Journal des débats (Hansard) of the Committee on Planning and the Public Domain
Version préliminaire
43rd Legislature, 3rd Session
(début : May 5, 2026)
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Thursday, May 28, 2026
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Vol. 49 N° 5
Étude des crédits budgétaires du ministère des Affaires municipales et de l'Habitation, volet Affaires municipales
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Intervenants par tranches d'heure
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Schneeberger, Sébastien
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Nichols, Marie-Claude
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Poulin, Samuel
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Poulin, Samuel
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Nichols, Marie-Claude
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Schneeberger, Sébastien
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Labrie, Christine
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Poulin, Samuel
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Nichols, Marie-Claude
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Schneeberger, Sébastien
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Boissonneault, Alex
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Poulin, Samuel
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Nichols, Marie-Claude
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Schneeberger, Sébastien
11 h 30 (version révisée)
(Onze heures quarante-six minutes)
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
bon matin à tous. Ayant le quorum, je déclare la séance de la Commission de
l'aménagement du territoire ouverte.
Alors, nous sommes réunis ce matin afin de
procéder à l'étude du volet Affaires municipales des crédits budgétaires du
portefeuille Affaires municipales et Habitation pour une durée de 1 h 45 min,
l'exercice... de l'exercice financier 2026-2027.
Est-ce qu'il y a des remplaçants, M. le
secrétaire?
Le Secrétaire
: Non, M.
le Président, il n'y a pas de remplacement.
Le Président (M. Schneeberger) :
OK. Alors, j'aurais besoin d'avoir du consentement de la table. Étant donné qu'on
commence en retard, et quand même un bon retard, du côté ministériel, il n'y
aura pas de bloc pour eux. Alors, ils ont eu... zéro minute, et il va falloir
couper de votre côté, là, deux minutes. Vous avez trois des... c'est tous des
blocs de 21 minutes, alors vous aurez environ des blocs de 17... 17 min 14 s.
C'est correct, consentement? Parfait.
Alors, je vais laisser la députée de... la
députée de Vaudreuil, et je voulais dire «Argenteuil», parce que... Ça ne
change pas, hein? C'est toujours pareil, je me mêle toujours entre vous deux.
En plus, vous êtes toujours en commission. Alors, députée de Vaudreuil, vous
avez 17 min 14 s. Je vous laisse débuter ce bloc.
Mme Nichols : Merci.
Merci, M. le Président. D'abord, permettez-moi de saluer le nouveau ministre
des Affaires municipales. Permettez-moi aussi de remercier de... tout le
personnel qui l'accompagne, le personnel du ministère, les fonctionnaires, les
équipes de soutien pour leur travail. C'est toujours une grosse période, la...
la période des crédits. C'est beaucoup de... beaucoup de stress, on va le dire
comme ça. Bien, pour assurer le bon déroulement, bien, je sais qu'il y a une
grande préparation en arrière de tout ça, donc je vous remercie, je vous
remercie d'avance.
Je veux aussi souligner le travail
essentiel des nombreux partenaires, là, qui oeuvrent dans le domaine municipal,
qu'on consulte pour une meilleure préparation. Puis je pense, entre autres, aux
maires, aux mairesses, aux conseillers municipaux, à la FQM, à l'UMQ, aux
associations des directeurs municipaux, là, qui, jour après jour, contribuent à
assurer, là, un service ou, enfin, nous tiennent au courant, là, de ce qui se
passe, là, dans le... dans le monde municipal.
Ceci dit, M. le Président... bien, je vous
salue aussi, je salue votre équipe qui vous accompagne. Ceci dit, M. le
Président, les études de crédits se déroulent toujours dans un contexte où il y
a bien des enjeux importants, là, qui sont mis... qui sont mis de l'avant, qui...
qui se dessinent dans le monde municipal ou qui sont d'actualité. Le ministre ne
sera pas surpris d'entendre que la fiscalité municipale est sous pression, qu'on
a des infrastructures qui tombent en ruine, puis je dis «on» en parlant du
monde municipal, qu'il y a des coûts, des coûts très importants pour nos
municipalités dans les dernières années. Nos élus sont sortis, entre autres, je
pense à la mairesse de Longueuil. Il y a les infrastructures en eau qui se
dégradent à la vitesse grand V, qui demandent des investissements majeurs. Il
est donc essentiel, au cours de nos échanges, évidemment, là, d'aborder... d'aborder
puis de faire la lumière sur ces enjeux-là pour mieux comprendre les dommages,
entre autres, puis je vais dire des huit dernières années, là, parce que je
suis un peu marquée par le PQI, sur lequel j'ai accordé beaucoup d'importance
dans les derniers jours.
• (11 h 50) •
Donc, étant donné qu'on est serrés dans le
temps, je vais tout de suite commencer, M. le Président. Parce qu'on le sait,
parce qu'on est allés... on en a parlé un peu plus tôt, à la période de
questions, là, mais on... on se tient, M. le ministre, là, dans les mêmes
événements, entre autres aux assises de l'UMQ, qui ont... qui ont eu lieu
récemment, l'Assemblée des MRC, là, qui a lieu à la FQM. Suite à votre
intervention, en période de questions, là, je comprends qu'on n'a pas le même
enthousiasme, ou on... ou, en fait, ce n'est pas le <même...
Mme Nichols :
...en
période de questions, là, je comprends qu'on n'a pas le même enthousiasme, ou
on... ou, en fait, ce n'est pas le >même message qui se rend... qui se
rend à nous.
Moi, ce que j'entends du monde municipal,
c'est que les infrastructures d'eau sont à bout de souffle, que les
infrastructures tombent en ruine, que les besoins... explosent, que les coûts
sont difficilement absorbables pour les contribuables municipaux. Puis, on va
se dire les vraies affaires, là, quand on parle des contribuables municipaux,
là, c'est les citoyens, là. Ceux qui paient des impôts paient aussi des taxes,
des taxes municipales. Donc, il y a une capacité de payer des citoyens qui est
pas mal limite. Puis, pendant ce temps-là, bien, vous le savez, les
municipalités ont de moins en moins de sources de revenus. Il y a plusieurs
villes qui doivent ralentir ou qui doivent même bloquer des projets
résidentiels. Il y a des municipalités au Québec qui ont des moratoires de
construction, parce qu'ils n'ont pas la capacité suffisante en eau potable ou
en traitement des eaux usées. C'est très préoccupant, M. le ministre.
Je veux juste rappeler, entre autres, là,
que les municipalités sont responsables de plus de 101 000 kilomètres
de réseaux, de réseaux d'eau, d'égout, aqueducs, 10 400 infrastructures.
Il y a 43 municipalités au Québec qui ont dû restreindre leurs projets.
Ça, c'est juste en 2025. Et c'est 36 000 unités de logements qui ont...
qui ont été freinées, là, que la construction n'a pas eu lieu.
Ma première question pour... pour le
ministre, si on regarde le PQI de 2018, c'était 7,3 %, le PQI de 2026,
c'est 4,3 %, qu'est-ce qui explique cet écart d'investissement dans le
PQI?
Le Président (M. Schneeberger) :
...
M. Poulin : Merci beaucoup, M.
le Président. Je vais répondre, évidemment, à la question de la députée, mais
d'ailleurs je veux saluer mes collègues. La députée de Sherbrooke, j'étais à
Sherbrooke, d'ailleurs, en fin de... la semaine dernière, alors c'est un
plaisir de vous retrouver. Jean Charest disait «Sherbrooke». J'ai toujours
trouvé ça très beau, mais on va dire Sherbrooke, pas de problème, Mme la
députée. La députée de Vaudreuil, c'est un plaisir, effectivement, où on a eu
un échange ce matin à la période des questions, mais je pense qu'on est
d'accord sur plusieurs éléments, elle et moi, donc on pourra y venir.
Évidemment, mon adjointe parlementaire, la députée d'Argenteuil, que c'est un
plaisir, le député de Côte-du-Sud. Et à mon tour de saluer la brigade du
ministère des Affaires municipales qui nous accompagne aujourd'hui afin que
nous puissions échanger sur ces dossiers fort importants.
Je remercie la députée sur sa question sur
la notion du PQI. Parce que, globalement, les transferts au PQI sont de
7,3 milliards de dollars, les sommes attitrées au PQI. Là où on vient
dire «ça a diminué», c'est parce qu'on a haussé en santé et en éducation.
Puis d'ailleurs c'est une demande des villes, hein, souvent, de hausser les
sommes financières pour le CLSC, pour la rénovation d'un hôpital. Je pourrais
penser à Maisonneuve-Rosemont, notamment, où le milieu municipal réclamait des
investissements. Nous avons également donné de nouvelles écoles... qui fait en
sorte que les municipalités nous demandaient d'avoir une école de plus. Donc,
c'est pris à même le PQI.
Maintenant, globalement, les transferts
aux municipalités ont augmenté, 2018, 4,76 milliards, maintenant on est à
7,4 milliards. Donc, quand on prend la TECQ, le point de TVQ, nos
programmes municipaux, il y a une augmentation. Et les transferts des
municipalités ont donc fait en sorte d'avoir davantage de résultats à ce
niveau-là. Mais, oui, la... pour répondre à la députée, c'est vrai, nous avons
augmenté nos investissements comme gouvernement en santé, en éducation, en transports,
notamment...
Mme Nichols : Merci, merci...
M. Poulin : ...qui sont des
demandes municipales.
Mme Nichols : Qui sont des
demandes municipales, mais qui n'ont rien à voir avec... avec les... les
investissements dans les infrastructures municipales, là. Moi, je vous...
M. Poulin : La voirie... la
voirie locale, oui. La voirie locale a à voir avec les municipalités.
Mme Nichols : Bien oui, mais
la voirie...
M. Poulin : Donc, c'est pris à
l'enveloppe du ministère des Transports, mais c'est une demande du milieu
municipal. Alors, il n'est pas calculé dans les Affaires municipales au PQI, il
est calculé dans les transports, mais oui, ça bénéficie aux infrastructures
municipales.
Mme Nichols : À part la
voirie locale, là, faites-moi pas à croire que la santé à avoir là-dedans, a un
lien direct, là. Moi, je vous parle des infrastructures municipales, là. Puis,
quand on parle du 7,3 % aux 4,3 % de 2018 à 2026, sur huit ans, c'est
le même... ça représente le même montant, il y a une diminution du pourcentage.
Vous avez raison, vous avez augmenté de 88 % le PQI général, mais la part
du municipal reste la même chose. Puis, si je vous le donne en dollars, ça
reste 7,3 milliards de dollars sur huit ans, alors que le
gouvernement en jette encore plus dans la cour des municipalités, là. Les
municipalités sont maintenant responsables de l'itinérance, de la construction
de logements, de... puis... puis je l'ai dit, là, les infrastructures tombent
en ruine, là. La voirie locale, il va y en avoir besoin encore d'un peu plus.
Si on regarde juste les nids de poule, ils sont quand même bien responsables de
l'entretien.
Donc, expliquez-moi comment une
municipalité peut faire plus quand ils ont plus de <responsabilités...
Mme Nichols : ...expliquez-moi
comment une municipalité peut faire plus quand ils ont plus de >responsabilités,
mais que le montant en huit ans reste le même. Parce que, je le répète, le
montant, 7,3 milliards, reste le même en huit ans, mais que les coûts ont
explosé. Parce que j'ai besoin de vous rappeler que la mairesse de Longueuil
nous disait combien ça coûte, un feu de circulation, un jeu dans un parc. Ça
n'a aucun sens.
M. Poulin : ...bien, tout à
fait. Et on partage le même avis sur le coût de nos infrastructures, qui a
augmenté dans les dernières années. Donc, si on est pour transférer davantage
d'argent aux villes, mais qu'on en fasse moins, on ne sera pas avancés. Je suis
convaincu que la députée de Vaudreuil est d'accord avec nous là-dessus.
C'est pour cette raison-là, et on va y
venir, qu'il y aura des états généraux en juin avec la participation du privé
pour diminuer ces coûts-là. On est dans un exercice de crédits budgétaires. Le
logement, la part au niveau du logement, elle a augmenté, c'est une demande
municipale. La voirie locale, là, ce n'est pas à mettre de côté. Tous les
maires au Québec nous en demandent, notamment la Fédération québécoise des
municipalités, nous l'avons augmenté. Je me souviens, l'enveloppe était vide
lorsque nous sommes arrivés. Nous l'avons fait.
M. le Président, je pense que je devrais
avoir un peu de temps pour répondre, là, je... on essaie d'être proportionnels
dans nos réponses, là, donc je pense que c'est important. Également, au niveau
des transferts aux municipalités... parce que, là, on prend le PQI, mais les
transferts aux municipalités, qui permet de faire de l'infrastructure, a
augmenté, est parti de 4,73 milliers à 7,4 milliards. Donc, il y a eu
une augmentation des transferts dans les municipalités, M. le Président, c'est
important de le dire et de le mentionner.
