(Quinze heures vingt-neuf minutes)
Le Président (M. Fortin) : À
l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission
de la culture et de l'éducation ouverte.
La commission est réunie pour continuer l'étude
détaillée du projet de loi n° 47, Loi visant à renforcer la protection des
élèves.
Mme la secrétaire, y a-t-il des remplacements?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. Mme Dionne (Rivière-du-Loup—Témiscouata) est remplacée par Mme Poulet (Laporte); Mme Tremblay
(Hull), par Mme Lecours (Lotbinière-Frontenac); et Mme Garceau
(Robert-Baldwin), par M. Ciccone (Marquette).
Étude détaillée (suite)
Le Président (M. Fortin) : Très
bien. Je rappelle à tout le monde qu'on étudie le projet de loi par... par sujets. On est rendus au sujet sur le code
d'éthique. Plusieurs articles ont déjà été adoptés. Lors de l'ajournement des
travaux, jeudi, on était à l'article 11 et, en fait, à l'amendement
proposé par le ministre à l'article 11 avec l'article 2.1, qui est
suspendu. Alors, nous revenons à l'amendement sur l'article 11, et, M. le
ministre, vous avez la parole.
• (15 h 30) •
M. Drainville : L'article avait
été... l'amendement avait été déposé, n'est-ce pas, M. le Président?
Le
Président (M. Fortin) : L'amendement avait effectivement été déposé. Je
crois que vous avez autre chose à nous proposer, cependant.
M.
Drainville : Sur 11, on a... attendez un peu, montrez-moi le...
Mme la secrétaire, si je peux voir le... s'il vous plaît, l'amendement
qui avait été lu.
(Consultation)
Le Président (M. Fortin) : Vous
aviez lu un amendement pour remplacer l'article 11, M. le ministre.
M. Drainville : C'est
ça. Alors, je vais le relire, là, pour qu'on se remette un peu dans le bain,
là. Article 11, donc, article 65.2 de la Loi sur
l'enseignement privé :
Remplacer l'article 11 du projet de loi par
le suivant :
11. L'article 65.2 de cette loi est
modifié :
1° par l'insertion, dans le deuxième alinéa et après
«mineurs», de «ou handicapés» partout où cela se trouve; et
2° par l'ajout, à la fin, de l'alinéa
suivant :
«L'entente doit être accompagnée du code
d'éthique visé à l'article 54.0.1 et prévoir que toute personne appelée à
oeuvrer auprès d'élèves mineurs ou handicapés ou à être en contact avec eux
s'engage à le respecter.»
Donc, cet amendement... Commentaire. Donc, cet
amendement propose d'élargir la portée du code d'éthique dans le contexte
d'ententes pour la prestation de services autres que des services éducatifs
pour qu'il s'applique également aux personnes appelées à oeuvrer auprès
d'élèves handicapés.
Le
Président (M. Fortin) : ...un instant, M. le ministre. Ce que vous venez
de lire, ce n'est pas l'amendement qui est devant nous en ce moment. Si vous
voulez présenter cet amendement-là, je vous suggérerais de retirer l'amendement qui est devant nous et qui est présenté en ce moment. S'il y a
consensus ou s'il y a... si tout le monde est d'accord, on peut retirer
l'amendement qui est là et présenter celui que le ministre vient de lire au
micro.
M. Drainville : Alors, on va le
retirer, effectivement.
Le Président (M. Fortin) : Oui.
Consentement? Merci. Consentement pour retirer l'article.
Alors, maintenant, M. le ministre, vous avez...
je considère que vous avez déjà lu l'amendement. Donc, présentez le nouvel...
la nouvelle version de l'amendement...
M. Drainville : Très bien.
Le Président (M. Fortin) : ...pour
lequel nous sommes prêts à recevoir questions ou commentaires.
M. Ciccone : Oui.
Juste... Merci beaucoup, M. le Président. Est-ce qu'on peut le monter un peu?
Ce que je constate, là, c'est que vous avez retiré l'amendement puis vous avez
enlevé «régulièrement en contact». Je pense que ma collègue vous l'avait
mentionné.
M. Drainville :
Exactement. Exactement.
M. Ciccone : Parfait. Ça fait que c'est... c'est «être en contact». Et
vous avez les mots... Est-ce que tout ce qui
a été... Est-ce que c'était seulement ce... Pardonnez mon... mon ignorance, là.
J'arrive. Au niveau du «régulièrement en contact», est-ce que c'est
seulement à cet endroit-là que...
M. Drainville :
On va devoir déposer un autre amendement plus tard.
M. Ciccone : Ça fait que tous les enlever, les «régulièrement»?
M. Drainville :
Oui, incessamment, d'ailleurs, à l'article 2, et on enlèvera, à ce
moment-là, à nouveau le mot «régulièrement».
M. Ciccone : Parfait. Merci beaucoup, M. le ministre.
M. Drainville :
Très bien. Je souhaite la bienvenue... D'abord, je vous salue, M. le
Président. Merci d'être là. Je salue les collègues, évidemment. Merci beaucoup
d'être là. Mme la députée de Mercier. Et puis je salue le député de Marquette
qui prend la relève de la députée de Saint-Laurent, M. le Président. Et je le
salue, je salue le collègue.
M.
Ciccone : Merci.
M.
Drainville : Bien heureux de travailler avec lui pour les prochaines
heures. Alors, voilà.
Effectivement, M. le
Président, c'était le but de l'amendement. En fait, c'était le but de la
formule amendée. Voilà. Oui.
Le Président
(M. Fortin) : Très bien. Merci. Merci, M. le ministre. Est-ce
qu'il y a d'autres questions ou commentaires sur l'amendement à
l'article 11? Est-ce que l'amendement à l'article 11 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Fortin) : Adopté... ou commentaires sur l'article 11 amendé?
Est-ce que l'article 11 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président
(M. Fortin) : Adopté. Alors, le prochain article est le 10.2. M.
le ministre.
M. Drainville :
Alors, 10.2...
Des voix :
...
M.
Drainville : ...10.2, article 63.8 de la Loi sur l'enseignement
privé.
Insérer, donc, après
l'article 10.1 du projet de loi tel qu'amendé, le suivant :
10.2.
L'article 63.8 de cette loi est modifié par l'ajout, à la fin, de la
phrase suivante : «Ce rapport doit également
faire mention, en plus des éléments que peut prescrire le ministre, du nombre
et de la nature des signalements qui ont été portés à sa connaissance
concernant tout manquement aux dispositions de son code d'éthique qui peut
raisonnablement faire craindre pour la sécurité physique ou psychologique des
élèves, du délai de traitement de ces signalements ainsi que des interventions
qui ont été faites.»
Commentaire. Cet
amendement propose d'ajouter au rapport annuel que doit produire un
établissement d'enseignement privé au ministre des éléments sur les
signalements qui ont été portés à sa connaissance concernant les manquements au code d'éthique qui peuvent
raisonnablement faire craindre pour la sécurité physique ou
psychologique des élèves.
Le Président
(M. Fortin) : Questions ou commentaires sur le 10.2? Pas de
questions ou de commentaires. Est-ce que l'article 10.2 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président
(M. Fortin) : Adopté. Le dernier article dans le bloc sur le code
d'éthique est l'article suspendu 2.1. Est-ce que vous êtes prêt, M. le
ministre, à revenir à l'article 2.1?
M. Drainville :
On va d'abord, M. le Président, déposer un amendement à l'article 2
avant de revenir à 2.1, si on a le consentement pour pouvoir le faire.
Le Président
(M. Fortin) : Consentement pour revenir à l'article 2?
Des voix :
Consentement.
Le Président (M.
Fortin) : Consentement? Très bien.
M. Drainville :
Alors, c'est justement, M. le Président, pour retrancher le mot
«régulièrement» tel que je viens de l'évoquer dans mon échange avec le député
de Marquette.
Alors,
l'article 2, article 215 de la Loi sur l'instruction publique.
Supprimer, dans
troisième alinéa de l'article 215 de la Loi sur l'instruction, proposé par
l'article 2 du projet de loi tel qu'amendé, «régulièrement».
Je pense qu'il manque
le mot... il manque le mot «publique» après... «instruction publique». Est-ce
que l'on doit reformuler ou est-ce que ce sera accepté par le secrétariat?
Le Président (M.
Fortin) : ...instant, M. le ministre. On va faire la...
Des voix : ...
Le Président (M. Fortin) : Le
secrétariat nous informe qu'on fera une correction de forme par la suite, M. le
ministre.
M.
Drainville : Merci beaucoup, M. le Président. Donc, bien, c'est...
c'est clair et ça va de soi.
Le Président (M.
Fortin) : ...commentaires?
Est-ce que
l'amendement présenté par M. le ministre à l'article 2 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Fortin) : Adopté. Est-ce que l'article 2 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Fortin) : Adopté. Article 2.1.
M.
Drainville : Voilà. Alors, on va, M. le Président, déposer un
amendement. Est-ce que l'amendement a déjà été déposé?
Des voix : ...
M.
Drainville : Très bien. Alors, M. le Président, l'article 2.1, il
a été suspendu. Et donc est-ce qu'on est en mesure de procéder avec l'adoption
de l'article 2.1?
Le Président (M.
Fortin) : Est-ce qu'il y a consentement pour rouvrir
l'article 2.1?
Des voix : Consentement.
Le Président (M.
Fortin) : Consentement.
M.
Drainville : Alors, je crois qu'il avait été lu, si je ne m'abuse.
Le Président (M.
Fortin) : Oui, tout à fait.
M.
Drainville : Alors, M. le Président, donc, juste pour que ce soit
clair, là, pour mes collègues, donc, nous sommes en train de procéder à la
rédaction d'un amendement qui va faire en sorte, donc, qu'on va procéder, après
cinq ans, à un bilan, dans le fond, de la
mise en oeuvre de la loi. Le bilan inclura les signalements qui ont été
rapportés, recensés et publiés dans les rapports annuels des centres de
services scolaires pour les cinq années, donc, précédant l'adoption... cinq années suivant l'adoption. Donc, on
aura, dans ce bilan... Au terme des cinq ans, donc, de l'adoption de la
présente loi, on aura, dans ce bilan-là, la recension des signalements par
centre de services scolaire et par année pour
les cinq années suivant l'adoption. Donc, on est en train de procéder à la
rédaction de cet amendement. Donc, si ça vous rassure, on pourrait aller
de l'avant, je pense, avec l'adoption de l'article 2.1.
• (15 h 40) •
Le
Président (M. Fortin) : Juste pour bien comprendre M. le ministre,
est-ce que ce que vous proposez, c'est de retirer l'article 2.1 ou d'y
écrire un amendement?
M.
Drainville : Non.
Le Président (M.
Fortin) : Donc, il y a un amendement à l'article 2.1, qui est
déjà un amendement?
M.
Drainville : ...procéder à l'adoption de ce... de cet article 2.1
et on déposerait un amendement plus tard, qui
va nous permettre, donc, de répondre à la préoccupation exprimée par
l'opposition. Et ce sera inclus, M. le Président, dans les dispositions
transitoires. On inclura les préoccupations exprimées par l'opposition dans les
dispositions transitoires. On prévoira, aux
dispositions transitoires, donc, un bilan au terme de la... cinq ans après
l'adoption de la loi.
Le Président (M. Fortin) : OK.
Très bien. Alors, ce n'est pas un sous-amendement, c'est un autre amendement
que vous êtes en train de préparer.
M.
Drainville : Exactement. Exactement.
Le Président (M.
Fortin) : D'accord. Est-ce qu'il y a des questions, commentaires sur
l'article 2.1 tel qu'il a été présenté par le ministre précédemment? M. le
député de Marquette.
M.
Ciccone : Merci, M. le Président. Juste
m'assurer, là. C'est un rapport de mise en oeuvre, alors, à... dans cinq ans, à
chaque cinq ans, on va revoir le projet de loi?
M.
Drainville : ...ans. Au terme des cinq premières années...
M.
Ciccone : Au terme des cinq premières
années.
M.
Drainville : ...il y a un rapport de mise en oeuvre. Continuez.
M.
Ciccone : Parfait. Et on va s'assurer de
voir les éléments que ma collègue avait demandés, là, sur les plaintes et...
d'année après année, là.
M.
Drainville : Le rapport de mise en oeuvre...
M.
Ciccone : C'est ça.
M.
Drainville : ...oui, contiendra effectivement les signalements...
M.
Ciccone : Signalements. OK.
M.
Drainville : ...année après année pendant, donc, une période
totalisant cinq ans. Et ces signalements-là seront recensés pour chacun des
centres de services scolaires.
M.
Ciccone : Ce qui ferait en sorte que ce
sera facile d'aller les trouver, si on veut...
M.
Drainville : Oui. Vous allez avoir un portrait complet par centre de
services scolaire, année après année, au terme de ces cinq ans-là.
M.
Ciccone : Parfait. Ça me va. Merci
beaucoup.
Le Président (M.
Fortin) : ...M. le député de Marquette? Est-ce qu'il y a d'autres
questions, commentaires sur le 2.1? Non? Est-ce que l'article... Est-ce que
l'amendement, article... introduisant l'article 2.1 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Fortin) : Adopté. Alors, ceci conclut le bloc sur le code d'éthique.
Le prochain bloc à
l'agenda, c'est le bloc Autorisation d'enseigner, tolérances d'engagement et
antécédents judiciaires. Et nous en sommes donc à la lecture, M. le ministre,
de l'article 1.
M. Drainville :
Merci, M. le Président. Article
1 : La Loi sur l'instruction publique (chapitre I-13.3) est modifiée
par l'insertion, après l'article 28, du suivant :
«28.1. Le ministre
peut soumettre au comité d'enquête toute situation concernant un enseignant qui
est portée à sa connaissance s'il est d'avis
que les renseignements qui sont en sa possession sont susceptibles de démontrer
une faute grave commise à l'occasion de l'exercice de ses fonctions ou
un acte dérogatoire à l'honneur ou à la dignité de la fonction enseignante.
«Ces
renseignements sont traités comme une plainte et examinés conformément aux
dispositions de la présente section, avec les adaptations nécessaires.»
Commentaire.
Cet article propose d'habiliter le ministre à soumettre au comité d'enquête
toute situation concernant un enseignant qui est portée à sa
connaissance s'il est d'avis que les renseignements qui sont en sa possession
sont susceptibles de démontrer une faute grave commise à l'occasion de
l'exercice de ses fonctions ou un acte dérogatoire à l'honneur ou à la dignité
de la fonction enseignante et prévoit que ces renseignements sont traités comme
s'il s'agissait d'une plainte formulée conformément à l'article 26 de la Loi
sur l'instruction publique.
Le Président (M. Fortin) : Questions,
commentaires? M. le député de Marquette.
M. Ciccone : Merci beaucoup, M. le Président. Je lis ici, là, M. le
ministre : «Le ministre peut soumettre au comité d'enquête toute situation...» Pourquoi «peut»? Pourquoi ne pas
dire : «Le ministre doit soumettre»? Pourquoi on a utilisé le
«peut» au lieu de «doit»? Pourquoi vos... des fois, oui, des fois, non?
Pourquoi pas, de facto, vous devez soumettre au comité d'enquête?
M.
Drainville : Bien, on me... on porte à ma connaissance ou j'ai
connaissance de renseignements qui pourraient démontrer une faute grave.
Je l'analyse, j'analyse ces informations-là, et, dépendamment des conclusions
que je tire de la valeur ou de la crédibilité de ces informations-là, à ce
moment-là, je peux. Donc, il y a un élément de discrétion qui va dépendre de
la... de l'analyse et de la... l'appréciation que je fais de ces
informations-là. Donc, on porte à ma connaissance ou sont portés à ma
connaissance des renseignements, et, à ce moment-là, j'en fais l'analyse et,
dépendamment des résultats ou des conclusions de cette analyse-là, je décide si
on peut soumettre au comité d'enquête. Mais je ne voudrais pas... On ne peut
pas présumer que, parce que j'ai eu des informations qui étaient crédibles, il
ne s'ensuit pas automatiquement que je vais les soumettre au comité d'enquête.
M. Ciccone : OK. Je croyais comprendre que c'était le travail du comité
d'analyser. Vous, vous faites une préenquête. Est-ce que vous faites une
préenquête ou c'est la job du comité d'analyser? Vous, quand ça arrive sur
votre bureau, là, il y a des... l'analyse est déjà faite, là. Puis là on
considère que, si on l'envoie à votre bureau, selon ma compréhension, c'est que
c'est quand même assez grave, là, c'est reçu.
Des voix : ...
M. Drainville : ...M. le Président.
M. Ciccone : Merci.
Le Président (M. Fortin) : Oui.
Suspension, s'il vous plaît.
(Suspension de la séance à 15 h 48)
(Reprise à 15 h 51)
Le Président (M. Fortin) : Nous
reprenons nos travaux. M. le ministre, je crois que vous aviez une réponse pour
le député de Marquette.
M. Drainville : Oui. Alors, après
une réflexion courte mais intense, M. le Président, nous allons déposer un amendement pour répondre aux préoccupations du
député de Marquette. Donc, on remplacera le «peut» par le «doit».
Évidemment, M. le Président, comme je l'ai dit
tout à l'heure, il va quand même y avoir, de la part du ministre, une analyse
qui sera faite des informations ou des renseignements qui lui seront transmis
ou qui seront en sa possession, puisque les mots «s'il est d'avis» vont
demeurer. Donc, on va quand même donner au ministre la possibilité de l'analyser,
puis c'est normal que l'on puisse apprécier la crédibilité, parce qu'on ne veut
pas s'en aller directement à un comité d'enquête dès qu'on a des informations
ou des renseignements qui sont transmis au ministre ou qui arrivent par le
ministère. Donc, l'espèce de, comment dire, marge de manoeuvre, je pense, qu'il
faut garder, qu'il faut préserver est préservée par «s'il est d'avis». Mais,
si, effectivement, il est d'avis que les renseignements pourraient démontrer
une faute grave, à ce moment-là, on va procéder au déclenchement d'un comité
d'enquête. Puis c'est le comité d'enquête qui devra statuer sur la véracité des
allégations qui sont faites.
Donc, on va suspendre l'article, M. le
Président, et puis on va procéder avec l'étude d'un nouvel article, le temps
que l'amendement est rédigé.
Le Président (M. Fortin) : Oui,
juste un instant avant de procéder. M. le député de Marquette.
M. Ciccone : Oui, merci, oui. Je veux juste... un, merci de votre
ouverture, M. le ministre, mais vous avez ajouté aussi... vous parlez de «s'il
est d'avis». Encore une fois, moi, je considère, personnellement, que c'est
vous mettre énormément de pression et de responsabilités. Je sais que vous êtes
capable d'en prendre, là, M. le ministre. Cependant, on
sait tous que, dans une... une situation comme ça, on... il peut s'y avérer
d'autres informations qui arrivent plus tard. Advenant le cas, par exemple, que
vous n'êtes pas d'avis de... vous n'êtes pas d'avis à... à donner les
renseignements qui sont en votre possession ou sont suspects de démontrer une
faute grave, puis que ça s'avère être vrai ou qu'il y a d'autres... d'autres
éléments de preuve qui arrivent, là vous êtes responsable de ça, là. C'est
beaucoup, là.
M.
