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(Dix heures six minutes)
Le Président (M. Baril): À l'ordre, s'il vous
plaît!
Bonjour. Je vous souhaite la bienvenue. On a un peu de retard à
cause de la visite que nous avions hier soir. Je déclare la
séance ouverte. Je vais vous rappeler le mandat de la commission, soit
de commencer et de compléter l'étude des crédits des
organismes relevant de la vice-présidence du Conseil exécutif,
pour une durée d'une demi-heure.
M. le secrétaire, est-ce que vous avez des
remplaçants?
Le Secrétaire: On ne m'a informé d'aucun
remplacement, M. le Président.
Le Président (M. Baril): Mme la ministre, est-ce que vous
avez des remarques préliminaires?
Mme Bacon: Si vous me le permettez, et peut-être avec la
permission du député d'Abitibi-Ouest, je ferais mes remarques sur
la Commission de la fonction publique et l'Office des ressources humaines pour
nous permettre ensuite de poursuivre avec les remarques du député
et les questions et réponses, si cela vous va.
M. Gendron: Mot, cela me convient.
Déclaration d'ouverture
Mme Lise Bacon
Mme Bacon: Alors, M. le Président, concernant la
Commission de la fonction publique, avant de commencer les crédits,
j'aimerais vous mentionner les noms des membres qui forment la Commission de la
fonction publique, soit Me Juliette Barcelo à Montréal, M. Claude
Bélanger, Harold Hutchison et M. Lefebvre à Québec. Ce
dernier agit à titre de président.
On se souviendra que la commission actuelle a été
instituée par la Loi sur la fonction publique qui est entrée en
vigueur le 1er avril 1984 et qu'elle remplaçait un organisme identique
créé par la Loi sur la fonction publique en 1978. J'aimerais
rappeler aussi le double mandat que la commission exerce en vertu de la
nouvelle loi. Elle agit comme un tribunal administratif en matière
disciplinaire et administrative pour les fonctionnaires non syndiqués et
en matière de promotion pour l'ensemble des fonctionnaires.
Elle exerce en outre un rôle de surveillance à
l'éqard du système de recrutement et de promotion des
fonctionnaires par son pouvoir de vérification de l'observation de la
loi et de ses règlements en cette matière ainsi qu'à
l'égard du caractère équitable et impartial des
décisions qui affectent les fonctionnaires par son pouvoir
d'enquête et de recommandation sur telles décisions qui sont
prises en vertu de la loi.
Pour l'année terminée le 31 mars 1987, le budget
voté par l'Assemblée nationale s'élevait à 2 108
QOQ $ et la dépense pour l'année 1986-1987 s'est
élevée à 1 967 967 $, ce qui laisse un solde de 140 033 $
à périmer. Pour la même période, l'effectif
autorisé était de 43 postes dont 4 étaient vacants et qui
incluaient un poste de cinquième commissaire prévu par la loi au
3] mars 1987. Pour l'année 1987-1988, le budget prévu est de 2
104 100 $ représentant une diminution de 3900 $ soit envrion 0, 2 %.
L'effectif autorisé demeure à 43 employés et les
traitements du personnel représentent plus de 80 % du budget annuel.
Pour l'année 1986-1987, le pourcentage du budget total de 2 108 000 $
affecté aux activités du tribunal administratif s'élevait
à près de 20 %.
Le rôle de la commission. Le Québec a été la
première province au Canada à se donner un organisme de
surveillance dans le domaine de la gestion du personnel qui soit
indépendant de l'administration et qui ne soit pas responsable
d'opérations de normalisation dans ce domaine. La transformation du
rôle traditionnel de la Commission de la fonction publique en 1979... La
gestion des ressources humaines dans la fonction publique s'est
également transformée substantiellement par la
déréglementation et par la responsabilisation des sous-ministres
et dirigeants d'organismes en cette matière selon les objectifs qui
étaient prescrits par le législateur dans la loi de 1983.
Les sous-ministres, les dirigeants d'organismes de même que leurs
délégataires doivent maintenant gérer les ressources
humaines avec une marge de manoeuvre relativement plus grande, mais en
étant par ailleurs astreints à des objectifs d'accroisse-
ment de l'efficience, à des services améliorés aux
citoyens et d'égalité en emploi. Les principales activités
de la commission de la fonction publique rapportées dans le cahier
explicatif des crédits pour l'année 1986-1987 reflètent
l'exercice de ce rôle de surveillance qui est confié à la
Commission de la fonction publique par le législateur et on pourra
également prendre connaissance des prospectives pour l'année
1987-1988. Voilà ce que j'ai à dire, ce matin, M. le
Président, pour la Commission de la fonction publique.
Je prends maintenant le dossier de l'Office des ressources humaines.
Avant de présenter le bilan de l'année 1986-1987 des
activités de l'Office des ressources humaines, j'aimerais rappeler aux
membres de la commission la mission et les principaux mandats de cet organisme
qui a été créé par la Loi sur la fonction publique,
le 25 janvier 1984. Dans l'esprit de la réforme de la Loi sur la
fonction publique, la responsabilité de la gestion du personnel incombe
en premier chef aux sous-ministres. Encore une fois, on reprend ça, aux
sous-ministres et aux dirigeants d'organismes.
