Journal des débats (Hansard) of the Committee on Planning and the Public Domain
Version préliminaire
43rd Legislature, 1st Session
(November 29, 2022 au September 10, 2025)
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Thursday, April 27, 2023
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Vol. 47 N° 6
Étude des crédits budgétaires du ministère des Affaires municipales et de l'Habitation, volet Affaires municipales
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Intervenants par tranches d'heure
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Schneeberger, Sébastien
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Dufour, Virginie
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Dufour, Virginie
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Laforest, Andrée
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Schneeberger, Sébastien
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Grandmont, Etienne
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Dufour, Virginie
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Laforest, Andrée
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Schneeberger, Sébastien
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Grandmont, Etienne
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Laforest, Andrée
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Dufour, Virginie
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Schneeberger, Sébastien
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Girard, Eric
13 h 30 (version révisée)
(Quatorze heures)
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
à l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de
la Commission de l'aménagement du territoire ouverte.
La commission est réunie aujourd'hui afin
de procéder à l'étude du volet Affaires municipales des crédits budgétaires du
portefeuille Affaires municipales et Habitation pour l'exercice financier 2023‑2024.
Une enveloppe de 1 h 30 min est allouée pour l'étude des crédits.
M. le secrétaire, est-ce qu'il y a des
remplacements?
Le Secrétaire : Oui, M. le
Président. M. Fontecilla (Laurier-Dorion) est remplacé par M. Grandmont
(Taschereau).
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Alors, aujourd'hui, nous allons procéder à une discussion d'ordre
général par blocs d'échange, incluant questions et réponses. Là-dessus, j'aimerais
que, les questions et réponses, le temps alloué soit environ similaire, s'il
vous plaît. La mise aux voix des crédits budgétaires sera effectuée à la fin du
temps alloué, environ... un petit peu avant 15 h 30.
Affaires municipales
Discussion générale
Alors, je suis prêt maintenant à
reconnaître les premières questions de la part de la députée des Mille-Îles, je
pense. Vous avez un bloc de 18 min 20 s.
Mme Dufour : Merci <beaucoup,
M. le Président...
>
14 h (version révisée)
<5909
Le
Président (M. Schneeberger) :
...vous avez un bloc de 18 min 20 s.
Mme Dufour :
Merci >beaucoup,
M. le Président. Bon, bien, écoutez, merci pour... En tout cas, pour moi, c'est
un honneur d'être ici aujourd'hui. C'est la première fois que je fais l'étude
des crédits en affaires municipales. Alors, je voudrais saluer, évidemment, la
ministre pour sa présence, les collègues aussi qui sont présents, les
fonctionnaires, le personnel politique du gouvernement, les membres de la
deuxième opposition. Et donc d'entrée de jeu, là, je vous le dis, comme je
viens du monde municipal, là, c'est... je suis vraiment enthousiaste de faire
cette première étude.
Alors, je vais commencer avec les
infrastructures municipales. Je voudrais parler... Bon, on a... Les
municipalités s'étaient fait promettre par le premier ministre 1,5 milliard
sur 10 ans pour les infrastructures sportives pendant la dernière campagne
électorale, mais, lors du dépôt du dernier budget, on a trouvé seulement 300 millions
sur 10 ans dans le budget. Donc, j'aimerais savoir si c'est une autre promesse
brisée, ce 1,5 milliard là qui n'a pas été livré dans le dernier budget.
Mme Laforest : Bien, en fait,
vous me posez tout de suite une question... Vous dites que vous êtes heureuse
de faire les crédits pour les affaires municipales, sauf que ça, c'est vraiment
une question pour le ministère de l'Éducation avec ma collègue aux Sports et
Loisirs. Alors, je vais lui laisser le soin de répondre à cette question.
Mme Dufour : Bon, parfait.
Bien, écoutez... En tout cas, on aurait aimé savoir, parce qu'il y a eu des
échos comme quoi qu'il y aurait peut-être... Les groupes municipaux se sont
fait dire que, non, l'argent viendrait l'an prochain. Donc, on s'assurera de
poser la question à la ministre en question. En fait, c'est la ministre des
Sports, je crois, qui avait répondu à ce sujet-là.
Alors, je vais vous parler, d'abord, des
infrastructures en eau, le nouveau programme PRIMEAU qui a été annoncé, là,
très récemment. C'est une grande avancée pour les municipalités, notamment le
fait que ça s'échelonne sur 10 ans. Ça, ça donne de la prévisibilité aux municipalités,
là. C'est vraiment très apprécié. Par contre, il y a une limitation de trois
projets par municipalité — il y a une exception pour la ville de
Montréal, là, où on parle de six projets — de projets qui peuvent se
faire en même temps. Donc... Et là, bien, particulièrement pour les autres
grandes villes et les villes qui sont très étendues, bien, des fois, il faut qu'ils
interviennent à plusieurs endroits en même temps sur leurs réseaux. Donc, j'aimerais
savoir de la part de la ministre si une dérogation serait possible pour lever
la limite de trois projets en même temps lorsque des interventions urgentes
seraient nécessaires.
Mme Laforest : Oui, bien, c'est
certain. Puis, je le dis tout de suite, là, c'est trois promesses puis c'est
six promesses pour Montréal, en fait, pour les projets. Maintenant, il faut
voir qu'on est allés selon la logique et les travaux de réalisation des projets
dans le passé, ce qui veut dire que, quand une municipalité a, par exemple,
trois promesses, c'est trois gros projets, souvent, au niveau des
infrastructures municipales. Donc, il faut se concentrer sur les projets
prioritaires et les... pour ne pas refaire l'erreur du passé.
Quand je parle de l'erreur du passé... Quand
on est arrivés en poste, on le sait, il y a pour 39 milliards de déficits
au niveau des infrastructures en eau. Donc, il faut réaliser ce qu'on... Dans
les municipalités, les projets prioritaires, il y a beaucoup de retard. C'est
pour ça que, le PRIMEAU, on a lancé... on a fait l'annonce à la hauteur de 2,4 milliards,
une meilleure planification sur 10 ans. Donc, même, toutes les municipalités,
comme vous le mentionnez, là, sont... sont très satisfaites parce que les
municipalités peuvent planifier leurs travaux.
Puis, quand on parle de trois promesses,
ce n'est pas trois promesses sur 10 ans. C'est, dès qu'un projet est terminé,
on peut recommencer tout de suite un autre projet. Donc, nous, on dit qu'en
même temps c'est trois promesses qu'on peut travailler. Donc, c'est en toute
logique, en toute... en... avec les municipalités, avec leur capacité de
réaliser les travaux.
Maintenant, c'est sûr que, si ça se passe
bien, bien, c'est... Vous le dites, le programme PRIMEAU est très, très, très...
si je peux dire, il est assoupli. Il y a moins de rigueur au niveau des
municipalités, dans le sens qu'on veut encourager la réparation, la réfection
des aqueducs et des infrastructures en eaux usées. Donc, c'est certain que, dès
qu'un projet est terminé, il va y avoir d'autres promesses. Puis les montants
sont quand même très significatifs, là, sur 10 ans. Puis je crois que la
priorité va rester les infrastructures en eaux usées.
Mme Dufour : Merci, mais je
répète la question : Dans le fond, est-ce qu'une dérogation serait
possible? Parce que, malgré que c'est vrai qu'il y a des projets, je comprends
qu'un projet se termine, un autre pourrait commencer, bien, il reste qu'il y a
des projets qui s'étalent sur plusieurs années. Et on l'a vécu à Laval. J'étais
responsable de ce dossier-là, et il y avait plusieurs projets en même temps qui
roulaient parce que certains sont étalés sur trois ans. Donc, ma question :
Est-ce qu'une dérogation serait possible?
Et aussi, sachant, justement, qu'il y a un
retard, en limitant à trois projets, est-ce que ça ne pourrait pas causer
l'inverse et créer de nouveaux retards? Parce qu'il y a des villes qui <voudraient...
Mme Dufour :
...est-ce
que ça ne pourrait pas causer l'inverse et créer de nouveaux retards? Parce
qu'il y a des villes qui >voudraient, mettons, accélérer et rattraper le
retard.
Mme Laforest : Bien, c'est
certain qu'au niveau des infrastructures en eau il y a quand même d'autres
projets, comme vous le mentionnez. Comme vous le savez très, très bien, il y a
la TECQ.
Maintenant, vous parlez de dérogation. Les
travaux vont se faire en collaboration avec les unions, les associations
municipales. Donc, on est tellement... Si je peux dire, on a une urgence, au
Québec, au niveau des infrastructures en eau. On va regarder. S'il y a des
demandes de certaines municipalités, on pourra les travailler. Mais, en même
temps, trois promesses, c'est quand même beaucoup pour une municipalité.
Puis vous dites : Aller en
dérogation. Il va y avoir une demande pour les municipalités d'avoir un plan de
gestion des actifs. Donc, ça, c'est essentiel, un plan de gestion des actifs. Pourquoi
on le demande aux municipalités? C'est pour qu'il y ait une obligation au
niveau de la réparation des infrastructures en eau. Donc, si une municipalité
planifie bien ses travaux, donc, c'est sûr qu'il y aura une séquence. Puis
nous, comme ministère, on va pouvoir dire : Oui ou non, on continue, si
les travaux sont déjà réalisés. Mais l'important... Il faut voir que trois
promesses, dans des municipalités, en moyenne, c'est ce qui se fait dans les
municipalités que ça s'est bien passé puis dans les municipalités que les
infrastructures en eau, si je peux dire, sont à jour.
Donc, on est tout à fait conscients que,
même si on autorisait plusieurs promesses, l'important, c'est de réaliser ce
qu'on promet dans les municipalités au niveau des infrastructures en eau. Puis
on va travailler en collaboration avec les associations, c'est certain.
Mme Dufour : Bien, justement,
c'est un élément, là, du programme qui déplaisait, là, à l'UMQ, notamment. Donc
là, ce que je comprends, c'est qu'il y aurait peut-être de la flexibilité pour
aller... Parce que vous avez parlé d'une moyenne, dans les villes, ça allait
bien, mais une moyenne, ça veut dire qu'il y en a peut-être qui en faisaient
plus que trois. Et donc je comprends qu'il y aurait une ouverture de votre part
à faire en sorte qu'il y en ait trois... plus que trois.
Mme Laforest : Bien, en
général, les municipalités que ça allait bien, c'était trois au maximum. C'est
pour ça que je dis qu'à trois... Nous, on considère que, si on prend le modèle
des municipalités que ça se passe bien, bien, trois, c'est tout à fait logique
et c'est applicable. Donc, il faut voir aussi que, d'après nous, ça devrait
être une bonne moyenne.
Puis, on le sait très bien, s'il n'y a pas
le PRIMEAU, il y a d'autres programmes, comme la TECQ, il y a d'autres
programmes aussi. Puis il y a des programmes également qu'on travaille avec le
ministère du Transport, parce que parfois on n'a pas le choix de travailler
avec le ministère du Transport pour des projets en infrastructures en eau.
Donc, ça dépend aussi des projets. Mais chaque projet est important puis chaque
projet sera évalué à ce moment-là.
Mme Dufour : Parfait. Il y a
des... Les 10 plus grandes villes du Québec se sont réunies, là, pour parler
avec le gouvernement du pacte vert. Elles souhaitent obtenir 2 milliards
par année pour cinq ans pour adapter les infrastructures municipales aux
changements climatiques, parce qu'on l'a vu, là, récemment, avec le verglas,
les villes sont... avec les inondations aussi, là, les villes sont aux
premières loges, là, des impacts des changements climatiques. Alors, je me
demandais, Mme la ministre, ce que vous pensez, là, des demandes de ces grandes
municipalités.
Mme Laforest : Bien, c'est
bien parce que... D'ailleurs, j'ai rencontré les plus grandes municipalités
mardi matin, je crois, cette semaine. Et, au niveau des changements
climatiques, je sais que, les municipalités, c'était demandé d'avoir un genre
de pacte vert. Et, aux Affaires municipales, il faut voir quand même qu'on a
plusieurs programmes. On a le programme d'adaptation aux changements
climatiques, qui se travaille avec le ministère de la Sécurité publique. On a
le programme également pour le soutien et la mise en place des infrastructures
pour la gestion des eaux de pluie. Il y a le programme de planification des
milieux de vie durables. Il y a le programme pour la lutte des... du phénomène
des îlots de chaleur.
On a également, vous êtes tout à fait au
courant, le fonds d'atténuation aux... et l'adaptation aux catastrophes. Ça,
c'est un programme qu'on a travaillé suite aux inondations. Il y a le
demi-milliard qu'on a investi également pour les inondations dans le projet de
loi n° 67, qu'on a travaillé il y a deux ans, avec le projet de loi qui a
été adopté. Il y a des programmes également pour de la relocalisation. Puis,
comme le mentionnait cette semaine... Bien, il y a le PEV, hein, le programme
d'économie verte. Donc, il y a des programmes, avec les municipalités, qu'on
peut travailler également avec le PEV. C'est... Maintenant, on a la politique
nationale d'aménagement du territoire. Donc, au niveau d'un pacte vert et des
changements climatiques, on est bien servis.
Le Président (M. Schneeberger) : ...on
respecte un petit peu le temps de questions et réponses pour qu'on ait dans... les
temps similaires, s'il vous plaît.
Mme Dufour : Merci. Donc,
j'aimerais savoir si le gouvernement a évalué l'impact financier sur les
infrastructures municipales, justement, vis-à-vis les changements climatiques.
Est-ce qu'on a un estimé financier de ce que ça pourrait coûter aux villes?
