(Neuf
heures quarante-huit minutes)
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
bonjour à tous. Alors, ayant le quorum, je déclare la Commission de
l'aménagement du territoire ouverte.
Alors, nous
poursuivons les études détaillées du projet de loi n° 31,
Loi modifiant diverses dispositions législatives en matière d'habitation.
Est-ce que nous avons
des remplaçants, M. le secrétaire?
Le Secrétaire :
Oui, M. le Président. Mme Setlakwe (Mont-Royal—Outremont)
est remplacée par Mme Dufour (Mille-Îles).
Étude détaillée (suite)
Le Président (M.
Schneeberger) : Parfait. Merci beaucoup. Alors, lors de l'ajournement
de nos travaux, la semaine passée, nous étions à l'article... l'amendement qui
introduisait un article 1.2, qui avait été déposé par le député de Laurier-Dorion. Il en avait fait la
lecture. Alors, dans le fond, je vous laisse... député de Laurier-Dorion, je
vous laisse continuer, parce que la lecture avait été faite, si ma mémoire est
bonne, mais je pense que vous avez débuté plus, là, au niveau de l'explication
du dépôt de l'amendement. Voilà.
• (9 h 50) •
M.
Fontecilla : Merci, M. le Président. En effet, nous avions terminé, la
semaine dernière... j'avais un... sur l'article 1938 du Code civil du
Québec, un article qui a son importance parce qu'il traite tout
particulièrement du droit au maintien dans les lieux. Donc, comme vous le
savez, M. le Président, c'est... le droit en maintien dans les lieux, c'est la pierre d'assise de notre
législation construite depuis le début des années 80, là, concernant les
relations entre les locateurs et
locataires. Et donc ça concerne plus précisément le fait de permettre une
exception, si je peux m'exprimer ainsi, aux nouvelles dispositions présentées
par le gouvernement de la CAQ, là, concernant la cession du bail, là. C'est une
exception qui concerne plus particulièrement les colocataires.
Vous
n'êtes pas sans savoir, M. le Président, qu'au Québec c'est un phénomène qui
est quand même très répandu, donc, le
fait que deux personnes qui n'appartiennent... qui n'ont pas de liens
familiaux, si l'on peut dire, vivent ensemble, se partagent un logement.
Et cette colocation peut être de courte durée ou de très longue durée. On
connaît le phénomène de la colocation, plus particulièrement chez les étudiants
et étudiantes. Elle peut s'étaler... souvent, elle concerne juste le temps d'un
bail d'une année ou ça peut aussi concerner plusieurs années.
Donc, on sait que la
disposition présentée par la ministre de l'Habitation concerne, à toutes fins
pratiques, à vider de sa substance la
cession du bail telle qu'on la connaît maintenant. Maintenant, le locateur
pourra contester une cession du bail
par un motif autre que sérieux. Donc, ça peut être un motif non sérieux, la
cession du bail. Ça fait qu'en fait cette disposition-là qui avait été
demandée, exigée par les associations de propriétaires au début des
années 70, dans un contexte immobilier
complètement différent, il est vrai, mais... aujourd'hui, bon, il y a
l'intention de la retirer, sauf qu'il y a quand même certains cas de
figure qui méritent une attention plus particulière afin de voir la possibilité
de maintenir la possibilité de la cession du bail sans possibilité de
contestation sans motif sérieux. Et c'est le cas, par exemple, des
colocataires, tel que je vous le mentionnais depuis le début.
Et donc, ce que
j'introduis dans l'article 1938 qui protège déjà l'époux ou le conjoint
uni civilement d'un locataire à rester dans les lieux, même avec une cession du
bail, là... donc, on rajouterait le colocataire qui habite depuis au moins 12 mois «au maintien dans les
lieux selon les mêmes modalités». Donc, dans cet... l'esprit de cet
article-là, c'est permettre concrètement à ce qu'un locataire qui est titulaire
d'un bail, qui a signé un bail, puisse le transmettre, puisse le céder à son
colocataire qui a vécu avec cette personne-là depuis au moins 12 mois,
sans possibilité de contestation sans motif sérieux, c'est important de
rajouter, toujours.
Donc, c'est le sens
de mon amendement, parce qu'on sait que ces personnes-là vivent... les
colocataires vivent... nous, on a indiqué
12 mois, mais elles peuvent habiter dans le même logement avec le
signataire du bail officiel depuis plusieurs années. Et cette
personne-là a droit aussi au maintien dans les lieux selon les mêmes modalités.
Donc, à l'article 1938 du Code civil, on rajoute le fait, et je
cite : «Une personne qui, sans être nommée au premier alinéa, habite avec
le locataire depuis au moins 12 mois a également droit au maintien dans
les lieux selon les mêmes modalités.» Fin de citation.
Donc, la question est
à savoir si la ministre serait prête à introduire cette exception-là qui me
paraît tout à fait justifiée. Merci.
Le Président (M.
Schneeberger) : Est-ce qu'il y aurait une réponse, Mme la ministre?
Mme Duranceau : Oui. Merci, M. le
Président. Écoutez, je comprends l'intervention, là, du député de
Laurier-Dorion sur cette question-là. Par contre, moi, je pense que c'est
important que les colocataires, justement, ils soient bien protégés aussi puis qu'ils... donc
qu'ils puissent jouir de la même protection qu'un locataire, puis pour
faire ça, bien, il faut être inscrit au bail.
Donc, les gens qui sont en colocation, puis ça
va bien, puis qu'il y a des bonnes relations avec le propriétaire, je ne vois pas comment... Je me dis, ces gens-là
devraient consulter ou discuter avec leur propriétaire, se faire
inscrire au bail, puis comme ça les choses
se font dans les règles de l'art, des deux côtés, le locataire ou... le
locataire qui devient... le colocataire qui devient, lui aussi, partie
prenante au bail sera protégé compte tenu, là, des règles existantes. Puis le locateur, le propriétaire, bien, va savoir qui
habite dans son logement aussi parce que les bons noms des bonnes
personnes vont être sur le bail.
Donc, ce
n'est pas dans mon intention, là, de modifier l'article 1938, tel que le
propose le député de Laurier-Dorion, pour la raison que j'évoque.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
va? Député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : Oui. Merci, M. le
Président. Donc, la ministre nous propose, à la place, d'inviter les colocataires à s'inscrire au bail. Donc, je...
comment dire, je lui conseille d'informer l'ensemble des colocataires du
Québec, là, que, s'ils veulent être protégés d'une... s'ils veulent se
prévaloir, plutôt, d'une éventuelle protection en cas de cession de bail, là,
si notre amendement est adopté, bien, de s'inscrire rapidement à la cession
de... au bail, là.
Et, même si ce n'est pas le cas, je pense que
l'ensemble des colocataires qui ne sont pas inscrits dans un bail, là, auraient intérêt aujourd'hui, au Québec, de
savoir que, lorsque le signataire principal... bien, le seul signataire au
bail a décidé de ne pas reconduire son bail,
ils peuvent être passibles de... bien, d'une... comment dire, d'une sortie, je
ne l'appellerai pas éviction parce que l'éviction, c'est une procédure
légale, là, mais ils n'ont plus le droit de rester formellement dans le même logement,
à moins que le locateur veuille bien acquiescer à leur... acquiescer au fait de
leur allouer, en quelque sorte, le droit de maintien dans le lieu.
Donc, c'est
important que les colocataires sachent aujourd'hui, là, que, si jamais le
signataire du bail, pour une raison
quelconque, décide de partir, bien, ils n'ont plus aucune protection, alors
qu'avec l'amendement que je viens de déposer,
qui ne me paraît pas exagéré, les colocataires qui vivent depuis au moins
12 mois ont aussi droit au maintien dans les lieux selon les mêmes
modalités. Ces personnes-là ont vécu dans ce logement-là au moins depuis
12 mois et, selon la définition du droit, ils auraient aussi, selon moi,
un droit au maintien dans les lieux. Ce qu'il s'agit ici, là, c'est de respecter ce droit-là, fondamentalement,
qui, encore une fois, tel que je le disais au début de mon intervention,
constitue une pierre d'assise de notre... du droit régissant les relations
entre locateurs et locataires.
Pourquoi une
personne qui habite depuis 12 mois dans un logement n'aurait pas le droit
au maintien dans les lieux, alors que, par exemple... alors que, par
exemple, un époux, un conjoint uni civilement... d'un locataire, oui, il aurait
ce droit-là? Vous allez me dire : Oui, il y a un lien, un lien formel qui
est établi entre le signataire du bail et une autre personne, un époux ou un conjoint uni civilement, mais il y a, dans le
cas d'un colocataire, il y a aussi un lien, un lien qui est celui d'une
amitié, ou une relation d'entraide, ou que sais-je. Il y a un lien, mais cette
personne-là demeure dans le logement, là.
Le
législateur a bien pris la peine de spécifier certaines exceptions au droit
pour maintenir les personnes dans un... dans son logement, par exemple, l'époux ou les conjoints unis civilement.
Le Code civil prévoit même qu'au moment de son décès la personne qui habite avec le locataire... Et je lis
l'article 1938 : «La personne qui habite avec le locataire au
moment de son décès a le même droit et devient locataire.» Et je vous fais remarquer,
M. le Président, qu'ici on ne spécifie pas le lien... un lien conjugal,
là, c'est «la personne qui habite avec le colocataire». Ça peut être un ami, ça
peut être un peu plus qu'un ami, un peu moins qu'un ami, on n'en fait pas
mention, on ne qualifie pas le lien. C'est seulement le fait d'habiter avec le
locataire qui a signé le bail.
• (10 heures) •
Donc, en
quelque sorte, le législateur a déjà prévu des exceptions pour... on va
l'appeler, de façon générique, un colocataire,
dans le cas d'un décès, par exemple, du signataire du bail. Pourquoi ne pas
étendre cette protection-là aux... à tous,
à tous les locataires, dans le cas spécifique, encore une fois, de la cession
du bail, là? Parce que cette personne-là, et je réitère, cette
personne-là qui est colocataire habite quelque part et aussi a le droit au
maintien dans les lieux, dans l'absolu, même
si, encore une fois, le Code civil ne spécifie pas ce cas de figure très
particulier, là. Donc, pour nous, c'est important, encore une fois, de
respecter le plus possible et dans les plus de cas possibles, les cas de figure
possibles, le droit au maintien dans les lieux, et donc les colocataires ont
aussi une... ont aussi ce droit-là.
Je l'ai dit à plusieurs reprises, et d'autres
personnes l'ont dit aussi, là, nous sommes tous consommateurs et consommatrices
d'habitations, qu'on soit locataire, propriétaire, colocataire, etc., là. Mais
il y a une seule catégorie qui n'est pas
consommatrice, c'est les personnes en situation d'itinérance, et même là, et
même là, il y en a qui trouvent la façon
de se donner un toit, une tente qu'ils vont installer dans différents endroits
de nos villes pour se donner, justement, ce... un toit. Donc, le
colocataire aussi aurait le droit à... a le droit à un toit, a le droit et, puisqu'il
est resté au moins 12 mois avec un signataire d'un bail, il a aussi droit
dans le bail, là.
Donc, tout ce qu'on demande ici à la ministre de
l'Habitation, c'est d'étendre un tout petit peu la protection donnée par une cession du bail sans possibilité de
contestation sans motif sérieux au colocataire. Il me semble que c'est
un minimum qu'on peut faire pour protéger davantage des gens du fait de devoir
quitter son chez-soi, avec tous les préjudices que cela suscite. Et le
principal préjudice, c'est non seulement le déménagement, le déracinement,
etc., là, mais aussi l'appauvrissement,
puisque se trouver un nouveau loyer va coûter beaucoup, beaucoup plus cher. Et
justement, c'est important de le dire, les
personnes qui se retrouvent en situation de colocation, autant pour le
signataire principal du bail que pour
ce locataire qui est... ce colocataire, qui n'apparaissent pas dans le bail,
là, c'est un motif économique, c'est pour diviser la facture du loyer, c'est pour payer
moins cher. Donc, la plupart de ces personnes-là, la principale
motivation pour aller vivre en colocation, c'est de diminuer les frais de
l'habitation, ce qui est une façon tout à fait légitime et justifiée de voir
cet aspect-là, parce qu'on le sait, là, les paiements de l'habitation, c'est
les principals frais d'une personne ou d'un ménage.
Donc, en
faisant... lorsque le locataire quitte le logement et... quitte le logement et
il est signataire d'un bail, là, toutes
les personnes qui vivent avec lui, probablement, devront quitter, aller se
chercher un nouveau toit et vont payer beaucoup, beaucoup plus cher
dans... surtout dans l'état d'emballement spéculatif, là, que connaît le
secteur locatif, et non seulement le secteur locatif, mais en particulier le
secteur locatif.
Donc, c'est
un appauvrissement assuré, un appauvrissement certain pour les colocataires.
Donc, d'autant... cette situation justifie d'autant plus d'attirer le
regard du législateur, d'attirer le regard de la ministre de l'Habitation, qui
doit se préoccuper de tout le monde et leur accorder la possibilité d'être
bénéficiaires d'une cession de bail sans possibilité de contestation puisqu'ils
restent déjà... encore une fois, je réitère, ils restent déjà dans le même
logement.
Donc, dans un
souci de s'occuper des personnes qui... plus vulnérables qui paient déjà... qui
essaient, tant bien que mal, avec des
sacrifices, de diminuer la facture d'un loyer, il serait tout à fait justifié
que la ministre leur accorde cette possibilité-là,
donc, celle d'ajouter à l'article 1938 l'effet d'une personne qui, sans
être nommée au premier alinéa, habite avec le locataire depuis au moins
12 mois a également droit au maintien dans les lieux selon les mêmes
modalités.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci,
M. le député de Laurier-Dorion. Est-ce que nous avons d'autres commentaires là-dessus? Non, ça va? Alors, s'il
n'y a pas d'autre commentaire, nous allons mettre aux voix l'amendement proposé par le député de Laurier-Dorion. Alors...
Laurier-Dorion, je vous demande si vous voulez appeler le vote nominal.
Habituellement, vous faites ça.
M.
Fontecilla : J'aurais une question, juste une vérification,
monsieur... Mme la ministre. S'il y a deux personnes qui sont
signataires d'un bail pour un appartement, par exemple, je veux clarifier la
situation, s'il y en a une, de ces
personnes-là, qui décide de partir, qu'arrive-t-il avec le bail, là? Il est au
nom de qui? Est-ce que la personne qui part est encore responsable du
bail?
Mme Duranceau : C'est celui qui
reste qui demeure responsable du bail.
M. Fontecilla : Mais sur le bail
demeure le nom de l'ancien colocataire qui est parti, là.
Mme Duranceau : Est-ce que... M. le
Président, est-ce que le président du tribunal peut répondre?
Le
Président (M. Schneeberger) : Oui, s'il y a consentement. Consentement? Oui.
Alors, monsieur, vous nommer par votre nom, prénom et votre titre.
M. Simard (Patrick) : Merci, M. le
Président. Alors, Patrick Simard, président du Tribunal administratif du
logement.
Pour répondre à votre question, M. le député,
c'est qu'il faut voir c'est quoi, les modalités du départ. Alors, s'il y a une
cession en faveur de l'un ou de l'autre puis il n'en demeure qu'un seul, la
totalité du bail demeure à la responsabilité,
avec les droits et obligations, à celui qui demeure au logement, si l'autre lui
a cédé l'ensemble de sa part.
Dans la
mesure où l'autre va quitter tout simplement, il peut y avoir un litige,
cependant, sur qui est responsable de
quoi, parce que, s'il y avait un engagement entre les deux colocataires, parce
qu'on représente toujours le fait que c'est bien d'avoir un contrat entre eux, bien, c'est possible que l'un dise à
l'autre : Bien, écoute, moi, j'avais juste la moitié du loyer à payer, quid maintenant, qu'est-ce qu'on
fait de tout ça? Alors, le fait que celui qui aurait quitté, dans
l'hypothèse, ne quitterait pas le loyer, le
tribunal pourrait résilier le bail par défaut d'avoir acquitté la totalité des
sommes qui sont dues.