Par ailleurs, il était nécessaire de redéfinir des
règles communes en ce qui concerne l'accès à la fonction
publique et les conditions de travail des employés de la fonction
publique et il est utile aussi de faciliter l'accès à certains
conseils et services. Aussi la loi partage-t-elle sa fonction centrale entre
trois organismes. Il y a le Conseil du trésor qui établit les
politiques et les plans de classification. 11 négocie aussi les
conditions de travail. L'Office des ressources humaines définit les
règles d'accès à la fonction publique et de
sélection au mérite. Il développe et diffuse
l'information, l'expertise en matière de gestion du personnel et tient
aussi le rôle de courtier, de conseil auprès des ministères
et organismes, du secrétariat du Conseil du trésor et du
gouvernement.
La Commission de la fonction publique, dont nous discuterons les
crédits ce matin, joue, par sa part, un rôle de
vérification, de contrôle, comme je le disais tout à
l'heure, et j'ai expliqué les fonctions de la commission. C'est
également dans ce contexte que j'estime que le mode de gestion de
l'Office des ressources humaines me semble résolument tourné vers
l'horizon des années quatre-vingt-dix en raison du niveau de
maturité auquel a accédé l'ensemble de l'administration
publique. En effet, après cette phase dite d'expansion de
l'administration publique québécoise a succédé
celle de la stabilisation, pendant laquelle on a tenu compte davantage des
réels besoins de la fonction publique; au cours de cette nouvelle
période, de nouveaux défis se sont précisés en ce
que les tendances économiques observées dans notre
société ne pouvaient être omises des priorités de
gestion.
Mais cet élan de prospectives ne doit toutefois pas faire en
sorte d'oublier les différents volets de gestion et de planification
actuellement dévolus à l'Office des ressources humaines. Si on
fait un bilan de 1986-1987, le document sur les crédits 1987-1988 que
vous avez entre les mains présente par secteurs d'activité les
principales données, Ies informations de base sur les
réalisations qui témoignent de l'atteinte des engagements que
nous formulions devant cette commission l'an dernier, à l'occasion de
l'étude des crédits. Le premier engagement se formulait ainsi:
L'office entend marquer 1986-1987 par son souci encore plus manifeste
d'améliorer le service à ses clientèles, soit les
candidats, le personnel, les ministères et orqanismes. À ce
chapitre, l'année 1986-1987 se distinque par un effort pour mieux
arrimer les services aux particularités régionales de la fonction
publique. Le bureau de Montréal s'est vu confier des
responsabilités additionnelles en matière de concours, de
mutations de personnel professionnel. Dans les réqions du
Saguenay-Lac-Saint-Jean, du Bas-Saint-Laurent, de la Gaspésie, de la
Mauricie et des Bois-Francs, l'office a intensifié ses services de
courtage pour certains ministères et organismes, alors que dans les
réqions de Sherbrooke, de la Côte-Nord et de l'Outaouais, une
entente avec les bureaux de Communication-Québec permet une meilleure
information à la population. Ces deux modèles de service seront
évalués en 1988.
L'office a aussi impliqué, consulté largement ses
partenaires, les sous-ministres, les dirigeants d'organismes, les
sous-ministres adjoints, les directeurs de l'administration, les directeurs des
ressources humaines, autant sur ses orientations générales que
sur des questions particulières telles la gestion du personnel
excédentaire, des systèmes mécanisés d'information
et certaines activités de dotation. Il a développé une
approche plus systématisée d'information de sous-ministres et de
dirigeants d'organismes. L'office a aussi délégué la tenue
des concours des cadres supérieurs à 33 ministères et
organismes qui en ont exprimé le désir. C'est dans cette
même optique qu'il a transféré à la CARRA, la
Commission administrative des régimes de retraite et d'assurances, les
sessions de préparation à la retraite. (10 h 15)
Le deuxième engagement de l'office s'exprimait de la façon
suivante, on disait: Par ailleurs, l'office n'oublie pas son rôle de
gardien, en quelque sorte, des règles d'équité et
d'accessibilité au mérite à des emplois dans la fonction
publique et son rôle primordial dans l'implantation des mesures assurant
l'accès à l'égalité en emploi, l'aide à la
carrière aux employés et le développe-
ment du personnel de la fonction publique.
Dans cette perspective, l'office a effectué un suivi assidu des
rapports de vérification et des décisions de la Commission de la
fonction publique et de la Commission des droits de la personne. Il a fait
connaître sa position sur différentes matières, il a
entrepris et réalisé diverses activités en regard des
groupes visés par les politiques d'égalité en emploi, on
parle de concours de promotion interministérielle, concours de
recrutement réservé aux personnes handicapées, information
aux associations, recensement et collaboration intense avec le
secrétariat du Conseil du trésor dans la préparation des
plans d'action.
Il a aussi développé et géré un nouveau type
de services à l'intention des cadres supérieurs en
disponibilité. Il a complété un dossier d'orientation en
regard de la gestion et du développement des ressources humaines,
particulièrement du personnel d'encadrement. Il a finalement
réalisé une série d'études et de recherches
relatives à la gestion du personnel.
Troisièmement, l'office s'engageait à mettre aussi
l'accent sur ie programme de Regroupement des achats en perfectionnement et
à tenter de rationaliser encore davantage ces ressources de façon
à pouvoir jouer adéquatement son rôle de courtier au
meilleur coût possible.