• (14 h 10) •
Mme Laforest : Au niveau de
toutes les municipalités, pour les changements climatiques, bien, la demande...
je sais, là, la demande des unions était, je crois... en tout cas, était quand
même assez élevée sur 10 ans. Mais, comme je le mentionne, si on regarde les
programmes que j'ai annoncés tantôt, on a quand même des montants, des
investissements jusqu'à 13 milliards.
Par contre, par contre, c'est sûr qu'avec
la planification qu'on va demander, avec le <maintien...
Mme Laforest :
...jusqu'à
13 milliards.
Par contre, par contre, c'est sûr
qu'avec la planification qu'on va demander, avec le >maintien de... le
programme de gestion des actifs dans les municipalités, ça, ça va nous aider à
voir également c'est quoi, comment ça se passe dans les municipalités au niveau
des investissements, qu'est-ce que... dans quoi qu'on doit investir et combien
ça coûte. Il va y avoir une évaluation des coûts, évidemment, mais,
présentement, au niveau de toutes les municipalités, on n'a pas le montant
complet.
Mme Dufour : Parfait. Donc,
il n'y a pas de montant présentement. Donc, on ne peut pas juger si ce
montant-là représente, dans le fond, les coûts, les surcoûts que ça pourrait
vraiment, là, engendrer. Par contre, eux ont fait des estimés, quand même, avec
des firmes. Je pense que c'est nécessaire d'en prendre compte, particulièrement
dans le prochain pacte fiscal.
Je vais parler maintenant des taxes
municipales. Vous savez, j'en ai fait... j'en ai parlé en période de questions.
En 2023, on a vu vraiment des très grandes hausses de taxes municipales dans
certaines villes, particulièrement les plus petites villes, et là on a trouvé
des 10 %, 15 %, 20 % et même plus. À Potton, on en avait parlé,
27 %, La Macaza, 35 % de hausse, puis Stratford, qui a été...
qui a été mis à ma... qu'on m'a référé, où il n'y a pas eu de hausse du taux de
taxation, mais le... ça a été une hausse de l'évaluation qui a fait en sorte
que, finalement, les taxes ont augmenté d'environ 50 % dans cette
municipalité-là. Alors, à l'époque, vous m'aviez répondu, là, qu'il allait y
avoir des vérifications. Donc, j'aimerais savoir si ces vérifications ont eu
lieu puis quel est le résultat.
Mme Laforest : Bien, pour
répondre à votre question, c'est sûr qu'on a eu des questions, à savoir est-ce
que les taxes étaient plus élevées, assez élevées, trop élevées. Donc, c'est
sûr que nous, en tant que ministère des Affaires municipales, on n'est pas là
pour dire : C'est trop ou ce n'est pas assez élevé, parce qu'il y a
certaines obligations dans les municipalités, l'obligation de bien rendre les
services.
Par contre, nous, ce qu'on a regardé,
c'est, au niveau des Affaires municipales, le transfert pour les municipalités.
Si on regarde l'année dernière, on a pour 7,2 milliards de transferts dans
les municipalités. On a donné également, là, 135 millions, qui équivaut,
cette année, au point de TVQ, le point de croissance de TVQ. Alors, voilà.
Mme Dufour : Je vous
remercie, mais ce n'est pas la question que j'ai posée, s'il y a eu des
résultats aux vérifications que vous aviez mentionnées, qui avaient eu lieu à
l'époque.
Mme Laforest : Il y a
certains documents... Il y a certaines, si je peux dire, vérifications qui ont
été faites. Maintenant, on ne m'est pas revenu à savoir si c'était trop, pas
assez élevé ou s'il y avait une problématique dans les villes qui ont été
regardées.
Mme Dufour : Parfait. Puis,
lorsque vous aurez des résultats plus détaillés, est-ce que vous vous engagez à
les divulguer?
Mme Laforest : Bien, c'est
sûr que, présentement, il n'y en a pas, de résultat à divulguer, parce qu'on
n'a pas eu... Il n'y a rien qui était anormal dans les municipalités jusqu'à
présent.
Mme Dufour : OK. Donc, vous
avez des résultats.
Mme Laforest : Puis les
villes qui demandaient de l'accompagnement l'ont été.
Mme Dufour : Parfait. Bien,
justement, parlons de... Une des raisons des hausses de taxes, ce sont les
hausses des coûts généralisées, là, que vivent les municipalités, notamment...
Je vais vous donner le cas... Je n'ai pas la dernière page, mais... Oui, c'est
ça, ici. Il y a plusieurs villes, là, qui ont été prises avec peu ou pas de
soumissionnaires, puis là ils ont vu leurs coûts de déneigement, les coûts des
collectes de matières résiduelles, là, monter en flèche. On a vu des
200 %, 300 % plus élevés que prévu. Donc là, est-ce que le prochain
pacte fiscal va inclure un volet pour aider les municipalités à réduire la
pression sur les comptes de taxes? Parce qu'à la base il vient de là, le
problème, cette hausse de coûts là pour les villes, avec un bassin de taxation
qui est très petit. Donc, particulièrement pour les villes qui ont un petit
bassin de taxation, est-ce que vous vous engagez à inclure un volet pour les
aider à réduire la pression sur les comptes de taxes?
Mme Laforest : Bien, moi, ce
que je pourrais dire, c'est qu'on le fait puis on accompagne toujours les
municipalités. Parce que, si on regarde les montants avec l'ancien
gouvernement, les transferts dans les municipalités étaient de
14 milliards, puis, le dernier quatre ans qu'on a travaillé avec les
municipalités, on parle de 19,7 milliards. Donc, il y a un surplus de...
et plus, de 5 milliards et plus, dans les municipalités, de transferts qui
ont été donnés, plus le point de TVQ, plus le 900 millions durant la
pandémie.
Donc, c'est sûr qu'on est toujours à
l'écoute des municipalités. Puis, si on regarde la réaction des unions, et des
grandes villes, et des plus petites villes... Avec le Fonds régions et
ruralité, donc, les municipalités sont bien accompagnées. Puis, quand ce sera
la négociation du pacte fiscal, qui doit être signé à la fin 2024, on aura le
temps de négocier.
Mme Dufour : Parfait. Là,
vous savez, dans le temps... En fait, il y a un enjeu avec des projets
municipaux, particulièrement ceux de construction, là. Il y a eu beaucoup de
municipalités qui ont dû mettre sur pause des projets, là, notamment un projet
de bâtiment pour les traitements des eaux usées aux Îles-de-la-Madeleine — donc
là, ce n'est pas une lubie d'un maire, là, le traitement des eaux usées, c'est
quelque chose, quand même, d'assez important — et projets mis sur
pause parce que les coûts ont trop monté. Et donc est-ce qu'il y a quelque <chose...
Mme Dufour :
...et
projets mis sur pause parce que les coûts ont trop monté. Et donc est-ce qu'il
y a quelque >chose de prévu pour faire en sorte que les projets
municipaux, puis là je ne parle pas juste en eau, là, de façon générale, qui
sont subventionnés en partie, là, par le gouvernement... s'il y aura des
ajustements aux coûts réels du projet? Parce que les subventions, souvent, sont
établies des années avant la réalisation du projet.
Mme Laforest : Bien, comme je
le mentionne, il y a quand même plusieurs programmes aux Affaires municipales.
Le PRIMEAU, aux deux ans... ça, c'est un autre avantage du PRIMEAU, aux deux
ans, les coûts de construction peuvent être réévalués, ce qui est très positif,
là, puis très, très bien accueilli dans le milieu municipal.
Évidemment, ça dépend des secteurs. Là,
vous parlez des projets au niveau des Îles. Évidemment, on est à l'écoute. On a
rencontré la municipalité pour les projets et les moyens. On va sûrement bien
collaborer. Évidemment, on est au courant que, oui, ça coûte plus cher, mais,
avec les montants qu'on a donnés dans les municipalités, on s'ajuste très, très
bien aux coûts des matériaux. Puis également, bien, ma collègue à l'Habitation
a eu et a annoncé de très, très bons montants pour ajuster des coûts de
construction aussi dans les projets en habitation dans les municipalités. Donc,
on essaie vraiment d'écouter le milieu.
Puis c'est sûr que les programmes,
également, bien, sont en fonction des appels d'offres. Il faut voir. Donc, ça
dépend des appels d'offres, aussi, des municipalités. Mais on travaille en
collaboration. On est très conscients.
Mme Dufour : Bien, par
expérience, ce n'est pas toujours par appel d'offres. Souvent, les
programmes... les projets sont estimés. On a des estimations de type D des
années d'avance, et c'est là que la subvention est établie. Et là on part en
plans et devis, il s'écoule un an, deux, et là, woup! les coûts ont monté, puis
la subvention, elle, elle est limitée au montant établi dès le début. Donc, ça,
je pourrais vous donner plein, plein de cas que j'ai vécus personnellement à
ville de Laval.
Donc, est-ce que ce ne serait pas
souhaitable, avec... surtout avec des inflations qu'on a vécues, là, on parle,
des fois, de 30 % en deux ans... Ce n'est plus tenable pour les
municipalités de convenir des subventions avant que le projet commence. Il
faudrait, justement, comme vous dites, que ce soit lié à la subvention... à la
soumission, mais ce n'est pas le cas présentement.
Mme Laforest : Oui. Puis,
comme je le mentionne, nos programmes, maintenant, s'ajustent. Si on regarde,
il y a le PRIMEAU, on le dit, et il y a aussi le PRACIM, parce que le PRACIM,
également, est basé sur les dernières soumissions reçues. Donc, on est très,
très conscients. Puis, je peux le dire, là, depuis quatre ans, on s'ajuste
très, très bien dans nos programmes, autant avec le PRACIM.
Mme Dufour : OK. Mais... Excusez-moi,
le PRACIM, là, vous me parlez, c'est un... c'est un... Je ne sais pas c'est...
Une voix : ...
Mme Dufour : OK. Mais, bref,
est-ce que vous vous engagez que tous les programmes qui touchent des projets
municipaux soient sous ce même modèle là dorénavant? Puis, oui, je vous
félicite de l'avoir fait pour le PRIMEAU, mais il manque les autres projets
aussi.
Mme Laforest : Bien, c'est
sûr que les programmes, ils ont des dates, hein, du début jusqu'à la fin. Donc,
c'est sûr que, quand nos programmes sont terminés, on peut les... si je peux
dire, les moduler, puis on les module de cette manière-ci, là. Les deux
derniers qu'on a travaillés, PRACIM et PRIMEAU, on le fait. Maintenant, il faut
comprendre que, oui, les municipalités, mais il y a une capacité de payer.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci.
Le temps est écoulé. Alors, nous allons maintenant du côté de la deuxième
opposition. Le député de Taschereau, la parole est à vous pour 9 min 10 s.
• (14 h 20) •
M. Grandmont : Parfait. Merci
beaucoup, M. le Président. Bonjour, Mme la ministre. Bonjour à mes collègues.
Bonjour aussi à tout le monde ici qui est présent, vos attachés de cabinet, les
conseillers, etc.
Peut-être commencer par discuter avec vous
des claims miniers. On en a beaucoup parlé pendant l'étude du... bien, les
auditions, en fait, pour l'instant, là, du PL n° 16.
Le 21 novembre dernier, il y a une
coalition d'organismes environnementaux qui a révélé... qui a dévoilé une
carte, là, puis j'en ai un extrait ici, là, mais c'est des cartes que vous avez
sans doute vues circuler, des cartes qui montraient, en fait, de façon
alarmante, là, le boom minier dans le sud du Québec particulièrement, là. On
parle des... bien, des minéraux critiques, là, qui pourraient servir
éventuellement, là, à l'utilisation dans l'électrification des transports. Ça
touche, évidemment, plusieurs milieux naturels sensibles dans le sud du Québec.
On parle d'un boom qui varie, là, de 49 % à 408 % d'augmentation du
claimage, en fait, du territoire. Et ça, c'est vrai en Mauricie, en Estrie,
dans les Laurentides, dans le Bas-Saint-Laurent, Gaspésie—Îles-de-la-Madeleine,
en Outaouais, dans Lanaudière. Donc, on est vraiment dans le sud.
Ces régions-là comptent aujourd'hui plus
de 20 000 titres miniers actifs, alors que, dans ces mêmes régions
là, les aires protégées, la portion ou le pourcentage de territoire qui est
protégé varie entre 3,4 % et 11,4 %, ce qui est très, très loin des
cibles internationales de protection pour lesquelles on s'engage, atteindre
30 % de protection de notre territoire. Alors, ma <première...
M. Grandmont :
...protection,
pour lesquelles on s'engage à atteindre 30 % de protection de notre
territoire. Alors, ma >première question serait la suivante, elle est
toute simple : Est-ce que vous ne trouvez pas ça inquiétant?
Mme Laforest : Bien, en fait,
votre question est bonne. Est-ce que c'est inquiétant? On sait très, très bien
qu'en 2017 les MRC pouvaient déterminer, là, les territoires qui étaient
compatibles ou incompatibles avec l'activité minière. Je regarde mes collègues,
d'ailleurs, qui sont au fait de cette situation-là.
Maintenant, ma collègue, présentement, a
lancé une consultation et elle le disait cette semaine, d'ailleurs, en période
de questions. On va attendre le résultat des consultations, mais on sait très
bien qu'il y a même des MRC, déjà, qui ont adopté des règlements qui sont
conformes au travail, là, d'accompagnement qui est en cours puis il y a
d'autres... il y a 14 MRC qui sont en attente. Maintenant, moi, je ne peux pas
m'avancer. C'est vraiment le travail et la consultation de ma collègue qui va
déterminer la suite.
