Journal des débats (Hansard) of the Committee on Culture and Education
Version préliminaire
43rd Legislature, 1st Session
(November 29, 2022 au September 10, 2025)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
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Tuesday, March 19, 2024
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Vol. 47 N° 42
Clause-by-clause consideration of Bill 47, an Act to reinforce the protection of students
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Intervenants par tranches d'heure
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Fortin, André
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Drainville, Bernard
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Drainville, Bernard
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Ciccone, Enrico
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Fortin, André
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Drainville, Bernard
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Fortin, André
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Ciccone, Enrico
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Ciccone, Enrico
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Drainville, Bernard
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Fortin, André
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Drainville, Bernard
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Fortin, André
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Ciccone, Enrico
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Fortin, André
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Drainville, Bernard
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Ciccone, Enrico
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Ciccone, Enrico
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Drainville, Bernard
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Fortin, André
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Fortin, André
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Ciccone, Enrico
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Drainville, Bernard
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Ghazal, Ruba
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15 h (version révisée)
(Quinze heures vingt-neuf minutes)
Le Président (M. Fortin) : À
l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission
de la culture et de l'éducation ouverte.
La commission est réunie pour continuer l'étude
détaillée du projet de loi n° 47, Loi visant à renforcer la loi... la
protection des élèves.
Mme la secrétaire, y a-t-il des
remplacements?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. Mme Dionne (Rivière-du-Loup—Témiscouata) est remplacée par Mme Poulet
(Laporte); Mme Tremblay (Hull), par Mme Lecours
(Lotbinière-Frontenac); et Mme Garceau (Robert-Baldwin), par M. Ciccone
(Marquette).
Le Président (M. Fortin) : Très
bien. Je rappelle à tout le monde qu'on étudie le projet de loi par... par
sujets. On est rendus au sujet sur le code d'éthique. Plusieurs articles ont
déjà été adoptés. Lors de l'ajournement des travaux jeudi, on était à l'article 11
et, en fait, à l'amendement proposé par le ministre à l'article 11 avec l'article 2.1,
qui est suspendu. Alors, nous revenons à l'amendement sur l'article 11, et,
M. le ministre, vous avez la parole.
• (15 h 30) •
M. Drainville : L'article
avait été... l'amendement avait été déposé, n'est-ce pas, M. le Président?
Le Président (M. Fortin) : L'amendement
avait, effectivement, été déposé. Je crois que vous avez autre chose à nous
proposer cependant.
M. Drainville : Sur 11, on
a... attendez un peu, montrez-moi le... Mme la secrétaire, si je peux voir
le... s'il vous plaît, l'amendement qui avait été lu.
(Consultation)
Le Président (M. Fortin) : Vous
aviez lu un amendement pour remplacer l'article 11, M. le ministre.
M. Drainville : C'est
ça. Alors, je vais le relire, là, pour qu'on se remette un peu dans le bain,
là. Article 11, donc, article 65.2 de la Loi sur l'enseignement privé :
Remplacer l'article 11 du projet de
loi par le suivant :
«11. L'article 65.2 de cette loi est
modifié :
«1° par l'insertion, dans le deuxième
alinéa et après "mineurs", de "ou handicapés" partout où
cela se trouve; et
«2° par l'ajout, à la fin, de l'alinéa
suivant :
«L'entente doit être accompagnée du code d'éthique
visé à l'article 54.0.1 et prévoir que toute personne appelée à oeuvrer
auprès d'élèves mineurs ou handicapés ou à être contact... ou à être en contact
avec eux s'engage à le respecter.»
Donc, cet amendement... Commentaire. Donc,
cet amendement propose d'élargir la portée du code d'éthique dans le contexte d'ententes
pour la prestation de services autres que des services éducatifs pour qu'il s'applique
également aux personnes appelées à oeuvrer auprès d'élèves handicapés.
Le Président (M. Fortin) : ...un
instant, M. le ministre. Ce que vous venez de lire, ce n'est pas l'amendement
qui est devant nous en ce moment. Si vous voulez présenter cet amendement-là,
je vous suggérerais de retirer l'amendement qui est devant nous et qui est
présenté en ce moment...
15 h 30 (version non révisée)
Le Président (M. Fortin) : ...en
ce moment, si vous voulez présenter cet amendement-là, je vous suggérerais de
retirer l'amendement qui est devant nous et qui est présenté en ce moment. S'il
y a consensus ou s'il y a... Si tout le monde est d'accord, on peut retirer
l'amendement qui est là et présenter celui que le ministre vient de lire au
micro.
M. Drainville : Alors,
on va le retirer effectivement.
Le Président (M. Fortin) : Oui.
Consentement? Merci. Consentement pour retirer l'article. Alors, maintenant, M.
le ministre, vous avez... je considère que vous avez déjà lu l'amendement.
Donc, vous présentez le nouvel... la nouvelle version de l'amendement...
M. Drainville : Très
bien.
Le Président (M. Fortin) : ...pour
lequel nous sommes prêts à recevoir questions ou commentaires.
M. Ciccone :Oui. Juste... Merci beaucoup, M. le Président. Est-ce qu'on
peut le monter un peu? Ce que je constate, là, c'est que vous avez retiré
l'amendement, puis vous avez enlevé «régulièrement en contact». Je pense que ma
collègue vous l'avait mentionné.
M. Drainville : Exactement.
Exactement.
M. Ciccone :Parfait. Ça fait que c'est... C'est être en contact. Et
vous avez les mots... Est-ce que tout ce qui a été... Est-ce que c'était
seulement ce qui... Pardonnez mon... mon ignorance, là. J'arrive. Au niveau du
«régulièrement en contact», est-ce que c'est seulement à cet endroit-là que...
M. Drainville : On va
devoir déposer un autre amendement plus tard.
M. Ciccone :Tous les enlever, les «régulièrement».
M. Drainville : Oui,
incessamment d'ailleurs à l'article 2.
M. Ciccone :O.K.
M. Drainville : Et on
enlèvera à ce moment-là à nouveau le mot «régulièrement».
M. Ciccone :Parfait! Merci beaucoup, M. le ministre.
M. Drainville : Très
bien. Je souhaite la bienvenue... D'abord, je vous salue, M. le Président.
Merci d'être là. Je salue les collègues, évidemment. Merci beaucoup d'être là,
Mme la députée de Mercier. Et puis je salue le député de Marquette qui prend la
relève de la députée de Saint-Laurent, M. le Président. Et je le salue, je
salue le collègue. Bien heureux de travailler avec lui pour les prochaines
heures. Alors, voilà! Effectivement, M. le Président, c'était le but de
l'amendement. En fait, c'était le but de la formule amendée. Voilà. Oui.
Le Président (M. Fortin) : Très
bien. Merci. Merci, M. le ministre. Est-ce qu'il y a d'autres questions ou
commentaires sur l'amendement à l'article 11? Est-ce que l'amendement à
l'article 11 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Fortin) : Merci.
Commentaires sur l'article 11 amendé? Est-ce que l'article 11 est
adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Fortin) : Adopté.
Alors, le prochain article est le 10.2. M. le ministre.
M. Drainville : Alors,
10.2. Donnez-moi-le donc, l'article 2, il est ici. C'est celui-là,
n'est-ce pas?
10.2 L'article 63.8 de la Loi sur
l'enseignement privé. Insérer, donc, après l'article 10.1 du projet de loi
tel qu'amendé, le suivant. On est bien rendus régulièrement là-dessus aussi,
hein?
10.2 L'article 63.8 de cette loi est
modifié par l'ajout, à la fin, de la phrase suivante :
«Ce rapport doit également faire mention,
en plus des éléments que peut prescrire le ministre, du nombre et de la nature
des signalements qui ont été portés à sa connaissance concernant tout
manquement aux dispositions de son code d'éthique qui peut raisonnablement
faire craindre pour la sécurité physique ou psychologique des élèves, du délai
de traitement de ces signalements, ainsi que des intentions qui ont été
faites.»
Commentaire. Cet amendement propose d'ajouter au
rapport annuel que doit produire un établissement d'enseignement privé au
ministre, des éléments sur les signalements qui ont été portés à sa
connaissance concernant les manquements au code d'éthique qui peuvent
raisonnablement faire craindre pour la sécurité physique ou psychologique des
élèves.
Le Président (M. Fortin) : Questions,
commentaires sur le 10.2? Pas de questions ou de commentaires. Est-ce que
l'article 10.2 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Fortin) : Adopté.
Le dernier article dans le bloc sur le code d'éthique est l'article suspendu 2.1.
Est-ce que vous êtes prêt, M. le ministre, à revenir à l'article 2.1?
M. Drainville : On va
d'abord, M. le Président, déposer un amendement à l'article 2 avant de
revenir à 2.1 si on a le consentement pour pouvoir le faire.
Le Président (M. Fortin) : Consentement
pour revenir à l'article deux? Consentement. Très bien.
M. Drainville : Alors,
c'est justement, M. le Président, pour retrancher le mot «régulièrement» tel
que je viens de l'évoquer dans mon échange...
M. Drainville : ...avec le
député de Marquette. Alors, l'article 2, article 215 de la Loi sur
l'instruction publique : Supprimer, dans le troisième alinéa de
l'article 215 de la Loi sur l'instruction, proposé par l'article 2 du
projet de loi tel qu'amendé, «régulièrement».
Je pense qu'il manque le mot... il manque
le mot «publique» après... «instruction publique». Est-ce que l'on doit
reformuler ou est-ce que ce sera accepté par le secrétariat?
Le Président (M. Fortin) : ...instant,
M. le ministre, on va faire la vérification.
Des voix : ...
Le Président (M. Fortin) : Le
secrétariat nous informe qu'on fera une correction de forme par la suite, M. le
ministre.
M. Drainville : Merci
beaucoup, M. le Président. Donc, bien, c'est... c'est clair et ça va de soi.
Le Président (M. Fortin) : ...commentaires?
Est-ce que l'amendement présenté par M. le ministre à l'article 2 est
adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Fortin) : Adopté.
Est-ce que l'article 2 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Fortin) : Adopté.
Article 2.1.
M. Drainville : Voilà. On va,
M. le Président, déposer un amendement. Est-ce que l'amendement a déjà été
déposé?
Des voix : ...
M. Drainville : Très bien. Alors,
M. le Président, l'article 2.1, il a été suspendu. Et donc est-ce qu'on
est en mesure de procéder avec l'adoption de l'article 2.1?
Le Président (M. Fortin) : Est-ce
qu'il y a consentement pour rouvrir l'article 2.1?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Fortin) : Consentement.
M. Drainville : Alors, je
crois qu'il avait été lu, si je ne m'abuse.
Le Président (M. Fortin) : Oui,
tout à fait.
M. Drainville : Alors, M. le
Président, donc, juste pour que ce soit clair pour mes collègues, donc, nous
sommes en train de procéder à la rédaction d'un amendement qui va faire en
sorte... Donc, on va procéder, après cinq ans, à un bilan, dans le fond, de la
mise en œuvre de la loi. Le bilan inclura les signalements qui ont été
rapportés, recensés et publiés dans les rapports annuels des centres de
services scolaires pour les cinq années, donc, précédant l'adoption... cinq
années suivant l'adoption. Donc, on aura, dans ce bilan... Au terme des cinq
ans, donc, de l'adoption de la présente loi, on aura, dans ce bilan-là, la
recension des signalements par centres de services scolaires et par année pour
les cinq années suivant l'adoption. Donc, on est en train de procéder à la
rédaction de cet amendement. Donc, si ça vous rassure, on pourrait aller de
l'avant, je pense, avec l'adoption de l'article 2.1.
• (15 h 40) •
Le Président (M. Fortin) : Juste
pour bien comprendre M. le ministre, est-ce que... Ce que vous proposez, c'est
de retirer l'article 2.1 ou d'y écrire un amendement? Donc, il y a un
amendement à l'article 2.1, qui est déjà un amendement?
M. Drainville : ...procéder à
l'adoption de cet article 2.1 et on déposerait un amendement plus tard,
qui va nous permettre, donc, de répondre à la préoccupation exprimée par
l'opposition. Et ce serait inclus, M. le Président, dans les dispositions
transitoires. On inclura les préoccupations exprimées par l'opposition dans les
dispositions transitoires. On prévoira aux dispositions transitoires, donc, un bilan
au terme de la... cinq ans après l'adoption de la loi.
Le Président (M. Fortin) : O.K.
Très bien. Alors, ce n'est pas un sous-amendement, c'est un autre amendement
que vous êtes en train de préparer.
M. Drainville : Exactement,
exactement.
Le Président (M. Fortin) : D'accord.
Est-ce qu'il y a des questions, commentaires sur l'article 2.1 tel qu'il a
été présenté par le ministre précédemment? M. le député de Marquette.
M. Ciccone :Merci, M. le Président. Juste m'assurer, là, c'est un
rapport de mise en œuvre, alors, à... dans cinq ans, à chaque cinq ans, on va
revoir le projet de loi?
M. Drainville : ...au terme
des cinq premières années...
M. Ciccone :Au terme des cinq premières années.
M. Drainville : ...il y a un
rapport de mise en œuvre. Continuez, oui.
M. Ciccone :Parfait. Et on va s'assurer de voir...
M. Ciccone :...les éléments que ma collègue avait demandés, là, sur les
plaintes, et d'année après année, là.
M. Drainville : Le rapport de
mise en œuvre?
M. Ciccone :C'est ça.
M. Drainville : Oui, il
contiendra effectivement les signalements.
M. Ciccone :Finalement. O.K.
M. Drainville : Année après année,
pendant, donc, une période totalisant cinq ans. Et ces signalements-là seront
recensés pour chacun des centres de services scolaires.
M. Ciccone :Ce qui ferait en sorte que ce sera facile d'aller les
trouver, si on veut.
M. Drainville : Oui. Vous
allez avoir un portrait complet par centre de services scolaire, année après
année, au terme de ces cinq ans là.
M. Ciccone :Parfait. Ça me va. Merci beaucoup.
Le Président (M. Fortin) : ...M.
le député de Marquette. Est-ce qu'il y a d'autres questions, commentaires sur
le 2.1? Non. Est-ce que l'article... Est-ce que l'amendement, article...
introduisant l'article 2.1, est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Fortin) : Adopté.
Alors, ceci conclut le bloc sur le code d'éthique.
Le prochain bloc à l'agenda, c'est le bloc
Autorisation d'enseigner, tolérance d'engagement et antécédents judiciaires. Et
nous en sommes donc à la lecture, M. le ministre, de l'article un.
M. Drainville : Merci, M. le Président.
«Article un. La loi sur l'instruction publique (chapitre I-13.3) est modifiée
par l'insertion, après l'article 28, du suivant :
«"28.1. Le ministre peut soumettre au
comité d'enquête toute situation concernant un enseignant qui est portée à sa
connaissance s'il est d'avis que les renseignements qui sont en sa possession
sont susceptibles de démontrer une faute grave commise à l'occasion de
l'exercice de ses fonctions ou un acte dérogatoire à l'honneur ou à la dignité
de la fonction enseignante. Ces renseignements sont traités comme une plainte
et examinés conformément aux dispositions de la présente section, avec les
adaptations nécessaires."»
Commentaire : Cet article propose
d'habiliter le ministre à soumettre au comité d'enquête toute situation
concernant un enseignant qui est portée à sa connaissance s'il est d'avis que
les renseignements qui sont en sa possession sont susceptibles de démontrer une
faute grave commise à l'occasion de l'exercice de ses fonctions ou un acte
dérogatoire à l'honneur ou à la dignité de la fonction enseignante et prévoit
que ces renseignements sont traités comme s'il s'agissait d'une plainte
formulée conformément à l'article 26 de la Loi sur l'instruction publique.
Le Président (M. Fortin) : Questions,
commentaires? M. le député de Marquette.
M. Ciccone :Merci beaucoup, M. le Président. Je lis ici, là, M. le
ministre, «le ministre peut soumettre au comité d'enquête toute situation»,
pourquoi «peut»? Pourquoi ne pas dire «Le ministre doit soumettre»? Pourquoi on
a utilisé le «peut» au lieu de «doit»? Pourquoi vos... des fois, oui, des fois,
non? Pourquoi pas, de facto, vous devez soumettre au comité d'enquête?