Le service de Regroupement des achats en perfectionnement a
effectivement porté fruit. Il a permis aux ministères et
organismes une économie de l'ordre de 470 000 $. L'office a
également réalisé une économie de cinq postes et
rationalisé la répartition des mandats en révisant sa
structure administrative supérieure. Il a fait le bilan des
activités de promotion sans concours et s'apprête à
réviser ses pratiques à cet égard. 11 a revu ses modes de
diffusion des appels de candidature en fonction des besoins et des bassins
potentiels de main-d'oeuvre avec un souci de ne pas créer de fausses
attentes chez les candidats et de garantir un processus adéquat de
sélection dans des délais administrativement acceptables.
Finalement, en ce qui concerne les systèmes d'information,
l'office a réalisé la réflexion annoncée et
déposé un mémoire d'orientation au Conseil du
trésor en mars dernier. Il s'apprête à réaliser
certains développements pour améliorer le système et le
rendre mieux adapté aux besoins des gestionnaires et, par ailleurs, les
perspectives de 1987-1988 s'avèrent tout aussi intéressantes.
Cette troisième année d'existence de l'office se termine
donc avec un bilan fort positif et perçu comme tel par les partenaires
et les clients, les ministères et organismes. Convaincu du
bien-fondé de ces orientations, l'office entreprend l'année 1987-
1988 avec, en perspective, la mise en place de l'opérationalisation de
plusieurs projets, l'évaluation de ceux en cours et aussi le même
souci d'assumer sa mission dans le respect de la responsabilité de
chacun, avec efficience et efficacité.
En matière de carrière et d'emploi, l'office
prévoit les activités spéciales suivantes: la
délégation des concours de cadres aux ministères et
organismes qui te désirent sera terminée d'ici à
l'été. L'office aura alors à ajuster ses pratiques
à cette nouvelle réalité. D'importantes
réalisations de concours sont actuellement en marche ou à
prévoir, en application, entre autres, des politiques
d'égalité en emploi. Il en est ainsi de quatre concours de
promotion interministérielle qui imposent actuellement l'étude de
plus de 2000 candidatures. De même, des concours de recrutement devront
viser à augmenter la représentation des femmes dans les corps
d'emploi où elles sont sous-représentées et la
représentation de personnes provenant de divers groupes culturels et de
personnes handicapées dans la fonction publique.
Il faudra aussi développer des approches plus
personnalisées dans le placement des personnes handicapées pour
mieux informer les gestionnaires de leurs aptitudes et des besoins particuliers
en matière d'adaptation des postes de travail. Par exemple, en regard de
ce groupe, l'office prend en charge cette année la gestion du programme
de stage d'employabilité auparavant sous la gestion du ministère
de la Main-d'Oeuvre et de la Sécurité du revenu. Il
développera également d'autres moyens d'attraction pour les
groupes sous-représentés dans la fonction publique telle une
meilleure information aux diverses associations.
Finalement, les services en mobilité offerts aux employés
sont améliorés tant au niveau de la mutation que du placement du
personnel excédentaire. En matière d'égalité en
emploi et des services-conseils, l'implantation prévisible de deux
programmes d'accès dans la fonction publique destinés l'un aux
femmes, l'autre aux personnes des communautés culturelles, mobilisera
l'équipe affectée à ces questions. L'office vise aussi une
amélioration de la gestion du programme de regroupement des achats en
perfectionnement. Il effectuera aussi une évaluation des services de
consultation individuelle qui servira dans le cadre d'une évaluation
plus globale des services d'aide aux employés d'entreprise par le
secrétariat du Conseil du trésor.
En ce qui concerne le développement des ressources humaines,
l'office précisera ses intentions et formulera des recommandations quant
à l'organisation et la gestion de cette dimension de la gestion des
ressources humaines et procédera à la réalisation d'un
programme de formation en
gestion des ressources humaines destiné aux gestionnaires
à la demande expresse de ceux-ci, dans le cadre du projet de
rénovation de l'administration publique. Il devra aussi proposer au
personnel de la gestion des ressources humaines des activités de
formation et de développement appropriées.
Dans le domaine de l'information, le système SAGIP requiert des
travaux importants pour répondre à des besoins exprimés
par les gestionnaires et pour satisfaire à l'application des conventions
collectives. L'office impliquera également les ministères et
organismes dans la planification et la gestion de ce développement.
Finalement, en matière de planification et de recherche, l'office
se dotera de moyens de traiter et de diffuser plus adéquatement les
statistiques et les résultats de recherche. Il consentira, à
l'interne, des efforts importants à des recherches découlant du
projet de rénovation de l'administration publique et à l'objectif
d'évaluation de la loi, en collaboration avec le secrétariat du
Conseil du trésor et les ministères et organismes. Notons en
particulier les besoins d'une meilleure information sur le
phénomène de vieillissement de la main-d'oeuvre et de la
situation des employés professionnels.
Je sais que c'est long, M. le député d'Abitibi-Ouest, mais
c'est tout cela que fait l'organisme.
M. Gendron: Oui, mais, M. le Président...
Mme Bacon: J'achève. En conclusion...
M. Gendron: M. le Président, ce n'est pas que c'est long.
Le problème, c'est que la ministre a décidé qu'on avait
seulement une demi-heure. Alors, si elle fait des remarques
préliminaires pendant 20 minutes, on ne parlera pas du tout des
questions que je veux poser.