M. Grandmont : Il y a
plusieurs des claims, là, qui sont directement collés ou à l'intérieur, même,
de zones touristiques, de lacs et de milieux naturels valorisés. Quelques
exemples que j'ai donnés aussi à votre collègue, là, à votre collègue au
Tourisme, là : des claims à l'intérieur de la réserve faunique des
Chic-Chocs et aux abords du parc national de la Gaspésie, des claims aux abords
du parc national du Mont-Tremblant, aux abords du parc national du
Mont-Mégantic, des claims à l'intérieur de la réserve faunique La Vérendrye.
C'est des... c'est des endroits d'appel. Ça
favorise, évidemment, le tourisme, mais c'est aussi, je pense, ces
territoires-là protégés, ces parcs-là, des endroits qui font notre fierté,
comme Québécoises et comme Québécois, tous des milieux que les citoyens et les
municipalités souhaitent continuer à protéger, mais elles ont les mains liées
parce que, dans notre région, vous le savez fort bien, la Loi sur les mines a
préséance sur à peu près tout le reste. C'est une loi quasi divine. Est-ce que
vous trouvez ça normal que ce soit... que la Loi sur les mines, que l'article
246, dans le fond, prime sur l'ensemble des autres lois?
Mme Laforest : Oui, bien...
Puis, oui, il y a ma collègue qui fait les consultations, mais, en même temps,
il y a beaucoup de discussions avec les unions par rapport aux claims miniers,
d'ailleurs, j'en ai... il y a... dans toutes les régions, dont la mienne aussi.
Puis il faut voir aussi que, la politique d'aménagement du territoire, qui a
été lancée et qui a duré deux ans, deux ans et demi avec notre ministère, qui a
eu 4 000 citoyens et organismes qui y ont participé, il y a eu des
discussions également à ce sujet-là. Donc, je peux vous dire que ça fait deux
ans qu'on est très sensibles à cette situation-là.
Maintenant, il y a la loi de 2017 qui
avait été octroyée par l'ancien gouvernement pour les MRC. L'important, je
crois, c'est de possiblement voir si on continue de cette manière-là. On sait
qu'on a besoin, on est dans une transition énergétique également, qu'on a
besoin... Maintenant, ça va s'ajuster avec les unions, puis on va continuer le
travail suite aux résultats et au rapport de ma collègue.
M. Grandmont : Merci. On peut
en parler, des unions et des municipalités. Pratiquement toutes les MRC qui ont
déposé une demande au ministère pour protéger un bout de leur territoire se
sont vues essuyer un refus jusqu'ici. En fait, c'est les deux tiers des
demandes qui ont été refusées. Est-ce que vous trouvez ça normal que les deux
tiers des demandes de protection du territoire, là, les territoires
incompatibles avec l'activité minière, soient refusées par la ministre?
Mme Laforest : Bien, je
pourrais vous répondre, mais, en même temps, c'est... suite à la consultation
de ma collègue. C'est important de le mentionner. On est repartis... ma
collègue est repartie en consultations. Donc, après ça, on va regarder, parce
que, oui, il y a sa consultation, il y a la politique d'aménagement du
territoire. On lance très, très, si je peux dire, prochainement les OGAT, au
niveau des orientations gouvernementales. Ça, ça va se faire d'ici quelques
jours... quelques semaines, disons. Mais vous voyez que le travail, présentement,
se fait bien.
M. Grandmont : Vous avez
peut-être participé au forum organisé par l'UMQ, qui était à Gatineau, il me
semble, qui portait spécifiquement sur les claims, justement. Il y a le
président de l'UMQ qui avait dit : On nous dit qu'on nous donne le pouvoir
à travers les territoires incompatibles avec l'activité minière, mais ça
demeure un pouvoir rattaché à des conditions quand bien des... quand, dans bien
des cas, la demande de la MRC est refusée. Les critères sont tellement stricts.
Je comprends que ça dépend d'un autre ministère, mais vous, là, comme
protectrice du territoire québécois, est-ce que vous trouvez ça normal? Et vous
répondez quoi à Daniel Côté, le président de l'UMQ?
Mme Laforest : Bien, comme je
vous le mentionne, on en discute beaucoup aussi avec l'UMQ, M. Côté. On est
très sensibles à la situation. Maintenant, je ne peux pas vous répondre parce
que la consultation n'est pas terminée. Comme je vous le mentionne, en 2017, il
y a eu un règlement qui a passé. Nous, on arrive par la suite, on lance la
politique d'aménagement du territoire. C'est sûrement parce qu'on a une grande
sensibilité pour le territoire québécois.
Maintenant, suite à son rapport, je
pourrai vous répondre. Puis c'est certain que ça va se faire en collaboration,
parce qu'évidemment ça se fait avec les MRC. Il y a même des MRC, comme je vous
le mentionnais, qui ont déjà adopté certains règlements. Mais on va suivre les
consultations.
M. Grandmont : Vous avez, à
travers le PL n° 16, une occasion historique de régler ce problème-là qui
nuit à la mise en valeur du territoire. On peut sûrement faire de
l'exploration, de l'exploitation <minière...
M. Grandmont :
...à
la mise en valeur du territoire. On peut sûrement faire de l'exploration, de
l'exploitation >minière d'une façon autre que de simplement laisser le
champ libre aux spéculateurs. Ma collègue de Verdun a posé une question, là,
par rapport à ça. Il y a des... il y a des... comment on appelle ça, là, des...
Il y a des gens, qui sont situés, par exemple, à Vancouver, qui achètent des
titres et qui les revendent jusqu'à 18 000 $ pour un claim qui a
coûté 75 $. C'est vraiment le far west. Vous avez l'occasion, à travers le
PL n° 16, en abrogeant l'article 246, et c'est une demande qui vous a
été demandée par à peu près l'ensemble des groupes qu'on a auditionnés, vous
avez le pouvoir de régler ça une bonne fois pour toutes. Est-ce que vous allez le
faire?
Mme Laforest : Ce que je peux
vous dire... Vous êtes avec moi au projet de loi n° 16. On va l'étudier
ensemble. On va regarder qu'est-ce qu'on peut faire pendant que la consultation
a lieu. Mais on a une grande sensibilité pour les sites... par exemple, les
sites de villégiature. Et, avec la politique d'aménagement, on a tout en main,
on a tout en place. On a la consultation pour les OGAT qui va démarrer très,
très prochainement.
Donc, vous voyez qu'il y a les OGAT, il y
a la politique d'aménagement et d'architecture du territoire, il y a la
consultation des claims. On travaille avec les unions. Donc, moi, je pense...
Puis vous faites partie également de la solution. Vous êtes avec moi sur le
projet de loi n° 16. On va avoir l'occasion d'en discuter. Mais tout est
bien démarré.
M. Grandmont : Je suis bien
content d'entendre votre ouverture à la discussion. En dernier recours, c'est
vous qui allez prendre la décision. C'est vous qui porterez le fardeau de ne
pas l'avoir abrogé ou de l'avoir fait. Vous avez une occasion historique. J'espère
que vous saurez la saisir.
Est-ce que je peux mettre un terme
maintenant et reporter mon temps à tout à l'heure? Je peux faire ça?
Le Président (M. Schneeberger) : Oui.
M. Grandmont : Oui? Merci. C'est
ce que je vais faire. Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Parfait.
Alors, il restait une minute. Alors, nous allons maintenant du côté de
l'opposition officielle. Nous retournons, alors, pour un autre bloc de 18 min 20 s.
Mme la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Merci beaucoup,
M. le Président. Alors, actuellement, un élu municipal ne peut pas être
impliqué dans un contrat avec sa municipalité. Ça, c'est régi. Et, dans une
grande ville, là, ça se comprend. Je viens de Laval, et disons qu'il y a eu des
abus chez nous. Donc, c'est une mesure nécessaire. Mais, dans des petites
municipalités, là, ça devient plus difficile dans certains cas. Il y a... Un
maire pourrait être un conseiller du seul dépanneur du coin qui vendrait les
papiers mouchoirs que la municipalité achèterait, puis elle n'aurait plus le
droit d'acheter ça à ce dépanneur-là parce que ce serait le maire, ou, des
fois, il y a eu des cas, justement, là, dans... À Saint-Denis-sur-Richelieu,
c'est un cas réel, la seule station d'essence du village appartient au conjoint
d'une conseillère municipale. Et là la municipalité... Il y avait deux choix,
là, soit qu'elle démissionnait soit elle enfreignait la loi... en fait, trois,
ou bien les employés municipaux, et c'est ce qui se passe, doivent faire
50 kilomètres pour aller vers une autre municipalité pour faire le plein à
chaque fois.
Il y a vraiment une multiplication de cas
dans ce genre-là. Et puis la plupart des élus, c'est quand même des gens
honnêtes qui veulent le meilleur pour leur communauté, surtout dans les petites
villes, où, on s'entend, là, que le salaire est assez minime, là. Parfois, on
parle de 4 000 $ par année. Donc, est-ce que vous pensez pouvoir
corriger le tir pour les petites villes?
Mme Laforest : Votre question
est excellente, parce qu'évidemment... On le sait très, très bien. On a
plusieurs... on a plusieurs endroits que c'était demandé, ça. Dans le dernier
mandat, c'était demandé. Maintenant, considérant que... Au niveau de l'éthique,
il faut vérifier. Il faut vraiment que ce soit bien fait, comme vous le
mentionnez. Mais, quand une municipalité doit faire 15 et 20 kilomètres de
plus pour aller chercher de l'essence ou des... des situations pareilles, bien,
c'est sûr qu'on se pose la question. On se pose la question, parce que ça peut
se faire. Ça peut sûrement bien se faire, mais comment ça doit se faire? Parce
qu'on ne veut pas recommencer une situation où on a vécu certaines situations
de corruption.
• (14 h 30) •
En plus, notre gouvernement a lancé le
470 millions, en campagne électorale, pour les coeurs de village, puis
c'est pour les petits dépanneurs, les petites épiceries, justement, les
endroits où les petits commerces ont besoin d'aide. Donc, il y a un lien avec
les conseillers municipaux, les maires, mairesses et les endroits comme ça dans
les petites municipalités. On est en train d'évaluer la situation. Vous avez
raison, on a beaucoup de demandes pour essayer de collaborer.
Mme Dufour : Donc, je
comprends que vous avez une ouverture. Et à quel échéancier vous pensez qu'on
pourrait voir des changements à ce niveau-là, si changements il y a lieu?
Mme Laforest : Oui, bien,
moi, je pense, en tout cas, comme je le mentionne, avec le projet qu'on a lancé,
le programme, là, pour les coeurs de village, les petites municipalités, bien,
il y a un lien vraiment avec les petits dépanneurs, les épiceries. Donc, on a
plusieurs maires et mairesses présentement qui nous le demandent. Est-ce que ce
sera prochainement, ou dans un prochain projet de loi, ou dans le projet de loi
que nous étudions ensemble? Je ne peux pas vous répondre présentement, mais on
a beaucoup de demandes.
Mme Dufour : OK. Donc, ça
pourrait être un amendement au <projet...
>
14 h 30 (version révisée)
<17913
Mme
Laforest :
...beaucoup de demandes.
Mme Dufour :
OK. Donc,
ça pourrait être un amendement au >projet de loi n° 16 qui
viendrait corriger le tir. C'est ce que je comprends.
Mme Laforest : Bien, on est
tous ensemble. La Commission municipale est ici avec nous également. Elle vous
entend. Donc, on va essayer de voir qu'est-ce qu'on peut faire. Est-ce qu'on
peut le faire tout de suite, à court terme, ou encore dans les prochains mois?
On vérifiera ensemble.
Mme Dufour : Parfait. Je pense
que c'est Paul Arcand qui serait content, parce qu'il avait parlé de ce cas-là.
On va parler de la Commission municipale du Québec, justement, les règles d'éthique.
Il y a... Il semble y avoir, des fois, des règles à... des façons... une vision
asymétrique, là, de l'application des règles municipales. Il y a des cas qu'il
y a eu des jugements, d'ailleurs, en Cour supérieure, là, qui ont... qui ont soulevé
le fait que peut-être que la Commission municipale avait été trop loin en... en
voulant démettre de ses fonctions... Par exemple, c'était un agriculteur, un
maire ou... qui était anciennement propriétaire d'une ferme léguée à son fils,
et, parce qu'il avait une... un contrat qui disait : En cas de faillite ou
de décès, la ferme retourne au maire, et là cette ferme-là fait le déneigement
de la ville, bon, donc là, il est en infraction et il ne peut plus siéger. Puis
là la Cour supérieure a dit : Non, ce n'est pas le cas. Elle a inversé le jugement.
Mais, d'un autre côté, on a un cas très, très contemporain d'un conseiller
municipal, à Trois-Rivières, qui a donné un contrat à sa femme, et, dans ce
cas-ci, la Commission municipale est venue dire : Bien, on n'a pas besoin
de faire d'enquête. Alors, je ne sais pas comment on voit ça, mais je... Comment
vous voyez ça, le fait que ça semble être asymétrique, l'application?
Mme Laforest : Bien, c'est
sûr que, si vous me posez la question, je vais vous répondre : C'est du
cas par cas. Il y a le cas à Trois-Rivières. Il y a des cas qui sont,
évidemment, comme ça, judiciarisés. Il faut être prudents.
Maintenant, quand on est arrivés en poste,
si je peux dire, la Commission municipale avait besoin de plus d'effectifs et
plus de pouvoirs, parce qu'on avait certaines situations, dans des
municipalités, qui étaient très problématiques, et la Commission municipale n'avait
pas les pouvoirs d'agir, agir plus rapidement. Ni la ministre ou le ministre,
dans le futur ou dans le passé, n'avait pas les pouvoirs d'agir. Donc, on a
vraiment amélioré la situation de la Commission municipale, plus de pouvoirs,
plus d'effectifs.