M. Drainville : Bien, on
me... on porte à ma connaissance ou j'ai connaissance de renseignements qui
pourraient démontrer une faute grave. Je l'analyse, j'analyse ces
informations-là, et dépendamment des conclusions que je tire de la valeur ou de
la crédibilité de ces informations-là, à ce moment-là, je peux. Donc, il y a un
élément de discrétion qui va dépendre de la... de l'analyse et de la...
l'appréciation que je fais de ces informations-là. Donc, on porte à ma
connaissance ou sont portés à ma connaissance des renseignements, et à ce
moment-là, j'en fais l'analyse, et dépendamment des résultats ou des
conclusions de cette analyse-là, je décide si on peut soumettre au comité
d'enquête. Mais je ne voudrais pas... On ne peut pas présumer que, parce que
j'ai eu des informations qui étaient crédibles, il ne s'ensuit pas
automatiquement que je vais les soumettre au comité d'enquête.
M. Ciccone :O.K. Je croyais comprendre que c'était le travail du
comité, d'analyser. Vous, vous faites préenquête. Est-ce que vous faites une
préenquête ou c'est la job du comité, d'analyser? Vous, quand ça arrive sur
votre bureau, là, il y a des... l'analyse est déjà faite, là. Puis là, on
considère que, si on l'envoie à votre bureau, selon ma compréhension, c'est que
c'est quand même assez grave, là, c'est reçu.
Des voix : ...
Des voix : ...
M. Drainville : On va
suspendre un instant, M. le Président.
M. Ciccone :Merci.
Le Président (M. Fortin) : Suspension,
s'il vous plaît.
(Suspension de la séance à 15 h 48)
(Reprise à 15 h 51)
Le Président (M. Fortin) : Nous
reprenons nos travaux. M. le ministre, je crois que vous aviez une réponse pour
le député de Marquette.
M. Drainville : Oui. Alors,
après une réflexion courte mais intense, M. le Président, nous allons déposer
un amendement pour répondre aux préoccupations du député de Marquette. Donc, on
remplacera le «peut» par le «doit». Évidemment, M. le Président, comme je l'ai
dit tout à l'heure, il va quand même y avoir, de la part du ministre, une
analyse qui sera faite des informations ou des renseignements qui lui seront
transmis ou qui seront en sa possession, puisque les mots «s'il est d'avis»
vont demeurer. Donc, on va quand même donner au ministre la possibilité de
l'analyser, puis c'est normal que l'on puisse apprécier la crédibilité, parce
qu'on ne veut pas s'en aller directement à un comité d'enquête, dès qu'on a des
informations ou des renseignements qui sont transmis au ministre ou qui
arrivent par le ministère. Donc, l'espèce de... comment dire, marge de
manœuvre, je pense qu'il faut garder, qu'il faut préserver... et préserver
par...
M. Drainville : ...s'il est
d'avis, mais si effectivement il est d'avis que les renseignements pourraient
démontrer une faute grave, à ce moment-là, on va procéder au déclenchement d'un
comité d'enquête. Puis c'est le comité d'enquête qui devra statuer sur la
véracité des allégations qui sont faites. Donc, on va suspendre l'article, M.
le Président, et puis on va procéder avec l'étude d'un nouvel article, le temps
que l'amendement est rédigé.
Le Président (M. Fortin) : Oui,
juste un instant avant de procéder. M. le député de Marquette.
M. Ciccone :Oui, merci. Oui, je veux juste un... merci de votre
ouverture, M. le ministre, mais vous avez ajouté aussi... vous parlez de s'il
est d'avis. Encore une fois, moi, je considère personnellement que c'est vous
mettre énormément de pression et de responsabilités. Je sais que vous êtes
capable d'en prendre, là, M. le ministre. Cependant, on sait tous que dans
une... une situation comme ça, on... il peut s'y avérer d'autres informations
qui arrivent plus tard advenant le cas par exemple que vous n'êtes pas d'avis
de... vous n'êtes pas d'avis à... à donner les renseignements qui sont en votre
possession... sont suspects de démontrer une faute grave, puis que ça s'avère
être vrai ou qu'il y a d'autres... d'autres éléments de preuve qui arrivent,
là, vous êtes responsable de ça, là, c'est beaucoup, là.
M. Drainville : Oui, c'est un
très bon point, M. le député, sauf que, si j'ai des hésitations, je vais
pouvoir, en vertu de l'article sept, désigner une personne pour vérifier si les
renseignements qui sont en ma possession sont susceptibles de démontrer qu'un
enseignant a commis une faute grave à l'occasion de l'exercice de ses
fonctions. Là, je suis en train de lire dans le fond l'article sept qu'on va
étudier tout de suite après l'article un. Et donc, si effectivement j'ai des
questionnements, j'ai des doutes, je m'interroge sur la crédibilité de
l'information qui m'a été transmise, qui est arrivée soit par l'entremise du
ministère ou qui m'a été transmise directement à mon cabinet, qui a été
transmise directement à mon cabinet, à ce moment-là, je vais pouvoir, en vertu
de l'article sept, nommer un vérificateur ou une Vérificatrice qui va pouvoir
me permettre, dans le fond, d'avoir une deuxième opinion, si je peux dire, sur
la valeur des informations qui m'ont été transmises. Donc, ce rapport-là, le
rapport du vérificateur ou de la Vérificatrice, ou l'analyse du Vérificateur ou
de la Vérificatrice va me permettre de compléter mon appréciation. Et puis, là,
à ce moment-là, je pourrai décider si on s'en va à un comité d'enquête ou pas.
M. Ciccone :Avant l'écriture de votre amendement, M. le ministre, je
veux juste rebondir, là, sur ce qu'on s'était déjà parlé, vous saviez, au début
de cette étude du projet de loi, je vous avais remis en main propre des
amendements. Quand vous... vous signalez dans votre... dans votre projet de
loi, par exemple dans l'article 1, concernant un enseignant, moi, j'avais
fait la proposition, je n'ai pas déposé l'amendement que je vous ai remis en
main propre, là, puis, un, merci beaucoup votre ouverture à ce niveau-là, mais
moi, je voulais que le personnel et les entraîneurs ou toute personne appelée à
œuvrer près d'élèves. Parce que ce n'est pas juste les enseignants dans une
école, là. Oui, il y en a qui ont cette appellation-là, mais ce n'est pas
toujours des enseignants. D'inclure les autres gens qui sont proches des élèves
également, parce qu'il y a du sport dans les écoles également.
M. Drainville : Oui, les
autres personnes, M. le député de Marquette, le membre du personnel au sens
large, ils sont assujettis aux dispositions sur le code d'éthique. C'est comme
ça que l'on s'assure de pouvoir, bien oui, obliger les membres du personnel non
enseignant, si je peux dire... de s'assurer, donc, que ce personnel non
enseignant soit obligé de signaler au centre de services scolaire tout
manquement aux dispositions qui pourraient faire craindre, donc, pour la
sécurité physique ou psychologique. La raison pour laquelle on ne peut pas
utiliser l'article un, c'est qu'il fait référence à la procédure de
l'article 26. L'article 26 de la Loi sur l'instruction publique...
M. Drainville : ...me permet
de déclencher un comité d'enquête qui pourra mener éventuellement à la
révocation ou à la suspension du brevet. Dans les faits, l'article 26 ne peut
que toucher les enseignants, parce que seuls les enseignants ont un brevet, et
c'est le ministre de l'Éducation qui émet les brevets. Donc, pour pouvoir les
suspendre, pour pouvoir suspendre un brevet, pour pouvoir révoquer un brevet,
l'article 26 me donne le pouvoir... donne le pouvoir au ministre de l'Éducation
de déclencher un comité d'enquête, mais je ne pourrais pas déclencher un comité
d'enquête sur d'autres membres du personnel parce qu'ils n'ont pas de brevet.
Me suivez-vous?
M. Ciccone :Oui, oui.
M. Drainville : Ça fait que
c'est juste... 26, c'est vraiment juste pour les enseignants, pour le brevet,
pour les autres, ça va être par le code d'éthique.
M. Ciccone :O.K. Ce que je comprends, c'est qu'ils sont assujettis à un
code d'éthique. Cependant, ils ne sont pas soumis à un comité d'enquête. Mais
là, je vais pousser un peu la réflexion un peu plus loin, si vous me le
permettez, M. le ministre. Ça veut dire que les profs qui sont non légalement
qualifiés ne sont pas assujettis à l'article 1, parce qu'en ce moment il y en
a, des profs non qualifiés, qui n'ont pas de brevet. Même moi, j'ai porté
main-forte, j'ai porté main-forte à des écoles, je n'ai pas de brevet
d'enseignement, moi. Parce qu'il y y en a, présentement, qui n'ont pas... J'ai
un de mes chums, Stéphane Lebeau, un ancien joueur de hockey du Canadien, qui a
gagné la coupe Stanley, il travaille déjà dans une école. Des cours d'éducation
physique, il n'y a pas de brevet d'enseignement.
M. Drainville : Alors, lui,
c'est par l'article 2 qu'on va l'obliger. L'article 3, c'est l'article général
sur tout employé, puis l'article 2, c'est une disposition qui va couvrir, par
exemple, les organismes sportifs qui ont une entente avec les centres de
services scolaires.
M. Ciccone :...toujours du code d'éthique, là.
M. Drainville : Oui. C'est
toujours par le code d'éthique.
M. Ciccone :Il n'y a pas de comité d'enquête.
M. Drainville : Non, sauf
que...
M. Ciccone :Mais c'est qui, qui fait ces enquêtes-là?
M. Drainville : C'est le centre
de services scolaire qui, recevant le signalement ou recevant la plainte, va
faire les vérifications qui s'imposent. Mais le comité d'enquête, comme je vous
dis, ça, ça touche seulement les brevets. Parce que je n'ai que... je n'ai que
ce pouvoir, je ne eux pas émettre un brevet à quelqu'un qui n'est pas
légalement qualifié.
• (16 heures) •
M. Ciccone :Je comprends. Mais l'objet, l'objet de votre projet de loi,
M. le ministre, c'est de protéger pleinement et entièrement les élèves. Je
comprends que... C'est parce qu'on ne peut pas... on ne peut pas dire :
Bien, une catégorie... pas d'enseignants, d'employés dans une école, c'est une
chose... d'autres catégories, ils sont quand même en contact avec les élèves.
Il y a une catégorie de personnel dans cette école-là, c'est un code d'éthique.
Les autres, c'est soumis à un comité d'enquête. Mais comment on s'assure que
ceux qui sont proches des élèves, qui sont en contact avec des élèves
également, sont aussi... sont aussi vérifiés, si vous me permettez
l'expression, que les enseignants? Parce que les enseignants, je pense que vous
faites une bonne job, là, mais là c'est parce qu'on dirait qu'il y a comme, en
anglais, on dit un «loophole», tu sais, il y en a qui son moins... il n'y a
pas de comité d'enquête, puis c'est le service scolaire qui va s'en occuper
puis... Ce n'est pas clair, clair, là.
M. Drainville : Si vous
regardez l'article 3 qu'on a déjà adopté : «Le centre de services scolaire
doit se doter d'un code d'éthique applicable aux membres de son personnel et à
toute personne appelée à œuvrer auprès d'élèves mineurs ou handicapés ou à être
en contact avec eux selon la forme prescrite par le ministre.»
Alors, dans le cas de votre ami Stéphane,
que vous saluerez de ma part, lui, il est assujetti donc à l'article 3, là, au
code d'éthique, parce que ça s'applique à toute personne qui va œuvrer auprès
d'élèves mineurs ou handicapés. Donc, «le code d'éthique, si je continue la
lecture, doit indiquer les pratiques et conduites attendues des personnes
appelées à œuvrer auprès des élèves...
16 h (version révisée)
M. Drainville : ...Ce code
doit prévoir l'obligation de signaler sans délai au centre de services
scolaires tout manquement aux dispositions qu'il contient et qui peuvent faire
craindre, donc, pour la sécurité physique ou psychologique des élèves.
Donc, les Stéphan Lebeau de ce monde, qu'on
salue encore une fois, vont être assujettis au code d'éthique. Donc, les
enseignants sont assujettis au code d'éthique et, en plus, à l'article 26,
parce que je peux agir par l'entremise du brevet. Mais toutes les autres
personnes sont assujetties au code d'éthique et donc, éventuellement, aux
sanctions qui pourront s'appliquer s'il y a manquement au code d'éthique.
M. Ciccone :Est-ce que...
M. Drainville : Par
ailleurs...
M. Ciccone :
Oh! pardon.
M. Drainville : ...par
ailleurs... alors ça, c'était l'article 3... par ailleurs, par rapport à l'article 2,
un centre de services va pouvoir conclure une entente avec un organisme sportif,
et, dans ces cas-là, il va devoir y avoir un code d'éthique à l'entente. Dans
cette entente avec un organisme sportif, il y aura inclusion d'un code d'éthique.
Donc, s'il y a manquement de la part d'un employé de l'organisme sportif, donc,
qui a une entente avec le centre de services, à ce moment-là, le centre de
services va pouvoir agir dans ce cas-là et demander, éventuellement, le retrait
de la personne fautive ou procéder à son congédiement, peu importe la nature de
l'entente qu'il aura à ce moment-là avec l'organisme. Donc, toutes les
personnes qui travaillent auprès des élèves sont assujetties.
M. Ciccone :Considérez-vous que le code d'éthique est aussi étoffé que
le comité d'enquête pour les enseignants? Parce que j'ai comme l'impression qu'il
y a deux poids deux mesures là. Tu sais, je veux dire, ce que vous amenez au
niveau du comité d'enquête... on ne peut pas s'inscrire en faux, là, c'est
étoffé, c'est solide. Maintenant, le code d'éthique, tu sais, c'est-tu aussi
performant que le futur comité d'enquête?
M. Drainville : Bien, il va y
avoir...
M. Ciccone :Considérez-vous que c'est... ça va l'être? Allez-vous vous
assurer... Parce que les services scolaires, jusqu'à preuve du contraire, c'est
toujours sous votre... votre gouverne, là.
M. Drainville : Le code d'éthique
va être fondé sur un code d'éthique modèle, qui va être distribué à tous les
centres de services scolaires. Il y a déjà une disposition qui est prévue à
ce... à ce niveau-là.
M. Ciccone :Quand vous dites «modèle», modèle à partir de?
M. Drainville : Bien, une
espèce de... tu sais, un modèle à partir duquel ils vont, comment dire,
construire leur propre code d'éthique. Donc, le code d'éthique modèle, qui fait
l'objet, déjà, d'une disposition... ce code d'éthique modèle là, donc, va
prévoir un certain nombre de catégories, dans le fond, pour s'assurer,
justement, qu'il soit relativement uniforme à travers le réseau puis ce sera,
évidemment, possible pour les organismes scolaires d'en ajouter. Mais il y aura
un code d'éthique, bien, modèle, alors, un code d'éthique de base, qui sera
exigeant, et qui sera distribué à l'ensemble des centres de services scolaires,
et donc qui va couvrir ce qui nous apparaît être le plus... le plus essentiel,
le plus important, et donc qui doit assurer une sécurité de base à l'ensemble
de nos élèves, et puis ce sera possible pour les centres de services scolaires,
évidemment, d'en rajouter. Mais nous autres, on va s'assurer que le code d'éthique
qui va être distribué aux centres de services scolaires soit le plus complet
possible pour ratisser le plus large possible.
M. Ciccone :Juste pour conclure... pour conclure, M. le ministre, ça
fait que, si je comprends bien, là, si ça concerne un enseignant, ça s'en va
sur votre bureau. Si ça concerne un employé, ça concerne un professeur qui n'a
pas de brevet, mais qui travaille au même titre qu'un enseignant auprès des
jeunes, ça, vous ne le saurez jamais, ça n'ira pas sur votre bureau. Mais
comment vous allez faire pour vous assurer... Parce qu'il y a une catégorie de
personnel où ça s'en va sur votre bureau, puis une catégorie de personnel qui
font le même travail, sensiblement le même travail que les enseignants, mais
ça, ça n'ira pas sur votre bureau, ça s'en va dans un centre de services
scolaire.
M. Drainville : M. le
Président, on va suspendre deux secondes, OK?
Le Président (M. Fortin) : Très
bien.
Suspendons quelques instants.
(Suspension de la séance à 16 h 07)
(Reprise à 16 h 13)
Le Président (M. Fortin) : On
reprend nos travaux. Je vous rappelle qu'on est toujours sur l'article 1.
M. le député de Marquette ou M. le ministre? M. le député de Marquette, oui.
M. Ciccone :Oui, c'est beau. Bien, je pense qu'on a eu notre discussion
puis on... je comprends la démarche. Mais, en même temps, je continue de dire
que moi, je trouve qu'un enseignant qui... ça se retrouve sur le bureau du
ministre, soit. C'est peut-être moi qui est un petit peu plus coercitif aussi,
là. Moi, j'aimerais ça que ceux qui n'ont pas de brevet aussi se retrouvent sur
le bureau du ministre, là. Mais je comprends... je comprends la portée, M. le
Président. Merci beaucoup.
