(Onze heures trente et une minutes)
Le Président (M. Gagnon) : Alors,
bonjour à tous. Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission
de l'aménagement du territoire ouverte. Je vous souhaite la bienvenue. Et, bien
sûr, comme à toutes les séances, je demande aux gens de bien vouloir éteindre
leurs sonneries de leurs appareils électroniques.
La commission est réunie aujourd'hui afin de
poursuivre les consultations particulières et auditions publiques sur le projet de loi n° 57, Loi édictant la
Loi visant à protéger les élus et à favoriser l'exercice... sans entrave,
pardon, de leurs fonctions et modifiant diverses dispositions
législatives concernant le domaine municipal.
Mme la secrétaire, est-ce qu'il y a des
remplacements?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. M. Ciccone (Marquette) est remplacé par Mme Lakhoyan
Olivier (Chomedey) et M. Fontecilla (Laurier-Dorion), par M. Grandmont
(Taschereau).
Le Président (M. Gagnon) : Merci,
Mme la secrétaire. Je vais demander : Est-ce qu'il y a consentement... étant donné que nous avons quelques minutes de
retard, est-ce qu'il y a consentement pour poursuivre la séance jusqu'à
13 heures?
Des voix : Consentement.
Auditions (suite)
Le
Président (M. Gagnon) : Consentement? Consentement. Alors, je souhaite
maintenant la bienvenue à la ville de
Laval. Je vous rappelle que vous disposez... disposez, pardon, de
10 minutes pour votre exposé, puis nous procéderons, par la suite,
à la période d'échanges avec les membres de la commission. Je vous invite,
donc, à vous présenter et à commencer votre exposé, gens de Laval.
Ville de Laval
M. Boyer
(Stéphane) : Excellent. Merci beaucoup, M. le Président. Je
suis le maire de Laval. Je suis accompagné de Simon Tremblay, directeur
des affaires juridiques chez nous pour la municipalité. Bien, je souhaite la
bienvenue également... en fait, le bonjour à Mme la ministre et à mes collègues
élus de l'Assemblée.
Je trouvais
ça important, pour moi, de venir, aujourd'hui, participer à la consultation sur
le projet de loi, parce que c'est un... en fait, c'est une cause, c'est
un sujet qui est tellement important, qui est au coeur de notre démocratie.
Tout comme vous à Québec, on se lance souvent en politique pour changer le
monde, parce qu'on a des idées, parce qu'on a des orientations qu'on souhaite
donner à notre société puis là où on s'en va.
Évidemment,
la politique, c'est, de par sa nature, un milieu qui est très particulier, qui
se compare difficilement à un autre
milieu d'emploi. De par la nature des choses, c'est l'endroit où se confrontent
toutes les idées, tous les débats de société, mais la confrontation,
elle doit rester au niveau des idées et non au niveau des individus. Et, pour
plein de raisons, c'est parfois difficile de
rester à ce niveau-là parce qu'il y a des dynamiques partisanes, où on souhaite
se démarquer, et donc on critique, et
où parfois la tentation de tomber dans les critiques personnelles est présente,
malheureusement.
C'est un milieu qui est difficile parce que,
entre autres au niveau des conseils de ville à l'échelle municipale, les conseils de ville sont souvent une tribune
politique. Donc, on a des gens qui souhaitent devenir candidats, qui vont
monopoliser le temps du conseil municipal ou des anciens candidats défaits qui
vont venir également utiliser la tribune du conseil de ville pour prendre la parole ou même mettre en lumière un
parti ou un élu qu'ils aiment bien en leur posant des questions pour mettre de l'avant leur
programme électoral. Donc, il y a une dynamique dans les conseils de ville aussi
qui est assez particulière.
C'est un domaine qui est aussi difficile parce
que, de plus en plus, on voit des cas de santé mentale. On doit composer avec
cette réalité-là dans nos conseils de ville, mais aussi à l'extérieur des
conseils de ville. Et c'est aussi complexe parce qu'on doit souvent expliquer
des sujets complexes et des positions qui sont nuancées, mais on doit le faire rapidement, dans la simplicité, dans un
univers médiatique qui est de plus en plus polarisé. Il y a une opinion
politique qui est de plus en plus polarisée.
Donc, pour toutes ces raisons-là, je trouve que
c'est important d'apporter des solutions pour s'assurer que nos élus puissent jouer leur rôle dans un climat
qui va être sain, qui va être respectueux. C'est nécessaire si on veut attirer
des personnes vers la politique. C'est nécessaire si on veut retenir des gens
dans la politique et pour éviter que le débat, justement, tombe, aille vers des
endroits qu'on n'aimerait pas qu'il aille.
Peut-être
un petit mot, là, rapidement, sur Laval. On connaît Laval pour son histoire,
hein? Malheureusement, pendant plus d'une vingtaine d'années, il y a
eu... bon, on avait un... il y avait un régime unique, un parti unique qui a sombré vers la corruption, mais ce n'est plus le
cas aujourd'hui. Laval, moi, je suis fier de dire qu'on est rendus aux
municipalités où il y a eu une floraison de la démocratie. Dans les trois
dernières élections, il y avait entre 5 à 7 candidats pour chacune des circonscriptions, minimalement
cinq partis en lice. Puis, aujourd'hui, au conseil de ville, il y a trois
partis politiques de représentés.
Laval, c'est aussi... on est maintenant paritaire. Les femmes ont leur place
autant dans l'administration publique
que dans le conseil de ville. Et on est un conseil de ville qui est diversifié,
avec 50 % de nos élus issus de la diversité culturelle. Et je souhaite que
ça demeure comme ça. Je souhaite qu'on puisse maintenir cette belle
diversité.
Et, quand je regarde ce qui se passe dans
d'autres villes, où je vois des élus démissionner, où je vois des gens se faire intimider, bien évidemment, ça
m'attriste, et on souhaite pouvoir assurer des conditions gagnantes pour ne pas
aller dans cette direction-là. Donc, on...
Écoutez, vous avez la mémoire devant vous. On va être libres à répondre à vos
questions sur les différentes recommandations.
Je souhaitais, peut-être, d'emblée, là, parler
de trois sujets qui ne sont pas forcément dans le mémoire, mais qui ont fait
l'objet de discussions avec différents collègues élus municipaux dans les
derniers jours, notamment sur la période de questions du public. Donc, on est
d'avis, là, que... C'est sûr qu'il y a une réalité où, des fois, dans les
conseils de ville, des gens vont venir prendre la parole, sachant que le
conseil de ville est diffusé et rendu public, ils vont utiliser cette occasion-là pour faire un spectacle. Mais je crois
qu'on doit quand même garder cet... ce moment-là, un moment qui est public, accessible à tous. C'est
quand même le seul moment dans le mois où la démocratie municipale, là,
peut s'exercer, là, devant tous les yeux.
Par contre, on aimerait aussi que la période de
questions puisse, si c'est possible, dans le cadre des lois de la Charte des
droits et libertés, être surtout dédiée aux citoyens de la municipalité. Ce
n'est pas rare que la période de questions va être monopolisée par des gens qui
ne viennent pas de la municipalité, c'est comme dans bien des villes au Québec. Puis, évidemment, on a un temps quand
même limité où les citoyens peuvent venir poser des questions. Et, lorsque les
temps de parole sont monopolisés par des organismes ou par des citoyens qui
viennent d'ailleurs au Québec pour défendre une cause qui leur est chère, bien,
malheureusement, ça fait en sorte que, des fois, il y a des citoyens de
Laval qui n'ont pas le temps de venir s'exprimer ou de parler de leurs
problèmes qui les affectent. Donc, si c'était possible
de limiter ça aux résidents de la municipalité ou à des gens qui sont
directement impactés par une décision de la ville, parce qu'on peut comprendre
qu'il y a des nuances à apporter à ce niveau-là, je crois que ça serait très
intéressant.
Dernier point, très content de voir qu'on parle,
entre autres, de formation dans le projet de loi. Je pense que c'est important
d'avoir une meilleure formation des élus une fois qu'ils sont élus, mais aussi
en cours de mandat. Mais, j'aimerais
rajouter aussi, avant de s'inscrire comme élus, parce que, des fois, on... ce
n'est pas clair pour tout le monde
c'est quoi, être un élu, qu'est-ce que ça implique au quotidien. Et j'aimerais
qu'on évite les situations où quelqu'un mette son nom sur le bulletin de
candidature, gagne ses élections et qu'il vive un désenchantement, par la
suite, en se disant : Bien, ce n'est
pas ça que j'avais en tête, et qu'il quitte ses fonctions en cours de mandat ou
qu'il soit simplement frustré, en
fait, de la position dans laquelle il est. Et donc je crois que, si on était
capable de mieux outiller les gens qui sont intéressés à se présenter
pour bien comprendre ce dans quoi ils s'embarquent, je crois que ça serait un
grand gain pour notre démocratie. Alors, ça, ça fait le tour de mon
introduction, je crois qu'on a quelques minutes de plus. Je ne sais pas, M.
Tremblay, si vous vouliez dire un mot d'introduction?
M. Tremblay (Simon) : On va répondre
aux questions...
Le Président (M. Gagnon) : Merci
beaucoup, M. le Maire, M. le directeur. Alors, merci de votre exposé. Nous allons maintenant commencer, effectivement,
la période d'échange. Mme la ministre, la parole est à vous pour une
durée de 15 minutes.
Mme Laforest : Oui. Merci, M. le
Président. Alors, bien, je vais commencer tout de suite avec ma première
question. M. Tremblay, étiez-vous avec la commission Charbonneau, procureur
adjoint?
M. Tremblay (Simon) : Oui, procureur
en chef adjoint, oui.
Mme Laforest : Oui, OK. Procureur en
chef...
M. Boyer (Stéphane) : Il était du
bon côté de la commission.
Mme Laforest : Bien, j'espère, s'il
est rendu à Laval, il faut qu'il soit du bon côté, hein? Alors, non, c'était ma première question, mais je voulais vraiment
valider. Vous n'avez pas trop changé, en passant, là, c'est quand même
bon signe, c'est positif.
Alors,
pour... plus sérieusement, plus sérieusement, j'aimerais savoir, vous parlez...
je vais tout de suite le demander, parce
que la période de questions, vous dites : On aimerait ça que ce soit juste
les citoyens de la municipalité. Est-ce que, vous, ça arrive quand même
fréquemment que vous avez des citoyens de d'autres municipalités à la période
de questions?
M. Boyer (Stéphane) : Bien oui, ça
peut arriver. Donc, des fois, sur des sujets qui peuvent attirer l'attention
provinciale, par exemple, donc sur des questions d'environnement, ou autres, où
on pourrait... on va accueillir des... en fait, des
organismes, des représentants des quatre coins du Québec, qui peuvent venir
poser des questions. On a eu un cas
récemment, entre autres, je pense, là, le cas de Martine Ouellet, qui fait la
tournée des conseils des villes au Québec. Donc, ce n'est pas... Ça
arrive à l'occasion, à Laval, comme dans beaucoup de villes, là, du Québec.
• (11 h 40) •
Mme Laforest :
OK., merci beaucoup. Une autre
question, comme ça, qu'on n'a pas abordée, le partage de la liste
électorale, pour une municipalité comme la vôtre, comment vous voyez ça? Hier,
on recevait ici le DGEQ, là.
M. Boyer
(Stéphane) : Oui, mais, pour nous, c'est positif, là, donc ça nous
permet de garder à jour, là, les informations
qu'on a qui nous permettent de travailler au quotidien. Donc, c'est certain que
nous, on voit ça d'un bon oeil.
M. Tremblay
(Simon) : Surtout, si je...
Mme
Laforest : Mais... Allez-y, voir.
M. Tremblay (Simon) : Oui. Surtout, si je peux
ajouter, lorsqu'il est question de tenir une consultation publique
aussi, ça facilite beaucoup le travail, là, du greffe des municipalités.