Donc, il faut voir chacun des cas d'espèce, mais
je dirais, généralement, là, ce qui se passe, c'est que lorsque l'un quitte,
bien, les obligations sont transférées à celui qui demeure. Il ne semble pas y
avoir beaucoup de litiges à cet égard-là, d'une part, parce que celui qui est
déjà... qui est déjà là a déjà fait preuve de son bon comportement, sinon il y
aurait une démarche. Et il n'y a pas d'enjeu de capacité de paiement, c'est
comme... C'est l'hypothèse de base, là, parce qu'il n'y a pas eu de demande
dans ce sens-là.
Donc, je ne vois pas comment est-ce qu'il y
aurait de problématique à verser les obligations de l'un à l'autre, mais chacun
des cas peut être analysé à la lumière des faits qui sont apportés, cependant.
M. Fontecilla : D'un point de vue...
Le Président (M. Schneeberger) : Député
de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : Oui, merci, M. le
Président. D'un point de vue pratique, là, vous avez utilisé le terme... Un des
colocataires qui est signataire du bail cède... Vous avez utilisé ce terme-là.
Je veux bien m'assurer... Est-ce qu'on parle de la cession qui concerne notre
objet de discussion dans le PL n° 31 ou on parle d'une cession en termes très,
très généraux? Mais concrètement, aussi, là, qu'est-ce qui se passe, là, avec
le bail? Est-ce qu'on doit signer un nouveau bail avec le nom d'une seule
personne? Est-ce qu'on doit rayer... Est-ce qu'on doit aller au TAL? C'est une
entente à l'amiable? Comment... concrètement, comment ça doit se passer, là?
M. Simard
(Patrick) : Alors, dans la mesure où tout est possible, là, par
négociation, par consensualisme, toutes les situations que vous évoquez sont
dans l'ordre de la possibilité de ce qui pourrait se passer, mais ce dont je
parlais tout à l'heure, quand j'ai utilisé le mot «céder», c'est au sens où on
l'entend au Code civil. On cède nos obligations à l'autre, tout simplement.
Donc, c'est le transfert des obligations au sens du Code civil.
M. Fontecilla : ...c'est codifié
dans un nouveau bail, cette cession-là, ce transfert de responsabilité, ou
c'est seulement une entente verbale, là?
M. Simard (Patrick) : Alors, si
c'est un... si c'est une cession, pardon, on va envisager le fait qu'il y a eu
un avis à l'effet que les droits et obligations sont cédés. Donc, il y a un
écrit, mais on n'est pas obligés de resigner un nouveau bail du tout. Alors, le
bail est complété par la cession qui est intervenue entre les parties ou la
convention écrite que les gens puissent... que les gens pourraient avoir
conclue entre elles. Donc, on n'a pas besoin de resigner un bail, pour répondre
à votre question.
• (10 h 10) •
M.
Fontecilla : Et est-ce qu'un propriétaire pourrait contester
cette... comment dire, ce transfert de responsabilité de...
M. Simard (Patrick) : La réponse,
c'est oui, mais encore faut-il avoir des motifs. Tout est possible, là, de contester, mais il faut avoir des bons motifs pour
être capable d'aller de l'avant dans sa contestation. Donc, il faut voir le cas d'espèce. Comme je vous disais tout à l'heure, dans la mesure où il n'y
a pas d'enjeu quant au comportement, la capacité de payer, je ne vois pas
comment est-ce qu'il pourrait y avoir un enjeu qui serait porté devant le TAL,
mais tout est possible.
M.
Fontecilla : Donc, dans le cas qui nous concerne, un
colocataire qui est signataire du bail, mais l'autre n'est pas
signataire du bail, il n'y a pas de transfert dans la... il n'y a pas de
transfert automatique du bail, en quelque sorte. C'est seulement si le
colocataire est signataire... le deuxième colocataire est signataire du bail
qu'il y aurait comme un transfert de...
M. Simard (Patrick) : C'est exact.
M. Fontecilla : Très bien. Donc,
encore une fois, les colocataires, en tout temps, pourraient être protégés
contre une éventuelle éviction. En tout cas, les colocataires qui ne sont pas
signataires d'un bail auraient intérêt, en toute situation, de signer le bail,
de faire apparaître son nom sur le bail.
M. Simard (Patrick) : Absolument,
pour être à la fois responsable des obligations, mais également avoir les
droits qui sont titulaires du bail, effectivement.
M. Fontecilla : En d'autres mots,
s'ils ne sont pas signataires du bail, dans le cas d'une... comment dire, d'un
signataire de bail qui quitte, le colocataire n'a aucune protection dans le cas
qui nous concerne?
M. Simard (Patrick) : Ce que le Code
civil prévoit, c'est que le locataire a droit au maintien dans les lieux, le
locataire.
M. Fontecilla : Pas la personne qui
habite avec lui, qui serait comme... connue comme colocataire?
M. Simard (Patrick) : À l'exclusion
de ceux et celles énoncés à 1938 du Code civil.
M. Fontecilla : Donc, l'époux, le
conjoint...
M. Simard (Patrick) : Parent, allié.
M. Fontecilla : Très bien, mais je reviens...
Dans le cas du décès d'un... par exemple, du signataire du bail, le Code civil
spécifie que c'est la personne qui habite avec le locataire, donc c'est toute
personne... la personne qui habite avec le locataire au moment de son décès a
le même droit et devient locataire. Il n'y a plus de mention d'un lien de
filiation particulier, là.
M. Simard (Patrick) : Oui, si on lit
1938 du Code civil du Québec, vous avez tout à fait raison.
M. Fontecilla : Donc, dans l'esprit
du législateur, en quelque sorte, toute personne encore... au moment de rédiger
cet article-là, toute personne qui a... qui habite avec un détenteur d'un bail
aurait... dans le cas d'un décès, aurait droit au maintien dans les lieux?
M. Simard (Patrick) : C'est l'état
actuel des choses.
M. Fontecilla : Très bien. Et
pourquoi, si c'était l'esprit du législateur dans le cas d'un décès, est-ce que
ça ne pourrait pas être l'esprit de l'ensemble de l'article 1938? Et je pose la
question à la ministre cette fois-ci.
Mme Duranceau : Il
y a un contexte, là, quelqu'un décède. Ce n'est pas un événement qui est
planifié, ce n'est pas un événement... C'est un événement soudain. Alors là, on
vient protéger la personne qui habite avec la personne décédée. La personne qui
habite là n'a rien fait, là, pour que cette situation-là se produise, puis le
décédé, il n'a pas choisi probablement de décéder non plus, là. Donc, je pense,
le contexte est différent, puis ça ne s'applique pas à l'ensemble de l'oeuvre,
là.
M. Fontecilla : Mme la ministre nous
soulève le fait que ça n'a pas... un décès n'est pas planifié...
Mme Duranceau : ...si vous voulez,
là.
M. Fontecilla : ...de façon
générale, de façon générale, mais, écoutez, Mme la ministre, il y a plein de
choses qui ne sont pas planifiées dans la vie. Par exemple, le détenteur d'un
bail se trouve un emploi dans une autre ville, par exemple, il doit déménager,
le fait est que, lorsque le législateur a introduit, et on sait que le
législateur ne parle pas pour rien dire, a
introduit la notion que toute personne qui habite avec le locataire au moment
du décès du signataire du bail a les
mêmes droits et devient le locataire... Donc, il a introduit cette notion-là et
il s'agit maintenant, de façon logique, de la compléter et de l'étendre
à l'ensemble des colocataires, puisqu'on avait déjà établi, et bien établi, le
droit du colocataire à rester dans les lieux, là, après le décès du signataire
du bail, là.
Donc, ce droit-là du colocataire est déjà
reconnu par le locataire. Il y a, donc, comment dire, un aspect... sans que ce
soit justifié, ni expliqué, ni spécifié dans le Code civil, là, il y a, par le
fait même, une limitation arbitraire, dirais-je,
du droit du colocataire à rester dans les lieux, là, parce que, dans le moment
de son décès, toute personne a le droit de rester dans les lieux, mais,
dans le même article, on met une limitation, là, encore une fois, arbitraire,
parce que c'est seulement dans le cas d'un décès, mais pas dans les autres cas.
Pourquoi cette incohérence-là et pourquoi ne pas la résoudre par le fait de
donner au colocataire le droit d'exercer son droit de maintien dans les lieux?
Mme
Duranceau : Je le répète, il faut faire une distinction entre
un événement, un événement soudain ou pas, là, mais... comme un décès,
et le choix d'une personne de quitter, d'accepter un emploi ailleurs, de
vouloir plus grand, plus petit, de se relocaliser. Alors, il y a un contexte de
choix versus un contexte d'événement soudain non planifié. Je pense, c'est ça,
la distinction qu'il faut faire avec la notion de décès versus tout autre
événement possible.
Puis peut-être pour conclure, là, j'ajouterais
que, comme le mentionnait, là, M. Simard... Me Simard, quand il y a une bonne
entente entre les locataires puis leur propriétaire, là, toutes ces choses-là
se discutent, s'expliquent, puis tu mets ça sur le bail. Puis, je comprends,
là, il faut voir toutes les situations, mais la très grande majorité des
locataires et des propriétaires s'entendent puis font en sorte que c'est le
meilleur qui arrive pour les deux, là.
Alors, je sais que vous dépeignez souvent, là,
les pires situations, puis c'est vrai, il y a des... puis c'est ce qu'on essaie d'amoindrir, là, avec ce... avec ce
projet de loi là, de protéger les gens qui sont les plus vulnérables,
mais moi, je pense que, quand il y a une
cohabitation, puis que les choses sont faites ouvertement, de manière
transparente, puis que les locataires en
discutent, les colocataires en discutent avec leur propriétaire, les choses
vont se faire comme il faut. C'est
sûr que, si on cherche à cacher ce qu'on fait puis à passer ça en catimini,
bien, ce n'est pas optimal. Ce n'est pas optimal pour les deux parties.
Alors, moi, j'encourage les gens à être
transparents, à ce qu'il y ait une discussion franche, à ce que les gens
collaborent puis que les droits, aussi, des deux parties soient respectés dans
la mesure où l'entente, elle est claire puis elle est documentée. Ça fait que
je pense qu'on devrait tendre vers ça plutôt que de tout essayer de prévoir les
cas dans la loi, là.
Le
Président (M. Schneeberger) : Merci, Mme la ministre. Malheureusement, votre
temps est écoulé, le 20 minutes est fait. Alors, s'il n'y a pas d'autre
commentaire, nous allons mettre aux voix l'amendement proposé par le député de
Laurier-Dorion par appel nominal. Alors, M. le secrétaire.
Le Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Fontecilla (Laurier-Dorion)?
M. Fontecilla : Pour.
Le Secrétaire : Mme Duranceau
(Bertrand)?
Mme Duranceau : Contre.
Le Secrétaire : Mme Jeannotte
(Labelle)?
Mme Jeannotte : Contre.
Le Secrétaire : Mme Dionne
(Rivière-du-Loup—Témiscouata)?
Mme Dionne : Contre.
Le Secrétaire : M. Gagnon
(Jonquière)?
M. Gagnon :
Contre.
Le Secrétaire : M. Girard
(Lac-Saint-Jean)?
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : Contre.
Le Secrétaire : Mme Dufour
(Mille-Îles)?
Mme Dufour : Abstention.
Le Secrétaire : M. Schneeberger (Drummond—Bois-Francs)?
Le Président (M. Schneeberger) : Abstention.
Alors, l'amendement est rejeté. Alors, nous... oui?
M. Fontecilla : ...
Le Président (M. Schneeberger) : Est-ce
que vous l'avez déposé au greffe?
M.
Fontecilla : Est-ce qu'il a été déposé... une minute de
suspension, on va l'envoyer dans les secondes qui suivent.
Le Président (M. Schneeberger) : Est-ce
que vous voulez qu'on passe à un autre article puis que... le temps que vous
pouvez le déposer?
M. Fontecilla : ...
Le Président (M. Schneeberger) : OK.
Alors, nous allons suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 10 h 19)
(Reprise à 10 h 23)
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
nous reprenons les travaux. Alors, avant le dépôt officiel, j'ai besoin du
consentement pour le dépôt de l'amendement étant donné que l'article, la
numérotation est 1.1, et, dans la chronologie,
étant donné que nous étions à 1.2, c'est comme un retour en arrière. Alors,
j'ai besoin d'un consentement pour le dépôt. Est-ce que j'ai le consentement?
Consentement. Alors, M. le député de Laurier-Dorion, allez-y.
M.
Fontecilla : Oui, merci, M. le Président. Donc, c'est toujours
autour de l'article 1938 du Code civil, concernant le droit au
maintien dans les lieux et, plus précisément, qui, dans les cas... dans
différents cas de figure, à un droit au maintien dans les lieux. Donc, c'est
l'article 1.1 modifiant l'article 1938 du Code civil du Québec.
Insérer, après l'article 1 du projet de
loi, le suivant :
1.1. L'article 1938 de ce code est modifié
par l'ajout, après le premier alinéa, du suivant :
«Une personne qui, sans être nommée au premier
alinéa, habite avec le locataire depuis au moins 24 mois a également droit
au maintien dans les lieux selon les mêmes modalités.»
L'article de 1938 du code, tel qu'amendé, se
lirait comme suit :
«L'époux ou
le conjoint uni civilement d'un locataire ou, s'il habite avec ce dernier
depuis au moins six mois, son conjoint de fait, un parent ou un allié, a
droit au maintien dans les lieux et devient locataire si, lorsque cesse la
cohabitation, il continue d'occuper le logement et avise le locateur de ce fait
dans les deux mois de la cessation de la cohabitation.
«Une personne qui, sans être nommée au premier
alinéa, habite avec le locataire depuis au moins 24 mois a également droit
au maintien dans les lieux selon les mêmes modalités.
«La personne qui habite avec le locataire au
moment de son décès a le même droit et devient locataire, si elle continue
d'occuper le logement et avise le locateur de ce fait dans les deux mois du
décès; cependant, si elle ne se prévaut pas
de ce droit, le liquidateur de la succession ou, à défaut, un héritier, peut
dans le mois qui suit l'expiration de ce délai de deux mois, résilier le bail en donnant au locataire un avis
d'un mois. Dans tous les cas, la personne qui habitait avec le locataire
au moment de son décès, le liquidateur de sa succession ou l'héritier n'est
tenu, le cas échéant, au paiement de la
partie du loyer afférente au coût des services qui se rattachent à la personne
même du locataire qu'à l'égard des services qui ont été fournis du
vivant de celui-ci. Il en est de même du coût de tels services lorsqu'ils sont
offerts par le locateur en vertu d'un contrat distinct du bail.»
Voilà, M. le Président, c'est
l'article 1938 amendé avec ma proposition, c'est, fondamentalement,
approfondir la notion de droit de maintien dans les lieux. Dans ma première
version, j'ai proposé que le colocataire qui
est resté... qui a demeuré avec le signataire du bail au moins depuis
12 mois a également droit au maintien dans les lieux selon les mêmes modalités. Maintenant, je
l'étends à 24 mois. C'est deux ans, c'est beaucoup, quand même.
Donc, il me semble qu'une personne qui a vécu 24 mois dans un même logis
devrait, en toutes circonstances, ou presque, ou, en tout cas, dans l'absolu, bénéficier du
droit au maintien dans les lieux même si le colocataire principal, qui est
celui qui a signé le bail, devient... décide de partir et de ne plus exercer
son droit de signataire de bail.
