Journal des débats (Hansard) of the Committee on Planning and the Public Domain
Version préliminaire
43rd Legislature, 3rd Session
(May 5, 2026 au August 27, 2026)
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Monday, June 8, 2026
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Vol. 49 N° 12
Clause-by-clause of Bill 4, An Act respecting the communication of information for the purpose of protecting against intimate partner violence, and amending various legislative provisions
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12 h 30 (version non révisée)
(Douze heures trente-neuf minutes)
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
bon lundi à tous, ayant le quorum, je déclare la séance de la Commission de
l'aménagement du territoire ouverte. Je vous rappelle que nous en sommes...
sommes réunis afin de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 4, Loi
sur la communication des renseignements aux fins de protection contre la
violence d'un partenaire intime et modifiant diverses dispositions législatives.
Est-ce qu'il y a des remplaçants, M. le secrétaire?
Le Secrétaire : Oui, M. le
Président. Mme Lecours (Lotbinière-Frontenac) remplace Mme Mme Grondin
(Argenteuil); Mme Maccarone (Westmount—Saint-Louis) remplace M. Ciccone
(Marquette); et Mme Mme Garceau (Robert-Baldwin) remplace Mme Nichols
(Vaudreuil).
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Alors, vendredi dernier, lors de la fermeture de la séance, nous en
étions à l'article 1, le sujet en lien avec la DPJ. Alors, je sais qu'il y
a eu des discussions, je vais laisser la suite des discussions. Je ne sais pas
si le ministre ou la députée de Robert-Baldwin? M. le ministre, alors, je vous
écoute, M. le ministre.
M. Lafrenière : Oui, merci
beaucoup. Alors, bonjour, tout le monde, bonjour aux équipes, à tout le monde
qui est avec nous aujourd'hui, et merci pour nos travaux. On a bien avancé
vendredi passé, des discussions qui étaient fort intéressantes et, M. le
Président, je pense qu'il est important de reculer à l'arrière d'un pas, mais
je veux tout de suite confirmer à mes collègues, je viens de le faire hors
micro, qu'on a une spécialiste avec nous pour parler de protection de la
jeunesse.
Alors, je voulais vraiment qu'on le fasse
de façon éclairée. Et on s'était laissé vendredi en se donnant le devoir de
penser à tout ça, l'intérêt de l'enfant, protéger l'enfant et ne pas nuire
aussi à une mère, exemple, pour son droit de garde ou même des accusations
criminelles. Ça fait qu'il y avait tout ça entre les deux. Puis, je pense,
vendredi on était très déchiré.
Ce que... La raison pour laquelle je
voulais qu'on recule à l'arrière, M. le Président, c'est qu'il y a un élément
important. Lorsque les personnes, des partenaires intimes, qui se sentent en
danger vont faire leur formulaire pour écrire, pour demander qu'une... qu'une
vérification soit faite, en aucun moment on leur demande de détailler, de
mettre de l'information sur ce qu'elles vivent. Pourquoi, M. le Président?
Parce que le danger c'est que, imaginez-vous un instant, la personne remplit le
formulaire et décrit que la personne avec qui elle est, puis elle donne des
allégations criminelles. Ça aurait pu enclencher une enquête criminelle à
partir de ce moment-là, même des accusations possibles. Ce n'est pas ce qu'on a
voulu faire.
Deuxièmement, l'autre effet négatif, on
parlait pour la garde de l'enfant aussi, rapidement ça aurait pu déclencher un
processus et donc de... j'étais pour dire de faire peur, mais de faire craindre
à des partenaires intimes de remplir le formulaire. Alors, le formulaire va
être très simple. On ne veut pas d'informations, là, M. le Président, parce qu'on
ne veut pas... parce qu'on sait que le policier va voir l'obligation par la
suite, soit d'enclencher une enquête ou même des accusations. On ne veut pas
ça. Et si la personne, le partenaire intime, craint pour elle ou pour son
enfant, c'est une case qui est à cocher pour... pour ajouter de l'information,
et ça, on l'a vérifié avec les légistes, ce n'est pas assez pour déclencher
soit une enquête ou même des accusations.
Ça fait que c'est vraiment un des volets
qu'on a regardés, M. le Président, et ça ne change pas, en passant, la
discussion qu'on a ensemble. Je veux qu'on ait cette discussion-là, je veux
qu'on l'ait avec des spécialistes de la DPJ. Mais je voulais quand même
éclairer la commission, M. le Président, sur ce fait-là, que je crois très
important, parce qu'on a eu la discussion, puis des fois il faut... il faut
reculer à l'arrière un petit peu, en se disant : Attendez un peu, on va
regarder le formulaire.
Alors je veux rassurer les gens, les gens
qui nous écoutent, ceux qui vont remplir ce formulaire-là, on ne leur demande
pas, j'étais pour dire, de s'incriminer ou de mettre beaucoup de détails, ce
n'est pas ça du tout. On remplit du nominatif, petite case à cocher si on
rajoute qu'il y a une crainte pour... pour sa sécurité ou celle de son enfant.
Et ça, après avoir vérifié avec les juristes, ça ne serait pas assez pour
contraindre ou forcer un policier, si vous voulez, à son devoir.
Alors voilà, M. le Président, je voulais
amener cet élément-là, mais on va pouvoir continuer la discussion en incluant
notre invité d'aujourd'hui, M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) : Députée
de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : Oui.
Juste avant de passer la parole à Mme Hill, le ministre dit ce qui sera exclu,
mais ce... Qu'est-ce qui sera inclus, d'abord, dans ce document, puis comment
est-ce que la personne intime va juger quelle information qu'elle devrait
partager ou non pour s'assurer qu'elle est protégée en vertu de tous les
éléments que le ministre vient d'expliquer? Parce que c'est vrai que c'est une
vraie crainte, puis comme ma collègue la députée de Robert-Baldwin a dit, on a
beaucoup de femmes qui ont plus peur de la DPJ que de la police.
M. Lafrenière : Oui,
merci, M. le Président. Puis, écoutez, le... on s'était dit que le formulaire
va être développé par voie réglementaire avec les partenaires, mais... je veux
toujours dire clairement... de façon assez claire, ce qu'on veut faire, c'est
des cases à remplir de... et non pas une déclaration à remplir en donnant
beaucoup d'informations, pour toutes les raisons que je vous ai déjà partagées.
Mais après avoir entendu les différents
organismes qui sont venus nous voir en consultation, c'est avec ces organismes-là
qu'on va pouvoir le développer ensemble en ajoutant d'autres éléments. Puis je
sais qu'on recommence lundi, ça fait que je veux nous rafraîchir la mémoire sur
d'autres éléments.
• (12 h 40) •
Ma collègue de la deuxième opposition
aussi avait parlé des délais à ce que les femmes, les partenaires intimes
puissent savoir quelle est l'expectative de temps où je vais avoir une réponse.
Ce genre de détails là pourraient figurer sur le site Web en disant, normalement,
là, la moyenne, exemple, c'est entre tant de jours et tant de jours, c'est la
moyenne de retour. Parce qu'encore là, M. le Président, on pourrait se dire que
la première année, peut-être qu'on va voir un nombre X de demandes, la deuxième
année, ça pourrait monter. Alors, s'il y a plus de demandes, peut-être...
M. Lafrenière : ...des délais
pour échanger, alors de se laisser cette flexibilité-là sur le site web pour
donner l'information à la personne qui remplit le formulaire, c'est la
meilleure place, elle est déjà là. Donc, il y a beaucoup d'infos, mais on va le
déterminer par voie réglementaire. Mais ce qu'on ne veut pas, l'intention du
législateur, c'est d'arriver avec une déclaration, donc un formulaire avec
beaucoup d'espace pour mettre de l'info, ce n'est pas ça, mais pas du tout.
Mme Maccarone : Je comprends
que c'est une loi-cadre, puis je comprends que beaucoup de choses vont se faire
par la voie réglementaire. Je me demande d'abord qu'est-ce qu'il va... est-ce
que vous prévoyez? Est-ce que ça fait partie des orientations d'avoir des
explications aussi sur le site Web pour que les personnes qui souhaitent placer
la demande comprennent que ce n'est pas pour cet élément? On souhaite vous
protéger, on comprend que vous avez peut-être des craintes. Voici les éléments
cherchés. Voici les éléments dont vous n'avez pas besoin de divulguer. Je pense
que ce serait de bonne foi de notre part, comme gouvernement, d'expliquer les
besoins et les choses qu'on n'a pas besoin de savoir parce que par la suite il
va avoir une formation, etc., mais je pense que cette précision sur le site, ce
serait une bonne affaire.
M. Lafrenière : La réponse
est oui, oui, oui, M. le Président. Non seulement va falloir mettre ces
informations-là, mais c'est la meilleure place pour guider les gens en leur
disant aussi que s'ils ont une crainte réelle qui est... qui est au quotidien,
bien, il faut contacter le 901 à ce moment-ci. Alors, ce site-là, M. le
Président, il va être extrêmement important. Puis, c'est pour ça que lorsque
les collègues des oppositions nous parlaient du... de combien de temps avant de
mettre ça en place, on s'est dit qu'on ferait les choses comme il faut. On l'a
entendu de plusieurs groupes, aussi, qui nous ont dit : attention, là,
faites-le comme il le faut pour ne pas créer d'effets nocifs.
Fait que, oui, de l'information, oui, les
délais, oui, des conseils de prévention. On a entendu plusieurs groupes, je
pense, c'est le CAVAC qui nous disait ça aussi... Devait de l'information... On
s'était fait dire, aussi : tierces personnes, l'entourage, les proches,
s'ils vont sur le site, pas juste leur dire, vous n'avez pas le droit de le
remplir, mais il y a sûrement d'autres sources, d'autres façons d'aider. Ça
fait que ça va être vraiment important, puis c'est pour ça qu'on veut bien faire
les choses, là, dans l'étape réglementaire, se donner le temps d'arriver avec
quelque chose qui est bien. Mais il y a tellement de détails à mettre là, M. le
Président. La personne qui va avoir pris le temps d'aller sur la page, le site,
il va falloir qu'elle soit bien guidée. Ma collègue a raison. Absolument.
Mme Maccarone : Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
oui, je remarque... avant de donner la parole, je remarque que la fin de
semaine a été bonne pour la députée de Westmount–Saint-Louis. Vous avez
retrouvé votre voix.
Mme Maccarone : Oui. Vous
êtes tous chanceux et chanceuses. Voilà, c'est ça, je vais pouvoir...
Le Président (M. Schneeberger) :
Alors, députée de...
Mme Maccarone : ...vous
écoeurer avec ma voix aujourd'hui.
Des voix : ...
Le Président (M. Schneeberger) :
Députée de Robert-Baldwin.
Mme Maccarone : Merci, M. le
Président, d'avoir remarqué.
Mme Garceau : Merci, M. le
Président. Merci, M. le ministre, pour ces précisions. Et je remercie aussi Mme
Hill, qui est ici, avec Mme Groleau. En termes de... On veut travailler tous
ensemble pour trouver une solution, parce qu'évidemment, l'objectif de cette
loi, c'est de protéger les mères et leurs enfants. Mais aussi, il y a tout
l'élément de confidentialité en ce qui a trait à la demande, la demande qui va
être déposée, parce que... Je vais revenir avec un élément qui est extrêmement
important et que ça soit...
Le courage que ça va prendre pour une
femme, particulièrement une mère qui veut aussi protéger ses enfants... SOS
violence conjugale le dit souvent que ça prend tout un courage pour une femme
d'appeler SOS violence conjugale afin de pouvoir obtenir de l'aide. Ça va être
la même chose pour le dépôt de ces demandes de renseignements, parce que je
peux comprendre qu'on va peut-être minimiser les détails en ce qui a trait à
l'information qu'on va vouloir obtenir de la personne à risque. Peut-être que
ça va être deux cases, là, mais la case où on coche crainte pour sa sécurité et
celle de ses enfants, c'est sûr qu'on va aller plus loin que ça.
Donc, admettons, prenons le cas où on
coche, donc, quelle est la prochaine étape? Parce que moi, ma préoccupation
dans ça, là, c'est le déclenchement que... la suite des choses. C'est en
fonction aussi de qu'est-ce que les groupes nous ont dit. Parce que, surtout,
une mère qui va déposer cette demande, la mère, là, est à risque. Ça va prendre
tout un courage pour la déposer. Il y a quelque chose qui s'est passé pour
faire en sorte qu'elle va poser le geste. Et on a même SOS, le Regroupement des
maisons, plusieurs groupes qui nous ont dit, à ce moment-là, au dépôt du
formulaire, peut-être qu'il devrait déjà avoir de l'accompagnement.
Mme Garceau : …l'organisme
désigné, c'est une chose, mais aussi l'organisme qui va désigner qui va faire
l'accompagnement, parce qu'il va y avoir une évaluation du risque qui va devoir
être fait, parce que, comme... tel que vous avez mentionné, ça pourrait prendre
un 30 jours. Ça peut être un peu avant, ça peut être un peu après, mais
admettons, avec tout ce qu'on a entendu des groupes, il y a quand même un
délai. Je vais dire, dans le contexte de violence conjugale important, il y a
une raison pour laquelle, suite à Rebâtir de la confiance, on a recommandé les
cellules de crise, des cellules d'intervention rapide, là, parce qu'il y a un
danger imminent, il faut faire quelque chose. Il va y en avoir, des cas comme
ça, via le dépôt du formulaire. Et donc il va falloir que lorsqu'une demande
soit déposée, il me semble, ce n'est pas juste que la femme va attendre le 30
jours pour voir qu'est-ce qui se passe. Est-ce qu'il y a des antécédents?
Est-ce qu'il y a quelque chose que je devrais savoir? Fort probablement, il
s'est passé quelque chose dans la vie de cette femme-là pour dire : Je ne
suis pas certaine, je pense que je dois faire la demande, puis surtout
lorsqu'il y a des enfants.
Donc, en raison du libellé de l'article
38, c.1, là, en termes de l'exposition de l'enfant à la violence, que ce soit
directement ou indirectement, que ce soit physique ou psychologique, donc tout
l'aspect de contrôle coercitif, oui, il va avoir de l'exposition à ça, et
c'est… et c'est de là ma préoccupation. Il va y avoir une évaluation, M. le
ministre, à un moment donné, là, de tout cet aspect-là. Et l'objectif de la
loi, qui est de protéger les femmes, de leur donner les renseignements
nécessaires pour qu'elles puissent prendre cette décision fondamentale
de : Est-ce que je reste dans cette relation ou est-ce que je le… est-ce
que je quitte?, mais, s'il y a un signalement à la DPJ, dans les 30 jours, on
n'a pas reçu les renseignements, mais, compte tenu, on a coché crainte pour la
sécurité, puis tout d'un coup on est allé chercher d'autres informations, mais
là la DPJ a l'obligation également de… s'il y a le signalement, on va
communiquer avec le partenaire intime.
Donc, il y a tout le sceau de la
confidentialité derrière ce processus qu'on veut mettre en place pour ne pas
qu'il soit informé. On ne veut pas que les renseignements liés à ce
formulaire-là soient transmis au partenaire intime. Mais, s'il y a un
signalement à la DPJ, les renseignements vont être transmis. Ce ne sera pas,
peut être, qu'est-ce qu'il y a exactement dans le document, mais ça va être
fait d'une autre façon via les questions posées par l'intervenante qui va mener
l'enquête.
Donc, moi, je veux vraiment qu'on pense
ensemble aux conséquences, l'implication de la protection de la jeunesse à une
étape de l'évaluation des renseignements, et que, malheureusement, on veut… C'est
ça, l'esprit, l'objectif de la loi, c'est de protéger de tout en
confidentialité. Mais là on a un système qui va faire en sorte qu'on pourrait
replonger la femme en danger, parce que, s'il y a un signalement, le partenaire
intime va être informé, puis vous ne pensez pas, qu'il va le savoir, que c'est
sa conjointe ou c'est la personne à risque, là? Donc, moi, je suis très
préoccupée par ça.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui,
M. le ministre.
• (12 h 50) •
M. Lafrenière : Oui, merci, M.
le Président, puis j'entends ma collègue, puis on a la même préoccupation, en
passant, on veut aller au même résultat. Avant de laisser la… Puis ça fait au
moins deux fois que je le dis, ça fait qu'elle doit… elle doit avoir hâte de
parler. Alros, on a Mme Lesley Hill est avec nous et Mme Hélène Groleau. Avant
de leur laisser la parole, juste revenir sur ce qu'on vient d'avoir comme
échange. Avec le simple formulaire qu'on a… qu'on aura devant nous et qu'on va
travailler ensemble, comme notre volonté comme législateur, si qu'il n'y a pas
assez d'informations pour déclencher quoi que ce soit, là, il va avoir du
nominatif, à savoir sur quelle personne vous avez une crainte comme partenaire
intime, on ne demande pas à personne de raconter son histoire, de donner des
détails. Un.
Deuxièmement, c'est clair qu'à la deuxième
étape, après ça, quand il y aura une rencontre avec les intervenants, on s'est
dit ensemble que les policiers n'étaient pas là…
M. Lafrenière : ...à moins...
à moins que la personne le demande. Puis si elle le demande, c'est peut-être
parce qu'elle a une crainte ou peu importe, on verra bien. Sur cedit formulaire
là, aussi, l'autre chose qu'on évaluait, parce qu'on a entendu des groupes, à
partir du moment où on fait la demande, on pourrait dire : j'aimerais
t'accompagner à partir d'aujourd'hui. Il y en a que ça va être oui, il y en a
d'autres, ça va être non. Tout le monde est différent. Fait que ça aussi, on va
le regarder dans le formulaire.
C'est... Le formulaire, la page web, le
site web, M. le Président, ça va être une étape cruciale qu'on va travailler
ensemble de façon réglementaire, parce que c'est là que tout va être dirigé.
Mais, je vous le dis, je reviens à la base, avec le formulaire qu'on a devant
nous, il n'y a pas assez d'informations pour déclencher un... un signalement,
un. Deuxièmement, lorsque l'information sera donnée à... au partenaire intime,
si on apprend qu'il y a un risque... il y a un danger réel imminent d'abus
sexuel ou d'abus physique de l'enfant... Bien, tout le monde comprend, puis on
s'en ait déjà parlé ici, il va falloir agir. Mais, M. le Président, j'aimerais
laisser la parole à des gens... avec le consentement de mes collègues, avec des
gens d'expérience. C'est pour ça qu'on leur a demandé d'être avec nous
aujourd'hui. Alors, M. le Président, je vous demanderais de reconnaître Mme
Lesley Hill et Mme Hélène Groleau pour participer à cette commission.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui.
Alors, bien, premièrement, madame, il faut vous approcher au micro, parce que,
là, ça n'ira pas bien. Alors, je vous demanderais de vous présenter par votre
nom et titre. Et consentement de la table pour... oui, pour la prise de parole?
Merci. Vous pouvez y aller.
Mme Hill (Lesley) : Donc, je
me nomme Lesley Hill, directrice nationale de la protection de la jeunesse et
sous-ministre adjointe à la protection de la jeunesse également.
Mme Groleau
(Hélène) :Bonjour, tout le monde. Hélène
Groleau, directrice des services de protection de la jeunesse, de la diversité
et des communautés des Premières Nations et Inuits au ministère de la Santé et
des Services sociaux.
Le Président (M. Schneeberger) :
Allez-y, vous avez... Allez-y, vous avez la parole.
Mme Hill (Lesley) : Alors,
merci, M. le Président. La première chose que je souhaite peut-être vous dire à
l'ensemble des parlementaires, c'est à quel point que nous sommes engagés en
protection de la jeunesse envers les femmes victimes de violence conjugale et
leurs enfants. C'est très important pour nous de vous dire ça, parce qu'on
entend beaucoup de choses, mais on a énormément avancé, et ce n'est pas juste
moi qui le dis. Heureusement, c'est aussi les regroupements et, en fait, les
maisons pour femmes victimes de violence, les maisons d'hébergement.
Cela dit, ce n'est pas parce qu'on avance
qu'il n'y a pas des problèmes importants encore en présence par rapport à, je
dirais, le croisement entre la protection des enfants et la protection des
femmes. Vous l'avez très bien dit d'entrée de jeu à quel point c'est important
d'arriver au point de vraiment s'assurer de protéger tout le monde. Et je dis
toujours que la protection des enfants ne peut pas être indissociable de... du
bien-être et de la protection de leur mère, de leur maman. Donc, c'est vraiment
important qu'on vous dise ça. J'ai emmené avec moi ma spécialiste parce que
personnellement, je ne suis pas spécialiste, mais je peux vous dire que j'ai
beaucoup appris depuis les 18 derniers mois, parce que nous parlons beaucoup
avec nos partenaires communautaires et avec des groupes de survivantes, et on
comprend très bien qu'on a des enjeux en présence, malgré les efforts qui ont
été faits depuis 2022.
Si je parle de 2022, c'est qu'il y a eu
des modifications à la Loi sur la protection de la jeunesse avec l'ajout d'un
nouveau motif de signalement. C'est notre tout dernier motif, notre bébé motif
dans la LPJ, qui est l'exposition à la violence conjugale. Et c'est certain que
la Loi sur la protection de la jeunesse, c'est une loi qui a été pensée pour
les enfants, et on a un défi, là, parce qu'ici on essaie de protéger les
adultes et les enfants quand la Loi sur la protection de la jeunesse est
vraiment très, très axée sur l'intérêt de l'enfant. Alors, notre voie de
passage, c'est vraiment cette définition de l'intérêt de l'enfant, hein, qui
est de vivre auprès des siens, dans sa famille, dans un milieu qui est exempt
de violence, de violence de toutes formes, en fait, envers l'enfant ou dans son
environnement.
Alors ce qu'on a fait jusqu'à
maintenant... peut-être juste pour faire un petit... un petit détour, puis on
va revenir à ce qui vous préoccupe. Le petit détour, c'est depuis ces
modifications législatives, il y a eu beaucoup d'avancées au plan clinique...
Mme Hill (Lesley) : ...on
s'est rapprochés, la protection de la jeunesse, des organismes communautaires
et des spécialistes de la recherche, comme M. Simon Lapierre, que vous
avez sûrement croisé, d'autres spécialistes et chercheurs aussi. Hélène a
piloté un groupe de travail avec toutes ces personnes-là pour arriver à définir
nos orientations cliniques en protection de la jeunesse, par la publication
d'un guide clinique et des outils pour aider les intervenants, également des
formations qui ont été mises en place. Au début, et ça a commencé par une
sensibilisation, puis j'entends déjà Mme Garceau, la députée de Robert-Baldwin,
dire : Oui, mais une sensibilisation est... est insuffisante.
Elle a raison, c'est très, très clair que
ce n'est pas évident pour des jeunes intervenants de discerner tout le temps,
dans des... des contextes extrêmement complexes, hein, on est devant la
complexité. Il y a des situations que ça va de soi, c'est évident qu'on est
devant la violence conjugale. Ce n'est pas ces situations-là qui sont
difficiles, c'est les situations où on n'a pas, peut-être, la victime qu'on
peut imaginer, et des femmes un peu plus, tu sais... des femmes qui s'affirment
un peu plus et en présence de ce qui peut paraître des conflits entre les
parents avec des enfants pris au centre de ça.
Donc on a besoin d'aider les intervenants
à cet effet-là. Il y a eu des intervenants pivots formés dans toutes les
régions. Forcément, on voit que c'est encore insuffisant, on est rendu au
déploiement de l'approche de formation PEVC, donc c'est pour protéger les
enfants exposés, victimes de violence conjugale, et tout ça est en train de se
faire actuellement. Donc il y a des pas de plus qui doivent se faire. On vient
de conclure un audit dans un certain nombre de dossiers pour nous aider à
savoir, c'est quoi les... les éléments résiduels qui restent qu'on a besoin de
faire pour soutenir les intervenants qui travaillent auprès des femmes et de
leurs enfants.
Donc, si je reviens, puis Hélène va être
capable, si vous souhaitez, de donner plus de détails sur tout ce qui est plus
clinique, les discussions avec les survivants, si je reviens à ce qui vous
inquiète, qui est le signalement en vertu de cette déclaration-là, ou quand la
femme vient demander des informations, je veux vraiment insister sur quelque
chose de très important. L'article 39 de la LPJ dit qu'un professionnel, donc
un policier fait partie de ces professionnels-là, a l'obligation de signaler un
enfant à la protection de la jeunesse, s'il y a une raison raisonnable ou un
motif raisonnable de croire qu'il y a un danger pour cet enfant-là au niveau de
sa sécurité ou son développement.
Une femme qui vient demander de l'aide,
pour moi, une femme qui vient vérifier, qui est en train de réfléchir à la
possibilité que peut-être il y a quelque chose qu'elle a besoin comme
information pour prendre des décisions, pour se protéger elle ou pour protéger
ses enfants, c'est déjà un facteur de protection. C'est très important, je
pense, qu'on se dit ça.
Il n'y a aucune raison, à mon sens, puis
on peut traduire ça dans les directives cliniques. Nous sommes la direction
nationale de la protection de la jeunesse, on peut faire des directives
cliniques pour l'interprétation de certains articles ou pratiques cliniques. Je
pense que c'est beaucoup par les directives cliniques aux réseaux que ça va se
passer, là, le changement où on... qu'on va être capable d'assurer une
protection pour tout le monde.
Donc, ce motif raisonnable de croire doit
nous sortir des automatismes. Donc, je pense qu'on a un enjeu là où ce n'est
pas parce qu'une femme arrive et elle a des enfants, que les enfants sont en
danger et qu'on doit signaler ces enfants. Cependant, je vais vous le dire, si
un policier voit que c'est un récidiviste qui a déjà battu des femmes, des
enfants, etc., dans le passé, puis il y a des enfants, je vais avoir l'attente,
comme directrice nationale, que le policier signale.
• (13 heures) •
Donc, on a défi, là, de qu'est-ce qu'on
fait après ça? Ça ne veut pas dire nécessairement qu'on a besoin de déclencher
tout le processus habituel. On peut avoir des protocoles de collaboration comme
on a...
13 h (version non révisée)
Mme Hill (Lesley) : …d'entente
multisectorielle pour abus physique et sexuel, et on travaille très bien avec
les policiers, avec le DPCP, avec d'autres partenaires. Là, ce seraient
différents partenaires, ça serait les maisons d'hébergement, des organismes
communautaires avec les policiers, le CLSC, qui est souvent oublié, et la
protection de la jeunesse pour regarder qu'est-ce qu'on fait quand on a une
situation comme ça.
Donc, je soumets à votre attention,
vraiment humblement, pour votre considération, le fait que ça peut se passer
par des directives cliniques, par des protocoles de collaboration, par d'autres
moyens et modalités plus administratives et cliniques pour arriver à notre
intention dans cette situation-là.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci.
Députée de Sherbrooke.
Mme Labrie : Merci, M. le
Président. Je vous remercie pour le travail que vous faites, toutes les deux. Je
suis convaincue que, si vous êtes dans ces positions-là, c'est que vous voulez
le mieux pour les enfants. C'est très courageux d'aller vous asseoir sur la
chaise sur laquelle vous êtes en ce moment dans vos fonctions.
Mais moi, je dois vous partager que ce que
j'entends par rapport à la protection de la jeunesse depuis de très nombreuses
années est vraiment… vraiment désolant, là, en particulier en matière de
violence conjugale. Je suis certaine que vous avez été exposées à des
témoignages comme ça. Moi, je les compte par dizaines, plusieurs dizaines, y
compris, là, dans la dernière année, là. Ce n'est pas isolé comme témoignages.
Moi, j'ai déjà des femmes qui m'ont écrit, qui étaient victimes de violences
conjugales, pour me dire qu'on leur avait demandé de retirer leurs plaintes qui…
qui avaient été déposées auprès de la police pour avoir vécu de la violence
conjugale. J'ai en tête un exemple très précis d'une femme que… c'est l'intervenante
de la protection de la jeunesse, associée à son dossier, qui lui avait demandé
de retirer sa plainte parce qu'elle lui disait que, sinon, ça allait lui nuire
pour la garde. Moi, ce que je constate, c'est que, souvent, puis je… je ne
compte plus non plus les victimes de violences conjugales qui se sont fait
retirer la garde, parfois même entièrement. J'ai eu des échanges avec des
femmes qui n'ont pas eu de contacts pendant des mois, voire des années, avec
leurs enfants, parce qu'elles avaient été accusées d'aliénation parentale, avec
la collaboration de la DPJ dans ces dossiers-là. Ces femmes-là sont… ces femmes-là
plongent dans une détresse inimaginable qui fait peut-être en sorte que, à un
certain point, elles ne sont peut-être même plus en mesure, effectivement, de s'occuper
de leurs enfants, tellement elles… elles se désorganisent, là, de crainte pour
la sécurité de leurs enfants avec cet ancien conjoint violent là. Mais au
moment où ils leur sont enlevés, il y a… c'est là, c'est là qu'il y a un enjeu,
là.
Donc, moi, je… je vous entends dire que
peut-être que ça peut passer par une directive que vous envoyez sur le terrain,
mais les directives que j'aimerais voir, moi, c'est des directives qui disent
que, quand il y a la violence conjugale, là, même si elle n'a pas été démontrée
devant les tribunaux, quand une personne allègue la violence conjugale, on ne
devrait jamais faire en sorte que ça se retourne contre elle, là. On ne devrait
jamais voir des situations où c'est utilisé contre cette personne-là.
Puis, ce qui est retenu par la DPJ, c'est conflits
post-séparation, aliénation parentale. Puis ça, moi, j'ai vu des dizaines de
situations, mais ça, je suis… certaine que mes collègues aussi, là, c'est
récurrent, là. Si c'étaient des cas isolés, puis j'aurais entendu parler de ça
une fois en huit ans, je ne vous en parlerais même pas aujourd'hui. Mais, moi,
c'est le motif le plus fréquent pour lequel on me contacte à propos de la
protection de la jeunesse.
J'ai eu le dossier de la condition
féminine longtemps, j'ai eu le dossier des services sociaux, un moment, aussi.
Puis, même si je n'ai plus ces dossiers-là depuis plusieurs années, on me
contacte encore à ce sujet-là. Donc, moi, j'ai un malaise profond. Puis, tu
sais, là, on est sur un article qui dit que, bon, éventuellement, dans le
processus, probablement au moment de la divulgation, parce que, quand on prend…
là, il n'y aura pas d'information pour ça, si… s'il y a une crainte, là, bon,
pour un enfant, il va… il va falloir qu'il y ait un signalement.
Puis, moi, je… je suis 100 % d'accord,
il faut qu'il y ait un signalement, s'il y a une crainte pour un enfant. Je ne
veux pas qu'on enlève ça. Mais ce que je ne veux pas, c'est que ça se retourne
contre la personne.
Puis, ça, ce n'est pas… ce n'est pas notre
projet de loi, là, qui va empêcher ça. Même si on retire, à moins qu'une loi de
l'exige, ça ne va pas empêcher que ça se retourne contre la mère, puis ça ne va
pas empêcher qu'il y ait un signalement non plus, par ailleurs, même si on
enlève ça ici, parce que c'est d'autres lois qui le prévoient.
Ça fait que ça, moi, je suis à l'aise avec
le fait qu'il y ait des signalements, mais je ne suis pas à l'aise du tout avec
comment sont traitées, après, les personnes victimes de violence conjugale. Puis,
je… puis, il y a beaucoup de situations pour lesquelles il n'y en aura pas, de
plainte à la police. Parfois, les accusations ne seront pas déposées, parfois elles
vont être déposées, puis elles ne seront pas retenues. Mais peu importe jusqu'où
ça se rend dans ces… processus-là. Même parfois, moi, j'ai vu des cas où elles avaient
des retenues, là, elles avaient… les… les accusations, là, contre la personne. La
personne avait été trouvée coupable, puis, au final, parce que les enfants eux-mêmes
n'avaient pas vécu de la violence, c'est quand même le père qui s'est retrouvé avec
la garde au détriment de la mère. C'est inadmissible. Ce n'est pas vrai que c'est
ça l'intérêt de l'enfant.
Donc, moi, j'aimerais qu'il y ait des
directives claires sur c'est quoi l'intérêt de l'enfant, puis c'est impossible
que ça soit dans l'intérêt de…
Mme Labrie : ...l'enfant
d'être en contact avec un parent qui a choisi d'exercer quelque type de
violence que ce soit à l'égard de l'autre parent. Cette personne-là qui a fait
ça, là, elle n'avait pas à coeur l'intérêt de son enfant quand elle a nui à
sa... à l'autre parent, en général, la mère, on va se le dire. Donc, même si
l'enfant n'a pas vécu directement la violence, même s'il n'en a pas été témoin
direct, un de ses parents a nui à son autre parent, celui-là se disqualifie,
là.
Ça prend des directives pour qu'on tienne
compte de ça, puis que l'aliénation parentale, puis le conflit de
post-séparation ne viennent pas être plaidés là-dedans, puis qu'à la fin,
l'enfant se retrouve sous la responsabilité d'un parent qui a fait ces
choix-là. Puis je comprends que les parents peuvent changer aussi, mais ils ont
une preuve à faire quand ils ont changé pour pouvoir retrouver la capacité
de... de prendre la garde de l'enfant. ¸
Puis moi, je sais qu'il y a eu plus de
formations dans les dernières années à la DPJ, j'applaudis ça, mais le fait est
que... dans la dernière année, j'en ai encore eu plein, là, même si ça fait
quand même quelques années qu'il y a de la formation. Ça fait que, c'est quand
est-ce que ça va se passer, là? Parce que je ne peux pas dire, moi, que j'ai vu
de progression. C'est peut-être parce que les intervenantes, il y a tellement
un gros roulement qu'on n'en vient pas à bout, là. On les forme, on les
forme... on les remplace pour les reformer, puis finalement celles qui sont là
n'ont pas toutes été formées.
Je comprends qu'il n'y a pas beaucoup
de... de marge de manœuvre pour construire une expertise à l'interne en ce
moment, avec le roulement de personnel qu'il y a, mais le fait est que c'est
terrifiant, les histoires qu'on entend. Ça fait que quand... quand les victimes
de violences conjugales viennent nous dire : Moi, je... j'ai peur de la
DPJ, je ne comprends pas, tu sais, la façon dont la DPJ agit, ça ne devrait pas
les inquiéter.
Une personne qui vit de la violence
conjugale devrait être rassurée qu'il y a un signalement dans son dossier,
devrait... devrait s'attendre à ce que la DPJ va les aider à protéger leurs
enfants. Mais, en ce moment, ce n'est pas à ça qu'ils s'attendent, puis la
réalité montre qu'ils ont raison de s'attendre au pire. Parce que des histoires
qui circulent comme ça, là, il y en a... il y en a partout, là, ce n'est pas
difficile trouver des exemples comme ça, là. Ça fait que leurs craintes sont
légitimes, puis c'est ça qu'il faut régler, c'est ça que vous avez entre les
mains. Ça fait que nous, on est là à se dire : On ne veut pas que les
femmes soient découragées d'aller utiliser le mécanisme qu'on met en place, on
ne veut pas qu'elles aient peur de la DPJ. Ce n'est pas dans notre projet de
loi qu'on va régler ça, là.
Mais vous, qu'est-ce que vous pouvez faire
pour ça? C'est quoi, les directives que vous pouvez envoyer? Est-ce que c'est
assez d'envoyer des directives? Il y a des lois à changer pour ça? Parce que
l'intérêt de l'enfant, il est défini nulle part, là. Tout le monde peut dire
tout puis n'importe quoi à propos de ça. Il y a des gens pour qui l'intérêt de
l'enfant c'est de rester en contact avec leurs deux parents jusqu'à la fin des
temps, là. Bien, moi, je ne pense pas que c'est toujours dans l'intérêt de
l'enfant, ça. Mais ce n'est défini nulle part. Ça fait qu'est-ce que vous, dans
une directive, vous pouvez définir plus clairement l'intérêt de l'enfant ou ça
doit passer ailleurs, ça? Comment on peut faire?
Le Président (M. Schneeberger) : Madame.
Mme Hill (Lesley) : Alors,
on est à la même place. Je ne pense pas que c'est le projet de loi que vous
êtes en train de débattre qui va régler ou non cette question-là. C'est
vraiment dans notre cour. On a une discussion justement cette semaine avec la
table des DPJ, une demi-journée sur cette question-là. Et non, ce n'est pas
assez une directive, c'est un ensemble de mesures qu'on va être en train de
proposer cette semaine. Et une des mesures, je répète, c'est un protocole
intersectoriel qui, pareil, comme l'entente multi qu'on déclenche en abus
sexuels, puis en abus physique, où on se donne une spécialisation, puis on
apprend à travailler ensemble, entre partenaires autour de ces situations-là
qui doivent être regardées autrement.
Donc, c'est des directives, c'est de la
formation, c'est de la supervision clinique, c'est des protocoles
intersectoriels de collaboration, et c'est une interdiction d'envoyer des
personnes qui allèguent la violence conjugale ou qui ont été victimes de
violence conjugale dans ce qu'on appelle notre PISCSS, notre programme
d'intervention en conflit sévère de séparation. Parce que c'est beaucoup dans
ces situations-là que ça arrive, ce que vous êtes en train de... d'illustrer.
Ce n'est pas dans les cas, nos 38c1, dans le jargon, c'est vraiment
l'exposition à la violence conjugale, ça a été dépisté, donc on va agir
autrement.
• (13 h 10) •
Mais, quand on ne le dépiste pas, puis une
femme est dans... dans le 38c, c'est le motif pour mauvais traitement
psychologique, donc on dit que c'est un conflit sévère de séparation où les
parents ne prennent pas les moyens pour que leur enfant soit capable de se
développer sainement. Bien, si une femme est rendue dans ce programme-là, ce
n'est pas la bonne place, la coparentalité pour une femme victime de violence
conjugale. La Commission Laurent a demandé les deux, donc après la Commission
Laurent, le réseau a investi lourdement dans le programme pour conflits sévères
de séparation. C'était aussi une des recommandations de la commission Laurent.
J'étais là et c'est très, très, très bon pour certains parents...
Mme Hill (Lesley) : …mais pas
pour tous les parents. Donc je pense que ça passe aussi par une programmation
spécifique en violence conjugale, un peu comme on a fait une programmation
spécifique pour les conflits sévères, mais être capable de discerner les deux,
puis avoir des… des parcours différenciés en protection de la jeunesse pour ces
problématiques-là.