Le Président (M. Fortin) : Très
bien. Est-ce que vous avez d'autres commentaires sur l'article 1 à ce
moment-ci?
Une voix : ...
Le Président (M. Fortin) : Est-ce
que l'amendement que vous aviez... que vous étiez en train de rédiger sur
l'article 1 est prêt ou est-ce que vous voulez qu'on passe à
l'article 7 sur la toute première préoccupation, là, du député de Marquette?
(Consultation)
M. Drainville : On va le
transmettre à l'instant, M. le Président.
Le Président (M. Fortin) : Très
bien.
M. Drainville : Donc, on peut
continuer puis revenir à cet amendement-là. Ou on peut prendre un instant?
Le Président (M. Fortin) : On
peut juste... on peut terminer l'article 1. Si vous voulez qu'on prenne un
instant on va terminer l'article 1.
M. Drainville : Oui, prenons
un instant. Merci, monsieur...
Le Président (M. Fortin) : Oui,
parfait.
On va suspendre un court instant.
(Suspension de la séance à 16 h 14)
(Reprise à 16 h 16)
Le Président (M. Fortin) : On
reprend nos travaux, désolé. M. le ministre, votre amendement est prêt.
M. Drainville : Oui.
Le Président (M. Fortin) : Si
vous êtes prêt à le lire, on est à l'écoute.
M. Drainville : Oui :
Remplacer, dans le premier alinéa de
l'article 28.1 de la Loi sur l'instruction publique, proposé par
l'article 1 du projet de loi tel qu'amendé, «peut soumettre» par «soumet».
Donc, c'est pour répondre aux
préoccupations exprimées par le député de Marquette, M. le Président.
Le Président (M. Fortin) : M.
le député, qu'en pensez-vous?
M. Ciccone :Ah! M. le député est très heureux, M. le Président.
Le Président (M. Fortin) : Très
bien. Est-ce qu'il y a d'autres questions, commentaires sur l'amendement à
l'article 1 présenté par le ministre?
M. Ciccone :C'est bon pour moi.
Le Président (M. Fortin) : Est-ce
que l'amendement à l'article 1 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Fortin) : Adopté.
On revient à l'article 1. Autres commentaires ou questions? Non?
M. Ciccone :
Non, c'est beau.
Le Président (M. Fortin) :
Est-ce que l'article 1 est <adopté?...
Le Président (M. Fortin) :
...Adopté.
On revient à l'article 1. Autres commentaires ou questions? Non?
M. Ciccone :
Non, c'est beau.
Le Président (M. Fortin) : Est-ce
que l'article 1 est >adopté?
M. Drainville : ...
M. Ciccone :...
Le Président (M. Fortin) : Sur
division.
M. Ciccone :...
Le Président (M. Fortin) : Très
bien, adopté sur division. Article 7, M. le ministre.
M. Drainville : Alors,
article 7 :
L'article 478 de cette loi est modifié par
l'ajout, à la fin du premier alinéa, de la phrase suivante : «Il peut, de la
même manière, désigner une personne afin de vérifier si les renseignements qui
sont en sa possession sont susceptibles de démontrer qu'un enseignant a commis
une faute grave à l'occasion de l'exercice de ses fonctions ou à un acte
dérogatoire à l'honneur ou à la dignité de la fonction enseignante.»
Commentaire. L'article propose de
permettre au ministre de désigner une personne afin de vérifier si les
renseignements qui sont en sa possession sont susceptibles de démontrer qu'un
enseignant a commis une faute grave à l'occasion de l'exercice de ses fonctions
ou un acte dérogatoire à l'honneur ou à la dignité de la fonction enseignante.
La personne désignée pourra exercer tous les pouvoirs prévus au deuxième alinéa
de l'article 478.
Cet article, donc, vise à permettre au
ministre de déterminer si les renseignements qui sont en sa possession sont
suffisants pour soumettre la situation au comité d'enquête, conformément à
l'article 28.1 de la Loi sur l'instruction publique proposé par l'article 1 du
projet de loi.
Le Président (M. Fortin) : M.
le député.
M. Ciccone :Oui, merci beaucoup, M. le Président. «Il peut, de la manière...
de la même manière, désigner une personne». M. le ministre, une personne, c'est
qui? C'est un directeur, un membre de votre ministère, fonctionnaire... un
fonctionnaire, un enquêteur du ministère? C'est qui, cette personne-là?
M. Drainville : Oui, bien, ça
pourrait être quelqu'un de l'externe, mais je vous dirais que, de façon
générale, ce sera quelqu'un du service des enquêtes du ministère. Il y a un
service des enquêtes au ministère de l'Éducation, et je pense que, dans la
vaste majorité des cas, ce sera quelqu'un du service des enquêtes. Mais,
exceptionnellement, ça pourrait être quelqu'un de l'externe. Ça pourrait être,
par exemple, je ne sais pas, moi, un ancien... un ancien policier, un ancien
enquêteur de police, quelqu'un, bref, qui a une expérience en matière
d'enquête. Mais je pense que, de façon générale, ça va être quelqu'un qui va
appartenir au service des enquêtes du ministère.
• (16 h 20) •
M. Ciccone :C'est... c'est votre choix?
M. Drainville : Bien, on a...
c'est...
M. Ciccone :Vous pouvez choisir un ancien policier retraité. C'est votre
choix, finalement?
M. Drainville : Ah! oui.
M. Ciccone :
Oui, c'est ça.
M. Drainville : Oui, mais,
évidemment... c'est mon choix... c'est... c'est toujours après discussion et
réflexion, et, dans certains cas, ça m'est recommandé. Mais je vous dirais que,
de façon usuelle, ça va être quelqu'un du service des enquêtes du ministère.
Honnêtement, je vous ai dit ça parce que je veux être... je ne veux pas,
comment dire, affirmer que ce sera exclusivement des gens du service des
enquêtes, parce que ça pourrait arriver, j'imagine, dans une situation que je
ne peux pas vraiment concevoir actuellement, là... mais je ne voudrais pas que
moi, comme ministre de l'Éducation, ou mon éventuel successeur, ou ma... ou la
personne qui pourrait me remplacer... je ne voudrais pas la limiter à... aux
seuls membres du service des enquêtes du ministère.
Moi, je vous dirais que, si ça arrivait,
mon premier réflexe, ce serait de nommer quelqu'un du service des enquêtes,
mais je ne voudrais pas exclure la possibilité qu'éventuellement dans telle ou
telle situation, ce soit quelqu'un d'autre. Mais, par exemple, c'est... c'est
le service des enquêtes qui a produit le rapport qui a débouché sur le présent
projet de loi, tu sais, ils ont... ils ont bien fait ça.
M. Ciccone :Merci pour l'explication, M. le ministre.
M. Drainville : Aucun
problème, M. le député de Marquette, aucun problème.
Le Président (M. Fortin) : Autres
questions sur l'article 7? Non. Est-ce que l'article 7 est donc adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Fortin) : Adopté.
Article 11.2, M. le ministre.
M. Drainville : Alors, 11.2,
c'est un amendement... M. le Président, qui a déjà été déposé. On va laisser à
Mme la secrétaire le temps de le retrouver.
Le Président (M. Fortin) : Voilà,
il est <affiché...
M. Drainville :
...M.
le Président, qui a déjà été déposé. On va laisser à Mme la secrétaire le temps
de le retrouver.
Le Président (M. Fortin) :
Voilà,
il est >affiché pour les membres de la commission.
M. Drainville : ...donc, M.
le Président. Article 11.2, article 115 de la Loi sur l'enseignement
privé :
Insérer, après l'article 11.1 du projet de
loi tel qu'amendé, le suivant :
«11.2. L'article 115 de cette loi est
modifié par le remplacement de ce qui précède le paragraphe 1° du premier
alinéa par ce qui suit :
"Le ministre peut désigner
généralement ou spécialement une personne afin de vérifier si la présente loi
et ses textes d'application sont respectés. Il peut, de la même manière,
désigner une personne afin de vérifier si les renseignements qui sont en sa
possession sont susceptibles de démontrer qu'un enseignant a commis une faute
grave à l'occasion de l'exercice de ses fonctions ou un acte dérogatoire à
l'honneur ou à la dignité de la fonction enseignante.
"La personne désignée peut :"».
Alors, commentaires. Cet amendement
propose de permettre au ministre de désigner une personne afin de vérifier si
les renseignements qui sont en sa possession sont susceptibles de démontrer
qu'un enseignant a commis une faute grave à l'occasion de l'exercice de ses
fonctions ou un acte dérogatoire à l'honneur ou à la dignité de la fonction
enseignante.
Il s'agit d'une disposition équivalente à
l'article 478 de la Loi sur l'instruction publique proposée par
l'article 7 du projet de loi.
Donc, dans le fond, c'est la... c'est l'effet
miroir, c'est l'article miroir qu'on a voté à la Loi sur l'instruction publique
et on vient, dans le fond, reprendre la même formulation pour l'appliquer à la Loi
sur l'enseignement privé, donc, pour s'assurer que cette possibilité de
désigner une personne vérificatrice va s'appliquer également dans l'application
de la Loi sur l'enseignement privé.
Le Président (M. Fortin) : M.
le député.
M. Ciccone :M. le ministre, vous dites que c'est un miroir, mais
j'aimerais ça que vous m'expliquiez... Ça fait six ans, là, que je suis ici,
puis on étudie des projets de loi, là, puis cette formulation de phrase là, je
ne l'ai jamais vue. J'aimerais ça que vous me l'expliquiez. «Le ministre peut
désigner généralement ou spécialement une personne.» «Généralement ou
spécialement», vous voulez dire quoi?
Le Président (M. Fortin) : M.
le ministre.
M. Drainville : ...notre
légiste, Alexandre Guyon Martin, puisse s'exprimer sur cette question.
Le Président (M. Fortin) : Consentement?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Fortin) : Consentement.
En vous présentant, s'il vous plaît.
M. Guyon Martin (Alexandre) : Alexandre
Guyon Martin, avocat pour le ministère de l'Éducation. Donc, la formulation
«désigner spécialement»... «généralement ou spécialement», c'est qu'une
personne peut être désignée, disons, à une fin spécifique, pour les fins d'une
enquête ou d'une vérification spécifique, où généralement, donc, on la désigne,
de manière générale, à des fins d'enquête ou de vérification. Donc, on n'a pas,
à ce moment-là, de désignation à faire à chaque fois qu'on veut faire une
nouvelle enquête. Mais c'est déjà... l'article 115 le mentionne déjà. Ici,
on le... on le mentionne parce qu'on change un peu la structure du début de l'article
pour y intégrer la modification qu'on veut y faire. Mais ce n'est pas une
partie qui est nouvelle.
M. Ciccone :Alors, juste dire, là, «désigner une personne»... juste
dire «désigner une personne», ce ne serait pas assez, là, il faudrait... il
faut absolument rajouter «généralement ou spécialement»?
M. Guyon Martin (Alexandre) : Bien...
M. Ciccone :C'est quoi, la différence entre les deux?
M. Guyon Martin (Alexandre) : Possiblement
que juste «désigner une personne», ce serait suffisant, dans la mesure où ça
contiendrait probablement «généralement ou spécialement». Par contre, dans la
mesure où le texte est déjà comme ça, puis ce n'est pas une modification que
nous souhaitons faire, je n'oserais pas toucher à cette partie-là. Puis en le
précisant comme ça, de toute façon, si ça revient au même, c'est plus clair
ainsi.
M. Ciccone :OK, je comprends. Ça fait que le ministre, c'est à lui de
décider «généralement ou spécialement»?
Le Président (M. Fortin) : Exact.
M. Ciccone :OK. Le ministre, il regarde ça puis il est là :
Comment je vais faire, à un moment donné, pour décider, ah! <aujourd'hui...
M. Ciccone :
...ou spécialement»?
Le Président (M. Fortin) :
Exact.
M. Ciccone :
OK. Le ministre, il regarde ça puis il est là :
Comment je vais faire, à un moment donné, pour décider, ah! >aujourd'hui,
c'est «généralement», mais, demain, ça va être «spécialement»? Bien, je
pourrais aller plus loin puis demander pourquoi que ce serait «généralement»,
puis pourquoi que ce serait «spécialement», là. Parce qu'il ne faut pas qu'il y
ait d'ambiguïté. C'est juste ça que... Parce qu'il faut que ce soit écrit le
plus clairement possible. Le ministre semble être d'accord avec moi, à part de
ça. On ne le voit pas à l'écran, là, mais le ministre semble être d'accord.
M. Drainville : C'est une
disposition qui a 30 ans d'histoire, M. le député, et, honnêtement, si j'étais
à votre place, probablement que je réagirais comme vous le faites. Il y a des
mystères comme ça, dans les... dans les législations, qui sont difficilement
explicables. Mais ce que je comprends, c'est que, dans le cas de... ce que j'en
comprends, OK, parce que c'est moi qui vais l'appliquer, bien, éventuellement,
quelqu'un d'autre, mais là, pour le moment, c'est moi qui est là... ce que je
comprends du mot «généralement», c'est que, dans le cas de «généralement», ça
fait référence aux personnes qui travaillent au service d'enquêtes, et donc
vers lesquelles je vais, oui, généralement, me tourner pour faire les
vérifications qui sont prévues par la disposition.
Le «spécialement», ça fait, justement,
référence à une éventuelle décision de ne pas aller dans le service d'enquêtes,
là où je vais aller généralement, mais pouvoir, éventuellement, me tourner
spécialement, dans des cas, donc, particuliers, différents, spéciaux, vers une
autre personne qu'une personne qui travaille pour le service des enquêtes.
C'est le sens que je donne à cette... à la... au libellé de l'article.
M. Ciccone :Merci, M. le ministre.
M. Drainville : Mais, comme
je vous dis, on n'a pas voulu faire exprès pour modifier des dispositions qui
n'avaient pas besoin de l'être, dans le cas du présent projet de loi.
M. Ciccone :Merci beaucoup. Mais, dans votre cas, M. le Président... M.
le ministre, généralement, vous êtes spécial, vous, également, là. Je
terminerai là-dessus, là, monsieur...
Le Président (M. Fortin) : Très
bien.
M. Drainville : Mais je dois
vous dire, plus souvent qu'autrement, M. le député de Marquette, je vais lire
la disposition comme vous l'avez lue, c'est-à-dire, le ministre peut désigner
une personne afin de vérifier, etc.
• (16 h 30) •
M. Ciccone :Ça me va, M. le Président.
Le Président (M. Fortin) : Est-ce
que l'article 11.2 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Fortin) : Adopté.
Ceci conclut la partie sur les pouvoirs généraux et spécifiques du ministre. On
passe donc à la section sur le registre. Article 0.1, M. le ministre.
M. Drainville : Oui. Alors,
les articles ont été déposés... Article 0.1, je vais commencer à le lire, et ça
va apparaître à l'écran dans un instant.
Le Président (M. Fortin) : Voilà.
M. Drainville : Merci, Mme la
secrétaire. Article 0.1, article 24 de la Loi sur l'instruction publique :
Insérer, avant l'article 1 du projet de
loi, l'article suivant :
«0.1. La Loi sur l'instruction publique
(chapitre I-13.3) est modifiée par l'insertion, après l'article 23, du suivant
:
"24. Le ministre tient à jour un
registre des autorisations d'enseigner et le rend accessible aux centres de
services scolaires, aux établissements régis par la Loi sur l'enseignement
privé (chapitre E-9.1) et aux organismes scolaires au Québec qui dispensent
tout ou partie des services éducatifs visés par la présente loi ainsi qu'aux
autorités des autres provinces ou des territoires canadiens chargées de
délivrer des autorisations d'enseigner."»
Cet amendement propose d'introduire un
article dans la Loi sur l'instruction publique afin que soit institué un
registre des autorisations d'enseigner accessible aux centres de services
scolaires, aux établissements d'enseignement privés et aux autres organismes
scolaires au Québec qui enseignent aux niveaux préscolaire, primaire et
secondaire, y compris la formation professionnelle et à l'éducation des adultes,
ainsi qu'aux autorités des autres provinces...
16 h 30 (version révisée)
M. Drainville : ...au Québec
qui enseignent aux niveaux préscolaire, primaire et secondaire, y compris la
formation professionnelle et à l'éducation des adultes, ainsi qu'aux autorités
des autres provinces.
Le Président (M. Fortin) : M.
le député?
M. Ciccone :Ça me va, M. le Président.
Le Président (M. Fortin) : Est-ce
que l'article 0.1 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Fortin) : Adopté.