Et vous aurez remarqué, à la lecture de
l'article 1938, M. le Président, là, le soin qu'a pris le législateur pour définir qu'est-ce qui se passe lorsqu'il y a un...
bien, en tout cas, que le signataire principal du bail décède. Il y a
toute une mécanique qui est mise en place par rapport à son colocataire sans
égard au lien de filiation qu'il peut y avoir entre ces locataires... entre les deux colocataires. L'article 1938 fait
bien mention... en fait, il spécifie que c'est toute personne qui habite
avec le locataire au moment de son décès.
Donc, il n'y
a plus, ici, de notion de filiation familiale, par exemple, un époux, un
conjoint de... uni civilement d'un
locataire. C'est toute personne. Il me semble que les députés qui font partie
de cette commission-là doivent être... prendre conscience de l'intention
du législateur, qui, dans le cas d'un décès, donne à toute personne qui
habitait avec le... qui habite avec ou qui habitait avec la personne décédée le
droit au maintien dans les lieux.
Donc, mon amendement, encore une fois, consiste
à étendre à 24 mois le délai d'une... pour être bénéficiaire d'une cession de
bail sans possibilité de contestation sans motif sérieux. Tout locataire qui,
bon, encore une fois, reste depuis au moins
24 mois avec la personne... deux ans, là, à rester dans un logement, je
réitère, c'est un long délai, et cette personne-là devrait avoir droit
au maintien dans les lieux.
Et, en même temps, je profite, M. le Président,
pour poser une question plutôt technique, là. Lorsque... Dans
l'article 1938 du code, lorsqu'on parle d'un allié, à qui fait-on
référence?
Le Président (M. Schneeberger) : Oui,
merci. Alors, est-ce que nous avons une réponse pour ça, peut-être, une
question assez technique?
Mme Duranceau : On va vous répondre
sur l'allié.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors...
M. Simard (Patrick) : Ce ne sera pas
long, M. le Président, parce que j'avais prévu la question, mais je ne l'ai pas
sous la main. Alors, je vais vous arriver avec la réponse rapidement.
Le Président (M. Schneeberger) : OK.
Nous allons suspendre, le temps d'avoir la réponse.
(Suspension de la séance à 10 h 30)
(Reprise à 10 h 32)
Le
Président (M. Schneeberger) : Alors, nous reprenons les travaux. Alors, je pense
que nous avons une réponse.
M. Simard (Patrick) : Oui. Alors, M.
le Président, je ne voulais pas induire la commission en erreur. Donc, je vais
m'attarder à la lecture même de la décision rendue par le TAL à cet... à ce
propos.
Alors, l'alliance se limite à l'époux ou au
conjoint civil avec les membres de la famille de l'autre époux ou conjoint
civil. Il n'existe donc pas, au plan juridique, d'alliance entre les membres de
la famille d'un époux ou conjoint civil et les membres de la famille de l'autre
conjoint civil ou époux. Bref, seuls l'époux et les parents de l'autre époux
sont des alliés. Vous avez compris pourquoi je...
M. Fontecilla : ...votre dernière
phrase.
M. Simard (Patrick) : Oui. Alors,
suivant une décision rendue par le tribunal, seuls l'époux et les parents de
l'autre époux sont des alliés. L'alliance se limite à l'époux ou au conjoint
civil avec les membres de la famille de l'autre époux ou conjoint civil.
M.
Fontecilla : Donc, c'est toute la famille du conjoint ou de la
conjointe, grosso modo, c'est la famille par alliance?
M. Simard (Patrick) : C'est l'époux
et les parents de l'autre époux, oui.
M. Fontecilla : Très bien, très
bien. Donc, ça peut être l'époux et les parents, ça peut être un neveu, une
tante, par exemple, la soeur de la mère de mon épouse? J'essaie de comprendre.
M. Simard (Patrick) : Alors, suivant
la décision qui a été rendue par le TAL, qui était d'ailleurs en lien avec une
décision d'un tribunal supérieur... là, de mémoire, je pense que c'était la
Cour du Québec, mais là peut-être que je fais erreur, mais je sais qu'il y a de
la jurisprudence à ce propos-là. Ça ne va pas aussi loin. C'est uniquement
l'époux et les parents de l'autre époux. On ne descend pas plus loin, on ne
fait pas les ascendants, descendants.
M. Fontecilla : ...M. Simard, les
parents, qui...Ça implique qui? C'est les beaux-parents?
M.
Simard (Patrick) : Oui, bien, au sens où... oui, effectivement, c'est
les parents de l'autre époux, ça devient vos beaux-parents,
effectivement.
M. Fontecilla : Donc, ça se limite à
ça, aux beaux-parents?
M. Simard (Patrick) : Exact, exact.
M. Fontecilla : Par exemple, le
frère ou la soeur de l'époux ou l'épouse, ça ne va pas jusque-là?
M. Simard (Patrick) : Exact.
M.
Fontecilla : Ils ne sont pas compris dans cette équation-là des
parents, ça se limite seulement aux beaux-parents?
M. Simard (Patrick) : Tout à fait,
parce que le principe veut que l'alliance naît de... soit du mariage ou du
contrat civil d'union.
M.
Fontecilla : Très bien. Donc, voilà, bien, écoutez, la question
que j'aurais à poser à la ministre, la question toute simple :
Est-ce qu'une personne qui demeure depuis 24 mois dans un logement...
aurait-elle le droit au maintien dans les lieux?
Le Président (M. Schneeberger) : Mme
la ministre.
Mme Duranceau : Oui, bien, une
personne qui est inscrite au bail puis qui demeure dans un logement depuis peu
importe le nombre de temps va avoir droit au maintien dans les lieux. Alors,
moi, ce que je préconise, c'est que ce soit transparent, tout ça. C'est
important, là, pour les deux parties. Vous me dites de ne pas penser à tout le
monde, là, mais il faut que les deux parties soient protégées et qu'il y ait de
la transparence entre les deux.
Puis je pense que, si un locataire décide de
s'adjoindre un colocataire puis que cette personne-là souhaite être protégée,
bien, il faut que ce soit fait ouvertement, au vu et au su du propriétaire,
parce qu'il va vouloir aussi s'assurer que le nouveau... le coloc qui rentre
puis qui veut être protégé et que... Ça ne se fait pas d'office, là, parce que
ça fait 24 mois que tu habites là, que, là, tous les droits sont dévolus.
Le propriétaire a aussi ses devoirs à faire, s'assurer
que c'est quelqu'un qui va assurer la quiétude, là, une quiétude dans
l'immeuble, dans les lieux, qui va être en mesure de payer, qui a un crédit suffisant pour payer le loyer. Alors,
la même... les mêmes règles vont s'appliquer à ce locataire-là, puis le propriétaire va pouvoir
s'assurer que c'est la bonne personne pour habiter dans le logement en
question.
Et tout ça doit se faire, à mon sens, de manière
transparente, dans le respect des droits des deux parties. Donc, d'avoir une
règle qui fait en sorte que, seulement parce que tu occupes un espace pendant
24 mois, ça te donne le droit d'y
habiter à tout jamais, bien, c'est faire indirectement, là, ce qu'on on a
déploré plus tôt dans nos discussions, là, ce que j'ai déploré.
Le Président (M. Schneeberger) : Député
de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : Oui, quelques
éléments, M. le Président. Tout d'abord, la question de la possibilité
d'entente à l'amiable, la bonne entente entre locateur et locataire... Et moi,
je dirais que, la plupart du temps, là, neuf fois sur 10, ça se passe comme ça
dans l'ensemble de la société, y compris dans le domaine des relations entre
locateur et locataire. En général, on s'entend à l'amiable, on se parle et on
arrive à trouver un terrain d'entente pour tous les domaines de la vie en
société, sauf que, justement, le Code civil... enfin, le droit de façon
générale, et on pourrait en discuter longtemps, là, concerne justement la
petite partie où on ne s'entend plus, où il y a un conflit, un litige, et c'est... Et heureusement, j'ai tendance à le
croire, vous me corrigerez, mais ce n'est qu'une petite partie de nos
relations qui aboutissent à un conflit qui doivent aller devant les tribunaux,
dans toutes sortes de domaines. Et c'est cette partie-là qui nous concerne.
Mais, plus précisément, comment trancher dans des litiges, dans des conflits, y
compris dans le monde des relations entre les locateurs et les locataires?
Donc, voilà, s'il y a un conflit, comment règle-t-on ces choses-là?
Et je serais tenté de dire aussi que... La
ministre nous a dit que le propriétaire a le droit de s'assurer que le nouveau locataire, le signataire du bail, le
nouveau signataire du bail va assurer la quiétude, la solvabilité, et elle a
donné deux exemples. Je lui soumets que, dans l'état actuel de la cession du
bail, là, cela constitue un motif sérieux sur lequel le propriétaire, le
locateur peut contester une cession de bail sous le motif sérieux. Parce qu'on
l'a entendu, Me Simard nous l'a expliqué à quelques reprises, là, les deux
motifs, parmi les motifs invoqués très souvent pour justifier un refus d'une
cession du bail, là, c'est, par exemple, la capacité à assurer la quiétude d'un
milieu de vie, un appartement locatif, ou la capacité à payer au complet ou de
façon régulière le loyer. Si le locataire a un mauvais historique de paiement,
s'il a un mauvais historique en termes de quiétude des lieux, bien, cela
constitue déjà, dans l'état actuel de notre droit, cela constitue une preuve...
un fait suffisant pour refuser une cession du bail.
• (10 h 40) •
Ceci étant
dit, encore une fois, j'ai tendance à déceler, dans les propos de la ministre,
une... comment dire, une vision un
peu... qui pourrait être un peu idyllique, là, de la relation entre locateur et
locataire. Évidemment, heureusement, encore une
fois, dans la très grande majorité des cas, les relations entre locataire et
locateur, ça se passe très bien, surtout..
Et j'augmenterais encore plus le pourcentage de bonnes relations lorsqu'il
s'agit d'un propriétaire et occupant qui...
d'un duplex, d'un triplex, un quadruplex, etc., donc un propriétaire qui habite
dans les lieux et qui a intérêt à ce que son... à avoir des bonnes
relations de voisinage. Il n'y a personne, dans la vie, qui veut passer son
temps en chicane avec ses voisins, là. Donc,
il y a un... comment dire, un incitatif supplémentaire pour entretenir des
bonnes relations, tout en... tout en, comment dire, s'assurant que les
loyers sont justes, qu'ils correspondent à une réalité économique, etc.
Mais cela ne constitue qu'une partie du monde
locatif. Il y a aussi énormément de situations, dans le monde locatif, là, où
on ne fait pas affaire avec des propriétaires occupants, là. On fait affaire
avec des intérêts, des intérêts financiers très puissants qui possèdent des
dizaines, des centaines, voire des milliers de portes. Et lorsque... Et là, là,
la situation change du tout au tout, là,
la... on n'est plus dans la bonne entente entre un propriétaire et un
locataire, on est dans une relation uniquement fondée sur des critères
économiques. Et c'est là qu'on assiste à une, comment dire... à une
déshumanisation de plus en plus fréquente des rapports entre locateur et
locataire.
Et il y a une logique économique qui pousse, et
je l'ai déjà mentionné auparavant, là, à ce qu'on appelle l'optimisation du... d'un immeuble locatif, par
exemple, sans égard à la situation particulière ou aux droits, même,
établis par notre législation, les droits des locataires, et ce qui amène à des
situations aussi... à des situations dramatiques, comme on le voit souvent dans
les médias, donc, des évictions de personnes aînées, des évictions de familles,
des augmentations faramineuses et souvent injustifiées des loyers, etc. Cela
correspond très souvent à des pratiques qui sont fondées uniquement sur la...
comment dire, oui, c'est une nécessité économique, là, une nécessité imposée d'obtenir des gains, là, d'obtenir des gains. Et
notre législation vise justement à une autre... à une autre finalité qui
est la protection du droit de maintien dans les lieux, tout en s'assurant que
le marché immobilier locatif, en particulier, peut avoir une... a une, comment dire, une dynamique économique qui est
saine, qui permet l'investissement, le renouvellement du parc locatif, etc., mais le tout fondé sur un
principe fondamental qui n'est pas économique, hein? C'est un principe humain,
là, n'a rien à voir avec l'économie, c'est la société qui a décidé que ce
principe-là est important, qui est le principe de maintien dans les lieux.
Donc, d'où la nécessité, par exemple, de reconnaître qu'une personne qui reste,
qui demeure dans un logement depuis
24 mois, au moins, elle, oui, de façon évidente, a le droit au maintien
dans les lieux.
Justement, c'est un cas de figure qui répond
tout à fait, qui s'inscrit tout à fait dans l'esprit du législateur qui fonde sa législation dans ce droit fondamental de
maintien dans les lieux. Donc, si le législateur a déjà prévu, par
exemple, que toute personne, dans le cas d'un décès, pourrait bénéficier du
droit de maintien dans les lieux, encore une fois, je vois mal comment on peut
s'opposer à ce qu'une personne qui reste... qui demeure depuis 24 mois
dans un même logement n'aurait pas droit au maintien dans les lieux. Il y a une
incohérence patente, manifeste que le législateur a le devoir de corriger. Et
la volonté du législateur aujourd'hui est entre les mains de la ministre de
l'Habitation. C'est elle, le bras actif, là, de cet esprit-là, et elle doit
absolument, il me semble, corriger ces incohérences qui sont... qui se
retrouvent au coeur même de la législation du Code civil concernant la relation
entre locataire et propriétaire. C'est sa responsabilité, et il me semble que,
dans ce sens-là, elle devrait au moins appuyer cet amendement-là.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
pour vos explications. Est-ce que nous avons des commentaires sur l'amendement
déposé par le député de Laurier-Dorion? Non? Alors, si nous n'avons pas de
commentaire, nous allons mettre l'amendement aux voix. Est-ce que l'amendement
est...
Une voix : ...
Le Président (M. Schneeberger) : Par
appel nominal? M. le secrétaire.
Le Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Fontecilla (Laurier-Dorion)?
M. Fontecilla : Pour.
Le Secrétaire : Mme Duranceau
(Bertrand)?
Mme Duranceau : Contre.
Le Secrétaire : Mme Jeannotte
(Labelle)?
Mme Jeannotte : Contre.
Le Secrétaire : Mme Dionne
(Rivière-du-Loup—Témiscouata)?
Mme Dionne : Contre.
Le Secrétaire :
M. Gagnon (Jonquière)?
M. Gagnon : Contre.
Le Secrétaire : M. Girard
(Lac-Saint-Jean)?
M.
Girard (Lac-Saint-Jean) : Contre.
Le Secrétaire :
Mme Dufour (Mille-Îles)?
Mme Dufour :
Abstention.
Le Secrétaire :
M. Schneeberger (Drummond—Bois-Francs)?
Le Président (M. Schneeberger) : Abstention.
Alors, l'amendement est rejeté. Alors, nous en sommes maintenant à
l'article 37. Oui?
M.
Fontecilla : ...amendement.
Le Président (M.
Schneeberger) : OK. Est-ce qu'il est déposé?
M.
Fontecilla : Il vient d'être envoyé.
Le Président (M. Schneeberger) : OK.
Alors, nous allons suspendre quelques instants, le temps que nous le
recevons.
(Suspension de la séance à
10 h 47)
(Reprise à 10 h 52)
Le Président (M.
Gagnon) : Alors, nous avions un dépôt d'amendement du député
Laurier-Dorion, 37.4. Je dois demander : Est-ce qu'il y a consentement?
Des voix :
Consentement.
Le
Président (M. Gagnon) :
Consentement. Alors, il y a consentement. Député de Laurier-Dorion, si vous
voulez bien lire l'article 37.4, s'il vous plaît.
