Journal des débats (Hansard) of the Committee on Agriculture, Fisheries, Energy and Natural Resources
Version préliminaire
43rd Legislature, 3rd Session
(début : May 5, 2026)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
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Wednesday, June 3, 2026
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Vol. 49 N° 5
Special consultations and public hearings on Bill 17, an Act mainly to amend the Act respecting natural gas storage and natural gas and oil pipelines in order to provide a framework for underground reservoirs and certain pipelines
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14 h 30 (version non révisée)
(Quinze heures quatre minutes)
Le Président (M. Julien) : Donc,
à l'ordre, s'il vous plaît. Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de
la Commission de l'agriculture, des pêcheries et de l'énergie et des ressources
naturelles ouverte. La Commission est réunie afin d'entreprendre les
consultations particulières et auditions publiques sur le projet de loi n° 17, Loi
modifiant principalement la Loi sur le stockage de gaz naturel et sur les conduites
de gaz naturel et de pétrole aux fins d'encadrer les réservoirs souterrains
et...
15 h (version non révisée)
Le Président (M. Julien) : …certaines
conduites. Mme la secrétaire, y a-t-il des remplacements?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. M. St-Louis (Joliette) est remplacé par Mme Lecours
(Lotbinière-Frontenac) et M. Fortin (Pontiac), par Mme McGraw
(Notre-Dame-de-Grâce).
Le Président (M. Julien) : Merci.
Donc, nous débuterons par les remarques préliminaires, puis nous entendrons les
organismes suivants : Deep Sky, Québec Innovative Materials Corp et Énergir,
conjointement avec Intragaz.
Donc, nous en sommes maintenant à l'étape
des remarques préliminaires.
J'invite le ministre délégué à l'Économie
et aux petites et moyennes entreprises à faire ses remarques préliminaires. M.
le ministre, vous disposez de six minutes. La parole est à vous.
M. Bernard : Merci, M. le
Président. Bonjour, chers collègues. Merci d'être ici aujourd'hui.
Premièrement, je veux saluer le travail de
mon prédécesseur, le député de Beauce-Sud, qui a piloté de près le projet de
loi. Je ne le nommerai pas par son nom, parce qu'on n'en a pas le droit, mais
il a fait un excellent travail.
Puis prendre la relève sur ce projet de
loi là m'interpelle personnellement pour plusieurs raisons. C'est un projet de
loi que j'attendais depuis longtemps, parce qu'un des volets qui était celui de
l'hydrogène blanc, a été initié pas mal dans ma région.
Donc j'ai piloté ça et, là, en tant qu'ingénieur
géologue, j'ai beaucoup hâte de vous entendre sur votre projet de Deep Sky,
parce que ça retouche mes intérêts personnels.
Donc, M. le Président, je suis vraiment
heureux d'être ici aujourd'hui. Il faut se rappeler que pour atteindre la
carboneutralité, respecter son engagement, réduire ses émissions de gaz à effet
de serre et réussir sa transition énergétique, le Québec doit faire preuve d'innovation,
miser sur le développement de nouvelles filières et tirer profit de sa géologie.
Le projet de loi n° 17 vise à structurer
la mise en place de nouvelles filières qui ont le potentiel de propulser le
Québec à l'avant-garde de l'innovation en matière de transition énergétique.
Notre objectif, c'est d'offrir un
encadrement légal et réglementaire complet et cohérent permettant… l'émergence
de filières énergétiques stratégiques dont le stockage géologique de carbone ou
d'air comprimé, la géothermie et l'extraction de l'hydrogène géologique, qui
représentent des leviers pour atteindre les cibles climatiques et de
carboneutralité, tout en stimulant le développement économique des régions.
Plusieurs élus et entreprises nous ont interpelé
sur la nécessité de mettre en place un encadrement réglementaire spécifique à
ces domaines, car ils n'existaient pas.
Ce projet de loi vise donc à permettre l'encadrement,
de manière structurée et cohérente, de l'ensemble des activités de recherche et
d'exploitation de réservoirs géologiques souterrains et de fluides, en
complémentarité avec la Loi sur les mines.
Il vise aussi à mettre en valeur le
savoir-faire québécois en matière d'énergie propre, en plus de générer des
emplois et des retombées économiques dans nos régions.
Je vous rappelle qu'en juin 2025, le
gouvernement du Québec a adopté la Loi assurant la gouvernance responsable des
ressources énergétiques et modifiant diverses dispositions législatives, qui a
actualisé la réglementation du domaine de l'énergie.
Avec le projet de loi n° 17, on va
poursuivre la modernisation du cadre légal pour régir de manière complète et
cohérente le développement de nouvelles filières énergétiques.
Je vous rappelle quelques points
importants :
À terme, cet encadrement permettra, entre
autres, de rendre des initiatives québécoises admissibles au crédit d'impôt
fédéral et à l'investissement dans le captage, l'utilisation et le stockage de
carbone.
Les entreprises qui développeront un
projet commercial pourront ainsi avoir accès à cet important levier. Les
territoires où le ministre pourra délivrer des licences pour la recherche ou l'exploitation
seront déterminés par le gouvernement.
Des comités consultatifs seront mis en
place afin d'assurer un dialogue entre les titulaires, les municipalités, les
citoyens et les autres acteurs concernés.
Un registre public présentera les
informations relatives aux licences et aux autorisations de travail accordées
par souci de transparence.
Ces modalités favoriseront une approche
concertée face aux différentes utilisations du territoire et un développement
progressif et ordonné de nouvelles filières.
Le projet de loi, ça, c'est important, M.
le Président, n'affectera pas les interdictions en vigueur concernant la
recherche, la production d'hydrocarbures et l'exploitation de la saumure.
Il maintient les licences et les
autorisations déjà accordées pour des activités en lien avec le stockage de gaz
naturel ayant un caractère stratégique pour le Québec.
M. le Président, je remercie les partis d'opposition
et tous les participants à cette commission de nous aider à enrichir le projet
de loi par la pertinence de leurs interventions et leurs commentaires.
Merci, M. le Président.
Le Président (M. Julien) : Oui,
merci, M. le ministre. Donc, il reste 1 min 54 s Je sais que le
député de Lotbinière-Frontenac voulait s'adresser à nous.
Mme Lecours (Lotbinière-Frontenac) :
Merci, M. le Président. Bien, ça me fait très plaisir d'être ici…
Mme Lecours
(Lotbinière-Frontenac) : …depuis le début de mon premier mandat, j'ai
travaillé au développement économique de ma circonscription. Suite à la
fermeture des mines d'amiante dans la région des Appalaches, la MRC était
fortement dévitalisée. La population était en baisse depuis des années et dès
le début, j'ai vu tout le potentiel de la région. J'avais une vision claire de
ce que je voulais accomplir… créer une zone d'innovation en valorisant nos
montagnes de résidus miniers, garder nos jeunes dans la région, et au cours des
huit dernières années, je me suis attaquée au dossier de l'amiante, nous avons
fait un BAPE, nous avons mis un plan d'action gouvernemental, nous avons
investi dans le logement abordable, des infrastructures, le Cégep de Thetford
et ses centres de transfert technologique, la réhabilitation du chemin de fer,
les allègements réglementaires en lien avec la présence d'amiante. Il s'agit
d'un investissement de plus de 1 131 000 000 pour Lotbinière-Frontenac, c'est énorme.
Et la dernière pièce que je tenais à ajouter avant la fin de mon passage en
politique, c'était le cadre législatif et réglementaire pour le stockage du
carbone. Ce que j'ai cherché à faire avec tout ça, c'est de redonner confiance
et la fierté aux citoyens de la région des Appalaches. Ils ont maintenant tous
les outils nécessaires pour se développer au cours des prochaines décennies.
Merci, M. le Président.
• (15 h 10) •
Le Président (M. Julien) : Merci,
madame. Maintenant, j'invite maintenant le porte-parole de l'opposition
officielle, M. le député de Jacques-Cartier, pour vos remarques préliminaires.
La parole est à vous pour 4 min 48 s.
M. Kelley : Parfait. Merci
beaucoup, M. le Président. Bonjour, M. le ministre, mes chers collègues de la
banquette gouvernementale et aussi les fonctionnaires de l'État. Je suis
content de revoir certains d'entre eux aussi au printemps pour discuter d'un
autre dossier lié à la secteur énergétique, alors, ré-bienvenue à tout le
monde. Je veux juste noter, M. le Président, et je pense que c'est super
important que ce projet de loi était déposé en février 2026. Je comprends, il y
a eu une pause de cinq semaines, je comprends, il y a eu un changement de
ministre, mais je aussi comprends que ce projet de loi est important pour
certaines entreprises et acteurs de le milieu, qui est nouveau. Ceci dit, nous
sommes en train de créer un nouveau régime pour… si c'est la capture de la
carbone ou de l'hydrogène blanc, qui n'existe pas, il faut l'encadrer.
Mais qu'est-ce qui est super important,
c'est de s'assurer qu'on fait notre travail comme il faut, parce qu'il n'y a
aucune personne ici qui veut retourner à la table dans un an pour réécrire le
projet de loi et de le retravailler. Et je pense quand même, les acteurs de
l'industrie et les sociétés civiles, ça, c'est leurs attentes envers nous,
comme les élus aussi, c'est de sortir d'ici avec le meilleur projet de loi
possible et de ne pas être obligé de retourner à la table de dessin après un
an. Il y a beaucoup des suggestions et des commentaires, je pense que tous les
groupes qui ont déposé un mémoire à ce stade ici sont pas mal en faveur avec le
principe de le projet de loi, mais ils ont beaucoup des suggestions, des
amendements, et ça, ça va prendre de l'écoute du côté gouvernemental, c'est sûr
que nous, on peut déposer des amendements, mais ça va prendre le travail aussi
des fonctionnaires, puis des discussions avec les différents groupes pour
s'assurer qu'on règle tous les enjeux qui sont soulevés par les groupes comme
l'UPA, comme l'UMQ, comme ont quand même des entreprises comme Caster. Je peux
faire la liste, tout le monde, et quand même Deep Sky a présenté des
suggestions, des amendements, et ça, c'est l'indication que le projet de loi
n'est pas parfait dans sa version actuelle, mais on est ici pour travailler,
pour améliorer des choses. Le côté le Parti libéral du Québec, on trouve que
c'est une bonne idée d'encadrer ces… ces industries et de créer un nouveau
régime, mais en même temps, je veux juste répéter qu'il faut prendre le temps
qui est nécessaire pour qu'on sort avec quelque chose qui va durer pour
plusieurs années, qui va être une bonne base de stabilité pour les… gens dans
l'industrie et aussi pour les municipalités, des agriculteurs, puis toute la
société civile. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Julien) : Oui,
merci. S'il y a consentement, le député indépendant de Saint-Jérôme aimerait
faire une remarque préliminaire d'une minute. Est-ce qu'il y a consentement?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Julien) :
Monsieur le député.
M. Chassin :Merci. Alors, évidemment, on est dans un régime, à l'heure
actuelle, qui existe quand même sur la Loi sur les mines, par exemple, ou sur
les hydrocarbures. Puis moi, je voulais juste regarder pour voir si, quand on
dit qu'on n'avait pas de cadre réglementaire, si la définition du cadre
réglementaire, ça rime néanmoins avec ce qui existe, que ça ne soit pas
contradictoire, puis effectivement qu'on prenne le temps, parce que c'est un
nouveau régime, en quelque sorte, puis c'est…
M. Chassin :
...intrigant. En fait, là, j'aime bien les... la volonté du ministre d'avoir
des projets qui vont développer le Québec. Je pense qu'il y en a beaucoup qu'on
a écarté, mais si ça, ça peut porter à la fois de la prospérité et de la
transition, pourquoi pas?
Le Président (M. Julien) :
Merci, M. le député. Donc, merci pour ces remarques préliminaires. Nous allons
maintenant débuter les auditions. Alors, je souhaite donc la bienvenue aux
représentants de Deep Sky. Je vous rappelle que vous disposez de 10 minutes
pour votre exposé, puis nous procéderons à la période d'échange avec les
membres de la commission. Je vous invite donc à vous présenter, à commencer
votre exposé. Merci.
M. Bouchard (Mathieu) :
Merci, bonjour. Mon nom est Mathieu Bouchard. Je suis vice-président,
politiques publiques, affaires réglementaires, chez Deep Sky. Je suis ici avec
mon collègue Pierre-Olivier Vincent, qui est chef des projets d'investissement,
et on a en ligne notre collègue Gabrielle Paris, qui est vice-présidente,
affaires juridiques, et Stéphanie Tremblay, qui est directrice principale chez
KPMG, qu'on a invitée puisqu'elle est l'autrice principale du rapport sur les
retombées économiques du projet de Thetford Mines, qui est en annexe au mémoire
qu'on a déposé. Alors, merci de nous recevoir aujourd'hui.
Puis, l'historique de Deep Sky, on a été
fondé à Montréal en 2022. Nous sommes la seule entreprise québécoise qui
développe et qui opère des sites qui intègrent à la fois le captage carbone
directement de l'air et son stockage géologique. À sa plus simple expression,
il s'agit de déployer des unités équipées d'un ventilateur qui pousse l'air
ambiant sur un filtre où il réagit chimiquement pour capter le CO2. Ensuite, on
extrait le CO2, on le liquéfie et on l'envoie profondément sous terre. Notre
objectif, c'est de retirer des milliards de tonnes de CO2 de l'atmosphère, puis
de générer les crédits d'élimination du carbone de haute qualité. Ces crédits
sont vendus sur les marchés volontaires internationaux à des entreprises de
tous les secteurs de l'économie.
En d'autres mots, Deep Sky est l'inverse
d'une entreprise... d'une entreprise pétrolière. Nous captons le carbone dans
l'atmosphère et générons des revenus en le retournant là d'où il est venu. Deep
Sky a levé 130 millions de dollars à ce jour et compte parmi ses actionnaires
Investissement Québec, la BDC, OMERS, la BMO et la Banque nationale. Nous avons
aussi reçu une subvention de 40 millions de dollars US de Breakthrough Energy
Catalyst, dont la mission est d'accélérer le déploiement des technologies
climatiques. Deep Sky est la première entreprise canadienne et la première
entreprise qui œuvre en captage directement de l'air à recevoir une subvention
de Breakthrough.
Malgré le contexte international que l'on
connaît, les clients pour les crédits d'élimination du carbone de haute qualité
sont au rendez-vous. En comptant les ententes signées à ce jour, les lettres
d'intention et les... les ententes en négociation, Deep Sky devra livrer
1 300 000 crédits dans les 10 prochaines années, générant des revenus
de près de 740 millions de dollars.
En plus du Canada, les acheteurs de Deep
Sky se trouvent aux États-Unis, aux Pays-Bas, au Royaume-Uni, en France, en
Allemagne, en Suisse, au Japon, en Chine et en Nouvelle-Zélande. Parmi nos
clients annoncés, on trouve Microsoft, le leader des technologies de
l'information, la grande banque canadienne RBC, le géant de l'énergie français
ENGIE et le transporteur aérien allemand Lufthansa.
À l'heure où on se parle, Deep Sky évalue
un site dans une ancienne mine d'amiante à Thetford Mines, donc dans le comté
de Mme Lecours. Nos équipes y ont foré deux puits depuis l'automne dernier et
elles mènent des tests d'injection d'eau et de CO2. Nous sommes aussi présents
en Alberta, où nous avons construit un site pilote au nord de Calgary. En ce
moment, cinq unités de captage de carbone y sont en opération. Elles captent du
carbone au moment où on se parle. Il y en a une de la jeune pousse qui vient de
Sherbrooke, Skyrenu. On en a une autre de Airbus, parce que les gros joueurs
embarquent aussi dans le secteur. Il y a trois autres unités qui s'en viennent
d'ici la fin de 2026, dont une de GE Vernova, un autre géant de l'énergie.
Compte tenu de nos obligations
contractuelles et des délais inhérents au développement, à l'obtention des
autorisations et à la construction de projets, Deep Sky doit choisir à très
court terme l'endroit où elle déploiera son premier site de grande envergure.
Pour être dans la course, le Québec doit se doter sans délai d'un cadre
législatif et réglementaire pour le stockage du carbone pour deux raisons
principales. Premièrement, le gouvernement fédéral, comme disait le M. le
ministre, a mis en place un crédit d'impôt remboursable de 60 %...
60 % sur les investissements en captage de carbone...
M. Bouchard (Mathieu) : ...directement
de l'air et un autre de 37,5 % sur le stockage du carbone. Ces crédits
sont uniquement disponibles dans les provinces qui encadrent le stockage
géologique du carbone. Donc, en l'absence d'une autre source de capitaux aussi
avantageuse, les projets au Québec ne pourront émerger.
Deuxièmement, les normes qui régissent la
vente de crédits d'élimination du carbone sur les marchés volontaires
internationaux exigent que ceux-ci soient générés dans des... dans des
juridictions qui encadrent le stockage du carbone. La Colombie-Britannique,
l'Alberta, la Saskatchewan, l'Ontario ont adopté des cadres complets. Le
Manitoba et la Nouvelle-Écosse ont adopté des lois et sont en train de procéder
à l'adoption de réglementation. Québec est donc engagé dans une course contre
la montre pour attirer sa part des investissements privés et publics dans ce domaine
émergeant à l'avenir prometteur.
• (15 h 20) •
En effet, selon une étude récente, le
marché mondial pour les crédits d'élimination du carbone généré par des moyens
technologiques, ce qui inclut le captage, derait... devrait atteindre 19
milliards de dollars par année d'ici 2035. Bien entendu, en plus de
représenter une opportunité économique de taille, l'élimination du carbone déjà
présent dans l'air constitue un impératif climatique. Je ne vous apprends rien
en vous rappelant que les concentrations record de CO2 dans l'atmosphère
menacent la vie sur Terre telle que nous la connaissons. Et comme la... le
fondateur de la compagnie, Fred Lalonde aimerait le rappeler, ce n'est pas la
planète qu'il faut sauver, mais c'est la possibilité pour nous, les êtres
humains, de continuer à y habiter.
Depuis la révolution industrielle, nous
nous sommes appuyés sur l'extraction et la combustion du charbon, du pétrole et
du gaz naturel pour réaliser d'immenses progrès en science, en technologie, en
agriculture, en transport et dans nos modes de vie en général. Mais ce progrès
a laissé un lourd passif dans l'atmosphère. 1 150 milliards de tonnes de CO2
de plus que ce qui était déjà présent, naturellement. Ça veut dire que les
concentrations de CO2 sont passées de 280 parties par million à 428
en ce moment, et ça continue d'augmenter entre deux et quatre parties par
million à chaque année. La dernière fois que la Terre a connu une telle
concentration de CO2, c'était il y a 3 millions d'années. Les êtres
humains n'existaient pas encore. Or, à l'époque, la température moyenne était
de cinq degrés plus élevés et les... niveaux des océans supérieurs de 58 mètres
à ce qu'ils sont en ce moment. Quand on considère qu'il faut jusqu'à 50 ans
pour que le carbone émis dans l'atmosphère produise son plein potentiel de
réchauffement, on comprend que nous commençons à peine à ressentir les effets
de l'augmentation exponentielle des émissions des dernières décennies et qu'en
l'absence de gestes concrets, la trajectoire actuelle mène à la catastrophe.
Bien qu'essentiel, et ça, c'est important.
La réduction rapide des émissions de gaz à effet de serre est désormais
insuffisante. En effet, il faut entre 300 et 10 000 ans à la nature pour
réabsorber le CO2 présent dans l'air. C'est donc dire que même si
les émissions de gaz à effet de serre s'arrêtaient totalement la semaine
prochaine, ce carbone excédentaire continuerait de maintenir l'atmosphère à des
températures anormalement élevées pour des siècles, voire des millénaires à
venir.
Le Groupe d'experts intergouvernemental
sur l'évolution du climat, l'ONU, l'Agence internationale de l'énergie, ont
toutes trois conclu qu'en plus de réduire rapidement nos émissions, il est
nécessaire de déployer à grande échelle des technologies d'élimination du
carbone pour retirer de l'atmosphère le CO2 excédentaire. Selon les
données du GIEC, il faudrait environ 10 milliards de tonnes par année de
capacité d'élimination du carbone d'ici 2050 et 20 milliards de tonnes par la
suite, jusqu'en 2 100, au moins.
Au Québec, tant le Comité consultatif sur
les changements climatiques que les auteurs du rapport préliminaire en vue de
l'établissement du PGIRE sont d'avis que pour atteindre la carboneutralité, il
faudra déployer d'ici 2050 une capacité d'élimination du carbone suffisante
pour compenser jusqu'à 13 millions de tonnes d'émissions résiduelles par année.
Le Québec dispose des conditions optimales pour devenir un chef de file mondial
de cette filière. Une géologie exceptionnelle offrant un immense potentiel de
stockage, une énergie renouvelable abondante et une expertise industrielle
reconnue.
Selon l'étude réalisée par KPMG sur le
projet de Deep Sky à Thetford Mines, le déploiement de ce seul site permettrait
de générer jusqu'à 850 millions de dollars de valeur ajoutée pour
l'économie québécoise, de créer entre 7 000 et 12 000 emplois directs et
indirects durant la phase de construction et entre 300 et 400 emplois directs
et indirects durant la phase opérationnelle, et de produire des recettes
fiscales annuelles de 20 millions de dollars pour les trois ordres de
gouvernement. De plus, si une chaîne de valeur manufacturière du captage de
carbone directement de l'air devait émerger au Québec, celle-ci pourrait
contribuer à hauteur de...
M. Bouchard (Mathieu) : ...1
milliard au... au P.I.B. Le projet de loi n° 17 s'inspire des meilleures
pratiques au pays. Il évite certains des écueils rencontrés ailleurs et il est
adapté à la réalité québécoise. Deep Sky appuie son adoption et invite
l'ensemble des députés de l'Assemblée nationale à agir avec célérité pour qu'il
soit sanctionné d'ici la fin de la présente session. Merci.
Le Président (M. Julien) : Je
vous remercie pour votre exposé. Donc, nous allons maintenant commencer la
période... la période d'échange avec M. le ministre, la parole est à vous, vous
avez 16 min 30 s.
M. Bernard : Merci. Merci, M.
le Président. Juste deux... deux informations. Député de Jacques-Cartier, je
suis entièrement d'accord avec vous, puis l'objectif qu'on s'est donné, c'est
de faire cheminer toutes les informations et les consultations pour bonifier le
projet de loi, lorsqu'on reviendra, parce que si on n'a pas le temps de le
faire, on est exactement à la même place que vous, c'est la volonté que nous
avons.
Puis, pour le collègue de Saint-Jérôme, la
loi sur les mines ne s'applique pas, parce que la loi sur les mines touche les
minéraux solides. Et c'est pour ça qu'à ce moment-là, il y a eu un vide
juridique, puis je pourrais vous en parler longtemps, parce qu'au
Témiscamingue, on a eu des... des dossiers majeurs à cet égard-là.
Merci beaucoup, M. Bouchard. Mesdames,
merci beaucoup d'être présentes à distance. Vous avez une... un avancement,
vous êtes des précurseurs, vous vous êtes installés, implantés depuis déjà
quelques années. L'objectif, vous avez expliqué vraiment les enjeux auxquels le
gouvernement, la société fait face avec les... les gaz à effet de serre. Ce
qu'on essaie de faire en place, nous, avec la loi, c'est de mettre un cadre
pour les 50 prochaines années. Puis, à cet égard-là... Puis moi, je viens du
secteur minier, puis on voit que l'occupation du territoire, avec le temps, va
changer, les municipalités veulent prendre leur place et s'agrandir et autres.
Vous parliez donc... Le premier point, je
voudrais voir avec vous, on va éventuellement... L'objectif, c'est de faire des
projets pilotes rapidement, dès l'adoption de la loi pour... pour vous donner
un cadre pour lequel opérer. Les propositions qui ont été soulevées, un peu,
actuellement, pour la mise en place de ces projets pilotes là, j'aimerais
entendre vos commentaires là-dessus, à savoir si ça vous rassure ou si vous
aviez des suggestions pour vraiment sécuriser puis bonifier le projet de... la
nature des projets pilotes.
M. Bouchard (Mathieu) : En
fait, en termes de projets pilotes, comme vous le savez, on en... on en mène un
en vertu de la réglementation actuelle, là. À Thetford Mines, justement, on
a... on a deux puits exploratoires. On est présent dans les régions depuis
2024, on a pu forer les puits en vertu de déclaration de conformité, ce que
permet la Loi sur la qualité de l'environnement, pour ce qui est exploratoire.
Donc en fait, le cadre actuel le permet.
Pour nous, ce qui est le plus important,
c'est que... les... la nouvelle loi permette de transférer ce qu'on fait en ce
moment au nouveau... au nouveau cadre législatif et réglementaire qu'on n'ait
pas... qu'il n'y ait pas d'interruption, qu'il n'y ait pas d'enjeu, puis
ensuite aussi qu'il n'y ait pas de dédoublement, c'est-à-dire qu'on a le droit
de faire ce qu'on fait en ce moment en vertu de la Loi sur la qualité de
l'environnement, Mmais assurons nous qu'il n'y ait pas une deuxième couche qui
s'ajoute quand on vient ajouter un projet de loi... ajouter une loi, puis une réglementation.
M. Bernard : Quand vous
parliez de l'empreinte-surface, parce que vous voulez... Puis là, je vais vous
dire, c'est mon... C'est pour ça, je vais aller visiter éventuellement votre
site. Éventuellement, il va y avoir des licences qui vont être soumises par le
gouvernement. Les licences vont être, ma compréhension, beaucoup plus grande
que votre site et votre empreinte de surface, parce que, de la manière... Si
je... je fais des parallèles avec le pétrole, vous... probablement que vous aller
forer des forages horizontaux, descendre horizontaux, tout le temps, des
forages verticaux pour faire vos injections.
M. Vincent (Pierre-Olivier) : Les
forages sont très verticaux, en fait, à un petit angle, mais c'est n'est pas...
ce n'est pas horizontal.
M. Bernard : Et ce n'est
pas...
M. Vincent (Pierre-Olivier) :
C'est vraiment des... des forages verticaux, environ un kilomètre de profond.
M. Bernard : Et à ce
moment-là, dans votre... Un kilomètre de...?
M. Vincent (Pierre-Olivier) :
Environ.
M. Bernard : OK. Puis à ce
moment-là, quand vous allez avoir un site, quand vous parlez des défis pour
avoir à long terme, en termes de captation, puis en termes de séquestration,
éventuellement, si vous aviez un permis pour vous faire... que vous avez
actuellement, vous permettrait d'opérer pendant combien d'années?
M. Vincent (Pierre-Olivier) : Bien,
en fait, ça dépend du volume, de la capacité du puits même, mais une usine
comme la nôtre est prévue pour 25 ans environ de vie utile.
M. Bernard : OK. Et à ce
moment-là, le site que vous avez actuellement, la licence ferait que dans 25
ans, la séquestration s'est faite, vous devriez avoir un nouveau territoire....
M. Bernard : ...vous iriez
plus profond?
M. Vincent (Pierre-Olivier) :
La durée de vie... Excusez-moi. La durée de vie utile de l'usine puis du puits,
c'est deux choses distinctes. Donc, le puits, il va prendre la capacité de CO2
qu'il est capable d'absorber. Donc, on peut parler d'un puits, par exemple, qui
va prendre 500 000 tonnes de CO2. Quand ce puits-là va être saturé, va
être... va être complet, bien, on va aller vers un autre puits, mais les puits
n'ont pas besoin d'être à une grande distance l'un de l'autre. Donc, on voit
qu'il y a une capacité de storage suffisante dans... sur le site même de la
mine de Black Lake. Donc, après... après la durée de vie du puits... donc,
c'est dur à prévoir, on est en train de faire ces calculs-là, combien de temps
ça va prendre pour la saturer? Bien, on pourrait prendre un puits subjacent,
là, ou voisin du puits initial. Puis l'usine qui est en surface, elle, va être
capable d'alimenter chacun des puits.
M. Bernard : OK. Bon, c'était
le fondement de ma question...
M. Vincent (Pierre-Olivier) :
Oui.
M. Bernard : ...parce qu'à un
moment donné on regarde... Puis les craintes, entre autres, quand je... on
regarde les unions municipales, c'est d'avoir à faire un changement de leurs...
leurs schémas d'aménagement pour accommoder des opérations comme les vôtres.
Puis alors, c'est pour ça que je vous posais la question sur une perspective à
long terme. Ça veut dire que demain matin, vous auriez une licence qui couvre
un territoire et il y aurait assurance qu'avec cette licence-là, donc, vous
auriez assez de surface pour opérer pendant longtemps et le schéma
d'aménagement de la municipalité pourrait, à ce moment-là, continuer à se
développer. Est-ce que je me trompe?
• (15 h 30) •
M. Vincent (Pierre-Olivier) :
...raison, en fait. Dans le cadre de la... du storage de CO2 à Thetford... Le
«plume» qu'on appelle, donc, la dispersion du CO2 dans le sol est pas très
grande, donc on est capable sur une surface d'avoir plusieurs puits puis de
venir les utiliser. Donc, on aura... on n'aurait pas besoin de changer de localisation,
là, comme vous le... comme vous le suggérez.
M. Bernard : OK, c'est
important parce que c'est ça... parce que le gouvernement, on regarde
peut-être, là, dans la nécessité, d'éventuellement, de demander aux
municipalités, si on veut aller de l'avant, de... de peut-être faire des
modifications de leurs schémas d'aménagement. Puis déjà, le gouvernement, par
d'autres ministères, demande ce qu'on appelle les objectifs gouvernementaux
d'aménagement du territoire, les OGAT. Déjà, les MRC et autres font déjà des
planifications de territoire. Donc, on va essayer d'avoir une certaine
cohérence dans tout ça pour permettre aux municipalités de continuer à
cheminer.
Et... l'autre question qu'on... je veux
voir, bon. Vous autres, vous êtes dans un territoire géologique, vous
connaissez les ophiolites, vous savez où elles sont. Donc, il doit y avoir une
certaine prévisibilité où les prochaines licences vont pouvoir, éventuellement,
se développer dans un environnement similaire. Alors, quand le gouvernement, il
a l'objectif d'ouvrir des nouveaux territoires, émettre des nouvelles licences
ou des territoires qui vont être ouverts pour les gens, comment voyez-vous ce
processus-là, d'ouvrir du nouveau territoire pour éventuellement permettre à
d'autres entreprises d'aller faire le même travail que vous, de la
séquestration?
M. Bouchard (Mathieu) : Bien,
en fait, il y a... il y a... Il y a une... Il y a un gros travail d'exploration
géologique, là. Ça n'arrive pas du jour au lendemain. Il n'y a personne qui va
se pointer, qui va dire : ouvrir ce territoire-là. Il va y avoir du
travail qui peut se faire même... avant même... À Thetford, par exemple, on a
commencé par des relevés aériens, donc on n'avait pas besoin de licence pour
faire ça. On... Dans toute la région de l'Amiante, on va opérer... Si on
continue de développer des sites, ça va être des... d'anciennes... d'anciennes
mines d'amiante. C'est sûr qu'on ne fera pas ça en ville, là.