Mme Labrie : Et la question
de… la question du dépistage, je comprends que des fois, il peut y avoir des
situations où ce n'est pas clair et que c'est difficile à dépister. Mais, quand
on est devant des situations où la personne, elle a carrément porté plainte,
là, puis l'intervenante le sait, là, il n'y a pas de difficultés de dépistage à
ce moment-là. Cette personne-là qui se fait dire : Retire ta plainte parce
que sinon tu vas perdre la garde pour aliénation parentale. Il est où, le
problème de dépistage? La personne a porté plainte, là, ce n'est pas caché, ce
n'est pas ambigu. Je veux dire, pourquoi… pourquoi ces situations-là finissent
par se retrouver dans la mauvaise case du côté de la protection de la jeunesse?
Quand la victime a… on pense des fois, parfois de parfaites victimes-là, je
veux dire, quand les personnes qui… qui suivent, là, ce que les institutions
leur demandent de faire, là. Ce n'est tout pas tout le monde qui veut
s'embarquer dans un processus de plainte. Vous savez pourquoi? Mais, il y en a
qui le font, puis qui se font quand même dire qu'elles devraient s'en retirer,
mais ces personnes-là, ils ont levé les drapeaux, là, ils ont dit : Voici
dans quelle case vous devriez me mettre là, puis ils se font quand même mettre
dans le programme de conflit post-séparation, puis ils se font quand même
mettre dans une situation où ils sont à risque de perdre la garde de leurs
enfants pour avoir dénoncé la violence vécue. Moi, je ne trouve pas ça ambigu,
ces situations-là, c'est là où j'ai de la misère à vous suivre. Il y a des
situations où c'est ambigu, là, j'en suis convaincu, mais moi, les exemples que
j'ai vus, les personnes le disaient haut et fort qu'elles étaient victimes de
violence conjugale, là, et elles ne faisaient pas semblant de rien, puis elle
n'essayait pas de cacher ça.
Le Président (M. Schneeberger) : Mme
Hill?
Mme Hill (Lesley) : Oui, mais
pour moi, c'est inadmissible. On n'a pas aucune intervenante dans la province
du Québec a à faire à dire à une femme de retirer sa plainte. Donc, c'est inadéquat.
Puis je pense que, si j'avais cette personne-là devant moi, cette mère-là, je
lui dirais de porter plainte. Donc, il peut avoir des situations comme ça. Mais
je vous dirais qu'en général, les intervenants et notre audit nous le
démontrent, essaient de dépister la violence conjugale. Ils écrivent les audits
de dossiers qu'on a fait, on voit qu'il y a une recherche consciente. Donc, je
ne pense pas qu'on est devant une main-d'œuvre qui veut victimiser des femmes.
Je pense qu'on est devant une main-d'œuvre qui est parfois jeune et qui a
besoin de beaucoup de soutien clinique et de formation, avec des parcours
différenciés… des parcours cliniques différenciés. Puis c'est vraiment à ça
qu'on s'engage.
Puis l'autre chose que je dirais, c'est,
ce n'est pas juste les intervenants en protection de la jeunesse. Il y a un
appareil sociojudiciaire autour et on voit de la jurisprudence qui se crée au
Québec. Et je vois des DPJ qui essaient de changer du 38c à 38c1, puis les
contentieux ne suivent pas, puis donc, on a des défis qui… qui sont plus gros
que le système clinique, et c'est là que peut-être Hélène pourrait parler un
peu du travail en cours avec la magistrature, puis le… en fait, les acteurs
sociojudiciaires, parce qu'on est en train de porter ces enjeux-là à leur
attention pour avoir peut-être un peu plus d'impact dans les choix qu'on… qu'on
essaie de mettre de l'avant.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup, et donner la parole à M. le ministre, parce que, là, j'avais déjà des
mains levées. Alors, M. le ministre, après ça, Robert-Baldwin et députée de
Terrebonne.
M. Lafrenière : Merci
beaucoup, M. le Président. Merci, Mme Hill. Merci d'être avec nous aujourd'hui.
Et vous avez répondu présent… présente, pardon, très rapidement quand on vous a
fait la demande. Merci. Puis ça nous éclaire beaucoup à la commission. Écoutez,
je ne vous surprendrai pas beaucoup en vous disant que ce que mes collègues des
oppositions ont amené avec cette préoccupation-là, je le partage, en me disant :
Il faut trouver une bonne solution. Je suis d'accord avec vous, puis ma
collègue de la deuxième opposition l'a reconnu aussi, ce n'est pas notre projet
de loi qui va tout régler, ça. Puis là, on est rendu un petit peu loin, mais ça
a un lien, puis on ne veut surtout pas causer un effet pervers dans ce qu'on va
faire aujourd'hui. Alors, Mme Hill, je vous fais la même invitation qu'avec les
autres collègues, il va falloir travailler sur l'aspect réglementaire ensemble.
Parce que, ce qu'on ne veut pas, c'est par notre approche, par le formulaire,
par l'information qu'on mettra sur le site Web, mal guider une personne, puis
qu'il y ait un effet négatif sur elle, sur la garde de son enfant. Moi, comme
législateur, aujourd'hui, je ne suis pas à l'aise avec ça. Il va… il va falloir
travailler ensemble, regarder ce que c'est. Et on est tous d'accord, parce que
je le pense, lorsqu'on parle d'un abus sexuel, un abus physique, tout le monde
comprend qu'il y a l'urgence de le signaler. Mais, dans tous les autres cas,
pour ne pas que ça devienne un effet pervers qui se retourne contre la mère qui
en a fait la demande…
M. Lafrenière : ...travaillons
ensemble dans l'aspect réglementaire pour être sûr que, ce qu'on met en place,
autant dans le formulaire que l'accompagnement, ça ne se retourne pas contre
les mères, c'est la dernière chose qu'on veut à ce moment-là. Alors,
l'invitation, j'imagine que vous... vous allez être disponibles pour le
barbecue cet été avec les... les autres membres.
Mme Hill (Lesley) : On
va être là. On va être là.
Le Président (M. Schneeberger) : Députée
de Robert-Baldwin.
Mme Garceau : Oui,
merci, M. le Président. Bon, on va mettre ça ici. Moi, je vais revenir un peu à
ce que... ce que ma collègue de la deuxième opposition, a mentionné. Et je
pense que c'est important de se... de se dire les vraies choses ici afin de
pouvoir avancer puis afin de pouvoir corriger certaines situations.
Il n'y a pas juste le fait que des
intervenantes sont en train de demander aux mères de retirer leur plainte, mais
il y a aussi des intervenantes qui ont dit à des mères qu'elles doivent
admettre qu'elles sont des... qu'elles sont aliénantes, afin de pouvoir voir
leurs enfants. Donc ça, pour moi, à un moment donné, on a eu une discussion, il
faut vraiment changer les choses à l'intérieur de la DPJ. On est en mode, on va
se le dire, rattrapage, en ce qui a trait à la formation nécessaire en violence
conjugale et en contrôle coercitif.
Et oui, je l'ai martelé, le poing, il y a
quelques années que c'était très important d'avoir quelqu'un comme Simon
Lapierre, son institut, compte tenu de... de son... de son expertise en matière
de violence conjugale. Et aussi, tout l'aspect, le gros travail que les
intervenantes doivent faire lorsqu'on est dans un contexte de violence
conjugale, tout cet aspect de dépistage, puis de discerner qu'est-ce que...
qu'est-ce qui est la violence conjugale et qu'est-ce qui est la séparation ou
le conflit sévère de séparation.
On est là et malheureusement c'est encore
très difficile. On a des jeunes intervenantes, il y a un manque de formation,
il y a un manque de formation aussi en ce qui a trait à la magistrature. Ça, ça
va être un autre aspect, M. le ministre, mais là on va miser sur la protection
de la jeunesse parce que la formation n'a pas été donnée à l'ensemble, ça a
commencé.
Et donc, il va y avoir quand même un grand
travail à faire et ça va prendre du temps pour former l'ensemble, les
intervenantes, et tout ça, en termes de violence conjugale, mais aussi tout
l'aspect de contrôle coercitif, parce que c'est ça qui est devenu de plus en
plus complexe à discerner. C'est ces dossiers-là, mais c'est ces dossiers-là
aussi qui vont tomber dans l'article 38c, l'exposition de l'enfant, que ce
soit indirectement ou directement et c'est là où qu'il faut trouver la solution
pour protéger les femmes dans ces situations-là, en termes de signalements
potentiels.
Parce que le risque va être là. Le risque,
dans la plupart des dossiers, va être là. Et donc, il y a l'aspect où il y a le
signalement qui est fait, on tente de protéger la femme et les enfants, mais
suite au signalement, il y a aussi communication avec le partenaire intime pour
le questionner sur certains faits qui vont être divulgués par la mère, mais
aussi, peut-être, certains faits qu'on va recevoir en raison des renseignements
qui vont être transmis par la SQ à l'organisme désigné, qui va faire en sorte
qu'il pourrait y avoir un signalement, là aussi.
Et donc c'est... c'est tout le processus,
le processus du début de la demande, même si on coche juste la case : Ma
sécurité est en danger et celle de mes enfants. C'est sûr et certain qu'on va
aller beaucoup plus loin que ça en tant que d'aller chercher l'information,
parce qu'on veut aussi éviter les refus, qu'on a décidé de refuser de
transmettre des renseignements à cette...
Mme Garceau : ...là, parce
qu'on n'a pas assez d'information, on ne détermine pas que c'est une personne à
risque. Donc, il va falloir quand même donner assez d'informations pour faire
l'évaluation que cette personne-là est à risque. Et donc, même dans
l'évaluation du critère de base, on va être fort probablement dans des dossiers
de 38c. Elle est là, ma préoccupation. Et donc les signalements qui vont être
déclenchés en raison de ça... Et aussi l'implication, oui, l'implication...
Le Président (M. Schneeberger) :
...oui, députée de Robert-Baldwin, juste vous prévenir, là je suis très, très
lousse avec vous, parce que vous avez déjà dépassé votre temps alloué de 1 min
50 s. Alors, j'aimerais que vous...
Mme Garceau : Merci.
Le Président (M. Schneeberger) :
...finissiez votre phrase, parce que sinon je vais devoir couper.
Mme Garceau : Donc, la
question, c'est, en termes de la... de la DPJ, comment pouvez-nous nous aider
afin d'assurer que ces femmes et ces enfants-là vont être protégés, qu'ils ne
vont pas tomber dans le système et que tout ça va être retourné contre elles?
Mme Hill (Lesley) : Oui.
Bien, vous avez dit beaucoup de choses, là, mais je pense qu'on va avoir besoin
de le travailler ensemble. Je prends la main tendue. Il va falloir se poser ces
questions-là puis se donner des modalités pour, justement, éviter des
situations où les femmes, en fait, finissent par avoir des choses qui se
retournent contre elles quand elles essaient de se prévaloir de ce que vous
êtes en train de mettre en place, hein. Donc, c'est important qu'on s'assure de
ça.
Peut-être vous dire que d'emblée, je me
répète, mais on n'est pas obligé de signaler d'emblée chaque situation. Il faut
vraiment sortir des automatismes et il faut avoir une raison, un motif
raisonnable de croire qu'il y a vraiment un danger pour les enfants. Donc,
c'est sûr que notre loi induit que les parents doivent prendre les mesures
nécessaires pour que leurs enfants soient, tu sais, exemptés de situations de
violence. Et c'est souvent là que ça échappe, hein, la situation jusqu'à où une
mère peut assurer la protection de ses enfants dans une situation, un contexte
comme ça, et jusqu'à où on doit la considérer comme une victime au même titre
que son enfant. On a un défi d'interprétation de la loi pour cette question-là.
C'est vraiment peut-être une problématique
pour la protection de la jeunesse qui est différente des autres. C'est sûr que
normalement on a deux parents, deux personnes détenteurs de l'autorité
parentale, et la loi dicte qu'on doit travailler avec les deux. Et c'est
peut-être là qu'on a besoin de regarder comment on peut moduler nos
interventions. Quand il y a un signalement, on n'est pas obligé d'appeler le
père, on va dire le père, parce qu'on sait que c'est une situation genrée ici.
Mais quand on est rendu à faire une évaluation en protection de la jeunesse, la
loi dicte qu'on n'a pas le choix que d'interpeler les deux parents.
Mais la loi ne dit pas qu'est-ce qu'on
doit faire, dans quelle séquence, comment on prépare la femme avant. Ça, c'est
des directives cliniques qui font ça. Tu sais, comment on va faire pour valider
certaines informations auprès de ce parent auteur de violence de façon à
protéger le parent victime de violence? C'est des choses, je pense, qu'on peut
regarder ensemble au niveau de nos protocoles puis nos façons de fonctionner
ensemble. Donc, c'est ce que je dirais à ce stade-ci.
Le Président (M. Schneeberger) :
...
Mme Gentilcore :
...là-dessus. En fait, moi, ce qui me... en fait, ce sur quoi je me questionne,
c'est qu'on a le devoir, dans le cadre de cette loi-là, à la fois de rassurer
les femmes qui rempliraient le formulaire pour, justement, qu'elles n'aient pas
de craintes inutiles par rapport au signalement qui pourrait être fait, mais on
a aussi le devoir envers elles d'être transparent. Puis on en a parlé pendant
les consultations particulières, du fait qu'on devrait être transparent sur le
formulaire et leur dire qu'il pourrait y avoir un signalement, éventuellement,
à l'issue de ce processus-là.
Moi, ma question pour vous, c'est : Comment
on fait pour les rassurer, et à quel point ce processus-là... Parce que vous
dites : Ce n'est pas du mur à mur, puis on en convient depuis le départ,
ce ne sera pas du mur à mur, mais comment on fait pour les rassurer, ces
femmes-là? Et comment on fait pour leur dire de manière claire quel sera le
processus à venir et à quel moment il pourrait y avoir un signalement? Parce
que, moi, c'est ça, ma crainte. Il faut qu'on puisse les rassurer parce que
sinon elles ne...
Mme Gentilcore : …remplir le
formulaire, puis on passe complètement à côté de notre objectif. Donc, dans
quelle mesure on va pouvoir être suffisamment clair et précis par rapport aux
étapes et au processus pour arriver à les convaincre, pas à les convaincre,
mais à les rassurer, puis qu'elles… au moins qu'elles sachent qu'il n'y aura
pas de signalement qui sera fait tant que personne ne leur aura parlé, par
exemple. Parce que, si les policiers colligent l'information et décident tout
de suite de signaler parce que l'homme a des antécédents, là, on passe vraiment
complètement à côté. Donc, dans quelle mesure on peut, en fait, contrôler ce
processus-là, puis comment vous voyez ça?
Je sais que je suis rendue loin dans la réflexion, mais, moi, c'est ça qui me…
qui m'embête.
Mme Hill (Lesley) : Oui.
Bien, vous êtes rendue plus loin que moi dans la réflexion. J'ai envie de dire
qu'il va falloir qu'on travaille ça avec des femmes. Quand on doit créer des
outils cliniques ou des processus qui sont faits pour les personnes, pour les
rassurer, je pense que les mieux placés pour nous informer sur les façons de
faire ou les… les modalités, les moments pour recevoir l'information et quel
niveau d'information, bien, c'est les personnes concernées. Donc, je pense que
ça va impliquer des outils cliniques, ça va impliquer probablement dans l'outil
en question d'insérer certaines informations pour rassurer les gens sur les
processus. Mais je pense que ça va être quand on est rendu à le travailler
ensemble et on doit penser à impliquer des survivantes, je crois, pour cette
question-là.
Mme Gentilcore : J'ai une
autre petite question plus large pour faire du pouce sur ce que disait ma
collègue, la députée de Sherbrooke… parce que… j'entends, là, le manque
d'expérience des intervenantes qui, parfois, peuvent mener à demander à une
femme de retirer sa plainte par exemple. Mais, au delà du manque
d'expérience que j'entends là-dedans, puis j'aimerais vous entendre là-dessus,
c'est peut-être un certain cynisme qui s'installe chez les intervenantes qui,
justement, ont des expériences avec le système de justice et qui voient que…
qui voient que, dans le fond, ça arrive, des situations où la femme devrait… on
devrait reconnaître qu'elle a été victime de violence, puis, finalement, bien,
on… on retrouve… on se retrouve à l'accuser d'aliénation parentale. Donc,
est-ce que vous sondez ça chez vos intervenantes, ou est-ce que c'est quelque
chose que vous sentez, cette espèce de cynisme là?
Est-ce que vous pensez que cette situation-là envers le système de justice
pourrait les pousser, des fois, à poser des gestes que nous, on juge…
évidemment, comme étant regrettables de l'extérieur, mais qui pourraient être
motivé par une bonne intention à la base?
Mme Hill (Lesley) : Bien, en
fait, c'est souvent le conflit sévère de séparation et pas l'aliénation
parentale qui est comme l'extrême dans toute l'échelle des problématiques,
c'est comme la dernière. Donc, je dirais que oui, c'est difficile pour les
intervenants de… de prouver devant un tribunal hors de tout doute, dans
certaines situations, l'existence de violence conjugale. Et c'est possible qu'un
intervenant se rabatte sur la… mais, la facilité, entre guillemets, qui est ce
qu'on a devant nous, deux parents qui se crient après. Des fois, il y a de la
violence des deux côtés, mais ça peut être la violence réactionnelle. Donc, il
faut saisir la dynamique.
Mme Gentilcore : Oui… parce
que l'intervenante se retrouve peut-être des fois devant une situation où, là,
je vais vous le dire franchement, soit qu'on poursuit, puis on… tu sais, vous
poursuivez votre plainte pour violence conjugale, puis c'est important qu'on
aille là-dedans, puis vous perdez vos enfants ou vous gardez vos enfants pour
vous abandonner ce bout-là. Moi, c'est ça que je ressens comme dilemme, puis
c'est ça que je… qui… je trouve, est inacceptable. Donc, oui, il y a le comportement
de la DPJ, mais plus profondément que ça, il y a un problème dans le système
qui fait en sorte que les intervenantes, peut-être, des fois, se sentent
poussées de faire des recommandations qui ne font aucun sens.
Une voix : …
Mme Gentilcore : C'est ça, les
avocats, oui.
Mme Hill (Lesley) : Ce que
nous, on a vu… on n'a pas vu ce que vous dites aussi franchement que ça, mais
ce qu'on a vu, c'est des situations où ça prend beaucoup de doigté clinique,
parce qu'une… une femme peut avoir été victime de violence dans le passé, des
fois c'est… c'est encore avéré, là, de la violence post-séparation. Mais des
fois c'est une femme qui est dans son traumatisme et… des fois, le père a
cheminé avec ses enfants. Mais on a une mère qui a tellement peur pour ses
enfants et elle est en hypervigilance. Et là, on peut interpréter certains
comportements de la mère comme étant pour mettre la zizanie entre les… les
enfants et le père. Donc, là, on est dans un niveau d'analyse et de compétence
clinique ici, pour tenir compte non seulement des faits que tu as devant toi...
parce que c'est facile de voir les faits, deux parents qui se crient après, qui
s'écrivent des trucs, qui critiquent l'autre, etc., OK, on a des faits, on a
une photo devant soi, mais de faire l'analyse…
13 h 30 (version non révisée)
Mme Hill (Lesley) : ...la
dynamique, de voir les «patterns» de contrôle, l'historique de la situation, l'état
de santé de... psychologique et physique de chacun des parents et des enfants.
Ça prend une analyse plus pointue, plus poussée et c'est pour ça qu'on va être
en train de parler avec les DPJ, cette semaine, encore une fois, de recours à
des experts externes, parce qu'on ne peut pas avoir toutes les compétences. On
traite vraiment beaucoup de problématiques, et c'est une loi qui est axée sur
les enfants, la Loi sur la protection de la jeunesse. Ici, on est vraiment dans
un contexte où on a besoin d'«upgrader» les connaissances cliniques de
dynamique familiale. Puis il y a d'autres experts externes qui peuvent aider
les intervenants à faire ça.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci.
Merci beaucoup. Alors, je pense qu'on a fait le tour, pas mal. Est-ce qu'il y
avait d'autres questions avec l'article n° 1? Parce
que je rappelle qu'on est toujours sur l'article n° 1,
là. M. le ministre.
M. Lafrenière : J'irais
pour un commentaire rapide, M. le Président. Pour les gens qui nous écoutent,
qui vont peut-être se dire qu'on dépasse de beaucoup l'article 1, c'est
vrai, puis c'est correct. Je pense que c'était la bonne place pour avoir cette discussion-là.
Merci, Mme Hill, ça va nous aider beaucoup dans les travaux. Je veux nous
rappeler aussi que le fédéral travaille sur un volet sur le contrôle coercitif
aussi qui va nous aider.
Alors, travaillons ensemble pour établir,
un, les balises, puis de votre côté, ça va vouloir dire aussi l'engagement de
passer le message clair aux 2 000 intervenants qui sont sur le
terrain, sur ce que c'est, ce que ce n'est pas. Ça fait qu'on va devoir
travailler ensemble, c'est cet engagement-là qu'on... qu'on prend. On ne veut
pas causer un effet collatéral, puis c'est ce qu'on s'est tous dit ici. Alors,
merci, M. le Président. Merci de nous avoir laissé dérailler un petit peu de l'article 1,
mais c'est pour le bien de tout ce projet de loi là, là, ça touche de beaucoup
plus large des autres articles. Alors, moi, je n'ai pas d'autres commentaires
pour l'article 1.
Le Président (M. Schneeberger) : Parfait.
Alors, est-ce qu'on est prêts à mettre aux voix l'article 1? Oui? Alors,
est-ce que l'article 1 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Schneeberger) :
Adopté. Article 2. M. le ministre.
M. Lafrenière : Oui.
Merci, M. le Président.
«Pour l'application de la présente loi, on
entend par :
«1° "partenaire intime" :
une personne qui a ou a eu une relation intime, telle de nature conjugale,
sentimentale ou sexuelle, avec une personne à risque, sans égard à leur
cohabitation ou au caractère sérieux ou stable de leur relation;
«2° "personne à risque" : une
personne qui a des préoccupations concernant le risque qu'un partenaire intime
peut présenter pour sa sécurité ou celle de son enfant.»
Vous allez me permettre une seconde, M. le
Président, je vais vous sortir les notes additionnelles. Comme commentaire :
L'article 2 définit, aux fins de l'application de la loi, les expressions «partenaire
intime» et «personne à risque». Voilà, M. le Président.
Et, M. le Président, juste comme... comme
commentaire autre, pendant nos consultations, on a posé la question à maintes
reprises aux gens à savoir, est-ce que la définition de partenaire intime était
assez large, je pense qu'on a... les gens étaient très largement favorables à
ça. Puis il faut se rappeler, pour les gens qui nous écoutent à la maison, ce sont
deux conditions. Il faut être un partenaire à risque... pardon, être un
partenaire intime et être une... une personne à risque, pardon.
Le Président (M. Schneeberger) : Est-ce
qu'il y avait des questions sur l'article 2? Non? Alors, est-ce que l'article 2
est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Schneeberger) :
Adopté. Article 3.
M. Lafrenière : Merci, M.
le Président. À l'article 3 : «Une personne à risque peut présenter
une demande de renseignements concernant un partenaire intime ou consentir à ce
qu'une autre personne la présente en son nom.
«Le gouvernement peut, par règlement,
déterminer les personnes ou les catégories de personnes qui peuvent présenter
une demande de renseignements concernant un partenaire intime d'une personne à
risque ainsi que les critères et les conditions pour présenter une telle
demande.
«Un mineur de 14 ans et plus peut
présenter seul une demande de renseignements ou consentir seul à ce qu'une
personne la présente en son nom.»
Comme commentaire, M. le Président : L'article 3
prévoit qu'une personne à risque peut présenter une demande de renseignements
concernant un... un partenaire intime ou consentir à ce qu'une autre personne
la présente en son nom. Il prévoit qu'un mineur de 14 ans et plus peut la
présenter seul.
Cet article habilite également le
gouvernement à déterminer, par règlement, les personnes ou les catégories de
personnes qui peuvent présenter une demande de renseignements concernant le
partenaire intime d'une personne à risque ainsi que les critères et les
conditions pour présenter une telle demande.
M. le Président, pendant nos
consultations, on a entendu plusieurs groupes, pour ce qui était de présenter
une... une demande pour une tierce personne, et clairement, dans nos travaux,
pendant l'été, lorsqu'on va travailler la partie réglementaire, on va continuer
de travailler là-dessus, parce que je pense qu'entre... je l'ai dit souvent,
là, mais entre la journée un des consultations et la journée deux, moi, en tout
cas, j'ai grandi dans tout ce... ce processus de consultation là. Donc, on va
continuer de façon réglementaire avec eux, de voir dans quels cas est-ce que des
professionnels pourraient... pourraient présenter une demande, comment ce
serait donné? Mais je vous dis qu'on a encore du travail à faire là-dessus, M. le
Président.
Le Président (M. Schneeberger) : Députée
de Westmount—Saint-Louis, et, après ça, députée de Sherbrooke.
Mme Maccarone : Oui...
Mme Maccarone : ...bien, le
ministre, vous venez de dire qu'on a beaucoup entendu des groupes qui nous
parlaient de la tierce personne puis des préoccupations, qu'on va avoir un bris
de confiance entre les membres de la famille. On a aussi entendu le besoin de
responsabiliser les femmes et de respecter leur autonomie. Alors, je voulais
savoir s'il y avait peut-être un autre moyen de libeller, pour respecter ça, à
l'intérieur de l'article 3. Parce que je comprends, je comprends que vous,
vous souhaitez garder ça large, vous, vous souhaitez aussi avoir la possibilité
d'avoir la tierce personne. Mais je me... je questionne si on n'a peut-être pas
un autre moyen de s'assurer que le sentiment puis l'orientation qu'il me
semble, c'est de... On est d'accord avec les groupes qui ont témoigné en
commission... dans le fond, ils ont changé mon avis. Au début, j'étais...
j'étais à l'aise avec la tierce personne, puis là, par la suite, ils m'ont
vraiment convaincue qu'on n'est peut-être pas à la bonne place. Mais je
comprends que peut-être vous, vous n'êtes pas rendu là, dans votre... dans
votre réflexion. Moi je serais à l'aise de modifier cet article pour enlever le
tierce personne, pour respecter l'autonomie de la femme et s'assurer qu'on est
en train de responsabiliser les femmes puis aussi leur rythme quand elles sont
prêtes à dénoncer, quand elles sont prêtes à aller vers l'avant puis pas une
autre personne dans leur entourage. Parce qu'on l'a dit, il faut arrêter de
poser la question de pourquoi elles ne quittent pas, on n'est pas rendu là.
Moi, je ferais un amendement à cet article.
• (13 h 40) •
Le Président (M. Schneeberger) :
M. le ministre.
M. Lafrenière : Oui, merci, M.
le Président. Mais ma collègue a raison sur tout, sauf un point, elle a tort
quand elle dit : Je ne suis pas rendu au même point qu'elle, je suis rendu
à la même place qu'elle. Moi aussi, quand c'est une tierce personne, un proche
de la famille, j'ai un grand malaise suite à ce qu'on a entendu. La raison pour
laquelle je n'arrive pas au même résultat que ma collègue, je me dis, par voie
réglementaire ce qu'on veut faire pendant l'été, c'est entendre des gens,
exemple, pour des professionnels qui auraient pu faire cette demande-là. Je
continue de regarder cette possibilité là avec avec les gens avec qui on va
travailler. Alors, je suis pas mal rendu à la même place qu'elle en se disant
une tierce personne. Ça m'a vraiment ébranlé dans ma dans ce que j'avais comme
position au jour 1. Mais là, de le laisser là pour être capable de le
regarder de façon réglementaire, puis on ne dit pas : On va le faire, on
dit qu'on peut le faire. Donc, on va l'étudier avec les groupes, surtout qu'on
se laisse plusieurs mois pour pour prendre le temps d'entendre, les groupes.
Puis je suis d'accord avec elle pour une
tierce, la famille proche. J'ai entendu tous les effets négatifs. Alors je
penche beaucoup de ce côté-là pour les professionnels, les psychologues ou
d'autres gens. Je veux vraiment continuer les échanges-là avec les groupes,
puis on n'a pas beaucoup travaillé ce volet-là.
Mme Maccarone : Pourquoi ne
pas le modifier pour identifier les groupes, comme vous venez de mentionner,
les professionnels, les organismes qui vont faire l'accompagnement pour
s'assurer qu'on comprend que c'est ça, les orientations, mais pas les proches,
pas les amis?
Le Président (M. Schneeberger) :
M. le ministre.
M. Lafrenière : Oui, merci, M.
le Président. Mais je comprends ce que ma collègue veut dire, mais, même
honnêtement, aujourd'hui, M. le Président, peut-être qu'au final on n'en mettra
même pas. Je comprends ce que ma collègue nous propose. Nous, on dit, de voie
réglementaire, on peut le faire. On va regarder, pendant les prochains mois,
avec les différents groupes, qu'est ce qui est souhaité, souhaitable. Je
comprends ce qu'elle nous propose, mais, présentement, on est dans le «peut»,
puis on va regarder avec eux. Alors, on n'est pas dans une obligation, M. le
Président, mais je comprends ce que ma collègue de propose, là.
Mme Maccarone : D'abord, ça
veut dire, moi, j'ai un malaise, d'abord, pour le deuxième paragraphe, parce
qu'on dit «le gouvernement peut, par règlement». Alors, pourquoi ce n'est pas
«doit, par règlement, déterminer les personnes»? Parce que, si on partage les
mêmes craintes, il me semble que ça devrait être clair que ça va être fait par
la voie réglementaire et non possiblement, parce que ça, ça rouvre la porte
pour que le paragraphe 1 soit appliqué. Et la compréhension de tout le
monde, de la loi, souvent, c'est... c'est large. Alors, moi, je serais plus à
l'aise de s'assurer que ça va être fait sans faute, pas le «peut», mais le
«doit».
M. Lafrenière : Écoutez,
j'entends collègue, je réfléchis en même temps, parce que moi, je l'analysais carrément
à l'inverse de ce que ma collègue vient de dire. Je vais vous dire pourquoi.
Pour moi, «doit», c'était de dire qu'on était pour faire un... il est très
possible qu'il n'y en ait pas. Alors, quand on disait «peut», c'est-à-dire si,
d'aventure, au final de notre travail, on déterminait que des gens devraient
être habilités, on en ferait une liste. Donc voilà, le «peut». «Doit», ça
voudrait dire que d'avance on était pour prendre pour acquis qu'on était pour
mettre des personnes en voie réglementaire, puis ce n'est peut-être pas le cas.
Ajourd'hui, M. le Président, si vous me demandez mon opinion bien personnelle
pour les tierces personnes dans la famille élargie, je vous répondrais non. Est
ce que, pour des professionnels, il y en a... Je veux qu'on se laisse la
chance. La raison pour laquelle on laissait «peut», c'est que ça se peut au
final qu'il n'y en ait pas. On veut vraiment l'établir avec les gens, prendre
le temps de les consulter.
Alors, on va aller... on va aller à la
même place encore. Le «peut», pour nous, était moins obligatoire, sinon ça veut
dire qu'il va falloir faire une liste puis on va écrire : Voici, dans
cette liste, il n'y en a aucun...
Mme Maccarone : …sauf que ce
que vous venez de dire juste auparavant, c'est qu'il va… ce ne serait pas… on
va sûrement avoir des gens qui vont être exclus, parce que, si on veut garder
les professionnels, les organismes communautaires qui vont faire de
l'accompagnement, puis pas les membres de la famille ou les proches, bien c'est
clair, on va avoir une liste déterminée. C'est pour ça, parce que, si on n'a
pas de règlement, comme vous dites, parce que la liste va être vide, puis on
n'en a pas besoin, bien ça veut dire qu'on va toujours avoir une tierce
personne qui peut être un membre de la famille, qui peut être un parent qui
peut faire cette demande… vous comprenez ce que je veux dire.
M. Lafrenière : Oui, je
comprends.
Mme Maccarone : Si ce n'est
pas là, on va appliquer le paragraphe 1, puis le paragraphe 1, c'est…
M. Lafrenière : Bien, le
paragraphe 1, c'est la personne elle-même.
Mme Maccarone : …«ou
consentir à ce qu'une autre personne la présente».
M. Lafrenière : C'est tout.
Donc, il n'y en a pas de tierce personne au paragraphe 1. Ça concerne… non,
mais c'est elle qui concerne quelqu'un proche d'elle, c'est tout. Il n'y a pas
de tierce personne à ce moment-là, sans consentement, là. Dans le paragraphe 1,
de ce que je comprends, c'est que moi, je peux faire une demande pour moi, je
peux consentir à ce que Michelle fasse une demande pour moi, mais c'est tout.
Alors qu'au deuxième paragraphe, on peut faire une… on peut faire une liste,
là, je suis d'accord avec ma collègue, on peut faire une liste. Mais moi, ce
que je veux faire comme deuxième étape avec les groupes, c'est de les entendre.
Parce que ça peut sembler être une bonne idée, comme je pensais que c'était une
bonne idée, moi aussi, avec une tierce personne, mais en regardant avec les
groupes, peut-être qu'on va se rendre compte que la liste qu'on a en tête, il y
en a tu un, deux ou trois groupes, peut être pas pantoute, mais je crois, puis…
puis mon but ce n'est pas de m'obstiner, au contraire, là. Moi, je ne l'analyse
pas de la même façon. Au premier paragraphe, on dit c'est la personne
elle-même, ou si elle consent à quelqu'un d'autre, la tierce personne, ce
serait au deuxième paragraphe, si le gouvernement, parce qu'on dit «peut»
l'inscrire sur une liste, mais si elle n'en met pas, il y en a zéro qui vont
pouvoir le demander. Mais c'est une question d'interprétation, je veux être sûr
qu'on le comprend de la même façon.
Mme Maccarone : Je vous
entends. Moi, mon interprétation est différente que la vôtre. Tu sais, moi, ma
façon de lire cet article, ça veut dire qu'on peut toujours laisser une autre
personne faire la demande, avec mon consentement, je comprends, mais que la
personne, à part de moi, va pouvoir venir me voir pour dire : Moi, là,
j'aimerais avoir le consentement pour aller faire une demande pour vous. Moi,
ce que j'ai entendu des groupes, c'est qu'on ne veut pas ça. On n'est pas
rendus là. C'est ça qui va engendrer des bris de confiance avec les victimes
potentielles, les partenaires intimes.
Le Président (M. Schneeberger) : Députée
de Sherbrooke.
Mme Labrie : Bien, moi, je
voulais poser des questions sur… bien, peut-être juste pour clarifier, moi, ma
position là-dessus aussi, là, comme… comme mes collègues, moi, j'ai fait, là,
exactement le même cheminement, moi aussi, j'ai été convaincu par les groupes
que les tiers ne devraient pas pouvoir déposer une demande. Moi, j'entends du
ministre qu'en ce moment, dans son intention réglementaire, ça n'y figure pas.
Ce qu'il va étudier, c'est si un organisme professionnel peut le faire. J'ai
l'impression que le règlement va devoir exister de toute façon, même s'il n'y a
pas de liste, parce que, de toute façon, les modalités de consentement vont
devoir être précisées quelque part, ça fait que c'est un peu ça, moi, ma
question. Quand, si, par exemple, moi, je consens à ce qu'une autre personne
fasse la demande en mon nom, comment vous vérifiez ce consentement-là? Ça… ça
se passe comment, là, donc? C'est ça, moi, ma question pour le ministre.
Le Président (M. Schneeberger) : M.
le ministre.
M. Lafrenière : Oui, bien
merci, M. le Président. Puis ça revient… tout revient encore au… à la demande
initiale. Comment ça va se faire sur le site et tout? De quelle façon on va
pouvoir dire : J'ai consenti à ce que cette personne-là le demande.
Honnêtement, si on… on pourrait y revenir parce qu'on n'a pas… on n'a pas
encore établi là, comment ça va se faire, là, on parle de bonne foi, mais il va
falloir aller plus loin que ça. Je veux juste revenir sur les points que mes
deux collègues ont amenés, moi, je suis à la même place qu'eux, en passant, là.
J'ai avancé, une troisième… tu sais, à une tierce personne, grand, grand
malaise. Moi, le deuxième paragraphe, je le vois comme si, s'il y a des gens
qui ont le consentement, qui ont le droit de le faire, pardon pour une personne
autre, il va falloir que ce soit mis sur une liste. Et pour l'instant, la
liste, il y en a zéro. Mais moi je veux consulter, je veux continuer de
consulter les gens, à savoir… là, c'est notre «feeling» aujourd'hui, M. le
Président, mais si on vient fermer ça, et pendant l'été, on entend des groupes
qui nous disent : Écoutez, on a oublié… là, je dis n'importe quoi, là,
mais, exemple, les psychologues devraient, pour telle ou telle raison, là, on
s'est fermé la porte toujours aujourd'hui. Alors moi, le peu… je me disais on
peut consulter les gens, on va les entendre, notre but, c'est d'aller dans la
bonne direction d'aider les gens. On va les entendre pendant l'été. Pour ce qui
est du consentement d'une autre personne, de quelle façon ça va se matérialiser,
je vais revenir à ma collègue, là... ça, je ne suis pas capable de… de lui dire
avec certitude aujourd'hui.
Mme Labrie : Bien peut-être à
ce moment-là, il faudrait qu'on réfléchisse ensemble un peu à comment on voit
ça. Parce que, dans le fond, tu sais, les situations dans lesquelles on imagine
qu'une personne à risque demanderait à quelqu'un d'autre de le faire à sa
place, c'est si, par exemple, j'imagine, elle pourrait avoir peur de se faire
prendre, elle pourrait avoir peur que la personne se rende compte qu'elle a
fait cette démarche-là. Donc elle va… donc elle va demander peut-être à une
amie ou à sa sœur ou à sa mère, peu importe, de le faire à sa place. Donc il
faut voir, moi, je… si cette personne-là ne le fait pas elle-même et qu'elle le
demande à quelqu'un d'autre, mon intuition personnelle, c'est que c'est parce
qu'elle a peur de se faire pogner à le faire, sinon elle le ferait probablement
elle-même…
Mme Labrie : ...à moins que ce
soit une contrainte technologique, là, la personne... par exemple, c'est une
aînée ou elle n'est pas technologiquement en mesure de le faire, elle le
demande à quelqu'un d'autre. Mais au moment où la SQ reçoit ça et doit traiter
la demande, comment ils font pour vérifier que c'est... que c'est légitime, là?
Que moi, je fasse une demande au nom d'une de mes amies ou de ma grand-mère,
là? Je veux dire, il y a... c'est... Comment, eux autres, ils vont le vérifier?
Parce que si, au final, faut que la personne à risque remplisse un document
elle-même, on vient comme annuler le fait de pouvoir demander à quelqu'un
d'autre de le faire à sa place, là. Mais en même temps, il faut le vérifier
aussi, ce consentement-là. Ça fait que j'essaie de comprendre comment ils vont
faire.
