Journal des débats (Hansard) of the Committee on Planning and the Public Domain
Version préliminaire
43rd Legislature, 2nd Session
(début : September 30, 2025)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
Pour en savoir plus sur le Journal des débats et ses différentes versions
Tuesday, March 17, 2026
-
Vol. 48 N° 20
Clause-by-clause consideration of Bill 13, An Act to promote the population’s safety and sense of security and to amend various provisions
Aller directement au contenu du Journal des débats
9 h 30 (version non révisée)
(Neuf heures quarante-six minutes)
Le Président (M. Sainte-Croix) :
À l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de
la Commission de l'aménagement du territoire ouverte.
La commission est réunie afin de
poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 13, Loi visant à favoriser
la sécurité et le sentiment de sécurité de la population et modifiant diverses
dispositions.
Mme la secrétaire, y a-t-il des
remplacements?
La Secrétaire
: Oui, M.
le Président. M. Gagnon (Jonquière) est remplacé par Mme Lecours (Lotbinière-Frontenac);
M. Ciccone (Marquette) est remplacé par Mme Maccarone
(Westmount—Saint-Louis); M. Kelley (Jacques-Cartier) est remplacé par M. Derraji
(Nelligan); et Mme Labrie (Sherbrooke) est remplacée...
La Secrétaire : ...par
M. Fontecilla (Laurier-Dorion).
Le Président (M. Sainte-Croix) : Merci,
Mme la secrétaire. Lors de l'ajournement de nos travaux, nous en étions à
l'étude de l'article 18 de la loi édictée tel qu'introduit par
l'article 2 du projet de loi. M. le ministre venait d'en faire la lecture.
Il y a... Est-ce qu'il y a des interventions sur l'article 18?
Mme Maccarone : ...M. le
Président.
Le Président (M. Sainte-Croix) :
Oui, madame.
Mme Maccarone : Députée de Westmount—Saint-Louis.
Bon matin.
Le Président (M. Sainte-Croix) : Merci
à vous. Également
Mme Maccarone : On était en
train de discuter lors de... mais là ça fait une semaine, un petit peu plus
d'une semaine, puis de 18, parce que j'avais posé la question par rapport à la
terminologie de local. On a eu quand même des commentaires du FQM qui ont dit
que ce n'est pas la terminologie qui était souhaitée. Ça fait qu'on avait
demandé au ministre et ses équipes de vérifier avant de poursuivre.
Le Président (M. Sainte-Croix) : Merci,
Mme la députée. M. le ministre.
M. Lafrenière : Oui. Merci
beaucoup, M. le Président. Alors, bonjour, tout le monde. Bon retour.
Effectivement, le temps passe vite. Deux semaines où on n'a pas eu la chance de
travailler sur le PL 13, mais là on en revient en forme ce matin. Très
heureux de retrouver ma collègue. Bonne Saint-Patrick aux gens qui nous
écoutent aujourd'hui. Bonne Saint-Patrick à ma collègue aussi.
M. le Président, quand on a parlé de 18,
une des questions qui avait été soulevée, puis on va continuer de parler de
l'article, là, mais c'était entre autres les MRC qui nous disaient : Bon,
quand vous parlez de... de l'amende qui appartient à la municipalité qui a
intenté la poursuite, de qui est le poursuivant... On a vérifié dans le corpus,
on a vérifié aussi dans l'application. Une MRC pourrait... d'aventure pourrait
être la poursuivante, mais ce serait dans une cour municipale. Donc, c'est
possible. Bien qu'on s'est creusé la tête à savoir est-ce que, vraiment, c'est
quelque chose qui arriverait souvent, que la MRC soit poursuivante, mais, si ça
devait être le cas, bien, ça se ferait dans une cour municipale. Donc, ce
serait possible. M. le Président. Je comprenais la... l'inquiétude ou le point
qui avait été soulevé par les collègues. On a parlé aussi à la FMQ... la FQM,
pardon, on a fait notre... notre devoir là-dedans. Mais ça... ça n'empêche pas
de poursuivre devant une cour municipale.
Mme Maccarone : Ça fait que
les propositions que la FQM avait faites, où il dit d'insérer au troisième
alinéa, après commises les mots suivants : «ou en l'absence devant un
autre tribunal compétent». Est-ce que ça aussi c'est évacué? Parce que je n'ai
pas eu la chance de vous poser les deux questions. On a terminé tôt, mais on
avait parlé de l'utilisation du mot «local» qu'eux ils questionnaient. Mais il
y avait aussi l'autre aspect. Ça fait que je ne sais pas.
M. Lafrenière : Oui. Merci,
M. le Président. Avant de... de répondre, je voulais m'en assurer avec les légistes.
C'est un automatisme, sinon, ça peut aller devant la Cour du Québec, on n'a pas
besoin de le mentionner.
Mme Maccarone : OK. Merci.
M. Lafrenière : Puis, c'est
une bonne question, qui est à propos.
• (9 h 50) •
Le Président (M. Sainte-Croix) : Est-ce
qu'il y a d'autres interventions sur l'article 18? Oui, Mme la députée.
Mme Maccarone : ...M. le
Président. C'est juste parce que je suis en train... Je suis désolée, hein?
On...
Le Président (M. Sainte-Croix) :
Pas de problème.
Mme Maccarone : C'est le
matin, on commence. Puis, je suis en train de regarder mes notes puis je me
demande s'il n'y avait pas quelque chose aussi qui a été partagé par la ville
de Laval, mais peut-être ce n'est pas pour cet article, mais eux, ils
recommandent de modifier le projet de loi pour que les poursuites pénales
prévues au regard de l'interdiction des objets identifiant une entité à dessein
criminel relèvent du niveau provincial et soient traitées par un tribunal
provincial de première instance. Ça fait que c'est plus global pour l'article
en question avant qu'on termine.
M. Lafrenière : Oui,
absolument, M. le Président. Et on le permet. Donc, une municipalité qui
déciderait d'aller dans cette direction-là pourrait le faire, mais on ne
l'oblige pas. Donc, ça pourrait se retrouver, comme on a dit, ça pourrait se
retrouver du côté provincial. Mais, si la municipalité, exemple la ville de
Montréal, décide de poursuivre devant la ville de Montréal, c'est possible.
Alors, c'est une permission, non, une obligation.
Mme Maccarone : OK. Parfait.
Merci.
Le Président (M. Sainte-Croix) : D'autres
interventions sur l'article 18? Je serais maintenant prêt à mettre aux
voix l'article 28. Est-ce que... 18, excusez-moi. Est-ce que
l'article 18 est adopté?
Des voix : ...
Le Président (M. Sainte-Croix) :
Merci. Article 19, M. le ministre.
M. Lafrenière : Oui. Merci
beaucoup, M. le Président. Il est fait exception au premier alinéa de l'article 6.
Dans le cas où un monument ou une urne funéraire identifié à une entité
inscrite sur la liste des entités à dessin criminel dans un lieu de sépulture
où reposent les restes d'une personne décédée est exposée à la vue du public
avant la date de la publication à la Gazette officielle du Québec de la
décision du ministre d'inscrire le nom de l'entité sur cette liste.
Comme commentaire, M. le Président,
l'article 19 exclut l'application de la loi... de la loi à un monument ou
une urne funéraire identifié à une entité inscrite sur la liste des entités à
dessein criminel, dans la mesure où son installation a lieu avant que le nom de
l'entité soit inscrit sur la liste qui repose... la liste, pardon, et qui
repose les restes d'une personne décédée. Ainsi, un monument ou une urne
funéraire qui serait installée...
M. Lafrenière : ...sans que
les restes d'une personne décédée y reposent ne pourrait bénéficier de
l'exception et serait donc visé par l'interdiction prévue à l'article 6.
M. le Président, ce qu'on vient faire
aujourd'hui... Je pense que tout le monde a vu les cas, entre autres, de
Saint-Basile-le-Grand, où il y avait un monument qui a été érigé avec les
couleurs d'un groupe de motards criminalisés qu'on connaît bien, qui n'ont pas
juste la passion de faire de la moto, et les gens ont réagi. Entre autres, les
victimes, victimes collatérales, en disant : Moi, je ne peux pas croire
que je vais aller voir mon proche à tous les jours, puis, dans certains cas,
des proches qui ont été victimes collatérales de ces groupes criminalisés là.
Ce qu'on vient dire, c'est qu'on ne va pas
reculer dans le temps. Donc, quand ça va être mis à la Gazette, à partir
de ce moment-là, ça va être impossible de le faire, mais on ne va pas aller
défaire des urnes ou des monuments qui ont été faits dans le passé. C'est ce
qu'on vient préciser ici, M. le Président.
Le Président (M. Sainte-Croix) :
Merci, M. le ministre. Est-ce qu'il y a des interventions? Oui, Mme la députée.
Mme Maccarone : Mais ils
l'ont enlevé, ils ont enlevé, ça fait que... Est-ce que c'est parce qu'ils
avaient recours à une loi quelque part ou c'était juste par la bonne volonté?
Parce que je sais qu'évidemment il y avait beaucoup de... beaucoup d'encre qui
avait coulé... regard à ce sujet en particulier. Ça fait que j'essaie de voir,
si, mettons, les.... Je comprends l'article, là, on vise le futur, mais tout ce
qui est dans le passé, est-ce qu'il y a un recours pour ceux qui souhaitent en
enlever, si jamais c'est le cas? Je ne sais pas comment que, eux, ils ont
réussi à le faire.
M. Lafrenière : Oui, M. le
Président, c'est la Fabrique qui a décidé de réagir. Parce que, vous savez,
c'est une pierre qui avait été installée, il n'y avait pas de nom sur la
pierre. Ça fait qu'il n'y a pas eu de restes à déplacer ou quoi que ce soit,
là, ils ont juste fait retirer la pierre. J'imagine, ça a été une bonne
relation avec ce groupe qui a fait en sorte que ça s'est déplacé, mais c'est
vraiment la Fabrique qui l'a fait, par eux-mêmes. Il n'y a pas eu
d'intervention légale, là, à notre niveau.
Mme Maccarone : OK. Ça fait
qu'il n'y a pas de pouvoir discrétionnaire, mettons, de ceux qui sont
responsables des cimetières, par exemple.
M. Lafrenière : Bien, M. le Président,
on ne s'immisce pas là-dedans, ce que... Je vous donne un exemple, parce qu'il
y a plusieurs autres endroits au Québec, malheureusement, où c'est le cas. Dans
un cimetière x, je donne un exemple, près de Sorel, si les gens approchent le
groupe et qu'il décide d'enlever le monument, puis ça se décide entre eux, il
n'y a pas de problème, mais nous, la loi n'aura pas force dans ces cas-là.
Mme Maccarone : Ça me fait
penser beaucoup... On avait jasé longuement, lors du débat sur les soins de fin
de vie, par rapport à comment qu'on fait la publicité puis comment qu'on
utilise... si ça va être les salons funéraires. Est-ce que c'est un moyen pour
ces groupes de publiciser? Parce qu'ils vont dire le nom de leur gang, mettons,
puis l'utiliser comme une forme de publication, parce qu'on sait que ça va sur
les sites Web ou bien ça va sur les imprimés. Est-ce que ça aussi sera compris
dans l'article 19? Je fais un avis de décès, bien, à l'intérieur de l'avis de
décès, bien là, il va y avoir des logos. Vous comprenez ce que je veux dire?
C'est... Puis je fais le parallèle avec soins de fin de vie parce qu'on a dit
qu'on ne pouvait pas utiliser ces lieux, par exemple, pour faire la publicité
d'un tel soin, mais est-ce que c'est, genre, une forme de détournement pour eux
de faire de la publicité par rapport à leur ordre?
M. Lafrenière : Bien, merci.
M. le Président, c'est une question qui est... qui est à-propos, parce qu'on a
beaucoup discuté de l'espace public puis de l'espace aussi médias sociaux. On
se l'est dit, à quel point c'était complexe. Alors, la question très
claire : si un groupe décidait d'envoyer un dépliant ou de faire une
publication sur un imprimé avec leur logo en disant qu'ils l'ont pris... Ils ne
peuvent pas faire indirectement ce qu'ils ne peuvent pas faire directement.
Nous, ce qu'on vient dire aujourd'hui,
dans cet article-là, c'est que, dans un lieu très, très, très délimité du
cimetière, les pierres tombales qui ont été installées avant l'arrivée de notre
règlement, avant la publication de la liste des groupes criminalisés, on
n'agira pas dans ce cas-là. Mais je comprends très bien ce que ma collègue veut
dire, si le groupe décidait de faire une publicité quelconque avec, bien, ils
n'ont pas le droit de mettre leur logo sur une publication quelconque, ça fait
qu'ils ne pourraient pas. Là où on a une zone d'ombre, en toute transparence,
puis on s'en est déjà parlé : l'utilisation des médias sociaux, ça va être
très complexe.
Mme Maccarone : Mais ce ne
serait pas permis, pas par l'entremise de l'article 19.
M. Lafrenière : Non. En
général, comme vous le savez, vous ne pouvez pas publier le nom d'une entité
criminelle, le logo, ou y faire référence. Ça fait qu'ils ne pourraient pas le
faire indirectement, mais, dans 19, ici, on vient vraiment dire : Oui, on
agit, mais, encore là, je pense que ce qui est socialement acceptable, c'est
quand on commence à aller dans le temps ou on recule, ça cause des préjudices
et des problèmes. Même pour les gens qui sont contre, en passant, qui ne sont
pas d'accord à voir une pierre tombale avec un logo, le fait d'enlever des
pierres tombales, et tout, ça amenait certains inconforts. Mais, encore là, si
ces bons... ces bons citoyens corporatifs décidaient, demain matin, d'enlever
toutes leurs pierres tombales pour mettre un merci à la collectivité puis
d'enlever leur logo, on serait les premiers très heureux.
Mme Maccarone : Bien, je suis
contente d'entendre le ministre en train de le dire au micro, parce que je suis
en train d'envisager des scénarios où ils vont pouvoir poursuivre à faire la
publicité, malgré que ce serait contre la loi. Ça fait que, oui, on ne peut pas
faire indirectement ce qu'on ne peut pas faire directement, mais qui va
surveiller ça, dans des cas comme ça? Parce que c'est quand même assez
spécifique, le 19 mai, mais la surveillance...
Mme Maccarone : ...de ça, ce
n'est pas la même chose comme on va avoir, mettons, dans un bar, dans un
restaurant, c'est un peu différent. Là, c'est vraiment spécifique. Ça fait que,
est-qu'il va y avoir de l'information qui va être envoyé, mettons, au salon
funéraire pour qu'eux, ils savent que, si jamais ils vous viennent avec ça
comme commande ou demande, bien, ce serait interdit, parce que ce n'est pas
clair, là, ça, ici.
M. Lafrenière : Oui. Mais, M.
le Président, moi, ce qui me rassure, c'est de voir qu'avant même que notre
règlement, on en parle... en passant, on n'en parlait même pas. Quand c'est
sorti à Saint-Basile-le-Grand, c'est les citoyens qui ont réagi, qui ont réagi
fortement. Moi, ça me rassure de voir justement que le... il n'y a pas de
complaisance, que les citoyens réagissent, parce qu'il y en a beaucoup qui ont
été victimes, directement ou indirectement, qui connaissent des proches qui ont
été victimes, exemple des propriétaires de bars qui se sont fait intimider,
extorquer, qui agissent en disant : Non, non, ça, ça n'a pas d'allure. Ça
fait que ce pas-là, M. le Président, moi, ça, ça me rassure de voir que les
citoyens réagissent. Ça va être signalé. Et, dans le cas de Saint-Basile, ma
collègue l'a même mentionné, c'est le... c'est la fabrique elle-même qui a
décidé de le retirer. Ils n'ont même pas eu besoin d'intervention de l'État. La
pression populaire a été forte.
Alors ça va sortir, vu que c'est dans un
lieu public, ça va sortir. Il n'y aura pas d'escouade qui va faire la tournée
des cimetières, mais ça va être souligné rapidement par les citoyens.
Mme Maccarone : ...dans ce
scénario, c'est le «après». Moi, je parle de le «avant». C'est pour ça que je
questionne pourquoi qu'on ne peut pas aviser... je ne sais pas s'il y a un
ordre, mais il y a il doit avoir quelqu'un, c'est quelque chose qui est publié,
pour que ça soit clair que, même avant, s'il y a une demande, bien là, avant
d'y arriver, pour dire : Le «après», bien là, vous ne pouvez pas faire ça,
malgré que maintenant vous avez dépensé votre argent, vous avez l'impression
que c'est correct. Mais là d'aviser le monde avant, que ça soient les salons
funéraires ou bien les fabriques, pour qu'ils comprennent eux aussi, tu sais,
une petite note publiée quelque part : Ça, ce serait interdit, comme ça,
s'ils essaient, c'est fini.
M. Lafrenière : Ma collègue
m'a gagné. Ma collègue m'a gagné, elle a raison. Ce que je fais, je vais
envoyer une note, un mémo, entre autres, aux fabriques, aux congrégations, en
leur disant : Voici l'essence du texte de loi. Absolument, c'est une bonne
idée, je trouve. Trop fer casse pas. Moi, je prends pour acquis qu'ils vont
suivre nos débats, peut-être pas à tous les jours, mais ils vont voir comment
ça va sortir dans l'espace public. Alors, je veux même... je veux rassurer ma
collègue, je vais écrire un mémo, entre autres aux fabriques.
Mme Maccarone : Moi, je pense
qu'ils sont occupés à prier pour nos péchés, M. le ministre. J'espère, en tout
cas, surtout dans votre cas, parce que, tu sais, c'est sûr, ils sont occupés,
là. Mais, pour les salons funéraires, est-ce qu'il y a un moyen de rejoindre
ces groupes-là? Je ne sais pas. Tu sais, on avait... je ne m'en souviens pas,
mais on avait jasé de ça, comme j'ai dit, lors du débat pour les soins de fin
de vie, puis il y avait un moyen pour nous de communiquer avec eux pour qu'ils
comprennent, par exemple : Vous ne pouvez pas faire ce type de publicité.
Ça fait que je me demande si ce n'est pas facile de juste se greffer à ça puis
faire le même processus.
M. Lafrenière : Absolument,
M. le Président. Donc, oui, pour les fabriques qui gèrent les cimetières, et
oui pour les salons, il y a une association, on va le faire aussi.
• (10 heures) •
Mme Maccarone : OK, merci.
M. Lafrenière : J'ai moins eu
à travailler avec eux dans le passé, mais on va retrouver le lien, ça va bien
se faire.
Mme Maccarone : Merci
beaucoup.
Le Président (M. Sainte-Croix) : D'autres
interventions sur l'article 19? Ça complète. Je serais prêt à mettre aux
voix l'article 19. Est-ce que l'article 19 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Sainte-Croix) : Merci.
Article 20, M. le ministre.
M. Lafrenière : Merci
beaucoup, M. le Président. «Article 20 : Le ministre de la Sécurité
publique est responsable de l'application de la loi.
Je vais quand même lire le commentaire.
L'article 20 confère au ministre de la Sécurité publique la responsabilité
de l'application de la loi.
Le Président (M. Sainte-Croix) : Interventions
sur l'article 20. Est-ce que l'article 20 est adopté?
M. Lafrenière : Adopté, M. le
Président.
Le Président (M. Sainte-Croix) : Merci.
Tous les articles proposés à l'article 2 étant maintenant étudiés, nous
allons procéder à l'étude des intitulés. Est-ce qu'il y a des commentaires sur
les intitulés proposés à cet article? Commentaires? Interventions? Ça va?
M. Lafrenière : Ça va?
Le Président (M. Sainte-Croix) : Excellent.
Est-ce que nous... Je suis prêt à le porter aux voix. Est-ce que l'article est
adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Sainte-Croix) : Merci.
M. Lafrenière : Ça va
tellement vite.
Le Président (M. Sainte-Croix) : On
s'est entendu. Nous parties. On voit les intitulés. C'était clair pour tout le
monde? Désolé de l'ambiguïté. Merci beaucoup. Le titre du projet de loi tel
qu'édicté est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Sainte-Croix) :
Merci. Adoption du titre du projet de loi. L'article 2 amendé édictant la
Loi visant à favoriser la paix, l'ordre et la sécurité publique est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Sainte-Croix) : Merci
beaucoup. Permettez-moi de suspendre quelques instants, juste pour m'assurer de
la bonne gouverne de nos de nos travaux.
(Suspension de la séance à 10 h 02)
10 h (version non révisée)
(Reprise à 10 h 10)
Le Président (M. Sainte-Croix) :
...s'il vous plaît. Nous reprenons nos travaux. Nous sommes donc de retour à l'article
trois. M. le ministre, la parole est à vous.
M. Lafrenière : Merci
beaucoup, M. le Président. Puis merci aux collègues qui... Ça nous permet d'avancer
rondement puis dans l'intérêt de tous.
Article trois : L'article 70 de
la Loi sur la police, Chapitre P-13.1, est modifié dans le sixième alinéa
par la suppression du paragraphe deux;
2 : par le remplacement, dans le
paragraphe trois, de « l'un ou l'autre des services de soutien ou de
mesure d'urgence » par « des services de gendarmerie ».
3 : Par l'ajout, à la fin du sixième
alinéa, du paragraphe suivant : « 4 : au partage des services d'enquête,
de mesures d'urgence ou de soutien sur autorisation du ministre. »
Comme commentaires, M. le Président, l'article
trois du projet de loi modifie la Loi sur la police afin de permettre le
partage de tous les services de police. Les services de gendarmerie qui peuvent
être partagés sont déterminés par le ministre, alors que le partage des
services d'enquête, de mesures d'urgence et de soutien doit être autorisé par
le ministre. Voilà, M. le Président.
Le Président (M. Sainte-Croix) :
Merci, M. le ministre. Est-ce qu'il y a des interventions sur l'article trois?
Oui, Mme la députée.
Mme Maccarone : Moi, j'essaie
de comprendre comment ça fonctionne aujourd'hui puis comment ça va fonctionner
demain. Ça fait qu'un peu le pratico-pratique, la mise en œuvre, parce qu'ici
on parle des municipalités qui peuvent conclure des ententes. Ça fait que je...
j'aimerais juste bien comprendre la mise en œuvre, parce que j'entends les
changements, mais on parle vraiment des obligations des municipalités. Ça fait
que peut-être juste de bien comprendre, encore une fois, comment ça fonctionne
aujourd'hui, puis, lors de l'adoption de la loi, ça va être comment.
Le Président (M. Sainte-Croix) :
...
M. Lafrenière : Oui, merci, M.
le Président. Puis, dans nos travaux, on... Il est d'usage de faire parler nos
équipes. Puis, vous savez, M. le Président, j'ai beaucoup de pression. Les gens
veulent prendre parole au micro, veulent s'exprimer devant cette commission.
Puis il y a une personne qui n'a pas encore eu la chance de parler à ce micro,
et j'aimerais ça l'entendre avec... avec l'autorisation de mes collègues. Puis
je vois que ma collègue, elle trépigne d'impatience...
Mme Maccarone : ...
M. Lafrenière : Alors, si d'aventure
c'était accepté, il pourrait parler aujourd'hui.
Le Président (M. Sainte-Croix) :
...consentement?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Sainte-Croix) :
Allez-y, monsieur, nous vous écoutons.
M. Gaudreau (Frédérick) : Bonjour,
donc, Frédérick Gaudreau...
Le Président (M. Sainte-Croix) :
Excellent...
Le Président (M. Sainte-Croix) : ...excellent.
M. Gaudreau (Frédérick) : Sous-ministre
associé au ministère de la Sécurité publique. Si vous permettez, Mme la députée,
juste reposer votre question pour la préciser, pour que je puisse...
M. Lafrenière : ...
M. Gaudreau (Frédérick) : Exactement.
Mme Maccarone : Pas de
trouble. J'essaie de comprendre la mise en œuvre, comment ça fonctionne aujourd'hui,
cet article en place, puis lors de l'adoption de l'article ou de la loi, quand
ce sera mis en œuvre, comment que ça va être différent. Parce que, là, je
comprends que c'est le ministre qui va avoir le pouvoir décisionnel, mais ici,
on parle vraiment des obligations des municipalités de conclure les ententes.
Ça fait que l'application, les changements pour les municipalités, ça va avoir
l'air de quoi? Qu'est-ce qui change pour eux? Ou comment ça fonctionne
aujourd'hui, comment ça va fonctionner demain?
M. Gaudreau (Frédérick) : En
fait, actuellement, une municipalité peut prendre une entente avec une
municipalité voisine pour certains services, évidemment toujours en faisant la
demande au ministère de la Sécurité publique. Maintenant, ce qu'on vient
baliser dans la loi, c'est la possibilité d'étendre ce type d'entente là à
d'autres services qui ne sont pas actuellement couverts.
Donc, une municipalité, de façon très
concrète, qui offre un service de police de niveau 2, selon la loi, par
exemple, on va prendre la couronne nord de l'île de Montréal, où il y a
plusieurs services de niveau 2, ou la couronne sud, c'est la même chose,
pourrait décider de partager certains services avec une autre municipalité sous
forme d'entente. Donc, essentiellement, ce qu'on vient ici... c'est... on
donne... c'est qu'il n'y aura pas une obligation formelle de conclure une
entente, ça va être sur une base volontaire. Et la municipalité, pour
évidemment... dans un souci d'économie ou de partage de services ou d'efficience,
d'efficacité, d'expertise, va pouvoir, donc, approcher une autre municipalité.
Évidemment, la demande va devoir être formulée au ministère. On va faire
l'évaluation de cette demande-là et, par la suite, on va pouvoir l'approuver et
permettre aux municipalités de partager les services.
Mme Maccarone : Je comprends
que ça va en lien avec le principe de mutualisation des services. Mais c'est
parce que la façon que c'est écrit, c'est «les municipalités peuvent». Alors,
il n'y a pas d'obligation, la façon que c'est écrit actuellement dans la loi.
Mais ce que je ne comprends pas, c'est
qu'on est en train de supprimer le paragraphe 2° qui dit : «la fourniture
de services de détention, de transport, répartition des appels», puis j'ai
l'impression qu'on remplace avec les services de gendarmerie. Parce qu'on
supprime aussi les services au soutien de mesures d'urgence. Ça fait que c'est
comme on enlève plein de choses. Ça va aller où? Puis ça veut dire, la
compréhension, c'est qu'on peut toujours utiliser aussi la mutualisation de
services pour tous ces biens-là, de ces services.
M. Gaudreau (Frédérick) : Oui.
Mme Maccarone : Ce n'est plus
écrit. C'est pour ça que j'essaie de comprendre comment que ça va fonctionner.
M. Gaudreau (Frédérick) : En
fait, il faut le voir comme étant un élargissement. C'est que, là, avec cette
nouvelle approche là, c'est qu'on permet maintenant d'offrir l'ensemble... on
met sur la table l'ensemble des services qui peuvent être partagés en fonction
des niveaux de services existants. Donc, on l'élargit, exactement.
Mme Maccarone : La façon que
c'était écrit, c'était limitatif parce que c'était trop restreint?
M. Gaudreau (Frédérick) : Exact.
Mme Maccarone : OK. Je
comprends. OK.
Le Président (M. Sainte-Croix) : Autre
intervention?
M. Lafrenière : Le deuxième
volet...
Le Président (M. Sainte-Croix) : Allez-y,
M. le ministre.
M. Lafrenière : Oui, M. le
Président. Le deuxième volet. Puis, c'est... Puis honnêtement, M. le Président,
ma collègue a bien raison, là, des fois, ça prend deux, trois fois pour le
livre puis dire : OK. Qu'est-ce... qu'est-ce qu'on est venu changer? Ce
qu'on a dit depuis le début, ce qu'on va faire de la mutualisation, c'est non pas
dans un esprit de... de niveler vers le bas, là, ce n'est pas ça du tout, puis
on a eu cette discussion-là à plusieurs reprises, puis on parle la couronne
nord, je pense, c'est un bel exemple, c'est de mettre en commun des ressources
pour être plus efficace, plus efficient, partager des connaissances,
partager... d'avoir deux personnes qui font le même métier, mais dans deux
corps de police distincts, qu'ils puissent le faire ensemble. Aujourd'hui, on
vient dire : Voici tout ce qui est prévu, permis. Dans d'autres cas, on
dit «sous autorisation du ministre», parce que c'est plus spécialisé,, puis on
veut s'assurer que le... que ça... ça l'amène au bon niveau. Mais aujourd'hui,
on ouvre beaucoup plus large qu'on faisait avant, M. le Président.
Le Président (M. Sainte-Croix) : Merci,
M. le ministre. D'autres interventions?
Mme Maccarone : Il y a des...
Oui, merci. Il y avait quand même des préoccupations qui ont été soulevées par
les directeurs des services de police ainsi que les syndicats, parce que je
comprends ce que le ministre, il dit : On ne souhaite pas niveler vers le
bas. C'est le but, c'est vraiment augmenter l'offre de service. Mais il avait
parlé vraiment des ententes puis de conclure des contrats clairs.
Ici, on ne fait aucune modification à la
paragraphe qui introduit les autres points, mais on parle toujours d'une durée
maximale de 10 ans. Il n'y a pas un moyen de modifier ceci pour s'assurer
que cette clarité qui ont... qui ont souhaité qu'on amène pour s'assurer qu'on
ne pige pas dans les services d'un pour privilégier un autre, ou bien ça veut
dire qu'en faisant ce mutualisation, mais ça veut dire qu'on n'a pas besoin de
remplacer des policiers, admettons, sur un autre territoire parce qu'on a
trouvé un moyen d'offrir un service. Parce que c'est... c'est ça, la vraie
crainte, hein, c'est qu'on ne va pas remplacer ou on ne va pas ajouter parce
qu'on aura trouvé un autre moyen de faire. Mais, si le contrat dure seulement
10 ans, peut-être si les contrats sont plus courts, c'est plus rassurant.
Je ne sais pas, il me semble, peut-être c'est en lien avec le temps.
M. Lafrenière : Oui. Merci,
M. le Président...
M. Lafrenière : ...un contrat
maximal de 10 ans, les villes peuvent faire un contrat de deux ans, trois
ans. C'est sûr que de faire un contrat d'un an, c'est... c'est... c'est
laborieux pour une municipalité parce que ça peut être difficile, surtout si on
met des choses en place. Il y a des coûts. On met ça sur un an. Bien, ce que
les... les collègues policiers ont ramené comme point, moi, je trouve ça
important. Un, on ne veut pas niveler vers le bas. Absolument. Deux, le
«attention» quand on met deux municipalités ensemble, d'être sûr que tout le
monde est gagnant. On n'y va pas, excusez l'expression, avec... avec... en
siphonnant tout ce qui est les services d'un seul côté. C'est pour ça que les
ententes doivent être claires. Il peut y avoir des ruptures d'entente. On l'a
vu récemment, des gens qui ont décidé de quitter une régie de police, exemple,
parce qu'ils trouvaient qu'ils étaient mal servis. Ça, ça reste encore. Mais,
le 10 ans, c'est un maximum. Ça fait qu'une municipalité peut arriver en
disant : On fait un test pendant deux, trois ans, ils pourraient le faire.
Puis, d'aucune façon, ce qu'on vient déposer aujourd'hui, M. le Président, va
changer les conventions collectives, va changer les... les planchers d'embauche
dans les municipalités. Ça fait que c'est le même nombre de policiers.
Cependant, on va se donner une plus grande
souplesse, mais surtout dans des métiers spécialisés, où on se dit : Oui,
tu sais, la personne qui fait quelques cas seulement d'entité judiciaire, qui
ne le refait pas souvent, il peut y avoir une perte d'expertise. La
municipalité voisine, en passant, pour avoir été policier, sur la Rive-Nord, on
le faisait souvent, on échangeait des services, mais ce n'était pas écrit. Ce
n'était pas écrit, il n'y avait pas vraiment d'entente. Exemple, on avait la
municipalité de Blainville qui avait un maître de chien. Dans une autre municipalité,
il y avait un agent double qui était là. Bien, on se prêtait les services parce
qu'on n'avait pas la capacité chacun d'avoir ces services-là. Là, on veut le
faire par entente, comme ça, ce n'est pas fait sur la babine, puis ça protège
tout le monde aussi.
Mme Maccarone : Non, là,
comme, je ne doute pas de la volonté, je comprends ce qu'on souhaite faire, ce
n'est pas parce que ce n'est pas une bonne idée, c'est juste que je soulève
quand même les préoccupations qu'eux, ils ont soulevées, puis il n'y a aucune
modification qui vient rejoindre cette préoccupation. On ajoute la souplesse
pour avoir plus de partage de services, mais il n'y a pas plus d'encadrement
pour s'assurer que ce n'est pas utilisé. Tu sais, je... je ne doute aucunement
de la bonne volonté des municipalités, mais que ce n'est pas utilisé comme un
moyen de ne pas remplacer du personnel. Ça fait que c'est pour ça que je me
demandais d'où vient le 10 ans. Peut-être ce n'est pas mieux si c'est cinq
ans. C'est-tu une mesure de protection? C'est-tu un filet qui pourrait amener
une certaine rassurance?
M. Lafrenière : Oui. M. le
Président, la raison pour laquelle on a mis un 10 ans maximum, je regarde
certaines enquêtes plus spécialisées où ça demande des coûts, des investissements
qui sont majeurs pour mettre ça en commun. On a mis maximum 10 ans pour
être capables de répartir cette dépense-là. Je le dis, encore une fois, nous,
on ne voulait pas embarquer ni dans les conventions collectives, avec un
plancher, pour changer ce plancher-là. On ne voulait pas non plus que ça
devienne une façon de niveler vers le bas puis de diminuer le service qui
est... qui est livré. Alors, on garde le 10 ans, et je vous donne
l'exemple des techniciens qualifiés d'ivressomètre, on le connaît très bien sur
la route, les réalités, des fois, quand il manquait des gens, il nous est
arrivé souvent d'aller dans... au service de police voisin, mais il n'y avait
pas d'entente. Là, on permet d'avoir une entente. Et les élus, s'ils ne sont
pas heureux de cette entente-là, vont le pouvoir de le changer. Ça, ça ne
change pas, là.
• (10 h 20) •
Mme Maccarone : OK, bien, je
soulève quand même parce que je...
M. Lafrenière : Je comprends.
Mme Maccarone : ...je
comprends la préoccupation. Comme, tu sais, on ne lit pas l'article au... au
complet, mais on parle de tous les services de niveau un, deux, trois, quatre,
cinq, et on sait que c'est aussi une doléance, souvent, des policiers
municipaux ainsi que les municipalités, de parler de comment on finance les
services de la SQ auprès des municipalités. Ça fait que ce n'est pas quelque
chose que nous sommes en train d'adresser ici, mais je soulève, parce que c'est
quand même une préoccupation puis que... une demande qui date de quelques années,
je dirais, de revoir le modèle de financement. Ça fait que je le mentionne
juste parce que je pense que ce serait de rigueur de faire la mention que moi
aussi, je partage la préoccupation.
Le Président (M. Sainte-Croix) :
...
M. Lafrenière : Bien, M. le
Président, juste pour les... les besoins des gens qui nous... qui nous
écoutent, je vais vous donner des exemples de ce qui peut être fait puis que ce
qui ne pourra pas être fait. Puis un qui est vraiment important, puis, quand
les collègues des syndicats sont venus ici, on l'a rappelé, les services de
patrouille 24-7 et la sécurité routière ne pourraient l'être, puisqu'il s'agit
de services de proximité. Ça fait qu'on ne pourrait pas venir dire :
Écoutez, vous savez, il nous manque de policiers, là. Les deux villes, là,
normalement on devrait avoir chacun nos... nos effectifs, mais, pour sauver du
temps supplémentaire, là, la patrouille de nuit va être donnée à la ville
voisine. On ne pourra pas faire ça. Ça, c'est explicitement écrit.
Mme Maccarone : ...
M. Lafrenière : Mais c'est
écrit dans ce qui est partagé, puis ça, ça ne l'est pas. Vous comprenez?
Tantôt, on a fait deux catégories. On a fait une catégorie de ce que le
ministre décide comme étant des champs d'expertise qui peuvent être partagés,
dans d'autres cas, surtout, du côté enquête, on dit «avec autorisation du
ministre». On veut s'assurer justement que ce n'est pas une police à rabais,
puis c'est bien fait, mais les services de gendarmerie, de patrouille ne sont pas
dans... dans les services qui peuvent être partagés.
Ce qui pourrait être partagé, par exemple,
service de soutien, la production ou la mise en commun de renseignements
criminels, les services de mesures d'urgence. Exemple, M. le Président,
Contrôle de foule. Deux municipalités pourraient ensemble décider d'avoir une
escouade pour du contrôle de foule. On en a parlé quand on a parlé des
manifestations. On a certaines villes qui sont plus habituées aux
manifestations, d'autres qui en ont moins. Est-ce qu'ils pourraient faire une
escouade mixte ensemble...
M. Lafrenière : D'avoir ces
cinq pieds de chaque côté puis de mettre ça en commun, la réponse, c'est oui.
Ça fait que ça, c'est des exemples que les gens comprennent très bien ce que ça
veut dire.
Dans les cas d'enquête plus spécifiques,
on veut s'assurer que le ministre va l'autoriser parce qu'on veut voir la
capacité à ce moment-là. Mais, pour ce qui est de la patrouille, ça ne fait pas
partie de la liste de ce qui est autorisé par le ministre.
Mme Maccarone : Puis ça,
est-ce que c'est une directive? C'est-tu un document que vous pourriez déposer
pour... juste pour les membres de la commission?
M. Lafrenière : C'est des
notes supplémentaires... d'exemples qu'on a donnés. Je peux vous donner des
exemples, ça ne me dérange pas, là.
Mme Maccarone : Mais oui, je
ne dirais pas non. Puis, je dirais aussi peut-être ce serait bien de faire un
petit refresher pour les corps de police, pour qu'ils comprennent aussi les
orientations.
M. Lafrenière : ...beaucoup
prochainement, mais je vais le rajouter sur ce point-là. C'est une bonne idée
de ce que c'est puis de ce que ce n'est pas. Puis, il n'y a rien de mieux que
ça quand c'est clair puis tout le monde sait où s'en aller. Puis, celle-là je
vais... je vais l'envoyer expressément à l'ADPQ, l'Association des directeurs
de police, puis je mettrai en copie les syndicats qui étaient avec nous pendant
le...
Mme Maccarone : Et nous
aussi.
M. Lafrenière : Puis, mais
ça, pour moi, ça va de soi.
Mme Maccarone : OK. Merci.
M. Lafrenière : Point spécial.
Le Président (M. Sainte-Croix) : Je
comprends que vous allez déposer un document pour le bénéfice de la commission.
M. Lafrenière : Est-ce que je
le dépose sur le Greffier, cette liste-là? Oui. Puis, la liste, on va la
déposer sur Greffier. Absolument. Excusez, je me posais la question. Des fois,
je me parle puis je me réponds aussi.
Le Président (M. Sainte-Croix) : Merci.
Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur l'article 3? S'il n'y a pas
d'autre intervention, je serais prêt à procéder à la mise aux voix. Est-ce que
l'article 3 est adopté?
Des voix : ...
Le Président (M. Sainte-Croix) :
Adopté. L'article 4 maintenant. L'article 4 introduit plusieurs
articles. Je vous suggère que l'on étudie chaque article introduit à la fois.
Et donc inviter le ministre à lire d'abord le début de l'article 4 et
l'article 93.1. Lorsque le débat sur 93.1 est terminé, nous ferons le
débat sur 93.2, et ainsi de suite. Est-ce que j'ai le consentement de la
commission pour procéder ainsi?
Une voix : ...
Le Président (M. Sainte-Croix) :
Oui, M. le député.
M. Fontecilla : ...
Le Président (M. Sainte-Croix) :
Oui.
M. Fontecilla : C'est 90.1...
Des voix : ...
Le Président (M. Sainte-Croix) : Nous
allons suspendre quelques instants, juste pour vérifier avec le secrétariat.
(Suspension de la séance à 10 h 24)
(Reprise à 10 h 32)
Le Président (M. Sainte-Croix) : M.
le ministre, la parole...
10 h 30 (version non révisée)
Le Président (M. Sainte-Croix) :
...est à vous. L'article 4.
M. Lafrenière : Merci, M.
le Président. Alors, l'article 4 de cette loi est modifié par l'insertion,
après l'article 93, de la section suivante :
«Section 4.1 :
«Régie de police autochtones.
«Constitution de la Régie.
«93.1. Des communautés autochtones,
chacune étant représentée par son conseil de bande respectif, peuvent conclure
entre elles une entente aux fins de demander au gouvernement de constituer une régie
de police autochtone responsable d'établir et de gérer un corps de police
commun. Les communautés autochtones transmettent au ministre un avis préalable
énonçant leurs intentions de conclure une telle entente.»
Commentaires : L'article 93.1
permet aux communautés autochtones de conclure entre elles une entente pour
demander au gouvernement de constituer une structure de gouvernance distincte
des conseils de bande, soit une régie de police autochtone pour l'établissement
et la gestion d'un corps de police commun.
Pour ce faire, elles doivent au préalable
transmettre un avis au ministre de leurs intentions de conclure une telle
entente.
M. le Président, comme premier
commentaire, je vous dirais que c'est une demande qu'on a déjà, entre autres,
les communautés de Pakuashipi... sur la Basse-Côte-Nord, qui ont décidé de nous
demander de travailler ensemble. Alors, le corps de police de Pakuashipi existe...
est présentement desservie par la Sûreté du Québec. Ils voudraient avoir une
régie de police.
Il y a plusieurs avantages à ça, M. le
Président, puis ce que je vais vous partager, ça va être bon pour l'ensemble
des articles, là. Pourquoi on va là? Parce que, un, les autochtones le
demandent. Deux, ça leur permet d'avoir... quand on parle de sécurisation
culturelle, d'avoir un service de police qui répond plus à leurs besoins, au
niveau de la langue, de la culture, de la proximité. J'ai présentement un
projet pilote du côté de... M. le Président, on est complètement au
Témiscamingue, où on a deux corps de police autochtones, Témiscamingue First
Nation et... qui donnent un service à la communauté de... qui n'a pas de
service de police. Et eux, ce qu'ils voudraient faire, c'est une régie de
police. C'est un autre bel exemple où les trois seraient ensemble, auraient
donc une police qu'ils se partageraient.
Quand je vous dis ça... Puis les gens qui
nous écoutent, il y en a plusieurs qui connaissent les régies de police. Du
côté allochtone, régie de police Richelieu—Saint-Laurent. On peut penser au SPVQ,
qui est allé chercher d'autres services de police, le SPVM, qui a été constitué
avec d'autres services de police municipaux qui ont... travaillent ensemble.
Alors, c'est une notion qui existe depuis plusieurs années du côté allochtone.
Du côté autochtone, ça ne nous le
permettait pas. Ce qu'on vient faire aujourd'hui, ce n'est pas de les forcer. Puis
ça, ça a été clair quand je les ai rencontrés, puis je vous le dis encore
aujourd'hui, le gouvernement n'a aucunement l'intention de les forcer d'aller
dans cette direction-là, on leur permet de le faire. Puis c'est les communautés
qui le demandent, puis on dit clairement : Les communautés l'ont demandé. Vous
avez vu dans l'actualité, il y a deux semaines, on a la communauté d'Ekuanitshit,
donc, tout près de Mingan, qui nous ont dit : Nous autres, on voudrait
avoir une police autochtone maintenant, on voudrait travailler avec la Communauté
Uashat. Mais c'est les communautés qui vont faire la demande.
On sait que, dans le passé, on a connu une
police amérindienne, puis c'était le nom, là, qui était pour tout le Québec, un
système qui était trop loin des réalités des communautés. Là, on est revenu
avec 22 corps de police autochtones, qui ont donc des réalités différentes,
des fois petits corps de police, difficulté d'avoir de la rétention. Vous pouvez
vous imaginer que patrouiller dans une communauté où vous habitez, communauté
de trois, quatre ou cinq, même jusqu'à 700 personnes, vous avez... vous
arrêtez des gens que vous connaissez, qui sont proches dans votre famille, ça
amène aussi des enjeux où on a un problème de rétention pour les policiers, pas
accession nécessairement non plus à des enquêtes spécialisées. Ça fait que d'avoir
une régie de police, ça donne différentes fonctions, ça permet à des gens de s'épanouir
dans le corps de police.
Et le dernier point, M. le Président, si
on se rappelle de l'enquête, l'ENFFADA, l'enquête qui a été... qui a été faite,
pardon, sur les femmes disparues, assassinées, il y a une mention très, très
claire qui disait que des femmes, dans le passé, ont eu la crainte d'aller
porter plainte à leur service de police, qui est un corps de police autochtone,
parce qu'ils le trouvaient trop proche du conseil de bande. Petites
communautés, tout le monde se connaît. Puis ils se disaient : Si je vais
voir l'enquêteur ou le directeur de police, c'est un ami du chef et... Le fait
de constituer une régie de police autochtone, un des avantages, c'est de mettre
une petite distance entre le pouvoir politique et le pouvoir policier.
Alors, pour tous ces... toutes ces raisons,
voilà pourquoi je nous suggère d'aller dans cette direction-là aujourd'hui, M.
le Président, si c'est... d'aventure si c'est ce que mes collègues des
oppositions veulent. Mais moi, je veux dire que c'est la bonne place. C'est ce
que les gens nous demandent, mais on gardera les amendements puis comment on
peut avoir le meilleur projet de loi.
Le Président (M. Sainte-Croix) :
Merci, M. le ministre. Est-ce qu'il y a des interventions? Oui, Mme la
députée.
Mme Maccarone : Oui. J'aimerais
entendre le ministre parler par rapport à la demande des communautés Premières
Nations, autochtones, qui ont passé ici en commission puis aussi les mémoires
que nous avons reçus des... de la reconnaissance essentielle. Ça fait que s'il peut
élaborer un peu là-dessus, parce qu'on a eu des échanges, on comprend que c'est
une demande qu'ils souhaitent depuis très longtemps, mais de comprendre
pourquoi le gouvernement n'a pas choisi d'aller dans cette direction.
Le Président (M. Sainte-Croix) :
...Mme la députée. M. le ministre.
M. Lafrenière : Oui.
Merci beaucoup, M. le Président. Le point est très bon, parce que j'ai
rencontré l'APNQL, l'association des chefs de police autochtones, avec mon
collègue ministre de la Sécurité publique au fédéral, M. le Président, M. Gary
Anandasangaree, et le...