Mme
Laforest : OK. M. Tremblay, je vous pose, tout de suite, la
question, au niveau de la confidentialité, vous voyez qu'il n'y a pas d'enjeu,
ça pourrait rester quand même des informations juste à la municipalité, s'il y
a un partage, comme ça, quand même.
M. Tremblay
(Simon) : Je pense que les municipalités devraient, là, s'assurer de
se donner les outils pour garder la confidentialité,
ce n'est pas des listes qui doivent être publiées et partagées. Mais, au sein
de la municipalité, à l'intérieur des divers services, ça, je pense que
ça serait... ça serait efficace pour un meilleur exercice démocratique,
notamment, comme je le disais, en matière de consultation publique.
Mme Laforest :
D'accord. OK. Mon autre
question... sont... Dans votre mémoire, au niveau des frais juridiques, vous proposez le remboursement des frais
juridiques des élus. Il y a certaines mesures déjà. Il y a plusieurs
municipalités qui accompagnent certains élus qui doivent rembourser des
frais juridiques. Est-ce que c'est déjà arrivé à Laval? Puis vous, vous voyez
ça... comment on pourrait travailler ça avec toutes les municipalités du
Québec?
M. Tremblay
(Simon) : Bien, effectivement, c'est une question qui nous tient à
coeur, à Laval, entre autres, mais c'est toute la question de la
raisonnabilité, parce qu'on a fait jurisprudence dans quelques cas, là, dans
les dernières années, et c'est très difficile, parce que, oui, la loi va parler
de frais raisonnables, mais qu'est-ce qui est raisonnable?
On a eu des cas de plus de 50 000 $ d'honoraires pour des élus qui
s'exposaient à des amendes de quelques centaines
de dollars. Donc, ce n'est plus une suggestion qu'on fait. Il y a le règlement,
là, le nom m'échappe, excusez-moi, mais le règlement, là, qui encadre
toute la question...
M. Boyer
(Stéphane) : En fait, le... tout simplement, c'est des dépenses... ce
qu'on constate, c'est qu'il y a des avocats
qui vont abuser, ils vont dire à... la ville va te rembourser, puis pèse fort
sur le crayon des honoraires. Donc, nous,
on est d'accord avec le remboursement des frais. On aimerait s'assurer que les
frais restent raisonnables. Et une des propositions qu'on avait, ça
serait de s'arrimer avec le Règlement sur les honoraires relatifs à certains
services juridiques rendus pour les organismes du gouvernement, donc de l'encadrer
pour éviter, justement, que des cabinets d'avocats y voient une vache à lait et
surfacturent, qu'au final l'ensemble des citoyens le paie.
Mme
Laforest : OK. OK. Merci. Merci bien. La participation à distance, ça,
c'est sûr que c'est un point. J'aimerais ça
vous entendre. On... ici, on est comme même un peu mitigés, il y a eu des
pours, il y a eu des contres, il y a des
gens qui disaient la majorité en présentiel, d'autres, des séances
extraordinaires toutes à distance. Alors, comment vous pouvez me
confirmer que ça pourrait bien se passer chez vous?
M. Boyer
(Stéphane) : Peut-être, je peux commencer, puis tu rajouteras au
besoin. Pour nous, c'est positif, l'idée de pouvoir avoir des conseils à
distance, entre autres pour les conseils de ville spécials. Donc, il arrive
qu'on organise un conseil de ville spécial
sur des points spécifiques. Souvent, ça va être très rapide, ça peut durer
seulement cinq minutes, le temps de l'adoption d'un dossier. Donc, on
trouve ça intéressant dans ce cas-là. Ça peut être des gens aussi qui vont être
malades ou en congé de maternité, donc, pour plein de raisons, on considère que
c'est très intéressant de le permettre. En plus de ça, c'est certain qu'il
faudrait le baliser, l'encadrer, parce qu'on ne veut pas, non plus, d'un élu
qui va en Floride pendant six mois et qui fait tous ses conseils de ville à
distance. Donc, ça sera de voir comment bien l'encadrer. Je ne sais pas, Simon,
si tu voulais rajouter.
M. Tremblay
(Simon) : ...je pense que...
Mme Laforest :
Puis comme ça, une... Bien là, c'est sûr, ce serait des conseillers,
conseillères, ou qui sont en congé de maternité pour 50 semaines, comment
vous voyez ça, au niveau de la municipalité, tout à distance, ou encore en
présentiel, ou, encore, une fois par mois au conseil municipal obligatoirement?
Est-ce qu'il y a des enjeux, pour vous, pour
les citoyens ou pour les femmes, les mères qui viennent d'avoir des enfants?
Comment vous voyez ça?
M.
Boyer (Stéphane) : ...qu'on n'a pas eu le débat à Laval, c'est-à-dire
qu'on n'a pas vécu, là, une conseillère qui aurait été en congé de
maternité. Je pense qu'on doit, tu sais, dans les grands principes, on doit
permettre le plus possible aux élues qui sont en congé maternité de pouvoir
jouer leur rôle d'élue si elles le souhaitent. Donc, je crois que d'avoir de la flexibilité à ce niveau-là,
c'est vu très favorablement. Par contre, n'ayant pas eu d'historique vraiment
où tracer la ligne, c'est un petit plus difficile, pour nous, de le dire.
M. Tremblay (Simon) : Si je peux me
permettre, le principe, c'est ça, quand il y a une cause... une cause...
c'est-à-dire quelqu'un qui est en congé de maternité, c'est une chose, mais
quelqu'un qui déciderait d'aller passer, par exemple, six mois en Floride,
est-ce qu'il participe à distance? La question serait peut-être différente.
Mme Laforest : C'est sûr. OK. Merci
beaucoup. L'autre question, évidemment, c'est sur le zonage incitatif :
Avez-vous des projets présentement qui pourraient concerner l'article, là, qui
touche le zonage incitatif pour Laval?
M. Boyer (Stéphane) : Pour
l'instant... Vous voulez dire par rapport au logement...
Mme Laforest : Oui.
M. Boyer
(Stéphane) : ...en fait, l'idée de donner de l'argent pour des
logements sans but lucratif. Il n'y a pas de projet précis pour l'instant. Par
contre, on trouve que c'est une excellente idée. Puis, d'ailleurs, on vous
remercie, là, il y a eu beaucoup de
nouveaux... de nouvelles flexibilités, de nouveaux pouvoirs qui ont été
octroyés récemment aux municipalités, ça nous donne la latitude, mettre
en place différents programmes en matière d'habitation, puis je pense que cette
mesure-là, elle est excellente.
Mme
Laforest : Merci. Ça me fait penser... Juste une question
comme ça. Au niveau du droit de préemption, là, pour les terrains,
est-ce que cette mesure-là a déjà été utilisée chez... dans votre municipalité?
M. Boyer (Stéphane) : Oui. Oui, donc
on l'applique. On s'est doté de plein de planification dans certains secteurs, où on veut créer des nouveaux parcs, où
on veut faire différents aménagements urbains. On a identifié différents
lots... Je ne me rappelle plus combien, mais
il y a plusieurs dizaines de lots qu'on a identifiés comme étant... OK, ces
lots-là, on en a besoin pour réaliser
notre vision à long terme, et on a appliqué le droit de préemption sur ces
terrains-là. Donc, on s'est doté
d'une stratégie. Il n'y a pas eu de transaction encore aujourd'hui, mais on me
dit que c'est plus d'une centaine, là, de lots qui font partie, là, de
notre planification pour que ce soit redévelopper le centre-ville, créer un
grand parc linéaire ou pour encore des
projets d'habitation. Donc, on a identifié aussi des terrains pour faire du
logement social. On veut que nos projets soient accessibles au transport
en commun, soient bien répartis dans l'ensemble des quartiers. Souvent, un des
enjeux qu'on voyait avec le logement social, c'est que, quand on trouvait un
terrain suffisamment abordable ou que l'organisme
trouvait un terrain, bien, il était souvent excentré par rapport au reste de la
municipalité, n'était pas accessible
au transport en commun, donc il n'était pas toujours bien situé. Donc, oui, on
a une planification...
Mme Laforest : Ah bien, bravo! Mon
Dieu, je n'avais pas... je n'avais pas les informations exactes, alors merci beaucoup. Puis j'aimerais vous poser la
question. On a des demandes, pour certaines municipalités, de protéger aussi le personnel de la municipalité, le personnel
administratif, le DG ou autres postes, comme les directeurs. Comment
vous voyez ça, pour la protection des élus?
M. Tremblay (Simon) : Oui. Bien,
l'expérience est arrivée dans le passé, parce que ça passe souvent par... c'est lorsqu'il y a des demandes d'injonction, par
le service des affaires juridiques, puis souvent on a des fonctionnaires, là,
soit dans des consultations publiques, qui
sont intimidés. Donc, ça serait quelque chose à réfléchir, parce qu'en réalité
ce n'est pas seulement les élus, là, qui subissent les pressions de citoyens
frustrés.
M. Boyer (Stéphane) : Et,peut-être,
si je peux en profiter, Mme la ministre, moi, je suis très heureux de voir, là,
justement, l'idée d'introduire des pénalités pour mieux agir, pour pouvoir
agir. Je ne vous cacherai pas que, dans
beaucoup de villes, dont Laval, on... les élus, on reçoit des menaces de mort.
J'ai déjà eu une conseillère qui s'est fait suivre à la suite d'une réunion
jusque chez elle. Il y a des gens qui ont... qui se sont réveillés avec des
menaces de... des lettres de menaces dans leur... «tapées» dans la vitre
de leur maison. Donc, c'est le genre de situation auquel on est confronté. Donc, évidemment, tous les outils
qu'on peut avoir pour sévir, mais aussi pour envoyer un message fort à la population que tu peux ne pas être d'accord
avec une décision, mais il y a une ligne à ne pas franchir, je trouve que c'est
extrêmement positif.
Mme
Laforest : Merci beaucoup. C'est quand même triste, là, mais
merci pour l'information. Avez-vous une régie interne très bien
structurée pour les conseils municipaux, pour les séances de conseil?
M. Boyer
(Stéphane) : Oui. Je vous dirais, de manière générale, oui. Je
ne sais pas si mon... si tu as des détails, mais c'est assez bien
balisé, encadré.
Mme Laforest : OK. Merci. Alors...
M.
Boyer (Stéphane) : En fait...
Mme
Laforest : Oui, allez-y. Est-ce qu'il y a des informations qu'on
devrait connaître?
• (11 h 50) •
M. Boyer
(Stéphane) : Non. Bien, peut-être... Sur la dernière question,
j'allais dire : On a mis, récemment, à jour notre règlement sur le conseil
de ville pour bien baliser, par exemple, là, tu sais, on donne des droits de
parole qui sont limités à trois minutes.
L'idée, c'est de donner la place à un plus grand nombre de citoyens possible de
pouvoir s'exprimer. Donc, on essaie de mettre un terreau fertile pour
donner la... Parce que, souvent, le défi qu'on a, c'est : un citoyen ou un groupe de citoyens qui veulent
mobiliser la période de questions, et là on a des citoyens qui sont déçus,
qui repartent chez eux. Donc, on a balisé le
temps, on regroupe les questions par sujet, et, avec ces mesures-là, ça nous
permet de, presque à chaque mois, passer au travers de la liste puis répondre à
tout le monde.
Mme Laforest :
D'accord. Merci. Moi, je n'ai pas
d'autre question. Ça fait le tour. Merci beaucoup. Félicitations pour ce
que vous faites comme élu.
M. Boyer
(Stéphane) : Au plaisir. Merci.
Le Président (M. Gagnon) :
...la députée de Labelle. Par la suite, ça sera la députée de Rivière-du-Loup—Témiscouata—Les Basques.