M. Lafrenière : M. le
Président, puis ma collègue amène un bon point, parce que, oui, il y a la
personne qui, pour des craintes, elle a raison, mais il y a au moins deux
groupes qui nous ont appelés. On devrait peut-être prévoir une ligne téléphonique
parce qu'il y a des gens qui n'auraient peut-être pas la capacité de remplir le
formulaire et tout. Ça peut être ça, ça peut-être juste dans le stress, peu
importe la raison. Mais, au final, ce qui me rassure, moi, je regarde la
finalité, là, puis continuons, parce que, je pense, des fois, quand on prend un
exemple concret, moi, je fais la demande pour quelqu'un qui est avec moi, mais
je n'aurai jamais... personne ne va communiquer le résultat à moi, comme
individu, c'est toujours la personne à risque, partenaire intime qui va avoir
la communication d'information, au final. Ça fait que, exemple, si d'aventure
je faisais une demande farfelue, qui n'est pas vraie, puis c'est la personne
qui le reçoit. Bien, premièrement, on a dit plus loin dans notre projet de loi
qu'il y a des amendes à ça, si on a fait une demande qui n'était pas légitime.
Puis deuxièmement, moi, je n'aurai jamais d'information, c'est la personne à la
base qui est ciblée par le formulaire qui va le recevoir. Ça fait que... Là où
il y avait un danger, M. le Président, c'est que si une troisième personne fait
une demande et se fait transmettre de l'information, là, il y a un risque que
ça dérape solidement.
Mais au final, si je fais la demande en
disant : je l'aide parce qu'elle n'est pas capable de le remplir, mais,
elle va avoir l'info et moi, zéro. Alors, elle pourrait dire : Je n'ai
jamais consenti. Exemple, prenons un exemple fictif, là. Elle pourrait, au
final, dire à la Sûreté... pas la Sûreté, mais l'organisme qui va la contacter :
écoutez, moi, je n'ai pas consenti à ça. Puis là, on va se revirer de bord sur
la personne qui a fait la demande. Mais je trouve qu'on limite de beaucoup ces
risques-là par le fait même que l'information ne sera jamais transmise à une
autre personne.
• (13 h 50) •
Mme Labrie : Moi, je
comprends ce que le ministre me dit puis je veux la même affaire que lui, là.
Fait qu'on est d'accord. C'est juste, si, par exemple... Comment on va faire
pour filtrer ça, dans le sens que si, moi, je m'inquiète beaucoup pour ma
collègue Catherine, puis... Tu sais, ça pourrait arriver qu'elle me le demande,
de faire la démarche à sa place, puis je le fais, puis je suis de bonne foi,
puis je sais qu'elle est vraiment d'accord, puis je mets son numéro de
téléphone à elle, fait qu'à la fin c'est... C'est elle que l'organisme désigné
va contacter.
Bon. Mais mettons, là, moi, je veux
contourner le système parce que je m'inquiète pour elle, mais je sais qu'elle
ne veut pas le faire puis qu'elle ne le fera pas, puis je la... Je la remplis
en son nom, mais je mets mon numéro de téléphone à moi. Comment l'organisme
désigné va faire pour savoir que ce n'est pas... Tu sais, je veux dire, ils
vont vérifier les pièces d'identité... C'est un peu ça, là, que j'essaie de
comprendre, comment la mécanique va se dérouler pour qu'à la fin on soit
certain que l'information, on la transmet à la bonne personne.
Peut-être que la réponse à ça, c'est que
quand une autre personne le présente en son nom, bien, c'est parce qu'elle est
directement en contact ou même physiquement en présence de la personne qui fait
la demande, par exemple dans un centre d'amitié autochtone, un exemple que le
ministre donne souvent, ou dans un organisme quelconque où la personne se
présente puis elle dit : Moi, je veux faire cette demande-là, mais je
n'aime pas ça, les ordinateurs, peux-tu m'aider? Tu sais, là, à ce moment-là,
le consentement, il est vérifié par... Tu sais, il est comme validé sur place.
Ça fait que... Moi, j'ai juste besoin
qu'on me clarifie, tu sais, ça va se passer comment. Parce que sinon... Je
trouve ça tellement niaiseux puis facile à détourner. Là, on vient tous de se
dire : On n'est pas à l'aise que ce soit un tiers qui reçoive cette
information-là, ni même qui puisse faire la demande sans le consentement de
l'autre personne. Mais là, donner un numéro de téléphone... Tu sais, je veux
dire, on remplit le formulaire, on met le numéro de téléphone qu'on veut, là.
Le Président (M. Schneeberger) :
M. le ministre.
M. Lafrenière : Oui, merci,
M. le Président. Puis... Mais... La question est super bonne parce que ça nous
permet d'avancer dans notre tête puis voir comment ça va se faire. Tu sais, ce
qu'on a entendu des organismes qui sont venus nous voir, c'est l'importance que
cette information-là soit pas donnée par téléphone puis par Teams ou que ce
soit en personne. Donc, là, on revient à la base, là. Moi, je fais une demande
pour une personne X qui est à côté de moi, elle n'a jamais voulu. Je fais la
demande, puis là, je pousse la «luck» jusqu'à mettre mon numéro, en me disant :
ils vont me rappeler quand je vais me présenter là. Mais là, encore là,
l'organisme désigné va identifier la personne qui vient la rencontrer, vont la
rencontrer, prendre du temps avec elle.
Tous les freins, à l'inverse, M. le
Président. Si je disais lorsque le formulaire est rempli, vous devez mettre une
photocopie de votre carte d'identité. Tout ça, c'est des freins qu'on ne veut
pas, tout comme la définition qu'on a gardée assez large. Moi, je pense que la
définition doit être large, l'entrée doit être large, mais c'est à la fin qu'on
va amener l'entonnoir. Un, moi, comme tierce personne, je n'aurai jamais
d'infos. Si j'ai décidé de mettre un mauvais numéro de téléphone, il va falloir
que... Là, rendu devant l'organisme, que je me fasse une supposition de
personne, que... Là, on commence à aller plus loin.
Et M. le Président, je ne veux pas nous
devancer, mais à l'article... Je n'ai pas mes lunettes... 15, on va venir dire,
justement, qu'il y a des sanctions. Si j'ai fait une demande qui n'est pas
fondée, donc, que la personne n'avait pas consenti, moi, je m'expose. Et
c'est... je pense que c'est là-dessus, M. le Président, qu'il faut... va
falloir taper, excusez l'expression...
M. Lafrenière : ...il va
falloir mettre l'emphase — c'était très mauvais, je m'excuse — il
va falloir mettre l'emphase. Pourquoi? Parce que ce que je ne veux pas, c'est
que les personnes qui déposent... Déjà, on se l'est dit, il y a un paquet de
gens qui vont avoir des malaises à faire une demande et tout ça. Si je mets ça
restrictif puis je demande une preuve, quelque chose, je vais perdre du monde.
Ça fait que j'aime mieux y aller comme ça sur la bonne foi. Mais, à la fin, on
n'est pas dupe, on sait qu'il y en a qui vont peut-être essayer de passer à
côté du système, et c'est ces gens-là qui vont avoir des répercussions. Je ne
sais pas si ça répond directement...
Mme Labrie : Oui, bien, ça
répond. Donc moi, je comprends que c'est au moment de la divulgation, c'est l'organisme
désigné qui va vérifier l'identité de cette personne-là. Donc, la plupart du
temps, on souhaite en personne, sur présentation de pièce d'identité. On a
aussi discuté que ça se peut que, des fois, ça soit en ligne, en territoire
éloigné notamment. Donc là, il y aura une façon de vérifier les pièces d'identité
aussi de cette manière-là, j'imagine. C'est ce que je comprends de la réponse.
M. Lafrenière : Absolument. Puis
ça, M. le Président, puis on en prend bonne note quand on va travailler avec
les organismes, parce que c'est eux, au final, qui vont faire cette
rencontre-là, va falloir se donner un modus vivendi, comment ça va se faire,
comment on va... on va partager ça, tout en mettant le moins de barrières à l'entrée,
mais le plus de filtres à la fin pour éviter ce que ma collègue a amené. Je
peux faire des parallèles avec plein de choses. Moi, j'aime mieux mettre moins
de filtres au début, parce qu'il y a toujours un danger, qu'il y a des gens
n'osent pas, puis là il faut... Je le laisserais comme ça, mais oui, après ça,
au moment de la divulgation. Puis, M. le Président, ce qu'on a entendu
beaucoup, beaucoup des groupes, là, c'est ce danger-là, tu sais, quand on va
être rendu à divulguer, si quelqu'un d'autre reçoit l'information à ma place,
un, ça ne me mettra pas de bonne humeur, puis deux, ça peut même me causer un
danger. Alors, c'est la personne même qui va le recevoir.
Puis ça, M. le Président, je l'ai dit
souvent, puis je vais le redire encore une fois, ça va être tellement important
quand on va développer notre portail, la page Web, que ce soit clair, si vous
remplissez cette demande-là pour quelqu'un d'autre, puis que la personne n'a
pas consenti, que vous êtes passible d'une infraction. Ça, ça va être vraiment
important.
Le Président (M. Schneeberger) :
Bon, là j'ai une file au niveau des questions. Ça fait que, prochaine, députée
de... Il y avait Westmount—Saint-Louis qui... vous aussi, mais ce sera plus
tard. Alors, Robert-Baldwin. Après ça, Sherbrooke et Westmount—Saint-Louis... pas
Sherbrooke, excusez-moi, j'ai Terrebonne. Excusez-moi. Oui, c'est à vous.
Mme Garceau : Merci, M. le
Président. M. le ministre, pour... en tout cas, je croyais, suite à toutes les
interventions des groupes, surtout SOS violence conjugale, c'est venu nous
chercher en ce qui a trait à l'«empowerment» puis d'obtenir l'information à son
rythme, à son temps, et tout ça, que c'était clair que, pour présenter une
demande, la condition essentielle était d'obtenir le consentement de la
personne à risque. Donc, premier volet, consentement, parce que ça peut être n'importe
qui, ça peut être une amie, ça peut être une sœur, ça peut être une mère, ça
peut être une collègue, ça peut être une intervenante dans une maison d'hébergement.
Donc, on n'est pas en train de limiter, au premier alinéa, qui sera la personne
qui va pouvoir assister, en autant que personne à risque a donné son
consentement. L'élément de consentement est prioritaire.
Donc, deuxième partie, puis c'est là que j'aimerais
vous entendre, parce que là on tombe dans le non-consentement. Là, on est plus
dans... Qui va nous aider, tout ça, qui va aider la personne à déposer. Là, on
est dans le non-consentement. Puis là c'est là où je tente de voir avec vous
dans quelle situation est-ce que, compte tenu de tout ce qu'on a entendu... et
même un psychologue, parce que là il y a toutes les questions de
confidentialité entre un patient, médecin, psychologue, et tout ça, psychiatre et...
Dans quelle situation où nous, on se dirait : On devrait prévoir ça dans
un règlement, pas de consentement nécessaire de la personne à risque, une
tierce personne va pouvoir faire la demande? Je voulais juste vous entendre
dans quelle sorte de situation parce que, pour moi, c'était pas mal clair qu'il
n'y en aurait pas.
M. Lafrenière : Oui, mais...
Merci, M. le Président. Puis, vous savez, la partie tierce personne proche, la
famille, tout ça, ça, c'est clair, je pense qu'on a tous grandi en même temps
là-dedans. Puis on a eu deux jours de consultation, on a travaillé très fort,
là, mais il y a un élément que moi, je n'ai pas entendu, c'est pour des
professionnels. Alors, on se disait : Laissons-nous le temps, avec ces
groupes-là, de voir si c'est à propos ou pas, puis ça ne l'est pas, on ne se
donne aucune obligation, on se dit qu'on peut mettre une liste. Mais si, à l'inverse,
si d'aventure on décidait aujourd'hui, ça n'existe pas puis qu'on consulte
pendant l'été, on continue de travailler avec eux, c'est une occasion ratée.
Mais vous comprenez qu'aujourd'hui, si on
me demande, est-ce que je vois des groupes là-dessus, la réponse, c'est non.
Mais ce qu'on veut faire, c'est de s'asseoir avec les différents groupes. Puis
ce bout-là, on n'est pas allé au bout. Moi, au niveau des proches de la
famille, je pense, ça a été superclair, au niveau des professionnels, je pense
qu'on a encore des...
M. Lafrenière : ...à
faire, c'est tout. Puis une fois qu'on l'aura fait, si... si on entend que tout
le monde est d'accord, tous les groupes nous disent, écoutez, on n'en voit pas,
bien, on l'aura vérifié. Puis c'est le seul point, M. le Président, ça fait que
je comprends ce que mes... mes deux collègues apportent aujourd'hui. La raison
pour laquelle je me... je trouvais ça important de garder «peut» et non «doit»,
parce que ça se peut... pas pantoute, ça se peut qu'il y ait personne qu'on
mette sur cette liste-là.
C'est très clair, je pense, pour la
famille élargie, pour les professionnels, c'est un point qu'on n'a pas réussi à
éclaircir. Puis je nous laisserais le temps, là, de... des rencontres avec les
différents groupes pour les entendre, puis voir s'il y a peut-être un élément
obscur qu'on a manqué. Mais a priori, si elle me le demande aujourd'hui,
voyez-vous des gens? Aujourd'hui, non. Mais si on le ferme aujourd'hui, on peut
passer à côté, c'est le seul point que j'amène. Ça se peut qu'on met «peut» et
non «doit», s'il y a personne, on ne mettra personne sur cette liste-là, puis
il n'y aura pas personne qui pourra faire une demande sans le consentement,
comme ma collègue dit, puis elle a raison.
Quand on regarde les proches de la
famille, on a entendu des arguments assez, assez solides qui m'ont fait changer
d'idée. Mais là, je voudrais faire la même démarche avec ces groupes-là pour
les professionnels, les psychologues, les psychiatres. Toute la liste de
professionnels, de se laisser le temps de décanter. Puis comme je disais à ma
collègue, si au final, là, puis on prend bien le temps, parce qu'on se dit tout
le temps, il faut se laisser le temps de bien faire les choses, on se rend
compte qu'aucun groupe qui devrait être là, on n'en met pas, puis ce n'est
pas... ce n'est pas grave, là, il n'y aura pas de groupe.
• (14 heures) •
Mme Garceau : Oui. Oui,
parce que, dans un certain sens, que ça soit un psychologue, avocat ou autre,
un professionnel qui pourrait faire une demande concernant une personne à
risque, sans son consentement, j'ai... j'ai de la difficulté à voir qui
pourrait le faire.
Et je présume que les... les personnes
concernées, et surtout, que ce soit les représentantes des maisons
d'hébergement, SOS violence conjugale et autres, vont avoir un problème de
toute façon. Parce que pour... pour elles, qu'est-ce qui est important,
c'est... c'est l'élément de consentement.
Donc, même s'il y aurait potentiellement
un professionnel, puis honnêtement, je ne sais pas, en pensant thérapeute et
tout ça, je ne peux pas voir qui que ça serait dans l'intérêt aussi de la
femme, de la personne à risque, que cette personne-là fasse la demande à son
insu. Je ne sais pas. Je...
M. Lafrenière : Oui. M.
le Président, c'est justement pour la raison que ma collègue vient d'évoquer
que je veux prendre le temps de les entendre. Parce qu'on se rappellera que, le
lundi de nos consultations, on était presque tous d'accord qu'une tierce
personne n'était pas une mauvaise idée. Le mardi, on est arrivé en se disant,
finalement, ce n'est peut-être pas une si bonne idée.
Ce que je ne veux pas, M. le Président,
c'est que nous, dans cette commission, on prenne cette décision-là aujourd'hui
sur le banc en se disant : Non, non, c'est une mauvaise idée. Je veux
entendre les... les groupes, on va se laisser le temps, puis s'il n'y en a pas,
moi je laisse «peut». S'il n'y en a pas, la liste va être facile, hein, ça va
être zéro, comme dans rien. Mais on veut... se laisser le temps de regarder
avec ces groupes-là. Peut-être qu'il y a un élément qui nous échappe. Moi je ne
me considère pas un spécialiste, je veux vraiment les entendre, puis c'est à la
suite de ces consultations-là qu'on va prendre la décision, M. le Président.
Moi, je reviens à ce que j'ai dit tantôt,
le lundi vous m'avez posé la question en commençant nos travaux, j'étais béton,
j'étais clair. Puis le lendemain, j'ai entendu les groupes, puis j'ai dit, oui.
Ça fait que c'est juste ça, je veux qu'on se laisse le temps.
Puis, M. le Président, tu sais, on se
donne une loi-cadre, on dit qu'on met bien les choses réglementaires, parce
qu'on veut avancer, parce que c'est important, on se l'est tous dit. Mais,
après ça, on travaille avec des professionnels, puis qui vont nous amener
leur... leur réalité de terrain qui va peut-être changer des petits éléments,
là.
Mme Garceau : Donc, si jamais...
M. Lafrenière : Si
d'aventure.
Mme Garceau : ...si
jamais il y aurait un groupe que vous dites : Ah! celui-là, peut-être, je
suis certaine que vous allez en parler avec les groupes qu'on a entendus...
M. Lafrenière : Bien oui.
Bien oui.
Mme Garceau : ...afin
de... avant de déposer un règlement...
M. Lafrenière : M. le
Président...
Mme Garceau : ...si on
enlève le consentement de la personne.
M. Lafrenière : Oui,
oui. On va le travailler avec les groupes qu'on a rencontrés, là. C'est pour ça
qu'on se laisse... Écoutez, c'est plus exigeant que de dire, il n'y en a pas,
puis ça finit là, là. Aujourd'hui, cette décision-là prendrait 30 secondes, je
n'entendrais plus parler, puis j'enlève beaucoup de travail à l'équipe, mais je
veux qu'ils travaillent beaucoup pendant l'été.
Mme Garceau : Oui.
M. Lafrenière : Ça fait
que sérieusement, c'est de... d'entendre des gens, c'est plus de travail, mais
il faut le faire, il faut le faire pour la bonne raison. C'est d'entendre des
gens, puis ils vont peut-être nous faire changer d'idée ou pas. Puis, au final,
ce sera «peut», puis ce sera «peut» avec zéro... zéro groupe sur la liste ou
«peut» avec des groupes. Mais, oui, on va consulter l'ensemble, pas : Une
personne nous a dit une bonne idée, puis c'est l'Ordre des psychologues, puis
on met les psychologues, là. Je ne suis pas là.
Mme Garceau : OK. Merci.
Le Président (M. Schneeberger) :
Députée de Terrebonne.
Mme Gentilcore : Je suis
désolée, je vais être obligée de revenir sur l'article 2 qu'on a adopté.
C'est juste pour porter à votre attention que, si jamais on... on autorise les
personnes tierces à faire des demandes, la... à mon avis, la définition de
«personne à risque» n'est pas adéquate, parce que ce serait une personne qui a
des préoccupations ou pour qui une tierce personne a des préoccupations
concernant le risque de... Ça fait que juste l'avoir à l'idée, là.
M. Lafrenière : Oui, les
légistes vont le regarder en même temps pour continuer notre discussion, M. le
Président, pour être sûrs.
Mme Gentilcore : Bien,
c'était vraiment juste ça. Pour le reste, vous savez où je loge, là. Moi aussi,
je suis... j'ai les mêmes préoccupations par rapport aux personnes tierces,
mais les explications que vous me donnez me conviennent...
14 h (version non révisée)
Mme Gentilcore : …je ne me… je
ne prolongerai pas inutilement le débat.
M. Lafrenière : Mais, M. le
Président, on continue à regarder l'article 2 pour être sûr qu'on est
conséquents dans tout ce qu'on fait, M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) :
La députée de Westmount–Saint-Louis.
Mme Maccarone : Dans le plan
pratico-pratique pour la validation de… le consentement, comment est-ce que ça
va se faire? Quelqu'un
décide qu'il souhaite placer une demande, moi, je veux faire ça pour ma fille,
comment est-ce qu'ils vont valider que ma fille, elle a consenti? Puis, est-ce qu'on fait le
travail avant ou est-ce qu'on fait le travail après la validation de ce
consentement-là?
M. Lafrenière : Ce qu'on
avait comme échanges tantôt avec la deuxième opposition, c'était que… de mettre
le moins de limitations au début, mais à la fin, quand ça va être le moment de
transmettre l'information, comme ça va être transmis à la personne qui est à
risque, le partenaire intime, c'est à ce moment-là qu'il y aura validation, parce
que, sinon, ça voudrait dire, puis c'est l'échange qu'on a eu tantôt, si, au
dépôt de votre demande, on voulait valider, là, il y a des éléments qui
risquent d'être préoccupants pour des gens, c'est-à-dire une identité, une
confirmation, une… même technologiquement parlant, là, ça voudrait dire… puis, on
jase, là, puis on se donne des cas d'espèce, là. Moi, je le fais pour… pour ma
voisine, ça veut dire de lui demander peut-être une pièce d'identité. Bref, il
y a des limitations qu'on pourrait mettre, mais ça va être coché. Est-ce
que vous faites une demande pour quelqu'un d'autre avec son consentement? C'est oui. On inscrit à côté
que, selon l'article 15 de notre propre loi, si elle le fait sans le consentement,
il y a une… il y a une pénalité qui est prévue. On va y aller comme ça. Mais au
final, l'information ne sera jamais transmise à moi comme tierce personne, mais
à la personne qui est ciblée. Puis c'est là, à ce moment-là, quand ils vont nous
identifier, qu'on va dire : Moi, je n'ai jamais demandé ça. Bien, ça va
être : Ne passez pas Go et ne réclamez pas 200 $, ça va être une
infraction.
Mme Maccarone : OK. C'est ça,
mais c'est… ce n'était pas la même question. Moi, je voulais savoir quand
est-ce qu'on fait la validation de… le consentement, pas le comment qu'on va
véhiculer l'information…
M. Lafrenière : Mais, à la fin…
Mme Maccarone : …mais, tu
sais, moi, je veux le faire, mais, tu sais, je n'ai pas parlé avec ma fille,
puis elle a dit : Non, je ne veux pas. Mais ça, ça veut dire qu'on va
faire, quand même, tout le travail, quand même, même si on sait qu'elle ne
souhaite pas avoir cette information, puis ce n'était pas à sa demande?
M. Lafrenière : Mais imaginons…
puis, continuons avec cet exemple-là, parce que je trouve que ça nous permet de…
de faire des vérifications, tu sais. Imaginez un instant, vous faites la
demande pour quelqu'un. On s'est dit à quel point c'était sensible. La police
vous appelle pour dire : Votre mère a fait une demande. Est-ce que vous
avez vraiment consenti? Dans
quel moment vous allez recevoir cet appel-là?
Est-ce que ça peut vous mettre en danger?
Est-ce que… est-ce que… Puis on va le regarder pendant l'été avec les groupes, là.
Je pense qu'il y a peut-être plus de danger à faire ça, puis vous appeler sans
savoir. Puis, imaginez un instant, là, vous êtes dans une… vous avez demandé à
votre mère, parce que, justement, vous avez des craintes pour votre sécurité, puis,
moi, je vous appelle comme policier. Vous vous demandez dans quelle position on
vous met, vous êtes avec le conjoint qui est violent.
Ça fait que c'est tout ça, ces cas d'espèce
là, on va… la meilleure chose à faire, là, c'est… c'est de prendre un exemple,
là, puis, justement, descendre… c'est ce qui va se faire les prochaines
semaines, descendre tous les cas précis en disant : OK, la personne ne veut…
la personne ne veut pas être dans telle situation, qu'est ce qui est le plus
dangereux? Puis, les
meilleures personnes pour nous aider là-dedans, c'est les groupes qu'on a
rencontrés… qu'avant que les réseaux et tout ça.
Puis on va faire cet exercice-là pour voir
la meilleure façon de le faire, parce qu'on va se donner un carré de sable, oui,
mais là-dedans, comment ça va se faire?
C'est vraiment avec ces groupes-là qu'on va établir les meilleures pratiques.
Moi, je… aujourd'hui, puis ce qu'on… ce qu'on vous propose, c'est le moins d'obstacles
possible au dépôt de la demande, en y allant sur ce qu'on appelle la bonne foi.
Mais à la fin, comme on va transmettre l'information seulement à la personne
qui est ciblée, mais c'est là qu'on diminue de beaucoup les risques.
Mme Maccarone : Oui, je
comprends, je vous entends. C'est juste qu'évidemment je suis en train de faire
la mise en scène moi-même puis j'essaie d'imaginer, à la fin de ce processus,
que la personne a dit : Moi, là, je n'ai pas consenti, je ne veux pas
recevoir cette information. Combien de fois est-ce que ça va arriver parce que
tout le travail est fait?
Et qu'est-ce qu'on fait si, mettons, on a retracé quelque chose puis qu'on dit :
Ça se peut que cette personne est à risque, mais, Brigitte, elle ne voulait pas
avoir cette information? Et
les policiers sont pognés avec un dossier, ils ont fait une enquête, ils ont
vérifié les antécédents, mais elle, elle ne veut pas savoir. Bien, est-ce que ça
veut dire qu'il y aura un frein pour eux de poursuivre à la protection de la
personne contre son gré?
C'est… c'est ça que je suis en train d'imaginer, parce que ça se peut qu'il va
y avoir des cas où on va dire : Non, non, il n'y a pas de problème, sa
vie, dans le fond, il y a… on n'a pas retracé des antécédents. Mais dans les
cas où c'est… on a retracé des choses puis qu'on dit : Ah, ça se peut que
Brigitte est vraiment à risque, mais Brigitte a dit : Je ne veux rien
savoir de ça. On fait quoi avec ça?
M. Lafrenière : M. le
Président, vous vous rappellerez…
Mme Maccarone : …parce que les
policiers ont une responsabilité, quelque part, là, d'agir.
M. Lafrenière : …dans le PL 13,
là, ma collègue avait amené la même question, à savoir… parce qu'on avait eu
cette discussion-là, mais on ne savait pas où, aujourd'hui, on se retrouverait.
On est… on est contents de se retrouver. Mais on s'était dit, à l'époque :
OK, est-ce que les policiers peuvent agir?
Puis, on s'était dit, il y avait trois cas dans lesquels les policiers
pouvaient agir. Mais ce serait la même chose si, moi, comme policier, je reçois
une demande de votre voisine qui dit : Je ne m'inquiète pas, puis j'ai eu
son consentement, puis que ce n'est pas vrai, mais on le verra à la fin.
Pendant l'enquête, je me rends compte qu'il y a un danger imminent pour vous, il
est possible, on va devoir agir. Puis, là, on parle de cas, on s'entend là, pas
un cas avec des antécédents, pas un cas qui est arrivé du coup, dans le passé,
on parle d'un danger, puis là on… on fera la… la définition, de ce qui est un
danger imminent, réel. Avec notre projet de loi ou sans notre projet de loi, ce
serait la même chose, les policiers devraient agir quand même. Moi, si je sais
qu'un danger imminent pour…
M. Lafrenière : ...pour vous,
qu'il y ait le projet de loi clair ou pas, je vais agir, même si on n'a pas le
projet de loi devant nous.
Mme Maccarone : Ça fait que
ça, ça veut dire, juste pour aller encore plus loin....
M. Lafrenière : Oui. Un cas...
un cas d'espèce.
Mme Maccarone : ...je veux
juste comprendre, mettons on fait ça, les policiers vont agir, parce qu'ils
savent que, oui, c'est vrai, même si Brigitte ne veut pas savoir, sa vie est à
risque, ils vont agir. Mais moi, comme la personne qui a fait la demande qu'il
n'y avait pas son consentement, même si on a retracé des choses, même si j'avais
raison, je vais être pénalisée.
M. Lafrenière : C'est ce qu'on
va regarder dans notre... dans l'établissement des règlements, parce que, de
façon claire... Mais c'est la même chose à beaucoup, beaucoup d'infractions
présentement, je veux dire. Vous allez, on s'entend, là, vous allez être
capables de justifier. Puis peut-être, vous présenterez une cause en disant :
Oui, j'ai fait la... mais j'avais de réelles raisons de craindre, puis on verra
comment ça sera évalué par quelqu'un par la suite, là, quand vous allez
défendre votre... votre cause.
Mme Maccarone : Ça, on va
avoir beaucoup de dérives.
• (14 h 10) •
M. Lafrenière : Mais le
beaucoup de dérives, c'est pour ça que je vous dis : Prenons le temps de
le regarder, on va regarder ce qui s'est fait ailleurs aussi, dans les
meilleures pratiques. Le danger, puis ça prend bien une police pour dire ça,
là, mais le danger, c'est que, oui, il y a toujours 5 % de gens qui sont
déviants, qui vont tenter toutes sortes de patentes, mais, si on met l'emphase
juste sur eux, le danger, c'est le 95 %. Donc, des femmes qui n'oseraient
pas présenter une demande, parce qu'ils trouvent ça exigeant, parce que... Ça
fait que c'est elles que je veux privilégier, puis agir sur nos déviants. Déjà
là, quand on a statué pas mal ensemble qu'une personne tierce qui fait une
demande que l'info, c'est non, ça, on l'a déjà mis de côté. Ça fait qu'il reste
beaucoup moins de cas.
Mme Maccarone : Ce n'est pas
là où je pense qu'on va avoir des dérives, c'est les personnes qui vont faire
des demandes sans le consentement de la personne, parce qu'ils sont convaincus
que cette personne est à risque. Et s'ils ont raison, bien, c'est là où je
trouve qu'on est sur un terrain peut-être un peu pas stable, parce qu'on veut
quand même dire : Oui, vous avez eu raison, on veut protéger sa vie, mais,
à quelque part, je veux respecter la liberté de Brigitte d'agir parce qu'elle
ne souhaite pas. Mais c'est là où je suis, comme dans un entre-deux, c'est
comme une zone grise pour moi. Puis je comprends qu'on va adresser ça peut-être
plus tard, C'est juste qu'on est rendu ici qu'on parle de tierce personne qui
va faire la demande.
M. Lafrenière : La personne
pourrait... pourrait présenter une défense, ce que je dis à mon collègue,
pourrait présenter une défense. Est-ce que ça va être reçu ou non? Est-ce que
la fin justifie les moyens? On connaît la réponse. Mais le cas qui est
présenté, c'est un cas d'exception, c'est vrai. Est-ce que ça pourrait arriver?
On va le regarder avec les partenaires.
Mme Maccarone : Puis ça,
est-ce qu'on va le traiter dans la loi?
M. Lafrenière : Dans la loi,
on parle, à l'article 15, de l'infraction pour avoir fait une demande qui
était... qui était fortuite, qui n'était pas justifiée.
Mme Maccarone : Mais des cas
d'exception, est-ce qu'on va le traiter ici?
M. Lafrenière : Mais les cas
d'exception, je ne crois pas qu'on va aller jusqu'au cas où ma collègue le
présente aujourd'hui. De façon réglementaire, il va falloir prévoir avec les
groupes en regardant, OK, qu'est-ce qui se fait, qu'est-ce qui s'est fait comme
meilleures pratiques qu'ailleurs, puis c'est quoi, les réels risques de dérive.
Déjà là, ce qui est rassurant, M. le Président, quand on regarde les autres
juridictions où ils ont fait la loi de Clare, ça a passé le test des tribunaux,
déjà là, c'est rassurant. Après ça, regardons dans les cas, puis je suis sûr qu'on
n'est pas les seuls à qui c'est arrivé, comment ils ont prévu ça, puis on va
être capables de prendre ce qu'il y a de mieux.
Le Président (M. Schneeberger) :
...
Mme Maccarone : Juste un
dernier point. Ce serait rassurant pour moi de savoir que c'est prévu d'avoir
cette discussion puis de vider la question, parce que c'est clair, on va être
confronté avec des telles situations, puis ce serait bien de s'assurer que tout
le monde est protégé, mais aussi qu'encore une fois on va pouvoir agir. Parce
que, si on n'a pas la possibilité d'agir parce qu'on a des craintes, parce qu'on
a... on a peur, mais on n'a pas avancé du tout en ce qui concerne le sentiment
puis l'esprit de la loi.
M. Lafrenière : Mais, M. le
Président, ma collègue amène un bon point, puis j'ai le goût de le revirer de
bord deux secondes en se disant : Quand on va faire notre site Web, notre
page Web, puis il y a deux organismes qui nous en ont parlé, de dire :
Écoutez, une tierce personne, c'est non, mais il faudrait quand même mettre des
conseils, puis un des conseils, c'est de dire : Si vous craignez pour un
de vos proches, mais appelez immédiatement, vous comprenez? Ça fait que ça va
être de rappeler ça, que si, moi, je crains, pour ma voisine, mais j'appelle le
9-1-1, c'est une urgence pour nous, bien, elle va être traitée cette
demande-là. Pas besoin de passer en oblique en disant : Je vais faire une
demande pour voir s'il a des antécédents. Si tu crains vraiment pour la
sécurité, la santé, fais le 9-1-1, puis on va agir immédiatement. On n'attendra
pas un processus de quelques jours, quelques semaines, là.
Le Président (M. Schneeberger) :
...signalement.
M. Lafrenière : Mais on va le
ramener.
Le Président (M. Schneeberger) :
On peut toujours faire un signalement, dans toutes les formes de cas, de toute
façon.
M. Lafrenière : Absolument.
Le Président (M. Schneeberger) :
Députée de Sherbrooke. Oui, c'est ça.
Mme Labrie : Oui. Bien, juste
avant qu'on change d'article, quand on a eu des rencontres préparatoires, le
ministre nous a expliqué ce qui se passait pour les demandes qui concernent des
mineurs. Mais j'aimerais ça qu'il l'explique au micro aussi, parce que là, dans
cet article-là, on dit que les mineurs peuvent présenter une demande, mais bon,
on s'est bien fait dire que si la... le partenaire intime était mineur, il n'y
aurait pas grand résultat. Est-ce qu'il peut l'expliquer?
M. Lafrenière : Très bon
point, M. le Président. Puis pourquoi ce n'est pas dans notre article, c'est
la... c'est la protection de la jeunesse qui est faite ainsi, si — encore,
excusez-moi, tu vas finir par être un exemple souvent, là — si ma
voisine a 14 ans, puis elle fait une demande pour son copain, son
conjoint, il doit être majeur, parce que, s'il est mineur, il n'y a aucun
antécédent qui va...
M. Lafrenière : ...va être
communiqué de toute façon. Ça fait que c'est pour ça qu'on ne vient pas le
réécrire, c'est qu'on pourrait le faire, mais le résultat va être rien, il n'y
a jamais rien qui va être communiqué. Alors, puis on connaît aussi l'âge pour
avoir une... une relation qui est... qui est correct aussi. Alors, c'est sûr
qu'il faut respecter ça. Si on a une personne de 14 ans qui est avec une
personne de 34 ans, vous comprenez qu'il va y avoir d'autres choses qui va
se passer. Mais si elle est avec un adulte, là, il y aura communication
d'information, ça peut être fait.
Mme Labrie : Parfait.
M. Lafrenière : Mais il faut
que le partenaire soit majeur, sinon, bien, il n'y a pas d'antécédents qui
peuvent être communiqués. Ça fait que ça, c'est un très bon point que ma
collègue amène, aussi.
Mme Labrie : Mais il y a
quand même une pertinence, moi, je trouve, de le... de le rendre possible parce
que la personne qui est mineure, même si son conjoint est mineur, puis qu'il
n'y aura pas d'informations transmises, ça va quand même la mettre en contact
avec un organisme qui va pouvoir lui référer des ressources. Donc ça... ça se justifie.
M. Lafrenière : Oui. Ça... ça
revient à ce qu'on s'est déjà dit, ce qu'on fait là c'est, on ajoute quelque
chose, mais il y a tout ce qui existe déjà comme ressources. Et encore une
fois, je vous le dis, si quelqu'un craint pour une personne, là, dans
l'immédiat, bien, le 911, les policiers vont... c'est leur devoir d'agir aussi.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
va? Pas d'autres questions? Alors, est-ce que le... Oui, députée de Robert-Baldwin.
Mme Garceau : Oui. Merci, M.
le Président. Juste à l'égard des mineurs, parce que je voulais juste vérifier
avec vous, M. le ministre. Si la mineure donne le consentement à ce que ce soit
une autre personne qui va présenter la demande, est-ce que cette personne-là
peut être un mineur également? Donc, une personne âgée de 14, 15, 16 ans
pourrait faire la demande, ou est-ce que ça doit être un adulte?
M. Lafrenière : M. le
Président, ma première réponse serait non, là, mais laissez-moi... Est-ce qu'on
peut suspendre 30 secondes? Je vais vous donner la bonne réponse, ça ne
sera pas long, 30 secondes.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
on va suspendre quelques instants.
M. Lafrenière : Merci.
(Suspension de la séance à 14 h 16)
(Reprise à 14 h 23)
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
nous reprenons les travaux. M. le ministre, vous avez une réponse.
M. Lafrenière : Oui, M.
le Président. Si d'aventure cette commission le reconnaît, j'aimerais bien que
Me Anne-Marie Cloutier puisse prendre parole. Parce que, vous le savez, M. le
Président, les légistes qui travaillent avec nous aiment beaucoup prendre
parole dans cette commission, puis s'adresser aux... aux collègues. Alors, si
d'aventure la commission l'accepte, Me Anne-Marie Cloutier serait avec nous.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui.
Alors, pas de problème, alors Me Cloutier, comme vous savez, vous présentez par
votre nom et titre et je... besoin du consentement. Alors, j'imagine que oui?
Parfait, allez-y.
M. Lafrenière : M. le
Président.
Le Président (M. Schneeberger) :
Oui?
M. Lafrenière : Juste
avant que Me Anne-Marie Cloutier prenne parole, elle va pouvoir nous... nous
instruire sur l'article 3 et l'article 2 aussi. Donc, c'est un deux
pour un.
Mme Cloutier (Anne-Marie) :
Anne-Marie Cloutier, avocate à la direction des affaires juridiques, Sécurité
publique. En ce qui concerne l'article 3, le... la présentation d'une
demande par un enfant mineur, ce qu'il faut savoir, c'est que c'est le... bien,
c'est les parents qui exercent l'exercice des droits civils d'un... d'un
enfant. À part certaines exceptions qui sont prévues dans le Code civil, comme
par exemple le consentement aux soins, donc un enfant qui a en... en haut de
14 ans...
Mme
Cloutier (Anne-Marie) : ...peut consentir lui-même à ses soins. Le
Code civil prévoit aussi une autre exception où, par exemple, dans le cadre du
travail d'un enfant, donc, un enfant peut travailler à compter de 14 ans
et il peut... il peut faire des achats aussi de façon usuelle. Mis à part ces
exceptions-là, c'est les parents qui... qui exercent les droits civils d'un
enfant. Donc, c'est la raison pour laquelle on est venu prévoir, à
l'article 3, que l'enfant pouvait présenter lui-même une demande, parce
qu'en l'absence de cette disposition-là, c'est toujours le parent qui aurait
présenté la demande pour son enfant. Mais un enfant ne pourrait pas le faire
pour un autre enfant, parce que les droits de l'autre enfant doivent être
exercés par son propre parent. Donc, il ne pourrait pas faire une demande pour
un autre parent...