M. Lafrenière : ...n'était pas
prêt à aller dans cette direction-là. Vous allez dire : Bien, toi, le
provincial, tu as juste à y aller. C'est une entente tripartite. Comme vous le
savez, lorsqu'on paie les services de police, il y a une entente qui fait en
sorte que le fédéral paie un 52 %, le provincial, un 48 %. Et nous,
on... on l'a dit au micro, on l'a dit lors de cette rencontre, on est d'accord
pour reconnaître les services de police autochtones comme un service essentiel,
mais on doit le faire avec le fédéral. Donc, je continue mes travaux en cette
direction-là. Le fédéral n'était pas prêt pour l'instant. Il y a une notion, je
pense, financière, au final, de tout ça pour eux, je parle pour le gouvernement
fédéral, mais on comprend très bien ce qu'ils disent.
Et, M. le Président, si je vous disais ça
puis qu'on ne faisait rien en échange, encore là, on n'aurait pas grand
crédibilité. Je vais vous sortir les chiffres de rehaussement, mais, depuis les
deux... dernières années, pardon, un rehaussement significatif qui a été fait
dans le financement des services de police, dans les... dans les
infrastructures. Puis je vous le dis, je ne suis même pas mal à l'aise, j'ai
visité les derniers postes qu'on a inaugurés, puis je pense qu'il n'y en a pas
un... Il n'y a aucun des postes que j'ai connus, moi, au SPVM, qui pouvait
rivaliser avec ce qu'on a inauguré récemment. On a fait de grands, grands
changements. Ils étaient dus pour les postes de police autochtone, c'est vrai,
mais là on est vraiment à un autre niveau, complètement. C'est important
d'investir dans les infrastructures pour avoir des lieux de travail qui sont
sécuritaires. Mais les rehaussements ont été faits et, moi, je vous dirais qu'à
chaque année je dois signer des ententes d'ajustement, parce qu'on a rajouté
des policiers, rajouté du budget, rajouté des infras.
Ça fait que ce qu'on dit est cohérent avec
la notion de les nommer comme un service prioritaire pour eux... essentiel,
pardon, merci beaucoup, sauf que je ne peux pas... je ne peux pas danser tout
seul dans ce dossier-là, je dois le faire avec le fédéral, puis je continue de
le demander au gouvernement fédéral.
Le Président (M. Sainte-Croix) :
Merci, M. le ministre. Mme la députée.
Mme Maccarone : Et les raisons
qui ont été évoquées par le ministre en... pourquoi vous ne voulez pas.
M. Lafrenière : Je dois vous
dire, M. le Président, la première... puis ça a été clair et transparent comme
rencontre, puis je le remercie en passant, c'est un excellent partenaire, puis
on avance dans plusieurs dossiers. Il faut comprendre que, pour eux, on parle
de plus de 600 bandes à la grandeur du Canada. Ça fait que c'est un impact qui
est financier. Ils ne sont pas prêts à aller là pour l'instant.
Mme Maccarone : ...côté,
est-ce que nous l'avons chiffré? Est-ce qu'on a une idée... Mettons, le
ministre dit : La semaine prochaine que là nous sommes prêts. Nous, de
notre côté, parce que le ministre dit qu'on est prêts, on est intéressés, mais
c'est une entente tripartite. Puis là le gouvernement fédéral accepte, il
dit : On y va. Nous, est-ce qu'on est prêts? Parce que le ministre dit
qu'on souhaite puis on veut, puis c'est comme un engagement si le fédéral
décide d'y aller. Mais est-ce que c'est chiffré? Est-ce qu'on a fait une
évaluation de comment la mise en œuvre... Pendant que le ministre est en train
de regarder, on peut imaginer, ce n'est pas seulement l'engagement des... en
ressources humaines, mais c'est aussi, comme il a mentionné, l'infrastructure,
formation, etc. Ça fait que ça, est-ce que ça a été chiffré?
• (10 h 40) •
Le Président (M. Sainte-Croix) :
M. le ministre.
M. Lafrenière : Oui, merci, M.
le Président. Puis, en même temps que ma collègue a posé la question, je
l'écoutais d'une oreille, puis je veux rassurer les gens, j'écoute ma collègue,
puis je cherchais l'information en même temps. Difficile à dire, je n'ai pas le
chiffre pour le Québec.
Je vais vous donner des exemples juste
pour se donner un comparable, juste pour la communauté abénaquise qui
patrouille deux communautés, donc, Odanak, Wôlinak, sur cinq ans, on a monté de
2 millions. Ça, c'est notre participation, l'augmentation qu'on a fait.
Pour le Nunavik, c'est plus de 200 millions qu'on a rajoutés sur cinq ans.
Ça fait que c'est sûr, si vous parlez de 600 bandes au Québec, on pourrait
faire une règle de trois. Vous comprenez, c'est quand même des montants qui
sont importants. Mais, encore une fois, même si on n'arrive pas, demain matin,
avec le fédéral, à... à ce niveau-là, je suis confiant de questionner les
services policiers en disant : Est-ce que, depuis quatre, deux ans, est-ce
que vous avez vu une différence? Les gens nous disaient que oui. Il y a une
différence dans les infras, puis il y a une différence dans ce qu'on a mis.
Puis ils vont peut-être vous dire qu'il était temps, c'est vrai, puis c'est
vrai que, pendant des années, on a eu des enjeux puis on a reçu des jugements
d'ailleurs, en passant avec la communauté de Mashteuiatsh qui a porté en appel,
justement, le fait du sous-financement qu'on avait avec eux.
Alors, c'est un financement qui change,
qui a changé beaucoup depuis deux dernières années, au nombre d'avenants que
j'ai dû signer, je vous le confirme, M. le Président. Alors, on n'est pas
contre, je pense, tout le monde peut être d'accord avec ça. Je comprends que,
pour mon collègue du fédéral, avec 600 bandes, c'était peut-être un enjeu
majeur financier.
Mme Maccarone : Ça fait que
c'est de l'argent. Je salue les investissements, mais c'est juste parce que
quand... Ce n'est pas la notion d'essentiel, par contre. C'est pour ça que ça
change vraiment le portrait. Ça fait que c'est bien qu'on investit aujourd'hui
puis qu'on n'attend pas pour, finalement, avoir cette reconnaissance. Parce
que, c'est vrai, je peux imaginer l'infrastructure, ça faisait partie des
questions. Je voulais savoir la mise en œuvre quand on a... après qu'on adopte
cet article. Puis ce serait à l'œuvre... Maintenant, on va avoir des régies de
police, mais ils ne sont pas reconnus comme essentiels. Quelles sont les étapes
que le gouvernement ou le ministère doit poursuivre pour la mettre à l'œuvre?
Je suis en train d'imaginer les ententes qu'ils ont actuellement avec la SQ,
que je comprends, ne fonctionnent pas nécessairement très bien, parce qu'on a
des bandes qui sont à 100 kilomètres de la première instance, SQ qui peut
venir aider. Ça fait que je vois le bénéfice de ce que nous avons ici, mais la
mise en oeuvre...
Mme Maccarone :
...pratico-pratique, ça va avoir l'air de quoi? Est-ce que ça va être fait sur
six... six mois, un an? Toujours un accompagnement de la SQ? J'ai aussi des
questions par rapport à la formation. On a entendu les groupes qui ont passé
pour dire que c'est plutôt difficile de former les policiers autochtones.
Alors... Mais je vais venir avec cette question pour clarifier.
Le Président (M. Sainte-Croix) :
M. le ministre.
M. Lafrenière : Je vais peut-être
répondre... Je vais piger certaines des questions parce qu'elles sont vraiment
importantes. Pour les formations, j'aimerais vraiment corriger les faits. Il
n'y a aucun enjeu à former les policiers autochtones. Là où on a un enjeu
parfois, c'est quand il faut les former avec des formateurs anglophones. Et ça,
c'est vrai, on a deux autochtones anglophones, parce qu'il y a autochtones puis
il y a autochtones anglophones. Autochtones anglophones, normalement, on a deux
cohortes par année. Et je regardais encore les chiffres récemment, les cohortes
n'étaient pas pleines, M. le Président. Alors, on a un enjeu, parce que les
communautés nous disent qu'ils n'ont pas accès. Puis là j'ai demandé.
Justement, des fois, c'est des enjeux de communication, parce que l'École
nationale de police envoyait, si vous voulez, son offre de services à
l'ensemble des services policiers. Moi, j'ai demandé que, maintenant, on soit
mis dans le coup, avec mon deuxième chapeau aux affaires autochtones, que moi,
je puisse écrire aussi aux chefs de bande pour leur dire qu'il y avait de la
formation d'ouverte, parce qu'il semble... il y a un enjeu là-dedans. Écoutez,
eux, ils se plaignent de ne pas avoir assez... assez accès à de la formation.
Nous, on a des cohortes qui ne sont pas pleines. Ça fait que ça, c'est un enjeu
particulier, on y travaille. Pour ce qui est de la formation des policiers
autochtones, il y a plusieurs cohortes. Moi, quand je suis arrivé en poste, on
a mis un plan... je pense, c'est pendant deux années, la formation initiale, le
gouvernement du Québec la payait à 100 %. Ça fait qu'il y a beaucoup de
choses qui ont été faites. Ils ont accès à de la formation. De la formation
continue, ils ont accès aussi.
Quand on parle du déploiement par la
suite, puis ma collègue faisait référence à ça... Je vous donne l'exemple de
Pakuashipi, avec qui on travaille depuis... ça fait plus... une année et demie,
c'est-à-dire, dans la prévision de ce qu'ils voulaient, mais on comprend que la
loi n'était pas encore en place. Je ne pouvais même pas leur permettre de faire
une régie de police, mais on travaillait sur comment on peut faire. Est-ce
qu'on aurait fait deux services de police? On regardait plusieurs scénarios.
Mais là, aujourd'hui, avec ce qu'on vous présente, M. le Président, ça va leur
permettre quoi? Parce que ce sont deux services de police avec une distance,
quand même, entre les deux. Ça leur permettait, au niveau gestion d'avoir, une
seule tête. Donc, on n'est pas obligés de faire deux... deux entités de
gestion, et tout ça. Vous comprenez, il y a des mises en commun qui sont
intéressantes. Mais, même pour les patrouilleurs, je reprends l'exemple que je
vous donnais tantôt, M. le Président, si un patrouilleur devait travailler dans
sa communauté, arrestation de quelqu'un de proche, il pourrait demander à son
patron d'aller patrouiller dans la communauté voisine pendant deux semaines
pour faire baisser la pression un peu.
Quand est-ce ça va arriver? Les gens
travaillent ensemble, puis on les appuie là-dedans. Il faut comprendre qu'on ne
leur imposera pas un agenda. On les appuie. Il y a des communautés qui veulent
que ça soit plus vite. Winneway nous a écrit récemment, ils veulent que ça
avance. Alors, on va être là, on va les soutenir. Ça va bien se faire. Mais
c'est attendu dans des communautés. Et, dans d'autres, ils ont un très bon lien
avec la Sûreté du Québec, ils veulent le continuer ainsi. Moi, j'étais à Uashat
avant Noël, et on avait tous les chefs de... tous les chefs de bande et de
police innus qui étaient là. Puis on a un témoignage poignant, là, d'un chef
qui a dit à quel point il s'entendait bien avec le lieutenant qu'il y avait là.
Nous, ce qu'on veut faire : on ne
veut pas faire du mur-à-mur. Moi, je ne veux pas imposer un corps de police
autochtone ou un corps de police régional à tout le monde. Ça dépend des
communautés, ça dépend de leurs réalités. Il y a plusieurs raisons qui peuvent
les amener à ça ou non. Il y a d'autres communautés qui veulent travailler
seules pour des raisons géographiques ou des raisons qui leur appartiennent.
Mais là c'est un outil qu'on propose, puis on ne l'imposera pas. Mais c'est... dans
la phase du développement, on va les appuyer là-dedans, le recrutement, après
ça, ça va être d'avoir des locaux, des locaux transitoires parfois. Winneway,
on l'a vécu, avec une roulotte qui a été installée pour que ça devienne un
point de service. Mais c'est vraiment de regrouper ces services-là.
Ce qui est intéressant aussi, M. le
Président, parce que, dans notre commission, on a parlé beaucoup de la lutte au
crime organisé : de mettre en commun les services de police autochtones,
de les faire travailler ensemble pour partager leurs renseignements. Ça, c'est
vraiment, vraiment gagnant, parce qu'on le vit présentement sur la
Basse-Côte-Nord, où, quand il y a un petit peu de pression, ils déménagent dans
la communauté voisine. Alors, il y a plusieurs chefs qui disent :
Regardez, là on va avoir une vision d'ensemble puis on veut vraiment les sortir
de nos communautés.
Mme Maccarone : Avez-vous des
prévisions? Est-ce qu'on le... on a quand même... Parce que je présume qu'on a
quand même sondé à quelque part pour y arriver avec la proposition que nous
avons ici. Vous parlez beaucoup de Winneway. Dans leur mémoire, ils parlaient
de... aussi, ils ont fait une étude de faisabilité qui a été réalisée et mise
sur pied sur le service de police. Est-ce que nous avons... Alors, d'où la
question : Est-ce qu'on a quand même sondé pour voir est-ce qu'on a une
idée de combien souhaiteraient poursuivre? Puis, si oui, comment allons-nous
poursuivre? Ça, on présume, ça va prendre un an. L'accompagnement, ça nécessite
quoi? Est-ce que ça veut dire qu'on va reprendre aussi les services pour la SQ,
parce que, peut-être, ils seront moins en demande? Ça fait que, peut-être,
c'est bénéfique aussi, parce qu'on comprend que, tu sais, la SQ fait... fait
face à des difficultés dernièrement. Ça fait que... est-ce qu'on a... est-ce
qu'on a aussi appris des choses de cette étude de faisabilité, qui ont impacté
ce que nous faisons ici, dans cet article?
Le Président (M. Sainte-Croix) :
...
M. Lafrenière : Oui, M. le
Président. Puis l'exemple de... de Winneway, pardon, est à peu près le pire
exemple, je vais vous dire pourquoi, parce qu'on a deux enjeux en même temps.
Winneway n'avait pas une... n'avait pas une terre de réserve. Donc, présentement,
cette communauté-là est installée sur une terre qui n'est pas reconnue par le
fédéral. Je ne veux pas vous amener là-dedans, on en aurait pour la journée, M.
le...
M. Lafrenière : ...Président,
mais vous comprenez, on essaie d'établir quelle est l'assise territoriale en
même temps qu'on veut gérer la police. Tout un enjeu avec Winneway, mais...
c'est pour ça que ça ne va pas à la même vitesse. Combien il y en a au Québec
qui pourraient décider d'y aller? M. le Président, c'est vraiment dur à dire,
parce que ça dépend. C'est vraiment humain comme approche. Ça dépend des
communautés, ça dépend du leadership qui a là. Voilà quelques années,
l'ensemble des communautés innues parlait de se regrouper puis d'avoir une
police tribale. Les Attikameks m'en parlaient voilà cinq ans. Changement de
leadership, ils ne sont plus là.
Alors, moi, je pense qu'on en a deux
présentement. Deux qui ont un haut taux, un haut potentiel d'être réalisés.
Mais moi, même avec un, M. le Président, j'étais très à l'aise d'amener le
changement que je vous propose aujourd'hui, parce qu'on respecte leur volonté.
Moi, je ne veux pas aller dans un... dans une approche où on envoie le
message : Nous autres, on va couper dans les sous, tout ça. Parce qu'au
final, ça va prendre de l'argent puis des investissements. C'est clair, là. On
parle d'établissements et tout, ça fait que ce n'est pas... ce n'est pas
l'argent qui nous guide du tout là-dedans. C'est vraiment quand on parle de
sécurisation culturelle, de permettre à une communauté de prendre... de se
prendre en main, de décider ce qui est le meilleur service pour elle. Puis, je
vous le dis, il y en a qui sont très heureux avec la Sûreté du Québec, qui
veulent continuer, puis c'est bien parfait aussi. Mais on veut vraiment que ce
soit à leur vitesse, donc, que les gens soient d'accord, que les citoyens sont
consultés. Du côté de Pikogan, ça fait longtemps qu'ils en parlent, mais là,
voyant qu'on le déposait aujourd'hui, ils étaient heureux de ça.
Mais vous voyez, M. le Président, malgré
tout ça, malgré le fait que ça vienne des communautés, on se rappellera que,
dans les consultations, on avait le chef Dwayne Zacharie, qui est venu nous
faire une présentation. Puis j'avais avisé mes collègues en disant : Vous
allez voir, il va y avoir des... ça va être très affirmatif. Puis
effectivement, son... son approche était très affirmative. Je le connais depuis
plus de 30 ans, M. le Président. Mais ce qu'il voulait dire, au final, il
voulait passer son message pour être considéré comme un service essentiel, on
l'a bien compris, mais il voulait aussi qu'on ne... qu'on n'impose pas. Vous
savez, c'est des cicatrices qui s'ouvrent très rapidement. Dès qu'on parle de
faire des changements du côté autochtone, eux, se faire imposer notre façon de
faire, ils ne veulent absolument pas. Puis là, je prends des mots polis. Ça
fait que c'est pour ça qu'ils ont bien... ils ont réagi quand même assez fort.
Vous allez voir, plus loin, on va parler de quel... on peut dissoudre aussi une
régie de police autochtone. Ça aussi, ça les a fait réagir. Mais on va bien le
baliser, bien l'expliquer. Mais au final, on le propose, puis je l'ai dit
encore récemment au chef de... M. Piétacho. On le propose, on ne l'impose
pas. Puis ça, il faut vraiment rassurer les gens. Ils sont craintifs, avec
raison. Le passé leur a donné raison. À plusieurs reprises, on n'a pas été
vraiment bons avec eux.
Mme Maccarone : Ça, je
comprends très bien les orientations. Je comprends qu'on va aller à leur
rythme, puis ce serait du sur mesure et pas du mur-à-mur. C'est très, très
clair pour moi. Puis le ministre a raison de mentionner aussi les interventions
que nous avons entendues, parce que c'est aussi le Protecteur du citoyen qui
nous ont envoyé une lettre ici pour les membres de cette commission, qui disait
que c'est un départ d'avoir une régie des polices autochtones, mais aussi de
reconnaissance de l'existence comme essentielle, si ça fait partie des
demandes. Ça fait que le Protecteur du citoyen souhaite... nous, comme élus, on
poursuit avec cette demande. Ça fait que je trouve ça bien qu'on vide la
question là-dessus, mais je comprends les préoccupations.
• (10 h 50) •
Moi ma question, si tu n'es pas... qu'on
va déployer à tout le monde puis qu'on va l'imposer, c'est qu'on n'a pas eu un
rapport d'étude d'impact. Ça fait que financièrement, on doit avoir chiffré
quelque chose, parce qu'on est en plein milieu de la semaine du budget. Ça fait
qu'on prévoit quoi, à peu près? Parce que je n'ai aucune idée combien que ça
coûte. Puis je comprends qu'on ne fera pas pour tout le monde, ça va être à
leur propre guise puis suite à leur demande. Mais, si, mettons, on a deux qui
rejoignent les ministres après l'adoption de la loi, on dit : Bien, nous,
on a prévu X pour le budget pour poursuivre.
Le Président
(M. Sainte-Croix) : ...
M. Lafrenière : Oui, M.
le Président. Je consultais en même temps pour être bien sûr de... de ma
réponse. Puis je vais vous donner un exemple. Tu sais, Winneway, ça fait
plusieurs années qu'on travaille avec eux, puis ils ont ce besoin-là... puis
vous allez voir ma question, on dirait je vais dans la garnotte, là, mais je
vais revenir rapidement. Avec eux, ça avance bien, mais il y a d'autres enjeux.
Puis là, il y a l'entente entre les communautés. Ça fait que je peux rendre ça
caricatural, mais juste pour vous dire, les deux plus probables à très court
terme : Winneway, Pakuashipi. Est-ce que ça pourrait être dans deux
semaines? Ça pourrait. Est-ce que je crois que ça va arriver? Je ne pense pas.
Pour l'instant, il y a encore des... des communautés ont des choses à régler
entre elles.
Ça fait que, pour répondre à ma collègue,
Pakuashipi, qui a déjà ses infrastructures, qui a déjà son service de police,
qui veut donner un coup de main... moi, je me dirais, là, dans le meilleur des
mondes, si on peut en avoir une première, là, qui commence à émerger, c'est
minimalement une année. Minimalement, une année, avant même... Puis là, ça fait
des années qu'on travaille dessus. Ce n'est pas quelque chose qui va être un
changement super rapide, surtout pour les premiers. Au niveau des chiffres, on
va pouvoir le chiffrer, mais on a déjà regardé le budget avec eux. On a déjà
des choses qu'on a regardées avec eux dans ce qui était proposé, et c'était
viable. C'était viable. C'est un service extrêmement important, essentiel.
Est-ce que ça va nous demander de réaffecter certaines ressources à d'autres
endroits? Possiblement qu'on va redéplacer nos billes pour certains endroits.
Mais en passant, M. le Président, il y a certains postes que les gens doivent
se déplacer en fly-in/fly-out parce qu'on n'a pas nécessairement des policiers
qui sont toujours attitrés. Ça fait qu'honnêtement, comme je vous disais
tantôt, la raison pour laquelle...
M. Lafrenière : ...je ne
semble pas m'en faire vraiment avec le budget, c'est... quand je regarde tout
ça. Il y a déjà beaucoup de sommes qui sont impliquées là-dedans, puis on a mis
les bonnes sommes pour «upgrader» les... les infras. Pakuashipi, là, on n'a
même pas terminé leur poste de police, il fait partie de la liste des postes
qui vont être... qui vont être changés prochainement. Ça fait que je ne vois
pas de gros, gros impacts à court terme, mai, pour le temps, dans le meilleur
des cas, une année ce serait rapide.
Mme Maccarone : Après une
année, mais c'est ça... le chiffre. Vous avez dit que vous allez quand même le
chiffrer. Ça fait que c'est quoi, la tranche qu'on regarde à peu près en
12 ans, dans le meilleur des mondes, on a, au moins, un, dont on peut
poursuivre. Vous avez sûrement chiffré ça, parce qu'il faut avoir un budget. On
a parlé de budget, des bons montants, mais je ne sais pas qu'est-ce que ça veut
dire.
Le Président (M. Sainte-Croix) :
M. le ministre.
M. Lafrenière : Merci, M. le
Président. Puis tantôt ma collègue faisait référence au document de Winneway
qui avait une première étude de faisabilité, Là, on attend la deuxième étude
et, sur celle-là, on n'y arrive pas pour l'instant, parce que les parties
n'arrivent pas à s'asseoir ensemble. Ça fait que je ne suis pas capable de
déposer parce que sinon, je le ferais, là. Puis je regardais, j'ai dit :
Si on a le document, on va le déposer à la collègue. Je veux qu'elle voie au
niveau du budget. On travaille encore avec eux, mais on n'est pas encore rendu
là, M. le Président, on ne l'a pas livré encore.
Mme Maccarone : Est-ce qu'on a
une idée d'à peu près, parce qu'on doit... Le ministre a dit quand même :
On a un bon budget, ça veut dire quoi, un bon budget qu'on a mis de côté?
M. Lafrenière : Je n'ai pas...
Attention, je veux juste corriger ma collègue. On a déjà des sommes qui ont été
investies, puis je m'engage, dans les prochains jours, à le communiquer à ma
collègue, tout le rehaussement qu'on a fait, ça, je peux le faire, Mais, pour
ce qui est... ce qui est à prévoir pour les deux communautés, on est en pleine
négo avec eux, je n'irai pas balancer un chiffre ici, ils ne seraient pas
vraiment contents. Ça fait que je veux qu'on prenne le temps.
Mme Maccarone : Mais est-ce
que ça va faire partie du budget qui serait déposé cette semaine?
M. Lafrenière : Pour demain,
est-ce que ma collègue va avoir en exclusivité quelque chose qui va être déposé
demain? La réponse, c'est non, ça ne fera pas partie du budget, M. le
Président, mais le rehaussement des postes, elle va avoir des choses demain,
mais je m'engage après.
Mme Maccarone : OK. Parce
qu'on ne prévoit pas avoir le besoin de poursuivre dans les 12 prochains mois,
c'est ça, ça fait qu'on s'attend que ça va se faire peut-être en 2027.
M. Lafrenière : Pas en dehors
de notre enveloppe qu'on a déjà, c'est-à-dire pour les négociations puis les
travaux qu'on fait. Il y a encore beaucoup de travaux à faire.
Mme Maccarone : Parfait. OK.
Merci.
M. Lafrenière : Ça prend du
temps, M. le Président, ça prend vraiment tout le temps. Puis je vais vous
donner un exemple. Quand on a eu les élections du côté autochtone, puis, vous
savez, dans les communautés, là, j'ai des communautés qui sont en élection aux
deux ans, il y en a aux trois ans, il y en a aux quatre ans, puis j'en ai une
bientôt aux cinq ans. Pourquoi je vous dis tout ça? Vous comprenez que, quand
on a deux communautés qui veulent avoir une police commune, puis j'arrive à
qu'une élection comme il est arrivé récemment à Pakua, ça nous a remis à la
case départ pendant quelques semaines.
Ça fait que c'est pour ça que ça prend
tout ça, mais il faut respecter cette volonté-là des communautés. Là, ils sont
au rendez-vous, ils veulent ensemble. Moi, je vous le dis, j'ai bon espoir
qu'on va livrer de quoi, mais pas avant 12 mois. Mais on a quand même les
sommes pour continuer les études, travailler avec eux, les préparations. On les
aide même à bonifier leur poste de police qu'ils ont à Pakua. On fait tout dans
cette direction-là.
Mme Maccarone : C'est certain
qu'on a de l'argent déjà de prévu, mis de côté pour être en mesure de
poursuivre si nous avons une demande d'ici les 12 prochains mois. Mais je
suis rassurée, c'est ça que je voulais savoir, qu'on n'aura pas des demandes
puis là on ne peut pas poursuivre. C'est vraiment ça, parce que...
M. Lafrenière : ...la question
de ma collègue, est-ce que si d'aventure, nous, on avait une demande prochainement,
est-ce que vous allez dire non, parce que vous n'avez pas de budget? La réponse
est non.
Mme Maccarone : OK.
Le Président (M. Sainte-Croix) :
D'autres interventions? Oui, M. le député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : Merci, M. le
Président. Donc, moi, je me dis qu'approfondir les liens entre financement et
création de cette nouvelle notion de régie, donc, chaque communauté dispose, de
façon générale, d'un financement provenant du fédéral, du provincial Et, pour
financer un corps de police, là, on va créer une entité, une nouvelle entité
qui va regrouper peut-être des corps de police déjà existants, qui va les
fusionner en quelque sorte ou qui va... Je vous ai entendu, j'ai cru comprendre
qu'il peut y avoir une extension d'un corps de police vers une communauté qui
était, comment dire, non pas formellement desservie, mais... au besoin, là.
Donc, la question du financement supplémentaire, parce que vous avez nommé, M.
le ministre, que le fédéral, bon, a des enjeux financiers concernant ces
sujets-là. Il y en a toujours là, mais j'aimerais évaluer, dans quelle... dans
quelle proportion, le financement existe déjà.
Donc, la régie, si je comprends bien,
grosso modo, n'est qu'une, comment dire, un réaménagement des budgets actuels
disponibles et mis à la disposition des communautés pour le corps de police,
là, il est où, l'enjeu de financement, là, par la création de nouvelles régies?
M. Lafrenière : Oui, merci, M.
le Président. Puis je pense, je vais corriger les infos pour mon collègue,
parce qu'effectivement ça peut devenir mélangeant. Il y a deux discussions
qu'on a aujourd'hui, de reconnaître les services de police autochtone, qui a
été demandé...
Une voix : ...
M. Lafrenière : ...comme es
services essentiels — merci de m'avoir répondu — comme les
services essentiels. Le gouvernement fédéral, lorsqu'on a une discussion avec
eux, ce que ça voudrait dire, ça veut dire...
M. Lafrenière : ...un
engagement à perpétuité et non pas un engagement contractuel avec une clause de
trois ou cinq ans. Et, comme il y a 600 bandes au Canada, pour le fédéral,
c'est un engagement qui doit se prendre, qui a une... qui a une valeur
monétaire à ça. Ça n'a aucun lien avec ce qu'on parle aujourd'hui, M. le Président.
Alors, ça, je veux mettre ça clair. Mais, c'est correct, la collègue le
ramenait parce que ça a été demandé par les associations de chefs de police
autochtone, c'est une discussion qu'on a eue dans cette salle. Ça fait que je
comprends pourquoi on l'a ramené, qu'ils nous disent : On devrait être
reconnus comme un service essentiel. Ce n'est pas par manque de volonté, c'est
qu'avec notre partenaire du fédéral il y a un enjeu de financement. On met ça
de côté.
Les régies de police aujourd'hui. Est-ce
qu'il y a un enjeu de financement? La réponse, c'est non, pas du tout.
Qu'est-ce que ça va changer? Est-ce que vous venez juste redéplacer des gens?
Ce qu'on vous propose aujourd'hui, M. le Président, ce n'est pas de créer une
entité. Ce qu'on propose maintenant aux entités autochtones qui le voudront,
s'ils veulent travailler ensemble, c'est-à-dire trois services de police qui
existent déjà, se fusionner, travailler dans ce qu'on appelle une régie, ils
vont pouvoir le faire. Si on a un corps de police, une communauté qui a un
corps de police autochtone, communautés voisines ou pas, qui n'a pas de corps
de police autochtone qui est desservi par la Sûreté du Québec, avec une
desserte qui est différente, puis qu'ils décident de créer, eux, ensemble une
régie de police, est-ce qu'ils vont pouvoir le faire? La réponse, c'est oui.
C'est ce qu'on vient permettre.
Ça existe déjà du côté allochtone. Si on
se promène un peu au Québec, il y a plusieurs endroits que c'est des régies de
police. Le SPAL, le Service de police de l'agglomération de Longueuil, c'est
une régie, c'est plusieurs services de police qui ont été ensemble unifiés, la
régie de police Richelieu — Saint-Laurent, régie de police Thérèse-De
Blainville. Je peux vous en nommer pendant longtemps, M. le Président, parce
qu'on est parti de plusieurs corps de police au Québec, quand j'ai commencé
comme jeune policier, puis on en a beaucoup moins aujourd'hui, les gens sont
fusionnés.
Ça l'a amené plusieurs avantages, partage
de renseignements, possibilité aussi d'aller vers d'autres fonctions, parce
qu'on comprendra, quand on a plusieurs services de police ensemble, fonction de
superviseur, préventionniste, enquêteur... ce sont toutes des fonctions qu'on
rajoute. Donc, ça permet pour un policier de grandir dans cette organisation-là
puis ça permet d'avoir plus de robustesse aussi et de garder les effectifs.
Le plus gros défi pour un petit service de
police, M. le Président, c'est de garder ses effectifs. On comprend quel est le
coût d'envoyer un jeune policier à Nicolet, ça prend un an ou deux qu'il a fini
sa formation, puis il est arrivé dans une organisation, puis il se débrouille
bien puis il décide d'aller dans une plus grande organisation pour des
conditions différentes. Ils perdent leurs effectifs. Puis, souvent, ils se
considèrent comme le club-école des grands services de police.
Ça fait que ça, la régie de police, amène
beaucoup d'avantages. Du côté autochtone, ça amène aussi la possibilité d'être
plus mobile, donc, quand il arrive de quoi dans notre village, dans notre
communauté, d'aller travailler dans une autre communauté pendant une période de
temps.
C'est pour toutes ces raisons-là qu'on
l'amène aujourd'hui, M. le Président, mais surtout parce que les communautés
autochtones, puis j'ai donné deux exemples, nous l'ont demandé, d'avoir ce
pouvoir-là, de choisir elles-mêmes ce qu'elles veulent. S'ils veulent une régie
de police, qu'ils puissent le faire. La loi de police ne le permettait pas,
aujourd'hui on va le permettre. On ne le demande pas, on le permet.
• (11 heures) •
M. Fontecilla : Merci, M. le
Président. M. le ministre a évoqué très rapidement tantôt la question de créer
une distance entre le pouvoir politique des communautés et des corps policiers,
le travail quotidien des corps policiers, là. Si vous pouvez approfondir un
petit peu plus, là, de quelle façon ça se... ça se concrétise, cette
distance-là entre le pouvoir politique et le pouvoir policier.
M. Lafrenière : Merci, M. le
Président. Je faisais référence tantôt à l'ENFFADA, qui est une enquête très
connue au Canada sur les femmes et les filles disparues, assassinées, où
certaines femmes ont rapporté avoir la crainte d'aller voir le service policier
autochtone pour porter plainte. Pourquoi? Parce qu'ils vivaient dans une petite
communauté autochtone de trois, quatre, 500 personnes, les élus, très
proches quand même du service de police. Donc, ils se disaient : Tout le
monde se connaît, je vais aller voir l'enquêteur qui connaît le chef ou un des
conseillers. Alors, d'avoir une régie de police où on est un petit peu plus
robuste, donc on prend deux ou trois communautés ensemble, on se fait un
comité... j'étais pour dire une CSP, une commission de sécurité publique, on a
un autre niveau pour les gens... Puis c'est ce qu'on a vécu du côté allochtone
aussi, ils sentent moins, justement, ce pouvoir décisionnel là, en
disant : Le maire ou l'élu, il y a un lien direct avec le chef.
Alors, on vient de mettre une instance qui
est différente, où on a cette régie de police là qui n'est pas le bras armé du
conseil de bande, ce qui a été rapporté dans l'ENFFADA. C'était une des
craintes que les femmes avaient. Ça fait qu'on vient répondre en partie
aujourd'hui en donnant cette possibilité-là, M. le Président, parce que, dans
une petite communauté, on peut s'imaginer trois, 400 personnes, le service de
police qui patrouille dans cette même communauté là, c'est sûr que les gens se
connaissent, c'est sûr que les gens sont très proches l'un de l'autre, puis
c'est ce qui amenait, des fois, des craintes pour les femmes d'aller porter
plainte.
Le Président (M. Sainte-Croix) : Merci,
M. le ministre. M. le député.
M. Fontecilla : Dans les...
des communautés... des délégués des communautés autochtones, on nous a
rapporté... qui se sont présentés ici, là, il y a la question du pouvoir de
dissolution. Vous vous octroyez...
M. Lafrenière : ...
M. Fontecilla : Dans un autre
article?
M. Lafrenière : ...
M. Fontecilla : Très bien. La
question... et ça a été soulevé aussi, et je ne sais pas si elle va être
traitée ici ou plus tard, la question de la définition de règlement, là...
11 h (version non révisée)
M. Fontecilla : ...la
définition de règlement, là. Donc, je... je m'explique, là, ce qui a été
rapporté par... ce qui a été rapporté par le chef des Premières Nations du
Québec, Labrador, M. Francis Verreault-Paul, c'est la question des pouvoirs que
le règlement spécifiant le fonctionnement des différents... des différents
corps de police pourront... pourraient être rédigés et rédigés sans véritable
consultation des peuples autochtones, là. Est-ce que... qu'est-ce ce que vous
avez à nous dire sur cette préoccupation?
M. Lafrenière : M. le
Président, c'est un article qui est costaud, où on va avoir plusieurs points.
Moi, je nous suggère, dans... puis je les ai pris en note, en passant... cher
collègue, là, on regarde ce qu'il nous dit, mais je pense qu'on va passer
là-dessus. Pour la dissolution, je l'avais déjà évoqué tout à l'heure en
entrée, là, qu'on va en reparler. J'entends mon collègue, je ne le comprends
pas tout à fait. Ça fait qu'on va regarder en même temps... je nous suggère de peut-être
avancer. Ce n'est clairement pas dans le 93.1. Je nous suggère parce que souvent
on a eu des discussions «at large» », mais j'ai vraiment peur parce qu'il
y en a beaucoup. Ça fait que. M. le Président, si mon collègue l'accepte,
passons sur le 93.1, et, par la suite, dès qu'on va arriver aux deux éléments qu'il
m'a soulignés... solution, je le sais, puis là la partie réglementaire, on y
travaille.
Le Président (M. Sainte-Croix) :
M. le député.
M. Fontecilla : Si vous me
permettez, M. le Président, là, c'est dans leur présentation, là, le chef nous
dit que «de plus, le PL 13 ne consacre pas explicitement une
obligation de consultation significative, préalable, structurée des Premières
Nations pour l'adoption de règlements d'application affectant la gouvernance de
nos corps de police, hors de l'article 35 de la Loi constitutionnelle...
confirme les droits ancestraux issus des... issus des traités, là». Donc, c'est
cette question-là que je voudrais soulever auprès... auprès du ministre.
M. Lafrenière : Oui. Parfait, M.
le Président. Alors, encore une fois, je... là, j'ai bien compris le point du
collègue. On va y arriver un petit peu plus tard, mais je nous suggère d'avancer
93.1 puis on va... on va revenir tantôt, cette... la partie consultation.
Le Président (M. Sainte-Croix) :
...pour la proposition de M. le ministre, d'y revenir plus tard? Je comprends
qu'on a puisé le 93.1. Allons-y pour le 93.2. La parole est à vous, M. le
ministre.
M. Lafrenière : Est-ce qu'on adopte
article par article... à la fin?
Le Président (M. Sainte-Croix) :
Non, on va y aller à la fin.
M. Lafrenière : Ah!
Continuons. Quatre : Modifier... Cette loi est modifiée par l'insertion
après l'article 93 de la section suivante :
«93.2. L'Entente visée à l'article 93.1
prévoit notamment les éléments suivants : Le nom de la régie, le lieu où
sera établi le siège de la Régie, la composition du conseil d'administration de
la Régie, le mode de nomination de ses membres, dont le président et la durée
du mandat, le nombre de voix qui peut être en nombre et en valeur attribué à
chacun des membres du conseil d'administration de la régie, les règles de
fonctionnement de la Régie, le mode de répartition des contributions
financières entre les communautés autochtones parties à l'entente pour le
fonctionnement de la régie, le mécanisme de règlement des différends, la durée,
les modalités et le renouvellement et les motifs de résiliation de l'entente,
le partage de l'actif et du passif, ainsi que la répartition des membres du
corps de police et du personnel lorsque la régie est modifiée ou dissoute. »
Commentaires. L'article 93.2
détermine les éléments qui doivent être... qui de se retrouver dans l'entente
visée par l'article 93.1. Donc, c'est le... M. le Président, ce qu'on vous
présente, à 93.2, c'est ce que le contrat devra contenir. Quand les communautés
X, Y vont vouloir travailler ensemble... bien, c'est le genre de de contrat d'entente,
qu'on fait du côté allochtone aussi, en disant : On veut faire une régie
ensemble, comment ça va fonctionner, où on met le siège social, comment ça va
être réparti, combien de policiers, à quel endroit? Alors, c'est... c'est le
contrat qui est proposé.
Le Président (M. Sainte-Croix) :
...M. le ministre. Y a-t-il des interventions? Oui, Mme la députée.
Mme Maccarone : Oui, ça fait
que la proposition que nous avons ici, ça, c'est basé sur des discussions que
vous avez eues avec les communautés concernées, qui auront peut-être un désir
de vouloir poursuivre, encore une fois, à leur rythme. Mais est-ce que c'est
suite à des discussions que vous avez eues avec eux?
Le Président (M. Sainte-Croix) :
...
M. Lafrenière : Oui...
Mme Maccarone : Juste avant, ou
bien est-ce que c'est basé... Ça se peut que c'est basé... Une deuxième
question que peut-être vous pourrez répondre dans la même réponse, c'est :
Est-ce que c'est aussi inspiré d'un autre type de contrat qui existe?
Le Président (M. Sainte-Croix) :
...M. le ministre.
M. Lafrenière : Oui, merci, M.
le Président. Bien, c'est basé sur deux choses. Un, ce qui existe déjà du côté
allochtone pour des régies de police allochtones, sur la Loi sur les cités et
villes, mais aussi, M. le Président, on s'inspire de ce qu'on fait présentement
quand on travaille avec Pakuashipi ou Unamen Shipu. C'est le genre d'éléments
qui sont amenés dans les discussions qu'on a avec ces deux communautés-là. Ça
fait que, pour nous, ça reflète ce qui était là. Ce qui est assez basique, dans
le sens, quand on l'établit... Puis, quand je parlais tantôt d'avoir une petite
distance avec... avec le monde politique...
M. Lafrenière : ...d'avoir...
justement, d'avoir un conseil d'administration, des gens qui vont être
représentés... représentés là-dessus, c'est... peut-être que ça répond un petit
peu à ce que l'APNQL amenait. On va le revoir tantôt, là, mais ça, ce sont les
communautés qui proposent ça. On ne l'impose pas, là, on ne vient pas dire... vous
allez avoir deux membres... vous allez avoir trois membres, puis c'est eux
autres qui doivent négocier ça ensemble.
Le Président (M. Sainte-Croix) :
Merci, M. le ministre. D'autres interventions?
Mme Maccarone : Oui, bien,
merci. C'est parce que j'essaie de comprendre un peu la mise en œuvre aussitôt
que l'entente sera entérinée, bien, ça veut dire quoi, la mise en œuvre. Est-ce
qu'il y a des choses qui seront peut-être oubliées, comme les ententes qu'ils
auront avec la SQ, parce qu'ils souhaitent quand même poursuivre, tu sais?
Est-ce que ça, c'est des choses qui sont prises en considération ou est-ce que
ça va nous amener à avoir des modifications par la suite pour... J'essaie parce
que... Je vous entends, je sais qu'on souhaite donner le plus de souplesse
possible pour la mise en œuvre. Ça fait que j'essaie juste de m'assurer qu'à
l'intérieur de ces neuf... les neuf paragraphes proposés, qu'il n'y a pas
d'oubli, parce qu'on ne revient pas pour refaire cette loi, un autre 20 ans, là,
ça fait qu'il faut s'assurer que les mesures qu'ils ont en place pour la mise
en œuvre, dans cinq ans, parce qu'on comprend que ce n'est pas tout le monde
qui est prêt, mais aussitôt qu'ils vont vouloir poursuivre, bien, on est
couvert.
M. Lafrenière : La question
est à propos, M. le Président, puis je veux rassurer ma collègue, oui, on
innove, du côté autochtone, mais ça existe déjà du côté allochtone, exemple, la
régie de police Richelieu-Saint-Laurent. Je donne cet exemple-là, que je
connais bien, mais c'est ce qui a été... ce qui a fait partie de leur
Constitution. Et pour la rassurer, la collègue, aussi, pour la Sûreté du
Québec, la Sûreté du Québec donne toujours ce service-là, que ce soit un
service supplétif à la grandeur du Québec, il le donne déjà. On n'a pas besoin
de faire d'entente à ce moment-là.
Mme Maccarone : ...d'entente
avec une municipalité. La mutualisation, tu sais, je parle de ça, mais est-ce
que la mutualisation, dans l'article 3, que nous venons tout juste de... Parce
que je sais que ça s'applique à eux aussi, parce que ça va être un corps de
police, mais l'application, pour eux, les ententes avec les municipalités,
est-ce qu'il y a une spécificité dont nous devons prendre en considération?
Le Président (M. Sainte-Croix) : Merci,
Mme la députée. M. le ministre.
M. Lafrenière : J'aime
beaucoup la question de ma collègue, parce que ça a fait partie de ce que je
voulais regarder au tout début, puis c'est beaucoup plus compliqué que ça,
parce que, exemple, on se disait : À partir du moment qu'on fait une régie
de police, si j'ai une très petite municipalité qui est à côté, est-ce que je
ne pourrais pas demander à ce corps de police autochtone de desservir la
municipalité? Je vais vous donner un exemple concret... est juste de l'autre
côté de la rivière Saint-Augustin, c'est la communauté de Saint-Augustin qui
est là, communauté allochtone desservie par la Sûreté du Québec. Dans le cas
d'une urgence, dans un cas très concret, on peut demander à Pakuashipi de desservir
Saint-Augustin, mais on ne peut pas, par entente, leur demander de desservir au
quotidien. Un, dans notre entente tripartite avec le fédéral, ça ne
fonctionnerait pas parce que le fédéral paie seulement sur communautés
autochtones.
• (11 h 10) •
C'est là qu'on arrive à la limite de notre
système pour l'instant, mais en cas d'urgence, en cas de n'importe quoi, puis
ça se fait déjà, il y a possibilité... Exemple, je ne demanderai pas à des
patrouilleurs de la Sûreté du Québec de partir en avion pour aller à
Saint-Augustin. Si les policiers de Pakua sont là, ils vont traverser puis on
aura une entente à ce moment-là, mais je ne peux pas les mettre dans une
entente tripartite ou dans une régie, la limite de mon système, elle est là
pour l'instant.
Mme Maccarone : Ça fait que
si, mettons, le ministre... il revient l'année... l'année prochaine, puis il
dit : Là, le fédéral est prêt, là, on va mettre ensemble les ententes...
tripartites, oui, c'est ça?
M. Lafrenière : ...
Mme Maccarone : Est-ce qu'il y
a un impact?
M. Lafrenière : ...M. le
Président, je n'aime pas couper... oui, mais je n'aime pas couper ma collègue,
mais oui-non. Ce que je veux dire par là...
Mme Maccarone : Oui-non? C'est
un noui?
M. Lafrenière : Oui, c'est à
peu près ça. Pourquoi? Parce que vous imaginez les ententes qui existent au
niveau de la police au Québec, avec le fédéral, c'est sur des territoires
autochtones, ça ne couvre pas les territoires non autochtones. Je ne pourrais
pas arriver avec une municipalité qui n'est pas autochtone. Ça, c'est l'enjeu,
que même si mon collègue du fédéral disait : On y va pour déclarer que
c'est un service essentiel, ça ferait en sorte que, dans le futur, on n'aurait
plus des ententes de trois ans... ce serait une entente à perpet, j'imagine.
Ça, ça changerait un petit peu puis c'est ça qui rassurerait les communautés
autochtones, qui se demandent tout le temps : Est-ce que je vais être
renouvelé, comment ça va fonctionner? Mais ça ne changerait pas l'application
en disant que je vais l'appliquer dans une communauté non autochtone. Non. P
Puis, deuxièmement, M. le Président, là,
je vais continuer parce que j'ai eu cette réflexion-là, en passant, si
d'aventure on avait ce genre de régie de police là...
