(Onze heures quarante-six minutes)
Le Président (M. Schneeberger) :
Alors,
bon matin à tous. Ayant le quorum, je déclare la séance de la Commission de
l'aménagement du territoire ouverte.
Alors, nous sommes réunis ce matin afin de
procéder à l'étude du volet Affaires municipales des crédits budgétaires du
portefeuille Affaires municipales et Habitation, pour une durée de
1 h 45 min, l'exercice... de l'exercice
financier 2026-2027.
Est-ce qu'il y a des remplaçants, M. le
secrétaire?
Le Secrétaire : Non, M. le
Président, il n'y a pas de remplacement.
Affaires municipales
Discussion générale
Le Président (M. Schneeberger) : OK.
Alors, j'aurais besoin d'avoir du consentement de la table. Étant donné qu'on
commence en retard, et quand même un bon retard, du côté ministériel, il n'y
aura pas de bloc pour eux. Alors, ils ont eu zéro minute, et il va falloir
couper de votre côté, là, deux minutes. Vous avez trois des... C'est tous des
blocs de 21 minutes, alors vous aurez environ des blocs de 17...
17 min 14 s. C'est correct, consentement? Parfait.
Alors, je vais laisser la députée de... la
députée de Vaudreuil, et je voulais dire «Argenteuil», parce que... Ça ne
change pas, hein? C'est toujours pareil, je me mêle toujours entre vous deux.
En plus, vous êtes toujours en commission. Alors, députée de Vaudreuil, vous
avez 17 min 14 s. Je vous laisse débuter ce bloc.
Mme Nichols : Merci. Merci, M.
le Président. D'abord, permettez-moi de saluer le nouveau ministre des Affaires
municipales. Permettez-moi aussi de remercier de... tout le personnel qui
l'accompagne, le personnel du ministère, les fonctionnaires, les équipes de
soutien pour leur travail. C'est toujours une grosse période, la... la période
des crédits. C'est beaucoup de... beaucoup de stress, on va le dire comme ça.
Bien, pour assurer le bon déroulement, bien, je sais qu'il y a une grande
préparation en arrière de tout ça, donc je vous remercie, je vous remercie
d'avance.
Je veux aussi souligner le travail essentiel des
nombreux partenaires, là, qui oeuvrent dans le domaine municipal, qu'on
consulte pour une meilleure préparation. Puis je pense, entre autres, aux
maires, aux mairesses, aux conseillers municipaux, à la FQM, à l'UMQ, aux associations
des directeurs municipaux, là, qui, jour après jour, contribuent à assurer, là,
un service ou, enfin, nous tiennent au courant, là, de ce qui se passe, là,
dans le... dans le monde municipal.
Ceci dit, M.
le Président... bien, je vous salue aussi, je salue votre équipe qui vous
accompagne. Ceci dit, M. le Président,
les études de crédits se déroulent toujours dans un contexte où il y a bien des
enjeux importants, là, qui sont mis... qui
sont mis de l'avant, qui... qui se dessinent dans le monde municipal ou qui
sont d'actualité. Le ministre ne sera pas surpris d'entendre que la
fiscalité municipale est sous pression, qu'on a des infrastructures qui tombent
en ruine, puis je dis «on» en parlant du monde municipal, qu'il y a des coûts,
des coûts très importants pour nos municipalités dans les dernières années. Nos
élus sont sortis, entre autres, je pense à la mairesse de Longueuil. Il y a les
infrastructures en eau qui se dégradent à la vitesse grand V, qui demandent des
investissements majeurs. Il est donc essentiel, au cours de nos échanges,
évidemment, là, d'aborder... d'aborder puis de faire la lumière sur ces
enjeux-là pour mieux comprendre les dommages, entre autres, puis je vais dire
des huit dernières années, là, parce que je suis un peu marquée par le PQI, sur
lequel j'ai accordé beaucoup d'importance dans les derniers jours.
• (11 h 50) •
Donc, étant donné qu'on est serrés dans le
temps, je vais tout de suite commencer, M. le Président. Parce qu'on le sait,
parce qu'on est allés... on en a parlé un peu plus tôt, à la période de
questions, là, mais on... on se tient, M. le ministre, là, dans les mêmes
événements, entre autres aux assises de l'UMQ, qui ont... qui ont eu lieu
récemment, l'Assemblée des MRC, là, qui a lieu à la FQM. Suite à votre
intervention, en période de questions, là, je comprends qu'on n'a pas le même
enthousiasme, ou on... ou, en fait, ce n'est pas le même message qui se rend...
qui se rend à nous.
Moi, ce que j'entends du monde municipal, c'est
que les infrastructures d'eau sont à bout de souffle, que les infrastructures
tombent en ruine, que les besoins explosent, que les coûts sont difficilement
absorbables pour les contribuables municipaux. Puis, on va se dire les vraies
affaires, là, quand on parle des contribuables municipaux, là, c'est les
citoyens, là. Ceux qui paient des impôts paient aussi des taxes, des taxes
municipales. Donc, il y a une capacité de payer des
citoyens qui est pas mal limite. Puis, pendant ce temps-là, bien, vous le
savez, les municipalités ont de moins en moins de sources de revenus. Il y a
plusieurs villes qui doivent ralentir ou qui doivent même bloquer des projets
résidentiels. Il y a des municipalités au Québec qui ont des moratoires de
construction, parce qu'ils n'ont pas la capacité suffisante en eau potable ou
en traitement des eaux usées. C'est très préoccupant, M. le ministre.
Je veux juste rappeler, entre autres, là, que
les municipalités sont responsables de plus de 101 000 kilomètres de
réseaux, de réseaux d'eau, d'égout, aqueducs, 10 400 infrastructures. Il y
a 43 municipalités au Québec qui ont dû restreindre leurs projets. Ça,
c'est juste en 2025. Et c'est 36 000 unités de logements qui ont...
qui ont été freinées, là, que la construction n'a pas eu lieu.
Ma première question pour... pour le ministre,
si on regarde le PQI de 2018, c'était 7,3 %, le PQI de 2026, c'est
4,3 %, qu'est-ce qui explique cet écart d'investissement dans le PQI?
Le Président (M. Schneeberger) : ...
M. Poulin : Merci beaucoup, M. le
Président. Je vais répondre, évidemment, à la question de la députée, mais
d'ailleurs je veux saluer mes collègues. La députée de Sherbrooke... j'étais à
Sherbrooke, d'ailleurs, en fin de... la semaine dernière, alors c'est un
plaisir de vous retrouver. Jean Charest disait «Sherbrooke». J'ai toujours
trouvé ça très beau, mais on va dire Sherbrooke, pas de problème, Mme la
députée. La députée de Vaudreuil, c'est un plaisir, effectivement, où on a eu
un échange ce matin à la période des questions, mais je pense qu'on est
d'accord sur plusieurs éléments, elle et moi, donc on pourra y venir.
Évidemment, mon adjointe parlementaire, la députée d'Argenteuil, que c'est un
plaisir, le député de Côte-du-Sud. Et à mon tour de saluer la brigade du
ministère des Affaires municipales qui nous
accompagne aujourd'hui afin que nous puissions échanger sur ces dossiers fort
importants.
Je remercie la députée sur sa question sur la
notion du PQI. Parce que, globalement, les transferts au PQI sont de
7,3 milliards de dollars, les sommes attitrées au PQI. Là où on vient
dire «ça a diminué», c'est parce qu'on a haussé en santé et en éducation.
Puis d'ailleurs c'est une demande des villes, hein, souvent, de hausser les
sommes financières pour le CLSC, pour la rénovation d'un hôpital. Je pourrais
penser à Maisonneuve-Rosemont, notamment, où le milieu municipal réclamait des
investissements. Nous avons également donné de nouvelles écoles, qui fait en
sorte que... Les municipalités nous demandaient d'avoir une école de plus.
Donc, c'est pris à même le PQI.
Maintenant, globalement, les transferts aux
municipalités ont augmenté, 2018, 4,76 milliards, maintenant on est à
7,4 milliards. Donc, quand on prend la TECQ, le point de TVQ, nos
programmes municipaux, il y a une augmentation. Et les transferts des municipalités
ont donc fait en sorte d'avoir davantage de résultats à ce niveau-là. Mais,
oui, la... pour répondre à la députée, c'est vrai, nous avons augmenté nos
investissements comme gouvernement en santé, en éducation, en transports,
notamment...
Mme Nichols : Merci, merci...
M. Poulin : ...qui sont des demandes
municipales.
Mme Nichols : Qui sont des demandes
municipales, mais qui n'ont rien à voir avec... avec les... les investissements
dans les infrastructures municipales, là. Moi, je vous...
M. Poulin : La voirie... la voirie
locale, oui. La voirie locale a à voir avec les municipalités.
Mme Nichols : Bien oui, mais la
voirie...
M. Poulin : Donc, c'est pris à
l'enveloppe du ministère des Transports, mais c'est une demande du milieu
municipal. Alors, il n'est pas calculé dans les Affaires municipales au PQI, il
est calculé dans les transports, mais oui, ça bénéficie aux infrastructures
municipales.
Mme Nichols : À part la voirie
locale, là, faites-moi pas accroire que la santé a à voir là-dedans, a un lien direct, là. Moi, je vous parle des infrastructures
municipales, là. Puis, quand on parle du 7,3 % aux 4,3 % de 2018 à
2026, sur huit ans, c'est le même... ça représente le même montant, il y
a une diminution du pourcentage. Vous avez raison, vous avez augmenté de
88 % le PQI général, mais la part du municipal reste la même chose. Puis,
si je vous le donne en dollars, ça reste 7,3 milliards de dollars sur
huit ans, alors que le gouvernement en jette encore plus dans la cour des
municipalités, là. Les municipalités sont maintenant responsables de
l'itinérance, de la construction de logements, de... puis... puis je l'ai dit,
là, les infrastructures tombent en ruine, là. La voirie locale, elle va en avoir
besoin encore d'un peu plus. Si on regarde
juste les nids de poule, ils sont quand même bien responsables de
l'entretien.
Donc, expliquez-moi comment une municipalité
peut faire plus quand ils ont plus de responsabilités, mais que le montant en
huit ans reste le même, parce que, je le répète, le montant,
7,3 milliards, reste le même en huit ans, mais que les coûts ont explosé.
Parce que j'ai besoin de vous rappeler que la mairesse de Longueuil nous disait
combien ça coûte, un feu de circulation, un jeu dans un parc. Ça n'a aucun
sens.
M. Poulin : ...bien, tout à fait. Et
on partage le même avis sur le coût de nos infrastructures, qui a augmenté dans
les dernières années. Donc, si on est pour transférer davantage d'argent aux
villes, mais qu'on en fasse moins, on ne sera pas avancés. Je suis convaincu
que la députée de Vaudreuil est d'accord avec nous là-dessus.
C'est pour cette
raison-là, et on va y venir, qu'il y aura des états généraux en juin avec la
participation du privé pour diminuer ces coûts-là. On est dans un exercice de
crédits budgétaires. Le logement, la part au niveau du logement, elle a
augmenté, c'est une demande municipale. La voirie locale, là, ce n'est pas à
mettre de côté. Tous les maires au Québec nous en demandent, notamment la Fédération
québécoise des municipalités, nous l'avons augmenté. Je me souviens,
l'enveloppe était vide lorsque nous sommes arrivés. Nous l'avons fait.
Une voix : ...
M. Poulin : M. le Président, je
pense que je devrais avoir un peu de temps pour répondre, là, je... on essaie
d'être proportionnels dans nos réponses, là, donc je pense que c'est important.
Également, au niveau des transferts aux municipalités... parce que, là, on
prend le PQI, mais les transferts aux municipalités, qui permet de faire de
l'infrastructure, a augmenté, est parti de 4,73 milliers à
7,4 milliards. Donc, il y a eu une augmentation des transferts dans les
municipalités, M. le Président, c'est important de le dire et de le mentionner.
Maintenant, lorsqu'on parle d'itinérance,
lorsqu'on parle de tous les autres enjeux, les Affaires municipales, c'est
également l'affaire de l'ensemble du gouvernement du Québec. Mais nous, de
notre côté, là, lorsqu'on investit en transport, y compris sur les routes
provinciales, ce sont des demandes des municipalités également.
Le Président (M. Schneeberger) :
Juste, peut-être, essayer aussi de respecter les temps. Je comprends des fois
qu'il y a une question puis qu'on demande de ventiler la question, la réponse
est plus longue, mais on essaie de ne pas étirer le temps, M. le ministre.
