(Neuf heures quarante-huit minutes)
La Présidente (Mme Dionne) : Alors,
bonjour, tout le monde. Compte tenu de l'heure et étant... ayant constaté le
quorum, je déclare la séance de la Commission de la culture et de l'éducation
ouverte.
Alors, tout d'abord, j'aimerais souhaiter à mes
collègues de la commission une belle rentrée parlementaire. Bonne et heureuse
année. C'est encore le temps de le dire. Très heureuse de vous retrouver pour
une autre... un autre projet de loi fort intéressant.
Donc, la commission est réunie ici afin de
procéder aux consultations particulières et aux auditions publiques sur le
projet de loi n° 47, Loi visant à renforcer la protection des élèves.
Mme la secrétaire, y a-t-il des remplacements?
La Secrétaire : Oui, Mme la
Présidente. M. Rivest (Côte-du-Sud), est remplacé par Mme Lecours
(Lotbinière-Frontenac), et Mme Garceau (Robert-Baldwin), par M. Ciccone
(Marquette).
• (9 h 50) •
La
Présidente (Mme Dionne) : Merci beaucoup. Donc, nous débuterons ce matin les
remarques préliminaires, puis nous entendrons les organismes
suivants : d'abord, conjointement, l'Association québécoise du personnel
de direction des écoles, représentée par
M. Carl Ouellet, président, la Fédération québécoise des directions
d'établissement d'enseignement, représentée par M. Nicolas Prévost,
président, ensuite l'Association montréalaise des directions d'établissement
scolaire, représentée par Mme Kathleen Legault, présidente, et finalement
l'Association québécoise des cadres scolaires, représentée par
M. Jean-François Parent, président-directeur général. Alors, bienvenue à
cette commission.
Remarques préliminaires
Donc, M. le
ministre, je vous invite, finalement, à faire vos remarques préliminaires. Je
vous rappelle que vous disposez d'un temps de six minutes.
M. Bernard
Drainville
M. Drainville : Très
bien. Merci beaucoup, Mme la Présidente. Content de vous retrouver, content de
retrouver tous les collègues. Salutations, chers collègues, tous les
collègues de toutes les formations. Vous avez passé de belles fêtes, je l'espère. Et puis je vous souhaite, je
nous souhaite une très bonne... très bonne année. Je salue nos premiers invités
qui vont s'adresser à nous dans un instant.
Alors, le projet de loi n° 47, bien, il n'y
a pas grand surprise là-dedans dans la mesure où les éléments du projet de loi
avaient déjà été déposés à l'intérieur du projet de loi n° 23. Donc, on a
retiré du projet de loi n° 23 un certain
nombre de dispositions et donc on en a fait un projet de loi distinct, le
projet de loi n° 47, Loi visant à renforcer la protection des
élèves.
Alors, évidemment, c'est un objectif que nous
partageons, je pense, de mieux protéger nos élèves. Moi, je suis papa de trois
enfants. Je suis évidemment très sensible à la réalité des élèves, comme père
de famille, d'abord, mais aussi comme
ministre de l'Éducation. Puis je pense que, comme ministre de l'Éducation, s'il
y a une préoccupation, une priorité
qui doit m'habiter en tout temps, c'est justement d'assurer la sécurité de nos
élèves dans nos établissements scolaires. Je pense que c'est un objectif
que nous partageons tous et toutes.
Alors, le projet de loi n° 47 que nous
avons sous les yeux, donc, va nous permettre, notamment, de voter, d'adopter éventuellement, donc, des mesures qui
vont faire en sorte que les... les informations concernant un enseignant,
par exemple, puissent être partagées d'un centre de services scolaire à l'autre
pour qu'on puisse déterminer si cette personne a posé des gestes qui pourraient
mettre en péril, qui pourraient mettre à risque des élèves, qui pourraient
mettre à risque la santé, la sécurité physique et psychologique de nos élèves.
Donc, le concept qui est au coeur de ce... de ce
projet de loi, donc, c'est toute cette question, donc, de la sécurité physique
et psychologique et des comportements qui pourraient faire craindre pour la
sécurité physique et psychologique de nos élèves. On me glisse à l'oreille
qu'effectivement on avait discuté de ces mesures qui sont contenues dans le
projet de loi n° 47. Donc, on ne les avait pas déposées comme telles, mais
on les avait bel et bien... on en avait bel et bien discuté.
Alors, je continue, donc, avec d'autres mesures
qui sont contenues dans ce projet de loi n° 47. Par exemple, la fin des
clauses d'amnistie, ce qu'on a appelé les clauses d'amnistie, donc, faire en
sorte qu'une personne, par exemple, qui a posé des gestes qui pourraient mettre
à risque la santé physique ou psychologique d'un élève... bien, faire en sorte
que, cette personne-là qui a été sanctionnée après avoir posé un tel geste,
bien, grâce à ce projet de loi, les gestes en question qui ont été inscrits au
dossier de l'employé ne pourront plus être effacés après une certaine période de temps. Et donc, si jamais cette personne pose à
nouveau des gestes de même nature, on pourra voir dans son dossier que ça a
déjà été le cas et donc on pourra appliquer la gradation des sanctions qui sont
prévues aux conventions collectives. On pense que c'est très important, Mme la
Présidente, que ces clauses d'amnistie ne nous empêchent plus de pouvoir,
justement, constater des comportements qui sont fautifs, faire en sorte qu'ils
ne disparaissent pas tout d'un coup après une certaine période de temps. Donc,
le projet de loi va nous... va nous aider, donc, dans l'imposition éventuelle
de mesures disciplinaires pour de tels comportements.
Ce sont des exemples de ce que le projet de loi
prévoit, Mme la Présidente. Le projet de loi prévoit également la création d'un
code d'éthique au sein des centres de services scolaires, code d'éthique, donc,
qui va s'appliquer à l'ensemble des employés du centre de services scolaire. Le
code d'éthique va prévoir notamment l'obligation pour tout employé d'un centre
de services scolaire de signaler sans délai au ministre... c'est-à-dire,
excusez-moi, de signaler sans délai à la direction des centres de services
scolaires tout comportement qui pourrait mettre à risque la sécurité physique
ou psychologique des élèves.
Le projet de loi prévoit également l'obligation
pour tout employé d'un centre de services scolaire de signaler sans délai au
ministre de l'Éducation toute situation concernant un enseignant ou une
enseignante, parce que, comme vous le savez, Mme la Présidente, c'est le
ministre qui donne les... qui confère les brevets d'enseignant. Alors, ce
brevet peut être révoqué ou suspendu au terme d'une enquête si jamais nous
découvrons qu'un tel enseignant a commis des gestes qui sont de nature à mettre
à risque la santé ou la sécurité physique ou psychologique des élèves ou encore
des gestes qui pourraient porter atteinte à l'honneur de la fonction
d'enseignant.
Alors, j'ai bien hâte de travailler, Mme la
Présidente, avec les collègues pour qu'on puisse aller de l'avant avec ce
projet de loi. Merci beaucoup.
La
Présidente (Mme Dionne) : Merci beaucoup, M. le ministre. J'invite
maintenant la... M. le député de Marquette pour les remarques...
M. Enrico Ciccone
M. Ciccone : Merci beaucoup, Mme la Présidente. Je vous vois surprise.
La Présidente (Mme Dionne) : Vous
disposez de 4 min 30 s.
M. Ciccone : Je vois dans votre regard, M. le ministre, que vous êtes surpris également.
Effectivement, moi aussi, comme vous...
M. Drainville : ...
M. Ciccone : Moi aussi, M. le ministre, comme vous, je suis ici en tant
que papa, en tant que protecteur qui veut... qui veut protéger tout le monde,
qui veut sauver tout le monde, et mes cheveux blancs en témoignent. Ça crée une
anxiété chez moi, puis je veux m'assurer que les choses sont bien faites.
Je vous dirai bien humblement et franchement, M.
le ministre, que j'aurais aimé être assis ici aujourd'hui avec ma collègue responsable
du Sport. Je vous aime bien, M. le ministre, là, mais j'aurais aimé être ici
pour... pour régler et parler de ce dossier qui est vraiment important, les
violences à caractère sexuel, psychologique et physique.
Il y a trois ministres qui ont promis... Il y a
trois ministres qui ont promis de s'y attaquer. Présentement, ma collègue de Bourassa-Sauvé,
qui est avec la ministre... le ministre du Travail, sur la clause d'amnistie,
justement, on travaille, et vous en avez parlé un peu plus tôt, elle travaille
sur ce dossier-là avec le ministre. On est ici aujourd'hui en train de
travailler avec vous pour continuer le travail de notre collègue Hélène David
sur les violences à caractère sexuel, physique et psychologique. Et
malheureusement nous attendons toujours le projet de loi de la ministre
responsable des Sports qui traite de ce dossier-là. Elle avait parlé du
printemps 2023, printemps... automne 2023. Maintenant, elle parle de l'hiver 2024. Vous comprendrez qu'on ne
peut pas attendre, là. On ne peut pas attendre. Puis il y a plusieurs
chemins qui mènent à Rome, hein?
Alors, moi, je suis responsable des sports,
loisirs et saines habitudes de vie, et, en même temps, je me suis dit : Pourquoi ne pas utiliser cette voie-là
pour régler certaines particularités, notamment au niveau du sport? Parce que
vous savez que dans vos établissements il y a énormément, énormément de sports
également, et, quand je regarde votre projet de loi, M. le ministre, bien,
l'aspect sportif dans tout ça n'est pas présent.
Vous savez que, dans le passé, il y a déjà eu
des ministres qui ont travaillé ensemble sur des projets de loi. Et je vous
invite à... justement, à inviter votre collègue la ministre responsable des
Sports pour régler ce dossier-là. Je sais
qu'il y a une part de la sécurité dans les sports, c'est plus large, mais, ce
volet-là, ce dossier-là, on pourrait le régler dans ce... dans cette
étude-là.
Nous allons être très, très, très proactifs. On
va déposer des projets de loi...
Mme Rizqy : Des amendements.
M. Ciccone : ...pardon, des amendements, pardon — merci, Marwah — pour protéger les élèves et les élèves athlètes
aussi, parce que vous savez que... et les élèves qui font du sport scolaire,
mais qui font du sport fédéré aussi, parce qu'il y a plusieurs sports fédérés
qui sont associés au scolaire, qui utilisent vos établissements.
Alors,
aujourd'hui, je veux régler un problème, non seulement ce problème-là, mais il
y a des éléments que vous avez oubliés dans votre projet de loi également où
c'est des élèves envers les élèves. Ça aussi, il faut les protéger. Il y a un
beau rapport qui a été déposé, sur lequel j'ai travaillé avec plusieurs
collègues, sur les initiations en matière...
au niveau du milieu sportif, du hockey junior, notamment, mais on aurait pu
l'élargir, parce que ce genre de
situation là aussi arrive dans les écoles. Alors, il faudrait peut-être y
songer. Mais on va vous faire des propositions pour l'inclure également.
Protéger ceux qui dénoncent également, ça, il ne faut pas... il ne faut pas les
oublier.
• (10 heures) •
Alors, en terminant,
Mme la Présidente, je reconnais que M. le ministre est une personne qui est
très, très ouverte, qui travaille beaucoup
en collégialité, travaille en équipe aussi. Alors, ce que je demande, c'est
cette ouverture-là, c'est de... Vous savez qu'un projet de loi est
toujours perfectible. Un projet de loi n'est pas parfait. Alors, pourquoi ne
pas faire ce bout de chemin là? Et moi qui va prêcher pour ma paroisse durant
ce projet de loi là, qui veut sauver tout le monde, mais, en même temps, qui
veut qu'on n'oublie pas tout l'aspect du... de l'athlète, de l'athlète étudiant
qui... qui est dans vos établissements qui seront également fédérés...
Alors, merci
beaucoup. Puis j'ai hâte de travailler avec vous, M. le ministre. Merci
beaucoup.
La Présidente (Mme
Dionne) : Merci beaucoup, M. le député. J'invite maintenant la
porte-parole du deuxième groupe
d'opposition, Mme la députée de Mercier, pour les remarques préliminaires. Vous disposez
de 1 min 30 s.
Mme Ruba Ghazal
Mme Ghazal : Merci beaucoup, Mme la Présidente. Bonne rentrée
parlementaire. Salutations à tous mes collègues de la partie
gouvernementale, de l'opposition officielle, et bonne rentrée à vous tous et
toutes.
Donc, je suis
heureuse aujourd'hui qu'on se retrouve pour parler de la protection des élèves.
Vous savez, dans les écoles, on parle beaucoup de la réussite scolaire.
Souvent, c'est la chose qui préoccupe beaucoup les élus, les ministres de l'Éducation. Il y a un aspect,
peut-être, qu'on parle un peu moins, moi, c'est des parents qui m'en parlent, c'est
le bien-être des élèves. Parce que les écoles, c'est un milieu de vie. Ce n'est
pas juste un endroit où on apprend pour plus tard avoir un métier, mais c'est
un milieu où on apprend aussi à côtoyer les autres et à devenir des bonnes
personnes et des bons futurs adultes. Donc, le bien-être des élèves est
important.
Donc, je suis
contente de voir que le ministre a été quand même rapide quand il a sorti...
quand il a eu le rapport sur les violences sexuelles, où il a dit : Bien,
moi, je veux agir. Puis il voulait tellement être vite, hein, on sait à quel
point le ministre est impatient, qu'il voulait mettre des dispositions dans le
projet de loi n° 23, dont le sujet était tout autre. Et j'ai été vraiment
soulagée qu'il ait décidé de changer d'idée puis d'avoir un autre projet de loi
pour parler des violences.
Une voix : Le
ministre est à l'écoute.
Mme Ghazal :
Oui, à l'écoute. Et, cela dit, j'aurais espéré que le ministre s'inspire du
projet de loi que j'ai déposé, le projet de loi n° 397, qui parle
spécifiquement de quelque chose de très important qui est la prévention, la
prévention, la prévention. La prévention, ça, ça va être le maître mot de...
que vous allez m'entendre dire tout le temps sur toutes les violences, et
notamment les violences à caractère sexuel. Bon.
La Présidente (Mme
Dionne) : Merci, Mme la députée. Désolée.
Mme Ghazal : C'est
vrai, j'ai oublié qu'on n'a pas de temps. On n'a jamais de temps, le deuxième
groupe d'opposition. Merci.
Auditions
La Présidente (Mme
Dionne) : Merci, Mme la députée. Alors, nous allons maintenant débuter
les auditions. Donc, bienvenue à nos quatre premiers groupes mentionnés plus
tôt. Donc, je vous rappelle que vous disposez d'un temps de 20 minutes
pour votre exposé, après quoi nous allons procéder à une période d'échange avec
les membres de la commission. D'abord, je vous invite à vous présenter de
nouveau et puis à nous faire votre exposé. Merci.
Association québécoise du personnel de direction des
écoles (AQPDE), Fédération
québécoise des directions d'établissement d'enseignement (FQDE), Association
montréalaise des directions d'établissement scolaire (AMDES) et
Association québécoise des cadres scolaires (AQCS)
Mme Legault
(Kathleen) : Je vais débuter. Donc, Kathleen Legault. Je suis la
présidente de l'Association montréalaise des directions d'établissement
scolaire. Bonjour.
M. Parent (Jean-François) : Bonjour.
Jean-François Parent, PDG de l'Association québécoise des cadres
scolaires.
M.
Prévost (Nicolas) : Bonjour. Nicolas Prévost, président de la
Fédération québécoise des directions d'établissement d'enseignement.
M. Ouellet (Carl) : Bonjour. Carl Ouellet,
président de l'Association québécoise du personnel de direction des écoles.
Désolé.
M. Prévost
(Nicolas) : J'ai la permission de Carl de prendre la relève. Si jamais
la voix flanche, je vais...
M. Ouellet
(Carl) : Ça se pourrait.
M. Prévost
(Nicolas) : ...je vais lui donner un coup de main.
La Présidente (Mme
Dionne) : Alors, la parole est à vous.
M. Parent (Jean-François) : C'est
bon. Alors, je vais débuter. Alors, M. le ministre, membres de la Commission de la culture et de l'éducation,
tout d'abord, nous vous remercions de nous recevoir. C'est fort apprécié. Notre
présentation aujourd'hui sera en trois temps. Je présenterai d'abord les faits
saillants du mémoire de l'AQCS, mes collègues
de l'AQPDE et de la FQDE suivront et présenteront conjointement leur mémoire,
et Mme Kathleen Legault conclura avec la présentation de l'AMDES.
Tout
d'abord, l'AQCS salue le projet de loi n° 47 et... qui s'inscrit dans une
volonté d'offrir aux élèves du Québec des milieux sécuritaires propices
aux apprentissages et à la réussite, et nous souscrivons aux intentions globales
de ce projet de loi.
Commentaires
généraux, définitions. Le projet de loi comporte quelques termes clés, certains
déjà présents dans la Loi sur l'instruction publique, d'autres nouveaux pour
lesquels l'AQCS estime qu'il importerait de prévoir des définitions. Il s'agit
là d'une opportunité de s'assurer d'une compréhension commune de notions
importantes dans un réseau où on dénombre plusieurs dizaines de milliers
d'employés à temps plein et partiel. L'AQCS propose ainsi que le législateur
prévoie les définitions des termes «sécurité physique», «sécurité
psychologique», «faute grave» ainsi qu'«acte dérogatoire à l'honneur ou à la
dignité de la fonction».
Élèves mineurs. Le
projet de loi propose le renforcement de la... de la protection, dis-je bien,
des élèves mineurs. L'AQCS est d'avis que le projet de loi n° 47 ne
devrait pas se limiter aux seuls élèves mineurs. En effet, en vertu de
l'article 1 de la Loi sur l'instruction publique, les centres de service
scolaire ont l'obligation de scolariser les élèves jusqu'au dernier jour du
calendrier de l'année scolaire où l'élève atteint l'âge de 18 ans, et
21 ans dans le cas d'un élève handicapé. Les élèves handicapés, quel que
soit leur âge, constituent une clientèle plus vulnérable qui, même majeure,
nécessite une protection de tous les instants, selon l'AQCS. Il en va de même
pour certains segments de la clientèle des centres de formation générale des
adultes qui, par exemple, sont inscrits à des programmes de formation en
intégration sociale. Cette clientèle doit être protégée. Nous proposons donc
ici une application uniforme à tous les élèves des établissements du Québec.
Comité d'enquête et
obligation de signalement. Ce projet de loi introduit la possibilité pour le
ministre de soumettre au comité d'enquête
toute situation concernant un enseignant si le ministre est d'avis que les
renseignements qui sont en sa possession sont susceptibles de démontrer
une faute grave commise à l'occasion de l'exercice de ses fonctions ou un acte
dérogatoire à l'honneur ou à la dignité de la fonction enseignante. L'AQCS est
préoccupée par les modalités de cet article, qui ajoute des voies de
signalement risquant de générer une certaine incompréhension.
Ressources humaines.
Tout d'abord, au niveau des ressources humaines d'un CSS, s'il a déclenché une
enquête interne au sujet d'une situation impliquant un membre du personnel
enseignant, comment le travail du comité
d'enquête s'imbriquera-t-il avec celui du CSS? Est-ce que le service des
ressources humaines devra cesser son enquête ou partager ses
renseignements? Donc, c'est une première préoccupation.
D'autre part, dans le
réseau, il existe déjà deux encadrements auxquels le personnel scolaire doit se
soumettre en cas de signalement. Le premier, l'Entente multisectorielle
relative aux enfants victimes d'abus sexuels, d'abus physiques ou de négligence
grave, prévoit une procédure d'intervention sociojudiciaire en cinq étapes,
dont une d'enquête et d'évaluation à laquelle les centres de services scolaires
doivent participer. Et il y a aussi, et c'est un peu plus périphérique, mais le
Protecteur national de l'élève, qui prévoit que les protecteurs régionaux
traitent toute plainte formulée par un élève qui fréquente un établissement
d'enseignement situé dans une région, mais, plus spécifiquement, les
protecteurs régionaux traitent également toute plainte concernant un acte
d'intimidation ou de violence... pardon, ainsi que tout signalement concernant
un acte de violence à caractère sexuel à l'endroit d'un élève qui fréquente un établissement
d'enseignement situé dans cette région.
Si un signalement
concerne une situation d'abus sexuel ou physique, le CSS doit signaler la
situation en vue de faire déclencher un processus d'entente multisectorielle. À
ce moment-là, est-ce que le protecteur régional devra également se saisir d'une
plainte ou d'un signalement de cette nature si un enseignant est en cause ou
devra-t-il signaler cette plainte vers le ministre?
Ensuite, bien, on
ajoute les articles 258.0.1 et 260 dans le projet de loi. 258 prévoit
ceci : Les membres du personnel ont l'obligation de signaler à leurs CSS
tout manquement au code d'éthique du CSS par un autre membre du personnel,
quelle que soit sa classe d'emploi. Et 262 oblige également les membres du
personnel à faire parvenir leurs signalements au ministre seulement dans le cas
d'une faute grave commise par un enseignant.
Donc, tout ça est loin d'être une mauvaise idée,
tout ce qui est prévu là, mais nous craignons que les différentes
interventions, ces différentes interventions là, apparaissent, aux yeux du
personnel, lourdes et complexes, et que ça accroisse le
risque de compromission de la confidentialité d'un signalement. Les différentes
trajectoires pourraient faire en sorte que des membres du personnel signalent une
situation à leurs directions d'établissement plutôt que directement au ministre
ou aux CSS et laissent ensuite la direction décider de la suite à donner pour
préserver le climat de l'équipe-école. Donc, il est important que le guide qui
est prévu, qui devrait être produit par le ministère, prévoie les différents
cheminements d'une dénonciation pour que ce soit clair pour le personnel.
Profils d'enseignant.
Dans un autre ordre d'idées, il existe différents profils d'enseignant au
Québec : brevet, avec autorisation
d'enseigner ou non légalement qualifié. Ainsi, si le comité d'enquête conclut,
à la suite d'un signalement, qu'un enseignant ne détenant pas de qualification
légale a posé une faute grave ou un acte dérogatoire à l'honneur ou à la
dignité de la fonction enseignante, la sanction imposée devra être adaptée à
cette réalité.
Code d'éthique.
Plusieurs CSS disposent déjà d'un code d'éthique, dont le champ d'application
est variable. L'AQCS est d'avis qu'il pourrait être intéressant qu'un contenu
similaire, de type tronc commun, fasse l'objet de travaux par le réseau.
• (10 h 10) •
Renseignements et
documents nécessaires. Nous souscrivons à l'intention de l'article 5 qui
impose aux CSS, à titre d'employeurs, de s'assurer qu'un futur employé n'a pas eu,
par le passé, de comportement pouvant raisonnablement faire craindre pour la
sécurité physique ou psychologique des élèves à l'occasion de l'exercice de...
des fonctions au sein du CSS. Pour ce faire, le projet de loi prévoit que le
candidat à un emploi doit consentir, par écrit,
à la vérification des renseignements et documents détenus par ses anciens
employeurs. L'intention visée est excellente.
Maintenant,
considérant que la transmission de ces renseignements et documents pourra mener
à un refus d'embauche chez un nouvel employeur, il est nécessaire que les CSS,
tant à titre d'employeurs qu'à titre de futurs employeurs, aient une
compréhension commune et très précise de ce qui pourra ou non être transmis.
Sinon, ceux-ci pourraient s'exposer à des poursuites pour non-respect des
obligations en protection des renseignements personnels, pour atteinte à la vie privée ou même pour
diffamation de la part des employés concernés s'ils estiment que des informations
transmises ne pouvaient pas l'être parce que non nécessaires, et ça leur a
porté préjudice. Alors, encore une fois, selon notre association, le guide
qu'élaborera le ministre devra préciser la nature et la portée des
renseignements et documents qui devront être inclus au dossier de l'employé.
En conclusion, pour
l'AQCS, nous estimons que le projet de loi n° 47 est un excellent pas fait
dans une bonne direction pour assurer la
sécurité physique et psychologique des élèves fréquentant les établissements
scolaires du Québec. Toutefois, comme
nous l'avons soulevé, des précisions s'avèrent nécessaires quant à ses
modalités d'application. En
terminant, les ressources humaines et financières requises pour la mise en
application du projet de loi devraient être considérées. Les centres de
services scolaires devraient être soutenus à ce niveau.
Comme association, l'AQCS demeure disponible pour
discuter plus en détail des différentes recommandations exposées dans
cet avis. Merci à vous. Je cède la parole à mon collègue Carl Ouellet, de
l'AQPDE.
M. Ouellet (Carl) :
Merci, Mme la Présidente. M. le ministre, Mmes, MM. les députés, bonjour.
Comme l'a dit Jean-François Parent, nous présenterons un mémoire commun, la
FQDE et l'AQPDE.
L'AQPDE regroupe plus
de 790 directions, directions adjointes et gestionnaires d'établissement
scolaire au niveau primaire, secondaire,
centres de formation professionnelle et centres de... d'éducation des adultes.
Notre association regroupe des membres dans la grande région de Québec
et sur la Rive-Sud de Montréal.
M. Prévost (Nicolas) : Bonjour.
Mme la Présidente, M. le ministre, MM., Mmes les députés, bonjour. Bonne rentrée
parlementaire 2024, espérant que ce soit une période constructive, bien
entendu.
Notre fédération
représente plus de 2 300 directions, directions adjointes et
directions d'établissement du secteur jeunes, adultes et de la formation
professionnelle à travers le Québec.
Nous
vous remercions grandement de nous recevoir aujourd'hui en commission
parlementaire afin de prendre en considération nos commentaires et
recommandations concernant le projet de loi n° 47.
Vous avez assurément
déjà pris connaissance de notre mémoire commun avec l'AQPDE et pu constater que
nous accueillons favorablement l'initiative de ce projet de loi qui vise à
renforcer la protection des élèves au sein de nos établissements. Ce projet
revêt une importance particulière au regard de son impact potentiel sur la vie
professionnelle des différents membres des équipes-écoles, qui sont tous des
acteurs essentiels dans la construction d'un environnement éducatif sécurisé et
propice à l'épanouissement des élèves.
Nous voudrions
préciser que nos recommandations portent sur l'ensemble des élèves, jeunes et
adultes, et pas uniquement sur les élèves mineurs. Nous considérons que notre
rôle dépasse celui de simple observateur, car il s'agit d'une responsabilité
active envers nos membres, qui sont directement impliqués dans l'application
quotidienne des politiques éducatives. C'est donc avec la volonté d'utiliser
notre expertise professionnelle et notre connaissance approfondie du terrain
que nous pouvons apporter une contribution aujourd'hui en reconnaissant à la
fois ses aspects positifs et les préoccupations légitimes que ce projet de loi
soulève, en nous concentrant sur les articles tels que l'article 28.1,
215, 258.0.1, 261.1, 261.2 ainsi que l'article 262.
Dans nos
commentaires, nous portons une attention particulière et un appel à la
vigilance pour concilier l'objectif louable de renforcer la sécurité de nos
élèves et le respect des droits individuels des personnes de nos établissements. Il nous apparaît essentiel
d'offrir une protection adéquate tout en respectant les principes fondamentaux
de justice et d'équité. Ainsi, nous
demandons notamment une définition claire, précise et sans possibilité
d'interprétation de la faute grave dans le dossier professionnel et du
suivi dont elle fera l'objet.
M. Ouellet
(Carl) : Pour garantir une protection efficace des élèves, nous soulignons
également la nécessité de considérer les fautes graves au-delà des limites des
centres de services scolaires et de mettre l'accent sur l'acte plutôt que le statut professionnel de l'individu.
La définition claire de la faute grave est également recommandée pour assurer
une compréhension commune et équitable des infractions.
En ce qui concerne les sanctions, nous insistons
sur l'uniformité des mesures disciplinaires, indépendamment du statut ou du
rôle professionnel des membres du personnel. La standardisation du dépôt et du
traitement des cas de faute grave est considérée comme essentielle pour
garantir une équité totale dans le processus disciplinaire, avec la proposition
de transmettre toutes les fautes graves au ministre de l'Éducation.
En complément, nous reconnaissons la nécessité
d'une communication claire et transparente quant au processus de signalement et
de suivi des fautes graves. Il est essentiel de mettre en place des mécanismes
spécifiques pour assurer une gestion efficace des situations signalées. La
clarté de ces procédures garantira une mise en oeuvre efficace des mesures de
protection.
En somme, nous sommes favorables au projet de
loi n° 47, mais un appel à l'enrichissement est demandé et à la clarification de certaines dispositions. Bien
que nous saluions l'initiative, nous soulignons l'importance d'approfondir
certains aspects pour assurer une protection
complète des élèves en classe et plus largement dans l'ensemble de
l'établissement scolaire, tout en préservant l'équité et la justice dans
le processus disciplinaire.
Sachez, Mme la Présidente, M. le ministre, Mmes,
MM. les députés, l'AQPDE... que l'AQPDE et la FQDE souhaitent fournir au
gouvernement un accompagnement proactif et de collaboration, toujours dans le
but de servir la réussite et la sécurité de
tous les élèves. Nous vous remercions pour votre écoute et serons disposés à
vous répondre... répondre à vos questions à la suite de l'allocution de
ma collègue de l'AMDES, Mme Kathleen Legault.
Mme Legault (Kathleen) : Merci.
Alors, je représente l'AMDES, l'Association montréalaise des directions
d'établissement scolaire, qui représente plus de 85 % du personnel de
direction oeuvrant dans les établissements scolaires,
qui desservent plus de 230 000 élèves, jeunes et adultes. Nous vous
remercions pour cette invitation à participer aux consultations
particulières.
Nous avons pris connaissance avec beaucoup
d'intérêt des dispositions du projet de loi n° 47. Tout comme les autres
associations, nous accueillons favorablement ce projet de loi. Nous sommes
d'accord, il faut en faire plus pour assurer la sécurité physique et
psychologique des élèves. Nous reconnaissons la pertinence du projet de loi,
mais avons quelques recommandations afin de le bonifier.
D'abord, nous
jugeons essentiel que les élèves adultes, particulièrement ceux porteurs d'un
handicap, puissent bénéficier des mêmes protections que les élèves
mineurs qui fréquentent les mêmes établissements.
Ensuite, pour atteindre l'objectif visé par la
mise en place des codes d'éthique et assurer un traitement équitable entre les centres de services scolaires,
il faut prévoir une politique de mise en oeuvre et de suivi. Nous demandons
que les éléments constitutifs de cette politique, par exemple les rôles,
responsabilités, les modalités pour garantir la confidentialité, le mécanisme
de protection contre les représailles, les sanctions, etc., fassent partie
intégrante du projet de loi.
De plus, afin d'assurer un suivi de la mise en
oeuvre de ces mesures au sein des centres de services scolaires, il faut
prévoir une reddition de comptes annuelle qui pourrait s'ajouter au rapport
annuel que produit déjà chaque centre de services scolaire.
Puis, alors que nous assistons à une grande mobilité
de la main-d'oeuvre, nous accueillons favorablement la possibilité pour les
centres de services scolaires de partager certains éléments du dossier d'un
employé au moment de l'embauche. Nous sommes cependant d'avis qu'il faut aller
plus loin, car nos employés occupent des postes au sein d'organismes de l'État
qui relèvent d'autres ministères. Pensons aux éducatrices des CPE, aux
éducateurs des centres jeunesse ou du milieu hospitalier, ou des professionnels
qui peuvent exercer une fonction dans plusieurs réseaux. Il faudrait donc
étendre les vérifications prévues au moment de l'embauche aux autres organismes
d'État.
Finalement, pour contrer la complexité apparente
face à toutes les instances susceptibles de recevoir une plainte ou un signalement, nous recommandons que
le centre de services scolaire puisse exercer un rôle-conseil. D'autres ont
proposé un guide. Il ne faudrait pas que cette multiplicité des voies pour
dénoncer des situations soit un frein. Il nous semble donc prioritaire
d'opter pour une solution.
En terminant, nous tenons à vous remercier pour
cette invitation à participer aux travaux de la commission et nous vous
assurons de notre collaboration pour la suite. Merci.
• (10 h 20) •
La Présidente (Mme Dionne) : ...merci
beaucoup à vous tous. Donc, je vous remercie pour votre exposé. Nous allons
maintenant débuter la période de questions. Donc, M. le ministre, la parole est
à vous.
M. Drainville : Oui. On a combien de
temps, Mme la Présidente?
La Présidente (Mme Dionne) : Vous
disposez de 34 minutes.
M. Drainville : Pour l'échange, là?
La Présidente (Mme Dionne) : Pour
l'échange.
M. Drainville : OK. En incluant tout
le monde ou c'est...
La Présidente (Mme
Dionne) : En incluant la partie gouvernementale.
M.
Drainville : D'accord. Merci beaucoup, Mme la Présidente. Très
bien. Alors, merci beaucoup pour votre... pour vos mémoires respectifs.
Quelques questions. D'abord, sur... Alors là, je
vais poser des questions à la cantonade, là, puis vous déciderez qui la prend,
OK? Même si ça ne concerne pas directement votre mémoire, si vous souhaitez
compléter, on fait ça de façon très collégiale et conviviale, OK?
Sur le code d'éthique, là, bon, l'idée qu'il y
ait un socle commun de règles d'éthique, ça, je pense que vous êtes d'accord avec ça. Quel serait, à votre avis,
le contenu minimal d'un tel code d'éthique? Parce qu'il a quand même une
portée très importante, là. Quand on dit que ce code d'éthique prévoira l'obligation
d'informer la direction du centre de services scolaire de tout comportement
pouvant mettre à risque la santé physique ou psychologique d'un élève, on s'entend que c'est un code d'éthique qui
a une application, comment dire, lourde de conséquences, pourrions-nous... pourrions-nous dire, dans le
quotidien de l'école. Donc, je serais curieux de vous entendre là-dessus.
Je ne sais pas qui veut la prendre. Nicolas.
M. Prévost (Nicolas) : Je peux... je
peux commencer, et mes collègues compléteront. Bien, pour nous, c'est évident
que, oui, il doit y avoir un socle commun, M. le ministre, qui doit être bien
établi, qui doit être bien compris pour éviter, justement, certaines dérives,
hein? On sait que plus c'est clair, plus c'est précis, plus c'est commun, bien,
plus les chances d'application et d'éviter des dérives sont importantes.
Dans ce socle
commun là, on voit beaucoup des définitions claires et communes pour tout le
monde, définition d'une faute grave,
définition d'un... je vais l'appeler manquement, là, dans mes termes à moi, là,
mais qui peut rendre préjudice psychologiquement ou physiquement à un
élève. La procédure à suivre, le chemin à suivre, comment ça doit être fait,
pour nous, ça doit être... ça doit être la même chose d'un centre de services
scolaire à l'autre pour éviter toute
comparaison ou commencer à jouer dans ce jeu-là, mais en laissant en place une
partie, je vous dirais, qui représente chaque région. Parce que, dans un
code d'éthique, il y aura bien sûr les valeurs du centre de services, ses
principes, tout ça, qui va être différent
d'un centre de services à l'autre, mais, l'importance de ce socle commun là, au
niveau des procédures, je vous dirais, M. le ministre, là, ce serait important
d'avoir le même. Je ne sais pas si mes collègues veulent...
M. Parent (Jean-François) : Oui, je
peux peut-être ajouter. Donc, je suis bien à l'aise avec ce que mon collègue
Nicolas a mentionné, mais je pense qu'il est important qu'un enseignant, par
exemple, qui est dans une région métropolitaine, ou quel que soit le membre du
personnel, qu'il soit à la Pointe-de-l'Île, Marguerite-Bourgeoys ou Montréal,
ou qu'il soit à la Capitale, Découvreurs, Premières-Seigneuries, ou il peut
changer de centre de services scolaire, ait une compréhension que, bien, ce que
j'avais à Découvreurs, quand je déménage à la Capitale ou que j'enseigne
maintenant à la Capitale, c'est la même chose, il y a un socle commun que je
comprends très bien en matière de code d'éthique.
Donc, à l'heure actuelle, les centres de services
scolaires ont des codes d'éthique, mais parfois ils s'appliquent seulement au
personnel cadre, parfois seulement au personnel cadre et professionnel. Donc
là, je pense qu'il y a un certain travail à faire dans le réseau pour s'assurer
qu'on a un code d'éthique qui est, effectivement, comme vous le dites si bien,
un bon socle commun, donc, qui fait en sorte qu'il y a une compréhension
commune, à l'échelle du Québec, des obligations éthiques de toutes les
catégories de personnel.
M. Drainville : Quelqu'un souhaite
rajouter? Ça va?
M. Ouellet (Carl) : ...ajouter aussi
les délais de traitement, dans ce code d'éthique là, donc, qu'on soit dans un
centre de services ou un autre, que ce soient exactement les mêmes délais pour
traiter une plainte ou pour traiter une situation. Vous nous demandez des
exemples, là. Nicolas en a donné. Des définitions, pour nous, c'est important,
mais les délais aussi pourraient faire partie de ce... du socle commun.
M. Drainville : D'accord.
M. Parent (Jean-François) : ...d'ajouter
comme ça, et ça me vient à l'esprit, parmi nos membres du personnel, on a des
gens qui sont membres d'ordres professionnels. Alors là, s'il y a des... Il y a
peut-être un arrimage à faire. Et je... Ça me vient à l'esprit, là, mais il y
aurait peut-être quelque chose à regarder de ce côté-là. Je n'ai pas foré la
question, là, ça me vient à l'esprit. Mais moi, parmi mes membres, j'ai des
gens de l'ordre des ingénieurs, des architectes, des CPA, etc. Donc là, il faut
voir. Ici, il ne s'agit pas de fautes graves d'enseignants, mais, s'il y a un
code d'éthique, il faudrait s'assurer qu'il n'y a pas nécessairement de lien ou
il y a de lien... des liens à faire avec l'ordre... les ordres professionnels.
Mme Legault (Kathleen) : Puis,
peut-être, ce que j'ajouterais, c'est que, pour nous, il y a deux éléments. Il
y a le code d'éthique, où il y a les règles, les attitudes, les attentes qu'on
a envers le personnel, auquel il va s'engager, par exemple, peu importe le
personnel, et il y a tout ce qui est à côté. Tu sais, si, par exemple, je suis
un employé puis que je vois quelque chose, bien... C'est pour ça que nous, on a
proposé une politique où il y aurait tous les mécanismes qui viennent
compléter, là, l'aspect auquel l'employé s'engage, là, quand il est embauché
dans un centre de services scolaire.
M. Drainville : Sur
la notion de faute grave, vous avez été quelques-uns à en parler, allons un peu
plus loin dans vos préoccupations là-dessus, parce que je dois... Bon, vous
savez peut-être, là, que la notion de faute grave, elle existe déjà dans la Loi
sur l'instruction publique. Dans le contexte de l'administration par le
ministre du régime de plaintes, là, on dit : Pour «faute grave ou acte
dérogatoire d'un titulaire d'une autorisation d'enseigner». Donc, ça existe
déjà dans le corpus législatif.
Là, on revient avec les mêmes mots, le mot...
les mots «faute grave». Est-ce que vous ne craignez pas que, si on va trop loin
dans la définition, alors qu'on l'applique déjà, ce concept-là, présentement...
Si on va trop loin dans la définition, est-ce que ça ne risque pas de
restreindre... de donner un caractère trop restrictif à l'application du
concept de faute grave, en d'autres mots, qu'en voulant bien faire... qu'on
atteigne le résultat contraire? Je ne sais pas si vous souhaitez commenter
là-dessus.
M. Parent (Jean-François) : Oui.
Moi, je pense que, faute grave, dans le guide, ça pourrait être intéressant
qu'il y ait quelques exemples, parce qu'avec le nombre d'employés qu'il y a
dans les centres de services scolaires, sur le terrain, les gens pourraient
dire : OK, ça, c'est considéré comme une faute grave, ça, c'est considéré
comme une faute grave, et ça leur permet
d'exercer leur jugement et leur discernement, alors que, quand tu n'as pas
d'exemple, c'est difficile de dire où se situe la faute légère, la faute
moyenne, la faute grave. Donc, avec quelques exemples, ça permet d'exercer le
jugement et le discernement.
M. Drainville : C'est une bonne
idée. C'est une très bonne idée. Qu'on donne des exemples concrets, je pense,
ça pourrait vous aider dans l'application. Nicolas, vous souhaitiez ajouter?
M. Prévost (Nicolas) : Bien,
c'est... Bien, je suis parfaitement d'accord avec les propos de mon collègue
Jean-François, et de un, puis, bien entendu, ce qu'on souhaite, puis on l'a
mentionné dans notre mémoire, c'est d'élargir cette notion de faute grave là à
l'ensemble du personnel, bien entendu, parce que, quand on fait le parallèle
avec la Loi sur l'instruction publique, on le voit beaucoup dans le cas de
l'enseignant qui... parce que la faute grave peut être reliée au retrait du
brevet d'enseignement, bon, ce qui n'est pas le cas pour les autres membres du
personnel qui ne sont pas... Mais, en même
temps, cette notion-là dépasse l'endroit physique de la classe. Je pense que,
bon, M. Ciccone en a parlé un petit
peu tantôt, ça touche l'ensemble des membres de notre... du personnel, ça
touche l'ensemble des gens qui sont en interaction avec nos élèves au
quotidien, jeunes et adultes. Donc, on doit vraiment l'élargir. Mais, sur la
précision de la faute, je suis d'accord avec les exemples de Jean-François.
• (10 h 30) •
M. Drainville : D'accord. Si je peux
vous rassurer sur la question de la salle de classe, il n'y a pas de
disposition dans le projet de loi qui limite l'application du projet de loi à
la salle de classe. Je veux juste qu'on soit... comment dire, qu'on s'entende bien là-dessus, là. Donc, je veux vous
rassurer. Je sais qu'il y avait cette préoccupation par rapport aux élèves mineurs. Je veux juste vous
dire : Si vous regardez, là, l'article 3... 3, dis-je bien, du projet de
loi...
(Interruption)
M.
Drainville : Ça, c'est... Télévision en direct. Alors... Alors,
l'article 3, dis-je bien, dit : «Le centre de services scolaire
doit...» Excusez-moi. Il faut que je reprenne mon sérieux, n'est-ce pas? Oui.
«Le centre de services scolaire doit se doter d'un code d'éthique applicable
aux membres de son personnel et — et — à toute personne appelée à
oeuvrer auprès d'élèves mineurs ou [...] être régulièrement en contact avec
eux.»
Je veux juste vous dire que le «et» ici, il est
important. Donc, ce n'est pas seulement toute personne appelée à oeuvrer auprès
des élèves mineurs, c'est aussi applicable aux membres du personnel. Donc, le
personnel du centre de services scolaire, c'est tout le personnel, et incluant
ceux et celles qui pourraient oeuvrer auprès de personnes qui ne sont pas
mineures. Donc, je tiens à le préciser.
M. Prévost (Nicolas) : Si je me
permets, M. le ministre, il y a quand même... La nuance que nous, on veut
apporter, c'est que, dans l'article 3, effectivement, c'est un rapport sur
l'ensemble du personnel dans le cas du code d'éthique. Donc, dans le cas
d'un... Nous, on ne voit pas la notion de faute grave dans l'article 3,
comparativement à l'article 1, avec la modification à 28.1, où «le
ministre peut soumettre au comité d'enquête toute situation concernant un
enseignant qui est portée à sa connaissance». Puis c'est dans le cas d'une
faute grave.
Donc, le 3 parle, effectivement, du rapport au
code d'éthique sur l'ensemble du personnel, mais on ne parle pas de notion de
faute grave, tandis que, dans l'article 1, où, là, on parle de faute
grave, on ne parle seulement que du statut de l'enseignant. Ça, pour nous, la
notion de faute grave, parce que... pour soumission au comité d'enquête, doit
être élargie à l'ensemble du personnel, comme le mentionne... comme vous l'avez
dit un peu, l'article 3, mais qui... Il n'y a pas de différence entre
notion de manquement et de faute grave, pour nous, dans le projet de loi.
M. Drainville : Je comprends votre
préoccupation, M. Prévost, mais je vous rappelle que le pouvoir de créer un
comité d'enquête ne s'applique qu'aux enseignants. Donc, le pouvoir de... par
exemple, de révoquer ou de suspendre le brevet ne peut, évidemment, que
s'appliquer au corps enseignant. Donc, l'article 1, qui s'applique... donc, qui concerne les comités d'enquête, qui
s'applique, donc, aux enseignants, et donc aux fautes graves que pourrait
commettre un enseignant ou une enseignante dans l'exercice de ses fonctions, ça
ne peut... en vertu de l'article 26 du... de la Loi sur l'instruction
publique, ça ne peut que concerner les enseignants.
Et c'est pour ça, donc,
que... C'est par le code d'éthique qu'on englobe l'ensemble des employés, mais,
par rapport à l'article 26, le seul moyen d'intervention que j'ai,
c'est... la seule poignée, si je pourrais dire, que j'ai, parce que je ne suis
pas employeur, le seul... le seul moyen par lequel je peux intervenir, c'est
par l'entremise du brevet d'enseignement. Donc, c'est la raison pour laquelle
la disposition est écrite de cette manière.
Ceci dit, je voulais juste vous... vous dire
si... Donc, j'en reviens, là, à la préoccupation que vous avez exprimée par
rapport aux élèves mineurs. Si on peut bonifier la formulation de la disposition,
on le fera. Tu sais, on est... on est ouverts à l'amélioration du projet de
loi, là, nous autres, là. On n'est pas... on n'est pas fermés à ça du tout, du tout, du tout. Alors, j'entends vos
préoccupations là-dessus. Peut-être que le «et» n'est pas suffisant, là.
Peut-être qu'il faut bonifier un petit peu la formulation de cette
disposition-là pour qu'elle soit plus claire, et donc que ce soit peut-être
davantage explicite que le... que le code d'éthique n'est pas limité à la
protection des élèves mineurs. Donc, là-dessus, on pourra faire du travail.
Mme la Présidente, j'ai mon collègue de Vanier-Les Rivières
qui souhaiterait intervenir, donc je lui céderais la parole.
La Présidente (Mme Dionne) : M. le
député, la parole est à vous.
M. Asselin : Merci beaucoup, Mme la
Présidente. Alors, Jean-François, Nicolas et Carl, bienvenue à vous. Mme
Legault aussi, Kathleen. Toujours impressionné de comment les cadres scolaires
réagissent quand on dépose des projets de loi, particulièrement de cette
nature-là. Alors, je vous remercie de votre intérêt.
J'ai été, disons, interpelé par la mention, dans
votre mémoire, concernant le fait que vous aimeriez que le projet de loi ne
couvre pas juste les personnes mineures et pas juste non plus l'intervenant
dans la classe. Pourriez-vous élaborer là-dessus, disons, dans un esprit
d'écrire comme il faut dans le projet de loi, là, qu'est-ce qui touche...
qu'est-ce qui toucherait ou qui correspondrait à votre besoin, là?
Mme Legault (Kathleen) : Bien, je
vais répondre. On a... on a senti une écoute de la part du ministre.
M. Asselin : Tout à fait.
Mme Legault (Kathleen) : Nous, on
veut s'assurer que tous les élèves des centres de service scolaires soient
protégés. Si on vise la protection des élèves, c'est de tous nos élèves. Et
vraiment je pense qu'on partage cette préoccupation-là des élèves vulnérables,
des élèves handicapés, qui peuvent fréquenter nos établissements jusqu'à
21 ans. Donc, on comprend que la... C'est quand même avancé dans l'âge
adulte, mais on veut s'assurer que ces élèves-là bénéficient d'une protection
pleine et entière. Puis je laisserais mes collègues poursuivre pour le reste.
