Les versions HTML et PDF du texte du Journal des débats ont été produites à l'aide d'un logiciel de reconnaissance de caractères. La version HTML ne contient pas de table des matières. La version officielle demeure l'édition imprimée.
(Dix heures dix-huit minutes)
Le Président (M. Lemieux): À l'ordre, s'il vous
plaît!
La commission est réunie afin de procéder, en premier
lieu, à l'étude de la politique budgétaire du gouvernement
et de l'évolution des finances publiques, puis à la
vérification des engagements financiers du ministre des Finances pour
les mois de janvier à août 1987.
M. le secrétaire, est-ce qu'il y a des remplacements?
Le Secrétaire: Oui, M. le Président. M. Rivard
(Rosemont) remplacera M. Brouillette (Champlain) et M. Farrah
(Îles-de-la-Madeleine) remplacera M. Poulin (Chauveau).
Le Président (M. Lemieux): Merci, M. le secrétaire.
Vous avez tous reçu une copie de l'ordre du jour. Est-ce que l'ordre du
jour est adopté? L'ordre du jour est adopté.
Je comprends donc qu'il y a consentement, de part et d'autre et de la
part du ministre, afin de déroger au délai de transmission des
documents, aussi bien dans le cas de la politique budgétaire que dans le
cas des engagements financiers. Pour cela, je fais référence aux
règles de fonctionnement, aux articles 23 et 164 du
règlement.
Étude de la politique
budgétaire et de l'évolution
des finances publiques
Nous allons maintenant procéder à l'étude de la
politique budgétaire et de l'évolution des finances publiques,
conformément à l'article 292 du règlement.
Maintenant, je donne la parole à M. le ministre des Finances pour
la déclaration d'ouverture. M. le ministre des Finances.
Déclarations d'ouverture M. Gérard O.
Levesque
M. Levesque: M. le Président, mes premières paroles
seront pour saluer mon nouveau critique au ministère des Finances, le
député de Bertrand, et l'assurer de ma plus entière
collaboration. Je veux lui dire que s'il a, à un moment ou l'autre au
cours de ce mandat, besoin des services du ministère des Finances, nous
serons très heureux de coopérer de la meilleure façon
possible.
Ces paroles que j'adresse plus particulièrement, ce matin, au
député de Bertrand s'adressent évidemment aussi à
vous, M. le Président, et aux autres membres de la commission. Je
voulais le souligner ce matin étant donné que c'est la
première occasion que nous avons de travailler ensemble, alors que le
nouveau porte-parole de l'Opposition est, comme on le sait, le
député de Bertrand.
Je voudrais dans ces quelques propos préliminaires souligner que
la Synthèse des opérations financières au 30 juin
se base sur les informations disponibles à l'époque. C'est donc
dire qu'aujourd'hui, le 13 octobre 1987, nous avons devant nous, pour
étude, un document intitulé Synthèse des
opérations financières, 1er trimestre, 30 juin 1987. Les
informations qui s'y trouvent sont celles qui correspondent à la
situation financière au 30 juin dernier. C'est peut-être une
vérité de La Palice mais il est bon de le rappeler parce qu'on
est porté, à un moment donné -et c'est déjà
arrivé dans le passé - lorsque la discussion s'engage, à
parler de choses qui ont eu lieu il y a une semaine ou il y a deux semaines ou
d'une déclaration d'il y a trois semaines et cela ne correspond pas
tellement bien avec le contenu du document à l'étude.
Alors, il est bon de se rappeler que te document devant nous, encore une
fois, donne une photographie de ce qui se passe le 30 juin 1987. Rien ne nous
empêche, si le coeur vous en dit, de poser d'autres questions. Mais la
raison principale qui nous réunit évidemment est l'étude
de cette Synthèse des opérations financières.
Lorsque l'on étudie cette synthèse, on ne peut pas ignorer
la situation économique. Comme le député de Bertrand ne
sort même pas du contexte économique, car il était et il
continue d'être, je crois, un porte-parole dans d'autres secteurs qui
touchent justement la situation économique, je suis
particulièrement heureux de dire quelques mots sur cette situation.
Au cours des derniers mois, les nouvelles concernant la performance de
l'économie ont été, comme vous le savez, très
encourageantes. De plus, à bien des égards, elles ont
été meilleures que ce qui était anticipé au moment
du dernier discours sur le budget. Je pense bien que les
ministres des Finances, du moins ce que je connais de mes
prédécesseurs, ont toujours aimé pouvoir liver la
marchandise telle que prévue dans le budget. Mais comme deuxième
choix, cela a été d'avoir à annoncer des nouvelles encore
meilleures que celles annoncées dans le budget. Je ne passe pas à
la troisième option, c'est toujours moins intéressant.
La plupart des indicateurs économiques disponibles actuellement
nous permettent d'affirmer que la performance économique du
Québec devrait surpasser la moyenne canadienne en 1987, un point de vue
d'ailleurs partagé par plusieurs organismes tels que le Conference Board
du Canada, la Banque de commerce et la Caisse de dépôt et
placement.
Si on examine quelques-uns de ces indicateurs, du côté de
l'emploi par exemple, 98 000 emplois ont été créés
au Québec au cours des neuf premiers mois de l'année, ce qui
représente une progression cumulée de 3, 4 % contre 2, 4 % dans
l'ensemble du Canada. Si on regarde comment se compose cette création de
98 000 emplois, cela témoigne également du climat de confiance
qui règne dans l'économie puisque les gains se concentrent
exclusivement dans le temps plein. On a souvent parlé de ces emplois
récupérés après la récession et on
remarquait que la plupart des emplois, même les emplois
récupérés, l'étaient à temps partiel. Or, ce
qu'il y a de particulièrement important, encourageant et
réconfortant dans la situation actuelle, c'est que les gains sont de 101
000 dans le plein emploi et nous notons un léger recul de 3000 dans le
temps partiel; moins 3000 dans le temps partiel, vous avez donc 98 000; 101 000
pour le temps plein, moins 3000 dans le temps partiel, ce qui donne un chiffre
net de 98 000 pour les neuf premiers mois.
La conjoncture a été extrêmement favorable aux
jeunes - je pense que c'est un point fort important à noter - qui ont vu
leur taux de chômage diminuer au niveau le plus faible des dix
dernières années. Au cours des neuf premiers mois, le taux de
chômage des 15-24 ans s'est établi à 15, 2 % en moyenne
comparativement à 17, 7 % pour la même période de l'an
dernier. Au cour3 des dix années précédentes,
c'est-à-dire de 1976 à 1985, le taux moyen de chômage des
jeunes avait été de 18, 7 %. Donc, je pense qu'il y a là
quelque chose de fort encourageant de voir que ce taux de chômage a
été réduit à ce chiffre de 15, 2 % qui est encore
trop élevé mais qui indique tout de même une tendance
très positive.
Enfin, la bonne performance d'ensemble de l'économie s'est
également traduite par une réduction significative des
écarts entre les taux de chômage régionaux, un recul
nettement supérieur à la moyenne ayant été
observé en Gaspésie, au Bas-Saint-Laurent, au
Nouveau-Québec et Côte-Nord. Ce sont des diminutions respectives
de -5, 0 %, en Gaspésie; au Bas-Saint-Laurent, -5, 2 %; au
Nouveau-Québec, Côte-Nord, -2, 5 % respectivement. Cela, c'est
depuis le début de l'année seulement.
Un autre indicateur assez éloquent est celui des investissements.
Selon Statistique Canada, les intentions d'investissements ont
été révisées à la hausse de façon
importante entre le début et la mi-année 1987. En fait, il s'agit
de la plus importante révision à la hausse des dix
dernières années au Québec, soit 746 800 000 $ pour les
investissements non résidentiels privés et plus de 1 500 000 000
$ pour les investissements totaux. Après révision, les
immobilisations globales augmenteront de 12, 2 % au Québec pendant
qu'elles augmenteront de 10, 8 % à l'échelle du pays. Pour une
quatrième année consécutive, la croissance des
investissements non résidentiels privés sera supérieure
à celle observée à l'échelle canadienne.
L'augmentation de 12, 9 % cette année au Québec porte à
67, 6 % la croissance cumulée des investissements non
résidentiels privés au Québec depuis 1983 contre 38, 6 %
dans l'ensemble du pays. En particulier, l'important secteur de la fabrication,
représentant environ 25 % des investissements non résidentiels,
devrait enregistrer une hausse de 14, 7 % au chapitre des investissements.
Maintenant, regardons un instant ta construction résidentielle.
Les mises en chantier enregistrées au Québec depuis le
début de 1987 sont de 68 000 unités dans les régions
urbaines, ce qui représente environ 75 000 mises en chantier pour
l'ensemble de la province. En dépit du niveau très
élevé atteint l'an dernier, soit 60 348 unités qui
était déjà le niveau le plus élevé depuis
dix ans, les résultats enregistrés depuis le début de
l'année laissent présager l'établissement d'un sommet
historique dans la construction domiciliaire au Québec en 1987.
Un autre indicateur à examiner: les ventes au détail.
Quant aux ménages, l'indice d'attitude des consommateurs se situe aussi
présentement à un sommet historique. Reflet de confiance qui
caractérise les consommateurs, les ventes au détail ont
progressé de 11, 3 % au cours des sept premiers mois de 1987 au
Québec, comparativement à 8, 6 % dans l'ensemble du Canada. C'est
au chapitre des meubles, des appareils ménagers et des automobiles que
la croissance des ventes a été la plus élevée.
Considérons maintenant l'inflation et les taux
d'intérêt. Évidemment, il y a là quelque chose qu'il
faut regarder de près, parce qu'il y a une petite tendance qu'il faut
noter. La bonne performance de l'économie s'accompagne de pressions sur
les prix et les taux d'intérêt» Ainsi, au cours des trois
derniers mois, les taux d'intérêt ont
augmenté de façon significative aux États-Unis et
au Canada. Le taux d'inflation se maintient aux environs de 4, 5 %, ce qui est
plus élevé que ce qui était prévu lors du budget.
Ces deux facteurs pourraient affecter les dépenses à la
hausse.
Si on me permet maintenant de conclure sur l'économie, notre
performance au Québec est très bonne et même meilleure que
celle qui était anticipée au moment du budget. C'est de bon
augure pour les revenus du gouvernement aussi, bien que les chiffres que je
viens de donner dans l'économie couvrent neuf mois de l'année
civile - c'est cela? plutôt que de l'année financière du
gouvernement qui commence, comme vous le savez, le 1er avril 1987. La
synthèse que nous étudions ne couvre que les trois premiers mois
de l'année financière: le premier trimestre.
Cependant, les pressions inflationnistes et la hausse des taux
d'intérêt, si elles devaient se maintenir, risquent fort
d'entraîner une hausse des dépenses en raison des clauses
d'indexation des salaires contenues dans les conventions collectives des
employés de l'État et de l'importance également de la
dette du gouvernement. Avec un endettement comme celui que nous avons, toutes
les variations ont des conséquences assez significatives sur les
dépenses.
De plus, si la croissance économique du Québec continuait
d'être plus élevée que celle de l'ensemble du Canada, il
pourrait en résulter une baisse des paiements de
péréquation, surtout si la performance des provinces qui forment
l'échantillonnage, la base de la péréquation, ne suivait
pas d'assez près celle du Québec. Évidemment, si tout le
monde monte ensemble, cela n'affecte pas tellement la
péréquation. Mais s'il y a un progrès très
significatif au Québec comme cela semble le cas et s'il n'y avait dans
les provinces qui font partie de l'échantillonnage... Eût entre
parenthèses, si ma mémoire est fidèle, les cinq provinces
qui font partie de l'échantillonnage sont, en plus du Québec,
l'Ontario, le Manitoba, la Saskatchewan et la Colombie britannique. Il faut
surveiller la performance de ces provinces-là pour voir comment la
péréquation pourrait être affectée.
Il est donc trop tôt pour porter un jugement sur l'impact net de
la bonne performance de l'économie sur les équilibres financiers.
Il n'est pas trop tôt pour souligner l'importance souvent historique de
la performance de l'économie du Québec, mais il est trop
tôt pour arriver à des conclusions définitives sur l'impact
net de cette performance sur les équilibres financiers.
Si vous me le permettez, on pourrait examiner brièvement les
résultats de la Synthèse des opérations
financières au 30 juin. Rappelons qu'en 1986-1987, le gouvernement
s'était fixé des objectifs extrêmement ambitieux en ce qui
concerne l'assainissement des finances publiques. Comme le déficit
devait être ramené à 2 895 000 000 $, le gouvernement
faisait face à une impasse financière de 1 300 000 000 $. Il
avait quand même adopté une politique de réduction des
impôts qui était nécessaire si on voulait que
l'économie québécoise redevienne concurrentielle, mais qui
portait l'impasse à 1 500 000 000 $. Pour la résoudre, il ne
pouvait compter que sur la réduction des dépenses, puisque le
niveau du déficit avait atteint la cote d'alerte. Des réductions
et compressions de dépenses atteignant 1 000 000 000 $ avaient alors
été annoncées, ce qui devait permettre de ramener le taux
de croissance des dépenses sous la barre des 3 %. Je suis bien heureux
de souligner que ces résultats ont été atteints et qu'on a
même fait mieux. Les revenus budgétaires ont finalement
dépassé les prévisions du discours sur le budget de 61 200
000 $, tandis que les dépenses ont été inférieures
à ce qui avait été prévu de 14 500 000 $.
Lorsqu'on a terminé l'année 1986-1987, même le
discours sur le budget du 30 avril -le discours devait avoir lieu le 7 mai, on
se le rappellera - indiquait encore que, selon nos prévisions, nous
étions avec un déficit de 2 895 000 000 $. Mais, par la suite, on
a fermé un peu les livres, on a eu les dernières informations et
ce qui est arrivé, c'est que nous avons 75 000 000 $ de plus que ce que
nous avions espéré pour l'année 1986-1987, l'exercice
financier précédent, qui se termine avec un déficit de 2
819 300 000 $.
Encore fois, on aime bien tomber pile, mais quand c'est un peu mieux,
cela se prend. J'ai connu des situations où le ministre des Finances
était un peu plus malchanceux et il était obligé de dire
que c'était moins bien que prévu. Évidemment, les
années changent, la conjoncture change, tout change. À un moment
donné, peut-être qu'on aura de moins bonnes nouvelles à
donner; c'est le sort qui nous est réservé. Je suis très
heureux, à ce moment-ci, de pouvoir donner d'aussi bonnes nouvelles
à nos concitoyens.
Les efforts et la détermination déployés au cours
de cette année 1986-1987 nous auront permis d'entreprendre 1987-1988
avec une petite marge de manoeuvre- C'est ainsi que l'objectif du
déficit a pu être ramené à 2 400 000 000 $, tout en
mettant en place un train de mesures pour appuyer la croissance
économique, favoriser la recherche et le développement et
améliorer la justice sociale et la fiscalité, notamment pour
venir en aide aux familles du Québec.
Maintenant, si on regarde les résultats du premier trimestre
1987-1988, on voit que
la bonne performance de l'économie était
déjà perceptible lors de la préparation de la
synthèse au 30 juin 1987. Sur cette base, l'impôt sur le revenu
des sociétés a été révisé à la
hausse de 50 000 000 $ et la taxe de vente, de 35 000 000 $. Cependant, il est
prévu que les dépenses en services de dette seront
supérieures de 85 000 000 $, compte tenu de la hausse des taux
d'intérêt. Donc, bien qu'on soit ailé chercher 50 000 000 $
de plus dans l'impôt sur le revenu des sociétés et 35 000
000 $ de plus sur la taxe de vente, faisant une belle somme de 85 000 000 $, on
est allé perdre rapidement ce même montant dans la hausse des taux
d'intérêt.
M. Chagnon: Est-ce le premier trimestre de 1987-1988?
M. Levesque: Oui, c'est le premier trimestre de 1987-1988.
La prévision du niveau de déficit est en
conséquence maintenue à 2 400 000 000 $.
Je pourrais passer cela sous silence parce que cela ne change rien, mais
pour la bonne compréhension du document, vous verrez qu'il y a deux
sommes qui reviennent. Il y a d'abord 104 000 000 $ pour la classification des
revenus reliés à la taxe sur le bois d'oeuvre. Ces 104 000 000 $
disparaissent de nos revenus autonomes, mais on les retrouve dans les
transferts fédéraux. Donc, c'est une question de
comptabilité, si vous voulez. Cela ne change rien, on reçoit les
104 000 000 $ de toute façon, mais au lieu de les recevoir dans les
revenus autonomes du gouvernement pour des fins comptables, on les
reçoit dans des transferts fédéraux. Quand vous arrivez au
"bottom line" - si on peut employer l'expression - des revenus, il n'y a aucun
changement. L'autre chiffre que vous allez voir revenir également dans
la synthèse, c'est le montant de 140 000 000 $. Ce poste, qui est de 140
000 000 $ cette année, était versé directement au
gouvernement. Ensuite, le gouvernement, au chapitre des dépenses,
versait ces 140 000 000 $ à la Société d'habitation du
Québec. Maintenant, le gouvernement fédéral verse
directement à la Société d'habitation du Québec, ce
qui enlève des entrées et des sorties de 140 000 000 $;
c'est-à-dire que, dans les transferts fédéraux, on va voir
une diminution de 140 000 000 $ parce que nous ne recevons plus les 140 000 000
$ au fonds consolidé du revenu. Mais, par contre, aux dépenses,
nous n'avons pas à sortir ce montant pour le remettre à la
Société d'habitation du Québec. Cela ne change rien. La
Société d'habitation du Québec reçoit ses 140 000
000 $, mais cela se fait directement. Voilà! Vous allez voir que cela va
modifier les chiffres dans la synthèse.
Ce qui est impartant à retenir et qu'il faut regarder dans ce
genre d'exercice, c'est ce qui arrive au déficit et aux besoins
financiers du gouvernement. Dans les deux cas, il n'y a pas de changement au 30
juin 1987. Ce sont les mêmes chiffres qui sont là pour le
déficit, soit 2 400 000 000 $, et vous avez les besoins financiers nets
du gouvernement qui n'ont pas été modifiés non plus. (10 h
45}
Par ailleurs, la synthèse annonce une augmentation de 730 000 000
$ des remboursements d'emprunts en 1987-1988 et une hausse à peu
près équivalente du programme d'emprunts. Cela se comprend, nous
avons un endettement considérable, un endettement qui a
été effectué au cours des années,
particulièrement au cours des dernières années, et souvent
à des conditions un peu moins intéressantes que celles que nous
connaissons aujourd'hui. C'est ce qui fait qu'à chaque occasion que nous
avons, nous préférons rembourser ces emprunts lorsque c'est
possible dans les conditions de l'emprunt et, à ce moment-là,
emprunter de nouveau, mais à de meilleures conditions. C'est ce que nous
avons fait et c'est ce qui explique une augmentation de 730 000 000 $ des
remboursements d'emprunts en 1987-1988 par rapport à nos
prévisions et une hausse à peu près équivalente du
programme d'emprunts. Le gouvernement poursuit, cette année, les
opérations de refinancement entreprises l'an dernier. Il faut remanier
la structure de notre dette pour en réduire le risque global
associé à deux facteurs: les taux d'intérêt et les
taux de change.
Nous pouvons profiter d'une conjoncture favorable puisque nous sommes
devant la possibilité de renégocier certains emprunts existants
à des conditions sensiblement plus avantageuses, comme je le mentionnais
il y a quelques instants. D'ailleurs, la confiance des investisseurs dans les
titres du Québec étant à nouveau très
élevée, notamment à l'étranger, tout cela devient
possible. Les transactions effectuées permettent notamment d'allonger
les échéances entre 0 et 20 ans, selon le cas, tout en
réduisant les coûts en intérêt de près de 20
000 000 $ annuellement.
Alors, disons que j'ai pris le temps qui m'est alloué. Je pense
qu'il est clair que le gouvernement a respecté les objectifs qu'il
s'était fixés pour l'année financière 1986-1987,
même un peu mieux, étant donné que j'ai pu annoncer 75 000
000 $ de mieux que ce qui avait été annoncé au moment du
budget. Le gouvernement a l'intention de faire de même pour
l'année financière 1987-1988 si c'est possible. La restauration
de la situation financière est sur la bonne voie. La croissance
économique est meilleure que prévue. Il faudra cependant attendre
les résultats de la mise à jour du cadre économique et
financier en cours au
ministère pour se faire une meilleure idée.
M. le Président, je vous remercie du temps que vous m'avez
accordé pour faire état de la situation économique et
financière du gouvernement, du moins dans ses grandes lignes, et de la
situation financière au 30 juin 1987, tel que le mandat de la commission
l'indique.
Le Président (M. Lemieux): Merci, M. le ministre des
Finances. Nous sommes toujours aux déclarations d'ouverture. M. le
député de Bertrand, porte-parole de l'Opposition, vous avez la
parole.
M. Jean-Guy Parent
M. Parent (Bertrand): Merci, M. le Président. M. le
ministre, je me dois d'abord de souligner devant cet exposé que vous
avez fait que je trouve un peu dommage que plusieurs de vos collègues ne
soient pas là pour vous applaudir. Lorsqu'un ministre des Finances fait
un rapport comme celui qu'il vient de faire, il me semble qu'il aurait
été au moins décent d'avoir le quorum à
l'ouverture. Nous avons dû attendre quelque quinze minutes. Je me dois de
le souligner. M. le ministre était à temps et j'étais
à temps. Peut-être qu'on n'a pas l'habitude d'avoir ce qu'on
appelle le bon "timing", mais à dix heures, nous étions
là. Je trouve cela un peu dommage. Oe toute façon, cela ne change
rien pour ce qui est de la continuité des travaux.
Le Président (M. Lemieux): Je m'excuse, M. le
député de Bertrand, j'en prends bonne note et soyez assuré
que j'ai avisé moi-même, comme président de cette
commission, le whip du parti ministériel. Je le déplore, je tiens
à le souligner, tout comme M. le ministre des Finances le
déplore. Je verrai, à l'avenir, à parler aux gens
concernés de mon parti pour que, effectivement, les gens soient à
l'heure et prennent leurs responsabilités. La parole est à vous,
M. le député de Bertrand.
M. Parent (Bertrand): Alors, je ferme la parenthèse sur
cela puisque ce n'est pas l'objet de nos débats. Si les collègues
qui entourent le ministre des Finances sont heureux de la performance, il me
semble qu'ils auraient dû être là.
