
concurrentiel du Québec... notre énergie renouvelable à bas coût. Et ça, il ne
faut pas perdre ça, il faut s'assurer de créer le maximum de richesse avec ça.
Et Hydro-Québec, avec le gouvernement, s'assure, par exemple, d'augmenter les
tarifs pour certains usages pour créer encore plus de richesse pour le Québec,
comme on l'a fait pour le centre de données et la cryptomonnaie.
M. Bouazzi :
Ça, on est d'accord. En tout... D'accord. Donc, vous avez dit qu'il y a des
métriques, parce que, juste qu'on se mette d'accord, moi, je suis arrivé, et il
y avait une PDG avant vous qui disait : Nous ne devons pas devenir le
Dollarama des multinationales étrangères. Elle a quitté ou elle s'est fait
quitter, au choix, là. Ensuite, il y a eu un
autre PDG, qui, au moment où le ministre Fitzgibbon a quitté, il est venu au
même micro, ici, en commission, pour nous dire : Vraiment, on n'a
pas été bons, en fin de compte, on aurait dû prioriser un minimum les
compagnies ici pour décarboner les compagnies ici.
Je
ne sais pas avec lequel des deux PDG vous êtes en accord ou en désaccord, mais
là ce que vous dites, ce n'est en accord avec aucun des deux, là. Moi, je vous
demande, on a décidé d'investir 200 milliards de dollars,
200 milliards de dollars, c'est-à-dire que... plus que le budget du
Québec annuel avec une courbe... On n'a toujours pas le plan, parce que le
ministre ici présent ne nous... ne donne pas le PGIRE, qui est censé,
justement, nous donner comment ça évolue. Malheureusement, on a juste vous.
Ça fait que moi, j'ai
une question claire. Vous dites qu'il y a une métrique. On a distribué... Je ne
vous dis pas de le dire année après année. Là, on a distribué
2 500 MW. Ça, c'est plus du tiers de ce qu'on a... censé dégager, les
8 000 à 9 000 MW d'ici 2035, ce n'est pas année par année, là.
Ça, c'est plus du tiers. Donc, de cette quantité-là, quel pourcentage sert à
décarboner et quel pourcentage ne sert pas à décarboner?
Mme Bouchard
(Claudine) : La plus grande décarbonation... Là, vous parlez d'une
partie de l'équation. La plus grande décarbonation va venir de
l'électrification des bâtiments et des résidences, OK? Alors, dans les mégawatts alloués, vous ne faites pas référence à
cette partie-là. Donc, l'électrification du chauffage, nommément, va permettre de réduire les gaz à effet de serre. Et
ça, ça ne fait pas partie des projets auxquels vous référez de façon
importante.
Les véhicules
électriques aussi. Donc, les véhicules électriques, c'est probablement la
source la plus importante de croissance pour la décarbonation. Aujourd'hui, on
a 450 000 véhicules électriques, on parle de 300 MW, à
l'horizon 2035, on parle de 2 millions. Si vous faites le calcul,
c'est une hausse d'autour de 4 000 MW juste pour l'électrification
des transports. Alors, ça, il faut aussi considérer.
Alors, ce n'est pas
juste des projets industriels qui vont permettre de décarboner, mais beaucoup
cette électrification-là des usages aujourd'hui utilisés par des énergies
fossiles.
M. Bouazzi :
Le problème, c'est qu'il y a un problème, en tout respect, de crédibilité, là.
Nous, on dit qu'on va investir 200 milliards pour arriver à
9 000 MW de nouvelle électricité. On en a déjà distribué 2 500.
Ce n'est pas les véhicules électriques. Ce qu'on a distribué comme
2 500 MW, c'est principalement de la nouvelle industrie, à moins que
vous me disiez le contraire, c'est principalement de la nouvelle industrie qui
dépasse déjà le fameux 25 %.
Maintenant, vous
parlez des véhicules électriques. C'est sûr qu'on est très loin de
2 500 MW jusqu'à aujourd'hui, peut-être même très loin du 2 000,
peut-être même... Vous avez parlé de 300... L'ordre de grandeur et quand
même... C'est-à-dire qu'on a déjà distribué les 2 500 MW qui sont supérieurs
aux 25 %. Et, en fin de compte, on n'a pas mis grand-chose, d'un point de
vue comparable par rapport à l'ordre de grandeur dans la décarbonation.
J'ai juste... Je vais
continuer là-dessus parce que le premier ministre du Québec est sorti, il y
a... en septembre 2025, pour nous dire : Maintenant, la nouvelle affaire,
c'est les centres de données. Est-ce que les centres de données participent à
décarboner le Québec? Parce que c'est en plus des 2 500 MW.
Mme Bouchard
(Claudine) : Bien, eux... Les centres de données, là, premièrement,
pour nous, les centres de données, on veut qu'ils créent de la richesse durable
au Québec. C'est pour ça qu'on a déposé un nouveau tarif, pour les centres de
données et pour la cryptomonnaie, qui vient tenir compte de la valeur de notre
énergie renouvelable. Donc, ça, pour moi, c'est crucial.
Deuxièmement, les
centres de données vont être dans le développement économique. Ce n'est pas de
la décarbonation parce que ça n'existe pas, il n'y a pas d'autre technologie,
actuellement, que l'électricité pour être capable d'opérer des centres de
données. Donc, on peut récupérer de la chaleur, tout ça, il y a moyen
d'optimiser vraiment la consommation électrique, mais la base du fonctionnement
d'un centre de données, c'est l'électricité. Donc,
ce serait dans le 25 % de développement, mais je réitère ce que je disais
tantôt, le 75-25, c'est sur l'horizon 2035. Et actuellement la prévision
de demande qu'on a, c'est encore aligné sur ce 75-25 là, au-delà des projets,
là, auxquels vous faites référence.
M. Bouazzi :
Donc, vous êtes en train de dire qu'on n'a pas encore dépassé le 25 %.
• (14 h 50) •
Mme Bouchard
(Claudine) : Si on regarde sur l'horizon 2035.
M. Bouazzi :
Oui. Si on regarde...
Mme Bouchard
(Claudine) : Toujours. Toujours.
M. Bouazzi :
Parce que 2 500 mégawatts, c'est plus que 25 %, Mme la PDG, ça
fait que ce qu'on dit... À date, je n'ai pas eu un seul chiffre...
Mme Bouchard
(Claudine) : Bien, 10 000 mégawatts, 2 500. Puis, comme
je vous dis, ce n'est pas mutuellement exclusif, dans le 2 500...
M. Bouazzi :
Bien, 2 500 divisés par 8 000 à 9 000, qui est dans votre
projet, c'est 31 %, exactement, qui est supérieur à 25 %.
Mme Bouchard
(Claudine) : 10 000 au total. On met 10 000 mégawatts
en service, effectifs.
M. Bouazzi :
Exact.
Mme
Bouchard (Claudine) : Donc,
25 % c'est 2 500, mais, dans ce 2 500 là, comme on disait tout à
l'heure, ce n'est pas mutuellement exclusif. Alors, des projets vont
cocher dans deux cases, la décarbonation et le développement économique, comme
Les Forges de Sorel, auxquelles je référais tout à l'heure, comme Hitachi, par
exemple. Hitachi va agrandir son usine pour nous fournir de l'énergie. Bien,
ça, ça permet de décarboner le Québec. Plus j'ai d'équipement électrique, plus
je suis capable de bâtir de la capacité de transit et d'alimenter des clients
en énergie renouvelable. Alors, tout ça, c'est un peu comme une boucle, on ne
peut pas prendre un seul morceau du cercle. Il faut prendre l'entièreté avec la
perspective globale de 2035.
M.
Bouazzi : Le problème, Mme
la PDG, c'est qu'à date, vous ne m'avez donné aucun pourcentage, c'est-à-dire,
du 2 500 mégawatts. C'est quoi? C'est 80 % qui décarbone?
20 % qui décarbone? Parce qu'on ne peut pas juste dire qu'on utilise
75 % pour décarboner, 25 % pour la nouvelle économie sans avoir la
moindre métrique à présenter aux Québécoises et Québécois, là. Le
200 milliards, là, ce n'est ni de la poche du ministre ni de la vôtre,
c'est, en gros, notre capital commun, là.
Je veux dire, moi, je ne sais pas, là, je vais
puiser... je vais puiser dans mes... l'Ordre des ingénieurs m'a dit de ne plus
dire que j'étais ingénieur, donc dans ma formation d'ingénieur — et je
les salue, hein, je les aime beaucoup — et
aussi dans le fait que j'ai été vice-président adjoint à la banque canadienne
de développement, je veux dire, sérieusement, là, quelqu'un qui vient nous
dire : Voici ma vision sur 10 ans, je vais dépenser... pas 200
milliards, parce que ce n'était pas
cet ordre de grandeur là à la BDC, je vais mettre 25 % pour la nouvelle économie
et 75 % pour décarboner et, au
bout de deux ans, est incapable de me donner la moindre métrique sur le
pourcentage, vous comprenez qu'il y a un problème, là.
Mme Bouchard (Claudine) : Je vais
demander Dave qu'est-ce que...
M. Rhéaume (Dave) : En tout respect,
et en tout respect pour l'ancien ministre Fitzgibbon, ce que... vous nous
demandez de suivre ses annonces ou ses octrois. Ce qu'on vous répond,
c'est : Il y a une prévision de demandes publique débattue à chaque année
par des intervenants représentants de l'industrie, des groupes de clientèles,
des petites, des grandes entreprises qui se prononcent sur cette prévision-là.
Lorsqu'un bloc de mégawatts est octroyé, ça ne
veut pas dire qu'il se matérialise, ça veut simplement dire : C'est un projet
que, si jamais il devait voir le jour, aurait accès à son énergie. Donc, ce
qu'on vous dit, c'est : Sur l'horizon 2035,
la prévision de demandes qu'on fait encore aujourd'hui, malgré les octrois,
elle reflète le 25-75 qu'on annonce depuis le début, on est en
cohérence. Et ça, c'est ce qu'on traque.
Vous parlez de comment on le suit. Nous, on
s'assure, puis on est transparent à la régie, c'est des débats qui sont
publics, pour montrer d'où va venir la croissance. Véhicules électriques
d'abord et avant tout, électrification dans le transport, grandes entreprises.
Les centres de données, c'est de la croissance, ça compte dans le 25 %,
et, si vous regardez la répartition, on est sur nos objectifs de 25-75.
M. Bouazzi : Bécancour au complet...
Une voix : ...
M. Bouazzi : Bécancour au complet
compte dans le 25 %, on est d'accord?
M. Rhéaume (Dave) : Comme l'a dit la
PDG, ce n'est jamais au complet. Dans un projet d'investissement, si c'est une
toute nouvelle usine, oui, vous avez raison, c'est de la croissance. Mais il y
a beaucoup d'entreprises existantes qui se
font octroyer des blocs qui, souvent, profitent d'ajouter une ligne pour aussi
convertir des équipements du fossile vers le renouvelable.
M. Bouazzi : Bien, pour l'instant à
Bécancour, on a surtout rajouté une conduite de gaz pour amener du gaz et
chauffer des bâtiments. Bon, je vais garder les quelques secondes qui me
restent pour le prochain bloc.
Le Président (M. Julien) : Merci. Ce
bloc d'échanges étant terminé, je cède maintenant la parole au député de Jacques-Cartier.
Vous disposez de 12 min 10 s.
M. Kelley : Merci beaucoup, M. le
Président. Je veux revient un petit peu sur le contrôle des coûts et parler de
la rareté de la main-d'oeuvre parce que ça, c'est un coût additionnel dans le
sens que, de plus en plus, on a des entreprises qui luttent pour le même bassin
de travailleurs, bien, le prix, pour le travailleur, augmente. Une bonne chose
pour les travailleurs du Québec, mais quand même un défi. Alors, je ne sais
pas, Mme Bouchard, si vous pouvez... Donnez-nous une mise à jour sur comment
vont le recrutement des travailleurs pour Hydro-Québec.
Mme Bouchard (Claudine) : Merci.
Merci pour la question. Hydro-Québec était, évidemment, au coeur de ce
débat-là, et mon collègue, ici, qui était à l'Éducation à l'époque... nous
avons fait une entente entre Hydro-Québec et le ministère de l'Éducation pour
accélérer le nombre de diplômés dans certains métiers stratégiques pour ce que nous avons à accomplir, donc bâtir des infrastructures.
Donc, il y avait, du côté d'Hydro-Québec, deux métiers stratégiques, soit les
monteurs de ligne et les électriciens. Donc, Hydro-Québec a accepté d'ajouter
100 millions de dollars au ministère de l'Éducation pour ouvrir des
cohortes supplémentaires dans les écoles de diplôme d'études professionnelles.
Si bien que, cette année, on a 220 électriciens de plus que la moyenne des
1 500 électriciens qui sont formés par les DEP. Alors, ça, ça nous
fait plaisir parce que ça crée de la main-d'oeuvre disponible, et donc ça crée
ce bassin de recrutement là nécessaire pour nos entrepreneurs.
Deuxième chose, les
monteurs de ligne, on a investi 12 millions du côté du centre
professionnel de montage de lignes du côté de Chibougamau pour, encore là,
ajouter des cohortes de formation, des monteurs. Et on veut aussi concentrer ce
centre-là pour faire de l'inclusion, donc on veut inclure des cohortes de Premières
Nations, donc, à former en termes de monteur de lignes. Donc, de ce côté-là
aussi s'ajoute une centaine de diplômés par année. Donc, c'est comme ça qu'on
ajoute de la main-d'oeuvre.
Et, du côté du
ministère de l'Éducation, il y avait d'autres métiers qui étaient stratégiques,
donc le 150 millions du ministère était pour accélérer des cohortes de
charpentiers-menuisiers, de grutiers et de ceux aussi qui manipulent la
dynamite, on a besoin d'eux aussi. Donc, ce ne sont que des exemples, mais on
accélère le nombre de diplômés annuels, donc on augmente le nombre de diplômés
annuels pour être capables de faire ça.
Maintenant, encore
une fois, une fois que cette main-d'oeuvre-là sort des écoles, il faut
l'embaucher. C'est là où on est rendus dans notre plan. Donc, on travaille avec
l'industrie de la construction, la CCQ, bien entendu, est un partenaire
là-dedans, pour s'assurer que les entrepreneurs voudront bien grandir avec nous
et profiteront des opportunités pour grandir leurs centres d'affaires et
embaucher cette main-d'oeuvre-là pour, évidemment, obtenir des contrats chez
Hydro-Québec. Alors, de ce côté-là, on travaille avec eux pour qu'il y ait des
apprentis dans leurs... dans leurs profils d'emploi, dans leurs profils
d'employés.
Et il y a le
gouvernement fédéral aussi qui a annoncé un programme pour faciliter ce
troisième homme ou cette troisième personne là au sein des équipes, pour avoir
vraiment toujours des gens en développement dans chacune des équipes. Donc, ça,
on va regarder ça, évidemment, nos partenaires du gouvernement et le CCQ, pour
s'assurer de pouvoir tirer notre épingle du jeu dans cette perspective-là avec
nos entrepreneurs, parce que c'est eux, au bout du compte, qui embauchent cette
main-d'oeuvre-là.
M. Kelley : Merci
beaucoup. Et ça, c'est toutes des bonnes nouvelles puis des bonnes mesures qui
sont mises en place.
M.
Drainville : Des bonnes annonces, hein?
M. Kelley :
Bien oui, oui. Moi, je crois que, si on offre à des jeunes Québécoises
l'opportunité d'être formés pour travailler avec Hydro-Québec, notre grande
fierté, c'est une bonne chose, M. le ministre. On est toujours capables de
souligner des bonnes choses qui sont faites par le gouvernement et aussi
souligner des choses qui va moins bien.
Mme Bouchard
(Claudine) : J'ajouterais à ce que je disais tout à l'heure : non
seulement on veut créer plus de main-d'oeuvre, c'est très bien, mais on veut
réduire l'empreinte de main-d'oeuvre sur nos chantiers par des robots, bien
entendu, par de la préfabrication en usine. La standardisation, qui prend moins
de temps au chantier, alors va réduire l'empreinte de main-d'oeuvre dont on a
besoin. Donc, on travaille sur les deux fronts, vraiment, d'être capables d'en
avoir plus, comme on en a besoin, mais réduire nos besoins en amont également,
ce qui va permettre d'être à l'équilibre.
M. Kelley : Parfait.
Et, peut-être... je sais que l'objectif, c'est environ
35 000 travailleurs par année, la moyenne. Alors, est-ce que nous
sommes presque à cette moyenne?