M. Parent (Jean-François) : Oui,
bien, de mon côté, vous savez, les centres de services scolaires desservent
l'ordre d'enseignement primaire et secondaire, et, en règle générale, ce ne
sont pas des élèves adultes. C'est lorsqu'on arrive en enseignement supérieur,
au cégep puis à l'université, qu'on considère que c'est des élèves adultes. Et le
ministère considère les centres d'éducation aux adultes et les centres de
formation professionnelle comme étant dans le réseau secondaire. Donc, à partir
de ce moment-là, je pense que de considérer que tous les élèves sont protégés,
ça me semble relever du gros bon sens.
M. Asselin : ...dans le projet de
loi, est-ce qu'on pourrait s'assurer de ce que vous voulez?
M. Parent (Jean-François) : Alors,
ce serait «l'ensemble des élèves fréquentant un centre de services scolaire». Et donc ça inclut nos élèves
handicapés, que l'on scolarise jusqu'à l'âge de 21 ans, de même que nos
élèves fréquentant l'ensemble des centres FP et de formation générale
aux adultes.
M. Ouellet (Carl) : Quand on dit «à
l'extérieur aussi de la classe», ça peut être dans le transport scolaire aussi. Nos élèves, justement, jusqu'à 21 ans,
c'est nos plus vulnérables. C'est souvent nos élèves déficients, nos élèves qui sont hypothéqués. Donc, on veut les protéger
aussi, pas juste dans la classe, à l'extérieur. Pour nous, c'est important.
Puis ça, c'est... on s'est mis d'accord, tous les quatre, là, sur cette... sur
cette réponse-là.
M.
Asselin : Je sympathise beaucoup avec vos difficultés de
voix. Pour avoir déjà perdu la parole, je comprends. Très bien, Mme la
Présidente.
La Présidente (Mme Dionne) : D'autres
interventions?
M. Drainville : ...
La Présidente (Mme Dionne) : Lotbinière,
Lotbinière-Frontenac, oui.
M. Drainville : ...la collègue de Lotbinière-Frontenac
souhaiterait intervenir, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Dionne) : Mme la
députée, la parole est à vous.
Mme Lecours
(Lotbinière-Frontenac) : Merci, Mme la Présidente. Donc, bonjour à
tous. Moi, j'avais une question concernant l'obligation de signalement,
l'obligation de signalement sans délai, puis je voulais vous entendre sur
les... En cas de non-respect de ce signalement-là sans délai, il n'y a pas de
conséquence. Je voudrais vous entendre là-dessus, s'il vous plaît.
Mme Legault (Kathleen) : ...nous,
dans notre mémoire, ce qu'on a dit, c'est qu'il faudrait des sanctions pour...
S'il y a une obligation, on doit la renforcer. Donc, évidemment, on doit
prévenir, on doit informer les gens, s'assurer qu'ils connaissent leurs
responsabilités, mais sinon ils pourraient être considérés comme complices
de... d'un acte dérogatoire qu'ils n'ont pas
dénoncé. Donc, on pense qu'il devrait... on devrait prévoir des sanctions. Puis
là, on s'entend, là, ça peut être de toute nature, selon la gravité, la
fréquence, la durée, un peu comme n'importe quelle sanction, là, qu'on choisit
d'appliquer.
M. Prévost
(Nicolas) : ...tu sais, oui, cette obligation-là, parce que je
pense que tous les membres du personnel d'une équipe-école qui sont
témoins d'une... d'un acte... On le sait, on souhaite tous des écoles plus
sécuritaires, avec un climat de travail
favorable. Donc, c'est important pour nous que les gens se sentent en sécurité
aussi quand ils vont le faire. Je dis «en sécurité», bon, ce n'est pas
toujours évident, de collègue à l'autre, hein, vous savez comment... comment
c'est. La nature de confidentialité, je pense qu'elle est importante aussi.
Mais je voudrais juste ajouter à votre question,
Mme la députée, aussi. Le chemin à prendre, dans le cas d'une... Encore là, pour nous, il y a un chemin, dans le cas d'une faute
grave qui touche les enseignants, qui va passer directement dans... par
le ministre dans le projet de loi. Nous, on croit, comme directions d'école...
Quand on est sur le terrain, le réflexe de tout membre du personnel est souvent
de s'adresser plus à la direction ou à quelqu'un des centres de services.
Donc, c'est important pour nous que le chemin
soit le même, peu importe la nature de la plainte, peu importe la nature du
personnel visé. Et les experts que sont les gens des ressources humaines, des
secrétaires généraux des centres de services détermineront s'il y a une faute
grave, avec les définitions qu'on a, pour, par la suite, acheminer le tout à M.
le ministre si c'est... dans le cas d'une faute grave, là, peu importe le
personnel, non pas seulement pour le personnel enseignant, encore une fois.
Donc, il y a l'aspect de confidentialité, je
vous dirais, puis le chemin que doit prendre cette... la dénonciation.
• (10 h 40) •
M.
Drainville : ...membres de
la commission, puis vous rassurer, tous et toutes qui nous écoutez, le processus
disciplinaire va s'appliquer, là. Dans le cas où une personne qui a
l'obligation de dénoncer ne dénonce pas, à ce moment-là, les sanctions qui sont
prévues vont s'appliquer, là. Dans toute relation entre employeur et employé,
il y a des sanctions qui sont prévues pour tel ou tel geste. Donc, cette
application-là aura son effet dans le cas de l'obligation qui est de dénoncer,
là, ici, là. Je veux juste vous rassurer là-dessus. Quelqu'un qui ne respectera
pas ses obligations au code d'éthique sera sanctionné en vertu du processus
disciplinaire qui est prévu par le centre de services scolaire envers ses employés.
C'était juste pour vous préciser cela. Vous alliez dire, Jean-François?
M. Parent
(Jean-François) : ...je n'ai rien à ajouter, finalement. Je pense
que c'est... c'est complet, ce qui a été dit.
M. Drainville : Sur le... Si vous me
permettez une question, sur la question des clauses d'amnistie, est-ce que vous
êtes... Parce que je... comment dire, on aura des observations qui nous seront
faites plus tard dans cette commission. Il y aura peut-être des réserves,
mettons, qui seront exprimées sur cette question-là. Vous, qu'est-ce que vous
en pensez, du fait que dorénavant, lorsqu'on commet une faute qui met à risque
la sécurité physique ou psychologique d'un élève... que cette faute-là reste
inscrite au dossier de l'employé pour permettre la gradation des sanctions?
Est-ce que c'est... c'est une mesure avec laquelle vous êtes d'accord?
M. Parent (Jean-François) : On est
plutôt d'accord. On n'a pas nécessairement foré cette question-là. On l'a
évoquée dans nos réflexions, en se disant : Est-ce qu'il y a là quelque
chose à regarder? Donc, ce qu'on voulait vous
soumettre, sans nécessairement avoir réponse à votre question, c'est de
dire : Est-ce que cette loi-là est cohérente ou est en cohérence
avec d'autres lois, au Québec, sur cet aspect-là, l'amnistie?
Alors, juste s'assurer qu'on a une cohérence
ici. Quand on dit «faute grave», fini, c'est réglé à vie, excusez l'expression,
mais c'est ce qu'on comprend. Est-ce qu'il y a possibilité de pardon? Et est-ce
qu'on ne devrait pas regarder dans d'autres
pièces de législation ce que permet le corpus législatif québécois là-dessus et
ce que ne permet pas, évidemment?
Mme Legault (Kathleen) : ...ce que
j'ajouterais, c'est... Ce qu'on comprend, c'est que le... toute pièce, là,
disciplinaire serait gardée dans le dossier de l'employé puis pourrait être
partagée. Mais il nous semble qu'il devrait y
avoir un délai maximal au-delà duquel... évidemment, bien au-delà probablement
de celui des conventions collectives actuelles, mais est-ce que... Par
exemple, après cinq ans, après huit ans, après 10 ans, y
aura-t-il une limite au-delà duquel il y aurait, exemple... il n'y aurait plus
possibilité d'utiliser un élément d'un dossier d'un employé? On pense que c'est
une question qui doit être réfléchie et que... qu'une limite, quelle qu'elle
soit, devrait être établie.
M. Prévost
(Nicolas) : ...c'est une question très pertinente, M. le
ministre, dans le sens que, pour nous, il y a... il y a quand même des
différences. Quand on parle de faute très, très grave, là, tu sais, qui
pourrait... des chances de se retrouver au criminel,
écoutez, je pense qu'il y aura des décisions à prendre, exemple, sur le brevet
ou sur le congédiement de la personne, là.
On sait déjà que,
pour sévices sexuels ou tout aspect de sexualité, ça va passer par le Protecteur
national de l'élève. Puis, quand on va parler de faute autre que
grave, puis il ne faut pas oublier la notion que M. Parent a amenée
tantôt sur des... Je prends un psychologue dans un établissement scolaire, qui
a aussi un ordre professionnel, qui... Bon, il y a tout ça qu'on devra
conjuguer dans la... au niveau de la sanction.
Maintenant, nous, ce
qu'on dit, ce qu'on souhaite, c'est de trouver un bon équilibre, dans le sens
que, s'il y a eu manquement ou préjudice physique, psychologique à un élève,
qui n'est pas nécessairement dans la zone évidente de faute très, très grave...
bien, qu'il y ait une sanction qui soit quand même assez sévère pour que
l'employé comprenne bien la nature du geste qui a été posé qui fait préjudice.
Tu sais, ça doit être bien connu.
Maintenant, est-ce
qu'il faut que ce geste-là le suive à vie? Là, nous, c'est là qu'on met un
bémol, dans le sens que je pense que tout employé a la chance de changer et de
changer son comportement, et sur lequel... Un point où on ne s'est pas penchés, c'est sur la notion de temps, parce que, là,
bon, si on s'embarque sur une notion de temps, je pense, ça pourrait être...
les débats pourraient être très long. Mais, une possibilité de réhabilitation,
nous, on y voit là... c'est tout à fait normal, là. Ce n'est pas...
Mais, en même temps, la sanction doit être assez claire pour que l'employé
prenne conscience des gestes qui ont été faits envers des élèves qui étaient
non... non acceptables.
M. Ouellet
(Carl) : ...du soutien à apporter à cet employé-là ou à l'élève qui
subit, mais aussi l'employé. Si on a besoin... S'il a besoin d'accompagnement,
s'il a besoin de soutien psychologique, peu importe, on peut prévoir quelque
chose pour lui aussi. Mais la notion de pardon, effectivement, là, elle est
quand même... on en a discuté, on... pas pour les fautes graves, très graves,
mais, dans certains cas, on pourrait redonner une chance aux employés, tout en
conservant quand même dans le dossier, là, qu'est-ce qui a été fait, et
l'accompagner là-dedans. Le processus va continuer. Il faut que ce soit bien
balisé.
M. Prévost
(Nicolas) : ...l'importance quand même du suivi du dossier.
M. Ouellet
(Carl) : Absolument.
M. Prévost
(Nicolas) : Bon, tu sais... tu sais, les histoires de changement de
centre de services, où... où des gens avaient travaillé dans un centre où ils
avaient été... bon, changent de centre, puis les agents ne sont pas au courant...
Je pense que cette notion-là de transfert d'information, elle est importante.
Et, encore là, il y a une nuance, parce que je sais que c'est un dossier très,
je vous dirais, chaud, hein, quand on parle de transfert d'information. Nous,
comme centres de services, comme directions d'école, on n'a pas besoin de
l'ensemble de l'oeuvre, là, tu sais, il y a des notions de... de choses qui ne
nous appartiennent pas puis qu'on ne veut pas savoir. Mais, sur une notion de
nature disciplinaire, je pense que cette transmission-là d'information est
importante.
M. Parent
(Jean-François) : Si je peux me permettre aussi, ça nous amène aussi
au dossier de l'employé, tout ce qu'on doit conserver dans le dossier et tout
ce qu'on ne doit pas conserver. Et je pense que, dans la réflexion qu'on aura à
faire... C'est peut-être moins un dossier... C'est peut-être moins un article
du projet de loi, mais, dans un guide, je pense que ça va être important
concernant les pièces qu'on doit conserver dans un dossier d'employé. Ça, c'est
très important, parce que, parfois, les notes personnelles et... pas les notes
personnelles, les avis disciplinaires, tout ça, ça, ça va. Mais, quand il vient
le temps de notes personnelles ou... ça, cet aspect-là peut être très délicat
dans un dossier. Donc, on a... on aurait
peut-être... On est peut-être à une jonction où on doit faire une réflexion sur
ce que doit contenir un dossier
d'employé, parce que, comme employeur et futur employeur, il y a là, pour le
service des ressources humaines, des aspects éthiques fondamentaux dans
des dossiers qui peuvent être extrêmement délicats.
La Présidente (Mme
Dionne) : D'autres questions, M. le ministre? Il vous reste six
minutes.
M. Drainville :
...vous rassurer, Jean-François,
là, quand on regarde l'obligation de conserver les renseignements et les documents, c'est vraiment en lien avec...
avec la notion de comportement pouvant raisonnablement faire craindre pour
la sécurité physique ou psychologique, là. Donc, quand on va... quand on va
mettre à jour le guide, on va le faire de telle manière à ce que ce soit bien
balisé, là.
Si vous regardez...
si vous regardez l'article 4 du projet de loi, au deuxième paragraphe,
là :
2° par l'ajout, à la
fin, de la phrase suivante : «Ce guide doit notamment porter sur la
période couverte par la vérification des comportements», et là, si vous
alliez... si vous allez au deuxième alinéa de 261.1.2, là, ça, c'est à
l'intérieur de l'article 5, là, si vous allez au bout, vous allez
voir : «Le centre de services scolaire conserve les renseignements et les
documents nécessaires à l'application de la présente sous-section en tenant
compte du guide élaboré par le ministre conformément à l'article 258.4.»
M. Parent
(Jean-François) : ...des cadres, des ressources humaines et des
secrétaires généraux de l'AQCS pour travailler avec vous le guide, ça nous fera
plaisir.
M.
Drainville : Ça va nous faire plaisir.
M. Parent (Jean-François) :
C'est bon.
M. Drainville : On sait qu'on peut
compter sur votre collaboration là-dessus. Mme la...
La Présidente (Mme Dionne) : Il vous
reste quatre... un peu moins de cinq minutes.
M. Drainville : Oui, je pense que le
député de Richelieu, Mme la Présidente, souhaiterait intervenir.
La Présidente (Mme Dionne) : M. le
député, la parole est à vous.
• (10 h 50) •
M.
Émond : Oui. Merci beaucoup, Mme la Présidente. Bonjour à
vous. Merci de votre présence à la commission. Je voudrais souligner aussi, parce que je l'aperçois dans la salle de...
la vice-présidente de la FQDE, Mme Joyal, Elizabeth, une concitoyenne
que je me permets de souligner la présence, puisque c'est quelqu'un qui est...
qui est respecté dans notre communauté avec ses nombreux engagements. Merci
pour votre présence, Elizabeth.
Je voudrais vous ramener... puis M. le ministre
en a parlé un petit peu tantôt, mais je voudrais vous ramener sur le code
d'éthique, parce que vous parlez de l'importance d'un socle commun, hein,
peut-être, qui devrait être mis en place. Alors, peut-être pour éclairer les
membres de la commission, j'aimerais vous entendre. Donnez-nous un ou deux exemples de ce que vous aimeriez qui se
retrouve dans ce socle commun là, mais aussi, parce que c'est important,
il doit y avoir des spécificités locales dans les codes d'éthique, peut-être
nous donner un exemple également, là, de ce qu'on retrouve peut-être déjà ou ce
qui devrait se retrouver localement, là, dans le... ce fameux code d'éthique.
M. Prévost
(Nicolas) : ...je vais... Je
pense que ça va être important, soit par la loi soit par le guide, bien,
vraiment, qu'il y ait dans le code d'éthique, je pense, l'importance
d'une... vraiment, d'une définition claire de qu'est-ce qu'un... qu'est-ce
qu'un préjudice face à un élève, avec des exemples concrets, comme le disait M.
Parent tantôt, qu'est-ce qu'une... la définition
d'une faute grave, même si elle est déjà campée au niveau de la loi de
l'instruction publique, bien, qu'on
revienne la camper, encore là, dans nos codes d'éthique à travers le Québec,
avec, encore là, des exemples concrets, le chemin, hein, la procédure pour...
au niveau des plaintes, des signalements, à faire, parce que ce n'est pas
toujours simple, hein, vous le savez, je l'ai dit tantôt, il y a... il y
a beaucoup de chemins, hein, avec le Protecteur national de l'élève, nos plans
de violence, et tout ça. Donc, ça va être important que, dans nos codes
d'éthique, ce soit vraiment bien, bien, bien spécifié.
Et, en
permettant la couleur locale, vous l'avez dit aussi, je pense que... On parlait
du délai de traitement tantôt, mais il faudra trouver un équilibre entre
un centre de services scolaire... exemple, je vais prendre Laval comme exemple,
une île, une ville, bon, une MRC qui... où, des fois, ça peut être plus rapide
dans le... dans... même si c'est un grand centre de services, qu'un centre de services
en Abitibi ou en Gaspésie, où le territoire géographique, tu sais, bon, peut
causer certaines... Donc, en tenant compte de ces particularités-là, qu'on
trouve quelque chose de commun. Pour nous, c'est des exemples concrets qui
pourraient se retrouver dans le code d'éthique.
M. Parent
(Jean-François) : ...je préciserais, les... dans un code d'éthique,
les comportements attendus. Je pense que c'est important. Puis on a peu parlé
de la notion, là, des définitions de «sécurité physique et psychologique».
Je pense que c'est important que ce soit bien... bien défini.
Alors, c'est sûr qu'il peut y avoir des
particularités au niveau de chaque centre de services scolaire, mais, en
matière d'éthique, je vois un petit peu moins ça. Un comportement éthique, c'est
un comportement éthique. Qu'on soit à Sept-Îles, qu'on soit à Montréal ou à
Val-d'Or, c'est la même chose. Donc, il y aura peut-être, tu sais, au niveau du
plan stratégique de chaque centre de services scolaire, des liens à faire,
mais, pour le reste, quand on parle de tronc commun, on parle des aspects que
je viens d'évoquer et que Nicolas a évoqués également.
M. Émond : Donc, selon vous, dans la
spécificité locale, il y aurait peut-être uniquement dans l'application des
règles, peut-être, un... des modifications... des délais différents, quoi,
selon les ressources qui sont mises... mises à la disposition?
M. Prévost (Nicolas) : Moi, je pense
qu'il faudrait... Non, il faudrait que ce soit vraiment commun, que tout...
même au niveau du délai, de la procédure, tout ça. Quand je dis de trouver un
équilibre entre... entre la Gaspésie et Laval, c'est... bon, c'est de trouver
un temps moyen à tout ça, là. Je ne veux pas aller dans un nombre de jours, là, je pense que... mais c'est... Je pense
que pour une... Parce que les gens vont... vont se comparer, ils vont regarder
ce qui se passe d'un centre de services à l'autre, c'est évident. Donc, c'est
important qu'on ait une procédure qui soit bien définie pour éviter des
dérives.
M. Émond : Parfait. Merci beaucoup.
Merci, Mme la Présidente.
Mme Legault (Kathleen) : ...M. le
député, qu'on pourrait aussi s'appuyer sur certaines lois déjà en vigueur. Il y
a la Loi visant à prévenir et à combattre les violences à caractère sexuel dans
les établissements d'enseignement supérieur où, déjà, il y a toute une série
d'éléments qui sont identifiés...
La Présidente (Mme Dionne) : En
terminant, Mme Legault. Il vous reste 10 secondes.
Mme Legault
(Kathleen) : ...qui pourraient nous inspirer sur ce qu'on pourrait
utiliser.
La
Présidente (Mme Dionne) : Merci beaucoup pour ces échanges. Je cède
maintenant la parole à Mme la députée de Saint-Laurent, porte-parole du
groupe... de l'opposition officielle, pardon. C'est le début de l'année, hein,
on va se réajuster. Alors, la parole est à vous. Vous disposez de
25 minutes.
Mme Rizqy : Merci beaucoup, Mme la
Présidente. Bonjour, M. le ministre, et bonjour à toute l'équipe qui vous
accompagne, évidemment, tous les députés présents avec nous. Merci beaucoup
d'être présents avec nous, malgré que je sais que vous êtes très occupés
présentement. Et merci aussi de toujours répondre présent pour trouver des
solutions pour les élèves puis de s'assurer qu'on a un plan de rattrapage qui
se tient pour eux. C'est très apprécié. C'est un moment névralgique, en ce
moment, alors, c'est... un immense merci.
Maintenant, j'ai plusieurs questions. Dans un
premier temps, je ne sais pas si vous avez eu l'occasion de lire le mémoire du ministre, déposé au Conseil des
ministres. Dans son mémoire, il mentionne neuf fois «violence à caractère
sexuel ou inconduite sexuelle», mais, dans le projet de loi, nulle part. Est-ce
que ça devrait être modifié pour qu'au moins on sache de quoi qu'on... de quoi
qu'on parle dans ce projet de loi?
M. Parent (Jean-François) : Tout...
tout dépend de la façon dont on définit «violence physique». Si on l'inclut, ça
va, mais, si ce n'est pas inclus, il faudrait peut-être préciser,
effectivement.
Puis il va
falloir préciser aussi toute la question du cheminement d'une plainte, parce
que, là, il y a le protecteur de
l'élève, le protecteur régional de l'élève, il y a l'entente multisectorielle
aussi pour toutes les questions à nature physique, sexuelle, puis il y a
l'application 258.0.1 et 260, donc... 262, pardon.
Donc, ça va être important de bien définir
«caractère physique» puis voir s'il l'inclut ou pas. S'il ne l'inclut pas,
bien, il va falloir effectivement définir.
Mme Rizqy : ...tout ça découle de...
L'objectif, là, du législateur aujourd'hui découle de ce qu'on a vu dans les
médias, mais aussi de... Malheureusement, dans la dernière... dans le dernier
mandat, le prédécesseur ne voulait rien savoir d'avoir une loi-cadre pour les
violences à caractère sexuel. Il y a un rapport qui a été commandé par le
ministre actuel, qui, lui, a décidé : OK, parfait, on va... on va en
parler puis on va en discuter, sur les violences encore à caractère sexuel.
Mais je ne pense pas que l'objectif, c'est que toutes les plaintes remontent au
ministre non plus. Je pense qu'il faut circonscrire le débat puis s'assurer que
ce soit...
Le propos majeur, là, que nous, on n'arrête pas
de parler depuis plusieurs, maintenant, années, c'est les violences à caractère
sexuel, un peu ce que vous venez de dire, Mme Legault, dans la continuité
de la loi qui avait été déposée et adoptée par Mme Hélène David au niveau
de l'enseignement supérieur, collégial et universitaire. Mais on n'a pas son pendant présentement au Québec pour
les élèves du primaire, secondaire, FGA et la... des DEP, là, AFP. Alors,
j'imagine que c'est correct d'ajouter ces mots-là, là.
M. Prévost (Nicolas) : ...sera
important, Mme la députée, de vraiment spécifier les rôles, parce que, vous savez, nous, comme directions d'école,
M. Parent l'a dit, à partir du moment où on parle de sévices sexuels ou...
ça passe par le Protecteur national de l'élève. Nous, comme directions
d'école, on va être interpelés... Une fois que la plainte va avoir été déposée
au protecteur national, ça va descendre au protecteur régional, et là on sera
informés, nous, comme directions d'école, tu
sais, du... tu sais, des procédures à mettre en place, qui ne sont pas
prescriptives, mais qui sont, dans le fond, de l'exemple. Parce que, si on...
Dans le fond, c'est s'il y a un deuxième chemin
qui s'inscrit sur des plaintes à caractère sexuel ou à... puis qui est aussi dommageable que... même plus... En
tout cas, on ne peut pas qualifier, là, de... ou comparer tout ça, mais, s'il
y a deux chemins, c'est là que ça va devenir, je pense, un peu mélangeant pour
le membre du personnel qui devra faire une plainte. Donc, si c'est incorporé au
projet de loi n° 47, bien, il faudra vraiment voir, bien,
le rôle du protecteur national. Il y a des choses à vérifier et à valider,
c'est... c'est sûr, parce que c'est nouveau, hein, pour le protecteur national. C'est tout nouveau, ce
chemin-là. Donc, si on avait un deuxième chemin, je ne le sais... Je réfléchis
tout haut.
Mme Rizqy : ...les procédures, je
pense que ça prend une loi très claire, hein, dans... En fait, on aurait aimé
avoir une loi-cadre, ça aurait été beaucoup plus clair et à propos, mais là on
est dans ce projet de loi. Alors, on doit travailler avec cela.
Mais c'est clair que, pour nous, c'est... c'est
vraiment ça, parce que le projet de... le mémoire déposé au Conseil des
ministres le mentionne clairement, c'est «violence à caractère sexuel et
inconduite à caractère sexuel». C'est mentionné neuf fois dans le mémoire, là.
Donc, on est là aujourd'hui pour cela.
Je parle vite parce que 26... 25 minutes,
ça a l'air beaucoup, mais ce ne l'est pas du tout. On parle beaucoup des
enseignants, mais tantôt, Mme Legault, vous l'avez nommé, il n'y a pas
juste les enseignants qui sont dans nos écoles, et il y a aussi d'autres
adultes, et même aussi des gens qui ne travaillent pas nécessairement pour un
centre de services scolaire, mais qui viennent, par exemple, d'organismes
communautaires, qui peuvent venir aussi du CLSC ou même de l'université. J'imagine qu'eux aussi on devrait les assujettir
à toutes les vérifications, là, puis au projet de loi.
• (11 heures) •
Mme Legault (Kathleen) : Bien, comme
disait le député de Marquette à l'ouverture, on déplore toujours ce travail en
silo qui fait que, le ministère de la Famille, le ministère de l'Éducation, le
ministère de l'Enseignement supérieur, on voit plein de
problématiques... qui fait qu'on... qu'on ne réussit pas à s'arrimer. Et là on
le déplore encore dans ce dossier-là.
Quelqu'un qui a travaillé dans un CPE puis qui aurait commis des gestes
répréhensibles donnant lieu à des mesures disciplinaires, qui... qui se
désiste puis qui s'en vient travailler dans nos centres de services scolaires,
on n'a aucun moyen, actuellement, de savoir qu'il y a des éléments préoccupants
au dossier. Donc, est-ce qu'on pourrait aller plus loin et travailler ensemble
pour... pour vraiment avoir une vision peut-être plus unifiée de la protection
de l'élève ou... puis même du petit, du petit de la petite enfance jusqu'à...
jusqu'à la loi-cadre, là, de l'enseignement supérieur?
Mme Rizqy : Merci beaucoup. Je
pense, c'est une excellente suggestion. On va en prendre note.
Tantôt, le ministre parlait du comité d'enquête
et que ça ne visait que les enseignants avec brevet, mais c'est quand même
rendu limité, là, parce qu'on a des enseignants avec brevet, on a des
enseignants sans brevet, on a des suppléants. Comme législateurs, il me semble
qu'on... il y a... C'est possible aujourd'hui d'ouvrir la loi puis de modifier,
là, l'étendue de l'enquête, là. Est-ce que je me trompe?
M. Parent (Jean-François) : Écoutez,
pour nous, en tout cas, l'instinct, le sens commun dit : Que tu aies le
brevet ou non, que tu enseignes à un enfant puis tu commettes des gestes
répréhensibles, bien, en bout de piste, si c'est... il n'a pas de brevet, cet
enseignant-là, c'est terminé pour être en contact avec les enfants des centres
de services scolaires dans le milieu de l'éducation au Québec. Puis peut-être
qu'il y aurait un lien avec ce que Mme Legault évoquait précédemment. Si
éventuellement la personne glissait du côté des CPE ou du côté de la santé puis
qu'elle est en contact avec des patients, là, il y aura peut-être des échanges
d'information qui pourraient être intéressants à faire entre ministères, mais,
pour nous, étant donné qu'il y a vraiment des autorisations d'enseigner, qu'il
y a des non légalement qualifiés, là... Enseignant, tout dépendant de son
statut, c'est un enseignant qui est en contact avec un élève. Donc, il ne
devrait pas y avoir de différence de traitement.
Mme Rizqy : Exactement. OK. Puis,
dans vos mémoires, vous parlez tous qu'effectivement il faut élargir la notion
et non pas avoir des élèves mineurs, parce qu'on a des adultes, et vous en
faites encore mention dans votre propos,
particulièrement les élèves avec un handicap, encore plus vulnérables. Donc,
ça, je pense que c'est quelque chose qu'il y aura un amendement sur ce
sujet.
Mais, où est-ce que je veux vous amener, on n'en
parle pas dans le projet de loi, mais il y a aussi la violence mineur avec mineur, donc élève avec élève, mais
aussi élève envers le personnel scolaire, et ça, on n'en fait pas mention.
Est-ce qu'on devrait aussi élargir cela pour s'assurer de vraiment tout couvrir
ce qui se passe dans l'école et, je vais aller plus loin, ce qui se passe aussi
dans les réseaux sociaux?
Je vais vous donner des exemples très concrets.
Un jeune filme l'autre élève aux toilettes. Ça se partage sur TikTok, Instagram. Certains établissements vont
dire : Ah! ça s'est passé sur... à l'extérieur de l'école. Mais on s'entend
qu'ils sont tous dans la même école. C'est le même jeune qui va être intimidé.
Et, des fois, les jeunes ne savent même pas qu'avoir une photo d'un de ses
camarades de classe nu et se le partager, c'est être, un, en possession de matériel pornographique juvénile, mais aussi en
faire la distribution. C'est un acte criminel, mais ils ne le savent même
pas. Donc, il va falloir faire beaucoup de prévention.
Mais il me semble qu'on devrait ratisser
beaucoup plus large puis donner les outils aux écoles puis aux établissements
de pouvoir, justement, s'assurer de mieux protéger tout le monde, là, incluant
le personnel scolaire.
M. Parent (Jean-François) : Moi, je
n'ai pas d'objection à ça. Par contre, je dois vous dire que ce n'est pas... ça
n'a pas nécessairement fait l'objet de réflexion dans le cadre de ce projet de
loi ci. Maintenant, il faudra peut-être regarder éventuellement cette
possibilité-là. Moi, je ne ferme pas la porte à ça.
Mme Rizqy : OK. M. Prévost.
M. Prévost (Nicolas) : Parce que,
bien entendu, on rentre dans un aspect du code de vie de l'école, hein, du rôle du conseil d'établissement sur le code de
vie. Est-ce que les établissements scolaires, on a à travailler sur l'aspect de
la violence dans sa globalité? La réponse est définitivement oui. Est-ce qu'on
doit mieux travailler? La réponse est aussi définitivement oui. Mais, comme l'a
bien dit Jean-François, on ne s'est pas attardés à cette question-là dans la
réflexion du projet de loi n° 47. Mais est-ce qu'il y a un travail à faire
avec nos équipes-écoles, avec nos conseils d'établissement sur de la formation
ou l'écriture des codes de vie? Bon, il y a peut-être des choses, là, à explorer,
je vous dirais.
M. Ouellet
(Carl) : Puis le volet prévention est important. Travailler
avec les organismes, les policiers éducateurs, ça aussi, on le fait dans nos
écoles. Il faut continuer. Pour nous, la prévention, c'est très... c'est
primordial.
Mme Rizqy : Oui, oui, 100 %.
Puis je sais qu'il y a beaucoup déjà qui est fait dans les écoles. Bien, je
vous donne un exemple. On a rencontré du personnel de soutien de l'école
Tournesol qui, au quotidien — il y en a qui en pleuraient, là, j'étais
avec ma collègue — ont
vécu des agressions sexuelles. Mais, même s'ils dénonçaient, ils n'ont pas
senti qu'il y avait quelque chose qui pouvait les appuyer. Alors, je ne sais
pas...
C'est pour ça, je me suis dit : Dans le
projet de loi, il faudrait qu'on regarde plus grand, puis s'assurer de couvrir
tous les aspects qui nous ont été dénoncés à nous, comme élus, puis de
s'assurer que... Même lorsque nous, on a des parents qui
nous parlent, qui nous disent : Moi, mon jeune a été intimidé parce que sa
photo circule, bien, ils sont tous dans la même école, il n'y a rien qui est
fait. Alors là, je me dis : Là, peut-être que c'est le temps d'en profiter
puis de s'assurer qu'on couvre aussi les réseaux sociaux, parce que, même si ce
n'est pas, à proprement parler, dans... à l'école, lorsqu'ils ouvrent leurs
téléphones intelligents à l'école, là, ils sont tous dans la même classe, dans la même école, et c'est sûr que ça peut... ça
peut faire en sorte que, les jeunes, malheureusement, ça les... ça change
leur vie complètement, là, leur trajectoire de réussite. Oui, M. Prévost.
M. Prévost (Nicolas) : ...vous
parlez, hein, de la personne qui fait l'acte, mais il ne faut pas oublier la personne qui... le suivi, toute la... cette
notion-là. Tu sais, on parle beaucoup du fautif, mais il ne faut pas oublier la
personne qui l'a vécu...
Mme Rizqy : Exactement, la victime.
M. Prévost (Nicolas) : ...puis qu'il
y ait un suivi, puis de s'assurer, effectivement.
Mme Rizqy : Là, je vous amène aux
antécédents. Il y a un guide qui existe au Québec, La vérification des
antécédents judiciaires, et là-dedans, dans ce guide, qui date depuis...
Une voix : ...
Mme Rizqy : Vous n'êtes pas loin. Il
a commencé en 2001, il a été remis à neuf en 2011. Donc, vous n'étiez
pas loin, M. Prévost. Vous avez une bonne mémoire, hein? Puis d'ailleurs vous
avez aussi... Bon.
Alors, là-dessus, le hic que je vois, c'est que
la vérification des antécédents, c'est qu'il faut que... un, il faut faire la vérification, s'assurer de le faire en
temps utile, mais, deuxièmement, c'est que ça couvre, et je vais vous dire,
je vais vous dire, les infractions criminelles ou pénales commises au Québec
seulement. Ça ne couvre pas, par exemple, quelque chose qui aurait pu être fait
en Ontario, mais qu'il est pertinent de savoir. Donc, si, par exemple, vous
avez un enseignant qui, malheureusement, a fait quelque chose en Ontario, nous,
on n'a pas accès.
Et je me pose la question : Pourquoi qu'on
ne fait pas comme dans le projet de loi n° 46 qui est en matière de
services de garde? Eux, à la place... au lieu de regarder les antécédents, ils
regardent l'absence d'empêchement, ce qui est différent. L'absence
d'empêchement, là, à ce moment-là, il va y avoir une vérification qui est
beaucoup plus large, qui couvre aussi le pays au complet, et on regarde aussi
les accusations. Et, par exemple, dans une vérification d'antécédents, si vous
avez bénéficié, par exemple, d'un arrêt Jordan, bien, je ne le verrai pas, que
vous avez un antécédent, parce que ce n'est pas un antécédent, alors que, dans
l'absence d'empêchement, vu qu'il est question de personnes vulnérables, on
élargit la notion, puis, puisque les plus vulnérables étant les mineurs, les
personnes avec un handicap ou, par exemple,
ici, au Québec, nos aînés, bien, à ce moment-là, l'absence d'empêchement, si on
voit que vous avez commis une agression sexuelle, vous avez commis une voie de
fait grave, mais, pour x raisons, ça s'est passé en Ontario, bien,
on le voit quand même puis on va dire : Hi! tu as quand même déjà eu
telle, telle affaire dans ton dossier. Même si tu n'as pas... Même si ça ne
s'est pas passé au Québec, ça existe pareil dans ton dossier, mais là on le
voit vraiment. Ou, par exemple, tu as... la personne a eu droit à un arrêt
Jordan, l'acte a quand même été commis. C'est
juste qu'on n'arrive pas, malheureusement, dans les délais raisonnables imposés
par la Cour suprême du Canada,
à tenir un procès. Est-ce qu'on devrait faire un peu plus comme les services de
garde dans le projet de loi n° 46, qui commence l'étude détaillée...
l'étude ce jeudi, et eux, ils vont avec la notion d'empêchement?
M. Parent (Jean-François) : Bien, il
y a peut-être là une piste intéressante qui nous permettra ensuite de voir
comment ça fonctionne, comment c'est appliqué dans ces milieux-là, puis
éventuellement on pourra peut-être aller de ce côté.
Mais, si vous me permettez, de notre côté à
nous, en conclusion, on n'en a pas fait une recommandation, mais, en ce qui a
trait aux antécédents judiciaires, on a tout de même fait une remarque en
disant qu'au Québec les organismes communautaires ont l'obligation de
revérifier les antécédents judiciaires au terme de trois, quatre ou
cinq ans, ce que nous n'avons pas l'obligation de faire. Nous vérifions
les antécédents lors de l'embauche, mais, par la suite, la responsabilité
incombe à l'employé, s'il y a quelque chose, de faire part au centre de
services scolaire, au service des ressources humaines d'une modification à son
dossier.
Maintenant, nous, ce qu'on dénote, on porte tout
simplement ça à l'attention en disant qu'un humain, c'est un humain, qu'il soit
bénévole, ou qu'il soit enseignant, ou qu'il soit technicien en éducation
spécialisé, ou cadre, c'est un humain, et donc que, peut-être, les obligations
devraient devenir uniformes. On est conscients, par ailleurs, que ça pourrait
mettre beaucoup plus de pression sur les services de ressources humaines et sur
les services policiers aussi de vérifier ça. Alors, ça, on est conscients de ça
aussi. Mais on le porte à votre attention, le porter à l'attention du ministre
en disant : Il y a peut-être quelque chose, là, en termes de cohérence,
qu'il faudra regarder.
• (11 h 10) •
Mme Rizqy : ...c'est marqué que la
période de couverture sera déterminée par le code de vie... le guide... dans un guide qui doit notamment porter sur la
période de couverture, donc dans un guide, alors que le PL 46, en... c'est
vraiment aux trois ans que ça doit être fait. Donc, c'est inscrit dans la
loi, aux trois ans, et, pour le renouvellement, ça doit débuter au moins
six mois avant la fin du trois ans, pour ne pas qu'il y ait de vide
entre la période... Est-ce que... Moi, je pense qu'on pourrait, à ce moment,
s'harmoniser avec le PL 46.
M.
Parent (Jean-François) : Ça semble sage. Ça semble bien sage.
Mme Rizqy : Ça
semble sage. D'accord.
Mme Legault
(Kathleen) : Et ça semble plus complet. Donc, pourquoi ne pas
s'inspirer de ce que d'autres ministères font? Et c'est ça aussi, l'idée de la
collégialité qui pourrait s'installer entre les différents ministères. Alors,
si on est capables d'aller plus loin au ministère de la Famille, pourquoi s'en
priver au ministère de l'Éducation?
Mme Rizqy : Et
vous allez être contente, Mme Legault, ça vise tous les adultes en contact
avec les... bien, dans ce cas-ci, les enfants de la petite enfance. Alors, ici,
ça ne vise pas uniquement le personnel avec qui vous avez un lien d'emploi
direct, mais ça vise aussi les gens qui rentreraient... par exemple, un
bénévole qui viendrait, un entraîneur au niveau des activités parascolaires.
Donc, tout le monde y est assujetti. Alors, vous êtes en contact avec les
élèves, vous serez assujetti. Alors, moi, je trouvais que ça couvrait beaucoup
mieux au niveau de la matière de protection des élèves. Est-ce que ça vous va,
ça, si on se colle...
Mme Legault
(Kathleen) : Très intéressant.
Mme Rizqy : Très
intéressant?
Mme Legault
(Kathleen) : Oui.
Mme Rizqy :
Parfait. Et... Désolée, je vais continuer avec mes autres questions. Bon, vu
que j'ai fait... j'ai parlé... je viens de mentionner les entraîneurs... Mon
collègue en a vraiment parlé, parce que beaucoup de vos plateaux sportifs sont prêtés aux fédérations sportives, et,
apparemment, elles ne sont pas couvertes dans ce projet de loi. Mais vos
élèves, eux autres, le matin, quand ils vont à l'école puis qu'ils vont au gym,
c'est que... c'est le même gymnase, là,
c'est le gymnase dans leur école, puis des fois, même, c'est que l'entraîneur,
par la suite, peut occuper, par exemple, un poste de coordonnateur dans
l'école. Ce que moi... Mon collègue envisage de déposer des amendements pour couvrir aussi les fédérations sportives qui
sont à l'intérieur de vos murs, parce que, de toute évidence, pour l'élève,
il n'y en a pas, de différence, là, vous non plus, j'imagine.
M. Parent (Jean-François) : Non,
c'est ça. Alors, ça revient un petit peu à ce que je mentionnais précédemment,
un être humain, c'est un être humain. Les violences à caractère sexuel n'ont
pas de statut. Alors, je pense que ça, c'est important de considérer ça.
Et, ultimement, Carl
évoquait tout à l'heure la question du transport scolaire, bien, le transport
scolaire, si, par exemple, on a des gens du communautaire, il est possible...
ça, je n'ai pas vérifié, mais il est possible que, les conducteurs d'autobus,
on demande une vérification de ces choses-là, alors que, nous, cet aspect-là,
une fois qu'il est là, il y a... ça appartient à l'entreprise, là, de nous
mentionner s'il y a quelque chose au niveau de leurs conducteurs. Donc, il y a
peut-être, là, certains éléments à s'assurer en termes de sévérité ou de
fréquence de vérification, là, à arrimer avec d'autres ministères ou d'autres
organisations.
Mme Rizqy : Oui.
J'avais oublié de poser une question tantôt. Parce que vous avez fait mention
de l'employé qui doit dénoncer si jamais, par exemple, il y a eu... il y a un
antécédent, mais qu'est-ce qui arrive s'il ne le fait pas?
M. Parent (Jean-François) : On
ne le sait pas jusqu'à ce qu'un élément fortuit fasse en sorte qu'on le
découvre.
Mme Rizqy : Les nouvelles. Alors, moi, j'ai une question. J'ai
réfléchi à cela puis je me suis posé la question. Dans l'objectif
d'arrêter de travailler en silo au Québec, lorsqu'il y a des conditions de
remise en liberté, pourquoi... Puis là il faudrait qu'on vérifie avec le
ministre de la Justice comment on pourrait l'articuler pour que, dans les
conditions de remise en liberté, immédiatement, bien, la couronne demande qu'il
y ait une preuve que ça a été dénoncé à son employeur qui est une école. Et,
comme ça, à ce moment-là, on a un lien direct entre le tribunal et vous. Parce
que, sinon, honnêtement, vous n'aurez jamais le temps de passer vos journées
devant le plumitif avec tous vos employés, puis : Regardez, ici, ah! il y
a quelque chose qui est arrivé cette journée-là, là. Ça n'arrivera pas. Puis, si
quelqu'un, il décide de ne pas vous le dire parce qu'il est de mauvaise foi,
bien, il ne vous le dira pas puis il va attendre la fin de son trois ans
avant que, finalement, ah! le chat est sorti du sac, là. Est-ce que ça
pourrait...
M. Parent (Jean-François) :
Vous savez, dans nos rêves...
Mme Rizqy : ...être
un mécanisme qu'on pourrait regarder? Votre rêve, allez-y.
M. Parent
(Jean-François) : Vous savez que, dans nos rêves les plus fous, en
tout cas, pour les secrétaires généraux, ce serait d'avoir accès à une base de
données où on a toutes les décisions concernant les gens au Québec puis qu'on
pourrait voir ce qui se passe. Mais, évidemment, c'est un rêve.
M.
Prévost (Nicolas) : Le projet de loi fait effectivement mention de la
bonne... tu sais, du fair-play, tu sais, de l'honnêteté des gens qui vont
déposer leurs choses. M. Parent... Jean-François vient de le dire, je pense,
c'est dans la notion du transfert de données, qui sera importante, mais, encore
là, je l'ai... on l'a mentionné tantôt, quelles données doivent être... On le
sait, hein, le transfert de données, ça peut être... ça peut susciter beaucoup
de questions par les temps qui courent. Donc, qu'est-ce qu'il est pertinent
d'avoir dans ce transfert-là des autres... Mais je pense qu'il faut le faire.
Il faut le faire, mais il faut juste bien clarifier ce qui peut être transmis.
Mme Rizqy : ...toujours
dans le fameux guide, parce que, tu sais, des fois, on n'a pas besoin de
réinventer la roue, bien, ils parlent, justement, des infractions qui doivent
retenir l'attention puis ils les nomment : l'homicide, le vol qualifié, les voies de fait, l'enlèvement,
séquestration, intimidation, harcèlement, agression sexuelle, action indécente,
sollicitation, l'incitation à la prostitution, la pornographie juvénile,
donc, conduite dangereuse, possession de drogue, trafic, l'importation puis
l'exportation, là, bien... donc, gangstérisme. Donc, ils nomment... Parce que
dans... notre Code criminel est assez épais, mais il nomme celles qui doivent
attirer notre attention, pour se dire : OK, est-ce qu'on veut... Parce que
c'est quand même des... au niveau pénal, des gestes graves, là. Donc, ça, je me
suis dit que peut-être qu'on pourrait refaire l'exercice, circonscrire
vraiment, peut-être, ce qui est plus à propos pour qu'il y ait une notification
directe qui passe du tribunal à l'employeur. Là, la personne a été condamnée,
là, puis, voilà, pour agression sexuelle ou sollicitation à la prostitution,
là, donc, quelque chose qui est quand même assez grave. Alors, je me suis posé
la question, parce que, si la personne ne veut pas vous le dire, vous allez
attendre longtemps avant de le savoir et... Désolée, il me reste juste
quatre minutes. Là, j'ai perdu mon fil conducteur. Ça va bien.
Une voix :
...
Mme Rizqy :
Ah oui! La violence dans le sport. Non, ça, on a couvert, désolée. Désolée, je
vais revenir. J'ai comme quelque chose que j'avais aussi comme oublié de vous
poser la question. Oui, allez-y.
M. Parent (Jean-François) : ...permettre
un petit quelque chose pendant que vous retrouvez votre fil, quelque chose d'un
peu... dont on a parlé tout à l'heure, mais qui est concernant le guide. Il y a
quelque chose qu'il pourrait être important de retrouver dans le guide,
c'est : Moi, comme employé qui dénonce, qu'est-ce qu'on attend de moi
et qu'est-ce que... quelle sera ma contribution? Est-ce qu'on me reviendra?
Est-ce que... Quels seront... Est-ce... La confidentialité, comment sera-t-elle
respectée? Est-ce que j'ai l'assurance que? Alors, ça, je pense que, dans le
guide, ça fait partie d'informations qu'on devrait retrouver pour favoriser
cette ouverture-là d'amélioration de la sécurité de nos élèves dans nos écoles.
Parce qu'autrement, si les gens disent : Je vais avoir six heures de
contribution à ça, ou encore : Là, la confidentialité, j'ai moins
l'assurance que, bien, tu sais, on aura beau avoir la meilleure littérature sur
le sujet, une meilleure pièce législative, si les gens n'ont pas l'assurance,
ça va être difficile.
Mme Rizqy : Bien,
mon dernier point, c'était sur les mesures de protection pour les lanceurs
d'alerte, donc, ceux qui vont dénoncer. En ce moment, je n'ai pas vu de
mécanisme de protection contre des représailles.