Drainville : Oui, c'est un très bon point, M. le député, sauf que, si
j'ai des hésitations, je vais pouvoir, en vertu de l'article 7, désigner
une personne pour vérifier si les renseignements qui sont en ma possession sont
susceptibles de démontrer qu'un enseignant a commis une faute grave à
l'occasion de l'exercice de ses fonctions. Là, je suis en train de lire, dans le fond, l'article 7, qu'on va
étudier tout de suite après l'article 1. Et donc, si, effectivement,
j'ai des questionnements, j'ai des doutes, je m'interroge sur la crédibilité de
l'information qui m'a été transmise, qui est arrivée soit par l'entremise du
ministère ou qui m'a été transmise directement à mon cabinet... qui a été
transmise directement à mon cabinet, à ce moment-là, je vais pouvoir, en vertu de
l'article 7, nommer un vérificateur ou une vérificatrice qui va pouvoir me
permettre, dans le fond, d'avoir une deuxième opinion, si je peux dire, sur la
valeur des informations qui m'ont été transmises. Donc, ce rapport-là, le
rapport du vérificateur ou de la vérificatrice, ou l'analyse du vérificateur ou
de la vérificatrice va me permettre de compléter mon appréciation. Et puis, là,
à ce moment-là, je pourrai décider si on s'en va à un comité d'enquête ou pas.
M.
Ciccone : Avant l'écriture de votre
amendement, M. le ministre, je veux juste rebondir, là, sur ce qu'on s'était
déjà parlé. Vous saviez, au début de cette étude du projet de loi, je vous
avais remis en main propre des amendements. Quand vous... vous signalez, dans
votre... dans votre projet de loi, par exemple dans l'article 1,
concernant un enseignant, moi, j'avais fait la proposition... je n'ai pas
déposé l'amendement que je vous ai remis en main
propre, là, puis, un, merci beaucoup pour votre ouverture à ce niveau-là, mais
moi, je voulais inclure le personnel et les entraîneurs ou toute
personne appelée à oeuvrer près d'élèves. Parce que ce n'est pas juste les
enseignants dans une école, là. Oui, il y en
a qui ont cette appellation-là, mais ce n'est pas toujours des enseignants.
D'inclure les autres gens qui sont proches des élèves également, là,
parce qu'il y a du sport dans les écoles également.
M.
Drainville : Oui, les autres personnes, M. le député de Marquette, le
membre du personnel au sens large, ils sont assujettis aux dispositions sur le
code d'éthique. C'est comme ça que l'on s'assure de pouvoir, bien oui, obliger les membres du personnel non enseignant,
si je peux dire... de s'assurer, donc, que ce personnel non enseignant
soit obligé de signaler au centre de services scolaire tout manquement aux
dispositions qui pourrait faire craindre, donc, pour la sécurité physique ou
psychologique.
La raison pour
laquelle on ne peut pas utiliser l'article 1, c'est qu'il fait référence à
la procédure de l'article 26. L'article 26 de la Loi sur
l'instruction publique me permet de déclencher un comité d'enquête qui pourra
mener éventuellement à la révocation ou à la suspension du brevet. Dans les
faits, l'article 26 ne peut que toucher les enseignants, parce que seuls
les enseignants ont un brevet. Et c'est le ministre de l'Éducation qui émet les
brevets. Donc, pour pouvoir les suspendre, pour pouvoir suspendre un brevet,
pour pouvoir révoquer un brevet, l'article 26 me donne le pouvoir... donne
le pouvoir au ministre de l'Éducation de déclencher un comité d'enquête. Mais
je ne pourrais pas déclencher un comité d'enquête sur d'autres membres du
personnel parce qu'ils n'ont pas de brevet. Me suivez-vous?
M.
Ciccone : Oui, oui...
M.
Drainville : Ça fait que c'est juste... 26, c'est vraiment juste pour
les enseignants, pour le brevet. Pour les autres, ça va être par le code
d'éthique.
M.
Ciccone : OK. Ce que je comprends, c'est
qu'ils sont assujettis à un code d'éthique. Cependant, ils ne sont pas soumis à
un comité d'enquête. Mais là je vais pousser un peu la réflexion un peu plus
loin, si vous me le permettez, M. le ministre. Ça veut dire que les profs qui
sont non légalement qualifiés ne sont pas assujettis à l'article 1, parce
qu'en ce moment il y en a, des profs non qualifiés qui n'ont pas de brevet.
Même moi, j'ai porté main-forte, j'ai porté
main-forte à des écoles. Je n'ai pas de brevet d'enseignement, moi. Parce qu'il
y en a, présentement, qui n'ont pas leur... J'ai un de mes chums, là, Stéphan
Lebeau, un ancien joueur de hockey du Canadien, qui a gagné la coupe Stanley, il travaille déjà dans une école,
là. Il fait des cours d'éducation physique, il n'y a pas de brevet
d'enseignement.
M. Drainville :
Alors, lui, c'est par l'article 2 qu'on va l'obliger.
L'article 3, c'est l'article général sur tout employé, puis l'article 2, c'est une disposition qui va couvrir,
par exemple, les organismes sportifs qui ont une entente avec les
centres de services scolaires.
M.
Ciccone : ...toujours du code d'éthique,
là.
M.
Drainville : Oui.
M.
Ciccone : Ça fait qu'il n'y a pas...
M. Drainville : C'est toujours par
le code d'éthique.
M. Ciccone : Oui, mais
il n'y a pas de comité d'enquête.
M.
Drainville : Non, sauf que, s'il y a...
M.
Ciccone : Mais c'est qui qui fait ces
enquêtes-là?
M.
Drainville : C'est le centre de services scolaire, qui, recevant le
signalement ou recevant la plainte, va faire les vérifications qui s'imposent.
Mais le comité d'enquête, comme je vous dis, ça, ça touche seulement les
brevets. Parce que je n'ai que ce... je n'ai que ce pouvoir. Je ne peux pas
émettre un brevet à quelqu'un qui n'est pas légalement qualifié.
• (16 heures) •
M.
Ciccone : Je comprends. Mais l'objet,
l'objet de votre projet de loi, M. le ministre, c'est de protéger
pleinement et entièrement les élèves. Je comprends que... C'est parce qu'on ne
peut pas... on ne peut pas dire : Bien, une
catégorie de... pas d'enseignants, d'employés dans une école, c'est une chose,
la... d'autres catégories, bien, c'est... Ils sont quand même en contact
avec les élèves. Il y en a... Il y a une catégorie de personnel dans cette
école-là que c'est un code d'éthique. Les autres, c'est... c'est soumis à un
comité d'enquête. Mais comment on s'assure que ceux qui sont proches des
élèves, qui sont en contact avec des élèves également sont aussi... sont aussi
vérifiés, si vous me permettez l'expression, que les enseignants, là? Parce que
les enseignants, je pense que vous faites une bonne job, là. Mais là c'est parce qu'on dirait qu'il y a comme
un... en anglais, on dit un «loophole». Tu sais, il y en a qui sont moins...
il n'y a pas de comité d'enquête, puis c'est le service scolaire qui va s'en
occuper, puis... Ce n'est pas clair, clair, là.
M. Drainville :
Si vous regardez
l'article 3, qu'on a déjà adopté : «Le centre de services scolaire
doit se doter d'un code d'éthique applicable aux membres de son
personnel et à toute personne appelée à oeuvrer auprès d'élèves mineurs ou
handicapés ou à être en contact avec eux, selon la forme prescrite par le
ministre.» Alors, dans le cas de votre ami
Stéphan, que vous saluerez de ma part, lui, il est assujetti, donc, à
l'article 3, là, au code d'éthique, parce que ça s'applique à toute
personne qui va oeuvrer auprès d'élèves mineurs ou handicapés.
Donc, le code
d'éthique, si je continue la lecture : «...doit [...] indiquer les
pratiques et conduites attendues des personnes appelées à oeuvrer auprès des
élèves[...]. [...]ce code doit prévoir l'obligation de signaler sans délai au centre de services scolaire tout manquement aux
dispositions qu'il contient et qui [peuvent] faire craindre — donc — pour
la sécurité physique ou psychologique des élèves.»
Donc, les Stéphan
Lebeau de ce monde, qu'on salue encore une fois, vont être assujettis au code
d'éthique. Donc, les enseignants sont assujettis au code d'éthique et, en plus,
à l'article 26 parce que je peux agir par l'entremise du brevet. Mais toutes les autres personnes sont assujetties
au code d'éthique, et donc éventuellement aux sanctions qui pourront
s'appliquer s'il y a manquement au code d'éthique.
M.
Ciccone : Est-ce que...
M.
Drainville : Par ailleurs...
M.
Ciccone : Oh! pardon.
M.
Drainville : ...par ailleurs... alors ça, c'était l'article 3.
Par ailleurs, par rapport à l'article 2, un centre de services va pouvoir
conclure une entente avec un organisme sportif, et, dans ces cas-là, il va
devoir y avoir un code d'éthique à l'entente. Dans cette entente avec un
organisme sportif, il y aura inclusion d'un code d'éthique. Donc, s'il y a manquement de la part d'un employé de
l'organisme sportif, donc, qui a une entente avec le centre de services,
à ce moment-là, le centre de services va
pouvoir agir dans ce cas-là et demander éventuellement le retrait de la
personne fautive ou procéder à son congédiement, peu importe la nature de
l'entente qu'il aura à ce moment-là avec l'organisme. Donc, toutes les
personnes qui travaillent auprès des élèves sont assujetties.
M.
Ciccone : Considérez-vous que le code
d'éthique est aussi étoffé que le comité d'enquête pour les enseignants? Parce
que j'ai comme l'impression qu'il y a deux poids deux mesures là. Tu sais, je
veux dire, ce que vous amenez au niveau du
comité d'enquête... on ne peut pas s'inscrire en faux, là, c'est étoffé, c'est
solide. Maintenant, le code d'éthique, tu sais, c'est-tu aussi
performant que le futur comité d'enquête?
M.
Drainville : Bien, il va y avoir...
M. Ciccone : Considérez-vous
que c'est... ça va l'être? Allez-vous vous assurer... Parce que les services
scolaires, jusqu'à preuve du contraire, c'est toujours sous votre...
votre gouverne, là.
M. Drainville :
Le code d'éthique va être fondé
sur un code d'éthique modèle, qui va être distribué à tous les centres
de services scolaires. Il y a déjà une disposition qui est prévue à ce... à ce
niveau-là.
M.
Ciccone : Quand vous dites «modèle»,
modèle à partir de?
M.
Drainville : Bien, une espèce de... tu sais, un modèle à partir duquel
ils vont, comment dire, construire leur propre code d'éthique. Donc, le code
d'éthique modèle, qui fait l'objet, déjà, d'une disposition... ce code
d'éthique modèle là, donc, va prévoir un certain nombre de catégories, dans le
fond, pour s'assurer, justement, qu'il soit relativement uniforme à travers le
réseau puis ce sera, évidemment, possible pour les organismes scolaires d'en
ajouter. Mais il y aura un code d'éthique, bien, modèle, alors, un code
d'éthique de base, qui sera exigeant, et qui sera distribué à l'ensemble des
centres de services scolaires, et donc qui va couvrir ce qui nous apparaît être
le plus... le plus essentiel, le plus important, et donc qui doit assurer une
sécurité de base à l'ensemble de nos élèves, et puis ce sera possible pour les
centres de services scolaires, évidemment, d'en rajouter. Mais nous autres, on
va s'assurer que le code d'éthique qui va être distribué aux centres de
services scolaires soit le plus complet possible pour ratisser le plus large
possible.
M.
Ciccone : Juste pour conclure... pour
conclure, M. le ministre, ça fait que, si je comprends bien, là, si ça concerne
un enseignant, ça s'en va sur votre bureau. Si ça concerne un employé, ça
concerne un professeur qui n'a pas de brevet, mais qui travaille au même titre
qu'un enseignant auprès des jeunes, ça, vous ne le saurez jamais, ça n'ira pas
sur votre bureau. Mais comment vous allez faire pour vous assurer... Parce
qu'il y a une catégorie de personnel où ça s'en va sur votre bureau, puis une
catégorie de personnel qui font le même travail, sensiblement le même travail
que les enseignants, mais ça, ça n'ira pas sur votre bureau, ça s'en va dans un
centre de services scolaire.
M.
Drainville : M. le Président, on va suspendre deux secondes, OK?
Le Président (M.
Fortin) : Très bien, suspendons quelques instants.
(Suspension de la séance à
16 h 07)
(Reprise à 16 h 13)
Le Président (M. Fortin) : On
reprend nos travaux. Je vous rappelle qu'on est toujours sur l'article 1.
M. le député de Marquette ou M. le ministre? M. le député de Marquette,
oui.
M.
Ciccone : Oui, c'est beau. Bien, je pense
qu'on a eu notre discussion puis on... je comprends la démarche. Mais, en même
temps, je continue de dire que moi, je trouve qu'un enseignant qui... ça se
retrouve sur le bureau du ministre, soit. C'est peut-être moi qui est un petit
peu plus coercitif aussi, là. Moi, j'aimerais ça que ceux qui n'ont pas de
brevet aussi se retrouvent sur le bureau du ministre, là. Mais je comprends...
je comprends la portée, M. le Président. Merci beaucoup.
Le Président (M.
Fortin) : Très bien. Est-ce que vous avez d'autres commentaires sur
l'article 1 à ce moment-ci?
Une voix : ...
Le Président (M.
Fortin) : Est-ce que l'amendement que vous aviez... que vous étiez en
train de rédiger sur l'article 1 est prêt ou est-ce que vous voulez qu'on
passe à l'article 7 sur la toute première préoccupation, là, du député de Marquette?
(Consultation)
M.
Drainville : On va le transmettre à l'instant, M. le Président.
Le Président (M.
Fortin) : Très bien.
M.
Drainville : Donc, on peut continuer puis revenir à cet amendement-là
ou on peut prendre un instant?
Le Président (M. Fortin) : On
peut juste... on peut terminer l'article 1. Si vous voulez qu'on prenne un
instant, on va terminer l'article 1.
M.
Drainville : Oui, prenons un instant. Merci, monsieur...
Le Président (M.
Fortin) : Oui, parfait.
On va suspendre un
court instant.
(Suspension de la séance à
16 h 14)
(Reprise à 16 h 16)
Le Président (M. Fortin) : On
reprend nos travaux, désolé. M. le ministre, votre amendement est prêt?
M. Drainville : Oui.
Le Président (M. Fortin) : Si vous
êtes prêt à le lire, on est à l'écoute.
M. Drainville : Oui. Remplacer, dans
le premier alinéa de l'article 28.1 de la Loi sur l'instruction publique,
proposé par l'article 1 du projet de loi tel qu'amendé, «peut soumettre»
par «soumet».
Donc, c'est pour répondre aux préoccupations
exprimées par le député de Marquette, M. le Président.
Le Président (M. Fortin) : M. le
député, qu'en pensez-vous?
M. Ciccone : Ah! M. le député est très heureux, M. le Président.
Le Président (M. Fortin) : Très
bien. Est-ce qu'il y a d'autres questions, commentaires sur l'amendement à
l'article 1 présenté par le ministre?
M. Ciccone : C'est bon pour moi.
Le Président (M. Fortin) : Est-ce
que l'amendement à l'article 1 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Fortin) : Adopté.
On revient à l'article 1. Autres commentaires ou questions? Non?
M. Ciccone :
Non, c'est beau.
Le Président (M. Fortin) : Est-ce
que l'article 1 est adopté?
M. Drainville : ...
M. Ciccone : ...
Le Président (M. Fortin) : Sur
division.
M. Ciccone : ...
Le Président (M. Fortin) : Très
bien, adopté sur division. Article 7, M. le ministre.
M. Drainville : Alors, article
7 :
L'article 478 de cette loi est modifié par
l'ajout, à la fin du premier alinéa, de la phrase suivante : «Il peut, de la
même manière, désigner une personne afin de vérifier si les renseignements qui
sont en sa possession sont susceptibles de démontrer qu'un enseignant a commis
une faute grave à l'occasion de l'exercice de ses fonctions ou [à] un acte
dérogatoire à l'honneur ou à la dignité de la fonction enseignante.»
Commentaire. L'article propose de permettre au
ministre de désigner une personne afin de vérifier si les renseignements qui
sont en sa possession sont susceptibles de démontrer qu'un enseignant a commis
une faute grave à l'occasion de l'exercice de ses fonctions ou un acte
dérogatoire à l'honneur ou à la dignité de la fonction enseignante. La personne
désignée pourra exercer tous les pouvoirs prévus au deuxième alinéa de
l'article 478.
Cet article,
donc, vise à permettre au ministre de déterminer si les renseignements qui sont
en sa possession sont suffisants pour soumettre la situation au comité
d'enquête, conformément à l'article 28.1 de la Loi sur l'instruction publique
proposé par l'article 1 du projet de loi.
Le Président (M. Fortin) : M. le
député.
M. Ciccone : Oui, merci beaucoup, M. le Président. «Il peut, de la même
manière, désigner une personne...» M. le
ministre, une personne, c'est qui? C'est un directeur, un membre de votre
ministère, fonctionnaire... un fonctionnaire, un enquêteur du ministère?
C'est qui, cette personne-là?
M. Drainville : Oui, bien, ça
pourrait être quelqu'un de l'externe, mais je vous dirais que, de façon
générale, ce sera quelqu'un du service des enquêtes du ministère. Il y a un
service des enquêtes au ministère de l'Éducation, et je pense que, dans la
vaste majorité des cas, ce sera quelqu'un du service des enquêtes. Mais,
exceptionnellement, ça pourrait être
quelqu'un de l'externe. Ça pourrait être, par exemple, je ne sais pas, moi, un
ancien... un ancien policier, un ancien enquêteur de
police, quelqu'un, bref, qui a une expérience en matière d'enquête. Mais je
pense que, de façon générale, ça va être quelqu'un qui va appartenir au
service des enquêtes du ministère.
• (16 h 20) •
M. Ciccone : C'est... c'est votre choix?
M. Drainville : Bien, on a... c'est...
M. Ciccone :
Vous pouvez choisir un ancien policier retraité. C'est votre choix, finalement?
M. Drainville : Ah! oui.
M. Ciccone :
Oui, c'est ça.
M. Drainville : Oui, mais,
évidemment... c'est mon choix... c'est... c'est toujours après discussion et
réflexion, et, dans certains cas, ça m'est recommandé. Mais je vous dirais que,
de façon usuelle, ça va être quelqu'un du service des enquêtes du ministère.
Honnêtement, je vous ai dit ça parce que je veux être... je ne veux pas, comment
dire, affirmer que ce sera exclusivement des gens du service des enquêtes,
parce que ça pourrait arriver, j'imagine, dans une situation que je ne peux pas
vraiment concevoir actuellement, là... mais je ne voudrais pas que, moi, comme ministre de l'Éducation, ou mon
éventuel successeur, ou ma... ou la personne qui pourrait me remplacer...
je ne voudrais pas la limiter à... aux seuls membres du service des enquêtes du
ministère.
Moi, je vous dirais que, si ça arrivait, mon
premier réflexe, ce serait de nommer quelqu'un du service des enquêtes, mais je
ne voudrais pas exclure la possibilité qu'éventuellement dans telle ou telle
situation ce soit quelqu'un d'autre. Mais, par exemple, c'est... c'est le
service des enquêtes qui a produit le rapport qui a débouché sur le présent
projet de loi, tu sais, ils ont... ils ont bien fait ça.
M. Ciccone : Merci pour l'explication, M. le ministre.
M. Drainville : Aucun problème, M.
le député de Marquette, aucun problème.
Le Président (M. Fortin) : Autres
questions sur l'article 7? Non. Est-ce que l'article 7 est donc adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Fortin) : Adopté.
Article 11.2, M. le ministre.
M. Drainville : Alors, 11.2, c'est
un amendement, M. le Président, qui a déjà été déposé. On va laisser à Mme la
secrétaire le temps de le retrouver.
Le Président (M. Fortin) : Voilà, il
est affiché pour les membres de la commission.