Mme
Jeannotte : Bien, ça va être bref. Merci, M. le Président. Bonjour,
messieurs. Peut-être une précision sur le
point 5.2, financement des logements abordables, sociaux ou familiaux. Vous
proposez quelque chose de ce côté-là, puis j'aimerais vous entendre,
peut-être, donner un exemple pour qu'on puisse mieux saisir, là, cette
proposition, s'il vous plaît.
M. Boyer
(Stéphane) : Oui, bien, en fait, l'idée, c'est de... simplement de...
Un des grands défis en matière d'habitation, c'est que, souvent, tout est
rigide, et le milieu de l'habitation change. Quand les taux d'intérêt changent,
on passe... ce n'est plus les mêmes marchés,
ce n'est plus les mêmes plans d'affaires. On le sent, on vit un ressac, en ce moment,
des mises en chantier parce que les promoteurs adaptent leurs plans d'affaires.
On a eu des projets aussi qui ont même...
ils avaient commencé à faire l'excavation, ils arrêtent parce qu'ils doivent
revoir leur montage financier. Donc, il y a un principe qui nous guide, c'est d'être le plus agile possible, le
plus flexible possible. Donc, ce qu'on venait dire, c'est, justement,
là, si on pouvait avoir un libellé qui est plus générique pour se donner de la
flexibilité.
M. Tremblay
(Simon) : C'est complet. C'est complet.
Mme
Jeannotte : D'accord. Merci.
Le Président (M.
Gagnon) : Il reste 2 min 10 s. Mme la députée Rivière-du-Loup—Témiscouata.
Mme Dionne : Oui, bonjour. Alors, on sait que Laval, c'est la
troisième municipalité, la plus... la ville la plus populeuse du Québec. Alors,
c'est certain que les mesures du projet de loi qu'on propose, c'est pour
qu'elles s'appliquent à l'ensemble des municipalités. Vous parlez, tout
à l'heure, que vous avez déjà un code de régie, là, pour les séances. Mais
pensez-vous que... dans le fond, pensez-vous que l'ensemble des mesures
s'appliquent bien autant aux petites municipalités
qu'aux grandes villes, dans le cas où certaines municipalités, justement, sont
peut-être moins organisées, des fois, que des grandes villes?
M. Boyer
(Stéphane) : Oui. Bien, c'est certain, c'est difficile, pour moi, de
pleinement apprécier l'impact pour l'ensemble des municipalités, là. Je me suis
concentré... Bien, on s'est concentrés surtout sur ce que le projet de loi signifiait pour nous, à Laval. Évidemment, il
y a des municipalités où il n'y a pas de cabinet politique, où est-ce que
la fonction publique est très réduite. On a
la chance, à Laval, d'avoir une fonction publique qui est grande, diversifiée
et spécialisée.
Mais je sais que les
enjeux que vivent les élus sont les... sont présents autant dans les grandes
villes que dans les petites villes, même des fois plus dans les petites villes.
Dans une grande ville comme Laval, moi, je considère que j'ai la chance d'avoir un certain anonymat, c'est-à-dire que c'est
plus dur de savoir où j'habite, des choses comme ça. Mais, dans des plus
petites villes, pour avoir parlé avec d'autres élus, parfois, c'est vraiment
problématique. Et donc on... je crois que,
de manière générale, le projet de loi est très bien perçu par le monde
municipal, autant pour les petites que les grandes municipalités.
Mme Dionne : Oui, c'était ma prochaine question, en fait, si
les mesures étaient adéquates pour, justement, mieux protéger les élus,
là. Alors, vous venez de répondre à ma question. Merci.
M. Boyer
(Stéphane) : ...merci.
Le
Président (M. Gagnon) : Merci beaucoup. Je cède maintenant la parole à
l'opposition officielle pour une durée de 11 min 15 s. La parole est à
vous.
Mme
Setlakwe : Merci, M. le Président. Merci à vous deux, M. le
maire Boyer, M. Tremblay. Merci. Je ne me suis pas trompée sur le nom,
j'espère. Votre mémoire est très...
Une voix : ...
Mme Setlakwe : Votre mémoire est
bien apprécié. Il est détaillé, il est clair. Moi, je suis une ancienne élue
municipale. J'ai oeuvré cinq ans dans ce milieu-là avant de faire le saut en
provincial. Donc, je suis extrêmement sensible à ce dont on discute. Je pense,
ce serait utile, pour le bénéfice de la commission, qu'on vous entende un peu
plus sur des exemples de ce que vous vivez, de ce que vous entendez. Vous en
avez mentionné, des exemples, qui sont...
que je considère très, très sérieux, qui relèvent peut-être plus du criminel,
là, mais pas toujours, autant auprès des élus qu'auprès des
fonctionnaires. Puis là je vois que, dans votre mémoire, vous proposez qu'on...
proposez qu'on étende la protection aux
membres de la famille, aux proches. Donc, oui, voilà ma question, juste nous
donner... Je pense, c'est... ça nous aide... ça va nous aider dans notre
réflexion aussi lors de l'étude détaillée.
M. Boyer (Stéphane) : Oui, bien, en
fait, j'ai plusieurs exemples. J'essaie de parler... de me dire duquel je vais parler. Un exemple... Par exemple, un
conseiller municipal qui prend une décision, puis il y a des citoyens qui ne sont
pas d'accord avec cette décision-là, vont commencer à l'invectiver sur les
réseaux sociaux, et il va recevoir, à sa maison,
des gens qui vont venir cogner à sa porte pour l'engueuler, pour l'intimider.
Donc, ça, c'est le genre de choses qu'on
a vécues. Un des cas qu'on a vécus, c'est, en fait, un ancien candidat qui a
perdu ses élections qui va revenir conseil, après conseil, après conseil, en faisant des insinuations parfois très
douteuses. On a vécu, tout à l'heure, je le mentionnais, là, une conseillère municipale qui, après avoir
quitté une réunion qui se tenait en soirée, s'est fait suivre par quelqu'un.
Elle a essayé d'accélérer et de tourner plus vite pour lui échapper. La
personne l'a poursuivie jusqu'à sa maison. Le lendemain matin, elle avait une
lettre de menaces, là, de collée dans la fenêtre.
Donc, par
exemple, le projet de loi, le fait de ne plus diffuser l'adresse du domicile
des élus, pour moi, ça, c'est une excellente mesure, donc, pour donner un petit
peu plus, là, d'intimité et de vie privée aux élus. Il y avait le cas...
M. Tremblay (Simon) : L'ancien
maire, peut-être.
M. Boyer (Stéphane) : Oui, bien,
peut-être on aurait un exemple. Dans les négociations des conventions
collectives. Donc, l'ancien... bien, M. Demers, là, l'ancien maire à Laval, en
pleine nuit, là, bien, la police qui faisait pression, entre autres, suite à la
loi n° 15, là, qui avait causé beaucoup de vagues
dans nos... chez nos employés. Donc, durant
la nuit, la police est venue barrer la rue, partir les sirènes, faire
énormément de bruit, réveiller toute la rue. M, Demers habitait avec ses
petites filles, dont une petite fille handicapée qui a eu vraiment peur. Elle
ne comprenait pas trop qu'est-ce qu'il se
passait. Puis là, évidemment, bien là, tu as tout le voisinage, après ça, qui
est fâché de la situation. Donc, c'est ce genre de cas là qu'on vit au
quotidien.
M. Tremblay (Simon) : Mais ce
serait... ça implique, là, des jeunes enfants, d'où l'importance de protéger les membres de la famille parce que les jeunes
enfants ne comprennent pas nécessairement les enjeux politiques ou la dynamique
derrière ces manifestations-là au sens large du terme. Donc, c'est d'autant
plus opportun de penser à pas seulement l'élu, mais à son entourage.
Mme Setlakwe : Merci, effectivement.
Merci pour ces exemples-là. Au niveau de... au niveau de la relation entre les élus eux-mêmes puis le climat toxique
qui peut régner au sein de certains conseils municipaux... là, je
comprends que ce n'est peut-être... ce n'est peut-être pas le cas à
Laval, mais est-ce que vous, à votre sens, le projet de loi devrait prévoir des
mesures additionnelles, justement, pour assurer un climat de travail sain pour
les élus, là, au sein même de leur conseil?
M. Boyer
(Stéphane) : Oui, bien, c'est certain que c'est... ça reste
toujours tendu. Vous le vivez fort probablement à l'Assemblée nationale
vous aussi. Des fois, il y a des paroles qui dépassent... des lignes qui ne
devraient pas être franchies. Et, récemment, on a eu un cas à Laval où un
conseiller a traité une autre conseillère d'incompétente. Puis c'est sûr que
ça... on a tous un degré de tolérance aussi à ces attaques-là qui est
différent. Pour certaines personnes, ça ne sera pas la fin du monde. Pour une
autre personne, ça vient vraiment les chercher dans les tripes.
Puis je reviens à ce que je disais d'entrée de
jeu, le débat doit rester un débat d'idées, il ne faut pas s'attaquer à
l'individu. Et... puis il y a peut-être un scepticisme aussi, des fois, dans le
monde politique sur qu'est-ce qui peut être
fait, donc. Tu sais, récemment, on a eu un nouveau code déontologique qui...
avec des valeurs comme des valeurs de respect, bien, une fois que ça,
c'est dit, à partir moment où tu te dis : OK, il y a eu un manque de
respect flagrant, c'est quoi, la suite? C'est quoi, la conséquence?
Et donc il y
a parfois un désabusement sur la capacité à faire respecter, justement, ces
valeurs-là qu'on souhaite avoir. C'est pour ça que je trouve fort
intéressant, là, qu'on vienne parler de l'idée... qu'on donne l'idée de
pénalités financières. C'est certain que...
et j'ai vu la sortie de certains groupes qui s'offusquaient, qui
disaient : Ah! on va bâillonner les
gens. Ce n'est pas ça, l'idée., Là, évidemment, c'est : tant et aussi
longtemps que tu respectes l'individu, que tu restes dans certaines limites, tu
as droit à ton opinion, mais c'est juste qu'à un moment donné il y a une ligne
qu'il ne faut pas franchir, puis il faut avoir une façon de la faire
respecter, cette ligne-là. Les pénalités en est une qui, il me semble, est
pertinente.
On
n'accepterait pas ça dans aucun autre milieu de travail, donc ça n'a pas plus
sa place dans le monde politique. Puis,
même, j'ai envie de dire, tu sais, même dans le milieu de la justice, quelqu'un
qui est quérulent va se faire bannir. Donc, je ne vois pourquoi qu'en
politique, là, on accepterait des comportements inappropriés.
Mme
Setlakwe : Tout à fait. Merci. Au niveau de la mise en application des
nouvelles mesures, parce que je pense qu'elles sont bien accueillies, là, on va
examiner le fin détail pour être sûr qu'on mette en place... on soumette des commentaires, on va discuter avec le
gouvernement pour être... pour qu'à la fin le projet de loi soit réaliste et
qu'on puisse le mettre en application.
Vous
aviez des enjeux au niveau des recours qui sont offerts. Vous voulez qu'on
aille de l'avant et qu'on prévoie ces nouveaux recours, mais à savoir qui ou
comment, comment un recours pourrait être intenté au nom d'une personne élue,
pouvez-vous juste élaborer un peu sur vos préoccupations à ce niveau-là?
• (12 heures) •
M. Tremblay
(Simon) : ...c'est important aussi qu'un élu... Bon, il y a l'élu, il
y a le volet politique, élu est un peu un membre du conseil d'administration de
la ville, si on veut. Donc, l'élu, là, il a un rôle attaché à la ville. Donc, nous, ce qu'on suggère, c'est que ça
passe... que l'élu qui se sent harcelé... ou, en tout cas, harcelé, on pourrait
dire ça, qu'il fasse une demande à la direction générale, qui,
vraisemblablement, consulte les affaires juridiques ou des avocats à...
s'assurer du bien-fondé de la demande. Et, à ce moment-là, la ville peut
intenter le recours. Et, si elle ne le fait
pas, je pense que c'est Québec qui proposait ça, on est d'accord avec ça...
