Journal des débats (Hansard) of the Committee on Culture and Education
Version préliminaire
43rd Legislature, 1st Session
(November 29, 2022 au September 10, 2025)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
Pour en savoir plus sur le Journal des débats et ses différentes versions
Wednesday, May 3, 2023
-
Vol. 47 N° 9
Étude des crédits budgétaires du ministère de l'Enseignement supérieur
Aller directement au contenu du Journal des débats
Intervenants par tranches d'heure
-
-
Dionne, Amélie
-
Rizqy, Marwah
-
-
Rizqy, Marwah
-
Déry, Pascale
-
Dionne, Amélie
-
Leduc, Alexandre
-
-
Déry, Pascale
-
Dionne, Amélie
-
Leduc, Alexandre
-
Rizqy, Marwah
-
Bérubé, Pascal
-
-
Déry, Pascale
-
Dionne, Amélie
-
Bérubé, Pascal
-
Rizqy, Marwah
-
Asselin, Mario
-
-
Déry, Pascale
-
Asselin, Mario
-
Dionne, Amélie
-
Tremblay, Suzanne
-
Rizqy, Marwah
-
Leduc, Alexandre
-
-
Déry, Pascale
-
Leduc, Alexandre
-
Dionne, Amélie
-
Bérubé, Pascal
-
Rizqy, Marwah
-
-
Déry, Pascale
-
Rizqy, Marwah
-
Dionne, Amélie
-
Tremblay, Suzanne
-
Émond, Jean-Bernard
15 h (version révisée)
(Quinze heures trente minutes)
La Présidente (Mme Dionne) : Alors,
bonjour à tous. Bonjour à toutes. Alors, ayant constaté le quorum, je déclare
la séance de la Commission de la culture et de l'éducation ouverte.
Donc, la commission se réunit aujourd'hui
afin de procéder à l'étude des crédits budgétaires du portefeuille Enseignement
supérieur pour l'exercice financier 2023‑2024. Une enveloppe de trois
heures a été allouée pour l'étude de ces crédits.
Mme la secrétaire, y a-t-il des
remplacements?
La Secrétaire : Oui, Mme la
Présidente. M. Poulin (Beauce-Sud) est remplacé par Mme Poulet
(Laporte) et Mme Ghazal (Mercier) est remplacée par M. Leduc
(Hochelaga-Maisonneuve).
La Présidente (Mme Dionne) : Merci
beaucoup. Donc, nous allons procéder à une discussion d'ordre général par blocs
d'échanges, incluant les questions et les réponses. La mise aux voix de ces
crédits sera effectuée à la fin du temps alloué, soit à la fin de cette séance,
vers 18 h 30.
Donc, je vous rappelle la procédure. Je
laisse libre cours à des échanges entre vous. Donc, nul besoin de s'adresser à
la présidence. Si jamais les échanges deviennent peu respectueux ou qu'il y a
une problématique, je reprendrai le contrôle de la discussion.
Donc, je suis maintenant prête à
reconnaître une première intervention de l'opposition officielle pour un bloc d'échanges
de 17 minutes. Je vous rappelle que la longueur des réponses doit
généralement être proportionnelle à la longueur des questions. Alors, Mme la
députée de Saint-Laurent, la parole est à vous.
Mme Rizqy : Merci beaucoup, Mme
la Présidente. Alors, bonjour à tous mes collègues...
15 h 30 (version révisée)
19273
La Présidente (Mme
Dionne) : ...la parole est à vous.
Mme Rizqy : Merci beaucoup, Mme
la Présidente. Alors, bonjour à tous mes collègues. Bonjour, Mme la ministre
ainsi que les équipes qui vous accompagnent. Et je note, parce que c'est rendu
ma sixième commission et mon dernier bloc de crédits, Mme la ministre, mais c'est
la première fois que je vois que nous avons un auditoire. Alors, permettez-moi
de saluer nos distingués invités. J'ai déjà été professeure à l'université,
directrice de programme, et on sous-estime énormément le travail de ceux qui
sont délégués, notamment aux associations étudiantes. C'est un travail
rigoureux qui demande beaucoup de temps et d'énergie, et vous êtes très souvent
ceux qui nous alimentent dans nos réflexions, qui nous poussent à agir, qui
nous poussent aussi à réfléchir.
J'ai eu l'occasion d'être invitée, lors d'un
forum avec des étudiants, au mois de janvier dernier, qui regroupait des assos
de partout au Québec. Puis une question nous a été soulevée par les étudiants,
et ce n'est pas la première fois qu'ils soulèvent cet enjeu, c'est la question
des clauses d'amnistie. Les violences à caractère sexuel, il y a eu quand même
une grande avancée. Ma collègue l'ancienne ministre de l'Enseignement supérieur,
lorsque nous étions au gouvernement, Mme Hélène David, a fait adopter la
loi-cadre sur les violences à caractère sexuel, c'était vraiment une grande
avancée.
Puis, en parlant avec les étudiants puis
en voyant certains dossiers, on s'est rendu compte qu'il y a, malheureusement,
dans les conventions collectives, une clause qui permet d'effacer un dossier de
violence à caractère sexuel. L'enjeu, c'est le suivant, c'est qu'un employeur,
lorsqu'il veut appliquer la gradation des sanctions, si la sanction a été
effacée, c'est plus difficile de faire la gradation des sanctions. Évidemment,
si c'est une faute grave, à ce moment-là, on peut aller un peu plus rapidement.
Mais aujourd'hui, Mme la ministre, je vous
connais, je sais que vous êtes sensible sur ces dossiers-là, sur cette
question, je crois que nous ne pouvons pas nous permettre de régler le tout à
la pièce. Il est temps d'avoir une politique nationale là-dessus, et, pour moi,
elle doit s'établir, oui, à l'enseignement supérieur puis, je le dis d'entrée
de jeu, même en éducation. Nous, on est particulièrement frappés par les
dernières nouvelles en matière d'éducation. Des violences à caractère sexuel, ce
n'est pas seulement à l'université ni au cégep, c'est malheureusement même au
primaire et au secondaire.
Alors, Mme la ministre, d'entrée de jeu,
je crois que c'est quelque chose que nous devons régler. Vous aurez ma
collaboration, mais je crois qu'on devrait avoir, sans plus tarder, une
discussion pour aboutir à un projet de loi.
Mme Déry : Merci beaucoup, Mme
la députée, puis merci... D'abord, je vais me permettre juste quelques minutes
pour faire quelques salutations, ici, à mon équipe, donc tant au niveau du
ministère de l'Enseignement supérieur, qu'ici au cabinet, et, bien sûr, je vais
saluer bien des gens derrière moi aussi.
Alors, on a nos sous-ministres adjoints
qui sont avec nous aujourd'hui, Marc-André Thivierge, Nathalie Parenteau,
Sylvain Périgny et Esther Blais, qui est avec nous. Il y a quatre directeurs
généraux, également, du MES qui sont avec nous aujourd'hui. Paule De Blois, la
sous-ministre, et puis mon équipe de cabinet qui est avec nous, ils sont tous
ici : Atim Leon, qui est chef de cabinet; directeur des coms, Simon; et
les conseillers politiques qui sont avec nous, derrière nous.
Et je veux saluer, bien sûr, puis je ne me
retournerai pas, mais je pourrais... saluer, bien sûr, les étudiants, que j'ai
rencontrés tout à l'heure, des étudiants, bien sûr, en travail social, des
étudiants en orthophonie, que j'ai rencontrés, il y a les gens de la FECQ,
également, qui sont là, et donc il y a des gens... également des étudiants en
psychoéducation. Alors, je voudrais saluer tous ces gens-là et évidemment aussi
des étudiantes en sage-femme, je pense qu'elles sont ici. Voilà. Alors, merci.
Il y en a qui se sont déplacées de Montréal pour être ici, c'est très gentil.
Puis, comme vous disiez tout à l'heure, Mme
la députée, justement, c'est des gens qui sont... C'est probablement une des
commissions où on a le plus de monde. Alors, je suis très contente de voir qu'on
travaille tous dans le même objectif ici aujourd'hui, c'est d'améliorer, bien
sûr, l'accessibilité, la réussite, la persévérance de nos étudiants, leur
donner, évidemment, tous les outils pour qu'ils puissent réussir leurs parcours
académiques.
Donc, je vais maintenant me lancer un
petit peu dans la question que vous me soumettiez sur les clauses d'amnistie.
Juste, déjà, d'entrée de jeu, je vais vous dire que je suis excessivement
sensible, sinon très, très sensible à ces enjeux-là. J'ai rencontré, depuis le
début de mon mandat, toutes les fédérations étudiantes, on m'a vraiment bien
informée sur la problématique qu'il y avait au sujet des clauses d'amnistie. Avant
d'aller répondre à cette question plus précisément, je veux quand même rappeler
ce que le gouvernement... ce que nous avons fait en termes de violence... en
termes de lutte contre les violences à caractère sexuel.
Je vous le dis déjà, d'emblée, c'est
inacceptable, ça doit toujours être dénoncé. C'est la raison pour laquelle on a
aujourd'hui une loi visant à prévenir et à combattre les violences à caractère <sexuel...
Mme Déry :
...
aujourd'hui une loi visant à prévenir et à combattre les violences à caractère >sexuel
dans les établissements d'enseignement supérieur, donc, depuis 2017. Mais on
vient de déposer, il y a quelques semaines, donc en février dernier, le plan
d'action, justement, sur les violences à caractère sexuel avec un
investissement additionnel. Donc, on avait déjà des investissements pour le
premier plan d'action, on est venus rajouter 25 millions, pour un budget
total de 54 millions, dans ce plan d'action qu'on a soumis, donc, le
13 février dernier. Et là-dedans on vient justement bonifier le soutien
aux établissements d'enseignement supérieur dans la mise en œuvre de leurs
obligations, justement, liées à l'application de la loi.
On vient poursuivre le changement de
culture. Parce que c'est important de dire qu'il y a eu un changement de
culture, et il y en a un qui s'opère. Est-ce que c'est suffisant? Bien, bien
sûr que non, mais on est là pour, justement, soutenir les établissements,
d'avoir des guichets uniques pour leur permettre d'aller chercher de l'aide,
d'aller pouvoir dénoncer à un seul endroit, d'avoir tous les outils nécessaires
pour être capable justement d'avoir de l'aide, de dénoncer, d'avoir des... de
déposer une plainte et de faire enclencher, si vous voulez, le processus à ce
niveau-là. Donc, pour moi, c'est extrêmement important qu'on vienne soutenir
avec ce plan d'action et qu'on a bonifié, justement, les actions. Et on va
continuer à le faire tant et aussi longtemps que c'est nécessaire.
Maintenant, pour les clauses d'amnistie,
j'en ai discuté, évidemment, avec les collègues de l'opposition, il y a
quelques jours à peine, on m'a également demandé de réagir à ce niveau-là
publiquement, et c'est ce que j'ai fait au cours des derniers jours. Ce que je
veux vous dire, c'est que... Alors, vous le mentionniez tout à l'heure, Mme la
députée de Saint-Laurent, vous le mentionniez que ce sont des clauses
d'amnistie qu'on retrouve dans les conventions collectives, donc, dans les
conventions collectives qui sont négociées, évidemment, entre les deux parties,
étant l'établissement et la partie syndicale. Et dans le fond, jusqu'à
maintenant, ce qu'on essayait de faire, c'était justement de privilégier, si
vous voulez, cette voie-là, avant d'en arriver à un amendement législatif, ou
une modification législative, ou d'autres scénarios. Il peut y avoir aussi
d'autres scénarios. On voulait privilégier cette avenue-là, et c'est ce qu'on
fait actuellement pour mettre un peu plus de pression sur les parties pour
qu'elles négocient.
D'ailleurs, j'ai envoyé une lettre
officielle aux établissements d'enseignement supérieur, il y a quelques heures
à peine, je ne sais pas si c'est hier soir ou ce matin, mais il y a une lettre
qui a été envoyée que je peux vous faire parvenir, justement, au cours... bien,
juste après les crédits, si vous me le permettez.
La Présidente (Mme Dionne) : ...au
secrétariat de la commission. On va s'assurer que les membres reçoivent la
lettre.
Mme Déry : Absolument. Donc,
dans cette lettre, essentiellement, ce que je fais, c'est que j'adresse,
évidemment, la problématique encore une fois, parce qu'on l'avait fait, je
pense, en 2021, mais c'était nécessaire de le faire et de le réitérer en
mettant un peu plus l'accent sur le fait qu'il faut absolument trouver une
solution. Donc, il y a des conventions collectives qui sont actuellement
négociées, mais les deux parties sont capables d'avoir des lettres d'entente
qu'on rajoute et qu'on vient intégrer à la convention collective, même si
celle-ci est déjà négociée, déjà adoptée. Il y a des façons de faire.
• (15 h 40) •
Maintenant, je n'exclus pas du tout, et je
veux être claire là-dessus, et je l'ai été, je n'exclus pas du tout le recours
à avoir que ce soit un amendement à la loi actuelle, que ce soit par d'autres
voies. Il y a d'autres scénarios, j'en ai discuté avec mon collègue ministre du
Travail. Mais sachez que je suis très, très sensible à cet enjeu-là. Je ne veux
pas que ça traîne non plus. Mais ce que je vous dis, c'est qu'à très court
terme j'aurais voulu vraiment être capable d'avoir ces deux parties qui
négocient et qui retirent, évidemment, ces clauses-là sur les violences à caractère
sexuel. Mais, encore une fois, je n'exclus pas du tout l'amendement législatif
pour venir, évidemment, corriger cette problématique-là.
Mme Rizqy : Merci beaucoup,
Mme la ministre. La raison pour quoi que je trouve que c'est important de venir
l'inscrire dans une loi, c'est que la loi, une fois qu'elle est adoptée, bien,
elle s'applique pour tout le monde. Et c'est que, malheureusement, lorsqu'on
ajoute des annexes, bien, un annexe, on peut le modifier dans le temps, alors
que la loi, oui, certes, on peut la modifier, mais le processus est beaucoup
plus rigoureux de passer par le législatif. Et rien ne nous empêche, dans la
loi-cadre, de venir la modifier, et de s'assurer qu'elle a un effet immédiat
partout au Québec, et de s'assurer de son application.
L'autre enjeu que j'ai, c'est au niveau de
l'application à géométrie variable. Je vous donne un exemple, et, ceux qui nous
écoutent, ce n'est pas le cas.... ce que je dis... je vais inventer des
universités, aucune d'entre elles n'existe. L'Université Rizqy, disons qu'elle,
elle a une clause d'amnistie de six mois pour les violences à caractère sexuel,
et l'Université Déry est d'un an. Ce serait disparate comme application. Et
présentement même les politiques qui existent dans les universités, elles ne
sont pas nécessairement identiques, et on trouve déjà des différences
d'application.
Alors, je n'ai pas encore eu l'occasion de
lire la lettre qui a été transmise. Je vous pose une autre question par <rapport
à cette lettre...
Mme Rizqy :
...
l'occasion de lire la lettre qui a été transmise. Je vous pose une autre
question par >rapport à cette lettre : Avez-vous donné une échéance
aux universités et aux enseignements de... du réseau collégial...
établissements du réseau collégial?
Mme Déry : Alors, je n'ai pas
donné d'échéance, mais j'ai vraiment relaté le sentiment d'urgence, qu'il faut
régler cette problématique-là. Puis j'invite... Puis je l'ai dit publiquement à
plusieurs reprises, j'ai même parlé à certaines... à certains établissements
moi-même, j'ai quand même communiqué avec certains recteurs pour leur dire que
c'était essentiel et absolument nécessaire qu'ils se penchent sur cet enjeu-là,
qu'ils soient en négo ou pas en négo. C'est-à-dire, encore une fois, on est
capables d'aller intégrer une lettre d'entente qui règle, évidemment, cet
enjeu-là entre les deux parties.
Donc, c'est là où j'en suis. Mais je
comprends très bien la question d'harmonisation puis je suis très ouverte. On
me l'a déjà mentionné que, justement, ce serait une question d'harmonisation,
c'est-à-dire certains établissements, évidemment, mettraient ou incluraient cet
amendement-là à leur façon. Donc, c'est pour une question d'harmonisation et de
cohérence à travers, évidemment, le réseau, ce serait probablement la voie à
prendre. Ce que je vous dis, c'est : encore une fois, je n'exclus pas du
tout cette... cette voie-là, je suis en étroite collaboration avec mon collègue,
au ministère du Travail, et on regarde évidemment les différents scénarios. Il
y en a d'autres, scénarios, aussi, qui pourraient me permettre d'aller corriger
un petit peu cette problématique-là, mais on le fait déjà.
Puis je vous le dis, ce n'est pas... ce
n'est pas par manque de volonté du tout. Parce que, quand on peut intervenir...
Là, la raison pour laquelle on n'intervient pas tout de suite, c'est parce que
ce sont des ententes négociées. Puis il faut être prudents, quand même, on ne
s'ingérera pas toujours dans des conventions négociées entre deux parties, mais,
quand on peut le faire, on le fait. Dans le réseau collégial, je vous donne
l'exemple, on a déjà entamé des démarches auprès du Conseil du trésor en ce qui
concerne, justement, ces fameuses clauses d'amnistie dans les conventions
collectives, avec comme objectif, justement, de viser un peu l'ensemble des
conventions qui rendent inopérantes ces fameuses clauses d'amnistie dans le cas
des violences à caractère sexuel, donc, au terme des négociations.
Donc, c'est sur la table, ce sont des
enjeux qu'on regarde actuellement du côté de l'enseignement au collégial. Donc,
au collégial, on est capables de le faire, on peut le faire, on peut intervenir,
et c'est ce qu'on fait. Puis, du côté des universités, comme je vous le dis,
c'est... je n'exclus aucune... je ne ferme pas la porte à aucun scénario. Je
suis très ouverte à vouloir régler cet enjeu-là, et donc il faut me donner un
petit peu de temps pour voir les scénarios qui s'ouvrent à moi.
Mme Rizqy : Merci. Pourquoi
je vous en parle? C'est parce qu'il y a quand même plusieurs mois que les gens
en parlent. Et moi, je vous le dis tout de suite, là, le... je ne doute pas de
votre bonne foi, là, dans le dossier. Par contre, je sais de par expérience,
lorsqu'on a demandé aux établissements d'enseignement supérieur de déposer leurs
plans d'action pour lutter contre les violences à caractère sexuel, certaines
universités ont été très rapides, d'autres, il a fallu qu'on les rappelle à l'ordre
pour que, finalement, elles déposent leurs plans.
Cet enjeu, nonobstant les conventions
collectives, dans notre corpus législatif au Québec, on peut avoir des
dispositions législatives qui viennent avoir préséance à la convention
collective, qui fait en sorte qu'une telle disposition d'amnistie qui est
prévue dans une convention collective devienne nulle et non avenue. Donc, ça,
je pense qu'on peut le faire, là, on a les outils législatifs. Et d'ailleurs
c'est le cas dans... par exemple, avec les lois sur les normes du travail, le
Code civil, dès lors qu'on fait une disposition, à ce moment-là, toutes les
conventions collectives qui auraient une disposition qui n'est pas en
conformité soit, par exemple, avec la loi-cadre en matière de violence à
caractère sexuel, soit avec le Code civil, soit avec la Loi sur les normes du
travail, bien, à ce moment-là, la convention collective doit absolument
s'harmoniser immédiatement.
Et, ça, nous, en mettant... en adoptant
une telle loi, on a non seulement le contrôle sur le libellé, mais aussi sur si,
oui ou non... Et ça, ce sera ma question : Qu'est-ce que nous, comme
législateurs, je nous inclus là-dedans, dans cette discussion, qu'est-ce que
nous, on veut comme... Est-ce qu'on en veut une, premièrement, amnistie? Si
oui, quelle serait l'échéance? Cinq ans? 10 ans? Ou est-ce qu'on se dit :
Pour les violences à caractère sexuel, puisque c'est, selon moi, une des
infractions les plus violentes qu'une personne puisse vivre dans son intégrité
physique et mentale... qu'on se dit : Non, il n'y en aura jamais,
d'amnistie pour ce type de violence?
Mme Déry : C'est intéressant.
Je suis très, très ouverte à ce que vous dites, actuellement, sauf qu'en même
temps... C'est vrai, mais ça concernerait, évidemment, tous les milieux, ça ne
relèverait pas de moi uniquement. Donc, il faut vraiment se pencher là-dessus
de manière prudente, encore une fois. Mais comme je vous dis, c'est
inacceptable, puis je le répète, là, c'est inacceptable que les fautes
contenues au dossier disciplinaire d'un employé s'effacent au bout de 12 ou de
24 mois, ou même je pense qu'il y a d'autres échéances, mais c'est
inacceptable. Puis c'est clair que je comprends très bien que, et j'en ai parlé
avec les associations étudiantes à maintes et maintes reprises... que ça fait
très, très longtemps... ce que j'ai compris quand je suis arrivée, c'est que ça
faisait quand même assez longtemps qu'on poussait pour cet enjeu-là et que cet
enjeu-là demandait à ce qu'on... à ce qu'on... à ce qu'on se <penche
là-dessus.
Alors...
Mme Déry :
...enjeu-là
et que cet enjeu-là demandait à ce qu'on... à ce qu'on... à ce qu'on se >penche
là-dessus.
Alors, c'est sûr que je me penche
là-dessus actuellement. Je vais trouver une solution, je vais trouver un
scénario dans lequel on irait régler cette problématique-là. Mais, comme je
vous le dis, je n'exclus aucune, aucune avenue en ce moment. Puis la vôtre,
elle est là, je vais... je vais la prendre en considération. Mais, encore une
fois, il faut être juste prudents parce que, si on s'immisce dans un processus,
il va falloir qu'on le fasse, évidemment, dans tout le reste. Donc, je veux
juste essayer de m'assurer qu'on ait le... qu'on achemine... qu'on prenne la
bonne voie pour le faire et qu'on trouve la meilleure façon possible de régler
cet enjeu-là dans les meilleurs délais possibles également.
Mme Rizqy : Bien, je tiens à
vous le dire, je pourrais porter la bonne nouvelle dans le réseau éducation
primaire et secondaire, puisque je suis aussi porte-parole dans ce dossier, et
je vous promets d'être très conséquente dans les deux réseaux, autant en enseignement
supérieur que le réseau de l'éducation. Vous, votre vision, c'est quoi,
là-dedans? Est-ce que vous avez un échéancier que vous aimeriez avoir une
réponse des établissements d'enseignement supérieur? Et qu'est-ce que... Elle
est quoi, votre vision par rapport à l'amnistie? Qu'est-ce qui serait correct
et qu'est-ce qui ne serait pas correct?
La Présidente (Mme Dionne) : Il
vous reste 1 min 30 s pour les échanges, juste pour votre
information.
Mme Déry : Écoutez, comme je
le répète, c'est un enjeu sur lequel je me penche, actuellement, de très, très
près, là. J'ai eu quand même plusieurs échanges avec mon collègue au...
ministre du Travail. J'ai eu des échanges aussi avec notre collègue, ici,
député d'Hochelaga-Maisonneuve, on a eu, justement, des échanges là-dessus, et
je pense que je suis de très bonne foi et je veux être capable d'avoir la
meilleure façon possible. C'est-à-dire, je ne suis pas experte, je vais devoir
m'informer, et c'est ce que je fais actuellement, je veux vraiment être capable
de trouver le meilleur moyen de le faire, autant pour les établissements que
pour... que pour, justement... Il y a la partie syndicale, la partie,
évidemment, des établissements. Mais, encore une fois, il faut être prudent, il
faut faire attention à l'atteinte à la liberté de négocier entre les parties,
et c'est là où, vraiment, je veux être prudente et trouver la meilleure voie
possible.
Mais la voie, on va la trouver. Je suis en
mode solution puis je suis en mode écoute. Depuis le début du mandat, je le sais
que c'est un enjeu important et je me penche là-dessus actuellement de très,
très près, et on va trouver, comme je vous le dis, des solutions. Je n'exclus
aucune option puis je vous tiendrai, d'ailleurs, au courant, à vous et aux
autres partis d'opposition qui seront intéressés à connaître un peu les
développements de tout ça. Puis comme je suis en étroite collaboration avec les
étudiants...
La Présidente (Mme Dionne) : Merci,
Mme la ministre. Juste pour terminer le bloc, il reste 14 secondes, Mme la
députée, vous aviez...
Mme Rizqy : ...merci, parce
que j'entends pour vrai votre ouverture. Sachez qu'au Parti libéral du Québec
vous pouvez compter sur notre collaboration. Je sais qu'il y a une séance de
travail qui était demandée par mon collègue. Alors, nous, on souhaite être
présents, évidemment, pour vous aider. Vous êtes en mode écoute, puis moi, je
suis déjà en mode écriture.
La Présidente (Mme Dionne) : ...c'est
tout... Merci. Alors, ça complète le premier bloc. J'ai pris connaissance du
document déposé par Mme la ministre. Donc, la lettre est disponible sur le site
Greffier pour les membres de la commission.
Donc, je suis maintenant prête à entendre
le deuxième bloc... le deuxième groupe d'opposition, le député d'Hochelaga-Maisonneuve,
pour un bloc de 14 min 40 s. La parole est à vous.
• (15 h 50) •
M. Leduc : Merci, Mme la
Présidente. Bonjour, Mme la ministre. Bonjour à tout le monde qui l'accompagne.
C'est toujours un exercice de beaucoup de préparations de préparer sa ministre,
alors je vous salue. Je salue, évidemment, tous les gens derrière, également.
On avait une petite rencontre, vendredi, puis on se disait : Qu'est-ce
qu'on peut faire pour parler du dossier des bourses Perspective, des stages?
J'ai dit : Bien, coudon, c'est public, le parlement, c'est ouvert, puis
voilà, ça nous fait une assistance record, je pense, cette semaine pour l'étude
des crédits. Alors, on vous salue. Merci de vous être déplacés dans la maison
du peuple. C'est votre... c'est votre maison.
Je voudrais commencer par lancer une fleur
à la ministre, hein, on va changer peut-être le registre, je lance une fleur à
la ministre, je veux vous raconter une anecdote très rapide. Je pense, le
lendemain de sa nomination au Conseil des ministres, moi, j'étais déjà,
évidemment, identifié dans mon caucus comme responsable de l'enseignement
supérieur, j'ai dit : Bien, on va prendre le taureau par les cornes puis
on va tout de suite prendre contact avec la nouvelle ministre. Je lui envoie un
courriel, je ne sais même pas si son adresse courriel est encore ouverte ou
fonctionnelle, je lui envoie un courriel, je dis : Bonjour, Mme Déry, je
suis avec Alexandre Leduc, votre vis-à-vis sur le dossier de l'enseignement
supérieur, voici mon numéro de téléphone, quand vous serez prête, quand vous
serez installée, appelez-moi, puis on discutera. Puis, le jour même, Mme la
Présidente, j'ai reçu un appel, le jour même, l'après-midi même, de Mme la
ministre qui voulait tout de suite répondre à ce courriel-là et prendre
contact. Donc, je vous salue. Elle est toujours disponible. Chaque fois que je
l'appelle, elle me rappelle soit le jour même ou le lendemain matin très
rapidement. Je l'apprécie.
Bon, maintenant, la fleur est lancée. On y
va?
Mme Déry : Merci beaucoup.
M. Leduc : La salle est
réchauffée, c'est bon. Bien, tant qu'à être sur les clauses amnistie avec ma
collègue de Saint-Laurent, allons-y. Moi aussi, j'avais une question puis, de
toute façon, je comprends que le débat est fait, mais je vais vraiment me
concentrer sur le moyen. Parce que c'est vrai, comme le soulignait ma collègue
il y a quelques instants, que j'ai déposé un mandat d'initiative sur ce
dossier-là. Je sais que ce n'est pas la ministre qui décide de la réponse au
mandat d'initiative, c'est les gens qui vont siéger à la commission. Donc,
peut-être même qu'il y a des collègues ici, aujourd'hui, qui auront l'occasion
de trancher la question dans les prochaines semaines, mais j'aimerais vous
entendre : Pensez-vous que c'est un <bon chemin de...
M. Leduc :
... prochaines
semaines, mais j'aimerais vous entendre : Pensez-vous que c'est un >bon
chemin de passer par un mandat d'initiative, donc une commission transpartisane,
pour étudier le dossier et trouver des solutions communes?
Mme Déry : Écoutez, je pense
qu'étant donné que la commission est souveraine je pense que cet enjeu-là va
probablement se discuter ou se régler en dehors de la commission. Mais, comme
je le disais tantôt, au collégial, on est en train, justement, de régler un
petit peu cet enjeu-là par voie négociée. Alors, je vais privilégier,
maintenant, à court terme, parce que c'est là-dessus que je veux tabler
puisqu'il y a des négociations de conventions collectives. Je le répète, je
suis très ouverte à regarder tous les autres scénarios, puis, en parallèle,
c'est ce que je fais, je regarde tous les autres scénarios. Mais, en même temps,
je veux être capable d'interpeler nos établissements, d'interpeler, évidemment,
le milieu syndical puis de leur demander à eux deux d'en arriver à des
solutions. Il y a d'autres... Il y a des moyens. Ça veut dire : même si on
me dit que la convention collective est négociée, adoptée, il y a des moyens
qu'on puisse, justement, intégrer une lettre d'entente à ces parties-là.