Donc, ce sont des sites immenses, là.
Juste à regarder sur Google Maps, là... Il y a de la place, on a du potentiel
de centaines de millions de tonnes, probablement, puis peut-être même plus, là,
sur 30 ans. Donc, nous, la façon dont on le voit, ce serait à la demande de
promoteurs qui trouvent une région géologique intéressante et avoir un
processus assez simple où on peut demander justement au gouvernement d'ouvrir
une nouvelle région en démontrant effectivement qu'il y a un potentiel, mais
qui aura aussi un impact minimum sur l'environnement humain qui est autour,
puis l'environnement naturel aussi.
M. Bernard : OK, parce que
c'est intéressant, ce que vous dites, parce que, comme je vous disais, je viens
du secteur minier, puis même pour faire des levés aériens du côté secteur
minier, ça nous prenait des «claims», on ne pouvait pas le faire d'une
manière... Parce qu'entre autres, entre autres... tous ces travaux-là,
éventuellement, pour garder les licences et autres, tous les travaux qui vont
être faits, donc, vont être déclarés avec les crédits pour maintenir les
licences actives et autres. Donc, c'est quand même intéressant de voir comment
vous avez procédé, mais éventuellement, le cadre légal, plus tard, va
probablement venir encadrer les travaux, même aériens et autres. Du moins,
c'est qu'est-ce que j'assume. Par la suite, vous avez demandé éventuellement,
pour le partage d'un même territoire, OK... Soit regrouper des licences ou
autres ou, éventuellement, il y...
15 h 30 (version non révisée)
M. Martel : …des
possibilités de faire des ententes conjointes avec d'autres, d'autres
partenaires éventuellement. …, comme ça vous voyez, la...
M. Bouchard (Mathieu) : Comme
mon collègue le disait, il y a un bel exemple, c'est-à-dire que si on a
plusieurs puits sur un même site, ce serait plus simple de les gérer avec une
seule licence plutôt que d'avoir de multiples licences. Quand on parle de la
même formation rocheuse. Quand on parle de la région de Thetford, on injecte
directement dans la roche-mère. Donc c'est un procédé de minéralisation. Je ne
l'ai peut-être pas expliqué tantôt, mais on mélange le CO2 et de l'eau, on l'injecte
dans la roche à un kilomètre sous le sol, et là il y a un processus naturel qui
se produit. Le CO2 réagit avec le magnésium qui est présent dans la roche et ça
devient un carbonate. Donc ça, la plume, dans ce cas-là, la diffusion de la
solution dans le sous-sol et pas très très grande, ce qui permettrait de faire
plusieurs puits sur un même site, d'avoir des puits à tout, quelques centaines
de mètres de distance l'un de l'autre. Ah c'est sûr, quand c'est tout sur un
même site, ce serait plus simple effectivement de gérer le tout sous une
licence ou une licence conjointe, ou d'avoir la possibilité de regrouper les
licences.
M. Martel : C'est un bon
point. Je n'en ai pas discuté ici avec la sous-ministre parce que, dépendamment
de la dimension des licences, vous n'avez pas, peut-être pas, nécessairement
besoin d'avoir de co-gestion. Si je prends un… minier, par exemple, c'est 400
mètres par 400 mètres. Mais, quand je regarde les anciennes licences qui
existaient, je pense, pour le gaz, le gaz naturel, du gaz de schiste ou le
pétrole, les licences étaient beaucoup plus de plus grande dimension. Donc peut-être,
c'est un facteur qu'on n'a pas abordé, mais peut-être la dimension des licences
va faire que ça va être une gestion plus simple, comme vous, vous le souhaitez.
De votre, de votre avis, peut-être c'est trop tôt, mais en termes d'hectares,
est-ce qu'il y aurait une grandeur minimale qui serait intéressant pour vous
permettre d'opérer? Sur une perspective à long terme.
M. Vincent (Pierre-Olivier) : Pour
avoir un projet qui est économiquement intéressant. On parle d'une capture d'environ
500 000 tonnes de CO2 par année. On peut imaginer environ 160 acres. Je suis
désolé, ce n'est pas des hectares. Faudrait je fasse la conversion, mais
environ 160 acres de terrain, 150 à 160 actes de terrain pour ce type d'envergure
là. Je ne parle pas du puit, je parle de l'usine de surface. Évidemment, au
niveau de la capture. Donc, ça permet d'avoir plusieurs puits dans le même
secteur également avec ce type de superficie là.
M. Martel : Bien, c'est une
donnée, je pense, qui est importante pour permettre de faire la réflexion pour
ultérieurement, quand le processus de licence va, ça va être à décider. Oui.
Vous voulez quelque chose?
M. Bouchard (Mathieu) : J'allais
ajouter que ça dépend aussi de la méthode qui est utilisée pour… pour la
séquestration. C'est à dire que là, à Thetford, on est dans la minéralisation
du carbone. Il y a une autre méthode où on l'injecte dans un aquifère salin
profond. Donc c'est une coche, couche poreuse qui est encore plus profonde.
Dans la vallée du Saint-Laurent, on en a plusieurs, c'est entre deux et cinq
kilomètres sous la surface du sol. Donc là, la dispersion, parce qu'on injecte
le CO2 pur dans une espèce d'éponge géologique, alors là, la dispersion peut
être plus grande. Donc, en fonction de la méthode de stockage qui choisit, le
type… la licence devrait être adapté en conséquence.
M. Martel : C'est un bon
point. Vous avez effectivement raison, j'y avais pensé parce que deux
environnements différentes de... M. Le Président, je vais laisser la parole à
ma collègue député qui veut.
Le Président (M. Julien) : Oui,
la parole à la députée de Lotbinière-Frontenac, où il reste trois minutes 30.
Mme Lecours
(Lotbinière-Frontenac) : D'accord. Merci. Bien merci d'être là,
messieurs, mesdames aussi, en ligne. Donc, bien, merci pour votre mémoire. Il
était très volumineux, je dois dire. On s'est rencontré plusieurs fois. Je suis
allé aussi sur votre site. C'est très intéressant. J'aimerais bien. Vous avez
quand même expliqué. Le ministre vous a posé plusieurs questions. J'aimerais
quand même, pour le bénéfice des gens qui nous écoutent, comment bien. Il y a
plusieurs types de bien, plusieurs façons de capturer le CO2. J'aimerais que
vous expliquez là, c'est quoi les…, les types de capture.
M. Vincent (Pierre-Olivier) : …
en fait, nous Deep Sky, on est spécialisé dans la capture directe dans l'air.
Donc, comme Mathieu l'expliquait, le principe c'est de faire passer de l'air à
travers une grande éponge où on sature l'éponge, on capture le CO2 qui est
présent. …, c'est vraiment notre spécialité. Donc, on utilise différents types
de sorbants, soit des sorbants liquide, des sorbants solides, différentes
technologies qui sont…, soit en développement ou plus développé. Donc, c'est ce
qu'on teste puis qu'on est en train de mettre à l'échelle, à notre usine d'Innisfail
en Alberta. Donc, c'est vraiment notre spécialité. Il y a d'autres. Il y a d'autres
façons de capturer sur d'eux également, qui n'est pas notre expertise, qui est
du point de… Donc, au niveau des usines directement, ça pourrait être fait dans…
M. Vincent (Pierre-Olivier) : …dans
les grands émetteurs du Québec, là. Mais nous, on se concentre vraiment sur la
capture du CO2 dans l'atmosphère.
Mme Lecours
(Lotbinière-Frontenac) : Parfait. Puis, tu sais, pour votre projet de…
dans la région de Thetford Mines, tu sais, votre… si vous avez un site, tout
ça, vous allez construire… une usine de captation. Puis ça, ça serait quand, là ? C'est quoi, les… votre… ?
M. Vincent (Pierre-Olivier) : On
est vraiment en attente du cadre réglementaire. Donc, nos… nos bloqueurs en ce
moment, c'est le cadre puis l'accès à l'énergie. Un va venir avec l'autre.
Donc, dès qu'on a ces… ces deux
paramètres-là, on va déjà commencer les prochaines phases d'ingénierie pour
faire avancer le projet.
Notre objectif, ça serait que d'ici les
trois prochaines années, l'usine soit en opération. Donc, on est… on est
dépendants de la décision, mais on est prêts à… à avancer pour tout ce qui est
du reste, là.
On travaille avec… déjà avec des
partenaires de grande envergure pour le projet.
• (15 h 40) •
Mme Lecours
(Lotbinière-Frontenac) : Parfait. Bien, merci. Hum… puis, vous avez
dit qu'il y avait un potentiel de 19 milliards par an. Ça, c'est… c'est
seulement pour vous, ou ?
M. Bouchard (Mathieu) : Non,
ça, on parle du… du marché annuel de… des crédits des… du marché mondial, là,
on ne parle pas juste pour nous, là.
Mme Lecours
(Lotbinière-Frontenac) :… vous ne devez pas être les seuls…
M. Bouchard (Mathieu) : On ne
s'attend pas à être les seuls. En fait, on ne doit pas être les seuls. Il
faudrait qu'on… qu'il y en ait beaucoup de Deep Sky à travers le monde pour
faire une différence, là.
Mme Lecours
(Lotbinière-Frontenac) : Mais moi, j'ai été prête pour ça, là, pour le
développement économique de ma région.
M. Bouchard (Mathieu) : Mais
on est prêts à en entendre, le plus gros morceau possible.
Mme Lecours
(Lotbinière-Frontenac) : Merci.
Le Président (M. Julien) : Oui,
merci. Merci beaucoup. Maintenant, on va passer à l'opposition, au porte-parole
de l'opposition officielle pour 13 min 52 s..
M. Kelley : En fait, merci
beaucoup, Monsieur le Président. Messieurs Bouchard, puis Monsieur Vincent,
puis les gens qui sont avec nous en ligne. Merci beaucoup pour votre
présentation.
Honnêtement, un projet super intéressant.
J'ai lu la présentation de KPMG sur les… le potentiel de l'industrie au Québec
et, quand même, votre projet a des retombées économiques super intéressants
pour Thetford Mines, mais aussi pour le Québec en général.
Alors, merci pour tout ça. On est tous
bien informés. Je veux juste poser une question pour vous autres.
C'est quoi l'importance… je sais que vous…
Monsieur Bouchard, dans… entre… dans votre présentation, mais juste,
donnez-nous l'idée… l'urgence d'adopter ce projet de loi, si c'est possible.
C'est quoi les conséquences et, parce
qu'on est vraiment à 0 h -1 dans le… le calendrier parlementaire, alors,
pour vous autres, l'urgence de… d'adopter ce projet de loi, c'est quoi,
exactement ?
M. Bouchard (Mathieu) : Oui.
Alors, comme je le disais dans la présentation, on doit livrer, comme
entreprise, contractuellement, on doit livrer 1 300 000 crédits
dans les dix prochaines années.
Donc, le site qu'on a en Alberta peut en
produire maximum 3 000 par années. Donc faites le calcul, là, il y a un…
il y a 1 297 000 crédits, bien, on en fait 3000 par année, là,
disons 1 270 000 crédits à trouver ailleurs.
Donc, il va falloir construire des sites d'envergure
qui vont pouvoir livrer ces crédits-là.
Maintenant, là, je ne vous en cacherais
pas, là, tous les délais de planification, de construction, d'obtention de
permis, c'est quelques années. Donc, on ne sera pas en opération, comme le
disait mon collègue, avant 2028, 2029, si tout va bien, là, si on… si on peut
avoir un projet de loi, puis de la réglementation, au Québec, on pourrait être
en opération en 2028, 2029. Mais, si ce n'est pas au Québec, il va falloir
le faire ailleurs. Je vous ai fait la liste des provinces qui ont déjà ce
cadre-là. On ne s'en cache pas, là, on regarde aussi dans d'autres provinces
parce qu'on doit… on doit absolument aller de l'avant, on doit construire.
On a un beau problème, on a prévendu
beaucoup de… de crédits, on doit maintenant les livrer.
M. Kelley : Parfait. Merci
beaucoup. Hum… je reviens un petit peu sur le bloc d'énergie. Je sais que, dans
votre présentation, c'est 15 mégawatts que vous cherchez, initialement,
puis le projet au total, les besoins énergétiques sont environ
115 mégawatts ?
M. Bouchard (Mathieu) : Exactement.
M. Kelley :… est-ce que vous
avez eu des discussions avec Hydro-Québec ou… préférence… alors, la possibilité
est là et, j'imagine, le bloc doit être en ligne pour 2028 ? C'est pas mal ça ?
M. Bouchard (Mathieu) :
Exactement.
M. Kelley
: Et, quand
même, un peu d'énergie pour faire des… des phases initiales de projet.
Parfait. Bien, on va prendre… bien note de
ça. Je vais aussi poser une question… et… je sais que c'est un peu négatif
comme question, mais si jamais l'entreprise fait faillite, puis… vous avez déjà
commencé avec le stockage, mais qu'est-ce qui arrive, parce que c'est dans
votre mémoire ?
Qui doit être responsable pour tout cette
carbone qui… carbone qui… qui est capturée dans le sol du Québec ?
Juste vos pensées là-dessus, parce que… on
ne souhaite pas que ça arrive, mais c'est aussi parce qu'on parle pour un
régime qui va exister partout sur le territoire du Québec.
Alors, ça peut arriver à une autre
entreprise, alors, vous pensez là-dessus ?
M. Bouchard (Mathieu) : Bien,
en fait, le… le projet de loi prévoit un système de… en fait..
M. Bouchard (Mathieu) : ...permet
la mise en place d'un fond pour qui... J'imagine, là, qui va exiger des droits
qui vont être payés sur la quantité de tonnes qui seraient séquestrées pour
s'assurer que si... qu'un malheur devait arriver, il y ait de l'argent mis de
côté pour pouvoir s'occuper des puits, les fermer de façon sécuritaire et assurer
que le carbone y reste de façon permanente.
Maintenant, l'avantage à Thetford, c'est
que comme on fait de la minéralisation, après deux ans, il n'y a plus de
carbone sous forme gazeuse, donc il n'y a pas... Un carbonate, ça ne
s'échappera pas dans l'atmosphère parce que c'est un minerai complètement
stable, ça ne... ça ne rebougera plus. Évidemment, dans le cas de séquestration
dans des aquifères salins, là, effectivement, il faut avoir un régime en place,
mais on donne l'exemple de l'Alberta, là, ça fait 30 ans que l'Alberta
séquestre des gaz dans son sous-sol, et il n'y a pas eu d'incident. Tout se
fait de façon, dans les règles de l'art, puis le projet de loi s'inspire
beaucoup, en fait, du modèle albertain, pour de bonnes raisons.
M. Kelley
: Merci
beaucoup. Vous avez plusieurs suggestions des amendements pour le projet de
loi. Je veux juste poser des questions, une que j'ai trouvé un peu
intéressante, c'était sur le point, pour les documents transmis au ministère,
vous avez des inquiétudes sur... Bien, qu'il faut s'assurer qu'il y a une
protection de... bien, donc, vos secrets industriels. Alors, peut-être,
juste expliquer un peu vos préoccupations avec cette partie de le projet de
loi. Je vais aussi juste aller en rafale un petit peu... rafale un petit peu,
mais aussi l'article 19, il y a des questions sur l'absence de la défense de
force majeure pourrait avoir un impact sur le financement de... des projets sur
le coût de la couverture de l'assurance. Puis aussi, 30, permettre d'éviter en amont
certains conflits d'usage, quand on parle, le ministre peut déterminer que
certains territoires ne pouvons... ne peuvent faire l'objet de licences
d'exploration.
Alors, j'ai trois questions, j'ai juste
signalé ces trois suggestions de l'amendement, alors, peut-être juste, 19, 29
et 30. Qu'est-ce que vous suggérez et l'importance d'ajouter ça à l'approche du
droit, à modifier l'approche du droit?
M. Bouchard (Mathieu) : En
fait, sur le premier, sur la question des documents, nous, ce qu'on proposait,
c'est d'avoir une adéquation entre ce que le projet de loi fait et ce qui est
déjà prévu dans la Loi sur la protection des renseignements, pour éviter qu'il
y ait... que ça crée de la confusion. Alors, on a l'impression qu'il y aurait
peut-être place ici à confusion. On préférerait que ce soit un régime, deux
régimes qui soient alignés. Sur la question, la deuxième, c'était sur les...
Rappelez-moi, il y en avait eu trois.
M. Kelley : Oui, excusez-moi,
29, c'était sur les documents.
M. Bouchard (Mathieu) : Oui.
Sur les documents. Oui. Ensuite?
M. Kelley : Oui.Et
ensuite, c'était 19. Alors, impose un titulaire d'une licence de les
responsabilités de dégâts, dégommer des tiers pour tout préjudice causé par des
activités. Oui.
M. Bouchard (Mathieu) : Ah
oui, oui.Alors oui, c'est ça. Donc je comprends que ça, c'est une
disposition qui existait dans le cadre de la loi... qui était relative au gaz
naturel et au pétrole, donc aux hydrocarbures. Ici, on parle de technologies
environnementales qui visent la décarbonation, et c'est sûr que ce sont des
technologies émergentes. Donc comme n'importe quelle entreprise, on va avoir
besoin d'assurance pour opérer, d'enlever la défense de force majeure. Ça
pourrait... Puis, même chose du côté du financement, parce que la force
majeure, donc, bien, j'ai mon petit côté avocat qui sort, là, mais la force
majeure en droit, c'est quelque chose qui, par définition, on ne contrôle pas.
Donc, pour une jeune entreprise, d'être responsable pour quelque chose qu'elle
ne contrôle pas, c'est un peu... Ça pourrait causer effectivement des... Ou
soulever des questions pour, pour de la part nos finissants... financiers et
nos assureurs.
M. Kelley : Excellent. Ça...
ça clarifie le commentaire, puis on va suivre ça de près avec l'étude
détaillée. Puis, en terminant, juste le... l'article 30, le ministre peut
déterminer que certains territoires ne peuvent faire l'objet d'une licence
d'exploration ni d'exploitation, notamment des aires protégées. Vous avez fait
la suggestion qu'il faut permettre, éviter en amont certains conflits d'usage.
Alors, j'imagine le conflit d'usage, c'est des terres publiques versus des
terres privées, ou...?
M. Bouchard (Mathieu) : En
fait, on est tout à fait en accord avec le principe, l'enjeu qu'on soulevait,
c'était lorsqu'il y a un changement aux limites.
M. Kelley
: Ah OK, des
municipalités.
M. Bouchard (Mathieu) : Donc,
comme je l'expliquais plus tôt, quand on parle de plume, donc dans le
sous-souterrain, si la... le puits à la surface prend... C'est gros comme ça,
là, un puits.
M. Kelley
: Oui.
M. Bouchard (Mathieu) : Mais
la plume, elle, peut s'étendre sur quelques centaines de mètres ou dans le cas
de la séquestration dans les aquifères salins, sur quelques kilomètres. Donc,
s'il y a un changement d'usage en surface, ça ne peut pas venir... Selon nous,
il devrait y avoir une espèce de clause grand-père qui empêche qu'on doive
abandonner un puits à mi-parcours parce qu'il y a eu un changement d'usage en
surface, tant qu'on est capable de démontrer qu'il n'y a pas d'impact de nos...
Quand tu es à trois kilomètres sous le sol, qu'il n'y a pas d'impact de nos
activités à trois kilomètres sous le sol, sur la surface.
M. Kelley : Merci, Me
Bouchard.
M. Bouchard (Mathieu) : Oui.
M. Kelley
: Je vais
passer... Je vais passer la puck à ma collègue la députée de
Notre-Dame-de-Grâce.
Mme McGraw :
Merci,
M. le Président. Donc, je suis très contente d'accompagner mon collègue, notre
porte-parole en matière d'énergie, ressources naturelles, mais en tant que
porte-parole...
Mme McGraw : …responsable de
la lutte contre les changements climatiques, alors, évidemment, je me suis… je
me suis attardée en particulier aux mémoires du Comité consultatif sur les
changements climatiques qu'on vient de recevoir aujourd'hui, et je cite leur
premier point. «La séquestration du carbone devient ainsi un levier
indispensable pour contrebalancer les émissions résiduelles et maintenir un
état de carboneutralité.» Donc, il parle d'un levier… levier essentiel au
Québec pour atteindre notre objectif ultime de carboneutralité d'ici 2050.
Donc, il y a quand même aussi… vous avez parlé, le collègue de la première
question… c'est question urgence d'agir pour prendre avantage des marchés, des
crédits qui ont été prévendus, il y a aussi un financement fédéral important de
60 % captation, 25 % pour stockage, il y a aussi urgence d'agir au
niveau de l'urgence de la crise climatique. On sait quand même que le Conseil
et certains groupes environnementaux s'inquiètent, alors je vous pose la
question parce qu'on prévoit… on va avoir des discussions avec ces groupes-là,
justement. Comment répondez-vous aux critiques selon lesquelles le stockage du
carbone pourrait devenir une façon de retarder la réduction directe des
émissions?
• (15 h 50) •
M. Bouchard (Mathieu) : Alors,
la position nous a toujours été très, très clair dès le départ, ça ne doit pas
être une excuse pour continuer à émettre. Je pense que je l'ai dit dans ma…
dans ma présentation, c'est le principe de la baignoire, là, donc en ce moment,
la baignoire est pleine, elle déborde, bien, on peut bien enlever le bouchon
pour essayer de la vider, mais si on continue à la remplir, ça ne donnera
absolument rien. Donc pour faire les deux, il faut arrêter de remplir la
baignoire, puis aussi de la vider. Donc, arrêter de remplir, ça veut dire
cesser les émissions le plus rapidement possible, atteindre la carboneutralité
et vider la baignoire, bien, ça veut dire faire de l'élimination du carbone à
grande échelle. Mais dans tout ça, quand on dit atteindre la carboneutralité,
puis c'est le sens du comité consultatif, on sait très bien que, même si on
décarbone au maximum, il va demeurer des usages, particulièrement en
agriculture et en industrie, où il n'y a pas de moyens de décarboner les
procédés. On va continuer de manger, on va continuer à avoir de l'agriculture,
on va continuer d'avoir besoin du ciment, on ne va pas… il y a bien des choses
dont on va avoir besoin dans un monde carboneutre, et la seule façon de gérer
ces émissions-là, donc les émissions résiduelles, bien ça va être d'aller les
chercher dans l'atmosphère.
Mme McGraw : Et justement,
c'est ce qu'on dit dans le rapport ou la mémoire, c'est qu'il y a des émissions
résiduelles, c'est-à-dire des GES d'origine humaine sont difficiles, voire
impossibles à éliminer complètement, en particulier dans les secteurs de
l'agriculture, de l'aviation, du transport maritime ou procédé industriel, et
là, c'est… c'est une question de résiduelle. La première ministre, Daniel
Smith, est ici à Québec aujourd'hui. Est-ce que… puis on comprend qu'en
Alberta, en Colombie-Britannique, vous avez cité aussi l'Ontario, Saskatchewan,
ils ont déjà en place un cadre législatif complet, donc, c'est un avantage pour
ces provinces-là. Pour le Québec, est-ce qu'on… est-ce qu'il y a des éléments
dans… sur lesquels on pourrait s'inspirer, par exemple, le projet de loi qui
pourrait… on pourrait s'inspirer en partie du modèle albertain ou des autres
provinces déjà qui ont déjà ces cadres?
M. Bouchard (Mathieu) : Mais,
en fait, le travail ici a été fait,là, je vais dire… puis je salue le travail
des gens du ministère, là, ils se sont vraiment inspirés des meilleures
pratiques, là, je le disais dans ma présentation, le modèle albertain a été
pris en compte, puis c'est… c'est probablement le meilleur en ce moment, qui
est là, puis on l'a adapté au contexte québécois, donc, en ce sens là, je pense
que le travail a été fait. Puis on a évité certains enjeux au Manitoba, les
responsabilités à long terme, c'est un problème, puis ils vont devoir le
revisiter, mais ça, au Québec, on l'a réglé. Et en Ontario, c'est la question
de la propriété des espaces poreux qui est demeurée privée, alors qu'au Québec
on a fait le bon choix, qui est le même choix qu'en Alberta, c'est-à-dire que
de déclarer que c'était la propriété de l'État, la même chose que pour les
minéraux, c'est la meilleure façon de le gérer.
Mme McGraw : Donc, si je
comprends bien, il y a déjà des leçons apprises qui sont intégrées dans ce
projet de loi, bien qu'il soit perfectible, et nous, on va faire notre travail
d'opposition officielle pour évidemment talonner le gouvernement, c'est notre devoir.
Mais vous avez aussi des amendements que vous autres, vous proposez. Est-ce que
vous… on pouvait vous entendre là-dessus? Bien que, s'il y en a… donc, on sait
que si la dernière à minuit moins une ici à l'Assemblée, donc, est-ce que vous
pourrez nous parler des amendements que vous avez en tête?
M. Bouchard (Mathieu) : Bien,
en fait, dans les amendements, ce que je tiens à dire, là, c'est que, de façon
générale, nous sommes absolument… on est très satisfaits, puis je vais
reprendre l'expression Le mieux est l'ennemi du bien. Alors, même si, oui, le
projet est perfectible, tout est perfectible. Ici, il y a un excellent cadre
qui va nous permettre, qui nous permettrait d'aller de l'avant. Alors on a fait
une série de suggestions, à part celle que j'ai discuté là, avec votre
collègue, l'autre qu'on avait souligné, c'est peut-être le besoin d'avoir un
certificat au moment de la fermeture…
M. Bouchard (Mathieu) : ...du
puits, ce qui se fait aussi en matière minière, là, quand un bail minier prend
fin, ce qui assure une sécurité juridique. Et l'autre, c'est de s'assurer...
puis c'est juste une clarification, c'est pas... c'est pas majeur, mais quand
il y a des ententes qui sont conclues entre le titulaire d'un droit minier, par
exemple, et le titulaire d'un... ou quelqu'un qui souhaite obtenir une licence
pour injecter du... pour stocker du gaz, que ce soit clairement établi, que ça
relève à ce moment-là du même droit réel immobilier qui va être inscrit puis
qui va suivre la licence, de sorte que, s'il y a des changements de
propriétaire ou des transferts d'entreprise de part et d'autre, que ça va
suivre, c'est tout.
Le Président (M. Julien) :
Merci. Donc, maintenant, je cède la parole au député de Saint-Jérôme pour 2
minutes 38 secondes.
M. Chassin :
Merci. Merci beaucoup. Est-ce qu'il y a d'autres compagnies, à l'heure
actuelle, que Deep Sky, qui a des projets de stockage... captage... stockage du
carbone au Québec, à votre connaissance?
M. Bouchard (Mathieu) :
Qui... qui est active en ce moment au Québec? Non, je pense qu'on est les
seuls. Il y a Skyrenu, donc, qui est une jeune pousse de l'Université de
Sherbrooke qui souhaite éventuellement en faire, mais ils sont encore... Ils se
concentrent en ce moment sur leur technologie de captage.
M. Chassin :
Ce que je comprends, c'est que vous avez un trois ans d'horizon pour être
opérationnel. Vous parlez que Deep Sky Alpha a été, dans le fond, en seulement,
quoi, 10 mois de travaux d'aménagement. Donc, le trois ans, ça laisse le temps
ou pas?
M. Vincent (Pierre-Olivier) :
...l'échelle de... du projet est pas la même du tout. On parle...
M. Chassin :
D'accord. C'est une différence d'échelle.
M. Vincent (Pierre-Olivier) :
...d'un projet qui est pratiquement dix fois plus grand.
M. Chassin :
Puis on parle de mégawatts, d'importantes quantités d'énergie à la page 10 de
votre mémoire. Grosso modo, en blocs de...
M. Vincent (Pierre-Olivier) :
Pour la... le projet... le projet est développé par phases. Donc, la phase dont
on parle actuellement, c'est une phase de 15 mégawatts, comme on a mentionné
plus tôt, environ 35... 30 à 35 000 tonnes de CO2 capturées. Puis, à
l'échelle, on... cette échelle-là sera... pour environ 500 000 tonnes par
année.
M. Chassin :
Donc vous êtes plutôt positif de les obtenir, 15 mégawatts.
Des voix : On espère. On
espère.
M. Chassin :
On se comprend. Est-ce qu'à l'heure actuelle... Puis, par exemple, prenons le
cas dans... Chaudière-Appalaches, en fait, il y a de la place pour ça. Est-ce
qu'il y a à l'heure actuelle des contestations juridiques? Est-ce qu'il y a
dans la... le manque de cadre réglementaire des problématiques judiciaires ou
des claims qui existent, qui ne sont pas... Il n'y a rien de ça?
M. Bouchard (Mathieu) : En ce
moment, il n'y a rien de ça... Sur les sites, donc, en Chaudière-Appalaches, on
est sur une ancienne mine d'amiante qui est propriété privée. On a une entente
avec l'entreprise qui est propriétaire de la mine, il n'y a aucun enjeu.
M. Chassin :
Puis vous... deviendriez propriétaire, le cas échéant, ou non?
M. Bouchard (Mathieu) : Non,
l'idée, c'est d'être locataire. L'idée... on ne veut pas absorber le passif
minier...
M. Chassin :
On se comprend.
M. Bouchard (Mathieu) : ...on
va se concentrer sur ce qu'on peut faire, là, oui.
M. Chassin :
D'accord. Merci.
M. Bouchard (Mathieu) : Merci.
M. Vincent
(Pierre-Olivier) : Merci.
Le Président (M. Julien) :
Alors, merci. Bien, je vous remercie infiniment pour votre contribution aux
travaux de la commission. Très intéressant, très instructif. Alors, je suspends
les travaux quelques instants afin de permettre au prochain groupe de prendre
place. Merci.
(Suspension de la séance à 15 h 58)
(Reprise à 16 h 01)
Le Président (M. Julien) :
Merci. On reprend donc les travaux. Je souhaite donc la bienvenue aux
représentants de Quebec Innovative Materials Corp. Je vous rappelle que vous
disposez de 10 minutes pour votre exposé, puis nous procéderons à la période
d'échange avec les membres de la commission. Je vous invite donc à vous
présenter et à commencer votre exposé. Bienvenue.
M. Karagiannidis (John) :
Merci. Merci, M. le Président, M. le ministre, madame et monsieur les membres
de la commission, moi, c'est John Karagiannidis, fondateur, président et
chairman de QIMC. À côté de moi, c'est André Turmel, Me Turmel, mais c'est
aussi Me Karagiannidis, mais c'est Me Turmel aussi, là, président exécutif du «board»
de QIMC, du conseil d'administration. Merci de nous avoir... Merci de nous
recevoir aujourd'hui dans le cadre de l'étude du projet de loi n° 17. Nous
sommes ici pour partager le point de vue de QIMC sur ce projet de loi, et plus
spécifiquement, sur l'émergence de l'hydrogène naturel propre au Québec, qu'on
peut aussi surnommer comme l'hydrogène géologique.