M. Fontecilla :
Oui. Merci, M. le Président. Il
est en train d'ouvrir, mon document. OK. Donc, c'est l'article 37.4
du Code civil du Québec. Insérer, après l'article 37.3 du projet de loi,
le suivant. 37.4 :
Insérer après
l'article 2000 du Code civil, ce qui suit :
«IV. — Du
bail d'un logement en résidence privée pour aînés.
«2000.1. Le locateur
doit utiliser les formulaires du Tribunal administratif du logement pour l'avis
d'augmentation du loyer et pour la réponse du locataire.
«Le locateur doit
aussi établir, par règlement, une grille de prix pour les services personnels
destinés à ses locataires.»
Donc, le
commentaire : Les aînés résidant dans les résidences privées pour aînés
constituent une population vulnérable nécessitant un encadrement juridique
spécifique pour leur bail. Une section destinée aux baux entre une RPA et ses
résidents encadrerait tous les aspects des baux et de ses renouvellements en
établissant des règles de base afin de lutter contre la maltraitance, tant
financière que psychologique, que subissent de nombreux... nombreuses personnes
âgées vivant en RPA.
Donc,
M. le Président, bonjour. On sait que, depuis une vingtaine, peut-être même un
peu plus, il y a une... il y a une
hausse des gens qui vivent dans les RPA, les résidences privées pour aînés.
Jusqu'à présent et selon les... des informations, il y aurait un peu
plus de 100 000 personnes qui vivent en RPA. Je crois qu'il y a
autour de 135 000 personnes, ce qui constitue à peu près 10 % de
la population locataire du Québec. C'est un secteur significatif, un secteur
important parce que ça assure... à tout le moins, en théorie, ça devrait
assurer un niveau de vie suffisant, un bon niveau de vie à une population qui
est à la retraite, qui est souvent, en tout cas, sur le moyen, long terme, en
perte d'autonomie et, par conséquent, qui est une population très, très
vulnérable.
Et
on assiste à toutes sortes de problématiques qui surgissent de ce lien-là, et
c'est important que le législateur se penche sur ces questions-là. C'est
des problématiques très concrètes, hein, des problématiques, par exemple, qui
concernent le bail ou les baux. Et il y a une complexité... une plus grande
complexité dans les cas de résidences pour personnes
aînées, puisque le bail comprend deux parties, contrairement à l'ensemble des
baux du secteur locatif, et ça comprend
la partie, donc... la location d'un logement et ça comprend aussi la partie des
services qui sont tenus d'être offerts par
l'administration de la résidence pour personnes aînées aux... à ces locataires
aînés. Et c'est cette partie-là qui complexifie grandement cette... la mécanique des baux en RPA, puisqu'il y a quand
même... il y a une variation des prix qui arrive fréquemment entre...
dans la partie services. Évidemment, les services et la main-d'oeuvre augmentent,
etc., les prix, par exemple, pour la nourriture, souvent, il y a un repas ou...
un repas obligatoire par jour, le prix des intrants en termes de nourriture
augmente.
Donc, il y a une variation constante du coût des
services et des administrations des RPA, et je ne les blâme pas, hein? C'est...
elles sont... elles doivent ajuster de façon permanente leurs prix pour
justement assurer la viabilité financière de ces
résidences pour personnes aînées. Mais cela suscite beaucoup, beaucoup de
conflits entre les locataires des résidences pour personnes aînées et les
locateurs. Donc, ce qu'on prévoit, ce qu'on propose ici, c'est que les
résidences pour personnes aînées, les administrations de RPA soient obligées
d'utiliser les baux tels que définis par le Tribunal administratif du logement.
Donc, c'est l'utilisation obligatoire des formulaires du Tribunal administratif
du logement, soit les formulaires TAL-810-E et l'établissement d'une grille de
prix pour les services personnels destinés aux personnes âgées qui reflète les
coûts réels de la main-d'oeuvre pour ces services.
Donc, c'est fondamentalement une façon de venir
mettre un petit peu d'ordre dans ce secteur-là et de surtout diminuer les
éventuels... la quantité d'éventuels litiges qui pourraient surgir entre
locateur et locataire en... dans une RPA. Et
ça pourrait, j'en suis convaincu, soulager de façon importante le travail du
Tribunal administratif du logement. Et voilà, j'aimerais connaître
l'opinion de la ministre par rapport à cette question-là.
Le Président (M. Gagnon) : Merci,
M. le député. Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Mme la ministre.
Mme Duranceau : Oui,
merci. J'aimerais laisser Me Simard commenter, parce que, de notre point
de vue, c'est déjà pris en compte par la réglementation actuelle. Donc,
il y aura d'autres changements à apporter.
Le Président (M. Gagnon) : Parfait,
Mme la ministre. Est-ce qu'il y a consentement? Consentement.
M. Simard (Patrick) : Merci, M.
le Président. Alors, deux dispositions dont j'aimerais vous faire part. En vertu du règlement sur la certification des
résidences pour personnes aînées, l'article 37, je vous en fais
lecture : Avant de conclure le bail, la RPA doit remettre le guide
d'accueil. Le guide comprend la liste détaillée des services offerts par
l'exploitant, laquelle doit prévoir les informations suivantes :
a) les services qui se rattachent à la
personne et qui sont compris dans les catégories de services repas, assistance
personnelle, soins infirmiers, soins d'aide... services — pardon — d'aide
domestique;
b) les services autres que ceux que je
viens d'énoncer;
c) la mention que le coût du service est
obligatoirement inclus dans le loyer ou qu'un résident n'est tenu d'assumer le
coût du service que s'il choisit de s'en prévaloir; et le plus important, le
paragraphe d
d) le coût de chacun des services, autres
que ceux dont le coût est obligatoirement inclus dans le loyer, la période
pendant laquelle le coût est applicable ainsi que tout coût auquel ce service a
été offert par l'exploitant au cours des 12 derniers mois.
Donc, le Règlement sur la certification prévoit
l'obligation, avant la conclusion du bail, d'énoncer le coût de chacun des services. Plus encore, l'article 1895.1
du Code civil du Québec... Là, par la suite, on est à l'étape suivante.
Ce dont on vient de se parler, c'est avant la signature du bail. 1895.1,
maintenant : Lorsque le bail... maintenant que le bail est conclu. «Lorsque
le bail comprend des services qui se rattachent à la personne même du
locataire, le locateur doit indiquer, dans l'annexe appropriée du formulaire
obligatoire, la partie du loyer afférente au coût de chacun de ces services.»
Alors, je pense que le législateur s'est déjà
préoccupé de cette situation quant à la divulgation des coûts, à la fois dans
le Règlement de certification et le Code civil.
• (11 heures) •
Le Président (M. Gagnon) : Merci.
Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Mme la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Merci, M. le Président.
J'aimerais simplement, là, souligner que j'avais déjà présenté un amendement,
au tout, tout, tout début de l'étude du projet de loi, qui touchait les
services, et on avait déjà eu ces échanges-là. Je voulais juste le ramener.
Merci, M. le Président.
Le
Président (M. Gagnon) : Merci pour l'intervention, Mme la députée de
Mille-Îles. Est-ce qu'il y a d'autres interventions? M. le député de
Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : Est-ce qu'il y a...
la durée... Pour la partie des services, est-ce qu'il y a une... comment dire,
une modification annuelle? Parce que le bail, en général, c'est de façon
annuelle. Est-ce que les coûts des services se modifient aussi et sont modifiés
aussi de façon annuelle?
Le Président (M. Gagnon) : Consentement?
Vous pouvez y aller.
M. Simard (Patrick) : Alors, le coût
des services doit être maintenu tout au long du bail. Donc, si le bail est d'une durée d'une année, le coût doit être
maintenu pendant ces 12 mois-là. Donc, ils peuvent être modifiés, si les
services sont inclus, notamment dans le coût du loyer total, suivant les règles
applicables au coût du loyer, donc, avec les règles sur la fixation de loyer,
en donnant les avis prévus à la loi.
M.
Fontecilla : Et la partie sur les services, est-ce que... si
jamais il y a un litige, et le locataire veut aller devant le Tribunal
administratif du logement, est-ce que le TAL est en compétence sur la partie
services pour...
M. Simard (Patrick) : Alors, la réponse
c'est oui, mais... Je vous explique. Le TAL a compétence pour le
coût du loyer, incluant les services. Si les services sont inclus au bail dans
le coût du loyer mensuel, le TAL a compétence pour les
fixer. S'il s'agit de services dits à la carte, donc à l'utilisateur, le TAL
n'a pas la compétence juridictionnelle pour intervenir.
M.
Fontecilla : Pouvez-vous nous donner un exemple d'un service ou des
services qui sont inclus dans le bail, là, pour l'habitation?
M. Simard
(Patrick) : Ça peut être les services de soins infirmiers qui sont
inclus. Je vous dirais, dans la plupart des petites RPA, c'est un tout-inclus
la plupart du temps. Il y a rarement des services à la carte, en tout cas, selon ce que nous, on voit au TAL. C'est peut-être
différent, là, par rapport au ministère de la Santé, qui voit autre
chose, mais nous, on voit généralement ça dans les petites RPA, la plupart ont
un coût de loyer qui prévoit tout. Là où le TAL n'a pas compétence, c'est
lorsque vous utilisez les services à la carte. Si vous décidez de ne pas
prendre, par exemple, le service de repas,
mais que, tout à coup, vous voulez avoir un repas ici et là dans la semaine, ou
dans le mois, ou dans l'année, et là
on vous le facture à la carte, le TAL n'a pas compétence, c'est juste des
services qui sont exclus.
Le Président (M.
Gagnon) : D'autres interventions?
M.
Fontecilla : Je n'en ai pas d'autre.
Le Président (M.
Gagnon) : S'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons procéder à
la mise aux voix. Est-ce que l'amendement introduisant le nouvel article...
M.
Fontecilla : ...appel nominal.
Le Président (M.
Gagnon) : Appel nominal, 37.4? Appel nominal, M. le secrétaire.
Le Secrétaire :
Pour, contre, abstention. M. Fontecilla (Laurier-Dorion)?
M.
Fontecilla : Pour.
Le
Secrétaire : Mme Duranceau (Bertrand)?
Mme
Duranceau : Contre.
Le
Secrétaire : Mme Jeannotte (Labelle)?
Mme
Jeannotte : Contre.
Le
Secrétaire : Mme Dionne (Rivière-du-Loup—Témiscouata)?
Mme Dionne : Contre.
Le
Secrétaire : M. Girard (Lac-Saint-Jean))?
M. Girard
(Lac-Saint-Jean) : Contre.
Le
Secrétaire : Mme Dufour (Mille-Îles)?
Mme Dufour : Abstention.
Encore une fois, le micro n'est pas allumé, là, mais abstention.
Le
Secrétaire : M. Gagnon (Jonquière)?
Le Président (M.
Gagnon) : Abstention.
Le
Secrétaire : Rejeté.
Le Président (M.
Gagnon) : Alors, Mme la ministre, ce qui nous amène à
l'article 37.5, si vous voulez en faire la lecture, s'il vous plaît.
Mme
Duranceau : Oui. Alors, on parle de... les trois derniers
articles, là, sont des articles de concordance pour tenir compte d'autres
modifications législatives qui ont eu lieu avant l'adoption de ce projet de loi
ci.
Donc,
article 37.5 : Insérer, après l'article 37.3 du projet de loi,
tel qu'amendé, le suivant :
37.5. À compter de
l'entrée en vigueur de l'article 1149 de la loi visant à rendre le système
de santé et des services sociaux plus efficace (2023, chapitre 34),
l'article 37.1 de la présente loi doit se lire :
1° en y
remplaçant, dans le troisième alinéa, «Un centre intégré de santé et de
services sociaux, un établissement regroupé
ou un établissement non fusionné visés par la Loi modifiant l'organisation et
la gouvernance du réseau de la santé et des
services sociaux notamment par l'abolition des agences régionales
(chapitre O-7.2)» par «Santé Québec, un établissement visé à
l'annexe II de la loi visant à rendre le système de santé et des services
sociaux plus efficace (2023, chapitre 34)»; et
2° en y remplaçant, dans le cinquième
alinéa, «180 de la Loi sur les services de santé et les services sociaux
(chapitre S-4.2)» par «341 de la loi visant à rendre le système de santé
et des services sociaux plus efficace».
Alors, je
vous lis le commentaire, là, qui reprend ce que j'ai dit au début :
L'amendement proposé introduirait dans
le projet de loi un article requis à des fins de concordance avec la Loi visant
à rendre le système de santé et des services sociaux plus efficace.
Plus précisément, il prévoit que Santé Québec pourra
se prévaloir des dispositions de l'article 37.1 de la loi à compter de la
date à laquelle seront abolis les centres intégrés de santé et de services
sociaux.
Le Président (M. Gagnon) : Merci,
Mme la ministre. Est-ce qu'il y a des interventions en lien avec
l'article 37.5? Il n'y a... Intervention, député de Laurier-Dorion? La
parole est à vous.
M. Fontecilla : Merci, M. le
Président. Donc, dans le commentaire, on nous indique qu'«il prévoit que Santé
Québec pourra se prévaloir des dispositions de l'article 37.1» du PL
n° 31. J'ose croire. Est-ce que Mme la ministre pourrait nous faire le...
nous expliquer le lien, là, avec 37.1?
Mme Duranceau : Oui. Bien, 37.1, là,
c'était le pouvoir d'aliénation des immeubles excédentaires. Donc là, avant, on
référait, dans cet article-là, au ministère de la Santé, là, en parlant d'«un
centre intégré de santé et services sociaux,
un établissement regroupé ou établissement non fusionné». Alors là, au lieu de
référer à ça, comme toute cette dénomination-là été changée avec le
projet de loi, avec... oui, c'est ça, le projet de loi, là, du ministre Dubé,
là, on réfère plutôt à Santé Québec ou un
établissement visé à l'annexe II de la loi. Ça fait que c'est vraiment
dans le contexte de disposition de terrains que ça... de terrains ou
d'immeubles excédentaires. Ça fait que ça ne vient pas changer du tout
l'essence de ce qu'on a déjà adopté. C'est juste de bien référer au bon nom
d'organisme, là, considérant le projet de loi santé qui a été adopté.
Le Président (M. Gagnon) : Je vais
céder la parole à la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Merci. Petite question,
si le projet de loi n° 31 avait été adopté comme c'était prévu, avant
Noël, comment ce se serait décliné? Est-ce que l'amendement se serait retrouvé
plutôt dans le projet de loi n° 15, à ce moment-là?
Mme Duranceau : C'est ce que je
comprends.
Mme
Dufour : OK. Ça fait que ça démontre que le fait qu'on ait
autant étiré l'étude, on en est rendus à changer quelque chose du projet
de loi mammouth n° 15 qui a été adopté en bâillon en décembre.
Mme Duranceau : Bien, je suis
contente que vous le souligniez.
Mme Dufour : Oui, mais ce n'est pas
que de ce côté-ci, les délais qui se sont faits.
Mme Duranceau : Non, non, non, c'est
ça, exactement. C'est pour ça que... c'est ça.
Le Président (M. Gagnon) : Merci,
Mme la ministre et Mme la députée Mille-Îles. Est-ce qu'il y a d'autres
interventions? Je vois qu'il n'y a pas d'autre intervention. Alors, s'il n'y a
pas d'autre intervention, nous allons procéder à la mise aux voix. Est-ce que
l'article 37.5 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Gagnon) : Adopté.
Mme la ministre, s'il vous plaît, à la lecture de l'article 37.6.
Mme
Duranceau : Oui. Alors, toujours dans les concordances :
Insérer, après l'article 37.5 du projet de loi tel qu'amendé, le
suivant :
37.6. Les articles 17.1, 17.2 et 17.6 de la
présente loi ont effet depuis le 1er janvier 2024.