Maintenant, il y a l'enjeu, évidemment, de
l'harmonisation, dont parlait tout à l'heure la députée de Saint-Laurent, que
je suis prête à regarder, puis c'est vrai, ça prend peut-être une certaine
harmonisation. Mais, comme je vous le dis, je regarde toutes les options, je
suis ouverte à voir toutes les options et à voir quelle serait la meilleure
option pour, justement, ne pas trop s'ingérer dans les conventions collectives.
Si on commence à faire ça, je pense qu'on va nous le demander pour plusieurs
autres enjeux, et donc c'est cette prudence-là que je veux exercer. Mais, en
même temps, c'est un enjeu que je veux régler. Donc je vais voir jusqu'à quel
point les parties sont de bonne foi pour négocier, puis on avisera, sinon,
d'autres moyens. On n'exclut pas, encore une fois, un amendement à... une
modification législative, donc une modification à la loi.
M. Leduc : On s'entend qu'un
mandat d'initiative d'une commission va entendre des groupes qui vont venir
nous présenter des mémoires, puis il va se parler, puis il va idéalement y avoir
un rapport commun entre les parties, puis ce n'est pas lui qui va exécuter un changement
de la loi ou qui va aller négocier à la table centrale des cégeps. Donc, ce que
je retiens de votre intervention, vous me corrigerez si j'ai mal compris, c'est
qu'il n'y a pas de fermeture, de votre part, à ce qu'on fasse à un mandat
d'initiative sur ce dossier-là.
Mme Déry : Mais je vais
laisser la... Comme je le disais tantôt, la commission est souveraine, ça va se
régler, ce mandat d'initiative se réglera en dehors de cette commission-ci. On
pourra en reparler. Mais comme la commission est souveraine, on va régler cet
enjeu-là en dehors de la commission ici.
M. Leduc : ...de la commission
qui font un appel pour voir qu'est ce que vous en pensez, Mme la ministre, de
cette piste-là, il n'y aura pas comme un... vous n'allez pas leur raccrocher au
nez, là?
Mme Déry : Et je vais
regarder. J'évalue toutes les options à ce moment.Je vais regarder tout
ça.
M. Leduc : Parfait. Parfait. Passons
sur le sujet des stages. Moi, je suis un ancien du mouvement étudiant, j'ai été
très impliqué dans les assos étudiantes, pendant ma... quand j'étais jeune et
fou. Bon, ma blonde dit tout le temps que je n'ai jamais été fou, mais ça,
c'est un autre... un autre débat. Depuis que je suis impliqué dans le mouvement
étudiant, donc, la question des stages rémunérés est importante. Ça a été un
des chevals de bataille de mon prédécesseur, aussi, Gabriel Nadeau-Dubois,
quand il avait le dossier, en 2017‑2018. Moi, je l'ai repris par la suite.
Il y a une motion qu'on a adoptée, puis
j'avoue que j'étais surpris qu'on l'adopte, le 30 mars dernier, à l'effet
de bouger vers la salarisation et vers les stages rémunérés. Qu'est-ce que vous
pouvez nous dire, à ce moment-ci, là? J'imagine que vous ne vous autoscooperez
pas sur vos belles annonces que vous allez nous préparer, mais qu'est-ce que
vous pouvez nous dire?
Mme Déry : Alors, d'abord, je
suis très, très consciente qu'avec la hausse du coût de la vie, avec, bon,
l'inflation qu'on voit, la difficulté qu'ont nos étudiants à traverser un
parcours académique qui est très différent de ce qu'on a connu déjà dans le
passé, les parcours académiques aujourd'hui sont très, très atypiques. Je
vais... je vais rephraser le recteur, M. Jutras, de l'Université de Montréal,
qui disait, lors d'une conférence de presse, et je pense que la FEUQ était
parmi nous cette journée-là... On faisait une annonce, puis il avait dit,
justement, que tous les étudiants, aujourd'hui, ont des parcours atypiques,
tous les étudiants sont atypiques, et donc il faut être capables d'avoir des
établissements... et nous aussi, on doit être capables de s'ajuster à ce
nouveau parcours académique.
Et depuis quelques années, depuis
plusieurs années, en fait, depuis qu'on est au pouvoir, en 2018, on est venus,
justement, soutenir à plusieurs reprises et même soutenir de manière continue
non seulement les établissements, mais évidemment les étudiants, avec plusieurs
mesures, que ce soit à travers l'aide financière aux études, l'aide financière
aux études qui est le programme vraiment le plus généreux. Je vous dirais que
je suis très, très fière d'avoir un programme aussi généreux, au Québec. Quand
on parle d'aide financière aux études, on est venus soutenir, à travers ce
programme-là, avec certaines mesures qu'on est venus, même, pérenniser
récemment dans le récent budget, les étudiants. D'ailleurs, les assos étaient
très contentes qu'on vienne pérenniser ces mesures-là. Il y a évidemment les
bourses Perspective Québec qui sont aussi une manière de venir soutenir les
étudiants dans certains parcours de formation que nous avons ciblés au gouvernement.
La Présidente (Mme Dionne) : En
terminant, Mme la ministre.
Mme Déry : Et donc pour les
stages rémunérés, j'ai bien l'intention de m'y attaquer, et, je l'ai dit, on
est ouverts à tous les scénarios. On a demandé au ministère de travailler sur
ces scénarios-là, on a l'intention d'agir. J'ai la ferme intention d'agir pour
aller rémunérer les... certains stages dans le secteur public.
M. Leduc : Bon, deux
questions très simples. Vous répondez déjà à une partie, donc ça ne <concernera
pas le...
M. Leduc :
... Bon,
deux questions très simples. Vous répondez déjà à une partie, donc ça ne >concernera
pas le privé, votre annonce, ça va être uniquement sur le public?
Mme Déry : Sur les stages
rémunérés?
M. Leduc : Oui.
Mme Déry : Bien là, pour
l'instant... je fais sortir tous les scénarios, mais pour l'instant c'est ce
qu'on a dit publiquement, absolument, c'est sur les secteurs publics. Ça veut
dire, on va être capables d'aller... on va être capables... On va voir les
scénarios qui vont venir à moi, mais on va être capables de rémunérer certains
stages dans le secteur public.
M. Leduc : Mais c'est ça,
mais donc votre annonce ne concernera pas le périmètre des stages dans le
secteur privé, vous n'allez pas encadrer les stages dans le secteur privé, la
rémunération de stages dans le secteur privé?
Mme Déry : Non, non, non.
Pour l'instant, c'est vraiment ça, non, je n'ai pas l'intention d'aller
encadrer... La motion qui a été adoptée il y a quelques jours au salon bleu,
c'est vraiment concernant certains stages rémunérés dans le secteur public.
M. Leduc : Dans le secteur
public, c'est une conception assez large. On inclut...
Mme Déry : Écoutez, pour
l'instant...
M. Leduc : ...les CPE, par
exemple? Parce que, des fois, le CPE n'est pas inclus dans le secteur public,
ça dépend des définitions.
Mme Déry : Écoutez, pour
l'instant, je ne serais pas en mesure de vous répondre. Moi, ce que j'ai
demandé, c'est qu'on travaille là-dessus, qu'on regarde tous les scénarios
possibles, et c'est ce qu'on va faire. Et c'est ce qu'on fait déjà, le
ministère est déjà à l'œuvre en train de regarder tous les scénarios possibles
pour être capable de voir de quelle manière on peut venir soutenir nos
étudiants.
Et je vais vous dire, je parle avec
beaucoup d'étudiants, et le stage, là, ces gens-là, ces étudiants là qui font
30, 40 heures semaine, qui travaillent déjà dans le réseau, ils offrent
déjà des services à la population. Donc, c'est ces gens-là que je veux aller
cibler, c'est vraiment ces gens-là qui travaillent, qui sont dans le réseau et
qui méritent, tant qu'à moi, une forme de rémunération. Et c'est là-dessus
qu'on est en train de tabler. On est en train de regarder un peu quel scénario
ou quel genre de scénarios on pourrait adopter, toute forme de compensation...
M. Leduc : On aura le
portrait complet avant la fin des travaux, avant juin?
Mme Déry : Ah! bien, je vous
dirais que je ne donnerais pas d'échéance, mais je pense qu'on va se donner un
petit peu plus de temps que ça, là. Moi, je vous dirais que ça va me prendre un
petit peu plus de temps que ça pour être capable de voir un peu tous les
scénarios, mais je vous tiendrai au courant des développements.
M. Leduc : Ça pourrait aller
à la rentrée, donc?
Mme Déry : Bien, je vous
dirais que ça pourrait aller à la rentrée, absolument.
M. Leduc : OK. Parfait. Passons
à la question... bien, c'est connexe, là, mais aux bourses Perspective. C'est
un sujet que je mène de front depuis quand même quelque temps déjà, j'avais...
C'était l'objet d'une longue période d'échange avec votre prédécesseure, là, Mme
McCann. Parlons justement, notamment, des gens qui ont été laissés pour compte
dans ce programme-là, peut-être parce que ça avait été travaillé un peu trop
vite, à l'époque. C'était le contexte de la pandémie, on me dira, mais il reste
que ça fait quand même plusieurs mois, plusieurs années, maintenant, qu'on vous
souligne qu'il y a des... qu'il y a eu des carences de préparation. J'aimerais
ça... J'ai des questions très simples. Pourquoi, par exemple, la technique de
travailleur social n'a pas la bourse Perspective?
Mme Déry : Alors, vous allez
me permettre, avant de répondre à cette question-là, je veux quand même revenir
un peu sur la genèse des bourses Perspective Québec...
M. Leduc : Si vous permettez,
je n'ai pas beaucoup de temps pour vous parler là-dessus. Ça fait que, la
grande genèse, je la connais déjà. J'aimerais vraiment me concentrer sur, tu
sais, les quatre programmes, là, technique travailleur social, pourquoi ils ne
peuvent pas avoir accès, éducation... pardon, sage-femme, maîtrise en
psychoéducation, maîtrise en orthophonie. Pouvez-vous m'expliquer pourquoi, par
exemple, ces quatre programmes-là n'ont pas accès à la bourse Perspective?
• (16 heures) •
Mme Déry : Alors, comme je
vous dis, je vais juste faire la genèse, rapidement, des bourses Perspective.
C'est vrai que c'est un gros programme, c'est un programme généreux de
1,7 milliard. On y a mis beaucoup d'argent, beaucoup d'efforts, beaucoup
de temps et d'énergie, et ça fonctionne.
Maintenant, on a des données provisoires.
Il faut rappeler que le programme a été mis en place et déployé à
l'automne 2022, et donc je suis très, très consciente des étudiants qui
sont derrière nous, j'entends leur message, leurs revendications et je les ai
même rencontrés à certains endroits. J'en ai rencontré, des étudiants en
travail social, j'ai rencontré, évidemment, d'autres personnes. Je travaille
étroitement avec mon collègue aux Services sociaux, et on est très, très
conscients de la problématique, du besoin criant que nous avons en ce moment
dans le système, que ce soit en première ligne, il y a des besoins criants. On
a besoin de ces étudiants-là.
Il est vrai qu'à ce moment-ci la technique
en travail social, psychoéducation, ce sont des techniques qui ne sont pas
incluses aux bourses Perspective. Il y en a d'autres aussi. Mais ce que je vous
dis, c'est que ça va être éventuellement ajusté. Mais pour l'instant je n'ai
que des données provisoires, donc je vais attendre, donnez-moi quelques mois,
pour être capable d'avoir le portrait réel puis le... le portrait réel de ces
bourses Perspective sur les professions, les formations que nous avons ciblées
au cours du dernier mandat. Comme je vous dis, j'ai des données... Je vais
juste sortir les données. J'ai des données provisoires qui sont quand même très
encourageantes...
La Présidente (Mme Dionne) :
Rapidement, Mme la ministre.
Mme Déry : Donc, ça
fonctionne. Mais je n'exclus pas d'ajuster les bourses Perspective au cours des
prochains mois. Mais encore faut-il que j'en aie le portrait pour savoir un
petit peu qu'est-ce qu'on priorise éventuellement.
La Présidente (Mme Dionne) :
Merci, Mme la ministre. M. le député.
M. Leduc : Malheureusement,
c'est exactement ce que Mme McCann nous avait promis, à la précédente étude des
crédits, que ce serait révisé rapidement, puis là ça n'a pas été fait. Vous me
direz : Il y a une élection. D'accord. Changement de ministre. D'accord. Mais
là le temps s'est écoulé. Là, vous me parlez de quelques mois. On est, encore
une fois, là, quoi, l'été, la rentrée? Est-ce que ça va être fini avant
décembre? Est-ce qu'en 2023 on va avoir complété ça, cette révision-là?
Mme Déry : Écoutez, pour
l'instant, je suis très consciente de ce que Mme McCann a dit aux crédits,
l'année dernière, et le déploiement de cette mesure-là n'était pas encore en
effet, donc elle n'était pas encore en vigueur. On vient de déployer ce
programme-là à l'automne 2022. Moi, j'ai besoin qu'on me donne au moins
jusqu'à l'automne 2023 pour être capable d'avoir un portrait de la
situation des bourses, à savoir dans quels secteurs ça fonctionne mieux, dans
quels secteurs ça fonctionne moins, est-ce qu'il y a... Entre-temps, on suit ça
de manière continue. Et je veux être claire là-dessus, les équipes
travaillent...
16 h (version révisée)
Mme Déry : ...entre-temps, on
suit ça de manière continue. Et, je veux être claire là-dessus, les équipes
travaillent de manière continue sur les bourses. On regarde justement de quelle
manière ça évolue, le nombre d'inscriptions, le nombre, évidemment, de bourses
qu'on a déjà données à l'automne, qu'on a attribuées, ces bourses-là...
financièrement au mois de février. Donc, pour moi, c'est très important d'avoir
le portrait clair, mais je n'exclus pas le fait que ce programme-là soit
ajusté. Je pense qu'il va falloir éventuellement l'ajuster. Tout programme,
tout programme, on a besoin d'avoir un petit peu de recul puis de voir un petit
peu comment ça fonctionne. Et donc c'est ce que je fais actuellement, mais je n'exclus
pas que ce programme-là puisse être ajusté.
La Présidente (Mme Dionne) : En
terminant, Mme la ministre.
M. Leduc : Soyons clairs,
donc, il y aura ajustement. Là, vous n'êtes pas capables de me dire une date
exacte, mais on comprend que, mettons, Noël, ça va commencer à être un peu tard
pour l'année prochaine. Il y aura ajustement, mais, je veux juste être clair,
ça va être un ajustement pour des rajouts de programmes, il n'y aura pas de
programmes qui vont perdre la bourse Perspective dans cet ajustement-là?
Mme Déry : Écoutez, pour le
moment, il n'y a pas de changement en ce sens-là. Je n'ai pas l'intention d'enlever
de bourses, ce n'est pas ça.
M. Leduc : C'est clair, ça. OK.
Mme Déry : Moi, je veux
vraiment avoir le portrait global. Et je vous dirais qu'il y a des étudiants,
qui sont ici derrière nous, et qui ont des demandes très, très pertinentes,
mais il y a aussi d'autres demandes, il y a aussi d'autres programmes qu'on
nous demande d'ajouter. On nous demande d'ajouter une vingtaine, si ce n'est
pas plus de programmes que ça. Donc, moi, ça me prend quand même un peu de
recul, de regarder les chiffres.
Et les chiffres qu'on a actuellement sont
encourageants. Ils sont provisoires, je le répète, c'est des données
provisoires, mais ces chiffres-là sont quand même très encourageants. La
tendance fait qu'en génie et en TI, ça fonctionne très bien, le reste aussi, la
tendance semble encourageante. Ça aurait été probablement pire, je vous dirais,
si on n'avait pas eu cet incitatif de bourses Perspective.
Donc, ce qu'il faut retenir, c'est qu'il y
a un portrait global que je préfère avoir pour être capable de voir qu'est-ce
qu'on priorise éventuellement. Donc, c'est ça aussi, l'exercice qu'on fait, c'est
qu'on regarde les autres programmes qui auraient besoin, justement, de cet
incitatif, comme les programmes qui sont ici actuellement représentés par des
étudiants. Et donc on a l'intention de voir de quelle manière on peut ajuster
les bourses Perspective Québec, éventuellement.
La Présidente (Mme Dionne) : Il
reste 45 secondes à cet échange, M. le député.
M. Leduc : Deux... deux
questions rapides, Mme la Présidente. Est-ce que, dans votre révision, il y
aura la question du temps partiel qui va être abordée? Parce que, notamment,
les gens en éducation nous disent beaucoup que c'est difficile de compléter
leur stage puis leur parcours, parce qu'ils peuvent difficilement... faire ça à
temps plein. Et finalement allez-vous intégrer les différents représentants des
assos étudiantes de ces programmes-là dans vos réflexions et pour établir les
critères de révision de votre... de votre programme de bourses Perspective?
Mme Déry : Alors, juste avant
de vous répondre sur cette question-là, je voulais donner quand même certains
chiffres, parce que c'est quand même certains chiffres provisoires mais qu'on n'a
pas publiés ou donnés publiquement. Et je pense que c'est intéressant de savoir
que...
La Présidente (Mme Dionne) : Il
reste 10 secondes, Mme la ministre.
Mme Déry : Bon. Alors, je
vais quand même les donner. En date du 1er avril, on a 127,4 millions qui
ont été accordés en bourses à plus de 61 000...
La Présidente (Mme Dionne) : C'est
malheureusement tout le temps qu'on avait, mais vous aurez un prochain bloc
pour poursuivre cette discussion. Je cède maintenant la parole à Mme la députée
de Saint-Laurent pour ce deuxième bloc de 17 min 32 s.
Mme Rizqy : Merci beaucoup,
Mme la Présidente. Pour le logement étudiant, vous savez, Mme la ministre, c'est
une des principales causes de stress chez les étudiants, le logement. Vous avez
sûrement parlé soit avec les membres de la FECQ, de l'UEQ, ou peu importent les
associations étudiantes, et vous savez aussi que c'est une réalité qui touche,
oui, les grands centres, et, je vais vous le dire très franchement, c'est même
pire en région pour le logement étudiant. Dites-moi, quel est votre plan de
match?
Mme Déry : Alors, merci pour
cette question extrêmement pertinente. Parce que je fais le tour des
établissements, depuis le début du mandat, puis j'accélère un petit peu le
rythme pour en faire le plus possible, parce que c'est quand même un gros
réseau, le réseau des cégeps, il y a quand même 48 cégeps, alors je fais
le tour, mais évidemment, en région, vous avez raison, c'est un enjeu. C'est un
enjeu, le taux d'inoccupation des logements dans diverses villes du Québec, ça
apporte... ça amène, plutôt, des enjeux pour la population étudiante des cégeps
et des universités.
Alors, on reconnaît, bien sûr, qu'il y a
des espaces de résidences étudiantes pour fins de financement. Donc, dans le
réseau collégial, on a déjà des mesures budgétaires qui viennent, justement,
soutenir, que ce soit de la réfection, de la rénovation, du maintien d'actifs,
de s'assurer que ces... que ces... que ces résidences étudiantes soient rénovées,
mais effectivement il y a un enjeu. Il y a un enjeu à ce niveau-là, et c'est ce
que j'ai comme message et ce qu'on me transmet comme information quand je fais
le tour, justement, en région.
Et c'est d'autant plus important pour nous
de pouvoir apporter des solutions, parce que, comme vous le savez, une des
grandes priorités de ce gouvernement, c'est d'aller chercher des étudiants
internationaux francophones. Et donc il y a des mesures, déjà, que nous
déployons en région. Et donc on s'affaire à travailler en collaboration avec
tous les acteurs, ce n'est pas simplement le gouvernement, mais c'est un effort
collectif. Et je pense que ça va prendre un effort des municipalités, des
établissements, des acteurs, comme des organismes comme UTILE, qu'on a rencontrés
au cours des dernières semaines, des derniers mois. Je travaille <vraiment...
Mme Déry :
...des
municipalités, des établissements, des acteurs, comme des organismes comme
UTILE, qu'on a rencontrés au cours des dernières semaines, des derniers mois.
Je travaille >vraiment très étroitement avec mes collègues à
l'Habitation et aux Affaires municipales. On a rencontré UTILE plus d'une fois,
la FTQ également. Donc, ils ont des solutions innovantes. Il y a quand même des
solutions innovantes qui ont... qui ont déjà été mises de l'avant, et je pense
que c'est important pour nous de pouvoir travailler avec ces gens-là.
Quand je vous parlais des mesures
budgétaires et du soutien financier que nous accordons au collégial, dans le
cadre du Plan québécois des infrastructures 2023‑2033, le ministère a obtenu
une enveloppe additionnelle de 27,5 millions pour soutenir, justement,
financièrement une offre accrue en résidences étudiantes dans l'ensemble du
réseau collégial. Et il y a une nouvelle mesure budgétaire, cette année, au
budget pour les universités, de l'ordre de 10 millions, un peu plus de
10 millions. Donc, il n'y avait pas de soutien au niveau des universités,
mais là, évidemment, comme l'enjeu est important, et c'est une très grande
préoccupation pour nous, on est venus justement allouer et officialiser
certains montants pour...
La Présidente (Mme Dionne) : En
conclusion, Mme la ministre.
Mme Déry : ...pour le
printemps 2023. Donc, c'est... je continue ces efforts-là. J'ai rencontré,
il n'y a pas plus tard que la semaine dernière, mes collègues aux Affaires
municipales et à l'Habitation, et on est en train de voir de quelle manière
est-ce qu'on peut intervenir puis avoir des projets de manière accélérée.
Mme Rizqy : OK. Moi, ma
compréhension, c'est que c'est 27 plus 10, pour un total de 37 millions
sur un horizon de 10 ans. Donc, ce qui nous apporte environ
3,7 millions de dollars pour l'ensemble des logements étudiants au
Québec. C'est bien ça? Ma compréhension, est-ce qu'elle est bonne?
Mme Déry : C'est... c'est...
dans le réseau collégial, il y a 17 millions, et la mesure universitaire,
elle, elle est de 10 millions. Donc, c'est une enveloppe additionnelle de
27,5 millions.
Mme Rizqy : Sur 10 ans?
Mme Déry : Sur le PQI
10 ans, 2023‑2033, effectivement.
Mme Rizqy : OK. Bien,
27 millions sur 10 ans, ça donne 2,7 millions de dollars,
ce qui est... Et, juste pour qu'on puisse bien asseoir le propos, là, moi,
2,7 millions de dollars, c'est... Oui, vous voulez...
Mme Déry : Non, non, allez-y,
je vous laisse finir.
Mme Rizqy : Non, mais ça...
vous voulez préciser le chiffre? Ça ne me dérange pas. Est-ce que...
Mme Déry : Non, non, je l'ai
précisé, pour le PQI 2023‑2033, c'est bien 27,5 millions.
Mme Rizqy : Alors,
27 millions de dollars pour l'ensemble du réseau, ça devient
2,7 millions de dollars par année. À 2,7 millions de
dollars, avec les coûts de construction, là, on n'est pas capable de faire,
avec ce montant-là, même une bâtisse de 10 logements, c'est impossible.
Mme Déry : Alors, il y a
déjà... il y a cette enveloppe-là, dans le 2023‑2033, mais il y a déjà des
enveloppes qui ont été... allouées, justement, pour soutenir le réseau
collégial. Ce n'est pas les... ce n'est pas les seules enveloppes qu'on a. On
soutient ce réseau-là depuis quand même un bon bout de temps. Et donc il y a
les... au cours des deux dernières années, donc avant cette nouvelle enveloppe
qu'on a reçue au dernier budget, il y a une enveloppe de 58,9 millions, et
donc ça se décline en 45 millions en réfection, notamment pour des résidences
étudiantes, et vous avez 13,6 millions en bonifications, qui ont été
annoncées via le régime budgétaire d'investissement des cégeps, donc du réseau
collégial.
Mme Rizqy : Pour la
réfection.
Mme Déry : Pour la réfection,
notamment, ça peut servir à autre chose, mais à de la réfection, notamment.
Mme Rizqy : OK. Bien, c'est
ce que... cet argent-là va être envoyé vers les universités. Prenons l'exemple,
moi, je suis allée à l'Université de Sherbrooke.
• (16 h 10) •
Mme Déry : ...pour le réseau
collégial. Attention, la mesure pour les universités est de 10 millions.
Mme Rizqy : OK.
Mme Déry : Les montants que
je vous ai donnés sont pour le réseau collégial.
Mme Rizqy : D'accord. Bon.
Moi, j'allais continuer, même, mon exemple, là. Prenons l'exemple de
l'Université de Sherbrooke. C'est un grand campus avec des dizaines de milliers
d'étudiants, mais les résidences, là, c'est pour un faible pourcentage des
étudiants. Et, malgré ça, cet argent-là... et je prendrais l'enveloppe, là,
puis j'en aurais juste assez pour faire... l'Université de Sherbrooke, pour
faire la réfection par année, là, donc. Et il reste qu'il y a des milliers, des
dizaines de milliers d'étudiants qui n'iront pas aux résidences, parce qu'il n'y
a pas de places dans les résidences. Présentement, elles sont déjà occupées,
puis il y a même une liste d'attente à l'Université de Sherbrooke, là. Je
connais... je prends cet exemple parce que je le connais bien, c'est mon alma
mater et c'est où est-ce que j'ai travaillé.
Je vous donne un autre exemple, le cégep
de Baie-Comeau. Vous pouvez le lire, là, écoutez, je... Il y a un programme qui
fonctionne très bien, c'était le... en fait, d'accueillir davantage d'étudiants
en région, mais le problème, c'est qu'on est victimes du succès. Donc, c'est
une bonne nouvelle, d'avoir les étudiants en région, mais le taux d'occupation
à Baie-Comeau a chuté de 0,5 %. Donc, le DG du cégep tente de trouver des
solutions. Évidemment, du côté de la mairie aussi, mais... pardon, j'ai dit «le
DG», j'aurais dû dire «la directrice générale», Mme Couturier.
Honnêtement, il y a une enveloppe pour la réfection, ce qui est bien, mais, je
vous le dis tout de suite, ce n'est pas suffisant, parce que le parc
immobilier...
Puis vous avez sûrement vu le taux de
vétusté des universités puis du réseau collégial, c'est déjà très vétuste.
C'est parce que notre parc immobilier date d'un certain temps, mais il y a les
logements, et les logements, vous avez parlé d'UTILE, bien, justement, UTILE,
je le trouve très utile pour vrai. Est-ce qu'on pourrait avoir des sommes
dédiées pour avoir <davantage...
Mme Rizqy :
...il y
a les logements, et les logements, vous avez parlé d'UTILE, bien, justement,
UTILE, je le trouve très utile pour vrai. Est-ce qu'on pourrait avoir des
sommes dédiées pour avoir >davantage de logements étudiants? Parce qu'en
ce moment, là, les étudiants n'en trouvent pas, et quand on... On a tous déjà
été étudiants, là, rappelons-nous, mettons-nous dans les souliers d'un
étudiant. Moi, je m'en rappelle très bien. Je trouvais que c'était beaucoup
plus difficile pour moi, à titre d'étudiante, d'avoir un logement. Et le
propriétaire demandait, en plus de ça, la signature de nos parents, parce que,
hein, on est étudiant, on a moins de sous, on va peut-être avoir des prêts et
bourses.
Puis tantôt je pourrais parler des prêts
et bourses, mais la réalité étudiante, c'est que c'est sûr qu'on gagne moins.
On n'est pas encore, de façon active, sur le marché de l'emploi. Alors,
imaginez, en ce moment, là. Moi, j'étais très surprise, il y a à peine 10 ans,
pour un beau quatre et demie, très beau, en fait, 725 $. Alors, on était
deux, mon amie, qui était étudiante au doctorat en psychologie, et moi,
étudiante en droit. Ce même logement, aujourd'hui, est à 1 425 $,
c'est quand même énorme, là, pour un étudiant ou même deux étudiants. Et, en
plus, j'ajouterais que plusieurs assurances ont décidé de ne plus assurer ce
qu'on appelle des chambreurs. Donc, c'est toute une réalité, là, pour les
étudiants.
Mme Déry : Effectivement, on
en est très conscients, de cette réalité-là. Et, comme je vous le disais, je me
promène un peu partout, et c'est cette réalité qu'on constate. Alors, sur
place, il y a quand même... il faut quand même saluer, saluer le travail des
établissements, des municipalités, même. Il y a certaines exemptions qui sont
données par des municipalités, dépendamment où on se trouve. J'étais dans le Bas-du-Fleuve,
il n'y a pas longtemps, et les enjeux sont très préoccupants, mais ils arrivent
à avoir des solutions innovantes et avoir une certaine collaboration, justement,
avec les municipalités.