Notre message est simple : il est à
l'avantage du Québec de se doter dès maintenant d'un cadre clair pour encadrer
le développement de cette filière énergétique propre émergente. À cet égard, le
projet de loi n° 17 constitue, à notre avis, une étape très importante par
rapport à ça. À propos de QIMC, permettez-moi d'abord de vous présenter
brièvement qui nous sommes. QIMC est une entreprise québécoise qui développe
des projets d'exploration et de développement d'hydrogène naturel ou géologique
ici au Québec et... ailleurs en Amérique du Nord, notamment en Nouvelle-Écosse,
où on fore présentement, et aussi en Ontario. Et aussi... on est aussi dans l'État
du Minnesota, où on est la seule compagnie qui a obtenu des permis par l'État
même du Minnesota à développer l'hydrogène naturel au Minnesota. Donc, ça,
c'est un autre aspect.
Un élément important, particulièrement
pour nous, c'est qu'une part importante de notre expertise a été... a été
développée ici au Québec. Notre objectif est vraiment de continuer au
développement d'une énergie propre, locale et complémentaire aux autres sources
d'énergie. Dans un contexte où la demande énergétique augmente rapidement et la
disponibilité des nouveaux blocs d'électricité est de plus en plus
restreinte... On a remarqué ça dans les places dans lesquelles on a développé
nos projets, particulièrement en Nouvelle-Écosse et aussi au Minnesota. Nous
croyons qu'il serait essentiel pour le Québec de développer de nouvelles
sources d'énergie propres, notamment pour les usages plus difficiles à
électrifier, comme les secteurs de l'industrie et des transports.
De plus, comme nous avons pu le constater
dans notre... Comme vous avez pu le constater dans notre mémoire, un des
avantages de l'hydrogène naturel propre est qu'il y a très peu d'impact sur le
territoire et l'environnement. Notre approche terrain repose sur des bases
scientifiques solides qu'on a développées...
16 h (version non révisée)
M. Karagiannidis (John) : …
ici au Québec, avec nos partenaires scientifiques qui sont l'INRS, et aussi, on
a un partenaire aussi en Ontario qui s'appelle Hampton College, aussi développé
ici au Québec, et un développement respectueux des territoires en collaboration
avec les communautés locales, autochtones et régionales. On est la seule
compagnie qui a une entente de partenariat avec la Première Nation du
Témiscamingue pour le développement dans la région du Témiscamingue. Et aussi,
on a déjà des…, La Première Nation du Témiscamingue aussi nous aide en
Nouvelle-Écosse, avec les…, avec les relations que nous avons avec les…, Donc,
c'est très important pour nous de bâtir de la communauté vers le haut. C'est
comme ça qu'on a bâti notre entreprise depuis le début et c'est très, très
important pour nous, ça. Ces relations là, Quel est l'hydrogène naturel? L'Hydrogène
naturel, comme son nom l'indique, se forme naturellement dans des formations
géologiques très, très profondes. C'est une structure assez particulière, puis
c'est des roches, des formations de rocheuses très, très particulières. Nous,
ce qu'on vise principalement, c'est des formations de fer qui sont riches en
magnétite. Donc, dans ces contextes là, on ne vise pas à développer ou explorer
dans, par exemple, dans des cas où il y avait des hydrocarbures ou il y a des
fossiles par exemple, parce que dans ces cas là, tu vas retrouver de l'hydrogène,
mais cet hydrogène là va être bactériennement créée. Donc, tu aurais du CH4
dedans, du CO2. Donc ça, c'est un peu contraire à la mission de l'entreprise
qui est vraiment de l'hydrogène propre, sans CH4, sans CO2. Puis nos résultats
au Québec, tant qu'au Québec tant en Ontario, tant en Nouvelle-Écosse, C'est ça
qui. C'est ça. Donc, la composition de gaz, pour nous, est très, très important
puis est vraiment clé dans le projet. Contrairement à d'autres formes d'hydrogène.
Il n'y a pas besoin d'être produit par un procédé énergétique et industriel énergivore.
C'est-à-dire, que ici on parle d'hydrogène sous forme primaire et non qui est
créé de façon électrique ou de façon anthropogénéré. Ça c'est très important.
Donc, on ne consomme donc pas d'électricité comme dans le cas de la production
d'hydrogène vert. Donc, ça, c'est très, très important ici.
De façon un peu simpliste, l'hydrogène est
généré lorsque l'eau entre en contact avec certains minéraux. Dans ce cas là,
des minéraux de fer qui sont riches en magnétite. Ils migrent ensuite à travers
les fractures, cet eau-là et il vient s'accumuler dans des réservoirs naturels.
Donc, c'est pour l'extraction qu'on va discuter un peu, par après, je l'avais
noté après. Pour l'extraire, donc nous avons besoin pas d'infrastructure lourde
ici, c'est une extraction très, très simple et on n'a pas besoin non plus de
beaucoup d'énergie. Nous sommes donc en mesure de limiter l'empreinte
environnementale et territoriale au maximum en termes d'extraction elle-même. Des
projets qu'on a, qu'on a discutés tantôt. Nos projets menés au Canada et en
Amérique du Nord nous ont d'ailleurs permis d'identifier un potentiel très,
très important. En Nouvelle-Écosse, par exemple, où on contrôle un terrain en
termes de …, d'à peu près 130 kilomètres par 40 kilomètres. Donc, on contrôle
toute le district qu'on appelle du Cube Equip, qui est un des gros districts.
Ce qui est ironique, là, je vais changer, là, à partir du script, là, que j'avais,
là. Mais ce qui est ironique, c'est que nos compétiteurs, qui sont Rio Tinto,
qui sont au sud, en Nouvelle-Écosse, sont venus les …, par après, et nos autres
compétiteurs, qui sont des Américains qui s'appellent Coloma, qui a était
financé par le département de la défense, Bill Gates puis Bezos à l'auteur de
450 millions sont à notre Est. Donc, on est vraiment en sandwich entre les ces
deux gros compétiteurs-là. En Nouvelle-Écosse, nous avons été en mesure de
faire des avancées significatives et de valider le modèle scientifique qui a
été initialement développé ici au Québec. Nos derniers forages cet hiver et ce
printemps ont en effet confirmé la présence d'hydrogène naturel en pourcentage,
contrairement à d'autres projets mondiaux. Dans plusieurs zones, a une
concentration assez élevée pour écarter que c'est une simple anomalie locale.
Donc, on parle ici vraiment de gros gros systèmes. On ne parle pas de petites
anomalies. Donc, nous continuerons les travaux cette année en Nouvelle-Écosse
avec, on planifie sept puits en Nouvelle-Écosse d'une profondeur allant de 900
à 1000 mètres. On a déjà foré jusqu'à 900 mètres en Nouvelle-Écosse, puis là on
planifie quatre autres puits en Nouvelle-Écosse. Ce sont des développements
importants parce qu'ils montrent que le modèle fonctionne très bien sur le
terrain et qu'il le peut, et qu'il peut être appliqué à plus grande échelle...
M. Karagiannidis (John) : ...comme
je vous dis, on parle ici de systèmes d'extraction et d'exploitation aussi.
Mais ce qui nous interpelle plus directement au Québec, c'est le corridor
Québec-ontarien qu'on retrouve... Ce qu'on appelle le Témiscamingue Graben à
côté du lac Témiscamingue. Maintenant, à plusieurs...
Le Président (M. Julien) :
Deux minutes.
M. Karagiannidis (John) : Deux
minutes, oui, oui, je vais aller vite, vite. Saint-Bruno-de-Guigues, dans le
Témiscamingue, je m'excuse, Saint-Bruno-de-Guigues Témiscamingue qui constitue
notre projet phare au Québec. Nous avons documenté des concentrations
d'hydrogène importantes à faible profondeur. C'est donc très encourageant. Les
prochains travaux visent donc à mieux comprendre et à documenter la migration
du système d'hydrogène, qui commence à une très grande profondeur et qui migre
vers le haut.
• (16 h 10) •
Après, nous avons aussi un également un
projet en Ontario, dans le graben lui-même, qui continue... qui s'inscrit
directement dans la continuité des travaux réalisés au Québec. Au total, dans
ce corridor Québec-Ontario, nous avons réalisé plus de 2 000 échantillons qui
ont été analysés et qui ont permis de confirmer la présence d'hydrogène naturel
et de mettre en évidence un potentiel qui s'inscrit à l'échelle même du système
géologique. Là, André... Me Turmel avait des commentaires sur le projet
lui-même.
M. Turmel (André) : Bien,
rapidement, bonjour. Simplement pour... avec les secondes qui restent, puis on
pourra en discuter. Globalement, on est en faveur de ce projet de loi là. Il
ressemble beaucoup au projet de loi n° 193 adopté en Nouvelle-Écosse. Je sais
que les fonctionnaires du Québec parlent à la Nouvelle-Écosse et vice versa. On
a des commentaires qu'on pourra discuter, qui sont... peuvent être certainement
substantiels, notamment la définition en elle-même de l'hydrogène naturel. Mais
globalement, nous sommes très contents qu'il y ait un encadrement. L'origine de
licence fait notre... fait notre affaire, surtout le fait que le substrat
devienne propriété du domaine de l'État, on n'a aucun problème avec ça... avec
ça, bien sûr.
Le Président (M. Julien) : Parfait.
Il restait 20 secondes, mais...
M. Turmel (André) : OK, bien,
mon Dieu, OK. Mais comme John le mentionnait, il est quand même impressionnant,
nous étions il y a trois semaines au Texas à une conférence qui s'appelait
Drilling for Hydrogen et les gens de l'Univerisité de Stanford avaient fait un
tour de la planète où forer... où on forait l'hydrogène naturel, ils nous
disaient qu'il y avait 25 forages actuellement, 25, et sur les 25, il y en
avait cinq faits... faits par QIMC.
Le Président (M. Julien) :
Merci.
M. Turmel (André) : On est
vraiment où... dans une industrie naissante, certainement, mais on est quand
même parmi les leaders.
Le Président (M. Julien) : Je
vous... Je vous remercie, on aura l'occasion d'en discuter, je suis sûr que...
M. Turmel (André) : Oui,
oui, oui.
Le Président (M. Julien) : Je
suis certain que le ministre va vouloir continuer sur cette belle voie-là.
Donc, merci pour votre... votre exposé, très intéressant. M. le ministre,
maintenant, je vous cède la parole. Vous avez 16 min 30 s.
M. Bernard : Merci, M. le
Président. Bonjour, M. Karagiannidis, puis M. Turmel, content de vous revoir.
Une petite anecdote, à un moment donné, ils parlent de termes géologiques, un
graben, puis j'ai déjà fait une anecdote dans ma vie antérieure que je disais,
déjà le Québec avait essayé de se séparer du reste du Canada, puis ça avait
avorté, parce que c'était ça le graben, la rivière des Outaouais. Ça fait
que... j'avais fait ça, ton... ton père était là, c'était drôle.
Mais ceci... Ceci étant dit, merci de
votre... de... vraiment de votre présence, puis je... On s'est déjà parlé, là,
du Témiscamingue, puis des dossiers, puis là vous avez... ce qu'on... ce que
j'aimerais qu'on reçoive, là, pour ici, là, les fonctionnaires qui s'occupent
du projet de loi, là, vous n'avez pas déposé de mémoire, mais, si vous avez des
recommandations et autres, OK, sur des aspects, ça serait vraiment intéressant
que vous les partagiez avec nous ici, puis le gouvernement, même vous envoyer
ça plus tard, je pense que ça va être important parce qu'on a vu des gens qui
font de la captation de carbone, mais vous êtes une des seules qui est vraiment
actives du côté du... de l'hydrogène géologique ou naturel.
Donc, puis en plus, vous avez un contexte
particulier, puis... sur lequel je vais commencer. Vous avez débuté avec la Loi
sur les mines, puis éventuellement, il va falloir faire une transition vers une
licence pour continuer. Donc, dans votre perspective, vous devriez garder la
Loi sur les mines pour votre silice si vous voulez l'exploiter, mais
éventuellement, pour la partie hydrogène, vous devriez passer à la licence,
puis éventuellement, le projet de loi prévoit les deux titres de licence qui se
superposent. Alors, premier volet, comment vous voyez cette transition-là pour
sécuriser les deux? Et l'autre, vous avez fait des investissements, actuellement,
donc, techniquement, il y a des crédits que vous avez mis sur les claims.
Est-ce que ces crédits-là demeureraient sur les claims ou vous aimeriez qu'il y
ait une transition vers votre licence future?
Le Président (M. Julien) : ...
M. le ministre, on me dit même qu'il y a eu un mémoire de déposé, juste pour
être certain...
M. Turmel (André) : Oui.
Alors, oui, c'est un court mémoire...
M. Turmel (André) : ...quand
même, c'est une présentation sommaire, mais avec cinq ou six suggestions...
M. Bernard : OK, désolé, je ne
l'ai pas eu.
M. Turmel (André) : ...puis
pour répondre à votre question, M. le ministre, on a... QIMC a fait... a déposé
de nombreux droits d'exploration miniers en vertu de la Loi sur les mines, où
on cherchait des circonstances géologiques particulières, précurseurs. Mais,
évidemment, comme on... comme on ne pouvait pas... comme l'hydrogène n'était
pas... n'était pas et n'est pas encadré, nous, dans nos droits d'exploration
miniers, ce qu'on cherchait, c'était du fer, des magnétites et tout ça. Ce
qu'on souhaite, bien sûr, comme les prédécesseurs avant nous, c'est que tout le
travail qu'on a fait... investi à l'égard des droits d'exploration miniers,
soit d'une manière ou l'autre, ne soit pas perdu, certainement, soit transféré.
Il y a déjà une disposition dans la...
dans le projet de loi qui permet à quelqu'un qui a des droits miniers sur un
territoire X, qui voit arriver quelqu'un qui veut développer l'hydrogène... Il
y a... comme obligation de s'entendre. Bien, nous disons qu'on va s'entendre
avec nous-mêmes. Il faut peut-être trouver une disposition qui va... permet de
faire cette transition-là. Vous l'avez dit... On a investi beaucoup, on a
levé... Donc, ce n'est pas... ce n'est pas de la dette, on a levé des investissements
récemment. On a de l'argent pour travailler, on a zéro dette, on a... pour
travailler pour les quatre prochaines années. Et la question que vous poser à
l'égard de la transition est la même qui se pose en Nouvelle-Écosse, et en
Nouvelle-Écosse, la loi est adoptée. Ça ressemble beaucoup au Québec et nous
sommes en attente de la réglementation... c'est imminent. M. Karagiannidis l'a
rencontré...
M. Karagiannidis (John) :
...oui, on a rencontré... On a rencontré le premier ministre Houston, la semaine
passée, pour discuter, particulièrement, de l'hydrogène, parce que,
présentement, en Nouvelle-Écosse, 54 % des claims qui ont... du terrain...
du territoire qui était disponible en Nouvelle-Écosse ont été «claimés» pour
l'hydrogène. Donc, l'hydrogène est devenu un moteur économique très, très
important pour la Nouvelle-Écosse présentement, et l'hydrogène... naturel, en
particulier, à cause de la présence de ces deux gros qui sont Rio Tinto et
Coloma, Rio Tinto à notre sud, au sud de nous et Coloma à l'est. Donc, entre
nous, Rio Tinto et Coloma, on détient, je vous dirais à peu près... 48 %
des terrains «claimables» en Nouvelle-Écosse présentement. Puis, c'est devenu
un très, très gros moteur économique. On a levé récemment près de 20 millions de
dollars. Les fonds institutionnels qui ont participé dans cette levée de fonds,
c'était tous les gros fonds institutionnels américains, et aussi Brookfield a
participé dans le dernier financement qu'on a fait. Donc, on est... on est
très, très bien en termes d'exploration puis de... comme on dit en anglais,
«well-funded».
M. Turmel (André) : ...aucune
somme gouvernementale qui a été demandée à ce jour. Donc... Je ne dis pas qu'il
n'y en aura pas, mais on en a pas de... On travaille totalement sur nos
propres... nos fonds propres, et ce qu'on a réussi à ramasser.
M. Bernard : Oui. Si...
Merci. Si je peux permettre, je retourne, là, sur les travaux que vous avez
faits. Vous avez dit que vous faisiez les travaux pour le faire et autres, mais
en même temps, vous avez fait beaucoup d'études et d'analyses pour l'hydrogène
naturel, OK, et que vous avez fait... Donc, ça l'a été un des enjeux qui a été
soulevé... Ceci... Puis... Ceci étant, là, actuellement, vous avez encore...
Puis là, je fais un lien avec, un peu, la Loi de protection du territoire
agricole. On sait, on s'en était parlé. Vous avez des tubages qui sont en
place. On parle d'hydrogène... Normalement, il doit avoir... Si le gaz est là,
il doit avoir de l'hydrogène qui fuit, qui sort des puits, actuellement, qui
sont là, parce que c'est un gaz.
En période exploratoire, OK... Puis là, je
vous reviens... quand vous allez développer, il faudrait s'assurer qu'il y ait
un système, un mécanisme, entre autres, pour les agriculteurs ou les terrains,
qu'il y ait une protection qui est soit une manière de sceller les trous
pendant la période. Comment vous voyez ça? Parce que développer un réservoir,
ça va prendre quand même plusieurs forages et autres. Donc, comment
allez-vous... suggérez-vous de gérer cet environnement-là?
M. Karagiannidis (John) :
Très bon point parce que si on... si on regarde... tous les travaux qui ont été
faits au Québec, ils ont été faits que... avec des ententes déjà des
propriétaires privés. Donc, n'importe quels travaux ont été faits, on a déjà
des ententes avec ces propriétaires, là, privés-là. Si je regarde le parallèle
avec la Nouvelle-Écosse, c'est un peu le même régime en tant que tel avec la
Nouvelle-Écosse, où nos travaux sont faits sur des terrains privés aussi en
Nouvelle-Écosse. Donc, on a des ententes de compensation, que ce soit en
Nouvelle-Écosse ou que ce soit au Québec, avec les propriétaires... privés,
avec les... qui on travaille. Là, en niveau, il faut faire une distinction
entre l'extraction de l'hydrogène elle-même et la découverte...
M. Karagiannidis (John) : …l'identification
de la structure et du système lui-même. Si on parle de l'identification du
système lui-même, on parle d'un système, par exemple, comme je vous ai dit, en
Nouvelle-Écosse, 130 kilomètres par 40 kilomètres. Donc, si j'applique ça au
Québec, on parle d'un système mettez 80 kilomètres par 40 kilomètres, le graben
lui-même. Donc, on parle de système géologique très, très, très large
latéralement, OK? Une fois que ce système-là est identifié, pour passer à
l'étape d'extraction, vu que la majorité de l'hydrogène, c'est de l'hydrogène
qui est déjà dissous dans l'eau elle-même, ça va être un système un peu
d'extraction très très géothermale, dans le sens que l'eau va monter, l'eau est
dépressurisée, l'hydrogène qui est propre, parce que c'est ça le gros avantage
qu'on a ici, que ce soit au Québec ou en Nouvelle-Écosse, l'hydrogène
elle-même, dans toutes les compositions de gaz, elle est propre. Donc, pas de
CH4, pas de CO2. Donc, lorsque l'eau va monter, puis on dépressurise le système
lui-même, l'hydrogène qui va être dégagé, ça va être déjà de l'hydrogène
propre. On sépare cet hydrogène-là, puis l'eau, après, ça retourne dans le
système lui-même. Donc, on va… on va capter que ce soit de l'hydrogène dissous
dans certaines situations ou de l'hydrogène accumulé dans d'autres situations.
Vous voyez? Donc, c'est de l'extraction elle-même est différente de
l'identification structurale et lithologique de la géologie elle-même.
• (16 h 20) •
M. Turmel (André) : Peut-être,
pour répondre à… compléter cette information-là, quand on fait de
l'exploration, au début, c'est… on marche le terrain, il y a une observation
faite par les géologues. Ensuite, il y a une installation de 80 cm dans le sol,
c'est qu'on met un tuyau pour voir s'il y a quelque chose. Mais, et c'est ce
qu'on a fait au Témiscamingue il y a un an et demi. En Nouvelle-Écosse, on est
rendu à… un cran plus loin. Il y a des foreuses au diamant qui, comme vous le
savez, venez d'Abitibi-Témiscamingue, qui fore à 1000 mètres, et là, c'est une
autre chose. C'est une exploration encore, bien beaucoup plus, bien,
approfondis, qui nécessite des hommes pour… des hommes pour faire le travail.
Ça, c'est la phase… donc dans l'exploration, il y a deux phases. On découvre le
terrain, ensuite on explore en forant, ensuite il y aura l'extraction. Mais
avant l'extraction, il faut encore analyser les volumes, les débits pour
arriver… pour voir si on aura un niveau commercial.
M. Karagiannidis (John) : Merci,
mais juste pour revenir à ce point-là, aussi… le forage en Nouvelle-Écosse nous
a permis d'identifier la lithologie qui est propice à la production de
l'hydrogène propre. Et c'est pour ça que l'importance du projet de loi… parce
que cette lithologie-là, si on applique ce qu'on a découvert en Nouvelle-Écosse
en termes de structure géologique en forant en profondeur, si on applique ça au
Québec, on voit le potentiel de l'hydrogène naturel au Québec. Alors, vous
voyez? Donc, au Québec, si on n'allait… si on n'avait pas foré en
Nouvelle-Écosse, on n'aurait pas pu découvrir les liens entre des roches… qui
sont riches en magnésium… magnétiques, par exemple, et l'hydrogène naturel.
Vous voyez? Donc, en faisant ce qu'on a fait en Nouvelle-Écosse, ça nous a
permis, après ça, de retourner au Québec, puis dire : OK, là, on comprend
l'importance du système du graben de Témiscamingue, mais aussi de
Lac-Saint-Jean aussi.
M. Bernard : Vous abordez un
point qui vraiment m'intéresse. On parle de mettre en fiducie des fonds pour la
restauration. Donc, seriez-vous favorables que dès qu'une compagnie commence
des travaux exploratoires, que déjà elle mette en place des fonds de
restauration dès le début des travaux?
M. Karagiannidis (John) : Oui,
c'est très important, oui, alors, c'est très important, puis c'était un des
points qui a été soulevé quand on a fait des rencontres communautaires en
Nouvelle-Écosse et quand on a fait notre rencontre communautaire aussi à
Saint-Bruno-de-Guigues. Comme… comme on a souligné au début, QIM s'est vraiment
bâti avec l'apport de la communauté. C'est très important pour nous, puis nous,
avec, comme je vous ai dit tantôt, la relation qu'on a avec les Premières
Nations du Témiscamingue, c'est un peu cette relation-là qu'on établit aussi au
niveau communautaire.
M. Turmel (André) : Et
l'apprentissage qu'on a fait en Nouvelle-Écosse aussi… dans le projet de loi,
il y a des dispositions à l'égard de projets pilotes. Et nous, si ce projet… si
la loi peut être adoptée plus tôt que tard, donc cette session-ci, nous, on est
prêts à déposer un projet pilote pour le Témiscamingue. Et on… parce qu'on a
beaucoup appris dans les trois derniers mois, et donc parce qu'une question
peut venir… est-ce que c'est pressant ou pas? Pour nous, c'est assez urgent qu'il
y a un encadrement, qu'il y a un encadrement législatif réglementaire. Le
projet pilote va nous permettre d'avancer, de faire les travaux tout en
respectant les communautés et en créant des… des, comme des citoyens, etc.
M. Bernard : Un des points
que… il reste combien de temps, M. le Président?
Le Président (M. Julien) : Il
reste 4 min 25 s.
M. Bernard : OK, merci. Un des
points, quand je comprends là, un peu votre fonctionnement, éventuellement,
vous allez avoir besoin de sites de stockage, parce que…
M. Bernard : ...quand vous
allez, effectivement, pomper, probablement connecter vos sondages pour ramener
ça à une station de stockage ultérieurement. Parce que dans le projet de loi,
plusieurs demandaient à avoir un peu une législation pour qu'est-ce qu'il
était, pour le CO2, OK, les conduites, entre autres, comment c'était. Dans
votre cas, est-ce que vous avez des suggestions pour dire, peut-être, là, dans
la réglementation pour avoir ces canalisations-là qui vont passer et autres
pour vous ramener un site de... un site de stockage, parce qu'actuellement on
n'a pas beaucoup de... d'équivalent à ça.
M. Karagiannidis (John) : Nous
ce qu'on... ce qu'on voit, nous, en termes de «end user» pour l'hydrogène
naturel, l'hydrogène naturel ne doit... L'«end user» doit être situé dans un
périmètre de 200 kilomètres. OK. Donc, de notre côté, ce qu'on a discuté, par
exemple, avec pour... J'utilise encore une fois l'exemple de la
Nouvelle-Écosse, une utilisation industrielle qui va être sur le site lui-même,
à travers le système lui-même. Donc là, on parle soit d'une utilisation, par
exemple pour du «C-Fuel» qui est le... qui... le SAF par exemple, il y a une
utilisation pour du SAF, une utilisation pour l'aviation, il y a une
utilisation, par exemple, pour une usine... l'ammoniac.
M. Turmel (André) : L'ammoniac,
mais surtout une usine du... l'eau distillée. Quand on fait en... avec
l'hydrogène, on peut la brûler, la... il y a une combustion, mais c'est
efficace, ça produit d'électricité, mais c'est efficace à 30 %. On peut
aussi, à travers une pile de combustible, produire de l'électricité, mais c'est
beaucoup plus efficace, puis un des sous-produits de ça, c'est l'eau, l'eau
distillée pour les hôpitaux, qui est un sous-produit, alors, qui peut être...
qui pourrait également être utilisé. Notre but, c'est d'être le plus près
possible des sites d'extraction, parce que plus on s'éloigne du puits, plus la
valeur économique, elle descend. Le dollar, le kilo d'hydrogène géologique se
compare très bien avec l'hydrogène vert qui est à 4$-7 $, 8 $,
9 $, dépendamment d'où il vient. Donc, plus près du trou, ce sera mieux.
Mais on n'est pas des industriels non plus, on essaie de se concentrer sur l'exploitation
et l'extraction.
M. Karagiannidis (John) : Puis
on connaît... Puis, donc, notre modèle d'affaires, c'est vraiment un modèle
verticalement intégré, mais avec un «end user» qui va être situé sur le site
lui-même.
M. Bernard : Avez-vous
d'autres compétiteurs qui ont commencé à se manifester, qui cherchent un peu la
même chose que vous autres?
M. Karagiannidis (John) : Au
Québec ou...?
M. Bernard : Oui, au Québec.
M. Karagiannidis (John) : Bien,
au Québec, il y a.... il y a plusieurs sociétés qui ont «claimé», je vous
dirais, mais c'est des petits juniors qui ont «claimé» au sud du Québec. Il y
en a une couple de ça... Il y en a une couple qui ont aussi «claimé» dans le...
Dans le coin du Témiscamingue, mais c'est vraiment des petits juniors. Nos gros
compétiteurs, que ce soit... Mais nos plus gros compétiteurs, c'est vraiment
Koloma. Koloma, c'est la société qui a été financée par le département de
défense américain, le département de l'énergie. C'est notre compétiteur au
Minnesota, c'est notre gros compétiteur en Nouvelle-Écosse et c'est aussi notre
gros compétiteur en Ontario.
M. Bernard : Une minute, M.
le Président?
Le Président (M. Julien) : 1
min 8 s.
M. Bernard : OK. Dernière
question vitement fait. Éventuellement, tu sais, on va passer vers un système
de licence, puis le gouvernement va ouvrir des territoires pour, autant pour le
CO2 que pour, probablement, pour l'hydrogène. Comment voyez-vous
cette ouverture de territoire là, puis l'attribution de licences à l'intérieur
d'un territoire qui deviendrait ouvert?
M. Turmel (André) : Bien,
écoutez, je pense que c'est... Tant... tant qu'il y a de la transparence, que
les... que les conditions sont rencontrées, nous, on ne pense pas qu'on va
toujours être le... la seule société qui va faire de l'hydrogène naturel. Plus
il y en aura, mieux ça sera, comme dans les activités minières, là, on a
recadré le cadre minier il y a quelques années et c'est tant mieux. Puis nous,
on pense que le cadre à l'égard de l'hydrogène naturel devra être aussi...
aussi bien... bien encadré avec les communautés, mais je pense qu'il y a de
l'espace pour... pour tout le monde.
M. Bernard : Parfait. Merci,
M. le Président.
Le Président (M. Julien) :
Merci, merci. Merci, M. le ministre. Maintenant, je cède la parole au député de
Jacques-Cartier, vous avez 13 min 52 s.
M. Kelley : Merci beaucoup,
M. le Président. Merci beaucoup, les deux maîtres, pour votre présentation.
Juste... Pour l'instant, je... ce que je comprends bien, vos activités sont
dans le comté du ministre, dans la région du ministre principalement. Et,
prochaine question, si le projet de loi n'est pas adopté la semaine prochaine,
c'est quoi l'urgence pour vous autres? Je... je sais que la préférence, c'est
la semaine prochaine, mais, si c'est l'année prochaine, vous êtes capables de
continuer de faire des forages, est-ce que c'est un empêchement majeur ou le
fait que vous êtes, bien, au minimum sur le côté de l'hydrogène blanc, une
industrie pas mal nouvelle, c'est quoi... c'est quoi votre lecture de la
situation ici, au Québec?
M. Turmel (André) : … on va
peut-être, on va perdre, je pense, l'avantage compétitif qu'on avait, qu'on a
développé au Québec. Déjà au Témiscamingue, l'an …, l'année passée, qu'on a mise
sur la pause parce qu'on avait obtenu un permis pour faire de …, l'exploration,
mais qu'on a mis sur pause parce qu'on craignait, parce que c'est connu, c'est
tous les gens posent des questions et on ne voulait pas débarquer dans les
communautés sans que les gens comprennent …, ce qu'on faisait. Donc, bien là,
il y a la Nouvelle-Écosse qui vient de bouger, qui bouge rapidement. Bientôt,
ça sera d'autres États américains. Et il y a beaucoup, beaucoup en ce moment de
pression, là, de joueurs-là. Et nous, …, attendre un an, bon, puis on. Je…, on
comprend le contexte électoral, ce n'est pas une bonne nouvelle pour le Québec,
simplement.
• (16 h 30) •
M. Kelley : OK, merci
beaucoup.
M. Karagiannidis (John) : Juste
pour vous dire, l'importance que les investisseurs présentement, place
institutionnels, que ce soit institutionnel, que ce soit le complexe industriel
sur de l'énergie qui est produite, propre, mais qui est produite…, c'est ça qui
est important ici. L'hydrogène naturel propre, c'est une énergie qui est
produite naturellement et off grid ou le grid électrique n'est aucunement
utilisé. Et c'est l'opposé, c'est on crée de l'énergie en tant que telle. Donc,
c'est une opportunité pour complémenter un peu, André. C'est une opportunité
que le Québec va manquer parce que le …, ontarien, québécois, c'est soit au
Québec, soit en Ontario. Vous voyez? La géologie ne s'arrête pas au lac
Témiscamingue, la géologie continue du côté ontarien. Donc, si vous voyez un
peu dans…
M. Kelley : Non, exactement.
Alors, si le projet de loi n'est pas adopté demain, ça va rendre des projets
dans le comté, le ministre. C'est un peu plus difficile de se lancer, si je
comprends bien, et pas juste dans le comté Le ministre, mais partout au Québec.