Donc, le
commentaire : Cet amendement propose d'introduire, dans le projet de loi,
un article prévoyant la prise d'effet
des modifications intégrées aux articles 204, 236 et 255 de la Loi sur la fiscalité municipale au 1er janvier 2024.
Donc, ça, c'est le projet de loi n° 39,
c'est ça, qui a été adopté avant les fêtes. Et on veut faire en sorte que
certaines dispositions soient applicables dès janvier 2024, et c'était
concernant les exemptions de taxes foncières, de la taxe d'affaires applicable aux établissements universitaires qui
est... c'est ça. Donc, c'est pour le logement étudiant, si je ne me trompe pas, hein? C'est ça, c'est pour...
Je vais... Peut-être que je vais laisser ma sous-ministre adjointe
commenter.
Le
Président (M. Gagnon) : Oui. Je viens d'arriver, je ne sais pas si vous
avez été présentée, sinon je vais demander le consentement. Est-ce qu'il y a... Il y a consentement. Peut-être vous
présenter et, par la suite, prendre parole. Merci.
Mme
Petit (Katia) : Oui. Donc, Katia Petit, sous-ministre adjointe aux
politiques au ministère des Affaires municipales et de l'Habitation.
Alors, juste,
peut-être, pour être un peu plus précis, c'est que, considérant encore une fois
que l'adoption du projet de loi a tardé, elle n'a pas été... le projet de loi
n'est pas entré en vigueur avant le 1er janvier. Et, si on se rappelle, un petit peu plus tôt dans ce projet de
loi ci, on a pris des dispositions qui prévoyaient, entre autres, que
seules les résidences qui appartiennent à un réseau... à un établissement
d'enseignement public pouvaient bénéficier d'une exemption de taxes. On était
venus corriger quelque chose qui n'était pas clair, et là on veut que ça
s'applique dès le début de l'année
financière, qui commençait au 1er janvier, parce qu'on ne peut pas faire
rentrer des dispositions comme ça en plein milieu d'un exercice. Donc,
on est venus y prévoir un caractère rétroactif au 1er janvier, tout
simplement, donc, pour être sûr que ça s'applique dès le début de l'année en
cours.
• (11 h 10) •
Le Président (M.
Gagnon) : Mme la ministre.
Mme
Duranceau : Oui. Je vais juste préciser, j'ai référé au projet de loi
n° 39, là, mais il n'y avait aucun lien. C'était vraiment par rapport aux
mesures sur les résidences étudiantes. Alors, on veut que ça s'applique en date
du 1er janvier.
Le Président (M.
Gagnon) : Merci, Mme la ministre. Merci, Mme la sous-ministre. Je
pense qu'il y a une intervention de la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Bien,
en fait, c'est ça, je voulais bien saisir les trois, parce que ça fait quand
même quelque temps qu'on a passé ces éléments-là. Donc, il y a eu
effectivement, dans ces articles-là de la fiscalité municipale... il y a eu
trois lois qui les a modifiés à l'intérieur... tu sais, il y a eu le
projet de loi n° 15, le projet de loi n° 39, la ministre en a fait
référence, et là, maintenant, ce projet de loi là qui vient modifier les mêmes
articles, exactement les mêmes articles sur la fiscalité municipale. Ici, dans
ce cas-ci, c'est les établissements d'enseignement.
Donc,
je comprends que les trois, puis là je suis en train de les revérifier, là,
c'est vraiment que les établissements d'enseignement, là, qui sont visés.
Je suis en train de le vérifier, parce qu'il y avait aussi l'institut de
recherche scientifique, mais celui-là, c'était dans le 39 qui a été adopté
avant Noël. Donc, je suis en train de vérifier. C'est parfait. Merci.
Le Président (M.
Gagnon) : Parfait. Merci, Mme la...
Mme Dufour : J'ai
pris le temps de les regarder, les trois.
Le Président (M.
Gagnon) : Vous êtes... Tout est beau, Mme la députée de Mille-Îles?
Mme Dufour : C'est
bon. Oui, merci.
Le Président (M.
Gagnon) : Parfait. Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Alors,
s'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons procéder à la mise aux voix.
Est-ce que l'article 37.6 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Gagnon) : Adopté. Mme la ministre, la lecture, s'il vous plaît, de
l'article 38 par... Oh! oui, Mme la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : En
fait, juste une question de fonctionnement, là. Quand c'est... ça devient
rétroactif au 1er janvier, mais que les
budgets ont déjà été faits et les avis de renouvellement de... les taxes, sont
déjà partis, comment les villes sont supposées, rétroactivement, ajuster
leurs budgets pour des exemptions de... qui n'étaient pas prévues avant? Parce
que je ne sais pas si vous... en tout cas, moi, j'ai reçu mes renouvellements,
là, de taxes, là, les... pas renouvellements,
mais plutôt mes avis de paiement de taxes. Donc, est-ce que ça implique que des
municipalités vont devoir modifier leurs budgets?
Le Président (M.
Gagnon) : Mme la ministre, est-ce qu'il y a une intervention?
Mme
Duranceau : Oui. Alors, je vais demander à maître...
Une voix : Cantwell.
Mme
Duranceau : Cantwell, de commenter.
Le Président (M.
Gagnon) : Parfait. Monsieur... Est-ce qu'il y a consentement pour
laisser parler... donner la parole à maître?
Mme Dufour : Consentement.
Le Président (M.
Gagnon) : Il y a consentement. Alors, s'il vous plaît, présentez votre
nom et votre titre, et la parole est à vous.
M. Cantwell (Philip) : Oui. Merci,
M. le Président. Philip Cantwell, avocat au ministère de la Justice.
Donc,
l'amendement en question a un effet rétroactif, donc il va viser tout
l'exercice financier de 2024 et il va ajuster
les exemptions de taxes pour toute cette... pour l'exercice financier au
complet. Ça n'implique pas de modifier le budget de la municipalité. Par
contre, ça va impliquer des modifications au rôle d'évaluation foncière, et il
y a des dispositions dans la Loi sur la fiscalité municipale qui permettent
déjà aux évaluateurs de faire toutes les inscriptions et tous les ajustements qui vont prendre effet rétroactivement au
1er janvier 2024, pour assurer que les bons immeubles seront visés
par les exemptions fiscales.
Le Président (M. Gagnon) : Allez-y,
Mme la députée de Mille-Îles.
Mme
Dufour : Merci, mais... OK, je comprends. Ce n'est pas
nécessaire de le modifier, mais une municipalité fait son budget en fonction de ses revenus estimés. Si une petite
municipalité a un très grand établissement d'enseignement, ça peut peser
lourd dans la balance pour son budget et... de revenus. Et donc, s'il y a des
revenus qui, soudainement, ne sont plus des revenus parce qu'il y a une
exemption foncière, bien, il me semble qu'il y a un ajustement à faire puisque
le fardeau fiscal des autres citoyens qui paient et qui vont payer les taxes
vont devoir absorber le différentiel de manque de revenu par rapport à
l'exemption foncière. Il me semble...
Le Président (M. Gagnon) : ...Mme la
ministre veut intervenir.
Mme Duranceau : Il faut se souvenir
que ces modifications-là, là, c'était pour permettre à des OBNL comme UTILE d'avoir droit au même traitement que
les résidences étudiantes. Ça fait que, là, en ce moment, les budgets
des villes sont faits avec leur situation actuelle, avec leurs résidences
étudiantes existantes qui avaient déjà droit aux exemptions. Donc, c'est pour,
dans le fond, les projets futurs des UTILE de ce monde. Ça fait que ça
n'affecte pas les budgets courants parce qu'elles ne sont pas construites.
Mme Dufour : Mais il y en a quand
même qui ont été construites, qui vont devenir admissibles à cette exemption-là
au premier rétroactif.
Mme Duranceau : Oui, mais ils
avaient déjà l'exemption.
Mme Dufour : Bien, ce que je
comprends, c'est qu'ils ne l'avaient pas. C'est pour ça qu'ils la demandaient.
Donc, si c'était déjà en vigueur, on n'aurait pas eu besoin de modifier la loi.
Mme Duranceau : Il y avait une... On
est venus clarifier, mettre dans la loi les choses pour que ça soit clair qu'ils aient droit à l'exemption. Ma
compréhension, c'est qu'il n'y avait pas d'impact sur les budgets des villes où
les villes avaient donné leur accord. Ça fait qu'il n'y avait pas... il n'y
avait pas d'impact financier pour elles. Là, c'est que ce n'est plus... ce
n'est plus des accords, c'est dans la loi.
Mme Dufour : OK. Bien, je pense
qu'il pourrait y avoir des cas où ça pourrait faire une différence. Mais là je
comprends que... peut-être qu'à Montréal ils l'avaient déjà accepté, là où on
les trouve plus présents, là, mais... En tout cas, je le souligne, là, de dire
que c'est... qu'il n'y aurait pas d'impact, il peut y en avoir un, impact.
Merci.
Le Président (M. Gagnon) : Parfait.
Écoutez, comme l'amendement introduisant à 37.6 a été adopté...
Mme Dufour : Oui, il est adopté.
Le Président (M. Gagnon) : ...il a
été adopté, on pourrait se diriger à 38. Est-ce que ça vous va, Mme la députée
de Mille-Îles?
Mme Dufour : Oui.
Le Président (M. Gagnon) : Parfait.
Alors, nous prenons la direction de l'article 38. Mme la ministre, s'il
vous plaît, en faire lecture.
Mme Duranceau : Oui. Alors,
l'article 38, ce sont... Les dispositions de la présente loi entrent en
vigueur le (indiquer ici la date de sanction de la présente loi).
Alors, ça, c'est l'article 38 initial, mais
on a un amendement, qui est celui que vous présentez à l'écran, puis, bon,
l'amendement, c'est pour tenir compte...
Le Président (M. Gagnon) : Mme la
ministre, on va lire l'article 38 et, par la suite, on va faire la lecture
de l'amendement.
Mme Duranceau : Bien,
j'ai lu l'article 38, là.
Le Président (M. Gagnon) : Ah! OK,
il était...
Mme Duranceau : Bien, il n'était
juste pas à l'écran.
Le
Président (M. Gagnon) : OK. Parfait. C'est parfait. Alors, vous pouvez y
aller avec la lecture de l'amendement.
Mme Duranceau : OK. Alors,
l'amendement, donc : Remplacer l'article 38 du projet de loi — donc,
ce que je viens de lire — par
le suivant, donc :
38. Les
dispositions de la présente loi entrent en vigueur le (indiquer ici la date de
la sanction de la présente loi), à l'exception :
1° de celles de l'article 0.5.1, qui
entrent en vigueur à la date de l'entrée en vigueur du premier règlement pris
en vertu de l'article 1943 du Code civil, tel que modifié par
l'article 0.5.1 de la présente loi;
2° de celles des articles 17.3 à 17.5,
qui entrent en vigueur à la date de l'entrée en vigueur du premier règlement
pris en vertu de l'article 1979 du Code civil, tel que modifié par
l'article 7.2 de la présente loi;
3° de celles des premier et deuxième
alinéas de l'article 37.3, qui entrent en vigueur le (indiquer ici la date
qui suit de six mois celle de la sanction de la présente loi).
Donc, le premier paragraphe, c'est... Donc,
normalement, tout entrerait en vigueur au moment de la sanction de la loi. Ce qu'on vient dire, c'est qu'il y a
trois articles qui... bien, ou trois paragraphes, là, trois articles
qui n'entreront pas en vigueur au
moment de la sanction de la loi, mais qui vont plutôt entrer en vigueur quand
les règlements seront pris.
Donc, quels sont les règlements en question? Il
y a... Vous vous souvenez, il y a eu toutes les discussions concernant l'article 1945, 1947 du Code civil
qui prévoyaient ce qu'un avis... un avis de renouvellement de bail, ce
qu'il doit contenir, on a dit : On va
venir préciser ça par règlement. Donc, l'article 1943 va entrer en vigueur
quand le règlement aura été... sera entré en vigueur.
Ensuite, la reconnaissance d'un immeuble, dans
un but non lucratif, de logements locatifs à des étudiants de tous les niveaux postsecondaires, donc ce qu'on
vient de discuter, ça aussi, il va falloir définir par règlement les
critères et les conditions auxquelles les locateurs devraient répondre afin de
signer des baux étudiants. Donc, ça, c'est en rédaction. Donc, les règles qui
touchent ça vont entrer en vigueur quand ce règlement-là va être fait.
Et finalement, la disposition autorisant de
plein droit les logements accessoires pour une période de cinq ans, c'était l'article 37.3, là, le
troisième paragraphe ici, ça va entrer en vigueur six mois après la
sanction de la loi, parce qu'on voulait
permettre aux villes de réagir à cet égard-là puis de s'exclure, si elles
souhaitaient s'exclure du... de l'application générale, là, du logement accessoire, bien, elles ont six mois
pour faire un règlement pour s'en exclure. Après ça, bien, le règlement entre en vigueur. Ça fait que, dans ce
cas-ci, ce n'est pas nous qui publions le règlement, ce sont les municipalités.
Alors, ce sont les précisions qu'il fallait
ajouter à l'article 38, compte tenu de tout ce qu'on a discuté, là,
préalablement.
• (11 h 20) •
Le Président (M. Gagnon) : Merci,
Mme la ministre. Député de Laurier-Dorion, la parole est à vous.
M. Fontecilla : J'aurais un
amendement.
Le Président (M. Gagnon) : Vous avez
un amendement.
Des voix : ...
Le Président (M. Gagnon) : On est déjà
sur un amendement.
M. Fontecilla : Un sous-amendement,
d'abord.
Le Président (M. Gagnon) : Un
sous-amendement.
Des voix : ...
M. Fontecilla : Ah! il est déjà...
c'est déjà un sous-amendement.
Mme Duranceau : Sur le sujet, là...
M. Fontecilla : Oui.
Mme Duranceau : ...d'entrée en
vigueur?
Le Président (M. Gagnon) : Nous
allons suspendre quelques instants, le temps de le traiter.
(Suspension de la séance à 11 h 21)
(Reprise à 11 h 24)
Le Président (M. Gagnon) : Alors,
nous sommes de retour en ondes avec le sous-amendement du député de Laurier-Dorion.
M. le député, s'il vous plaît, en faire lecture.
M.
Fontecilla : Oui, bien sûr, M. le Président. Donc, c'est un
sous-amendement à l'article 38, à l'amendement... l'article 38
tel que présenté par la ministre.
À l'article 38, tel qu'amendé, insérer, à
la fin de... l'alinéa suivant : «Les premiers
règlements mentionnés aux premiers et deuxièmes alinéas doivent faire l'objet
d'une étude par la commission compétente de l'Assemblée nationale avant son
adoption par le gouvernement.»
L'article 38 tel qu'il se lirait :
38. Les
dispositions de la présente loi entrent en vigueur le (indiquer ici la date de
la sanction de la présente loi), à l'exception :
1° de celles de l'article 0.5.1, qui
entrent en vigueur à la date de l'entrée en vigueur du premier règlement pris
vertu de l'article 1943 du Code civil, tel que modifié par
l'article 0.5.1 de la présente loi;
2° de celles des articles 17.3 et
17.5, qui entrent en vigueur à la date de l'entrée en vigueur du premier
règlement pris en vertu de l'article 1979 du Code civil, tel que modifié
par l'article 7.2 de la présente loi;
3° de celles des premiers et deuxièmes
alinéas de l'article 37.3, qui entrent en vigueur le (indiquer ici la date
qui suit de six mois de celle de la sanction de la présente loi).
Les premiers règlements mentionnés aux premiers
et deuxièmes alinéas doivent faire l'objet d'une étude par la commission
compétente de l'Assemblée nationale avant son adoption par le gouvernement.