Ceci dit, vous mentionniez tout à l'heure
UTILE, qui est très utile, c'est effectivement un modèle très intéressant sur
lequel on planche mais dans la mesure où on est en train de regarder un peu de
quelle manière on pourrait soutenir ces organismes-là. Mais, encore une fois,
ça, ça ne relève pas du ministère de l'Enseignement supérieur. L'enjeu du
logement étudiant relève de chez nous, puis on a des mesures budgétaires, mais
l'aspect UTILE et le modèle d'affaires d'UTILE relèveraient surtout de ma
collègue à l'Habitation. Et c'est là-dessus, c'est avec elle que je travaille,
justement, pour être capables de trouver une façon de venir soutenir UTILE.
Parce que nous, nos mesures budgétaires et
les enveloppes, dont je vous parlais tantôt, viennent soutenir essentiellement
l'établissement. Nos mesures budgétaires ne me permettent pas d'aller soutenir
des organismes comme UTILE, mais on peut le faire par d'autres voies, et c'est
sur ce... on table actuellement. Je regarde tout ça avec la ministre de... de
l'Habitation pour être capables de voir de quelle manière UTILE pourrait nous
aider. Puis ils ont déjà déployé certaines résidences avec certains cégeps, on
a vu quand même des déploiements de projets. Et donc c'est un peu cette avenue
qu'on veut privilégier pour être capables d'aller justement... avoir des
logements étudiants de manière un petit peu plus accélérée. Bien, on est
là-dessus, je travaille vraiment en collaboration avec les collègues à
l'Habitation puis au municipal également.
Mme Rizqy : Bien, écoutez,
moi, je compte sur vous tous, sur votre apport ministériel, pour trois
affaires. Dans un premier temps, pourquoi que je crois davantage à la mission
d'UTILE comme partenariat privé, c'est que les autres entreprises, lorsqu'ils
disent qu'ils vont faire des logements... abordables, c'est pour cinq ans.
Puis, après ça, savez-vous qu'est-ce qu'ils font? Pouf! Ils augmentent comme qu'ils
veulent, parce qu'ils savent que, dans cinq ans, l'étudiant ne sera plus là, ce
sera un autre étudiant. Alors, lorsqu'il y a déjà une entente qui est établie,
on va dire, avec un... un établissement d'enseignement supérieur, on leur... il
va y avoir un terrain, un bail emphytéotique, ils vont faire des logements.
Eux, ils s'engagent uniquement pour cinq ans, d'avoir des logements, disons,
abordables. Après le cinq ans, cette clause, pouf! n'existe plus, alors
qu'UTILE, dans leur mission, là, c'est ça qu'ils veulent, du logement
abordable.
Je compte sur vous, il y a des sommes qui
existent. Il faut qu'on lève ces logements de terre. Et c'est une réalité qui
frappe particulièrement, je vous dis, là, en région encore plus... de façon
beaucoup plus, je vous dirais, là, difficile. Et je trouve que la politique de
vouloir amener des étudiants en région, elle est excellente, mais on a besoin
de ces outils, sinon on met nos étudiants dans une situation très précaire. Et
le stress des étudiants, là, il y a déjà eu une étude, là, qui l'a démontré,
là, le niveau de stress et de détresse psychologique est énorme. Puis, quand on
a besoin d'aide, d'avoir de l'aide en psychologie, ça se fait attendre. Alors,
ça, c'est quelque chose qu'on doit immédiatement plancher. Pourquoi? Parce que,
dans la pyramide Maslow, là, c'est un besoin de base, là, se loger et se
nourrir, c'est la base même, là.
Alors, deuxième affaire que je vous
demande, qui est soulevée par la FECQ, vous savez que les OBNL bénéficient
d'une exemption de taxe foncière pour des logements qui s'adressent aux
étudiants universitaires, mais pas pour les étudiants collégiaux. Là, moi, je
suis fiscaliste, des iniquités comme ça, je n'aime pas ça. Là, Mme la ministre,
pouvez-vous prendre l'engagement qu'on va s'assurer qu'il y ait une belle
justice fiscale, que ce soit équitable? Que vous soyez pour du logement
étudiant universitaire ou collégial, ça nous prendrait l'exemption de taxe
foncière, ce qui va nous permettre, <d'ailleurs...
Mme Rizqy :
...que vous
soyez pour du logement étudiant universitaire ou collégial, ça nous prendrait
l'exemption de taxe foncière, ce qui va nous permettre, >d'ailleurs, de
pouvoir réduire le prix du logement. Ça, est-ce que vous... vous partagez cette
même vision d'équité fiscale?
Mme Déry : Alors, on m'a
soulevé, évidemment, cet enjeu-là quand on a creusé, évidemment, dans tout ce
qui est logement. Puis UTILE nous en a parlé qu'il y a justement cette iniquité
entre le... la taxe foncière pour le milieu universitaire, qui n'existe pas au
collégial. On est en train de regarder tout ça, parce qu'évidemment le modèle
d'affaires d'UTILE exige cette exemption, en fait, cette exemption de taxe
foncière pour la construction, justement, de logements étudiants. Alors, on regarde
tout ça. Ce sont des avenues sur lesquelles on travaille. On est conscients de
ce problème-là.
Et, comme je vous le disais tout à
l'heure, on travaille de concert avec mes collègues au ministère des Affaires
internationales... municipales, pardon, et également ma collègue à l'Habitation
sur... sur les façons de bonifier, augmenter l'offre de logements actuelle,
parce qu'évidemment, oui, c'est un problème dont on est très conscients. Donc,
oui, absolument. On travaille là-dessus. Mises à part les mesures budgétaires,
on a quand même augmenté et bonifié ces enveloppes-là au cours des... au cours
des derniers mois, dans le dernier budget. Alors, je pense qu'en travaillant de
concert avec mes collègues on va être capables de trouver des solutions,
éventuellement.
Mme Rizqy : Parfait, merci.
Et, pour les infrastructures des cégeps et universités, après avoir pris
connaissance du portrait, qui malheureusement s'est détérioré, quelles sont les
sommes que vous allez allouer pour remettre en état le parc immobilier
collégial et universitaire?
Mme Déry : Alors, j'ai pris
conscience, comme vous, justement, des articles qui ont été publiés au cours
des derniers jours, qui faisaient état de la vétusté du... du réseau, enfin,
bref, qui faisaient état des problèmes qu'il y avait dans le réseau au niveau
des infrastructures. Alors, le gouvernement, je vous le dis, on est conscient
de ce rattrapage important qui est requis, mais on investit des sommes
colossales comme jamais un autre gouvernement n'a investies en infrastructures.
Donc, évidemment, pour nous, c'est... c'est extrêmement important.
Puis, juste pour vous donner une idée des
chiffres de ce qu'on investit, parce qu'il y a quand même un rattrapage énorme
à faire, j'ai été très surprise, moi, quand je suis arrivée en début de mandat,
qu'on me parle de ce rattrapage-là malgré les sommes colossales qu'on y met, on
va investir 6,3 milliards sur 7,7 milliards, donc 81 % du
PQI 2023‑2033, qui vont être dédiés au ministère de l'Enseignement
supérieur pour le maintien, la prise en charge du déficit de maintien d'actifs
répertoriés dans les immeubles, évidemment, et le remplacement des équipements
qui sont en fin de vie utile. Donc, je pense qu'avec les sommes colossales
qu'on... qu'on... qu'on octroie on va être capables de combler ce déficit du
maintien d'actifs. Et, dans ces investissements-là, il y a 1,8 milliard
qui vont servir à combler 92 % de ce déficit du maintien d'actifs des
cégeps et des universités également.
La Présidente (Mme Dionne) : Mme
la députée, il vous reste 1 min 25 s.
• (16 h 20) •
Mme Rizqy : Concrètement, là,
parce que votre cible, en 2000... vous aviez une cible à atteindre. Finalement,
on est passés de 42 % en 2022... 49 % à 46 %. Donc, ça s'est
détérioré. Universités, 62 %, ça s'est détérioré à 57 %. Bien,
dites-moi, concrètement, là, 630 millions de dollars par année, au
fond, pour le parc immobilier, vous, combien a été réellement engagé, pas
annoncé, là, mais engagé pour... Parce qu'il faut que l'argent qu'on annonce,
là... il faut faire le suivi par la suite. C'est allé où? Est-ce que vous êtes
capables de nous ventiler, par cégep, par université, les sommes qui ont été
déboursées, pas juste annoncées? Et de... et je veux aussi savoir... une
sous-question à ça, quels sont là-dedans les crédits qui sont périmés?
La Présidente (Mme Dionne) : Il
reste 30 secondes pour répondre, Mme la ministre.
Mme Rizqy : ...
Mme Déry : Je vais référer, parce
que je vais voir... Évidemment, je n'ai pas la déclinaison par établissement,
mais ce que je vous dis, encore une fois, c'est qu'il y a des sommes
substantielles qui sont octroyées non seulement dans le budget ici... bien,
c'est-à-dire, depuis 2018, on octroie des sommes, justement, pour le maintien
d'actifs pour venir combler ce déficit. Moi, je me promène partout, et
honnêtement les établissements nous remercient d'essayer, justement, de
rattraper tout ça. Parce que, pendant des décennies, il y a eu négligence au
niveau des infrastructures dans nos établissements d'enseignement supérieur.
La Présidente (Mme Dionne) : Merci
beaucoup, Mme la ministre. On reprendra au prochain bloc. Je cède maintenant la
parole au député de Matane-Matapédia pour un bloc de 14 minutes.
M. Bérubé : Merci, Mme la
Présidente, Mme la ministre. Mme la Présidente, la ministre s'oppose à
l'application de la Charte de la langue française au réseau collégial.
Pourtant, les données sont très claires, il y a un transfert linguistique
important qui se fait, notamment chez les allophones. Et je lui donne un
exemple : 46 % des diplômés allophones travaillaient principalement
en anglais lorsque leur dernier <diplôme...
M. Bérubé :
...notamment
chez les allophones. Et je lui donne un exemple : 46 % des diplômés
allophones travaillaient principalement en anglais lorsque leur dernier >diplôme
provenait d'un établissement de langue anglaise, comparativement à 7 %
lorsque leurs études avaient été faites dans un établissement de langue
française.
Qu'est-ce que ça veut dire? Pour les
enfants de la loi 101 qui fréquentent le primaire, qui fréquentent le
secondaire en français, libre choix au collégial. Alors, le transfert
linguistique se fait là. C'est l'âge où on prend des décisions importantes sur le
lieu où on va habiter, l'emploi qu'on va occuper, les habitudes qu'on va
prendre. Alors, j'aimerais que la ministre me dise, pour elle qui est à la tête
du réseau collégial comme ministre, pourquoi elle s'oppose à l'application de
la Charte de la langue française au réseau collégial, dans un gouvernement qui,
selon ses propres dires, s'occupe du français comme jamais un autre ne se
serait occupé du français.
Mme Déry : Alors, merci pour
cette question. Je suis très, très ravie d'avoir ce type de question, justement,
qui porte sur le français, parce que, comme je l'ai dit à plusieurs reprises,
ce n'est pas... ce n'est pas juste une préoccupation, là, du gouvernement et de
moi-même dans... comme ministre au... de l'Enseignement supérieur, c'est vraiment
une grande, grande priorité. Et ce n'est pas pour rien qu'on a lancé aussi le
Groupe d'action sur l'avenir de la langue française sur lequel siègent
plusieurs de mes collègues à l'Immigration, aux Relations internationales, à la
Culture également. Et... et j'ai d'autres collègues, bon, celui du MLF. Donc,
on est plusieurs ministres qui siégeons sur le fameux GAALF pour que,
justement, on puisse arriver avec un plan d'action très, très costaud.
Mais, ceci dit, on est déjà intervenus, au
dernier mandat, avec la charte qui a été bonifiée. La loi n° 14,
je la déploie en ce moment même, je la déploie depuis le début de mon mandat
dans les... dans le réseau anglophone. Je collabore de très près avec mes
collègues du réseau anglophone, c'est-à-dire les établissements dans le réseau.
Je... je veux absolument que cette loi-là soit déployée de la manière la plus
efficace possible pour que, justement, on puisse mettre... mettre en œuvre
cette loi n° 14.
Alors, juste pour vous donner une idée,
moi, je travaille sur le déploiement de la loi et je vous dis que les mesures
sont très contraignantes pour les cégeps anglophones. À l'automne 2023, on
aura une épreuve uniforme en français qui....
La Présidente (Mme Dionne) : En
terminant, Mme la ministre.
Mme Déry : ...sera imposée. À
l'automne 2024, également, on aura des cours. Tout ça pour vous dire que
pour nous...
M. Bérubé : Mme la
Présidente...
Mme Déry : ...c'est un choix
équilibré que nous avons fait.
La Présidente (Mme Dionne) : Oui,
M. le député.
M. Bérubé : ...ça... en tout
respect, ça ne répond nullement à ma question. Pourquoi la ministre est contre
l'application de la Charte de la langue française au réseau collégial?
Mme Déry : Moi, je pense
qu'on vient, avec la loi n° 14, combler vraiment
un manque, et on est là, on le fait de manière équilibrée. Je pense qu'on ne
peut pas imposer, quand on arrive en enseignement supérieur, ce choix-là. Ils
ont le libre choix de pouvoir... évidemment, le libre choix de voir dans quelle...
dans quelle langue ils veulent avoir leur enseignement supérieur. Mais ce que
je vous dis, c'est que je suis très satisfaite des mesures que nous avons mises
de l'avant. Pour le gouvernement, la loi n° 14, c'est
une loi qui est très contraignante.
M. Bérubé : D'accord, mais ce
n'est pas ma question.
Mme Déry : Je la déploie
actuellement. Je suis très fière de pouvoir, justement, être capable de limiter
le nombre d'étudiants francophones dans nos établissements anglophones.
La Présidente (Mme Dionne) : Oui.
Je vais laisser la ministre terminer, M. le député, puis je vous laisse la
parole.
M. Bérubé : Tant qu'à
participer, je veux que ça se fasse correctement...
La Présidente (Mme Dionne) : Je
comprends, mais on ne coupe pas la parole...
M. Bérubé : Mais je vois
l'exercice, comment ça se passe...
La Présidente (Mme Dionne) : ...s'il
vous plaît, M. le député. Bon, allez, posez votre question.
M. Bérubé : Merci. Mme la
Présidente, les données sont très claires, la ministre et son gouvernement
laissent faire l'assimilation qui continue. Plus de 40 syndicats de
collèges au Québec, les cégeps qu'elle visite, là, y compris le mien qu'elle
visitera éventuellement, ils sont pour l'application de la Charte de la langue
française.
Guy Rocher, le plus grand sociologue
au Québec, qui est venu ici, en commission parlementaire, a dit que l'idée de
ne pas appliquer la Charte de la langue française au collégial était tordue et
bancale. C'est quand même lui qui est le corédacteur de la loi 101. Le
premier ministre a dit de cette idée que c'était une idée extrémiste. Bien, Mme
la Présidente, je vous suggère que celui qui vous parle et ceux qui se
préoccupent du français pour de vrai, avec les études, avec les données qu'on
a, s'expliquent mal pourquoi ce gouvernement, qui s'autoproclame grand
défenseur du français... D'ailleurs, l'ex-ministre responsable de la Langue
française, qui n'est pas sur le comité, je ne sais pas pourquoi, je pense qu'il
voulait y être, lui, il disait que c'était un projet de loi costaud. Bien, quand
le ministre de l'Éducation est allé dans un réseau anglophone, savez-vous ce
qu'il leur dit : «It's moderate». Alors, il y a deux discours.
Moi, je suggère à la ministre que, si on
est vraiment sérieux dans ce qu'on entreprend en matière de langue, on applique
cette... cette règle. Et je veux même lui rappeler que, même si on faisait le
minimum, c'est-à-dire d'appliquer le 17 % que le ministère a fixé, bien,
cet automne, il y avait près de 20 % d'anglophones et non 17 %.
Alors, j'ai eu les réponses que je pense
qu'on peut avoir dans les circonstances, mais je déplore fortement qu'en
matière d'enseignement supérieur ce gouvernement ne... fait le choix de porter
non-assistance à une langue en danger. Et c'était le cas pour Dawson, aussi, à
l'origine, on a permis le financement, ça a tout pris pour reculer. D'ailleurs,
ce sera ma prochaine question : Est-ce que le projet d'agrandissement de
Dawson est définitivement abandonné, à tout le <moins...
M. Bérubé :
...d'ailleurs,
ce sera ma prochaine question : Est-ce que le projet d'agrandissement de
Dawson est définitivement abandonné, à tout le >moins pour le ministère?
Mme Déry : La réponse est
oui. Je vais revenir évidemment sur la... vos autres questions sur la loi...
sur la loi 101 au cégep. Alors, je comprends, là, je comprends que le
Parti québécois veuille faire un petit peu de surenchère. Ce n'était pas le
cas, il n'y a pas longtemps, mais c'est correct. On...
M. Bérubé : C'est-à-dire?
Mme Déry : C'est... bien, je
crois fermement que la loi n° 14 vient justement limiter le nombre
d'étudiants francophones dans les établissements anglophones. On a des
effectifs et des contingents, des quotas qui ont été imposés, qui vont être en
vigueur en 2023-2024.
M.
Bérubé
: C'est
n'importe quoi.
Mme Déry : La loi n° 14
vient justement limiter ces effectifs-là avec une série de mesures. Il y a
d'autres mesures, évidemment, avec le GAALF et avec d'autres mesures qui seront
mises... qui seront mises de l'avant pour que, justement, on puisse défendre le
déclin puis renverser la tendance actuellement du déclin de la langue
française. On s'entend tous pour dire qu'il y en a un, déclin, et qu'on
travaille...
La Présidente (Mme Dionne) : Merci,
Mme la ministre.
Mme Déry : ...très fort, justement,
à renverser cette tendance-là.
La Présidente (Mme Dionne) : En...
M. Bérubé : Mme la
Présidente, j'ai participé à toutes les audiences de la loi n° 96. Je suis
pas mal sûr que c'était ce gouvernement-là, je les ai reconnus, en tout cas,
quand je les ai vus. C'est comme si ça n'avait jamais existé, on recommence les
travaux à zéro. On a eu toutes les comparutions, les mathématiciens, les
statisticiens, tous les experts sont venus nous dire que ce n'était pas
suffisant. Ils ont fait la loi n° 96, et c'était la plus belle réalisation
depuis la loi 101. Là, on recommence à zéro. On a tout dit ça déjà, tous
les experts sont passés devant nous.
Alors, j'ai de la misère à croire au
sérieux de l'affaire. Soit que c'est un désaveu de la loi n° 96 et du
collègue, qui en a beaucoup à dire là-dessus, en tout cas, je peux vous en
témoigner, ou carrément on va poser les gestes qui s'imposent, mais je
comprends qu'on n'aura pas de geste pour le collégial. On laisse aller le libre
choix, et je trouve ça franchement déplorable. Ce n'est pas notre position. Et
la nôtre va clairement dans le sens que... Ce n'est pas... ce n'est pas la
mesure la plus populaire, mais c'est une mesure qui est nécessaire. En 1977, ce
n'était pas populaire, chez... dans certains milieux, d'adopter la
loi 101, mais c'était nécessaire.
Prochain sujet, les stages. On a amené ce
dossier-là par une motion à l'Assemblée nationale. On a été agréablement
surpris qu'elle soit... qu'elle reçoive l'assentiment du gouvernement. Donc, la
ministre s'est montrée ouverte très concrètement pour le collégial, pour
l'universitaire. Et je dirais : Collégial et universitaire, quelles sont
les prochaines étapes? Est-ce qu'on va rémunérer l'ensemble des stagiaires dans
le réseau public, notamment? Alors, je pense, entre autres, aux enseignants au
plan universitaire, mais il y a plein d'autres corps de métier potentiels. Alors,
on en est où et à quel moment l'ensemble des stagiaires seront rémunérés dans
le cadre de leur apprentissage?
Mme Déry : Comme je l'ai dit
un petit peu plus tôt, c'est extrêmement important pour nous et c'est très
préoccupant. Et c'est la raison pour laquelle la motion a été adoptée, parce
qu'on travaillait déjà sur cet enjeu-là bien avant que la motion soit présentée
et adoptée. On travaillait déjà sur cet enjeu-là.
Moi, j'ai rencontré, en début de mandat,
les associations étudiantes qui m'ont fait part à plusieurs reprises de cet
enjeu de stages non rémunérés. Effectivement, il y a des étudiants qui travaillent
30, 40 heures semaine, dans le réseau public, qui offrent des services,
justement, dans le réseau public à la population. Alors, je pense qu'on
s'entend tous pour dire qu'il y a une forme de rémunération qui est nécessaire
pour certains stages dans le secteur public, et c'est là-dessus qu'on s'est
engagés.
• (16 h 30) •
Alors, j'ai demandé au ministère de
l'Enseignement supérieur de plancher, justement, sur des scénarios, à savoir de
quelle manière, sous quelle forme, qu'est-ce... qu'est-ce que ça prendrait,
quel stage on rémunérerait, comment ça se passe dans le secteur public pour
qu'on puisse rémunérer ces stages-là. Mais l'intention de rémunérer ces
stages-là et certains stages dans le secteur public, elle est là, et on
travaille justement sur ce scénario-là.
Entre-temps, il y a quand même des mesures
d'aide financière qui viennent justement soutenir nos étudiants, surtout, comme
je le disais tout à l'heure, dans l'aide financière aux études et les bourses Perspective,
également, qui viennent soutenir les étudiants.
M. Bérubé : Oui, bien, il y a
des étudiants qui ont perdu au change avec Perspective Québec. Donc, moi,
j'aimerais avoir un échéancier de rémunération de l'ensemble des étudiants
collégiaux et universitaires. Et je ne voudrais pas qu'on perde de vue que les
étudiants universitaires, par exemple, et les étudiantes peuvent aller faire
leurs stages dans un groupe communautaire, par exemple. Ça arrive en travail
social, par exemple.
Alors, qu'est-ce qui arrive avec ces
étudiants, ces étudiantes? Est-ce qu'on aura une pensée pour financer les
groupes qui les accueillent? Je soumets ça à la ministre, humblement, parce que
ça peut être des stages dans le privé. Souvent, on paie bien dans le privé, c'est
le cas en ingénierie, par exemple. Des stages dans le réseau scolaire, je pense
aux enseignants, enseignantes. Mais, dans le cas du communautaire, par exemple,
qu'est-ce qui arrive? Est-ce que le ministère pourrait soutenir les
organisations à but non lucratif ou pas très fortunées qui accueillent des
stagiaires?
Mme Déry : Pour l'instant, ce
que j'ai demandé au ministère, c'est de plancher sur des scénarios, de voir de
quelle manière ou sous quelle forme prendrait cette rémunération de stages dans...
dans le secteur public. Mais on est conscients de ces revendications-là, on
travaille sur cet enjeu-là, de collaboration aussi en... de concert avec les
fédérations étudiantes. On a abordé cet enjeu-là avec elles, je les ai
rencontrées...
16 h 30 (version révisée)
Mme Déry : ...revendications-là.
On travaille sur cet enjeu-là, de collaboration aussi... de concert avec les
fédérations étudiantes. On a abordé cet enjeu-là avec elles. Je les ai
rencontrés il n'y a pas très longtemps. Non, en début de mandat, comme je vous
le rappelle, on avait déjà... on planchait déjà, on travaillait déjà sur cet
enjeu-là. J'en avais déjà parlé avec les associations étudiantes.
Donc, quand la motion est arrivée, bien,
on s'est dit : Bien, OK, ça va précipiter les choses. Tant mieux. On va
être capables de travailler sur des scénarios et travailler sur des... des
scénarios, justement, pour savoir sous quelle forme et...
La Présidente (Mme Dionne) :
Merci.
Mme Déry : ...certains stages
qu'on viendrait rémunérer, sous quelle forme ça prendrait, tout ça. Mais on est
conscients de ces revendications-là. Et je vous dirais que la rémunération des
stages, quand on sait que des étudiants travaillent 30 à 40 heures-semaine
dans le réseau...
La Présidente (Mme Dionne) : En
terminant, Mme la ministre.
Mme Déry : ...ça mérite une
rémunération.
La Présidente (Mme Dionne) : Il
reste 3 min 45 s, M. le député.
M.
Bérubé
: Merci.
Nous allons parler du site de l'ancien Hôpital Royal Victoria. Est-ce que la
ministre peut confirmer que 40 % des bâtiments sur le site du Royal Victoria
seront effectivement cédés à McGill par la SQI?
Mme Déry : Alors, je peux
vous confirmer aujourd'hui, puis je vais en parler du... de McGill et du fait
que McGill va occuper 40 % de tous les bâtiments qui sont là, les
bâtiments patrimoniaux, je le répète. On a quand même une vocation, comme
gouvernement, d'entretenir ou du moins de trouver des partenaires et des
locataires pour cet espace vacant. Ça reste quand même un espace patrimonial.
Alors, je vous le dis, ça demeure la
propriété de la SQI. Ça a été cédé sous emphytéose, alors ça n'appartient pas à
McGill. La SQI en est propriétaire. Et je le répète encore une fois parce que
je veux que ce soit clair, la SQI...
M. Bérubé : J'étais sur le
projet de loi.
Mme Déry : Bien, la SQI... On
avait la possibilité de pouvoir le céder à McGill, on a décidé de ne pas le
faire. Donc, McGill, c'est 40 %. Ils vont occuper, effectivement, une
partie du Royal Vic. Mais, comme je vous dis encore une fois, cette bâtisse-là
appartient à la SQI.
M. Bérubé : OK. C'était un
oui ou un non pour la question.
Je me pose la question : Pourquoi le
gouvernement a fait ça? J'étais sur le projet de loi qui a procédé à l'étude
minutieuse. Je le connais par cœur, ce dossier-là. Et je sais ce que ça
implique en termes de prestige, en termes de reconnaissance, en termes de
message linguistique qu'on envoie en plein cœur de Montréal, en termes de fonds
de recherche qu'on va obtenir, à McGill. C'est un cadeau insoupçonné. C'est un
cadeau qui continue de donner sans arrêt. Puis, en plus, le gouvernement de la
CAQ a donné une dote, un montant important pour s'assurer que McGill puisse
recevoir ça.
Moi, ma question, c'est : Pourquoi on
accorde ça à l'université la plus riche au Québec? Est-ce qu'on a fait une
proposition à l'UQAM ou à l'Université de Montréal? Moi, je n'ai toujours pas
eu de réponse à ça. Je l'ai posée, la question, au gouvernement du dernier
mandat, là-dessus et, je ne le sais pas, mais il y a ça puis il y a aussi le
fait que c'est une aliénation importante du patrimoine immobilier du mont
Royal. Moi, je trouve qu'à la fois au plan nationaliste, au plan de l'enseignement
supérieur, au plan de... patrimonial, c'est une mauvaise décision et je ne
comprends pas que le gouvernement ait accepté d'aller de l'avant. Puis non
seulement c'était une mauvaise décision, mais ils l'ont accélérée avec le
projet de loi sur les infrastructures.
Alors, je ne sais pas qu'est-ce qu'on y
gagne, mais je sais que McGill est très satisfaite d'avoir quelque chose d'une
valeur de plus de 1 milliard de dollars avec un montant en plus pour l'accompagner.
Je soumets humblement à la ministre que c'est une très mauvaise décision et je
suis malheureux qu'elle ait à continuer de porter cette mauvaise décision, qu'elle
n'a pas prise à l'époque, mais que le gouvernement qu'elle a choisi d'endosser
porte dans le réseau de l'enseignement supérieur. Il suffit de parler aux
recteurs des autres universités, ils en ont aussi long à dire sur cette
opération du gouvernement.
Mme Déry : Merci beaucoup.
Bien, laissez-moi vous rassurer, parce qu'à l'époque où ça a été fait toutes
les universités... On a offert la possibilité à tout le monde de lever la main
pour ce projet-là, et la seule université qui a levé la main pour ce projet-là,
c'est McGill.
Donc, vu qu'on a une obligation comme
gouvernement de venir... Évidemment, ça reste encore des bâtiments
patrimoniaux. On a cette responsabilité-là, de venir... avoir des partenaires,
des locataires. Et, comme je vous le répète, toutes les universités avaient la
possibilité de lever la main. Et, encore une fois, c'est 40 % du site qui
est occupé par McGill, 40 %. Là, on est en discussion avec d'autres
partenaires pour être capable, justement, d'aller... d'avoir des locataires
pour occuper l'espace vacant.
La Présidente (Mme Dionne) : ...malheureusement
tout le temps qu'on a pour ce bloc-là. Nous y reviendrons dans un autre bloc.
Je cède maintenant la parole à la députée
de Saint-Laurent pour un prochain bloc de 18 minutes.