Mme Garceau : Bien, c'est ça,
c'est pour ça que j'ai soulevé la question. Et donc, pour fins de précision, je
ne sais pas, M. le ministre, si on devrait amender l'article pour le préciser,
que la personne, il faut que ça soit une personne 18 ans et plus, là, il
faut que ça soit clair.
M. Lafrenière : Bien, merci,
M. le Président. Puis, écoutez, on va pouvoir y réfléchir. Mais ce que je comprends
de ma collègue, c'est de dire «ou consentir seul à ce qu'une personne adulte la
représente pas son nom».
Mme Garceau : ...«ou personne
adulte», oui, «personne adulte».
M. Lafrenière : Parce qu'elle
aurait besoin... Là, je mets notre légiste sur la hache un petit peu en lui
demandant, mais on peut le regarder tout à l'heure, là.
Mme Cloutier (Anne-Marie) :
En fait, on n'aurait pas besoin de prévoir ça, parce que ce sont les règles du
Code civil qui s'appliquent, tu sais, c'est le droit commun. Le préambule dans
le Code civil vient dire que ces règles-là s'appliquent à tout le corpus. Donc,
on n'a pas besoin de répéter dans chacune des lois. On est venu dire ici,
14 ans et plus parce que, là, on vient faire une exception. C'est la raison
pour laquelle on est venu le préciser. Mais on n'a pas besoin de préciser...
par un adulte, parce que c'est ce qui s'applique.
Mme Garceau : C'est
implicite, ça va de soi que...
Mme Cloutier (Anne-Marie) :
C'est implicite, oui.
Mme Garceau : Ça va. OK.
M. Lafrenière : Comme c'est
implicite, M. le Président, puis ici on veut que ça soit clair, donc, sur le
site Web, c'est le genre d'information qui va s'y retrouver aussi. Alors, je
comprends qu'au niveau légal, on n'a pas l'obligation de le faire, mais le
législateur va s'en assurer sur le site Web, que ça soit explicite, justement,
pour ne pas que ça amène de quiproquos comme ça.
Mme Garceau : OK. Merci.
Des voix : ...
Le Président (M. Schneeberger) :
...l'article 2, l'article 2. Allez-y.
M. Lafrenière : Oui. Notre
légiste voulait répondre à une question qui avait été posée à l'article 2,
avec le consentement, M. le Président.
Mme Cloutier (Anne-Marie) :
En ce qui concerne la définition de «personne à risque», on n'a pas besoin de
la modifier, parce que la loi s'applique à la personne à risque, et le
pouvoir... l'habilitation réglementaire va nous permettre de prévoir d'autres
personnes que la personne à risque qui va pouvoir faire une demande pour la
personne à risque. Mais on n'a pas besoin de changer la définition, parce
qu'ensuite de ça la loi va s'appliquer aux personnes à risque.
M. Lafrenière : Merci
beaucoup. Vous avez bien fait d'insister pour venir parler. C'était très à propos.
Merci beaucoup. Merci beaucoup, M. le Président. Alors, merci à notre légiste,
puis ça nous aide dans nos... dans nos travaux. Puis la collègue de Terrebonne
avait bien fait de le souligner, hein, peut-être... Puis ça arrive, des fois,
on change des choses rapidement. Alors, on a eu notre réponse à deux. Et là,
pour l'article 3, je prends encore cet engagement-là de s'assurer que ce
soit très explicite sur le site Web lorsque les gens vont faire la demande. Et,
encore là, quand on va avoir de l'information qui va être envoyée à l'ensemble
des partenaires, on va avoir beaucoup de formation, de conscientisation à
faire, ça fait que ça va en faire partie, ça aussi, M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) :
Ça va? Pas d'autres questions? Alors, est-ce que l'article 3 est adopté?
Oui, vous avez une autre question? Alors, députée de Robert Baldwin.
Mme Garceau : Mineur,
14 ans. Il y a eu les groupes, là, qui avaient soulevé un petit peu les
mêmes préoccupations concernant un signalement à la DPJ dans ces... dans ces
instances où la personne à risque, 14, 15 ans, et c'est... le partenaire
intime, est un adulte. Et là la CDPDJ était venue nous dire que l'obligation
légale de signaler la situation à la DPJ l'emporterait sur la confidentialité
de la démarche de renseignements. Donc, je voulais juste voir avec vous, M. le
ministre, est-ce que ça va être les mêmes règles en ce qui a trait... que ce
soit un mineur de 14 ans ou une mère avec un enfant, en termes de faire
cette vérification-là? Parce que c'est sûr que ça pourrait avoir un effet
dissuasif également pour le jeune qui va donner des renseignements. Et là je me
demandais, est-ce qu'on prévoit peut-être un formulaire différent pour un
mineur qui va présenter une demande, ou est-ce que ça va être le même
formulaire que ce soit mineur...
Mme Garceau : …ou adulte.
Le Président (M. Schneeberger) :
M. le ministre.
M. Lafrenière : Oui, merci
beaucoup, M. le Président. Bien, deux… deux points dans ce que la collègue
apporte, puis je suis content que les collègues de DPJ soient toujours là,
parce qu'on s'est dit qu'on était pour travailler avec… avec nos partenaires
pendant l'été. On vient de s'en parler, aussi. M. le Président, il y a deux
volets, un au niveau du formulaire, puis, tu sais, je comprends qu'on l'a un
petit peu en tête, oui et non, là. Mais ça va être très minime, ce qu'il va
avoir comme information, on ne décrit pas le cas, c'est vraiment l'information
nominative sur qui on est puis sur… avec qui on a… on se sent à risque. Alors,
on ne prévoit pas de formulaires différents.
Cependant, M. le Président, tu sais, on
disait qu'il faut rassurer les gens, mais il y a des points qu'on ne ne va pas
les rassurer. Si la personne de 14 ans nous dit qu'elle est en couple avec une
personne de 34 ans… je fais exprès pour prendre un bon, là, quand même assez…
on comprend que l'intérêt de l'enfant va… va prendre le dessus sur sa demande,
puis là, il va falloir agir, là, il va falloir agir absolument. Ça fait que,
oui, ça va faire qu'on va pouvoir rappeler ce que le Code criminel donne comme
relation qui est saine, c'est-à-dire, un cinq ans. Alors ça, ça pourrait être
écrit sur le site Web, je pense que c'est la meilleure façon que les gens le
sachent. Puis, en même temps, ça va faire office aussi de… je pourrais dire, de
sensibilisation en rappelant ce qui est une relation qui peut être consentie au
Code criminel, donc, le cinq ans de différence d'âge avec un mineur.
• (14 h 30) •
Mme Labrie : OK, merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
est-ce que l'article 3 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Schneeberger) : Adopté.
Article 4.
M. Lafrenière : Oui. Merci,
M. le Président. Alors : «Un membre d'un corps de police ou une personne
travaillant au sein d'un organisme qui offre des services de prévention, d'aide
et de soutien, y compris des services d'hébergement temporaire, qui a des
motifs raisonnables de soupçonner qu'une personne à risque pourrait bénéficier
de la communication de renseignements en vertu de la présente loi peut lui
fournir les informations sur le processus de présentation d'une demande faite
en application de l'article 3. Le membre du corps de police peut…» Pardon, excusez-moi,
je recommence ce bout-là : «Le membre du corps de police peut lui révéler
les renseignements nécessaires sur l'identité du partenaire intime à l'égard
duquel la demande pourrait être présentée.
«Un corps de police ou l'un de ses membres
peut, en tout temps, communiquer à une personne à risque des renseignements… un
renseignement personnel concernant un partenaire intime conformément aux
articles 59.1 et 60.1 de la Loi sur l'accès aux documents des organismes
publics et sur la protection des renseignements personnels (chapitre A-2.1).»
Comme commentaire, M. le Président :
L'article 4 permet à un membre d'un corps de police ou à une personne
travaillant au sein d'un organisme offrant des services de prévention, d'aide
et de soutien qui a des motifs raisonnables de soupçonner qu'une personne
pourrait bénéficier de la communication de renseignement, de lui fournir des
informations sur le processus de présentation d'une demande de renseignements
concernant un partenaire intime. Cet article permet aussi à un membre d'un
corps de police, dans les mêmes circonstances, de lui révéler les
renseignements nécessaires sur l'identité du partenaire intime à l'égard duquel
la demande pourrait être présentée. Cet article rappelle finalement qu'un corps
de police ou un de ses membres peut en tout temps communiquer à une personne à
risque un renseignement personnel concernant un partenaire intime, sans le
consentement de ce dernier en vue de la protéger, lorsqu'il existe un motif
raisonnable de croire qu'un risque sérieux de mort ou de blessure grave lié à
une disparition ou un acte de violence la menace et que la nature de la menace
inspire un sentiment d'urgence.
M. le Président, ce qu'on vous présente
aujourd'hui, c'est un article, puis il y a deux volets importants, parce qu'on
a déjà eu des discussions là-dessus. Un, le dernier paragraphe que je viens de
vous lire, M. le Président, existait déjà. Ça, c'est une… c'est une notion
qu'on a parlé quand on a fait le projet de loi n° 13 ensemble. Donc, quand il y
a un danger, puis je veux le relire, là, quand il y a un risque sérieux de mort
ou de blessure grave, le policier peut déjà transmettre l'information, ça
existe déjà. Ce que cet article-là fait aussi, M. le Président, c'est
qu'exemple, une personne est en relation avec un autre individu, elle ne
connaît pas nécessairement son vrai nom, il fonctionne peut-être sur un nom
d'emprunt, le policier peut donner de l'information en disant au niveau
nominatif, voici son vrai nom et sa date de naissance, si tu veux faire une
demande d'information. Alors, voilà ce qu'on vous présente, M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Est-ce qu'il y a des questions, j'imagine, sur l'article? La députée
de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : Oui, bien la
question… deux questions, dans le fond, M. le ministre. Pourquoi il «peut» au
lieu de «doit»? Et ici… est-ce que c'est ici qu'on doit aussi se préoccuper de
l'absence de l'info? L'absence de l'info n'est pas l'absence de risque. Alors,
est-ce que c'est ici que nous allons aussi traiter de l'aspect de s'assurer que
les partenaires intimes reçoit de l'information, même quand il n'y a pas
d'antécédents judiciaires? Parce qu'on sait qu'il y a plusieurs cas qui ne sont
pas judiciarisés nécessairement. Alors, on a quand même une catégorie de
victimes potentielles dont on n'est pas en train de couvrir avec cette loi
parce qu'on n'a pas d'antécédents à chercher dans les bases de données.
M. Lafrenière : Oui, Merci,
M. le Président. Je réponds…
14 h 30 (version non révisée)
M. Lafrenière : ...à la
première question, puis la deuxième, je vais demander un petit peu de
spécification parce que je suis moins vite, là, c'est mon lundi, là, je suis
moins vite aujourd'hui. Mais pour ce qui est le «peut» au lieu de «doit», M. le
Président, après avoir entendu les groupes pendant nos deux jours de
consultation, où des groupes nous ont dit, vous savez, puis ils ont... il y en
a qui ont réagi à cet article-là, en disant : Ouf, ce n'est pas tout le
temps propice, ça va tu être donné à 23 h 50, un vendredi soir, la
personne ne sera peut-être pas en position de le recevoir.
Le danger de «doit», si on met «doit»,
vous allez comprendre que le policier va devoir agir en se disant, moi je vais
me faire ramasser si je ne le fais pas, je vais donner de l'information, en
déclenchant peut-être pire que ce qu'il veut prévenir. Ça fait que le «peut»,
moi je le trouve approprié en se disant, j'aime bien le : Ça dépend. Puis
c'est plate, par exemple, comme réponse, mais je l'aime bien, surtout quand c'est
sensible comme ça.
Pour le deuxième, par exemple, si ma
collègue veut m'aider puis elle veut me relancer avec un élément, ça m'aiderait
beaucoup.
Mme Maccarone : Juste
quand on... on laisse le «peut», puis on... on l'a entendu, des fois, on va
avoir des demandes où il n'y aura pas d'antécédents judiciaires qui vont sortir.
Mais on l'a déjà dit à maintes reprises, plusieurs cas... C'est quoi, la
statistique, je ne m'en souviens pas, le pourcentage?
Une voix : ...
Mme Maccarone : Il y a 80 %
qui ne sont pas dénoncés, bien ça veut dire une absence d'information n'est pas
une absence de risque. Alors, est-ce que c'est ici que nous pouvons traiter ça
ou est-ce qu'on va la traiter ailleurs? Est-ce qu'on va le traiter, tout ...
M. Lafrenière : Là, je
comprends. Pardon, M. le Président, là, j'ai... j'ai été moins vite, là, je le
comprends. À 4, ce n'est pas ça, là, il n'y a pas de formulaire qui a été
rempli, il n'y a rien là. Moi, je suis un policier, je suis avec une personne, encore
une fois, je m'excuse, je suis avec une personne qui est dans une relation
intime, qui est à risque, on est ensemble, tout ça. Bien qu'elle ne me le
demande pas, moi je me dis, écoute, tu sais que tu peux bénéficier d'un service
qui existe, tu peux aller en ligne pour le compléter.
Donc on vient dire que la personne, que ce
soit dans une... — je veux juste relire comme il faut la liste, là — au
sein d'un organisme qui offre des services de prévention, d'aide et de soutien,
y compris des services d'hébergement temporaire, qui a des motifs raisonnables
de soupçonner qu'une personne à risque pourrait bénéficier de la communication
de renseignements ». Ça fait que je... je peux lui dire, tu sais que ça existe,
tu peux faire une demande en ligne, ça existe, et on ne peut pas me le
reprocher. Un.
Deuxièmement, moi, comme policier, je sais
que madame veut faire sa demande, puis quand on discute ensemble, elle me dit
clairement qu'elle l'a vu deux fois sur Facebook, puis elle n'a pas vraiment
son nom, c'est un surnom et tout, je peux lui transmettre l'information de son...
sa vraie identité pour qu'elle puisse faire la demande. Et ça, même si ça va
contre, normalement, la loi d'accès, on vient dire ici qu'elle a le droit de le
faire.
Et trois, on vient rappeler ce qui existe
déjà. Je sais qu'il y a un danger imminent, là puis on parle de mort contre
elle, je peux lui... transmettre l'information en disant, tu le sais que la
personne avec qui que tu es, que je te vois ce soir, là, bien nous autres, on l'a
libéré. Là, je dis n'importe quoi, M. le Président, on donne des exemples, là.
Voilà quelques semaines, on l'a libéré, il avait tué son ex, il est arrivé ci
et ça, j'ai un risque réel pour toi. Le policier pouvait déjà le faire, on en
avait discuté ensemble dans le PL no 13, on vient le rappeler
que ça existe déjà. Ça, ça existait déjà.
Mais... puis je comprends la question de
ma collègue. Là, on ne parle pas d'un formulaire qui a été complété où on vient
lui dire : Il n'y a pas d'antécédent, sauf que fais attention, tu sais, ce
n'est pas parce qu'il n'y a pas d'antécédent que ce n'est pas une relation qui
est toxique, là, on n'est pas là-dedans du tout, du tout. Là, on est à l'inverse,
bien qu'il n'y ait pas de formulaire de rempli, je suis face à une information
qui est urgente, puis j'ai le droit de lui dire, on le rappelle.
Mme Maccarone : Je
comprends. Mais ça, c'est un sujet que nous devons traiter plus tard, d'abord,
peut-être, je ne sais pas, à l'article 5? Mais...
M. Lafrenière : Oui, c'est
à l'article 8, M. le Président, on va y revenir tantôt.
Mme Maccarone : 8. Parfait.
OK, merci.
M. Schneeberger : Députée
de Sherbrooke.
Mme Labrie : J'ai juste
une question de... de compréhension, parce que, dans le fond, moi, je suis bien
d'accord avec tout ça. Je fais juste me demander, c'est quoi la nécessité de
mettre toute la première phrase, finalement, du premier alinéa? Qu'est-ce... Dans
le fond, c'est une ressource qui existe, là, il y a un site Web pour ça, ça va
être sur le site de la SQ. Personne n'a besoin de se faire habiliter à avoir le
droit de parler de cette ressource-là, du mécanisme de demande d'antécédents.
Ça fait que j'ai de la misère à comprendre
pourquoi on a jugé nécessaire de venir écrire dans la loi qu'un membre du corps
de police ou une personne travaillant dans un organisme pouvait fournir des
informations sur le processus de présentation d'une demande, dans le fond. Il
me semble que quiconque, quiconque peut fournir des informations sur le
processus de présentation d'une demande. Dans le sens que, là on... on nomme
des choses ici, mais, je veux dire, tu sais, dans un bureau de circonscription,
un attaché politique pourrait dire ça à une personne qui se présente, qui nomme
des choses, comme on nomme toutes les ressources, comme on leur parle aussi du
processus de demande d'aide alimentaire, là.
Je... Ça fait que je me demande juste à
quoi ça sert, finalement, ce petit bout-là. Tu sais, le bout de la fin où on
dit : On peut révéler des renseignements nécessaires sur l'identité, je le
comprends. Le deuxième alinéa, je le comprends, mais la première phrase, dans
le fond, pourquoi on a jugé bon de... d'écrire ça, là?
Le Président (M. Schneeberger) : Oui,
le ministre
M. Lafrenière : Merci, M.
le Président. Je pense qu'il y a deux, deux volets à ce... cette première-là. C'est,
un, on dit aussi qu'on crée des nouvelles choses, c'est une façon aussi d'en
faire la promotion en disant : Comme personne qui travaille au sein d'un
organisme, vous avez le droit de le dire...
M. Lafrenière : ...mais, après
ça, moi, M. le Président, puis j'ai demandé au légiste de vérifier, en même
temps, je ne pourrai jamais me faire reprocher d'avoir dit à ma voisine de
gauche : Tu sais que tu as le droit d'aller faire une demande, et tout. Le
conjoint, ex-conjoint, partenaire, ex-partenaire, en tout cas, on sait, la
nomenclature, elle est longue, là, ne pourra jamais me reprocher en disant que
j'ai nui à sa réputation, en disant à sa copine, ex-copine, conjointe,
ex-conjointe de faire une demande. On est en train de le vérifier, mais c'est
ce qui me saute au visage, M. le Président.
Mme Labrie : OK. Ça fait que
ce n'est pas vu comme une liste exclusive, dans le fond, c'est pour protéger
finalement les occasions où quelqu'un risquerait de se faire blâmer d'avoir
fait ça alors qu'il travaille dans une ressource comme ça. Mais quiconque qui
travaille dans n'importe quelle organisation ou le voisin de cette personne-là
peut parler du mécanisme de divulgation sans avoir besoin d'être habilité par
la loi, là.
• (14 h 40) •
M. Lafrenière : M. le
Président, il y a un troisième volet aussi qui est intéressant. Quand on
disait, par voie réglementaire, on parlait de la possibilité de prioriser
certaines demandes en venant dire que, si elles avaient été référées par un
centre d'hébergement ou quelque chose comme ça... Donc, on n'était pas dans
l'urgence d'agir comme le deuxième paragraphe le suppose, c'est-à-dire un
policier vous dit qu'il a un danger de mort, on comprend que c'est plus
qu'urgent. Mais quand c'était référé, il y avait une façon aussi pour nous, si
on y va de façon réglementaire, pour en prioriser, en disant que, quand elle a
été référée, on comprend que la personne s'inquiétait beaucoup. C'est une
possibilité aussi.
Moi, je pense qu'il y a encore trois
volets, le premier, faire de la sensibilisation à grande échelle; le deuxième,
c'est d'enlever la crainte de dire : Oui, je vais me faire ramasser en
disant que j'ai nui à la réputation du M., de la Mme; puis le troisième, c'est
venir dire de façon réglementaire si on peut venir en prioriser certaines. Puis
c'était une possibilité aussi.
Mme Labrie : OK. Là-dessus, par
contre, moi, il me semble... puis là je ne me souviens plus quel groupe, parce
que...
M. Lafrenière : Donc, clairement,
on s'est fait dire que la priorisation, ce n'était pas la bonne chose...
Mme Labrie : Exact, c'est ça.
M. Lafrenière : ...c'est pour
ça que, de façon réglementaire, on va continuer de travailler là-dessus. Il
n'est pas dit qu'on va... on va y aller de cette façon-là.
Mme Labrie : On ne s'en
servira pas nécessairement pour prioriser, mais, au départ, ça fait partie...
M. Lafrenière : M. le
Président... Puis merci à ma collègue de la deuxième opposition, ça me permet
de parler de la priorisation. Il y a plusieurs approches possibles, hein, il a
été fait dans certains cas où on a... on a déployé par région ce que certains
appellent par code postal. Moi, j'avais un problème là-dessus en me disant :
Ça devient difficile de dire : Toi, tu as du service, ta voisine n'en a
pas. On se dit : Est-ce qu'on peut y aller par priorisation? On va le
regarder pendant le volet réglementaire. Tout est une question de volumétrie,
vous le savez, on le dit à plusieurs reprises, on se prépare pour 10 000 demandes.
Peut-être que, dans les premières années... puis on a eu des discussions
là-dessus, à savoir on fait quoi avec les ressources, et tout, peut-être qu'il
va avoir moins de demandes que prévu. Mais, s'il y avait un grand volume, une
des possibilités, on regardait la priorisation, selon le référencement, c'est
une possibilité. Mais j'ai bien entendu, comme ma collègue, je pense qu'il y a
au moins un ou deux groupes qui ont levé la main en disant : On n'est pas
sûrs, ça fait qu'on va le regarder avec eux et elles.
Mme Labrie : Exact. Parfait.
Merci. Ça répond.
Le Président (M. Schneeberger) :
Oui, ça va? Pas d'autres questions? Alors, est-ce que... Oui, députée de
Robert-Baldwin.
Mme Garceau : Oui, M. le
Président. M. le ministre, plusieurs groupes qui sont venus nous parler de
leurs préoccupations en ce qui concerne la communication, la communication
proactive par les policiers en termes de... Et, oui, lorsqu'il y a un danger,
même... et surtout lorsqu'il y a un danger, ne sachant pas quelle sera la
réaction de la personne à risque. Et ça pourrait même faire en sorte qu'on la
plonge vraiment dans un risque même plus élevé, ne sachant pas si elle va
partir puis elle va confronter le partenaire intime, et tout ça. Il y avait
beaucoup d'inquiétudes et de préoccupations des groupes à ce sujet-là. Et Simon
Lapierre l'avait mentionné qu'il faut faire une distinction entre qu'est-ce qui
est... le danger potentiel et aussi en termes de : Est-ce qu'il ne devrait
pas avoir un suivi? Parce qu'on a la cellule rapide... la cellule
d'intervention rapide qui, dans les contextes de violence conjugale, agression
sexuelle, devrait être déclenchée.
Donc, je me mets dans un peu dans les
souliers du policier, dans la situation où, peut-être, madame vient au poste,
et là elle est craintive, et tout ça. Au lieu que le policier est en train de
lui communiquer l'information, est-ce qu'il n'y a pas maintenant un
mécanisme... un mécanisme ici en place, où l'information serait immédiatement
transmise à l'organisme désigné pour prendre peut-être en charge cette
personne-là pour mettre un filet de sécurité tout de suite, là, immédiatement
au lieu de communiquer et puis, après ça, la personne quitte? C'est ça...
Mme Garceau : …il y a quand
même une utilité, il y a une raison pour laquelle, là, on a ces cellules
d'intervention qui fait en sorte que la personne va être accompagnée également
comme… immédiatement, elle craint pour sa vie, elle craint pour sa sécurité. Il
y a des personnes, là, ressources qui vont pouvoir l'aider, l'accompagner
immédiatement. Il me semble qu'il y a quelque chose à bonifier ici.
M. Lafrenière : Oui, merci,
merci, M. le Président. Puis, ma collègue amène toutes les nuances, puis c'est
vraiment ça qu'on a entendu, des groupes qui disaient : Tu sais, si c'est
pour être transmis à 23 h 30 le soir, puis je me rappelle l'exemple qui a été
donné, il va y avoir quoi comme filet de sécurité, le policier va lui dire,
écoute, tu es avec un pas bon, «checke» ses antécédents puis il embarque dans
son char, puis il s'en va. C'est pour ça que quand sa collègue me demandait
tantôt, de Westmount, est-ce qu'on met peut ou doit. On était dans le peut
parce qu'il y a des cas où elle a raison, il ne faudrait pas le faire, mais il
y a des cas où il faudrait le faire. Puis là, encore là, il y a tout le temps
un danger quand on donne des exemples. Mais amusons-nous un instant, même si ce
n'est pas drôle là. 23 h 30, j'arrête une personne pour une raison X, il est
détenu, pendant ce temps-là, la conjointe, elle est seule à la maison. Je peux
peut-être lui dire, en passant, tu le sais, tu as le droit de faire une demande
pour vérifier les antécédents de ton conjoint. Est-ce que je pourrais lui dire
à ce moment-là? Puis je pourrais dire peut-être on va le libérer demain matin 8
h, tu peux aller rester chez ta mère. Je donne des exemples, M. le Président là,
puis il y a tellement de nuances dans tout ça, mais dans ce cas-là, je pourrais
le faire. Dans un autre cas, si les deux sont ensemble, je n'irais pas lui
dire, sachant qu'elle est avec puis qu'elle va, qu'il va voir sa réaction. Et
puis là, on parle d'humain parce que quand on fait de la police, je dis souvent
ce n'est pas comme dans la cuisine où on sait qu'en faisant les étapes 1 à 12,
le résultat va être bon. Il y a beaucoup de ça dépend. Ça dépend dans quelle
circonstance, ça dépend comment ça se passe, ça dépend est-ce qu'elle est
seule. Est-ce que le conjoint, l'ex-conjoint, peu importe, le partenaire, est
écarté pendant quelque temps, puis… Il y a beaucoup de ça dépend mais une chose
qui est claire dans ce que ma collègue amène, puis je l'avais pris en notes.
Nous, dans plusieurs services de police, on a des gens du CAVAC qui sont
déployés dans les services de police, qui repassent sur les appels le lundi
matin. Mais ça, c'est le genre de chose que, si exemple on fait un
référencement, on dit à quelqu'un qu'elle a le droit à ce service-là, premier
réflexe, c'est de s'assurer que les intervenants du CAVAC, le lundi, vont voir
ça dans leurs listes de rappel et de suivi, parce qu'effectivement tu ne peux
pas, tu ne peux pas lancer une goupille, tu sais, une grenade comme ça, le
dégoupiller, t'en aller, puis te dire tout va être beau, il y a un suivi qui
est nécessaire. Alors, M. le Président, dans cet exemple-là, c'est l'inverse de
ce qu'on fait dans notre projet de loi. Dans notre projet de loi, on dit :
On fait la demande à la police, puis c'est un organisme X qui va venir te
transmettre l'information. Dans ce cas-là, si ça passe par un policier qui va
demander à un organisme X de faire le suivi par la suite, mais c'est sûr qu'il
va falloir s'assurer que ces gens-là travaillent ensemble. On ne peut pas
laisser une personne seule comme ça en disant : bien là, je t'ai transmis
l'information, fait ta demande, puis bonne chance. Il va falloir l'épauler,
l'appuyer mais il y a tellement de circonstances où ça va se prêter, puis
d'autres pas. C'est pour ça qu'on veut laisser vraiment la latitude à ces
gens-là. Puis ça revient à ce que les collègues des oppositions nous ont dit
souvent, au niveau de la formation des policiers aussi.
Mme Garceau : C'est ça que
j'aimerais vous mentionner, M. le ministre, il y a toute la question de la
formation qui va être fondamentale, mais aussi guide de pratique en termes de
scénarios 1 à 20 peut-être, parce que je pense que tout le monde, puis
peut-être que ça va être dans des discussions en ce qui a trait au règlement,
que tout le monde se parle pour déterminer dans circonstances A voici ce qu'on
va faire, B, C, D, E. Parce que je pense que c'est là où on ne va pas en
échapper une.
M. Lafrenière : Non.
Mme Garceau : C'est un petit
peu ça, là. Je reviens à ça, que ce soit à 3 heures du matin ou sur le
champ, quand il y a un incident, et tu vois déjà, là, qu'il y a un élément de
violence, bon, bien, tu vas sortir le gars de là, mais Mme qui est à la maison,
là, pour pas la laisser seule non plus, il va falloir qu'elle soit accompagnée.
Si… c'est pour ça que toute la question, oui, il y a tout le volet de demandes
de renseignements et tout ça, mais il y a aussi, dans la vraie vie, comme on
dit, lorsqu'il y a un incident de violence, là, puis ça frappe fort, puis il
est 3 heures du matin, puis on sort, M. de là, va falloir que Mme soit
accompagnée comme immédiatement, puis en tout respect, si c'est le samedi, ce
n'est pas le lundi matin non plus là. C'est pour ça que je me dis en
travaillant sur les règlements, et tout ça, va falloir peut-être revoir la
question de guide de pratique pour faire en sorte qu'on n'en échappe pas une
dans le processus.
M. Lafrenière : Oui, merci,
merci, M. le Président, puis notre discussion dépasse de beaucoup la loi de
Clare mais c'est important, cette discussion-là. Puis je veux vous rassurer, je
peux vous dire que ça a changé la façon de traiter les violences conjugales…
quand moi, j'ai commencé comme policier, à ce qu'on voit aujourd'hui. M. le
Président, on est même rendu à des patrouilles mixtes, on est même rendu avec
des policiers qui patrouillent avec un intervenant social dans le même véhicule
de police. On avait connu ça à Montréal quand j'ai quitté, mais là, maintenant,
on l'a dans plusieurs services de police au Québec, on a des cellules de crise,
puis on l'a entendu de plus...
M. Lafrenière : ...partenaires
qui ont dit que ça fonctionnait bien, avec l'implication des policiers aussi.
On a des employés de CAVAC qui travaillent au sein même des bureaux de services
de police, puis ça, on l'a vu à la régie de police Richelieu-Saint-Laurent. Les
gens qui sont venus nous dire, bien, nous autres, on travaille le lundi, on va
regarder ce qui a été fait comme écrou. Puis, pour moi, c'est un changement de
culture qui est profond, M. le Président, d'avoir des travailleurs sociaux
qui... qui sont présents dans les locaux mêmes des services de police.
Alors, j'ai entendu ce que la collègue a
dit, oui, c'est vrai dans les pratiques, oui, c'est vrai dans la formation. Et
on a entendu l'ADPQ qui était avec nous, l'Association des directeurs de police
du Québec, qui ont pris cet engagement-là aussi, de passer le message.
Alors, M. le Président, moi, ça me rassure
pour l'avenir, mais tout réside là-dedans, quand on parle de nuances. Pourquoi
souvent on n'est pas tranché, on ne dit pas, il faut le faire absolument? On
veut laisser la latitude d'intervenir selon la situation qui se présente devant
les policiers. Sinon, si on les oblige, ils peuvent le faire, puis d'après moi,
ça va causer pire que ce qu'ils veulent prévenir dans certains cas.
• (14 h 50) •
Mme Garceau : Oui, mais
qu'est-ce que j'avais trouvé très intéressant, SPVQ, ADPQ et la SQ, des
policiers, c'est qu'ils souhaitent avoir des balises dans leurs interventions.
Puis ça, j'avais trouvé ça intéressant aussi, c'est : Donnez-nous
l'encadrement, où on agit, peut-être où on n'agit pas, où on fait appel à
l'accompagnement. J'avais trouvé ça quand même assez intéressant de leur part.
Oui.
M. Lafrenière : Ça, M.
le Président, dans... quand on a fait le PL no 13 ensemble avec
la collègue de Westmount, on l'a entendu. Ils veulent des... Westmount-Saint-Louis,
excusez-moi, c'est très important, puis je l'ai oublié, de
Westmount-Saint-Louis, puis elle me l'a dit, puis je l'ai même entendue
aujourd'hui. Et, M. le Président, il y avait les deux, deux volets, les
policiers, puis je me rappelle, l'Association des policiers provinciaux, qui
nous avait dit : Ah! Il faut... Exemple, dans le PL no 13,
quand on parlait de ce qui ne pouvait pas être lancé aux policiers, on avait
dit : Des objets. Puis il a dit : Bien, il va falloir être plus
explicite. Puis les légistes leur avaient rappelé que, si on faisait la liste,
il fallait faire la liste de tout ce qui ne pouvait pas être lancé.
Ça fait qu'il faut trouver des balises
assez larges pour qu'ils sachent c'est quoi, le carré de sable, en bon
français, mais pas tellement spécifiques qu'ils deviennent des robots qui ne
peuvent plus s'adapter à la situation devant eux. Puis ça, ce que je veux dire,
comme policier, on est toujours entre les deux. Oui, on veut des barèmes, des
balises claires parce que c'est facilitant, sinon tu dois interpréter, puis tu
te fais des fois ramasser un petit peu, mais si c'est trop précis, le problème
que ça leur cause, c'est qu'ils n'ont plus aucune marge de manœuvre.
Le Président (M. Schneeberger) : ...questions?
Déptuée de Robert-Baldwin.
Mme Garceau : Oui,
j'ai... j'ai une question concernant l'article parce que je suis allé reviser
l'article 60.1 de la loi sur l'accès aux documents des organismes publics,
et j'avais une question en ce qui a trait au registre. Parce que, là, les
renseignements qui vont être communiqués, l'organisme, la... le responsable de
la protection des renseignements personnels au sein de l'organisme doit
inscrire la communication dans un registre qu'il détient à cette fin.
Donc, je voulais juste voir avec vous,
est-ce qu'il y aurait possibilité pour le partenaire intime d'aller chercher
cette information-là qui est dans un registre? Parce que là, ça va tomber dans
l'exception que cette information-là ne sera pas détruite 60 jours après et
tout ça, là.
M. Lafrenière : Non, ça
existe déjà, M. le Président.
Mme Garceau : Oui.
M. Lafrenière : Puis, ma
collègue fait bien de s'assurer qu'on ne l'a pas échappé là-dessus. Ça existe
déjà, puis il n'y a pas de demande d'accès, c'est de l'information policière,
ça ne sera pas communiqué.
Mme Garceau : OK. Pour...
OK, OK, merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors...
M. Lafrenière : Mais,
c'est un bon point, elle a bien fait de souligner.
Le Président (M. Schneeberger) : Est-ce
que... est-ce que le... l'article 4 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Schneeberger) : Adopté.
M. le ministre. Article 5.
M. Lafrenière : Merci,
M. le Président.
«Une demande de renseignements concernant
un partenaire intime doit être faite au moyen du formulaire prescrit par le
ministre et être transmise à la Sûreté du Québec. La demande doit respecter les
critères et les conditions que le gouvernement détermine par règlement et elle
est traitée selon les modalités qui y sont prévues.
«Lorsque la demande ne respecte pas ces
critères et conditions, la Sûreté du Québec en informe la personne qui a
présenté la demande.
«La personne qui présente la demande peut
se faire assister pour remplir le formulaire.»
Comme commentaire : L'article 5
établit de... la façon dont doit être faite la demande de renseignements et
précise à qui elle doit être transmise. Il habilite le gouvernement à
déterminer par règlement les critères et les conditions que doit respecter la
demande de même que les modalités de son traitement. Cet article précise que la
Sûreté du Québec informe la personne qui a présenté la demande si celle-ci ne
respecte pas les critères et les conditions établis par règlement. Il énonce enfin
que la personne qui présente la demande peut se faire assister pour remplir le
formulaire.
Voilà, M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
pour les renseignements. Est-ce qu'il y a des questions? Je vois des mains
levées. Alors, je vais commencer, comme d'habitude, députée de Robert... de Westmount—Saint-Louis
et puis, par la suite, députée de Sherbrooke.
Mme Maccarone : Rapidement,
M. le ministre, pouvez-vous... Parce qu'on se comprend, tout va se faire par le
biais du règlement, et je comprends qu'on va avoir plein de barbecue cet été,
mais j'aimerais avoir une idée de vos orientations en ce qui concerne le...
Mme Maccarone : …pour cet
aspect, pour l'article 5, les orientations du gouvernement, les critères, les
conditions. Est-ce que vous pouvez partager un peu vos orientations?
M. Lafrenière : Oui. Merci,
M. le Président. Puis je vais donner des exemples. Je pense, ça va nous aider
un petit peu.
Alors, comme exemples de critères qui
pourraient être prévus par règlement, que la personne à risque réside au
Québec, que le partenaire intime réside au Québec, que le partenaire intime est
une personne majeure, on se rappellera, on en a parlé tantôt, là, quand on
faisait allusion à une relation avec un mineur. Exemples de conditions qui
pourraient être prévues par règlement, fournir le prénom, le nom et la date de
naissance du partenaire intime et le cas échéant, son adresse. La personne à
risque doit fournir des pièces d'identité. C'est des choses qui auraient pu
être demandées. Engagement de la personne à risque à participer à une rencontre
avec une personne désignée par l'organisme à qui la Sûreté du Québec a
communiqué des renseignements. Tout à l'heure, on parlait du fait que
l'information sera transmise à un organisme qui lui viendrait lui donner, donc,
c'est son engagement à rencontrer cette personne-là. Exemples de modalités pour
le traitement de la demande, traiter le traitement, on l'a dit, on pourrait
peut-être prioriser certaines… certaines demandes qui auraient été faites en
urgence, qui seraient faites référé par un organisme. Ça, on a entendu des
groupes venir nous dire : On n'est pas sûrs. Ça fait qu'on va… on va
entendre les groupes, là, pendant la partie réglementaire, M. le Président. Et,
pour l'assistance, je pense qu'on… c'est assez clair, là, que plusieurs groupes
nous ont dit qu'il y aurait peut-être des problèmes de littératie dans certains
cas, d'accès à Internet, donc, on veut permettre à une personne de se faire
assister, que ce soit par un centre d'amitié autochtone, un organisme qui vient
déjà en aide, ou une personne de confiance, on permet que la personne soit
assistée aussi.
Le Président (M. Schneeberger) :
Ça va? La députée de Sherbrooke.
Mme Labrie : Oui. Bien, je
veux revenir sur la question du délai de traitement, puis, comme je l'avais un
peu suggéré dans les remarques préliminaires, moi, je pense que c'est ici le
bon endroit pour venir dire que c'est dans le règlement qu'on va prévoir le
délai de traitement. Je n'ai pas envie de… je ne pense pas être la bonne
personne pour discuter avec le ministre de si ça va être 30 jours ou 20 jours
ou 45 jours, mais, dans le règlement, je pense que ça devrait figurer, cette
modalité-là, une modalité de traitement. Donc, moi, j'aurais un amendement pour
ça, à moins que le ministre en ait déjà un. Nous, on en a préparé un.