Maintenant, c'est du cas par cas, ce que
vous me mentionnez dans certaines municipalités. Ce qu'on peut voir... Par
exemple, on a réglé ou on a corrigé certaines lacunes qu'a... que vivait la
Commission municipale, puis je crois que les résultats sont très positifs
aujourd'hui. On a des municipalités, maintenant, que ça se passe mieux. Il y a
toujours place à amélioration, j'en suis convaincue. Mais, les dossiers
judiciarisés, c'est certain qu'on va laisser le travail se faire.
Mme Dufour : Il y a... il y
a, par contre, certaines municipalités... Et même, je vous dirais, j'ai eu des
échos de la Fédération québécoise des municipalités comme quoi il y avait
peut-être... Il y a eu, à un moment donné, un besoin ou un désir que la
Commission municipale du Québec accompagne les petites municipalités. Et il est
vrai que, lorsqu'on est une petite municipalité, on n'a pas les reins assez
solides pour, peut-être, respecter tous les... toutes les obligations pour les
municipalités. Ça prend des employés pour ça, et, quand on a un employé, c'est
peut-être difficile de respecter. Alors, il y avait un désir d'être accompagné
là-dedans. Bien là, il y a certaines vérifications qui sortent, et peut-être
que ce n'est pas intentionnel de la CMQ, là, mais, quand on lit des titres
comme Des municipalités du Pontiac ne sont pas à la hauteur, parce que
leurs sites Web manquaient certaines informations, ce n'est pas positif pour
les municipalités, ce n'est pas positif pour les maires et c'est clairement...
Les municipalités, ce n'est pas à ça qu'ils s'attendaient comme traitement
médiatique lorsqu'elles ont demandé de l'aide juste pour s'assurer de respecter
les réglementations. Alors, est-ce que, ça, on va corriger le tir et le voir de
façon plus positive, comme, l'accompagnement de la CMQ?
Mme Laforest : Oui. Bien, il
y a la Commission municipale qui est là présentement avec le projet de loi n° 49.
Le projet de loi n° 49, c'est le projet... programme éthique et
déontologie dans le milieu municipal, et il y a l'obligation de formation. C'est
important. On le dit, nos conseillers, nos maires, nos mairesses doivent être
bien accompagnés. Et, avec le projet de loi n° 49, on a amélioré la
situation. La Commission municipale est là en accompagnement. C'est important
de sensibiliser les élus aux bonnes pratiques. Elle le fait bien.
Maintenant, c'est sûr qu'on avait besoin
de... si je peux dire, dans les municipalités, d'avoir un meilleur
accompagnement. Et il y a aussi... Il faut beaucoup, beaucoup travailler avec
nos directions régionales, nos directions régionales, qui travaillent avec la Commission
municipale et avec le... le ministère, sont essentielles aussi. Maintenant, est-ce
que c'est trop sévère, pas assez sévère? Bien, on ne s'amuse pas à, une
municipalité, être moins sévère, l'autre plus sévère. Donc, il y a quand même
une ligne directrice. Mais j'entends bien que, parfois, vous trouvez que c'est
très sévère ou...
Mme Dufour : Ce n'est pas...
ce n'est pas, en fait, que ce soit sévère ou non sévère. C'est plutôt le
traitement médiatique ou la façon que la... les communiqués de presse,
peut-être, qui sortent de la CMQ sur : On a trouvé des irrégularités.
Entendons-nous, là. Les municipalités ont demandé à être accompagnées, faire
des <vérifications...
Mme Dufour :
...les
communiqués de presse, peut-être, qui sortent de la CMQ, sur : on a trouvé
des irrégularités. Entendons-nous, là. Les municipalités ont demandé à être
accompagnées, faire des >vérifications, mais pas pour se faire taper sur
les doigts. C'est comme un audit pour s'améliorer mais pas pour que... sortir
dans les médias puis : Elle a mal fait, elle a un mauvais bulletin. Vous
comprenez la distinction. Donc... donc, c'est simplement, peut-être, juste la
façon que c'est communiqué, l'enjeu qui est... qui est soulevé, là, par les
municipalités.
Mme Laforest : J'entends très
bien. Puis, vous savez, la Commission municipale, c'est un tribunal
indépendant, en fait. Alors, la commission est ici. Elle entend la... elle
entend comme vous, là, ce que vous dites. Mais moi, je pense que c'est très
positif, tout ce que la commission a changé depuis quatre ans. Puis les
rapports, quand même, les rapports de la commission doivent être publics. Là,
vous... vous dites... si j'interprète bien, c'est que, parfois, c'est... c'est...
ça peut porter à interprétation. J'entends bien le message, mais, en même
temps, la... le tribunal est indépendant. La commission est ici. Le message est
passé.
Mme Dufour : Excellent. Bien,
merci beaucoup. On va changer de sujet. On va parler du ministère des
Transports. Il y a eu plusieurs cas, dans les... dans les derniers... dernières
semaines, mois, où on a vu que la relation, parfois, entre les municipalités et
le ministère des Transports est difficile. Pourtant, là, les municipalités, on
sait, ça doit être un... c'est un partenaire incontournable pour le
gouvernement. Les routes provinciales passent chez elles, passent dans les
villages. Bien là, il y a plein de cas. À Preissac, en Abitibi, c'est une
demande refusée par le ministère des Transports pour abaisser la vitesse sur
une route qui croise une sortie d'une mine. Et les propriétaires de la mine
étaient d'accord, là, pour baisser la route parce que c'était vraiment une
question de sécurité, pour ne pas que les camions aient... il y ait une
collision. Et ça, malheureusement, c'était à la mine LaRonde, bien, ça a été...
ça a été refusé.
Il y a un autre cas triste, très
malheureux à Saint-Flavien. Puis là j'avais une dizaine de cas, là. Je vous en
donne juste deux, là. Il y avait Saint-Flavien. Il y a eu une...
malheureusement, une petite fille, de l'âge de ma fille, d'ailleurs, de
11 ans qui a été fauchée, décédée en 2018. Et la route provinciale passe
dans le village de Saint-Flavien, et le ministère des Transports... des
Transports ne fait... ne veut pas assumer le coût d'un trottoir. Alors, c'était
à la municipalité qu'il revenait le fait de construire ce trottoir-là. Il y a
eu... Et c'est un très grand coût pour une petite ville. Et les citoyens... Il
y a eu un référendum, et les citoyens se sont majoritairement opposés à la
hausse de taxes qui aurait... qui serait venue avec ça.
Donc, ma question à Mme la ministre :
Est-ce que vous croyez que les élus municipaux en région sont mieux placés que
le ministère des Transports ou que des fonctionnaires au ministère des
Transports pour établir la limite de vitesse dans les routes qui passent dans
leurs villages?
Mme Laforest : Bien, c'est
sûr qu'il faut être prudents, hein, parce que... Si on dit que les élus
municipaux sont mieux placés, au niveau des routes, pour le transport, dans
certaines municipalités, il faut être prudents, parce qu'il y a quand même... Il
y a une question... Il y a les ingénieurs, au niveau du transport, qui
connaissent quand même bien leur domaine. Il ne faut pas non plus prendre la
place des ingénieurs au niveau du ministère des Transports. Par contre, c'est
vrai que les élus, dans certaines municipalités, connaissent vraiment les
faits. Vous avez raison.
Maintenant, il y a quand même beaucoup de
discussions avec ma collègue aux Transports par rapport à la vitesse dans les
municipalités. Oui, on discute ensemble. Puis souvent, bien, on le voit dans
certaines régions, des élus municipaux ou des élus provinciaux... Quand il y a
une problématique sur une route ou encore dans un quartier, bien oui, les élus
municipaux sont très bien placés pour déterminer ou faire une demande de
correction. Donc, c'est un travail qui se fait avec les élus, avec le ministère
des Transports. Les deux sont vraiment essentiels pour une correction. Moi, je
le dis aux élus municipaux, et provinciaux, et avec le ministère du Transport,
parce que, même avec le programme PRIMEAU, comme je le mentionnais, quand il y
a... il y a des corrections, on travaille toujours avec le ministère du
Transport. Mais je pense que c'est aux deux partenaires de travailler vraiment
main dans la main. Puis, comme vous dites, la vitesse, ça touche autant le
Transport que le côté municipal.
• (14 h 40) •
Mme Dufour : Oui, je suis
tout à fait d'accord avec vous qu'ils devraient travailler main dans la main,
mais il y a malheureusement trop de cas où ce n'est pas... ça n'arrive pas. Il
y a même des élus qui tentent de rejoindre des directions régionales et n'ont
pas de retour d'appel. Donc, moi, je voudrais savoir : Est-ce que vous,
comme... Est-ce que votre ministère offre un certain accompagnement aux
municipalités dans leurs contacts et leurs relations avec le ministère des
Transports?
Mme Laforest : Bien oui,
c'est certain. Puis, comme je le mentionne... Si on revient, tantôt, je disais :
L'essentiel, de travailler avec nos directions régionales. Nos directions
régionales aussi travaillent avec tous les ministères concernés. Donc, il faut
travailler également avec le... la direction régionale. Puis il y a aussi... Il
va y avoir des annonces également avec ma collègue aux Transports au niveau de
la sécurité routière. Je vais laisser ma collègue faire ses annonces en temps
et lieu.
Mme Dufour : Oui, bien,
justement, c'est ça, on parle de la sécurité routière puis la sécurité
piétonne. Est-ce que c'est au ministère des Transports ou aux municipalités <d'assurer
la sécurité routière...
Mme Dufour :
...oui,
bien, justement, c'est ça, on parle de la sécurité routière puis la sécurité
piétonne. Est-ce que c'est au ministère des Transports ou aux municipalités >d'assurer
la sécurité routière sur le territoire d'une route qui passe dans la
municipalité, comme le cas Saint-Flavien? Est-ce que c'est normal que ce soit
Saint-Flavien qui soit responsable d'assurer la construction du trottoir pour
que... éviter d'autres décès malheureux?
Mme Laforest : Il y a
plusieurs partenaires pour une situation comme ça. Tu sais, je regarde juste
les conférences administratives. Les CAR, en région, sont essentielles aussi
dans des situations comme ça. Donc, il y a le Transport. Il y a ma collègue qui
va faire une annonce. Je vais lui laisser faire son annonce, qui... qui touche
vraiment la sécurité routière. Puis, en même temps, ça touche la politique
d'aménagement du territoire. Donc, on le sait très, très bien. Les... la PNAAT,
la politique nationale, bien, se fera région par région. Il n'y aura pas de
mur-à-mur, autant pour le transport que pour les autres... les autres aspects
dans les municipalités. Donc, vraiment... Et travailler avec nos directions
régionales et nos conférences administratives régionales également. Donc, c'est
vraiment un partenariat. En plus, avec les élus, bien, il n'y a rien de mieux
que ça.
Mme Dufour : Donc, je
comprends que les relations seront meilleures à venir que... parce que,
présentement, il y a vraiment beaucoup trop de cas de gens qui... de villes qui
se butent à des refus automatiques du ministère. Et, je dois vous dire, les
ingénieurs du ministère des Transports n'ont pas la science infuse non plus,
pour avoir eu plusieurs échanges sur le tome V. Et parlons juste des dos d'âne,
la vision du ministère des Transports, comment ils devraient être, versus comment,
des fois, ils sont faits dans les villes. C'est... Il y a des... vraiment des
différences importantes. Alors, les élus locaux, j'espère, en tout cas, seront
considérés comme les meilleurs acteurs pour comprendre qu'est-ce qui est bon
pour leurs citoyens.
Mme Laforest : On a un bel
exemple au Lac-Saint-Jean avec une certaine route où il y a eu un accident.
Tous les partenaires ont travaillé ensemble, la direction régionale, la
conférence administrative régionale, les élus municipaux, les élus... les élus
provinciaux également, le ministère des Transports. Alors, vous voyez, quand
tout le monde travaille en équipe... Mais, oui, on peut toujours s'améliorer. Puis
c'est sûr que, quand on touche des décès, c'est très, très, très triste. Alors,
il faut aller encore plus vite. Mais on est prêts à s'améliorer.
Mme Dufour : Parfait. Merci.
Je vais vous parler d'amendes, les amendes municipales ou les infractions, là,
les montants qui sont... qui peuvent être, dans le fond, facturés par les
municipalités lorsqu'il y a une infraction à la Loi sur l'aménagement et
l'urbanisme. Les montants n'ont pas été indexés depuis fort longtemps, là,
dans... Je pense, de mémoire, là, c'est... ça date de plus de 20 ans que ça n'a
pas été indexé. Et là il y a le cas des abattages d'arbres illégaux qui est
vraiment problématique, notamment parce qu'actuellement ça coûte parfois moins
cher de payer l'infraction que... et d'abattre un arbre de façon illégale que de
retarder un projet, par exemple. Donc, l'Union des municipalités du Québec vous
avait interpelés sur cette question en novembre 2020, et j'aimerais savoir s'il
y a eu un suivi qui a été fait depuis.
Mme Laforest : Bien, il y a
eu les montants, là... C'est sûr que votre question est excellente, parce qu'il
y a eu l'abattage d'arbres, qu'on a travaillé également les... au niveau des
modifications, dans notre ancien projet de loi. Maintenant, il y en a d'autres également
qu'on va travailler, vous et moi. On va en reparler dans le projet de loi LAU.
C'est une bonne... une bonne... une bonne question, puis on va le travailler
ensemble, je vous le promets.