M. Poulin : Mais je pense que, si on
prend les temps, M. le Président, je suis... je suis correct, là.
Mme Nichols : Mais c'est parce
qu'on...
Le Président (M. Schneeberger) :
...c'est bon.
Mme Nichols : ...c'est parce qu'on
essaie de mettre la table quand on pose la question pour être sûr d'avoir une
réponse précise à la question, mais on va faire ça plus court, on va... Je vous
demande d'appliquer la proportionnalité, M. le Président, comme le ministre l'a
demandé. Parfait.
La dernière réponse. Je veux avoir des chiffres.
Maintenant, donnez-moi des chiffres sur les... sur les enjeux que vous venez de
me soulever. Vous avez parlé de voirie locale. C'est combien? Vous avez parlé
que vous donnez pour... vous contribuez aux municipalités pour le logement,
pour le... Donnez-moi des chiffres.
M. Poulin : ...on peut certainement
vous les donner, vous comprenez qu'ils ne relèvent pas directement du ministère
des Affaires municipales, ces enveloppes-là, puisqu'on est dans les crédits des
Affaires municipales. Maintenant, lorsqu'on regarde, effectivement, la proportion
PQI, Affaires municipales, est de 7,3 milliards. Au niveau des transports,
en cours de rencontre, on pourra vous les fournir. Vous comprenez que ça ne
relève pas de notre ministère, dans les proportions, mais, voirie locale, on
est arrivés avec des enveloppes budgétaires de 250, 350 millions de
dollars par budget, applaudies par les municipalités et souhaitées. Au niveau
de l'habitation, on a également eu des hausses qui ont été faites dans les
dernières années, donc on pourra vous les fournir sans problème.
Mme Nichols : Très bien.
M. Poulin : Transport et habitation,
surtout que vous aviez des demandes, Mme la députée, vu que c'est... pour bien
répondre à votre question.
Mme Nichols : Oui.
M. Poulin : Parfait. Excellent.
Mme Nichols : Le déficit actuel
d'investissement dans les infrastructures municipales se chiffre à combien?
M. Poulin : En fait, la... le
déficit des infrastructures municipales relève des municipalités. Donc, ce sont
les municipalités qui détiennent cette information-là, puisque chacun est
responsable de faire l'inventaire de ses infrastructures, des coûts et des
enjeux. Somme toute, et je pense que c'est une donnée qui est quand même
importante, 95 % des installations d'approvisionnement, de traitement, de
distribution d'eau potable, et 92 % des installations de collecte et
traitement des eaux usées et pluviales sont estimées dans un état satisfaisant.
Alors, ça, c'est une étude indépendante, le... du CERIU qui a été faite, c'est
important de le mentionner.
Il y a quand
même eu des informations à l'effet que 19,3 milliards seraient requis si
l'on devait remplacer, en 2024, c'est la dernière fois, toutes les
infrastructures en eau à risque de défaillance élevé ou très élevé. Donc,
effectivement, c'est... c'est quelque chose qui a été fait en même temps...
donc doit être fait en même temps. D'ailleurs, Monique Jérôme-Forget et Nicolas
Marceau nous les ont mentionnés la semaine dernière, que les précédents
gouvernements ne s'en étaient pas occupés.
Le Président (M.
Schneeberger) : Merci. Merci.
Mme Nichols : ...ma question était
cinq secondes. On parlait des montants nécessaires pour mettre en... remettre à
niveau les réseaux existants. Est-ce que... vous avez fait allusion, là, au
rapport de Mme Jérôme-Forget. C'est combien en milliards de dollars qui
seraient nécessaires simplement pour remettre à niveau les réseaux existants?
M. Poulin : Bien, je fais référence
à ma réponse précédente. Les dernières évaluations du ministère des Affaires
municipales sont à 19,4 au niveau de l'eau.
Mme Nichols : Milliards?
• (12 heures) •
M. Poulin : Milliards, oui,
effectivement. Et maintenant les municipalités sont responsables de faire leur
propre inventaire. 95 % est en bon état, mais on est conscients qu'il y en
a qu'il y a des changements qui peuvent être faits dans les cinq prochaines
années ou 10 prochaines années, alors ce n'est pas tous pour des dépenses
annualisées.
Mme Nichols : Parfait. Puis comment
vous pouvez venir en aide aux municipalités? Comment vous pouvez venir en aide,
là? Il y a 19,4 milliards de dollars juste pour maintenir... pour
mettre à niveau les réseaux existants puis...
M. Poulin : Oui. Bien, premièrement,
c'est important de le dire... Puis la responsabilité des infrastructures
municipales est une responsabilité partagée entre les municipalités, qui
reçoivent des transferts du gouvernement, 4,76
à 7,4 milliards, en hausse constante, plus un PQI de 7,3. Donc, quand on
fait le calcul, 7,3 plus 7,4, on est au-dessus de
14 milliards de dollars.
Pour venir en aide aux municipalités, c'est de
pouvoir poursuivre nos investissements dans les prochaines années, notamment la
TECQ, qui est confirmée jusqu'en 2027, je pense. Ensuite, nous avons le point
de TVQ de façon annuelle, nous avons le PRABAM, le PRIMEAU, le PRACIM. Alors,
l'ensemble de ces programmes-là, sur lesquels on aura la chance de discuter
dans les prochaines minutes, je n'en doute pas, ce sont des investissements qui
sont donnés aux municipalités pour pouvoir le faire. Voilà.
Mme Nichols : Parce que... bien, on
va en revenir au programme, là, parce que c'est beau avoir des programmes, mais
quand il n'y a pas d'argent dedans, c'est bien difficile d'aider nos
municipalités. Puis ici, on parle de 19,4 milliards, là, juste pour
entretenir, là, des réseaux qui sont élevés et à risque, là. C'est quand même
assez important. On ne veut pas... Tu sais, on dit : On va mettre, en
2027, des programmes pour les aider, là. C'est là, là, que ça tombe en
décrépitude, là. Puis on le voit, là. À tous les jours, l'actualité nous dit
une place où, tu sais... où ça pète, on va se dire les vraies affaires, où ça
pète.
M. Poulin : Peut-être... Peut-être
un commentaire sur ce que vous venez de mentionner. Également, les surplus à
l'intérieur des municipalités ont augmenté dans les dernières années, 4,76 à
8,3 milliards. Donc, non seulement les transferts ont augmenté, le PQI est
là, mais également les municipalités ont plus d'argent dans leurs coffres
qu'ils en avaient pour aussi se donner cette prévisibilité-là d'entretien dans
les prochaines années.
Mme Nichols : On en reparlera avec
les municipalités. Je ne suis pas... je ne suis pas tout à fait d'accord
avec... qu'ils ont beaucoup d'argent dans leurs coffres, là.
M. Poulin : ...Mme la députée, ce
n'est pas ce que j'ai dit. J'ai dit qu'il y avait une augmentation des sommes
qui étaient mises de côté pour justement faire en sorte d'investir dans les
prochaines années. C'est tout ce que j'ai mentionné.
Mme Nichols : Parce que les
municipalités n'ont pas d'argent dans leurs coffres.
M. Poulin : Bien, il y en... il y en
a qui ont des surplus, oui.
Mme Nichols : Je voulais vous parler
du délai dans les ententes, là, Québec-Canada. 24 mois, entre autres, là, près
de 24 mois entre l'annonce et la signature pour une entente dans le...
dans le cadre du Fonds canadien pour les infrastructures reliées au logement.
Et finalement, cette enveloppe-là a été signée. Je veux savoir... parce que,
là, on est serrés dans le temps, on a commencé en retard, je veux savoir, cet
argent, bien, un, pourquoi ça prend 24 mois, pourquoi on est la dernière
province à signer, quel est le montant, puis il est où, cet argent-là, puis il
va être disponible quand.
M. Poulin : Bien, moi... Et, Mme la
députée, je suis sûr qu'on se rejoint, on croit au fédéralisme, on croit à un
Québec fort à l'intérieur du Canada...
Mme Nichols : C'est noté.
M. Poulin : ...et
à la possibilité d'aller chercher des sommes à Ottawa. Et j'apprécie sa
question parce qu'il faut aller chercher ces sommes-là du côté du gouvernement
fédéral pour pouvoir les investir à l'intérieur de nos villes et nos municipalités.
D'ici le 24 juin, FCIL, je le mentionnais à la FQM ce matin,
955 millions, alors le programme sera lancé d'ici le 24 juin.
Mme
Nichols : Vous en avez parlé, là, du fédéralisme. Vous, oui
ou non, oui ou non pour la séparation du Québec?
M. Poulin : Moi, je n'en veux pas,
de référendum. Je n'en veux pas.
Mme Nichols : Ça, c'est clair, là.
Mais, s'il y en a un, vous votez pour ou vous votez contre?
M. Poulin : Ah! non, non, moi, je
n'en veux pas. Je vais faire campagne en Beauce, M. le Président, pour
s'assurer qu'il n'y ait pas de référendum parce que ce serait terrible pour nos
entreprises, ce serait terrible sur l'impact économique, notamment avec les
États-Unis.
Mme Nichols : Oui, ça, on l'a
compris dans...
M. Poulin : Alors, Mme la députée,
je vous garantis une chose, je ferai campagne contre un référendum.
Mme Nichols : C'est noté, la
campagne contre le référendum. Mais, si on se rend au référendum, vous allez
voter oui ou non?
M. Poulin : On n'en veut pas, vous
et moi, on n'en veut pas. Alors, il n'y en aura pas, de référendum.
Mme Nichols : C'est bon. Parfait.
Vous avez bien appris... vous avez bien appris votre rôle.
M. Poulin : Non. Je le crois, j'y crois.
Mme Nichols : C'est... Le FCIL,
c'est combien... c'est combien, le montant?
M. Poulin : 955.
Mme Nichols : Puis il va être
disponible à partir de?
M. Poulin : D'ici le 24 juin.
Mme Nichols : Il va être versé dans
quel programme? Parce qu'il faut que ce soit versé dans un programme.
M. Poulin : Il y aura... Bien, on va
dévoiler le programme ensemble. Bien, c'est le FCIL, alors le fonds pour le
logement abordable notamment. Et il y aura différents volets que nous allons
venir détailler d'ici le 24 juin.
Mme Nichols : Parfait. Puis est-ce
que vous avez une idée sur comment il va être réparti à travers le Québec
dans... Il va y avoir des grilles ou ça va être premier arrivé, premier servi?
M. Poulin : Le tout sera dévoilé
d'ici le 24 juin. C'est à venir.
Mme Nichols : Très bien.
Le Président (M. Schneeberger) : ...nous
allons du côté de la deuxième opposition, et j'entends la députée de Sherbrooke
pour 16 min 50 s.
Mme Labrie : Merci, M. le Président.
Bonjour, M. le ministre. Je vous recommande de dire Sherbrooke et de vous
inspirer le moins possible de Jean Charest dans votre parcours politique. Je
vais y aller rapidement parce qu'on a juste 16 minutes.
Ma première question est en lien avec le rapport
Marceau-Jérôme-Forget. Vous avez nommé tout à l'heure, bon,
19,4 milliards, le déficit d'infrastructures pour l'eau. Ça, c'est des
chiffres de votre ministère. Le rapport parlait de 49,7 milliards de déficit de maintien d'actifs pour l'ensemble
des infrastructures municipales. Pourtant, dans le PQI, il n'y a rien de
prévu pour résorber ce déficit de maintien des actifs. Donc, moi, je voudrais
savoir: Est-ce que le ministre a un plan pour ça? Je suis certaine que le
ministre est conscient de l'importance d'entretenir ses actifs. Il vient de passer plusieurs mois à l'Économie, il
est au courant que les gens responsables font ça. Donc, c'est quoi, son
plan?
M. Poulin : Oui. La députée a
entièrement raison, M. le Président, sur le développement d'actifs puis le
maintien d'actifs. Le chiffre qui se retrouve, c'est qu'on peut prendre
l'ensemble des infras pour lequel on est responsables et dire : Il y aura
une proportion d'ici 10 ans qu'on pense qui est à refaire. Nous, au niveau
en eau, on est à 19,3, mais sur un total d'ouvrages au
Québec, 101 000 conduites souterraines que nous parlions tout à l'heure,
d'une valeur d'à peu près 188 milliards, qui n'est pas tout à refaire en
même temps, puis personne n'aurait la même capacité de les faire dans la même
année au Québec, on n'aurait pas les donneurs d'ouvrage, on n'aurait pas la
capacité de pouvoir le faire.
