(Dix heures une minute)
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
bon matin à tous. Je déclare la Commission de l'aménagement du territoire
ouverte. Alors, je demande à toutes les personnes de bien vouloir vérifier leur
sonnerie de téléphone et appareils électroniques.
La commission
est réunie, ce matin, afin de procéder à l'interpellation de la députée des
Mille-Îles à la ministre responsable de l'Habitation sur le sujet
suivant : Génération locataire : le legs caquiste en matière de
logement.
Est-ce que nous avons des remplaçants, Mme la
secrétaire?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. Mme Blais (Abitibi-Ouest) est remplacée par Mme Jeannotte
(Labelle); M. Ciccone (Marquette) est remplacé par Mme Dufour
(Mille-Îles); et Mme Labrie (Sherbrooke) est remplacée par
M. Fontecilla (Laurier-Dorion).
Le Président
(M. Schneeberger) : Merci beaucoup. Alors, conformément à l'entente
prévue pour la 43e législature... que le député des Îles-de-la-Madeleine
nous a informé de son intention de participer à la séance, le deuxième groupe d'opposition interviendra lors des
troisième et septième séries d'intervention et le député indépendant lors de la cinquième série d'interventions. Alors,
pour débuter, je cède la parole à la députée des Mille-Îles, vous avez
10 minutes d'introduction.
Exposé du sujet
Mme Virginie
Dufour
Mme Dufour : Merci beaucoup, M. le
Président. Ça fait longtemps qu'on ne s'était pas vus dans une commission,
donc, je suis bien contente d'être avec vous à cette commission que j'adore,
celle de l'aménagement du territoire.
D'abord, j'aimerais saluer la ministre, la
nouvelle ministre de l'Habitation. Je pense que c'est la première fois qu'on a
l'occasion d'échanger plus longuement sur le dossier de l'habitation.
Évidemment, j'en profite pour saluer tous les gens qui l'accompagnent, les
députés du gouvernement, de la banquette ministérielle et tous les fonctionnaires qui sont à leurs côtés. Je salue
également les oppositions qui sont avec nous. Député de Laurier-Dorion,
député des Îles-de-la-Madeleine. On a fait plusieurs projets de loi ensemble en
habitation, donc, c'est toujours un sujet qui nous passionne tous, donc, merci
à tous d'être ici. Et je suis désolée, encore une fois, de vous retenir un
vendredi, mais c'est un sujet qui est d'importance.
Dans les dernières années, on a beaucoup,
beaucoup parlé de logement abordable, de la crise du logement, qu'il manquait
de logements locatifs. Mais, aujourd'hui, ce n'est pas de ça que je veux vous
parler, M. le Président, je veux vraiment
parler de l'accès à la propriété. C'est... Aujourd'hui, on a vu que,
malheureusement, on constate, après presque huit ans au pouvoir, que les
finances publiques ne sont pas en bon état, M. le Président, on peut dire que
le gouvernement a laissé un legs de... une
dette assez importante. Il y a une dette de finances publiques, mais il y a
aussi, maintenant, une dette qu'il va
laisser à nos générations futures. Le rêve, le grand rêve québécois de devenir
propriétaire, il est pratiquement devenu inaccessible, malheureusement.
J'ai oublié de partir mon temps... c'est...
Une voix : ...
Mme Dufour : OK parfait, merci,
j'avais oublié de partir de partir ma... OK, parfait, parce qu'il n'est pas à
l'écran, hein, M. le Président?
Le Président (M. Schneeberger) : ...
Mme Dufour : Pardon?
Le Président (M. Schneeberger) : Il
est à l'écran du haut.
Mme Dufour : Oui, mais c'est huit
minutes... Ah! OK, c'est mon temps. Parfait, merci beaucoup. Donc, je reprends. Donc, le grand rêve de devenir
propriétaire est malheureusement devenu complètement inaccessible. Lorsque
mes parents étaient jeunes, ils ont formé un ménage. La première chose qu'ils
ont fait, c'est s'acheter une propriété. Ils
ont eu une jolie petite fille, qui était moi-même, mais, aujourd'hui, ce n'est
presque plus accessible. On l'a vu, d'ailleurs, ce matin, dans le
journal, que même l'accès à la propriété était en train de devenir un frein à
la natalité. Est-ce qu'on peut vraiment se permettre ça au Québec, alors que,
pour la première fois, il y a... on rentre dans une ère où il y a plus de décès que de
naissances? Donc, on doit tout faire pour aider nos jeunes ménages, les
premiers acheteurs, puis, de plus en plus, ça vient tard dans la vie, de
devenir... de devenir propriétaire. Aujourd'hui, ce n'est pas parce que les gens ne travaillent pas fort, ils travaillent très
fort, les jeunes ménages. Et, d'ailleurs, à l'époque de mes parents, il était possible
d'acheter une propriété avec un seul revenu. Aujourd'hui, avec deux revenus, ce
n'est même plus possible. Donc, c'est vraiment
rendu problématique. Donc, ça met une pression très grande sur les familles et,
sans mesure fiscale constructive, malheureusement, on risque de voir le
mur, devant ces premiers acheteurs là, s'accentuer. Et je vais en parler, là,
tout au long de cette interpellation, M. le Président.
Donc, quelques faits, comme je disais,
aujourd'hui, ce n'est plus possible de devenir... d'acheter une propriété. La
hausse des prix a été telle... n'a jamais été aussi abrupte que sous le
gouvernement de la CAQ. Et tout ce qui se construit depuis deux... deux ans
environ, ce sont des logements locatifs. Donc, c'est sûr que ça répond à une
demande, mais ça ne répond pas à la demande des premiers acheteurs qui se
cherchent une propriété. Donc, si, aujourd'hui, on cherche à acheter, bien, ce
qu'on retrouve sur le marché qui se construit, bien, c'est de la location.
Donc, on ne peut pas devenir propriétaire lorsqu'on n'a que de l'offre de
locatif...
Des voix : ...
Mme Dufour : Non, J'ai
10 minutes, M. le Président, et j'aimerais pouvoir terminer mes
10 minutes sans être interrompue. Je crois que je n'ai pas manqué de
respect, là.
Donc, je reviens, tout ce qui se construit,
c'est du logement locatif, et je donnerai des chiffres un peu plus tard. Et ça,
évidemment, ça amène une pression qui est devenue insoutenable pour les jeunes
ménages. Juste donner une idée, un prix médian des propriétés, des maisons, là,
des propriétés qu'on peut acheter, donc, pas du locatif, à Montréal, c'est
rendu 615 000 $. C'est absolument... c'est très, très élevé. Et,
évidemment, pour s'acheter une telle propriété, bien, ça exige une mise de
fonds qui est considérable. Et donc les gens doivent s'éloigner de plus en plus
des grands centres pour pouvoir acheter une propriété à la hauteur de leurs
revenus. On parle que, dorénavant, le coût des propriétés, là, le coût médian
des propriétés représente plus de la moitié du revenu disponible médian.
Donc, si on parle... si le revenu médian, on a
un revenu médian et qu'on souhaite acheter une propriété de niveau médian,
bien, c'est la moitié de notre revenu qui va aller au paiement hypothécaire,
les taxes municipales, et tout ce qui vient avec l'achat d'une propriété. On
dit que ça ne devrait pas dépasser 30 % pour que ce soit... pour que ça
puisse respecter la capacité de payer des acheteurs, c'est, d'ailleurs, la
règle qu'on se donne aussi en locatif, le 30 %. Et, ça aussi, on l'a vu,
il y a eu des hausses de loyers importantes. On en a parlé beaucoup dans les
dernières années. Il y a eu une énorme pression, des logements qui retombaient
sur le marché, qui augmentaient. Et ce que ça a fait, bien, évidemment, ceux qui avaient... qui souhaitaient acheter une
propriété avaient de moins en moins de liquidités disponibles pour faire
des économies et se mettre une mise de fonds de côté. C'est une réalité. Donc,
la hausse des loyers réduit d'autant plus l'accès à la propriété.
• (10 h 10) •
D'ailleurs, la moitié des jeunes estiment
aujourd'hui avoir besoin de leurs parents pour la mise de fonds. Bon, heureusement,
il y a quand même une génération qui a accumulé des sommes, qui peut peut-être
aider leurs enfants, mais ça amène une discrimination assurée pour ceux qui
n'ont pas ces moyens. Et ce qui n'aide pas dans tout ça, ce sont... c'est la
hausse des coûts de construction. Je vais en parler aussi dans un des blocs, M.
le Président. Un chiffre, 71 %, 71 % depuis 2017, ça, c'est la hausse
des coûts de construction, 51 % depuis la pandémie. Donc, c'est certain
que ça, ça met une pression énorme, parce que ce qui se construit coûte plus
cher. Et, comme je vous le disais, les loyers qui coûtent plus cher, c'est
aussi, en partie, dû au fait que les coûts de construction ont augmenté. Mais
qu'est-ce qu'on a fait pour traiter... voyons, tenter de réduire ces coûts de
construction? Bien, pas grand-chose, malheureusement. Et, comme je vous disais,
ça a une pression directe sur le prix des propriétés.
Les salaires dans l'industrie, et ça, n'est
pas... je n'ai pas de critique ici, mais c'est un constat. Les salaires vont
augmenter de 22 % dans les quatre prochaines années. Puis ça, c'est dû à
la nouvelle convention collective qui a été
négociée. Donc, ça, ça va amener encore plus de pression. Donc, si on ne
travaille pas sur les coûts des matériaux, si on ne travaille pas sur
l'efficacité de la façon qu'on construit, bien, on va voir les coûts augmenter
encore davantage, parce que 22 % en
quatre ans juste pour les salaires, c'est quand même beaucoup. Et, comme je le
dis, ce n'est pas une critique de la convention elle-même, il faut
travailler sur l'ensemble des coûts.
Et je rappellerai qu'il y a une pénurie de
main-d'oeuvre dans le domaine de la construction. Ça fait que, ça aussi, ça
amène de la pression. Et, juste hier... cette semaine? C'est cette semaine,
oui, l'ACQ, l'Association de la construction du Québec, était ici, à
l'Assemblée nationale. Ceux qui les ont rencontrés auront entendu le chiffre de
16 000, 16 000 travailleurs qui manquent actuellement dans le domaine
de la construction à chaque année. Mais je vais vous donner un autre chiffre.
L'APCHQ, une autre association dans le domaine de la construction, nous parlait
que 25 % de la main-d'oeuvre dans le domaine de la construction prendrait
sa retraite d'ici 10 ans. On en manque déjà 16 000. Donc, c'est très,
très inquiétant. Et ça aussi, ça va mettre une pression sur les coûts.
Je terminerais, M. le Président, en parlant
aussi du fait qu'on ne travaille pas assez pour protéger l'existant. Donc, il existe des propriétés, et,
malheureusement, on en perd. Et je vais vous parler de la mérule pleureuse,
notamment.
Je vais revenir sur le programme RénoRégion. Il
n'y a aucun programme digne de ce nom pour la rénovation actuellement au
Québec, malgré qu'on soit en pénurie, par exemple, d'énergie hein? On veut construire
des barrages, mais il y a de l'énergie qu'on pourrait récupérer dans nos
bâtiments. Aucune mesure fiscale digne de ce nom.
Alors, je
termine, M. le Président, en souhaitant sincèrement qu'aujourd'hui, on va
parler d'accès à la propriété, parce qu'à toutes les fois qu'on a posé
des questions dans les derniers mois sur l'accès à la propriété, et même dans les dernières années, bien, finalement, on avait des
réponses qui avaient rapport avec les logements sociaux, les logements abordables. C'est un sujet super
important, mais, aujourd'hui, j'aimerais qu'on parle d'accès à la propriété.
Merci beaucoup, M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci,
Mme la députée de Mille-Îles. Alors, nous allons du côté du gouvernement.
J'entends la ministre pour 10 minutes.
Réponse de la ministre
Mme Caroline
Proulx
Mme Proulx : Merci, M. le
Président. Donc, l'interpellation, le legs de la CAQ, en termes d'habitation, notre stratégie, c'est construire et accompagner
nos clientèles. C'est ça, le mandat principal de la ministre responsable
de l'Habitation.
Et des défis en matière d'habitation, d'autant
plus en ce qui a trait à la disponibilité et l'abordabilité des logements, c'est bien réel. Puis notre
gouvernement, M. le Président, en est conscient. C'est pourquoi on va
poursuivre nos efforts, là, pour continuer d'optimiser les pratiques au
bénéfice des différents acteurs. Nous, on veut continuer de mieux répondre aux
besoins, aux réalités des ménages québécois dont on se soucie. On va poursuivre
tous le même objectif : répondre à cette crise du logement et mettre tous
les outils à notre disposition pour donner un grand coup de frein à cette crise du logement. On s'est donné
l'objectif d'agir, d'innover pour gagner en efficacité. Chaque geste compte
et chaque initiative compte. Et c'est l'implication, M. le Président, de tous
les partenaires qui est nécessaire pour arriver à nos fins.
On a bien
entendu les points de la députée de Mille-Îles. On parle de fiscalité ici, mais, nous, en ce qu'il
y a matière pour faire... évoluer, pardon, la situation en ce qui a
trait à la crise du logement, vous le savez, M. le Président, le manque de
logements, ça ne date pas d'hier. Ce manque ne se fait pas seulement sentir au
Québec, et les causes de la crise sont
diverses, sont multiples, sont complexes. On parle d'une situation économique,
d'une pénurie de main-d'oeuvre, d'une hausse du taux d'intérêt, du coût
des matériaux, comme l'a mentionné la députée, la migration de la population des grands centres vers nos régions, la hausse
rapide de la démographie, l'immigration, le fameux «pas dans ma cour».
Donc, on a agi, on a été proactifs face à cette crise-là du logement. On a créé
des conditions propices pour construire plus vite, mieux, à moindre coût. On a
également réussi à augmenter l'offre de logement social et abordable, parce
que, d'abord et avant tout, c'est ma responsabilité, M. le Président, en
protégeant les ménages qui sont vulnérables au Québec.
Question de nous donner une feuille de route, on
a, en 2024, déployé une stratégie québécoise en habitation, une première :
bâtir ensemble pour mieux se loger. On met, vraiment et véritablement, la
lumière sur des efforts collectifs pour atteindre le marché résidentiel
équilibré, préserver l'abordabilité. On va le souligner, M. le Président, il
s'agit d'une première en termes de stratégie au Québec, depuis fort longtemps,
qu'une telle stratégie n'avait pas été déployée, signe que nous avons été
ambitieux et qu'on continue de l'être.
Vision claire des enjeux, qui nous permet de
mieux coordonner l'intervention gouvernementale et celle des acteurs du milieu.
Je vous confirme, M. le Président, qu'on va poursuivre tous le même objectif,
que chaque ménage puisse se loger selon ses
besoins, tout en respectant ses capacités financières, la stratégie qui se
déploie, M. le Président, sur 65 initiatives pour agir concrètement sur
notre terrain. Ce qui est... primordial, pardon : soutenir la productivité
dans le secteur de la construction, parce
qu'il est nécessaire de mieux outiller les partenaires municipaux pour
favoriser le développement résidentiel puis parce qu'aussi on doit
préserver l'offre existante, favoriser l'accessibilité, mais également
l'abordabilité, M. le Président.
L'implantation de sa stratégie, bien, ça se
déroule rondement. L'automne dernier, on avait déjà plus de la moitié des
initiatives prévues qui étaient complétées, puis la vaste majorité était déjà
en cours, M. le Président, des investissements considérables qui ont été
réalisés pour améliorer l'accès au logement abordable, des modifications très
importantes qui ont été apportées à des lois, nouvelles façons de faire,
d'intervenir, qui ont été mises en place pour être plus efficace. Et
l'objectif, c'est de livrer plus ville... plus vite, pardon.