M. Drainville : ...donc, M. le
Président. Article 11.2, article 115 de la Loi sur l'enseignement
privé :
Insérer, après l'article 11.1 du projet de loi
tel qu'amendé, le suivant :
11.2.
L'article 115 de cette loi est modifié par le remplacement de ce qui précède le
paragraphe 1° du premier alinéa par ce qui suit :
«Le ministre peut désigner généralement ou
spécialement une personne afin de vérifier si la présente loi et ses textes
d'application sont respectés. Il peut, de la même manière, désigner une
personne afin de vérifier si les renseignements
qui sont en sa possession sont susceptibles de démontrer qu'un enseignant a
commis une faute grave à l'occasion de l'exercice de ses fonctions ou un acte
dérogatoire à l'honneur ou à la dignité de la fonction enseignante.
«La personne désignée peut :».
Alors, commentaire. Cet amendement propose de
permettre au ministre de désigner une personne afin de vérifier si les renseignements qui sont en sa possession sont
susceptibles de démontrer qu'un enseignant a commis une faute grave à l'occasion de l'exercice de ses
fonctions ou un acte dérogatoire à l'honneur ou à la dignité de la fonction enseignante.
Il s'agit d'une disposition équivalente à
l'article 478 de la Loi sur l'instruction publique proposée par
l'article 7 du projet de loi.
Donc, dans le fond, c'est la... c'est l'effet
miroir, c'est l'article miroir qu'on a voté à la Loi sur l'instruction publique,
et on vient, dans le fond, reprendre la même formulation pour l'appliquer à la Loi sur l'enseignement privé, donc
pour s'assurer que cette possibilité de désigner une personne vérificatrice va
s'appliquer également dans l'application de la Loi sur l'enseignement
privé.
Le Président (M. Fortin) : M. le
député.
M. Ciccone : M. le ministre, vous dites que c'est un miroir, mais
j'aimerais ça que vous m'expliquiez... Ça fait
six ans, là, que je suis ici, puis on étudie des projets de loi, là, puis cette
formulation de phrase là, je ne l'ai jamais vue. J'aimerais ça que vous me l'expliquiez. «Le
ministre peut désigner généralement ou spécialement une personne...»
«Généralement ou spécialement», vous voulez dire quoi?
Le Président (M. Fortin) : M. le
ministre.
M. Drainville : ...notre légiste,
Alexandre Guyon Martin, puisse s'exprimer sur cette question.
Le Président (M. Fortin) : Consentement?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Fortin) : Consentement.
En vous présentant, s'il vous plaît.
M. Guyon Martin (Alexandre) : Alexandre
Guyon Martin, avocat pour le ministère de l'Éducation. Donc, la formulation
«désigner spécialement»... «généralement ou spécialement», c'est qu'une
personne peut être désignée, disons, à une
fin spécifique, pour les fins d'une enquête ou d'une vérification spécifique,
ou généralement, donc on la désigne, de manière générale, à des fins
d'enquête ou de vérification. Donc, on n'a pas, à ce moment-là, de désignation à faire à chaque fois qu'on veut faire
une nouvelle enquête. Mais c'est déjà... l'article 115 le mentionne déjà. Ici, on le... on le mentionne parce qu'on change
un peu la structure du début de l'article pour y intégrer la modification
qu'on veut y faire. Mais ce n'est pas une partie qui est nouvelle.
M. Ciccone : Alors, juste dire, là, «désigner une personne»... juste
dire «désigner une personne», ce ne serait pas assez, là, il faudrait... il
faut absolument rajouter «généralement ou spécialement»?
M. Guyon Martin (Alexandre) : Bien...
M. Ciccone : C'est quoi, la différence entre les deux?
M. Guyon Martin (Alexandre) : Possiblement
que juste «désigner une personne», ce serait suffisant dans la mesure où ça contiendrait probablement
«généralement ou spécialement». Par contre, dans la mesure où le texte est déjà
comme ça, puis ce n'est pas une modification que nous souhaitons faire,
je n'oserais pas toucher à cette partie-là. Puis, en le précisant comme ça, de
toute façon, si ça revient au même, c'est plus clair ainsi.
M.
Ciccone : OK, je comprends. Ça fait que le ministre, c'est à
lui de décider «généralement ou spécialement»?
Le Président (M. Fortin) : Exact.
M. Ciccone : OK. Le ministre, il regarde ça puis il est là :
Comment je vais faire, à un moment donné, pour décider : Ah! aujourd'hui,
c'est généralement, mais, demain, ça va être spécialement? Bien, je pourrais
aller plus loin puis demander pourquoi que ce serait «généralement», puis
pourquoi que ce serait «spécialement», là. Parce qu'il ne faut pas qu'il y ait
d'ambiguïté. C'est juste ça que... Parce qu'il faut que ce soit écrit le plus
clairement possible. Le ministre semble être
d'accord avec moi, à part de ça. On ne le voit pas à l'écran, là, mais le
ministre semble être d'accord.
M. Drainville : C'est une
disposition qui a 30 ans d'histoire, M. le député, et, honnêtement, si
j'étais à votre place, probablement que je
réagirais comme vous le faites. Il y a des mystères comme ça, dans les... dans
les législations, qui sont difficilement explicables. Mais ce que je
comprends, c'est que, dans le cas de... ce que j'en comprends, OK, parce que
c'est moi qui vais l'appliquer, bien, éventuellement, quelqu'un d'autre, mais
là, pour le moment, c'est moi qui est là...
ce que je comprends du mot «généralement», c'est que, dans le cas de «généralement»,
ça fait référence aux personnes qui travaillent au service d'enquêtes,
et donc vers lesquelles je vais, oui, généralement, me tourner pour faire les
vérifications qui sont prévues par la disposition.
Le «spécialement», ça fait justement référence à
une éventuelle décision de ne pas aller dans le service d'enquêtes, là où je vais aller généralement, mais pouvoir
éventuellement me tourner spécialement, dans des cas, donc, particuliers, différents, spéciaux, vers une autre
personne qu'une personne qui travaille pour le service des enquêtes. C'est
le sens que je donne à cette... à la... au libellé de l'article.
M. Ciccone : Merci, M. le ministre.
M.
Drainville : Mais, comme je vous dis, on n'a pas voulu faire
exprès pour modifier des dispositions qui n'avaient pas besoin de l'être
dans le cas du présent projet de loi.
M.
Ciccone : Merci beaucoup. Mais, dans votre cas, M. le
Président... M. le ministre, généralement, vous êtes spécial, vous,
également, là. Je terminerai là-dessus, là, monsieur...
Le Président (M. Fortin) : Très
bien.
M.
Drainville : Mais, je dois vous dire, plus souvent qu'autrement, M. le
député de Marquette, je vais lire la disposition comme vous l'avez lue,
c'est-à-dire : Le ministre peut désigner une personne afin de vérifier,
etc.
• (16 h 30) •
M.
Ciccone : Ça me va, M. le Président.
Le Président (M.
Fortin) : Est-ce que l'article 11.2 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Fortin) : Adopté.
Ceci conclut la partie sur les pouvoirs généraux et spécifiques du ministre.
On passe donc à la section sur le registre. Article 0.1, M. le ministre.
M. Drainville :
Oui. Alors, les articles ont été
déposés... Article 0.1, je vais commencer à le lire, et ça va apparaître
à l'écran dans un instant.
Le Président (M.
Fortin) : Voilà.
M.
Drainville : Merci, Mme la secrétaire. Article 0.1, article 24 de la
Loi sur l'instruction publique :
Insérer, avant
l'article 1 du projet de loi, l'article suivant :
0.1.
La Loi sur l'instruction publique (chapitre I-13.3) est modifiée par
l'insertion, après l'article 23, du suivant :
«24. Le ministre
tient à jour un registre des autorisations d'enseigner et le rend accessible
aux centres de services scolaires, aux
établissements régis par la Loi sur l'enseignement privé (chapitre E-9.1) et
aux organismes scolaires au Québec qui dispensent tout ou partie des
services éducatifs visés par la présente loi ainsi qu'aux autorités des autres
provinces ou des territoires canadiens chargées de délivrer des autorisations
d'enseigner.»
Cet amendement
propose d'introduire un article dans la Loi sur l'instruction publique afin que
soit institué un registre des autorisations
d'enseigner accessible aux centres de services scolaires, aux établissements
d'enseignement privés et aux autres organismes scolaires au Québec qui
enseignent aux niveaux préscolaire, primaire et secondaire, y compris la
formation professionnelle et à l'éducation des adultes, ainsi qu'aux autorités
des autres provinces.
Le Président (M.
Fortin) : M. le député?
M.
Ciccone : Ça me va, M. le Président.
Le Président (M.
Fortin) : Est-ce que l'article 0.1 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Fortin) : Adopté. Sur la section Autorisations d'enseigner,
article 0.2.
Des voix : ...
M.
Ciccone : ...qu'on vient de...
Le Président (M. Fortin) : Oui,
oui, effectivement, la section... non, en fait, l'entièreté de la section
Autorisations d'enseigner est introduite par amendements du ministre.
M.
Ciccone : OK, parfait. Merci.
M.
Drainville : Alors, Loi visant... Alors, projet de loi n° 47, Loi
visant à renforcer la protection des élèves, article 0.2. Insérer, après
l'article 0.1 du projet de loi tel qu'amendé, le suivant :
0.2. L'intitulé de la
sous-section 3 de la section III du chapitre II de cette loi est
modifié par l'ajout, à la fin, de «ou d'une personne affectée à l'enseignement
par un centre de services scolaire en application de l'article 25».
Intitulé
de la sous-section 3 de la section III du chapitre II de la Loi
sur l'instruction publique tel que modifié...
Des voix : ...
M.
Drainville : ...sous-section : «3. Faute grave ou acte
dérogatoire d'un titulaire d'une autorisation d'enseigner
ou d'une personne affectée à l'enseignement par un centre de services scolaire
en application de l'article 25.»
Commentaire. Cet
amendement propose de modifier l'intitulé de la sous-section de la Loi sur
l'instruction publique qui traite des fautes graves et des actes dérogatoires à
l'honneur et à la dignité de la profession enseignante pour que les dispositions
qu'elle contient s'appliquent aux bénéficiaires d'une tolérance d'engagement.
Le Président (M.
Fortin) : ...
M. Ciccone : ...Merci, M. le Président.
Le Président (M.
Fortin) : Parfait. Alors, est-ce que l'amendement introduisant
l'article 0.2 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Fortin) : Adopté.
L'article 0.2 est donc adopté.
Article 0.3. M. le ministre.
M. Drainville : Alors, 0.3. Est-ce
que vous l'avez sous les yeux, M. le député de Marquette?
M. Ciccone : ...
M.
Drainville : C'est beau. Article 0.3, article 26 de
la Loi sur l'instruction publique. Insérer, après l'article 0.2 du
projet de loi tel qu'amendé, le suivant :
0.3. L'article 26 de cette loi est
modifié :
1° par
le remplacement, dans le troisième alinéa, de «écrite, motivée et faite sous
serment» par «écrite et motivée»;
2° par le remplacement, dans le quatrième
alinéa, de «une copie» par «les motifs».
Article 26 de la Loi sur l'instruction
publique tel que modifié :
«26. Toute personne physique peut porter plainte
au ministre contre un enseignant pour une faute grave commise à l'occasion de l'exercice de ses fonctions ou pour un acte
dérogatoire à l'honneur ou à la dignité de la fonction enseignante.
«La dénonciation
d'une déclaration de culpabilité à l'égard d'un enseignant ne peut être
considérée comme une plainte aux fins de la présente sous-section.
«La plainte doit être écrite et motivée. Elle
doit indiquer sommairement la nature et les circonstances de temps et de lieu de la faute reprochée à
l'enseignant. Elle est reçue par la personne que désigne le ministre, laquelle
doit prêter assistance, pour la formulation de la plainte, à la personne
qui le requiert.
«Le ministre
transmet les motifs de la plainte à l'enseignant en l'invitant à lui
communiquer, par écrit et dans les 10 jours, ses observations.»
Donc, je vous
ai fait la lecture, dans le fond, de l'article 6 tel que modifié après
l'intégration de l'amendement à la disposition.
Et alors, si
je lis le commentaire : Cet amendement propose de retirer l'exigence d'une
plainte faite au ministre pour une faute grave ou un acte dérogatoire
commis par un enseignant... soit assermentée. L'amendement propose également de
remplacer l'exigence de transmission d'une copie de la plainte par la
transmission des seuls motifs.
Le Président (M. Fortin) : M. le
député.
M. Ciccone : Oui. Merci, M. le Président. J'ai quelques questions. La...
Je vais attendre que M. le ministre...
Des voix : ...
M. Drainville : Non, c'est ça,
c'est... je veux juste... pour les fins de la transcription, pour les gens qui
nous écoutent, là. Vous avez compris que,
pour l'article 0.2 et l'article 0.3, j'ai procédé à la lecture de
l'article tel que modifié juste pour que ce soit bien clair, M. le
Président.
Le Président (M. Fortin) : Très
bien. M. le ministre, c'est apprécié. M. le député.
M. Ciccone : Oui, merci beaucoup. Je comprends que l'article 26
était déjà là, sur l'instruction publique. Vous avez changé : «La plainte
doit être écrite et motivée.» Est-ce qu'on peut faire une plainte écrite par
Internet? Est-ce qu'il y a... Ça peut être
fait. Une autre chose... Merci. Vous me dites oui, ça fait que je veux juste
que les gens...
M. Drainville : Je vous dis oui, je
vous réponds oui. Oui.
M. Ciccone : OK. Parfait. Merci. Deuxième chose, je sais que je pousse
un peu, là, mais c'est ma job de le faire,
je comprends que, dans des moments de difficultés, des moments de... où on
prend la décision de porter plainte, ce n'est pas toujours évident
d'écrire et... Est-ce qu'il y a moyen de faire une plainte par téléphone, de le
faire de vive voix à quelqu'un qui...
M. Drainville : Bon point. Alors,
très bonne question, M. le député de Marquette, vous avez raison, des fois, on
est dans tous ses états puis on n'est pas dans un état d'écrire, mais on est
dans un état de livrer verbalement ce qu'on a vécu. Alors, dans des cas comme
ça, je pourrais nommer, justement en vertu de la disposition qu'on vient
d'adopter... je pourrais nommer quelqu'un qui vérifierait les informations qui
nous ont été transmises verbalement.
Mettons que la personne appelle mon cabinet,
elle dit : Je veux porter plainte, il m'est arrivé quelque chose de grave, je veux porter plainte. Bon, la
réceptionniste au cabinet prend des informations, prend les coordonnées de la personne
et, à ce moment-là, il y a quelqu'un qui la rappelle, qui dit : Monsieur,
madame, vous avez appelé, de quoi s'agit-il?,
etc. Évidemment il faut faire très attention parce qu'on peut avoir des
plaintes qui sont parfois frivoles, etc. Alors, si
on juge que l'information est crédible et qu'elle justifie une vérification, à
ce moment-là je pourrais me prévaloir... je
pourrais, en d'autres mots, demander au service des enquêtes de contacter la
personne pour vérifier si cette plainte
est effectivement sérieuse, si les faits qui sont rapportés sont appuyés, bref,
utiliser cette procédure de vérification pour faire en sorte que ce qui
m'est soumis est d'une crédibilité suffisante pour que je puisse en faire une
analyse. Et, au terme de cette analyse-là, on décidera, à ce moment-là, si on
va de l'avant avec un comité d'enquête ou pas.
• (16 h 40) •
On
peut imaginer, M. le Président, on peut imaginer une situation où la
vérificatrice ou le vérificateur pourrait même appuyer la personne, seconder la personne dans la rédaction d'un
témoignage. On pourrait imaginer une situation comme celle-là pour l'aider,
hein? Donc, je vais rédiger... je prends des notes : Écoutez, monsieur, je
vais rédiger par écrit ce que vous
m'avez raconté verbalement, puis je vais vous soumettre un texte écrit, puis
vous me direz si ça correspond aux faits que vous avez vécus, observés,
etc. Si oui, à ce moment-là, la personne pourrait éventuellement signer qu'elle corrobore et qu'elle... que ça devient,
dans les faits, son témoignage, une sorte d'affidavit, dans le fond. Et, à ce
moment-là, sur la base de cette information-là qui a été transcrite et qui a
été corroborée par la plaignante ou la personne qui signale, à ce moment-là,
moi, je pourrais être, comment dire, confiant que ce sur quoi je m'appuie est
bel et bien le témoignage rigoureux, OK, de la personne, puis, à ce moment-là,
on pourrait saisir le comité d'enquête de cette situation-là qui m'aurait été,
donc... qui aurait été portée à mon attention.
M.
Ciccone : Vous comprenez le but de mon
intervention quand... déjà, c'est dur pour certaines personnes de porter
plainte. Puis il ne faut pas non plus décourager ceux qui décident de porter
plainte. Au contraire, on les encourage à le faire. Puis, souvent, bien, écrire
une plainte, ça peut démotiver une personne de porter plainte. Là, ici, cet article-là s'adresse à vous : «Toute
personne physique peut porter plainte au ministre...» Mais, vous savez, M. le
ministre, puis, si je dépasse des
cordes... pas les cordes, mais les cadres, justement, de cet article-là, vous
me le dites, s'il y a une plainte qui doit être... qui a besoin d'être
déposée verbalement, puis ce n'est pas à votre bureau, c'est dans mon bureau à
moi, c'est dans le bureau de vos collègues, comme... comme députés, puisqu'on
en reçoit, des plaintes, là, puis on accompagne les gens à porter plainte, puis
on peut même les aider à écrire des plaintes également. Est-ce que c'est la
même chose, ou mon exemple dépasse l'article 26, là, ou c'est prévu
ailleurs, dans le projet de loi, sur les plaintes, toujours, verbales, là?
Puis, si c'est comme vous me l'avez très bien expliqué, puis j'adhère à
votre... à votre façon de penser sur les
plaintes verbales... Avez-vous besoin d'un moment, M. le ministre? Je vais vous
donner un petit moment, M. le ministre.
M.
Drainville : Non, je vous écoute.
M.
Ciccone : OK. Mon Dieu! vous êtes bon,
parce que moi...
M.
Drainville : Oui, oui. Non, je vous écoute. Puis...
M. Ciccone : On
disait que les hommes ne sont pas capables de faire deux choses en même
temps, mais vous êtes bon en maudit.
M.
Drainville : Non, non, puis la... Ah! bien, je suis en train de faire
la preuve que ce n'est pas le cas, hein? Oui, c'est ça.
M.
Ciccone : Mais je veux juste... je veux...
Bien oui, effectivement.
M. Drainville :
Oui, exactement.
M.
Ciccone : Je veux juste terminer ma pensée, là. Si c'est le
cas, puis vous êtes ouvert au fait qu'on peut recevoir une plainte, est-ce
qu'il y aurait moyen de l'écrire dans le projet de loi noir sur blanc, que vous
acceptez les plaintes verbales et qu'il y
ait quelqu'un qui va prendre le téléphone puis qui va... Parce qu'il faut que
ce soit... parce que, dans... c'est toujours dans le but d'encourager
qu'on porte plainte.
Des voix : ...
M.
Drainville : Moi, je vais vous dire, M. le Président, je comprends l'objectif
visé par le député, mais je pense qu'à la
fin, là... Je comprends qu'au départ, là, mettons, la personne appelle un
bureau de député, là, puis dit : Moi, je veux déposer une plainte, là, le... Alors, le bureau de député
pourrait assister la personne pour qu'elle puisse procéder à la rédaction
d'une... de sa plainte. Si ce n'est pas le cas, à ce moment-là, le député peut
entrer en contact avec nous, et nous, on pourra nommer, à ce moment-là,
en vertu de l'article 1... on pourra nommer quelqu'un qui pourra procéder
à ces vérifications, mais je pense... Alors, au départ, la plainte peut être
verbale, mais il faut qu'à un moment donné j'aie
un document écrit. Moi, je ne peux pas... vous comprenez? Je ne peux pas
prendre la décision d'aller vers un comité d'enquête sur la seule foi de
témoignages oraux, là. À un moment donné, il faut que ça finisse en plainte
écrite, là, tu sais, donc...