Donc, une des façons, là, de pouvoir le faire,
honnêtement, c'est réellement de revoir nos coûts. Et c'est pour cette
raison-là qu'on tient une rencontre en juin prochain avec le secteur privé,
parce que, des coûts de tuyaux si élevés que ça, on n'y arrivera pas, puis les
municipalités partent en appel d'offres. Alors, il y aura le FCIL prochainement,
mais il y aura aussi... évidemment, bon, il y a l'utilisation de la TECQ, du
point de TVQ, les transferts que nous venons... le PQI. Donc, nous avons des
programmes qui sont disponibles. Moi, je travaille avec la marge de manoeuvre
financière qui a été donnée en mars dernier, mais notre objectif, c'est de
travailler avec les municipalités, d'accueillir les projets et voir ce qu'il en
est. Puis d'ailleurs j'ai l'intention d'en confirmer prochainement, des
PRIMEAU, donc, qui étaient là avant mon arrivée.
Mme Labrie : Parce
que, moi, ma compréhension, c'est qu'en ce moment, au PQI, il n'y a rien pour
la prise en charge du déficit de maintien des actifs des infrastructures
municipales. Je comprends que le ministre veut faire des états généraux, mais,
après, il y aura, donc, des recommandations, puis il va falloir faire des
investissements, là, on ne s'en sortira pas, là. Peu importe ce qui sort de là
comme recommandation, il va falloir... il va falloir entretenir les actifs.
Donc, j'aimerais savoir c'est quoi que lui... C'est quoi, sa marge de manoeuvre
à lui, finalement, là?
M. Poulin : C'est le
7,3 milliards dans le PQI, ça va pour le maintien d'actifs. Donc, ça, cet
argent-là, elle y va pour le maintien d'actifs, plus les transferts qui
sont donnés de 7,4 en 2026. Alors, cet argent-là est là en place pour le
maintien d'actifs. Puis d'ailleurs, cet été, vous allez en voir, là, des
travaux au Québec qui ont été autorisés, soit l'année dernière, aux
municipalités, et il y aura de l'aqueduc, égouts qui va se faire sur des
réseaux existants dans plusieurs régions du Québec cet été, là, grâce à ces
sommes-là, d'ailleurs.
Mme Labrie : Puis
autour de son... de ces états généraux qu'il organise, est-ce qu'il arrive là,
lui-même, avec une certaine marge de manoeuvre pour mettre en place les
recommandations qui vont en découler?
M. Poulin : Oui.
J'ai... Évidemment, tout à l'heure, la députée de Vaudreuil citait la mairesse
de Longueuil, Catherine Fournier, avec qui j'ai passé beaucoup de temps, qui
avait lancé cette idée-là il y a un an, de tenir les états généraux. Puis notre
objectif, c'est d'arriver avec des idées très efficaces, rapides, qui
fonctionnent et sur lesquelles on va être capables de l'avoir. Puis, des fois,
ce n'est pas toujours des sommes que des arrimages et de la prévisibilité qu'on
doit donner aux municipalités et au secteur privé.
Alors, oui, j'arrive
avec cette marge de manoeuvre là d'idées. Ça ne veut pas dire que ce sera des
annonces à saveur financière, c'est
important de le mentionner, parce que j'ai un budget, j'ai un cadre financier.
Puis méfiez-vous des gens qui vont vous dire qu'ils vont augmenter les
budgets du jour au lendemain dans le PQI. Est-ce qu'ils vont couper en santé?
Est-ce qu'ils vont couper en éducation? Ils vont couper en places en services
de garde? Soyons prudents avant de donner de l'argent à ce niveau-là. Moi, ce
que je vous dis, c'est qu'à l'intérieur du 14 milliards qu'on a, là, on
peut faire mieux en termes de coûts, en termes de prévisibilité.
Puis il y a des
municipalités qui ont la TECQ qui ne peuvent même pas l'affecter présentement
pour le maintien d'actifs parce qu'ils ne savent pas, l'année prochaine, dans
deux ans, dans trois ans, leurs besoins. Il a des nouveaux maires qui ont été
élus il y a six mois à peine qui sont en train encore de faire le tour de leurs
réseaux souterrains puis de voir leurs besoins. Alors, moi, je vais travailler
avec eux pour leur donner la meilleure prévisibilité, puis ça fera partie des
enjeux au mois de juin.
Mme Labrie : Donc,
je comprends que la marge de manoeuvre, elle est essentiellement au niveau des
normes, règles, fonctionnement, processus, elle n'est pas tant financière.
M. Poulin : Cette
marge de manoeuvre là va me permettre éventuellement d'économiser des sommes
pour en faire plus avec l'argent que nous avons.
Mme Labrie : OK.
En ce moment, il y a plus de 200 programmes de financement pour des
infrastructures municipales. Il y en a plus d'une... Il y en a un grand nombre
là-dedans qui relèvent du gouvernement, de différents ministères, d'ailleurs,
pas seulement... pas seulement le vôtre. Est-ce qu'il y a un travail d'analyse
en cours pour essayer de simplifier tout ça, un peu comme la ministre de
l'Éducation l'a fait pour toutes les enveloppes, pour donner plus d'autonomie,
finalement, sur le terrain?
• (12 h 10) •
M. Poulin : Bien,
merci beaucoup pour la question. J'apprécie énormément. Il n'y a pas
200 programmes au ministère des Affaires municipales pour les infrastructures.
C'est un chiffre qui a été mentionné, je sais, pas par vous, là, mais par les
unions.
Mme Labrie : ...vous,
là, mais 200 programmes qui existent, tous ministères et paliers de gouvernement
confondus, oui.
M. Poulin : Probablement
que si, effectivement, on additionne l'Environnement, la programmation
routière, l'Agriculture, puis... là, on arrive à un 200. Puis c'est
symptomatique d'une société, hein, vous savez, on nous demande un besoin, alors
le gouvernement du Québec développe un programme pour pouvoir y répondre. Puis,
si le gouvernement ferme un programme, on va dire : Bien là, il a fermé le
programme. Alors, ce n'est jamais simple lorsqu'on est là-dedans.
Ce matin, j'ai annoncé que nous, du côté du
ministère des Affaires municipales, nous allons regrouper les programmes,
notamment en ce qui concerne l'ATCL, donc pour la transition climatique,
auxquels nous avons à coeur. J'ai vécu les inondations en Beauce, je sais ce
que c'est. Alors, pour mieux regrouper nos programmes d'aide, on avait le PRAFI,
il y avait différents volets. Donc, on va faire une enveloppe pour simplifier
le versement aux municipalités. Donc, oui, aux Affaires municipales, on va
faire ce travail-là.
Et notre intention, en annonçant notre politique
deux pour un, qui fait en sorte qu'avant d'ajouter un règlement, un ordre, une
formalité, on doit en retirer deux, ça va aussi nous permettre d'élaguer, si on
veut, cet enjeu-là, mais il y aura toujours du travail à faire dans les
programmes. Maintenant, il faut être prudent avant d'en fermer un. Des fois,
c'est de le fusionner, de l'aménager, de regrouper les aides financières. Nous
le faisons présentement au ministère des Affaires municipales.
Mme Labrie : Exact. C'était ça, le
sens de ma question, là, de fusionner les enveloppes, parce qu'en ce moment, la
façon que c'est fait, ça force les villes à faire des choses que... ce n'est
pas nécessairement les infrastructures qu'elles auraient priorisées elles-mêmes
si elles avaient eu le choix. Donc, c'est ça, l'orientation que le ministre
prend?
M. Poulin : Oui, et ça amène l'enjeu
des dates de programme qui sont différentes, des analyses, de la capacité de
nos équipes de pouvoir analyser des projets, qui fait que si les dates sont en
même temps, ça va être encore plus long. Des fois, on dit : Ah! M. le
ministre, on vous a déposé tel projet dans tel programme, on n'a pas de
réponse. Bien, des fois, c'est parce qu'on en a reçu trop, parce que les dates
n'étaient pas alignées. Alors, il y a toujours ce travail-là à faire et on va
continuer de le faire.
Mme Labrie : Parlant de recevoir
trop de demandes, je vais peut-être aller directement là-dessus, dans le
programme PRIMEAU, on voit que... en tout cas, les chiffres qu'on a, qui datent
du 19 février, il y avait eu 219 demandes approuvées, 130 qui avaient
été refusées. Donc, c'est un taux de rejet d'à peu près 37 %. On peut
penser que les demandes dans le cadre de ce programme-là sont toutes
éventuellement essentielles pour les municipalités concernées. Donc, j'aimerais
comprendre un peu plus, là, pourquoi il y a un taux de rejet aussi élevé.
Est-ce qu'il y a des projets qui n'étaient pas conformes? Est-ce que c'est
l'enveloppe qui n'est pas suffisante? Et, si c'est le cas, qu'est-ce qui est
prévu pour permettre aux municipalités de réaliser ces projets?
M. Poulin : Bien, merci beaucoup
pour la question, encore une fois, parce qu'on est dans le concret de la
réalité municipale, et j'apprécie. Il y a effectivement des données que vous
nous donnez où on dit : L'enveloppe du PRIMEAU est à 2,4 milliards, 2023‑2033,
dont 1,4 milliard pour les petites et moyennes municipalités puis
1 milliard pour les grandes villes. Il y a des sommes de réservées aux
grandes villes à ce niveau-là, notamment Québec et Montréal.
Pour le nombre de projets, il y en a qui ne sont
pas admissibles, par exemple, parce que c'est du développement. Donc, quand on
disait tout à l'heure : Arrêtez de couper des rubans puis faites du
maintien d'actifs, je reprends un peu la prémisse de votre première question,
nous sommes à analyser, et nous en sortons, là, presque à chaque semaine, des
programmes... des projets dans les municipalités, de maintien d'actifs à
l'intérieur des enveloppes budgétaires que nous avons.
Maintenant, il y a aussi des projets qui nous
sont déposés pour de l'agrandissement, donc, du prolongement d'aqueducs,
égouts, que nous viendrons — dans
le programme, tout à l'heure, le FIERH de 955 millions — définir
les volets pour lesquels ces projets-là pourraient être accessibles. Donc, je
pourrais avoir des projets que vous venez de me parler, du PRIMEAU, que je vais
transférer dans le FIERH pour lequel je vais avoir de l'argent parce que c'est
de la prolongation de services d'aqueducs et d'égouts.
Pour le maintien d'actifs, le PRIMEAU est là, à
l'intérieur des sommes, c'est sur 10 ans. Donc, je travaille avec des
enveloppes qui sont annualisées, mais, vous avez raison, il y a des besoins, il
y a des demandes, et on essaie, à travers les marges de manoeuvre qui nous sont
données, d'en faire le maximum.
Mme Labrie : Donc, le ministre me
dit que, dans le fond, il y a des demandes qui sont rejetées parce qu'elles
n'étaient pas admissibles. Moi, ce que ce que je vois, c'est qu'il y a un enjeu
par rapport à c'est quoi, les normes, finalement, pour qu'un projet soit
admissible. Il y a-tu un guide disponible pour ça? Parce que ce n'est pas
normal que les municipalités déposent un projet puis qu'elles se fassent
dire : Bien là, vous n'étiez pas admissibles. Normalement, les critères
d'admissibilité, ils sont supposés le savoir d'avance, là.
M.
Poulin : Oui, bien, des fois, les projets sont doubles, il
y a une partie qui est du maintien d'actifs puis il y a une partie qui
est du prolongement. Donc, c'est pour ça qu'on départit tout le temps avec les
municipalités ces enjeux-là. Pourquoi, par moments, des fois, une municipalité
va nous le déposer? C'est que... Puis vous avez raison, là, il y a un guide, premièrement
dans le volet 1 du PRIMEAU, mise aux normes visant la conformité à la réglementation, règlement sur la qualité de l'eau, règlement
sur les ouvrages municipaux, construction, réfection ou agrandissement
d'infrastructures d'eau potable et d'eaux usées. Le taux applicable varie,
selon la taille de la municipalité, de 65 % à 95 %. C'est que, des
fois, la ligne est assez mince, et on ne dit pas qu'on les rejette, mais on les
accompagne, on les redirige et on leur explique.
C'est que, par moments, lorsqu'on est dans
l'agrandissement, par exemple, d'une usine d'épuration, la municipalité va
aller le taxer parce qu'elle a des nouveaux résidents qui vont se raccorder.