Mme Bacon: Je vais vous donner le temps.
En conclusion, je dois parler aussi de la mission de l'Office des
ressources humaines. Les crédits qui sont alloués au programme 2
sont essentiellement des crédits de fonctionnement pour les
activités qui sont propres à l'Office des ressources humaines. En
outre, l'office administre le programme 3 qui comprend les contributions du
gouvernement à titre d'employeur pour l'ensemble des ministères
et organismes dont les budgets sont votés par l'Assemblée
nationale. Je vous remercie de votre attention.
Le Président (M. Baril): Merci, Mme la
vice-première ministre.
M. le député d'Abitibi-Ouest.
M. Gendron: Oui, très rapidement, compte tenu du contexte
dans lequel on va être pris pour travailler - une demi-heure à
peine - même si je pense qu'on doit prendre au moins quelques minutes de
plus, compte tenu de l'heure à laquelle on a commencé, si on veut
faire le tour des deux organismes gouvernementaux sous la responsabilité
de la vice-première ministre.
Je voudrais d'abord saluer les gens, tout autant ceux de l'Office des
ressources humaines que ceux de la Commission de la fonction publique et les
remercier du travail accompli. Ce sont des gens avec qui j'ai eu l'honneur de
travailler pendant quelques années. Je vais aller tout de suite,
rapidement, à quelques questions sur la commission et quelques questions
sur l'office, compte tenu du temps qui nous est imparti.
Commission de la fonction publique
Pour ce qui est de la Commission de la fonction publique, il faut savoir
que la commission a un pouvoir d'enquête et de recommandation, mais
à partir de sa propre initiative. Dans les règlements de la
Commission de la fonction publique, il est clairement stipulé que le
législateur a permis que la commission puisse effectuer des
enquêtes et faire des recommandations aux autorités
compétentes. La question que je pose est simple: Combien de fois ce
pouvoir a-t-il été exercé au cours de la dernière
année et sur quel sujet précisément la Commission de la
fonction publique aurait-elle donné des avis ou des orientations au
gouvernement?
Mme Bacon: Une centaine d'appels ont été soumis par
des substituts du Procureur général à l'encontre des
suspensions imposées à la suite d'un arrêt de travail.
M. Gendron: Un instant, M. le Président.
Mme Bacon: Est-ce que c'est cela que vous voulez savoir?
M. Gendron: Si vous me le permettez... Ma question n'a pas
été comprise.
Mme Bacon: Ce ne sont pas ceux-là.
M. Gendron: Non. Je ne veux pas les cas où c'est à
la demande des fonctionnaires. C'est la première partie du...
Mme Bacon: En ce qui concerne les fonctionnaires?
M. Gendron:... pouvoir d'enquête, Mme la
vice-première ministre.
Mme Bacon: Oui.
M. Gendron: En vertu de la loi, la commission a la
responsabilité et l'autorité d'exercer elle-même, de
sa propre initiative...
Mme Bacon: Oui. Enquête et recommandation de sa propre
initiative.
M. Gendron:... la possibilité de conseiller le
gouvernement et de lui faire des recommandations. Je veux juste savoir si, au
cours de la dernière année, elle l'a fait. Si oui, à quel
sujet?
Mme Bacon: En ce qui concerne les concours, est-ce que c'est
cela?
M. Gendron: Non.
Mme Bacon: Ce n'est pas cela.
M. Gendron: Dans le rapport de la commission, à la page 2,
il est clairement écrit que la commission a le pouvoir d'effectuer des
enquêtes, de faire des recommandations au gouvernement et de faire
rapport à l'Assemblée nationale. À ma connaissance, la
commission n'a pas exercé ce pouvoir au cours de l'année 1986. Ce
n'est pas uniquement à la suite de mes observations qu'il faut que j'en
conclue... Vous êtes la responsable de cet organisme et je voudrais
savoir si j'ai raison de prétendre qu'au cours de la dernière
année, d'aucune façon, la Commission de la fonction publique ne
vous a fait quelque recommandation que ce soit et quelque enquête que ce
soit, de sa propre initiative. Je ne dis pas à la demande des
fonctionnaires sur des concours de promotion, sur des concours de recrutement
ou sur des vices du système, mais, de votre propre initiative, comme
commission, est-ce qu'en 1986 vous avez effectué des enquêtes ou
fait des suggestions ou des recommandations au gouvernement? Vous n'en avez pas
fait?
Mme Bacon: II n'y en a pas eu.
M. Gendron: Bon. Cela répond à ma question.
Deuxième question. On en arrive à la seconde partie. La
commission a le mandat de faire des vérifications du caractère
d'équité et d'impartialité des décisions qui
affectent les fonctionnaires. Là aussi, dans les informations qu'on a,
on ne peut pas déceler s'il y a eu des demandes des
intéressés ni savoir combien, s'il y en a eu. Je ne parle pas au
chapitre des concours de promotion, ni à celui des concours de
recrutement. Je parle du second mandat, c'est-à-dire de vérifier
l'observance de la loi et de ses règlements, particulièrement
quant au caractère d'équité et d'impartialité des
décisions qui affectent les fonctionnaires, mais non pas dans les
concours de promotion ou dans les concours de recrutement. Est-ce que, dans ce
cas, il y a eu des demandes des fonctionnaires concernés? Si oui,
combien y en a-t-il eu?