M. Ciccone : Entièrement d'accord. Bien, moi, je parle, quelqu'un...
C'est parce qu'ici quand on le lit... Parce qu'habituellement, là, en théorie,
un projet de loi est écrit pour le citoyen aussi, parce que le citoyen qui veut
savoir comment faire... Puis je suis persuadé que vous
allez avoir des plateformes, là, pour expliquer aux gens comment porter plainte, mais ce serait important
de dire aux gens aussi : Appelez-nous si vous avez une plainte, il y a
quelqu'un qui peut vous assister dans la rédaction d'une plainte. Puis je vous
comprends à 100 %, vous avez... je suis d'accord
avec vous qu'il doit y avoir une plainte écrite à un moment donné, là, mais que
quelqu'un... Parce qu'ici quand on
lit ça, là : Moi, je veux porter plainte, puis je n'ai pas le courage de
le faire, c'est difficile pour moi, émotivement... puis là la seule
chose que je comprends ici, c'est qu'il faut que ça soit... «écrite», il faut
que ça soit écrite. Je n'ai pas l'information que je pourrais appeler au bureau
du ministre, au cabinet, qu'il y a quelqu'un qui va prendre ma plainte puis qui va la rédiger pour moi. Parce que, je
vous rappelle encore une fois, c'est toujours le but de faciliter les gens à dénoncer
et à porter plainte, là.
M. Drainville : Oui, mais je veux
juste rassurer le député, M. le Président, en vertu de
l'article 1 qu'on a adopté, si
vous regardez le... parce qu'on vient d'en traiter, là, il y a un instant, le
ministre soumet, donc, on a remplacé «il peut soumettre» par «soumet».
Donc : «Le ministre soumet au comité d'enquête toute situation concernant
un enseignant qui est portée à sa connaissance s'il est d'avis que les
renseignements qui sont en sa possession sont susceptibles de démontrer une
faute grave [...] ou un acte dérogatoire...» En d'autres mots, je ne suis pas
obligé de passer par une vérification et je
ne suis pas obligé non plus d'atteindre... d'attendre, dis-je, une plainte
écrite. Je pourrais, sur la base d'une plainte verbale ou encore sur la
base d'un article de presse qui m'apparaît suffisamment crédible... de
procéder au déclenchement d'un comité d'enquête. Donc, il y a...
M. Ciccone : Mais ce n'est pas ma question, par exemple, ce n'est pas de
ça que je parle.
M. Drainville : OK.
M. Ciccone : Ce que je comprends... Ça, je l'avais compris. Puis
j'espère que, si vous voyez un scandale dans
un journal un matin, que vous allez déclencher une enquête puis vous allez
l'envoyer au bureau d'enquête. Moi, ce que je dis, c'est que des plaintes, il
va y en avoir, des signalements, il va y en avoir, mais, selon ce que vous
avez... L'amendement, c'est que vous dites «écrite et motivée». Je comprends
ça, mais il y a-tu moyen de faire savoir aux gens qu'ils peuvent toujours
appeler, si c'est plus facile pour eux autres, c'est... pour favoriser la dénonciation?
C'est juste...
M. Drainville : Bien, c'est ce qu'on
fait là, là.
M. Ciccone : Bien, c'est ça...
M. Drainville : Non, mais je le dis,
là.
M. Ciccone : Non, je comprends que vous le dites, là, mais ce n'est pas
tout le monde qui nous... Moi, je sais que
ma mère m'écoute aujourd'hui, là, puis elle va le transmettre à mes soeurs, mes
petites nièces, mes petits neveux, ça, c'est sûr qu'elle va le faire,
mais ce n'est pas... ce n'est pas tout le monde, là, qui...
M. Drainville : Mais comment
voulez-vous qu'on fasse savoir cette situation-là?
M.
Ciccone : Bien, je ne sais pas, il y a peut-être
une plateforme... que ce soit écrit au... notamment, noir sur blanc, que ce n'est pas obligé d'être juste une plainte
écrite, là, et motivée, mais que ce soit aussi par appel, qu'il y a quelqu'un
qui va prendre, justement, cette plainte-là. Parce que, comme vous l'avez bien
expliqué au début, là... C'était excellent, ce que vous avez expliqué au début.
Moi, je suis d'accord avec ça, là, qu'il y a quelqu'un qui appelle à votre
cabinet puis qui va dire : Moi, je veux porter plainte, puis qu'il y a
quelqu'un qui va rédiger la plainte. Parce qu'écrire une plainte, là, quand tu
veux porter plainte, tu n'as pas le courage de le faire, tu décides de le
faire... Moi, je ne veux pas décourager les
gens de dire : Bien, il faut que ce soit une plainte écrite, c'est...
c'est... c'est... je veux que ça soit plus facile.
M. Drainville : Mais c'est ce qu'on
fait.
M. Ciccone : Tu sais, si la personne n'est pas... n'est pas... est dans
l'incapacité, l'impossibilité de rédiger par écrit sa plainte, une personne
peut le faire en son nom. Est-ce que quelqu'un peut le faire en son nom?
M. Drainville : Est-ce que quelqu'un
peut le faire en son nom? La réponse, c'est oui.
M. Ciccone : À votre cabinet?
M.
Drainville : Bien oui, mais encore une fois, si c'est quelqu'un
qui appelle mon cabinet et qui dit : Je connais quelqu'un, là, qui
a vécu quelque chose d'épouvantable, mais elle n'est pas en mesure de porter
plainte directement, personnellement, parce qu'elle n'est... tu sais, son état
émotif ne lui permet pas de le faire, si ça nous semble être quelque chose de crédible, bien, à ce moment-là,
je pourrai effectivement demander au service des enquêtes de rappeler la
personne. C'est sûr qu'éventuellement il va falloir que la personne qui a vécu
la situation porte plainte elle-même, là, ou, en tout
cas, livre elle-même son témoignage, mais, si ça nous semble crédible, on va
agir, de la même façon que, si quelqu'un appelle votre bureau de comté puis
cette personne-là vous semble crédible, vous allez nous le rapporter, M. le
député de Marquette, tu sais.
• (16 h 50) •
Des voix : ...
Le Président (M. Fortin) : Ça va, M.
le député?
M. Ciccone : ...je veux continuer la... Bien, c'est parce que j'attends.
M. le ministre, il parle avec ses...
Des voix : ...
M.
Ciccone : Tu sais, ça
pourrait être juste un ajout, là, ce que je vous ai dit, par exemple. Si la
personne est dans l'impossibilité de
rédiger par écrit sa plainte, une personne peut le faire en son nom. Parce que
moi, je veux encourager les gens qui sont dans l'impossibilité de le
faire de prendre le téléphone puis d'appeler au cabinet. Puis la personne... Il
faut que les gens sachent que quelqu'un au cabinet va prendre la plainte
verbalement. Parce que, quand on lit ça, là,
on ne voit pas ça nulle part, là. Puis il faut favoriser la dénonciation. Moi,
c'est dans le but de favoriser la dénonciation. Je comprends que vous allez peut-être devoir engager quelqu'un, là, mais
vous avez le budget pour le faire, M. le ministre.
M. Drainville : M. le Président, on
va suspendre un instant, OK?
Le Président (M. Fortin) : Bien sûr.
Suspension, s'il vous plaît.
(Suspension de la séance à 16 h 52)
(Reprise à 16 h 58)
Le
Président (M. Fortin) : On reprend nos travaux sur la dernière question du
député de Marquette. M. le ministre.
M. Drainville : Oui. Bien, M.
le Président, on prend le temps, là, d'analyser, hein, les suggestions qui sont
faites, là, parce qu'on veut être le plus constructifs possible, là, mais...
Le Président (M. Fortin) : Je
vous en félicite, d'ailleurs, M. le ministre.
M. Drainville : Merci, M. le
Président. Maintenant, J'ai bien entendu le député de Marquette. Je comprends
son intention, M. le Président, mais, honnêtement, là, après discussion avec
mes équipes, là, y compris les légistes juristes,
on considère que le projet de loi, avec les dispositions bonifiées, et tout ça,
couvre toutes les situations. Ça couvre toutes les situations. Il n'y a pas vraiment de... il n'y a pas de... il n'y a
pas de situation qui... qui pourrait nous échapper. On... on conserve le
processus formel de plainte en vertu de 26. Ça, on le conserve, sauf qu'on
l'allège parce que la plainte formelle, donc, n'aura plus besoin d'être
assermentée, elle pourra être écrite et motivée. Ce sera suffisant. Et, à ce
moment-là, si elle est écrite et motivée, il y aura déclenchement d'un comité
d'enquête, évidemment, si les faits sont... sont vérifiés.
• (17 heures) •
Puis là
j'attire l'attention sur le fait que l'article 26 prévoit un devoir
d'assistance, là. C'est important, ça. «La plainte doit être écrite et motivée.
Elle doit indiquer sommairement la nature et les circonstances de temps et de
lieu de la faute reprochée à l'enseignant. Elle est reçue par la
personne que désigne le ministre — ici, le ministre, c'est le ministère, là —, laquelle
doit prêter assistance, pour la formulation de la plainte, à la personne qui le
requiert.
«Le ministre
transmet les motifs de la plainte à l'enseignant — à l'enseignante — en l'invitant à lui communiquer [...] ses observations», donc, dans les
10 jours. Ça, c'est le processus actuel, formel, que l'on allège, mais qui
est... qui reste présent, qui reste donc prévu à la loi.
Et on ajoute à ça l'article 1 du projet de
loi, donc :
«28.1. Le ministre soumet au comité d'enquête
toute situation concernant un enseignant qui est portée à sa connaissance — ça
pourrait être donc verbalement — s'il est d'avis que les renseignements
qui sont en sa possession sont susceptibles de démontrer une faute grave», etc.
Puis, en plus de 2.1, M. le Président, si
j'ai... si je reçois une plainte verbale, mettons, puis que je veux évidemment
m'assurer que les faits sont vérifiés, à ce moment-là, j'ai l'article 7
qui prévoit que je peux désigner une personne qui va vérifier si les
renseignements qui sont en ma possession sont susceptibles de démontrer qu'un
enseignant a commis une faute grave.
Ça fait que
c'est la ceinture et les bretelles, M. le député de Marquette. On a vraiment la
ceinture et les bretelles, puis une
autre paire de ceintures en plus. Je pense qu'on a ce qu'il faut, en tout respect,
en tout respect, pour la situation que vous... que vous nous avez
présentée.
M. Ciccone : Juste... juste m'assurer, là, puis pour conclure, M. le
ministre...
M. Drainville :
Oui, oui, pas d'enjeu.
M. Ciccone : ...ça veut dire qu'un parent immigrant qui arrive ici, qui
n'est pas capable d'écrire le français encore, un petit bonhomme de deux,
trois ans, sa petite fille, elle veut porter plainte, elle n'est pas
capable de rédiger une plainte écrite et motivée... bien, «motivée», oui, parce
qu'on peut présumer que c'est vrai, là.
M. Drainville : Que c'est fondé,
oui.
M. Ciccone : C'est fondé. Il y a quelqu'un qui va lui prêter assistance
pour la formulation de la plainte, il y a quelqu'un...
M. Drainville : Oui. C'est ce que...
c'est ce que prévoit l'article.
M. Ciccone : Alors, maintenant, ma sous-question : Est-ce que, M.
le ministre, vous allez vous assurer, sur votre site, que ça va être écrit
clairement que les personnes peuvent... on peut leur porter assistance à la
rédaction d'une plainte? Parce que, vous savez, M. le ministre, encore au
Québec, malheureusement, il y a des gens qui sont illettrés puis il faut penser
à ces... à ces personnes-là, là, aussi.
M. Drainville : Alors, M. le député
de Marquette, votre... vos intentions vous honorent. Il y a une section Plaintes sur le site Internet du ministère de
l'Éducation, là, et puis on peut... il y a une version en anglais, soit dit en
passant. Alors, on peut aller sur la version anglaise de la section
Plaintes qui explique, donc, les différentes procédures. Évidemment, la section
Plaintes va être mise à jour avec les nouvelles dispositions, là, en présumant
que le projet de loi sera adopté, et donc on
va... on va s'assurer, M. le Président, que les nouvelles dispositions soient
bien, bien expliquées, qu'elles... qu'elles soient bien présentées aux
personnes qui pourraient éventuellement consulter cette section-là.
Est-ce qu'on... est-ce que, M. le Président...
puis je ne prends pas d'engagement là-dessus, mais je reçois ça comme
suggestion de la part du député de Marquette, est-ce qu'au terme de l'adoption
du projet de loi... est-ce qu'on pourrait faire une espèce de... comment dire,
de publication spéciale, possiblement une publicité, quelque chose qui
résumerait les nouveaux droits, dans le fond, auxquels les citoyens... dont les
citoyens vont pouvoir se prévaloir? Est-ce qu'on pourrait, par l'entremise des
réseaux sociaux puis possiblement par certaines publications, faire la
promotion des nouveaux pouvoirs que les citoyens se voient accorder par ce
projet de loi là? Je vais le considérer très
sérieusement. Je pense que votre idée est bonne, qu'on essaie de trouver
une manière de publiciser, de faire la promotion, d'une certaine manière, des... des
nouveaux... des nouvelles possibilités puis de cet... de ce filet de sécurité accru
qu'on accorde à nos enfants.
M. Ciccone :
C'est...
M. Drainville : Ça pourrait être une
très bonne idée. Ça pourrait être une très bonne idée.
M. Ciccone : C'est un très bon pas, c'est un très bon pas, mais, en même
temps, aussi il faut s'assurer, M. le ministre,
et j'arrête là-dessus, là, j'arrête là-dessus... il faut être capable également
d'expliquer, parce que vous savez qu'on a des nouveaux arrivants, il faut être capable d'expliquer aux gens
comment ils peuvent... comment ils vont être assistés aussi de le faire. Puis
ce serait peut-être important de signifier dans votre... ou de mettre à jour
votre... votre site ou... des plaintes du gouvernement du Québec, là,
qu'on va être là pour vous aider, on va être là pour rédiger la plainte que vous avez besoin. Il y a un numéro de téléphone,
vous pouvez toujours nous appeler. Parce que, comme je vous dis, encore une
fois, là, puis j'arrête là-dessus, ce n'est pas tout le monde qui est capable
d'écrire, tu sais.
M. Drainville : Non, non, vous avez
raison.
M. Ciccone : Puis il ne faut pas décourager les gens, il faut les
encourager. Alors, moi, je me fie sur vous, M. le ministre, à l'effet que vous
allez vous assurer que ça va être écrit clairement, que ça va être signifié
clairement sur le site Internet, que les
gens pourront faire une plainte, une... de... un signalement verbal puis qu'ils
vont être assistés.
M. Drainville : Oui. C'est bien
reçu, c'est bien reçu, M. le député de Marquette.
M. Ciccone : Merci beaucoup. Merci beaucoup, M. le ministre. Merci, M.
le Président.
Le
Président (M. Fortin) : Très bien. Sur cette bonne entente, est-ce que
l'article... l'amendement introduisant l'article 0.3 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Fortin) : Adopté.
L'article 0.3 est donc adopté.
Avant de
présenter l'article 0.4, j'aurais besoin d'un consentement pour le dépôt
de l'article... de l'amendement introduisant l'article 0.4, puisqu'il
touche plus d'un article. Consentement? Consentement. M. le ministre,
article 0.4.
M.
Drainville : ...M. le Président. Oui. Alors...
Une voix : ...
M.
Drainville : Oui, c'est ça. On me glisse à l'oreille qu'il introduit
trois articles, donc c'est la raison pour laquelle il a une certaine longueur.
Donc, article 0.4, article 28 de la Loi sur l'instruction publique :
Insérer, après l'article 0.3 du projet de loi tel qu'amendé, le suivant :
0.4.
L'article 28 de cette loi est remplacé par les suivants :
«28. Le ministre,
s'il considère la plainte recevable et si l'enseignant ne reconnaît pas la
faute qu'on lui reproche, soumet cette plainte au comité d'enquête.
«28.0.1.Le
ministre constitue un comité qui a pour mandat d'enquêter et de donner son avis
sur les situations de faute grave commise à l'occasion de l'exercice des
fonctions ou un acte dérogatoire à l'honneur ou à la dignité de la fonction
enseignante.
«Ce comité est formé
de trois membres, dont un président choisi parmi les membres du Barreau qui, de
l'avis du ministre, a une bonne connaissance du milieu de l'éducation. Les deux
autres membres ont une expertise et une expérience et un intérêt marqué pour la
protection des personnes mineures ou handicapées. Ces membres sont choisis après consultation des organismes que le ministre
juge les plus représentatifs des directeurs d'établissements d'enseignement,
des enseignants de ces établissements et des parents d'élèves de tels
établissements.
«La
durée du mandat des membres du comité ne peut excéder cinq ans. À l'expiration
de leur mandat, ces derniers demeurent en fonction jusqu'à ce qu'ils
soient remplacés ou nommés de nouveau.
«Le
traitement des membres du comité et les règles de remboursement des dépenses
qu'ils font dans l'exercice de leurs fonctions sont fixés par règlement
du ministre.
«28.0.2. Le comité
établit des règles de fonctionnement applicables à ses enquêtes.
«Les règles de
fonctionnement doivent notamment prévoir des mesures particulières aux enquêtes
impliquant des situations de violence à caractère sexuel.
«Les règles de
fonctionnement sont soumises à l'approbation du ministre.»
Commentaire. Cet
amendement propose de remplacer l'article 28 de la Loi sur l'instruction
publique pour retirer les références au
comité d'enquête que le ministre constitue à la suite de la réception d'une
plainte jugée recevable. Ce comité sera remplacé par un comité
permanent. Il propose également d'ajouter un article... un article, dis-je, qui
prévoit la formation de ce comité qui aura
pour mandat d'enquêter sur les situations de faute grave et d'acte dérogatoire
commis par des enseignants et prévoit la composition de ce comité. Il propose
de plus que le comité d'enquête adopte des règles de fonctionnement pour le déroulement de ses enquêtes, lesquelles
devront prévoir des mesures particulières lorsque les enquêtes
impliquent un contexte de violence à caractère sexuel.
• (17 h 10) •
Le Président (M. Fortin) : Je
vous propose, M. le député, pour vos interventions, de peut-être commencer avec
le 28, passer au 28.0.1 et ensuite au 28.0.2, si vous avez des interventions
pour chacun de ces articles.
M.
Ciccone : OK. Bien, moi, j'en avais une,
28.0.1.
Le Président (M.
Fortin) : Si c'est tout ce que vous avez, il n'y a pas de problème.
Oui.
M. Ciccone : Oui,
oui. C'est juste... je veux juste... Puis je comprends, puis merci de votre
patience, M. le ministre, parce que
vous savez que je viens en renfort de ma collègue, puis il y a peut-être des
questions qui ont déjà été posées, mais, comme personne qui veut sauver la
planète, là, je me dois de poser ces questions-là. Je veux bien dormir ce soir.
Correct?
M.
Drainville : Monsieur... M. le député de Marquette, faites votre
travail.
M.