Mme Bouchard (Claudine) :
Oui, là, la courbe de croissance de la main-d'oeuvre arrive un peu plus
tard, arrive autour de 2029, parce qu'aujourd'hui on est en préambule de nos
projets. On fait beaucoup d'études environnementales, d'études techniques, on
fait du design, on fait de l'ingénierie. Alors, les heures en ingénierie qu'on
confie aux firmes d'ingénierie au Québec ont augmenté à peu près du tiers. Donc
là, aujourd'hui, c'est là où on a augmenté. Donc, on a travaillé avec les
firmes d'ingénierie pour se donner de la capacité de façon différente, avec de
la flexibilité, de la reconnaissance d'expertises croisées également. Donc, ça,
on l'a fait.
Puis là, dans
quelques années, on va arriver sur les chantiers de construction où, là, on va
être vraiment à la pointe, je dirais, des besoins de main-d'oeuvre. Donc, on a
encore un peu de temps devant nous. C'est pour ça qu'on travaille
d'arrache-pied avec toute l'industrie, pour s'assurer d'avoir ce dont on aura
besoin pour accueillir, parce qu'il faut aussi accueillir ces gens-là. Ce n'est
pas de les former, de les faire embaucher par les entrepreneurs, il faut aussi
que, sur nos chantiers, on soit prêts à accueillir tous ces nouveaux-là. Alors,
nous aussi, on est en mouvement de ce côté-là pour se créer cette force
d'accueil là, et d'utiliser ces nouveaux talents là de façon optimale, et
surtout pour la santé et sécurité des travailleurs sur nos chantiers.
• (15 heures) •
M. Kelley : Alors,
vous êtes confiants que vous êtes capables d'atteindre votre objectif de
35 000 travailleurs par 2029, si je comprends bien?
Mme Bouchard
(Claudine) : Oui. L'idéal, ça va peut-être être aussi de venir réduire
le 35 000, parce que, si on met des robots, bien, peut-être, on en aura
moins besoin. On le voit à des endroits dans le monde aujourd'hui où il y a la
construction d'un pont en aluminium, un pont piétonnier, mais, quand même, à
Amsterdam, qui s'est faite entièrement par de l'impression 3D, ce n'est pas
rien. Alors, on suit ça de très, très près.
M. Kelley : Intéressant. Est-ce
qu'il y a aussi peut-être des places où on peut réduire le fardeau
administratif ou, quand même, réglementaire? Je veux juste donner un exemple,
comme, est-ce que c'est nécessaire d'avoir une maître électricienne s'assurer
qu'un branchement des panneaux solaires sur un toit est nécessaire ou est-ce
que ça peut être quelqu'un qui est dans apprentissage, et, après ça, le maître
électricien fait une inspection? Il y a des petits gestes comme ça que... Vous
savez que j'aime le solaire, je crois fortement dans l'énergie solaire, mais,
quand même, est-ce qu'il y a une façon où on peut rendre votre vie plus facile,
le côté, comme, législateur, d'enlever certaines barrières ou empêchements pour
vos travailleurs d'aller... être plus flexibles, agiles sur le terrain?
Mme Bouchard (Claudine) : Je vous
dirais que dans tout ce qu'on fait, il y a toujours moyen d'être plus agiles,
mais, néanmoins, on travaille avec le ministère du Travail, parce que vous
savez que la segmentation des métiers dans la construction, dont celle des
électriciens, est encadrée par le Code du travail.
Alors, on travaille avec le ministère du Travail
justement pour essayer de voir comment on est capables d'évoluer. Il y a déjà
des gains qui ont été faits sur les emplois régionaux, les employés privilégiés
qu'on est capables de bouger entre les régions de façon un peu plus facile.
Donc, on a obtenu quand même, avec les dernières législations, une certaine
flexibilité, mais on est toujours en discussion, autant avec nos collègues de
la CCQ que le ministère du Travail, pour essayer de trouver les voies de
passage pour donner de la flexibilité autant pour nous que... Dans ce cas-là,
c'est nos clients qui installent les panneaux solaires.
Alors, comment on rend la vie plus facile à nos
panneaux solaires? Vous savez, on vient de lancer un appel d'offres. En fait,
on a lancé un appel d'offres l'année passée pour le 300 MW de solaire qui
serait raccordé sur le réseau de distribution. L'objectif de ça, c'est, bien
entendu, d'avoir 300 MW d'énergie le plus rapidement possible, mais c'est
aussi de favoriser l'éclosion de cet écosystème-là qui n'existe pas encore
beaucoup au Québec. Alors, qui va installer les panneaux solaires? Qui va
pouvoir se spécialiser? Qui va offrir les meilleurs prix, les meilleurs coûts?
Alors, on veut aussi favoriser la création de cet écosystème-là au Québec pour
les entreprises du Québec et, bien entendu, pour nos clients.
M. Kelley : C'est des très, très
bonnes nouvelles, puis vous pouvez compter sur nous. Si jamais il y a des
modifications qui doivent... faites en termes des lois, on est prêts à faire
notre part, parce que je pense que l'exemple... Comme en Australie, là, pour
mettre des panneaux solaires sur un toit puis... comme le permis vient... tout
arrive en même temps, le gars arrive, il installe, puis vous êtes branché sur
le réseau, puis les chiffres, en Australie, ils sont superimpressionnants avec qu'est-ce
qu'ils ont fait avec l'énergie solaire, mais ce n'est pas juste en Australie.
On peut regarder Texas, Californie, ces juridictions-là avancent rapidement.
Et je veux reviens... On a posé... Excuse-moi,
c'était dans le cahier de la troisième opposition, ils ont posé une question
sur les batteries, et je ne parle pas... mais c'est des batteries stationnaires,
des parcs de batteries. On voit que ce marché a pris de l'ampleur partout sur
la planète. C'est sûr, ce n'est pas pour produire l'électricité, mais de capter
la puissance et, quand même, d'essayer... régler des réseaux de diffusion.
C'est superfascinant, ce qui se passe sur la planète.
Alors, Hydro-Québec, je comprends, nous avons
des barrages. Ça, c'est une forme de batterie, mais, quand même, on peut capter
du puissance qui n'est pas utilisée dans les batteries d'un barrage, des parcs
solaires, des éoliennes. En tout cas, les possibilités sont très intéressantes.
Je vois qu'en Ontario ils ont annoncé le plus grand parc de batteries au
Canada. Hydro-Québec est où exactement? Vos évaluations sont quoi?
Mme Bouchard (Claudine) : Deux
choses. La première, évidemment, sur l'horizon du plan d'action 2035, on avait
indiqué qu'on allait regarder la possibilité d'intégrer des batteries sur le
réseau. Maintenant, il faut comprendre la différence entre le réseau de
l'Ontario, de production, j'entends, et la capacité de production au Québec.
Nous, nos batteries, comme vous l'avez dit, sont derrière nos barrages, donc
dans nos réservoirs. En Ontario, ils produisent... thermique, du nucléaire.
Donc, eux, les centrales, ils virent toujours à plein régime.
Alors, au moment où ils virent à plein régime,
et il y a un creux dans la demande, qu'est-ce qu'ils font avec l'excédent?
Bien, c'est gratuit, pour eux, de mettre ça dans des batteries. Nous, on n'a
pas ce défi-là supplémentaire. On voit plus une opportunité, de dire :
Plutôt que d'avoir des creux où on charge des batteries, tout simplement, on
arrête nos groupes turbine-alternateur et on garde de l'eau dans nos grandes
batteries, qui sont nos réservoirs.
Par ailleurs, évidemment, plus on va ajouter de l'intermittent
comme de l'éolien et du solaire... Donc, on a... Notre intention, c'est
d'ajouter jusqu'à 3 000 MW de solaire sur le réseau éventuellement
sur l'horizon du plan. Alors, ça, le couplage solaire-batterie, devient
extrêmement intéressant. Donc, c'est ce qu'on est à regarder, comment on
intègre ça. Il y a beaucoup, je dirais, d'évolution, dans les batteries, en
termes de technologie, en termes de coût, mais surtout en termes d'intégration
sur le réseau. Donc, de ce côté-là, on est à regarder. Mais, si je reviens à
mes centrales de réserve pompée, c'est un peu aussi comme une batterie.
Alors, au Québec, on a un vaste territoire où on
peut se permettre d'exploiter le territoire. Est-ce qu'on a besoin de mettre
des batteries nécessairement? C'est ce que les équipes techniques regardent. Je
vous parle... On parlait tantôt de coût. C'est quoi, l'optimalité de la
solution batterie? Est-ce que c'est une batterie chimique ou une batterie naturelle en ayant une centrale à réserve pompée?
Donc, c'est ce qu'on regarde dans les portefeuilles de projets et
d'optionnalités.
M. Kelley : Je sais que, souvent,
avec les centres de données, un des enjeux, c'est que le centre de données n'a besoin pas toute l'énergie nécessaire tout le
temps, eux autres sont... ils utilisent l'énergie très intermittente, eux
autres. De demander à eux autres d'avoir les batteries, est-ce que ça
peut être une solution qui aide Hydro-Québec à bien gérer des centres de
données en place d'avoir toujours un bloc d'énergie réservé de 350 MW,
qu'il y a des batteries qui peuvent aider le centre de données de mieux...
d'avoir une meilleure interaction avec le réseau d'Hydro-Québec?
Le Président (M. Julien) : En
20 secondes.
Mme Bouchard (Claudine) : Je vais
laisser Dave répondre de façon plus précise à ça.
M. Rhéaume (Dave) : Donc, lorsque
des nouveaux clients comme les centres de données viennent s'installer au
Québec, on leur demande de déployer des solutions de gestion de pointe.
Historiquement, au Québec, ça a beaucoup été des génératrices, mais, de plus en
plus, les centres de données qui essaient d'avoir une empreinte la plus
renouvelable possible déploient des projets de batteries. Donc, il y a des
projets de centres de données qui sont en développement qui incluent des projets
de batteries pour réduire l'impact.
Le Président (M. Julien) : Merci.
Merci. Donc, ce bloc d'échange étant terminé, je cède maintenant la parole au
député de Joliette. Vous disposez de 11 min 2 s.
M. St-Louis : Merci beaucoup, M. le Président.
Bonjour, Mme Bouchard, M. le ministre. Salutations à l'équipe
ministérielle et à l'équipe d'Hydro-Québec, chers collègues.
Mme Bouchard, on connaît tous puis on
s'entend tous sur l'importance du développement énergétique dans l'essor
économique du Québec. Le budget mentionne que le plan d'action 2035
d'Hydro exigera des investissements en capital de l'ordre de 135 à
160 milliards de dollars pour la période 2024-2035. Comme ce
sont des sommes considérables, pour le bénéfice des gens qui nous écoutent,
pourriez-vous revenir sur la nécessité et l'importance pour Hydro-Québec
d'augmenter la capacité énergétique du Québec?
Mme Bouchard (Claudine) : Merci. Le
plan d'action, donc, d'Hydro-Québec de 2035 prévoit d'abord la mesure la plus
importante parce que c'est la plus économique et la plus verte, c'est-à-dire
l'efficacité énergétique. Donc, je pense que ça, c'est important. Il y a à peu
près le cinquième du plan d'action qui est de l'efficacité énergétique.
Hydro-Québec a l'ambition d'être la juridiction, en Amérique du Nord, la plus
ambitieuse en termes d'efficacité énergétique.
Alors, sur l'horizon du plan, on parle d'un
investissement de 10 milliards de dollars. Donc, ça, c'est
1 milliard de dollars par année pour que nos clients réduisent la consommation
de notre produit, et tout autant puissent réduire leur facture, et, dans
certains cas, bien, ajoutent à la productivité et à leur espace concurrentiel
mondial.
Donc, ça, je vous dirais, c'est le plus
important, parce que l'électron le plus vert, c'est celui qu'on ne consomme
pas. Donc, ça, c'est... Notre ressource, elle est précieuse. C'est l'avantage
du Québec, hein, d'avoir développé ces grands barrages là. Alors, on veut
s'assurer de tirer le maximum de ça en invoquant des comportements responsables
de consommation responsable en réduisant, donc, la consommation par
l'efficacité énergétique.
Ensuite, on a dit qu'on voulait faire plus avec
ce qu'on a. On en a parlé tout à l'heure, donc, l'augmentation de puissance de
nos groupes turbine-alternateur qui arrivaient à la fin de leur durée de vie
utile. Donc, on devait les remplacer de toute mesure. Donc, en remplaçant ces
équipements-là par des équipements plus performants, on arrive à générer
jusqu'à 2 400 MW de plus.
Ensuite, on veut un mix énergétique plus varié
au Québec. Donc, on veut ajouter de l'éolien. La complémentarité entre
l'énergie éolienne et l'énergie hydroélectrique, elle est parfaite, avec
réservoirs, bien entendu, avec nos grands réservoirs. Donc, quand il vente,
j'arrête mes groupes turbine-alternateur, puis, quand il ne vente pas, bien, je
vais tout simplement... quand il vente... oui, c'est ça, quand il ne vente pas,
bien, je vais redémarrer mes groupes turbine-alternateur.
Alors, c'est vraiment un... totalement, je
dirais, cohérent l'un avec l'autre. Donc, ça, c'est un 10 000 MW
d'éolien qu'on va ajouter, et, à ça, on en parlait tout à l'heure, on veut
développer notre mixte énergétique en ajoutant de la nouvelle hydroélectrique
avec des centrales à réserve pompée, et s'est ajouté à ça le solaire parce que
le développement du solaire s'est accéléré partout dans le monde. Donc, la
technologie... les prix ont diminué, et c'est une technologie qu'on est
capables de déployer rapidement. Donc, ça, ça explique comment on arrive.
Maintenant, pourquoi on a besoin de ce
10 000 MW là, j'en parlais tout à l'heure, parce qu'il y a une
croissance de la demande, au Québec, à laquelle on fait face. Cet hiver, il a
fait froid, quand même, on a eu à plusieurs reprises des pointes de demande
au-delà de 40 000 MW et on s'est approchés de 43 000 MW,
qui est presque un record. Donc, la demande en électricité au Québec, elle
augmente.
J'ajoute à ça, pendant qu'on se parle ici :
Aujourd'hui, 50 % de l'énergie qui est consommée au Québec est de source fossile
et, en grande partie, importée. Alors, de développer de l'énergie renouvelable
ici, ça crée de la richesse ici, pour le Québec, et ça
nous permet, un, de faire de la décarbonation et, deux, d'assurer le
développement économique du Québec.
• (15 h 10) •
Donc, le besoin est
là. On le voit partout dans le monde. Les investissements en énergies
renouvelables, en 2025 dans le monde entier, ont représenté
2 300 milliards US. C'est du jamais-vu. C'est le double des
investissements qui ont été faits dans les énergies fossiles. Alors, la
tendance de l'énergie renouvelable, elle est là, elle est bien là et elle
demeure, et le Québec a un avantage concurrentiel qu'on a développé dans les
75 dernières années. Il ne faut pas se laisser distancier pour assurer la
sécurité énergétique de nos Québécois et de nos clients, mais aussi pour
assurer la décarbonation et le développement économique du Québec.
M. St-Louis :
Merci beaucoup. Donc, je comprends que l'augmentation de la demande exige
que ça se fasse maintenant et non pas plus tard.
Mme Bouchard
(Claudine) : Clairement, oui, c'est les... On en parlait tout à
l'heure. Donc, la prévision de la demande indique qu'en 2035 on va avoir besoin
de 60 TWh, donc 10 MW de plus, pour suffire à la demande du Québec.
Il y a une croissance naturelle. Si vous regardez les ménages, l'usage de
l'électricité, l'électrification des transports, donc un gros, gros, gros, je
dirais, pourcentage de cette demande-là vient de ça et aussi l'électrification
des bâtiments, le chauffage, et l'électrification des procédés industriels, et
la croissance économique.
M. St-Louis :
Mon collègue de Jacques-Cartier parlait tout à l'heure, là, des
35 000 travailleurs, en moyenne, demandés par année. Vous avez parlé
un peu de la possibilité de robotiser. J'espère que ce sera une mixitude puis
qu'on aura beaucoup de Québécois qui travailleront chez Hydro-Québec. Êtes-vous
en mesure de nous donner une petite idée des retombées économiques, des
opportunités d'emploi pour nos régions?
Mme Bouchard
(Claudine) : Écoutez, j'étais du côté du Saguenay pas plus tard que la
semaine dernière. Je vous dirais que l'important, actuellement, pour nous,
c'est de s'assurer que les entreprises du Québec voient le plan d'action comme
un tremplin. On leur donne cette prévisibilité-là. Alors, ce qu'on dit,
c'est : On va vous accompagner dans votre préparation pour investir dans
votre talent, pour investir dans la machinerie, pour investir dans les
équipements, pour être capables d'obtenir des contrats de ce
200 milliards de dollars là.
