Journal des débats (Hansard) of the Committee on Planning and the Public Domain
Version préliminaire
43rd Legislature, 3rd Session
(début : May 5, 2026)
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Wednesday, May 13, 2026
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Vol. 49 N° 1
Étude des crédits budgétaires du ministère des Affaires municipales et de l'Habitation, volet Capitale-Nationale
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Intervenants par tranches d'heure
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Schneeberger, Sébastien
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Tanguay, Marc
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Schneeberger, Sébastien
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Simard, Jean-François
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Tanguay, Marc
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Grandmont, Etienne
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Grandmont, Etienne
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Schneeberger, Sébastien
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Simard, Jean-François
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Tanguay, Marc
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Paradis, Pascal
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Tanguay, Marc
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Simard, Jean-François
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Schneeberger, Sébastien
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Asselin, Mario
11 h (version révisée)
(Onze heures trente et une minutes)
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
bon matin à tous. Ayant le quorum, je déclare la séance de la Commission de
l'aménagement du territoire ouverte.
Alors, la commission est réunie afin de
procéder à l'étude du volet Capitale-Nationale des crédits budgétaires du
portefeuille Affaires municipales et habitation pour l'exercice financier 2026‑2027.
Une enveloppe de 1 h 30 min est allouée à cette étude de crédits.
Alors, est-ce qu'il y a des remplaçants, M.
le secrétaire?
Le Secrétaire : Oui, M. le
Président. M. Lévesque (Chauveau) remplace Mme Grondin (Argenteuil); M. Asselin
(Vanier-Les Rivières) remplace M. Rivest (Côte-du-Sud); M. Tanguay
(LaFontaine) remplace M. Ciccone (Marquette); et Mme... M., pardon,
Grandmont (Taschereau) remplace Mme Labrie (Sherbrooke).
Capitale-Nationale
Discussion générale
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Alors, comme d'habitude, nous procédons à une discussion d'ordre
général, incluant les questions et réponses. La mise aux voix des crédits sera
effectuée à la fin et puis... à 13 heures précises.
Alors, bonjour, M. le député de LaFontaine.
Alors, étant donné que vous représentez l'opposition officielle, vous allez
partir les travaux, la discussion. Vous avez un temps de 17 min 50 s
pour le premier bloc. À vous.
M. Tanguay : Merci. Merci
beaucoup, M. le Président. D'abord, vous saluer. Merci de présider nos travaux.
Saluer le ministre et celles et ceux de son cabinet et du ministère qui l'accompagnent,
les collègues de la banquette ministérielle et le collègue de la deuxième
opposition.
M. le Président, bien, je dois vous dire
que c'est particulier, de questionner le ministre que je... que l'on se connaît...
on se connaît de longue date, de très, très, très longue date. Alors, vous ne
devriez pas trop avoir de rappels au règlement, normalement, mais c'est... vous
savez, des fois, en amitié, des fois, là, on peut se payer la traite, mais le
tout sans acrimonie, très certainement. Je me suis mis de côté le bilan libéral
dans la Capitale-Nationale, M. le Président, mais on va surtout parler... des
fois que j'aie eu une attaque en disant : Vous n'avez rien fait, mais on
va surtout parler du bilan de la CAQ depuis huit ans, là, on peut dire
depuis huit ans.
Le pont d'étagement Lebourgneuf. C'est
nécessaire, le pont d'étagement Lebourgneuf. Intersection autoroute Robert-Bourassa
et boulevard Lebourgneuf, c'est 70 000 véhicules qui passent là, par
jour, selon les données les plus récentes. Depuis <2018...
>
11 h 30 (version révisée)
<11789
M.
Tanguay
: ...les données les plus récentes. Depuis >2018,
c'est une demande de la ville de Québec. Or, le 1er avril 2025, le
ministère des Transports a relégué ce projet important là aux oubliettes.
Pourquoi ça n'a pas été fait? C'est nécessaire. Puis est-ce que ça va avancer
pour le temps qu'il reste au gouvernement actuel?
Le Président (M. Schneeberger) :
M. le ministre.
M. Simard : Très bien. Alors, M.
le Président, heureux d'être parmi vous. C'est ma première étude de crédits, c'est
mon baptême du feu, très heureux de le faire sous votre présidence. Vous me
permettrez d'abord, en première réponse, comme le veut la tradition, de saluer
et de présenter les personnes qui m'accompagnent. Au premier chef, mon chef de
cabinet, M. Pierre-Alexandre Normand. J'aimerais saluer mon sous-ministre
adjoint, M. Hugo Roy, saluer également la présence du président-directeur
général de la Commission de la capitale nationale, M. André Roy, pas de parenté
entre les deux. Saluer également les membres du personnel de mon équipe qui m'accompagnent
et, bien sûr, les députés de la majorité ministérielle, que je suis très
heureux de retrouver, dont deux très fiers députés de la région de Québec, mon
collègue de Vanier et mon collègue de Chauveau. Alors, pour en venir... Et puis
je salue également, bien sûr, mes collègues de l'opposition, je... très heureux
de passer 1 h 30 min avec eux.
Et on commence donc avec le pont d'étagement.
Vous savez, un éléphant, M. le Président, ça se mange une bouchée à la fois.
Donc, on a plusieurs grands défis en matière de transport autoroutier à Québec,
et nous avons fait, je pense, oeuvre utile en travaillant sur le développement
du pont de l'île d'Orléans, qui sera une signature magnifique pour la région de
Québec. On travaille également à hauteur de plusieurs centaines de millions à
la rénovation, à la restauration de la tête des ponts. Nous avons également
comme projet de mobilité le tramway. Donc, on ne peut pas tout faire en même
temps. Je comprends l'importance du projet qui est soulevé par mon collègue. C'est
un axe central qui nous donne notamment accès à l'un des plus importants
centres commerciaux de la région de Québec. Et puis c'est sûr qu'en soi l'idée
de principe est très bonne, mais, pour l'instant, ce n'est pas priorisé. Ça
reste dans un univers, bien sûr, 2026‑2036. Donc, on ne dit pas non au projet,
mais, comme il faut prioriser, on commence par les dossiers dont je viens de
vous parler.
M. Tanguay
: M. le
Président, mon collègue le ministre dit : Un éléphant, ça se mange une
bouchée à la fois. Je lui dirais aussi, dicton pour dicton, qu'on peut marcher
et mâcher de la gomme en même temps. Maintenant, la question est de savoir... l'éléphant,
c'est sûr, si on prend une bouchée aux deux ans, l'éléphant va être encore
debout en 2000... en 2200, là. Alors, une fois qu'on a dit ça, M. le
Président, c'est important, c'était une priorité identifiée par le gouvernement,
c'est une demande de la ville, 70 000 véhicules. Quand on parle que c'est
important de désengorger la Capitale-Nationale, Québec, ça passe par là.
Dois-je rappeler au ministre qu'on est aux coins de Galeries de la Capitale, du
Walmart, il y a là la résidence Le Marc-Aurèle également, et ça se développe au
nord de la ville? Ce que je comprends, c'est qu'il n'y a rien dans le PQI, ni
même à l'étude, ni même... il n'y a rien, rien, rien de prévu au moment où on
se parle.
Le Président (M. Schneeberger) :
M. le ministre.
M. Simard : Alors, M. le Président,
comme vous le savez, la première ministre, l'actuelle députée de Sanguinet,
lors de sa course à la chefferie, a ciblé ce projet comme étant un projet
important pour la capitale qui peut, bien sûr, comme l'a dit mon collègue,
participer au désengorgement... au désengorgement, dis-je. Mais, ceci étant
dit, il faut y aller une étape à la fois, dans le respect de la capacité de
payer des contribuables. Et, pour l'instant, nous avons priorisé les projets en
matière de transport dont je vous ai préalablement... préalablement parlé, qui
vont très bon train, notamment le pont de l'île d'Orléans et les travaux à la
tête des ponts, qui sont cruciaux, qui sont urgents. Et celui, donc, du projet
du pont d'étagement de Lebourgneuf suivra subséquemment, dans l'horizon 2026‑2036.
M. Tanguay
: 2036?
M. Simard : 2026‑2036.
M. Tanguay
: Mais il n'y
a rien de prévu au moment. Alors, avis à celles et ceux, là, qui sont impactés
par ça, là, le pont d'étagement de Lebourgneuf, là, on n'est pas rendus dans la
bonne section de l'éléphant pour prendre cette bouchée-là. Attendez, peut-être
qu'on va être rendus dans la fesse gauche de l'éléphant, vous êtes là. Ça va
peut-être, avec la CAQ, prendre des décennies, mais ça, vous aurez la parole le
5 octobre prochain.
Autre sujet sous le thème Abandon de
projet, le Réseau express de la Capitale annonce, tambours et trompettes, M. le
Président, en mai 2021, 104 kilomètres de voies réservées plus les
stationnements incitatifs sur les autoroutes Félix-Leclerc, Henri-IV, Robert-Bourassa,
Laurentienne, 1re avenue, boulevard Charest, boulevard <Pierre-Bertrand...
M. Tanguay :
...boulevard
>Pierre-Bertrand, rue Clemenceau, rue Seigneuriale. Le but, c'est de
désengorger les banlieues nord, notamment, et de s'assurer... Donc, ça avait
été annoncé, 844 millions en mai 2021, et ça a été mis de côté. Ça a
été complètement abandonné. En mars 2025, le Conseil des ministres a pris
acte de l'abandon. Il est donc retiré du tableau du PQI. Ça, je ne lui demanderai
pas d'expliquer l'abandon, là, mais ça, est-ce que ça aussi, c'est dans une
partie de l'éléphant où on n'a pas encore à prendre notre bouchée?
Le Président (M. Schneeberger) :
...M. le ministre.
M. Simard : Bien, M. le
Président, mon collègue de LaFontaine soulève un enjeu très important, qui est
celui de la mobilité durable à Québec, dont les notions de rabattement, dont
les notions de priorisation de voies pour les autobus font partie. Et la
priorité de notre gouvernement, et on l'a encore démontré tout récemment par le
devancement d'un projet de 55 millions de dollars, la priorité du
gouvernement en matière de mobilité durable demeure le tramway. Nous avançons
rapidement dans ce dossier en collaboration avec CDPQ Infra, avec, bien sûr, la
ville de Québec, et c'est là, notre priorité pour la mobilité durable.
M. Tanguay : M. le Président,
on repassera la priorité, là, ça fait... dans leur huitième année, la Coalition
avenir Québec. Puis on a appris, dans les dernières semaines, que les arbres,
finalement, allaient être coupés, là. Alors, la priorité... Une chance que
c'était prioritaire, M. le Président. Et rappelons-nous que le Réseau express
de la Capitale est là aussi pour rabattre vers le tramway les gens qui
veulent... qui arrivent des banlieues et qui veulent utiliser le tramway.
J'aime bien l'analogie «un éléphant, ça se mange une bouchée à la fois», mais,
à un moment donné, il faut que les choses arrivent en même temps pour que le
tramway puisse desservir le maximum de population. Les deux projets vont
de pair. Alors, je ne m'explique pas, et je reviens avec ma question, le
ministre... ce Réseau express de la Capitale n'est pas prévu dans aucun carton
du gouvernement.
• (11 h 40) •
M. Simard : Bien, M. le Président,
comme vous le savez, la région de Québec, elle est très vaste, elle est très
large et elle sollicite une pensée globale dont feront partie différentes
logiques de rabattement vers la structure, la colonne vertébrale qu'est le
tramway. Donc, il ne s'agit pas de multiplier les... comment dire, les réseaux
et les parcours, il s'agit de rendre ce qui existe actuellement le plus
efficace possible. Et, à cet égard, nous sommes, bien sûr, très, très à
l'écoute des projets du RTC, de la ville de Québec.
M. Tanguay : J'entends le
ministre, M. le Président, mais j'ai... honnêtement, là... L'article, le
27 mars 2025, d'Olivier Lemieux, je le cite : «Il s'agit d'un
revirement important pour la CAQ, qui misait sur son réseau de voies réservées
pour permettre un "rabattage" des résidents de la banlieue nord vers
le tramway, qui doit circuler d'est en ouest entre les secteurs Charlesbourg et
Legendre.» C'est nécessaire. Pour que le tramway ça marche, c'est nécessaire
d'avoir ça. Mais j'entends du ministre... de dire : Bien, on va faire
d'abord le tramway puis, après ça, on va se casser la tête pour comment on va
rabattre les gens pour qu'ils prennent le tramway. En tout respect, je le
déplore, M. le Président. Encore une fois, il faut être capable d'avancer tous
ces projets-là pour que ça marche.
Le Président (M. Schneeberger) :
...le ministre.
M. Simard : Oui, je vous
remercie, M. le Président. Je pense que le député de LaFontaine sera d'accord
avec moi pour dire que, dans une action globale et intégrée, il faut être
stratégique. C'est ce que nous tentons de faire en priorisant les travaux du
tramway, qui sont très, très, très importants, et en respectant aussi la
capacité de construction, parce que vous savez que l'économie de la grande région
de Québec roule à plein régime. Et il faut aussi harmoniser l'ensemble des
commandes que l'on... que l'on fasse pour ne pas faire exploser la machine,
parce qu'on est déjà en pénurie de main-d'oeuvre, hein, et donc il faut
respecter la capacité globale également de l'industrie à pouvoir produire les
commandes qu'on lui passe.