Ciccone : OK. Merci. Je vois ici, comme
dans l'article 1, là, vous reprenez un peu les... le même verbatim : «Le ministre constitue un comité
qui a pour mandat d'enquêter et de donner son avis sur les situations de faute
grave...» C'est d'après vous, vous jugez des fautes graves, vous déterminez
qu'est-ce qui est une faute grave. La personne qui va vous remplacer — je
sais que vous voulez être là pour 20 ans, là — la personne qui va
vous... vous remplacer, elle, elle peut... ses fautes graves, ça peut peut-être
être moins, ça peut être plus. Qu'est-ce qu'une faute grave pour vous? Comment vous déterminez une faute grave? Est-ce qu'un
échange texto, c'est grave? Peut-être que, pour vous, c'est non, peut-être que votre successeur, ça va être oui.
Comment est-ce qu'on fait pour se retrouver là-dedans? Tu sais, lever la voix, est-ce que c'est une faute
grave? Une voie de fait, c'est une faute grave? C'est... Qu'est-ce qui est
une faute grave, selon vous, là, votre limite est où?
M.
Drainville : Bien, c'est... c'est justement le... la fonction du
comité d'enquête.
M.
Ciccone : Non, mais on parle du ministre
ici, là.
M.
Drainville : Oui. Ça, c'est pour la...
M. Ciccone : «[Constituer]
un comité qui a pour mandat d'enquêter et donner son avis sur», ça fait que
c'est le comité qui va déterminer qu'est-ce qui est une faute grave, c'est ça?
Non, je...
M.
Drainville : «Le ministre, s'il considère la plainte recevable et si
l'enseignant ne reconnaît pas la faute qu'on lui reproche, soumet cette plainte
au comité d'enquête.»
M.
Ciccone : Bien, je parle du premier
paragraphe, là, «le ministre constitue un comité qui a pour mandat d'enquêter...
M.
Drainville : D'enquêter, c'est ça...
M.
Ciccone : ...et de donner son avis sur les situations de faute
grave commise à l'occasion de l'exercice des fonctions». C'est le comité qui
décide qu'est-ce qui est une faute grave?
M. Drainville :
Exact.
M.
Ciccone : OK.
M.
Drainville : Bien sûr.
M.
Ciccone : Mais il y a... ce n'est pas
stipulé qu'est-ce qui est une faute grave.
M.
Drainville : Oui. Là, il faudrait que...
M.
Ciccone : Parce que le comité, les membres
ont... Oui?
M. Drainville :
En général... en général, le...
je dirais que... parce que j'ai... j'ai dû me pencher, là, sur certains...
certaines situations, je vous dirai, le critère qui est très important, c'est
toujours le lien avec la fonction enseignante. Il faut que ça ait un lien avec
la fonction enseignante. Tu sais, c'est arrivé... puis c'est arrivé, M. le
député de Marquette, qu'une enseignante ou un enseignant commette une faute. Le
comité d'enquête va vérifier les faits, va rencontrer la personne, et tout le
reste, et la recommandation qui m'est faite, c'est de ne pas suspendre ou de ne
pas révoquer son brevet parce que la faute n'est pas en lien avec la fonction
d'enseignant ou d'enseignante. Et donc, là, je ne sais pas si c'est arrivé, là,
à la suite d'un comité d'enquête ou pas, là, mais... Puis ça arrive assez
souvent, par exemple, il va y avoir des changements aux antécédents
judiciaires. La personne enseignante, donc, aura commis une infraction au Code
de la sécurité routière. Bon, donc... puis c'est grave, on ne peut pas juste
balayer ça du revers de la main, mais...
M.
Ciccone : ...d'enseignant.
M. Drainville :
...ce n'est pas en lien direct avec ses fonctions d'enseignante. Et donc...
M.
Ciccone : OK, mais moi, je parle,
qu'est-ce qui est en... dans les fonctions d'enseignante, là, qu'est-ce qui est grave pour vous, là? Comment... comment on
détermine qu'est-ce qui est une faute grave? Parce que moi, je ne veux pas qu'un comité... ceux qui vont former le
comité une année, c'est une chose, puis dans... les membres vont changer,
du comité, éventuellement, puis que ce soit diminué, que ce soit moins sévère,
qu'il y a quelqu'un qui va déterminer qu'il
a levé la voix sur un élève, c'est grave, un autre comité et d'autres membres
vont dire : Ce n'est pas si grave que ça. Un échange texto... va dire : Ce n'est rien que quelques textos, ce
n'est pas grave. D'autres membres du comité par la suite va dire :
Ça, c'est très grave. Ça fait que, là, on joue au yoyo, là.
M.
Drainville : ...ce qui est, par exemple, là, une faute qui... qui est
grave, là, c'est tout ce qui touche aux violences sexuelles, par exemple. Ça, à
mon sens à moi, c'est la quintessence d'une faute grave.
M.
Ciccone : Quelqu'un qui frappe un élève,
faute grave.
M.
Drainville : Même chose.
M.
Ciccone : Tu envoies un texto.
M.
Drainville : Ça dépend du contenu du texto, mais c'est pour ça que les
comités d'enquête existent. Les comités d'enquête sont habilités... habilités
ou... habilités, c'est bien ça. Des fois, j'ai de la misère entre «habilité»
puis «habileté», mais ce n'est pas grave, ça...
M.
Ciccone : On vous comprend.
M. Drainville : ...de
la journée aussi. Alors, les comités d'enquête sont habilités justement à faire
la lumière sur les faits puis à faire une évaluation de la gravité des gestes
posés, et donc de porter une appréciation et de faire une recommandation.
L'article
ici, M. le Président, si je peux élargir un peu la discussion que nous avons
présentement, actuellement, parfois,
quand arrive le temps de créer un comité, qui va justement devoir déterminer si
la faute est grave, là, ou pas, là, on a parfois de la difficulté à trouver des
personnes pour constituer ces comités d'enquête. Le problème de la pénurie, il...
il s'exprime de toutes sortes de façons, mais il peut aussi s'exprimer parfois
quand arrive le temps de créer des comités
d'enquête. L'objectif de la disposition que vous avez sous les yeux, c'est
justement de professionnaliser le comité d'enquête, de faire en sorte, dans le fond, d'abord qu'on ait un comité
d'enquête permanent, donc on va pouvoir enclencher les comités plus
rapidement parce qu'on n'aura pas besoin de chercher des... bon.
M.
Ciccone : Je comprends ça. Ça, je
comprends ça.
M. Drainville :
Et on va... nécessairement, les
membres du comité permanent vont... vont développer une expertise au fil
des cas qui leur seront soumis.
M. Ciccone : Puis il va y avoir une jurisprudence, j'imagine, avec le
temps.
M. Drainville : D'une certaine manière,
il y aura... je pense qu'on peut dire ça, il y aura une forme de
jurisprudence...
M.
Ciccone : Une prudence, parfait.
M.
Drainville : ...qui va finir par se constituer au fil des travaux.
Exactement.
M.
Ciccone : Vous répondez à ma question.
Exactement.
M.
Drainville : Voilà, voilà.
M. Ciccone : Je sais qu'au début ça peut être... Bien, j'invite le comité, là, je ne
sais pas si je peux le faire, mais...
M.
Drainville : Oui, oui, faites-le.
M.
Ciccone : ...au début, à être très sévère,
là, pour ne pas... pour que ce soit une jurisprudence très étoffée. C'est
mon...
M.
Drainville : C'est votre souhait.
M.
Ciccone : ...c'est mon appel au comité futur.
M.
Drainville : C'est votre volonté. Très bien.
M.
Ciccone : Merci beaucoup.
M.
Drainville : Je... comment dire, je seconde.
M.
Ciccone : Merci beaucoup, M. le ministre.
M.
Drainville : Je seconde.
M.
Ciccone : Ça va, M. le Président.
Le Président (M. Fortin) : Oui.
Rien d'autre sur l'article 0.4? Très bien. Est-ce que l'amendement
introduisant l'article 0.4 est adopté?
Des voix :
Adopté.
Le Président (M.
Fortin) : Adopté. L'article 0.4 est donc adopté.
Souhaitez-vous,
avant de passer à l'article 1.1, une... un petit moment de
rafraîchissement, peut-être, une pause santé
pour les membres? Je sais que le ministre peut faire plusieurs choses à la
fois, mais il y a des choses qui ne se font pas deux choses à la fois.
Alors, je vous suggérerais quelques minutes de pause.
M.
Drainville : ...
Le Président (M.
Fortin) : Très bien. Suspension, s'il vous plaît.
(Suspension de la séance à 17 h 18)
(Reprise à 17 h 23)
Le
Président (M. Fortin) : On reprend les travaux et on en est à
l'introduction par le ministre de l'amendement introduisant
l'article 1.1. 1.1. M. le ministre.
M.
Drainville : Oui. Alors, article 1.1, article 29 de la Loi
sur l'instruction publique : Insérer, après l'article 1 du
projet de loi, le suivant :
1.1. L'article 29 de cette loi est modifié
par l'insertion, après le premier alinéa, du suivant :
«Il peut, à cette occasion, suspendre
l'autorisation d'enseigner de cet enseignant.»
Commentaire. Cet amendement propose d'attribuer
au ministre le pouvoir de suspendre une autorisation d'enseigner pour la durée d'une enquête pour faute grave ou acte
dérogatoire lorsque les faits reprochés à l'enseignant sont de nature telle que leur continuation ou leur
répétition risquerait de compromettre gravement la qualité des services éducatifs
ou la protection des élèves.
Alors, juste pour que ce soit bien clair,
l'article 29 actuel, là, dit déjà : «Le ministre peut, si les faits
qui sont reprochés à l'enseignant sont de nature telle que leur continuation ou
leur répétition risquerait de compromettre gravement la qualité des services
éducatifs ou la protection des élèves et après consultation du comité
d'enquête, enjoindre au centre de services
scolaire de relever l'enseignant de ses fonctions avec traitement pour la durée
de l'enquête», mais ce qu'on fait avec l'amendement, c'est qu'on donne au
ministre la possibilité de suspendre l'autorisation d'enseigner dès que
les faits lui sont rapportés. L'objectif ici, c'est de faire en sorte qu'un
enseignant qui serait sous enquête et qui déciderait de se pousser pour essayer
d'aller se trouver un travail d'enseignant ailleurs, dans un autre centre...
dans un autre centre de services scolaire, ne puisse pas le faire. C'est bon?
M. Ciccone : ...M. le ministre.
M. Drainville : Merci. Merci, mon
cher.
M. Ciccone :
Formidable!
M. Drainville : Merci beaucoup.
Le Président (M. Fortin) : Excellent!
Est-ce que l'amendement introduisant l'article 1.1 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Fortin) : Adopté.
L'article 1.1 est donc adopté. Article 1.2. M. le ministre.
M.
Drainville : L'article 1.2, article 34.5 de la Loi
sur l'instruction publique : Insérer, après l'article 1.1 du projet
de loi tel qu'amendé, le suivant :
1.2. L'article 34.5 de cette loi est
modifié par le remplacement, dans le deuxième alinéa, de «mineurs» par
«personnes mineures·ou handicapées».
Commentaire.
Cet amendement propose d'ajouter au profil de compétence recherché pour les
membres du comité d'experts sur l'appréciation du lien entre un
antécédent judiciaire et l'exercice de la profession enseignante une expertise,
une expérience et un intérêt pour la protection des personnes handicapées.
Le Président (M. Fortin) : Ça va, M.
le député?
M. Ciccone : ...
M. Drainville : Merci beaucoup.
Merci beaucoup, M. le député de Marquette.
Le Président (M. Fortin) : Est-ce
que l'amendement introduisant l'article 1.2 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Fortin) :
L'article 1.2 est donc adopté. Article 1.3. M. le ministre.
M. Drainville : J'arrive, j'arrive.
1.3. Article 1.3, article 34.6 de la Loi sur l'instruction publique.
1.3. L'article 34.6 de cette loi est
modifié :
1° par l'insertion, dans le premier alinéa et
après «visée», de «au deuxième alinéa de l'article 29 ou»;
2° par l'insertion, après le premier alinéa, de
l'alinéa suivant :
«Le ministre peut cependant, dans un contexte
d'urgence ou en vue d'éviter que ne soit causé un préjudice irréparable,
suspendre ou révoquer une autorisation d'enseigner sans être tenu à ces
obligations préalables. Dans ce cas, la personne visée par la décision peut,
dans le délai qui y est indiqué, présenter ses observations au ministre pour en
permettre le réexamen.»
Commentaire. Cet
amendement propose d'abord une modification de concordance afin d'ajouter la
décision du ministre de suspendre une
autorisation d'enseigner en cours d'enquête à l'article qui prévoit
l'obligation de notifier un préavis de décision défavorable et le délai
pour présenter ses observations. L'amendement ajoute ensuite une exception à ses obligations de notification
préalable et de délai pour présenter ses observations lors de situations
d'urgence ou en vue d'éviter que ne soit causé un préjudice irréparable.
Donc, en résumé, dans une situation que je
qualifierais d'usuelle, on va laisser à la personne qui est visée le... un
temps de 10 jours, une période de 10 jours, un délai de 10 jours
pour que cette personne-là puisse présenter ses observations, mais il peut
arriver, M. le Président, il peut arriver une situation où on est tellement
inquiets que la personne visée par l'enquête
puisse à nouveau sévir, puisse représenter une menace pour les enfants qu'à ce
moment-là, donc, dans ces circonstances exceptionnelles qu'on... donc, dans un
contexte d'urgence, qu'on décide donc de suspendre ou même révoquer
l'autorisation d'enseigner.
Le Président (M. Fortin) : M. le
député de Marquette.
M. Ciccone : ...une précision. Ça fait que le temps que... dans les
10 jours qu'elle prend pour se défendre, parce qu'elle a le droit de se
défendre, là, elle est suspendue, là?
• (17 h
30) •
M. Drainville : Exactement. Donc, je
suspends son droit de pratique, si on peut dire, mais, une fois que cette suspension-là est exécutée, je lui donne quand
même le temps de faire ses représentations, elle a le droit de se défendre.
M. Ciccone :
Effectivement.
M.
Drainville : Mais la
situation est tellement urgente aux yeux du ministre, aux yeux de la ministre à
ce moment-là qu'on ne veut prendre aucune...
M. Ciccone : Chance.
M. Drainville : ...aucune chance.
M. Ciccone : Parfait, c'est clair. Merci.
M. Drainville : C'est bon? Merci
beaucoup.
Le
Président (M. Fortin) : Ça va? Autres questions, commentaires? Non. Dans
ce cas, est-ce que l'amendement introduisant l'article 1.3 est
adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Fortin) :
Article 1.3 est donc adopté. 1.4.
M.
Drainville : Merci. Merci, M. le Président, je m'excuse.
Article 1.4, article 34.7 de la Loi sur l'instruction
publique : Insérer, après l'article 1.3 du projet de loi tel
qu'amendé, le suivant :
1.4. L'article 34.7 de cette loi est
modifié par l'insertion, dans le premier alinéa et après «visée», de «au
deuxième alinéa de l'article 29 ou».
Commentaire.
Cet amendement propose une modification de concordance afin d'ajouter la
décision du ministre de suspendre une
autorisation d'enseigner en cours d'enquête à l'article qui prévoit un recours
au Tribunal administratif du
Québec.
Le Président (M. Fortin) : Pas de
commentaires? Est-ce que l'amendement visant à introduire l'article 1.4
est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Fortin) :
L'article 1.4 est donc adopté. Article 1.5. M. le ministre.
M. Drainville : Merci.
Article 1.5, article 35 de la Loi sur l'instruction publique :
Insérer,·après l'article 1.4 du projet de loi tel qu'amendé, le
suivant :
1.5. L'article 35 de cette loi est modifié
par l'ajout, à la fin, de l'alinéa suivant :
«Il en est de même si l'enseignant visé par une
telle autorisation reconnaît qu'il a commis une faute grave à l'occasion de
l'exercice de ses fonctions ou un acte dérogatoire à l'honneur ou à la dignité
de la fonction enseignante ou a, de l'avis du comité d'enquête, commis une
telle faute ou un tel acte.»
Commentaire. Cet amendement propose une
modification de concordance avec l'élargissement des dispositions concernant la
faute grave ou l'acte dérogatoire afin de permettre au ministre de suspendre,
révoquer ou maintenir sous conditions une
tolérance d'engagement dont l'enseignant bénéficiaire a commis une telle faute
ou un tel acte.
Le
Président (M. Fortin) : Questions? Commentaires? Non. Est-ce que
l'amendement visant à introduire l'article 1.5 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Fortin) : L'article 1.5 est donc adopté. On passe à l'article 6.2. M.
le ministre.
M.
Drainville : Ça s'en vient, M. le Président. Je l'ai. 6.2. Article
6.2 :
Article 456.1 de la
Loi sur l'instruction publique.
Insérer, après
l'article 6.1 du projet de loi tel qu'amendé, le suivant :
6.2. L'article 456.1
de cette loi est modifié par le remplacement de «28» par «28.0.1».
Cet amendement
propose une modification de concordance avec la création d'un comité d'enquête
sur les situations de faute grave et d'actes dérogatoires permanents.
Le Président (M. Fortin) : Questions?
Commentaires? Est-ce que l'amendement visant à introduire l'article 6.2 est
adopté?
Des voix :
Adopté.
Le Président (M.
Fortin) : L'article 6.2 est donc adopté.
On
passe à la section sur les antécédents, et, M. le ministre, je vous demanderais
de nous présenter l'article 4.1.
M. Drainville :
Oui, j'y arrive, M. le Président, j'y arrive. OK. 4.1. Merci.
Article 4.1. Article
261.0.1 de la Loi sur l'instruction publique.
Insérer, après
l'article 4 du projet de loi, le suivant :
4.1. L'article
261.0.1 de cette loi est modifié par l'insertion, dans le premier alinéa et
après «mineurs», de «ou handicapés».
Article...
Excusez-moi, M. le Président. Commentaire. Cet amendement propose d'élargir la
portée de la vérification des antécédents judiciaires lors de l'embauche pour
qu'elle s'applique également aux personnes appelées à oeuvrer auprès d'élèves
handicapés.
Le Président (M. Fortin) : Questions?
Commentaires? Non. Alors, est-ce que l'amendement visant à introduire
l'article 4.1 est adopté?
Des voix :
Adopté.
Le Président (M.
Fortin) : L'article 4.1 est adopté. Article 4.2. M. le ministre.
M.
Drainville : Merci, M. le Président. Article 4.2. Article 261.0.1 de
la Loi sur l'instruction publique.
Insérer, après
l'article 4.1 du projet de loi tel qu'amendé, le suivant :
4.2. L'article
261.0.2 de cette loi est modifié :
1° par l'insertion...
Je glisse sur ma chaise.
1° par l'insertion,
dans le premier alinéa et après «mineurs», de «ou handicapés";
2°
par l'insertion, à la fin du deuxième alinéa, de sous réserve du règlement pris
en application de l'article 449.1».
Commentaire.
Cet amendement propose d'abord d'élargir la portée de la vérification des
antécédents judiciaires faite à la demande d'un centre de services scolaire
pour qu'elle s'applique également aux personnes appelées à oeuvrer auprès
d'élèves handicapés. Il propose ensuite d'assujettir la demande de déclaration
d'antécédents judiciaires et la vérification qu'un centre de services scolaire
peut faire à un règlement du ministre.
Le Président (M.
Fortin) : Questions? Commentaires? Non. Est-ce que l'amendement visant
à introduire l'article 4.2 est adopté?
Des voix :
Adopté.
Le Président (M.
Fortin) : L'article 4.2 est donc adopté. Après le 4.2 vient le 4.3. M.
le ministre.