M. Turmel (André) : On a
quand même des droits d'exploration miniers sur lesquels on travaille au
Lac-Saint-Jean. Il y a aussi, dans la, dans la Gaspésie également, où il y a
des bonnes ressources géologiques qui nous qui nous indiquent, selon notre
équipe de géologues, que ça vaut la peine, faire du travail là-bas.
M. Kelley : Merci beaucoup.
Une autre question, c'est plus technique, mais la façon de faire, pas juste
l'exploration, mais l'exploitation de l'hydrogène blanc, c'est très similaire à
le fracking pour le gaz de schiste. Et ce n'est pas un processus qu'on jette
l'eau…,
M. Karagiannidis (John) : Non,
parce que le gaz de schiste est un gaz qui est pris dans la roche elle-même.
Oui, l'hydrogène naturel, c'est un générateur naturel qui produit de l'hydrogène
à quatre kilomètres de profondeur. Cet hydrogène-là est produite naturellement
comme une éponge. L'eau vient réagit avec des roches qui sont des roches de fer
qui sont riches en …, magnétite. Ces roches de fer là, cette profondeur là avec
un gradient géothermique qui est assez élevée. C'est pour ça qu'on a choisi la
région du Témiscamingue, mais pas une autre région. Les régions qui dans
lesquelles on a choisi, c'est des régions où il n'y a aucune présence de gaz
naturel, il y a aucune présence d'hydrocarbures ou de fossiles, on va dire, en
tant que tel. Ce gaz-là qui est créé à quatre kilomètres de profondeur et se
libère lui-même. Il n'y a aucune simulation ou du fracking qui est nécessaire à
quoi que ce soit par rapport à l'hydrogène naturel, c'est l'opposé, c'est
l'hydrogène. Vu que c'est un élément très léger, il cherche tout de suite à se
fuir.
M. Turmel (André) : C'est une
électrolyse naturelle. Dans les faits, quand on produit de l'hydrogène vert par
les humains anthropique, c'est une électrolyse qui se fait. Bien l'électrolyse,
nous on la capte à quatre kilomètres sous la terre, elle se fait naturellement,
simplement, sans apport d'énergie. Donc, pour répondre à la question, M. le
député, il n'y a aucune injection de produit chimique, d'eau, de quoi que ce
soit. Au contraire, c'est un cycle. L'hydrogène remonte avec dans l'eau, on
extrait l'hydrogène et l'eau, l'hydrogène et la chaleur au niveau géothermique
et on retourne l'eau dans là où il vient dans le sol. Donc c'est un cycle, je
ne dirais pas vertueux, mais assez complet au niveau jaune au niveau
géologique.
M. Kelley : Merci. Alors
est-ce que c'est intensif comme. Je comprends, ce n'est pas un système
d'injecter l'eau mais ça prend de l'eau. Ou est-ce que l'eau est déjà là? Désolé,
c'est juste bien ça. Ça prendre une réaction chimique. L'hydrogène, c'est une
réaction qui est faite entre l'eau et les gisements qui est faite avec le fer
et tout ça.
M. Karagiannidis (John) : Oui,
à 400 kilomètres de profondeur.
M. Kelley : Ça prend de l'eaupour créer une réaction.
M. Karagiannidis (John) : Ben
oui. Sinon comment tu peux séparer le H2 de l'eau?
M. Turmel (André) : L'eau est
déjà là, l'eau est déjà présente.
M. Karagiannidis (John) : Et
ça, c'est une réaction qui est créée à 4 à 5 kilomètres de profondeur.
M. Kelley : OK, alors où
est-ce que ça va créer un petit peu de compétition pour les …, d'eau avec des
…, du Québec, dans certaines régions ou non?
M. Karagiannidis (John) : Non,parce que ça n'a rien à voir avec la nappe phréatique. Entre la nappe
phréatique, puis 4 à 5 kilomètres de profondeur, t'as des roches qui ne sont
pas poreuses, qui sont imperméables. Donc tu…
16 h 30 (version non révisée)
M. Karagiannidis (John) : ...aucune
interaction entre ces roches-là. Et vu que, dans le cas de l'hydrogène naturel,
il n'y a aucune injection de quoi que ce soit... Et en plus, on est de l'hydrogène
naturel propre. T'as aucune... Lorsque l'extraction va se faire... T'as aucun
mélange de CH4 ou de CO2 ou de rien qui est contaminant. Mais je comprends
votre question, parce que ça a été aussi soulevé au niveau communautaire en
Nouvelle-Écosse, puis c'était un des enjeux en Nouvelle-Écosse avant qu'on
commence nos forages. C'était cet enjeu-là de «fracking» qui était très, très
important pour les communautés. Donc, quand on a expliqué le processus, quand
les communautés sont venues voir le site, ils ont venu... ils ont vu, voir l'empreinte
du site elle-même. C'est là... Ils ont vraiment compris la beauté un peu et la
simplicité de... du système lui-même.
M. Kelley : Exactement, et
quand j'ai eu une rencontre avec Me Turmel, ça fait un couple de semaines,
on... Après ça, j'ai allé sur YouTube pour écouter un petit peu de vidéos de...
Non, mais pas dans un sens négatif, mais...
M. Karagiannidis (John) : Oui,
oui.
M. Kelley
: ...plus
comme : comment ça fonctionne? Puis il y a eu l'article New York Times
récemment, qui a été traduit en français pour la presse. Super intéressant.
Mais la question de l'eau, j'ai dit : bien, ça semble que c'est un élément
important, là. Merci pour les précisions et les clarifications aussi, parce qu'il
n'y a pas énormément des experts au Québec dans ce domaine non plus. Et vous
êtes les leaders, alors c'est juste des questions que j'ai eu et voici, je
pense que vous avez...
M. Karagiannidis (John) : Oui,
mais juste pour vous dire, sur cet article-là que vous mentionnez, ça, c'était
de... ils stimulaient dans ce cas-là de l'hydrogène. Vous voyez? Donc, c'était
dans le sud du Québec, dans un cas déjà où on avait identifié... ça, c'était un
peu le cas de gaz de schiste. Donc, c'est un cas d'hydrocarbures, c'est un cas
où... l'hydrogène que tu vas sortir d'un tel cas va être de l'hydrogène qui va
être contaminé. Vous voyez? Donc, c'est de l'hydrogène où... il faut que tu
sépares le CH4 du CO2. Ça, c'est une autre «ball game» complètement différente,
là.
M. Kelley : On va prendre ça
en considération aussi pendant l'étude détaillée pour la distinction. Et ça
revient à une question dans votre présentation. Selon vous, c'est quoi, la
définition de l'hydrogène blanc ou d'hydrogène en général? Je pense que c'est
une... Le premier point que vous avez fait, que c'est important pour nous,
comme des élus, de définir l'hydrogène naturel dans la loi. Alors, pour vous
autres, suggestions pour nous.
M. Turmel (André) : Je vous
invite à lire le... la définition adoptée par le législateur de la
Nouvelle-Écosse, qui donne une définition, je dirais, très technique, et, je
dirais, moléculaire, là. Et, bien sûr, je... je ne suis pas un chimiste, et
tout ça, mais ça... ça permet juste de préciser d'où vient cet... cet hydrogène-là,
les sources géologiques et tout ça. Donc on trouvait ça plus précis, mais je
pense qu'on peut quand même survivre sans définition. Mais tant qu'à être
précis, soyons précis si on le peut et si ça ne retarde pas votre adoption.
M. Kelley : Parfait, merci
beaucoup. Super intéressant. Merci pour l'échange. Je vais passer la parole à
ma collègue pour la suite des choses. Merci à vous deux.
Mme McGraw : Et merci à mon
collègue. Et je confirme, qu'effectivement, il est allé sur YouTube...
M. Kelley : Bien oui!
Mme McGraw : ...parce qu'il
m'a partagé... m'a partagé le vidéo. Je sais que c'est un législateur et
député, mais je pense que dans une autre vie, il aurait été en géologie ou je
ne sais pas. Je sais... qu'il trouve ça fascinant. Écoutez, merci beaucoup pour
la présentation, pour votre présence aussi. Ça suscite beaucoup de questions.
Une des questions, vous avez parlé, vous avez été au Texas et il y avait 25, si
je comprends bien, 25 sites dans le monde, dont cinq... C'était QIMC...
M. Karagiannidis (John) : Qui
a foré, oui.
Mme McGraw : ... où dans le
monde? Il y a, évidemment, au Canada. Et est-ce que vous êtes aussi ailleurs
qu'au Canada et le Minnesota?
M. Karagiannidis (John) :
Bien, il y a des... Bien, ce qu'il y a, c'est qu'aux États-Unis, par exemple,
dans ce qu'on appelle le «midcontentinal rift», donc, si on... on passe au sud
du Minnesota, dans le coin de Kansas. Donc, il y a des... il y a des forages
qui ont été faits, là, dans le coin du Kansas. Il y a des forages exploratoires
qui ont été faits à Lorraine, en France. Il y a des forages qui ont été faits, là
aussi. Il y a des forages aussi...
Une voix : En Saskatchewan.
M. Karagiannidis (John) :
...en Saskatchewan aussi, qui ont été faits au Saskatchewan, puis aussi des
forages qui ont été faits au Mali. Certainement le Mali, là, qui était la
découverte phare de l'hydrogène naturel en tant que tel et dont une... La
société qui gère, qui est intéressant ici pour le Mali, la société qui gère le
projet du Mali, est basée à Montréal. Elle s'appelle Hydroma. Si vous voulez,
pour votre collègue, si vous voulez faire un peu plus de recherche...
Des voix : ...
M. Karagiannidis (John) : ...s'il
veut faire un... s'il veut faire un voyage au Mali, c'est ça. S'il veut faire plus
de recherche sur ça, c'est... Non, mais c'est... Donc, c'est vraiment... Ce qui
a vraiment poussé, récemment, c'est... c'est tout l'argent institutionnel
américain qui est rentré dans le domaine à cause qu'il y a tellement une
demande pour de l'énergie présentement, «off-grid» aux États-Unis en...
M. Karagiannidis (John) : ...ça
a poussé vraiment beaucoup d'argent à rentrer pour les études d'hydrogène
naturel. Donc c'est là qu'on voit... Je vais vous donner un autre exemple,
le... L'Air Force américain a mandaté présentement que toute base de... d'Air
Force soit indépendante de toute énergie pour deux semaines. Donc, en se
faisant, de cette sorte-là, il se retrouve tout de suite au développement de
l'hydrogène naturel pour ça. Vous voyez? Donc il y a un apport très stratégique
qui est aussi au côté militaire par rapport à ça.
Mme McGraw : Merci. Avec mon
collègue, vous avez dit que c'est comme un cercle, un cycle vertueux, pas
parfait, mais vertueux et non vicieux. Mais est-ce qu'il y a quand même...
Est-ce qu'il y a quand même des impacts environnementaux qui sont
problématiques sur l'eau ou autres impacts qu'il faudrait souligner?
• (16 h 40) •
M. Turmel (André) : Moi je
veux dire que, quand on a fait une séance de consultation publique à Advocate
Harbor, en Nouvelle-Écosse, c'est les... les questions qui étaient,
c'est : «What's next?». C'est bien, vous l'extrayez, mais après ça,
qu'est-ce que vous allez installer comme... comme usine locale? «What», «who
is», qui est le «off taker»? Qui... Est-ce que vous allez installer une grande
usine de «data center»? Et là, les gens étaient un peu plus... étaient un peu
plus suspicieux, c'est normal, donc la première question qu'on pose, c'est
qu'est-ce qu'on va installer là? Qu'est-ce que... Avec l'énergie, on peut... on
peut la déployer aussi si on n'est pas trop loin du réseau, la vendre sur... à
la municipalité, on peut impliquer les municipalités dans la participation de
projets.
Mais pour revenir à votre question à
l'égard de l'environnement, écoutez, il n'y a pas d'émission de GES,
l'empreinte, quand on fore, là, c'est littéralement, c'est l'empreinte autour,
là, c'est comme le carré devant la petite partie noire qu'on a devant nous, là.
C'est ça, il faut couper des arbres, oui, puis après ça, on met une clôture, et
c'est comme ça... c'est le «rig», comment on appelle ça?
M. Karagiannidis (John) : Oui,
la foreuse.
M. Turmel (André) : La
foreuse, elle vient, elle fore, mais une fois qu'on s'est installé, ce n'est
pas... ce n'est pas... ce n'est pas grand comme... ce n'est pas un Derrick
comme en Alberta, là, c'est encore plus petit.
Mme McGraw : Peut-être une
dernière question.
Une voix : Oui,
oui, allez-y.
Mme McGraw : Je ne sais pas
si j'ai le temps, mais vite, vite.
Le Président (M. Julien) :
D'accord.
Mme McGraw : On est en
train... Pardon?
Le Président (M. Julien) :
Vous avez encore trois minutes et demie, parce que vous...
Mme McGraw : Ah! Bien, OK,
bien parfait!
M. Kelley
: Oui, oui,
on a plus de temps... trois autres minutes.
Mme McGraw : On a plus de
temps, OK, parce que la collègue n'est pas là. Merci. Voilà. Ah super, c'est
toujours une bonne nouvelle. Écoutez, vous avez dit... Bien le collègue avait
dit, effectivement, on est en train de... avec ce projet de loi, d'établir un
cadre législatif et un nouveau régime, effectivement. Si le projet de loi...
Contient-il suffisamment de mesures transitoires pour que les travaux déjà
réalisés au Québec avant l'entrée en vigueur du nouveau régime?
M. Turmel (André) : Ça,
c'était une question hyper précise. Nous, on a fait des travaux de recherche
sous l'emprise du droit minier, du... de la loi des mines, mais par ce qu'on...
on cherchait des roches, des minéraux qu'on savait peut-être qu'ils pouvaient
nous amener à l'hydrogène, mais il ne fallait pas dire le mot hydrogène dans
la... dans la demande parce qu'on... l'hydrogène n'est pas une substance
minérale. Mais, tous les travaux qu'on a faits ou que d'autres ont faits sur le
territoire, c'est... Il faut qu'il y ait une transition douce, là, de quelqu'un
qui a un droit d'exploration minier sur un territoire, puis c'est la même
société, bien devrait se voir attribuer une licence d'exploration avec les
mêmes conditions de recherche sur trois ans, puis faire des rapports. Ça
m'apparaît assez simple à prévoir.
Mme McGraw : Deux? Ah! Oui,
allez-y.
M. Turmel (André) : Oui.
Bien, voilà.Donc, donc...
Mme McGraw : Complétez,non,
non, complétez. OK, parfait.
M. Turmel (André) : Bien,
oui.
Mme McGraw : Je... donc, je
pense que là, ça va être la dernière question, on verra. Le projet de loi,
est-ce qu'il interdit suffisamment toute possibilité de contourner
l'interdiction d'exploration, d'exploitation des hydrocarbures sous couvert de
recherche d'hydrogène naturel?
M. Turmel (André) : Je pense
qu'ils l'ont écrit peut-être trois fois, quatre fois, de manière différente,
moi, quant à moi, c'est clair, là. Honnêtement, tu sais, on... qu'on voit bien
l'intention, c'est de ne pas réouvrir cette... cette question-là.
Mme McGraw : C'est ça, ça ne
serait pas un recul à ce niveau-là, pour le Québec.
M. Turmel (André) : Non. Non,
parce que... Bien, on prend ce véhicule-là pour ajouter deux nouvelles... deux,
trois nouvelles choses,
séquestration carbone, hydrogène puis stockage.
Mais... mais c'est le véhicule qu'on a.
Mme McGraw : Au contraire,
oui. C'est ça, donc c'est...
M. Karagiannidis (John) : Mais
c'est aussi pour revenir aussi à votre définition d'hydrogène. En
Nouvelle-Écosse, par exemple, l'hydrogène, le régime qui est prévu est un
régime qui est complètement différent du Petroleum Act de la Nouvelle-Écosse,
vous voyez. Donc, ils ont déjà en Nouvelle-Écosse, fait des sites séparés, fait
cette distinction entre le Petroleum Act et l'hydrogène naturel. Puis c'est ça
qu'on voit aussi présentement, là, puis c'est très important de faire ces
distinctions-là, puis c'est revenir aussi, à votre point, encore une fois,
relativement à la pureté du gaz. Le gaz qui sort doit être pur à la fin de la
journée, pas de CH4, pas de CO2. Si tu as du CH4 et du CO2,
tu défais un peu le principe lui-même de l'hydrogène blanche propre, vous
voyez. Donc c'est... ça c'est très, très important, puis c'est pour ça qu'on
choisit... Vous avez mentionné tantôt... Où est-ce qu'on retrouve ça dans le
monde? L'hydrogène, on peut le trouver en Alberta...
M. Karagiannidis (John) : ...l'hydrogène
qu'on va trouver en Alberta, ça va être l'hydrogène qui est… qui est
bactériellement créé, c'est de l'hydrogène qui est contaminé, qui n'est pas
propre.
M. Turmel (André) : donc,
qu'il faut… qu'il faut… qu'on va prendre et qu'on va devoir nettoyer le méthane
et tout ça. Ça ne va pas être bon, là, mais ça… c'est peu coûteux ?
M. Karagiannidis (John) :
Exactement. C'est ça.
Le Président (M. Julien) : Merci.
Merci infiniment. Je vous remercie pour votre contribution aux travaux de la commission,
intéressant.
Donc, je suspends les travaux quelques
instants afin de permettre au prochain groupe de prendre place. Merci.
(Suspension de la séance à 16 h 45)
(Reprise à 16 h 50)
Le Président (M. Julien) : Oui.
Merci. Donc, bienvenue aux représentants d'Énergir et conjointement avec
Intragaz. Avant de débuter, je crois que, M. le ministre, vous avez quelque
chose à déclarer.
M. Bernard : Merci, M. le
Président. Donc, effectivement, il faut que j'informe les gens de la commission
et ceux qui m'écoutent, que je vais devoir quitter parce que le jeune homme à
gauche complètement, M. Luc Massé, il fait partie de ma famille. Alors donc,
j'ai eu le… puis Luc c'est un… c'est un expert, alors, lui, il était vraiment
plus important que moi pour cette étape-ci. Alors, c'est pour ça… ça fait que
je vais me retire… c'est vraiment la commissaire à l'éthique, puis même il faut
que je sorte de la salle pour les travaux. Alors, bon échange, puis merci, puis
bonne présentation. Merci.
Le Président (M. Julien) : Donc,
bienvenue. Je vous rappelle que vous disposez de 10 minutes pour votre exposé,
puis nous procéderons à une période d'échange avec les membres de la
commission. Je vous invite, d'entrée de jeu, à vous présenter et, par la suite,
à commencer votre exposé.
M. Jaimes (Jean-François) : Bonjour,
M. le Président, M. le ministre qui nous a quitté, mesdames, messieurs députés,
membres de la commission. Merci de nous donner l'occasion de contribuer à cette
consultation pour le projet de loi 17. Je suis Jean-François James,
directeur-exécutif au développement des énergies renouvelables chez Énergir. Je
suis accompagné de mon collègue Hugues Corriveau, directeur général, Intragaz
et Luc Massé, directeur du stockage souterrain chez Intragaz.
Donc, d'entrée de jeu, je veux dire
qu'Énergir accueille favorablement le projet de loi 17, qui constitue une
avancée importante pour encadrer l'utilisation du sous-sol québécois à des fins
énergétiques et climatiques. Un encadrement réglementaire clair est une
condition essentielle pour permettre le développement de projets.
Dans un contexte de transition
énergétique, Énergir est engagé dans une diversification de ses activités vers
des solutions sobres en carbone, en fonction de la maturité des filières et de
leur contribution aux objectifs de décarbonation. Cette diversification inclut
notamment le développement de solutions thermiques, comme la géothermie, le
stockage thermique, les boucles énergétiques, et la capture, l'utilisation et
la séquestration du carbone. Ces solutions devront toutes, à terme, s'intégrer
dans le bouquet énergétique et des solutions de décarbonation sur lesquelles le
Québec devrait miser pour atteindre ses objectifs en matière de sécurité
énergétique et aussi de décarbonation. En effet, la capture du stockage… la
capture et le stockage du carbone sont reconnus comme une composante
essentielle de toutes les trajectoires vers la carboneutralité à l'échelle
mondiale. Énergir aussi y accorde une certaine place dans sa vision de
décarbonation à long terme, comme une solution complémentaire de dernier
recours après la diminution des volumes d'énergie distribuée et le remplacement
des volumes restants par des énergies renouvelables faible en carbone. Pour ce
qui est des solutions thermiques, elles jouent un rôle clé au Québec en
permettant d'améliorer l'efficacité énergétique des bâtiments, de valoriser les
synergies locales et de réduire les pressions sur le réseau électrique en
période de pointe hivernale. Ces filières, dont les niveaux de maturité et les
modèles d'affaires sont en évolution, nécessitent toutefois un environnement
réglementaire clair, cohérent et prévisible pour soutenir leur déploiement à
grande échelle.
L'adoption du projet de loi dans les
meilleurs délais permettrait aussi d'assurer l'attractivité du Québec pour les
investissements par rapport à d'autres provinces qui ont un cadre déjà en
place, ce qui est un requis pour l'obtention des crédits d'impôt à
l'investissement du fédéral. Ce cadre, par contre, ne devrait pas introduire
des contraintes qui pourraient limiter leur déploiement. Je vous invite donc à
lire le mémoire déposé par Énergir pour nos propositions plus précises par
rapport à certaines dispositions du projet de loi 17.
Juste avant de céder la parole à mes
collègues d'Intragaz, je veux aussi rappeler qu'au delà des filières émergentes
dont je viens de vous parler, le stockage de gaz naturel en franchise a un rôle
stratégique dans la transition énergétique du Québec. Il contribue à la
stabilité du réseau, à un prix très avantageux par rapport à d'autres outils
d'approvisionnement, ainsi qu'à l'intégration progressive de nouvelles sources
d'énergie comme le gaz naturel renouvelable. Merci de votre attention.
M. Massé (Luc) : Je vais
continuer pour la partie d'Intragaz. Donc, M. le Président, M. le ministre qui
nous a quitté, messieurs, madames les députés, donc, merci de donner l'occasion
à Intragaz de présenter sa perspective dans le cadre de l'étude du projet de
loi n° 17. En introduction, permettez-moi de faire une...
M. Massé (Luc) : …c'est le
tour de… de présentation de l'entreprise, de nos opérations, de l'encadrement
de nos activités et de notre expertise.
Donc, l'Entreprise, tout d'abord,
Intragaz, c'est une filière d'Énergir, et c'est la seule et unique compagnie
qui fait de l'exploitation des réservoirs souterrains.
Son histoire remonte, quand même, dans les
années 80, quand que la société d'État, SOQUIP, faisait de l'exploration
et avait identifié des potentiels de convertir des anciens gisements gaziers
pour le stockage de gaz naturel. Ainsi, Intragaz, en 1990, a eu une
licence pour développer son premier stockage et, ensuite, en 1997, pour
développer son deuxième stockage.
Donc, concrètement, c'est quoi le stockage
souterrain de gaz naturel ?
Bien, on parle, essentiellement, d'injecter du gaz naturel dans des formations
géologiques à l'aide de puits.
Le gaz ainsi stocké dans les formations
géologiques est réservé pour ensuite à être soutiré dans une période où la
demande énergétique est plus grande.
Donc, ça permet, vraiment, à avoir un
outil supplémentaire pour Énergir, afin de balancer son réseau. Par la suite,
lorsque la pointe énergétique survient, généralement dans les grands froids, le
gaz stocké est soutiré du réservoir souterrain.
Donc, on peut considérer que, localisés en
plein cœur du réseau gazier, les stockages d'Intragaz constituent des actifs
stratégiques pour le système énergétique québécois.
Les capacités de stockage en franchise
procurent des bénéfices reconnus qui permettent à Énergir d'offrir une plus
grande flexibilité d'opération et sécurité d'approvisionnement accrues, qui
sont deux points importants afin de desservir sa clientèle de manière fiable et
à moindre coût.
Elle permet également de stocker le gaz
naturel de sources renouvelables, ce qui renforce la valeur stratégique dans
l'évolution du mix énergétique québécois.
Au niveau de l'encadrement, les activités
d'Intragaz le sont de manière rigoureuse sur le plan économique, énergétique,
environnemental et de la sécurité.
Cet encadrement est assuré par la Régie de
l'énergie et différents ministères, ce qui garantit des standards élevés en
matière de sécurité, d'environnement et de gestion.
Forte de plus de 35 ans d'expérience
en exploitation de réservoirs souterrains, Intragaz souhaite aujourd'hui
contribuer à l'amélioration du projet de loi 17 afin qu'il reflète
pleinement les réalités opérationnelles de l'exploitation des réservoirs
souterrains et qu'elle soutienne aussi le développement des filières
énergétiques en émergence.
Donc, Intragaz accueille favorablement le
PL-17, car celui-ci marque une évolution importante dans le cadre législatif
québécois en matière d'utilisation de ce qu'on pourrait appeler les ressources
souterraines autres que l'eau et les ressources minières, bien sûr ; dans une perspective qui
n'est plus centrée sur l'extraction des hydrocarbures, mais sur la transition
énergétique et sur les solutions plus sobres en carbone.
Dans ce contexte, il est essentiel de rappeler
un élément fondamental : l'exploitation des réservoirs souterrains à des
fins de stockage de gaz naturel ne constitue pas une activité d'extraction
d'énergie fossile.
Il s'agit plutôt d'une activité de la
gestion énergétique. Elle permet d'entreposer du gaz naturel, y compris du gaz
naturel de source renouvelable, afin de répondre aux besoins saisonniers,
notamment en période de pointe énergétique hivernale.
Cette distinction est majeure, car les
réalités techniques et opérationnelles, les profils de risques et les impacts
environnementaux du stockage sont très différents de ceux associés à…
l'extraction d'hydrocarbures.
Le cadre réglementaire doit en tenir
compte afin d'être adapté en conséquence.
Ensuite, le projet de loi introduit une cohérence
bienvenue entre les différentes filières sous-sol, notamment le stockage, la
géothermie, la séquestration géologique du CO2 et l'hydrogène.
On va souligner ici que toutes ces
filières reposent sur des techniques similaires, notamment en matière de
forage, de gestion de fluides et de surveillance.
Il est donc pertinent qu'elles soient
encadrées selon des principes communs visant la sécurité des personnes, la
protection de l'environnement et l'intégrité des infrastructures.
Dans le même esprit, nous attirons votre
attention sur la nécessité de combler certaines zones grises réglementaires,
par exemple certains types de forages qui sont actuellement non encadrés par…
qui sont non encadrés et peuvent présenter des risques.
Donc, cet encadrement cohérent… on le
souligne.
Donc, les points importants qu'on voudrait
soulever sont que les licences devraient être associées à l'utilisation des
puits simplement, puis sortir un peu le… la partie de l'exploration avec des
méthodes qui sont…
M. Massé (Luc) : … invasive.
Donc, toutes les méthodes géophysiques ne devraient pas être inclus, parce que
ce qui, ce qui est vraiment impactant au niveau des sols, c'est les forages.
Ensuite, définir plus clairement les ressources visées. Il y a un peu un flou dans
la définition de qu'est ce qu'on veut encadrer exactement? Donc, d'être plus
clair… à niveau là. Ensuite de ça, un point qu'on voulait souligner aussi,
c'est d'être en mesure de mieux encadrer les risques associés à certains
forages. Dans le même ordre d'idée, les risques associés aux forages provenant
de filières autres que celles visées par le projet de loi, donc, on parle ici
de géotechnique ou de recherche d'eau souterraine, devraient être encadrées à
ce moment-ci vu qu'on a l'occasion avec le projet de loi, d'élargir un peu les
ressources souterraines qui seraient encadrées. Et finalement, le dernier
point, c'est de…, nous souhaitons voir une perspective plus à long terme pour
le développement du stockage souterrain. Parce que présentement, avec les…, la
façon que le projet de loi est écrit, ça limite le développement de futurs
stockage souterrain de gaz naturel, qui est une infrastructure qui est reconnue
comme étant essentielle à la balance économique, économique. Donc, en
conclusion, le projet de loi 17, c'est une avancée importante et nécessaire
pour la modernisation de l'encadrement du sous-sol québécois.
• (17 heures) •
Le Président (M. Julien) : M.
Massé vous pouvez continuer, le gouvernement prend de son temps pour vous
laisser continuer.
M. Massé (Luc) : Bien, je me
suis arrangé pour entrer dans le temps, M. le Président.
Le Président (M. Julien) : J'ai
bien, j'ai bien senti ça. Je suis désolé.
M. Massé (Luc) : J'ai fait ça
pour vous.
Le Président (M. Julien) : Non,
on m'a soufflé à l'oreille après. Mais vous avez encore du temps. Mes collègues
vont, vont vous questionner puis vous allez avoir des échanges. Donc, merci
pour votre présentation, merci pour votre exposé. Alors, maintenant, je cède la
parole à la députée de Laviolette-Saint-Maurice, vous avez 16 minutes 30 pour
un échange avec.
Mme Tardif : Merci, M. le
Président. Merci, Messieurs. Merci aussi à vous et à ceux et celles qui ont
probablement rédigé et fait des recherches, parce qu'on sait à quel point ça
peut être du travail de rédiger un mémoire et d'analyser un projet de loi.
Donc, merci. Je ne sais pas si on va avoir le temps de tout reprendre, parce
que vous avez un des mémoires assez exhaustif. Entre autres, vous avez un
tableau qui est assez extraordinaire et qu'on va regarder à tête reposée, parce
que votre mémoire, on l'a eu juste assez récemment, là, mais dans votre
tableau, vous reprenez pratiquement article par article, à tout le moins à
partir de l'article 9 jusqu'à l'article 12. Et vous, ce qui est intéressant,
c'est que vous avez des propositions ou vous avez des demandes spécifiques par
rapport à des articles. Si j'y vais de façon un peu plus globale. Il y a un des
commentaires qu'Énergir et Intragaz fait outre que nous avons retenu et ça,
c'est de la musique à nos oreilles que vous êtes en accord avec le projet de
loi qui doit avoir certaines modifications. Mais ça, c'est, c'est bien, on va
dans le même sens. Donc, le PL 17, ce que je retiens d'un des commentaires que
vous faites, il devrait permettre un développement adéquat du stockage de gaz
naturel en assurant un cadre prévisible et en levant la restriction, limitant
les nouveaux réservoirs aux périmètres existants afin de soutenir la sécurité
énergétique et l'adaptation du système énergétique. Bon, ceci dit, dans le PL
17, on prévoit dans les dispositions transitoires qu'aucune licence de stockage
de gaz naturel ne peut être attribuée à l'extérieur du périmètre des licences
en vigueur. OK, cette exposition et elle sont incohérentes finalement avec une
loi qui est déjà existante qui est la LMF, la loi mettant fin à la recherche
d'hydrocarbures ou de réservoir souterrain à la production d'hydrocarbures et à
l'exploitation de la saumure. Cette loi-là est venue en 2022 interdire la recherche
des réservoirs souterrains lorsque celle-ci est fait dans l'intention de
stocker des hydrocarbures. Bon, fait qu'on arrête là parce qu'il y a un petit
litige à ce niveau. Donc, vous, vous nous dites aussi en tout cas, à tout le
moins, Énergir nous recommande de clarifier la portée du projet de loi en
excluant les activités de géothermie de surface, en excluant le stockage
thermique, les blocs énergétiques…
17 h (version non révisée)
Mme Tardif : ...c'est que vous
souhaitez qu'on établisse une distinction claire entre l'usage thermique du
sous-sol et l'exploitation du sous-sol comme ressource énergétique. Puis,
Intragaz, vous ajoutez une recommandation en demandant d'ajouter l'énergie
thermique au domaine de l'État. Bien, bonne nouvelle pour vous, aujourd'hui, le
PL 17 prévoit déjà des pouvoirs réglementaires d'exclure certaines activités.