M. Tanguay : Pourquoi, M. le
Président, ils ont fait l'annonce pareil en mai 2021? Qu'est-ce qu'ils ont
appris en chemin qui, aujourd'hui, fait en sorte qu'ils ne peuvent pas le
faire? Qu'est-ce qu'il y a de nouveau? Tout ce que le ministre dit là, ils le
savaient en 2021.
M. Simard : Bon, écoutez,
moi, je suis arrivé en mandat il y a huit mois, et ma priorité, comme
ministre et responsable de la région de Québec, c'est de donner un coup d'élan
pour le tramway. C'est très important, c'est un legs important de la CAQ. Nous
avançons à vitesse grand V, et je suis très heureux, donc, de nos réalisations
à cet égard, notamment une annonce très importante qu'on a faite la semaine
dernière, un devancement des travaux à hauteur de 55 millions. Cela prouve
le sérieux et la volonté du gouvernement d'avancer dans ce dossier qui est
prioritaire en matière de développement durable.
M. Tanguay : Que veut dire le
ministre quand il dit : Moi, je suis arrivé en poste depuis huit mois?
M. Simard : Bien, je suis
arrivé en mandat comme ministre responsable de la région de Québec il y a... le
10 septembre dernier.
M. Tanguay : Pourquoi
dites-vous cela?
M. Simard : Bien, je vous dis <ça...
M. Simard :
...Bien,
je vous dis >ça parce que c'est factuel.
M. Tanguay : Mais vous
voulez envoyer quel message? Parce que je vous pose des questions sur vos prédécesseurs.
Vous nous dites : Je suis là depuis huit mois. Ça veut dire quoi, ça?
M. Simard : Bien, c'est
parce que, tout à l'heure, vous me parliez de mes priorités, comment je voyais
ça comme individu. Moi, je vous dis que, comme ministre responsable de la
région de Québec, je suis en mandat depuis le 10 septembre dernier et j'en
suis très heureux. On exerce un leadership fantastique dont j'espère qu'on
pourra se reparler dans l'heure qui vient. Moi, je ne vois pas quel est le
problème de vous rappeler que j'ai été nommé le 10 septembre, quand j'ai
été nommé le 10 septembre.
M. Tanguay : Bien, je
vois un message...
M. Simard : Je ne vois
pas...
M. Tanguay
: Je
vois un...
Le Président (M. Schneeberger) : ...
M. Tanguay
: Hein?
Le Président (M. Schneeberger) : Pas
en même temps. Moi, je n'interviens pas entre les deux...
M. Tanguay
: Ça va
bien, là.
Le Président (M. Schneeberger) :
...mais, si vous vous coupez, bien, je vais intervenir. Ça fait que respectez
ça, puis ça va bien aller.
M. Tanguay : Je vous
pose des questions sur des décisions prises par votre gouvernement avant votre
arrivée.
M. Simard : Oui, oui.
M. Tanguay
: Vous
dites : Moi, je suis arrivé il y a... je suis arrivé il y a seulement huit mois.
Quel message vous voulez envoyer? Vous n'avez pas dit ça de façon anodine, là,
c'est...
M. Simard : Non.
M. Tanguay
: Il y
a un message derrière ça, parce que vous êtes redevable de répondre aux
questions avant votre arrivée, n'est-ce pas?
M. Simard : Cher
collègue, vous êtes un parlementaire expérimenté, alors n'essayez pas de me
faire dire ce que je n'ai pas dit. Je suis ici dans une logique de continuité
de mes prédécesseurs. J'assume les actions qu'on a faites depuis le début de
notre mandat, mais je vous dis que, par ailleurs, c'est factuel, je suis arrivé
en mandat le 10 septembre. Si vous voulez que je continue à vous répéter
pendant 1 h 30 min que je suis arrivé en mandat il y a huit mois,
bien, que voulez-vous...
M. Tanguay : Parce que
vous m'avez servi...
M. Simard : Si c'est le
seul sujet qui vous intéresse...
M. Tanguay : Vous m'avez
servi ça comme réponse à la question que je repose, donc : Qu'est-ce qui a
changé, depuis l'annonce de mai 2021 à aujourd'hui, pour que ce ne soit
plus une priorité? Qu'est-ce que vous avez appris de nouveau?
M. Simard : Bien, moi,
je vous dis qu'on a une grande priorité, une grande priorité qui se manifeste à
travers les choix politiques que nous faisons, qui est de bonifier, dans le
fond, l'effort que l'on fait au niveau du tramway pour faire devancer nos
travaux. Moi, j'y tiens mordicus comme ministre de la région de Québec.
M. Tanguay : Donc,
Réseau express Capitale, pas prévu dans les cartons à nulle part, pas
d'échéance.
M. Simard : Pour
l'instant, c'est en discussion avec le RTC et la ville de Québec. C'est quelque
chose qu'on regarde quand même, qui est sur notre écran... sur notre écran
radar.
M. Tanguay : Parfait.
Garage Newton, le Réseau de transport de la Capitale, RTC, a dit qu'il... que c'est
un projet névralgique. Il y a deux garages présentement, ils sont à pleine
capacité. Le gouvernement exige qu'il y ait achat d'autobus électriques. Donc,
le RTC a déjà mis près de 90 millions, un autre article parlait de
94 millions dépensés. Ça, le gouvernement a mis ça sur la glace.
Trouvez-vous que c'est une... Pourquoi avoir mis ça sur la glace?
M. Simard : Bien, je... De
mémoire, vous aviez, je crois, fait cet échange avec la ministre du Transport,
l'actuelle députée de Louis-Hébert, il y a déjà un certain
temps, lorsque cette décision gouvernementale avait été prise de surseoir à des
investissements qui, de mémoire, là, étaient très, très, très élevés. On pourra
vérifier le prix, là, mais on était dans les centaines de millions de dollars,
puis on jugeait que, finalement, le jeu n'en valait pas la chandelle et qu'il
fallait, comment dire, revoir la planification à cet égard.
M. Tanguay : Et vous
dites quoi au RTC qui a besoin d'un garage?
M. Simard : Bien, on est
en... Écoutez, il y a une réflexion qu'on doit faire sur la capacité de payer
des contribuables, sur la qualité des services rendus, sur la pertinence des
structures choisies, et c'est ce que nous avons fait.
M. Tanguay : Mais ça
fait que vous dites au RTC de mettre ses autobus où? Les autobus électriques,
est-ce qu'il arrête d'en acheter? Il les met où? Vous dites quoi au RTC, là?
Vous êtes aux commandes.
M. Simard : Bien,
écoutez, là, vous soulevez l'enjeu de... notamment des autobus électriques puis
de tout l'enjeu de l'électrification des transports. Bien, à cet égard, bien,
écoutez, je ne suis pas le spécialiste de la question du transport. On a un
ministre qui s'en occupe, puis, à l'étude des crédits, vous pourrez très
certainement leur adresser la question.
M. Tanguay : Oui, mais
vous êtes le ministre responsable de la Capitale-Nationale. Ça fait que ce sont
des enjeux majeurs, là. Quand on parlait de réseau express, quand on parlait de...
le pont à étagement Lebourgneuf, quand on parle du garage, ce sont des enjeux
que vos prédécesseurs ont... ne se sont jamais privés pour être impliqués,
étaient au courant, puis de répondre aux questions. Le RTC, c'est le
vivre-ensemble, le collectif, et eux disent : On engloutit
94 millions. Trouvez-vous que c'est une bonne façon d'investir les fonds
publics, d'avoir déjà mis 94 millions dans un projet que vous avez décidé
d'arrêter?
M. Simard : Bien, M. le
Président, je répondrais à ça qu'il faut faire face aux réalités budgétaires
qui sont les nôtres. Chaque dollar compte. Il y a toutes sortes de logiques
d'entreposage que l'on peut envisager. Et puis moi, mon objectif, c'est de
pouvoir penser la suite des choses correctement, à travers notre capacité de
pays, j'insiste là-dessus, avec le RTC.
M. Tanguay
:
Alors, est-ce que vous... Puis, encore une fois, le garage Newton, je veux
dire, ça avait été... les premières estimations en 2019, mars 2020,
des décisions 2021‑2023, travaux préparatoires, après avoir passé en <planification...
M. Tanguay :
...après
avoir passé en >planification, 2024, feu vert au RTC. Qu'est-ce que... vous
avez découvert en cours de route la capacité de payer des Québécois?
M. Simard : Non, pas du tout.
Il y a des enjeux de pertinence opérationnelle, il y a des enjeux, bien sûr,
comme vous le dites, de viabilité financière. Et puis on a un spécialiste en
matière de transport qui, lors de l'étude des crédits, pourra parfaire cette
réponse.
M. Tanguay : Bon. Donc, trois projets,
M. le Président, qui ont été abandonnés. L'état des ponts, le ministre a-t-il
un rapport ou une évaluation quant à la durée de vie des deux ponts, pont
de Québec et pont Laporte?
M. Simard : Bien, je ne suis
pas un... comment vous dire, je vous redis que je ne suis pas le ministre des
Transports et je ne connais pas, bien sûr, dans le menu détail, de manière
spécifique, la durée du pont de Québec ni la durée du pont Pierre-Laporte. Ce
que je sais, toutefois, c'est que nous avons besoin d'un troisième lien pour
assurer la sécurité économique, la sécurité routière du Grand Québec métro. On
n'a que trois ponts... en fait, que... oui, que trois ponts entre la
Gaspésie et Montréal, et je suis partisan, comme vous le savez, d'un troisième
lien, notamment à l'est.
M. Tanguay : Il sera livré
en, selon vos plans, quelle année, le troisième lien?
M. Simard : Bien, on va faire
un appel à projets d'ici la fin de l'été. La première ministre a été très
claire à cet égard.
M. Tanguay : Et en quelle
année prévoyez-vous la livraison du troisième lien?
M. Simard : Bien, on va
attendre de voir la réponse d'abord à l'appel à intérêt qui sera lancé cet été
auprès de consortiums nationaux, québécois, canadiens, mais aussi
internationaux.
M. Tanguay : Donc, pas de
date. Pas de date.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci,
merci. On n'a plus de temps. Alors, nous allons du côté de la deuxième
opposition, et j'entends le député de Taschereau pour
17 min 50 s.
• (11 h 50) •
M. Grandmont : Oui. Merci
beaucoup, M. le Président. Je me permets de vous saluer d'abord, les gens à la
table, M. le ministre, la banquette gouvernementale, mon collègue de LaFontaine
ainsi que toutes les personnes qui rendent cette activité... cette commission
possible.
M. le ministre, d'abord, j'aimerais vous
parler du tramway, rapidement. Vous avez dit que vous étiez, donc, depuis le 10 septembre,
ministre responsable à la Capitale-Nationale. Vous avez fait une annonce
d'accélération d'une partie, là, du... en fait, la partie qui touche le tunnel.
Cela dit... puis comme je l'avais dit au moment où cette annonce-là a été faite,
j'avais dit : Toute mesure qui vise à rattraper le temps perdu par le
gouvernement, la CAQ, est bonne à prendre. Parce qu'on a perdu sept ans,
hein? Le tramway aurait dû être livré cette année, en 2026. Donc,
qu'est-ce que vous pensez du retard qui a été organisé... occasionné par vos
prédécesseurs dans le dossier du tramway?
M. Simard : Bon, alors, cher
collègue, vous avancez le fait d'un retard en pelletant ça, comme on dit, dans
la cour du gouvernement. Puis vous connaissez l'adage sans doute mieux que
moi : La perfection n'appartient qu'aux oppositions. Alors, nous, on doit
gérer avec la réalité, et la réalité, c'est qu'en nommant... en novembre,
dis-je, 2023, l'appel d'offres lancé par la ville le Québec n'a trouvé aucun
soumissionnaire. Aucun consortium, à la fin de 2023, n'a voulu répondre à
l'appel de la ville de Québec pour réaliser le tramway. Et c'est une des
parties, une des raisons qui expliquent, dis-je, le retard dont vous parlez.
Mais, au final, on peut voir le verre à moitié plein ou à moitié vide. Moi, je
regarde ce qu'on a fait avec la ville de Québec, je regarde, à travers le
temps, les améliorations qu'on a apportées à cette ligne, à ce projet, et j'y
vois donc une avancée majeure et porteuse pour la ville de Québec, structurante.
M. Grandmont : Donc, vous,
vous êtes à l'aise avec les sept ans de retard du tramway. Maintenant,
vous savez, le tramway, ça va venir avec un paquet de travaux, évidemment. Ils
sont déjà commencés... en fait, on a déjà eu des travaux préparatoires qui sont
en cours.
J'aimerais vous parler de télétravail. Il
y a une mesure qui a été annoncée par votre collègue au Trésor, qui demande aux
employés de l'État de revenir, de forcer le retour au travail trois jours
par semaine, pour faire essentiellement du téléprésentiel, parce qu'ils
viennent dans les édifices de la colline Parlementaire, ici. Ils vont
travailler en Teams... en fait, ils vont être en réunion en Teams toute la
journée avec des gens qui, eux, sont à l'extérieur. Des études montrent d'ailleurs
qu'on peut faire des économies de 120 millions de dollars
annuellement grâce au télétravail. C'est un bilan 2024 du Conseil du
trésor.