M. Drainville :
Merci, M. le Président. Article
4.3. Article 261.0.3 et 261.0.4 de la Loi sur l'instruction publique.
Insérer, après
l'article 4.2 du projet de loi tel qu'amendé, le suivant :
4.3. Cette loi est
modifiée par l'insertion, après «mineurs», de «ou handicapés» partout où cela
se trouve dans les articles 261.0.3 et 261.0.4.
Commentaire. Cet
amendement propose des modifications de concordance à l'élargissement de la
portée de la vérification des antécédents judiciaires aux personnes appelées à
oeuvrer auprès des élèves handicapés.
Le Président (M.
Fortin) : Questions? Commentaires? Est-ce que l'amendement
introduisant l'article 4.3 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Fortin) : L'article
4.3 est donc adopté. On passe à l'amendement introduisant l'article 6.1.
M. Drainville : 6.1. Article 6.1.
Article 449.1 de la Loi sur l'instruction publique.
Insérer, dans l'article 6... excusez-moi.
Insérer, après l'article 6 du projet de loi, le suivant :
6.1. Cette loi est modifiée par l'insertion,
après l'article 449, du suivant :
«449.1. Le gouvernement peut, par
règlement :
«1°
déterminer les renseignements et les documents nécessaires pour établir
l'existence ou l'absence d'antécédents judiciaires qu'un corps de police
est tenu de fournir à un centre de services scolaires ou à une personne visée
par une vérification des antécédents judiciaires;
«2°
déterminer les cas dans lesquels une déclaration des antécédents judiciaires
doit être demandée par un centre de services scolaires et les cas dans
lesquels cette déclaration doit être vérifiée;
«3° déterminer les conditions et les modalités
applicables à la déclaration et à la vérification des antécédents judiciaires, notamment les cas dans lesquels des
documents supplémentaires doivent être transmis et la nature de ceux-ci.»
Commentaire.
Alors, il y a une petite erreur dans le commentaire, j'attire votre attention
là-dessus. Cet amendement propose de
conférer au gouvernement, et non pas au ministre, au gouvernement le pouvoir de
réglementer les cas dans lesquels un
centre de services scolaire doit faire une demande de déclaration d'antécédents
judiciaires et sa vérification, conformément à l'article 261.0.2.
• (17 h 40) •
Il propose également de conférer au ministre le
pouvoir de déterminer les renseignements et documents qu'un corps de police est
tenu de fournir dans le cadre de telles vérifications, ainsi que les conditions
et modalités applicables à certaines vérifications.
Le Président (M. Fortin) : M. le
député de Marquette.
M.
Ciccone : Oui, merci. Je veux juste une petite
clarification, là, parce que, deuxième paragraphe : «Déterminer les cas
dans lesquels une déclaration des antécédents judiciaires doit être demandée
par un centre de services scolaire et les cas dans lesquels cette déclaration
doit être vérifiée», moi, j'avais l'impression, M. le ministre, que
c'était... il fallait toujours le faire, pas
déterminer les cas... lesquels on peut... on ne peut pas le faire. Je pensais
que c'était plutôt... on devait toujours vérifier les antécédents
judiciaires des gens qui entourent nos enfants.
M. Drainville : L'obligation de
fournir ses antécédents judiciaires existe déjà au moment de l'embauche. Avec le projet de loi, on prévoit que le centre de
services scolaire peut, à tout moment, demander à quelqu'un : C'est quoi,
tes antécédents judiciaires?
M. Ciccone : Ça fait qu'il n'y a pas d'obligation, là?
M. Drainville : Qu'est-ce que vous
voulez dire?
M. Ciccone : Bien, d'avoir un antécédent judiciaire... de vérifier
les...
M. Drainville : D'avoir une
vérification? Bien, il y en a une à l'embauche.
M. Ciccone : Bien, ça s'applique où, ça, de «déterminer les cas dans
lesquels une déclaration d'antécédents judiciaires doit être demandée par un
centre de services scolaires»?
M.
Drainville : On pourrait, par exemple, par règlement,
déterminer les catégories d'emploi ou les personnes qui devront faire l'objet d'une vérification
d'antécédents judiciaires, incluant les sous-contractants. Alors, par exemple, surveillant
d'élèves, concierges...
M. Ciccone : Là, ils ne sont pas obligés, présentement, là?
M. Drainville : ...éducatrices
du service de garde.
M. Ciccone : Ils ne sont pas... ils ne pas sont obligés d'avoir des
vérifications.
M. Drainville : Ils le sont.
Ils le sont à l'embauche.
M. Ciccone : Oui?
M. Drainville : Et ça, ça
pourrait nous permettre, dans le fond, de demander à nouveau à une personne...
M. Ciccone : De revérifier.
M. Drainville :
Oui, c'est ça.
M. Ciccone : Parce que, là... parce que, là, au... parce que, dans le futur, il n'y a
plus personne qui va passer dans les filets, là, parce que, là... Je
veux dire, un coup que ça va être inscrit, c'est terminé. Ça, c'est pour
maintenant, là, au début, pour s'assurer, puis on pourrait refaire une
vérification. Vous pourriez le demander.
M. Drainville :
Le centre de services scolaire pourrait...
M. Ciccone : Parce que, là, ça se peut qu'il y en ait, dans des services
scolaires, qui ont des antécédents judiciaires après qu'on les ait vérifiés.
Puis là on peut les revérifier. C'est ce que ça vient dire, là.
M. Drainville :
Exact. Et ce que ça vient dire, c'est : On va pouvoir, par règlement,
déterminer un certain nombre de choses liées
à cette nouvelle vérification. Et, par exemple, on pourrait, dans cet éventuel
règlement là, prévoir que les surveillants d'élèves, les concierges, les
éducatrices, les bénévoles, les chauffeurs d'autobus, les personnes qui sont responsables de l'entretien des
bâtiments, qui viennent faire des travaux, par exemple... des travaux, par
exemple, dans les chambres de bain,
les toilettes des écoles, les personnes qui viennent participer, par exemple,
aux programmes d'art, des artistes en résidence, par exemple... Ça fait
que ça, c'est une des choses qu'on pourrait faire.
On
pourrait aussi établir une vérification des antécédents judiciaires dans
certaines circonstances particulières. Par exemple, quelqu'un qui revient en
emploi après une absence prolongée, qui a été en congé sans solde, qui a
été en congé de maladie, qui a été en congé de maternité ou de paternité.
M. Ciccone : ...demander une suspension, juste une minute ou deux, juste
pour vérifier quelque chose?
M. Drainville :
Avec plaisir.
M. Ciccone : Merci beaucoup.
Le Président
(M. Fortin) : Nous allons suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à
17 h 44)
(Reprise à 17 h 55)
Le Président (M. Fortin) : On
reprend nos travaux. M. le député de Marquette, vous aviez demandé une courte
suspension. Je crois que vous avez quelque chose à nous présenter.
M. Ciccone : Oui.
Merci beaucoup. C'est toujours... J'ai discuté avec... justement, sur le
deuxième paragraphe, «déterminer les cas». Je comprends qu'il y a une recherche
sur les antécédents judiciaires, ça doit être fait initialement par le service
scolaire, toutes les personnes qui entourent nos enfants. Cependant, puis le
ministre est conscient, là, que, dans l'éventualité... Après
15 ans, 20 ans, ça se peut qu'une situation change, justement, au
niveau des antécédents judiciaires. Puis j'aimerais, M. le Président, déposer
un sous-amendement, s'il vous plaît.
Le Président (M.
Fortin) : Bien sûr. Alors, si vous êtes prêt, M. le député, vous
pouvez présenter votre sous-amendement.
M.
Ciccone : Oui. Après le paragraphe 3°...
Je vais attendre qu'il soit à l'écran, là.
Le Président (M.
Fortin) : Ce ne sera pas bien long.
M. Ciccone : Oui.
OK. L'amendement proposé à l'article 6.1 du projet de loi est modifié par
l'ajout du paragraphe suivant :
«4° déterminer la
période de validité des antécédents judiciaires.»
Ça... par règlement,
là, ça, ça veut dire que le ministre peut, advenant la situation, advenant
également que, dans le temps, les choses
peuvent changer, aussi donner la liberté à son successeur de vouloir, justement,
déterminer la période de validité des antécédents judiciaires, d'être capable
de dire à quelqu'un : Bien, à tous les trois ans, quatre ans, cinq
ans, on refait encore une fois une recherche sur les antécédents judiciaires de
ceux qui entourent nos jeunes.
Je sais que ça a déjà
été fait. C'est fait, justement, dans le réseau de la petite enfance, c'est aux
trois ans. Je comprends que ça peut engendrer des coûts, mais ça coûte combien,
avoir nos enfants en sécurité? Peut-être que le ministre, en ce moment, se dit : Bien non, là, moi, je ne veux pas
le faire, mais, cependant, ce que ce sous-amendement-là amène, c'est la
possibilité dans le temps. Peut-être, dans une autre législature, peut-être ses
successeurs, dans deux, trois ou quatre successeurs, vont dire : Bien, on
a besoin de le faire puis on pourrait le faire, à la discrétion du ministre,
par règlement, justement, de déterminer la période de validité des antécédents.
Peut-être qu'un ministre va dire : Moi, je veux que ce soit fait à tous les
quatre ans, je veux que ce soit fait à tous les trois ans pour le bien-être et
la sécurité de nos enfants. Voilà, M. le Président, ma suggestion.
Le
Président (M. Fortin) : Très bien, très clair, M. le député. M. le
ministre.
M.
Drainville : On va prendre un instant, M. le Président, s'il vous
plaît.
Le Président (M.
Fortin) : Oui. Nous allons suspendre quelques instants. Merci.
(Suspension de la séance à
17 h 58)
(Reprise à 18 h 05)
Le Président (M. Fortin) : Nous
reprenons les travaux. Suite à la proposition du sous-amendement du député de
Marquette, M. le ministre, vous avez eu l'occasion d'en discuter avec vos
équipes et de la considérer. Quelles sont vos conclusions, M. le
ministre?
M. Drainville :
Oui, merci, M. le Président.
Bien, en fait, la conclusion à laquelle on en vient, c'est que le libellé, tel
que proposé, va avoir l'effet contraire que celui qui est recherché par le
député de Marquette. C'est-à-dire que, quand on dit «déterminer la
période de validité des antécédents judiciaires», ce que ça veut dire, donc,
c'est qu'on pourrait, par exemple, prescrire
qu'une... qu'un antécédent judiciaire... qu'une vérification d'antécédents
judiciaires est valide pour, mettons, mettons, deux ans.
Bon, actuellement,
les pouvoirs de la Loi sur l'instruction publique font en sorte qu'un centre de
services scolaire peut, en tout temps, demander une nouvelle vérification des
antécédents judiciaires. Et donc, si on mettait une période de validité,
mettons, de deux ans, ça voudrait dire, donc, que les antécédents
judiciaires... la vérification des
antécédents judiciaires est considérée valide pendant deux ans, et donc le
pouvoir du centre de services scolaire de demander à nouveau une
vérification d'antécédents judiciaires serait, d'une certaine manière,
invalidé. C'est comme si on neutralisait un pouvoir que nous avons
actuellement.
Alors, on veut
conserver la capacité du centre de services scolaire de pouvoir demander en
tout temps, et là, de la manière que l'amendement est formulé, on ne pourrait
pas le faire parce que la vérification serait considérée valide, selon la
période que... qui serait déterminée. Ça fait que, dans ces circonstances-là,
on ne juge pas que ce soit une bonne idée d'appuyer l'amendement qui est
proposé. Puis je suis certain que ce n'est pas ça que vise le député de
Marquette, je suis certain qu'il ne veut pas empêcher le centre de services
scolaire de pouvoir, à tout moment, demander une nouvelle vérification des
antécédents judiciaires. Est-ce que je m'exprime bien?
M.
Ciccone : Bien, vous n'avez pas raison
dans la...
(Interruption)
M.
Ciccone : Oh «boy»! C'est noté, M. le
ministre.
Non, je ne suis pas
d'accord avec la fin de votre énoncé. Premièrement, un n'empêche pas l'autre,
selon moi. Puis là vous parlez de la formulation, mais moi, je suis très ouvert
à retravailler cette formulation-là, parce que, un, premièrement, ça, ça ne
vous engage absolument à rien, absolument à rien, parce que ça a été fait... ça
a été fait dans la loi dans... sur la petite enfance où c'était, justement,
déterminer la période de validation... de validité d'antécédents judiciaires,
et, par la suite, on l'a retiré. Lors du dernier projet de loi, là, sur la
petite enfance, on l'a retiré puis on l'a mis trois ans.
Maintenant, aussi, ce
que vous dites... puis une chose que vous oubliez de dire, M. le ministre,
c'est que vous dites qu'un va empêcher...
par exemple, si vous voulez faire une recherche d'antécédents judiciaires, ça
va vous empêcher de le faire, mais ce
que vous oubliez de dire dans tout ça, c'est que la personne que ça fait
20 ans qui est dans le réseau, puis qu'il n'y a rien qui détermine
qu'on devrait vérifier de nouveau ses antécédents judiciaires, bien, peut-être
qu'elle, elle en a une... peut-être qu'elle, on devrait la vérifier puis
s'assurer qu'elle ne passe pas dans les filets... dans les mailles du filet. Il y a cet élément-là aussi. Le verre n'est
pas juste à moitié vide, là, il est à moitié plein aussi, là. Ça fait
qu'il faut regarder les deux côtés de la médaille.
Maintenant, moi, la
chose que je veux dans ça, c'est, un, de vous faciliter la vie. Vous devriez me
remercier, M. le ministre. Je veux vous
faciliter la vie, justement, et faciliter la vie de vos... de vos successeurs.
Peut-être que vous, vous ne
déterminez pas que c'est important de le mettre là, de faire des recherches
d'antécédents judiciaires à l'ensemble des... du réseau des enseignants et des
gens qui entourent nos enfants, mais, en même temps, il faut... peut-être que
votre successeur va le décider, lui, avec... Je ne sais pas, moi, ce qui
peut se produire dans l'éventualité...
Puis,
quand on écrit un projet de loi, la première chose qu'on m'a dite, c'est :
Enrico... M. le député de Marquette, quand vous écrivez un projet de loi,
assurez-vous que ça vive dans le temps, assurez-vous que ça vive dans le temps.
Puis ça, ça vient exactement, exactement remplir ce mandat-là. Si vous voulez
reformuler le sous-amendement puis la phrase, ça va me faire plaisir de le
faire avec vous, là, mais l'un n'empêche pas l'autre. Ça, je ne suis pas
d'accord avec vous, M. le ministre.
M. Drainville :
M. le Président, j'essaie de
comprendre, là. Est-ce que c'est la fréquence? C'est une... c'est une question
de fréquence? Est-ce que c'est ça?
• (18 h 10) •
M. Ciccone : Bien,
ça...
M.
Drainville : L'objectif... Laissons... mettons de côté le libellé, là.
M.
Ciccone : Oui, OK.
M.
Drainville : Dans le fond, concentrons-nous sur ce que vous essayez de
réaliser, puis, après ça, on verra si on est d'accord, puis, si on est
d'accord, on trouvera le bon langage, mais, juste pour bien comprendre, est-ce
que... c'est-tu la... c'est-tu la question de la récurrence qui... qui vous
amène à déposer cet amendement-là? Vous souhaitez qu'il y ait une récurrence
dans les vérifications? Est-ce que c'est ça?
M.
Ciccone : Bien, idéalement, ce serait aux
trois ans. Je pense que ma collègue, elle a... mais, en même temps, ça ne vous
empêche pas, vous, M. le ministre, de dire : Moi, telle, telle occasion,
telle situation, moi, j'en veux une, même s'il en a fait une en trois ans, non,
non, il est arrivé de quoi, on a un doute, là, j'en veux une autre. On n'est
pas obligés de respecter le trois ans, parce que c'est écrit «le gouvernement
peut», pas «doit», «peut», ce qui vous donne, là, une largesse extraordinaire.
M.
Drainville : Oui. Alors, on a eu effectivement cette discussion-là
avec la députée de Saint-Laurent. On a passé pas mal de temps là-dessus, et ma
réponse n'est pas différente de celle que j'ai donnée déjà à la députée de
Saint-Laurent, M. le Président. C'est-à-dire que le règlement, tel que proposé,
pourrait nous permettre d'insérer une fréquence, une récurrence dans
l'application des... de la loi, donc dans la vérification des antécédents, mais
on ne souhaite pas le faire dans le projet de loi comme tel. On verra si on le
fera, et, si on le fera, le règlement nous permettra de le faire, mais, avant
d'en arriver là, ce que... ce que j'ai déjà dit à la députée de Saint-Laurent
et que je réitère ici, c'est que le projet de loi que nous étudions et que nous
adopterons éventuellement, je l'espère, constitue une avancée exceptionnelle en
matière de protection des enfants. Et donc on veut se donner le temps de faire
atterrir toutes les nouvelles mesures qui sont déjà prévues dans le projet de
loi avant d'envisager une récurrence.
Maintenant, la
récurrence, elle est possible. Elle sera possible par règlement parce que, si
vous lisez le libellé de l'article 6.1, c'est possible. De la manière
qu'il est libellé, c'est possible que l'on puisse ajouter une fréquence ou une
récurrence. On pourrait même... M. le Président, on pourrait même prévoir, dans
le libellé de l'article... Ça, c'est un... une modification que nous pourrions ajouter.
On pourrait préciser que, par règlement, une récurrence pourrait être
éventuellement adoptée, mais... et mise en place, donc, mais on ne va pas... Je
l'ai déjà dit, on ne va pas légiférer sur la récurrence. La récurrence pourra
éventuellement être ajoutée par règlement, et on pourrait préciser qu'une
récurrence pourrait être éventuellement ajoutée par récurrence. Ça, je
pourrais... on pourrait amender le projet de loi pour le prévoir, mais la durée
de la récurrence comme telle ou une récurrence comme telle, ça, on ne
l'ajoutera pas au projet de loi. Je ne sais pas si c'est clair, là.
M.
Ciccone : Bien, bien, bien, c'est clair.
C'est tellement clair, M. le ministre, que vous venez de... vous venez de
dire... votre fin d'énoncé, vous venez de dire exactement, exactement ma
position sur le sous-amendement. C'est exactement ça que vous venez de dire,
mais vous venez de changer les mots tout simplement, là. Nous, notre position
est préventive, notre suggestion, là, est préventive, la vôtre est réactive,
puis ce n'est pas la même chose que... que ma collègue, parce que ma collègue
vous donnait un temps, un peu comme dans la petite enfance. Nous, on vous donne le choix de le faire ou non. Vous
n'avez pas les mains attachées. C'est une durée... la durée, c'est la validité des
antécédents judiciaires, puis c'est à vous de déterminer si vous voulez ou non,
puis vous donner la position... la possibilité de le faire. Vous dites
tantôt : On ne...
M.
Drainville : ...
M.
Ciccone : ...oui, c'est ça, sur une durée.
C'est parfait, ce n'est pas ça qu'on fait. On met une possibilité par règlement si vous le décidez, mais, au moins,
il est là, au moins, il est là. Ça donne la possibilité de le faire. Puis ce
que vous m'avez dit à la fin, là, vous vous réécouterez, M. le ministre, c'est
exactement ce que vous me... ce que j'ai... ce que j'ai écrit, mais
d'autres mots.
M.
Drainville : M. le Président, on va... Je vais vérifier si on a
terminé la formulation de l'amendement. On va s'arrêter un instant, OK?
Le Président (M.
Fortin) : Ça marche, suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à
18 h 15)
(Reprise à 18 h 24)
Le Président
(M. Fortin) : Alors, on va... on va reprendre nos travaux. Je
comprends qu'il y a entente pour suspendre l'article... ou l'amendement
introduisant l'article 6.1 ainsi que le sous-amendement jusqu'à ce qu'il y
ait un nouvel amendement de rédigé. Alors, nous passons donc au 9.1. M. le
ministre.