Sur la section Autorisations d'enseigner, article 0.2.
Des voix : ...
M. Ciccone :
...qu'on vient de...
Le Président (M. Fortin) : Oui,
oui, effectivement, la section... non, en fait, l'entièreté de la section
Autorisations d'enseigner est introduite par amendement du ministre.
M. Ciccone :OK, parfait. Merci.
M. Drainville : Alors, Loi
visant... Alors, projet de loi n° 47, Loi visant à renforcer la protection
des élèves, article 0.2. Insérer, après l'article 0.1 du projet de
loi tel qu'amendé, le suivant :
0.2. L'intitulé de la sous-section 3
de la section III du chapitre II de cette loi est modifié par l'ajout,
à la fin, de «ou d'une personne affectée à l'enseignement par un centre de
services scolaire en application de l'article 25».
Intitulé de la sous-section 3 de la
section III du chapitre II de la Loi sur l'instruction publique tel
que modifié...
Des voix : ...
M. Drainville : ...sous-section :
«3. Faute grave ou acte dérogatoire d'un titulaire d'une autorisation d'enseigner
ou d'une personne affectée à l'enseignement par un centre de services scolaire
en application de l'article 25.»
Commentaire. Cet amendement propose de
modifier l'intitulé de la sous-section de la Loi sur l'instruction publique qui
traite des fautes graves et des actes dérogatoires à l'honneur et à la dignité
de la profession enseignante pour que les dispositions qu'elle contient s'appliquent
aux bénéficiaires d'une tolérance d'engagement.
Le Président (M. Fortin) : ...
M. Ciccone :...Merci, M. le Président.
Le Président (M. Fortin) : Parfait.
Alors, est-ce que l'amendement introduisant l'article 0.2 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Fortin) : Adopté.
L'article 0.2 est donc adopté.
Article 0.3. M. le ministre.
M. Drainville : Alors, 0.3.
Est-ce que vous l'avez sous les yeux, M. le député de Marquette?
M. Ciccone :...
M. Drainville : C'est beau.
Article 0.3, article 26 de la Loi sur l'instruction publique. Insérer,
après l'article 0.2 du projet de loi tel qu'amendé, le suivant :
0.3. L'article 26 de cette loi est
modifié :
1° par le remplacement, dans le
troisième alinéa, de «écrite, motivée et faite sous serment» par «écrite et
motivée»;
2° par le remplacement, dans le
quatrième alinéa, de «une copie» par «les motifs».
Article 26 de la Loi sur l'instruction
publique tel que modifié :
«26. Toute personne physique peut porter
plainte au ministre contre un enseignant pour une faute grave commise à l'occasion
de l'exercice de ses fonctions ou pour un acte dérogatoire à l'honneur ou à la
dignité de la fonction enseignante.
«La dénonciation d'une déclaration de
culpabilité à l'égard d'un enseignant ne peut être considérée comme une plainte
aux fins de la présente sous-section.
«La plainte doit être écrite et motivée.
Elle doit indiquer sommairement la nature et les circonstances de temps et de
lieu de la faute reprochée à l'enseignant. Elle est reçue par la personne que
désigne le ministre, laquelle doit prêter assistance, pour la formulation de la
plainte, à la personne qui le requiert.
«Le ministre transmet les motifs de la
plainte à l'enseignant en l'invitant à lui communiquer, par écrit et dans les 10 jours,
ses observations.»
Donc, je vous ai fait la lecture, dans le
fond, de l'article 6, tel que modifié, après... après l'intégration de l'amendement
à la disposition.
Et alors, si je lis le commentaire : Cet
amendement propose de retirer l'exigence d'une plainte faite au ministre pour
une faute grave ou un acte dérogatoire commis par un enseignant soit
assermenté. L'amendement propose également de remplacer l'exigence de
transmission d'une copie de la plainte par la transmission des seuls motifs.
Le Président (M. Fortin) :
<
M.
le député...
Le Président (M. Fortin) : >
M.
le député.
M. Ciccone :Oui. Merci, M. le Président. J'ai quelques questions. La...
Je vais attendre que M. le ministre...
Des voix : ...
M. Drainville : Non, c'est
ça, c'est... je veux juste pour les fins de la transcription, pour les gens qui
nous écoutent, là. Vous avez compris que, pour l'article 0.2 et
l'article 0.3, j'ai procédé à la lecture de l'article tel que modifié,
juste pour que ce soit bien clair, M. le Président.
Le Président (M. Fortin) : Très
bien. M. le ministre, c'est apprécié. M. le député.
M. Ciccone :Oui, merci beaucoup. Je comprends que l'article 26
était déjà là, sur l'instruction publique. Vous avez changé : «La plainte
doit être écrite et motivée». Est-ce qu'on peut faire une plainte écrite par
Internet? Est-ce qu'il y a... Ça peut être fait. Une autre chose... Merci. Vous
me dites oui, ça fait que je veux juste que les gens...
M. Drainville : Je vous dis
oui, je vous réponds oui. Oui.
M. Ciccone :OK. Parfait. Merci. Deuxième chose, je sais que je pousse
un peu, là, mais c'est ma job de le faire, je comprends que, dans des moments
de difficultés, des moments de... où on prend la décision de porter plainte, ce
n'est pas toujours évident d'écrire et... Est-ce qu'il y a moyen de faire une
plainte par téléphone, de le faire de vive voix à quelqu'un qui...
M. Drainville : Bon point.
Alors, très bonne question, M. le député de Marquette, vous avez raison, des
fois, on est dans tous ses états puis on n'est pas dans un état d'écrire, mais
on est dans un état de livrer verbalement ce qu'on a vécu. Alors, dans des cas
comme ça, je pourrais nommer justement, en vertu de la disposition qu'on vient
d'adopter... je pourrais nommer quelqu'un qui vérifierait les informations qui
nous ont été transmises verbalement.
Mettons que la personne appelle mon
cabinet, elle dit : Je veux porter plainte, il m'est arrivé quelque chose
de grave, je veux porter plainte. Bon, la réceptionniste au cabinet prend des
informations, prend les coordonnées de la personne et, à ce moment-là, il y a
quelqu'un qui la rappelle, qui dit : Monsieur, madame, vous avez appelé,
de quoi s'agit-il?, etc. Évidemment il faut faire très attention parce qu'on
peut avoir des plaintes qui sont parfois frivoles, etc. Alors, si on juge que
l'information est crédible et qu'elle justifie une vérification, à ce
moment-là, je pourrais me prévaloir... je pourrais, en d'autres mots, demander
au service des enquêtes de contacter la personne pour vérifier si cette plainte
est effectivement sérieuse, si les faits qui sont rapportés sont appuyés, bref,
utiliser cette procédure de vérification pour faire en sorte que ce qui m'est
soumis est d'une crédibilité suffisante pour que je puisse en faire une
analyse. Et, au terme de cette analyse-là, on décidera, à ce moment-là, si on
va de l'avant avec un comité d'enquête ou pas.
• (16 h 40) •
On peut imaginer, M. le Président, on peut
imaginer une situation où la vérificatrice ou le vérificateur pourrait même
appuyer la personne, seconder la personne dans la rédaction d'un témoignage. On
pourrait imaginer une situation comme celle-là pour l'aider, hein? Donc, je
vais rédiger... je prends des notes : Écoutez, monsieur, je vais rédiger
par écrit ce que vous m'avez raconté verbalement, puis je vais vous soumettre
un texte écrit, puis vous me direz si ça correspond aux faits que vous avez
vécus, observés, etc. Si oui, à ce moment-là, la personne pourrait
éventuellement signer qu'elle corrobore et qu'elle... que ça devient, dans les
faits, son témoignage, une sorte d'affidavit, dans le fond. Et, à ce moment-là,
sur la base de cette information-là qui a été transcrite et qui a été
corroborée par la plaignante ou la personne qui signale, à ce moment-là, moi,
je pourrais être, comment dire, confiant que ce sur quoi je m'appuie est bel et
bien le témoignage rigoureux, OK, de la personne, puis, à ce moment-là, on
pourrait saisir le comité d'enquête de cette <situation-là...
M. Drainville :
...de
cette >situation-là qui m'aurait été, donc... qui aurait été portée à
mon attention.
M. Ciccone :Vous comprenez le but de mon intervention quand... déjà,
c'est dur pour certaines personnes de porter plainte. Puis il ne faut pas non
plus décourager ceux qui décident de porter plainte, au contraire on les
encourage à le faire. Puis souvent, bien, écrire une plainte, ça peut démotiver
une personne de porter plainte. Là, ici, cet article-là s'adresse à vous :
«Toute personne physique peut porter plainte au ministre». Mais, vous savez, M.
le ministre, puis, si je dépasse des cordes... pas les cordes, mais les cadres,
justement, de cet article-là, vous me le dites, s'il y a une plainte qui doit
être... qui a besoin d'être déposée verbalement puis ce n'est pas à votre
bureau, c'est dans mon bureau à moi, c'est dans le bureau de vos collègues,
comme... comme députés, puisqu'on en reçoit, des plaintes, là, puis on
accompagne les gens à porter plainte, puis on peut même les aider à écrire des
plaintes également, est-ce que c'est la même chose, ou mon exemple dépasse
l'article 26, là, ou c'est prévu ailleurs dans le projet de loi, sur les
plaintes, toujours, verbales, là? Puis, si c'est comme vous me l'avez très bien
expliqué, puis j'adhère à votre... à votre façon de penser sur les plaintes
verbales... Avez-vous besoin d'un moment, M. le ministre? Je vais vous donner
un petit moment, M. le ministre.
M. Drainville : Non, je vous
écoute.
M. Ciccone :OK. Mon Dieu! vous êtes bon, parce que moi...
M. Drainville : Oui, oui.
Non, je vous écoute. Puis...
M. Ciccone :On disait que les hommes ne sont pas capables de faire deux choses
en même temps, mais vous êtes bon en maudit.
M. Drainville : Non, non,
puis la... Ah! bien, je suis en train de faire la preuve que ce n'est pas le
cas, hein? Oui, c'est ça.
M. Ciccone :Mais je veux juste... je veux... Bien oui, effectivement.
M. Drainville : Oui, exactement.
M. Ciccone :Je veux juste terminer ma pensée, là. Si c'est le cas, puis
vous êtes ouvert au fait qu'on peut recevoir une plainte, est-ce qu'il y aurait
moyen de l'écrire dans le projet de loi noir sur blanc, que vous acceptez les
plaintes verbales et qu'il y ait quelqu'un qui va prendre le téléphone puis qui
va... Parce qu'il faut que ce soit... parce que dans... c'est toujours dans le
but d'encourager qu'on porte plainte.
Des voix : ...
M. Drainville : Moi, je vais
vous dire, M. le Président, je comprends l'objectif visé par le député, mais je
pense qu'à la fin, là... Je comprends qu'au départ, là, mettons, la personne
appelle un bureau de député, là, puis dit : Moi, je veux déposer une
plainte, là. Le... Alors, le bureau de député pourrait assister la personne
pour qu'elle puisse procéder à la rédaction d'une... de sa plainte. Si ce n'est
pas le cas, à ce moment-là, le député peut entrer en contact avec nous et nous,
on pourra nommer, à ce moment-là, en vertu de l'article 1... on pourra nommer
quelqu'un qui pourra procéder à ces vérifications, mais je pense... Alors, au
départ, la plainte peut être verbale, mais il faut qu'à un moment donné j'aie
un document écrit. Moi, je ne peux pas... vous comprenez? Je ne peux pas
prendre la décision d'aller vers un comité d'enquête sur la seule foi de
témoignages oraux, là. À un moment donné, il faut que ça finisse en plainte
écrite, là, tu sais, donc...
M. Ciccone :Entièrement d'accord. Bien, moi, je parle, quelqu'un...
C'est parce qu'ici, quand on le lit... Parce qu'habituellement, là, en théorie,
un projet de loi est écrit pour le citoyen aussi, parce que le citoyen qui veut
savoir comment faire... Puis je suis persuadé que vous allez avoir des
plateformes, là, pour expliquer aux gens comment porter plainte, mais ce serait
important de dire aux gens aussi : Appelez-nous si vous avez une plainte,
il y a quelqu'un qui peut vous assister dans la rédaction d'une plainte. Puis
je vous comprends à 100 %, vous avez... je suis d'accord avec vous qu'il
doit y avoir une plainte écrite à un moment donné, là, mais que quelqu'un... Parce
qu'ici, quand on lit ça, là : Moi, je veux porter plainte, puis je n'ai
pas le courage de le faire, c'est difficile pour moi, émotivement... puis là la
seule chose que je comprends ici, c'est qu'il faut que ça soit... «écrite», il
faut que ça soit écrite. Je n'ai pas l'information que je pourrais appeler au
bureau du ministre, au cabinet, qu'il y a quelqu'un qui va prendre ma plainte
puis qui va la rédiger pour moi. Parce que, je vous rappelle encore une fois,
c'est toujours le but de faciliter les gens à dénoncer et à porter plainte, là.
M. Drainville : Oui, mais je
veux juste rassurer le député, M. le Président, en vertu de l'article 1 qu'on
a adopté, si vous regardez le... parce qu'on vient d'en traiter, là, il y a un
instant, le ministre soumet, donc, on a remplacé «il peut <soumettre»...
M. Drainville :
...«il
peut >soumettre» par «soumet». Donc : «Le ministre soumet au comité
d'enquête toute situation concernant un enseignant qui est portée à sa
connaissance s'il est d'avis que les renseignements qui sont en sa possession
sont susceptibles de démontrer une faute grave... ou un acte dérogatoire...» En
d'autres mots, je ne suis pas obligé de passer par une vérification et je ne
suis pas obligé non plus d'atteindre... d'attendre, dis-je, une plainte écrite.
Je pourrais, sur la base d'une plainte verbale ou encore sur la base d'un article
de presse qui m'apparaît suffisamment crédible... de procéder au déclenchement
d'un comité d'enquête. Donc, il y a...
M. Ciccone :Mais ce n'est pas ma question, par exemple, ce n'est pas de
ça que je parle.
M. Drainville : OK.
M. Ciccone :Ce que je comprends... ça, je l'avais compris. Puis
j'espère que, si vous voyez un scandale dans un journal un matin... que vous
allez déclencher une enquête puis vous allez l'envoyer au bureau d'enquête.
Moi, ce que je dis, c'est que, des plaintes, il va y en avoir, des
signalements, il va y en avoir, mais, selon ce que vous avez... L'amendement,
c'est que vous dites : «Écrite et motivée». Je comprends ça, mais il y
a-tu moyen de faire savoir aux gens qu'ils peuvent toujours appeler, si c'est
plus facile pour eux autres, c'est... pour favoriser la dénonciation? C'est
juste...
M. Drainville : Bien, c'est
ce qu'on fait là, là.
M. Ciccone :Bien, c'est ça...
M. Drainville : Non, mais je
le dis, là.
M. Ciccone :Non, je comprends que vous le dites, là, mais ce n'est pas
tout le monde qui nous... Moi, je sais que ma mère m'écoute, aujourd'hui, là,
puis elle va le transmettre à mes soeurs, mes petites nièces, mes petits
neveux, ça, c'est sûr qu'elle va le faire, mais ce n'est pas... ce n'est pas tout
le monde, là, qui...
M. Drainville : Mais comment
voulez-vous qu'on fasse savoir cette situation-là?
M. Ciccone :Bien, je ne sais pas, il y a peut-être une plateforme... que
ce soit écrit au... notamment, noir sur blanc, que ce n'est pas obligé d'être
juste une plainte écrite, là, et motivée, mais que ce soit aussi par appel,
qu'il y a quelqu'un qui va prendre, justement, cette plainte-là. Parce que,
comme vous l'avez bien expliqué au début, là... C'était excellent, ce que vous
avez expliqué au début. Moi, je suis d'accord avec ça, là, qu'il y a quelqu'un
qui appelle à votre cabinet puis qui va dire : Moi, je veux porter
plainte, puis qu'il y a quelqu'un qui va rédiger la plainte. Parce qu'écrire une
plainte, là, quand tu veux porter plainte, tu n'as pas le courage de le faire,
tu décides de le faire... Moi, je ne veux pas décourager les gens de dire :
Bien, il faut que ce soit une plainte écrite, c'est... c'est... c'est... je
veux que ça soit plus facile.
M. Drainville : Mais c'est ce
qu'on fait.
M. Ciccone :Tu sais, si la personne n'est pas... n'est pas... est dans
l'incapacité, l'impossibilité de rédiger par écrit sa plainte, une personne
peut le faire en son nom. Est-ce que quelqu'un peut le faire en son nom?