En ce qui a trait, M. le ministre, à vos bons mots de bienvenue
quant à ma présence comme critique officiel en matière de
finances, je vous remercie d'abord. Je veux vous assurer que, de mon
côté, tout en ayant à faire mon travail, j'essaierai de le
faire positivement, de façon constructive et de façon à
essayer d'apprendre davantage pour que l'ensemble des citoyens du Québec
sachent exactement ce qui se passe par rapport aux finances publiques. Ce n'est
pas un domaine facile et ce n'est pas un domaine où on s'improvise
expert. J'ai l'intention - je vous l'ai manifestée à quelques
reprises - de faire appel à vous de même qu'à vos
principaux collaborateurs afin de bien posséder, dans leur ensemble, les
dossiers. D'ailleurs, nous avons des rencontres de prévues à cet
effet. Pour faire une critique constructive, je suis convaincu qu'on se doit
d'assimiler tous les éléments. Vous l'avez mentionné
vous-même, il est bien sûr que j'ai déjà quelques
affinités avec l'aspect économique grâce aux dossiers que
j'ai eu à mener au cours des deux dernières années. Et
aussi, grâce à l'expérience passée, je pense que je
pourrai facilement m'adapter et bien posséder ce dossier.
Déjà, ce matin, la présentation de la Synthèse
des opérations financières du premier trimestre est un
excellent exercice et on aura la chance dans le courant de l'avant-midi d'aller
plus en profondeur, M. le ministre, sur plusieurs points et sur plusieurs
questions pour lesquelles j'aimerais avoir réponse.
La situation économique, comme vous l'avez
présentée, est très encourageante et ce serait de se
mettre le tête dans le sable que de dire que c'est faux. Je pense qu'elle
est encourageante et, de ce côté-ci, on ne peut aussi
qu'être très content. Vous savez, quand cela va bien au
Québec, pour l'ensemble des Québécois que nous
représentons, je pense qu'il faut être capable d'avouer les choses
telles qu'elles sont. Là où on diverge peut-être quelque
peu d'opinions, c'est quant aux causes pour lesquelles cela va bien. On aura
l'occasion d'en discuter, mais on sait qu'il y a un ensemble de mesures qui
font que cela va bien. Peut-être que le meilleur exemple qui peut
illustrer ce que je veux dire, c'est que, effectivement, si la construction va
bien, c'est parce que, entre autres, les taux d'intérêt se portent
bien aussi. Lorsque les taux d'intérêt se portent bien, cela a un
effet direct et quand la construction va, que le bâtiment va, tout
va.
Mais dans le même souffle, je dois dire que vous-même, vous
n'avez pas le contrôle sur les taux d'intérêt puisqu'une
légère hausse du taux d'intérêt vous a amené
à réviser d'environ 85 000 000 $.
Tout cela pour dire que le ministre des Finances subit un certain sort;
vous en subissez un bon, j'en suis fort aise. Cela va rendre mon travail
d'autant plus difficile, mais veillez me croire, cela va certainement permettre
de scruter les choses plus en profondeur. Je ne suis certes pas là que
pour vous envoyer des fleurs, j'aurai aussi des pots, mais j'essaierai de bien
les orchestrer, M. le ministre.
Vous avez parlé d'emplois, vous avez parlé
d'investissements et moi aussi, j'aimerais en parler. Ce qui m'inquiète
- tout cela dans mes remarques préliminaires, avant
d'entrer dans les détails - d'abord et avant tout, c'est que la
conjoncture que l'on connaît, les résultats du premier trimestre
ou les faits saillants, si l'on veut, jusqu'en septembre 1987, donc les faits
saillants des neuf premiers mois de l'année civile, comme vous l'avez
mentionné, sont encourageants. Mais j'ai la profonde conviction... J'ai
eu à poser des questions et à travailler beaucoup ces
dernières semaines dans cette même enceinte du salon rouge, en
commission parlementaire, sur le fameux dossier du libre-échange dont
j'avais aussi la responsabilité de ce côté. J'ai beaucoup
de préoccupations; l'avenir m'inquiète beaucoup, M. le ministre.
Vous savez, quand cela va bien, on a souvent, par nature, que ce soit un
gouvernement, une personne ou une entreprise, le réflexe de s'asseoir
sur ses lauriers. J'ai la profonde conviction que c'est ce qui est en train de
se passer actuellement au gouvernement. Je m'explique.
Le libre-échange va amener de nouvelles règles du jeu en
économie au cours des prochaines années. Le libre-échange
va faire en sorte qu'il y aura une nouvelle concurrence et que de nouvelles
entreprises vont se retrouver dans des situations pas faciles. La
réaction du gouvernement du Québec, donc de votre gouvernement,
va être très importante. Il va falloir prendre un ensemble de
mesures dès maintenant afin de se donner tous les outils
nécessaires, si on veut, pour faire face aux nouvelles règles du
jeu qui vont se présenter non seulement en 1988 mais au cours des
prochaines années.
Par chance, nous ne sommes pas dans une situation de crise comme celle
qu'a connue le gouvernement du Québec au cours de 1981 et 1982. Ce
furent des années difficiles. Si on avait à faire un virage
aujourd'hui comme celui qu'on a eu à faire, ce ne serait pas facile.
Mais comme le gouvernement du Québec a présentement une certaine
marge de manoeuvre, que le gouvernement du Québec connaît une
meilleure période de prospérité et une période
très encourageante au chapitre de la création d'emplois et des
investissements, il faut absolument capitaliser et poser les gestes qui
s'imposent.
Je ne vois rien de concret, par rapport à plusieurs mesures qui
étaient mentionnées dans votre discours anticipé du 30
avril dernier, qui semble aller de l'avant. Il y a même des choses qui
n'étaient pas nécessairement dans le discours sur le budget mais
qui devront sûrement apparaître au cours des prochains mois ou de
l'année. Je fais allusion ici à des promesses et à des
engagements de la part du gouvernement dont vous faites partie. Ce sont des
engagements concernant la question de la parité de l'aide sociale, la
question du nombre de garderies qui doivent aller en augmentant alors qu'on
reste dans une position de statu quo, d'attente, et la question quant aux
enveloppes budgétaires pour venir en aide aux handicapés. Je
pense également aux services de santé, aux hôpitaux, etc.
Je ne m'étendrai pas là-dessus. Tout le monde est au courant de
cela. Quant à la question du secours aux sans-abri en cette année
des sans-abri, rien de concret n'a été mis de l'avant finalement.
Je pense au soutien à accorder aux groupes d'initiatives jeunesse,
à un meilleur soutien de la Société de
développement industriel, à l'aide au développement
régional et à l'implantation d'incubateurs d'entreprises et j'en
passe.
Tout cela pour vous dire, M. le ministre, que si cela va bien
actuellement, si on a amélioré les états financiers, si on
a amélioré le portrait du Québec, je pense que c'est le
temps ou jamais de prendre plusieurs de ces mesures. Vous savez que le
Québec, ce n'est pas seulement des états financiers. Le
Québec, ce n'est pas seulement un portrait amélioré. Je
veux bien qu'on réduise le déficit de 2 800 000 000 $ ou 2 900
000 000 $ à 2 400 000 000 $. Je veux bien qu'on travaille dans le sens
de la réduction des dépenses mais il n'y a pas seulement
cela.
Tantôt, vous avez parlé des gouvernements
précédents. Il y a eu augmentation, particulièrement ces
dernières années. Effectivement, il y a eu augmentation du
déficit. Il y a eu augmentation des services également dans
plusieurs domaines. Je pense que si les finances publiques et la conjoncture
économique, particulièrement avec les investissements que l'on
connaît actuellement, vont bien, il va être grand temps que le
gouvernement du Québec passe à l'action, du moins en ce qui
regarde les principaux engagements qu'il a pris à ce sujet.
Si on parle d'investissements, M. le ministre, c'est parce que - vous
l'avez mentionné - il existe un climat de confiance. Mais seulement les
événements du 3 octobre dernier relatifs à la signature de
l'entente sur le libre-échange risquent, s'il n'y a pas un ensemble de
mesures prises par le gouvernement concernant, entre autres, la politique
d'emploi du gouvernement, à savoir ce qu'il entend faire sur la question
du recyclage et de la formation de la main-d'oeuvre... Au moment où les
investissements se portent assez bien, on a quand même un taux de
chômage qui dépasse les 10 %. D'accord, il semble vouloir
décroître mais c'est quand même un taux de chômage qui
dépasse les 10 %. (11 heures)
Essentiellement, cela veut dire qu'il y a beaucoup de main-d'oeuvre mais
qu'on n'est pas capable de l'utiliser par rapport au type de demandes que nous
avons. Cela veut dire aussi un manque dans la politique d'emploi qui ferait
qu'on pourrait utiliser cette main-
d'oeuvre au maximum. Dans ce sens-là, je pense qu'il y a des
mesures importantes à prendre dans les plus brefs délais possible
si l'on veut être capable de baisser ce taux de chômage. On aura
beau augmenter et augmenter les investissements et continuer selon la courbe
avec laquelle on est parti, si, à ces nouveaux investisseurs, cette
nouvelle technologie et ces nouveaux domaines que nous exploitons actuellement
et qui attirent des investisseurs locaux, étrangers, américains
ou européens, on est incapable de fournir la main-d'oeuvre
qualifiée ou particulièrement récupérer les gens
actuellement en chômage qui ont le goût de travailler, l'offre et
la demande ne se rencontrant pas à ce point de vue, je pense qu'on
manque carrément le bateau. Les statistiques d'investissements auront
beau continuer à croître, le taux de chômage va demeurer
stagnant, il ne baissera pas. À mon avis, pour ce qui est du
chômage et de la main-d'oeuvre, c'est quelque chose d'important.
Il faut avoir un ensemble de politiques qui, face aux outils que vous
avez - la marge de manoeuvre et la situation financière sont meilleures
qu'elles ne l'ont été ces dernières années - nous
permettent de profiter de cette situation. Vous l'avez, la marge de manoeuvre.
Comment se fait-il que vous ne passiez pas actuellement à l'action quant
à plusieurs engagements et à plusieurs demandes des
différents milieux et groupes que j'ai mentionnés tantôt?
Voilà autant de questions que je me pose. Ce sont peut-être des
domaines à propos desquels on me dira que je déborde quelque peu
la seule Synthèse des opérations financières.
Mais quand j'aligne les chiffres les uns derrière les autres, je
veux bien qu'on réduise la dette, mais je pense que lorsqu'on
perçoit des taxes chez les contribuables québécois, c'est
aussi pour leur donner des services.
Ce que l'on perçoit partout - j'ai fait un bout de tournée
au Québec - dans toutes les régions, c'est que les gens des
différents milieux sont vivement préoccupés par le
désengagement de l'État dans plusieurs domaines. Quand je dis
"désengagement de l'État", cela va bien au-delà des grands
dossiers qu'on a connus, particulièrement dans le domaine des
privatisations où on a vu le gouvernement se retirer graduellement.
Je suis persuadé que lors de l'analyse plus en profondeur et des
questions que j'ai à poser, on pourra obtenir certaines réponses,
du moins je l'espère. Mais, M. le ministre, je vous dirai en terminant
ce bref exposé préliminaire que n'eût été
entre autres la nouvelle façon de comptabiliser et de présenter
les états financiers qui n'est pas une décision unique du
ministre des Finances mais des recommandations qui avaient été
faites par le Vérificateur général - cela reflétera
peut-être mieux les choses à l'avenir - n'eût
été ces changements de3 règles du jeu, si nous prenions
exactement la même situation il y a un an et même avec les
anciennes règles du jeu, on ne serait certes pas en train de
présenter un déficit de 2 400 000 000 $. On a qu'à penser
aux revenus actuels des sociétés d'Etat - et
particulièrement d'Hydro-Québec - qui n'ont plus besoin de passer
par la formule des dividendes mais qui sont comptabilisés
directement.
Je conçois qu'à l'avenir on fonctionnera sur une base
comparative, mais il reste que, dans cette période de transition, on a
sensiblement amélioré le portrait. Mais la réalité
n'est pas proportionnellement améliorée pour autant par rapport
à ces modifications. N'eût été ces changements
profonds, importants, je pense qu'on ne serait pas dans la situation telle que
présentée aujourd'hui. Des sociétés d'État
ont été vendues ou liquidées. Certaines sont
comptabilisées et d'autres ne le sont pas; elles sont à venir
puisque la transaction a sûrement eu lieu après le 30 juin. Ce
sont tous des outils que nous avions et qui ont un effet positif lorsqu'on
encaisse des sommes d'argent pour avoir vendu ces actifs, mais qui - et je
pense particulièrement au cas de Donohue - ne refléteront plus
les bénéfices qu'ils pouvaient refléter via la
Société générale de financement et via les outils
que nous avions pour continuer à faire du développement
économique.
Je termine en vous disant, M. le ministre, que vous pouvez aussi
être assuré de ma collaboration. J'ai une "job" politique à
faire, mais lorsqu'on parle de politique, il faut placer au-dessus
l'économie. On ne peut pas jouer avec les chiffres et faire du charriage
outre mesure. L'analyse très serrée des chiffres peut nous amener
à faire une critique très sévère. On ne peut pas
être toujours d'accord avec ce qui se fait, avec les orientations que
vous prenez et avec l'utilisation des fonds. Essentiellement, c'est cela que
vous faites, vous utilisez les fonds à bon escient.
Je vous dis que j'essaierai toujours, M. le ministre, d'être
positif malgré cette démarche de critique officiel. J'essaierai
toujours d'apporter pas nécessairement des solutions mais des pistes
à envisager que je crois être essentielles pour le bien du
Québec, pour l'ensemble des Québécois. Cela me semble
important que finalement, au sortir du travail que j'ai à faire et du
boulot que vous avez à faire en tant que ministre des Finances, l'on
fasse avancer le Québec. Et s'il arrivait parfois que nous soyons
d'accord sur certains points et que cela puisse faire avancer les choses, je ne
demande pas mieux. Ce que je peux vous dire, c'est qu'il ne faut pas se laisser
juste bercer et leurrer par le portrait financier et surtout ne pas s'endormir
actuellement sur
une situation qui certes est une situation intéressante pour ne
pas dire favorable à un ministre des Finances.
Le Président (M. Lemieux): Merci, M. le
député de Bertrand. Y a-t-il d'autres députés qui
désirent intervenir? Alors, comme il n'y a pas d'autres
députés, M. le ministre des Finances, vous avez la parole.
M. Gérard D. Levesque (réplique)
M. Levesque: M. le Président, je note avec satisfaction
l'esprit dans lequel le député de Bertrand aborde son rôle.
Il reconnaît que ce n'est pas un rôle nécessairement
toujours positif. Comme il l'a mentionné lui-même, il a une "job"
politique à faire. Alors, c'est évident que tout le monde
comprend cela, moi le premier. Ayant passé 17 ans dans l'Opposition et
peut-être bientôt 15 ans au pouvoir, je sais faire la distinction
qui s'impose. Mais je reconnais dans le député de Bertrand un
député qui a l'intention de jouer son rôle d'une
façon positive et, si j'interprète bien ce qu'il dit, de faire la
part des choses. J'espère que malgré la chaleur des discussions
que l'on peut entrevoir dans les mois à venir ou les années
à venir - enfin, je ne sais pas combien de temps il veut consacrer
à la politique - Il n'oubliera pas les bonnes dispositions du
début.
Cela dit, M. le Président, je voudrais simplement relever
certaines affirmations du député de Bertrand qui, tout en
reconnaissant la vigueur de l'économie du Québec et la situation
favorable que l'on connaît présentement, se dit inquiet de
l'avenir et craint que nous puissions nous asseoir sur nos lauriers. Je dois
dire que ce n'est pas mon intention de m'asseoir sur quelque laurier que ce
soit. Nous avons déjà indiqué que nous allions prendre des
mesures et que nous prenions les mesures que nous pensons les meilleures pour
profiter de la situation. Nous avons mis l'accent sur la diminution du
déficit et nous l'avons fait à la lumière également
de l'expérience passée. On est fort conscients que l'avenir peut
être différent de ce que nous connaissons aujourd'hui. Si on
retourne à l'époque des pharaons, il y avait les sept vaches
maigres et les sept vaches grasses. Les années se suivent, mais ne se
ressemblent pas toujours. Je pense qu'il faut mettre un peu de blé dans
le grenier, si on ne veut pas connaître des moments de famine.
Je m'explique aussi, lorsque je dis que je le fais à
l'expérience des années passées. On se rappellera
qu'après 1976, lorsque nous avons, par la volonté de Dieu et du
peuple, quitté le pouvoir, le déficit n'atteignait pas 1 000 000
000 $. Très peu de temps après, on avait sauté à 3
000 000 000 $ de déficit, qu'on avait attribué à la
préparation du référendum. D'ailleurs, je
n'interprète pas, je ne fais qu'évoquer une déclaration de
votre prédécesseur, le critique financier de l'Opposition qui
faisait référence justement à cette période
préréférendaire, qui a été le moment
où le déficit du Québec a fait ce bon. Ce qui est
arrivé, après ce bon à 3 000 000 000 $ et plus, c'est que
le déficit est demeuré là au lieu de redescendre
après le référendum. Cela n'a pas baissé, au
contraire. Ce qui est arrivé, c'est qu'on a eu l'élection de
1981, au mois d'avril, et, immédiatement après cette
élection, on a vécu des mois difficiles où on a vu le
ministre des Finances, dans une période, encore une fois difficile, de
récession, être obligé non pas d'investir, mais de taxer au
pire moment.
C'est à la lumière de cela, en particulier, que nous
mettons l'accent sur quoi? Sur la diminution du déficit. Il faut qu'on
se crée une situation où on ne sera pas étouffé,
à un moment que prévoit le député de Bertrand sans
trop le dire. Il prévoit que les temps ne seront pas toujours aussi
beaux que ceux que nous connaissons présentement. Je ne le contredis pas
là-dessus, parce que je ne connais pas de situation permanente de
prospérité. On a toujours des moments où il y a des
diminutions dans la croissance ou encore, même, des périodes de
récession plus ou moins sévères. Il ne faut pas s'asseoir
sur nos lauriers, mais il faut prévoir que des périodes comme
celles-ià pourraient arriver. Si cela arrivait, il ne faudrait pas
Être dans la situation où le gouvernement s'est trouvé en
1981. Il y avait des périodes de prospérité dans les
années 1977, 1978, 1979, mais, à ce moment-là, le
déficit augmentait.
Présentement, nous sommes en train d'essayer de mettre l'accent
sur la diminution du déficit. C'est difficile, même dans une
situation de conjoncture favorable, justement à cause des demandes, des
pressions qui sont faites, comme celles, tout à l'heure, du
député de Bertrand, relativement à des
améliorations désirables du côté social. Je ne crois
pas, cependant, que je doive le suivre sur ce qu'il a affirmé
également, comme s'il n'y avait rien dans le budget. Je cite ce qu'il a
dit: Rien dans le budget, pour répondre à plusieurs têtes
de chapitre: aide sociale, garderies, handicapés, santé. C'est
peut-être une défaillance de mémoire, mais si je regarde
mon budget, justement, je suis arrivé avec toute une série de
mesures touchant exactement ces sujets.
Dans la mesure de nos moyens, nous avons investi plusieurs millions de
dollars pour les garderies, justement. Nous avons investi aussi plusieurs
millions de dollars pour les soins de première ligne des hôpitaux,
pour l'aide aux handicapés et aux sans-abri, etc. Toute une série
de mesures supplémentaires aux crédits déposés
précédemment
par le président du Conseil du trésor ont
été annoncées dans le budget. (11 h 15)
Le député de Bertrand s'inquiète des effets du
libre-échange. Il dit: Là encore, on ne prépare pas
l'avenir. Je ne suis pas d'accord avec lui, pour deux raisons.
Premièrement, nous avons déjà mis en place des mesures qui
seront de nature à nous aider dans ce contexte nouveau. C'est l'effort
considérable que nous avons fait dans le domaine de la recherche et du
développement. Sa mémoire étant peut-être moins
fidèle, le député de Bertrand aurait avantage à
relire le discours sur le budget du 30 avril dernier. Il verra les mesures fort
importantes et même audacieuses que nous avons prises dans le domaine de
la recherche et du développement.
Ce n'est pas tout. Le député devrait également
comprendre que nous avons déjà pris, dans ce même budget,
pour les plus faibles de la société, pour ceux qui ont la charge
d'une famille, des mesures qui seront de nature à les aider. Cela peut
être encore très important dans un contexte de
libre-échange où certaines personnes pourraient être
affectées négativement. Il y a le programme APPORT qui a
déjà été mis en place pour entrer en vigueur le 1er
janvier prochain. Ce sont des mesures de plusieurs dizaines de millions de
dollars - je n'ai pas le chiffre ici - pour les familles. Vous n'avez
qu'à vous référer à l'annexe du budget et vous
verrez les sommes considérables qui ont été mises, d'une
part, dans la recherche et le développement et, d'autre part, dans le
nouveau programme APPORT, sans compter les mesures sociales que je mentionnais
tout à l'heure, dans le domaine de la santé, des garderies et
pour les handicapés.
Pour ce qui est des chiffres, on me les indique maintenant: pour 1988,
pour la recherche et le développement, 102 000. 000 $ et la
réduction d'impôt pour les familles à faible et à
moyen revenu, 168 000 000 $.
M. le Président, dans un contexte toujours austère... Il
ne faut pas penser que, parce que cela va bien, parce que l'économie va
bien, tous les problèmes sont réglés. Au contraire, nous
pouvons essayer d'améliorer la situation. Mais nous ne pouvons pas faire
tout ce qui serait désirable, j'en conviens. Quand on pense à
l'endettement qu'il y a là, ce n'est plus l'endettement accumulé
de 1976, de moins de 5 000 000 000 $. Aujourd'hui, la dette directe se situe
entre 25 000 000 000 $ et 30 000 000 000 $. Alors, ce n'est pas du tout la
même chose au point de vue des intérêts que nous avons
à payer avant même de commencer à être productifs
dans l'exercice qui consiste à consacrer certaines dépenses
à l'amélioration du sort de nos concitoyens. Cela
n'améliore pas tellement le sort de nos concitoyens que de verser 3 000
000 000 $ ou 3 500 000 000 $ - je ne sais quoi - en intérêt,
à même notre budget. Il faut dire que la situation n'est pas
encore aussi bonne qu'on le désire, c'est sûr, et qu'on ne peut
pas tout faire ce que l'on voudrait faire et qui serait désirable.