Puis je vais vous
donner un exemple concret qui a d'ailleurs défrayé les manchettes dans La
Presse. Ça se passe chez nous, à Saint-Laurent. Nous, on a eu... Moi, j'ai
rencontré, là, des enseignants qui le disent : J'ai dénoncé, j'ai... une intervenante sociale, j'ai dénoncé.
Ils n'ont pas été écoutés, puis c'est elles et eux qui ont eu des mesures de représailles,
que c'est eux qui ont changé d'école, finalement.
Alors, si tu te
dis : Une seconde, là, c'est exactement le geste qu'on veut que vous
fassiez, mais vous n'avez pas eu le filet de protection pour vous
accompagner... Puis il faut accompagner aussi ceux qui dénoncent, parce que
c'est lourd comme processus. Puis c'est qu'eux sont... ont peut-être accueilli
aussi le témoignage de quelqu'un, puis ils ne sont pas formés en psychologie,
là. C'est... c'est des enseignants, ça peut-être une intervenante sociale, ça
peut être un personnel de soutien, puis qui, eux, reçoivent un témoignage très,
très lourd. Ça les habite, ça occupe leur esprit, puis ils arrivent pour
dénoncer, puis, si, après ça, le lendemain, malheureusement, il y a une
personne qui n'a pas respecté le devoir de
confidentialité, l'a dit à quelqu'un d'autre, puis là tout le monde sait :
Ah! Ha! c'est Mme Legault, la pas fine qui est allée le dire, alors, elle, les
regards dans les couloirs... Ça commence comme ça, des regards dans les
couloirs, on ne lui dit plus bonjour, elle est ostracisée, elle est mise à
l'écart, puis, à un moment donné, c'est ce que... la pression est tellement
grande qu'elle doit changer d'école.
Alors,
ça, je pense que c'est quelque chose qu'on doit vraiment s'assurer, de donner
toutes les mesures de protection pour ceux que... Si on donne une
obligation de dénoncer, ça doit venir aussi avec un filet de sécurité
là-dedans, là.
Mme Legault
(Kathleen) : C'est essentiel. D'ailleurs, on l'a nommé dans dans notre
mémoire, là, il faut qu'il y ait un mécanisme qui garantisse la
confidentialité, et que les personnes qui dénoncent soient protégées contre des
représailles, et, s'il y a des représailles, qu'elles soient soutenues, qu'on
puisse agir, qu'on puisse mettre fin à toutes représailles. Donc, cette
protection-là des personnes qui pourraient divulguer des gestes dont ils ont
été témoins ou dont...
La Présidente (Mme
Dionne) : ...
Mme Legault
(Kathleen) : Je m'arrête là.
La Présidente (Mme Dionne) : ...il
vous reste 10 secondes.
M. Parent (Jean-François) : ...généraux
et les ressources humaines vont être prêts à accompagner ces gens-là,
mais avec les ressources qui seront nécessaires pour ce faire.
• (11 h 20) •
La Présidente (Mme
Dionne) : Merci beaucoup. C'est tout le temps qu'on avait pour cet
échange. Je cède maintenant la parole à Mme la députée de Mercier.
Mme Ghazal : Merci.
Merci beaucoup. Je pense que... J'ai combien de temps, là?
La Présidente (Mme
Dionne) : ...
Mme Ghazal : Huit minutes.
C'est bien de le mentionner, parce que le temps file rapidement. Bien, merci
beaucoup pour votre contribution au projet de loi qui nous occupe.
On en a parlé, là, le
fait que, par exemple, le mot «violence sexuelle» ou «violence à caractère
sexuel» n'est pas mentionné une seule fois dans la loi. J'aimerais vous
entendre. Est-ce que... Selon vous, ce qu'on a devant nous, là, comme projet de
loi, dont le titre est de s'assurer de protéger les élèves et leur sécurité,
est-ce que c'est suffisant pour protéger les élèves? Est-ce que c'est
suffisant? Puis je parle des violences sexuelles parce que, je veux dire, on l'a vu, là, c'est... on ne peut pas faire preuve
de déni puis dire que ça n'existe pas. On ne peut pas se mettre la tête dans
le sable. Même le Protecteur national de l'élève a été étonné du pourcentage et
du nombre de plaintes à caractère sexuel. C'est difficile, pour une société, de
se dire que nos élèves qui vont dans les écoles ne sont pas aussi protégés. Pour nous, là, les adultes, c'est difficile de
l'accepter, mais là on ne peut pas en faire fi. Mais là, ici, on a le projet de
loi, puis je n'ai pas l'impression que cet aspect-là est tenu en compte.
Est-ce que, selon vous, j'aimerais vous entendre, c'est suffisant, ce projet de
loi là, pour protéger et s'assurer de la sécurité des élèves?
M. Parent
(Jean-François) : Bien, je dois vous dire que, dans nos réflexions,
c'est un petit peu moins ressorti, cet
aspect-là des choses, parce que, dans notre esprit, sécurité physique incluait
l'aspect sexuel. Bon, maintenant, s'il y a des doutes là-dessus, il
faudra le préciser, mais on n'a pas nécessairement trop élaboré là-dessus ou
réfléchi là-dessus, parce que, dans notre esprit, il était beaucoup plus
important de définir «sécurité physique», qui incluait l'aspect sexuel, que
d'ajouter «sexuelle». Maintenant, ça appartiendra au législateur...
Mme Ghazal : Parce
que, dans la loi sur le protecteur de l'élève, le législateur, à l'époque,
s'est assuré d'ajouter «violence sexuelle».
M. Parent
(Jean-François) : C'est juste.
Mme Ghazal : Là,
on ne le fait pas. Tu sais, ça... Juste pour être vraiment certains, ce serait
mieux que ce soit inclus.
Mme Legault
(Kathleen) : Bien, en fait, si nous, on présume que ça en fait partie,
que ça fait partie de la violence physique,
mais que quelqu'un d'autre aurait une autre définition, bien, peut-être que de
l'expliciter, ça rendrait ça plus clair pour tout le monde. Donc, on ne
peut pas s'opposer à ce que les choses soient plus explicites.
Mme Ghazal : C'est
ça. Vu que ça l'a été aussi dans le passé, pourquoi, cette fois-là, on ne le
fait pas de manière beaucoup plus explicite? Oui.
M. Prévost
(Nicolas) : Vous l'avez dit, pour l'efficacité du projet de loi, bien,
je pense qu'il y aura peut-être des petites
modifications, certains amendements à y apporter. Ça, c'est une chose. Puis, si
on veut que ce soit efficace, bien, il faut qu'il soit clair pour tout
le monde, qu'il soit bien défini, qu'il soit bien communiqué. Et, s'il y a du
sable dans l'engrenage dans... peu importent les étapes, tu sais, dans l'étape
du signalement, dans l'étape du traitement du signalement, tu sais... Bon, on
entendait, des fois : Des gens signalent puis ils n'ont pas l'impression
que les... Donc, peu importe le niveau de
l'étape et peu importe qui ça touchera, bien, ça devra être clair, précis. Et,
s'il y a des choses qui ne sont pas bien faites, bien, ces gens-là devront...
tu sais, il y aura des modifications ou réexpliquer à ces gens-là
comment ça fonctionne. Mais, peu importe on est où dans ce traitement-là, qu'on
soit directeur d'école, qu'on soit cadre au
niveau du centre de services, qu'on soit direction générale, qu'on soit membre
du personnel, on doit tous le faire pour le bien-être de l'élève puis
s'assurer du suivi de ces gens-là.
Mme Ghazal : Qu'il
n'y ait pas matière à interprétation, alors que, là...
M. Prévost
(Nicolas) : Tout à fait.
Mme Ghazal : Puis
j'ai... On va tenir compte aussi de vos recommandations, puis je suis certaine
aussi que la... peut-être, l'équipe du ministre... J'espère qu'il y aura aussi
des amendements qui viendront sans que nous, on soit obligés de les mettre en
place, pour s'assurer qu'il n'y ait pas tout le temps matière à interprétation
puis des ambiguïtés, parce que, dans les écoles...
Puis moi, j'ai été très vocale là-dedans, c'est
sûr que je... je le mentionne, il n'y a pas de cachette là-dedans, j'aurais préféré qu'il y ait une loi-cadre, comme
celle qui existe dans les cégeps et les universités, vous l'avez mentionné,
et là ça aurait été
beaucoup plus clair, beaucoup plus précis en matière de prévention des
violences sexuelles, surtout que ça a
déjà été fait par le législateur, à l'époque, pour des adultes ou des jeunes
adultes dans les cégeps et les universités. Pourquoi on ne le ferait pas
pour les... dans les écoles primaires et secondaires?
Puis, des fois... Par
exemple, il y a un centre de services, je pense, le centre de services de
Montréal, qui a mis en place une politique contre les violences, puis, moi, il
y a des profs qui m'ont interpelée, dans le secret, parce qu'ils n'ont pas le
droit, ils ne peuvent pas trop parler publiquement, en disant : Bien,
personne... moi, j'ai signalé une situation puis je ne savais même pas que ça
existait. Je veux dire, des fois, il y a des beaux documents qui existent
quelque part, des codes d'éthique, et tout ça, puis, des fois, ça dépend un peu
de la personnalité de la direction. Il y a des directeurs, directrices pour qui
c'est tolérance zéro, puis on va mettre tout en place pour que ça fonctionne. Ailleurs, c'est plus lousse, disons,
où est-ce qu'on essaie de dire : Ah non! essaie de régler ça tout seul, va
parler avec tel prof. Moi, il y a des profs qui m'ont dit qu'ils ont signalé
une situation dont ils ont été témoins dans une école, de mots, de... de choses qui n'auraient pas dû être dites par un
prof face à un élève, et on lui a dit : Bien, essaie d'aller parler
avec le prof toi-même. Et...
Donc, comment est-ce
qu'on fait pour contrer ça, pour que ce soit pareil partout? On peut bien avoir
un code d'éthique, une politique, mais
c'est... ce serait... C'est quoi qu'il faut faire? Est-ce que la loi qu'on a
devant nous le permet?
Mme Legault
(Kathleen) : Effectivement, vous avez raison, le centre de services
scolaires de Montréal a un très beau protocole pour contrer les violences
sexuelles. Le problème, c'est le renouvellement du personnel. Puis l'enjeu,
c'est qu'il y ait de la formation puis de l'accompagnement à tout notre nouveau
personnel et pour que tout le monde connaisse ces encadrements-là. Et ce sera
un défi dans les prochaines années.
Alors, comment on
peut se prémunir contre ces défis-là de renouvellement du personnel? Alors,
moi, je le connais très bien, ce protocole-là, mais peut-être que les jeunes
directions ne le connaissent pas et... et donc on a un enjeu. Je pense que la formation du personnel, ça doit être quelque
chose qui est présent, qui est... qui se... et qui revient de façon régulière pour s'assurer que tous les
outils soient connus, entre autres par les directions d'établissement scolaire.
Mme Ghazal : Oui,
allez-y.
M. Parent
(Jean-François) : Vous savez, quelle que soit la loi, puis c'est une
loi qui est à caractère très humain, quelle
que soit la loi, son application ou la... sa priorité sera toujours exprimée
par le leadership d'une organisation. Et donc ici, à la direction
générale, au service des ressources humaines, au niveau des directions
d'établissement, lorsque ce sera clair que ce ne sera pas toléré et qu'il y
aura toujours une oreille attentive pour quelque geste que ce soit, bien, les gens vont se sentir à l'aise, le
climat va être un climat d'amélioration continue, et les gens vont être à
l'aise de parler de ces choses-là et de s'exprimer sur ce qui ne va pas
dans un milieu.
Donc, peu importe la
façon dont la loi est libellée, le... C'est sûr que ça doit toujours être la
clarté, là, ne nous méprenons pas, mais l'importance du leadership dans
l'application d'une loi, dans une organisation, ce sera toujours important
puisqu'il s'agit d'une loi qui a un caractère humain fort.
Mme Ghazal : Est-ce
que cette loi-là... Par exemple, vous parlez de la formation, tout ça, le
leadership, parce qu'il y en a peut-être qui en ont plus que d'autres, là. Là,
c'est peut-être... Il y a une question de gestion de ressources humaines, et tout ça, mais, pour s'assurer, comme société, de
mettre toutes les chances de notre côté, est-ce que cette loi-là permet
que le genre de situation que je viens de nommer n'arrive pas? Est-ce que c'est
cette loi-là qui le permet?
M. Prévost
(Nicolas) : Bien, moi, je pense que cette loi-là est un excellent
point de départ. C'est... Je pense que c'est
quelque chose qui était important, qui était attendu et qui va porter ses
fruits. Maintenant, il faudra... Moi, ma seule crainte, je vais vous l'exposer.
Comme directions d'école, des fois, parce que, là, on aura le projet de loi
n° 47, vous savez, on a déjà nos
plans de violence, on a quelque chose sur les sévices sexuels, inconduite
sexuelle qui a une autre voie...
La Présidente (Mme
Dionne) : En terminant, M. Prévost.
M. Prévost
(Nicolas) : ...il y a des ententes multis, donc, ça... il y a beaucoup
de choses pour...
Mme Ghazal : Il
y a un risque de travailler en silo aussi...
M. Prévost
(Nicolas) : Bien, il y a un risque...
Mme Ghazal : ...puis
d'ajouter des choses, puis finalement que ça se perde...
M. Prévost
(Nicolas) : Il y a peut-être un risque qu'on ne prenne pas le bon
chemin.
Mme Ghazal : ...d'où
une loi-cadre, une... En tout cas.
La Présidente (Mme
Dionne) : Merci. Merci beaucoup.
Mme Ghazal : On y reviendra. Merci.
La Présidente (Mme Dionne) : Merci. C'est tout le temps qu'on avait pour cet
échange. Donc, Mme Legault, M. Prévost, M. Parent, M. Ouellet,
merci beaucoup pour votre contribution à cette commission.
Et moi, bien, je
suspends les travaux quelques instants pour accueillir notre prochain groupe.
(Suspension de la séance à 11 h 29
)
(Reprise à 11 h 35)
La Présidente
(Mme Dionne) : La Commission de la culture et de l'éducation reprend
maintenant ses travaux. Donc, je souhaite la
bienvenue aux représentants de la Fédération
autonome de l'enseignement. Donc,
nous avons Mme Isabelle Lebrun, conseillère aux relations de travail, Mme Mélanie
Hubert, présidente, Mme Annie-Christine Tardif, vice-présidente à
la vie professionnelle, ainsi que M. Yves Cloutier, conseiller à la vie
professionnelle. Donc, bienvenue. Je vous
rappelle que vous disposez de 10 minutes pour votre exposé, après quoi
nous procéderons à une période d'échange
avec les membres de la commission. Donc, je vous invite à vous présenter et à
nous faire part de votre exposé.
Fédération autonome de
l'enseignement (FAE)
Mme Hubert
(Mélanie) : Merci, Mme la Présidente. M. le ministre, Mmes et MM. les
parlementaires, comme on l'a dit, je suis
Mélanie Hubert, la présidente de la Fédération
autonome de l'enseignement, et je
suis accompagnée de
Mme Annie-Christine Tardif, la vice-présidente à la vie professionnelle,
M. Yves Cloutier, conseiller, et Mme Isabelle Lebrun,
conseillère.
La
fédération regroupe neuf syndicats qui représentent plus de
66 500 enseignantes et enseignants du préscolaire, du
primaire, de... du secondaire, de l'éducation des adultes, de la formation
professionnelle, et on est dans les régions de
l'Outaouais, de la Montérégie, des Basses-Laurentides, de Laval, de Montréal,
de l'Estrie et finalement de la Capitale-Nationale.
Nous vous remercions
de nous entendre aujourd'hui concernant le projet de loi 47 et, d'entrée de
jeu, nous saluons la volonté du ministre de rendre... de vouloir rendre les
milieux scolaires plus sécuritaires, de vouloir mieux protéger les élèves. Les trois missions de l'école publique ne peuvent
se réaliser que dans un milieu d'apprentissage sûr et sécurisant, et, comme membres d'une profession
à majorité féminine, les enseignantes sont bien au fait des conséquences
néfastes de la violence. Elle n'a pas sa place dans les établissements
scolaires, et il n'y a pas de débat, je pense, à avoir là-dessus. Le maintien d'un climat sain dans les établissements
est une responsabilité partagée par l'ensemble des personnes qui la...
qui fréquentent les établissements.
Il nous apparaît
nécessaire de poursuivre dans la foulée de la Loi sur le protecteur national de
l'élève, la loi qu'on appellera la LPNE pour la suite des choses. Depuis
l'implantation de la LPNE en août 2023, le réseau de l'éducation a quand même bénéficié d'un changement de régime en ce qui
concerne la protection des élèves, particulièrement pour le traitement
des plaintes et des signalements. On mesure mieux les progrès qu'on a accomplis
quand on parcourt le fameux rapport d'enquête de portée générale sur la gestion
administrative des inconduites sexuelles et des comportements inadéquats, qui
ont fait objet de nombreux dysfonctionnements administratifs, là, quand on
regardait ce qui se passait dans les
organismes scolaires. Les paramètres de gestion de ces inconduites-là sont
désormais différents sous le nouveau régime. Alors, ces changements
positifs ne sauraient compenser, à notre avis, la nécessité d'une intervention
de l'État pour prévenir et combattre les violences plus spécifiques à caractère
sexuel dans le réseau. Il est grand temps
d'offrir aux élèves du secteur des jeunes, des adultes et de la formation
professionnelle les protections du même ordre que celles qu'on offre en
enseignement supérieur, et c'est pour ça qu'on recommande l'adoption
d'une loi-cadre qui serait applicable.
Pour
le reste du mémoire, je vais laisser la parole à Mme Tardif, qui va nous
présenter un peu les recommandations que nous avons faites dans le
mémoire.
Mme Tardif
(Annie-Christine) : Oui. Alors, mesdames, messieurs, membres de la
commission, bonjour. La FAE constate les perspectives d'amélioration ouvertes
par le projet de loi n° 47. Nous émettrons tout de même des suggestions
constructives pour que ce projet de loi puisse mieux atteindre l'objectif de
renforcer la protection des élèves en
améliorant les encadrements applicables. Nos constats et nos recommandations se
limiteront aux modifications à la LIP et à celles concernant le
personnel enseignant.
D'abord, nous tenons
à souligner notre accord avec les articles qui visent à renforcer
l'utilisation, la diffusion et la mise à jour des codes d'éthique dans le
réseau de l'éducation. Bon nombre de projets pédagogiques particuliers exigent
un apport de personnel externe à l'école dont les critères d'embauche, de
sélection et de supervision ne sont pas équivalents à ceux des autres
personnels du réseau de l'éducation. Dans ce contexte, l'application du code
d'éthique aux membres de son personnel et à toute personne appelée à oeuvrer
auprès des élèves mineurs ou à être régulièrement en contact avec eux est
nécessaire. Ainsi, la FAE recommande de conserver les articles 2 et 6.
Le projet de loi
propose dans plusieurs articles le concept de «comportement pouvant
raisonnablement faire craindre pour la
sécurité physique ou psychologique des élèves». Ce concept nous apparaît mal
défini et par conséquent difficile à mettre en oeuvre, puisqu'étant
essentiellement de nature déclaratoire, c'est-à-dire laissé à l'appréciation arbitraire d'un tiers. Les dispositions de la loi
du Protecteur national de l'élève et celles de l'article 26 de la LIP offrent
à la fois plus d'efficacité, plus d'équité et plus de
clarté au regard de l'objectif, soit la protection des élèves. Ainsi, la FAE
recommande de biffer ce concept du projet de loi.
• (11 h 40) •
Le projet de loi propose l'ajout d'un nouvel
article 262 à la LIP. Celui-ci obligerait tout employé d'un centre de
services scolaire à signaler au ministre une faute grave, un acte dérogatoire
ou un comportement pouvant raisonnablement faire craindre pour la sécurité physique
ou psychologique des élèves. L'objectif de l'éventuel article 262 est déjà
atteint, selon nous, dans le cadre législatif en vigueur. En plus de la
vérification des antécédents judiciaires, le
personnel enseignant est visé par l'article 26 de la LIP. Celui-ci prévoit
déjà que «toute personne physique peut porter plainte au ministre contre
un enseignant pour une faute grave commise à l'occasion de l'exercice de ses
fonctions ou pour un acte dérogatoire à l'honneur ou à la dignité de la
fonction enseignante». L'éventuel article 262 nous apparaît donc superflu
et ferait double emploi avec le libellé de l'article 26 de la LIP.
Une plainte pour une faute grave commise à
l'occasion de l'exercice de ses fonctions ou pour un acte dérogatoire à
l'honneur ou à la dignité de la fonction enseignante couvre plusieurs
situations. En effet, quoiqu'il n'existe pas la définition dans la LIP, la
jurisprudence a établi certains guides pour déterminer la nature de ces actes. Cette même jurisprudence a établi des attentes
très élevées à l'égard du personnel enseignant, et celui-ci doit maintenir
une conduite exemplaire en raison de la position extrêmement importante qu'il
occupe dans la société. Certains comportements
ne relevant pas du Code criminel mais étant préjudiciables pour l'élève sont déjà
visés par les dispositions existantes, à titre d'exemple, faire publiquement
des déclarations racistes et discriminatoires, et ce, même en dehors des
heures de travail, crier, menacer les élèves ou encore avoir des attitudes envers
les élèves visant à instaurer un climat de peur par la voie de l'intimidation.
Toutes ces conduites peuvent faire l'objet d'une plainte en vertu de
l'article 26 et bien d'autres. Nous craignons donc, par cet éventuel
article 262, une possibilité de régime parallèle à celui existant en vertu des dispositions de la LIP et de la LPNE.
La FAE recommande donc de biffer cet article du projet de loi et réitère
l'importance d'utiliser adéquatement l'article 26 et les dispositions de
la LPNE.
Quant à l'article 263 de l'article 5 du
projet de loi, la FAE recommande de le biffer. Vous n'êtes pas sans savoir que
le projet de loi n° 42 présentement à l'étude traite, entre autres, de la
question de la caducité des sanctions disciplinaires dans le cadre des contrats
de travail. Si un encadrement est nécessaire à ce sujet, il devrait passer par
le biais de la Loi sur les normes du travail plutôt que la Loi sur
l'instruction publique. Cela garantirait ainsi une uniformité de l'application,
et ce, dans tous les milieux de travail.
Cela étant dit, il nous semble possible
d'améliorer le processus de l'article 26 et des dispositions connexes de
la LIP, d'une part, en améliorant les délais avec le processus de
l'article 26. En effet, tout processus de plainte ou de signalement...
dans tout processus de plainte ou de signalement, les délais de traitement et
de réponse constituent un élément crucial.
Conséquemment, les délais en lien avec le processus de l'article 26
peuvent être améliorés en les réduisant. D'autre part, l'article 26 devrait permettre aux personnes ayant
porté plainte et aux personnes visées d'être accompagnées par une
personne de leur choix.
Finalement, nous tenons à souligner que les
personnes responsables de la supervision du personnel échappent à l'attention
de ce projet de loi destiné à mieux protéger les élèves, et ce, malgré le
contenu accablant du rapport d'enquête de portée générale sur la gestion
administrative des inconduites sexuelles et des comportements inadéquats à l'égard de leur travail. Voici quelques exemples
de constats présentés dans le rapport à la suite d'enquêtes : démarches
sommaires de vérification de références, appréciations de rendement incomplètes
du personnel, documentation lacunaire de la part du centre de services
scolaire, vérifications d'antécédents judiciaires bâclées, informations non
transmises par une direction, formation déficiente des directions
d'établissement, processus laxiste d'embauche et d'évaluation des cadres, inaction de la part de la haute direction,
cadre de gestion d'antécédents judiciaires non respecté. Le maintien d'un
climat sain dans les établissements scolaires exige un travail soutenu et
quotidien. Des mécanismes permettent déjà d'accomplir les objectifs du
ministre. Le personnel cadre doit utiliser pleinement les outils à sa
disposition et exercer les responsabilités que ce même cadre législatif et
réglementaire lui confère.
Mme Hubert (Mélanie) : Alors,
en conclusion, l'entrée en vigueur de la Loi sur le protecteur national de
l'élève à l'automne dernier a instauré, de notre point de vue, un processus de
plainte et de signalement assurant une meilleure protection des élèves, tout en
conservant le processus de plainte qui était déjà existant pour le personnel enseignant. Nous croyons que certains éléments du
projet de loi 47, notamment un code d'éthique et toute son application, permettraient
de renforcer la sécurité des élèves et leur protection. Et, parallèlement, la
FAE recommande qu'une loi-cadre sur les
violences sexuelles... les violences à caractère sexuel, pardon, soit adoptée
afin notamment de faire davantage de prévention, de mieux accompagner
les victimes et éventuellement éradiquer ce type de violence. Une loi-cadre
compléterait ainsi les mécanismes mis en place dans la Loi sur le protecteur national
de l'élève ainsi que ceux visés par l'article 26 de la Loi sur
l'instruction publique. Nous vous remercions de l'attention que vous avez
portée à notre présentation.
La
Présidente (Mme Dionne) : Merci infiniment pour cet exposé. Nous allons débuter
la période d'échange. Donc, M. le ministre, je vous cède la parole.
M. Drainville : Merci beaucoup,
Mme la Présidente. Alors, bienvenue. Merci d'être présents aujourd'hui. Je
voulais juste vous signaler que le code d'éthique s'applique à tous les
employés, y compris les cadres. Les cadres sont
visés par l'article 3 du projet de loi, là. Quand on dit : «Le centre
de services scolaire doit se doter d'un code d'éthique applicable aux
membres de son personnel», c'est tout le personnel, y compris les cadres. Donc,
ils sont... ils sont assujettis à... au code d'éthique et
donc aux éventuelles sanctions qui pourraient découler d'un manquement au code
d'éthique. Je voulais juste vous le... vous le signaler.
Par rapport à
l'article 1 dont vous recommandez le retrait, j'aimerais ça que vous
m'expliquiez avec davantage de détails pourquoi vous souhaitez qu'il soit
retiré. Parce que la raison pour laquelle nous l'avons inscrit au projet de loi, c'est que, comme vous le savez
sans doute, actuellement, si une plainte n'est pas écrite et assermentée,
elle n'est pas recevable. Et donc je peux me retrouver dans des situations où
il y a une situation qui est décrite dans les médias avec moult détails, il y a
des témoins ou plaignants qui sont cités, et, dans l'état actuel de la Loi sur
l'instruction publique, c'est... ce n'est pas possible pour moi de saisir le
comité d'enquête. Je ne peux pas demander au comité d'enquête d'aller vérifier
s'il y a faute grave, s'il y a eu un acte dérogatoire à l'honneur ou à la
dignité de la fonction enseignante parce que je n'ai pas de plainte formelle.
Et donc
l'article 1 vise justement à faire en sorte que je puisse déclencher un
comité d'enquête qui ira vérifier le fondement des informations et qui me
permettra éventuellement de suspendre ou même de révoquer le brevet ou
l'autorisation d'enseigner. J'ai parlé de brevet depuis le début de... des
travaux de la commission ce matin, mais, entendez
bien, quand je parle de brevet, c'est le brevet parmi les autres autorisations
d'enseigner qui sont concernées, donc, par l'application de
l'article 26. Ce que dit l'article 26, c'est que la plainte doit être
écrite, motivée et faite sous serment, mais
parfois j'ai des personnes qui vont parler à des journalistes sous le sceau de
la confidentialité. Ils sont, entre guillemets... enfin, les citations
sont entre guillemets. Ça me semble sérieux. Parfois, c'est étayé par plus
qu'une personne, par plus d'un témoignage,
et je ne peux rien faire. Et ça, à mon avis, ce n'est pas acceptable. Donc, je
m'explique mal pourquoi vous souhaitez retirer l'article 1, si vous
me permettez de vous poser la question. Je vous écoute.
Mme Tardif
(Annie-Christine) : Oui. Bien, en fait, on comprend, parce qu'on sait
que vous parlez d'une situation vécue. Donc... Mais c'est que maintenant il
existe la Loi sur le protecteur national de l'élève. Selon nous, ça répond. En fait, c'est... ce n'est pas judicieux
et ce n'est pas souhaitable qu'une personne passe par un journaliste pour faire
connaître une situation. On s'entend là-dessus. Normalement, on devrait
utiliser les processus en vigueur. Et je pense que c'est ce qui est souhaité par la mise en place du Protecteur national de l'élève et la promotion de cette personne et de son
rôle, pour que les gens puissent passer par cette personne-là.
• (11 h 50) •
S'il reçoit une
plainte, un signalement qui est en lien avec des fautes graves ou actes
dérogatoires, ou tout ça, en fait, ce qu'il
reçoit, il peut soit le diriger vers les ressources humaines dans le cadre
de... un cadre disciplinaire, mais, si c'est autre chose, il peut vous le
référer. Et vous, dans la LIP, vous pouvez interpeler le plaignant pour lui
demander s'il a l'intention de porter plainte ou pas en vertu de
l'article 26. Parce que là, ici, il faut comprendre que le 28.1 ne touche que les enseignants, ce qui serait
peut-être différent si ça touchait tout le monde, là, mais il existe,
l'article 26, et le Protecteur national de l'élève va vous
interpeler. Donc... Et vous devrez demander à la personne son intention de
porter plainte ou pas, ça fait que...
M. Drainville :
...nécessairement la personne, moi. Si elle a parlé à un journaliste sous
le sceau de la confidentialité puis elle donne des détails... D'abord, quand
vous dites : On souhaiterait qu'elle n'ait pas parlé à un journaliste,
mais qu'elle se soit adressée... qu'elle ait porté plainte formellement au
ministre, comme le prévoit la loi, ou
qu'elle se soit adressée au Protecteur
national de l'élève, vous comprenez,
moi, je n'ai pas de contrôle là-dessus, là. Moi, je me retrouve avec un
témoignage dans les médias qui semble crédible, qui est appuyé avec des
détails, etc., et, actuellement, je n'ai pas le moyen de déclencher un comité
d'enquête. Et ça, pour moi, c'est très problématique, parce que je peux me
retrouver dans une situation où les gens disent : Bien, voyons donc! c'est
partout dans les médias, il y a une ou des
personnes qui témoignent, les détails sont là, faites quelque chose, M. le
ministre. Et puis moi, j'attends la plainte formelle, je n'ai pas de
plainte formelle. Et je ne peux pas non plus identifier la plaignante,
nécessairement. Le média ne rapporte pas nécessairement la... l'identité de la
personne, pour des raisons qui lui appartiennent.
Et c'est pour ça que l'article 1 existe. Et c'est pour ça également que le
projet de loi prévoit, à l'article 7, la possibilité de désigner une personne qui va vérifier si les
renseignements qui m'ont été transmis sont fondés, si on veut résumer.
Alors, avant d'aller
à un comité d'enquête, il y a des informations qui me sont transmises, peu
importe le moyen, qui ne... qui ne constituent pas une plainte formelle au sens
de la loi, mais qui sont des informations ou des renseignements crédibles.
Alors, j'ai la possibilité, en vertu du projet de loi, de déclencher un comité
d'enquête, ce que la loi actuelle ne me permet pas. Et le projet de loi me
permet également, avant d'arriver au comité d'enquête, de nommer quelqu'un qui
pourra vérifier, donc, «désigner une personne afin de vérifier si les
renseignements qui sont en sa possession — donc, en la possession du
ministre — sont
susceptibles de démontrer qu'un enseignant a commis une faute» ou a agi de
façon dérogatoire à l'honneur ou à la dignité de la profession.
Donc, encore une
fois, je m'interroge sur la raison pour laquelle vous y voyez un danger ou...
Allez-y, Mme Hubert, s'il vous plaît.
Mme Hubert
(Mélanie) : Oui, bien, en fait, nous, ce qu'on se disait puis ce
qu'on... comment on percevait le rôle du
ministre dans l'article 26, c'est un rôle de gardien des processus aussi. Et on
a... Sans vouloir revenir en arrière, quand
on a parlé du projet de loi 23, on s'est positionnés en se disant que le
ministre de l'Éducation, quel qu'il soit, là, ce n'est rien de personnel
aux gens en place en ce moment, ne devrait pas avoir les mains dans l'ensemble
de l'oeuvre et dans l'ensemble des cas. Donc, pour nous, l'article 7, qui
permettait, justement, au ministre puis... Bien, l'article 478, au sens plus large aussi, donne déjà les pouvoirs au
ministre, quand des faits sont portés à sa connaissance, de nommer des
gens, de déclencher des enquêtes. Pour nous, ça semblait suffisant.
Et d'ailleurs on a, plus
loin dans notre rapport, et il en sera peut-être question plus tard... L'idée
de signaler directement au ministre, pour nous, cette centralisation-là de
toutes sortes de situations vers le ministre, ce n'est peut-être pas ce qui est
souhaitable dans notre... dans notre réseau, qui est très gros et qui peut être
difficile aussi à gérer. C'était le sens,
là, de l'amendement, de retirer ça, mais on maintenait l'idée du paragraphe
7... de l'article 7 d'élargir la portée de l'article 478 de la LIP.
M. Drainville : En tout cas, je
prends note de votre... de vos observations, mais je tenais quand même à vous
expliquer la raison pour laquelle nous avons souhaité aller de l'avant.
Par ailleurs, quand vous... quand vous parlez du
Protecteur national de l'élève, vous avez raison de dire que, lorsqu'il y a une
plainte qui est acheminée au Protecteur national de l'élève en vertu de 26, de
l'article 26 de la LIP, donc, qui prévoit,
ultimement, possible révocation ou suspension du brevet ou de l'autorisation
d'enseigner... vous avez raison de dire : Le protecteur doit m'en
aviser, mais le... la personne qui a observé, qui a été témoin, peu importe,
qui souhaite dénoncer ne va pas nécessairement passer par le Protecteur
national de l'élève. Donc, vous avez raison de dire qu'une fois que c'est rendu
au protecteur national, ça revient chez nous, il nous en informe, mais, encore
une fois, ça ne veut pas dire que le citoyen va passer par le Protecteur
national de l'élève. Et ça se peut qu'il se... que la personne se limite à
témoigner, par exemple, auprès d'un journaliste, d'une journaliste, de telle ou
telle situation.
Donc, on en revient à mon point premier. Si la
situation est sérieuse, semble crédible, je dois, je dois pouvoir demander à
quelqu'un de vérifier les faits ou éventuellement de déclencher un comité
d'enquête pour pouvoir, ultimement, si la preuve est fondée... de révoquer ou
de suspendre le brevet. Enfin, là-dessus, on a des points de vue divergents,
puis je respecte... je respecte ça.
M. Cloutier (Yves) : ...peux me permettre, M. le ministre?
M. Drainville : Oui, bien sûr.
M. Cloutier (Yves) : Oui. Puis vous avez raison de le mentionner, mais,
justement, les dispositions de la LPNE étant relativement jeunes, ça pourrait
peut-être expliquer une partie, là, de la situation à l'effet que, quand ces
dispositions-là seront mieux connues... Puis tout à l'heure M. Bernier
comparaîtra devant vous. Puis il y a toute une fonction de... qui revient au
protecteur national aussi de diffusion puis de promotion des... du mécanisme de
la LPNE. Donc, compte tenu que c'est en place depuis le mois de septembre,
peut-être qu'il est trop tôt pour faire le bilan, effectivement, sur
l'accessibilité puis la diffusion des informations relatives au processus de
plainte et signalement.
M. Drainville : OK.
Mme Hubert
(Mélanie) : ...ont mentionné la multiplicité des voies pour
aller vers des plaintes et le traitement de ces plaintes-là. Plus on
limitera et plus on pense qu'il y aura un guichet un peu unique, plus ce sera
aidant pour la population, les parents, les élèves et l'ensemble du personnel
aussi concerné. Ce sera plus facile de s'y retrouver. Donc, évitons de multiplier. Je pense que les intervenants précédents
assis ici disaient un peu la même chose à certains égards. Ayons des voies uniques, et celle du Protecteur national de l'élève, à notre avis, devrait continuer d'être exploitée.
C'est... c'est nouveau comme... comme
législation, mais on pense qu'il y a là quelque chose qui va favoriser la
protection des élèves, les enquêtes et surtout les dénonciations
obligatoires à d'autres paliers dans le réseau.
M. Drainville : OK. Par
ailleurs, recommandation 4, vous souhaitez biffer du projet de loi le concept
de comportement pouvant raisonnablement faire craindre pour la sécurité
physique ou psychologique des élèves, ce qui est...
ce qui est le... je dirais, le... comment dire, la pierre d'assise du projet de
loi ou, en tout cas, le concept moteur central du projet de loi.
C'est... c'est ces comportements, donc... Et je souhaite le préciser, Mme la
Présidente, dans mon esprit, un comportement qui peut faire craindre pour la
sécurité physique ou psychologique des élèves, ça inclut, bien entendu, les
violences sexuelles. En fait, je dirais, le comportement pouvant faire craindre
pour la sécurité physique ou psychologique est plus large que le concept de
violence sexuelle. Donc, je... j'ose affirmer, Mme la Présidente, qu'il constitue une protection encore plus grande
pour nos élèves que le seul concept de violence sexuelle. Ça, je pense que c'est important de le préciser. Je pense qu'on
peut très bien affirmer qu'un comportement violent sur le plan sexuel,
c'est un comportement à la fois... c'est un comportement qui pose menace ou qui
fait craindre pour à la fois une sécurité
physique et une sécurité psychologique. Les deux éléments, à mon avis,
découlent d'une violence sexuelle. La violence sexuelle, elle pose un
risque pour la sécurité physique et elle pose un risque pour la sécurité
psychologique. Donc, je tenais à préciser cela.
Mais revenons-en, donc, à ce concept. Pour quelle
raison vous souhaitez le biffer? Parce qu'il me semble raisonnable. C'est
raisonnable, Mme Hubert, de dire : On va protéger nos élèves contre
tout comportement qui fait poser un risque pour la sécurité physique ou
psychologique des élèves.
• (12 heures) •
Mme Hubert
(Mélanie) : Cette définition-là ou ce libellé-là qui est proposé dans
la loi est aussi accompagné de mesures disciplinaires qui peuvent être données
en fonction de cette définition-là et d'informations qui restent au dossier et qui non seulement resteront au dossier,
mais... bien, resteraient, on va parler au conditionnel, et qui pourraient
être transmises d'un centre de services à l'autre avec aucun délai, là. On ne
sait pas les délais, mais ça pourrait possiblement être sur toute une carrière. Et, pour
nous, cette définition-là, elle était beaucoup trop large, parce qu'il y a des
mots comme «la personne raisonnable». On sait que les tribunaux ont bien défini
ce que c'est, la personne raisonnable, là, dans le sens juridique du terme, mais,
pour M., Mme Tout-le-Monde, et particulièrement pour le personnel qui oeuvre
dans les écoles, quelqu'un de raisonnable, est-ce que ça aura les mêmes
critères? La même chose pour le mot «raisonnablement craindre». Je peux
craindre pour toutes sortes de raisons, et il peut y avoir des actes isolés.
Puis je vais donner des exemples très... qui peuvent sembler banals, mais qui
nous semblaient pouvoir être visés par ça et que ça couvrait trop large.
Par exemple, une
enseignante qui, sur la cour d'école, pendant qu'elle surveille, de loin,
quelqu'un la verrait en train de tirer un élève par la manche, par le capuchon
du manteau, ou peu importe, qu'on entendrait des cris, par exemple, évidemment,
tous ces éléments-là peuvent être des comportements répréhensibles, on
s'entendra. Mais dans quel contexte? Et est-ce que ça... Est-ce que ce sont des
sujets? On pourrait dire : Bien, moi, ça me fait craindre pour la sécurité
des élèves, et il y a des comportements qui me font douter. Et là ça a les
impacts de l'article 5, où ça reste dans notre dossier, que ces
informations-là sont communiquées.
On peut avoir des
mesures disciplinaires en vertu d'une définition qui couvrait tellement large.
Et c'était un peu la crainte qu'on avait, que ça ouvre toutes sortes de situations
et qu'on perde, finalement, l'idée de protéger contre des violences, puis, M.
le ministre, vous parliez des violences à caractère sexuel, bien, qu'on...
qu'on noie un peu le poisson avec d'autres types de comportements, puis ce
n'est pas... ce n'est peut-être pas ceux-là qu'on veut viser en tout premier
lieu.
Et, pour les
violences sexuelles, bien que ce soit inclus dans ce qui est mentionné dans la
loi, pour nous, ça nécessite autre chose.
Parce que les jeunes victimes de violence, elles l'ont dit à plusieurs
reprises, je pense notamment au groupe La Voix des jeunes compte, elles parlent
beaucoup aussi d'être accompagnées dans le milieu, d'avoir les bonnes
ressources qui sont adéquatement formées. Et ça, en ce moment, même le projet
de loi actuel ne couvre pas ces situations-là.
M. Drainville :
Mme Hubert, il me reste 20 secondes, il me reste 20 secondes.
Vous êtes donc opposés à ce que les clauses d'amnistie demeurent au dossier.
Vous êtes... vous êtes... Vous souhaitez que ces fautes disparaissent du
dossier après un certain temps. C'est exact?
Mme Hubert
(Mélanie) : Ce n'est pas ce qu'on a dit. Ce qu'on a dit, c'est qu'il y
a présentement...
La Présidente
(Mme Dionne) : ...
Mme Rizqy :
...
La Présidente
(Mme Dionne) : Oui, d'accord. Allez-y, Mme Hubert.
Mme Hubert
(Mélanie) : Je vous remercie. Merci, Mme Rizqy. Ce qu'on a dit
dans notre mémoire, c'est que ce projet...
il y a un autre projet de loi en ce moment à l'étude, qui est le projet de
loi 42, qui vise particulièrement ça, les travailleurs,
travailleuses, et, pour nous, en ce moment, plutôt que de faire deux régimes
distincts dans deux systèmes parallèles, on pense que, le projet de loi 42
présentement à l'étude, qui visera tous les travailleurs et travailleuses du
Québec dans tous les milieux de travail, on pourra se fier à ça et on verra les
recommandations que la FAE pourrait vouloir faire, si elle dépose un mémoire.
On verra ce qui sort de ces travaux-là. Mais, pour nous, ce n'est pas de dire qu'on est contre. On dit
seulement qu'il y a une autre tribune présentement qui pourrait viser la même
chose et on ne voudrait pas que deux systèmes parallèles s'installent et qu'il
y ait...
M. Drainville :
...excusez-moi de vous interrompre...
Des voix : ...
M. Drainville : Mais vous êtes consciente
du fait que 42, ce n'est pas le même concept. 42 porte sur violences physiques
et psychologiques, alors qu'ici on parle de tout comportement pouvant menacer
la sécurité physique et psychologique. Dans le cas du projet de loi qui est
devant nous, le concept est plus large que la seule... que le seul concept de
violence physique et psychologique. On protège les élèves contre tout
comportement pouvant mettre à risque la sécurité physique ou psychologique et
on souhaite que ces comportements restent inscrits au dossier des personnes.
Donc, de vous rabattre sur 42, c'est limiter, je dirais, la protection des
élèves, parce que le concept du projet de loi qui est devant nous est plus
large, protège mieux les élèves, puis, pour des raisons évidentes, c'est que ce
sont dans bien des cas des personnes mineures qui sont sous l'autorité...
La Présidente
(Mme Dionne) : ...
M. Drainville :
...de toutes sortes de... Alors, vous comprenez la distinction? Moi, je
pense que 47 protège beaucoup mieux les élèves, et c'est pour ça qu'on a un
régime distinct pour les élèves dans le projet de loi 47 qui est devant
nous.
Mme Hubert
(Mélanie) : Pour nous, il y a aussi l'article 26 de la loi, par
rapport aux profs, qui va venir encadrer aussi particulièrement les fautes. Et
il laisse des traces, puisqu'il y a un registre prévu, il y a quelque chose de prévu pour les enseignantes et enseignants, là
aussi, qui sont déjà en place. Donc, on pensait que 42, combiné à ce qui
existe déjà, était suffisant, et de ne pas créer, je le répète, deux systèmes
parallèles pour les mêmes travailleurs.
La Présidente (Mme Dionne) : Merci,
Mme Hubert. Mme la députée, oui.
Mme Rizqy : ...vraiment,
de clarifier, là. Un, bonjour, bienvenue avec nous. Merci aussi pour la clarté
de votre propos dans votre mémoire.
C'est très étayé. Puis je ne veux pas mettre des mots dans votre bouche. Ma
compréhension de ce que vous venez de
dire, c'est que l'objectif ultime, c'est que les deux lois s'arriment pour ne
pas avoir, par exemple, un doublon, mais qui serait contradictoire.
Est-ce que j'ai bien résumé le propos?
Mme Hubert
(Mélanie) : ...être un des problèmes qu'on verrait, c'est
clair. Puis l'autre chose, c'est que l'article qui était proposé sur la
caducité des mesures disciplinaires, dans le cas du PL 47, est attaché à
une définition qu'on jugeait, de notre point de vue, qui ouvrait sur
l'arbitraire, qui ouvrait sur toutes sortes de situations qui pourraient être
interprétées. Et, pour nous, ça ne nous semblait pas souhaitable de dire que
toutes ces mesures-là, basées sur un concept qui nous semblait arbitraire,
puissent rester indéfiniment dans le dossier. On n'était pas à l'aise non plus
avec cette partie-là de l'article de loi. Donc, les deux ensemble, on a
recommandé de se rabattre sur l'article... le projet de loi n° 42,
effectivement.
Mme Rizqy : OK. Puis, moi, ma
compréhension, aujourd'hui, on se réunit dans un projet de loi qui porte... qui
fait suite à tout ce qu'on a entendu en matière de violence à caractère sexuel,
bien que le projet de loi, à mon grand étonnement, ne parle pas de violence à
caractère sexuel. Je pense que ça vaudrait la peine peut-être de le préciser
aussi quelque part dans la loi. Parce que tantôt on parlait de violence
physique pour le PL 42 de M. Boulet, mais ici...
Moi, je vais me permettre de faire un exemple,
là, dans ce qu'on appelle le moindre et inclus, là. Physique, moi, ça inclut aussi les violences sexuelles.
C'est pas mal physique, là, je m'excuse de le dire ainsi, là, donc... Mais je
voudrais juste que... On dirait qu'on n'a peut-être pas la même... On dirait
qu'il manque peut-être une précision, dans le projet de loi, pour qu'on parte
tous sur le même pied d'égalité en matière d'information puis qu'on se
dise : Il y a aussi les violences sexuelles, là, qu'on essaie de parler
là-dedans, là.
M. Drainville : ...
Mme Rizqy : On peut l'ajouter?
Parce que j'ai l'impression que... OK. Parce que...
M. Drainville : ...
Mme Rizqy : OK.
Parfait. Parce que, sinon, on ratisse... J'ai l'impression qu'on ratisse
tellement large, mais qu'on... qu'il y a quelque chose qu'on ne parle
pas, là.
M. Drainville : ...ou quelque
chose comme ça.
Mme Rizqy : Oui, Mme Tardif.
Mme Tardif
(Annie-Christine) : Bien, on ratisse large. C'est pour ça qu'on a
l'impression que ça ne cible pas les véritables comportements qu'on veut
cibler. C'est notre crainte que ça se perde à travers ce libellé-là.
Mme Rizqy : Parce que j'imagine
que... la plainte au ministre, on ne veut pas que ce soient toutes sortes de plaintes qui se rendent, un, à vous, là. On veut
les... évidemment, les plus importantes, les... les fautes dérogatoires, les fautes
graves, là. C'est ça, ma compréhension. Vous, Mme Hubert?