M. Drainville : Est-ce que
quelqu'un peut le faire en son nom? La réponse, c'est oui.
M. Ciccone :À votre cabinet?
M. Drainville : Bien oui,
mais encore une fois, si c'est quelqu'un qui appelle mon cabinet et qui dit :
Je connais quelqu'un, là, qui a vécu quelque chose d'épouvantable, mais elle
n'est pas en mesure de porter plainte directement, personnellement, parce
qu'elle n'est... tu sais, son état émotif ne lui permet pas de le faire, si ça
nous semble être quelque chose de crédible, bien, à ce moment-là, je pourrai,
effectivement, demander au service des enquêtes de rappeler la personne. C'est
sûr qu'éventuellement il va falloir que la personne qui a vécu la situation
porte plainte elle-même, là, ou, en tout cas, livre elle-même son témoignage,
mais, si ça nous semble crédible, on va agir, de la même façon que, si
quelqu'un appelle votre bureau de comté puis cette personne-là vous semble
crédible, vous allez nous le rapporter, M. le député de Marquette, tu sais.
• (16 h 50) •
Des voix : ...
Le Président (M. Fortin) : Ça
va, M. le député?
M. Ciccone :...je veux continuer la... Bien, c'est parce que j'attends.
M. le ministre, il parle avec ses...
Des voix : ...
M. Ciccone :Tu sais, ça pourrait être juste un ajout, là, ce que je vous ai
dit, par exemple. Si la personne est dans l'impossibilité de rédiger par écrit
sa plainte, une personne peut le faire en son nom. Parce que moi, je veux
encourager les gens qui sont dans l'impossibilité de le faire de prendre le
téléphone puis d'appeler au cabinet. Puis la personne... Il faut que les gens
sachent que quelqu'un au cabinet va prendre la plainte verbalement. Parce que,
quand on lit ça, là, on ne voit pas ça nulle part, là. Puis il faut favoriser
la dénonciation. Moi, c'est dans le but de favoriser la dénonciation. Je
comprends que vous allez peut-être devoir engager quelqu'un, là, mais vous avez
le budget pour le faire, M. le ministre.
M. Drainville : M. le
Président, on <va...
M. Drainville :
M.
le Président, on >va suspendre un instant, OK?
Le Président (M. Fortin) : Bien
sûr. Suspension, s'il vous plaît.
(Suspension de la séance à 16 h 52)
(Reprise à 16 h 58)
Le Président (M. Fortin) : On
reprend nos... nos travaux sur la dernière question du député de Marquette. M.
le ministre.
M. Drainville : Oui. Bien,
M. le Président, on prend le temps, là, d'analyser, hein, les suggestions qui
sont faites, là, parce qu'on veut être le plus constructifs possible, là,
mais...
Le Président (M. Fortin) : Je
vous en félicite, d'ailleurs, M. le ministre.
M. Drainville : Merci,
M. le Président. Maintenant, j'ai... J'ai bien entendu le député de Marquette.
Je comprends son intention, M. le Président, mais honnêtement, là, après
discussion avec mes équipes, là, y compris les légistes juristes, on considère
que le projet de loi, avec les dispositions bonifiées, et tout ça, couvre
toutes les situations. Ça couvre toutes les situations. Il n'y a pas vraiment
de... il n'y a pas de... il n'y a pas de situation qui... qui pourrait nous
échapper. On... on conserve le processus formel de plainte en vertu de 26. Ça,
on le conserve, sauf qu'on l'allège parce que la plainte formelle, donc, n'aura
plus besoin d'être assermentée, elle pourra être écrite et motivée. Ce sera
suffisant. Et, à ce moment-là, si elle est écrite et motivée, il y aura
déclenchement d'un comité d'enquête, évidemment, si les faits sont... sont
vérifiés.
• (17 heures) •
Puis là j'attire l'attention sur le fait
que l'article 26 prévoit un devoir d'assistance, là. C'est important, ça. «La
plainte doit être écrite et motivée. Elle doit indiquer sommairement la nature
et les circonstances de temps et de lieu de la faute reprochée à l'enseignant.
Elle est reçue par la personne que désigne le ministre — ici, le
ministre, c'est le ministère, là —, laquelle doit prêter assistance, pour
la formulation de la plainte, à la personne qui le requiert.
«Le ministre transmet les motifs de la
plainte à l'enseignant — à l'enseignante — en l'invitant à
lui communiquer ses observations...», donc, dans les 10 jours. Ça, c'est
le processus actuel, formel, que l'on allège, mais qui est... qui reste
présent, qui reste donc prévu à la loi.
Et on ajoute à ça l'article 1 du
projet de loi, donc : «28.1. Le ministre soumet au comité d'enquête toute
situation concernant un enseignant qui est portée à sa connaissance — ça
pourrait être donc verbalement — s'il est d'avis que les
renseignements qui sont en sa possession sont susceptibles de démontrer une
faute grave...», etc.
Puis, en plus de 2.1, M. le Président, si
j'ai... si je reçois une plainte verbale, mettons, puis que je veux évidemment
m'assurer que les faits sont vérifiés, à ce moment-là, j'ai l'article 7
qui prévoit que je peux désigner une personne qui va vérifier si les
renseignements qui sont en ma possession sont susceptibles de démontrer qu'un
enseignant a commis une faute grave.
Ça fait que c'est la ceinture et les
bretelles, M. le député de Marquette. On a vraiment la ceinture et les
bretelles, puis une autre paire de ceintures en plus. Je pense qu'on a ce qu'il
faut, en tout respect, en tout respect, pour la situation que vous... que vous
nous avez présentée.
M. Ciccone :Juste... juste m'assurer, là, puis pour conclure, M. le
ministre...
M. Drainville : Oui,
oui, pas d'enjeu.
M. Ciccone :...ça veut dire qu'un parent immigrant qui arrive ici, qui
n'est pas capable d'écrire le français encore, un petit bonhomme de deux, trois ans,
sa petite fille, elle veut porter plainte, elle n'est pas capable de rédiger
une plainte écrite et motivée... bien, «motivée», oui, parce qu'on peut présumer
que c'est vrai, là...
17 h (version révisée)
M. Ciccone :...que c'est vrai, là.
M. Drainville : Que c'est
fondé, oui.
M. Ciccone :C'est fondé. Il y a quelqu'un qui va lui prêter assistance
pour la formulation de la plainte, il y a quelqu'un...
M. Drainville : Oui. C'est ce
que... c'est ce que prévoit l'article.
M. Ciccone :Alors, maintenant, ma sous-question, est-ce que, M. le
ministre, vous allez vous assurer, sur votre site, que ça va être écrit
clairement que les personnes peuvent... on peut leur porter assistance, à la
rédaction d'une plainte? Parce que, vous savez, M. le ministre, encore au
Québec, malheureusement, il y a des gens qui sont illettrés, puis il faut
penser à ces... à ces personnes-là, là, aussi.
M. Drainville : Alors, M. le
député de Marquette, votre... vos intentions vous honorent. Il y a une section
Plaintes sur le site Internet du ministère de l'Éducation, là, et puis on
peut... il y a une version en anglais soit dit en passant. Alors, on peut aller
sur la version anglaise de la section Plaintes qui explique, donc, les
différentes procédures. Évidemment, la section Plaintes va être mise à jour
avec les nouvelles dispositions, là, en présumant que le projet de loi sera
adopté, et donc on va... on va s'assurer, M. le Président, que les nouvelles
dispositions soient bien... bien expliquées, qu'elles... qu'elles soient bien
présentées aux personnes qui pourraient éventuellement consulter cette
section-là.
Est-ce qu'on... est-ce que, M. le
Président... puis je ne prends pas d'engagement là-dessus, mais je reçois ça
comme suggestion de la part du député de Marquette, est-ce qu'au terme de l'adoption
du projet de loi... est-ce qu'on pourrait faire une espèce de... comment dire,
de publication spéciale, possiblement une publicité, quelque chose qui
résumerait les nouveaux droits, dans le fond, auxquels les citoyens... dont les
citoyens vont pouvoir se prévaloir? Est-ce qu'on pourrait, par l'entremise des
réseaux sociaux puis possiblement par certaines publications, faire la
promotion des nouveaux pouvoirs que les citoyens se voient accorder par ce
projet de loi là? Je vais le considérer très sérieusement. Je pense que votre
idée est bonne, qu'on essaie de trouver une manière de publiciser, de faire la
promotion, d'une certaine manière, des... des nouveaux... des nouvelles
possibilités puis de cet... de ce filet de sécurité accru qu'on accorde à nos
enfants.
M. Ciccone :
C'est...
M. Drainville : Ça pourrait
être une très bonne idée. Ça pourrait être une très bonne idée.
M. Ciccone :C'est un très bon pas, c'est un très bon pas, mais, en même
temps, aussi il faut s'assurer, M. le ministre, et j'arrête là-dessus, là, j'arrête
là-dessus... il faut être capable également d'expliquer, parce que vous savez
qu'on a des nouveaux arrivants, il faut être capable d'expliquer aux gens
comment ils peuvent... comment ils vont être assistés aussi de le faire. Puis
ce serait peut-être important de signifier dans votre... ou de mettre à jour
votre... votre site ou... des plaintes du gouvernement du Québec, là, qu'on va
être là pour vous aider, on va être là pour rédiger la plainte que vous avez
besoin. Il y a un numéro de téléphone, vous pouvez toujours nous appeler. Parce
que, comme je vous dis, encore une fois, là, puis j'arrête là-dessus, ce n'est
pas tout le monde qui est capable d'écrire, tu sais.
M. Drainville : Non, non,
vous avez raison.
M. Ciccone :Puis il ne faut pas décourager les gens, il faut les
encourager. Alors, moi, je me fie sur vous, M. le ministre, à l'effet que vous
allez vous assurer que ça va être écrit clairement, que ça va être signifié
clairement sur le site Internet, que les gens pourront faire une plainte,
une... de... un signalement verbal puis qu'ils vont être assistés.
M. Drainville : Oui. C'est
bien reçu, c'est bien reçu, M. le député de Marquette.
M. Ciccone :Merci beaucoup. Merci beaucoup, M. le ministre. Merci, M.
le Président.
Le Président (M. Fortin) : Très
bien. Sur cette bonne entente, est-ce que l'article... l'amendement
introduisant l'article 0.3 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Fortin) : Adopté.
L'article 0.3 est donc adopté. Avant de présenter l'article 0.4, j'aurais
besoin d'un consentement pour le dépôt de l'article... de l'amendement
introduisant l'article 0.4, puisqu'il touche plus d'un article.
Consentement? Consentement. M. le ministre, article 0.4.
M. Drainville : ...M. le
Président. Oui. Alors...
Une voix : ...
M. Drainville : Oui, c'est
ça. On me glisse à l'oreille qu'il introduit trois articles, donc c'est la
raison pour laquelle il a une certaine longueur. Donc, article 0.4, article 28
de la Loi sur l'instruction publique : Insérer, après l'article 0.3
du projet de loi tel qu'amendé, le suivant :
0.4. L'article 28 de cette loi est
remplacé par les suivants :
«28. Le ministre, s'il considère la
plainte recevable et si l'enseignant ne reconnaît pas la faute qu'on lui reproche,
soumet cette plainte au comité d'enquête.
«28.0.1.Le ministre constitue un
comité qui a pour mandat d'enquêter et de donner son avis sur les situations de
faute grave commise à l'occasion de l'exercice des fonctions ou un acte
dérogatoire à l'honneur ou à la dignité de la fonction <enseignante....
M. Drainville :
...au
comité d'enquête.
«28.0.1.Le ministre constitue
un comité qui a pour mandat d'enquêter et de donner son avis sur les situations
de faute grave commise à l'occasion de l'exercice des fonctions ou un acte
dérogatoire à l'honneur ou à la dignité de la fonction >enseignante.
«Ce comité est formé de trois membres,
dont un président choisi parmi les membres du Barreau qui, de l'avis du
ministre, a une bonne connaissance du milieu de l'éducation. Les deux autres
membres ont une expertise et une expérience et un intérêt marqué pour la
protection des personnes mineures ou handicapées. Ces membres sont choisis
après consultation des organismes que le ministre juge les plus représentatifs
des directeurs d'établissements d'enseignement, des enseignants de ces
établissements et des parents d'élèves de tels établissements.
«La durée du mandat des membres du comité
ne peut excéder cinq ans. À l'expiration de leur mandat, ces derniers demeurent
en fonction jusqu'à ce qu'ils soient remplacés ou nommés de nouveau.
«Le traitement des membres du comité et
les règles de remboursement des dépenses qu'ils font dans l'exercice de leurs
fonctions sont fixés par règlement du ministre.
«28.0.2. Le comité établit des règles de
fonctionnement applicables à ses enquêtes.
«Les règles de fonctionnement doivent
notamment prévoir des mesures particulières aux enquêtes impliquant des situations
de violence à caractère sexuel.
«Les règles de fonctionnement sont
soumises à l'approbation du ministre.»
Commentaires. Cet amendement propose de
remplacer l'article 28 de la Loi sur l'instruction publique pour retirer
les références au comité d'enquête que le ministre constitue à la suite de la
réception d'une plainte jugée recevable. Ce comité sera remplacé par un comité
permanent. Il propose également d'ajouter un article... un article, dis-je, qui
prévoit la formation de ce comité qui aura pour mandat d'enquêter sur les
situations de faute grave et d'acte dérogatoire commis par des enseignants et
prévoit la composition de ce comité. Il propose de plus que le comité d'enquête
adopte des règles de fonctionnement pour le déroulement de ses enquêtes,
lesquelles devront prévoir des mesures particulières lorsque les enquêtes
impliquent un contexte de violence à caractère sexuel.
• (17 h 10) •
Le Président (M. Fortin) : Je
vous propose, M. le député, pour vos interventions, de peut-être commencer avec
le 28, passer au 28.0.1 et ensuite au 28.0.2, si vous avez des interventions
pour chacun de ces articles.
M. Ciccone :OK. Bien, moi, j'en avais une, 28.0.1.
Le Président (M. Fortin) : Si
c'est tout ce que vous avez, il n'y a pas de problème. Oui.
M. Ciccone :Oui, oui. C'est juste, je veux juste... Puis je comprends,
puis merci de votre patience, M. le ministre, parce que vous savez que je viens
en renfort de ma collègue, puis il y a peut-être des questions qui ont déjà été
posées, mais, comme personne qui veut sauver la planète, là, je me dois de
poser ces questions-là. Je veux bien dormir ce soir. Correct?
M. Drainville : Monsieur...
M. le député de Marquette, faites votre travail.
M. Ciccone :OK. Merci. Je vois ici, comme dans l'article 1, là,
vous reprenez un peu les... le même verbatim, «le ministre constitue un comité
qui a pour mandat d'enquêter et de donner son avis sur les situations de faute
grave». C'est d'après vous, vous jugez des fautes graves, vous déterminez
qu'est-ce qui est une faute grave. La personne qui va vous remplacer, je sais
que vous voulez être là pour 20 ans, là, la personne qui va vous... vous remplacer,
elle, elle peut... ses fautes graves, ça peut peut-être être moins, ça peut
être plus. Qu'est-ce qu'une faute grave pour vous? Comment vous déterminez une
faute grave? Est-ce qu'un échange texto, c'est grave? Peut-être que, pour vous,
c'est non, peut-être que, votre successeur, ça va être oui. Comment est-ce
qu'on fait pour se retrouver là-dedans? Tu sais, lever la voix, est-ce que
c'est une faute grave? Une voie de fait, c'est une faute grave? C'est...
Qu'est-ce qui est une faute grave, selon vous, là, votre limite est où?
M. Drainville : Bien, c'est...
c'est justement le... la fonction du comité d'enquête.
M. Ciccone :Non, mais on parle du ministre ici, là.
M. Drainville : Oui. Ça,
c'est pour la...
M. Ciccone :«Constituer un comité qui a pour mandat d'enquêter et
donner son avis sur», ça fait que c'est le comité qui va déterminer qu'est-ce
qui est une faute grave. C'est ça? Non, je...
M. Drainville : «Le ministre,
s'il considère la plainte recevable et si l'enseignant ne reconnaît pas la
faute qu'on lui reproche, soumet cette plainte au comité d'enquête.»
M. Ciccone :Bien, je parle du premier paragraphe, là, «le ministre
constitue un comité qui a pour mandat d'enquêter...
M. Drainville : D'enquêter, c'est
ça...
M. Ciccone :
...et de donner son avis sur les situations de faute grave commise à l'occasion
de l'exercice des fonctions.» C'est le comité qui décide qu'est-ce qui est une
faute grave?