Je vais insister sur le 7 milliards, là. On
semble oublier la portée d'un chiffre comme celui-là, comme si ce n'était rien, 7 milliards de dollars,
depuis 2018, en logement abordable, en programme d'aide au paiement des loyers,
des mesures pour le crédit d'impôt
solidarité, les exemples des programmes RénoRégion. C'est plus de 14 000
logements sociaux et abordables qui
ont été livrés, M. le Président, à travers diverses mesures, 16 000 autres
qui sont en chantier pour 2026
uniquement, 9 000 logements abordables vont être livrés. C'est du
jamais-vu depuis de nombreuses années.
Ceci étant
dit, on doit continuer de construire plus rapidement et rénover davantage.
C'est dans cette optique-là que, de 2023 à 2028, 3,6 milliards ont
été investis dans la rénovation des HLM par le gouvernement du Québec et du
Canada. Puis, si on compare 2027‑2028 sur 2018‑2019, à l'arrivée de notre
gouvernement, c'est près de 415 millions d'investissements de plus, M. le
Président, qui ont été injectés. Annonce récente d'une conclusion de principe
de collaboration avec le fédéral pour le développement de maisons au Canada, au
Québec, ça va permettre de rendre disponibles plus de logements abordables aux
Québécois, mieux servir et soutenir nos ménages qui sont à faibles revenus.
Puis on a adopté des lois qui ont permis, entre
autres, de renforcer les outils qui sont à la disposition des municipalités et des MRC pour être en mesure
d'agir plus efficacement, notamment en matière d'habitation, et c'était
des demandes qui nous étaient faites, des mesures qui visent à renforcer
l'équilibre des droits, mieux protéger les locataires les
plus vulnérables, QS en a fait la démonstration en point de presse ce matin,
favoriser le maintien du parc de logements
locatifs existants. Bref, les municipalités peuvent, entre autres, à travers
ces mesures-là, accorder une aide pour l'hébergement transitoire, entre
autres, des personnes dans le besoin de logements sociaux, abordables ou encore
pour étudiants.
Les
municipalités peuvent adopter, donc, des programmes d'aide qui favorisent la
construction, l'aménagement de logements locatifs jusqu'en 2027. Les
municipalités ont un pouvoir, qu'on va souhaiter garder plus longtemps, M. le Président,
pour continuer à monter du logement social et abordable.
Puis,
dernière mesure, M. le Président, non pas une moindre mesure, on a déposé,
cette semaine, M. le Président, le projet de loi n° 20, Loi
édictant la Loi visant à favoriser l'accès au logement, modifiant diverses
dispositions concernant le domaine de l'habitation.
M. le Président, tout ça pour faire la
démonstration qu'au fil des ans, des huit dernières années, parce que
l'interpellation, on parle de ce que la CAQ a fait en domaine d'habitation...
dans le domaine de l'habitation... On a, donc,
déposé un nouveau projet de loi qu'on aura, j'espère, l'occasion d'étudier avec
des collègues au cours des prochaines semaines pour venir ajouter, donc,
des mesures pour aider à protéger et à faire en sorte que le locatif au Québec soit préservé, là. Ça fait partie de la grande
stratégie. On est cohérent avec la stratégie, qui évolue, et nous aussi,
on évolue en temps réel avec cette stratégie-là.
• (10 h 20) •
D'ailleurs, le projet de loi, M. le Président,
c'est important de le dire... on a répondu, entre autres, à une demande qui
avait été signifiée par la Vérificatrice générale dans son rapport de 2025.
Donc, des mesures qui vont continuer de s'inscrire dans la poursuite de nos
efforts, qui sont déployés suivant les recommandations de la VG en 2025, mais également
de 2019 et de 2020.
Droits des locataires, droits des locateurs, là
aussi on fait en sorte de renforcer de façon qu'il soit plus équilibré, qu'il réponde à plusieurs
préoccupations, plusieurs dispositions ont été introduites afin de notamment de
mieux encadrer le marché, préserver
l'équilibre, moratoire de trois ans sur les évictions pour motif
d'agrandissement, subdivision, changement d'affectation. Est-ce qu'il y
a moyen de faire plus? On y travaille, M. le Président.
Même chose
pour nos... résidences, pardon, pour personnes aînées, des mesures qui ont été
apportées de mieux prévenir la perte de logement pour les locataires aînés d'un
immeuble qui, par exemple, pourrait changer d'affectation, alors
qu'auparavant il était entièrement destiné aux personnes aînées.
Modifications sur le bail. Je pense que c'est
assez clair, ces modifications-là sont entrées en vigueur récemment, on a voulu
simplifier pour les locateurs et les locataires. Il y avait des mesures qui
étaient complexes à comprendre. On est passé de plus d'une dizaine de mesures à
quatre mesures. Des campagnes de sensibilisation qui... d'ailleurs, on entend
présentement sur les ondes radio, sur le web, sur la télé... à la télé, pour
s'assurer que toutes les nouvelles mesures
qui ont été mises en place sont bien comprises. Le ministère est disponible, la
ministre est disponible. Le ministère de l'Habitation, le TAL également sont là
pour offrir des explications complémentaires aux gens qui pourraient
peut-être être perdus dans ces nouvelles mesures-là.
Bref, le domaine de l'habitation, M. le
Président, ça ne concerne pas juste un acteur, mais l'ensemble des partenaires,
le privé, le public, on va continuer de travailler sur cette énergie-là, on a
créé des liens très précieux, entre autres avec des fonds, ceux de la FTQ, ceux
de Desjardins, des investisseurs privés également qui se sont joints à l'effort
gouvernemental pour monter davantage de logements plus rapidement. Bref, M. le
Président, au cours de cette interpellation-là, on ira... on aura l'occasion
d'aller davantage en détail et de présenter, donc, au public les mesures qui
ont été présentées au fil des ans par le gouvernement du Québec.
Argumentation
Le Président (M. Schneeberger) : Merci,
Mme la ministre. Nous retournons du côté de la députée des Mille-Îles pour cinq
minutes.
Mme Dufour : Merci, M. le Président.
J'aurais espéré qu'on parle d'accès à la propriété, comme je le mentionnais. Ce
que je comprends, c'est qu'on parlait beaucoup, beaucoup de logement locatif
puis beaucoup de logement abordable, puis de
logement social. Mais le sujet de l'interpellation, c'est l'accès à la
propriété. Moi, je vais continuer sur le sujet... Je vais continuer sur
le sujet et j'aimerais que le député de Labelle cesse de m'interrompre, M. le
Président.
Donc, comme je le disais dans mon introduction,
le Québec est entré dans une nouvelle ère... de nouvelles réalités
démographiques. Il y a plus de décès que de naissances. On le sait, notre population
vieillit rapidement. Le taux de natalité est en forte baisse, puis on voyait,
ce matin, un article. Moi, ça m'a beaucoup troublée. On le savait, on s'en
doutait, on pouvait l'imaginer parce qu'on a tous voulu... Bien, tous ceux qui
ont voulu fonder une famille ont voulu acheter une propriété. Mais, quand on
lit, c'est ça, que la surchauffe immobilière, c'est l'un des frais... des freins, pardon, à la natalité, c'est très
inquiétant. Et on constate, donc, que, bien, les Québécois, les Québécoises attendent
plus longtemps, avoir des enfants et parfois font même le choix de ne pas en
avoir parce qu'ils n'ont pas accès à une propriété qui leur permette de les
avoir, soit un logement assez grand, mais aussi l'accès à acheter une
propriété. Et je dirais que ça, c'est vraiment l'angle mort du gouvernement,
l'accès à la propriété puis je pense que l'intervention de la ministre le
démontre, là, on n'a peu de mesures, on n'a pas entendu de mesure qui touche
l'accès à la propriété.
Et puis on le voit, là, ça recule partout au
Québec. Ça, c'est un constat accablant. C'est pour la première fois en 50 ans que le taux de propriété a diminué
au Québec. Ça a toujours augmenté pendant 50 ans, et c'est sous la CAQ que ça a reculé pour la première fois, alors que c'était une
fierté de viser de devenir propriétaire. Mais, pour ça, il faut qu'il y ait une
offre, il faut que ce soit accessible. La propriété, c'est un outil
d'enracinement, c'est... tu sais, en région, c'est ce qui permet de retenir les
gens, ça stabilise les familles, ça encourage des projets de vie à long terme.
Donc, c'est important qu'on mise sur, encore, que la propriété, on ne peut pas
juste créer une génération de locataires et ne viser qu'à avoir seulement des
locataires.
D'ailleurs, c'est beaucoup de gens qui ont
accédé à la propriété, par exemple en achetant un duplex, c'est devenu leur
fonds de pension, la propriété de façon générale. Dans mon cas, c'est mon fonds
de pension, ma maison. Et ceux qui n'auront
pas accès à une propriété n'auront pas cette chance-là. Est-ce qu'on va
appauvrir notre génération future? Moi, ça m'inquiète.
Un des
éléments, c'est qu'il y a un écart grandissant entre le prix des maisons et les
revenus. Je l'ai mentionné d'entrée de jeu, que le revenu... j'ai parlé
de revenu médian, mais c'est revenu moyen que... que je revois dans les
articles. En 2019, c'était encore réaliste, pour un ménage, de s'acheter une
maison, à peu près partout, pour 30 % de son
revenu. Mais, aujourd'hui, il reste presque plus d'endroits à Montréal où c'est
possible. Dans la région de Montréal, il faut s'éloigner de plus en plus
loin. Mais Laval, oubliez ça, moi, je suis de Laval, c'est rendu inaccessible,
là, maintenant, il faut aller, L'Assomption, Lavaltrie,
Saint-Jean-sur-Richelieu, c'est... Il faut s'éloigner des grands centres pour
avoir accès. Même la région de Québec, la ville de Québec, il n'y a à peu près
plus... il y a un endroit seulement, à
Québec, où c'est encore possible que le... de s'acheter une propriété pour
respecter ce seuil des 30 % des revenus. Le prix médian, à Québec,
dans l'agglomération de Québec, d'une maison unifamiliale, a connu une hausse de 17 % juste en un an, M. le Président,
donc, c'est passé à 450 000 $. C'est devenu très, très, très
difficile, comme je le disais, d'accéder à une propriété.
Pour le
Québec, le prix moyen, c'est rendu 495 000 $, donc ça, c'est le prix
moyen, 495 000 $, un demi-million de dollars, et là, à Montréal, on
oublie ça, là, on est dans des eaux beaucoup plus élevées, et il n'y a pas de
mesure structurante pour aider à la mise de fonds. Puis ça, je vais y revenir,
là, je pense, c'est dans mon prochain bloc que je vais parler des mises de
fonds. Mais c'est devenu une pression financière insoutenable pour les jeunes
ménages, comme je le disais, il faut les soutenir d'une façon ou d'une autre si
on ne veut pas, finalement, avoir une génération plus pauvre que celles qui nous a... qui les aura précédés. Et «celles»,
je parle avec un s, parce que toutes les générations passées ont pu
accéder à la propriété, mais celle-ci, comme c'est le portrait actuellement,
c'est la première qui pourrait ne pas accéder
à la propriété, alors, c'est important de stimuler l'offre mais aussi d'aider à
la demande, M. le Président, en les soutenant. Puis je vais y revenir
dans le prochain bloc.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci.
Alors, nous retournons du côté de la députée de... Labelle?
Mme Jeannotte : Ah! D'accord, merci,
M. le Président.
Le
Président (M. Schneeberger) : Oui... mais la ministre...ou la ministre? Oui?
Alors... Parfait, parce que, là, vous me regardiez, les deux... OK.
Parfait.
Mme Proulx : Je regarde toujours...
Le Président (M. Schneeberger) : À
vous, Mme la ministre.
Mme
Proulx : Merci, M. le Président. Je veux juste apporter une
petite précision ici. Le titre de l'interpellation : Génération
locataire : le legs de la CAQ en matière de logement. Je suis responsable
du logement, M. le Président, je ne suis
pas là pour établir des mesures d'accès à la propriété, qui relèvent du
ministre des Finances, qui en a déposé, M. le Président, des mesures
pour l'accès à la propriété.
Donc, je vais profiter de la tribune qui nous
est offerte aujourd'hui pour parler, donc, au fil des ans, ce que ma prédécesseure, présidente du Conseil du trésor
aujourd'hui, a déposé au fil des ans pour faciliter l'accès au logement pour
les clientèles qu'on dessert, M. le Président. Entre autres, le Règlement sur
les critères de fixation du loyer, qui est rentré en vigueur le 1er
janvier dernier.
Quand on parle de laxisme, je pense que, rendu à
40 ans, M. le Président, où il n'y a aucune modification réglementaire qui a
été faite en ce qui a trait à la fixation du loyer, alors que, bien avant notre
arrivée, on le voyait, cette tendance d'une crise qui s'en venait sur le loyer,
aucun, ni le Parti libéral ni le Parti québécois n'ont osé lever la main pour
revoir les critères de fixation du loyer... ce qu'on a fait.
• (10 h 30) •
Quelques précédents,
comme je le mentionnais lors de la précédente intervention, on parlait de 13
variables, d'une méthode qui était complexe, où tout le monde, ou à peu près
tout le monde et son voisin s'y perdaient. On a réduit, M. le Président, à quatre de ces critères-là qui va permettre...
qui va permettre d'assurer pleinement la pérennité, entre autres, du parc
locatif, de planifier, de récupérer, de matière réaliste, des investissements
liés aux travaux majeurs. Parce que, M. le Président, il faut s'assurer
qu'il y a des investissements qui soient faits dans le parc locatif, on n'a pas les moyens, au Québec, de perdre des
appartements parce qu'il y aurait un sous-financement. Donc, la méthode de calcul
actuelle, plus facile à comprendre pour tout le monde, basée sur des revenus,
des dépenses, qui est remplacée par une prise en compte de l'évolution moyenne
de l'indice des prix à consommation générale, ce qu'on appelle l'IPC sur trois ans, des ajustements aussi sont
possibles. C'est des dépenses d'immobilisation très importantes, et l'augmentation
des taxes ou des assurances le justifie, primordial de protéger la qualité des
services offerts, entre autres
dans les résidences des personnes aînées. Donc, cette année, M. le Président,
l'augmentation de base 3,1 aurait été de 4,9 selon l'ancienne méthode.
Dans tous les cas, on est très, très loin du 5,9 l'an dernier. C'est une
méthode qui est juste, qui est claire, qui aide à maintenir le parc locatif en
bon état. C'est ce qu'on souhaite. C'est vrai que le coût de la vie est élevé,
que la part que représente le loyer peut être lourde dans un budget pour
certains ménages, donc important qu'ils puissent mieux anticiper ces hausses de
loyer là selon l'évolution du coût de la vie. Les nouvelles méthodes améliorent
assurément la transparence, facilitent un dialogue entre les locataires et les
locateurs, en ce qui a trait à la hausse des loyers. Et, lorsqu'il y a entente
sur le prix du loyer, bien, ça évite de devoir recourir au Tribunal
administratif du logement. Meilleure compréhension des types de travaux qui
sont considérés comme des dépenses d'immobilisations, M. le Président, on offre
aux locateurs un contexte plus favorable aux investissements, à l'entretien des logements, notamment parce que le
pourcentage applicable aux dépenses est maintenant fixe, M. le Président, à
5 %.
Les avis de
modification de bail ont... également... on est, pardon, également intervenu
afin de préserver cet équilibre-là entre le droit des locateurs et des
locataires pour la reconduction du bail. On a ajouté des éléments de précision.