Cela dit, je pense que nous avons indiqué, dans le dernier
budget, notre ferme détermination d'aller dans le bon sens du
côté social, mais également du côté
économique. Alors, il y a là des mesures très
concrètes prises dans le budget et qui sont même là comme
des mesures avant-gardistes. Le libre-échange était simplement en
discussion au moment du budget. On ne faisait qu'entreprendre une des
périodes déterminantes de cette négociation. Même
aujourd'hui, au moment où l'on se parle, il n'y a pas de conclusion
définitive de libre-échange. Il y a une entente, mais elle est
examinée d'un côté et de l'autre de la frontière.
Les textes finaux ne sont pas encore connus. Je pense qu'il serait un petit peu
prématuré de nous blâmer de ne pas avoir tout fait pour
faire face à une situation qui n'est pas encore définitive, bien
que nous ayons déjà pris des mesures qui seront sûrement de
nature à nous rendre plus compétitifs lorsque la situation sera
définitive.
Mais, même si l'entente était définitive, la mise en
oeuvre peut prendre, comme les membres de la commission le savent, quelques
années, même dix ans dans certains cas, d'après ce que j'en
sais. Ce qui veut dire qu'il y aura sûrement des mesures qui devront
être prises en cours de route et que nous n'hésiterons pas
à prendre, mais je pense que la simple prudence, c'est de bien voir la
problématique avant d'arriver avec des mesures de correction,
d'ajustement du tir.
Quant à la politique d'emploi, de recyclage, nous avons plusieurs
mesures; il y en a qui ont déjà été mises en place.
Il y aura sans doute lieu de les modifier, de les améliorer selon la
conjoncture, mais encore là faut-il attendre de mieux connaître
les conditions qui s'imposeront en cours de route.
Je pense que cela répond, au moins partiellement, sinon
totalement, aux remarques faites par le député de Bertrand. Je
m'en tiens donc là pour le moment, quitte à donner dans la mesure
du possible les précisions qu'on pourrait me demander et, à
l'occasion, peut-être avec le concours des diverses personnes qui
m'accompagnent ce matin. Je pense que nous avons ici une bonne
représentation des fonctionnaires du ministère; ils sont ici afin
de s'assurer que tout détail, toute question posée par les
membres de la commission puisse avoir une réponse le plus rapidement
possible.
Le Président (M. Lemieux): Je vous remercie, M. le
ministre des Finances. M. le député de Bertrand, vous avez la
parole.
Questions des membres de la commission
M. Parent (Bertrand): Avant de poser quelques questions
très directes en ce qui regarde le premier trimestre, je veux juste
soulever deux points par rapport aux propos du ministre. Entre autres,
concernant le libre-échange, c'est vrai qu'il y a eu des mesures de
prises dans le discours sur le budget pour aider la recherche et le
développement, mais comme cela a été dit en commission
parlementaire et par les principaux intervenants, il faut encore faire plus et
plus concrètement pour aider l'ensemble des PME au Québec, et
leur fournir un coffre à outils encore plus concret. Je me permets de
dire au ministre qu'il va falloir des actions plus énergiques de ce
côté.
Quant à la question de la main-d'oeuvre, c'est-à-dire de
la politique d'emploi, vous dites: "On a fait beaucoup jusqu'à
présent", je me permets de dire qu'il est tout à fait
inadmissible de voir qu'au moment où a été
négociée cette entente de libre-échange, entre le
gouvernement du Québec et le gouvernement du Canada, il n'y a pas eu, en
parallèle, de négocation afin d'être sûrs
d'être capables d'aller récupérer des sommes impartantes de
transfert en ce qui concerne la formation de la main-d'oeuvre, puisque ces
sommes sont dues par le gouvernement fédéral au gouvernement du
Québec, et cela dans le sens où le Québec -cela a
été dit par tous les experts - sera sûrement celui qui en
aura le plus besoin à cause de ses différents secteurs dits
vulnérables.
Concernant ma première question, M. le ministre, le 85 000 000 $
que vous avez dû réajuster pour les fameux taux
d'intérêt au premier trimestre, vous avez fait cela par des
coupures dans les dépenses et aussi par une augmentation des revenus.
Comment envisagez-vous les trois autres trimestres avec l'évolution du
taux d'intérêt? Et en chiffres absolus, comment cela risque-t-il
de se traduire? Par d'autres modifications?
Le Président (M. Lemieux): M. le ministre des
Finances.
Taux d'intérét
M. Levesque: M. le Président, disons tout d'abord que, si
ma mémoire est fidèle, l'augmentation des revenus était
composée, comme je l'ai mentionné, je pense, au début de
cette réunion, de 50 000 000 $ d'augmentation dans les revenus de
l'impôt sur les sociétés et de 35 000 000 $ d'augmentation
de la taxe de vente, ce qui faisait un total de 85 000 000 $. Mais cela
était compensé totalement par une augmentation des
dépenses. Compenser, c'est un mot que je n'aime pas pour cela, mais, en
tout cas, on a trouvé qu'on ne pouvait pas compter sur ces 85 000 000 $
additionnels à cause d'une augmentation des dépenses du
côté de l'intérêt payable sur les emprunts, les taux
d'intérêt ayant augmenté un peu plus que prévu dans
le discours sur le budget.
Maintenant vous me demandez: Quelle est la situation qui va se produire
dans les trois trimestres suivants? Premièrement, je ne peux pas vous
dire quel sera le taux d'intérêt. Je peux essayer de le
prévoir, mais présentement je ne suis pas en mesure de vous dire
ce qui se passera dans les mois qui viennent jusqu'à la fin de
l'exercice financier relativement au taux d'intérêt. On peut
encore faire des prévisions. D'ailleurs, c'est ce que nous allons faire
et ce que nous sommes en train de préparer à l'heure actuelle
avec nos fonctionnaires, c'est d'essayer de refaire les prévisions
jusqu'au 31 mars 1988. Ce n'est pas terminé. Je ne peux donc pas donner
de réponse satisfaisante à votre question.
Cela nous préoccupe évidemment. Je ne suis pas en mesure
de dire quel sera l'effet de l'augmentation des taux d'intérêt sur
les équilibres financiers. Je dois dire qu'il y a du côté
des revenus également des augmentations par rapport aux
prévisions. Dans le premier trimestre de l'année, ces
augmentations de prévisions et l'augmentation des taux
d'intérêt se sont annulées. Qu'est-ce qui va arriver pour
le reste de l'année? C'est votre question. Je ne peux pas le dire
à ce moment-ci. Dans quelques semaines, nous devrions être un peu
mieux fixés sur cela. Nous pensons que, dans la synthèse au 31
décembre, nous devrions avoir la réponse. Il y aura d'ailleurs
peut-être un commencement de réponse dans la synthèse du 30
septembre qui sera publiée vers la fin de novembre. On pourra
possiblement, à ce moment, avoir une réponse partielle. Ce sont
tout simplement des prévisions. Il n'y a personne qui peut le dire
d'avance. Si vous êtes capable de nous dire quel sera le taux
d'intérêt le 10 janvier prochain, vous perdez votre temps ici. Vos
services seraient requis et fortement récompensés; je peux vous
donner des endroits où l'on aurait besoin de vous tout de suite. Mais ce
n'est pas le cas. Je pense que personne ne puisse le dire. Quant à la
synthèse qui est présentement en préparation pour donner
les résultats du 30 septembre, les données sont en train
d'être accumulées pour qu'on puisse, le plus tôt possible,
vous donner ces chiffres-là, mais cela n'arrive jamais habituellement
avant la fin de novembre. On sera encore plus explicite dans la synthèse
du 31 décembre.
(11 h 30)
C'est assez significatif. Quel est l'effet, par exemple, d'une hausse de
1 % des taux d'intérêt sur l'augmentation des dépenses du
gouvernement? La règle du 1 %, si vous voulez, qu'est-ce que cela
représente? Cela vous intéresserait peut-être. Chez nous,
on pense que cela représente 100 000 000 $ sur les dépenses du
gouvernement, 1 % des taux d'intérêt.
M. Parent (Bertrand): Les 85 000 000 $ ont été
réajustés en fonction de quel taux? Autrement dit, quel est le
taux actuel sur lequel le gouvernement se base pour être capable de
réajuster de 85 000 000 $? Et au moment où cette synthèse
a été faite le 30 juin, je voudrais savoir, rendu au 13 octobre,
comment cela s'aligne pour les autres trimestres. Ce réajustement a
été fait en fonction d'un taux très particulier, le taux
initial plus le taux réel au moment où vous avez fait ces
états.
M. Levesque: Dans le discours sur le budget, nous ne l'avons
peut-être pas donné spécifiquement mais cela a
été basé sur les taux suivants: ce qui avait
été prévu pour le taux préférentiel au
Canada, c'était 8, 8 %, mais dans la synthèse du 30 juin que nous
étudions présentement, c'est passé de 8, 8 % à 9, 3
%. Dans les obligations conventionnelles partout au pays, c'était 8, 5
%, la révision est à 10, 1 %. On voit, par exemple, qu'on avait
même prévu nos obligations d'épargne à 7 3/4 % et
quand c'est arrivé, on les a ajustées à 8 %, comme vous le
savez. C'est un peu dans ce sens que l'augmentation a eu lieu et que nos
ajustements se font, mais progressivement. Nous sommes en train de refaire
toutes nos prévisions pour le 31 mars pour nos propres fins parce qu'en
faisant ces prévisions, nous préparons en même temps le
budget de 1988-1989. On ne fera pas cela à la dernière minute non
plus. Ce que nous faisons cet automne, ce sont des études qui vont se
refléter dans le budget de 1988-1989, mais qui ont également
comme conséquences de modifier les prévisions pour l'exercice
financier en cours.
M. Parent (Bertrand): Ce que je comprends de l'explication du
ministre, avant de passer à l'autre point, c'est que le taux
préférentiel qui était de 8, 8 % a été
modifié à la hausse à 9, 3 %, il y a un écart de 0,
5 % et vous dites que 1 % représente 100 000 000 $; il est
modifié de 0, 5 %, donc... Je voulais savoir très
précisément si le montant de 85 000 000 $ est arbitraire avec
certaines marges de manoeuvre ou s'il a pris toute la marge de manoeuvre au
moment où il a été mis là. Ce que vous m'apportez
comme précision, c'est qu'il y a 0, 5 % d'augmentation par rapport aux
prévisions premières, donc ce 0, 5 % doit se traduire par 50 000
000 $ d'augmentation.
M. Levesque: Je ne voudrais pas... Justement on me fait remarquer
aussi qu'il serait dangereux de partir sur ces prémisses parce qu'il y a
également d'autres facteurs. Lorsqu'on parle du taux
préférentiel au Canada, ce n'est pas le seul taux qui est en
cause ici. Nous avons, par exemple, dans les émissions d'obligations du
Québec à long terme, pour dix ou quinze ans, d'autres facteurs
qui entrent en jeu. C'est pour cela qu'on ne peut pas, simplement sur le taux
préférentiel, fonder des conclusions.
M. Parent (Bertrand): Quant à l'aspect des rapports des
synthèses ou des rapports financiers, si l'on veut, au trimestre...
M. Levesque: Si vous me permettez, on va...
M. Parent (Bertrand): Oui, oui.
M. Levesque: Si vous me permettez. Si vous prenez le document
Synthèse des opérations financières du 30 juin,
soit le document que nous avons étudié, à la page 15, vers
la fin, vous avez les nouveaux emprunts au 30 juin 1987. Ce sont ces emprunts
qui font qu'il y a une différence de 85 000 000 $ sur les
prévisions que nous avions faites. Vous avez les dates des emprunts: le
23 avril, le 4 juin, le 1er avril, le 7 mai, pour des obligations
négociables. Il y a les obligations remboursables à demande; il
s'agit des obligations du Québec, si je ne m'abuse. Ensuite, vous avez
les autres emprunts pour un total réalisé de 1 666 000 000 $. Ce
sont ces emprunts qui, une fois effectués, ont indiqué que nos
prévisions étaient de 85 000 000 $ de moins qu'en
réalité.
M. Parent (Bertrand): Pour faire suite à cela, M. le
ministre, dans le tableau...
M. Levesque: Pour terminer, si vous me permettez, c'est que,
présentement, vous avez les deux tiers des emprunts d'effectués.
Pour ces emprunts qui sont déjà effectués, nous
connaissons la réponse. Au 21 août, on avait réalisé
des emprunts de 2 200 000 000 $ sur ce qui avait été prévu
pour l'année comme étant 3 300 000 000 $. Dans ce cas-là,
nous connaissons maintenant les taux, mais, pour le reste, nous devrons
attendre.
M. Parent (Bertrand): Est-il possible et pensable
d'accélérer les rapports des trimestres? Vous avez dit
tantôt que celui de la fin de septembre paraîtra pour la fin du
mois de novembre. Je pense que, selon la coutume, on parle d'une période
de six
semaines environ. Donc, cela nous amènerait au 15 novembre. C'est
très important parce qu'on sait que le début du mois de
décembre est une période relativement active ici et je pense
qu'il est très important que nous puissions faire l'exercice que l'on
fait actuellement le plus rapproché possible de la période.
Sinon, on travaille toujours dans le passé. Il serait peut-être
intéressant d'essayer de s'en rapprocher le plus possible.
M. Levesque: Je suis bien d'accord avec le député
sur l'importance d'avoir les données le plus tôt possible. Non
seulement dans ce cas-ci, mais dans l'ensemble du gouvernement, il semble que
plusieurs des données qui nous parviennent nous arrivent à un
moment où elles ont moins de valeur que si elles nous étaient
parvenues avant. C'est peut-être encore moins le cas pour ces rapports-ci
que pour les rapports annuels. Je me demande quelquefois ce qu'on fait avec des
rapports annuels qui nous arrivent un an et demi ou deux ans, et parfois plus,
après la fin de l'exercice financier en question. C'est fort
intéressant. C'est bon pour la bibliothèque, mais ce n'est pas
nécessairement bon pour donner des arguments et une connaissance
récente des événements.
Dans ce cas-ci, vous savez que, quant à moi, le rapport du 30
juin, vous l'auriez dès le 1er juillet; celui du 30 septembre, pour le
1er octobre. Quant à moi, je dis bien. Mais je suis obligé
d'attendre qu'il me parvienne avant de vous le donner. On me dit qu'on ne peut
pas faire plus rapidement les opérations qui s'imposent. D'ailleurs,
lorsque le député de Bertrand mentionne que c'est un peu plus
long. Non. J'ai ici les chiffres là-dessus justement. Cela va
réconforter le député de Lévis, qui semble un peu
nerveux devant cette situation. Je peux peut-être leur rappeler certains
faits. Par exemple, pour la Synthèse au 30 septembre, document
mentionné par le député de Bertrand - j'ai ici les
chiffres et ce sont les derniers chiffres disponibles - depuis 1979,
jusqu'à nos jours, cela s'est fait entre le 15 novembre et le 16
décembre. Cela ne s'est pas fait avant le 15 novembre ni après le
16 décembre. Le 16 décembre, c'était en 1981-1982. C'est
à ce moment-là qu'a été publiée la
synthèse trimestrielle se terminant le 30 septembre 1981.
M. Garon:... son travail.
M. Levesque: Bon. Quelle imagination fertile? Ha! Ha! Ha!
M. Garon: Le ministre est comme le bateau de la traverse. Plus le
progrès avance, moins il traverse souvent.
Le Président (M. Lemieux): M. le ministre, vous avez la
parole.
M. Levesque: Je veux dire au député de Bertrand
que, oui, nous sommes d'avis qu'il faut publier les résultats le plus
rapidement possible. Tous les fonctionnaires chefs de file sont ici et ils
m'entendent dire que c'est une volonté que nous avons, mais, pour faire
la compilation, ils ont, eux aussi, besoin des chiffres, et on retrouve ces
chiffres dans l'ensemble du gouvernement. C'est toute la machine qui doit
évidemment être capable de fournir les réponses à
nos interrogations. Mais soyez assuré que c'est notre volonté que
la publication soit faite le plus tôt possible. Mais, comme vous le
voyez, on a sans doute essayé, dans le passé, de faire la
publication le plus rapidement possible, mais, encore une fois, les chiffres
que j'ai devant moi indiquent clairement que, depuis 1979, cela a
été fait entre le 15 novembre et le 12 décembre. Cette
année, ce sera sans doute entre le 15 novembre et le 12 décembre,
mais, si cela pouvait s'améliorer, j'en serais l'homme le plus heureux
au monde.
M. Parent (Bertrand): Auriez-vous objection à
déposer ces dates pour fins d'information? Là-dessus, je
dirais...
M. Levesque: On va le faire. C'est dans un texte ici. Je vais le
faire sortir et je vais vous le remettre.
Le Président (M. Lemieux): Avant, M. le ministre,
j'autorise le dépôt.
M. Levesque: Ah oui! D'accord. Mais je veux garder mon texte ici.
Ce texte m'appartient.
M. Parent (Bertrand): Je ne veux pas prendre des choses qui ne
m'appartiennent pas, M. le ministre. Je veux simplement avoir ces dates comme
référence. Je pense que, au-delà de dire: C'est notre
volonté, en tant que ministre, je suis prêt à les avoir le
lendemain matin, vous conviendrez, M. le ministre, que les méthodes qui
prévalaient en 1979-1980 et celles qui prévalent aujourd'hui pour
sortir les états financiers et le portrait sont drôlement
différentes.
Je comprends que la machine gouvernementale fait en sorte que c'est
ainsi, mais, il y a cinq ans, les entreprises émettaient les
états financiers à la fin du mois suivant et tout le monde
était heureux. Aujourd'hui, ils sortent les chiffres dits internes le
quatrième ou le cinquième jour ouvrable du mois suivant. Je pense
qu'il faut qu'il y ait une volonté politique ferme de façon
à ce qu'on puisse prendre les moyens. De toute façon, tout cela
est réajusté à la toute fin. On sait ce qui est important
et je comprendrais, si vous me disiez: Six semaines de la fin de l'exercice
financier, c'est plus difficile. Mais, quant à la question des
rapports trimestriels, à mon avis, il y aurait moyen de se
réajuster et je pense que c'est dans l'esprit de tout le monde. Si des
commandes sont passées en fonction de cela et avec l'informatique
d'aujourd'hui, on devrait être capables de le faire. J'aimerais beaucoup,
pour le prochain trimestre - en tout cas, vous m'avez ouvert les portes au
début quand vous avez dit que vous alliez collaborer - avoir ceux du 30
septembre, au plus tard le 15 ou le 16 novembre. Je pense, M. le ministre, que
c'est le premier engagement que vous devriez prendre si vous voulez qu'on fasse
route ensemble.
M. Garon: II est en train de dire que les fonctionnaires ne
l'écoutent pas.
Le Président (M. Lemieux): M. le député de
Lévis, s'il vous plaît! M. le ministre des Finances. (11 h 45)
M. Levesque: II y a évidemment des facteurs hors de mon
contrôle. On m'indique, par exemple, que les mandataires qui
perçoivent la taxe de vente ne l'envoient pas avant la fin du mois. Vous
savez qu'ils ont jusqu'à la mi-octobre avant d'être obligés
de retourner les sommes qui ont été perçues à titre
de taxe de vente. Mais même si je voulais, il faudrait attendre les sacs
de courrier, que cela arrive et que ce soit compilé avant que je puisse
parler de donner des résultats au 30 septembre. Alors, il y a des
facteurs comme ceux-là qui sont inhérents à un
gouvernement. Vous n'avez pas de société privée qui taxe
les gens. J'imagine qu'ils doivent attendre un mois pour avoir les produits de
la taxe. C'est un peu différent. Je réitère cependant ma
volonté politique de faire en sorte que ce soit publié dès
que cela pourra être prêt.
M. Parent (Bertrand): Dans l'aspect des revenus, M. le ministre,
tableau 2, page 11, de la Synthèse des opérations
financières...
M. Levesque: Voulez-vous répéter, s'il vous
plaît!
M. Parent (Bertrand): Oui, M. le Président. Tableau 2,
soit la page 11 de la Synthèses des opérations
financières.
M. Levesque: Oui.
Revenus divers
M. Parent (Bertrand): Dans les revenus divers, au point 4,
j'aimerais avoir une explication sur l'écart entre les 435 000 000 $ de
prévus, dans la section amendes, recouvrements, et les 331 000 000 $,
donc un correctif d'apporté de quelque 105 000 000 $ à la
diminution des revenus, une brève rectification de ce
côté-là.
M. Levesque: Comme je l'ai mentionné tout à
l'heure, dans mes remarques préliminaires, j'avais parlé d'une
somme de 104 000 000 $ qui ferait problème sans doute quand on relit
cela, ces 104 000 000 $, les revenus de bois d'oeuvre, ont été
placés plutôt du côté des transferts
fédéraux. Vous savez que le gouvernement fédéral
perçoit la taxe de 15 % aux frontières pour le bois d'oeuvre
à la suite des revendications des Américains relativement
à la situation des industries de bois d'oeuvre au Québec et au
Canada. Alors, il y a eu une sorte d'entente pour que l'on puisse augmenter les
coûts afin d'éviter le "dumping" si vous voulez - entre guillemets
-de sorte qu'il y a une taxe additionnelle qui a été
perçue à la frontière par le gouvernement
fédéral, en attendant que nous puissions nous-mêmes la
percevoir, et remise au Québec.
Or, nous avions prévu de la placer dans les revenus autonomes et
c'est pour cela que le chiffre est changé. Maintenant vous la retrouvez
dans les transferts fédéraux et le "bottom line", si on veut
employer le mot, ne change pas. Les 104 000 000 $, au lieu d'être dans
les revenus autonomes du Québec, se retrouvent plus bas dans les
transferts fédéraux.