M. Drainville : Exact.
M. Ciccone :OK.
M. Drainville : Bien sûr.
M. Ciccone :Mais il y a... ce n'est pas stipulé qu'est-ce qui est une
faute grave.
M. Drainville : Oui. Là, il <faudrait
que...
M. Ciccone :
...à l'occasion de l'exercice des fonctions.» C'est
le comité qui décide qu'est-ce qui est une faute grave?
M. Drainville :
Exact.
M. Ciccone :
OK.
M. Drainville :
Bien
sûr.
M. Ciccone :
Mais il y a... ce n'est pas stipulé qu'est-ce qui
est une faute grave.
M. Drainville :
Oui.
Là, il >faudrait que...
M. Ciccone :Parce que, le comité, les membres ont... Oui?
M. Drainville : En général...
en général, le... je dirais que... parce que j'ai... j'ai dû me pencher, là,
sur certains... certaines situations, je vous dirai, le critère qui est très
important, c'est toujours le lien avec la fonction enseignante. Il faut que ça
ait un lien avec la fonction enseignante. Tu sais, c'est arrivé... puis c'est
arrivé, M. le député de Marquette, qu'une enseignante ou un enseignant commette
une faute. Le comité d'enquête va vérifier les faits, va rencontrer la
personne, et tout le reste, et la recommandation qui m'est faite, c'est de ne
pas suspendre ou de ne pas révoquer son brevet parce que la faute n'est pas en
lien avec la fonction d'enseignant ou d'enseignante. Et donc, là, je ne sais
pas si c'est arrivé, là, à la suite d'un comité d'enquête ou pas, là, mais... Puis
ça arrive assez souvent, par exemple, il va y avoir des changements aux
antécédents judiciaires. La personne enseignante, donc, aura commis une
infraction au Code de la sécurité routière. Bon. Donc... puis c'est grave, on
ne peut pas juste balayer ça du revers de la main, mais...
M. Ciccone :...d'enseignant.
M. Drainville : ...ce n'est
pas en lien direct avec ses fonctions d'enseignante. Et donc...
M. Ciccone :OK, mais moi, je parle, qu'est-ce qui est en... dans les
fonctions d'enseignante, là, qu'est-ce qui est grave pour vous, là? Comment...
comment on détermine qu'est-ce qui est une faute grave? Parce que moi, je ne
veux pas qu'un comité... ceux qui vont former le comité une année, c'est une
chose, puis dans... les membres vont changer, du comité, éventuellement, puis
que ce soit diminué, que ce soit moins sévère, qu'il y a quelqu'un qui va
déterminer qu'il a levé la voix sur un élève, c'est grave. Un autre comité et
d'autres membres vont dire : Ce n'est pas si grave que ça. Un échange
texto... va dire : Ce n'est rien que quelques textos, ce n'est pas grave.
D'autres membres du comité par la suite va dire : Ça, c'est très grave. Ça
fait que, là, on joue au yoyo, là.
M. Drainville : ...ce qui
est, par exemple, là, une faute qui... qui est grave, là, c'est tout ce qui
touche aux violences sexuelles, par exemple. Ça, à mon sens à moi, c'est la
quintessence d'une faute grave.
M. Ciccone :Quelqu'un qui frappe un élève, faute grave.
M. Drainville : Même chose.
M. Ciccone :Tu envoies un texto.
M. Drainville : Ça dépend du
contenu du texto, mais c'est pour ça que les comités d'enquête existent. Les
comités d'enquête sont habilités... habilités ou... habilités, c'est bien ça.
Des fois, j'ai de la misère entre habilité puis habileté, mais ce n'est pas grave,
ça...
M. Ciccone :On vous comprend.
M. Drainville : ...de la
journée aussi. Alors, les comités d'enquête sont habilités justement à faire la
lumière sur les faits puis à faire une évaluation de la gravité des gestes
posés, et donc de porter une appréciation et de faire une recommandation.
L'article ici, M. le Président, si je peux
élargir un peu la discussion que nous avons présentement, actuellement,
parfois, quand arrive le temps de créer un comité, qui va justement devoir
déterminer si la faute est grave, là, ou pas, là, on a parfois de la difficulté
à trouver des personnes pour constituer ces comités d'enquête. Le problème de
la pénurie, il... il s'exprime de toutes sortes de façons, mais il peut aussi
s'exprimer parfois quand arrive le temps de créer des comités d'enquête.
L'objectif de la disposition que vous avez sous les yeux, c'est justement de
professionnaliser le comité d'enquête, de faire en sorte, dans le fond, d'abord
qu'on ait un comité d'enquête permanent, donc, on va pouvoir enclencher les
comités plus rapidement parce qu'on n'aura pas besoin de chercher des... Bon.
M. Ciccone :Je comprends ça. Ça, je comprends ça.
M. Drainville : Et on va...
nécessairement, les membres du comité permanent vont... vont développer une
expertise au fil des cas qui leur seront soumis.
M. Ciccone :Puis il va y avoir une jurisprudence, j'imagine, avec le
temps.
M. Drainville : D'une
certaine manière, il y aura... je pense qu'on peut dire ça, il y aura une forme
de jurisprudence...
M. Ciccone : Une prudence, parfait.
M. Drainville : ...qui va
finir par se constituer au fil des travaux. Exactement.
M. Ciccone :Vous répondez à ma question. Exactement.
M. Drainville : Voilà, voilà.
M. Ciccone :Je sais qu'au début ça peut être... Bien, j'invite le comité,
là, je ne sais pas si je peux le faire, mais...
M. Drainville : Oui, oui,
faites-le.
M. Ciccone :...au début, à être très sévère, là, pour ne pas... pour
que ce soit une jurisprudence très <étoffée....
M. Ciccone :
...qu'au début ça peut être... Bien, j'invite le
comité, là, je ne sais pas si je peux le faire, mais...
M. Drainville :
Oui,
oui, faites-le.
M. Ciccone :
...au début, à être très sévère, là, pour ne pas...
pour que ce soit une jurisprudence très >étoffée. C'est mon...
M. Drainville : C'est votre
souhait.
M. Ciccone :
...c'est mon appel au comité futur.
M. Drainville : C'est votre
volonté. Très bien.
M. Ciccone :Merci beaucoup.
M. Drainville : Je... comment
dire, je seconde.
M. Ciccone :Merci beaucoup, M. le ministre.
M. Drainville : Je seconde.
M. Ciccone :Ça va, M. le Président.
Le Président (M. Fortin) : Oui.
Rien d'autre sur l'article 0.4? Très bien. Est-ce que l'amendement
introduisant l'article 0.4 est adopté?Adopté. L'article 0.4
est donc adopté.
Souhaitez-vous, avant de passer à
l'article 1.1, une... un petit moment de rafraîchissement peut-être, une
pause santé pour les membres? Je sais que le ministre peut faire plusieurs
choses à la fois, mais il y a des choses qui ne se font pas deux choses à la
fois. Alors, je vous suggérerais quelques minutes de pause.
M. Drainville : ...
Le Président (M. Fortin) : Très
bien. Suspension, s'il vous plaît.
(Suspension de la séance à 17 h 18)
(Reprise à 17 h 23)
Le Président (M. Fortin) : On
reprend les travaux et on en est à l'introduction par le ministre de
l'amendement introduisant l'article 1.1. 1.1. M. le ministre.
M. Drainville : Oui. Alors,
article 1.1, article 29 de la Loi sur l'instruction publique : Insérer,
après l'article 1 du projet de loi, le suivant :
1.1. L'article 29 de cette loi est
modifié par l'insertion, après le premier alinéa, du suivant :
«Il peut, à cette occasion, suspendre l'autorisation
d'enseigner de cet enseignant.»
Commentaires. Cet amendement propose
d'attribuer au ministre le pouvoir de suspendre une autorisation d'enseigner
pour la durée d'une enquête pour faute grave ou acte dérogatoire lorsque les
faits reprochés à l'enseignant sont de nature telle que leur continuation ou leur
répétition risquerait de compromettre gravement la qualité des services
éducatifs ou la protection des élèves.
Alors, juste pour que ce soit bien clair,
l'article 29 actuel, là, dit déjà : «Le ministre peut, si les faits
qui sont reprochés à l'enseignant sont de nature telle que leur continuation ou
leur répétition risquerait de compromettre gravement la qualité des services
éducatifs ou la protection des élèves et après consultation du comité
d'enquête, enjoindre au centre de services scolaire de relever l'enseignant de
ses fonctions avec traitement pour la durée de l'enquête.»
Mais ce qu'on fait avec l'amendement,
c'est qu'on donne au ministre la possibilité de suspendre l'autorisation
d'enseigner dès... dès que les faits lui sont rapportés. L'objectif ici, c'est
de faire en sorte qu'un enseignant qui serait sous enquête et qui déciderait de
se pousser pour essayer d'aller se trouver un travail d'enseignant ailleurs,
dans un autre centre... dans un autre centre de services scolaire, ne puisse
pas le faire. C'est bon?
M. Ciccone :...M. le ministre.
M. Drainville : Merci. Merci,
mon cher.
M. Ciccone :
Formidable.
M. Drainville : Merci
beaucoup.
Le Président (M. Fortin) : Excellent.
Est-ce que l'amendement introduisant l'article 1.1 est adopté? Adopté.
L'article 1.1 est donc adopté. Article 1.2. M. le ministre.
M. Drainville : L'article 1.2,
article 34.5 de la Loi sur l'instruction publique : Insérer, après l'article 1.1
du projet de loi tel qu'amendé, le suivant :
1.2. L'article 34.5 de cette loi est
modifié par le remplacement, dans le deuxième alinéa, de «mineurs» par
«personnes mineures·ou handicapées».
Commentaires. Cet amendement propose
d'ajouter au profil de compétence recherché pour les membres du comité
d'experts sur l'appréciation du lien entre un antécédent judiciaire et
l'exercice de la profession enseignante une expertise, une expérience et un
intérêt pour la protection des personnes handicapées.
Le Président (M. Fortin) : Ça
va, M. le député?
M. Ciccone :...
M. Drainville : Merci
beaucoup. Merci beaucoup, M. le député de Marquette.
Le Président (M. Fortin) : Est-ce
que l'amendement introduisant l'article 1.2 est adopté? L'article 1.2
est donc adopté. Article 1.3. M. le ministre.
M. Drainville : J'arrive,
j'arrive. 1.3. Article 1.3, article 34.6 de la Loi sur l'instruction
publique : 1.3. L'article 34.6 de cette loi est modifié :
1° par l'insertion, dans le premier alinéa
et après «visée», de «au deuxième alinéa de l'article 29 ou»;
2° par l'insertion, après le premier
alinéa, de l'alinéa suivant :
«Le ministre peut cependant, dans un contexte <d'urgence...
M. Drainville :
...de
«au deuxième alinéa de l'article 29 ou»;
2° par l'insertion, après le premier
alinéa, de l'alinéa suivant :
«Le ministre peut cependant, dans un contexte >d'urgence
ou en vue d'éviter que ne soit causé un préjudice irréparable, suspendre ou
révoquer une autorisation d'enseigner sans être tenu à ces obligations
préalables. Dans ce cas, la personne visée par la décision peut, dans le délai
qui est indiqué... qui y est indiqué, présenter ses observations au ministre
pour en permettre le réexamen.»
Commentaires. Cet amendement propose
d'abord une modification de concordance afin d'ajouter la décision du ministre
de suspendre une autorisation d'enseigner en cours d'enquête à l'article qui
prévoit l'obligation de notifier un préavis de décision défavorable et le délai
pour présenter ses observations. L'amendement ajoute ensuite une exception à ses
obligations de notification préalable et de délai pour présenter ses
observations lors de situations d'urgence ou en vue d'éviter que ne soit causé
un préjudice irréparable.
Donc, en résumé, dans une situation que je
qualifierais d'usuelle, on va laisser à la personne qui est visée le... un
temps de 10 jours, une période de 10 jours, un délai de 10 jours
pour que cette personne-là puisse présenter ses observations, mais il peut
arriver, M. le... M. le Président, il peut arriver une situation où on est
tellement inquiets que la personne visée par l'enquête puisse à nouveau sévir,
puisse représenter une menace pour les enfants qu'à ce moment-là... donc dans
ces circonstances exceptionnelles qu'on... donc dans un contexte d'urgence,
qu'on décide donc de suspendre ou même révoquer l'autorisation d'enseigner.
Le Président (M. Fortin) : M.
le député de Marquette.
M. Ciccone :...une précision. Ça fait que le temps que... dans les
10 jours qu'elle prend pour se défendre, parce qu'elle a le droit de se
défendre, là, elle est suspendue, là?
• (17 h 30) •
M. Drainville : Exactement.
Donc, je suspends son droit de pratique, si on peut dire, mais, une fois que
cette suspension-là est exécutée, je lui donne quand même le temps de faire ses
représentations, elle a le droit de se défendre.
M. Ciccone :
Effectivement.
M. Drainville : Mais la
situation est tellement urgente aux yeux du ministre, aux yeux de la ministre,
à ce moment-là, qu'on ne veut prendre aucune...
M. Ciccone :Chance.
M. Drainville : ...aucune
chance.
M. Ciccone :Parfait, c'est clair. Merci.
M. Drainville : C'est bon?
Merci beaucoup.
Le Président (M. Fortin) : Ça
va? Autres questions, commentaires? Non. Dans ce cas, est-ce que l'amendement
introduisant l'article 1.3 est adopté? Article 1.3 est donc adopté.
1.4...
M. Drainville : Merci. Merci,
M. le Président, je m'excuse. Article 1.4, article 34.7 de la Loi sur
l'instruction publique : Insérer, après l'article 1.3 du projet de
loi tel qu'amendé, le suivant :
1.4. L'article 34.7 de cette loi est
modifié par l'insertion, dans le premier alinéa et après «visée», de «au
deuxième alinéa de l'article 29 ou».
Commentaires. Cet amendement propose une
modification de concordance afin d'ajouter la décision du ministre de suspendre
une autorisation d'enseigner en cours d'enquête à l'article qui prévoit un
recours au Tribunal administratif du Québec.
Le Président (M. Fortin) : Pas
de commentaire? Est-ce que l'amendement visant à introduire l'article 1.4
est adopté? L'article 1.4 est donc adopté. Article 1.5. M. le
ministre.
M. Drainville : Merci.
Article 1.5, article 35 de la Loi sur l'instruction publique : Insérer,·après
l'article 1.4 du projet de loi tel qu'amendé, le suivant :
1.5. L'article 35 de cette loi est
modifié par l'ajout, à la fin, de l'alinéa suivant :
«Il en est de même si l'enseignant visé
par une telle autorisation reconnaît qu'il a commis une faute grave à l'occasion
de l'exercice de ses fonctions ou un acte dérogatoire à l'honneur ou à la
dignité de la fonction enseignante ou a, de l'avis du comité d'enquête, commis
une telle faute ou un tel acte.»
Commentaires. Cet amendement propose une
modification de concordance avec l'élargissement des dispositions...
17 h 30 (version révisée)
M. Drainville : ...faute ou un
tel acte»
Commentaires : Cet amendement propose
une modification de concordance avec l'élargissement des dispositions
concernant la faute grave ou l'acte dérogatoire afin de permettre au ministre
de suspendre, révoquer ou maintenir sous conditions une tolérance d'engagement
dont l'enseignant bénéficiaire a commis une telle faute ou un tel acte.
Le Président (M. Fortin) : Questions,
commentaires? Non. Est-ce que l'amendement visant à introduire l'article 1.5
est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Fortin) : L'article
1.5 est donc adopté. On passe à l'article 6.2. M. le ministre.
M. Drainville : Ça s'en
vient, M. le Président. Je l'ai. 6.2. Article 6.2 : Article 456.1 de
la Loi sur l'instruction publique.
Insérer, après l'article 6.1 du projet de
loi tel qu'amendé, le suivant :
«6.2. L'article 456.1 de cette loi est
modifié par le remplacement de "28" par "28.0.1".».
Cet amendement propose une modification de
concordance avec la création d'un comité d'enquête sur les situations de faute
grave et d'actes dérogatoires permanents.
Le Président (M. Fortin) : Questions,
commentaires? Est-ce que l'amendement visant à introduire l'article 6.2 est
adopté? L'article 6.2 est donc adopté.
On passe à la section sur les antécédents,
et, M. le ministre, je vous demanderais de nous présenter l'article 4.1.
M. Drainville : Oui, j'y
arrive, M. le Président, j'y arrive. OK. 4.1. Merci.
Article 4.1. Article 261.0.1 de la Loi sur
l'instruction publique.