Fait que c'est... c'est dans cette façon-là... c'est par ce biais-là qu'on va
pouvoir considérer vos propositions. Donc merci. Si vous avez des choses à
ajouter, là, gênez-vous pas parce que je vais... j'y vais pour essayer de
répondre à vos demandes, à vos commentaires un peu rapidement.
Intragaz propose aussi que toute activité
de recherche qui ne requiert pas le forage d'un puits puisse être réalisée,
puis corrigez-moi si j'ai mal compris, là, mais sans être titulaire de licence.
Est-ce exact? Oui. Un dit oui, l'autre... Donc, dans le PL 17, on ne va pas
distinguer quel type de travaux de recherche nécessite obligatoirement une
licence. Le PL 17 va adopter le même principe que la Loi sur les mines, qui
prévoit qu'il faut être titulaire d'un droit exclusif d'exploitation pour faire
tout travail d'exploitation.
Fait que... On reste dans la généralité.
Donc, je pense que ça peut répondre aussi, là, parce que c'est sans égard à la
nature directe ou indirecte des travaux. Vous avez... Intragaz, vous proposez
aussi, au niveau des installations de surface, qu'elles ne nécessitent pas d'autorisation
et que l'autorisation, vous souhaiteriez que ça se limite aux conduites. Le PL
17 prévoit que nul ne peut réaliser des travaux incluant une construction ou
une installation, sauf ce qui est déjà prévu par règlement. Bon, là, vous
voudriez qu'on change ça? Expliquez-moi un petit peu quel est votre objectif
par rapport à ça.
M. Massé (Luc) : Bien, c'est
juste pour éviter qu'il y aille... qu'il y aille un chevauchement par rapport
aux activités habituellement en cours. Disons, l'installation d'une station de
traitement, peu importe qu'elle soit au niveau du gaz naturel ou un autre, est
déjà encadré, disons, par des autorisations ministérielles, au niveau de l'environnement
ou des codes du bâtiment. Donc, si on vient inclure ces installations-là qui ne
sont pas définies dans le projet de loi, on parle d'installations, mais on ne limite
pas où elles commencent, où elles se terminent. Ça vient créer un flou ici, à
ce niveau-là, puis ça risque d'empiéter sur un domaine qui est déjà légiféré
ailleurs. Donc, c'est à ce niveau-là, étant donné que, là, présentement, on
parle de réservoirs souterrains, on comprend que ce qui est la roche, ce qui
est les puits, ce soit encadré.
Lors de... Lorsque la Loi sur les
hydrocarbures a été mis en place, qui a été... modifiée pour devenir la Loi sur
le stockage, les pipelines ont été inclus. Mais sauf que, là, ce qu'on comprend
ici, c'est en lisant ça, c'est que toute nouvelle station, qui était dans notre
cas, ça serait une citation de compression, mais ici c'est pas défini dans quel
cas que c'est, devrait être en plus géré au niveau du PL 17, ce que... nous, on
considère comme étant un petit peu un non-sens, parce qu'on arrive vraiment
avec des installations industrielles et on n'est plus aucunement dans la
gestion de la ressource supérieure.
Mme Tardif : Ouais, c'est
certain, mais l'intention du PL 17, c'est vraiment d'obliger le titulaire à
obtenir une autorisation avant de construire une installation de surface. C'est
dans le PL 17. Ça pourrait comprendre la tuyauterie de raccordement, aux têtes
de puits, des pompes, des compresseurs, des réservoirs. Mais bien que certains
de ces équipements-là soient actuellement partiellement encadrés par les normes
de construction ou des lois environnementales, vous comprendrez qu'il est
important que le ministre détienne toute l'information relative aux
installations pour être en mesure d'intervenir si un titulaire venait à
manquer, disons, à ces obligations. C'est vraiment pour ça. Intragraz, vous
proposez aussi, pour des raisons de sécurité, que le ministre soit avisé et
intervienne lors de tout incident de découverte de...
Mme Tardif :
...lors
de tout forage au Québec. Est-ce exact? Bon, et le PL no 17 prévoit
que toute personne déjà, toute personne qui découvre dans son terrain un
fluide, un fluide déterminé par règlement du gouvernement, dont le débit est
continu, donc cet individu-là doit, dans les cas et aux conditions qui sont
prévues, aviser le ministre par écrit. La... la municipalité, c'est la même
chose, donc, tout propriétaire de terrain est déjà dans l'obligation d'aviser,
là, le ministre et de dire effectivement, où ça se situe. Les fluides prévus
par règlement pourront inclure le méthane. Ça vous convient?
M. Massé (Luc) : Je...On
l'avait souligné, ce qui... ce qu'on voudrait juste mettre un peu plus
d'emphase, mais effectivement, vous avez raison que toute personne doit le
déclarer, c'est simplement que la personne qui va vraiment le voir, cette...
cette situation-là, souvent ça va être un foreur qui va être un entrepreneur.
• (17 h 10) •
Mme Tardif : OK.
M. Massé (Luc) : Puis la
chaîne entre le propriétaire du terrain et la personne qui rencontre ça sur...
pendant ses opérations, la chaîne peut commencer à être longue et l'information
ne sera peut-être pas nécessairement facilement véhiculée. Ça fait que c'est
pour essayer d'amener une certaine responsabilité de toute personne qui aurait
à forer des puits au Québec à une certaine profondeur, qui risquerait de rencontrer
du gaz naturel, de s'assurer que... pas attendre qu'un incident se produise,
mais même d'aller au-delà de ça et de... de l'amener en amont. Donc, que les
entrepreneurs de forage au Québec soient informés des risques potentiels parce
que des situations comme ça, il y en arrive, on va dire, fréquemment, puis ce
n'est juste pas une bonne chose au niveau de la sécurité, tout simplement.
Mme Tardif : Parfait. Merci
de votre commentaire. Est-ce que le PL no 17 permettrait par contre,
selon vous, de mettre en place un cadre qui est suffisant pour sécuriser les
investissements pour que les entreprises envisagent d'entreprendre au Québec?
M. Corriveau (Hugues) : Dans
quel secteur?
Mme Tardif : Est-ce que ça
sécurise les entreprises avec le PL no 97 pour la mise en place pour
le cadre, là, est-ce que c'est suffisant pour sécuriser?
M. Corriveau (Hugues) : Dans
le domaine du stockage de gaz souterrain, malheureusement, il y a d'autres
choses qui empêchent le développement. On en parle un peu aussi dans le
mémoire, mais si le cadre législatif le permettrait, probablement que oui.
Mme Tardif : Problablement,
oui.
M. Jaimes (Jean-François) : J'ajouterais
peut-être aussi que, tu sais, une des filières qui nous intéresse, là, dans le
PL no 19, c'est la capacité de faire du captage et du stockage de
carbone souterrain, là. Le captage, c'est intéressant, mais sans capacité de le
stocker ou de le réutiliser, il n'y a pas vraiment d'intérêt à faire du... de
la captation. Alors on pense non seulement que c'est nécessaire, mais on pense
que ça... Non seulement c'est... ça ne va pas nuire, mais au contraire c'est
nécessaire à ce que ces projets de ces différentes entreprises-là puissent voir
le jour, d'avoir cet encadrement-là. J'y faisais référence, là, mais le fédéral
a annoncé des crédits d'impôt à l'investissement. Ces crédits d'impôt
nécessitent justement, là, un cadre réglementaire, donc, on pense que, sans
cadre réglementaire, ça va justement empêcher le développement de ces projets-là.
Mme Tardif : Merci. Quels...
quels seraient les rôles ou le rôle qu'Énergir, puis Intragaz pourraient jouer
dans le développement des nouvelles filières? Quel aspect de votre expertise
pourrait être mis à contribution?
M. Corriveau (Hugues) : Pour
l'instant, Intragaz se spécialise dans le stockage de gaz naturel, les autres
filières sont présentement développées ...
M. Jaimes (Jean-François) : Oui,
donc, peut-être... Rapidement, là, il y a les filières, vraiment la géothermie,
on en a parlé, Énergir a, entre autres, lancé une initiative, là, de géothermie
résidentielle au Québec. Pour nous, c'est un élément qui est assez simple, puis
qui est déjà possible de faire sans le PL no 17, puis ce qu'on
propose, justement, c'est que la géothermie de surface ne soit pas
nécessairement couverte par le projet de loi ici.
Par contre, Énergir, on croit aussi aux...
bien évidemment, aux solutions énergétiques, là, en bas, en carbone efficace,
énergétique, mais aussi déplacement du gaz fossile par du gaz naturel
renouvelable. Mais des filières comme la capture, le stockage du carbone vont
nous aider dans l'atteinte de nos cibles au Québec, là. Donc, pour nous, c'est
quelque chose qu'on parle à nos clients, les clients nous en parlent, puis on
pourrait jouer un rôle dans l'écosystème du captage et du stockage de carbone
au Québec. Donc, Énergir a une expertise, soit à l'interne, soit à travers ses
filiales, comme Intragaz, on est proche de nos clients industriels, on connaît
ses...
M. Jaimes (Jean-François) :…
on sait déjà, on est une entreprise aussi qui a beaucoup d'expertise, de la
connaissance énergétique, puis des… des mix.
On est capable aussi de déployer des
conduites qui nous permettraient de faire ce transport aussi de CO2 là pour pouvoir
le… le stocker.
Donc, on a une expertise qui pourrait être
déployée au… à l'avènement de ces différents modèles d'affaires et
technologies.
Mme Tardif : Merci. C'est…
c'est un bonbon pour vous, celle-là, là, cette question-là, hein ? C'est un petit gâteau.
M. Jaimes (Jean-François) : Bien,
oui… juste pour clarifier, on ne développe pas les technologies, on n'est pas
une entreprise qui va vendre des équipements de captage ou de stockage là, oui.
Mme Tardif : C'est ça…
quelles… pour monsieur, madame tout le monde, là, qui… qui nous écoutent,
quelles devraient être les conditions, les considérations géologiques,
environnementales, territoriales, socio-économiques pour que… qu'un projet soit
gagnant, là, de de stockage ?
M. Massé (Luc) : Bien, moi…
moi, je… je pense, simplement, que… il y aura… il y aura… il y a des bonnes
bases dans le PL-17.
Puis, dans la loi actuelle, il y a des
règlements qui sont là qui qui… qui mériteraient d'être bonifiés, si le PL-17
est mis en place.
Mais je pense que le niveau de
connaissance, il est… il est là, puis le niveau de compréhension, puis
d'encadrement aussi.
Il reste juste à essayer de le mettre en
place sur papier de façon cohérente, puis de s'assurer que le message passe
bien, qu'il soit bien transmis, puis qu'on enlève un petit peu de zones grises
dans… dans la partie qui est souterraine.
Ça fait assez longtemps que je travaille
dans le domaine pour vous dire que c'est difficile d'expliquer qu'est-ce qui se
passe sous le sol, mais c'est un domaine qui se comprend, qui se mesure, qui
peut être encadré très bien, peu importe, c'est quoi la filière.
Il faut juste simplement éviter d'essayer
de faire des… des amalgamations, de tout mettre toutes les filières dans… dans
le même bateau, puis de considérer qu'ils ont toutes les mêmes tares ou tous
les mêmes bénéfices.
Mme Tardif : Est-ce que c'est
bien perçu de la population ou est-ce que les gens ont une crainte par rapport
au stockage de gaz ou… ?
M. Massé (Luc) : Généralement,
non, à notre niveau, ça fait 35 ans qu'on est en opération, même avant la
période d'opération, il y avait eu une période d'exploitation.
Donc, dans les… dans les deux localités où
on est, on était très, très bien perçu. On est même… on est un acteur
important.
Puis, quand… c'est au niveau de la
connaissance, quand le monde savent qu'est-ce que c'est, il n'y en a pas de
problème.
Mais quand on ne le sait pas, bien, c'est
là qu'on peut s'imaginer un peu tout plein de situations, puis c'est là que ça
dérape.
Mme Tardif : D'où
l'importance des communications. C'est comme en politique. Merci. Merci,
monsieur le président.
Le Président (M. Julien) : Merci.
Merci… alors, maintenant, je vais céder la parole au député de Jacques-Cartier
pour une période de 13 min 52 s.
M. Kelley : Merci beaucoup,
Monsieur le Président. Messieurs. Merci, Monsieur Hugues, merci beaucoup de
votre… vos deux mémoires… super intéressants.
Hum… je veux, peut-être, avoir un petit
peu de précision. On sait que, de plus en plus, Hydro-Québec est obligée
d'importer de l'électricité pour gérer la pointe.
Alors, c'est… je reviens un petit peu sur
la gestion de la pointe. Ça, c'est fait plus par Énergir que les gens qui fait
de… le stockage.
Mais, en même temps, on sait qu'on a une
crunch énergétique au Québec. Et, si jamais le gouvernement décide, après une
consultation ou un document déposé dans la pigière, qu'on va fier plus sur le
gaz naturel pour répondre à des besoins énergétiques, est-ce que ça prend plus
de stockage si on veut faire ça ici ?
Et je comprends qu'on ne veut pas
décontourner qu'est-ce qui est dans la loi qui a été adoptée en 2021, mais ce
n'est pas nécessairement des forages pour trouver plus de gaz naturel, mais de
faire du stockage.
Alors, si jamais on veut agrandir notre
capacité d'utiliser plus de gaz naturel, ça va prendre plus de stockage, et
est-ce que Énergir est capable de… est-ce que ça, c'est pourquoi, dans votre…
votre mémoire, vous avez clairement identifié que ça, c'est un élément pour…
pour vous autres qui est super important de… d'être révisé dans votre projet de
loi ?
Alors je sais, je peux faire un peu d'un
amalgame entre tous les points, mais c'est juste de bien comprendre et saisir
cette pointe sur… la capacité, peut-être, d'agrandir certains réservoirs du
stockage de gaz naturel ?
M. Jaimes (Jean-François) : Oui,
puis je… merci pour la question.
Je vais me permettre d'y répondre, mais,
d'entrée de jeu, je profite de la question pour, peut-être, dire que, pour
nous, puis… c'est clair dans le projet de loi, l'intervention du législateur,
ce n'est pas de permettre de l'exploitation du gaz au Québec, là, ce n'est pas
du tout l'intention d'Énergir.
On ne souhaite pas investir dans… dans la
production de gaz fossile ici. Mais la question est bonne. Est-ce que pouvoir
rajouter du stockage…
M. Jaimes (Jean-François) :
...je le répète dans mes propres mots, c'est une façon de vendre plus de gaz
naturel, là, ce n'est peut-être pas ça votre question, mais je veux quand même
y répondre, là. Pour nous, le stockage, c'est un peu comme... Bien, au Québec,
dans l'électricité, vous y faisiez référence, on a l'avantage d'avoir des
barrages hydroélectriques, là, c'est vraiment une de nos forces, puis notre...
Qui... C'est ce qui ajoute beaucoup de résilience au réseau électrique. Bien,
le stockage géologique en franchise au Québec, c'est un peu la même chose.
C'est notre façon d'emmagasiner cette énergie-là, puis, pour nous, c'est un
levier essentiel à la transition énergétique du réseau gazier, mais aussi
transition énergétique du Québec.
• (17 h 20) •
Pour y arriver, il va falloir avoir plus
d'efficace énergique, mais plus aussi d'électrification. On sait qu'il y a
beaucoup de demandes, particulièrement en pointe hivernale pour les systèmes
énergétiques, le gaz et pour l'électricité. Le fait d'avoir du stockage ici et
de pouvoir même ajouter du stockage, ça permet de rajouter de la fiabilité sur
le réseau gazier, puis ça va nous permettre aussi d'intégrer éventuellement
plus d'énergie renouvelable dans le réseau. Donc, tu sais, on parle d'intégrer
de l'éolien, ça va prendre, par exemple une capacité systémique de pouvoir
répondre à ces énergies qui sont intermittentes. On veut aussi commencer à
produire du gaz naturel, bien, on en produit déjà, du gaz naturel renouvelable
au Québec, on veut augmenter cette production-là. Donc, le fait d'avoir du
stockage au Québec, ça va nous permettre d'intégrer, puis de continuer cette
décarbonation des systèmes énergétiques.
M. Kelley : Parfait. Puis, un
petit peu comme l'électricité, j'imagine, d'importer le gaz naturel et le gaz
naturel renouvelable à certains moments, le prix varie. Des fois c'est plus
cher, puis des fois c'est moins cher, alors si on est capable de capter plus de
gaz naturel ou l'acheter à un moment où le prix est plus intéressant, est-ce
que... Est-ce que c'est un peu comment le système marche? Est-ce que je ne suis
pas loin? C'est comme si on peut garder plus de gaz naturel pour le point qui
est moins cher, ça fait du sens dans le défi et le casse-tête de la gestion de
l'énergie présentement au Québec?
M. Jaimes (Jean-François) : Bien,
absolument, là. Donc, le gaz est produit à différentes places en Amérique du
Nord, il est très peu produit au Québec, comme je l'expliquais, donc il faut
l'importer, et il est importé dans... par des contrats, puis des canalisations
de transport. On en consomme beaucoup plus en hiver qu'en été, donc on...
Effectivement, il est moins cher en été, donc, c'est une opportunité pour les
équipes des approvisionnements gaziers de l'acheter quand il est un peu moins
cher, le stocker ici au Québec, avec différents outils, là, des différents
outils d'approvisionnement, puis de gestion. Mais le stockage géologique, qui
est une... un très bon outil à faible coût pour les consommateurs du Québec,
là.
M. Kelley : Et j'imagineaussi
pour la sécurité de nos industries, on parle présentement de... de
l'électricité, mais, en même temps, beaucoup de nos industries ont besoin de le
gaz naturel pour le processus chimique et on peut juste prendre l'exemple
récemment avec le Straight Hormuz, sur comment un événement de géopolitique
peut rapidement changer la situation, puis il faut fier sur les réserves
stratégiques. Alors, quand même, un prospectif du gouvernement d'être plus
souverain énergétiquement, de regarder cette option, d'avoir plus de stockage
de gaz naturel, gaz naturel renouvelable, il y a certains avantages pour...
pour le Québec.
M. Jaimes (Jean-François) :
Oui.
M. Kelley
: OK.
Parfait. Je veux maintenant juste poser une question, plus vers Intergaz, parce
que, comme ma collègue a mentionné, vous avez un tableau avec plusieurs
différentes suggestions, des amendements, et Énergir aussi a des suggestions,
mais juste parce que votre tableau... On aime bien les tableaux, les députés,
ça rend notre vie plus facile. Mais est-ce que certaines de ces... Comme demain
matin, on doit adopter le projet de loi et il y a seulement une couple des
amendements que le gouvernement peut l'accepter. Est-ce qu'il y a certains que,
pour vous autres, il faut absolument qu'on faire des changements? Les autres
que peut-être on peut jouer un peu avec les mots ou on peut vivre avec quand
même s'il n'y a pas des changements.
M. Massé (Luc) : La réponse
simple, c'est non.
M. Kelley
: OK, OK.
M. Massé (Luc) : C'est des...
C'est... On est ici pour essayer d'aider le processus d'améliorer le PL no
17, on a amené des suggestions basées sur notre expertise, mais il n'y a rien
qui nous empêche de travailler demain matin.
M. Kelley : Parfait. Et pour
vous autres, si je prends juste, juste note, vraiment votre priorité dans les
amendements, est-ce qu'il y a une qui est plus prioritaire que l'autre pour
améliorer les opérations, pour améliorer le projet de loi, je sais que chaque
suggestion est importante, mais une qui, pour vous autres, il veut vraiment
qu'on vise là-dessus, puis on note... qui on prend note d'aujourd'hui?
M. Massé (Luc) : Je vous
dirais que la principale ne touche pas directement Intragaz, mais touche
directement l'ensemble de l'industrie. C'est vraiment au niveau de la sécurité
qui entoure tous les forages au Québec pour éviter qu'il y aille des situations
qui soient déplaisantes. Donc, ne pas s'acharner à certaines filières ou des
filières qui seraient directement prévues dans le PL no 17.
M. Massé (Luc) : …mais aussi
de regarder ça un petit peu plus largement, puis de voir, OK il y a des
endroits au Québec, ils sont connus, est-ce qu'on peut les encadrer mieux pour
éviter qu'il arrive des incidents qui arrivent un peu fréquemment, puis parce
que ces incidents-là ont un risque envers les personnes qui travaillent sur ces
opérations-là de forage, ça peut être des forages pour l'eau potable, pour de
la géotechnique ou au niveau des infrastructures. Mais aussi, on parlait tantôt
de comment c'est perçu par la population. Bien, tous les forages qui pourraient
être faits pourraient donner une image négative, de peu importe c'est quoi la
filière, s'il arrivait des incidents. Donc, ce n'est rien de majeur, c'est
juste que c'est quelque chose qui n'avait jamais vraiment été encadré. Mais
quand on voit dans l'industrie du forage normal, de l'eau potable, la
géotechnique puis tout ça, il y a des incidents qui se répètent. Puis, dans le
domaine, ça se parle, puis ce n'est pas… ce n'est pas encadré. Ça fait que ce
serait juste un petit niveau, à ce niveau-là, de dire : Bon, est-ce qu'on
est capable, tout le monde ensemble, de ramener ce côté-là? Ce n'est rien de critique,
mais c'est juste quelque chose qui serait vraiment bien pour la compréhension
de notre sous-sol, puis de dire : Bon bien, est-ce qu'on est capable
d'exploiter nos ressources souterraines correctement?
M. Kelley : Merci beaucoup.
Sur les projets de stockage existants, des réserves existantes, vous n'avez pas
des enjeux avec des municipalités du Québec où que ça marche bien, parce que
c'est une des choses qui étaient soulevées, c'est cette… comment on va gestion
nos plans de territoire… mais vous autres existent déjà sur le terrain, ils ne
notent jamais vous autres comme un, en guillemets, un problème, mais les
nouveaux, ils voient comme peut-être il y a un… un conflit que ça arrive où au
minimum, il faut mieux gérer ça dans l'approche droit. Mais bref, je vous
laisse avec les municipalités, présentement, ça va pas mal bien, je sais qu'il
y a toujours des enjeux, mais…
M. Corriveau (Hugues) : Non,
actuellement, depuis les débuts de l'opération des deux sites, soit
Pointe-du-Lac dans la région de Trois-Rivières, puis Saint-Flavien dans
Lotbinière, la relation avec les communautés sont excellentes, même
encouragées, par exemple Saint-Flavien a le gaz naturel dans son… dans sa
réalité depuis plusieurs années et encourage les développements futurs qu'on
pourrait faire, soit avec l'optimisation de notre site et la relation avec les
gens qu'on… les relations que l'on a avec les gens sur le terrain, les
citoyens. On a des partenariats depuis des années, les gens aiment avoir le
discours avec nous, on est… on est… je veux dire, on peut se qualifier de bon
citoyen corporatif et nos relations sont excellentes avec… peu importe où on
est installé. Mais on supporte les groupes.
M. Kelley : Merci beaucoup
pour la réponse. Je vais passer la parole à ma collègue.
Le Président (M. Julien) :
Pour 4 minutes.
Mme McGraw : Merci. Alors
deux questions ou une question pour chaque, Intragaz et Énergir. Donc, juste
pour enchaîner sur les questions de mon collègue, justement, vous êtes là
aujourd'hui parce qu'il vous a demandé quels sont les amendements prioritaires…
ce tableau assez détaillé et si je comprends bien, vous êtes la seule
compagnie, vous dites tout de suite dans votre mémoire, à exploiter des
réservoirs souterrains encadrés… qui sont présentement encadrés par le
gouvernement du Québec, et vous voulez justement mettre de l'avant votre
expérience, votre expertise pour bonifier ce projet de loi, si je comprends
bien. Et une chose que vous soulignez dans votre contexte général, c'est le fait
que cette loi… vous êtes présentement assujetti à la Loi sur le stockage de gaz
naturel et sur les conduites de gaz naturel et le pétrole, et que cette loi
découle… donc, le projet de loi n° 17 vient changer cette loi dont vous êtes
assujettis, mais cette loi-là, dont vous êtes assujetti, découle d'une autre
loi de 2022 sur les hydrocarbures, et ça, c'était dans… plutôt dans un contexte
de l'émergence potentielle de l'industrie de gaz de schiste au Québec. Donc,
c'est un peu le contexte dans lequel on se trouve.
Par la suite, vous proposez des
amendements pour s'attaquer à la cohérence entre les filières du sous-sol.
Ensuite, les contradictions… vous parlez de zones grises, même de
contradictions et de difficultés d'application, et finalement un développement
futur des infrastructures de stockage. Vous disez même que le stockage doit
être traité comme une infrastructure stratégique appelée à évoluer au même
titre que les autres filières reconnues par ce projet de loi. Je viens de vous
citer votre propre mémoire, mais juste, dans tout ça, est-ce que vous avez des
enjeux en particulier à souligner?
Et peut-être que je vais tout… tout de
suite enchaîner avec Énergir. Énergir, au contraire, vous n'avez pas un tableau
détaillé, vous soulignez quand même deux demandes principales au niveau de la
restriction limitant les nouveaux réservoirs… les périmètres, et ensuite les
activités de géo… géothermies de surface. J'aimerais vous entendre un peu plus…
plus de détails sur ces deux demandes-là…
,19283
Mme
McGraw : …Je ne sais pas combien de temps il reste, mais écoutez, une
minute chaque peut-être?
M. Jaimes (Jean-François) : Oui,
bien écoute absolument, la première recommandation, je laisserai mes collègues
d'Intragaz, le bonifier au besoin mais, ce qu'on veut, c'est s'assurer que tout
développement futur d'expansion des capacités de stockage d'Intragaz puisse se
réaliser sans obstacles principaux. Ça, c'est la première recommandation, puis
la deuxième, c'est… c'est pour éviter là peut-être une double réglementation,
là, sur, par exemple, des activités… comme de géologie, de géothermie ou de
boucles énergétiques qui sont essentiellement en surface du sous-sol. Juste
s'assurer que ce ne soit pas capturé par le projet de loi 17.
Mme McGraw : Clair. Très
clair. Merci.
• (17 h 30) •
M. Corriveau (Hugues) : Et,
comme si bien mentionné, on considère le stockage de gaz naturel souterrain
comme une stratégique pour soutenir la pointe, la bi-énergie, toutes sortes
d'initiatives de décarbonation. Actuellement, on vit avec des reliquats des
anciennes législations qui ont… qui nous empêche aujourd'hui de pouvoir
regarder, à développer d'autres… d'autres stockages. C'est sûr que si, au
cadre… à l'intérieur des travaux du PL 17, ceci pourrait être modifié, ça serait
grandement avantageux pour la sécurité énergétique du Québec au complet.
Mme McGraw : Merci.
Le Président (M. Julien) : Je
vous remercie. Il reste une trentaine de secondes, mais on peut passer
maintenant au député de Saint-Jérôme. Vous avez deux minutes 38. Chers
collègues.
M. Chassin :Merci. Merci pour votre présentation. Ce n'est pas un
domaine toujours facile, alors j'essaie de vous suivre, mais, comme vous êtes
quand même déjà en activité et que vous exploitez, dans le fond, ce que je
comprends, certains réservoirs souterrains à l'heure actuelle, il y a un désir
de modernisation du cadre réglementaire, mais vous fonctionnez pour certains
types d'activités avec ce qui existe à l'heure actuelle. Est-ce que, dans le
fond, de moderniser pour prendre en compte davantage la réalité, puis je pense
que, on a la collègue de Laviolette-Saint-Maurice, qui nous en a fait part pour
certains… certaines modernisations. Mais, en même temps, ce que je comprends,
c'est que ça donne aussi, par exemple, accès à des crédits d'impôt fédéral. Ça,
ça demande un cadre qui est différent de celui actuel. Est-ce que j'ai bien
compris?
M. Jaimes (Jean-François) : Oui,
oui, absolument. Puis, tu sais, la distinction que je veux être sûr, qui est très
claire, là, c'est qu'Intragaz, a vraiment des opérations de stockage de gaz
naturel dans la géologie, les crédits d'impôt à l'investissement auxquels je
faisais référence, ce sont surtout pour les activités de stockage de CO2.
M. Chassin :Seulement, d'accord. Oui. Puis, puis… C'est intéressant.
M. Jaimes (Jean-François) : Donc,
juste pour être… puis Énergir ou Intragaz n'exploite pas aujourd'hui de
stockage de CO2.
M. Chassin :Puis avec des crédits qui sont amincissants, qui sont
récents. Somme toute, là, du côté fédéral, je pense.
M. Jaimes (Jean-François) : Absolument.
M. Chassin :D'accord. Puis... est-ce que, dans le fond, parce que vous
avez la possibilité, déjà, de faire de la recherche de réservoirs souterrains,
est-ce qu'à votre connaissance ce régime-là actuel, avant le projet de loi 17,
est contradictoire avec d'autres régimes, des claims ou tout ça? Ou est-ce que
à l'heure actuelle, c'est harmonisé? Il n'y a pas de différence là, qui fait
qu'on s'empiète ou on se pile sur les pieds, disons là?
Le Président (M. Julien) :
Quarante secondes.
M. Corriveau (Hugues) : Actuellement,
le cadre législatif… nous permet pas de faire d'exploration de nouveaux
réservoirs.
M. Chassin :Du tout?
M. Corriveau (Hugues) : Non.
M. Chassin :
OK, je suis surpris. Ok.
M. Massé (Luc) : Non mais
c'est là… c'est la loi mettant fin à l'exploration… exclut l'exploration pour
le stockage souterrain.
M. Chassin :
Exclut l'exploration pour le stockage, donc on peut encore… ou…
M. Massé (Luc) : Non, non,
non… mais je veux dire englobe… englobe cette filière-là comme étant exclue.
M. Chassin :OK, je comprends.
M. Massé (Luc) : Ça fait
qu'elle fait partie du….
M. Chassin :Ce n'est pas juste pour les hydrocarbures, c'est aussi pour
les réservoirs...
M. Massé (Luc) : Exact.
M. Chassin :OK. D'accord. D'accord. Merci beaucoup.
Le Président (M. Julien) : Merci.
Merci pour votre contribution aux travaux. C'est très intéressant.