C'est-à-dire que, si la ville refuse, pour différentes raisons, l'élu peut encore lui-même retenir les services
d'un avocat, intenter la procédure. Et, si la procédure est accueillie,
donc l'injonction, par exemple, ses frais d'avocat devraient être remboursés,
avec les mêmes barèmes qu'on parlait plus tôt, là, en lien avec le règlement,
là, sur les honoraires relatifs à certains services juridiques. Mais, s'il a raison, ses frais devraient être
remboursés... s'il a tort, nous ne pensons pas qu'il devrait être remboursé,
parce que la ville a déjà fait une
analyse en jugeant que le recours n'était pas fondé, des éléments factuels, à
la base, ne supportaient pas un tel recours, mais la ville, n'ayant pas
la science infuse, si un tribunal est d'opinion contraire, bien, cet élu-là devrait, évidemment, être remboursé. Si
l'injonction est rejetée, bien, il irait... il ne devrait pas... dû voir ses
frais d'avocat remboursés, mettons.
Mme
Setlakwe : Merci. Vous avez mentionné que le conseil... puis on peut
l'assimiler à... que le conseil municipal puisse s'assimiler au rôle d'un
conseil d'administration, mais, justement... Puis je reviens sur un point que vous avez mentionné plus tôt, certains élus se
portent... pas des élus, mais des personnes se portent candidats en pensant... en ayant une fausse impression ou une mauvaise
compréhension du rôle de l'élu, puis ça peut susciter des déceptions. Puis on a parlé... on parlait des formations, on
le prévoit dans le projet de loi, mais est-ce que vous verriez d'un bon oeil,
si j'ai bien compris, des formations auprès des candidats, par exemple, sur la
gouvernance? Est-ce que c'est ça qu'on entend?
M. Boyer
(Stéphane) : Oui, bien, je pense que c'est une des... une mesure bien
simple, mais bien pertinente. C'est-à-dire que, de l'externe, pour un citoyen,
c'est quoi, un élu? Parfois, on a l'impression même que le maire a une baguette
magique puis qu'il peut tout changer, il suffit que le maire le demande. Puis
je pense, dans le monde municipal, une façon
qu'on... c'est, à chaque tempête de neige, il y a des centaines de citoyens qui
vont appeler leurs élus municipaux en disant : Bien là, moi, ma
rue, elle n'est pas faite, appelle ton gars sur le «grader» pour venir faire ma
rue, alors que, ce n'est pas ça, les élus, on met en place une politique de
déneigement, on va essayer de répertorier est-ce
qu'il y a des situations problématiques qui se répètent à plusieurs reprises,
puis là on va demander à la direction générale de revoir nos façons de
faire, d'augmenter le budget ou de mettre à jour notre politique.
Mais il y a souvent,
de la part des citoyens et de la part surtout des candidats, des candidates qui
n'ont pas vécu le rôle d'un élu, peut-être une mauvaise compréhension de leur
rôle puis de ce à quoi ressemble le quotidien et le travail d'un élu. Donc, je crois que, si les gens se lancent dans
l'aventure en ayant une meilleure compréhension de ce qui est... de leur
rôle, on va éviter des déceptions. On va éviter des gens qui vont vouloir
démissionner en cours de parcours. Et je crois que ça va faire des élus aussi
qui sont plus fonctionnels pour la suite des choses.
Mme
Setlakwe : Merci. J'ai peut-être deux, trois petites questions. Je
vais passer la parole à ma collègue de Chomedey par la suite. Je vois que vous
avez aussi un commentaire sur le processus de preuve. Ça, c'est assez central
au projet de loi, là, comment on va prouver... puis là je me rapporte aux
articles 9 et 10, là. Il faut, donc, démontrer
que les menaces, intimidations et le harcèlement ont un résultat sur le rôle de
l'élu. Juste élaborer un peu sur... en quoi vous voyez un problème de
preuve ou vous voulez, en fait, que le fardeau soit allégé.
Le Président (M.
Gagnon) : ...secondes.
Mme
Setlakwe : ...ah! je suis désolée.
M. Tremblay
(Simon) : Bien, effectivement, il faut faire attention, là, si on
pense, notamment, au volet pénal, là,
quand... parce qu'on parlait, tantôt, d'amendes. Tu sais, au volet pénal, on a
un fardeau quand même beaucoup plus élevé qu'en matière civile. Il ne
faudrait pas non plus que ça vienne à avoir à faire par exemple une preuve hors
de tout doute raisonnable d'un tel comportement. Je pense qu'il faut y aller
avec un fardeau plus allégé, par exemple, la prépondérance de preuves, pour
s'assurer d'avoir une mesure... que ça ne soit pas, bref, insurmontable, comme
démarche judiciaire.
Mme
Setlakwe : Merci.
Le Président (M. Gagnon) : Je
cède maintenant la parole au député de Taschereau pour 3 min 45 s. M. le
député.
M.
Grandmont : Merci, M. le Président. M. Tremblay, M. le maire, content
de vous retrouver. Merci pour votre contribution, votre mémoire. On y a vu
beaucoup de pistes très intéressantes qui vont être utiles pour l'étude
détaillée. On a peu de temps. Je vais vous poser des questions assez rapides,
en fait.
Quand on parle de
réserver la période de questions aux citoyens de Laval, aux citoyens,
citoyennes de Laval, je comprends l'objectif, là, de réserver le maximum de
temps pour les gens qui habitent votre ville, évidemment. Si... Par exemple,
s'il y a un groupe qui est partie prenante, en fait, un groupe national, par
exemple, mais qui est partie prenante sur des enjeux qui touchent la ville de
Laval, comment on arrive à bien doser ça? Parce qu'ils ne sont pas
nécessairement des gens de Laval, mais ils auraient des représentations à faire
auprès du conseil municipal. Est-ce qu'il y a des nuances qu'on peut apporter là-dedans?
M. Boyer (Stéphane) : Oui. Bien, tu sais, je
pense... Est-ce qu'au Parlement canadien on... tu sais, on donnerait la place à quelqu'un du Mexique ou des États-Unis
à venir, tu sais, tenter d'influencer les décisions des parlementaires? Est-ce qu'à l'Assemblée nationale, on accepterait
que quelqu'un de la Saskatchewan ou de l'Ontario vienne demander aux
élus d'aller dans une direction ou une autre? Au niveau municipal, on taxe les
gens de notre municipalité puis on adopte
des règlements qui touchent notre municipalité. Donc, tu sais, sur ce
principe-là, je pense que le temps de parole des conseils de ville
devrait être surtout pour les citoyens de la municipalité qui sont impactés par
nos décisions puis par nos règlements, qui se limitent aux limites de notre
municipalité.
Donc,
quand j'adopte un règlement à Laval, la vie des gens en Abitibi ne change pas.
Évidemment, on vit dans une société
où est-ce qu'il y a des enjeux qui... on peut prendre des décisions qui
touchent les résidents de Laval mais qui pourraient inspirer d'autres
municipalités ou qui peuvent rejoindre des enjeux plus grands, comme la
protection de l'environnement ou la protection des... ou le développement d'une
industrie quelconque, mais je pense que c'est, avant tout, les citoyens de
notre municipalité qu'on souhaite pouvoir entendre. Puis l'impact, lorsqu'une
période de questions est monopolisée par un groupe de pression, bien, c'est que
les... au final, il y a des citoyens de notre ville qu'on n'aura pas le temps d'entendre. Mais, évidemment, je pense que la
nuance qui s'impose, c'est qu'on peut, par exemple, avoir une entreprise
ou un organisme à Laval, ne pas être résident de Laval, et donc être... avoir
quand même un intérêt.
Donc, je crois qu'on
doit, quand même, se laisser une échappatoire. Il y a des nuances, là,
c'est-à-dire que, si quelqu'un qui est
impacté par une décision de la municipalité, on devrait pouvoir l'entendre.
Mais, avant tout, je veux répondre à mes citoyens qui m'ont élu puis qui
paient des taxes sur mon territoire.
M.
Grandmont : Parfait. Vous abordez aussi la question de la protection
des données des élus dans le registre des dons du DGEQ. On a rencontré le DGEQ
hier, on les a auditionnés, ils voyaient un enjeu technique. J'aimerais peut-être vous entendre sur la... sur
l'idée, peut-être, de changer l'adresse... ou, en fait, la référence, le code
postal, parce que c'est l'information qu'on a accès, là, sur le registre des
dons, puis mettre, plutôt, celui de l'hôtel de ville. C'est le cas pour l'Assemblée nationale, là, c'est nos bureaux de
circonscription, on met le code postal de nos bureaux de
circonscription, à ma connaissance. Est-ce que, si on mettait le code postal de
l'hôtel de ville pour les élus qui contribueraient à des partis politiques,
est-ce qu'on n'aurait pas là une solution intéressante qui serait simple à
opérer aussi pour le DGEQ?
Le Président (M.
Gagnon) : En 30 secondes, s'il vous plaît.
M. Boyer
(Stéphane) : Oui.
M. Grandmont :
Bon. C'est excellent. Sinon,
après ça, vous dites d'étendre aux proches les mesures de protection,
les fonctionnaires également, j'imagine, ou pas. Quelle est votre réflexion par
rapport à ça?
M. Boyer
(Stéphane) : Mais je pense qu'en effet certains fonctionnaires peuvent
être... peuvent être touchés. En effet, les
gens qui participent aux consultations publiques ou les hauts dirigeants qui
sont peut-être plus visibles dans une municipalité...
M. Tremblay (Simon) : ...sur les réseaux
sociaux aussi, beaucoup de menaces, d'intimidation sur les réseaux
sociaux bien connus, là, de la part de certains fonctionnaires qui ont,
justement... qui ont participé aux consultations publiques ou qui ont eu une
interaction avec un citoyen mécontent.
M.
Grandmont : Je vous remercie.
Le Président (M. Gagnon) : Merci
beaucoup, M. le maire et M. le directeur des affaires juridiques de la ville
de Laval, pour votre contribution aux travaux de la commission.
Je suspends les
travaux quelques instants pour permettre au prochain invité de prendre place.
(Suspension de la séance à 12 h 09)
(Reprise à 12 h 12
)
Le
Président (M. Gagnon) : Alors,
nous sommes de retour. Je souhaite maintenant la bienvenue à Mme Catherine Fournier, mairesse de Longueuil. Mme
la mairesse, je vous rappelle que vous disposez de 10 minutes pour votre exposé. Par la suite, nous procéderons
à la période d'échange avec les membres de la commission. Je vous invite,
donc, à vous présenter et débuter. Bienvenue.
Mme Catherine Fournier
Mme Fournier (Catherine) : Merci
beaucoup, M. le Président. Bonjour à toutes et à tous. Chers membres de la commission de l'aménagement du territoire,
c'est, évidemment, toujours un plaisir, pour moi, de vous retrouver ici,
entre les murs de l'Assemblée nationale, d'autant plus que le projet de loi,
qui est discuté depuis déjà plusieurs jours, est très, très attendu par le
monde municipal. Vous n'êtes pas sans savoir qu'évidemment plusieurs de mes
collègues et homologues... qui ont eu l'occasion de vous adresser la parole et
quelques recommandations déjà depuis le début des travaux de la commission. Et
je tiens, d'abord, à saluer le travail d'ouverture et de collaboration de la
ministre, Mme Laforest, parce qu'on sent
réellement cette ouverture, cet échange, cette collaboration et votre écoute à
l'égard du monde municipal.