M. Parent (Bertrand): Au point 5, toujours le même tableau
2, page 11, les revenus anticipés d'Hydro-Québec étaient,
en début d'année, de 337 000 000 $. À la lueur des
informations que vous avez, est-ce que ces revenus 3eront additionnels,
d'après les informations que l'on a et les chiffres
révisés aux fins du...
Revenus anticipés d'Hydro-Québec
M. Levesque: Oui. Il y a en effet eu, de la part
d'Hydro-Québec, des chiffres qui ont été publiés et
qui indiquent une amélioration, mais, par contre, les principaux
intéressés n'ont pas changé leur prévision de
l'année, étant donné qu'il y a des facteurs qui pourraient
être négatifs d'ici la fin de leur année fiscale, qui se
termine le 31 décembre 1987. Au 30 juin il n'y avait pas de changement
de toute façon. Alors, au 30 juin, nous n'avons rien changé des
337 000 000 $. Il se peut que d'ici la fin de l'année financière
d'Hydro-Québec, il y ait une indication que c'est plus que les 337 000
000 $ de prévision, mais eux-mêmes n'ont pas encore, au moment
où je vous parle, à ma connaissance, changé leurs
prévisions de 337 000 000 $.
M. Parent (Bertrand): Disons que c'est un autre coussin pour
vous.
M. Levesque: Probablement, je ne le sais pas. Je m'attends qu'il
y ait un petit coussin, mais je ne connais pas la grosseur du coussin. Alors je
ne m'assois pas encore dessus. D'ailleurs, le coussin va peut-être
être très faible si je dois compenser l'augmentation des taux
d'intérêt, probablement certaines pressions inflationnistes, tout
cela me rend assez prudent avant de m'asseoir, non pas sur mes lauriers, mais
sur mon coussin, comme vous dites.
M. Parent (Bertrand): Mais, en commission parlementaire avec
HydroQuébec, cette année, on avait déploré le fait
qu'elle augmente ses tarifs de 1, 5 % au-dessus du taux d'inflation, parce
qu'on ne voulait pas voir les usagers pénalisés. J'aimerais bien
savoir si, face aux prévisions qu'il y a là, votre recommandation
serait qu'Hydro-Québec pourrait faire bénéficier, d'abord
et avant tout, ses usagers?
M. Levesque: Est-ce qu'on parle des dividendes
présentement?
M. Parent (Bertrand): Non, on ne parle pas des dividendes. Vous
savez fort bien qu'Hydro-Québec n'a plus à vous en verser pour
que cela paraisse dans vos états financiers. Vous savez très bien
cela, M. le ministre.
M. Levesque: Elle ne verse pas de dividendes tant que le taux de
capitalisation ne dépasse pas 25 %.
M. Parent (Bertrand): Je suis au courant de cela. Je parle
actuellement des bénéfices qui seront faits par
Hydro-Québec cette année et qui sont en partie l'effet d'une
augmentation de 5, 4 % pour les usagers.
M. Levesque: J'attribuerais plutôt l'augmentation à
un facteur qu'il ne faut pas négliger, c'est-à-dire
l'augmentation du prix du pétrole sur lequel sont basées
certaines ententes qui ont été conclues dans l'exportation
d'électricité aux États-Unis. Il y a également le
taux de change, où il y a une augmentation, comme vous le savez, de la
valeur du dollar canadien. Il y a également, probablement, une
augmentation de la demande. Je pense qu'il faudrait attendre la fin de
l'année avant de pouvoir porter un jugement, autrement, je le dis
respectueusement, ce serait un jugement téméraire. Comme le
député de Bertrand, dans ses propos préliminaires, nous
assurait qu'il ne serait pas téméraire, je pense qu'il devrait
réserver son jugement pour un peu plus tard. Il ne faut pas penser
qu'Hydro-Québec est étranger aux usagers et au public
québécois. Si, à la fin de l'année, il y avait une
amélioration du côté des revenus d'Hydro-
Québec, cela profiterait à l'ensemble des
Québécois. Nous sommes tous propriétaires
d'Hydro-Québec, jusqu'à nouvel ordre.
M. Garon: Et, par la suite, aux Américains.
Le Président (M. Lemieux): M. le député de
Lévis, s'il vous plaît! M. le ministre, vous avez la parole.
M. Levesque: J'ai bien la parole, mais le député de
Lévis essaie de me la couper, comme il avait l'habitude de le faire
lorsqu'il était critique financier.
M. Parent (Bertrand): Dans les autres sociétés
d'État, M. le ministre, les 254 000 000 $, est-ce que vous pourriez nous
les extrapoler?
M. Levesque: M. le Président, est-ce que je pourrais faire
le dépôt de ce que j'ai mentionné tout à l'heure,
les dates de publication de la synthèse?
Le Président (M. Lemieux): Pas de problème, M. le
ministre. Je vais en prendre connaissance et lorsque j'aurai le document en ma
possession...
M. Levesques Peut-être que M. le secrétaire pourrait le
faire taper ou bien photocopier, je ne sais pas dans quelle forme vous voulez
l'avoir.
M. Parent (Bertrand): Puisque le temps nous presse et j'ai encore
une série de questions, dans le cas des autres sociétés
d'État, les revenus anticipés, budgétisés de 254
000 000 $, je voudrais savoir ce que cela comprend. J'imagine que cela comprend
les dernières ventes de sociétés d'État.
Bénéfices des autres sociétés
d'État
M. Levesque: Cela comprenait, dans les autres
sociétés d'État, des bénéfices nets de 39
000 000 $ et un montant de privatisation de 215 000 000 $.
M. Parent (Bertrand): De quelles privatisations s'agissait-il,
à ce moment-là, M. le ministre?
M. Levesque: Je n'ai pas à vous donner d'autres
détails, pour le moment, mais en grande partie cela a été
Donohue, qui a représenté - si ma mémoire est
fidèle - à peu près 152 000 000 $ des 215 000 000 $.
M. Parent (Bertrand): Au 30 juin, date de cette synthèse,
on n'avait pas encore comptabilisé la vente de Donohue?
M. Levesque: On prévoyait, c'est le
même montant. On était assez avancé pour savoir le
montant, si je me rappelle bien, finalisé en juillet.
M. Parent (Bertrand): Aucune modification n'a été
apportée sur les 254 000 000 $ après les prévisions
originales?
M. Levesque: Pas au 30 juin 1987. C'était exactement 215
000 000 $ dans les deux cas, pour la privatisation, dont 152 000 000 $ pour
Donohue. Cela n'a pas changé. Cela aurait pu changé si on avait
prévu, disons, 155 000 000 $ au lieu de 152 000 000 $, mais cela ne
change pas le total que nous avons encore de 215 000 000 $, prévu pour
la privatisation. Cela pourrait être modifié dans les prochains
mois, mais pour le moment, au 30 juin surtout, nous n'avions pas d'indication
de modification du revenu provenant de la privatisation.
M. Parent (Bertrand): D'accord. Dans les transferts
fédéraux, les 104 000 000 $ pour le bois d'oeuvre dont vous avez
parlé tantôt et qu'on ne retrouve plus ou qu'on a perdus à
l'élément 4, où se retrouvent-t-ils dans les transferts au
point 6, actuellement?
M. Levesque: Dans les transferts fédéraux?
M. Parent (Bertrand): Oui.
M. Levesque: Où se trouvent-ils?
M. Parent (Bertrand): Oui.
M. Levesque: Dans les autres programmes.
M. Parent (Bertrand): Même là, dans les autres
programmes, on passe...
M. Levesque: Là aussi, vous avez un autre facteur dont il
faut tenir compte, ce sont les sommes qui nous provenaient de la
Société d'habitation du Québec et que nous n'avons plus.
Il y a plus 140 000 000 $ et moins 104 000 000 $, cela ne fait pas une grosse
différence. Comprenez-vous? Je l'ai mentionné tout à
l'heure.
M. Parent (Bertrand): Est-ce que ce sont les deux seuls
éléments qui ont changé entre les 518 000 000 $ et les 482
000 000 $?
M. Levesque: Oui, c'est cela.
M. Parent (Bertrand): La Société d'habitation du
Québec et les revenus...
M. Levesque: C'est 18 000 000 $ plus 18 000 000 $; cela fait 36
000 000 $ de différence. 5i vous prenez 140 000 000 $ moins 104 000 000
$, vous arrivez à 36 000 000 $. Ce sont exactement les deux mêmes
montants.
M. Parent (Bertrand): D'accord.
Dans le cas du tableau 4, M. le Président, on a les
opérations financières non budgétaires dans les
différentes sociétés d'État. En ce qui concerne
SOQUIA et SOQUEM, dans les prévisions révisées, rien
encore n'apparaissait au 30 juin. Est-ce qu'au moment où l'on se parle
ou à la prochaîne synthèse, au 30 septembre, il y aura des
montants prévus?
M. Levesque: À ce jour, il n'y a pas de changement.
M. Parent (Bertrand): À ce jour, il n'y a pas de
changement. D'accord.
Tableau 5. Dans le cas des besoins financiers, si on veut, le montant
prévu, 1 450 000 000 $, n'a pas été modifié non
plus. À la lumière des informations que vous avez actuellement,
est-ce que ce montant sera révisé à la baisse ou à
la hausse?
M. Levesque: Au 30 juin, aucun...
M. Parent (Bertrand): Au 30 juin, il n'y avait pas de
modification?
M. Levesque: Aucune modification. À ce jour, il n'y a eu
aucune modification, nous n'avons rien changé. Sauf que nous sommes en
train, comme je l'ai mentionné tout à l'heure, de refaire nos
prévisions. À la lumière de ces informations, il y aura
peut-être des modifications. Mais, au moment où je vous parle,
c'est non.
M. Parent (Bertrand): D'accord. M. le Président, est-ce
que nous continuons jusqu'à 12 h 15?
M. Levesque: Midi.
Le Président (M. Lemieux): Nous allons jusqu'à
midi. L'ordre du jour étant adopté, en vertu de l'article 292, je
dois clore les débats à midi.
M. Levesque: Je suis prêt à continuer quelques
minutes pour terminer, si le député de...
Le Président (M. Lemieux): Sauf qu'effectivement, s'il y a
consentement...
M. Levesque: Si la commission le veut.
Le Président (M. Lemieux):... M. le ministre des Finances,
en vertu de l'article 144, il n'y a aucun problème. Pour quelques
minutes de plus...
M. Levesque: Je dois être quelque part à 12 h 15,
mais cela ne prendra pas de temps. Cela dépend si la commission veut. Je
suis à votre disposition. On se revoit cet après-midi,
d'ailleurs.
M. Parent (Bertrand): On se revoit cet après-midi de toute
façon. Je sais que...
Le Président (M. Lemieux): Nous avons un autre mandat cet
après-midi, M. le ministre des Finances. Il s'agit des engagements
financiers. Nous n'avions prévu que deux heures pour l'étude de
la politique budgétaire.
M. Levesque: D'accord.
M. Parent (Bertrand): De toute façon, M. le ministre, je
me permettrai de vous poser plusieurs autres questions à un autre
moment. J'espère que j'aurai des réponses. Je ne voudrais pas
abuser du temps, M. le Président.
Le Président (M. Lemieux): M. le ministre, si on
s'entendait pour quelques minutes de plus.
M. Levesque: Oui, je suis à la disposition...
Le Président (M. Lemieux): À 12 h 5... M.
Levesque:... de la commission.
Le Président (M. Lemieux): Pour quelques minutes, M. le
député de Bertrand -12 h 2, 12 h 3 - vous pouvez poser vos
questions.
M. Parent (Bertrand): Oui. Les questions que j'avais concernent
cette décision dont vous parlez à la page 8, M. le ministre, de
remanier la structure de la dette, en fonction de renégocier avant terme
certains engagements ou certains emprunts qui étaient pris. Est-ce que
je pourrais savoir brièvement comment cette décision se prend ou
a été prise? Parce que cela amène quand même une
hausse de quelque 730 000 000 $ sur Ies remboursements d'emprunts pour
l'année en cours.
Alors, il y a une décision de prise d'aller de l'avant pour
remanier cette dette et faire en sorte qu'il y aura même, j'imagine, des
pénalités, mais vous jugez que c'est plus avantageux. Sur quels
critères, très brièvement, cela peut se baser?
Décision de remanier la structure de la dette
M. Levesque: II y a plusieurs critères.
Disons qu'en général, ce que nous essayons de faire
présentement, c'est d'avoir, lorsque les taux d'intérêt
sont relativement plus bas, un terme plus long, une échéance plus
longue. Lorsque les taux d'intérêt sont relativement bas, on
essaie d'avoir des emprunts à taux fixes.
C'était le contraire, disons, dans les années 1981-1982,
alors qu'on cherchait, à ce moment-là, étant donné
que les taux d'intérêt étaient élevés,
d'emprunter à des taux flottants avec l'espoir que les taux
d'intérêt diminueraient. On essayait également d'emprunter
pour des périodes courtes.
Dans la conjoncture que nous avions présentement, il était
plus intéressant pour nous, parce que nous croyions - du moins, nous le
croyions au 30 juin 1987 - que les taux d'intérêt étaient
relativement bas, par rapport aux expectatives, d'emprunter plus, chaque fois
que nous avions une occasion de le faire, en rappelant des emprunts
déjà effectués et si nous avions la possibilité de
rembourser, nous remboursions.
Ensuite, nous allions sur le marché avec l'objectif de pouvoir
conclure de nouveaux emprunts à taux fixes et non pas flottants et,
deuxièmement, pour des périodes plus longues, étant
donné que nous avions l'impression, à tort ou à raison -
on le saura seulement dans l'avenir - que les taux étaient relativement
bas et que nous pouvions, à ce moment-là, sur un certain nombre
d'années... Parce que toutes ces conditions, toutes ces situations, tous
ces contextes, on doit les regarder quand on emprunte pour un gouvernement sur
une période assez longue.
On ne peut pas, autrement dit, jouer le marché. On n'est pas dans
la même condition que quelqu'un qui voudrait faire un "fast buck", comme
on dit dans la langue de Shakespeare. Alors, je pense qu'il faut marcher selon
certains principes d'ordre général, parce qu'il nous faut
emprunter assez régulièrement pour compléter notre
programme d'emprunt.
Mais, dans le cas qui nous préoccupe, au 30 juin 1985, nous avons
voulu prendre de l'avance sur nos emprunts, premièrement, parce que nous
pensions que les conditions étaient favorables. D'ailleurs, on voit
qu'il y a eu une augmentation des taux d'intérêt depuis. Donc,
nous avions raison de penser que les taux étaient relativement bas. Nous
avons procédé à accélérer les emprunts
durant cette période-là. Nous les avons faits de
préférence à taux fixe. Nous les avons faits de
préférence pour des périodes plus longues, étant
donné la conjoncture et étant donné également nos
prévisions.
Le Président (M. Lemieux): Merci, M. le ministre des
Finances. Je dois mettre fin à l'étude de la politique
budgétaire et à l'évolution des finances publiques. La
commission du budget et de l'administration a complété son
mandat d'étude trimestrielle de la politique budgétaire du
gouvernement et de l'évolution des finances publiques,
conformément à l'article 292.
Je remercie de leur participation, le ministre des Finances et ses
fonctionnaires, ainsi que chacun des membres de la commission. J'aviserais que
nos travaux reprennent cet après-midi à 14 heures et non pas
à 14 h 1. Je le souligne pour les responsables du parti
ministériel. À 14 heures, nous reprenons nos travaux pour les
engagements financiers. Je suspens la séance jusqu'à 14 heures
cet après-midi.
(Suspension de la séance à 12 h 5)
(Reprise à 14 h 5)
Vérification des engagements financiers
Finances
Le Président (M. Lemieux): À l'ordre, s'il vous
plaît!
Nous allons maintenant procéder à la vérification
des engagements financiers du ministre des Finances pour les mois de janvier
à août 1987. Si des membres désirent des renseignements
supplémentaires sur un engagement vérifié
antérieurement, ils n'ont qu'à le demander immédiatement.
Comme il n'y a pas de demande de renseignements supplémentaires sur un
engagement vérifié antérieurement, nous allons
immédiatement commencer l'étude des engagements financiers pour
le mois de janvier 1987.
Janvier
J'appelle donc l'engagement 6 pour le mois de janvier 1987, Contrat pour
l'impression de 2 400 000 titres "Obligations d'épargne du
Québec" à raison de 800 000 titres par année. Est-ce qu'il
y a des interventions relativement à l'engagement financier 6?
M. Parent (Bertrand): Oui, M. le Président.
Le Président (M. Lemieux): M. le député de
Bertrand.
M. Parent (Bertrand): Nous sommes à l'engagement 6 du mois
de janvier. Est-ce bien cela, M. le Président?
Le Président (M- Lemieux): Oui, M. le député
de Bertrand. L'engagement financier 6 de janvier 1987, ministère des
Finances, soumissions publiques.
M. Parent (Bertrand): Le nombre de copies imprimées est de
2 400 000, à raison de 800 000 titres par année. C'est donc dire
que ce sera réparti sur trois ans.
M. Levesque: C'est la prévision.
M. Parent (Bertrand): Les derniers titres imprimés
l'avaient-ils été chez Yvon Boulanger?
M. Levesque: Jusqu'en 1986, les obligations d'épargne du
Québec étaient imprimées sur du papier gravé et un
seul fournisseur, J. B. Deschamps, possédait l'équipement pour
effectuer le travail. À compter de 1987, le ministère des
Finances a décidé de remplacer le papier gravé par du
papier filigrane, lequel offrait, à un coût substantiellement
moindre, les caractéristiques sécuritaires jugées
suffisantes. Dans ce nouveau contexte, Deschamps n'était plus le seul
imprimeur à pouvoir offrir le service. C'est pourquoi un appel d'offres
a été fait. Le résultat en a été que
Boulanger a enregistré une soumission inférieure à
Deschamps et qu'il a ainsi obtenu le contrat.
Il est à noter qu'un tel ouvrage d'impression nécessite un
environnement hautement sécuritaire. C'est la raison pour laquelle
seulement deux firmes ont pu soumissionner en satisfaisant aux exigences de
sécurité requises. Voilà.
M. Parent (Bertrand): Quel est l'ordre d'économie par
rapport à l'ancien papier? Est-ce assez substantiel ou si on parle de 10
%, 20 % ou 50 %?
M. Chagnon: Quelle est la question?
M. Levesque: Je prends les renseignements auprès de mes
collaborateurs. Ici, on me dit que c'est substantiel, mais on n'a pas les
chiffres avec nous.
Le Président (M. Lemieux): Voulez-vous prendre note, M. le
secrétaire, que M. le ministre...
M. Levesque: II s'agit, je tiens à le noter, M. le
Président, de crédits permanents. Normalement, les crédits
permanents n'ont même pas à être discutés.
Le Président (M. Lemieux): C'est pour les engagements
financiers.
M. Levesque: Même pas. Pas les crédits
permanents.
Le Président (M. Lemieux): Non, non, mais les...
M. Levesque: Oui. Cependant, je suis bien prêt à
donner tous les renseignements qu'on me demande, je veux dire strictement
parlant. Mais s'il veut l'avoir, peut-être que le député,
lorsqu'il nous rendra visite, pourra recevoir l'information directement de
M.
Montminy.
Le Président (M. Lemieux): Est-ce que cela vous convient,
M. le député de Bertrand? Cela va?
M. Parent (Bertrand): Oui, oui. Cela va.
Le Président (M. Lemieux): Cela va, M. le ministre des
Finances.
M. Parent (Bertrand): Cela n'empêchera pas l'approbation.
Ce que je voulais savoir c'est, vu qu'on avait changé de méthode
et de papier particulièrement... Vous avez couvert l'aspect
sécuritaire qu'il me semble important d'assurer de ce côté.
Je voulais savoir l'ordre d'économie en choisissant un papier qui
coûte moins cher.
Alors, cela va pour cet engagement numéro 6, M. le
Président.
Le Président (M. Lemieux): L'engagement numéro 6 du
ministère des Finances, janvier 1987, est vérifié.
J'appelle donc l'engagement numéro 8, "Contrat pour l'impression de 11
000 volumes "Discours sur le budget" dont 8000 exemplaires en version
française et 3000 en version anglaise. " Est-ce qu'il y a de3
interventions relativement à l'engagement financier numéro 8?
Février
M. Parent (Bertrand)s Oui, M. le Président.
Le Président (M. Lemieux): M. le député de
Bertrand.
M. Parent (Bertrand): Est-ce que le ministre peut me dire si ces
11 000 "Discours sur le budget" ont été en distribution? Le sens
de ma question c'est que très sauvent, on fait imprimer
énormément de "Discours sur le budget" ou des états
financiers mais il y en a beaucoup qui restent sur les tablettes. À
titre d'information, est-ce que les 11 000 volumes "Discours sur le budget" ont
été réellement distribués?
M. Levesque: Régulièrement, on en faisait 15 000
apparemment dans le passé. Il en restait quelques-uns sur les tablettes
mais pas tellement. Maintenant, on en a fait 11 000 à la suite de
certaines expériences et on dit qu'il en reste très peu, s'il en
reste.
M. Parent (Bertrand): C'est un peu surprenant qu'il n'y ait eu
finalement que deux seuls soumissionnaires. Il y en avait onze qui avaient
demandé des soumissions et cela s'est fait sur invitation,
c'est-à-dire que vous auriez invité - si j'ai bien compris -onze
firmes et que deux se sont prévalues de présenter une soumission?
Est-ce que c'était particulièrement à cause des
délais accordés ou d'autres mesures?
M. Levesque: Alors, disons tout d'abord que c'est normalement
réservé à des maisons dans le Québec
métropolitain à cause des circonstances dans lesquelles tout cela
se produit. Deuxièmement, une fois que les devis ont été
examinés par les soumissionnaires, j'imagine que plusieurs ont vu qu'ils
n'étaient pas en mesure de répondre aux devis et il y en a
seulement deux qui ont finalement présenté des soumissions.
M. Parent (Bertrand): À quelle date, M. le ministre, les
invitations auraient-elles été faites?
M. Levesque: Cela a été négocié en
janvier 1987.