Mme Dufour : Bien, parfait.
Je veux juste donner un exemple. Là, actuellement, si on parle d'une superficie
inférieure à un hectare, c'est 100 $ par arbre, le montant minimum, et un
maximum de 5 000 $, peu importe le nombre d'arbres dans... dans l'hectare,
alors que... Et vous comprendrez, là, qu'un arbre à 100 $, là, juste
planter un arbre... En fait, abattre un arbre, aujourd'hui, c'est... c'est des
centaines de dollars. Alors, on est vraiment déconnectés complètement, ces
amendes-là. Et ça vaut pour toutes les autres amendes. Donc, je comprends qu'on
va discuter, qu'on pourra indexer, voir à la possibilité d'augmenter et
d'indexer les amendes. Et on pourra le faire ensemble dans le projet de loi n° 16.
Mme Laforest : Promis.
Mme Dufour : Excellent. Bien,
écoutez, je vais laisser mon temps restant sur le prochain bloc. Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Parfait.
Alors, nous retournons à la deuxième opposition. Et, avec le temps de plus,
vous avez 10... 10 min 5 s. M. le député de Taschereau.
M. Grandmont : Merci, M. le
Président. On va changer un petit peu... On va parler... revenir un peu sur ce
que ma collègue avait parlé tantôt, là, la question de la lutte et de
l'adaptation aux changements climatiques. Bon, vous le savez, là, la demande
des municipalités, là, a été renforcée récemment par une recherche qui a été
faite par Ouranos, là, qui disait qu'effectivement les besoins étaient de
2 milliards de dollars par année pour s'adapter puis pour lutter
contre les changements climatiques, mais surtout l'adaptation, en fait. C'est
ça qui est important. Les villes sont au premier chef, sont aux premières
loges, vont devoir poser des actions. Bien, c'est des responsabilités qui
doivent absolument être soutenues par le gouvernement du Québec.
On avait eu une demande, on en a parlé
tantôt, en septembre dernier. Le <gouvernement...
M. Grandmont :
...mais
c'est des responsabilités qui doivent absolument être soutenues par le
gouvernement du Québec.
On avait eu une demande, on en a parlé
tantôt, en septembre dernier. Le >gouvernement avait fermé la porte. Il
y a eu des questions qui ont été posées au salon bleu il n'y a pas si longtemps.
Le premier ministre a ouvert la porte à davantage d'investissements dans les
mesures d'adaptation aux changements climatiques. Vous avez parlé tantôt de
13 milliards de mesures de lutte et d'adaptation. J'aimerais savoir, le
13 milliards, il est ventilé comment, et c'est sur combien d'années aussi.
Mme Laforest : Bien, en fait,
c'est parce qu'on parlait de la demande des municipalités qui... Les
municipalités avaient demandé un pacte vert, un genre de pacte vert. Ça fait
que c'est sûr que nous, on a regardé, juste au niveau municipal, les programmes
qu'on avait. Donc, c'est sûr qu'on est... On a commencé avec le demi... 500 millions,
dans le projet de loi n° 67, pour contrer les inondations. On a mis... On
a installé 10 bureaux de projets dans les régions. C'est très, très
positif. Les gens sont en place. C'est déjà commencé.
Après ça, on a le programme, comme je le
mentionne, le nouveau PRIMEAU, quand même, de 2,4 milliards. Ça, c'est...
c'est important pour les infrastructures en eau. Il y a les programmes pour
l'adaptation des changements climatiques avec le ministère de la Sécurité
publique. Il y a la mise en place des infrastructures en gestion de pluie. Il y
a également le programme pour les îlots de chaleur dans les municipalités. Il y
a les programmes pour la relocalisation des quartiers également, suite à
certaines inondations. Il y a le fonds d'atténuation des catastrophes pour
installer, dans certaines régions ou certaines municipalités, des digues. On
l'a fait également suite aux inondations. Il y a le PRAFI, le programme
d'adaptation face et contre les inondations. Puis il y a aussi le fameux PEV,
le Plan d'économie verte.
Donc, si on regarde tous les programmes, parce
qu'il y a... il y a des montants qu'on peut aller chercher également avec le
ministère de l'Environnement, le ministère de l'Environnement est... étudie
présentement les impacts des changements climatiques, alors, si on regarde tous
ces montants-là, on a quand même des montants assez élevés. Donc, nous,
est-ce... on travaille avec le ministère de l'Environnement pour décaisser
rapidement ces programmes-là.
M. Grandmont : Merci. Est-ce
que vous allez pouvoir nous fournir une liste, là, des mesures qui sont en lien
avec l'adaptation aux changements climatiques, par année, pour les x années où ils
seront mis en application? Bien, j'aimerais pouvoir avoir cette... ce
document-là éventuellement. C'est possible?
Mme Laforest : Oui. Puis j'ai
oublié le programme qui a été annoncé pour l'érosion des berges.
M. Grandmont : Parfait. Puis
est-ce que vous trouvez que vous en faites assez pour accompagner les
municipalités?
Mme Laforest : Bien, moi, ce
que je peux vous dire, c'est qu'en 2017 il y a eu... par exemple, si je vous
donne un exemple, il y a eu pour 1 milliard de coûts pour les inondations...
en 2019, 1 milliard de coûts pour les inondations. Donc, nous, on s'est
dit : C'est assez, c'est les citoyens qui paient, on va lancer le
programme contre les inondations et on va se déplacer dans les régions. Donc,
on travaille en amont. Et, comme le PRIMEAU... Le PRIMEAU, c'est quand même
2,4 milliards. La politique d'aménagement du territoire, bien, justement,
on veut améliorer la situation, parce que ça touche les changements
climatiques, mais la loi a 44 ans. Donc, moi, je pense qu'un gouvernement
qui ose s'attaquer à l'aménagement du territoire et qui est directement
connecté et en lien avec les changements climatiques... C'est certain, pour les
changements climatiques, il faut toujours aller plus loin, mais il faut surtout
travailler tous les ministères ensemble.
M. Grandmont : Donc, vous,
vous dites, contrairement à ce qu'a laissé sous-entendre le premier ministre,
qu'on n'a pas besoin de mettre plus d'argent, donner davantage d'argent aux
municipalités. C'est ce que je comprends.
Mme Laforest : Je n'ai pas
dit ça.
M. Grandmont : Non. Donc...
Mme Laforest : Non.
M. Grandmont : Bien, est-ce
que la quantité d'argent pour soutenir les municipalités est suffisante ou
insuffisante?
Mme Laforest : Bien, moi, ce
que je peux dire, c'est qu'au niveau... On s'adapte très, très rapidement avec
la situation, comme... Je donnais l'exemple des inondations. L'érosion des
berges, vous voyez, là, il y a un programme, maintenant, pour l'érosion des
berges. Donc, on essaie vraiment d'avoir les programmes, mais maintenant on
travaille en amont, dans chacune des régions pour les situations de changements
climatiques, avec nos bureaux de projets qu'on a installés, instaurés dans
les... dans les 10 régions touchées.
M. Grandmont : Donc... donc,
aux municipalités qui vous disent que... qu'il manque encore d'argent, vous
leur dites : On est en action, et on fait tout ce qu'il faut, puis on...
tout est correct.
Mme Laforest : Bien, aux
municipalités, on travaille avec les programmes. On discute avec les municipalités,
puis je crois vraiment qu'on s'entend bien avec les municipalités. Puis on
essaie vraiment d'appliquer nos programmes très rapidement puis de répondre aux
milieux, parce que ce qui se passe en Abitibi n'est pas la même chose que dans
le Bas-Saint-Laurent. Donc, il faut vraiment que chaque région soit bien
entendue avec ses demandes particulières.
M. Grandmont : Parfait. Bien,
on aura certainement l'occasion de discuter avec les municipalités aux assises
bientôt.
Mme Laforest : Oui, bien oui.
• (14 h 50) •
M. Grandmont : Donc, on verra
s'ils trouvent que vous en faites... si le gouvernement en fait assez.
J'aimerais qu'on parle d'étalement urbain.
Je suis très d'avis... Et je sais que plusieurs acteurs de la société civile
estiment que l'étalement urbain, c'est le principal enjeu environnemental au
Québec. En l'espace de quelques décennies, l'étalement urbain a... a détruit
des milliers de kilomètres carrés de terres agricoles. Est-ce que vous savez,
Mme la ministre, ce que c'est, la demande induite en transport?
Mme Laforest : La demande...
M. Grandmont : La demande
induite en transport.
Mme Laforest : De... Les
milieux consolidés?
M. Grandmont : Est-ce que
vous savez ce que ça fait de construire des autoroutes sur le territoire, ce
que ça a comme impact?
Mme Laforest : Bien,
on... C'est certain, parce que...
M. Grandmont : Parfait.
Mme Laforest : Les
ministères, quand on a lancé la politique d'aménagement du territoire... Quand
je mentionnais qu'on a été <deux ans...
Mme Laforest :
...bien,
on... C'est certain, parce que...
M. Grandmont :
Parfait.
Mme Laforest :
Les
ministères, quand on a lancé la politique d'aménagement du territoire... Quand
je mentionnais qu'on a été >deux ans, deux ans et demi en consultations,
bien, le ministère des Transports... on était tous les ministres, tous les
sous-ministres. Et le ministre et le sous-ministre qui étaient très, très, très
impliqués dans la politique d'aménagement étaient le Transport. On le sait très
bien. On a rencontré... on a rencontré quand même plusieurs fois l'IDU, qui
nous en parle. Donc, c'est important, dans l'aménagement du territoire, de
considérer le transport.
M. Grandmont : Parfait.
Mme Laforest : Maintenant,
vous le dites, on a construit très, très loin. On a fait des routes. Donc, ça a
coûté beaucoup plus cher dans le passé. On essaie de corriger maintenant.
M. Grandmont : Donc,
vous êtes d'accord avec l'idée selon laquelle, quand on construit une
autoroute, quand on élargit une autoroute, ça envoie un signal très fort aux
gens, qui vont aller s'installer. Ça, ça peut être des industries, du
commercial ou encore du résidentiel, mais le territoire va se faire conquérir,
je ne sais pas si... va être occupé dorénavant par des gens qui vont aller
s'installer toujours plus loin, et que ça nous fait perdre de ce territoire
agricole, ou forestier, ou... C'est ça. Bien, donc, vous êtes d'accord avec ce
principe-là.
Mme Laforest : Moi, je
suis d'accord d'avoir une... une meilleure planification, parce que, dans le
passé, si on avait eu une meilleure planification, peut-être qu'on ne serait
pas, aujourd'hui, à revoir la LAU, et revoir les OGAT, et revoir également la
politique d'aménagement du territoire. Donc, évidemment, ça touche le
transport.
Puis, c'est la même chose, on a construit,
dans le passé, des écoles très, très éloignées. On a besoin de transport
scolaire. Si on avait pensé à consolider nos milieux dans tous les ministères,
dans toutes les infrastructures, dans tous les besoins, comme éducation,
transport, bien... Mais, ce qu'on fait, on le corrige avec la politique
d'aménagement puis on consolide nos milieux urbains également. Il y a une
concentration, une densification douce qui est demandée également. Donc, on va
y aller lentement. On va respecter chaque demande dans chaque région. Mais on
essaie de corriger un peu le passé.
M. Grandmont : Parfait.
Je vois que vous...
Mme Laforest : On n'est
pas parfaits, mais on va essayer d'y aller lentement.
M. Grandmont : Parfait.
Bien, je vois que vous maîtrisez quand même le sujet. Bien, malgré tout, est-ce
que vous êtes, dans le fond, finalement, d'accord avec le fait que votre
gouvernement prolonge ou agrandit des autoroutes actuellement, la 25, la 19, la
30, la 13? Heureusement, je peux enlever maintenant le troisième lien, mais il
y a... il y a des autoroutes, actuellement, qui seront... qui vont être
agrandies ou qui vont être construites et que ça aura une pression très grande
sur l'occupation du territoire, que vous tentez, par ailleurs, de protéger.
Mme Laforest : Ce que je
mentionne, ce qui est important, c'est vraiment... Le mot qui est essentiel à
retenir, c'est la planification, puis la planification doit être bien faite.
Maintenant, si c'est bien planifié, s'il y a une raison de le faire comme ça,
s'il y a une question d'empiétement également sur le développement urbain, bien,
il y a des analyses à faire. Maintenant, tout est dans la planification et dans
la meilleure vision possible pour l'environnement.
M. Grandmont : En mai
2022, le Comité consultatif sur les changements climatiques du gouvernement
avait recommandé un moratoire sur les nouvelles autoroutes dans les six régions
métropolitaines de recensement. Vous parlez de planification de l'occupation du
territoire. Est-ce qu'il n'y a pas lieu d'avoir une meilleure planification des
projets d'infrastructures de transport au Québec pour protéger le territoire?
Mme Laforest : Bien, on
le fait. C'est ça que je vous dis. Avec la politique d'aménagement qu'on a
lancée, c'est ça qu'on fait. Puis c'est très, très, très complexe. Puis je
comprends, parfois, que ça a pris 40 ans avant de... 44 ans avant de
changer la loi, parce qu'on a fait deux ans, deux ans et demi de consultations,
4 000 personnes et organismes. C'est très complexe, mais on est courageux.
On est audacieux, mais on...
M. Grandmont : Bien,
vous n'avez pas le sentiment que vous essayez de faire quelque chose de la main
droite puis que, de la main gauche, on... on tente de vous le détruire, de vous
le défaire, de vous l'enlever avec des autoroutes nouvelles qui vont mettre une
pression sur le territoire?