Le Président (M. Schneeberger) : Avez-vous
un amendement, M. le ministre?
M. Lafrenière : Si vous me
permettez, j'aimerais qu'on commence avec la discussion, parce que c'est fort
intéressant, ce que la collègue amène. Puis, à la fin, on arrivera avec un
amendement de part et d'autre, on verra comment, là. Mais ce que je donnais
comme information plutôt, M. le Président, moi, je suis très sensible à ce que
ma collègue a amené l'autre jour, puis je me mettais à la place d'une personne
qui fait une demande, qui se dit : Écoute, est-ce que je dois rester sur
mon téléphone disponible le lendemain, surlendemain? Il n'y a rien de pire que
cette anxiété-là, je le comprends, je suis totalement d'accord avec elle. Moi,
en discutant puis en me creusant la tête sur comment les choses arrivaient, je
me dis le délai de traitement peut être X au premier jour, et il peut changer
avec le temps, mais que le site Web, lorsque la personne fait sa demande, lui
dise déjà : Voici à quoi tu peux t'attendre. Moi, je pense que c'est une
fourchette qui est fort intéressante parce que ça peut ne pas amener de faux
espoir en disant : Ils vont m'appeler, j'ai fait la demande à soir, demain
matin j'aurai un appel. Alors moi, je suis très sensible à ça. Si vous… je ne
sais pas si on peut peut-être passer le sujet, puis je pense qu'on peut revenir
à la fin pour voir s'il y a d'autres questions sur 5, puis je pourrais faire
une proposition.
Le Président (M. Schneeberger) : La
députée de Sherbrooke.
Mme Labrie : Oui, il y a un
double objectif. Il y a celui-là, que le ministre a bien compris, puis
j'entends qu'il est sensible. Il y a aussi le fait qu'on veut que les délais
soient raisonnables, tu sais. Je vais prendre l'exemple des médecins de
famille, là… je veux dire, pendant un certain temps, quand tu t'inscrivais sur
le GAP… pas sur le GAP, mais, sur le… le guichet, là, pour un médecin de
famille, tu sais, ça pouvait dire, c'est en nombre d'années, là, le temps que
ça prendrait avant de t'en faire attribuer un. Ça fait qu'à un moment donné,
ça, moi, je suis bien d'accord qu'on dit sur le site Web en ce moment, le délai
de traitement est estimé à… Mais je veux quand même qu'il existe un maximum.
Moi, il faut qu'il y ait un plafond, il faut que ce soit prévu dans les
modalités de… c'est ça, que ce soit prévu dans le règlement, c'est quoi, ce
plafond-là. Donc, ça, ce n'est pas contradictoire avec l'intention du ministre
de l'indiquer en ligne, mais ça prend un maximum, parce que je ne veux pas qu'à
un moment donné, il y ait plus de demandes que prévu, un autre gouvernement qui
n'est pas celui-ci a décidé de réduire le nombre d'effectifs parce que, je ne
sais pas, il y a des restrictions budgétaires, là ils ne sont plus rendus à 20
effectifs, ils sont rendus à huit, puis là, il y a quand même beaucoup de
demandes, puis… sur le site Web ça dit : En ce moment, on a un délai de
traitement qui est estimé à quatre mois. Bien non, tu sais, moi, c'est ça que
je ne veux pas qui arrive. Ça fait que je pense qu'il faut que ça soit prévu.
M. Lafrenière : On est en
vérification, M. le Président.
Mme Labrie : Merci.
M. Lafrenière : C'est ça que
je disais tantôt, si on veut continuer de parler de l'article 5, et nous, en
même temps, on fait une vérification. Mais de venir confirmer que, par voie
réglementaire, on veut déterminer, là, de façon explicite, là, de… dire quel
est le délai de traitement, bien, je comprends très bien le point de ma
collègue.
Le Président (M. Schneeberger) :
La députée de Robert-Baldwin.
Mme Garceau : Oui, merci, M.
le Président. M. le ministre, compte tenu maintenant que nous avons eu plus de
détails en ce qui a trait qu'est-ce que vous allez prévoir dans un formulaire
de demande, qui va faire en sorte que ça va être… l'information va être
limitée, et ça se peut très bien qu'on va cocher une case en ce qui a trait à,
on va se le dire, une femme qui craint pour sa vie ou qui est à risque…
Mme Garceau : ...donc les
formulaires qui vont être transmis, admettons, en ligne, ça, c'est coché, on
n'a pas plus d'informations. Je présume, dans le formulaire, on va avoir... on
va demander, est-ce que la personne à risque a des enfants ou pas. Donc, quel
va être le processus?
Parce que c'est sûr que les groupes que
nous avons entendus et tout, et compte tenu du délai de traitement, si une
personne est vraiment à risque au moment de déposer, parce qu'elle le dépose,
probablement pour une raison assez sérieuse, est-ce qu'on va agir tout de
suite? Dans le sens qu'on reçoit, qui appelle? Qui va communiquer avec cette
personne pour déterminer? Est-ce qu'immédiatement, pendant qu'on va faire la
recherche dans les banques de données, qui pourrait prendre un certain temps,
si la personne et/ou les enfants sont à risque, tout de suite on va transmettre
aussi la demande à l'organisme désigné, et là on va communiquer avec cette
personne-là?
On... je ne sais pas si on va exiger
une... une rencontre à la personne, mais c'est là où, il me semble, c'est une
période critique entre le dépôt de la demande et la transmission des... des
renseignements. Beaucoup de... de choses peuvent se passer dans cette
période-là. Donc, demande s'en va à l'organisme désigné et là, tout de suite,
on communique avec Mme pour voir, est-ce qu'il faut mettre en place un filet de
protection, des mesures de protection ou même d'autres... d'autres mesures.
• (15 heures) •
Le Président (M. Schneeberger) : M.
le ministre.
M. Lafrenière : Merci, M.
le Président. Puis, c'est ça qu'on va voir avec les groupes quand on va
travailler avec eux, parce qu'on disait qu'il y avait une case à cocher en
disant, est-ce que je crains pour ma sécurité, celle de mes enfants, bien là,
ça peut amener un... on s'entend, là, une approche qui va être différente.
Mais on va même regarder de quelle façon
aussi, parce qu'il y a des femmes, des personnes qui vont faire une demande,
qui ne voudront peut-être pas être contactées à tout moment ou n'importe
comment. C'est tout ça qu'il va falloir regarder aussi. Parce que si on les
contacte rapidement, il faut juste s'assurer de ne pas causer, comme on a dit
depuis tantôt, ce qu'on ne veut pas causer.
Ça fait que, moi, je veux prendre le
temps, avec les différents groupes, de dire : OK, ça serait quoi, une
bonne façon gagnante, là? Est-ce qu'on demande dans le formulaire de quelle
façon on peut les rejoindre? Est-ce que c'est mieux par téléphone? Est-ce que
ce n'est mieux pas? Est-ce que, est-ce que, est-ce que? Je pense, il va falloir
être vraiment sensible à ça.
Mme Garceau : Oui. Je
suis d'accord avec vous, parce qu'il va falloir avoir peut-être moins
d'informations en ce qui a trait à qu'est-ce qu'ils... qu'est-ce qu'elles
vivent actuellement. Mais les mesures : Est-ce qu'on peut communiquer avec
vous dans les prochaines 24 heures? Ou quelque chose comme ça, par...
M. Lafrenière : Est-ce
qu'on peut vous mettre en lien avec un organisme? Exactement, je suis d'accord.
Mme Garceau : Oui, oui,
oui.
M. Lafrenière : Ça, je
suis d'accord.
Mme Garceau : Parce
qu'il y a tout aussi des mesures, puis SOS violence conjugale l'avait
mentionné, puis c'est super important, parce qu'il y en a... il y en a des
femmes qui sont surveillées par leur partenaire.
M. Lafrenière : Oui.
Mme Garceau : Donc, tout
l'aspect, là, qu'il y a de l'avoir fait par transmission par en ligne et que,
peut-être, le conjoint est déjà au courant qu'elle a fait une demande en ligne.
C'est... il y a tout ça, là.
M. Lafrenière : Mais ça,
M. le Président, on l'a entendu beaucoup, puis on a demandé aux équipes d'y
travailler, hein, les deux volets. C'est-à-dire, d'être capable de sortir
rapidement du formulaire, tu sais, sortie d'urgence, ça, c'est quelque chose
qui va être... qui va être regardé. D'effacer l'historique, c'est quelque chose
qu'on va regarder aussi.
Mais, M. le Président, dans ces
demandes-là, parce que là, on fait beaucoup, beaucoup référence à des dossiers
chauds où la personne est toujours avec le partenaire intime et tout, puis on a
dit, ça pouvait être des ex-partenaires aussi. Il y a certains cas où,
peut-être, la personne ne voudra pas être contactée rapidement par un organisme
en disant : Écoute, moi, c'est mon ex. Je dis n'importe quoi, là. C'est
mon ex, je le vois une fois par mois, ça fait que pour l'instant ça me va.
Il y a tellement de cas différents, il va
falloir vraiment regarder. Puis, peut-être, ça va être des cases à cocher de
dire : Écoutez, j'aimerais qu'un organisme me rencontre rapidement pour
établir un filet de sécurité. Vous comprenez, il va falloir... il va falloir...
c'est... On le dit depuis le début, les détails, ils sont hyper importants, on
ne le réglera pas en commission, mais il y a beaucoup, beaucoup de détails,
puis je suis d'accord avec ma collègue.
Et d'ailleurs, M. le Président, dans
quelques instants, on va être à même de vous proposer un amendement pour ce qui
est du... du délai, qu'il soit explicite sur le site, là, pour bien guider les
gens.
Mme Garceau : OK.
M.
Schneeberger
:
Est-ce qu'il y avait d'autres...
Mme Garceau : OK, merci.
M. Lafrenière : C'est ça,
M. le Président, il va...
Le Président (M. Schneeberger) :
Oui.
M. Lafrenière : ...il va
falloir vous l'envoyer avant que je puisse le lire, de toute façon?
Le Président (M. Schneeberger) :
Oui.
M. Lafrenière : OK. Ça
fait que je ne le lis pas.
Le Président (M. Schneeberger) : Sinon,
on va devoir... Bien, sinon, idéalement, on va devoir suspendre. Mais, si on
l'a avant, c'est mieux.
Est-ce qu'il y avait d'autres questions
sur l'article 5?
Une voix : ...
Le Président (M. Schneeberger) :
OK. OK, là, vous voulez le... c'est présentement, vous voulez déposer
l'amendement?
M. Lafrenière :
Absolument, ça s'en vient, là...
Le Président (M. Schneeberger) :
Bon, bien, à ce moment-là...
M. Lafrenière : ...M. le
Président, c'est en route.
Le Président (M. Schneeberger) :
À ce moment-là, on va suspendre. Merci.
(Suspension de la séance à 15 h 04)
15 h 30 (version non révisée)
(Reprise à 15 h 43)
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
nous reprenons les travaux. Je vais laisser... Je vais donner la parole à M. le
ministre, là, qui avait des explications et des nouveautés avec l'amendement
proposé, alors, sur l'article 5. M. le ministre, c'est à vous.
M. Lafrenière :
Absolument, M. le Président, je ne veux pas vous corriger, mais j'ai aucune
explication à donner. Je voulais juste remercier Mme Lesley Hill et Mme Hélène
Groleau qui sont avec nous, M. le Président. Merci beaucoup pour votre aide à
nos travaux de commission. Vous êtes officiellement libérées, mais je voulais
vous dire merci de nous avoir aidés, les membres de la commission, pour le
volet de la protection de la jeunesse. Puis j'ai compris qu'on se revoyait
pendant l'été pour le barbecue, aussi. Merci infiniment.
M. le Président, pendant l'interruption,
on a parlé avec les... avec la deuxième opposition d'un amendement qu'ils
aimeraient présenter. Alors, je vais... je vais les laisser ne pas le
présenter, parce qu'on me dit qu'il y a encore un petit changement à formuler.
M. Schneeberger : Ah!
M. Lafrenière : Tout ça
pour ça, M. le Président. Alors, je suis désolé, il y a encore un petit
changement.
M. Schneeberger : Alors
là, vous êtes en train de me dire qu'on resuspend ou...
M. Lafrenière : Je ne
sais pas comment je vais vous dire ça, M. le Président. Si vous nous laissez 30
secondes, qu'on puisse le corriger...
Le Président (M. Schneeberger) :
OK...
Le Président (M. Schneeberger) : Oui…
M. Lafrenière : J'en suis
désolé.
Le Président (M. Schneeberger) :
Mais, 30 secondes, souvent elles étirent pas mal, les 30 secondes, ça fait que
je vais… on va suspendre, là, ça va être mieux comme ça. Merci.
(Reprise à 15 h 51)
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
nous reprenons les travaux. Comme je vous disais, M. le ministre, des fois les
secondes, 30 secondes, peuvent être très longues. Alors, j'ai bien fait de
suspendre. Alors, vous avez un amendement, je pense, ou c'est la... la ministre
de Sherbrooke... la députée de Sherbrooke qui a un amendement. Alors, députée
de Sherbrooke, allez-y.
Mme Labrie : Je ne suis
pas ministre de rien, moi. Mon été va être beaucoup plus tranquille que celui
du ministre, justement.
Donc, on s'est entendus sur une
formulation qui est la suivante : Remplacer, à l'article 5 du projet de
loi, «qui y sont prévues» par «et les délais qui y sont prévus».
L'article 5, tel qu'amendé, se lirait
ainsi... Faites juste dérouler la projection.
Le Président (M. Schneeberger) :
Oui, allez-y.
Mme Labrie : «Une demande
de renseignements concernant un partenaire intime doit être faite au moyen du
formulaire prescrit par le ministre et être transmise à la Sûreté du Québec. La
demande doit respecter les critères et les conditions que le gouvernement
détermine par règlement et elle est traitée selon les modalités et les délais
qui y sont prévus.»
Donc, ce sera à tous les acteurs qui
travailleront sur la rédaction de ce règlement de trancher sur le délai, mais
on aura un délai maximal de traitement.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Alors, M. le ministre, est-ce que vous avez des commentaires sur
l'article déposé?
M. Lafrenière : Non,
merci pour la collègue. Puis, on comprend qu'on va à l'objectif qu'on s'était
fixé, c'est-à-dire d'être capable de guider les gens sur le délai, ce que ça
prendrait, mais qu'on ne le détermine pas nous, ici, avec notre expertise, mais
laisser les spécialistes... Alors, je suis d'accord avec ce qui est présenté.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui.
Alors, pas d'autres questions? Est-ce que l'amendement est adopté?
Une voix : Adopté.
Le Président (M. Schneeberger) :
Adopté. Est-ce qu'il y a des questions sur l'article 5 tel qu'amendé? La
députée de Robert-Baldwin.
Mme Garceau : Oui.
Merci, M. le Président. Il y a eu beaucoup de discussions en ce qui a trait au
deuxième alinéa concernant lorsque la demande ne respecte pas ses critères et
ses conditions, la Sûreté du Québec en informe la personne qui a présenté la
demande. Donc, compte tenu que, maintenant, le formulaire, il va avoir moins
d'informations et tout ça, je commence à me questionner sur les refus
potentiels parce qu'on ne rencontre pas les critères et les conditions. Et pour
pas en échapper une, comme on dit... Et je sais que les regroupements des
maisons, SOS violence conjugale et d'autres avaient quand même une préoccupation
à ce sujet-là.
Et moi, je lance la discussion sur est-ce
que le formulaire, la demande de renseignements ne devrait pas être, oui,
transmis à la SQ, mais que la SQ la transmette également à l'organisme désigné?
Parce que pour l'évaluation, en ce qui a trait critères et conditions, pour
s'assurer vraiment que cette personne-là ne rencontre pas les critères et
conditions, est-ce qu'il ne devrait pas avoir une analyse... Oui, SQ, mais
l'organisme désigné également, compte tenu de la nature des circonstances. Il y
a la violence...
Mme Garceau : …les
contrôles coercitifs et tout ça. Donc, quelqu'un qui soit spécialisé, comme
vraiment spécialisé dans le domaine. Donc, je voudrais voir avec M. le ministre.
Le Président (M. Schneeberger) :
M. le ministre.
M. Lafrenière : Merci, M.
le Président. Tantôt, on me parlait, justement, de savoir à quel moment on
était prêt pour… pour impliquer l'organisme désigné. Puis, on s'est dit, ça
dépend, ce n'est pas tout le monde qui va avoir le même cheminement. Plus ça
va, plus on se dit, dans le formulaire, est-ce que ça va être écrit «j'aimerais
être contacté par un organisme pour mettre en place un filet de sécurité»? Ça
peut être ça. Mais quand je regarde des conditions d'exclusion, exemple, je vais
donner des exemples assez concrets, la personne ne réside pas au Québec.
Ça, c'est un… c'est un facteur… un facteur
d'exclusion totale. On ne peut pas avoir accès à ses antécédents. Ce n'est pas…
pas qu'on ne veut pas être gentil avec, là, on ne peut juste pas traiter sa
demande. La personne pour qui elle fait une demande ne réside pas au Québec. Donc,
le partenaire intime, c'est un Américain. Il n'y a rien qu'on pourrait faire
vraiment pour l'aider. Ou, sinon, un partenaire intime est… n'est pas une personne
majeure. Donc, on a un jeune qui fait une demande pour un autre jeune. On ne
serait pas en mesure de le traiter. Ça fait que, bien qu'il n'y ait pas
beaucoup de conditions, c'est la Sûreté du Québec qui contacte la personne.
Puis, c'est… puis, encore là, sur le formulaire, on va dire aussi de quelle
façon on peut vous contacter. Est-ce que c'est mieux par courriel, par… C'est
sûr qu'il y a beaucoup de points. On dirait qu'il n'y a pas beaucoup
d'information sur le formulaire, dans le sens qu'on ne demande pas à la
personne de nous décrire la relation qu'elle vit ou qu'est-ce qui se passe.
Mais il va y avoir des points très
techniques à savoir est-ce que vous craignez, là… je
veux dire, est-ce que vous craignez pour votre sécurité, de vous ou de votre
enfant? De quelle façon
dont on pourrait vous rejoindre?
De quelle façon on ne devrait pas vous joindre?
À quel moment on ne devrait pas vous appeler?
Je pense qu'il va y avoir des questions
comme ça qu'on va définir avec les partenaires, pour ne pas justement créer une
situation qui serait malaisante pour tout le monde.
Mais là, dans ce qu'on traite
aujourd'hui, M. le Président, dans cet article-là, c'est vraiment des questions
de base en disant : Bien, la personne ne se qualifie pas parce qu'il est…
c'est un… c'est un étranger, quelqu'un
qui vit… qui vient d'un autre endroit, qui veut tuer le système québécois, mais
on n'est pas capable de l'aider, on n'a pas accès à ces renseignements-là, M.
le Président.
Mais la… la collègue a raison, cependant,
pour l'implication de l'organisme désigné. On l'a dit, que, peut être, à ce
moment-là, qu'on va demander… on va demander à la personne de cocher, voulez-vous
être contacté ou pas. Il y en a qui vont dire non, il y en a qui vont dire oui.
Mme Garceau : Moi, c'est
suite aux commentaires des… des groupes qui sont venus en consultations
particulières. Et c'est… parce que là, ça implique, quand même, que la SQ va
devoir informer la personne que… elle ne suit pas, là, elle ne respecte pas les
critères, les conditions. Il pourrait y avoir des cas où on a besoin de plus
d'information, je crois. Il va y avoir peut-être des cas. C'est pour ça que,
oui, peut-être qu'il va y avoir des situations où c'est comme clair, comme de
l'eau de roche, là, que la personne ne respecte pas les critères, les
conditions.
Mais il se pourrait qu'il va y avoir des
circonstances où il faut aller un petit peu plus loin. C'est pour ça que la SQ
en informe la personne. Donc, elle va informer la personne comment. Est-ce que c'est
selon… qu'est-ce qui va être sur le formulaire?
Mais s'il va… il faut aller creuser un petit peu plus, est-ce que c'est la SQ
qui va faire ça, ou est-ce que c'est l'organisme désigné qui va faire ça? Parce que c'est là où les
regroupements disaient :Peut-être que ça devrait être l'organisme désigné.
Le Président (M. Schneeberger) : M.
le ministre.
M. Lafrenière : Oui,
merci M. le Président. Je reviens à la base.
Encore là, quand la personne va remplir le
formulaire, puis on va lui demander si elle est à l'aise, si elle veut que
l'organisme la contacte et tout, je pense que ça va aider grandement la Sûreté
du Québec après ça, pour faire le lien avec elle. Mais, si je regardais, là,
dans des critères, puis je ne vais pas dans… dans les conditions, mais juste
dans les critères, c'est tellement basic, M. le Président, qu'on ne veut
tellement pas mettre beaucoup de critères, parce qu'on veut recevoir les
demandes. Si la personne est à l'étranger, on va devoir lui écrire qu'on ne
pourra traiter sa demande. Si la personne, la… le partenaire intime vit à
l'étranger, on va pouvoir y répondre qu'on ne peut pas l'aider. Puis, je ne
suis pas sûr, M. le Président, à ces deux cas d'exemple là que je vous donne
que, vraiment, un organisme local ici pourra l'aider. Cependant, là où
ma collègue… et je suis d'accord avec elle… si on va plutôt dans des
conditions, qu'il y a des… des termes qui manquent, des informations, il va
falloir travailler avec un partenaire qui travaille déjà dans le milieu, qui
connaît bien les ressources. Ça fait que je suis d'accord avec elle.
Puis je reviens au formulaire. Quand la
personne… qui fait une demande pour son partenaire intime, qui se sent en danger,
va remplir le formulaire puis va écrire qu'elle accepte d'être contactée par un
organisme ou qu'elle nous dit de quelle façon il est… c'est plus facile de la
joindre, c'est comme ça qu'on va travailler, c'est comme ça que les policiers
vont travailler aussi.
Mme Garceau : OK,
admettons. Là je prends l'article 1. La mère habite aux États-Unis, mais
l'enfant est au Québec. Donc, il y a aussi ces enjeux-là où la personne à
risque, c'est l'enfant…
Une voix : …
Mme Garceau : …et, donc,
la mère est en train de faire une demande concernant… parce que peut-être
qu'ils sont en… c'est le père qui a la garde ou… ou la mère que la garde. Puis,
là, elle a entendu parler que, ah, il y a quelque chose qui se passe, peut-être
que monsieur.…
Mme Garceau : ...nouvelle
conjointe, puis il se passe des choses. Donc, est-ce qu'on peut dire que, ah, parce
que la personne qui fait la demande vit à l'extérieur... qu'il n'y aura pas...Voilà.
M. Lafrenière : Non. Non,
M. le Président, je veux rassurer, les deux personnes qui doivent résider ici,
c'est la personne à risque, elle doit résider ici, sinon on ne pourra pas
l'aider, et le partenaire intime peut résider ici. Mais si la personne, la
tierce personne, la maman fait une demande pour sa fille, en autant qu'elle
réside ici sur le territoire québécois puis son partenaire réside sur le
territoire québécois, on est correct. Parce qu'on ne peut pas, M. le Président,
puis la raison pour laquelle on... Puis ce n'est pas qu'on ne veut pas aider
une personne qui vit aux États-Unis, mais on n'aura pas accès aux antécédents.
C'est là que ça devient complexe.
Mme Garceau : ...je vais
vous présenter le scénario dans lequel les parties sont séparées. Les parents
sont séparés et, donc, la mère habite aux États-Unis. L'enfant est ici,
admettons, en vacances avec son père. Et il y a une situation de danger pour
l'enfant.
M. Lafrenière : 9-1-1.
Mme Garceau : OK. Ça fait
que, là... ça veut... Mais je veux juste, tu sais, clarifier que...
M. Lafrenière : Oui.
Mme Garceau : ...parce
que là, selon le libellé de l'article 1, la présente loi a pour objet de
permettre la communication de renseignements concernant un... partenaire
intime. Donc, ils ont été intimes, là...
M. Lafrenière : Oui.
Mme Garceau : ...c'est
selon la définition large, qui pourrait présenter un risque pour la sécurité
d'une personne ou de son enfant, c'est le «ou de son enfant». Donc la mère est
préoccupée, l'enfant est en danger, il se passe quelque chose. Est-ce qu'elle
va pouvoir aller via le biais d'une demande de renseignements parce qu'elle va
dire que son enfant est à risque?
M. Lafrenière : M. le
Président, dans l'exemple concret, puis je comprends, là, il y a plusieurs
types d'exemples qu'on pourrait amener. Mais je reviens avec l'exemple que ma
collègue nous dit : réside à l'étranger, son enfant est de passage ici en
vacances ou quoi que ce soit, la meilleure solution va demeurer le 9-1-1, M. le
Président. Puis rappelez-vous que ce qu'on fait ici, ça ne remplace absolument
pas ce qui existe déjà. C'est un ajout, connaître quels sont les antécédents.
Puis, M. le Président, la raison pour laquelle on ne peut pas aider une
personne qui est à l'extérieur, c'est juste pour avoir accès aux antécédents.
Moi, ce qui se passe ici, puis même pour
l'organisme X, exemple, là, la personne serait ici pour 30 jours, l'organisme
serait capable de l'aider. Puis ça devient compliqué pas à peu près, M. le
Président, de mettre en place un filet de sécurité. Ça fait que si c'est
urgent... Puis, j'apprécie la question de ma collègue parce que je veux que ce
soit sans équivoque. Si c'est urgent, ce n'est vraiment pas le bon projet de
loi. Si c'est urgent, c'est 9-1-1, puis les policiers vont devoir agir
rapidement pour mettre en place un filet de sécurité avec la cellule de crise
et tout ça.
Ça fait que la question de ma collègue,
elle est à propos puis ça nous permet de le rappeler, il ne faut surtout pas...
puis je pense qu'il va falloir que ce soit tellement explicite sur le site Web,
les gens qui vont aller là-dessus, s'il y a urgence, ce n'est pas le temps de
remplir le formulaire. Vraiment, vraiment pas.
Mme Garceau : Ça va
dépendre des circonstances, ça va dépendre des circonstances, parce que la
femme, la personne à risque, on va mettre de côté mon scénario, là, mais la
personne à risque qui, finalement, prend le courage de déposer une demande, ça
se peut très bien qu'on va communiquer avec elle très, très vite à l'intérieur de
24 heures parce qu'elle est en danger, puis on va déclencher la cellule rapide.
Donc...
M. Lafrenière : Mais ce
n'est pas... c'est le résultat et non pas le bon chemin, M. le Président. Je
reviens à base, là. Si la personne fait sa demande puis qu'on découvre, nous,
qu'il y a une urgence, on le découvre nous-mêmes. Ça, c'est la personne...
Sinon, si elle le sait, elle n'a pas besoin de faire une demande d'antécédents,
là. Qu'elle appelle la police, on va travailler avec elle, mettra les cellules d'urgence
en place. On travaillera avec les partenaires. Je veux juste être sûr qu'on se
comprenne, là. La personne qui se sent en danger imminent, ce n'est pas... ce
n'est pas le bon projet de loi, là. Ce n'est pas d'aller sur un site Web, de
faire une demande en ligne. C'est le 9-1-1, puis c'est tous les intervenants
qu'on va devoir mobiliser, et rapidement, M. le Président.
Mais je comprends ce que ma collègue dit,
puis c'est pour ça que ça me rappelle à quel point... Sur le site Web, puis on
met beaucoup de choses puis je sais que les équipes prennent beaucoup de notes,
là. Il va falloir que ça soit tellement clair, M. le Président, quand les gens
se présentent là... C'est la même chose, je vais vous donner un exemple, M. le
Président. Quand j'étais au SPVM, on a développé une application. Les gens
pouvaient nous écrire de plusieurs façons, exemple, sur Twitter à l'époque,
puis on disait : ceci n'est pas un site qui est «monitoré» 24 heures par
jour, ne faites pas un appel au 9-1-1 par Twitter. M. le Président, on en
recevait, là, des gens qui écrivaient le... en disant : Il y a quelqu'un
qui essaye de défoncer ma maison. Ce n'est pas sur Twitter, là. Ça fait que le
danger, quand on ouvre des portes comme ça, c'est que les gens l'utilisent
de...
16 h (version non révisée)
M. Lafrenière : ...foi, mais
on va être très, très, très explicite, M. le Président, là-dessus.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
va?
Mme Garceau : Oui,
merci. Oui, oui.
M. Lafrenière : J'ai dit,
le 911, M. le Président, je m'excuse, j'aurais dû dire aussi, SOS violence
conjugale ou d'autres partenaires.
Mme Garceau : SOS.
M. Lafrenière : Ça dépend
encore, là, mais peu importe, les gens vont se mobiliser vraiment, c'est une
urgence.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
je répète ma question. Est-ce qu'il y avait d'autres questions sur l'article 5
tel qu'amendé? Pas d'autres questions. Est-ce que l'article 5 tel qu'amendé
est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Schneeberger) :
Adopté. Article 6.
M. Lafrenière : Oui, M.
le Président.
Article 6 : «La Sûreté du Québec
cherche dans les banques de données qui sont accessibles aux corps de police
les renseignements qui concernent le partenaire intime visé à la demande. À
cette fin, un corps de police doit lui fournir, à sa demande et dans les plus
brefs délais, tout renseignement relatif à ce partenaire intime, sous réserve
de l'article 263.5 de la Loi sur la police (chapitre P-13.1). Il en
est de même pour les Services correctionnels du ministère de la Sécurité
publique.»
M. le Président, comme commentaire : L'article 6
établit que la Sûreté du Québec effectue les recherches de renseignements sur
le partenaire intime et précise qu'elle doit effectuer ses recherches dans les
banques de données accessibles aux corps de police.
Il permet à la Sûreté du Québec de
demander, à tout corps de police et aux Services correctionnels du ministère de
la Sécurité publique, tout renseignement relatif à un partenaire intime visé
par une demande de renseignements. Ces derniers doivent fournir les
renseignements dans les plus brefs délais, sous réserve, dans le cas d'un corps
de police, que cela ne nuise pas à une enquête ou à une intervention policière,
ne révèlent pas une méthode d'enquête ou ne mettent pas en danger la vie ou la
sécurité d'une personne.
Voilà, M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Questions sur l'article 6? Députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : Par curiosité,
M. le ministre, est-ce que... est-ce que toutes les informations sont...
quelque part dans le CRPQ, comme par exemple, les appels 911, les rapports
d'événement? Est-ce que ça, ça se retrouve dans une base de données? Ou est-ce
que ça veut dire, il va falloir qu'ils consultent plusieurs bases?
M. Lafrenière : Oui,
merci, M. le Président. Puis oui, il va y avoir plusieurs bases de données. C'est
les... Ce qu'on appelle, module d'information policière, n'est pas le cas CRPQ.
Alors oui, il y a le CRPQ quand on veut regarder les antécédents, puis on l'a dit,
hein, pendant nos travaux, il y a plusieurs bases de données qu'ils vont devoir
vérifier, puis les données ouvertes aussi.
Je vais vous donner un autre exemple, qu'on
oublie parfois, les données ouvertes, qui a changé grandement la façon de
travailler, même pour les policiers. On a accès à beaucoup d'informations sur
des moteurs de recherche que vous connaissez tous et toutes à la maison. Alors,
ça, ça va être vérifié aussi, médias sociaux, plusieurs, plusieurs bases de
données ouvertes qui vont être vérifiées aussi.
Mais, oui, le CRPQ, oui, le MIP, module d'information
policière, c'est-à-dire qu'une personne a pu appeler étant témoin, victime ou a
été un appelant, ça va être vérifié aussi. Puis, ce n'est pas juste le CRPQ,
sinon ça serait assez rapide. Et là, je reviens à la question précédente de ma
collègue de la deuxième opposition, on aurait pu le dire dans les 24 heures...
Puis là, je mets une pression incroyable sur les équipes. Dans le sens, c'est
assez rapide, tout comme le plumitif aussi.
On s'était dit, ce qu'on ne voulait pas
faire, c'était donner un accès au plumitif, ça, on va aller plus loin que ça.
Ça fait qu'on va... on va faire des vérifications et exemple, M. le Président,
la Sûreté du Québec regarde, trouve que la personne est impliquée dans un
dossier au MIP, va faire une demande au service policier qui était l'émetteur à
l'époque, pour dire : Bien, tu peux-tu me donner plus de détails sur ce
qui est arrivé? Je veux voir, à quel point c'est, en bon français, ça a rapport
dans ce que je fais présentement.
C'est pour ça qu'on se donne plus de
délais.
Mme Garceau : Mais...
M. Lafrenière : Ce n'est
pas juste une vérification avec... Puis, vous vous rappelez ce que j'avais dit,
hein? On ne veut pas transmettre une liste d'épicerie en disant, il a été
accusé en telle année. Ça, c'est... c'est accessible à n'importe qui qui veut
aller au... au greffe, qui veut aller à la cour et aller voir le plumitif. Ce
n'est pas ça qu'on veut faire, on va aller plus loin que ça.
Mme Maccarone : Bien, base
de données, dans la définition dans le Code civil, il doit y avoir une
interprétation. Ça comprend réseaux sociaux? Parce que c'était ma deuxième
question.
M. Lafrenière : Non. Non.
Mme Maccarone : Parce que
vous avez mentionné, vous aussi, réseaux sociaux.
M. Lafrenière : Oui. Mais,
M. le Président, la raison pour laquelle on le met dans la loi, c'est que la
base de données, on leur donne un accès, on leur dit qu'ils peuvent le faire. Là,
donc, quand on parle de données ouvertes, «open sources», tout le monde peut le
faire, vous pouvez le faire, je peux le faire présentement. Alors que les bases
de données, on vient explicitement dire que les policiers vont aller faire ces
vérifications-là. Mais des données ouvertes, on peut tous le faire sur notre
ordinateur, puis je pense qu'on le fait allègrement plusieurs fois par jour.
Mme Maccarone : Puis
comment est-ce que ça fonctionne pour le 911? Bien, attends, avant que je pose
cette question.
M. Lafrenière : Oui.
Mme Maccarone : Oui, c'est
vrai, on peut avoir un accès, mais on n'a pas nécessairement un accès
privilégié à un compte à quelqu'un. Si je ne suis pas ami, mettons. Facebook,
si je ne suis pas ton ami, bien là je ne pourrai pas avoir accès à de l'information
privilégiée. Ça fait que est-ce que...
M. Lafrenière : Vous
n'êtes pas mon amie.
Mme Maccarone : Bien là...
M. Lafrenière : Je suis
triste.
Mme Maccarone : Il faut
que vous m'envoyiez une demande, puis je vais réfléchir là-dessus. Et voilà.
Mais vous comprenez ce que je veux dire.
M. Lafrenière : Oui, oui,
absolument.
Mme Maccarone : Si on n'a
pas ce... ce lien, bien ça se peut que je n'aurai pas accès à toutes les
informations parce que c'est privilégié. Est-ce que les policiers pourraient
aller au-delà de ça?
M. Lafrenière : Ce n'est
pas considéré comme une base de données, puis pour le reste, ça va être de
façon réglementaire qu'on va voir jusqu'où ils vont aller, là.
Mme Maccarone : Ça fait
qu'«open source», c'est uniquement ce que je peux repérer moi-même, n'importe
qui peut aller sur le site Web. Ça fait que les policiers n'ont pas un accès
privilégié à avoir de l'information qui va au-delà de ce que moi, je mets
publique sur ma page.
M. Lafrenière : Je ne révélerai
aucune technique d'enquête aujourd'hui. Je ne révélerai aucune technique...
M. Lafrenière : …d'enquête
aujourd'hui. Mais ce qu'on fait référence là, c'est d'avoir accès à ce qu'on
appelle du «open sources». Sinon, c'est les bases de données, puis ça inclut
toutes les bases de données.
Mme Maccarone : C'est juste,
vous comprenez que… je comprends ce que nous sommes en train de faire, mais il
y a aussi la limite de protection des renseignements personnels aussi, puis la
protection des gens, dans le fond, que nous sommes en train d'enquêter. Alors,
je pense que c'est important de comprendre qu'il y a aussi cette notion qu'on
va respecter aussi l'intimité de la personne.
M. Lafrenière : Absolument.
Mme Maccarone : Pour les
appels 9-1-1, ce n'est pas... on n'a pas tous des… on n'a pas tous un 9-1-1.
Des fois, c'est des centres de répartition. Est-ce que les rapports sont
centralisés quelque part? Où est-ce que ça aussi, c'est une autre base de
données quelque part?
M. Lafrenière : M. le
Président, ce n'est pas... Pour les appels au 9-1-1, juste mettre ça clair là,
un, c'est… c'est… la collègue l'a dit, c'est différent d'un endroit à l'autre.
Puis, dans la phase réglementaire, on va le regarder, justement, M. le
Président, voir la capacité d'aller voir les cartes d'appel, ce qu'on appelle
les cartes d'appel, ce n'est plus des cartes d'appel papier, comme dans le
temps de certains plus vieux policiers... c'est rendu de façon… je ne ciblais
pas personne…
Mme Maccarone : Est-ce que
vous êtes en train de dire que le sous-ministre adjoint, il est…
M. Lafrenière : Non.
Mme Maccarone : …il est âgé?
M. Lafrenière : Du tout, du
tout, je voulais juste qu'il m'entende dans ce que je disais, ce n'était pas…
ce n'était pas ça du tout...
Mme Maccarone : Un aîné,
peut-être…
M. Lafrenière : Mais moi, je
l'ai connu comme ça aussi.
Mme Maccarone : Êtes-vous
membre du FADOQ?
M. Lafrenière : Bien, moi,
oui, puis ça n'a pas rapport.
Mme Maccarone : Moi aussi.
Des rabais, il y a des bons rabais.
M. Lafrenière : Mais,
sérieusement, M. le Président, ça… ça s'appelait des cartes d'appels, parce
que… je l'ai connu, j'ai connu le système moi, qui est… qui a flanché, puis
c'étaient des cartes papier. Alors les cartes d'appel, bref, ce n'est pas dans
un… dans une base de données, c'est des cartes d'appel, c'est complètement à
part. On va le regarder du volet réglementaire, voir est-ce qu'on va jusque-là.