Mme Maccarone : ...
M. Lafrenière : Pardon?
Mme Maccarone : Je suis
contente, on est sur la même... alignés.
M. Lafrenière : Oui, puis ça
me fait peur, mais je pense que c'est la Saint-Patrick. Mais, si d'aventure on
avait une communauté autochtone, une régie qui décidait de donner du service,
si vous voulez, dans une communauté allochtone, là, on va faire l'inverse. Je
parle beaucoup de sécurisation culturelle, je peux vous faire une sécurisation
culturelle à l'inverse. Est-ce que les gens de la communauté aimeraient être
servis par quelqu'un qui ne parle peut-être pas le français? Parce que, dans
certaines communautés autochtones, je l'ai, bien là, on vivrait l'exemple
inverse aussi.
Ça fait que... est-ce que c'est possible
en cas d'urgence? Oui. Est-ce qu'on peut faire des ententes? Oui. Est-ce qu'une
desserte autochtone dans une communauté allochtone est possible présentement?
Non.
Le Président (M. Sainte-Croix) :
...Mme la députée.
Mme Maccarone : Ça fait que,
dans le fond, ça tient toujours la route, mettons, dans cinq ans. C'est ça que
je comprends.
M. Lafrenière : Oh oui! Oui,
oui.
Mme Maccarone : Dans cinq
ans, le gouvernement fédéral change d'avis : On est prêts à poursuivre,
nous aussi, on embarque là-dessus...
M. Lafrenière : Ils vont juste
rajouter de l'argent puis on va être contents.
Mme Maccarone : ...services de
police essentiels. Tout ça, ça tient la route quand même, on n'a pas besoin de
penser futur, voir... des modifications pour poursuivre avec policiers
essentiels.
Le Président (M. Sainte-Croix) : M.
le ministre.
M. Lafrenière : La seule
différence, c'est vraiment...
M. Lafrenière : ...les
ententes de financement, puis tantôt, je... je sortais des chiffes en même
temps que ma collègue nous amenait la question, puis je vous donne des
exemples, là, tu sais. Juste le Nunavik, c'est 262 millions de plus qu'on
a faits, pour les corps de police autochtones au sud, au niveau de leur... la
rétribution, là, pour les... pour l'embauche de policiers, c'est
130 millions, c'est quand même des gros, gros changements qui ont été
faits récemment, mais c'est des ententes qui sont sur trois, cinq ans, cinq
ans, pardon, alors, c'est sûr que la grosse différence... Pourquoi les corps de
police sont venus nous faire cette demande-là? Je les comprends parce que cinq
ans, c'est comme dans d'autres choses, tu ne peux pas embaucher un policier
puis le mettre à pied après cinq ans. Ils le gardent, ils en ont besoin, puis
là, pendant les derniers mois de négociation, tout le monde est insécure en se
disant : Est-ce que je vais être renouvelé? À quel montant? Ce qu'ils
venaient nous dire, c'est : Est-ce qu'on peut être stables, puis un engagement
plus fort que ça, on est d'accord, mais avec le fédéral.
Mme Maccarone : OK, merci.
Le Président (M. Sainte-Croix) : D'autres
interventions sur l'article 93.2? 93.3, M. le ministre.
M. Lafrenière : Oui, merci,
M. le Président. Cette loi est modifiée par l'insertion, à l'article 93,
de la section suivante :
9.3. Les communautés autochtones
transmettent au ministre l'entente prévue à l'article 93.1 ainsi que la
résolution... que les résolutions, pardon, qui ont été... qui ont été autorisées...
qui ont... qui ont... Je vais recommencer : Qui ont autorisé sa
conclusion, pardon, M. le Président. Le ministre peut demander à ces
communautés tout renseignement ou tout document qu'il estime nécessaire à
l'analyse de l'entente. Le ministre et les communautés autochtones parties à
l'entente conviennent du territoire sur lequel la régie aura compétence et des
modifications à apporter à l'entente, le cas échéant.
Comme commentaire, M. le Président :
L'article 93.3 énonce que les communautés autochtones doivent transmettre
au ministre l'entente qui est intervenue entre elles en vertu de
l'article 93.1 de la loi, ainsi que les résolutions des conseils de bande
qui ont été... qui ont autorisé sa conclusion. Dans le cadre de l'analyse de la
demande de constituer une régie de police autochtone, le ministre peut demander
aux communautés tout renseignement ou tout document qu'il estime nécessaire,
enfin, cet article précise que le ministre et les communautés autochtones
parties à l'entente conviennent entre eux du territoire sur lequel la région
aura compétence, ils conviennent des modifications apportées à l'entente, le
cas échéant.
Alors, dans l'ordre des choses, puis ma
collègue, tantôt, faisait le «play by play», là, étape par étape, les
communautés sont rencontrées, sont entendues, ils ont des résolutions, des
«band council resolutions» qu'ils nous... qu'ils nous envoient en disant :
Voici ce qui a été résolu. Le ministre regarde ça, peut demander des
compléments, en disant : Il y a peut-être un élément que vous n'avez pas
clarifié, exemple : Qu'est-ce qui arrive dans le cas d'une dissolution? Où
on va mettre les effectifs? C'est plate, c'est un petit peu comme un contrat de
mariage ou on prévoit le divorce en se disant : Si ça ne va pas bien,
comment ça va se terminer? Ça fait que c'est la partie d'échange qu'on prévoit
ici.
Le Président (M. Sainte-Croix) : Merci,
M. le ministre. Des interventions? Merci beaucoup. Article 93.4, M. le
ministre.
M. Lafrenière : Oui, merci,
M. le Président. Cette loi est modifiée par l'insertion, après
l'article 93. de la section suivante. 93.4. Le gouvernement peut, par
décret, constituer une régie de police autochtone, conformément à l'entente qui
est annexée. Ça, je ne lirais même pas le commentaire. M. le Président.
Le Président (M. Sainte-Croix) :
Mme la députée.
Mme Maccarone : Oui. Dans les
décrets, habituellement, on va énumérer tous les détails. Dans ce décret, à ce
qu'on va parler des salaires de ces policiers? C'est quelque chose que nous
avons entendu parler, puis c'est aussi évoqué dans quelques mémoires de... de
la communauté concernée, qui ont dit que les policiers sont moins bien payés,
c'est de la police à rabais, c'est la façon qu'ils voient ça, est-ce que ça,
les conditions vont aussi énumérées dans ce décret?
Le Président (M. Sainte-Croix) :
M. le ministre.
M. Lafrenière : La réponse
est non, M. le Président, ça va être la négociation entre la Régie de police et
ses employés et le syndicat. Ça ne figurera pas dans le décret.
Mme Maccarone : Ça fait que
les conditions salariales qu'ils ont déjà évoquées, est-ce que ça, c'est
quelque chose que vous savez sera... fera partie des discussions qu'ils vont
avoir avec les syndicats lors de la mise en œuvre de cet article? C'est vrai,
moi, je ne savais pas qu'il y avait un autre palier de salaire, puis peut-être
un autre, tu sais, niveau de police, mais la façon qu'eux, ils l'ont dit, ils
sont vraiment reconnus comme un policier à rabais parce qu'ils sont moins bien
payés. Ça fait que je ne sais pas si c'est quelque chose que vous... que vous
savez s'en vient en termes de négociation pour s'assurer? Parce que si on
poursuit avec une régie de police autochtone, j'imagine qu'ils vont être
assujettis à la même échelle de salaire qu'un... Non, ce n'est pas la même
échelle de salaire qu'un policier qui...
M. Lafrenière : Je vais juste
rassurer ma collègue, il n'y a pas une échelle salariale au Québec. Le SPVM, la
ville de Lévis, puis ça, je n'embarquerai pas sur ce sujet chaud là, ils ont
chacun leur échelle salariale, et vous comprenez que le gouvernement n'ira pas
dire : Voici le salaire à tout le monde, puis, encore là, M. le Président,
puis je fais attention à ce que je vais dire, là, mais ce n'est pas la même
chose, là. Il y a un service de police qui pourrait décider que, dans son
environnement qui est donné, exemple, il donnerait de... du logement, de
l'habitation ou quoi que ce soit, puis pour eux, ils considèrent que c'est une
condition quelconque, l'État ne viendra pas dire : voici le salaire de
tous les policiers au Québec, ça dépend des endroits, puis c'est négocié par le
syndicat et, en passant, il y a certaines communautés...
M. Lafrenière : ...que leurs
policiers sont syndiqués avec un syndicat, il y a d'autres communautés par
d'autres syndicats. Ça fait que ça, je n'embarque pas là-dedans.
Mme Maccarone : ...sont
syndiqués?
M. Lafrenière : Il y en a qui
le sont.
Mme Maccarone : OK, ça fait
que... bien, s'ils ne sont pas syndiqués, ils négocient les salaires avec qui?
Parce qu'ici, on n'est pas attaché avec une municipalité, c'est ça... c'est
pour ça que j'essaie de comprendre. Est-ce que c'est le gouvernement qui va
gérer ça? Parce qu'il n'y a pas de négociation à avoir avec le municipal pour
les salaires?
M. Lafrenière : ...le conseil
de bande est un employeur.
Mme Maccarone : Ça fait que
c'est un conseil de bande qui va financer ça.
M. Lafrenière : Oui. C'est
déjà comme ça. C'est le conseil de bande qui négocie avec soit ses employés,
s'ils ne sont pas syndiqués, ou soit le syndicat quand ils sont syndiqués.
C'est lui qui négocie. Comme une ville, comme une ville négocie avec ses
policiers ses conditions salariales. C'est la même, même chose.
Mme Maccarone : OK, ça fait
qu'eux, ils souhaitent... parce que ça, ce n'était pas clair, c'était quand
même évoqué, comme je dis, dans plusieurs mémoires qui ont dit qu'ils sont
sous-financés, sous-payés. Ce n'est pas le même statut.
M. Lafrenière : Oui. Mais, M.
le Président, moi, je veux l'expliquer ça, là, parce que c'est important, ce
que ma collègue amène, ce qu'il vient de dire... puis on est rendu à un point
où il y a presque autant de corps de police autochtones que de corps de police
allochtones au Québec. C'est quand même particulier. On est l'endroit où il y a
le plus de corps de police autochtones. Alors, eux, ils disent : Écoutez,
on se compare à d'autres services de police allochtones puis on n'a pas les
mêmes salaires. Puis, en passant, il y a des groupes qui viendront vous dire
aujourd'hui qu'il y a une municipalité trouve qu'il n'est pas payé au même
salaire que la Sûreté du Québec et vice versa. Puis à chaque année, il y a...
il y a une petite liste qui sort de savoir qui est le mieux payé, puis les gens
se comparent. C'est la même chose côté autochtone. Ils regardent les conditions
de travail qui sont données à d'autres policiers, puis ils demandent d'avoir
les mêmes. Eux autres doivent négocier avec leur employeur, qui est le conseil
de bande à ce moment-là.
Le Président (M. Sainte-Croix) :
Merci, M. le ministre. Mme la députée.
Mme Maccarone : Merci. C'est
aussi le Protecteur du citoyen qui l'a soulevé dans la lettre qu'il nous a
envoyé. Il y a des craintes d'avoir des ententes individuelles, puis la façon
qu'ils l'ont dit, c'est que ça va créer quand même un enjeu d'équité entre
communautés. Ça fait que la base de comparaison, ce que vous dites, est juste. Ça
fait qu'il n'y a pas de moyen d'éviter ça? Parce qu'ils l'ont quand même
soulevé avec une... comme préoccupation, puis ils ont dit même avant que la
proposition de créer des régies puisse atteindre une finalité visée, être
efficace, mise en œuvre, c'est là où la reconnaissance, évidemment, comme
essentielle, fonctionnerait parce qu'on aura quand même, je dirais, une ligne à
suivre. Mais est-ce qu'il n'y a pas un moyen d'avoir un type d'encadrement pour
s'assurer qu'on rentre dans un «range»? Tu sais, c'est... Parce que ce n'est
pas toutes les bandes qui vont avoir les mêmes moyens, je présume, ça aussi. Ça
fait que comment assurer qu'on a une certaine équité entre les corps? Parce
qu'on veut non plus avoir des gens...
Tu sais, je me base beaucoup aussi sur...
quand on a parlé de la formation puis quand on a entendu les témoignages puis
le cri de cœur de... c'est très difficile, ce n'est pas juste parce qu'ils
trouvaient qu'il n'y avait pas assez d'espace. C'était difficile de trouver des
professeurs en anglais pour avoir des cohortes en anglais. Mais c'est aussi
la... ils vont envoyer du monde ailleurs qui ne vont peut-être pas revenir.
Puis c'est très coûteux quand on va à Saskatoon pour se faire aussi former.
Mais, mettons, ça coûte très cher parce qu'il n'y a pas de place ici, à Québec,
on envoie... au Québec, on envoie du monde, à Saskatoon, ils reviennent, c'est
100 000 $, parce que c'était ça, le chiffre qui a été a véhiculé,
100 000 $ après. Comment on va payer ce policier pour qu'il reste,
pour s'assurer qu'il n'y aura pas, tu sais, une transition ou des gens qui vont
est en transit, toujours entre...
• (11 h 20) •
M. Lafrenière : ...oui,
plusieurs points là-dedans, M. le Président. Un, je veux juste réitérer que les
cohortes en anglais à Nicolet ne sont jamais pleines. Je regarde dans les
dernières années, ça n'a jamais été plein. Alors, j'ai parlé au chef Heyman qui
nous avait amené cet élément-là, et c'est pour ça que je me suis assuré que
maintenant je vais lui envoyer les cohortes pour qu'il les voie lui aussi comme
chef de bande, mais je pense aussi qu'il y avait une petite décision politique
que lui préférait les envoyer en Saskatchewan pendant un bout de temps, puis
ça, ça lui appartient.
Une fois que ça, c'est dit, moi,
l'inverse, ce qu'on propose aujourd'hui, à partir du moment où tu te retrouves
avec une régie de police... puis je vous parlais tantôt d'offrir de meilleures
conditions, des chances de promotion, et tout, puis ça va être attractif, ça va
permettre de garder les gens. Cependant, là, je veux juste qu'on se dise
quelque chose parce que j'ai peur qu'on l'échappe. Nous, comme État, il y a un
montant minimal qui est donné à chacune des bandes, puis excusez l'expression,
par tête de pipe, là, exemple, puis je vais vous dire un chiffre qui n'existe
pas, là, on déciderait de donner 10 000 $. Je vais prendre ce
chiffre-là. La communauté, elle, peut décider de le bonifier parce que c'est
une communauté qui gère son argent d'une façon x, comme ça se passe dans le
monde municipal. Moi, j'ai connu un temps où il y a certaines municipalités,
que je ne nommerai pas, qui payaient très, très cher leurs policiers, parce que
c'est la décision qu'elles avaient prise, qu'ils avaient décidé de prioriser.
Moi, je ne peux pas, comme État, être paternaliste non plus puis venir dire aux
communautés : Vous allez donner tout le même montant. Je ne pense pas que
ça serait mieux pour eux non plus. Je vais vous donner un exemple.
Il y a des... certaines communautés qui
ont très peu de logis. Les policiers vont aller faire sept jours, vont
retourner chez eux, ils vont devoir dormir quatre dans le même... Vous
comprenez que la communauté pourrait dire : Bien, nous autres, pour ces
raisons-là, là, bien, ce qu'on demande à nos policiers, on va décider de les
payer avec tel ou tel salaire, ça se négocie. Je pense que c'est normal. C'est
sûr qu'une communauté qui est voisine d'un gros service de police, ça met de la
pression sur la communauté en disant : Mais si tu ne le paies pas assez,
il va aller traverser l'autre côté. Mais je vous dirais...
M. Lafrenière : ...oui puis
non, il y a des gens qui décident de rester là pour d'autres raisons aussi.
Puis souvent, quand les gens se comparent, ils peuvent dire : Heille! à
Montréal, ils ont des meilleures conditions, puis après ça ils regardent le
nombre d'appels puis ils passent... ils se disent : Bien, peut-être je
vais aller travailler ailleurs, ce n'est pas mon style. Ça fait que c'est... je
serais très mal placé comme état de venir dire : Voici comment ça marche.
Il y a un minimum, nous, on donne un montant par tête de pipe, excusez
l'expression, par policier, puis eux autres peuvent décider de bonifier par la
suite, de donner de meilleures conditions, puis plus on va se retrouver avec
une régie de police, qu'on va mettre ça en commun, moi, je pense qu'à terme on
va avoir des meilleures conditions, puis c'est ce qu'on vit déjà dans le monde
municipal, où c'est... les villes qui ont décidé de travailler ensemble avec
une régie de police, ils donnent de meilleures conditions, plus attractifs,
meilleurs équipements, meilleure formation, puis la formation continue, M. le
Président, il y en a toujours au Québec, ils ont accès à cette même
formation-là. Je parlais aux directeurs de police voilà deux semaines... le
directeur de l'école de police, pardon, qui me disait justement de la formation
continue qui est prévue pour les Premières Nations, ils ont même embauché un
spécialiste qui a plus de 40 ans de travail comme policier avec les Mi'gmaqs
de Listuguj. Ça fait que vraiment là, on a quelque chose de bien, mais ce que
je me suis rendu compte, M. le Président, étant donné que c'est... c'est une
entité qui est différente, avec les conseils de bande, il y avait un petit peu
de friture sur la ligne, mais je me suis assuré que maintenant les cours et
tout ça que je vais aviser autant les chefs de police qu'ils l'ont déjà, mais
les chefs de bande aussi. Mais il y a de la formation, M. le ministre.
Le Président (M. Sainte-Croix) :Merci, M. le ministre.
Mme Maccarone : C'est beau.
Merci pour la nouvelle expression, tête de pipe, c'est noté, je vais essayer de
le placer en commission à un autre moment.
M. Lafrenière : Oui,
prudence.
Le Président (M. Sainte-Croix) :
D'autres interventions sur l'article 93.4? Oui, M. le député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : Merci, M. le
Président. Donc, à 93.4, c'est dans cet article-là que le gouvernement, de
façon très, très explicite, se donne le pouvoir de reconnaître ou ne pas
reconnaître une régie. C'est l'aboutissement du processus de régie. Donc...
C'est ça, de la création d'une régie et c'était stipulé que le gouvernement
peut, par décret, constituer une régie de police autochtone conformément à l'entente
qui est annexée. Donc, il y a le «peut», mais on peut aussi prévoir... le
gouvernement peut... pourrait décider le contraire, c'est-à-dire ne pas
octroyer cette décision... ne pas octroyer le statut de régie de police, ce qui
est quand même... ça... Comment dire ça? Dans l'absolu, ça devrait être un cas
assez rare. Ça peut arriver, ça peut arriver, justement, dans le cas où ça
arrive, là, ne serait-il pas pertinent de spécifier que le gouvernement doive
justifier d'une façon ou une autre ce refus-là?
M. Lafrenière : M. le
Président, j'y vais a contrario un instant. On met beaucoup d'efforts
aujourd'hui pour le faire parce qu'on veut, on veut donner l'opportunité de
faire ces régies de police là. Pourquoi on met «peut» et on ne met pas de «doit»?
Parce que sinon ça deviendrait, en bon français, un rubber stamp, on ne veut
pas ça.
Je vous donne l'exemple, M. le Président,
on le sait, tantôt on disait que certaines communautés sont en élection aux
deux ans, imaginez, là, cas hypothétique, deux communautés qui veulent faire
une régie de police, il y a une élection, tout le contrat a été fait ensemble,
ils sont d'accord, il y a un nouvel élu qui arrive dans la ville... dans la
communauté A, puis la communauté B nous envoie le document en disant : Non,
non, l'ancien chef voulait, le nouveau ne veut pas, mais on veut pareil. On
n'embarquera jamais là-dedans, M. le Président, on va dire : Attendez, là,
ça nous prend des résolutions du conseil, ils doivent être d'accord tous les
deux.
Je vous donne un cas qui peut avoir l'air
futile, mais qui pourrait arriver, c'est pour ça, comme gouvernement, on ne
peut pas juste dire «doit», dès que ça arrive, moi, je mets un crochet, puis
j'envoie ça, puis là ça cause des problèmes que ça peut causer. C'est le cas le
plus, le plus clair qui me viendrait en tête, M. le Président. Voilà pourquoi,
sinon, on dirait juste : À partir du moment que vous avez envoyé deux
résolutions du conseil, on vous le donne, même si vous ne répondez pas à
certaines questions, parce qu'on a dit tantôt, hein : Le ministre peut
poser d'autres questions en disant : Vous allez établir votre quartier
général à quel endroit? Puis imaginez, les deux communautés répondent en
disant : Bien, chez nous. Ça fait que déjà on pourrait détecter qu'il y a
des choses qui ne fonctionnent pas. On ne pourrait leur demander de refaire
leurs travaux pour pouvoir l'autoriser. Mais je vous le dis, M. le Président,
avec toute l'énergie qu'on y met, on veut que ça soit possible. C'est nous
autres qui le propose. Sauf qu'il faut qu'il réponde aux conditions, puis les
conditions, c'est quoi? C'est que ça soit clair puis que ça fonctionne entre
les deux.
Puis ça arrive, je vous le dis, si on...
imaginez là pire que ça, on met trois communautés, puis je le vis présentement,
trois communautés, puis un moment donné, il y en a une des trois qui change de
vision. Je ne peux pas l'imposer en disant : Dans le passé, vous avez dit
oui, ça va être ça aujourd'hui. Ça fait qu'il faut... il faut être prudent, il
ne faut pas se mêler de leurs choses, il faut qu'ils puissent amener leur
résolution du conseil puis il faut s'assurer qu'à la fin que ça fonctionne.
Moi, c'est juste pour ça qu'il y a un «peut».
La Présidente (Mme
Grondin) :M. le député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : Bonjour, Mme
la Présidente.
La Présidente (Mme
Grondin) :Bonjour.
M. Fontecilla : Mme la
Présidente, tout à fait, je comprends, je comprends l'essence du mettre «peut»,
c'est... c'est le ministère de la Sécurité publique qui sait... qui a le mandat
ultime de reconnaître ou pas une régie de police autochtone, là et il y a
toutes sortes de cas de figure, le ministre en a nommé quelques... quelques-uns
qui sont tous plus justifiés les uns que les autres...
M. Fontecilla : ...c'est la
question de la justification, là, pour éviter justement, là, par exemple qu'un
jour un gouvernement puisse dire : Bien non, c'est non, et parce que
c'est... Et ça, sans donner de... de justifications. Et la question que je...
je lui pose, c'est : Est-ce qu'il n'y aurait pas un devoir de pouvoir
pour... que le gouvernement se donne de justifier quand même sa décision de ne
pas octroyer un statut de régie autochtone pour toutes les bonnes raisons que
le ministre a nommées ou d'autres?
M. Lafrenière : Oui,
j'entends ce que mon collègue dit, puis je me pose la question, j'essaie de
voir avec lui, puis encore là on s'entend, puis la raison pour laquelle on
prend un instant pour penser, c'est que c'est hypothétique, mais, quand même,
quand on fait de la législation, c'est pour les prochaines années, on dit «le
cas pourrait se présenter».
Alors, moi, je dis, Mme la Présidente,
avec toute l'énergie... Puis là on se rend... on arrive à 4, là, mais on se
rend compte qu'on a à travailler à 1, à 2, à 3 ensemble, là. Les communautés,
le ministère qui les supporte tout le long, là, puis on le fait présentement
avec deux communautés, on est engagés là-dedans. Alors, Mme la Présidente, puis
je comprends que mon collègue soit prudent, disant : Dans le futur, on
verra qui est là, et tout ça. Mais, je veux dire, avec que toute l'énergie qui
est mise, je n'arrive pas à voir quelle mauvaise volonté quelqu'un pourrait
avoir puis de dire : Ah non, on ne l'acceptera pas pour les empêcher.
Écoutez, c'est... Pour l'État, pour les communautés, là, on est ensemble depuis
le jour un, là-dedans, là. J'entends le collègue. J'ai juste de la misère à...
à avoir le cas d'espèce.
La Présidente (Mme
Grondin) : M. le député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : ...Vous avez
nommé quelques cas de figure, là. Les communautés ne s'entendent pas pour
dire... présentent un projet où le siège social n'est pas défini, parce que les
communautés ne... ne s'entendent pas, par exemple. Mais, dans le... dans le
projet qui vous est présenté, ça ne figure... ça ne figure pas, ou d'autres cas
de figure, là. Mais concrètement, vous... vous, sans doute vous, vous allez
appeler les... les chefs de bande, etc., pour dire : Mais là... Ou il va y
avoir une communication. Comment ça se passe en réalité, là, une communication
écrite, etc., en disant : Mais c'est très bien votre projet de régie, mais
il manque, par exemple, le lieu du siège social? Mais vous le savez
pertinemment, là, c'est parce qu'ils ne s'entendent pas, là. Puis, il y a... Ça
tire la couverte pour... pour l'avoir, là. Et comment ça se passe concrètement?
Est-ce qu'il y a une communication officielle? Quelque part où c'est écrit?
Est-ce que les communautés... Je veux juste éviter la possibilité que le gouvernement
s'emmure dans un silence en ne disant pas... en ne donnant pas leurs raisons
pour lesquelles il refuse.
• (11 h 30) •
M. Lafrenière : Non. M. le
Président, je veux rassurer mon collègue de la façon que ça fonctionne. Puis,
je peux prendre les exemples de Winneway, tout ça. Je pourrais vous sortir la
pile des d'échanges qu'on a ensemble, de lettres officielles. Alors, c'est
important. Puis, les gens s'attendent à une réponse. Alors, oui, je vous donne
un exemple, là, on prenait l'exemple futile quand les gens ne s'entendent pas
sur le lieu de siège social ou la répartition, mais, à chaque fois que je leur
écris, je ne dis pas... Je dois... je dois leur écrire en disant :
Écoutez, il nous manque tel élément, puis je vous invite à poursuivre la
réflexion à chaque fois. Les gens ne devaient pas être surpris, là. Je veux
rassurer mon collègue. Les gens ne devraient pas être surpris à la fin, en
disant : Bien, voyons, pourquoi ils refusent? Je veux dire, dans ce
travail-là, puis là je prends les deux chapeaux, là, vous avez un ministre
responsable des Relations avec les Premières Nations et les Inuit, ministre de
la Sécurité publique, puis, dans le futur, ça peut être deux personnes, ces
gens-là vont être impliqués tout le long de la démarche, puis ils vont recevoir
des messages, et tout, ça fait qu'ils vont devoir répondre un jour en
disant : Écoutez, les deux communautés ne semblent pas s'entendre, il nous
manque telle chose. Ce n'est pas à la fin qu'ils vont avoir une surprise en
disant : Coucou, on dit non, là. Mais est-ce que le ministre va devoir
justifier? La réponse, c'est oui. C'est sûr qu'il va y répondre en
disant : Attendez, je ne peux pas donner suite à votre demande parce que
vous ne vous entendez pas, parce que vous ne m'avez pas fait clairement la
démonstration que vous allez mettre les policiers à tel endroit ou l'autre.
Mais c'est... Moi, je reprends la... la 93.1, où on venait... 93.1, ou 3, ou
3... où on donnait la... la liste des choses qu'ils étaient pour mettre dans
l'entente... 93.2, pardon. Mais si déjà cette étape-là ne fonctionne pas, à
93.3, le ministre va venir leur dire : Il me manque des documents. Ça fait
qu'à 3, il y a déjà un premier écrit qui va arriver en disant : Écoutez,
ou il y a une résolution du conseil qui ne marche pas, ou vous ne vous entendez
pas. À 3, ils vont déjà entendre ça. Puis, à 4, ça va être juste la
confirmation de ce qui s'est déjà passé. Puis, j'essaie de faire une logique
dans ce que je vous dis, là. On leur demande des documents, ils nous envoient
tout ça. Il manque de quoi. On réécrit en disant : Il nous manque la
résolution du conseil disant que vous êtes toujours d'accord à 3. Ils ne nous
le donnent toujours pas à 4, je veux dire, mais pour l'instant, je suis obligé
de suspendre le temps que vous vous entendiez. Moi, dans la logique des choses,
c'est comme ça que je le vois.
M. Fontecilla : Je fais... je
fais un pas en arrière. M. le Président, là, à 93.2, on nomme toute une série
d'éléments pour être reconnu comme une... une régie, les noms, le lieu du... du
siège, etc., et le nombre de voix qu'il peut attribuer à chacun des membres du
conseil. Des choses qui... qui semblent évidentes, là. Mais au point 5, il
y a les règles de fonctionnement de la régie. C'est dans le fonctionnement lui-même,
c'est dans le service en quelque sorte, et c'est là que... c'est là qu'on
trouve l'essentiel, enfin, parce que c'est le service... c'est... c'est les
éléments qui sont en... en lien avec le...
11 h 30 (version non révisée)
M. Fontecilla : ...de
différentes communautés. Est-ce que vous allez... Est-ce que vous avez une
idée, là, ce que... des règlements, des règles de fonctionnement que devrait
comporter une régie?
M. Lafrenière : Oui. Juste
mettre ça clair. Ce n'est pas... Je vois où s'en va mon collègue. Ce n'est pas
à la bonne place, là. Ce n'est pas les règlements que la régie va mettre en
place envers ses citoyens. C'est quels règlements la régie se dote entre eux
autres, en disant : Nous autres, on se... je dis n'importe quoi, on se
rencontre une fois par mois, quand on se rend compte, on le fait en alternance,
communauté A, communauté B, quand on... C'est leurs règles de gouvernance.
Prenez l'exemple d'un conseil d'administration. Eux autres vont se dire :
Voici comment nous autres, on se gouverne, mais ce n'est pas comment on
gouverne les communautés. Est-ce que... Est-ce que c'est là que mon collègue
allait?
M. Fontecilla : ...moi, c'est
plutôt comment... on donne les services. Parce que le... le ministre, tantôt, a
nommé comme cas de figure, là, mais pour donner l'acceptation, donner le statut
de régie de police, vous allez examiner des documents. Vous avez dit : Ah!
mais peut-être vous... vous ne desservez pas telle communauté ou... ou vous ne
la desservez pas assez. Donc, ça renvoie à quoi, là? À quel règlement, là? À
quel type de document qui stipule le fonctionnement, qui devrait stipuler que
vous avez donné des services à toutes les communautés de façon égale, etc.?
Le Président (M. Sainte-Croix) : ...
M. Lafrenière : Oui. Ce que
je disais tantôt, M. le Président, je faisais référence à la répartition. Puis,
si on regarde le point six et neuf, le point six, «le mode de répartition des
contributions financières entre les communautés autochtones parties à l'entente
pour le fonctionnement de la régie», un, neuf, «le partage de l'actif et du
passif». Et c'est là qu'on peut arriver, exemple, avec un poste de police qui
est déjà en place. Donc, une communauté, puis là je fais attention, tous des
cas de figure, pourrait décider : Bien, écoutez, nous autres, notre poste,
on veut qu'il soit utilisé temporairement, l'autre communauté pourrait être en
désaccord.
C'est tout ce genre de détails là qui
pourraient être soumis au ministre, où il devra dire : Bien, attendez...
entendez-vous entre vous autres, là. Mais, une fois que les communautés s'entendent
entre elles, M. le Président, je veux dire, tout le monde va être heureux, tout
le monde va être content. Puis c'est sûr qu'on avance, là-dedans. Mais, dans ce
qui est là, quand on parle des règles de la régie, c'est vraiment le conseil d'administration,
l'exemple de nous, entre nous. Mais ce qui est écrit là, c'est pour marquer de
quelle façon ils vont faire de la police. Ça, ce n'est pas écrit là. Ça, je ne
suis pas paternaliste, je pense qu'ils continuent de... leur service de police,
il y a des règles qui existent au Québec, il y a un Code criminel, et tout,
mais ce ne sont pas les règlements. Puis, si on veut parler des règlements qu'on
peut mettre en place dans une communauté, là, on va avoir besoin d'une autre
longue séance de travail ensemble. C'est beaucoup plus complexe. Il n'y a pas
de règlements municipaux.
Le Président (M. Sainte-Croix) : Merci,
M. le ministre. M. le député, la parole est à vous.
M. Fontecilla : Quand vous
dites : Il n'y a pas de règlements municipaux, concernant l'octroi du
service policier?
M. Lafrenière : ...ils ne
peuvent pas appliquer un règlement municipal. C'est des règlements du conseil
de bande. Mais là... on dérape sur d'autres choses complètement, là. C'est
juste que la... ce qu'on a comme perception de la police, elle est différente
sur un conseil de bande. C'est ce que je veux vous dire.
M. Fontecilla : Très bien. La
question : Est-ce que le ministre a un droit de regard sur l'octroi du
service policier dans une communauté autochtone?
M. Lafrenière : Dans ce qui
est donné dans la première partie, dans ce que je vous ai dit là, la
répartition et tout, c'est une chose.
M. Fontecilla : C'est-à-dire...
vous allez donner des services de telle...
M. Lafrenière : On ira plus
loin tantôt. Si on voit que la... on est en train de perdre le Christ dans la
parade, puis ça ne va pas bien dans la communauté, là, on parlera de
dissolution. Puis c'est un des points que mon collègue voulait jaser. Mais, a
priori, le ministre ne peut pas venir dire : Moi... tel service ou tel
système, j'aurais préféré un comptoir de service. Ce n'est pas ça, là. Est-ce
que les communautés se sont entendues entre elles? Est-ce qu'elles nous
présentent un contrat, un engagement ensemble, qui tient la route? Mais ce n'est
pas d'évaluer le type de service de police. Puis on n'est pas là, là. C'est qu'est-ce
qui est présenté. Je ne sais pas si c'est clair pour le collègue.
Le Président (M. Sainte-Croix) : M.
le ministre, merci. M. le député, ça va? Je comprends qu'on a épuisé 93.4.
93.5. M. le ministre.
M. Lafrenière : Merci, M. le
Président. Cette loi est modifiée par l'insertion, après l'article 93, de
la section suivante :
«93.5. Les communautés autochtones peuvent
convenir de la modification à l'entente conclue en vertu de 93.1. Le cas
échéant, elles transmettent au ministre un avis préalable énonçant leur
intention de la modifier.
«Les... Les dispositions, pardon, de l'article 93.3
s'appliquent avec les adaptations nécessaires.
«Le gouvernement ne peut modifier le
décret... la régie que si l'entente prévue à l'article 93.1 est modifiée.»
Commentaires : L'article 93.5
permet aux communautés autochtones de modifier l'entente conclue entre elles en
vertu de l'article 93.1.
(Interruption) Pardon. Dans ce cas, elles
doivent transmettre au ministre, comme elles le font lors de la conclusion de l'entente
initiale, un avis préalable énonçant leur intention de modifier l'entente. Les
dispositions applicables pour la conclusion de l'entente s'appliquent alors
avec les adaptations nécessaires.
Le gouvernement ne peut modifier le décret
constituant la Régie de police autochtone que si l'entente conclue en verti
de... en vertu de 93.1 est modifiée.»
M. le Président, cas de figure. On a deux
communautés autochtones, une communauté qui, pour des raisons x n'a pas
vraiment eu de croissance. La communauté B, qui est à côté, elle, de leur côté,
ont vécu une natalité forte, ils sont rendus 2 000 au lieu d'être 1 000.
Alors, oui, la régie pourrait nous écrire en disant : Écoutez, avant ça,
notre quote-part, c'était deux tiers-un tiers, mais là, les communautés ont...
M. Lafrenière : ...changé un
petit peu. Maintenant, notre entente, ça va être moitié-moitié. Je vous donne
cet exemple-là. Ça fait qu'on leur permet de changer leur entente initiale.
Le Président (M. Sainte-Croix) : ...des
interventions sur 93.5? M. le député.
M. Fontecilla : Je veux juste
m'assurer que... dernier paragraphe, là : «Le gouvernement ne peut
modifier le décret constituant la régie que si l'entente prévue à l'article
93.1 est modifiée.» Ce que je... Ce que je comprends, c'est que la seule façon
pour le gouvernement de changer le décret constituant la régie, c'est par le...
c'est si les communautés, les conseils de bande le demandent. Il ne peut agir
unilatéralement.
Le Président (M. Sainte-Croix) :
...
M. Lafrenière : Exactement,
M. le Président. On ne peut pas leur faire une petite surprise puis changer
l'entente dans leur dos.
Le Président (M. Sainte-Croix) : ...ça
complète? Ça épuise 93.5? 93.6. M. le ministre.
M. Lafrenière : Merci, M. le
Président. Cette loi est modifiée par l'insertion, après l'article 93, de la
section suivante :
«93.6. Le gouvernement peut, par décret,
dissoudre la régie pour l'un des motifs suivants :
«1° à la demande de toutes les communautés
autochtones parties à l'entente prévue à l'article 93.1;
«2° à la fin de l'entente prévue à
l'article 93.1;
«3° s'il juge que la dissolution est
nécessaire dans l'intérêt public.»
Commentaire : L'article 93.6 énonce
les motifs de dissolution de la régie de police autochtone et précise la
manière de dissoudre la régie.
En passant, M. le Président, on a fait nos
vérifications, puis, quand on parle de l'intérêt public, c'est une notion qui
renvoie à l'environnement au sein duquel ça s'applique. Notion d'intérêt
public, on l'a utilisée dans... plusieurs autres lois, mais je sais que c'est
un des enjeux qu'on voulait discuter ici, M. le Président. Ça fait que je
suis... je suis heureux d'échanger avec mes collègues là-dessus, puis, si
nécessaire, si d'aventure c'est nécessaire, on a des légistes qui sont avec
nous.
Le Président (M. Sainte-Croix) : Merci,
M. le ministre. Des interventions? Oui, Mme la députée de
Westmount-Saint-Louis.
Mme Maccarone : Oui. Merci,
M. le Président. Je profite d'où nous sommes aujourd'hui, à la 93.6, de
m'assurer ou de voir les orientations du gouvernement, où, je présume, côté
législatif, tous les articles de loi dans la loi de la police vont s'appliquer
maintenant aux régies des policiers autochtones, comme, par exemple, si on
regarde l'article 279, où on parle des enquêtes sur un corps de police, le
ministre ou la personne qu'il désigne peut faire enquête sur tout corps de
police. Je pose la question, M. le ministre, pour avoir la clarté, mais je vous
donne aussi un moment pour adresser ce que nous avons lu dans l'article de
Pascal Robidas, le... Radio-Canada, la demande de poursuivre avec une enquête
sur le policier, service de Laval, parce qu'on sait que c'est une vraie
demande. Alors, on souhaite savoir. Parce que je peux vous le poser ici ou je
peux vous poser en Chambre, mais je voulais quand même vous donner une occasion
peut-être de répondre à ces deux questions. Est-ce que ça va s'appliquer aussi
au registre de police? Mais aussi on sait qu'il y a quand même une déception
par rapport à l'enquête du BEI. Il y a une demande d'avoir une enquête appelée
par le ministre. Alors, est-ce qu'il va poursuivre rapidement?
• (11 h 40) •
Le Président (M. Sainte-Croix) : ...
M. Lafrenière : Ma collègue a
fait un petit lapsus, elle voulait dire Longueuil.
Mme Maccarone : ...
M. Lafrenière : Ce n'est pas
grave. J'ai compris Laval.
Mme Maccarone : Non, j'ai dit
Longueuil.
M. Lafrenière : Mais ce n'est
pas grave. Au final, je veux répondre à la question de ma collègue parce que
c'est... c'est important, puis ça nous permet... puis ma collègue a raison, ça
nous permet de parler de ce qu'on fait aujourd'hui.
Je veux nous ramener à ce qui est arrivé.
Puis, écoutez, M. le Président, c'est un... je ne veux pas... je ne veux parler
de l'événement complètement, là, mais un événement horrible qui est arrivé,
puis je venais d'arriver comme ministre de la Sécurité publique, et c'est dans
mon comté. Alors, juste rajouter les éléments de complexité de tout cet
événement-là. Comme père, je peux très bien comprendre la famille. On a tenté
de se rejoindre au tout début, mauvaise congrégation religieuse, bref, on n'a
pas réussi à se parler pendant deux semaines, mais je comprends ce que la famille
vit. Et aujourd'hui ce qui est arrivé, M. le Président, c'est qu'il y a eu le
déclenchement d'une enquête par le Bureau des enquêtes indépendantes. Cette
enquête est terminée. Ils ont transmis leur rapport à la Direction des
poursuites criminelles et pénales, ce qu'on appelle le DPCP, parce qu'on aime
beaucoup les acronymes, là. Donc, ça a été transféré au DPCP.
Moi, il y a de cela quelques semaines, la
mairesse de Longueuil m'avait rencontré pour me transmettre ses inquiétudes
face au déclenchement de l'enquête du BEI en disant qu'elle avait accès à une
lettre qui avait été échangée entre le directeur de police et le BEI, et elle,
ça la préoccupait de voir ce qui est arrivé. Alors, elle me demandait... elle
dit : Est-ce que, M. le ministre, vous pouvez faire une enquête sur le
déclenchement de l'enquête? Là... c'est technique, là, mais je vais essayer
qu'on suive tous. Ça fait que j'ai dit : Oui, absolument, mais on va
devoir attendre le bon moment, parce que la dernière chose que je veux faire par
mon enquête administrative... Puis l'enquête administrative, là, juste pour
mettre ça dans un petit carré, là, ça vient dire à quel moment le Service de
police de l'agglomération de Longueuil a déclenché, a transmis...
M. Lafrenière : ...formation
au Bureau des enquêtes indépendantes et qu'est-ce qui s'est fait pendant ce
laps de temps? Ça, c'est très technique, on doit le vérifier.
Moi, l'engagement que j'ai pris, c'est de
faire l'enquête administrative. La personne est choisie, son mandat est prêt.
On est... on est prêt, on est dans la case de départ, là, la personne est
presque à genoux, prête à courir. Cependant, M. le Président, je ne la
déclenche pas maintenant. Pourquoi? Deux éléments qui me chicotent. Le premier,
c'est que, bien que le BEI ait transmis... le Bureau des enquêtes
indépendantes, excusez l'acronyme, ait transmis son rapport à la Direction des
poursuites criminelles et pénales, il y a un va-et-vient qui se fait. Souvent,
les procureurs, vont réécrire en disant : Il me manque un élément, on
n'est pas à l'aise dans tel élément, avez-vous d'autres choses à nous
transmettre? Ça, c'est le premier élément. Deuxièmement, on sait aussi qu'il y
a une enquête criminelle, présentement, qui a lieu par une autre entité, qui
est le Service de police de la ville de Montréal.
Ça fait que moi, je regarde tout ça, M. le
Président, voici où j'en suis : comme élu, comme élu de ce comté, moi, le
plus tôt possible, je veux faire la lumière sur tout ce qui est arrivé. Puis,
pour les policiers de Longueuil, eux aussi ont hâte que la lumière soit faite
sur tout ça parce que ça laisse une zone d'ombre. Cependant, d'un autre côté,
il faut que je sois extrêmement prudent, parce que, s'il fallait que, par mon
empressement de donner suite à ça pour dire : C'est fait, puis vous
voyez... Parce qu'en passant ce n'est pas dur de dire :Je commande une
enquête, puis le lendemain c'est commencé, mais si ça avait un impact puis s'il
fallait que des accusations ne soient pas déposées ou qu'on vienne me dire que
moi, en mettant mes grandes pattes là-dedans, ça a changé de quoi, ou qu'on est
allé contaminer une source, ou qu'il y a une accusation qui n'est pas déposée,
je pense que l'ensemble des gens seraient déçus, puis j'en serais le premier.
Ça fait que je cherche, en bon franglais, le «sweet spot», à quel moment je
peux partir mon enquête administrative sans nuire à ce qui se fait sur le
terrain, M. le Président. Puis ce n'est pas facile, il n'y a pas de livre pour
ça. Ça fait qu'on fait des échanges avec le DPCP, avec les procureurs pour voir
où ils sont, comment ils sont rendus dans l'enquête, sans faire d'ingérence. Ça
fait que, M. le Président, je suis sur la pointe des pieds, sans faire
d'ingérence avec le SPVM non plus qui fait son... sa propre enquête.
Ce que je ne veux pas, c'est rencontrer
les mêmes personnes que ces deux entités-là veulent rencontrer puis venir
contaminer leurs preuves. On va la faire, en passant, M. le Président. Comme
policier, la première chose qu'on regarde, pour l'urgence d'agir, c'est est-ce
qu'il y a un danger que la preuve disparaisse? Dans le cas présent, pour
l'enquête administrative, la réponse, c'est non. Est-ce qu'il y a un danger que
des gens quittent ou se contaminent? La réponse, c'est non. Ça fait que je vais
faire l'enquête administrative, mais ce n'est pas juste ça que j'ai dit, M. le
Président, puis je me suis engagé avec la mairesse, je me suis engagé devant
les médias. Une fois que l'enquête du BEI a été déposée, une fois que le
procureur l'aura analysée, une fois que ce sera connu, si on n'a pas fait la
lumière là-dessus, je me suis engagé de faire une enquête publique avec un
coroner. C'est le plus que je peux faire, M. le Président. Ça fait qu'on va la
faire, on veut tous savoir ce qui est arrivé. Là, pour l'instant, c'est là que
je dois attendre quelques jours. On fait des vérifications pour voir à quel
moment je peux demander à mon enquêteur d'aller faire cette vérification
administrative sans nuire à ce qui se passe. Parce que, oui, le BEI a transmis
ça au DPCP. Comme je disais tantôt, ça ne veut pas dire que c'est complet pour
eux, puis j'ai une enquête du SPVM aussi sur les événements. Ça fait que c'est
tout ça qui me met dans une position où je suis prudent, M. le Président.
Le Président (M. Sainte-Croix) : Merci.
M. le ministre.
Mme Maccarone : Sauf que pour
le ministre, c'est... J'essaie de comprendre, parce que comment est-ce qu'une
enquête administrative peut nuire à ce processus? Ça fait que ça, c'est
question n° 1, puis l'autre chose... si je cite le DPCP, ils ont dit que
ça ne lui appartenait pas à déterminer l'impact d'une éventuelle enquête
administrative sur une analyse du dossier du BEI. Ça fait qu'eux ne sont pas
contre que vous pourrez poursuivre. On ne parle pas de poursuivre avec une analyse
criminelle ou ce type d'enquête, là, on parle d'une enquête administrative, ça
fait que j'essaie de voir comment que ça va nuire au processus, que ce soit du
SPVM... parce que le... DPCP ont dit : C'est votre décision.