Juste pour le
Saguenay—Lac-Saint-Jean,
on a estimé que les investissements, sur les 10 prochaines années, vont
être autour de 13 milliards, d'autant de contrats possibles pour les
entreprises de la région. Je ne peux pas vous dire aujourd'hui exactement ce
que ça représente en termes d'emploi régional, mais il ne faut pas oublier que
ce n'est pas parce que les travaux ne se font pas au Saguenay—Lac-Saint-Jean
qu'ils ne peuvent pas prendre des entrepreneurs du Saguenay—Lac-Saint-Jean
pour aller travailler ailleurs. Prenez La Romaine. Un des fournisseurs
importants sur le projet de La Romaine, c'était Fernand Gilbert, une entreprise
du Saguenay—Lac-Saint-Jean.
Donc,
ce qu'on veut, c'est aider toutes les entreprises du Québec à grandir, à
embaucher de la main-d'oeuvre, à se préparer et à profiter du plan
d'action pour, évidemment, pouvoir, je dirais, profiter des opportunités et
aussi créer cette vitalité économique là partout en région, et c'est important,
pour nous, de travailler avec les gens et les accompagner. Parfois, on a
l'impression que c'est un peu lourd administrativement, faire affaire avec
Hydro-Québec. Alors, on a des équipes en approvisionnement stratégique qui
siègent sur des tables de maximisation des retombées économiques régionales où
on va rencontrer les entrepreneurs. On leur explique, on leur présente les
contrats qui vont venir dans les prochaines années pour qu'ils puissent se
préparer non seulement avec les équipements, mais aussi d'un point de vue
administratif à être prêts à venir déposer des offres sur nos appels d'offres.
Alors, c'est vraiment
comme ça qu'on travaille. On accompagne les gens, on veut s'assurer de leur
donner de la prévisibilité puis on les aide une fois qu'ils ont les contrats
également.
M. St-Louis :
Merci. Combien de temps, M. le Président?
Le Président (M.
Julien) : Il vous reste 3 min 30 s.
M. St-Louis :
Merci. Historiquement, le développement d'Hydro-Québec se faisait par
l'hydroélectricité. Là, on voit l'appétit pour d'autres types d'énergie, vous
en avez parlé tout à l'heure, le solaire, l'éolien. Moi, je pense notamment à
l'Alliance de l'énergie de l'Est, qui est un beau projet qui... en fait, qui
n'est pas un projet maintenant, qui est une réalisation en collaboration avec
les municipalités et les Premières Nations. En tant qu'adjoint parlementaire au
ministre responsable des Relations avec les Premières Nations, j'aimerais vous
entendre sur ce que ça prend, c'est quoi... quels sont les ingrédients pour arriver
à une telle alliance.
Mme Bouchard
(Claudine) : Ça prend plusieurs ingrédients. Je vous dirais que le
premier ingrédient qui me vient à l'esprit, c'est une relation de confiance
pour être capables de bâtir ces partenariats-là, et ça, bien, ça prend du
temps, ça prend des discussions, ça prend de l'ouverture et ça prend aussi de
l'écoute.
Et donc c'est
là-dessus qu'on peut grandir ensemble, et, quand on a des partenariats comme
celui auquel vous référez, donc, il y a, d'un côté, l'Alliance de l'Est, mais
aussi, de l'autre côté, un autre partenaire, qui sont les Micmacs. Alors,
comment on crée cette relation de confiance, là, tripartite? Alors, il faut
bien se positionner, puis je laisserais peut-être la parole à Mathieu, parce
que Mathieu est au coeur de ces discussions-là avec les autochtones. Alors,
Mathieu, ce seraient quoi, les ingrédients, selon toi?
Le Président (M.
Julien) : Est-ce qu'il y a consentement?S'il vous plaît, nom
et titre.
M. Johnson (Mathieu) : Mathieu
Johnson, vice-président principal, Partenariats et développement.
Je reviendrais sur les éléments que Claudine a
mentionnés, c'est avant tout d'être dans une position d'écoute puis de ne pas
présumer que chaque communauté et chaque partenariat va être la même recette,
parce qu'on est dans des réalités qui sont différentes, dans des projets qui
sont différents, et la capacité d'être créatifs avec ces différentes
communautés là pour réfléchir des nouveaux modes de partenariat puis s'adapter
en fonction de leurs réalités et leurs préoccupations est vraiment la clé du
succès. Puis je dirais que, la relation de confiance qu'on bâtit, il faut tenir
compte du point de départ aussi, parce que, pour plusieurs de ces
communautés-là, il y a un avant, il y a un historique puis il faut prendre le
temps d'en prendre conscience et de reconnaître cet historique-là pour partir
cette nouvelle relation de confiance là sur des bonnes bases.
Donc, on est beaucoup dans... On dépasse la
notion économique de partenariat au sens très commercial du terme. Il y a une
dimension qui est très relationnelle, mais qui peut être très porteuse aussi,
parce que le savoir local nous aide aussi à faire des meilleurs projets. Quand
on conçoit des projets, on ne les conçoit pas dans notre cour ou dans notre
localité, on les conçoit dans des régions qui sont des milieux d'accueil qui ne
sont pas les nôtres, mais, quand on a accès aux utilisateurs du territoire,
bien, ça nous permet de concevoir, d'adapter les projets pour en faire des bien
meilleurs projets. Donc, voilà.
M. St-Louis : Merci. C'est de la
musique à mes oreilles. J'espère, je nous souhaite tous d'autres exemples comme
Alliance de l'énergie de l'Est. Alors, ce sera tout, M. le Président.
Le Président (M. Julien) : Merci.
Donc, le bloc d'échange étant terminé, je cède maintenant la parole au député
de Jacques-Cartier. Vous disposez de 12 min 10 s.
M. Kelley : Merci beaucoup, M. le
Président. Mme Bouchard, j'ai une question. C'est un peu précis, mais
c'est quelque chose que... J'étais référé, par le cahier des crédits, à le
rapport annuel d'Hydro-Québec, puis je vous pose une... c'est sur les frais
financiers, et je sais que vous êtes en train de prêter beaucoup d'argent pour
les projets, mais j'ai vu qu'il y a eu une hausse de 248 millions de
dollars d'une l'année à l'autre. Est-ce que ça, c'est un cas exceptionnel ou
est-ce qu'Hydro-Québec est en train... Est-ce qu'il y a comme une autre ronde
de levée de fonds qui s'en vient? Alors, c'est juste de bien comprendre ça dans
toute cette discussion de contrôler des coûts. Il n'y a aucune personne ici qui
aime payer des banques pour les prêts, mais je comprends que ça arrive dans la
vie. Alors, peut-être juste de bien expliquer qu'est-ce qui se passe avec ça.
Mme Bouchard (Claudine) : Si vous le
permettez, je vais vous donner un premier niveau de réponse puis ensuite je
vais laisser mon chef de la finance répondre, mais la réponse à ça, c'est que
nos investissements ont augmenté de l'ordre de 20 %. Alors, si les investissements
augmentent, c'est un peu comme... Vous faites des rénovations ou vous ajoutez
une annexe, vous ajoutez un garage à votre maison, votre maison prend de la
valeur, mais vous devez financer. Alors, l'un est dans l'autre. C'est ce qui
explique l'augmentation des frais financiers. Chose certaine, c'est quelque
chose auquel on est extrêmement sensibles et qu'on suit de très, très près pour
aller chercher les meilleures façons de financer notre plan d'action pour que
ça coûte le moins cher.
Maxime, je ne sais pas si tu veux ajouter
quelque chose?
Le Président (M. Julien) : Alors,
oui, consentement?
M. Kelley : Oui, oui.
Le Président (M. Julien) : Nom et
titre, s'il vous plaît.
M. Aucoin
(Maxime) : Oui, bonjour. Donc, Maxime Aucoin, chef de... chef
de la finance chez Hydro-Québec.
Donc, effectivement, comme Claudine le
mentionnait, l'important, pour nous, c'est qu'il y ait une cohérence entre l'évolution de notre plan d'investissement,
qui, effectivement, augmente... augmente de 20 % depuis un an, de
50 %, 60 % depuis deux, trois ans... que notre... Donc, nos
investissements augmentent. Notre financement, naturellement, augmente en
cohérence. Et donc les frais financiers, qui sont vraiment un dérivé du
financement, augmentent. La bonne nouvelle, c'est que le financement qu'on fait
est au... est au plus bas coût possible. Donc, aujourd'hui, on a la chance de
pouvoir émettre des obligations d'Hydro-Québec qui sont adossées par le crédit
de la province, et donc ça nous donne... procure une façon de développer notre
plan d'investissement au moindre coût possible, là, d'un point de vue
financier.
M. Kelley : Et est-ce que... M.
Aucoin, est-ce que vous avez comme une projection de ça va être quoi
exactement, des frais financiers? Vers la fin de tout... de l'argent que vous
allez chercher sur les marchés, est-ce que vous avez en tête : Vers la
fin, on va être obligés de payer... Comment je vais dire ça? Quand on a
commencé le plan versus la fin, c'est quoi, les frais financiers des banques?
Est-ce que vous avez une idée, une estimation de ça ou ça va évoluer avec
chaque ronde de levée des sommes? Parce que, je comprends, les taux d'intérêt
peuvent changer d'une année à l'autre.
M. Aucoin
(Maxime) : Exactement. Donc, on fait des projections financières puis
qu'on... qu'on remet au gouvernement, au ministère des Finances du Québec.
Donc, dans nos projections financières, on voit l'évolution de nos revenus,
l'évolution de nos investissements, et donc l'évolution du plan de financement,
et, associé à ça, il y a l'évolution, là, des frais financiers. Tout ça est
naturellement en cohérence, là.
• (15 h 20) •
Mme Bouchard (Claudine) : Il faut
vraiment spécifier que l'évolution des frais financiers va être aussi
corollaire avec l'évolution de nos revenus...
M. Kelley : Oui, oui, absolument.
Mme Bouchard (Claudine) : ...parce
qu'on va emprunter pour mettre de la capacité en service qu'on va vendre à nos
clients. Donc, tout ça est relié, dans notre plan financier, sur l'horizon du
plan 2035.
M. Kelley : Puis je sais que,
l'année passée, il y a eu une dégradation de la cote de crédit. Là, je sais que
ça a changé d'un A à un A moins. Est-ce qu'il y a eu un changement cette année
ou toute... et je sais que ce n'était pas... c'était lié avec les finances de le
gouvernement du Québec, point, mais pas de changement cette année?
M. Aucoin (Maxime) : Non, non, pas
de changement cette année, puis on n'a pas... on n'a pas eu d'impact.
M. Kelley : OK, excellent. Une autre question. Dans le cahier
des crédits, nous avons posé une question 27 sur toute somme obtenue du
ministère des Finances ou du gouvernement du Québec à titre de compensation
pour le rabais d'électricité accordé au cours de l'exercice financier
2025-2026. Vous avez répondu : «Une somme de 222 millions de
dollars a été comptabilisée par Hydro-Québec à titre de compensation pour le
rabais d'électricité accordé pour l'exercice financier 2025-2026. Normalement,
ce montant sera versé à Hydro-Québec en juin 2026.»
C'est peut-être plus une question pour le
ministre, parce que, dans le cahier des crédits qu'on regarde, ça, c'est un document du ministère des Finances sur le
Fonds de l'aide à la clientèle domestique d'Hydro-Québec, il n'y a aucune
somme qui est versée. Il n'y a rien, M. le ministre. C'est comme... quand même
pas un zéro. Alors, est-ce que le fonds a été développé au sein de le
ministère, le financement? Je veux juste bien comprendre. Vous avez gardé les
tarifs résidentiels à 3 %, mais il y a un fonds pour compenser les pertes,
entre guillemets, d'Hydro-Québec. Alors, je ne sais pas, M. le ministre, si
vous... Et c'était un élément qui a été mis dans le projet de loi n° 69. On a
créé un fonds pour ça.
M. Drainville : On n'a pas besoin de
compenser parce que les tarifs sont à 3 %.
M. Kelley : Oui, mais, comment je
peux dire ça, Hydro-Québec, ça coûte, eux autres, de l'argent, puis le gouvernement
dit : On va assumer ça. C'était... Comme je dis, c'était partie du 69. On
a eu ça, des discussions qu'on va créer un
fonds dans le projet de loi, qui est maintenant loi n° 24.
C'est bien ça? Alors, le fait est qu'Hydro-Québec, ils ont gardé ça,
c'est correct, là, on va garder les tarifs à 3 %, mais il y a quand même
un coût associé avec ça, et c'est écrit dans les documents des crédits
d'Hydro-Québec. Alors, moi, je veux bien comprendre. Est-ce que le gouvernement
du Québec a transféré l'argent à Hydro-Québec, oui ou non?
Mme Bouchard (Claudine) : ...du
rabais aux clients industriels. Ce à quoi vous référez, c'est un programme bien
cadré. Je vais demander à Dave de vous donner le détail, c'est lui qui maîtrise
le détail, si vous le permettez.
M. Kelley : Parfait.
M. Rhéaume (Dave) : Il y a peut-être
une confusion. C'est un programme qui existe depuis plusieurs années où le
gouvernement du Québec a mis en place un incitatif à l'investissement de la
part des entreprises installées au Québec. Donc, lorsque les entreprises
investissent, ils ont droit à un rabais sur leur facture d'électricité. Ça ne
vient pas vraiment réduire le bénéfice
d'Hydro-Québec, dans le sens que c'est le gouvernement du Québec qui compense.
C'est juste qu'on utilise la facturation d'Hydro-Québec comme moyen de donner,
je dirais, l'aide financière aux clients, mais c'est neutralisé,
essentiellement, sur les résultats financiers d'Hydro-Québec. Ça existe depuis
plusieurs années.
M. Kelley : Parfait. Alors, c'est
quelque chose de séparé. Puis on va aller à la recherche, M. le ministre... On
va transférer l'information du document, mais je me rappelle très, très bien
que, dans le projet de loi n° 69, on a créé un fonds de l'aide à la clientèle
domestique d'Hydro-Québec, puis, comme je dis, il n'y a aucune somme indiquée
sur la feuille qui a été déposée dans l'étude des crédits.
M. Rhéaume (Dave) : Bien, peut-être
juste une précision. Donc là, ce à quoi... Donc, je me souviens très bien de la
création de ce fonds-là. Donc, il n'y a pas de fonds, il n'y a pas de
transfert, il n'y a pas d'argent. Donc, c'est normal qu'il n'y ait pas de
ligne. Hydro-Québec ne reçoit pas de subvention ou d'aide financière par
rapport au seuil de 3 % sur le tarif résidentiel. On charge aux clients
résidentiels 3 %, puis ça fait partie des résultats financiers d'Hydro-Québec,
point barre.
M.
Kelley : Parfait. Bien, est-ce que... M. le ministre, pourquoi le
fonds existe?
M.
Drainville : C'est une excellente question.
Une
voix : ...
M.
Drainville : On me dit... on me dit qu'il a été créé dans le contexte
du projet de loi n° 69, mais qu'il n'a pas été utilisé. Excellente réponse.
M. Kelley : Merci,
M. le ministre.
M.
Drainville : Toujours là pour servir.
M. Kelley :
Maintenant, je veux retourner à un sujet que j'aime beaucoup, et ça, c'est
l'énergie solaire. J'étais supercontent quand j'ai vu les annonces des
subventions pour les panneaux solaires pour les clients résidentiels, mais
aussi des appels d'offres, mais une critique par les joueurs dans le secteur
privé était comme : Bonne chose, mais un peu trop timide. On veut des
appels d'offres un petit plus grands pour se rendre ça plus rentable ou
intéressant. Je sais qu'Hydro-Québec n'a jamais vraiment fait des appels
d'offres à cette grandeur ou, quand même, pour tout le territoire du Québec.
C'est un début, mais c'est quoi, le plan d'aller plus loin? C'est quoi, les
défis aussi d'avoir peut-être des appels d'offres avec des parcs solaires un
petit plus grands?
Mme Bouchard
(Claudine) : Aujourd'hui, pour le solaire, au Québec, il y a trois
façons de le développer, OK, ou il y aura trois façons de le développer.