Mme Rizqy : Merci beaucoup, Mme
la Présidente. Permettez-moi de ressortir... parce que j'ai, comme, beaucoup de
cahiers de crédits. Juste pour conclure sur la vétusté des bâtiments, Mme la
ministre, est-ce que vous allez revoir la façon de procéder au niveau des
inspections ou vous êtes satisfaite de la... des inspections?
Mme Déry : <
Écoute...
Mme Rizqy :
...inspections
ou vous êtes satisfaite de la... des inspections?
Mme Déry : >
Écoute,
je sais très bien que le ministre des Infrastructures est en démarche pour
revoir la méthode d'évaluation, là, de vétusté. Du côté du MES, on continue de
prendre en charge, pendant ce temps-là, pendant qu'il fait, évidemment, tout ce
travail-là, le maintien des actifs. Donc, on poursuit le travail. On poursuit,
évidemment... de s'assurer de combler le déficit en maintien d'actif avec les
sommes qu'on a. Donc, je vais attendre le rapport de notre collègue aux
Infrastructures. J'en prendrai connaissance. Puis éventuellement, s'il y a des
meilleures pratiques ou s'il y a des changements quelconques qui ont une
incidence sur le ministère de l'Enseignement supérieur, bien, on avisera, mais,
pour l'instant, on continue de fonctionner avec évidemment les processus qu'on
a en place. Parce qu'on a du rattrapage à faire. On ne peut pas retarder ces
projets-là. Et on continue d'investir, évidemment, ces sommes-là pour
accompagner les établissements qui en ont besoin.
Mme Rizqy : Je me posais la
question parce que, lorsque j'ai fait mes crédits en infra, il était seulement
question du primaire et secondaire, puis qu'il allait y avoir un échantillon de
seulement cinq écoles primaires ou secondaires. Ça ne... On ne visait pas
l'enseignement supérieur. Je veux juste m'assurer avec vous : À votre
connaissance, il n'y a pas d'échantillon? Vous n'avez pas, vous, soulevé un
enjeu, là, de votre côté, là?
Mme Déry : Non, pas du tout,
mais je vais quand même suivre ce qui se fait du côté de l'éducation, sait-on
jamais. Je ne sais pas ce qui va sortir de ce rapport-là. On va en prendre
connaissance. Puis, si jamais il y a de meilleures pratiques en termes de
maintien d'actif, bien, on regardera. Pour l'instant, ça ne touche pas le
ministère de l'Enseignement supérieur.
Mme Rizqy : Merci beaucoup.
Je passe maintenant aux bourses Perspective. On a déjà commencé la discussion.
Ma collègue la députée de Bourassa-Sauvé, elle s'est entretenue avec votre
collègue au niveau du ministère... la ministre de l'Emploi. Je vais vous lire,
en fait, l'échange. Alors, ma collègue la députée de Bourassa-Sauvé, je cite :
«Les associations étudiantes déplorent l'absence de plusieurs programmes dans
la liste qui est énumérée pour les bourses Perspective. Aucune modification n'a
été faite depuis la mise en place du programme. Est-ce qu'il y aura un arrimage
qui... ou qui sera fait dans le cadre du programme Perspective?» Ça, c'est la
question. Votre collègue la ministre de l'Emploi : «Le programme des
bourses auquel vous faites référence est sous la responsabilité du ministère de
l'Enseignement supérieur.» Et elle répond : «Eh bien, je crois que le MES
déploie le programme, mais qu'il a été annoncé dans le cadre de votre opération
main-d'œuvre, non?» Et la ministre répond : «Je vous invite à poser vos
questions au ministre... au ministère de l'Enseignement supérieur pour ce qui
est de l'attribution puis de la définition des critères d'admissibilité des
programmes sur les bourses Perspective, dans le fond.»
Alors, me voilà. Ministère de
l'Enseignement supérieur, qu'est-ce que vous comptez faire maintenant pour vous
assurez que l'ensemble des programmes puisse donner droit à la bourse? Parce
que, présentement, dans l'ensemble du réseau, je peux vous le confirmer, là, on
est en pénurie, peu importe le domaine.
• (16 h 40) •
Mme Déry : Alors, je suis
consciente, évidemment, qu'il y a des pénuries. Je n'apprends rien à personne
ici, ni en avant, ni en arrière, en coulisse. Il y a des pénuries, il y a un
contexte, une conjoncture où on est... on est confrontés à des pénuries de
main-d'oeuvre importantes dans à peu près tous les secteurs d'activités.
Mais, lorsque cette mesure a été déployée...
elle a été déployée à l'automne 2022, mais, quand elle a été évidemment
adoptée, un petit peu avant que j'arrive, le Programme de bourses Perspective
Québec est un programme extrêmement généreux, qui vient évidemment soutenir nos
étudiants. Puis c'est des bourses incitatives, c'est vrai. Ce sont des bourses
extrêmement généreuses, qui ont... on a ciblé certaines formations et on est
venus justement soutenir ces étudiants-là.
Je vous rappelle qu'au collégial, ce n'est
pas négligeable, là, on a des bourses de 1 500 $ par session, pour un
maximum de 9 000 $ pour un programme de trois ans. Et, à
l'université, on parle de 2 500 $, pour un maximum de 15 000 $,
même jusqu'à 20 000 $ pour un programme de premier cycle de quatre
ans.
Ceci dit, on va regarder comment le
programme se comporte. Là, comme je vous l'ai dit tantôt, j'ai des données
provisoires. Elles sont incomplètes, mais ça nous permet quand même d'avoir un
aperçu de la tendance actuelle sur les programmes que nous avons ciblés :
génie, TI, éducation à l'enfance, soins infirmiers, évidemment, qui se
distribuent dans la plupart des cégeps, sinon la grande majorité des cégeps. Et
on a des données provisoires qui nous disent que ça fonctionne. La tendance,
surtout en génie et en TI, il y a quand même eu une croissance importante au
niveau des inscriptions. Pour les autres, on va devoir attendre et voir un peu,
mais la tendance aussi est quand même à la hausse, même si la hausse est moindre.
Sans les bourses, on n'aurait pas été capables, probablement, de combler... de
combler ces inscriptions-là.
Juste pour vous donner une idée, on a 60936 bourses qui ont
été accordées parce qu'elles ont été déployées à l'automne 2022. On a fait
une campagne, évidemment, une longue campagne pour être sûr... Même les
établissements, on les a encouragés de faire une campagne, une promotion pour
s'assurer que ces étudiants-là puissent avoir accès à cette bourse et puissent
la demander. Et c'est en termes d'argent, ce qui a été octroyé en février,
parce que ça prend, évidemment, la <réussite...
Mme Déry :
...puissent
la demander. Et c'est en termes d'argent, ce qui a été octroyé en février,
parce que ça prend, évidemment, la >réussite d'une session avant d'en
arriver là. On a déjà octroyé un peu plus de 125 millions.
Tout ça pour dire que c'est un programme
qui fonctionne...
La Présidente (Mme Dionne) : En
terminant, Mme la ministre.
Mme Déry : ...on va l'ajuster.
C'est un programme qui est nouveau, donc on va être capables de l'ajuster selon
les besoins... les besoins du marché, les besoins de nos étudiants, les
inscriptions des établissements. On va voir comment tout ça se comporte. Mais
on a l'intention de l'ajuster, éventuellement, puis d'ajouter. Maintenant, il
faut prioriser certains programmes. C'est ce qu'on va faire.
Mme Rizqy : Merci beaucoup, Mme
la Présidente. Mme la ministre, vous dites que vous avez déjà des données
préliminaires. Est-ce que, ça, vous êtes capable de les déposer pour qu'au
moins on puisse discuter puis avoir le même langage? Évidemment, moi, je ne
vous tiendrai pas rigueur, là. Je comprends que cette donnée est préliminaire puis
que, par la suite, vous pourrez la bonifier lorsque vous aurez les données
complémentaires. Mais je pense qu'aux fins de la discussion, pour nous, ce
serait important de pouvoir se faire une tête déjà avec les données
préliminaires, surtout si on veut travailler dans une collaboration de venir
bonifier ce programme.
Mme Déry : Bien, on me dit qu'on
peut faire ça. Donc, on peut déposer. Mais, comme je vous le dis, c'est des
informations préliminaires, ce sont des données incomplètes. On va attendre,
évidemment, qu'on puisse avoir l'année au complet pour mesurer tout ça, mais il
y a des données préliminaires, puis on me dit que c'est possible de les
partager, donc les inscriptions, le nombre d'inscriptions, le nombre de bourses
qui ont été octroyées, le montant qu'on a octroyé en février.
La Présidente (Mme Dionne) : Donc,
merci de déposer au secrétariat de la commission pour qu'on puisse en prendre
connaissance.
Mme Rizqy : Merci beaucoup,
Mme la ministre. C'est très apprécié. Puis je comprends que c'est vraiment des
données préliminaires et qui pourront être complétées par la suite, bien
évidemment. Puisque je sais que vous allez le réviser, j'attire immédiatement
votre attention, et permettez-moi de porter aussi mon chapeau Éducation. Vous
savez, nous, la pénurie, elle est vraiment criante dans le réseau d'éducation.
Donc, en ce moment, évidemment, bourses Perspective, c'est une bonne chose, s'appliquent
aux étudiants au baccalauréat en enseignement. Vous savez que, dans l'équipe-école,
nous avons différents intervenants. On a l'enseignant, on a ce qu'on appelle
les TES, nous avons des professionnels de soutien, par exemple les
orthopédagogues, les orthophonistes, mais il y a aussi ceux qu'on appelle les
psychoéducateurs. Pour être psychoéducateur, il faut s'inscrire à l'ordre. Et,
pour s'inscrire à l'ordre, ça prend quoi? Une maîtrise. Mais la maîtrise n'est
pas, malheureusement, dans l'offre de bourses Perspective. Bien, moi, je peux
vous le dire, on a vraiment besoin de psychoéducateurs dans le réseau de l'éducation.
Puis vous demandez à n'importe quel enseignant, à n'importe quel professionnel
de soutien, si vous demandez à l'ordre professionnel... D'ailleurs, nous nous
sommes entretenus, la semaine dernière, avec le président. Et donc il y a le
bac, le bac, on l'a, la bourse pour le bac, je tiens à le dire, mais, pour la
maîtrise... est-ce qu'on peut ajouter la maîtrise?
Mme Déry : Écoutez, je pense
que vous soulevez des enjeux dont on est déjà très, très conscients et
préoccupés. On travaille d'ailleurs là-dessus déjà. C'est un peu le même enjeu
qu'on voit pour les psychologues. On a.... Les médias en ont fait état il y a
quelques mois. Sur les psychologues aussi, on demande une maîtrise. En fait, on
demande une maîtrise de...
Une voix : Doctorat.
Mme Déry : ...de doctorat,
pardon, de deuxième cycle, et donc ça complexifie les choses. C'est-à-dire, on
a beaucoup de jeunes étudiants qui finissent leur bac, et ceux qui ne veulent
pas aller au doctorat ou qui ne sont pas acceptés au doctorat se retrouvent un
peu dans un cul-de-sac. C'est un peu ce qui se passe aussi dans des formations
plus ardues. Alors, il faut être capable de trouver des moyens d'optimiser
cette formation-là, au même titre que les autres qu'on regarde actuellement.
Mais, dans le cas des psychologues, plus
précisément, on est déjà intervenus. C'est un peu le même enjeu qu'on voit avec
les psychoéducateurs. Mais, dans le cas des psychologues... Et c'est l'enjeu qu'on
a pris au départ pour voir de quelle manière on pouvait éventuellement regarder
d'autres formations et d'autres enjeux qui sont similaires. Mais, pour ce qui
est des psychologues, et ça... ça pourrait se reproduire pour les psychologues
aussi, on a mis un comité sur pied. Mme David a été nommée sur un comité
pour être capable de voir quel scénario on pourrait envisager pour optimiser la
formation. Je sais que les besoins en santé mentale sont criants. J'en
discutais tout à l'heure avec les gens ici, les étudiants en travail social, et
je pense que c'est important de voir s'il n'y a pas des voies de passage,
passez-moi l'expression, mais une façon de permettre à ces centaines d'étudiants
de pouvoir avoir accès à une optimisation... à une formation un petit peu plus
rapide, ou leur permettre de prendre d'autres voies que celle du doctorat. Et c'est
là-dessus qu'on travaille, et ça, ça pourrait se faire ailleurs, dans d'autres
formations.
Donc, on est là-dessus. Le rapport vient
tout juste de monter au cabinet, le rapport de Mme David, donc on va analyser
ses recommandations, voir un petit peu de quelle manière on pourrait optimiser.
Puis éventuellement, quand on aura un peu le portrait pour les psychologues,
bien, on pourra voir si ça peut se reproduire ailleurs ou, enfin, de voir de
quelle manière on pourra aller soutenir ces autres formations là.
Mme Rizqy : Bien,
immédiatement, ce ne sera pas ma question de fond, mais c'est ma question de
forme : Le rapport de Mme David, est-ce que vous avez un horizon pour le
déposer et pour le <rendre...
Mme Rizqy :
...est-ce
que vous avez un horizon pour le déposer et pour le >rendre public?
Mme Déry : Bien, écoutez, je
n'ai pas d'échéance comme telle, mais j'avais déjà... dans le communiqué de
presse qu'on avait publié initialement, quand on a annoncé la mise sur pied de
ce comité avec Mme David et M. Granger, qui ont travaillé quand même
quelques mois de manière assez... assez ardue, ils ont rencontré beaucoup,
beaucoup, beaucoup de gens dans les établissements, les acteurs, tous les
acteurs d'autres ministères également. Il y a un travail vraiment approfondi
qui a été fait. J'ai annoncé publiquement que j'allais le déposer publiquement.
Donc, on va le faire. Donnez-moi un peu de temps. Ça vient de monter au
cabinet. Mais, quand on aura évidemment un plan de match, bien, on a
l'intention de le rendre public, ce rapport-là. Je pense que c'est bénéfique pour
tout le monde.
Mais ça illustre un peu, justement, les
problèmes qu'on vit dans certaines formations. Et les psychologues, ça avait
été ciblé, mais, quand même, c'est un enjeu qui peut... qu'on voit ailleurs...
La Présidente (Mme Dionne) : Merci
beaucoup, Mme la ministre.
Mme Déry : ...et donc ça peut
servir. Ça va nous servir de base pour avancer.
La Présidente (Mme Dionne) : Merci.
Mme la...
Mme Rizqy : ...possible,
avant la fin de la session, j'aimerais ça, prendre connaissance. Et,
connaissant la rigueur de ma... de mon ancienne collègue Mme David, je ne doute
pas qu'elle a rencontré beaucoup d'intervenants.
Pour terminer sur les psychologues et
psychoéducateurs, pourquoi que je vous parlais des psychoéducateurs, ce sont
deux ordres professionnels distincts, le psychologue et les psychoéducateurs.
Je comprends qu'au niveau des psychologues, pour les bourses, vous vous êtes
déjà penchée là-dessus, mais, pour les psychoéducateurs, leur rôle dans l'école,
il est différent d'un psychologue. C'est pour cela que les psychoéducateurs...
Je vais vous expliquer en langage très
simple. Le psychoéducateur va s'assurer d'outiller l'enseignant pour être en
mesure de réagir ou de désamorcer une situation pour ne pas, justement, que la
situation devienne explosive. Et nous, quand on a fait la demande d'accès sur
les cas de violence dans les écoles, on a vu que ça a vraiment,
malheureusement, explosé. Et de là la pertinence du psychoéducateur. C'est de
s'assurer de donner les outils à l'enseignant pour s'assurer que, justement, on
n'arrive pas à l'acte de violence, où le... malheureusement un jeune qui se
désorganise en classe et ultimement désorganise l'ensemble du groupe. C'est là
la pertinence du psychoéducateur.
Et eux, s'ils n'ont pas leur bourse à la
maîtrise, compte tenu, là, de plusieurs facteurs, là : payer nos études — non,
je ne suis plus étudiante — payer les études, le logement, qui est
très cher, en plus de l'inflation. Moi, je vous demande de l'ajouter parce
qu'ils sont plus que nécessaires dans les écoles. Leur pertinence, là, tout le
monde va vous le dire, ils font partie intégrante de l'équipe-école, les
psychoéducateurs.
Alors, ça, Mme la Présidente, si je peux
avoir, au moins, là... avez-vous un horizon, perspective de révision, nous dire
quand est-ce qu'on pourrait s'attendre à une nouvelle mouture? Puis aussi de
nous confirmer : Est-ce que... Dernièrement, vous avez parlé d'un
programme qui est à temps... le financement était seulement pour temps plein,
vous avez aussi ajouté pour temps partiel dernièrement. Est-ce que c'est pour
l'ensemble de tous les programmes, temps plein ou temps partiel, là, ou c'est
pour certains programmes, le temps partiel?
Mme Déry : Je ne saisis pas
la question sur temps partiel, le temps plein. Dans quels programmes?
Mme Rizqy : Dernièrement,
c'était dans... Le 30 mars 2023, vous l'avez ajouté au baccalauréat temps
partiel. Attendez-moi une seconde. Je ne veux pas...
• (16 h 50) •
Mme Déry : ...de la bourse Perspective?
Mme Rizqy : Oui, la bourse Perspective,
oui.
Des voix : ...
Mme Rizqy : OK. Désolée.
6 avril, dernièrement, bourse Perspective. De mémoire... Je ne veux pas
vous induire en erreur. J'allais dire les sages. Étudiants en préscolaire,
enseignement primaire de l'UQAM. C'était... Vous avez aussi ajouté à temps
partiel, ce qui est une excellente chose, là, mais est-ce que c'est pour tous
les programmes maintenant qu'on accepte aussi le temps partiel? Parce que ce
sera un excellent gain, là.
Mme Déry : Alors, ce qu'on a
fait, là, récemment, c'est pour les réputés temps plein, un peu comme l'AFE,
c'est les mêmes conditions que l'AFE. Donc, on vient soutenir les mères
monoparentales, tout... il y a plusieurs critères de besoins particuliers
également, donc c'est les mêmes critères que l'AFE. Mais c'est ce qu'on a fait.
On vient soutenir. Donc, ils reçoivent la bourse. C'est ce qu'on appelle les
réputés temps plein. Donc, ils ne sont peut-être pas à temps plein, mais il y a
des conditions particulières et des critères particuliers qui font qu'on leur
accorde la bourse Perspective Québec.
Maintenant, sur l'enjeu du temps partiel,
de manière plus élargie, on regarde ça. C'est... On... Quand on va regarder...
Quand je vais avoir le portrait global de tout ça, c'est la question qu'on se
pose aussi, on va voir s'il y a plus de temps plein, plus de temps partiel. J'ai
besoin de connaître un petit peu les chiffres puis le portrait actuel. La bonne
nouvelle, en tout cas, dans les chiffres qu'on a de manière provisoire, c'est
qu'il y a quand même une augmentation des temps pleins dans les bourses Perspective
Québec, c'est... ce qui est une bonne chose. Donc, il y a beaucoup... il y a
une croissance qu'on a pu voir dans les chiffres provisoires qu'on a d'une
augmentation des étudiants à temps plein dans les professions ciblées par les <bourses...
Mme Déry :
...chiffres
provisoires qu'on a d'une augmentation des étudiants à temps plein dans les
professions ciblées par les >bourses Perspective Québec.
Mme Rizqy : Je vais vous
parler de mon expérience à moi, personnelle, quand j'étais... quand j'ai dirigé
un programme de maîtrise, là, à l'université. Les étudiants à temps partiel,
c'était... aucun d'entre eux que j'avais, c'était par choix. C'était par
nécessité. Et ils travaillaient toute la journée et venaient à nos cours du
soir de 7 heures à 10 heures, prenaient le métro, retournaient à la maison.
Certains d'entre eux faisaient même de la route jusqu'à Granby, parce que
c'était au campus de Longueuil, revenaient à la maison à 23 heures et, le
lendemain, étaient au boulot, ce sont... très souvent parce qu'ils n'ont pas le
choix.
Je pense qu'ils en ont grandement besoin.
Je salue les bourses Perspective. Je crois qu'effectivement on doit
l'extensionner, ne pas avoir de critère de «réputé temps plein». Je vous le
dis, on n'a pas beaucoup d'étudiants que c'est parce qu'ils veulent être à
temps partiel. Ils n'en ont pas les moyens, d'être à temps plein.
Mme Déry : Alors, écoutez, je
suis très, très consciente de ça, puis je suis très ouverte à regarder ça, puis
on le regarde déjà. C'est un... D'ailleurs, mes collègues, ici, conseillers
politiques travaillent étroitement avec les fédérations étudiantes. Puis c'est
un enjeu qui est réel, c'est-à-dire, comme je le disais tantôt, les parcours
sont de plus en plus atypiques. Alors, si les parcours sont de plus en plus
atypiques et qu'on est venus, justement, avec l'aide financière aux études, les
aider, et bonifier, et justement aider les parents étudiants... il y a une
réalité qui n'est plus la même aujourd'hui, et il faut pouvoir s'ajuster.
Alors, c'est ce qu'on fait et c'est ce qu'on va continuer de faire.
Et je vous invite... En tout cas,
j'accueille vraiment favorablement cette initiative-là, sur le temps partiel,
pour les bourses Perspective. C'est vrai qu'il y a beaucoup de jeunes qui
étudient, qui sont... par nécessité, ils sont obligés de prendre ces cours-là à
temps partiel, alors on regarde ça. On est très, très conscients de cet
enjeu-là. Si on peut les inscrire aux bourses Perspective, on verra bien ce que
ça donnera. Je veux vraiment avoir les chiffres, être capable de voir ce qu'on
rajoute, comment on modifie, qu'est-ce qu'on ajuste, où est-ce qu'on ajuste. Je
pense qu'il est encore trop tôt pour nous d'avoir un portrait complet.
Mais sachez que la volonté est là, de
venir en aide à ces étudiants, justement, qui sont à temps partiel. On est
quand même dans un contexte de pénurie de main-d'oeuvre, et ça peut justement
nous aider à combler cette pénurie puis à aller corriger un petit peu le tir
dans la conjoncture actuelle, là. Mais, oui, on est... on travaille là-dessus,
puis ça fait partie des scénarios qu'on regarde dans les bourses Perspective
Québec.
Mme Rizqy : OK. Merci
beaucoup. Je pense qu'il n'y a plus de temps.
La Présidente (Mme Dionne) : Il
reste 10 secondes. On va le reporter à votre prochain bloc.
Mme Rizqy : Merci.
La Présidente (Mme Dionne) : Je
cède maintenant la parole du côté du gouvernement. M. le député de Vanier-Les Rivières,
la parole est à vous.
M. Asselin : Bonjour à vous.
Donc, étant donné que c'est ma première intervention, je vais en profiter pour
saluer les collègues, incluant ceux du parti ministériel, évidemment les
équipes du MES. Je veux dire aux étudiants qui sont présents à quel point c'est
agréable de travailler avec les équipes du MES, incluant le cabinet. On a
toujours beaucoup de collaboration de tout le monde. Alors, Mme la ministre
sait jusqu'à quel point c'est agréable.
Je veux vous parler, d'entrée de jeu, de
la recherche au collégial. Recherche collégiale, ce n'est pas nécessairement le
sujet le plus médiatisé, mais il se passe beaucoup de choses dans la recherche
au collégial, particulièrement au niveau des centres collégiaux de transfert de
technologie, les CCTT. Ce n'est pas souvent qu'on parle des 59 CCTT. Il y en a
48 qui sont de nature technologique, il y en a 11 qui ont des pratiques
sociales novatrices. Et puis je pense qu'il faut en parler, parce qu'il y a
souvent, souvent de l'innovation qui part de là : je pense, en particulier,
au déploiement, dans toutes les régions, au niveau des mines, dans le coin de Sept-Îles
et Thetford; il y a des choses sur le plan maritime avec le secteur de Rimouski
et de Gaspé; il y a les technologies 4.0 à Sherbrooke; je pense à l'innovation ouverte,
sans doute que vous connaissez, Mme la Présidente, à Rivière-du-Loup, le LLio,
qui... on parle de Fablab, de choses, disons, qui sont naissantes, puis il y a
beaucoup d'expertises qui sont là.
Mme la ministre, je sais que votre
sous-ministre a annoncé un chantier à propos de la recherche au niveau
collégial. Il y a des programmes qui sont administrés par le MES, mais je me
demandais si vous étiez capable de nous en dire plus par rapport à ce qui se
passe au niveau de la recherche au collégial, parce que c'est un secteur qui
est en grande ébullition. On sait qu'il y a une tradition, depuis 50 ans,
de recherche au collégial, mais <dernièrement...
M. Asselin :
...ébullition.
On sait qu'il y a une tradition, depuis 50 ans, de recherche au collégial,
mais >dernièrement il y a eu un chantier qui a été annoncé. On veut
consulter les partenaires du réseau. Alors, qu'en est-il, Mme la ministre?
Mme Déry : Merci beaucoup. Et
d'ailleurs ça va me permettre aussi de saluer à mon tour les collègues qui sont
là, mon collègue Côte-du-Sud, Lotbinière-Frontenac, Laporte, Hull, je vous
reconnais tous, Richelieu, et puis évidemment Vanier-Les Rivières. Alors,
merci beaucoup pour votre présence aujourd'hui.
La recherche au collégial, moi, j'ai été vraiment
impressionnée parce que c'est... à chaque fois qu'on parle de recherche, on a
l'impression que c'est souvent dans les universités où il y a les plus gros
laboratoires puis qu'on fait vraiment de la grosse recherche. C'est vrai, là,
je n'enlève rien aux universités, mais il y a aussi beaucoup de recherche qui
se fait au collégial.
Je visite des cégeps, et puis,
honnêtement, si j'avais eu à avoir un cégep comme ça dans mon temps, ça aurait
été pas mal plus stimulant parce qu'il y a des gros laboratoires de recherche.
C'est de la recherche, même, qui se fait en dehors des CCTT. Moi, il y a un
chiffre qui m'a frappée quand Mme Deblois, en début de mandat, me disait qu'il
y avait 59 CCTT. Mais, en dehors de tous ces CCTT, qui contribuent,
évidemment, à la recherche et qui font un travail extraordinaire, il y avait un
bon 50 %, je pense, de recherche au collégial, ce qui est énorme. Et donc
ça nous permet non seulement de valoriser la recherche au collégial, mais de
permettre à ces... à ces étudiants-là de devenir, même, étudiants-chercheurs,
ce qu'on ne voyait pas beaucoup avant. Là, quand je me promène, on voit de plus
en plus de professeurs qui prennent sous leur aile des étudiants-chercheurs, donc
ça les... ça les pousse et ça les encourage à travailler vraiment sur des
projets de recherche qui sont très, très concrets, collés vraiment sur la
réalité de ce qu'on vit au quotidien. Donc, c'est... c'est quand même... c'est
quand même très beau de voir ça.
Puis je vous dirais que, dans les zones
d'innovation, éventuellement, que nous allons avoir, et je travaille vraiment
étroitement avec mon collègue du MEIE, la recherche au collégial et le
collégial, donc les cégeps, les étudiants du cégep, vont être vraiment mis à
contribution. C'est vraiment ce maillage-là qui est important. Et je pense
qu'on est rendus là dans le contexte actuel. Et, en 2023, c'est de permettre à
ces jeunes-là de faire de la recherche. Peut-être qu'ils ont d'autres...
d'autres avenues. Ils ne seront pas, peut-être, intéressés par l'université,
puis c'est correct, là. Ils vont aller faire autre chose puis ils ont le bagage
pour pouvoir faire autre chose. Ça fait que je pense qu'il faut valoriser. Puis
le ministère le fait. On valorise très bien par des mesures budgétaires, par du
financement quand même substantiel. Pour la recherche au collégial, il y a
quand même des montants substantiels qui sont alloués à chacun des cégeps pour
justement valoriser cette recherche-là.
En parallèle, vous parliez des CCTT, c'est
vrai qu'il y a les CCTT, les centres de technologie. On fait d'ailleurs... Il y
a... On a annoncé, en janvier dernier, un chantier par rapport à tout ça. On va
revoir un peu la recherche au collégial faite par les CCTT pour essayer de voir
si on peut mieux cibler les besoins, aller les soutenir davantage, s'assurer
qu'il n'y ait pas de doublons ou enfin, bref, qu'on fasse... qu'on maximise
vraiment ces CCTT puis qu'on maximise aussi la recherche qui se fait au
collégial.
• (17 heures) •
Donc, moi, je trouve que c'est une...
c'est une nouvelle avenue pour nos étudiants. Je rencontrais des étudiants
chercheurs dans le Bas-du-Fleuve qui étaient... qui faisaient des recherches
très très collées sur la réalité, puis ça les encourage, ça les stimule. Puis,
moi, dans le fond, ce que j'aime, c'est que ça... ça les encourage à
persévérer. Alors, si on est capables de trouver des projets qui les attirent,
qui les inspirent, bien, ça les encourage à rester au cégep puis peut-être,
évidemment, à continuer à l'université. Si ce n'est pas le cas, ce n'est pas
grave, il y a d'autres voies qu'on puisse offrir aujourd'hui, mais je pense que
c'est très important de valoriser la recherche.