Donc, je le mets très entre guillemets, là, ça peut s'autofinancer, d'une
certaine façon, sur 10 ans, sur 15 ans ou sur 20 ans. Nous, si
on veut réellement agir sur le maintien d'actifs, c'est pour cette raison-là
que nous investissons, avec le PRIMEAU, sur leur sous-sol actuel.Mais
notre objectif, puis pour chaque municipalité, et j'insiste là-dessus auprès
des équipes, j'aimerais rappeler, M. le Président, que ça fait cinq semaines,
là, que j'ai été nommé ministre des Affaires municipales, lorsqu'il y a une
municipalité, des fois, que ça n'a pas cadré, notre but n'est pas de la
rejeter, mais de l'accompagner sur la bonne façon. Puis peut-être que je n'ai
pas insisté là-dessus. La TECQ, c'est l'autonomie municipale de choisir où ils
la mettent. Le point de TVQ, c'est l'autonomie municipale de pouvoir le faire.
Alors, ils peuvent choisir, à l'égard des sommes qu'on leur transfère, leurs
priorités, mais l'utilisation de la TECQ est importante aussi.
Mme Labrie : Mais je vais revenir
sur PRIMEAU, parce que la Commissaire au développement durable laissait
entendre qu'il y avait un guide interne, au ministère, qui n'était pas public,
pour lequel il y avait certaines normes, là, pour évaluer les demandes, puis
que ça, les municipalités n'avaient pas accès à ça. Donc, est-ce que c'est le
cas? Puis, si c'est le cas, est-ce que le ministère peut rendre public ce guide
interne là, question d'éviter aux municipalités de perdre du temps, finalement,
sur des demandes qui ne seront pas conformes?
M. Poulin : Les critères de
priorisation vont être rendus publics sous peu. On prend note de ce que la Commissaire
au développement durable a mentionné, et on va les rendre publics
prochainement, pourquoi tel projet avant tel projet. Et ça, ça date des
précédents gouvernements, là, il y a encore des villes, au Québec, qui doivent
mettre leurs eaux usées... puis c'est non conforme, là. Alors, on n'a pas aidé,
on n'a pas accompagné suffisamment à ce niveau-là. Donc, il faut... il faut
bien expliquer ça. Alors, oui, ça sera rendu public prochainement. On a pris acte
de ce rapport, là, il y a deux semaines, oui.
Mme Labrie : Prochainement quand?
M. Poulin : Écoutez, moi, là, je
suis en crédits, laissez-moi...
Mme Labrie : Avant l'été?
M. Poulin : Oui, oui, oui.
Mme Labrie : OK, merci. J'ai une
question sur, bon, les bâtiments scolaires, là. Vous savez qu'il y a un conflit
de longue date, là, depuis que les municipalités sont obligées de payer pour
les terrains scolaires. Nous, on a essayé de déposer un projet de loi pour dédommager
les municipalités par rapport à ça. Il y avait une déclaration de réciprocité
qui date de décembre 2023 — bon,
je sais que c'était une autre ministre à ce moment-là — qui
prévoyait le remboursement à 100 % de la TVQ à l'égard des terrains
scolaires cédés. Les villes n'ont toujours pas reçu, ce remboursement-là, puis
ce n'est pas prévu dans le budget. Donc, je voudrais savoir si le ministre a
l'intention de tenir la promesse de son
gouvernement, de sa prédécesseure, envers les municipalités puis de leur
rembourser la TVQ sur les terrains scolaires qu'elles ont été obligées
d'acheter.
M. Poulin : Merci pour cette
question-là, qui est fort importante. Je vais faire un préambule, là, mais vous
allez voir, je vais atterrir. Rappelons-nous qu'il manquait d'écoles au Québec.
On investit massivement dans le PQI pour pouvoir construire des nouvelles
écoles. Il y avait des villes, certaines, pas toutes, où on avait de la
difficulté à faire atterrir une école sur un terrain. Donc, des fois, ça
fait... ça peut paraître... puis ce n'était pas l'intention de la députée, là,
mais de dire : Heille, on force les villes à avoir un terrain pour les
écoles, là. Soit dit en passant, il y a bien des maires au Québec qui veulent
des écoles dans leur municipalité parce qu'ils savent l'impact extrêmement
positif que ça peut avoir.
Alors, il faut se rappeler pourquoi le
gouvernement l'a fait au départ, de pouvoir avoir des terrains. Il y a des
élèves qui étaient dans des tours à bureaux, là, parce qu'on n'était pas capables
de développer les écoles. Donc, moi, je
pense que l'intention du gouvernement, elle était excellente, d'avoir des
terrains pour pouvoir construire des écoles.
Maintenant, en ce qui a trait à cette
différence-là, nous sommes en discussion avec le ministère de l'Éducation
présentement, parce que ça relève d'eux, pour pouvoir le faire atterrir.
Mme Labrie : Pour faire atterrir le
remboursement de TVQ des terrains scolaires?
M. Poulin : En fait, il y a le
programme... Bien, en fait, on est en... on est en discussion sur ce programme
qui vise à rembourser la part de TVQ payée par les municipalités dans le cadre
de l'acquisition des terrains dédiés aux infrastructures scolaires. Alors, oui.
Mme
Labrie : Donc, ce n'est pas votre ministère, c'est le ministère de
l'Éducation qui va livrer cette promesse-là?
M. Poulin :
Nous allons travailler avec eux en ce sens-là, oui.
Mme Labrie : Est-ce
que vous avez un échéancier?
M. Poulin : Le
plus rapidement possible, mais je pense que d'ici la fin de... d'ici l'été, on
sera en mesure de pouvoir le faire.
Mme Labrie : OK.
Parce que ça fait déjà plusieurs années qu'ils attendent après ça.
M. Poulin :
Oui.
Mme Labrie :
OK, merci. Il reste deux petites minutes. J'ai une question par rapport au
bilan des projets de loi qui permettaient aux municipalités d'accélérer des
projets. On voit, dans les crédits, qu'il y a 44 projets pour lesquels ça a été utilisé, ces dispositions-là.
Moi, j'aimerais savoir combien d'unités de logement ça représente, ces
44 projets, et puis combien d'entre elles étaient dédiées au
logement abordable, notamment via le PHAQ.
Une voix :
...
M. Poulin : 3 856.
Mme Labrie :
Unités de logement?
M. Poulin : Oui.
Heille, c'est incroyable, ça, Mme la députée, hein?
Mme Labrie : Puis la proportion de ça
qui était des logements abordables via le PHAQ ou AccèsLogis s'il y en a
eu?
• (12 h 20) •
M. Poulin : Je
peux vous le sortir parce que c'est, évidemment, une autonomie municipale que
l'on vient octroyer. Vous n'êtes pas sans savoir qu'il y en a qui veulent
davantage de logement social, d'autres du logement abordable, tout dépendant de
leur taux d'inoccupation et des besoins dans la ville. Alors, je peux vous le
sortir au niveau national. Mais effectivement... et j'ai même annoncé mon
intention dans le projet de loi n° 22, dans les
amendements que nous ferons dans les prochains jours, de pérenniser ce droit-là
aux municipalités. Vraiment, Gatineau est content, Québec est content, et
indépendamment du taux d'occupation. Parce que, maintenant, il y en a qui sont
à hauteur de 3 %, donc ils disent : Heille, je veux encore m'en
prévaloir parce que j'ai du... je n'ai pas de logement social ou abordable,
donc votre préoccupation. Ça fait que...
Mme Labrie : C'est
pour ça que vous demande, justement, la proportion de... des logements sociaux
M. Poulin : Absolument,
on se rejoint terriblement. Je vais vous donner vos chiffres exactement
utilisés par 25 municipalités ou un peu plus...
Le Président (M.
Schneeberger) : M. le ministre, juste, peut-être, ne pas parler
par-dessus l'autre, là. Essayez de respecter les temps de parole, s'il vous
plaît.
M. Poulin :
Puis...
Mme Labrie : ...mon
chiffre, avant que ça...
M. Poulin : Non,
non, puis je ne me défile pas, je réponds directement, là, aux questions. 25
municipalités, 119 projets autorisés, et nous sommes en tout... Bien,
2025, il en reste à entrer, il en reste à peu près 20 000 logements
qu'on est en train d'analyser sur cette possibilité-là, mais on est à
3 857 unités en 2024. 2025, on est encore en train de le
comptabiliser pour pouvoir le faire.
Mme Labrie : 3 857,
ça, c'est sur les 44 projets, là, qu'on voit dans le cahier de crédits,
donc évidemment qu'il y en aura plus en 2025, mais la proportion de logements
abordables là-dedans, c'est ça que je veux voir.
M. Poulin : En
fait... exactement. Donc, 3 857 sur 44 projets. Et pour la notion de
logement abordable et social, puisque ça relève essentiellement... il y en a
certains qui relèvent des villes, ce n'est pas une donnée que nous avons
présentement, mais je peux faire le lien avec... je peux faire le lien avec mes
collègues de l'Habitation pour qu'on vous donne un ordre de grandeur
possiblement à ce niveau-là...
Mme Labrie : Donc, c'est un
engagement de le transmettre?
M. Poulin :
Parce qu'il y en a des fois... parce que c'est... parce que même la définition,
ce que j'ai remarqué, surtout, quand je suis arrivé aux Affaires municipales,
la définition de logement social et abordable...
Le Président (M. Schneeberger) : En
terminant.
M. Poulin : ...d'une ville à
l'autre, est complètement différente par moments. Alors...
Mme Labrie : ...l'engagement de le
transmettre...
M. Poulin : Bien, du moins vous
donner un ordre de grandeur, parce que dans...
Mme Labrie : En pourcentage, là,
oui.
M. Poulin : ...parce que peut-être
qu'est-ce qui est abordable en Beauce ne l'est pas à Sherbrooke. Donc, je veux
juste...
Le Président (M. Schneeberger) : Merci,
M. le ministre. On n'a plus de temps. Alors, nous retournons du côté de
l'opposition officielle, et j'entends la députée de Vaudreuil pour
16 min 37 s.
Mme Nichols : Merci, M. le
Président. Peut-être à revenir vite, vite sur l'actualité, une annonce qui a
été faite. En fait, une annonce qui a été faite, mais c'est un recul. Puis je
vais vous donner mon opinion, je pense que c'est un bon recul, parce que je
pense que le gouvernement de la CAQ avait oublié de... en fait, c'était une
mauvaise façon de consulter puis ça sentait un peu l'improvisation en lien avec
le fait de reporter. Il y a eu une annonce comme quoi le ministre... le
ministre était pour reporter l'entrée en vigueur des normes de construction.
Donc, je voulais avoir la...
Une voix : ...
Mme Nichols : Oui. Oui, oui, mais je
voulais avoir... Oui, mais vous savez que ça a un impact dans le monde
municipal, là.
M. Poulin : Oh que oui!
Mme Nichols : Bien, c'est ça. Ça
fait que je voulais avoir votre opinion.
M. Poulin : Merci beaucoup pour la
question. Je tiens à saluer le pragmatisme et le leadership de mon collègue le
ministre du Travail, qui a été effectivement très à l'écoute des associations,
très à l'écoute du milieu municipal également en ce qui a trait au Code du
bâtiment, sur le fait qu'il y a certains ajustements que l'on souhaite faire.
Alors, effectivement, ça a été une excellente nouvelle hier de la part de mon
collègue le ministre du Travail.
Mme Nichols : Merci. Je suis
d'accord avec le ministre, c'est un excellent recul de revenir sur cette
mauvaise décision. Et je remercie encore une fois le monde municipal, là, qui
est toujours... tu sais, qui est toujours bien allumé puis qui se manifeste...
qui se manifeste rapidement. Bon. On s'entend là-dessus, on s'entend là-dessus,
M. le ministre.
Je voulais continuer encore une petite partie
sur la fiscalité municipale, parce qu'on sait que 70 % des revenus
municipaux proviennent, entre autres, de l'impôt foncier, puis ils sont
responsables, entre autres, de 60 % des infrastructures publiques, dont
c'est... ce n'est pas beaucoup... pas beaucoup de revenus pour les
responsabilités qu'ils doivent assumer. Je me demandais : Est-ce que vous
considérez, entre autres, que le partage actuel des revenus fiscaux entre
Québec et les municipalités est équitable?
M. Poulin : Je peux y aller, M. le
Président. Alors, merci pour la question. Si on prend l'ensemble de l'assiette fiscale municipale... parce que vous
avez fait, tout à l'heure, référence au rapport de Monique Jérôme-Forget
et de Nicolas Marceau, qui disait qu'effectivement on ne s'en n'était pas
occupé sous les précédents gouvernements des Affaires municipales. C'est ce
qu'ils ont dit à micro, c'est ce qu'ils ont dit également dans les rencontres
que j'ai eues avec eux. Il y a quand même un passage du rapport que je veux
absolument vous citer, qui va venir répondre directement à la question de la
députée et sur lequel je souhaite m'appuyer :
«Réduire significativement et durablement la croissance
des coûts de construction en agissant sur plusieurs leviers, dont la révision
des normes, afin qu'elles tiennent compte de la capacité de payer des
municipalités, la mise en place d'un bureau d'évaluation des prix pour mieux
baliser les coûts et le recours accru à de modes de réalisation de projets
favorisant le partage des risques pour les nouvelles infrastructures.»