M. Parent (Bertrand): Les événements d'avril sur la
question du discours sur le budget feront-ils en sorte ou feraient-ils en sorte
que Imprimerie provinciale pourrait à l'avenir être
écartée en tant que soumissionnaire?
M. Levesque: Nous n'avons pas reçu de rapport de la
Sûreté à cet effet, mais disons que lorsque les
événements se sont produits, nous n'étions pas rendus
à l'imprimerie. Nous étions rendus simplement à la maison
de composition et non pas à l'imprimerie. Donc, je ne pense pas qu'on
puisse même songer à relier quoi que ce soit à cette maison
d'imprimerie, du moins, je vous le dis sous toutes réserves.
M. Parent (Bertrand): D'accord. Cela complète mes
questions là-dessus.
Mars
Le Président (M. Lemieux): L'engagement 8 de
février 1987 du ministère des Finances est donc
vérifié. J'appelle l'engagement 10 du mois de mars 1987, Contrat
pour l'impression de 1 175 000 chèques - 4 lots différents -
genre continu. Est-ce qu'il y a des interventions relativement à
l'engagement financier 10?
M. Parent (Bertrand): Oui.
Le Président (M. Lemieux): M. le député de
Bertrand.
M. Parent (Bertrand): M. le Président, ma question vaut
autant pour l'engagement 10 que pour l'engagement 11. C'est une question
technique concernant Drummond Formules d'affaires. Son siège social est
à Boucherville et elle a un bureau à Charlesbourg.
Habituellement, les soumissions
proviennent des sièges sociaux. Y a-t-il une raison
particulière pour laquelle on ait mentionné ici Charlesbourg? Ce
n'est qu'un bureau.
M. Levesque: II faut dire que, dans le cas
précédent comme dans celui-ci et dans le suivant, ce n'est pas le
ministère qui négocie mais le service général des
achats. C'est là que nous apprenons comme vous que cela a
été négocié et que le plus bas soumissionnaire
était Untel. Mais il faudrait peut-être, si on veut aller plus en
détail, réserver ces questions pour le ministre responsable du
service des achats.
M. Parent (Bertrand): D'accord. Vous me permettrez de poser ces
questions, et je le saurai pour l'avenir, est-ce d'us et coutume qu'on n'aille
pas sur... Je comprends que, dans le cas du discours sur le budget, on aille
sur invitation, mais, dans le cas de l'impression des chèques, pourquoi
n'allons-nous pas en soumission -publique plutôt que sur invitation?
M. Levesque: Dans tous les cas qui précèdent et
dans le cas actuel, on réfère cela au service
général des achats et c'est au service général des
achats de procéder selon les règlements qui le
régissent.
M. Chagnon: Les règlements prévoient que, pour les
dépenses de moins de 75 000 $, le coût de la soumission publique
fait en sorte qu'il y aurait vraiment une perte. Il s'agit d'un contrat de 31
997 $ qui a dû être évalué à peu près
à ce montant. Pour les contrats inférieurs à 75 000 $, le
coût pour préparer et rendre public l'appel d'offres se chiffre
environ à 5000 $ pour chaque appel d'offres. Il n'a pas
nécessairement intérêt à aller toujours en appel
d'offres public pour des contrats d'une valeur en deçà de 75 000
$.
M. Levesque: II faut ajouter....
Le Président (M. Lemieux): M. le ministre des
Finances.
M. Levesque: On me permettra d'ajouter, tout en remerciant le
député de Saint-Louis de sa précision, qu'il n'y a pas eu
de changement de procédure, si on pense peut-être à
l'ancien gouvernement. On m'informe que c'est la même procédure
qui existait et qui se continue. Il y a seulement eu le petit changement dans
le cas des obligations tout à l'heure, mais c'était une question
différente, c'était le genre de papier.
M. Parent (Bertrand): D'accord; ça va pour l'engagement
10.
Le Président (M. Lemieux): L'engagement 10 de mars 1987
est donc vérifié. J'appelle l'engagement 11 de mars 1987,
ministère des Finances, Contrat pour l'impression de 3 550 000
chèques - genre continu - 3 lots différents. Est-ce qu'il y a des
interventions relativement à l'engagement 11?
M. Parent (Bertrand): Pas de question. On y a déjà
répondu.
Le Président (M. Lemieux): L'engagement 11 étant
vérifié, j'appelle l'engagement 12 de mars 1987, ministère
des Finances, Subvention de démarrage au Bureau des
établissements financiers internationaux (BEF1) représentant une
aide financière devant lui permettre de pourvoir à une partie de
ses dépenses d'opération (100 000 $) et subvention à la
Bourse de Montréal représentant le remboursement des
dépenses encourues dans le cadre du démarrage du BEFI (65 818, 18
$). Montant de l'engagement: 165 818, 18 $.
Est-ce qu'il y a des interventions relativement à l'engagement
12?
M. Parent (Bertrand): Oui, j'aimerais avoir plus d'information,
si le ministre me le permet, sur la question du Bureau des
établissements financiers internationaux, le BEFI. D'abord, dans quel
cadre cette subvention ou cette aide de 100 000 $ est-elle offerte, en plus des
65 000 $ accordés à la Bourse en remboursement?
M. Levesque: Les fonds ont été puisés au
programme 5, Gestion interne et soutien.
Maintenant, si on me permet, j'aurais quelques commentaires que je
pourrais ajouter pour répondre peut-être d'une façon plus
complète à fa question qui implique peut-être d'autres
questions à venir. Alors, je dirais que c'était le 23 avril 1985
que l'ancien ministre des Finances, M. Yves Duhaime, annonçait un train
de mesures qui visaient à favoriser le développement de centres
financiers internationaux à Montréal. Dans mon premier
énoncé de politique budgétaire, le 18 décembre
suivant, en plus de faire référence aux activités des
centres financiers internationaux, je prévoyais la création d'un
bureau des établissements financiers internationaux à
Montréal.
La Loi modifiant diverses lois fiscales et autres dispositions
législatives, qui a été sanctionnée le 27 mai 1986,
donnait les interprétations et les déductions possibles pour les
CFI, les centres financiers internationaux. Le 3 décembre 1986, le
décret 1811-86 modifiant le règlement sur les impôts
apportait les modifications appropriées aux lois de l'impôt pour
tenir compte des centres financiers internationaux. En décembre 1986, le
ministère des Finances
incorporait, en vertu de la troisième partie de la Loi sur les
compagnies, le BEFIM, le Bureau des établissements financiers
internationaux de Montréal, que l'on trouve dans les documents de
l'incorporation, avec comme objectifs de permettre au Québec
d'accroître son importance sur les marchés internationaux,
d'inciter les institutions financières et autres organismes financiers
à conduire, à partir du Québec, des activités
financières internationales et d'encourager des institutions
financières étrangères à s'établir au
Québec.
Le budget de fonctionnement du BEFIM prévoit la fourniture, par
la ville de Montréal, de dépliants et de brochures et, de la part
de la Bourse de Montréal, un prêt gratuit de locaux, Pour ce
budget de fonctionnement, on compte, de plus, retirer des revenus de deux
sources, soit des cotisations de compagnies demandant un permis d'exploitation
- je crois qu'on est présentement à nos débuts, je pense
que deux ou trois ont déjà fait des demandes à cet effet -
et, d'autre part, une subvention du ministère des Finances. Il fallait
bien s'impliquer; jusqu'à un certain point, je pense que c'était
bien défendable et même recommandable d'encourager
l'établissement du BEFI à Montréal. C'était
l'intention de l'ancien gouvernement et c'est l'intention du gouvernement
actuel de promouvoir l'établissement de ces centres financiers
internationaux à Montréal.
En 1985-1986, lors de la phase de démarrage du projet, la Bourse
de Montréal a avancé des crédits d'opération de 65
818 $. Cette somme représentait le salaire d'un contractuel et diverses
dépenses de papeterie, photocopies, voyages, etc. Pour l'année
1987-1988, le ministère des Finances a versé une subvention de
100 000 $ pour permettre au bureau de fonctionner. La différence dans le
budget devrait être comblée par les cotisations que les
institutions financières doivent déposer lors de leur demande
d'obtention d'un certificat de centre financier international. Ces cotisations
se chiffrent à 10 000 $ par institution. On m'a informé, ce
matin, que trois institutions - le processus a commencé très
récemment, c'est réellement en action; tout le reste a
été des préparatifs qui ont pris un certain temps - ont
fait une telle demande au cours des récents jours ou des récentes
semaines.
M. Parent (Bertrand): Ma première question, M. le
Président. Le BEFI et le BEFIM, on parle de la même chose. Les
deux, c'est à Montréal.
M. Levesque: C'est cela.
M. Parent (Bertrand): C'est le même. D'accord.
M. Levesque: C'est la même chose.
M. Parent (Bertrand): Deuxièmement, pour la
première année de fonctionnement, il y a une aide de la part du
ministère des Finances. Est-ce qu'il est prévu qu'il y aura
autofinancement ou si le ministère des Finances ou le gouvernement devra
continuer d'apporter une aide au cours des années subséquentes,
particulièrement au cours de la prochaine année?
M. Levesque: Évidemment, à mesure que les
institutions financières manifesteront de l'intérêt et
commenceront à s'inscrire, la part du Québec devrait normalement
diminuer, à moins que des circonstances différentes, des faits
nouveaux viennent changer ou modifier cette politique. Nous avons fait des
avances. Nous avons donné une subvention de départ, mais,
à mesure que les institutions financières s'inscriront, elles
devront apporter leur propre contribution, qui est présentement de
l'ordre de 10 000 $ par institution. D'ailleurs, j'ai eu l'occasion
récemment d'avoir des indications de l'intérêt
véritable que portent certaines institutions financières.
Évidemment, si on avait en plus ce que nous attendons du
côté fédéral, ce serait peut-être la situation
idéale mais je ne peux pas répondre pour le gouvernement
fédéral.
M. Parent (Bertrand): Vous avez de bons contacts là-bas,
vous allez pouvoir arranger cela.
M. Levesque: Je l'espère, mais...
M. Parent (Bertrand): Si vous ne l'avez pas présentement,
est-ce qu'on pourrait me fournir la liste des principaux dirigeants du BEFI,
dont le président et les principales personnes impliquées,
à titre d'information?
M. Levesque; On pourra peut-être vous la donner au cours de la
séance même. La personne qui siège, pour le
ministère, au BEFI est le sous-ministre adjoint responsable du
financement, qui est sorti pour quelques minutes. Il pourrait répondre
de façon adéquate à la question posée.
Le Président (M. Lemieux): La question est prise en note
par M. le secrétaire et on y reviendra ultérieurement pour donner
la réponse au député de Bertrand.
Est-ce que vous avez terminé, M. le député de
Bertrand, relativement à l'engagement financier numéro 12?
M. Parent (Bertrand): Oui, M. le Président.
Avril
Le Président (M. Lemieux): L'engagement financier
numéro 12 du mois de mars 1987 du ministère des Finances est
vérifié. Nous passons au mois d'avril 1987. J'appelle
l'engagement financier numéro 14: "Contrat de services pour la
réalisation d'une étude des structures fiscales en vigueur dans
différentes provinces canadiennes et certains États
américains, dans le contexte de la réforme fiscale
américaine et d'une éventuelle réforme fiscale canadienne,
permettant au ministère de construire un modèle de simulation
permanent qui servira aussi aux différents ministères à
vocation économique dans leur activité de prospection des
investissements. Montant de l'engagement: 410 000 $. " Est-ce qu'il y a des
questions ou interventions relativement à l'engagement financier
numéro 14?
M. Parent (Bertrand): Oui, M. le Président.
Le Président (M. Lemieux): M. le député de
Bertrand.
M. Parent (Bertrand): Ce mandat, pour la réalisation, est
de quelle durée? Quel est l'échéancier?
M. Levesque: En octobre 1987. S'ils ont un délai à
produire le rapport, cela ne change pas la nature du contrat.
M. Parent (Bertrand): Est-ce que ce travail se fait aussi en
collaboration avec le gouvernement canadien ou est-ce strictement...
M. Levesque: C'est strictement relié à notre propre
réforme fiscale et non pas à celle du gouvernement
fédérai.
M. Parent (Bertrand): C'est strictement notre propre
réforme fiscale, avec la réforme fiscale américaine. C'est
bien cela?
M. Levesque: Pour des points de comparaison, oui. L'étude
couvre ce qui se passe dans certains États américains mais cela
n'a rien à voir directement avec la réforme du gouvernement
fédéral et évidemment avec la réforme du
gouvernement américain. On doit tenir compte, pour avoir les
données nécessaires, de la situation dans certains États
américains en vue d'être prêts pour avoir une réforme
qui tienne compte des facteurs concurrentiels qui peuvent exister entre nos
régions.
M. Parent (Bertrand): M. le ministre, on mentionne aussi, dans le
contrat, que c'est fait en fonction d'une éventuelle réforme
fiscale canadienne. J'imagine que... (14 h 30)
M. Levesque: Oui, c'est ce qu'on veut dire. Il va y avoir une
réforme. Nous n'avons présentement qu'un livre blanc du
gouvernement fédéral. Mais, à l'automne, probablement en
novembre ou en décembre, on s'attend bien que le gouvernement
fédéral fera connaître ses couleurs. Nous nous
préparons parallèlement, tout en travaillant avec les
fonctionnaires du gouvernement fédéral sur certaines
données. Le mandat de Price Waterhouse n'est pas relié à
la réforme fédérale. Ces travaux sont faits pour nous,
mais cela n'exclut pas des échanges qui se poursuivent entre les
fonctionnaires du fédéral et ceux du Québec. Cela va venir
rapidement. À un moment donné, on apprendra que le gouvernement
fédéral annoncera quelque chose tel jour.
Nous ne pouvons pas être absolument insensibles et
imperméables à ce qui se passe au gouvernement américain
et au gouvernement canadien. Ce serait complètement irresponsable de
penser qu'on pourrait vivre sans tenir compte de la fiscalité
américaine ni de la fiscalité canadienne. C'est pourquoi nous
voulons être prêts à toute éventualité. Nous
essayons présentement d'en savoir le plus possible, du côté
fédéral, sur ce qui se prépare là-bas. Mais c'est
le ministre des Finances fédéral qui, finalement, va donner sa
version des faits et sa décision. Nous offrons notre collaboration et
ils nous offrent la leur présentement pour préparer certains
documents ou certaines politiques dans l'éventualité de certains
choix qui seront nécessairement faits par les autorités
politiques fédérales.
M. Parent (Bertrand): Ma première réaction,
c'est... Je comprends que ce n'est pas fait seulement en fonction de la
réforme fiscale canadienne. Sauf qu'on est conscients qu'il va falloir
établir certains modèles de simulation qui vont s'agencer avec la
réforme fiscale canadienne, comme c'est mentionné, étant
donné qu'il y a un délai d'apporté. Le ministre des
Finances canadien a montré ses couleurs par le livre blanc, mais on n'en
connaît pas plus, comme vous l'avez mentionné. Et on risque de ne
pas en connaître plus avant un ou deux autres mois peut-être. Le
contrat octroyé à Price Waterhouse s'échelonne sur une
période qui était prévue se terminer à la fin
d'octobre. Ma question est la suivante: Est-ce qu'il n'y aurait pas lieu que
les gens du ministère prolongent la période afin de prendre toute
la place nécessaire en fonction de ce qui sera annoncé par M.
Wilson?
M. Levesque: On me dit que ce que les gens du ministère
voulaient avoir, c'est cette banque de données que leur fournit Price
Waterhouse, mais que, pour les travaux ultérieurs, ils veulent le faire
à l'intérieur et non avec des gens de l'extérieur. On me
dit cependant que cela aurait pu être comme
vous l'évoquez. Le sous-ministre, M. Normand, me fait part qu'au
début, le devis était dans le sens que vous venez d'exprimer,
mais qu'on l'a modifié avant de donner le contrat.
M. Parent (Bertrand): Ah bon! Tel que libellé, c'est un
peu dans le sens de s'harmoniser éventuellement avec le gouvernement
fédéral,
M. Levesque: II y a aussi une question de coût qui a
influencé la décision.
M. Parent (Bertrand): Une autre question, M. le Président.
Je ne sais pas si la somme accordée de 410 000 $ est juste, sauf que
c'est un montant important pour une étude, 410 000 $. Ce contrat a
été négocié avec Price Waterhouse. J'imagine que
vous avez eu, avec d'autres firmes similaires, avec des fiscalistes, des
négociations pour en arriver à cela. Sur quelle base...
M. Levesque: J'ai déjà répondu à
cette question à une réunion précédente. Le 2 juin
1987, on avait eu toute une discussion sur ce sujet pour expliquer, justement,
pourquoi on n'avait pas eu de soumissions d'autres maisons. À ce
moment-là, nous avions expliqué que cette maison avait
déjà, en 1985, fait des travaux un peu similaires pour le
gouvernement de l'époque et qu'on me conseillait de garder ces
mêmes gens qui avaient tous une expérience antérieure et
qui pouvaient simplement continuer dans le sens qu'ils avaient commencé.
En tout cas, c'est ce que les fonctionnaires ont fait. Ils ont
négocié avec Price Waterhouse.
M. Parent (Bertrand): D'accord. Le rapport final va vous
être...
M. Levesque: Pardon?
M. Parent (Bertrand): Le rapport final va vous être soumis
d'ici quelque temps, au mois de novembre, j'imagine ou incessamment?
M. Levesque: Incessamment.
M. Parent (Bertrand): Incessamment.
M. Levesque: Incessamment. Peut-être dans quinze jours,
trois semaines.
M. Parent (Bertrand): D'accord. Ce rapport qui va se vouloir,
finalement, présenter des modèles quelconques, j'imagine que
c'est un rapport qui va servir strictement pour les fins du gouvernement. Ce
n'est pas un rapport qui pourra être rendu public. Il est toujours
intéressant de...
M. Levesque: Après la réforme peut-être. Pour
le moment, on ne l'a pas vu encore. Alors, on va au moins le regarder avant et
on portera un jugement sur son utilisation.
M. Parent (Bertrand): D'accord.
M. Levesque: Si on peut le rendre public et que cela ne nuit pas
à l'objectif que l'on recherche ensemble, je n'ai pas d'objection. Je
veux attendre d'avoir les résultats de cet examen.
M. Parent (Bertrand): Cela répond à mes questions,
M. le Président.
Le Président (M. Lemieux): L'engagement numéro 14
d'avril 1987 du ministère des Finances est donc vérifié.
J'appelle l'engagement numéro 15: "Renouvellement du contrat de service
pour agir à titre d'analyste financier aux fins de conseiller le
gouvernement dans la réalisation de son programme d'emprunt à
long terme et de celui des sociétés d'État dont les
emprunts sont garantis par le gouvernement, pour une période de deux
ans. Montant de l'engagement, 49 600 $. " M. le député de
Bertrand, est-ce que vous avez des interventions ou des interrogations
relativement à l'engagement financier numéro 15?
M. Parent (Bertrand): Les services de M. Beaudet sont retenus
pour une période de deux ans à raison de... Quel genre de contrat
est-ce? Je veux bien comprendre que c'est un contractuel, mais combien de temps
par semaine doit-il travailler?
M. Levesque: On me dit qu'il travaille à 100 % pour le
ministère. C'est à temps plein mais pour des mandats
spécifiques. Le poste eat celui de responsable des transactions de
marché monétaire, emprunts et placements à court terme
pour le fonds consolidé du revenu et quelques sociétés
d'État.
Annuellement, le titulaire du poste réalise pour environ 30 000
000 000 $ de transactions. Une variation infime sur les prix obtenus
représente des sommes substantielles, on peut l'imaginer, d'où
l'importance de s'assurer les compétences nécessaires à
l'emploi. On ne retrouve aucun autre emploi similaire dans la fonction
publique, cette activité étant concentrée au
ministère des Finances.
Pour combler ce poste, en 1985, et je fais référence
à une administration qui n'était pas la mienne, deux concours de
recrutement ont été tenus. Sur 273 candidatures, une seule
répondait aux exigences de l'emploi, soit celle de M. Beaudet.
L'expertise requise pour l'emploi commande, dans le secteur privé, une
rémunération que
ne rencontrent pas les échelles salariales pour les
professionnels de la fonction publiique.
On me dit que, pour obtenir les services de M. Beaudet, nous avons
dû consentir un contrat, dans le temps, avec un CT, contrat
approuvé par le Conseil du trésor, de même que son
renouvellement récent.
M. Parent (Bertrand): Je remercie le ministre pour ces
informations, sauf qu'à la lueur des informations que le ministre me
donne, je suis encore plus troublé de voir qu'on peut retenir les
services de quelqu'un à 49 000 $ pour deux ans à temps plein, un
expert unique.
Une voix: Par année.
M. Levesque: Ce qu'on me dit, c'est qu'il est jeune. On ne pourra
pas toujours le garder comme cela.
M. Parent (Bertrand): Il a un avenir prometteur.
M. Levesque: Oui.
M. Parent (Bertrand): J'imagine que cela a été
renouvelé sensiblement - c'est un renouvellement de contrat depuis
1985-1987, il y a deux ans - dans les mêmes conditions.
M. Levesque: II y a eu la clause d'indexation des fonctionnaires.
Mais on ne veut pas faire de publicité...
M. Parent (Bertrand): Non, non.
M. Levesque: On veut le garder encore pour une couple
d'années.
M. Parent (Bertrand): Je veux bien. Je veux juste avoir
l'information pour bien comprendre ce que vous m'avez dit. Alors, ça va,
M. le Président.
Le Président (M. Lemieux): L'engagement financier 15
d'avril 1987 est vérifié. J'appelle l'engagement financier 16,
Contrat pour l'impression de 1 600 000 chèques B 049 (Banque de
Nouvelle-Écosse) en continu, 1 partie. Montant de l'engagement, 30 729,
28 $. M. le député de Bertrand?
M. Parent (Bertrand): Oui, Qu'est-ce que signifie, dans Formules
d'affaires Data limitée, le fait qu'on ait mentionné Greenfield
Park entre parenthèses?
M. Levesque: C'est peut-être le siège social,
quoi?