Donc, je vous pose la question, puis
d'ailleurs je vous repose la question, en fait, qui avait été posée par le
maire de Québec : Pouvez-vous envisager donner une exception régionale,
considérant les travaux importants du tramway, pour éviter... que ces personnes
qui sont forcées de revenir au travail puissent rester à la maison en
télétravail, depuis chez eux?
M. Simard : Bon, oui, merci,
M. le Président. Je vous remercie pour cette question. Puis évidemment, je ne
suis pas la <ministre...
M. Simard :
...évidemment,
je ne suis pas la >ministre responsable du Conseil du trésor, donc je ne
veux pas parler en son nom, vous pourrez parfaire avec elle ce questionnement
lors de ses études de crédits. Mais toujours est-il que moi, je me fie
beaucoup... Vous savez, d'autres juridictions, de par le Canada et de par le
monde, ont voulu revenir au travail parce que ça a aussi beaucoup d'effets
bénéfiques en termes de cohésion de groupes, en termes de dynamique. On voit
que plus longtemps on est hors du milieu du travail... et, à un certain stade,
ça peut affecter, donc, l'organisation du travail elle-même. Et d'autres
juridictions provinciales, même celle d'Ottawa, ont, de mémoire, amené le
retour au travail presque à 100 %. Donc, nous, on y va à trois jours-semaine.
Et puis j'ai confiance dans la capacité de
chacun des sous-ministres, de chacun des ministères, à travers le Québec, de
pouvoir aménager ce télétravail en fonction des nouvelles réalités de transport
qui seront les nôtres à Québec. Je pense... Moi, je fais confiance à
l'intelligence collective. Je fais confiance à l'intelligence de notre fonction
publique pour pouvoir aménager correctement les choses. Je pense qu'on est
capables de marcher et de mâcher en même temps. Je n'y vois pas de
contradiction.
M. Grandmont : Oui, on est
surtout capables de faire du téléprésentiel, si je peux me permettre, parce
qu'on vient ici puis on travaille en visioconférence avec les collègues qui
sont à l'extérieur. Mais la question porte surtout sur l'aménagement d'une
exception pour la région de la Capitale-Nationale pendant les travaux du
tramway. La question, c'est ça : Est-ce qu'il y a moyen, à travers les...
le décret, en fait, là, de la ministre responsable du Trésor, de garantir que
les personnes qui viennent travailler sur la colline Parlementaire puissent,
plutôt que de venir se pitcher dans le trafic causé par les travaux du tramway,
plutôt rester chez eux et faire du télétravail depuis chez eux et non pas
depuis la colline Parlementaire?
M. Simard : Bon, moi, je suis
de ceux qui font entièrement confiance à la fonction publique, d'autant plus depuis
que je suis revenu ministre, notamment des Ressources naturelles. On a des gens
totalement dédiés, qui sont professionnels, qui se donnent corps et âme. Ils
ont des chefs d'équipe, on a des sous-ministres adjoints, on a une
sous-ministre en chef dans chacun de nos ministères. Et, lorsqu'on parle de
trois jours-semaine, on parle de trois jours-semaine, on ne parle pas
de cinq jours-semaine. J'ai la conviction la plus profonde qu'on sera
capables d'aménager un temps de travail qui sera capable d'harmoniser le
travail au bureau et les impacts engendrés par les travaux du tramway.
Le Président (M. Schneeberger) :
Député de Taschereau.
M. Grandmont : Oui, je suis
juste... J'essaie de... bien, j'essaie de trouver un élément de réponse dans la
réponse du ministre, mais je n'en vois pas. Je vais vous amener sur un autre
sujet, puisque les réponses à ce niveau-là ne me satisfont pas.
D'abord, je... on va rester encore dans
les transports. Vous avez dit tantôt, à mon collègue, en réponse à mon
collègue, qu'au niveau des travaux il y a une capacité de payer des
contribuables qui est à respecter, puis évidemment on en est là-dessus, et que
l'économie roule quand même à un régime assez important et qu'il y a donc une
pénurie de main-d'oeuvre qui en découle, et on est bien d'accord là-dessus. Puis
il y a des projets à réaliser en priorité qui vont servir beaucoup de
personnes, notamment le tramway. Évidemment qu'on veut le réaliser. Là, sur la
question des voies réservées, vous avez dit : Il faut manger une... ou il
faut manger l'éléphant une bouchée à la fois. Donc, on comprend qu'il y a une
volonté d'y revenir, peut-être, sur les voies réservées. Est-ce qu'il y a... est-ce
qu'il y a ça comme réflexion? Après le tramway, les voies réservées pourraient
revenir, selon votre perspective?
M. Simard : Bien, M. le
député... M. le Président, d'abord, vous me permettrez de dire à mon collègue
député de Taschereau, qui est le grand spécialiste de la région de Québec en
matière de transport durable, je lui lève mon chapeau là-dessus puis je
reconnais véritablement son expertise. C'est une chose qu'on ne peut pas...
qu'on ne peut pas exclure. Je pense qu'il sera le premier à être d'accord avec
ça.
M. Grandmont : Donc, on a des
travaux à venir, une économie qui va continuer à rouler. Il y a des beaux
projets de mobilité durable qui s'en viennent. Ça, c'est bien.
Maintenant, dans cette perspective-là, le
projet de troisième lien, qui pourrait coûter, selon le ministre actuel de
l'Économie, 12, 15, voire 20 milliards de dollars, est-ce que vous
trouvez ça raisonnable, dans une perspective où ce projet-là, en plus, ne
servira que très, très peu d'utilisateurs, de le placer dans un échéancier à moyen
terme? On commencerait des travaux éventuellement, là. Donc... mais, dans une
économie qui roule à plein régime, on veut essayer d'avoir de l'efficacité, de
l'efficience, on veut servir le plus grand nombre. Le tramway est un très bel
exemple. Il y aura des centaines de milliers de personnes qui l'utiliseront
tous les jours.
Le troisième lien, là, il n'y a jamais eu
d'étude de besoins encore qui a été faite, mais ce qu'on en sait, selon les
études enquêtes origine-destination, c'est à peu près 3 000 déplacements
par jour. Est-ce que vous trouvez ça raisonnable de mettre 15, 20
milliards de dollars dans un projet qui servirait seulement 3 000,
3 500, 4 000, peut-être, personnes par jour?
M. Simard : Bon, M. le
Président, nous sommes ici au coeur d'une <divergence...
M. Simard :
...d'une
>divergence idéologique fondamentale qui me sépare de Québec solidaire. La
CAQ et QS sont aux antipodes au regard du dossier du troisième lien, puis on
est un peu comme un vieux couple, là on se relance depuis des années. Je sais
qu'ils sont contre le troisième lien et je sais que, peu importe ce qu'on va
dire, nous, ici, du côté ministériel, ils seront encore, demain matin, contre
le troisième lien. Pas tout à fait sûr où loge le Parti libéral, parce que c'était
non avant, puis, depuis Charles Milliard, c'est peut-être oui, puis on ne sait
pas trop comment. Au moins, je vous reconnais, très cher collègue de Taschereau,
que vous, votre position est claire.
Mais vous évoquez, donc, des sommes
associées à la réalisation du troisième lien. Saviez-vous que ces milliards
dont vous parlez, c'est des milliards en salaires, qui seront versés à des
travailleurs qui, tous les jours, vont aller... vont se lever, vont avoir de
quoi à faire, vont pouvoir ramener un travail décent, femmes et hommes
confondus, vont pouvoir aller au restaurant, vont pouvoir aller au cinéma, vont
pouvoir aller s'acheter un quatre-roues ou bien un skidoo, même si vous n'aimez
pas ça. Ça va enrichir la collectivité de Québec. Et moi, j'ai l'assurance
morale que le troisième lien sera le grand chantier, le plus important chantier
économique de la région de Québec dans la prochaine décennie.
M. Grandmont : Vous savez, M.
le ministre, on pourrait construire une immense pyramide en or à Lévis et on
arriverait exactement à l'objectif que vous venez de me nommer. On créerait de
la richesse, on donnerait des salaires, ces gens-là iraient au restaurant,
s'achèteraient une maison, paieraient une hypothèque. Est-ce que ce serait pour
autant un projet pertinent? Je vous laisse en juger. Mais une chose est
certaine pour moi, puis vous l'avez dit vous-même, le projet de troisième lien,
c'est un projet idéologique.
• (12 heures) •
M. Simard : Votre opposition
au troisième lien est une opposition idéologique. Vous savez, cher collègue, on
ne peut pas tous rouler à vélo pour aller au travail. Je regrette, ça ne marche
pas de même. On n'est pas dans un pays de licornes.
M. Grandmont : Est-ce que, M.
le ministre, à votre connaissance... je comprends que vous n'êtes pas porteur
du dossier du transport. Est-ce qu'il y a une étude qui a été faite pour
déterminer... en fait, supporter l'idée que ce troisième lien là répond à un
besoin qu'est la sécurité économique? Est-ce qu'il y a une étude pour venir
soutenir cet argument-là?
M. Simard : Bien, M. le
Président, moi, j'ai l'humilité de reconnaître que je parle à un spécialiste de
la question. Moi, j'ai eu la chance d'enseigner dans un programme en
développement territorial à l'UQO, de diriger un programme de maîtrise. À cet
égard, ça ne fait pas de moi un spécialiste de la mobilité.
Ce que je sais toutefois, c'est que la
littérature économique est claire en ce sens-là. Il ne peut pas y avoir de
développement dans une collectivité territoriale s'il n'y a pas
d'infrastructures pour soutenir ce développement. Et le troisième lien, c'est
une infrastructure essentielle pour rapprocher la Rive-Sud et la Rive-Nord qui,
bien que séparées par le fleuve, ne forment qu'une seule et même économie. Il
faut vivre avec son époque, M. le député.
M. Grandmont : On est bien
d'accord là-dessus, ça prend des infrastructures pour soutenir la mobilité des
gens. On est bien d'accord là-dessus. Maintenant, l'argument principal qui est
utilisé par votre gouvernement pour le troisième lien, c'est la sécurité
économique. À votre connaissance, y a-t-il une étude qui supporte cet argument?
M. Simard : Alors, M. le
Président, à cette question, je réponds que n'importe qui qui a pris le pont de
Québec dernièrement, il se rend compte que ce n'est pas la prime jeunesse et
que tôt ou tard... que tôt ou tard, ce pont-là sera remplacé. Pour l'instant, à
Québec, nous n'avons que deux ponts, il y en a un autre à Trois-Rivières,
et seulement trois axes qui nous relient de la Gaspésie jusqu'à Montréal.
Si vous trouvez ça... Écoutez, vous trouvez ça comme vous trouvez ça, mais moi,
je trouve qu'on a, dans une logique de périphériques, dans une logique de
rapprochement de deux économies... parce que, si on ne se rapproche pas de
Lévis, Lévis va s'éloigner de nous, et, tôt ou tard, l'économie de Lévis fera
dos à Québec. Moi, je veux qu'on fonctionne ensemble. On grandit ensemble, puis
il faut se donner les moyens d'être plus forts ensemble, et le troisième lien y
contribue.
M. Grandmont : Parfait. Donc,
il y a... je remarque qu'il n'y a pas de réponse à ma demande, selon la
connaissance du ministre. Évidemment, je ne veux pas prétendre qu'il n'y en a
pas une nécessairement... d'étude pour supporter l'argument de sécurité
économique. L'autre chose que le ministre a dit, par contre, m'inquiète
profondément, c'est-à-dire qu'il dit : Si un des deux ponts existants
venait à être... à s'écrouler, ou peu importe, là, à devenir inopérant, ah,
bien, ce n'est pas grave, il y a un autre pont qui aura été construit dans
l'est. Mais ça, ça veut dire que c'est une diminution claire et nette de la
capacité de se déplacer dans l'axe où il y a les deux ponts actuellement,
là.
M. Simard : Bien, ce que...
M. Grandmont : Il faudrait en
construire un autre, j'imagine, là.
M. Simard : Bien, écoutez, ce
que je comprends, c'est qu'il n'y a qu'un de ces deux ponts qui permet le
transport lourd.
M. Grandmont : Ah! mais ça,
votre...
M. Simard : C'est inquiétant.
Il faut quand même regarder ça de près. Et puis c'est une situation qui, dans
le temps, avec la croissance démographique qu'on va <connaître, parce
que vous savez qu'on...
>
12 h (version révisée)
<
5369
M. Simard :
...démographique
qu'on va >connaître, parce que vous savez qu'on sera à plus de 1 million
d'habitants en 2051, plus de 1 million d'habitants dans la RMR de Québec.
On est une des régions qui tire le mieux son épingle du jeu de la croissance
démographique. Bien, ça va nous prendre des structures pour soutenir tout ça, et
le pont en fait partie.
M. Grandmont : M. le
Président, je voudrais juste m'assurer, là, que la proportionnalité des temps
de parole est bien respectée, là.
Le Président (M. Schneeberger) :
...
M. Grandmont : Merci
beaucoup.
Le Président (M. Schneeberger) :
...
M. Grandmont : Oui,
évidemment aussi, bien entendu.
M. Simard : Très bien. Je
vous laisse aller. Désolé.