Mme Hubert
(Mélanie) : Bien, j'allais réagir sur autre chose.Parce
qu'on parle de violences physiques et on les associe nécessairement à violences
sexuelles, mais les violences sexuelles peuvent aussi être d'ordre psychologique,
particulièrement quand on s'adresse à la diversité sexuelle, l'identité de
genre, et tout ça. Donc, il ne faut pas faire l'équation que les violences
physiques et sexuelles, ça va nécessairement de pair. Il peut aussi y avoir de
la violence psychologique dans les violences à caractère sexuel.
Mme Rizqy : Absolument.
Mais, dans «violences», si on part de «violences», là, ça inclut toujours
physiques et psychologiques. Après ça on peut les... on peut les
caractériser de sexuelles.
Mme Hubert (Mélanie) : Tout à
fait.
Mme Rizqy : Moi,
c'est comme ça que je le voyais dans mon esprit, là. Donc, parfait, là. On a
éclairé. Je pense que, là, on est tous... on comprend mieux, je pense,
la portée du propos. L'objectif, ce n'est pas qu'on ait des régimes parallèles. Puis, je pense, dans le mémoire, aussi, ce
que... vous en faites mention, il y a le mécanisme du Protecteur national de l'élève, il y a la Loi sur
l'instruction publique. Et je pense
que ce que... Si j'ai bien compris, c'est qu'il ne faut pas non plus qu'on multiplie les procédures, parce
que, sinon, la victime ou la personne qui veut dénoncer, à un moment donné,
elle ne sait plus vers quelle porte frapper, là, si j'ai bien compris. Il
faudrait peut-être recentrer puis vraiment être très clair, là, comme chemin.
Mme Tardif (Annie-Christine) : ...suite
au rapport sur la gestion des inconduites sexuelles, on se rend compte,
justement, que parfois ça a été mal géré ou ça s'est perdu, ça ne s'est pas
rendu au bon endroit. Donc, on ne veut pas multiplier. Parfois c'est au centre
de services scolaire, parfois c'est au ministre, ça peut être le Protecteur
national de l'élève. Les intervenants précédents l'ont dit aussi. Eux autres,
ils ont plus visé... il faudrait faire un guide pour toutes les façons puis
c'est quoi, le chemin.
Ça fait que nous, on dit : Moussons ce
protecteur-là pour que ça passe par là. Ce sont des personnes qui sont
habilitées pour regarder les différentes plaintes et les envoyer soit aux
ressources humaines ou au ministre. Ça fait que, pour nous, c'est un processus
qui est très clair et qui doit être utilisé de façon efficace.
Mme Rizqy : ...ça aurait été
mieux d'avoir une loi-cadre. Comme ça, on partait... ça aurait été pas mal plus
clair pour tous, là. Bon, alors...
Mme Tardif (Annie-Christine) : Bien,
on pense qu'une loi-cadre doit compléter.
Mme Rizqy : Une loi-cadre
devrait compléter. OK. La Loi sur l'instruction publique mentionne clairement
qu'on couvre les élèves âgés de 18 ans ou 21 ans, lorsqu'on parle
d'une personne avec un handicap. Or, le projet de loi ne vise que les mineurs.
Nous, on est d'avis qu'on devra l'étendre aussi pour couvrir aussi les adultes,
là, qui sont dans les établissements, là. Ça, est-ce que vous êtes d'accord? OK.
• (12 h 10) •
Mme Hubert (Mélanie) : On
représente des gens qui sont aussi à l'éducation des adultes puis à la
formation professionnelle. Donc, pour nous, il faut que tout le monde puisse
apprendre, peu importe son âge, là, dans un climat qui serait sain et
sécuritaire pour les apprentissages, quels qu'ils soient.
Mme Rizqy : ...des membres qui
sont en Outaouais. Tantôt, je donnais un exemple en matière de vérification des
antécédents. En ce moment, ça ne couvre que ce qui se passe au Québec. Donc,
par exemple, si on a un enseignant qui est en Ontario et qu'en Ontario il a
commis une infraction puis il décide de traverser pour s'en venir travailler au
Québec, en ce moment, la vérification telle qu'elle est faite, là, passe sous
le radar, là, parce qu'on ne pourra pas voir ses antécédents ou une clause
d'empêchement, si c'est fait en Ontario, de la manière que c'est fait
présentement. Et, en ce moment, le PL n° 46, qui sera
à l'étude détaillée jeudi, qui vise les services de garde, eux, ils sont
allés... un, c'est dans la loi. Ça doit être fait aux trois ans. Ce n'est pas
dans un code de vie, là. C'est dans une loi, aux trois ans et au
renouvellement, six mois avant la date de fin. Et on regarde aussi les
empêchements, qui est une notion beaucoup plus large, parce qu'on parle de
personnes vulnérables. Est-ce que, là... Allez-y, Mme Hubert.
Mme Hubert (Mélanie) : Là-dessus,
on ne voudrait pas vous contredire, là... Bien, parce que l'article 258.1,
puis là je vais trahir mon âge, ça nous dit
bien que la... pour l'application des dispositions de la loi, là,
l'article 258... 258.1, la «déclaration
de culpabilité pour une infraction criminelle ou pénale commise au Canada ou à
l'étranger», «une accusation encore pendante pour une infraction
criminelle ou pénale commise au Canada ou à l'étranger».
Mme Rizqy : OK.
Moi, dans mon guide, ça me dit uniquement Québec. Peut-être
que... Puis c'est le guide du ministère de l'Éducation. OK.
Mme Hubert (Mélanie) : Puis
nous, dans notre mémoire, peut-être pour faire du pouce aussi là-dessus, on
recommandait, pour faciliter le travail des différents employeurs, là, centres
de services, que l'information puisse être
centralisée, qu'on mette des ressources à un endroit. Là, on
proposait la Sûreté du Québec, mais ça pourrait être ailleurs, mais que
les centres de services scolaires n'aient pas à se poser de questions, à qui je
peux faire appel, à quel corps policier, est-ce que je fais affaire à une firme
en particulier, ou peu importe. Donc, on proposerait de centraliser le
processus à un seul endroit qui permettrait peut-être... l'idée d'un guichet
unique, encore une fois, qui permettrait peut-être d'être plus efficace et que
personne ne s'y perde dans le processus, là.
Mme Rizqy : ...en ce moment,
dans le guide actuel, c'est vraiment marqué... Puis là, je comprends, la loi
dit une chose, mais le guide où est-ce que
les policiers utilisent, c'est vraiment marqué : «Infractions pénales ou
criminelles commises au Québec.» Alors, OK, on va s'assurer peut-être
de... que ce soit la même chose partout, parce que, de toute évidence...
Puis là vous, vous voudriez que ce soit la
Sûreté du Québec. J'ai peut-être un petit bémol. Je vous l'explique brièvement.
C'est parce que... C'est-à-dire qu'en ce moment on a quand même des ressources,
SPVM, les différents corps de police partout
au Québec qui peuvent le faire, puis il y a aussi des organismes privés qui le
font et qui ont accès aux banques de
données. C'est que ça nous permet d'en faire beaucoup plus, étant donné que,
l'école, il n'y a pas juste les
enseignants, il y a... Moi, je pense qu'il faut s'assurer que, tous les
adultes qui sont en contact avec les élèves, on fasse la vérification des antécédents, là. Donc, c'est
sûr que, si c'est seulement la Sûreté du Québec, on risque de limiter les ressources
pour faire quand même une grosse tâche, là, de vérification, là.
Mme Hubert (Mélanie) : Ce qu'on
avait compris, c'est que, dans le rapport d'enquête à portée générale, c'était
un des problèmes, cette vérification-là qui partait de différentes sources.
Donc, on pensait que centraliser la chose serait une façon aidante, mais, bon,
vous... Ce sera à évaluer.
Mme Rizqy : Bien, peut-être que
ce serait d'arrimer. Parce que je me rends compte que peut-être qu'ils n'ont
peut-être pas la même façon de travailler, mais ils devraient tous consulter
les mêmes banques de données, là. Parce que, là, moi, c'est marqué ici
seulement Québec, mais vous, vous me dites : Le Canada aussi. Merci de
nous éclairer. Je vais me coucher plus intelligente grâce à vous. Il me reste
combien de temps?
La Présidente (Mme Dionne) : ...
Mme Rizqy : Ah
mon Dieu! Ça va plus vite. Désolée. Là, tantôt, on a parlé de... avec les
directions d'établissement, des exemples concrets de qu'est-ce qui est
un comportement déraisonnable. Juste par précision, j'imagine que, si on commence à communiquer des exemples concrets,
c'est basé sur la jurisprudence, avec ce qu'on appelle des décisions ou
des arrêts, là, donc, pas, par exemple, une nouvelle décision qui vient de
sortir mais qui peut être contestée. Alors, est-ce
que ce serait vraiment d'aller avec des exemples concrets, mais de
jurisprudence précise, pour donner vraiment à tout le monde au Québec,
là...
La Présidente (Mme Dionne) : En
10 secondes...
Mme Rizqy : Ah mon Dieu!
Mme Hubert (Mélanie) : Effectivement,
il faudrait trouver des critères qui répondent à la jurisprudence pour éviter encore une fois une multiplicité
d'interprétations puis de difficultés de comprendre de quoi on parle. Donc, effectivement,
particulièrement la Cour suprême, là, sur le rôle modèle et sur les...
La Présidente
(Mme Dionne) : Merci. C'est malheureusement tout le temps qu'on a
pour cet échange. Je cède...
Mme Rizqy : ...
La Présidente (Mme Dionne) : C'est
parce qu'on va empiéter sur le temps de Mme la députée de Mercier, qui dispose
de quatre minutes. Alors, la parole est à vous.
Mme Ghazal : Ah! quatre
minutes. Bien, merci beaucoup pour votre présentation. Il y a quand même quelque chose que je veux préciser, que le
ministre a dit beaucoup. Il dit : Bien, on parle des violences, donc ça
inclut aussi la violence sexuelle. Oui, dans le sens commun. Mais moi,
connaissant le ministre, hein, je le sais, il aime ça nommer un chat, un chat.
Donc, violence sexuelle, il faut le dire, que c'est violence sexuelle. Même
dans le rapport Bâtir la confiance, c'était important de dire «violence
sexuelle» puis de le mentionner.
M. Drainville : ...
Mme Ghazal : On pourra
l'ajouter, exact. C'est ça, ça fait qu'il va... Donc, je vois qu'il y a des
choses qui vont avancer dans le projet de loi. Il y a de l'ouverture. Parce
que, surtout, pourquoi c'est important? Parce qu'on ne peut pas traiter la
violence sexuelle de la même façon que n'importe quelle sorte de violence. Ce
n'est pas les mêmes mécanismes qui s'enclenchent, et tout ça. Donc, je pense
qu'il y a quelque chose... On évolue, alors qu'on n'a même pas commencé à
étudier le projet de loi. Tant mieux.
Je voulais
vous demander — j'ai
perdu ma page — est-ce
que... Parce que vous dites, dans la recommandation 4, de
recommander... de... Vous recommandez de biffer totalement «comportement
pouvant raisonnablement faire craindre pour la sécurité physique ou
psychologique des élèves» parce que c'est trop vague, c'est trop large. Si, par
exemple, on allait ajouter dans la loi des spécifications que j'ai prises de
l'article... en tout cas, dans plusieurs articles de la Loi sur le protecteur
national de l'élève... Puis là, lui, ce qu'il dit, c'est : «...notamment
sur le racisme et la discrimination, sur la réalité des autochtones et sur les
violences à caractère sexuel ainsi que sur toute matière que le ministre
détermine.» Évidemment, là, je prends quelque chose d'un article. Si on venait
définir comme ça, est-ce que vous acceptez de ne pas biffer puis d'ajouter ces
éléments-là ou vous préférez biffer pour ne pas... et non pas préciser? Votre
recommandation 4.
Mme Hubert (Mélanie) : Ça, ce
sont des définitions qui pourraient peut-être être plus bienvenues dans une
loi-cadre, si on veut parler de violence à caractère sexuel. Mais assurément, si
on veut, dans le projet, avoir des définitions, il faut qu'elles soient le plus
claires possible. Puis je pense notamment à 258.0.1, là, qui pourrait être créé
par l'article 3 du projet de loi. Plus
on sera clairs sur ce dont on parle, plus ce sera facile pour les gens de le
comprendre puis ce sera facile d'appliquer. Donc, oui, des définitions
plus claires, mais de là à dire que ça remettrait en question puis qu'on serait
d'accord avec l'ensemble de l'oeuvre si la définition était plus claire, là, je
n'irais pas jusque-là, parce qu'on demeure convaincus qu'il y a des
choses qui devraient passer par la loi... le projet de loi n° 42 qui est
aussi à l'étude, puis on pense qu'il y a des
choses qui sont déjà prévues par l'article 26 puis que ce n'est pas nécessaire
de faire tout ça non plus. Mais assurément personne ne va souffrir de...
Mme Ghazal : Plus de précision.
Mme Hubert (Mélanie) : ...de
définitions plus explicites que celle qui est là.
Mme Ghazal : OK. Puis on parle
beaucoup, puis le projet de loi se concentre là-dessus, sur les violences
prof-élève ou, en tout cas, adulte, personnel scolaire-élève, mais il y a
beaucoup, beaucoup, puis les statistiques le démontrent,
de violence entre les élèves. Ça, est-ce que... Tu sais, le projet de loi n'en
parle pas. Vous, est-ce qu'il y aurait matière à préciser un peu plus puis
parler de cet aspect-là quand c'est des mineurs avec mineurs?
Mme Hubert (Mélanie) : Bien, ce
qui est fascinant, c'est qu'il y a un plan de lutte à l'intimidation qui existe
dans la LIP depuis plusieurs années, et ça aussi, ce qu'on nous rapporte
souvent, c'est que c'est sous-utilisé dans le milieu scolaire, c'est...
Mme Ghazal : Pourquoi?
Mme Hubert (Mélanie) : Parfois,
c'est... on n'applique pas les sanctions qui sont prévues ou on banalise la
situation, on résume ça à un conflit entre élèves. Les sanctions sur l'élève
fautif font en sorte que les jeunes qui ont été
victimes sont encore en contact avec ces élèves-là. Donc, il y a quelque chose
dans la loi qui existe déjà à l'heure actuelle, mais on fait le constat
que ce n'est pas efficace. Donc, il faudra se pencher peut-être sur comment on
applique ça et pourquoi ce n'est pas efficace en ce moment, ce qu'on a.
Mme Ghazal : C'est ça. Tu sais,
on nous a parlé de peut-être manque de leadership, des fois. Mais comment
est-ce qu'on peut s'assurer...
La Présidente (Mme Dionne) : Merci.
C'est...
Mme Ghazal : Oui. Bon, bien,
merci.
La Présidente (Mme Dionne) : C'est
malheureusement tout le temps que nous avions. Donc, Mme Hubert,
Mme Tardif, Mme Lebrun et M. Cloutier, merci beaucoup pour votre
contribution à nos travaux parlementaires. Je suis
désolée pour la température. On a dû procéder à un remplacement de pièces
majeures, qu'on me dit. Alors, tout devrait être rétabli dans la journée
de demain. Alors, désolée pour les inconvénients.
Et je suspends les travaux jusqu'après les avis
touchant les travaux des commissions. Merci à tous.
(Suspension de la séance à 12 h 20
)
(Reprise à 15 h 44)
La
Présidente (Mme Dionne) : Donc, bonjour à tous. La Commission de la culture et de l'éducation reprend ses travaux.
Nous poursuivons les consultations particulières
et les auditions publiques pour le projet de loi n° 47, la Loi visant à
renforcer la protection des élèves.
Cet après-midi, nous entendrons les organismes
suivants : le Protecteur national de l'élève, la Confédération des syndicats nationaux, la Fédération des comités de parents du Québec,
la Fédération des centres de services
scolaires du Québec, conjointement
avec l'Association des directions générales scolaires du Québec, et finalement
la Fédération des établissements d'enseignement privés.
Donc, je
souhaite la bienvenue aux représentants du Protecteur national de l'élève,
donc, Me Jean-François Bernier, Protecteur national de l'élève,
Me Malorie Cloutier, conseillère juridique, et M. Hugo Lafontaine, directeur
de la concertation et des enquêtes. Donc, bienvenue. Je vous rappelle que vous
avez 10 minutes d'intervention pour votre exposé, donc, après quoi nous
procéderons à la période d'échange avec les membres de la commission. Donc, je
vous invite à vous présenter et ensuite nous faire part de votre exposé.
Protecteur national de
l'élève
M. Bernier
(Jean-François) : Bonjour. Jean-François Bernier, Protecteur national de l'élève. Je suis accompagné aujourd'hui de Malorie
Cloutier, à ma gauche, et M. Hugo Lafontaine, à ma droite.
Alors, Mme la
Présidente, M. le ministre, membres de la Commission de la culture et de l'éducation, Mmes et MM. les députés, il me fait plaisir d'être devant vous
aujourd'hui afin de vous exposer les commentaires du Protecteur
national de l'élève sur le projet de loi n° 47, Loi visant à renforcer la
protection des élèves. Merci de l'invitation.
Je profite de cette tribune pour remercier,
justement, Me Cloutier, et Me Lafontaine, et ainsi que plusieurs autres
membres de notre institution de leur contribution en amont de ma présence
devant vous aujourd'hui.
Quelques mots rapides sur le Protecteur national
de l'élève. En action depuis la dernière rentrée scolaire, il est le nouvel
ombudsman de l'éducation au Québec. Nous avons pour mission de veiller au
respect des droits des élèves et de leurs
parents au regard des services scolaires qui leur sont rendus. Pour ce faire,
les 17 protecteurs régionaux de
l'élève et les autres membres du personnel de l'institution sont des acteurs de
premier plan du nouveau mécanisme de traitement des plaintes et des
signalements, en vigueur dans toutes les écoles du Québec. Les protecteurs
régionaux de l'élève, présents partout au Québec, interviennent au quotidien
concernant les élèves des établissements scolaires
du primaire et du secondaire tant au public qu'au privé, ainsi que ceux
fréquentant la formation professionnelle et l'éducation aux adultes, en
plus des enfants recevant l'enseignement à la maison.
Comme
remarques préliminaires, c'est en regardant à l'esprit... c'est en... pardon,
en gardant à l'esprit la mission et
le rôle que le Protecteur national de
l'élève joue dans le milieu scolaire
depuis le 28 août 2023 que nous avons analysé les dispositions
du projet de loi 47.
Rappelons, d'emblée,
que la Loi sur le protecteur national de l'élève, en plus d'instaurer un
nouveau mécanisme de traitement des plaintes et des signalements, a
modifié la Loi sur l'instruction publique et la Loi sur l'enseignement privé
afin de renforcer la protection des élèves notamment par l'ajout d'une section
consacrée aux violences à caractère sexuel au plan de lutte contre la violence
et l'intimidation de chaque établissement d'enseignement public et privé. Ces plans de lutte sont d'ailleurs dans
le paysage des organismes scolaires publics et privés depuis 2012. Cette
nouvelle section doit notamment prévoir des activités de formation obligatoire
pour les membres de la direction et du personnel,
des mesures de sécurité visant à contrer ces violences et la possibilité de
formuler une plainte au protecteur régional de l'élève.
La Loi sur le protecteur national de l'élève a
également introduit l'obligation, pour chaque organisme scolaire, de
transmettre aux protecteurs régionaux, au regard de chaque signalement et de
chaque plainte relative à un acte de violence à caractère sexuel dont il est
saisi, un rapport sommaire qui fait état de la nature des événements qui se
sont produits et du suivi qui leur a été donné.
Au-delà de ces avancées, le rapport d'enquête de
portée générale sur la gestion administrative des inconduites sexuelles et des
comportements inadéquats en milieu scolaire, rendu public le 1er septembre
dernier par M. le ministre, a exposé
plusieurs enjeux au sein du réseau scolaire en lien avec la sécurité des
élèves. C'est aussi dans cette perspective que nous avons analysé le
projet de loi 47.
Entrons donc dans le vif du sujet. Le Protecteur
national de l'élève estime que les modifications proposées par ce projet de loi
à la loi... pardon, les modifications proposées par le projet de loi à la Loi
sur l'instruction publique et à la Loi sur l'enseignement privé auront pour
effet global d'accroître les mécanismes de protection des élèves du Québec. C'est pourquoi nous
l'accueillons très favorablement et sommes en accord avec son principe. De
plus, prises dans leur ensemble, les
mesures proposées ciblent plusieurs problématiques exposées dans le rapport
mentionné précédemment, ce qui est un élément fort positif. Nous sommes
toutefois d'avis que certaines améliorations pourraient être apportées
au projet de loi afin de renforcer de manière concrète et pérenne la protection
des élèves.
En matière d'obligation pour les organismes
scolaires de se doter d'un code d'éthique, le Protecteur national de l'élève
souscrit entièrement à cette obligation introduite par le projet de loi aux
centres de services scolaires et aux établissements d'enseignement privés de se
doter d'un tel code d'éthique applicable à leur personnel et à toute personne
appelée à interagir avec des élèves mineurs. Cependant, nous sommes d'avis que
certains principes éthiques fondamentaux devant être respectés par ces
personnes mériteraient d'être prévus directement dans la Loi sur l'instruction
publique et dans la Loi sur l'enseignement privé. Ce faisant, ils seraient
systématiquement réitérés dans les codes
d'éthique adoptés par les organismes scolaires, ce qui aurait comme effet
d'ériger ces principes en véritables balises attendues et partagées par
tous, en plus d'assurer une réelle uniformité dans l'ensemble du réseau.
Plusieurs comportements, comme le devoir de respecter les droits de la personne
ou encore l'obligation de contribuer à l'établissement d'un milieu
d'apprentissage sain et sécuritaire, sont d'ailleurs déjà exigés de la part des
élèves et inscrits dans la Loi sur l'instruction publique et la Loi sur
l'enseignement privé. Ces comportements devraient également être attendus de la
part des enseignants et autres membres du personnel scolaire qui oeuvrent
auprès des élèves ou qui sont régulièrement en contact avec eux.
Dans le même souci d'uniformité, il serait
bénéfique, selon nous, que le projet de loi prévoie d'emblée l'élaboration et
la diffusion par le ministre de l'Éducation d'un guide relatif au code
d'éthique devant être produit par les organismes scolaires. À l'instar du guide
relatif à la vérification des antécédents judiciaires à l'intention des centres
de services scolaires, prévu à la Loi sur l'instruction publique et également à
la Loi sur l'enseignement privé, un tel guide pourrait, entre autres, permettre
de préciser les pratiques et les conduites attendues des personnes appelées à
oeuvrer auprès d'élèves mineurs ou à être régulièrement en contact avec eux.
• (15 h 50) •
Concernant la nature publique et accessible de
ces futurs codes d'éthique, le Protecteur national de l'élève est d'avis qu'ils
mériteraient une diffusion plus large que ce qui est actuellement prévu au
projet de loi. Ses articles 3 et 8 énoncent en ce moment que l'organisme
scolaire doit rendre accessible le code d'éthique à toute personne qui en fait la demande. Or, considérant l'importance de
ces documents, il serait fort utile qu'ils soient diffusés publiquement sur le site Internet des organismes scolaires pour
leur faciliter l'accès. De plus, et considérant que certains organismes
scolaires n'ont pas de site Internet, nous jugeons opportun que ce document
soit directement porté à la connaissance des élèves et de
leurs parents, par l'entremise, par exemple, des agendas scolaires ou par tout
autre moyen approprié, pour que ceux-ci puissent être en mesure d'identifier
plus aisément ce que constitue un écart de conduite de la part du personnel des
organismes scolaires et des autres personnes qui interagissent avec les élèves,
à l'instar, d'ailleurs, de ce qui est prévu pour les plans de lutte contre
l'intimidation et de la violence.
Dernière remarque concernant les codes
d'éthique. Le projet de loi prévoit avec justesse l'obligation que le contrat
de transport d'élèves conclu entre un organisme et un transporteur soit
accompagné du code d'éthique et qu'il précise que le conducteur s'engage à le
respecter. Il prévoit également une disposition similaire pour toute entente
conclue entre un organisme scolaire et un autre organisme ou avec une personne
dans le cadre de la prestation de services extrascolaires ou de la réalisation
d'un projet pédagogique particulier pour la prestation de services autres que
des services éducatifs. Idéalement, l'obligation de joindre une copie du code
d'éthique et de prévoir une clause d'assujettissement à ce dernier devrait être
étendue à tous les autres types d'ententes ou de contrats pouvant être conclus
par un organisme scolaire et qui sont susceptibles d'amener une personne à
oeuvrer auprès d'élèves mineurs ou à être régulièrement en contact avec eux.
Sur la question de l'obligation de s'assurer de
l'absence d'un comportement pouvant raisonnablement faire craindre pour la
sécurité physique ou psychologique des élèves, comme prévu aux articles 5
et 10, cette mesure cible une importante problématique du réseau et améliorera
assurément concrètement la sécurité des élèves. Le Protecteur national de
l'élève est toutefois d'avis que le projet de loi bénéficierait ici aussi d'une
disposition prévoyant que les organismes scolaires s'assurent de l'absence de
comportement pouvant raisonnablement faire craindre pour la sécurité physique
ou psychologique des élèves non seulement dans le cadre de fonctions au sein
d'un organisme scolaire, mais également dans le cadre de toutes autres fonctions
pour lesquelles les personnes concernées sont ou ont été appelées à oeuvrer
auprès de personnes mineures ou à être régulièrement en contact avec elles,
notamment dans le milieu des loisirs et du
sport. Les personnes visées devraient ainsi devoir aussi déclarer toute
fonction qu'elles exercent ou ont exercée auprès des personnes mineures,
et les organismes scolaires devraient pouvoir procéder aux vérifications
requises et recueillir les informations disponibles, le cas échéant, auprès de
tiers.
Dernier élément abordé, le signalement au
ministre de toute situation concernant un enseignant et mettant en cause un
comportement pouvant raisonnablement faire craindre pour la sécurité des
élèves. Le Protecteur national de l'élève se réjouit de l'introduction par le
projet de loi 47 de l'obligation d'un tel signalement de tout employé au
ministre de l'Éducation concernant une faute ou un acte commis par un
enseignant dans l'exercice de ses fonctions et mettant en cause un comportement pouvant raisonnablement faire craindre
pour la sécurité physique ou psychologique des élèves. Or, les dispositions telles qu'écrites en ce moment
viendraient, selon nous, englober des situations de signalement déjà
couvertes par la Loi sur le protecteur national de l'élève. En effet, en vertu
de l'article 46 de cette loi, toute personne peut signaler à un protecteur
régional de l'élève un acte allégué de violence à caractère sexuel commis en
contexte scolaire à l'endroit d'un élève. Un tel acte est manifestement inclus
dans les mots «sécurité physique ou psychologique des élèves» que l'on retrouve
au projet de loi. Une multiplication de recours ou... des recours et des
acteurs est, selon nous, à éviter, au risque évident de créer une confusion
pour les personnes appelées à effectuer des signalements. Il conviendrait
ainsi, à notre avis, de clairement circonscrire les situations spécifiques pour
lesquelles le ministre de l'Éducation
pourrait être le recours adéquat et les autres réservées aux protecteurs
régionaux de l'élève.
Une autre avenue possible pourrait être de
permettre aux employés d'un centre de services scolaire ou d'un établissement
d'enseignement privé, dans les situations de signalement concernant des
enseignants proposées aux articles 5 et 10 du projet de loi, de pouvoir
s'adresser, à leur choix, au ministre ou aux protecteurs régionaux de l'élève de leurs régions. Ces derniers, en
application des articles 39 et 26 de la Loi sur le protecteur national de
l'élève, aviseraient sans délai le... le ministre, pardon, comme ils le
font déjà, en présence d'une faute grave d'un enseignant commise à l'occasion
de l'exercice de ses fonctions ou en présence d'un acte dérogatoire à l'honneur
ou à la dignité de la fonction enseignante.
Cela permettrait aux protecteurs régionaux de l'élève de traiter ce signalement
en leur qualité d'ombudsmans et avec la lunette particulière qui leur
revient, en conformité avec la procédure prévue à la Loi sur le protecteur
national de l'élève, et d'émettre des recommandations aux organismes scolaires
pour préserver les droits des élèves visés, et ce, dans une visée préventive et
prospective.
Bonifié tel que suggéré dans la présente
allocution et dans le mémoire transmis à la commission, ce projet de loi serait
susceptible de renforcer de manière encore plus concrète et pérenne la
protection des élèves du Québec.
Le Protecteur national de l'élève suivra
évidemment avec un grand intérêt la suite de vos travaux, et je tiens à
réitérer notre engagement envers la sécurité des élèves, la protection des
droits des élèves et de leurs parents et l'amélioration continue des services
scolaires québécois. Je vous remercie.
La Présidente (Mme Dionne) : Merci
beaucoup, Me Bernier, pour cet exposé. Donc, nous sommes prêts à débuter
les échanges. M. le ministre, je vous cède la parole.
M. Drainville : Oui. Merci beaucoup,
madame...
La Présidente (Mme Dionne) : Vous
disposez de 14 minutes, avec le temps revu.
M.
Drainville : Très bien, très bien. Merci beaucoup, Mme la
Présidente. Alors, bienvenue à vous, M. le protecteur, ainsi qu'à vos
deux conseillers, n'est-ce pas, Mme Cloutier... Me Cloutier et
M. Lafontaine également.
Si vous
permettez, M. le protecteur, je vais déborder un petit peu, dans mes questions,
du strict cadre du projet de loi, parce que je pense que ce serait
d'intérêt public que vous nous transmettiez un petit peu vos observations sur la mise en place de l'institution qui est la vôtre. Ça fait,
quoi... On est au sixième mois ou à peu près, là. Oui. Puis je pense qu'il y a
quand même... comment dire, la protection que vous incarnez et que vous offrez,
à travers vos bons services, son... cette protection-là est certainement
complémentaire à... aux protections, avec un s, que je... que nous souhaitons
mettre en oeuvre avec ce projet de... ce projet de loi.
Alors, je serais curieux que vous nous fassiez
un court compte rendu de comment ça se passe. Est-ce que vous êtes débordés de
plaintes? Est-ce que vous... est-ce que vous... Est-ce qu'il y a eu des
surprises sur... je ne sais pas, par rapport
à vos attentes? Quel genre de... quel genre d'actions avez-vous dû poser? Juste
un petit résumé, parce que je crois sincèrement que c'est d'intérêt
public dans le cadre de l'étude de ce projet de loi.
M. Bernier (Jean-François) : Merci.
Premier grand constat, et il est rassurant, c'est de voir que l'arrivée du
protecteur national et surtout des protecteurs régionaux de l'élève dans
chacune des régions du Québec a, je crois, permis à des voix de se faire
entendre qui, auparavant, peut-être, se faisaient moins entendre ou hésitaient
à se faire entendre. Le fait que, dans la
loi, il y ait notamment des protections contre les représailles n'est pas
étranger à ça, je pense.
Je pense que le fait que les protecteurs
régionaux soient indépendants des centres de services scolaires et des écoles privées fait une différence aussi au niveau
de la confiance que les parents et les élèves, je pense, vont développer
au fil des ans. Ça fait juste six mois, là, alors on commence, évidemment.
Ce qu'on constate aussi jusqu'à maintenant,
c'est que nos interventions, et j'en suis très ravi de le constater, sont très généralement bien accueillies par les
écoles et les centres des services scolaires. Donc, je pense qu'ils y voient, dans
les recommandations qu'on formule, une recherche de solutions, une recherche
d'amélioration des choses. Et souvent on a
un commentaire qu'ils nous... qu'ils nous partagent, de dire : Bien, je
n'avais pas vu ça sous cet angle-là, merci
de nous... de nous amener là-dessus. Donc, généralement, c'est très positif.
Donc, c'est encourageant pour la suite des choses. Je pense que ce lien
de confiance là, la crédibilité se construit.
Au niveau de la nature même des plaintes qu'on
traite, tu sais, au-delà des 1 500 requêtes, là, ou dossiers qui ont été ouverts, dont 75 % ou autour de
75 % sont essentiellement des demandes d'assistance, d'information, donc,
on... Et on explique la procédure. Il y a deux étapes quand même à la
procédure, généralement, avant de se rendre aux protecteurs régionaux de
l'élève...
M.
Drainville : Les deux étapes étant? Juste pour nous les
rappeler. Je pense qu'on peut faire un peu d'éducation.
M. Bernier (Jean-François) : Tout à
fait. Merci, M. le ministre. La première étape étant de formuler une plainte au
premier niveau, qui est le niveau de l'école, donc, à la personne concernée par
sa plainte ou son supérieur immédiat. On peut penser ici directement au... à...
habituellement, au directeur de l'école.
Si la personne est insatisfaite de la réponse
qui lui est donnée ou la réponse ne lui parvient pas dans les 10 jours
ouvrables, elle est autorisée à se rendre à la deuxième étape, qui est le
responsable du traitement des plaintes,
qu'on retrouve dans chaque centre de services scolaire dans le public et dans
chaque école privée. Cette personne, qui est le responsable du
traitement des plaintes, a 15 jours ouvrables pour traiter la plainte du
plaignant.
Si, là encore, le plaignant n'est pas satisfait
de la réponse qui lui est donnée ou si le délai de 15 jours n'est pas
respecté, ça donne le droit de se rendre à la troisième et dernière étape, qui
est celle des protecteurs régionaux de l'élève
de chacune des régions. Et c'est à ce moment-là que les protecteurs régionaux
se saisissent du dossier, généralement.
• (16 heures) •
La loi prévoit certaines circonstances où un
protecteur régional pourrait se saisir de la plainte de son... dès... une voie rapide, comme je l'appelle, donc,
immédiatement, sans passer par les deux premières étapes. On a circonscrit des
situations où ce genre de situation là pourrait donner ouverture à ça. Et
évidemment, quand on parle d'actes de violence à caractère sexuel, le
plaignant, la victime, ses parents peuvent s'adresser directement au protecteur
régional de l'élève sans avoir à passer par les deux premières étapes. Et ces
dossiers sont traités de façon urgente. Ça veut dire qu'ils sont priorisés
parmi les autres dossiers qu'un protecteur régional a à traiter.
M.
Drainville : Et, dites-nous, est-ce que cette voie rapide, dans
les cas de violence sexuelle... est-ce qu'elle a été beaucoup utilisée
depuis votre entrée en fonction, depuis septembre?
M. Bernier (Jean-François) : On a
une... On a une soixantaine de dossiers de plainte ou de signalement en matière
de violence à caractère sexuel qui ont été traités ou qui sont en traitement
actuellement. J'ai verbalisé dans les médias, dernièrement, ma surprise. Ça
peut être... Le mot a peut-être été mal interprété sur la façon que je voulais
me prononcer. C'était surpris de l'ampleur, donc, troublé aussi par cette
question-là, de dire : Bien, effectivement, c'est 60, mais, bon, ce n'est probablement pas tous les cas qui ont été
soumis à notre attention, donc il faut en être conscient, que c'est
14 % du total de nos plaintes qui sont... concernent des violences à
caractère sexuel. Évidemment, le spectre du... de la violence à caractère
sexuel, on la met assez grande pour s'assurer qu'il n'y a personne qui passe à
travers les mailles d'un filet. On veut s'assurer que toutes les situations,
qui vont de... du comportement sexuel inapproprié à une agression sexuelle,
soient traitées et prises en charge par nous, le cas échéant.
M. Drainville : Donc, vous avez eu
un petit peu plus que 500 plaintes.
M. Bernier (Jean-François) : Autour
de... On est autour de 380, 385 plaintes, et, parmi celles-ci, il y a une...
60... 60...
M. Drainville : Ah!
parce que, si on fait...
M. Bernier
(Jean-François) : En fait, il faut additionner les deux chiffres, M.
le ministre, il faut additionner... mettons, 380 plus 60, et là mettre
le 60 sur le 440, j'imagine, dans ce cas-ci, là.
M. Drainville : Ah! voilà. Très
bien.
M. Bernier (Jean-François) : Ça
s'ajoute... Ça s'additionne. Excusez-moi si j'ai mal exprimé ma pensée.
M.
Drainville : Non, non, mais c'est... c'est bien de le... c'est
bien de le préciser parce que ça risque de... ça se peut que vous soyez
à nouveau dans...
M. Bernier (Jean-François) : Ça
devrait tourner, donc, autour de 14 %.
M.
Drainville : Ça se peut que vous soyez à nouveau dans les
médias. Je pense qu'il vaut mieux s'assurer que les chiffres soient
bien... soient bien exacts.
M. Bernier (Jean-François) : Oui,
tout à fait.
M. Drainville : Alors, très bien.
Donc, c'est 60 sur 440 plaintes, dans le fond.
M. Bernier (Jean-François) : Oui.
M. Drainville : Très bien. Et, de
façon générale, vous êtes satisfaits de la façon que ça se met en place? Parce
qu'une nouvelle institution à... surtout une à l'égard de laquelle il y avait
quand même de grandes attentes... Bien, en
tout cas, moi, je... ce que j'entends, là, puis c'est la première fois que j'ai
le portrait... que j'ai un portrait aussi précis que celui-là, ça semble
bien fonctionner, ça semble... Les choses semblent bien se mettre en place.
M. Bernier (Jean-François) : C'est
les constats que nous faisons et que je fais personnellement aussi. On réalise
des choses. On réalise que les... le traitement de plainte nécessite des
efforts, chez les partenaires régionaux, peut-être plus importants qu'on
l'avait anticipé. Mais, là encore, c'était difficile d'anticiper bien des
choses puisqu'on avait peu d'information à l'égard du traitement des plaintes
dans le réseau. Donc, de... Et le nouveau rôle des protecteurs régionaux font
en sorte... et l'encadrement, la méthode d'enquête qu'on a développée, les
procédures qu'on a mises en place pour que
tout le monde travaille de la même manière font en sorte qu'on va au fond des
choses et que des...
Traiter la
plainte nécessite un certain nombre d'heures. Et donc c'est un des constats
qu'on fait, que, ah! OK, là, l'effort à mettre est quand même non
négligeable si on veut aller vraiment au fond des choses, comme je viens de le dire, et être rigoureux dans ce qu'on fait, et
être crédibles, et avoir la confiance aussi à terme, là. On veut arriver à des
recommandations qui sont... qui se reposent sur des conclusions solides, on est
allés faire une enquête exhaustive, et que
nos recommandations, quand on les fait, soient réalistes et puissent être mises
en place par les organismes scolaires à qui elles s'adressent.
M. Drainville : Très bien. Bien, je
m'en réjouis...
M. Bernier (Jean-François) : Moi
aussi.
M. Drainville : ...et je vous
remercie pour le travail que vous faites, ainsi que les deux personnes qui vous
accompagnent, et toute l'équipe, et tous les protecteurs régionaux, que j'ai eu
l'occasion de rencontrer l'été dernier.
Alors, parlons maintenant du projet de loi et
comment est-ce qu'il... à votre avis, comment est-ce qu'il vient compléter ou
encore ajouter à la protection qui est offerte présentement par nos
institutions, et incluant la vôtre, à nos élèves.
Si on s'éloigne un peu de... comment dire, si on s'éloigne un peu des arbres,
là, pour voir la forêt, là, on ajoute une pièce, donc, un dispositif de
protection à un système de protection qui existe déjà, qui n'est pas parfait.
La preuve, c'est qu'on dépose un projet de loi pour essayer de l'améliorer.
Mais amenez-nous un peu dans le portrait général de protection de l'élève et comment ce qui est devant nous vient améliorer
les choses, de façon générale, encore une fois.
M. Bernier (Jean-François) : Bien,
c'est sûr que, comme vous l'avez dit, ce projet de loi là, à nos yeux, est
une... quelques briques de plus dans un édifice, là, qui est en construction et
qui, de mois en mois ou d'année en année, se solidifie. L'arrivée du protecteur
national et des protecteurs régionaux et la Loi sur le protecteur national de l'élève a été un élément important de ces avancées
notables. Le fait que cette loi-là, comme je l'ai dit tout à l'heure dans
mon allocution, a aussi permis de modifier la LIP et la LEP par l'ajout d'une
section dédiée aux violences sexuelles dans les plans de lutte contre
l'intimidation et la violence pour toutes les écoles du Québec, publiques et
privées, et que ces... cette nouvelle
section là, on le constate dans le cadre de nos interventions et de nos
enquêtes, commence à être développée
dans les écoles... Et, à chaque fois qu'on traite un dossier ou une plainte en
violence sexuelle, c'est la... une des premières choses qu'on va
regarder, c'est est-ce que le plan de lutte est là, est-ce que la nouvelle
section a été développée. Et, sinon, bien, ça fait partie
de nos recommandations qu'on fait, de dire : Bien, voici les éléments
qu'on pourrait ajouter à ce plan de lutte pour le renforcer, le cas échéant.
Donc, le projet de
loi n° 47, pour nous, avec ce qu'il propose,
notamment en matière... autant en prévention, via... par le biais des codes
d'éthique, par exemple, qu'en action, par une capacité d'aller partager de
l'information entre... entre organismes scolaires ou aller plus loin un peu
dans la recherche de vérification de certains faits sur les candidats qui
viennent postuler, c'est nettement des avancées au bénéfice premier de la
protection des élèves, et des... et de nos jeunes, et de nos enfants qui
fréquentent toutes les écoles du Québec.
M. Drainville :
Mais, puisque vous avez soulevé
vous-même la question, laissez-moi vous la poser directement : Est-ce que, dans... de façon générale, les plans
de lutte contre la violence et l'intimidation incluent la nouvelle section
sur les violences sexuelles, de façon générale, ou est-ce que...
M. Bernier (Jean-François) : De
façon... De façon générale, oui. C'est quand même encore variable, et c'est
normal. Je pense que les organismes
scolaires sont en... à intégrer ces éléments-là à travers beaucoup d'autres
choses qu'ils ont aussi à faire. Mais, nous, c'est pour ça que, quand on
intervient dans un dossier suite à une plainte ou un signalement en matière de
violence sexuelle, c'est systématique dans nos interventions, on va vérifier le
plan de lutte et on encourage fortement, à
ce moment-là, si le... la nouvelle section n'a pas été développée, de le faire
dans les meilleurs délais possible.
Et, quand elle l'est, bien, parfois on peut faire des recommandations pour la
renforcer ou la bonifier plus. Mais, oui, il y a encore du travail à
faire. Il y a 3 300 écoles, autour de ça, au Québec. On n'a pas la...
Évidemment, on n'a pas le mandat et la capacité d'aller vérifier
systématiquement ce qu'il en est, mais, dès qu'on a une plainte et qu'on... en
cette matière-là, c'est une vérification qu'on fait.
M.
Drainville : Juste avant de céder la parole à la députée de Lotbinière-Frontenac,
je veux juste vous dire que j'ai pris bonne
note, on a pris bonne note de certaines de vos recommandations. Et, par
exemple, l'idée qu'on puisse peut-être préciser dans le projet de loi
les grandes matières qui devraient être incluses dans un code d'éthique, c'est
bien noté, l'idée que le code d'éthique également soit disponible sur le site
Internet. C'est le genre d'idées dont on prend
bonne note et qui pourront nous aider à bonifier le projet de loi. Alors,
encore une fois, on vous remercie du travail qui a été accompli. Je cède
la parole à Mme la députée de Lotbinière-Frontenac.
La Présidente (Mme
Dionne) : Vous avez un petit peu moins d'une minute. Merci, Mme la
députée.
Mme Lecours
(Lotbinière-Frontenac) : ...Mme la Présidente. Bonjour. Moi, ma
question concerne votre recommandation n° 4, élargir
les vérifications des antécédents judiciaires sans nécessairement aller vers
les absences d'empêchement. J'aimerais que
vous nous précisiez qu'est-ce que vous... bien, qu'est-ce que vous entendez par
ne pas aller nécessairement vers les absences d'empêchement.
M. Bernier
(Jean-François) : ...le projet de loi n° 47
vient élargir des... les vérifications de préembauche qui doivent être faites
par les organismes en ajoutant cette notion-là de comportement pouvant
raisonnablement faire craindre pour la
sécurité des élèves. Or, cette vérification-là, dans... à l'heure actuelle,
doit être faite par les organismes auprès des autres organismes
scolaires. Ce qu'on dit, c'est que les... la loi pourrait être renforcée
pour...
La Présidente (Mme
Dionne) : ...tout le temps qu'on avait, M. Bernier.
M. Bernier
(Jean-François) : Pardon?
La Présidente (Mme
Dionne) : On avait moins d'une minute pour le dernier échange.
M. Bernier
(Jean-François) : Oh! pardon. Donc...
La Présidente (Mme
Dionne) : Il faut...
M. Bernier
(Jean-François) : ...qu'on aille plus loin que juste partager entre
des organismes scolaires, qu'on puisse être en mesure d'aller chercher plus de
renseignements ailleurs.
La Présidente (Mme
Dionne) : Merci beaucoup. Alors, je cède maintenant la parole à Mme la
députée de Saint-Laurent.
• (16 h 10) •
Mme Rizqy : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Bonjour et bienvenue parmi nous. C'est votre
première commission parlementaire. Et nous, on a eu l'occasion de pouvoir
siéger sur le projet de loi qui a créé votre institution, donc on a... qui
était très attendue par plusieurs. Et, déjà, dans votre mémoire, c'est indiqué
que, depuis le 28 août 2023... 1 800 requêtes. C'est énorme. Donc,
vous ne chômez pas du tout.
M. Bernier
(Jean-François) : On ne chôme pas du tout. On travaille très fort pour
les élèves.
Mme
Rizqy : Oui. Absolument. Puis, dans... J'ai lu avec grande attention
votre entrevue dans La Presse, où est-ce
qu'il est mention que vous avez quand même rapidement sondé, puis je voulais
vous dire bravo de le faire aussi rapidement pour nous donner aussi à
nous un meilleur portrait de la situation. Puis, quand même, 14 % des
plaintes qui sont fondées qui sont reliées avec des violences à caractère
sexuel, c'est important. Puis même vous, de votre propre aveu, vous ne vous
attendiez pas à un aussi grand nombre.
Alors, maintenant
qu'on est dans ce projet de loi, dans un premier temps, tantôt vous l'avez...
vous en avez mentionné, au niveau de la multiplication des procédures, est-ce
qu'on devrait, à ce stade-ci, puis je réfléchis vraiment à haute voix avec vous...
que ce soit uniquement... qu'on centralise avec vous, Protecteur national de l'élève,
les plaintes et que, lorsque, par exemple, c'est une faute grave, vous, à ce
moment-là, vous notifiez le ministre pour qu'il puisse aller, justement,
appliquer l'article 26 de la Loi sur l'instruction publique et retirer, à
ce moment-là, le brevet d'enseignant, mais
d'avoir vraiment un seul chemin pour tous, pour ne pas... Parce que, tantôt,
même, on a eu des groupes ce matin qui dit : On risque d'avoir, à
ce moment-là, peut-être un flou si les gens ne savent pas à quelle porte
frapper.