La première, c'est
l'autoproduction, OK, où le client résidentiel peut donc installer des panneaux
solaires sur son toit, et là, bien, il y a un échange. Il interagit avec
Hydro-Québec. À la fin, bien, on crédite ce qui... ce qui est débit ou crédit,
vous comprenez? Donc, ça, aujourd'hui, les clients obtiennent une subvention
jusqu'à 6 700 $, à peu près, donc 1 000 $ par kilowatt,
pour l'installation de ces panneaux solaires là. Je reviens à la discussion
qu'on avait tout à l'heure. Ça va permettre à un écosystème de pouvoir éclore
de cette situation-là, du côté résidentiel, donc, avec 1 000 $ par...
On est, aujourd'hui,
autour d'à peu près... entre 800, là... autour de 800 clients qui ont
cette désignation-là d'autoproduction. Évidemment, à terme, sur l'horizon du
plan 2035, on en veut 120 000, panneaux solaires. Donc, on est
loin du compte, bien entendu. Alors, c'est pour ça que c'est important, pour
nous, de s'assurer de l'émergence de cet écosystème-là pour permettre d'arriver
à 125 000 panneaux solaires, donc, pas maison, mais panneaux
solaires. Donc, on dit à peu près sept panneaux solaires par maison, si on fait
le calcul.
Donc, de ce côté-là,
c'est ce qui va nous permettre d'atteindre notre objectif, mais, pour ça, il
faut que le marché soit présent et il faut aussi qu'on sache qui installe les
panneaux solaires. On en parlait tout à l'heure, le maître électricien va les
connecter, mais le maître électricien ne monte pas sur le toit. Alors, il va
falloir qu'il y ait une organisation, une structure, de ce marché-là, qui va
être intéressante pour certains entrepreneurs du Québec. Donc, ça, c'est une
façon de développer le solaire la plus rapide, probablement, parce que les
coûts sont devenus intéressants, la technologie aussi. Donc, ça, c'est le
premier.
La deuxième, donc, on
a fait un appel d'offres de 300 MW pour des petits projets qui vont être
directement connectés sur le réseau de distribution. Donc, ils ne vont pas
requérir de modifications de réseaux, qui, généralement, requièrent beaucoup de
temps. Alors, ça aussi, on est dans le court terme, comment on intègre ces
petits projets là, et la bonne nouvelle, c'est qu'on a eu plus de projets, en
termes de mégawatts, que le 300 MW. Donc, on va évidemment choisir les
meilleurs projets d'un point de vue économique, vous l'aurez compris, d'un
point de vue technique et d'un point de vue de l'environnement également.
Donc, ça, c'est en
cours. On va voir le résultat de ça à quelque part début 2027. Pourquoi
c'est aussi long? Bien, c'est parce qu'il faut faire des études d'intégration
de réseaux. La pire des choses, c'est que ce serait : on fait un petit
projet, on l'intègre sur les réseaux, puis ça cause des fluctuations sur les
réseaux ou des pannes chez les voisins. On ne veut pas ça. Donc, on veut
prendre le temps de bien faire les choses.
Ça aussi, ça va faire
émerger un écosystème des parcs solaires du Québec, donc des fabricants et des
installateurs de parcs solaires, au Québec, de moyenne taille, qui va nous
amener à avoir une stratégie de développement de grands parcs solaires pour
nous amener jusqu'à environ 3 000 MW de solaire sur l'horizon du
plan 2035, mais, demain matin, si on voulait faire 3 000 MW de
solaire, pour lancer ça dans l'univers aujourd'hui, on juge que la concurrence
n'est pas là. La compétitivité et la maturité technique de l'écosystème du
Québec, il faut l'aider à grandir, il faut l'amener à maturité puis il faut la
faire grandir pour nous permettre, à terme, d'avoir ce 3 000 MW de
solaire là sur le réseau.
Et il y a beaucoup de
technologies qui évoluent dans le monde aussi, hein? Je disais, la semaine
passée, là, du côté... du côté de l'Europe, vous vous souvenez qu'il y a eu la
grande panne au Portugal et en Espagne l'été passé. Donc, il y a beaucoup,
beaucoup, actuellement, de cas, d'affaires qui se rédigent, d'un point de vue
technique, sur l'intégration du solaire...
Le Président (M.
Julien) : Merci, Mme Bouchard.
Mme
Bouchard (Claudine) : ...en très grande quantité sur le réseau.
Le Président (M.
Julien) : Merci. Désolé de vous interrompre. Ce bloc d'échange est
terminé. Je cède maintenant la parole au député de Maurice-Richard.
Vous disposez de 12 min 12 s.
M. Bouazzi :
Merci beaucoup, M. le Président. Je vais parler de tarifs. Mme la PDG,
peut-être, ma première question, c'est... Dernièrement, il y a eu une demande
de réévaluation des tarifs, entre autres, pour les résidents, pour les
citoyens, et vous avez demandé 3 % pour chacune des trois prochaines
années. C'est bien ça?
Mme Bouchard
(Claudine) : Oui.
M. Bouazzi :
Peut-être... Je vais peut-être quand même poser une question au ministre ici
présent. Si je ne me trompe pas, en octobre 2023, le premier ministre
avait déclaré : «Les augmentations des tarifs d'Hydro-Québec n'excéderont
jamais l'inflation ou 3 %, le moindre des deux.» Étant donné que
l'inflation est inférieure à 3 % et est évaluée inférieure à 3 % pour
les deux prochaines années aussi dans les prévisions du gouvernement,
pourquoi n'avez vous pas tenu votre promesse?
• (15 h 30) •
M.
Drainville : Bien, en tout cas, pour ce qui est du 1er avril
2026, la hausse des tarifs domestiques, elle a été fixée à 3 %.
M. Bouazzi :
C'est ça, mais, comme le premier ministre avait annoncé que ça serait le
moindre des deux, je relis la phrase, peut-être que vous l'avez raté :
«Les augmentations des tarifs d'Hydro-Québec n'excéderont jamais l'inflation ou
3 %, le moindre des deux.» «Le moindre des deux», ça veut dire le moindre
des deux. Or, l'inflation est en dessous de 3 %. Est-ce que vous
considérez que c'est une promesse tenue?
M.
Drainville : Bien, écoutez, l'engagement que nous avons pris, c'est de
ne pas dépasser 3 %, et on maintient cet engagement.
M. Bouazzi :
OK. Qui est différent, donc, de celui d'octobre 2023 par le premier ministre de
la CAQ de l'époque.
Je ne vous mentirai
pas, il y a une réelle inquiétude, dans un investissement de
200 milliards, à se retrouver effectivement à avoir vraiment des
augmentations de tarifs. Et plusieurs études, quand même, nous ont
malheureusement inquiétés encore plus. Dans le coût, il y a plusieurs choses,
et on va entrer dans chacun des détails.
La première, c'est
l'évolution de la consommation d'électricité dans les 10 prochaines
années. Dans vos prévisions sur les 10 prochaines années, l'augmentation
est 10 fois supérieure à la moyenne des 20 dernières années. À quel
point êtes-vous confiante que ceci va s'avérer?
Mme Bouchard
(Claudine) : Quand nous regardons la prévision de la demande, je parle
encore une fois de l'électrification des
transports, les véhicules, notamment, l'électrification des bâtiments,
l'électrification des procédés industriels et aussi la croissance
économique, on arrive donc à une capacité demandée, donc, en besoins, en 2035,
à autour de 10 000 MW. Comme on le disait tout à l'heure, le plan
d'approvisionnement sera révisé à l'automne, mais on estime pour le moment qu'on est encore alignés autour du
10 000 MW nécessaire pour assouvir les besoins du Québec.
M. Bouazzi : Est-ce
que vous avez un document qui détaille ce que vous êtes en train de dire, la
prévision sur les 10 prochaines années des différentes décarbonations,
électrifications, etc.?
Mme Bouchard
(Claudine) : Je vais répéter ce que mon collègue a dit tout à l'heure,
c'est présenté annuellement, à l'automne, à la Régie de l'énergie, débattu et
approuvé par la Régie de l'énergie.
M. Bouazzi : Et
donc ça, ça veut dire... Et ce document, par rapport au PGIRE que le ministre
était censé nous déposer, donc le plan intégré en matière de consommation d'énergie...
Comment vous pouvez avoir un plan sans avoir un plan de la part du
gouvernement?
Mme Bouchard
(Claudine) : C'est deux choses qui sont en cohérence, hein? La partie
électrique est un segment du PGIRE. Le PGIRE, c'est le Plan de gestion intégrée
des ressources énergétiques, donc c'est plus large que l'électricité. Alors, il
y a un volet électrique qui est aligné, bien entendu, avec notre plan
d'approvisionnement. Mais la PGIRE, c'est une tendance long terme, tandis que
le plan d'approvisionnement, c'est quelque chose qui est à moyen terme pour nous permettre de s'assurer de
toujours suffire aux besoins des Québécois. Alors, c'est deux exercices
en parallèle. On collabore, de toute évidence, avec le ministère de l'Énergie
pour le volet électrique de la PGIRE, pour
s'assurer que ce soit en cohérence. Et, de toute vraisemblance, donc, la PGIRE,
qui est revisitée, je crois, aux cinq...
Une voix :
Six ans.
Mme Bouchard
(Claudine) : ...six ans, c'est drôle, c'est censé être cinq, on
arrondit, d'habitude, mais bon, aux six ans... tandis que le plan
d'approvisionnement, lui, est révisé à chaque année. Mais, la PGIRE, c'est
comme une intention. C'est quelque chose de plus large que notre plan
d'approvisionnement.
M. Bouazzi : Mais vous en parlez
comme s'il existait, le plan. En tout respect, on attend encore que le
gouvernement... On comprend même qu'il y a des scénarios qui sont sur la table,
qui ne sont pas choisis. Ça fait que j'admire la cohérence avec une orientation
qui n'est pas encore sur la table, ou alors, évidemment, on n'a pas jugé bon de la partager avec les Québécois. Mais ça, je
ne vous en prends pas rigueur. C'est plutôt le ministre qui devrait...
Mme Bouchard (Claudine) : Oui. Bien,
je me permettrais, en tout respect, de vous dire qu'il y a quand même un plan
préliminaire qui a été déposé à la Régie de l'énergie.
M. Bouazzi : Exact.
Mme Bouchard
(Claudine) : Il y a eu
40 intervenants qui sont venus, donc, commenter la PGIRE en version préliminaire
devant la régie. La régie a émis des commentaires publics aussi sur la version
préliminaire de la PGIRE.
M. Bouazzi : Exact. C'est juste que
le plan, il est... Parce que, sinon, il serait public, et on l'aurait. Et on a
comme repoussé à la fin de la session, au mois de juin. Mais restons sur les...
Donc, vous dites, la prévision, vous, vous avez confiance, même si c'est
10 fois supérieur à la moyenne des 20 dernières années. Sur les
20 dernières années, les prévisions d'Hydro-Québec, combien de fois elles
se sont matérialisées?
Mme
Bouchard (Claudine) : Bon, deux choses. La première des choses, je vous
l'ai dit tout à l'heure, en 2025, on a eu une consommation d'énergie
record ou une demande d'énergie record au Québec, à 185 TWh, qui est en hausse de presque 10 % par rapport à l'année
précédente. Donc, la croissance se matérialise. Vous en parliez vous-même
tout à l'heure, il y a 2 500 MW qui ont été autorisés pour des
projets.
M. Bouazzi : Madame... Mme la
présidente, ma question est très claire.
Mme Bouchard (Claudine) : Oui.
M.
Bouazzi : Moi, je vous donne
la réponse, en fait. Elle ne s'est jamais matérialisée. Contredisez-moi si
c'est... si je me trompe, mais, à
chaque fois qu'on a fait des prévisions, on s'est trompé, ne serait-ce que,
rappelons-nous il y a quelques années, on nous parlait d'un excès
absolument épouvantable d'électricité. Évidemment, on voit aujourd'hui que
cette prévision s'est très, très mal... a très mal vieilli.
Mme Bouchard (Claudine) : Si je peux
me permettre, par ailleurs, l'électrification des transports, à ce moment-là,
n'était pas ce qu'elle est aujourd'hui. L'évolution technologique des
transports n'était pas ce qu'on connaît aujourd'hui. Alors, il y a toute une
évolution technologique qui nous amène vers l'électrification.
M. Bouazzi : C'est vrai.
Mme Bouchard (Claudine) : Il y a
toute une quête de l'énergie renouvelable partout dans le monde qui nous amène à l'accélération de cette demande-là.
Alors, moi, ce que je vous dirais, dans tout ce qu'on fait aujourd'hui, il
ne faut surtout pas se baser sur le passé pour essayer de prédire l'avenir. Ce
serait une très mauvaise idée. Il faut en tenir compte, bien entendu, mais
ajuster les paramètres au gré du moment, surtout avec ce qu'on voit dans la
géopolitique mondiale actuellement.
M. Bouazzi : Je ne suis pas en train
de vous dire qu'il faut se baser sur le passé. Je suis juste en train de vous
dire que, dans le passé, on s'est trompé à chaque fois. Et donc on comprend
qu'on veut bien faire confiance, mais c'est quand même des chiffres
impressionnants. Dans les coûts, dans les fameux 2 500 MW que
M. Fitzgibbon a distribués, pour la majorité, sinon la totalité au tarif
L, le tarif L est autour... Non? Oui?
M. Rhéaume (Dave) : ...
M. Bouazzi : Voilà. Donc, en
moyenne, disons 0,05 $ du kilowattheure. La nouvelle électricité nous
coûte autour de 0,11 $ le kilowattheure. Il y a un rapport d'Option
Consommateurs qui a fait le calcul de la différence de ce que ça va nous coûter
sur 20 ans. C'est 22... entre 21 et 22 milliards de dollars, sur
20 ans, de différence par rapport au coût marginal de la nouvelle
électricité et ce qu'on a promis. Est-ce que vous avez des études qui
contredisent l'étude en question? Je suis sûr vous l'avez analysée.
Mme Bouchard (Claudine) : En fait,
souvenez-vous, sur l'horizon du plan d'action, on dit que les nouveaux
approvisionnements vont coûter 0,13 $. Cependant, quand on fait le
partage, on a un bloc d'électricité qui est vraiment moins cher parce qu'on a
des installations qui sont là depuis 75 ans, qui ont été immobilisées et
qui produisent avec une source renouvelable et gratuite,
qui est l'eau. Quand on regarde, je dirais, la moyenne de tout ça, on estime
que c'est rentable de pouvoir faire ces projets-là pour le Québec au tarif L et
au tarif G, qui sont prévus pour tous les projets ou tous les blocs d'énergie de
plus de 5 MW.
M. Bouazzi : On
s'entend que plus on va produire d'électricité qui est à 0,13 $ le
kilowattheure, plus la... patrimoniale sera faible dans le pourcentage et plus
l'électricité va coûter plus cher. On est d'accord?
Mme Bouchard (Claudine) :
Oui. Mais souvenez-vous aussi de ce que j'ai dit tout à l'heure, hein? On a
une ressource qui est précieuse puis on veut s'assurer qu'on crée le maximum de
richesse durable avec chaque mégawatt. Alors, c'est pour ça qu'on a déposé,
pour les cryptomonnaies et les centres de données qui créent moins de richesse
en emplois, moins de retombées économiques... on a demandé des tarifs plus
élevés, de 0,13 $ et de 0,19 $. Et on a fait la même chose pour les
surconsommateurs domestiques. Donc, les maisons qui consomment au-delà d'un
certain nombre, donc de 35 000 kWh par année, donc on a proposé un
tarif plus élevé, une augmentation de tarifs plus accélérée pour ces clients-là
justement pour assurer de créer le maximum de valeur pour chaque électron supplémentaire
qu'on doit développer.
M. Bouazzi : Je
vous entends. Je ne rentrerai pas dans les détails de la cryptomonnaie, mais,
franchement, ça ne crée pas beaucoup... Je comprends qu'ils achètent de
l'énergie plus chère, mais ça ne crée pas d'emploi et surtout ça ne sert à
rien, la cryptomonnaie, à part à spéculer en bourse. Mais ce n'est pas vous.
C'est le ministre à côté qui devrait s'y opposer. Ce n'est pas la question de
ces crédits.
Une autre chose.
Donc, moi, ce que je vous dis, c'est : Si on se trompe dans l'évaluation,
si l'idée de, tout d'un coup, on payait 10 fois plus... Et, en passant,
l'argument de dire qu'on en a vendu plus cette année, c'est comme la différence
entre le climat et la météo : cette année, il a fait spécialement froid,
et donc je comprends qu'on en a consommé vraiment plus. Mais c'est... c'est
particulier, on s'entend, en ce moment.
Mme Bouchard
(Claudine) : Mais la tendance est là. Ce n'est pas juste cette année.
Cette année, ça a été un record, mais on voit très, très bien la courbe
d'augmentation de la demande au Québec.