Maintenant, lorsqu'on parle d'itinérance,
lorsqu'on parle de tous les autres enjeux, les Affaires municipales, c'est
également l'affaire de l'ensemble du gouvernement du Québec. Mais nous, de
notre côté, là, lorsqu'on investit en transport, y compris sur les routes
provinciales, ce sont des demandes des municipalités également.
Le Président (M. Schneeberger) :
Juste peut-être essayer aussi de respecter les temps. Je comprends des fois
qu'il y a une question puis qu'on demande de ventiler la question, la réponse
est plus longue, mais on essaie de ne pas étirer le temps, M. le ministre.
M. Poulin : Mais je pense que,
si on prend les temps, M. le Président, je suis... je suis correct, là.
Mme Nichols : Mais c'est parce
qu'on...
Le Président (M. Schneeberger) :
...c'est bon.
Mme Nichols : ...c'est parce
qu'on essaie de mettre la table quand on pose la question pour être sûr d'avoir
une réponse précise à la question, mais on va faire ça plus court, on va... Je
vous demande d'appliquer la proportionnalité, M. le Président, comme le
ministre l'a demandé. Parfait.
La dernière réponse. Je veux avoir des
chiffres. Maintenant, donnez-moi des chiffres sur les... sur les enjeux que
vous venez de me soulever. Vous avez parlé de voirie locale. C'est combien?
Vous avez parlé que vous donnez pour... vous contribuez aux municipalités pour
le logement, pour le... Donnez-moi des chiffres.
M. Poulin : ...on peut
certainement vous les donner, vous comprenez qu'ils ne relèvent pas directement
du ministère des Affaires municipales, ces enveloppes-là, puisqu'on est dans
les crédits des Affaires municipales. Maintenant, lorsqu'on regarde,
effectivement, la proportion PQI, Affaires municipales, est de
7,3 milliards. Au niveau des transports, en cours de rencontre, on pourra
vous les fournir. Vous comprenez que ça ne relève pas de notre ministère, dans
les proportions, mais, voirie locale, on est arrivés avec des enveloppes
budgétaires de 250, 350 millions de dollars par budget, applaudies
par les municipalités et souhaitées. Au niveau de l'habitation, on a également
eu des hausses qui ont été faites dans les dernières années, donc on pourra
vous les fournir sans problème.
Mme Nichols : Très bien.
M. Poulin : Transport et
habitation, surtout que vous aviez des demandes, Mme la députée, vu que c'est...
pour bien répondre à votre question.
Mme Nichols : Oui.
M. Poulin : Parfait. Excellent.
Mme Nichols : Le déficit
actuel d'investissement dans les infrastructures municipales se chiffre à
combien?
M. Poulin : En fait, la... le
déficit des infrastructures municipales relève des municipalités. Donc, ce sont
les municipalités qui détiennent cette information-là, puisque chacun est
responsable de faire l'inventaire de ses infrastructures, des coûts et des
enjeux. Somme toute, et je pense que c'est une donnée qui est quand même
importante, 95 % des installations d'approvisionnement, de traitement, de
distribution d'eau potable, et 92 % des installations de collecte et
traitement des eaux usées et pluviales sont estimées dans un état satisfaisant.
Alors, ça, c'est une étude indépendante, le... du CERIU qui a été faite, c'est
important de le mentionner.
Il y a quand même eu des informations à
l'effet que 19,3 milliards seraient requis si l'on devait remplacer, en
2024, c'est la dernière fois, toutes les infrastructures en eau à risque de
défaillance élevé ou très élevé. Donc, effectivement, c'est... c'est quelque
chose qui a été fait en même temps... donc doivent être faits en même temps.
D'ailleurs, Monique Jérôme-Forget et Nicolas Marceau nous les ont mentionnés la
semaine dernière, que les précédents gouvernements ne s'en étaient pas occupés.
Le Président (M. Schneeberger) :
Merci. Merci.
Mme Nichols : ...ma question
était cinq secondes. On parlait des montants nécessaires pour mettre en...
remettre à niveau les réseaux existants. Est-ce que... vous avez fait allusion,
là, au rapport de Mme Jérôme-Forget. C'est combien en milliards de dollars qui
seraient nécessaires simplement pour remettre à niveau les réseaux existants?
M. Poulin : Bien, je fais
référence à ma réponse précédente. Les dernières évaluations du ministère des
Affaires municipales sont à 19,4 au niveau de l'eau.
Mme Nichols : Milliards?
• (12 heures) •
M. Poulin : Milliards, oui,
effectivement. Et maintenant les municipalités sont responsables de faire leur
propre inventaire. 95 % est en bon état, mais on est conscients qu'il y en
a qu'il y a des changements qui peuvent être faits...
12 h (version révisée)
M. Poulin : ...mais on est
conscient qu'il y en a qui a des changements qui peuvent être faits dans les
cinq prochaines années ou 10 prochaines années, alors ce n'est pas tous
pour des dépenses annualisées.
Mme Nichols : Parfait. Puis
comment vous pouvez venir en aide aux municipalités? Comment vous pouvez venir
en aide, là? Il y a 19,4 milliards de dollars juste pour maintenir...
pour mettre à niveau les réseaux existants puis...
M. Poulin : Oui. Bien,
premièrement, c'est important de le dire... puis la responsabilité des
infrastructures municipales est une responsabilité partagée entre les
municipalités, qui reçoivent des transferts du gouvernement, 4,76 à 7,4 milliards,
en hausse constante, plus un PQI de 7,3. Donc, quand on fait le calcul, 7,3
plus 7,4, on est au-dessus de 14 milliards de dollars.
Pour venir en aide aux municipalités, c'est
de pouvoir poursuivre nos investissements dans les prochaines années, notamment
la TECQ, qui est confirmée jusqu'en 2027, je pense. Ensuite, nous avons le
point de TVQ de façon annuelle, nous avons le PRABAM, le PRIMEAU, le PRACIM.
Alors, l'ensemble de ces programmes-là, sur lesquels on aura la chance de
discuter dans les prochaines minutes, je n'en doute pas, ce sont des investissements
qui sont donnés aux municipalités pour pouvoir le faire. Voilà.
Mme Nichols : Parce que...
bien, on va en revenir, au programme, là, parce que c'est beau avoir des
programmes, mais quand il n'y a pas d'argent dedans, c'est bien difficile d'aider
nos municipalités. Puis ici, on parle de 19,4 milliards, là, juste pour
entretenir, là, des réseaux qui sont élevés et à risque, là. C'est quand même
assez important. On ne veut pas... Tu sais, on dit : On va mettre, en
2027, des programmes pour les aider, là. C'est là, là, que ça tombe en
décrépitude, là. Puis on le voit, là. À tous les jours, l'actualité nous dit
une place où, tu sais... où ça pète, on va se dire les vraies affaires, où ça
pète.
M. Poulin : Peut-être...
Peut-être un commentaire sur ce que vous venez de mentionner. Également, les
surplus à l'intérieur des municipalités ont augmenté dans les dernières années,
4,76 à 8,3 milliards. Donc, non seulement les transferts ont augmenté, le
PQI est là, mais également les municipalités ont plus d'argent dans leurs
coffres qu'ils en avaient pour aussi se donner cette prévisibilité-là d'entretien
dans les prochaines années.
Mme Nichols : On en reparlera
avec les municipalités. Je ne suis pas... je ne suis pas tout à fait d'accord
avec... qu'ils ont beaucoup d'argent dans leurs coffres, là.
M. Poulin : ...Mme la députée,
ce n'est pas ce que j'ai dit. J'ai dit qu'il y avait une augmentation des
sommes qui étaient mises de côté pour justement faire en sorte d'investir dans
les prochaines années. C'est tout ce que j'ai mentionné.
Mme Nichols : Parce que les
municipalités n'ont pas d'argent dans leurs coffres.
M. Poulin : Bien, il y en...
il y en a qui ont des surplus, oui.
Mme Nichols : Je voulais vous
parler du délai dans les ententes, là, Québec-Canada. 24 mois, entre autres,
là, près de 24 mois entre l'annonce et la signature pour une entente dans
le... dans le cadre du Fonds canadien pour les infrastructures reliées au logement.
Et finalement, cette enveloppe-là a été signée. Je veux savoir... parce que,
là, on est serrés dans le temps, on a commencé en retard, je veux savoir, cet
argent, bien, un, pourquoi ça prend 24 mois, pourquoi on est la dernière
province à signer, quel est le montant, puis il est où, cet argent-là, puis il
va être disponible quand.
M. Poulin : Bien, moi... et, Mme
la députée, je suis sûr qu'on se rejoint, on croit au fédéralisme, on croit à
un Québec fort à l'intérieur du Canada...
Mme Nichols : C'est noté.
M. Poulin : ...et à la
possibilité d'aller chercher des sommes à Ottawa. Et j'apprécie sa question
parce qu'il faut aller chercher ces sommes-là du côté du gouvernement fédéral
pour pouvoir les investir à l'intérieur de nos villes et nos municipalités. D'ici
le 24 juin, FCIL, je le mentionnais à la FQM ce matin, 955 millions,
alors le programme sera lancé d'ici le 24 juin.
Mme Nichols : Vous en avez
parlé, là, du fédéralisme. Vous, oui ou non, oui ou non pour la séparation du
Québec?
M. Poulin : Moi, je n'en veux
pas, de référendum. Je n'en veux pas.
Mme Nichols : Ça, c'est
clair, là. Mais, s'il y en a un, vous votez pour ou vous votez contre?
M. Poulin : Ah! non, non,
moi, je n'en veux pas. Je vais faire campagne en Beauce, M. le Président, pour
s'assurer qu'il n'y ait pas de référendum parce que ce serait terrible pour nos
entreprises, ce serait terrible sur l'impact économique, notamment avec les
États-Unis.
Mme Nichols : Oui, ça, on l'a
compris dans...
M. Poulin : Alors, Mme la
députée, je vous garantis une chose, je ferai campagne contre un référendum.
Mme Nichols : C'est noté, la
campagne contre le référendum. Mais, si on se rend au référendum, vous allez
voter oui ou non?
M. Poulin : On n'en veut pas,
vous et moi, on n'en veut pas. Alors, il n'y en aura pas, de référendum.
Mme Nichols : C'est bon.
Parfait. Vous avez bien appris... vous avez bien appris votre rôle.
M. Poulin : Non. Je le crois,
j'y crois.
Mme Nichols : C'est... Le
FCIL, c'est combien... c'est combien, le montant?
M. Poulin : 955.
Mme Nichols : Puis il va être
disponible à partir de?
M. Poulin : D'ici le 24 juin.
Mme Nichols : Il va être
versé dans quel programme? Parce qu'il faut que ce soit versé dans un programme.
M. Poulin : Il y aura...
Bien, on va dévoiler le programme ensemble. Bien, c'est le FCIL, alors le fonds
pour le logement abordable notamment. Et il y aura différents volets que nous
allons venir détailler d'ici le 24 juin.
Mme Nichols : Parfait. Puis
est-ce que vous avez une idée sur comment il va être réparti à travers le
Québec dans... Il va y avoir des grilles ou ça va être premier arrivé, premier
servi?
M. Poulin : Le tout sera
dévoilé d'ici le 24 juin. C'est à venir.
Mme Nichols : Très bien.
Le Président (M. Schneeberger) : ...nous
allons du côté de la deuxième opposition, et j'entends la députée de Sherbrooke
pour 16 min 50 s.
Mme Labrie : Merci, M. le
Président. Bonjour, M. le ministre. Je vous recommande de dire Sherbrooke et de
vous inspirer le moins possible de Jean Charest dans votre parcours politique.
Je vais y aller rapidement parce qu'on a juste 16 minutes.
Ma première question est en lien avec le
rapport Marceau-Jérôme-Forget. <Vous avez nommé tout à l'heure...
Mme Labrie :
...minutes.
Ma première question est en lien avec le rapport Marceau-Jérôme-Forget. >Vous
avez nommé tout à l'heure, bon, 19,4 milliards, le déficit
d'infrastructures pour l'eau. Ça, c'est des chiffres de votre ministère. Le
rapport parlait de 49,7 milliards de déficit de maintien d'actifs pour
l'ensemble des infrastructures municipales. Pourtant, dans le PQI, il n'y a
rien de prévu pour résorber ce déficit de maintien des actifs. Donc, moi, je
voudrais savoir: Est-ce que le ministre a un plan pour ça? Je suis certaine que
le ministre est conscient de l'importance d'entretenir ses actifs. Il vient de
passer plusieurs mois à l'Économie, il est au courant que les gens responsables
font ça. Donc, c'est quoi, son plan?