Ça, c'est la clé pour s'assurer que nos coûts
diminuent. Dans le rapport de Luc Godbout, de l'UMQ, et de Tommy Gagné-Dubé... Luc Godbout pas de l'UMQ, Luc
Godbout de l'Université de Sherbrooke et Tommy Gagné-Dubé, excellent
rapport à lire, nous dit : «Le régime fiscal demeure en période de
maturation. Les réformes récentes ont élargi les possibilités, mais leur
appropriation est progressive et encore inégale entre les municipalités.» Il
dit : «Tant le gouvernement du Québec que les
municipalités — quand
vous me parliez du partage — gagneraient
à ce que ces dernières soient mieux outillées. L'utilisation effective des
pouvoirs repose sur un accompagnement renforcé...
Mme Nichols : C'est bon, parce
que je l'ai lu, le rapport.
M. Poulin : ...des ressources
techniques et accessibles et un encadrement permettant d'en maximiser
l'efficacité.»
Donc, moi, je suis d'accord avec les conclusions
de Tommy Gagné et de Luc Godbout sur le fait qu'il faut mieux partager non
seulement les responsabilités et... mieux partager parfois ce que nous, on fait
et ce qu'eux font.
Mme Nichols : Oui, bien, un
autre point en commun, j'ai lu aussi le rapport, M. le ministre, là. Donc, les
extraits que vous me citez, je les ai... je les ai lus. Il y a une conclusion,
là, qui saute définitivement aux yeux, parce qu'ils disent que le modèle actuel
est arrivé à ses limites, là. Puis, le «modèle actuel est arrivé à ses
limites», c'est vous qui êtes présentement le ministre des Affaires
municipales. Donc, ce que je comprends, c'est que vous partagez le constat que
le modèle actuel est en... ça ne fonctionne pas, qu'il faut le revoir. Il y
avait 21 recommandations dans ce rapport-là. Là, je comprends que vous
avez accroché à une des 21 recommandations, entre autres la
recommandation 4 pour créer un bureau d'évaluation des prix pour les contrats
municipaux, si je me fie à ce que vous venez de me mentionner. Donc, est-ce que
vous avez l'intention de mettre en application rapidement 21... quelques-unes
des 21 recommandations?
M. Poulin : Oui, et c'est
notamment pour ça... et je vais citer la page 71 du rapport Monique
Jérôme-Forget et Nicolas Marceau — on a eu beaucoup de rapports dans les
dernières semaines — on
dit : «En parallèle, il sera également essentiel de clarifier les rôles et
responsabilités des municipalités. La tenue d'états généraux sur le milieu
municipal permettra de jeter les bases d'un dialogue structurant et de mener à
l'élaboration d'un texte fondateur, reconnaissant pleinement la place des
gouvernements de proximité comme de véritables gouvernements, au même titre que
ceux du Québec et du Canada.» Alors, oui, dans... et le rapport de Luc Godbout
et Aviseo et dans le rapport de Monique Jérôme-Forget, il y a des éléments
intéressants.
Puis j'ai beaucoup insisté sur la participation
du privé, puis vous venez de le mentionner, je ne veux pas tirer d'avance les
conclusions des états généraux du 16 juin prochain, mais certainement
qu'on arrivera avec une certaine vision, certaines choses que l'on peut mettre
en place assez rapidement, qui sont inspirées des rapports qui ont été faits
par ces différents professionnels.
Mme Nichols : On est
présentement à l'étude du projet ou, enfin, on va commencer bientôt, là,
l'étude détaillée du projet de loi n° 22, là. Dans
les 21 recommandations, il y a peut-être des amendements qu'on pourrait apporter,
entre autres, ou qu'on pourrait faire assez rapidement pour corriger
certaines... certaines situations.
M. Poulin : ...avez des
exemples en particulier?
Mme Nichols : Bien,
certainement, si vous avez lu les 21 recommandations, il y a une...
M. Poulin : Non, mais, pour
vous, qui sont importantes?
Mme Nichols : Bien, il y a une
des recommandations — mais,
en fait, elles sont toutes importantes — ça touche le monde municipal.
Puis, comme on dit, on est face à un mur, là, ça fait qu'il y en a qui... Mais
je me dis qu'on pourrait intégrer rapidement... avec votre équipe, là, c'est
sûr que vous avez les moyens et les outils pour... pour qu'on mette... Parce
que le projet de loi n° 22, c'est un omnibus, là,
mais je vais donner un exemple, là, la recommandation 11, là :
«Permettre aux municipalités qui le souhaitent d'imposer une taxation
progressive pour les immeubles résidentiels ainsi que la taxation à taux
distinct pour les terrains et des bâtiments». Il y en a... il y en a d'autres,
mesures, aussi dans les 21 recommandations, donc on pourrait aller de
l'avant. Est-ce qu'il y en a... est-ce qu'il y en a une dans les 21 qui vous
inspire, qu'on pourrait mettre dans le projet de loi n° 22?
M. Poulin : Bien, évidemment
que nous aurons des amendements, à l'intérieur du projet de loi n° 22,
qui seront déposés. Et, si jamais les oppositions ont des amendements, nous
pourrons les regarder ensemble et les analyser. Mais oui, il y aura des
amendements dans le projet de loi n° 22.
Mme Nichols : Parfait, donc, ce
n'était pas...
M. Poulin : Je ne peux pas les
dévoiler ici, vous comprenez.
Mme Nichols : Oui, oui, je
comprends, là, mais je comprends aussi que les 21 recommandations ne sont
pas si inspirantes que ça pour faire des
amendements pour le projet de loi n° 22. Il y a une des
recommandations, entre autres la recommandation 14 :
«Accroître le recours à la tarification de l'eau», vous avez une position, M.
le ministre...
M. Poulin : C'est très
intéressant...
Mme Nichols :
...en prenant une gorgée d'eau?
• (12 h 30) •
M. Poulin : Oui, effectivement.
C'est très intéressant, parce que nous allons lancer prochainement une campagne
sur l'utilisation de l'eau potable au Québec. Certaines municipalités, vous le
savez, ont des compteurs d'eau, d'autres n'en ont pas. Et vous comprenez que le
temps m'est imparti à l'intérieur de mon mandat, mais je crois qu'on est mûrs
au Québec pour une réflexion ou, du moins, une... une réflexion, oui, sur
l'utilisation de l'eau potable dans les municipalités. Et on a vu des exemples
où la mise en place de compteurs d'eau a réduit de façon importante
l'utilisation de l'eau, qui faisait en sorte qu'on n'avait pas besoin
d'agrandir l'usine de filtration ou de la changer parce qu'il y a eu des... la
mise en place de compteurs d'eau. Puis, vous savez, il y a la tarification par
résidence, il y a la tarification par rue. Donc, il y a une certaine autonomie
municipale à faire à ce niveau-là, où les maires disent : Moi, je veux
décider sur mon territoire. Une municipalité de 200 citoyens peut être
différente que celle de 30 000, 35 000. Il y a la tarification de
l'eau potable pour les usines, pour le secteur industriel, qui utilise beaucoup
plus d'eau, qui est aussi importante. Alors, je suis en train de réfléchir. Le
temps est ce qu'il est, je n'aurai peut-être pas le temps en ce mandat-ci,
mais, advenant une réélection, de réfléchir davantage avec le monde municipal,
le faire avec eux sur cet enjeu-là.
Mme Nichols : Parfait. Donc, je
comprends qu'il n'y aura rien qui va être nécessairement imposé aux
municipalités en lien avec la tarification de l'eau.
M. Poulin : Exact, exact. Tout
simplement une petite précision que mon équipe me fait penser : à
l'intérieur de la TECQ, les villes peuvent utiliser les sommes pour pouvoir
installer des compteurs d'eau. Donc, ils pourraient le faire à l'intérieur des
sommes que les gouvernements leur ont transférées.
Mme Nichols : Parfait. La
recommandation n° 1 du rapport...
M. Poulin : Juste... Désolé, Mme la
députée. Vous êtes dans le rapport Godbout, ou celui de Jérôme-Forget, ou
Aviseo? Juste pour être certain.
Mme Nichols : Non, là, j'étais dans
le rapport de Monique Jérôme-Forget et M. Nicolas Marceau, là.
M. Poulin : OK. Parce qu'on en a eu
trois la même semaine.
Mme Nichols : Oui, en effet. Puis là
je faisais allusion aux 21 recommandations de ce rapport-là aussi, dans...
M. Poulin : OK, c'est toujours sur
celui-là. OK.
Mme Nichols : Oui. La
recommandation 1 était, entre autres, pour réviser les normes puis les
exigences réglementaires. On le sait, là, qu'il y a un enjeu, là, vous le
savez, vous... le gouvernement de la CAQ est rendu à son sixième projet de loi,
là, pour... à titre d'allègements réglementaires, là. Le monde municipal est
lourdement affecté, entre autres, là, par la reddition de comptes. Je regardais
l'association des directeurs des municipalités du Québec, là, l'association...
Les modifications législatives puis réglementaires dans le milieu municipal,
là, il y a eu un recensement, là, de janvier 2021 à juillet 2025, là,
c'est pas mal le bilan de la CAQ, là, on s'entend, là. C'est terrible, là, de voir le nombre... la... Il y a un tableau,
vous l'avez sûrement vu, là, mais il y a un tableau, là, où... qui dit que 34...
Le MAMH, là, est le ministère où il y a le plus de redditions de comptes à
faire, là. La provenance des modifications législatives réglementaires, c'est
majoritairement au MAMH. Les données, là, c'est 73 % des modifications qui
provenaient des ministères autres que le ministère des Affaires municipales et
de l'Habitation.
Ce serait le fun que le MAMH aussi devienne pas
mal, en tout temps, là, la porte d'entrée, entre autres, des modifications
souhaitées par les autres ministères, là. Il faut alléger, il faut alléger, là,
le travail des municipalités. C'est 54 heures... Les municipalités de 10 000 habitants
et moins, là, c'est 54 heures par semaine, plus ou moins, là, qu'une
municipalité consacre à la reddition de comptes. Ça fait qu'à part faire un
septième allègement réglementaire, ça, c'est quelque chose qu'on pourrait mettre
là, dans le projet de loi n° 22, là. C'est demandé, on le demande partout.
Qu'est-ce que vous comptez faire?
M. Poulin : Évidemment... Puis
mon... tu sais, mon but n'est pas de mettre la pierre sur un ou sur l'autre,
mais, si on a aboli des formalités ou des règlements en 2018, 2019, 2020,
2021, 2025, ça ne veut pas dire que c'est parce que c'est nous qui les a mis,
là. Mais là je ne veux pas jouer à qui a inventé le formulaire ou qui a inventé
la norme, là, mais il y a des choses qui sont là depuis les années 90,
2000 qu'on est en train d'enlever là. Moi, je l'ai fait dans l'allègement
réglementaire des PME. Là, vous avez parlé de six projets de loi, là. J'ai
rarement enlevé quelque chose que c'était notre gouvernement qui l'avait mis.
C'est parce que les précédents gouvernements en ont fait également. Puis, à un
problème, la solution est souvent d'ajouter une norme ou un règlement.
Maintenant, nous avons une table qui est
permanente, avec le milieu municipal, sur l'allègement réglementaire. Nous
avons annoncé notre intention d'enchâsser une politique d'allègement
réglementaire, une demande de l'UMQ, avec le deux pour un, dans laquelle on va
venir définir exactement la norme, la formalité et le règlement
pour dire : À chaque fois qu'on en ajoute un, on doit en retirer deux. Ça
ne s'est jamais fait. C'était du un pour un seulement pour les PME, et ce
n'était même pas enchâssé dans la loi, c'était dans une politique d'allègement
qu'on est venu enchâsser dans la loi, dans le projet de loi n° 11.
Et, sans dévoiler nos amendements, notre
intention est beaucoup reliée à l'omnibus réglementaire que nous
étudions présentement.
Vous dire également qu'on a annoncé quand même
le 245.1, qui sera aboli. C'était un... quelque chose qui avait été présenté par les oppositions, à l'époque,
que nous venons enlever, qui alourdissait — on a reçu plus de 500 résolutions du monde municipal — qui alourdissait la notification d'information.