Donc,
fondamentalement, M. le Président, ce que j'introduis ici, c'est, il me semble,
une... ça découle d'une logique de
prérogative, si je peux m'exprimer ainsi, du pouvoir législatif de... Donc,
c'est de faire des... de faire en sorte que les commissions
parlementaires, composées de députés, d'élus du peuple, puissent examiner les
règlements découlant... en tout cas, quelques règlements découlant du
PL n° 31 que nous sommes en train d'étudier ici.
C'est une pratique éminemment louable, et je
pense que le gouvernement de la CAQ, dans un souci de vie démocratique, devrait encourager cette
pratique-là, donc, celle de faire en sorte que la commission... qu'une
commission parlementaire compétente puisse examiner, à tout le moins, les
règlements découlant de l'adoption d'une loi.
Je vous rappelle que la sagesse populaire dit
que le diable se trouve dans les détails, M. le Président, et on sait que c'est, à toutes fins pratiques, les
règlements qui mettent en oeuvre, qui opérationnalisent une loi, donc c'est
des documents d'une extrême importance.
Et on ne se le cachera pas, M. le Président, il
y a quand même une tendance du pouvoir exécutif à adopter des lois qui
renvoient énormément des définitions et du pouvoir, en fin de compte, aux
règlements, ou règlements qui sont adoptés souvent sans le regard du... d'une
commission parlementaire composée d'élus du peuple. Donc, il me semble
important que, dans un secteur aussi névralgique que le domaine de
l'habitation, en pleine crise du logement, un secteur qui suscite énormément de
préoccupations parmi la population... que les élus du peuple puissent avoir un
oeil sur les règlements qui vont être... qui vont découler de l'adoption du PL
n° 31.
Donc, je vous rappelle, M. le Président, qu'il
est possible de faire une demande d'étude de règlement ou de projet de
règlement en tant que demande de mandat d'initiative. Il y a des... quelques
exemples où ça a été accepté par le gouvernement, là. Par exemple, je voudrais
vous amener quelques exemples d'études de projets de règlement par une
commission parlementaire. Il s'agit du projet de loi n° 144 en 2017,
chapitre 23. C'était la Loi modifiant la Loi sur l'instruction publique et
d'autres dispositions législatives concernant principalement la gratuité des
services éducatifs et l'obligation de
fréquentation scolaire, où, à
l'article 36, c'est indiqué que «ce premier règlement doit faire
l'objet d'une étude par la commission compétente de l'Assemblée nationale d'une
durée maximale de trois heures avant d'être pris par le gouvernement».
Donc, ça... en décembre 2012, il y a eu
l'étude du Règlement sur le Service de référence de main-d'oeuvre de
l'industrie de la construction, déposé le jeudi 6 décembre par le
ministre du Travail. Il y a eu le projet de loi n° 33, la Loi éliminant le
placement syndical et visant l'amélioration du fonctionnement de l'industrie de
la construction. Donc, il y a eu aussi une étude du règlement qui découlait de
l'adoption de cette loi. Il y a eu aussi l'étude du projet de Règlement sur la
sécurité des piscines résidentielles.
Donc, les exemples ne manquent pas, M. le
ministre, où le pouvoir exécutif a acquiescé... a accepté que le règlement découlant de l'adoption d'une loi soit
étudié par une commission parlementaire. C'est l'esprit de ma demande.
Je pense que les élus du peuple sont tout d'abord en droit d'examiner et de
participer à l'adoption d'un règlement. D'autre part, ça va permettre un plus
grand contrôle législatif de cette étape-là.
Et je suis même prêt, si la ministre accepte
d'aller dans ce sens-là, de limiter... on a vu, là, il y a... de donner une
limite temporelle à l'étude de... à l'étude de ce règlement-là, question de
rendre plus agile l'adoption. Il n'est pas question, dans mon esprit,
d'éterniser l'adoption d'un projet de règlement, mais c'est surtout que les
élus du peuple puissent avoir... puissent porter un regard sur ce règlement-là.
Donc, je pense
que ça ferait non seulement du bien à la santé démocratique du... de notre
Assemblée nationale, mais aussi ça
pourrait servir à améliorer tant soit un peu les règlements qui sont produits
par le gouvernement. Voilà, M. le Président.
Le Président (M. Gagnon) : Merci, M.
le député. Est-ce qu'il y a d'autres interventions?
• (11 h 30) •
Mme Duranceau : Je
vais laisser la sous-ministre adjointe commenter, s'il vous plaît.
Le Président (M. Gagnon) : Consentement?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Gagnon) : Parfait.
Allez-y, madame.
Mme Petit (Katia) : Merci, M. le
Président. En fait, on peut dire peut-être trois éléments en lien avec la proposition de M. le député. En fait, d'une part,
c'est un... effectivement, il y a des précédents, mais c'est vraiment
une procédure qui est exceptionnelle puis
qui s'applique souvent pour des règlements qui vont changer, de façon
substantielle, le droit applicable. Or, ici, on est vraiment dans des
règlements d'application qui vont venir préciser certains volets.
Deuxième chose, en termes de démocratie, la Loi
sur les règlements encadre quand même très bien le processus réglementaire, qui
prévoit notamment une période de publication pour commentaires ouverte à tous,
et non seulement aux élus de l'Assemblée nationale, où tout le monde va avoir
l'occasion de faire leurs commentaires sur les projets de règlement après
publication à la Gazette officielle. Alors, le processus démocratique
est quand même bien pris en considération.
Et peut-être
finalement mentionner qu'en termes de légistique la proposition n'est pas une
disposition d'entrée en vigueur. Donc, ça ne serait pas recevable comme
amendement, là... comme sous-amendement, en fait, considérant la teneur de
la... du sous-amendement qui est proposé. Il aurait fallu que ça soit introduit
au moment où on examinait ces règlements.
Le Président (M. Gagnon) : Merci,
Mme la sous-ministre. Est-ce qu'il y a d'autres interventions en lien avec le
sous-amendement? M. le député de Laurier-Dorion, la parole est à vous.
M. Fontecilla : Oui. Tout d'abord,
une question à Mme Petit. La période de publication, c'est 45 jours,
vous avez mentionné, ou...
Mme Petit (Katia) : 45 jours,
oui.
M. Fontecilla : Parfait. Et
j'aimerais savoir si les commentaires qui sont reçus sur le règlement en
question qui est traité... est-ce qu'ils sont publics ou pas?
Mme Petit (Katia) : En fait, ils
sont assujettis à la loi sur l'accès à l'information. Donc, quelqu'un qui voudrait les recevoir pourrait tout simplement les
demander au ministère, et, à ce moment-là, ils seraient... on pourrait
les examiner en vertu des dispositions de la
loi, là, donc, selon... Peut-être qu'il pourrait y avoir des restrictions au
droit d'accès applicables, mais, règle générale, ce serait communiqué.
D'ailleurs, les groupes qui font des commentaires, souvent, vont les mettre sur
leur propre site Web, là. Donc, habituellement, c'est assez public.
M.
Fontecilla : Très bien. Sous le même... Écoutez, heureusement
qu'on a cette procédure-là, donc une publication pendant 45 jours
et, comment dire, la possibilité d'envoyer des commentaires. C'est déjà très bien,
mais on peut... non pas peut-être, de façon générale, mais, en tout cas, sur
certains cas qui suscitent un grand intérêt de la part de la société non
gouvernementale, on peut... si je peux m'exprimer ainsi, on peut améliorer ces
processus-là.
Tout d'abord, je fais la remarque que, par
exemple, si je participe à cette consultation-là, je sais ce que j'envoie au
gouvernement concernant les paragraphes, mais je ne sais pas ce que les autres
envoient. Donc, je dois... comme Mme Petit, sous-ministre, nous a indiqué, je
dois passer à travers une procédure d'accès à l'information, qui est quand même une procédure longue, fastidieuse,
etc., là. Et souvent, comme vous le savez, Mme la ministre... M. le
Président, l'opinion générale sur un sujet va se forger à l'écoute de l'opinion
des autres. C'est l'ensemble des opinions qui nous aident à nous faire un
portrait d'ensemble. Donc, je voudrais juste signaler qu'il y a quelque chose à
améliorer dans ces... sur ces questions-là.
Quant à la recevabilité de mon amendement, je
peux comprendre les questionnements sur la recevabilité, et je suis tout à fait ouvert à le modifier, à le...
à, voire, le retirer et présenter, même, de la part de la ministre, une
mouture qui serait recevable et, au bout, qui pourrait correspondre aux désirs
de la ministre. Ce qui m'intéresse ici, c'est avant tout d'avoir un oeil
législatif sur ces règlements-là, qui, même s'ils sont techniques... en tout
cas, moi, je pense qu'ils m'intéressent, moi, je suis convaincu qu'ils
intéressent la ministre et, par le fait même, ça peut intéresser un grand
nombre de députés et, au-delà, des entités dans la société civile. La
technique, je réitère, le diable se trouve dans le... dans le débat, la
technique n'est pas exempte de débats politiques. Donc, je pense que ce
serait... je suis convaincu que ce serait dans l'intérêt public que le
législateur pourrait... devrait avoir un accès... en tout cas, pouvoir discuter
de la teneur de ces règlements-là. Voilà, M. le Président, merci.
Le Président (M. Gagnon) : Merci, M.
le député. D'autres interventions? Alors, s'il n'y a pas d'autre intervention,
nous allons procéder à la mise aux voix. Est-ce que le sous-amendement...
M. Fontecilla : ...s'il vous plaît.
Le
Président (M. Gagnon) : Pardon?
M.
Fontecilla : Appel nominal.
Le Président (M.
Gagnon) : Appel nominal. Parfait. Alors, nous allons procéder à
l'appel nominal pour le sous-amendement à l'amendement de l'article 38. M.
le secrétaire.
Le
Secrétaire : Pour, contre, abstention. M. Fontecilla
(Laurier-Dorion)?
M.
Fontecilla : Pour.
Le
Secrétaire : Mme Duranceau (Bertrand)?
Mme
Duranceau : Contre.
Le
Secrétaire : Mme Jeannotte (Labelle)?
Mme
Jeannotte : Contre.
Le Secrétaire :
Mme Dionne (Rivière-du-Loup—Témiscouata)?
Mme Dionne :
Contre.
Le
Secrétaire : M. Girard (Lac-Saint-Jean)?
M. Girard
(Lac-Saint-Jean) : Contre.
Le
Secrétaire : Mme Dufour (Mille-Îles)?
Mme Dufour :
Abstention.
Le
Secrétaire : M. Gagnon (Jonquière)?
Le Président (M. Gagnon) : Abstention. Alors, le
sous-amendement est rejeté, ce qui nous ramène à l'amendement de
l'article 38. Est-ce qu'il y a d'autres interventions en lien avec le
dépôt de l'article 38? Alors, s'il n'y a pas d'intervention, nous allons
procéder à la mise aux voix. Est-ce que l'article 38 est... Ah! non,
pardon, est-ce que l'amendement...
M.
Fontecilla : ...
Le Président (M.
Gagnon) : Allez-y, M. le député.
M.
Fontecilla : Sur division.
Le Président (M. Gagnon) : Sur
division, d'accord. Là, nous allons mettre aux voix l'amendement, et non
l'article.
M.
Fontecilla : Ah! parfait.
Le Président (M.
Gagnon) : Ça vous va? Parfait. Alors, s'il n'y a pas d'autre
intervention, nous allons procéder à la mise aux voix...
M.
Fontecilla : Sur division.
Le Président (M. Gagnon) :
Est-ce que l'amendement de l'article 38 est adopté?
Mme
Duranceau : Adopté.
Le Président (M.
Gagnon) : Adopté sur division. Alors, nous allons revenir sur
l'article 38, tel qu'adopté... tel qu'amendé, pardon.
M. Fontecilla :
...
Le Président (M.
Gagnon) : Sur division, toujours. Est-ce que l'article 38 est
adopté?
Des voix : Adopté.
Le
Président (M. Gagnon) : Sur division, adopté. Alors, ce qui nous amène à
la fin de l'étude détaillée. Est-ce que le titre du projet de loi est
adopté?
Des voix : Adopté.
Le
Président (M. Gagnon) :
Adopté. Je propose également que la commission recommande la... la
renumérotation, pardon, du projet de loi amendé. Cette motion est-elle adoptée?
Des voix : Adopté.
Le
Président (M. Gagnon) : Adopté. Je propose également que la commission
adopte une motion d'ajustement des références. Cette motion est-elle
adoptée?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Gagnon) : Adopté.
Remarques finales
Nous sommes
maintenant rendus aux remarques finales, nous sommes maintenant rendus à
l'étape des remarques... Je cède la
parole au porte-parole du deuxième groupe d'opposition, le député de Laurier-Dorion. La parole est à vous.
M. Andrés Fontecilla
M. Fontecilla : Oui, M. le
Président, merci beaucoup. Écoutez, nous avons fini un projet de loi important
et nous avons discuté de façon approfondie. Ça n'a pas été adopté à la va-vite,
parce qu'il y a... il y a là, dans ce projet de loi là, des aspects qui
concernent la vie concrète de milliers, voire de centaines de milliers de
personnes et de familles. Nous avons abordé des choses qui ont fait scandale
dans la société depuis quelques années, et qu'il fallait... sur lesquelles il
fallait se pencher et trouver une solution. À mon avis, le projet de loi ne
va... est loin de résoudre les problèmes qui ont été mis à jour par la crise du
logement, il est loin de régler les dynamiques néfastes qui se développent à la faveur de cette crise du
logement. C'est un projet de loi qui ne va pas endiguer la croissance...
souvent, la croissance des loyers individuels qui ont une augmentation abusive,
qui va enrayer le phénomène de l'inflation spéculative qui arrive dans le
secteur locatif.
• (11 h 40) •
Et c'est un projet de loi qui ne règle pas les
problématiques soulevées par la clause F. Et donc tout ce qu'on sait
maintenant, c'est combien... de combien va être l'augmentation abusive, là,
mais on est loin d'avoir réglementé, d'avoir encadré ces hausses-là dans le cas
d'un immeuble construit depuis au moins... depuis moins de cinq ans. Je suis tout à fait d'accord qu'un constructeur, un
promoteur immobilier peut avoir mal fait ses calculs et qu'il peut y
avoir des changements dans le contexte immobilier qui font en sorte qu'une fois
que le bâtiment est construit et que les locataires sont installés, il peut y
avoir des coûts qui n'ont pas été bien estimés et qui, par conséquent,
doivent... on doit procéder à un réajustement des prix du loyer. Mais la
question qu'on se pose, M. le Président, c'est : Pourquoi cela doit être fait sans aucune justification? Et
c'est ça qui est important. Et ce que nous avons... ma formation
politique a avancé en commission parlementaire, c'est le fait que l'instance
responsable de porter un regard objectif sur ces situations-là, c'est-à-dire le Tribunal
administratif du logement, puisse...
doit être impliqué dans la... le calcul d'un loyer dans le cas d'un immeuble construit depuis cinq
ans. C'est l'opacité de cette procédure qui nous inquiète grandement.
Les promoteurs devraient être soumis aux
mêmes... à la même obligation de transparence que n'importe quel propriétaire dans le cas d'une contestation de
loyer et, par conséquent, de l'utilisation de la procédure de fixation du
loyer, qui doit faire l'objet d'un regard de la part du tribunal... d'un juge
du Tribunal administratif du logement. Pourquoi, dans le cas d'un immeuble
neuf, on soustrait cette obligation-là, et tous... la seule obligation à
laquelle on soumet un propriétaire, c'est celle,
bien, d'annoncer de combien vont être les augmentations dans une période de
cinq ans? Donc, on ne réglemente pas
la clause F, on dit... en quelque sorte, on annonce au locataire de combien
de... quel va être son supplice pendant... bien, un supplice qui n'a
aucune justification, en tout cas, publique, là. Donc, on est loin de ce qu'on
a besoin dans le cadre de la crise du logement actuel là.