On a également... c'est le choix, les choix du locataire, on est venu prévoir
le contenu obligatoire d'un avis de modification dans le bail. C'était
important de le faire. On retrouve aussi obligatoirement les options
disponibles aux locataires, les droits et les obligations de chacune des
parties en lien avec le renouvellement du bail. Si le locataire refuse
l'augmentation et souhaite demeurer dans le logement, le locateur peut demander
au tribunal de fixer le loyer dans le mois qui suit la réponse du locataire. À
défaut de le faire, le bail est renouvelé, M. le Président, au même loyer.
Donc, encore ici,
tout le monde peut faire sa part, doit faire sa part. On garde en tête que la
nouvelle méthode permet une meilleure prévisibilité, une formule qui va être
comprise par tout le monde, puis, au bout du compte, tant le locateur que le
locataire vont être gagnants, M. le Président.
Le Président (M.
Schneeberger) : Merci. Il nous reste du temps du côté ministériel, et
j'entends la députée de Labelle pour cinq minutes.
Mme Jeannotte :
Merci, M. le Président. Donc, je vais rester sur le titre de la motion
d'aujourd'hui : locataires, le bilan caquiste en habitation. Mais, puisque
ma collègue parle d'accès à la propriété, je vais être bon joueur, puis on
s'adapte, M. le Président.
Donc, vous savez,
notre gouvernement va toujours répondre présent pour appuyer celles et ceux qui
veulent accéder à la propriété. Il faut garder la tête... en tête que, être
propriétaire, c'est parfois... c'est parfois ce qu'attendent des jeunes couples pour fonder une famille. Donc,
c'est très important pour nous. Donc, avant tout, c'est une question
d'équité intergénérationnelle puis s'assurer que les jeunes peuvent accéder à
la propriété. On le comprend.
Depuis
2018, on a fait énormément de progrès pour faciliter l'achat d'une première
propriété, M. le Président. Plusieurs mesures fiscales ont été mises en
oeuvre pour aider les premiers acheteurs. Le régime d'accession à la propriété,
le RAP, a été modifié en 2024, permettant désormais de retirer jusqu'à
60 000 $ d'un régime enregistré d'épargne-retraite, REER, sans
imposition. Les cotisations au compte d'épargne libre d'impôt pour l'achat
d'une première propriété, le CELIAPP, sont déductibles d'impôt jusqu'à
concurrence de 40 000 $ à partir de 2027. Le crédit d'impôt non
remboursable pour l'achat d'une première habitation a été augmenté en 2022, M.
le Président, il offre une aide pour couvrir certains frais liés à l'achat
d'une première propriété, comme les frais d'inspection et les honoraires. Les
propriétaires qui achètent une habitation neuve de moins de 300 000 $
et qui l'occupent comme résidence principale obtiennent un remboursement
partiel de la taxe de vente du Québec.
Mais, comme
l'appellation d'aujourd'hui était sur notre bilan, M. le Président, je veux
revenir sur ce qu'on a fait. Vous savez, on a posé des gestes forts en
habitation, très, très forts. D'abord, on a nommé une ministre responsable de
l'Habitation. J'ai été son adjointe parlementaire. Il n'y a rien qu'on n'a pas
fait, M. le Président. On a tourné toutes les pierres, on a revu les
programmes. Ma collègue ministre en a parlé. On a revu la législation. On a
vraiment travaillé fort. On a revu des outils, on a fait... On a eu des partenariats
nouveaux. C'est incroyable, tout qu'est-ce qu'on a fait. Donc, c'est important
de parler de faits et non pas de discours sémantique.
On peut critiquer
dans l'opposition, mais, vous savez, je reviens sur les programmes, parce que
c'est l'outil principal. J'aimerais revenir
sur la PHAQ. Je veux rappeler pourquoi ce programme existe, ce qu'il a corrigé
et surtout ce qu'il a permis de
livrer. Soyons honnêtes, là, moi, je me souviens, j'étais en commission parlementaire, M. le Président, en administration publique, puis j'ai été témoin
de la Vérificatrice générale, qui disait qu'avec AccèsLogis ça ne fonctionnait
pas. Il y avait 15 000 projets qui ne sortaient pas de terre, M. le
Président. La grande force du PHAQ, ça a été de dire : Écoutez, si vous ne livrez pas en dedans de 12 mois, on
tire la plug, en bon Québécois. Mais ça, là, c'est majeur, M. le
Président. On a non seulement mis de l'argent, comme ma collègue le disait,
7 milliards, mais on a revu nos outils. Savez-vous quoi? Le PHAQ
fonctionne, puis il donne des résultats concrets.
Je suis très étonnée
de l'interpellation d'aujourd'hui, M. le Président. C'est le livrable le
plus... pour moi, c'est un livrable incroyable, la preuve, aujourd'hui,
c'est : les taux d'inoccupation remontent. Donc, on est en train de passer... on travaille très fort pour passer à
travers cette crise du logement. Puis, honnêtement, ça bouge, M. le Président.
Pourquoi? Parce que c'est une crise...
c'était une crise très importante, puis on y a vu. Donc, le PHAQ, M. le Président,
ce nouveau programme, il introduit de la prévisibilité, de la discipline et
surtout de l'efficacité, ce qu'il n'y avait pas avant sous les libéraux. Il
permet aux organismes, aux municipalités et aux partenaires de savoir
exactement à quoi s'en tenir.
Écoutez, depuis 2018, c'est majeur, 14 000 logements
sociaux et abordables ont été livrés. M. le Président, 16 100 autres sont en chantier ou à différentes étapes de
réalisation. C'est concret, là. Dans mon comté, M. le Président, je suis tellement fière,
j'ai 130 logements sociaux et abordables dans les Hautes-Laurentides,
34 millions en subventions, c'est du jamais-vu, puis ça, c'est
comme ça dans toutes les régions du Québec. Donc, ce n'est pas... ce n'est pas
des promesses, ce sont des faits, ce sont
des logements où des Québécois vivent aujourd'hui, là, ou vivront très bientôt.
Donc, oui, on vit actuellement des
années record de construction de logements abordables au Québec, et on en est
très fiers, c'est grâce à nous.
Donc, cette
accélération, elle est directement liée aux outils que nous avons mis en place,
dont ce nouveau programme PHAQ. Le succès du PHAQ repose aussi sur une autre
innovation majeure : la capacité de travailler avec des partenaires
solides, puis ça, ça n'existait pas. Vous savez, le travail qui a été mis
là-dedans pour avoir des nouveaux partenariats puis être capable de livrer, ça,
là, c'est nous. Donc, des partenariats nouveaux avec Desjardins, le Fonds immobilier FTQ, Fondaction, Mission
Unitaînés, on a élargi le coffre à outils de la Société d'habitation du Québec,
M. le Président, c'est sans précédent, c'est
sans précédent. Ça, là, ces partenariats, ça a permis d'accélérer les mises en
chantier, de sécuriser le financement...
Le
Président (M. Schneeberger) :
Désolé. Plus de temps. Alors, nous allons du côté de la députée
de Mille-Îles. Cinq minutes.
Mme Dufour : Merci, M. le Président. Écoutez, générations
locataires, le titre de la motion, c'était évidemment pour dire que le legs de
la CAQ, c'était de laisser une génération de locataires au lieu de leur
permettre d'accéder à la propriété.
Je ne pensais pas devoir expliquer le jeu de mots, mais c'était le titre de
l'interpellation, c'était pour dire qu'on... qu'elle ne pouvait plus
accéder à la propriété.
Et
j'ai compris, de la ministre, que c'était le ministre des Finances qui était
responsable de l'accès à la propriété. J'ai entendu, et je ne le sais pas si
c'était un lapsus, qu'elle a dit qu'il était la ministre du Logement, mais moi,
je croyais qu'elle était la ministre de l'Habitation. Donc, je croyais
qu'on avait, dans le mot «habitation», la propriété. Il semble que ça devrait
faire partie de la mission puisque ce n'est pas juste du logement.
Ceci dit, je vais
revenir avec mon bloc, ce que j'avais prévu de parler dans ce bloc, M. le
Président. Comme je le disais, le prix des
maisons, c'est devenu... les prix sont tellement élevés que c'est très
difficile d'y accéder. Je vous ai dit un chiffre tout à l'heure, c'est
615 000 $, comme prix médian à Montréal, mais ça, c'était en 2020.
Bien, c'était plus tôt, parce que, là, dans un article très récent du Journal
de Montréal, on parlait plutôt de 790 000 $ comme prix médian des maisons unifamiliales au Québec, parce
que c'est sûr qu'à 615 000 $, là, là-dedans, probablement qu'il y a des
condos, mais 790 000 $, ça, c'est le prix médian à Montréal. Vous
comprendrez que le commun des mortels ne peut pas se payer une telle propriété.
• (10 h 40) •
Et,
d'ailleurs, on avait un témoignage très touchant, cette semaine, dans... je
pense, c'est LeJournal de
Montréal, d'une famille. Dans le fond, monsieur... madame
est gestionnaire de projets, M. Charpentier, menuisier. Quelle ironie!
Ils n'arrivent pas à rien trouver dans le secteur. Ils ont dû s'éloigner, tellement
qu'ils sont allés jusqu'à Cowansville pour
être capables de se payer une propriété à la hauteur de leurs moyens, et, pour
le faire, ils ont dû requérir à l'argent aussi de leurs parents tous les
deux. Donc, ça, ça donne une idée à quel point c'est difficile, pour un jeune
ménage aujourd'hui, d'avoir accès... gestionnaires de projet,
charpentiers-menuisiers n'ont pas accès à une propriété, sauf en allant à
Cowansville. C'est loin, M. le Président. Puis ils le disent, ils se sont
vraiment éloignés de leurs familles. C'est
loin. Ce n'est pas loin pour tout le monde, évidemment, il y a des gens qui
habitent dans ce secteur-là, mais, pour eux, c'était très, très loin.
Et,
d'ailleurs, c'est en 2024, je crois bien, oui, les chiffres, c'est ça, 2024,
27 % de tous les acheteurs québécois, 27 % de tous les
acheteurs québécois ont reçu un don pour payer leur mise de fonds avec un
montant moyen de 49 000 $. Une année plus tôt, c'était 18 %.
Donc, on est en hausse. Et les chiffres les plus récents indiquent que c'est
49 % des répondants qui estiment que l'aide pour une mise de fonds est
nécessaire pour l'achat d'une propriété, donc,
ça ne va qu'en augmentant puis ça va avec le prix, justement, des propriétés.
La mise de fonds pour accéder à la propriété aujourd'hui est telle... je
vais vous donner quelques chiffres, si on vise juste 5 %, bien, on va...
si on parlait d'une propriété de 615 000 $, là on est dans le
30 000 $ d'argent comptant... Bon, ça semble, 30 000 $, ça
semble raisonnable, mais il faut ajouter les frais de notaire, la taxe de
bienvenue, taxes municipales, les frais d'inspection, les frais de... bien, les
frais de notaire, je l'ai dit, les ajustements, peut-être des rénovations de
base, bref.
Aujourd'hui, on
devrait viser probablement plutôt un genre de... un montant beaucoup plus
élevé, puis à ce montant s'ajoute évidemment les frais d'assurance. Si on veut
les épargner, ces frais d'assurances là, bien, là, il faut penser plutôt à
120 000 $ de mise de fonds. Donc, c'est rendu inatteignable. Puis, comme
je le disais, avec le prix des loyers qui
est tel, ce n'est à peu près pas possible de se mettre de l'argent de côté
actuellement, quand que les loyers sont rendus à 1 500 $, 1 600 $, 1 800 $ par
mois, bien, mettre l'argent suffisant pour faire une telle mise de fonds,
pratiquement impossible.
Donc...
Et l'autre élément, comme je disais, l'offre de maison a diminué. Il ne se
construit plus que du logement locatif. C'est problématique. En 2025,
80 % de ce qui s'est construit, c'était du logement locatif. À Laval, dans
ma région, il ne s'est rien construit
pendant 18 mois, aucun condo pendant 18 mois, et 88 % des unités
construites en 2025, c'était du locatif. Donc, même si quelqu'un
voudrait acheter, l'offre ne cesse de diminuer. Et, quand l'offre diminue, qu'est-ce que ça fait? Bien, ça met de la pression
sur les prix, donc, l'existant va augmenter encore davantage de prix, il
va devenir encore plus inaccessible.
Ça termine mon
intervention pour ce bloc, M. le Président.
Le Président (M.
Schneeberger) : Merci beaucoup. Alors, nous retournons à la ministre.
Mme Proulx : Merci,
M. le Président. Ministre responsable de l'Habitation. Sous sa responsabilité
ministérielle, une société d'État qui s'appelle la Société d'habitation du Québec, qui a principalement, M. le Président, deux
mandats : construire de l'abordable et du social, ce qu'ils font
très bien, et service clientèle, accompagnement pour les gens qui, avant qu'ils se ramassent à la rue, ou qui
ont des enjeux, M. le Président, qu'on accompagne à travers programmes,
divers programmes. Alors, c'est ça, la responsabilité de la ministre de
l'Habitation.
Pour ce qui
est de l'accès à la propriété, je tiens à préciser que ça relève du ministre
des Finances du Québec. Moi, je suis
responsable d'une société d'État à qui je demande et qui exécute
extraordinairement bien, au fil des ans, la construction du loyer
abordable et social, d'apporter des modifications à ces programmes pour qu'on
puisse, de façon plus ingénieuse, lever du
logement abordable et social, travailler avec les équipes du ministère pour
arriver avec des projets de loi qui vont limiter les dégâts sur les évictions,
venir protéger nos personnes vulnérables, protéger les femmes, les
enfants qui sont victimes de violences, quelles qu'elles soient. Là aussi, on a
des programmes de soutien pour accompagner
ces gens-là, M. le Président. Alors, c'est ça, la responsabilité de la ministre
de l'Habitation et sa responsabilité de sa société d'État, qui s'appelle
la SHQ.
Maintenant,
si on souhaite répondre à d'autres questions, il faudrait peut-être avoir un
titre qui est un peu moins alambiqué, Mme la Présidente, parce que, moi, mon
devoir, c'est de tenir en compte des réalités des personnes les plus
vulnérables.
Puis, avant toute chose, je veux remercier le
député de Laurier-Dorion, ce matin, qui a tenu un point de presse hautement émouvant. Je suis allé
rencontrer... Il est là, Roger? Il est ici? Bonjour, Roger, je pense que vous
êtes au deuxième étage. Bonjour,
Roger. C'est ça, la responsabilité, avec l'aide du collègue de Laurier-Dorion,
d'accompagner des gens qui sont
victimes, je vais être polie, M. le Président, de petits coquins, de petits
coquins qui essaient de profiter de gens pour les mettre à la rue. Bien, moi,
ma responsabilité, comme ministre de l'Habitation, avec les collègues,
c'est de protéger ces gens-là.
C'est des programmes de soutien au loyer, c'est
d'améliorer la colocation, entre autres, HLM, c'est les... moratoires, pardon, sur les rénovictions, entre
autres, M. le Président, des outils qu'on a mis sur le marché. Concrètement,
ma job, là, c'est d'aider aujourd'hui plus de 40 300 ménages avec un
supplément au loyer, M. le Président, pour ne pas
qu'ils soient dans la rue, d'aviser nos offices d'habitation qu'il y a
certaines personnes qui n'ont pas les documents quand ils se présentent
pour avoir un programme de soutien au loyer, d'afficher de la flexibilité, de
les aider, ces gens-là. Bien, c'est ça. La
Société d'habitation du Québec demande, entre autres, aux OH de faire preuve de
flexibilité, ce qu'ils ont fait encore récemment, à la suite d'un
article qu'on avait vu dans la presse. Alors, c'est des rappels qu'on fait
auprès de nos offices d'habitation.