M. Poulin : Oui. La députée a
entièrement raison, M. le Président, sur le développement d'actifs puis le
maintien d'actifs. Le chiffre qui se retrouve, c'est qu'on peut prendre
l'ensemble des infras pour lequel on est responsables et dire : Il y aura
une proportion d'ici 10 ans qu'on pense qui est à refaire. Nous, au niveau
en eau, on est à 19,3, mais sur un total d'ouvrages au Québec, 101 000
conduites souterraines que nous parlions tout à l'heure, d'une valeur d'à peu
près 188 milliards, qui n'est pas tout à refaire en même temps, puis
personne n'aurait la même capacité de les faire dans la même année au Québec,
on n'aurait pas les donneurs d'ouvrage, on n'aurait pas la capacité de pouvoir
le faire.
Donc, une des façons, là, de pouvoir le
faire, honnêtement, c'est réellement de revoir nos coûts. Et c'est pour cette
raison-là qu'on tient une rencontre en juin prochain avec le secteur privé,
parce que, des coûts de tuyaux si élevés que ça, on n'y arrivera pas, puis les
municipalités partent en appel d'offres. Alors, il y aura le FCIL
prochainement, mais il y aura aussi... évidemment, bon, il y a l'utilisation de
la TECQ, du point de TVQ, les transferts que nous venons... le PQI. Donc, nous
avons des programmes qui sont disponibles. Moi, je travaille avec la marge de
manœuvre financière qui a été donnée en mars dernier, mais notre objectif,
c'est de travailler avec les municipalités, d'accueillir les projets et voir ce
qu'il en est. Puis d'ailleurs, j'ai l'intention d'en confirmer prochainement,
des PRIMEAU, donc, qui étaient là avant mon arrivée.
Mme Labrie : Parce que, moi,
ma compréhension, c'est qu'en ce moment, au PQI, il n'y a rien pour la prise en
charge du déficit de maintien des actifs des infrastructures municipales. Je
comprends que le ministre veut faire des états généraux, mais après, il y aura,
donc, des recommandations, puis il va falloir faire des investissements, là, on
ne s'en sortira pas, là. Peu importe ce qui sort de là comme recommandation, il
va falloir... il va falloir entretenir les actifs. Donc, j'aimerais savoir
c'est quoi que lui... C'est quoi, sa marge de manœuvre à lui, finalement, là?
M. Poulin : C'est le 7,3 milliards
dans le PQI, ça va pour le maintien d'actifs. Donc, ça, cet argent-là, elle y
va pour le maintien d'actifs, plus les transferts qui sont donnés de 7,4 en
2026. Alors, cet argent-là est là en place pour le maintien d'actifs. Puis
d'ailleurs, cet été, vous allez en voir, là, des travaux au Québec qui ont été
autorisés, soit l'année dernière, aux municipalités, et il y aura de l'aqueduc,
égouts qui va se faire sur des réseaux existants dans plusieurs régions du
Québec cet été, là, grâce à ces sommes-là d'ailleurs.
Mme Labrie : Puis autour de
son... de ces états généraux qu'il organise, est-ce qu'il arrive là, lui-même,
avec une certaine marge de manœuvre pour mettre en place les recommandations
qui vont en découler?
M. Poulin : Oui. J'ai...
Évidemment, tout à l'heure, la députée de Vaudreuil citait la mairesse de
Longueuil, Catherine Fournier, avec qui j'ai passé beaucoup de temps, qui avait
lancé cette idée-là il y a un an, de tenir les états généraux. Puis notre
objectif, c'est d'arriver avec des idées très efficaces, rapides, qui
fonctionnent et sur lesquelles on va être capables de l'avoir. Puis, des fois,
ce n'est pas toujours des sommes que des arrimages et de la prévisibilité qu'on
doit donner aux municipalités et au secteur privé.
Alors, oui, j'arrive avec cette marge de
manœuvre là d'idées. Ça ne veut pas dire que ce sera des annonces à saveur
financière, c'est important de le mentionner, parce que j'ai un budget, j'ai un
cadre financier. Puis méfiez-vous des gens qui vont vous dire qu'ils vont
augmenter les budgets du jour au lendemain dans le PQI. Est-ce qu'ils vont
couper en santé? Est-ce qu'ils vont couper en éducation? Ils vont couper en
place en services de garde? Soyons prudents avant de donner de l'argent à ce
niveau-là. Moi, ce que je vous dis, c'est qu'à l'intérieur du 14 milliards
qu'on a, là, on peut faire mieux en termes de coûts, en termes de
prévisibilité.
Puis il y a des municipalités qui ont la
TECQ qui ne peuvent même pas l'affecter présentement pour le maintien d'actifs
parce qu'ils ne savent pas, l'année prochaine, dans deux ans, dans trois ans,
leurs besoins. Il a des nouveaux maires qui ont été élus il y a six mois à
peine qui sont en train encore de faire le tour de leurs réseaux souterrains
puis de voir leurs besoins. Alors, moi, je vais travailler avec eux pour leur
donner la meilleure prévisibilité, puis ça fera partie des enjeux au mois de
juin.
Mme Labrie : Donc, je
comprends que la marge de manœuvre, elle est essentiellement au niveau des
normes, règles, fonctionnement, processus, elle n'est pas tant financière.
M. Poulin : Cette marge de
manœuvre là va me permettre éventuellement d'économiser des sommes pour en
faire plus avec l'argent que nous avons.
Mme Labrie : OK. En ce
moment, il y a plus de 200 programmes de financement pour des
infrastructures municipales. Il y en a plus d'une... Il y en a un grand nombre
là-dedans qui relèvent du gouvernement, de différents ministères d'ailleurs,
pas seulement... pas seulement le vôtre. Est-ce qu'il y a un travail d'analyse
en cours pour essayer de simplifier tout ça, un peu comme la ministre de
l'Éducation l'a fait pour toutes les enveloppes, pour donner plus d'autonomie,
finalement, sur le terrain?
• (12 h 10) •
M. Poulin : Bien, merci
beaucoup pour la question. J'apprécie énormément. Il n'y a pas 200 programmes
au ministère des Affaires municipales pour les infrastructures. C'est un chiffre
qui a été mentionné, je sais... pas par vous, là, <mais par les unions....
M. Poulin :
...c'est
un chiffre qui a été mentionné, je sais... pas par vous, là, >mais par
les unions.
Mme Labrie : ...vous, là,
mais 200 programmes qui existent, tous ministères et paliers de gouvernement
confondus, oui.
M. Poulin : Probablement que
si, effectivement, on additionne l'Environnement, la programmation routière,
l'Agriculture, puis... là, on arrive à un 200. Puis c'est symptomatique d'une
société, hein, vous savez, on nous demande un besoin, alors le gouvernement du
Québec développe un programme pour pouvoir y répondre. Puis, si le gouvernement
ferme un programme, on va dire : Bien là, il a fermé le programme. Alors,
ce n'est jamais simple lorsqu'on est là-dedans.
Ce matin, j'ai annoncé que nous, du côté
du ministère des Affaires municipales, nous allons regrouper les programmes,
notamment en ce qui concerne l'ATCL, donc pour la transition climatique
auquelle nous avons à cœur. J'ai vécu les inondations en Beauce, je sais ce que
c'est. Alors, pour mieux regrouper nos programmes d'aide, on avait le PRAFI, il
y avait différents volets. Donc, on va faire une enveloppe pour simplifier le
versement aux municipalités. Donc, oui, aux Affaires municipales, on va faire
ce travail-là.
Et notre intention, en annonçant notre
politique deux pour un, qui fait en sorte qu'avant d'ajouter un règlement, un
ordre, une formalité, on doit en retirer deux, ça va aussi nous permettre
d'élaguer, si on veut, cet enjeu-là, mais il y aura toujours du travail à faire
dans les programmes. Maintenant, il faut être prudent avant d'en fermer un. Des
fois, c'est de le fusionner, de l'aménager, de regrouper les aides financières.
Nous le faisons présentement au ministère des Affaires municipales.
Mme Labrie : Exact. C'était
ça, le sens de ma question, là, de fusionner les enveloppes, parce qu'en ce
moment, la façon que c'est fait, ça force les villes à faire des choses que...
ce n'est pas nécessairement les infrastructures qu'elles auraient priorisées
elles-mêmes si elles avaient eu le choix. Donc, c'est ça, l'orientation que le
ministre prend.
M. Poulin : Oui, et ça amène
l'enjeu des dates de programme qui sont différentes, des analyses, de la
capacité de nos équipes de pouvoir analyser des projets, qui fait que si les
dates sont en même temps, ça va être encore plus long. Des fois, on dit :
Ah! M. le ministre, on vous a déposé tel projet dans tel programme, on n'a pas
de réponse. Bien, des fois, c'est parce qu'on en a reçu trop, parce que les
dates n'étaient pas alignées. Alors, il y a toujours ce travail-là à faire et
on va continuer de le faire.
Mme Labrie : Parlant de
recevoir trop de demandes, je vais peut-être aller directement là-dessus, dans
le programme PRIMEAU, on voit que... en tout cas, les chiffres qu'on a, qui
datent du 19 février, il y avait eu 219 demandes approuvées, 130 qui
avaient été refusées. Donc, c'est un taux de rejet d'à peu près 37 %. On
peut penser que les demandes dans le cadre de ce programme-là sont toutes
éventuellement essentielles pour les municipalités concernées. Donc, j'aimerais
comprendre un peu plus, là, pourquoi il y a un taux de rejet aussi élevé.
Est-ce qu'il y a des projets qui n'étaient pas conformes? Est-ce que c'est
l'enveloppe qui n'est pas suffisante? Et, si c'est le cas, qu'est-ce qui est
prévu pour permettre aux municipalités de réaliser ces projets?
M. Poulin : Bien, merci
beaucoup pour la question, encore une fois, parce qu'on est dans le concret de
la réalité municipale, et j'apprécie. Il y a effectivement des données que vous
nous donnez où on dit : L'enveloppe du PRIMEAU est à 2,4 milliards, 2023‑2033,
dont 1,4 milliard pour les petites et moyennes municipalités puis 1 milliard
pour les grandes villes. Il y a des sommes de réservées aux grandes villes à ce
niveau-là, notamment Québec et Montréal.
Pour le nombre de projets, il y en a qui
ne sont pas admissibles, par exemple, parce que c'est du développement. Donc,
quand on disait tout à l'heure : Arrêtez de couper des rubans puis faites
du maintien d'actifs, je reprends un peu la prémisse de votre première
question, nous sommes à analyser, et nous en sortons, là, presque à chaque
semaine, des programmes... des projets dans les municipalités, de maintien
d'actifs à l'intérieur des enveloppes budgétaires que nous avons.
Maintenant, il y a aussi des projets qui
nous sont déposés pour de l'agrandissement, donc, du prolongement d'aqueducs,
égouts, que nous viendrons, dans le programme tout à l'heure, le FIERH de 955 millions,
définir les volets pour lesquels ces projets-là pourraient être accessibles.
Donc, je pourrais avoir des projets que vous venez de me parler, du PRIMEAU,
que je vais transférer dans le FIERH pour lequel je vais avoir de l'argent
parce que c'est de la prolongation de services d'aqueducs et d'égouts.
Pour le maintien d'actifs, le PRIMEAU est
là, à l'intérieur des sommes, c'est sur 10 ans. Donc, je travaille avec
des enveloppes qui sont annualisées, mais, vous avez raison, il y a des
besoins, il y a des demandes, et on essaie, à travers les marges de manœuvre
qui nous sont données, d'en faire le maximum.
Mme Labrie : Donc, le
ministre me dit que, dans le fond, il y a des demandes qui sont rejetées parce
qu'elles n'étaient pas admissibles. Moi, ce que ce que je vois, c'est qu'il y a
un enjeu par rapport à c'est quoi, les normes, finalement, pour qu'un projet
soit admissible. Il y a-tu un guide disponible pour ça? Parce que ce n'est pas
normal que les municipalités déposent un projet puis qu'elles se fassent dire :
Bien là, vous n'étiez pas admissibles. Normalement, les critères
d'admissibilité, ils sont supposés le savoir d'avance, là.
M. Poulin : Oui, bien, des
fois, les projets sont doubles, il y a une partie qui est du maintien d'actifs
puis il y a une partie qui est du prolongement. Donc, c'est pour ça qu'on
départit tout le temps avec les municipalités ces enjeux-là. Pourquoi, par
moments, des fois, une municipalité va nous le déposer? C'est que... Puis vous
avez raison, là, il y a un guide, premièrement dans le volet un du PRIMEAU,
mise aux normes visant la conformité à la réglementation, Règlement sur la qualité
de l'eau, Règlement sur les ouvrages municipaux, construction, réfection ou
agrandissement d'infrastructures d'eau potable et d'eaux usées. Le taux
applicable varie, selon la taille de la municipalité, de 65 % à 95 %.
C'est que, des fois, la ligne est assez mince, et on ne dit pas qu'on les
rejette, mais on les accompagne, on les redirige et on leur explique.