M. Drainville :
Alors, 9.1, article 54.5 de la Loi sur l'enseignement privé. Insérer,
après l'article 9 du projet de loi tel qu'amendé, le suivant :
L'article 54.5
de cette loi est modifié par l'insertion, après «mineurs», de «ou handicapés».
Cet
amendement propose d'élargir la portée de la vérification des antécédents
judiciaires lors de l'embauche pour qu'elle s'applique également aux
personnes appelées à oeuvrer auprès d'élèves handicapés. C'est un amendement de
concordance avec la Loi sur l'enseignement privé.
Le Président
(M. Fortin) : Questions ou commentaires?
M. Ciccone : Non.
Le Président
(M. Fortin) : Alors, est-ce que l'amendement introduisant
l'article 9.1 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président
(M. Fortin) : L'article 9.1 est donc adopté. 9.2, M. le ministre.
M. Drainville :
9.2, article 9.2, article 54.6 de la Loi sur l'enseignement
privé. Insérer, après l'article 9.1 du projet de loi tel qu'amendé, le
suivant :
9.2.
L'article 54.6 de cette loi est modifié :
1° par l'insertion,
dans le premier alinéa et après «mineurs», de «ou handicapés»;
2° par l'insertion, à
la fin du deuxième alinéa, de «, sous réserve du règlement du gouvernement».
C'est... même chose,
on l'a déjà voté, mais là on le vote pour la Loi sur l'enseignement privé. Ça
va?
Le Président
(M. Fortin) : Est-ce que l'amendement introduisant
l'article 9.2 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président
(M. Fortin) : L'article 9.2 est donc adopté. 9.3, M. le
ministre.
M. Drainville : 9.3, articles 54.7
et 54.8 de la Loi sur l'enseignement privé. Insérer, après l'article 9.2
du projet de loi tel qu'amendé, le suivant :
9.3.
Cette loi est modifiée par l'insertion, après «mineurs», de «ou handicapés»,
partout où cela se trouve dans les articles 54.7 et 54.8.
Même logique que tout
à l'heure, M. le Président.
Le Président
(M. Fortin) : Est-ce que l'amendement introduisant
l'article 9.3 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président
(M. Fortin) : L'article 9.3 est donc adopté. 11.1, M. le
ministre.
M. Drainville : Merci, M. le Président.
Article 11.1, article 111 de la Loi sur l'enseignement privé.
Insérer, après l'article 11 du projet de loi, le suivant :
11.1.
L'article 111 de cette loi est modifié par l'ajout, à la fin, des
paragraphes suivants :
«13° déterminer les
cas dans lesquels une déclaration des antécédents judiciaires doit être
demandée par un établissement et les cas dans lesquels cette déclaration doit
être vérifiée;
«14° déterminer les
conditions et les modalités applicables à la déclaration et à la vérification
des antécédents judiciaires, notamment les
cas dans lesquels des documents supplémentaires doivent être transmis et la
nature de ceux-ci.»
Alors,
M. le Président, ça, c'est le pendant de l'article que nous avons suspendu.
Donc, je suggère que nous le suspendions également, le temps que...
qu'un nouvel amendement soit déposé.
Le Président (M.
Fortin) : Très bien. Consentement pour suspendre l'article 11.1?
Des voix :
Consentement.
Le Président (M. Fortin) : Alors,
si le sous-amendement à l'article 6.1 n'est pas prêt, je vous suggère de
passer à la section sur les représailles et à l'article 7.1.
M.
Drainville : On introduit un amendement, M. le Président. Il a déjà
été déposé. Article 7.1, article...
Une voix : ...
M.
Drainville : Article 7.1, article 479.1 de la Loi sur
l'instruction publique. Voilà, merci, Mme la secrétaire. Insérer, après
l'article 7 du projet de loi, le suivant :
7.1.
Cette loi est modifiée par l'insertion, après l'article 479, du suivant :
«479.1. Il est
interdit d'exercer des mesures de représailles contre une personne qui, de
bonne foi, effectue un signalement, formule
une plainte, collabore au traitement d'un signalement ou d'une plainte ou
accompagne une personne qui effectue un signalement ou formule une
plainte en application des articles 26, 28.1, 258.0.1 et 262.
«Il est également
interdit de menacer une personne de mesures de représailles pour qu'elle
s'abstienne de poser les actes visés au premier alinéa.
«Sont présumés être
des mesures de représailles la rétrogradation, la suspension, le congédiement
ou le déplacement d'une personne ainsi que toute sanction disciplinaire ou
autre mesure portant atteinte à son emploi ou à ses conditions de travail. Est également présumé être une mesure de
représailles le fait de priver de droits un élève, un enfant ou leurs
parents, de leur appliquer un traitement différent ou de suspendre ou expulser
un élève qui a effectué un signalement ou formulé une plainte.»
• (18 h 30) •
Commentaire.
Cet amendement propose d'interdire d'exercer des mesures de représailles contre
les personnes qui effectuent un
signalement ou formulent une plainte ainsi que celles qui collaborent au
traitement d'un signalement ou d'une plainte ou accompagnent une personne qui
effectue un signalement ou formule une plainte. Il propose également
d'établir une présomption que certaines mesures constituent des représailles.
Ce sont des dispositions qui s'inspirent de la Loi sur le protecteur national
de l'élève, M. le Président.
Le Président (M.
Fortin) : Très bien. Questions, commentaires? Est-ce que l'amendement
à l'article... introduisant l'article 7.1 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Fortin) : L'article 7.1 est donc adopté. 7.2, M. le ministre.
M.
Drainville : Article 7.2, article 481 de la Loi sur
l'instruction publique. Insérer, après l'article 7.1 du projet de loi tel
qu'amendé, le suivant :
7.2. Cette loi est
modifiée par l'insertion, après l'article 480, du suivant :
«481. Quiconque
menace ou intimide ou tente de menacer ou d'intimider une personne ou exerce ou
tente d'exercer des représailles visées à l'article 479.1 est passible
d'une amende de 2 000 $ à 20 000 $, dans le cas d'une
personne physique, et de 10 000 $ à 250 000 $, dans les
autres cas.
«En cas de récidive,
ces montants sont portés au double.»
Cet amendement
propose de créer une infraction pénale à l'égard de mesures de représailles.
C'est à nouveau des dispositions qui s'inspirent de la Loi sur le protecteur
national de l'élève.
Le Président (M.
Fortin) : Oui, M. le député de Marquette.
M.
Ciccone : Oui, à titre informatif, M. le
ministre, vous dites : «...de 2 000 $ à 20 000 $, dans
le cas d'une personne physique, et de 10 000 $ à 250 000 $,
dans les autres cas.» Quels sont les autres cas? Juste m'assurer pour
comprendre...
M.
Drainville : Je vais me tourner vers M. le légiste.
Une voix : ...
M.
Drainville : Établissement, entreprise, personne morale.
M.
Ciccone : OK, entreprise, comment est-ce
qu'une entreprise peut... juste m'expliquer, là.
M.
Drainville : Prenez le...
Le Président (M.
Fortin) : M. le légiste.
M. Guyon Martin
(Alexandre) : En fait, par exemple, un établissement d'enseignement
privé peut exercer ses fonctions sous plusieurs formes, donc ça peut être une
société, ça peut être une entreprise. Là, on parle de... on parle de la forme juridique de... comment dire, de
l'entreprise, là, j'utilise un peu les mêmes mots, mais qui... qui exploite,
par exemple, un établissement d'enseignement privé, là.
M.
Ciccone : Merci, M. le Président.
Le Président (M.
Fortin) : Ça convient, M. le député?
M.
Ciccone : Oui.
Le Président (M.
Fortin) : D'autres questions, commentaires? Alors, est-ce que
l'amendement introduisant l'article 7.2 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Fortin) : L'article 7.2
est adopté. 11.3, M. le ministre.
M. Drainville : Article 11.3,
article 118.1 de la Loi sur l'enseignement privé. Insérer, après
l'article 11.2 du projet de loi tel qu'amendé, le suivant :
11.3. Cette loi est modifiée par l'insertion,
après l'article 118, du suivant :
«118.1. Il est interdit d'exercer des mesures de
représailles contre une personne qui, de bonne foi, effectue un signalement,
formule une plainte, collabore au traitement d'un signalement ou d'une plainte
ou accompagne une personne qui effectue un signalement ou formule une plainte
en application des articles 54.0.1 et 54.11.4.
«Il est également interdit de menacer une
personne de mesures de représailles pour qu'elle s'abstienne de poser les actes
visés au premier alinéa.
«Sont présumés être des mesures de représailles
la rétrogradation, la suspension, le congédiement ou le déplacement d'une
personne ainsi que toute sanction disciplinaire ou autre mesure portant
atteinte à son emploi ou à ses conditions de travail. Est également présumé
être une mesure de représailles le fait de priver de droits un élève, un enfant
ou leurs parents [et]», Oups! Je reprends. «Est également présumé être une
mesure de représailles le fait de priver de droits un élève, un enfant ou leurs
parents, de leur appliquer un traitement différent ou de suspendre ou expulser
un élève qui a effectué un signalement ou formulé une plainte.»
Commentaire.
Cet amendement propose d'interdire d'exercer des mesures de représailles contre
les personnes qui effectuent un
signalement ou formulent une plainte, ainsi que celles qui collaborent au
traitement d'un signalement ou d'une plainte ou accompagnent une
personne qui effectue un signalement ou formule une plainte. Il propose
également d'établir une présomption que certaines mesures constituent des
représailles.
Le Président (M. Fortin) : Questions,
commentaires? Est-ce que l'amendement introduisant l'article 11.3 est
adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Fortin) : L'article 11.3
est donc adopté. 11.4, M. le ministre.
M. Drainville : Merci, M. le
Président. L'article 11.4, article 135 de la Loi sur l'enseignement
privé.
Insérer,
après l'article 11.3 du projet de loi tel qu'amendé, le suivant : 11.4.
Cette loi est modifiée par l'insertion, après l'article 135, du
suivant :
«135.1. Quiconque menace, exerce ou tente d'exercer
des représailles visées à l'article 118.1 est passible d'une amende de 2 000 $ à
20 000 $, dans le cas d'une personne physique, et de
10 000 $ à 250 000 $, dans les autres cas.
«En cas de récidive, ces montants sont portés au
double.»
Le Président (M. Fortin) : Questions,
commentaires? Est-ce que l'amendement introduisant l'article 11.4 est
adopté?
Des voix : Adopté.
Le
Président (M. Fortin) : L'article 11.4 est adopté. M. le ministre,
avant de passer à la section subséquente, est-ce que vous êtes prêt à
revenir à l'amendement à 6.1?
M. Drainville : Non.
Le Président (M. Fortin) : Non, pas
tout de suite. Parfait.
M.
Drainville : On a une petite... un petit bogue technique, alors
on va continuer, M. le Président. On essaie de l'imprimer, en fait, là,
puis...
Le
Président (M. Fortin) : Excellent. Il n'y a pas de problème. Il nous reste
trois autres articles. Alors, passons à la section sur le plan de lutte
et l'article 1.6.
M. Drainville : Article 1.6,
article 75.1 de la Loi sur l'instruction publique.
Insérer, après l'article 1.5 du projet de
loi tel qu'amendé, le suivant:
1.6. L'article 75.1 de cette loi est
modifié par l'insertion, dans le premier alinéa et après «adopte», de «, selon
la forme prescrite par le ministre,».
Commentaire. Cet amendement propose de permettre
au ministre de prescrire la forme que doit prendre le plan de lutte contre
l'intimidation et la violence.
Le
Président (M. Fortin) : M. le député de Marquette.
M.
Ciccone : M. le ministre, quelle est votre
forme prescrite de la lutte contre l'intimidation et la violence? Selon quelle
norme?
Des voix :
...
M.
Drainville : Voilà. Alors, M. le Président, cette disposition-là
s'inspire d'une lecture que nous avons faite de
l'état des plans de lutte contre la violence et l'intimidation qui existent
présentement dans les écoles du Québec. Comme vous le savez, depuis 2012,
chaque école doit avoir son plan de lutte contre la violence et l'intimidation,
c'est la ministre Beauchamp, je crois, qui
avait fait adopter cette obligation, sauf qu'on s'est rendu compte, M. le
Président, que, parfois, les plans de
lutte, comment dire, sont de qualité variable. Et, dans certains cas, ils n'ont
pas été mis à jour. Dans d'autres cas, ils ont été conçus mais dorment
quelque part dans un tiroir où ils accumulent la poussière.
Alors là, on veut...
on veut les réactiver, on veut s'assurer que ces plans-là aient une certaine
uniformité, qu'ils contiennent, donc, des
éléments obligatoires. Et donc, on va s'assurer de le faire par une... un
modèle de gabarit qui va, donc, prévoir plusieurs sections. Alors, on
est déjà en train de travailler sur... sur ledit gabarit, puis l'objectif, M. le Président, c'est vraiment d'avoir une
cohérence puis une certaine uniformité à travers tout le Québec, dans toutes
les écoles, en... au regard, donc, de cet... de ce plan de lutte à
l'intimidation et à la violence. Ça ne veut pas dire, M. le Président, que les écoles, les centres de services
scolaires ne pourront pas apporter leur touche particulière, locale, régionale.
Il y a des réalités, parfois, qui sont un petit peu différentes, on le sait
bien, d'une partie du Québec à l'autre. Alors, ça, ce sera toujours possible de le faire, là. On ne veut pas faire du
mur-à-mur intempestif puis doctrinaire, mais on veut quand même
s'assurer qu'il y ait des éléments incontournables, nécessaires, qui doivent
faire partie de tous les plans de lutte. Et donc, l'article vise à prescrire
cela.
Le Président (M.
Fortin) : Qu'en dites-vous, M. le député?
M.
Ciccone : Oui, oui, soit. Étant moi-même
mon porte-parole de lutte à l'intimidation dans mes... pour mon parti, la chose... je vous dirai seulement la
chose suivante, M. le ministre, c'est que, un, c'est important d'avoir une bonne
base. Je ne veux pas vous dire quoi faire,
là, mais, par expérience, il faut comprendre que la définition de...
d'«intimidation» ou même d'«abus» n'est pas toujours la même pour tout
le monde, là. Ça fait que c'est important de mettre un plan quand même assez
costaud, là, puis clair pour tout le monde, là, d'avoir des bases. Je comprends
qu'il ne faut pas uniformiser, vous respectez les régions, c'est différent,
mais d'avoir une base quand même assez solide, c'est de mise, selon moi, là.
Merci.
• (18 h 40) •
M.
Drainville : ...M. le Président.
Le Président (M.
Fortin) : Encore une fois, est-ce que l'amendement introduisant
l'article 1.6 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Fortin) : L'article 1.6 est adopté. 10.1, M. le ministre.
M.
Drainville : 10.1, article 63.1 de la Loi sur l'enseignement
privé. Insérer, après l'article 10 du projet de loi, le suivant :
10.1.
L'article 63.1 de cette loi est modifié par l'insertion, dans le premier
alinéa et après «adopter», de «selon la forme prescrite par le ministre,».
C'est un article
miroir de celui que nous venons d'adopter, M. le Président, qui s'applique,
évidemment, à la Loi sur l'enseignement privé dans ce cas-ci.
Le Président (M. Fortin) : S'il
n'y a pas de question, est-ce que l'amendement introduisant l'article 10.1
est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Fortin) : L'article 10.1 est adopté.
M.
Drainville : Et là je pense, M. le Président...
Des voix : ...
Le Président (M.
Fortin) : ...prêt à revenir à l'article 6.1?
Une voix : ...
Le Président (M.
Fortin) : Oui, bien sûr. Nous allons suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 18 h 42)
(Reprise à 18 h 56)
Le
Président (M. Fortin) : Nous reprenons nos travaux. À ce stade-ci, on va
passer à l'étude de l'article 11.5. M. le ministre.
M. Drainville : Merci, M. le
Président.
Des voix : ...
M. Drainville :
Article 11.5 :
Insérer, avant l'article 12 du projet de
loi, le suivant :
«11.5. Un comité constitué en application de
l'article 28 de la Loi sur l'instruction publique (chapitre I-13.3) tel
qu'il se lisait à la date qui précède celle de l'entrée en vigueur de
l'article 0.4 de la présente loi pour enquêter sur une plainte poursuit
l'enquête conformément aux dispositions de la sous-section 3 de la
section III du chapitre III [...] de
la Loi sur l'instruction publique telles qu'elles se lisaient — telles
qu'elles se lisaient — à
cette date.» Je m'excuse pour la personne à la transcription.
Donc : «...chapitre II de la Loi sur l'instruction publique telles qu'elles se lisaient à cette date.»
Commentaire. Cet amendement propose une mesure
transitoire afin que les plaintes pour faute grave ou acte dérogatoire d'un titulaire d'une autorisation
d'enseigner, en cours d'enquête, soient poursuivies par le comité d'enquête
constitué à cette fin et conformément aux dispositions actuellement
applicables. En d'autres mots, on constitue un comité permanent, mais les cas qui sont déjà sous
enquête, et pour lesquels on a créé un comité d'enquête, on leur permettrait
de terminer leur travail.
Le Président (M. Fortin) : Est-ce
que l'amendement introduisant l'article 11.5 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Fortin) : L'article 11.5
est donc adopté. 11.6, M. le ministre.
M. Drainville : Merci, M. le
Président .11.6.
Ajouter, après l'article 11.5 du projet de
loi tel qu'amendé, le suivant :
«11.6. Le
ministre doit, au plus tard à la date qui suit de cinq ans celle de l'entrée en
vigueur des articles 3 et 8 de la présente loi, faire rapport au
gouvernement sur la mise en oeuvre de la présente loi. Ce rapport doit contenir
le nombre et la nature des signalements qui ont été portés à la connaissance
des centres de services scolaire et des établissements
d'enseignement privé annuellement, concernant tout manquement aux dispositions
de leur code d'éthique conformément à
l'article 220 de la Loi sur l'instruction publique et à
l'article 63.8 de la Loi sur l'enseignement privé.
«Ce rapport
est déposé par le ministre dans les 30 jours suivants à l'Assemblée nationale
ou, si elle ne siège pas, dans les 30 jours de la reprise de ses
travaux.»
Le Président (M. Fortin) : Ça va?
Une voix : ...
M. Drainville : M. le Président...
Le Président (M. Fortin) : Oui,
allez-y.
M.
Drainville : ...si je peux proposer, je... s'il y a consentement
des membres de la commission, que cet amendement soit porté au député de
Marquette. Je pense que c'est possible.
Le Président (M. Fortin) : L'amendement
à 11.6?
M. Drainville : Oui? Bien oui, c'est
lui qui nous a... Vous nous avez...
M. Ciccone : Vous êtes donc bien fin, M. le ministre!
M. Drainville : Non, non, mais...
M. Ciccone :
Merci beaucoup.
M.
Drainville : C'est possible de le faire, Mme la secrétaire, non? On
peut faire comme si c'était le député de Marquette qui l'avait déposé, s'il y a
consentement. C'est bon?
Le Président (M.
Fortin) : Oui. Consentement?
Des voix :
Consentement.
M.
Ciccone : Merci, M. le ministre.
• (19 heures) •
M. Drainville :
C'est vous qui l'avez proposé.
M.
Ciccone : Vous êtes «sport».
Le Président (M.
Fortin) : Est-ce que l'amendement proposé par le député de Marquette,
introduisant l'article 11.6, est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Fortin) : L'article 11.6 est donc adopté. Si je ne m'abuse, Mme
la secrétaire, il nous reste les articles 6.1, 11.1 et l'article 12.
C'est bien cela?