Parce que… ce que ça va amener comme délais pour avoir accès. Tantôt, on
parlait beaucoup de délai ensemble, avec la… ma collègue de deuxième
opposition. Il va falloir trouver le juste point entre le temps de donner un
retour, puis le temps d'aller creuser ça. Alors, pour un service de police,
est-ce que c'est rapide d'avoir accès à toutes les cartes d'appel où une
personne aurait été ciblée par adresse ou par nom? On va le regarder, voir le
temps nécessaire pour le résultat que ça va amener. Mais, à l'inverse, M. le
Président, une carte d'appel, c'est une chose et tantôt je parlais du MIP, donc
quand des policiers se déplacent et prennent un rapport, ça on a l'information.
Fait que…
Mme Maccarone : Mais ça…
M. Lafrenière : Vous comprenez
la différence entre les deux, M. le Président?
Mme Maccarone : Mais ça va en
faire partie. On comprend qu'il y a une distinction entre les deux.
M. Lafrenière : Oui.
Mme Maccarone : Puis…
M. Lafrenière : Ça fait
partie des données qu'on va regarder, oui.
Mme Maccarone : Puis, vous
savez probablement où je vais aller aussi avec les 9-1-1, on sait, surtout dans
les régions, ce n'est pas tout le monde qui a un téléphone fixe. Il y a
plusieurs gens qui utilisent un cell… bien, la majorité, je dirais, des gens
utilisent un cellulaire, puis le 9-1-1, ce n'est pas nécessairement référé à le
9-1-1 central, mettons Montréal, puis les compagnies cellulaires, mais ils
peuvent offrir un contrat ailleurs, même pas au Québec. Alors, si, mettons, je
ne sais pas quelles compagnies qui disent bien, parce que c'est un ligne
«VoIP», par exemple, «voice over IP», puis ils me disent : bon nous, on va
faire affaire avec un compagnie en Ontario, mais on veut avoir accès à cette
information, est ce qu'on doit aussi prévoir la notion d'avoir accès à une base
de données qui peut être logée en Ontario?
M. Lafrenière : M. le
Président, au final, ce que je donnais comme… comme explication tantôt entre
la…la pertinence puis la présence de tout ça. Je reviens avec l'exemple que je
donnais, la personne, puis encore là, on donnerait un exemple que la personne
était en déplacement sur le bord des lignes ontarienne, pas loin de Hawkesbury,
admettons, puis faisait un appel, c'est la tour ontarienne qui reçoit l'appel,
exemple, non mais c'est transféré….
Mme Maccarone : Ce n'est pas
ça que je veux dire.
M. Lafrenière : Non mais,
exemple. Je vous donne un autre exemple, mais au final, si des policiers se
déplacent, puis il y un rapport de pris, peu importe d'où vient l'appel au
9-1-1, on va avoir quand même dans le MIP, dans le Module d'Information
Policière, on va avoir un rapport. Fait que… je peux continuer après ça en
disant c'est une technologie IP, et puis on sait que l'appel au 9-1-1 a été
redirigé ailleurs. Au final, quand les policiers vont se déplacer, il va y
avoir un rapport, puis c'est là-dessus qu'on va mettre de l'énergie. M. le
Président, la raison pour laquelle on se donne du temps pour communiquer avec
des services de police aussi, c'est qu'une fois qu'on se rapport-là, selon ce
qu'on va y découvrir, bien les policiers de la Sûreté du Québec pourraient dire :
Écoutez, nous autres, on a regardé votre là, SPVM en date de telle date, vous
êtes allés à tel endroit, pourriez-vous nous donner plus de détails? Puis là,
les policiers de Montréal vont pouvoir aller chercher plus d'informations. Ça
fait que plusieurs bases de données, mais il y aussi l'aller-retour de données
entre le service de police qui a mis l'information puis la Sûreté du Québec. On
ne veut pas se limiter juste à ce qu'on a entre les mains. On veut être capable
de questionner le service de police pour avoir plus de détails aussi.
Mme Maccarone : Je comprends.
Mais, moi, mon point, c'est si nous avons besoin de prévoir une entente,
mettons, avec des compagnies cellulaires, parce que c'est eux qui ont le
contrat avec la compagnie 9-1-1, qui n'est pas nécessairement du Québec. Alors,
est-ce qu'on doit prévoir un, parce que c'est quand même leur information que
eux, ils vont référer. Ça fait que… est-ce qu'on fait affaire avec la compagnie
cellulaire, est-ce qu'on fait affaire avec la compagnie qui va prendre l'appel
9-1-1 de quelqu'un qui habite en Abitibi ou quelqu'un qui habite ailleurs?
• (16 h 10) •
M. Lafrenière : Je comprends
la question de la collègue. Puis, je la respecte beaucoup, cette question-là,
parce que je comprends où elle s'en va. Mais moi, au final, ce qui est
important, moi, que l'appel est… soit rentré à 23 h 32 par telle ou telle
tour, pour moi, ce n'est pas vraiment d'une grande importance. Ce qui est
important c'est quand les policiers se sont déplacés, ce qu'ils ont retrouvé
comme information. Puis ça, nonobstant l'appel au 9-1-1, je vais avoir cette
information-là...
M. Lafrenière : ...s'il y
avait, M. le Président, là, si on était dans un... Puis là, je vais divaguer 30
secondes, là. Si notre projet de loi était pour refaire la chronologie d'un
déplacement policier, ce que ma collègue demande, je disais : Ah oui, ça,
il va falloir aller jusque-là. On veut savoir quand est-ce l'appel est rentré,
en combien de minutes et tout. Mais, pour les besoins de ce qu'on fait ensemble
aujourd'hui, ce que j'ai besoin de savoir, moi, c'est : qu'est-ce qui
s'est passé? Alors, M. Jos Bleau, pour prendre l'exemple le plus futile qui
existe, lui, on sait qu'il y a une carte au 9-1-1 qui a été... qui a été fait,
mais au final, les policiers se sont déplacés, il a été rencontré, finalement,
il était témoin, mais s'il était témoin, puis il a été témoin d'un accident,
pour nous, dans ce qu'on regarde aujourd'hui, ça ne change absolument rien.
Si au contraire, ça a été une personne
suspectée ou qui est... qui est impliquée dans un... On a déjà parlé de crimes
financiers ou d'autres types de crimes qui peuvent avoir un impact dans une
relation amoureuse intime. Bien, là, j'ai besoin de savoir ça. S'il en a fait à
plusieurs reprises, je peux parler aux enquêteurs en disant : vous l'avez
enquêté... vous l'avez accusé dans un dossier, mais est-ce que vous l'avez
enquêté dans d'autres dossiers?
C'est là que cette information-là va être
bonne. Donc l'appel au 9-1-1, honnêtement, n'a pas vraiment d'importance dans
ce qu'on fait ici. C'est comment ça s'est terminé. Et ça, je peux vous
rassurer, M. le Président, nonobstant l'appel initial au 9-1-1, on va avoir
l'information par le MIP, parce que ça, c'est... c'est un océan à l'autre,
c'est le module d'information policière. C'est au Canada pour les statistiques,
entre autres. Tous les policiers au Canada ont le même rapport.
Mme Maccarone : Fait qu'un
appel 9-1-1, où les policiers ne vont pas se déplacer, ce n'est pas ça qui va
être pris en considération?
M. Lafrenière : Non. M. le
Président. Admettons, puis ça, c'est un autre... une autre chose. Moi, si je
suis une personne qui appelle parce qu'il arrive un incident x, y, z, puis, je
veux dire qu'il est arrivé de quoi sur la route, chez nous, on ne peut pas
retenir ça contre moi. Ce qu'on veut savoir, c'est comment ça s'est terminé.
Alors, si la personne a appelé pour dire qu'il y avait un problème avec son
voisin ou quoi que ce soit, ça ne sera repris contre lui dans ce qu'on fait,
là.
Mme Maccarone : OK, je
voulais juste m'assurer...
M. Lafrenière : Oui.
Mme Maccarone : ...que je
comprends bien ce que vous êtes en train de dire. Fait que, si, mettons... on
sait qu'il y a quelqu'un qui a fait un appel 9-1-1, parce qu'on sait que mon
voisin ou ma voisine, je pense qu'elle est agressée, mais les policiers ne se
sont pas déplacés... Mais, ce n'est pas quelque chose qui va être utilisé comme
information, qui va être donné au partenaire intime quand elle, elle a placé
une demande au nom de Jos... Jos Bleau.
M. Lafrenière : Si on revient
avec Jos Bleau... Cependant, M. le Président, si le voisin a appelé pour dire
qu'il se passait quelque chose dans l'appartement, les policiers se déplacent.
Mme Maccarone : Mais s'ils ne
se déplacent pas...
M. Lafrenière : Bien, il y a
un problème.
Mme Maccarone : ...c'est ça
que je voulais dire.
M. Lafrenière : ...s'ils ne se
déplacent pas, là, on a un problème. On va faire un autre... on va faire des
travaux... des travaux d'une autre commission. Si les policiers ont un appel
pour une violence conjugale chez le voisin, puis ils n'y vont pas, là, ça va
finir dans ma cour, puis je ne serai pas content.
Mme Maccarone : C'est bon,
merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Pas
d'autres questions? Députée de Robert-Baldwin.
Mme Garceau : ...merci. M. le
ministre, je voulais juste que vous puissiez préciser l'intention du
législateur pour que ça soit clair pour tout le monde, compte tenu qu'on a eu
les interventions de l'ADPQ, SPVQ. Je veux m'assurer qu'on va éviter de faire
comme deux volets d'analyse en ce qui a trait aux renseignements qui vont être
transmis à la SQ. Parce que, compte tenu des interventions qu'on a eues des
représentants, on dirait qu'on avait l'opportunité, peut-être, de, comme, faire
un peu une première analyse pour... fin de déterminer : est-ce que ça,
c'est vraiment nécessaire et pertinent, en ce qui a trait à... les
circonstances de transmettre à la SQ?
Et, pour moi, c'était... Je vais vous le
dire, c'était clair en fonction de l'article, parce que vous le mentionnez :
à cette fin, un corps de police doit lui fournir, à sa demande et dans les plus
brefs délais, tout renseignement... Non, mais, tout renseignement. Donc, pas
d'analyse pour déterminer qu'est-ce qui est pertinent ou qu'est-ce qui est
nécessaire. Mais, sauf dans les commentaires, ce n'est pas mentionné tous les
renseignements qui vont être transmis à la SQ dans les plus brefs délais. Donc,
je voulais juste m'assurer qu'aujourd'hui, on le précise, qu'on parle tous les
renseignements et l'analyse en ce qui a trait à la nécessité et la pertinence
revient à la SQ.
M. Lafrenière : Oui, merci,
M. le Président. Puis, la question est à propos, mais je pense que ma collègue
avait bien compris avec l'article. Ce qu'on va demander aux services policiers,
c'est de nous transmettre tous les renseignements qu'ils ont. Mais là, ce qu'on
va devoir déterminer par voie réglementaire et par... par façon de faire, par
procédure, qu'est ce qu'on veut dire par là.
Exemple, je reviens avec Jos Bleau encore
une fois. Si on écrit au SPVM, on dit : donnez-moi toute l'information que
vous avez sur Jos Bleau, on s'entend que ça peut être très large. Est-ce qu'on
va y aller en disant : nous avons de l'information au MIP que le 26 mai
2002, des policiers se sont présentés à son domicile parce qu'il y avait un
problème de bruit. Tout ça, donnez-moi toute l'information là-dessus. Ce que
nos collègues de l'ADPQ puis de l'Association des chefs de police... des
directeurs de police autochtones disaient aussi, c'est que la première chose,
quand ils vont recevoir la demande, ils vont analyser puis voir qu'est-ce
qu'ils doivent aller chercher. Puis ça, on va mettre ça très au clair avec eux
par voie réglementaire, par procédure, en disant : quand vous recevez une
demande, voici...
M. Lafrenière : ...ce que
vous devez fournir. Ça fait que je veux rassurer la collègue, il n'y a pas une
préanalyse de dire, moi, je trouve tu que c'est à propos, pas à propos. Ce
n'est pas ça du tout.
Mme Garceau : Bien,
c'est ça que je voulais...
M. Lafrenière : Ce qu'il
voulait dire, par analyse, c'est qu'une fois qu'on reçoit la demande... Puis en
passant, M. le Président, on parle de tout ça, mais c'est encore quelque chose
d'inconnu, on... on développe quelque chose de nouveau, là. Ça fait que quand
les policiers vont le recevoir, on va leur dire clairement, quand vous recevez
ce type de demande, un, ça ne sera pas une partie de pêche où on vous donne un
nom en disant, qu'est-ce que tu as sur lui?
On a l'information, nous, dans les
banques, on va demander des précisions. Donc au MIP, on s'est présenté à telle
date chez M. Untel, donnez-moi plus de détails. Vous l'avez enquêté pour
une série de fraudes? Donnez-moi plus de détails en rapport avec le dossier
qu'on a présentement, c'est-à-dire la violence conjugale.
Mais c'est la Sûreté du Québec, les
analystes qui vont recevoir l'info, qui, eux, vont avoir le «bigger picture»,
qui vont l'analyser. Puis ma collègue fait bien de le demander, sinon ça
faisait une double analyse, puis on aurait pu, au final, se retrouver avec très
peu d'informations.
Mme Garceau : C'est ça.
OK, merci.
M. Lafrenière : Ce n'est
pas ce qu'on veut. Le législateur est bien clair, il ne veut pas ça.
Mme Garceau :
Merveilleux.
Le Président (M. Schneeberger) : Parfait.
Alors, est-ce que l'article 6 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Schneeberger) :
Adopté. Article 7.
M. Lafrenière : Oui, M.
le Président. Alors :
«7. La Sûreté du Québec communique à un
organisme désigné par le ministre responsable de la condition féminine, sur
recommandation du ministre, les renseignements nécessaires pour permettre à la
personne à risque de prendre une décision éclairée quant à sa relation, de
prendre les mesures qu'elle estime appropriées pour assurer sa sécurité ou
celle de son enfant ou de mettre en place des scénarios de protection. Lorsque
la Sûreté du Québec n'identifie aucun renseignement nécessaire, elle en informe
l'organisme.
Comme commentaire : L'article 7
prévoit la communication par la Sûreté du Québec à un organisme désigné par le
ministère... par le ministre, pardon, responsable de la condition féminine, sur
recommandation du ministre de la Sécurité intérieure, des renseignements
nécessaires pour permettre à la personne à risque de prendre les mesures qui
s'imposent.
Elle prévoit aussi que lorsque la Sûreté
du Québec n'identifie aucun renseignement nécessaire, elle en informe
l'organisme.
Et, M. le Président, à ce... cet article,
on avait un amendement qu'on a déjà déposé, M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
vu qu'il est déjà déposé, je vous invite à le lire.
M. Lafrenière : Parfait,
M. le Président. Alors, pour remplacer l'article 7 du projet de loi par le
suivant :
«7. La·Sûreté du Québec communique à l'organisme
désigné en vertu du deuxième alinéa, dans les plus brefs délais, les
renseignements nécessaires pour permettre à la personne à risque de prendre une
décision éclairée quant à sa relation, de prendre les mesures qu'elle estime
appropriées pour s'assurer sa sécurité ou celle de son enfant ou de mettre en
place des scénarios de protection. Lorsque la Sûreté du Québec n'identifie
aucun renseignement nécessaire, elle en informe l'organisme.
«Le ministre responsable de la condition
féminine désigne l'organisme, sur recommandation du ministre. Lors de la
désignation, le ministre responsable de la condition féminine prend notamment
en compte les besoins propres aux Premières Nations et aux Inuit.»
Commentaire : Cet amendement vise à
prévoir le délai dans lequel la Sûreté du Québec doit communiquer les
renseignements à l'organisme désigné. Il prévoit les éléments à prendre en
considération par le ministre responsable de la Condition féminine lors de la
désignation.
Et, M. le Président, on a entendu, lors de
nos consultations, Femmes autochtones Québec, qui voulait qu'on s'assure de
bien prendre en note le volet Premières Nations au niveau de la sécurisation
culturelle. Ça fait que c'est pour ça, M. le Président, ce que je vous présente
aujourd'hui, on dit «prend notamment en compte les besoins propres aux
Premières Nations et aux Inuit». Donc, on est venus l'ajouter dans ce qu'on
vous présente aujourd'hui.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci,
alors, étant donné que c'est un article qui remplace l'article initial, est-ce
qu'il y a des... des questions sur l'amendement? Députée de Sherbrooke.
Mme Labrie : Oui.
Peut-être juste une question de... d'abord, de clarification. Quand on dit «le
ministre responsable de la Condition féminine désigne l'organisme sur
recommandation du ministre», le deuxième «ministre», il fait référence au
ministre de la Sécurité publique ou intérieure?
M. Lafrenière :
Intérieure.
Mme Labrie : OK. Donc,
la... la désignation va partir d'abord de ce ministère-là pour être autorisée,
finalement, par le Secrétariat à la... à la condition féminine, éventuellement?
M. Lafrenière :
Contraire.
Mme Labrie : J'avais
compris l'inverse jusqu'à maintenant.
(Consultation)
M. Lafrenière : Excusez-moi,
M. le Président, parce que je voulais être bien sûr, parce que ça fait «ministre»
deux fois, là.
Mme Labrie : Oui.
M. Lafrenière : Donc,
Condition féminine va... va suggérer l'organisme et ça va se faire ensemble,
dans le fond, là...
Mme Labrie : Dans le
fond, parce que là, c'est, Condition féminine qui va le désigner. Mais la
personne qui fait la recommandation au ministre de la Condition féminine, c'est
le ministre de la Sécurité intérieure. Ça fait qu'au départ, c'est du côté du
ministère de la Sécurité intérieure, qui aura donc toute la réflexion pour
l'organisme désigné. Moi, je pensais que ce serait du côté du Secrétariat à la
condition féminine.
• (16 h 20) •
M. Lafrenière : M. le
Président, puis c'est important aussi de... l'intention du législateur. Puis,
vous savez, on voulait, là... Bien, on ne voulait pas... À tous les jours qu'on
est assis devant vous, on est ensemble, avec la Condition féminine. Ce
dossier-là va... va devoir être travaillé toujours ensemble.
Ça fait que c'est, ministère de
l'intérieur, puis là, on dit toujours ministère de la Sécurité publique,
personne ne m'a posé la question, mais c'est encore Sécurité publique.
Pourquoi? Parce que, dans le corpus législatif, c'est toujours ça. Ça fait
qu'appeler le...
M. Lafrenière : …publique ou
intérieure, c'est la même personne avec la condition féminine, et on veut que
les deux travaillent ensemble, parce que le volet police, c'est vrai, il y a le
volet des organismes qui sont bien connus par la condition féminine, puis on
veut s'assurer, dans le futur, que ces deux ministères-là travaillent ensemble
pour la désignation. Ça fait que, pour nous, c'est clair, c'est sans équivoque,
ça doit se faire ensemble. Il y a un porteur, c'est moi qui est porteur
aujourd'hui, mais ça peut être ma collègue aussi. On travaille ensemble.
Mme Labrie : Et le
financement de cet organisme désigné là, il va arriver du Secrétariat à la
condition féminine ou du ministère de la Sécurité intérieure?
M. Lafrenière : C'est la
condition féminine qui va…
Mme Labrie : OK. Donc, la
recommandation, elle va partir de sécurité intérieure, ça va être envoyé à la
condition féminine.
Eux autres, ils vont suivre ou pas cette
recommandation-là.
Mais, si on travaille ensemble, on suppose
qu'ils vont la suivre, puis c'est eux autres qui vont le désigner, le financer,
en assurer le suivi.
Pourquoi ce n'est pas… pourquoi… pourquoi
la recommandation part du ministère de la Sécurité intérieure, en fait?
M. Lafrenière : C'est le
ministère… le ministère qui est porteur de cette loi. C'est la… la sécurité…
bien, la sécurité publique/la sécurité intérieure. On voulait vraiment que,
dans ce volet-là, comme c'est des organismes qu'ils connaissent, que ça se
fasse ensemble, là. Ça fait que présentement, on s'entend tellement bien, ma
collègue et moi, tout va bien. Non, mais c'est vrai, mais on fait de la
législation pour les prochaines années, des prochaines décennies. On voulait
s'assurer que, dans le corpus, ça reste que les deux doivent le faire ensemble.
Parce que ces deux volets-là sont intimement reliés. Oui, il y a le volet
policier pour les banques de renseignement, tout ça, c'est vrai, mais les
organismes, ça doit être avec la condition féminine. Puis c'est pour ça que,
nous autres, on travaille toujours ensemble.
Mme Labrie : Puis, cette
désignation-là, elle va être pour une période de temps définie, j'imagine,
renouvelable ou comment ça… Parce
qu'il a été discuté dans le passé que ça serait, un… peut être un appel
d'offres pour être cet organisme désigné. Donc la configuration, tout ça, ce
n'est pas nommé à vie, j'imagine?
M. Lafrenière : Vous savez, M.
le Président, on a entendu les groupes en consultation qui nous ont dit… je
pense, entre autres, à un volet que je connais bien, un volet autochtone, là :
Est-ce que ça va être un organisme ou des organismes? Honnêtement, là, on veut juste laisser la
chance de le regarder avec ces… ces groupes-là pendant l'été. Ça fait que
combien qu'il va en être?
Donc, combien d'organismes vont être désignés?
Je ne peux pas vous le dire aujourd'hui. Déjà là, je faisais cette réflexion-là
en me disant : OK, en milieu urbain, il y a peut-être un groupe, en
communauté, peut-être des groupes, il va falloir être très flexibles là dessus.
C'est pour ça qu'on veut le travailler ensemble.
Mme Labrie : Donc, même si
«organisme» ici est au singulier, il y a potentiellement plusieurs organismes
désignés…
M. Lafrenière : Absolument
Mme Labrie : …et ça va être
pour un mandat, dans la durée de temps, il va être… pas être prévu?
M. Lafrenière : Mais, ça, on
va le regarder avec les organismes, M. le Président, parce qu'il y a deux
enjeux. Le premier, c'est de, excusez l'expression… de se peinturer, là, en
disant : C'est pour toujours, il y a toujours un danger. D'un autre côté,
les gens vont demander de la… de la prévisibilité…
Mme Labrie : Bien sûr. Avec
raison.
M. Lafrenière : …en disant :
Si tu me donnes le contrat pendant six mois, c'est impossible à vivre. Ça fait
qu'on va le regarder avec ces organismes-là pour voir c'est quoi le juste
milieu entre…
Mme Labrie : Bien, c'est pour
ça que je le demande, en fait, parce que, là, c'est comme écrit nulle part.
C'est sûr que ça ne peut pas être un contrat à vie non plus, parce que, des
fois, ça peut mal se passer. Des fois, eux autres peuvent ne plus avoir le goût
de faire ça, pour toutes sortes de raisons.
M. Lafrenière : Peuvent se
retirer pour peu importe la raison.
Mme Labrie : Exact, mais…
mais il faut qu'il y ait aussi une assez longue période de… donc, je m'attends
à ce que ça soit sur plusieurs années, quand même, le temps de structurer ça,
déjà. C'est sûr que ça va prendre un temps, là. Donc, je… ça, ça va être
clarifié où et comment?
M. Lafrenière : Dans la phase
réglementaire. Puis, M. le Président, souvent, on vient le… rajouter de
l'information parce qu'on veut s'assurer, dans le futur, que ce soit… ça soit
fonctionnel. Dans le cas présent, ce qui fait en sorte que je suis rassuré,
c'est que… c'est comme une obligation. On s'entend que la Sûreté du Québec doit
transmettre de l'information à un organisme. On a tous avantage à ce que
l'organisme soit bien identifié, bien là, sinon, ça ne fonctionne pas. Ça fait
que, comme il y a cette obligation-là qui est implicite dans notre projet de loi,
moi, je suis à l'aise en me disant : La sûreté, elle va vouloir
transmettre de l'information, ça prend un bon partenaire, on va le travailler
ensemble. Alors, moi, je suis… je comprends la question de ma collègue, mais,
par obligation, ça va devoir fonctionner, là.
Mme Labrie : Oui. Ça fait que
l'appel de projets va être développé avec quand même les organismes pour être
capables de fixer une… une période, là, de mandat qui va correspondre…
M. Lafrenière : Ici, on a
pris l'engagement, entre autres avec Femmes Autochtones, quand ils sont venus
nous parler ici en disant qu'on devait le coconstruire. On veut le faire avec
les organisations, on a avantage à ce que ça soit fait avec ces organismes-là.
Mme Labrie : OK? Puis, mon autre question,
c'est… au premier alinéa, quand on dit : Lorsque la Sûreté du Québec
n'identifie aucun renseignement nécessaire, elle en informe l'organisme. Pour
nous, ici, c'est implicite que, même quand il n'y a pas eu d'antécédents, on
s'attend à ce que l'organisme désigné fasse un contact avec la personne à
risque…
M. Lafrenière : Ça, on l'a…
on l'a rendu explicite, là. On voulait que ce soit très clair.
Mme Labrie : On l'a… on l'a
explicité verbalement souvent. Est-ce qu'on… est-ce qu'on devrait l'expliciter
aussi dans la loi?
Comment on va faire en sorte que cette obligation-là soit explicitée par écrit
quelque part? Même si
c'est… nous, notre intention, c'est bien évident que c'est ça qu'on veut, là,
mais… puis, parce que c'était très clair pour tout le monde que ce n'est pas
parce qu'il n'y a pas d'antécédents qu'il n'y a pas de risque. Ça prend
peut-être, quand même, un plan de… un plan de sortie de la relation
sécuritaire, il y a… il y a peut-être des gestes à poser. Donc, c'est juste
que, là, je… il y a une obligation de transmettre à l'organisme l'information,
mais l'organisme, ici, on ne prévoit pas de…
Mme Labrie : …obligation de sa
part. C'est comme, peut-être trop implicite à mon goût, à moins qu'on me dise
que ça va être ailleurs, là.
M. Lafrenière : Bien, M. le
Président, je pense qu'à l'article 8, on va répondre à la question de ma
collègue, et je… là, on vient dire que la Sûreté du Québec doit donner
l'information, même si elle n'a rien trouvé. Puis, à 8, on va revenir tantôt,
mais on ramène ça aussi, là.
Mme Labrie : À 8, c'est peu,
par exemple. Bien, c'est… OK, la rencontre est obligatoire, c'est il peut lui
fournir l'information pour prendre une décision. OK, c'est bon. Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
va? Députée de Sherbrooke.
Une voix : Terrebonne.
Le Président (M. Schneeberger) : Terrebonne.
Je ne sais pas pourquoi, excusez-moi, ça fait deux fois que je dis ça, mais,
bon, c'est la députée de Terrebonne.
Mme Gentilcore : Il veut
vraiment… il veut vraiment que je déménage chez vous. Il veut vraiment qu'on se
rapproche. Mais… Oui, on a parlé à plusieurs reprises pendant les consultations
particulières, en fait, de l'importance d'analyser les renseignements qu'on
reçoit. Donc, si on a parlé du fait que, bon… là, en ce moment, c'est très
technique et très, tu sais, factuel. La SQ prend les données et les transmet à
l'organisme qui les transmet à la personne à risque. Mais on a parlé de
l'importance de… de bien lire ces renseignements-là, de faire sens de ces
renseignements-là, puis de raconter une histoire. Est-ce qu'on veut le préciser
ici, puis de qui c'est la responsabilité? Parce que, quand on en parlait0 aux
différents groupes, ça pouvait dépendre des groupes qui étaient là. Donc,
est-ce que c'est la SQ avec l'intervenante qui est en charge de faire ça?
Est-ce que c'est seulement l'organisme qui s'en charge? Puis est-ce qu'on le
prévoit cette période-là où il faut quand même prendre le temps d'analyser tout
ça, puis de dire : Bon, qu'est-ce qu'on transmet, de quelle façon, puis
qu'est-ce qu'on… comment on les aide, dans le fond, à recevoir ça puis à
l'analyser comme il faut?
M. Lafrenière : M. le
Président, pour ce qui est de l'analyse de risques… vous savez, quand on a… on
s'est comparé à d'autres juridictions, il y en a qui allait avec un code de
couleur en disant : Cette relation-là, elle est verte, jaune, rouge. On a
décidé qu'on n'allait pas là, on voulait donner le plus d'information possible
à la personne pour qu'elle prenne sa propre décision. Un.
Deuxièmement, pour ce qui est de l'analyse
de risque, ce qu'on a établi clairement, c'est que ce n'était pas pour être les
policiers ou la Sûreté du Québec. Ça pourrait être l'organisme désigné qui est spécialisé,
qui connaît bien justement les… les relations et tout, c'était pour l'analyser
avec la personne en disant : Regardez, voici ce qu'on a eu comme… comme
informations, puis ensemble, qu'est-ce que ça veut dire? Parce qu'il n'y a pas
deux cas qui sont pareils. Mais ce qu'on ne voulait pas, c'est que l'entonnoir
se ferme beaucoup, beaucoup du côté de la Sûreté du Québec, c'est-à-dire qu'eux
autres prennent l'information, l'analyse en disant : Bien, voici ce qu'il
en reste. On ne veut pas ça, M. le Président. Alors, ce qu'on dit,
l'information, elle est transmise à l'organisme, puis elle va, excusez
l'expression, va le remâcher avant de le donner à la personne à risque pour lui
expliquer ce que ça veut dire et, comme ça a été déjà dit, M. le Président, il
n'y a pas deux cas pareils, dans le sens qu'on pourrait donner une information
à une personne X, et avec les mesures qu'elle a mises en place ça serait
sécuritaire, puis une personne Y, ce ne serait pas. Alors, c'est du cas par
cas. Les mieux placés, c'est vraiment ces organismes-là, puis c'est pour ça
qu'on passe par un organisme, aussi.
Mme Gentilcore : Donc, c'est
dans leurs mains.
M. Lafrenière : Oui.
Mme Gentilcore : Ça fait que,
c'est clair pour ça. Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
va? La députée de Robert-Baldwin.
Mme Garceau : Merci. Juste
pour continuer, dans cette pensée, parce qu'on n'a pas prévu au projet de loi
ce mécanisme d'analyse entre… il me semble que c'est ça qui manque. Il y a un
bout qui manque ici, il me semble. C'est, oui, la SQ va recevoir tous les
renseignements, il va quand même faire, si je peux dire, une certaine analyse,
mais on n'a pas prévu au projet de loi que l'organisme désigné va faire partie
de… va aider, va appuyer, va accompagner la SQ dans cette analyse? Parce qu'il
y a une différence entre l'article 7 et 8, parce qu'on va de, on va avoir tous
les renseignements… excusez, entre, je m'excuse, l'article 6 et 7. Il est là,
là. Parce que 6, c'est la SQ qui fait ses recherches, c'est ça, obtient tous
les renseignements de tous les corps de police. Après ça, 7, la SQ communique
les renseignements nécessaires à l'organisme désigné. Donc, qui détermine les
renseignements nécessaires? En ce moment, c'est juste la SQ. Et d'après les
groupes, elles étaient pas mal claires que l'organisme désigné devrait être
inclus ou faire partie, là, d'analyser les renseignements obtenus par la SQ.
Donc, il y a quelque chose à faire entre la réception de tous les
renseignements, puis après ça, qu'est-ce qui est déterminé nécessaire afin de
transmission à la personne à risque?
• (16 h 30) •
M. Lafrenière : Oui, Merci,
M. le Président. Moi, j'aurai une distinction, puis, si on parle d'un
entonnoir, la Sûreté du Québec reçoit la demande, fait…
16 h 30 (version non révisée)
M. Lafrenière : ...donc
dans les banques de données, je... on va faire l'exercice, là.
Mme Garceau : Oui.
M. Lafrenière : Il fait ses
banques de données, fait des données ouvertes, regarde tout ça, met tout ça
ensemble. Ce qu'on s'est dit, il y a des cas, puis excusez l'expression, qui n'ont
pas rapport. Puis il y en a d'autres, même si ce n'est pas un dossier de
violence conjugale, on parlait, exemple, de tout ce qui était des fraudes.
Fraude, mais fraude tout seul, non, mais fraude avec ses anciens partenaires
intimes.
Vous comprenez que c'est là que l'analyse
de la Sûreté du Québec va tout prendre ça en me disant : Bon, voici, là, ce
qui a rapport avec ce qu'on a comme demande. Mais là, l'organisme, une fois qu'il
va le recevoir, lui, il va l'analyser en disant : Dans le cas présent, c'est
quoi, le risque? Quand on va analyser le risque avec la personne, là, qui est
un partenaire intime, puis de dire : Voilà, tu sais, ça remonte dans le
temps, oui, mais c'est un pattern qui est revenu à plusieurs reprises. Puis, il
va y avoir cet échange-là, verbal, avec la personne intime, là, quand ils vont
la rencontrer.
Alors, moi, l'entonnoir, M. le Président,
je le vois assez clair. La Sûreté du Québec demande... reçoit la demande, fait
une... regarde dans ses banques de données. Si elle a besoin de complément d'information,
elle demande aux services policiers qui l'ont traitée, ça ne sera pas dans tous
les cas. Bon, vous avez telle information, j'en veux plus. Elle prend tout ça, transmet
à l'organisme ce qui est en rapport avec notre dossier. C'est-à-dire, s'il y a des
choses, puis là, je ne peux pas vous faire la liste, c'est pour ça qu'on veut
le faire par voie réglementaire avec les... avec la Sûreté du Québec, puis les
organismes, en disant : OK, qu'est-ce qu'on va traiter? Qu'est-ce qu'on va
mettre de côté?
Mais, moi, de la façon que je le vois ici,
M. le Président, à 7, on le reçoit, on le transmet à l'organisme, l'organisme l'analyse,
le dépose, le transmet à la personne qui a fait la demande. Moi, je pense qu'on
est assez clair sur cette partie-là, mais il y a beaucoup de travail qui va se
faire de façon réglementaire, beaucoup de travail qui va se faire aussi dans la
formation, en disant, voici comment ça va être traité.
Mme Garceau : Oui, mais
on est dans un champ quand même très, très spécialisé. Puis c'était ça,
vraiment, les commentaires des groupes, c'est... c'était de bénéficier de leur
expertise, vraiment, mais afin de déterminer qu'est-ce qui est nécessaire,
surtout en ce qui a trait au contrôle coercitif. Il me semble que, et peut-être,
ça serait au besoin, je ne le sais pas, mais je ne veux pas complètement les
écarter...
M. Lafrenière : Au
contraire. Ah non.
Mme Garceau : ...de
cette analyse et de ne pas être comme, on fait... on fait face à un fait
accompli que, bien, voici les informations ou les renseignements nécessaires.
Mais on ne peut pas retourner en arrière pour dire : Bien, une minute,
comment se fait-il que vous avez déterminé que tel... C'est... c'est juste ça et
je crois que la SQ avait quand même émis l'idée que l'organisme désigné soit
impliqué. On n'avait pas écarté, il me semble, cette idée de la SQ, en ce qui a
trait à l'analyse.
M. Lafrenière : Mais je
pense qu'il faut faire la distinction, puis c'est là que c'est important, M. le
Président, entre l'analyse de renseignements et l'analyse des besoins de la
personne. La Sûreté du Québec, ce qu'ils vont faire, c'est de l'analyse de
renseignements. Puis ça, on a des spécialistes, j'ai été aux renseignements
pendant deux ans, je peux vous dire, là, eux vont regarder les renseignements,
puis leur job, c'est d'aller chercher tout ça, puis de faire des liens, d'amener
l'information.
Mais après ça, on se l'ai dit clairement,
ce n'est pas les policiers qui vont analyser la situation de... de relation de
couple, de relation qui serait toxique. C'est l'organisme qui est spécialisé
qui va tout prendre ça, qui va dire, OK, là, c'est du renseignement que j'ai reçu
de façon criminelle, moi, je regarde ça, puis je le regarde maintenant dans une
relation avec des partenaires intimes, mais comment tout ça s'applique? Ça fait
que du renseignement criminel, on arrive avec un organisme qui est spécialisé,
qui dit, moi, une fois que j'ai ça, là, voici ce que ça veut dire dans la
réalité d'une relation intime.
Puis ça, ce n'est pas la Sûreté du Québec qui
va le faire, ça, c'est l'organisme. Puis, c'est pour ça qu'on passe par un
organisme, on ne passe pas par un interprète, une... Non, non, c'est un
organisme qui est spécialisé dans les relations intimes qui va pouvoir venir
dire, qui va faire parler cette information-là, qui va dire : C'est beau,
là, c'est beau, les renseignements que j'ai reçus, c'est beau l'analyse qui a
été faite de la SQ pour le renseignement criminel, mais voici ce que ça veut
dire dans une relation intime au quotidien. Avec la connaissance que j'ai, je
sais comment ces «patterns»-là revient, puis cette personne-là va être spécialisée.
Puis, c'est pour ça que la Sûreté du
Québec n'était pas en désaccord en disant, de façon réglementaire, regardons
comment ça va se travailler. Mais l'analyse criminelle va être faite par la SQ,
point. Puis la... on s'est dit, hein, que contrairement à d'autres
juridictions, on n'y va pas avec un type de relation, on analyse le
renseignement, point, puis on va le colliger, on le ramasse.
Ça, pour moi, c'était la bonne chose.
Mais, après ça, il faut que ce soit l'organisme qui, lui, détermine ce que ça
veut dire. Puis, en passant, comme j'ai dit tantôt, le détermine, mais après
ça, avec la relation qu'il va avoir avec la personne qui... qui a fait la
demande, mais l'analyse peut être bien différente d'une personne X à une
personne Y. Puis ça, la SQ, n'a aucune idée, là, c'est la personne qui va être
en... en lien.
C'est pour ça qu'on parle de rencontre en
personne, autant que possible. J'ai dit à peu près six fois «personne» dans la
même phrase, c'est... c'est mélangeant pour ceux qui nous écoutent, là, mais je
m'excuse. C'est vrai, hein, «personne» revient souvent. Ça fait que lorsque
cette... le partenaire intime va être rencontré par l'organisme, bien là c'est...
M. Lafrenière : ...là qu'on ne
parle pas de mathématiques, là, ça va être de l'humain. Comment qu'elle se
sent, comment qu'elle vit ça, qu'est-ce qu'elle a mis en place? Est-ce qu'elle
vit encore avec ou pas? Est-ce qu'elle le revoit ou pas? Est-ce qu'elle a un
travail? Est-ce que... tout ça. Puis, je peux vous faire la liste, là. Je ne
suis pas un spécialiste, mais je suis persuadé que les organismes vont poser
beaucoup de questions pour établir, ensemble, ça va être quoi, le filet de
sécurité qui est nécessaire ou pas? Mais ça, ça revient à l'organisme et non
pas à la Sûreté du Québec.
Mme Garceau : OK, merci pour
les explications.