Mme Bacon: En 1986-1987, il y a 108 dossiers qui ont
été ouverts dans le cadre du programme de vérification des
requêtes. Pour 84 de ces dossiers, l'enquête est terminée.
Si on ajoute les 15 dossiers de l'année précédente qui ont
été fermés en 1986-1987, il y a un total de 99 "dossiers
qui furent fermés au cours de cette année. Sur les 99
requêtes traitées en cours d'année, 26 ont
été considérées comme étant fondées
et ont fait l'objet de recommandations de la part de la commission. Les
autorités de la commission ont donné suite aux recommandations
formulées dans 19 cas, alors qu'au 31 mars 1987 des suites
étaient attendues dans cinq cas. Seuls deux cas ont fait l'objet de
refus de la part des autorités visées.
M. Gendron: J'avais vu cela dans le rapport. Je voulais revenir
là-dessus, mais ma question n'était pas...
Mme Bacon: Mais c'est ce que vous voulez savoir.
M. Gendron: Vous me répondez sur ce qu'on appelle les
dossiers...
Mme Bacon: Oui.
M. Gendron:... à la suite de la demande de fonctionnaires,
mais concernant spécifiquement des concours. C'est écrit en page
5 très clairement: "Les mandats de vérification terminés
en 1986-1987 ont permis de vérifier 108 dossiers de promotion sans
concours. " La vérification des dossiers de promotion sans concours,
c'est une autre responsabilité de la Commission de la fonction
publique.
Mme Bacon: Oui. Je ne veux pas vous interrompre, mais, dans les
motifs qui ont été invoqués par ces personnes-là,
la participation à des concours vient en tête de liste à 50
% et cela, vous l'avez aussi.
M. Gendron: Oui.
Mme Bacon: II y a d'autres genres de motifs qui sont
invoqués: la détermination du classement, les comportements, le
style de gestion, le conflit de personnalités, le manque de
communication, jugé inacceptable... Ce ne sont pas que des concours.
M. Gendron: Oui, mais ce que vous venez, de donner, Mme la
vice-première
ministre, c'est toujours relié à des concours. Restons-en
au premier mandat général de la commission. Deux choses: elle
décide de sa propre initiative de faire des enquêtes sur à
peu près n'importe quoi qui se passe dans le gouvernement - c'est dans
la loi de la Commission de la fonction publique - ou elle agit sur plainte des
fonctionnaires, mais pour toute autre chose que les concours de promotion ou de
recrutement. Â ma connaissance, dans le rapport, dans ces cas-là,
l'an dernier aussi, la commission n'a pas eu de demande. C'est vous qui
êtes responsable. C'était ça, la question: Y a-t-il eu des
demandes des intéressés, c'est-à-dire des fonctionnaires?
S'il y en a eu, combien y en a-t-il eu? Pas pour des vérifications de
concours de promotion ou de recrutement, mais, comme vous le dites, des fois,
un manque d'information, des irrégularités. Cela veut dire que,
pour ça, il n'y en a pas eu.
Le Président (M. Baril): Un instant!
Mme Bacon: II y en a 50 % qui visaient...
Le Président (M. Baril): Mme la vice-première
ministre, un instant, s'il vous plaît!
Mme Bacon: Oui.
Le Président (M. Baril): Comme nous avons le mandat de
terminer à 10 h 30, j'aimerais avoir le consentement pour continuer.
Est-ce que nous avons le consentement pour continuer? (10 h 30)
M. Gendron: Comme je l'ai indiqué, je n'ai pas envie de
poursuivre très longtemps, mais je voudrais quand même aller
jusqu'à 10 h 45, compte tenu qu'on a commencé à peu
près à 10 h 10. Dans le fond, je demanderais un ajout de cinq
minutes à la vice-première ministre. On a commencé
à 10 h 10; si on fait une demi-heure, ça nous mène
à 10 h 40. Moi, à 10 h 45, j'aurai fini.
Mme Bacon: Je dois quitter pour Laval mais, dix minutes de plus,
je peux le faire.
Le Président (M. Baril): Donc, on terminera à 10 h
45. On est d'accord? Nous avons le consentement?
Continuez, Mme la vice-première ministre.
Mme Bacon: En fait, je reviens encore là. Les
requêtes qui nous sont venues concernaient, dans 50 % des cas, des
concours, mais le reste concerne toutes sortes d'autres dossiers qui ne
touchent pas aux concours. Quand on parle de comportements, de styles de
gestion, de conflits de personnalités, ce ne sont pas les concours.
M. Gendron: Sur les 99 requêtes... Mme Bacon: Oui.
M. Gendron:... vous dites que 26 des 99 requêtes en cours
d'année ont été considérées comme
fondées. D'accord?
Mme Bacon: Oui.
M. Gendron: Et elles ont fait l'objet de recommandations de la
part de la commission. Donc, cela veut dire à peu près le quart,
en gros; si on dit 26 sur 100 plutôt que 99, ça fait à peu
prè3 25 %.
Mme Bacon: C'est ça.
M. Gendron: Donc, le quart des requêtes ont
été considérées comme fondées. Vous ajoutez
cependant que les autorités ont donné suite aux recommandations
formulées dans 19 cas, alors que seuls deux cas ont fait l'objet de
refus de la part des autorités visées.