D'autre part,
M. le Président, là, il y a des insuffisances manifestes et patentes dans ce
projet de loi là. On sait qu'un des
grands problèmes de... dans ce qui se vit dans le monde du secteur locatif, ce
sont les évictions. Heureusement, le ministre... la ministre de
l'Habitation a fait une petite avancée en réglant un problème qui a été soulevé
depuis des années, une incohérence dans
notre... dans le Code civil du Québec concernant les évictions, c'est-à-dire, tout
comme dans la procédure de reprise du logement, là, le projet de loi n° 31 fait en sorte que le fardeau de la preuve, lors d'une
éviction, lors d'une rénoviction, comme c'est communément appelé aujourd'hui,
là, ça va être au propriétaire de prouver le bien-fondé de cette
rénoviction-là, comme c'est le cas dans le cas des reprises. Donc, c'est une
avancée.
Ça fait longtemps qu'on soulevait cette problématique-là.
Je me rappelle même d'avoir participé et d'avoir soulevé cette question-là par
rapport à l'ancienne ministre des Affaires municipales et de l'Habitation et
députée de Chicoutimi sur cette question-là. Nous avons fait, même, des séances
de consultation de certains acteurs. Ça a pris des années avant que,
finalement, on arrive à cette conclusion-là qu'il fallait faire la preuve...
qu'il fallait, en quelque sorte, renverser le fardeau de la preuve des épaules du locataire vers
les épaules du locateur, parce que les préjudices d'une éviction,
évidemment, sont beaucoup plus importants sur la vie d'un... sur la vie d'un
propriétaire... d'un locataire que d'un locateur.
Et, d'autre part, on ne va pas assez loin dans
le cas des évictions. Nous avons proposé à la ministre de procéder à une... d'accepter une procédure de
vérification des raisons pour lesquelles le locateur a obtenu le droit
d'évincer son locataire. Évidemment, on le sait que... et il y a des indices
dans ce sens-là, qu'un important nombre d'évictions sont effectuées de façon
frauduleuse, donc principalement que le locateur n'a pas effectué, dans le cas
d'une éviction pour rénovation, pour travaux... n'a pas effectué les travaux
qu'il avait promis d'effectuer, ou n'a pas effectué l'agrandissement qu'il
avait promis d'effectuer, ou la subdivision, ou le changement d'affectation.
Donc, on se
présente en cour, on peut même se présenter avec des plans, mais finalement, ce
n'était que du vent, et on profite à
la... à l'éviction d'un locataire, qui, en général, ça fait longtemps qu'il vit
là, donc il paie un loyer moins élevé et, finalement, les travaux ne
sont pas effectués. Nous avons avancé la procédure toute simple, une procédure
de vérification, à savoir si... qui pourrait être faite en concordance avec les
services municipaux, à savoir si des travaux ont été effectués ou pas, et, si
ce n'est pas le... si ce n'est pas le cas, bien, imposer une punition
conséquente afin de décourager ce type de pratique.
Je vous rappelle, M. le Président, qu'il y a eu
une étude du Comité logement de La Petite-Patrie qui nous... qui a abouti à
la... aboutissait à la conclusion que 85 % des reprises et des procédures
d'éviction sont frauduleuses, c'est-à-dire que le locataire n'a pas été évincé
ou son logement n'a pas été repris pour les raisons avancées par le locateur,
et qu'au fond, il s'agit d'une opération destinée à pouvoir augmenter les
loyers une fois les locataires expulsés.
Donc, c'est une opération spéculative, encore une fois, là, qui doit être
encadrée par le législateur, parce que les conséquences économiques,
pour le ménage qui est évincé, sont importantes, mais non seulement pour le
ménage, mais pour la société en général,
c'est-à-dire, ça introduit une... ça alimente une bulle spéculative, là, qui affecte
l'ensemble du marché locatif. Oui, l'intérêt personnel du... de ce
propriétaire-là qui veut augmenter ses gains pécuniaires est en contradiction
avec l'intérêt général de la société, qui n'a pas intérêt à voir une bulle
spéculative, dans le secteur de l'immobilier, se former.
Donc, écoutez, M. le Président, c'est très...
c'est très dommageable que le gouvernement n'ait pas été dans cette direction-là et encore plus dommageable que
le gouvernement n'ait pas accepté notre... nos amendements concernant les
évictions pour les personnes aînées. Donc, c'est fondamentalement de rajeunir,
si je peux m'exprimer ainsi, la loi Françoise David, qui a été adoptée en 2016.
On sait que la crise du logement vise... affecte tout particulièrement les personnes aînées, parce que c'est un secteur
particulièrement vulnérable et susceptible de subir des pressions de la
part de certaines... certains spéculateurs
peu scrupuleux, et donc il fallait absolument améliorer les protections de ces
secteurs-là.
Et, par exemple, ce que nous avons proposé,
c'est qu'il fallait baisser de 70 à 65 ans l'âge minimal pour être
bénéficiaire de cette loi, c'est-à-dire, 65 ans, c'est l'âge de la
retraite, l'âge normal pour passer d'une catégorie à une autre, passer de la catégorie
de personne active à personne inactive, par exemple. Et une autre, c'est de
baisser de 10 à cinq ans le temps de résidence dans les logements pour pouvoir
bénéficier de la loi Françoise David. Et, d'autre part, c'est ce qui s'impose
de façon impérative, c'est d'augmenter considérablement le revenu maximal
admissible. Pour être admissible, en ce
moment, là, c'est celle des personnes... les aînés les plus pauvres de la
société qui peuvent être admissibles à la loi Françoise David, alors
qu'il y a beaucoup d'autres aînés qui méritent aussi d'être protégés, là.
• (11 h 50) •
Il a été proposé aussi que les évictions ne
puissent pas se faire sans installer... pour installer un Airbnb, et que les locataires... et voilà. Et nous avons
également proposé que les indemnités en cas de... les indemnités minimales
en cas d'éviction soient augmentées non pas de trois mois, mais de six mois de
loyer, de façon à rendre ces opérations encore plus coûteuses pour les
différents spéculateurs qui veulent priver du droit au maintien dans les lieux
des locataires pour engranger plus de profits, là, on va se le dire.
Heureusement,
l'amendement sur le dépôt de garantie pour les locataires possédant un animal
de compagnie a été retiré. Ça n'a pas été... ça n'a pas été déposé, là.
Et, vous le savez, M. le Président, que l'ouverture ou l'imposition d'un dépôt
de garantie pour tout... partiel, ne serait-ce que partiel, est le préalable
pour l'imposition... un dépôt de garantie pour tous les baux, et on le sait que
le dépôt de garantie est un obstacle majeur pour se loger, qui est un droit
fondamental pour un très grand nombre de locataires à faibles revenus, et il
a... il comporte un problème pratique de taille,
là. C'est que, là, dans les juridictions, là où il existe, le dépôt de garantie
constitue le principal litige entre locataire et propriétaire, à propos,
justement, de la récupération... de la récupération, par les locateurs, de ces
dépôts-là.
Concernant
les augmentations de loyer, nous sommes désolés que la ministre n'ait pas
accepté nos propositions pour faire en sorte que le Code civil comporte
clairement ce que ça veut dire, les articles 1943 et 1947, donc que ce
soit stipulé en toutes lettres, dans le Code civil, qu'un avis d'augmentation
de loyer doit comporter trois possibilités : soit j'accepte, je reste...
soit j'accepte et je reste, ensuite, je refuse et je quitte, et la troisième,
c'est, je refuse et je reste, qui est celle
qui nous importe, parce qu'on sait qu'un très grand nombre d'avis
d'augmentation de loyer ne comportent que
deux possibilités, là, soit j'accepte et je reste, soit je refuse et je quitte,
ce qui n'est pas... ce qui ne correspond pas à la législation actuelle.
Et beaucoup des locataires, ne connaissant pas les lois, parce que la plupart
des locataires, malheureusement, ne
connaissent pas les lois concernant la location, ne... vont se faire influencer
par ces formulations-là incomplètes, et soit accepter des... accepter
des hausses abusives, ou soit, si elles sont trop importantes pour leur capacité
de payer, bien, quitter, avec les conséquences que cela amène pour les
locataires.
Je pense que la ministre aurait pu aussi aller
de l'avant avec la proposition qu'on a faite dans le sens que les mandataires au Tribunal administratif du logement doivent absolument offrir ce service de façon gratuite, et on
pourrait mandater des organisations sans but
lucratif dans le domaine juridique pour exercer des mandats de représentation
gratuite.
Et tout cela, M. le
Président, sans parler de la cession du bail, là,
qui est un peu l'objet principal qui a suscité une très grande mobilisation
dans la société, pour inciter le gouvernement à retirer cette disposition-là,
qui constitue, en ce moment, un des seuls remparts à la disposition des
locataires pour éviter les augmentations abusives de loyer. La ministre, avec
tout ce qui a été dit, là, avec tous les... toutes les représentations qui ont
été faites ici, en commission parlementaire et à l'extérieur, aurait dû écouter
la société civile et conserver ce droit, ce droit qui est devenu un droit très
important pour les locataires.
Au même temps, si... faute de l'avoir retirée,
nous avons présenté plusieurs propositions pour essayer de baliser tant bien
que mal cet... ce recul important pour les droits des locataires. Par exemple,
le dernier que nous avons discuté ce matin, là, la possibilité d'exclure les
colocataires de la possibilité de refus d'une cession du bail sans motif
sérieux ou raisonnable. La ministre s'est montrée ouverte, même si les
locataires, en toute logique, devraient bénéficier
du droit au maintien dans... de maintien dans les lieux. Et nous avons beaucoup
discuté de la question de... que le
propriétaire pourrait refuser une cession du bail pour un motif autre que
sérieux, ce qui amène... À toutes fins pratiques, là, c'est la
possibilité d'exercer un plus grand... une plus grande discrimination, de la
part de certains locateurs, sur des locataires à la recherche de... à la
recherche de logement.
Évidemment, on va nous rétorquer qu'il existe
toutes sortes d'autres moyens, pour un locataire victime de discrimination, de faire prévaloir ses droits, et
je répondrai que c'est une procédure de prouver la... il n'y a rien de
plus difficile, dans la société qui est la nôtre, de prouver la discrimination.
C'est des procédures devant la Commission des droits de la personne, qui sont
très longues et, souvent, qui exigent beaucoup de déboursés économiques. Il
faut se faire accompagner par des professionnels, des avocats. Donc, c'est une
voie qui est prise très rarement par des personnes victimes de discrimination.
Donc, voilà,
ça a été une... ça a été une mobilisation qui dure jusqu'à aujourd'hui, et
j'aimerais... Sûrement que la ministre
le sait, il y a eu une manifestation, une importante manifestation, pas plus
tard que samedi dernier, pour exiger que
le gouvernement retire la cession... la cession du bail, entre autres. Et il y
a une très grande colère chez les locataires par rapport au PL n° 31, et cette colère-là, avec l'adoption du PL n° 31 sous sa forme actuelle, ne va pas s'éteindre, elle ne
va faire qu'augmenter. Donc, voilà, ce sujet-là n'est pas terminé.
Et, en terminant, M. le Président, j'aimerais
informer nos collègues parlementaires que nous avons reçu une lettre, pas plus tard qu'hier, concernant... la
lettre de l'Ordre des urbanistes, et je ne l'ai pas sous les yeux, mais c'est
une lettre très intéressante, mettant en garde, mettant en garde le
gouvernement sur les amendements apportés en toute dernière minute, sans
consultation, à l'article 37.2, qui prévoient que plusieurs réglementations
de... concernant l'approbation des projets immobiliers vont être sérieusement
esquintées, simplifiées. Et ce qu'ils disent, nos amis de l'Ordre des
urbanistes, tout en reconnaissant que la législation pourrait être
simplifiée... mais ils nous disent que ça donne
trop de marge discrétionnaire aux conseils municipaux, et, plutôt que de mettre
à jour les plans d'urbanisme et les règlements, le projet de loi propose
de les contourner sans vision d'ensemble, avec le strict minimum de balises.
Et, plus important encore, l'Ordre des urbanistes nous met en garde contre le
risque de favoritisme et de la... et la possibilité d'une trop grande
politisation des approbations, parce qu'il encourage...
Le Président (M. Schneeberger) : En
terminant.
M. Fontecilla : ...une
implication...
Le Président (M. Schneeberger) : En
terminant.
M. Fontecilla : En terminant...
Le Président (M. Schneeberger) : 10 secondes.
M. Fontecilla : Bien sûr. Donc,
j'invite mes chers collègues de la commission à aller lire
cette lettre-là.
Donc, pour toutes ces raisons-là, je ne peux que
m'opposer à l'adoption du PL n° 31. Merci.
• (12 heures) •
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup, député de Laurier-Dorion. Et nous passons maintenant du côté de
l'opposition officielle, avec la députée de Mille-Îles.
Mme Virginie
Dufour
Mme Dufour : Merci, M. le Président.
Alors, bien, écoutez, il n'y a pas de doute... D'abord, je voudrais commencer en remerciant l'ensemble des collègues
autour de la table, qui, parfois, ont fait preuve d'une grande patience.
Ça a été quand même, on pourra le dire, ardu, l'étude détaillée de ce projet de
loi là, il n'y a pas de doute, là. Ça a été même, je vous dirais, chaotique du
début, le nombre d'amendements qu'on a vus qui ont... puis qui ont parfois
changé un peu la nature même du projet de loi. D'ailleurs, au départ, ça devait
concerner principalement les relations locataires et propriétaires, mais aujourd'hui,
là, il y a eu une multitude d'amendements qui, au bout du compte, ont vraiment, vraiment changé la nature du projet de
loi. D'ailleurs, on a eu des échos, là, des groupes, qui auraient
souhaité pouvoir s'exprimer sur les nouveaux amendements qui ont été déposés
pendant les consultations particulières, mais, évidemment, n'ont pas pu le faire parce qu'ils ont été mis devant le
fait accompli par la suite. Donc, c'est certain, là, que toute l'organisation du projet de loi, je crois,
aurait pu se faire de façon un petit peu plus harmonieuse, mieux
planifiée.
Malgré ces ajouts, toutes
ces modifications-là, je dois dire que le projet de loi ne réglera pas la crise
du logement. Ce qu'on a besoin, c'est un
plan global en habitation, mais surtout, il nous faut des mesures fiscales,
structurantes pour relancer l'industrie de
la construction. On le sait, il nous faut plus de logements. Donc, je
n'entrerai pas davantage dans cet aspect-là, je vais aller vraiment dans
l'enjeu majeur, le changement sur la cession de bail, ce que tous les groupes... beaucoup de groupes ont dénoncé. Donc,
avec cette modification-là, on pourrait assister à un important recul
pour les locataires et voir des hausses de loyer plus imposantes que ce qu'on
a... ce qu'on voit déjà dans les médias. Moi, je l'ai dit d'emblée, nous
étions... nous aurions été pour ce changement, si nous avions été en... dans un
marché en équilibre. Ce n'est pas le cas
présentement. Et donc, pour nous, c'était... c'est un recul actuellement, ce
changement-là, pour les locataires. On est d'accord qu'il faut un juste milieu
entre les droits du propriétaire et du locataire et, dans certains cas, il y
avait... il y en avait trop pour un ou trop pour l'autre. Il y a eu des
amendements, mais pour ce qui est de la cession de bail, pour nous, ce n'était
pas le bon moment de faire ce changement-là.
Je dois dire, par contre, qu'il y a quand même
des éléments intéressants qui sont dans le projet de loi, qui vont aider les
locataires ou tout groupe, en fait, là, et je vais en mentionner quelques-uns.