Mme Laforest : On va le
faire en concertation avec tous les ministères. Je ne suis pas inquiète du tout,
parce que le ministère des Transports fait partie prenante de la politique
d'aménagement puis il va avoir une vision pour chaque région, pour chaque
développement économique.
M. Grandmont : Dernière
question rapide. Au Québec, là, 75 % à 80 % des revenus d'une
municipalité proviennent de l'impôt foncier. C'est un encouragement aussi à se
développer, à construire tout le temps pour être capables de garder leur budget
d'opération viable. Qu'est-ce qu'on fait pour aider les municipalités à ne plus
être dépendantes de l'impôt foncier pour monter leur budget d'opération?
Mme Laforest : On les
aide. On les aide puis on améliore la situation avec le point de croissance de
TVQ qu'on a promis. L'année passée, je crois que c'était 119 millions.
Cette année, 125 ou 133 millions de plus pour les municipalités. Donc, il faut
être prudents, là, de dire que les municipalités dépendent de la taxe foncière.
Le Président (M. Schneeberger) :
En terminant.
Mme Laforest : Maintenant, il
y a la croissance du point de TVQ qu'on a donné aux municipalités, plus le FRR.
Le Président (M. Schneeberger) :
Merci, Mme la ministre. Alors, nous retournons maintenant pour une dernière
fois du côté de l'opposition officielle, et vous avez un
18 min 52 s. Mme la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Merci, M.
le Président. Alors, Mme la ministre, j'aimerais d'abord vous féliciter pour
l'annonce qui a été faite mardi, la campagne, notamment, là, de publicité pour
sensibiliser la population, pour contrer l'intimidation des élus. Et, à voir
les réponses que j'ai reçues lorsque j'ai tweeté la campagne, je vous dis qu'on
a vraiment besoin de faire de la sensibilisation, parce que, bon, les élus
municipaux, je ne sais pas, là, mais les gens semblent penser, là, que... Il y
a certaines... <certains...
Mme Dufour :
...qu'on
a vraiment besoin de faire de la sensibilisation, parce que, bon, les élus
municipaux, je ne sais pas, là, mais les gens semblent penser, là, que... Il y
a certaines... >certains préjugés, dans un groupe restreint,
malheureusement, qui rendent très toxique le débat. Mais... Et, comme je vous
dis, je suis vraiment, vraiment contente de cette annonce-là que vous avez
faite.
Par contre, j'ai quand même des questions.
Les efforts, là, de sensibilisation, ça ne va pas s'arrêter cette année, en
2023. Donc, pourquoi annoncer, là, des sommes pour une année, dans le fond, un
montant et pas un programme sur plusieurs années, par exemple?
Mme Laforest : Bien, votre
question est excellente. En même temps, il y a deux aspects, parce qu'on
travaille avec les élus, avec les unions, comme le 2 millions qu'on a
annoncé. Merci pour l'annonce... Bien, en même temps, on la... ce n'est pas
nous, c'est tous ensemble. Vous... vous en faites partie, de cette belle
annonce-là, évidemment, pour contrer l'intimidation dans les municipalités.
Mais il y a aussi le projet de loi
n° 49, qu'on donne, si je peux dire, une meilleure formation aux élus et
aux employés municipaux. Il y a un guide d'éthique qui est obligatoire. Il y a
des formations qui sont données également avec l'UMQ, la Fédération québécoise
des municipalités. Mais ça dépend de chaque union, parce qu'on a, par exemple,
une union qui voulait absolument avoir des montants pour créer un fonds
d'assurance, et cette... cette union-là disait que, pour elle, c'est le montant
qu'elle... qu'il manquait. Donc, on essaie d'entendre les demandes des unions.
Donc, d'avoir un fonds d'assurance, c'est très positif. C'est un bon
commencement. Puis c'était demandé. Les programmes étaient demandés par les
unions.
Maintenant, on va suivre ça de près. On va
continuer les formations, l'obligation du guide d'éthique pour tous les
nouveaux élus également. Ça, c'est bien, parce que, la plupart des
municipalités, tous les élus ont suivi... ont signé leurs guides d'éthique. Mais
on... C'est la demande qu'on a eue des unions présentement.
Mme Dufour : En fait, le
président de la Fédération québécoise des municipalités, qui était sur place, a
mentionné que le million qui leur était alloué allait servir à offrir l'assurance
protection des élus, là, pour la première année seulement. Donc, moi, j'aurais
une suggestion à vous faire considérant que les prochaines élections, c'est en
2025. Pourquoi ne pas étendre le programme jusqu'en 2025 et rendre, dans le
fond, ce programme d'assurance là à tous pour au moins jusqu'aux prochaines
élections?
Mme Laforest : J'entends bien
votre... votre demande, votre suggestion. Maintenant, il faut... il faut penser
qu'on travaille sur plusieurs plans, sur plusieurs fronts, parce qu'on a lancé
la publicité, quand même, que... C'est une publicité qui est... qui est partout
au Québec. C'est important. Toutes les municipalités, toutes les associations
ont leurs trousses, leurs trousses pour cette publicité-là. Donc, c'est quand
même des montants importants. Puis il y a également tout ce qui se travaille
avec la Commission municipale pour la formation des élus, la formation avec les
unions. Il y a également la Sûreté du Québec qui a un volet pour les élus
aussi, pour protéger les élus, ceux... pour les élus qui dénoncent. Donc, avec
la formation de 2 millions... pas la formation, mais le montant de
2 millions qu'on a annoncé, vous voyez, on travaille un peu sur tous les
plans.
Maintenant, il y a peut-être place à
amélioration, mais, je peux vous dire une chose, c'est que c'est... Il y a eu
le rapport également de Mme Lalancette, les 32 recommandations. C'est
excellent, parce qu'il y a un travail qui a été fait par cette professeure de l'Université
du Québec à Trois-Rivières. Maintenant, je crois que l'important, c'est de
dénoncer, et de protéger nos élus, et de mieux former nos élus, parce que ça
nous en prend, des élus, pour la démocratie. On est essentiels, je crois. Mais
j'entends bien votre demande.
• (15 heures) •
Mme Dufour : Oui, tout à
fait, les élus sont... sont essentiels à la démocratie municipale. Par contre,
je dois dire, pour avoir moi-même eu des menaces à une certaine époque, j'avais
dénoncé, j'avais dénoncé et je n'ai pas été prise au sérieux par la police
locale. Donc, je comprends que la Sûreté du Québec, maintenant, probablement,
a... en tout cas, la haute direction... Ça commence à percoler, peut-être, dans
les directions plus régionales, mais ça reste qu'il y a beaucoup de polices
locales de... municipales, en fait, qui n'ont pas... qui ne sont peut-être pas
toutes au même niveau. Donc, je pense qu'il y a encore beaucoup d'efforts à
faire de ce côté-là. Puis la difficulté aussi de faire reconnaître du
harcèlement, de l'intimidation en ligne est quelque chose.
Là, on sait, comme je vous dis, qu'il y a
une des unions qui va offrir un programme d'assurance pour une année à tous les
élus des municipalités qui sont membres de cette union-là. Une autre union,
elle, c'est un programme d'assurance qui est facultatif. Si la municipalité y
adhère, bien, à ce moment-là, les élus de cette municipalité-là sont couverts,
mais, si ce n'est pas le cas, si la municipalité, pour une raison ou une autre,
n'a pas adhéré, bien, les élus ne sont pas protégés.
Alors, ma deuxième suggestion, peut-être,
proposition, ce serait de s'assurer d'étendre le programme pour que l'ensemble
des élus municipaux aient accès à une telle assurance. J'aimerais vous entendre
là-dessus, parce que je l'ai vécu, j'ai dû <assumer...
>
15 h (version révisée)
<19287
Mme
Dufour :
...programme pour que l'ensemble des élus municipaux
aient accès à une telle assurance. J'aimerais vous entendre là-dessus, parce
que je l'ai vécu, j'ai dû >assumer 4 000 $ de frais d'avocat,
à mes frais, pour me défendre parce que je n'avais pas souscrit à cette
assurance-là.
Mme Laforest : Bien, je suis
sensible, là, je suis vraiment sensible, évidemment, pour vous. Puis bravo de
continuer d'être une élue, avec ce que vous avez vécu dans le passé, parce que
c'est vraiment touchant. Ça veut dire qu'on a besoin de nos élus. Puis, vous
voyez, vous faites partie du changement. Alors, je vous félicite vraiment. Puis
restez forte, là. Bravo.
Maintenant, au niveau des directions
régionales, il y a de l'information aussi sur les rôles et responsabilités des
élus. Il y a eu 160 séances d'information. Mais, au niveau de la Sûreté du
Québec, vous touchez un très bon point, parce que je travaille avec mon
collègue, également, qui est à la Sécurité publique, puis, comme je le
mentionne, il y a un programme de protection des élus à la Sûreté du Québec, et
il est en train de travailler le programme intimidation avec la Sûreté du
Québec.
Il y a une chose également que je
mentionne parce que c'est important de... Puis, quand je dis que la Commission
municipale est vraiment essentielle et évolue énormément, bien, on est en
train, puis je peux le mentionner, là... Il y a une question d'évaluer, parce
qu'un citoyen peut être dans un conseil municipal assez particulier, mais
souvent, le citoyen qui quitte le conseil municipal ou l'hôtel de ville, on n'a
plus aucun recours. Donc là, on travaille également que le citoyen, s'il y a
intimidation, harcèlement ou violence en dehors du conseil de ville ou de l'hôtel
de ville... On essaie de voir comment on pourrait travailler également pour
essayer de vraiment, là... de protéger les élus dans tous les endroits de la
municipalité. Donc, il y a des discussions également avec la Commission
municipale, puis j'espère qu'on va aller de l'avant avec ça. On travaille très,
très fort. Je sais que la commission est très sensible pour cette situation-là.
Mme Dufour : Excellent. C'est
une bonne nouvelle. Il y a beaucoup, beaucoup de démissions depuis quelques
mois. Puis, bon, le climat toxique qu'on vit sur les réseaux sociaux n'aide
certainement pas, mais ce n'est pas juste sur les réseaux sociaux. C'est
parfois dans les conseils municipaux. Justement, les hausses de taxes récentes
ont généré certaines passions. Mais des fois c'est la fusion de services
incendies qui a causé aussi cet émoi-là et... et là, bien, fait en sorte qu'il
y a au moins... Là, on doit être rendus à 300... près... quasiment 330 élus
qui ont démissionné depuis les élections de 2021. Là, on était à 311 en janvier,
puis il y en a eu beaucoup, beaucoup, beaucoup depuis. Donc... donc, quelle
est, là, votre analyse de la situation à ce sujet-là? Est-ce que vous
entrevoyez une façon de peut-être... comment je pourrais dire, de fermer l'hémorragie,
là?
Mme Laforest : Bien, quand on
a... on a travaillé pour les élections municipales, les dernières élections
municipales, on a fait un webinaire avec les nouveaux candidats puis on a
mentionné l'importance du rôle de l'élu mais aussi les formations que les élus
avaient et la protection que les élus avaient aussi si les élus... si les
candidats aux élections municipales devenaient des élus. On travaille déjà en
amont. Donc, comme je vous le mentionne...
Vous dites qu'il y a 300 et plus de
démissions. Il faut être prudents, parce qu'on a posé la question avec les gens
de la Commission municipale, mais on arrive aussi à plusieurs élus qui ne se
sont pas représentés. Donc, savoir vraiment quel élu a démissionné suite à des
situations d'intimidation, le nombre précis, on ne l'a pas.
Mais ce qu'on mentionne, c'est que... Ça
fait quand même deux... trois ans qu'on travaille avec le PL n° 49,
si je regarde, pour améliorer la situation des élus. Moi, je le dis, notre
campagne électorale était vraiment sur la protection, la formation des élus. On
a eu plus de candidats jeunes, plus de candidates féminines. Donc, on voit qu'il
y a quand même de l'engouement. C'est des défis importants, être élu, mais on
va continuer de travailler fortement en collaboration avec le milieu.
Mme Dufour : Non, effectivement,
les démissions que je mentionnais ne sont pas toutes reliées à l'intimidation,
mais le climat n'aide pas à attirer des nouvelles candidatures. Par contre, il
y a une réalité, on est en pénurie de main-d'œuvre partout au Québec, et, c'est
la même chose, on est en pénurie d'élus municipaux aussi. Et je peux vous
garantir qu'en 2025 on peut déjà voir qu'il va y en avoir encore moins qui vont
se présenter comme candidats dans... sur l'ensemble du Québec, juste parce qu'on
vit un vieillissement de la population, là, quand même important. Et il y a
effectivement eu des mesures très intéressantes qui ont été posées dans le
passé, mais malheureusement ça ne porte pas fruit, contre... pour contrer tout
ce manque d'élus là qu'on vit présentement. Donc, ça va peut-être prendre un
remède encore plus fort. On dirait «un remède de cheval». Est-ce que vous avez
un plan d'action pour... pour d'ici 2025?
Mme Laforest : Bien, c'est
important de le mentionner, puis vous me laissez la chance... vous me donnez la
chance de le mentionner... Parce que ce qu'on voit dans les plus petites
municipalités, c'est une demande de regroupement de services. Donc, on a
plusieurs municipalités, au <Québec, qui...
Mme Laforest :
...
demande de regroupement de services. Donc, on a plusieurs municipalités, au
>Québec, qui demandent un regroupement des services, une coopération
intermunicipale. On a quand même 93 projets, aux Affaires municipales,
déjà en place pour du regroupement municipal, ce qui veut dire que, parfois,
c'est un DG pour deux ou trois municipalités dans les petites municipalités.
Donc, l'engouement est vraiment là pour la coopération intermunicipale.