C'est que, par moments, lorsqu'on est dans
l'agrandissement, par exemple, d'une usine d'épuration, la municipalité va
aller le taxer parce qu'elle a des nouveaux résidents qui vont se raccorder. <Donc,
je le mets très entre guillemets...
M. Poulin :
...aller
le taxer parce qu'elle a des nouveaux résidents qui vont se raccorder. >Donc,
je le mets très entre guillemets, là, ça peut s'autofinancer, d'une certaine
façon, sur 10 ans, sur 15 ans ou sur 20 ans. Nous, si on veut
réellement agir sur le maintien d'actifs, c'est pour cette raison-là que nous
investissons, avec le PRIMEAU, sur leur sous-sol actuel. Mais notre
objectif, puis pour chaque municipalité, et j'insiste là-dessus auprès des
équipes, j'aimerais rappeler, M. le Président, que ça fait cinq semaines, là,
que j'ai été nommé ministre des Affaires municipales, lorsqu'il y a une
municipalité, des fois, que ça n'a pas cadré, notre but n'est pas de la rejeter,
mais de l'accompagner sur la bonne façon. Puis peut-être que je n'ai pas
insisté là-dessus. La TECQ, c'est l'autonomie municipale de choisir où ils la
mettent. Le point de TVQ, c'est l'autonomie municipale de pouvoir le faire.
Alors, ils peuvent choisir, à l'égard des sommes qu'on leur transfère, leurs
priorités, mais l'utilisation de la TECQ est importante aussi.
Mme Labrie : Mais je vais
revenir sur PRIMEAU, parce que la Commissaire au développement durable laissait
entendre qu'il y avait un guide interne, au ministère, qui n'était pas public,
pour lequel il y avait certaines normes, là, pour évaluer les demandes, puis
que ça, les municipalités n'avaient pas accès à ça. Donc, est-ce que c'est le
cas? Puis, si c'est le cas, est-ce que le ministère peut rendre public ce guide
interne là, question d'éviter aux municipalités de perdre du temps, finalement,
sur des demandes qui ne seront pas conformes?
M. Poulin : Les critères de
priorisation vont être rendus publics sous peu. On prend note de ce que la Commissaire
au développement durable a mentionné, et on va les rendre publics
prochainement, pourquoi tel projet avant tel projet. Et ça, ça date des précédents
gouvernements, là, il y a encore des villes, au Québec, qui doivent mettre
leurs eaux usées... puis c'est non conforme, là. Alors, on n'a pas aidé, on n'a
pas accompagné suffisamment à ce niveau-là. Donc, il faut... il faut bien
expliquer ça. Alors, oui, ça sera rendu public prochainement. On a pris acte de
ce rapport, là, il y a deux semaines, oui.
Mme Labrie : Prochainement
quand?
M. Poulin : Écoutez, moi, là,
je suis en crédits, laissez-moi...
Mme Labrie : Avant l'été?
M. Poulin : Oui, oui, oui.
Mme Labrie : OK, merci. J'ai
une question sur, bon, les bâtiments scolaires, là. Vous savez qu'il y a un
conflit de longue date, là, depuis que les municipalités sont obligées de payer
pour les terrains scolaires. Nous, on a essayé de déposer un projet de loi pour
dédommager les municipalités par rapport à ça. Il y avait une déclaration de
réciprocité qui date de décembre 2023 — bon, je sais que c'était une
autre ministre à ce moment-là — qui prévoyait le remboursement à
100 % de la TVQ à l'égard des terrains scolaires cédés. Les villes n'ont
toujours pas reçu, ce remboursement-là, puis ce n'est pas prévu dans le budget.
Donc, je voudrais savoir si le ministre a l'intention de tenir la promesse de
son gouvernement, de sa prédécesseure, envers les municipalités puis de leur
rembourser la TVQ sur les terrains scolaires qu'elles ont été obligées
d'acheter.
M. Poulin : Merci pour cette
question-là, qui est fort importante. Je vais faire un préambule, là, mais vous
allez voir, je vais atterrir. Rappelons-nous qu'il manquait d'écoles au Québec.
On investit massivement dans le PQI pour pouvoir construire des nouvelles
écoles. Il y avait des villes, certaines, pas toutes, où on avait de la
difficulté à faire atterrir une école sur un terrain. Donc, des fois, ça
fait... ça peut paraître... puis ce n'était pas l'intention de la députée, là,
mais de dire : Heille, on force les villes à avoir un terrain pour les
écoles, là. Soit dit en passant, il y a bien des maires au Québec qui veulent
des écoles dans leur municipalité parce qu'ils savent l'impact extrêmement
positif que ça peut avoir.
Alors, il faut se rappeler pourquoi le
gouvernement l'a fait au départ, de pouvoir avoir des terrains. Il y a des
élèves qui étaient dans des tours à bureaux, là, parce qu'on n'était pas
capables de développer les écoles. Donc, moi, je pense que l'intention du
gouvernement, elle était excellente, d'avoir des terrains pour pouvoir
construire des écoles.
Maintenant, en ce qui a trait à cette
différence-là, nous sommes en discussion avec le ministère de l'Éducation
présentement, parce que ça relève d'eux, pour pouvoir le faire atterrir.
Mme Labrie : Pour faire
atterrir le remboursement de TVQ des terrains scolaires?
M. Poulin : En fait, il y a
le programme... Bien, en fait, on est en... on est en discussion sur ce
programme qui vise à rembourser la part de TVQ payée par les municipalités dans
le cadre de l'acquisition des terrains dédiés aux infrastructures scolaires.
Alors, oui.
Mme Labrie : Donc, ce n'est
pas votre ministère, c'est le ministère de l'Éducation qui va livrer cette
promesse-là?
M. Poulin : Nous allons
travailler avec eux en ce sens-là, oui.
Mme Labrie : Est-ce que vous
avez un échéancier?
M. Poulin : Le plus
rapidement possible, mais je pense que d'ici la fin de... d'ici l'été, on sera
en mesure de pouvoir le faire.
Mme Labrie : OK. Parce que ça
fait déjà plusieurs années qu'ils attendent après ça.
M. Poulin : Oui.
Mme Labrie : OK, merci. Il
reste deux petites minutes. J'ai une question par rapport au bilan des projets
de loi qui permettaient aux municipalités d'accélérer des projets. On voit,
dans les crédits, qu'il y a 44 projets pour lesquels ça a été utilisé, ces
dispositions-là. Moi, j'aimerais savoir combien d'unités de logement ça
représente, ces 44 projets, et puis combien d'entre elles étaient dédiées
au logement abordable, notamment via le PHAQ?
Une voix : ...
M. Poulin : 3 856.
Mme Labrie : Unités de
logement?
M. Poulin : Oui. Heille,
c'est incroyable, ça, Mme la députée, hein?
Mme Labrie : Puis la
proportion de ça qui était des logements abordables via le PHAQ ou AccèsLogis
s'il y en a eu?
• (12 h 20) •
M. Poulin : Je peux vous le
sortir parce que c'est, évidemment, une autonomie municipale que l'on vient
octroyer. Vous n'êtes pas sans savoir qu'il y en a qui veulent davantage de
logement social, d'autres du logement abordable, tout dépendant de leur taux
d'inoccupation et des besoins dans la ville. Alors, je peux vous le sortir au
niveau national. Mais effectivement... et j'ai même annoncé mon intention dans
le projet de loi n° 22, dans les amendements que nous
ferons dans les prochains jours, de pérenniser <ce droit-là aux
municipalités...
M. Poulin :
...dans
les amendements que nous ferons dans les prochains jours, de pérenniser >ce
droit-là aux municipalités. Vraiment, Gatineau est content, Québec est content,
et indépendamment du taux d'occupation. Parce que, maintenant, il y en a qui
sont à haut de 3 %, donc ils disent : Heille, je veux encore m'en
prévaloir parce que j'ai du... je n'ai pas de logement social ou abordable, donc
votre préoccupation. Ça fait que...
Mme Labrie : C'est pour ça que
vous demande, justement, la proportion de... des logements sociaux
M. Poulin : Absolument, on se
rejoint terriblement. Je vais vous donner vos chiffres exactement utilisés par
25 municipalités ou un peu plus...
Le Président (M. Schneeberger) : M.
le ministre, juste peut-être pas parler par-dessus l'autre, là. Essayez de
respecter les temps de parole, s'il vous plaît.
M. Poulin : Puis...
Mme Labrie : ...mon chiffre,
avant que ça...
M. Poulin : Non, non, puis je
ne me défile pas, je réponds directement, là, aux questions. 25 municipalités,
119 projets autorisés, et nous sommes en tout... Bien, 2025, il en reste à
entrer, il en reste à peu près 20 000 logements qu'on est en train
d'analyser sur cette possibilité-là, mais on est à 3 857 unités en
2024. 2025, on est encore en train de le comptabiliser pour pouvoir le faire.
Mme Labrie : 3 857, ça,
c'est sur les 44 projets, là, qu'on voit dans le cahier de crédits, donc
évidemment qu'il y en aura plus en 2025, mais la proportion de logements
abordables là-dedans, c'est ça que je veux voir.
M. Poulin : En fait... exactement.
Donc, 3 857 sur 44 projets. Et, pour la notion de logement abordable
et social, puisque ça relève essentiellement... il y en a certains qui relèvent
des villes, ce n'est pas une donnée que nous avons présentement, mais je peux
faire le lien avec... je peux faire le lien avec mes collègues de l'Habitation
pour qu'on vous donne un ordre de grandeur possiblement à ce niveau-là...
Mme Labrie : Donc, c'est un
engagement de le transmettre?
M. Poulin : Parce qu'il y en
a des fois... parce que c'est... parce que même la définition, ce que j'ai
remarqué, surtout, quand je suis arrivé aux Affaires municipales, la définition
de logement social et abordable...
Le Président (M. Schneeberger) :
En terminant.
M. Poulin : ...d'une ville à
l'autre, est complètement différente par moments. Alors...
Mme Labrie : ...l'engagement
de le transmettre...
M. Poulin : Bien, du moins vous
donner un ordre de grandeur, parce que dans...
Mme Labrie : En pourcentage,
là, oui.
M. Poulin : ...parce que
peut-être qu'est-ce qui est abordable en Beauce ne l'est pas à Sherbrooke.
Donc, je veux juste...
Le Président (M. Schneeberger) : Merci,
M. le ministre. On n'a plus de temps. Alors, nous retournons du côté de
l'opposition officielle, et j'entends la députée de Vaudreuil pour 16 min 37 s.
Mme Nichols : Merci, M. le
Président. Peut-être à revenir vite, vite sur l'actualité, une annonce qui a
été faite. En fait, une annonce qui a été faite, mais c'est un recul. Puis je vais
vous donner mon opinion, je pense que c'est un bon recul, parce que je pense
que le gouvernement de la CAQ avait oublié de... en fait, c'était une mauvaise
façon de consulter puis ça sentait un peu l'improvisation en lien avec le fait
de reporter. Il y a eu une annonce comme quoi le ministre... le ministre était
pour reporter l'entrée en vigueur des normes de construction. Donc, je voulais
avoir la...
Une voix : ...
Mme Nichols : Oui. Oui, oui,
mais je voulais avoir... Oui, mais vous savez que ça a un impact dans le monde
municipal, là.
M. Poulin : Oh que oui.
Mme Nichols : Bien, c'est ça.
Ça fait que je voulais avoir votre opinion.
M. Poulin : Merci beaucoup
pour la question. Je tiens à saluer le pragmatisme et le leadership de mon
collègue le ministre du Travail, qui a été effectivement très à l'écoute des
associations, très à l'écoute du milieu municipal également en ce qui a trait
au Code du bâtiment, sur le fait qu'il y a certains ajustements que l'on
souhaite faire. Alors, effectivement, ça a été une excellente nouvelle hier de
la part de mon collègue le ministre du Travail.
Mme Nichols : Merci. Je suis
d'accord avec le ministre, c'est un excellent recul de revenir sur cette
mauvaise décision. Et je remercie encore une fois le monde municipal, là, qui
est toujours... tu sais, qui est toujours bien allumé puis qui se manifeste...
qui se manifeste rapidement. Bon. On s'entend là-dessus, on s'entend là-dessus,
M. le ministre.
Je voulais continuer encore une petite
partie sur la fiscalité municipale, parce qu'on sait que 70 % des revenus
municipaux proviennent, entre autres, de l'impôt foncier, puis ils sont
responsables, entre autres, de 60 % des infrastructures publiques, dont
c'est... ce n'est pas beaucoup... pas beaucoup de revenus pour les
responsabilités qu'ils doivent assumer. Je me demandais : Est-ce que vous
considérez, entre autres, que le partage actuel des revenus fiscaux entre
Québec et les municipalités est équitable?