M. Grandmont : Je ferais
quand même remarquer au ministre... je ne sais pas s'il avait écouté les
promesses de l'actuelle première ministre pendant sa course au leadership, mais
elle a promis d'abaisser le tablier du pont de Québec. Elle a nommé qu'elle
voulait abaisser le tablier du pont de Québec. Et qu'est-ce qu'on gagne avec
ça, M. le ministre? La possibilité d'y faire circuler des camions, des poids
lourds. Donc, en quoi l'argument de la sécurité économique, à la fin, tient-il
toujours encore?
M. Simard : Alors, M. le
Président...
Le Président (M. Schneeberger) :
...
M. Simard : Oui, je vous
remercie. En ce qui concerne la notion du tablier, bien, je réfère mon collègue,
peut-être, au ministre des Transports qui sera beaucoup mieux à même que moi de
pouvoir procéder à l'explication technique de la chose.
M. Grandmont : Merci. Bien, on
y verra assurément avec le ministre des Transports.
Laurentienne, je vous avais dit hier qu'on
parlerait de Laurentienne. Est-ce que c'est dans les plans de réévaluer la
possibilité de transformer le boulevard Laurentienne... l'autoroute
Laurentienne en boulevard au sud de Soumande, considérant que, maintenant, le
troisième lien n'a plus aucune chance d'y déboucher?
M. Simard : Alors, M. le
Président, voilà une question très pertinente soulevée par mon collègue, comme
toutes les autres d'ailleurs, puis je lui répète à quel point je suis sensible
à tous les enjeux de mobilité routière à Québec. Je sais qu'il avait exprimé
publiquement l'idée de faire de cette autoroute un boulevard urbain. Et puis je
lui lance d'abord des fleurs, peut-être, pour après aborder le pot, mais la
fleur, c'est que je suis content qu'il parle de cette autoroute, parce qu'enfin
Québec solidaire sort de la stricte perspective du... tu sais, du centre-ville.
Vous pensez aux banlieues, puis, pour une fois que vous pensez aux banlieues,
moi, je vous félicite.
Toutefois, j'ai comme l'impression que la
façon dont vous en parlez, c'est encore une forme de lutte à l'automobile, parce
que vouloir réduire la circulation, la restreindre... il y a beaucoup de
circulation dans ce coin-là, puis, si les gens sont pour prendre l'autoroute,
avenue Muir ou Bastien, etc., ça va... ça peut créer des tentations d'alternatives
pour sauver du temps qui vont encombrer nos quartiers avoisinants, puis je suis
sûr que ce n'est pas ça que vous voulez, cher collègue.
M. Grandmont : Non. Puis je
pense que ça va nécessiter qu'on se reparle, évidemment... et vous semblez
malheureusement mal connaître la proposition, mais on y reviendra. Ce n'est pas
grave.
Dernière question sur l'Hôtel-Dieu. Il est
demandé que Santé Québec réactive le comité qui permettait d'avoir une
discussion entre les citoyens et citoyennes, Santé Québec, le CIUSSS pour l'avenir
des services de santé au cœur du Vieux-Québec. C'est une demande qu'on a faite.
Il y a eu une sortie publique récemment qui a été faite là-dessus.
M. Simard : Je suis très,
très, très...
M. Grandmont : Qu'est-ce que
le ministre peut faire là-dessus? Parce que j'ai besoin de sa collaboration
là-dessus plus que de paroles.
M. Simard : Bon, alors, M. le
Président, j'ai une politique de main tendue à l'égard du député de Taschereau.
Il connaît mon intérêt pour le Vieux-Québec, notamment l'Hôtel-Dieu, qui est un
symbole, qui a été dernièrement... qui est passé du CHU au CIUSSS, et on a
beaucoup d'ambition pour l'Hôtel-Dieu. Puis on va faire... on va déployer cette
ambition de laisser un GMF-U, par exemple, de laisser un hub de recherche en
santé primaire à cet endroit-là, mais on va le faire en concertation avec les
gens du milieu. Moi, je vous offre mon entière collaboration.
M. Grandmont : Parfait.
M. Simard : Merci de me l'offrir.
J'accepte votre main tendue.
M. Grandmont : Parce que ce
que les citoyens et citoyennes veulent, c'est des services. On est dans un
secteur de la ville de Québec où il y a beaucoup moins de services. Bon, il y a
des pharmacies, des trucs privés qui sont partis, mais il reste encore des
parties qui peuvent être assurées par le gouvernement lui-même. Des services de
proximité, une urgence, par exemple, de soins mineurs, ça, ça serait très
pertinent. Donc, je ne sais pas s'il y a de l'intérêt là-dessus.
M. Simard : Je reçois avec
beaucoup de positivisme la proposition qui m'est présentée par mon collègue et
je l'assure d'être facilitateur en ce sens.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci.
Ça va?
M. Grandmont : Oui.
Le Président (M. Schneeberger) :
Alors, merci beaucoup pour votre intervention, M. le député de Taschereau. Nous
retournons à l'opposition officielle, et j'entends le député de LaFontaine pour
17 min 50 s.
M. Tanguay : Merci, M. le
Président. Beaucoup de sujets, puis le ministre peut prendre la position de
dire : Bien, ce n'est pas mon... ce n'est pas mon dossier, mais le
leadership qu'il assume et qu'il doit assumer, comme ministre de la
Capitale-Nationale, bien, le force à être au courant de ce qui se passe dans
tous ces dossiers-là, même... puis je ne lui demande pas d'être l'expert à la
virgule près, mais c'est des sujets qui sont majeurs.
Promenade... puis avant d'aller dans ces
sujets plus globaux, <je continue de façon très tangible...
M. Tanguay
:
...d'aller dans ces sujets plus globaux, >je continue de façon très
tangible. La promenade Samuel-De Champlain, phase 4, je lisais, dans le
plan stratégique de la Commission de la capitale nationale 2025‑2029, dans le
tableau, les orientations, l'orientation sous le titre Valorisation...
Valoriser l'expérience capitale, l'item 10, l'orientation 3, on
disait : 100 % de réalisation... de la phase 4, promenade Samuel-De
Champlain, 100 %, 2027‑2028. Ça a été promis, et repromis, et repromis
beaucoup de fois par la CAQ. Est-ce qu'on doit donc comprendre que ça aura pris
10 ans à la CAQ, si d'aventure ça se réalise, pour que ça se fasse en 2028
versus ce qui était proposé en 2018?
M. Simard : Alors, M. le
Président, je remercie mon collègue pour sa question. Et lui qui est
originaire... qui est, comme moi, un petit gars de Beauport, sera très, très...
je suis très heureux qu'il pose une question sur la phase 4, qui,
essentiellement, donc, se situe sur le littoral est qui se déploie sur plus de
8,1 kilomètres. Donc, il faut savoir, pour les gens qui nous écoutent, que
cette quatrième phase, à elle seule, elle est plus longue que les trois
précédentes. Et parlant des trois précédentes, on a réalisé un gain important.
Permettez-moi l'expression latine, «on budget, on time», nous avons réalisé la
phase 3 Samuel-De Champlain, qui connaît un succès de fréquentation des
gens de Québec puis une fréquentation touristique extraordinaire. Donc, on a ça
à notre actif.
Et on continue, on est ambitieux pour le littoral
est, parce que nous avons annoncé notamment, pas plus tard que la semaine
dernière, avec mon collègue André Roy ici présent, qui pourra peut-être
parfaire ma réponse, la compléter, une passerelle qui nous unit, hein, qui unit
D'Estimauville à l'une des plus belles plages urbaines d'Amérique, qui est la baie
de Beauport. Donc, on a annoncé cet appel à projets la semaine dernière, et
c'est le projet, le premier projet très concret d'une longue suite de projets
que nous allons réaliser le long du littoral est, et je suis très, très, très
fier qu'on puisse donner accès à cette plage qui fait l'envie de tant de
personnes.
• (12 h 10) •
Le Président (M. Schneeberger) :
Député de LaFontaine.
M. Tanguay
: Combien
va coûter la phase 4?
M. Simard : Bien, la phase 4
va coûter autant que l'ambition que nous aurons pour elle, parce qu'on a évolué
dans le temps, hein, à travers cette... la vision des choses. Parce qu'à
l'époque de Jean-Paul L'Allier, on avait une vision plus sectorielle, plus
ponctuelle du développement de la passe 4... de la phase 4, avec
certaines percées par ci par là qui n'étaient pas reliées les unes avec les
autres. Et l'intention du gouvernement, elle va beaucoup plus loin que la
vision initiale de Jean-Paul L'Allier, c'est de pouvoir relier, finalement,
l'ensemble du littoral est jusqu'à la chute Montmorency. Et donc, tout
dépendant des projets qui sont retenus, puis au moment où ils seront retenus,
bien, on pourra voir les coûts finaux. Mais, bien sûr, ça ira... cette phase de
8,1 kilomètres, bien, elle sera sous-compartimentée en différents projets.
M. Tanguay
: Est-ce
que le ministre a un ordre de grandeur, à tout le moins?
M. Simard : Bien, il lit
presque dans mes pensées, parce que, sous peu... il y a une élection d'abord
qui s'en vient, il y a les projets de société qui seront amenés, et j'espère
que le Parti libéral participera aussi à l'idéation de ce que peut devenir la
phase 4, mais nous aurons des propositions sous peu à présenter, qui
mettront des chiffres que réclame le député de LaFontaine. Je ne veux pas faire
de... brûler de scoop pour l'instant.
M. Tanguay
: Mais je
ne parle pas de la plateforme électorale de la CAQ dans la Capitale-Nationale,
je parle à titre de ministre dans le gouvernement de la CAQ. Je ne parle pas de
la plateforme électorale de la CAQ, je parle d'à titre de ministre dans le
gouvernement de la CAQ. À combien chiffre-t-il, ordre de grandeur, le coût?
Parce qu'à un moment donné, il faut que ça soit prévu à quelque part,
budgétairement parlant.
M. Simard : Bien, on... M. le
Président, on parle ici de quelque chose qui est en centaines de millions de
dollars, là, c'est très important comme projet. C'est très grand, très long
comme phase, mais on va harmoniser ces travaux avec ce qui se fait actuellement
aux abords de la rive nord du pont de l'Île d'Orléans, parce que le ministère
du Transport a prévu un certain nombre d'infrastructures, dont la réalisation
d'un belvédère, dont la réalisation de pistes cyclables qui vont pouvoir
s'adjoindre à cette phase... à cette phase 4. Donc, tout dépendant de
quelle colonne budgétaire, là, on parle, évidemment, le prix peut varier.
M. Tanguay
: OK, mais
je repose ma question. Le ministre ne peut même pas nous donner <un ordre
de grandeur...
M. Tanguay :
...ma
question. Le ministre ne peut même pas nous donner >un ordre de grandeur...
un ordre de grandeur? C'est 50 millions, 100 millions,
1 milliard?
M. Simard : Bien, pour qu'on
parle d'un ordre de grandeur, il faut qu'on parle de projets très spécifiques.
Chaque trou sa cheville, comme le dit la vieille expression. Donc, on pourra,
en temps et lieu, suite à l'idéation... au magnifique travail d'idéation
réalisé par la Commission de la capitale nationale, dont vous avez sans doute
pris connaissance à travers votre... permettez-moi l'expression, votre «clipping»
de presse, bien, selon les projets qu'on pourra retenir, évidemment, le prix va
varier. Puis il y a toujours des coûts de système. Donc, si on commence un
projet dans le temps, plus tard, plus tôt, bien... tout dépend non seulement du
projet, mais du moment où on le réalise.
M. Tanguay :
Donc, «sky's
the limit»?
M. Simard : Non, ce n'est pas
«sky's the limit». C'est toujours dans la capacité de payer des contribuables,
mais l'intention gouvernementale... Moi, comme ministre responsable de la
région de Québec et comme député de Montmorency, comme petit gars qui est né
là, là, notre volonté, elle est claire, c'est de redonner accès au fleuve aux
citoyens sur le littoral est.
M. Tanguay : Oui, mais je
termine l'échange là-dessus, là, on n'a aucun ordre de grandeur de montant,
mais on va le faire? Aucun ordre de grandeur, aucune limite?
M. Simard : Bien, sous peu,
nous serons en mesure de préciser les ambitions que nous portons pour la phase 4,
Samuel-De Champlain, et, si tant est qu'éventuellement, avec consentement...
bien, si vous le souhaitez, mais je sentais que ce n'était pas forcément le
cas, M. Roy pourra poursuivre.
M. Tanguay : Sous peu, on va
le lire dans un document gouvernemental ou électoral?
M. Simard : C'est à voir.
M. Tanguay : Vous ne pouvez
pas me répondre?
M. Simard : Nous travaillons
sur des choses qui vont... que vous allez beaucoup apprécier. On travaille ça
avec le PDG de la Commission de la capitale nationale, parce que ce n'est pas
juste gouvernemental. Le bras séculier qui va s'occuper de la réalisation de la
phase 4, Samuel-De Champlain, c'est la Commission de la capitale nationale,
qui est une organisation indépendante, qui a son conseil d'administration.
Donc, on a des discussions, bien sûr, à avoir ensemble. On ne fera pas ça de
notre côté, là, sans discuter avec André et son équipe, on fera ça
collégialement. Ils ont travaillé beaucoup, jusqu'à présent, sur l'idéation.