La colocation
en HLM, j'en parlais, M. le Président, 4 février, entrée en vigueur — la
semaine prochaine — d'un
règlement qui modifie l'attribution du
logement à loyer modique. Pourquoi le changement? Parce que, dans un contexte
de pression sur le parc de logements sociaux, on devait optimiser l'occupation
des HLM, améliorer l'accessibilité. 19 février,
la colocation va être permise dans l'ensemble des loyers modiques, y compris
ceux qui sont destinés aux familles. Concrètement, bien, ça veut dire
que deux amis peuvent vivre ensemble. M. le Président.
C'est ça, la responsabilité de la ministre de
l'Habitation, c'est de protéger nos locataires, d'arriver avec des mises à jour
de nos projets de loi, de nos programmes, de voir comment ils répondent aux
besoins et d'afficher une extraordinaire agilité pour répondre, en temps réel,
aux besoins des gens qui ont besoin de notre appui, du côté de la Société d'habitation du Québec et du gouvernement
du Québec. Moi, ma job, c'est d'agir avec sensibilité, détermination,
pour que chaque personne au Québec puisse accéder à un logement digne,
sécuritaire et abordable.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci.
Nous allons maintenant du côté du député de Laurier-Dorion pour un cinq
minutes. Allez-y, M. le député.
M. Fontecilla : Merci,
M. le Président. Donc, à mon tour de saluer la ministre de l'Habitation et
mes collègues, députés de Labelle et
de Jonquière, ainsi que ma collègue députée de Mille-Îles, pour cette
interpellation. Et je voudrais aussi,
d'emblée, saluer la présence de M. Roger Fournier, qui s'est déplacé, particulièrement, de Montréal, a fait un grand effort. Merci beaucoup d'être ici
pour témoigner des situations inacceptables que lui font vivre certains
propriétaires qui exploitent carrément les
locataires pour les pousser à la rue et ainsi pouvoir augmenter les loyers.
Merci beaucoup de votre témoignage.
Je remercie aussi la ministre de l'Habitation de s'être déplacée
personnellement pour venir s'enquérir sur
la situation de M. Fournier et voir à des possibilités de vous aider
concrètement, dans votre cas particulier.
• (10 h 50) •
Et nous
sommes ici pour la question de... le bilan de la CAQ sur... dans le secteur de
l'habitation, et particulièrement sous l'angle de l'accès à la
propriété. Mais ce qu'il faut comprendre, c'est que l'accès à la propriété
dépend d'un système, un système immobilier
où il y a... dans lequel il y a plusieurs secteurs, plusieurs facteurs. Tout
d'abord, il y a évidemment le secteur de la résidence privée, que ce
soit un condominium ou un bungalow, etc., il y a le secteur locatif, il y a d'autres... et le logement social
et communautaire. Et aussi il y a d'autres déterminants, facteurs qui entrent
en ligne de compte, les prix des matériaux de construction, les prix de la
main-d'oeuvre et un facteur déterminant, que le Québec ne contrôle pas, c'est
les taux d'intérêt. C'est le facteur principal pour avoir accès à la propriété.
Évidemment, les revenus d'un ménage, est-ce qu'il va y avoir assez d'argent
pour payer les hypothèques mensuelles ou encore pour effectuer la mise de
fonds. Donc, c'est tout un secteur qui est étroitement imbriqué et l'un dépend
de l'autre. C'est comme un système, M. le Président, de poupées russes. Et le
secteur... la... le secteur le plus... le plus fondamental,
c'est le secteur locatif qui regroupe des centaines, voire des millions...
1,3 million de ménages au Québec vivent dans le locatif. Les prix, dans le
locatif, influencent directement le prix du résidentiel privé. C'est des vases communicants. Et toute augmentation dans le
secteur du locatif va produire des augmentations dans des résidences
privées.
À quoi on assiste depuis une... depuis plus de
20 ans, c'est un processus spéculatif qui fait augmenter les prix de
l'ensemble du secteur immobilier, en particulier du locatif, parce que certains
spéculateurs se sont rendu compte qu'à cause des taux historiques, des taux
d'intérêt historiquement bas, il était plus payant de diriger des capitaux vers
le secteur immobilier, où traditionnellement au Québec, là, c'est un marché
moins cher que le marché des autres... d'autres
marchés canadiens, et même partout en Amérique du Nord. Donc, il s'agissait de
faire une pression et de faire en
sorte d'augmenter les loyers pour obtenir des taux de rendement plus efficaces.
C'est ça, le fond de l'histoire, M. le Président.
Il y a un processus de financiarisation qui fait en sorte de transformer
l'habitation, les logements, les chez-soi dans un produit financier pour obtenir des gains, des gains monétaires,
pécuniaires intéressants. Donc, à quoi on assiste? C'est à ce processus spéculatif, là, qui affectent
tout particulièrement, d'emblée, tous les secteurs, mais tout particulièrement
le secteur locatif.
Écoutez, j'ai un tableau ici qui vous montre
l'augmentation des loyers depuis l'arrivée de la CAQ, et on parle du legs de la CAQ en habitation, depuis 2018. La
ligne rouge, là, c'est le réel de l'augmentation des loyers... quelques... à
65 %, là, d'augmentation, alors que
l'inflation, on arrive à quelque 25 %. Et c'est là, le TAL, le Tribunal
administratif du logement, il y aurait... selon les indices, là, il y
aurait eu une augmentation recommandée de seulement 18 %, là. Donc, on
voit que, sous le gouvernement de la CAQ, il y a eu des augmentations
faramineuses des loyers.
Et
évidemment, vous savez, M. le Président, les modèles traditionnels, surtout au
Québec, là, c'est que, pour avoir accès à la propriété, beaucoup de
jeunes ménages, en particulier, vivent longtemps, soit dans des... les
logements communautaires, des coopératives d'habitation par exemple, à loyer
plus bas ou dans le secteur locatif privé, à loyer moins cher. Et ils accumulent de l'argent pour effectuer une mise, une
mise de fonds. Et, à un moment donné, ils sont en mesure de postuler à
un prêt hypothécaire. Ça, c'est ça, le modèle traditionnel... Pardon?
Le Président (M. Schneeberger) : En
terminant.
M. Fontecilla : En terminant,
c'est que la CAQ n'a rien fait pour améliorer la situation.
Le
Président (M. Schneeberger) : Merci beaucoup. Nous retournons du côté de la
ministre, pour cinq minutes.
Mme Proulx : Merci,
M. le Président. Oui, bien, nous, la protection des locataires face aux
pratiques abusives d'augmentation de loyer, c'est une des priorités, M.
le Président, puis je suis résolument, résolument engagée à coincer ces petits
coquins là. Puis, je vais demeurer polie, M. le Président. Je l'ai fait quand
j'étais ministre du Tourisme avec les petits coquins qui déjouaient les règles.
Je ne me gênerai pas, comme ministre de l'Habitation, pour prêter main-forte aux oppositions, collègues de l'opposition, pour
venir nommer ces pratiques abusives là. Le cas de Roger, que le député a
présenté ce matin, est beaucoup trop flagrant.
Construire, augmenter l'offre, répondre à la
demande, très important aussi de s'assurer que nos citoyens ne ressentent pas
l'insécurité qui vient avec des augmentations de loyer abusives. Il y a trop de
Québécois qui ont de la difficulté à se loger. Cette réalité-là, c'est
préoccupant. On reconnaît la détresse vécue par ceux et celles qui peinent à
trouver un endroit où se loger dignement, M. le Président. Mécanismes de
contrôle de l'augmentation des loyers sont déjà en place sous la surveillance,
la gestion du Tribunal administratif du logement. Ces petits coquins là, là,
qui utilisent, là... pour augmenter les loyers de façon détournée, je vais le dire,
c'est dégueulasse, c'est inacceptable. Puis on
est là pour les accompagner avec la SHQ. Les locataires ont le droit de refuser
des hausses abusives. Je les invite à déposer une demande au TAL
lorsqu'ils se retrouvent dans ce genre de situation là. On est là pour les
accompagner. Je répète, ma responsabilité,
construire du logement abordable et social et service clientèle. Service
clientèle, c'est pour des gens comme Roger, la SHQ est là pour les
accompagner.
PL n° 31, on a adopté,
sanctionné en 2024, où on réaffirme l'importance de la transparence des
propriétaires envers leurs locataires. Renforcer la clause G. On a accordé des
délais plus raisonnables pour entamer des recours sur la fixation du loyer.
Bref, M. le Président, on a amélioré, donc, les mesures mises à la disposition
des locataires, justement, pour faire face à ces petits coquins qui essaient
d'enfirouaper, comme dirait ma mère, des gens dans le milieu locatif.
Propriétaire ne remet pas une copie du bail dans
les 10 jours suivant la signature, omet de déclarer le montant du loyer
dans une section, le nouveau locataire a deux mois à compter du début du bail
pour ouvrir une demande de fixation au TAL. Si le locataire fait une fausse
déclaration, une fixation du loyer peut être demandée au TAL dans les deux mois après la connaissance de ce fait-là. Une
omission consciente, donc on fait exprès, M. le Président, où on fait une
fausse déclaration par le locateur? Ça peut être soumis à un litige ou le TAL
lui ordonne de payer dommages et intérêts punitifs au profit du locataire qui a
été floué et où on va s'assurer que ça demeure comme ça.
Il y a des gens qui misent sur un registre des
loyers. C'est une fausse bonne idée. On parlait des spéculateurs, bien, c'est ça. On l'a vu en Ontario, en Colombie-Britannique,
des spéculateurs immobiliers qui, à travers ces listes-là, ce
registre-là des loyers ont fait de la prospection d'immeubles où les loyers
sont bas afin de pouvoir faire ce type de transaction-là. On ne parle même pas
du coût, là, M. le Président, d'avoir, entre autres, ce registre-là, là, on
parle d'un coût initial de 50 millions
première année, un budget d'exploitation de 20 millions par année. Moi, ma
job, comme ministre de l'Habitation, c'est de m'assurer que les gens
puissent avoir accès, donc, à un logement.
Des condamnations, des
dommages-intérêts punitifs. On va y voir, M. le Président. Est-ce qu'il y a
moyen de revoir la... condamnation, pardon, les dommages-intérêts punitifs? On
va y travailler au cours des prochains mois puis
des prochaines semaines. Bref, le bilan de notre gouvernement en matière
d'habitation, grandes avancées au cours des dernières années, des sept
dernières années et demie pour les citoyens, pour les locataires afin de
s'assurer qu'ils puissent, M. le Président,
avoir accès à... un logement, pardon, digne de ce nom pour les Québécois et les
Québécoises.
Le
Président (M. Schneeberger) : Merci beaucoup, Mme la ministre. Je donne la
parole maintenant au député de Jonquière, pour cinq minutes.
M. Gagnon : Merci, M. le
Président. Merci à l'ensemble des collègues. Je ne l'avais peut-être pas pensé
en introduction, mais comme ma collègue de Mille-Îles
parlait davantage de Laval, je vais le faire aussi, moi. Vous avez, devant vous, un député qui aura le privilège, dans
son mandat, du moins pour l'instant, d'avoir annoncé, là, 153 logements
pour les personnes les plus vulnérables en lien avec l'habitation. Alors, c'est
quand même une fierté, il faut le marteler.
Content d'être ici ce matin. Moi, je travaille
avec... je suis ici avec une ministre que j'apprécie, je ne m'en cache pas pour
le dire, une ministre qui est réaliste. Puis, quand on parle de réalité, bien,
il faut parler de la situation en habitation au Québec, hein? Je pense que ça
va de soi. Deux enjeux majeurs, hein? Il faut se rappeler l'inflation
post-pandémique, puis, bien, il faut le dire, la grande croissance de notre
population, je ne veux pas tomber dans le débat de l'immigration, mais je pense
qu'on doit tous reconnaître qu'il y a plus de monde au Québec.
Alors, le Québec a vécu plusieurs
déstabilisations, là, dans le domaine de l'habitation, ce qui nous amène à deux
répercussions que beaucoup de collègues ont mentionnées, que je martèle à
nouveau, qui semblent aussi être le débat de la députée de Mille-Îles,
c'est-à-dire l'achat, la propriété et la location. Quand on parle des deux
secteurs, c'est-à-dire l'inflation post-pandémique puis la croissance
des habitants au Québec, bien, ça fait une forte hausse de la demande et
donc une forte hausse sur la demande des prix, ça met de la pression.
• (11 heures) •
Aujourd'hui, on est ici pour mentionner que le
gouvernement est en action. Alors, qu'est-ce qu'on a fait comme première
action, M. le Président, bien, c'est-à-dire stimuler l'offre. C'est pourquoi,
je le mentionne, dans l'axe 1 de la plus
récente stratégie québécoise d'habitation, on a voulu donner un impact pour une
croissance de l'offre, des gains de
productivité dans le secteur de la construction avec quelque chose qui est, à
mon sens, là, majeur, c'est-à-dire la loi de... modernisation, pardon, la loi
qui modernise l'industrie de la construction. Qu'est-ce que ça permet, M. le
Président? Ça permet la polyvalence
de la main-d'oeuvre, favoriser la mobilité des travailleurs de la construction
sur le territoire québécois et, bien sûr, facilite la réalisation des
travaux dans les offices d'habitation pour accélérer la remise en état du parc
de logements sociaux sur leurs responsabilités. Je sais que, peut-être, on ne
veut pas aller directement, là, sur le logement, mais je me permets de le dire
parce que je suis un député qui a vu toute l'innovation qu'on peut faire dans
le parc des HLM, c'est-à-dire qu'il y a eu un incendie, chez nous, dans le bloc
des HLM, et rapidement, on y a été vers une première québécoise, c'est-à-dire
vers les blocs modulaires. Alors, j'ai eu la chance d'assister et de vivre à
ces... à cette première construction-là de blocs modulaires, et, aujourd'hui,
j'ai hâte que la ministre vienne dans la région pour montrer, une première au
Québec où est ce qu'on a été... on a maintenu le respect des coûts et où est-ce
qu'on a respecté les délais, Mme la ministre, c'est ça, aussi, l'innovation.
Pour arriver à une productivité puis stimuler la
main-d'oeuvre, il faut aller vers une productivité dans le domaine de la
construction. C'est pourquoi le gouvernement a déployé, là, plusieurs mesures,
là, avec le temps qui me manque... Oh! le temps qui va très vite, d'ailleurs,
je vais focusser sur deux mesures, c'est-à-dire l'opération main-d'oeuvre, hein, on le sait : requalifier
environ 55 000 travailleurs et travailleuses dans le domaine de la
construction, à ça s'ajoute
l'offensive de formation en construction. Stimuler l'offre, productivité de...
en construction et, bien entendu, la main-d'oeuvre que je viens de parler. Et,
en plus, on est allé plus loin. Qu'est-ce qu'on a fait? On est allé
s'harmoniser avec la RBQ. La RBQ s'est donné le mandat de lever des
obstacles pour accélérer et faciliter la réalisation de projets, la RBQ va
harmoniser les normes de construction et de sécurité des bâtiments.
On le dit, puis le redit : L'industrie de
la construction ne fait pas partie du problème, l'industrie de la construction, elle fait partie de la solution.