M. Bernier
(Jean-François) : L'enjeu de l'accessibilité puis la connaissance des
recours est toujours omniprésent, là. Dès
qu'on fait un travail comme le nôtre, d'ombudsman, on se rend compte que les
gens ne connaissent pas nécessairement l'existence des recours, jusqu'au
jour où ils en ont besoin. Et c'est le jour où ils en ont besoin qu'il ne faut
absolument pas qu'ils cherchent pendant trois heures puis qu'ils se demandent
c'est où... à quelle porte ils doivent
cogner. Alors, c'est pour ça qu'en tant qu'ombudsman, peu importe si on est la
bonne porte ou la mauvaise porte, on... la porte ne sera jamais fermée. Et
c'est pour ça qu'il y a 1 800 requêtes. C'est aussi beaucoup de monde qui appelle
pour s'informer sur : C'est quoi, mes recours? Alors, nous, notre job,
c'est aussi de les informer correctement sur les bons recours.
On
constate, effectivement, que, par expérience, la multiplication de recours, ce
n'est pas nécessairement la voie optimale. Je comprends les finalités
recherchées par le projet de loi et le rôle que le ministre souhaite jouer dans
ce contexte-là.
Il faut bien préciser
que le projet de loi, tel qu'il est écrit actuellement, prévoit un signalement
au ministre dans les... par un employé d'un organisme scolaire à l'égard des
enseignants. Nous, on reçoit aussi des situations, qu'elles soient de violence
sexuelle ou de toute autre nature de violence, là, qu'elle soit physique,
intimidation, etc., qui ne concernent pas
nécessairement un enseignant. Ça peut être un autre élève. On reçoit ces
plaintes-là aussi. Et les signalements qu'on reçoit en violence
sexuelle, ce n'est pas nécessairement d'un employé. Ça peut être de toute
personne. Donc, dans la Loi sur le protecteur national de l'élève, un autre...
un autre parent... un parent pourrait... ou un autre élève pourrait constater
qu'un de ses... un autre élève est victime d'une violence sexuelle et pourrait
nous faire un signalement, même si ce n'est pas lui, la victime, ou elle, la
victime de ces gestes-là.
Donc, notre propre
article 26 de la... de la Loi sur le protecteur national de l'élève — elle
est facile à retenir parce que ça réfère à 26 de la Loi sur l'instruction
publique — prévoit
déjà ces situations-là où... celle qui est visée par le projet de loi n° 47, où des actes posés par un enseignant sont
contraires à l'honneur et la dignité de la profession et qu'on doit, à ce moment-là, signaler cette
situation-là au ministre, là, de façon urgente. Alors, c'est ce qu'on fait ou
on fera quand on aura ces situations-là, évidemment.
Mme Rizqy : Exactement.
Puis, nous, en ce moment, dans le projet de loi actuel qui est à l'étude,
est-ce qu'on devrait aussi, justement,
élargir pour s'assurer de couvrir, comme vous venez de dire, élève-élève,
élève-enseignant, élève-personnel, évidemment, qui travaille dans
l'école, un peu... Je vous donne un exemple. En ce qui a trait aux services de garde, bien, c'est toute personne qui
rentre dans le service de garde. Nous... Elle doit faire une vérification
des antécédents. En fait, ça s'appelle une clause d'empêchement, une absence
d'empêchement. Est-ce qu'on élargit, justement, pour couvrir le maximum
possible?
M. Bernier (Jean-François) : ...d'ailleurs
à cette loi dans notre mémoire comme pouvant être une... quelque chose qui
pourrait servir à... d'inspiration s'il y avait des amendements ou une
bonification à apporter à cet égard-là au niveau de la capacité d'aller
chercher des antécédents, à aller chercher un peu plus large sur l'information,
dans le respect, évidemment, des... le droit à la vie privée des personnes,
évidemment, là.
Mais
je reviens à votre question initiale, au niveau de la multiplication des
recours, c'est juste que, si on permet le même genre de recours à
différents endroits, il va y avoir un chevauchement de responsabilités, de
compétences qui n'est peut-être pas le... souhaitable ultimement. Et là je me
mets toujours dans ma posture d'ombudsman, et donc dans la posture du plaignant, de la personne, du citoyen, ici le parent
ou l'élève, qui veut se... manifester un problème. S'il y avait plusieurs mécanismes similaires, ou
qui ont les mêmes finalités, ou qui visent les mêmes types de problèmes, il faudra, en tout cas,
assurément s'assurer que ces mécanismes-là se parlent entre eux. Et je pense
que ce qui est visé par le projet de loi concerne des choses très spécifiques.
Dans notre... En ce
qui nous concerne, on couvre ce... ces situations-là aussi, mais d'autres. Et,
quand c'est des situations qui, comme je l'ai dit, réfèrent à l'article 26
de la LIP, on ne s'en mêle pas, on réfère. La... Notre loi nous demande, de
toute façon, de le faire, et on le fait. Bien, on se tourne vers le ministre
pour lui envoyer le dossier, pour qu'il traite ce volet-là, parce que, nous, ça
se peut qu'aussi il y ait d'autres éléments dans le dossier, d'autres motifs de
plainte qu'on va continuer à traiter de notre côté. Mais ce volet-là, en lien
avec 26 de la LIP, est... est systématiquement transmis vers le ministère... vers
le ministre.
Mme Rizqy : ...quand
même un biais très favorable, justement, à ce que ce soit un mécanisme, mais
qui, évidemment, se parle, parce que je comprends parfaitement aussi... Et
c'est très, très légitime de la part du ministre de pouvoir appliquer
l'article 26 de la LIP puis aller, justement, retirer le brevet, mais je
pense que...
M. Bernier (Jean-François) : Ce
qu'on ne fait pas comme intervention, évidemment.
Mme
Rizqy : Exactement. Vous, vous n'avez pas ce pouvoir-là,
mais le ministre l'a. Encore faut-il qu'il soit notifié.
M. Bernier (Jean-François) : Tout à
fait.
Mme
Rizqy : Mais je pense que, là-dessus, on devra travailler
pour peut-être resserrer puis s'assurer qu'il y a une grande porte,
parce que, des fois, les gens, malheureusement, ils vont... On peut parler
d'une personne qui est victime. Elle, si elle pense qu'elle doit faire deux
démarches, elle va peut-être comprendre que c'est deux démarches qu'elle doit
faire et elle va sentir le poids plus lourd du côté de l'administration, alors
que nous, on veut vraiment simplifier le message et de s'assurer qu'ils savent
exactement qu'ils vont être pris en charge, leur plainte va être reçue
correctement, ils vont être traités.
Au niveau des dénonciations, vous, évidemment,
vous protégez les gens qui vont... qui vont vous alerter. Nous, en ce moment,
dans le projet de loi, on n'a pas vraiment... Il me semble qu'on pourrait
peut-être en parler davantage dans le projet de loi pour s'assurer que les gens
aient aussi confiance lorsqu'ils... lorsqu'ils vont dénoncer une situation, là.
Vous, en ce moment, je ne sais pas si... admettons, dans vos sondages que vous
avez faits, est-ce que c'est quelque chose qui ressort, cette mesure de protection
pour les représailles?
M. Bernier (Jean-François) : Pas
formellement, parce qu'on n'avait pas... dans l'omnibus qui a été fait, on
n'avait pas posé cette question spécifique. Là, on commence. On a eu quelques
dossiers où il y a eu allégation de représailles ou représailles et qu'on a
enquêté, et donc qui... qu'on a rendu des conclusions. Ce qu'on doit... Ce que vous devez savoir, c'est que, pour les
signalements ou dénonciations et pour toute plainte qui est faite chez nous,
là, on a des protections blindées
dans notre loi au niveau de... de la protection absolue des renseignements.
Donc, un signalement pourrait même être fait de façon anonyme. Il faut
avoir suffisamment d'information pour traiter le dossier, mais tout est... tout... tout est protégé. Mais on a même
une... un article, dans notre loi, qui nous... qui nous rend incontraignables
devant toute instance, incluant les tribunaux. Donc, personne ne pourrait venir
nous obliger à venir déposer un rapport, une
conclusion qu'on aurait rendue ou venir partager des informations sur un
dossier en particulier. C'est vraiment une protection que j'appelle
blindée et reconnue par la jurisprudence depuis de nombreuses années. Alors, on
est à l'aise avec ça.
Mme Rizqy :
Excellent. Puis,
en ce moment, le projet de loi fait référence aux mineurs, mais, vous savez, la
Loi sur l'instruction publique s'applique aussi aux adultes. Alors, nous, on
voulait faire une modification législative. Puis d'ailleurs, même vous, vous
vous occupez aussi de... bien, des élèves adultes. Vous ne leur dites
pas : Non, vous avez 18 ans, on ne s'occupe pas de vous. Donc,
évidemment, par souci de s'arrimer non seulement avec la LIP, mais aussi avec
votre loi, je pense qu'on devrait aller dans le même sens puis de couvrir les
élèves adultes.
M. Bernier (Jean-François) : ...prendre
l'expression : Trop fort ne casse pas, dans le sens que, si on peut avoir
la meilleure protection pour tous les élèves, peu importe leur âge...
Effectivement, je comprends la finalité du projet de loi qui... les plus
vulnérables, c'est quand même les mineurs, mais...
Mme
Rizqy : Oui, mais on a quand même des élèves adultes avec
un handicap, et je les considère encore plus vulnérables de par,
justement, la... des fois, la condition, là. Alors...
M. Bernier (Jean-François) : C'est...
J'ai répondu à votre question en disant...
Mme
Rizqy : Vous savez, ma grande soeur, elle a une déficience
intellectuelle, alors je prends ça... Alors, elle, son consentement
libre et éclairé, il est loin de l'être, définitif.
M. Bernier (Jean-François) : Je
comprends. Je comprends bien votre point de vue.
Une voix : ...
Mme Rizqy : Pardon? Comment?
Une voix : ...
Mme
Rizqy : Ah mon Dieu! Ça va
vite. Bon, écoutez, il faut vraiment que je vous pose une question très
importante.
M. Bernier (Jean-François) : Je vais
répondre de façon courte.
Mme
Rizqy : Au niveau des autochtones, Premières Nations, ils
ont leurs propres centres de services scolaires. Premièrement, nous, le
projet de loi, entre les services scolaires du Québec, ils doivent partager
l'information, mais ils n'ont pas l'obligation de divulguer aux centres de
services scolaires des Premières Nations. Alors, il me semble que cette
information, par exemple lorsqu'on a une clause d'empêchement ou un antécédent
judiciaire, devrait être quand même divulguée aussi à eux pour s'assurer qu'un
enseignant qui aurait perdu son droit de travailler, ou n'importe quel adulte
qui aurait perdu son droit de travailler dans une école, ne se retrouve pas
dans un centre de services scolaire, une commission scolaire des Premières
Nations, alors que personne n'est au courant là-bas, là.
• (16 h 20) •
M. Bernier (Jean-François) : En tant
que Protecteur national de l'élève, ce qu'on vise de façon absolue, c'est la protection de tous les élèves du Québec.
Alors, s'il y a des choses qui peuvent être développées pour permettre le maximum d'échange de renseignements pour mener,
finalement, à la plus grande protection possible de nos enfants, là
aussi, on ne peut pas être contre cette vertu, qui est très bien fondée.
Mme Rizqy : ...
M. Bernier (Jean-François) : J'essaie.
Mme Rizqy : Bien, merci beaucoup,
puis vraiment heureuse de vous avoir avec nous, puis on a hâte déjà de lire vos
prochains rapports. Merci à vous.
La
Présidente (Mme Dionne) : Merci beaucoup, Mme la députée. Je cède maintenant
la parole à Mme la députée de Mercier. Vous disposez de trois minutes.
Mme
Ghazal : Trois minutes. Merci beaucoup, Mme la Présidente.
Merci pour votre présentation. Rapidement, on en a parlé, là, vous êtes
sorti pour faire un point dans les médias, puis c'est aussi une façon de vous
faire connaître, là, auprès de la population, puis c'est important, ça fait
partie aussi de votre travail, puis vous avez parlé de votre étonnement du 15 %. Moi, comme, quand j'ai regardé ça,
j'ai dit : Ah! Ce que je lisais entre les lignes, c'est : Peut-être que le Protecteur national de l'élève aimerait,
comme beaucoup de groupes dans la société civile qui demandent à ce
qu'il y ait une loi-cadre sur les agressions à caractère sexuel dans les
écoles... Est-ce que j'ai... je suis... j'ai trop surinterprété ce que vous
avez dit ou j'ai bien lu dans votre inconscient ce qui est sorti?
M. Bernier (Jean-François) : Je
vais... Je vais respecter votre interprétation. Ce n'est pas nécessairement la
mienne absolument. Honnêtement, je crois fondamentalement que la Loi sur le
protecteur national de l'élève, l'action concrète des protecteurs régionaux, ce
qui est apporté aujourd'hui avec le projet de loi n°47, ce que j'ai mentionné
tout à l'heure, les plans de lutte qui ont été bonifiés avec la violence
sexuelle, avec ce que ça prévoit, il y a des obligations pour les écoles,
formation du personnel, sécurisation des environnements pour les jeunes, on
a... en tout cas, je trouve que les avancées
sont... sont très importantes. Pour la... après ça, l'opportunité d'une loi de
cette nature-là, je laisse le législateur décider de l'opportunité ou
pas de ça.
Mme Ghazal : Donc, est-ce que c'est
suffisant, ce qui existe, pour la sécurité des élèves?
M. Bernier (Jean-François) : À mon
avis personnel et celle des protecteurs régionaux à qui je parle au quotidien,
les outils qu'on a actuellement, bonifiés par le projet de loi n° 47,
jusqu'à maintenant, les constats qu'on fait, c'est que ça suffit à nous
permettre de faire pleinement le travail. Il n'y a rien qui nous empêche
d'aller jusqu'où on doit aller dans le traitement des plaintes en violence
sexuelle.
Mme Ghazal : Parce que, dans le
fond, on va dire : Ça suffit tant et aussi longtemps qu'il n'y aura plus,
ou beaucoup moins que ce qu'on voit en ce
moment, des cas où il n'y a pas d'intervention après des agressions sexuelles,
ce qu'on a vu, là, dans les médias.
J'ai une question par rapport au code
d'éthique...
En fait, moi, je rêverais, un jour, que vous
disiez : Ça prendrait une loi-cadre. Mais, bon, vous n'êtes pas obligé de
m'écouter.
Code d'éthique. Est-ce que ce serait bien que,
dans le projet de loi, au lieu de juste dire : Il faut qu'il y ait un code d'éthique... qu'on précise qu'est-ce qu'il
devrait minimalement contenir, par exemple des formations, des processus
de plainte, des responsabilités, plus de choses que juste une coquille vide où
c'est écrit «code d'éthique»?
M. Bernier
(Jean-François) : C'est essentiellement la nature de... des
commentaires et de la recommandation qu'on fait dans notre mémoire, de
dire : Ça mériterait que ce... les principes fondamentaux éthiques se
retrouvent peut-être dans la loi et systématiquement, par obligation, dans
chaque code d'éthique qui va être adopté par les organismes scolaires, on parle
de plusieurs codes d'éthique ici, mais que déjà, les enlignements de base, par
souci de cohérence, tout le monde aura les
mêmes principes et les aura enchâssés dans ses codes d'éthique. On vient... On
vient, là aussi, avec ça, de faire un autre pas aussi.
Mme Ghazal : C'est ça. Puis vous
précisez quoi écrire dans le code d'éthique.
M.
Bernier (Jean-François) : Bien, on donne des... on donne quelques
exemples, là...
Mme Ghazal : OK.
Je ne l'avais pas vu.
M. Bernier
(Jean-François) : ...de pistes de réflexion, là. On se permet de
proposer des pistes pour... C'est autour de la recommandation...
Mme Ghazal : Pour que... pour que, par exemple, si on amène un
amendement... qu'on puisse ajouter les bons éléments, par exemple, que
ça pourrait contenir, pour ne pas que ce soit juste un...
M. Bernier
(Jean-François) : Que nous ou d'autres groupes pourraient venir vous
proposer, effectivement.
Mme Ghazal : OK.
Puis est-ce que... est-ce que ce qu'il y a dans la... le projet de loi...
est-ce que c'est suffisant en matière de prévention? Parce qu'une fois qu'il y
a eu une agression, un acte de violence, on sait... ça dit beaucoup ce qui va
arriver après, mais, pour prévenir que ça arrive, est-ce que le projet de loi
répond à cet aspect de prévention?
La Présidente (Mme
Dionne) : En deux secondes, M. Bernier.
M. Bernier (Jean-François) : Le
code d'éthique est un geste de prévention. Le reste, c'est nos actions aussi en
prévention dans nos interventions qui vont, je pense, concrètement, sur le
terrain...
La Présidente (Mme
Dionne) : Merci beaucoup.
M. Bernier
(Jean-François) : ...pouvoir faire une différence.
La Présidente (Mme
Dionne) : Merci. C'est tout le temps qu'on avait pour ces échanges.
Merci beaucoup pour vos contributions.
Donc, nous allons
suspendre les travaux quelques instants pour accueillir notre prochain groupe.
Merci.
(Suspension de la séance à
16 h 24)
(Reprise à 16 h 28)
La Présidente (Mme Dionne) : La
commission reprend maintenant ses travaux. Donc, je souhaite la bienvenue
à la... aux représentants de la Confédération des syndicats nationaux. Donc,
vous avez 10 minutes pour nous exposer vos
propos. Donc, je vous demande, d'entrée de jeu, de vous présenter puis ensuite
nous faire part de votre exposé. Donc, la parole est à vous.
Confédération des syndicats nationaux (CSN)
Mme
Senneville (Caroline) : ...merci de nous accueillir. Alors, je suis
Caroline Senneville. Je suis présidente de la Confédération des
syndicats nationaux. Pour m'accompagner aujourd'hui, Me Roxanne Lavoie,
conseillère syndicale au service juridique de la CSN, M. Frédéric Brun, qui est
président par intérim de la fédération des employés des services publics, je
tiens à préciser que M. Brun est également technicien en éducation spécialisée
dans un centre de services scolaire, puis M.
Léandre Lapointe, vice-président de la Fédération nationale des enseignantes et
enseignants du Québec, et M. Lapointe est professeur dans une école
privée au secondaire, enseignant.
Donc... excusez-moi,
nous sommes ici, évidemment, pour parler du projet de loi visant à renforcer la
protection des élèves. Et, évidemment, on va
dire, d'entrée de jeu, que, devant un tel noble objectif, on ne peut que les partager. Et on souligne, on souhaite saluer
l'engagement du ministre envers la sécurité des élèves. Mais évidemment on
a quelques propositions pour, à notre avis, humble, améliorer le projet de loi.
Donc, évidemment,
nous sommes bien contents de l'obligation que les centres de services scolaires
et les écoles privées doivent se doter d'un
code d'éthique, mais nous croyons qu'il est important que le personnel soit
partie prenante à sa... à son élaboration, d'abord parce qu'ils ont une
expertise terrain. Ensuite, quand on est consultés, bien, ça amène une adhésion de toutes les catégories de personnel. Et
cette adhésion-là, c'est aussi un gage de prévention. Parce que, bien sûr, on va travailler à protéger les
élèves, on va travailler à sanctionner les actes répréhensibles, mais, quand
on agit en prévention, on fait que les actes répréhensibles n'ont pas lieu, et
ça, je pense, c'est la meilleure façon de protéger les victimes.
• (16 h 30) •
La
CSN est également en accord avec le processus d'enquête qui peut être déclenché
par le ministre lui-même. On croit que ça permettra d'éviter certains
délais quand il y a des cas, par exemple, qui font les manchettes puis qui
demandent, je pense, qu'on s'y penche.
On aimerait vous parler maintenant de l'impact
du projet de loi sur le processus disciplinaire. Alors, d'abord, je veux être
très claire, à la CSN, on croit fermement qu'il y a lieu d'intervenir de façon
disciplinaire auprès du personnel de toutes les
catégories qui aurait des comportements qui peuvent raisonnablement faire
craindre pour la sécurité physique ou psychologique des élèves. Mais on
s'interroge vraiment sur l'introduction, dans le projet de loi, de dispositions qui rendraient inopérantes les
clauses communément appelées les clauses d'amnistie, je vous dirais, pour
deux raisons.
La première raison, c'est que les clauses
d'amnistie... bien, en fait, pour deux raisons, mais je vais être claire, deux
affaires, avant de partir. Quand il y a un comportement répréhensible grave qui
est porté, il faut que la mesure disciplinaire soit proportionnelle, et, quand
le lien de confiance est brisé, quand il y a des actes très répréhensibles,
puis ça peut aller jusqu'au congédiement, nous, on est très clairs avec nos
membres. On est très clairs avec nos membres depuis des années. Oui, il y a un
article du Code du travail qui nous oblige à défendre nos membres, mais, si notre enquête arrive à déterminer que des actes
répréhensibles ont eu lieu, on ne défendra pas l'indéfendable, et, encore
une fois, je le répète, nos membres sont au courant. Première des choses.
Deuxième des choses, quand on parle de violence
à l'école, évidemment, tout ce qui est violence à caractère sexuel avec des mineurs, bien là, on rentre
carrément dans le Code criminel, puis, pour nous, bien, les mesures
disciplinaires, ça n'a rien à voir.
Je veux dire, tu sais, personnel scolaire, mineurs, actes à caractère sexuel,
ça ne va juste pas ensemble, et la loi pourra agir.
Mais il y a
plein d'autres choses qui peuvent arriver, et on pense que rendre les clauses
d'amnistie inopérantes, donc, ça crée un problème pour deux raisons. La
première raison, c'est qu'on craint une judiciarisation. Si quelqu'un commet un
acte qu'il sait qui va être une tache à son dossier pendant, possiblement, des
décennies, bien, il va être plus amené à
contester cette mesure disciplinaire là, à ne pas accepter la mesure
disciplinaire. Et nous, on travaille très fort, comme syndicat, à déjudiciariser les relations de travail, parce
que ce n'est pas comme ça qu'on règle les problèmes. C'est long, c'est
pénible et ça ne donne pas toujours les résultats escomptés.
L'autre difficulté qu'on voit, c'est la
réhabilitation. Est-ce qu'on croit que c'est possible de réhabiliter quelqu'un
qui pourrait commettre un geste, parfois, là, qui dépasse, je dirais, là, ce
qui est convenu? Bien, nous, on pense que oui. Évidemment, ça prend des
conditions. Il faut que la personne admette que ce qu'elle a fait, elle a fait
du tort. Alors, on veut placer la position... la personne dans une position
d'admettre son tort plutôt que de contester son tort, et que la personne
s'engage dans un processus de réhabilitation réel, crédible, sous forme de
formation, sous forme de thérapie, sous
forme de cure. Et on pense que, ce faisant, on agit en prévention, parce que,
la personne, si elle est capable de se réhabiliter et de s'amender,
bien, on a agi en prévention, on a fait que de... il y a moins d'actes
répréhensibles qui peuvent être portés.
On tient quand même à dire que, dans le projet
de loi, la notion de comportement pouvant raisonnablement faire craindre pour la sécurité physique ou
psychologique des élèves est quand même assez subjective, sujette à interprétation.
Peut-être que ce serait bien si c'était balisé, parce qu'évidemment, ça
permettrait une meilleure application de la loi. Ce qui est clair est plus
facile d'application, évidemment, en ce qui nous concerne.
On voudrait
parler de la vérification des antécédents. Évidemment, les antécédents
criminels, c'est fait depuis longtemps, on est tout à fait d'accord, et
c'est quelque chose qui devrait être fait, mais on aimerait porter votre attention sur ce qu'on pourrait appeler des
antécédents professionnels de comportements qui auraient été indésirables.
Il faut faire attention. Pour nous, il est important de souligner que des
comportements qui pourraient être visés par la vérification d'antécédents,
disons, professionnels n'auront pas nécessairement fait l'objet d'un processus
d'enquête contradictoire suivi d'un jugement ou encore d'une reconnaissance
formelle de culpabilité, comme c'est le cas pour des antécédents judiciaires.
Un tel comportement pourrait être une allégation qui n'aurait jamais été
vérifiée, qui n'aurait pas été enquêtée de la part des employeurs antérieurs.
Donc, nous, on pense que ce serait important que le guide pour entourer...
que... voyons, les balises, pardon, pour entourer cette vérification
d'antécédents professionnels ne soient pas tant dans la loi que dans un guide
qui... qui permettrait d'assurer l'équité procédurale, les procédés de justice
naturelle, aussi, pour que de simples allégations non prouvées empêchent un
individu de travailler.
Finalement... Je sens que je vais rentrer dans
mon 10 minutes. Finalement, on aimerait parler de l'obligation de dénonciation qui est dans le code d'éthique.
Disons que la dénonciation obligatoire nous pose des questions. On craint des
répercussions sur le climat de travail que ça pourrait entraîner et on n'est
pas sûrs que ça rencontre les objectifs prévus, parce que peut-être que les gens vont craindre d'avoir des
mesures s'ils ne dénoncent pas. À notre avis, une chose qu'il faudrait
faire pour les personnes... Parce qu'entre l'obligation de dénoncer et le fait
de dénoncer, il y a une marge, mais, si on
veut que des actes véritablement répréhensibles soient dénoncés, je pense que
c'est important de penser à des... à protéger les personnes qui sonneraient
la... voyons, tireraient la sonnette d'alarme, voilà, je vais y arriver, parce
que c'est souvent cette crainte-là qui pourrait empêcher quelqu'un, par
exemple, de porter à l'attention de la direction ou des autorités nécessaires
des comportements répréhensibles. Puis, bon, on parle de... d'actes violents,
alors, si une personne est violente, bien, on peut craindre pour sa propre
personne. Donc, on pense que ce n'est pas tant l'obligation de dénoncer qui va
faire le travail, mais le fait de protéger les personnes qui voudraient
dénoncer. Puis ce n'est pas toujours simple, je vous dirais, protéger les
lanceurs d'alerte, là, quel que soit le cas, et on pense que ce serait vraiment
un meilleur message à lancer, parce que, je termine là-dessus et je le répète,
mais je pense que ça vaut la peine d'être répété, on partage tous l'objectif de
mieux protéger les élèves.
La Présidente (Mme Dionne) : Merci
beaucoup, Mme Senneville. Nous sommes maintenant prêts à procéder aux échanges
avec les membres de la commission. Donc, M. le ministre, la parole est à vous.
M. Drainville : Oui. Merci beaucoup
de votre participation. Je me posais la question, Mme Senneville : En quoi
le fait de conserver les mesures au dossier... en quoi est-ce que ça empêche la
réhabilitation?
Mme
Senneville (Caroline) : Bien, parce que ça... c'est une tache à ton
dossier tout le temps. Même si tu te réhabilites, même si tu dis... même si tu
fais des efforts, même si tu comprends, même si tu admets que tu as fait une
erreur, bien, tu as une tache à ton dossier tout le temps, ad vitam aeternam,
et, tu sais, 15 ans plus tard, on pourra revenir
puis dire : Oui, tu as été fin, tu as été beau, tu as été gentil, mais on
ne te «truste» pas parce qu'il y a 15 ans il s'est passé quelque
chose qui ne méritait pas un congédiement. Et, pour nous, ça aussi, c'est
important. Parce que, souvent, le problème,
ce n'est pas tant la cause d'amnistie que le fait de vraiment sanctionner des
gestes qui doivent être sanctionnés. Si c'est grave, si le lien de confiance
est rompu, bien, pas de tataouinage. Et ça, ça envoie un message clair.
Puis, je l'ai dit, nous, par rapport à nos membres, on est très clairs
là-dessus. Puis...
M.
Drainville : OK.
M. Lapointe
(Léandre) : Si je peux me permettre, c'est le même objectif que
l'obtention du pardon, hein, l'amnistie, c'est le fait de vraiment réaliser
puis d'affirmer que, oui, il y a eu réparation, oui, il y a eu changement de
comportement. Donc, ça vient vraiment confirmer la réhabilitation, donc,
l'amnistie, dans le temps qu'on lui donne. S'il n'y a pas d'autre action, bien,
c'est comme octroyer un pardon, qui est un concept largement... dans la société
québécoise.
M.
Drainville : Vous ne pensez pas, M. Lapointe, que ce sera quand même
possible pour la personne, si ça s'est passé... Comme l'a dit
Mme Senneville, si ça s'est passé il y a 15 ans, je pense que c'est
possible pour la personne de dire... de plaider puis de dire : Écoutez,
oui, c'est vrai, c'est dans mon dossier, mais, depuis 15 ans, il n'y a rien, hein, vous ne voyez rien, bien non, il
n'y a rien parce que, bien, j'ai appris, j'ai travaillé là-dessus, c'était un mauvais
moment de ma vie, je vivais des... Tu sais, il y a une façon de relativiser,
avec le temps, une faute. Puis on en commet tous, des fautes, là. Il n'y a
personne qui est parfait ici, là, tu sais.
• (16 h 40) •
Alors... Parce que,
vous savez, puis je respecte tout à fait votre point de vue, là, mais la raison
pour laquelle on a décidé d'aller là, c'est qu'on veut, comme, placer la
protection de l'enfant au-dessus de tout. C'est ça, le principe moteur du
projet de loi, là, c'est de dire : Si tu as eu des comportements qui
mettaient à risque la sécurité des enfants, que ce soit la sécurité physique ou
psychologique, ça, c'est sacré, pour nous, au Québec, là, on le dit, on le met
dans la loi. Et donc c'est ça un peu, le... C'est ça, la... je dirais, la ligne
de force du projet de loi.
Mme Lavoie
(Roxanne) : En complément, M. le ministre, peut-être, aux réponses qui
vous ont été données jusqu'à maintenant, je vais sauter, dans le fond, sur
l'objectif. La clause amnistie ne va pas protéger, d'aucune façon, de façon
additionnelle, les élèves. Ça reste une mesure disciplinaire qui est donnée,
qui dort dans un dossier. Elle n'agit pas sur le changement de comportement.
Nous, ce qu'on vous
propose, en fait, dans notre mémoire, c'est de dire : Bien, il faut...
puis on a parlé de réhabilitation, il faut que la personne prenne conscience.
Donc, si la personne a une mesure disciplinaire pour un acte qui est moins
grave, qui ne nécessitait pas, là, directement un congédiement, à ce moment-là,
il faut amener cette personne-là à prendre conscience et l'amener à changer ses
comportements. Si elle a une mesure disciplinaire qui est pour rester pour
toujours dans le dossier, cette personne-là va se mettre en mode défense. Elle
va devoir aller défendre... Elle va vouloir nettoyer son dossier. Elle va être
beaucoup plus à minimiser le comportement qu'elle a eu plutôt que d'en prendre
acte. Il n'y a aucune... Tu sais, elle ne sera pas dans une ouverture d'esprit
pour se réhabiliter. Alors, il y a cet aspect-là...
M.
Drainville : Me Lavoie, si vous permettez, ce que vous émettez, c'est
possible, c'est une hypothèse, mais ce n'est pas une certitude. On peut
imaginer quelqu'un qui a commis une faute, qui reconnaît sa faute, qui
dit : Bien, justement, je vais aller travailler là-dessus puis je sais que
ça va rester à mon dossier, mais, justement, je vais être capable de dire, si
jamais, dans deux ans, dans cinq ans, dans 10 ans, ça m'est reproché parce
que j'applique dans un autre centre de
services, peu importe, je vais être capable de dire : Bien, justement,
après ce qui s'est passé, voici les gestes que j'ai posés, j'ai consulté, je suis allé chercher de l'aide. Ça peut
avoir aussi l'effet d'amener une prise de conscience puis d'amener
quelqu'un à dire : Je vais travailler là-dessus. Ce que vous dites est
vrai, ça peut amener quelqu'un à tomber en mode défensif puis dire : Bien
là, si c'est pour rester là tout le temps, quel est mon intérêt à changer,
mettons? Mais ça peut être aussi... ça peut être aussi... ça peut avoir aussi
l'effet inverse. On s'entend là-dessus, non? On a une discussion, là.
Mme Lavoie (Roxanne) :
Oui. Juste un instant, ça...
M. Lapointe
(Léandre) : Si vous me permettez, je pense qu'il est important de,
d'abord, ne pas mélanger... L'amnistie, elle
arrive après la sanction, hein? Donc, les sanctions sont possibles, et
l'amnistie vient après. Donc, c'est le processus suivant la mesure
disciplinaire, la sanction, qui propose une réhabilitation, qui propose une
remise en question puis une réhabilitation. Donc, si, après 10, 15 ans...
que cette faute-là, qui a été réhabilitée, n'a plus prise et qu'on pourrait
argumenter à savoir qu'elle n'a plus son importance, pourquoi la conserver? Je
vais vous renvoyer la question. Alors, si...
Je pourrais... Et là, bien, c'est la lourdeur pour la personne. Je me fais
engager dans un autre centre de
services, je dois encore redévelopper l'argumentaire pour réexpliquer pourquoi
cette faute-là n'est plus d'actualité. Je pense que, si elle n'a plus de
valeur, cette faute-là, bien, on doit l'effacer, parce qu'on a réhabilité,
parce qu'on est dans la mesure du pardon puis qu'on prône la réhabilitation de
nos travailleuses puis travailleurs.
M. Drainville : Me
Lavoie, je pense que vous n'aviez pas terminé.
Mme Lavoie (Roxanne) : Bien, l'autre
petit élément que... sur lequel je porterais la lumière, puis ça, on ne le
mentionne pas dans notre mémoire, mais il y a l'effet aussi incitatif de suivre
le dossier, pour le gestionnaire. Donc, il
faut aussi être capable d'aider nos gestionnaires à prendre acte qu'il y a eu
un comportement, qu'il y a eu des... bon, que cette personne-là a été
sanctionnée et faire le suivi rapidement plutôt que de laisser peut-être dormir
une mesure disciplinaire dans un dossier et de s'en laver les mains en sachant
que, de toute façon, on pourra toujours la ressortir au besoin. Alors, il y avait
également cet élément-là. Il y a les deux côtés, là. C'est d'aider la personne
à lui faire prendre conscience, la faire cheminer, en contrepartie, aussi,
forcer un suivi rigoureux auprès des gestionnaires.
M. Drainville : Mais, pour répondre
à la question de M. Lapointe, la raison pour laquelle on la garde, c'est pour
qu'elle compte dans la gradation, pour qu'elle puisse compter dans la gradation
éventuelle des sanctions. C'est pour ça qu'on la garde.
M. Brun (Frédéric) : Si on parle
qu'au fil des années la personne s'est rachetée, on va le dire comme ça, là, a
fait les efforts pour faire en sorte que ces comportements-là ne soient plus
là, là, puis, comme Mme Senneville disait tantôt, là, on ne parle pas d'actes
les plus graves, là, on parle des gestes qui auraient pu être, vous l'avez dit
tantôt, là, un soubresaut, un égarement à ce moment-là, bien, l'histoire fait
en sorte qu'on n'a pas la continuité. Il y a un
avis disciplinaire qui demeure dans le dossier du travailleur, de la
travailleuse, à ce moment-là, puis ce qui fait en sorte qu'à un moment
donné... À même les mêmes centres de services scolaires, des fois, la main
droite ne parle pas à la main gauche. Puis je sais que dans tous les projets
que vous travaillez, M. le ministre, vous essayez qu'il y ait de la
communication puis d'avoir les bonnes informations, mais la réalité est la
suivante, c'est qu'il n'y a pas de suivi.
Donc, il y a un avis disciplinaire. Si le
gestionnaire qui est dans cet établissement-là voit que ça va bien, bien, la
personne va continuer son cheminement professionnel, puis, un jour, ça peut
ressortir, et personne ne va être capable de décrire qu'est-ce qui a été fait
par après. Parce qu'en soi, si la personne s'est rachetée, a fait en sorte de s'amender puis de travailler sur elle, il n'y aura
rien d'autre qui va être ajouté au dossier. Donc, on va perdre le fil là-dedans,
puis personne ne va pouvoir donner de réponse.
Puis il ne faut pas voir le négatif partout ou
la mauvaise volonté. Par contre, si je suis une personne qui est le
gestionnaire de mon établissement puis que la personne arrive, je regarde dans
son dossier, je vois ça et je n'ai pas d'explication sur comment ça s'est passé
dans les années suivantes, bien, malheureusement, il me manque un bout du casse-tête.
Puis l'autre chose que j'aimerais porter à votre
attention, c'est que, souvent, il y a une certaine lourdeur administrative qui
fait en sorte que, pour le personnel de soutien qu'on représente, à la FEESP,
les postes sont coupés, la personne change
d'école, puis on laisse ça se gérer dans un autre milieu, malheureusement, puis
ce n'est pas ce qu'on veut. Il faut faire en sorte que l'encadrement
soit là puis de voir à la sécurité des étudiants.
Puis je reprendrais tantôt, quand on disait...
quand on parlait de la... de la soeur adulte avec une déficience
intellectuelle, bien, il y a des jeunes qui sont en stage dans des milieux
aussi... je veux dire, il y a des jeunes qui sont scolarisés jusqu'à
21 ans. Ça fait que, tout ça, il faut le garder en tête pour ces
personnes-là.
Mme Senneville (Caroline) : Puis je
vous dire aussi qu'il y a eu des cas qui ont été médiatisés, mais, le problème,
à la base, là, ça n'a pas été pris au sérieux. Il n'y a pas eu de vraie mesure
disciplinaire et il n'y a pas eu de suivi. Ce n'est pas tant la clause
d'amnistie qui cause le problème.
M.
Drainville : Mais il y a aussi, Mme Senneville, vous avez dit
tout à l'heure : Écoutez, là, quand c'est grave, là... je comprends que la
loi nous oblige à le défendre, le membre, là, mais, quand c'est grave, on ne le
défend pas. En gros, c'est ce que vous nous avez dit, là. Oui.
Mme Senneville (Caroline) : ...il
faut que les faits soient avérés, quand même.
M.
Drainville : Mais... mais ça arrive combien de fois, Mme
Senneville? Ça arrive combien de fois que le syndicat va décider de
défendre le membre, même si ce qui est allégué, ce qui est... comment dire,
confirmé par les faits, c'est quand même quelque chose de grave? En d'autres
mots, pour que vous ne... pour que vous décidiez de ne pas défendre un membre,
il faut que ce soit très grave.
Mme Senneville (Caroline) : Il faut
que les faits soient avérés, là. Là-dessus... Puis, je vous dirais, là, on a
quelque chose comme des dizaines et des dizaines d'outils qu'on donne à nos
syndicats, des trousses d'intervention, des guides, des politiques, des vidéos,
des formations. Le harcèlement psychologique, c'est inscrit dans nos... dans nos veines. Le premier conflit à la CSN, 1924, des
allumettières, le boss avait dit : Plus de contremaîtresses, ça va être des
contremaîtres. Les gens se sont levés puis ont dit : Non, ça, c'est une...
c'est une prise au harcèlement sexuel, on n'en veut pas. Ça fait qu'on
travaille très fort avec nos membres.
Mais, ce qui
se passe, il y a un article de loi que, si un membre, il n'est pas content, il
peut poursuivre son syndicat. Puis il y a des cas qu'on défend parce que la loi
nous oblige à les défendre. On a un ordre de la cour qui dit...
M. Drainville : Trouvez-vous que
cette exigence légale là est trop sévère?
Mme Senneville (Caroline) :
Bien, je vais vous répéter ce que j'ai dit au ministre du Travail, on pense
qu'à ce moment-là les plaintes en 472, selon le Code du travail, devraient
pouvoir être rejetées sur dossier, comme c'est possible dans le code du travail
canadien.
M. Lapointe (Léandre) : Si je peux
me permettre, cette obligation de représentation, on mélange souvent avec la
défense. Des fois, on représente des gens, on les accompagne, on leur fait
valoir leurs droits dans l'assurance qu'ils
obtiendront une mesure disciplinaire, une sanction ou un congédiement qui sera
à la mesure des actes qui ont été prouvés, allégués, éprouvés et fondés.
Donc, on accompagne, des fois, des gens. Puis ce n'est pas toujours facile
d'accompagner des gens qui vont faire des gens... des faits avérés. Puis on se
fait dire qu'on les protège quand on est train de... Tout le monde a le droit à
être représenté.
Maintenant, puis je tiens à le dire, là, la
communication, M. le ministre, entre les centres de services puis les écoles
privées, pour nous, là, c'est salutaire. On est très heureux de cette loi-là.
Moi, je représente des syndicats dans le
secteur de l'enseignement privé. Puis vous avez entendu, dans les médias, où il
y a eu des personnes, des enseignants qui ont fait des gestes graves, et
ce qu'ils font, c'est très simple, hein, ils démissionnent. Donc, il y a des
allégations graves, et là l'enseignant
démissionne. Ça fait que, là, la direction de l'école privée, bien, se
dit : Bon, bien, je suis... c'est réglé, cet enseignant-là est parti. Puis
ça ne prend pas six mois qu'il se fait réengager dans un autre établissement.
Puis on a vu, dans les médias, des enseignants faire deux puis trois
établissements et continuer à perpétrer des actions graves. Donc...
M. Drainville : Je pense qu'avec le
projet de loi...
• (16 h 50) •
M. Lapointe (Léandre) : Exactement.
Puis c'est ça que je suis en train de vous dire. C'est qu'au-delà de la clause
d'amnistie, au-delà de la... donner la chance aux gens de se réhabiliter, il y
a des éléments franchement utiles, dans cette loi-là, qu'on salue, là. Ça fait
qu'il faut quand même... Dans toutes les possibilités des actes qui sont
reprochés, il y a tout un florilège de possibilités, puis je vous dirais que ce
n'est pas facile de suivre, parce que... Oui.
Mme Senneville (Caroline) : Puis des
conversations difficiles avec nos membres, on en a.
M. Drainville : Il me reste
30 secondes.
La Présidente (Mme Dionne) : En
30... Oui, merci.
M. Drainville : Je veux juste vous
dire que, dans le rapport d'enquête, donc, c'est l'enquêteur qui parle, il dit : «Pour les cas d'exception où les
sanctions ne fonctionnent pas, la durée limitée de présence au dossier fait en
sorte qu'il est commun que le processus doive être repris au complet en
raison du passage du temps.» Donc, l'effacement de la première sanction fait en sorte qu'on repart à zéro. Ça, c'est
l'enquêteur qui parle. Donc, on a dit qu'on réagirait au rapport de
l'enquêteur, et c'est la raison pour laquelle on a décidé d'aller de l'avant
avec la disposition.
Je veux juste
vous dire, vite, vite, vite, que, sur la meilleure... une meilleure protection,
là, contre les personnes qui dénoncent, là, confidentialité et protection
contre les représailles, je prends bonne note de votre recommandation,
Mme Senneville et les gens qui vous accompagnent. OK. Vous... C'est un...
La Présidente (Mme Dionne) : Merci,
M. le ministre. Je cède maintenant la parole à Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy : Merci beaucoup.
La Présidente (Mme Dionne) : Vous
disposez de 10 minutes.
Mme Rizqy : Merci beaucoup. Bonjour
et merci beaucoup de participer à nos travaux.
Me Lavoie, je
vous ai vue hocher la tête de façon négative lorsque... Je ne voulais pas vous
mettre, évidemment, l'emphase sur vous, là, mais c'est juste qu'il y a
beaucoup de choses qui sont dites, puis je pense que c'est important, tu sais,
de revenir de façon factuelle, de façon juridique sur certains aspects.
Dans un premier temps, vous l'avez clairement
dit, Mme la présidente, Mme Senneville, ça dit que vous n'avez pas comme objectif de protéger... Puis je tiens à dire que
c'est... dans tout corps de métier, ça existe, malheureusement. Et même
vous, vous avez des membres que vous devez protéger, parce qu'il y a des
plaintes entre membres aussi. Donc, c'est de votre propre intérêt de protéger,
oui, des élèves, mais même vos propres membres qui peuvent, parce que le projet de loi n'en fait pas mention... Mais nous,
on a eu des techniciens en éducation spécialisée qu'on a rencontrés, qui
eux ont été victimes de violence à caractère sexuel de part de leurs élèves, et
ce projet de loi n'en fait pas mention.
Donc, première question : Est-ce qu'on devrait l'élargir pour s'assurer
que, un, ça couvre élèves entre élèves, élèves- adultes, pour s'assurer
de vraiment couvrir toutes les violences sexuelles qui peuvent avoir lieu dans
l'école?
Mme Senneville (Caroline) : Bien, en
tout cas, moi, ce que je peux vous dire, c'est que le personnel de l'éducation,
oui, fait face à beaucoup de violence, qu'elle soit sexuelle ou pas, puis là,
bien, je vous dirais, ce n'est pas toujours reconnu ni
par les employeurs ni par d'autres organisations. Peut-être, élèves entre
élèves, ça pourrait être important. Le reste est peut-être plus couvert par le
droit... le droit du travail, mais je...
Mme Rizqy : Me Lavoie, je sens votre
envie de répondre.
Mme Lavoie (Roxanne) : Oui. C'est
parce qu'on sort de PL 42... de ce projet de loi là, et je pense que ça, ça
couvre... PL 42 couvrirait les situations entre élèves versus le
personnel. Effectivement, il reste peut-être entre les élèves où, ça,
effectivement, il y a peut-être un vide. Je partage...
Mme Rizqy : Parfait. Moi, je vais
vous dire, j'ai un préjugé très favorable pour maintenir une trace dans le
dossier, puis j'explique pourquoi. Vous avez raison, Mme Senneville, de
dire : Faute grave, là, le problème, c'est la sanction. Si vous avez
commis l'irréparable envers un jeune, là, vous n'avez pas d'affaire dans une
école. Mais des fois ça peut être, par
exemple, des sextos qui ne mèneront pas nécessairement à la faute grave. Oui,
oui, je vous vois. Mais, malheureusement, on a des cas qui existent qui
n'ont pas mené à des fautes graves, où est-ce que... Je vous donne des exemples
graphiques, un sexto qui est envoyé avec une pêche et une aubergine, alors, ça
n'a pas mené à un congédiement, mais ce sexto-là existe, et là, pardonnez-moi,
c'est un terme qui est anglophone, le «pedogrooming». Donc, on commence à texter tard le soir. Il n'y a pas encore d'échange,
on n'a pas traversé la ligne, mais texter un jeune entre 22 heures et 2
heures du matin, ce n'est peut-être pas ça qui va mener au congédiement, mais
d'avoir ça comme trace écrite, ça nous permet, plus tard, d'appliquer la
gradation des sanctions.
Mme Senneville (Caroline) : ...il
faut que ce soit... Il faut qu'il y ait... Il faut que ce soit sanctionné puis
il faut que ce soit suivi. Peut-être qu'un
an de clause d'amnistie, c'est trop court, tu sais, peut-être que ça peut être
plus long, mais, je m'excuse, si, 15 ans plus tard, on remet sur le nez de
quelqu'un qui s'est réhabilité en disant : Non, il y a 15 ans, tu
as péché, puis ça va rester avec toi, il n'y en a pas, de réhabilitation, on va
se le dire, parce que c'est une tache au dossier éternellement. Est-ce qu'on
peut revoir... Mais, dans quelque chose comme ça, là, bien, il faut s'assurer
de faire le suivi, puis pas un an après, la
semaine suivante, le mois suivant. Bien oui, c'est ça qu'il faut faire, puis
c'est comme ça que le message de prévention va... Parce qu'on est dans
un changement de société, on va se le dire, là, par rapport, surtout, aux agressions à caractère sexuel, là. Il
y a plein de choses qui se faisaient avant qui ne se font plus maintenant,
Dieu merci, mais ça, ça demande un travail
de suivi et de faire en sorte que tu subis les conséquences de tes actes. Et
ça, ça donne un message dans le milieu, et, quand tu fais ça, tu agis en
prévention aussi.