Le Président (M. Sainte-Croix) :
Merci, M. le ministre.
M. Lafrenière : M. le
Président, je ne veux pas jouer sur les mots, mais le DPCP, ce qu'ils ont
répondu, c'est que ce n'était pas à eux à évaluer. Ils n'ont pas dit qu'ils
étaient d'accord. Je veux juste mettre ça bien clair. Ils ont dit que ce
n'était pas à eux, ils ont mis le singe dans le dos du ministre, puis c'est
correct, je comprends. Puis, tu sais, si c'était une question juste, politique,
puis de dire : Je vais m'empresser de le faire, ça paraît bien, je ne
ferais pas ma vraie, vraie job. Moi, ma vraie, vraie job, c'est de m'assurer
que ce que je fais, ça ne nuit pas à d'autres choses.
Pis ma collègue se dit : Comment ça
pourrait nuire même s'il y a le terme «administratif»? Puis ma collègue a
raison, une on enquête administrative, on pourrait dire : Écoute, on
s'entend, ce n'est pas une enquête criminelle. Mais lui, dans son enquête
administrative, là, je vais faire attention à ce que je vais dire ici, s'il va
rencontrer des témoins qui étaient là au moment... Parce que, rappelez-vous, ce
qu'on enquête, c'est de savoir à quel moment l'enquête a été déclenchée, à quel
moment on a transmis ça au BEI. S'il va rencontrer les mêmes témoins que le
Service de police de la ville de Montréal rencontre présentement pour une
enquête criminelle, je suis aussi bien de me donner deux bons coups de pelle
dans la face, M. le Président, là, le résultat... s'il rencontre les mêmes
témoins, oui, il y a un risque. Puis c'est là-dessus que je veux faire
attention.
Puis, M. le Président, l'autre chose,
c'est que je suis obligé d'y aller avec prudence. Je ne veux pas faire
d'ingérence dans l'enquête du SPVM. Je veux faire attention avec le DPCP en
leur disant : Ce n'est pas à moi de leur demander : Tu es rendu où,
es-tu content? Ça fait que, je vous le dis, la position, elle n'est pas le fun,
politiquement, mais est-ce que c'est la bonne chose à faire présentement,
moi... absolument. Comme père de famille, comme député de Vachon, dans le comté
où c'est arrivé, raison de plus, je veux absolument qu'on fasse la job comme il
faut puis je ne veux pas qu'un jour un procureur vienne me dire : Tu sais,
le ministre, là, c'est une ancienne police, là, lui, il a commencé à jouer
là-dedans, là, puis ça a fait en sorte...
M. Lafrenière : ...que
mon enquête, ça n'a pas bien été. Puis il est venu contaminer nos sources. Ça
fait qu'il faut trouver le bon moment en disant : OK, je pense qu'ils sont
rendus assez loin. Je regarde même de quelle façon je suis capable d'arranger
le travail pour que cet enquêteur-là commence à un endroit sans nuire aux
autres. Assez complexe, mais l'engagement est le même. On va... on va faire la
lumière, les gens vont voir le résultat de tout ça. Mais je comprends la
volonté, puis je comprends — au niveau politique — certains
de dire : Regarde, il faut que ça l'aille vite, vite, vite. Mais je suis
obligé de prendre une décision qui n'est pas facile, «stand the heat» en bon
français, puis dire non. Je m'étais engagé à le faire, oui, mais là, il y a
encore un danger parce que ce n'est pas... ce n'est pas terminé.
Le Président
(M. Sainte-Croix) : Merci, M. le ministre. Mme la députée.
Mme Maccarone : C'est...
c'est sûr. Je comprends ce que le ministre il dit. Je ne dis pas que vous
n'avez pas raison, mais vous comprenez aussi le sens d'urgence de la famille de
Nooran ainsi que le SPAL, parce qu'on a besoin d'éclaircir qu'est-ce qu'il est
arrivé pour poursuivre avec des décisions, si on a des modifications à faire,
etc. Ça fait que merci pour la réponse. Ça me fait beaucoup penser, aussi, à
les caméras corporelles. On dit que ça aurait peut-être aidé, dans ce cas,
mais... puis ça fait partie du Livre vert. Tout le monde a dit que nous devons
poursuivre avec, puis on n'est... on ne l'a toujours pas au rendez-vous sur le
terrain. Ça me désole qu'on n'avait pas ça aussi, qu'il y aura peut-être pu
nous aider à mieux comprendre qu'est-ce qu'il est arrivé sur le terrain.
Le Président
(M. Sainte-Croix) : ...
M. Lafrenière : Oui.
C'est un autre beau sujet. Puis là, je ne peux pas embarquer dans... parce que
je ne connais pas... En passant, je n'ai pas participé à l'enquête. Ça fait que
je peux juste dire quelque chose que je ne sais pas. Je sais qu'il y a beaucoup
de caméras de surveillance sur des résidences privées aussi. Peut-être que ça a
été... ça a été le cas dans le cas présent. Parce que moi, je m'en rappelle
d'avoir écouté une émission d'une grande chaîne qui montrait des images d'une
caméra de surveillance. Ça fait que j'ose croire qu'il y en a eu. Pour ce qui
est des caméras corporelles, M. le Président, c'est une discussion qu'on
continue. Premièrement, deux projets pilotes qui fonctionnent toujours, un au Nunavik,
l'autre du côté de l'Abitibi. J'étais au SPVM quand on a fait le projet pilote,
ça fait que je peux vous en parler longtemps. Il y a beaucoup de bon. Il y a
des effets pervers, aussi, puis il y a un problème aussi avec la perte de
ressources policières sur le terrain.
Ceci étant dit, pour terminer avec le cas
qu'on connaît aujourd'hui. C'est... comme je vous dis, je veux juste que les
gens, par exemple, n'aient pas des fausses attentes. L'enquête administrative
ne viendra pas expliquer pourquoi ce jeune homme-là est décédé. L'enquête
administrative va venir dire pourquoi ça a pris X nombre de temps avant que le
BEI soit avisé. Puis pendant cette période-là, qu'est-ce qui s'est passé? Ça
fait que ça, bien que ce soit très important, je veux juste nous rappeler que
ce n'est pas ça qui va venir expliquer comment s'est passé le décès ou quoi que
ce soit. Mais c'est très important. Je veux juste trouver le bon moment. Puis,
je le réitère encore, M. le Président, je ne peux pas être plus transparent,
quand on sera arrivé au bout de tout ça, enquête du SPVM, enquête du DPCP, enquête
administrative, puis on va regarder puis on va se dire : Il me semble que
ce n'est pas clair, il y a encore des zones d'ombre... Je me suis engagé à
faire une enquête publique avec un corner, puis tout le monde va pouvoir
l'entendre. Ça fait que je ne peux pas aller plus loin que ça.
• (11 h 50) •
Mme Maccarone : Ça fait
que l'engagement, c'est aussitôt qu'on termine à peu près le SPVM, bien, là, on
va pouvoir poursuivre peut-être, ou le gouvernement va poursuivre. Le ministre
va donner le go pour son enquêteur.
M. Lafrenière : Peut-être
avant.
Mme Maccarone : Peut-être
avant.
M. Lafrenière : Puis
c'est ça qui est le plus dur.
Mme Maccarone : OK.
M. Lafrenière : Puis sans
me mettre les deux mains dedans. Vous comprenez, ce que je veux faire? Je veux
faire attention...
Mme Maccarone : Non, non.
Je comprends. C'est juste...
M. Lafrenière : ...je
veux trouver le bon moment. Je veux leur laisser assez de temps pour avancer
dans leurs choses, sans être à côté de l'enquêteur puis dire... Ça fait que je
fais très attention. Je ne veux pas m'immiscer là-dedans. Puis je ne veux
surtout pas nuire à ce qui se passe, parce que... Puis ce n'est pas une
question politique, M. le Président. Comme père de famille, là, moi je me mets
à la place de ce papa-là. Puis, s'il apprenait par mon empressement politique,
pour m'enlever de la chaleur, j'ai décidé de partir une enquête administrative
puis ça nuirait peut-être à l'accusation d'un policier qui aurait peut-être, là
je fais attention à tout ce que je dis, là, peut-être mal agi ou... Écoute,
j'en voudrais en mosus au ministre. Puis moi, je ne suis pas bien là-dedans. Je
veux qu'on fasse... surtout qu'il n'y a pas... il n'y a pas d'empressement, en
ce sens qu'il n'y a rien qui va disparaître. Tout ce qu'on veut regarder, dans
notre enquête administrative, c'est des faits qui vont rester. Vous savez,
souvent, là, c'est la première décision qu'on prend, on s'en va comme
enquêteur, puis on dit : Écoute, on va perdre la preuve, les témoins ne
sont plus là, ça fait qu'il faut aller vite, vite, vite. Dans ce cas-là,
l'enquête administrative peut attendre. Puis je regarde même si on peut la
cibler, la commencer autrement. Juste vous dire : j'ai la même volonté, je
veux juste prendre le bon chemin.
Mme Maccarone : ...l'enquêteur...
Le Président
(M. Sainte-Croix) : ...M. le ministre.
Mme Maccarone :
Excusez-moi, M. le Président.
Le Président
(M. Sainte-Croix) : ...
Mme Maccarone :
L'enquêteur, c'est un policier, un ancien policier, c'est quelqu'un... Parce
que vous avez parlé de la preuve, mais tu sais, ça prend une certaine
compétence, formation pour s'assurer qu'on ne contamine pas les preuves, par
exemple. Ça fait que...
M. Lafrenière : ...bonne
personne, mais on n'est pas au moment de l'annoncer. Mais on a désigné une
bonne personne. On l'a trouvée.
Mme Maccarone : Qui
n'est pas nécessairement un policier.
M. Lafrenière : Qui est
la bonne personne pour faire l'ouvrage.
Mme Maccarone : Qui peut
peut-être être un policier qui... Mais une personne qui amène les compétences
spécifiques...
M. Lafrenière : Ah! oui.
Absolument.
Mme Maccarone : ...pour
être en mesure de poursuivre avec... avec ce type d'enquête.
M. Lafrenière : Absolument,
M. le Président.
Mme Maccarone : OK.
Puis, pour revenir à l'article 4...
M. Lafrenière : Ça
s'applique dans ce cas-là aussi.
Mme Maccarone : ...Ça s'applique.
OK. Puis la même chose...
M. Lafrenière : Notre
grand détour pour revenir à là. Puis la collègue avait bien raison, oui, c'est
un cas d'espèce, ça s'applique de la même façon. La loi de police va
s'appliquer de la même façon.
Mme Maccarone : Puis
pour la nomination d'un enquêteur, parce que, là, on parle d'un cas ici avec le
SPAL puis avec, malheureusement, ce qui est arrivé avec Nooran. Mais, exemple,
si...
Mme Maccarone : ...parle
vraiment d'un registre de policiers autochtones. Puis on souhaite appliquer le
279 et que le ministre décide de poursuivre avec une enquête. Comment ça
fonctionne, la nomination d'un enquêteur ou enquêteuse?
Le Président (M. Sainte-Croix) :
...
M. Lafrenière : Oui, M. le
Président. Tantôt on va y arriver à l'article 93.15. On est très proches,
mais une régie constituée en vertu de l'article 93.4 peut conclure avec le
gouvernement une entente visant à établir ou à maintenir un corps de police
autochtone sur le territoire. Le corps de police ainsi établi ou maintenu est,
pendant la durée de l'entente, un corps de police aux fins de l'article de la
présente loi. Les articles 91 et 93 s'appliquent. Donc, c'est ce qui vient
dire que la loi de police s'applique à ce moment-là.
Mme Maccarone : Mais la
nomination d'un enquêteur dans ce... dans un cas où le ministre décide...
M. Lafrenière : ...
Mme Maccarone : Oui, mais la
nomination de l'enquêteur... c'est parce que, là, c'est vous qui fait le choix.
Comme vous avez dit, on n'est pas prêts à partager c'est qui, mais de vous
faire confiance que la personne aura les compétences nécessaires. Mais, dans un
cas comme ça, si... si, mettons, ça s'applique à une régie de police
autochtone, là, il y a autres considérations, la sécurisation culturelle, la
façon de faire. Ça fait que je présume... C'est pour ça que j'essaie de voir
comment on fait le choix d'enquêteur si jamais on doit poursuivre avec,
mettons, le paragraphe trois, suite à une enquête. Parce que j'essaie de me
demander l'application des solutions, si c'est dans l'intérêt public, ça peut
être avant, ça se peut que ça s'est fait suite à une enquête, mais comment
choisir la personne qui va faire cette enquête? Est-ce qu'il y a des critères à
respecter quelque part? Peut-être c'est dans la loi, mais juste de s'assurer,
c'est une spécificité, hein?
C'est beaucoup... on... Quand on parle de
cette communauté, on parle beaucoup de ce que nous pouvons faire pour respecter
la sécurisation culturelle, la langue, la façon de faire, la bonne
compréhension de la façon qu'ils fonctionnent, même quand on parle de... tu
sais, les personnes qui vont faire partie du comité, dans l'article 1,
bien, on pense aussi à s'assurer qu'on aura quelqu'un qui amène une expertise
liée à les membres d'une population concernée, par exemple. Ça fait que le
choix... le choix de l'enquêteur, dans un cas comme ça, ça fonctionne
comment... ou bien peut-être dans les cas en général? Est-ce qu'il y a une
banque de... une banque d'enquêteurs, puis on fait un choix? Est-ce qu'ils font
application? Je ne sais pas comment ça fonctionne.
Le Président (M. Sainte-Croix) :
M. le ministre.
M. Lafrenière : Oui, merci, M.
le Président. Puis ma collègue fait bien de le dire, ce serait vraiment compliqué
parce que ça dépend de beaucoup de choses. Ça dépend c'est quoi, l'élément
qu'on veut aller enquêter. Première question, hein, c'est quoi, l'élément...
quand on donne un mandat à quelqu'un, bon, c'est-à-dire moi, je veux me rendre
à tel endroit, voici ce que j'ai besoin d'obtenir. Puis là, après ça, c'est de
trouver la meilleure personne pour aller chercher cette information-là. Puis ce
n'est pas nécessairement un enquêteur, ça peut être un juriste, ça dépend c'est
quoi, le point qu'on veut aller éclaircir.
Puis après ça, il y a tout le volet de la
sécurisation culturelle que ma collègue a apporté. C'est quoi, la langue qui
est parlée? Est-ce que c'est un chef de police allochtone qui vit dans un
milieu autochtone? Est-ce que, est-ce que, est-ce que. Alors, ma collègue a
raison, c'est pour ça que c'est le choix du ministre, c'est lui qui va vivre
avec. Mais il faut trouver la bonne personne pour ça. Ma collègue a raison.
Le Président (M. Sainte-Croix) :
...
M. Lafrenière : Pour ce qui
est de la dissolution, cependant, M. le Président, peut-être... Puis, pour
aider mes deux collègues, là, j'ai cherché deux exemples où ça pourrait arriver
quand on parle de l'intérêt public. M. le Président, puis ça... ça peut
s'appliquer à une... à une régie de police allochtone, en passant. Exemple, si
on avait un cas de corruption, de fraude alléguée, là, puis ça éclate et tout
ça, les communautés commencent à manifester. Puis, même si les conseils de
bande décidaient de le garder pareil pour peu importe la raison, on pourrait
dire : Là, on y met fin, ça ne marche pas.
L'autre exemple qui... qu'on sortait,
c'est l'incapacité de gérer. On se retrouve avec une régie de police, gros
mécontentement. Ça ne fonctionne pas. Encore là, non-respect des règles de...
de droit bien basique, on pourrait dire... mais ça, c'est des exemples
extrêmes. Mais quand on fait une législation, il faut se donner ce pouvoir-là,
sinon, M. le Président, pensez aux membres de ces communautés-là qui
diraient : Le Québec a permis de constituer une régie de police, là, ça
n'a pas d'allure, les gens agissent tout croche en cabochon, puis ça n'a pas
d'allure de la manière que ça se passe, c'est très clair puis vous n'agissez
pas. On comprend, là, qu'il y aurait eu plusieurs approches avant ça où on
aurait fait des lettres, des rappels et tout ce que vous voulez, de
l'accompagnement. Mais au final, si on se rendait compte qu'il y avait une
corruption incroyable... Puis, M. le Président, moi, je demeure sur la Rive-Sud
de Montréal, je me rappelle très bien, puis en tout respect pour mes collègues
de Chambly, d'une époque où le corps de police de Chambly a été drôlement
entaché, mais c'est un exemple où il fallait mettre fin à cette activité-là.
Le Président (M. Sainte-Croix) :
Merci, M. le ministre. D'autres interventions? Oui, Mme la députée
Mme Maccarone : Est-ce qu'il y
a un endroit dans cette section où nous allons adresser la section sur enquête
sur un corps de police? Parce que je référais à l'article 279 où on
dit : « Le ministre ou la personne qu'il désigne peut faire enquête
sur tout corps de police. » Je comprends. Mais, quand on poursuit avec les
autres articles, 280 jusqu'à 285, je vous laisse le temps juste de vous
repérer, on parle de police municipale, on parle uniquement du registre de
policier autochtone, puis on...
Mme Maccarone : ...on vient de
l'évacuer complètement, différents financements, différentes façons de
fonctionner, différents... Mais si on ne modifie pas les éléments de cette section
malgré l'article 279, c'est très clair qu'on parle de municipalités, mais
on ne parle pas de régie. Alors, puis, je le soumets de même, là, c'est juste
que pendant que je suis dans la loi puis je fais la vérification avant qu'on
poursuit trop loin, est ce qu'il y a des éléments, des oublis? Là, je suis dans
cette section, ça se peut qu'il y ait autre section, je ne connais pas la loi
par cœur, mais dans... spécifiquement, ici, on parle de municipalités, puis là,
c'est sûr, ce n'est pas une municipalité ici. Ça fait qu'avons-nous des
modifications que nous devons penser à aborder ou ajouter à un autre moment?
Pas besoin de répondre tout de suite, si vous voulez parler avec votre équipe,
on peut poursuivre, parce que ce n'est pas un amendement à cet article en
question, mais je le soulève comme préoccupation de peut-être nous devons se
statuer là-dessus ou, au moins, de vider la question, puis les équipes peuvent
regarder. Moi, ma lecture de ça, c'est qu'il y a des éléments manquants, puis
si moi je suis capable de trouver ça juste sur cette section, peut-être qu'on
devrait juste, avant qu'on termine une section, faire une petite vérification
pour s'assurer qu'on n'a pas d'autres sections ou on parle uniquement des
municipalités, si le ministre dit que la Loi sur la police va s'appliquer
entièrement à des policiers autochtones.
Le Président (M. Sainte-Croix) :
M. le ministre.
M. Lafrenière : Merci, M. le
Président, puis oui, nos légistes ont trouvé rapidement, puis je vais rassurer
ma collègue : À 354 dans la loi de police, le deuxième paragraphe se lit
comme suit : Dans les mêmes documents, toutes dispositions applicables à
un corps de police municipal ou à un policier municipal et, à moins que le
contexte ne s'y oppose, une disposition applicable au service de police de la
Ville de Montréal, un corps de police autochtone ainsi qu'au corps de police de
village naskapi, à l'administration régionale crie, à l'administration
régionale Kativik ou à un de leurs membres, compte tenu des adaptations
nécessaires.
Ça fait que le point que ma collègue
amenait, il est bon, mais il est couvert à 354, puis je veux juste qu'on... je
veux juste corriger un petit fait, parce que depuis tantôt, on parle de
policier autochtone, je ne veux pas jouer sur les mots, vous allez comprendre
pourquoi je vous dis ça, on parle d'un corps de police autochtone, parce qu'il
est très possible, puis ça arrive, je vis les deux, en passant, j'ai des corps
de police qui acceptent d'avoir des policiers allochtones, mais j'ai des corps
de police qui ont décidé qu'ils voulaient être 100 % autochtones, et
chacun a ses pours et ses contres, en passant. Une communauté qui a décidé
qu'ils prenaient juste des policiers allochtones, puis je dis que dans ce
temps-là, ça ne montre pas énormément d'ouverture ou ça ne demande pas beaucoup
d'échange, puis là, ils ont commencé à changer, ils vont embaucher des
policiers temporaires allochtones, ils se sont rendu compte que c'était
important d'avoir, au sein même de leurs services de police, cette
diversité-là, sinon ils prenaient juste des policiers de leurs communautés, ça
allait amener certains enjeux aussi. Ça fait que je veux juste le mentionner.
• (12 heures) •
Mme Maccarone : Merci.
M. Lafrenière : On est
couverts.
Mme Maccarone : Merci pour
les précisions, mais moi, ma lecture de 354, on parle d'une interprétation de
c'est quoi, un agent de police, officier de police, officier de paix. Ce n'est
pas ma question. Moi, ma question, c'est qu'on revient dans enquête sur le
corps de police, on parle des municipalités.
M. Lafrenière : ...M. le
Président, si vous permettez.
Mme Maccarone : Oui.
M. Lafrenière : C'est... on
appelle ça une disposition interprétative et finale. On vient dire, dans les...
dans les mêmes documents : Toutes dispositions applicables à un corps de
police municipal ou un policier municipal est, à moins que le contexte ne s'y
oppose, une disposition applicable au service de police de la ville de
Montréal, au corps de police autochtone ainsi qu'au corps de police du village
naskapi, de l'administration régionale des Cris, de l'administration régionale
Kativik ou à un de leurs membres, compte tenu des adaptations nécessaires.
Alors, c'est vraiment la fin, si vous voulez, qui vient dire : Dans tous
les documents, quand vous avez lu le terme «police municipale», bien, aurait pu
s'appliquer aussi, SPVM, les Cris et tout le monde. Ça fait que ça, c'est...
c'est ce qui est venu, à la fin, nous assurer qu'à chaque fois qu'on a vu... corps
de police municipal ou police municipale, que l'interprétation était beaucoup
plus large.
Mme Maccarone : Dans cette
section, quand on fait le débat pour ce nouveau corps de police, on ne fait pas
référence à cet article quelque part dans un des articles qui sont présentés
ici, juste pour s'assurer qu'il y a une bonne compréhension. Parce que je
comprends, au moment où nous avons travaillé sur la loi sur la police, on a mis
le disposition parce qu'il avait de l'allure, on ne sait pas qu'est-ce qui
arrive dans un futur, mais là, nous sommes rendus ici pour la clarté, pour
s'assurer que tout le monde a la bonne compréhension. On ne devrait pas faire
une référence, peut-être, à ça pour... tout le monde sait où on loge, puis
qu'est-ce qu'on fait.
Le Président (M. Sainte-Croix) :
M. le ministre.
M. Lafrenière : Oui, merci,
M. le Président. À 93.15, puis je l'ai nommé tout à l'heure, mais juste pour
nous aider encore dans notre réflexion, on vient dire que «le corps de police
ainsi créé — donc, on fait référence à la Régie de police autochtone — le corps
de police ainsi établi ou maintenu est, pendant la durée de l'entente, un corps
de police aux fins de la présente loi.» Donc, ça vient dire que tout ce qui
s'applique dans la loi de police s'applique à eux, parce qu'ils sont considérés
comme un corps de police.
Mme Maccarone : Merci.
Le Président (M. Sainte-Croix) : C'est
tout, ça épuise le point... l'article 93.6...
M. Fontecilla : ...
Le Président (M. Sainte-Croix) :
Oui, allez-y, M. le député de Laurier-Dorion, désolé.
M. Fontecilla : Oui, je
voudrais revenir sur la notion de...
12 h (version non révisée)
M. Fontecilla : ...solution. Évidemment,
le ministre, s'il... c'est logique, là, s'il s'octroie la capacité de
reconnaître une régie, a contrario, il s'octroie aussi la capacité de la
dissoudre, et c'est quand même un cas... un cas de figure relativement rare,
et, je suppose, dans des situations... dans des situations très particulières,
voire même extrêmes.
Donc, c'est, comment dire, invoquer l'intérêt
public pour dissoudre une régie, dans ce cas-ci, de police autochtone, là, c'est
parce que ça va vraiment mal. Le ministre a donné quelques cas exemples, par
exemple une situation de corruption évidente, ou il peut y en avoir d'autres. Ceci
étant dit, la question de l'obligation de justifier ce qui est l'intérêt
public, là, demeure. Justement, je faisais allusion plus tôt dans l'étude
détaillée de l'inquiétude de certains... certains chefs des nations... des
Premières Nations, là, concernant cet élément-là, comme quoi c'était... la
notion d'intérêt public n'était pas... n'était pas définie. Donc, il y aurait
lieu peut-être de spécifier la nécessité de... à tout le moins, si ce n'est pas
de spécifier qu'est-ce qui est l'intérêt public, ce qui peut être une notion
assez vaste quand même, mais de spécifier la nécessité de justifier qu'est-ce
qui... quelles sont leurs... ou expliquer quelles sont les raisons qui
justifient la dissolution d'une régie autochtone.
On est... encore une fois, là, dans la
plupart des cas, on est dans des cas qui vont alerter l'opinion publique, là, d'où
la nécessité, selon moi, de justifier la notion de dissolutions. Et voilà
pourquoi le ministre... Est-ce qu'il pourrait considérer cette possibilité-là?
Merci.
Le Président (M. Sainte-Croix) : Merci.
M. le ministre, la parole est à vous.
M. Lafrenière : Oui. Merci, M.
le Président. Puis effectivement, c'est l'échange qu'on avait eu avec, entre
autres, l'APNQL. Puis, comme réponse, on disait que le critère d'intérêt
public, il paraît nécessaire, mais également suffisant pour permettre la dissolution
de la Régie de police autochtone. Le motif d'intérêt public, là, on a regardé
dans le corpus législatif, on l'utilise à 305 reprises puis dans les
règlements à soin de trois reprises. Une dissolution pour motif d'intérêt
public viserait des cas exceptionnels, comme je l'ai dit tantôt, l'exemple,
pour moi, qui est très clair, de Chambly, puis c'est arrivé dans le monde
allochtone, puis le gouvernement devrait justifier l'intérêt public pour
prendre un décret. Ça fait qu'il faudrait le justifier. Ça prendrait un décret.
Puis vous comprenez, ce qu'on représente aujourd'hui, M. le Président, ce
serait l'aboutissement de plusieurs choses. Ça ne peut pas arriver du jour au
lendemain. Puis mon collègue comprend bien, on parlait justement des cas qu'on
faisait allusion tantôt, là, de la corruption ou une incapacité de gérer. Ce
serait un aboutissement. On aurait peut-être mis le service de police en
tutelle, on aurait peut-être proposé de l'accompagnement pour arriver à une
solution. Puis en passant, l'intérêt public, ça ne peut pas être par manque de
financement, ça ne peut pas. Parce que l'État dit : Bien, moi, je n'aime
pas vraiment combien ça me coûte, là, je mets fin à ça. Ça ne peut pas être un
motif d'intérêt public, puis je le dis au micro, puis c'est clairement dans les
documents qu'on a. Ça ne peut pas être ça, un motif d'intérêt public.
Ça fait que les motifs d'intérêt public, c'est
supérieur. C'est ce qu'on a dit depuis tantôt. Ce serait l'aboutissement. Mais
ce qui est dans Loi de police s'applique à eux. Donc, on pourrait mettre une
tutelle, on pourrait mettre un accompagnement, on pourrait mettre quelqu'un en
place, on pourrait faire beaucoup, beaucoup de choses avant d'arriver à ça,
mais il faut se le permettre, dans le corpus législatif, d'avoir cette
possibilité-là de dire : Là, c'est assez, plein de choses qui ont été
tentées puis ça perdure ou il y a un problème plus majeur.
Mais moi, je comprends quand je vous dis
ça, je comprends aussi, je vous l'ai dit tantôt, oubliez pas que nos relations
avec les Premières Nations et les Inuits sont parsemées d'échecs du passé, puis
on a un bagage très négatif, puis les gens sont craintifs. Ça fait qu'ils se
disent : Est-ce que vous venez mettre ça parce que, dans cinq ans, vous
allez dire : Bon, bien là, ça coûte trop cher puis on coupe ça? Puis je
comprends leurs craintes, je comprends l'incertitude. Je vous dis juste, à l'inverse,
nous, on dépose tout ça puis on l'offre, parce qu'on veut le faire. Puis, si on
devait aller là, il va falloir justifier tout ça. Vous comprenez qu'il y aura
eu beaucoup d'autres étapes avant.
Ça fait que c'est un... c'est une étape
qui est, somme toute, assez usuelle dans ce qu'on a dans le corpus. Je vous l'ai
dit, 305 reprises que c'est mentionné, 63 dans les règlements. C'est quelque
chose qui est assez standard.
Le Président (M. Sainte-Croix) : Merci,
M. le ministre.
M. Fontecilla : Quel est le
moyen... M. le Président, quel est le moyen utilisé pour concrétiser la
distribution? Le ministre a parlé d'un décret. Donc, le décret, ça doit être...
il doit être justifié?...
M. Fontecilla : ...c'est...
c'est la façon habituelle. S'il y a un décret, il y a un justificatif de facto.
M. Lafrenière : Absolution.
M. Fontecilla : Et la
dissolution, dans ce cas-ci, passe par décret?
Le Président (M. Sainte-Croix) : ...
M. Lafrenière : Absolument.
Le Président (M. Sainte-Croix) : ...M.
le député.
M. Fontecilla : Habituellement.
Donc, pas toujours. Il peut y avoir d'autres moyens. Quels sont les autres
moyens évoqués pour... comment dire, utiliser un terme bureaucratique, là, en
termes... en termes de fonctionnement de l'État, là, pour procéder à la
dissolution? Vous avez le décret, vous avez dit : C'est... On passe par là
habituellement, mais est-ce qu'il y en a d'autres? Est-ce que le ministre peut
se lever un jour puis dire : Je signe une lettre, puis voilà... on
dissout?
Le Président (M. Sainte-Croix) : ...député.
La parole est à vous, M. le ministre.
M. Lafrenière : ...M. le
Président. Puis j'entends mon collègue. Puis moi aussi, je suis d'accord, là,
il faut se mettre des balises pour être sûr, justement, que ce ne soit pas ce
que j'appelle au goût du... du chef, là, puis il décide une journée qu'il ne le
fait pas. Là, on le marque clairement, les raisons, parce qu'il y en a trois,
là : la demande des deux communautés, la fin de l'entente, puis le
troisième, c'est une solution qui est nécessaire dans l'intérêt public. Puis,
«dans l'intérêt public», je vais essayer de le décrire, M. le Président, en
parlant de motifs qui sont... qui sont majeurs. Puis les deux qui ont été
amenés comme exemples, c'est la corruption, la fraude ou l'incapacité de gérer.
Et il va falloir, là... Puis on s'entend, là, M. le Président, vous imaginez
que dans l'espace médiatique public, les gens vont réagir. Ça fait qu'on... il
va falloir prouver, il va falloir justifier tout ça. Et moi, je pense que, dans
une gradation, ça va vouloir dire, à moins que ce soit vraiment quelque chose
qui arrive du jour au lendemain... mais il va y avoir eu des mises en tutelle,
il va y avoir eu des approches, il va y avoir beaucoup de choses de faites. Ce
que mon collègue dit, de quelle façon qu'un ministre pourrait être assis dans
cette chaise, dans quelques années, puis de décider de le faire de façon
unilatérale, c'est clair que ça va être extrêmement dur pour lui de le
justifier puis de l'expliquer, M. le Président.
Le Président (M. Sainte-Croix) : Merci,
M. le ministre.
M. Fontecilla : Mais encore
une fois, là... le doute demeure. Ce que j'ai compris, c'est que, pour procéder
à la dissolution, on doit passer par, dans la plupart des cas... par un décret.
Et un décret est accompagné d'un justificatif. Mais, l'important ici, c'est
«dans la plupart des cas». Dans le cas où on... ce n'est pas le décret, c'est
quel autre moyen qui peut être utilisé? Si le ministre me dit : Pour...
dissoudre, ça prend obligatoirement... dans 100 % des cas, un décret, voilà,
la question du... de la justification se trouve implicite. Mais, s'il me
dit : Dans la plupart des cas, donc il y a d'autres... où ce n'est pas
prévu d'utiliser un décret. Donc, l'obligation de justification, elle est où,
là?
• (12 h 10) •
Le Président (M. Sainte-Croix) : ...ministre.
M. Lafrenière : ...M. le
Président, désolé, c'est mon erreur. Je comprenais mal. Je suis désolé, là.
Mais 93.6, je vais le relire : «Le gouvernement peut, par décret,
dissoudre la régie.» Ça fait que c'est la seule façon.
M. Fontecilla : Très bien.
M. Lafrenière : Je suis
désolé.
Le Président (M. Sainte-Croix) : D'autres
interventions sur 93.6? Nous l'avons épuisé. M. le ministre. 93.7.
M. Lafrenière : ...«93.7 La
Régie est une personne morale. Elle est composée de membres du conseil
d'administration.»
Alors, encore une fois, je ne lirai pas le
commentaire qui va avec. Je pense, c'est assez simple pour dire qu'on constitue
une personne morale.
Le Président (M. Sainte-Croix) : Interventions
sur 93.7? Oui. Mme la députée.
Mme Maccarone : Moi, j'avais
compris qu'il y a une obligation de lire les commentaires, mais...
M. Lafrenière : ...le faire.
Donc, commentaires...
Mme Maccarone : ...c'est pour
ça.
Le Président (M. Sainte-Croix) : Allez-y,
M. le Président... M. le ministre.
M. Lafrenière : Mon rhume va
vous en reparler plus tard.
Commentaires : L'article 93.7
précise le statut de la Régie et de sa... et sa composition.
Le Président (M. Sainte-Croix) : D'autres
interventions sur 93.7? Ça vous va. 93.8. M. le ministre.
M. Lafrenière : Absolument,
M. le Président. «93.8. Les affaires de la Régie sont administrées par un
conseil d'administration formé de membres des conseils de bande représentant
les communautés autochtones du territoire sur lequel elle a compétence.»
Comme commentaire :
L'article 93.8 établit la façon dont les affaires de la régie sont
administrées.
Le Président (M. Sainte-Croix) : Merci.
Est-ce qu'il y a des interventions sur 93.8? 93.9. M. le ministre.
M. Lafrenière : Oui, M. le
Président. «93.9. Les assemblées du conseil d'administration de la Régie sont
publiques.»
Comme commentaires : L'article 93.9
établit la publicité des détails... des débats, pardon, lors des assemblées du
conseil d'administration. Vous voyez, M. le Président, ce qu'on fait depuis
tantôt, là, on met... on met en place toutes les règles de gouvernance, comment
ça va fonctionner. Effectivement, dans le cas présent, le commentaire amenait
un détail de plus en disant : C'est pour permettre que les gens aient
accès aux débats. Donc, ça met plus de transparence pour les membres du conseil
de bande pour savoir ce qui se passe chez eux.
Le Président (M. Sainte-Croix) : Merci,
M. le ministre. Interventions? Oui. Mme la députée de Westmount-Saint-Louis.
Mme Maccarone : Juste une
petite précision. Souvent, quand on parle d'avoir des audiences publiques ou
des... des réunions publiques, souvent on précise, dans les autres lois, les
moyens. Parce que, là, «public», ça veut dire quoi? Est-ce que vous prévoyez
que ce soit en personne...
Mme Maccarone : ...parce que
ce serait publié, mettons, dans un journal quelque part ou affiché quelque
part, pour que tout le monde comprend qu'il y a un réunion qui s'en vient,
est-ce qu'ils vont avoir la capacité d'assister en ligne? Parce que le conseil,
ici, décide qu'ils vont pouvoir aller vers l'avant, offrir des séances en
ligne? Est-ce... La mise en marche de ceci pour s'assurer que les gens sont
vraiment au courant.
Le Président (M. Sainte-Croix) : Merci,
Mme la députée. M. le ministre.
M. Lafrenière : Oui, M. le
Président, là-dedans, on s'en vient dire que ça va être public, donc ouvert au
public. Puis pourquoi on ne donne pas de détails? C'est que, d'une communauté à
l'autre, c'est très changeant Kitcisakik, je peux vous dire que tout le monde
peut, à pied, se rendre au conseil de bande, parce qu'ils sont tous à très
grande proximité. D'autres communautés, c'est plutôt Facebook qui est très
utilisé. La majorité des communautés n'ont pas vraiment de journaux ou
d'écrits, ils vont y aller avec la radio. Alors c'est pour ça qu'on n'y va pas
dans du mur-à-mur, c'est selon la communauté, mais c'est ouvert au public, donc
les gens peuvent y assister comme ils le font pour les conseils de bande aussi,
quand ils se réunissent.
Mme Maccarone : ...souvent,
on comprend qu'il y a beaucoup de... beaucoup d'instances qu'ils disent qu'ils
ont des rencontres publiques, mais c'est difficile de rejoindre le public pour
qu'ils savent que c'est public pour assister, c'est pour ça que je voulais
juste savoir s'il y avait peut-être des orientations. Je comprends... peut-être
pas pour modifier ici, mais s'il y a des orientations quand ils vont commencer
à former leur propre conseil d'administration, la mise en marche pour
s'assurer... ou un accompagnement que le ministère va faire auprès d'eux pour
s'assurer que quand on dit public, on veut vraiment dire public. C'est un
enjeu, pas juste ici, dans plusieurs instances, que ce soit le réseau de
l'éducation ou ailleurs, hein? Ça fait que c'est pour s'assurer que les gens
savent qu'ils peuvent vraiment assister, il y a un moyen de publier.
M. Lafrenière : Je veux
rassurer ma collègue, M. le Président. Dans la façon de faire des communautés,
le conseil de bande, quand on regarde aussi les pouvoirs, les devoirs puis ce
qu'ils font, tu sais, c'est l'équivalent d'un gouvernement fédéral pour nous.
Ils agissent en santé, il agisse en habitation, je peux vous dire que les gens
sont présents. Sinon, ce qui est vraiment, vraiment utilisé dans le sud c'est
Facebook et dans le nord, c'est la radio. Ces conseils sont diffusés en direct.
C'est surprenant, pour être allé à quelques reprises, puis de voir que tout le
monde écoutait religieusement dans son véhicule ce qui se disait au conseil, à
la rencontre, dans ce cas-là, c'était Makivik. Les gens écoutent, c'est hyper
important pour eux. Alors, c'est peut-être une notion qu'on a délaissée un
petit peu, nous, comme allochtone, mais je peux vous dire que du côté
autochtone, les décisions qui sont prises, les gens sont présents, sinon ça
brasse. C'est des petites communautés. Je comprends ce que ma collègue dit, là.
Mme Maccarone : ...en
personne, c'est bon.
Le Président (M. Sainte-Croix) : D'autres
interventions sur l'article 93.9? Nous l'avons épuisé. 93.10. M. le
ministre.
M. Lafrenière : Oui, M. le
Président.
«93.10. La majorité des membres du conseil
d'administration en constitue le quorum.»
Donc, commentaire :
l'article 93.10 fixe le quorum lors des séances du conseil
d'administration.
Le Président (M. Sainte-Croix) : Des
interventions sur 93.10? 93.11. M. le ministre.
M. Lafrenière : Alors :
«93.11. Les décisions du conseil
d'administration sont prises à la majorité des voix.»
Commentaires : l'article 93.11
détermine le nombre de voix requises lors de la prise de décision du conseil
d'administration.
Le Président (M. Sainte-Croix) : Merci,
M. le ministre. Des interventions? 93 12. M. le ministre.
M. Lafrenière : «93.12. Un
membre du conseil d'administration cesse d'en faire partie s'il perd la qualité
de membre du conseil de bande en raison de laquelle il a été nommé.
«Toutefois, une telle personne ne cesse
pas d'occuper son poste à l'expiration de son mandat de membre du conseil de
bande, pourvu qu'elle ait été réélue lors de l'élection après laquelle survient
cette expiration.»
Comme commentaire :
l'article 93.12 établit les règles applicables en l'égard d'un membre du
conseil d'administration qui perd sa qualité de membre du conseil de bande, en
raison de laquelle il a été nommé.
Le Président (M. Sainte-Croix) : Merci,
M. le ministre. Des interventions? Oui, Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : Oui. J'ai
juste une question, pourquoi qu'on a besoin de cet article? J'essaie de
comprendre pourquoi qu'on a besoin d'avoir le 93.12, parce que, si on revient
au 93.2, bien, on leur donne toute la liberté de déterminer la mise en œuvre,
démarches, les règles internes, comment qu'ils vont fonctionner. Ça, ce n'est
pas un détail spécifique qu'eux, ils auront pu mettre à l'oeuvre de leur propre
gré, à l'intérieur de les règles de fonctionnement de la régie. Parce qu'ici,
on est spécifique, ça fait que pourquoi faire le choix d'avoir cette
spécificité ici puis peut-être pas pour les autres éléments?
Le Président (M. Sainte-Croix) : Merci,
Mme la députée. M. le ministre, la parole est à vous.
M. Lafrenière : Oui, merci,
M. le Président. Puis ma collègue a raison, hein, on parle depuis tantôt de
laisser beaucoup de latitude et tout. Nous, on s'est inspiré de la loi sur les
cités et villes et vous allez voir, M. le Président, dans nos travaux, puis je
ne veux pas prévoir rien, là, qui va sûrement arriver très bientôt, quand on va
parler du Bureau de la sécurité privée, c'est un des enjeux qu'on vivait où on
disait : Tous les... Tout le monde devenait à échéance en même temps. Là,
il y a deux choses qu'on prévoit, exemple, le conseil de bande, M. X, est sur
le conseil de bande, il y a une élection, il est réélu, ça ne veut pas dire
qu'il perd son poste...
M. Lafrenière : ...sur le
conseil de la régie, il peut continuer, puis là, après ça, la décision sera
remplie. C'est juste une concordance qu'on a mis, M. le Président, pour
s'assurer que, dans les affaires, il n'y aura pas une coupure du jour au
lendemain et des règles de bonne conduite aussi, d'avoir un élu qui est sous le
conseil de bande, parce qu'encore là, sans s'immiscer dans la façon de gérer,
on peut s'imaginer les craintes pour des gens aussi que des gens restent là,
même s'ils sont plus élus. Si les gens ont décidé de ne plus faire confiance à
un individu puis qu'il resterait quand même sur la régie. C'est une chose, a
contrario, qui a été soulevée par des membres des communautés. On essaie de
soupeser les deux. Ce n'est pas parfait, mais je comprends ce que ma collègue
veut dire.
Le Président (M. Sainte-Croix) :
Merci, M. le ministre. Allez-y, Mme la députée.
Mme Maccarone : Ce que dit Mme
la députée, le deuxième paragraphe, tu sais, quand on parle vraiment de
l'expiration d'un mandat d'un membre du conseil de bande, c'est parce que,
quand je reviens à le 93.2, à le paragraphe 3°, on parle de : «On
leur donne le pouvoir de déterminer le mode de nomination de leurs membres, la
durée de leur mandat.» Ça fait que c'est comme... j'ai l'impression qu'on leur
donne un pouvoir, puis là on supprime un pouvoir.
Le Président (M. Sainte-Croix) :
M. le ministre.
M. Lafrenière : Oui, merci, M.
le Président. Je comprends, je comprends la sensibilité. D'un autre côté, c'est
eux qui vont décider, exemple, combien de membres vont être nommés, de quelle
façon, et tout ça. Mais si la personne... Puis on jase, là, n'oubliez pas, on
parle de personnes qui vont gérer une régie de police, donc, il y a un enjeu au
quotidien dans leur vie. Si la communauté décide de ne plus faire confiance à
cette personne-là puis d'y faire perdre son poste d'élu, puis il resterait là
pareil, je pense que c'est peut-être ça, quand on parlait de s'assurer de la
démocratie du suivi. C'est sûr, en passant, dans les conseils de bande, quand
on parle de cette démocratie-là, c'est un enjeu qui est sensible. Il y en a qui
ne le reconnaissent pas, qui vont y aller plutôt avec une approche
traditionaliste. Puis là on s'en vient se dire : Le minimum, là, si la
personne perd son mandat, que les citoyens lui retirent son appui, mais il ne
pourrait pas continuer par la suite.
Mme Maccarone : Je comprends,
mais, pour moi, c'était quelque chose qui était comme implicite, des choses
qu'on aura pu dire que, pendant que vous êtes en train d'établir vos règles à
l'interne... façon de faire, mais ça, c'est quelque chose dont vous devez
prendre en considération, parce que c'est logique. Ce n'est pas parce que ce
n'est aucunement logique, c'est juste que c'est le genre d'affaires que moi,
j'aurais présumé suite à le 93.2, bien, ils étaient pour mettre à l'œuvre à
l'intérieur de leur propre mandat eux-mêmes, pas besoin que, nous, on le mette
dans la loi, pas parce que je suis contre, c'est juste...
M. Lafrenière : Non non. Mais
le point est bon, puis je vais vous donner un contre-exemple qui me vient en
tête, en même temps que ma collègue en parle, puis je vais oser le dire. Présentement,
si je vivais la même chose avec un corps policier régional à Kanesatake, unité
mohawk, ce serait complexe présentement, étant donné qu'on regarde qu'il y a
deux... deux groupes de conseil de bande qui ne reconnaissent pas l'autre, en
disant qui a été élu, qui n'a pas été élu. C'est peut-être un, excusez
l'expression, un «safety» qu'on se met en disant : Si ça part puis ça part
tout croche, au moins, on aura, pour le côté policier, on aura une capacité de
rester en poste, parce que moi, ça fait un an et demi, que là ça a pris jusqu'à
une décision des fédéraux pour venir dire qui ils reconnaissaient eux-mêmes
comme conseil de bande, parce qu'entre eux, ils ne se reconnaissaient pas.
Complexe.
• (12 h 20) •
Donc, on aurait pu se servir de ça, en
disant : Mais ceux qui étaient déjà en poste, qui ont été élus, on les
garderait là, puis ça aurait pu s'assurer d'une continuité. Quand je parlais de
garder un petit... une petite distance entre le politique puis le policier,
peut-être qu'on a pu s'en sauver avec ça, mais c'est des exemples qui sont
rares, mais quand même.