La commission va suspendre les travaux
jusqu'à 19 h 15. Donc, à tantôt, chers collègues, et merci à nouveau pour votre
contribution.
(Suspension de la séance à 17 h 34)
19 h (version non révisée)
(Reprise à 19 h 15)
Le Président (M. Julien) : Oui.
Alors merci. Merci, à l'ordre, s'il vous plaît. La commission de l'agriculture,
des pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles reprend ses travaux.
Nous poursuivons les consultations particulières et auditions publiques sur le projet
de loi n° 17, Loi modifiant principalement la Loi sur le stockage de gaz
naturel et sur les conduites de gaz naturel et de pétrole aux fins d'encadrer
les réservoirs souterrains et certaines conduites.
Alors, ce soir, nous entendrons deux
groupes, le Comité consultatif sur... consultatif sur les changements
climatiques et le Conseil patronal de l'environnement du Québec. Donc, je
souhaite maintenant la bienvenue aux représentants du Comité consultatif sur
les changements climatiques. Je vous rappelle que vous disposez de 10 minutes
pour votre exposé, puis nous procéderons à la période d'échange avec les
membres de la commission. Je vous invite à vous présenter et à commencer votre
exposé. Bienvenue.
M. Webster (Alain) : Merci de
l'invitation, je m'appelle Alain Webster, j'ai le bonheur d'être le président
de ce comité consultatif et puis je travaille aussi, là, je suis professeur en
économie de l'environnement à l'Université de Sherbrooke.
Mme Thiffault (Evelyne) : Moi,
je suis Evelyne Thiffault, je suis aussi membre du comité consultatif et je
suis professeure en écologie forestière à l'Université Laval. Donc, juste vous
dire quelques mots sur le comité. Donc, le comité consultatif sur les
changements climatiques, c'est un organisme permanent et indépendant qui a été
créé en vertu de la Loi visant la gouvernance efficace de la lutte contre les
changements climatiques et à favoriser l'électrification. Notre mission, c'est
de conseiller le ministre de l'Environnement de la lutte contre les changements
climatiques, de la faune et des parcs, à la demande de ce dernier ou de sa
propre initiative, sur les orientations, les programmes, les politiques, les
stratégies en matière de lutte contre les changements climatiques.
Donc, on a publié, en novembre dernier, en
novembre 2025, un avis sur la cible climatique du Québec. Donc, dans cet
avis-là, on recommandait que le gouvernement se fixe une cible de réduction des
émissions de gaz à effet de serre de moins 37,5 % d'ici 2030, par rapport
à... au niveau de 1990, et des cibles progressives par la suite pour atteindre,
en 2045, la carboneutralité. Donc la carboneutralité, ça voulait dire... ça
voudrait dire une réduction de 85 % des émissions de gaz à effet de serre
et une séquestration permanente de 15 % des émissions de gaz à effet de
serre. Donc, ces cibles-là, on continue à y tenir, à dire qu'il faudrait les
rencontrer si on veut atteindre les objectifs de l'Accord de Paris.
Donc, dans cet avis-là, on reconnaît le
rôle important et central que le captage et le stockage permanent de carbone va
jouer dans l'ambition climatique du Québec. Donc, c'est pour ça qu'on fait des...
que le comité fait des recommandations au gouvernement du Québec concernant le
potentiel de captage et de stockage permanent du carbone. Donc, on recommande
de déterminer le potentiel du Québec en termes de captage et de stockage
permanent du carbone sur le territoire québécois. On recommande de définir un
cadre réglementaire pour assurer le développement adéquat de la filière, de
mettre en œuvre, et à court terme, des projets pilotes de séquestration permanente
du carbone, d'intégrer les mécanismes de séquestration permanente du carbone au
marché conjoint du carbone avec la Californie.
On ne recommande toutefois pas un
élargissement de la possibilité d'acquérir ou de vendre les éventuels crédits
de séquestration, au-delà du cadre défini par le marché conjoint avec la
Californie. Par ailleurs, on recommandait aussi d'adopter une cible de
carboneutralité pour le secteur des terres et des forêts, donc on parle plutôt
de séquestration temporaire. Donc, on recommande d'adopter un cycle de
carboneutralité pour ce secteur-là, correspondant à zéro émission nette en 2045.
M. Webster (Alain) : On
pourrait arrêter là, puis ça aurait été un record de synthèse dans tout ce qu'on
vous a présenté en commission parlementaire, certains diraient que ça aurait
fait du bien par rapport aux fois où on déborde un peu, mais revenons quand
même sur deux, trois éléments dans les temps qui nous restent pour des choses
fondamentales. Juste se rappeler en cette soirée agréable de l'été, qu'on fait
ça la séquestration carbone, pour une raison très très, très simple, l'Organisation
météorologique mondiale nous dit, dans son dernier rapport de 2026, que le
climat n'a jamais été aussi déréglé qu'il l'est présentement. On n'a jamais vu
dans l'histoire de l'humanité un climat aussi perturbé qu'actuellement.
Le message, c'est, les états doivent
travailler adéquatement pour ramener le climat à une température, à une
évolution en température acceptable. L'Accord de Paris, en bas de 2 °C, de
préférence le plus proche possible de 1,5 °C.
M. Webster (Alain) : ...et
c'est pour ça qu'on fait de la séquestration de carbone, que pour cette vision.
C'est compliqué, difficile technologiquement, coûteux en termes énergétiques,
coûteux en termes financiers. Ça demande un cadre législatif important que vous
définissez, très très bonne idée, parfait, adoptez la loi, définissez le cadre
réglementaire, développons des stratégies de captation et de séquestration,
mais faisons-le dans une perspective essentielle et la seule perspective
crédible. L'État québécois lutte contre les changements climatiques et souhaite
devenir carboneutre au milieu du siècle. Nous, on dit 2045, la position de
Québec est plutôt 2050, on pourrait s'entendre entre les deux, là, mais dans ce
type de scénario, il faut voir ces enjeux de séquestration comme étant un
élément de la lutte au changement climatique.
• (19 h 20) •
D'abord, faire une réduction massive de
l'ensemble des émissions de gaz à effet de serre et ce qui reste, on pense qu'à
la fin de cet exercice-là, 2045, qu'il va rester à peu près 15 % des
émissions, non... Où on n'est pas capable d'éliminer ces gaz à effet de serre
parce que c'est des procédés industriels, parce que c'est très compliqué au
niveau agricole dans certains cas et c'est ça qu'on doit séquestrer, séquestrer
une quantité équivalente de CO2 pour ramener
le bilan à zéro, amener une trajectoire de carboneutralité conforme à
l'objectif politique de l'État québécois, être carboneutre et c'est pour ça que
vous faites ça.
Donc, le message du comité est, c'est
essentiel, vous devez définir un cadre législatif. On doit commencer à faire
des projets pilotes dans ce type de scénarios. On pense qu'à partir de 2030, il
faut pouvoir les intégrer adéquatement dans l'ensemble de la comptabilisation
des gaz à effet de serre, parce que ce n'est pas un produit commercial comme
les autres, ce n'est pas un produit qu'on se contente de vendre sur la planète
en se disant, on produit quelque chose d'autre. C'est un service essentiel
permettant d'atteindre nos objectifs climatiques au niveau du territoire
québécois.
C'est pour ça que le message qu'on fait
c'est, faites-le, développons la technologie, c'est essentiel, mais en même
temps, ça s'inscrit, ça, dans un objectif de réduction des émissions, donc, ces
crédits de gaz à effet de serre doivent essentiellement s'inscrire dans la
lutte aux changements climatiques. Et, au Québec, en grande partie, c'est ce
marché du carbone entre le Québec et la Californie, ça fait que la capacité de
vendre et d'échanger les droits d'émission, ça doit s'inscrire dans ce secteur
spécifique et ça, c'est un défi financier faramineux. Ça fait qu'on a à la fois
un enjeu technologique, bonne nouvelle, on commence à faire ça de différentes
façons.
Qu'est-ce qu'on vous dit dans ce très bref
mémoire, qui reprenait essentiellement ce qu'on vous a présenté lors d'une
autre commission parlementaire, où on vous disait, il faut en faire plus et
plus vite? Essentiellement, c'est l'importance de faire cette lutte aux
changements climatiques, mais, en même temps, se rappeler qu'en matière de
séquestration, il y a deux enjeux spécifiques. Cette question temporelle, la
séquestration associée à tout ce qui est le secteur naturel, vous avez la
spécialiste de la séquestration carbone au niveau forestier au Québec à côté de
moi.
Donc, c'est essentiel, cet enjeu-là, mais
cette séquestration, elle est temporaire. Donc, il faut développer les... une
séquestration permanente pour compenser nos gaz à effet de serre qui ont des
enjeux permanents. Et ça, c'est une séquestration de nature plus géologique. Ça
va se faire de différentes façons, ça peut se faire par du captage, diraient
certains dans la salle et de la séquestration. Ça peut se faire par le captage
direct au niveau de l'usine pour ses émissions résiduelles, avec de la
séquestration. Ça peut se faire par de la bioénergie, en produisant de
l'énergie à partir, donc, de matières premières au Québec, par de la fibre,
donc de la matière qui va nous permettre de capter ce CO2
et l'enfouir. Et avec ces technologies, on a un effet négatif, on est capable
de retirer du CO2 de l'atmosphère.
Ça fait qu'il y a différentes façons de
capter, dans tous les cas, on va séquestrer à la fin et il faut que cette
séquestration, elle soit permanente.
Mme Thiffault (Evelyne) : Et
s'inscrive dans l'ambition climatique du Québec.
M. Webster (Alain) : Et ça,
c'est essentiel, il ne faut pas juste penser qu'on développe une filière
économique comme les autres et qu'on la soutient, et qu'on est capable de
développer une nouvelle technologie. Il faut que vous développez, à l'échelle
de l'État québécois, une vision stratégique globale de la lutte aux changements
climatiques. Et dans cette lutte aux changements climatiques, c'est d'abord une
réduction massive des gaz à effet de serre, notre objectif c'est 85 % de
réduction, c'est le même message de Québec, 85 % de réduction au milieu du
siècle et développer la technologie pour réussir à faire cette séquestration.
Ça ne peut pas attendre 15 ans, donc il
faut commencer ça immédiatement. Bonne nouvelle, on définit le cadre
réglementaire, et ce cadre réglementaire qui va suivre votre projet de loi, on
pense un peu, comme vous avez écrit dans cette analyse réglementaire, que les quatre,
cinq prochaines années vont servir à développer ces projets pilotes...
M. Webster (Alain) : ...et à
partir de 2030, il faut être capable de les intégrer directement dans
l'ensemble de nos inventaires de gaz à effet de serre, parce que rendu là, je
n'ai plus le temps. Donc, je vais ouvrir la discussion avec vous, puis on va
répondre à vos questions.
Le Président (M. Julien) : Il
vous reste une minute.
M. Webster (Alain) : Ah! Je
pensais que vous me disiez, vous avez encore dépassé d'une minute.
Le Président (M. Julien) :
Non, ça, c'est une minute.
M. Webster (Alain) : Donc, on
vous félicite de cette logique en matière de mise en œuvre d'un cadre
réglementaire. Évidemment, on le fait dans un... dans un scénario assez clair.
Le fédéral fait son volet crédit et dans ce cas-là, il faut bien sûr que les
provinces mettent en place leur cadre réglementaire. On n'a pas besoin du
fédéral pour travailler adéquatement dans la question d'une lutte aux
changements climatiques. On n'a pas besoin de ce... de cette approche pour nous
dire, il faut faire ça. C'est déjà ce que l'État québécois se dit, je dois être
carboneutre et je dois séquestrer mes émissions de gaz à effet de serre.
Évidemment, on profitera des entreprises de ce crédit financier.
Donc, vous devez le faire, bonne nouvelle,
mais vous devez le faire dans un cadre conforme à la lutte aux changements
climatiques pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre, sinon ça
va nous coûter plus cher.
Le Président (M. Julien) : Je
vous remercie.
M. Webster (Alain) : Merci.
Le Président (M. Julien) :
Alors, merci pour votre exposé. Nous allons maintenant commencer la période
d'échange. Alors, M. le ministre, la parole est à vous. Vous disposez de 16 min
30 s.
M. Bernard : Merci. Merci, M.
le Président. Merci beaucoup, M. Webster, et à Mme Tiffault. Ça commence bien
la soirée, là, sur un ton énergique, alors, on apprécie ça. Puis je vous
écoutais, puis c'est vrai, moi je... quand on fait du captage et de la
séquestration de carbone, c'est, comme vous l'avez souligné, c'est un processus
à la fin. Le meilleur travail qu'on peut faire, c'est réduction à la source,
puis captage à la source. Puis la réduction à la source, il faut aller vers
cette... cette initiative-là pour vraiment, je pense, avoir des gains positifs,
puis vraiment aider la diminution de nos gaz à effet de serre. Vous
avez abordé un point qui... puis vraiment intéressant, puis je veux avoir votre
opinion là-dessus, c'est... ce sont les projets pilotes. On en parle beaucoup,
vous êtes des scientifiques, puis là, on propose dans le projet de loi,
éventuellement, d'établir des projets pilotes, puis là ça... J'ai réfléchi à
ça aujourd'hui, normalement, des projets pilotes, il devrait y avoir... Est-ce
qu'on devrait le laisser simplement aux compagnies? Le gouvernement devrait-il
être partenaire? Devrait... Ça devrait-tu être fait avec des groupes de
recherche ou universitaires pour avoir des résultats, les comparer pour
vraiment avoir une vision, puis même aider à développer les meilleures
initiatives?
Parce qu'on parle souvent de projets
pilotes, un projet pilote, c'est pour aider à mettre en place un processus
qu'on s'attend qu'il soit fonctionnel, économique, puis opérant. Alors, dans le
contexte qu'on parle, comment devraient avoir lieu ces projets pilotes là que
les entreprises font, puis que le gouvernement, puis la société pourraient
bénéficier?
M. Webster (Alain) : ...l'élément
que vous soulevez est essentiel, ça s'appelle l'acceptabilité sociale de ces
enjeux de façon très large. Si on n'est pas capable de ramener cette vision-là
au niveau de l'ensemble de la population comme étant, on fait ça, c'est
compliqué, c'est un projet industriel, on intervient sur vos territoires. Si on
n'est pas capable de le présenter comme étant, on fait ça de façon spécifique
parce qu'on va développer l'expertise pour réduire à zéro ce qui est impossible
de réduire autrement, les gens risquent de décrocher parce que sinon, la vision
qu'on va avoir c'est, on fait de la séquestration pour faire quoi? Pour faire
plus de pétrole dans l'Ouest canadien? Pour faire plus d'Amazon de ce monde et
compagnie? Ça ne peut pas être ça, ça doit s'inscrire, cette vision-là dans
un... dans une stratégie climatique. Donc, pour faire ça, vous devez
absolument avoir une approche qui amène une adhésion sociale. Ça va être
intéressant dans beaucoup de secteurs. Je viens de l'Estrie, donc vous voyez
la... l'idée que j'ai de ce petit coin de planète, mais ça va être intéressant
dans certaines villes qui vont se dire oui, ça va bien, oui il y a un volet
acceptabilité, mais la logique de faire de la séquestration, si l'État n'est
pas au cœur de cette réflexion-là, on va se demander, est-ce qu'on n'est pas
tout simplement en train de laisser tomber la réduction des émissions de gaz à
effet de serre pour tenter de faire banalement de la séquestration? Ça ne
fonctionnera pas, ça sera trop coûteux et globalement, la lutte aux changements
climatiques, c'est de la réduction. Donc, la partie séquestration, qui
est à la marge, qui est la partie résiduelle de cet effort de lutte aux
changements climatiques, pour que ce soit acceptable, il faut absolument que
l'État soit un partenaire de cette approche. Donc, vous devez y être, ce n'est
pas juste fixer le cadre, c'est aussi pouvoir se dire, comment on fait ça, de
quelle façon? Et comme c'est des projets pilotes, bien on doit les suivre de
façon spécifique.
Vous parlez de ramener le secteur de la
recherche, des universitaires qui travaillent sur ce dossier spécifique,
excellente idée, ça ne m'inclut pas du tout, ce n'est pas un conflit
d'intérêts, je ne fais absolument...
M. Webster (Alain) : … pas ça.
Mais oui, c'est essentiel d'avoir une vision la plus large possible. Évelyne.
Mme Thiffault (Evelyne) : Oui,
mais faut vraiment que ça fasse partie de la politique climatique du… du
Québec. Donc, il y a des projets, bon, la séquestration carbone, ça en fait,
notamment… en foresterie, il y a des projets forestiers de séquestration qui
servent, bon, des entreprises qui s'achètent des crédits carbones pour leurs
bilans corporatifs. C'est beau, mais on n'atteint pas. On n'arrivera pas à
lutter contre les changements climatiques juste avec des ambitions corporatives
comme ça. Donc, ça doit vraiment s'inscrire dans les les politiques climatiques
des, des, des juridictions comme le comme le Québec. Et donc, c'est ce
glissement-là, peut-être qui serait à réfléchir comme faut que les projets
pilotes de séquestration permanente du carbone s'inscrivent vraiment dans
l'ambition climatique du Québec pour réduire les émissions du Québec et pas
servir à réduire les émissions d'une entreprise située ailleurs, ailleurs dans
le monde.
• (19 h 30) •
M. Webster (Alain) : Et là,
on fait une hypothèse, importante dans le mémoire qu'on vous propose. On vous
dit : il faut intégrer ces échanges-là. C'est, cette production de crédits
carbone qu'on a séquestré donc, on a séquestré du carbone. Ça permet de réduire
ses émissions de gaz à effet de serre. Ça doit s'inscrire dans cette
comptabilisation de gaz à effet de serre. Et donc, dans l'approche de Québec
qu'on fait, et c'est un marché, c'est un marché du carbone qui vaut des
milliards. Donc, le message, c'est qu'il faut l'intégrer dans ce marché
adéquatement et pas le laisser en parallèle dans un marché volontaire. Là, le
défi, comme parlementaire que vous avez est assez simple. Il faut développer ce
volet pilote. Mais, si vous le laissez se développer à la marge comme étant un
ensemble de projets de type crédit volontaire, il va falloir que vous rameniez
ça dans un marché spécifique au Québec avec la Californie. Et ça, après coup,
ça sera beaucoup plus compliqué. Donc, c'est pour ça qu'on vous dit :
cette séquestration, elle doit s'inscrire dans l'outil financier mise en place
par le Québec. De façon unanime, je vous le rappelle, par l'Assemblée
nationale. Donc, dans ce marché du carbone. Donc, c'est l'Etat qui intervient
et qui se dit : Oui, j'ai besoin d'une expertise technique, j'ai besoin
d'un développement d'une filière économique, mais ça s'inscrit dans mes outils
de lutte au changement climatique. Donc, on vous recommande très fortement
d'inscrire ces crédits immédiatement dans ce marché du carbone. On pense que
c'est plus simple si vous ne le faites pas immédiatement, il faut, dans votre
législation, qu'il y ait un levier pour se dire : À partir de 2030, ça
doit s'inscrire dans ce marché du carbone. Sinon, on va faire de la réduction
des émissions de gaz à effet de serre pour les Américains. On va faire ça pour
les Albertains, pour la production de pétrole. Et l'État québécois se demandera
comment il atteint ses cibles climatiques à des coûts plus élevés.
M. Martel : Bien, merci. Et
je suis d'accord avec vous. Il faut le regarder dans une perspective
québécoise. Je pense qu'on a l'opportunité de développer une filière qui va
s'ajouter à tous les efforts qu'on fait pour que le Québec devienne un leader à
cet égard-là. Dans votre encadré trois, je voulais, on en a parlé beaucoup, là.
Mme Thiffault, c'est votre champ d'expertise. Qu'est-ce qui est les solutions
basées sur la nature versus qu'est ce qu'on parle du stockage permanent,
surtout en milieu géologique et… dans une perspective à long terme. Est-ce que
la séquestration géologique va porter, va, à plus de perspectives de croissance
pour faire le travail que vous proposez versus les solutions basées sur la
nature?
Mme Thiffault (Evelyne) : Bien,
en fait, pour atteindre la carboneutralité, pour compenser les émissions de gaz
à effet de serre qui sont non compréhensibles, ça prend absolument la
séquestration permanente, la séquestration géologique qu'on discute ici. Les
solutions basées sur la nature, elles sont importantes aussi, mais pas pour
l'atteinte de la carboneutralité. En raison de la différence, bon, c'est plus
temporaire par rapport à une séquestration plus permanente. Et ça, ce n'est pas
moi qui le dit. En foresterie, j'irais moins bien ça dire que c'est les forêts
la solution. C'est les scientifiques climatiques qui le disent, qu'il faut que
les émissions de gaz à effet de serre d'origine fossile soient balancées par
une séquestration permanente, donc la séquestration géologique, et pas par les
solutions basées sur la nature qui ont leur rôle aussi. Mais pour compenser les
émissions qui vient des feux de forêt ou autres. Et donc, c'est pour ça qu'on
fait la distinction claire, là, dans, dans notre avis, entre la séquestration
permanente. Donc, il va vraiment servir au bilan GES du Québec, compenser les
émissions d'origine fossile non compressibles. Les solutions basées sur la
nature, elles, elles ont un rôle à jouer, mais qui est différent de celle-là.
M. Webster (Alain) : Et en
même temps, on dit dans la vie en novembre, dans ce volet, ce qu'on appelle…
terres et forêts, on le met en annexe du bilan, mais on ne le comptabilise pas.
Donc, on émet des gaz à effet de serre…
19 h 30 (version non révisée)
M. Webster (Alain) : ... mais
qui ne sont pas intégrés dans l'effort officiel de lutte aux changements
climatiques, c'est environ 13 millions de tonnes, on devrait, là aussi, se
donner un objectif pour que le secteur terres et forêts soit carboneutre, comme
la science nous le recommande et nous dit qu'on doit faire et dans cette
approche-là, là, la réduction du volet captation temporaire associée à la forêt
pourra être utilisée pour amener le secteur terres et forêts à zéro.
Mais, autrement dit, il faut faire cette
distinction qu'on ne fait pas, malheureusement, présentement, entre les
émissions présentes dans l'inventaire de gaz à effet de serre, qu'on veut
ramener à zéro, ça, ça doit être ramené à zéro avec la séquestration géologique
et le secteur terres et forêts, en annexe de cet inventaire, lui, il faut se
donner un objectif de ramener à zéro également.
Et pour y arriver, là, on va se servir de
l'aménagement forestier, de la réflexion en matière des terres agricoles et c'est
ça que la science nous dit, c'est faisable, ça se fait à des coûts acceptables,
ça va faire des gains importants en matière de GES, bien ça s'appelle,
accroître l'ambition climatique, puis avoir une vision globale de l'ensemble de
ces enjeux.
M. Bernard : Petite question,
au niveau des... de la séquestration géologique, peut-être, vous n'aurez pas la
réponse, mais je veux savoir votre avis, il y a deux... deux méthodes qui sont
actuellement regardées, soit dans la roche comme qu'on voit Deep Sky, mais il y
a aussi la vision d'aller dans des réservoirs souterrains, aquifères et autres,
puis tout ça. Même vous, vous dites, c'est plus temporaire quand même, c'est
une perspective géologique à long terme. Pensez-vous qu'on devrait prioriser la
filière dans la roche solide au détriment de celle en milieu aquifère
souterrain?
Mme Thiffault (Evelyne) : Bien
en fait, s'il faut profiter des opportunités, on voit dans des pays européens
qui ont des... bon, des réservoirs géologiques qui leur permet de le capter de
cette façon-là. Dans notre cas, au Québec, notamment dans la région de
Thetford, on a une roche-mère qui nous permet la minéralisation et donc c'est
plus profiter des opportunités du... du territoire et donc, les formations
géologiques qu'on a au Québec, je viens de Thetford, là, notamment la roche
ultramafique qu'on a là, elle est bonne pour ce procédé-là, donc c'est bon d'en...
d'en profiter.
Et donc, je pense que c'est plus une
question d'opportunité territoriale, là. Là, en termes de... Il doit y avoir
des considérations technologiques autres, là, qui me... qui me dépassent, là, mais
là, on voit l'opportunité territoriale qui vient de notre... de notre roche-mère,
qui nous permet cette cible de la technologie, de la séquestration, là, par la
minéralisation. Et donc je vois l'opportunité qui est, mais la question est
différente dans... dans d'autres pays, où là, leurs... leurs considérations
territoriales sont différentes.
M. Webster (Alain) : Et en
même temps, M. le ministre, il y a cette séquestration qui est caractérisée par
les caractéristiques géologiques du sous-sol québécois, d'où le commentaire, faites
un bilan, définissez les meilleures approches. Il y a une tâche à faire, là,
qui relève du gouvernement en lien avec l'expertise scientifique, identifions l'ensemble
de ces éléments et l'autre élément qui est fondamental dans cette distinction,
c'est le volet captage.
Il y a du captage direct, comme on vous l'a
dit cet après-midi, mais il y a aussi le captage directement à la source. Dans
le cas d'une cimenterie, par exemple, au niveau de ses émissions résiduelles,
on l'aura capté, mais il va falloir le séquestrer. Au niveau de la
séquestration, dans votre projet de loi, c'est la même chose. Et encore, la
bioénergie, la production d'énergie à partir de matières résiduelles
forestières, bien, quand on capte ces émissions de carbone, on... à la source
directement, on pourra la séquestrer. Donc, il y a différentes façons d'aller
capter ce carbone, puis ensuite, il va falloir identifier les meilleures façons
de le séquestrer de façon permanente.
C'est pour ça que vous aurez plusieurs
projets pilotes de différentes technologies, de différentes façons, au cours
des quatre, cinq prochaines années, puis on va identifier les technologies qui
vont être les plus porteuses au Québec en matière de création d'emplois, en
matière de création de richesse...
Mme Thiffault (Evelyne) : Mais
tout revient au...
M. Webster (Alain) : Surtout
en matière d'efficacité environnementale. C'est pour ça qu'on fait ça.
Mme Thiffault (Evelyne) : Mais
tout revient au territoire, par exemple au potentiel du... du territoire. Et
donc, ces différentes voix-là, bien, elles vont toutes avoir besoin du même
territoire, là, d'où l'importance de l'encadrement.
M. Bernard : Oui. Je suis
originaire de Disraeli, alors.
Mme Thiffault (Evelyne) : Ah!
Bon!
M. Bernard : On est voisins. Mais
c'est un point quand même intéressant, puis je pense qu'il faut vraiment aller
de cette nature-là, puis le fait d'avoir plusieurs projets pilotes, si possible
simultanément, pour développer les meilleurs... la meilleure approche, je pense
que c'est une... puis c'est quelque chose, faudrait essayer de regarder
définitivement à cet égard-là. Vous m'amenez sur le point en bas, là, votre
dernier paragraphe, à la page 6, qui dit, dans ce contexte, le comité
considère que les travaux d'évaluation approfondis sur le potentiel, les
risques, les coûts, les besoins énergétiques et la faisabilité, c'est vraiment
ça que vous venez indirectement, là, de mentionner, je pense, Dr Webster, de
faire...
M. Bernard : …l'évaluation
complète du potentiel géologique, économique et autres au Québec, dans
l'ensemble des filières.
M. Webster (Alain) : C'est
essentiel, on est en train de lancer un nouveau secteur, ça s'appelle
l'innovation technologique en réponse à ces enjeux climatiques. Vous êtes en
train de contribuer à inventer cette nouvelle économie décarbonée.
Ça passe d'abord par une réduction massive
des émissions de gaz à effet de serre. Ça s'appelle le transport, ça s'appelle
le bâtiment. On vous dira ça lundi prochain à Québec. Ça passe par une
réduction massive au niveau industriel. Ça passe par la sortie de l'énergie
fossile au Québec. On ne consomme presque plus de pétrole et de gaz naturel au
milieu du siècle, parce qu'on ne veut plus émettre de gaz à effet de serre.
• (19 h 40) •
Ça va nous amener à avoir quelques
millions de tonnes qu'on devra séquestrer, et donc, pour faire ça, vous
regardez l'ensemble du bilan, la capacité, bien sûr, de séquestrer l'ensemble
de ces émissions résiduelles. Si cette capacité est très grande, le coût va
être plus faible. Ça va nous permettre peut-être d'en séquestrer plus que
15 %. Si le coût devient très élevé, bien ça va être plus efficace d'accentuer
encore la réduction des émissions, même dans les procédés industriels. On fait
ça parce qu'on veut réduire le coût de la lutte au changement climatique. Dans
certains cas, ça devient presque impossible, donc il faut séquestrer. Mais si
cette séquestration devient facile à des coûts très faibles, et là, on a tous
des doutes là-dessus, parce que le message scientifique, c'est… il y a une
limite à l'échelle mondiale en matière de séquestration, ces coups-là demandent
beaucoup d'énergie, ils demandent beaucoup d'eau, c'est compliqué
technologiquement, ce n'est pas encore complètement mature donc on verra avec
le temps, mais on pense qu'on est capable de réussir à faire ça. Je vous
rappelle que le message qu'on faisait, c'est, à terme, séquestrer 13 millions
de tonnes dans moins de 20 ans, c'est une grosse commande et, en même temps,
vous aurez décarboné tout le transport, tout le bâtiment, tout le secteur
industriel, tout le volet agricole. Il y a quand même pas mal de jobs. On
risque de se reparler encore sur le climat, je pense.
M. Bernard : Bien merci.
Puis, effectivement, on regarde… le gouvernement travaille sur des pistes,
justement, pour les énergies vertes et autres développées pour au moins réduire
la consommation d'hydrocarbures et autres. Donc on travaille sur plusieurs
pistes, et celle-là, je pense que c'est une filière d'avenir, il va falloir
vraiment développer. Mme la sous-ministre, elle me disait que l'INRS avait fait
un rapport, justement, une évaluation… Moi, elle vient de me l'apprendre. Est-ce
que vous en avez pris connaissance?
M. Webster (Alain) : Oui.
M. Bernard : OK.
M.
Webster (Alain) : Sur l'ensemble de ces potentiels, ça reste
essentiel. C'est pour ça que le message avec… voici comment on travaille avec
un ensemble de centres de recherche d'universitaires. Ça passe par l'expertise
que vous avez dans vos ministères, notamment au niveau du ministère de
l'Économie. Et ça passe aussi par l'ensemble des experts en matière de
recherche universitaire qui travaillent sur ce volet géologique, pour permettre
de faire des…
Le Président (M. Julien) : Merci
M. Webster. On va poursuivre la discussion avec le député de… Jacques-Cartier.
Excusez-moi…
M. Kelley
: Merci
beaucoup mais…
Le Président (M. Julien) : …vous
avez 16 minutes 30.
M. Kelley : Merci, Merci.
Merci beaucoup, M. Webster et Mme Thiffault, et merci d'être ici sur une soirée
magnifique. Ha ha ha ha ha ha ha!, avec nous. Mais c'est super intéressant
parce qu'aujourd'hui on a eu toutes des séances, pas juste des audiences
publiques, mais d'information aussi autour des différents types de le captage
et stockage de carbone puis d'hydrogène. Mais je veux commencer ma première
question, s'il revient un petit peu sur le marché de carbone, est-ce qu'il y a
des autres juridictions qui a fait votre suggestion où il existe des marchés du
carbone que le captage et le stockage de carbone et comme… parmi… bien au
minimum est parti le structure, le marché du carbone.