M.
Drainville : OK. Alors, on y va avec...
Le Président (M.
Fortin) : Bien, juste un instant, là. L'article 12, je vous
avoue, M. le ministre, que c'est un peu l'article final du projet de loi.
M.
Drainville : Oui, effectivement.
Le Président (M.
Fortin) : Ce serait un peu bizarre de l'étudier à ce stade-ci. Alors,
je me tourne vers vos équipes pour voir si l'amendement discuté au 6.1 est...
est préparé.
M.
Drainville : Il l'est... On va suspendre deux instants.
Le Président (M.
Fortin) : Oui... exactement. Nous allons suspendre.
(Suspension de la séance à
19 h 01)
(Reprise à 19
h 10
)
Le Président (M.
Fortin) : Alors, nous reprenons nos travaux et nous revenons au
sous-amendement qui avait été présenté par le député de Marquette à
l'article 6.1. M. le député de Marquette.
M. Ciccone : Merci, M. le Président. Si vous voulez bien, avec la très
grande ouverture du ministre, on a travaillé
un nouveau libellé. Alors, si vous voulez, on pourrait retirer le
sous-amendement puis on va en déposer un autre.
Le Président (M.
Fortin) : Est-ce qu'il y a consentement pour retirer le
sous-amendement du député de Marquette?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Fortin) : Consentement.
L'amendement est donc retiré. M. le député, vous en avez un nouveau?
M. Ciccone : Oui.
Alors, je redépose un sous-amendement à l'article 6.1. Article 449.1
de la Loi sur l'instruction publique : Ajouter après le paragraphe
3°, dans l'amendement proposé à l'article 6.1 du projet de loi tel
qu'amendé, le suivant :
«4° déterminer
la fréquence à laquelle une déclaration des antécédents judiciaires doit être
demandée et vérifiée par un centre de services scolaire.»
Et, si vous me
permettez, M. le Président, j'ai l'effet miroir, là, du...
Le Président (M.
Fortin) : ...
M.
Ciccone : Pas tout de suite? OK.
Le Président (M. Fortin) : Le 11.1?
M.
Ciccone : Oui. On va attendre? Parfait.
Le Président (M. Fortin) : Commençons
par le 6.1. Est-ce qu'il y a...
M.
Ciccone : Alors, ça dit tout, je pense que ça... ça... c'est
exactement le même argumentaire, mais je pense qu'on a travaillé le verbatim,
puis vous êtes content avec ça, M. le ministre. Oui.
Le Président (M. Fortin) : Ça
fonctionne pour tout le monde?
M. Ciccone : Oui.
Le
Président (M. Fortin) :
Est-ce que le sous-amendement présenté à l'article 6.1 par le député de
Marquette est adopté?
Des voix : Adopté.
Le
Président (M. Fortin) : Adopté. Est-ce qu'il y a des questions,
commentaires sur l'article 6.1 tel qu'amendé? Est-ce que
l'amendement introduisant l'article 6.1 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le
Président (M. Fortin) : L'article 6.1 est donc adopté. Consentement
pour revenir à l'article 11.1 suspendu?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Fortin) : Consentement.
Je crois comprendre, M. le député de Marquette, que vous avez un
sous-amendement.
M. Ciccone : Effectivement. Alors, c'est le même, c'est le miroir.
Alors, ajouter, après le paragraphe... Bien, l'article 11.1 :
Ajouter, après le paragraphe 14° de l'amendement proposé à l'article 11.1
du projet de loi tel qu'amendé, le suivant :
«15° déterminer la fréquence à laquelle une
déclaration des antécédents judiciaires doit être demandée et vérifiée par un
établissement.»
Le Président (M. Fortin) : Est-ce
que le sous-amendement du député de Marquette est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Fortin) : Adopté.
Article... On revient donc à l'article 11.1 amendé. Est-ce qu'il y a des
questions, commentaires? Non. Est-ce que l'amendement introduisant
l'article 11.1 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Fortin) :
L'article 11.1 est donc adopté. Article 12. M. le ministre.
M. Drainville : Alors,
article 12 : Les dispositions de la présente loi entrent en vigueur à
la date ou aux dates fixées par le gouvernement.
Cet article propose... Commentaire, excusez-moi,
commentaire. Cet article propose que le projet de loi entre en vigueur par
décret du gouvernement. Le gouvernement pourra déterminer une ou plusieurs
dates pour l'entrée en vigueur des différentes dispositions du projet de loi.
Le Président (M. Fortin) : ...l'article 12
est adopté?
Des voix : Adopté.
Le
Président (M. Fortin) : Adopté. Est-ce que le titre du projet de loi est
adopté... Oui, Mme la députée de Mercier.
Mme
Ghazal : Très bien. Merci beaucoup, M. le Président. Donc,
il va y avoir un amendement qui a été, évidemment, travaillé avec... en
collaboration avec l'équipe du ministre. Donc, je peux le lire. J'y vais?
Le Président (M. Fortin) : Oui.
Mme
Ghazal : Ajouter, à la fin du titre du projet de loi,
«concernant notamment les actes de violence à caractère sexuel».
Commentaire.
Cet amendement propose une modification au titre du projet de loi afin de tenir
compte des modifications concernant les violences à caractère sexuel. Il y a
déjà eu deux amendements qui avaient aussi été travaillés avec l'équipe du ministre pour rajouter explicitement
«violence à caractère sexuel», et là le titre va... va bien
l'expliciter. Voilà.
Le Président (M. Fortin) : Très
bien. Ça convient à tous les parlementaires? Alors, est-ce que l'amendement
présenté par la députée de Mercier est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Fortin) : Ça va, Mme la secrétaire? Voulez-vous une seconde? En fait,
on aura besoin d'une courte seconde de
suspension, et je vais tout de suite vous demander le consentement pour
permettre à l'ensemble des
parlementaires, étant donné l'heure, de faire leurs remarques finales, même si
on excède de 19 h 15. Ça vous va? OK.
Alors, suspension
pour un moment rapide.
(Suspension de la séance à
19 h 14)
(Reprise à 19 h 19)
Le Président (M. Fortin) : Alors,
on reprend. Suite à l'amendement de la députée de Mercier, est-ce que le titre
du projet de loi est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Fortin) : Adopté.
Je propose que la commission recommande la renumérotation du projet de
loi amendé. Est-ce qu'il y a consentement? Oui?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Fortin) : Très bien. Je propose que
la commission adopte une motion d'ajustement des références. Cette
motion est-elle adoptée?
• (19 h 20) •
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Fortin) :
Adopté.
Remarques finales
Alors,
je cède maintenant la parole à la porte-parole du deuxième groupe d'opposition,
la députée de Mercier, pour ses remarques finales.
Mme Ruba Ghazal
Mme Ghazal : Oui. Bien, merci beaucoup, M. le Président. Très
contente d'avoir participé à cette commission-là sur le projet de loi
pour la sécurité des élèves, notamment en ce qui a trait aux violences à
caractère sexuel. Je le paraphrase un peu. Je suis vraiment très contente que
le ministre, rapidement, là, tout de suite après les consultations
particulières, ait accepté d'ajouter «violence à caractère sexuel», surtout
sachant l'origine du projet de loi au départ. C'était
à la suite de l'enquête, là, sur les violences à caractère sexuel. Évidemment,
on a collaboré très, très bien ensemble ici, dans cette commission.
Je vais juste dire un
mot. Je pense que je ne surprends pas le ministre quand je lui dis que je
trouve dommage qu'on n'ait pas une loi-cadre
sur les violences à caractère sexuel pour les écoles primaires et secondaires,
comme il y en a dans l'éducation supérieure. Juste aujourd'hui, il y a
eu une campagne, qui s'appelle On s'écoute, qui a été lancée aux cycles
supérieurs, financée par le ministère de l'Éducation supérieure, et c'est dans
le cadre de tout ce que le gouvernement a fait depuis 2017, là, avant l'actuel
gouvernement, depuis qu'il y a eu une loi-cadre pour prévenir les violences à
caractère sexuel. Ça vient avec une loi puis ça vient aussi avec des
ressources.
Donc, c'est sûr et
certain que je vais marteler, malgré les avancées qu'on a ici, notamment sur
les clauses d'amnistie, les... comment on
appelle ça, les antécédents judiciaires, etc., il y a des pas qui ont été faits
de l'avant, en avant, puis je salue le ministre. Je sais qu'il aime ça
aussi, recevoir des bravos, donc je lui dis bravo d'avoir... de nous avoir
permis de faire ces avancées-là, mais ce n'est pas suffisant en ce qui a trait
aux violences à caractère sexuel. Donc, il va me réentendre parler de ce
sujet-là encore et encore. Merci beaucoup.
Le Président (M.
Fortin) : Très bien. M. le député de Marquette, pour vos remarques
finales.
M. Enrico
Ciccone
M. Ciccone : Merci beaucoup, M. le Président. Merci beaucoup, M. le
ministre, et à votre équipe, équipe du ministère, aux membres de la commission,
au président, M. le Président, au personnel de la commission et de l'équipe
technique. Ce fut court, ma présence, M. le ministre, mais très intense. Un
merci spécial à ma collègue de Saint-Laurent qui ne pouvait pas,
malheureusement, être ici aujourd'hui.
Je souligne notamment l'ouverture du ministre.
Puis on m'avait dit que le ministre de l'Éducation était une personne qui était très, très, très ouverte et
conciliante. Je devais le voir pour le croire et je le crois maintenant, M. le
Président.
Comme législateur, on veut toujours laisser sa
marque, surtout dans l'opposition, partout où on passe, dans n'importe quel projet de loi. Et j'ai la fierté de
dire que j'ai laissé une petite marque dans ce projet de loi grâce à vous
et votre ouverture, M. le ministre. Alors, merci beaucoup.
La seule chose que j'aimerais dire en terminant,
c'est que dans l'article 12, ici, là, «les dispositions de la présente loi
entrent en vigueur à la date et aux dates fixées par le gouvernement», je
souhaite ardemment que ce soit fait très, mais très, très rapidement. Merci
beaucoup, M. le Président. Merci beaucoup, M. le ministre.
Le Président (M. Fortin) : Très
bien. M. le ministre, c'est à votre tour.
M. Bernard
Drainville
M. Drainville : Oui. Merci beaucoup,
M. le Président. Alors, évidemment, très heureux de cette conclusion positive.
D'abord, je veux remercier les membres de la commission. Je vais commencer par
les membres de ma propre formation, M. le Président, parce que ce n'est pas
évident de siéger pendant de longues heures, et de rester attentifs, et puis de
manifester comme ça l'appui au ministre. Puis je veux exprimer toute ma
gratitude auprès de mes collègues. Merci beaucoup, collègues, d'être là, je
l'apprécie énormément. Puis je sais que, parfois, c'est un rôle qui est un
petit peu ingrat, je le sais, ça, je le reconnais, mais je veux que vous
sachiez à quel point j'apprécie votre... votre appui puis j'apprécie le fait
que vous ayez été solidaires puis en appui à ce projet de loi, là, sur lequel
on a travaillé. Et donc je suis très fier qu'on... qu'on réussisse comme...
comme gouvernement, à faire cette avancée, parce que c'est une avancée dont on
peut être très, très fiers.
Je veux souligner le travail formidable, M. le
Président, de mes collègues de l'opposition. La députée de Saint-Laurent, qui
n'est pas présente, que je salue, qui est à la maison pour des raisons de
santé. Et je suis très content, très heureux pour elle qu'elle ait fait ce
choix. Je pense qu'elle a fait le bon choix de prioriser sa santé et de
prioriser la santé du petit bébé à venir. Donc, si vous me permettez, M. le
Président : Marwah, bravo! Et je te salue.
Je salue, bien entendu, M. le Président, le
député de Marquette, qui a pris la balle au bond. Merci de votre collaboration,
M. le député de Marquette, merci de l'esprit très positif et constructif avec
lequel vous avez conclu les travaux de cette
commission, c'est très apprécié. Je salue, bien entendu, M. le Président, la
députée de Mercier qui a... qui est une femme que j'apprécie beaucoup
parce qu'elle est authentique, parce qu'elle est droite sur ses convictions et
qu'elle ne... elle ne lâche pas les enjeux qui sont importants pour elle, elle
est très constante. Et donc on n'est pas d'accord sur tout, évidemment, mais je
reconnais sa sincérité puis je reconnais la droiture de ses convictions et la
force de ses convictions.
Content que vous ayez été là, M. le Président.
On s'est finalement retrouvés. Vous avez été très occupé dans une autre
commission, sur un autre projet de loi, mais finalement vous avez pu être
présent pour l'étude de ce projet de loi n° 47, et donc c'est bien
apprécié. Vous êtes un collègue aussi que j'apprécie beaucoup, parce qu'on a
siégé ensemble dans une autre vie politique, enfin, je parle de la mienne, et
on s'est toujours bien respectés, puis vous êtes un parlementaire pour lequel
j'ai beaucoup d'estime, je pense que vous le savez.
Je veux... je
veux saluer, M. le Président, les membres de... des équipes qui nous
accompagnent, Mme la secrétaire, un travail patient, rigoureux, très
apprécié, évidemment. C'est très important, le travail de la secrétaire. C'est
elle qui s'assure qu'en bout de ligne les documents sont bien déposés, que les
articles de loi sont bien classés, bref, que tout sera remis en ordre une fois que nos travaux seront terminés. Merci aux
gens qui s'occupent de la diffusion des débats, merci aux pages, enfin,
merci à tout le personnel qui nous accompagne dans le travail qui est le nôtre.
Je tiens évidemment, M. le Président, à
remercier mes équipes. M. Beaulieu, Maxime Beaulieu, qui est ici à ma droite,
conseiller politique, qui a travaillé très fort sur ce projet de loi. Merci,
Maxime. Je remercie, à ma gauche, la
sous-ministre, Mme Stéphanie Vachon, et ses équipes qui ont travaillé très,
très fort, je vais les nommer : Alexandre
Guyon Martin, qui est juste ici présent, Ève Ringuette, qui est juste derrière
moi, je ne sais pas si la caméra peut le montrer, j'espère que c'est le
cas, Lucie Lapointe, qui est juste ici, Lucie, Isabelle Gagnon, qui est juste
là, merci beaucoup, Isabelle. Et évidemment il y a beaucoup de gens qui ne sont
pas présents, mais qui sont... qui nous regardent peut-être, qui sont des
équipes du ministère et qui nous ont soutenus, qui ont soutenu les travaux qui
ont mené à la production de ce projet de loi dont nous sommes très fiers. Je
salue également les équipes du leader, là, qui nous accompagnent aussi. Très
apprécié que vous soyez là.
Alors, M. le
Président, c'est une très belle avancée. Je ne vais pas refaire tout le...
comment dire, toute la description détaillée de ce projet de loi
n° 47, mais une des raisons, probablement... en fait, la raison, sans
doute, pour laquelle on a pu travailler si
bien ensemble malgré les quelques désaccords que nous avons connus, évidemment,
c'est lié au fait que, sur le fond des choses, on savait que ce projet de loi
était une très, très belle avancée. Et donc c'est là qu'on s'est
retrouvés. On s'est retrouvés où? On s'est retrouvés autour de cette nécessité
de mieux protéger nos élèves dans les écoles. Et c'est ça qui nous a... C'est
ça qui nous a unis, M. le Président. Ce qui nous a unis, c'est cette volonté, donc, de resserrer les mailles du filet de sécurité pour
faire en sorte, justement, que nos élèves puissent aller à l'école et être
mieux protégés qu'ils ne l'étaient auparavant.
Et là on s'est donnés toutes sortes de moyens de
faire en sorte, justement, qu'ils le soient davantage, par un meilleur partage
de l'information, par l'élimination de certaines clauses qui nous empêchaient
de faire le suivi de certains actes répréhensibles qui pourraient mettre en...
à risque la sécurité physique et psychologique de nos élèves, l'utilisation du code d'éthique, les dispositions
nouvelles autour de l'article 26 qui permet, éventuellement, au ministre
de suspendre ou de révoquer le brevet
d'enseignement, et toutes sortes d'autres mesures, M. le Président, qui vont
faciliter la tâche du ministre et du
gouvernement, peu importe sa couleur, maintenant et pour les années à venir,
quand viendra le temps d'intervenir pour agir.
Et là on se donne beaucoup de moyens
supplémentaires, M. le Président, pour agir beaucoup plus rapidement sur la foi d'informations crédibles. On se donne
des mécanismes de vérifier les informations, on se permet de pouvoir intervenir beaucoup plus rapidement lorsqu'il y a
une menace. Donc, il y a toutes sortes de dispositions, M. le Président, contenues
dans ce projet de loi n° 47, qui vont nous permettre de mieux protéger nos
enfants. Et je pense qu'on doit tous être fiers de ça, fiers de ce travail que
nous avons accompli. Donc, bravo à tout le monde!
• (19 h 30) •
Je ne l'ai pas mentionné, M. le Président, mais
je pense que c'est important que je le fasse, j'aimerais ça mentionner
également la présence de Mme Thivierge, Florence Thivierge, qui a été la fidèle
recherchiste, conseillère de la députée de
Saint-Laurent et qui a accompagné également le député de Marquette aujourd'hui.
J'ai été, M. le Président, porte-parole dans l'opposition... bien, en
fait, en matière de santé, notamment, et je sais ce que c'est que passer de
nombreuses heures en commission parlementaire et de n'avoir à mes côtés qu'une
personne fidèle et fiable. J'ai connu ces
années-là et je sais ce que le travail de Mme Thivierge représente pour
les députés qu'elle a appuyés au cours de ces heures, et elle le fait
également sur le projet de loi n° 23 que nous avons fait adopter
avant les fêtes, elle était présente également.
Donc, je la remercie pour son travail et je la félicite aussi pour ce travail
parce que je sais qu'il est important, même si, parfois, il est aussi ingrat,
il n'est pas toujours reconnu à sa juste valeur. Donc, je pense que c'est
important de le mentionner.
Alors, voilà,
M. le Président, le travail est fait. On s'en est, somme toute, bien... bien
tirés. Je pense que... J'espère que je n'oublie personne. Des fois, ça
m'arrive d'oublier. Ça va?
Des voix : ...
M. Drainville : J'ai... Oui, j'ai
salué M. le président. Et donc je pense n'avoir oublié personne. Les pages, je
les ai mentionnés, je pense que je l'ai fait. Alors, voilà. M. le Président,
très content. Merci de votre collaboration, chers
collègues, et on va de l'avant maintenant avec les dernières étapes pour que ce
projet de loi soit adopté et qu'on puisse donner à nos enfants, à nos
élèves cette protection supplémentaire que le projet de loi leur leur
apportera.
Le Président (M. Fortin) : Merci, M.
le ministre. Étant donné l'heure tardive, je ne répéterai pas l'ensemble des
remerciements que vous venez de faire. Alors, considérez-vous tous remerciés.
Mais je veux quand même dire à l'ensemble des parlementaires qui sont autour de
la table, et ce n'est pas un exercice facile, M. le ministre, vous avez devant
vous des députés d'opposition, disons, déterminés et coriaces dans ce dossier,
mais l'esprit d'une commission parlementaire, je crois que vous l'avez tous
très bien compris. Les députés sont restés bien fidèles à leurs principes, de part et d'autre, mais ont trouvé une façon de
faire avancer le projet de loi, de trouver des compromis dans plusieurs cas, de
prendre le temps et, même si ça prend du temps, de faire le travail nécessaire.
Alors, je vous lève mon chapeau à tous, je crois que vous avez bien
compris l'esprit d'une commission parlementaire productive et efficace.
Sur ce, la commission ayant accompli son mandat,
elle ajourne ses travaux sine die.
(Fin de la séance à 19 h 33)