Alors, nous venons faire cet allègement réglementaire là très
prochainement. Et, en ce qui a trait aux normes et aux exigences, vous l'avez
souligné tout à l'heure, vous avez applaudi le travail fait par mon collègue le
ministre du Travail, Jean Boulet, qui a repoussé d'un an le code du
bâtiment, et ça démontre, encore une fois, qu'on a été en action et à l'écoute
du milieu.
Mme Nichols :
Vous l'avez dit, là, le 245.1 de la LAU, il est... c'est... encore là, c'est le
monde municipal qui a levé la main puis qui a demandé que ce soit ajouté dans
le projet de loi n° 22. Moi, c'est un amendement que je vais déposer
justement, parce que, présentement, il n'est pas dans le projet de loi
n° 22. Là, vous en avez parlé, mais il n'est pas là. Moi, j'ai l'intention
de déposer... de déposer un amendement à cet effet-là.
M. Poulin :
Oui. Nous aussi.
Mme Nichols :
Je pense que c'est important.
M. Poulin :
Tout à fait.
Mme Nichols : C'est important. Puis les... le monde municipal,
vous l'avez dit, on a reçu 500... pas loin de 500, là, résolutions,
là, entre autres, que... Mettons que la FQM, là, puis l'UMQ, ils sont pas mal
bons quand ils mobilisent leur monde, là. On le sait assez... on le sait assez
rapidement. Donc, ça, oui, c'est un allègement qui va être important, mais il y
en a sûrement d'autres, là. Si je ne me trompe pas, est-ce que l'UMQ ne vous a
pas déjà envoyé... ou la FQM ne vous a pas déjà envoyé une liste d'allègements?
M. Poulin :
Oui, nous en avons. Certains allègements ne relèvent pas du ministère des
Affaires municipales, puis, peut-être juste précisément, le ministère des
Affaires municipales travaille sur sa reddition de comptes, et d'ores et déjà,
après cinq semaines, nous avons le mandat à nouveau de le regarder. Maintenant,
c'est toujours important de mentionner... Tout à l'heure, la députée de
Sherbrooke faisait référence au rapport de la commissaire du développement
durable sur les grilles d'évaluation, et tout ça, et le ministère des Affaires
municipales participe, via les municipalités, à être un donneur d'ouvrage,
d'une certaine façon, via le PRIMEAU, via le PRACIM. Alors, je suis aussi pris
par moment avec des règles contractuelles, puisque je suis donneur public.
Alors, moi, je veux alléger au maximum, mais, par moments, puisque l'on donne
de l'argent aux municipalités et qu'on devient par la bande un donneur d'ouvrage,
il y a quand même certaines lois contractuelles que je me dois de conserver
puis que je me dois de mettre en place dans les étapes pour que les éléments
soient faits.
Mais, sur des
allègements administratifs, on pourrait parler du Fonds régions et ruralité, il
y a déjà eu des assouplissements qui ont été faits, d'ailleurs, par ma collègue
la députée d'Argenteuil, qui a eu un leadership incroyable dans ce dossier-là.
Il n'en demeure pas moins qu'on peut toujours en faire plus. Et notre intention
est de pouvoir continuer. On l'a fait avec le 245.1, là... on va le faire,
plutôt, c'était notre intention, et, sur d'autres volets, on va tenter de
pouvoir... de pouvoir le faire.
Mme Nichols : Avez-vous retenu le chiffre? Parce qu'on parle de
la... de lourdeur administrative puis les
programmes, là, le rapport, entre autres, là, il estime un... Moi, je trouve ça
incroyable, là, le nombre de millions de dollars par année uniquement à répondre aux exigences administratives du
gouvernement du Québec. Est-ce que ce chiffre vous a sauté aux yeux?
M. Poulin :
Oui. Certains éléments, comme je vous dis, sont reliés à des règles
contractuelles de donneurs d'ouvrage, où, avant de donner de l'argent aux
municipalités, c'est un peu normal qu'on demande de la reddition de comptes,
comprendre l'appel d'offres, et tout. Mais, par moments, il y a des règlements
qui sont reliés à des normes, et c'est
là-dessus qu'il faut travailler, puis ça fera partie de nos discussions dans
les états... aux états généraux du 16 juin prochain.
Mme Nichols :
328 millions de dollars, qu'on parle, en... par année uniquement pour
répondre aux exigences administratives du gouvernement.
M. Poulin : ...un PDZA, on a un schéma d'aménagement de couverture de risques,
on... Ce matin, j'étais à la FQM, puis
on parlait de tous les «p», puis souvent, quand on les prend à part, ils ont
tous leur raison d'être, hein, on trouve que, tu sais, ce programme-là est important ou ce projet-là est important.
Puis c'est quand on les accumule, que, là, il y a un enjeu par moments.
Et, oui, c'est notre intention.
Mme
Nichols : Bien, définitivement, oui, oui, on en parle à la FQM, à
l'UMQ, là, mais définitivement, là, il pourrait y avoir quelque chose dès le
début, puis une reddition de comptes à la fin. Puis peut-être qu'entre-temps on
pourrait limiter de beaucoup les redditions.
M. Poulin :
Oui. Puis, pour la TECQ, là, et le PRIMEAU, puis ça, j'en ai entendu également
chez nous, on a allégé à ce niveau-là, formulaire, reddition de comptes...
Le Président (M.
Schneeberger) : Merci...
M. Poulin :
...puis il y a une table en continu.
Mme Nichols :
Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci, M. le ministre. Nous allons du côté du
député d'Arthabaska, pour
5 min 28 s.
M.
Boissonneault : Merci, M. le Président. Bonjour, M. le ministre.
M. Poulin :
...d'Arthabaska.
M.
Boissonneault : Salutations aux équipes, salutations aux collègues. Ça
me fait vraiment plaisir d'être là. Je vais y aller assez rondement parce que
je n'ai pas beaucoup de temps. Vous savez comment c'est.
M. Poulin :
Ah! je le sais, je sais.
M.
Boissonneault : Première chose, tarification de l'eau. J'aimerais
juste préciser, là, êtes-vous en faveur de la tarification de l'eau, M. le
ministre?
M. Poulin :
Je laisse les municipalités dans leur pleine autonomie.
M.
Boissonneault : Mais vous les encouragez à aller dans cette
direction-là.
M. Poulin :
Je pense que les compteurs d'eau ont une efficacité à certains endroits sur
l'eau potable. Maintenant, il y a des différences de municipalité, d'un endroit
à l'autre. Vous comprenez qu'il y en a qui ont des puits artésiens versus
d'autres qui ont des... qui ont de l'eau. Donc, je le vois d'un bon oeil. Et je
veux sensibiliser aussi les Québécois à l'utilisation de l'eau potable. On l'a
fait beaucoup sur l'électricité, mais il faut le faire plus avec l'eau.
• (12 h 40) •
M.
Boissonneault : Mais je comprends que vous ne mettrez pas en place des
mesures qui pourraient être coercitives ou, en tout cas, qui pourraient
encourager concrètement les municipalités à aller dans la direction d'une
tarification de l'eau potable.
M. Poulin :
Ce n'est pas notre intention.
M.
Boissonneault : Est-ce que vous êtes en faveur, comme le suggère le
rapport Jérôme Forget-Marceau, d'augmenter les taxes ou, en tout cas, de l'idée
que les municipalités augmentent leurs taxes pour faire partie d'un fonds qui
servirait à l'entretien des infrastructures?
M. Poulin :
Vous permettez que ça va être un peu plus long, ma réponse, que votre question,
mais je vais... je vais essayer de me ramasser. Évidemment, la... il n'y a pas
un budget de ville qui est pareil, en fonction des conventions collectives
qu'ils ont signées, en fonction des infras qu'ils ont à mettre en place, en
fonction de leurs besoins, de leurs listes des priorités. Donc, il est
difficile pour le ministre des Affaires municipales de dire un trait :
C'est ça qui devrait se passer dans les villes, au Québec, quand on a
1 100 municipalités, puis le Grand Nord n'a pas les mêmes réalités
que le Sud. Arthabaska, Beauce-Sud se ressemblent beaucoup, mais pas l'ensemble
des municipalités au Québec. Donc, je suis prudent avant de tirer un grand
trait sur ce qui devrait se passer dans le monde municipal, du haut de mon
expérience ou de mon titre.
Maintenant, il y a
quand même des outils, des transferts qui ont été donnés dans les
municipalités, la TECQ, le point de TVQ, les programmes qui sont au rendez-vous
pour l'entretien des infrastructures municipales, et il y a une part où les surplus ont augmenté dans les
villes, dans les dernières années, c'est un cas. Je n'ai pas dit qu'il y avait
beaucoup d'argent, je vous dis simplement qu'il y a des surplus qui sont là,
mais qui sont différents d'une ville à l'autre. Certaines vont faire le choix
d'être davantage dépendantes de certains outils fiscaux, notamment la taxation,
d'autres moins. Alors, je serai prudent, je crois à l'autonomie municipale et
je pense aussi qu'il faut avoir un regard beaucoup plus concret sur la réalité
d'une ville avant de porter un jugement comme je pourrais le porter.
M. Boissonneault :
Sur le fond, M. le ministre, êtes-vous d'accord avec l'idée d'un fonds partagé,
là, gouvernement du Québec et...
M. Poulin : J'ai une prudence. J'ai
une prudence, puis je l'ai signifié, parce que les plus petites municipalités
n'ont pas la même capacité de fonds d'appariement qu'une grande ville, par
exemple. Alors, ce n'est pas vrai... On a des petits villages, chez vous, chez
nous... ne peut pas mettre 1 ou 2 millions de côté du jour au lendemain,
là, tu sais. Donc, c'est difficile. Donc, si je vais vers un fonds
d'appariement, je dois avoir une prudence, à savoir : Est-ce que ce ne
sera pas les grandes villes qui vont en profiter, compte tenu du fait qu'ils
ont la capacité de mettre de l'argent de côté, et donc que, finalement, je
n'aide pas la ruralité au Québec puis nos municipalités? Il y en a 600 qui ont
moins de 2 000 citoyens. Ces gens-là ne peuvent pas mettre de
l'argent du jour au lendemain de côté. Dès qu'ils reçoivent leur TECQ, ils
veulent l'attitrer, ils veulent le dépenser. Alors, je ne suis pas fermé, mais
j'ai une prudence, et ça fera partie de nos discussions lors des états généraux
du 16 juin prochain.
M. Boissonneault : Il y a une
municipalité dans ma circonscription qui a un avis d'ébullition préventif
depuis 2023. Ils ont fait...
M. Poulin : Le nom de la
municipalité, déjà? Excusez-moi.
M. Boissonneault : C'est la
municipalité de Princeville.
M. Poulin : Princeville, d'accord.
Oui.
M. Boissonneault : Ils ont fait une
demande pour avoir accès au PRIMEAU. Ça, c'était en novembre 2024, et, en
février 2026, la ville a été avisée que, compte tenu des fonds limités du
programme, ça pourrait attendre jusqu'en 2029. Puis ce n'est pas la seule
municipalité, c'est bien important pour moi de le souligner, il y a 76 municipalités qui sont dans une situation
similaire, où il y a un problème d'infrastructures des eaux usées. Qu'est-ce
que vous pensez d'une situation comme celle-là? M. le ministre, comment se
fait-il qu'en 2026 on ne puisse pas avoir accès dans tout le territoire du
Québec à une eau potable de qualité? Et je ne dis pas que l'eau de Princeville
n'est pas de qualité, là, c'est un... c'est préventif, mais il y a un enjeu,
évidemment, dans la perception des citoyens.
M. Poulin : Princeville, nous les
accompagnons, et vous dire qu'ils sont éligibles au PRIMEAU, mais ils n'étaient
pas tout à fait prêts au niveau de certains éléments, mais sachez que nos
équipes travaillent avec eux et qu'on va
s'assurer de faire le suivi, et je ferai le suivi avec vous, M. le député. Là,
vous me le portez pour la première fois ici, en étude de crédits, mais on pourra travailler ensemble, si vous
voulez, sur ce dossier-là. Ça me fera grandement plaisir.
Je fais un peu un parallèle avec votre première question
sur l'utilisation de l'eau potable ou les compteurs d'eau ou autre. Est-ce que
vous, vous pensez que la tarification de l'eau devrait être obligatoire au
Québec? Est-ce que vous pensez que ce serait une des solutions?