Le Président (M. Schneeberger) :
Ça va? Alors, pas d'autres questions? Est-ce que l'amendement... l'amendement
qui introduit l'article 8, qui est pour le changement de l'article, est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Schneeberger) :
Adopté. Est-ce que l'article 7 tel qu'amendé est adopté, même s'il est de facto
adopté, mais...
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Schneeberger) :
Je suis obligé de le demander. Merci beaucoup. Alors, article 8.
M. Lafrenière : Oui. Merci,
M. le Président.L'article 8 : «La personne désignée par l'organisme à qui
la Sûreté du Québec a communiqué les renseignements en vertu de l'article 7
rencontre la personne à risque pour lui communiquer verbalement ou l'informer
du fait qu'aucun renseignement nécessaire n'a été identifié aux fins de
l'application de la présente loi. Elle peut également lui fournir de
l'information pour lui permettre de prendre une décision éclairée quant à sa
relation, de prendre les mesures qu'elle estime appropriées pour assurer sa
sécurité ou celle de son enfant ou de mettre en place des scénarios de
protection et elle peut la diriger vers les ressources spécialisées dans des
interventions adaptées à ses besoins et en faciliter l'accès.
«Lors de la rencontre, la personne à
risque peut être accompagnée. «L'organisme et la personne désignée par
ce dernier ne peuvent reproduire les renseignements qui leur ont été
communiqués en vertu de l'article 7 et l'organisme doit détruire ces
renseignements dans les 60 jours de leur transmission par la Sûreté du Québec.
«Le gouvernement détermine par règlement
les conditions qu'une personne doit satisfaire afin d'être désignée par un organisme.»
Et ça, M. le Président, on a un amendement
qu'on a transmis à l'article 8. Est-ce que je dois lire les commentaires quand
même?
Le Président (M. Schneeberger) :
Oui. Est-ce qu'il a déjà été déposé? Oui, tout le monde l'a? Parfait. Alors, allez-y.
M. Lafrenière : Je vais lire
les commentaires, puis après ça, je vais aller avec notre amendement. L'article
8 prévoit qu'une personne que l'organisme désigne et qui satisfait aux
conditions déterminées par règlement du gouvernement rencontre la personne à
risque qui peut être accompagnée afin de lui communiquer verbalement les
renseignements communiqués par la Sûreté du Québec à l'organisme ou de
l'informer qu'aucun renseignement nécessaire n'a été identifié.
Cet article prévoit également que cette
personne peut fournir à la personne à risque de l'information diverse pour
l'accompagner et qu'elle peut la diriger vers les ressources spécialisées dans
des interventions adaptées à ses besoins. Enfin, il interdit à l'organisme et à
la personne désignée de reproduire les renseignements qui leur ont été
communiqués et spécifie que l'organisme doit détruire ces renseignements dans
le délai fixé.
Alors, ce qui était proposé comme
amendement, M. le Président, à l'article 8 : Remplacer, dans l'article 8,
«rencontre la personne à risque pour lui communiquer verbalement ou informer»
par «communique avec la personne à risque dans les plus brefs délais afin de
prévoir une rencontre. Lorsque celle-ci... pardon, lors de celle-ci, elle lui
communique verbalement les renseignements ou l'informe».
Comme commentaire : Cet amendement
vise à préciser que la personne désignée par l'organisme doit communiquer avec
la personne à risque dans les plus brefs délais.
Le Président (M. Schneeberger) :
...oui, allez-y. Députée de Westmount–Saint-Louis.
Mme Maccarone : Oui. C'est un
excellent amendement. Merci, M. le ministre. Mais, je voulais savoir s'il y a
une ouverture soit de sous-amender ou de modifier votre amendement pour prendre
aussi en considération «dans un contexte sécuritaire». Nous, on a déjà déposé
un amendement à cet égard parce qu'il y a plusieurs groupes, dans le fond, qui
ont fait la mention... Il y a plusieurs groupes qui ont en fait la mention pour
un «dans les meilleurs délais», mais dans un contexte sécuritaire, on a entendu
de SOS violence conjugale, d'Alliance MH2, des regroupements des maisons ont
aussi... dans le CAVAC, Simon Lapierre. Ça fait qu'il y a plusieurs groupes qui
ont fait cette mention aussi.
M. Lafrenière : ...M. le
Président. En même temps qu'on se parle, l'équipe regarde ça parce c'est
intéressant. Puis souvent, on dit le législateur ne parle pas pour rien dire
dans le sens qu'on le prenait pour acquis, mais dans le cas présent, on le
regarde parce que je trouve ça intéressant pour envoyer vraiment l'intention du
législateur que ça soit bien reçu. On peut continuer d'échanger sur l'article,
M. le Président, puis nous, on est déjà en vérification, là, d'un instant à
l'autre.
• (16 h 40) •
Mme Maccarone : Moi, je n'ai
pas de malaise du tout en ce qui concerne cet amendement. C'est juste, ma
question, c'est : Est-ce qu'on l'adopte, puis là, je dépose un amendement,
ou est-ce que je sous-amende, ou bien est-ce qu'on retire puis on redépose? La
façon qui est peut-être la plus facile, parce que j'y tiens, je pense que c'est
important. Il y a plusieurs groupes qui ont fait la mention. Puis, malgré que
je pense que c'est... Ça va sans dire, là... Pas besoin nécessairement de le
préciser parce que ça doit être le contexte, de toute façon, parce qu'ils l'ont
mentionné puis parce que c'est une demande des groupes. Je ferais cet
amendement. J'ai aussi... Pendant qu'ils sont en train de faire la recherche
pour votre...
Mme Maccarone : …pour votre
gouverne, M. le ministre, je… on a aussi déposé...et tout est dans le Greffier,
on l'a fait la semaine passée pour vous donner la chance de vérifier un peu nos
orientations. On a parlé avec des groupes, puis, suite à ceux que nous avons
entendus, on comprend que, pour les ordres professionnels, ils ont quand même
un droit de respecter la protection des informations. Ils ne peut pas tout
détruire, et ils nous ont dit que nous pouvons s'inspirer de… du tribunal.
Alors voilà, on s'est inspiré du tribunal, et en le faisant, bien, on fait une
proposition pour introduire un 8.1 qui leur donne la liberté de détruire, mais
de conserver le minimum. Comme ça, eux, ils sont en mesure de respecter leurs
ordres, mais ils sont aussi en mesure de respecter l'esprit de la loi pour la
destruction des documents.
Le Président (M. Schneeberger) : M.
le ministre,
M. Lafrenière : Merci M. le
Président. Pour 8.1, puis encore là, on a toujours travaillé de façon bien,
bien, bien transparente, pour celui-là, on a encore du travail à faire, alors
je ne suis pas prêt à donner un retour tout de suite à ma collègue. Pour
l'article huit, cependant, on travaille sur quelque chose qu'on va lui
présenter d'un instant à l'autre. Alors, je nous suggère qu'on continue nos
discussions sur l'article huit. Et d'un instant à l'autre... c'est ça, avec les
autres collègues, voir s'il y a d'autres choses. Sinon, on va avoir un
amendement à proposer, que ce soit simple qui va répondre à… aux besoins de la
collègue. Pour 8.1, ça va être un petit peu moins simple que ça.
Le Président (M. Schneeberger) : OK.
Alors, est-ce qu'il y avait d'autres questions ou je vais suspendre, le temps
que M. le ministre dépose les modifications? Oui, députée de Robert-Baldwin.
Mme Garceau : Oui. Moi, j'aurais
une question, M. le ministre, juste pour... en ce qui a trait à l'intention du
législateur. Parce que la personne désignée par l'organisme désigné. Qui
pourrait dire que l'organisme désigné décide de désigner un autre organisme?
Donc, à titre d'exemple, mettons, si c'est SOS Violence conjugale qui est
l'organisme désigné, et, compte tenu des circonstances puis de les
renseignements qui doivent être, qui doit être transmises à la personne et
aussi probablement le filet de sécurité et l'accompagnement qui est… qui sera
nécessaire aussi, va désigner une maison d'hébergement où habite la personne à
risque pour l'accompagnement et la transmission de renseignements, et tout ça.
Je voulais juste voir si vous aviez songé à cette possibilité-là que l'organisme
désigné va désigner la tâche à un autre organisme qui est plus proche de la
personne.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui,
M. le ministre.
M. Lafrenière : Oui, merci, M.
le Président. Puis tantôt, on va suspendre quelques instants, puis on va être
capable de régler 8.1 en même temps, là. Mais, juste pour mettre clair
l'intention du législateur, c'est que la Sûreté du Québec va transmettre
l'information à une personne qui va avoir été désignée par l'organisme, mais,
par la suite, puis on vous reviendra là pour comment ça va se…
s'opérationnaliser sur le terrain, s'il y a d'autres partenaires. Mais ici, ce
qu'on vient dire, c'est qu'une personne qui a été désignée parce qu'il y a un
volet confidentialité, on ne peut pas dire oui, mais dans ce cas-là, tu…
normalement, t'appelais Martin, là, appelle Éric à tel numéro. Ça n'arrive pas
comme ça, là. L'Organisme a désigné une personne qui devient l'interface avec
la Sûreté du Québec qui reçoit l'information. Mais pour la suite, après ça,
l'accompagnement, c'est une autre chose. Mais pour la… recevoir, l'information,
c'est une personne qui a été désignée par l'organisme qui aurait été choisie.
Puis on a dit, la… les organismes, on le saura au cours des travaux de l'été.
Mme Garceau : Donc, à titre
d'exemple, SOS Violence conjugale va désigner une personne qui va être comme
l'intermédiaire entre la SQ et les femmes qui vont accompagner la personne à
risque.
M. Lafrenière : C'est ça?
Parce que ça, on va venir mettre ça très explicite. Puis l'autre exemple,
Centre d'amitié autochtone, on pourrait décider, dans certains cas, ce seraient
les gens qui seraient désignés, ça fait qu'une personne serait le point de
contact et non pas la première personne qui répond au téléphone.
Mme Garceau : OK, c'est bien.
M. Lafrenière : Mais, M. le
Président, s'il n'y a pas d'autres questions sur huit, puis je laisser le temps
à mes collègues des deux autres oppositions, mais sinon, je prendrais….
Le Président (M. Schneeberger) :
Oui, puis de toute façon…
M. Lafrenière : Oui, là, je
vous dis deux minutes parce que je n'ai plus de crédibilité avec mes 30
secondes, mais deux minutes. On va pouvoir régler le 8.1 aussi, M. le
Président.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
je vais dire au moins quatre minutes. Alors, nous suspendons, s'il vous plaît.
(Suspension de la séance à 16 h 49)
(Reprise à 17 h 01)
Le Président (M. Schneeberger) : Alors
nous reprenons les travaux. Alors, après moult tractations entre le ministre et
l'opposition officielle, alors, je pense que M. le ministre, vous avez des
choses à nous annoncer.
M. Lafrenière : M. le
Président, ce n'est même pas des tractations, c'est du travail d'équipe. Alors,
si d'aventure tout le monde est d'accord ici, je veux retirer mes amendements
pour vous présenter un nouvel article 8, M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
consentement pour le retrait? Consentement. Alors, je pense que c'est la
députée de Westmount—Saint-Louis qui va déposer un nouvel article.
Mme Maccarone : Un amendement
à l'article 8.
Le Président (M. Schneeberger) :
Ou un amendement pour l'article.
Mme Maccarone : Oui, merci.
Alors, à l'article 8 du projet de loi :
1 ° remplacer, dans le premier alinéa,
«rencontre la personne à risque pou pour les lui…» Pour les lui? Pour lui… je
pense que vous, vous pouvez autoriser un changement sur le… Pour lui.
M. Lafrenière : Attendez un
instant. Non. Non, ça marche, «les lui», dans le cas. Il faut juste le lire
avec tout le reste, par exemple.
Mme Maccarone : ...«pour les
lui communiquer verbalement ou l'informer» par «communiquer avec la personne à
risque, dans les plus brefs délais et de façon sécuritaire, afin de prévoir une
rencontre. Lors de celle-ci, elle lui communique verbalement les renseignements
ou l'informe»;
2° insérer, dans le troisième alinéa et
après «par ce dernier», «qui n'est pas membre d'un ordre professionnel».
Alors, suite à nos échanges, dans le fond,
on a évacué les modifications que moi, j'aurais voulu faire à l'article 8, ça
fait qu'on prend la recommandation du gouvernement dans les meilleurs délais,
on ajoute la notion de sécurité et aussi le questionnement que nous avons
entendu par plusieurs groupes qui ont témoigné lors des auditions, qui ont dit
que pour respecter les consignes de l'ordre professionnel, ça va être
difficile, la destruction des documents après 60 jours.
Le Président (M. Schneeberger) :
Merci.
Mme Maccarone : Pour les lui
communiquer.
M. Lafrenière : Les
informations, on va les lui communiquer.
Le Président (M. Schneeberger) : Est-ce
qu'il y avait des commentaires ou questions sur l'amendement proposé? OK?
Alors, est-ce que l'amendement proposé à l'article 8 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Schneeberger) :
Adopté. Est-ce qu'il y a des commentaires ou questions sur l'article 8 tel
qu'amendé? OK. Est-ce que…
Mme Maccarone : …avait une
question, juste avant que…
Le Président (M. Schneeberger) : Oui.
Ddéputée de Robert-Baldwin.
Mme Garceau : Non, là, je
veux juste… Est-ce que je peux juste prendre un moment, s'il vous plaît?
Le Président (M. Schneeberger) : Vous
voulez suspendre ou... Non?
Mme Garceau : Oui, juste pour
une minute.
Le Président (M. Schneeberger) : Une
minute? OK. Alors, on suspend un bref instant.
(Suspension de la séance à 17 h 03)
17 h (version non révisée)
(Reprise à 17 h 07)
Le Président (M. Schneeberger) : Alors
nous reprenons les travaux. Juste pour être certain, est-ce qu'il y avait des
discussions ou des questions encore sur l'article 8 tel qu'amendé? Non? Ça
va. Alors, est-ce que l'article 8 tel qu'amendé est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Schneeberger) :
Adopté. Article 9, M. le ministre.
M. Lafrenière : Oui. Merci,
M. le Président.
«Malgré les articles 9 et 83 de la
Loi sur d'accès aux documents des organismes publics et sur la protection des
renseignements personnels (chapitre A-2.1) et malgré le premier alinéa de
l'article 27 de la Loi sur la protection des renseignements personnels
dans le secteur privé (chapitre P-39.1), le partenaire intime n'a pas le droit
d'être informé de l'existence d'une demande présentée en vertu de la présente
loi ou de recevoir communication d'un renseignement le concernant recueilli et
communiqué en vertu de la présente loi.»
Comme commentaire, M. le Président : L'article 9
déroge aux articles 9 et 83 de la Loi d'accès aux documents des organismes
publics et sur la protection des renseignements personnels et au premier alinéa
de l'article 27 de la Loi sur la protection des renseignements personnels
dans le secteur privé qui donnent le droit à toute personne d'être informée de
l'existence, dans un fichier de renseignements personnels, d'un renseignement
personnel le concernant, de recevoir communication de tout renseignement
personnel le concernant et qui permet à toute personne qui en fait la demande
d'avoir accès aux documents d'un organisme public.
Cet article prévoit que malgré ces règles,
le partenaire intime n'a pas le droit d'être informé de l'existence d'une
demande présentée en vertu de la présente loi ou de recevoir communication d'un
renseignement le concernant recueilli et communiqué en vertu de la présente
loi.
Ça, M. le Président, on l'a entendu à
plusieurs reprises, la crainte que les gens avaient que la... le partenaire
intime soit avisé. Puis, là, avec l'article 9, on vient s'en assurer que
ça n'arrivera pas.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci.
Questions sur l'article 9? Aucune. Alors, ça va être très rapide. Alors,
est-ce que l'article 9 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Schneeberger) :
Adopté. Article 10.
M. Lafrenière : Merci,
M. le Président.
«Toute personne à qui sont communiqués des
renseignements confidentiels en vertu de la présente loi ne peut les
communiquer à un tiers, sauf si ces renseignements sont nécessaires pour que la
personne à risque ou son enfant puisse bénéficier d'aide ou de protection...
M. Lafrenière : ...lorsqu'une
loi l'exige.»
Comme commentaire :L'article 10 interdit à toute personne
qui sont... à qui sont communiqués des renseignements confidentiels en vertu de
la présente loi de communiquer à d'autres personnes, sauf si cela est
nécessaire pour la personne à risque ou son enfant puisse bénéficier d'aide ou
de protection ou encore qu'une loi l'exige.
M. le Président, j'ai un amendement à
proposer qui a déjà été envoyé à l'article 10.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui.
Alors, faisons la lecture, on l'a déjà.
M. Lafrenière : Parfait.
Alors, à l'article 10 : Insérér à l'article 10 du projet de loi
après «d'aide», «de soutien moral».
Commentaire : Cet amendement vise à
préciser que toute personne, dont la personne à risque, peut communiquer des
renseignements confidentiels afin qu'elle puisse bénéficier d'un soutien moral,
notamment celui de ses proches.
Et ça, M. le Président, c'est un
commentaire qu'on a entendu. Les gens nous disaient : Écoutez, si on
transmet l'information à une personne à risque, mais elle ne peut pas en parler
aux gens autour d'elle, comment elle va être capable d'aller chercher de l'aide?
On est venu le préciser, M. le Président, à l'article 10.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci.
Questions sur l'amendement? Députée de Sherbrooke.
Mme Labrie : Bien, je
veux remercier le ministre pour cet amendement-là, parce que je pense que ça
vient assouplir considérablement, là, l'interdiction de communiquer
l'information, puis tout le monde était un peu préoccupé de comment ça serait
interprété, tout ça. Donc, je pense qu'en... juste en venant ajouter ça, ça...
ça vient donner la souplesse nécessaire pour ne pas sentir le poids absolu, là,
de ne parler de rien de tout ça à personne. Donc on atteint mieux l'objectif,
je pense. Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci.
Une autre question? Députée de Robert-Baldwin.
Mme Garceau : Et un
amendement important, compte tenu des circonstances. Donc, merci beaucoup.
Aussi, est-ce qu'on a pensé à inclure le
juridique, le légal là-dedans? Parce que c'est sûr que, si... il y a le côté
criminel, mais il y a le... le côté civil aussi, famille et tout. Donc, est-ce
qu'on a pensé... Parce qu'il va y avoir évidemment transmission de ces
informations-là, probablement, potentiellement pour déposer des... des
demandes, des motions devant les tribunaux, des requêtes, en ce qui a trait
à... au droit d'accès, possiblement ou autre.
Le Président (M. Schneeberger) : M.
le ministre.
M. Lafrenière : Oui, M.
le Président, on va en parler tantôt à l'article 11, mais, à
l'article 11, on vient dire que «les renseignements confidentiels
communiqués en vertu de la présente loi ne peuvent être utilisés à d'autres
fins que celles prévues par celle-ci. De même, ils ne peuvent pas être admis en
preuve, notamment dans le cadre de poursuites judiciaires.»
Alors, à l'article 11, on vient
interdire l'utilisation de renseignements confidentiels communiqués en vertu de
la présente loi, à d'autres fins ainsi que leur admission en preuve.
Mme Garceau : OK.
M. Lafrenière : Je ne
sais pas si ça répond? Dans le fond, ça vient dire qu'on ne pourra pas les
utiliser comme preuve, M. le Président.
Mme Garceau : Mais
c'est... Je pense qu'il faut avoir une discussion à ce sujet-là. Parce que s'il
y a des antécédents judiciaires qui font en sorte que ça met la personne et son
enfant à risque, ça veut dire que tout ça demeure confidentiel, puis on ne
pourra pas faire des demandes devant les tribunaux pour, peut-être, restreindre
les droits d'accès de l'enfant ou autres demandes de protection devant les
tribunaux. Des ordonnances de non-contact, de non-communication, il y a tout...
il y a tout ça là.
M. Lafrenière : Oui.
Puis, je veux juste être prudent, parce que les antécédents, eux, M. le
Président, comme on sait, c'est public. On peut aller au greffe de la cour, on
peut les ressortir en tout temps.
Mme Garceau : D'autres
informations, M. le ministre, là, les 810, puis peut-être, c'est... c'est là.
M. Lafrenière : Bien,
810 aussi. Attendez, je veux juste être prudent, là.
Mme Garceau : OK. OK.
M. Lafrenière : Ma
collègue a raison dans ce qu'elle amène, mais c'est juste dans... il faut juste
faire la part des choses entre ce qui est confidentiel, puis ce qui ne l'est
pas. Les antécédents, les 810, on peut... on peut retrouver ça facilement, ce
qui est... ce qui vient de sources publiques, on peut le retrouver facilement.
Mais de venir dire qu'une personne a appelé la police le 22 mai 1994, puis,
quand les policiers ont arrivé, ils ont remarqué que sur place, il y avait...
Ça, c'est de l'information confidentielle.
Puis, je pense que c'est là qu'il faut
faire la différence, mais ça n'empêchera pas un partenaire intime, moi, je...
on m'a communiqué l'information, puis j'ai... j'aurais pu avoir accès, mais
personne ne m'avait dit que mon partenaire intime avait des antécédents
judiciaires. Si je veux aller dans la cour, j'irai au plumitif, puis je
sortirai ce que j'ai obtenu, je le sortirai...je le sortirai de façon plus...
plus officielle, puis je le mettrai en cause.
Ce qu'on ne veut pas, pensons-y là, là, on
vient de faire une loi d'exception où on transmet de l'information qu'on ne
devrait pas transmettre. On se dit les vraies choses, là, on donne accès à de
l'information que normalement, les gens n'auraient pas accès. Puis on vient
dire, à la fin, tu ne peux pas prendre cette information-là, parce que tu l'as
eue, t'en servir de façon légale en disant : Tadam! Voici tous les
antécédents, puis tout ce que mon conjoint, ex-conjoint a déjà dit, déjà fait,
il a appelé la police telle date.
• (17 h 10) •
Je comprends la limite qu'on vient mettre
en disant, tu ne peux pas t'en servir comme preuve, mais cependant tu peux
aller chercher ta preuve autrement. Tu peux aller chercher tes... tes
antécédents judiciaires, tu peux aller rechercher ton 810. Ça fait que je
comprends ce que ma collègue dit...
M. Lafrenière : ...mais comme
on se donne une loi d'exception, je comprends pourquoi on le laisse de même.
Sinon, on met en danger la loi qu'on met ensemble en place en disant :
écoutez, ça va être utilisé à d'autres escients, là. Je comprends ce que ma
collègue dit. Mais, quand on prend une seconde puis on regarde la différence
entre ce qui est public puis ce qui est confidentiel... Ce qu'on vient faire,
M. le Président, là, c'est qu'on met... Pour simplifier la tâche pour tout le
monde, là, on s'assure que la personne a accès au maximum d'information sans
être obligée d'elle-même se présenter au palais de justice, aller voir notre
plumitif. Dans le fond, on lui donne un service cinq étoiles comme elle devrait
avoir, c'est correct.
Mais après ça, si elle va l'utiliser à
d'autres escients, il va falloir qu'elle aille devant les outils standards,
puis qu'elle aille au palais de justice, qu'elle ressorte la liste du greffier,
puis que... De toute façon, elle ne recevra pas de papiers. On s'est déjà dit
ensemble qu'on lui donnait pas un «listing» de ce qui est arrivé. Puis, je
pense que c'est normal.
Une voix : ...
M. Lafrenière : Oui, et on ne
veut pas prendre leur travail, les avocats. Si d'aventure, ils voulaient aller
dans une autre ligne, on va les laisser travailler là-dessus. Mais ça, c'est si
d'aventure, ils le font.
Le Président (M. Schneeberger) :
D'autres questions? Députée de Sherbrooke.
Mme Labrie : De toute façon,
moi, je comprends qu'en vertu de... la question de... de l'aide, on peut en
parler pour bénéficier d'aide. Donc, on peut parler de tout ce qu'on a entendu
pendant la divulgation avec un avocat, y compris les choses qui ne sont pas
dans le plumitif, là, puis tout ça. Après ça, l'avocat aura à faire son travail
puis à réfléchir à des chemins pour agir pour sa... pour sa cliente, là, même s'il
ne réussira pas à retrouver exactement ça, ça va lui permettre de savoir un peu
à qui à faire.
M. Lafrenière : Ça va le
guider. Puis, vous avez... Souvent, dans la police, parce que des fois, les
journalistes me disaient : bien, voyons, tu sais, nous autres, on sait
c'est qui qui a fait tel agissement. Puis je disais tout le temps : nous
autres, on ne veut pas le savoir, on veut le prouver. Mais c'est la même chose,
là, pour un avocat. De savoir, ça va le guider, mais il doit le prouver. Ça fait
qu'il ira chercher son «listing», il fera d'autres démarches, mais ça va le
guider grandement... si d'aventure il s'en va dans cette voie-là.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
pas d'autres... Oui, députée de...
Mme Garceau : ...moi, en
termes... Je veux juste m'assurer, M. le ministre, qu'en termes de l'intention
du législateur, bénéficier d'aide, c'est de l'aide juridique également, ça
inclut l'aide juridique.
M. Lafrenière : ...ça
l'inclut. Comme on s'est déjà dit, quand on laisse le plus largement possible,
puis on l'a fait en début de législation, cette loi-là. On veut le laisser le
plus large possible. Ça, il faut bien le préciser, il va falloir faire toute la
liste. Puis c'est là qu'on s'enfarge. Si d'aventure, on devait rajouter,
exemple, l'aide juridique, il faudrait mettre tous les types d'aide qu'elle
pourrait avoir. On aime mieux laisser plus large.
Mme Garceau : Non, non, je
veux juste...
M. Lafrenière : Oui, oui,
mais c'est bon de se poser la question.
Mme Garceau : L'intention est
claire.
M. Lafrenière : Oui.
Le Président (M. Schneeberger) : OK.
Alors, est-ce que... Pas d'autres questions? Est-ce que l'amendement... bien,
l'amendement sur l'article 10 étant... Oui, députée de Westmount–Saint-Louis.
Mme Maccarone : ...je propose,
juste... comme le ministre l'avait offert avant, si on peut juste suspendre
l'article... tel qu'amendé avant de l'adopter. Est-ce qu'on a voté sur
l'amendement?
Le Président (M. Schneeberger) :
Non.
Mme Maccarone : Après qu'on
vote sur l'amendement. C'est vrai, je ne peux pas présumer, parce que nous
sommes en train de travailler sur quelque chose comme on avait mentionné à
préalable hors micro.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
fait que là, vous êtes prêts à voter sur l'amendement, mais pas sur l'article
général? Parfait. Alors, est-ce que l'article sur... l'amendement qui est
introduit dans l'article 10 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Schneeberger) :
Adopté. Et là consentement pour suspendre l'article? Oui, consentement.
Parfait. Alors, nous allons appeler à l'article 11.
M. Lafrenière : On va
continuer. Ça nous permettra de revenir à l'article 10, M. le Président. J'ai
bien compris ce que les collègues voulaient jaser. Article 11. M. le Président.
Les renseignements confidentiels communiqués en vertu de la présente loi ne
peuvent être utilisés à d'autres fins que celles prévues par celle-ci. De même,
ils ne peuvent être admis en preuve, notamment dans le cadre de poursuites
judiciaires. Commentaire : l'article 11 interdit l'utilisation de
renseignements confidentiels communiqués en vertu de la présente loi à d'autres
fins ainsi qu'à leur admission en preuve. Et on vient d'avoir cet échange, M.
le Président.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci.
Est-ce qu'il y avait des questions sur l'article 11? Aucune. Est-ce que
l'article 11 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Schneeberger) : Adopté.
Article 12.
M. Lafrenière : Article 12 :
«Il ne peut être invoqué, de quelque manière que ce soit :
«1° le fait qu'une personne a ou n'a pas
présenté une demande de renseignements concernant un partenaire intime;
«2° que des renseignements lui ont été
communiqués en vertu de la présente loi et que, le cas échéant, elle est
demeurée en relation avec son partenaire intime;
«3° qu'elle n'a pas mis en place des
mesures pour assurer sa sécurité ou des scénarios de protection.»
Commentaire : L'article 12 interdit
d'invoquer, de quelque manière que ce soit, la décision d'une personne de
présenter ou non une demande de renseignements en vertu de la présente loi, ou
de lui reprocher ses décisions ou ses comportements à la suite de la
communication de renseignements concernant un partenaire intime. Ça, M. le
Président, on l'a entendu à moult reprises pendant nos consultations, de ne pas
inverser le fardeau puis de venir...
M. Lafrenière : ...dire à
la victime, bien c'était à toi de quitter cette relation-là, puis c'était à toi
de prendre des mesures, puis tu es restée en place, paye pour. Ce qu'on vient
dire à 12, là, c'est qu'il est interdit de le faire.
Le Président (M. Schneeberger) :
Députée de Sherbrooke.
Mme Labrie : Moi, j'aime
bien que cet article soit là. Je me demande, dans la vraie vie, qu'est-ce qui
va se passer avec ça? Advenant que, par exemple, une intervenante en protection
de la jeunesse aille blâmer une personne, par exemple, de ne pas avoir pris les
moyens ou de ne pas avoir vérifié, elle ne le saura pas si la mère a vérifié ou
pas. Mais si ça se produisait, c'est quoi? Parce qu'il y a des sanctions, à un
moment donné, dans le projet de loi, il n'y en a pas nécessairement par rapport
à ça.
Qu'est... Je ne dis pas que c'est ça non
plus, le type de sanction à établir, mais ça, c'est théorique, puis dans la
vraie vie, qu'est-ce qui va se passer si quelqu'un l'invoque? Si les médias
l'évoquent en parlant d'une situation, si... tu sais, je veux dire, toutes
sortes de personnes peuvent dire ces choses-là. Je comprends qu'en cours,
peut-être que ça va être facile d'arrêter ça parce que l'autre avocat va dire,
bien, tu ne peux pas dire ça. Mais dans toutes les autres situations de la vie,
on est équipé comment pour faire respecter cet article-là?
M. Lafrenière : Trois
points importants, M. le Président, puis c'est sûr que ce qu'on vient de dire
là ne peut pas enlever toute la médisance. Puis je vais prendre la peine de
parler de médisance, parce que si c'est sorti dans le contexte public, médias,
médias sociaux en disant, elle avait juste à quitter son... son conjoint, peu
importe ce qu'on va écrire là, ma collègue a raison, on ne vient pas tout
régler là-dessus.
Cependant, on vient clairement expliciter
que ça ne peut pas être utilisé donc, dans d'autres façons, là, administratives
ou légales. Cependant, M. le Président, puis on se l'ai déjà dit, pour
l'intérêt de l'enfant, puis c'est sûr que la protection de la jeunesse vous a
dit plus tôt qu'ils étaient pour eux autres aussi avoir un travail à faire à
l'interne, de dire, qu'est-ce qu'ils devaient faire, le comment et tout.
Mais si, si, encore là, je veux dire, si
d'aventure, parce qu'on ne le sait pas, là, s'il y a un parent, une... puis
là... parlons de partenaire intime. Son enfant est en danger grave, puis on a
parlé de cas tantôt, hein? Abus physique, abus sexuel, puis elle ne prenait pas
de mesure, bien elle ne pourrait pas invoquer en disant : Moi je... on
n'est... on ne peut pas me l'imposer ou m'obliger. Il y a... il y a un cas qui
est très précis là-dedans, que vous avez vu, qui n'est pas explicité, ça
n'enlève pas le devoir du parent d'assurer la sécurité de son enfant.
Mais, à l'inverse, de l'invoquer en
disant : Vu que tu n'as pas fait de demande, c'est parce que tu voulais
que ton enfant soit dans le trouble. Ça, clairement, on a dit qu'on
travaillerait avec les gens de la DPJ, puis je fais signe à Mme Hill, qui
n'est plus là. On va devoir travailler avec elle pendant l'été, en disant qu'il
faut que c'est... Parce que c'est clair que, même si tu as un énoncé, même si
tu as une loi qui est claire, il va falloir que dans l'opération, le message
soit passé aux 2 000 intervenants, puis ça, je suis d'accord avec ma
collègue.
Puis j'ai entendu ses exemples de tantôt
qui... qui m'ont laissé vraiment perplexe, en me disant, OK, comment on va être
capable d'arriver au bon résultat? Puis, tu sais, c'est... on s'entend que ce
n'est pas notre projet de loi qui va changer comment ça se passe avec la DPJ.
Mais j'ai bien aimé l'engagement de Mme Hill qui a dit que le message va
être envoyé clairement aux intervenants, de ce que c'est, puis ce que ce n'est
pas.
Mme Labrie : Est-ce que,
par curiosité, est-ce que ça va être possible de savoir, de quelque manière que
ce soit, si une demande d'antécédents a été faite à l'égard de M. X? Est-ce que
c'est quelque chose que, advenant, exemple, il y a un féminicide et là, le...
l'ex-conjoint de cette personne-là est arrêté, mis en accusation par rapport à
ça parce que l'enquête mène vers lui.
Bon, est-ce que ça va être possible pour
quiconque, là, un avocat, un procureur ou les médias, de s'informer auprès du
ministère pour savoir si une... ou de la SQ, si une demande d'antécédents avait
été faite à l'égard de cette personne-là? Évidemment, sans qu'on sache qui a
fait la demande, mais est-ce que ça va être possible de vérifier si c'est une
demande qui avait déjà été faite dans le passé pour cette personne-là?
M. Lafrenière : Je
réfléchis avec la collègue en même temps, mais on fait la vérification, parce
que c'est très technique, le point qu'elle apporte.
Mme Labrie : Oui.
M. Lafrenière : Puis je
comprends pourquoi elle le fait aussi. On l'a déjà dit plus tôt qu'avec la loi
d'accès à l'information, je ne peux pas faire une demande à savoir si mon
partenaire intime a fait une demande sur moi. Ça fait que ça, cette partie-là,
on l'a réglée tantôt, on l'a cadenassée.
Par la suite, je suis journaliste, je fais
une demande pour savoir s'il y a une demande qui a été faite, la réponse c'est
non. Puis on a même dit, dans un article précédemment, que les organismes ne
peuvent pas garder des traces, à moins que ce soit un professionnel, membre
d'un ordre professionnel qui lui, dans sa... il est tenu par son ordre d'avoir
un journal. Mais ça, il ne le révélera jamais, c'est le secret professionnel.
Le seul cas dans lequel, puis je vais bien
transparent avec ma collègue, que je me dis, peut-être, enquête publique qui
serait demandée, enquête du coroner, une enquête publique qui serait faite.
Est-ce que ça pourrait être demandé? C'est ce que je suis en train de vérifier.
Mme Labrie : OK.
M. Lafrenière : C'est le
seul point que je... Mais encore là, ça ne serait pas invoqué contre la
personne, on s'entend, là. Ça serait peut-être pour faire la lumière sur ce qui
est arrivé. C'est le seul point sur lequel, honnêtement, je me dis, peut-être.
• (17 h 20) •
Mme Labrie : Bien, je
trouve ça important, puis peut-être... peut-être, il faudrait le baliser, parce
que je peux comprendre dans ces circonstances-là que ça puisse être acceptable
d'avoir accès à cette information-là. Mais en même temps, moi, je ne voudrais
jamais, pour une question que les...
Mme Labrie : … faut jamais
blâmer pour leur comportement. Je ne voudrais jamais voir un type dans le
journal qui dit : Aucune demande n'avait jamais été faite à l'égard de M.
X. C'est qu'il vient d'être mis en accusation, là, pour les gestes qu'il aurait
posés.
M. Lafrenière : De façon
précise, ma collègue a raison. Puis récemment, ma collègue, qui est la ministre
de la Condition féminine, l'avait dit que, dans des cas, il n'y a pas eu de
demande d'assistance. Pourquoi on voulait dire ça, ce qu'on voulait expliquer,
puis, sans cibler une personne ou une autre que ce n'est… ce n'est pas un outil
de miracle, ce qu'on met en place aujourd'hui… il y a bien des cas où les
partenaires intimes ne font pas de demande d'aide. De ce côté-là, de façon
générale, ça s'est dit, mais je comprends très bien. Puis de faire du «shaming»
sur la… sur les victimes, je suis totalement d'accord. C'est pour ça qu'on a
mis beaucoup d'outils en place. Les seuls cas, puis je pense que c'est correct,
le pouvoir d'enquête d'un commissaire pourrait demander à savoir si ça a été…
ça a été fait comme demande pour forcer l'amélioration des pratiques policières
ou l'amélioration de ce qu'on a mis en place. Ça, je le vois, parce que ça peut
se demander, mais des enquêtes publiques, il n'y en a pas une tonne par année
non plus, là.
Mme Labrie : Bien, ça, moi,
je le vois aussi dans ce contexte-là. Je veux juste m'assurer que ce n'est pas
une question de demande d'accès à l'information que n'importe qui pourrait
savoir…
M. Lafrenière : Ça, on l'a
réglé.
Mme Labrie : …on a déjà eu une
demande ou pas sur ce monsieur-là, là, ou cette personne-là, peu importe.
M. Lafrenière : C'est
l'article… les articles précédents qu'on est venu dire que la demande d'accès à
l'information, ça ne marchera pas, là. L'article 9.
Le Président (M. Schneeberger) : La
députée de Terrebonne.
Mme Gentilcore : Oui, c'est
une question pour compléter. Advenant que d'aventure, il y a une demande qui a
été faite sur quelqu'un et puis il n'y avait rien au dossier à ce moment-là,
donc il n'y avait rien qui a été transmis. Mais est-ce que le fait qu'il y a
une demande qui a été faite sur cette personne-là s'inscrit maintenant au
dossier? Et est-ce que moi, si mettons la prochaine conjointe, je fais une
demande, puis il n'y a rien au dossier à part une demande d'information qui
aurait été faite avant, est-ce que je peux le savoir? Est-ce que ça devient un
élément? Tu sais, parce qu'il me semble que ce serait intéressant parce que
s'il n'y a jamais eu de plainte ou s'il n'y a jamais… il n'y a rien à son
plumitif, mais que tu es la troisième à faire une demande d'information parce
qu'il est un peu limite, il me semble que ce serait le fun d'y avoir accès.
Une voix : …
Mme Gentilcore : C'est ça.
Exact.
M. Lafrenière : J'écoutais ma
collègue en même temps que je débattais avec mon collègue de droite en se
disant : Oui, la Sûreté du Québec va le savoir. C'est clair.
Mme Gentilcore : Ça fait
qu'il pourrait décider de transmettre cette information-là, venant une demande
subséquente, c'est-à-dire ça va être dans son dossier. Donc, s'il y a une
nouvelle conjointe, huit mois plus tard, qui arrive, puis qui fait une nouvelle
demande par rapport à cette même personne-là, puis que la seule affaire qui est
dans son dossier, c'est une demande précédente.