Ils ont beaucoup d'ambition. On supporte leurs ambitions puis on sera là au
moment venu. On pourra dévoiler ce qu'on fait ensemble.
M. Tanguay : Mais il n'est
pas exclu que ce soit dans un document électoral.
M. Simard : Ce sera au
minimum dans un document électoral et peut-être autrement.
M. Tanguay : Une belle
promesse avec un beau montant.
M. Simard : Une très belle
promesse dont je me fais beaucoup parler. Les gens de Beauport, notamment,
attendent ce retour au fleuve depuis tellement d'années. Comme vous le savez,
c'était à la mode de faire des autoroutes près du fleuve, à l'époque, et, bon,
les temps ont bien changé.
M. Tanguay : Heille! vous
l'avez trouvée, l'affaire, une belle promesse. Vous allez rentrer comme une
balle, une belle promesse.
M. Simard : On verra ce que
vous avez comme proposition, parce que, très franchement, jusqu'à Québec, ce
que... pour Québec, vos propositions... M. le Président, les propositions
du Parti libéral, je veux dire, j'ai... Le nouveau chef du Parti libéral du
Québec a réussi à faire toute une course au leadership sans parler une seule
fois de la Capitale-Nationale. Il faut le faire.
M. Tanguay : Alors, oui,
raccourci intellectuel, ça, inexact. Tramway, où en sommes-nous avec le
fédéral, pour l'argent du fédéral, notre part du butin? Allez-vous avoir un
beau succès, la troisième voie, comme chantait Ginette Reno? Allez-vous avoir
un beau succès?
M. Simard : Alors, M. le
Président, je remercie mon collègue pour sa question. M. Champagne était
présent à Québec ce matin. Je ne pouvais pas y être, on avait un comité
interministériel. Après, on a eu le caucus matinal, après, on a eu la période
des questions. Maintenant, on a l'étude des crédits. Après, je m'en vais au
Conseil des ministres. Ce soir, je serai à la soirée des athlètes de Québec,
puis après j'ai... Non, je veux dire, donc, je ne sais même pas à quelle heure
je vais me coucher, mais donc je n'ai pas vu M. Champagne. Je n'ai pas eu
ce plaisir-là de le voir aujourd'hui.
Et je me serais attendu, comme ministre
responsable de la région de Québec, qu'il y ait du leadership puis qu'il nous
annonce, en venant à Québec, le 40 % qu'on attend du fédéral. Je ne sais
pas, là, je n'ai pas lu l'actualité, mais le 40 % en financement, s'il est
bon pour la ligne bleue à Montréal, si le 40 % de financement du fédéral,
c'est bon pour Montréal, M. le député de LaFontaine, M. le Président,
conviendra avec moi que ça peut être aussi bon pour le tramway. Je m'attends
que le gouvernement fédéral pense à la Capitale-Nationale autant qu'il pense à
Montréal.
M. Tanguay : Et donc, puis je
suis content que vous ayez cette plateforme-là, quel est votre message,
directement, il vous écoute, là, au ministre Champagne? Vous lui dites quoi,
là?
M. Simard : Bien, il y a
actuellement des discussions qui sont en cours avec mon collègue qui est le
ministre responsable des Relations intergouvernementales. Il y a des
discussions également qui sont en phase avec le ministre des Transports. Et
puis j'ai bon espoir que nous puissions trouver le plus rapidement possible réponse
à cet engagement auquel ils se sont déjà, <dans un passé récent, engagés.
De mémoire...
M. Simard :
...réponse à cet engagement auquel ils se sont déjà, >dans un passé
récent, engagés. De mémoire, M. Trudeau l'avait fait quelques mois avant
son départ. Et j'ai néanmoins confiance que ça se fasse, mais j'ai hâte que ça
se fasse.
M. Tanguay
: OK.
Immigration, le maire de Québec a dit que, pour soutenir l'économie de la
Capitale-Nationale, il avait besoin, lui, selon leur estimation, là, leur
groupe, de 13 000 immigrants économiques par année pour les quatre
prochaines années, pour soutenir l'économie, là, pour faire travailler. Vous
aviez dit tout à l'heure : Il y a des beaux projets, les gens vont
travailler, puis tout ça, bien, pour que les entreprises puissent... parce que
vous avez dit aussi, il y a une limitation quant à la capacité des entreprises
de livrer des projets, c'est directement relié aussi avec leur capacité de
recruter des bras, des jambes, des coeurs, des têtes, des individus, des femmes
et des hommes qui veulent venir participer à l'essor économique.
Alors, le ministre supporte-t-il
l'estimation et la demande qui est faite par le maire de Québec, 13 000 immigrants
économiques nouveaux par année pour les quatre prochaines années?
M. Simard : Bien, dans un tout
premier temps, M. le Président, je voudrais saluer la collaboration
extraordinairement positive et fructueuse que j'ai avec la maire de Québec, son
équipe, son conseil de ville. On progresse, on réalise de très beaux
engagements. Je pense tout dernièrement à l'îlot Saint-Patrick, hein, c'est une
des premières choses que le maire de Québec m'avait demandé de régler, puis
tant d'autres dossiers sur lesquels, j'espère, nous pourrons revenir.
• (12 h 20) •
Il y a différentes manières de comptabiliser
les besoins en matière de main-d'œuvre dans la région de Québec. Une chose
certaine, c'est que, s'il y a une région qui tire ses marrons du feu en matière
démographique au Québec, c'est la région de Québec. J'ose vous le rappeler,
nous avons une rétention des nouveaux arrivants qui est très forte. Nous aurons
une croissance démographique soutenue qui nous amènera, en 2051, à plus de
1 million d'habitants.
En ce qui concerne le nombre de postes
vacants et des besoins économiques, Investissement Québec publiait hier une
espèce d'amalgame pour la Rive-Sud et la Rive-Nord de Québec, mentionnant qu'il
y avait près de 16 000 emplois qui, en fait, n'étaient pas encore
comblés. Et, lorsqu'on regarde plus particulièrement pour la Rive-Sud, c'est à
peu près 5 000 habitants... 5 000 emplois, dis-je, et puis, pour
la Rive-Nord, c'est à peu près 11 000 postes non comblés. Donc, on
est dans ces... dans cette perspective de postes à combler pour la région de
Québec, dans un contexte économique où, je vous le rappelle, c'est sans
précédent. La force et la vitalité économique de Québec est extraordinaire, à
telle enseigne que Québec International parle de bulle géographique. Il se
passe quelque chose chez nous qui ne se passe pas partout et qui se passe...
qui ne se passe nulle part ailleurs à Québec, une vitalité telle qu'on a un
taux de chômage qui est sous le taux de chômage naturel depuis nombre d'années.
Ça ne s'est jamais vu.
M. Tanguay
: Donc,
vous supportez la demande? Vous trouvez que la demande du maire de Québec est
pleinement raisonnable? Parce que vous dites... Vous dites : Il y a
11 000 postes non comblés. Le maire parle de 13 000. Vous
trouvez que ça a bien de l'allure?
M. Simard : Bien, d'abord,
disons une chose, c'est que l'immigration, c'est une richesse, et on entend en
profiter pleinement. On ne pourrait pas se développer démographiquement sans la
présence de l'immigration, parce que les décès, avec le vieillissement de la
population puis la cohorte d'âges, ils sont de plus en plus nombreux. Ceci
étant dit, l'immigration ne devient pas une panacée économique, et puis il faut
être capable de respecter ce qu'on appelle la capacité d'accueil et la pression
que ça met sur nos services sociaux, sur nos garderies, sur nos urgences, sur
nos écoles. Donc, il faut savoir accueillir nos nouveaux arrivants en...
adéquation, dis-je, avec notre capacité d'accueil, et la première ministre du
Québec a été très, très, très claire là-dessus.
M. Tanguay
: Donc,
quelle est la capacité d'accueil de la Capitale-Nationale?
M. Simard : Bien, écoutez,
actuellement, on a un taux de chômage qui est très bas. On a des besoins en
matière de main-d'œuvre. On a un taux de location qui, ma foi... qui est... tu
sais, qui est très bas, il y a peu de logements disponibles. Donc, il y a quand
même une pression sur le logement, il y a une pression sur nos... l'ensemble de
nos services sociaux. Alors, ce sont des choses qu'il faut regarder de près, puis,
bon, bien, on a un ministre de l'Immigration, hein, qui pourra répondre plus en
détail à l'ensemble des questions qui concernent ce sujet.
M. Tanguay
: Mais vous
avez dit, à raison, les statistiques, là, 11 000 postes vacants pour
Québec, 5 000 pour Lévis et Rive-Sud de Québec, donc
16 000 postes vacants. Le maire parle de <13 000 par
année pendant quatre ans...
M. Tanguay :
...Lévis
et Rive-Sud de Québec, donc 16 000 postes vacants. Le maire parle de >13 000 par
année pendant quatre ans, 13 000 nouveaux arrivants économiques. Le
ministre ne peut que trouver que le maire de Québec est dans la bonne voie. Il
est dans les mêmes... il est dans les bonnes eaux, là.
M. Simard : Bien, j'étais
présent à une conférence de presse avec Carl Viel de Québec International et le
maire de Québec, au lendemain de l'annonce de la première ministre de vouloir
revenir avec le PEQ, et puis j'ai vu les propos très, très positifs du maire de
Québec à l'égard de la première ministre.
M. Tanguay : Est-ce qu'il va
supporter, au sein du cabinet, là, du gouvernement dont il fait partie, est-ce
qu'il va supporter les demandes du maire de Québec en immigration?
M. Simard : Moi, je suis très,
très, très sensible aux revendications du maire de Québec, tout en
reconnaissant, par ailleurs, notre capacité d'accueil, tout en reconnaissant
nos besoins économiques. Donc, ça prend une réflexion en adéquation avec ce que
nous sommes et ce que nous pouvons accueillir comme collectivité régionale,
sachant que chaque région a un peu ses particularités, puis la nôtre n'y
échappe pas.
M. Tanguay : La Capitale-Nationale
région, notre Capitale-Nationale dont il est responsable, il doit être capable
d'évaluer la capacité d'accueil, parce que ce sont tous des services qu'il a
mentionnés là, santé, éducation, services de garde, etc., qui relèvent de son
gouvernement, de la responsabilité de son gouvernement. Alors, lui, que
fait-il, M. le Président, pour s'enquérir auprès de son collègue de
l'Immigration, pour dire : Bien, écoute, donne-moi, pour Capitale-Nationale,
votre évaluation, à l'immigration, de la capacité d'accueil, parce que moi,
j'ai un maire puis j'ai un boom économique que je dois soutenir? Que fait-il
pour s'enquérir de ces importantes données là?
M. Simard : Bien, vous avez
vu, M. le Président, très certainement, l'orientation gouvernementale dans les
derniers mois, qui était celle de prioriser les régions en dehors de Montréal
et de Laval, à l'époque. Et une des régions qui, dans ce contexte, pouvait le
mieux tirer, hein, son épingle du jeu, c'est la ville de Québec. Puis on le
voit, là, on le voit dans tous les secteurs, dans le secteur hôtelier, dans le
secteur universitaire, dans tous les secteurs, on le voit. On voit cette
effervescence.
M. Tanguay : Il reste
quelques secondes, je vais reporter.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui,
bien, il reste neuf secondes. Parfait. Alors, nous allons du côté du
député de Jean-Talon pour 5 min 48 s.
M. Paradis : Bonjour, M. le
ministre, et à toute l'équipe.
Le Président (M. Simard) : Bonjour,
cher collègue.
M. Paradis : Dans un article
récent ou dans une chronique récente, Le Journal de Québec, qualifiant
la gestion de la Coalition avenir Québec dans la Capitale-Nationale, parle d'un
frein pour la Capitale-Nationale et parle notamment du nombre de projets qui
sont importants pour la ville de Québec. Vous l'avez mentionné tout à l'heure,
votre collaboration avec la ville de Québec, le garage Newton pour le RTC mis
sur la glace, le projet de viaduc Lebourgneuf, sur la glace, les voies
réservées sur des autoroutes dans le plan global de transport et de mobilité
durable, sur la glace, l'élargissement de l'autoroute 20 à Lévis, sur la
glace, la zone économique métropolitaine de Québec, un plan dont on n'entend
plus parler. On dit qu'il a été mise à jour en février 2025, mais ça fait
longtemps qu'on n'a rien eu de concret. Qu'est-ce que vous avez à répondre aux
gens qui parlent de frein pour la Capitale-Nationale?
M. Simard : Alors, M. le
Président, d'abord, je salue mon collègue de Jean-Talon, qui est une personne
très, très engagée dans la communauté de Québec, que je salue.
Bien là, il me parle de frein. Moi,
j'aimerais vous parler d'accélérateur. Et qui nous parle de l'action
gouvernementale comme accélérateur? Nul autre que le président de la chambre de
commerce lui-même. Permettez-moi de le citer, ça va être la seule, peut-être,
citation que je vais faire durant cette étude de crédits, mais... «Quelque
chose se passe à Québec — nous dit-il — et ce n'est pas
qu'une impression. Quand des influenceurs comme Olivier Primeau affirment
publiquement qu'il se passe quelque chose de spécial dans la Capitale-Nationale,
ce n'est pas du marketing, c'est un constat, celui d'une région qui a cessé de
se comparer pour commencer à s'imposer.» Et il ajoute aussi : «Le niveau
de collaboration entre nos institutions atteint aujourd'hui un sommet
historique.» Puis moi, je suis fier de ce qu'on fait à Québec. Il y a un élan
exceptionnel. Toutes les villes du Canada nous regardent, on fait l'envie de
l'est de l'Amérique. Je ne vois pas de frein.