M. Webster (Alain) : On
commence à peine à faire ça à l'échelle mondiale, ce volet séquestration du
carbone de façon efficace. Et là je parle de choses sérieuses, je ne parle pas
de l'approche qu'on veut faire en Alberta, là, s'en servir pour faire plus de
pétrole et de gaz. Ce n'est pas ça, le scénario. Le scénario, c'est de se dire
je suis capable de séquestrer des émissions de gaz à effet de serre soit à la
source directement, soit en le captant. Donc, ces projets, c'est un peu ce
qu'on vous présente dans la vie, globalement sont très faibles, beaucoup moins
rapides comme développement que ce qu'on anticipait au niveau du GIEC comme
étant… il y a une capacité de développement. Fait qu'on commence à faire ça,
les Européens ont commencé à intégrer ce cadre pour dire oui, il faut
l'intégrer dans ce marché du carbone, oui, il faut faire des liens entre les
différents États qui vont vendre et qui vont échanger les émissions de gaz à
effet de serre. Mais c'est clair que ça amène un nouveau champ d'intervention
de se dire comment l'État intervient en termes économiques, mais cette
question, elle est fondamentale parce que c'est ça, innover dans cette nouvelle
économie décarbonée. Donc, vous êtes en train d'essayer de définir comment ça
va s'inscrire, et ça va se faire éventuellement, parce que la Californie a des
ambitions beaucoup plus importantes que le Québec en matière de séquestration
dans l'ensemble de ses stratégies. Dès 2022, voici l'ensemble des… du bilan
qu'on…
M. Webster (Alain) : ...en
matière de séquestration sur une base permanente, et c'est notre partenaire en
matière de marché du carbone, OK, qui n'a pas les coûts assez élevés encore,
c'est clair, pour pouvoir rendre rentable l'ensemble de cette activité
économique de séquestration à terme. Présentement, elle est très chère. C'est dans
ce projet de type... type projet expérimental. Il va falloir que ces coûts-là
soient réduits avec le temps, sinon ça va devenir très coûteux. Mais
entre-temps, on va développer massivement la réduction ailleurs. C'est ça qui
presse le plus. Puis on va tenter de faire quelques projets pilotes. Le message
qu'on vous dit, c'est :attention, il faut réfléchir tout de suite à la
façon d'intégrer cet achat et cette vente dans le marché réel. Parce que
sinon...
Mme Thiffault (Evelyne) :
Dans les derniers mois, en fait, l'Union européenne a publié un projet de
règlement là-dessus pour encadrer... Ils ont déjà des... Un système d'échange
de crédit, et donc ils viennent de publier des... Déjà des avis là-dessus, sur
la façon d'encadrer... Et donc, on ne part pas de zéro. La Grande-Bretagne,
aussi, a publié des choses. C'est tout récent. C'est dans les derniers mois...
sur la façon d'encadrer ce type de crédit là. Donc, on le faisait déjà pour les
crédits forestiers. Et là, maintenant, c'est rendu, là, dans les... Donc, dans
leur documentation, pour que ça soit aussi encadré, là, de manière
réglementaire.
M. Kelley : Exactement. Et je
sais que, récemment, en Californie, au minimum, déposer un plan de moderniser
le marché, c'est... Je ne me rappelle pas c'est quoi, le nom maintenant... It's
not...
Une voix : Invest.
M. Kelley : Cap-and-Invest.
C'est... Oui, c'est une «spin» de marketing, mais quand même, c'est un
changement important.
M. Webster (Alain) : ...Dans
le marché actuel, on a déjà l'enjeu de séquestration sur une base temporaire.
Nous, on se dit : c'est pas une bonne idée. Ce volet temporaire, il
devrait servir à terres et forêts, pas aux émissions permanentes. Mais on a
déjà réfléchi à ces protocoles spécifiques d'intégration. On doit... Ça relève
plus, vous me direz, de vos collègues d'environnement, ce marché du carbone.
Mais au niveau de l'État québécois, pour nous, c'est la même chose. On doit
réfléchir à comment on intègre ces nouveaux leviers en matière de séquestration
permanente dans ce marché, de la même façon qu'on le fait sur le volet
temporaire. C'est faisable, possible, et vous avez toute la compétence pour
faire ça.
M. Kelley : Merci beaucoup.
Une autre question. On a eu une présentation d'une entreprise qui, dans le
domaine de l'hydrogène blanc, et on a trouvé ça super intéressant. Qu'est-ce
que vous pensez? Je sais que c'est probablement nouveau, mais comme une... type
d'énergie qu'on peut exploiter, au minimum faire l'exploration pour commencer?
Je sais que ça devient un petit peu... ce n'est pas, un «buzzword» encore, mais
on sait qu'il y a l'argent qui va dedans. C'est quoi vos pensées sur
l'hydrogène blanc?
M. Webster (Alain) : Bien, on
s'est dit que c'est encore très expérimental, que sur la table à dessin, il y
en avait d'innombrables dossiers à traiter simultanément en matière de lutte
aux changements climatiques. Ramener ça comme étant des éléments positifs pour
inventer cette nouvelle économie. Le message qu'on a beaucoup fait sur
l'hydrogène, c'est que c'est très compliqué à produire, à partir, bien sûr, de
l'eau, ça demande beaucoup d'énergie. Donc est-ce qu'on est capable d'aller en
chercher directement dans le sous-sol? Est-ce qu'on est capable de trouver les
façons de... Si on réussit à avancer un peu là-dessus et que c'est faisable en
termes financiers et en termes techniques, en terme environnemental, tant
mieux. Mais là, on est une coche un peu plus loin, tu sais.
Globalement, là, ça se peut que l'État, il
y a une capacité limitée d'intervention sur ses... l'ensemble de ces dossiers
et qu'on doit prioriser... Bien, la priorisation à faire, c'est l'ensemble de
cette lutte aux changements climatiques. Comment on construit un bâtiment
aujourd'hui pour qu'il soit carboneutre? Comment on produit plus d'énergie
renouvelable pour arrêter d'importer 15 milliards de pétrole et gaz qui nuit à
la balance commerciale du Québec? Et donc, comment on enrichit le Québec en
faisant plus d'énergie renouvelable et comment, en même temps, on développe
l'ensemble de ce volet séquestration permanente? Et puis, peut-être que sur
l'hydrogène, on se fera posé par un ministre, éventuellement, la question
de : qu'est-ce que vous en pensez? Puis on s'y penchera sérieusement. Mais
pour l'instant, on s'est dit : c'est pas dans notre terrain de jeu pour
l'instant, on est peut-être en retard, me direz-vous.
Mme Thiffault (Evelyne) : Je
voudrais juste rajouter là-dessus, c'est tant pour le... la séquestration
géologique, développement de l'hydrogène, développement éolien, il va y avoir
une question d'harmonisation des usages du territoire, puis on le voit avec le
développement éolien notamment. Et donc... Je pense que ça s'inscrit là-dedans,
qu'il faut une réflexion plus grande. Comment est-ce qu'on utilise le
territoire? Comment est-ce qu'on gère l'acceptabilité sociale? Comment on fait
l'harmonisation des usages en foresterie? On en parle beaucoup. Donc ça va être
une question plus large à se poser aussi.
M. Kelley : Non, je suis
d'accord avec vous. Quand même une technologie qui semble intéressant et je
sais que c'est tôt, mais quand même, on est en train de mettre un encadrement
autour de ça. Alors merci beaucoup pour la réponse. Je sais que ma collègue de
Notre-Dame-de-Grâce a des...
M. Kelley : ...alors je vais
passer la parole à M. le Président. Vas-y.
Mme McGraw : Parfait. Merci.
Bien, merci d'être là. On s'est rencontré à plusieurs reprises, entre autres,
la formation que vous avez faite avec votre collègue Alain Bourque, pour
l'ensemble de la députation à l'Assemblée nationale, le seul... la seule
législature en Amérique du Nord, d'avoir fait cette formation.
M. Webster (Alain) : Speaker 1 Êtes-vous
en train de dire qu'il faudra refaire ça à l'automne avec la nouvelle? C'est
une excellente idée, on va l'accepter tout de suite. Parfait, j'accepte
l'invitation.
• (19 h 50) •
Mme McGraw : Ah, bien
écoutez, je... moi je n'ai aucun enjeu, mais vous vous souvenez peut-être que
j'ai cofondé la... le projet Réalité Climat d'Al Gore au Canada, puis une des
choses qu'Al Gore disait, qu'il dit encore, avec les changements climatiques,
«there's no silver bullets only a silver buck shot». Et ça veut dire qu'il faut
essayer tout en même temps et qu'on... il nous reste plus ou moins juste des
solutions complexes. Parce que tout ce qui a été facile a été fait. Ça fait
qu'on est rendu là, dont, justement, ces nouvelles technologies qui
s'inscrivent, vous avez dit dans une filière économique, mais ce n'est pas
juste des produits, c'est des services, il faut que ça fasse partie d'une
vision structurée, stratégique, dans la lutte contre les changements
climatiques.
Donc, la première question, on est le 3
juin, ce projet de loi a été déposé il y a quatre mois. On nous donne à peine
quelques jours pour regarder, consulter, étudier et éventuellement adopter ce
projet de loi important, complexe. Si ce n'est pas adopté, parce qu'à cause du
retard, à cause de toutes les décisions qui ont été prises, nous, on... va faire
de notre mieux de notre côté comme opposition officielle. Quels sont les
impacts, compte tenu de l'urgence climatique, si ce n'est pas adopté et par
exemple, des entreprises aillent... vont aller ailleurs? Par exemple, à notre
façon, au Québec, on a le marché, nous, nos objectifs, notre approche
québécoise est très différente de l'Alberta. Donc, parlez-nous un peu de, si
jamais ce n'est pas adopté, quel sera les impacts pour le Québec et pour la
lutte contre les changements climatiques?
M. Webster (Alain) : Je ne
fais pas de politique et je fais encore moins de la gestion de vos travaux
parlementaires, donc, si ça ne vous permet pas d'adopter ce projet d'ici le 12,
je pense, hein? Il vous reste quelques jours, là, en Chambre à l'Assemblée, si
vous ne réussissez pas à l'adopter, mon premier message va être, bien pour le
prochain gouvernement, il va falloir adopter rapidement un projet de loi et le
cadre réglementaire qui va le suivre. Parce que, bien parce que, pour pouvoir
développer l'ensemble de ces filières, on se l'est dit précédemment, bien il y
a un financement qui vient du fédéral en matière de... bien, un financement, un
crédit et ce crédit-là, il est malheureusement tributaire d'une décision de
cadre législatif.
Mais, au-delà de l'obtention de ce crédit
fédéral, il y a la vision que l'État québécois doit se donner et présentement,
c'est le message qu'on faisait, nous aussi, cet automne, en novembre, il manque
un morceau dans l'action climatique. Il faut absolument reconnaître ce volet
séquestration, donc le message c'est, on encourage l'État québécois à mettre en
place rapidement ce cadre réglementaire. Ça fait que oui, c'est un morceau
essentiel. Est-ce qu'il y a un enjeu spécifique entre le mois de juin et celui
d'octobre, novembre, moi, je suis de nature pressée, je veux que tout arrive le
plus rapidement possible, mais peut-être que la Terre va tourner encore en
novembre, là, tu sais, mais globalement, je pense que le plus tôt possible sera
le mieux. Donc tant mieux si vous réussissez à l'adopter.
Mme McGraw : Mais si ce n'est
pas adopté, il y a d'autres juridictions au Canada qui ont déjà ce cadre-là,
qui réussit à attirer les entreprises qui travaillent là-dedans. Ça veut dire
qu'ils ne vont pas faire partie du marché à notre façon, québécois.
M. Webster (Alain) : Ça
signifie. Bien... oui.
Mme McGraw : Et ça, c'est
important quand même, comme conséquence, il me semble.
M. Webster (Alain) : C'est
pour ça qu'on revient sur l'idée de comment on invente et qu'on développe cette
économie décarbonée. Ça passe par, à la fois un appui de l'État, et ça passe
par une capacité technologique, ça passe par des entreprises, ça passe par des
municipalités qui veulent, ça passe par des citoyens qui appuient cette
démarche. Donc, vous avez tout à fait raison, il faut effectivement pouvoir
avoir une coordination entre l'appui de l'État à ces projets et la capacité de
développer au niveau de l'entreprise. Présentement, on ne peut pas, il
faut un cadre légal. Donc, on est en attente au développement de ce cadre légal
par l'État. C'est pour ça que je vous dis, le plus tôt est le mieux. Il faut
faire ça et tant qu'on ne l'a pas fait, on ne peut pas faire ce développement
technologique spécifique. Embêtant, parce que la lutte aux changements climatiques
comprend la décarbonation du secteur transport, celui des bâtiments, de
l'industrie, mais aussi la capacité de développer la séquestration pour les
émissions résiduelles. Donc, je pense qu'on dit presque la même chose, il faut
faire ça le plus vite possible.
Mme Thiffault (Evelyne) : Je
voudrais juste rajouter.
Mme McGraw : Oui.
Mme Thiffault (Evelyne) : Cela
dit, on a un potentiel géologique intéressant au Québec, là, tu sais, il y a
des... des technologies qui... qui est spécifique, qui ne s'exportent pas
nécessairement si facilement que ça à d'autres... à d'autres endroits, là, ça
fait que, faut reconnaître, juste qu'on a... on a...
Mme Thiffault (Evelyne) : …une
spécificité géologique au Québec, qui rend favorable à cette technologie-là,
qui est… qui est quand même assez, assez avancée. Donc, ça ne veut pas dire
qu'ils ne vont pas dans développer dans d'autres… dans d'autres provinces. Ce
risque-là est réel. On va rester un territoire intéressant, à mon avis, là
mais.. mes faibles connaissances géologiques...
M. Webster (Alain) : À
termes, il va y en avoir partout, mais on veut faire partie de ces États qui
sont les plus innovants. Donc...
Mme McGraw : Puis ce qu'on a…
ce qu'on entend aujourd'hui et demain, ça va… ça va peut-être… ça risque d'être
autre chose, mais les groupes… ce qu'on a entendu aujourd'hui, c'est pour des
raisons économiques, géo… géologiques, climatiques… il faut procéder, c'est ce
qu'on a entendu. Mais demain, on va peut-être entendre…
M. Webster (Alain) : Mais…
Mme McGraw : …autres choses.
M. Webster (Alain) : Mais
aussi environnemental parce que ça s'inscrit
Mme McGraw : …oui mais j'ai
dit climatiques…
M. Webster (Alain) : … dans
un contexte de lutte aux changements climatiques...
Mme McGraw : … mais j'ai dit
climatiques, mais aussi au niveau de l'environnement, les solutions basées sur
la nature. Donc, revenons là-dessus sur la séquestration permanent… temporaire,
ce qui devient aussi moins une option à cause de ce cycle vicieux entre la
perte de la biodiversité et les changements climatiques, fait qu'il faut encore
miser davantage sur la séquestration permanente. Donc, la question, c'est
est-ce que… est-ce que, dans le projet de loi, est-ce que le projet de loi
devrait inscrire clairement cette distinction dans la loi entre la
séquestration permanente versus temporaire?
Mme Thiffault (Evelyne) : Bien,
je pense que ça serait une bonne idée que ça soit… que ça soit clair, qu'il y a
la... On parle ici de séquestration permanente et donc d'assurer la permanence
du carbone, mais, en fait, ça vient un peu dans le cadre réglementaire de
s'assurer, qu'à très long terme, le CO2 qui va être séquestré va y
rester puis qu'il n'y aura pas des fuites, là. Peut-être que la… cette
définition-là devient importante, notamment, parce qu'il va y avoir… et ça va
prendre un mécanisme de surveillance pour s'assurer de la permanence de
cette…de la séquestration.
M. Webster (Alain) : Et vous
aurez compris, Mme la députée, qu'on trouve ça aussi intéressant, mais
insuffisant parce qu'il y a le cadre réglementaire qui va suivre, mais il y
aura, aussi, l'intégration dans ce marché du carbone qui n'est pas là du tout
là, On n'en parle pas de ça du tout, on fait juste faire le cadre légal puis on
fait… ce n'est pas suffisant. Il faut l'intégrer dans la structure de lutte au
changement climatique québécoise. Et là, pour l'instant, ça n'apparaît pas. Ça
fait que, là, il y a une petite tâche de coordination au niveau de l'appareil
gouvernemental entre ce qu'on fait au ministère de l'Économie, ce qu'on va
faire en environnement. Ça s'appelle la cohérence dans l'action de l'État.
Mme McGraw : Peut-être une
dernière question, parce qu'il reste peut-être…
M. Julien : Deux minutes.
Mme McGraw : … deux minutes,
est ce que le Québec dispose actuellement… vous êtes des scientifiques… des
connaissances scientifiques suffisantes pour évaluer les risques, les coûts,
les besoins énergétiques et la faisabilité de ces filières? Je peux poser une
autre question si on n'a pas toujours pas de réponse mais…
Mme Thiffault (Evelyne) : Bien,
j'oserais croire que oui, j'ai confiance dans notre… dans l'expertise
québécoise là-dessus…
M. Webster (Alain) : Je
pourrais poser la question à mon ex-collègue, prochain scientifique en chef… ce
qu'il en pense? Je suis persuadé qu'il me répondrait... je pense que oui,
sinon, il faut la développer cette expertise complète. Mais on parlait tantôt
des travaux faits par nos collègues à l'INRS qui ont déjà réfléchi à ces enjeux
de façon spécifique. Cette question, elle se pose ici… comme elle se pose
partout sur la planète. Alors, l'idée, c'est qu'il faut absolument développer
ce type de scénario et en même temps, adapter cette réflexion à la… à la connaissance
qu'on va acquérir, à ces enjeux spécifiques et s'assurer que ça se fait dans un
cadre d'acceptabilité sociale important, pour qu'on puisse faire cette approche
de façon positive, de façon adéquate comme développement. Mais ça va... C'est
pour ça qu'on fait des projets pilotes, pour apprendre, pour moduler l'ensemble
de l'approche, pour la définir adéquatement. Mais j'ai aucun doute qu'on a
l'expertise au niveau des universités, des centres de recherche et au niveau de
l'expertise gouvernementale, au niveau de l'ensemble des professionnels qui
travaillent sur ces enjeux.
Mme McGraw : Avec le temps
qui vous reste, je ne sais pas combien de temps... quelques secondes…
M. Julien : Trente-cinq
secondes.
Mme McGraw : Quelque chose à
ajouter, en terminant...
M. Webster (Alain) : Merci de
l'invitation et continuez à travailler sur la question climatique, c'est le
principal défi de l'histoire de l'humanité parait-il, donc il faut en faire
plus et plus vite. Donc, continuez à adopter ce type d'orientation. Au plaisir
de se revoir donc à l'Assemblée nationale, quelque part à l'automne, c'est ça?
Le Président (M. Julien) : Alors
là… Alors, je vous remercie, je vous remercie pour la contribution, pour votre
contribution aux travaux de la commission. On sent votre passion, c'est bien,
gardez ça comme ça.
M. Webster (Alain) : Merci
infiniment.
M. Julien : Alors, je
suspends les travaux quelques instants pour permettre au prochain groupe de
prendre place. Merci encore une fois.
(Suspension de la séance à 19 h 59)
(Reprise à 20 h 03)
Le Président (M. Julien) :
Alors, merci, merci. On va reprendre les travaux. Je souhaite maintenant la
bienvenue aux représentants du Conseil Patronal de l'Environnement du Québec.
Je vous rappelle, messieurs, que vous disposez de 10 minutes pour votre exposé,
puis nous procéderons à la période d'échange avec les membres de la commission.
Naturellement, je vous invite à vous présenter avant de commencer votre exposé.
La parole est à vous.
M. Dulude (Olivier) :
D'abord, M. le Président, M. le ministre, messieurs, mesdames les
parlementaires, un grand merci de prendre quelques instants pour échanger avec
nous concernant le projet de loi n° 17, c'est bien apprécié. Le Conseil
Patronal de l'Environnement du Québec, en quelques mots... on représente
au-dessus de 300 entreprises dans la plupart des grands secteurs d'activité
économique au Québec pour les questions d'environnement et de développement
durable. Donc, en ce qui me concerne, Olivier, je suis, comme je le disais,
vice-président responsable de la concertation entre les membres et les
relations gouvernementales. Je suis accompagné de M. Mustapha Ouyed, président
de notre conseil d'administration. Mustapha, est-ce tu veux te présenter en
quelques mots?
M. Ouyed (Mustapha) : Oui,
bonjour. Bonjour à tous. M. le ministre, bonjour messieurs et mesdames les
députés. Un plaisir d'être avec vous aujourd'hui. Donc, Mustapha Ouyed,
président du conseil d'administration. En dehors du... de mon rôle bénévole au
conseil d'administration du CPEQ, je suis co-fondateur et vice-président
exécutif de Groupe ONYM, une entreprise de production de bioénergie et de
bio-produits pour remplacer les énergies fossiles. J'ai un «background» d'ingénieur
en environnement avec près de 30 ans d'expérience dans le domaine à soutenir
les entreprises industrielles, incluant les installations minières et le
pétrole et gaz, réduire leur impact environnemental. Et c'est avec plaisir
aujourd'hui que je suis avec vous.
M. Dulude (Olivier) : Merci,
Mustapha. Donc, je me lance concernant le projet de loi n° 17. Plusieurs
intervenants qui sont passés avant nous sont plus directement touchés, vous ont
fait part de leur... de leur point de vue concernant les dispositions du projet
de loi. De notre côté, on va rester peut-être à plus haut niveau, mais on va
aborder peut-être un par un pour commencer les... une par une les trois...
20 h (version non révisée)
M. Dulude (Olivier) : ...fillière
que le projet de loi propose d'encadrer. Je pense évidemment à la séquestration
du carbone, à l'hydrogène géologique et à la géothermie. Concernant la
séquestration du carbone, le CPEQ a une mission de favoriser le développement
durable et donc, on est favorable, bien entendu, à toutes les solutions de
réduction des émissions de gaz à effet de serre. La priorité doit être mise à
la réduction des émissions, c'est quelque chose qu'on a entendu depuis le début
de l'après-midi, mais je tiens à le réitérer, c'est important. Cela dit, même
dans un scénario de carboneutralité, on s'attend à des émissions résiduelles d'environ
15 % par rapport à 1990 d'ici 2050, soit environ entre 11 et 13 millions
de tonnes. Donc, on aura quand même un besoin, à moyen long terme, de capter et
de séquestrer du carbone malgré tous les efforts de réduction.
Le projet de loi n° 17, où il entre
en jeu, c'est qu'il offre un cadre réglementaire qui permet, selon nous, d'offrir
une clarté, une prévisibilité pour la réalisation des activités. Dans le cas de
la séquestration du carbone, ça permettra par ailleurs de bénéficier du crédit
d'impôt fédéral, dont on a beaucoup discuté depuis... depuis le début de l'après-midi.
Et puis un cadre réglementaire clair, connu et bien appliqué par le
gouvernement, c'est un facteur d'acceptabilité sociale également. Plusieurs
intervenants l'ont mentionné, mais il y a une... il y a une nécessité de
procéder rapidement. Dans le contexte de la séquestration du carbone,
plus précisément, vous le savez, il y a un délai pour la réalisation des
projets, qu'on pense à l'exploration, aux études, aux autorisations, puis, si
on veut arriver à séquestrer les 11 à 13 millions de tonnes de GES d'ici
2050, il va falloir que les... les projets arrivent bien avant l'échéance. Et
puis, bien entendu, il y a la réduction et éventuellement l'échéance du crédit
d'impôt fédéral qui nous amène à devoir adopter le cadre plus rapidement.
Du côté de l'hydrogène naturel, je ne vous
entretiendrai pas sur les questions plus techniques ou scientifiques, parce que
ça... ça a bien été fait par... par les témoins avant nous, mais limitons-nous
à dire que l'hydrogène peut être un combustible à faible émission ou à zéro
émission de GES. C'est aussi un intrant dans certains procédés industriels.
Actuellement, l'hydrogène doit être produit soit par des... des méthodes qui
émettent des gaz à effet de serre ou de l'hydrogène vert qui requiert quand
même des quantités d'énergie. L'intérêt de l'hydrogène géologique, bien
entendu, c'est qu'elle est disponible à l'état naturel et prête... prête à l'utilisation.
Il y a des études qui démontrent un
potentiel théorique au Québec, je vous renvoie aux travaux de l'Institut
national de recherche scientifique. Au niveau du potentiel réel commercial, il
y a des... des acteurs qui s'y... qui s'y intéressent, on les a entendus plus
tôt aujourd'hui. Mais donc, comme je le disais, si c'est prouvé, ce potentiel-là
nous amène vers une nouvelle source d'énergie potentiellement à faible émission
et donc c'est un outil parmi les autres dans le mix énergétique pour contribuer
à la décarbonation.
Encore une fois, le projet de loi n° 17,
il intervient en offrant un cadre clair, prévisible pour encadrer d'éventuelles
activités d'exploration et d'exploitation. Pour les mêmes raisons qui ont été
évoquées précédemment, ça nous apparaît... ça nous apparaît bénéfique.
Au niveau de la géothermie je... Seulement
quelques mots, c'est... c'est également une source d'énergie renouvelable au
potentiel intéressant. Il y a peu de détails dans le projet de loi sur cette
filière-là bien spécifique, mais de manière générale, un cadre clair,
prévisible, pour nous, ça nous semble... ça nous semble a priori bénéfique.
Donc, ça, c'est pour les trois, les trois
filières qu'on propose d'encadrer avec le projet de loi n° 17. Je rappelle
quand même que le projet de loi vient modifier une loi existante, la Loi sur le
stockage de gaz naturel et sur les conduites de gaz naturel et de pétrole. C'est
une loi qui continue de s'appliquer au stockage géologique du gaz naturel, vous
avez eu l'occasion d'entendre notamment les représentants d'Intragaz et d'Énergir
précédemment qui nous en ont parlé.
Donc, en ce qui nous concerne, c'est...
c'est le message qu'on veut vous envoyer, c'est surtout de tenir compte du fait
qu'il y a des activités existantes qui sont réglementées, donc, dans les
modifications réglementaires qui sont... ou dans les modifications
législatives, plutôt, qui sont proposées pour encadrer les nouvelles filières, n'oublions
pas qu'il y a des filières existantes ou des activités existantes qu'on... qu'il
convient de perturber le moins possible. Donc, je me limiterai à ces... à ces
quelques remarques pour... pour l'introduction, et puis on est tout disponible
pour la période d'échange.
Le Président (M. Julien) : Merci.
Alors, je vous remercie pour votre exposé. Nous allons maintenant commencer la
période d'échange avec M. le ministre. La parole est à vous, M. le ministre,
pour une période de 16 min 30 s
M. Bernard : Merci.
Merci, M. le Président. Bonjour, M. Ouyed. Bonjour, M. Dulude. Merci
beaucoup de votre participation, puis de votre mémoire. Vous abordez plusieurs
points qui sont quand même très intéressants, puis le premier que je vais vous
amener, c'est les retombées de maximisation. Vous en... Vous l'abordez, là, à
votre page 6 et autres, puis ce que j'aimerais voir de votre côté, moi, je
viens du secteur minier, puis on parle beaucoup, justement, dans le secteur
minier, dans la réglementation, la législation, de maximiser les retombées qui
peuvent être soit à l'échelle locale ou aussi pour le gouvernement et autres.
De votre côté, dans cette filière-là, puis
dans qu'est-ce qu'on aborde, comment vous voyez ça, les retombées, la
maximisation des retombées de cette filière-là, soit de celle de l'hydrogène
blanc ou celle de...
M. Bernard :… de la captation
et séquestration du carbone, quelle est votre vision là-dessus ?
M. Dulude (Olivier) : Alors,
évidemment, si on maximise les retombées économiques locales, c'est tout à
fait… c'est tout à fait bénéfique. Là où on… on y voyait un enjeu, c'est
d'inclure cet aspect-là explicitement dans le libellé de la loi.
Ça crée une… quand même, une certaine
imprévisibilité, dans le sens où on a de la difficulté à voir venir à l'avance
quelles conditions seraient imposées pour atteindre cette maximisation des
retombées économiques.
Mais, sur le principe, tout à fait
d'accord. C'est peut-être juste l'imprévisibilité que ça peut… que ça peut
causer, quand c'est noir sur blanc dans… dans le projet de loi, là, comme on
peut le voir. Je ne sais pas si, Mustapha, tu veux ajouter là-dessus.
• (20 h 10) •
M. Ouyed (Mustapha) : Oui,
les retombées positives sont nombreuses, elles sont très similaires à ce qu'on
a vu ailleurs dans le secteur minier, comme vous l'avez bien mentionné.
Développer ces activités-là, souterraines,
d'abord en donnant un cadre légal, cela réconforte les investisseurs qui
peuvent, à ce moment-là, entreprendre des projets de ce genre-là.
On a parlé, tout à l'heure, dans les… ceux
qui nous ont précédés, du développement de la connaissance scientifique,
technologique, donc, développer la connaissance plus approfondie au niveau du
Québec.
Et tous ces projets-là, bien sûr, sont
générateurs de… d'investissements importants, comme vous le savez, pour faire
les travaux préliminaires d'exploration puis, éventuellement, d'exploitation
sur plusieurs années, ce qui, aussi, a un impact social avec la création
d'emplois.
Donc, on voit les retombées classiques de
ce… comme dans le secteur minier.
M. Bernard : Oui, puis, on
pourrait faire un parallèle aussi, peut-être plus, avec les… les éoliennes et,
éventuellement, l'énergie solaire.
Quand on sait qu'ils ont des redevances,
soit aux municipalités ou aux MRC, c'est peut-être, une approche
qu'éventuellement… qui pourra être regardée.
Un autre sujet que vous avez souligné,
puis que vous trouvez que ce n'est pas… que ça devrait être précisé, c'est le
passage des licences d'exploration à celles d'exploitation.
Vous… vous voulez voir qu'est-ce que… quel
serait, là, le passage pour s'assurer… puis, je refais encore un parallèle,
peut-être, au secteur minier, souvent, on a un projet d'exploration, puis, pour
le gouvernement, à ce moment-là, délivrer une licence d'exploitation…, mais
c'est par une étude de faisabilité qu'il faut qu'il soit déposé… démontrer la
faisabilité du projet, les impacts sociaux, économiques, environnementaux et
autres.
Et on… ce sont des firmes d'experts qui,
souvent externes, qui vont faire ces études-là. Puis, je pense, vous avez eu
plusieurs entreprises de cette même nature-là sur votre conseil du patronat.
Donc, est-ce que ça serait une approche un
peu similaire qui devrait être faite pour passer d'une licence d'exploration ou
exploitation ?
Ou avez-vous d'autres idées de qu'est-ce
qui pourrait être fait pour rassurer les compagnies, puis un processus…
prévisible pour passer d'une licence à l'autre ?