Insérer, après l'article 4 du projet de
loi, le suivant :
«4.1. L'article 261.0.1 de cette loi est
modifié par l'insertion, dans le premier alinéa et après "mineurs",
de "ou handicapés".».
Article... Excusez-moi, M. le Président.
Commentaires : Cet amendement propose d'élargir la portée de la
vérification des antécédents judiciaires lors de l'embauche pour qu'elle s'applique
également aux personnes appelées à œuvrer auprès d'élèves handicapés.
Le Président (M. Fortin) : Questions,
commentaires? Non. Alors, est-ce que l'amendement visant à introduire l'article
4.1 est adopté?
Des voix
: Adopté.
Le Président (M. Fortin) : L'article
4.1 est adopté. Article 4.2. M. le ministre.
M. Drainville : Merci, M. le
Président. Article 4.2. Article 261.0.1 de la Loi sur l'instruction publique.
Insérer, après l'article 4.1 du projet de
loi tel qu'amendé, le suivant :
«4.2. L'article 261.0.2 de cette loi est
modifié :
1° par l'insertion... Je glisse sur ma
chaise. 1° par l'insertion, dans le premier alinéa, et après "mineurs",
de "ou handicapés";
2° par l'insertion, à la fin du deuxième
alinéa, de "sous réserve du règlement pris en application de l'article
449.1".».
Commentaires : Cet amendement propose
d'abord d'élargir la portée de la vérification des antécédents judiciaires
faite à la demande d'un centre de services scolaire pour qu'elle s'applique
également aux personnes appelées à œuvrer auprès d'élèves handicapés. Il
propose ensuite d'assujettir la demande de déclaration d'antécédents
judiciaires et la vérification qu'un centre de services scolaire peut faire à
un règlement du ministre.
Le Président (M. Fortin) : Questions,
commentaires? Non. Est-ce que l'amendement visant à introduire l'article 4.2
est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Fortin) : L'article
4.2 est donc adopté. Après le 4.2 vient le 4.3. M. le ministre.
M. Drainville : Merci, M. le
Président. Article 4.3. Article 261.0.3 et 261.0.4 de la Loi sur l'instruction
publique.
Insérer, après l'article 4.2 du projet de
loi tel qu'amendé, le suivant :
«4.3. Cette loi est modifiée par
l'insertion, après "mineurs", de "ou handicapées" <partout...
M. Drainville :
...tel
qu'amendé, le suivant :
«4.3. Cette loi est modifiée par
l'insertion, après "mineurs", de "ou handicapées" >partout
où cela se trouve dans les articles 261.0.3 et 261.0.4.
Commentaires : Cet amendement propose
des modifications de concordance à l'élargissement de la portée de la
vérification des antécédents judiciaires aux personnes appelées à œuvrer auprès
des élèves handicapés.
Le Président (M. Fortin) : Questions,
commentaires? Est-ce que l'amendement introduisant l'article 4.3 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Fortin) : L'article
4.3 est donc adopté. On passe à l'amendement introduisant l'article 6.1.
M. Drainville : 6.1. Article
6.1. Article 449.1 de la Loi sur l'instruction publique.
Insérer, dans l'article 6...
excusez-moi... insérer, après l'article 6 du projet de loi, le suivant :
«6.1. Cette loi est modifiée par
l'insertion, après l'article 449, du suivant :
"449.1. Le gouvernement peut, par
règlement :
"1° déterminer les renseignements et
les documents nécessaires pour établir l'existence ou l'absence d'antécédents
judiciaires qu'un corps de police est tenu de fournir à un centre de services
scolaire ou à une personne visée par une vérification des antécédents
judiciaires;
"2° déterminer les cas dans lesquels
une déclaration des antécédents judiciaires doit être demandée par un centre de
services scolaire et les cas dans lesquels cette déclaration doit être
vérifiée;
"3° déterminer les conditions et les
modalités applicables à la déclaration et à la vérification des antécédents
judiciaires, notamment les cas dans lesquels des documents supplémentaires
doivent être transmis et la nature de ceux-ci.".»
Commentaires... Alors, il y a une petite
erreur dans le commentaire, j'attire votre attention là-dessus : Cet
amendement propose de conférer au gouvernement, et non pas «au ministre», au
gouvernement le pouvoir de réglementer les cas dans lesquels un centre de
services scolaire doit faire une demande de déclaration d'antécédents judiciaires
et sa vérification, conformément à l'article 261.0.2.
• (17 h 40) •
Il propose également de conférer au
ministre le pouvoir de déterminer les renseignements et documents qu'un corps
de police est tenu de fournir dans le cadre de telles vérifications, ainsi que
les conditions et modalités applicables à certaines vérifications.
Le Président (M. Fortin) : M.
le député de Marquette.
M. Ciccone :Oui, merci. Je veux juste une petite clarification, là,
parce que, deuxième paragraphe : «Déterminer les cas dans lesquels une
déclaration des antécédents judiciaires doit être demandée par un centre de
services scolaire et les cas dans lesquels cette déclaration doit être
vérifiée», moi, j'avais l'impression, M. le ministre, que c'était... il fallait
toujours le faire, pas déterminer les cas... lesquels on peut... on ne peut pas
le faire. Je pensais que c'était plutôt... on devait toujours vérifier les
antécédents judiciaires des gens qui entourent nos enfants.
M. Drainville : L'obligation
de fournir ses antécédents judiciaires existe déjà au moment de l'embauche.
Avec le projet de loi, on prévoit que le centre de services scolaire peut, à
tout moment, demander à quelqu'un : C'est quoi, tes antécédents
judiciaires?
M. Ciccone :Ça fait qu'il n'y a pas d'obligation, là?
M. Drainville : Qu'est-ce que
vous voulez dire?
M. Ciccone :Bien, d'avoir un antécédent judiciaire... de vérifier
les...
M. Drainville : D'avoir une
vérification? Bien, il y en a une à l'embauche.
M. Ciccone :Bien, ça s'applique où, ça, de «déterminer les cas dans
lesquels une déclaration d'antécédents judiciaires doit être demandée par un
centre de services scolaire»?
M. Drainville : On pourrait,
par exemple, par règlement, déterminer les catégories d'emploi ou les personnes
qui devront faire l'objet d'une vérification d'antécédents judiciaires,
incluant les sous-contractants. Alors, par exemple, surveillant d'élèves,
concierges...
M. Ciccone :Là, ils ne sont pas obligés, présentement, là?
M. Drainville : ...éducatrices
du service de <garde...
M. Drainville :
...concierges...
M. Ciccone :
Là, ils ne sont pas obligés présentement, là?
M. Drainville :
...éducatrices
du service de >garde.
M. Ciccone :Ils ne sont pas... ils ne pas sont obligés d'avoir des
vérifications.
M. Drainville : Ils le
sont. Ils le sont à l'embauche.
M. Ciccone :Oui?
M. Drainville : Et ça,
ça pourrait nous permettre, dans le fond, de demander à nouveau à une
personne...
M. Ciccone :De revérifier.
M. Drainville : Oui, c'est
ça.
M. Ciccone :Parce que, là... parce que, là, au... parce que, dans le
futur, il n'y a plus personne qui va passer dans les filets, là, parce que, là...
Je veux dire, un coup que ça va être inscrit, c'est terminé. Ça, c'est pour
maintenant, là, au début, pour s'assurer, puis on pourrait refaire une
vérification. Vous pourriez le demander.
M. Drainville : Le
centre de services scolaire pourrait...
M. Ciccone :Parce que, là, ça se peut qu'il y en ait, dans des services
scolaires, qui ont des antécédents judiciaires après qu'on les ait vérifiés.
Puis là, on peut les revérifier. C'est ce que ça vient dire, là.
M. Drainville : Exact.
Et ce que ça vient dire, c'est : On va pouvoir, par règlement, déterminer
un certain nombre de choses liées à cette nouvelle vérification. Et, par
exemple, on pourrait, dans cet éventuel règlement là, prévoir que les
surveillants d'élèves, les concierges, les éducatrices, les bénévoles, les
chauffeurs d'autobus, les personnes qui sont responsables de l'entretien des
bâtiments, qui viennent faire des travaux, par exemple... des travaux, par
exemple, dans les chambres de bain, les toilettes des écoles, les personnes qui
viennent participer, par exemple, aux programmes d'art, des artistes en
résidence, par exemple... Ça fait que ça, c'est une des choses qu'on pourrait
faire.
On pourrait aussi établir une vérification
des antécédents judiciaires dans certaines circonstances particulières. Par
exemple, quelqu'un qui revient en emploi après une absence prolongée, qui a été
en congé sans solde, qui a été en congé de maladie, qui a été en congé de
maternité ou de paternité.
M. Ciccone :...demander une suspension, juste une minute ou deux, juste
pour vérifier quelque chose?
M. Drainville : Avec
plaisir.
M. Ciccone :Merci beaucoup.
Le Président (M. Fortin) : Nous
allons suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 17 h 44)
(Reprise à 17 h 55)
Le Président (M. Fortin) : On
reprend nos travaux. M. le député de Marquette, vous aviez demandé une courte
suspension. Je crois que vous avez quelque chose à nous présenter.
M. Ciccone :Oui. Merci beaucoup. C'est toujours... J'ai discuté avec...
justement, sur le deuxième paragraphe, «déterminer les cas». Je comprends qu'il
y a une recherche sur les antécédents judiciaires, ça doit être fait
initialement par le service scolaire, toutes les personnes qui entourent nos
enfants. Cependant, puis le ministre est conscient, là, que... dans
l'éventualité... Après 15 ans, 20 ans, ça se peut qu'une situation change,
justement, au niveau des antécédents judiciaires. Puis j'aimerais, M. le
Président, déposer un sous-amendement, s'il vous plaît.
Le Président (M. Fortin) : Bien
sûr. Alors, si vous êtes prêt, M. le député, vous pouvez présenter votre
sous-amendement.
M. Ciccone :Oui. Après le paragraphe 3... Je vais attendre qu'il soit à
l'écran, là.
Le Président (M. Fortin) : Ce
ne sera pas bien long.
M. Ciccone :Oui. OK. L'amendement proposé à l'article 6.1 du projet de
loi est modifié par l'ajout du paragraphe suivant :
«Déterminer la période de validité des
antécédents judiciaires.»
Ça... par règlement, là, ça, ça veut dire
que le ministre peut, advenant la situation, advenant également que, dans le
temps, les choses peuvent changer, aussi donner la liberté à son successeur de
vouloir, justement, déterminer la période de validité des antécédents
judiciaires, d'être capable de dire à quelqu'un : Bien, à tous les trois
ans, quatre ans, cinq ans, on refait encore une fois une recherche sur les
antécédents judiciaires de ceux qui entourent nos jeunes.
Je sais que ça a déjà été fait. C'est
fait, justement, dans le réseau de la petite enfance, c'est aux trois ans. Je
comprends que ça peut engendrer des coûts, mais ça coûte combien, avoir nos
enfants en sécurité? Peut-être que le ministre, en ce moment, se dit :
Bien non, là, moi, je ne veux pas le faire, mais <cependant...
M. Ciccone :
...sécurité. Peut-être que le ministre, en ce
moment, se dit : Bien non, là, moi, je ne veux pas le faire, mais >cependant,
ce que ce sous-amendement-là amène, c'est la possibilité dans le temps. Peut-être,
dans une autre législature, peut-être ses successeurs, dans deux, trois ou
quatre successeurs, vont dire : Bien, on a besoin de le faire puis on
pourrait le faire, à la discrétion du ministre, par règlement, justement, de
déterminer la période de validité des antécédents. Peut-être qu'un ministre va
dire : Moi, je veux que ce soit fait à tous les quatre ans, je veux que ce
soit fait à tous les trois ans pour le bien-être et la sécurité de nos enfants.
Voilà, M. le Président, ma suggestion.
Le Président (M. Fortin) : Très
bien, très clair, M. le député. M. le ministre.
M. Drainville : On va prendre
un instant, M. le Président, s'il vous plaît.
Le Président (M. Fortin) : Oui.
Nous allons suspendre quelques instants. Merci.
(Suspension de la séance à 17 h 58)
18 h (version révisée)
(Reprise à 18 h 05)
Le Président (M. Fortin) : Nous
reprenons les travaux. Suite à la proposition du sous-amendement du député de
Marquette, M. le ministre, vous avez eu l'occasion d'en discuter avec vos
équipes et de la considérer. Quelles sont vos conclusions, M. le ministre?
M. Drainville : Oui, merci, M.
le Président. Bien, en fait, la conclusion à laquelle on en vient, c'est que le
libellé, tel que proposé, va avoir l'effet contraire que celui qui est
recherché par le député de Marquette. C'est-à-dire que, quand on dit
«déterminer la période de validité des antécédents judiciaires», ce que ça veut
dire, donc, c'est qu'on pourrait, par exemple, prescrire qu'une... qu'un
antécédent judiciaire... qu'une vérification d'antécédents judiciaires est
valide pour, mettons, mettons, deux ans.
Bon, actuellement, les pouvoirs de la Loi
sur l'instruction publique font en sorte qu'un centre de services scolaire peut,
en tout temps, demander une nouvelle vérification des antécédents judiciaires. Et
donc, si on mettait une période de validité, mettons, de deux ans, ça voudrait
dire, donc, que les antécédents judiciaires... la vérification des antécédents
judiciaires est considérée valide pendant deux ans, et donc le pouvoir du
centre de services scolaire de demander à nouveau une vérification d'antécédents
judiciaires serait, d'une certaine manière, invalidé. C'est comme si on
neutralisait un pouvoir que nous avons actuellement.
Alors, on veut conserver la capacité du
centre de services scolaire de pouvoir demander en tout temps, et là, de la
manière que l'amendement est formulé, on ne pourrait pas le faire parce que la
vérification serait considérée valide, selon la période que... qui serait
déterminée. Ça fait que, dans ces circonstances-là, on ne juge pas que ce soit
une bonne idée d'appuyer l'amendement qui est proposé.Puis je suis certain que
ce n'est pas ça que vise le député de Marquette, je suis certain qu'il ne veut
pas empêcher le centre de services scolaire de pouvoir, à tout moment, demander
une nouvelle vérification des antécédents judiciaires. Est-ce que je m'exprime
bien?
M. Ciccone :Bien, vous n'avez pas raison dans la...
(Interruption)
M. Ciccone :Oh boy!
M. Ciccone :
C'est noté, M. le ministre. Non, je ne <suis pas d'accord avec la fin de
votre énoncé...
M. Ciccone :
...c'est noté, M. le ministre. Non, je ne >suis
pas d'accord avec la fin de votre énoncé. Premièrement, un n'empêche pas
l'autre, selon moi. Puis là vous parlez de la formulation, mais moi, je suis
très ouvert à retravailler cette formulation-là, parce que, un, premièrement,
ça, ça ne vous engage absolument à rien, absolument à rien, parce que ça a été
fait... ça a été fait dans la loi dans... sur la petite enfance où c'était,
justement, déterminer la période de validation... de validité d'antécédents
judiciaires, et, par la suite, on l'a retiré. Lors du dernier projet de loi,
là, sur la petite enfance, on l'a retiré puis on l'a mis «trois ans».
Maintenant, aussi, ce que vous dites...
puis une chose que vous oubliez de dire, M. le ministre, c'est que vous dites
qu'un va empêcher.... par exemple, si vous voulez faire une recherche
d'antécédents judiciaires, ça va vous empêcher de le faire, mais ce que vous
oubliez de dire dans tout ça, c'est que la personne que ça fait 20 ans qui
est dans le réseau, puis qu'il n'y a rien qui détermine qu'on devrait vérifier
de nouveau ses antécédents judiciaires, bien, peut-être qu'elle, elle en a une...
peut-être qu'elle, on devrait la vérifier puis s'assurer qu'elle ne passe pas
dans les filets... dans les mailles du filet. Il y a cet élément-là aussi. Le
verre n'est pas juste à moitié vide, là, il est à moitié plein aussi, là. Ça
fait qu'il faut regarder les deux côtés de la médaille.
Maintenant, moi, la chose que je veux dans
ça, c'est, un, de vous faciliter la vie. Vous devriez me remercier, M. le
ministre. Je veux vous faciliter la vie, justement, et faciliter la vie de
vos... de vos successeurs. Peut-être que vous, vous ne déterminez pas que c'est
important de le mettre là, de faire des recherches d'antécédents judiciaires à
l'ensemble des... du réseau des enseignants et des gens qui entourent nos
enfants, mais, en même temps, il faut... peut-être que votre successeur va le décider,
lui, avec... Je ne sais pas, moi, ce qui peut se produire dans l'éventualité...