D'abord, les dommages-intérêts punitifs pour
une fausse déclaration, ou lorsque le locateur omet sciemment de fournir l'avis
au nouveau locataire indiquant le loyer le plus bas payé, c'est un
amendement que nous avions déposé, et, bon, la ministre a déposé aussi le même amendement, donc c'est celui-ci qui a été
adopté dans le projet de loi. Et donc, ça, c'est une amélioration, là,
pour les locataires. Et on disait souvent
que, si la clause G fonctionnait bien — ça,
ça concerne la clause G — bien,
on n'aurait pas... on n'aurait pas de demande de registre de loyers.
Donc, ça, ça devrait aider à avoir une clause G plus efficace.
Évidemment,
tous les amendements qui ont pour but de renforcer le logement étudiant... On
l'a vu, le logement étudiant, ça, c'est primordial, là, ça va être
essentiel pour contrer la crise du logement, surtout dans les villes où
c'est... il y a beaucoup, beaucoup d'étudiants. Donc, ce sont des améliorations
qu'on a vues dans le projet de loi.
D'autoriser de plein droit les logements
accessoires, c'est certainement un plus. Par contre, ce n'est pas la panacée,
là. Là où les villes le permettent, il y a très, très peu d'unités qui se sont
ajoutées. Mais prenons toutes les possibilités, tous les gains, tous les
outils.
Ensuite, le
renversement... ça, c'est majeur, quand même, le renversement du fardeau de
preuve pour les évictions, et des meilleures indemnités, là, qui
pourraient aller jusqu'à 24 mois. Ce n'est pas rien. Ça, c'est un grand gain
pour les locataires, il faut le dire. Par contre, je le souligne, ces
changements, ça concerne seulement les évictions et non pas les reprises de
logement pour un proche. Il y a eu un cas, là, qui a été diffusé dans les
médias la semaine dernière, une dame de 83 ansm de mon comté, qui a été
évincée pour une reprise de logement pour un proche, et donc... et même si elle
était sous la clause de la loi Françoise David, bien, elle n'était pas
protégée, parce qu'il s'agissait ici d'une reprise d'un logement pour une
personne de plus de 70 ans, et donc, encore une fois, elle... et cette
dame-là, malheureusement, là, mon équipe travaille avec sa famille actuellement
pour la relocaliser, mais elle n'a pas bénéficié d'indemnité supplémentaire,
et, même après le projet de loi, elle ne l'aurait pas eu droit vu que c'est une
reprise. Donc, ça, c'est un petit écueil.
Par contre, je voudrais souligner qu'il y a
quand même eu des gains, là. On a fait des propositions qui ont été acceptées,
là. J'ai mentionné plus tôt les dommages-intérêts punitifs pour la clause G,
que nous avions proposés, qui ont été repris aussi par la ministre, mais il y a
aussi l'interdiction de la marchandisation de la cession de bail ou de la
sous-location. Ça aussi, c'est un élément. On ne veut pas que des gens
profitent de la sous-location ou de la cession de bail pour se faire du profit
sur le dos de d'autres gens vulnérables.
Donc, ça, c'est un gain qui a été ajouté. Il y a
aussi une concordance pour les indemnités d'éviction pour les démolitions. C'était une omission dans le projet
de loi, donc, que j'ai détectée, puis ça, ça a été accepté, puis ça a été
intégré. Donc, même lorsqu'il y aura des démolitions, il y aura les indemnités
pour éviction qui s'appliqueront, là, qui peuvent aller jusqu'à 24 mois.
Par contre, là, je dois dire, il y a quand même
plusieurs amendements qui, malheureusement, ont été refusés, et le premier en lice, et c'est vraiment
dommage... On l'a vu dans le journal, je pense, c'est la semaine dernière,
encore une fois, des évictions pour faire de
l'hébergement touristique temporaire, des Airbnb, ça continue de se
faire actuellement. On aurait pu freiner ça. Il y a eu un projet de loi
qui a été déposé par... que j'ai déposé en ce sens. On aurait pu venir, avec un
amendement, l'interdire ici. On a préféré préserver le tourisme plutôt que de
permettre à des... à éviter que des gens soient mis à la rue pour des évictions
puis pour... pardon, pour faire du Airbnb. Là, je dis Airbnb, mais c'est toutes
sortes de... tout ce qui est hébergement touristique temporaire.
Je voudrais souligner là où on en voit le
plus... Actuellement, il y a... il n'y a pas, comme, de protection, si c'est un
changement d'usage, et, lorsque... si on veut, le plus rapidement possible,
changer... évincer quelqu'un, bien, c'est de changer l'usage et de le faire
pour faire, par exemple, du Airbnb. Non seulement ça va être plus payant, mais,
par la suite, ils pourront revenir, et remettre ça à un usage résidentiel, et
tous les gens auront tout perdu, mais actuellement, on s'entend, ce n'est pas
de loger les touristes qu'on a besoin, puis d'ailleurs il y a beaucoup,
beaucoup d'hôtels pour ça. En ce moment, on
a besoin de protéger notre monde. Notre monde a besoin d'être logé. On ne
devrait pas les évincer pour faire du Airbnb.
L'autre élément qu'on a manqué une belle
opportunité, c'est le zonage différencié. J'ai déposé plusieurs amendements qui
reprenaient un projet de loi que j'ai déposé en ce sens. Le zonage différencié,
c'est un outil qui était demandé par plusieurs municipalités, par plusieurs
groupes qui font des logements sociaux. Vivre en ville nous en avait parlé. C'est un outil qui permet de
donner un avantage concurrentiel aux logements... aux projets de
logements sociaux ou abordables pour que l'acquisition d'un terrain soit moins
dispendieuse par unité pour ces groupes-là. Ça n'aurait rien coûté au
gouvernement. Ça n'aurait rien coûté aux villes. C'était demandé par les
groupes, mais au moins, un petit gain, on nous a confirmé... Le sous-ministre nous
a confirmé qu'un projet pilote était en préparation pour
tester le zonage différencié, mais, compte tenu de la crise du logement, je
pense qu'on aurait gagné à le faire dès maintenant et pas attendre encore
davantage.
Il
est nécessaire... il est nécessaire de s'attaquer à l'insalubrité. On voulait
intégrer des dommages punitifs pour les propriétaires qui laissent vivre
leurs locataires dans des taudis. On aurait aimé qu'il y ait une révision du
calcul aussi du Tribunal administratif du
logement pour encourager les propriétaires à maintenir leurs logements en
meilleur état. Ça, je comprends que ça va peut-être venir plus tard, ça va
peut-être venir ultérieurement, mais il va falloir agir rapidement là-dedans.
Et finalement, bien,
ce qui nous manque, là, c'est... Il y a plusieurs articles qui, à mon sens,
sont venus affaiblir le logement social, où
on est venus parler plutôt de logement abordable et social. On a ouvert un peu
trop à ça. Puis on l'a vu, bien, la
notion de logement abordable est très élastique. Elle n'est pas définie. Ça
veut dire un peu n'importe quoi. Alors, on a manqué une occasion de
préserver l'importance du logement social dans plusieurs éléments du projet de
loi.
Maintenant, je vais
terminer avec des inquiétudes qui, à la suite de l'adoption, m'apparaissent
importantes de souligner, d'abord, la
protection des aînés. On l'a vu, il y a eu énormément de fermetures de
résidences pour personnes âgées, et on voit de plus en plus de personnes
aînées qui se font évincer. On aurait pu leur accorder une meilleure protection en baissant l'âge à 65 ans. C'est
une position avec laquelle nous étions d'accord, et je crois qu'on a perdu
une bonne opportunité de mieux protéger nos
aînés. Donc, ça a été laissé à 70 ans, malheureusement, et, on le voit, il
y a des cas, malheureusement, où les gens sont évincés à 69 ans,
juste avant d'atteindre l'âge où ils devraient être protégés.
Ensuite, évidemment,
la cession de bail, je l'ai mentionné, c'est un recul, alors que le marché n'a
jamais été autant en déséquilibre. On voit des taux d'inoccupation record
partout. Les chiffres de la SCHL, la semaine dernière, l'ont confirmé,
extrêmement inquiétants, et on ne voit pas, là, de... on ne voit pas du tout de
percée à l'horizon, là, de... rien qui est positif. Les mises en chantier
continuent à baisser, alors qu'on... c'est ça, qu'on voit des gens, de plus en
plus, là, qui ne sont plus capables de se loger. Donc, ça devient très grave.
• (12 h 10) •
L'accès
à des logements pour les propriétaires d'animaux, on en a parlé, j'avais tenté
d'amener le débat. J'aurais aimé qu'on pense aux propriétaires d'animaux
de cette... de façon à trouver une solution. On n'a pas trouvé... Le dépôt de
garantie n'est peut-être... n'est pas la bonne solution, mais il va falloir en
trouver une, et ça, c'est une inquiétude, parce que, dans quelques mois à
peine, on sera le 1er juillet, et, encore une fois, des milliers d'animaux
seront abandonnés et, malheureusement, probablement tués par la suite. Donc, je
crois qu'il faut agir puis, bon, j'invite tout le monde à continuer à
travailler en ce sens-là.
Et, en terminant,
c'est un élément pour lequel je peux dire que j'ai été la première à lever le
drapeau rouge, et je l'ai levé très, très fort, mais l'amendement 37.2 du
projet de loi, qui était inattendu, qui vient... sortait de nulle part, qui va
permettre aux villes de 10 000 habitants et plus de passer outre leurs
règlements d'urbanisme sans aucun encadrement. L'Ordre des urbanistes en a
parlé. C'est moi qui les a avisés de ce changement-là. J'ai contacté
directement l'ordre pour les aviser, parce qu'on était en train de discuter de
ça, alors qu'on n'avait même pas eu la chance
de l'analyser. Ça s'est fait de façon un peu cow-boy, je dois dire, le dépôt de
cet amendement-là, qui est majeur, majeur au niveau de l'urbanisme.
Comme ancienne présidente de l'ordre... de l'Association québécoise
d'urbanisme, pour moi, c'était un choc, et
j'ai tenté de proposer plusieurs amendements pour venir un peu l'encadrer d'une
certaine façon. J'ai proposé notamment de ne pas... de le permettre, mais
jusqu'à un maximum de 100 % de dérogation aux normes, par exemple.
C'est-à-dire que, si,
par exemple, dans une zone, on permettait du quatre étages, ça aurait... on
aurait pu se rendre jusqu'à huit étages, mais pas à 20, mais même ça a été
refusé. Alors, il n'est pas impossible qu'on retrouve, dans un quartier
résidentiel, éventuellement, bien, une tour, une tour de six, huit, 10 étages
autour de petites maisons unifamiliales, et c'est des choses que moi, j'ai vues.
Je sais que, bon, un ancien maire de Laval voulait faire ce genre de projet là.
Heureusement, à l'époque, il y avait des contestations possibles, mais là, avec
cet amendement-là, ce ne sera plus possible.
Donc,
des citoyens pourraient être mis devant le fait accompli sans aucun moyen légal
pour s'y opposer. On a dit : Ce n'est pas la fin du monde, parce
que les maires vont se raisonner, vont... ils vont s'assurer de pouvoir se
faire réélire l'année suivante, etc., mais la réalité, c'est qu'une fois que c'est
construit il n'y a plus de moyen de retourner en arrière, et l'histoire est
remplie de maires qui ont fait... tenté de passer des projets qui n'avaient pas
d'allure. Je ne dis pas qu'ils sont tous comme ça, mais je dis qu'il y en a...
Sur les 1 180 municipalités du Québec, il y en a beaucoup qui ont des idées, des fois, qui sortent un peu de ce que les
citoyens autour considèrent comme raisonnable.
L'intégration du
cadre bâti... L'intérêt économique, parfois, prévaut par-dessus le cadre bâti,
et ça peut créer des aberrations, et je vous
invite à venir voir le boulevard Saint-Elzéar, à Laval, pour voir qu'est-ce que
des aberrations peuvent donner. C'est
quelque chose. Heureusement, la ministre a accepté de diminuer à trois ans au
lieu de cinq ans, renouvelable pour, donc, deux ans... mais ça reste que
le large pouvoir discrétionnaire qu'on donne aux villes, aux maires, avec cet
amendement-là, est extrêmement inquiétant, et je partage l'opinion que l'Ordre
des urbanistes du Québec nous a transmise hier à ce sujet-là.
Donc,
ça complète mes remarques, M. le Président. C'est ça, je pense qu'on va se
revoir en Chambre prochainement. Merci.
Le Président (M.
Schneeberger) : Les chances sont très bonnes, effectivement. Alors,
merci beaucoup à la députée de Mille-Îles. Alors, nous allons maintenant du
côté de la ministre. Alors, la parole est à vous.
Mme France-Élaine
Duranceau
Mme Duranceau : Oui, merci, M. le
Président. Bien, écoutez, c'est un grand jour. J'aimerais d'abord, bien,
évidemment, remercier, là, les députés de l'opposition, la députée des
Mille-Îles, le député de Laurier-Dorion, qui... que je remercierai en personne, et vraiment, un merci particulier aux
députés du gouvernement pour vos conseils, pour votre patience puis pour
votre appui, puis à mon adjointe parlementaire, en particulier, d'être toujours
là pour moi, et aussi un merci spécial à toutes les équipes du ministère des
Affaires municipales, de l'Habitation et du Tribunal administratif du logement.
Votre participation à ces débats a été vraiment cruciale, et je me suis sentie
bien épaulée. Alors, merci beaucoup. Merci beaucoup pour ça.
En moins d'un an, on a fait adopter ce projet de
loi là. C'est un projet de loi qui visait à protéger les gens les plus
vulnérables, qui visait à rétablir l'équilibre entre la relation
locataire-locateur. Évidemment, ce n'est clairement pas un projet de loi qui règle à lui seul la crise du logement. Ce
n'était pas du tout l'objectif. C'était l'objectif de, comme je dis,
rétablir certaines choses et aussi de venir donner des outils, des outils
spéciaux, dans le contexte de la crise du logement, pour donner de la
flexibilité à la Société d'habitation du Québec dans ses interventions, pour
donner des pouvoirs spéciaux aux villes, et, dans ce sens-là, il viendra
évidemment avoir un impact favorable pour amoindrir les effets de la crise du
logement. Je le répète, il ne faut pas non plus faire reposer tout le règlement
de cette crise-là sur quelques articles du Code civil. Ce sont juste des outils
additionnels.
Et peut-être qu'en terminant ce que je dirais,
c'est que, oui, il y a des situations qui demeurent difficiles. Ces
situations-là nous préoccupent, puis ce qu'il faut vraiment, pour rendre la vie
plus facile à tout le monde puis avoir des conditions de marché qui seront plus
favorables, c'est augmenter l'offre de logements, puis c'est ce sur quoi je travaille à tous les jours, et, avec le projet de
loi n° 31, bien, on vient se donner des outils pour
construire plus vite, construire plus rapidement, et c'est ça qui aura
un réel impact sur la crise du logement puis sur le fait que les Québécoises et
les Québécois ont le droit de se loger à des conditions qui sont acceptables et
favorables.
Alors, merci à tout le monde de votre
participation.
Le
Président (M. Schneeberger) : Alors, merci, Mme la ministre. Alors, peut-être,
je le prends presque personnel, parce
que, tout à l'heure, j'ai dû quitter quelques instants, et je reviens, et nous
sommes rendus aux remarques finales. Alors,
je vais remercier le député de Jonquière pour son bon travail pour faire
avancer la commission. Alors, à mon tour de vous remercier pour votre
bonne collaboration.
Et, étant donné que la commission a accompli son
mandat au niveau de l'étude détaillée, alors la commission ajourne ses travaux
à demain, mercredi, à 8 heures, pour une séance de travail. Merci beaucoup à
tous.
(Fin de la séance à 12 h 18)