M. Poulin : Je peux y aller,
M. le Président. Alors, merci pour la question. Si on prend l'ensemble de
l'assiette fiscale municipale... parce que vous avez fait, tout à l'heure,
référence au rapport de Monique Jérôme-Forget et de Nicolas Marceau, qui disait
qu'effectivement on ne s'en n'était pas occupé sous les précédents
gouvernements des Affaires municipales. C'est ce qu'ils ont dit à micro, c'est
ce qu'ils ont dit également dans les rencontres que j'ai eues avec eux. Il y a
quand même un passage du rapport que je veux absolument vous citer, qui va
venir répondre directement à la question de la députée et sur lequel je
souhaite m'appuyer :
«Réduire significativement et durablement
la croissance des coûts de construction en agissant sur plusieurs leviers, dont
la révision des normes, afin qu'elles tiennent compte de la capacité de payer
des municipalités, la mise en place d'un bureau d'évaluation des prix pour
mieux baliser les coûts et le recours accru à de modes de réalisation de
projets favorisant le partage des risques pour les nouvelles infrastructures.»
Ça, c'est la clé pour s'assurer que nos
coûts diminuent. Dans le rapport de Luc Godbout, de l'UMQ, et de Tommy Gagné-Dubé...
Luc Godbout pas de l'UMQ, Luc Godbout de l'Université de Sherbrooke et Tommy
Gagné-Dubé, excellent rapport à lire, nous dit : «Le régime fiscal demeure
en période de maturation. Les réformes récentes <ont élargi les
possibilités...
M. Poulin :
...demeure
en période de maturation. Les réformes récentes >ont élargi les
possibilités, mais leur appropriation est progressive et encore inégale entre
les municipalités.» Il dit : «Tant le gouvernement du Québec que les
municipalités — quand vous me parliez du partage — gagneraient
à ce que ces dernières soient mieux outillées. L'utilisation effective des
pouvoirs repose sur un accompagnement renforcé...
Mme Nichols : C'est bon,
parce que je l'ai lu, le rapport.
M. Poulin : ...des
ressources techniques et accessibles et un encadrement permettant d'en
maximiser l'efficacité.»
Donc, moi, je suis d'accord avec les
conclusions de Tommy Gagné et de Luc Godbout sur le fait qu'il faut mieux
partager non seulement les responsabilités... et mieux partager parfois ce que
nous, on fait et ce qu'eux font.
Mme Nichols : Oui, bien,
un autre point en commun, j'ai lu aussi le rapport, M. le ministre, là. Donc,
les extraits que vous me citez, je les ai... je les ai lus. Il y a une conclusion,
là, qui saute définitivement aux yeux, parce qu'ils disent que le modèle actuel
est arrivé à ses limites, là. Puis, le «modèle actuel est arrivé à ses
limites», c'est vous qui est présentement le ministre des Affaires municipales.
Donc, ce que je comprends, c'est que vous partagez le constat que le modèle
actuel est en... ça ne fonctionne pas, qu'il faut le revoir. Il y avait
21 recommandations dans ce rapport-là. Là, je comprends que vous avez
accroché à une des 21 recommandations, entre autres la
recommandation 4 pour créer un bureau d'évaluation des prix pour les
contrats municipaux, si je me fie à ce que vous venez de me mentionner. Donc,
est-ce que vous avez l'intention de mettre en application rapidement 21...
quelques-unes des 21 recommandations?
M. Poulin : Oui, et
c'est notamment pour ça... et je vais citer la page 71 du rapport Monique
Jérôme-Forget et Nicolas Marceau, on a eu beaucoup de rapports dans les
dernières semaines. On dit : «En parallèle, il sera également essentiel de
clarifier les rôles et responsabilités des municipalités. La tenue d'états
généraux sur le milieu municipal permettra de jeter les bases d'un dialogue
structurant et de mener à l'élaboration d'un texte fondateur, reconnaissant
pleinement la place des gouvernements de proximité comme de véritables
gouvernements, au même titre que ceux du Québec et du Canada.» Alors, oui,
dans... et le rapport de Luc Godbout et Aviseo et dans le rapport de Monique
Jérôme-Forget, il y a des éléments intéressants.
Puis j'ai beaucoup insisté sur la
participation du privé, puis vous venez de le mentionner, je ne veux pas tirer
d'avance les conclusions des états généraux du 16 juin prochain, mais
certainement qu'on arrivera avec une certaine vision, certaines choses que l'on
peut mettre en place assez rapidement, qui sont inspirées des rapports qui ont
été faits par ces différents professionnels.
Mme Nichols : On est
présentement à l'étude du projet ou, enfin, on va commencer bientôt, là,
l'étude détaillée du projet de loi n° 22, là. Dans
les 21 recommandations, il y a peut-être des amendements qu'on pourrait
apporter, entre autres, ou qu'on pourrait faire assez rapidement pour corriger
certaines... certaines situations.
M. Poulin : ...avez des
exemples en particulier?
Mme Nichols : Bien,
certainement, si vous avez lu les 21 recommandations, il y a une...
M. Poulin : Non, mais,
pour vous, qui sont importantes?
Mme Nichols : Bien, il y
a une des recommandations, mais, en fait, sont tous importantes, ça touche le
monde municipal. Puis, comme on dit, on est face à un mur, là, ça fait qu'il y
en a qui... Mais je me dis qu'on pourrait intégrer rapidement... avec votre
équipe, là, c'est sûr que vous avez les moyens et les outils pour... pour qu'on
mette... Parce que le projet de loi n° 22, c'est un
omnibus, là, mais je vais donner un exemple, là, la recommandation 11,
là : «Permettre aux municipalités qui le souhaitent d'imposer une taxation
progressive pour les immeubles résidentiels ainsi que la taxation à taux
distinct pour les terrains et des bâtiments». Il y en a... il y en a d'autres
mesures aussi dans les 21 recommandations, donc on pourrait aller de
l'avant. Est-ce qu'il y en a... est-ce qu'il y en a une dans les 21 qui vous
inspire, qu'on pourrait mettre dans le projet de loi n° 22?
M. Poulin : Bien,
évidemment que nous aurons des amendements à l'intérieur du projet de loi n° 22 qui seront déposés. Et, si jamais les oppositions ont
des amendements, nous pourrons les regarder ensemble et les analyser. Mais oui,
il y aura des amendements dans le projet de loi n° 22.
Mme Nichols : Parfait,
donc, ce n'était pas...
M. Poulin : Je ne peux
pas les dévoiler ici, vous comprenez.
Mme Nichols : Oui, oui,
je comprends, là, mais je comprends aussi que les 21 recommandations ne
sont pas si inspirantes que ça pour faire des amendements pour le projet de loi
n° 22. Il y a une des recommandations, entre autres
la recommandation 14 : «Accroître le recours à la tarification de
l'eau», vous avez une position, M. le ministre...
M. Poulin : C'est très
intéressant...
Mme Nichols : ...en
prenant une gorgée d'eau?
• (12 h 30) •
M. Poulin : Oui,
effectivement. C'est très intéressant, parce que nous allons lancer
prochainement une campagne sur l'utilisation de l'eau potable au Québec.
Certaines municipalités, vous le savez, ont des compteurs d'eau, d'autres n'en ont
pas. Et vous comprenez que le temps m'est imparti à l'intérieur de mon mandat,
mais je crois qu'on est mûrs au Québec pour une réflexion ou, du moins, une...
une réflexion, oui, sur l'utilisation de l'eau potable dans les municipalités.
Et on a vu des exemples où la mise en place de compteurs d'eau a réduit de
façon importante l'utilisation de l'eau, qui faisait en sorte qu'on n'avait pas
besoin d'agrandir l'usine de filtration ou de la changer parce qu'il y a eu des...
la mise en place de compteurs d'eau. Puis, vous savez, il y a la tarification...
12 h 30 (version révisée)
M. Poulin : ...place de
compteurs d'eau. Puis, vous savez, il y a la tarification par résidence, il y a
la tarification par rue. Donc, il y a une certaine autonomie municipale à faire
à ce niveau-là, où les maires disent : Moi, je veux décider sur mon
territoire. Une municipalité de 200 citoyens peut être différente que
celle de 30 000, 35 000. Il y a la tarification de l'eau potable pour
les usines, pour le secteur industriel, qui utilise beaucoup plus d'eau, qui
est aussi importante. Alors, je suis en train de réfléchir. Le temps est ce qu'il
est, je n'aurai peut-être pas le temps en ce mandat-ci, mais advenant une
réélection, de réfléchir davantage avec le monde municipal, le faire avec eux sur
cet enjeu-là.
Mme Nichols : Parfait. Donc,
je comprends qu'il n'y aura rien qui va être nécessairement imposé aux
municipalités en lien avec la tarification de l'eau.
M. Poulin : Exact, exact. Tout
simplement une petite précision que mon équipe me fait penser : à l'intérieur
de la TECQ, les villes peuvent utiliser les sommes pour pouvoir installer des
compteurs d'eau. Donc, ils pourraient le faire à l'intérieur des sommes que les
gouvernements leur a transférées.
Mme Nichols : Parfait. La
recommandation n° 1 du rapport...
M. Poulin : Juste... Désolé, Mme
la députée. Vous êtes dans le rapport Godbout, ou celui de Jérôme-Forget, ou Aviseo?
Juste pour être certain.
Mme Nichols : Non, là,
j'étais dans le rapport de Monique Jérôme-Forget et M. Nicolas Marceau, là.
M. Poulin : OK. Parce qu'on en
a eu trois la même semaine.
Mme Nichols : Oui, en effet.
Puis là je faisais allusion aux 21 recommandations de ce rapport-là aussi,
dans...
M. Poulin : OK, c'est toujours
sur celui-là. OK.
Mme Nichols : Oui. La
recommandation 1 était, entre autres, pour réviser les normes puis les
exigences réglementaires. On le sait, là, qu'il y a un enjeu, là, vous le savez,
vous... le gouvernement de la CAQ est rendu à son sixième projet de loi, là,
pour... à titre d'allègements réglementaires, là. Le monde municipal est
lourdement affecté, entre autres, là, par la reddition de comptes. Je regardais
l'association des directeurs des municipalités du Québec, là, l'association...
Les modifications législatives puis réglementaires dans le milieu municipal,
là, il y a eu un recensement, là, de janvier 2021 à juillet 2025, là,
c'est pas mal le bilan de la CAQ, là, on s'entend, là. C'est terrible, là, de
voir le nombre... la... Il y a un tableau, vous l'avez sûrement vu, là, mais il
y a un tableau, là, où... qui dit que 34... Le MAMH, là, est le ministère où il
y a le plus de redditions de comptes à faire, là. La provenance des
modifications législatives réglementaires, c'est, majoritairement, au MAMH. Les
données, là, c'est 73 % des modifications qui provenaient des ministères
autres que le ministère des Affaires municipales et de l'Habitation.
Ce serait le fun, que le MAMH aussi
devienne pas mal, en tout temps, là, la porte d'entrée, entre autres, des
modifications souhaitées par les autres ministères, là. Il faut alléger, il
faut alléger, là, le travail des municipalités. C'est 54 heures... Les
municipalités de 10 000 habitants et moins, là, c'est 54 heures
par semaine, plus ou moins, là, qu'une municipalité consacre à la reddition de
comptes. Ça fait qu'à part faire un septième allègement réglementaire, ça, c'est
quelque chose qu'on pourrait mettre là, dans le projet de loi n° 22, là. C'est
demandé, on le demande partout. Qu'est-ce que vous comptez faire?
M. Poulin : Évidemment... Puis
mon... tu sais, mon but n'est pas de mettre la pierre sur un ou sur l'autre,
mais, si on a aboli des formalités ou des règlements en 2018, 2019, 2020, 2021,
2025, ça ne veut pas dire que c'est parce que c'est nous qui les a mis, là. Mais
là je ne veux pas jouer à qui a inventé le formulaire ou qui a inventé la
norme, là, mais il y a des choses qui sont là depuis les années 90, 2000 qu'on
est en train d'enlever là. Moi, je l'ai fait dans l'allègement réglementaire
des PME. Là, vous avez parlé de six projets de loi, là. J'ai rarement
enlevé quelque chose que c'était notre gouvernement qui l'avait mis. C'est
parce que les précédents gouvernements en ont fait également. Puis, à un
problème, la solution est souvent d'ajouter une norme ou un règlement.
Maintenant, nous avons une table qui est
permanente, avec le milieu municipal, sur l'allègement réglementaire. Nous
avons annoncé notre intention d'enchâsser une politique d'allègement réglementaire,
une demande de l'UMQ, avec le deux pour un, dans laquelle on va venir définir
exactement la norme, la formalité et le règlement, pour dire : À chaque
fois qu'on en ajoute un, on doit en retirer deux. Ça ne s'est jamais fait. C'était
du un pour un seulement pour les PME, et ce n'était même pas enchâssé dans la
loi, c'était dans une politique d'allègement qu'on est venu enchâsser dans la
loi, dans le projet de loi n° 11. Et, sans dévoiler
nos amendements, notre intention est beaucoup reliée à l'omnibus réglementaire
que nous étudions présentement.