Mme Maccarone : ...ils
comprennent que, lors de l'adoption de cette loi, il va probablement avoir des
changements par rapport à les règles qu'eux, ils ont adoptées au sein de leur
conseil de bande pour le conseil d'administration, pour la régie, ici.
M. Lafrenière : ...je veux
juste revenir à la base. Présentement, il n'y a pas... il n'y a pas de régie de
police autochtone. Il va falloir qu'ils repartent à zéro. Ils n'en ont pas.
Mme Maccarone : ...
M. Lafrenière : Non, mais je
veux juste mettre ça, parce que ma collègue, je comprends ce qu'elle dit...
Mme Maccarone : ...suite à
l'exemple que vous venez donner, c'est ça que je veux savoir.
M. Lafrenière : Non, non, je
disais... je prenais pour exemple ils n'en ont pas, de corps de police. Ça fait
que ce que je vous dis, c'est complètement futile. Je dis juste que, si
d'aventure, il y avait eu un corps de police, une régie...
Mme Maccarone : OK, je
comprends.
M. Lafrenière : ...ça nous
aurait peut-être sauvés dans ce cas-là. Mais ma collègue fait bien de le dire,
là, il n'y a pas personne qui va se faire dire : Il faut que tu recules,
tu changes tes choses. Les gens commencent là. Ceux qu'on appuie, qu'on aide,
présentement, avec Pakuashipi, Winneway, et compagnie, là ils vont voir nos
travaux, puis, aujourd'hui, ils doivent sûrement nous suivre en disant :
Ça va arriver bientôt, parce qu'ils ont bien hâte, mais ils vont devoir
commencer avec ces règles-là qu'ils vont se donner.
Le Président (M. Sainte-Croix) :
M. le ministre. D'autres interventions?
Mme Maccarone : Merci.
Le Président (M. Sainte-Croix) :
Ça complète le 93.12. 93.13, M. le ministre.
M. Lafrenière : Oui. Merci, M.
le Président. «93 13. Le conseil d'administration nomme, lorsqu'il le juge à
propos, tout employé qu'il juge utile au fonctionnement de la régie.»
Commentaire. L'article 93.13 permet au
conseil d'administration de nommer des employés pour agir au sein de la régie
de police autochtone, comme on retrouve dans la... dans les régies de police
autochtone aussi.
Le Président (M. Sainte-Croix) :
Interventions? Oui, Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : Ça aurait été
le même commentaire que l'autre article. Encore une fois, on est en train de...
de donner une spécificité à quelque chose quand il y avait déjà toute la
latitude de faire ce type de nomination, quand ils vont mettre en place leurs
propres règles de fonctionnement. Ça fait que, pourquoi...
Mme Maccarone : ...spécificité
ici?
Le Président (M. Sainte-Croix) :
...
M. Lafrenière : Oui. Merci,
M. le Président. Puis ce que ma collègue nous ramène... elle nous dit : À
2, on est venus dire : On va vous... On va vous dire... On va vous laisser
nous expliquer comment vous voulez agir. Là, on vous donne le pouvoir de le
faire, puis les légistes pourront intervenir, mais moi, je vois ça comme le
pouvoir. On vient de donner le pouvoir à une régie, qui, en passant, la régie
est une entité qu'on vient... qu'on vient de mettre à jour, hein, ça n'existe
pas pour eux. Il n'y a aucune régie présentement dans le monde autochtone. Il
n'y a pas de régie intermunicipale, il n'y a pas de régie interbande. La
seule... Le seul parallèle je pourrais faire, c'est avec des traités, donc les
Cris, qui ont le Grand Conseil cri. Alors, ça n'existe pas, cette
possibilité-là. Conseil de la nation atikamekw, ce n'est pas une régie. Ça fait
qu'on vient leur dire : Voici tous les pouvoirs que vous avez. Dans ma
compréhension, comme ça n'existe pas dans le corpus puis ça n'existe pas du
côté autochtone, on vient leur donner ces pouvoirs-là. Je comprends.
Mme Maccarone : OK. Je
comprends. C'est juste... je le note parce que, si moi, je regarde le
paragraphe cinq du 93.2, on dit quand même «les règles de fonctionnement de la
régie». J'ose croire qu'ils vont avoir besoin d'engager du personnel
administratif pour faire un accompagnement des travaux. Ça fait que je me
demandais pourquoi qu'on est en train de comme le dire deux fois. C'est un peu
du beau... du bon gros sens.
Le Président (M. Sainte-Croix) : ...la
députée. Droit de réponse, M. le ministre.
M. Lafrenière : Oui. Puis je
consultais en même temps pour être sûr, parce que rarement on fait de quoi pour
rien, là. L'entité, normalement, c'est le conseil de bande qui est l'employeur
unique. Dans ce cas-là, ce ne serait pas le conseil de bande, ce serait la
régie, nouvelle chose qu'on vient d'introduire. Ça fait que normalement...
Puis, dans une communauté, c'est 30 % des membres de la communauté, normalement,
qui travaillent pour le conseil de bande. Dans ce cas-là, l'employeur ne serait
pas le conseil de bande, ce serait la régie. Ça fait qu'on vient le spécifier.
Ma collègue a raison. Au début, on leur dit : Vous nous direz comment vous
allez vous gouverner, vous allez nous l'écrire pour qu'on le sache, tu sais.
Mais là on vient de leur donner ce pouvoir-là d'embaucher, parce que,
normalement... puis ça, ça va être bien nouveau... puis, en passant, je suis
sûr que ça va être bien, là, mais ça va être nouveau pour eux, normalement,
l'employeur, c'est le conseil de bande. Là, ça ne sera pas le conseil de bande,
l'employeur, ça va être la régie.
Mme Maccarone : Oui...
Le Président (M. Sainte-Croix) : ...Mme
la députée.
Mme Maccarone : Puis c'est
pour ça qu'on parle du conseil d'administration qui nomme, mais... OK. Je...
C'est peut-être une nuance qui manquait pour moi, parce qu'il nomme, mais ils
ne sont pas nécessairement responsables du salaire ou le budget qui serait
associé avec cette personne, parce que c'est le conseil de bande qui prend
cette responsabilité. C'est ça que vous êtes en train de dire?
M. Lafrenière : ...
Mme Maccarone : Non?
M. Lafrenière : On va partir
avec... là, je vais prendre deux, parce que trois, ça va être compliqué, là. On
a deux communautés distinctes qui décident d'être ensemble, chacun des conseils
de bande. On crée une nouvelle entité qui va devenir un employeur maintenant.
Cette régie-là va devenir l'employeur. On vient dire à cet employeur-là...
Parce que, normalement, dans chacune des communautés, les gens embauchent les
membres de la communauté, font leurs conseils de bande, ils vont faire les
travaux publics, ils vont tout faire dans leurs communautés. Là, pour une fois,
l'employeur, ça ne sera pas la communauté ou la communauté, ça va devenir la
régie. On vient leur dire : Vous avez le pouvoir d'embaucher les gens,
puis c'est eux autres qui vont déterminer les salaires, les conditions, et tout
ça, là, mais la régie, donc le conseil d'administration.
Le Président (M. Sainte-Croix) :
...
M. Lafrenière : On lui donne
un pouvoir.
Mme Maccarone : Oui, je
comprends. Moi, le principe, pour moi, reste...
M. Lafrenière : Je comprends.
Mme Maccarone : ...s'il y
avait déjà le pouvoir au début du processus, mais c'est correct, c'est
spécifié, puis ça me va, M. le Président. Merci.
Le Président (M. Sainte-Croix) :
...interventions? Oui, M. le député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : Une question
de précision, M. le Président. Le conseil... la régie embauche et le personnel
non policier et policier?
Le Président (M. Sainte-Croix) :
...
M. Lafrenière : Oui,
absolument, M. le Président, comme c'est le cas du côté allochtone. C'est une
nouvelle entité qu'ils vont créer.
M. Fontecilla : Donc, ça
peut... est-ce que c'est le conseil d'administration qui embauche... bien,
pas... non pas par délégation de pouvoir, mais par... directement, là, les
policiers qui vont... qui vont patrouiller, là? Il y a une question de... La
question que je me pose... il y a une question d'expertise, là, c'est-à-dire
embaucher un secrétaire pour faire les procès-verbaux, ça n'a pas... ça n'exige
pas le même type d'expertise que pour un policier, là. Est-ce qu'un conseil...
le conseil d'administration de la régie ne pourrait pas déléguer chez un
directeur général policier, par exemple, la tâche d'embaucher le personnel policier,
donc une tâche très... plutôt spécialisée?
Le Président (M. Sainte-Croix) :
...
M. Lafrenière : C'est... Puis
la notion est bonne. Merci à mon collègue de l'amener. On fait la même chose
dans les régies de police. Puis je peux vous dire, les... même l'exemple du
SPVM, c'est que c'est... exemple, c'est un comité de RH quand c'est plus gros
ou, dans une municipalité, c'est le chef de police lui-même qui choisit les
candidats, mais, par la suite, ça va être cette régie-là qui va venir entériner,
si vous voulez, là, qui va venir dire : Nous embauchons l'agent Ian
Lafrenière, mais le choix ne sera pas fait par eux, ça va être fait par le
service de police ou un département des ressources humaines, si c'est le cas.
Eux autres vont venir entériner. C'est eux autres qui vont venir confirmer
l'embauche comme policier, comme pompier. Partout au Québec, ça a tout le
temps... c'est la ville. Là, dans ce cas-là, ça va être une régie qui va venir,
là, confirmer l'embauche de telle personne. Mais ce n'est pas... ce n'est pas
au choix des six membres, des sept membres, des huit membres qui vont venir
dire : Moi, c'est un tel que je veux, ils vont juste venir l'entériner par
la suite, comme ça marche déjà...
M. Lafrenière : ...le conseil
de bande, où c'est le chef de police qui a le processus. Puis, c'est confirmé
par la suite par le conseil de bande.
M. Fontecilla : Donc, ça va
être par délégation pour le personnel policier. En tout cas, ça va être par
délégation de pouvoir, là.
M. Lafrenière : ...puis tout
ce que mon collègue a dit, je suis d'accord, c'est rien que je titillais quand
il me parlait de délégation de pouvoir, là, moi, je pense...
Une voix : ...
M. Lafrenière : Mais c'est le
chef de police qui choisit son staff. Mais, au final, c'est une résolution, un
band council resolution, une résolution du conseil de bande qui vient confirmer
le nom de la personne.
M. Fontecilla : Très bien.
Le Président (M. Sainte-Croix) : Ça
complète? Merci. 93.14, M. le ministre.
M. Lafrenière : Oui, M. le
Président. 93.14. Le conseil d'administration de la Régie peut adopter un
règlement intérieur.
Commentaires : L'article 93.14
permet au conseil d'administration de la Régie de police autochtone d'adopter
un règlement intérieur, de faire ses propres règles.
Le Président (M. Sainte-Croix) : Merci,
M. le ministre. Interventions sur 93.14? Allez-y, M. le député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : Je... je
suppose, M. le Président, qu'il existe plusieurs, comment dire, catégories
de... de règlements, là. Il y a le règlement... Bien, on en a parlé tantôt, là,
la régie interne de la nouvelle régie, là, comment on va fonctionner, combien
de réunions du conseil d'administration, etc., il y a des règlements qui disent
qu'on... qui spécifient un peu l'organisation générale d'un service... d'un
service de police, autant au niveau administratif que... Et il y a des
règlements plus spécifiques, là, qui... qui régissent le travail du policier
lui-même, là. Il peut faire certaines choses, certaines choses, il doit les
faire comme ça, et il doit prendre telle ou telle procédure. La question que je
me pose : Quel est le niveau... À quoi fait allusion le règlement
intérieur, là?
M. Lafrenière : Les règles
internes, c'est vraiment comment va se comporter le... le conseil
d'administration, ce groupe-là de la régie, et ce n'est pas le... la façon de
travailler des policiers, ça, c'est le guide des pratiques policières, ça,
c'est la Loi sur la police. C'est deux choses complètement distinctes.
Le Président (M. Sainte-Croix) :
M. le député.
M. Fontecilla : Donc,
c'est... c'est différent du... de l'article... attendez minute, un article
antérieur qu'on a vu, là, sur les éléments suivants : Comment que la
régie... comment que la régie se gouverne en tant que telle? Est-ce qu'on l'a
vu, là? J'essaie de voir s'il n'y a pas de redondance, là.
M. Lafrenière : ...collègue y
a fait référence, c'est à l'article 93.2, on disait que l'entente doit
inclure comment la régie va se... se comporter, c'est-à-dire combien de
membres, et tout ça. Là, ce qu'on vient de dire, c'est qu'eux ont le droit de
se faire des règles internes, ils peuvent dire : Ça fait trois fois que
vous manquez les rencontres de la régie, les prochaines fois, vous allez passer
go, vous n'aurez pas votre... votre 200 $, vous comprenez? Il peut se
mettre des règles entre eux, comment ils vont gérer entre eux la... la régie.
• (12 h 30) •
M. Fontecilla : Et 93.14, ce
n'est pas... ce n'est pas... C'est plus spécifique, là.
Le Président (M. Sainte-Croix) : ...ministre.
M. Lafrenière : Oui. Puis,
j'écoute mon collègue quand il est à 93.14 c'est ils viennent se donner leurs
règles à eux, comment ils vont... comment ils vont se gérer. 93.2, ils nous
envoient la liste de comment ça va être constitué.
M. Fontecilla : Ah, OK.
Parfait.
M. Lafrenière : J'ai-tu manqué
de quoi?
M. Fontecilla : Le règlement
intérieur, ça fait... ça spécifie comment 93.2 doit... doit fonctionner.
Le règlement qui...
M. Lafrenière : ...je vais
nous aider. On a constitué une régie de police, je vous annonce ça bien
gentiment, puis on est trois. C'est le fun. On a trois conseils de bande
qu'on... qu'on représente puis on dit : Maintenant, là, voici comment on
va se gouverner dans nos travaux. Quand on va se rencontrer, voici comment ça
va marcher. Je pense, c'est le plus beau parallèle que je peux faire.
Le Président (M. Sainte-Croix) : Merci.
Chers membres de la commission, compte tenu de l'heure, la commission suspend
ses travaux jusqu'après les affaires courantes. Merci. Bon appétit.
(Suspension de la séance à 12 h 31)
16 h (version non révisée)
(Reprise à 16 h 07)
Le Président (M. Schneeberger) :
Alors, bon après-midi à tous. La Commission de l'aménagement du territoire reprend
ses travaux.
Je vous rappelle que nous poursuivons
toujours l'étude détaillée du projet de loi n° 13, Loi
visant à favoriser la sécurité et le sentiment de sécurité de la population et
modifiant diverses dispositions.
Alors, cet avant-midi, vous en étiez à l'article 93.14.
Est-ce qu'il y avait des questions, commentaires sur l'article avant de passer
à l'autre?...
Le Président (M. Schneeberger) : ...comment?
Des voix : ...
Le Président (M. Schneeberger) :
C'est beau. Ah! Il est fermé Il vibrait? OK. C'est beau.
Une voix : ...
Le Président (M. Schneeberger) :
Je l'avais bien fermé. Excusez-moi.
Alors, est-ce qu'il y a des commentaires sur
93.14? Non? Parfait, alors nous allons à 93.15. M. le ministre.
M. Lafrenière : Merci, M. le
Président. «93.15. Une régie constituée en vertu de l'article 93.4 peut
conclure avec le gouvernement une entente visant à établir ou à maintenir un
corps de police autochtone sur le territoire sur lequel elle a compétence.
«Le corps de police ainsi établi ou
maintenu est, pendant la durée de l'entente, un corps de police aux fins de la
présente loi. Les articles 91 à 93 s'appliquent avec les adaptations
nécessaires.»
Comme commentaires : Cette
sous-section établit les règles relatives à la constitution d'un corps de
police. L'article 93.15 permet à la régie de police autochtone de conclure une
entente avec le gouvernement aux fins d'établir ou de maintenir un corps de
police autochtone sur le territoire sur lequel elle a compétence et détermine
les règles qui y sont applicables.
Il précise que pendant la durée de
l'entente, le corps de police ainsi établi ou maintenu est un corps de police
aux fins de la Loi sur la police. Il s'agit d'une seconde... d'une seconde
entente, la première étant pour la constitution de la régie de police
autochtone.
M. le Président, on a fait référence à
quelques reprises à cet article-là, justement, ce qui nous permet d'avoir
l'application de la Loi sur la police dans différents sujets. Alors, voilà
l'article 93.15.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci.
Questions sur l'article? Aucun? Alors, s'il n'y a pas d'autre question, étant
donné que tous les articles de... qui comprenaient l'article 4... alors là, on
va passer au vote. Est-ce que l'article 4 est adopté?
Des voix : Adopté.
• (16 h 10) •
Le Président (M. Schneeberger) : Adopté.
M. le député de Laurier-Dorion, on m'a informé que vous avez un amendement à
déposer en 4.1. Alors, est-ce que la greffe... est-ce que le secrétariat a reçu
l'amendement? Oui?
Une voix : ...
Le Président (M. Schneeberger) :
Ah! OK. Parfait. Alors, M..... on vous écoute, M. le député.
M. Fontecilla : Donc, il
est... c'est à l'écran. Bien, parfait. Donc, c'est un amendement à l'article
4.1, article 90 de la Loi sur la police. Insérer, après l'article 4 du projet
de loi, le suivant :
«4.1. Insérer, après l'article 90 de cette
loi, le suivant :
«90.1 Les corps de police autochtones
établis pour assurer les services policiers au sein d'une ou de plusieurs
communautés autochtones sur le territoire du Québec font partie du système
policier du Québec. Ils sont reconnus comme des corps de police au sens de la
présente loi et jouissent du même statut juridique que les corps de police
visés aux articles 1 et suivants. Cette reconnaissance est prévue par la loi et
ne dépend pas de la conclusion, du maintien, du renouvellement ou de la
modification d'une entente d'un cadre administratif. Le statut ne peut être
retiré ou limité que par modification expresse de la présente loi.»
Donc, M. le Président, cet article-là vise
à formaliser davantage l'existence d'un corps de police autochtone, au même
titre que tous les autres corps policiers du Québec, là. Vous l'avez sans doute
entendu, en tout cas, à travers les témoignages des chefs autochtones, qui nous
disaient qu'entre autres les corps de police autochtones étaient
systématiquement sous-financés par rapport à d'autres... à d'autres corps
policiers du Québec, là. Et c'est important que les services... les corps
policiers et autochtones puissent jouir du même statut que l'ensemble des corps
policiers, puisque les services qu'ils donnent sont donnés à des citoyens et
citoyennes du Québec qui sont... qui sont tout autant... qui ont le droit tout
autant qu'un autre citoyen à recevoir des services policiers, au même titre que
n'importe quelle personne au Québec, là.
Donc, c'est une revendication, c'est une
demande insistante des corps policiers... policiers autochtones du Québec. Et
je crois que, puisque, justement, nous traitons de, entre autres, la régie...
la création ou la... la création d'une régie de ce... en termes de sécurité
publique, là, services policiers pour les communautés autochtones, c'est le
temps d'étudier attentivement cette possibilité-là et, pourquoi pas...
M. Fontecilla : ...l'établir.
Donc, la... voilà le sens fondamental de cet article-là, et j'aimerais bien
connaître l'avis du ministre de la Sécurité publique ce concernant.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci.
M. le ministre.
M. Lafrenière : Oui. Merci
beaucoup, M. le Président, puis merci à mon collègue. Je pense qu'il veut
être... qu'il tente d'établir la notion de services essentiels, puis je le
comprends, on en a beaucoup parlé, on a dit à quel point c'était important.
Puis, vous savez, M. le Président, je l'ai dit à plusieurs reprises, dans nos
représentations avec le fédéral, on dit qu'on est d'accord avec ça. Je veux
juste corriger un point, parce que le collègue dit que les services de police
autochtones ont le même statut que les autres services de police, ils ont la
même fonction, mais, dans le statut, ce qui est vraiment différent, c'est que
ça vient d'une entente tripartite avec le fédéral.
Alors, ce qu'on vient faire indirectement,
de reconnaître les services essentiels, on est d'accord avec le fait que ce
soit essentiel, mais, s'il fallait d'aventure que le fédéral se retire de ce
financement-là, ça ferait en sorte que le Québec devrait le payer à 100 %.
Puis je connais la vision du groupe parlementaire de mon collègue, je suis
persuadé que ce n'est pas ce qu'ils veulent. Alors, de venir dire qu'on trouve
que les services policiers devraient avoir un financement adéquat, oui, que
c'est un service essentiel, oui, mais il faut absolument qu'on fasse ce pas de
danse avec le fédéral. On ne peut pas le faire seul. Cependant, je reconnais le
mérite de ce que mon collègue veut amener aujourd'hui en disant : Il faut
vraiment bien financer les services policiers, puis je suis d'accord avec lui,
mais je ne pourrai pas aller dans cette direction-là, pas seul.
M. Fontecilla : Est-ce que je
dois comprendre que la reconnaissance... la reconnaissance du statut essentiel
d'un corps policier autochtone dépend du même geste de la part du fédéral?
C'est ce que le ministre est en train de nous dire, là.
Le Président (M. Schneeberger) :
M. le ministre.
M. Lafrenière : Oui, M. le
Président, dans les ententes avec les services policiers, les ententes sur une
base de cinq ans, c'est une entente où le gouvernement provincial paie à
48 % la facture et le fédéral à 52 %, M. le Président. Alors, vous
comprenez ce que je vous dis là, c'est qu'au final, si on venait à dire :
Il n'y a plus d'entente sur une base de cinq ans, donc on y va perpétuité, ça
viendrait dire que, si nous... le fédéral, décidait de se désengager après cinq
ans, bien, on se ramasserait à être les seuls partenaires dans tout ça, ce qui
n'est pas acceptable pour nous.
M. Fontecilla : Est-ce que...
dans un univers probable, est-ce que le ministre croit que le gouvernement
fédéral va se désengager d'une des composantes essentielles du fédéralisme
canadien, qui est celle d'être le... comment dire, de s'occuper d'avoir la
compétence des peuples autochtones?
Le Président (M. Schneeberger) :
M. le ministre.
M. Lafrenière : Se
désengager, je suis d'accord avec mon collègue, je ne pense pas que ça va
arriver, mais, quand on négocie avec quelqu'un, si on dit à l'avance que
nous : Voici comment on veut le faire, que payez ou pas, on va être là, on
peut le vivre. Puis je peux vous donner des exemples, M. le Président, et je
vais sortir un petit peu du milieu policier pour aller dans le milieu de la
santé.
Ici, à proximité, à Wendake, avec la
nation huronne-wendat, il y avait une volonté de faire un CHSLD puis de donner
des soins aux gens qui étaient autochtones et allochtones. Alors, nous, on nous
dit, de bonne foi : On va y aller, le fédéral sera notre partenaire.
Alors, ça a été comme ça pendant un bout. Puis, au final, le fédéral a
dit : Bien, si vous avez... la province a décidé de s'engager, il n'y a
rien qui est qui m'oblige d'aller là-dedans.
Alors, M. le Président, ce que je vous
dis... que c'est comme position de négociation, puis je sûr que le collègue ou
d'éventuels collègues nous le reprocheraient si on se présentait dans une
négociation en disant : Peu importe l'issue, on n'a pas vraiment besoin de
négocier avec le fédéral puis dire : Regardez, on le fait ensemble puis
nous, on va mettre notre partie si mettez la vôtre. Si on dit à l'avance que
nous, on va tout absorber, on n'a plus grand négociation à avoir avec le fédéral.
Puis ce n'est pas que je crains que, demain matin, ils vont se désengager, mais
c'est une position qui serait assez faible pour une province dans une... dans
une volonté nationaliste, je ne suis pas sûr que ce serait la bonne chose.
M. Fontecilla : Très bien.
L'important ici, là, c'est... Plaçons-nous dans un dans un exercice
complètement, comment dire, fictif, là, qui a très peu de chance de se
produire, où le gouvernement fédéral, pour x raisons, décide de ne pas
s'engager pour... de s'engager dans le financement d'un corps policier, dans
une attente de cinq ans, comme le dit le ministre. Que va-t-il arriver à ce
corps de police là? Est-ce qu'automatiquement, il y a 52 % de son
financement qui disparaît?
M. Lafrenière : Oui, je reviens
à la base, M. le Président, parce qu'effectivement c'est un exemple
complètement improbable. Je reviens juste à la négociation. Moi, je ne pense
même pas aux résultats en disant : Le fédéral va se sauver puis on va être
prise avec la facture, mais pour négocier avec un partenaire, on sait tous
comment fonctionnent les négociations, si je me présente en disant à l'avance
que, peu importe l'issue de la négociation, je vais l'assumer à 100 %, ça
nous met dans une position de faiblesse. Cependant, M. le Président...
Une voix : ...
M. Lafrenière : ...je veux
juste terminer ma phrase, cependant, je l'ai déjà dit, j'ai déjà rencontré mon
collègue au fédéral. Ce n'est pas la première fois que je l'ai dit, je l'ai dit
devant l'APNQL, devant les chefs qui étaient présents, dont le chef Heyman,
nous, on est d'accord d'aller dans cette direction-là, mais on veut le faire
ensemble, on ne va pas le faire seul.
M. Fontecilla : Précision, M.
le Président, l'intention, en tout cas, le texte de... l'amendement qu'on a...
que je viens de présenter ne fait pas allusion à une négociation, à un
financement éventuel...
M. Fontecilla : ...actuel qui
pourrait disparaître ou, etc., etc. Ça fait allusion à un statut, là, et la
question... la question, hormis toutes les questions annexes... connexes qui
pourraient exister comme d'éventuelles négociations, etc., etc., moi,
j'aimerais savoir, au... selon le ministre, qu'est-ce qui... selon lui,
qu'est-ce qui change... un service policier qui n'a pas le statut des services
essentiels, là. Quelle est la différence d'un service qui l'a, ce statut-là,
par rapport à un service de police qui ne l'a pas?
Le Président (M. Schneeberger) :
M. le ministre.
M. Lafrenière : Oui. Deux,
trois points importants, M. le Président. Si on veut juste reconnaître le
service, là, un corps policier autochtone comme les autres services de police,
l'article 93.15 qu'on a adopté ensemble le confirme. Si après ça, on se
demande quel serait le service différent qui serait livré aux citoyens si on
considérait le service de police comme les services essentiels, il n'y en a
pas, M. le Président. Ce que ça viendrait changer vraiment, c'est juste... puis
c'est pour ça que je prends la peine de vous lire un paragraphe qui a été
proposé : cette reconnaissance est prévue par la loi et ne dépend pas de
la conclusion du maintien, du renouvellement ou de la modification d'une
entente ou d'un cadre administratif. On s'en vient dire qu'on reconnaît qu'on
ne fait plus vraiment d'entente avec un service en disant : Pendant cinq
ans, voici le financement, voici comment ça va fonctionner. Je sais, ce n'est
pas ce que le collègue veut faire dire directement, mais indirectement, ce que
ça amène comme position de négociation, c'est qu'on vient dire qu'on les
reconnaît, qu'on ne va plus sur une base d'entente, mais on met ça, encore une
fois, pour la perpétuité. Puis c'est là, M. le Président, qu'on a un enjeu.
Mais je veux rassurer le collègue. Est-ce que les services qui sont donnés dans
une communauté diffèrent? La réponse, c'est non. Est-ce que ça enlève la
prévisibilité aux services de police, à ces agents? La réponse, c'est oui.
C'est pour ça qu'on veut y travailler, puis changer et d'avoir des ententes
qu'on peut négocier, qu'on peut livrer le plus tôt possible pour ne pas arriver
dans une période de flottement où, à la fin, les gens sont nerveux. On sait
que... l'État ne se désengagera pas, mais ça amène quand même un stress pour
les policiers et pour la structure policière. Ça, je suis d'accord avec mon
collègue.
• (16 h 20) •
M. Fontecilla : ...M. le
Président, là, dans le cas où le renouvellement d'une entente quinquennal, là,
c'est la forme, tarde, que ça dépasse la période de cinq ans, là,
qu'arrive-t-il avec ce financement-là? Il y a un financement intérimaire? Qui
met l'argent? On diminue les services? Qu'est-ce qui se passe?
M. Lafrenière : Oui, M. le
Président, c'est arrivé à une... puis une chance, j'ai de la mémoire
organisationnelle avec moi, c'est arrivé à une reprise, c'est avec le service
de police d'Akwesasne, ce qui est encore plus compliqué, c'est qu'on se
retrouve dans une entente qui est plus que tripartite, parce qu'il y a une
partie en Ontario, on a le... même le volet américain aussi, donc une entente qui
n'est pas simple. C'est le seul temps que c'est arrivé, mais le service a
continué de fonctionner quand même, mais ça n'arrive pas sinon, on finit par
s'entendre, mais c'est des négociations à chaque fois et ça amène... puis je
comprends, en passant, là, des chefs de police qui sont venus ici, ... , je
l'ai déjà dit, je le connais bien, je comprends ce qu'il veut dire quand il
dit : Le fait de renouveler aux cinq ans, ça nous enlève la prévisibilité
un peu, je le comprends, mais, nous, on a fait nos représentations avec le
fédéral, on veut la même chose qu'eux, mais ensemble.
M. Fontecilla : C'est bon
pour moi, M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) :
Ça va? S'il n'y a pas d'autres questions... Oui, Mme la députée, allez-y.
Mme Nichols : Oui, merci
beaucoup, merci, M. le Président. Je m'excuse, je faisais une petite mise à
jour à savoir si ma collègue était intervenue ou pas sur l'amendement de mon
collègue de Québec solidaire. Ce que je comprends, là, c'est que, dans le fond,
l'amendement, on n'est pas... on n'est pas nécessairement contre, c'est un
amendement qui... dont le contenu est... tu sais, nous semble... nous semble
important, entre autres, là, la reconnaissance des autochtones, c'est très
important. Puis là je me disais, M. le Président, étant donné qu'on a quand
même, on est chanceux, on travaille avec le ministre de la Sécurité publique et
le ministre des Affaires autochtones, donc, puis je lance ça comme ça, mais
est-ce qu'il n'y aurait pas une possibilité qu'on puisse... pas suspendre ou
adopter... adopter l'amendement puis qu'elle rentre en vigueur quand il y aura
des ententes, quand des ententes seront intervenues ou... En fait, est-ce qu'il
n'y a pas... Parce que... Parce que tout le monde est... tout le monde est
d'accord pour dire que... à part l'aspect des coûts, là, mais j'ai compris
qu'il fallait vérifier avec le fédéral puis qu'il y avait un...
M. Lafrenière : Je vais juste
me permettre de répondre à la collègue... Non, ce n'est pas juste de vérifier,
c'est pour ça que je veux recommencer un tout petit peu. À 93.15, on les
reconnaît comme un autre service de police. Ça fait que, ça, c'est très clair,
on l'a déjà dans le corpus présentement. On l'a amené tantôt. La différence
qu'on amène aujourd'hui, c'est de reconnaître comme les services essentiels.
Ça, ce n'est pas parce qu'on attend une entente avec le fédéral, c'est une
discussion qui traîne, puis qui a lieu depuis longtemps. Et ça, c'est majeur
comme changement, M. le Président. Je suis d'accord avec ma collègue, si
c'était une histoire que j'attends d'une journée à l'autre un retour du
fédéral, je vous dirais, écoutez, je suis d'accord qu'on le... qu'on soit...
qu'on aille de l'avant, qu'on suspende ou quelque chose comme ça, mais c'est beaucoup
plus profond que ça. Mais je veux rassurer ma collègue...
M. Lafrenière : ...parce
qu'effectivement j'ai toujours les deux chapeaux. Alors, on reconnaît les
services de police autochtone comme les autres services de police, et ça, on
l'a fait à 93.15. Ça fait que ça, c'est... c'est important de le mentionner. Ce
qu'on vient rajouter ici, c'est vraiment de dire que cette reconnaissance-là
est prévue par la loi... ne dépends pas de la conclusion ou du maintien d'une
entente. C'est là que j'amène un bémol en disant : On se met dans une
position de faiblesse dans nos négociations avec le fédéral, pas pour un titre
de reconnaissance une fois, pour chacune de ces ententes-là, jusqu'au jour où
ils seront d'accord pour aller avec la reconnaissance aux services essentiels.
Puis là ces ententes-là ne seront plus pareilles, là, c'est sur la base
d'ententes de cinq ans, à chaque fois renouvelable avec le fédéral, pour chacun
des services.
Mme Nichols : Donc... donc, la
réponse qui serait donnée... parce que c'est quand même des recommandations du
Protecteur du citoyen, puis c'était quand même une recommandation aussi de...
du...
Des voix : ...
Mme Nichols : Ah! il y avait
les communautés autochtones, évidemment, là, mais il y avait aussi le
Protecteur du citoyen, que c'était... c'étaient leurs... leurs recommandations.
Donc, votre réponse à ces recommandations-là, ce serait de dire d'attendre...
Oui, mais...
M. Lafrenière : ... avec le
fédéral.
Mme Nichols : Oui, mais à
trois, donc.
M. Lafrenière : On ne peut pas
être les seuls à reconnaître ça, sinon ça nous mettrait dans... Je... je le
redis encore une fois, dans une position de faiblesse avec le fédéral. Puis,
comme on est trois, parce que le fédéral... nous, 48, si on n'est pas dans la
même aventure ensemble, ça ne fonctionnera pas. Mais, encore une fois, il y a
plusieurs... Puis là, si ma collègue fait allusion à des recommandations, que
ce soit bien... et tout. Il y en a plusieurs qu'on a mentionnés depuis ce
matin, et on avance dans ce qu'on propose aujourd'hui, M. le Président, on
avance là-dedans, pérenniser les fonds. J'expliquais ce matin à quel point on
investit de plus en plus dans les infrastructures. On a ajouté aussi, au niveau
policier, des sommes, plus de 153 millions récemment. Ça fait qu'on s'en
va là-dedans. Quand on est arrivés en poste, on a payé aussi la formation
initiale des policiers, formation supplémentaire, ça fait qu'il y a plusieurs
actions qui ont été faites, justement parce que c'est extrêmement important
d'avoir des services policiers autochtones qui sont dignes de ce nom. Puis
aujourd'hui, en permettant justement d'avoir des régies de police, notre
prétention puis ma croyance très profonde, c'est que ces... ces services-là
vont... vont être encore de niveau supérieur puis ça va permettre de garder,
d'avoir de l'attractivité et de garder ces policiers-là, parce que, dans une
plus petite communauté, c'est plus dur.
Mme Nichols : Bien oui, je
comprends, je comprends, puis c'est des bons points. Puis j'ai... j'ai... j'ai
suivi un peu aussi les représentations ce matin, là, du coin de l'oeil, en
sachant que j'étais ici cet après-midi. Mais mon point, c'est en lien avec les
dispositions transitoires, est-ce qu'il ne pourrait pas y avoir une disposition
transitoire qui dit, entre autres, que ça va rentrer en vigueur au moment de
l'entente avec le gouvernement fédéral? Ça s'est déjà fait, on l'a déjà fait
dans d'autres projets de loi. Ça fait c'est... tu sais, mon point, c'est plus ça,
c'est plus parce que... comme... comme... comme je vous dis, vous n'êtes pas
contre non plus. J'ai compris votre position, que vous n'étiez pas contre les
recommandations du Protecteur, pas contre les recommandations des... des
autochtones. Ça fait que c'est pour ça que je me disais : Bien, ça
pourrait être... peut-être être la solution, ça pourrait être... Je donne un
exemple, là, l'article 90.1 entre en vigueur par décret au moment où le
gouvernement décide ou... tu sais, on... puis j'en profite, là, je vais le
dire, là, tu sais, j'en profite, justement, c'est rare qu'on a un ministre qui
est... qui a les deux ministères, là. Donc, c'est... je pense, justement, bien,
c'est le fun parce qu'on peut en bénéficier. On bénéficie des deux, je vais
dire, expertise, mais en fait, de vos deux compétences, puis vous comprenez les
deux mondes aussi très bien, là, vous n'en êtes pas à vos... Ça fait un petit
bout de temps que vous êtes là quand même, là, on va le dire comme ça. Ça fait
que vous avez beaucoup de bagages, beaucoup de cumuls. Donc, c'est pour ça
que... c'est pour ça que je le propose, puis je pense que ce serait vraiment
avantageux de le faire de cette façon-là, avec une disposition transitoire qui
permettrait de... l'entrée en vigueur plus tard.
Le Président (M. Sainte-Croix) :
...
M. Lafrenière : Puis je ne
veux pas être défaitiste, ma collègue me connaît, elle sait à quel point j'ai
de l'optimisme, mais c'est des revendications des communautés autochtones
depuis des années. Le gouvernement qui nous a précédés a fait des appels en ce
sens-là à plusieurs reprises aussi. Pour le fédéral, je le disais plus tôt,
mais c'est 600 bandes au Québec. Alors, pour eux, il y a un enjeu majeur
pour l'instant.
Mais ce que ma collègue dit, en disant :
La journée qu'on va être d'accord, là, honnêtement, on fera toute la
célébration qui va autour de ça, puis on viendra en commission pour adopter un
point très précis là-dessus, parce que ça va être majeur, puis je vais être
très heureux. Peu importe où je serai rendu, je serai assis ici pour
dire : Bravo puis on fera un... On fera quelque chose d'explicitement
là-dessus.
J'ai juste l'impression, en tout respect
pour les Premières Nations aussi, d'y aller comme ça puis de dire : On va
le suspendre jusqu'à tant qu'il dise oui du côté fédéral. Si j'étais honnête,
puis je vous disais que ça s'en vient dans quelques semaines, quelques mois, je
serais d'accord avec ça, sachant que ça fait des années au pluriel que c'est
revendiqué, je trouve ça un petit peu illusoire. Mais on va continuer de se
battre, on le fait très bien, puis on l'amènera, ce sera vraiment... Si on
devait le faire, si ça devait fonctionner, je peux vous dire qu'on va être
plusieurs à célébrer puis on va le faire ensemble, parce que ça va enlever
toute cette pression-là sur les communautés de ne pas savoir. Je suis d'accord
avec ma collègue.
Mme Nichols : Oui. Puis je
doute que le ministre serait encore plus fier de savoir qu'il a mis le pied
dans la porte, puis de montrer qu'il a une ambition positive dans ce
dossier-là, vous seriez encore plus... plus fier quand on arriverait à une
entente, je...
Mme Nichols : ...tripartite,
là, mais... mais je...
M. Lafrenière : ...pas...
Mme Nichols : Je comprends
les enjeux soulevés aussi par le ministre.
M. Lafrenière : Oui. Je
l'apprécie. Je vous dis, ce n'est pas un enjeu qu'on va arrêter de se battre,
vous pouvez être sûr, M. le Président, parce que c'est vraiment important. Puis
je comprends mon collègue au fédéral aussi. Pas simple, celui-là.
Le Président (M. Schneeberger) : OK.
Alors, s'il n'y a pas d'autre discussion, on va mettre aux voix l'amendement
proposé par le député de Laurier-Dorion.
Une voix : ...
Le Président (M. Schneeberger) : Par
vote, appel nominal, l'amendement qui introduit 4.1, Mme la secrétaire.
La Secrétaire
: Pour,
contre, abstention. M. Fontecilla (Laurier-Dorion)?
M. Fontecilla : Pour.
La Secrétaire
: M. Lafrenière
(Vachon)?
M. Lafrenière : Contre.
La Secrétaire
: Mme
Lecours, Lotbinière?
Mme Lecours
(Lotbinière-Frontenac) : Contre.
La Secrétaire
: M. Caron
(Portneuf)?
M. Caron : Contre.
La Secrétaire
: Mme Grondin
(Argenteuil)?
Mme Grondin : Contre.
La Secrétaire
: Mme Blais
(Abitibi-Ouest)?
Mme Blais : Contre.
La Secrétaire
: Mme Nichols
(Vaudreuil)?
Mme Nichols : Pour.
La Secrétaire
:M.Schneeberger (Drummond—Bois-Francs)?
Le Président (M. Schneeberger) : Abstention.
Alors, l'amendement est rejeté. Nous... Je pense que le député de
Laurier-Dorion a un second amendement en 4.2. Alors, peut-être juste savoir,
vous l'avez reçu, au niveau des greffes, oui? Parfait. Alors, on va attendre.
Oui, là, il est affiché. Allez-y, M. le député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : Merci, M. le
Président. Donc, on change de thématique. On est toujours dans la sécurité
publique, là, mais c'est concernant le Bureau d'enquête indépendante. Donc,
l'amendement, c'est à l'article 4.1, 289.23.1 de la Loi sur la
police : Insérer, après l'article quatre du projet de loi, le
suivant :
«4.1. Cette loi est modifiée par...
l'insertion, après l'article 289.23, du suivant :
«"289.23.1. Le Bureau d'enquête
indépendante est tenu de publier sur le site Web du bureau un rapport sur ses
enquêtes indépendantes dans un délai d'une semaine suivant toute décision du
Directeur des poursuites criminelles et pénales de ne pas porter d'accusation
contre un policier. Dans le cas où le Directeur des poursuites criminelles et
pénales porte des accusations contre un policier impliqué, le bureau publie son
rapport d'enquête à la fin des procédures judiciaires. Le rapport doit
notamment contenir les renseignements suivants :
• (16 h 30) •
«"1 Les raisons pour lesquelles
l'enquête avait été déclenchée;
«"2 un récit détaillé des événements
à l'origine de l'enquête, incluant les versions des faits détaillés de toutes
les personnes impliquées ou témoins;
«"3 un résumé du processus d'enquête
dans lequel figure un calendrier des événements indiquant tout retard éventuel;
«"4 un résumé de preuves pertinentes
examinées;
«"5 tous les éléments de preuve
vidéo, audio ou photographique pertinente anonymisés dans la mesure du
possible;
«"6 les raisons expliquant la
décision de porter ou non des accusations contre l'agent.
«"Le directeur du bureau peut omettre
du rapport tout renseignement devant être fourni en application de la présente
disposition s'il estime que la protection de la vie privée d'une personne, obtenue
grâce à la non-publication d'un renseignement, l'emporte nettement sur
l'intérêt public de les publier, et qu'il indique les motifs de l'omission dans
le rapport.
«"Cette disposition est rétroactive
et s'applique à toutes les... les enquêtés depuis l'entrée en opération du
Bureau des enquêtes indépendantes en 2016."»
Voilà l'amendement en tant que tel, M. le
Président. À titre d'explication, on n'a pas besoin de le... Cet amendement
arrive à un moment très particulier, lorsque, justement, il y a une enquête en
cours à propos d'un... à propos du meurtre... du meurtre... de la mort, plutôt,
là, pardonnez-moi, là, du jeune Nooran, qui a... suscité un grand émoi public,
là. Donc, il y a une grande préoccupation pour la transparence concernant les
enquêtes menées par le Bureau d'enquête indépendance. Et la question de la...
transparence... transparence est essentielle dans ce... dans ce dossier.
Ce n'est pas... Ce n'est pas la première
fois que le sujet de la transparente à propos du fonctionnement du Bureau
d'enquête indépendante est soulevé. Depuis les débuts de la création de cette
instance-là, on a signalé l'opacité de ces enquêtes-là. Surtout qu'il y a
toujours les soupçons qui planent au sein de la population que ces enquêtes
pourraient avoir un biais, parce que c'est toujours la police qui enquête sur
la police, malgré toutes les précautions qui ont été mises en place. Donc, il y
a lieu, je pense, là, d'améliorer la transparence du fonctionnement et des
enquêtes du Bureau d'enquête indépendante justement pour améliorer la confiance
du public dans cette instance-là.
Et là on arrive à un sujet essentiel, M.
le Président...
16 h 30 (version non révisée)
M. Fontecilla : ...qui
devrait tout particulièrement préoccuper le ministre de la Sécurité publique,
là, c'est la question de la... la question de la confiance de la population
envers nos corps policiers, en premier lieu, et envers les instances qui ont le
rôle ingrat de juste... de surveiller les agissements qui peuvent être
problématiques, là, des... lors des forces policières, parce qu'on le sait, les
forces policières ont un privilège accompagné de très grandes responsabilités,
c'est l'usage... ils ont... les forces policières ont le monopole de l'utilisation
de la force, y compris létale. Donc, la question de la responsabilité et l'imputabilité
de l'utilisation de cette force est centrale dans les... dans n'importe quelle
société, et la population doit être absolument convaincue que les agissements
de la police sont étroitement encadrés et qui, s'il y a des mauvais
agissements, doivent... ils doivent... les instances peuvent les discerner, les
détecter, les enquêter et, au besoin, peut... on peut sanctionner ces
comportements qui ont été erronés et qui découlent du monopole donné par le
législateur, de l'utilisation de et de la force.
Donc, la question, la question qui se pose
ici, c'est : Comment améliorer la transparence du bureau d'enquêtes
indépendantes? On sait qu'il y a déjà eu des tribunaux qui ont critiqué le
bureau d'enquêtes indépendantes pour l'opacité dans la transmission d'informations
au Directeur des poursuites criminelles et pénales, des... différents éléments
qui ont été soulevés par des tribunaux pour indiquer qu'il y avait eu des
manquements relativement importants, là, du bureau d'enquêtes indépendantes. Et
je crois que c'est le temps justement, dans le contexte actuel, d'améliorer...
d'améliorer le fonctionnement du bureau d'enquêtes indépendantes, d'améliorer
sa transparence. Et on sait qu'aujourd'hui le bureau d'enquêtes indépendantes,
si vous allez voir les informations publiques disponibles, elles sont assez...
les informations sont assez succintes, et on ne dit pas grand-chose. Et, ni
même dans la... à la... lors de la conclusion d'une enquête, on n'en sait pas
plus. On ne sait pas pourquoi et comment l'enquête a été menée, on ne sait pas
quels éléments ont été utilisés comme preuves et on ne sait pas quels sont...
quel est le raisonnement qui a conduit à ce que des accusations, par exemple, n'est...
ne soient pas portées. Et ça, ça entame... Cette absence d'information, ça
entame, ça fragilise les liens de confiance de la population envers une
instance qui a un rôle très particulier, très important au sein de, comment
dire, l'écosystème des corps policiers du Québec, là. Ça a été... Le manque de
transparence du bureau d'enquêtes indépendantes, encore une fois, ça a été
signalé par des tribunaux, ça a été signalé par d'autres instances, et c'est
une critique qui revient couramment dans le fonctionnement de ce... du bureau d'enquêtes
indépendantes.