Ce qu'on a fait dans le budget, on a
annoncé des mesures à la hauteur de, je crois, 28 millions...
28 millions environ pour le regroupement municipal. C'était demandé, ça,
dans le... avec la FQM également pour que tous les élus puissent travailler
ensemble et contrer la pénurie de main-d'œuvre. Donc, les montants sont là, les
projets sont là, les demandes sont là. Il y a même plusieurs projets de fusions
municipales, des petites, petites municipalités. Donc, on commence par le
regroupement de services, coopération intermunicipale, puis après ça on va voir
comment ça va aller.
Mme Dufour : Donc là, je
comprends que, bien, le ministère accompagne les regroupements de services, les
fusions. Est-ce qu'on peut s'attendre qu'il y aura des sommes supplémentaires,
dans le prochain pacte fiscal, pour accompagner? Parce qu'il risque d'y avoir
une accélération de ces demandes-là, là.
Mme Laforest : Bien,
c'est certain qu'on ne peut pas dire qu'il va y avoir plus de sommes pour le
regroupement, parce qu'on vient quand même d'investir 28 millions, puis ce
n'étaient pas des sommes, du tout, qui étaient les mêmes il y a quatre ans ou
il y a huit ans. Donc, ça dépend des demandes qu'on va avoir. Si les demandes
sont de plus en plus considérables pour la coopération intermunicipale, on
verra à ce moment-là, parce qu'on ne peut pas dire qu'on va investir... On
s'entend, là, c'est les citoyens qui paient les montants. Mais on va voir les
demandes. Puis, en même temps, de travailler ensemble... On le voit, les
municipalités, il y a des municipalités de 300, 400 habitants. Donc, c'est
sûr qu'elles veulent se regrouper. On a vraiment une forte demande. C'est... si
je peux dire, c'est très populaire présentement.
Mme Dufour : Oui. Bien,
est-ce qu'elles le souhaitent ou elles n'ont pas le choix pour survivre,
effectivement? Il y a aussi une réalité, la pénurie de main-d'œuvre dans les...
au sein des employés municipaux. Il y a beaucoup de départs à la retraite,
parfois des postes qui sont non comblés pendant des mois et des mois, et des
postes clés, là. Parfois, là, je vois, là, des... Il y a des articles, des
démissions de directeur général, des fois, c'est... directeurs généraux, mais,
des fois, c'est greffier, qui est un poste vacant pendant des mois. Est-ce
qu'il y a un plan d'action au sein du ministère pour... pour accompagner les
municipalités dans ça, cette situation-là?
Mme Laforest : Oui, tout
à fait. Il y a toujours de l'accompagnement. Dès qu'une municipalité a besoin,
on est... Toute l'équipe est là pour accompagner les municipalités qui ont des
besoins particuliers, que ce soit... peu importe le domaine. Si c'est au niveau
fiscal, on est là pour accompagner les municipalités. Ça, vraiment, là, il y a
un très bel accompagnement. Puis, quand on a besoin de la... quand la
Commission municipale doit se déplacer ou doit accompagner les municipalités,
ça se fait immédiatement.
Mme Dufour : Excellent.
Est-ce que... Parce que, là, il y a un enjeu aussi de la livraison des
services. On parlait de la pénurie de main-d'œuvre, mais ça n'affecte pas juste
les employés, ça affecte aussi les soumissionnaires. Alors, il y a des municipalités
qui, dans les derniers mois, se sont... se sont... ont été prises devant le
fait accompli de ne pas avoir de soumissionnaires pour des services essentiels
comme la collecte des matières résiduelles. Et là elles se débrouillent tant
bien que mal pour louer un camion, essayer de former un employé, mais ce n'est
pas viable pour toutes les villes, pas toutes les petites... les municipalités.
Quel est le plan d'action, là, pour aider les municipalités à offrir ces
services essentiels là?
• (15 h 10) •
Mme Laforest : Bien,
comme je vous le mentionne, on est toujours en accompagnement avec les
municipalités. S'il y a une certaine problématique, on travaille tout de suite,
directement avec nos directions régionales. Les directions régionales sont là
pour aider les municipalités. Donc, dès qu'il y a une problématique dans une
certaine municipalité, soit que la municipalité communique avec le ministère,
ou encore la direction régionale est là pour accompagner la municipalité
immédiatement.
Mme Dufour : Mais qu'est-ce
qu'on... Qu'est-ce que le gouvernement peut faire pour peut-être stimuler le
nombre d'entreprises ou, en fait, s'assurer que les entreprises qui sont dans
la collecte des matières résiduelles restent en service? Parce qu'actuellement
ce que j'entends, c'est qu'il y a des grosses compagnies, que je ne nommerai
pas, mais qui, n'ayant pas d'employé, tout simplement, abandonnent des routes. Elles
ont les camions, mais elles n'ont pas d'opérateur. Alors, est-ce que le
gouvernement travaille aussi avec ces compagnies-là pour s'assurer peut-être
d'aller chercher, même ailleurs, les... les opérateurs, les chauffeurs de ces
camions-là?
Mme Laforest : Bien là,
c'est certain... Tantôt, je mentionnais le regroupement de services, la
coopération intermunicipale. C'est de plus en plus populaire. Mais, comme je le
mentionnais, je vais le répéter, c'est qu'on travaille avec nos directions
régionales. On travaille également avec les unions, avec la Fédération
québécoise des municipalités, l'Union des <municipalités...
Mme Laforest :
...
unions, avec la
Fédération québécoise des municipalités, l'Union des
>municipalités du Québec. Puis, dans le Fonds régions et ruralité, il y
a un 15 millions de plus pour les services. Donc, c'est important de le
mentionner. Maintenant, s'il y a une problématique particulière, comme je le
mentionne, il y a des équipes qui peuvent travailler directement à l'endroit où
il y a la problématique.
Mme Dufour : Mais est-ce que
les directions régionales travaillent avec le ministère de l'Immigration, avec
le ministère de l'Environnement pour s'assurer que ces services essentiels là,
surtout la collecte des matières résiduelles... Parce que, je vous le dis, ce
sera... ce ne serait pas beau, là, s'il y a des villes qui n'arrivent plus à
collecter leurs déchets. On ne trouvera pas ça drôle, là. On voit ça en France
avec des grèves, mais ici, là, c'est par manque d'employés. Donc, est-ce qu'on
travaille avec ces autres ministères là aussi?
Mme Laforest : Bien, toujours,
parce que, dans chacune des régions, il y a un directeur régional, comme, aux
Affaires municipales, il y a un directeur régional. Le directeur régional fait
le lien avec tous les ministères. Donc, s'il y a une problématique au niveau environnement,
au niveau transports, au niveau... peu importe, même, parfois, c'est culture ou
éducation, le directeur régional des Affaires municipales est en place, et je
peux vous dire que... Je les remercie. Présentement, j'ai la chance de
travailler avec eux depuis quatre ans, bientôt quatre ans et demi. Mais ce sont
des personnes clés qui font le lien avec tous les autres ministères. Donc, si
c'est une question de gestion de matières résiduelles, on peut travailler...
lui, il peut travailler directement avec la personne qui est directeur au
niveau environnement ou les liens se font directement avec le directeur
régional du MAMH... du MAM, ministère des Affaires municipales... du ministère...
du M.
Mme Dufour : Excellent. Je
vais vous poser une question. C'est par rapport à la réponse qu'on a reçue, là,
la demande n° 33, la demande des renseignements
régionaux des oppositions...
Une voix : ...
Mme Dufour : ...généraux — régionaux...
on était dans les directions régionales — donc, les demandes de
renseignements généraux. Il y a quelque chose qui m'a... qui m'a frappée quand
j'ai regardé les réponses, c'est le Fonds pour l'eau potable et le traitement
des eaux usées. Les frais de gestion sont très élevés. On est à 11 %,
alors que les autres programmes, ce sont tous des frais de gestion qui
oscillent entre 1 % et 2 %. Qu'est-ce qui explique des frais de
gestion aussi élevés pour... pour ce fonds?
Mme Laforest : Bien, en fait,
c'est un programme qui n'existe plus depuis qu'on est en poste.
Mme Dufour : Pardon?
Mme Laforest : Il n'existe
plus.
Mme Dufour : OK. Mais il est
quand même dans le tableau, là, des subventions qui ont été remises en...
jusqu'au 28 février 2023.
Mme Laforest : Ce sont des
anciens versements qui étaient dus.
Mme Dufour : OK. Bien,
c'était cher. Et je vais vous poser...
Mme Laforest : C'était dans
le temps de l'ancien gouvernement.
Mme Dufour : Je vais vous
poser une autre question. Il y a eu une vidéo qui a été payée par votre
ministère, une vidéo de Noël du ministre de la Métropole, un montant de
3 000 $, plus de 3 000 $. Donc, considérant qu'on a l'offre des
vidéos aussi qui sont offerts par l'Assemblée nationale, qu'est-ce qui explique
que, le ministre la Métropole, sa vidéo est payée par le ministère des Affaires
municipales?
Des voix : ...
Mme Laforest : OK. Bien,
c'est ça, je pose la question. Je vais vous dire, je ne suis pas au courant. C'est...
Parce qu'on a le ministre ou la ministre qui était là, la ministre de la
Métropole. Alors, je vais lui laisser répondre à cette question pour son vidéo.
Mme Dufour : C'est juste que
c'est sorti de votre ministère.
Mme Laforest : Oui, oui, oui.
Mme Dufour : C'est
réponse 6, ce qu'on a reçu.
Mme Laforest : Oui, parce que
ça relève de notre ministère quand même. Mais, le vidéo en tant que tel, je ne
l'ai même pas vu. Je vais... je vais aller le voir s'il est encore là, mais je
ne l'ai pas vu. Honnêtement, c'est la Métropole. C'est des montants qui sont
réservés pour la Métropole.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci,
Mme la ministre. Alors, nous allons... Nous en sommes maintenant... terminé du
côté de l'opposition. Alors, nous en sommes maintenant du côté ministériel, et
la parole au député de Lac-Saint-Jean pour un temps de 14 min 40 s.
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : Merci,
M. le Président. Tout d'abord, je tiens à saluer tous mes collègues ici avec
moi, Mme la ministre, les collègues aussi qui travaillent avec nous au... du
ministère, qui nous accompagnent, et aussi mes collègues de l'opposition qui
ont parlé, qui ont posé beaucoup de questions sur différents sujets, plusieurs
sujets, d'ailleurs. Et ça démontre à quel point que le ministère des Affaires
municipales est un... un ministère important, un grand ministère qui touche à
énormément d'éléments au niveau du territoire. Et on est aussi privilégiés, là,
de participer, là, à ces crédits budgétaires comme élus mais aussi comme
citoyens. Donc, c'est très important.
Puis j'ai beaucoup écouté, là, les
échanges qu'on a... qu'on a entendus, là, avec mes collègues de l'opposition
ainsi que Mme la ministre, puis on parle beaucoup de <budgets...
M. Girard (Lac-Saint-Jean) :
...
de l'opposition ainsi que Mme la ministre, puis on parle beaucoup de >budgets,
d'annonces importantes. Déjà, dans le programme PRIMEAU, on a fait un pas
majeur, extrêmement, extrêmement... des sommes... extrêmement important. On
parle de 2,4 milliards de dollars, mais aussi avec des objectifs,
hein, de développement durable, de priorisation de l'eau, d'infrastructures en
eau potable qui sont extrêmement importants.
Puis ça me ramène aussi un peu dans le
passé, parce que moi aussi, j'ai été... je suis un ancien élu municipaux. J'ai
été maire d'une municipalité. Je suis un député aussi de région et j'ai
beaucoup de municipalités aussi dans ma circonscription, avec une ville centre
aussi. Donc, je connais aussi les enjeux des villes et du milieu rural.
Puis on a entendu aussi beaucoup de
collaboration. Parce qu'on parle beaucoup de chiffres, c'est important, les
sommes, mais aussi il faut parler des services aussi qui sont offerts au niveau
des municipalités, dont le ministère, aussi, accompagne énormément les
municipalités... et qui collabore aussi, qui travaille en étroite
collaboration, en concertation avec les municipalités, et qui se déplace aussi,
et qui offre un service, là, moi, je vais le dire... C'est bien d'apporter des
éléments à améliorer, mais je pense aussi qu'on a l'occasion, dans les crédits
budgétaires, de parler aussi d'éléments qui sont positifs. Donc, il y a des
côtés aussi qui sont extrêmement importants, ce que le ministère peut apporter
aux municipalités.
Puis, Mme la ministre, vous en avez parlé
tout à l'heure, vous avez parlé, en ce moment, des municipalités qui
travaillent en collaboration pour des échanges de services. On sait que, dans
notre région, on a déjà des municipalités qui travaillent en ce sens. Le
ministère les encourage fortement. On sait qu'on a des défis, des municipalités
qui sont plus petites aussi, qui travaillent avec les MRC. Puis vous avez parlé
aussi... Il y a beaucoup de moyens. Puis, juste pour le bénéfice de ma collègue,
on a des façons et on permet aussi, le ministère, d'accompagner, mais on a
aussi des régies intermunicipales qui permettent aussi ce genre, aussi,
d'ententes qui sont extrêmement importantes. Bon, je voulais quand même... Tu
sais, je trouvais important, là, de revenir là-dessus. Puis on aura peut-être
l'occasion, Mme la ministre, d'en reparler.