Encore une fois, en rafale, on est allé stimuler, on est allé vers la
productivité dans le domaine de la construction. On est allé stimuler la
main-d'oeuvre, on est allé harmoniser avec le RBQ. Et qu'est-ce qu'on a fait en
second lieu? On est allé travailler avec les municipalités, on a permis aux
municipalités de nouveaux leviers à la disposition de leur milieu.
Trois grands axes : le pouvoir de
dérogation, le pouvoir fiscaux et, bien entendu, quelque chose qui... je veux
mentionner, en dernier, le zonage incitatif et différencié, l'impact, la vision
de la ministre, qui est à ma gauche, c'est de construire plus, puis, bien
entendu, de construire mieux. Mais on n'est pas déconnecté, au gouvernement. On
sait que les loyers demeurent plus élevés
qu'avant la pandémie puis que l'abordabilité reste un défi pour plusieurs
familles québécoises. C'est pourquoi je résume en une chose : il
faut augmenter l'offre de logements.
Le
Président (M. Schneeberger) :
Merci. Alors, nous allons du côté de la députée de Mille-Îles, des Mille-Îles,
pardon.
Mme Dufour : Ah!Vous pouvez
dire «de Mille-Îles», comme on dit «de Trois-Rivières». M. le Président, je veux saluer le député de Jonquière, qui a fait un
discours bien senti et qui était sur le sujet, parce que plusieurs des mesures qu'il a mentionnées sont, effectivement, reliées à
l'accès à la propriété. Il a parlé de productivité, d'innovation, de
logements modulaires. Il a même parlé du zonage différencié que j'ai proposé et
qui, enfin, que le gouvernement a finalement accepté, et
je salue l'ancienne ministre des Affaires municipales, Andrée Laforêt, qui
avait accepté de l'intégrer dans un projet de loi. Donc, ça, effectivement,
l'innovation, c'est nécessaire et la productivité également.
Il y a eu,
certes, des avancées dans le projet de loi... n° 51, pardon, projet de loi sur
l'industrie de la construction, mais je dois dire que ce sont des
avancées, somme toute, mineures. Et c'est là que je voudrais... Ça, c'était mon
graphique que je voulais présenter, je ne l'ai pas imprimé en gros, mais
j'aimerais qu'on... présenter. Ça, c'est des corps
de métiers par province et dans le domaine de la construction, et le Québec est
bien, bien, bien loin devant les autres, a 25, toujours... pardon,
toujours 25 corps de métier, contrairement à l'Ontario, qui n'en a que sept. Et
ça, le projet de loi n° 51 n'a pas changé cette réalité, malheureusement. On
aurait souhaité qu'il y ait des regroupements, que ce soit plus flexible. Il y
a, certes, une flexibilité dans l'intérieur d'une journée, mais c'est loin de
ce qu'on peut voir en Ontario, et,
d'ailleurs, les coûts de construction en Ontario sont toujours moindres qu'au
Québec. Ce n'est pas normal non plus que ce soit plus long, trois fois
plus long qu'au Québec, de construire une propriété, une maison qu'en Ontario.
Il y a encore beaucoup de travail.
Je salue ce que le ministre du Travail a fait,
mais... Moi, j'étais sur ce projet de loi là, j'ai dit : Il faut aller
beaucoup, beaucoup plus loin que ça, parce que les coûts ne cessent
d'augmenter. Les coûts de... Tu sais, j'ai mentionné des chiffres de 71 %
d'augmentation depuis 2017, 51 % juste depuis la pandémie. Donc,
clairement, il y a une inflation, et on le sait que les conventions collectives
vont amener un surcoût sur les salaires de 22 % dans les prochaines... dans les prochains quatre ans. Donc,
c'est essentiel qu'il faut travailler sur les autres facteurs, sinon la
pression va être encore plus accrue.
Et, d'ailleurs, on le voit, là, les propriétés
qui sortent de terre, quand on parle de montants, là, j'entends des chiffres de
350 000 $ à 400 000 $ la porte, que ce soit du condo ou du
locatif. C'est trop. C'est beaucoup trop par rapport à ce que les... ce qu'on
peut se payer. Il y a moyen de faire mieux, parce que j'ai fait le tour du
Québec, j'ai rencontré des entreprises, vous avez parlé de modulaire, le
modulaire, c'est une solution. Mais, quand le modulaire sort toujours à 400 000 $ la porte, bien, il y a un problème,
alors que je sais qu'il y en a d'autres qui arrivent à le faire à
250 000 $. Il faut se poser des questions du pourquoi. Est-ce qu'il
manque de l'automatisation, de la robotisation? J'ai rencontré des entreprises
qui travaillent, qui font des... du préfab, du préfabriqué, mais tout est fait
à la main, tout est fait à la main et elles dépendent fortement sur une
main-d'oeuvre étrangère. Donc, est-ce qu'il y a moyen de faire mieux?
Définitivement, parce qu'il va falloir travailler très, très fort pour réduire
les coûts, les coûts de construction.
Je parlais, c'est ça, du manque
d'assouplissement, qui est toujours présent, mais la pénurie de main-d'oeuvre aussi. Tu sais, j'ai parlé des hausses de salaire,
mais il y a un chiffre très préoccupant, que j'ai mentionné en
introduction : 16 000 travailleurs.
C'est ce qu'il manque à chaque année actuellement dans le domaine de la
construction. Évidemment, s'il y a une certaine automatisation,
peut-être qu'on va absorber, mais, quand on regarde les projets majeurs qui
sont annoncés par Hydro-Québec, Alto, et d'autres projets publics aussi,
Contrecoeur, il y a énormément de projets majeurs qui s'en viennent, qui vont
requérir de la main-d'oeuvre. Hydro-Québec nous parle qu'ils vont avoir besoin
de 35 000 travailleurs. Il en manque déjà 16 000. Il y a quelque
chose qui ne fonctionnera pas. Et je vais rajouter le fait que 25 % des travailleurs de la construction vont prendre la
retraite d'ici 8 ans. 25 %. Donc, déjà, on est en déficit, il y a des projets majeurs qui vont faire une
pression supplémentaire, et, en plus, il y en a le quart qui vont prendre la
retraite. Le quart.
Donc, il faut absolument travailler sur l'amélioration
de l'industrie de la construction, sur la productivité, mais il va falloir le faire à la vitesse grand V, là. Les petits
changements qui ont eu lieu dans les huit dernières années, là, on ne peut pas aller à cette vitesse-là, là, pour
le prochain mandat. Il va falloir accélérer de façon phénoménale,
autrement, bien, c'est ça, ça fait, encore une fois, une pression à la hausse
sur les propriétés. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. J'aurais besoin du consentement de poursuivre quelques minutes après
midi pour ne pas pénaliser le député de Laurier-Dorion. Consentement? Parfait.
Alors, Mme la ministre, vous avez la parole.
Mme Proulx : ...Président.
Projet majeur, bien oui, projet majeur, on le fait ici, du côté du
gouvernement. Je suis sensible à ce que la députée de Mille-Îles a dit. On
travaille étroitement avec le ministre du Travail, là, moi aussi, j'ai rencontré les gens de la construction,
M. le Président, depuis le début de mon mandat. Oui, il y a des enjeux
liés aux employés de la construction.
Ceci dit, on a visité quelques établissements.
On souhaite recruter, d'ailleurs, davantage de femmes dans le milieu de la construction. On y arrive lentement
mais sûrement. Viens bâtir ton avenir à l'EMOICQ, on a eu l'occasion, donc, de rencontrer ces gens-là, des jeunes dédiés
à travailler, donc, dans l'industrie de la construction. Et, nous, comme gouvernement,
la volonté de travailler, donc, avec des partenaires, des partenaires sérieux,
notamment le fonds de la FTQ, qu'on a
rencontré encore récemment à mes bureaux, Fédération des caisses Desjardins,
Mission Unitaînés, d'ailleurs, dès
lundi, on va en inaugurer d'autres, qui sont des partenaires vraiment
exemplaires, qui sont novateurs... Bien, on est plus forts en groupe que
tous seuls, M. le Président.
• (11 h 10) •
C'est la raison pour laquelle on s'est associé,
donc, avec des fonds fiscalisés tels que la FTQ et Desjardins, un écosystème d'habitation qui est riche de ses
expertises. On ne se privera pas des expertises, entre autres, de la FTQ. Il
faut en profiter, miser sur les compétences, les complémentarités de chacun.
Maximiser les retombées sur l'investissement
public, c'est ce qu'on veut. C'est ce que... le loyer des locataires soit le moins
cher possible. On vise ici, M. le Président, l'abordabilité. Bien
évidemment, on travaille avec nos partenaires de toujours, les organismes à but
non lucratif. On développe aussi des projets avec le secteur privé. Là, comme
je l'ai mentionné, les fonds fiscalisés sont devenus
vraiment des partenaires de premier plan. On va continuer de travailler avec
eux. Ce partenariat très, très précieux avec Mission Unitaînés, qui est
vraiment un super succès. Lundi, à Laval, pelletée de terre symbolique qui va marquer le début de la construction d'un
nouveau projet. Puis, en fin de journée, on ira du côté de... Longueuil,
pardon, pour une autre inauguration d'un nouvel immeuble.
Puis tous les projets Unitaînés, M. le
Président... Bien, celui-là, il sera entièrement abordable, moderne,
fonctionnaire, des beaux locataires, des gens de 65 ans et plus qui sont
vulnérables, M. le Président, sur le plan économique, mais autonomes, mais
vulnérables sur le plan économique. Puis cette première phase là du projet Mission
Unitaînés, ça fait partie, donc, de cette première phase du projet. Ajouter...
l'objectif, c'était d'ajouter, en deux ans,
1 100 logements abordables au parc immobilier québécois par la
construction de 11 bâtiments de 100 logements dans
11 villes différentes. Deuxième étape, qu'on a annoncée l'été dernier, M.
le Président, on a apporté le nombre total
de nouveaux logements à construire à 1 700 dans 17 villes.
Investissement impressionnant de 370 millions de dollars. Puis c'est ça, des partenaires, M. le Président,
M. Luc Maurice, entre autres, qui a eu l'idée de ce grand, grand projet là,
qui contribue personnellement à faire en sorte que ces personnes de 65 ans
et plus qui sont vulnérables sur le plan économique,
mais autonome... Je salue l'initiative de M. Maurice de contribuer
personnellement, donc, et les autres acteurs, pour... lever, pardon, du
logement abordable.
Mission
Unitaînés, construire rapidement, construire bien. Construire vite, dans un
contexte actuel, la rapidité, c'est essentiel pour répondre aux besoins
de ces gens-là. Des ententes qui donnent des bons résultats, juin dernier, on a
annoncé la création de 1 000 nouveaux logements abordables au cours
des trois prochaines années, dans le cadre du partenariat lancé en 2022, entre
autres avec Desjardins, qui est un autre important partenaire.
Tu sais, au fil du temps, que ce soit avec les
FTQ, que ce soit avec Desjardins, que ce soit avec nos autres partenaires, on en lève, du logement abordable, M.
le Président, partout au Québec, puis de garantir cette abordabilité là pendant
au moins, entre autres, 35 ans, avec un partenaire, entre autres, comme
Desjardins. Innover, sortir des sentiers battus, on n'a pas ménagé les efforts
pour répondre à la crise du logement. C'est ce qu'on m'a mandaté de faire, M. le Président, et c'est ce qu'on va
continuer de faire, M. le Président, avec des équipes avec lesquelles on s'est
entouré au fil des ans.
Le
Président (M. Schneeberger) :
Merci. Je donne la parole au député des Îles-de-la-Madeleine. Cinq
minutes, monsieur.
M. Arseneau : Merci, M. le
Président. Merci, Mme la ministre, de vous prêter au jeu de cette
interpellation sur un sujet qui est
extrêmement important. Je salue votre équipe, les députés de la banquette
ministérielle ainsi que les députés de l'opposition ici présents.
C'est un sujet dont on discute depuis sept ans,
sept ans et demi, mais je vous dirais qu'on est partis de loin. Souvenez-vous
que, dès le départ, là, on parle de 2018-2019, on faisait face à un
gouvernement qui niait la crise du logement. Le mot «crise» était banni, le mot
en c, c'était tabou. Alors, on a... on est parti de loin, et c'est pour ça que le démarrage de l'action, pour faire face à cette
crise-là, il a pris, quand même, beaucoup de mois et d'années, au point
où, au début du deuxième mandat de la CAQ, souvenez-vous, la ministre de
l'Habitation, députée de Bertrand, avait fait preuve, là, quand même d'une
incompréhension et d'une certaine insensibilité, je dois le dire, face à la
crise du logement puis à ces locataires qui se retrouvaient en pénurie de
logements, leur avait dit : Bien, si vous manquez de logements, investissez
dans l'immobilier.
Alors, trois ans et demi plus tard, bien, je
pense que c'est l'heure des bilans. Et l'effet, comme on va le démontrer, a
tendance à nous indiquer l'échec de la CAQ en matière d'habitation selon les
indicateurs qui sont à notre disposition. Parce que ce qui est dramatique
là-dedans, c'est que les locataires, surtout les jeunes au Québec, mais les
plus vulnérables, se voient avec des difficultés importantes parce que l'offre
ne répond pas à la demande. Et le gouvernement, dès le départ, avait la
détermination de casser AccèsLogis, on n'a jamais trop saisi pourquoi, pour le remplacer par un programme, un nouveau programme.
On a vu que, je dirais, l'intention, la volonté du gouvernement était
davantage de brasser les structures plutôt que s'attaquer à la crise en tant
que telle. Et, pendant des années cruciales où les loyers des appartements
disponibles augmentaient de 10 %, 15 % par année, bien, la CAQ, elle,
elle a mis sur pause AccèsLogis, le temps d'élaborer un nouveau programme qui
devait être la solution à tous les problèmes,
le Programme d'habitation abordable du Québec. AccèsLogis est resté au point
mort, le PHAQ, qui devait multiplier les mises en chantier, bien, il a
été, jusqu'à présent, un échec retentissant. On parle de 633 logements qui
ont été construits et on ne parle pas, nécessairement, là, de logements
sociaux, on parle de logements abordables. Et l'abordabilité, ici, est
questionnable. Encore aujourd'hui, si on regarde sur le site de la SHQ, il n'y
a aucun appel d'offres pour des projets à déposer au PHAQ, et tout cela pendant
qu'on a un déficit de 1,2 million de logements au Québec. On en a créé, je le répète, 633, logements abordables, à
travers ce nouveau programme. Donc, au moment où on devait agir, la CAQ a pris, essentiellement, quatre années
à se réorganiser, quatre années d'incertitude aussi en matière d'action
gouvernementale, avec un programme qui n'a jamais vraiment décollé.
L'obstination du gouvernement, donc, à nier
l'évidence de la crise et la politique d'immigration excessive, tant du côté d'Ottawa que du côté de Québec, ont
eu des conséquences qu'on pourrait qualifier d'irréversibles sur le prix
des loyers. Avec l'explosion de la demande, en quelques années seulement, le
prix du loyer médian au Québec est passé de 765 $, M. le Président, en
2018, à 1 275 $ en 2026, c'est une augmentation de 66 %. Ça a
pratiquement doublé en huit ans. Le loyer moyen, lui, dans la dernière
année, a augmenté de 7,2 %. On parle de loyers en général, on ne parle pas
des loyers disponibles qui sont absolument hors de prix, parce que des
propriétaires, évidemment, en profitent et de façon... en fait, sans gêne et
tout à fait impunément. Le gouvernement a refusé obstinément de mettre en place un registre des
loyers, un registre, d'ailleurs, qui a été... qui leur a été offert par Vivre
en ville, gracieusement. On refuse,
donc, un contrôle plus serré des loyers. Cas vécu, là, un appartement qui se
libère à 1 250 $ au cours des prochaines semaines, là, il a
été affiché par son propriétaire à 1 800 $ pour le mois prochain. Là,
on parle de 46 %. Évidemment, à moins d'une recherche, des gens mal pris
vont devoir payer ce coût-là.