J'ai eu
l'occasion de participer au comité sur la démocratie de l'UMQ, dont je suis
membre également, le caucus des
grandes villes de l'UMQ, et c'était unanime, le projet de loi n° 57 était
vraiment attendu. On parle d'une nécessaire protection des élus
municipaux. J'ai même qualifié... Dans la lettre que je vous ai fait parvenir
hier, je pense qu'on peut dire qu'on est en
crise de nos institutions démocratiques municipales et, dans le projet de loi,
il y a vraiment plusieurs dispositions qui vont venir améliorer, de
façon considérable, la situation.
Je vous en ai
nommées quelques-unes, notamment la transmission annuelle de la liste
électorale aux municipalités et aux
partis politiques enregistrés, l'accès à la médiation ainsi que l'introduction,
là, du fameux nouveau régime pénal qui
a un caractère fortement dissuasif. Donc ça, c'en sont seulement quelques-unes,
mais j'aurais pu prendre le temps de
parler davantage de la formation, qui est aussi névralgique, du vote à
distance, particulièrement important aussi pour les nouveaux parents. Donc, c'est une mesure qui est très, très bien
accueillie chez nous. Et, évidemment, la confidentialité des adresses quand on parle de sécurité, de
rehaussement nécessaire de la sécurité autour des élus. C'était une mesure
qui est défendue depuis longtemps par le monde municipal et qui était aussi
cruciale.
Par contre,
avant d'aller sur mes propositions de bonification, parce que j'ai essayé
d'être concise d'en proposer cinq,
dont trois pour le volet protection des élus municipaux, je veux quand même
m'attarder sur un article qui va modifier la Loi sur l'aménagement et l'urbanisme qui est intégré au projet de loi
n° 57. Donc, c'est la proposition pour élargir le zonage incitatif
afin de permettre aux municipalités d'exiger une contribution financière qui
pourrait être consacrée à un fonds pour le
logement abordable, social, et donc on vient, par cette mesure-là, qui apparaît
toute simple, mais donner un levier
assez formidable aux municipalités pour répondre à la crise du logement. Encore
une fois, c'est une proposition qui était la bienvenue dans le monde
municipal. Je dois dire que j'avais pris le temps de la développer avec mon équipe, là, durant la dernière année. On s'est
inspirés, là, de nombreuses initiatives qui se font à l'international, mais
aussi le cas de Vancouver, au Canada, qui est assez intéressant. Ce n'est pas
exactement la même chose, mais ça se ressemble beaucoup, et ça a permis
à la ville de Vancouver de pouvoir amasser plusieurs millions de dollars dans
les dernières années, plusieurs dizaines de
millions de dollars, qu'ils peuvent consacrer notamment pour appuyer des OBNL à
acquérir des immeubles pour le
logement à but non lucratif, puis c'est, justement, le même angle que souhaite
suivre la ville de Longueuil par notre nouvelle stratégie d'habitation,
qui a été adoptée en décembre dernier.
Par contre, si on veut être certains que cette
mesure-là puisse être employée rapidement par les municipalités, je vous suggère, chers membres de la commission,
une modification, un amendement à inclure à votre étude détaillée pour supprimer le petit passage qui indique que le
règlement de zonage incitatif doit être explicitement prévu au plan d'urbanisme. Je ne suis pas contre, évidemment, de
pouvoir l'inscrire éventuellement à notre plan d'urbanisme, mais c'est
que le délai de modification d'un plan d'urbanisme... Je sais que certains
d'entre vous connaissez très, très bien le monde
municipal et ses délais, ses contraintes. D'ailleurs, c'est des exigences qui
sont légales, qui sont réglementaires. Ça nous prendrait au minimum sept à huit
mois pour pouvoir faire les modifications, avec les consultations publiques
nécessaires, puis, au final, on reviendrait à débattre de la seule proposition,
la seule mesure, en fait, qui est inscrite ici et qui modifierait notre
plan d'urbanisme.
Donc, pour accélérer les délais, étant donné
qu'on a des projets, nous, qui attendent... Même, on va attendre la sanction, là, du projet de loi, carrément, pour
pouvoir les appliquer puis qu'ils vont pouvoir nous donner des moyens très,
très concrets. Donc, ce serait, évidemment, quelque chose qui serait bienvenu,
puis de pouvoir considérer aussi le zonage incitatif comme une
contribution financière de la municipalité pour, disons, être éligible aux
programmes de la SHQ, c'est-à-dire que les programmes de la SHQ requièrent une
contribution municipale qui peut varier selon le programme. Bien, étant donné que le zonage incitatif a une valeur monétaire,
puisqu'il augmente la rentabilité des projets, ça nous apparaît essentiel, là,
qu'on puisse vraiment l'encadrer, puis que ça puisse être admissible à ces
programmes.
Donc, pour
revenir sur la question de la démocratie municipale, je vous propose également
trois changements au projet de loi. D'abord, pour éviter des barrières à
l'entrée puis donner toutes les mêmes chances à l'ensemble des formations
politiques, pour l'avoir vécu à la dernière élection municipale, ce serait
important que la liste électorale puisse non
seulement être communiquée à chaque année, mais qu'elle puisse être communiquée
dès qu'un nouveau parti est
officiellement enregistré, donc que la liste la plus à jour puisse être
transmise pour que tout le monde puisse fonctionner à armes égales dans
une campagne électorale. Je pense que, d'un point de vue démocratique, c'est
important.
Je veux également revenir
sur le fameux régime pénal, qui est évidemment salué, mais on note également
que la preuve d'entrave peut être très difficilement atteinte devant la cour,
et il conviendrait, là, de s'harmoniser avec le
Code criminel, qui ne requiert pas de démontrer une entrave, c'est-à-dire de
rendre un travail plus difficile, parce que c'est extrêmement difficile
à prouver en droit.
Et,
finalement, puis on aura l'occasion d'échanger, là, davantage lors de la
période de questions et d'échange, mais je veux insister sur l'importance de
limiter les périodes de questions aux personnes résidentes d'une ville,
d'une agglomération ou d'une MRC ou bien aux contribuables, que ce soient les
contribuables résidentiels, commerciaux, industriels,
d'encadrer cette période de questions pour limiter, justement, les débordements.
Je pense que c'est une mesure qui
viendrait grandement bonifier le projet de loi. Puis, par ailleurs, chez nous,
le service de police de l'agglomération de Longueuil a même carrément
recommandé d'interdire aux non-résidents d'être dans la salle du conseil. Donc,
je ne vais pas jusque-là, jusqu'à vous
demander ça aujourd'hui, je pense que c'est correct que les gens soient
présents. C'est à nous après, dans les villes, de peut-être mettre en
place certains mécanismes de sécurité, notamment des vérifications à l'entrée.
C'est dommage qu'on en soit là, mais peut-être qu'on y est... qu'on y est
maintenant.
• (12 h 20) •
Cela étant, puisque les périodes de questions
sont régies, de façon générale, dans beaucoup de villes, par un code et par une certaine période de temps qui est
limitée... Chez nous, à Longueuil, c'est un choix, là, on l'étire jusqu'à
tant qu'il n'y ait plus de question. Mais je
sais que certaines municipalités se tiennent vraiment à un cadre, par exemple,
d'une heure maximum. Bien, c'est juste normal que ce soient les contribuables,
les personnes qui paient des taxes à notre
municipalité ou encore les personnes qui y résident qui puissent avoir cet
échange-là. Les tribunes, il n'en manque pas. Il faut, évidemment,
permettre à toutes et à tous de s'exprimer, même des gens de l'extérieur de la
municipalité. Personnellement, ma porte est toujours ouverte. Les gens
peuvent... Les groupes de pression peuvent me demander une rencontre, que
j'accepte toujours avec beaucoup d'ouverture. Ils peuvent... Il y a beaucoup de
moyens, là, en démocratie pour interpeler les élus sans pour autant nécessiter
la présence ou, en fait, une intervention formelle à la période de questions,
parce que... En tout cas, chez nous, à Longueuil, dans le fameux dossier des
cerfs, qui a été grandement médiatisé, il y a eu énormément de débordements,
notamment liés à la présence de... et aux interventions de personnes qui n'ont
aucun lien avec la ville de Longueuil. Voilà. Merci beaucoup pour votre
attention.
Le Président (M. Gagnon) : Merci,
Mme la mairesse, pour votre exposé. Nous allons maintenant débuter la période
de questions. Je cède la parole à Mme la ministre, pour une durée de
16 min 30 s.
Mme Laforest : Oui, merci, M. le
Président. Merci, Mme la mairesse, également. Je suis fière, des fois, de voir qu'il y a des jeunes mairesses, des jeunes
élus, des jeunes maires avec des grandes municipalités comme la vôtre, avec des enjeux particuliers. Alors,
félicitations! Vous avez beaucoup de courage, donc, ça prend de la confiance en
soi. Félicitations!
Ceci étant dit, on va parler, quand même, de
votre idée, parce que je suis assez honnête pour dire que vous avez lancé
l'idée du zonage incitatif. Et on a eu, quand même, plusieurs échanges, parce
que moi, je disais : Est-ce que les
entrepreneurs, est-ce que les promoteurs sont conscients? Est-ce que les
promoteurs seraient d'accord? Puis vous me dites : Oui, j'ai parlé
avec plusieurs promoteurs, et ils seraient d'accord. Ça fait que ça, c'est
important, peut-être, de me donner, avec tout le monde ici, tous les gens ici,
des exemples de promoteurs qui sont prêts à augmenter... de densifier avec le
zonage incitatif, avec une redevance quelconque. J'aimerais vraiment ça que
vous me donniez des exemples qui se passent chez vous, dans votre municipalité.
Mme Fournier (Catherine) : Tout à
fait. Parce que, dans la réflexion autour de la proposition que je vous ai
soumise, qui est aujourd'hui dans le projet de loi, c'est évident que mon
équipe et moi avons consulté de nombreux partenaires, qu'ils soient privés,
qu'ils soient communautaires, et tout le monde a témoigné énormément
d'ouverture puis même d'intérêt et d'enthousiasme
à l'égard de cette proposition-là. Et, je dirais plus encore, depuis qu'elle
est lancée dans l'espace public, il y
a des groupes comme SOLIDES, comme l'ACHAT, donc des groupes communautaires,
qui se sont prononcés en faveur, jusqu'à d'autres promoteurs privés,
Broccolini, Devimco, plusieurs autres qui ont aussi réagi de façon favorable à
la publication.
Donc, c'est
quand même quelque chose de rare, en ce moment, en habitation, d'avoir une
mesure qui est consensuelle. Je ne dis pas qu'il n'y a pas des
questionnements. Justement, on a beaucoup parlé, dans les dernières années, de pénalités, de redevances. Il y a
beaucoup de débats, puis il y a des pour, il y a des moins. Par contre, il faut
faire attention, le zonage incitatif de cette façon-là, donc d'avoir une
contribution financière liée au zonage incitatif, c'est une mesure qui est facultative. Donc, elle ne peut pas être qualifiée de
redevance de développement ou encore de pénalité. Donc, le promoteur, qu'il soit privé ou
communautaire, aurait toujours le choix ou pas de demander le zonage incitatif.
Puis, dans le cas, par exemple, d'un
promoteur communautaire, bien, il va sans dire qu'on n'exigerait pas une
contribution financière, mais qu'on aimerait que la contribution
financière qui est, comme... qui serait prévue pour le promoteur privé... mais
puisse être comptabilisée comme étant une contribution de la ville, quand
vient... quand la SHQ vient à calculer
quelle est la contribution municipale pour un projet, bien, qu'on puisse
utiliser le même montant pour exprimer que, justement, c'est une
contribution de la part de la ville, parce que, nécessairement, en autorisant
un zonage qui est plus important, bien,
c'est aussi... c'est un choix, tu sais, du conseil... du conseil municipal, et
je pense que ça vient ou ça peut venir avec des questionnements.