M. Parent (Bertrand): Je ne le sais pas. C'est parce
qu'habituellement, on voit
Formules d'affaires Data et on ne retrouve pas l'expression Greenfield
Park, entre parenthèses. Je voulais juste savoir si ce n'est pas une
autre compagnie, si c'est Formules d'affaires Data communément
connue?
M. Levesque: La seule réponse qu'on peut vous donner se
trouve au Service des achats du gouvernement et pas chez nous. Si vous voulez
qu'on aille la chercher, on peut y aller, mais ce n'est pas notre
responsabilité directe. Nous confions le soin au Service des achats du
gouvernement de procéder à nous fournir ce dont nous avons besoin
et le Service des achats du gouvernement est régi par des
règlements qui lui sont propres et il y a un ministre pour
répondre devant la Chambre de ses activités. C'est tout ce que je
peux vous dire. Si vous voulez que notre administrateur, M. Montminy, s'en
occupe, il pourra s'en occuper et vous donner peut-être la réponse
à la prochaine occasion.
M. Parent (Bertrand): D'accord. Il y a eu quatre personnes ou
quatre firmes, quatre sociétés qui ont été
invitées à soumissionner. Ce n'est pourtant pas compliqué
de faire imprimer des chèques. Un seul a soumissionné. C'est
assez difficile de comparer les prix. Cela me semble pour le moins curieux. On
l'a vu dans les engagements financiers du mois de mars tantôt avec
Drummond. II y avait au moins trois ou quatre soumissionnaires. Dans ce cas, ce
n'est qu'un montant de 30 000 $. Par contre, il n'y a qu'un seul
soumissionnaire. Cela me semble un peu curieux qu'on n'ait pas au moins retenu
deux prix dans ce cas.
M. Levesque: Je ne peux pas vous répondre. On suppute ici
qu'il est possible que le contrat n'ait pas été suffisamment
important pour retenir l'attention de plus de soumissionnaires. Je ne le sais
pas.
M. Parent (Bertrand): Pourrait-on avoir les trois autres firmes
qui ont été invitées à soumissionner, soit
maintenant ou plus tard?
M. Levesque: Avec les mêmes réserves. Je ne les ai
pas moi, mais...
Une voix: On peut les trouver.
M. Levesque: On peut les avoir en demandant au Service des achats
du gouvernement et vous transmettre l'information...
M. Parent (Bertrand): D'accord.
M. Levesque:... mais ce serait quelque chose qui ne relève
pas de nous, je le répète. On peut essayer, pour vous accommoder,
de vous obtenir les renseigne-
ments et de vous les transmettre.
Le Président (M. Lemieux): La question est prise en note
par te secrétaire et vous avez seulement à donner l'information
au secrétaire qui va les transmettre à M. le député
de Bertrand. C'est la procédure habituelle.
M. Parent (Bertrand): Oui, eh bien, M. le Président, je
comprends que le ministre ne peut pas me fournir toutes ces informations parce
que cela relève du ministère des Approvisionnements et Services.
Dans le cadre de mes fonctions et d'approbation de chacune de ces soumissions,
je pense qu'il est important d'avoir ces informations.
M. Levesque: Dans le fond, peut-être que toutes ces choses
devraient aller aux Approvisionnements et Services et qu'on nous garde
seulement la justification de nos réquisitions. Dans le fond, c'est
cela. (14 h 45)
M. Parent (Bertrand): Ce n'est pas la première fois que
cela se passe et je trouve cela un peu dommage parce que, d'une part, le
ministre se trouve impuissant à répondre, mais nous, on reste
sans réponse,
M. Levesques Je comprends.
M. Parent (Bertrand): On veut bien l'approuver. On a tout lieu de
croire que cela se passe correctement. Je pense qu'on est dans une situation
particulière, et ce n'est pas le seul ministère où cela se
produit, je l'ai vécu dans d'autres. Pour toutes ces choses qui
relèvent du ministère des Approvisionnements et Services, le
ministre devrait être là pour répondre. Je pense que cela
devrait peut-être, éventuellement, en tout cas...
M. Levesque: La seule chose qu'on peut nous demander, à
mon avis, selon nos responsabilités, c'est de justifier la
réquisition. En avez-vous besoin? Pourquoi? Et les avez-vous
reçus? Mais en dehors de cela, quand il est question de savoir comment
on se les procure, quelles méthodes sont utilisées pour se les
procurer: soumissions publiques, soumissions par invitation, etc., cela ne
relève pas du tout de notre compétence. Je me demande
réellement, M. le Président, et on peut se poser la question, si
ces questions sont posées devant la bonne commission?
Le Président (M. Lemieux): J'ai déjà...
M. Levesque: Si c'est la bonne commission, ce n'est
peut-être pas le titulaire qu'il faut pour y répondre.
Le Président (M. Lemieux): J'ai déjà eu
justement, M. le ministre des Finances, à faire face à ce
problème à plusieurs reprises. J'ai écrit au
président de l'Assemblée nationale pour lui en faire part et
j'attends toujours une réponse à cet effet-là. Toutefois,
si je me fie aux règlements, le ministre sectoriel concerné est
responsable de ses propres engagements financiers et il devrait avoir avec lui
- cela ne relève pas du ministère des Approvisionnements et
Services, curieusement; j'en ai fait état au président de
l'Assemblée nationale - les gestionnaires responsables pour
répondre à la totalité de l'engagement financier. Je tiens
à vous préciser, M. le député de Bertrand et M. le
ministre, que j'ai soumis ce problème au président de
l'Assemblée nationale et que j'attends toujours une réponse.
Alors, je vais revenir à la charge auprès du président de
l'Assemblée nationale pour lui dire qu'effectivement, dans ce cas-ci, M.
le député de Bertrand et M. le ministre en ont fait état
et qu'il faudrait y trouver une solution.
M. Parent (Bertrand): M. le Président, je me souviens
avoir vécu le même problème, au cours de la dernière
année, avec d'autres engagements financiers, être ensuite
allé interroger le ministre des Approvisionnements et Services, M.
Rocheleau, pour obtenir les informations; il ne les avait pas et il renvoyait
la balle au ministre. Alors, vous comprendrez qu'on n'est pas pour se renvoyer
la balle. C'est le même gouvernement et quelqu'un doit nous donner la
réponse.
Le Président (M. Lemieux): M. le ministre, c'est parce que
chaque ministre a une responsabilité sectorielle. J'ai demandé au
président de l'Assemblée nationale d'éclaircir ce
problème et de le porter devant la commission de l'Assemblée
nationale. Alors, M. le député de Bertrand, je vais
réitérer ma demande auprès du président de
l'Assemblée nationale et lui dire que cela a été
soulevé aujourd'hui et qu'il faudrait y apporter une solution dans les
plus brefs délais.
Est-ce que l'engagement 16 est vérifié?
M. Parent (Bertrand): 16. Mal
Le Président (M. Lemieux): L'engagement 16 d'avril 1987,
ministère des Finances, est vérifié. J'appelle donc
l'engagement 5 de mai 1987, ministère des Finances: "Contrat pour la
fourniture de services informatiques nécessaires à la
réalisation des études et travaux dans les domaines des
politiques fiscales, de la recherche économique et des politiques et
opérations financières, pour une période d'un an. "
Montant de l'engagement:
70 000 $. M. le député de Bertrand, est-ce que vous avez
des interventions?
M. Levesque: M. le Président, si on me le permet...
Le Président (M. Lemieux): M. le ministre des
Finances.
M. Levesque:... je voudrais profiter d'un court silence pour
répondre à une question posée par le député
de Bertrand relativement à la soumission sur les obligations
d'épargne, Contrat pour l'impression de 2 400 000 titres "Obligations
d'épargne du Québec" à raison de 800 000 titres par
année. Plus bas soumissionnaire: Yvon Boulanger limitée,
Montréal. J'avais à ce moment-là fait part qu'il y avait
eu un changement parce qu'on avait changé le papier et, par la suite, on
a demandé des soumissions. Le député de Bertrand m'avait
demandé si on avait réalisé des économies
importantes, quel genre d'économies on avait pu faire. Je l'avais
assuré qu'on lui fournirait la réponse, or la réponse est
la suivante: pour 800 000 titres gravés par année, en 1986, avec
l'ancien entrepreneur, le coût était de 395 700 $. En 1987, cela
nous a coûté 148 000 $. C'est substantiel, comme on l'avait dit.
On me dit que cela ne change pas l'aspect sécurité, avec le
filigrane.
Le Président (M. Lemieux): Merci, M. le ministre des
Finances. Maintenant...
M. Levesque: Maintenant, si on me le permet, j'aimerais donner
aussi une autre réponse.
Le Président (M. Lemieux): Oui, M. le ministre des
Finances.
M. Levesque: Voici les membres du conseil d'administration du
BEFI: président, M. Jean de Grandpré qui est en même temps
président du conseil et chef de la direction des Entreprises Bell
Canada; M. André Bhérard, président et chef des
opérations de la Banque nationale du Canada; M. André Bisson,
premier vice-président, Banque Nouvelle-Écosse, mais il y a
peut-être des changements dans son statut. Je lis la liste des membres
telle qu'elle apparaît, mais on pourra peut-être faire quelques
commentaires à cause des changements de fonction qui arrivent en cours
de route quelquefois à ces personnes. Mais ça ne change rien
à la compétence personnelle de l'individu. M. Pierre Brunet,
président et chef de la direction de Lévesque, Beaubien; M.
Fernand Denis de la ville de Montréal, il y a peut-être un
changement qui s'annonce de ce côté-là; M. Paul Desmarais,
Jr, président de Corporation financière Power; Me Yves Fortier,
Ogilvy, Renaud; M. Robert Lacroix, sous-ministre adjoint au financement,
ministère des Finances, Québec; M. Yvon Marcoux, président
du conseil, président et chef de la direction du Groupe SGF - lui, il
avait été nommé pendant qu'il était à la
Banque d'épargne, alors là également, on verra; M. Jacques
Ménard, administrateur délégué, Burns Fry, il
était à ce moment-là lorsqu'il a été
nommé - remplaçant temporaire, par intérim, du
président de la Bourse qui était démissionnaire, M.
André Saunier, et on sait que le nouveau président de la Bourse
est M. Bruno Riverin - alors il y a des choses à regarder de nouveau
mais enfin ce sont des commentaires entre parenthèses - M. Hervé
Pinet, conseiller spécial Merrill, Lynch & Cie de New York, et Me
Philippe Vineberg de Phillips and Vineberg. Et voilà.
M. Chagnon: Est-ce que le directeur général n'est
pas M. Yves Labonté? Jean Labonté?
M. Levesque: Ah! le directeur. Là, je parlais du c. a.,
mais le directeur général de la boîte est en effet M. Jean
Labonté qui est maintenant un fonctionnaire, non plus de l'Industrie et
du Commerce, mais du ministère des Finances.
Le Président (M. Lemieux): Merci, M. le ministre des
Finances. Alors l'engagement 5 de mai 1987 a été appelé.
Est-ce qu'il y a des interventions relativement à l'engagement financier
5? M. le député de Bertrand.
M. Parent (Bertrand): Là on est retombé à
l'engagement 5?
Le Président (M. Lemieux): L'engagement 5 de mai
1987...
M. Parent (Bertrand): Oui.
Le Président (M. Lemieux):... puisque l'engagement 16
d'avril 1987 a été vérifié.
M. Parent (Bertrand): Oui, sur l'engagement 5 concernant le
contrat négocié avec la firme Analyste conseil système
informatique (ACSI), est-ce que cette firme-là était la seule en
position de rendre ce service puisque dans les services informatiques,
lorsqu'on décide de négocier avec une firme au lieu d'aller en
invitation ou en soumissions, c'est souvent parce qu'ils ont soit une
expertise...
M. Levesque: Je vais demander à M. Montminy de vous donner
des explications là-dessus, si vous le permettez.
Le Président (M. Lemieux): Voulez-vous vous identifier
pour l'enregistrement du
Journal des débats?
M. Montminy (André): André Montminy, du
ministère des Finances.
Le Président (M. Lemieux): Merci.
M. Montminy: Pour répondre à la question, avec la
firme Analyste conseil système informatique (ACSI) de Sainte-Foy,
Québec, c'est que le ministère des Finances dans les
années 1980-1981 à 1984, faisait du traitement informatique dans
les fichiers que cette firme a montés. On était captif de leurs
fichiers, sur les bases de données, pour faire nos études tant
économiques que fiscales. À la suite de la décision du
gouvernement de donner au ministère des Finances un ordinateur - je
pense que cela a été discuté au cours des commissions
parlementaires précédentes, le plan informatique central du
ministère des Finances - a commencé à migrer tous les
systèmes possibles. Il restait un fichier que la firme ACSI avait en
franchise. Alors, on était captifs, on n'a pas été en
mesure de sortir complètement de ACSI, pour migrer sur notre ordinateur,
notre propre logiciel, cette banque de données.
À votre question, oui, c'est un fournisseur unique. À
l'autre question, les montants des années précédentes
étaient de l'ordre de 300 000 $ à 400 000 $, et on les divise sur
une base assez systématique. Cela a d'ailleurs été
autorisé par le Conseil du trésor.
M. Parent (Bertrand): Éventuellement, après ce
contrat d'un an, est-ce qu'on a l'intention de s'en libérer le plus
possible?
M. Montminy: Si on peut. Oans le fond, si on peut avoir une
équivalence de banque dans un autre organisme qui pourra nous permettre
de faire une entente et d'acheter directement à la banque, comme on a
fait dans certains cas. Le Conference Board avait une licence de MIT, on a
acheté le système et, au lieu de payer des redevances au
Conference Board, on paie une redevance de beaucoup inférieure à
MIT aux États-Unis, et on peut l'utiliser aussi souvent qu'on veut.
Le problème de ces banques captives, c'est que vous payez avec un
coût de base et plus vous augmentez votre fréquence ou votre
traitement, plus les coûts augmentent.
M. Parent (Bertrand): Cela va, M. le Président,
Le Président (M. Lemieux): L'engagement numéro 5 de
mai 1987 est vérifié. J'appelle l'engagement numéro 1 de
juillet 1987: "Contrat pour l'achat d'un miniordinateur IBM S/38 avec
équipements périphériques et logiciels pour les besoins de
la Commission des valeurs mobilières du Québec. " Montant de
l'engagements 410 048 $.
M. Levesque: Excusez-moi, M. le Président, cela
été enlevé.
M. Montminy: Cela relève de M. Fortier, la Commission des
valeurs mobilières du Québec. Je ne sais pas, en vertu des
programmes 6 et 7 des crédits...
M. Levesque: Cela a été discuté au mois
d'août.
Août
Le Président (M. Lemieux): Cela va, je m'excuse, M. le
ministre des Finances, cela apparaissait toujours à mon cahier. Alors,
je l'enlève et nous passons maintenant à l'engagement financier
numéro 19, d'août 1987: "Contrats de services représentant
les engagements de 25 000 $ ou plus pris par le ministère au cours des
exercices financiers 1984-1985, 1985-1986, 1986-1987 et du 1er avril au 30
juillet 1987. "
Nous allons regarder la liste qui suit. Il s'agit du numéro
séquentiel 1 pour l'exercice financier 1984-1985, l'engagement est le
suivant: "Contrat de services de deux ans entre Les systèmes MICR
Itée et le contrôleur des finances signé le 14 novembre
1984. Montant: 40 090, 15 $. "
M. Chagnon: Est-ce que c'est une obligation que vous les lisiez
tous? Il y a 34 pages.
Le Président (M. Lemieux): Je m'excuse, je n'ai pas l'intention
de les lire tous, mais, je croyais que c'était beaucoup plus succinct.
Habituellement, je dois lire l'engagement financier, effectivement, mais dans
le présent cas, je vais me contenter d'appeler la firme et le montant de
l'engagement. Je crois que ce sera beaucoup plus clair.
M. le député de Bertrand, est-ce que vous avez des
questions relativement au numéro séquentiel 1, pour l'exercice
financier 1984-1985...
M. Parent (Bertrand): Je n'ai pas de question.
Le Président (M. Lemieux): Vous n'avez pas de question?
L'engagement est donc...
M. Chagnon: Moi, j'en ai une. Le Président (M. Lemieux):
Oui.
M. Chagnon: Comment se fait-il qu'on a des engagements de
1984-1985 à l'étude en 1987?
Le Président (M. Lemieux): M. le ministre des Finances.
(15 heures)
M. Levesque: On m'a dit qu'une certaine procédure n'a pas
été suivie depuis 1984. Apparemment, le Conseil du trésor
devait recevoir copie d'un certain document qui devait être ensuite
déféré à la commission du budget et de
l'administration et aux autres commissions, mutatis mutandis, mais, pour des
raisons qui m'échappent, cela n'a pas été fait. Tout le
monde devait être de bonne foi, parce que tous les ministères, ou
presque, ne pouvaient pas se tromper en même temps. Cela découle
d'un changement de directives, semble-t-il. De toute façon, j'ai ici
justement des lettres qui ont été expédiées pour
expliquer ce qui s'était passé; parce que chaque ministère
a dû faire un rapport à la suite d'une demande de M. Benoît
Morin, le secrétaire général du Conseil exécutif.
Alors, des lettres ont circulé, qui ont expliqué la situation de
part et d'autre. J'imagine que d'autres ministères ont fait la
même chose: combien avez-vous de cas comme cela chez vous? On a voulu
donner suite à cette demande, tout en regrettant... Soit que la
directive n'ait pas été assez claire en 1984, soit qu'on l'ait
mal interprétée, parce que ce n'est pas seulement dans un
ministère, c'est dans dix ou douze. On me dit que c'est dans 20 ou 25
ministères ou organismes et on dit même que - je ne sais pas, ce
serait peut-être mal parlé - le Conseil du trésor
était également parmi eux. Ha! Ha! Ha!
De toute façon, nous voici obligés de retourner en 1984,
malgré qu'il faut dire, pour être juste, que tous ces
renseignements n'ont pas été cachés. Ils ont
été publiés, ils sont publics, la seule chose, c'est
qu'ils n'ont pas passé par les engagements financiers. Mais là,
pour avoir l'absolution vraiment, il faut recommencer en 1984 et passer ici
avec cela.
Le Président (M. Lemieux): Alors, pour avoir l'absolution,
M. le ministre,...
M. Levesque: Ne me posez pas trop de questions pour 1984, je vais
être obligé de vous répondre de mon mieux, mais il y en a
plusieurs, ici, qui n'étaient même pas là en 1984. Parmi
les fonctionnaires, il y en a qui n'étaient pas là non plus.
Alors, je vais essayer.
Le Président (M. Lemieux): Alors, vous comprendrez que je
me vois dans l'obligation tout de même d'indiquer l'exercice financier,
la séquence, l'engagement, la firme et le montant. Alors, je ne lirai
pas l'engagement, mais pour plus de sûreté...
M. Levesque: Il y en a 34, M. le Président, de ces
engagements-là et le sous- ministre me fait signe qu'on en a mis plus
que moins pour être sûr qu'il n'y en aurait pas d'oublié.
Même quand ce n'était pas nécessaire, il en mettait. Alors,
vous les avez certainement tous.
Le Président (M. Lemieux): Remarquez que ces engagements
financiers peuvent être adoptés en bloc aussi, si le
député de...
M. Chagnon: M. le Président, devant toute la
prévention...
Le Président (M. Lemieux): Je m'excuse, M. le
député de Saint-Louis, si le député de Bertrand y
consent, on peut adopter en bloc, on peut vérifier l'ensemble de ces
engagements financiers, c'est-à-dire les adopter en bloc de 1 à
34 inclusivement. Je pense qu'il y en a 34.
M. Parent (Bertrand): J'ai plusieurs questions. Il faut
comprendre que sur ceux des deux dernières années et,
particulièrement, de la dernière année, il y a des
questions. Je suggérerais que vous les appeliez et qu'on les adopte pour
ce qui est de 1984-1985 et 1985-1986.
Le Président (M. Lemieux): Cela va, M. le
député de Bertrand. Alors, numéro séquentiel 1,
exercice financier 1984-1985, les Systèmes MICR Itée, montant de
l'engagement 40 090 $. L'engagement 30-726984-14 est donc
vérifié. J'appelle le numéro séquentiel 2, exercice
1984-1985. Montant de l'engagernent: 56 000 $. Le Groupe BST Inc. L'engagement
30-700674-24 est-il vérifié?
M. Parent (Bertrand): Vérifié.
Le Président (M. Lemieux): II est donc
vérifié. J'appelle l'engagement séquentiel numéro
3. Montant de l'engagement: 40 695 $. La firme Raymond, Chabot, Martin et
Associés. L'engagement 30-700626-34 est-il vérifié?
M. Parent (Bertrand): Vérifié.
Le Président (M. Lemieux): Vérifié.
J'appelle l'engagement numéro séquentiel 4. Montants: 23 790 $,
41 130 $. L'engagement 30-700626-34, de Charette, Fortier, Hawey, est-il
vérifié?
M. Parent (Bertrand): C'est vérifié.
Le Président (M. Lemieux): L'engagement est
vérifié. J'appelle l'engagement séquentiel numéro
5. Montants de l'engagement: 25 170 $, 30 900 $. L'engagement 30-700626-34.
Maheu, Noiseux, Compagnie Québec Itée. Est-ce que l'engagement
est vérifié?
M. Parent (Bertrand): Vérifié.
Le Président (M. Lemieux): L'engagement est
vérifié. Nous passons maintenant à l'exercice financier
1985-1986, numéro séquentiel 1. Montant de l'engagement: 37 129,
50 $. La firme Belhassen El Grati. Engagement 30-106233-24. Est-ce que
l'engagement est vérifié?
M. Parent (Bertrand): Vérifié.
Le Président (M. Lemieux): L'engagement est
vérifié. J'appelle l'engagement séquentiel 2, exercice
financier 1985-1986» montant de l'engagement 42 000 $, firme B. I. R. O.
inc, engagement 30-106235-24. Est-ce que l'engagement est
vérifié?
M. Parent (Bertrand): Vérifié.
Le Président (M. Lemieux): L'engagement est
vérifié. J'appelle l'engagement séquentiel 3, Gestion
informatique DME inc, montant de l'engagement 70 000 $, engagement
30-106243-24. Est-ce que l'engagement est vérifié?