M. Dulude (Olivier) : Effectivement,
je pense que le mot passage prévisible d'une licence à… d'une licence à
l'autre, c'est… c'est le bon terme. S'il peut y avoir un accompagnement, des
démarches administratives simples qui permettent, là, d'assurer un… un suivi,
puis une continuité, ce serait… ça serait bénéfique ; tout à fait.
M. Ouyed (Mustapha) :… donc,
nous, à ce niveau-là… à ce niveau-là, c'est… encore une fois, l'expérience qui
a été acquise depuis de nombreuses années, près d'une centaine d'années,
aujourd'hui, dans l'exploration et la production minière au Québec, nous montre
des exemples à suivre sur des… pour lever certaines contraintes et rassurer les
investisseurs dans leurs investissements.
L'idée, c'est d'apprendre de ces
expériences passées et de voir, dans le cadre du projet de loi, est-ce qu'il
n'y a pas des orientations ou des éléments supplémentaires que l'on pourrait
ajouter pour donner une certaine… prévisibilité sur l'obtention du permis
d'exploitation, ne serait-ce qu'à clarifier certaines… certains requis,
faciliter les études.
Le tout, ça revient à ce que… Olivier,
Monsieur Dulude, a dit tout à l'heure, à savoir, qu'est-ce qu'on peut faire
pour accélérer la réalisation de ces projets bénéfiques, pour rester dans la
fenêtre de temps de… de l'optimal ?
M. Bernard : Oui. Euh… puis,
un autre point intéressant qu'on a abordé beaucoup, ce sont les… les projets
pilotes. Je ne sais pas si vous avez entendu nos échanges, juste précédemment,
avec le groupe précédent, mais je pense que vous… vous appuyez le… le principe.
Et, selon vous, on… quelle… quelle serait la nature des projets pilotes ? On a parlé de… d'environnement,
peut-être, différent pour tester, soit différent…
M. Bernard : ...puis en même
temps différentes méthodologies. Est-ce qu'il devrait y avoir des
participations avec les milieux universitaires et neutres pour avoir des
documents qui... aideraient à développer les filières d'une manière prévisible,
puis la participation du gouvernement lors... Du côté des projets pilotes,
quelle est votre vision là-dessus?
M. Ouyed (Mustapha) : Oui, si
je peux intervenir là-dessus. Donc, au niveau des projets pilotes... Il y a
effectivement tout l'aspect apprentissage technologique et tout ça, mais aussi
du point de vue du monde des affaires, c'est la réduction... et même du
gouvernement, c'est la réduction des risques. Donc, le fait de commencer avec
des étapes pilotes permet de tester, comme vous le mentionniez, des
technologies. Si je mentionne, par exemple... par exemple, la capture et le
stockage du CO2, il y a plusieurs technologies et on peut injecter le CO2 sous
forme de gaz comprimé. On peut aussi le faire réagir avec un substrat
additionnel pour qu'il... se minéralise avec le temps. Ensuite, les tests
pilotes vont permettre d'ajuster les paramètres opérationnels, les paramètres
économiques aussi, pour rendre compte de la faisabilité d'un projet de plus grande
ampleur. Mais ça rentre aussi dans le cadre d'augmenter et d'améliorer
l'acceptabilité sociale ou l'implication citoyenne, par fournir d'abord des
résultats de tests pilotes pour ensuite permettre des travaux de plus grande
ampleur. Donc, c'est dans cet esprit-là, de pouvoir tester à petite échelle
pour mieux préparer la grande échelle, réduire les risques économiques,
financiers, environnementaux.
M. Bernard : Merci. À votre
page 6, vous soulignez, entre autres... Nous reconnaissons la pertinence de
prévoir des règles particulières pour les activités d'exploration,
d'exploitation de réservoirs souterrains, de fluides en milieu marin ou dans le
fleuve Saint-Laurent. Quand j'ai lu ça, je ne pense pas que ça soit une
direction vers où le Québec veut aller parce que moi, j'ai déjà participé dans
le passé, au moment que le gouvernement a tout radié les permis d'exploration
pétrolière et gazière dans le fleuve Saint-Laurent. Donc, je ne penserais pas
que le gouvernement irait vers là. Mais vous, de votre côté, est-ce que c'est
une crainte que vous avez ou c'est quelque chose que vous suggérez qu'on
pourrait faire?
M. Dulude (Olivier) : Non. En
fait, le commentaire s'inscrit dans le contexte ou notre compréhension d'une
des dispositions du projet de loi, c'était de dire que les... Il pourrait y
avoir des conditions ou un cadre réglementaire qui auraient des règles
différentes pour des activités qui seraient en milieu hydrique versus des
activités en milieu terrestre. Et là où on mentionnait les milieux marins ou le
fleuve Saint-Laurent, on disait : bon, effectivement, s'il devait y avoir
des activités dans ces... dans ces milieux-là, on ne dit pas nécessairement
qu'il y en aurait, mais comme ça semblait envisagé dans la disposition, de
dire : bien, on comprendrait qu'il pourrait y avoir des règles
particulières. Mais, si on parle plutôt des milieux hydriques en milieu
terrestre, donc des ruisseaux, des lacs, on se disait : bien, il y a déjà
un cadre qui a un cadre réglementaire au niveau de la Loi sur la qualité de
l'environnement avec des autorisations environnementales, il y a des permis
municipaux pour le volet de protection des biens contre les inondations, puis
il y a le Règlement sur les activités en milieux humides, hydriques et
sensibles, qui prévoit des normes générales pour des activités en milieu
hydrique, pour protéger ces milieux-là, qui sont évidemment plus sensibles.
Donc, pour nous, c'est des activités qui
étaient déjà encadrées. Puis, au niveau des activités souterraines, bien, le
cadre... le cadre qui viendra après... le projet de loi n° 17 viendra encadrer
les activités. Donc, c'était plus... Notre commentaire était plus à l'effet que
de dire que, s'il devait y avoir un encadrement distinct des milieux hydriques,
peut-être, oui, pour le milieu marin et le fleuve, mais... Mais peut-être moins
pour les autres milieux hydriques en milieu terrestre, là, entre guillemets.
M. Bernard : Parfait,
merci...
M. Ouyed (Mustapha) : Donc,
en fait, c'est une question...
M. Bernard : ...excusez-moi,
allez-y.
M. Ouyed (Mustapha) :
...c'est juste une question de... de phrase, parce que dans le projet de loi,
on indique... La phrase qui est utilisée, c'est : dans une zone autre
qu'en milieu terrestre. On voulait s'assurer que autre qu'en... dans milieu
terrestre, ça inclut les ruisseaux, ça inclut les zones hydriques terrestres.
Donc, une autre façon de le dire, c'est que, au lieu de dire autre que zone
terrestre, c'est de dire : dans le fleuve Saint-Laurent. Et c'est juste
une... pour une raison de clarté, de dire qu'on ne cible pas, peut-être, des
cours d'eau ou des rivières qui auraient un régime particulier puisqu'il y a
déjà des régimes de protection en place.
M. Bernard : Parfait. M. le
Président, j'ai des collègues, je crois, qui veulent poser des questions.
Une voix : Oui.
M. Sainte-Croix : ...le
président. Merci, messieurs, de vous prêter à l'exercice ce soir. C'est très
apprécié. Considérant le projet de loi n° 17 que nous avons, là, sur la table
actuellement, est-ce que vous jugez que ce projet de loi présente un cadre
suffisant pour sécuriser les investissements potentiels qui pourraient se faire
par les...
M. Sainte-Croix : ...au
Québec. Si oui, pourquoi? Sinon, pourquoi aussi?
M. Ouyed (Mustapha) : Je peux
y aller. Donc en fait, le... Comme vous le savez très bien, la loi est un cadre
de base pour lequel nous aurons besoin d'avoir une réglementation d'application
qui devra suivre pour préciser les certains aspects de cette loi. Donc, la loi
en elle-même est l'excellent point de départ pour sécuriser les
investissements, mais les investisseurs vont toujours être en attente des
règlements pour pouvoir avoir une décision finale. Dans l'ensemble, ce qu'on
peut vous dire, c'est que c'est une excellente chose que le Québec ait initié
ce projet de loi, d'avoir un cadre légal pour entourer ce type d'activités. Ce
qui nous semble qui était manquant dans le cadre réglementaire et on l'a vu
notamment avec les projets de stockage de CO2
qui peuvent obtenir des crédits de carbone ailleurs, mais pas au Québec, parce
qu'il n'y avait pas de réglementation.
Donc, nous sommes tout à fait en faveur et
on vous encourage, une fois que le projet de loi est adopté, d'accélérer aussi
l'adoption des règlements pour réduire le risque financier, effectivement.
• (20 h 20) •
M. Sainte-Croix : Merci
beaucoup, messieurs.
Une voix : Est-ce qu'il nous
reste du temps?
Le Président (M. Julien) :
Oui, il reste du temps, il reste quatre minutes.
M. Caron : OK. Merci, M. le
Président. Bonjour, messieurs. Si je comprends bien, vous suggérez plus de
prévisibilité réglementaire pour les entreprises, mais comment est-ce que nous,
on doit... devrait se gouverner, parce qu'il y a une urgence d'agir, donc... comment
on peut concilier cette prévisibilité avec l'urgence d'agir ou en tout cas
l'urgence d'agir, l'importance d'agir rapidement?
M. Dulude (Olivier) : Alors,
le cadre réglementaire, une fois qu'il est adopté, il offre cette
prévisibilité-là. Donc, il y a une urgence qu'il soit adopté, je comprends
qu'avec le projet de loi, je... il y aura des réflexions sur qu'est-ce qui...
quelles conditions précises seront incluses dans... seront incluses dans...
dans les... dans la réglementation. On a parlé beaucoup du régime minier,
j'imagine qu'on pourra s'en inspirer, donc ça permettra de ne pas partir à zéro
au niveau de l'élaboration du cadre réglementaire. Mais donc, dans la mesure où
il est adopté, ça nous apparaît... ça nous apparaît offrir la prévisibilité
nécessaire.
M. Caron : OK. Concernant
le... Votre... Vous... Bien, est-ce que j'ai bien compris que vous souhaitez
limiter un petit peu les pouvoirs des municipalités dans les choses qui
pourraient être faites? Mais, dans ce cas-là, quel rôle joue l'acceptabilité
sociale dans votre approche? Et aussi comment est-ce qu'on s'assure que nos
collectivités, nos municipalités, eh bien, y retrouvent aussi un intérêt?
M. Dulude (Olivier) : Oui,
bien sûr, l'acceptabilité sociale est essentielle pour ce type de projet là,
puis les municipalités ont un rôle de gouvernement de proximité qui est... qui
est indéniable. Il y a peut-être un pouvoir, en particulier, dans... dans le...
dans le projet de loi qui... qui allait peut-être un peu loin ou qui pourrait
être précisé, c'est celui d'empêcher de... la réalisation de travaux qui
seraient par ailleurs conformes à la loi. Ça crée quand même une certaine
incertitude, parce que, sur le territoire, là, il y a de la... il y aurait une
difficulté à savoir si, finalement une municipalité pourrait décider ou non
d'interdire la réalisation des activités, même si on respecte par ailleurs
toutes les... toutes les règles qui auront établi... qui auront été établies à
l'avance par le gouvernement.
Il y a déjà quand même un certain
encadrement qui est proposé avec une interdiction de réaliser des activités
dans un périmètre d'urbanisation, puis la possibilité pour les municipalités de
lever l'interdiction. Et puis on s'attend, je présume, à ce que les activités qui
seront nouvellement encadrées seront assujetties à la procédure d'évaluation
d'examen des impacts sur l'environnement qui permet de prendre en compte les
préoccupations des... des communautés locales, y compris des... du monde
municipal, là, à travers les consultations publiques.
M. Caron : OK. C'est..
Le Président (M. Julien) :
Merci. Merci. Il reste 1 min 25 s.
M. Caron : Puis...
Le Président (M. Julien) :
Non, mais, il n'y a pas d'obligation.
M. Caron : Mais donc, je
comprends que l'irritant dont vous parliez... Il y a un seul irritant,
finalement, dans... dans ce que vous décrivez dans votre mémoire.
M. Ouyed (Mustapha) : Oui, il
y a... C'est un irritant, si vous voulez, mais en fait, c'est un commentaire
qu'on fait, à savoir qu'il y a déjà un encadrement réglementaire très
important, notamment lors des... des études d'impact selon la réglementation
qui implique notamment l'intervention du BAPE dans certains cas, ce qui permet
l'intervention de la population, des élus locaux, pour intervenir sur les
projets avant que... ceux-ci soient adoptés. Donc d'ajouter dans le projet de
loi, cette... ce pouvoir...
M. Ouyed (Mustapha) : … pas
d'arrêter des travaux qui, par ailleurs, respectent tous les règlements. C'est
quelque chose qu'on se pose des questions. Voilà.
M. Caron : [20 :24 :53]
Donc si je résume aussi le bon… la bonne approche de développement souhaité par
la municipalité, vous souhaitez quand même qu'elle soit préservée et que l'on
considère cet élément fondamental.
M. Ouyed (Mustapha) : Absolument,
puis je peux vous dire que le Conseil Patronal de l'Environnement du Québec
est… est un leader dans le domaine de l'information, de la formation en tout ce
qui concerne la… l'acceptabilité sociale…
Le Président (M. Julien) :
Merci.
M. Ouyed (Mustapha) :
…l'engagement du dialogue avec les partenaires…
Le Président (M. Julien) :
Merci beaucoup.
M. Ouyed (Mustapha) : …donc,
c'est au cœur de ce qu'on fait. Merci.
Le Président (M. Julien) :
Merci. Donc, je cède maintenant la parole au député de Jacques-Cartier pour 16
min 30 s.
M. Kelley : Merci beaucoup,
M. le Président. Merci beaucoup pour votre présentation et les discussions avec
mes collègues. Une question sur les ententes entre les titulaires de licence et
les droits miniers. Vous n'êtes pas le seul groupe qui soulève cet enjeu, mais
peut-être que vous pouvez juste élaborer un petit peu votre pensée là-dessus.
Comment on peut éviter, en guillemets, une chicane entre le secteur minier et
puis secteur de l'hydrogène ou quand même le captage et stockage de carbone?
M. Dulude (Olivier) : Alors,
le projet de loi n° 17 prévoit déjà des mécanismes intéressants à ce sujet-là.
On en comprend que, advenant qu'il y aurait une superposition de droits
concurrents miniers, géologique au niveau de la séquestration ou au niveau de
l'hydrogène, ou peut-être de la géothermie, il y aurait une obligation d'aller…
d'aller négocier puis éventuellement un mécanisme de médiation, là, si j'ai
bien compris les dispositions du projet de loi, ça nous apparaît tout à fait
juste et propre à gérer le genre de conflits potentiels qui pourraient
survenir. Donc, on n'a pas de commentaires particuliers ou de modifications
suggérées à ce niveau-là.
M. Kelley : OK, parfait.
Parce qu'on sait que Caster a fait… dans leur mémoires ils soulèvent certaines
préoccupations qu'on peut peut-être créer une façon d'exproprier des permis
existants. Je ne sais pas si vous avez eu une chance de regarder toutes les
différentes mémoires déposées ou cet aspect qu'on donne beaucoup de pouvoirs
peut-être de s'assurer que le captage de carbone avance en place d'un autre
secteur où il y a des autres permis, mais selon vous autres, pas votre lecture
de la situation, qui est comme un pouvoir d'expropriation qu'on donne à
l'industrie.
M. Ouyed (Mustapha) : De
façon générale, si on revient à l'enjeu de pouvoir attirer des investissements
locaux, étrangers, il y a une certaine prévisibilité qu'on va avoir. On ne
connaît pas les cas particuliers que vous mentionnez de cette entreprise, par
exemple, mais le principe général, c'est que si j'investis et que j'ai des
permis pour explorer et exploiter, ce serait bien sûr mal vu que du jour au
lendemain pour X raison, qu'il y ait une expropriation qui est décidée
automatiquement à l'adoption de cette loi. Donc je pense que c'est cette
crainte-là qui est soulevée par certains acteurs, et donc effectivement, il
faut les rassurer sur le fait que leurs investissements sont protégés, et je ne
parle pas d'une entreprise en particulier, mais c'est selon le principe
général, pour inciter à ce qu'il y ait des projets de ce… de ce type.
M. Kelley : Exactement, c'est
juste un exemple. Je pense qu'il y a un couple de mémoires qui mentionnent le
même enjeu, et je pense qu'en même temps aussi un intérêt de s'assurer
qu'aucune personne ou aucune entreprise a un «claim» sur une certaine portion
du Québec, qui n'a aucune vraie intention de développer non plus. Qu'est-ce
qu'on voit un petit peu dans le secteur minier, certaines entreprises qui a des
«claims» miniers, ils ne cèdent jamais, puis il n'y a aucun développement,
alors je comprends, il faut avoir aussi un équilibre, qu'on veut s'assurer
qu'on évite de répéter un tel type de régime.
M. Ouyed (Mustapha) : Exact.
Comme vous le savez, les investissements de ce genre prennent de nombreuses
années, des dizaines d'années parfois, avant de commencer à aboutir. Et les
investisseurs dans le secteur minier et autres, veulent s'assurer que le régime
ne changera pas avec le temps, ou du moins de façon prévisible.
M. Kelley : Parfait. Merci
beaucoup. Sections 8 et 9 de votre mémoire, vous parlez des secrets
industriels, financiers, commerciaux et scientifiques et le support et format
des renseignements, des documents ou documents. Je sais que ce matin, la
présentation de Deep Sky ont soulevé un peu le même enjeu, mais peut-être que
vous pouvez expliquer sur ces deux points-là comment on peut bien encadrer le projet
de loi pour s'assurer qu'on protège des secrets industriels, mais aussi qu'il y
a une bonne…
M. Kelley : … sur la question.
Le support…, un document, tout est fluide et marche bien. Et ce n'est pas trop
de paperasse pour l'industrie, et ce n'est pas une perte de temps pour vous
autres et ni pour le gouvernement.
M. Dulude (Olivier) : Tout à
fait. Bien, si je prends le premier concernant les secrets industriels
commerciaux, il y a déjà des protections dans la Loi sur l'accès à
l'information. Puis, quand on lisait le projet de loi, on semblait écarter
celles qui concernaient. Puis-là, je ne veux pas faire d'erreur, là, mais c'est
que les industriels, financiers, commerciaux, scientifiques ou techniques des
titulaires de licences, je ne veux pas parler au nom des entreprises qui, qui
exerceront des activités plus directement, ça sera à eux de faire des
commentaires sur quel genre de renseignements précis pourraient rentrer dans
ces catégories-là. Mais le fait que ça ne soit pas prévu qu'on puisse les
protéger, s'il y a des, des nouvelles technologies qu'on veut protéger des
concurrents, on veut. C'est le genre de choses auxquelles il faut penser en
amont. Puis, on a, on a l'occasion de le faire à ce moment-ci. Donc, l'idée,
c'était de le soulever à cette étape-ci. En ce qui concerne le support des
documents, le support informatique des documents. Je fais peut-être un
parallèle avec le régime d'autorisation environnementale en vertu de la Loi sur
la qualité de l'environnement, qui implique des systèmes informatiques, le
dépôt de documents, ce genre de choses-là. Puis évidemment, ça vient. Tout
système d'autorisation de permis vient avec un certain niveau de fardeau ou de
lourdeur administrative. On n'y échappe pas. Mais, quand on peut le minimiser, tant
mieux. Et là, ce qu'on voulait éviter, c'est que dans dans la loi ou dans le
règlement, on vient, on vienne. C'est un peu précis, mais on vienne prescrire
un format spécifique de fichier qui peut être utilisé pour déposer les
documents, ce qui nous, ce qui nous enferme dans un cadre technologique qui qui
pourrait évoluer. Donc, pour nous, la bonne pratique évidemment, le ministère
des Ressources naturelles, je présume, ou d'Économie, voudra recevoir des
documents dans les fichiers, dans les formats qu'il est capable de recevoir,
mais à ce moment-là, indiquons le dans une directive interne, une note
administrative et pas dans une loi ou un règlement pour qu'on ait un peu de
flexibilité.
• (20 h 30) •
M. Kelley : Parfait! Merci
beaucoup pour la précision, c'est quelque chose qu'on va suivre pendant l'étude
détaillée. Je reviens sur le sujet des définitions. Je ne sais pas si vous avez
le chance d'écouter plutôt aujourd'hui les présentations qui étaient faites par
QICM. Sur le fait, eux autres ont suggéré qu'il faut avoir une définition de
l'hydrogène blanc naturel. Hum, pour vous autres, ça peut être pour
l'hydrogène, mais on est en train de les traiter des différentes sources des
liquides et introduire le captage de stockage de carbone, etc. Est-ce que c'est
bon d'avoir des définitions fermes et classifiées? Ces différents. Est-ce que
c'est mieux d'avoir une définition dans une loi qui est claire, ou de passer
par un règlement plus tard?
M. Dulude (Olivier) : Alors,
vous mettez le doigt sur la, sur un élément important. L'avantage d'une
définition quand elle est réellement claire, c'est qu'elle offre de la
prévisibilité. Puis c'est généralement ce qu'on recherche. Par-contre, on peut
voir parfois que des définitions avec les années sont modifiées, elles
s'allongent, elle se complexifient, puis-là, on perd de la flexibilité au
détriment d'une prévisibilité qu'on recherche. Donc, je n'ai pas une
recommandation spécifique à vous faire. Est-ce qu'on devrait inclure ou non une
définition du droit naturel ou une définition du stockage du carbone plus
précise? Ça, ça sera effectivement à considérer, cet équilibrage entre de la
flexibilité et de la prévisibilité.
M. Kelley : C'est une bonne
réponse. Merci. Juste rapidement, une dernière question pour le stockage de gaz
naturel. Est-ce qu'il faut regarder une façon peut-être de permettre ceux qui
sont déjà dans la business de, de le stockage de gaz naturel, de avoir plus
d'espace, plus d'espace de stockage pour gérer le point pour aider des entreprises
du Québec. Où est-ce que ça, c'est une meilleure discussion pour notre projet
de loi?
M. Ouyed (Mustapha) : C'est
sûr que la capacité unique qu'on a au Québec ou dans certains endroits comme en
Estrie, de pouvoir stocker le gaz naturel. C'est une, c'est un avantage
extraordinaire pour réduire le fardeau économique sur la clientèle. Donc, dès
le moment que c'est fait dans le respect de la protection de l'environnement et
de la société, c'est définitivement quelque chose à encourager. Parce qu'autrement,
ça va se stocker pareil, mais dans une autre province ou aux États-Unis pour
pouvoir venir ici. Donc, si on est capable. D'ailleurs, ce que nous on a au
Québec aujourd'hui, ce sont des. sites géologique naturelle, on n'a pas créer
ça, mais ça a été très bien géré jusqu'à maintenant avec définitivement tout ce
qui peut permettre d'avoir cette flexibilité en...
M. Kelley : Intéressant,
Merci. Je vais laisser ma collègue de Notre-Dame-de-Grâce de poser des
questions. Merci beaucoup.
Le Président (M. Julien) :
Sept minutes et demie.
M. Ouyed (Mustapha) : Merci.
Mme McGraw : Merci, M. le
Président. Donc, vous êtes le dernier groupe la journée, mais aujourd'hui, on a
entendu tous les, tous les groupes qui sont venus nous ont plus ou moins…
20 h 30 (version non révisée)
Mme McGraw : …et l'urgence d'agir,
pour des raisons climatiques, économiques, environnementales, géologiques, etc.
Ceci étant, nous sommes... il nous reste
quelques jours d'ici la fin de la session parlementaire avec un projet de loi
aussi important, avec très peu de temps de faire l'étude et le fait qu'il n'a
même pas les intentions réglementaires qui ont été représentées, ça nous rend
difficiles notre tâche de législateurs. Et au qui… aussi, ça manque, si je
comprends bien, d'intention réglementaire, rend aussi… le manque de
prévisibilité problématique aussi pour le milieu d'affaires. Ceci étant, on est
rendu là, on va faire de notre mieux.
On aimerait savoir quels seraient les
impacts, parce que là… vous dites dans votre mémoire qu'il y a urgence d'agir,
puis là vous citez deux raisons principales, si je comprends bien, dans votre
présentation, votre mémoire. C'est pour, premièrement, permettre au Québec de
bénéficier pleinement du crédit d'impôt fédéral pour le captage et le stockage.
Et justement, vous dites que le crédit devrait… va se… va être réduit
éventuellement autour de 2031-35, éventuellement arrivé à échéance 2040-2041, donc,
pour pleinement profiter de ce crédit. Aussi, vous dites que faut commencer
rapidement le développement de projet de séquestration, puisque les besoins
sont importants, compte tenu de l'objectif de carboneutralité d'ici 2050. Est-ce
que j'ai bien compris les raisons principales que vous invoquez pour l'urgence?
Est-ce que j'ai compris? Est-ce que vous avez des ajouts ou des précisions?
M. Dulude (Olivier) : Vous
avez tout à fait raison, c'est les principales raisons au niveau du crédit d'impôt.
À notre connaissance, dans la loi fédérale, il est prévu que ça soit 2031,
mais, dans le budget, on prévoit que ce serait reporté à 2035. Donc, il y a un
petit jeu quand même, mais ça vient rapidement quand on…quand on pense à tous
les délais qui peuvent arriver avant de…de voir naître un projet., et n'est pas
qu'un projet dont on aura besoin pour arriver aux 11 à 13 millions de tonnes.
Je pense que ça a été très clair dans les témoignages antérieurs. Donc, oui,
vous résumez très bien la situation.
Mme McGraw : Puis on comprend
que, justement ils vont… même si ce projet de loi est adopté demain, il y a tout
un... il y a le cadre réglementaire à régler, il y a tous les... toutes les
étapes.
Est-ce qu'il y a d'autres secteurs,
filières qui pourraient bénéficier d'un cadre législatif clair dans ce domaine?
Est-ce qu'il y a d'autres… là, on a entendu un hydrogène naturel, il y a Deep
Sky qui est venu, Énergir, etc, Intragaz… Est-ce qu'il y a d'autres entreprises
ou filières, potentiellement, qui pourraient bénéficier d'un cadre législatif
dans ce... dans ce nouveau régime, effectivement, selon vous.
M. Dulude (Olivier) : C'est… ce
n'est pas quelque chose qui nous a été soulevé. Je… s'il y a des entreprises,
dans d'autres secteurs, qui y voient des opportunités, je ne veux pas parler en
leur nom, mais pas qu'il nous a été soulevé. Je ne sais pas si, Mustapha, de
ton côté, tu as une réponse pour ça?
(Panne de son)
Mme McGraw : OK, on procède.
Je ne sais pas si...
M. Dulude (Olivier) : Peut-être
un enjeu de connexion.
Mme McGraw : On va peut-être
procéder parce…
M. Ouyed (Mustapha) : Oui, j'avais
un enjeu de connexion.
Mme McGraw : Oui.
M. Ouyed (Mustapha) : Donc,
vous me posez la question, c'est est-ce qu'il y a d'autres secteurs qui peuvent
en bénéficier au delà, on a parlé de l'hydrogène puis effectivement de l'injection…la
géothermie, l'hydrogène et la géothermie sont des acteurs aussi potentiels pour
la réduction des gaz à effet de serre. Donc, bien sûr, devant les changements
climatiques et l'urgence d'agir, ce sont aussi deux secteurs qui vont en
bénéficier.
Mme McGraw : Alors donc, c'est
vous…vous soulignez le fait que c'est… ça serait… une bonne idée ou en tout cas…
un positif non seulement pour les GES résiduels, mais aussi réduction de GES?
Un point très important.
M. Ouyed (Mustapha) : Absolument,
donc la géothermie... Exact. Parce que, comme nous l'avons dit dans notre
mémoire et ce qui est la position du CPEQ depuis toujours, c'est toujours la
réduction à la source, l'efficacité énergétique avant d'en arriver à des
éléments comme le stockage. Et l'hydrogène, lui, vient en amont, vraiment faire
remplacer les énergies fossiles. La géothermie également, réduction des besoins
d'énergie fossile. Donc, ils viennent dans l'aspect de réduction à la source…
Mme McGraw : OK.
M. Ouyed (Mustapha) : …dans
le remplacement des énergies.
Mme McGraw : Finalement, je
pense qu'il ne reste même pas deux minutes. Donc, finalement, deux petites
questions, on verra… Vous soulevez trois… 13 points dans votre mémoire. Si vous
avez à prioriser, compte tenu du temps, quels seraient les amendements ou les
recommandations primaires? Et dans un deuxième temps, en conclusion, vous… vous
demandez la… de retirer les conditions d'obtention…
Mme McGraw : ... de maintien
de licence, de retirer ou de préciser davantage le pouvoir d'exiger la
maximisation de retombées économiques en territoire québécois. Parce que...
quoi, ça peut décourager l'investissement, le secteur privé? Je veux pour bien
comprendre ce point-là.
M. Dulude (Olivier) : Alors,
je peux peut-être... Brièvement, au niveau des amendements prioritaires. Pour
nous, il n'y en a pas qui est essentiel au point de retarder l'adoption du
projet de loi. C'est des pistes d'amélioration, mais on préfère un projet de
loi adopté que retardé. En ce qui concerne la maximisation, d'y retourner en
territoire québécois, bien, un peu comme je l'ai mentionné tout à l'heure à une
des questions introductives, on est tout à fait en faveur de la maximisation
des retombées. C'est quand on vient dire qu'une condition pourrait apparaître
dans une licence sans qu'on sache vraiment lesquelles à l'avance pour y arriver
où, là, ça vient créer de l'imprévisibilité.
• (20 h 40) •
M. Ouyed (Mustapha) : Et on a
parlé tout à l'heure, de la... de la possibilité à une municipalité d'annuler
un permis, même si on respecte tous les règlements. Ça, je pense, c'est un
irritant, effectivement. Il faut regarder de près la raison de cela.
Mme McGraw : Je crois qu'il
reste peut-être une minute à peu près. Donc, est-ce que vous avez... Vous avez
le dernier mot. Est-ce que vous avez des éléments que vous aimeriez partager
avec les collègues, en conclusion?
M. Ouyed (Mustapha) : Juste
dire que c'est un projet de loi qui va s'ouvrir sur des potentiels très
intéressants pour le Québec en matière de protection de l'environnement, mais
en matière économique et sociale. Donc, on vous encourage à le regarder de près
comme vous le faites, et nous serons en support et au besoin, ou disponible,
pour aider à son adoption, et nous serons là également pour la partie
réglementaire.
Le Président (M. Julien) :
Merci, mais je vous remercie. Je vous remercie pour votre contribution à nos
travaux.
M. Ouyed (Mustapha) : Merci à
vous.
Des voix : Merci.
M. Dulude (Olivier) : Merci
beaucoup.
Le Président (M. Julien) :
Donc, la commission ajourne ses travaux jusqu'à demain, jeudi, le 4 juin 2026,
après les avis touchant les travaux de commissions, vers 11 h 15. Merci tout le
monde.
(Fin de la séance à 20 h 42)