Tu sais,
nécessairement, on le sait que la densité, ça fait l'objet de débats
présentement, notamment au sein de la population. Nous, on est vraiment dans
une approche explicative, où on mobilise la population, puis, jusqu'à
maintenant, ça
va bien. Nous, on n'a pas de ressac à l'égard de la densification chez nous
puis on va continuer d'agir ainsi. Mais je pense que c'est quand même quelque chose, une certaine chaleur que prend
la ville puis qui devrait être considérée aussi en termes d'implication
financière et monétaire.
Mme Laforest :
Merci. Avez-vous des projets déjà
qui sont prêts à mettre de l'avant avec cette mesure-là? Oui? Vous avez
déjà...
Mme Fournier (Catherine) : Oui,
oui, on en a. Puis, justement, c'est ce que je disais, ça m'inquiète si on doit
l'inscrire à notre plan d'urbanisme comme le libellé actuel de la loi le
prévoit.
Je vous ramène, là, à
ce que je vous ai... je vous ai écrit, je pense que c'est à la dernière page de
la lettre que je vous ai transmise. Donc, on peut lire qu'à
l'article 145.35.1 de la Loi sur l'aménagement et l'urbanisme, que ça doit
être fait conformément à des orientations prévues à cette fin dans le plan
d'urbanisme. Et donc, d'un point de vue
légal, il serait très difficile pour la ville, même une fois le projet de loi
n° 57 adopté, si l'article concernant le zonage incitatif élargi y
est toujours, bien sûr, ce serait très difficile de pouvoir l'appliquer dès
maintenant, parce que ça pourrait être contesté
en vertu de ce libellé-là. Donc, c'est pourquoi je vous propose de le modifier,
parce que, oui, on a des discussions,
en ce moment, avec les promoteurs, puis je... ils sont intéressés. Ils sont
heureux, mais là ils se disent : OK, mais ça va être quand? Puis
là, je...
Mme
Laforest : OK.
Mme Fournier (Catherine) : ...me
dis... Je les rassure en disant : Vous voyez, le projet de loi, il est à
l'étude, en ce moment, à l'Assemblée nationale, et c'est sûr que est-ce
que notre règlement va être prêt au jour un? Pas nécessairement. Il y a
peut-être d'autres types de négociations qui vont avoir lieu avec le promoteur,
les promoteurs qui sont prêts à y aller à ce moment-là, parce que, justement,
le projet de loi n'est pas adopté, donc on ne peut pas présumer que ce le sera.
Mais, à l'interne, à la ville de Longueuil, on a quand même donné un mandat
d'analyse pour que notre règlement de zonage incitatif prévoyant la
contribution, parce que c'est tout... c'est quand même le diable est dans les détails, là, il y a toute une
comptabilité à faire. Il va, d'abord, y avoir des grilles de zonage incitatif.
En tout cas, nous, c'est notre intention, là, qu'il y ait une grille de
zonage incitatif qui soit claire, qui soit transparente, où les promoteurs vont
pouvoir consulter. OK, bon, bien, si je demande un zonage incitatif X, voici la
contribution à laquelle je dois... à laquelle je dois m'attendre. Donc, tout
ça, ça prend quand même du temps à préparer. Mais on est en train, là, en
espérant que le projet de loi va être adopté. Puis donc on aimerait pouvoir
mettre tout ça en oeuvre le plus rapidement possible, là.
Mme Laforest :
Oui. Mais, tout de suite, mon
autre question serait celle-ci, parce que, oui, il y a eu des mesures qui
ont été adoptées dans le projet de loi n° 16, vous le savez, là, on a
parlé de la densification dans les municipalités, justement, pour accélérer les
projets de... en habitation.
Maintenant,
j'aimerais savoir, si... parce que, là, si vous dites ça, que ce soit différent
dans le plan d'urbanisme, s'il y
avait une modification, par exemple... Mais moi, je pense que ce serait bien
d'aller avec un maximum d'années, parce
que, si on ouvre... si on permet cette possibilité-là dans les municipalités,
puis on dit que c'est pour à long terme, on n'a pas de date d'échéance, et que
la crise du logement est terminée, qu'est-ce que vous pensez si on disait :
On peut... on pourrait regarder, les équipes
ici, ensemble, l'autorisation, mais sur un maximum d'années, deux ans, trois
ans? Est-ce que, vous, ce serait tout de suite impossible, ou, parce
qu'en fait, cette mesure-là, il ne faudrait pas que ce soit une mesure à long
terme selon moi? Mais je voudrais vous entendre. Si on disait, admettons,
maximum trois ans, d'ici trois ans, des projets, le temps que les projets, tous
les projets lèvent, comment vous voyez ça?
Mme Fournier
(Catherine) : Personnellement, je pense que le zonage incitatif
pourrait être là pour rester. Je ne vois pas nécessairement en quoi on le
limiterait dans le temps. Je pense que c'est un outil qui demeurera pertinent pour, justement, éviter qu'on... en
fait, pour permettre qu'on ait toujours une offre qui soit en construction.
Mais, vous voulez dire, par rapport aux plans d'urbanisme?
Mme
Laforest : Oui, juste, juste pour l'inscription.
Mme Fournier (Catherine) : Si
on nous donne un délai pour l'inscription, oui, ce serait plus réaliste, tant
que ce soit clair qu'on puisse l'appliquer dès le jour 1 de
l'adoption du projet de loi...
Mme
Laforest : C'est ça, OK.
Mme Fournier
(Catherine) : ...puis qu'on n'ait pas à passer par un processus de
refonte de notre plan d'urbanisme, là, parce
que, là, ça devient un petit peu la maison des fous autrement, là. On a un
droit, un pouvoir, mais là, il faut, selon... c'est un processus qui est
normé par la loi, réformer notre plan d'urbanisme pour, au final, seulement une petite disposition. Puis, tu sais, quand on
réforme notre plan d'urbanisme, ce n'est pas juste une question de délais
puis d'étapes, là, c'est que c'est aussi des ressources qui sont investies, là.
Nous, ce sont des heures précieuses à notre direction de l'aménagement et
l'urbanisme, qui en a déjà jusque-là par manque de moyens. Donc, oui.
Mme Laforest : OK.
Merci pour ce point-là. J'ai une autre question, parce qu'on a reçu, ici, justement,
des demandes pour les votes à distance, les présences à distance évidemment,
même pour les conseils extraordinaires, puis
j'aimerais vous entendre, parce que je ne le savais pas, mais j'ai su que vous
aviez soit créé un fonds ou permis des ressources à des nouvelles mères
enceintes, nouvellement enceintes. Puis j'aimerais... C'est bon, merci,
félicitations. Mais, en même temps, j'aimerais vous entendre, parce que vous
avez quelqu'un chez vous qui a eu un nouveau bébé. Maintenant, vous avez permis
une ressource ou un fonds, je ne le sais pas, mais quelque chose comme ça, très
aidant pour la mère enceinte. Mais j'aimerais vous entendre, parce qu'ici c'est
très, très, très discuté, à savoir que ce serait peut être plus... ce serait
peut être vu négativement si une conseillère, une mairesse quitte pour un an et
travaille seulement à distance, ou bien
juste une fois par mois à distance. Comment vous voyez ça, vous, pour les élus
municipaux, considérant que... qu'elles sont là quatre ans dans un
mandat?
• (12 h 30) •
Mme Fournier (Catherine) : C'est
aussi que la charge de travail, nécessairement, n'est pas la même en fonction
de la taille de la municipalité. Quoique, si on revient au rôle légal, là, ce
qui est écrit dans la loi pour un conseiller
ou une conseillère municipale, c'est que sa seule responsabilité, c'est d'être
présent ou présente au conseil de ville une fois par mois. Par contre,
la réalité, quand même, c'est que, notamment dans les grandes villes, les
salaires des élus municipaux sont quand même
très élevés en regard d'une seule séance par mois. C'est parce qu'on... dans
les faits, on s'attend, puis c'est normal, qu'il y ait des contacts avec les
citoyens, qu'il y ait un suivi de dossiers. Chez nous, à Longueuil, par exemple, on a des commissions,
des commissions qui sont, par ailleurs, rémunérées en plus de l'indemnité salariale de base. Donc, il y a plusieurs autres
chapeaux, même si, de façon normative, là, c'est vraiment juste la séance une
fois par mois.
Ce que je crois, c'est que, bon, maintenant, il
y a une exemption dans la loi qui permet de manquer un conseil de ville pendant
18 semaines consécutives lorsqu'il y a la naissance ou l'adoption d'un enfant.
Ce qui est problématique, c'est qu'on parle
beaucoup de congé de parentalité, mais il n'y a pas de congé de parentalité qui
existe pour vrai par rapport à une
fonction d'élu municipal. Ce n'est jamais écrit «congé de parentalité» parce
que ça concerne seulement la fameuse séance mensuelle, qui est, encore
une fois, la seule responsabilité de l'élu municipal. Et là où je pense que ça
mériterait davantage de réflexion puis d'analyse, c'est de se dire :
Pendant 18 semaines, si on prend ça comme un congé puis qu'on ne participe pas
à aucune autre activité, par exemple, dans sa... dans son district, ou si on ne participe pas, justement, à la séance du
conseil municipal, bien, les élus continuent quand même de recevoir leur
pleine rémunération, ce qui pose problème parce que ça fait en sorte qu'elles
n'ont pas accès ou qu'ils n'ont pas accès au RQAP. Parce que, théoriquement, le
RQAP est accessible aux élus municipaux. Il y a une belle brochure qui existe, qui nous explique, mais qui explique
aussi le fait que, lorsque ta rémunération ne diminue pas, bien, tu n'as
pas accès au RQAP, ce qui est normal. Même chose pour n'importe qui dans la
société.
Maintenant, est-ce qu'on pourrait prévoir
quelque chose, tu sais, si on veut ouvrir cette réflexion-là autour d'un congé
de parentalité? À mon sens, ça devrait venir avec une réduction du salaire,
comme n'importe qui. Pour 18 semaines, je pense que c'est 70 % du salaire
quand on est un salarié plus... qui n'est pas une fonction politique. Donc, est-ce qu'on peut penser à ça, puis
peut-être qui légitimerait un peu plus puis qui encadrerait un peu plus le
congé de parentalité? Puis, si on veut étirer au-delà de 18 semaines, ce
qui est une revendication qui pourrait être portée, bien, que ce soit la même
chose, là, qu'au-delà de 18 semaines, bien là, il y ait une autre diminution du
salaire pour permettre le RQAP. Parce que, en ce moment, on peut faire la
demande à une ville. Moi, je pourrais dire à la ville de Longueuil :
J'aimerais que vous gardiez une partie de mon indemnité salariale, mais ce
n'est pas clair, ce n'est pas encadré. Donc,
les élus sont un petit peu... puis les fonctionnaires aussi qui ont... qui
n'ont jamais fait... qui n'ont jamais fait face à de telles situations,
puis... Je veux dire, c'est bien, là, le monde municipal change, il y a des
jeunes qui sont élus en plus grand nombre,
notamment des jeunes femmes, mais il faudrait s'adapter à cette réalité-là.
Mais, en ce moment, avec un plein
salaire, je ne serais pas à l'aise qu'on prolonge, comme, de... je trouve qu'il
n'y aurait pas d'équité avec les autres femmes et les autres hommes québécois.
Mme Laforest : D'accord, merci.
Puis, rapidement, pour, admettons, permettre à une mère qui s'absente de nommer
quelqu'un d'autre pour prendre ses dossiers ou une autre conseillère, comment
vous voyez ça?