M. Parent (Bertrand): Vérifié.
Le Président (M. Lemieux): L'engagement est
vérifié, J'appelle l'engagement séquentiel 4, exercice
financier 1985-1986, montant de l'engagement 72 000 $, firme Le Groupe de
consultation en management et systèmes informatiques MSI inc, engagement
30-102023-04. Est-ce que l'engagement est vérifié?
M. Parent (Bertrand): Vérifié.
Le Président (M. Lemieux): Engagement
vérifié. J'appelle l'engagement séquentiel 5, montant de
l'engagement 60 202, 50 $$ firme A. C. E. Informatique inc, engagement
30-106070-04. Est-ce que l'engagement est vérifié?
M. Parent (Bertrand): Est-ce qu'on a juste la date d'autorisation
de ce contrat? Dans tous les autres cas, M. le Président, on mentionne
quand est intervenu le contrat et dans ce cas-là, à part du CT
mentionné du 19 mars 1985, je me demande si le contrat intervenu entre
le ministère des Finances et la firme A. C. E. Informatique inc n'avait
pas une date ultérieure?
M. Levesque: On me dit que la date n'est pas lisible.
M. Montminy: C'est la photocopie de la photocopie de la
photocopie.
Le Président (M. Lemieux): Voulez-vous parler un petit peu
plus fort, s'il vous plaît?
M. Montminy: En principe, c'est le 5 octobre.
M. Parent (Bertrand): 1985? M. Levesque: 1985.
M. Parent (Bertrand): Merci, M. le Président.
Le Président (M. Lemieux): L'engagement séquentiel
5 est donc vérifié. J'appelle maintenant l'engagement
séquentiel 6, montant de l'engagement 28 000 $, firme Statistique
Canada, engagement 30-016466-01, exercice financier 1985-1986. Est-ce que
l'engagement est vérifié?
M. Parent (Bertrand): Vérifié.
Le Président (M. Lemieux): L'engagement est
vérifié. J'appelle l'engagement financier séquentiel 7,
montant de l'engagement 38 450 $, firme Drouin, Paquin et associés,
engagement 30-092357-01. Est-ce que l'engagement est vérifié?
M. Parent (Bertrand): Vérifié, M. le
Président.
Le Président (M. Lemieux): L'engagement est
vérifié. Nous passons maintenant à un autre exercice
financier, celui de 1986-1987, le numéro séquentiel 1, montant de
l'engagement 27 117, 75 $, firme Synertech inc, engagement 30-093217-24. Est-ce
que l'engagement est vérifié?
M. Parent (Bertrand): J'aurais une question, M. le
Président.
Le Président (M. Lemieux): M. le député de
Bertrand.
M. Parent (Bertrand): Selon vos informations, le travail de
maintenance du système par Synertech, est-ce assez unique ou s'il y a
plusieurs possibilités dans la banque d'aller trouver des firmes qui
sont capables de rendre ce service-là?
M. Montminy: Ce genre de contrat n'est pas unique. D'ailleurs,
lorsque nous sommes allés au fichier des fournisseurs qu'on appelle
communément Rosalie, compte tenu de l'ampleur du contrat, on demandait
cinq noms. Il y a eu effectivement deux répondants parce que le montant
n'est pas significatif pour les grandes firmes. On a pris la plus basse mais
qualifiée. Pour nous, "qualifiée", cela veut dire que si le seuil
du passage est de 60 %, c'est automatiquement la firme la plus basse qui est
retenue. On n'essaie pas d'avoir la meilleure firme au meilleur prix mais la
firme acceptable au meilleur prix.
M. Parent (Bertrand): Dans ce cas-là, ils ont
dépassé le montant maximum. C'est la clause de 10 % additionnel
qui a joué.
M. Montminy: Oui.
M. Parent (Bertrand): Cela va, M. le Président.
Le Président (M. Lemieux): L'engagement séquentiel
1, exercice financier 1986-1987 est vérifié. J'appelle
l'engagement séquentiel 2, montant 75 000 $, firme Somapro ltée,
engagement 30-104167-24. Est-ce que l'engagement est vérifié?
M. Parent (Bertrand): Une question, M. le Président. Le
montant de 75 000 $ couvre quelle période?
M. Montminy: Le contrat a été signé en mars
1986. Effectivement, le contrat devait se dérouler sur l'exercice
complet 1986-1987. Je vois ici qu'on a engagé une provision de 63 000 $.
Par le fichier, on a demandé quinze noms. II y a eu huit
soumissionnaires réels et on a pris le plus bas; dans ce cas, c'est
Somapro parce qu'il était acceptable également. Le montant de 75
000 $ avait été engagé pour l'exercice financier
1986-1987.
M. Parent (Bertrand): Donc, à la fin de l'exercice...
M. Montminy: Oisons, douze mois civils. Le contrat entrait en
vigueur le 3 mars 1986 et devait se terminer le 30 juin 1987. J'ai l'impression
qu'il s'est terminé plus tôt parce que le montant a
été dépensé totalement. Chacun de nos contrats
comporte une clause par laquelle le montant, soit par appel d'offres, par
fichier ou par invitation, est un montant total engagé. Et, normalement,
le ministère ne s'engage jamais à dépasser ce montant. Il
peut aller en deçà mais c'est une provision. Quand le devis est
fait, les gens soumissionnent et peuvent nous dire - parce qu'ils en ont la
compétence - si cela peut être plus cher ou meilleur marché
qu'on a prévu.
M. Parent (Bertrand): Dans ce cas, est-ce que l'enveloppe totale
est de 63 000 $ ou de 75 000 $?
M. Montminy: Pour 1986-1987, on a engagé 63 000 $. Mais
comme on prévoyait un dépassement sur l'exercice financier
suivant, c'est pour cela que, pour avril, mai ou juin, pour une balance de
contrat, l'engagement était de 63 000 $, pour 1986-1987 et,
possiblement, de 12 000 $ pour 1985-1986, 1986-1987.
M. Parent (Bertrand): Donc, normale- ment, on aurait dû
retrouver 12 000 $...
M. Montminy: Oui, mais ce n'est plus un engagement financier qui
est porté à la commission.
Le Président (M. Lemieux): Est-ce que cela va, M. le
député de Bertrand.
M. Parent (Bertrand): Oui.
Le Président (M. Lemieux): L'engagement financier
numéro séquentiel 2 pour l'exercice financier 1986-1987 est
vérifié.
J'appelle l'engagement financier 3. Montant de l'engagement, 75 000 $;
firme, Les Services EGB inc.; engagement 30-121819-24. Est-ce qu'il y a des
interventions?
M. Parent (Bertrand): Est-ce que c'est un peu pour le même
genre de services que Somapro?
M. Montminy: II faudrait faire référence au cahier
des charges. Il est évident que ce sont des services informatiques, mais
selon la spécialité. Ce qui est porté à notre
connaissance ici, c'est plutôt la réquisition. On me dit oui.
C'est plutôt l'analyse en informatique. Ce sont des analystes qui ont des
compétences particulières en informatique.
Je désire aussi porter à la connaissance de la commission
qu'on a demandé quinze noms. Il y a eu sept soumissionnaires fermes et
on a pris la plus basse soumission acceptable.
M. Parent (Bertrand): Cela va, M. le Président.
Le Président (M. Lemieux): L'engagement 3, exercice
1986-1987, est dont vérifié.
J'appelle l'engagement financier 4. Montant de l'engagement, 65 294, 98
$, firme Atkinson, Tremblay et associés, engagement 30-121823-24. Est-ce
qu'il y a des interventions?
M. Parent (Bertrand): Oui. M. le Président, j'aimerais
qu'on puisse me fournir dès que ce sera possible la liste des
administrateurs et des actionnaires de la firme Atkinson, Tremblay et
associés. Si on veut bien le prendre en note et me fournir...
Le Président (M. Lemieux): M. le secrétaire,
voulez-vous prendre en note la question du député de Bertrand
afin de la transmettre à M. le ministre des Finances? Est-ce que
l'engagement est vérifié?
M. Parent (Bertrand): Oui, M. le Président.
Le Président (M. Lemieux): L'engage-
ment 4, exercice financier 1986-1987 est vérifié.
J'appelle l'engagement financier 5. Montant de l'engagement, 25 662 $,
firme A. C. E. Informatique inc., engagement 30-115608-04. Est-ce qu'il y a des
interventions?
M. Parent (Bertrand): Non, cela va, M. le Président.
Le Président (M. Lemieux): L'engagement 5 est
vérifié. J'appelle l'engagement séquentiel 6. Montant de
l'engagement, 30 489, 55 $, firme Conseillers en gestion et informatique inc,
C. G. I., engagement 30-115655-04. Est-ce qu'il y a des interventions?
M. Parent (Bertrand): Oui. Sur le commentaire de la fin, appel
d'offres sur invitation à trois firmes à la suite de
l'incapacité du fichier central des fournisseurs de
référer des firmes pour effectuer les travaux
demandés.
M. Montminy: II faut comprendre une chose. C'est que le fichier
des fournisseurs de services en informatique n'est pas adéquat. Je pense
que le ministère des Approvisionnements et Services est en train de
refaire au complet ce fichier. On me disait ce matin que sur 25 000 demandes
dans les dernières années vis-à-vis du fichier en regard
des besoins de fournisseurs de services professionnels en informatique, il y a
23 000 contrats pour lesquels on a procédé sur invitation.
D'après la directive qui régit le fichier des fournisseurs,
à l'article 30 -cela pourra être déposé pour les
besoins de la commission - si le fichier n'est pas en mesure de répondre
à la compétence recherchée en informatique, il y a
énormément de spécialisations, on a le privilège
d'aller sur invitation. Donc, on regarde les firmes qui sont aptes à
rendre le service et on demande à ces firmes de soumissionner avec le
même principe par contre que si on allait dans le fichier. La
différence, c'est que le fichier nous donne des noms de façon
aléatoire alors que, sur invitation, compte tenu du marché
étroit des firmes, on fait appel à un certain nombre de firmes.
Celles-ci, avec le même cahier de charges qu'on aurait autrement,
soumissionnent et on applique le même dispositif, jury, table de
décisions et on prend la plus basse de celles qui sont reconnues. Vous
allez en voir beaucoup où on remarque que c'est l'article 30 qui
s'applique et il pourrait être déposé à la
commission, si vous voulez. Ce n'est pas une passoire, c'est que le fichier
n'est pas capable de trouver les spécialités.
M. Parent (Bertrand): M. le Président, quel est le nom des
deux autres firmes qui avaient été invitées dans ce cas,
à part C. G. I. ?
M. Montminy: Nous avions demandé à
Systématix, à C. G. I, nécessairement, à IST de
Québec et DPLA, Drouin, Painchaud, Laliberté et associés
Drouin?
Une voix: Longchamp.
M. Montminy: Longchamp. Donc, on avait quatre firmes qu'on
croyait être les plus aptes. Encore là, on remarque que même
sur invitation, les firmes qu'on croit aptes à rendre le service,
parfois, ne soumissionnent même pas parce que c'est une question de
spécialistes. Leur propre spécialiste peut être
occupé sur un autre dossier dans un ministère ou une entreprise
privée.
M. Parent (Bertrand): Cela répond à ma question, M.
le Président.
Le Président (M. Lemieux): L'engagement numéro
séquentiel 6, exercice financier 1986-1987 est vérifié.
J'appelle l'engagement numéro séquentiel 7. Montant de
l'engagement, 75 670, 49 $, firme Typoform inc., engagement 30-000105-03.
Est-ce qu'il y a des interventions?
M. Parent (Bertrand): Oui. On retrouve différents contrats
accordés à Typoform pour la photocomposition ou le montage de
différents documents du ministère des Finances. Cela a toujours
été la façon de procéder de passer par une firme de
photocomposition et de montage?
M. Montminy: Dans les années quatre-vingt, comme M. le
ministre l'expliquait tout à l'heure, on a parlé des firmes
d'impression. Là, on est en composition. On y allait par
dérogation avec un CT du Conseil du trésor pour être
sûr que la firme, en maison de composition, soit une maison apte à
nous rendre le service. On obtenait par dérogation et CT du Conseil du
trésor l'autorisation d'y aller sur invitation unique et on
négociait les prix.
Depuis quelques années, on applique intégralement la
directive qu'on voit ici, la directive 5-78 concernant les arts graphiques. La
règle dit: Au-dessus de 75 000 $ ou à des décimales
près, on va sur appel d'offres dans les journaux. C'est évident
que dans cet appel d'offres, on met nos exigences. On ne peut pas prendre une
maison de composition de Montréal qui serait très
compétente et qui ne pourrait pas nous rendre le service de
disponibilité de 24 heures dans la période très active du
parachèvement de ces documents. Alors là, on est allé en
appel d'offres, c'est-à-dire en invitation par les journaux. On a eu
cinq firmes qui ont répondu et on a pris l'offre la plus basse, celle
qui était acceptable pour nous et qui rencontrait nos exigences.
M. Parent (Bertrand): M- le Président, cet engagement avec
Typoform était pour la photocomposition de quel genre de document?
M. Montminy: Celui-ci, le numéro séquentiel 7, les
75 670 $ - on avait prévu 74 000 $, mais on s'est prévalu des 10
%, plutôt du 1 % - c'était pour la photocomposition du budget,
français, anglais, de renseignements supplémentaires,
français, anglais. Ce qu'il arrive, c'est que la maison de composition,
vu la très courte période, le montant peut paraître
substantiel, mais cela se faisait le soir, les fins de semaine. Alors, on est
dans une période de temps relativement courte. Donc, c'est pour cela que
le montant peut paraître substantiel.
M. Parent (Bertrand): L'engagement suivant, môme si on
n'est pas rendu là, on s'entend, est pour des documents totalement
différents parce qu'on parlait des états financiers.
M. Montminy: C'est l'autre volet. On a voulu différencier,
on n'a pas voulu mettre tous nos oeufs dans le même panier, même
si, en période de travaux, la confection ou la lecture du budget du
ministre des Finances a plutôt lieu au printemps, pour le contrat
suivant, nous sommes également allés dans les journaux, tel que
la directive le demande, et c'était pour la photocomposition et le
montage, des états financiers du gouvernement, comptes publics, volumes
1 et 2, comme il est mentionné. Donc, dans l'engagement
séquentiel précédent, il aurait fallu compléter en
écrivant que c'était pour le discours sur le budget, qui devait
être en français et en anglais, alors qu'ici, on voit que
c'était nettement circonscrit au volet des comptes publics, états
financiers.
Pourquoi cela est-il meilleur marché, parce qu'il y a beaucoup
plus de documents? Parce qu'on a le temps de faire ce genre de documents. Les
comptes publics ne paraissent qu'à l'automne. On a plus de temps. On le
fait en période régulière de travail.
M. Parent (Bertrand): L'engagement financier séquentiel 7
était celui pour la photocomposition concernant le discours sur le
budget.
M. Montminy: Les renseignements supplémentaires, budget
anglais, français, là.
M. Parent (Bertrand): Oui, oui. M. Montminy: Oui.
M. Parent (Bertrand): Je pose la même question au ministre
que tantôt, concernant l'imprimeur, parce que vous m'avez dit que cela
c'était passé à un autre niveau. Est-ce que c'est à
la photocomposition et au montage que le ministre pense qu'il s'est fait
fuir?
M. Levesque: Ce n'est pas la même année là.
C'est en 1986-1987. L'autre, c'était pour 1987-1988.
M. Parent (Bertrand): Je voulais voir si vous suiviez. Merci, M.
Normand. Cela va pour l'engagement séquentiel 7, M. le
Président.
Le Président (M. Lemieux): L'engagement séquentiel
7, exercice financier 1986-1987 est vérifié. J'appelle
l'engagement séquentiel financier numéro 8, montant de
l'engagement 46 021, 13 $, compagnie
Typoform inc., engagement 30000116-03. Y a-t-il des interventions?
M. Chagnon: M. le Président, sur la question
précédente, c'est dans l'exercice 1986-1987 que la firme, qui
faisait le montage des différents documents du ministère des
Finances et particulièrement du budget, a été
appelée et non pas dans l'exercice 1987-1988, parce qu'il s'agissait du
budget de 1987-1988. M. Normand.
M. Levesque: Voulez-vous répéter parce que...
Le Président (M. Lemieux): S'il vous plaît, M. le
député de Saint-Louis.
M. Chagnon: Je disais que ce n'est pas dans l'exercice de
1987-1988 qu'on va retrouver la firme qui a fait le montage des documents qui
ont fait en sorte d'amener le budget 1987-1988. C'est évidemment dans
l'exercice 1986-1987 qu'on va la retrouver. On ne peut pas avoir une
préparation d'un budget qui soit antérieure au moment où
le budget a été fait. Surtout si le contrat a été
renouvelé au mois de janvier.
M. Levesque: C'est vrai que le contrat est donné avant,
mais, comme la dépense est faite ultérieurement, elle tombe dans
l'exercice financier 1987-1988.
Le Président (M. Lemieux): Vous avez la réponse, M.
le député de Saint-Louis. Est-ce que l'engagement 8 est
vérifié?
M. Parent (Bertrand): Oui, cela va.
Le Président (M. Lemieux): L'engagement numéro
séquentiel 8 est vérifié. J'appelle l'engagement financier
numéro séquentiel 9. Montant: 26 302, 21 $, la compagnie Groupe
Admarie inc., engagement 30-159403-01. Est-ce qu'il y a des interventions?
M. Parent (Bertrand): Oui. Je voudrais
savoir à quelle date les appels d'offres ont eu lieu. Est-ce que
cela a été... Oui, à quelle date.
M. Montminy: Ce contrat a été donné par le
fichier central, la directive s'appliquant au service de gardiennage, le 25
novembre 1986. Le contrat a été accordé à partir de
1986, pour un an, avec une clause de renouvellement.
M. Parent (Bertrand): Si je comprends bien, le contrat a
été donné le 25 novembre 1986 pour un travail qui devait
débuter le 29 octobre 1986, ce qui veut dire un mois avant, pour la
sécurité et le gardiennage.
M. Montminy: II y a eu des discussions internes. Je regardais la
table de décision. Le contrat a été accordé plus
tard.
M. Levesque: Le 11 décembre 1986.
M. Montminy: Le 11 décembre 1986.
M. Parent (Bertrand): On leur a donné un contrat le 11
décembre, c'est ce que je dis, mais ils ont commencé à
travailler rétroactivement au 29 octobre, selon ce qui est
mentionné ici.
M. Montminy: Oui, mais il peut arriver que la signature qui fait
foi du contrat, dans ce cas, ait été faite par la directrice
générale du BSQ, mais comme toutes les clauses avaient
été rencontrées et que les crédits étaient
déjà en provision, l'appel au fichier a été
respecté, les firmes référées, je pense qu'il y en
avait... Il faut comprendre aussi que ces gens sont assujettis à un
genre de décret; ils ne peuvent gagner moins que, dans le temps, 7, 60 $
l'heure. On s'est retrouvé avec deux firmes qui avaient le même
prix. C'est évident que certaines firmes essaient de réaliser un
boni ou un meilleur profit, mais les salaires des gardiens sont du genre
décrété. Alors, il y a certainement eu des
négociations et des discussions et la signature du contrat a
été faite plus tard pour un contrat qui était
déjà commencé, parce que les gens étaient
déjà en place. Mais cela peut aussi dépendre de la
personne qui a l'autorité de signer les contrats et, dans ce cas,
c'était la directrice générale du BSQ; elle pouvait
être absente pour des raisons professionnelles.
M. Levesque: J'en profite pour vous la présenter, M. le
député de Bertrand et MM. les membres de la commission. Mme
Gendreau.
M. Parent (Bertrand): Est-ce que le Groupe Admarie avait le
contrat l'année précédente?
Mme Gendreau (Nicole): C'est exact.
M. Parent (Bertrand): Oui? Ah bon! Donc, il n'y a pas eu
chevauchement de deux... Cela va, M. le Président.
Le Président (M. Lemieux): L'engagement financier
numéro séquentiel 9 est donc vérifié. J'appelle
l'engagement financier numéro séquentiel 10, montant de
l'engagement: 73 250 $; firme: Aerie inc., Conference Board du Canada,
engagement 17-183442. Est-ce qu'il y a des interventions?
M. Parent (Bertrand): Oui, M. le Président. Pour ma
compréhension, si on veut l'approuver, j'aimerais le relier avec un
autre mandat accordé au Conference Board, si je ne m'abuse, quelques
mois plus tard... (15 h 30)
M. Montminy: Au mois d'août 1987.
M. Parent (Bertrand): Au mois d'août. Quelle est la
différence, lorsqu'on parle d'abonnement à la banque de
données CANSIN, entre l'exercice ici, pour 73 000 $ et l'autre
engagement qu'on verra au mois d'août.
M. Montminy: Prenons celui de 81 000 $, c'est la contribution
annuelle du gouvernement du Québec au Conference Board. Ceci existe
depuis 1976. Le ministère des Finances paie la contribution de
l'ensemble du gouvernement au Conference Board, un peu comme Bell Canada a fait
une contribution de peut-être 40 000 $ au Board pour avoir accès
à certaines informations. C'est sur le plan de la contribution à
un organisme. C'est remis en question chaque année, à savoir si
le gouvernement devrait. II appartiendra aux décideurs de le dire.
Depuis 1976, on paie une contribution au Conference Board. Dans le fond, c'est
pour qu'il existe. Après cela - c'est ce qui nous amène à
Aerie inc. - le Conference Board a des banques qu'il monte et qu'il rend
disponibles pour le traitement informatique. Il faut signer un contrat
spécifique de traitement dans les banques qui lui appartiennent. L'objet
de l'engagement séquentiel 10, 1986-1987, de 73 000 $, est de permettre
au ministère des Finances d'avoir accès à la banque CANSIM
- je remarque que c'est aux politiques fiscales, donc dans le cadre de
préparation de nos documents sur le budget -pour avoir certains des
éléments.
M. Parent (Bertrand): Cet abonnement à la banque CANSIM de
73 000 $ est pour une période de deux ans, si je comprends bien. Vous
avez 1986-1987 et 1987-1988. Est-ce que c'est le montant pour deux ans? Ou
est-ce le montant pour un an?