J'aurais voulu parler également de... du lien
entre la crise du logement et l'accès à la propriété, parce qu'avec des coûts
de loyer qui sont beaucoup plus élevés, bien, c'est beaucoup plus difficile
pour les jeunes, pour les plus vulnérables d'épargner. Donc, plus de
difficultés à avoir accès à la propriété, alors que non seulement le logement
est en hausse, mais l'accès à la propriété l'est tout autant, M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Nous retournons du côté de la ministre.
Mme
Proulx : Merci, M. le Président. Merci au collègue des Îles-de-la-Madeleine. Mais où était le gouvernement du PQ alors qu'il avait
l'opportunité de revoir le calcul des loyers? Rien, rien, rien fait, M. le
Président. Idem du côté du Parti libéral. Je le répète, là, c'est 40 ans
d'immobilisme pour revoir le calcul des loyers.
Pour ce qui est du registre Vivre en ville, ce
n'est pas un mandataire, ce n'est pas un mandataire de la SHQ. Ça, ça me fait penser à Inside Airbnb, où il y a
des doublons, c'est à peu près n'importe qui qui dresse une liste. Ça prend
des mandataires. Et on a fait la démonstration avec l'Ontario et la
Colombie-Britannique, que c'était dangereux, ça attirait les spéculateurs, ce
qu'on souhaite sortir du marché.
• (11 h 20) •
Maintenant,
pour ce qui est de changer des programmes, bien, c'est d'être à l'écoute du
milieu, M. le Président. On ne s'assoit pas sur nos mains, quand la
situation évolue, on revoit les programmes. C'est ça, notre responsabilité, de revoir les programmes. Puis, je tiens à
préciser au député des Îles-de-la-Madeleine que le volet 2 et le volet 4, je
m'excuse, on est très techniques ici, mais le volet 2 et le
volet 4 sont ouverts à l'année, là, il n'y a pas d'appel à projets pour
les volets 2 et les volets 4.
Maintenant, est-ce qu'on peut encore améliorer
le PHAQ, qui, honnêtement, a fait la démonstration qu'on est capable de lever rapidement du logement abordable
et social au Québec? Bien, la réponse, c'est oui. C'est ça, là, l'idée d'un programme, c'est de ne pas faire comme les
vieux partis, comme le PQ : Ah! Ça, c'était bon, ce programme-là, on
va rester là-dedans, poussiéreux, qui ne répond plus aux demandes de la
clientèle. Bien, ce n'est pas ça, notre responsabilité,
c'est de voir comment le marché évolue, comment on adapte nos programmes, puis
je tiens à le préciser, encore une fois, M. le Président, il n'y a pas d'appel
à projets pour le volet 2 et le volet 4, et on est à regarder, avec
des équipes du ministère et de la SHQ, comment on peut améliorer tous les
volets du programme du PHAQ.
C'est quoi,
l'objectif du PHAQ, M. le Président? Accroître l'offre de logements abordables
adéquats, améliorer les conditions de logement des ménages visés par le
programme, soutenir la construction de bâtiments de qualité qui intègre des
mesures environnementales, optimise des pratiques de construction
résidentielle. 31 décembre 2025, déjà construit, le PHAQ, 624; le nombre
d'unités en chantier s'élève à près de 4 000; un peu plus de 3
700 logements étaient en développement,
pour un total de 8 200, M. le Président. Le PHAQ a été mis en oeuvre il y a
moins de cinq ans, la volonté d'accélérer les mises en chantier abordable au
Québec, bien, on en fait la démonstration. 8 002 ans... 8 200, pardon. Les
livraisons d'unités de logements abordables s'accélèrent grâce à des programmes
qui sont plus agiles. On doit répondre rapidement, on met sur pied des
programmes qui sont agiles.
Je pense que c'est important aussi, M. le
Président, de rappeler qu'auparavant il n'y avait pas de contrainte quant à la
durée d'un projet à l'étape de développement. Qu'est-ce que ça donne, si ça
traîne 18, 24, 36 mois, 48 mois? Ça ne donne rien. On a déterminé, à
travers le programme du PHAQ, des livrables 12 mois, 18 mois dans
certaines conditions particulières, mais 12 mois. Pour répondre à la crise
du logement, on ne peut pas attendre que la pépine
arrive dans trois ans, M. le Président. On a... C'est la raison pour laquelle
on a donné, donc, des outils à travers ce
programme-là pour pouvoir monter plus rapidement, accélérer les mises en
chantier puis que les projets ne dorment plus. Il me semble que... ce qu'on
appelle le gros bon sens.
Expérience jumelée avec la qualité des
partenaires... permettent d'améliorer encore davantage la réalisation... les
volets du Programme d'habitation abordable Québec. Ça permet, je le répète, le
dépôt de projets en tout temps. Deux autres volets dans le cadre de l'appel à
projets, mais le volet 2 et le volet 4, 24/7, M. le Président, 24/7.
Donc, au fil des ans, on a amélioré, on y est
venu peaufiner, donc, ces outils. Le programme, c'est un outil. On cherche
constamment à améliorer nos outils. On va le faire encore, c'est normal, c'est
le mandat qui m'a été donné avec les équipes
de mon cabinet, que je salue, que je n'ai même pas salué, que je remercie
chaleureusement d'être présents et mes collègues députés, que j'ai oublié de
saluer également. On veut que les choses évoluent, M. le Président. On
veut livrer du logement hors marché puis le faire sans délai indu. C'est ce
qu'on veut pour les Québécois et les Québécoises, M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Nous retournons du côté de la députée des Mille-Îles.
Mme
Dufour : Oui. Merci, M. le Président. Bon, pour ce qui est
du PHAQ, j'y reviendrai peut-être en conclusion pour démontrer... je
pense que le collègue des Îles-de-la-Madeleine a mentionné 633 logements
réalisés, c'est très peu et c'est loin de ce
qu'on pourrait dire un programme extraordinaire et qui a fait la démonstration
qu'il peut construire rapidement. Il n'y a aucune unité qui est sortie de terre
dans les 18 mois qui étaient supposés. Et on... la ministre a mentionné qu'il fallait revoir les programmes, que
c'était nécessaire de le faire. Mais, en fait, la plupart des unités qui sont
sorties de terre dans les dernières années ont été faites hors programme. Donc,
au lieu d'améliorer les programmes existants, on a plutôt été hors programme. Mais je
vais revenir à ce que je voulais parler dans ce bloc, M. le Président, puis
j'en parlerai davantage, de ça, en conclusion.
Donc, j'ai mentionné qu'il y avait une absence
de mesures fiscales, là, pour favoriser l'accès à la propriété. La députée de
Labelle a mentionné qu'il y avait une exemption de TVQ sur les constructions
neuves. Elle l'a mentionné, que c'était...
le seuil était 300 000 $. Je ne sais pas si elle réalise, avec les
chiffres que j'ai dits tout à l'heure, à quel point c'est déconnecté de la
réalité, 300 000 $. Il n'y a, bien, aucune unité, actuellement, neuve
qui se qualifie dans cette exemption
de TVQ. Et ça, ça aurait dû être vu, ça n'a pas été fait. C'est une proposition
que nous avions fait. On l'a ramenée à plusieurs reprises.
La ministre de l'Habitation a mentionné que
c'était le ministre des Finances qui devait mettre en place ce genre de mesures. Bien, j'aimerais savoir qu'est-ce
qu'elle a proposé au ministre des Finances, qu'est-ce que sa prédécesseure a
proposé au ministre des Finances, parce qu'il n'y en a pas eu, de mesures
fiscales qui ont aidé à la construction ou qui ont aidé à accéder à la
propriété. Il n'y a pas d'aide pour la mise de fonds. J'ai fait une une proposition superintéressante à ce sujet, qui a
été déposée... qui avait été proposée, d'ailleurs, par Laurence... Mon Dieu!
bien... mon Dieu! Prével, en tout cas, Mme... de Prével, là, la PDG de Prével, qu'il
n'y aurait pas de coûts pour l'État, un fonds qui permettrait, donc,
d'avoir accès à une mise de fonds, et que ce fonds-là se rembourse par la vente
de la propriété. Il n'y aurait pas de coût
pour l'État, mais ce serait un très... un coup de main important pour les
premiers acheteurs.
Je voudrais parler aussi du fait que les... il y
a eu des demandes qui ont été alourdies pour les entrepreneurs. L'ACQ était
ici, cette semaine, ils ont parlé du responsable santé et sécurité qui a été
ajouté, et alors qu'il y a déjà des responsables
de santé et sécurité sur les chantiers. Là, c'est un dédoublement qui a ajouté
une somme de 300 millions en frais, qui représente
1 000 $ à 1 500 $ la porte. Ce n'est peut-être pas une
somme énorme, mais ça s'ajoute à une multitude
de nouvelles demandes qu'on fait aux entrepreneurs. Il faut travailler sur les
coûts, la réduction des coûts de la construction.
Puis j'aimerais souligner aussi... J'ai parlé,
au début, de la préservation de l'existant. La ministre a parlé de programmes, mais il y a des programmes qu'elle a
abolis ou, en fait, que sa prédécesseure a abolis, la mérule pleureuse,
je vais le mentionner parce que c'est un... Puis j'aimerais l'entendre. J'ai
envoyé une lettre la semaine dernière ou... en fait, plutôt, c'était lundi, je
crois, pour demander la réactivation du programme. La réalité, c'est que,
lorsque le champignon s'attaque à la maison,
s'il n'y a pas de travaux qui sont faits rapidement, bien, c'est une maison qui
va être, finalement, démolie. Et, au
départ, ça a été mis en place par Lise Thériault, Parti libéral du Québec, et
le gouvernement s'est mis à resserrer les critères tellement que, ah! il
s'est mis à y avoir moins de demandes. Puis, après ça, bien, on a dit qu'il y a
moins de... il n'y a pas assez de demandes pour maintenir le programme, mais,
dans les faits, c'est parce qu'on les a...
on a resserré. Donc, je pense qu'il faut ramener ce genre de programmes, comme
RénoRégion avait été coupé, et, face
à la... face, disons, à la levée de boucliers, on l'a ramené, mais ce sont des
programmes nécessaires pour maintenir le bâti existant.
Dernier point, M. le Président, j'aimerais
entendre aussi la ministre, peut-être, dans sa dernière intervention, sur l'intérêt de ses collègues pour l'accès à la
propriété et le nouvel intérêt de la députée de Sanguinet, qui a mentionné que
ce serait sa première, première mesure, l'accès à la propriété. Donc,
j'aimerais savoir si, pour elle, c'est important. C'est peut-être sa future cheffe, c'est peut-être la
future première ministre. Bien, qu'est-ce qu'elle... qu'est-ce qu'elle pense de
la la proposition d'abolir la taxe de bienvenue? C'est une proposition qu'on
avait fait, en fait, le Parti libéral. Dans ce cas-ci, la proposition, c'est
plutôt un remboursement majeur des droits de mutation. Donc, j'aimerais l'entendre
sur ce sujet.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci.
Nous retournons du côté de Mme la ministre, pour cinq minutes.
Mme Proulx : Merci, M. le Président.
Je travaille étroitement, là, avec le ministre du Travail, encore cette
semaine. Moi aussi, j'étais à la rencontre, M. le Président, de l'Association
de la construction du Québec, très, très belle
rencontre, d'ailleurs, avec ma collègue ici présente, très dynamique. On
comprend les demandes qui ont été faites. Elles ont été faites également
au ministre du Travail, elles m'ont été faites à moi, M. le Président, puis je
vais laisser le soin au ministre de pouvoir annoncer ce qu'il aura annoncé. Et
on a très, très, bien entendu, là, les préoccupations.
Et ce n'est
même pas des préoccupations, M. le Président, je vais vous le dire, là, c'est
des éléments facilitants qui nous ont été présentés de la part de l'ACQ.
Puis, en temps et lieu, le ministre, avec qui je travaille étroitement, là, va
répondre à ces questions-là. Je ne jouerai pas dans la talle de mon collègue,
comme dirait l'autre.
• (11 h 30) •
Moi, ma job, c'est accompagner les personnes les
plus vulnérables, M. le Président, au risque de me répéter, et c'est la raison
pour laquelle on a mis sur pied là, depuis quelques années, un réseau
d'entraide, de soutien à la recherche de logement. Pas de toit, c'est
clairement une des épreuves les plus difficiles qu'on puisse traverser dans sa
vie. Aider quelqu'un à conserver son logement, à en trouver un autre, ça, c'est
un engagement dans lequel on s'est investis, mon équipe et moi. C'est un
engagement que je vais renouveler encore cette année.
Puis ce qu'on met en place concrètement, c'est
vraiment une opération nationale de soutien, une opération, évidemment, qui atteint son point culminant au 1er
juillet, mais, à longueur d'année, la SHQ, qui est le maître d'oeuvre de
tout ça, là, avec ses partenaires, soit les municipalités, les réseaux de la
santé, des services sociaux, évidemment nos offices d'habitation, ne ménage
absolument aucun effort pour soutenir nos ménages qui pourraient se retrouver
dans le besoin. Les OH sont nombreux, nombreux à avoir mis sur pied un service
d'aide à la recherche de logement. À quoi ça sert? Informer, orienter,
accompagner nos ménages dans leurs recherches de logement locatif. Aujourd'hui,
M. le Président, là, on parle à peu près d'une quarantaine de services d'aide à
la recherche de logement qui sont en action un peu
partout au Québec pour répondre aux besoins spécifiques des locataires. Les
organismes d'aide aux locataires sont également mobilisés, M. le Président. En
fait, on fait tout pour que chaque personne qui fait appel à ces services-là,
M. le Président, puisse avoir accès à un TAL... avoir accès à un toit, pardon.
2024, c'est 17 000 demandes qui ont été traitées
par le service de recherche de logement, l'an dernier, c'est près de 15 500 ménages qui ont fait appel à nos
services. Des ménages, ce n'est pas juste des personnes qui vivent seules,
M. le Président, ça peut être deux, trois, quatre, cinq personnes. On répond à
beaucoup, beaucoup de gens. On va continuer d'encourager les offices
d'habitation et les municipalités qui n'ont pas encore instauré ce type de
service d'aide à la recherche de logement à venir se joindre à notre grand
mouvement national pour aider, donc, à trouver un logement. Accompagner les ménages, c'est une des mesures qui fait partie
du coffre d'outils de la Société d'habitation du Québec, qui
accompagne... concrètement, pardon, ces 15 500 ménages.
Il y a des
campagnes publicitaires qui sont présentement en ondes à la radio, à la télé,
sur le web pour campagne d'information
qui doit descendre dans la population, rappeler, entre autres, aux gens qui
vont déménager prochainement de débuter leurs recherches de logement
rapidement. Il ne faut surtout pas attendre. Tu sais, on passe des messages
comme : Ne résiliez pas votre bail avant d'avoir trouvé un nouveau
logement, appelez... appelez-nous, venez nous voir pour les services d'aide à
la recherche de logement, de comment s'informer aussi sur le droit des
locataires. C'est des publicités qui sont en ondes. On peut taper également
quebec.ca, recherche logement. Malgré le fait, là, qu'il y a un taux
d'inoccupation... le marché se détend un petit peu, les logements abordables
demeurent rares, et donc c'est un
accompagnement qui est très important pour ces familles-là partout au Québec.