Mme Rizqy : Parce que, quand je
regarde les règles applicables pour ce qu'on appelle communément les... la
demande de pardon, qu'en fait c'est la suspension du casier, un, ça n'efface
pas la condamnation. C'est classé de façon à part, mais... Et aussi c'est que
c'est signalé dans les cas de... Pour les anciens délinquants sexuels, dans
leur cas, c'est toujours, toujours signalé, lorsqu'il est question de personnes
vulnérables, lorsqu'on fait les enquêtes d'empêchement, c'est-à-dire les
personnes vulnérables étant les enfants et les aînés. Donc, ça, ça reste...
C'est justement pour garder une petite
alerte, mais c'est vraiment pour... au niveau de ce qui est sexuel. Alors, ça,
est-ce que...
Une voix : On est d'accord avec ça.
Mme Rizqy : Ça, vous êtes d'accord.
Parce que je peux comprendre que... Je vais vous donner un autre exemple. Il
arrive une situation brasse-camarade, comme ça peut arriver dans nos écoles, et
là la personne a tenu le bras trop longtemps, trop fort, peut-être, et là c'est
une tache. Bien, évidemment, ce n'est pas la même chose que d'avoir agressé
sexuellement un élève.
Mme Senneville (Caroline) : Tout à
fait.
Mme Rizqy : Alors, cette tache-là,
peut-être que... Est-ce que ce serait peut-être mieux de circonscrire, au
niveau des clauses d'amnistie, là, au niveau des violences sexuelles?
Mme Senneville (Caroline) : Puis je
tiens à dire aussi que, s'il y a une décision d'arbitrage ou une discussion...
voyons, une décision du Tribunal administratif du travail, ça, c'est une
décision qui est publique. Ça reste à vie. Ça fait qu'à partir du moment où tu
as fauté, prenons le cas, là, de quelqu'un, là, qui judiciarise puis qui dit :
Moi, je conteste, puis que l'arbitre lui dit : Non, non, non, là, non,
non, non, c'est bon, tu sais, ou peut-être que ça ne méritait pas trois mois de suspension, puis un mois, ça aurait
fait pareil, mais ça, là, tu as un jugement, il y a chose jugée, les faits sont avérés, ça a été vérifié,
contre-vérifié, il y a quelqu'un d'indépendant qui a... ça, ça reste. Ce n'est
pas une clause d'amnistie, ça. Dès qu'il y a un jugement par le Tribunal
administratif du travail ou par un... voyons, un arbitre de grief, ça, ça
reste.
Mme Rizqy : Mais là, nous, notre
problème que nous avons, c'est qu'il n'y a pas grand monde qui cherche dans le
plumitif, là. On s'entend que dans le réseau de l'éducation, ils sont assez
occupés, ça fait qu'il n'y aura pas... Il n'y a pas de mécanisme automatique de
signalement.
Mme Senneville (Caroline) : Bien, ça
aussi, ça fait partie du changement de mentalité.
Mme
Rizqy : Oui. Ah! ça, j'aimerais... Moi, ce serait un de mes rêves.
Imaginez, au lieu de... Parce qu'en ce moment, tel que c'est prévu, c'est la
personne, par exemple, qui a commis un acte criminel qui devrait alerter son
employeur, mais, si elle ne le fait pas, bien, on va le savoir lorsqu'il y aura
une autre vérification, peut-être, dans trois ans, des antécédents.
Et ça m'amène à une
question. En ce moment, dans le projet de loi n° 46,
qui commence à être étudié jeudi, c'est dans la loi et non pas dans un code
d'éthique, là, où est-ce qu'on marque qu'il faut faire les vérifications aux
trois ans, puis c'est uniformisé, tout le monde passe par là, puis on
vérifie... Puis moi, je pense qu'il faut vérifier tout le monde, là, pas juste les... C'est aussi ceux qui, par exemple,
peuvent être appelés à rentrer dans une école, parce que, maintenant, on
a aussi des organismes communautaires qui passent puis qui vont donner, des
fois, même, de la formation plus spécialisée, plus pointue, là. Je sens, M.
Brun, que vous avez quelque chose à dire, là.
M. Brun
(Frédéric) : C'est large. Vous l'avez dit, c'est large. Les parents
bénévoles, dans une école primaire, qui viennent pour la bibliothèque, des
activités en classe, les écoles qui sont plus alternatives, où est-ce qu'il y a
un va-et-vient de parents, on le sait que c'est déjà implanté à la base, mais,
dès qu'il y a quelqu'un qui a affaire avec
les étudiants, puis l'étudiant au sens large, là, je pense qu'il ne faut pas
s'arrêter avec la notion du 18 ans, mineur ou majeur, là, mais
vraiment le prendre dans son ensemble, parce qu'il y a quand même une situation
d'autorité là-dedans, ça doit être fait. Ça, il n'y a pas de questionnement
là-dessus, là. Ça, clairement, ça doit être fait,
là, pour être sûr qu'à la base on donne un milieu qui serait supposé d'être
sain puis sécuritaire pour ces étudiants-là.
Mme Rizqy : Je
vais vous donner un exemple concret. Il y a eu des membres du personnel d'une
école qui ont dénoncé à répétition à la direction. Il n'y a pas eu d'arrêt
d'agir. C'est plutôt ceux qui ont dénoncé qui ont eu, un, droit à un climat de
travail ultratoxique, qui ont dû changer d'école. Les directions qui ont
reçu... alléguées qui ont reçu les plaintes
ont tout simplement été déplacées, et, même, un a reçu une promotion pour
devenir DGA. Et, là-dessus, on sous-estime beaucoup l'impact. Parce que
j'ai reçu enseignants, personnel de soutien, professionnels de soutien à mon bureau de comté. L'impact psychologique de
ceux qui dénoncent, et qui ne sont pas entendus, et qui voient que ceux
qui auraient dû agir n'ont rien fait...
Là, tantôt, vous avez
parlé de mesures de représailles, là, protéger les gens contre les mesures de
représailles, mais ne faut-il pas aussi que ceux qui sont justement un peu plus
haut... qu'il y ait quelque chose... que ce soit aussi leur responsabilité
ultime, là?
• (17 heures) •
M. Brun
(Frédéric) : C'est effectivement leur responsabilité, là. Je pense que
ce n'est pas tout le monde qui peut être habilité, dans la vie, à gérer ces
situations-là. Ça fait que je pense qu'il y a une responsabilité des centres de
services scolaires, des commissions scolaires, des établissements de se doter
d'une équipe de personnes qui sont capables de gérer ces situations-là. Il y a
des situations, moi, comme technicien en éducation spécialisée, que je référais
à des collègues parce que, vu la situation, je n'étais pas à l'aise, la
personne avec qui je faisais affaire n'était pas à l'aise. Donc, la même chose
s'applique.
Je suis très fier de
la profession que je fais. Je viens du centre de services Seigneurie-des-Mille-Îles,
donc, pour ceux qui ont suivi l'actualité
dans les dernières années, plusieurs choses que je ne suis pas fier. Puis, à ce
moment-là, j'étais sur mon exécutif syndical, mais il y a des
dénonciations qui ne sont pas prises au sérieux puis qui font en sorte que les
gens, effectivement, changent de place, sont pointés du doigt.
Il faut les protéger.
Il faut trouver un moyen, puis, je pense, le protecteur de l'élève, tantôt, le
plaçait, hein? Il y a un aspect de confidentialité, tout ça. Il faut trouver un
moyen pour protéger ces personnes-là, parce que c'est dur dans des milieux.
Puis souvent on peut parler de gros milieux, mais on peut parler de petits
milieux dans des petites localités où est-ce
que tout le monde se connaît, puis qu'il n'y a pas beaucoup de personnes dans
l'école, pas beaucoup d'adultes, puis que c'est facile de mettre
quelqu'un à l'écart, de le pointer du doigt.
Donc, c'est important
de se donner les moyens, dans les organisations, d'être capables d'accompagner,
parce que ce n'est jamais des situations difficiles. C'est des situations qui
peuvent avoir des gros impacts psychologiques sur l'ensemble des écoles.
Mme Rizqy : Oui,
allez-y.
M. Lapointe
(Léandre) : ...sur l'obligation de dénonciation, tu sais, ce qu'on
remarque, c'est qu'il y a deux raisons pourquoi les gens ne dénoncent pas ces
situations-là. D'abord, parce que, souvent, ils ne les reconnaissent pas. Donc, déjà, en partant, on a besoin de
formation, de sensibilisation, autant pour ceux qui constatent l'événement que
ceux qui reçoivent la plainte, hein? Des fois, ces gens-là ne peuvent pas voir,
dans l'allégation, une réelle situation qu'on doit enquêter. Et l'autre
chose, c'est... bien, pourquoi une personne n'osera pas dénoncer, c'est parce
qu'elle peut être inquiète, elle a peur. On
doit l'accompagner, on doit la sécuriser puis on doit assurer sa
confidentialité. Donc, c'est dans la formation et dans la protection.
Mme Rizqy :
Merci pour vos éclairages.
La Présidente (Mme
Dionne) : Merci beaucoup. C'est malheureusement tout le temps qu'on a
pour cet échange-là. Mme la députée de Mercier, la parole est à vous.
Mme
Ghazal : Merci. Merci beaucoup pour votre présence ici puis votre
collaboration avec nous. Donc, j'ai trois minutes.
J'ai
regardé dans votre mémoire puis aussi dans les discussions. Vous n'avez pas
parlé, comme d'autres groupes qui sont venus avant vous, du fait que ce
serait nécessaire, par exemple, qu'il y ait une loi-cadre pour les violences à
caractère sexuel, comme ce qui existe dans les universités puis les cégeps.
Est-ce que, pour vous, c'est juste parce que ce n'était pas en lien avec le
projet de loi, ce n'était pas vraiment nécessaire, ou parce que tout ce qui
existe déjà, ça fait en sorte que ce n'est pas nécessaire, que ce soit ce
projet de loi là ou d'autres choses, d'autres obligations?
Mme Senneville
(Caroline) : Tout ce qui peut faire en sorte que la relation
pédagogique est protégée puis que, là où les
enfants vont à l'école, les jeunes adultes vont à l'école, ce soit propice à
l'apprentissage va aider. Le projet de
loi, par exemple, est muet sur la formation professionnelle. Il y a des mineurs
en formation professionnelle. On parlait d'élèves-élèves. Donc, il faut que, le plus largement possible... Nous,
on a réagi sur le projet de loi, mais, effectivement, en enseignement
supérieur, Mme David a été une précurseure, là.
Mme Ghazal : Bien, parce que, tu sais, il y a eu, je pense,
aussi un... des comités de parents, un regroupement de parents, il y a,
évidemment, on les connaît, La Voix des jeunes compte, d'autres... Parce qu'il
y a eu des voix qui se sont ajoutées pour dire qu'il faudrait avoir la même
chose pour protéger, que ce soit l'enseignement professionnel, mais aussi surtout
primaire et secondaire, par une loi-cadre. Comme ça, c'est simple, c'est clair.
C'est la meilleure chose. Moi, j'en ai
déposé un, puis je voulais vous entendre. Officiellement, est-ce que vous le
demandez? Parce que c'est sûr que
vous pouvez dire : Bien, personne n'est contre la tarte aux pommes, mais
il y en a qui disent que c'est... moi, j'en fais partie, c'est
nécessaire de l'avoir. Est-ce que vous, de façon officielle, vous dites que
c'est nécessaire ou vous n'avez pas peut-être réfléchi à ça puis pris une
position officielle?
Mme Senneville (Caroline) : Non,
on n'a pas de position là-dessus. S'il y a une loi-cadre, on fera notre
travail, puis on regardera ça, puis c'est ça.
Mme Ghazal : OK.
Je comprends. Puis vous avez parlé... Vous étiez, donc, au projet de loi n° 42. Est-ce que, donc,
les dispositions qui sont dans ce projet de loi sont nécessaires ou ce qui se
passe dans le 42 serait suffisant? Est-ce
qu'on vient ajouter ici d'autres dispositions? Par exemple, qu'on pense aux
clauses d'amnistie, et tout ça, est-ce que c'est le bon endroit de le
faire ou ce qui... les dispositions dans le projet de loi n° 42
sont... sont suffisantes?
Mme Senneville (Caroline) : Bien,
il faudra voir ce qu'il y aura dans le projet de loi n° 42,
mais ça va toucher toutes les lois du travail... beaucoup de lois du
travail.
Mme Ghazal : Mais
vous dites que vous aviez été...
Mme Senneville (Caroline) : Oui,
mais il faudra voir... Bien là, on a le projet de loi. Après ça, vous allez
l'étudier, vous allez faire des amendements, vous allez voir...
Mme Ghazal : Oui,
c'est ça.
Mme Senneville
(Caroline) : Il faudra voir ce qu'il y aura dans le projet de loi...
dans la loi finale, là, mais c'est clair que, dans le projet initial, ça touche
les relations de travail.
Mme Ghazal : Oui.
Est-ce que c'est... est-ce que c'est dans les relations de travail qu'il aurait
fallu en parler ou, non, c'était nécessaire de l'ajouter ici? Est-ce qu'il n'y
a pas comme un dédoublement? Non? OK. C'est bon.
Mme Senneville
(Caroline) : Protéger nos jeunes, même s'il y a une petite... Ce qui
est important, c'est qu'il n'y ait pas...
Mme Ghazal : C'est
une bonne chose que ce soit ici. C'est ça. C'est ça que je veux vous
entendre...
Mme Senneville
(Caroline) : Il ne faut pas qu'il y ait de contradiction. Il ne faut
pas que... Tu sais, il ne faut pas que...
Puis il faut que ce soit clair pour tout le monde. C'est comme j'ai dit, plus
c'est clair, plus c'est compris, plus c'est balisé, plus c'est partagé,
plus ça rend l'application facile.
Mme Ghazal : OK.
Puis, par rapport à la clause d'amnistie, donc, j'ai entendu un peu les
discussions, vous dites qu'il faut vraiment
que ce soit négocié. Donc, pour vous, là, en aucun cas ce ne serait une bonne
chose de dire : Bien, il ne faudrait pas que, par exemple, les
mauvais comportements s'effacent pour tel, tel, tel cas.
Mme Senneville
(Caroline) : Bien, c'est clair, tout ce qui est sexuel, il faut que ça
s'efface. Après ça...
Mme Ghazal : Il
ne faut pas que ça s'efface.
Mme Senneville (Caroline) : Il ne
faut pas que ça s'efface.
Mme
Ghazal : Oui, c'est ça.
Mme Senneville (Caroline) : Il
ne faut pas que ça existe. En fait, il ne faut pas que ça existe du tout. Après
ça, il y a un contexte...
La Présidente (Mme
Dionne) : Merci beaucoup.
Mme Ghazal : OK.
Je comprends.
La Présidente (Mme
Dionne) : Merci beaucoup. Malheureusement, c'est tout le temps qu'on
avait. Donc, merci beaucoup pour votre contribution à nos échanges et à cette
commission.
Je suspends les
travaux pour accueillir notre prochain groupe.
(Suspension de la séance à
17 h 06)
(Reprise à 17 h 09)
La Présidente (Mme Dionne) : La
commission est maintenant prête à reprendre ses travaux. Donc, je souhaite
la bienvenue à la Fédération des comités de parents du Québec. Donc, je vous
rappelle que vous avez 10 minutes pour nous présenter votre exposé. Donc, je
vous demanderais de vous présenter d'abord et puis de nous exposer vos faits.
Ensuite, nous procéderons à des échanges avec les membres de la commission.
Merci.
Fédération des comités de parents du Québec (FCPQ)
Mme Laviolette (Mélanie) : Mmes
et MM. les membres de la commission, je me présente, Mélanie Laviolette,
présidente de la Fédération des comités de parents du Québec et parent bénévole
dans le milieu scolaire depuis plus de 10
ans maintenant. Je suis accompagnée de Corinne Payne, directrice générale, et
de Stéphanie Rochon, directrice des communications et des affaires
publiques.
Merci de nous
consulter sur ce projet de loi et d'entendre la voix des parents sur le
renforcement de la protection des élèves.
• (17 h 10) •
La FCPQ a pour
mission depuis maintenant 50 ans de défendre et de promouvoir les droits et
intérêts des parents et des élèves de l'école publique. Notre fédération
s'implique depuis plusieurs décennies pour favoriser le bien-être des élèves,
leur sécurité dans leur milieu de vie et d'apprentissage.
Notre présence
aujourd'hui s'inscrit dans la continuité de nos demandes historiques, notamment
pour un protecteur de l'élève accessible et indépendant et pour la protection
des parents... la participation des parents, pardon, au plan de lutte contre
l'intimidation et la violence. Parmi les parents, une question revient depuis
quelques années. Est-ce qu'on en fait assez pour protéger nos enfants?
La FCPQ salue la
volonté du gouvernement de renforcer la protection des élèves avec le projet de
loi n° 47. Nous sommes favorables aux mesures introduites par le projet de
loi. Nous estimons qu'elles contribueront à mieux protéger les élèves. Ceci étant dit, nous proposons aujourd'hui des
bonifications pour rendre ces mesures plus accessibles, pour éviter des interprétations à géométrie
variable et pour s'assurer qu'il y ait des suivis de la part de nos
établissements.
Nous sommes
favorables à l'obligation pour les CSS de se doter d'un code d'éthique
applicable au personnel et à toute personne
appelée à oeuvrer auprès d'élèves ou à être régulièrement en contact avec eux, incluant
les chauffeurs d'autobus, les personnes présentes pour les activités
parascolaires et pour les projets pédagogiques particuliers. Plusieurs
centres de services se sont déjà dotés d'un tel code d'éthique. Cette mesure
viendra donc uniformiser cette pratique.
Pour
soutenir les CSS et pour éviter les disparités, nous recommandons de fournir un
gabarit de code d'éthique. Ce gabarit pourrait se baser sur les meilleures
pratiques déjà en cours dans le réseau. Nous recommandons aussi que le
code d'éthique de chaque CSS soit rendu disponible sur son site Web plutôt qu'à
la demande, comme il est prévu dans le projet de loi. Aussi, pour s'assurer...
pour assurer la connaissance et le respect du code d'éthique par toutes les
personnes concernées, nous recommandons le renouvellement annuel de
l'engagement envers ce code.
Enfin, nous demandons
d'ajouter dans la loi l'obligation pour les CSS d'assurer un suivi aux
signalements reçus en cas de manquement au code d'éthique. Nous avons vu par le
passé des situations dénoncées qui sont restées lettre morte auprès de la
personne ou de l'instance qui a reçu la dénonciation. Il faut prendre tous les
moyens pour que cela ne se reproduise plus.
La FCPQ est favorable
à ce que la vérification des comportements pouvant faire craindre pour la
sécurité physique ou psychologique des
élèves s'ajoute à la vérification des antécédents judiciaires. Nous suggérons
de prévoir dans le guide, à cet effet, des balises permettant
d'identifier ce qui qualifie un tel comportement dans l'objectif d'éviter les
interprétations variables. Il devrait aussi être prévu de faire ces
vérifications à intervalles réguliers.
Concernant le
meilleur partage d'information entre les employeurs à propos de comportements
pouvant faire craindre pour la sécurité des élèves, la FCPQ est favorable à ce
que cela se fasse de la façon la plus simple possible, tout en protégeant les
renseignements personnels.
La
FCPQ est favorable à ce que les recours contre les enseignantes et les
enseignants ayant commis une faute grave
soient facilités notamment par l'obligation du personnel de signaler une faute
grave au ministre et par son pouvoir de faire enquête sans avoir reçu
une plainte écrite formelle.
Mme Payne (Corinne) : La CFPQ est favorable à
la fin des clauses d'amnistie. C'est une avancée considérable qui doit
demeurer dans le projet de loi et être adoptée.
Je souhaite partager
avec vous une soirée dont j'ai été témoin et qui confirme que les mesures
prévues par le projet de loi sont
nécessaires. J'étais présente le 24 avril 2023 à l'école des Grands-Vents
de Sainte-Marthe-sur-le-Lac, une
école à 10 kilomètres de chez moi, une école avec mon nom affiché sur le mur
quand j'étais présente à son inauguration en tant que commissaire-parent
à l'époque.
Avant
de continuer, je tiens à souligner qu'il y a des bonnes choses, même des
miracles qui passent, qui produit dans toutes nos écoles tous les jours.
Il y a tellement d'enseignantes, d'éducatrices de service de garde, de
personnel, des professionnels, des directions, des gestionnaires, des cadres
qui font une différence pour nos enfants chaque jour.
Mais retournons au
24 avril, 19 heures, au conseil d'établissement des Grands-Vents.
Cela fait plusieurs jours que cette belle école neuve et une de ses
enseignantes fait la une des médias. La salle est bondée. Il y a des
intervenants de services sociaux dans tous les coins, les policiers à la porte,
les journalistes dans le stationnement, des
gestionnaires dépassés, une direction démolie, des enseignantes entre les
pleurs et la peur, les parents en colère. Ouf!
Dans mon cahier de
cette soirée-là, j'ai noté des enfants qui ont changé de comportement, des
enfants qui ne veulent plus aller à l'école. Les enfants ne comprennent pas est
où passée leur professeure, lien de confiance rompu, règne de terreur, système
brisé, nous avons attendu trop longtemps, intimidation, discrimination. La peur
de dire des vraies affaires est... palpable,
excuse-moi. Un papa a dit : Nous devons tous regarder dans le miroir. Moi,
je me demande comment nous sommes
rendus là, comment nous avons échappé la sécurité physique et psychologique de
ces enfants, une soirée que je ne souhaite à personne.
Clause d'amnistie,
manque de communication, de transparence, de suivi, culture du silence, omerta,
appelez comme vous voulez, ça suffit.
Jamais, plus jamais une disposition d'une convention collective ou un décret ne
devrait avoir préséance sur la
sécurité physique et psychologique des enfants. Est-ce qu'avec le projet de loi
n° 47 on fait assez pour protéger les enfants?
Mme Laviolette
(Mélanie) : Toutes nos recommandations ont pour but de bonifier le
projet de loi et de solidifier les mesures
qu'il contient. La FCPQ insiste qu'à chaque étape du cheminement et de la mise
en oeuvre l'objectif demeure la protection des élèves. Il serait
important de maintenir l'intégrité de ces mesures, de ne pas les édulcorer par crainte de lourdeur administrative ou toute
autre raison. C'est la protection des élèves qui doit primer. Aucune autre
considération ne devrait avoir préséance.
Bien
que nous saluons la volonté et l'initiative du gouvernement, le projet de loi
n° 47 ne suffira malheureusement
pas à assurer un réel filet de protection contre les violences. Les parents
demandent d'aller plus loin pour protéger les enfants.
J'aimerais vous
parler de quelques enjeux et solutions. Un, nous lisons avec préoccupation les
mesures faisant référence aux élèves mineurs dans le projet de loi. Tel que
soulevé par nos partenaires, directions et cadres ce matin, des élèves
handicapés fréquentent le réseau jusqu'à l'âge de 21 ans. Il semble y
avoir un vide légal pour la protection de ces élèves qui sont autant, sinon
plus vulnérables que les autres. C'est pourquoi la FCPQ demande de retirer le
mot «mineur» lorsqu'il est question de comportement pouvant faire craindre pour
la sécurité des élèves pour ainsi faire référence à tous les élèves qui
fréquentent le réseau.
Deux, les moyens de
prévention et les recours en cas de violence existent, mais ils sont trop peu
connus et facilement confondus. La FCPQ
s'inquiète de la méconnaissance, et de la confusion, et surtout de la gestion
déficiente des cas qu'elles peuvent engendrer. La formation, la sensibilisation
et le soutien prévus dans le plan de prévention de la violence et de l'intimidation dans les écoles
devraient notamment viser à clarifier les moyens et les recours. Les parents veulent
être informés, soutenus à ce sujet. Impliquons-les.
Trois, ensuite, les
plans de lutte contre l'intimidation et la violence sont trop souvent
considérés comme des documents administratifs et non comme de réels outils. La
FCPQ espère que les gabarits attendus sous peu dans le milieu scolaire
contribueront à faire la promotion de leur utilité et de leur respect, mais,
lorsque les plans de lutte ne sont pas
respectés, nous n'avons aucun recours. C'est notamment pour cette raison que
nous recommandons aujourd'hui un mécanisme de recours en cas de
non-respect de la Loi sur l'instruction publique.
Quatre, nous
reconnaissons les efforts pour inclure dans le projet de loi n° 47 des
mesures présentes dans la... des mesures
présentes dans la loi-cadre contre les violences à caractère sexuel en milieu
de... du milieu de l'enseignement supérieur, pardon, mais ce n'est pas
suffisant pour rassurer les parents et les élèves. Fait-on tout en notre
pouvoir pour protéger nos jeunes? La réponse
est encore, malheureusement, non. Nous réitérons notre demande pour une
loi-cadre pour prévenir et combattre les violences à caractère sexuel
dans le milieu scolaire. Ces violences sont un problème spécifique qui demande des
moyens spécifiques et une vision globale et cohérente.
Encore une fois,
pourquoi ne pas tout faire en notre pouvoir pour protéger nos jeunes? M. le
ministre, ce projet de loi est un grand pas dans la bonne direction, mais, tant
que les jeunes ne se sentiront pas en sécurité dans leur école, nous, les
adultes, nous aurons du pain sur la planche. La FCPQ réitère sa disponibilité
pour travailler en collaboration avec vous.
• (17 h 20) •
La Présidente (Mme Dionne) : Merci
beaucoup, Mme Laviolette. Nous sommes prêts à procéder aux échanges avec
les membres de la commission. M. le ministre, je vous laisse la parole.
M. Drainville : Très
bien. Merci beaucoup, Mme Laviolette et Mmes Payne et Rochon. Merci
de votre participation.
Bon, d'abord, il y a
des choses sur lesquelles on s'entend, là, par exemple, le gabarit de base, là,
les exemples qu'il faudra donner dans le guide relatif aux vérifications des
antécédents judiciaires, qui sera élargi, donc, aux comportements qui peuvent faire craindre pour la sécurité physique et
psychologique des élèves. Il y aura des exemples concrets. Donc, je
réponds positivement, là, à vos recommandations là-dessus.
Vous disiez tout à
l'heure, je pense, c'est vous, Mme Laviolette, ou peut-être c'est Mme Payne,
là... Je pense, c'est Mme Laviolette qui disait qu'il y avait déjà plusieurs
centres de services scolaires qui s'étaient donné... qui s'étaient dotés d'un
code d'éthique. Est-ce que ça fonctionne bien? Est-ce qu'on... Est-ce que vous
pouvez nous donner un petit... un petit compte rendu de comment ça fonctionne?
Mme Laviolette
(Mélanie) : À ce que nous en ont... nous en avons entendu, comme ils
disent, ce n'est pas parfait, mais ça donne un cadre dans lequel les gens
peuvent se référer. Au centre de services scolaire de la Capitale, si je ne
m'abuse, entre autres, il y en a un. Donc, ça peut... ça peut servir à mettre
sur la même page tous les intervenants qui évoluent dans ce centre de services
scolaire là, oui.
Le problème qu'on
considère, je crois, c'est le manque d'unicité au niveau de l'application puis
également les disparités au niveau de la compréhension de ce qui est les... de
ce que sont les enjeux et ce qui est... ce qu'il est important de retenir,
toujours, toujours dans le but de protéger nos enfants à l'école.
M.
Drainville : Oui, bien, là-dessus, vous avez compris, je pense qu'on
s'entend que la protection de l'élève est au sommet de la pyramide, là. Je
voulais vous demander... Mme Payne, vous disiez tout à l'heure... Alors, vous
avez parlé de cette situation que vous avez vécue à l'école des Grands-Vents, à
Sainte-Marthe-sur-le-Lac, et vous avez dit, avant de nous raconter l'histoire,
que c'était une histoire qui illustrait le besoin d'une loi comme la loi n° 42... 47, dis-je.
Est-ce que vous pouvez nous expliquer en quoi le projet de loi qui est devant
nous est une réponse à la situation que vous aviez vécue à ce moment-là?
Mme Payne (Corinne) : Comme je dis, cette
soirée-là, quand ça a commencé, personne ne voulait dire les vraies
affaires. Plus que la soirée avançait, puis après quatre heures, du monde
commençait à partager qu'est-ce qui est passé. Il y a des parents...
M.
Drainville : Qu'est-ce qui s'est passé à cette école-là?
Mme Payne
(Corinne) : Oui, c'était public, c'était public. Le conseil
d'établissement...
M.
Drainville : De quoi s'agissait-il?
Mme Payne
(Corinne) : C'était public. Le conseil d'établissement a été prévenu à
cette école-là même avant la nouvelle a été
arrivée dans les médias. Ils ont maintenu le conseil d'établissement. Alors, il
y avait un conseil d'établissement qui était en bonne et due forme ce soir-là.
Ils ont fait une parole au public qui a duré à peu près
2 h 30 min. Alors, il y avait énormément de parents qui ont fait
des interventions pour demander pourquoi les plaintes qui sont déposées pendant des années... qu'est-ce
qui est arrivé, pourquoi personne n'avait pas entendu qu'est-ce qui se
passait dans cette école-là.
M.
Drainville : ...des plaintes à caractère sexuel ou...
Mme Payne
(Corinne) : Pas sexuel.
M.
Drainville : Non. C'est quoi? De l'intimidation?
Mme Payne
(Corinne) : Non, c'était le fameux cas de Mme Chantal.
M.
Drainville : Pardon?
Mme Payne
(Corinne) : De Mme Chantal.
M.
Drainville : Ah! OK.
Mme Payne
(Corinne) : Excuse-moi, je ne voulais pas la nommer, mais, pour
clarifier le dossier... Alors, c'est des parents qui étaient là, qui ont un
enfant maintenant en cinquième année, qui dit : Mon enfant a vécu ça en
première année. C'est des enfants de première année qui ont vécu ça, qui ne
veut plus aller à l'école. Je m'excuse, mais,
au Québec, je veux mieux que ça pour notre avenir. Je veux que les enfants veut
aller à l'école. Chaque enfant qui arrive en maternelle, il a hâte
d'aller à l'école, il a hâte d'aller à la grande école. Comment on peut les
échapper en première année? Comment on peut les échapper en première année?
M.
Drainville : Donc, si je vous comprends bien, l'obligation qui est
faite par le projet de loi de dénoncer un comportement qui met à risque la
sécurité physique et psychologique, dans ce cas-ci, ça se serait appliqué. On
peut penser qu'il y avait dans l'école des personnes qui avaient eu
connaissance de ces comportements-là et qui, en vertu de la loi que nous
proposons, auraient l'obligation de le dénoncer au ministre, sans parler du
fait qu'ils pourraient aussi, en vertu du code d'éthique, avoir l'obligation de
dénoncer également de tels comportements à la direction du centre de services
scolaire. Donc, on crée deux obligations en vertu du code d'éthique et en vertu
de l'article 26. Dans ce cas-ci, dans
le cas que vous donnez, l'exemple que vous donnez, on peut penser que cette
obligation se serait appliquée, là.
Mme Payne
(Corinne) : Je pense, tout qu'est-ce qui est dans la loi, l'obligation
de dénoncer, l'obligation de faire le suivi.
Je ne sais pas si la clause d'amnistie qui a été appliquée à cette
personne-là... Bien, si ça fait cinq, six ans que la situation perdure,
bien, est-ce que c'est un enseignant qui est là pendant 20 ans? Ce n'est
pas arrivé jour de lendemain. S'il y a des parents avec des enfants en
cinquième année qui sait que ça existe, ce n'est pas une chose qui est arrivée dans les derniers 10 mois, je
m'excuse, c'était arrivé pendant des années. Alors, il faut qu'on mette fin à
ça.
Puis, cette
soirée-là, il y a du monde qui m'ont contactée après, puis il dit :
Mme Payne, ça arrive dans notre école
aussi, puis ils nous disent : Parle-z-en pas. C'est quoi, ça? Je m'excuse,
quand un parent lève le matin puis laisse son enfant à l'école, il
pense, c'est la place la plus sécure qui doit être sur la planète Terre.
M.
Drainville : On s'entend là-dessus, Mme Payne.
Mme Payne
(Corinne) : Alors, je ne comprends pas. Je vous dis que je parle avec
ma soeur qui enseigne en Ontario, puis elle
dit : Comment ça que des choses effacent dans le dossier d'une
enseignante? Elle est une enseignante. Je vous le dis, dans nos carrières
professionnelles, on a tous fait des gaffes, non, une ou deux fois. Je vous le
dis, même dans... Quand j'étais à l'université, j'ai échappé des cours. Ça
reste dans mon transcript pour toute ma vie. Bien, je ne suis pas une
mauvaise personne à cause de ça aujourd'hui. On apprend, on continue.
Alors,
il ne faut pas que ça continue, cette peur de parler, parce que ce n'est pas...
J'ai vu des enseignants pleurer parce qu'ils savaient que, peut-être, eux
autres, ils avaient à dénoncer aussi. Ils avaient peur. Le conseil
d'établissement, il avait peur de voter. Il ne savait pas. Qu'est-ce que
je dois faire? Qu'est-ce que je ne dois pas faire? C'est incroyable.
M.
Drainville : Êtes-vous en train de dire que l'obligation de dénoncer
va libérer, d'une certaine façon, les personnes
qui hésitaient à le faire par crainte de représailles, parce que, là, ils vont
se dire : Bien là, je n'ai pas le choix, là, la loi m'oblige, là, je le sais, ce qui se passe dans la classe d'à
côté, là, puis, avant, avant, peut-être que j'aurais hésité parce que
j'aurais eu peur des représailles, mais là la loi me dit : Il faut que je
le fasse, donc je vais le faire, je vais dénoncer?
Mme Payne
(Corinne) : On espère. Il va toujours y avoir du monde que, jusque
c'est dans mon cour, je ne vais rien faire. Malheureusement, moi, je ne suis
pas de ce genre-là, mais j'espère que ça va les obliger puis réaliser qu'il
faut dénoncer.
M.
Drainville : OK. Là, vous avez entendu juste avant... Puis je respecte
tout à fait la position de tous les... tous les groupes qui se présentent en
cette commission, là. Ça, je veux que ce soit clair. On a tous droit à notre
point de vue, on a tous droit à notre position, puis il faut les respecter.
Cela étant dit, vous
avez entendu, il y a quand même des groupes qui trouvent que la fin des clauses
d'amnistie, c'est aller trop loin. On ne
devrait pas mettre fin aux clauses d'amnistie ou, en tout cas, ça ne devrait
pas être une fin... Tu sais, en d'autres mots, si quelqu'un commet un
geste répréhensible, sa faute, entre guillemets, qui est à son dossier, on devrait pouvoir l'effacer après un
certain temps. Puis là on ne discutera pas de la période, mais il devrait
y avoir une espèce de droit au pardon sur cette question-là.
Il n'y en a pas, de
droit au pardon dans le projet de loi tel que libellé présentement. Si tu
commets une faute qui met à risque la sécurité physique ou psychologique, ça va
rester à ton dossier. Puis, si tu changes de centre de services scolaire, peu
importe, ça va... ça va te suivre. Le centre de services scolaire, ton deuxième
employeur, va avoir le droit de savoir ce qui s'est passé la première fois dans
ton premier centre de services scolaire ou dans ta première école privée. Bon,
vous, qu'est-ce que vous en pensez?
Mme Laviolette
(Mélanie) : C'est un non-sens que ce ne soit pas déjà le cas, que ces
informations-là ne transitent pas d'un établissement à l'autre. On a tous
entendu, en étant impliqués au niveau scolaire comme on l'est, des histoires
d'enseignants... quand il sent la soupe chaude ou qu'il a eu des petites
réprimandes, qui change de centre de services scolaire, parce que, cet
enseignant-là, ça ne le dérange pas de garder son ancienneté au travail. Il va
juste s'en aller, recommencer peut-être autre chose.
De garder une trace
de ces actes-là permet, bien, de un, à la personne qui va l'engager à l'autre
centre de services scolaire, bien, de faire preuve de son jugement,
premièrement, mais également de savoir... de garder un oeil, à la limite, sur un élément qui pourrait
potentiellement être problématique. Et ça ne veut pas dire qu'il va l'être,
mais, au moins, il y aura une alarme, si vous me permettez l'expression,
mise sur cet employé-là, ce qui fait que les comportements seront probablement
évités. On va protéger nos enfants de cette façon-là.
Je comprends... je comprends certains groupes de
vouloir protéger cette autonomie-là qu'ils ont de pouvoir libérer leurs
dossiers. Ça nous arrive probablement quand nous, on change d'emploi également,
qui n'est pas dans le milieu de l'éducation, mais on
n'est pas nécessairement tous impliqués auprès d'enfants, auprès de jeunes,
auprès de mineurs, et c'est à eux qu'on doit penser avant toute chose. Puis,
entre vous et moi, M. le ministre, quand on n'a rien à se reprocher, cette
clause-là, elle ne nous dérange pas.
• (17 h 30) •
M.
Drainville : Donc, la fin des clauses d'amnistie, vous êtes d'accord
avec ça.
Mme Laviolette
(Mélanie) : Tout à fait.
Mme Payne
(Corinne) : À 1 000 %.
M.
Drainville : Comment?
Mme Laviolette
(Mélanie) : À 1 000 %, comme dirait Mme Payne.
M. Drainville : Très bien. Puis vous pensez que les parents que vous
représentez sont du même avis, ils sont très, très, très fortement en
faveur d'une mesure comme celle-là?
Mme Payne
(Corinne) : ...on a posé la question exactement, puis le pourcentage
exactement, c'est...
Mme Laviolette
(Mélanie) : ...presque 87 %.
Mme Payne (Corinne) : ...87 % qui sont
favorables, 1,9 % qui sont non favorables puis 11 % qui ne veulent
pas prendre position. Vous comprenez que nous avons du monde syndiqué
parmi les parents aussi, hein?
Mme Laviolette
(Mélanie) : On a des parents qui sont... qui travaillent dans le
milieu de l'éducation, donc qui ont préféré ne pas prendre position sur cette
question-là, mais à... C'est la seule question, en fait, sur celles qu'on a posées concernant le projet de loi n° 47, la consultation qu'on a faite la semaine dernière avec nos membres,
qui a un pourcentage plus bas, on va le dire comme ça, à 87 %.
Autrement, c'est dans les 90 %, 95 %, 98 %. Les parents sont
tout à fait d'accord avec cette position-là de renforcer le filet de sécurité
autour de nos enfants.
M.
Drainville : Oui, mais effectivement, je regarde les résultats, là,
des questions que vous avez posées, «que le ministre mette en place un
mécanisme de recours ou d'arbitrage en cas de non-respect de la Loi sur
l'instruction publique»... Ça, c'est quoi, ça?
Mme Payne (Corinne) : Si nos enfants arrivent
avec un bulletin comme ça, M. le ministre, je pense qu'on va être très,
très, très contents.
M.
Drainville : Oui, oui, oui. Je... Si... J'ai encore deux minutes,
hein, je pense, Mme la Présidente?
La Présidente (Mme
Dionne) : ...
M.
Drainville : Oui. Vous avez parlé du plan de lutte... On déborde un
petit peu du... Vous avez parlé du plan de
lutte à l'intimidation. Bon, vous avez vu qu'on a annoncé un plan de lutte
contre la violence, là, qui prévoit notamment que, justement, les plans
de lutte soient beaucoup plus uniformes, que ça ne dorme pas dans un tiroir
quelque part. Enfin, je ne vous ferai pas la liste de toutes les mesures.
Avez-vous... avez-vous l'impression que ce genre
de mesures là qu'on a annoncées avant les fêtes, ça va nous permettre peut-être
d'activer puis de donner plus de force à ces plans de lutte à
l'intimidation, que ça va comme les ramener à la surface puis ça va... ça va,
mettons, faire partie davantage du quotidien de l'école, là? Je ne sais pas,
là, je...
Mme Laviolette
(Mélanie) : ...en tout cas, parce qu'on voit, on le constate sur le
terrain, que ce n'est pas pris avec le même intérêt partout. Ce n'est pas
travaillé de la même façon partout. Quand on a sondé nos membres, il y en a qui
l'adoptent, il y en a qui l'approuvent, il y en a qui ne le voient pas. Donc,
si on ne voit pas un plan de lutte, comment
faire pour le mettre en application? Comment faire pour s'assurer que ces
mesures-là sont prises au sérieux?
On salue également,
on l'avait dit à l'époque, que vous ayez intégré les violences à caractère
sexuel dans ce plan de lutte là, même si nous, on continue à réitérer la
loi-cadre, là, qu'on demande concernant cette mesure-là spécifiquement, mais
bien évidemment que ça va encadrer le travail et ça va obliger les écoles à le
réouvrir, donc à le retravailler.
Mme Payne (Corinne) : Je pense, il faut faire
attention avec le langage de «plan», par exemple. Un plan, là, c'est quand on
va mettre dans notre GPS, puis on va s'en aller. On a un plan de route, puis ça
se peut qu'on va déroger. Le plan de lutte, il a besoin d'être plus
fort...
La Présidente (Mme
Dionne) : ...10 secondes.
Mme Payne (Corinne) : Ah! OK. Bien,
un plan de lutte, il a besoin d'être pas juste un plan, mais la règle.
La Présidente (Mme Dionne) : Merci
beaucoup. Je cède maintenant la parole à Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy : Merci
beaucoup. Bonjour et bienvenue avec nous. Merci de participer encore à nos
travaux.
J'aimerais vous
entendre sur différentes choses, dans un premier temps, on en a parlé tantôt,
au niveau que le projet de loi actuel porte
sur les mineurs, mais, comme vous le savez, nos écoles ne comportent pas
uniquement les mineurs. Êtes-vous d'accord qu'on couvre aussi adultes,
mais aussi élèves et élèves? Parce qu'à moins que je me trompe, Mme Payne
et Mme Laviolette, vous recevez beaucoup d'appels aussi pour les violences
entre élèves, et que les parents ne savent plus du tout vers qui se tourner,
et, en fait, ils vous appellent, vous.
Mme Laviolette
(Mélanie) :...effectivement, ces parents-là appellent à la fédération
parce qu'ils ne savent pas vers qui se
tourner. Maintenant, il y a le Protecteur
national de l'élève qui est là
également, qui répond à quelques questions.
Bien évidemment qu'on
veut retirer le mot «mineur», parce qu'on veut que ça couvre l'ensemble des
élèves qui fréquentent notre réseau. On parlait des élèves avec des handicaps
parfois lourds, qui sont là jusqu'à 21 ans. C'est des élèves qui ne sont même pas en mesure de se défendre parfois.
Il ne faut pas les oublier, ces jeunes-là, c'est très important.
Pour ce qui est de la
mesure élève à élève, bien, en fait, le plan de lutte, s'il était appliqué
correctement, couvrirait déjà cette portion-là. C'est la raison pour laquelle
la nomenclature «plan de lutte» nous dérange un petit peu à la fédération,
parce qu'on dirait qu'il perd de son sérieux, il perd de son mordant. Il est
moins pris au sérieux que quand on va dire, justement, la loi-cadre. Une
loi-cadre, les gens vont s'y référer automatiquement. Un plan de lutte, on
dirait que c'est à la discrétion et au bon vouloir de la personne qui doit le
mettre en application. Je pense qu'on perd l'aspect, un petit peu, obligatoire
de la mise en application aussi et de la participation des parents à cette élaboration-là. Ce n'est pas juste de nous le
présenter pour nous le faire adopter. Il faut qu'on y participe. Il faut qu'on
sache qu'est-ce qu'il y a dedans. Il doit être connu également. Donc, je pense
que c'est des moyens qui pourraient déjà aider beaucoup à contenir cette
violence-là entre jeunes, mais encore faut-il que ce soit connu.
Mme Rizqy : ...qu'on
aurait tous eu une grande préférence pour avoir une loi-cadre, mais, disons-le
ainsi, pendant l'autre précédent mandat, il
n'était même pas question d'avoir un projet de loi. Là, au moins, on en a un,
puis on va tout faire pour le bonifier au maximum.
Puis
d'ailleurs, dans votre mémoire, vous avez plusieurs recommandations.
Recommandation n° 7, c'est quoi, des vérifications de comportement?
Ça, je ne l'ai pas bien compris.
Mme Laviolette
(Mélanie) : En fait, ce qu'on veut, c'est que... La vérification des
comportements, souvent, ce qui semble
compliqué, c'est les balises qui encadrent, qu'est-ce qu'un comportement
répréhensible qui met en danger la santé psychologique et physique de
nos jeunes, pour ne pas qu'il y ait des dérives, justement, un peu comme on a
expliqué à l'époque c'est quoi, la différence entre du harcèlement, de
l'intimidation ou de la chicane. Donc, c'est important
de déterminer ces balises-là pour que les gens qui ont à intervenir aient un
cadre qui soit plus simple à gérer, justement, et que ça prête moins
place à interprétation.
Mme Rizqy : ...on
parlait aussi d'avoir des documents d'information qui donnent des exemples
concrets aux gens basés sur la
jurisprudence. Bien, si vous faites telle chose, bien, voici les conséquences.
Donc, ça, ce... vous serez ouverts, là.
Mme Laviolette
(Mélanie) : Ce serait une... Ce serait un bon départ, je crois. Il ne
faut pas que ça devienne : Bien, ce
n'est pas dans l'exemple, alors on le met de côté, vous comprenez? Il ne faut
pas que ce soit... ça devienne une bible, mais vraiment un outil de
référence pour nous aider dans la détermination de la gravité des actes.
Mme Rizqy : Parfait.
Dans le projet de loi en famille, au niveau des services de garde... Ils le
font déjà en service de garde, là. Ils
vérifient les clauses d'empêchement. Donc, ils ratissent beaucoup plus large
qu'un antécédent. L'antécédent, évidemment, il y a eu une décision qui a
été rendue. Clause d'empêchement, il pourrait y avoir eu, par exemple...
Tantôt... Je reprends un autre exemple, là, une demande de suspension, donc ce
qu'on appelle communément, là, une demande de pardon. Mais, lorsqu'il est
question de personnes vulnérables, que ce soient des mineurs ou des personnes aînées, ça reste. Donc là, on va dire :
Non, non, non, clause d'empêchement, parce qu'il voudrait travailler
avec des mineurs, et là ce sont des... ce sont des personnes vulnérables.
Alors, ça, ce sera mentionné. Pensez-vous qu'on devrait aller comme en famille
puis être collés avec leur notion à eux? Première question.
Puis, deuxième
question, en famille, ce ne sera pas marqué dans un guide, c'est dans la loi.
C'est déjà indiqué. Il faut faire une
vérification des antécédents aux trois ans, et, six mois avant le
renouvellement, on doit entamer les démarches. Ce... Deuxième question.
Mme Laviolette
(Mélanie) : On demande à ce que ce soit fait sur une base régulière. Trois
ans me semble tout à fait acceptable, parce que présentement on le fait à
l'embauche, et c'est tout.
Mme Rizqy : C'est
terminé.
Mme Laviolette
(Mélanie) : Il s'en passe, des choses dans une vie. Donc, c'est
important de voir. Au niveau des antécédents ou des empêchements, je veux dire,
moi qui accompagne des enfants pour une sortie à la montagne, ils vont le
vérifier. Alors, tu sais, je ne vois pas pourquoi les gens qui sont en contact
permanent, que ce soient les chauffeurs d'autobus, que ce soient les
enseignants, que ce soient les... comme on disait, les gens au niveau des programmes particuliers, mais également les
services de cantine dans les écoles... Il y a énormément d'adultes qui
gravitent autour de nos enfants. Puis c'est tout à fait logique. Si moi,
je dois accompagner une sortie et je dois montrer patte blanche, quelqu'un qui
fréquente mon enfant la semaine devrait également avoir à le faire.