M. Bouazzi : L'autre
centre de coûts... Et ici j'ai devant moi un document interne d'Hydro-Québec où
on a un certain nombre de projets. Où, par exemple, j'ai le projet de
réhabilitation des roues... remplacement des roues de La Grande 4, j'ai la
réhabilitation aussi au niveau de barrage Robert-Bourassa où on est passés, par
exemple, pour le premier, à un coût de 38 millions à un coût de
320 millions, donc on s'est trompé de 800 %, huit fois plus cher, le
deuxième, de 38 millions à 273 millions, donc aussi il y a à peu près
800 % de dépassements. Si on se retrouve dans une situation où, d'un côté,
la consommation ne se matérialise pas, d'un côté, on a des projets, quelques-uns,
pas tous, là, où les coûts explosent, et, en fin de compte, avoir investi les
200 milliards, donc des lignes qui coûtent, dans mes souvenirs,
40 milliards, à peu près, les lignes de transport du nord au sud, bon, et
qu'en fin de compte la consommation ne se matérialise pas, c'est quoi, votre
plan B? Comment on va faire pour ne pas augmenter l'électricité aux Québécoises
et Québécois?
• (15 h 40) •
Mme Bouchard (Claudine) : J'ignore le document auquel vous avez... vous avez eu accès, document
interne, mais je peux vous dire qu'il n'y a pas de dépassements decoûts
actuellement pour les groupes turbine-alternateur. Ce sont des projets qu'on
suit de façon très, très, très serrée. Alors, moi, le 32 millions, pour
moi, là, ça, c'était l'étude d'avant-projet du projet. Et ensuite le projet,
oui, il est pas mal plus cher, parce que, là, on change les roues. Et la
centrale Robert-Bourassa, je vous rappelle, c'est la plus grande, la plus
puissante qu'on a dans tout le Québec et en Amérique du Nord, donc c'est normal
que ça coûte 800 millions pour changer les groupes turbine-alternateur
dans une centrale de cette grandeur-là et de cette ampleur-là. Alors, je ne
peux pas voir le document que vous avez, mais je peux vous dire qu'actuellement
on n'est pas en dépassement de coûts. Ce sont des coûts qu'on suit de façon
très rigoureuse.
M. Bouazzi :
Est-ce que vous vous engagez à rendre publique... l'évolution des coûts des
différents projets de mise à jour, justement?
Mme Bouchard
(Claudine) : C'est de la gouvernance interne. Ce n'est pas quelque
chose qu'on peut rendre public pour la concurrence. N'oubliez pas que ce sont
des manufacturiers, des gens de l'ingénierie qui font affaire avec nous. Moi,
ce sur quoi je peux vous rassurer, c'est qu'on s'assure d'avoir les meilleurs
prix, comme j'expliquais tantôt...
Le Président
(M. Julien) : En terminant.
Mme Bouchard
(Claudine) : ...pour produire le kilowattheure le moins cher possible
pour les Québécois.
Le Président (M.
Julien) : Merci. Ce bloc d'échange étant terminé, je cède maintenant
la parole au député de Jacques-Cartier. Vous disposez de
12 min 10 s.
M. Kelley :
Merci beaucoup, M. le Président. Juste, je vais passer à un autre sujet. On
a posé une question, Mme Bouchard, dans le cahier des crédits, sur la...
bien, la possibilité de la production d'énergie nucléaire. Et nous avons posé
deux différentes questions : toutes les sommes investies pour mettre à
niveau les installations existantes puis toutes les sommes investies dans la
recherche ou des partenariats de recherche pour des nouvelles technologies. Je
sais qu'il y a eu quand même à l'interne... Et ça, c'est un document, on a reçu
par un accès d'information ça fait un couple des années. Comme vous avez eu des
études, vous avez regardé les petites réacteurs modulaires. Nous avons rendu
où? Ou vous autres ont rendu... rendu où avec les technologies nucléaires?
Est-ce que c'est quelque chose, vous êtes toujours en train de regarder comme
une option de l'avenir? Est-ce que... Est-ce que vous pouvez partager certaines
informations avec nous? Je comprends, certaines choses sont de nature
confidentielle, mais la parole, c'est... c'est à vous.
Mme Bouchard
(Claudine) :
Clairement. Comme on l'a mentionné dans le Plan
d'action 2035, il n'y a pas d'énergie de source nucléaire qui arrive sur
l'horizon de 2035. De toute façon, on est déjà en 2026, alors les délais ne le
permettent pas de toute évidence. Alors, on... on poursuit avec la
déclassification de Gentilly-2.
Ce à quoi vous
référez probablement, c'est une étude qui a été faite par AtkinsRéalis pour
savoir est-ce que c'était réactivable, le site de Gentilly-2. La conclusion de
ça, c'est que d'essayer de faire du neuf avec du vieux, c'est... ce n'est
jamais une bonne idée, on va dire ça comme ça, et qu'on était trop loin dans la
phase de déclassement de la centrale. Donc, si on voulait faire du nucléaire,
ce n'était pas la meilleure option, la plus rentable et, en termes
d'échéancier, la plus intéressante pour le Québec.
Maintenant, c'est sûr
qu'on suit l'évolution de la technologie nucléaire partout dans le monde,
autant les petits réacteurs que les grands réacteurs, bien entendu.
Actuellement, tous les pays dans le monde sont à la course de la maturité
technologique nucléaire. Aujourd'hui, il n'y a que très peu de projets,
probablement tous en Chine, qui respectent leurs échéanciers et qui respectent
leur budget. Et, quand je dis «respecte» et «dépasse», là, on ne parle pas de
dépasser de 10 %, on parle de fois trois, fois quatre.
Donc, nous, pour le moment,
on est à regarder quel sera notre positionnement, comment on va se positionner.
L'énergie nucléaire peut être intéressante, mais il faut voir comment on
l'utilise dans notre mix énergétique. Mais, pour le moment, il est un peu tôt
pour déployer ce genre de technologie au Québec, compte tenu de sa maturité
technologique. Mais on suit avec beaucoup, beaucoup d'intérêt ce qui se passe
ailleurs dans le monde.
Et il y a toute une
infrastructure aussi de chaînes d'approvisionnement liées à l'industrie nucléaire
qui s'était un peu dissoute un peu partout. Les Français étaient les premiers,
hein, dans les années 1980, et eux aussi sont à rebâtir cette chaîne
d'approvisionnement là.
Alors, nous, on suit
ça avec l'organisme international de l'énergie nucléaire pour voir comment ça
se passe un peu partout dans le monde. Mais, pour le moment, il y a encore de
la maturité, je dirais, à acquérir de ce côté-là pour qu'Hydro-Québec
s'investisse à développer du nucléaire.
M. Kelley :
Et j'imagine, comme... je comprends qu'avec Gentilly, c'est... c'est
peut-être trop tard, mais quand... quand même, si jamais on va de l'avant, de
choisir un site, quand même, ça, ça doit être très complexe aussi. Parce que,
je pense, des fois, il y a une impression, dans une partie de la population,
que de bâtir un petit réacteur, c'est simple. C'est comme très facile, on peut
mettre ça à côté des parcs résidentiels, et tout ça. On sait que ce n'est pas
vrai, mais, quand même, ce défi est probablement pas mal majeur. On place ça
où? Puis, quand même, l'intégration avec le réseau est aussi complexe, alors
c'est peut-être aussi... juste rappeler à la population que ce n'est pas facile
non plus de bâtir un petit centrale nucléaire ou, quand même, un grand. C'est
un énorme défi, avec des coûts astronomiques.
Mme Bouchard
(Claudine) : C'est un énorme défi. Puis évidemment, je le disais
tantôt, autant les petits réacteurs que les grands, il faut regarder la
maturité, mais encore plus les petits réacteurs, parce qu'aujourd'hui la façon
qu'on avait de penser le déploiement des petits réacteurs n'est pas encore tout
à fait au point. Hein, aujourd'hui, ces petits réacteurs là sont quand même
gros et requièrent les mêmes permis qu'une grande centrale. Donc, on n'accélère
en rien le développement de petits réacteurs. Donc, ça, c'est un.
Deuxièmement,
évidemment, quand on fait des sondages, ce qui est un peu bizarre, c'est que
c'est souvent les populations autour des installations nucléaires, puis là je
parle ailleurs dans le monde, c'est les gens qui habitent autour des centrales
nucléaires qui, un, sont davantage, je dirais, sensibilisés, qui connaissent
davantage les mesures de sécurité liées à ce type de centrale là, et c'est là
qu'on voit la plus grande acceptabilité sociale, si je peux m'exprimer ainsi.
Donc, il faut réfléchir effectivement à cette avenue-là pas juste au Québec,
mais partout dans le monde, à l'acceptabilité sociale de ces grands projets là.
Et je vous dirais que le plus important là-dedans, c'est les délais pour
l'obtention des permis, qui est quand même encore, je vous dirais, quelque
chose d'extrêmement rigoureux, bien entendu, parce qu'on veut que ce soit
rigoureux, mais assez long également.
M. Kelley : Et,
j'imagine, vous suivez de près qu'est-ce qui se passe en Ontario. Et je sais
qu'eux autres ont déjà des réacteurs existants, puis c'est, je ne dis pas
simple, mais c'est facile de construire une... de... production supplémentaire
sur un site où il y a déjà une centrale nucléaire. Alors, c'est, eux aussi, un
petit peu un défi. Mais, quand même, qu'est-ce qui se passe en Ontario,
j'imagine...
Mme Bouchard
(Claudine) : On suit ça de très près. Évidemment, on est en lien avec
toutes les utilités partout dans le Canada pour voir ce qui se passe. Que ce
soit en Saskatchewan, en Alberta, en Colombie-Britannique ou
encore du côté de l'Ontario, alors on suit ça très près. Et on s'intéresse
beaucoup au développement, comme je disais, qui se passe au Canada
actuellement. Il y a aussi le Nouveau-Brunswick, une centrale de
Point Lepreau, donc, qui a du nucléaire également, donc on suit ça de très
près.
M. Kelley : Et,
Mme Bouchard, une autre question en lien avec le nucléaire. Ah! excusez-moi,
j'ai en train de perdre mon... mon fil de pensée. Ah! c'est ça. C'est sur la
réglementation aussi autour de tout... tout qui est nucléaire de niveau
fédéral. J'ai eu la chance de visiter Hitachi. Puis ils ont expliqué un petit
peu, de fabriquer un gros transformateur pour une centrale nucléaire, ça... il
y a juste plus de réglementations à cause le fait que tout est contrôlé par le
fédéral ou CANDU. Mais, bref, est-ce que ça, c'est aussi une chose que vous
regardez? D'embarquer dans ça aussi ajoute beaucoup de fardeau. On peut décider
sur un barrage ou un parc éolien ici, au Québec, avec nos compétences, mais, le
moment qu'on se rend dans le nucléaire, c'est... tout est hautement réglementé,
avec raison. Mais, j'imagine, ça, c'est aussi une barrière qui ajoute des coûts
à un projet éventuel.
Mme Bouchard
(Claudine) : Évidemment, l'expertise d'Hydro-Québec, ça a été, dans le
passé, de développer de l'hydroélectricité. On devient de mieux en mieux dans
l'éolien. On veut devenir de mieux en mieux dans le solaire. On ne peut pas
être bons dans tout, alors il faut suivre ce qui se passe ailleurs. Et il
faudra faire des choix sur notre mix énergétique, comment on adresse ce mix
énergétique là. Encore une fois, on suit ça avec beaucoup d'intérêt.
Et, oui, il y a la
réglementation. Mais, qu'elle soit provinciale ou fédérale, la réglementation
autour des centrales nucléaires partout dans le monde, elle est rigoureuse,
voire rigide. Mais c'est important qu'elle le soit pour donner confiance à la
population, bien entendu, pour éviter des accidents comme on a pu connaître
dans le passé. Alors, ça, on a pleinement
confiance là-dedans. Maintenant, de toute évidence, à un certain moment, il
faudra peut-être qu'on voie les choses différemment en termes de durée
et de processus. Donc, c'est plus de ce côté-là, là, qu'on pourrait travailler
avec différents partenaires.
M. Kelley : Parfait.
Puis ça... On ouvre une porte à notre autre sujet, et ça, c'est l'acceptabilité
sociale. Il y a eu une... récemment un appel des offres pour les projets
éoliens dans... éoliens dans le sud de Québec. Et souvent c'était... les terres
qui étaient sélectionnées par Hydro-Québec, c'est sur les terres agricoles, pas
toutes, mais une grande partie. Puis on arrive à un moment où la CPTAQ puis,
quand même, le ministère de l'Agriculture puis l'UPA sont fortement contre
d'avoir des tours éoliennes sur les terres agricoles. Comment on va s'assurer
que tout ça marche? Et je ne veux pas parler pour tous les agriculteurs du
Québec, je sais qu'il y a certains qui sont pour, des autres qui sont contre,
mais, quand même, c'est difficile. Et, j'imagine, ça prend un petit peu de
coordination aussi avec le ministre de l'Économie, mais aussi le ministère...
mais MAPAQ pour s'assurer que tout ça marche, parce que c'est superimportant,
pour le plan 2035, de s'assurer que la partie des projets privés dans le sud
avance.
• (15 h 50) •
Mme Bouchard
(Claudine) : Oui. Vous savez, on a deux moyens de développer l'éolien,
hein? Vous vous souvenez? On va par appels d'offres. Donc, le sud du Québec va
être développé par appels d'offres. Ce sera des plus petits projets, moins
structurants par rapport au réseau de transport. Donc, ça, ça va être développé
par appels d'offres, donc, d'autres partenaires qui ont déjà développé d'autres
parcs au Québec. Par ailleurs, les grands parcs de 1 000 MW et plus, par exemple, ceux-là vont être développés
par Hydro-Québec en partenariat avec les communautés locales autochtones
et non autochtones. Donc, ça, c'est deux choses.
Donc, ce à quoi vous
référez, c'est vraiment des projets qui sont issus de différents appels
d'offres du passé qui se retrouvent en terres agricoles dans le sud du Québec.
Maintenant, Hydro-Québec et le Québec est dans l'industrie éolienne depuis
20 ans. On a beaucoup appris depuis les 20 dernières années. Et on a
modulé la façon de développer nos projets pour limiter l'impact sur les terres
agricoles comme sur tout le reste du paysage et sur tout le reste de
l'empreinte du territoire du Québec, comme on le fait pour les lignes de
transport, soit dit en passant. Une des clés de cette recette-là, c'est de
travailler en amont avec les communautés, avec les agriculteurs, avec les MRC
et avec les municipalités, ce dans quoi nos partenaires qui développent les
mégawatts issus des appels d'offres se sont inscrits et ce dans quoi ils
s'investissent.
Maintenant, on est
fiers, grâce à ces connaissances-là, d'avoir pu s'asseoir avec l'UPA et de
convenir d'une entente de principe sur le développement de parcs éoliens en
terres agricoles pour minimiser l'impact et s'assurer qu'on travaille avec les
agriculteurs au cas le cas pour réduire l'impact et leurs pertes, s'il y en a,
bien entendu. Mais, partout dans le monde, on est capables de concilier le
développement éolien. Parce qu'au Québec on développe l'éolien, mais ça se
développe partout dans le monde de façon encore plus accélérée qu'au Québec.
Alors, ailleurs dans le monde, on est capables de concilier le développement
éolien et l'agriculture, alors faisons le pari qu'au Québec on est tout aussi
capables de le faire.
Est-ce que c'est
parfait? Bien, on va continuer d'apprendre ensemble à développer les meilleurs
projets. Mais, pour ça, il faut se parler puis développer ensemble les
meilleures méthodes pour développer ces projets-là, comme on le fait avec les
communautés autochtones et allochtones pour les grands projets structurants.
M. Kelley : Parfait.
Et peut-être, M. le ministre, vous pouvez complémenter le rôle de... bien, de
vous, mais aussi de votre... de votre collègue au MAPAQ. Comment vous pouvez
s'assurer que les projets et les appels d'offres qui étaient faites par
Hydro-Québec sont un succès, puis il n'y a pas un clash avec les agriculteurs
du Québec?
Le Président (M.
Julien) : En 50 secondes.
M. Drainville : En se parlant. En se
parlant. Moi, je rencontre le président de l'UPA dans la plupart des
rendez-vous économiques auxquels j'ai assisté au cours des dernières semaines.