Je pense que le ministre, aujourd'hui, a l'occasion
de légiférer et améliorer la transparence de cette instance-là pour justement
permettre que... d'instaurer un climat de confiance entre la population et les
corps policiers du Québec, là. Je pense que c'est le moment, c'est le moment.
Ça fait longtemps que... ça fait quelques années que le bureau d'enquêtes
indépendantes fonctionne, ça fait quelques années qu'il subit des critiques
persistantes concernant sa transparence. Et le législateur, le gouvernement, il
est arrivé à un moment, là, où il doit prendre d'une décision : soit qu'il
laisse les choses telles quelles et s'entame... ça risque de mettre à mal le
lien de confiance entre la population et le corps policier, ou il tente... il
prend son courage à deux mains et il tente d'améliorer la situation,
particulièrement concernant la question de la transparence. Je pense qu'on est
à une croisée des chemins, là. Après toutes ces années de fonctionnement du
bureau d'enquêtes indépendantes, le ministre de la Sécurité publique a une
chance historique, justement, d'être le ministre qui a posé un geste
fondamental à ce titre-là.
Le Président (M. Schneeberger) : M.
le ministre.
M. Lafrenière : C'était un
fort plaidoyer, M. le Président. Merci...
M. Lafrenière : ...merci au
collègue. Et écoutez, je pourrais, de façon bien technique, regarder son
amendement et dire : Moi, je ne peux pas. Puis je ne pense pas qu'on veut
vivre dans un monde où, moi, comme ministre, je pourrais demander à la direction
des poursuites criminelles et pénales d'agir de telle ou de telle façon. Mais
j'ai le goût quand même. Je ne veux pas qu'on arrête là, s'il vous plaît, M. le
Président, parce que je pense que la discussion puis le plaidoyer que mon
collègue a livré mérite une réponse. Ça fait que je ne veux pas arriver avec
une réponse technique, en disant : On ne peut pas le demander au DPCP.
Mais continuons pareil l'échange, parce que je comprends très bien où mon
collègue veut aller. Ça fait que... je veux qu'on continue pareil, malgré le
point technique.
M. le Président, mon collègue fait
allusion à une enquête indépendante qui a cette année, mais on en a cinq, au
total, qui ont été déclenchées. L'an passé, il y en a eu plus de 25. Et, M. le
Président, j'ai été policier assez longtemps pour vous dire qu'avant l'arrivée
du BEI, il y a de cela 10 ans, 10 ans cette année, en 2016, il y avait ce qu'on
appelait les politiques ministérielles. Donc, s'il y avait un événement à
Montréal, on demandait à la Sûreté du Québec ou le SPVQ de faire l'enquête. Et
ce que les gens reprochaient à ce moment-là, bon, c'était des policiers sur des
policiers, donc pas grand sentiment de transparence. Est arrivé le bureau des
enquêtes indépendantes où ce ne sont pas que des policiers. Je connais des
journalistes, je connais des gens qui ont un... un CV, un background bien
différent, qui font partie des groupes d'enquête indépendante. Mais quand même,
ce que mon collègue a amené depuis tantôt, le... le questionnement de la
population qui se demande pourquoi. Puis, vous savez, M. le Président, quand
l'enquête est terminée, c'est remis au Directeur des poursuites criminelles et
pénales qui est complètement indépendant, qui prend sa décision par la suite
d'accuser ou non. Alors, il y a quand même plusieurs étapes.
Mais, malgré tout ça, ce que mon collègue
a dépeint tout à l'heure, ça existe. C'est-à-dire que les citoyens regardent
tout ça en se disant : Mais mon Dieu! est-ce que la décision était neutre?
Est-ce que, est-ce que, est-ce que. C'est pour ça que j'ai pris la peine de
répondre, M. le Président. Parce qu'après 10 ans d'existence, le BEI est rendu
à un moment où ils doivent se poser les vraies questions. Les questions que mon
collègue apporte, elles sont vraies. De quelle façon ils peuvent améliorer la
communication, ça aussi, c'est important. Quand il survient un événement, dans
les premières minutes, souvent on se le fait reprocher, et les policiers le
reprochent aussi au BEI en disant : Vous ne communiquez pas assez. Ça fait
en sorte qu'il y a beaucoup de spéculations à l'ère des médias modernes et
tout. Donc, M. le Président, la remise en question que mon collègue apporte,
elle est justifiée, elle est bonne, elle est importante. Le BEI va devoir se
questionner comme il faut, mais ça va prendre des consultations. Il va falloir
aller au bout de tout ça, M. le Président, parce qu'il y a beaucoup de zones
d'ombre dans ce qu'on apporte aujourd'hui. Et je vais m'expliquer. Si on devait
transmettre... puis je comprends qu'à la fin il y a quand même une notion qui a
été mise, là, vraiment ce que j'appellerais la valve de sécurité, en
disant : Si la personne juge que ça peut nuire à la vie privée d'un
individu, mais même ça, il va falloir le définir, parce qu'il va toujours
rester une suspicion en disant : S'ils ne l'ont pas dit... ont caché
quelque chose.
• (16 h 40) •
Moi, je pense aux victimes, je pense aux
familles des victimes, les images qui pourraient être transmises, l'information
qui pourrait être donnée, qui pourrait même... Je vous dirais même, M. le
Président, les citoyens pourraient même se dire, au final : S'ils nous ont
transmis de telles informations sur la victime qui pourraient peut-être
entacher sa réputation, ils ont peut-être fait ça justement pour lui nuire. Je
pense que ça mérite un processus complètement indépendant, c'est-à-dire que le
BEI regarde ces façons de faire.
Je salue la volonté de mon collègue de
dire : Écoutez, on a une occasion, est-ce qu'on ne pourrait pas amener
quelque chose pour ajouter de la transparence?, mais je pense que l'effet
pervers de ça, d'amener ça à ce moment-ci, de cette façon-là, c'est qu'on n'aura
pas consulté, on n'aura pas fait le tour comme il faut de cette situation-là.
En partant, le DPCP, moi, je ne donnerai jamais une commande au DPCP, je ne
peux pas faire ça, puis c'est pas souhaité, souhaitable.
Ce que je suggère à mon collègue, puis
nous, on va... on va le transmettre aussi au BEI, c'est de venir dire :
Écoutez, après 10 ans d'existence, après tout ce que vous entendez, je pense
que, premièrement, il y a une notion d'éducation générale pour expliquer c'est
quoi, le rôle du BEI, qui constitue le BEI, comment qu'ils travaillent, comment
c'est fait, ce travail-là., et, après ça, la notion de transparence aussi. Mais
je crois, M. le Président... je ne crois pas, je nous invite à le faire dans un
autre processus. Je salue l'exercice de mon collègue, mais je lui suggère de le
faire différemment, M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) :
Merci. Député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : Merci, M. le
Président. Tout d'abord, je voudrais rectifier, évidemment, le ministre a tout
à fait raison, l'article 6 de l'amendement, là, les raisons expliquant la
décision de porter ou non des accusations contre l'agent, là, c'est un élément
qui ne devrait pas se trouver là. C'est un reliquat d'une ancienne version,
etc., là, c'est à biffer, là, mais il a tout à fait... il a tout à fait raison,
là.
L'important, pour moi, ici, là...
Évidemment, je soutiens que le ministre a une... comment dire, encore une fois,
a une opportunité historique, là, de... on est... justement, on vient de... on
est en train de regarder la Loi sur la police, là, d'introduire un élément, là,
qui va grandement améliorer le lien de confiance entre la population et ses
corps policiers. Évidemment, c'est... la perfection n'est pas de ce monde. Le
lien de confiance, il peut toujours. Il y a toujours des gens qui vont se
méfier, à raison ou à tort, ça, ce n'est pas la question. C'est...
M. Fontecilla : ...de façon
générale, de mettre en place des procédures qui assurent... qui diminuent la
méfiance quoi... quoi qu'il en soit.
Donc, je pense que c'est le... c'est le
bon moment pour avancer dans ces processus-là d'amélioration d'un aspect qui
cause... qui suscite beaucoup, beaucoup de débats, c'est-à-dire l'opacité des
enquêtes du Bureau d'enquêtes indépendantes. Et ce serait, selon moi... mais,
bon, le ministre a une... comment dire, une vue beaucoup plus générale du
dossier de la santé... de la santé et de la sécurité publique, là, mais il
pourrait... il pourrait profiter de l'occasion et y aller maintenant.
Mais ce qui m'intéresse... je suis...
comment dire, je suis sensible à l'argument du ministre, dans le sens où il
faudrait faire des consultations, etc. Je ne pense pas que ce soit au Bureau
d'enquêtes indépendantes de porter la responsabilité d'une réforme sur lui-même,
ça doit revenir au pouvoir exécutif, au gouvernement de lancer une initiative
de cet... de cet ordre-là. Mais, si le ministre pense que ce n'est pas tout à
fait dépourvu de cohérence, la demande de l'amendement... l'esprit de la
demande qui se trouve dans cet amendement-là quand même a un certain... a un
certain sens, bien, je suis... si au moins le ministre nous disait : Bien,
si... je pourrais... je pourrais regarder la possibilité de regarder cet
aspect-là et effectuer moi-même des consultations publiques sur le... entamer
un processus, là, pour réviser certaines procédures du Bureau d'enquêtes
indépendantes, qui est une instance, jusqu'à présent, très, très, très
polémique, là. Chaque fois qu'il y a... bien, enfin, pas chaque fois, mais
souvent, souvent, lorsque le Bureau d'enquêtes indépendantes entame... ou
publie des conclusions sur une enquête, bien, ça suscite un bon niveau de
polémique dans... dans... dans le public, là.
Donc, il y a lieu de... que le législateur
se penche, à un moment donné, que ce soit dans le cadre de ce projet de loi là
ou dans un cadre plus vaste... il me semble que, oui, pour faire les choses en
bonne et due forme, ça devrait être un cadre un peu... un peu plus vaste, là,
mais c'est une tâche qu'on... qu'on ne peut pas éluder à l'infini, là. À un
moment donné, on doit prendre, comme on dit en bon français... on doit prendre
le taureau par les cornes et avancer, là. J'espère que ça va être le ministre
que j'ai en face de moi qui va avoir l'honneur de prendre ce taureau-là par
les... par les cornes, mais, si ce n'est pas lui, ça va être un autre, c'est...
c'est inéluctable. On doit améliorer le fonctionnement de cette instance, qui,
jusqu'à présent, a suscité des polémiques, là, qui nuisent au processus. On
doit avancer dans ce sens-là. Moi, c'est un engagement... un engagement concret
du ministre d'avancer dans ce sens-là, là, d'ici les élections, on peut être...
on peut rêver, mais, quand même, on pourra dire : Il y a déjà eu un
ministre qui a dit qu'il voulait avancer dans ce sens-là.
Le Président (M. Schneeberger) :
...
M. Lafrenière : Oui. Merci
beaucoup, M. le Président. Puis, bien que j'adhère à plusieurs éléments
soulevés par mon collègue, je veux juste faire attention à l'élément polémiste
ou en disant qu'à chaque fois. M. le Président, à partir du moment où un
organisme fait enquête sur les agissements d'un policier, je ne pense pas que
les gens vont... puis je ne veux pas être pessimiste, là, il va toujours y
avoir une zone d'ombre. Puis, comme policier, M. le Président, je veux vous
rassurer, rarement les gens m'appelaient pour dire que j'étais arrivé à
l'heure, qu'on avait agi avec la bonne force. C'est un... C'est normal, hein,
c'est la nature de la... du travail, c'est de grands pouvoirs puis qui amènent
avec de grands devoirs.
Ça fait que ce que je veux dire par là, M.
le Président, c'est que le BEI font un travail qui est remarquable, mais mon
collègue a amené un bon point. Et je veux vous dire là où je suis prêt à aller
avec mon collègue, parce qu'il était même prêt à faire lui-même des
consultations. Moi, je me suis assuré... parce que je ne veux pas... je ne veux
pas dépasser la limite de l'indépendance du BEI, mais, suite à notre discussion
aujourd'hui, que j'ai trouvé fort intéressante, je vais écrire au BEI. Je vais
même fournir ce que mon collègue de la deuxième opposition nous a proposé
comme...
M. Fontecilla : ...corrigée.
M. Lafrenière : Une version
corrigée. Mais ce n'est pas grave, l'important c'est l'essence qu'il y a là-dedans,
pour dire : Regardez, révisez votre façon de faire. Parce que je vous
dirais, M. le Président, même à la base, quand on vient dire : Le DPCP
devrait mettre tel ou tel élément dans son rapport, la discussion va arrêter là
au niveau technique, mais il faut aller beaucoup plus loin que ça. Il faut
trouver une façon d'être plus transparent avec la population, de mieux
communiquer, le plus rapidement possible. Quand j'étais aux communications du
SPVM, je le reprochais en disant : Pendant un bout de temps, si vous ne
communiquez pas, c'est sûr que la désinformation va embarquer ou les gens vont
avoir l'impression qu'on cache des choses. Alors, ils ont du travail à faire.
Moi, je salue leur travail qu'ils font au quotidien. Mais, M. le Président, je
prends l'engagement, puis mon collègue sera en copie, je vais écrire au BEI, je
vais mettre son amendement en disant : Prenez ça comme piste de départ,
mais, en célébrant votre 10 ans, prenez un moment pour voir comment mieux...
M. Lafrenière : ...être plus
transparent. Alors, c'est l'engagement que je prends puis ce sera fait comme il
faut, M. le Président. Alors, je serai le ministre qui aurait écrit au BEI. Je
serai le ministre qui a repris l'article de mon collègue pour dire :
Regardez, je n'ai tellement pas d'amour propre que je vais prendre carrément ce
que mon collègue suggère, puis regardez-le. Moi, je suis très... je suis très
ouvert à ça, M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) :
M. le député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : En terminant,
M. le Président, je crois que... Bien, je suis satisfait au moins de ces... de
ces... des... de ces gestes... de ces gestes-là. J'aurais... j'aurais souhaité
quelque chose de plus... de plus structurant. Parce qu'encore une fois je... je
pense que, bien, que le bureau d'enquêtes indépendantes a un rôle à jouer dans
ce type de... comment dire, de réforme, il appartient surtout au gouvernement,
au pouvoir exécutif d'avancer, d'aller de l'avant avec ce type de démarche là.
Vous savez, c'est très difficile de demander à quelqu'un ou une institution de
se... de se réformer elle-même, là, souvent, ça... ça doit venir de... de
l'extérieur.
Maintenant, moi, je pense qu'encore une
fois, là, c'est... les gens du Bureau d'enquêtes indépendantes, de façon
générale, on pourrait les critiquer pour un... un geste ou un autre qu'ils ont
commis tout au long de... de leur histoire, mais il est important de... de dire
que c'est... qu'il y a eu des critiques fondées. Je reviens là-dessus, là. Ce
n'est rien de moins que la Cour du Québec, il y a... il y a, en 2021, qui a
critiqué fortement le fonctionnement des rapports, la production de rapports
des... du Bureau d'enquêtes indépendantes, là, elle a critiqué la... la
neutralité de cette... de cette instance-là. Ce genre de choses là sont
inacceptables pour la part... de la part d'un... d'un bureau qui joue un rôle
aussi crucial dans l'écosystème, là, policier du Québec.
• (16 h 50) •
Mais, ceci étant dit, moi, je... je prends
l'engagement du... du ministre et j'espère qu'il va apparaître dans le... dans
le livre d'histoire pour cet engagement-là. Mais, encore une fois, on aurait pu
souhaiter davantage, c'est-à-dire une démarche beaucoup plus structurée qui
pourrait être faite peut-être dans un prochain gouvernement, ça pourrait être
une promesse du ministre pour un prochain gouvernement de la CAQ.
M. Lafrenière : Écoutez, M.
le Président, ça avance. On est même à... à se proposer mutuellement des... des
engagements pour la prochaine élection. Moi, je... On est aux oiseaux.
Mais si on revenait sur le sujet, il y a
un seul point je vais revenir, par exemple, parce que mon collègue s'interroge
sur la capacité pour un organisme comme le BEI de se... se remettre en cause
lui-même. Moi, au contraire, moi, je... je veux que cet organisme-là entende
les critiques des citoyens, voit comment les citoyens voient leur travail,
qu'ils puissent apporter des solutions, des suggestions.
Et, M. le Président, comme ça va tellement
bien, je vais déposer cette lettre-là, je vais la déposer devant la commission.
La lettre que j'enverrai au BEI. Alors, il y aura une copie qui sera déposée
ici. Mais moi, je tiens à ce que le BEI fasse son introspection elle-même, son
organisation, qu'ils puissent à la rencontre des citoyens. Alors, je vais
déposer cette lettre-là, mais pas maintenant, mais bientôt.
Le Président (M. Schneeberger) :
Ça va?
M. Lafrenière : Je donnerai le
crédit à qui de droit pour avoir suggéré cette bonne idée. M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) :
Députée de Vaudreuil.
Mme Nichols : ...c'est une
bonne initiative, là, la lettre puis encore de la déposer auprès des membres de
la commission. Je veux juste... juste une petite question, là, en lien avec les
rapports des... les rapports du BEI, là. Je comprends, là, les arguments du
ministre puis j'adhère à l'effet que... Je pense, entre autres, aux familles
des victimes. Puis ça, c'est un point, un point hyper sensible, là, on ne veut
pas non plus que ça se retrouve n'importe où, ou que ça circule. Moi, je suis
très sensible à ça.
Je regardais quand même, je... je
regardais, là, les... les détails qui sont donnés quand il y a une enquête,
entre autres, sur le site du bei.gouv.qc.ca, là, si on va voir, admettons, une enquête,
il y a le numéro d'enquête puis il y a... il y a les détails. C'est
peut-être... c'est peut-être là où on pourrait rajouter une section... Parce
que c'est très... c'est très bullet point, là, c'est très factuel, là. C'est
peut-être là où on pourrait rajouter, puis je le suggère au BEI, s'il nous
écoute, ou peut être dans la lettre que le ministre enverra, là, c'est
peut-être là où on pourrait ajouter une petite section avec, je ne sais pas,
là, résumé ou, tu sais, des phrases attachées plutôt que des... des faits
pointés comme ça à côté de chacun des... des sujets. C'est une... une
suggestion que je fais peut-être pour...
M. Lafrenière : Mais, au
final, on sait où on veut aller, on veut aller avec plus de transparence. Puis,
je veux que le BEI prenne le temps de rencontrer aussi des familles. Parce
qu'il faut toujours trouver le juste équilibre, hein, il ne faut pas avoir
l'air de se justifier, parce sinon les familles vont sentir qu'en quelque part
on a calqué l'opinion des gens. Ça fait que je veux vraiment qu'il fasse cet
exercice-là. Puis, je remercie encore une fois les collègues. Et, M. le
Président, je prends cet engagement-là. Donc, la lettre sera déposée ici avec,
en annexe, la suggestion de mon collègue de Laurier-Dorion.
Le Président (M. Schneeberger) :
Parfait. Alors, est-ce que... On va mettre aux...
Le Président (M. Schneeberger) : ...l'amendement,
M. le député de Laurier-Dorion, par vote nominal?
M. Fontecilla : ...vote
nominal, s'il vous plaît.
Le Président (M. Schneeberger) :
Parfait. Alors, Mme la secrétaire, pour l'article 4... pour l'amendement
qui introduit l'article 4.2.
La Secrétaire : Parfait.
Pour, contre, abstention. M. Fontecilla (Laurier-Dorion)?
M. Fontecilla : Pour.
La Secrétaire
: M. Lafrenière
(Vachon)?
M. Lafrenière : Contre.
La Secrétaire : Mme Lecours
(Lotbinière-Frontenac)?
Mme Lecours
(Lotbinière-Frontenac) : Contre.
La Secrétaire
: M. Caron
(Portneuf)?
M. Caron : Contre.
La Secrétaire
: Mme Grondin
(Argenteuil)?
Mme Grondin : Contre.
La Secrétaire
: Mme Blais
(Abitibi-Ouest)?
Mme Blais : Contre.
La Secrétaire
: M. Derraji
(Nelligan)?
M. Derraji : Contre.
La Secrétaire
: Mme Nichols
(Vaudreuil)?
Mme Nichols : Contre.
La Secrétaire
:M.Schneeberger (Drummond—Bois-Francs)?
Le Président (M. Schneeberger) : Abstention.
Alors, l'amendement est rejeté. Nous allons à l'article 5, M. le ministre.
M. Lafrenière : Je vais lire
l'article 5, puis je pense qu'on a un invité de...
M. Derraji : ...avant, si
vous le permettez, avant...
Le Président (M. Schneeberger) :
Vous voulez avoir... déposer un amendement?
M. Derraji : Oui, un... avant
l'article 5.
Le Président (M. Schneeberger) :
OK.
M. Lafrenière : ...
M. Derraji : Oui.
Le Président (M. Schneeberger) :
Alors, est-ce qu'il a été déposé?
M. Derraji : Si... Je pense,
il est dans les airs. Ça s'en vient.
Le Président (M. Schneeberger) :
Vous l'avez reçu? Alors, nous allons suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 16 h 54)
17 h (version non révisée)
(Reprise à 17 h 17)
Le Président (M. Schneeberger) :
Merci. Nous reprenons les travaux. Alors, je vais inviter le... S'il vous plaît!
S'il vous plaît! On a repris, excusez-moi, merci.
Une voix : ...
Le Président (M. Schneeberger) :
Non, mais c'est parce que ça fait trois fois que je le dis, excusez-moi.
Bon, alors, M. le député de Nelligan, je
vais vous laisser déposer votre article.
M. Derraji : Oui. Merci, M.
le Président. Premièrement, très heureux de me joindre à cette magnifique
commission, et je tiens à remercier ma collègue de me donner cette opportunité.
Et, bien entendu, j'ai vu l'ambiance et tout à l'heure, l'ouverture du ministre
par rapport à des propositions. J'espère qu'il va continuer...
M. Derraji : ...dans la même
logique, donc, M. le Président, sans plus tarder, je vais déposer l'amendement
à l'article 5.0.1, article 202.2.1.2 du Code de la sécurité routière.
Le projet de loi est modifié par l'ajout, avant l'article 5, de l'article suivant :
5.0.1. L'article 202.2.1.2 du Code de
la sécurité routière est modifié :
1° par le remplacement de «lourd autre
qu'un véhicule visé à l'article 202.2.1.1» par le mot «routier»
2° par le remplacement du deuxième alinéa
par le suivant :
«Un agent de la paix suspend sur-le-champ
au nom de la Société, le permis de toute personne soumise à l'interdiction
prévue au premier alinéa et ce, conformément au paragraphe 4° de
l'article 202.4.»
L'article modifié se lirait ainsi :
«Il est interdit de conduire ou d'avoir garde ou le contrôle d'un véhicule
routier si son alcoolémie est égale ou supérieur à 50 mg d'alcool par
100 ml de sang.
«Un agent de la paix suspend sur-le-champ
au nom de la Société, le permis de toute personne soumise à l'interdiction
prévue au premier alinéa et ce, conformément au paragraphe 4° de
l'article 202.4.»
Voilà, M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci.
M. le ministre.
M. Lafrenière : Oui, merci, M.
le Président. Merci à mon collègue, content de le voir. M. le Président, vous
voyez, là, on est dans une commission où les gens apprécient, j'ai même vu des
agents de la faune qui étaient avec nous aujourd'hui, je pense que tout le
monde a le goût d'être dans cette commission pour faire avancer les choses, M.
le Président, grâce à votre direction, assurément.
• (17 h 20) •
Alors, M. le Président, je regarde ce que
mon collègue nous propose. Ce n'est pas la première fois qu'on a cet
échange-là, je sais qu'on l'a déjà eu avec d'autres collègues aussi et, cette
discussion-là, elle est importante, M. le Président, c'est pour ça que je
disais à mon collègue : Peu importe le résultat de ce qu'il nous propose
aujourd'hui, la discussion, elle est importante. Vous savez, M. le Président,
je pense qu'il y a un élément qui est important de rappeler au public : il
y a deux infractions qui existent au Canada en vertu du Code criminel, oui, il
y a le 80 milligrammes, mais aussi la conduite avec les capacités
affaiblies. Et souvent, quand on porte des accusations, il y en a une des deux
qu'on laisse tomber, là, mais au final, on peut accuser quelqu'un d'une
conduite à capacités affaiblies, même s'il n'a pas 80 milligrammes dans le
sang. Alors, ça, c'est une possibilité. Alors, je comprends ce que mon collègue
nous propose aujourd'hui, d'aller vers le 50 milligrammes, il y a déjà eu
des échanges à ce sujet-là. Nous, on... on prône une conduite responsable. On
dit aux gens que... puis je vais vous donner un autre exemple, comme policier,
quand il y avait des ivressomètres qui étaient installés dans certains débits
de boisson, on disait aux gens de se tester avant de prendre la route. C'est...
souvent le danger avec ça, M. le Président, c'est que les gens testaient la
limite de la machine, se disait, bon, à 0.7, là, je vais pouvoir embarquer sur
la route. Et c'était une conduite qui était irresponsable, où les gens, une
demi-heure plus tard, ne se rendaient pas compte qu'ils avaient doublé, était
peut-être rendu à 0,14. Alors, ce que le collègue propose, ça a tout son mérite,
c'est un débat qui fait peur dans la société présentement, M. le Président, je
le reconnais.
Aujourd'hui, on n'est pas prêt à aller
dans cette direction, mais je reconnais que ça prend une conduite qui est
responsable et... On dit souvent quand on boit, on ne conduit pas, mais je
comprends très bien ce que mon collègue nous apporte aujourd'hui, puis c'est
quelque chose qui est dans l'air du temps et, moi, je suis rassuré, M. le
Président, de voir que même nos jeunes, puis je peux penser à mes enfants, ils
consomment moins d'alcool qu'ils le consommaient dans le temps, alors, les
choses ont changé pour le bien, pour le mieux, je l'espère. Alors, voilà notre
position, M. le Président, mais je comprends très bien ce que mon collègue nous
propose.
Le Président (M. Schneeberger) :
M. le député de Nelligan.
M. Derraji : Oui, merci.
Écoutez, M. le Président, quand on a commencé à réfléchir à ce projet de loi,
le titre nous a interpelé, tous les collègues, et je fais mention à notre
collègue présente aujourd'hui, parce que le titre du projet de loi est le
suivant : Loi visant à favoriser la sécurité, la sécurité, et le sentiment
de sécurité de la population et modifiant diverses dispositions. Donc, quand on
jasait ensemble, bien, modifions certaines dispositions justement pour
améliorer la sécurité.
Et je sais que M. le ministre, je n'ai pas
besoin de le flatter, il sait ce que je pense de lui et de son travail, mais
c'est un homme rigoureux, je vais juste citer que le chef de la... du
SPVM : «le directeur du SPVM précise qu'il est d'accord avec la décision
d'abaisser la limite d'alcoolémie au volant à 0.05. Il irait même plus loin que
cela.» Moi, je n'irai pas là. Lui, il irait même plus loin. Si on pouvait
mettre le zéro, je serai pour, ça, c'est le chef que vous connaissez très bien,
M. Fady Dagher.
Je peux... je peux vous parler du CA
Québec, je peux vous parler de l'Association de la santé publique. Je peux vous
parler des rapports des coroners. Pas un, pas deux, pas trois, quatre, on est
rendu à quatre. Et vous savez, le dernier rapport du coroner qui m'a le plus
interpelé, ma collègue me le... me le mentionne souvent, c'est que...
M. Derraji : ...si le policier
avait la possibilité d'arrêter le chauffeur, il ne sera pas en mesure de faire
un accident plus tard. C'est un quatrième coroner qui recommande d'abaisser la
limite égale à 0,05. Et quand on lit ce qui a été mentionné, c'est qu'il y a eu
un arrêt avant de produire l'accident. Mais, malheureusement, vous le savez,
sur les voitures lourdes... d'ailleurs, les véhicules lourds, ça a été ça,
l'article de... du projet de loi... le policier a la... a cette possibilité.
Je vais juste vous... je vais juste vous
lire le bout. Et j'aimerais bien avoir cette discussion, parce que vous êtes
quand même le ministre de la Sécurité publique, et je pense qu'il faut saisir
l'opportunité qu'on a d'ouvrir cet article, d'envoyer ce message. Je vais vous
parler de ce cas qui nous a le plus interpelés, parce qu'avec les autres
rapports du coroner on n'avait pas cette possibilité, on ne la voyait pas,
c'était de l'abstrait, ce n'était pas... c'était plus de la science-fiction
pour certaines personnes, qui ne suivent pas la science. Mais je vais vous lire
ça :
«Or, le conducteur du VUS fautif avait été
intercepté environ une heure plus tôt par un patrouilleur de la Santé Québec, à
la suite d'un appel signalant sa conduite erratique sur l'autoroute 50, près de
Grenville. Le policier avait remarqué une odeur d'alcool provenant de son
haleine. Il lui avait fait passer un alcootest.» Hein, vous venez de parler
d'alcootest. D'ailleurs, je participe à un contrôle routier vendredi, vous êtes
bienvenu, à Montréal. J'ai fait le test de cet appareil. Les policiers sont
très bien formés, et je tiens à les saluer. J'ai assisté à cette formation, et
ils font très bien leur travail. «Le résultat — je continue — indiquait
un taux situé quelque part dans la fourchette», M. le ministre, «de 50 à 99.
Puisque le résultat du test ne permettait pas de confirmer que le seuil légal
pour la conduite d'un véhicule à moteur, fixé à moins de 80, était dépassé, les
patrouilleurs ont informé le conducteur qu'il pouvait se trouver au-dessus de
la limite permise et que, s'il était impliqué dans un accident, il pourrait
être accusé de conduite avec les facultés affaiblies.» Ça, c'est le coroner qui
le dit.
Jusqu'à maintenant, les patrouilleurs, ils
ont fait leur travail en fonction de ce qu'on leur donne, nous, en tant que
législateur. «Les patrouilleurs lui avaient alors fortement suggéré d'appeler
un ami ou de s'arrêter dans un restaurant, mais l'analyse du GPS du véhicule
démontre qu'il ne s'est jamais arrêté. Moins d'une heure plus tard, au sortir
d'une légère courbe vers la droite, le véhicule s'est déporté dans la voie en
sens inverse, sans que les reconstitutionnistes ne trouvent de tentative de
freinage ou de braquage pour corriger sa direction. C'est alors produit le
face-à-face avec M. D'Aragon, qui est décédé sur le coup, et le conducteur...
et le conducteur a ensuite percuté un autre véhicule.»
Donc, le rapport, il est beaucoup plus
détaillé. Je vous ai lu juste un bout, qui vient un peu démolir complètement
les arguments de ceux et celles qui disent : Ah! 0,05, 0,08... Là, c'est
une vie fauchée complètement, parce qu'on ne donnait pas, nous, en tant que
législateur, les outils nécessaires aux patrouilleurs d'exercer... d'exercer
leurs droits et d'exercer leur bon jugement. Parce qu'ils avaient la
possibilité d'arrêter, mais ils ont appliqué la loi, et la loi dit qu'ils
peuvent le laisser partir.
Le Président (M. Schneeberger) : M.
le ministre.
M. Lafrenière : Oui, merci
beaucoup, M. le Président. Puis je pense que mon collègue me connaît assez pour
savoir qu'il n'a pas besoin de me faire la démonstration que l'alcool peut
faucher des vies. Comme policier, j'ai trop souvent annoncé à des familles la
perte d'un être cher, alors je suis très d'accord avec mon collègue. Là où j'ai
un point de divergence, puis c'est pour ça que je faisais une recherche en même
temps qu'il parlait, en tout respect, c'est que, oui, il y a deux articles qui
sont importants de se souvenir, M. le Président, puis je trouve que c'est
important pour les gens à la maison aussi. Parce que, je l'ai dit tantôt, 253b,
253b, qui est l'article du Code criminel, nous parle du 80 milligrammes par
100 millilitres de sang, c'est vrai, mais le 253a, lorsque sa capacité de
conduire un véhicule, un bateau, un aéronef ou du matériel ferroviaire est
affaiblie par l'effet de l'alcool... et ça, c'est une cause qui est différente,
ce qu'on appelle comme policier, une cause mitaine, c'est-à-dire une cause
qu'on va devoir démontrer la...
M. Lafrenière : ...la
conduite qui était erratique, et on n'aura pas nécessairement la preuve qu'il
avait plus que 80 milligrammes, ça... il peut avoir 30 milligrammes
cette journée-là, il peut avoir une conduite qui est erratique, qui est
affectée par l'alcool aussi. Alors, je l'ai dit tantôt, ce que mon collègue
nous suggérait, entre 50 et 80 de pouvoir intervenir, je le comprends.
Moi, ce que je veux passer comme message
aussi aux gens puis mon collègue Fady Dagher, que je connais bien parce que
j'étais agent double avec lui, on se connaît un peu, je comprends ce qu'il dit,
puis c'est le même message qu'on passe quand on dit : Quand on boit, on ne
conduit pas. Ce qu'on met comme... comme outil, présentement, c'est le
criminel. Mon collègue dit : Peut-être que le criminel, c'est un petit peu
trop lourd, peut-être qu'on pourrait y aller de façon plus réglementaire,
c'est-à-dire de suspendre temporairement, et tout. Je ne suis pas contre ce que
mon collègue apporte. Je dis qu'aujourd'hui on ne fait pas ce pas-là, mais je
ne suis pas contre ce qu'il dit.
Mais je veux rassurer, par exemple, M. le
Président, parce qu'il faisait allusion au titre de notre projet de loi, qui
est la sécurité et le sentiment de sécurité, je veux rassurer les gens, mais
aussi passer un message : Si vous conduire un véhicule, aujourd'hui, et
vous avez consommé de l'alcool... mais, à partir de même un verre, si vous avez
une conduite qui est affaiblie, vous pouvez être accusé en vertu du Code
criminel. Puis ça, c'est le message qu'on doit passer, M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) : Député
de Nelliguan.
M. Derraji : Oui, merci, M.
le Président. Oui, ils peuvent, mais je n'ai pas besoin de vous faire la
démonstration que, dans tout le Canada, il n'y a aucune province où il n'y a
pas les mesures administratives entre 0.05 et 0.08, on est l'exception. On est
les seuls, les seuls, où ce n'est pas appliqué. Vous savez, la dernière
province a été — quelle province? — le Yukon, ils l'ont changé. Ça a été
démontré, que le risque entre 0.05 et 0.08, si on veut suivre les études
scientifiques, c'est démontré, ça augmente le nombre d'accidents.
Et vous me dites que le Code criminel,
malheureusement, ce qu'on échappe, c'est entre 0.05 et 0.08. C'est là où on
voit aussi que le risque, il est très élevé, il est élevé. Et vous avez dit,
par rapport aux patrouilleurs, quand ils ont vu que la conduite est... la
conduite était dangereuse, ils auraient dû l'arrêter, mais...
• (17 h 30) •
M. Lafrenière : ...
M. Derraji : ...erratique,
ils auraient dû l'arrêter. C'est ce que j'ai bien compris?
M. Lafrenière : ...M. le
Président. Puis je ne veux pas venir sur ce cas-là. Écoutez, je n'étais pas là,
je vais faire attention, là.
M. Derraji : Non, non, je
sais, mais...
M. Lafrenière : Je ne ferai
pas mon coach d'humain du lundi matin qui va refaire le match en connaissant le
résultat. Je veux juste vous dire que l'outil, il existe. Mon point est très
clair, M. le Président, c'est de dire que l'outil, il existe. Mais, oui,
c'est... mon... Cependant, je vais donner à mon collègue ce qui est vrai.
Est-ce que c'est plus complexe de prouver une conduite erratique par l'alcool
s'il n'y a pas 80 milligrammes, si on n'a pas un échantillon d'haleine qui
le confirme? La réponse, c'est oui. C'est beaucoup plus facile comme policier
de prouver le 80 milligrammes quand on a un test qui le confirme. Alors,
je suis d'accord avec mon collègue. C'est pour ça qu'on va aller chercher un
échantillon d'haleine. Et souvent, rendu à la cour, M. le Président, l'article
a va être mis de côté, on va juste rester sur l'article b, qui est plus simple
à prouver, mais ça l'existe. Je veux juste terminer mon point : ceci
existe.
L'autre point, M. le Président, puis mon
collègue parlait de barrages routiers, un autre enjeu, présentement, auquel on
fait face, et nos forces policières se sont beaucoup améliorées, c'est la
détection de drogue, et ça, c'est un enjeu qui est majeur. Et souvent, les
jeunes, puis je suis papa de deux jeunes enfants, ce qui se discute dans les...
dans les milieux, c'est : Si tu prends de l'alcool, tu as bien des chances
de te faire pincer, mais, avec de la drogue, c'est plus facile de passer les
barrages et tout. On a un grand message à faire là-dessus aussi, mais les
policiers ont des... ont maintenant la capacité de bien détecter les drogues
qui peuvent être utilisées puis de voir à quel point la conduite peut avoir été
affectée par la drogue aussi. Alors, ce que je dis à mon collègue, je ne suis
pas contre ce qu'il nous propose, mais pas aujourd'hui.
M. Derraji : Mais... je ne
veux pas aller rapidement, à part pour aujourd'hui, mais... Vous avez suivi un
peu les débats, vous avez vu que même, au niveau de la SAAQ, il y avait un
avis, un avis favorable pour le 0.05, l'ensemble des corps policiers sont
favorables, les gens qui suivent la science sont favorables, l'opinion
publique, le dernier sondage Léger. Quand vous dites et vous me répondez
aujourd'hui que ce n'est pas pour aujourd'hui, pourquoi ça bloque? Est-ce que
quelqu'un plus haut dans la hiérarchie du gouvernement caquiste a dit que je ne
veux pas aller? Parce que j'essaie juste de comprendre. Je vous connais assez
pour dire que... puis je ne veux pas vous mettre des mots dans la bouche, mais
vous êtes... vous me paraissez quelqu'un de très sensible, la preuve, c'est le
titre de votre projet de loi. Je n'arrive pas à saisir le pourquoi «pas
aujourd'hui»?
Le Président (M. Schneeberger) : M.
le ministre.
M. Lafrenière : Oui. Merci,
merci, M. le Président, puis merci à mon collègue. Puis je le dis encore une
fois, en passant, dans cette commission, justement parce qu'on parle de
sécurité publique, de sentiment de sécurité, les gens viennent nous parler de
plusieurs sujets différents. D'ailleurs, M. le Président, quand on a commencé à
parler de ça, il y en a qui nous questionnent en disant : C'est-tu
vraiment un enjeu qui est important? Je pense que tout le monde autour de la
table est d'accord aujourd'hui que ça touche les citoyens.
Ce que j'ai dit à mon collègue tout à
l'heure, c'est qu'aujourd'hui, ce qu'on fait comme projet de loi, c'est un
omnibus, on règle plusieurs choses. Ce que mon collègue nous propose, c'est un
débat qui doit avoir lieu, c'est vrai, mais pas dans cette forme-là, pas sur un
coin de table. Il va falloir le faire avec des consultations, et je suis
d'accord avec mon collègue pour avoir ce débat-là. Ce que je lui ai répondu
tout à l'heure, je n'ai pas dit que personne ne me forçait ou ne m'empêchait...
ou je ne suis pas menacé par personne, je me porte très bien, je veux juste
dire que ce débat-là devrait être un débat...
17 h 30 (version non révisée)
M. Lafrenière : ...en bonne et
due forme et non pas dans la façon qu'on le propose aujourd'hui, bien que je
suis d'accord avec le débat, mais pas dans cette forme-là aujourd'hui.
M. Derraji : Oui. Bien, je
peux comprendre si le débat n'a pas eu lieu. En tout respect, M. le ministre,
le débat a eu lieu les trois dernières années. Je pense au nombre d'études. On
n'a jamais parlé de l'alcool au volant plus que les trois dernières années. Je
m'en rappelle. J'avais le dossier. Ça a commencé avec... avec... avec l'étude
de l'association de santé publique. Il y avait les coroners. Je n'ai jamais,
jamais, jamais vu, là, et je pense que vous connaissez très bien les rapports
des coroners, on peut vous les déposer, les quatre rapports, je n'ai jamais vu,
une quatrième coroner recommande d'abaisser la limite légale à 0,5. C'est plus
affirmatif, M. le ministre, c'est plus direct. Avant, on disait : On
suggère au législateur d'envisager la possibilité d'étudier d'abaisser le
point... le 0,8 à 0,5. L'imposition des mesures administratives.
Et c'est là où je vous dis, M. le ministre,
en tout respect, il ne faut pas manquer l'occasion que vous avez un projet de
loi qui parle de la sécurité, le sentiment de la population. Si, aujourd'hui,
on a des représentants des familles endeuillées avec qui j'ai parlé, je pense
que tous autour de la table, on risque de changer la façon avec laquelle on
répond. Quand vous parlez avec des gens qui ont perdu des enfants ou des êtres
chers, qui suivent des parcours de thérapie pendant plus... plusieurs années,
je pense que le temps change. Et c'est votre titre de projet de loi qui... qui
nous a inspiré. Vous parlez de la sécurité de la population. Est-ce que ces
familles endeuillées qui ont payé déjà et qui réclament un changement... Vous
les avez vues, hein, je peux penser à la famille Bittar, je peux penser à M. Daniel
à... à Québec, j'ai la liste, on les a vus, ils sont venus à plusieurs reprises
au... au Parlement...
Une voix : ...
M. Derraji : Absolument. La
collègue de M. le ministre. La députée de Soulanges. Donc, je pense que le
débat... Là où je ne suis pas d'accord avec vous, que le... le débat, c'est un
omnibus, on ne peut pas le faire, M. le ministre, en tout respect, non. Le
débat a eu lieu. CAA, la SAAQ, le coroner, l'association de santé publique, même
l'opinion publique a changé, le débat a eu lieu. Là, maintenant, ce qui manque,
c'est le courage politique. Et je comprends quand vous dites que c'est un
omnibus, mais on a réglé beaucoup de problèmes de société dans un omnibus. C'est
la volonté.
Et je comprends que parfois... Vous êtes
le ministre de la Sécurité publique, mais moi, là, je m'adresse à la personne
qui est à la tête de la sécurité de la population, parce que j'ai tout essayé.
Nous avons essayé avec la ministre des Transports, et je ne veux pas faire de
comparaisons. Nous avons essayé, j'ai même déposé un projet de loi. Vous l'avez,
le projet de loi. Je peux vous le redonner, 694. Projet de loi qui parle de ça
uniquement à 100 %, là, il ne parle que de ça. Il n'y avait pas... il n'y
avait pas de l'écoute. Moi, je dis : J'espérais qu'avec l'ouverture que
vous ramenez avec ce projet de loi, où vous parlez de la sécurité de la
population et que vous voulez modifier diverses dispositions. Je pense que le
temps est venu pour nous, en tant que législateurs et dire : Écoute, dans
tout le Canada, la plupart des provinces, ce n'est pas des idiots, là, la
plupart des provinces, ils ont instauré des mesures administratives entre 0,5 et
0,8. Le 0,8, M. le ministre, je ne veux même pas en parler. C'est criminel. C'est
déjà le cas partout au Canada. La question que je me pose aujourd'hui : Pourquoi
ailleurs au Canada, on a instauré le 0,5 et le 0,8 et ramener les mesures
administratives, et ils ont vu une diminution, ils ont vu un impact, et au
Québec, on se prive d'ajouter cette mesure qui va encourager le sentiment de
sécurité, qui est le titre même de votre projet de loi?
Le Président (M. Schneeberger) :
...ministre.
M. Lafrenière : Oui, merci, M.
le Président. Puis, c'est un sujet qui est très sensible, hein? Puis, mon
collègue l'amène, le ramène en parlant de... de victimes, et tout ça. Puis, je
pense que ça nous a tous touchés, ou un de nos proches. Mon collègue peut m'accuser
de bien des choses, mais pas de manquer d'écoute...
Une voix : ...
M. Lafrenière : Non, je veux
juste continuer. Vous allez comprendre. On est complètement d'accord. J'entends
mon collègue. Moi, ce que je lui dis aujourd'hui, puis je pourrais parler
pendant une demi-heure pour rien dire, mais je prends quelques minutes pour
dire clairement ma... où je m'en vais, bien que j'entende tous ses arguments,
bien que ça mérite cette réflexion, je lui dis juste qu'aujourd'hui, dans cet
outil-là, on n'est pas... on ne va pas dans cette direction-là. Cependant, M.
le Président, puis j'ai l'air d'une... d'une personne qui radote, mais je veux
le dire à chaque fois parce que les gens nous écoutent à la maison puis c'est
important, oui, il y a une accusation quand on conduit avec plus de 80 milligrammes
de... d'alcool dans...
M. Lafrenière : ...c'est vrai,
mais il demeure l'autre accusation, qui est une conduite avec capacités
affaiblies, et ce, même s'ils n'ont pas cette... ce taux d'alcoolémie. Mais
j'ai entendu mon collègue quand il dit que l'opinion publique a changé, les
gens ont réfléchi, les gens en parlent, puis c'est vrai, M. le Président.
Honnêtement, je ne pense pas que ce sujet-là a été abordé aussi souvent qu'il
l'a été dans les dernières années, puis je veux remercier les collègues de le
ramener. C'est un débat de société, puis il a raison. Moi, je dis
aujourd'hui : C'est vrai, dans le... dans la façon qu'on le fait
aujourd'hui on ne va pas là, mais ça ne veut pas dire que le débat n'est pas
important, M. le Président, puis je suis d'accord avec lui.
Le Président (M. Schneeberger) :
Député de Nelligan.
M. Derraji : Premièrement, je
veux juste rectifier un point : je ne vous accuse pas. Ça, c'est
hyperimportant, parce que vous avez dit «le collègue m'accuse», et je tiens à
le dire, ce n'est pas moi, là, ça, accuser quelqu'un. Je ne pense pas qu'on est
là pour accuser qui que ce soit.