M. Paradis : Je suis tout
aussi fier, parce qu'on est des gars de la Capitale-Nationale, je suis tout
aussi fier de cette croissance-là, mais ce que le ministre omet de dire, c'est
que beaucoup d'intervenants ici, à Québec, disent que ça, c'est le fait des
organisations de la société civile, des entreprises, de la ville de Québec, des
institutions régionales et que, souvent, ça s'est passé malgré le gouvernement
de la CAQ, parce que le gouvernement de la CAQ a eu toutes sortes de
retournements de veste sur toutes sortes de projets, notamment en transport et
mobilité durable. J'espère avoir le temps d'y revenir.
J'aimerais vous amener sur le Mont-Sainte-Anne,
M. le ministre, parce que c'est un projet extrêmement important. Vous promettez
toujours 50 millions de l'argent des contribuables québécois en prêts en
partie pardonnable, c'est-à-dire que ça, <ça va être des subventions...
M. Paradis :
...en
prêts en partie pardonnables, c'est-à-dire que ça, >ça va être des
subventions, et pourtant, vous-même, le 13 décembre 2025, vous avez dit,
je vous cite : «À l'évidence, il y a eu de la négligence de la part de
RCR, l'actuel gestionnaire de la montagne.»
Je vous repose la même question, parce
qu'il n'est pas trop tard pour faire la mauvaise chose. Qu'est-ce qui vous
empêche de faire un bilan de l'état de la situation au Mont-Sainte-Anne et
surtout de la gestion de RCR avant de donner encore de l'argent des Québécois à
ce que j'ai qualifié, à plusieurs reprises, de très mauvais gestionnaire de la
montagne? Pourquoi vous ne faites pas de bilan? Pourquoi vous ne faites pas une
vérification diligente avant de donner de l'argent à cette entreprise de
l'Ouest canadien qui a été historiquement un mauvais gestionnaire?
M. Simard : Alors, M. le
Président, je remercie mon collègue de sa question parce que c'est un dossier
qui nous a beaucoup accaparés au cours des derniers mois, que celui du Mont-Sainte-Anne.
Et je tiens à vous rappeler à quel point nous avons fait des progrès énormes
dans ce dossier, parce que le député de Jean-Talon conviendra facilement et
rapidement avec moi que nous héritons d'un gâchis historique que nous a laissé Parti
libéral du Québec et dont ils ne se sont jamais excusés. Ils ont donné
littéralement ce joyau de la Capitale-Nationale à une entreprise avec un
contrat : Tu sais, faites donc ce que vous voulez. Ils auraient pu vendre
des hot-dogs à longueur de l'année qu'on n'aurait pas pu les empêcher.
• (12 h 30) •
Et donc je m'excuse, cet anglicisme, M. le
Président, le député de Jean-Talon pourra me le pardonner et peut être
qu'Antoine Robitaille aussi me le pardonnera, mais je vais faire un anglicisme,
tu sais, il faut jouer avec ce que la game nous donne. Puis moi, là, tu sais...
à un moment donné, la politique, c'est l'art de composer avec la réalité de
manière pragmatique. Et là on a une entente avec laquelle... tu sais, si on
tire la plogue de l'entente, ça amenait quoi? Ça amenait potentiellement des
coûts juridiques énormes, des coûts d'expropriation énormes, ça amenait un
délai énorme dans les... dans un réinvestissement de la montagne.
Lorsque je suis allé à la rencontre, M. le
Président, des commerçants qui entourent la montagne, ils m'ont dit : M.
le ministre, prenez un côté ou prenez l'autre, mais assurez-nous, s'il vous
plaît, qu'il y ait le plus rapidement possible des annonces d'investissements
sur le Mont-Sainte-Anne. Et ce qu'on a fait, on le fait en deux temps. Je
pourrai peut-être y revenir, mais c'est très important. Oui, c'est vrai que
c'est 50-50, hein? Je vous laisse aller, cher collègue, puis vous me permettrez
de parfaire. On continue sur le Mont-Sainte-Anne, si vous voulez, mais en tout
cas, allez-y.
M. Paradis : Oui, bien, parce
qu'il nous reste quelques secondes, je pense, M. le Président... Ce que je
demande au ministre, c'est de ne pas continuer sur cette route du gâchis qui a
été lancée, je suis d'accord avec vous, par le Parti libéral. Mais là on a la
chance de faire la bonne chose, et vous continuez, vous foncez tête baissée
avec un mauvais gestionnaire, vous n'avez pas fait de bilan. On n'est pas
attaché avec cette compagnie-là, il y a des options. C'est 20 ans de
négligence, de problèmes de sécurité. C'est un joyau qui appartient aux
Québécois, on est d'accord là-dessus. Il est toujours le temps de faire la
bonne chose. Qu'on se tienne debout face à RCR. On en a assez de l'historique
de se mettre à genoux devant ces compagnies.
Le Président (M. Schneeberger) :
Merci, merci. Nous allons du côté...
M. Simard : Bien, lorsque le
PQ était au pouvoir, il aurait pu faire quelque chose, et on ramasse aussi les
pots cassés.
Le Président (M. Schneeberger) :
Merci. Non, il n'y a plus de temps, il n'y a plus de temps, il n'y a plus de
temps. Alors nous retournons du côté de l'opposition officielle, et j'entends
le député de LaFontaine. Là, je veux vérifier... c'est 18 min 35 s,
mais je vous reviens pour le vrai temps parce qu'on avait 17 minutes
tantôt. Ça fait qu'allez-y.
M. Tanguay
: Vous me
direz... quand vous l'aurez, M. le Président, vous me le direz. Vous me le
direz.
Infrastructures, le 18 mars dernier,
le maire de Québec, Bruno Marchand, a dit... les investissements annoncés
mercredi en infrastructures... a dit qu'ils étaient, ouvre les guillemets,
«nettement insuffisants». Je le cite : «C'est très peu par rapport à
l'ensemble des besoins. Ça va être insuffisant.» Va-t-il faire écho de ce
message très clair, entre autres du maire de Québec, sur le sous-investissement
quant aux besoins du gouvernement pour les infrastructures?
M. Simard : Alors, M. le
Président, je remercie mon collègue pour sa question parce qu'elle me permet,
bien sûr, de préciser des choses. Nous assistons, au cours des dernières
années, à un accroissement exceptionnel du PQI. On est passé, en quelque temps,
de 100 milliards à 167 milliards à travers le Québec. Et cet
accroissement sans précédent bénéficie de manière extraordinaire, et j'allais
dire exceptionnelle, à la région de Québec, parce que nous faisons, grosso modo,
8,5 % de la population. Nous avons 13,5 % du PQI qui est dépensé,
attitré à la région de Québec. L'écart le plus positif entre la population, le
poids démographique et l'investissement PQI, c'est la <région de Québec
qui est la plus...
>
12 h 30 (version révisée)
<5369
M.
Simard : ...l'investissement PQI, c'est la >région de Québec
qui est la plus... qui en profite le plus. Donc, à cet égard, vraiment, on tire
nos marrons du feu.
M. Tanguay
: Oui, mais
les marrons sont petits.
M. Simard : 13,5 % du PQI,
cher député de LaFontaine, alors qu'on fait 8,5 % de la population à
Québec, c'est énorme. Il n'y a aucun différentiel aussi important que ça.
M. Tanguay
: Oui, mais
même en argent absolu, le maire dit que c'est nettement insuffisant. Alors, je
peux bien vous dire : On est 12, on a une petite tarte, puis je vais vous
donner un tiers de la petite tarte, mais la pointe que vous allez avoir, elle ne
sera pas grosse.
M. Simard : Bien, c'est là où,
M. le Président, le député de LaFontaine et moi, on diverge d'opinion. Moi, je
respecte le maire de Québec, parce que c'est sa job d'en demander plus. C'est
sa job, il est maire de Québec. Moi, j'ai à gérer les deniers publics, et les
contribuables qui nous écoutent doivent savoir que, lorsqu'on parle de
13,5 % du PQI, là, on investit plus de 20 milliards de dollars
en PQI dans la région de Québec. C'est énorme. C'est ce qui procure autant d'emplois.
Pourquoi vous pensez qu'on a un taux de chômage qui est si bas depuis aussi
longtemps? C'est parce qu'en chantiers, actuellement, tous chantiers confondus,
privés, publics, il y a à peu près un peu plus de 20 milliards de
dollars de dépenses d'engagés et, là-dessus, il y a 16 milliards de
dépenses des deniers publics. Le plus gros donateur de jobs, à Québec, c'est le
gouvernement du Québec. J'en suis fier. C'est ce qui fait rouler l'économie.
M. Tanguay
: Puis le
plus grand créateur d'emplois, au Québec, sous la CAQ, c'est le gouvernement du
Québec. On est passés de 68 000 fonctionnaires, en 2018, à 80 000 fonctionnaires
qui brassent du papier... qui brassent du papier, à Québec, 12 000
fonctionnaires de plus.
M. Simard : Non, mais là, M.
le Président, vous me permettez d'arrêter mon collègue.
Le Président (M. Schneeberger) :
Il n'y a pas... Excusez-moi, là, on respecte les temps de parole.
M. Simard : Très bien. Désolé.
Le Président (M. Schneeberger) :
Alors, député de LaFontaine, continuez.
M. Tanguay
: Donc, je
veux dire, il y a trop... il y a trop de fonctionnaires à la CAQ, M. le
Président, puis je veux entendre le ministre là-dessus, je veux lui laisser l'occasion
de répliquer. La CAQ avait promis de réduire, par une efficacité accrue de l'État,
le nombre de fonctionnaires de 68 000 à 63 000, donc de diminuer de 5 000 fonctionnaires.
Il y a eu une augmentation de 12 000, on est rendus à 80 000 fonctionnaires.
Je ne parle pas des professeurs dans les écoles ou les infirmières dans les... je
ne parle pas des services de première ligne, je parle des fonctionnaires. Est-ce
qu'il est fier de ce bilan-là?
M. Simard : Bien, je remercie
mon collègue pour sa question, puis en écoutant le député de LaFontaine, parce
que je commence à avoir quelques cheveux gris, je me souviens de la députée de Jean-Talon,
Margaret Delisle, à l'époque, qui avait traité les fonctionnaires de pousseux
de crayons, en campagne électorale. Elle s'était fait revirer comme une crêpe. Puis
aujourd'hui, le député de LaFontaine traite les fonctionnaires de brasseux de papier.
J'espère que c'est noté au procès-verbal, qu'il traite nos fonctionnaires
québécois de brasseux de papier. Franchement, si c'est ça qu'ils pensent de
notre fonction publique, puis ils veulent prendre le pouvoir, heille, «good
luck».
M. Tanguay
: Parfait. J'ai
toujours dit... j'ai toujours dit, quand j'étais chef intérimaire pendant trois
ans, que je n'ai jamais rien contre les hommes et les femmes que le cadran...
se lèvent puis qu'ils vont travailler. Puis grand bien leur fasse, s'ils ont
une job, ils mettent du beurre sur la table. J'ai toujours dit ça. Allez revoir
mes conférences de presse, je n'en ai pas contre les femmes et les hommes,
pères de famille, qui ont été engagés puis qui ont un emploi.
Ce que j'en ai, par contre, c'est que le
gouvernement a alourdi le fardeau réglementaire de nos PME par des projets de
loi qui alourdit la paperasse, la paperasserie. Puis ce qui se brasse à Québec,
comme papier, c'est d'une inefficacité unique dans l'histoire du Québec. Alors qu'ils
avaient promis de réduire le nombre de fonctionnaires de 5 000, ils l'ont
augmenté de 12 000. Je n'en ai pas contre les hommes et les femmes, mais
il se brasse du papier, à Québec, de façon totalement inefficace, inefficace, et
les exemples sont multiples. Alors, est-ce qu'il est fier de ce bilan-là?
M. Simard : Bien, M. le
Président, d'abord, lui et moi partageons en commun cette volonté d'un État
plus efficient, plus efficace. Donc, on n'est pas idéologiquement contre l'État.
On veut que les services de l'État répondent aux besoins de la société dans des
coûts qui sont corrects. Mais au-delà de la rhétorique de mon collègue de LaFontaine
et au-delà de l'effet de cape qu'il vient de faire, il finit en disant
exactement le contraire de tout ce qu'il nous a dit en commençant. Il a fini en
répétant que les fonctionnaires sont des brasseux de papiers. La fonction
publique est à l'écoute. Puis moi, j'ai du respect pour ma fonction publique. C'est
des gens qui se donnent corps et âme, puis jamais je ne traiterai les
fonctionnaires de brasseux de papiers. Je regrette.