La question que je pose est celle-ci: Quand la Commission de la fonction
publique fait une recommandation et que les autorités concernées
- cela doit être les ministères clients - refusent les
recommandations de la Commission de la fonction publique, quel est le recours
ultime ou qu'est-ce qui se passe dans les faits?
Mme Bacon: En fait, la Commission de la fonction publique est
revenue à la charqe dans ces deux cas. Ultimement, si les gens ne se
conforment pas aux décisions de la Commission de la fonction publique,
la commission peut avoir recours à l'Assemblée nationale. Dans
les deux cas qui ont fait l'objet de refus de la part des autorités
visées, la commission n'a pas senti le besoin de revenir à
l'Assemblée nationale. Cela s'est réglé autrement.
M. Gendron: D'accord. J'ai une avant-dernière question sur
la commission. Il y a un grand nombre de désistements. À la page
4 dans votre rapport, vous dites que, sur 78 dossiers, 60 de ces dossiers ont
été référés à la commission,
c'est-à-dire qu'ils ont été fermés au cours de
cette période, dont 50 à la suite de désistements. Donc,
cela fait un très fort pourcentage de désistement des dossiers.
J'aimerais savoir quels sont les motifs évoqués, probablement par
les intéressés - cela, on ne peut pas voir cela dans le rapport -
pour qu'en cours d'analyse il y ait autant de désistements. Quelles sont
les raisons qui font qu'il y a autant de désistements?
Mme Bacon: Je vais demander à M. Lefebvre, le
président de la commission, de vous répondre
là-dessus.
Le Président (M, Baril): Pourriez-vous vous identifier, s'il vous
plaît?
M. Lefebvre (Gaston); Gaston Lefebvre, président de la Commission
de la fonction publique.
Le Président (M. Baril): Merci.
M. Lefebvre (Gaston): Les nombreux désistements survenus
dans le cas des appels déposés en vertu de l'article 127, c'est
de cela qu'il s'agit...
M. Gendron: Oui.
M. Lefebvre (Gaston): II y a également de nombreux appels
qui viennent à la commission en vertu de l'article 33 ou 35. Les gens,
dès qu'ils ne sont pas satisfaits du résultat de leur examen ou
de ce qui leur arrive, en appellent. Par la suite, quand vient le temps de
plaider ou de se présenter pour l'audition, les gens se disent: II faut
que je fonde mon appel. Il faut que je dise pourquoi j'en appelle, il faut que
je fasse une preuve. Souvent, on se rend compte qu'on n'est pas capable de
faire une preuve suffisante pour fonder son appel. Dans d'autres cas, la partie
adverse ou la partie intimée, que ce soit l'office de recrutement, en ce
qui concerne la promotion, ou que ce soit l'autorité du
ministère, le ministère donne parfois raison à
l'employé, mais après qu'il a déposé son appel. Et
l'employé qui a déposé l'appel dit: Maintenant, je vais me
désister, puisque le ministère m'a donné raison. Toutes
ces considérations expliquent le grand nombre de
désistements.
Maintenant, dans le cas particulier que vous citez, il faut dire que,
parmi les 60 dossiers qui nous ont été
référés, il y en avait de nombreux qui remontaient
à deux, trois, quatre ou cinq ans. II faut voir qu'un appel qui prend
autant de temps à être entendu, à un moment donné,
l'appelant dit: Bofi je me désiste tout simplement. C'est une de ces
lacunes dans la procédure qu'on veut corriger pour que les dossiers nous
soient référés plus rapidement.
M. Gendron: D'ailleurs, à ce sujet-là -ce sera ma
dernière question sur la Commission de la fonction publique - j'ai
remarqué dans votre rapport, que vous envisagez que, dorénavant,
les règlements soient modifiés afin qu'à l'avenir les
appels soient acheminés directement au greffier de la Commission de la
fonction publique plutôt qu'au Conseil du trésor. Je m'adresse
à la vice-première ministre puisque cela semble être une
suggestion très forte de la commission. Est-ce que la
vice-première ministre est d'accord pour entériner cette
recommandation?
Mme Bacon: C'est mon intention. Il va falloir procéder
à cette recommandation, qui est fort sérieuse et bien
fondée, et poser les gestes qui seront nécessaires.
M. Gendron: Est-ce que vous l'avez analysée et est-ce vous
avez un délai d'intervention qui est connu à ce moment-ci?
Mme Bacon: On n'a pas de délai d'intervention. Je pense
qu'il y aura une rencontre avec le président de la Commission de la
fonction publique après les crédits. On va procéder le
plus rapidement possible.
Le Président (M. Baril): Vous permettez, M. le
député d'Abitibi-Ouest?
Est-ce sur le même sujet, M. le député de
Saint-Louis?
M. Chagnon: Je veux juste vous faire remarquer que nos 30 minutes
de ce matin sont déjà écoulées. Nous pourrons
revenir sur le sujet ultérieurement, surtout que le député
d'Abitibi-Ouest a posé sa dernière question sur un domaine
important, mais spécifique, c'est-à-dire la Commission de la
fonction publique...
M. Gendron: Ce n'est pas pertinent. On venait juste de convenir -
vous étiez ici, je vous ai vu, mais je sais que vous étiez
ailleurs en esprit - qu'on filait jusqu'à moins quart. On vient de
perdre deux minutes inutilement. Si vous me permettez de passer à
l'Office des ressources humaines... La vice-première ministre vient de
convenir qu'on filerait jusqu'à 10 h 45.