Par contre, expliquez-moi ce raisonnement,
s'il vous plaît. Dans votre propre projet de loi, vous donnez le pouvoir aux
policiers de donner des sanctions administratives. Donc, vous êtes ouvert aux
sanctions administratives, ce qui est bien, ce qui est bien, c'est une bonne
idée. Vous donnez des sanctions administratives pour les groupes criminels qui
portent le «patch» Hell's Angels. On est d'accord. Je ne veux pas dire que vous
ne voulez pas donner d'amendes pour lutter contre l'alcool au volant. Par
contre, j'ai des études qui démontrent qu'instaurer des mesures administratives
à partir de 0,05 a un effet, mais comment vous vous êtes rendu à ce que le
«patch», les mesures... les effets sur les mesures de «patch» est une bonne
mesure administrative. Est-ce que vous avez des études à nous partager?
M. Lafrenière : Oui, merci,
M. le Président. Puis je ne veux pas tomber dans des dédales administratifs,
parce que les gens à la maison, ce qu'ils veulent c'est des résultats. Puis je
comprends bien ce que mon collègue propose. En passant, nous, ce qu'on propose
pour les «patches», ce n'est pas des sanctions administratives, c'est des
sanctions pénales. Petit détail, vous allez me dire, mais ce n'est pas tout à
fait la même chose.
• (17 h 40) •
Ce que notre collègue nous propose, je
n'ai pas dit que j'étais contre, j'ai même dit qu'on doit continuer d'avoir ce
travail-là, cette réflexion-là. Je ne lui ai pas dit non, je lui ai dit :
Continuons. Et je comprends qu'il n'y a pas vraiment de lien avec les
«patches», mais ce que mon collègue voulait dire, c'est que c'est... on est
ouverts à cette possibilité-là, des sanctions pénales. Sanctions
administratives, avec le Code de la sécurité routière, c'est une autre chose.
Je ne suis pas contre, on doit continuer d'avoir cette réflexion-là et cette
discussion-là, M. le Président. Puis je sais que mon collègue ne lâchera pas.
Bien, c'est pour ça que je lui ai dit qu'il faut continuer. Il me semble que
c'est un slogan que j'ai déjà entendu : Continuons.
Le Président (M. Schneeberger) : Député
de Nelligan.
M. Derraji : Bien, M. le
Président, Continuons, c'était le dernier slogan de 2022. J'espère que ça va
être un autre «Continuons». M. le Président, j'aime la façon avec laquelle le
ministre ramène... je décode son ouverture qu'il veut que le débat continue.
Est-ce qu'il pense que, le débat, on peut
le continuer dans le cadre de ce projet de loi? Moi, je suis prêt à suspendre
l'amendement s'il veut prendre le temps de réfléchir, de consulter. Moi, je
n'ai pas de problème, je n'ai vraiment pas de problème. En fait, aujourd'hui, je
ne suis pas venu pour dire : Écoutez, là, l'amendement, je le dépose, il
faut que ça passe. Ayons le combat, là. On va le faire. Mais, s'il me dit que,
dans le cadre de ce projet de loi... que lui veut améliorer le sentiment de
sécurité, je le crois, je le crois sincèrement. Est-ce que l'enjeu, c'est le
temps? Est-ce que c'est parce que c'est venu comme ça? Est-ce qu'il a besoin de
plus de temps, de voir, de consulter, d'échanger avec d'autres intervenants?
Moi, j'ai de l'ouverture avec mes collègues. Nous sommes... nous sommes
prêts... Hein? Nous sommes...
Une voix : ...
M. Derraji : Oui, il y a un
conseil des ministres demain. Je ne pense pas que c'est à l'ordre du jour.
Mais... mais... mais je suis ouvert, M. le ministre, avec la permission de mes
collègues, à le suspendre, et je laisse le ministre réfléchir quelques jours.
Le Président (M. Schneeberger) :
...
M. Lafrenière : Oui. Merci,
M. le Président. Ce que je faisais allusion tout à l'heure, c'est qu'à chaque
fois que le débat a lieu on avance dans nos positions. Puis, je pense, c'est
notre job de parlementaire, c'est de faire le travail, de faire comprendre ce
qui se passe, de faire avancer les idées des autres. Alors, je veux être très
clair, j'entends, j'entends ce que mon collègue propose aujourd'hui. Je lui dis
que, dans le cadre de ce projet de loi là, je n'aurai pas le temps.
Cependant, le débat va continuer, et c'est
ce que je peux dire pour aujourd'hui, M. le Président. Et, depuis la première
fois où on l'a amené, cette notion-là, je pense que les choses ont bien changé.
Les visions se sont ouvertes. Il y a des gens qui ont réfléchi. Je lui ai dit
que, pour aujourd'hui, on n'est pas là dans ce projet de loi là, mais je suis
persuadé que ce qu'il a dit aujourd'hui va avoir écho, puis on va la chance de
s'en parler très prochainement, M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) :
Député de Nelligan.
M. Derraji : M. le Président,
le débat a eu lieu, ça fait pour bientôt trois ans. Le plus troublant dans
l'histoire, la SAAQ, la Société de l'assurance automobile du Québec, a un avis
favorable. Donc, dire que le débat va continuer...
M. Derraji : ...moi, je pense
que c'est le moment d'agir. C'est notre rôle, vous avez raison, c'est pour cela
qu'on continue à le faire et c'est pour cela que nous avons déposé un projet de
loi. Mais l'ensemble des éléments, moi, je voyais tout à l'heure, mes collègues
me dire : Tu es en train de t'éparpiller, parce que c'est un... c'est un
dossier où je navigue, et ça fait longtemps que je n'ai pas navigué dans tous
les documents. Moi, je pense, M. le ministre, vous avez le temps, parce
que vous avez quand même réfléchi à un bon projet de loi avec beaucoup de
ramifications en matière de sécurité publique, je ne veux juste pas qu'on rate
l'occasion. Je ne veux pas dire que demain il va y avoir quelqu'un, quelque
part, je ne souhaite pas ça, là. Je ne souhaite plus aucun malheur sur nos
routes où l'alcool au volant est l'enjeu principal.
Je réitère mon offre. Je sais que M. le
ministre est un homme qui est sage. C'est rare que j'aie fait ça dans d'autres
commissions, mais, moi, je suis ouvert, s'il veut, de prendre un autre jour ou
deux et revenir à la question, parce que le débat a eu lieu. Et prenons juste
un instant à réfléchir à ce que l'ancien président de conseil
d'administration... l'a dit devant le juge Gallant que nous étions prêts, il y
avait un avis favorable. C'est la SAAQ qui règle l'ensemble... l'ensemble de
ces enjeux. Je sais, le ministre a eu le courage de régler de beaucoup de
dossiers, et je lui ai mentionné tout à l'heure, devant notre collègue le
président des contrôleurs routiers, et je l'ai félicité. Ce n'est pas un
dossier facile, vous avez réussi avec élégance de ramener ce dossier avec votre
collègue, le nouveau ministre des Transports. Vous êtes un homme de solutions,
vous arrivez toujours à trouver les solutions. Moi, je veux... Je réitère ma
demande, M. le Président, s'il veut discuter avec son caucus, avec les autres
collègues, je préfère... je préfère lui donner un peu de temps, parce que c'est
vrai, c'est brusque. Il ne s'attendait pas, probablement, à ce qu'on ramène cet
enjeu, mais quand j'ai ma collègue porte-parole de la Sécurité publique qui me
dit : Je t'ai vu aller les trois dernières années, est-ce que ça
t'intéresse de venir parler de ce sujet? Parce que ça touche la sécurité
publique dont elle est responsable, parce que, oui, c'est vrai, il y a le
ministre, mais ma collègue, c'est... elle contrôle l'action du gouvernement en
matière de sécurité publique. Et on a eu nos échanges, c'est vrai, nous étions
prêts à venir aujourd'hui. Donc, M. le ministre, je réitère encore une fois, de
bonne foi, je suis prêt à suspendre l'amendement, prenez votre temps, parlez à
votre caucus. Vous avez un beau projet de loi. Vous êtes un homme qui a réglé
beaucoup d'enjeux, beaucoup de problèmes, et je suis prêt à attendre.
Le Président (M. Schneeberger) : M.
le ministre.
M. Lafrenière : Oui, merci, M.
le Président, puis mon... Je remercie mon collègue d'être transparent en disant
que j'ai été informé que quelques minutes avant le dépôt de son amendement et
puis je comprends que c'est un dossier qu'on parle depuis trois ans, ça fait
que c'est... il ne peut pas... il peut être déçu, mais il ne peut pas être
surpris de ma réaction. M. le Président, je le dis encore une fois puis,
tantôt, mon distingué collègue parlait des contrôleurs routiers, ça fait partie
de ce qu'on doit processer, de ce qu'on doit avancer. J'ai même ouvert la porte
à un de ses collègues, dans sa même formation politique, pour essayer de régler
un autre enjeu. Là, je commence à avoir un enjeu de capacité, ça ne veut pas
dire que ce qu'il m'amène aujourd'hui n'est pas nécessaire, n'est pas
important, il a raison.
Je continue de lui dire la même chose, M.
le Président, puis je pense qu'il peut comprendre, ce qu'il nous amène
aujourd'hui amène une réflexion pour tout le monde, je vous dis juste que dans
le... dans l'outil qu'on a aujourd'hui, je n'y arrive pas, mais ça ne veut pas
dire qu'on n'avance pas puis on ne réfléchit pas. Je... je feuilletais en même
temps qu'il me parlait son projet de loi qu'il a déposé, son projet de loi
privé. Alors, je l'entends, nous réfléchissons, c'est clair, avec ce qu'il
amène. À chaque fois, on réfléchit. Je vous dis juste que là, je n'y arrive pas
dans le temps, M. le Président, pour être très transparent avec lui.
Le Président (M. Schneeberger) :
Député de Nelligan.
M. Derraji : Mais, M. le
Président, je n'arrive pas à suivre le ministre. Non, en tout respect, parce
que vous me dites que ce n'est pas le... ce n'est pas la place, ce n'est pas le
forum, ce n'est pas le... Mais, juste, expliquez-moi, parce que le débat a eu
lieu, hein, et vous comprenez de quoi je parle, parce que vous... vous étiez
membre d'un corps policier, vous comprenez. Pour vous, ce n'est pas un débat
nouveau, là, le problème existe. Là, maintenant, c'est juste la solution et le
moyen. Vous avez vu l'évolution de la société, vous avez même dit qu'il y a un
effet de drogue, que maintenant on l'échappe et qu'il faut travailler par
rapport aux drogues, mais on ne peut pas dire aujourd'hui qu'on est en train de
parler de la sécurité de la population, nous sommes en train de parler de
favoriser la sécurité, surtout le sentiment de sécurité...
M. Derraji : ...et on ne peut
pas parler de l'alcool. Moi, moi, je vous dis une chose, M. le ministre,
j'aurais aimé que ça soit dans le projet de loi. Moi, ma grande surprise, M. le
ministre, était que je lisais le projet de loi avec ma collègue, et on
dit : Bien, un projet de loi, une loi visant à favoriser la sécurité, le
sentiment de sécurité, mais à favoriser le sentiment de sécurité en premier
lieu, c'est donner un message très direct à ceux et celles qui conduisent avec
des facultés affaiblies.
Le Président (M. Schneeberger) : M.
le ministre.
M. Lafrenière : Oui. Merci,
M. le Président. Puis, en tout respect avec mon collègue, quand il dit :
On ne peut pas parler d'alcool, pour des gens qui ne peuvent pas en parler, ça
fait 30 minutes qu'on en parle. J'ai beaucoup d'ouverture. Puis je pense
que... je lui ai dit à prime abord, je voulais qu'on en discute, c'est un sujet
trop important. Puis, quand je regarde ce qu'on a déposé devant les collègues
comme changements, comme changements de société, il y en a plusieurs, je ne lui
ai jamais dit que ce n'était pas le bon forum, je ne lui ai jamais dit qu'il ne
fallait pas parler de l'alcool, ce que je lui dis aujourd'hui : J'ai un
enjeu de capacité.
Ça fait que j'ai entendu ce qu'il m'amène.
Je pense qu'avec d'autres collègues il y a d'autres enjeux qui ont été amenés,
puis on essaie d'en ajouter, mais, à quelque part, là, je vais avoir un enjeu
pour livrer ce projet de loi qui est hyperimportant. Il y a des gens qui
attendent après nous pour certains points. Je ne dis pas que ce n'est pas un
bon sujet, ce n'est pas ce que j'ai dit du tout, c'est juste que, présentement,
là, j'ai un enjeu de capacité. Je l'ai entendu. Je ne suis pas prêt à faire ce pas-là
aujourd'hui, mais je l'ai entendu, puis je vais continuer de travailler
là-dessus aussi, puis je le tiens au courant, mais là je n'y arrive pas.
Puis je n'ai pas dit que ce n'était pas le
bon forum, qu'on ne peut pas parler d'alcool. Il y a bien d'autres sujets que
j'aurais aimé amener aujourd'hui, M. le Président, la sécurité, je connais ça
un tout petit peu, j'ai fait ça quelques années de ma vie, mais là j'ai un
enjeu de capacité. Je ne peux pas tout changer en même temps, M. le Président.
M. Derraji : Vous me
permettez, M. le Président?
Le Président (M. Schneeberger) : ...Nelligan,
il vous reste 38 secondes.
M. Derraji : Quand vous dites
«enjeu de capacité», vous faites allusion à quoi?
M. Lafrenière : Oui. M. le
Président, comme je l'ai bien indiqué à mon collègue, estimé collègue que
j'aime beaucoup, il y a beaucoup de choses que je veux livrer, M. le Président.
Ce qu'il nous propose, bien que ça soit intéressant, important, puis je vous le
dis, je vais faire le suivi avec lui, je ne peux pas lui présenter ça
aujourd'hui, M. le Président.
• (17 h 50) •
Le Président (M. Schneeberger) : M.
le député de Nelligan.
M. Derraji : ...
Le Président (M. Schneeberger) : 35 secondes.
M. Derraji : Écoutez, M. le
Président, j'espérais qu'un... un cadre qui comprend très, très bien, avant de
venir en politique, les enjeux de sécurité, avoir l'ouverture, moi, j'en suis
sûr et certain, que vous comprenez très, très bien ce que j'étais en train de
dire. Écoutez, je vais dire que la job a été faite. Nous vous a... Nous, on
vous a sensibilisé par rapport à cet enjeu. Mais je ne comprends pas, je ne
comprends pas qu'on ne peut passer à côté de la sécurité sans parler de
l'alcool au volant et les mesures administratives, M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci.
Merci beaucoup.
M. Lafrenière : ...
Le Président (M. Schneeberger) : Oui,
vous pouvez répondre.
M. Lafrenière : ...M. le
Président. Je fais bien attention de ne pas faire de politique partisane ici
parce que ce n'est pas mon style, mais je veux juste répondre à mon distingué
collègue qu'il y a beaucoup d'enjeux dans la société qu'on aurait voulu régler,
nous aussi. J'ai été au SPVM pendant des années, j'aurais aimé que
l'exploitation sexuelle soit réglée, puis ça n'a pas fonctionné. Ce n'était pas
par... ce n'était pas par fermeture, c'est juste que ça n'a pas fonctionné, le
temps n'était pas là. Ça fait que je veux juste dire à mon collègue que ce
n'est pas parce qu'il me sensibilise aujourd'hui que je ne suis ouvert à ça,
j'ai des collègues qui le sont. Je veux faire mon travail aussi. Puis je veux
le corriger, quand il a dit : Son job est fait, son job n'est pas terminé.
On va continuer de travailler là-dessus, M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) : Députée
de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : ...M. le
Président. J'écoute les échanges puis évidemment... Je comprends, puis je salue
l'ouverture du ministre, je comprends que c'est un enjeu, puis je comprends que
ça fait un bout depuis qu'on en a discuté. Et, évidemment, je salue
l'initiative de mon collègue de vouloir venir ici, en commission parlementaire,
parce que c'est vrai que ça fait longtemps depuis qu'on en jase, même qu'on
peut dire... le ministère de Justice, depuis janvier 2020. On a demandé d'avoir
des notes, des analyses, etc., en ce qui concerne cette modification juridique
de la loi et la raison qu'il ne voulait pas nous fournir ces informations, c'est
parce qu'apparemment il y a des versions préliminaires où tout projet de texte
législatif ou règlement sont protégés. Ça fait qu'évidemment, de toute
évidence, ce qu'on sait, c'est que le ministère de Justice et le ministère de
Sécurité publique, ils ont déjà des analyses puis ils sont déjà en train de
travailler là-dessus.
Ça fait que je comprends pourquoi le
collègue souhaite venir ici. C'est le moment propice. C'est vrai, quand c'est
un omnibus, c'est le moment, le moment d'ajouter puis de s'assurer qu'on couvre
le plus possible tous les sujets. Et c'est vrai, le titre de ce projet de loi
est assez large, parce qu'on parle de sécurité et sentiment de sécurité. Ça
fait que c'est comme le moment, l'occasion en or de poursuivre avec l'adoption
de l'amendement qui, auparavant, a été un projet de loi qui a été déposé par
mon collègue de Nelligan. Moi, ce... le sentiment que j'ai quand...
Mme Maccarone : ...quand
j'écoute le débat, c'est comme le Québec est en retard, puis ce retard coûte
des vies. C'est ça. Et j'entends ce que, le ministre, il dit et je comprends
que lui va continuer à militer auprès de ses collègues, mais c'est vraiment ça.
On est en retard, et ce retard coûte des vies. Le Québec, on l'a entendu, est
la seule province canadienne qui n'a toujours pas abaissé la limite légale à
0,05. Ça fait qu'encore une fois, ça aussi, la question se pose : Est-ce
que nous sommes en train d'accepter un standard de sécurité inférieure pour les
Québécois? On a plusieurs études, on a... c'est plusieurs gens qui appuient la
notion puis disent que c'est le temps de le faire, mais c'est vraiment comme un
standard de sécurité inférieure pour les Québécois, et encore... ce n'est pas
du tout envers ce que le ministre a partagé avec les membres de la commission,
je comprends sa position, mais je dois partager, moi, mon sentiment, non
seulement comme élue, mais comme Québécoise, je regarde le reste du Canada et
j'ai vraiment l'impression qu'ici, je suis moins protégée.
Puis chaque fois qu'on n'agit pas quand on
a une occasion d'agir, bien, c'est des vies qui sont à risque parce que veut,
ne veut pas, on l'a dit, le ministre l'a dit, même à 0,05, après un verre, là,
on a les capacités affaiblies. Ça fait qu'on ne devrait pas prendre le volant.
Ça fait que, même avec ça, on sait qu'à chaque année on va avoir,
malheureusement, des histoires crève-cœur, des personnes qui ont perdu leur vie
à cause d'un conducteur de voiture sous l'influence de l'alcool. Puis 0,05...
0,08, c'est beaucoup. Puis, ça, on sait que c'est les facultés qui sont
affectées. Ça fait que j'ai l'impression qu'on ne peut pas dire qu'on met la
sécurité des Québécois au cœur de nos décisions et refuser aussi une mesure
aussi simple, aussi documentée, aussi efficace que l'amendement qui est proposé
par mon collègue, tu sais, puis c'est vrai, ce qu'il a dit, on est en train de
proposer des pénalités pour des patchs, mais pas pour les gens qui conduisent
avec l'alcool dans leur sang. Puis derrière, évidemment, chaque statistique,
chaque... est une famille, est un parent, est un enfant, puis si une mesure
pour éviter un autre drame, je crois sincèrement que nous avons vraiment une
raison valable d'agir.
Puis le proposition du collègue de
suspendre pour donner la chance au ministre d'aller militer pour la cause puis
essayer de convaincre ses collègues, parce que j'entends aussi dans sa voix
puis ce qu'il partage, c'est qu'il n'est pas contre, c'est juste que c'est un
enjeu, il faut faire avancer les autres collègues, il faut l'amener au Conseil
des ministres. Mais je pense qu'on est rendu là. Puis le projet de loi ne sera
pas adopté d'ici la fin de la semaine, parce qu'on a plein d'autres choses que
nous devons discuter, probablement, puis pas... Mais ça se peut que ce serait
le cas, mais on aura du temps pour consulter.
Puis, tu sais, je répète que la SQ l'a
aussi évalué, puis ils ont évaluer la situation d'imposer des sanctions
administratives pour le 0,05, ils l'ont fait en 2022, ils l'ont fait en 2023,
probablement en 2024, je ne sais même pas, et probablement en 2025, parce qu'on
sait que c'est un enjeu de société, puis on sait qu'il y a plusieurs familles
qui nous écoutent probablement aujourd'hui, qui souhaitent qu'on agit comme
parlementaires pour mettre ça à l'oeuvre. Tu sais, les sanctions administratives
ou les sanctions pénales, ils ont des impacts, mais il n'y aura pas aussi un
impact majeur que de poursuivre avec la recommandation de le 0,05. Tu sais,
c'est... la SQ, ils ont dit, je vois le rapport ici, que c'est un mesure qui
pourra voir une diminution de 10 à 14 collisions mortelles par année, qui
vont diminuer. Ce n'est pas n'importe quoi, je répète encore une fois, derrière
chaque statistique, on a une famille, on a un parent, on a un enfant, ça fait
que ça me désole qu'on ne peut pas poursuivre aujourd'hui. J'aime la
recommandation de suspendre, ça fait que j'appuie ceci, mais cet amendement
peut sincèrement sauver des vies. Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci.
M. le ministre.
M. Lafrenière : Oui, merci, M.
le Président. Puis je remercie la collègue, parce qu'elle a raison quand on
dit : Il faut faire attention aux chiffres, derrière les chiffres, ce sont
des gens, puis quand j'étais au SPVM, je refusais toujours de parler de
chiffres quand on parlait de crimes contre la personne, de décès, de tentative
de meurtre. Moi, quand on me dit qu'il y a eu une augmentation, une diminution
de 100 %, puis c'est une personne de moins, personnellement, là, quand
c'est la famille qui est touchée, ils n'en ont rien à foutre de ça. Alors, je
pourrais bien vous dire, moi, qu'au Québec on a une meilleure moyenne
qu'ailleurs au Canada, qu'on est à 28 % au lieu de 30 % de décès avec
de l'alcool, mais, pour les familles qui sont touchées, ce n'est pas ça qui va
les rendre heureux, puis ils vont sortir d'ici en disant : Bien, vous
savez, on a une meilleure moyenne.
Je pourrais bien vous dire aussi, M. le
Président, qu'au Québec, parce que depuis tantôt j'entends beaucoup qu'on est
moins bon, on a le bonnet d'âne, je veux juste corriger les faits, on est les
plus sévères, M. le Président, après une deuxième condamnation, c'est un
antidémarreur...
M. Lafrenière : ...on a des
mesures qui sont très, très, très précises, mais encore là, je veux juste... M.
le Président, la raison pour laquelle je le fais, je veux juste faire de la
conscientisation générale, je n'essaie pas dire que ce qui est amené, ce n'est
pas bon, là, juste qu'on... J'aime ça qu'on se dise les vraies choses. Alors,
l'imposition de l'antidémarrage, ça, c'est quelque chose d'important, tolérance
zéro pour les nouveaux... les jeunes conducteurs, sanction pour ce type
d'infraction, c'est parmi les plus sévères au Canada, M. le Président,
l'imposition de la tolérance zéro pour les conducteurs d'autobus, de minibus, de
taxis, d'automobiles à simuler un taxi, ça, c'est vrai, M. le Président et
l'autre chose qui est importante, et prochainement, je déteste cet ordinateur
que je ne peux pas toucher à l'écran... Et prochainement... prochainement je
vais avoir l'ordinateur, je vais pouvoir vous répondre, M. le Président. Ce que
je vais mettre en vigueur par décret, M. le Président, puis je l'annonce à mes
collègues, c'est le zéro alcool à tous les apprentis conducteurs pour lesquels
il s'agit d'un ajout d'une classe sur un permis, donc si vous avez un permis de
scooter, vous rajoutez le permis d'automobile, vous allez l'avoir; zéro alcool
pour tous les nouveaux titulaires d'un permis de conduire pour une moto, un
ajout de classe. Ça ne règle pas tout ce que mon collègue a dit, mais voici
deux... deux ajustements qui sont mis en place, M. le Président.
Alors, je termine en disant à mes
collègues que non seulement je les ai entendus, parce que, quand on dit :
J'ai entendu, c'est qu'on passe à d'autres choses, je les entends, puis j'ai
dit à mon collègue tantôt de ne pas baisser les bras, parce qu'il a dit que,
pour lui, son travail était fini, son travail n'est pas fini, on va continuer
de travailler ensemble. Je veux juste nous... nous amener un dernier point,
puis après ça, je vais arrêter, M. le Président, je n'aime pas quand on met en
opposition deux types de crimes. Il faut juste être prudent. Je comprends ce
que les collègues veulent dire, là, mais de venir dire : Bien, vous faites
la loi anti-patch, parce que c'est plus important que l'alcool, ça n'a pas
rapport. Je dois faire plusieurs changements... Non, je veux juste vous le
dire. Pour les gens qui nous écoutent, ils pourraient se dire : Oui, ils
mettent plus d'énergie sur un, sur l'autre. Dans ce ministère-là, M. le Président,
il faut tout faire. Les crimes qui peuvent avoir l'air, pour certains moins
importants, pour d'autres plus importants, quand ça touche la sécurité des
gens, c'est très difficile de faire une gradation. Mais ce que les collègues
ont amené, les impacts que ça a dans la vie des gens, je ne peux pas le renier
aujourd'hui, je suis d'accord, puis j'invite mon collègue à ce qu'on continue
de travailler ensemble, je ne trouve pas ça désagréable travailler avec lui, ça
fait que continuons de travailler ensemble.
• (18 heures) •
Le Président (M. Schneeberger) :
Députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : Oui. Je veux
juste dire qu'on a... on n'a jamais dit qu'il y a une partie de cette loi qui
est moins important ou qu'on mette notre énergie ailleurs, ce n'est pas ça,
c'est plus que si on poursuit avec des sanctions pénales pour ceux qui portent
des patches, bien, pourquoi ne pas agir avec cette mesure? C'est plus. Ce n'est
pas pour dire qu'il y en a un qui est plus important ou qu'il y en a un qu'on
est en train de prioriser. C'est juste une question de si on fait ça, pourquoi
ne pas poursuivre avec ceci? Parce qu'on... je pense qu'on peut dire, comme je
viens de partager, 10 à 14 moins de collisions mortelles par année, ce n'est
pas n'importe quoi, ça fait qu'on ne peut pas les comparer, mais on peut
l'ajouter. Puis, avec toute la liste que le ministre vient d'énumérer, avec
tous... tous les éléments qui sont déjà en place en ce qui concerne l'alcool au
volant pour protéger puis avoir la sécurité routière qui est saine, bien, c'est
comme si c'est le seul élément dont il nous manque. Ça fait que pour compléter
tout ceci, j'espère que si ce n'est pas aujourd'hui, qu'il y aura un moment
dans le futur assez rapproché, où on va pouvoir appeler le projet loi du
collègue, puis on va pouvoir faire ce changement, puis même si ce n'est pas par
le biais du projet de loi, bien que le gouvernement poursuit parce qu'on est
rendu là, comme société, on ne peut pas continuer à avoir, tu sais, des vies à risque
ou une baisse de sécurité pour les Québécois en comparaison avec les autres
provinces. Sans le faire, il y a des vies à risque puis on est vraiment en
retard, ça fait que je remercie le ministre pour son... son écoute.
Le Président (M. Schneeberger) : M.
le ministre.
M. Lafrenière : Oui, merci, M.
le Président. Puis, ma collègue l'a dit pour le 0,05 des autres provinces, puis
ce n'est pas une sanction pénale, là, c'est réglementaire. Mais on fait
d'autres choses au Québec sur lesquelles on est plus sévères, mais quand même,
l'échange qu'on a eu aujourd'hui, M. le Président, puis pour les gens qui sont
avec nous ici présents, qui se disent : On avait d'autres sujets, ce
sujet-là nécessitait d'avoir la discussion. Je l'ai dit à mon collègue de Nelligan
quand il m'en a parlé dès le départ qu'il fallait avoir cet échange-là, il est
important. Alors, je l'en remercie puis je lui dis qu'on continue de travailler
là-dessus, M. le Président. Merci.
Le Président (M. Schneeberger) :
Députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : ...M. le
Président, parce que notre recherchiste extraordinaire... juste parce que je
pense que c'est important que les gens comprennent l'impact. Je comprends où,
le ministre, il loge, je ne demande pas une réponse nécessairement, mais pour
la bonne compréhension des collègues, ici, en commission puis ceux qui suit nos
travaux, il y a vraiment un coût de ne pas agir. Ça fait que si ce n'est pas
aujourd'hui, il faut vraiment prendre l'engagement ou l'initiative de
poursuivre avec ce changement rapidement, parce que le montant...
d'indemnisation pour les victimes 2018, 870 millions de dollars; en
2019, 922 millions de dollars; en 2020, 721 millions de
dollars; 2021, 785 millions de dollars, encore une fois, si on parle de...
18 h (version non révisée)
Mme Maccarone : ...indemnité
pour les victimes à cause de l'alcool au volant. Ça fait qu'il me semble que ça
rajoute des arguments pour le ministre quand lui, il va aller militer pour la
cause auprès de ses collègues, auprès du premier ministre, auprès du futur
premier ministre ou première ministre de l'enjeu puis l'importance, parce que, ça,
c'est de l'argent qu'on pourrait utiliser pour autres fins de protection de la
société québécoise, utiliser avec la justesse pour sensibiliser la... la
population, mais là on parle des montants majeurs subséquents, année après
année après année. Quand on fait face à sept budgets déficitaires, il me semble
qu'on devrait trouver des endroits où nous pouvons sauver des sous.
Le Président (M. Schneeberger) : M.
le ministre.
M. Lafrenière : Bien reçu, M.
le Président. Je ne peux pas en ajouter plus. Bien reçu. Merci.
Le Président (M. Schneeberger) :
Député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : Oui. Merci, M.
le Président. Ce que j'entends... ce que j'entends de la part... de... la
réponse du ministre concernant l'amendement du collègue de Nelligan, c'est
comme... c'est nous dire : La cour est pleine. On va attendre un peu. Le
débat continue. On va... on va adopter des... d'autres mesures, etc.. Mais pour
l'instant, là, la cour est pleine. Il y a embouteillage. Donc, qu'est-ce que ça
m'indique? C'est qu'en tout cas, dans la tête du ministre, le temps est venu de...
de légiférer sur cet élément-là. Donc, c'est encourageant en quelque sorte. Il
n'y a pas une opposition de principe de la part du ministre et, si elle existe,
mais il faudrait... il faudrait en... en être informé, là, mais, à première
vue, il n'y en a pas, et ce serait un peu difficile de la voir étant donné
la... la gravité du... du problème. Le ministre, par exemple, sait très bien qu'en
tout cas, à travers le Canada, il y a 30 % des... des accidents
automobiles qui... qui... existant qui se produisent au Canada, 30 à 35 %
impliquent la consommation d'alcool, ce qui suscite les décès de 450 à 600 décès
par année, là. Ce qui est un chiffre effarant. M. le Président, là. C'est... c'est
incroyable.
Et le ministre nous parlait tantôt de... qu'il
voulait à tout prix éviter une hiérarchisation, là, des... des crimes sur
lesquels il faut se... ou des... ou des problématiques impliquant des personnes
sur lesquelles il faut se... se pencher, en tous cas, dans le domaine de la... la
sécurité publique, là. Mais en voilà un qui mérite amplement, amplement l'attention
du... du législateur, là.
Donc, ce que je comprends, là, c'est que...
c'est ça que je voudrais confirmer, là, c'est qu'à entendre la position du... du
ministre on sait que... on aurait tendance à conclure que la société est prête
pour avancer dans ce sens-là. On sait que le nombre d'accidents, d'accidents d'automobile
où l'alcool... dans lesquels l'alcool est impliqué a baissé de façon constante
depuis les 50 dernières années, là, mais il y a un seuil, là, depuis 20 ans,
on atteint un seuil, là, sur... on ne descend plus, là. 30 % des décès à
la suite d'un accident automobile, là, où il y a l'alcool d'impliqué, là, et on
n'arrive pas à descendre de ce seuil-là. Il faut aller encore plus loin, là,
dans tout ce qui est campagne d'information, d'éducation, mais aussi de...
de... comment dire, des sanctions de ce type de... de comportements, là.
Le ministre nous disait tantôt qu'il faut
envoyer le message, fort bien, il faut envoyer le message, mais, à un moment
donné, le message, le message du ministre, en tout cas, là, n'arrive pas au bon
public, puisqu'encore une fois il y a un seuil de 30 % des accidents
automobiles impliquant l'alcool qui ne... qu'on ne peut pas... qu'on ne peut
pas aller plus... aller plus loin, là, on ne peut pas le descendre avec les
campagnes actuelles, là, ou les dispositions législatives qui existent au
criminel. Mais il faut aller encore plus loin, là.
Donc, ce que je comprends du ministre, là,
ce qu'en tant que société on est rendus là. C'est ça que je voudrais vérifier,
là. Et que ça va arriver ce mois-ci, l'année prochaine avec un nouveau
gouvernement, mais donc c'est dans l'air du temps, là, et que lui, selon lui,
ça va se produire très bientôt parce qu'il n'y a pas d'opposition de principe.
C'est ça, ma question au ministre.
M. Lafrenière : Oui. Merci, M.
le Président. Ce que je disais tout à l'heure, c'est qu'on est parmi les plus
sévères au Canada dans plusieurs volets. Et je le répète encore une fois, pour
les conducteurs de véhicules lourds, on a 50 milligrammes par 100 millilitres...
M. Lafrenière : ...les
positions de la tolérance zéro pour les conducteurs d'autobus, de minibus, de
taxis, d'automobilistes qui sont... d'automobiles, pardon, qui sont assimilés à
du transport de taxi. Tolérance zéro aussi pour les jeunes conducteurs, des
sanctions qui sont les plus sévères au Canada. Je le disais tantôt, pour un
ajout de classe de permis de conduire moto, c'est pendant 24 mois aussi,
je donne tous des exemples où on est plus sévère que les autres provinces, M.
le Président. Mon collègue et les collègues m'évitent en disant : Pour la
prochaine étape, ce serait le 50 mg par 100 ml de sang pour l'ensemble des
conducteurs. Ce que je dis, c'est que, bien que j'entende très bien leur point,
je ne suis pas capable d'aller là aujourd'hui, mais je dis que le débat a
avancé. Plus on en parle, plus les gens avancent dans la société, puis je vous
dis juste que, pour aujourd'hui, je ne suis pas capable d'aller là, M. le
Président, c'est ce que je dis clairement.
Le Président (M. Schneeberger) :
M. le ministre... Député.
M. Fontecilla : M. le
Président, est-ce que... je... on va aller encore plus loin, est-ce que, d'après
lui, le sentiment dans la société québécoise est d'augmenter... d'aller vers
les 0,05 ou de s'en tenir aux règles actuelles? C'est-à-dire d'approfondir...
Quel est son avis, là, est-ce que la société est rendue à avancer plus loin,
là? Je ne sais pas si tu me comprends?
M. Lafrenière : Oui, je
comprends, je comprends, mais j'ai... La raison pour laquelle je ne réponds pas
immédiatement aux collègues, c'est que je pense en même temps qu'il me parle.
Je pense qu'il y en a plusieurs qui sont là. Comme dans tout, je ne pense pas,
M. le Président, qu'ensemble on a déjà présenté quelque chose où les gens sont
unanimes. Il y a des pours, des contres, mais ce que je dis, c'est que ce qui
est présenté là, ça se fait dans d'autres provinces, ce n'est pas complètement
futile. Je ne suis pas capable de vous dire quel est l'état, puis les collègues
tantôt parlaient de sondage. Alors, on ne pourra pas nous accuser d'agir par
sondage aujourd'hui, M. le Président, il faut faire les choses comme il faut.
Je dis juste qu'aujourd'hui, je ne suis pas capable d'aller là.
M. Fontecilla : Très
bien.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
va? Alors, s'il n'y a pas d'autres interventions, on va mettre... Oui?
Mme Maccarone : M. le
Président. Juste avant...
M. Schneeberger : Députée
de Westmount—Saint-Louis.
• (18 h 10) •
Mme Maccarone : Est-ce
qu'il y a une ouverture de suspendre l'article pour donner du temps au
ministre? Parce que, quand il dit le plus qu'on parle, le plus qu'on va
avancer, mais on est déjà rendus là. C'est sur et certain. Ça fait qu'est-ce
que nous pouvons suspendre puis donner la chance au ministre de parler avec ses
collègues? On a aussi des collègues ici qui ne se sont pas exprimés là-dessus.
Peut être qu'ils souhaiteraient, mais est-ce que ce serait quelque chose qui
pourrait être accepté?
Le Président (M. Schneeberger) :
...
M. Lafrenière : J'ai
bien compris les arguments de mes collègues, je les relaie depuis tantôt, ce
n'est pas pour rien que je suis sur mon téléphone aussi. Alors, j'entends très
bien tous ces arguments-là. On va... ça va faire bouger le débat, mais
aujourd'hui je ne suis pas capable d'aller là, M. le Président.
Mme Maccarone : ...de
l'article. Est-ce que... pouvons-nous suspendre l'amendement proposé pour
donner chance au ministre de poursuivre avec des discussions avec ses
collègues? C'est la proposition. Je voulais juste savoir s'il y a un appétit
pour ça.
M. Lafrenière : Je vous
demanderais de suspendre un instant, M. le ministre... M. le Président. Je vais
aller me coucher...
Le Président (M. Schneeberger) : Oui.
Alors, nous allons suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 18 h 11)
(Reprise à 18 h 20)
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
nous reprenons les travaux. Je vais donner la parole à M. le ministre.
M. Lafrenière : Oui. M. le
Président, pour nous permettre d'avancer dans nos travaux puis de poursuivre ma
réflexion, je vous demanderais de suspendre l'article qui nous a été proposé,
on y reviendra plus tard, M. le Président... l'amendement, excusez-moi,
l'amendement à l'article. Alors, je vous demanderais de suspendre, M. le
Président, s'il vous plaît...
Le Président (M. Schneeberger) : Consentement
pour la suspension? Oui?
Mme Maccarone : ...juste à
remercier le ministre au nom du Parti libéral, de mon collègue de Nelligan,
pour son ouverture puis les discussions. Je sais que c'est un sujet pas facile,
mais on apprécie beaucoup les discussions qui ont eu lieu, et on a hâte de
revenir avec ce qui est statué. Merci.
M. Lafrenière : Merci
beaucoup.
Le Président (M. Schneeberger) :
Alors, nous allons passer à l'article suivant, qui est l'article n° 5.
M. Lafrenière : Oui. Merci,
M. le Président. L'article 5 :
«L'article 597 du Code... du Code de la
sécurité routière, pardon, (chapitre C-24.2) est modifié par le remplacement,
dans le paragraphe 1 du deuxième alinéa, de «de l'article 90», par «des
articles 90 et 93.15»
Commentaires : L'article 5 est une
modification de concordance avec l'article 4 du projet de loi, qui propose
d'introduire les articles 93.1 à 93.15 dans la Loi sur la police. Alors, c'est
vraiment un article de concordance, M. le Président, puis on en a quelques-uns
comme ça, des articles de concordance.
Le Président (M. Schneeberger) : Parfait.
Question sur l'article 5? Aucune. Est-ce que l'article 5 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Schneeberger) :
Adopté. Article, M. le ministre.
M. Lafrenière : Article 6, M.
le Président : L'article 15.0.1 de la Loi concernant l'impôt sur le tabac
(chapitre 1-2) est modifié par le remplacement, dans le paragraphe 1 du
deuxième alinéa, de «l'article... 90, pardon par «des articles 90 et 93.15».
Commentaires : L'article 6 est une
modification de concordance avec l'article 4 du projet de loi, qui propose
d'introduire les articles 93.1 à 93.15 dans la Loi sur la police.
Le Président (M. Schneeberger) :
Questions? Aucune. Est-ce que l'article 6 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Schneeberger) : Adopté.
Article 7, M. le ministre.
M. Lafrenière : Article 7, M.
le Président. Article 7 : L'article 210.2 de la Loi sur la protection du
consommateur (chapitre P.40.1) est modifié par le remplacement, dans le
paragraphe a du deuxième alinéa, de «l'article 90» par les «articles 90 et
93.15».
Commentaires : L'article 7 est une
modification de concordance avec l'article 4 du projet de loi, qui propose d'introduire
les articles 93.1 à 93.15 dans la Loi sur la police. Encore là, c'est de la
concordance, M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) : Questions
sur 7? Aucune. Alors, est-ce que l'article 7 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Schneeberger) :
Adopté. Là, je ne sais pas si j'ai... vous avez une série d'amendements à
déposer. Vous le faites actuellement ou vous passez à l'article 8?
M. Lafrenière : On change de
section complètement... un amendement, M. le Président, puis je pense qu'il a
déjà été partagé. Il n'est pas sur Greffier encore? Oups! Petite erreur.
Le Président (M. Schneeberger) :
L'article 7.1? Oui, l'article 7.1 à 7.37 ou c'est l'autre...
Une voix : ...
M. Lafrenière : Voulez-vous
suspendre un instant, M. le Président? Je me rends compte qu'on est allés
tellement vite que, là, on ne suit pas. Donnez-nous un instant.
Le Président (M. Schneeberger) :
Oui. Parfait. Alors, nous suspendons.
(Suspension de la séance à 18 h 23)
18 h 30 (version non révisée)
(Reprise à 18 h 33)
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
nous reprenons les travaux et nous allons passer au chapitre 4, avec l'article 8.
M. le ministre.
M. Lafrenière : Oui. Merci
beaucoup, M. le Président, puis je tiens à dire, c'est suite au consentement de
la salle. C'est du jamais vu dans une commission, mais notre audience a
consenti à ce qu'on reporte à plus tard le volet des contrôleurs routiers. Ça
fait que je veux les remercier, ça va me fait tellement plaisir d'être avec eux
demain aussi... et le consentement de nos amis les oppositions aussi.
Alors, M. le Président, à l'article 8 du
chapitre 4, Loi sur l'accès aux documents et aux organismes publics, sur la
protection des renseignements personnels... l'article 8 L'article 59 de la Loi
sur l'accès aux documents des organismes publics et sur la protection des
renseignements personnels (chapitre A-2.1) est modifié par l'insertion, dans le
paragraphe 8 du deuxième alinéa et après l'article 61, de «61.1 à 61.2».
Comme commentaires, M. le Président :
L'article 8 apporte une modification de concordance à l'article 59 de la Loi
sur les accès aux documents des organismes publics et sur la protection des
renseignements personnels afin d'y ajouter les nouveaux articles 61.1. et 61.2,
introduits dans cette loi par le projet de loi.
L'article 59 de cette... ce ne sera pas
bien long, M. le Président, l'article 59 de cette loi énumère les cas où un
organisme public peut communiquer un renseignement personnel sans le
consentement de la personne concernée. Voilà, M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Est-ce qu'il y a des questions sur l'article 8? Aucune. Alors, est-ce
que l'article 8 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Schneeberger) :
Adopté. Article 9.
M. Lafrenière : ...M. le
Président, c'est là qu'on a un amendement qui a été transmis. Alors, à l'article
9. M. le Président, il y a un amendement qui a été proposé, à 61.2. Alors, je
peux le lire comme il est là, puis, après ça, on fera l'amendement?
Le Président (M. Schneeberger) : ...l'amendement
sur le... oui, dans le fond, il vient rajouter quelque chose ou il vient
modifier un article?
M. Lafrenière : Je vais le
lire, puis on fera l'amendement par la suite?
Le Président (M. Schneeberger) : Allez-y
par la lecture de l'article et, par la suite, l'amendement.
M. Lafrenière : Parfait.
Donc, à l'article 9, cette loi est modifiée par l'insertion, après l'article 61,
des suivants :
«61.1. Un corps de police peut, sans le
consentement de la personne concernée et à la suite d'une intervention
policière auprès d'une personne soupçonnée d'avoir commis un acte dans un
contexte de violence conjugale, communiquer un renseignement personnel la
concernant contenue dans un rapport d'événement ou dans un document s'y
rapportant à un organisme désigné par le ministre de la Justice si ce
renseignement est nécessaire à cet organisme pour effectuer une première
intervention auprès de cette personne. «61.2. Un corps de police peut, dans le
cadre d'une mise en liberté d'une personne soupçonnée d'avoir perpétré une
infraction criminelle, dans l'attente de sa comparution à la suite d'une
arrestation, communiquer à une personne victime les conditions de sa remise en
liberté qui sont nécessaires pour assurer sa sécurité sans le consentement de
la personne concernée.
«Aux fins du présent article, une
infraction criminelle est une infraction prévue au Code criminel de 1985-CC46,
qui porte atteinte à l'intégrité physique ou psychique d'une personne.»
Comme commentaires... on a un commentaire
à la page suivante. Alors, pour l'article 61.1 : L'article 61.1 proposé
permet la communication par un corps de police, à la suite d'une intervention policière
auprès d'une personne soupçonnée d'avoir commis un acte dans un contexte de
violence conjugale, d'un renseignement personnel la concernant sans
consentement à un organisme désigné par le ministre de la Justice si ce
renseignement est nécessaire à cet organisme pour effectuer une première
intervention auprès de cette personne.
61.2, j'imagine que je devrais lire le
commentaire aussi, puis après ça on va faire l'amendement. 61.2, le commentaire :
L'article... 61.2, pardon, proposé permet la communication par un corps de
police, des conditions de mise en liberté d'une personne qui doit comparaître
pour une infraction criminelle sans son consentement à une personne victime si
ces renseignements sont nécessaires pour assurer sa sécurité. L'article définit
aussi l'expression «infraction criminelle».
Et, M. le Président, comme je vous
annonçais, on a un amendement à présenter à cet article.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui.
Est-ce qu'il a été déposé?
M. Lafrenière : Il a été
déposé puis il est à l'écran.
Le Président (M. Schneeberger) : Ah!
c'est lui, OK. Parfait.
M. Lafrenière : Ma collègue
avait une question, cependant.
Le Président (M. Schneeberger) :
Oui.
Mme Maccarone : Est-ce que
nous allons évacuer le 61.1, le faire en ordre? Parce que, tu sais, on a dit...
même, si on regarde le cahier, on commence avec 61.1.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui,
bien, on commence avec le début, étant donné que le... Je veux juste être sûr.
L'amendement qui est présenté...
M. Lafrenière : 61.1, il
reste... il est intégral comme ça. Donc, on peut parler de 61.1 pour commencer,
puis peut-être passer à 61.2 après.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui,
on va commencer avec...