Vous dire également qu'on a annoncé quand
même... le 245.1, qui sera aboli. C'était un... quelque chose qui avait été
présenté par les oppositions, à l'époque, que nous venons enlever, qui alourdissait...
on a reçu plus de 500 résolutions du monde municipal, qui alourdissait la
notification d'information. Alors, nous venons faire cet allègement
réglementaire là très prochainement. Et, en ce qui a trait aux normes et aux
exigences, vous l'avez souligné tout à l'heure, vous avez applaudi le travail
fait par mon collègue le ministre du Travail, Jean Boulet, qui a repoussé d'un an
le code du bâtiment, et ça démontre, encore une fois, qu'on a été en action et
à l'écoute du milieu.
Mme Nichols : Vous l'avez <dit...
Mme Nichols : ...Vous
l'avez >dit, là, le 245.1 de la LAU, il est... c'est... encore là, c'est
le monde municipal qui a levé la main puis qui a demandé que ce soit ajouté
dans le projet de loi n° 22. Moi, c'est un amendement que je vais déposer
justement, parce que, présentement, il n'est pas dans le projet de loi
n° 22. Là, vous en avez parlé, mais il n'est pas là. Moi, j'ai l'intention
de déposer... de déposer un amendement à cet effet-là.
M. Poulin : Oui. Nous aussi.
Mme Nichols : Je pense que
c'est important.
M. Poulin : Tout à fait.
Mme Nichols : C'est important.
Puis les... le monde municipal, vous l'avez dit, on a reçu 500... pas loin
de 500, là, résolutions, là, entre autres, que... Mettons que la FQM, là, puis
l'UMQ, ils sont pas mal bons quand ils mobilisent leur monde, là. On le sait
assez... on le sait assez rapidement. Donc, ça, oui, c'est un allègement qui va
être important, mais il y en a sûrement d'autres, là. Si je ne me trompe pas,
est-ce que l'UMQ ne vous a pas déjà envoyé... ou la FQM ne vous a pas déjà
envoyé une liste d'allègements?
M. Poulin : Oui, nous en
avons. Certains allègements ne relèvent pas du ministère des Affaires
municipales, puis, peut-être juste précisément, le ministère des Affaires
municipales travaille sur sa reddition de comptes, et d'ores et déjà, après cinq
semaines, nous avons le mandat à nouveau de le regarder. Maintenant, c'est
toujours important de mentionner... Tout à l'heure, la députée de Sherbrooke
faisait référence au rapport de la commissaire du développement durable sur les
grilles d'évaluation, et tout ça, et le ministère des Affaires municipales
participe, via les municipalités, à être un donneur d'ouvrage, d'une certaine
façon, via le PRIMEAU, via le PRACIM. Alors, je suis aussi pris par moment avec
des règles contractuelles, puisque je suis donneur public. Alors, moi, je veux
alléger au maximum, mais par moments, puisque l'on donne de l'argent aux
municipalités et qu'on devient par la bande un donneur d'ouvrage, il y a quand
même certaines lois contractuelles que je me dois de conserver puis que je me
dois de mettre en place dans les étapes pour que les éléments soient faits.
Mais, sur des allègements administratifs,
on pourrait parler du Fonds régions et ruralité, il y a déjà eu des
assouplissements qui ont été faits d'ailleurs par ma collègue la députée
d'Argenteuil, qui a eu un leadership incroyable dans ce dossier-là. Il n'en
demeure pas moins qu'on peut toujours en faire plus. Et notre intention est de
pouvoir continuer. On l'a fait avec le 245.1... là, on va le faire, plutôt,
c'était notre intention. Et, sur d'autres volets, on va tenter de pouvoir... de
pouvoir le faire.
Mme Nichols : Avez-vous retenu
le chiffre? Parce qu'on parle de la... de lourdeur administrative puis les
programmes, là, le rapport, entre autres, là, il estime un... Moi, je trouve ça
incroyable, là, le nombre de millions de dollars par année uniquement à
répondre aux exigences administratives du gouvernement du Québec. Est-ce que ce
chiffre vous a sauté aux yeux?
M. Poulin : Oui. Certains
éléments, comme je vous dis, sont reliés à des règles contractuelles de
donneurs d'ouvrage, où, avant de donner de l'argent aux municipalités, c'est un
peu normal qu'on demande de la reddition de comptes, comprendre l'appel
d'offres, et tout. Mais, par moments, il y a des règlements qui sont reliés à
des normes, et c'est là-dessus qu'il faut travailler, puis ça fera partie de
nos discussions dans les états... aux états généraux du 16 juin prochain.
Mme Nichols : 328 millions de
dollars, qu'on parle, en... par année uniquement pour répondre aux exigences
administratives du gouvernement.
M. Poulin : ...un PDZA, on a
un schéma d'aménagement de couverture de risques, on... Ce matin, j'étais à la
FQM, puis on parlait de tous les... Puis souvent, quand on les prend à part,
ils ont tous leur raison d'être, hein, on trouve que, tu sais, ce programme-là
est important ou ce projet-là est important. Puis c'est quand on les accumule,
que, là, il y a un enjeu par moments. Et, oui, c'est notre intention.
Mme Nichols : Bien,
définitivement, oui, oui, on en parle à la FQM, à l'UMQ, là, mais
définitivement, là, il pourrait y avoir quelque chose dès le début, puis une
reddition de comptes à la fin. Puis peut-être qu'entre-temps on pourrait
limiter de beaucoup les redditions.
M. Poulin : Oui. Puis, pour la
TECQ, là, et le PRIMEAU, puis ça, j'en ai entendu également chez nous, on a
allégé à ce niveau-là, formulaire, reddition de comptes...
Le Président (M. Schneeberger) :
Merci...
M. Poulin : ...puis il y a une
table en continu.
Mme Nichols : Merci.
Le Président (M. Schneeberger) :
Merci, M. le ministre. Nous allons du côté du député d'Arthabaska, pour
5 min 28 s.
M. Boissonneault : Merci, M.
le Président. Bonjour, M. le ministre.
M. Poulin : ...d'Arthabaska.
M. Boissonneault : Salutations
aux équipes, salutations aux collègues. Ça me fait vraiment plaisir d'être là.
Je vais y aller assez rondement parce que je n'ai pas beaucoup de temps. Vous
savez comment c'est.
M. Poulin : Ah! je le sais, je
sais.
M. Boissonneault : Première
chose, tarification de l'eau. J'aimerais juste préciser, là, êtes-vous en
faveur de la tarification de l'eau, M. le ministre?
M. Poulin : Je laisse les
municipalités dans leur pleine autonomie.
M. Boissonneault : Mais vous
les encouragez à aller dans cette direction-là.
M. Poulin : Je pense que les
compteurs d'eau ont une efficacité à certains endroits sur l'eau potable.
Maintenant, il y a des différences de municipalité, d'un endroit à l'autre.
Vous comprenez qu'il y en a qui ont des puits artésiens versus d'autres qui ont
des... qui ont de l'eau. Donc, je le vois d'un bon oeil. Et je veux
sensibiliser aussi les Québécois à l'utilisation de l'eau potable. On l'a fait
beaucoup sur l'électricité, mais il faut le faire plus avec l'eau.
• (12 h 40) •
M. Boissonneault : Mais je
comprends que vous ne mettrez pas en place des mesures qui pourraient être
coercitives ou, en tout cas, qui pourraient encourager concrètement les
municipalités à aller dans la direction d'une tarification de l'eau potable.
M. Poulin : Ce n'est pas notre
intention.
M. Boissonneault : Est-ce que
vous êtes en faveur, comme le suggère le rapport Jérôme Forget-Marceau,
d'augmenter les taxes ou, en tout cas, de l'idée que les municipalités
augmentent leurs taxes pour faire partie d'un fonds qui servirait à l'entretien
des infrastructures?
M. Poulin : Vous permettez que
ça va être un peu plus long, ma réponse, que votre question, mais je vais... je
vais essayer de me ramasser. Évidemment, la... il n'y a pas un <budget...
M. Poulin : ...il n'y a pas
un >budget de ville qui est pareil, en fonction des conventions
collectives qu'ils ont signées, en fonction des infras qu'ils ont à mettre en
place, en fonction de leurs besoins, de leurs listes des priorités. Donc, il est
difficile pour le ministre des Affaires municipales de dire un trait :
C'est ça qui devrait se passer dans les villes, au Québec, quand on a 1 100 municipalités,
puis le Grand Nord n'a pas les mêmes réalités que le Sud. Arthabaska, Beauce-Sud
se ressemblent beaucoup, mais pas l'ensemble des municipalités au Québec. Donc,
je suis prudent avant de tirer un grand trait sur ce qui devrait se passer dans
le monde municipal, du haut de mon expérience ou de mon titre.
Maintenant, il y a quand même des outils,
des transferts qui ont été donnés dans les municipalités, la TECQ, le point de
TVQ, les programmes qui sont au rendez-vous pour l'entretien des
infrastructures municipales, et il y a une part où les surplus ont augmenté
dans les villes, dans les dernières années, c'est un cas. Je n'ai pas dit qu'il
y avait beaucoup d'argent, je vous dis simplement qu'il y a des surplus qui
sont là, mais qui sont différents d'une ville à l'autre. Certaines vont faire
le choix d'être davantage dépendantes de certains outils fiscaux, notamment la
taxation, d'autres moins. Alors, je serai prudent, je crois à l'autonomie
municipale et je pense aussi qu'il faut avoir un regard beaucoup plus concret
sur la réalité d'une ville avant de porter un jugement comme je pourrais le
porter.
M. Boissonneault : Sur le
fond, M. le ministre, êtes-vous d'accord avec l'idée d'un fonds partagé, là,
gouvernement du Québec et...
M. Poulin : J'ai une
prudence. J'ai une prudence, puis je l'ai signifié, parce que les plus petites
municipalités n'ont pas la même capacité de fonds d'appariement qu'une grande
ville, par exemple. Alors, ce n'est pas vrai... On a des petits villages, chez
vous, chez nous... ne peut pas mettre 1 ou 2 millions de côté du jour au
lendemain, là, tu sais. Donc, c'est difficile. Donc, si je vais vers un fonds
d'appariement, je dois avoir une prudence, à savoir : Est-ce que ce ne
sera pas les grandes villes qui vont en profiter, compte tenu du fait qu'ils
ont la capacité de mettre de l'argent de côté, et donc que, finalement, je
n'aide pas la ruralité au Québec puis nos municipalités? Il y en a 600 qui ont
moins de 2 000 citoyens. Ces gens-là ne peuvent pas mettre de
l'argent du jour au lendemain de côté. Dès qu'ils reçoivent leur TECQ, ils
veulent l'attitrer, ils veulent le dépenser. Alors, je ne suis pas fermé, mais
j'ai une prudence, et ça fera partie de nos discussions lors des états généraux
du 16 juin prochain.
M. Boissonneault : Il y a une
municipalité dans ma circonscription qui a un avis d'ébullition préventif
depuis 2023. Ils ont fait...
M. Poulin : Le nom de la
municipalité, déjà? Excusez-moi.
M. Boissonneault : C'est la
municipalité de Princeville.
M. Poulin : Princeville, d'accord.
Oui.
M. Boissonneault : Ils ont
fait une demande pour avoir accès au PRIMEAU. Ça, c'était en novembre 2024,
et, en février 2026, la ville a été avisée que, compte tenu des fonds
limités du programme, ça pourrait attendre jusqu'en 2029. Puis ce n'est
pas la seule municipalité, c'est bien important pour moi de le souligner, il y
a 76 municipalités qui sont dans une situation similaire, où il y a un
problème d'infrastructures des eaux usées. Qu'est-ce que vous pensez d'une
situation comme celle-là? M. le ministre, comment se fait-il qu'en 2026 on
ne puisse pas avoir accès dans tout le territoire du Québec à une eau potable
de qualité? Et je ne dis pas que l'eau de Princeville n'est pas de qualité, là,
c'est un... c'est préventif, mais il y a un enjeu, évidemment, dans la
perception des citoyens.
M. Poulin : Princeville, nous
les accompagnons, et vous dire qu'ils sont éligibles au PRIMEAU, mais ils
n'étaient pas tout à fait prêts au niveau de certains éléments, mais sachez que
nos équipes travaillent avec eux et qu'on va s'assurer de faire le suivi, et je
ferai le suivi avec vous, M. le député. Là, vous me le portez pour la première
fois ici, en étude de crédits, mais on pourra travailler ensemble, si vous
voulez, sur ce dossier-là. Ça me fera grandement plaisir.