On permet, donc, d'arrimer rapidement les actions de la SHQ avec les
villes, les municipalités et les MRC.
Pour la mérule pleureuse, le programme n'est pas
en vigueur, mais on travaille déjà à l'intégrer dans un programme de
construction. Je rassure la députée de Mille-Îles, ce sont des demandes qui ont
été faites auprès de mon ministre des Finances du Québec, M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) :
Merci beaucoup. Alors, nous retournons du côté... Ah! nous restons du côté
ministériel, avec la députée de Labelle.
Mme Jeannotte : Merci, M. le
Président. La collègue de l'opposition m'accuse d'être déconnectée de la
réalité, mais, M. le Président, les actions prouvent le contraire pour l'accès
à la propriété. Pourquoi? Parce qu'on a aidé aussi les gens dans le
portefeuille à... on a aidé les citoyens aussi. Depuis 2018, on a remis, chaque
année, de l'argent dans les poches des Québécois. Ça représente, désormais,
plus de 7 milliards de plus par année. On a baissé les impôts, on a baissé les
taxes scolaires pour les propriétaires, on a augmenté les allocations
familiales, on a remis 2 000 $ aux
aînés les plus vulnérables, on a plafonné à 3 % la hausse de plusieurs
tarifs : tarifs de garde, tarifs d'électricité, droits de scolarité. Ça fait que ça, c'est toutes
des actions concrètes. Ça fait que c'est facile, dans l'opposition, de critiquer,
mais nous, on est dans l'action, M. le Président, puis on agit.
Permettez-moi de revenir sur les outils aussi
pour arriver à renverser cette tendance qui était, là, la crise du logement. On a posé, comme je le disais,
plusieurs, plusieurs, plusieurs actions concrètes qui visent à améliorer la
situation, qui traînaient depuis des décennies. Donc, le Tribunal
administratif du logement, le TAL, c'est un outil formidable, le projet de loi
n° 31, le projet de loi n° 65, pour contrer la hausse des loyers abusive.
Malgré le fait que certains membres des partis d'opposition n'aiment pas
entendre cette réponse, le problème de fond, c'est celui de l'offre et de la
demande. Mais, au Québec, le taux d'inoccupation se situait à 1,8 en 2024. En
2025, il est maintenant à 2,7. On commence à
entendre parler des propriétaires qui disent qu'ils vont offrir les appareils
ménagers tellement que... C'est nouveau, M. le Président.
Oui, on a besoin de plus de logements. J'adore
l'approche de ma collègue, qui dit : On va travailler, on va continuer de
travailler, puis la collaboration est là, parce que c'est tout le monde qu'il
faut s'y mettre. C'est simple, c'est ça, la réalité. Nous, on est dans les
actions concrètes. On a fait... on en a fait une priorité depuis notre entrée
au pouvoir en 2018, contrairement à ce qui est dit du côté des oppositions.
Oui, on doit construire plus, oui, on doit construire plus rapidement, puis
c'est ce qu'on fait. On a réduit la bureaucratie pour faciliter le processus
d'approbation des projets et accélérer la mise en chantier. J'ai eu la chance,
M. le Président, d'être adjointe parlementaire quand c'était la ministre
prédécesseure, puis je salue la nouvelle ministre, qui prend ça à bras-le-corps
aussi, mais moi aussi, je tiens à saluer les équipes de la Société d'habitation
du Québec. Je les ai vues à l'oeuvre. C'est incroyable, comment ces gens-là
travaillent fort, M. le Président. Puis on l'oublie, puis on doit les
remercier, puis on doit les saluer, parce que c'est incroyable, le travail qui
se fait dans cette société d'État.
Je vais revenir sur un des outils fondamentals.
En habitation, là, ça passe par les villes puis les municipalités aussi. On ne
fait pas de miracles, là. C'est des projets immobiliers. Puis la première chose
qu'il faut avoir, c'est un permis pour pouvoir construire. Mais nous, on a agi,
M. le Président. C'est très, très important, ce qu'on a fait avec la loi n° 31 adoptée en 2024. Au début, je me souviens, les
collègues de l'opposition critiquaient. Ce n'était pas la bonne chose à faire.
Aujourd'hui, les municipalités nous disent merci. Les municipalités de
10 000 habitants ou plus dont le taux d'inoccupation des logements
est de moins de 3 % peuvent désormais autoriser tout autre projet
d'habitation de trois logements ou plus qui déroge également à la
réglementation d'urbanisme en vigueur. Ça, là, c'est majeur. C'est des pouvoirs
qui sont applicables pour une période de trois ans. Puis moi, je me souviens,
j'étais en commission parlementaire, puis ça faisait du... comment qu'on
appelle ça? Du... En tout cas, on a perdu du temps là-dessus. C'était
épouvantable.
Mais, aujourd'hui, là, savez-vous quoi? Ce sont
des choses qu'on a faites puis qui produisent des résultats incroyables. Il
sera possible de les renouveler aux deux ans par arrêtés par la ministre. On
autorise, de plein droit, des logements accessoires. Ça,
aussi, c'est nous, qui avons fait ça, pendant une période de cinq ans, M. le
Président. La loi permet... la loi n° 31 permet à une municipalité, jusqu'au 21 février 2027, d'autoriser
un projet résidentiel de trois logements ou plus, même si celui-ci
déroge à la réglementation d'urbanisme existante. Puis ça, là, ça a fait un
tremblement de terre, parce que, là, nous autres, on brassait la cage, M. le
Président. Mais savez-vous quoi? Ça donne des résultats. Je vais continuer. Ça
fait que, ça, c'est pour une municipalité et non pas une ville. Puis les
conditions pour qu'un projet soit admissible, bien, il doit être situé dans le
périmètre d'urbanisation, il doit respecter le schéma d'aménagement, ça fait
que ce n'est pas qu'on déroge à tout, là, mais où les affectations du sol
prévues au plan d'urbanisme. Il peut être situé dans un secteur à contraintes
de sécurité, santé publique ou protection environnementale. Donc, ça, M. le
Président, ça permet aux municipalités...
Le
Président (M. Schneeberger) : Merci. Merci beaucoup. Alors, je vais du côté du
député de Laurier-Dorion. Dernière intervention pour vous,
M. Dorion... député de Dorion.
• (11 h 40) •
M. Fontecilla : Merci, M. le
Président. Donc, le but de l'interpellation, c'est le bilan de la CAQ en
matière d'habitation, là. Mais c'est très
simple, c'est très simple, là, qu'est-ce que la... La CAQ est arrivée au
pouvoir en 2018. Presque huit ans plus tard... Bien, en 2018, il y avait
déjà une crise du logement qui affectait durement le... qui frappait durement
le Québec. Huit ans plus tard, quelle est la situation? On a encore une crise
du logement qui frappe durement les locataires et l'ensemble du marché
immobilier, là.
Et la CAQ, ça a déjà été dit par mon collègue
des Îles-de-la-Madeleine, là, à partir de son premier mandat, à toutes fins
pratiques, là, a nié l'existence de la crise du logement. Et, devant la
pression populaire, devant la gravité de la crise du logement, devant les cas
désespérés comme celui qu'on a entendu ce matin de M. Roger Fournier,
devant la pression des oppositions, dont nous, à Québec solidaire, il a été
obligé de prendre un peu... de considérer la crise
du logement un peu au sérieux et mettre de l'avant, là, des mesures qui, au
fond... malheureusement, oui, il y a eu des mesures, qui ne changent pas
fondamentalement la dynamique, là, et on continue à vivre une crise du
logement.
La ministre de l'Habitation l'a affirmé tantôt,
j'étais content de l'entendre, l'objectif principal ici, c'est d'atteindre
l'abordabilité d'un toit sur notre tête, que ce soit par l'accès à la
propriété, que ce soit par le secteur locatif, là, principalement par le
secteur locatif, parce qu'il concerne une partie de la population qui est moins
nantie. Et on voit que cette abordabilité est de plus en plus inaccessible. Les
loyers coûtent de plus en plus cher. J'ai montré, tantôt, un tableau démontrant
la hausse faramineuse des loyers. Et, en huit ans, les mesures mises en
place par la CAQ n'ont pas été en mesure de contrecarrer cette dynamique-là des
loyers, d'augmentation des loyers.
Donc, la CAQ,
non seulement, hein, n'a pas fait ce qu'il fallait pour contrôler un marché
détraqué, un marché qui nécessite une régulation, mais il a, en quelque
sorte, mis de la... du charbon dans la fournaise, là, en alimentant, par
exemple, un calcul de... un règlement de fixation de loyers, qui, justement,
favorisent les hausses des loyers. Bon.
La CAQ dit qu'ils ont mis un effort particulier,
hein, à créer des nouveaux logements sociaux, ce qui est une solution véritable
à la crise du logement, parce qu'il produit des loyers moins chers à long
terme. Et j'entendais la collègue députée de
Labelle nous dire qu'il y avait eu
14 000 logements qui avaient été livrés par la CAQ. C'est curieux,
je viens de faire... regarder le tableau de
la Société d'habitation du Québec, là, les trois programmes, là, mis en place,
là, le PHAQ, le fonds fiscalité... fiscalisé et le développement
qualifié, d'après les chiffres mêmes du tableau, le tableau de bord de la Société d'habitation du Québec, on
arrive au chiffre de 3 862. On est loin de 14 000 qui nous a été...
qui a été exprimé aujourd'hui par la
ministre de Labelle. Donc, il s'agit... il est facile de s'embarquer
dans un débat de chiffres, mais l'effort est nettement insuffisant.
On arrive à
une situation aujourd'hui où, selon des études qui sont parues récemment, là,
l'insécurité alimentaire des locataires augmente de façon vertigineuse.
Et ça frappe même, ça frappe même des... une grande quantité de ménages de
classe moyenne qui doivent sacrifier... qui doivent dépenser moins en
nourriture pour leur famille, pour leurs
enfants, pour être en mesure de payer le loyer. Et, d'autre part, une étude...
Et ça, c'était des chiffres de l'institut... de l'observatoire des
inégalités au Québec, là. Une autre étude qui vient de paraître il y a quelques
semaines nous démontre que les locataires
ont de plus en plus de la difficulté à payer leur loyer. Un locataire sur
quatre, l'an dernier, a eu de la difficulté à payer son loyer et un sur
cinq partout au Québec, là.
Donc, pour...
concernant le projet de... le projet PHAQ en logement, construction de
logements sociaux, il n'y a eu aucun appel de projets pour le
volet 1, qui sont les logements socials tels qu'on les connaît, où les
ménages ne paient pas plus que 25 % de leurs revenus. Et on a, de plus,
créé une nouvelle... on a fait de l'architecture financière, on a créé un
nouveau programme des logements abordables qui produisent des loyers abordables
intermédiaires, qui produisent des logements excessivement chers pour la
capacité de payer des ménages.
Donc, le bilan de la CAQ est, jusqu'à présent,
catastrophique en matière de lutte à la crise du logement.
Conclusions
Le
Président (M. Schneeberger) : M. le député de Laurier-Dorion. Nous allons
maintenant en conclusions, avec Mme la ministre. Vous avez
10 minutes.
Mme Caroline
Proulx
Mme Proulx : Merci, M. le Président.
Ma job? Assurer aux ménages québécois de pouvoir accéder à un logement adéquat
et abordable. C'est ça, ma job. Et ma job, ce n'est pas l'affaire d'un parti
politique, mais c'est l'ensemble des acteurs au sein de
notre société civile, M. le Président, qui doit mettre l'épaule à la roue. Ce
n'est pas juste la job du gouvernement à lui seul, mais celle de tous les
partenaires en habitation. Je le répète parce que c'est vraiment un élément
important.
On pose des bons
gestes pour loyer convenablement les ménages dans toutes les régions du Québec.
Est-ce qu'il reste du travail à faire, M. le Président? La réponse, c'est oui.
Plusieurs facteurs ont créé la crise du logement. Ça a mobilisé plusieurs ministères, plusieurs organismes. Et on va
toujours prêter l'oreille à regarder ce qui est innovant sur le terrain pour
continuer de répondre à la mission qui m'a été donnée par le premier ministre
du Québec.
La Stratégie
québécoise en habitation, ça fait la démonstration que les défis actuels et la
lecture qu'on a eue à l'élaboration de cette stratégie-là, bien, c'est
d'avancer dans des objectifs qui sont communs. On va continuer de diversifier
nos interventions, on va multiplier nos partenaires, on va diversifier nos
modes de financement, parce que c'est vrai, comme l'a dit le député de
Laurier-Dorion, ça peut représenter un tracas énorme pour certains ménages au
Québec, on le sait. Je sais que vous le savez, que je le sais. Il n'est pas
question, M. le député, de laisser des personnes,
des familles habiter dans des résidences qui sont trop petites, qui sont en
mauvais état, qui sont insalubres. On va continuer de faire preuve
d'audace, puis on va prendre vraiment en considération les préoccupations de
tous les intervenants, puis on va aligner nos idées, nos interventions pour
aller encore plus loin dans nos actions.
On a fait un pas de
plus pour améliorer la crise actuelle, pour livrer plus et plus rapidement des
logements sociaux et abordables. Je
rappelle, là, ce n'est pas rien, là, 7 milliards depuis 2018,
7 milliards. Je pense qu'on a perdu, un peu, la valeur des sommes,
M. le Président. 7 milliards, c'est énorme, en investissements.
On a créé des outils,
des leviers adaptés aux besoins de nos partenaires, milieu municipal, comme le
disait la députée de Labelle, des locataires, des locateurs, des propriétaires.
On a pensé à beaucoup de monde, aux familles, aux personnes seules, aux
personnes aux besoins particuliers, aux aînés, hein, mes chers aînés. On a
développé des programmes d'habitation abordable, on a noué des partenariats
innovants, FTQ, Desjardins, Mission Unitaînés. Je pense également aux
développeurs qualifiés qui ont obtenu... entre autres, Angus, et UTILE, et bien
d'autres. Je rajoute qu'on a aussi modernisé les méthodes de financement, créé
plus de logements abordables. Un autre exemple, ma collègue en a parlé, les
logements préfabriqués, on a multiplié les initiatives. On veut être de plus en
plus agiles. On a modernisé des programmes
de développement, les moyens de financement en matière d'habitation. On l'a
fait, on a osé et on va continuer de le faire.
Les résultats sont
là. Est-ce qu'on doit faire plus? La réponse, c'est oui, et c'est mon
intention, une étape à la fois. Si on avait eu une solution magique, M. le
Président, je pense qu'on l'aurait trouvée, qui va faire disparaître les enjeux
actuels en habitation puis faire apparaître des logements là, maintenant.
Est-ce qu'il y a une solution magique qui va tout régler? La réponse, c'est
non.
Il y a des signaux
encourageants, on les voit. Ma collègue de Labelle l'a mentionné, avec
certaines gratuités. Nos interventions
portent fruit. Il reste encore du travail à faire, puis, pour ce faire, il faut
miser au-delà des investissements. Je pense vraiment que la Stratégie
québécoise en habitation, c'est une clé pour y arriver, une clé pour surmonter
des défis aujourd'hui et demain, la
nécessité d'augmenter l'offre de logements, d'accélérer la cadence, modifier
nos façons de faire, c'est au coeur de cette stratégie-là. Tous les acteurs
sont conviés, compte tenu de l'ampleur des besoins qui se présentent au Québec. On est en train de créer un
environnement propice à la croissance et l'offre de logements, M. le Président.