Mme Rizqy : Ce matin, mon collègue
le député de Marquette est venu, parce qu'en ce moment il y a deux projets de
loi qui sont à l'étude en même temps, le nôtre ici, en commission de la culture
et éducation, mais aussi au niveau du travail pour ce qu'on appelle les clauses
d'amnistie, avec le ministre Boulet, qui travaille simultanément. Mais il y a comme quelque chose qu'il manque.
C'est que le sport-études, ça existe, puis souvent les plateaux sportifs sont
où? Dans les écoles. Et en ce moment ce n'est pas couvert dans aucun projet de
loi, et on voulait le... élargir que... pour que... s'assurer que les fédérations sportives soient aussi
couvertes là-dessus, dans ce projet de loi, pour s'assurer que
l'entraîneur qui est dans le gymnase de l'école, bien, lui aussi soit enquêté,
là. Ça vous va?
• (17 h 40) •
Mme Laviolette (Mélanie) : Oui. Bien
oui, oui. On a tellement entendu de choses concernant les entraîneurs
sportifs...
Mme Rizqy : Bien oui.
Mme
Laviolette (Mélanie) : ...je veux dire, il faudrait se mettre la tête
dans le sable de se dire : Bien, ceux-là, on va les exempter. Moi... En
fait, dès qu'on parle de nos enfants, dès qu'on parle de leur vulnérabilité,
mais de leur... mais surtout de leur intégrité, on ne peut pas y aller à
moitié, on ne peut pas tourner les coins ronds. C'est... Tu sais, je trouve ça
particulier de me dire qu'on est... qu'on se doit de passer une loi pour régler
des évidences, quant à moi. Alors, j'ai... Moi, plus loin ça va aller, mieux ce
sera. Si c'est pour les protéger, moi, je n'ai pas de limite pour ça.
Mme Rizqy : Tantôt, on en parlait,
évidemment, si on fait les vérifications d'empêchement ou d'antécédents aux trois ans, il peut y avoir, à un moment donné,
un vide. Et, si l'employé ne le divulgue pas à son centre de services
scolaire... La vérité, c'est qu'en ce moment tous nos centres scolaires sont
débordés. Ils n'iront pas tous les jours dans
le plumitif, là. Ils n'auront jamais les ressources pour ça. Alors, on s'est
dit : Pourquoi que ce ne serait pas plutôt une obligation qui
serait émise par le tribunal pour, par exemple, la libération conditionnelle,
ou peu importe, de dire : Bien, vous
devez alerter votre employeur? Parce que sinon, honnêtement, ils... ils
n'auront pas les ressources pour faire la vérification, puis ça ne se
communique pas de façon simultanée, là.
Alors, ce serait quelque chose, de mettre aussi
le fardeau, vraiment, que l'employé respecte son obligation, parce qu'il a déjà
cette obligation de le divulguer à son employeur, mais ce n'est pas tout le
monde qui le fait, là. Puis il n'y a pas de... Les conséquences de ne pas le
faire, là, encore faut-il qu'on vous attrape.
Mme Laviolette (Mélanie) : Oui.
C'est... c'est particulier, parce que mettre ça à la bonne foi de quelqu'un...
Tu sais, je ne connais personne qui n'est pas fier qui va aller s'en vanter.
Mme Rizqy : Exact.
Mme Laviolette (Mélanie) : Tu sais,
on est d'accord là-dessus. En même temps, je... Il devrait y avoir un mécanisme
de transmission de données. Je comprends qu'il y a la protection des
renseignements personnels qui rentre en
ligne de jeu également, mais il devrait y avoir un mécanisme d'emblée de... un
enseignant qui change de centre de services ou qui change d'établissement
scolaire, que certaines informations le concernant le suivent. Si on ne se fait...
Si on ne se fie qu'à la bonne volonté des gens, c'est certain qu'on va en
échapper à travers.
Mme Rizqy : ...surprise, le mémoire
qui a été déposé au Conseil des ministres parle neuf fois que ça porte sur les violences à caractère sexuel puis les
incidents à caractère sexuel, mais, le projet de loi, pas un mot sur le
caractère sexuel. Donc, est-ce qu'on devrait l'ajouter pour au moins
qu'on sache de quoi on parle dans ce projet de loi, là?
Mme Laviolette (Mélanie) : Oui,
j'aimerais... j'aimerais le voir figurer, effectivement.
Mme Rizqy : Parce que je vous ai vus
à différents endroits, là, publics, un point de presse avec des élèves et des
parents. C'est quand même quelque chose qui est... Il y a... il y a la
violence, il y a la violence physique, il y a de l'intimidation, mais,
lorsqu'on ajoute le caractère sexuel, disons que les ramifications sont encore
plus importantes, autant pour la victime, mais même la personne qui va
dénoncer. Tantôt, on en parlait, là, mais ce n'est pas évident pour un employé
de dénoncer quelqu'un puis ce n'est pas tout le monde qui a la capacité
physique et mentale d'être le porte-voix, là.
Alors, je me pose la question suivante, puis je
réfléchis vraiment à haute voix : Est-ce qu'on devrait avoir des clauses
où est-ce que la personne qui n'a pas la capacité de faire cette dénonciation,
pas parce qu'elle ne veut pas, mais c'est que, pour elle, psychologiquement, ce
serait... une personne qui a déjà été, par exemple, victime de violence sexuelle, de porter ça puis que, psychologiquement,
elle n'est pas prête, puis là... ou de s'assurer qu'il y ait vraiment un
immense filet de sécurité pour accompagner, oui, la victime, mais aussi la
personne qui dénonce, puis qu'elle, malheureusement, aussi, va peut-être avoir
des représailles, même si elle ne devrait pas avoir de représailles?
Mme Laviolette
(Mélanie) : Il ne devrait pas y en avoir. Puis effectivement je
comprends le côté très, très... J'allais dire «émotif», mais ce n'est pas ça.
C'est traumatisant, à la limite, pour quelqu'un d'avoir à dénoncer ce genre de chose là. C'est extrêmement violent.
Même... même quand ce n'est pas violent physiquement, on s'entend, c'est...
c'est extrêmement difficile à vivre. Il y a des témoignages qui sortent qui
sont... Ça ne fait juste pas de sens, réaliser qu'il se passe ça dans nos
écoles présentement. Et, oui, de l'accompagnement, bien sûr, de
l'accompagnement, quitte... Tu sais, on...
j'entendais qu'on n'avait pas besoin nécessairement d'être victime de cet
acte-là pour le dénoncer. Le plus important est de pouvoir accompagner
pour le faire.
Mme Rizqy : Parce
que, oui, il y a le Protecteur national de l'élève, la personne porte plainte,
mais l'élève... les parents, là, une fois que la plainte est formée, là, moi,
je sais qu'ils vous appellent encore pour avoir de l'aide au niveau
psychologique de votre part, là. Votre téléphone n'arrête pas de sonner.
La Présidente (Mme
Dionne) : Merci beaucoup. Merci beaucoup. C'est malheureusement tout
le temps qu'on a pour cet échange.
Mme Rizqy : Bon,
on se reprendra. Merci.
La Présidente (Mme
Dionne) : Je cède maintenant la parole à Mme la députée de Mercier.
Mme Ghazal : Merci.
Merci beaucoup pour votre présentation. En trois minutes. Vous avez dit :
C'est très clair, là, le projet de loi n'est
pas suffisant pour assurer la sécurité des élèves, donc, ça prend une
loi-cadre, ça, ce serait mieux. Je suis d'accord avec ça. Il y a d'autres
organisations qui sont d'accord. Mais dites-nous rapidement pourquoi,
par exemple, pour convaincre le ministre, pourquoi est-ce que ça prend une
loi-cadre, malgré tout ce qui existe déjà, parce
que tout le monde ne le dit pas, que ça prend nécessairement une loi-cadre, là,
les voix s'ajoutent de plus en plus, mais rapidement, là, comme des
arguments forts, là, pour que le ministre vous écoute, là, pour le convaincre,
pas pour me convaincre moi.
Mme Rochon
(Stéphanie) : Il y a des recours qui existent, il y a des moyens de
prévention aussi qui existent, mais ça prend... Pour les violences à caractère
sexuel, c'est une violence très spécifique qui demande des moyens spécifiques.
On a d'ailleurs le groupe La Voix des jeunes compte qui le revendique depuis
2017. Merci à elles. Puis ça prend une
vision globale puis une vision cohérente pour lutter... pour prévenir ces
violences-là puis pour lutter contre
ces violences-là, puis on pense qu'une loi-cadre, comme ça existe dans le
milieu de l'enseignement supérieur, d'ailleurs, serait plus efficace
pour ces violences-là en général.
Mme Ghazal : Puis les parents... Je pense que... Est-ce que
c'est vous... Oui, c'est ça, vous avez écrit... Il y a 94.3... Tu sais,
vous avez consulté des parents, là, qui ont répondu, qui sont pour, puis il n'y
a personne qui est contre. C'est juste que
peut-être qu'il y en a qui ne savaient pas trop c'est quoi, puis ils ont dit
«ne répond pas», mais donc la très, très, très grande majorité des
parents appuient le fait d'avoir une loi-cadre pour protéger les enfants.
Pour le code
d'éthique, je trouvais ça intéressant aussi de dire qu'il faudrait que ce soit
renouvelé chaque année, par exemple par une lecture, le lire puis le signer,
comme quoi on l'a lu. Ça, c'est intéressant puis ce serait quelque chose qu'on
pourrait ajouter, par exemple, dans des amendements.
Puis vous dites qu'il
faut qu'il y ait un gabarit. Ce serait quoi, les éléments que ça devrait
contenir? Puis... Parce qu'il faudrait
l'écrire dans la loi. Là, c'est écrit qu'il faut qu'il y ait un code d'éthique,
puis ça peut être différent d'une place à une autre. Est-ce que vous
avez, comme, vu de bonnes pratiques avec les bonnes affaires qui doivent être
dedans pour pouvoir le spécifier dans la loi?
Mme Laviolette
(Mélanie) : Je pense que ça va permettre une compréhension commune des
obligations éthiques qu'ils ont par rapport à leur profession et par rapport à
leur engagement également. Il n'y a pas d'ordre professionnel qui encadre le travail des enseignants, donc ça
permettrait de pouvoir le faire, mais également d'encadrer tous ceux qui gravitent autour. Donc, on parle des
enseignants, mais on parle également du personnel de soutien et de tous
ceux qui sont autour de nos enfants.
Mme Ghazal :
Exact, oui.
Mme Laviolette
(Mélanie) : De cette façon-là, tout le monde est sur la même page,
tout le monde connaît... connaît le même cadre, les mêmes obligations et s'y
engage également, s'engage d'une certaine façon, à protéger nos enfants.
Mme Rochon (Stéphanie) : ...ce qui
est disponible dans les codes d'éthique qui existent déjà, mais ce serait
intéressant de le faire pour ressortir les meilleures pratiques puis pouvoir
offrir un gabarit aux centres de services scolaires pour avoir tous la même
compréhension.
Mme Ghazal : Puis,
dans le fond, vous voulez que dans... Parce que moi, quand je la lisais, la
loi, je comprenais que c'est tout le
monde qui oeuvre autour des enfants, puis ça peut aller jusqu'au chauffeur
d'autobus, mais vous voulez que ce
soit plus précisé, parce que... Ça veut dire... Vous dites juste que vous êtes
d'accord. Vous voulez qu'il y ait un changement dans le projet de loi
tel qu'écrit pour que ce soit clair.
Mme Rochon
(Stéphanie) : Pas un changement dans l'appellation, à qui ça
s'applique. On trouve que c'est bien
expliqué, mais il y avait quand même des préoccupations des parents sur comment
ça va être interprété, ça, toute personne qui gravite autour des élèves puis
qui est en contact avec les élèves. On veut que ce soit interprété le plus...
La Présidente (Mme
Dionne) : ...
Mme Rochon
(Stéphanie) : ...le plus largement possible, en fait, pour que le plus
de monde possible se...
Mme Ghazal : Plus
précisément.
Mme Rochon
(Stéphanie) : Oui.
Mme Ghazal : OK.
Très bien. Merci.
La Présidente (Mme
Dionne) : Merci beaucoup. C'est malheureusement tout le temps qu'on a.
Donc, merci beaucoup, mesdames, pour votre contribution à nos travaux.
Je suspends,
justement, nos travaux quelques instants pour accueillir notre prochain groupe.
(Suspension de la séance à 17 h 49)
(Reprise à 17 h 51)
La Présidente (Mme Dionne) : La
commission est maintenant prête à reprendre ses travaux. Donc, je souhaite
la bienvenue aux représentants de la Fédération des centres de services
scolaires du Québec, conjointement avec l'Association des directions générales
scolaires du Québec. Donc, je vous rappelle que vous avez 10 minutes pour
nous présenter votre exposé. Donc, je vous demanderais d'emblée de vous
présenter, et ensuite nous poursuivrons les échanges avec les membres de la
commission.
Fédération des centres de services scolaires du Québec
(FCSSQ) et Association des directions générales
scolaires du Québec (ADGSQ)
Mme Dupré (Caroline) : Merci, Mme la Présidente.
M. le ministre, Mmes et MM. les députés, membres de la commission, nous vous
remercions de nous donner l'occasion d'exprimer notre position eu égard au
projet de loi n° 47.
Je suis Caroline
Dupré, présidente-directrice générale de la Fédération des centres de services
scolaires du Québec. Je suis accompagnée de Normand Lessard, directeur exécutif
de l'Association des directions générales scolaires du Québec, et de Sophie
Laberge, directrice des affaires juridiques et secrétaire générale à la
fédération.
Disons-le d'emblée,
les centres de services scolaires et les commissions scolaires sont soucieux de
la protection des élèves et mettent en
oeuvre les moyens pour assurer cette protection, tout en jouant leur rôle
d'employeur. À cet égard, le projet de loi pose un nouveau jalon en
matière de protection des élèves. Malgré les filets de protection en place, l'actualité nous rappelle qu'en matière
disciplinaire certaines situations passent malheureusement entre les mailles
du filet. Tout resserrement est donc bien accueilli.
Ainsi, notre mémoire
propose certaines pistes d'amélioration afin de renforcer les dispositions qui
y sont proposées. À ce titre, nous sommes d'avis que les mesures devraient
s'appliquer à tous les élèves, sans distinction d'âge. Un comportement pouvant faire craindre pour la sécurité des
élèves est tout aussi répréhensible que l'élève soit mineur ou majeur.
Nous pensons notamment aux élèves handicapés, qui sont, rappelons-le, admis à
l'école jusqu'à l'âge de 21 ans. Il
s'agit d'un groupe particulièrement vulnérable qui doit aussi être protégé.
Selon nous, l'importance de l'objectif du projet de loi justifie
l'application de ces mesures à tous les élèves.
Par ailleurs, il est
nécessaire que tout comportement puisse être connu du nouvel employeur.
Mme Laberge
(Sophie) : L'échange de documents et de
renseignements entre les organismes scolaires permettra assurément de protéger
davantage les élèves. Or, l'application de ce nouveau cadre risque de poser des
difficultés importantes en raison des dispositions relatives au droit à la vie
privée et à la réputation, lesquelles sont enchâssées dans la charte québécoise.
Afin d'éviter la
communication d'information qui pourrait s'avérer subjective ou variable et
ainsi prêter flanc aux contestations judiciaires, seule l'information fiable et
objectivée devrait être transmise. Selon nous, une mesure disciplinaire et
l'exposé des faits qui la justifie correspondent à ces critères. Rappelons que
ces renseignements sont établis dans le cadre d'une enquête qui respecte le
principe d'équité procédurale. Ainsi, l'employé sera en mesure de connaître
l'information qui pourrait être transmise à un autre organisme scolaire.
Par
ailleurs, certaines situations échappent aux nouvelles mesures de protection. À
titre d'exemple, la démission d'un employé
avant la conclusion d'une enquête évite toute sanction disciplinaire à son
dossier. Dans ce cas, un organisme
scolaire devrait pouvoir compléter son enquête, avec ou sans la participation
de l'employé démissionnaire, afin que les renseignements nécessaires
soient transmis à l'autre organisme.
Ce processus de
vérification repose entièrement sur un guide qui sera élaboré par le ministre.
Toutefois, le caractère sensible des renseignements communiqués et l'atteinte
aux droits fondamentaux commandent que les assises et les effets juridiques de
ce guide soient bien établis dans la loi. En effet, la terminologie utilisée
dans le projet de loi, soit le terme «guide», et le fait que les organismes
doivent tenir compte de ce guide ne traduisent pas un véritable caractère contraignant. En l'absence d'obligation précise
relative au processus de vérification dictée par la loi, l'identité
juridique du guide doit être sans équivoque.
De plus, une
définition de la notion de comportement pouvant raisonnablement faire craindre
pour la sécurité physique et psychologique des élèves favorisera une
application juste et uniforme par les personnes appelées à traiter
l'information.
Au-delà de ces
considérations juridiques, le contenu du guide doit permettre l'atteinte des
objectifs du projet de loi. Il devra donc
prévoir un cadre d'application clair et des balises précises. En ce qui
concerne les périodes couvertes par le processus de vérification, nous
sommes d'avis que toute... pardon, que toute période d'absence autorisée par
l'employeur devrait en être exclue. Certaines absences, comme une invalidité ou
un congé sans traitement, peuvent s'étendre sur plusieurs mois, voire plusieurs
années.
M. Lessard
(Normand) : La Loi sur l'instruction publique prévoit déjà une
procédure de signalement d'une faute grave ou d'un acte dérogatoire commis par
un enseignant. Le projet de loi ajoute l'obligation de tout employé d'un
organisme scolaire de dénoncer un tel comportement au ministre. Ces mesures lui
permettront éventuellement de suspendre ou de révoquer une autorisation
d'enseigner. Pourtant, d'autres catégories d'employés détiennent cette
autorisation, sans toutefois exercer les fonctions d'enseignant. Or, une faute
grave commise par un titulaire d'une autorisation d'enseigner pourrait
justifier une révocation ou une suspension de celle-ci par le ministre. Dans le
cadre actuel, ce titulaire pourrait retourner à des fonctions d'enseignant et
échapper à toute intervention du ministre.
Afin de protéger
adéquatement les élèves, la procédure de signalement devrait s'appliquer à tous
les titulaires d'une autorisation d'enseigner. Une disposition miroir devrait
s'étendre également à tout ordre professionnel lorsqu'un de ses membres commet,
dans l'exercice de ses fonctions, un geste qui justifie son signalement. Si le
comportement est sanctionnable par un ordre professionnel, il doit être dénoncé
à cet ordre afin de mieux protéger les élèves.
Enfin, dans l'esprit
de ces nouvelles mesures de vérification, toute enquête du ministre devrait
être signalée aux organismes afin qu'ils puissent se gouverner en conséquence
et qu'ils puissent informer comme il se doit le nouvel employeur scolaire, s'il
y a lieu.
Le projet de loi
permet dorénavant de considérer toute mesure disciplinaire émise et liée à un
comportement visé. Ainsi, un processus de gradation des sanctions pourra être
appliqué. Le législateur permet de considérer une mesure disciplinaire imposée
par un autre organisme pour ce type de comportement. Ces ajouts permettront
donc d'appliquer une gradation des sanctions qui s'avérait impossible jusqu'à
maintenant.
Nous constatons
toutefois une incohérence dans l'application de certaines dispositions du
projet de loi. Alors que l'on fixe, d'une part, une période couverte par la
vérification des comportements, on ne fixe, d'autre part, aucune limite de
temps pour la conservation d'une mesure disciplinaire. Ce faisant, un employeur
pourrait considérer tous les avis antérieurs sans qu'un nouvel employeur
puisse, lui, les considérer en raison des délais prévus au guide.
Mme Dupré
(Caroline) : ...la FCSSQ et l'ADGSQ constatent que les nouveaux moyens
prévus au projet de loi permettront d'assurer la sécurité physique et
psychologique des élèves, et ce, dans une perspective globale, de façon à prévenir la violence en milieu scolaire. Par
ailleurs, nous offrons notre entière collaboration au développement des outils qui sauront faciliter la mise en oeuvre
de ce projet de loi. Nous vous remercions de votre attention et sommes
disposés à répondre à vos questions.
• (18 heures) •
La Présidente (Mme Dionne) : Merci
beaucoup pour cet exposé. Donc, nous sommes prêts à débuter les échanges. M.
le ministre, je vous laisse la parole.
M.
Drainville : Oui, merci beaucoup de votre présentation et de votre
présence. Alors, je veux juste vous dire,
là, sur l'espèce d'ambiguïté qui existe à propos de l'article 26, là, on
va... on va regarder ça très attentivement, parce qu'il est... Quand
vous regardez la tête de l'article, on parle bien d'autorisation d'enseigner,
mais, par la suite, les... la référence est
à l'enseignant et non pas aux personnes bénéficiant de l'autorisation
d'enseigner. Puis, comme on sait, autorisation
d'enseigner, c'est brevet, permis probatoire et autorisation provisoire
d'enseigner. C'est les trois catégories. Donc, on est conscients de
la... du questionnement, là, que vous venez renforcer.
Le mécanisme de
protection, là, pour les personnes qui signalent, on l'a dit tout à l'heure, là,
on va réfléchir à ça, n'est-ce pas, mais
c'est un... c'est un bon point. J'essaie juste de penser, là... Sur le
renforcement de... des assises du guide,
pour élargir le guide sur l'application des dispositions en matière
d'antécédents judiciaires, là, on est conscients du fait qu'on l'élargit à... aux comportements qui peuvent mettre à
risque la sécurité des élèves, donc on est conscients du fait qu'il va
falloir travailler sur le guide.
Alors, bref, plusieurs des
suggestions que vous faites, là, sont des... Et puis celle-là, elle est très
importante, vous n'êtes pas les premiers à
nous en parler, un amendement pour faire en sorte que la loi s'applique aux
personnes handicapées ou vulnérables, là, on verra le libellé, là, mais on est
très conscients de ça également. Alors donc, ça, ça va.
Est-ce que je peux vous poser une question...
Pardonnez-moi. Est-ce que je peux vous poser une question sur les clauses
d'amnistie? Vous êtes d'accord pour mettre fin aux clauses d'amnistie?
Mme Dupré (Caroline) : Tout à
l'heure, on écoutait un exemple d'une situation vécue qui s'est produite dans
un établissement scolaire, qui est... qui est une horreur puis qu'on ne
souhaite jamais voir se vivre dans un milieu scolaire. Mais assurément que
nous, qui avons été directions d'école, on peut faire le pari qu'il y a des
interventions qui ont dû être faites dans un dossier comme celui-là, on en est
à peu près certains, certaines, mais on est pris, actuellement, avec des délais
dans nos conventions collectives qui font qu'une mesure disciplinaire, elle
devient caduque.
M. Drainville : Elle est
effacée.
Mme Dupré
(Caroline) : Elle est effacée. Donc, on a fait, même, un
travail de recension, à la... à la fédération, à travers les différentes conventions collectives. Je vous dirais que ça
varie selon les différentes accréditations syndicales, d'un délai de six
mois à un an. Donc, parfois, il y a des interventions qui sont faites. Moi, je
l'ai même déjà vécu, comme directrice
d'établissement, d'arriver dans un milieu où il faut recommencer, refaire un
dossier, être en gradation des sanctions, même si on sait que, dans le
passé, il s'était passé quelque chose. Alors, oui, on voit...
M. Drainville : Mais vous ne
pouvez pas en tenir compte...
Mme Dupré (Caroline) : Absolument,
absolument.
M. Drainville : ...parce qu'en
vertu de ces clauses d'amnistie la faute ou le comportement répréhensible, peu
importe, a été effacé du dossier après, dites-vous, dans certains cas,
seulement quelques mois, là.
Mme Dupré (Caroline) : Exactement.
M. Drainville : Ça dépend des
conventions collectives. C'est négocié localement, hein, ça, c'est...
Mme Dupré (Caroline) : Exactement.
Il y en... Bien, en fait, ça dépend. Je pense qu'au personnel de soutien et
professionnel, c'est dans l'entente nationale, alors que le personnel
enseignant... Je regarde Sophie parce qu'elle a déjà été aux relations de
travail, à la fédération, donc... Mais, chez les enseignants, c'est... c'est
dans l'entente locale.
M. Drainville : OK. Sur la
possibilité qui sera faite, maintenant, de permettre à un centre de services
scolaire de partager l'information à un autre centre de services scolaire qui
voit arriver quelqu'un, qui se demande, qui a un questionnement, mettons, j'ai
une petite voix qui me dit : Je pense que je vais aller vérifier, là, si
cette personne-là n'a pas, justement, posé
de gestes pouvant mettre à risque la sécurité des élèves, et là la loi va le
permettre dorénavant, est-ce que c'est positif, pour vous, cette
possibilité-là, maintenant, que l'information puisse circuler d'un centre de
services scolaire à l'autre?
Mme Dupré (Caroline) : Absolument.
Absolument, parce qu'actuellement, ça, c'est un élément qui était, tu sais, très litigieux pour nous. Quand on accueillait
un membre du personnel qui provenait d'un autre centre de services scolaire,
on n'avait pas la possibilité d'avoir de l'information privilégiée, je dirais,
par rapport à des sanctions qui auraient pu
être appliquées pour ce membre du personnel. Donc, on était limités dans notre
cueillette d'informations puis, encore
là, on se retrouvait à devoir parfois refaire le même travail d'encadrement,
puis de supervision, puis d'évaluation qui avait été fait.
M. Drainville : Puis le rapport
d'enquête que nous avons demandé disait même que, dans certains cas, les
centres de services scolaires auraient voulu partager l'information. Il y a...
Un DG ou une DG aurait voulu dire à sa confrère...
à sa consoeur, dis-je, ou à son confrère DG : Fais attention, tu sais, ne
va pas là, mais, craignant des poursuites en... enfin, en diffamation,
avait... ou atteinte à la réputation, avait décidé de ne pas parler parce que
la loi ne la protégeait pas, ne protégeait pas cette personne-là. Là, on va la
protéger. Elle va pouvoir partager l'information.
Je ne sais pas si vous avez vu, sans doute que
vous l'avez vu, le troisième alinéa — troisième alinéa, hein,
l'alinéa n'est pas... n'est pas numéroté, hein, c'est bien ça, hein? — alors,
le troisième alinéa de l'article 261.1.1, qui fait partie de l'article 5 du projet de loi, qui dit cette
déclaration, donc : Les personnes qui souhaitent être embauchées
vont devoir «transmettre au centre de services scolaire une déclaration portant
sur les fonctions qu'elles exercent ou ont exercées au sein d'un centre de
services scolaire» ou d'un... d'une institution privée.
«Cette déclaration doit être accompagnée du
consentement écrit de la personne qu'elle vise — donc, que cette
déclaration vise — à
la vérification des renseignements et des documents nécessaires pour établir
l'existence ou l'absence de tout comportement visé au premier alinéa et, selon
le cas, à la communication de l'absence de ceux-ci — donc, l'absence de
renseignements ou de documents qui établissent un comportement fautif — ou,
après en avoir pris connaissance et si elle maintient sa
candidature, à la remise de ceux-ci — donc, de ses documents et
renseignements — au
centre de services scolaire qui en [a] fait la demande, afin qu'il en apprécie
le contenu.»
Alors, vous aurez compris que la personne
consent à ce qu'on aille vérifier son dossier dans le centre de services
précédent, ou les centres de services scolaires précédents, ou les institutions
privées où elle a oeuvré précédemment. Et là, si on découvre quelque chose,
elle va devoir consentir à ce que cette information-là soit transmise. Et, si
elle ne le fait pas, à ce moment-là, elle est considérée avoir retiré sa
candidature. C'est comme ça que nous l'avons écrit, ce... cette... ce... cette
disposition. Est-ce que ça vous apparaît suffisamment clair comme formulation,
vous, «et si elle maintient sa candidature, à la remise» de ses documents et
renseignements, pour vous, c'est une évidence?
Une voix : Oui, absolument, oui.
Mme Laberge
(Sophie) :
Ce n'est pas l'article
qui a posé problème de notre côté.
M. Drainville : OK. Très bien.
Des voix : ...
M. Drainville : Tu poseras la
question. Bien, Mme la députée de Saint-Laurent veut que je pose une question, là, en son nom. Comme elle m'a donné un
peu de temps tout à l'heure, je vais la poser. Est-ce qu'il y avait... Est-ce
qu'il y a un article qui faisait problème dans ce projet de loi? Parce que vous
avez dit : Ce n'est pas l'article qui nous a... qui nous posait problème. Alors, je me transforme très, très,
très momentanément en député d'opposition pour vous poser la
question : Est-ce qu'il y avait un article qui posait problème?
Mme Laberge
(Sophie) :
En fait, l'article qui
prévoit que le centre de services scolaire doit transmettre des renseignements
et documents concernant... permettant d'établir qu'un comportement ait pu
survenir. Donc, on est dans des notions très
larges. Transmettre toute... tout document, tout renseignement, pour nous, ça
nous apparaît très vaste, et c'est là qu'il y a un risque peut-être de
subjectivité, d'analyse arbitraire. Imaginons une direction des ressources
humaines se poser la question : Qu'est-ce que je peux transmettre?
Qu'est-ce que je ne peux pas transmettre? Et, si je transmets telle information,
est-ce que je contreviens au droit au respect à la vie privée de l'employé?
Donc, pour
nous, les balises... Compte tenu qu'on vient... il y a une certaine atteinte
aux droits fondamentaux, pour nous,
pour éviter toute contestation judiciaire, il faut quand même qu'on connaisse
clairement l'information et les documents qui peuvent être transmis, et
de ne pas laisser le tout à la... l'interprétation ou la...
• (18 h 10) •
Mme Dupré (Caroline) : La
discrétion.
Mme Laberge
(Sophie) :
...la discrétion — merci — de la
personne qui traite le dossier.
M. Drainville : Mais le guide
va vous aider là-dedans.
Mme Laberge
(Sophie) : Un guide, oui, et ce... cet élément-là nous
questionne.
M. Drainville : Et on va
pouvoir travailler sur la... s'assurer que le guide...
Mme Laberge
(Sophie) : Puis on se posait la
question...
M. Drainville : ...répond à
vos... à votre questionnement ou à votre inquiétude.
Mme Laberge
(Sophie) : Si, effectivement, le guide est très précis dans
les balises, tant mieux, mais actuellement on voyait peut-être... Un guide, est-ce que ça a la force
contraignante souhaitée pour atteindre l'objectif? C'est la question
qu'on se posait.
M. Drainville : Oui, mais vous
comprenez qu'à partir du moment où on commence à encadrer, on risque aussi de
restreindre. C'est toujours ça, la difficulté. Mais je vais quand même être bon
joueur puis je vais... je vais... On va continuer à discuter, là, même si ça ne
sert pas tellement mon projet de loi, mais je... mais je veux quand même qu'on
aille au bout de cette discussion-là.
Est-ce que le dossier d'un... Quand vous dites,
là : Un DG, ou une DG, ou une responsable des ressources humaines, là,
mettons, dans un centre de services scolaire, se demande : Mon Dieu! j'ai
beaucoup de matériel sur cet employé-là, je ne le sais pas, ce que je dois
partager, de ce que je peux ne pas partager, ou de ce que je ne devrais pas
partager... Mais là amenez-nous un peu dans votre monde, là, des ressources
humaines, dans un centre de services scolaire. Qu'est-ce qui pourrait être à ce
point considérable dans un dossier d'employé?
Puis je me dis : S'il y a à ce point des
éléments dans son dossier, ça vient juste, à mon avis, renforcer la nécessité que le deuxième centre de services
scolaire soit au courant qu'il y a un... il y a... il y en a ça d'épais dans
son dossier, là, celui-là, là, qui vient de prendre la poudre
d'escampette parce qu'il commençait à sentir la soupe chaude. Ça fait qu'il me
semble... Moi, je suis DG, je dis : Envoie, envoie-lui tout, tu sais, des
caisses et des caisses, s'il le faut, pour qu'il comprenne dans quoi il
vient de s'embarquer s'il l'embauche, là.
Mme Dupré (Caroline) : Bien,
moi je pourrais vous donner un exemple, disons, un employé qui a des maux de dos chroniques, puis il est régulièrement en
arrêt de travail, en invalidité. Son médecin... Alors, moi, là, je pourrais
recevoir tout son dossier puis me dire... En fait, ce qu'on ne veut pas, c'est
que ça amène, disons, l'autre employeur à avoir une opinion biaisée ou
subjective et se dire : Ah! bien, cet employé-là, moi, je ne le... je ne
l'embaucherai pas, de toute façon il va
continuellement être absent, alors que ça n'a aucun lien avec le sujet qui nous
préoccupe actuellement.
M. Drainville : Si vous me
permettez, Caroline, ça ne fait pas partie de comportements pouvant mettre à risque la santé ou la sécurité psychologique ou
physique d'un élève. Alors, moi, pour moi, c'est clair que ce qui concerne
la santé de l'employé, ça ne doit pas être partagé, ça ne peut pas être
partagé. Ça, pour moi, la ligne... la ligne de démarcation est claire. Je ne
sais pas s'il y a un autre exemple qui... Allez-y donc.
M. Lessard (Normand) : Très
bien. C'est... Pour nous, c'est... la direction générale, là, une des choses,
je sais, qui est importante, c'est à savoir, bien, tout ce qui est mis au
dossier, donc, que... le membre du personnel, qu'il soit enseignant ou autre,
c'est qu'il y a eu une sanction à son égard. Donc, ça, c'est sûr, ça figure au
dossier. Pour nous autres, c'est dans qu'est-ce qu'on exprimait, à savoir,
bien, de bien déterminer... Puis on comprend que ça va être à l'intérieur du
guide. Si l'employé X est en enquête puis qu'on ne connaît pas encore les
résultats de l'enquête, et cet employé-là déménage de centre de services
scolaire, donc là, on n'a pas, à quelque part, de preuve à savoir si, oui ou
non, l'acte reproché... s'il l'a vraiment fait ou si on doit le tenir
responsable.
M. Drainville : Ça, c'est un...
Ça, je dirais, c'est un... c'est un bon exemple. Et je... Et on est conscients
de cette difficulté-là, et on est en train d'y réfléchir, là, puis on est en
train... Évidemment, on est... on est toujours en lien avec les juristes, là,
hein, parce que vous comprenez qu'on est dans un régime de droit, alors... Bon,
alors, on est en train de le regarder, parce que ça, ça, je trouve que c'est un
exemple... Effectivement, tu te dis : OK, la faute n'a pas été reconnue.
On était en train de vérifier s'il y avait eu faute, et là il s'en va. Alors,
est-ce que... Moi, je vais vous dire personnellement, là... Puis je n'ai pas
vérifié avec les juristes, là, peut-être que les juristes vont me dire :
Ne va pas là, là, mais moi, je serais plutôt porté à dire : S'il y a un
début d'enquête qui a été enclenché parce qu'on craignait un comportement
fautif, moi... moi, je... moi, le nouveau DG, là, celui qui va peut-être
embaucher la personne, là, moi, je veux le savoir, ça. Je souhaiterais le
savoir, ça. Alors là, après ça, est-ce qu'on va nous dire : Oui, mais là
tu vas trop loin, atteinte à la droit... au droit à la vie privée, etc.?
La Présidente (Mme Dionne) : ...30 secondes.
M. Drainville : Oui. Bon.
M. Lessard (Normand) : Et c'est
pour ça que, dans le mémoire, c'est... nous demandons la permission de pouvoir
poursuivre l'enquête même si l'employé a quitté, parce qu'à quelque part son
dossier va rester actif. Donc, c'est... c'est une notion importante que... On
trouvait que le projet de loi serait bonifié à cet égard.
Mme Dupré (Caroline) : Au fond,
ce qu'on ne souhaite pas, c'est que quelqu'un ait à recommencer tout le
travail. C'est un peu la même raison pour les clauses d'amnistie. C'est ce
qu'on se disait. On ne veut pas que quelqu'un soit obligé de refaire exactement
le même travail qui a été fait.
M. Drainville : On me souffle à
l'oreille que l'existence de l'enquête apparaîtrait au dossier, mais, la
poursuite de l'enquête une fois qu'il a quitté, est-ce que ça, on peut aller
là, point d'interrogation?
Mme Dupré (Caroline) : Exact.
La Présidente (Mme Dionne) : Merci,
M. le ministre. C'est tout le temps qu'on avait pour cet échange. Je cède
maintenant la parole à Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy : Merci beaucoup, Mme
la Présidente. Bonjour et bienvenue avec nous.
Moi, j'aimerais continuer sur cette question
parce qu'elle est très pertinente. Une fois que l'employé démissionne, même si
vous voulez continuer votre enquête, légalement, si l'employé ne se présente
pas... Il a quand même aussi le droit d'être entendu, mais, si... Ce sera quoi,
en fait, votre pouvoir d'enquête, une fois qu'il n'est plus du tout... il n'y a
plus de lien de subordination? C'est pour ça que je me pose la question et
c'est pour ça que je pensais plus, comme le ministre, que... On part l'enquête.
Il a démissionné. J'essaie de voir légalement ce serait quoi, l'étendue de
votre pouvoir, une fois qu'il n'y a plus de lien de subordination, légalement.
M. Lessard (Normand) : ...soulignait
Mme Caroline tantôt, c'est qu'on ne veut pas que l'autre centre de
services scolaire ait à recommencer, à savoir : Peut-on poursuivre notre
enquête? Ça pourrait être souhaitable, mais peut-être pas réalisable. Mais, à
quelque part, nous ne voulons pas être poursuivis par l'employé ou ses
instances qui le représentent à cause qu'on a transmis
cette information-là, que, là, c'est l'analyse de la... de la faute à ce qui
était en cause, bien, que ça nous soit reproché et qu'on soit poursuivis pour
avoir transmis cette information-là à l'autre centre de services. Donc, pour
nous, c'est cet élément-là qu'on souhaitait avoir un encadrement ou un guide
clair à ce niveau-là.
Mme Dupré (Caroline) : Nos
membres nous l'ont nommé, tu sais, que ce qu'ils ne souhaitaient pas... C'est
qu'à un moment donné on est dans une enquête, on est en train de recueillir des
faits, on veut documenter le dossier, l'employé démissionne, puis il s'en va
appliquer dans un autre centre de services qui l'embauche, puis là on n'est pas
en mesure de transférer de l'information parce qu'on n'a pas complété notre
cueillette de faits. Alors, on voudrait pouvoir avoir des... je dirais, des
leviers dans le projet de loi pour compléter le travail qui est en train de se
faire et s'assurer qu'on ait dans le dossier de l'employé des faits, là, qui
sont avérés.
Mme Rizqy : Bien, on pourra vérifier
peut-être avec l'équipe... juristes, mais aussi avec tout ce qui est accès à
l'information, au niveau de la loi sur les renseignements personnels, parce que
c'est très important, puis aussi au niveau, tu sais, de la règle audi alteram
partem, si la personne n'est plus là, je veux dire : Vous avez fait une
enquête, mais je n'étais pas présente, juste pour s'assurer qu'on a couvert
tous les volets juridiques sur ce point puis dans... pour ne pas qu'il y ait de
doublon d'enquête non plus, là. Je pense qu'on essaie d'être efficaces vu qu'on
parle d'une... de personnes vulnérables ici.
Puis je vous donne l'exemple, parce que tantôt
on cherchait des exemples, un cas concret où est-ce que c'est une élève qui
raconte ce que l'autre élève lui a confié sur un employé de soutien qui la
textait le soir jusqu'à 2 heures du matin, puis elle dit : Bien, ce
n'est pas normal, là, qu'il te texte jusqu'à 2 heures du matin, le raconte
à son enseignante. L'enseignante, elle va le dire à la direction, mais, la
direction puis l'enseignante, ça reste du ouï-dire, parce que, quand ils
parlent à la... à l'élève concernée, elle nie tout parce qu'elle veut protéger
sa relation privilégiée avec cet employé. Alors, eux sont comme : OK, on
va le noter, mais j'ai... On en parle avec les parents, les parents ne peuvent
pas recueillir de preuves parce que c'est sur Snapchat, puis ça s'efface
momentanément. Donc, on a du ouï-dire, mais d'une personne qui est quand même
sa très, très bonne amie.
• (18 h 20) •
Alors, tu sais, ça, ce serait, par exemple,
quelque chose, peut-être, qui pourrait être noté au dossier, mais qu'on
n'arrive pas à faire une enquête parce que je n'ai même pas encore ma
plaignante, mais j'ai du ouï-dire qui, quand même, semble très vrai, là. Alors,
ça, est-ce que ça pourrait être quelque chose qu'on pourrait quand même
inscrire, mais transmettre si jamais... Lorsqu'on rencontre la personne
concernée, dire : Écoute, nous, on a eu écho que tu as quand même des
comportements inadéquats avec des élèves, avec une élève en particulier, vous
vous textez, on nous dit, le soir, la nuit, ça n'a aucun bon sens. Puis là lui,
il peut penser... la soupe chaude, je prends la poudre d'escampette, je m'en
vais dans un autre centre de services scolaire, puis l'autre centre de services
scolaire ne le saura pas plus, là, puis il peut continuer, en plus, sa relation
avec l'élève à distance.
Mme Dupré (Caroline) : Tout à
fait. Bien, effectivement, si le projet de loi pouvait nous donner cette
possibilité-là, là, de pouvoir consigner ce genre d'information, là, de
soupçons qu'on n'a pas été en mesure de valider aussi précisément qu'on
l'aurait souhaité, bien, ça donnerait quand même une petite piste ou une
petite... une petite cloche d'alarme à la prochaine... au prochain employeur.
Mme Rizqy : Puis, vous, dans
votre quotidien, là, oui, une fois qu'on fait la vérification des antécédents,
disons, on arrive à l'inscrire dans la loi, que ce soit aux trois ans, il n'en
demeure pas moins qu'actuellement, même là, un enseignant a une obligation de
vous le divulguer, que... qu'il a, par exemple, été arrêté, disons, voies de
fait...
Mme Dupré (Caroline) : Facultés
affaiblies, peu importe, oui.
Mme Rizqy : Exactement. Cette
obligation, elle existe, mais elle n'est pas nécessairement faite. Est-ce
que... Parce que... Puis j'imagine que, dans votre quotidien, vous n'avez pas
le temps d'aller tous les jours sur le plumitif, puis rentrer le nom de tous
vos employés au grand complet, puis de faire une veille. Est-ce qu'on devrait
plutôt inverser ça puis dire : Parfait, on va s'assurer qu'il y ait une
transmission qui viendrait soit du bureau de la couronne, du tribunal, qui vous
soit acheminée pour qu'on puisse se parler puis dire : OK, bien, c'est
parce que, là, on le sait, on a eu une notification? Parce que, sinon, vous
pouvez être dans les limbes pendant au moins trois ans, là.
Mme Dupré (Caroline) : Vous
avez tout à fait raison. Nous, on pense qu'il y a... qu'il y a vraiment un
travail d'étroite collaboration qui se fait, mais qui mérite peut-être d'être
optimisé avec la sécurité publique, parce que, dans tout le contexte de la
vérification des antécédents judiciaires, on doit faire équipe avec les corps
de police puis on est parfois restreints dans notre application ou dans les
délais qui nous sont imposés. Alors, on serait tout à fait disposés à pouvoir
réfléchir avec la sécurité publique à une façon d'optimiser nos façons de faire
au regard de la vérification des antécédents.
Mme Rizqy : Puis est-ce que...
Parce que, là, présentement, on mentionne qu'au niveau du délai, et tout ça, ce
serait dans un guide, alors que présentement, dans un autre projet de loi qui
est à l'étude cette semaine, à partir de jeudi, c'est la loi qui prévoit, on fait
des vérifications, puis c'est des clauses d'empêchement qui sont vérifiées aux trois ans. C'est statutaire, donc c'est... On ne peut pas
jouer ça dans un guide, là. C'est... Il me semble que le... on devrait plutôt
le mettre clairement dans la loi, puis que le renouvellement de cette clause
d'empêchement, c'est sur minimum six mois avant la fin de... du premier trois
ans, là, parce que, sinon, le guide, on peut le changer, alors qu'une loi, une
fois que c'est écrit, c'est un peu plus difficile de changer une loi.
M. Lessard (Normand) : Oui. La
chose qui est importante, c'est de s'assurer d'une cohérence et de ne pas...
d'avoir vraiment une vision systémique de l'ensemble, de tout ce qui entoure
la... les déclarations, les délais, et ainsi de suite. Donc, c'est pour ça que
c'est... Ça va être important de bien s'arrimer, comme vous dites, avec l'autre
projet de loi qui est... qui est à l'étude présentement. Mais c'est que... pour
tout ça, que ce soit facilitant pour tous les intervenants, pour les parents,
puis, naturellement, c'est pour les élèves, pour faire en sorte...
Dans le fond, qu'est-ce qu'on veut? C'est le
meilleur milieu pour nos élèves. Donc, c'est... Je pense que, toute piste qui va faciliter ce transfert
d'information là, bien, on va être gagnants, parce qu'effectivement, au
plumitif, nos gens aux ressources humaines, ils n'ont pas le temps de
passer toute la liste de nos employés, à savoir qu'est-ce que... Mais d'inverser les rôles, ça pourrait être
une avenue gagnante, en tout cas, qui mérite pleinement d'être étudiée.
Mme Rizqy : Merci beaucoup.
Puis, en parlant d'arrimer, M. Boulet, présentement, le ministre du
Travail, s'occupe au niveau beaucoup plus large de tout ce qui est clause
d'amnistie dans les conventions collectives. Puis vous, dans votre quotidien,
vous avez plusieurs années d'expérience, je ne dirai pas votre âge,
M. Lessard, mais ça a été quelque chose qui a existé, là, un empêchement
réel de pouvoir appliquer la gradation des sanctions parce que c'est... Dans
certaines conventions, c'était un an et, d'autres, deux ans. Alors, des fois,
oui, ça peut... Et je donnais, par exemple... tantôt un exemple. Des sextos, ce
n'est peut-être pas la faute grave qui mènera au congédiement, mais le cumul de
plusieurs fois pourrait mener au congédiement. Mais, s'il est effacé après deux
ans, vous ne pouvez pas l'appliquer, cette gradation des sanctions.
M. Lessard (Normand) : Effectivement.
Puis, comme disait Mme Caroline tantôt, tu sais, des exemples, c'est...
nous en avons amplement. Et puis c'est... c'est quand même... Oui, c'est...
c'est une partie de notre personnel que...
malheureusement, qui est touché, qui... Ce n'est pas nécessairement ceux qu'on
voudrait mettre en lumière, mais c'est... Il faut quand même considérer
qu'on a un... 98 % de notre... à peu près de notre personnel, là, c'est...
c'est du personnel en or, là.
Mme Rizqy : Mais, justement,
dans ce 98 % ou 99 %, même, de ce personnel, ceux qui dénoncent mais
qui voient que finalement il est rendu dans
une autre école, ça génère de la frustration aussi pour ceux qui sont dans
l'école, puis qui ont frappé, puis qui ont dit OK. Puis là, même vous,
vos directions d'école ont dit : Nous, on a commencé notre enquête, il est
rendu ailleurs, puis il n'y a rien qui se passe. Même pour vos troupes, ce
n'est pas facile sur le moral, ce genre de
situation là. Une impunité, il me semble qu'habituellement ça génère pas mal de
frustrations. En tout cas, moi, oui, là.