Mme Fournier (Catherine) : Encore
là, ça dépend de la situation de chaque ville. Nous, c'est sûr qu'on est une
grande équipe, à Longueuil, donc on s'entraide beaucoup. On assure une
présence, notamment dans le district de la conseillère qui a eu un petit bébé
au mois de... au mois de janvier. Puis, justement, à mon cabinet, on consacre
une ressource trois jours par semaine pour l'appuyer dans le traitement de ses
dossiers, donc de pouvoir faire les retours d'appel aux citoyens, de pouvoir
aller rencontrer les citoyens en personne, de pouvoir aussi représenter, donc
être présente à des événements dans le
district, faire le lien aussi avec le cabinet pour les dossiers peut-être plus
politiques qui sont vécus dans le district ou qui sont de la
responsabilité de l'élue, puisque c'est une élue du comité exécutif, donc... Bien, ça, c'est un choix qu'on a décidé de
faire. On aurait pu demander à la ville, on aurait pu le voter dans notre
budget, là, de dire : On fait un fonds
dédié spécifiquement, mais, honnêtement, c'était juste plus facile pour nous de
le faire à même notre budget de cabinet. Mais ce n'est pas toutes les
villes qui ont un budget de cabinet.
Mme Laforest : Bien, merci beaucoup.
Merci et félicitations encore une fois. Dernière question, je crois. Je ne veux
pas entrer dans les détails, mais le projet de loi n° 57, mon but, moi, c'était
vraiment la protection des élus municipaux,
avec tout ce qu'on vivait suite à la pandémie, et... mais... puis je ne veux
pas non plus de détails, mais, en général,
le projet de loi n° 57, quand on l'a déposé, quand on l'a annoncé, pour vous,
comment vous voyez ça? Est-ce que... Parce que
vous avez été députée aussi à l'Assemblée nationale et vous êtes élue
municipale, donc mairesse. Un projet de loi
comme ça... Parce que les gens nous ont dit : Maintenant, ah non, on ne pourra
plus rien dire, la liberté d'expression. Mais en tant qu'élue, mairesse et
ancienne députée, comment vous voyez ce projet de loi là? C'est sûr qu'on ne
répondra pas à toutes les demandes, mais comment vous l'avez accueilli?
Mme Fournier (Catherine) : Très
favorablement, comme le monde municipal, de façon générale, je l'ai mentionné
d'entrée de jeu, même pour beaucoup, ça a été un soupir de soulagement. Puis
j'apporterais, peut-être, la précision :
L'intimidation, les menaces, le harcèlement, ce n'est pas le droit à
l'expression, ce n'est pas le droit à la liberté de parole, ce sont même
des infractions prévues au Code criminel. Puis ce qui est intéressant avec le
nouveau régime pénal, c'est que les dossiers
vont pouvoir être traités plus rapidement, surtout dans le contexte où on est
en contact très, très fréquent, là, avec les personnes souvent
concernées, parce que, bon, elles, elles peuvent venir, justement, dans notre enceinte démocratique qu'est le conseil municipal.
Donc, non, c'est une mesure qui est importante, qui est attendue puis
qui, je pense, c'est ça, qui rassure beaucoup, beaucoup d'élus municipaux.
Mme Laforest : Très intéressant.
Merci beaucoup. Il me reste du temps, M. le Président?
Le Président (M. Gagnon) : Il reste
deux minutes, Mme la ministre.
Mme Laforest : Ah bon! OK. Alors,
juste rapidement, crise, crise des institutions démocratiques des... au municipal, vous avez dit ça en arrivant. Là, je
voudrais... C'est quoi? Donnez-moi plus d'informations, pourquoi vous dites
ça?
Mme
Fournier (Catherine) : Je vais vous donner un chiffre, je pense qu'on est
à plus de 800 élus municipaux...
Mme Laforest : Ah! OK.
Mme Fournier (Catherine) : ...qui
ont quitté, qui ont démissionné depuis le début de leur mandat. Donc, clairement, il y a quelque chose qui se passe, qui
mérite qu'on s'y attarde. Puis je crois que le projet de loi n° 57 le fait en
bonne partie.
Mme
Laforest : C'est bon. Bien, merci. Merci d'être ici en
présentiel. Je vous remercie. Est-ce que mes collègues ont d'autres
questions?
Le Président (M. Gagnon) : Le temps
est épuisé. Merci, Mme la ministre. Je cède maintenant la parole à l'opposition
officielle pour une durée de 12 min 23 s.
Mme Setlakwe : Merci, M. le
Président. Merci, Mme la mairesse. C'était extrêmement intéressant de vous entendre et de vous lire. Merci pour la lettre, qui
est très précise en termes de ce que vous souhaitez voir comme modifications
au libellé.
On a parlé beaucoup, là, du zonage incitatif, ça
fait que je ne veux pas revenir là-dessus, c'est très clair que... Bien, d'ailleurs, l'idée vient de vous, il y a,
peut-être, des choses à améliorer. Mais revenons à la protection des élus, puis
je ne veux pas que mes propos
laissent sous-entendre que je suis en désaccord, pas du tout. Moi, je vois d'un
bon oeil aussi qu'on vienne prévoir
des mesures pour protéger les élus. Je pense que les chiffres qui ont été
mentionnés à la fin de votre intervention,
votre échange avec la ministre, sont très inquiétants. On veut assurer une
relève, on veut attirer des gens en politique municipale, on veut
protéger cette institution, cette démocratie qui est si importante, c'est le
gouvernement de proximité, la participation citoyenne, etc.
Ma question
est la suivante, et ça touche à votre mémoire. Là, vous, vous souhaiteriez qu'à
l'article 10 on supprime l'exigence de démontrer qu'il y a une entrave à
l'exercice des fonctions, qu'on dise simplement «quiconque menace un élu en
l'intimidant, en le harcelant, de façon à lui faire craindre pour son intégrité
ou sa sécurité est passible d'une amende».
Est-ce que là... Est-ce que je comprends que, sinon, c'est une... c'est un
fardeau trop élevé en termes de preuve?
Mme Fournier (Catherine) : En fait,
c'est une question d'harmonisation avec le Code criminel. Donc, le Code
criminel, puis c'est l'article 423.1, ça prévoit que l'infraction d'intimider
une personne n'a pas besoin d'être démontrée par une entrave comme telle. Donc,
ce que j'écris, là, c'est que la preuve, à ce moment-là, porte plus sur l'intention du défendeur. Donc, c'est pour ça que
je propose, là, qu'on dise carrément juste «quiconque menace, intimide ou
harcèle un élu municipal de façon à lui faire craindre raisonnablement pour sa
sécurité». Donc, c'est la nuance, parce qu'on... je ne voyais pas pourquoi, nécessairement, on parlait d'entrave
dans le cas de ce nouveau régime là, tandis que le Code criminel ne prévoit pas spécifiquement de nommer l'entrave. Puis
là c'est... dans les définitions, en analysant, là, ce que ça veut dire,
une entrave, rendre le travail plus difficile, puis, en discutant avec les
services juridiques de la ville de Longueuil,
c'est-à-dire... ce n'est pas très, très facile à prouver,
puis, de la façon dont c'est fait actuellement, bon, ça va être quel
fardeau de preuve. Avec ce terme-là supplémentaire, on croit que ça va être
très difficile à démontrer.
• (12 h 40) •
Mme Setlakwe : La ministre a touché
aussi au point que je veux soulever, oui, le milieu municipal salue le projet de loi. On a entendu qu'il faut faire
extrêmement attention, on le comprend tous, à maintenir la liberté
d'expression, la
participation citoyenne. On ne veut pas que les citoyens se sentent muselés, se
sentent qu'ils ne peuvent plus participer pleinement et faire... et faire la démonstration de leur opposition à
des idées politiques, faire valoir leurs doléances, leurs revendications, etc.
D'ailleurs, le maire de Laval, qui était ici plus tôt, disait : Tu sais,
confronter les idées politiques, OK, mais confronter les individus,
c'est autre chose.
Donc, on l'a posée, la question, à
répétition : Est-ce que vous êtes capable de donner des exemples pour que,
tu sais, la population comprenne ce que les élus vivent, et à quel moment...
Parce que la... il faut tracer la ligne entre l'opposition, la contestation, tu
sais, exprimer son opinion, son désaccord, poser des questions et à quel moment
ça tombe dans de l'abus. Donc, si vous êtes capable de nous... de fournir, pour
le bénéfice de la commission, des exemples de ce que vous... pas forcément
vous, mais ce que vous entendez.
Mme Fournier (Catherine) : Oui.
Parce que j'en ai, malheureusement, beaucoup trop reçu depuis le début de mon mandat, en tant que mairesse mais aussi
quand j'occupais votre fonction, celle de députée. J'ai, malheureusement,
dû porter plainte à la police à de nombreuses reprises, parce que je pense que
c'est la chose à faire quand on reçoit des menaces, quand on est victime
d'intimidation, de harcèlement, il faut envoyer un message clair : Ça ne
passe pas. Donc, moi, c'est pour ça que j'ai
toujours trouvé très important de, justement, dénoncer aux autorités
compétentes pour qu'il puisse y avoir un suivi approprié.
Donc,
écoutez, j'ai plusieurs, plusieurs exemples en tête. Ça peut être de recevoir
une lettre qui n'est pas signée, mais qui dit carrément qu'on va utiliser une
arme pour s'en prendre à vous. Ça peut être même... comme je l'ai mentionné
dans la lettre que je vous ai transmise, ça peut même déborder... Bien,
évidemment, les réseaux sociaux, on l'a cité abondamment,
là. Je ne peux même pas faire la liste du nombre de fois que c'est... que ça...
que c'est arrivé. Je veux dire, des
propos qui vont vraiment atteindre à la... au sentiment de sécurité, tu sais,
qui vont avoir des sous-entendus comme quoi
on va s'en prendre à nous ou que c'est, par exemple, la dernière fois qu'on
peut faire telle chose, laissant sous-entendre que... En tout cas,
c'est... disons que ce n'est pas toujours noir sur blanc, mais c'est dans
l'intention de faire craindre pour la
sécurité. Puis, nous, justement, lors de la séance du conseil de ville du 19
mars dernier, il y a même... c'est étonnant, moi, c'était la première fois que je recevais une menace en personne,
mais quelqu'un qui s'est présenté au conseil de ville puis qui ne venait
pas de Longueuil, qui... c'était une dame qui résidait à Montréal puis qui a,
au micro, proféré une menace à mon égard.
Mme Setlakwe : Je ne voulais pas
vous rendre la vie difficile en vous demandant, mais on a... il va falloir que ce soit très clair, qu'on ne souhaite pas
limiter la liberté d'expression, dans la mesure où ça demeure respectueux,
que le ton est correct, comme... Puis ça
m'amène à ma prochaine question : Est-ce que vous pensez que le projet de
loi va assez loin pour... en termes
de mesures, pour assurer qu'il y ait un climat sain au sein même des conseils
municipaux? Parce que ça, on l'a entendu beaucoup, puis je sais que
c'est à géométrie variable. Il n'y a pas... Il y a... On ne peut pas faire un
énoncé général qui s'applique à tous les conseils, mais il y a des conseils qui
sont dysfonctionnels et des élus qui en souffrent beaucoup.
Mme Fournier (Catherine) : Oui.
Effectivement. Puis j'ai eu l'occasion de publier une lettre ouverte dans La
Presse en février dernier à ce sujet-là. Chez nous, à Longueuil, ça se
passe bien.
Puis j'ai envie de vous dire qu'il y a aussi une
limite à ce que peut faire une loi, c'est-à-dire que le climat au sein d'un conseil de ville entre les élus,
l'exemple doit venir des élus eux-mêmes à la base. On aura beau voter des codes
de conduite, des règlements, des lois, mais,
si on n'est même pas capables, entre nous, d'avoir un minimum de respect
pour la fonction qu'on occupe, pour la population qui nous a élus de façon
démocratique, bien, on ne s'en sortira pas. Tu
sais, aussi bien lancer la serviette. C'est pour ça que je dis qu'avant
d'encadrer... Il faut le faire, là, puis bravo, projet de loi n° 57. Il faut encadrer ce qu'on peut, ce
qu'on ne peut pas faire. Il faut qu'il y ait un... tu sais, qu'il y ait un
aspect dissuasif à ce genre de comportement là, mais la base, c'est de
pouvoir... de pouvoir montrer l'exemple en tant qu'élus. Je pense que c'est ce
à quoi la population s'attend de nous. C'est le cas dans les conseils
municipaux, puis je l'ai mentionné, puis je le rementionne, mais c'est parfois
le cas dans les parlements aussi.