Je fais un peu un parallèle avec votre
première question sur l'utilisation de l'eau potable ou les compteurs d'eau ou
autre. Est-ce que vous, vous pensez que la tarification de l'eau devrait être
obligatoire au Québec? Est-ce que vous pensez que ce serait une des solutions?
M. Boissonneault : Bien,
honnêtement, c'est moi qui pose les questions, normalement.
M. Poulin : Non, mais parce
que j'aimerais... j'aimerais savoir ou connaître votre vision dans la
résolution, dans la résolution.
M. Boissonneault : Bien... C'est
une des options, évidemment, qu'il y a sur la table, là, mais c'est pour ça que
je vous la posais, parce qu'évidemment il y a un enjeu de revenu aussi
là-dedans pour les... pour les municipalités. Mais, dans le contexte actuel,
vous souhaitez donc... Parce que, là, on parlait d'eau potable. Vous avez un
plan, donc une déclinaison d'un plan pour s'assurer que tout le monde a accès à
de l'eau potable au Québec. Qu'est-ce que vous comptez faire, là, concrètement
pour les 76 municipalités qui ont cette difficulté-là?
M. Poulin : Oui, vous avez
raison. Il y a le PRIMEAU, il y a la TECQ, il y a de l'argent, il y a du PQI,
il y en a pour de l'eau potable. D'ailleurs, plus de 95 % de nos
infrastructures en eau sont en bon état, au Québec, par une étude indépendante.
Il faut travailler sur le reste, mais il faut aussi prévoir sur les 10 prochaines
années. Donc, la situation de Princeville, nous la suivons de près, au
ministère des Affaires municipales, toutes les situations critiques,
problématiques, à seuil de possibilités, nous les suivons, au ministère des
Affaires municipales. Des fois, avant d'investir le million dans la
municipalité, il y a d'autres outils qui peuvent être mis en place, de l'avant,
et nous les aidons à ce niveau-là.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Alors, c'est déjà... le temps est déjà écoulé, malheureusement, pour
le député d'Arthabaska, et je dirais l'Érable, parce qu'étant donné que c'est
même moi qui a déposé le projet de loi, je vais l'appeler comme il faut. Alors,
nous allons... retournons du côté de l'opposition officielle, pour... avec la
députée de Vaudreuil, pour 16 min 29 s.
Mme Nichols : Merci, M. le
Président. Puisqu'on était sur un cas particulier, il y a un cas particulier
dans mon comté aussi que votre prédécesseure... puis je sais que votre équipe
est au courant, mais on n'a toujours pas de nouvelles, là, à L'Île-Perrot.
L'Île-Perrot s'est fait confirmer, entre autres, là, des montants... des montants
importants, mais, quand ils se sont fait confirmer les montants jusqu'à
aujourd'hui, là, le coût... le coût pour mettre aux normes l'usine, là, ça a
doublé. La municipalité n'est pas capable, ça représenterait une augmentation
de pas loin de... presque 400 $ par porte pour une <municipalité...
Mme Nichols :
...pour
une >municipalité, c'est vraiment beaucoup. Je voulais savoir... Parce
que, là, vous semblez savoir quel dossier je parle, là, je vous vois agité, là,
ça fait que je ne veux pas prendre plus de temps, mais je me demandais : Est-ce
que vous pensez agir? Il y a quelque chose de très inquiétant, là, parce que
c'est une municipalité... si c'est L'Île-Perrot, là, c'est sur une île, là,
puis il y a des rejets au fleuve. En fait, il y a... il y a quelque chose à
faire, il faut agir rapidement, donc je me demandais on est rendus où dans ce
dossier-là.
M. Poulin : Je peux y aller,
M. le Président. Bien, merci à la députée pour sa question. C'est la première
fois qu'elle m'en enquérit. Alors, j'ai vérifié auprès de nos équipes. Nous
accompagnons présentement L'Île-Perrot. Et il pourrait y avoir des possibilités
de financement à l'intérieur de deux programmes du ministère des Affaires
municipales. Donc, on est en train de départager parce qu'il y avait un enjeu
d'entretien et de développement dans le cadre de leur programme. Donc, je
m'engage auprès de la députée à lui revenir avec un état de situation plus
complet lorsque je l'aurai.
Mme Nichols : Parfait.
J'apprécie. Évidemment, le dossier, je le travaillais avec votre prédécesseur,
ça fait que ce pour quoi on n'en avait pas encore parlé ensemble.
M. Poulin : OK.
Mme Nichols : Je... M. le
Président, il y a un dossier qui est superimportant, qui touche... en tout cas,
moi, ça touche... ça touche ma région, vous aussi, la cartographie des zones
inondables.
M. Poulin : Oui!
Mme Nichols : Donc, la...
Oui! En fait, sur le site Web du ministère, là, c'est indiqué qu'à partir de
2026, de printemps 2026, les cartographies de nouvelle génération vont
être publiées progressivement, puis elles vont remplacer, évidemment, là, les
anciennes générations. Puis ils vont couvrir de nouveau... de nouveaux secteurs
qui n'avaient pas encore été cartographiés. Cependant, on est rendus au mois de
mai, disons presque au mois de juin, puis la cartographie, elle n'est toujours
pas en vigueur, entre autres, là, de notre côté. Est-ce que c'est une décision
politique d'attendre avant de les mettre en vigueur?
M. Poulin : Merci, merci pour
la question. Puis, oui, je suis député de Beauce-Sud, dans Chaudière-Appalaches,
donc on connaît bien la cartographie des zones inondables, qui, encore une
fois, a changé, a évolué, le 0-25, 0-50, le réseau 100 ans, qui a évolué.
Il y a des réalités, des endroits qui n'étaient pas inondés qu'ils le sont de
plus en plus, on le voit à chaque printemps et même en dehors de ces périodes-là.
Donc, nous travaillons avec le ministère, évidemment, de l'Environnement sur
cet enjeu-là, parce qu'il y a d'abord l'expertise au ministère à ce niveau-là.
On a octroyé, depuis 2018,
29 millions par le biais de huit conventions d'aide financière qui
ont été signées avec le milieu municipal. Et il est prévu que les travaux
prennent fin... il était prévu, oui, c'est ça, au 31 mars 2026. Pas tout
le monde était prêt. Donc, il y a eu une prolongation qui a été faite, et qui
vont se poursuivre effectivement progressivement jusqu'en mars 2028. C'est
un tango dans la mesure où il y a des municipalités qui sont davantage prêtes
au niveau de la cartographie, ou des MRC, et d'autres, pas.
Et j'ai demandé, Mme la députée, à mes
équipes, au ministère des Affaires municipales, de... parce qu'il y a beaucoup
de mécompréhension, puis je comprends, là, mais de mieux expliquer c'est quoi,
le rôle d'une municipalité face à des zones inondables puis à sa cartographie
et à son impact, en termes de responsabilité, donc et la municipalité et la
MRC. Parce que, présentement, ce dossier-là a beaucoup, beaucoup de nuances, et
il faut... il faut y apporter tout le doigté nécessaire.
Mme Nichols : Oui. Mais ma
question, ce n'était pas ça, là. Ce n'était pas de l'expliquer aux
municipalités, là. Ma question, c'est de savoir pourquoi elle n'est pas encore
en vigueur. Ça fait qu'est-ce que je dois comprendre, dans les explications du
ministre, c'est parce que les municipalités ne sont pas prêtes puis il y a des
municipalités qui ont... Est-ce que c'est ce que je dois comprendre? C'est ça
qui explique le retard, mais est-ce qu'il va y avoir de la pression? Puis
est-ce qu'on va aller de l'avant? Parce qu'honnêtement, là, vous le savez, là,
moi... nous, on a été... Vaudreuil-Soulanges, là, 2017-2019, ça a été pénible,
2021 aussi. Donc, les citoyens veulent savoir quand la cartographie va être
applicable ou pas. Êtes-vous capable de leur donner une date?
M. Poulin : Les municipalités
nous avaient aussi demandé ce report-là, de cartographie, parce que certaines
n'étaient pas encore prêtes. Alors, d'ici mars 2028, c'est l'objectif que
nous avons, d'y aller de façon graduelle.
Mme Nichols : Parfait. Mars 2028.
Bon. Au moins, j'apprécie, on a... on a une date. Parce que mars 2026,
c'était... c'était...
M. Poulin : ...départ.
Mme Nichols : Oui. Entre
autres, il y a des... Je suis certaine, ça a été porté à votre attention, mais
il y a 12... 12 MRC, là, qui demandent au ministère de l'Environnement de
revoir les modalités de l'entente de délégation pour la production des
nouvelles cartes. Qu'est-ce que vous... Qu'est-ce que vous avez répondu aux
demandes de ces MRC là? Puis je peux vous fournir la liste, là, parce qu'il y a
la MRC de Beauce-Centre, il y a Vaudreuil-Soulanges.
• (12 h 50) •
M. Poulin : Beauce-Sartigan
et Nouvelle-Beauce.
Mme Nichols : Oui, la
Nouvelle-Beauce, Beauce-Centre, Vaudreuil-Soulanges, Maskinongé, MRC des
Collines, de Papineau, de Bonaventure, de Coaticook, d'Argenteuil, la députée,
elle est ici, Beauce... Beauce-Sartigan?
M. Poulin : Sartigan, dans le
comté de Beauce-Sud, oui.
Mme Nichols : Oui, ça aussi,
c'est... oui, comté de Beauce-Sud, Haut-Saint-François, Pontiac,
Nouvelle-Beauce. Qu'est-ce que vous leur répondez?
M. Poulin : Bien... Et c'est <exactement...
M. Poulin :
...Et
c'est >exactement pour cette raison-là, et je fais référence à la
réponse que je vous ai donnée un peu plus tôt, que je veux bien départager la
responsabilité des villes, des MRC sur la cartographie des zones inondables.
Présentement, elle n'est pas si claire ou si précise que moi, je souhaite,
comme ministre des Affaires municipales, et j'ai eu des échanges avec ma
collègue la ministre de l'Environnement dès mon arrivée en fonction sur ces
enjeux-là. Je le vis comme député, vous avez raison. Et il y a eu, en cours de
route, des changements... des délégations d'actes, des mandats donnés, par
exemple, à des universités, d'autres à des centres bassins versants, à des gens
qui ont une expertise en hydrologie de façon fort importante, mais on arrive au
bout du compte, puis vous avez raison de mentionner ces 12 MRC là, où leur
crainte et la responsabilité d'une municipalité face à une cartographie et à
une zone inondable ou non, et à l'impact de l'inondation dans cette zone-là aient
des coûts éventuels et des poursuites éventuelles. Et... et...
Mme Nichols : Exactement. En
fait, les MRC craignent les poursuites.
M. Poulin : Exactement.
Mme Nichols : Ils craignent
les poursuites, puis ils l'ont porté à votre attention, là, ils ne sont pas
capables d'acquitter une telle responsabilité sans avoir un financement
adéquat. Donc...
M. Poulin : Voilà. Et c'est...
et c'est pour cette raison-là qu'en peu de temps, là, j'ai été assermenté le 21 avril,
là, j'ai demandé, dans les dernières semaines, que l'on délimite très bien la
responsabilité municipale face à la cartographie des zones inondables. Et j'ai
l'intention d'analyser le tout et de le partager au milieu municipal.
Mme Nichols : Est-ce qu'il y
aurait une possibilité où est-ce qu'il existe des réserves financières
justement pour protéger les municipalités contre des poursuites?
M. Poulin : Bien,
présentement, puisqu'on ne connaît pas l'ensemble de la responsabilité
juridique municipale face à la cartographie des zones inondables, il est
difficile pour moi de réserver des sommes financières alors qu'on n'a pas
délimité l'ensemble de l'oeuvre encore.
Mme Nichols : Puis, pour les
citoyens? Parce que, vous le savez, les citoyens... les citoyens sont inquiets,
ils ont des enjeux, entre autres relativement au financement hypothécaire qui
devient de plus en plus restrictif. Chez vous aussi, là, les citoyens doivent
aller à votre bureau de comté puis vous dire qu'ils ne sont pas capables de
renouveler parce que, un, les... on va se dire les vraies affaires, là, les
institutions financières, eux autres, ont leurs propres cartes, là, ils se
fient à leur propre carte pour renouveler ou pas une hypothèque, là. C'est un
enjeu qui est important. Puis là, si vous me parlez de mars 2028, ça va
encore cogner à nos portes. Donc, est-ce que vous tenez compte de cette
réalité-là, entre autres, du refus de financer des propriétés qui sont dans des
zones... bien, ce n'est plus des zones 0-20 ans, là, mais...
M. Poulin : Oui, et puis la
possibilité de reconstruction dans une zone 0-20 ans ou non, ou juste
rajouter des pieux où le rez-de-chaussée n'est pas occupé pour des bâtiments
résidentiels, et tout ça. Et je sais que ma collègue la ministre de
l'Environnement est en train de regarder ça. Vous avez raison, le délai de mars 2028
était demandé par le milieu municipal pour peut-être éviter des cas de figure
que vous venez de mentionner, peut-être mettre des gens dans une zone dans
laquelle on ne pense pas qu'ils doivent être dans cette zone-là, qu'elle soit à
20 ans, 50 ou 100 ans.