M. Chagnon: Excusez-moi, M. le député. Office des
ressources humaines
M. Gendron: L'Office des ressources humaines. Je n'ai pas le
temps de plaider l'importance, pour un organisme comme le gouvernement du
Québec, d'avoir une instance qui soit plus particulièrement
habilitée à agir un peu comme un courtier en matière de
dotation, mais je voudrais signaler que la responsabilité de l'Office
des ressources humaines est très importante afin que l'ensemble des
concours, quelle que soit leur nature, promotions et autres - et là, je
n'ai pas le temps d'entrer dans les détails -soit sous la
responsabilité d'une même entité pour assurer
l'unité et pour assurer également que les
intéressés se voient traités avec
équité.
J'ai quelques questions à poser au niveau de l'Office des
ressources humaines. Ce qui m'a étonné, si on parle du niveau des
concours... Je n'ai pas le temps, encore là, de revenir sur les propos
de la vice-première ministre, mais elle mentionnait qu'il ne fallait pas
créer de faux espoirs, de fausses
attentes pour les intéressés. Cela a toujours
été un problème d'actualité à l'Office des
ressources humaines. Si on regarde les documents qui nous ont été
remis, pour ce qui est de la dernière année, c'est-à-dire
les concours terminés entre le 1er avril 1986 et le 31 mars 1987, donc,
pour une année gouvernementale au sens budgétaire du terme,
l'Office des ressources humaines a tenu 215 concours strictement au niveau de
la responsabilité de l'office, au niveau du personnel d'encadrement,
professionnels, enseignants et autres fonctionnaires; à la page 5 du
document que vous nous avez remis. Vous savez à quoi je fais
référence.
Ce qui est étonnant, c'est qu'il y a eu 30 000 inscriptions de
candidats dont presque 3000 ont été déclarés aptes.
Tout le monde remarque les proportions. Il y en a 3000 qui sont
déclarés aptes, or 30 000 ont fait application. Dans le tableau
subséquent, ce sont les mêmes concours, mais cette fois-ci faits
par des délégataires, c'est-à-dire des organismes qui
exercent, comme la loi le prévoit, la capacité que ce soit
eux-mêmes qui fassent les concours. Il y a eu 261 concours, donc on est
à peu près dans les mêmes proportions
légèrement supérieures. Là, il y a quand même
un écart de 10 000 personnes qui se sont inscrites. Je trouve cela gros
comme écart et je ne comprends pas.
La question que je pose a deux volets, Mme la vice-première
ministre. Êtes-vous capable d'expliquer cette différence du
tiers'? Les critères tenus par les déléqataires sont-ils
plus serrés, ce qui fait qu'il y a moins de possibilités pour
l'ensemble des intéressés de postuler? Je veux avoir une
réponse là-dessus. Deuxièmement, un fait est plus curieux.
N'y a-t-il pas lieu, encore une fois, de réviser toute la
mécanique pour s'assurer qu'on ne fasse pas accroire à 30 000
personnes qu'elles ont des possibilités sur des postes? Lorsqu'il y a
200 concours à pourvoir, cela n'a pas de bon sens. Il me semble que l'an
passé on était revenu là-dessus pour essayer de resserrer
les critères par bassins, par catégories, pour s'assurer qu'on ne
fasse pas une cueillette de noms ou de personnes, étant donné le
traitement de ces candidatures, les coûts inhérents, la
déception que vous pouvez créer. Il me semble que cela n'a pas de
bon sens de fonctionner ainsi.
J'aimerais que vous me donniez quelques explications sur ce qui s'est
passé et sur vos intentions d'apporter des corrections à
l'avenir?
Mme Bacon: II faut faire la différence, M. le
Président, entre les ministères et l'office. Quand les
ministères ouvrent des concours, c'est souvent pour des emplois beaucoup
plus spécialisés que l'office. L'office, en fait, c'est un
très vaste choix, y compris tous les emplois de secrétariat et
tous ceux qui peuvent être admissibles. Alors, on peut voir aussi la
différence entre les deux. On a quand même fait des efforts pour
réduire la publication qui était faite auparavant. On essaie
d'aller chercher dans les centres d'emploi des possibilités de choix
d'employés. On essaie aussi de la réduire tant sur le plan
régional que sur le plan de la province, et dans les régions
c'est la même chose.
Le député d'Abitibi-Ouest a raison, on ne peut pas
créer de faux espoirs par les emplois qu'on offre. Évidemment, on
sait qu'il y a toujours beaucoup de demandes; beaucoup d'appelés et peu
d'élus. C'est la différence quand c'est l'office qui ouvre ces
choix et quand ce sont les ministères qui le font. Les ministères
sont beaucoup plus spécialisés, donc la réponse est
beaucoup plus réduite par rapport à l'Office des ressources
humaines. Mais on fait des efforts pour réduire les publications tant
sur le plan régional que sur le plan de la province et pour aller
chercher dans les centres d'emploi les demandes ou les postulants qui sont
libres.
M. Gendron: Une autre responsabilité... Pour des raisons
de temps, il faudrait que je revienne là-dessus, mais je n'y arriverai
pas...
Le Président (M. Baril): M. le député
d'Abitibi-Ouest, je voudrais vous dire que j'ai besoin des deux
dernières minutes pour procéder.