Alors, merci, parce que c'est quand même
important, puis je pense que ça nous... ça donne aux étudiants cette voie-là
pour s'épanouir puis pour persévérer en enseignement supérieur.
M. Asselin : ...pour les
saluer, les 2 000 chercheurs du réseau collégial. Puis surtout je veux
quand même dire qu'ils interviennent au niveau de la recherche appliquée, ou
pédagogique, ou disciplinaire. Puis je pense, entre autres, aux recherches qui
se font pour l'Association québécoise de pédagogie collégiale ou de Performa,
au niveau pédagogique. Puis, au niveau disciplinaire, il y a beaucoup de
chaires UNESCO et il y a quatre chaires en particulier auxquelles je pense.
Alors, c'est un secteur qui est en ébullition. Et, c'est important de le
mentionner, c'est très vivant de ce côté-là.
Mme Déry : Oui, vous dites «en
ébullition», puis c'est vraiment le bon mot parce qu'ils contribuent, je trouve,
grandement, les CCTT puis tout ce qui est recherche, au collégial, au
développement économique des régions du Québec. C'est vraiment... Il y a
des.... Ils exercent quand même, les CCTT, des activités particulières dans des
champs de recherche très, très particuliers, appliqués, d'aide technique, de
transfert, de formation, d'information. Donc c'est extrêmement important, le
travail qu'ils font, parce qu'ils ont... grâce à eux, on est capables
d'élaborer, justement, des projets d'innovation, puis de réaliser des projets d'innovation,
puis d'implanter, justement, des nouvelles...
17 h (version révisée)
Mme Déry : ...des projets d'innovation,
puis de réaliser des projets d'innovation, puis d'implanter, justement, des
nouvelles technologies et des nouvelles pratiques sociales. Donc, ils ont un
apport et une contribution non négligeable dans le développement économique du
Québec en général puis de nos régions plus précisément.
M. Asselin : Vous allez me
permettre, Mme la ministre, de vous parler un petit peu d'intelligence
artificielle. Je change de sujet. Vous savez que, lorsque la calculatrice est
arrivée dans l'enseignement, dans l'enseignement supérieur autant que dans les
classes du primaire et du secondaire, on a voulu l'interdire. Lorsqu'Internet
est arrivé, on a voulu aussi interdire. Et là il se passe un peu la même chose
avec l'intelligence artificielle. Beaucoup ont eu peur de ça, alors je pense
que, comme gars qui... vous connaissez mon expertise au niveau du numérique, on
commence à apprivoiser un petit peu plus ça, puis les nouvelles sont bonnes,
même s'il y a des choses qui sont suspicieuses. Puis les professeurs, disons,
encadrent ça de leur mieux. Je vous parle des ChatGPT de ce monde, on a une
rencontre qui se prépare le 15 mai, là, qui est... qui est importante, où
on a convoqué tout le monde à une journée de réflexion à Montréal. Pouvez-vous
nous en dire un petit mot et puis rassurer tout le monde sur le fait qu'on
prend à bras du corps... à bras le corps cet enjeu-là? Et puis tout le monde
est pas mal, disons, éveillé vis-à-vis de ce qui se passe par rapport à l'intelligence
artificielle.
Mme Déry : Absolument. Puis
moi, je vais renchérir sur la journée du 15 mai tout de suite, avant de
parler un peu plus d'intelligence artificielle ou de ChatGPT. Je ne suis pas
une experte, évidemment, en intelligence artificielle, mais c'est fascinant.
Pour la journée du 15 mai, bien, c'est une excellente nouvelle. C'est une
journée de réflexion où il va y avoir plusieurs experts. La journée porte
vraiment sur l'intelligence artificielle dans le milieu de l'enseignement
supérieur, de l'éducation également. Mais on nous dit qu'il y a 800 inscriptions
déjà pour le 15 mai, ce qui est vraiment très... très, très, très bon. En
tout cas, je ne m'attendais pas à avoir ce chiffre-là. Je pense...
M. Asselin : ...quand même. 800 inscriptions?
Mme Déry : 800 inscriptions,
absolument. Donc, je pense que ça... ça traduit, en fait, puis ça témoigne du
fait que c'est important qu'on se... qu'on réfléchisse à ce sujet-là, qu'on se
penche sur ce sujet-là. Parce que je vous dis que ça bouleverse le monde de l'enseignement
à travers le monde, pas juste ici, chez nous, mais ça bouleverse vraiment le
milieu de l'enseignement. Ça soulève des débats. Vous savez, ce n'est pas la
première technologie, ce n'est pas la dernière non plus. Il y a des éléments
positifs, il y a des éléments aussi négatifs. Il y a des inconvénients à tout
ça, comme toute technologie d'ailleurs. Et je pense qu'il faut vraiment se
pencher là-dessus parce qu'il y a beaucoup de questionnements par rapport à l'apprentissage
de nos étudiants, au mode d'évaluation de nos étudiants.
Et donc c'est pour ça que je tenais à organiser
une rencontre, une journée de réflexion pour qu'on puisse justement se poser
des questions, à savoir : Est-ce qu'on doit baliser? De quelle manière on
le fait si c'est nécessaire? Puis d'écouter tous nos experts. Et d'ailleurs
nous, on le fait à l'Enseignement supérieur, mais j'ai mon collègue également
au MEIE qui, lui, a mandaté l'Innovateur en chef pour se pencher là-dessus
aussi, suite à... évidemment, à la lettre ouverte de M. Bengio puis d'une série
d'experts qui se sont prononcés. Donc, moi, je pense que d'avoir la... d'avoir
le son de cloche de professeurs, d'experts, de professionnels, d'étudiants... en
tout cas, il y a plusieurs personnes qui sont invitées à participer à cette
journée-là. Mais ça va être l'occasion d'échanger sur les avantages, les
inconvénients, les impacts de tout ça.
Moi-même, j'ai downloadé... en fait,
téléchargé ChatGPT. J'ai regardé ChatGPT, j'ai téléchargé l'application, même
les versions subséquentes. Puis c'est vrai que ça fait un peu peur dans la
mesure où c'est... Il y a beaucoup de contenu, il y a beaucoup de contenu qui
est généré de manière automatique, alors ça peut très bien servir à bon
escient, dans certains... dans certains cas, à mauvais escient dans d'autres.
Et c'est là-dessus qu'il faut se pencher. Je pense qu'il faut avoir une
réflexion collective sur cet enjeu-là, que ce soit ChatGPT ou d'autres agents
ou applications conversationnelles comme on le connaît maintenant. Mais ces
applications-là évoluent à la vitesse de la lumière, là, ça évolue très, très
rapidement. Il y a déjà plusieurs versions de ChatGPT, alors qu'on a mis cette
journée de réflexion un petit peu plus tôt à l'automne. Donc, déjà, ça évolue
excessivement rapidement. Donc, je pense que c'est une excellente chose, que
tout le monde se penche là-dessus, autant les acteurs économiques qu'évidemment
les acteurs de l'enseignement en général, que ce soit l'enseignement supérieur
ou l'éducation de manière plus élargie.
Mais il faut absolument se poser ces
questions-là, tout le monde le fait. Je pense qu'on n'est pas tout seul. Ce
sont des applications qui se retrouvent un petit peu partout dans le monde, et
donc tout le monde est confronté à cette réalité-là. Et, dans le milieu de l'enseignement
supérieur ou dans le milieu de l'éducation en général, ça vient bouleverser
vraiment les pratiques. Il y a plusieurs professeurs qu'on a rencontrés au fil
du <temps...
Mme Déry :
...au
fil du >temps qui l'ont utilisé, qui l'ont utilisé à bon escient,
d'ailleurs. Ça leur permettait même de pouvoir corriger les copies d'examen, et
tout, parce que c'était un petit peu plus rapide, parce qu'ils étaient capables
de passer plus de temps à l'intérieur de la classe, pour que, justement, ça
leur donne une marge de manoeuvre, une flexibilité pour passer plus de temps
avec les élèves ou avec les étudiants et faire faire par ChatGPT des choses qui
peuvent être faites plus facilement. Donc, ça a un très gros potentiel, mais,
encore là, il faut savoir comment l'utiliser à bon escient, comme toute technologie
qui a été développée au cours des 40, 50 dernières années, là.
M. Asselin : Merci beaucoup,
Mme la ministre.
19277 Mme Déry : Merci à
vous.
M. Asselin : Est-ce qu'il
nous reste quelques secondes pour une petite question?
La Présidente (Mme Dionne) : ...Est-ce
que...
M. Asselin : Députée de Hull.
La Présidente (Mme Dionne) : Mme
la députée de Hull, à vous la parole.
Mme Tremblay : ...manquer de
temps. Alors, moi, je voulais revenir sur un sujet qui... qui m'est très
sensible puis qui est également très sensible au niveau de la députée de Saint-Laurent,
parce qu'elle l'a abordé, là, lors de... d'entrée de jeu aujourd'hui, donc, les
violences à caractère sexuel. Puis vous allez... vous allez comprendre qu'étant
une maman de trois jeunes filles ça m'interpelle personnellement. Mes
enfants sont plus vieux que les vôtres, c'est loin, la... c'est vrai, la seule...
Je ne sais pas si c'est une fille ou un garçon, mais ça...
Une voix : ...
Mme Tremblay : C'est un
garçon. Alors... Mais moi, les miennes sont... j'en ai une qui rentre dans le
réseau collégial, donc, l'année prochaine, et l'autre s'en va dans le milieu
universitaire, puis elle quittera le nid familial, elle s'en ira plus loin.
C'est d'autant plus dur. Puis ce qui est important, quand nos enfants sont dans
le réseau, dans le réseau de l'éducation, c'est de sentir qu'ils sont dans un
milieu qui est sain puis qui est sécuritaire pour elles. Donc, ça, pour moi,
c'est une préoccupation qui est... qui est... qui est importante, puis c'est
pour ça, aujourd'hui, que je trouvais ça important d'en reparler. Puis je vais
pouvoir donner la parole à la ministre un petit peu plus tard, qu'elle nous
reparle de ce volet-là, puis j'aurai des questions pour elle, parce que les
violences à caractère sexuel, ça restera toujours inacceptable puis il faudra
toujours dénoncer. Puis ce n'est pas facile pour ces personnes-là qui vivent
ces violences à caractère... d'aller de l'avant puis de dénoncer. On peut être
fier, en 2017, effectivement, il y a une loi qui a été... qui a été...
La Présidente (Mme Dionne) : En
cinq secondes, Mme la députée.
Mme Tremblay : Il me reste
combien?
La Présidente (Mme Dionne) : Il
ne vous reste plus de temps.
Mme Tremblay : Vous aurez
compris que je vais poursuivre.
La Présidente (Mme Dionne) : Il
n'y a pas de problème. Je cède maintenant la parole à Mme la députée de
Saint-Laurent pour un bloc de 17 min 44 s.
Mme Rizqy : Merci beaucoup,
Mme la Présidente. Bien, je comprends que la députée de Hull partage la même
préoccupation puis le même désir d'aller encore plus loin, alors je sens que,
plus tard, on aura l'occasion de l'entendre, au dernier bloc. Merci.
Je vais revenir, si vous le permettez, Mme
la Présidente, j'ai posé la question ce matin au ministre des Finances, parce
que j'ai été quand même surprise, ce matin, parce qu'à la période de questions
il y avait une motion qui a été présentée par le troisième groupe d'opposition,
par rapport aux intérêts facturés aux étudiants québécois, alors que, dans le
reste du pays, les étudiants canadiens, eux pourront continuer de bénéficier de
cette exemption. Ça a été soulevé par mes collègues qu'en ce moment c'est
7,2 %. Le député d'Hochelaga l'a mentionné en Chambre et vous a interpelée,
le député de Matane-Matapédia aussi. Nous, on est conjoints, et je pense...
oui, mon collègue est présent, Matane-Matapédia, on était conjoints.
• (17 h 10) •
Et il y a même eu un amendement qui était
soumis par le gouvernement. Généralement, il est coutume que, lorsqu'on envoie
un amendement qui est accepté... moi, je m'attendais qu'il y ait un
consentement là-dessus. Puis c'est un amendement qui dit, en gros, là, de votre
part, que l'éducation est le champ de compétences exclusif Québécois, et que,
par conséquent, oui, vous pouvez l'administrer, et, par la suite, qu'on veut
s'assurer que les intérêts restent, comme pour le reste du pays, à 0 %.
Moi, j'ai été surprise. J'ai posé la
question au ministre des Finances, et il m'a répondu de poser ma question à la
ministre de l'Enseignement supérieur. Mme la ministre, considérant la situation
actuelle avec l'inflation, le coût de la vie, les logements qui sont tout sauf
abordables, n'êtes-vous pas d'accord que, par équité, tous ceux qui ont quitté
les bancs d'école et qui, aujourd'hui, paient leurs prêts étudiants, ne
devraient-ils pas, eux aussi, bénéficier de la même exemption, qui a existé
jusqu'au mois de mars dernier, là, que ceux du reste du pays? En fait, si vous
voulez nous dire même pourquoi vous avez voté contre la motion, j'aimerais
vraiment comprendre parce qu'elle était ce qu'on appelle dans notre jargon
vanille, là, moi, je la trouvais bien bonne.
Une voix : Merci.
Mme Rizqy : Ça fait plaisir, monsieur.
Mme Déry : Alors, effectivement,
c'était une <mesure...
Mme Déry :
...Alors,
effectivement, c'était une >mesure. On avait annoncé, durant la
pandémie, la suspension des intérêts sur le programme d'aide financière aux
études, justement, pour soutenir les jeunes diplômés dans cette période un peu
difficile. Puis on a... Il y a eu plein de mesures temporaires, certaines
d'entre elles qu'on est venu pérenniser. Mais il faut comprendre un peu le
contexte en ce moment. L'endettement est beaucoup plus faible ici qu'il n'est
ailleurs dans les autres provinces. La conjoncture aussi, la conjoncture
actuelle. On est dans une période où il y a... le marché de l'emploi est
vraiment saturé, c'est-à-dire on... les jeunes sont à l'emploi, ont des
salaires qui vont avec. À l'époque, on l'avait fait parce qu'il y avait
vraiment des turbulences, parce qu'il y avait une conjoncture extrêmement
difficile. La conjoncture est différente, aujourd'hui.
La situation a vraiment changé. Bon, je
parlais du plein emploi. Je parle aussi, bon, des salaires qui sont quand même
très compétitifs. Et, de concert avec les fédérations étudiantes, on leur avait
parlé avant même de bonifier, de pérenniser la mesure de subsistance de l'Aide
financière aux études dans le budget, on en avait parlé de manière concertée
avec les fédérations étudiantes, puis on a fait le choix de venir en aide et de
venir soutenir les étudiants qui sont actuellement dans leur parcours
académique plutôt que les diplômés, donc les ex-étudiants ou, en fait, les
diplômés qui sont actuellement sur le marché du travail.
Donc, on a choisi, finalement, de
reconduire la mesure de bonification de l'AFE qui a été mise en place pendant
la pandémie. Alors, ces bonifications-là dont je parle ont été officialisées
dans le budget dernièrement, et les associations étudiantes étaient vraiment
très contentes. On m'a appelée, félicitée. En tout cas, ils étaient... ils ont
très, très bien accueilli la mesure de subsistance. C'est quand même
75 millions par année. C'est une grosse mesure. Et je remercie, puis j'ai
remercié d'ailleurs mon collègue aux Finances pour cette mesure-là. Il est tout
aussi... tout aussi sensible que nous aux enjeux que traversent les étudiants.
Et donc c'est la raison pour laquelle on a... on a fait ce choix-là.
Maintenant, je veux rappeler que les
diplômés bénéficient d'une période tampon de six mois, donc après avoir
terminé leurs études et avant de devoir commencer justement à rembourser le
prêt étudiant. Et, dans les situations les plus précaires, il y en a qui ont
des situations plus précaires, il y en a qui ont des situations financières
plus difficiles, dans ce temps-là, il est également possible de demander des
modalités de remboursement de prêts étudiants qui prend en compte justement la
situation financière de l'individu en question.
La Présidente (Mme Dionne) :
En terminant, Mme la ministre.
Mme Déry : Merci.
Mme Rizqy : Vous dites
plusieurs choses. Dans un premier temps, pour reprendre votre argumentaire,
vous dites que l'endettement des Québécois en matière de prêts étudiants est
moins élevé que le reste du pays. Soit. Mais c'est justement, si on prend la
proportion du fédéral qui devrait être transférée au gouvernement du Québec
pour couvrir justement les taux d'intérêt encourus, bien, si on est moins
endettés... bien, l'excédent, on pourrait justement le verser pour le programme
AFE. Et rien n'empêche le gouvernement à continuer à bonifier l'aide financière
aux études, là. Ça, j'en suis très contente. Il faut continuer à le bonifier.
L'objectif ici, ce n'est pas de
déshabiller Pierre pour habiller Paul, c'est d'habiller Pierre et Paul. Pierre
ayant quitté les études, présentement, a un logement à payer qui n'arrête pas
d'augmenter. Pierre qui a quitté les études a toujours son épicerie à payer. Et
ça se peut que Pierre, maintenant, ait même des enfants et des bouches à
nourrir.
Paul, quant à lui, est aux études, se cherche
encore un logement, et par la suite va commencer à travailler. Et, six mois
après avoir commencé à travailler, il devra lui aussi payer ses intérêts.
Vous avez parlé de turbulence. À l'époque,
lorsqu'il y a eu la décision de mettre sur pause des intérêts, le taux qui
était affiché, c'était 2,25 %. Aujourd'hui, le taux est à 7,2 %. Je
pense que la turbulence est pas mal plus élevée aujourd'hui qu'à l'époque.
N'êtes-vous pas d'accord?
Mme Déry : Écoutez,
comme je le disais un peu plus tôt, on est venu bonifier les enveloppes
globales de l'Aide financière aux études. Je pense qu'il n'y a pas un
gouvernement qui est venu bonifier depuis les quatre dernières années les
enveloppes à l'AFE. Et, honnêtement, les étudiants en sont très satisfaits. Il
y a eu plusieurs mesures qu'on est venu pérenniser, plusieurs mesures qu'on a mises
en place que ce soit l'augmentation des frais de subsistance, comme je parlais
un peu plus tôt, la diminution de la contribution aussi demandée aux tiers, la
diminution de la contribution demandée à l'étudiant. On est venu aussi bonifier
certaines mesures pour les parents étudiants, pour la location, l'achat de
matériel. Bref, ça a été vraiment plusieurs mesures, plusieurs hausses qui ont
été faites depuis 2021-2022. En 2022-2023 aussi, on est venu bonifier et
pérenniser certaines mesures.
Et là, maintenant, avec la mesure de
subsistance, on est capable de soutenir les étudiants, et c'est le choix qu'on
a fait. L'endettement moyen au Québec n'est pas comparable à ce qu'on peut
avoir ailleurs dans les... dans les provinces. L'endettement moyen ici est de <11 000 $...
Mme Déry :
...de >11 000 $.
Donc, il est beaucoup plus faible. Et donc, avec les mesures de bonification et
l'aide financière que nous avons, on juge que... on a fait le choix, en fait,
de venir soutenir les étudiants plutôt que de venir octroyer ces sommes-là aux
diplômés.
Et juste... je vous disais tout à l'heure
qu'il y a des... il y a des moyens, c'est-à-dire ils ont la possibilité de
rembourser après six mois et ils ont la possibilité aussi d'avoir des
aménagements. Donc, on est très flexibles en termes de programme de
remboursement ou, enfin, la manière dont ils vont rembourser, le temps qu'ils
vont... qu'ils vont... qu'ils vont avoir. Il y a des programmes pour ça. On est
très sensibles aux étudiants dans les situations qui sont précaires. Et je vous
dirais que c'est environ, juste pour vous rassurer, 90 % des étudiants qui
remboursent, donc, directement auprès des institutions financières, qui n'ont
pas de difficulté liée à leur dette, c'est quand même 90 % des étudiants
qui remboursent.
Donc, sachant un peu...
La Présidente (Mme Dionne) : ...Mme
la ministre.
Mme Déry : ...sachant le
portrait, considérant le portrait actuel et la conjoncture actuelle, bien, on a
décidé justement de faire ce choix-là puis de venir pérenniser à
75 millions par année les frais de subsistance.
Mme Rizqy : Mme la ministre,
ils n'ont pas le choix de rembourser. Puis, même s'ils voulaient faire
faillite, la dette ne s'efface pas. Donc, c'est sûr qu'ils vont rembourser. Mais
c'est à quel coût qu'ils vont rembourser? C'est ça, la question. Est-ce que
nous, au Québec, on trouve ça équitable, qu'un étudiant qui termine ses études
doit payer 7,2 % d'intérêt versus un étudiant dans le reste du pays? Moi,
je ne trouve pas ça équitable du tout.
Si je comprends bien, en ce moment, là,
c'est 813 millions que le gouvernement Trudeau a investi. La part du
Québec est présentement de 187 millions et... par la suite, ça sera
520 millions de dollars, que la mesure coûte par année, et donc, par
année, ça sera environ 130 millions de dollars pour le Québec. Vous
dites que vous mettez 75 millions. Si je fais le calcul rapide, il manque
de l'argent, là, qui n'est pas transféré. Alors, pourquoi cet argent-là n'est
pas utilisé pour les prêts étudiants?
Deuxième question : Comment coûterait
la mesure pour s'assurer que tous les étudiants québécois, lorsqu'ils terminent
leurs études, n'ont plus besoin de payer d'intérêts? Et j'ajoute la chose à
votre réflexion : qui ne paie pas de dettes s'enrichit et qui paie de
l'intérêt reste pauvre.
Mme Déry : Alors,
j'entends... j'entends cette revendication-là, mais encore une fois j'aimerais
répéter que ça a été fait de concert avec les associations étudiantes. On en a
discuté longuement. J'ai fait partie de ces échanges-là, et donc je... c'est...
on a fait le choix justement de pérenniser certaines mesures plutôt que de
venir... que de venir... que de venir ajuster, bon, les taux d'intérêt puis
éliminer les taux d'intérêt.
Ceci dit, pour moi, ce qui est équitable,
vous parlez d'iniquité, mais ce qui est équitable, c'est l'accessibilité à
l'enseignement supérieur. Pour moi, c'est ce qu'il y a de plus important. On a
quand même investi des sommes colossales en aide financière aux études quand on
se compare à d'autres provinces, c'est plus de 1 milliard de dollars de
programmes. C'est un programme extrêmement généreux, un programme dont je suis
fière ici, au Québec. Et c'est un programme qui vient en aide aux étudiants, et
qu'on modifie, et qu'on ajuste continuellement. On l'a fait pendant la
pandémie. On va continuer de le faire si les besoins sont nécessaires.
Et, pour les étudiants, les diplômés qui
sont, justement, pris un peu à la gorge, si c'est... si c'est le cas, il y a
quand même 90 % des étudiants qui remboursent, je veux le répéter, mais
pour ceux qui ont des situations plus précaires ou des situations plus
particulières, ils ont cette possibilité-là d'avoir un plan de remboursement
plus flexible.
Mme Rizqy : Ça coûte combien,
la mesure, si on voulait l'appliquer pour les Québécois qui ont terminé leurs
études et qui ne sont pas représentés par les associations étudiantes, ils ne
sont plus des étudiants actifs, là?
Mme Déry : Je n'ai pas cette
information-là, je n'ai pas... On n'a pas fait ce calcul-là. Donc, je n'ai pas
cette information là à vous donner. Je ne sais pas si...
• (17 h 20) •
Mme Rizqy : Vous pouvez le
faire, parce qu'il me semble que c'est quand même impératif pour prendre une
décision de savoir combien que la mesure coûte, dans un premier temps. Dans un
deuxième temps, si la somme transférée par le gouvernement Trudeau... le Québec
aurait le droit, présentement, à 187 millions, puis vous dites que vous
investissez... vous avez investi 75 millions pour le programme AEF à
partir de ces montants-là, bien, moi, je vois qu'immédiatement, 187 moins
75 millions, vous avez plus qu'une centaine de millions de dollars de
marge de manoeuvre. Et ma compréhension, c'est qu'on aurait amplement la marge
de manoeuvre pour couvrir l'ensemble des intérêts sur les prêts étudiants des
étudiants qui ont gradué...
Mme Déry : C'est un ensemble
de mesures. On a 1 milliard de programmes. C'est un ensemble de mesures.
On ne s'est pas assis pour dire : On va... On s'est assis pour se
concerter, pour savoir quelles sont les mesures...
Mme Rizqy : ...vous avez dit
que vous l'avez bonifié de 75 millions.
Mme Déry : Mais c'est un
ensemble de mesures à l'Aide financière aux études. Il y a un ensemble de
mesures, là, il n'y a pas juste cette mesure de frais de subsistance qu'on est
venu bonifier. Il y a un ensemble de mesures. Je parlais des pensions
alimentaires tout à l'heure. Ça aussi, c'est de l'aide financière. On est venu
augmenter le seuil de contribution des parents également. Donc, il y a
plusieurs mesures, diminution de l'endettement des étudiants parents aussi. Il
y a plusieurs mesures qui ont été bonifiées au fil du temps et on a fait le
choix de bonifier cette mesure-là puis d'en arriver à ce choix-là pour le
budget de cette année.
Mme Rizqy : Les bonifications
ne datent pas d'hier pour l'Aide financière aux <études...
Mme Rizqy :
...pour
l'Aide financière aux >études. Ça... On a toujours continué à augmenter
et à bonifier, ce qui est très bien. Mais tantôt vous avez dit qu'à partir des...
de la nouvelle du gouvernement Trudeau vous avez décidé d'investir un
autre 75 millions de dollars. Or, le calcul est le suivant. Si le gouvernement
Trudeau investit à partir de maintenant, cette année 1, 813 millions,
la part du Québec, c'est 23 %, donc, 187 millions. Par la suite,
c'est 520 millions par année, et la part du Québec sera 127 millions.
Moi, je vois qu'il y a un différentiel important entre 187 versus
75 millions que vous investissez, donc il resterait environ
112 millions de dollars sur la table. Ce 112 millions de dollars, je
ne comprends pas pourquoi qu'on ne l'investit pas pour les étudiants qui ont
gradué.
Vous dites que le programme a plein de
mesures. Qu'est-ce qui nous empêche d'aussi couvrir les ex-étudiants? Et, si je
comprends bien, vous n'avez rencontré aucun ex-étudiant, et aussi je sais de
source sûre qu'il n'y a eu aucune plainte d'ancien étudiant qui s'est dit :
Moi, je veux payer des intérêts. Remettez ça en place. Les gens, au contraire,
ont bien accueilli la mesure où est-ce qu'il y avait... il y a un congé
d'intérêt.
Mme Déry : Écoutez, je
peux vous assurer que la décision, ça n'a rien à voir. Là, on lit... on lit des
choses qui ne se lisent pas du tout. Ça veut dire... On n'a pas... je n'ai pas
pris... on n'a pas pris la décision de venir pérenniser les frais de
subsistance aux dépens de la diminution des taux d'intérêt ou du retrait des
taux d'intérêt suite à la décision fédérale. On a pris cette décision bien
avant que le fédéral arrive avec cette proposition-là. Donc, la décision, elle
est prise de manière globale sur une enveloppe globale.
Puis je le répète, c'est des étudiants qui
sont sur le marché du travail aujourd'hui, c'est-à-dire ils ne sont plus
étudiants, là. Ils ont un statut de diplômé. Et je pense que, dans la
conjoncture actuelle, c'est le choix que nous avons fait dans la conjoncture
actuelle. S'il fallait que la conjoncture change, comme ça a été le cas pendant
la pandémie, on va peut-être revenir là-dessus. Je ne le sais pas. On l'a fait
pendant la pandémie, sur une conjoncture plus difficile.
Mme Rizqy : Bien, Mme
la... Non.
Mme Déry : Donc, je
pense qu'il faut...
Mme Rizqy : Non, non,
non, au contraire...
Mme Déry : Je pense...
Mme Rizqy : ...durant la
pandémie... durant la pandémie, le taux d'intérêt est à 2,25 % d'intérêt.
Durant la pandémie, là, ça a... c'était 2,25 %, puis on a mis ça sur
pause. Aujourd'hui, on est à 7,2 %, puis on a quand même gardé plusieurs
emplois, là.
Je vous donne un exemple, là. Il y a des
gens qui terminent même un bac en droit, qui ont des trentaines de milliers de
dollars, mais qui ne font pas d'argent, là. Ce n'est pas vrai, que tous les
avocats, quand qu'ils graduent, ils font un paquet d'argent. Il y en a
beaucoup, là — parlez-en à ceux qui font de l'aide juridique, là — qu'ils
ont à peine les moyens d'arriver, là. Puis je peux vous parler aussi des
enseignants qui graduent. Il y en a qu'ils ont aussi des prêts étudiants puis,
avec le salaire, même s'il a été bonifié, bien, ils n'arrivent pas. Alors, ce
n'est pas parce qu'on a maintenant un emploi que, tout à coup, l'inflation ne
nous affecte pas.