Il est toujours présent et... Alors, il faut se mettre en mode écoute, il faut
travailler avec les agriculteurs puis il faut trouver l'équilibre. Puis je
trouve que l'approche de Mme Bouchard et de la direction d'Hydro-Québec
est la bonne, c'est-à-dire qu'il faut cheminer ensemble, il faut trouver le
juste milieu. Ce n'est pas toujours évident. Ce n'est pas toujours facile, mais
je pense que, dans la vaste majorité des cas, il y a moyen de trouver la voie
de passage. Puis c'est là-dessus qu'il faut travailler, parce qu'il faut
préserver nos terres agricoles, mais il faut continuer à avancer avec l'éolien.
Le Président (M. Julien) : Merci.
Merci, M. le ministre. Donc, ce bloc d'échange est terminé. Je cède maintenant
la parole au député de Jean-Talon. Vous disposez de 12 min 10 s.
M. Paradis : Rebonjour. J'aimerais
discuter avec vous de vos interactions avec la Régie de l'énergie. L'année
dernière, j'ai questionné votre prédécesseur sur cette thématique-là et je lui
ai parlé de la politisation des tarifs d'électricité. Et j'ai... je le
questionnais sur sa relation avec le gouvernement, avec la ministre de
l'époque, puis sa relation avec la Régie de l'énergie, puis je lui ai
dit : Bien là, actuellement, il semble y avoir beaucoup de collaboration
avec le gouvernement, alors que c'est la régie, avec son indépendance, qui
devrait déterminer les tarifs. Il m'a répondu ceci, je le cite :
«Franchement, monsieur, je suis très à l'aise avec ça et je suis plus à l'aise
avec ça qu'un groupe de technocrates, à la régie, qui ne sont pas élus.» Là, il
fait référence de sa relation avec le gouvernement pour l'établissement,
notamment, du plafond à 3 % de l'augmentation. Il ajoute, je le
cite : «Je suis beaucoup plus à l'aise avec un gouvernement élu de façon
démocratique par rapport à un groupe de fonctionnaires.» Est-ce que vous
pourriez nous dire ce que vous pensez de cette déclaration? Est-ce que ça
reflète votre façon de considérer les interactions d'Hydro-Québec avec la régie
et avec le gouvernement?
Mme Bouchard (Claudine) : En tout
respect, M. le député, je ne vais pas commenter les énoncés de mon
prédécesseur. Par contre, je peux vous dire qu'on travaille avec la régie,
qu'on a plusieurs dossiers, et qu'on a déposé,
donc, des tarifs en vertu de la nouvelle loi n° 34... 24, pardon, sur une
demande tarifaire jusqu'en 2029. La régie nous est revenue avec sa
décision. Alors, il y a des discussions avec la régie sur une base peut-être
hebdomadaire ou quasi aux deux semaines.
Alors, quand même, cette relation-là, avec notre réglementaire, notre instance
réglementaire, elle est là, elle est présente.
Et on a plusieurs dossiers devant nous, par ailleurs.
Et le plan d'action, pour nous, c'est vraiment notre étoile du Nord et c'est
là-dessus qu'on veut travailler. Donc, on travaille avec la régie pour
s'assurer qu'on lui donne ce dont elle a besoin pour prendre les meilleures
décisions, et que nous, on fait bien notre travail dans cette conséquence-là,
et qu'elle voit la trajectoire à long terme, non seulement les décisions long
terme sur les tarifs, mais qu'on puisse ensemble définir la trajectoire long
terme pour le Québec avec le Plan d'action 2035.
M.
Paradis : Vous me permettrez d'insister, parce que,
lorsqu'il a prononcé ces mots-là, il était le porte-parole de la société
d'État d'Hydro-Québec, et c'est ce qu'il a dit de sa vision de la Régie de
l'énergie. J'aimerais savoir si ses mots reflètent toujours la façon de la
haute direction d'Hydro-Québec de considérer la Régie de l'énergie. Parce que,
je pense que vous le savez puis j'ai vu tout le monde quand j'allais citer ça,
ça a fait beaucoup de bruit, cette déclaration, au Québec, pas seulement dans
les milieux spécialisés, mais au Québec. Alors, j'aimerais savoir si cette
vision reflète toujours la haute direction ou si vous voudriez exprimer une
autre façon de considérer vos interactions avec la Régie de l'énergie et avec
le gouvernement du Québec.
Mme Bouchard (Claudine) : La façon
dont je travaille, avec toutes les parties prenantes de l'entreprise, c'est de
travailler en collaboration, mais il faut qu'on convienne ensemble d'objectifs
communs, bien entendu. C'est là où c'est important, alors, que ce soit avec le
gouvernement, les parties prenantes, que ce soient les communautés autochtones,
que ce soient les MRC. Quand je suis allée au Saguenay, la semaine dernière,
j'ai rencontré plusieurs préfets de MRC. Alors, pour moi, le travail en
partenariat vers un objectif commun, qui est le Plan d'action 2035, pour
le Québec, c'est comme ça qu'il faut travailler.
Maintenant, parfois, il y a des moments
peut-être de tension parce qu'on ne voit pas toujours à 100 % les choses
de la même façon. Mais, comme on l'a dit, c'est la même chose avec les
agriculteurs, il faut trouver cette voie de passage là. Parce que, ce qu'on est
en train de faire, c'est beaucoup plus large qu'Hydro-Québec. C'est pour le
Québec qu'on est en train de faire ça, pour un Québec durable et riche de son
économie.
M. Paradis : Je comprends la
délicatesse de l'exercice qu'on est en train de faire, mais c'est important,
parce que la Régie de l'énergie, elle a une posture qui est prévue par la loi.
Et vos relations avec le gouvernement du Québec et avec la Régie de l'énergie
sont aussi régies par la loi. Et j'aimerais une réponse un peu plus claire
parce que je... vous savez, la réponse que j'aimerais avoir, qui mettrait les
choses au clair : Est-ce que cette position reflète toujours la posture
d'Hydro-Québec face à la Régie de l'énergie?
Mme Bouchard (Claudine) : Moi, ce
que je vous dis, c'est qu'il faut travailler en partenaire avec toutes les
parties prenantes dans l'univers, dans l'écosystème d'Hydro-Québec.
M. Paradis : Je
vais continuer sur la relation avec la Régie de l'énergie. Puis, je vous le
dis, je vais... je vais reposer ensuite ma question. J'ai vu, dans les demandes
de renseignements particuliers... C'est une question que nous avons posée, à la
troisième opposition, sur les dépenses liées aux représentations devant la
Régie de l'énergie. Et Hydro-Québec, en 2025, a dépensé
24,5 millions de dollars en frais de représentation devant la Régie
de l'énergie. J'aimerais savoir si vous avez des chiffres plus précis sur ces
montants pour aller en pourvoi de contrôle judiciaire à l'encontre des
décisions de la Régie de l'énergie et si vous pourriez me dire aujourd'hui...
si vous pouvez me dire aujourd'hui combien de fois, dans les dernières années,
vous êtes allés en pourvoi en contrôle judiciaire à l'encontre des décisions de
la Régie de l'énergie.
Mme Bouchard (Claudine) : Bon,
premièrement, le 24 millions, ce n'est pas seulement les représentations
d'Hydro-Québec, mais c'est aussi, ce que je comprends, le remboursement des
frais pour les intervenants devant la régie, si je comprends bien. OK.
M. Paradis : Oui, c'est
2,7 millions que vous avez payés aux intervenants. Et... Je comprends.
Mais c'est quand même néanmoins 24,5 millions. J'aimerais savoir si vous
pouvez me donner les chiffres, par contre, des coûts pour les pourvois en révision judiciaire. C'est-à-dire, pour que les
gens, qu'ils nous comprennent, là, c'est que, là, il y a une décision
qui est rendue par la régie, et Hydro-Québec décide d'en appeler, d'aller en
pourvoi pour dire : On n'est pas d'accord avec la décision. J'aimerais
savoir si vous pouvez me dire combien vous avez dépensé pour ces recours-là et
combien de fois vous êtes allés en pourvoi.
• (16 heures) •
Mme Bouchard (Claudine) : Bon, je
n'ai pas ces chiffres-là avec moi, vous l'aurez compris. Je sais que c'est
arrivé dans le passé. Combien de fois? Je ne peux pas vous dire exactement.
Alors, on peut vous revenir avec le nombre de fois qu'on est allés en pourvoi
devant la Régie de l'énergie.
Juste vous
dire qu'évidemment Hydro-Québec est un distributeur d'électricité, mais il y a
d'autres distributeurs aussi qui sont... qui vont aussi en pourvoi devant la
Régie de l'énergie, là. Ce n'est pas... Ce n'est pas Hydro-Québec... Tu
sais, je ne veux pas qu'on... je ne veux pas qu'on voie ça, Hydro-Québec et la
régie. C'est, dans la loi, prévu qu'on puisse se prévaloir de ce droit-là,
comme tous les autres distributeurs qui sont régis par la Régie de l'énergie.
Le Président (M. Julien) : Donc,
Mme Bouchard, je comprends que c'est un engagement que vous... vous prenez
de revenir avec l'information?
Mme Bouchard (Claudine) : Pour le
nombre, oui.
Le Président (M. Julien) : Merci.
Mme Bouchard (Claudine) : Oui, pour
le nombre de pourvois, oui.
M. Paradis : Très bien. Est-ce que
vous connaissez quel est le délai pendant... que la Cour supérieure prend pour
rendre des décisions, notamment quand vous faites des pourvois en contrôle
judiciaire sur la décision tarifaire de la régie?
Mme Bouchard (Claudine) : Je ne peux
pas me prononcer, je n'ai pas ce niveau de détail là. Je ne sais pas, Dave, si
tu l'as, mais...
M. Rhéaume (Dave) : C'est un
processus qui peut s'échelonner sur des mois, ça ne se compte pas en jours.
M. Paradis : Et est-ce que ça peut
être aussi sur des années?
M. Rhéaume (Dave) : Écoutez, on...
tout est, j'imagine, possible, là, mais je pense qu'on peut s'attendre à un
processus qui pourrait prendre, tu sais, plusieurs mois, voire une année,
peut-être légèrement plus.
M.
Paradis : Très bien. Alors... Mais j'ai hâte d'avoir ces
informations parce qu'un des éléments... Vous savez, on est en contact
constant avec les intervenants du milieu, et une des choses qu'on entend
beaucoup actuellement, c'est qu'Hydro-Québec
multiplie le nombre de recours contre les décisions de la Régie de l'énergie, ce qui complique la vie des intervenants et ce qui crée aussi
de l'incertitude sur les tarifs applicables.
Vous avez
parlé vous-même de l'importance de la certitude quant aux tarifs. Est-ce que
vous pensez ou est-ce que vous êtes d'avis que votre politique de
multiplier les pourvois en contrôle judiciaire contre les décisions de la Régie
de l'énergie, qui fixe les tarifs, contribue à créer de la certitude quant aux
tarifs ou de l'incertitude?
Mme Bouchard
(Claudine) : Deux choses. Premièrement, des pourvois récents, on en a
deux, on en a déposé deux. Donc, il faut juste relativiser les choses, donc
deux. De toute évidence, la barrière, je dirais, du 3 %, elle s'applique,
alors... et du 4 %... et de l'échelle de 4 % à 5 % s'applique
également. Donc, il y a la variabilité des recours. Donc, quand on a déposé nos
requêtes tarifaires 2026-2027, 2028-2029, on était à l'intérieur des
échelles d'abordabilité et de concurrence qu'on a toujours dit, c'est-à-dire
3 %, 4 % à 5 %. Donc, la prévisibilité demeure, compte tenu de cette échelle-là. Évidemment, on veut offrir
les meilleurs tarifs à nos clients, mais il faut en même temps s'assurer de
développer le plan d'action avec la séquence, la vélocité nécessaire pour
s'assurer de donner la qualité de service au client, auquel ils s'attendent,
bien entendu, et de développer la capacité nécessaire pour répondre à la
sécurité énergétique du Québec, et à son développement, et à sa décarbonation.
Ça, c'est vraiment les intérêts qu'on veut défendre devant la régie.
Après
ça, de toute évidence, une des décisions de la régie, puis on peut le voir,
c'est public, là, c'est la non-reconnaissance du besoin de maintenance
pour réduire le nombre de pannes. Ça, c'est un des pourvois que nous avons
déposés parce que nous, on estime que la qualité de service qu'on offre à nos
clients actuellement, elle n'est pas à la hauteur de leurs attentes. Et on a
même eu un rapport du VGQ qu'on est venu défendre ici. Donc, le plan d'action
était défendu ici, à l'Assemblée nationale, pour démontrer qu'on avait du
rattrapage à faire. Donc, pour nous, c'est important de défendre ce principe-là
parce que nos clients ont droit à une qualité de service. Et ça, bien, c'est ce
qu'on veut défendre dans le cadre de la Régie de l'énergie.
M. Paradis : Est-ce
que, lorsque vous faites ces pourvois et que vous déplacez le débat de la Régie
de l'énergie, qui est le forum naturel, vers les tribunaux supérieurs... est-ce
que vous considérez que ça contribue à la qualité et à la capacité des
organisations de la société civile à être en dialogue avec Hydro-Québec puis à
suivre le cours de ces débats-là en Cour supérieure, notamment compte tenu du
coût et des délais associés à ces démarches-là?
Mme Bouchard
(Claudine) : Vous savez, la Régie de l'énergie, ce n'est pas le seul
endroit où on a des discussions avec les groupes, on a aussi beaucoup de
discussions non seulement avec les groupes qui représentent les clients, mais
aussi directement avec nos clients un peu partout au Québec. Alors, oui, il y a
la régie, il y a l'exercice, évidemment, qui est démocratique, devant la régie,
mais il y a aussi, à notre sens, les intérêts des Québécois à plus long terme,
qui est la réduction du nombre de pannes. Et c'est l'engagement qu'Hydro-Québec
a pris envers le Vérificateur général du Québec, de réduire le nombre de
pannes. Et c'est là-dessus qu'on... je dirais, qu'on se fixe pour en appeler de
cette décision-là.
M. Paradis : Très
bien. Je vais donc attendre les données sur les questions que je vous ai
posées.
Je vous amène sur un
tout autre sujet. Il y a un projet qui est un projet que vous qualifiez... en
tout cas, qui est qualifié par le gouvernement, d'autoproduction, c'est celui
de TES Canada, en Mauricie. Donc, c'est une usine d'hydrogène, mais associée à un
parc éolien. Néanmoins, il y a une interconnexion avec un réseau de
transmission d'Hydro-Québec qui est prévue, et le gouvernement a attribué
150 précieux mégawatts à ce projet-là.
Il y a déjà eu quatre
référendums, des sondages et des élections municipales au cours desquels une
vaste majorité de conseillers municipaux opposés à ce projet-là ont été élus,
et les quatre référendums sont largement défavorables au projet. Dans votre
stratégie de développement éolien, vous dites ceci : «L'acceptabilité sociale
et la confiance publiques devront constituer les fondements des projets
énergétiques à venir, y compris celles où il y a des mégawatts.» Est-ce que
vous considérez qu'un projet comme celui-là, dans la stratégie d'Hydro-Québec,
ça atteint le standard d'acceptabilité sociale qui est visé par Hydro-Québec?
Mme Bouchard
(Claudine) : Le projet de TES n'est bien entendu pas un projet d'Hydro-Québec.
Le rôle d'Hydro-Québec dans ce projet-là, ce sera, une fois que les permis...
le BAPE sera fait, une fois que les permis seront
obtenus. Le rôle d'Hydro-Québec, ça va être de raccorder le site que TES aura
choisi pour octroyer les 150 MW. C'est ça, le rôle d'Hydro-Québec à ce
moment-ci.
Le Président (M.
Julien) : Merci, Mme Bouchard. Merci. Donc, ce bloc d'échange
étant terminé, je cède maintenant la parole au député d'Abitibi-Est, qui
dispose de 3 min 16 s.
M. Dufour :
Merci, M. le Président. Bonjour. Avec le peu de temps qu'on a, l'importance,
pour moi, c'est de vérifier un peu avec vous où en est rendu le projet de
renforcement de ligne 315 kV qui a été suspendu en 2022. On le sait,
c'était un projet qui était bien enligné, les plans étaient déjà faits, toute
la structure était préparée. La pandémie est arrivée, ça a ralenti,
naturellement, l'engouement un petit peu, puis, après ça, bien, il a été
vraiment suspendu à partir de 2022. Donc, où on en est rendus avec ce dossier-là?