M. Boissonneault : Bien,
honnêtement, c'est moi qui pose les questions, normalement.
M. Poulin : Non, mais parce que
j'aimerais... j'aimerais savoir ou connaître votre vision dans la résolution,
dans la résolution.
M. Boissonneault : Bien... C'est une
des options, évidemment, qu'il y a sur la table, là, mais c'est pour ça que je
vous la posais, parce qu'évidemment il y a un enjeu de revenu aussi là-dedans
pour les... pour les municipalités. Mais, dans le contexte actuel, vous
souhaitez donc... Parce que, là, on parlait d'eau potable. Vous avez un plan,
donc une déclinaison d'un plan pour s'assurer que tout le monde a accès à de
l'eau potable au Québec. Qu'est-ce que vous comptez faire, là, concrètement
pour les 76 municipalités qui ont cette difficulté-là?
M.
Poulin : Oui, vous avez raison. Il y a le PRIMEAU, il y a
la TECQ, il y a de l'argent, il y a du PQI, il y en a pour de l'eau
potable. D'ailleurs, plus de 95 % de nos infrastructures en eau sont en
bon état, au Québec, par une étude indépendante. Il faut travailler sur le
reste, mais il faut aussi prévoir sur les 10 prochaines années. Donc, la
situation de Princeville, nous la suivons de près, au ministère des Affaires
municipales, toutes les situations critiques, problématiques, à seuil de possibilités,
nous les suivons, au ministère des Affaires municipales. Des fois, avant
d'investir le million dans la municipalité, il y a d'autres outils qui peuvent
être mis en place, de l'avant, et nous les aidons à ce niveau-là.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Alors, c'est déjà... le temps est déjà écoulé, malheureusement, pour
le député d'Arthabaska, et je dirais l'Érable, parce qu'étant donné que c'est
même moi qui a déposé le projet de loi, je vais l'appeler comme il faut. Alors,
nous allons... retournons du côté de l'opposition officielle, pour... avec la
députée de Vaudreuil, pour 16 min 29 s.
Mme Nichols : Merci, M. le
Président. Puisqu'on était sur un cas particulier, il y a un cas particulier
dans mon comté aussi que votre prédécesseure... puis je sais que votre équipe
est au courant, mais on n'a toujours pas de nouvelles,
là, à L'Île-Perrot. L'Île-Perrot s'est fait confirmer, entre autres, là, des
montants... des montants importants, mais, quand ils se sont fait confirmer les
montants jusqu'à aujourd'hui, là, le coût... le coût pour mettre aux normes
l'usine, là, ça a doublé. La municipalité n'est pas capable, ça représenterait
une augmentation de pas loin de... presque 400 $ par porte pour une
municipalité, c'est vraiment beaucoup. Je voulais savoir... Parce que, là, vous
semblez savoir quel dossier je parle, là, je vous vois agité, là, ça fait que
je ne veux pas prendre plus de temps, mais je me demandais : Est-ce que
vous pensez agir? Il y a quelque chose de très inquiétant, là, parce que c'est
une municipalité... si c'est L'Île-Perrot, là, c'est sur une île, là, puis il y
a des rejets au fleuve. En fait, il y a... il y a quelque chose à faire, il
faut agir rapidement, donc je me demandais on est rendus où dans ce dossier-là.
M. Poulin : Je peux y aller, M. le
Président. Bien, merci à la députée pour sa question. C'est la première fois
qu'elle m'en enquérit. Alors, j'ai vérifié auprès de nos équipes. Nous
accompagnons présentement L'Île-Perrot. Et il pourrait y avoir des possibilités
de financement à l'intérieur de deux programmes du ministère des Affaires
municipales. Donc, on est en train de départager parce qu'il y avait un enjeu
d'entretien et de développement dans le cadre de leur programme. Donc, je m'engage
auprès de la députée à lui revenir avec un état de situation plus complet
lorsque je l'aurai.
Mme Nichols : Parfait. J'apprécie.
Évidemment, le dossier, je le travaillais avec votre prédécesseur, ça fait que
ce pour quoi on n'en avait pas encore parlé ensemble.
M. Poulin : OK.
Mme Nichols : Je... M. le Président,
il y a un dossier qui est superimportant, qui touche... en tout cas, moi, ça
touche... ça touche ma région, vous aussi, la cartographie des zones
inondables.
M. Poulin : Oui!
Mme Nichols : Donc, la... Oui! En
fait, sur le site Web du ministère, là, c'est indiqué qu'à partir de 2026, de
printemps 2026, les cartographies de nouvelle génération vont être
publiées progressivement, puis elles vont remplacer, évidemment, là, les
anciennes générations. Puis ils vont couvrir de nouveau... de nouveaux secteurs
qui n'avaient pas encore été cartographiés. Cependant, on est rendus au mois de
mai, disons presque au mois de juin, puis la cartographie, elle n'est toujours
pas en vigueur, entre autres, là, de notre côté. Est-ce que c'est une décision
politique d'attendre avant de les mettre en vigueur?
M.
Poulin : Merci, merci pour la question. Puis, oui, je suis
député de Beauce-Sud, dans Chaudière-Appalaches, donc on connaît bien la cartographie des
zones inondables, qui, encore une fois, a changé, a évolué, le 0-25, 0-50, le
réseau 100 ans, qui a évolué. Il y a des réalités, des endroits qui
n'étaient pas inondés qu'ils le sont de plus en plus, on le voit à chaque
printemps et même en dehors de ces périodes-là. Donc, nous travaillons avec le
ministère, évidemment, de l'Environnement sur cet enjeu-là, parce qu'il y a
d'abord l'expertise au ministère à ce niveau-là.
On a octroyé, depuis 2018, 29 millions
par le biais de huit conventions d'aide financière qui ont été signées
avec le milieu municipal. Et il est prévu que les travaux prennent fin... il
était prévu, oui, c'est ça, au 31 mars 2026. Pas tout le monde était prêt.
Donc, il y a eu une prolongation qui a été faite, et qui vont se poursuivre
effectivement, progressivement, jusqu'en mars 2028. C'est un tango dans la
mesure où il y a des municipalités qui sont davantage prêtes au niveau de la
cartographie, ou des MRC, et d'autres pas.
Et j'ai demandé, Mme la députée, à mes équipes,
au ministère des Affaires municipales, de... parce qu'il y a beaucoup de
mécompréhension, puis je comprends, là, mais de mieux expliquer c'est quoi, le
rôle d'une municipalité face à des zones inondables puis à sa cartographie et à
son impact, en termes de responsabilité, donc et la municipalité et la MRC. Parce que, présentement, ce dossier-là a
beaucoup, beaucoup de nuances, et il faut... il faut y apporter tout le
doigté nécessaire.
Mme Nichols : Oui. Mais ma question,
ce n'était pas ça, là. Ce n'était pas de l'expliquer aux municipalités, là. Ma
question, c'est de savoir pourquoi elle n'est pas encore en vigueur. Ça fait
que est-ce que je dois comprendre, dans les explications du ministre, c'est
parce que les municipalités ne sont pas prêtes puis il y a des municipalités
qui ont... Est-ce que c'est ce que je dois comprendre? C'est ça qui explique le
retard, mais est-ce qu'il va y avoir de la pression? Puis est-ce qu'on va aller
de l'avant? Parce qu'honnêtement, là, vous le savez, là, moi... nous, on a
été... Vaudreuil-Soulanges, là, 2017-2019, ça a été pénible, 2021 aussi. Donc,
les citoyens veulent savoir quand la cartographie va être applicable ou pas.
Êtes-vous capable de leur donner une date?
M. Poulin : Les municipalités nous
avaient aussi demandé ce report-là, de cartographie, parce que certaines
n'étaient pas encore prêtes. Alors, d'ici mars 2028, c'est l'objectif que
nous avons, d'y aller de façon graduelle.
Mme Nichols : Parfait.
Mars 2028. Bon. Au moins, j'apprécie, on a... on a une date. Parce que
mars 2026, c'était... c'était...
M. Poulin : ...départ.
Mme
Nichols : Oui. Entre autres, il y a des... Je suis certaine, ça a été
porté à votre attention, mais il y a 12... 12 MRC, là, qui demandent au
ministère de l'Environnement de revoir les modalités de l'entente de délégation
pour la production des nouvelles cartes. Qu'est-ce que vous... Qu'est-ce que
vous avez répondu aux demandes de ces MRC là? Puis je peux vous fournir la
liste, là, parce qu'il y a la MRC de Beauce-Centre, il y a Vaudreuil-Soulanges.
• (12 h 50) •
M. Poulin : Beauce-Sartigan
et Nouvelle-Beauce.
Mme Nichols :
Oui, la Nouvelle-Beauce, Beauce-Centre, Vaudreuil-Soulanges, Maskinongé,
MRC des Collines, de Papineau, de
Bonaventure, de Coaticook, d'Argenteuil, la députée, elle est ici, Beauce...
Beauce-Sartigan?
M. Poulin : Sartigan,
dans le comté de Beauce-Sud, oui.
Mme Nichols : Oui, ça aussi, c'est...
oui, comté de Beauce-Sud, Haut-Saint-François, Pontiac, Nouvelle-Beauce.
Qu'est-ce que vous leur répondez?
M. Poulin :
Bien... Et c'est exactement pour cette raison-là, et je fais référence à la
réponse que je vous ai donnée un peu plus tôt, que je veux bien départager la
responsabilité des villes, des MRC sur la cartographie des zones inondables.
Présentement, elle n'est pas si claire ou si précise que moi, je souhaite,
comme ministre des Affaires municipales, et j'ai eu des échanges avec ma
collègue la ministre de l'Environnement dès mon arrivée en fonction sur ces
enjeux-là. Je le vis comme député, vous avez raison. Et il y a eu, en cours de
route, des changements de critères, des délégations d'actes, des mandats
donnés, par exemple, à des universités, d'autres à des centres de bassins
versants, à des gens qui ont une expertise en hydrologie de façon fort
importante, mais on arrive au bout du compte, puis vous avez raison de
mentionner ces 12 MRC là, où leur crainte et la responsabilité d'une
municipalité face à une cartographie et à une zone inondable ou non, et à
l'impact de l'inondation dans cette zone-là aient des coûts éventuels et des
poursuites éventuelles. Et... et...
Mme Nichols :
Exactement. En fait, les MRC craignent les poursuites.
M. Poulin :
Exactement.
Mme Nichols :
Ils craignent les poursuites, puis ils l'ont porté à votre attention, là,
ils ne sont pas capables d'acquitter une telle responsabilité sans avoir un
financement adéquat. Donc...
M. Poulin : Voilà. Et c'est... et
c'est pour cette raison-là qu'en peu de temps, là, j'ai été assermenté le
21 avril, là, j'ai demandé, dans les dernières semaines, que l'on délimite
très bien la responsabilité municipale face à la cartographie des zones
inondables. Et j'ai l'intention d'analyser le tout et de le partager au milieu
municipal.
Mme Nichols :
Est-ce qu'il y aurait une possibilité où est-ce qu'il existe des réserves
financières justement pour protéger les municipalités contre des poursuites?
M. Poulin : Bien,
présentement, puisqu'on ne connaît pas l'ensemble de la responsabilité
juridique municipale face à la cartographie des zones inondables, il est
difficile pour moi de réserver des sommes financières alors qu'on n'a pas
délimité l'ensemble de l'oeuvre encore.
Mme Nichols :
Puis, pour les citoyens? Parce que, vous le savez, les citoyens... les
citoyens sont inquiets, ils ont des enjeux,
entre autres relativement au financement hypothécaire qui devient de plus en
plus restrictif. Chez vous aussi, là, les citoyens doivent aller à votre
bureau de comté puis vous dire qu'ils ne sont pas capables de renouveler parce
que, un, on va se dire les vraies affaires, là, les institutions financières,
eux autres, ont leurs propres cartes, là, ils se fient à leur propre carte pour
renouveler ou pas une hypothèque, là. C'est un enjeu qui est important. Puis
là, si vous me parlez de mars 2028, ça va encore cogner à nos portes.
Donc, est-ce que vous tenez compte de cette réalité-là, entre autres, du refus
de financer des propriétés qui sont dans des zones... bien, ce n'est plus des
zones 0-20 ans, là, mais...
M. Poulin : Oui,
et puis la possibilité de reconstruction dans une zone 0-20 ans ou non, ou
juste rajouter des pieux où le rez-de-chaussée n'est pas occupé pour des bâtiments
résidentiels, et tout ça. Et je sais que ma collègue la ministre de
l'Environnement est en train de regarder ça. Vous avez raison, le délai de
mars 2028 était demandé par le milieu municipal pour peut-être éviter des
cas de figure que vous venez de mentionner, peut-être mettre des gens dans une
zone dans laquelle on ne pense pas qu'ils doivent être dans cette zone-là,
qu'elle soit à 20 ans, 50 ou 100 ans.