Le Président (M. Schneeberger) :
M. le député de LaFontaine.
M. Tanguay
: Et ça,
madame... M. le Président, c'est les mots du ministre qu'il essaye de mettre
dans la bouche, mais ça ne marchera pas parce que j'ai la même ligne depuis
trois ans. Alors, moi, ce que j'en ai, c'est contre un gouvernement caquiste
qui avait dit : On va bien gérer <les fonds...
M. Tanguay :
...moi,
ce que j'en ai, c'est contre un gouvernement caquiste qui avait dit : On
va bien gérer les >fonds publics de l'État. Et le salaire, selon notre
évaluation maison, on me corrigera si j'ai tort, de
12 000 fonctionnaires de plus, c'est 1 milliard de dollars,
annuellement, de plus qui vient s'ajouter au déficit, et ça vient s'ajouter ou
se calculer dans le 103 milliards de dollars de plus qu'ils ont
rajoutés sur la dette. Alors qu'on devrait avoir un État efficace, bien, ils
n'ont pas outillé les fonctionnaires puis ils n'ont pas fait moderniser notre
fonction publique, M. le Président, et ça, ils devront en répondre.
M. Simard : Absolument, M. le
Président. On va répondre ensemble, parce qu'il va falloir, en campagne
électorale, que le Parti libéral puis ses candidats à Québec nous disent de
combien de dizaines de milliers d'emplois ils veulent couper la fonction
publique à Québec, qui est un important moteur de développement économique.
Alors là, on a le syndrome de la scie tronçonneuse que nous amène le député de
Lafontaine. Je ne pensais pas voir ça à matin, mais les gens vont le retenir,
faites-vous-en pas, parce qu'on a tous, dans nos familles respectives, des gens
qui travaillent pour la fonction publique. Puis ils vont être attentifs... ils
vont être attentifs aux propositions de la scie tronçonneuse du Parti libéral
du Québec. On va s'en souvenir.
M. Tanguay
: Parfait.
Alors...
Le Président (M. Schneeberger) :
Le député de LaFontaine.
M. Tanguay
: ...est-ce
que la CAQ n'a aucunement l'intention de réduire le nombre de fonctionnaires?
Est-ce c'est ça qu'il vient de nous annoncer?
• (12 h 40) •
M. Simard : Bien, est-ce que,
M. le Président, lui, le député de LaFontaine nous donne des chiffres? Non,
mais nous avons déjà annoncé que nous allions fonctionner dans une logique de
responsabilité, notamment de responsabilité humaine. Nos employés sont des
êtres humains. On fonctionne, notamment, par attrition. Nous, dans le ministère
que je venais de quitter, au ministère des Ressources naturelles, on a réussi à
résorber les postes en travaillant de façon responsable, largement grâce à
l'attrition, à la diminution du temps supplémentaire, à une série de mesures
dont la ministre... la ministre responsable du Conseil du trésor pourra en
reparler plus en détail avec mon collègue de LaFontaine.
M. Tanguay
: De combien
son gouvernement a-t-il l'intention de réduire le nombre de fonctionnaires?
M. Simard : Bien, M. le
Président, on a un grand respect pour notre fonction publique. L'objectif,
contrairement au Parti libéral du Québec, qui vient d'être clairement expliqué
à la face de l'ensemble du Québec, ce n'est pas de couper pour couper, ce n'est
pas la logique de la scie tronçonneuse. Et, s'il veut poursuivre, donc, la
réflexion sur les effectifs gouvernementaux, je l'invite à discuter avec ma
collègue la présidente du Conseil du trésor et ministre responsable de
l'Administration publique.
M. Tanguay
: Là, je ne
veux pas que le ministre se défile, là, puis se désengage de ce débat-là.
Pourquoi ont-ils promis de couper de 5 000 postes en 2018?
M. Simard : Parce que nous
sommes dans un effort de rationalisation, nous sommes dans un effort de, j'oserais
dire, de... intelligente pour contrôler les dépenses publiques. Il y a une
série de nouvelles modalités de l'organisation du travail dont nous bénéficions
maintenant, dont on ne bénéficiait pas par le passé, et c'est une manière de
pouvoir contrôler les dépenses publiques de manière responsable et raisonnée.
Mais là vous êtes dans une cage de verre, vous, là, M. le Président... M. le député
de LaFontaine, je m'excuse, je vais vous parler, dans une cage à verre, parce
qu'en me questionnant... et, là aussi, la responsabilité de morale de nous
dire, après ce qu'il nous a dit tantôt, l'aveu déconcertant qu'il nous a
partagé, là, c'est la logique de la scie tronçonneuse.
M. Tanguay
: Alors, il
vient de dire, par souci d'efficacité, ils voulaient couper 5 000. Pourquoi
ils en ont augmenté 12 000, à la place? Ils ont manqué... ils ont manqué
leur shot. Moi, je parle... je pense aux payeurs de taxes, là. Il y a des
milliards qui s'en vont, qui sont pris dans les poches des femmes et des hommes
qui travaillent, des taxes et impôts. Ils envoient ça à Québec. Puis il a
dit : Donc, dans une logique de saine gestion des finances publiques, on
coupait 5 000 postes de fonctionnaires à Québec. Pourquoi vous en
avez augmenté 12 000, plutôt que d'en couper 5 000?
M. Simard : Bien, M. le
Président, je ne suis pas président du Conseil du trésor...
M. Tanguay
: Ah bon!
M. Simard : ...et j'invite mon
collègue à pouvoir poursuivre, en temps et lieu, la réponse avec la ministre
responsable de l'Administration publique. Mais, ceci étant dit, il nous parlait
du fardeau réglementaire. Il y a plusieurs lois qu'on a mises de l'avant, au cours
des dernières semaines, notamment le projet de loi n° 11, l'omnibus. Il y
a plusieurs, comment dire, mouvements d'allègement réglementaire que nous avons
proposés qui ont été très bien reçus par les milieux économiques.
M. Tanguay
: M. le Président,
il parle de l'allègement réglementaire, ce sont des mesures homéopathiques...
homéopathiques, oui. Son collègue ministre qui a déposé, collègue député de Beauce-Sud,
un projet de loi, je pense que c'était le projet de loi n° 7,
avait évalué l'impact financier de ses... sa réduction réglementaire de
35 millions. Allez dire ça aux entreprises, aux PME qui font... qui
signent des chèques de paie puis qui soutiennent notre économie partout sur la
région du Québec, partagez-vous l'équivalent d'un 35 millions d'allègement
réglementaire. Ça a <toujours...
M. Tanguay :
...partagez-vous
l'équivalent d'un 35 millions d'allègement réglementaire. Ça a >toujours
été ça, M. le Président, homéopathique, puis c'est le contraire... allez sur le
terrain, les gens vont vous le dire, les femmes et les hommes qui ont des
entreprises, ils croulent sous le fardeau réglementaire comme jamais
auparavant.
M. Simard : Bien, M. le
Président, combien de temps me reste-t-il?
Le Président (M. Schneeberger) :
Il vous reste... il reste, dans le fond, 6 min 40 s.
M. Simard : OK, mais, pour le
présent bloc, il reste six minutes?
Le Président (M. Schneeberger) :
Pour le présent bloc.
M. Simard : Oui. Bien, moi, M.
le Président, je reviens à l'essentiel des choses. On a une fonction publique
qui est efficace. On a la présidente du Conseil du trésor qui s'en occupe, et
puis j'ai confiance en celles et ceux qui travaillent pour notre fonction
publique.
Et, comme le député de LaFontaine voulait faire
une espèce de rétrospective, bilan, puisque c'est la dernière étude de crédits
de la Capitale-Nationale avant les élections, bien, vous savez, là, nous aussi,
on peut faire un bilan plus global de la chose. On vient de voir une course au
leadership au Parti libéral du Québec, où le chef, le nouveau chef, Charles
Milliard, a réussi à faire toute une campagne électorale sans évoquer une seule
fois l'enjeu dont il est ici question aujourd'hui, sans parler de la fierté
qu'il a pour la fonction publique. C'est le néant du côté libéral. Donc, je
comprends que la perfection appartient aux oppositions, mais, à un moment
donné, il faut sortir du strict cadre partisan de l'opposition et aussi
présenter de quoi. Il présente quoi? Rien, nada, nothing. On l'attend encore.
Le Président (M. Schneeberger) : Le
député de LaFontaine.
M. Tanguay
: Alors,
j'accueille avec le sourire et un calme stoïcien l'envolée oratoire de notre
cher collègue, qui vient de nous inviter à s'élever au-dessus de la
partisanerie puis qui vient de nous sacrer, par ses propos, en dessous des
roues de l'autobus. Alors, j'y vois là, peut-être, M. le Président, une légère
contradiction. Alors, je vais l'aider à élever le débat puis à quitter un peu
le rien, nada... puis c'était quoi, l'autre?
M. Simard : «Nothing», si
vous voulez.
M. Tanguay : «Nothing».
Alors, M. le Président, le ministre reconnaît-il qu'au cours des deux mandats,
les huit années, il aurait été bien avisé, pour le premier ministre du Québec,
de rencontrer, entre autres, ses homologues politiques? Reconnaît-il qu'il
aurait pu faire mieux quand les rencontres politiques, entre autres, entre le
premier ministre du Canada et le premier ministre du Québec, devaient avoir
lieu dans notre Capitale-Nationale? J'y vais de mémoire, on me corrigera si
j'ai tort, mais, en huit rencontres, il y en a seulement... il y en a sept qui
ont été à l'extérieur. Reconnaît-il qu'il aurait pu faire mieux, là... qu'il
aurait pu faire mieux, là?
M. Simard : Bien, écoutez, je
vérifiais, là, avec mon sous-ministre, parce qu'on a fait le calcul, hein, pour
l'année qui vient de s'écouler, puis, si vous voulez, on pourra vous partager
les chiffres, mais, si je me souviens bien... pourriez-vous juste me redonner,
M. le sous-ministre, les chiffres? Donc, il y a eu 53, de mémoire, visites
officielles à Québec... non, pardon, 63, je n'ai pas mes lunettes... donc, 63
activités officielles à Québec, 15 activités à Montréal et quatre activités
virtuelles dans le courant de l'année passée, ce qui fait qu'en incluant le
virtuel, on est à 82 % des visites à Québec.
M. Tanguay : Je parle des
rencontres de premier ministre à premier ministre. Je donne l'exemple du
premier ministre précédant l'actuelle première ministre. Pendant sept ans, le
premier ministre de la CAQ, du Québec... de la CAQ a eu huit rencontres avec
Justin Trudeau et les premiers ministres du Canada, et sept sur huit n'ont pas
eu lieu au Québec, dans notre capitale nationale. Reconnaît-il que, là, il
aurait pu faire mieux?
M. Simard : Bien, moi, je
pense qu'on partage tous le souci d'avoir un maximum... le plus grand maximum
possible d'activités protocolaires et politiques, incluant avec les premiers
ministres des autres provinces, incluant avec le premier ministre du Canada,
incluant avec les représentants étrangers, dans la capitale nationale, mais,
comme je vous dis, à ce titre, au niveau des activités diplomatiques réalisées
à Québec, toutes activités confondues, incluant les rencontres avec les
premiers ministres, on est à un taux de 82 %. Ça m'apparaît quand même pas
mal.
Le Président (M. Schneeberger) :
...
M. Tanguay : Oui, trois
minutes. Je ne sais pas si le ministre aime le chocolat.
M. Simard : Bien, écoutez...
M. Tanguay : J'aimerais ça...
Renseignements généraux, contrats donnés, le 107, conférence pour le personnel
de la Commission de capitale nationale de Québec, Les Chocolats favoris,
5 000 $.
M. Simard : Bien, écoutez,
là, franchement, si vous me le permettez, M. le député...
M. Tanguay : Oui, oui, je
vous en prie. Consentement, bien oui.
M. Simard : ...parce que, là,
c'est très, très pointu, très technique...
M. Tanguay : C'est sucré
comme question.
M. Simard : C'est sucré comme
question. Si vous le permettez, avec votre consentement, là, M. le Président,
on laisserait la parole à M. André Roy.
M. Tanguay
:
Consentement. Consentement.
Le Président (M. Schneeberger) : Consentement.
Parfait. Allez-y.
M. Roy (André) : Oui, je peux
y aller?
Le Président (M. Schneeberger) :
Oui. Présentez-vous avant, s'il vous plaît...
M. Roy (André) : André Roy,
PDG de la Commission de la capitale nationale. Cette activité-là, c'est...
évidement, c'est... Chocolat favoris. On a <engagé...
M. Roy (André) :
...Chocolats favoris. On a >engagé M. Dominique Brown, le PDG de
Chocolats favoris, à venir faire une conférence dans le cadre d'une journée mobilisation
et reconnaissance pour nos employés. Alors, ce n'est pas du chocolat qu'on a
acheté. C'est vraiment le prix d'un conférencier.
M. Tanguay
: Oui, c'est
ça. Non, c'était marqué «conférence», ce n'était pas marqué «chocolat». Je... Chocolats
favoris. Puis une conférence a duré combien de temps?
M. Roy (André) : Une heure.
M. Tanguay
: Et puis
quel était le message de M. Chocolats Favoris?
M. Roy (André) : D'amener un
esprit d'entrepreneurship et de succès, donc de... que chaque employé peut
faire partie prenante de la mission de l'organisation. M. Brown est un très,
très très bon conférencier. On le connaît à ses réussites entrepreneuriales.