Moi, Mme la ministre, je veux... Il y a
quelque chose qu'on a abordé, mais, je trouve, qu'on n'a pas assez abordé, puis
on va faire des liens avec le programme PRIMEAU : la question de la
gestion des actifs, des actifs en infrastructures. Moi, je trouve ça
extrêmement important parce que... Pour être un entrepreneur dans la vie, on
fait des plans d'affaires, on fait des plans d'actifs, productifs, de gestion
d'actifs, matériel roulant, tout ça, puis je sais qu'en ce moment on demande
aux municipalités, là... on veut que toutes les municipalités en aient un. Puis,
moi, pour avoir été maire, on en faisait, des plans de gestion des actifs en
infrastructures. Et c'est un moyen extrêmement important. C'est quelque chose
qui nous permet, justement, de bien investir les sommes, parce qu'on est
aussi... On a le devoir aussi, comme élus, que les sommes soient bien investies
aussi quand il y a des programmes au niveau de nos municipalités. Donc, c'est
un élément qui est prioritaire.
Puis j'aurais juste peut-être une
question, tu sais, Mme la ministre, parce que, oui, on a des sommes, mais on
fait des plans. On demande... On va demander aux municipalités des plans de gestion
des actifs en infrastructures, puis j'aimerais ça savoir pourquoi. J'ai un
élément de réponse, mais il y a d'autres choses aussi, je pense, qu'on veut
encourager avec ça, Mme la ministre. J'aimerais ça vous entendre là-dessus
aussi, s'il vous plaît.
• (15 h 20) •
Mme Laforest : Oui. Bien,
c'est bien parce qu'en même temps ça va me laisser... ça va me donner la chance
de parler un peu du nouveau PRIMEAU, puis de la politique nationale de l'aménagement
du territoire, puis également du plan de gestion des actifs, le plan de mise en
œuvre, les OGAT. Bref, c'est un tout. Ça va tout ensemble. Mais ce qu'on veut,
c'est laisser un legs, c'est vraiment laisser... penser à nos futures
générations. Parce que, la base, pourquoi on a décidé de travailler une
politique d'aménagement du territoire, c'est parce que... C'est incroyable de
penser qu'au Québec on a 40 milliards de déficits au niveau des actifs en
infrastructures, en eau et en aqueducs. Donc, c'est sûr qu'on s'est dit :
Si on avait planifié dès les 20 dernières années, même plus que ça, parce
que la LAU a 40 ans, si on avait mieux planifié notre territoire, bien, on
ne serait pas en déficit comme ça au niveau de nos infrastructures.
Donc, nous, ce qu'on s'est dit, c'est
qu'avec les municipalités on travaille très, très bien, mais on va féliciter,
on va bonifier l'aide aux municipalités qui travaillent bien, qui protègent les
infrastructures en eau. Parce que, souvent, c'est bien, faire des annonces dans
les municipalités pour une nouvelle caserne de pompiers, une nouvelle garderie,
une nouvelle école, mais on oublie parfois le sol, puis c'est là, notre eau
potable, c'est là que ça se passe. C'est l'essentiel puis c'est ça qu'on veut
valoriser dans nos municipalités. Puis on le voit, parce que, les municipalités
qui <ont un retard...
Mme Laforest :
...
dans nos municipalités. Puis on le voit, parce que, les municipalités qui >ont
un retard, qui n'avaient pas de plan de gestion des actifs, bien, on est en
rattrapage aujourd'hui. Donc, c'est pour ça que le PRIMEAU, c'est quand même
2,4 milliards. Il est bonifié. On ajuste les coûts aux deux ans, mais, en
même temps, on demande aux municipalités de déposer un plan de gestion des
actifs. On va le faire avec elles.
En 2019, je crois, on a lancé la stratégie
d'économie d'eau potable. Ça aussi, c'est une obligation. C'était lancé dans le
gouvernement précédent, c'était une très bonne idée, pour économiser l'eau
potable dans nos municipalités, baisser les fuites de 20 %. Donc, oui, on
va y arriver, mais il faut travailler sur tous les plans. Et c'est pour ça
maintenant qu'on se dit : S'il y a une meilleure planification, si les
municipalités nous déposent un plan de gestion des actifs, on va les accompagner.
Les municipalités ne le feront pas toutes seules. Bien, on va pouvoir investir
aussi dans le sol pour nos futures générations, pour laisser un legs à nos
enfants.
La bonification du PRIMEAU est vraiment
plus élevée. Parce qu'on parlait parfois du PRIMEAU, que l'aide était à
65 %. Maintenant, on va aller jusqu'à 95 % d'aide pour les projets en
infrastructures en eau, aqueducs, eaux usées dans les municipalités.
Donc, je pense qu'avec la politique
d'aménagement du territoire toutes nos régions seront considérées, seront
entendues. On ne fera pas de mur-à-mur, mais j'espère vraiment que, dans les
40 prochaines années, on aura réparé notre sous-sol au Québec. Mais ce
n'est pas parce qu'on n'aura pas pris les moyens. On aura les programmes
bonifiés, puis on repensera, et on aura une meilleure planification pour notre
territoire. Où on construit nos écoles, où on construit nos garderies, où on
construit nos routes, comme on le mentionnait, il faut que ce soit bien
réfléchi, bien planifié. Parfois, on n'a pas le choix de construire des
nouvelles routes, mais, si c'est bien réfléchi, bien, c'est pour l'avenir de
nos jeunes. Alors, je crois que c'est un legs à laisser à nos enfants.
Merci. Ça me laisse le temps de saluer
cette... cette politique-là et ce programme-là.
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : Moi,
bien, je trouvais ça important, parce qu'au lieu d'être dans une approche
punitive on est dans une approche, justement...
Mme Laforest : Constructive.
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : ...constructive
puis on en fait plus pour ceux et celles qui ont... qui apportent... nos
leaders, pour encourager nos leaders. Ça, c'est important. Puis ça vient,
justement, dans la nouvelle... dans le nouveau programme qui est PRIMEAU.
Puis, tout à l'heure aussi, on a parlé, en
fait... Parce qu'on sait, le ministère touche à différents... différents axes,
tu sais, puis il y a beaucoup, aussi, l'enjeu au niveau du ministère des
Transports, puis vous en avez glissé un mot. Mais, en ce moment, puis je vais
parler pour ma région, il y a des exemples, justement, avec le ministère des
Transports, les élus et les citoyens. Le ministère des Transports fait des
comités de citoyens pour régulariser des situations puis il fait participer la
population en ce moment. Donc, il y a vraiment une approche à ce niveau-là,
puis je pense que c'est important de le mentionner aussi, parce qu'on a des
projets pilotes, dans notre région, qui viennent de démontrer cet élément-là
qui est extrêmement important. Puis, le ministère des Affaires municipales, nos
directions régionales travaillent aussi en étroite collaboration au niveau de
ces enjeux-là.
On a parlé tout à l'heure, entre autres,
de la campagne de sensibilisation envers nos élus, toute la question de
l'intimidation, puis je trouve ça important. Puis on est un... Depuis qu'on est
en place, c'est... écoutez, c'est la... Tu sais, on n'en a jamais autant parlé,
puis il y a vraiment des mesures qui sont mises en place. Puis, oui, il y a des
budgets qui sont là à la demande de l'union, mais aussi il y a toute la
question du service qui peut être apporté avec nos directions régionales, qui
viennent aussi supporter nos municipalités dans des situations qui sont plus
difficiles, qui sont aussi des spécialistes.
Puis je trouve ça important, parce que
c'est vrai que... Tout à l'heure, tu sais, j'écoutais aussi ma collègue, puis
tout ça, puis on est tous des élus, puis je pense que c'est important de
sensibiliser de plus en plus la population, les gens, parce que c'est vrai
qu'on ne doit pas accepter l'intimidation. On doit dénoncer ça en tant qu'élus.
Si on veut aussi avoir des élus qui sont proactifs, qui s'impliquent dans
l'avenir, c'est important. Puis j'aimerais ça un peu, là, que vous... vous
entendre un peu plus sur la... cette campagne de sensibilisation de nos élus
là. Puis aussi il y avait déjà eu une annonce auparavant. Parce que je trouve
ça important, moi, qu'on en parle, Mme la ministre.
Mme Laforest : Bien, on est
tous ici, on est tous ensemble. Puis, en même temps, ça prend beaucoup de
courage, aller en politique, parce qu'on y va pour notre municipalité, on y va
pour nos projets régionaux. Donc, c'est essentiel. Puis je ne peux pas passer
sous silence le fait que, pendant deux ans, les gens étaient derrière les écrans.
Alors, parfois, on se permet des propos haineux, violents, derrière les écrans.
Puis c'est sûr qu'on a vu une montée, si je peux dire, fulgurante
d'intimidation. Alors, bien, ça fait réfléchir. Il y a eu des démissions dans
les municipalités, mais, nous, ce qu'on veut, c'est continuer <d'encourager...
Mme Laforest :
...
des démissions, dans les municipalités. Mais nous, ce qu'on veut, c'est
continuer >d'encourager nos élus qui sont présents.
Puis la campagne, c'est bien, parce que,
la campagne municipale qu'on a annoncée tous ensemble lundi ou mardi, je crois...
mardi matin, bien, tous les députés ici, à l'Assemblée nationale, l'ont
partagée et ont vu vraiment que, peu importe, parfois, une parole peut déranger
puis une parole peut décourager. Donc, au contraire, les élus, on doit se tenir
debout, parce qu'on y va... C'est un grand don de soi. Puis merci de saluer
cette publicité-là, cette politique-là, mais, comme on le mentionne, c'est
vraiment tous ensemble. On n'a pas de mérite. Parce qu'on doit se tenir
ensemble pour nos citoyens. Puis parfois... Il ne faut jamais oublier que,
derrière un élu, c'est un être humain, c'est une personne, c'est une mère,
c'est un père. Donc, il faut continuer tous ensemble. Parce que, hein, on le
sait très bien, quand on est élu, apparemment qu'on n'a pas droit à l'erreur, mais
l'erreur est humaine. Donc, on doit se pardonner. Puis tous ensemble, on va
continuer.
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : Oui,
c'est intéressant puis... Parce que moi, je trouvais important de le ramener
puis d'en parler encore parce que, quand il arrive des situations, c'est
dénoncé, mais c'est vite oublié. Donc, de le ramener, d'en parler, donc, on ne
l'oublie pas, puis ça sensibilise aussi la population. Ça sensibilise aussi la
population dans nos villages aussi. Ça, c'est important, parce que c'est des
petits milieux. Les gens se connaissent tous. Donc, je pense qu'à ce niveau-là
c'est extrêmement important.
Puis je fais un peu du coq à l'âne, là,
mais j'avais... je voulais revenir sur le plan de gestion des infrastructures.
Je pense qu'il y a un élément qui est important aussi, c'est que... puis qui
peut aussi aider, justement, parce que, des fois, la population ne comprend pas
toujours ce que la municipalité veut faire. Mais, des plans de gestion
d'infrastructures, je pense qu'à mon avis ça va... c'est excellent parce que ça
informe la population de ce qui s'en vient ou le pourquoi qu'on doit faire ça.
Mme Laforest : Exactement.
Vous avez raison. Puis plus on va considérer puis voir l'essentiel de nos
infrastructures en eau... D'ailleurs, l'eau potable, c'est une priorité. On a
lancé plusieurs messages. Il va y avoir d'autres messages qu'on va lancer pour
respecter et protéger notre eau potable. Mais je pense que... Moi, je pense
que, nos municipalités, l'environnement sera... encore encouragé d'investir
dans le sous-sol, comme je le mentionne très, très bien. Donc, parfois, il faut
penser qu'il faut commencer à la base, mais, des fois, il faut commencer
vraiment dans nos infrastructures essentielles pour nos citoyens.
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : Puis
je sais aussi qu'on a... Là, il y a le nouveau PRIMEAU. Il a été rehaussé. Normalement,
il y a des priorités...
Le Président (M. Schneeberger) :
...
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : Désolé.
30 secondes? Bon, bien, écoutez, M. le Président, ça m'a fait plaisir. Puis,
sur ce, salutations.
Mme Laforest : Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
merci à vous tous.
Adoption des crédits
Alors, avant de conclure, nous allons...
Étant donné que le volet Affaires municipales des crédits budgétaires du
portefeuille Affaires municipales et Habitation est presque écoulé, nous allons
maintenant procéder à la mise aux voix des crédits. Alors, il y en a six. Alors,
le programme 1, intitulé Soutien aux activités ministérielles, est-il
adopté?
Des voix : Adopté.
Des voix : Sur division.
Le Président (M. Schneeberger) : Adopté
sur division. Le programme 2, intitulé Modernisation des infrastructures
municipales, est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Des voix : Sur division.
Le Président (M. Schneeberger) : Adopté
sur division. Le programme 3, intitulé Compensations tenant lieu de taxes
et soutien aux municipalités, est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Des voix : Sur division.
Le Président (M. Schneeberger) : Adopté
sur division. Le programme 4, intitulé Développement des régions et des
territoires, est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Des voix : Sur division.
Le Président (M. Schneeberger) : Et
ici, bon, je ne sais pas s'il y a une erreur, mais j'ai le programme 6,
mais il n'y a pas de programme 5. Alors, on va y aller comme ça. Le
programme Commission municipale du Québec est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Des voix : Sur division.
Le Président (M. Schneeberger) : Adopté
sur division.
Documents déposés
En terminant, je dépose les réponses aux
demandes de renseignements des oppositions.
Alors, compte tenu de l'heure, la
commission ajourne ses travaux au mardi... (panne de son) ...où elle
entreprendra l'étude du volet Métropole des crédits budgétaires du portefeuille
Affaires municipales et Habitation. Alors, à toutes et à tous, je vous souhaite
un bon retour en circonscription, et on se revoit mardi.
(Fin de la séance à 15 h 30)