Mme Dupré (Caroline) : ...puis
d'ailleurs nous, on a soulevé dans notre mémoire que ce serait important dans le guide de prévoir une protection des
personnes qui sont témoins ou qui choisissent de divulguer, au même titre qu'on
le retrouve au niveau de la Loi sur le protecteur national de l'élève.
Mme Rizqy : ...parce
que le guide, la loi... une vraie mesure de protection. Parfait. Je ne sais pas
s'il me reste du temps.
La Présidente (Mme Dionne) : Deux
minutes.
Mme Rizqy : Hein? Tu m'avais
dit 30 secondes, toi. Écoute, je viens de gagner deux minutes. On m'a
dit...
La
Présidente (Mme Dionne) : J'ai oublié de mentionner, on a repris l'avance...
le retard qu'on avait, pardon, alors on est revenus au calcul normal.
Mme Rizqy : Ah
mon Dieu! Heille! désolée, je... On venait de me dire que j'avais
30 secondes, alors, moi, j'étais en conclusion. Alors, je vais profiter de
mon dernier deux minutes, hein? Vous voyez que je suis heureuse tout à coup.
Si vous me permettez, une dernière chose. Mon
collègue le député de Marquette a parlé du sport. Donc, vous, vous avez,
évidemment, les écoles, parce qu'il y a un lien de subordination clair, mais
les fédérations sportives, les entraîneurs, là, ne sont pas nécessairement
embauchés directement par vous, et il y a aussi les physiothérapeutes qui ne sont pas nécessairement engagés par vous,
mais, par exemple, par la fédération. Mais ils pratiquent où? Dans vos gymnases,
dans... et dans vos installations sportives, sur vos plateaux sportifs. Mais
l'élève puis le parent, là, quand il se passe de quoi, ils cognent chez qui?
Chez vous. Alors, il me semble qu'on devrait aussi s'assurer que les
fédérations sportives, les entraîneurs qui évoluent dans... vos installations
aussi soient couvertes, parce que l'élève ou le parent, là, quand ils vont
vouloir dénoncer, là, il va frapper à la porte de la direction d'école, il va
dire : Heille! moi, tel cours, j'ai vu
telle affaire, je n'ai pas apprécié, il a secoué ma fille bien comme il faut.
Donc, est-ce qu'on devrait aussi ratisser pour s'assurer que même le
sport soit compris, là? Je parle... Évidemment, je parle du sport dans les
écoles, là.
Mme Dupré
(Caroline) : Oui, c'est un élément qui nous préoccupait, d'ailleurs, à
la lecture du projet de loi, parce qu'on se disait : C'est vrai que les...
quand... Puis il y a plein de programmes, entre autres, aussi, qui se passent
sur nos heures de classe. On pense à nos programmes de sport-études, où on
travaille avec des mandataires sportifs, donc des fédérations, des associations
sportives. Les entraîneurs ne sont pas nos employés, mais ils interviennent auprès de nos élèves, et ça, c'est très
préoccupant. Donc, que les mandataires sportifs, les fédérations, les associations
aient une obligation de nous divulguer
l'information au même titre que nous, on le divulgue à un autre centre de
services scolaire, commission scolaire ou établissement d'enseignement privé,
pour nous, ce serait... ce serait très gagnant.
Puis il existe
actuellement, dans la Loi sur l'instruction publique, une obligation, par
exemple, au niveau des transporteurs, que le... Le transporteur qu'on... à qui
donne un... on octroie un contrat, il a l'obligation de s'assurer de la... que
la vérification des antécédents judiciaires de ses chauffeurs d'autobus a été
réalisée.
La Présidente
(Mme Dionne) : Merci, madame... Merci. Le temps est...
Mme Rizqy :
On pourrait avoir quelque chose de semblable.
Mme Dupré
(Caroline) : Absolument.
Mme Rizqy :
Merci.
La Présidente
(Mme Dionne) : Oui. Merci. Le temps est écoulé. Donc, Mme la
députée de Mercier, la parole est à vous. Donc, vous avez quatre minutes.
Mme Ghazal :
Ah! wow! Merci. Merci beaucoup pour votre présentation. On a parlé tantôt,
puis c'est dans votre recommandation 12... Vous dites qu'il faut prévoir
un mécanisme de protection de l'identité d'un témoin, là, de quelqu'un qui
signale. Vous n'êtes pas les seuls à l'avoir dit. Puis, quand j'entends le
ministre, moi, ce que je comprends dans son raisonnement, c'est... justement,
la façon qu'il a trouvée pour protéger ça, pour protéger les gens qui signalent, c'est de le mettre dans la loi.
C'est «doit». Ils sont obligés. S'ils ne le font pas, ça veut dire qu'il y a
une conséquence. Là, je ne sais pas ce serait quoi, la conséquence.
Encore faut-il savoir que quelqu'un a été témoin puis il ne l'a pas signalé. Mais, selon vous, ce n'est pas suffisant juste de
dire dans la loi qu'une personne doit signaler un acte répréhensible, et tout
ça. Il faut d'autres mécanismes. Ce serait quoi, par exemple? Ce serait quoi,
les mécanismes qu'il faut prévoir pour les protéger? Puis est-ce qu'il
faudrait le mettre dans la loi?
• (18 h 30) •
Mme Dupré
(Caroline) : Bien, ça peut sembler d'une évidence que la personne va
respecter la loi, mais la... parfois la peur est plus grande pour la personne
que son désir d'être en respect de la loi. Et donc, par peur de représailles,
elle va éviter...
Mme Ghazal :
Faire semblant qu'elle ne l'a pas vu.
Mme Dupré
(Caroline) : Exactement.
Puis ça peut nous sembler d'une évidence qu'on va protéger les témoins, les gens qui vont dénoncer, mais, comme ce n'est
pas précisément indiqué, bien, pour nous, ça laisse un flou. Alors, on
trouve que ça viendrait renforcer... rassurer davantage la personne.
Mme Ghazal : Il
faudrait écrire dans la loi : Les personnes... Parce que j'essaie de voir
ce serait quoi, le mécanisme pour les protéger, parce que c'est vrai...
Mme Dupré
(Caroline) : Bien, un peu... Nous, on faisait, en fait, le même
pendant avec la Loi sur le protecteur national de l'élève, où il y a quand même
des... il y a des sanctions qui sont prévues pour les gens qui pourraient faire
des représailles auprès d'une personne qui a dénoncé une situation.
Mme Ghazal : OK.
Ça fait que ce serait d'aller voir ce qu'il y a dans la loi sur le protecteur
de l'élève puis de s'assurer que ça...
Mme Dupré
(Caroline) : On veut renforcer...
Mme Ghazal : Ce
n'est pas suffisant, ce qu'il y a dans la loi. Il faut le mettre ici.
Mme Dupré (Caroline) : Bien, en fait, nous, on
veut renforcer... on veut s'assurer qu'on renforce le sentiment de
sécurité de la personne qui choisit de dénoncer.
Mme Ghazal : Parce
que j'essaie de voir... Est-ce que, comme, c'est par un amendement à ce projet
de loi ou il faudrait que ce soit écrit? Tu sais, de quel... Quand vous dites
qu'il faudrait qu'il y ait un mécanisme, puis nous, ici, dans cette commission,
on veut que ce mécanisme-là existe, on pourrait faire comme un amendement qui
le spécifie, comme c'est dans la Loi sur le protecteur national de l'élève, par
exemple.
Mme Laberge (Sophie) :
Absolument, ou dans le code d'éthique, ou dans le...
Mme
Ghazal : Oui, dans le code d'éthique, c'est vrai.
Mme Laberge (Sophie) : ...prévu au guide que, dans le code d'éthique, des dispositions
concernant l'accompagnement et la protection des victimes devront être
élaborées. Donc, ça peut être un véhicule.
Mme Ghazal : Un
véhicule. Puis, c'est ça, vous parlez du guide, que ce n'est pas aussi solide,
aussi fort, par exemple, là, que la loi.
Dans votre recommandation 8, vous dites qu'il faut permettre aux organismes
scolaires de rédiger le code d'éthique après la publication du guide. Ça veut
dire... Il faut que les changements soient faits au guide pour qu'ils puissent, après ça, faire... Juste
peut-être me l'expliquer. Il y a quelque chose que je ne suis pas sûre de
saisir.
Mme
Laberge (Sophie) : En fait, notre compréhension,
c'est que le contenu détaillé que le ministre... sera contenu dans le guide que
le ministre devra rédiger. Le projet de loi établit les grandes lignes de
protection, mais, toutes les balises qui devront être mises en place, on les
retrouvera probablement dans le guide avec, on le souhaite, une définition du
comportement répréhensible visé par...
Mme Ghazal : ...l'avoir
dit, là.
Mme Laberge (Sophie) : Alors donc, à ce moment-là, si le contenu que le guide souhaite voir
intégré dans les codes d'éthique des centres de services scolaires...
Nécessairement, ils devront, préalablement à la rédaction du code d'éthique,
prendre connaissance du contenu et du contenant à enchâsser dans leurs propres
codes d'éthique.
Mme Ghazal : OK.
Donc, c'est ça, ça prend plus... ça prend... Dans le fond, c'est pour aider les
centres de services scolaires, pas
juste : Vous faites un guide, il y en a qui existent déjà, et tout ça.
C'est de préciser un peu plus ce serait quoi, le contenu du guide. Très bien.
Merci.
La Présidente (Mme Dionne) : Merci
beaucoup. Alors, c'est tout pour nos échanges. Donc, merci beaucoup pour
votre contribution à nos travaux de la...
Et moi, j'ajourne la
commission quelques instants pour accueillir notre prochain groupe.
(Suspension de la séance à
18 h 34)
(Reprise à 18 h 39)
La Présidente (Mme
Dionne) : La commission reprend maintenant ses travaux. Donc, nous
accueillons notre dernier groupe de la
journée par visioconférence, donc, la Fédération des établissements
d'enseignement privés. Donc, je vous
rappelle, vous avez 10 minutes pour nous présenter votre exposé. Donc, suite à
cela, nous poursuivrons... nous aurons des échanges avec les membres de
la commission. Donc, d'entrée de jeu, vous pouvez vous présenter, et ensuite
nous exposer vos remarques. Merci.
Fédération des établissements
d'enseignement privés (FEEP)
Mme Brousseau (Nancy) : Bonjour. Merci, Mme la
Présidente. Bonjour, M. le ministre, messieurs dames les députés. Je m'appelle Nancy Brousseau. Je suis la
directrice générale de la Fédération des établissements d'enseignement
privés. Je suis accompagnée aujourd'hui de M. Stéphane Mayer, qui est
vice-président de la fédération. Notre président était vraiment dans
l'incapacité et très triste, là, de ne pas être là avec nous. M. Mayer est
surtout aussi directeur général du collège Saint-Sacrement à Terrebonne. Je
suis accompagnée aussi de Mme Tania Genzardi, qui travaille à la fédération, qui est directrice des services
complémentaires et de la vie scolaire, et de M. Philippe Malette, qui, lui, de son côté, dirige les services à la
direction générale et à l'administration des écoles. C'est le CRHA au service
de nos écoles.
Vraiment désolés de
ne pas être sur place, de vous imposer la visioconférence. Ceci dit, ce n'est
vraiment pas par manque d'intérêt sur... par rapport à ce projet de loi là,
bien entendu, mais on avait des enjeux de déplacement importants, avec une
immense journée demain, à la fédération.
• (18 h 40) •
Alors, j'imagine que
vous avez pris compte du tout petit avis, là, en fait, je ne sais même pas s'il
faut qualifier ça de mémoire, qu'on vous a
fait parvenir. La fédération, c'est quand même une toute petite organisation,
hein? Nous sommes une trentaine, au service de 118 écoles préscolaires,
primaires et 144 écoles secondaires — alors, ce n'est quand même pas rien, nos gens sont
distribués pas mal partout au Québec, alors difficile de faire tout le tour très
rapidement — d'autres
écoles spécialisées, 15 résidences scolaires et plus de
133 000 élèves. Donc, quand vous nous parlez, ça représente à peu
près 96 % des élèves du privé au Québec.
Alors,
évidemment, dans un premier temps, tout ce qu'on peut vous dire, là,
d'important, c'est qu'on accueille très favorablement ce projet de loi là,
comme on a d'ailleurs accueilli favorablement l'arrivée du protecteur de
l'élève. Pour nous, il n'y a pas de compromis à faire avec les jeunes dans leur
milieu scolaire. On n'a pas été épargnés par certaines histoires, et
elles se répètent beaucoup trop souvent à notre goût. Donc, tout ce qu'on peut
faire pour protéger les élèves, nous, on répond présent.
Évidemment,
comme on le disait, on n'a pas eu énormément de temps pour faire le tour et
consulter tout notre monde, mais c'est peut-être pour ça, d'ailleurs, qu'on a
plus de questions que de recommandations, en fait, mais on s'est dit : On
va les poser, nos questions, parce que ça permet probablement, par la suite, de
mieux répondre aux travaux puis de savoir... Si nous, on se les pose, il y en a
d'autres qui vont se les poser.
Alors, faire le tour
très rapidement. Sur l'article 8, concernant le code d'éthique, on a pris
le temps de faire un petit sondage à la fédération. On s'est rendu compte qu'à
peu près la moitié de nos écoles avaient déjà un code d'éthique. La question, c'était à savoir : Est-ce qu'il va répondre
au code d'éthique que vous attendez? Donc, évidemment, notre première
recommandation est très simple, c'est peut-être de donner des balises très
claires sur ce que vous nous attendez de nous. Et, en fait, on se disait même
que ce serait peut-être plus intelligent de se mettre en groupe puis d'en faire
un, parce que chaque école... Nous, vous le savez, là, ce n'est pas des centres
de services scolaires. C'est autant de codes d'éthique qu'il y aura d'écoles.
Alors, en quelque part, évidemment, nous, à la fédération, on peut travailler
pour ça, mais, si on travaille tous ensemble, le réseau au complet, bien,
probablement qu'on pourra aussi trouver un terrain d'entente sur un code d'éthique
qui répond aux besoins du ministère et du législateur.
Dans
l'article 10, cette fois, qui est divisé en quelques éléments, alors, au
niveau de la déclaration des personnes qui se présentent lors des entrevues,
évidemment, pour nous, à 54.11.1, là, pour ceux qui suivent ça, c'est tout à
fait correct, mais on se disait, en quelque part : Quel est l'oubli,
qu'est-ce qui arrive, est-ce qu'il y a une sanction si la personne ne le fait
pas, si elle omet des endroits où elle aurait moins envie d'en parler? Ça,
c'était un peu un questionnement. Et l'autre question, c'est : À quel type
de déclaration on fait... dont on parle ici, à laquelle on fait allusion?
Est-ce qu'un CV, c'est suffisant, ou on veut aller plus loin, dans quelque
chose qui est un peu plus standardisé, dans ces cas-là? Alors, c'est plus des
questions à ce moment-ci.
Et évidemment, comme
beaucoup de nos collègues, on l'imagine, là, parce que vous avez passé la
journée en commission, on voulait dire : Il n'y a pas juste des... du
personnel qui est là à temps plein dans nos écoles. On a beaucoup de postes qui
viennent prêter main-forte souvent, justement, et c'est pour ça que Tania est
là, à la vie scolaire, des entraîneurs sportifs, des animateurs, et ainsi de
suite, et ces gens-là, bien, souvent, ils ne viennent pas d'un autre milieu
scolaire. Ils viennent peut-être de l'école de danse du coin, ou de karaté, ou
ainsi de suite. Et là ce qu'on remarquait, c'est qu'il y a un petit... il y a
un trou, là. Il y a un angle mort à cette loi-là. Jusqu'où on peut aller? Il y
avait un pas de fait. Maintenant, jusqu'où on peut aller là-dedans, où est-ce
qu'on... où est-ce qu'on réalise qu'on a cet angle mort là, puis on travaille
autrement? Donc, évidemment, la question, c'était : Est-ce que c'est
suffisant, est-ce qu'on doit aller plus loin?
Dans le cadre de
l'article 54.11.3, qui concerne la déclaration de la personne, on va dire,
soupçonnée et de la communication entre les
écoles, encore là, on se demandait si une notion de temps, de délai ne serait pas
intéressante, parce qu'il faut que le... il faut que les infos circulent
à bonne vitesse quand il y a des situations comme ça, et, en n'ayant pas de
délai, on se demandait si ça n'allait pas empêcher la bonne communication des
gens.
Même chose au niveau
des outils de communication. On se pose la question : Est-ce que... on
parle-tu d'appels, on parle... Parce que, là, avec, évidemment, le projet de
loi n° 25 sur les renseignements personnels, toute notre vie a été un peu plus compliquée, là,
dans... depuis... depuis quelque temps. Alors, à cet égard-là, on se demandait
quels types ou quels outils de communication on s'attendait... Et, en fait,
c'est ça, encore une fois, est-ce qu'il y a une sanction prévue si la
déclaration n'est pas faite complètement par la personne visée?
En 54.11.4, où on
parle du rôle du ministre, du PNE, et tout ça, là, il y a la police, il y a la
DPJ. Il commence à y avoir pas mal de monde dans cet environnement-là. Nous, on
a compris, le 54.11.4, qu'il s'adressait seulement aux enseignants pour une
déclaration au ministre relevant de la nature du brevet ou de la délivrance du
brevet. On s'est dit : Si, ici, il ne cible que les enseignants et que la
communication est au ministre, c'est probablement dans le cadre du brevet. Et
ce n'est peut-être pas ça, vous nous le direz, mais nous, évidemment, on est en
faveur de déclarer tout personnel, du
premier au dernier, là. Mais, s'il y a lieu et s'il faut faire cette
déclaration supplémentaire là, ce qu'on a de besoin, c'est des outils et
des balises, d'être très clair de qui on appelle quand, parce qu'en bas, sur le
plancher, à un moment donné, ça vient un peu mêlé, donc, quels outils utiliser,
et bien clarifier les rôles des uns et des autres.
54.11.5, pour nous, a
été une surprise, mais elle est une belle surprise. On pense que c'est une
mesure-phare. De venir bousculer les clauses
d'amnistie dans les conventions collectives, dans les cas qui nous occupent
ici, on pense que c'est certainement
une bonne idée. Maintenant, notre question, c'est : Est-ce vraiment ça,
est-ce que le législateur veut aller jusque-là dans les modifications?
Et, encore une fois, dans les cas où l'information est recueillie, combien de
temps il faudra recueillir ça et conserver l'information au dossier?
Donc, c'est... il y
a... On a beaucoup de questions, plus que de recommandations, parce que nous,
ce qui... On va faire ce qu'il faut faire pour protéger les enfants. C'est plus
que les enfants, c'est nos écoles, c'est le personnel. Quand il y a des situations, ça se répercute sur l'ensemble des familles
qui sont impliquées et le personnel qui travaille dans nos écoles.
Et, en conclusion, on
va réitérer encore une fois ici, ce qu'on fait depuis des décennies,
d'ailleurs, que la fédération s'est toujours prononcée en faveur d'un ordre des
enseignantes et des enseignants. On va le refaire ici. On pense que c'est un cadre où, dans ce cas-là, on
aurait pu travailler dans le bon sens et qu'un jour peut-être qu'on y arrivera.
Et, en terminant,
bien, comme vous voyez, on est pour ce projet de loi là. On voudrait juste
avoir des clarifications, des balises très claires, différencier, là, qu'est-ce
qui relève du ministre, du PNE, et ainsi de suite. Et nous, on n'est pas là pour mettre des bâtons dans les roues à ce projet
de loi. On va vous suivre. Alors, voilà, j'ai complété ma présentation,
et on attend vos questions. On y répondra probablement, là, selon notre champ
d'expertise. Merci.
La
Présidente (Mme Dionne) : Merci beaucoup, Mme Brousseau, pour cet exposé.
Donc, nous allons débuter la période d'échange. M. le ministre, c'est à
vous la parole.
M. Drainville : Oui.
Bonjour à vous quatre. Merci, Mme Brousseau, pour la présentation. Je ne vais
pas nécessairement répondre à toutes
vos interrogations, mais je vais essayer de répondre à un maximum
d'interrogations que vous... que vous avez portées à notre... à notre
attention.
• (18 h 50) •
D'abord, quand vous
dites : Sur les clauses d'amnistie, voulez-vous vraiment aller là?, la
réponse, c'est oui, oui, oui, OK? Il n'y a
aucune ambiguïté possible. Il n'y a pas de limite de temps. C'est voulu. Il n'y
a pas de limite de temps, et c'est voulu.
Quand vous
dites : Quelle est la sanction face à une déclaration incomplète?, bien
là, je ne suis pas avocat spécialisé en droit du travail, mais ma compréhension
du droit du travail, c'est qu'une déclaration mensongère à l'embauche peut être
une cause de congédiement. Donc, pour moi, quelqu'un qui se fait embaucher sous
de fausses représentations ne peut pas, comment dire, clamer qu'il a le droit
ou qu'elle a le droit de garder son emploi. Elle n'aurait pas dû l'obtenir
d'emblée si elle avait dit la vérité. Alors, je ne vois pas comment est-ce
qu'elle pourrait dire qu'elle pourrait le garder ou qu'elle devrait le garder
après avoir menti sur ladite déclaration.
L'autre chose que
vous avez soulevée... J'essaie de me... Alors, sur le... sur le code d'éthique,
on est conscients du fait qu'il va falloir, comment dire, fournir un code d'éthique
type qui est suffisamment détaillé pour assurer
une certaine uniformité à travers le réseau scolaire. On ne veut pas non plus,
si vous me permettez l'expression, tout canner, là. On ne veut pas non
plus que ce soit un code d'éthique qui soit le même, exactement le même, pour
tout le monde. Donc, on aura une bonne base, une bonne mouture qui va inclure
des éléments importants, mais on va laisser une souplesse pour que les
établissements puissent y apporter leur couleur respective.
Quand vous me posez
la question à propos de la déclaration, à quel type de déclaration le
législateur fait-il allusion, ça peut être une déclaration qui est similaire à
celle qui est utilisée dans le cadre de la vérification des antécédents
judiciaires. Donc, je pense que ça répond en partie à votre question.
Quand vous parliez de
54.11.4, c'est effectivement le régime qui est prévu pour l'enquête sur un
enseignant ou une enseignante, qui peut mener éventuellement à la suspension du
brevet ou à la révocation du brevet. Donc, on parle
bien de cette procédure-là. D'ailleurs, je ne sais pas si vous la connaissez.
Spontanément, c'est... pour les écoles publiques,
c'est le... c'est l'article 26. Est-ce que vous connaissez... Est-ce que
vous savez, de mémoire, quel est l'article qui est le pendant du 26,
mais pour les écoles privées? Avez-vous ça? Est-ce qu'il y a un de vous quatre
qui a la réponse spontanément? Je vois...
M. Malette
(Philippe) : Bien, si je comprends bien, M. Drainville... M. le
ministre, c'est 54... toute la portion de
l'article 54 et suivants font référence aux antécédents judiciaires, à
toute la validation des antécédents judiciaires, puis, si jamais il y a
une problématique, bien, tout le contexte, c'est un copier-coller du secteur
public.
M. Drainville :
C'est bien ça? C'est le... c'est les dispositions qui prévoient qu'en vertu
d'une plainte...
Une voix : ...
M.
Drainville : OK. C'est 26 pour tout le monde. Très bien. OK. Je ne
sais pas... J'ai répondu à certaines de vos questions, là. Je ne sais pas s'il
y en a une particulièrement importante sur laquelle vous souhaiteriez revenir.
Est-ce qu'il y aura prescription de temps pour conserver l'information aux
dossiers? J'ai répondu. Non, il n'y aura pas
de prescription de temps ou, en tout cas, il n'y en a pas de prévue
actuellement, et je n'ai pas entendu d'argument, là, qui me ferait changer d'idée. Maintenant, parfois, la nuit porte
conseil puis... Mais, en tout cas, je peux vous dire que, pour le moment, je
n'ai pas de... je n'ai pas de... comment dire, d'inclinaison à aller vers une
prescription de temps.
M. As
selin : ...
M.
Drainville : Bien sûr, Mario.
M. Asselin : J'ai
travaillé avec Nancy pendant un bout de temps, du temps où j'étais directeur
d'école. Je vous transmets mes salutations. Est-ce que les explications de M.
le ministre vous satisfont, chère Nancy?
Mme Brousseau
(Nancy) : Bonjour, Mario. Oui. En fait, c'est... Il a répondu à
plusieurs de nos interrogations, oui, tout à fait. Puis, encore une fois, là,
je veux juste réitérer, là, c'est la question... c'est la question... la
question... En fait, non, c'est une recommandation. C'est la recommandation qui
dit de bien clarifier les rôles des uns et des autres, à savoir qui on va
appeler quand, là. Moi, j'anticipe qu'après ça le monde vont tous appeler à la
fédération pour nous dire : Il nous arrive telle chose, qui on appelle?
Parce que le PNE, c'est nouveau pour nous depuis le début de l'année, bien,
pour tout le monde, puis on est en train de bien s'habituer avec ça.
M. Asselin : ...national
de l'élève, le PNE, oui.
Mme Brousseau
(Nancy) : Oui, c'est ça, le... Oui, c'est ça, puis, bien, il faut
juste savoir, là, qui... à qui communiquer quoi.
M. Drainville :
Oui. On pourra... Mme Brousseau,
la sous-ministre, Stéphanie Vachon, qui est juste à ma gauche ici, me
souffle à l'oreille que, dans le cadre des échanges que vous aurez dans le
cadre des documents administratifs qui sont... qui sont échangés et qui sont
produits, on pourra s'assurer, justement, que les processus sont clairs. Puis
les situations qui amènent quelqu'un, par exemple, à se tourner vers le
ministre ou les situations qui pourraient amener quelqu'un à se tourner plutôt
vers le Protecteur national de l'élève, ce genre de situations là pourra être
clarifié pour, justement, éviter la confusion, là. Je pense qu'il y a moyen de
clarifier ça.
Mme Brousseau
(Nancy) : Parfait.
M.
Drainville : Je ne sais pas s'il y a des collègues qui ont des
questions. Moi, ça me va, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Dionne) : Merci
beaucoup pour ces échanges. Donc, nous allons céder la... Je vais céder
la parole à Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy : Merci
beaucoup. Merci beaucoup pour votre participation avec nous.
J'aimerais commencer
avec tout ce qui est la vérification des antécédents, parce que, présentement,
il y a un autre projet de loi où est-ce qu'on voit qu'en service de garde on
vérifie les clauses d'empêchement, qui ratissent beaucoup plus large, et ça
permet aussi de vérifier... Même si, par exemple, vous avez eu ce qu'on appelle
un pardon, ça reste quand même... Lorsqu'il est question de personnes
vulnérables, bien, à ce moment-là, le corps de police va dire : Bien, il y a quand même un empêchement
parce que vous êtes avec des élèves qui sont considérés des personnes
vulnérables. Et là ce serait notifié au centre de services scolaire et, par exemple,
dans votre cas, aux établissements privés.
Est-ce que vous, vous voyez ça d'un bon oeil d'aller aussi loin que d'ajouter
«clause d'empêchement», qui ratisse plus qu'«antécédents judiciaires»?
Parce qu'antécédents judiciaires vous comprendrez qu'il faut que j'aie une
condamnation à la fin, fin, fin.
M. Mayer
(Stéphane) : Bien, si je peux... comme directeur d'école, si je peux
me prononcer là-dessus, c'est certain que plus on a d'informations qui nous
permettraient de protéger nos jeunes, nos élèves, bien, on dira... on ne dira jamais non à ça. Je pense que ces clauses
d'empêchement là, ce serait une donnée supplémentaire et pertinente qui
nous permettrait de protéger davantage nos jeunes.
Mme Rizqy : Tantôt,
vous l'avez mentionné, Mme Brousseau, il peut y avoir autant de guides que
d'écoles. Justement, dans l'autre projet de
loi, la vérification des antécédents, c'est statutaire. Donc, c'est dans la loi
et c'est indiqué clairement : C'est aux trois ans, ça doit être
vérifié, et même la période de renouvellement est indiquée, à partir de quand
l'employé a l'obligation d'entamer ses démarches. Alors, est-ce que vous seriez
à l'aise qu'il y ait dépôt d'un amendement pour que ce soit prévu dans le
guide, que ce soit statutaire dans la loi?
Mme Brousseau
(Nancy) : Je vais laisser notre CRHA parler de ça.
M. Malette
(Philippe) : Merci, Nancy. Mme la députée de Saint-Laurent, je vois
d'un très bon oeil d'avoir ça, parce que, souvent, on se fait poser la question :
Pourquoi il n'y a pas ce délai de renouvellement là? C'est sûr que, si on veut... Puis je vais dans le même
sens... dans le même sens que Stéphane. Si on veut protéger nos élèves le plus
possible, tu sais, pourquoi on le fait simplement à l'embauche, puis qu'il n'y
a pas un renouvellement? Trois ans, cinq
ans, le délai sera à discuter, mais je pense que c'est une très bonne position
d'avoir la loi qui nous prescrit d'avoir un renouvellement en un certain
délai, là.
Mme Rizqy : Puis,
dans votre mémoire... Mon collègue le député de Marquette en parlait ce matin,
de couvrir aussi le sport, puis il me
disait : Marwah, écoute, ce n'est pas compliqué, là, dans toutes les
écoles privées, il y a du sport, il y a du sport-études. C'est vraiment
quand même un gros morceau puis c'est clairement indiqué dans votre mémoire qu'il faudrait aussi couvrir les
entraîneurs d'équipes sportives, les responsables d'activités parascolaires,
les techniciens en informatique. «Les personnes embauchées — là,
je lis, évidemment, votre mémoire, là — ont exercé ou exercent leurs
fonctions ailleurs que dans un établissement privé ou un centre de services
scolaire régi par la présente loi.»
Alors, pour vous,
c'est clair qu'il faut qu'on ratisse plus que seulement le personnel scolaire
qui est dans votre établissement, mais aussi ceux qui participent puis que...
parce que ce sont vos élèves, et puis évidemment il faut s'assurer de la plus
grande protection. J'imagine que c'est pour cela que vous en faites la recommandation,
là.
• (19 heures) •
Mme Brousseau
(Nancy) : Bien oui, parce qu'on se rend compte qu'il y a un angle
mort, là, dans la loi. Parce qu'on peut bien, entre nous, entre établissements
et centres de services scolaires, échanger cette information-là, on peut bien
demander à quelqu'un de nous faire son CV en n'omettant rien des établissements
qui sont régis par la loi, mais, s'il
travaille ailleurs... Puis nous... Vous le disiez tout à l'heure, là, Mme la
députée, il y a une vie en dehors juste des moments de classe. Ça peut
être du sport, mais ça peut être des activités culturelles. Bref, tous les gens
qui viennent nous donner... prêter main-forte, là, pour faire de l'école de...
qu'il y ait l'école, bien là, on s'aperçoit qu'on a un petit angle mort, là, dans
ce cas-là.
Maintenant,
jusqu'où aller? J'entendais ma collègue Caroline tout à l'heure, Caroline
Dupré, là, de la fédération des
centres de services scolaires, parler d'inclure les associations sportives dans
le projet de loi. Bien, nous, on le disait tout à l'heure, mon collègue
Stéphane Mayer le disait tout à l'heure, plus on a d'information, plus on met
de remparts pour protéger les élèves. On va toujours être en faveur. Il faut
prendre la voix des élèves, là, c'est clair.
Mme Rizqy :
Nous partageons la même position que vous. Puis j'ajoute aussi... Tantôt,
on a eu toute la question au niveau du partage de renseignements. Donc, prenons
un exemple concret. Si on a un membre du personnel scolaire dans le réseau
public qui le sait, là, il sent la soupe, elle est un petit peu chaude, décide
de démissionner, applique chez vous, je pense que vous apprécierez de recevoir
l'information qu'il y a une enquête qui a
débuté, qui n'a pas continué. Puis nous, on fera les vérifications, évidemment,
avec l'équipe légale si, oui ou non, on peut continuer une enquête alors
qu'il n'y a plus de lien de subordination entre le centre de services scolaire
et l'employé en question qui a démissionné.
Mais il me semble que
c'est très important de s'assurer qu'il y ait les pare-feux nécessaires pour
que vous, avant une embauche, vous soyez en
mesure de dire : Un instant, j'ai des questions davantage à poser. Puis,
au moment de faire, justement... J'imagine que ça va être
M. Malette qui va me parler au niveau des ressources humaines. Quand vous faite une entrevue, puis vous posez des
questions qui sont délicates, puis que vous n'êtes pas satisfaits des réponses,
puis que vous voyez qu'il y a des faux-fuyants dans les réponses, que ce n'est
pas trop clair, puis qu'il est parti en plein milieu de l'année, puis on ne
comprend pas trop pourquoi, bien, à ce moment-là, ça se peut que vous vous dites : Bien, écoutez, je n'ai pas une
enquête qui est terminée, mais j'ai suffisamment d'éléments qui m'ont été
transmis par le centre de services scolaire, et les réponses ne sont pas
satisfaisantes pour venir vraiment évacuer une question. Par exemple, dans un
cas de violence à caractère sexuel, vous allez tirer vous-mêmes les conclusions
nécessaires de peut-être faire preuve de plus de prudence et de ne pas passer à
l'embauche. Est-ce que ce serait ça, comme... Est-ce que c'est comme ça que je
l'interprète, qu'est-ce que vous aimeriez faire comme outils?
M. Mayer
(Stéphane) : Oui...
M. Malette
(Philippe) : Bien, je vais me permettre de... OK. Vas-y, Stéphane,
vas-y.
M. Mayer (Stéphane) : Bien,
une des difficultés que je vois de notre côté, au niveau des écoles privées,
nous sommes des entités indépendantes les unes des autres, là. Par exemple, si
j'avais à sévir envers un membre du personnel ou un enseignant en remettant une
mesure disciplinaire, par exemple, et que la personne concernée,
éventuellement, décide... sent la soupe chaude dans mon milieu parce qu'il y a
des trucs qui s'accumulent, et ce sont des trucs qui peuvent toucher à
la sécurité physique ou psychologique d'un élève, ça devient difficile pour
nous d'assurer le suivi.
Et c'est là, la
difficulté, je vous dirais, là. Si l'enseignant ou le membre du personnel
quittait l'école, change de milieu complètement, à qui on transmet
l'information? On ne le sait pas, où il s'en va nécessairement. Dans un centre
de services scolaire, un enseignant peut changer... passer d'une école à
l'autre. Le centre de services scolaire est
au courant que l'enseignant a navigué dans le centre de services. Mais, chez
nous, ce n'est pas évident de le savoir.
Par exemple, un
membre du personnel qui fait une gaffe majeure chez nous, qui s'en va dans un
centre de services scolaire parce qu'il veut éviter les problèmes dans notre
réseau, comment on fait pour transmettre l'information au centre de services
scolaire? Là, il y a un enjeu, selon nous, de communication, de transmission de
l'information. Est-ce qu'il va y avoir un canal qui va nous permettre de se
transmettre cette information-là pour protéger
les jeunes, autant du secteur privé que du secteur public, là, protéger tous
les jeunes au Québec? Comment on va faire pour transmettre cette
information-là? Là, il y a une précision à apporter.
Mme Rizqy :
Puis est-ce que vous avez peut-être une piste de solution sur la précision
à apporter ou... Bien, sinon, nous, écoutez, on commence nos travaux puis on va
être quelques semaines ensemble, le ministre et moi, là. Bien, si jamais vous n'avez pas la réponse à
brûle-pourpoint, gênez-vous pas de transmettre à la commission, peut-être, des
pistes de réflexion sur comment on peut s'assurer légalement de couvrir tous
les aspects puis évidemment de respecter aussi le caractère privé. Puis
nous autres aussi, de notre côté, on va faire d'autres démarches pour s'assurer
que légalement tout fonctionne, là, pour ne pas que tout le monde se retrouve
devant les tribunaux plus tard, une fois le projet de loi adopté, là.
M. Mayer
(Stéphane) : Effectivement, parce que nos enseignants sont les
enseignants du public et vice versa, là. Il y a des... Il y a beaucoup de
chevauchements entre le réseau public et le réseau privé. Les enseignants transigent, là, d'un réseau à l'autre. Donc, il
faut trouver une façon de communiquer entre les deux réseaux, là, s'il y a des
individus qui peuvent compromettre la sécurité des jeunes.
Mme Rizqy :
Puis, en matière de mesures de représailles, vous parlez dans votre
mémoire... J'aimerais savoir, est-ce que ce ne serait pas plutôt des mesures de
protection contre les représailles qui devraient avoir lieu? Parce que vous,
vous marquez, à la recommandation 12 : «Prévoir un mécanisme de
protection de l'identité de l'auteur», mais là, si, par exemple, on protège
l'identité de l'auteur dans certaines écoles, par exemple, privées, là, ce
n'est pas toutes des grandes écoles, là, il y en a qui ont un caractère, même,
de petite école, et c'est leur valeur ajoutée de petite classe, petite école,
et rapidement, même si on ne divulgue pas le nom du lanceur d'alerte dans cette
école, on peut identifier, là. On va
dire : OK, j'ai entendu sur mon étage, on est au troisième étage, on est
quatre profs au troisième étage. Moi, je pense que, oui, protéger
l'identité, mais c'est surtout aussi de s'assurer qu'il n'y ait pas de
représailles par la suite qui soit émises, même chose pour la direction
d'école.
M. Mayer (Stéphane) : Tout à fait.
Tout à fait, oui. Un peu comme le prévoit la Loi sur le protecteur national de
l'élève, qui protège contre les éventuelles représailles. Je pense
qu'effectivement ça tombe sous le sens que les... ce type de représailles là
doivent être protégées par ce projet de loi.
Mme
Rizqy : Puis j'imagine que ça couvre aussi, par exemple, les
directions d'école.
M. Mayer
(Stéphane) : Tout à fait.
Mme Rizqy : Parfait.
Mme Brousseau
(Nancy) : On l'espère, oui.
Mme Rizqy : Oui, oui. Bien oui, parce que, des fois... des
fois, c'est vous qui avez le devoir de le faire. C'est vous qui allez
voir une situation ou que le parent va venir à votre bureau en parler. Alors,
c'est... Ça risque d'être très souvent plus à votre bureau que la première
dénonciation risque d'avoir lieu.
En terminant, on ne
parle pas vraiment à proprement parler dans le projet loi de violence sexuelle.
On ne le nomme pas, mais c'est l'objectif du projet de loi, vous conviendrez.
J'aimerais savoir : Est-ce qu'on devrait aussi couvrir ce qui se passe
dans les réseaux sociaux? Parce que, dans certaines écoles, réseaux sociaux
n'est pas dans l'école, même si ça vise les élèves de l'école, mais vous
devez... Vos enseignants, votre personnel, là, va être pris à gérer quand même
ces cas-là parce que l'intimidation va avoir lieu à l'école puis que les
élèves, malheureusement, ne savent pas
nécessairement qu'ils sont quand même pris avec, par exemple, du matériel de
pornographie juvénile puis de la
redistribution lorsqu'ils le partagent entre eux, là. Alors, j'imagine que vous
êtes d'accord à ce qu'on l'inclurait, nous autres aussi, pour s'assurer
que tout soit couvert, mais aussi la violence entre les élèves, là.
Mme Genzardi
(Tania) : Oui, bien, Mme Rizqy, si je peux me permettre, bien,
oui, tout à fait, c'est sûr qu'on est favorables dans ce sens-là. Puis on a
déjà beaucoup de mesures mises en place, là, avec les partenariats, avec le
sexto, entre autres, là, les corps policiers. Donc, toutes les écoles sont formées
à ce niveau-là. Donc, ça va de soi que les écoles le gèrent déjà, donc, oui,
c'est sûr.
Puis, peut-être me
permettre, tantôt, vous demandiez des idées, là, entre le public puis le privé,
là, le point commun que toutes les écoles ont, c'est le Protecteur national de
l'élève. Donc, tu sais, je ne veux pas donner un chapeau et un travail
additionnel, là, mais c'est sûr que, quand on parle de plaintes, de violence à
caractère sexuel, on est déjà en train de fonctionner avec lui. Si on pouvait
jumeler ça quelque part dans ce sens-là, là, ce serait bien.
Mme Rizqy : Pour
qu'il puisse chapeauter le tout, là.
Mme Genzardi
(Tania) : Oui.
Mme
Rizqy : Parfait. Oui, ça a
été mentionné aussi dans différents groupes que ça pourrait être la grande
porte d'entrée, le Protecteur
national de l'élève, et évidemment,
lorsque c'est requis, qu'il fasse le lien avec le ministre de
l'Éducation pour que lui puisse agir en vertu de sa propre loi, la loi...
l'article 26 de la Loi sur l'instruction publique, et, le cas échéant, lorsque requis, retirer un brevet d'enseignant, là.
Donc, ça, ça reste toujours la prérogative uniquement du ministre et non
pas du Protecteur national de l'élève. Mais effectivement je pense que ça
pourrait être de bon augure qu'on ait une
grande porte pour tous, puis après ça faire le pont avec le ministre entre le
Protecteur national de l'élève. Je pense que je n'ai plus de temps, mais
merci énormément pour vos lumières ce soir.
La Présidente (Mme
Dionne) : Merci, Mme la députée. Je cède maintenant la parole à Mme la
députée de Mercier. Vous disposez de quatre minutes.
Mme Ghazal : Bien, merci. Merci
beaucoup pour votre présentation puis votre présence ici, virtuelle, parmi
nous.
Première question que
j'ai, évidemment, comme députée de Québec solidaire, je me dois de vous la
poser : Que pensez-vous de l'école à
trois vitesses? Bien non, c'est une blague. C'est un autre sujet. Je suis hors
sujet. On est dans le dernier... dans le dernier droit.
J'ai une question par
rapport... Tu sais, des cas d'agression sexuelle, il y en a eu partout, dans
toutes les... plusieurs écoles, notamment
aussi dans les écoles privées, évidemment, malheureusement. Vous êtes au
courant de ça. Je voulais savoir si vous avez eu une réflexion par
rapport au fait qu'il y ait une loi-cadre spécifiquement pour les agressions
sexuelles. Vous avez sûrement suivi les groupes, là, qui le demandent dans
l'espace public. Vous, est-ce que vous avez eu une réflexion là-dessus?
• (19 h 10) •
Mme Brousseau
(Nancy) : On a reçu les jeunes de la... Je ne veux pas me tromper de
nom. C'est La Voix des jeunes compte. Alors, on les a reçus ici, à la
fédération. En fait, ce n'est pas moi, personnellement, qui les ai reçus, mais
des gens dans notre équipe. Ils nous ont déposé des éléments qu'on regardait.
Certains nous semblaient aller... bien, enfin, les écrits qu'ils nous avaient
remis, ce n'était peut-être pas du tout la loi-cadre, là, dont vous parlez,
dont vous... à laquelle vous faites allusion, mais il y avait des choses qui
nous semblaient aller un peu loin. La loi-cadre qui a... qui est en
application, je pense, déjà, là, en enseignement supérieur, au collégial, à l'université...
Mme Ghazal : Oui,
exactement, oui.
Mme Brousseau (Nancy) : C'est ça.
Nous, on n'en a pas pris connaissance, alors je serais vraiment mal placée pour
vous dire : Est-ce que c'est mieux, ce n'est pas mieux? C'est-tu... C'est
quoi qui est plus par rapport à ce qu'on est en train de
mettre là sur pied? Qu'est-ce qui... Qu'est-ce qui encadrerait, justement,
encore davantage? Enfin, je pense, vous les recevez demain, ces gens-là, et
eux, ils doivent bien comprendre la différence entre ce qui est proposé et ce
qu'eux, ils proposent, mais moi, je suis désolée, je ne serai pas la meilleure
personne, là, pour faire l'analyse.
Mme Ghazal : Non, je comprends.
Bien, c'est ça, il n'y a aucun problème. Je voulais savoir si vous aviez eu une
réflexion là-dessus ou si vous vous êtes penchés là-dessus. Je sais que le
ministre, lui, il va passer... il passe maintenant par cette loi-là. Donc, vous
vous penchez sur la loi qui est devant vous, le projet de loi qui est devant
vous. Je comprends ça.
Puis est-ce que, de ce que... des discussions
que vous avez eues... Est-ce qu'il y a des questions que vous avez encore par
rapport au projet de loi là? Est-ce qu'il y a comme d'autres questions que vous
avez? Parce que vous avez dit qu'il y a beaucoup, beaucoup de questions.
Peut-être, le ministre en a répondu, à quelques-unes, mais est-ce qu'il y a des
éléments qui vous inquiètent encore après la discussion qu'on a maintenant?
Mme Brousseau (Nancy) : Bien, qui
nous inquiètent, non. Nous, de toute façon, on va mettre en... on va mettre en vigueur, là, puis on va aider nos écoles
à le faire aussi quand on aura les encadrements, puis tout ça. Je veux
dire, pour... C'est comme n'importe quoi d'autre, là. On va... on va faire en
sorte que...
Mme Ghazal : Vous allez attendre que
les choses soient précisées.
Mme
Brousseau (Nancy) : Bien sûr, oui, puis, si on a des questions à
poser, on a une excellente collaboration à l'intérieur même de
l'administration, là, au ministère. Donc, je suis sûre qu'on va être bien
encadrés.
Mme Ghazal : Puis, par rapport au
Protecteur national de l'élève, qui a commencé son mandat il y a quelque temps,
est-ce qu'il y a une bonne connaissance de ce qu'il fait? Est-ce que les gens
qui travaillent dans les écoles... Le
personnel, les enseignants, est-ce que vous avez... les élèves, est-ce qu'il y
a... les gens le connaissent bien? Est-ce qu'il y a une bonne
connaissance, par exemple, s'il y a des plaintes, et tout ça? Est-ce que c'est
quelque chose que vous évaluez?
M. Mayer (Stéphane) : Bien, sur le
plancher des vaches, dans les écoles, on a une obligation de publiciser le
protecteur national des élèves, son service, ce qu'il fait. C'est... On débute,
tout de même, là. Il faut être conscients que
le protecteur national en est à sa première année. Est-ce que tout le monde le
connaît bien? Je ne serais pas prêt à aller là, à dire ça, mais on en
fait, de la publicité dans les écoles, sur nos sites Web.
Et j'aimerais peut-être ajouter quelque chose,
par contre, à votre question précédente. Un élément que je trouve
particulièrement intéressant dans la... dans le projet de loi, c'est...
comparativement à ce qui est dans la Loi sur le protecteur national de l'élève,
c'est qu'ici on doit dénoncer. Une personne qui est au courant d'un manquement
d'un enseignant, là, je ne me rappelle pas exactement de l'article en question,
mais on se doit de dénoncer, alors que dans
la loi sur le protecteur national, c'est le verbe «pouvoir», on peut faire une
plainte au Protecteur national de l'élève. Moi, je trouve... (panne de
son) ...dans le projet de loi l'obligation de dénoncer un manquement d'un
enseignant ou — puis
là il faudrait aller plus loin, là — d'un membre du personnel. M.
le ministre a expliqué tout à l'heure pourquoi c'est seulement...
La Présidente (Mme Dionne) : Merci,
M. Mayer. C'est malheureusement tout le temps qu'on avait pour ces
échanges. Merci infiniment pour votre contribution à nos travaux.
Et, compte
tenu de l'heure, bien, moi, je... j'ajourne les travaux jusqu'au
mercredi 31 janvier, après les avis touchant les travaux des
commissions. Merci à tous, et je vous souhaite une excellente soirée.
(Fin de la séance à 19 h 14)