Alors, on prend le temps nécessaire pour
bien faire les choses, sachant les répercussions éventuelles qu'il pourrait y
avoir. Certaines personnes, puis vous le vivez probablement, vont nous
dire : Moi, ça n'a jamais été inondé chez nous. Pourquoi vous me mettez
dans une zone inondable? Donc, il faut travailler avec des spécialistes et des
professionnels très indépendamment de la politique pour pouvoir établir le
tout.
Mme Nichols : Bien,
justement, sur cet aspect-là, est-ce que c'est prévu? Ou, si ça ne l'est pas,
je vous fais une suggestion : le droit de demander la révision, là, qu'un
propriétaire puisse demander que sa situation qui va lui être imposée, là... en
fait, d'ouvrir une porte pour qu'il puisse... puisse contester, demander une
révision. Parce que, tu sais, ce qu'on entend, c'est que ça ne sera pas
possible. Ça fait que moi, je vous le suggère fortement. Puis, dans la même
question, je vais vous... de donner des pouvoirs aux municipalités. Les
municipalités connaissent leur territoire. Les municipalités savent si telle ou
telle maison peut mettre des mesures résilientes ou pas. Ça fait que ça aussi,
c'est une demande que je vous fais, M. le ministre, là, de faire confiance aux
municipalités puis de leur donner cette possibilité-là.
M. Poulin : Et donc
l'équilibre de faire confiance aux municipalités sans nécessairement qu'ils
deviennent responsables poursuite ou non. C'est ça, l'équilibre juridique qu'on
est en train de voir puis que j'ai sensibilisé ma collègue de la ministre de
l'Environnement. Parce que, si on dit aux municipalités... ou aux MRC, plutôt,
dans certains cas, 100 % des enjeux des zones inondables est géré chez
vous, on doit s'assurer, un, d'avoir l'expertise à l'intérieur de la MRC parce
que ce n'est pas le cas partout. Certains le délèguent aux bassins... au comité
de bassins versants, par exemple, ou à des spécialistes à l'Université Laval pour
pouvoir réaliser la cartographie en fonction de certaines normes. Et donc la
responsabilité municipale face à la cartographie est le coeur pour moi de
l'enjeu et qui <vient...
M. Poulin :
...et
qui >vient un peu répondre à vos questions. Et c'est pour ça que j'ai
demandé à nos équipes de s'asseoir également avec le ministère de
l'Environnement pour bien comprendre et bien délimiter la responsabilité
municipale. Donc, si je leur en envoie plus, c'est encore plus dans la cour des
MRC, déjà qu'ils collaborent aux schémas. Si jamais ce sont eux... bien, en
fait, ce seront eux, ultimement, qui devront le faire appliquer parce qu'ils
sont responsables de leurs schémas, quelle est leur responsabilité face à
l'application d'un élément?
Et, dans un contexte où le citoyen
voudrait contester, c'était ça, votre première question : Est-ce qu'un
citoyen va pouvoir contester le... la cartographie, à savoir s'il est inclus ou
non?, il y a des mécanismes dans lesquels le ministère de l'Environnement
s'appuie, qui sont ceux des scientifiques puis qui sont ceux des experts. Et...
Maintenant, ça ne veut pas dire que les MRC ne peuvent pas émettre des
commentaires, ne peuvent pas travailler avec leurs directions régionales ou
encore travailler avec les professionnels.
Mme Nichols : Parfait. J'ai
des petites questions en rafale, parce qu'il ne me reste pas beaucoup de temps.
D'abord, en lien avec les ouvrages, les ouvrages de protection, là, toujours
dans les... dans les... le dossier des inondations, là, qui va être
responsable? Est-ce que... Si les municipalités deviennent responsables des
ouvrages de protection, est-ce ce que vous avez prévu les dédommager ou, du
moins, qu'il y ait un montant qui suive, là, pour les aider?
M. Poulin : Est-ce que vous
parlez d'ouvrages de protection qui sont situés, par exemple, pour protéger un
certain quartier résidentiel face à un cours d'eau?
Mme Nichols : Oui. Entre
autres.
M. Poulin : OK. D'accord.
Mme Nichols : Bien là, on
parle de Sainte-Marthe, là, mais... de Sainte-Marthe-sur-le-Lac...
M. Poulin : Oui, c'est ça.
Mme Nichols : ...mais il y
en... il y en a d'autres aussi, là. Je vais vous donner un exemple, là. À
Vaudreuil-Dorion, là, on a une usine de filtration puis une école, dans la baie
de Vaudreuil, à protéger. Donc, des... ça va prendre un ouvrage de protection.
Ils veulent bien aller de l'avant, là, mais, tu sais, c'est encore... vous le
savez, là, c'est un... c'est un... c'est un... il y a... il y a un manque, puis
ça coûte des sous.
M. Poulin : Dans le programme
ATCL, Mme la députée, dont nous sommes à revoir la mouture, les municipalités
sont éligibles.
Mme Nichols : OK. Parfait. Un
autre petit dossier encore, vite, vite, là, je ne veux pas prendre trop de
temps pour faire la mise en place du dossier, là, puis je suis sûre que les
municipalités l'ont porté, là, à votre attention, là, mais c'est en... entre
autres, en lien avec les centres de services scolaires. Les centres de services
scolaires, vous le savez, on leur demande d'optimiser... optimiser leurs...
optimiser... avoir moins de dépenses, plus de revenus, mais ça ne fonctionne
pas toujours. Ils ont décidé, entre autres, de refiler la facture parce que les
municipalités utilisent, pour le bénéfice de leurs citoyens, des gymnases.
Donc, je vous... puis je ne suis pas gênée, là, commission scolaire des Trois-Lacs,
chez nous, là, ce n'est pas un gros montant, là, mais c'est 300 000 $
qu'on refile aux municipalités pour que les citoyens puissent utiliser les
gymnases. Donc, c'est de la location de gymnase qu'on... qu'on... qu'on fait.
Écoutez, vous ne pouvez peut-être pas me répondre aujourd'hui, mais dites-moi
que vous allez faire quelque chose pour aider nos municipalités, là, c'est...
Voyons, là, les centres de services scolaires, là. Les municipalités leur
fournissent les concierges, déblaient leurs stationnements, puis là on va leur
charger parce que les citoyens, en dehors des heures de classe, vont utiliser
les gymnases. M. le ministre, ils ont besoin de vous.
M. Poulin : Et c'est très
inégal d'un endroit à l'autre, vous avez raison. Chaque centre de services
scolaire a une relation différente avec ses villes et ses municipalités, puis
des fois, dans le même centre de services scolaire, la municipalité n'a pas la même
entente avec le centre de services scolaire. Alors... Puis on ne veut pas faire
de mur-à-mur, on ne veut pas uniformiser, mais on veut essayer quand même de
donner une certaine souplesse et une certaine autonomie. Donc, on navigue
là-dedans. Dans l'entente de réciprocité du ministère des Affaires municipales,
il y a des discussions présentement à ce niveau-là avec les relations avec les
services scolaires. Puis, plus globalement, on pourra peut-être avoir la
discussion, la députée et moi, sur tout le partage des lieux du gouvernement du
Québec vis-à-vis les municipalités, donc des lieux qui nous appartiennent,
nous, versus ceux des municipalités. En matière d'itinérance, on pourrait... on
pourrait en parler beaucoup...
Mme Nichols : Eh oui, les tenants
lieu de taxes.
M. Poulin : ...où on peut
peut-être mieux partager nos infras et le faire parfois à moindre coût, parce
que c'est toujours le même citoyen à la fin de la journée.
Mme Nichols : Oui, les
tenants lieu de taxes. Je porte à votre attention un autre dossier :
Massueville, 557 habitants, les voisins de Saint-Aimé, qui sont 450 habitants.
Le dernier budget, ils n'ont pas eu le choix, 7 % d'augmentation du compte
de taxes municipales. Ils sont enclavés, ils sont comme un peu dans un trou de
beigne, là, je vais dire qu'ils sont enclavés. Il y a une municipalité qui veut
fusionner, l'autre ne veut pas. Ça fait trois demandes, là, qui sont
refusées, là, auprès du MAMH. Comment on peut venir en aide ou comment vous
pouvez venir en aide à ces municipalités-là qui...
Des voix : ...
• (13 heures) •
M. Poulin : OK.Bien
là, vous touchez l'enjeu des fusions et des défusions, Mme la députée. Fusions
municipales forcées en 2001, je ne crois pas qu'il faille retourner là, et
défusions optionnelles du gouvernement libéral de Jean Charest en 2003-2004.
Moi, je crois à la coopération intermunicipale. C'est pour cette raison-là
qu'on a des sommes financières présentement.
J'ai réalisé, d'ailleurs, une fusion, moi,
dans mon comté, entre Saint-Évariste et Courcelles, grâce aux équipes du
ministère des Affaires municipales, qui ont extrêmement bien travaillé. Puis
c'est un changement de région administrative et un changement de MRC, là. Donc,
on passait de la MRC du Granit et de l'Estrie vers Beauce-Sartigan, Chaudière-Appalaches.
Dans le cas précis que vous mentionnez, je
ne m'en suis pas enquéri encore, de ce cas précis. Ce qu'on nous dit, c'est que
nos équipes les accompagnent présentement...
13 h (version révisée)
M. Poulin : ...ainsi que nos
équipes les accompagnent présentement. Par votre expérience, vous n'êtes pas
sans savoir parfois que l'enjeu des fusions et des défusions dépendent des
conseils municipaux qui sont en place, des maires, des historiques, des
volontés ou non. Donc, moi, je crois beaucoup au regroupement des services d'abord,
qui pourrait peut-être amener une fusion, mais je vais m'enquérir plus
précisément de cet enjeu-là. Mais on me dit que le ministère des Affaires
municipales les accompagne.
Mme Nichols : Oui. Je le porte
à votre attention parce qu'il y a déjà... il y a déjà beaucoup de services...
de services en commun.
Rapidement, là, en quelques secondes, dans
les cahiers, les demandes 1 à 61... 1 à 67, dans les demandes de renseignements
particuliers de l'opposition officielle, il y a entre autres... À la question RP-02,
où on demande la ventilation des paiements puis des transferts affectés aux
municipalités, il y a entre autres... la ville de Montréal, il y a un financement
de 658 602 $ qui a été affecté pour des travaux sur les paddocks du Circuit
Gilles-Villeneuve. Pourriez-vous...
Le Président (M. Schneeberger) :
...merci, rapidement, cinq secondes.
M. Poulin : Est-ce qu'il vous
reste du temps plus tard? Non? Ah! OK.
Mme Nichols : Non, mais on... Peut-être
nous revenir par écrit sur...
M. Poulin : Bien, on est en
train de... on est en train de fouiller.
Mme Nichols : Très bien.
Le Président (M. Schneeberger) :
OK. Alors, merci beaucoup. On a déjà étiré le maximum. Alors, merci pour les
échanges. Alors, le temps est déjà écoulé au niveau du volet de l'étude des Affaires
municipales des crédits budgétaires du portefeuille Affaires municipales et Habitation.
Il reste juste à mettre aux voix les
différents programmes. Alors, je vais y aller par le premier, alors, intitulé Soutien
aux activités ministérielles, est-il adopté?
Des voix
: Adopté.
Des voix : Sur division.
Le Président (M. Schneeberger) :
Adopté sur division. Le programme numéro deux, intitulé Modernisation des
infrastructures municipales, est-il adopté?
Des voix
: Adopté.
Des voix : Sur division.
Le Président (M. Schneeberger) :
Adopté sur division. Le programme trois, intitulé Transferts fiscaux et soutien
aux municipalités, est-il adopté?
Des voix
: Adopté.
Des voix : Sur division.
Le Président (M. Schneeberger) :
Adopté sur division. Le programme numéro sept, intitulé Commission municipale du
Québec, est-il adopté?
Des voix
: Adopté.
Des voix : Sur division.
Le Président (M. Schneeberger) :
Adopté sur division. Et enfin l'ensemble des crédits budgétaires du
portefeuille Affaires municipales et Habitation de l'exercice financier 2026-2027
est-il adopté?
Des voix
: Adopté.
Des voix : Sur division.
Le Président (M. Schneeberger) :
Adopté. En terminant, je dépose les réponses aux demandes des renseignements
des oppositions. Et, compte tenu de l'heure, nous allons suspendre la commission
jusqu'à 14 heures, où nous allons entreprendre le volet Sport, Loisir et Plein
air des crédits budgétaires du portefeuille Éducation. Merci beaucoup.
(Fin de la séance à 13 h 03)