Mme Bouchard
(Claudine) : La bonne nouvelle, c'est qu'on a de la flexibilité en
Abitibi, donc on a octroyé des mégawatts à deux... en fait, où les projets sont
en étude, là. Donc, de ce côté-là, on a de la flexibilité, du côté de
l'Abitibi, pour accepter de nouveaux... de nouveaux projets en termes de
mégawatts. Donc, pour le moment, le réseau
n'est pas un frein à l'octroi de mégawatts. Il faut prendre un pas de recul,
hein? Puis les mégawatts, il y en a en Abitibi, mais il y en a ailleurs
au Québec. Alors, aujourd'hui, il faut gérer ça de façon extrêmement précieuse,
cet octroi de mégawatts là, mais on a encore de la flexibilité, du côté de
l'Abitibi, pour être capables d'autoriser des projets subséquents si toutefois
il y avait des projets qui répondent aux critères.
Donc, je vous
rappelle que le processus d'octroi des blocs de cinq mégawatts et plus a des
critères très bien énoncés. Et donc, quand les projets rencontrent ça, bien, il
y a une certaine capacité qu'on est capables de développer, et les équipes
travaillent aussi à ajouter des équipements qui nous donnent une certaine
flexibilité. Et on travaille beaucoup avec les clients à optimiser leur
consommation, Dave en a parlé tout à l'heure, l'effacement à la pointe, la
réduction de la consommation à certains moments. Donc, c'est des moyens qu'on
met de l'avant pour se donner cette flexibilité-là pour... du côté de
l'Abitibi, de la région de l'Abitibi.
M.
Dufour : Par contre, vous le savez certainement que le fait qu'on a
une disponibilité ne veut pas dire que c'est une fin en soi, ce qui fait en
sorte que... de consolider puis d'assurer que le réseau puisse répondre à une
demande développée par l'industrie minière particulièrement. Je pense que c'est
important de garder ça en mémoire, parce que, vous le savez, un projet minier,
ça peut... ça peut vraiment se développer à un moment donné, et, si les
mégawatts ne sont pas là... Puis on l'a vécu l'autre jour avec le dossier
d'Odyssey, là. Pour 25 mégawatts, là, ça a tout pris pour être capable de
finaliser ce dossier-là. Mais je pense qu'il faut bien comprendre que ce n'est
pas parce qu'on a des disponibilités présentement qu'on ne peut pas regarder à
être un actif pour le futur, pour la suite du développement économique, là.
Mme Bouchard
(Claudine) : On le suit de très près. On travaille avec toutes les
instances, on travaille avec Investissement Québec, on travaille avec le
ministère de l'Économie, on travaille avec la Caisse de dépôt, on est toujours
en amont des projets, et c'est comme ça qu'on est capables de travailler en
amont de ce qu'on est capables de faire sur le réseau. Mais, jusqu'à ce
moment-ci, comme je vous dis, la flexibilité permise sur le réseau nous a
permis d'octroyer les mégawatts en fonction de ce qui était à prioriser, selon
les critères du bloc... du processus d'octroi du bloc de cinq mégawatts.
M. Dufour : Pour
les 10 secondes qu'il me reste, donc aussi vous remercier pour le travail
qui a été fait pour Kitcisakik, d'avoir été en mesure de faire en sorte que
cette communauté-là puisse avoir de l'électricité. Merci.
Mme Bouchard
(Claudine) : Merci.
Le Président (M.
Julien) : Merci. Merci, cher collègue.
Donc, ce bloc étant
terminé, je cède maintenant la parole au député de Jacques-Cartier, qui
dispose... vous disposez de 12 min 10 s.
• (16 h 10) •
M. Kelley : Merci
beaucoup, M. le Président. Je veux prendre le dernier bloc pour parler de
résilience de le réseau. Tous mes collègues,
nous sommes en campagne électorale tantôt puis on a des citoyens qui veulent
parler de... pas tout le monde, mais presque tout le monde... La
résilience de réseau est superimportante, parce que, quand il y a une panne
d'électricité, c'est souvent des députés qui sont interpelés pour
répondre : Pourquoi c'est arrivé?
J'étais en train de travailler, ou de cuisiner, ou quoi que ce soit. On a eu
des discussions déjà, Mme Bouchard, là-dessus. Et j'avoue qu'il y a
des améliorations, j'ai vu ça chez moi, et je sais que mes autres collègues ont
remarqué des améliorations, mais je dois aussi regarder le cahier des crédits
de l'année passée versus de cette année, où on a la durée moyenne
d'interruption par région. Alors, je peux noter des bons gains. À le
Bas-Saint-Laurent, des améliorations impressionnantes. Même chose pour
l'Estrie. Même chose pour Montréal. Ça ne dit pas que tout est parfait, mais il
y a eu clairement des améliorations.
Par contre, on a vu,
comme dans la Capitale-Nationale, la durée moyenne a augmenté. Même chose pour
le Centre-du-Québec, Chaudière-Appalaches. Je sais que c'est noté que le nombre
moyen des minutes des pannes par client a diminué d'environ 27 %. Bonne
nouvelle. Mais, quand même, dans certaines régions du Québec, on a vu une
augmentation. Je comprends que ça peut être causé par des événements
climatiques, des tempêtes, mais j'espère que ce n'est pas nécessairement des
tendances dans ces régions-là, où, quand même, dans certaines régions, il faut
maintenant mettre les équipes là-dessus puis faire des investissements. Alors,
je vous laisse expliquer un petit peu l'état de résilience de le réseau
d'Hydro-Québec.
Mme Bouchard
(Claudine) : Merci beaucoup pour cette question. On s'est présentés
devant vous à quelques reprises pour vous indiquer qu'on était insatisfaits de
la qualité de service qu'on offrait à nos clients. Alors, on a déployé vraiment
tous les efforts pour ce faire.
On avait choisi, en
2025, une façon d'intervenir qui était très chirurgicale à des endroits où le
service était de moindre qualité. Alors, on a fait 1 800 zones de
clients, donc ça touchait 1,8 million de clients au Québec, où on est
allés intervenir de façon massive sur la végétation. Évidemment, hein,
40 % à 70 % des pannes sont créées par la végétation. Donc, en
maîtrisant la végétation davantage, on réduit les pannes.
On a ajouté des
poteaux plus solides, des poteaux en composite, en plastique qui ont une durée
de vie plus longue, mais aussi sont plus résistants lors de verglas, lors de
grands vents. On a aussi ajouté des conducteurs recouverts. Alors, quand les
branches viennent toucher ces fils-là, ça ne crée pas de pannes. Tout ça fait
en sorte que, dans ces 1 800 zones là, on a une diminution du nombre
de pannes de l'ordre de 40 %. Alors, c'est sûr que, quand on prend ce
1,8 million de clients là puis on le met sur le total du
4,4 millions, bien, ça ne donne pas un chiffre, je dirais, absolu qui est
aussi intéressant. Mais là où on est... on est intervenu, c'est payant.
Maintenant, ce qu'on
a fait, les 1 800 zones l'année passée, bien, on le refait cette
année. Donc, au fur et à mesure où on avance dans le temps, l'effet provincial,
l'effet sur l'ensemble de nos 4,4 millions de clients va se faire ressentir.
Mais ce dont on est fiers, c'est que notre façon d'intervenir est la bonne et
que ça donne des résultats.
Et
je me souviens que vous nous aviez interpelés, l'an dernier ou l'année
précédente, pour Dollard-des-Ormeaux. Alors, Dollard-des-Ormeaux, on est
allé, on a fait vraiment un changement complet du réseau dans ce secteur-là, si
bien qu'aujourd'hui, si je compare février 2026, février 2025, j'ai une
diminution du nombre de pannes de 68 % de ces clients-là. Ce n'est pas
rien, c'est beaucoup et c'est pour ça qu'on continue. Souvenez-vous, on va
investir 50 milliards pour améliorer la qualité de service. Alors, on est
fiers de montrer que ça fonctionne, ça fonctionne là où on intervient.
On
a augmenté, de façon significative aussi dans les autres secteurs, les budgets
de maîtrise de la végétation. Et là où c'est payant, c'est de travailler avec
les députés, les MRC et les municipalités pour nous aider à convaincre les
clients et à leur expliquer combien c'est important d'accepter qu'on coupe les
arbres pour eux, pour leur alimentation électrique, mais pour celle de tout le
quartier autour d'eux.
Alors, c'est vraiment
comme ça qu'on a réussi à faire ces gains importants là en termes de qualité de
service et qu'on va poursuivre dans la même veine au cours des prochaines
années. Et on travaille notamment... il y a eu à Repentigny... où il y a eu une
couverture médiatique d'une panne. Alors, on n'hésite pas à intervenir, on a
des signaux, on reçoit des signaux des municipalités et, à ce moment-là, on
travaille avec les municipalités pour s'assurer de donner et d'offrir une
qualité de service de qualité à nos clients, qui est satisfaisante, bien
entendu.
M. Kelley : Parfait.
Et je ne veux pas parler pour tous mes collègues, mais j'ai remarqué depuis que
je suis élu, en 2018, c'est sûr qu'il y a une meilleure communication avec les
élus et pas juste d'une base... comme c'est d'une base régulière maintenant,
c'est apprécié, et aussi avec... à le niveau municipal.
Une chose. Si je peux
partager des fois une frustration de mes citoyens, c'est que ce n'est pas
nécessairement la communication qui est
faite sur l'application ou le site Web qu'il y a une panne, puis il y a une
équipe qui est dédiée pour répondre à la panne d'électricité, mais c'est
plus pourquoi c'est arrivé. Alors, les gens disent, particulièrement où ça
arrive souvent, c'est comme... et, des fois, c'est là que j'ai un peu de misère
d'avoir une réponse : Qu'est-ce qui est arrivé spécifiquement qui a créé
la panne? Et, s'il y a une façon qu'Hydro-Québec peut indiquer... des fois,
c'est des raisons de sécurité, mais, des autres fois, il n'y a comme pas une
raison qui est donnée. Et je sais, souvent, c'est parce qu'une branche a tombée
sur une ligne de réseau ou comme même un écureuil a causé une... Je sais que
ça, c'est la réalité, mais c'est juste une remarque que j'ai entendue sur le
terrain. Les gens disent : Bien, si je suis capable de juste savoir
qu'est-ce qui est arrivé, ça va être apprécié. Peut-être quelque chose pour
améliorer sur... le site Web puis sur l'application, quand même, si c'est
quelque chose qui arrive après que c'est réglé, puis ça, c'est pourquoi c'est
arrivé... Et, quand même, un bris d'équipement... moi, je n'ai pas d'enjeu que
c'est dit, un bris d'équipement, c'est un bris d'équipement, mais, bref, juste
un petit commentaire de mes citoyens de Jacques-Cartier.
Mais, quand même,
comme j'ai dit, j'ai vu que ça a amélioré beaucoup, et continuez d'être
présents sur le terrain. Je sais que vous avez fait un style de «town hall» à
Dollard-des-Ormeaux, vous avez invité des maires du coin d'être présents. Je
pense qu'on était à Québec à l'époque, mais continuez cette façon de connecter
avec vos clients. Je sais que ce n'est pas facile d'aller voir la population de
temps en temps, chers collègues. Des fois, c'est plus facile, les autres fois,
c'est moins facile, mais, quand même, ce type de dialogue entre la population
et vous autres est superimportant, et je sais que, quand vous êtes là puis
quand vous expliquez à la population qu'est-ce qui se passe, c'est apprécié,
parce qu'après ça elle dit : Ah! je comprends mieux. Juste montrer une
carte de toutes les lignes de transmission dans un coin du Québec, puis tout le
monde réalise à quel point le réseau est complexe. Alors, c'est juste une des
suggestions, compliments, mais continuez le travail, continuez d'améliorer le
service à la clientèle. Ça va mieux, mais il y a toujours des améliorations qui
peut être faite.
Mais je veux poser
une autre question plus sur les défis de le réseau de distribution
présentement. Devant vous, c'est quoi, les grands défis? Je ne parle pas juste
des pannes d'électricité causées par la végétation, mais, pour Hydro-Québec,
quand vous regardez les réseaux de distribution, qu'est-ce que sont les défis
pour vous autres?
Mme Bouchard
(Claudine) : Comme tout le reste des infrastructures au Québec, le
vieillissement, bien entendu, hein? C'est dans le rapport du VGQ, c'était très
clair. Alors, c'est pour ça qu'on a un plan de remplacement des équipements sur
l'horizon 2035, 2028 en distribution, surtout. Donc, on remplace les
équipements. Donc, je vous parlais tantôt des 1 800 zones
d'intervention. Bien, dans ces coins-là, on en profite pour changer
l'équipement et rendre le réseau plus robuste, bien entendu.
Un autre élément du
réseau de distribution, c'est aussi la consommation des clients, combien j'ai
besoin de bâtir un réseau trop robuste pour
une consommation pendant quelques heures de la journée. Alors, comment les
clients font désormais partie de l'exploitation de notre réseau de
distribution? Ça, je pense qu'on a du travail à faire pour que les clients soient conscients, de Hilo, par
exemple, s'effacer à la pointe, arrêter le chauffage, arrêter le lave-vaisselle
à la pointe le matin. Donc, c'est des éléments... le chauffage est plus payant
que le lave-vaisselle, soit dit en passant, c'est un exemple parmi tant
d'autres, mais, réellement, comment les gens peuvent contribuer au fait que le
réseau offre une meilleure performance, une meilleure qualité.
Et, de l'autre côté,
bien, on les encourage à le faire, parce qu'il y a les défis Hilo pour lesquels
ils peuvent économiser de l'énergie. Et l'efficacité énergétique, aussi, qui
nous permet de réduire la demande sur les réseaux, réduire la pression sur le
réseau et avoir, encore là, une consommation plus responsable. Je répète qu'on
va investir 1 milliard par année pour que les gens réduisent leur facture.
Alors,
ça, je pense que c'est autant d'opportunités pour nos clients à nous aider dans
cette gestion du réseau là, mais aussi dans la réduction de leur
facture, bien humblement.
M. Kelley :
Et est-ce que vous avez vu... Sur le côté de l'efficacité énergétique, je sais
que c'est une partie cruciale pour le plan d'action. Est-ce que nous avons vu
des gains, des améliorations? Et quelles sont les priorités? Je sais Hilo, et
tout ça, mais c'est quoi, la prochaine étape aussi pour Hydro-Québec?
• (16 h 20) •
Mme Bouchard
(Claudine) : En 2025, les économies d'énergie ont été le double de ce
qu'elles étaient en 2024, si bien qu'on est 20 % en avance sur notre
objectif, OK? Mais une fois cela dit, on se retrousse les manches et on
continue d'avancer, parce qu'évidemment les faciles sont derrière nous, les
plus difficiles sont devant nous. Alors, pour ce faire,
on en a parlé, le chauffage, donc les thermopompes, on a un programme de
thermopompe où on rembourse une bonne partie, je pense que c'est 25 % du
surcoût, Dave, tu me corrigeras, donc une bonne partie du surcoût pour
l'installation d'une thermopompe. La bonne nouvelle, c'est que la thermopompe
permet aussi de réduire de 20 % les factures des clients. Alors, c'est
toujours gagnant-gagnant, et on donne des subventions pour l'installation de
ces thermopompes-là chez nos clients. Donc, ça, c'est vraiment de l'efficacité
énergétique.
On a des subventions
pour des cuisinières, on a des subventions, également, pour des sécheuses.
Alors, il faut vraiment s'enquérir des programmes d'Hydro-Québec pour
participer à cet effort collectif de l'efficacité énergétique. Je le répète,
l'électron le plus vert, c'est celui qu'on ne consomme pas, puis, en plus,
Hydro-Québec vous donne des initiatives pour réduire votre consommation.
M. Kelley : Merci
beaucoup. Dernière question. Avec l'arrivée des batteries dans les juridictions
en Amérique du Nord, est-ce que ça crée, dans l'avenir, peut-être, des enjeux,
pour les exportations, que le marché spot devient moins intéressant, et on est
plus obligé d'aller vers des contrats fixes, parce qu'avec les batteries les
autres juridictions sont capables de mieux gérer leurs pointes? Est-ce que
c'est quelque chose que vous êtes en train d'évaluer ou pas encore?
Le Président (M.
Julien) : En une minute.
Mme Bouchard
(Claudine) : En fait, on a... nous, au Québec, on a presque
30 000 MW de batteries déjà installées, déjà mobilisées, qui ont un coût
très avantageux. Ça, c'est notre avantage concurrentiel dont je parlais tout à
l'heure. Il faut continuer à développer parce qu'il ne faut pas se laisser
distancer par les autres juridictions.
Maintenant, de quoi
aura l'air le marché dans les prochaines années? Bien malin celui qui se
prononce. On suit ça de très près, mais, nous, ce n'est pas ce qu'on voit pour
le moment, au contraire, hein? Il ne faut pas oublier que le thermique, qu'on
voit s'installer aux États-Unis avec le vent, fait en sorte que le thermique va
toujours être là, lui. Je ne peux pas le ralentir, je ne peux pas le baisser.