Une voix : ...
Le Président (M. Schneeberger) :
Au départ? OK, alors...
Le Président (M. Schneeberger) : ...on
me dit qu'il faut commencer avec l'amendement, alors on va commencer avec
l'amendement.
Mme Maccarone : On va
commencer avec l'amendement?
M. Lafrenière : Donc, je vais
lire l'amendement. M. le Président, écoutez, on apprend ensemble, puis ça va
bien aller. Alors, l'article 9. (61.2 de la Loi sur l'accès aux documents
des organismes publics et sur la protection des renseignements personnels).
Remplacer, dans le premier alinéa de l'article 61.2 de la Loi sur l'accès
aux
documents des organismes publics et sur la
protection des renseignements
personnels, proposé par l'article 9 du projet
de loi, «soupçonnée d'avoir perpétré une infraction criminelle, dans l'attente
de sa comparution à la suite d'une arrestation, communiquer à une personne
victime» par «qui a été arrêtée en lien avec la perpétration d'une infraction
criminelle, dans l'attente de sa comparution, communiquer à une personne
victime, notamment par écrit».
Alors, M. le Président, ce qu'on présente
là, il y a deux... Je vais lire le commentaire, pardon, l'amendement donne
suite à un commentaire de la Sûreté du Québec, selon lequel une personne mise
en liberté a été arrêtée sur la foi de motifs raisonnables de croire. Donc,
suivant l'article 495.1 du Code criminel, il devrait plutôt s'agir de la
personne arrêtée et non pas de la personne soupçonnée. L'amendement permet
d'éviter des ambiguïtés dans l'interprétation de l'article. L'amendement donne
également, suite à un commentaire du Réseau des centres d'aide aux victimes
d'actes criminels et du Regroupement des maisons pour femmes victimes de
violences conjugales, d'exiger que les conditions de remise en liberté soient
transmises par écrit à la personne victime. Alors, voici ce qu'on propose
aujourd'hui, M. le Président, il y a deux changements importants, puis c'est
suite à nos consultations, nos échanges, surtout pour ce qui est de la
possibilité de le remettre par écrit. On sait qu'il y a des groupes qui nous
ont dit : Des fois c'est possible, ce n'est pas possible, mais en le
mettant explicitement dans le texte de loi, on va inciter les policiers à
remettre ça par écrit, M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) :
Parfait. Alors, est-ce qu'il y avait des questions sur l'amendement proposé?
Députée de Westmount-Saint—Louis.
• (18 h 40) •
Mme Maccarone : Oui, bien,
c'est plutôt des commentaires. Je suis contente de voir cet amendement parce
que, oui, ça fait partie de ce que nous avons discuté au début, début du projet
de loi, à l'article 1 de la loi édictée, parce qu'on sait que ce n'est pas
juste la Maison des femmes victimes de violences conjugales, on a aussi entendu
le Conseil du statut de la femme qui nous ont parlé de ceci, puis le CAVAC,
d'amender cette partie de la loi en particulier, mais il y a autre chose, puis
je comprends qu'on veut peut-être revenir à 61.1, mais ici, est ce que le
ministre a quand même discuté de l'amendement avec les groupes concernés, juste
pour s'assurer que ça rejoint ce qu'ils ont souhaité voir? Parce que
l'amendement me va, je le trouve bien, puis je trouve que ça répond à... aux
préoccupations qu'ils ont quand même partagées, puis aussi par ce qui était
partagé par la SQ, mais ils nous ont demandé, tu sais, même dans plusieurs
mémoires, ils nous ont demandé de trouver une façon de répondre aux besoins des
femmes qui se sentent menacées, etc. Puis nous, évidemment, de notre côté, on a
parlé beaucoup de protéger les victimes à l'intérieur de ça, ça fait que je
voulais juste m'assurer qu'ils ont été consultés, puis ils sont à l'aise.
M. Lafrenière : Oui, M. le
Président, puis ma collègue a raison quand elle dit : Ça remonte au début
de ce projet de loi là. Alors, je fais une vérification diligente parce que les
gens de mon équipe sont en lien directement avec les... les centres, alors on
fait une vérification en même temps qu'on se parle, mais tout le long de
l'avancement de nos travaux, on les... on les tient au courant. Alors, je... le
temps que nous discutons de cet article et de l'autre, je vais lui confirmer
béton que la personne a bel et bien été rejointe. Mais on fait tout ça avec
elle, là, il n'y a pas de surprises.
Mme Maccarone : Étant donné
que ça, ça a eu lieu, on garde le «peut» et on ne change pas pour le «doit»,
parce que ça aussi, c'était quelque chose qui a été partagé à maintes reprises,
ça fait que j'essaie de comprendre pourquoi on a gardé le «peut», étant donné
que ce n'est pas le seul groupe, on a plusieurs groupes qui nous ont parlé de
besoin de changer ça pour le «doit». Ça fait que ça devrait lire : «Un
corps de police doit, dans le cadre d'une mise en liberté d'une personne» au
lieu d'«un corps de police peut». C'est ça qu'ils voulaient, alors j'ai
l'impression qu'on a comme une moitié de faite.
Le Président (M. Schneeberger) :
M. le ministre.
M. Lafrenière : Oui, merci,
M. le Président, puis je me rappelle la discussion qu'on avait eue à ce
sujet-là, quand on parlait, puis on essayait de prendre des exemples fictifs,
M. le Président, en disant : Écoutez, la victime a été conduite à un
endroit X, Y, on était avec le suspect, ça dur dans le temps, un petit peu plus
longtemps. Est-ce qu'on va retourner voir la victime qui a quitté? Puis, peu
importe les raisons, il faut... Je veux être prudent parce qu'on s'entend que
chaque cas est un cas d'espèce. On disait peu parce qu'on voulait laisser la
liberté de terrain de voir, exemple, la victime nous a dit : Je m'en vais
chez mes parents, rappelez-moi demain ou... On ne voulait pas amener un
mur-à-mur qui mettrait une position mal à l'aise, puis je me rappelle quand on
avait parlé au groupe, il comprenait bien que chaque cas est un cas d'espèce,
mais là, en même temps qu'on fait nos travaux, M. le Président, je vais avoir
la confirmation que le Centre d'aide aux victimes était à l'aise avec ça, mais
je vous dis qu'on leur parle tout le long de nos travaux, parce que vraiment,
là, on a entendu les gens, quand ils disaient : Vous savez, on peut être
nerveuses, à ce moment-là, puis pas se rappeler de ce qu'elles étaient, les
conditions et tout. On a rajouté, notamment, «par écrit», parce qu'on veut que
ça reste dans le temps, mais le «peut», M. le Président...
M. Lafrenière : ...nos
échanges qu'on avait eus à l'époque, c'est-à-dire, dans certains cas, ça ne
sera peut-être pas possible.
Et, M. le Président, le dernier point, qui
est un point très technique, là, sur le plan légiste, l'emploi de «peut» est privilégié
lorsqu'un pouvoir discrétionnaire a lieu. C'est de venir dire justement que,
sur place, selon les circonstances, selon ce qui se passe devant les policiers,
un, c'est privilégié par écrit, deux, il peut transmettre les conditions de
libération.
Mme Maccarone : C'est juste
que le ministre se souvienne de les discussions que nous avons eues, où on a
parlé vraiment de la protection des victimes, même quand la victime souhaite se
retirer, parce qu'on ne veut pas revivre toute cette expérience malheureuse,
mais pour s'assurer sa sécurité. On a parlé des moyens de poursuivre pour...
pour s'assurer que les victimes savent où nous sommes rendus puis qu'est-ce qui
arrive avec les informations qu'eux, ils ont partagées par rapport à la
personne, le criminel à haut risque de récidive. Il me semble qu'on avait
discuté qu'on était pour changer ça pour «doit» au lieu de «peut», puis ça
faisait partie de beaucoup de nos discussions au début début des... du débat de
ce projet de loi, même... puis c'est quelque chose qui était demandé
spécifiquement par le CAVAC et plusieurs autres groupes. Ça fait que je suis
contente de voir que nous avons évolué, mais il me semble que c'est un aspect
qui nous manque. Alors, avant de l'adopter puis de poursuivre, je ne veux pas
manquer l'occasion de s'assurer qu'on est vraiment sur la bonne track, à moins
qu'eux, ils ont évolué puis ils ont changé leur position. Puis, encore une
fois, pas juste eux, il y a plusieurs autres groupes qui sont là, défense des
droits des femmes, qui ont demandé d'avoir ça comme un «doit».
M. Lafrenière : Oui...
Le Président (M. Schneeberger) : M.
le ministre.
M. Lafrenière : Oui, M. le
Président. Puis, écoutez, quand on a fait la législation dans l'autre
législation avant, la loi 79, on venait contrevenir à la loi d'accès. Ça fait
que c'est pour ça, je suis un petit peu à l'aise là-dedans, où on me
disait : On ne peut pas aller avec un automatisme, il faut être prudent.
Je sais que... un ou une légiste qui va être capable de l'expliquer, mais,
comme on fait une entorse à la loi d'accès, c'est-à-dire que c'est un
renseignement qui normalement est confidentiel, on peut le donner mais à
certaines conditions, on n'y va pas avec un automatisme, c'est pour ça que,
dans le corpus qui est utilisé, c'est le terme «peut», parce qu'on a démontré
qu'il y a un pouvoir discrétionnaire qui est appliqué de la part du policier,
ce n'est pas un automatisme. Parce que, là, on vient... on s'entend, là,
ensemble, ce qu'on vient faire aujourd'hui, là, c'est qu'une information qui,
normalement, est confidentielle... on vient contrevenir à notre loi. On va
le... On va donner ce... cette information-là à une victime parce qu'on a des
bonnes raisons puis on est tous d'accord là-dessus, mais ce n'était pas dans
l'automatisme. Mais, si ma collègue le souhaite, on peut avoir un ou une
légiste qui peut l'expliquer aussi.
Mme Maccarone : Pendant
qu'ils sont en train de se préparer, je voulais juste partager ce que le CAVAC
nous ont dit dans leur mémoire, pour rafraîchir un peu le débat, parce qu'ils
disent que «cette mesure nous apparaît essentielle — là je parle du
61.2 que nous sommes en train de modifier — mais devrait, à notre
avis, être obligatoire. Elle devrait également prévoir l'autorisation pour le
service de police de transmettre les conditions imposées au CAVAC. La
disposition devrait prévoir que l'ensemble des conditions soient divulguées et
non uniquement celles concernant directement la personne victime. D'autres
conditions peuvent avoir un impact sur sa sécurité et il est important qu'elle
en soit informée. Nous pensons, par exemple, à une condition interdisant à la
personne contrevenante de se trouver à proximité d'un parc ou d'une école. La
personne victime se retrouvant dans un parc avec ses enfants doit être informée
de l'existence d'une telle condition afin de pouvoir prendre des décisions
éclairées quant à sa sécurité et celle de ses enfants — chose que
nous avons vraiment, je pense, vidé la question — et il nous apparaît
également nécessaire que ces conditions soient transmises par écrit à la
personne victime afin de lui éviter d'avoir à formuler une demande d'accès à
l'information — qu'on traite — et ce document pourra
notamment être requis dans le cadre de démarches judiciaires, civiles ou
familiales. Dans ce contexte, il est impératif que les conditions émises soient
communiquées à la personne victime. Il ne devrait pas s'agir d'une possibilité
laissée à la discrétion du corps de police, mais bien d'une obligation parce
qu'il en va très souvent de la sécurité de la personne victime,
particulièrement en contexte de violence entre partenaires intimes. Finalement,
il importe de s'assurer que le mode de communication utile...», ça, on l'a déjà
dit, mais, pour moi, c'est très clair, très, très clair, et aucun souci
d'entendre les légistes, mais il me semble qu'on a presque une obligation
nous-mêmes aussi de changer ça à un «doit» d'un «peut».
Le Président (M. Schneeberger) : M.
le ministre.
M. Lafrenière : Oui. Merci, M.
le Président. Pour terminer sur la partie, là, remise par écrit, on a... j'ai
fait la vérification, confirmé que ça soit une possibilité et non pas une
obligation. Dans certains cas, c'était... Puis je voulais juste m'en assurer
avec les organismes, ça fait que ça, ils nous suivent.
Pour ce qui est de l'autre volet, M. le
Président, avec l'accord de mes collègues des oppositions, j'inviterais Me
Pomerleau à nous expliquer, justement, la raison pourquoi on fait ça comme ça
dans le corpus législatif.
Le Président (M. Schneeberger) :
Oui. Alors, Me Pomerleau, veuillez... Bien, premièrement, le consentement de la
table...
Le Président (M. Schneeberger) : ...alors,
veuillez vous vous présenter avec votre nom et titre.
Mme Pomerleau (Kathye) : Bonjour.
Kathye Pomerleau, avocate au ministère de la Justice. Premièrement, je pense
qu'il semble assez important de préciser qu'on est dans la Loi sur l'accès,
puis, dans la Loi sur l'accès, présentement, toutes les dispositions qui
permettent la communication de renseignements personnels, on utilise le terme
«peut», même dans un contexte de risque sérieux de mort ou de blessure grave, à
l'article 59.1 de la Loi sur l'accès.
La raison, c'est qu'il faut, dans chaque
cas, évaluer si la communication est nécessaire. Le critère de nécessité, en
jurisprudence, je pourrais peut-être vous lire comment que c'est interprété. On
dit que : «Un renseignement est considéré comme nécessaire lorsque chaque
fin spécifique poursuivie par l'organisme pour la réalisation d'un objectif lié
à ses attributions sera légitime, importante, urgente et réelle et lorsque
l'atteinte au droit à la vie privée que pourrait constituer la cueillette, la
communication ou la conservation de chaque élément de renseignement sera
proportionnelle à cette fin.»
Donc, c'est très important, étant donné
qu'il y a des risques d'atteinte à la vie privée, d'évaluer au cas par cas si
les renseignements sont vraiment nécessaires. Puis, dans notre cas, à 61.1, ces
renseignements doivent être nécessaires pour effectuer une première
intervention auprès de la personne. Il ne faudrait pas que le «doit» soit
interprété comme pouvant transmettre les renseignements de façon systématique
sans évaluer le critère de nécessité.
Mme Maccarone : Oui, mais nous,
nous sommes à 61.2, puis là on est en train de dire que le corps de police
peut, et non doit, dans un cas de mise en liberté, ça fait que j'essaie de voir
le lien. Parce que je comprends ce que... ce que vous dites, Me Pomerleau, et
merci beaucoup, c'est juste qu'on parle de la protection de la victime, puis
c'est pour ça que les CAVAC ont vraiment milité pour avoir ce changement. Parce
qu'il me semble qu'on ne parle pas de la même affaire. Là, on parle d'aviser la
victime, ça fait qu'on doit, pas on «peut», dans l'accord de mise en liberté.
• (18 h 50) •
M. Lafrenière : ...M. le
Président, puis Me Pomerleau pourrait continuer. Ce que je disais tout à
l'heure, parce que... pour l'avoir vécu dans une autre loi, qui est la loi n° 79,
où on transmet de l'information à des parents sur le dossier de leurs enfants
disparus, on a eu cette même discussion-là. On s'est faut bien expliquer qu'il
ne pouvait pas y avoir d'automatisme. Donc, pourquoi on dit «peut»? C'est que,
dans chacun des cas, on va devoir être... on va devoir justifier le pourquoi,
la raison pour laquelle on donne une information, parce que, oui, on vient de
transgresser la loi d'accès à l'information, qui est une loi qui protège des
renseignements qui sont personnels.
Me Pomerleau peut... peut en ajouter, peut
continuer de répondre, mais je pense que c'est important, cette discussion-là,
M. le Président, comme on l'a eue dans un autre projet de loi, là, c'est
vraiment ce qui avait été expliqué à l'époque. Je verrai si j'ai bien fait mes
devoirs, parce qu'à l'époque j'étais aussi avec Me Pomerleau à cette même loi
là, ça fait que je vais voir si moi puis moi, on se rappelle de la même chose.
Me Pomerleau.
Mme Pomerleau (Kathye) : Peut-être
juste ajouter une précision, là, que le commentaire que je viens de faire
s'applique également pour l'article 61.2, qui est aussi dans la Loi sur
l'accès. Dans l'article 61.2, il faut que ce soit nécessaire pour assurer la
sécurité de la personne victime, mais dans les deux cas, c'est la même...
comment dire, le même droit qui s'applique, autant pour 61.1 que pour 61.2.
Donc, il faut analyser le critère de nécessité à chaque cas avant de
transmettre les renseignements.
Mme Maccarone : J'essaie
d'imaginer une situation d'une femme victime de cette violence, où sa vie ne
sera pas à risque, où ce ne serait pas un danger immédiat ou un critère
nécessaire. Parce que, tu sais, on parle... je veux juste le lire, parce que je
trouve que... quand ce sera amendé, «un corps de police peut, dans le cadre
d'une mise en liberté d'une personne qui a été arrêtée en lien avec la...
perpétration d'une infraction criminelle dans l'attente de sa comparution,
communiquer à une personne victime, notamment par écrit, les conditions de la
mise en liberté qui sont nécessaires pour assurer sa sécurité sans le
consentement de la personne concernée»... Ici, c'est que, si on ne fait pas ça,
si ce n'est pas une obligation à chaque fois, ça se peut que les victimes
n'auront pas les informations.
Puis je ne doute pas de la bonne volonté
des policiers de travailler puis de faire le travail correctement. Puix je
présume que chaque fois ça va être identifié comme un critère nécessaire, mais
ici on parle de moyen d'informer la victime pour sa propre protection, parce
qu'on parle d'un registre qui sera public, avec des noms qui seront publics.
Alors, on a vraiment évacué toute la question de l'atteinte de leur vie privée
aussi parce qu'il va y avoir un impact sur, non seulement le quartier où ils
habitent, mais aussi un effet indu, les enfants, les membres de la famille, les
gens vont pouvoir déterminer... Puis c'est pour ça qu'on s'est dit que ça ne
devrait pas être une surprise, parce que les policiers ont déterminé : Ah
bien, cette personne, peut-être, il n'y a plus vraiment un risque... mais, si
cette personne, il n'y a plus un risque puis on va le mettre... puis on... il
est en train d'avoir une mise en liberté, bien, ça se peut qu'il ne fera pas
partie de ce mosus de registre. Ça fait que, tu sais, pour moi, si tu fais partie
de ce registre, c'est parce qu'on doit en informer...
Mme Maccarone : ...les
victimes. Tu sais, on ne parle pas des cas, tu sais, normaux, on espère avoir
pas beaucoup de gens ou pas beaucoup de noms qui vont paraître sur ce registre
des délinquants sexuels à haut risque de récidive, mais c'est la catégorie de
délinquants dont on parle.
Le Président (M. Schneeberger) : ...
M. Lafrenière : Oui. Merci,
M. le Président. Puis je comprends l'allusion de ma collègue, puis, dans tous
les cas, même avec un registre, on s'entend, là, le niveau de dangerosité est
très élevé, et tout. On a... on est venu dire qu'on ne peut pas avoir un
automatisme, ça va prendre cinq personnes indépendantes qui vont devoir
l'évaluer puis prendre la décision puis la justifier. Ce qu'on vient dire ici,
M. le Président, on ne fait pas allusion à un pouvoir discrétionnaire en
disant : Est-ce que ça va leur tenter ou pas? Ce qu'on vient dire aux
policiers, c'est qu'ils vont devoir le justifier parce que, dans une entorse à
la... à notre loi qui existe où on doit protéger les renseignements personnels,
à chaque fois, ils doivent le justifier.
Mais, ma collègue vient de le dire, est-ce
qu'il y a des cas où on... ils seraient capables... Attends, je vais inverser
ma question, M. le Président. Est-ce qu'il y a des cas où les policiers se
diraient : Écoutez, je ne suis pas capable de le justifier? La réponse,
c'est non. Mais on vient dire que ce n'est pas un automatisme, ils vont devoir
le justifier s'il arrive quelque chose. Et, M. le Président, si... à l'inverse,
si d'aventure un policier ne transmettait pas cette information-là... je ne
veux pas guider à l'avance, mais il y a toute la déontologie policière qui
s'appliquerait, là. On vient leur donner l'outil, mais on vient leur
dire : Ce n'est pas un automatisme. Et ça, M. le Président, bien que
désagréable, à chaque fois qu'on a parlé de la loi d'accès, on est venus nous
dire qu'il fallait absolument le justifier, que ça ne pouvait pas être un
automatisme. C'est ce qu'on vit encore aujourd'hui avec ça.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
va? Ça va?
Mme Maccarone : Bien,
j'entends les arguments, puis je vous remercie beaucoup, Me Pomerleau,
j'apprécie. Je comprends où le gouvernement... puis les orientations puis je
comprends, dans le cadre législatif, ce qu'on souhaite faire, mais je... Puis,
oui, c'est vrai, il faut protéger la vie privée, puis, oui, c'est vrai, on a
une charte qui protège tout le monde, ça fait qu'on ne peut pas nécessairement
faire du «cherry picking» puis décider qui qui va être protégé par une loi, je
comprends très bien. C'est juste que, dans ce cas-ci, évidemment, mon coeur, il
est 100 % avec les victimes, puis je trouve très difficile d'imaginer une
situation où ils ne seront pas avisés, ça fait que... Puis là je sais que j'ai
fait plein de demandes auprès du ministre d'aviser, sensibiliser, préparer des
notes, la formation, mais ici il me semble que ce serait quelque chose vraiment
important, de s'assurer que les policiers sont formés puis comprennent que la
volonté, ce qui est souhaité par le CAVAC, ce qui est souhaité par le Conseil
du statut de la femme, ce qui est souhaité majoritairement, on va dire, par les
victimes, on n'a pas beaucoup entendu la voix des victimes, mais il y a... les
maisons qui sont là à la défense des femmes victimes de violence conjugale ou
autre nous ont demandé de s'assurer que ça soit le cas. Ça fait que je ne sais
pas s'il y a un moyen que nous pouvons employer pour s'assurer que les gens
sont sensibilisés du désir des victimes puis du réseau, mais... je lance ça
comme ça, parce que je comprends qu'on n'aura pas une évolution là-dessus, mais
est-ce que ça, c'est une possibilité?
Le Président (M. Schneeberger) : ...
M. Lafrenière : Oui. Merci,
M. le Président. Je veux juste revenir, parce que, tantôt, j'ai fait allusion
au registre des délinquants sexuels dangereux à haut taux de récidive. On
comprend que ce qu'on vise aujourd'hui par notre article, ça n'a aucun lien
là-dedans.
Mme Maccarone : C'est plus
large. Je comprends.
M. Lafrenière : Mais je
voulais juste être bien sûr que les gens le comprennent, c'est beaucoup plus
large. Donc, policiers se présentent dans un domicile, interviennent avec un
suspect de violence conjugale, les conditions seraient remises à la victime, de
préférence par écrit, mais les policiers, ce n'est pas un automatisme, ils
seraient obligés de le justifier.
Ce que je m'engage à faire avec ma
collègue, ce n'est pas première fois que je le fais, je l'ai déjà dit, que je
demandais une mise à jour à l'ensemble des corps policiers sur ce qui existe
déjà en matière de violence conjugale, les outils que les policiers ont, les
pouvoirs qu'ils ont d'intervenir et d'agir puis, des fois, de transmettre de
l'information à une victime potentielle. Ça, la mise à jour, elle est faite, M.
le Président, elle va être envoyée à l'ensemble des policiers.
Pour ce que ma collègue dit, là,
clairement, lorsqu'on aura adopté ensemble le projet de loi, parce que c'est ce
qu'on veut, il va y avoir de mise à jour. On va devoir aviser les policiers
aussi des façons de faire des pratiques policières, puis ça, ça fait déjà
partie du plan, M. le Président. Ça fait que ma collègue, elle nous devance,
mais elle a raison, il faut le faire, il faut que ce soit clair.
Mme Maccarone : Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
va? Député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : Donc, on
comprend ici qu'il revient au corps de police de déterminer s'il y a transmission
à la victime de renseignements personnels. On comprend aussi qu'il n'y a pas
d'autre... C'est qui qui décide, M. le ministre?
M. Lafrenière : OK. Merci, M.
le Président. Puis ce n'est pas un pouvoir qui revient au corps policier, c'est
au policier lui-même. Puis on ne parle pas de... ce que j'expliquais tantôt, on
ne parle pas d'un pouvoir discrétionnaire, c'est qu'on ne peut pas l'inclure
comme un automatisme en disant qu'on transgresse tout le temps. Vous comprenez,
M. le Président, que, même quand on a fait une loi extrêmement importante pour
aider des parents à retrouver ce qui est arrivé à leur enfant qui était décédé,
on a dû procéder de la même façon en disant : Ce n'est pas un automatisme,
ce n'est pas un «bar open», il va falloir le justifier. Ce qu'on va écrire aux
policiers, c'est un rappel de l'importance de ce qu'ils font, de l'importance
aussi de le justifier, entre le droit à la vie privée et l'importance de
préserver la vie d'une...
M. Lafrenière : ...mais si le
policier lui-même... ça, je disais toujours, dans mon ancien métier : Le
policier va être va tout seul face à la déontologie policière ou les
accusations qu'il aura, c'est lui qui prend cette décision-là, comme
professionnel de la sécurité publique, il va devoir s'assumer. Alors, le
policier, s'il transmet l'information ou pas, c'est lui qui va devoir
l'assumer. M. le Président.
M. Fontecilla : M. le
ministre l'a abordé, mais de façon trop... trop brève selon... selon moi,
comment on va..., parce que c'est une grande responsabilité qui retombe sur les
épaules d'un individu policier, dans ce cas-ci. Est-ce qu'il va avoir de la
formation? Est-ce qu'il va avoir un document sur lequel il peut... il peut
s'appuyer, il va recevoir la demande, là? Est-ce qu'il va être laissé tout
seul, en disant : Est-ce que c'est nécessaire, ce n'est pas nécessaire,
etc., là? Ou est-ce qu'il va... il va être formé, soit à l'école de police, il
va y avoir une procédure dans le corps de police, là, qui... policier peut dire :
Bon, qu'est ce que dit le document directeur, là, pour qu'il soit un... outil
de prise de décision, là, sur un sujet aussi sensible?
Le Président (M. Schneeberger) : Merci.
M. Lafrenière : M. le
Président, c'est une des réponses les plus faciles, ç a va être oui, oui, oui
et oui. Oui, formation de base pour les policiers en matière de violences
conjugales. Elle va être changée à partir d'aujourd'hui, à partir du moment
qu'ensemble, on va aller dans cette direction-là, il va y avoir des mises à
jour pour les nouveaux policiers. Oui pour une procédure qui va être écrite,
aussi, donc nous, de notre côté, au ministère de la Sécurité publique, on va
envoyer à l'ensemble des corps policiers, c'est une façon de faire en violence
conjugale, alors oui, ça ne sera pas lancé dans les airs comme ça, ça va
suivre... il y a le Guide des pratiques policières, chacune des... chacune des
organisations policières a des pratiques, aussi, des... des M.O. dans le cas...
des P.O., des procédures opérationnelles, où chacun des services de police dit
à ses policiers ce qu'il a comme attentes, mais oui, la formation initiale va
changer aussi, M. le Président.
M. Fontecilla : Très bien,
là, et plus loin dans le... dans l'amendement, là, c'est une partie qui n'a pas
été amendée, là, les conditions... et... donc... écoutez, j'essaye de faire une
phrase logique, là, et... «peut, dans le cadre d'une mise en liberté d'une
personne qui aurait... qui est arrêtée en lien ...communiquer, avec une
personne victime, les conditions de sa mise en liberté qui sont nécessaires
pour assurer sa... sa sécurité». Là, je voudrais bien comprendre, en utilisant
les termes qui sont nécessaires, il y a d'autres conditions de mise en liberté
qui ne sont pas nécessaires à être transmises à la victime. Pourrait-il nous
donner un exemple?
• (19 heures) •
Des voix : ...
M. Lafrenière : J'entends mon
collègue, je ne suis pas sûr que je le comprends, mais je l'entends. Juste être
bien sûr, parce que...
M. Fontecilla : ...communiquer
les conditions de mise en liberté qui sont nécessaires, uniquement celles qui
sont nécessaires. Je comprends qu'il y a des informations qui ne sont pas
nécessaires d'être transmises à la victime.
Des voix : ...
M. Lafrenière : Oui, M. le
Président. Écoutez, j'essaie de sortir, puis je comprends, excusez-moi, j'ai
bien compris ce que mon collègue voulait dire. J'essaie de trouver un cas de...
un cas d'espèce où on mettrait une condition de remise en liberté qui n'a aucun
rapport avec ce que la personne a vécu comme violence conjugale. Est-ce qu'on
pourrait donner une condition de ne pas consommer... est-ce que...
M. Fontecilla : Parce que
Monsieur... M. le Président, là, on pourrait dire... on pourrait tout aussi
bien dire : communiquer la totalité des conditions de mise en liberté.
M. Lafrenière : M. le
Président, on revient un petit peu dans le même... puis, mais... je regarde les
légistes qui pourront me corriger, on vient un petit peu dans la même
discussion qu'on vient d'avoir, là, on s'en vient dire qu'on vient... on vient
à l'encontre de la loi de... la vie privée de l'individu, mais pour justifier
tout ça, on vient dire qu'on va partager ces conditions-là avec une tierce
personne pour qu'elle puisse assurer sa sécurité. Ça fait que s'il y avait une
condition de libération, puis je vous le dis, M. le Président, il doit être
tard, là, parce que j'ai comme de la misère à voir une condition de libération
qui n'aurait pas rapport dans le cas, mais comment, comme policier, je vais
pouvoir justifier que j'ai donné ça à une victime alors que ça n'a aucun
rapport avec ce qui est arrivé ou le fait qu'elle doit se protéger. Exemple, je
vais donner des exemples à l'inverse, M. le Président. Si on dit, comme
condition, qu'on libère un individu, il n'a pas le droit de s'approcher de la
résidence familiale, il n'a pas le droit d'être dehors entre telle heure à
telle heure, ce sont toutes des conditions, puis ça, les femmes nous l'ont dit,
quand elles ne savent pas, comment voulez-vous qu'elles assurent leur propre
sécurité? Ou comment voulez-vous qu'elles sachent que son ex, qui est... de
contrevenir à ses conditions de libération? C'est pour ça qu'on veut
l'outiller, ce qu'on s'en vient dire, ce qui justifie de transgresser cette
loi-là, d'accès à l'information, c'est qu'on donne l'information à une victime
en lui disant : Voici, dans tel ou tel cas, s'il contrevient, vous allez
pouvoir appeler la police, vous... vous savez que dans ses conditions, il n'a
pas le droit de faire ça. Ça fait qu'au moins, la victime le sait. Ça, c'est ce
que les gens sont venus nous dire, M. le Président, quand on consultait...
souvent, les femmes ou les victimes, majoritairement des femmes, ne savent même
pas quelles sont les conditions de libération de leur ex, comment voulez-vous
qu'elles puissent appeler la police pour dire qu'il a contrevenu ou de se
prémunir de tout ça? Alors c'est dans ce... dans ce but-là. Si j'ai erré, Me
Pomerleau n'est pas loin, mais c'est la même ligne qui tient, en disant...
19 h (version non révisée)
M. Lafrenière : ...voici
pourquoi... voici ce qui justifie de transgresser à la Loi de protection sur
les renseignements privés.
M. Fontecilla : Donc, dans l'absolu,
sans... sans avoir trouvé un exemple précis, on peut... si je le lis, là... je
veux comprendre, tel qu'il est rédigé, il y aurait communication des conditions
de sa mise en liberté mais pas l'ensemble. Il peut y avoir... Parce qu'il y a
un pouvoir discrétionnaire, et je suis d'accord, donc... Donc, celles qui sont
nécessaires pour assurer sa sécurité, c'est juste une partie de... Il peut...
Le policier peut juger que c'est... c'est juste cette partie-là que je veux
communiquer, parce que le... le reste n'a pas... n'est pas en lien à la
sécurité de la victime. Je veux comprendre.
M. Lafrenière : ...oui. Mais
j'ai un exemple, M. le Président. Puis, comme je vous dis, à cette heure-là, ça
avance, là. Toutes les conditions qui ont rapport avec la violence conjugale,
de ne pas se présenter, de ne pas parler à la victime, tout ça, on s'entend que
c'est pour sa protection, et là je demande au prévenu de revenir au poste de
police deux semaines plus tard pour procéder à son bertillonnage. Est-ce que
cette condition-là va venir aider la femme... la victime à se protéger?
Absolument pas. Ça fait que ça, je ne lui dirais pas que la personne qu'on a
arrêtée doit revenir le 14 juillet à 8 heures le matin, parce que c'est des
conditions de libération, pour procéder au bertillonnage au poste. Ce n'est pas
une condition qui pourrait aider la victime à assurer sa sécurité.
M. Fontecilla : Très bien. Une...
M. Lafrenière : Je vous donne
un exemple comme ça, M. le Président, c'est le premier qui me vient en tête,
là. Puis même, à la limite, c'est peut-être même une invitation, parce qu'on ne
sait pas, des fois, la chicane peut être dans le couple ou la personne pourrait
revenir. C'est le genre de condition que moi, comme policier, je ne donnerais
pas à la personne en disant : Regardez, votre ex va venir au poste le 14 à
10 heures le matin, je ne lui donnerai pas cette information-là.
M. Fontecilla : S'il vous plaît,
monsieur... M. le ministre... M. le Président, là, pour informer le public, là,
comment... un peu l'enchaînement des actions. Un policier se présente dans un
domicile pour une question de... où il sera... il voit qu'il y a peut-être violence...
violence conjugale. La personne... Le policier arrête le... celui qui commet la
violence. Et qui définit les conditions de mise en liberté?
M. Lafrenière : Oui, M. le...
M. le Président. Puis la question est bonne, de mon collègue, parce qu'il y a
deux scénarios qu'on peut avoir : une personne qui peut comparaître détenue
puis avoir des conditions imposées par la cour; il y a une autre personne qui
peut être libérée aussi par le policier, par le fonctionnaire responsable, qui,
lui, pourrait remettre des conditions, ce qu'on appelle dans le jargon des
conditions police, la personne lui donne des conditions pour sa libération. Puis
c'est pour ça qu'on peut les remettre par écrit par la suite à la victime, on
peut lui transmettre en disant : Voici les conditions que votre ex-conjoint
ou votre conjoint a eues pour être libéré. Ça fait que je pense qu'il y a deux
scénarios, puis c'est pour ça qu'on disait depuis tantôt l'importance de la
formation, avec un logigramme, en disant : Voici sur quelles conditions
vous pouvez libérer, comment et ce que vous devez faire avec la victime aussi.
Ce qu'on est en train de faire ensemble aujourd'hui, ça va changer grandement
la façon de travailler des policiers en matière de violence conjugale. C'est
des outils puis c'est des obligations de plus.
M. Fontecilla : Si je
comprends bien, lorsque le policier arrête une personne qui a commis une
infraction criminelle, violence, ça, ça va passer devant un... devant un juge,
qui va établir les conditions de... les conditions de mise en liberté. Si le
policier décide qu'il n'y a pas d'arrestation, lui-même il peut décréter sur le
champ des conditions de remise en liberté. Expliquez-nous-le.
M. Lafrenière : ...excusez-moi,
M. le Président. Puis je prends des choses pour acquises. Je vais recommencer.
Alors, les policiers agissent à un lieu, deux possibilités : ils le
détiennent pour comparution, avec des conditions strictes, à savoir pourquoi on
pourrait détenir l'individu; dans d'autres cas, on va l'arrêter pareil, il va
être accusé plus tard, sauf qu'on va le libérer sur les lieux avec des conditions,
qu'on appelle des conditions police. Ça fait que juste mettre ça clair, là,
dans ma tête, ça l'est, là. On intervient... Les policiers interviennent,
pardon. Dans un cas, ils le détiennent, ils le font comparaître devant un juge,
qui va lui remettre des conditions. Dans l'autre cas, ils le libèrent avec des
conditions.
M. Fontecilla : ...
M. Lafrenière : Oui?
M. Fontecilla : ...le... un
policier seul qui... qui définit ce que... ces conditions des... les conditions
policières, je pense, que vous l'avez nommé, là, ou c'est... c'est en
concertation avec son... je ne sais pas, son supérieur ou...
Le Président (M. Schneeberger) :
...
M. Lafrenière : Oui. Merci, M.
le Président. Puis là c'est dans les procédures opérationnelles d'un service de
police à l'autre, mais ça dépend. Des fois, on va demander devant le
fonctionnaire responsable, des fois ça va être avec l'enquêteur. Il y a
plusieurs possibilités, M. le Président.
M. Fontecilla : Est-ce que
c'est... il y a un... comment dire, c'est... il y a un protocole d'établi pour
ce cas-là ou ça varie selon le poste de police, ou si vous pensez qu'il va
falloir établir un protocole uniforme?
M. Lafrenière : Il y a...
Le Président (M. Schneeberger) :
...
M. Lafrenière : Oui. Il y a
des procédures qui vont être faites du... ce qu'on appelle les... le guide des
procédures policières qui va être faites, mais chacune des organisations, par
leurs réalités...
M. Lafrenière : ...terrain ont
des procédures qui peuvent différer un peu, M. le Président.
M. Fontecilla : OK. Mais vous,
vous allez établir comme une sorte de guide, là, le ministère de la Sécurité
publique?
M. Lafrenière : Oui. Absolument.
Guide de pratiques policières va être remis à jour. Il existe déjà, M. le
Président. Ça fait partie de la bible des policiers, c'est ce qu'ils ont avec
eux, mais il va être mis à jour avec ce qu'on fait présentement. Ce que je vous
dis, il ne faut pas sous-estimer l'impact de ce qu'on fait ensemble
aujourd'hui. On avance dans cette direction-là. On veut mieux outiller nos
policiers pour agir en matière de violence conjugale puis on veut protéger nos
victimes. Ça fait que ce qu'on fait aujourd'hui, c'est un pas important.
Le Président (M. Schneeberger) :
Ça va? Pas d'autres questions? Oui. Députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : Oui. Mais
techniquement, bien, ce n'est pas vraiment l'amendement, là, mais toujours sur
le 61.2, le SPVM nous demande, dans leur mémoire, bien, dans le fond, ils
disent que l'expression qui porte atteinte à l'intégrité physique ou psychique
d'une personne, pour eux, est susceptible de restreindre indûment la portée de
l'autorisation de communication prévue dans cet article, notamment lorsqu'une
infraction criminelle est susceptible de causer un préjudice économique à une
victime, par exemple, lors des crimes de nature économique ou technologique. Ça
fait qu'ils disent que cette partie de l'article qui sera amendé, non, on n'a
pas pris en considération cette recommandation, cette expression devrait être
retirée de l'article. On parle de le deuxième paragraphe.
M. Lafrenière : Mais je
comprends bien ce que ma collègue fait allusion, ça va être de le regarder,
parce que, quand elle parle de crimes économiques, je comprends mes collègues
du SPVM, que je respecte beaucoup, mais j'ai de la misère à comprendre le lien
avec la violence conjugale.
J'entends ce que ma collègue dit, M. le
Président, puis on fait les recherches en même temps, là. Mais, quand on vient
dire qu'«aux fins du présent article une infraction criminelle est une
infraction prévue au Code criminel qui porte atteinte à l'intégrité physique ou
psychique d'une personne», on trouvait qu'on était très larges. Je ne sais pas
si...
Mme Maccarone : Puis eux, ils
disent que ça restreint indûment la portée de l'autorisation de communication.
Encore une fois, le lien lorsqu'une infraction criminelle est susceptible de
causer un préjudice économique à une victime. Puis, c'est là où il donne un
exemple, admettons, par exemple lors des crimes de nature économique ou
technologique.
• (19 h 10) •
M. Lafrenière : Voyez-vous
dans les éléments de réponse qu'on avait, M. le Président, puis pour ma
collègue, par conséquent :
«Un corps de police pourra transmettre ces
conditions à une personne victime. Cela est nécessaire pour assurer sa
sécurité, même lors d'un crime économique. Toutefois, une évaluation au cas par
cas devra être effectuée par le corps de police afin de s'assurer que les
renseignements sont nécessaires pour assurer la sécurité de la personne
victime.»
Je reviens un petit peu à ce qu'on se
disait tantôt, quand on disait «doivent» versus «peuvent». Ça va être du cas
par cas. Les policiers vont devoir se justifier en disant pourquoi, dans ce
cas-là, ils ont transmis l'information. Puis, le terme «psychique» fait
référence à l'esprit, à la pensée, ces synonymes sont «mental», «psychologique»
selon dictionnaire. Alors, c'est les deux éléments qui avaient été amenés, M.
le Président.
Mme Maccarone : J'essaie de
suivre. Alors, vous êtes en train de dire que l'intégrité physique, ça comprend
les autres éléments dont eux, ils disent, ne sont peut-être pas compris, parce
que le paragraphe lit... se lit : Aux fins du présent article, une
infraction criminelle est une infraction prévue au Code criminel, qui porte
atteinte à l'intégrité physique ou physique ou psychique d'une personne.» Ça
fait que je comprends pourquoi qu'ils soulèvent la préoccupation puis disent
qu'on devrait peut-être l'enlever, parce qu'ils disent «c'est trop restrictif»,
mais peut-être, c'est parce que ce serait bien d'avoir la définition d'abord,
qu'est-ce que ça veut dire «porte atteinte à l'intégrité physique», mais si je
pense à ça, il me semble, on parle vraiment des choses comme violence
conjugale, on parle vraiment d'une attaque physique, psychique, on parle du
mental, on ne parle pas des crimes économiques. Ça fait que je comprends la
nature de leur demande. Alors eux, ils disent qu'on... que nous devons le
supprimer complètement. Je ne sais pas si ça, c'est une possibilité, si ça
change la nature de ce qu'on souhaite avec l'article en question, ou bien si ça
prend un amendement pour s'assurer que tout est compris, parce que, tu sais, on
l'a déjà dit, là, on ne parle pas uniquement, mettons, des... des délinquants à
haut risque de récidive, etc., mais c'est plus large.
M. Lafrenière : Oui. Merci.
Merci pour ma collègue. Puis effectivement c'est dans l'interprétation. Puis,
ce que je lis, c'est l'interprétation qui en est faite. Puis, on donne
l'exemple concret, là, les cas de fraude, situations de maltraitance avec les
aînés, vol de marchandises dans un magasin à grande surface. Alors, pour
l'interprétation qui en est faite, quand on parle d'infraction... d'infraction
prévue au Code criminel, qui porte atteinte à l'intégrité physique ou psychique
d'une personne, mais on inclut les cas de fraude, de maltraitance aussi.
Une voix : ...
M. Lafrenière : C'est dans
l'interprétation qui est faite par les juristes, M. le Président, ce n'est
pas... ce n'est pas un article du Code criminel, là.
Mme Maccarone : Oui, mais
d'abord, moi, je serais plus à l'aise qu'on... qu'on l'ajoute, parce que je
comprends que c'est une interprétation puis une appréciation, mais, encore une
fois, on dit tout le temps «les lois sont fluides», c'est assujetti à plusieurs
interprétations...
Mme Maccarone : ...le mien, le
vôtre... des légistes. Puis ça, évidemment, des délinquants, alors, qui sont
souvent très intelligents. Puis, s'il y a une porte de sortie, ils vont le
trouver. Ça fait que moi, je souhaite fermer toutes les portes.
Elle est d'accord. La députée d'Argenteuil
est d'accord avec moi, là, je veux juste dire.
Le Président (M. Schneeberger) : M.
le ministre.
M. Lafrenière : Oui, merci,
M. le Président. Puis c'est pour ça que je veux regarder avec les légistes
aussi de la façon que c'était écrit.
Mme Maccarone : ...à
l'article, puis peut-être suspendre juste le 61.2, le temps de vérifier si...
M. Lafrenière : Oui. J'aime
beaucoup cette solution proposée. Les légistes vont continuer de... puis, lors
de notre prochain... de nos prochains travaux de demain, ils seront capables...
Je leur annonce à l'avance qu'ils vont avoir le plaisir de parler devant la
commission pour nous expliquer ce que ça veut dire. Ça fait que c'est un
rendez-vous.
Alors, M. le Président, j'aime bien la
discussion qu'on a eue, qu'on peut le suspendre, le temps qu'on vérifie.
Mme Maccarone : Bien, on peut
adopter votre amendement. Ça, j'ai... je suis très à l'aise.
M. Lafrenière : Parfait, on
adopte l'amendement, on suspend sur l'article.
Mme Maccarone : Parce que, si
on revient pour amender encore, mais je n'aurai pas de problème. Mais à moins
que le président dit que ce n'est pas la chose à faire pendant que nous sommes
en train de vérifier. On peut suspendre l'amendement puis juste... Moi, j'ai
des questions pour le 61.1.
Le Président (M. Schneeberger) : Mais
là, est-ce que le... vous voulez adopter l'amendement ou vous voulez le...
Mme Maccarone : À moins que
vous dites qu'il y aura un changement potentiel qui s'en vient. Puis je ne veux
pas le retirer pour recommencer, là.
M. Lafrenière : Non. Je n'en
vois pas. Mais vous vouliez continuer de discuter sur 61.2, vous avez dit...
61.1?
Mme Maccarone : Bien, moi,
j'ai des questions pour le 61.1. Je propose qu'on suspend.
M. Lafrenière : Oui, oui. De
toute façon, c'est dans le même article, M. le Président, de je que je
comprends. 1 et 2 sont ensemble.
Mme Maccarone : Puis si on
peut retourner à 61.1.
Le Président (M. Schneeberger) : Mais
est-ce que l'amendement est... est acceptable pour...
Mme Maccarone : Bien, on va
suspendre parce qu'on a des questions à...
M. Lafrenière : Suspendons
l'amendement, M. le Président, je suis d'accord.
Le Président (M. Schneeberger) : OK.
Bien, de toute façon, à ce temps-là, nous allons suspendre les travaux.
Mme Maccarone : Ah! on a
fini? On ne finit pas...
M. Lafrenière : Ça allait...
Le Président (M. Schneeberger) : Nous
avons ajourné les travaux, pardon, et puis nous allons revenir demain. Alors,
la commission est ajournée jusqu'à demain, après les affaires courantes. Merci
beaucoup. Bonne soirée!
(Fin de la séance à 19 h 15)