Alors, c'est quelqu'un de très motivant, une belle énergie. Ça a été très, très
apprécié par l'équipe.
M. Tanguay
: Autre
question, dans les... connaissez-vous Michel Corneau, détective privé?
M. Roy (André) : Oui.
M. Tanguay
: Il a
intervenu deux fois. Je vais vite parce qu'on va manquer de temps. Service de
sécurité, 4800 $, vérification diligence, 1 500 $. Qu'est-ce que vous
pouvez nous en dire?
• (12 h 50) •
M. Roy (André) : Bien, c'est
des cas de ressources humaines. C'est des cas de ressources humaines.
M. Tanguay
: OK. Donc,
vous faites des enquêtes pour...
M. Roy (André) : Oui.
M. Tanguay
: Puis là
est-ce que... qu'est-ce que vous pouvez nous dire? Parce je sais que, des fois,
il peut y avoir... Mais qu'est-ce que vous pouvez nous dire? C'est-tu réglé, ce
n'est pas réglé? Qu'est-ce qui se passe?
M. Roy (André) : Oui, les
dossiers sont réglés.
M. Tanguay
: Parce
qu'on parle de... c'est bien détective privé, hein?
M. Roy (André) : C'est ça,
oui.
M. Tanguay
: Je vous poserais
toutes les questions du monde, je n'en saurais pas plus?
M. Roy (André) : Bien, je
pense qu'il faut garder une certaine confidentialité.
M. Tanguay
: Oui.
Est-ce qu'il est toujours actif, présentement, sur un dossier?
M. Roy (André) : Non.
M. Tanguay
: OK. Achat
de deux trottinettes pour les agents de sécurité de la promenade Samuel-De
Champlain.
M. Roy (André) : Oui, c'est
pour permettre à nos employés de se déplacer entre les différentes stations de
la promenade, évidemment. C'est quand même cinq, six kilomètres entre les
différentes stations. Alors, ça permet d'avoir... d'être plus efficace au
niveau de la sécurité puis de l'entretien.
M. Tanguay
: Parfait.
Merci beaucoup, M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup, le député de LaFontaine. Allons, nous allons du côté ministériel. Et
je donne la parole au député de Vanier-Les Rivières?
M. Asselin : C'est bien ça, M.
le Président. Merci beaucoup.
Le Président (M. Schneeberger) :
Allez-y, pour neuf minutes... vous avez 9 min 51 s.
M. Asselin : Parfait. Je
trouvais que c'était bien parti, les interventions du député de LaFontaine,
parce qu'on a beaucoup parlé de Vanier-Les Rivières, au début de son
intervention, le pont d'étagement, le garage d'automne. Évidemment, je suis
très satisfait, comme député de Vanier-Les Rivières, qu'on aborde ces
sujets-là. On attend, nous aussi, impatiemment, ce que vous disiez, mais,
compte tenu de la croissance dans la région de Québec, de toutes les activités,
je comprends qu'il faut attendre notre tour. Et puis le gouvernement a choisi
d'investir dans beaucoup de projets concrets qui améliorent le quotidien des
citoyens de la Capitale-Nationale. Donc, ça contribue à bâtir une ville plus
moderne et plus accessible.
Alors, je vous énumère quelques secteurs
où on est intervenus. Premièrement, les investissements majeurs en matière de
mobilité, le développement du réseau structurant, le tramway, etc., c'est bien
parti. Le transport collectif représente un enjeu majeur pour l'avenir du
Québec, et notre gouvernement a maintenu son engagement de faire avancer un
projet structurant. On est bien contents.
Pensons également à la reconstruction du
pont de l'île, le pont de l'île d'Orléans. C'est un projet qui a été réclamé
depuis plusieurs années puis qui va bon train. Ça permettra d'assurer un lien
sécuritaire et durable entre l'île et la région de Québec. Il y a aussi... le
ministre de la Capitale-Nationale en a parlé, des investissements dans la
promenade Samuel-De Champlain, entre autres, au niveau de la phase 4. J'ai
aimé ce bout-là des interventions, parce que ça permet d'insister sur le
véritable legs qui a été donné et qui continue d'être donné aux citoyens de
Québec, les aménagements qui vont être réalisés et ceux qui ont déjà été
réalisés. Ça permet un meilleur accès au fleuve et c'est pour notre plus grand
bien.
En éducation, laissez-moi vous dire que
les investissements ont été réalisés pour répondre à la forte croissance
démographique. Des nouvelles écoles ont été construites et agrandies. J'ai
d'ailleurs assisté, la semaine dernière, à un agrandissement à l'école du
Buisson, 10 classes, un nouveau gymnase. Partout dans la région de la
Capitale-Nationale, on a insisté sur ces aménagements-là, et puis on est
heureux compte tenu que, dans un certain laps de temps, il n'y a pas eu <d'investissement...
M. Asselin :
...on
a insisté sur ces aménagements-là, et puis on est heureux compte tenu que, dans
un certain laps de temps, il n'y a pas eu >d'investissement au monde
scolaire, puis, enfin, on a de nouvelles écoles. On est contents.
Il y a aussi le gouvernement qui a prévu
plusieurs projets d'habitation abordable et sociale afin de répondre aux défis
importants. Alors, notamment, des projets ont été approuvés à plein d'endroits.
Je regarde, chez nous, Unitaînés, le Boisé Lebourgneuf. On n'arrête pas de
développer des nouveaux projets. Donc, les logements accessibles aux familles,
aux aînés et aux personnes plus vulnérables, ça s'améliore.
Et enfin, je voudrais parler de
l'augmentation des enjeux liés à l'itinérance, dont le gouvernement a annoncé
un renforcement du soutien pour les situations de vulnérabilité, notamment en
permettant un élargissement du programme au supplément de loyer et de mieux
accompagner les personnes en situation d'itinérance qui vivent avec des
troubles mentaux ou des graves dépendances.
Alors, tous ces projets démontrent une
volonté claire de soutenir le développement de la capitale et d'investir
concrètement dans la qualité de vie des citoyens de Québec.
M. le ministre, je veux vous interpeler
parce qu'on a su, lorsque vous êtes arrivé, que vous aviez trois initiatives
que vous voulez mettre, en particulier, de l'avant. À ce moment-ci, est-ce que
vous pouvez nous en dire davantage sur ces trois initiatives que vous voulez
promouvoir? Allez-y abondamment.
Le Président (M. Schneeberger) : M.
le ministre, c'est à vous.
M. Simard : M. le Président,
pourriez-vous d'abord me préciser, s'il vous plaît, le temps dont je dispose?
Le Président (M. Schneeberger) : Cinq
minutes. Cinq minutes.
M. Simard : Cinq minutes.
Bien, merci beaucoup. D'abord, M. le député de Vanier, merci pour votre question.
Et je tiens, dans un premier temps, à saluer un de nos collègues de la région
de Québec qui, tout dernièrement, a annoncé son retrait de la vie politique, mon
ami, un ami de très longue date, le député de Chauveau, avec qui on a fondé la
CAQ il y a plus d'une dizaine d'années. À l'époque, tout le monde disait :
Vous êtes fous. Qu'est-ce que vous faites là? Ça ne marchera pas. Puis j'ai
connu un gars combatif, extrêmement présent dans sa circonscription, dans la
région de Québec. Je voulais le saluer, saluer tous les efforts qu'il a mis. En
2022, il ne l'a pas eu facile non plus avec l'élection et la présence du chef
conservateur. Il a fait face à la musique, il a battu le chef du Parti
conservateur et c'était... Donc, je lui lève mon chapeau. Je voulais quand même
prendre le temps de le faire parce que... puis je l'aurais fait, là, s'il y
avait eu des gens de l'opposition aussi, parce que le service public, c'est
quelque chose d'éminemment difficile.
Effectivement, M. le député, vous soulevez
le fait que, depuis huit mois, là, j'ai tenté de mettre de l'avant trois
projets. D'abord, vous connaissez la vitalité de l'économie à Québec. Notre
force, notre résilience s'appuient sur sa grande diversité. Mais chose
certaine, c'est qu'on ne peut pas s'appuyer sur nos lauriers. Il ne faut pas
baisser la garde puis il faut continuer de voir plus loin que le bout de son
nez. Et c'est la raison pour laquelle l'imminence de l'arrivée de
l'intelligence artificielle, donc, une arrivée qui fracasse tout, là, on parle
d'une nouvelle... d'une des plus importantes révolutions technologiques, donc,
de toute l'histoire industrielle, va beaucoup bouleverser les choses.
Et c'est la raison pour laquelle j'ai
mandaté Québec International de piloter un comité de réflexion sur l'avenir,
sur la manière, donc, d'appréhender l'intelligence artificielle dans la grande
région à Québec. C'est la première fois qu'un groupe paragouvernemental se
réunit avec des éminences dans le secteur pour dire : Bien, voici, nous
autres, comment, à Québec, on peut tirer notre épingle du jeu, comment on peut
être meilleur avec l'intelligence artificielle, comment on peut se l'approprier
plutôt que de subir ses conséquences. Il y a là-dessus... Donc, c'est dirigé
par Carl Viel, président de Québec International, puis il y a des sommités
comme la rectrice de l'Université Laval, Sophie D'Amours, et j'ai rencontré les
membres de ce comité, dernièrement. C'est extraordinaire, ce qu'ils ont à nous
partager. Ça va alimenter le développement économique de Québec, mais, plus
globalement aussi, la pensée de l'État du Québec. Et...
M. Asselin : ...
M. Simard : Oui, je vous en
prie.
M. Asselin : ...dire, je suis
content que vous vous intéressiez au domaine des technologies. Donc, on a... Ça
fait longtemps qu'on se connaît. Je connais votre propension à parler de ce
secteur-là. Donc, que votre premier geste soit autour de ça, bravo.
M. Simard : Oui, et puis on
devrait connaître... rendre public ce rapport incessamment, d'ici peu. J'ai
encore parlé avec M. Viel, pas plus <tard...
M. Simard :
...incessamment,
d'ici peu. J'ai encore parlé avec M. Viel, pas plus >tard qu'hier soir,
pour m'enquérir du moment de son dépôt.
Un autre dossier sur lequel on travaille,
bien... le temps passe vite, mais il faut que je vous dise, M. le Président,
qu'on s'en va bientôt vers le 425e anniversaire de la ville de Québec, puis il
va falloir fêter ça en grand. Puis la ville de Québec, elle est friande des
grands rendez-vous mobilisateurs, et c'est la raison pour laquelle, en étroite
collaboration avec André Roy, qui est le PDG de la Commission de la capitale
nationale, nous avons mandaté M. Daniel Gélinas, qui était l'organisateur du
400e anniversaire de la ville de Québec, une des sommités en matière
événementielle au Canada, de pouvoir diriger un comité de réflexion sur la
réception d'une exposition universelle qui aurait lieu, donc, pour... à Québec
en 2033.
Donc, M. Gélinas s'est rendu à Paris, a
rencontré le bureau des expositions universelles, nous a rendu un rapport, et
là, là dessus, il faut qu'on mette un peu de pression sur le gouvernement
fédéral pour que nous devenions membre, le... en disant «nous», c'est... le
gouvernement du Canada doit payer son membership au bureau de l'exposition
universelle. C'est presque symbolique, on parle, de mémoire, de
25 000 €, mais il faut que le Canada réintègre la table pour pouvoir
poursuivre la réflexion quant à la recevabilité de ce projet. Et, à cet égard,
on est en étroite collaboration avec le maire de Québec, Bruno Marchand.
Puis, en terminant, un troisième point qui
me tient beaucoup à cœur, c'est l'avenir de Saint-Roch, et puis je travaille
très fort avec Bruno Marchand là-dessus, et le président du réseau de l'Université
du Québec, M. Alexandre Cloutier, pour penser Saint-Roch dans une logique de
quartier universitaire latin 2.0, pour parachever la vision qu'avait Jean-Paul L'Allier.
Parce que vous savez qu'on a, chez nous, une concentration importante de sièges
sociaux universitaires, dont l'ENAP, la TELUQ, bien sûr, le siège social de
l'UQ et la TELUQ, et on va développer Saint-Roch dans une logique universitaire.
• (13 heures) •
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Alors, nous avons terminé les blocs d'échange. Merci à tous pour la
discipline. Je vous remercie.
Adoption des crédits
Alors, étant donné que le volet Capitale-Nationale
des crédits budgétaires du portefeuille Affaires municipales et habitation...
étant écoulé, nous allons mettre aux voix, maintenant, les crédits du programme
intitulé... le programme 6, intitulé Promotion et développement de la
Capitale-Nationale, est-il adopté?
Des voix : Adopté.
M. Tanguay
: Sur
division.
Le Président (M. Schneeberger) :
Adopté. En terminant, je dépose... adopté subdivision, alors... sur division,
pardon.
Documents déposés
Alors, en terminant, je dépose les
réponses et demandes de renseignements des oppositions.
Alors, compte tenu de l'heure, la
commission ajourne ses travaux à demain, jeudi 14 avril, 13 h 45, où
nous allons entreprendre l'étude du volet Régions des crédits budgétaires du
portefeuille Affaires municipales et habitation. Alors, sur ce, je vous
souhaite un bon dîner. Merci à tous.
(Fin de la séance à 13 h 01)