Donc, à certains moments, comment tout ça va prendre forme? Moi, j'ai encore
des opportunités d'importer à bon coût et d'exporter au moment où ils sont en
pointe.
Quand je regarde notamment
aux États-Unis, si on veut parler de ça, eux, ils ont une pointe d'été quand il
fait chaud, par exemple à New York. Nous, on a une pointe d'hiver. Donc, cette
complémentarité-là va demeurer un marché intéressant pour le Québec...
Le Président (M.
Julien) : Merci. Merci, Mme Bouchard.
Mme Bouchard
(Claudine) : ...mais on verra comment ça se développe.
Le Président (M.
Julien) : Je dois vous interrompre. Donc, ce bloc étant terminé, je
cède maintenant la parole au député de Vanier-Les Rivières, qui dispose...
vous disposez de 11 min 34 s.
M. Asselin : Merci
beaucoup, Mme Bouchard. C'est un grand privilège de pouvoir vous...
terminer le questionnement dans ces crédits... crédits-là. D'ailleurs, je
remercie les gens d'Hydro-Québec. Depuis le début, le climat est participatif,
et puis c'est un grand privilège qu'on a de pouvoir vous questionner là-dessus.
Je
voulais vous... peut-être en commençant... Les redevances hydrauliques sont
plus connues, mais Hydro-Québec verse un montant fixe de
650 millions de dollars par année pour rembourser la dette via le
Fonds des générations. Est-ce que vous pourriez nous en dire plus sur les
raisons et l'importance de ce geste-là pour les finances du Québec?
Mme Bouchard
(Claudine) : Oui. Bien, pour Hydro-Québec, vous le savez,
Hydro-Québec, c'est une société d'État de par sa formation, bien entendu.
Alors, Hydro-Québec contribue au gouvernement, donc à l'état financier du
gouvernement, par son dividende, bien entendu, donc le dividende d'Hydro-Québec
est versé au gouvernement, et aussi par le
Fonds des générations. Donc, c'est des droits hydrauliques qu'on paie depuis la
loi sur...
M. Asselin : C'est
moins connu, ce volet-là, mais c'est important.
Mme Bouchard
(Claudine) : C'est moins connu, effectivement, mais ça s'ajoute aux
dividendes, hein? Donc, ce n'est pas l'un qui empêche l'autre, ça s'ajoute aux
dividendes qu'on verse au gouvernement du Québec, mais ce... je dirais, ces
dollars-là, eux, sont versés dans le Fonds des générations que le gouvernement,
bien, réinvestit dans des activités à vocation durable, bien entendu. Donc,
c'est... pour Hydro-Québec, c'est un... En tout cas, moi, je suis très fière de
ça parce qu'Hydro-Québec, ses dividendes et ses profits sont versés pour donner
des services aux Québécois et développer durablement le Québec. Donc, pour
nous, c'est une fierté, chez Hydro-Québec, de maximiser, je dirais, les revenus
pour le gouvernement, autant par les bénéfices que par les droits de redevances
hydrauliques, pour s'assurer que le gouvernement puisse bénéficier des revenus
nécessaires pour donner des services à la population.
M. Asselin : Il
en a été question un peu durant le... votre partie de témoignage... mais il a
fait froid au Québec, en particulier en décembre dernier. Est-ce
qu'Hydro-Québec se prépare toujours de la même façon pour répondre à la demande
des familles en dehors des... et même dans les périodes de grand froid, là,
est-ce qu'il y a une préparation particulière pour cette période-là?
Mme
Bouchard (Claudine) : À chaque année, au mois d'août, mois de
septembre, là, on commence à faire des calculs, à voir ce sera quoi, la pointe
de l'hiver suivant, en fonction de la prévisibilité qu'on a sur l'augmentation
de la consommation au Québec, sur la courbe de consommation. À l'automne aussi,
on a certains systèmes météo qui sont déjà disponibles pour donner des
tendances météorologiques pour l'hiver. La seule chose, c'est... évidemment, on
se trompe à chaque fois parce que la météo, ce n'est pas une science exacte,
mais c'est un travail qu'on fait. Et là, en fonction de ça, bien là on s'assure
que la maintenance des équipements soit au rendez-vous, que tout soit au
rendez-vous pour, généralement, début décembre, parce que les froids peuvent,
on l'a vu cette année, débuter dès le début décembre. Hein, cette année, on a
eu le plus froid hiver depuis les quatre dernières années. Donc, si vous avez
trouvé qu'il a fait froid, vous avez raison...
M. Asselin : On
a trouvé qu'il a fait froid.
Mme Bouchard
(Claudine) : ...et on était prêts. Donc, on était prêts et on a été
quand même plus bas que ce qu'on avait anticipé comme étant la pointe. Mais je
vous dirais que le phénomène différent cette année, c'est le nombre de jours
consécutifs où les températures étaient sous la normale. Alors, ça, pour nous,
évidemment, ça requiert, quand on le vit, des équipes disponibles, des équipes
en mode vigie, parce que l'idée d'être prêt, c'est bien, mais, s'il arrive un
bris sur le réseau quand il fait froid comme ça, il faut rétablir les clients
le plus rapidement possible. On ne lésine pas là-dessus. Donc, on s'assure
d'avoir des équipes prêtes à dispatcher ou à attribuer, donc, à des travaux, à
des tâches de réparation. Donc, ça, c'est l'extra où on va quand il fait très
froid l'hiver pour s'assurer que nos clients, là, soient en sécurité
énergétique.
M. Asselin : Merci
beaucoup. M. le député de Jacques-Cartier vous a abondamment parlé de solaire,
parce qu'ils sont dedans, mais on n'a pas parlé beaucoup d'éolien. Est-ce que
vous pourriez nous en dire un peu plus sur l'appel d'offres qu'il y a eu en
regard de ce secteur-là?
Mme Bouchard
(Claudine) : Oui. Je veux juste revenir sur le solaire parce que, tout
à l'heure, j'ai fait une erreur. Alors...
M. Asselin : Allez-y,
allez-y.
Mme Bouchard
(Claudine) : ...mea culpa. Ce n'est pas 125 000 panneaux,
c'est 125 000 clients à l'horizon de 2035. Donc, une petite
distinction. Alors, je m'excuse de cette erreur.
L'éolien. Donc,
l'éolien, on a dit que, sur l'horizon du plan, on voulait... dans la grande
stratégie éolienne, donc de développer 10 000 MW d'éolien. La première
façon de faire ça, c'est par les appels d'offres. On vient de faire un appel
d'offres pour un volume entre 1 500 et 3 000 MW qui sera développé
par des partenaires privés, mais ces partenaires privés là, maintenant, ont une
obligation de faire des liens, de faire des collaborations avec les milieux
locaux, donc que ce soient des MRC, des municipalités ou des communautés
autochtones. Donc, on est allés plus loin. Quand je vous disais : On a
appris, ça, c'est un des éléments pour lequel on a appris et on a changé les
critères à l'intérieur de cet appel d'offres là. On a changé les critères aussi
sur le contenu local. Maintenant, il y a un pointage supérieur, plus vous avez
du contenu local, plus le pointage est élevé, donc plus il y a des chances que
votre projet soit retenu dans cet appel
d'offres là. Donc, ça, on vient de lancer ça le 7 mai — là,
je mélange les notes, là — le
7 mai, la semaine passée.
Une voix : Ça
fait plusieurs semaines...
Mme Bouchard
(Claudine) : Plusieurs semaines. Bon, OK.
Une voix : ...
Mme Bouchard
(Claudine) : En avril, celui-là. Le 7 mai, c'est l'autre. OK.
J'arrive à l'autre. Bon, excusez. Merci. Donc, on a lancé cet appel d'offres là
au marché pour cette participation privée là. Donc, ça, c'est un modèle de
développement.
L'autre
modèle de développement, c'est la stratégie éolienne pour les projets
structurants où, là, Hydro-Québec devient partenaire d'affaire avec des
communautés locales autochtones et allochtones, et c'est dans ce partenariat-là
qu'on va choisir le partenaire privé pour développer le projet. On a déjà
plusieurs de ces partenariats-là signés. On en a au Bas-Saint-Laurent, en
Gaspésie, donc on en a parlé tantôt, avec l'Alliance de l'énergie de l'Est et
les Micmacs. On en a du côté de la Côte-Nord avec la communauté innue d'Essipit
et la MRC du Fjord, si je ne m'abuse. Et, du côté du Lac-Saint-Jean, on en a
avec la MRC du Domaine-du-Roy, et les Innus de Mashteuiatsh, et la communauté
de Wemotaci également.
Alors, dans ces
partenariats-là, on va choisir des partenaires privés pour développer le
projet, donc des turbiniers qui vont
développer le projet avec nous, et c'est ce qu'on a lancé, dans ce cas-là, le
7 mai, un appel d'offres pour trouver le partenaire qui va nous
permettre de développer ces projets-là. Et, encore une fois dans cet appel d'offres
là, on a appris et on a ajouté des critères de retombées économiques pour le
Québec. Comme, par exemple, un turbinier qui voudrait
créer au Québec un centre d'excellence de l'éolien, bien, aurait un pointage
supplémentaire, donc son projet aurait plus de chances ou sa candidature,
plutôt, aurait plus de chances d'être retenue qu'un autre. Donc, on
veut vraiment aller dans les retombées économiques locales régionales. Puis je
vous rappelle qu'en 2025 90 % de toutes nos dépenses ont été effectuées auprès
d'entreprises qui ont pied à terre au Québec.
M. Asselin : Merci
beaucoup. Est-ce qu'on a encore le temps d'aborder une nouvelle entente qui a
eu lieu?
Le Président (M.
Julien) : Il reste quatre minutes.
M. Asselin : Quatre
minutes. Ah! on est corrects. Par rapport à L'Union des producteurs agricoles,
en novembre 2025, vous avez annoncé une nouvelle entente pour le renouvellement
de l'entente-cadre sur les passages des lignes de transport électrique en
milieu agricole et forestier. Quelques mots là-dessus.
• (16 h 30) •
Mme Bouchard (Claudine) : Oui. Alors, on avait déjà
une entente avec l'UPA mais qui datait quand même, je dirais, d'une autre
génération de projets. Aujourd'hui, on a 5 000 MW de... pas 5 000,
mais 5 000 kilomètres de lignes de transport à déployer sur le
territoire du Québec. Il faut mieux travailler avec l'UPA et ses membres, donc
les agriculteurs. Et on part avec l'apprentissage qu'on a fait dans les
dernières décennies. Alors, ensemble, on a convenu de cette entente-là, qui
vient donner des balises sur comment on va développer des lignes de transport
en territoires agricoles, mais aussi sur les érablières. Ça, c'était moins
prévu dans l'ancienne entente. Donc, on est venus ajouter ça.
Ce qui est intéressant
là-dedans, c'est qu'avec l'UPA on va faire un fonds de développement pour les
terres agricoles, pour les agriculteurs. Donc, on va encourager l'UPA à
développer la relève d'agriculture, d'agriculteurs, d'agricultrices au Québec.
Donc, ça, c'est des éléments qu'on a mis en place. Pourquoi on veut faire ça?
Parce qu'ensemble on veut développer la connaissance des gens et développer les
meilleurs projets en termes de transport. Et ça, ça s'inscrit dans notre
nouvelle façon de faire nos consultations sur nos projets de lignes.
Avant, la façon dont
on faisait, c'est qu'on arrivait dans un territoire, puis on disait :
Bien, j'ai une ligne à faire entre le point a et le point b, puis on consultait
les gens, puis on trouvait le meilleur tracé. Maintenant, on arrive beaucoup
plus tôt. Dès qu'on sait qu'on a un enjeu énergétique de transport dans un
territoire, on va discuter avec les gens pour énoncer le problème, énoncer le
défi puis qu'ensemble on soit capables de trouver les meilleures voies de
passage. Donc, avant, on disait... on faisait le poste du poste A au poste B,
mais aujourd'hui on regarde le territoire comme étant vraiment comme une toile
d'araignée pour trouver le meilleur chemin électrique, bien entendu, mais aussi
en acceptabilité sociale. Et c'est comme ça qu'on arrive avec des projets qui
sont mieux ancrés, mieux définis avec les gens du milieu.
Et, bien, on fait
parfois certaines... certaines modifications à nos projets au fur et à mesure
où on avance pour s'assurer, là, d'avoir l'adhésion. Encore une fois, on
construit quand même des infrastructures, on essaie de minimiser l'impact,
comme on a tout un projet de ligne, du côté du Bas-Saint-Laurent, où on va être
dans une emprise de ligne déjà existante.
Alors, quand on peut privilégier des corridors déjà existants, bien, on va
s'insérer là-dedans pour minimiser l'impact de construire une autre ligne.
M. Asselin : ...l'importation et l'exportation d'énergie, ce
qu'on appelle le bouquet énergétique, en terminant?
Mme Bouchard (Claudine) : Oui. Bien, pour la
première fois, en 2025, Hydro-Québec a été un importateur net d'énergie à peu
près de 3,4 TWh, si je me souviens bien. Évidemment, c'est directement lié
à la faible hydraulicité. On gère avec beaucoup, beaucoup de prudence notre
stock énergétique dans nos réservoirs, parce que notre mission première, je
répète, c'est d'assurer la sécurité énergétique du Québec et des Québécois. En
conséquence, bien, l'importation nous permet de garder l'eau dans nos
réservoirs et d'assurer, sur plusieurs années, avec nos réservoirs
multiannuels, d'avoir suffisamment de réserves, suffisamment d'énergie disponible
pour alimenter les Québécois.
Qui plus est, ça nous
a quand même permis de bénéficier des marchés, hein, parce qu'on importe à bas
coût et on exporte à un tarif intéressant.
Donc, ça a quand même amené une profitabilité intéressante, du côté d'Hydro-Québec,
si je me souviens bien, Maxime, autour de 200 millions de revenus de ce
côté-là. Ce n'est pas rien! Parce qu'on exportait à faible coût puis on... En
fait, on exportait autour de 0,15 $. Alors, si je compare, par exemple, à
2019, juste avant la pandémie, on est à peu près au tiers de volume, mais aux
mêmes revenus. Donc, j'ai exporté beaucoup moins, mais pour les mêmes revenus.
Pourquoi? Parce qu'en exportant moins je crée une rareté dans le marché, je
suis capable de maximiser les prix, donc maximiser la profitabilité des
exportations.
M. Asselin : Mme
Bouchard, c'est terminé. Je vous félicite.
Mme Bouchard
(Claudine) : Merci.
Adoption des crédits
Le Président (M. Julien) : Oui.
Alors, merci. Donc, le temps alloué à l'étude du volet Énergie, Hydro-Québec,
des crédits budgétaires du portefeuille Économie, Innovation et Énergie étant
presque écoulé, effectivement, nous allons maintenant procéder à la mise aux
voix des crédits.
Le programme 6,
intitulé Énergie, est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Des voix : Sur division.
Le Président (M. Julien) : Sur
division...
M. Rhéaume (Dave) : ...possible,
pour faciliter le travail, on pourrait répondre tout de suite à l'engagement
qui a été pris précédemment. Est-ce que c'est correct de le faire oralement?
M. Drainville : Avec consentement.
Le Président (M. Julien) : Avec
consentement, oui? Oui.
M. Rhéaume
(Dave) : Donc, on confirme l'information, essentiellement,
que Mme Bouchard a donnée, là. Il y a eu deux recours dans les
12 derniers mois, soit celui du 29 décembre 2025 et celui du
16 janvier 2026. C'est ça, le volume.
Une voix : ...
M. Rhéaume (Dave) : Oui, pour les
pourvois.
Le Président (M. Julien) : Parfait.
Donc, vous partez l'âme en paix. C'est bien, ça.
Documents déposés
En terminant, je dépose les réponses aux
demandes de renseignements de l'opposition.
Avant de conclure, bien, merci. Merci, Mme
Bouchard, merci à toute votre équipe. J'étais content de présider ça parce que
je pense que c'est une... l'étude des crédits d'Hydro-Québec, c'est toujours
très... très intéressant, très formateur. Puis, vous, et votre équipe, puis
votre professionnalisme, nous ont donné des réponses qui nous... On aime
Hydro-Québec puis on aime entendre, en réalité, ces questionnements-là et ces
réponses-là. Félicitations!
Donc, compte tenu de l'heure, la commission
ajourne ses travaux à mardi le 26 mai 2026, à 15 h 30, où
elle... elle va entreprendre l'étude du portefeuille Tourisme. Merci, tout le
monde.
(Fin de la séance à 16
h
35)