Alors, on prend le
temps nécessaire pour bien faire les choses, sachant les répercussions éventuelles
qu'il pourrait y avoir. Certaines personnes, puis vous le vivez probablement,
vont nous dire : Moi, ça n'a jamais été inondé chez nous. Pourquoi vous me
mettez dans une zone inondable? Donc, il faut travailler avec des spécialistes
et des professionnels très indépendamment de la politique pour pouvoir établir
le tout.
Mme
Nichols : Bien, justement, sur cet aspect-là, est-ce que c'est prévu?
Ou, si ça ne l'est pas, je vous fais une suggestion : le droit de demander
la révision, là, qu'un propriétaire puisse demander que sa situation qui va lui
être imposée, là... en fait, d'ouvrir une porte pour qu'il puisse... puisse
contester, demander une révision. Parce que, tu sais, ce qu'on entend, c'est
que ça ne sera pas possible. Ça fait que moi, je vous le suggère fortement.
Puis, dans la même question, je vais vous... de donner des pouvoirs aux
municipalités. Les municipalités connaissent leur territoire. Les municipalités
savent si telle ou telle maison peut mettre des mesures résilientes ou pas. Ça
fait que ça aussi, c'est une demande que je vous fais, M. le ministre, là,
de faire confiance aux municipalités puis de leur donner cette possibilité-là.
M. Poulin : Et
donc l'équilibre de faire confiance aux municipalités sans nécessairement
qu'ils deviennent responsables, poursuite ou non. C'est ça, l'équilibre
juridique qu'on est en train de voir puis que j'ai sensibilisé ma collègue de
la ministre de l'Environnement. Parce que, si on dit aux municipalités... ou
aux MRC, plutôt, dans certains cas, 100 % des enjeux des zones inondables
est géré chez vous, on doit s'assurer, un, d'avoir l'expertise à l'intérieur de
la MRC parce que ce n'est pas le cas partout. Certains le délèguent aux
bassins... au comité de bassins versants, par exemple, ou à des spécialistes à l'Université
Laval pour pouvoir réaliser la cartographie en fonction de certaines normes. Et
donc la responsabilité municipale face à la cartographie est le coeur pour moi
de l'enjeu et qui vient un peu répondre à vos questions. Et c'est pour ça que
j'ai demandé à nos équipes de s'asseoir également avec le ministère de
l'Environnement pour bien comprendre et bien délimiter la responsabilité
municipale. Donc, si je leur en envoie plus, c'est encore plus dans la cour des
MRC, déjà qu'ils collaborent aux schémas. Si jamais ce sont eux... bien, en
fait, ce seront eux, ultimement, qui devront le faire appliquer parce qu'ils
sont responsables de leurs schémas, quelle est leur responsabilité face à
l'application d'un élément?
Et, dans un contexte
où le citoyen voudrait contester, c'était ça, votre première question :
Est-ce qu'un citoyen va pouvoir contester le... la cartographie, à savoir s'il
est inclus ou non, il y a des mécanismes dans lesquels le ministère de
l'Environnement s'appuie, qui sont ceux des scientifiques puis qui sont ceux
des experts. Et... Maintenant, ça ne veut pas dire que les MRC ne peuvent pas
émettre des commentaires, ne peuvent pas travailler avec leurs directions
régionales ou encore travailler avec les professionnels.
Mme Nichols :
Parfait. J'ai des petites questions en rafale, parce qu'il ne me reste pas
beaucoup de temps. D'abord, en lien avec les ouvrages, les ouvrages de
protection, là, toujours dans les... dans les... le dossier des inondations,
là, qui va être responsable? Est-ce que... Si les municipalités deviennent
responsables des ouvrages de protection,
est-ce ce que vous avez prévu les dédommager ou, du moins, qu'il y ait un montant
qui suive, là, pour les aider?
M. Poulin : Est-ce
que vous parlez d'ouvrages de protection qui sont situés, par exemple, pour
protéger un certain quartier résidentiel face à un cours d'eau?
Mme Nichols :
Oui. Entre autres.
M. Poulin :
OK. D'accord.
Mme Nichols :
Bien là, on parle de Sainte-Marthe, là, mais... de Sainte-Marthe-sur-le-Lac...
M. Poulin :
Oui, c'est ça.
Mme Nichols : ...mais il y en... il y en a d'autres aussi, là.
Je vais vous donner un exemple, là. À Vaudreuil-Dorion, là, on a une
usine de filtration puis une école, dans la baie de Vaudreuil, à protéger.
Donc, des... ça va prendre un ouvrage de protection. Ils veulent bien aller de
l'avant, là, mais, tu sais, c'est encore... vous le savez, là, c'est un...
c'est un... il y a... il y a un manque, puis ça coûte des sous.
M. Poulin : Dans
le programme ATCL, Mme la députée, dont nous sommes à revoir la mouture, les
municipalités sont éligibles.
Mme Nichols :
OK. Parfait. Un autre petit dossier encore, vite, vite, là, je ne veux pas
prendre trop de temps pour faire la mise en place du dossier, là, puis je suis
sûre que les municipalités l'ont porté, là, à votre attention, là, mais c'est,
entre autres, en lien avec les centres de services scolaires. Les centres de
services scolaires, vous le savez, on leur demande d'optimiser... optimiser
leurs... optimiser... avoir moins de dépenses, plus de revenus, mais ça ne
fonctionne pas toujours. Ils ont décidé, entre autres, de refiler la facture
parce que les municipalités utilisent, pour le bénéfice de leurs citoyens, des
gymnases. Donc, je vous... puis je ne suis pas gênée, là, commission scolaire
des Trois-Lacs, chez nous, là, ce n'est pas un gros montant, là, mais c'est
300 000 $ qu'on refile aux municipalités pour que les citoyens
puissent utiliser les gymnases. Donc, c'est de la location de gymnase qu'on...
qu'on fait. Écoutez, vous ne pouvez peut-être pas me répondre aujourd'hui, mais
dites-moi que vous allez faire quelque chose pour aider nos municipalités, là,
c'est... Voyons, là, les centres de services scolaires, là. Les municipalités
leur fournissent les concierges, déblaient leurs stationnements, puis là on va
leur charger parce que les citoyens, en dehors des heures de classe, vont
utiliser les gymnases. M. le ministre, ils ont besoin de vous.
M.
Poulin : Et c'est très inégal d'un endroit à l'autre, vous avez
raison. Chaque centre de services scolaire a une relation différente avec ses
villes et ses municipalités, puis des fois, dans le même centre de services
scolaire, la municipalité n'a pas la même
entente avec le centre de services scolaire. Alors... Puis on ne veut pas faire
de mur-à-mur, on ne veut pas uniformiser, mais on veut essayer quand
même de donner une certaine souplesse et une certaine autonomie. Donc, on
navigue là-dedans. Dans l'entente de réciprocité du ministère des Affaires
municipales, il y a des discussions présentement à ce niveau-là avec les
relations avec les services scolaires. Puis, plus globalement, on pourra peut-être avoir la discussion, la députée
et moi, sur tout le partage des lieux du gouvernement du Québec vis-à-vis
les municipalités, donc des lieux qui nous appartiennent, nous, versus ceux des
municipalités. En matière d'itinérance, on pourrait... on pourrait en parler
beaucoup...
Mme Nichols :
Eh oui, les tenants lieu de taxes.
M. Poulin :
...où on peut peut-être mieux partager nos infras et le faire parfois à moindre
coût, parce que c'est toujours le même citoyen à la fin de la journée.
Mme Nichols :
Oui, les tenants lieu de taxes. Je porte à votre attention un autre
dossier : Massueville, 557 habitants,
les voisins de Saint-Aimé, qui sont 450 habitants. Le dernier budget, ils
n'ont pas eu le choix, 7 % d'augmentation du compte de taxes
municipales. Ils sont enclavés, ils sont comme un peu dans un trou de beigne,
là, je vais dire qu'ils sont enclavés. Il y a une municipalité qui veut
fusionner, l'autre ne veut pas. Ça fait trois demandes, là, qui sont refusées,
là, auprès du MAMH. Comment on peut venir en aide ou comment vous pouvez venir
en aide à ces municipalités-là qui...
Des voix :
...
• (13 heures) •
M. Poulin : OK.Bien là, vous touchez l'enjeu des fusions et des défusions, Mme la députée.
Fusions municipales forcées en 2001, je ne crois pas qu'il faille
retourner là, et défusions optionnelles du gouvernement libéral de Jean Charest
en 2003-2004. Moi, je crois à la coopération intermunicipale. C'est pour cette
raison-là qu'on a des sommes financières présentement.
J'ai réalisé,
d'ailleurs, une fusion, moi, dans mon comté, entre Saint-Évariste et
Courcelles, grâce aux équipes du ministère des Affaires municipales, qui ont
extrêmement bien travaillé. Puis c'est un changement de région administrative et
un changement de MRC, là. Donc, on passait de la MRC du Granit et de l'Estrie
vers Beauce-Sartigan, Chaudière-Appalaches.
Dans le cas précis
que vous mentionnez, je ne m'en suis pas enquéri encore, de ce cas précis. Ce
qu'on nous dit, c'est que nos équipes les accompagnent présentement. Par votre
expérience, vous n'êtes pas sans savoir parfois que l'enjeu des fusions et des
défusions dépendent des conseils municipaux qui sont en place, des maires, des
historiques, des volontés ou non. Donc, moi, je crois beaucoup au regroupement
des services d'abord, qui pourrait peut-être amener une fusion, mais je vais
m'enquérir plus précisément de cet enjeu-là. Mais on me dit que le ministère
des Affaires municipales les accompagne.
Mme Nichols :
Oui. Je le porte à votre attention parce qu'il y a déjà... il y a déjà beaucoup
de services... de services en commun.
Rapidement, là, en
quelques secondes, dans les cahiers, les demandes 1 à 61... 1 à 67, dans les
demandes de renseignements particuliers de l'opposition officielle, il y a,
entre autres, à la question RP-02 où on demande la ventilation des paiements puis des transferts affectés aux
municipalités. Il y a, entre autres... la ville de Montréal, il y a un
financement de 658 602 $ qui a été affecté pour des travaux sur les
paddocks du Circuit Gilles-Villeneuve. Pourriez-vous...
Le Président (M.
Schneeberger) : ...merci, rapidement, cinq secondes.
M. Poulin :
Est-ce qu'il vous reste du temps plus tard? Non? Ah! OK.
Mme Nichols :
Non, mais on... Peut-être nous revenir par écrit sur...
M. Poulin :
Bien, on est en train de... on est en train de fouiller.
Mme Nichols :
Très bien.
Le Président (M.
Schneeberger) : OK. Alors, merci beaucoup. On a déjà étiré le maximum.
Alors, merci pour les échanges. Alors, le temps est déjà écoulé au niveau du
volet de l'étude des Affaires municipales des crédits budgétaires du
portefeuille Affaires municipales et Habitation.
Adoption des crédits
Il reste juste à mettre aux voix les différents
programmes. Alors, je vais y aller par le premier, alors, intitulé Soutien aux
activités ministérielles, est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Des voix : Sur division.
Le Président (M. Schneeberger) :
Adopté sur division. Le programme n° 2, intitulé
Modernisation des infrastructures municipales, est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Des voix : Sur division.
Le Président (M. Schneeberger) :
Adopté sur division. Le programme 3, intitulé Transferts fiscaux et
soutien aux municipalités, est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Des voix : Sur division.
Le Président (M. Schneeberger) :
Adopté sur division. Le programme n° 7, intitulé
Commission municipale du Québec, est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Des voix : Sur division.
Adoption de l'ensemble
des crédits
Le Président (M. Schneeberger) :
Adopté sur division. Et enfin l'ensemble des crédits budgétaires du
portefeuille Affaires municipales et Habitation de l'exercice
financier 2026-2027 est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Des voix : Sur division.
Documents déposés
Le Président (M. Schneeberger) :
Adopté. En terminant, je dépose les réponses aux demandes des renseignements
des oppositions.
Et, compte tenu de l'heure, nous allons
suspendre la commission jusqu'à 14 heures, où nous allons entreprendre le
volet Sport, Loisir et Plein air des crédits budgétaires du portefeuille
Éducation. Merci beaucoup.
(Fin de la séance à 13 h 03)