Et moi, je trouve qu'entre 2,25 %
versus 7,2 %, c'est beaucoup trop. Et j'irais même plus loin, Mme la
ministre. En ce moment, là, pourquoi qu'on ne regarde pas du tout, là, au
complet, là, le système de prêts et bourses? Parce que moi, je ne comprends
pas, là. Les seuls qui font de l'argent là-dedans, c'est les banques, là.
Mme Déry : Évidemment,
le contexte et la conjoncture n'est plus la même que la conjoncture qu'on a
connue il y a quelques années, où, évidemment, les revenus étaient menacés. On
considère quand même que la conjoncture actuelle, c'est... c'est le plein
emploi. Je parlais, tout à l'heure, du plein emploi, c'est le plein emploi.
Donc, je juge que ces diplômés-là sont sur le marché du travail avec des
salaires compétitifs. On a fait le choix de venir... de venir soutenir les
étudiants qui sont en parcours académique. Puis, comme je le répète, on a quand
même un programme qui est très flexible pour des gens en situation
particulière. 90 % des diplômés remboursent leurs dettes. Alors, il y a
quand même 90 % d'étudiants, de diplômés qui sont sur le marché du
travail, qui remboursent leurs dettes. On a fait le choix de venir soutenir les
étudiants qui sont actuellement dans le parcours académique.
Mme Rizqy : Mais, Mme la
ministre, je vous l'ai déjà dit, les étudiants n'ont pas le choix de rembourser
leurs prêts étudiants. Quand bien même qu'ils ne voudraient pas, là, ils sont
liés. Ils ont une obligation légale. Même s'ils font faillite, ils sont obligés
de la payer, ça ne s'efface pas. Donc, moi, là, c'est au niveau de l'iniquité,
là. Vous, en votre âme et conscience, vous êtes correcte qu'il y a un deux poids,
deux mesures pour les anciens étudiants, les gradués, entre les étudiants
gradués québécois puis les étudiants gradués canadiens? Vous êtes confortables
avec ça?
Mme Déry : Moi, pour
moi, l'équité, c'est l'accessibilité aux études d'enseignement supérieur. Pour
moi, c'est ça être équitable. Alors, on a fait le choix de venir soutenir les
étudiants en ce moment, de par le contexte actuel. Écoutez, l'aide moyenne, en 2023,
est de 10 747 $. C'est une augmentation de 20 % en quatre ans.
Je pense qu'il n'y a pas un gouvernement qui a autant investi dans l'aide
financière aux études. Et le but, encore une fois, c'est de venir soutenir les
étudiants qui sont dans leur parcours académique. Ça ne veut pas dire qu'on
délaisse les diplômés, ça veut juste dire qu'il y a un choix qui a été fait. Et,
ce choix-là, on l'a fait de manière judicieuse, de concert avec les
associations étudiantes, encore une fois.
Mme Rizqy : Impossible.
Si vous le permettez...
Mme Déry : Et on y a
investi beaucoup, beaucoup d'argent. C'est un programme des plus généreux. On a
aussi des droits de scolarité qui sont les plus faibles en Amérique du Nord. Il
faut considérer un peu tout ça, toutes les mesures qui ont été bonifiées au
cours des dernières <années...
Mme Déry :
...des
dernières >années pour ce programme-là.
Mme Rizqy : ...Mme la
ministre, vous ne pouvez pas me dire que ça a été fait de façon judicieuse si...
Il y a à peu près cinq minutes, je vous ai demandé si vous avez quantifié
combien coûterait la mesure, vous m'avez dit que vous ne le saviez pas.
La Présidente (Mme Dionne) : C'est
maintenant le temps de clore cette discussion. On y reviendra.
Donc, je cède maintenant la parole au
deuxième groupe de l'opposition, M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Merci, Mme la
Présidente. Rebonjour, Mme la ministre. Restons sur... j'aime ça continuer sur
le sujet de ma prédécesseure, sur la question des gels de taux d'intérêt. Quand
on est arrivés ici, là, en décembre pour la courte session parlementaire, le
gouvernement s'est empressé... puis on ne s'y est pas opposés, à déposer un
projet de loi, là, pour clarifier les hausses de tarifs parce que c'était
l'inflation partout, puis c'était un moment difficile. Puis on a tous, je
pense, adopté ce projet de loi là dans... avec sérieux et rapidité.
Puis, dans ce projet de loi là, il y avait
une référence aux frais de scolarité. C'est une bataille qu'on avait menée avec
votre prédécesseure au même moment l'an dernier, pour ne pas qu'il y ait une
hausse incroyable de frais de scolarité qui soit appliquée, en fonction de la
dynamique, là, de hausse automatique, là, qui était mise en place par le
gouvernement du Parti québécois en 2013. Dans ce projet de loi là, vous
avez décidé de fixer à 3 % les hausses de frais de scolarité jusqu'en 2026.
Vous avez fait ce choix-là. Vous avez dit : Là, l'inflation, là, dans
notre méthode de calcul, ça augmenterait les frais de scolarité, de mémoire,
c'est jusqu'à 7 % ou 8 %, donc des chiffres trop forts, trop
difficiles à supporter dans le contexte actuel. Puis vous avez dit : On va
barrer ça à 3 % jusqu'en 2026, donc pour les trois prochaines
années, ne sachant pas exactement quel va être le portrait économique ou de
l'inflation. Vous avez dit : C'est dans la loi, 3 % jusqu'en 2026.
Pourquoi avoir ramené les taux d'intérêt de l'AFE à 7,2 % dès cette année?
Mme Déry : Alors,
effectivement, on a gelé les droits de scolarité, on a indexé, ça, ça faisait
partie du bouclier anti-inflation de mon collègue aux Finances. En fait, comme
gouvernement, on avait pris cet engagement. Donc, effectivement, les droits de
scolarité sont gelés jusqu'en 2026, puis éventuellement on verra. Je n'ai
aucune intention d'augmenter les droits de scolarité. Soyez rassurés. Mais,
encore une fois, je pense qu'on est venu aider et soutenir les étudiants de la
meilleure façon possible au cours des dernières années, que ce soit dans le
contexte de la pandémie, que ce soit après la pandémie.
On regarde aussi l'Aide financière aux
études, on regarde le programme aussi, on regarde de quelle manière on peut le
bonifier. Il y a de... de voir de quelle manière on peut mieux cibler les
étudiants qui sont dans le besoin. Est-ce qu'il y a des changements qu'on peut
faire? Est-ce qu'il y a des scénarios qu'on peut regarder pour bonifier tout
ça, même bonifier la manière dont ça fonctionne aussi? On a eu quand même pas
mal de retours et de suggestions de la part des fédérations étudiantes, et je
m'en inspire. Et puis on travaille conjointement avec le ministère de
l'Enseignement supérieur à savoir s'il y a une façon de bonifier ces
programmes-là.
Mais, pour l'instant, je vous le dis,
c'est un programme extrêmement généreux. C'est un programme qui, tant qu'à moi,
est équitable. Pour moi, l'important, c'est l'accessibilité aux établissements
d'enseignement supérieur et l'accessibilité des étudiants à l'enseignement
supérieur. Alors, je pense que je suis très à l'aise avec les choix que nous
avons faits dans les conditions actuelles puis dans la conjoncture actuelle.
• (17 h 30) •
M. Leduc : ...Vous, vous avez
certainement fait partie de la discussion avec votre collègue des Finances pour
le fameux projet de loi ou on vous a certainement consultée pour dire comment
on fonctionne avec les taux d'intérêt puis le pourcentage d'augmentation des
frais de scolarité, dans un contexte d'inflation et de vie chère. Vous avez dit :
On met ça à 3 % pour trois ans, puis là, quelques mois après, vous
vous revirez de bord puis vous dites : Les taux d'intérêt qui étaient présents
à 0 % pour les... pour l'AFE, on le met à 7,2 %. Il n'y a pas là une
incohérence impressionnante?
Mme Déry : Écoutez, je vais
vous dire d'emblée que les intérêts sont quand même déductibles d'impôt. Donc,
il faut quand même considérer ça. Encore une fois, le taux d'endettement moyen
est à 11000 $.
La conjoncture actuelle fait en sorte que, justement, les diplômés, les
étudiants qui sont actuellement sur le marché du travail ont des revenus plus
élevés vu la conjoncture actuelle. Ceux qui ne sont pas capables de payer, de
payer leur dette, on est en mesure de les aider, de les soutenir et de venir
leur offrir, si vous voulez, un parcours de remboursement plus facile et plus
simple pour ceux qui sont dans le besoin.
Mais, encore une fois, c'est le choix que
nous avons fait. Et je pense que les choix que nous avons faits sont venus
bonifier. Il n'y a pas un gouvernement qui est venu bonifier ce programme-là
autant que nous l'avons fait depuis les quatre dernières années. Alors, je suis
très fière de pouvoir dire qu'aujourd'hui on soutient les étudiants, on
soutient le parcours académique. Je m'engage, évidemment, dans tout ce qui est
accessibilité à l'enseignement supérieur, et ce sont les choix que nous avons
faits.
M. Leduc : Restons sur l'Aide
financière aux études, le gouvernement fédéral a annoncé, là, des
investissements impressionnants pour abolir les frais de scolarité, là... «les
frais de scolarité», pardon, les taux d'intérêt. Ça implique qu'il y aura un
montant, on imagine, qui sera dédié au Québec, considérant qu'on a notre propre
régime. Où en est rendue, la négo avec le gouvernement fédéral à ce sujet?
Mme Déry : Écoutez,
effectivement, le Québec administre son propre programme de prêts et bourses
puis on demande, évidemment, la pleine compensation...
17 h 30 (version révisée)
Mme Déry : ...bourse, puis on
demande évidemment la pleine compensation. Puis on demande la pleine
compensation, puis on va la demander. Je pense qu'il y a toujours des
discussions qui sont en cours, mais encore une fois, c'est la prérogative du gouvernement
du Québec de voir de quelle manière il dirige... de quelle manière sera dirigé,
évidemment, les montants en question. C'est eux qui vont évaluer quelles
mesures ils considèrent appropriées dans la conjoncture. Mais, effectivement, c'est
un programme que nous a administrons au Québec, puis on en a pleine
juridiction, puis on va avoir pleine compensation également.
M. Leduc : Vous revendiquez
quel montant?
Mme Déry : Bien, pour l'instant,
je n'ai pas cette information-là sous les yeux. Je peux toujours la demander.
Je ne sais pas c'est quel montant exact. Je ne veux pas vous induire en erreur
non plus, mais on peut prendre ça en délibéré puis vous revenir avec le
montant.
M. Leduc : Vous allez nous l'acheminer.
Parfait. Est-ce que vous pouvez nous garantir que l'entièreté de la somme que
vous allez aller chercher… On verra c'est quoi la somme exacte que vous
demandez et la somme exacte que vous obtiendrez. Mais est-ce qu'on peut nous
garantir aujourd'hui que l'entièreté de cette somme soit investie dans le l'AFE?
Mme Déry : Écoutez, comme je
le disais tout à l'heure, je ne peux rien vous garantir. Moi, c'est la
prérogative du gouvernement du Québec d'orienter ces montants-là vers des
mesures qu'il juge appropriées ou les plus appropriées dans le contexte actuel.
Ce que je peux vous dire, c'est que je vais toujours me battre pour les
étudiants puis pour l'AFE. C'est ce que j'ai fait pour le budget. C'est ce que
j'ai fait. C'est quand même une grosse mesure. Ce n'est quand même pas rien d'avoir
75 millions par année. C'est une grosse mesure, c'est parmi une des plus
grosses mesures justement à l'enseignement supérieur parce que c'est un gros
levier. Alors, je vais toujours me battre pour soutenir les étudiants, pour m'assurer
qu'ils aient accès, mais comme je vous dis, c'est la prérogative du
gouvernement...
M. Leduc : Mais c'est vous,
le gouvernement. C'est à vous de...
Mme Déry : ...d'orienter. C'est
la prérogative du gouvernement du Québec dans l'ensemble, d'orienter ces
mesures-là dans... d'orienter ces montants-là vers des mesures qu'ils jugent
appropriées.
M. Leduc : Donc, à défaut d'une
garantie de votre part, aujourd'hui, ce montant-là pourrait se retrouver dans
le fonds consolidé, puis se ramasser, par exemple, à payer une autre étude sur
le nouveau troisième lien, par exemple.
Mme Déry : C'est la
prérogative du gouvernement d'orienter ces mesures-là.
M. Leduc : C'est possible que
ça arrive.
Mme Déry : Mais moi, comme je
vous l'ai dit, je vais m'assurer que ces montants-là…
M. Leduc : OK.
Mme Déry : ... je vais m'assurer
de toujours soutenir les étudiants dans la... de la meilleure façon possible,
comme on le fait puis comme on va continuer à le faire.
M. Leduc : Revenons un
instant sur les bourses Perspective. Je sais que ce vendredi 5 mai, c'est
la Journée internationale des sages-femmes. Est-ce que je me trompe? Je vois
les gens en arrière. Je ne me trompe pas. Parfait. Bien, je veux le saluer d'abord,
pour... On a la chance d'avoir ça, ici au Québec, un beau programme.
J'en reviens sur la question des coûts.
Vous savez, Mme la ministre, à ma compréhension, là, elles ne sont pas
particulièrement nombreuses, les étudiantes en sage-femme. On m'a parlé d'à peu
près 80 étudiantes. Je féminise pour des raisons évidentes. Ça ne
coûterait pas énormément cher de les rajouter dans la bourse Perspective.
Est-ce que vous ne pourriez pas leur donner un petit signe avant-coureur ou une
bonne nouvelle en ce 5 mai, dans deux jours, qui est la Journée
internationale des sages-femmes?
Mme Déry : Écoutez, je ne
prendrai pas cet engagement aujourd'hui parce que je n'ai pas... je n'ai pas le
portrait global de ce que me donnent les bourses Perspective, que ce soit pour
des formations qui coûtent plus cher ou qui coûtent moins cher, ou enfin, bref,
s'il y a le nombre d'étudiants, puis ce n'est pas là-dessus, je me base
vraiment sur le portrait global et je peux vous assurer qu'on va… qu'on va discuter
avec les étudiants qui sont ici aujourd'hui. Les formations qu'on nous demande
d'ajouter, je le sais très bien que ce sont des formations qu'on a demandé d'ajouter
déjà l'année dernière, mais il faut comprendre que ce programme-là a été
déployé en septembre. Donc, on est tous de bonne volonté puis de bonne foi, j'ai
vraiment l'intention de regarder, de faire un peu le portrait de la situation
avant de m'engager à faire des promesses.
M. Leduc : D'accord.
Mme Déry : Mais j'ai la ferme
volonté de regarder un petit peu toutes ces formations-là. Comme je vous le
disais, il y a...
M. Leduc : Mais parlons-en
justement de réviser ça. Quels seront vos critères, là, pointus, exacts pour
réviser? Sur quoi vous allez vous baser?
Mme Déry : Bien, j'imagine qu'on
va me donner tous les chiffres de... le nombre d'inscriptions. Je pense que le
nombre d'inscriptions, c'est quand même un indicateur qui est important, à
savoir le nombre d'inscriptions, à savoir évidemment si on avait réussi à
compléter ou non les devis, c'est-à-dire, je veux savoir si les cohortes ont
réussi à augmenter. Il faut savoir de qui... La tendance, elle est quand même à
la hausse, la tendance est quand même positive. Ça fait que je suis très, très
positive par rapport à ces bourses-là. Ce sont des bourses qu'on doit
absolument garder. C'est un gros programme qui est en place, mais il va
falloir... Il y aura certainement des ajustements vu que c'est nouveau.
M. Leduc : OK. Au moment où
on se parle, par contre, ces critères-là ne sont pas définis. C'est ce que je
comprends?
Mme Déry : Non, pas tout à
fait, mais on monitore de manière continue parce que, dans le fond, il y avait
un délai du 1er mars, notamment, pour... pour les cégeps, puis pour les
formations. Donc, on attend de voir au moins d'avoir un trois sessions
complétées pour que je puisse savoir un peu où est-ce qu'il faut intervenir où
est ce qu'il faut ajuster ou changer les choses.
M. Leduc : Parce que tantôt
on parlait d'essayer d'avoir terminé cet exercice-là avant décembre. Alors, j'imagine
que si les critères ne sont pas encore attachés, il va falloir que ça soit
attaché bientôt si on veut faire l'exercice, là.
Mme Déry : Absolument. Mais
on est là-dessus.
M. Leduc : OK.
Mme Déry : On est en train de
regarder justement de quelle manière, puis on... J'ai déjà... J'ai déjà fait
intervenir aussi mes collègues d'autres ministères pour savoir un peu les
formations qu'ils souhaiteraient prioriser. Ça dépend aussi de la rareté de
main-d'œuvre dans certaines formations. Mais pour vous... pour vous revenir sur
les étudiantes en sage-femme qui sont ici aujourd'hui, puis merci d'être là, on
a parlé avec l'ordre. J'ai mes collègues qui me confirment qu'on a parlé avec l'ordre
et qu'on a un rendez-vous qui est à venir. Donc, ça aussi, on est quand même à
l'écoute de ces...
M. Leduc : Parfait. Parce que
vous mentionnez que vous avez... je sais que vous en avez rencontré, il y en a
certains que oui puis il y en a d'autres que non < ...
M. Leduc :
...en
avez rencontré, je sais qu'il y en a certains que oui puis
il y en a d'autres
que >non. Ça fait que ça serait peut-être ma dernière question sur ce...
sur ce sujet-là : Est-ce que vous vous engagez à aller rencontrer
l'ensemble des associations des gens qui sont venus ici?
Mme Déry : Absolument. Moi,
je n'ai aucun problème à rencontrer ces gens-là. Absolument.
M. Leduc : Parfait. Bien,
merci. Dernier... dernier segment qu'il me reste, je veux parler du financement
des bourses de recherche et de la question de la langue française dans la
recherche. On a appris, ce matin, là, qu'il y a une proportion énorme de
subventions, notamment du fonds fédéral sur la recherche, qui est dédiée à des
projets rédigés en anglais. Je sais que vous n'avez pas un contrôle là-dessus du
tout comme ministre de l'Éducation supérieure. Ma question, elle est double.
Est-ce que ça vous inquiète, d'une part et ensuite, j'assume que votre réponse,
c'est oui, mais ensuite, qu'en est-il des fonds de recherche que vous gérez?
Mme Déry : Bien, d'abord,
est-ce que c'est préoccupant? Ce l'est, extrêmement préoccupant. Écoutez, il y
a plusieurs articles qui sont sortis, pas seulement ce matin, là, ça fait déjà
un bon bout de temps que publiquement... et en même temps, il y a plusieurs
acteurs qui se mobilisent pour essayer un peu de régler l'enjeu. C'est un peu
un grand mot. «Régler», c'est un grand mot, parce que l'anglicisation de la
science est en pleine croissance dans les publications scientifiques. Alors,
évidemment, tout le monde est préoccupé par ça. J'en ai parlé non seulement
avec les recteurs des universités francophones, dont l'UQ, dont M. Jutras.
D'ailleurs, on participait ensemble, la semaine dernière, au sommet organisé
par les FRQ, les Fonds de recherche du Québec, au sommet sur la science en
français, et il y avait plusieurs experts de partout à travers la francophonie.
Il y avait des recteurs de chez nous, il y avait Alexandre Cloutier également,
le président de l'Université du Québec, qui sont venus, évidemment, témoigner
du fait que c'est un enjeu, puis il faut absolument mettre les bouchées
doubles, les bouchées triples pour être capable de freiner un peu tout ça.
La Présidente (Mme Dionne) : En
conclusion, Mme la ministre.
Mme Déry : Mais on a posé des
gestes, il en reste à faire, mais on finance, évidemment, les FRQ en ce sens-là,
puis on veut s'assurer que la science en français demeure puis que ça demeure
un écosystème qui soit vraiment...
La Présidente (Mme Dionne) : Merci,
merci.
Mme Déry : ...qui soit
vraiment en croissance.
M. Leduc : Ma compréhension,
c'est justement que les FRQ, on peut... c'est suggéré fortement de déposer les
demandes de subventions en français en priorité mais qu'on peut le faire en
anglais. N'y aurait-il pas là lieu de dire : Non, pour le FRQ, pour
inverser cette tendance-là, les outils sur lesquels on a le plein contrôle, ça
devrait être uniquement en français?
Mme Déry : Écoutez, je peux
toujours m'informer. Oui, c'est vrai que c'est... on a la possibilité de le
faire en anglais. Ceci dit, on finance beaucoup les FRQ pour soutenir,
justement, les revues scientifiques qui publient des articles scientifiques
québécois en français. On finance à peu près... je pense qu'on a certains
montants, dont un 600 000 $ sur deux ans, mis à part les autres
initiatives, mais c'est une avenue qu'on peut regarder, effectivement.
M. Leduc : Donc, on va… on
pourrait se reparler d'un... d'un lieu, ou quelque chose, mais on pourrait...
on pourrait évaluer le fait de dire : Non, les FRQ, ça va être uniquement
en français que ça va se passer.
Mme Déry : Bien, écoutez, je
vais l'informer auprès de mes collègues parce que ça ne relève pas non plus du
ministère de l'Enseignement supérieur, les FRQ. Je collabore beaucoup avec les
FRQ parce qu'évidemment, la recherche, on la finance beaucoup, mais je vais
m'informer auprès de mes collègues de d'autres ministères concernés par tout
ça, puis on verra, mais je prends... je prends votre...
M. Leduc : Mais l'idée vous
semble suffisamment pertinente pour dire qu'on va la creuser?
Mme Déry : Bien, j'aimerais
ça, moi, pouvoir la creuser.
M. Leduc : Parfait.
Mme Déry : Oui, je vais
soulever... je vais soulever l'idée.
M. Leduc : Justement, pour la
creuser, est-ce que vous avez des chiffres sur la distribution des montants du
FRQ actuellement en matière de langue anglaise et française?
Mme Déry : Je n'ai pas ça
sous la main. Moi, j'ai ce qu'on finance, ce qu'on donne au FRQ pour,
évidemment, faire faire la promotion, l'ACFAS, et compagnie, mais je n'ai pas
les données... les données de la science en français réparties par... On les
a-tu, les données?
Une voix : ...
M. Leduc : Vous pourrez nous
les transférer, j'imagine, plus tard.
Mme Déry : Absolument.
M. Leduc : Parfait. Bien,
dans les quelques minutes...
Une voix : ...
M. Leduc : Dans la minute qu'il
me reste, on a parlé de bourses, il y a la bourse Parcours qui vise à
régionaliser un peu, là, les étudiants, étudiantes. Pouvez-vous nous faire un
bilan de la bourse Parcours? Est-ce que ça va être reconduit dans les futurs
budgets? Une forme de bourse à la mobilité, là, pour les cégeps en région, est-ce
que c'est un programme qui fonctionne?
Mme Déry : Oui.
M. Leduc : Est-ce que vous en
faites une évaluation positive? Est-ce que ça va être reconduit?
Des voix : ...
• (17 h 40) •
Mme Déry : Oui. Bien, en
fait, oui, ça fonctionne très bien, puis on l'a vu, il y a eu quand même un
engouement pour les bourses Parcours. Puis ça nous permet, évidemment, d'avoir
une certaine mobilité étudiante à travers les régions. Elle sera reconduite,
cette mesure-là. Je ne sais pas si j'ai les chiffres sous les yeux. Bien...
Une voix : ...
Mme Déry : …on va monter, donc
je vois quand même que le nombre de bénéficiaires de cette bourse-là va grimper
au cours des prochaines années. Donc, effectivement, il n'en est pas question
qu'on la retire, elle est même planifiée ici. 2022‑2023, on était à 700. On a
des cibles un peu plus grandes, jusqu'à 2026‑2027, on va aller jusqu'à
4 000. Donc là, là quand même, il y a quand même une volonté de continuer
avec cette bourse Parcours. Ça a eu vraiment un excellent résultat, des
résultats très positifs, puis c'est toujours très bon de pouvoir avoir cette
mobilité-là. Il y a des fois...
La Présidente (Mme Dionne) : ...ministre.
Mme Déry : Oui. Donc, on
continue, on maintient la... on maintient la bourse Parcours.
M. Leduc : Je profite des
trois secondes qui me restent pour dire : Il va falloir régler la crise du
logement aussi, parce que c'est beau d'avoir une bourse mobilité, s'il n'y a
pas de logement, ça ne sert à rien.
La Présidente (Mme Dionne) : Merci
beaucoup, c'est tout le temps qu'on <avait. Merci.
La Présidente (Mme Dionne) :
...merci
beaucoup, c'est tout le temps qu'on>avait. Merci.
M. Leduc : Merci.
La Présidente (Mme Dionne) : Je
cède maintenant la parole au député de Matane-Matapédia pour un bloc de
14 min 40 s.
M. Bérubé : Merci, Mme la
Présidente. Les collègues du Parti libéral et de Québec solidaire ont fait
référence à la motion que j'ai présentée aujourd'hui pour soutenir les
étudiants qui doivent faire face à une hausse de 7,2 % du taux d'intérêt,
hausse soudaine.
Je veux quand même rappeler à la ministre
qu'une organisation éminemment respectable qui s'appelle Force Jeunesse, qui a
déjà été présidée d'ailleurs par son collègue-ministre, député de Chambly, et
par le directeur de cabinet du premier ministre, M. Koskinen, a averti
le gouvernement que la baisse d'impôt n'allait pas favoriser les jeunes. Ceux
qui paient le moins d'impôt, c'est les jeunes. Alors, je me suis dit probablement
que le gouvernement veut se reprendre en favorisant le pouvoir d'achat des
jeunes, la capacité de bien vivre. Mais non, parce que c'était une occasion
aujourd'hui de le faire. Alors, je veux saluer le travail de Force jeunesse
qui, pendant des années, a été assez près des revendications de la CAQ, mais
c'est une époque qui est révolue, je vous le confirme.
Je reviens sur McGill, il y a un lien là.
Une voix : ...
M. Bérubé : Qu'est-ce que
vous avez dit?
Une voix : Vous me prêtez des
intentions.
M. Bérubé : Bien, si... je ne
pense pas que ce soient des intentions, mais vous prendrez ça sur votre temps
avec vos questions.
La Présidente (Mme Dionne) : On
revient à l'ordre, s'il vous plaît. Soyons vigilants dans nos propos pour ne
pas prêter d'intentions.
M. Bérubé : Je vous invite à
regarder à droite.
La Présidente (Mme Dionne) : Donc,
merci, continuez.
M. Bérubé : Alors, concernant
McGill qui est une université déjà bien nantie, je vais donner un exemple très
concret. Parmi 18 universités au Québec et centres universitaires, il y en
a une qui va chercher 33,8 % des fonds consacrés à la recherche par le fédéral.
Savez-vous c'est laquelle? Sur 18, il y en a une qui va chercher le tiers, l'Université
McGill. Le tiers, c'est énorme. 33,8 % pour 2021‑2022.
En comparaison, l'Université de
Montréal : 13 %; l'Université de Sherbrooke, d'où est diplômée ma
collègue du Parti libéral, 7,7 %; l'UQAM, 4,6 %. Alors je ne sais pas
si la ministre trouve que c'est acceptable qu'une des universités anglophones
va chercher 33 % des fonds de recherche sur le territoire.
Et ma question : Si on veut corriger
ça totalement — bien, là, je parle des fonds consacrés par le
fédéral, évidemment — est-ce que la ministre a fait des démarches
pour rapatrier les fonds des programmes fédéraux de recherche pour les confier
au Fonds de recherche du Québec?
Mme Déry : Écoutez, concernant...
Bien, pour répondre à votre question, ce sont des fonds fédéraux.
M. Bérubé : Oui.
Mme Déry : Nous, on a quand
même la capacité d'intervenir, la capacité de changer les choses, puis la
capacité de soutenir nos établissements francophones, puis ça fait partie, pas
juste d'une préoccupation, d'une grande priorité.
On a vu au cours des derniers jours, M. le
député de Matane, on a vu au cours des dernières semaines, plusieurs articles
qui sont sortis, de toutes sortes, de toutes parts, concernant les étudiants
internationaux, concernant le financement des institutions francophones
comparativement à des institutions anglophones. J'ai... Comme je l'ai dit
publiquement, j'ai la ferme intention de regarder tout ça dans le cadre de la
révision de la Politique de financement des universités. C'est vraiment ma
ferme intention. Je pense que j'ai accordé plusieurs entrevues là-dessus, pour
que, justement, on s'y attarde… on s'y attarde et qu'on soit là, justement,
pour valoriser le réseau de l'UQ, valoriser nos institutions francophones...
La Présidente (Mme Dionne) : En
terminant, Mme la ministre.