M. Lafrenière : C'est là
qu'on est en train de l'analyser en disant : Ça, ça fait partie de
l'analyse de renseignements, là.
Mme Gentilcore : C'est ça.
M. Lafrenière : Parce qu'on
vient de dévoiler…
Mme Gentilcore : Mais en même
temps, c'est un indicateur qui est intéressant, parce que si tu n'as rien
d'autre que ça…
M. Lafrenière : Oui, mais.
Mme Gentilcore : Je sais
bien.
M. Lafrenière : Ça peut quand
même amener à d'autres choses. Ça fait que c'est sûr qu'on est capable de le
regarder en se disant : Ça va être analysé clairement, puis c'est du cas
par cas, là. Et s'il n'y a vraiment rien d'autre que de venir dire, exemple,
c'est récent, le danger, c'est qu'il y ait des mathématiques qui se fassent,
là. Moi, si j'étais conjoint ou conjointe, puis j'apprenais qu'il y a quelqu'un
récemment qui a fait la même demande, que vous parlez de semaines, admettons
que c'est dans les jours qui précèdent. Est-ce qu'on donnerait cette
information-là?
Mme Gentilcore : Je ne sais
pas, mais si c'était huit mois plus tard, moi je pense qu'on devrait la donner.
M. Lafrenière : Mais vous
comprenez, tout ça est dans les détails, puis c'est ça qu'il va falloir se
questionner vraiment. C'est pour ça que je vous dis que c'est du renseignement
criminel… d'analyser…
Mme Gentilcore : C'est
intéressant.
M. Lafrenière : C'est très
intéressant.
Mme Gentilcore : J'ouvre
cette porte.
M. Lafrenière : Imaginez la
même… bref, même demande le même jour…
Mme Gentilcore : Non, non,
mais je…
M. Lafrenière : …avec deux
personnes.
Mme Gentilcore : Oui, je vous
suis.
M. Lafrenière : …on a reçu
une même demande aujourd'hui de quelqu'un d'autre. Excusez.
Mme Gentilcore : Mais en même
temps, moi, ça me donnerait un indicatif clair de quoi faire avec ça, là.
M. Lafrenière : On verra si
c'est un… c'est un risque de danger ou pas.
Mme Gentilcore : On parle de…
c'est une autre affaire... c'est un autre problème, mais quand même.
M. Lafrenière : Oui. Non,
mais je comprends la question de ma collègue. Oui, ça va être l'analyse
policière à ce moment-là.
Le Président (M. Schneeberger) : Et
ce n'est pas un agent double?
M. Lafrenière : Je n'embarque
pas sur le dossier des agents doubles, M. le Président. Le devoir de réserve.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
d'autres questions? Est-ce que l'article 12 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Schneeberger) :
Adopté. Article 13.
M. Lafrenière : Oui. Merci,
M. le Président. L'article 13 : «Tout corps de police et ses employés
ainsi que tout organisme désigné et les personnes que ce dernier désigne
n'encourent aucune responsabilité civile pour le préjudice résultant d'un acte
accompli ou omis de bonne foi dans l'exercice de leurs fonctions en application
de la présente loi.»
Comme commentaire : L'article 13
prévoit une immunité à l'égard des corps de police et de leurs employés et des
organismes désignés, et les personnes que ces derniers désignent pour le
préjudice résultant d'un acte accompli ou omis de bonne foi lorsqu'ils exercent
leurs fonctions en application de la présente loi. Ça, M. le Président, ça va
de soi, étant donné qu'on y va avec une loi d'exception, on veut s'assurer que
les employés ou le service ne soient pas poursuivis par la suite. C'est ce
qu'on vient expliciter à l'article 13.
Le Président (M. Schneeberger) : Questions?
C'est beau. Est-ce que l'article 13 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Schneeberger) : Adopté…
Le Président (M. Schneeberger) : ...14.
M. Lafrenière : Merci,
M. le Président. L'article 14 : «Tout corps de police et ses employés
ainsi que tout organisme désigné et les personnes que ce dernier désigne ne
peuvent être contraints de faire une déposition devant une instance judiciaire
ayant trait à la présentation d'une demande de renseignements concernant un
partenaire intime, à la communication de tels renseignements et aux
renseignements qui ont été portés à leur connaissance en vertu de la présente
loi ni de produire tout dossier, tout renseignement, tout rapport, toute
correspondance ou tout autre document s'y rapportant.
«La personne qui a effectué une demande ou
qui a été... ou à qui ont été communiqués des renseignements ne peut être
contrainte de faire une déposition devant une instance judiciaire ayant trait à
la présentation d'une demande de renseignements concernant un partenaire intime
ou aux renseignements qui ont été portés à sa connaissance en vertu de la
présente loi ni de produire tout dossier, tout renseignement, tout rapport,
toute correspondance ou tout autre document s'y rapportant.»
Comme commentaire. M. le Président :
14 prévoit que certaines personnes ne peuvent être contraintes de faire une
déposition devant une instance judiciaire ou d'y produire un quelconque
document.
Ainsi, tout corps de police et ses
employés ainsi que tout organisme désigné et les personnes que ce dernier
désigne, de même que la personne qui a effectué une demande ou qui ont été
communiqués des renseignements ne peuvent être contraints de faire une
déposition devant une instance judiciaire à l'égard de la présentation d'une
demande de renseignements concernant un partenaire intime ou aux renseignements
qui ont été portés à sa connaissance en vertu de la présente loi. Ils ne
peuvent, non plus, être contraints de produire des documents s'y rapportant.
En outre, tout corps de police et ses
employés ainsi que tout organisme désigné et les personnes que ce dernier
désigne ne peuvent être contraints de faire une déposition devant une instance
judiciaire ayant trait à la communication de renseignements concernant un
partenaire intime.
Alors, M. le Président, c'est assez clair
comme... comme article. On veut s'assurer qu'on ne peut pas contraindre une
personne qui a soit travaillé sur le projet de loi ou qui a fait la demande,
puis ça revient un petit peu à ce que les collègues demandaient tantôt.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui.
Questions? Députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : Oui, je
me permets de poser une question pour le Regroupement des maisons pour femmes
victimes de violence conjugale. Il y avait une question, juste pour s'assurer
que l'interprétation est vraiment... L'interprétation qu'eux, ils ont, ils...
ils soulèvent qu'ils s'allouent... saluent, évidemment, l'article 14, mais
la question, c'est «tout corps de police et ses employés ainsi que tout organisme
désigné et des personnes que ce dernier désigne ne peuvent être contraintes de
produire tout dossier, tout renseignement, tout rapport, toute correspondance
ou tout autre document s'y rapportant».
Nous comprenons que si une demande d'accès
a été faite sur le sujet, la SQ ou l'organisme concerné n'aura pas à y donner
suite et pourrait invoquer cet article pour ne pas à être contrainte de traiter
le tout. Est-ce que c'est le cas? Parce que si ce n'est pas le cas, ils pensent
que nous avons besoin de... d'une précision.
Le Président (M. Schneeberger) :
...ministre.
M. Lafrenière : Oui, M.
le Président. «Noui», ma réponse.
Mme Maccarone : OK.
M. Lafrenière : Puis, je
vais vous dire pourquoi, parce que l'article 9, l'article 9 dit que malgré
les articles 9 et 83 de la Loi de l'accès aux documents des organismes
publics et de la protection des renseignements personnels et malgré le
premier... alinéa de l'article 27 de la Loi sur la protection des
renseignements personnels et sécurité privée, le partenaire intime n'a pas le
droit d'être... n'a pas le droit d'être informé de l'existence d'une demande
présente.
Ça fait que ça, pour le partenaire, on
vient dire, moi, là, j'ai été ciblé par une demande de mon ex-conjointe...
Mme Maccarone : Oui.
M. Lafrenière : ...je ne
peux pas aller faire une demande d'accès à l'information en disant, qui c'est
qui a demandé de l'info sur moi. Et là, à 14, ce qu'on s'en vient dire, c'est
que même s'il y a des gens qui ont travaillé sur ce dossier-là, c'est-à-dire ce
qu'on a... ce qu'on aura déposé, personne ne peut les contraindre à venir
témoigner en cour en disant : Qu'est-ce que tu as appris? Est-ce que tu as
fait une demande? Qui t'a fait la demande? On vient cadenasser, on vient protéger
les gens qui ont travaillé sur ce dossier-là aussi.
Mme Maccarone : OK. C'est
bon, merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
va? Pas d'autres questions? Alors, est-ce que l'article 14 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Schneeberger) :
Adopté. Article 15.
M. Lafrenière : Article 15 :
«Quiconque fait une fausse déclaration dans une demande présentée en verti...
en vertu, pardon, de l'article 3 est passible d'une amende de 500 $ à
5 000 $ s'il s'agit d'une personne physique et de 1 500 $ à
15 000 $ dans les autres cas.»
Comme commentaire : L'article 15
établit la sanction applicable en cas de fausse déclaration lors d'une demande
de renseignements présentée en vertu de l'article 3 de la présente loi.
Ça, M. le Président, ce qu'on s'était dit
aussi, les... le fameux exemple qu'on se donnait, puis j'ai actualisé mes
exemples, là, que ce soit Tinder ou un autre site de rencontre qui aurait
décidé de mettre ses candidats, de les faire vérifier pour dire : Ils sont
sécuritaires. Vous vous rappelez, M. le Président, que j'avais donné Télématch
à l'époque, puis on m'a dit que mon âge était trahi. Alors, Tinder de ce monde
et d'autres... autres sites de rencontre qui voudraient l'utiliser pour
s'assurer que leurs candidats sont... sont de bonnes mœurs, bien pourraient
être passible d'une amende, et ce serait de 1 500 $ à 15 000 $
dans le cas des entreprises.
• (17 h 30) •
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
va. Questions? Aucune...
17 h 30 (version non révisée)
Le Président (M. Schneeberger) :
...est-ce que l'article 15 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Schneeberger) :
Adopté. Article 16.
M. Lafrenière : Merci, M. le
Président. Quiconque contrevient aux dispositions du troisième alinéa de l'article
8, de l'article 10 ou du premier alinéa de l'article 11 est passible d'une
amende de 1 000 à 10 000 $ s'il s'agit d'une personne physique
et de 3 000 à 30 000 $ dans les autres cas.
Comme commentaire : l'article 16
établit la sanction applicable lorsque l'organisme ou la personne désignée par
le premier... par ce dernier, pardon, reproduit les renseignements qui lui ont
été communiqués ou fait défaut de détruire ces renseignements dans les délais
prescrits. 2. Une personne communique à un tiers des renseignements
confidentiels qui lui ont été communiqués en vertu de la présente loi. 3. Les
renseignements sont utilisés à d'autres fins que celles prévues par la loi.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci.
Députée de Westmount–Saint-Louis.
Mme Maccarone : On l'a
entendu avec le chercheur Simon...
Une voix : Lapierre.
Mme Maccarone : ...Lapierre,
qui nous a dit que nous devons peut-être faire bien attention. Je comprends la
nécessité de vouloir protéger les informations. C'est des renseignements
personnels puis le but c'est de pas faire du «doxxing», là. Ce n'est pas ça qu'on
souhaite faire. Mais en contrepartie, souvent, les personnes concernées, quand
ils vont recevoir cette information, ce n'est pas nécessairement avec l'organisme
désigné avec qui ils vont vouloir avoir un entretien, ça va être avec leur
mère, leur sœur, une main proche de leur famille. Mais s'ils font ça, ils vont
être en contravention de la loi, puis ça se peut... Il va falloir qu'ils paient
des pénalités, des amendes, là, de 1 000 $ jusqu'à 30 000 $
s'il y a quelqu'un qui dénonce.
Et, dans le fond, ça va être vrai. Oui, c'est
vrai, j'ai parlé avec ma sœur. Oui, c'est vrai. J'ai partagé l'information, les
renseignements qui m'ont été donnés, mais j'avais besoin de... de me confier à
une proche en qui je fais confiance. Ça fait que... ce n'est pas la même chose,
comme aller sur la place publique puis partager cette information. Est-ce qu'il
y a un entre-deux? Est-ce qu'il y a un moyen de protéger ces personnes qui
reçoivent cette information, qui ont besoin d'avoir un accompagnement? Et
souvent, comme... Je répète, là, la personne qui va faire cet accompagnement,
ça va être un proche.
M. Lafrenière : Oui, M. le
Président, l'article 10, tout à l'heure, on a adopté un amendement qui vient
dire... Je vais le relire, M. le Président. Toute personne à qui sont
communiqués des renseignements confidentiels en vertu de la présente loi ne
peut communiquer à un tiers, sauf si ces renseignements sont nécessaires pour
que la personne à risque ou son enfant puisse bénéficier d'aide... de soutien
moral, pardon, d'aide, de soutien moral ou de protection lorsque la loi l'exige.
On est venu dire justement, si la personne
doit en parler à des proches pour avoir de l'aide, du soutien moral, elle peut
le faire. Fait qu'il y a une différence entre ça, puis aller sur Facebook puis dire :
monsieur X, voici ses antécédents, je viens de l'apprendre, il a fait ça, ça,
ça. Pour nous, il y a une différence entre les deux, M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) :
...questions, députée... Mme la députée?
Mme Maccarone : Non, c'est
correct.
Le Président (M. Schneeberger) :
Ça va?
Mme Maccarone : Merci. C'est
vrai, avec le soutien moral, c'est couvert.
M. Lafrenière : C'est là qu'on
est... oui. C'est comme ça qu'on a... Je n'en tiens pas rigueur parce qu'on l'a
rajouté tantôt.
Mme Maccarone : C'est
parfait, merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Est-ce
que l'article 16 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Schneeberger) :
Article 17.
M. Lafrenière : Oui. Merci, M.
le Président.
«Quiconque, par un acte ou une omission,
aide ou, par un encouragement, un conseil, un consentement, une autorisation ou
un ordre, amène une personne à commettre une infraction visée par la présente
loi commet lui-même cette infraction.»
Commentaire : L'article 17 vise
à sanctionner de manière pénale quiconque est complice d'une infraction, par
exemple, les personnes morales. Ça, M. le Président, c'est un article qu'on
trouve fréquemment quand on fait de la législature pour dire que si une
personne devient complice, il y a la même infraction que s'il l'avait fait.
Le Président (M. Schneeberger) : Questions?
Non. Est-ce que l'article 17 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Schneeberger) : Adopté.
Une voix : ...
Le Président (M. Schneeberger) :
Ah! OK, bien, là, on va... Je vais vous permettre de poser la question, puis si
jamais on... on rouvrait l'article, mais là, il y est fermé... Posez votre
question, Mme la députée de Robert-Baldwin.
Mme Garceau : Non, je voulais
juste voir, M. le ministre, compte tenu du contexte et, je vais dire, la
sensibilité des renseignements et tout. Puis là, je retourne à l'article 10.
Parce que bénéficier d'aide et, évidemment, le moral. C'est le moral qui est
clé, là, en termes de... La personne va se confier à sa mère, son amie, un proche.
Je veux juste qu'on y réfléchisse un instant, là, avant de tout de suite dire :
bon, on s'en va avec l'acceptation de l'article 17, parce que, là, on va
large, là. Quiconque, par un acte ou une omission, aide ou, par un
encouragement, un conseil, un consentement, une autorisation...
Mme Garceau : …autorisation ou
un ordre amène une personne à commettre une… une infraction visée par. Je
voulais juste avoir vos explications, ici, à cet égard.
M. Lafrenière : Je vais vous
donner des exemples.
Mme Garceau : Surtout compte
tenu de l'amendement à l'article 10.
Le Président (M. Schneeberger) :
M. le ministre.
M. Lafrenière : On se
rappelle qu'on s'est dit plus tôt qu'une personne ne peut pas faire une
demande, puis je m'excuse le mot personne revient souvent dans mes phrases,
mais je n'ai pas d'autre solution là. Fait qu'une personne fait… on ne peut
pas... on s'est dit qu'une personne ne pouvait pas faire une demande pour une
tierce personne. Ça on se l'ai dit plus tôt, puis si on le faisait c'est avec
le consentement. Mais imaginez que moi je dis aux gens : Non, non, fais la
demande, pareil. Pas de consentement? Ce n'est pas grave. Puis, je suggère aux
gens, là, allez-y, faites des demandes sur l'autre, puis on va s'en prendre à monsieur
X. Mais ça, ce qu'on veut, on veut réprimer ça, on ne veut pas que ça arrive,
M. le Président. Premier exemple. Deuxième exemple, moi, je pourrais dire, une
personne qui a reçu des renseignements, qui vient me voir en disant j'ai besoin
de ton soutien moral, tout ça, je dis bonne idée, là, je vais t'aider, je te
fais une page web, là, mais ça, partout, tu vas vraiment… tu vas voir, tu vas
le salir. Je ne peux pas faire ça non plus, M. le Président. Ça fait que je
donne des exemples concrets où je viens de conseiller ou de dire à quelqu'un de
le faire, puis même des esprits malveillants là qui décideraient là de… de
sortir parce que ça arrive, M. le Président, on le vit, là, dans les médias
sociaux, en disant : voici, faites ça de telle façon. On ne peut pas le
faire. Fait qu'on vient… on s'est dit dès le départ qu'on mettait ça le plus
ouvert possible, le moins de limitation possible, mais plus tard, on était pour
réprimer les gens qui étaient pour en abuser. Puis c'est là qu'on est rendu, on
y va sur le quelque pourcentage des gens qui abusent du système.
Mme Garceau : Ça, ça, je peux
comprendre, l'aspect qu'on est en train d'utiliser l'information contre
l'objectif visé, je vais l'expliquer de cette façon là. Et que quelqu'un est en
train d'utiliser pour, si je peux dire, causer un préjudice au partenaire
intime. Là, je suis en train de regarder les… les exemples où il y aurait une
omission. Parce que là, vous avez parlé d'actes. Quelqu'un agit sur
l'information, on met ça sur les réseaux sociaux, on fait quelque chose avec un
intention de. Là, en termes de omission, aide, encouragement, ça, c'est un petit
peu plus… je tente de…
M. Lafrenière : Malveillant.
Mme Garceau : Malveillant. Je
tente de déterminer dans quelle… dans quelle situation, là, on irait
sanctionner quelqu'un pour une omission en ce qui a trait aux renseignements
obtenus. J'essaie de penser à des situations.
M. Lafrenière : M. le
Président, encore là, j'étire parce qu'on parle tout le temps de cas fictifs
depuis le début, là. Imaginez, peu importe qui je suis là, je suis policier,
puis la personne qui a reçu une information de son partenaire intime, elle
vient me voir, puis elle dit : Écoute, j'ai appris ça, tu sais, puis là,
elle se confie parce qu'elle a besoin d'aide morale, tout ça va. Puis elle dit :
Je suis assez en maudit là. Tu vas voir ça, je vais mettre ça sur tous les
médias sociaux. Et puis moi, je le sais très bien qu'on ne peut pas faire ça,
puis je la laisse faire, c'est une omission. J'aurais dû lui dire, bien non,
t'as pas le droit de faire ça, puis je le sais, en plus, c'est ma job, je suis
un professionnel dans ce… dans cette tâche-là. Je donne cet exemple-là, M. le
Président, puis je n'ai pas… je ne me suis pas mis à table pour faire la liste,
là, je donne un exemple, surtout que je le connais… je connais la loi et puis,
je ne lui ai pas dit de pas faire ça, parce qu'en plus je sais très bien
qu'elle va se mettre dans le trouble, pas juste pour notre loi, mais pour la
vie en général. J'aurais dû lui dire, c'est une omission, M. le Président. Fait
que le côté malveillant ou je conseille, puis je dis à quelqu'un fait-le, tu
vas le faire suer, excusez. Puis l'autre côté en omission, mais elle me le dit,
puis je ne dis rien, je la laisse faire. C'est plus… le premier exemple qui me
vient en tête. On pourrait dire que ce n'est pas le meilleur du monde, mais
c'est le premier qui me vient en tête.
Le Président (M. Schneeberger) :
Pas d'autre une question? Ça va?
Mme Garceau : C'est beau.
M. Schneeberger : Alors
est-ce que l'article… Comment?
Une voix : …
Le Président (M. Schneeberger) :
Oui. Oui, mais le 17, il a été adopté?
Une voix : …
Le Président (M. Schneeberger) :
Oui, il est déjà adopté. Ça fait qu'on peut aller à l'article 18, c'est
ça?
Une voix : …
Le Président (M. Schneeberger) :
Parfait. Alors, article 18, M. le ministre.
M. Lafrenière : Oui, merci, M.
le Président.
«Dans toutes poursuites pénales relatives
à une infraction à la présente loi, la preuve qu'elle a été commise par un
agent, un mandataire ou un employé de quiconque suffit à établir qu'elle a été
commise par ce dernier. À moins que celui-ci n'établisse qu'il a fait preuve de
diligence raisonnable en prenant toutes les précautions nécessaires pour en
prévenir la perpétration. Comme commentaire, l'article 18 établit une présomption
selon laquelle la preuve d'une infraction était commise par un agent, un
mandataire ou un employé, de qui que ce soit, suffit à démontrer que ce dernier
a commis lui-même cette infraction, à moins qu'il n'établisse qu'il a fait
preuve de diligence raisonnable en prenant toutes les précautions nécessaires
pour prévenir la perpétration.»
Alors, ça M. le Président…
M. Lafrenière : ...M. le
Président, encore là, infraction, exemple qui est commise par une
entreprise X, puis on vient leur dire... Écoutez, moi, j'ai fait des...
j'ai mis en place une série de mesures en disant aux employés : Voici
comment on agit, tout ça, à moins qu'ils le fassent, mais la compagnie serait
présumée avoir fait elle-même l'infraction.
Le Président (M. Schneeberger) :
Merci pour les explications. Question sur l'article 18? Je ne vois
personne. Est-ce que l'article 18 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Schneeberger) :
Adopté. Article 19.
M. Lafrenière :
Article 19 : «Les montants des amendes prévues par la présente loi
sont portés au double en cas de récidive.»
L'article 19 prévoit que les montants
des amendes doublent en cas de récidive. Ça, je pense que c'est assez clair.
Le Président (M. Schneeberger) :
Ça va?
M. Lafrenière : Ne ne passez
pas Go, ne réclamez pas 200 $.
Le Président (M. Schneeberger) :
OK. Alors, Monopoly. Alors, est-ce que l'article est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Schneeberger) :
Adopté. Article 20.
M. Lafrenière :
Article 20 : «Toute poursuite pénale intentée en vertu de la présente
loi se prescrit par un an depuis la date de la connaissance par le poursuivant
de la perpétration de l'infraction.
«Toutefois, aucune poursuite ne peut être
intentée s'il s'est écoulé plus de cinq ans depuis la date de la perpétuation
de l'infraction.»
Comme commentaire : L'article 20
établit les règles relatives à la prescription des poursuites pénales relatives
aux infractions prévues à la présente loi.
Le Président (M. Schneeberger) :
Je vois qu'il n'y a pas de question. Est-ce que l'article 20 est adopté?
Des voix :
Adopté.
Le Président (M. Schneeberger) :
Adopté. Article 21.
M. Lafrenière : Il y a un amendement,
20.1, M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) :
Ah! 21.
M. Lafrenière : 20.1.
Mme Maccarone : Oui, pour
introduire 20.1.
Le Président (M. Schneeberger) :
OK. Parfait. Alors...
Mme Maccarone : OK. Alors,
article 20.1 : Insérer, après l'article 20 du projet de loi,
l'article suivant :
«20.1. Le ministre doit, au plus tard cinq
ans après l'entrée en vigueur de la présente loi, faire au gouvernement un
rapport sur la mise en œuvre de la présente loi et sur l'opportunité de la
maintenir en vigueur ou de la modifier. À cette fin, la Sûreté du Québec,
l'organisme désigné ainsi que tout autre organisme concerné doivent communiquer
au ministre, à sa demande, les renseignements nécessaires à l'évaluation de
l'application de la présente loi. «Ce rapport est déposé par le ministre
dans les 30 jours suivants à l'Assemblée nationale ou, si elle ne siège
pas, dans les 30 jours de la reprise de ses travaux.
«Ce rapport est transmis, pour étude, à la
commission parlementaire compétente dans les 15 jours suivant son dépôt à
l'Assemblée nationale.»
Le Président (M. Schneeberger) :
Merci. Est-ce qu'il y a des questions sur l'amendement proposé par la députée
de Westmount—Saint-Louis? M. le ministre.
M. Lafrenière : Merci. Puis, oui,
on avait reçu l'amendement avant, puis je veux remercier la collègue, puis
c'est comme ça qu'on travaille bien ensemble.
M. le Président, présentement, on a deux
lois, deux PL, PL 7 et 11, qui viennent proscrire, justement, les rapports
qui sont demandés, les rapports annuels ou qui sont déposés à l'Assemblée
nationale. Moi, je comprends très bien ce que ma collègue veut, puis elle veut
s'assurer que ce qu'on fait, dans le temps, j'étais pour dire, vieilli bien. Ça
fait qu'on veut regarder ce qu'on veut comme objectif, est-ce qu'on les atteint
ou pas. Moi, la dernière fois, M. le Président, je me suis engagé en disant :
Il va falloir que ce soit un processus continu parce que ça va changer. Bien
que je comprenne ce qu'elle veut, je pense qu'elle comprend la position, dans
laquelle je me retrouve, avec les deux... deux autres projets de loi qui
viennent proposer une façon plus facile, plus... moins lourde d'administrer
l'État, ça fait que je suis vraiment dans une position où je ne peux pas donner
suite à sa demande, bien que je la comprenne.
Cependant, M. le Président, de façon
continue, il va falloir qu'avec les groupes avec qui on a travaillé le fameux
barbecue pendant l'été, il va falloir absolument qu'on ait le retour, à savoir
comment ça se passe, comment c'est reçu. Alors, bien que je sois d'accord, je
comprends ce que ma collègue veut, elle veut que ce soit transparent, elle veut
que les citoyens puissent savoir comment ça se passe, mais là je me retrouve
dans un problème entre les deux, M. le Président.
Mme Maccarone : Puis moi, je
ne vois pas le lien avec l'efficacité de l'État et produire un rapport pour
s'assurer que les lois que nous allons adopter puis mettre en vigueur
fonctionnent. Je ne sais pas si vous avez lu, on a reçu un document,
aujourd'hui, anonyme, qui parlait un peu des bilans de qu'est-ce qui se passe
ailleurs. Ça fait que la personne qui nous a envoyé cette information, ils ont
dit qu'il y avait quand même 10 ans de données disponibles pour le bilan
britannique. Il y a une efficacité non prouvée. Ils ont parlé de le nombre de
demandes, 45 344 demandes en 2022-2023, une hausse de 26 %. Plus
de 100 000 demandes sur un total de 10 ans. Et, malgré ces
chiffres, il y a quand même huit femmes qui ont été tuées par mois dans un
partenaire, en 2023. Ils parlent d'une application défaillante, 56 % des
demandes rejetées entre octobre 2021 et mars 2022. Ils parlent aussi des
hommes, parce que c'est quelque chose qu'on n'en parle pas beaucoup. Je sais
qu'on est en train de genrer puis on utilise beaucoup femmes, parce qu'on sait
que, majoritairement, c'est les femmes. Mais les hommes victimes, ils parlent
aussi, c'est... ils sont invisibles dans les dispositifs, puis ils parlent
de...
Mme Maccarone : ...statistiques
pour les hommes. Dans le fond, c'est ça que je voulais savoir. Je pense que
c'est ces données-là, combien de demandes avons-nous eues ou combien ont été
rejetées? Combien ont effectué un changement? Est-ce qu'il y a eu des
poursuites par la suite? Combien de femmes, dans le fond, ont... ont été
protégées? Ça fait que je comprends le désir de vouloir amener une efficacité
de l'État, moi aussi, efficace, efficient, c'est important.
Mais là, ce que nous sommes en train de
faire aujourd'hui, il y a plusieurs gens qui nous ont dit : Ailleurs, là,
on ne sait pas si ça fonctionne, ça n'a pas nécessairement fait ses preuves. Ce
serait vraiment intéressant si nous, parce qu'on le fait de notre manière et on
change un peu la façon que ça soit fait, qu'on peut faire les preuves que, oui,
ça a fonctionné, oui, on a sauvé des vies, oui, on a vu une diminution dans le
nombre de féminicides, par exemple. Puis, voici le pourcentage de demandes que
nous avons eues, voici le pourcentage de demandes qui nous avons eues des
hommes, par exemple. Est-ce qu'on voit un nombre à la baisse? Est-ce que c'est
à la hausse?
Ça va nous aider à comprendre aussi
l'efficacité de l'application de la loi, puis aussi savoir si on a besoin
d'envoyer du renfort, par contre, à la SQ. Ou bien, si on... on a dit qu'on
prévoyait 10 000 demandes, peut-être le 10 000 demandes, c'était
vraiment loin des... des cibles. Et dans le fond, on a besoin de réduire, puis
voir en conséquence qu'est-ce qu'on a besoin dans le futur.
Le Président (M. Schneeberger) :
M. le ministre.
M. Lafrenière : Oui...
M. le Président, je vais y aller avec deux commentaires, puis une suggestion
commune. Un, ma collègue a bien raison, parce que souvent on donnait l'exemple
de la femme, puis j'essaie de me corriger en disant, la personne.
Mme Maccarone : Oui.
M. Lafrenière : Parce
qu'effectivement, hein, quand on a décrit la personne qui faisait la demande,
on a dit qu'on voulait être plus large possible et elle a raison.
Deuxièmement, je comprends où elle veut
aller. Je comprends au niveau de la transparence, alors, ce que je suggère, M.
le Président, c'est de suspendre l'article 20.1.
Mme Maccarone : OK.
M. Lafrenière : Je vais
aller lire ce qu'elle a fait mention, parce que, oui, je viens de le voir, mais
en toute transparence, je n'avais pas eu la chance de le lire. Ça fait que je
vais prendre le temps de bien regarder ça, puis je suggère qu'à la reprise des
travaux, en tout cas, quand on sera revenu à 20.1, on pourra l'analyser.
Mme Maccarone : Oui. Oui,
c'est parfait.
M. Lafrenière : Alors,
s'il y a d'autres commentaires, je suis prêt à les entendre, mais j'aimerais ça
délibérer sur 20.1, vous revenir.
Mme Maccarone : Oui, je
suis négociable. Le but c'est d'avoir un rapport.
M. Lafrenière :
J'entends.
Mme Maccarone : Puis s'il
y a un moyen de recevoir cette information pour le bénéfice des élus d'ici cinq
ans. On a choisi cinq ans pour donner de la chance à cette mesure d'être mise
en place avec une bonne application puis une bonne compréhension, et puis aussi
donner la chance au ministère et à la SQ de faire des ajustements s'il y avait
des besoins aussi. Parce que je comprends que ce n'est pas tout ce qui va se
faire, après un an, deux ans, ce serait trop tôt, selon moi. Mais il y a, oui,
une très bonne suggestion, on peut le suspendre, mais je pense, ça va être
important d'avoir de l'information par la suite.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci.
Députée de Robert-Baldwin.
Mme Garceau : Oui. Je
vais... je vais juste ajouter à l'intervention de ma collègue, les propos de
Simon Lapierre. Parce que lui, il avait fait, je crois, une recherche assez
approfondie, là, en termes de qu'est-ce qui se passe dans d'autres juridictions.
Et c'était, je pense, un de ses premiers commentaires, c'était, c'est difficile
de voir, dans les autres juridictions, quel est le taux d'efficacité de ces
lois, la loi de Clare, ailleurs, parce qu'ils ne font pas ce genre d'exercice,
d'évaluer... l'efficacité de la mise en œuvre de la loi.
Et aussi, il y a tout l'aspect, comment le
mécanisme qu'on va mettre en place, l'efficacité de ce mécanisme-là, entre la
demande, les délais aussi de traitement, la transmission des... des
renseignements nécessaires, également, à l'organisme désigné. Et comment les
commentaires des organismes, également, et des intervenantes qui vont
accompagner les personnes à risque et aussi leurs enfants.
Et aussi les ressources, M. le ministre,
et ça, je l'ai mentionné au début, Mme Ferembach est là, devant moi, donc
elle sait de quoi je parle. Mais c'est sûr et certain que, dépendamment du
nombre de demandes, là, évidemment, ça a été évalué à 10 000. Est-ce que ça va
être plus? Est-ce que ça va être moins au fil des années? Parce qu'on ne se le
cache pas, il y a aussi tout l'aspect, il y a un manque de ressources en ce qui
a trait à l'accompagnement actuel dans les maisons d'hébergement.
Donc évidemment, avec cette... cette
nouvelle loi et l'effet de la loi qui va faire en sorte qu'il va y avoir des
demandes de renseignements, il va y avoir de plus en plus, probablement, de
personnes à risque qui vont mettre fin, qui vont mettre...
Mme Garceau : ...une
relation, ce qui veut dire que ces femmes et potentiellement leurs enfants
n'auront pas de toit, n'auront pas d'hébergement, n'auront pas de moyens... de
ressources financières pour rencontrer leurs besoins. Donc, les maisons
d'hébergement ont été décapacitées, sont saturées. Les services externes qui
vont venir avec ça, parce qu'on a eu des discussions SOS violence conjugale,
surtout, les proches, les proches qui se sentent impuissants dans tout ce
système, qui ne vont pas probablement faire de demande. Et donc les proches
vont avoir besoin également de ressources d'accompagnement durant cette
période-là. Et donc quel va être le... je ne veux pas dire le fardeau, mais
quel va être le résultat sur nos ressources actuelles en termes
d'accompagnement et en termes d'hébergement, sachant qu'il y a déjà un déficit?
Sachant qu'il y a un manque d'hébergement, combien de femmes, dans les
prochaines années, vont devoir nécessiter de l'hébergement d'urgence, qui va
faire en sorte qu'il va falloir en construire plus, puis les maisons de
deuxième étape aussi?
Donc, tout le niveau de qu'est-ce qu'on
va... les implications de la mise en œuvre du projet de loi... et c'est sûr et
certain que l'objectif, c'est de protéger les femmes et leurs enfants le plus
que possible. Et donc, il me semble que ça va de soi que c'est sage, c'est
conseillé de voir quelle va être l'implication de cette loi en ce qui a trait à
toutes les ressources qui vont être impliquées de la SQ, des corps policiers, à
l'organisme désigné, parce que même SOS violence conjugale avait mentionné :
On n'a pas les ressources actuellement non plus, et les maisons d'hébergement.
Donc, j'aimerais bien, M. le ministre, que
vous considérez dans... compte tenu qu'on veut protéger, on veut prévenir des
féminicides, on veut prévenir également des incidents graves en ce qui a trait
aux femmes et aux enfants, de voir cet aspect-là. Je pense que c'est un point
très important que ma collègue soulève et qui a été soulevé d'ailleurs par les
groupes.
Le Président (M. Schneeberger) :
M. le ministre.
M. Lafrenière : ...parce que
je ne veux pas être trop bref, c'est juste que je veux prendre le temps de
vraiment bien regarder, bien l'analyser.
Mme Garceau : OK.
Le Président (M. Schneeberger) :
Députée de Sherbrooke.
Mme Labrie : Bien, je vais
être rapide aussi, parce que je pense que mon autre collègue va vouloir
s'exprimer là-dessus avant qu'on suspende. Mais moi aussi, j'abonde dans le
sens de mes collègues, que ça prend un rapport. Je pense, le délai de cinq ans
avant de dresser ce portrait là, il m'apparaît raisonnable aussi, laisse le
temps aux mesures mises en place de vivre et de s'améliorer en continu aussi,
là, ça, c'est important. Mais ça prend, ça prend cet outil-là finalement pour
réussir à faire le bilan de ce que ça a fonctionné. On veut en savoir le plus
possible. Les communautés autochtones sont venues nous dire : On veut que
vous documentiez les enjeux autochtones là-dedans. On veut savoir qui... qui
fait des demandes. Est-ce qu'il y a des gens qui sont sous-représentés par
rapport à ce qu'ils devraient dans les demandes? On veut savoir quelle
proportion des gens qui font une demande et qui reçoivent du contenu comme
divulgation sollicite de l'hébergement. Après, on veut savoir comment ça se
passe, leur expérience de ce... de ce suivi-là, de l'accompagnement aussi,
hein, parce que ce n'est pas tout de dire : Ah! on a reçu tant de
demandes, voici le portrait statistique.
L'objectif, c'est qu'on les accompagne
bien, les personnes aussi qui font une demande. Donc, on veut savoir si elles
ont... c'est quoi, finalement, leur regard, peut-être, quelques mois après, sur
cette expérience-là, comment ça aurait été difficile, comment ça aurait pu être
fait différemment ou mieux pour les aider. Donc, ça, moi je trouve que c'est
très important, cet exercice-là. Puis je sais que, sur le projet de loi n° 13,
le ministre avait des grosses réserves sur tout ce qui était rapport déposé à
l'Assemblée nationale. J'ai bien compris qu'ils ont en commun une obstruction
totale sur l'idée de rajouter des... des dépôts de rapports à l'Assemblée
nationale, mais ce rapport-là, ces informations-là doivent être collectées, ça
doit exister.
Moi, je suis bien ouverte à... J'aimerais
que le ministre nous dise c'est quoi, le chemin, finalement, c'est quoi, la
voie de passage pour avoir cette évaluation-là, avec toutes les informations
dont les chercheurs ont besoin pour évaluer le succès de la mesure, dont le
gouvernement a besoin pour améliorer aussi tout ça. Donc, c'est ça qu'on veut.
M. Lafrenière : Bien sûr.
Le Président (M. Schneeberger) :
Merci. Députée de Terrebonne.
Mme Gentilcore : J'abonde dans
le même sens, puis je rajouterais peut-être une notion supplémentaire. Je
trouve ça vraiment dommage qu'on ait accès à si peu d'informations, nous, alors
qu'on tente de mettre cette loi-là en place alors que ça a déjà été implanté
ailleurs. Soyons donc un exemple et un leader en la matière, et aidons, donc,
les autres nations qui voudraient implanter une telle loi à le faire en toute
connaissance de cause. Je pense qu'on a une belle occasion ici de démontrer
qu'on est un leader...
Mme Gentilcore : ...en matière
de combat à la violence faite aux femmes. Donc, voilà.
Le Président (M. Schneeberger) :
Merci beaucoup. Alors, je pense que compte tenu de… compte tenu de l'heure... Puis,
M. le ministre, vous avez mentionné plusieurs fois que vous organisez un
barbecue cet été. Je vous invite personnellement à un festival chez nous qui
s'appelle Le grand barbecue de Warwick. Alors, je vais... je vais vous
faciliter la tâche.
Et, sur ce point, la commission ajourne
ses travaux à demain, mardi, 9 heures.
(Fin de la séance à dix-huit heures)