On va soutenir... la productivité, pardon, dans le secteur de la construction
en vue de produire davantage de logements avec des ressources disponibles et
réduire au maximum les délais de livraison. On va outiller nos partenaires
municipaux, favoriser les investissements, faciliter le développement d'une
offre résidentielle à la fois suffisante et diversifiée. Et l'objectif, c'est
évidemment de préserver le parc actuel pour en assurer un accès durable et
réduire la nécessité de nouvelles constructions.
Par ailleurs, M. le
Président, la question de l'équilibre des droits entre les locateurs et les
locataires va demeurer, pour mon gouvernement, une priorité. Je vais m'assurer,
on va s'assurer que toutes nos démarches portent fruit. On va continuer de
protéger les ménages et les personnes qui sont vulnérables, M. le Président.
• (11 h 50) •
Dans les situations
d'éviction pour agrandissement, subdivision, changement d'affectation d'un
logement, bien au-delà de la majoration de la compensation financière, un
moratoire est toujours en cours et nous étudions très sérieusement, M. le
Président, de pouvoir allonger ce moratoire-là. Je suis persuadée que la
nouvelle méthode de calcul de fixation de loyers va améliorer la transparence
de fixation en offrant davantage de prévisibilité, tant pour les propriétaires
que les locataires, faciliter le dialogue entre les locataires et les locateurs
à propos, entre autres, des hausses de loyers, qu'elle va encourager la
conclusion d'ententes sur le prix du loyer sans devoir nécessairement recourir
aux services du TAL. Pour faire valoir les droits d'un et de l'autre, ça passe
par l'adoption de pièces législatives. C'est
ce qui m'amène à vous dire que notre proactivité en matière d'optimisation du
cadre législatif va demeurer primordiale de poursuivre nos efforts afin
de donner plus de pouvoirs aux municipalités pour améliorer l'offre de
logements, plus d'outils au TAL, à la SHQ. Des projets de loi, c'est des outils
extraordinaires qui peuvent permettre de
changer les paradigmes, de faire naître des nouveaux régimes ou encore
améliorer les pratiques, tout ça toujours dans l'intérêt des citoyens.
C'est
la raison pour laquelle, M. le Président, on a déposé, et pas plus tard
qu'avant-hier, le projet de loi n° 20, pour continuer d'améliorer,
donc, les mesures que le gouvernement peut mettre en place pour optimiser les
efforts qu'on met pour l'accès au logement, venir donner vraiment la
responsabilité au TAL de service clientèle et de réduire, donc, ces personnes qui se ramassent au TAL plutôt que d'avoir
en amont des gens avec qui on peut discuter pour, entre autres, parler
de loyer et de fixation du loyer, M. le Président.
Je vais conclure cette
séance-là sur ces derniers mots. Je pense qu'on a démontré que notre
gouvernement a la volonté de réaliser d'autres projets qui vont permettre de
faire lever de terre du logement à court, à moyen terme. Il faut aussi penser
au long terme pour les générations de demain. L'important, M. le Président,
c'est qu'on ait tous l'intention de moderniser nos pratiques en partenariat.
L'habitation, c'est une priorité de toutes les collectivités au Québec. Trop tôt encore pour mesurer l'ensemble
des retombées de la stratégie, les progrès accomplis à ce jour laissent, par
compte, M. le Président, entrevoir une amélioration tangible de la situation,
et ce, au cours des prochaines années. Les avancées placent le Québec
sur une voie prometteuse vers un marché de l'habitation plus équilibré, plus
durable, vers... et vers la conviction
d'avoir fait une réelle différence dans la vie de nos ménages québécois. C'est
encourageant, ce n'est pas la fin. Des résultats, il y en aura bien
d'autres, mais on parle de résultats qui se concrétisent sur des années encore,
et tout dépendra du niveau d'engagement de chaque partie prenante qui voudra
investir afin que tous les Québécois aient accès à un toit convenable. On va
demeurer ambitieux, M. le Président. On va poser des gestes ambitieux pour
soutenir la productivité de l'industrie de la construction, outiller nos
partenaires puis accélérer, donc, le développement de projets porteurs.
Je veux remercier toutes les équipes qui ont été
présentes ici aujourd'hui en commission... en...
Une voix : ...
Mme Proulx : Interpellation, merci.
La députée de Mille-Îles, le député de Laurier-Dorion, le député des
Îles-de-la-Madeleine, la députée de Labelle et de... aide-moi donc.
Une voix : ...
Mme Proulx : Jonquière, c'est ça, je
disais. Toutes les équipes ministérielles, merci infiniment, les équipes de la
SHQ et du ministère de l'Habitation. Et merci à vous, M. le Président, pour la
tenue de ces travaux aujourd'hui.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup, Mme la ministre. Alors, nous allons terminer avec la députée des
Mille-Îles, pour 10 minutes.
Mme Virginie
Dufour
Mme Dufour : Merci beaucoup, M. le
Président. Je vais peut-être revenir sur un élément que la ministre a
mentionné. Elle dit : Ma job, c'est de m'assurer que les Québécois aient
le logement... un logement adéquat et abordable. Pourquoi je suis ici, M. le
Président? C'est pour parler des jeunes, des premiers acheteurs, des jeunes
ménages, des jeunes familles, pour qu'eux aussi aient accès à un logement
adéquat et abordable. Et ça ne signifie pas, dans leur cas, nécessairement un
logement, comment je pourrais dire... un logement locatif, mais bien plusieurs
aspirent encore à avoir une cour, à pouvoir voir leurs enfants jouer dans cette
cour. D'autres aspirent à avoir un logement où chacun des enfants pourra avoir
sa chambre, et ça, ça implique des logements beaucoup plus grands que ce qui se construit présentement. Donc, je pense
qu'effectivement c'est aussi son travail, de s'assurer que ces jeunes-là,
que ces familles-là ne soient pas abandonnés, qu'ils ne soient pas dans l'angle
mort de ce gouvernement. Elle n'est pas la ministre du Logement, elle est la
ministre de l'Habitation, et donc je pense que c'est nécessaire aussi de mettre
un angle sur cet aspect-là.
Par contre, je vais revenir sur, quand même, des
éléments qui ont été mentionnés par rapport à la crise du logement et les
actions qu'ils ont mentionnées... qui ont été mentionnées. Donc, la crise du
logement, je le rappelle, et le député des Îles-de-la-Madeleine l'a bien dit,
qu'elle a été niée très longtemps par ce gouvernement. Pendant trois ans, on en
a... on a nié complètement : Ça n'existe pas, ça n'existe pas. Puis c'est
à la toute fin, juste avant les élections de 2022, qu'on a fini par admettre
que ça existait. Donc, on a perdu un temps précieux. Et, pendant ce temps, bien, les coûts ont explosé. On a perdu vraiment
une grande opportunité de... Par exemple, je vais vous donner l'exemple
des HLM. Ça a pris trois ans avec une... avant qu'une entente soit signée pour
la rénovation des HLM. Le fédéral offrait l'argent, mais le Québec tardait à
signer l'entente. Pendant ce temps-là, les coûts de rénovation ont augmenté,
presque doublé. Alors, on s'entend qu'en tardant aussi longtemps, bien, on en a
fait deux fois moins que ce qu'on aurait pu faire avec le même argent. Et c'est
la même chose pour le fait qu'on ait nié la crise du logement, on aurait pu
intervenir plus tôt.
J'ai entendu la ministre mentionner le 7
milliards qu'elle a... que le gouvernement a investi. Elle a dit : On a
perdu la valeur de cette somme. Mais j'aimerais lui rappeler qu'elle a aussi
oublié de mentionner qu'il y avait plus de 3 milliards de cette somme-là qui
venait du gouvernement fédéral, donc... Et, à chaque... à chacune des ententes,
on a tardé longtemps avant de les signer, mais, quand on les a signées, une des
exigences, c'était que le Québec apparie dans... le montant. Donc, on peut se
poser la question : Est-ce qu'on aurait investi en logement si le fédéral
n'avait pas mis autant d'argent? J'aurais
aimé que la ministre, au moins, le reconnaisse, qu'il y a eu cette injection du
fédéral.
Elle a parlé... le collègue... je félicite,
d'ailleurs, le collègue de Laurier-Dorion, qui a mis beaucoup de l'avant le
dossier des... de ce qui était... on appelait les rénovicteurs, il a mis
beaucoup de travail là-dessus dans les dernières années, et la ministre l'a
souligné aussi, mais moi, je ne sais pas les actions concrètes que... qui ont
été prises de la part du gouvernement. Tu
sais, j'ai assisté au projet de loi n° 31, mais... et j'ai vu toutes les
mesures, mais, concrètement, sur le terrain, où sont-elles, ces
mesures-là, et comment on évite qu'il y en ait encore aujourd'hui?
Malheureusement, est-ce qu'il manque d'inspecteurs? Est-ce qu'il manque... Les
délais au TAL sont... ne cessent d'augmenter. Et ça, évidemment, ça bénéficie à ceux qui veulent
contourner le système. Donc, moi, je ne les ai pas vues, les actions concrètes
contre les rénovicteurs spécifiquement.
Elle a aussi mentionné que ça faisait 40 ans que
le calcul des loyers n'avait pas été revu. Félicitations! Mais, ceci dit, dans
les dernières années, avant que la CAQ soit là, il n'y avait pas d'enjeu avec
le calcul... la formule de calcul des loyers. Ces enjeux-là, on les a vus
seulement dans les trois dernières années, quand il y a eu comme une inflation
très importante, et là ça a amené un déséquilibre complètement. Mais,
auparavant, s'il n'y a pas eu d'action, c'est parce qu'il n'y en avait pas,
d'enjeu. Mais j'aimerais quand même le souligner, là, ce n'est pas parce que le
Parti québécois n'a pas agi ou le Parti libéral n'a pas agi, c'est qu'il n'y
avait pas d'enjeu avec la formule à l'époque.
J'ai entendu, on a parlé du PHAQ, à quel point
qu'il est extraordinaire, ce programme, mais les chiffres parlent d'eux-mêmes. 633 logements réalisés, c'est
très peu. Et on a été loin, loin, loin des 18 mois qui étaient promis.
D'ailleurs, j'avais eu des échanges avec la députée de Bertrand à l'époque. Je
mentionnais, c'était... ce ne serait pas réaliste, les 18 mois qu'elle
proposait. 18 mois... Je vous rappelle, M. le Président, que le permis, il
allait être perdu une fois les 18 mois passés. Bon, heureusement, là, ça, ça a
été changé, il y a eu de la souplesse, mais le tableau de bord n'indique pas du
tout les chiffres que la députée de Labelle mentionne.
• (12 heures) •
Je voudrais aussi mentionner, elle a dit que je
lui avais dit, la députée de Labelle, là, qu'elle était déconnectée de la
réalité. Je ne parlais pas d'elle, je parlais du seuil de 300 000 $ pour
une nouvelle propriété pour qu'elle soit exempte de TVQ. Aujourd'hui... Nous,
on propose que ça augmente à 500 000 $ parce que la réalité a
complètement changé, la propriété moyenne est de près d'un demi-million. Donc,
à 300 000 $, on peut s'attendre qu'à peu près aucune propriété ne
rentre dans cette mesure, ne bénéficie de cette mesure.
La ministre, puis là c'est dommage, j'aurais
aimé qu'elle entende ce que je vais dire, mais elle assistera à une pelletée de
terre, donc d'Unitaînés ce lundi. J'ai visité Unitaînés à Terrebonne, c'est
vraiment un très beau projet, et je félicite
Luc Maurice et toute l'équipe qu'il a mise en place pour réduire les coûts de
construction de façon vraiment extraordinaire. Et c'est le... un modèle
qu'on devrait répliquer, assurément, mais aussi dans le logement, dans les
logements neufs, c'est-à-dire qui ne sont pas du logement abordable ou social.
Il faut absolument travailler sur la structure de coûts, c'est problématique.
Et je vais souligner qu'elle rencontrera peut-être mon conjoint parce qu'il est
conseiller municipal de l'endroit où sera inaugurée... la pelletée de terre, en
fait, d'Unitaînés lundi.
Ensuite, elle a parlé du superpouvoir, la
députée de Labelle. Elle a dit ça, le superpouvoir qui permet aux villes d'autoriser, là, de façon exceptionnelle
d'octroyer des permis qui ne répondent pas, là, aux normes d'urbanisme.
Mais je rappellerai qu'il n'y a toujours pas de bilan de ce superpouvoir. Donc,
c'est difficile de se faire une tête et de savoir si c'est vraiment un succès
parce qu'on n'a pas eu le bilan, alors que ça fait déjà plus d'un an, là, que
c'est en vigueur.
Il y a un élément majeur que je voudrais
mentionner, c'est que, et ça, c'est important, moi, je considère que la CAQ a
abandonné le logement social. On parle de logements abordables et on a ouvert,
l'an passé, au logement abordable intermédiaire.
Il n'y a plus rien d'abordable dans l'abordable intermédiaire. Je vais vous
donner des chiffres. À Montréal, un
quatre et demi, pour qu'il soit considéré abordable intermédiaire, on parle de
1 583 $ par mois, et dans... à Gatineau, 1 678 $. Je
ne sais pas qui peut se payer, dans les gens... dans nos... les gens les plus
démunis de notre société, qui peut payer
1 678 $ par mois. C'est... ce sont des logements, certes plus...
moins chers pour, peut-être, une classe moyenne, mais on ne peut pas dire que ce sont des logements abordables.
On s'est éloigné, on a abandonné le logement social.
Maintenant, je vais revenir à... il me reste peu
de temps, mais sur les mesures importantes pour soutenir l'aide... l'accès à la propriété. Il faut
augmenter la productivité dans la construction, s'assurer que les mises en
chantier ne soient pas que du locatif, il va falloir qu'on soutienne
aussi les constructions neuves si on veut que nos jeunes ménages puissent
accéder aux nouvelles propriétés. Le collègue de Jonquière a parlé d'harmoniser
les normes de construction, que la RBQ
travaillait là-dessus. Ça, ce serait une grande avancée, mais il faut le faire
aussi avec l'ensemble des municipalités. La robotisation,
l'automatisation, ce sera nécessaire. Il va falloir soutenir ce changement-là
dans l'industrie de la construction. Autrement, on dépend... Il y a certaines
usines que j'ai visitées qui dépendent presque à 80 % de main-d'oeuvre étrangère. L'aide à la mise de fonds, c'est
très important, il faudra mettre en place un programme pour l'aide à la
mise de fonds. On a fait une proposition dans ce sens-là, et j'invite le
gouvernement à la regarder.
Et je terminerais en mentionnant que la députée
de Sanguinet a fait de l'accès à la propriété sa priorité. Alors, j'espère qu'on verra non pas seulement les droits
de mutation, la taxe de bienvenue, mais aussi une aide à la mise de fonds
qui pourrait être à coût nul pour l'État. C'est la proposition qu'on a faite.
Et je termine aussi en mentionnant, je n'ai pas
eu de réponse de la ministre, mais la mérule pleureuse, si elle peut réactiver
le programme pour qu'on puisse maintenir l'existant et prévenir de perdre des
propriétés.
Et,
finalement, M. le Président, bien, je vous remercie. Je remercie la ministre,
les députés de Labelle et Jonquière,
et les députés de l'opposition pour la présence, et tout le monde de la SHQ qui
était ici.
Le
Président (M. Schneeberger) : Merci, députée de Mille-Îles. Alors, ce qui met
fin à cet échange aujourd'hui. Je voulais vous remercier pour le respect du
temps de chacun et les échanges très courtois. Ça me facilite la tâche.
Alors, merci à tous.
Compte tenu de l'heure, la commission, ayant
accompli son mandat, ajourne ses travaux au mardi 17 février à
9 h 45. Merci beaucoup. Bonne journée à tous.
(Fin de la séance à 12 h 05)