Mme Déry : ...puis s'assurer
que nos institutions francophones soient bien financées, et c'est le cas
actuellement.
La Présidente (Mme Dionne) : Merci.
M. Bérubé : Je veux bien,
mais c'est des fonds fédéraux, et on ne contrôle pas ces fonds fédéraux. Alors,
33,8 % des fonds consacrés à une seule université sur 18, je repose ma
question : Est-ce que la ministre trouve ça acceptable, de un, et est-ce
qu'elle souhaite qu'on rapatrie les fonds de recherche fédéraux au Québec?
Mme Déry : C'est un problème.
Je vous le dis tout de suite, c'est un problème.
M. Bérubé : OK. Qu'est-ce qui
est un problème?
Mme Déry :
Mais moi,
je vais pouvoir intervenir pour être capable d'éliminer un petit peu les
anomalies qu'on regarde en ce moment. Cette espèce de déséquilibre, je m'y
penche actuellement. Je m'y penche actuellement, je regarde les chiffres, je
penche sur des scénarios, je regarde un peu tout ce qui se passe, mais j'ai la
ferme intention, comme je l'ai dit déjà, de corriger le tir là où il faut
corriger le tir. Ce n'est pas pour rien que j'ai nommé M. Alexandre Cloutier à
la tête du réseau de l'UQ, c'est un réseau qu'il faut absolument valoriser.
C'est un réseau qui est extrêmement important pour nos régions, partout au
Québec, on a une dizaine d'institutions, et je veux être capable de m'assurer
que ces institutions-là francophones aient le financement à la hauteur. On en
finance des institutions francophones, si...
La Présidente (Mme Dionne) : Mme
la ministre.
Mme Déry : ...si on exclut McGill,
on finance plusieurs projets des... de nos institutions francophones, mais je
vous dis...
La Présidente (Mme Dionne) : Merci,
Mme la ministre.
M. Bérubé : Le tout
respectueusement soumis, il s'agit des fonds fédéraux. La ministre ne les
contrôle pas. 33,8 %, je vois bien le volontarisme de la ministre, mais
comment elle va faire pour avoir une influence sur des fonds fédéraux qu'elle
ne contrôle pas? Alors ça, c'est le premier élément. Et l'autre, pour la
troisième fois, je pose ma question : Est-ce que son gouvernement...
M. Bérubé :
...pose
ma question : Est-ce que son gouvernement aimerait rapatrier ces
fonds-là au Québec, oui ou non? Est-ce qu'elle trouve qu'elle serait mieux
placée que le gouvernement fédéral pour faire ces choix-là?
Mme Déry : Alors, je ne
contrôle pas les fonds fédéraux, je ne les contrôle pas. Par contre, on a une
série de mesures qu'on peut mettre en place pour venir justement corriger tout
ça. On a des fonds de recherche ici au Québec. On a nos institutions
francophones. On est en train de plancher sur des scénarios pour être capables
d'aller mieux soutenir nos institutions, mieux soutenir la recherche
francophone. C'est extrêmement important pour nous de pouvoir soutenir la
recherche francophone, et c'est ce qu'on fait actuellement.
M. Bérubé : OK. La ministre
constate qu'il y a un déséquilibre. Je l'ai entendue dire ça. Donc, 33,8 pour
McGill, c'est trop, elle consacre ça. Elle concède aussi qu'elle ne contrôle
pas ces fonds. Je repose ma question pour la quatrième fois : Est-ce qu'il
serait préférable que le Québec gère l'ensemble des fonds, oui ou non? C'est le
degré zéro du nationalisme, là. Est-ce qu'elle pense que le Québec serait mieux
habilité que le gouvernement fédéral à gérer l'ensemble des fonds de recherche?
Mme Déry : Bien, c'est clair
que, si vous me posez la question, j'aimerais bien ça, pouvoir gérer les fonds
de recherche au Québec...
M. Bérubé : Merci.
Mme Déry : ...mais je ne peux
pas le faire, ce sont des fonds contrôlés par le fédéral. Alors, à ce stade-ci,
je ne peux pas contrôler les fonds fédéraux.
M. Bérubé : OK.
Mme Déry : Mais, si je vous
dis qu'on préfère avoir les fonds de recherche ici au Québec, oui.
M. Bérubé : Bon, le
corollaire à ça : Est-ce que la ministre plaide ouvertement ou par une
quelconque correspondance pour obtenir ces fonds, le contrôle de l'ensemble de
ces fonds?
Mme Déry : On a déjà
demandé... on a déjà exprimé qu'on était d'accord pour demander justement plus
de pouvoirs sur les fonds de recherche qui sont donnés au fédéral. On a déjà
manifesté cet intérêt-là. On fait des démarches à ce niveau-là. Je me suis
prononcée. Quand vous parlez de fonds fédéraux, ça fait partie de toute la
foulée des critères EDI dont je me suis prononcée. Tout ça, là, ça fait partie
des demandes et des démarches qu'on est en train de faire actuellement. Donc,
la réponse est oui.
M. Bérubé : Comme… comme il
est d'usage à l'étude des crédits, comme la ministre évoque des travaux ou des
correspondances, j'aimerais qu'on dépose toute lettre, toute correspondance
adressée au gouvernement canadien qui indique nommément la volonté du Québec de
rapatrier l'ensemble des fonds fédéraux au Québec. Alors, c'est une demande
formelle que je fais. Je ne les ai pas trouvés dans les cahiers de crédits.
Mais, s'ils sont là, puis je ne les ai pas vus, je compte sur la ministre et je
poursuis sur un autre thème. Donc, s'il y a eu une demande en ce sens, il y a
une trace à quelque part, il y a une lettre, il y a une correspondance, il y a
un courriel, il y a un texto, il existe quelque chose. La commission pourra
l'apprécier. La…
La Présidente (Mme Dionne) : Mme
la ministre, voulez-vous que... parce que...
M. Bérubé : Si elle accepte,
évidemment, par oui ou non.
La Présidente (Mme Dionne) : Est-ce
que vous acceptez de déposer quelconque document de ce type, Mme la ministre?
Mme Déry : Bien, si j'ai les
documents, je vais les déposer. Je suis en train de m'informer où sont ces
documents-là. Mais, si j'ai les documents, on va...
La Présidente (Mme Dionne) : Parfait.
Si c'est possible, merci de le déposer au secrétariat de la commission.
Mme Déry : On va voir où
est-ce qu'on en est rendus dans la... documents-là, mais je m'informe.
M. Bérubé : Vous comprenez,
Mme la Présidente, que je prends la parole de la ministre, comme il est
d'usage, et, comme elle me dit qu'il y a eu des travaux et des échanges, il y a
probablement une trace à quelque part. Alors, j'évoque tout simplement...
Mme Déry : Il y a eu des
échanges.
La Présidente (Mme Dionne) : Je
comprends, M. le député, mais on me dit qu'on va vérifier...
M. Bérubé : OK. C'est...
La Présidente (Mme Dionne) : ...
et suite à cela, ça sera déposé au secrétariat, où on pourra en prendre
connaissance...
M. Bérubé : Très bien.
La Présidente (Mme Dionne) : ...et
éventuellement le déposer aux membres.
M.
Bérubé : Sur un autre thème.
Mme Déry : Je voudrais juste
préciser que Mme McCann l'avait déjà mentionné publiquement aussi. Donc, ça, ça
doit... on peut être capable de retracer ces échanges-là ou, enfin, ce qui a
été dit publiquement.
M. Bérubé : J'espère.
J'espère, parce qu'elle ne m'a jamais fourni les traces de ça.
Mme Déry : Je comprends.
• (17 h 50) •
M. Bérubé : Le gouvernement
de la CAQ a maintenu la déréglementation des droits de scolarité des étudiants
étrangers, qui était une politique libérale. Les experts s'entendent sur le
fait que cela revenait à faire un cadeau aux universités anglophones déjà les
plus riches. Je vais citer Pierre Fortin, un grand économiste que le premier
ministre consulte à l'occasion, c'est connu. Comment la ministre
explique-t-elle que, quatre ans après la déréglementation, quatre ans, McGill
et Concordia reçoivent 70 % des droits de scolarité des étudiants
internationaux?
Mme Déry : Alors, comme je
vous l'ai dit un peu tout à l'heure, on a vu au cours des dernières semaines plusieurs,
plusieurs articles qui ont été publiés justement sur l'enjeu des étudiants
internationaux, où on voit un constat où il y a certains établissements
francophones qui sont désavantagés ou indûment désavantagés par rapport à la
déréglementation. Alors, la déréglementation, elle a été… elle a été établie et
déployée en 2007 par, évidemment, le gouvernement libéral à l'époque, et donc
il y a eu... il y a eu… Cette déréglementation-là, avec le temps, on a bien vu
que les universités et les établissements anglophones étaient capables d'aller
chercher beaucoup plus de monde, parce que, le bassin anglophone étant beaucoup
plus grand, ont bénéficié davantage que nos universités francophones à aller
chercher ce bassin-là et ces revenus additionnels.
Comme je l'ai dit publiquement, je suis en
train de regarder différents scénarios. Je m'attarde vraiment à faire sortir
tous les chiffres, que ce soit concernant les étudiants internationaux, que ce
soit concernant d'autres droits de scolarité. Il faut comprendre que c'est
quand même assez complexe. Je veux juste dire un peu aux gens qui nous écoutent
comment ça fonctionne, il y a quand même plusieurs droits de scolarité. Vous
avez la déréglementation, vous avez les droits de scolarité pour...
M. Bérubé : Je sais tout ça.
Mme Déry : ...pour les
étudiants qui sont canadiens hors Québec. Vous avez des droits de scolarité de
base. Il y a des exemptions dans tout ça. Donc, je demande à mon ministère de
sortir...
La Présidente (Mme Dionne) : En
terminant, Mme la ministre.
Mme Déry : ...j'ai demandé de
sortir tous ces scénarios-là pour qu'on puisse savoir de quelle manière on peut
intervenir et quel impact ça aura. Puis, justement, je suis en train d'évaluer
tout ça, mais j'ai l'intention d'agir.
M. Bérubé : Mme la
Présidente, les chiffres sont déjà connus. Je parle des quatre dernières
années, des années où la CAQ était au gouvernement. 70 % des droits de
scolarité des étudiants internationaux McGill et Concordia, ça n'a pas été
corrigé. C'est une politique qui se poursuit. Elle a été mise en place par les
libéraux, mais c'est les chiffres actuels. Et ce qui est très actuel, c'est la
déclaration de l'économiste Pierre Fortin, L'Actualité, le 5 avril
dernier, ça ne fait pas tellement longtemps, je le cite au texte : «La
disparité des ressources financières entre universités francophones et
anglophones en faveur de ces dernières devra être corrigée. C'est la santé de
la langue française qui en dépend.»
Depuis tout à l'heure, quelles
démonstrations j'ai faites en matière de favoritisme? Que ça soit le Royal
Victoria, que ça soit les fonds de recherche, que ça soit les droits de
scolarité pour les étudiants internationaux, qu'est-ce qu'ont en commun ces
trois actions ou refus d'action du gouvernement? Elles ne tendent pas à
corriger le déséquilibre entre les étudiants anglophones et francophones. Et
pourquoi je vous démontre ça? Parce qu'on nous réfère souvent que les
différents ministres, dont la ministre, font partie d'un comité sur le
français. J'expose trois cas concrets où c'est les effectifs qui parlent, c'est
l'argent qui parle, c'est les fonds de recherche qui parlent.
Ces enjeux-là, moi, je les aborde depuis
des années. J'ai été, comme son directeur de cabinet, dans le mouvement
étudiant, on connaît ça par cœur, ces enjeux-là, mais on peut choisir de ne pas
intervenir là-dedans. Et voici ce que ça donne, c'est que le prestige en termes
de financement, en termes d'institution, en termes de rayonnement, c'est que ça
se passe dans les universités anglophones. Puis moi, je ne suis pas un
nationaliste à temps partiel, là, je trouve que ces choses-là, c'est important
parce que, si on n'intervient pas, le déséquilibre se creuse. Une université
qui a énormément de moyens a plus de rayonnement, une capacité d'attraction qui
est plus grande, et l'écart va se creuser. Alors, tout à l'heure, j'ai demandé
qu'on rapatrie, mais là je demande qu'on corrige parce que c'est...
l'attraction va demeurer.
Alors, question très simple, est-ce que la
ministre convient que ce n'est pas acceptable que McGill et Concordia
reçoivent, pour les deux, 70 % des droits des étudiants étrangers
déréglementés? On peut agir là-dessus, on peut corriger ça.
Mme Déry : J'ai été très
claire publiquement, on peut corriger ça et on va corriger ça. Là, je regarde…
Évidemment, on est en réflexion là-dessus, mais je l'ai dit publiquement, on va
corriger le tir. C'est... ça soulève beaucoup de questions. J'ai l'intention,
comme je l'ai dit, de corriger la situation. Ceci dit, je voudrais juste vous
rappeler qu'il y a eu deux périodes de déréglementation, il y en a eu une en
2008 et en 2018. En 2012, avec tout le respect, là, que je vous dois, M. le
député, vous étiez là aussi, au PQ, on aurait pu corriger le tir également,
mais on a laissé... on a laissé… on laissé aller cette déréglementation en
sachant très bien qu'il y avait cette espèce d'anomalie ou déséquilibre. Ce que
je peux vous dire, c'est qu'on est en train d'évaluer la situation en
profondeur, on connaît le constat, on connaît les chiffres, mais je dois
prendre le temps, justement, d'en comprendre les impacts aussi vu le nombre de
droits de scolarité et de tarifs dans cette structure.
La Présidente (Mme Dionne) : Merci.
Merci. Il vous reste deux minutes, M. le député.
M. Bérubé : La ministre
évoque où j'étais en 2012. En 2018, j'étais ici, la ministre était ailleurs,
mais je me souviens très bien que cette politique-là, en avril 2018, c'étaient
les libéraux. Le gouvernement de la CAQ aurait pu faire le choix de ne pas
prolonger ce programme. Il a fait le choix de le garder tel quel, intact. En
cette matière, le Parti libéral et la CAQ, c'est la même chose. J'ai le regret
de le dire, mais tous les chiffres qu'on a, toute la correspondance dont on
dispose, tous les témoignages qu'on nous fait tendent à démontrer que c'est
exactement la même politique. La déréglementation des droits de scolarité des
étudiants aux premier et deuxième cycles, c'est vrai que c'est les libéraux qui
l'ont annoncé, mais après il y avait un choix pour le gouvernement, elle a été
maintenue, puis elle est effective depuis automne 2019 pour être très,
très précis. Et c'est ça qui cause préjudice.
Donc, ça, ce n'est même pas le fédéral qui
décide, c'est Québec. Ça n'a pas été fait dans le mandat précédent, j'aimerais
ça que ça soit fait. Ça peut être une excellente mesure à amener dans le comité
sur le français. Ça, c'est du concret. Et alors j'en fais la proposition
formelle. Si on connaît les chiffres puis on n'agit pas, bien là, on est... on
est devant un choix, on le fait ou on ne le fait pas, mais moi, j'invite la
ministre à le faire.
Mme Déry : Alors, juste
pour... pour information puis pour vous rassurer là-dessus, parce qu'on est les
deux sur la même page, je pense qu'on est conscients du constat, ce que je peux
vous dire, c'est que la Politique de financement, elle se fait à toutes les
cinq... à tous les cinq ans. Et donc, avec la pandémie, on a eu un an de
tampon, donc c'est maintenant le temps de faire une révision de la Politique de
financement. Puis c'est ce qu'on va faire. Donc, on n'a pas pu le faire dans le
dernier mandat parce que je dois rouvrir la politique de financement pour
pouvoir le faire. Alors, ça fait partie de la réflexion, ça fait partie des
mesures qu'on regarde…
La Présidente (Mme Dionne) : Il
reste 30 secondes aux échanges. Désolée, Mme la ministre.
Mme Déry : ...non seulement...
non seulement on regarde ça ici, en ce moment, au ministère de l'Enseignement <supérieur…
Mme Déry :
...on
regarde ça ici, en ce moment, au ministère de l'Enseignement >supérieur,
M. le député de Matane, 10 secondes, cinq secondes, mais on regarde
aussi...
M. Bérubé : Bien, c'est moi
qui n'en ai plus, de temps.
La Présidente (Mme Dionne) : Désolée,
je dois donner le temps à M. le député. Allez-y, M. le député, vous avez
20 secondes.
M. Bérubé : Une sixième année
au secondaire qui permet d'éviter le cégep. Je dépose ça aux fins de la
commission. J'invite la ministre à ajouter ça à ses revendications du comité
sur la langue. Ça, c'est une réalité. C'est... dans les derniers jours, c'est
paru, j'en fais le dépôt. Il y a beaucoup à faire pour la ministre, et on jugera
le gouvernement à ses résultats en matière de langue. Ils ont mis la barre
haute. Vous savez quoi? On est disponibles pour les aider. On a une…
La Présidente (Mme Dionne) : C'est
tout le temps qu'on a. Merci beaucoup, M. le député. Merci pour ces échanges.
Je cède maintenant la parole, au dernier bloc, pour Mme la députée de Saint-Laurent
pour 17 min 50 s.
Mme Rizqy : Merci beaucoup.
Le député de Matane-Matapédia m'a un peu blessée, la même chose, franchement, «même
chose que la CAQ». Voyons, ça allait bien, pourtant!
La Présidente (Mme Dionne) : OK,
bon, on continue!
M. Bérubé : ...
Mme Rizqy : Alors...
La Présidente (Mme Dionne) : Désolée,
je fais juste confirmer le dépôt du document de M. le député de
Matane-Matapédia. Poursuivez, Mme la députée, la parole est à vous.
Mme Rizqy : Alors, j'aimerais
juste continuer sur l'échange puisqu'il était fort intéressant. Moi, cette semaine,
j'ai été surprise qu'il n'y ait pas eu de consentement de la part du
gouvernement pour une autre motion qui émane du troisième groupe de
l'opposition. Il faut croire que c'est rendu une... c'est rendu la pratique
courante de s'opposer aux motions du député de Matane-Matapédia. Mais j'étais
vraiment étonnée parce que c'est un fait que le fédéral a bloqué des demandes
d'étudiants étrangers francophones. C'est factuel. Alors, ça, ça explique aussi
le grand débalancement au niveau des universités, particulièrement des
universités de région qui ont eu de demandes d'étudiants étrangers et puis que,
manifestement, Ottawa a décidé de les bloquer. Moi, je ne m'explique pas le
refus de consentement du gouvernement sur cette motion. Je peux même vous la
lire, là, parce que je la trouvais pertinente. Vous me permettez, hein, de la
lire? Vous ne m'en voudrez pas trop, M. le député, hein?
M. Bérubé : ...
Mme Rizqy : Attendez, je l'ai
quelque part. Écoutez, je pensais que je l'avais, là, mais... ah! oui, oui, bien
oui :
«Que l'Assemblée nationale reconnaisse la
hausse fulgurante de l'immigration temporaire au Québec qui a septuplé depuis
2016; c'est factuel.
«Qu'elle reconnaisse l'impact que cette
hausse sur l'écosystème linguistique de la grande région de Montréal; c'est
factuel.
«Qu'elle reconnaisse qu'en vertu de
l'Accord Canada-Québec relatif à l'immigration, en vertu de son contrôle des
établissements postsecondaires, le Québec a des leviers pour imposer certains
critères relatifs à la langue pour les immigrants temporaires; c'est factuel.
«Qu'elle reconnaisse l'existence de
pratiques discriminatoires du gouvernement fédéral qui bloque massivement les
demandes des étudiants internationaux francophones; c'est factuel.
«Par conséquent, qu'elle demande au
gouvernement d'imposer un quota linguistique aux étudiants étrangers sur son
territoire.» C'est encore... Ça, ce n'est pas factuel, c'était le souhait. Mais
pourquoi vous n'avez pas consenti à ça?
Mme Déry : Alors,
effectivement, on est conscients de tout ça. Puis je… je répète un petit peu ce
que j'ai dit au député de Matane un peu plus tôt, on est conscients de tout ça
puis on a l'intention d'agir, là. Évidemment, la grande priorité, c'est d'aller
recruter des étudiants internationaux francophones.
Ma collègue au MIFI, ma collègue a déjà
échangé sur cet enjeu-là, d'étudiants africains. Moi, dans... quand je me
promène, évidemment, il y a quelques mois, ça faisait partie vraiment des
enjeux prioritaires. Il y a eu des échanges qui se sont fait avec le... son…
son homologue fédéral, et donc je vais.... Elle nous a dit qu'il y a déjà des
changements. Et c'est vrai qu'il y a déjà eu des changements apparents dans les
étudiants internationaux et le recrutement d'étudiants étrangers qui était
freiné, évidemment, par le gouvernement fédéral. Donc, ça, évidemment, les
échanges ont été fructueux. Je pense qu'il y a un début où on voit que ces
étudiants-là commencent à rentrer davantage.
Maintenant, il faut être patients pour le
reste, comme ma collègue l'a dit, demain, et je ne vais pas me substituer,
évidemment, au MIFI aujourd'hui, mais, l'intention, c'est d'aller chercher des
étudiants internationaux francophones. L'intention, c'est de miser sur des
mesures, justement, pour freiner, inverser la tendance du déclin du français, et
donc ça fera certainement partie des mesures qui seront éventuellement
annoncées. Mais je vous demande d'être patients, comme l'a fait ma collègue ce
matin. Je pense qu'il faut être patients. On travaille tous conjointement. Il y
a un travail interministériel qui se fait, une collaboration extrêmement
étroite avec mes collègues.
• (18 heures) •
La Présidente (Mme Dionne) : En
terminant, Mme la ministre.
Mme Déry : Et ça fait partie
des enjeux sur lesquels on travaille, sur lesquels on se penche. Mais il faut
juste être un petit peu plus patients pour ce genre d'annonce là.
Mme Rizqy : Oui, mais,
l'enjeu, c'est que... ce n'est pas qu'ils ont été ralentis, ils ont carrément
été bloqués, il y a une grosse nuance, là. Bloquer, là, c'est qu'on leur dit
clairement qu'on ne veut même pas d'eux sur le territoire, là. Donc, il y a eu
un impact sur les universités francophones, pour les établissements
d'enseignement supérieur, on ne peut pas nier qu'il y a eu un impact là-dessus,
là.
Mme Déry : Je n'ai jamais nié
qu'il y avait un impact là-dessus. Moi, j'ai... on m'a… on m'a partagé cet
enjeu-là en début de mandat, parce que c'est vraiment l'automne où ça causait
beaucoup d'ennuis. Donc, c'est vrai, il y a des étudiants internationaux
francophones qui devaient rentrer...
18 h (version révisée)
Mme Déry : ...nationaux
francophones qui devaient rentrer, qui ne le sont pas, rentrés. Ma collègue a
pris ce dossier-là en main, a eu quelques échanges avec son homologue fédéral.
Et il y a eu une ouverture de la part de son homologue fédéral, ça a été
publié, ça a été publicisé. Il y a eu une ouverture de la part de son homologue
fédéral. Et on a déjà vu des changements à ce niveau-là, donc, ça, c'est déjà
très rassurant. Et on planche évidemment sur d'autres mesures, concernant le
souhait qu'on a et le désir que nous avons de miser sur des étudiants
internationaux francophones, éventuellement, dans les différentes politiques,
que ce soit au ministère de l'Enseignement supérieur ou ailleurs, ça fait
partie des priorités.
Mme Rizqy : De façon précise,
c'est quoi, les changements que vous avez vus? Pouvez-vous les quantifier?
Mme Déry : Bien, on nous dit
qu'il y a des étudiants qui ont été acceptés. Donc, il y a des étudiants
africains qui avaient été bloqués au départ, qui sont finalement rentrés. Je n'ai
pas les chiffres avec moi, je ne les aurais peut-être pas aujourd'hui, parce qu'on
prendra ça en délibéré...
Mme Rizqy : Ce serait
intéressant.
Mme Déry : ...mais ça, ça
relève vraiment du MIFI. Je vais laisser ma collègue, évidemment...
Mme Rizqy : Non, parce que ça
relève aussi de vous, je vous explique pourquoi. Nous, on a des cohortes
particulièrement en région, que comptent aussi sur des étudiants qui viennent d'ailleurs
pour venir combler les rangs. C'est des programmes, là, vous pouvez penser à La Pocatière,
on peut penser à la Côte-Nord, Rimouski, des cégeps, là, que c'est quatre, cinq
étudiants, là, qui nous aident aussi à partir des cohortes, parce qu'on a... Pensez
au programme, là, Pêches et Océans, là, on a une expertise, et ça, là-dessus,
ça nous permet justement de garder notre expertise, mais ça aide aussi des
programmes collégiaux en région et d'autres programmes universitaires en
région. Or, ici, l'impact, là, il est double, et non seulement d'un point de
vue linguistique, mais aussi au niveau régional.
Alors, moi, j'aimerais ça avoir les
chiffres. Je comprends que vous ne les avez pas, mais je pense que c'est très
pertinent, la discussion, d'avoir des chiffres. Combien, finalement, de dossiers
sont débloqués? Et qu'est-ce que le gouvernement fédéral s'engage concrètement
à faire, mais surtout, vous, quel sera votre leadership à vous?
Mme Déry : On travaille
conjointement avec ma collègue du côté du MIFI, mais ce qu'on nous dit, c'est
qu'il y a une réduction des délais de traitement par IRCC. Donc, je vous invite
évidemment, aussi, de votre côté, à demander ou à demander des comptes au
gouvernement fédéral, c'est quand même eux aussi qui gèrent les permis d'entrée.
Puis évidemment tout ce travail-là se fait du côté fédéral. Ce que je vous dis,
c'est que, d'entrée de jeu, quand on est arrivé au début... en début de mandat,
ma collègue a eu ces échanges-là avec son homologue fédéral très, très
rapidement, et il y avait une ouverture de la part, justement, du gouvernement
fédéral d'agir sur ce front-là. Et il y a eu déjà des réductions de délais de
traitement par IRCC. Donc, je vous invite à communiquer avec le gouvernement
fédéral pour avoir...
Mme Rizqy : ...moi, je suis
au Québec, là, j'appartiens à la belle nation québécoise. Puis nous sommes dans
les études de crédits de l'enseignement supérieur du Québec, puis c'est notre
champ de compétence, puis l'impact est ici, au Québec. Je ne commencerai pas à
m'adresser... puis à moi de mettre... C'est à vous d'exercer votre leadership
politique. Puis l'objectif de la motion, c'était, de façon factuelle, de venir
établir le propos, de venir asseoir le propos, puis de se donner les leviers
québécois pour assurer et pérenniser des programmes francophones,
particulièrement, aussi, en région. C'est ça, l'objectif. Maintenant, je
comprends que vous n'avez pas les chiffres, si jamais vous les avez, tant
mieux.
Je n'ai pas beaucoup de temps. Je vais
passer tout de suite à une autre question, si vous permettez, Mme la ministre.
Ce serait le feuillet ES-04C. J'ai une question, Organisation d'une soirée des
médias et influenceurs dans le cadre du lancement du nouveau Bar Blanc bec,
Blanc bec, pour ceux qui ne connaissent pas, c'est avec l'ITHQ, moi, je veux
savoir : Est-ce que vous avez la liste des influenceurs?
Mme Déry : Je ne suis pas au
courant de ce dossier. On peut prendre ça en délibéré. Je vais le demander. Je
n'ai pas la liste des influenceurs, je n'ai pas cette information-là du tout.
Mme Rizqy : Parfait. Merci.
Mme Déry : Ceci dit, on peut
revenir deux secondes sur l'ancien... la question sur...
Mme Rizqy : Non...
La Présidente (Mme Dionne) : C'est
le temps de parole de Mme la députée.
Mme Déry : Parfait. Désolée.
Mme Rizqy : ...si vous
permettez, vous pourrez me revenir peut-être à la PDQ. J'aimerais aussi... Dans
un autre dossier, permettez-moi d'aller à une autre feuille crédits, ES-126, il
y a un projet Campus numérique et de formation à distance en enseignement
supérieur. Avez-vous évalué les impacts des étudiants qui ont fait leur cégep à
distance et des étudiants qui ont fait une grande partie de leur bac à
distance? Quel a été le taux de réussite? Quel a été le taux d'abandon? Quel a
été le taux d'échec?
Mme Déry : Alors,
effectivement, il y a un plan de transformation numérique en enseignement
supérieur, puis l'enseignement à distance en fait partie. Et donc on va
certainement regarder un petit peu tout ça, je n'ai pas... C'est un plan qui va
se faire au cours des prochains mois, on table un peu là-dessus. Mais je vais m'assurer
qu'on regarde évidemment un peu cette donnée-là, à savoir les étudiants qui
étaient formés à distance durant la pandémie puis ceux qui le sont aujourd'hui.