M. Gendron: Non, une seconde, c'est assez.
Mme Bacon: Ah! Peut-être une question.
M. Gendron: On va être d'accord pour adopter les
crédits, ils sont présumés acceptés quand on n'en
parle pas. Cela est la pratique courante.
Alors, c'est au niveau du personnel des cabinets politiques. L'office a
la responsabilité de placer ce qu'on appelle le personnel des cabinets
ministériels. Dans le rapport de l'Office des ressources humaines, l'an
dernier, il restait 35 personnes à placer. Dans le document...
M. Polak: M. le Président...
Le Président (M. Baril): Oui, M. le député
de... Quel comté?
M. Polak: On voudrait poser des questions aussi.
M. Gendron: Oui, sauf que, sur le plan du règlement, j'ai
droit à vingt minutes par
programme et je n'ai même pas pris cinq minutes. Alors,
après mes vingt minutes, si vous voulez poser des questions, il n'y a
pas de problème.
M. Polak: Oui, mais le temps va être expiré.
M. Gendron: Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise? Ce n'est
pas moi qui ai décidé qu'il n'y aurait qu'une demi-heure en
tout.
M. Polak: "Ce n'est pas moi, ce n'est pas moi"... Vous
étiez là pour négocier l'enveloppe de temps.
M. Gendron: Non.
M. Polak: On n'a jamais vu cela! À notre commission, on a
toujours participé aux travaux; nous sommes des parlementaires comme
vous.
M. Gendrons Je le sais.
Mme Bacon: Je voudrais vous faire remarquer...
M. Gendron: Je suis d'accord pour que vous y participiez.
Mme Bacon: Cela fait plusieurs fois que le député
d'Abitibi-Ouest dit que c'est moi qui ai décidé. C'est une
enveloppe qu'on donne et on m'a donné une demi-heure, je n'ai pas le
choix.
M. Gendron: Non, non. Quand je dis que c'est voua qui
décidez, ce n'est quand même pas l'Opposition qui statue sur
l'enveloppe. Alors, je dis "vous" comme membre...
Mme Bacon: Ce n'est pas moi non plus.
M. Gendron:... du gouvernement et non pas...
Mme Bacon: Ce n'est pas la ministre non plus.
M. Gendron:... comme vice-première ministre. Non, non, je
le sais.
Le Président (M. Baril): Alors, si cela ne vous fait rien,
nous avons un règlement qui s'applique...
M. Gendron: Oui.
Le Président (M. Baril):... et c'est l'article 284; je
dois terminer à 10 h 45.
M. Gendron: Oui, oui.
Le Président (M. Baril): Alors...
M. Gendron: II nous reste deux minutes.
Concernant le personnel politique, Mme la vice-première ministre,
il y en avait 35 dans votre rapport de l'Office des ressources humaines. Dans
les documents que vous nous avez remis, vous indiquez, à la page 6,
qu'il resterait 24 personnes de cabinets politiques à placer. Je veux
juste savoir depuis combien de temps il y a ce nombre de personnes à
placer et pour quelle raison, une année et demie après la
dernière élection, il resterait encore 25 personnes des cabinets
politiques qui ne seraient pas placées.
Le Président (M. Baril): Mme la vice-première
ministre.
Mme Bacon: II y en a qui étaient déjà
là, il y en a qui s'ajoutent, en cours de route, dans ces 24. Il y en a
à qui on a offert des postes et qui ne les acceptent pas. Alors, il faut
revoir et trouver d'autres postes pour eux. C'est ce qui fait le délai
souvent, mais il y en a qui s'ajoutent en cours de route.
M. Gendron: Oui, je comprends. C'est pour cela d'ailleurs
que...
Mme Bacon: Le délai est d'à peu près six
mois.
M. Gendron: Combien y en a-t-il qui se sont ajoutés depuis
la dernière élection?
Mme Bacon: Vous l'avez au tableau.
M. Gendron: Non, depuis la dernière élection, on
n'a pas le tableau.
Mme Bacon: Je vous le ferai parvenir.
M. Gendron: Oui, j'aimerais que vous puissiez me donner cette
information.
Adoption des crédits
Le Président (M. Baril): Alors, je vous remercie beaucoup.
Nous devons maintenant, s'il n'y a pas consentement, passer à l'adoption
des crédits budgétaires des organismes relevant de la
vice-présidente du Conseil exécutif. Est-ce que les
crédits du programme 1, Commission de la fonction publique, sont
adoptés?
Des voix: Adopté.
Le Président (M. Baril): Adopté. En deuxième,
est-ce que les crédits du programme 2, Office des ressources humaines,
sont adoptés?
Des voix: Adopté.
Le Président (M. Baril): Je comprends
que le programme 2 est adopté. Les crédits du programme 3,
Contributions du gouvernement à titre d'employeur, sont-ils
adoptés?
Des voix: Adopté.
Le Président (M. Baril): Adopté. L'ensemble des
crédits budgétaires des organismes relevant de la
vice-présidente du Conseil exécutif pour 1987-1988 sont-ils
adoptés?
Des voix: Adopté.
Le Président (M. Baril): Mme la vice-première
ministre, je vous remercie. Messieurs les membres de la commission, je vous
remercie beaucoup. J'ajourne cette commission sine die.
(Fin de la séance à 10 h 46)