M. Montminy: C'est le montant de
l'engagement, c'est le montant pour deux ans. On regarde les
engagements, on ne regarde pas les dépenses.
M. Parent (Bertrand): D'accord.
M. Montminy: À la dépense des crédits, on va
regarder la dépense.
M. Parent (Bertrand): D'accord. L'engagement est
réellement pour deux ans.
M. Montminy: Oui.
M. Parent (Bertrand): On a approuvé
précédemment l'entente, cette fois-là, avec le Bureau de
la statistique du Québec et Statistique Canada, relativement aux
redevances pour l'utilisation, sur une base, de CANSIM - on a passé cela
tantôt pour 28 000 $ - ici on réfère toujours à la
même base, mais avec d'autres données? Je ne suis pas familier
avec CANSIM et je retrouvais tantôt Statistique Canada et le Bureau de la
statistique du Québec, qui, par entente, pour 28 000 $, a accès
à la banque et on trouve ici la même chose en ce qui concerne
Aeric avec le Conference Board. Est-ce qu'on peut m'expliquer?
Mme Gendreau: Oui, les deux banques de données sont des
banques statistiques de Statistique Canada. Ce sont ces gens qui sont
propriétaires de cette banque. Us ont, dans tout le Canada, un
distributeur principal qui est l'ensemble des séries contenues dans
cette banque de données, qui est IST-CANSIM. Ils ont également
des distributeurs secondaires dans tout le pays où l'on retrouve un
nombre limité de séries statistiques qui sont normalement les
séries les plus utilisées. C'est cette dernière banque qui
se retrouve au Conference Board du Canada. Elle est disponible également
chez dix à vingt distributeurs secondaires, si ma mémoire est
bonne.
Le Président (M. Lemieux): M. le député de
Bertrand. Oui, M. le député de Saint-Louis.
M. Chagnon: Est-ce qu'on peut être abonné à
cette banque de données de CANSIM sans être membre du Conference
Board?
Mme Gendreau: Certainement. Comme je viens de le dire, IST offre
le service...
M. Chagnon: Directement?
Mme Gendreau:... d'abonnement à CANSIM.
Le Président (M. Lemieux): Cela va? L'engagement
séquentiel numéro 10, excercice financier 1986-1987, est donc
vérifié. Nous passons à un autre exercice financier,
l'exercice financier 1987-1988, numéro séquentiel 1. Montant de
l'engagement: 67 725 $, firme Biro inc., engagement 30-093264-24. Est-ce qu'il
y a des interventions? L'engagement est vérifié?
M. Parent (Bertrand): M. le Président.
Le Président (M. Lemieux): M. le député de
Bertrand.
M. Parent (Bertrand): L'année précédente, en
1985-1986, on avait eu aussi un engagement avec Biro, l'engagement
séquentiel 2. Est-ce qu'il s'agit du même genre de travail que
pour ce mandat, l'engagement séquentiel 2 de 1985-1986 avec la firme
Biro? Ici, on a un montant assez substantiel, il s'agit de 67 000 $. Est-ce que
c'est un contrat complètement différent?
M. Montminy: En 1985-1986, l'engagement séquentiel 2
était, en résumé, pour le système
"Prévisions financières" analyste, qui était au Bureau du
contrôleur des finances, un des sous-systèmes de SYGBEC. Je ne
sais pas si le député est familier avec SYGBEC; SYGBEC est un
ensemble de systèmes et de sous-systèmes. On retrouve ici un
engagement concernant plutôt la modélisation, qui est une phase
préalable dans un autre volet, soit le contrôle et
l'exécution du budget, il faut comprendre que c'est le budget de
dépenses, par rapport au budget du ministre des Finances, et le suivi de
la dépense dans l'ensemble des ministères. Ce sont deux contrats
nettement différents.
M. Parent (Bertrand): Pourquoi est-on allé vers Biro?
Est-ce que c'est parce qu'ils étaient les plus...
M. Montminy: Pour 1987-1988? On est allé chez Biro parce
qu'on est allé au fichier. Le fichier nous a donné dix noms, on a
pris le plus bas soumissionnaire acceptable.
M. Parent (Bertrand): Cela va.
Le Président (M. Lemieux): L'engagement séquentiel
1 pour 1987-1988 est donc vérifié. J'appelle l'engagement
séquentiel 2. Montant de l'engagement: 49 932 $. La firme: Le Groupe
McNeil, Boisvert et Melançon inc., engagement 30-113814-24. Est-ce qu'il
y a des interventions? Est-ce que l'engagement est vérifié?
M. Parent (Bertrand): Cette firme a été prise au
fichier aussi, je suppose?
M. Montminy: Non. Pour cet engagement, par contre, une seule
firme a soumissionné, mais elle était acceptable, le
contrat a été donné quasiment au prix de l'appel
d'offres. 49 934 $, ce n'est pas loin de 50 000 $.
M. Parent (Bertrand): C'était la seule firme
capable...
M. Montminy: Acceptable. Mais il y a des moments dans
l'année où on a besoin de ces gens, ils sont pas mal
occupés.
M. Parent (Bertrand): Cela va.
Le Président (M. Lemieux): L'engagement numéro
séquentiel 2 pour l'exercice financier 1987-1988 est
vérifié. J'appelle l'engagement numéro séquentiel
3. Montant de l'engagement: 44 100 $. La firme Les services conseils
Systématix inc., engagement 30-113864-24. Est-ce que l'engagement est
vérifié?
M. Parent (Bertrand): Oui, M. le Président.
Le Président (M. Lemieux): L'engagement séquentiel
3 est vérifié. J'appelle l'engagement séquentiel 4.
Montant de l'engagement: 39 200 $. La firme le Groupe McNeil, Boisvert et
Melançon inc., engagement 30-113883-24. Est-ce que l'engagement est
vérifié?
M. Parent (Bertrand): II s'agit de la même firme que
tantôt; par contre, il s'agit d'un mandat différent. Cette
fois-ci, on parle de conversion des applications. C'est pour cela, je suppose,
que vous aviez cinq firmes dans ce cas et, tantôt, vous en aviez...
M. Montminy: Oui, cinq firmes, mais celui-ci pourrait être
relié au numéro séquentiel précédent, le
numéro 4,
M. Parent (Bertrand): Le 4, oui.
M. Montminy: C'est-à-dire le 3 où on a le fameux
problème de la conversion du logiciel Intercom qui est désuet. Il
faut que le bureau du contrôleur, en regard de son système SYGBEC,
se convertisse au logiciel CICS. Dans ces cas, on y va sur invitation et non
par le fichier parce qu'il y a très peu d'analystes qui fonctionnent
avec l'ancien logiciel Intercom. On a cerné un certain nombre de firmes
qui sont aptes à nous rendre le service, on les a appelées sur
invitation, mais on applique le même dispositif que si on les avait
appelées par le fichier: la table de décision, le prix le plus
bas acceptable.
M. Levesque: Puisque vous avez parlé du contrôleur,
je vais demander à M. Paré de venir terminer ces explications, je
vais lui donner l'occasion de dire un mot.
Le Président (M. Lemieux): M. Paré,
contrôleur des finances.
M. Paré (Pierre-André): Bonjour. C'est
effectivement vrai qu'on est obligé de donner des contrats assez
restrictifs à un groupe de firmes qui connaissent Intercom; il y a
très peu de firmes qui connaissent Intercom, On est, avec le
système de paie au gouvernement, je pense, les deux derniers
systèmes à utiliser Intercom en Amérique du Nord. Vous
comprendrez que la spécialité n'existe pas au fichier. C'est pour
ces raisons que nous sommes obligés d'aller sur invitation. Je pense
qu'il y a cinq firmes qui connaissent encore Intercom plus, évidemment,
les gens qui travaillent chez le contrôleur des finances et à
l'Office des ressources humaines.
Le Président (M. Lemieux): Est-ce que l'exercice
numéro séquentiel 4 est vérifié? L'exercice
numéro séquentiel 4 est vérifié. J'appelle le
numéro séquentiel 5, exercice 1987-1988. Le montant de
l'engagement: 41 995 $, firme: Les services informatiques CMD inc., engagement
30-113887-24. Est-ce que l'engagement est vérifié?
M. Parent (Bertrand): Oui, cela va.
Le Président (M. Lemieux): L'engagement est
vérifié. J'appelle l'engagement financier séquentiel
numéro 6. Montant de l'engagement: 74 500 $, firme: Compélec
inc., engagement 30-000201-03. Est-ce que l'engagement est
vérifié?
M. Parent (Bertrand): II s'agit des fameux documents qu'on
cherche depuis tantôt.
M. Levesque: Finalement trouvés.
M. Parent (Bertrand): On est dessus, M. le ministre. On est
à la bonne année?
M. Levesque: Oui. Bonne année et bonne firme.
M. Parent (Bertrand): Bonne année et bonne firme.
Le Président (M. Lemieux): Est-ce que l'engagement
numéro séquentiel 6 est vérifié?
M. Parent (Bertrand): Non, pas encore. Vous avez l'air
pressé, M. le Président.
Le Président (M. Lemieux): Non, pas du tout, M. le
député de Bertrand.
M. Parent (Bertrand): Est-ce que cela va?
Le, Président (M. Lemieux): Cela va très bien.
M. Parent (Bertrand): J'aimerais qu'on puisse relier cela aussi
au numéro séquentiel 7, puisqu'il s'agit...
M. Levesque: La photocomposition arrive en 7.
M. Parent (Bertrand): C'est cela. M. Levesque: La même
firme.
M. Parent (Bertrand): Dans ce cas, si je comprends bien, on a eu
un appel d'offres public. Quand cela s'est-il passé? Le contrat a
été signé en mars, mais j'imagine qu'on est allé en
soumissions publiques avant?
M. Montminy: Pour le numéro séquentiel 6?
M. Parent (Bertrand): 6, oui. M. Levesque: Et 7.
M. Montminy: Pour le numéro séquentiel 6, avec
Compélec encore, 74 500 $, c'est le II février 1987. Il y a eu
appel et fixation du contrat avec eux pour réaliser l'opération
budgétaire. 1er juillet 1987, pour l'engagement séquentiel 7.
Pourquoi le 1er juillet? On a le même décalage qu'on avait
l'année précédente, c'est en juillet 1987 pour 74 000 $.
II faut comprendre que 75 000 $, c'est un montant estimé et
c'était pour faire les états financiers. 1er juillet, le
numéro séquentiel 7, états financiers et comptes publics 1
et 2 et ce qu'on appelle le bouquin sur les entreprises. Le 6 est en
février et le 7, en juillet. À chaque fois, il y a eu appel dans
les journaux. Comme nous allons dans les journaux, ce n'est pas nous qui
décidons du nombre de firmes. Pour le numéro séquentiel 6,
en février, pour le budget, on a eu seulement trois soumissionnaires.
Nos exigences de temps sont beaucoup plus serrées, ce qui fait que ceux
qui soumissionnent, c'est parce qu'ils sont capables de le faire, alors que
pour les états financiers et les comptes publics - quand même des
documents très importants - ils sont moins brutalisés. On leur
donne un certain temps pour faire le travail. Sur le séquentiel 7 on a
eu cinq firmes qui ont répondu par les journaux. On a retenu la plus
basse qui était encore, cette année, Compélec.
M. Parent (Bertrand): À la suite de ce qui a pu se passer
- je dis bien, ce qui a pu se passer - est-ce que la procédure sera la
même la prochaine fois, pour, particulièrement, la production
typographique, le montage, pour le discours du budget, ou est- ce que d'autres
précautions seront prises?
M. Levesque: J'attends d'avoir des recommandations, s'il doit y
avoir des modifications ou non dans la procédure. Nous n'avons pas
encore le rapport du Solliciteur général qui, sans doute, recevra
ou a reçu -je ne le sais pas - le rapport de la Sûreté. Il
y a peut-être des indications qui m'échappent. Je n'ai pas
reçu le rapport, donc je ne l'ai pas vu ni lu. À la
lumière de cela et à la lumière, également, de
l'expérience, s'il y a des modifications à apporter, je
n'hésiterai pas à le faire, si de telles recommandations me sont
faites et si je suis d'accord avec celles-ci.
M. Parent (Bertrand): Toujours à l'engagement
numéro séquentiel 6, il y a eu trois autres soumissionnaires. Les
trois autres étaient conformes. C'est tout simplement le meilleur prix
qui a fait en sorte que Compélec...
M. Montminy: Au fil des années, on remarque que, compte
tenu de nos spécifications et du territoire sur lequel on essaie de
retrouver une firme apte, il n'y a que Typoforrn, Caractera et Compélec.
Les autres ne satisfont pas aux exigences de base. On voit une année
Typoform se pointer. La compagnie veut l'avoir, alors elle met les prix.
L'année suivante: au suivant.
M. Parent (Bertrand): Cela va, M. le Président.
Le Président (M. Lemieux): L'engagement numéro
séquentiel 6 qui a été appelé est donc
vérifié.
M. le député de Saint-Louis.
M. Chagnon: Avant de le vérifier, est-ce que, pour les
années antérieures, on a toujours procédé par la
directive 5-78 concernant l'appel d'offres dans ce secteur précis
d'engagement, pour la production typographique des budgets?
M. Montminy: Je pense que je l'avais souligné un peu, tout
à l'heure. Jusqu'à 1983, de mémoire, la direction des
communications du ministère des Finances faisait également
l'opération complète du livre des crédits du
président du Conseil du trésor. Pour être sûr d'avoir
une maison de composition apte à nous faire le travail, un CT
dérogatoire permettait, après négociation, de retenir une
firme. Le contrat était donc donné dans ce sens-là.
M. Chagnon: Compélec a déjà eu ce contrat
dans le passé?
M. Montminy: De mémoire, oui.
M. Chagnon: Pour les années à venir, à la
suite de ce que M. le ministre des Finances vient de nous dire, est-ce que vous
envisagez d'élargir la base des soumissionnaires potentiels? Quand je
dis d'élargir la base, c'est peut-être de sortir de la
région immédiate de Québec pour aller jusqu'à
Montréal.
M. Levesque: Ce n'est pas prévu pour le "moment.
M. Chagnon; Ah:
Le Président (M. Lemieux): Ce n'est peut-être pas
une mauvaise chose, M. le ministre.
M. Chagnon: On va avoir la médaille de bravoure du maire
Pelletier.
Le Président (M. Lemieux): L'engagement séquentiel
6 est vérifié. Comme je n'ai pas appelé l'engagement
séquentiel 7, j'appelle celui-ci. Il s'agissait d'un montant de 74 000
$. La firme était Compélec inc. L'engagement 30-000205-03. Est-ce
que l'engagement est vérifié?
M. Parent (Bertrand): Vérifié.
Le Président (M. Lemieux): L'engagement est
vérifié. J'appelle l'engagement numéro séquentiel
8. Montant de l'engagement: 45 000 $, firmes Typoform inc, engagement
30-000216-03. Est-ce que l'engagement est vérifié?
M. Parent (Bertrand): Vérifié.
Le Président (M. Lemieux): L'engagement est
vérifié. J'appelle l'engagement financier numéro
séquentiel 9. Montant de l'engagement? 37 400 $, firme: DMR inc,
engagement 30-113558-04. Est-ce que l'engagement est vérifié?
M. Parent (Bertrand): Est-ce qu'on pourrait avoir le nom des
trois autres firmes qui ont été invitées, à part
DMR inc? J'ai deux questions: Les trois autres firmes, il y a eu quatre firmes
qui ont été invitées à soumissionner à
l'engagement numéro séquentiel 9, dont DMR. Deuxièmement,
qu'est-ce qu'on entend par la réalisation de l'analyse
préliminaire ainsi que l'architecture des systèmes? Est-ce que
vous pourriez vulgariser cela?
M. Montminy: Écoutez!
M. Parent (Bertrand): Cela ne s'adresse pas à vous, mais
au ministre.
M. Levesque: Le ministre s'adresse à lui.
M. Montminy: II faut prendre à la base que le
système qu'on appelle secteur des prévisions financières
est déjà un système informatique nettement désuet.
Lorsqu'on parle de systèmes architecturaux en informatique, c'est le
même principe, pour faire une image - selon ce qu'on m'a expliqué
et que je comprends maintenant -que lorsqu'on veut bâtir un
édifice, on engage un architecte, ensuite, on engage des analystes pour
faire les programmes et, ensuite, des programmeurs pour faire les diagrammes
logiques. On est au niveau préliminaire. Ce n'est pas de l'analyse
stratégique - comprenons-nous - ni un plan directeur. Le plan directeur
doit avoir une série de paramètres en informatique. Alors que le
système qu'on devait rénover ou refaire, c'est un système
qui existe déjà, mais qui est désuet et qui ne
répond pas à nos besoins. On a appelé des... C'est une
spécialité que certaines firmes ont. C'est pour cela qu'on s'est
prévalu de la clause 30 qui permet d'y aller par invitation. Je ne sais
pas si, en termes informatiques, c'est suffisant. On pourrait donner une
réponse écrite plus détaillée, si vous voulez. .
M. Parent (Bertrand): Non. L'image est bonne. Cela aide à
comprendre. Quelles sont les trois autres firmes invitées?
M. Montminy: On avait nécessairement DMR; Les Conseillers
en informatique inc.; CGI, Conseillers en informatique et en gestion et
Atkinson, Tremblay et associés. C'est un niveau de spécialisation
qu'on ne retrouve que chez des firmes qui font beaucoup d'analyse ou de
programmation. C'est la quatrième génération. Ce contrat
sera appliqué sur l'ordinateur du ministère des Finances qui a
lui-même des logiciels de quatrième génération.
C'est haut de gamme. C'est un petit contrat, mais haut de gamme.
Le Président (M. Lemieux): L'engagement financier 9 est
vérifié,
J'appelle l'engagement financier 10. Le montant de l'engagement est de
50 000 $, firme l'Industrielle - Services techniques inc., IST, engagement
17-092825. Est-ce que l'engagement est vérifié?
M. Parent (Bertrand): Cela va avec les informations que madame
nous donnait tantôt. On se retrouve encore avec un autre abonnement
à la banque de données. On dit qu'il y a un seul fournisseur,
IST. Vous avez mentionné tantôt qu'il y avait une dizaine
d'autres...
Mme Gendreau: Là, on parle de la banque principale, celle
où toutes les séries chronologiques de CANSIM sont contenues.
Lorsque je parlais de distributeurs secondaires, il y en a plus d'un,
effective-
ment, il s'agit de séries principales de CANSIM qui y sont
contenues. Nous avons besoin d'avoir accès à la maxi-banque, si
vous voulez, dont seul IST est le pourvoyeur.
M. Parent (Bertrand): Donc, la maxibanque...
Mme Gendreau: C'est IST.
M. Parent (Bertrand):... c'est IST, on n'a pas le choix.
Mme Gendreau: C'est exact.
M. Parent (Bertrand): Et ce contrat, j'imagine, est sur une base
d'un an. Je ne crois pas que la période soit mentionnée quelque
part. J'imagine que c'est douze mois.
Mme Gendreau: C'est renouvelé tous les ans,
effectivement.
M. Parent (Bertrand): Cela va, M. le Président.
Le Président (M. Lemieux): L'engagement 10 est
vérifié.
J'appelle l'engagement financier 11. Montant de l'engagement, 30 000 $,
firme Data Ressources of Canada, engagement 17-092824. Est-ce que l'engagement
est vérifié?
M. Parent (Bertrand): Oui, cela va, M. le Président. Je
n'ai pas de question.
Le Président (M. Lemieux): L'engagement 11 est
vérifié.
J'appelle l'engagement 12. Montant de l'engagement 25 000 $, firme
Statistique Canada, engagement 30-159432-01. Est-ce que l'engagement est
vérifié?
M. Parent (Bertrand): Je vous fais juste remarquer que pour
l'année 1985-1986, pour les mêmes services de Statistique Canada,
on avait payé 28 000 $. Si je comprends bien, cela redescend, on est
rendu à 25 000 $. Est-ce pour les mêmes services?
Mme Gendreau: Oui, effectivement. Il s'agit d'une...
M. Parent (Bertrand): À quoi est-ce dû?
Mme Gendreau: C'est une redevance qu'on doit payer à
Statistique Canada pour l'utilisation de la banque de données CANSIM.
C'est toujours la même banque. Statistique Canada nous oblige à
payer des redevances lorsqu'on utilise les séries CANSIM pour
défrayer certains de leurs coûts. On essaie d'être de plus
en plus efficace dans l'utilisation de nos séries chronologiques. Elles
ont été centralisées au Bureau de la statistique du
Québec pour s'assurer que les mêmes séries n'étaient
pas sorties plus d'une fois, à moins de nécessité absolue,
ce qui fait qu'on est capable de baisser le coût global du contrat avec
Statistique Canada.
M. Parent (Bertrand): Cela va pour cet engagement.
Le Président (M. Lemieux): L'engagement 12 est
vérifié.
Nous passons maintenant au mois d'août 1987. Pour ce qui est des
engagements financiers 20, 21 et 23, ils ne sont pas de la compétence
sectorielle du ministre des Finances. Ils sont de la compétence
sectorielle du ministre d'État à la Privatisation, M. Fortier,
tel qu'en fait foi d'ailleurs, à la page 15-1, le livre des
crédits. Ils relèvent des programmes 6 et 7 qui sont de la
compétence de M. Fortier, sauf l'engagement financier d'août 1987,
numéro 22. J'appelle donc l'engagement financier numéro 22 qui se
lit comme suit: "Paiement au Conference Board du Canada représentant la
cotisation annuelle du gouvernement du Québec pour l'année
financière 1987-1988. Montant de l'engagement, 81 000 $. " Est-ce que
l'engagement est vérifié?
M. Parent (Bertrand): On a déjà eu les
réponses, oui. C'est vérifié.
Le Président (M. Lemieux): L'engagement du mois
d'août 1987 est vérifié. En conséquence,
l'étude des engagements financiers relevant du ministre des Finances
pour les mois de janvier 1987 à août 1987 inclusivement est
terminée.
Je remercie tous les participants, M. le ministre et ses fonctionnaires
ainsi que M. le député de Bertrand et les membres du parti
ministériel. La commission ayant accompli son mandat, nous ajournons
maintenant sine die.
(Fin de la séance à 15 h 57)