Mais il y a des modèles hybrides en ce moment, je pense que les universités,
les collèges, enfin, tout le monde planche aussi sur des modèles hybrides pour
être capable justement d'aller chercher des étudiants aussi qui sont en
formation continue, ou des étudiants <à temps partiel...
Mme Déry :
...tout
le monde planche aussi sur des modèles hybrides pour être capable justement
d'aller chercher des étudiants aussi qui sont en formation continue, ou des
étudiants >à temps partiel. Il y a des demandes qui se font auprès des
établissements d'aller miser un peu plus sur la formation à distance. Ça fait
que le modèle hybride est un modèle qu'il faut regarder. Puis ceux qui ont déjà
des difficultés dans le réseau, de par la pandémie, ceux qui ont déjà des
difficultés, bien, on va s'assurer...
La Présidente (Mme Dionne) : En
terminant, Mme la ministre.
Mme Déry : ...qu'ils soient
accompagnés.
La Présidente (Mme Dionne) : Merci.
Mme Rizqy : Moi, j'aimerais
ça avoir le bilan de ceux qui sont à distance, puis vraiment, de façon
spécifique, le taux de réussite, le taux d'abandon puis, évidemment, le taux
d'échec là, puis de voir aussi, c'est quoi, les outils qui sont... qui ont été
alloués, particulièrement aux étudiants collégiaux qui ont dû faire, à cause de
la pandémie, leur formation complète à distance, quel aurait été l'impact, par
la suite, rendus à l'université.
J'aimerais aussi savoir si, oui ou non,
vous vous penchez sur le temps d'écran des étudiants universitaires. C'est une
question que, nous, on se pose dans le réseau de l'éducation. Maintenant, cette
question-là aussi se pose dans le réseau collégial, universitaire, parce qu'il
y a, quand même, des enjeux d'apprendre par... uniquement derrière un écran.
Puis aussi, au niveau de la qualité de la langue, certaines voix s'élèvent que,
lorsqu'on ne fait que taper, on peut peut-être, des fois, faire plus de fautes
en français.
Mme Déry : Alors, je n'ai pas
les données actuellement sous les yeux, on va... J'ai demandé justement au
ministère de regarder ça, puis de voir si on a des données spécifiques. Moi, je
ne les ai pas sous les yeux, mais je suis ouverte à regarder évidemment ces
données-là, c'est-à-dire à regarder le temps, le temps d'écran, autant de temps
d'écran que le temps... évidemment, les étudiants qui ont passé une partie de
la pandémie à distance et voir quels impacts et quels effets. C'est sûr qu'il y
a eu des impacts et il y a eu des effets, on les ressent encore aujourd'hui. On
les ressent au collégial sur plusieurs matières, je ne vous apprends rien.
Quand il y a eu le rapport sur le français, sur la maîtrise du français, je
pense que ça fait partie des enjeux aussi. Mais on est très sensibles à ces
enjeux-là puis on est très sensibles aussi à l'enseignement à distance, puis le
modèle hybride qui est proposé actuellement par plusieurs établissements.
Mme Rizqy : Est-ce qu'il y a
un groupe qui se penche présentement au ministère de l'Enseignement supérieur
sur les impacts de l'enseignement en ligne durant la pandémie, puis de faire le
suivi avec les étudiants qui sont rendus à l'université?
Mme Déry : Pas spécifiquement
là-dessus, mais il y a des groupes qui se penchent déjà sur les lacunes qu'ont
certains étudiants de par, évidemment, bon, la pandémie, mais aussi des lacunes
dans certaines matières. Donc, il y a des comités qui se penchent sur ces
lacunes-là. Ce serait peut-être... Je vais peut-être voir si on peut,
éventuellement, intégrer un petit peu ça dans les comités, mais c'est des
comités plus larges sur des enjeux plus larges de maîtrise de la langue ou
d'enseignement dans certains cours, les cours... etc.
Mme Rizqy : Bien, peut-être,
une suggestion pertinente de faire un comité de suivi là-dessus, parce qu'il y
a aussi des, au-delà de la maîtrise de la langue qui est très importante, les
impacts psychosocials de ces étudiants qui ont vécu... plusieurs ont vécu de
l'isolement, quand on fait son cégep au complet à distance, là, puis qu'on n'a
pas eu, je le dis comme ça, la grande chance de pouvoir vivre cette vie avec
une communauté, là. Moi, je me rappelle, là, l'agora était très occupée dans
mon cégep, là, c'était très apprécié.
Je passe à ma prochaine question parce que
le temps file. Les sommes investies pour le Campus numérique, la formation à
distance, j'ai été surprise, c'est environ 1 348 000. Est-ce que vous
avez, vous aussi, en enseignement supérieur, un chantier de transformation
numérique? Parce qu'en éducation il y en a un qui tourne autour de 250 millions
pour faire le virage complet numérique. Est-ce que ce chantier de transformation
numérique existe aussi à l'enseignement supérieur? Si oui, quel est le montant
qui sera alloué?
• (18 h 10) •
Mme Déry : Alors, oui, il y a
un Campus numérique, un projet de Campus numérique en enseignement supérieur,
ça s'appelle le projet Campus numérique finalement, et il y a des
établissements... Ce sera mis en ligne à l'hiver à 2023-2024. On va permettre
de positionner justement l'offre de formation à distance dans les
établissements, au niveau national et au niveau international aussi. Et on est
déjà en déploiement, je pense qu'on a un pôle d'expertise qui va inciter un peu
la collaboration entre les établissements. Et il y a aussi des partenaires
numériques dans le développement de la formation à distance de qualité. Donc,
je vous parlais des modèles hybrides, ça fait partie de la transformation
numérique d'intégrer aussi le modèle de formation à distance également.
Mme Rizqy : OK, mais est-ce
qu'il y aura des sommes allouées, parce qu'il y a quand même une grande disparité
entre 240 millions de dollars, pour le réseau de l'éducation, versus
1,3 million pour l'enseignement supérieur? J'imagine que le chantier de
transformation numérique que vous avez dépasse largement le Campus numérique de
1,3 million, là.
Mme Déry : Écoutez, pour
l'instant, ce qu'on me dit, c'est que le programme de transformation numérique
n'est pas complet, et donc je n'ai pas encore les montants finaux. Mais ça va
être, éventuellement, dévoilé quand le projet de mise en œuvre sera complété,
pour l'instant, ce n'est pas complété. On est aux dernières réalisations et
donc aux prochaines étapes, donc, on pourra partager ça avec vous en temps et
lieu.
Mme Rizqy : Merci. Et aussi
pouvez-vous déposer la liste des comités interministériels qui travaillera à la
transformation numérique pour l'enseignement supérieur.
Des voix : ...
Mme Déry : Je vais demander
au ministère, on va demander si c'est possible de le faire, oui.
Mme Rizqy : Merci beaucoup.
Dernière... Écoutez, ça va vite, hein? Finalement, je reviens dans <le
cahier de crédits...
Des voix : ...
Mme Déry :
Je vais
demander au ministère, on va demander si c'est possible de le faire, oui.
Mme Rizqy :
Merci beaucoup.
Dernière... Écoutez, ça va vite, hein? Finalement, je reviens dans >le
cahier de crédits, toujours ES-6, il est question d'assurance qualité des
programmes conduisant à l'attestation d'études collégiales et optimisation du
traitement des demandes, 24 500 $. Donc, on investit pour l'assurance
qualité des programmes conduisant à une attestation d'études collégiales,
communément appelée les AEC.
Moi, il y a des gens qui m'écrivent que,
dernièrement, ils ont appris que le financement qui émanait du gouvernement
pour les AEC serait coupé. Est-ce que c'est...
Mme Déry : Je vérifie. Je ne
suis pas au courant. Je vais vérifier avec...
Une voix : ...
Mme Déry : Mme la députée, je
n'ai pas cette information-là. Je veux juste vérifier.
Mme Rizqy : Parce qu'on me
dit qu'avant Services Québec finançait des cohortes, ce qui permettait à plusieurs
étudiants, qui étaient déjà sur le marché de l'emploi, de retourner faire une
AEC puis, à l'intérieur de neuf mois, de pouvoir graduer, améliorer son sort.
Je veux juste vérifier : Est-ce que ça a été coupé pour tous les étudiants
ou...
Mme Déry : Écoutez, on me dit
que ça vient du ministère de l'Emploi. Donc, je vais faire au moins des
vérifications. Je pourrais vous revenir. Mais, pour l'instant, je n'ai pas
cette information-là. Mais c'est vraiment le ministère de l'Emploi qui gérait
ce programme-là.
Une voix : ...
Mme Rizqy : Oui,
effectivement, ça vient... Services Québec...
Mme Déry : ...gérons, donc je
vais m'assurer qu'on ait les bons chiffres.
Mme Rizqy : Maintenant c'est
vous qui le gérez?
Mme Déry : Oui. C'était...
Mme Rizqy : D'accord.
Mme Déry : ...c'était Emploi-Québec
qui le gérait. Est-ce que je peux donner la permission à ma sous-ministre de
parler?
Mme Rizqy : Oui, oui, oui.
Absolument.
La Présidente (Mme Dionne) : Est-ce
qu'il y a consentement pour donner la permission...
Mme Rizqy : Bien oui, avec
grand plaisir.
La Présidente (Mme Dionne) : Merci.
Mme Déry : Merci.
Mme De Blois (Paule) : Oui.
Alors, Paule De Blois, sous-ministre à l'Enseignement supérieur.
Donc, le PRATIC, qui est le programme
auquel Mme la députée fait référence, c'est un programme qui a fait le plein.
Donc, ce qui a été convenu, c'est que, par la suite, nous, on allait augmenter
le financement pour être capables de... que les AEC, finalement, continuent
d'être financées. Donc, c'est plus un... je dirais, une transition entre ce qui
était financé par Emploi et ce qui est financé par nous, donc c'est une
complémentarité. Mais il n'y a pas nécessairement de baisse, là, en termes de
financement des AEC, c'est juste que c'est des enveloppes différentes.
Mme Rizqy : Moi,
présentement, l'information qui me vient du réseau collégial par différents
directeurs d'établissement, c'est que le financement qui, avant, émanait de
Services Québec, donc du ministère de l'Emploi, entre guillemets, achetait des
cohortes, donc, qui permettait de démarrer 2 à 3 cohortes. Ça permettait
justement à ramener des étudiants qui avaient peut-être abandonné plus tôt
leurs études, d'améliorer aussi leur sort.
La Présidente (Mme Dionne) : ...30 secondes.
Mme Rizqy : Ah mon Dieu! Et
là, maintenant, ils n'ont pas le financement. Est-ce que vous... en
30 secondes, désolée, ça va tellement vite, est-ce que vous pensez qu'on
pourrait peut-être remédier à la situation? Sinon, Mme la ministre, si vous me
dites que l'objectif, c'est de le garder, moi, je peux vous mettre en lien avec
la Fédération des cégeps, ils ont la liste de toutes les AEC qui ne sont plus
financées, pour le rétablir, là.
La Présidente (Mme Dionne) : En
10 secondes.
Mme Déry : Oui. Bien, en
fait, notre financement à nous augmente, mais je veux juste valider le tout,
là. On me dit que le MESS a terminé son programme, et, nous, notre financement
augmente. Je veux juste vérifier avec le ministère.
Mme Rizqy : ...si vous
permettez, avec le consentement?
La Présidente (Mme Dionne) : Je
n'ai malheureusement plus... Bien oui, est-ce qu'il y a consentement pour
accorder 30 secondes de votre temps à Mme la députée pour faire des
remerciements? Alors, oui, vous avez 30 secondes, Mme la députée.
Mme Rizqy : Merci beaucoup,
Mme la Présidente. Merci beaucoup, chers collègues. Permettez-moi de vous dire
merci, Mme la ministre. Ce sont nos premiers crédits ensemble. Merci pour cet
échange. Merci aux équipes, qui ont travaillé très fort pour nous donner des
cahiers de crédits très détaillés. Puis évidemment un immense merci à mes
collègues pour cet échange très courtois. Merci, Mme la Présidente. Merci à
ma... Élise, qui m'accompagne. Et salutations très distinguées à tous ceux qui
travaillent très fort dans l'ombre, là-bas, qui nous écrivent et qui nous
tiennent toujours en alerte de la situation des étudiants, c'est très apprécié.
Alors. Voici mes remerciements. Merci beaucoup, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Dionne) : Merci
beaucoup, Mme la députée. Donc, nous sommes rendus au dernier bloc, celui du
côté du gouvernement, pour un temps de 13 min 50 s. Donc, je
cède la parole à Mme la députée de Hull.
Mme Tremblay : Oui. Alors,
merci, Mme la Présidente. Donc, je vais reprendre avec les violences à
caractère sexuel.
Comme je l'ai dit, hein, je suis
préoccupée, je l'ai mentionné, maman de trois jeunes filles, dont deux qui vont
fréquenter le réseau de l'enseignement supérieur. On veut vraiment, hein,
des... puis, pour moi, c'est d'autant plus important, un milieu sain et
sécuritaire. Puis, bon, il y a eu la loi, après, une stratégie d'intervention.
Il y a un rapport qui a été déposé. Puis le ministère a été quand même très
proactif, parce qu'il est arrivé, tout de suite, avec un plan d'action
ministériel <2022-2027...
Mme Tremblay :
...une stratégie d'intervention. Il y a un rapport qui a été
déposé. Puis le ministère a été quand même très proactif, parce qu'il est
arrivé, tout de suite, avec un plan d'action ministériel >2022-2027.
Donc, ce plan-là... attaché des sommes qui sont importantes.
Puis c'est important de poursuivre dans ce
changement de culture là, parce que — excusez-moi — un
changement de culture c'est lent, puis c'est un moment crucial dans la vie d'une
jeune adulte, là. Puis on veut surtout que ça reste un beau moment, les études
supérieures, et puis on ne veut pas que des incidents aussi malheureux leur
arrivent. Puis les mots sont forts, hein, dans la loi, prévenir, prévention,
travailler en prévention puis contrer. Puis moi, je suis de celles qui...
issues du milieu de l'éducation. Et travailler en prévention, c'est ce qui est
le plus important, parce que, quand on prévient, quand on travaille en
prévention, on évite que des gestes malheureux se produisent.
Ça fait que, comme je l'ai dit, bon, il y
a des sommes importantes. Je pense qu'on peut être fiers que ce plan-là soit
arrivé tout de suite après l'autre, qu'on n'ait pas attendu. C'est un nouveau
plan d'action, puis en action qui va permettre de bonifier le soutien aux
établissements, justement, pour... dans leurs obligations. Puis, tantôt, ma collègue
a parlé, là, des enjeux des amnisties, puis la réponse, là, de la ministre a
été quand même claire, là, qu'elle agit, en ce sens-là, pour s'assurer, là,
qu'il y ait des modifications, là, rapides. Elle a même envoyé une lettre,
comme elle l'a mentionné, et elle est prête à être ouverte aux autres
possibilités.
Aussi, toujours dans ces sommes-là,
important, on veut poursuivre le changement de culture, puis, comme je l'ai
dit, ça s'opère lentement, puis c'est pour ça que c'est important de continuer
à agir. Et, en ce sens-là, je pense que j'ai des questions à me poser, puis
c'est pour ça que je veux vous entendre, parce que... Puis, pour ceux qui nous
écoutent, peut-être, en soupant ce soir, parce qu'on est quand même à l'heure
du souper, c'est important, je pense, d'en reparler, puis de voir... que vous
me parliez un peu de ce nouveau plan d'action là qui a été déposé par votre
ministère, qu'est-ce qu'il y a dans ce nouveau plan d'action là.
Puis j'aimerais ça aussi vous entendre,
parce que, bon, je suis toujours touchée par les étudiants, les étudiantes,
étant issue du milieu de l'enseignement : Comment c'est reçu dans la
communauté étudiante? Est-ce que vous avez parlé avec eux de ce plan d'action
là? Est-ce que vous avez parlé aussi du rapport qui a été déposé? Donc,
j'aimerais ça vous entendre sur ces questions-là.
• (18 h 20) •
Mme Déry : Merci beaucoup
pour cette question extrêmement pertinente. Puis, moi aussi, j'ai de jeunes
enfants, dont une petite fille de neuf ans, alors inutile de vous dire que ce
genre de mesures là, de plan d'action, de loi, en tout cas, pour moi, c'est
nécessaire. Les étudiants, oui, je les ai rencontrés, on a fait une annonce
ensemble, là, on a annoncé ensemble le plan d'action. Il y avait des
fédérations étudiantes qui étaient présentes, lors de la conférence de presse
qu'on avait faite dans un des cégeps, justement, à Montréal, pour annoncer ce
nouveau plan d'action. Donc, je suis très, très fière de pouvoir annoncer ce
plan d'action là, puis qu'on l'ait annoncé aussi rapidement le 13 février.
On a reconduit, vraiment, rapidement ce plan d'action, parce que c'est vrai que
le premier plan d'action a donné des résultats très positifs, tout le monde en
est très conscient, autant les établissements et les gestionnaires
d'établissement, que les étudiants eux-mêmes, les intervenants aussi. Je pense
que tout le monde s'entend pour dire qu'il y a un changement de culture qui
s'opère, et on est sur la bonne voie, il faut absolument continuer.
Donc, il était nécessaire, pour nous, de
reconduire ce plan d'action et de bonifier, évidemment, le soutien financier
qu'on y apportait. Donc, c'est accompagné de nouveaux crédits de
25 millions de dollars, un budget total de 54 millions, et ça
vise spécifiquement quelques mesures, donc, bonifier le soutien aux
établissements d'enseignement supérieur dans la mise en œuvre, justement, de
leurs obligations qui sont liées à l'application de cette loi. On va
poursuivre, bien sûr, le changement de culture, parce que c'est important, mais
je pense qu'il y a encore du travail à faire. Avec la stratégie d'intervention
2017-2022, on a vu, déjà, qu'il y avait un changement de culture. Mais il faut
quand même que les établissements d'enseignement supérieur soient des milieux
d'étude, de travail, de vie qui sont exempts, bien sûr, de violence à caractère
sexuel, et, comme on l'a dit souvent, tous et toutes ont droit au respect de
leur dignité et de leur intégrité physique.
Ceci dit, ça a permis, justement, d'avoir
un peu un genre de guichet unique. Tu sais, on veut que les étudiants puissent
avoir un guichet unique, puissent aller porter plainte à un endroit, pas la
peine de chercher dans tout l'établissement, courir à gauche et à droite. On a
les intervenants, également, qui sont disponibles, là. On a été capables,
évidemment, les établissements, avec le soutien financier du gouvernement, a
été capable d'embaucher les ressources nécessaires pour justement traiter ces
plaintes-là dans <des délais raisonnables...
Mme Déry :
...évidemment,
les établissements, avec le soutien financier du gouvernement, a été capable
d'embaucher les ressources nécessaires pour justement traiter ces plaintes-là
dans >des délais raisonnables. Il y a tout un processus qui s'enclenche.
Donc, ce sont des... Tout ça, là, ça doit être pris très, très, très au
sérieux, et c'est ce qu'on fait depuis le tout début. C'est, pour nous,
c'est... encore une fois, c'est primordial et essentiel que les étudiants
puissent évoluer dans un climat d'étude sain et sécuritaire.
Alors, je pense que c'est une très bonne
chose. Puis, en même temps, je voudrais dire que les gens dénoncent de plus en
plus. Et c'est ça qui est bien, c'est qu'on a une porte d'entrée, on a des
guichets dans les établissements. Tout le monde sait qu'il y a une loi sur les
violences à caractère sexuel, qu'il y a un plan d'action, qu'on demande aux
universités puis aux établissements d'agir, et je pense qu'ils le font. C'est
une très bonne chose. Alors, je pense que c'est, pour nous, extrêmement important
de poursuivre dans cette veine-là, puis de s'assurer évidemment que les
nouvelles mesures soient mises en place, puis de veiller... de veiller au grain
comme on dit, puis de veiller à ce que les établissements puissent donner le
soutien nécessaire à nos étudiants dans les établissements d'enseignement
supérieur.
La Présidente (Mme Dionne) : Merci.
Je cède maintenant la parole à M. le député de Richelieu.
M. Émond : Oui. Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Bonsoir, Mme la ministre et chers collègues, les
équipes qui vous accompagnent. À mon tour de participer à cet important
exercice qu'est l'étude des crédits. Et j'ai écouté avec beaucoup d'attention,
avec une joie à peine dissimulée, les commentaires de tous les collègues durant
les 2 h 30 min qui ont précédé mon intervention.
Et vous ne m'en tiendrez pas rigueur, Mme
la Présidente, de revenir sur un petit commentaire du collègue de
Matane-Matapédia, pour qui j'ai beaucoup d'estime, parce qu'il a parlé avec
beaucoup de passion de la loi n° 96, du projet de loi
n° 96, de l'élaboration de la commission parlementaire, et surtout du
passage de M. Guy Rocher en commission parlementaire. Et un passage, Mme la
Présidente, j'y étais, là, dans la précédente législature, et c'est... Je dois
dire que je crois que c'est la personne qu'on a reçue dans des consultations
qui m'a le plus marquée durant les quatre dernières années. De recevoir cet
homme, là, imposant de par son son intellect qui — je vois la
collègue de Saint-Laurent, qui y était peut-être aussi, je crois — mais,
à quelque chose comme 95 ans, M. Rocher a éclairé les travaux de la
commission avec beaucoup de clarté, de lucidité. Il citait, là, Mme la
Présidente, des articles avec les numéros d'article du projet de loi sans aucun
texte devant lui. C'était fascinant.
Et le collègue de Matane-Matapédia a
raison. Il a critiqué certains aspects du projet de loi, la loi, mais le
collègue a omis, probablement bien involontairement, certains passages du... des
citations de M. Rocher. Et je prenais des notes tantôt, Mme la Présidente,
durant les commentaires du collègue, et je me rappelle, entre autres, M. Rocher
qui a salué l'initiative du ministre de l'époque, l'actuel ministre de la
Justice, qui, selon lui, et là j'ouvre les guillemets, «partage les pas du père
de la loi 101, Camille Laurin, en matière de protection du français au
Québec. Ce qui fait de votre loi, de votre projet de loi, une nouvelle
loi 101 renforcée pour l'avenir, c'est très prometteur.» Il a salué la
création d'un commissaire à la langue française, de Francisation Québec, entre
autres. Et il a terminé son passage, Mme la Présidente, en commission
parlementaire, avec des mots qui résonnent encore en moi, il a dit : «Vous
me donnez l'espoir, à mon âge, d'un avenir auquel je ne participerai pas.» J'ai
trouvé ça très joli, très poétique, et je voulais le partager avec les membres
de la commission.
Et c'est une parenthèse un peu maladroite,
vous en conviendrez, pour saluer le travail et l'implication de Mme la ministre
au sein du Groupe d'action pour l'avenir de la langue française, ce qu'on
appelle le comité interministériel. Moi, je salue son rôle au sein de ce
comité, parce que je sais tout l'amour qu'elle a pour la langue française.
Bon, Mme la Présidente, je me dirige
maintenant pour parler de ce que nous appelons l'Opération main-d'œuvre. C'est
certains secteurs qui ont été considérés comme névralgiques par le gouvernement
du Québec, je parle, Mme la Présidente des technologies de l'information en TI,
le génie, la santé, les services sociaux, l'éducation, les services de garde
éducatifs à l'enfance et la construction, les secteurs de la construction, et
la mesure-phare de ce Opération main-d'œuvre, de ce plan d'Opération
main-d'œuvre, les collègues en ont parlé, c'est bien entendu les fameuses
bourses Perspective.
Et, Mme la ministre, c'est un nouveau
programme, vous l'avez dit, hein, qui a débuté en septembre 2022 et qui accorde
au collégial 1 500 $ par session, pour un maximum de 9 000 $, pour un
programme de trois ans et, au niveau universitaire, 2 500 $ par session,
pour un maximum de 15 000 $, ou encore pour un programme de premier cycle
de trois ans, et de 20 000 $ pour un programme de premier cycle de
quatre ans. Et les collègues sont sûrement comme moi, là, je pense que, dans
nos <bureaux de circonscription...
M. Émond :
...ou
encore pour un programme de premier cycle de trois ans, et de
20 000 $ pour un programme de premier cycle de quatre ans. Et les
collègues sont sûrement comme moi, là, je pense que, dans nos >bureaux
de circonscription, notre personnel nous en parle, mais on se fait beaucoup
interpeler pour ces fameuses bourses. Les parents, les étudiants veulent avoir
plus de détails. Et les collègues en ont parlé, hein, le succès de ces bourses
fait en sorte que d'autres personnes lèvent la main pour être en mesure de
faire partie de ces bourses. Mais, Mme la ministre, moi, je veux saluer votre
volonté, et je trouve ça très sage de votre part de mesurer les résultats avec
des données probantes.
Donc, vous disiez tout à l'heure, si j'ai
bien compris, que les résultats vont arriver dans les prochaines semaines,
prochains mois, et c'est à ce moment-là que vous serez en mesure de voir les
effets bénéfiques. Mais est-ce que vous avez déjà, en ce moment, là, des
données préliminaires qui vous permettent de voir si le tout est un succès?
Mme Déry : Oui. Bien,
merci...
La Présidente (Mme Dionne) :
...pour répondre, Mme la ministre, juste pour votre information.
Mme Déry : Pardon, je
n'ai pas entendu.
La Présidente (Mme Dionne) :
Il vous reste une minute pour répondre, juste pour votre information.
Mme Déry : Une minute.
Bien, écoutez, je vous dirais qu'en gros les résultats sont positifs. La
tendance est positive. Même si on a des résultats provisoires, je le répète, la
tendance est quand même positive dans la mesure où on a une certaine croissance
dans certaines formations. Il y a de la croissance à peu près partout, mais je
vous dirais qu'il y a certaines professions ou programmes où il y a une
croissance plus prononcée, notamment en TI, en technique éducation à l'enfance.
Alors, j'entends vraiment les commentaires, les revendications des étudiants
qui sont ici, dans quelques... dans quelques autres programmes, qui
souhaiteraient justement être admis aux bourses Perspective Québec. Mais, comme
je l'ai dit, on va regarder tout ça. Quand on aura vraiment le portrait global
de quelques sessions, ça va nous permettre d'ajuster le tir et de voir
qu'est-ce qu'on... qu'est-ce qu'on intègre, qu'est-ce qu'on modifie, qu'est-ce
qu'on ajuste.
Donc, je pense qu'on fera cet exercice-là.
On monitore, de manière continue, je vous dirais, cette opération-là,
c'est-à-dire l'Opération main-d'œuvre qui inclut, évidemment, cette mesure-phare
des bourses Perspective Québec. Mais on va continuer de monitorer ça de manière
continue, de suivre ça de manière continue, pour pouvoir ajuster le tir éventuellement.
La Présidente (Mme Dionne) :
D'accord. Il reste 15 secondes. Je pense que M. le député voulait
conclure.
M. Émond : Je voulais
remettre mes dernières secondes à Mme la ministre afin de lui permettre de
remercier ses équipes pour son passage réussi à ses premiers crédits. Je tiens
à vous féliciter.
Mme Déry : Écoutez, je
vous remercie beaucoup...
La Présidente (Mme Dionne) :
Il reste cinq secondes. Je suis désolée, c'est tout le temps qu'on a. C'est
très, très minuté, ces études. Alors, je dois maintenant vous dire que le temps
est alloué pour ces études-là, donc, Enseignement supérieur.
Nous allons maintenant procéder à la mise
aux voix des crédits. Donc, le programme 1, intitulé Administration,
est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Des voix : Sur division.
La Présidente (Mme Dionne) :
Adopté sur division.
Le programme 2, intitulé Soutien aux
organismes, est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Des voix : Sur division.
La Présidente (Mme Dionne) :
Adopté sur division.
La Présidente (Mme Dionne) :
Le programme 3, intitulé Aide financière aux études et bourses
incitatives, est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Des voix : Sur division.
La Présidente (Mme Dionne) :
Adopté sur division.
Le programme 4, intitulé Enseignement
supérieur, est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Des voix : Adopté sur
division.
La Présidente (Mme Dionne) :
Adopté sur division.
Le programme 5, intitulé Régimes de
retraite, est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Des voix : Sur division.
La Présidente (Mme Dionne) :
Adopté sur division.
Et finalement, l'ensemble des crédits
budgétaires du portefeuille Enseignement supérieur, pour l'exercice
financier 2023-2024, est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Des voix : Adopté sur
division.
La Présidente (Mme Dionne) :
Adopté sur division.
Donc, en terminant, je dépose les réponses
aux demandes de renseignements des oppositions. Et, compte tenu de l'heure, la
commission ajourne ses travaux jusqu'au jeudi 4 mai,
11 h 15, où elle entreprendra l'étude du volet Protection de la
langue française des crédits budgétaires du portefeuille Langue française.
Sur ce, je vous souhaite une excellente
soirée. J'aurais aimé laisser du temps à la ministre, mais malheureusement on
doit respecter les temps. Donc, je vous souhaite une excellente soirée.
(Fin de la séance à 18 h 30)