Mme Setlakwe : Est-ce que vos caucus
sont publics? Est-ce que vous pensez que les séances plénières devraient être
aussi rendues... ou qu'elles se déroulent devant la population ou à... plutôt
qu'à huis clos?
Mme Fournier (Catherine) : Oui. Ce
que... Ce dont je me suis rendu compte depuis que je suis mairesse, c'est que
les comités pléniers, c'est très différent d'une ville à l'autre. On n'a pas
tous la même façon de les tenir. Parfois,
j'entends certains collègues homologues qui ont une formule qui se prête très
bien à un échange en public. Nous, c'est souvent dans... Les séances du
comité plénières, à Longueuil, elles sont privées, mais c'est un moment où on peut poser des questions très techniques aux fonctionnaires,
qui ont souvent un caractère confidentiel parce qu'on parle de
négociation de contrats, puis c'est pour nous permettre de mieux saisir le
dossier, pour, après, aller l'expliquer à la population. Donc, nous, ça nous
donne des outils.
Puis je pense que les... au contraire, les
fonctionnaires ne donneraient pas autant d'informations aux élus s'ils étaient
filmés. Puis, surtout, eux, ce n'est pas comme... eux, ils n'ont pas signé pour
ça, là, ils ne se sont pas présentés pour aller faire des exposés publics.
C'est parfois des ingénieurs en eau, tu sais. C'est important qu'on ait un
moment aussi pour poser des questions, pour être en mesure... Nous, notre rôle,
c'est de transmettre l'information à la
population, mais, nécessairement, on veut la vulgariser, on veut être capable
de bien voir les angles morts, de pouvoir anticiper les réponses aux
questions.
Donc, dans notre cas à
nous, je ne vois pas l'intérêt, parce que, de toute façon, on fait déjà preuve
d'une très grande transparence parce que tous
nos documents d'instance sont publics, à Longueuil, donc les médias locaux,
même les citoyens, peuvent y avoir accès. Même chose pour l'opposition, par
ailleurs, là, ce qui n'avait pas... ce n'était pas une possibilité avant que je sois mairesse, mais
maintenant on ouvre, on a vraiment ouvert l'accès aux documents. Puis, après,
s'il y a des questions, on est toujours disponibles, là, pour y répondre. Mais
c'est ça, ça dépend vraiment des villes puis
des façons de faire. Il y a des comités pléniers qui sont plus comme une vraie
présentation, qui sont... qui est comme
destinée au public. Ça fait que c'est correct aussi que ça soit retransmis,
mais donc, à géométrie variable, je dirais.
Mme Setlakwe : Merci beaucoup. Je
pense que ma collègue de Chomedey a une question.
La Présidente (Mme Dionne) : Allez-y,
Mme la députée.
Mme
Lakhoyan Olivier : Merci, Mme la Présidente. Bonjour. Ce projet de
loi, on est tous favorables, même vous, puis c'est surtout pour protéger les
élus, pour qu'ils puissent travailler en toute sécurité. La partie où... qui
aura la responsabilité d'autoriser une municipalité à intenter un
recours au nom de la personne élue, on a eu beaucoup de suggestions de la part
des groupes qui sont venus nous voir. Qui est-ce que vous pensez... qui devrait
être autorisé à prendre la décision? Est-ce que ce serait la direction
générale, le conseil ou le président des élections, et qui devrait payer? Parce qu'on a eu beaucoup de suggestions
là-dessus. Hier, par exemple, on a eu la direction générale des élections
du Québec, et puis on préconise plutôt que ce soit le président des élections,
que ça soit la direction générale, parce que la direction générale est... Il ne
reste pas beaucoup de temps.
La Présidente (Mme Dionne) : Il
reste une minute, Mme la députée.
Mme Lakhoyan Olivier : Mais donc
c'est ça. Donc, si vous pouvez me donner votre opinion là-dessus.
Mme Fournier (Catherine) : Mais,
vous, de ce que j'ai compris du projet de loi, parce que j'ai pris le temps de le lire puis de l'analyser, pour les députés,
ce serait à travers le DGEQ, mais, pour les élus municipaux, c'est plus du côté
de la cour... bien, des procureurs municipaux, là, qui traiteraient les
dossiers.
Mme Lakhoyan Olivier : Oui, niveau
municipal, oui, ça serait la direction générale, c'est ça.
Mme Fournier (Catherine) : Bien, les
procureurs, tu sais, qui représentent la municipalité, au lieu d'aller du côté du DPCP, comme c'est le cas actuellement...
puis, je veux dire, ça pourrait continuer d'être le cas, mais le DPCP traite
de très, très nombreux dossiers.
Puis je veux profiter de la commission, quand
même, pour dire que je trouve ça vraiment intéressant qu'il puisse y avoir une
nouvelle jurisprudence qui soit développée à la suite de l'instauration de ce
nouveau régime pénal. Ça va être une jurisprudence qui va toucher
spécifiquement les élus, puis je pense que ça va être quand même très
intéressant pour la protection des élus, de façon générale aussi, de pouvoir
avoir cette jurisprudence-là, très, très spécifique,
tu sais. Je pense qu'il faut le dire, là, les élus, on a quand même un rôle
particulier dans une démocratie, donc ce n'est pas... au contraire, moi,
je vois ça d'un bon oeil, qu'il puisse y avoir un régime particulier.
• (12 h 50) •
La
Présidente (Mme Dionne) : Merci beaucoup. C'est malheureusement tout le
temps qu'on a. Alors, je cède la parole au député de Taschereau.
M. Grandmont : Merci, Mme la
Présidente. On a très peu de temps, vous êtes sans doute familière, Mme la
mairesse. Merci pour votre présence.
Mme Fournier (Catherine) : J'en ai
déjà eu moins que vous, hein?
M. Grandmont : D'abord, je voulais
vous remercier, là, pour toute la question, là... l'enjeu ou la solution, là, de zonage incitatif que vous avez mis au jeu, en
fait, là, dans l'espace public. Je pense que c'est une bonne mesure, puis
qu'on apprécie, de notre côté, en tout cas.
On va s'assurer aussi, là, des recommandations... que vos recommandations
aient suite, là, pour que leur application vienne de la sanction.
J'aimerais vous entendre sur la question de
la... de restreindre la période de temps ou les questions du conseil municipal aux résidents, résidentes. On a eu un
échange précédemment, mais j'aimerais quand même vous entendre, là, au
bénéfice des gens qui nous écoutent, si on a des groupes d'intérêts, de la
société civile, par exemple, qui se présentent
au conseil municipal, si on restreint aux résidents seulement. Comment on fait
pour garantir leur participation, parce
qu'ils peuvent avoir un intérêt à intervenir dans le cadre de la période de
questions du conseil municipal de Longueuil?
Mme Fournier (Catherine) : Tout à
fait. Je pense quand même qu'il y a différents moyens, tu sais, de faire valoir son opinion, son avis dans le cadre de la
démocratie municipale, j'en liste quelques-uns dans la lettre que je vous
ai transmise.
Par contre,
nous, c'est arrivé qu'il y ait des représentants de groupes de la société
civile nationaux, mais qui résident à
Longueuil, qui viennent interpeler le conseil de ville sur certaines questions,
je pense à Mères au front, par exemple, La Planète s'invite au Parlement. Bon, nous, on a
le pendant, La Planète s'invite à Longueuil. Donc, je pense que c'est une bonne façon de le faire, là. Quand un groupe
de la société civile agit nationalement, bien, je suis certaine qu'ils ont
des personnes qui peuvent... qui peuvent
représenter ce point de vue là, au sein de la municipalité, qu'ils soient
résidentes ou qu'ils soient contribuables. Comme je le mentionnais, je
pense que les deux sont importants, les élus, on doit rendre des comptes. Si c'est vraiment d'un point de vue démocratique, là,
c'est, on paie des taxes ou on vote pour la paix. C'est normal que ce soient ces gens-là qui aient
la priorité... ou, en tout cas, tu sais, qu'on réserve la période
d'interventions, de questions, qui est limitée dans le temps, à ces
personnes-là.
M.
Grandmont : Je vous entends bien, merci. Pour ce qui est de la
protection, élargir à la famille, élargir à des fonctionnaires, si oui, quels emplois? Il y en a qui ont été très, très
larges, là, tous les fonctionnaires d'une municipalité devraient aussi
bénéficier d'un régime pénal similaire. Qu'est-ce que vous en pensez?
Mme
Fournier (Catherine) : Le Code criminel est accessible, je veux dire,
dans le sens où on peut porter plainte... Je ne suis pas... Évidemment,
je suis sensible, là, surtout quand on parle des membres de la famille, je ne
serais pas contre, mais, en même temps, je
comprends que c'est, peut-être, difficile à appliquer. Tu sais, quand on
vient... Déjà, on est plus de 1 100
municipalités à travers le Québec fois un minimum de six élus par municipalité,
donc c'est beaucoup de monde. Puis, comme je le disais, je pense que
c'est intéressant d'avoir le régime particulier pour les élus, là, d'un point
de vue de jurisprudence. Après, par contre, moi, si un membre de ma famille
recevait une menace, jamais, je n'hésiterais
à porter... à l'inviter à porter plainte à la police. Puis c'est quelque chose
qui se peut aujourd'hui, c'est juste, ça ne serait pas traité par les
procureurs municipals, mais c'est, peut-être, normal aussi que ce soit comme
ça. Bref, tu sais, je veux dire, n'importe
quel citoyen et citoyenne doit, à mon sens... en tout cas, je l'encourage à
porter plainte à la police lorsqu'il y a une situation comme ça, de
menace, de harcèlement ou d'atteinte à sa propre sécurité.
M. Grandmont : Parce que c'est un
peu ça, le point des gens qui parlaient de la famille, d'élargir la famille,
c'est que des gens pourraient être tentés de faire indirectement ce qu'ils ne
peuvent plus faire directement.
Mme Fournier (Catherine) : Mais
c'est encore interdit en vertu du Code criminel...
M. Grandmont : Effectivement.
Mme Fournier (Catherine) : ...il n'y
a rien qui change, dans le sens, de ce que je comprends du projet de loi, c'est
un régime pénal qui va permettre aux dossiers d'être traités par les procureurs
municipaux plutôt que par le DPCP. Donc, qui
vient créer une jurisprudence propre au cas des élus puis qui permet de traiter
parfois plus rapidement certains
dossiers liés directement aux élus, sans empêcher que, si un membre de notre
famille ou que, si un fonctionnaire, par exemple, reçoit une menace, mais
évidemment, là, qu'il puisse porter plainte à la police, puis déposer,
déposer une... déposer une plainte, là, de façon très formelle, pour une menace
qu'il a reçue.
M. Grandmont : OK. Le temps qu'il me
reste, je vous remercie encore pour votre présence puis pour votre
contribution. Très apprécié. Merci.
Mme Fournier (Catherine) : Merci,
merci beaucoup.
La
Présidente (Mme Dionne) : Alors, pour reprendre les mots du député, merci à
tous pour votre contribution à ces travaux.
Mémoires déposés
Donc, je
procède maintenant au dépôt des mémoires des personnes et des organismes qui
n'ont pas été entendus lors des auditions publiques.
Donc, la commission
ayant complété son mandat, je suspends ses travaux jusqu'à 14 heures, où elle
poursuivra un autre mandat. Alors, bon dîner, tout le monde.
(Fin de la séance à 12 h 54)