Puis, quand on écrit un projet de loi, la
première chose qu'on m'a dite, c'est : Enrico... M. le député de
Marquette, quand vous écrivez un projet de loi, assurez-vous que ça vive dans
le temps, assurez-vous que ça vive dans le temps. Puis ça, ça vient exactement,
exactement remplir ce mandat-là. Si vous voulez reformuler le sous-amendement
puis la phrase, ça va me faire plaisir de le faire avec vous, là, mais l'un
n'empêche pas l'autre. Ça, je ne suis pas d'accord avec vous, M. le ministre.
M. Drainville : M. le
Président, j'essaie de comprendre, là. Est-ce que c'est la fréquence? C'est
une... c'est une question de fréquence? Est-ce que c'est ça?
• (18 h 10) •
M. Ciccone :Bien, ça...
M. Drainville : L'objectif...
Laissons... mettons de côté le libellé, là.
M. Ciccone :Oui, OK.
M. Drainville : Dans le fond,
concentrons-nous sur ce que vous essayez de réaliser puis, après ça, on verra
si on est d'accord, puis, si on est d'accord, on trouvera le bon langage, mais,
juste pour bien comprendre, est-ce que... c'est-tu la... c'est-tu la question
de la récurrence qui... qui vous amène à déposer cet amendement-là? Vous
souhaitez qu'il y ait une récurrence dans les vérifications? Est-ce que c'est
ça?
M. Ciccone :Bien, idéalement, ce serait aux trois ans. Je pense que ma
collègue, elle a... mais, en même temps, ça ne vous empêche pas, vous, M. le
ministre, de dire : Moi, telle, telle occasion, telle situation, moi, j'en
veux une, même s'il en a fait une en trois ans, non, non, il est arrivé de quoi,
on a un doute, là, j'en veux une autre. On n'est pas obligés de respecter le
trois ans parce que c'est écrit «le gouvernement peut», pas «doit», «peut», ce
qui vous donne, là, une largesse extraordinaire.
M. Drainville : Oui. Alors,
on a eu effectivement cette discussion-là avec la députée de Saint-Laurent. On
a passé pas mal de temps là-dessus, et ma réponse n'est pas différente de celle
que j'ai donnée déjà à la députée de Saint-Laurent, M. le Président.
C'est-à-dire que le règlement, tel que proposé, pourrait nous permettre
d'insérer une fréquence, une récurrence dans l'application des... de la loi,
donc, dans la vérification des antécédents, mais on ne souhaite pas le faire
dans le projet de loi comme tel. On verra si on le fera, et, si on le fera, le
règlement nous permettra de le faire, mais, avant d'en arriver là, ce que... ce
que j'ai déjà dit à la députée de Saint-Laurent et que je réitère ici, c'est
que le projet de loi que nous étudions et que nous adopterons éventuellement,
je l'espère, constitue une avancée exceptionnelle en matière de protection des
enfants. Et donc on veut se donner le temps de faire atterrir toutes les
nouvelles mesures qui sont déjà <prévues dans le projet de loi avant
d'envisager...
M. Drainville :
...nouvelles
mesures qui sont déjà >prévues dans le projet de loi avant d'envisager
une récurrence.
Maintenant, la récurrence, elle est
possible. Elle sera possible par règlement parce que, si vous lisez le libellé
de l'article 6.1, c'est possible. De la manière qu'il est libellé, c'est
possible que l'on puisse ajouter une fréquence ou une récurrence. On pourrait
même... M. le Président, on pourrait même prévoir, dans le libellé de l'article...
Ça, c'est un... une modification que nous pourrions ajouter. On pourrait
préciser que, par règlement, une récurrence pourrait être éventuellement
adoptée, mais... et mise en place, donc, mais on ne va pas... Je l'ai déjà dit,
on ne va pas légiférer sur la récurrence. La récurrence pourra éventuellement
être ajoutée par règlement, et on pourrait préciser qu'une récurrence pourrait
être éventuellement ajoutée par récurrence. Ça, je pourrais... on pourrait
amender le projet de loi pour le prévoir, mais la durée de la récurrence comme
telle ou une récurrence comme telle, ça, on ne l'ajoutera pas au projet de loi.
Je ne sais pas si c'est clair, là.
M. Ciccone :Bien, bien, bien, c'est clair. C'est tellement clair, M. le
ministre, que vous venez de... vous venez de dire... votre fin d'énoncé, vous
venez de dire exactement, exactement ma position sur le sous-amendement. C'est
exactement ça que vous venez de dire, mais vous venez de changer les mots tout
simplement, là. Nous, notre position est préventive, notre suggestion, là, est
préventive, la vôtre est réactive, puis ce n'est pas la même chose que... que
ma collègue, parce que ma collègue vous donnait un temps, un peu comme dans la
petite enfance. Nous, on vous donne le choix de le faire ou non. Vous n'avez
pas les mains attachées. C'est une durée... la durée, c'est la validité des
antécédents judiciaires, puis c'est à vous de déterminer si vous voulez ou non,
puis vous donnez la position... la possibilité de le faire. Vous dites tantôt :
On ne...
M. Drainville : ...
M. Ciccone :...oui, c'est ça, sur une durée. C'est parfait, ce n'est
pas ça qu'on fait. On met une possibilité par règlement si vous le décidez,
mais, au moins, il est là, au moins, il est là. Ça donne la possibilité de le
faire. Puis ce que vous m'avez dit à la fin, là, vous vous réécouterez, M. le
ministre, c'est exactement ce que vous me... ce que j'ai... ce que j'ai écrit,
mais d'autres mots.
M. Drainville : M. le
Président, on va... Je vais vérifier si on a terminé la formulation de
l'amendement. On va s'arrêter un instant, OK?
Le Président (M. Fortin) : Ça
marche, suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 18 h 15)
(Reprise à 18 h 24)
Le Président (M. Fortin) : Alors,
on va... on va reprendre nos travaux. Je comprends qu'il y a entente pour
suspendre l'article... ou l'amendement introduisant l'article 6.1 ainsi
que le sous-amendement jusqu'à ce qu'il y ait un nouvel amendement de rédigé.
Alors, nous passons donc au 9.1. M. le ministre.
M. Drainville : Alors,
9.1, article 54.5 de la Loi sur l'enseignement privé. Insérer, après l'article 9
du projet de loi tel qu'amendé, le suivant :
L'article 54.5 de cette loi est
modifié par l'insertion, après «mineurs», de «ou handicapés».
Cet amendement propose d'élargir la portée
de la vérification des antécédents judiciaires lors de l'embauche pour qu'elle
s'applique également aux personnes appelées à œuvrer auprès d'élèves
handicapés. C'est un amendement de concordance avec la Loi sur l'enseignement
privé.
Le Président (M. Fortin) : Questions
ou commentaires?
M. Ciccone :Non.
Le Président (M. Fortin) : Alors,
est-ce que l'amendement introduisant l'article 9.1 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Fortin) : L'article 9.1
est donc adopté. 9.2, M. le ministre.
M. Drainville : 9.2, article 9.2,
article 54.6 de la Loi sur l'enseignement privé. Insérer, après l'article 9.1
du projet de loi tel qu'amendé, le suivant :
9.2. L'article 54.6 de cette loi est
modifié :
1° par l'insertion, dans le premier alinéa
et après «mineurs», de «ou handicapés»;
2° par l'insertion, à la fin du deuxième
alinéa, de «, sous réserve du règlement du gouvernement».
C'est... même chose, on l'a déjà voté,
mais là on le vote pour la Loi sur l'enseignement privé. Ça va?
Le Président (M. Fortin) : Est-ce
que l'amendement introduisant l'article 9.2 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Fortin) : L'article 9.2
est donc adopté. 9.3, M. le ministre.
M. Drainville : 9.3, articles 54.7
et 54.8 de la Loi sur l'enseignement privé. Insérer, après l'article 9.2
du projet de loi tel qu'amendé, le suivant :
9.3. Cette loi est modifiée par l'insertion,
après «mineurs», de «ou handicapés», partout où cela se trouve dans les
articles 54.7 et 54.8.
Même logique que tout à l'heure, M. le
Président.
Le Président (M. Fortin) : Est-ce
que l'amendement introduisant l'article 9.3 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Fortin) : L'article 9.3
est donc adopté. 11.1, M. le ministre.
M. Drainville : Merci,
M. le Président. Article 11.1, article 111 de la Loi sur l'enseignement
privé. Insérer, après l'article 11 du projet de loi, le suivant :
11.1. L'article 111 de cette loi est
modifié par l'ajout, à la fin, des paragraphes suivants :
«13° déterminer les cas dans lesquels une
déclaration des antécédents judiciaires doit être demandée par un établissement
et les cas dans lesquels cette déclaration doit être vérifiée;
«14° déterminer les conditions et les
modalités applicables à la déclaration et à la <vérification des
antécédents...
M. Drainville :
...déterminer
les conditions et les modalités applicables à la déclaration et à la >vérification
des antécédents judiciaires, notamment les cas dans lesquels des documents
supplémentaires doivent être transmis et la nature de ceux-ci.»
Alors, M. le Président, ça, c'est le
pendant de l'article que nous avons suspendu. Donc, je suggère que nous le
suspendions également, le temps que... qu'un nouvel amendement soit déposé.
Le Président (M. Fortin) : Très
bien. Consentement pour suspendre l'article 11.1?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Fortin) : Alors,
si le sous-amendement à l'article 6.1 n'est pas prêt, je vous suggère de
passer à la section sur les représailles et à l'article 7.1.
M. Drainville : On introduit
un amendement, M. le Président. Il a déjà été déposé. Article 7.1, article...
Une voix : ...
M. Drainville : Article 7.1,
article 479.1 de la Loi sur l'instruction publique. Voilà, merci, Mme la
secrétaire. Insérer, après l'article 7 du projet de loi, le suivant :
7.1. Cette loi est modifiée par
l'insertion, après l'article 479, du suivant :
«479.1. Il est interdit d'exercer des
mesures de représailles contre une personne qui, de bonne foi, effectue un
signalement, formule une plainte, collabore au traitement d'un signalement ou
d'une plainte ou accompagne une personne qui effectue un signalement ou formule
une plainte en application des articles 26, 28.1, 258.0.1 et 262.
«Il est également interdit de menacer une
personne de mesures de représailles pour qu'elle s'abstienne de poser les actes
visés au premier alinéa.
«Sont présumés être des mesures de
représailles la rétrogradation, la suspension, le congédiement ou le
déplacement d'une personne ainsi que toute sanction disciplinaire ou autre
mesure portant atteinte à son emploi ou à ses conditions de travail. Est
également présumé être une mesure de représailles le fait de priver de droits
un élève, un enfant ou leurs parents, de leur appliquer un traitement différent
ou de suspendre ou expulser un élève qui a effectué un signalement ou formulé
une plainte.»
• (18 h 30) •
Commentaire : Cet amendement propose
d'interdire d'exercer des mesures de représailles contre les personnes qui
effectuent un signalement ou formulent une plainte ainsi que celles qui
collaborent au traitement d'un signalement ou d'une plainte ou accompagnent une
personne qui effectue un signalement ou formule une plainte. Il propose
également d'établir une présomption que certaines mesures constituent des
représailles. Ce sont des dispositions qui s'inspirent de la Loi sur le
protecteur national de l'élève, M. le Président.
Le Président (M. Fortin) : Très
bien. Questions, commentaires? Est-ce que l'amendement à l'article...
introduisant l'article 7.1 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Fortin) : L'article 7.1
est donc adopté. 7.2, M. le ministre.
M. Drainville : Article 7.2,
article 481 de la Loi sur l'instruction publique. Insérer, après
l'article 7.1 du projet de loi tel qu'amendé, le suivant :
7.2. Cette loi est modifiée par l'insertion,
après l'article 480, du suivant :
«481. Quiconque menace ou intimide ou
tente de menacer ou d'intimider une personne ou exerce ou tente d'exercer des
représailles visées à l'article 479.1 est passible d'une amende de
2 000 $ à 20 000 $, dans le cas d'une personne physique, et
de 10 000 $ à 250 000 $, dans les autres cas.
«En cas de récidive, ces montants sont
portés au double.»
Cet amendement propose de créer une
infraction pénale à l'égard de mesures de représailles. C'est à nouveau des
dispositions qui s'inspirent de la Loi sur le protecteur national de l'élève.
Le Président (M. Fortin) : Oui,
M. le député de Marquette.
M. Ciccone :Oui, à titre informatif, M. le ministre, vous dites : «De
2 000 $ à 20 000 $, dans les cas d'une personne physique,
et de 10 000 $ à 250 000 $, dans les autres cas». Quels
sont les autres cas? Juste m'assurer pour comprendre...
M. Drainville : Je vais me
tourner vers M. le légiste.
Une voix : ...
M. Drainville : Établissement,
entreprise, personne morale.
M. Ciccone :OK, entreprise, comment est-ce qu'une entreprise peut...
juste m'expliquer...
M. Drainville : Prenez le...
Le Président (M. Fortin) : M.
le légiste.
M. Guyon Martin (Alexandre) :
En fait, par exemple, un établissement d'enseignement privé peut exercer des fonctions
sous plusieurs formes...
18 h 30 (version révisée)
M. Ciccone :...juste m'expliquer?
M. Drainville : Prenez le...
Le Président (M. Fortin) : M.
le légiste.
M. Guyon Martin (Alexandre) : En
fait, par exemple, un établissement d'enseignement privé peut exercer ses
fonctions sous plusieurs formes, donc ça peut être une société, ça peut être
une entreprise. Là, on parle de... on parle de la forme juridique de... comment
dire, de l'entreprise, là, j'utilise un peu les mêmes mots, mais qui... qui
exploite, par exemple, un établissement d'enseignement privé, là.
M. Ciccone :Merci, M. le Président.
Le Président (M. Fortin) : Ça
convient, M. le député?
M. Ciccone :Oui.
Le Président (M. Fortin) : D'autres
questions, commentaires? Alors, est-ce que l'amendement introduisant l'article 7.2
est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Fortin) : L'article 7.2
est adopté. 11.3, M. le ministre.
M. Drainville : Article 11.3,
article 118.1 de la Loi sur l'enseignement privé. Insérer, après l'article 11.2
du projet de loi tel qu'amendé, le suivant :
«11.3. Cette loi est modifiée par l'insertion,
après l'article 118, du suivant :
«118.1. Il est interdit d'exercer des
mesures de représailles contre une personne qui, de bonne foi, effectue un
signalement, formule une plainte, collabore au traitement d'un signalement ou d'une
plainte ou accompagne une personne qui effectue un signalement ou formule une
plainte en application des articles 54.0.1 et 54.11.4.
Il est également interdit de menacer une
personne de mesures de représailles pour qu'elle s'abstienne de poser les actes
visés au premier alinéa.
Sont présumés être des mesures de
représailles la rétrogradation, la suspension, le congédiement ou le
déplacement d'une personne ainsi que toute sanction disciplinaire ou autre
mesure portant atteinte à son emploi ou à ses conditions de travail. Est
également présumé être une mesure de représailles le fait de priver de droits
un élève, un enfant ou leurs parents, et... oups, je reprends. Est également
présumé être une mesure de représailles le fait de priver de droits un élève,
un enfant ou leurs parents, de leur appliquer un traitement différent ou de
suspendre ou expulser un élève qui a effectué un signalement ou formulé une
plainte.».»
Commentaire. Cet amendement propose d'interdire
d'exercer des mesures de représailles contre les personnes qui effectuent un
signalement ou formulent une plainte, ainsi que celles qui collaborent au
traitement d'un signalement ou d'une plainte ou accompagnent une personne qui
effectue un signalement ou formule une plainte. Il propose également d'établir
une présomption que certaines mesures constituent des représailles.
Le Président (M. Fortin) : Questions,
commentaires? Est-ce que l'amendement introduisant l'article 11.3 est
adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Fortin) : L'article 11.3
est donc adopté. 11.4, M. le ministre.
M. Drainville : Merci, M. le
Président. L'article 11.4, article 135 de la Loi sur l'enseignement privé.
Insérer, après l'article 11.3 du
projet de loi tel qu'amendé, le suivant : «11.4. Cette loi est modifiée
par l'insertion, après l'article 135, du suivant :
«135.1. Quiconque menace, exerce ou tente
d'exercer des représailles visées à l'article 118.1 est passible d'une
amende de 2 000 $ à 20 000 $, dans le cas d'une personne
physique, et de 10 000 $ à 250 000 $, dans les autres cas.
En cas de récidive, ces montants sont
portés au double.».»
Le Président (M. Fortin) : Questions,
commentaires? Est-ce que l'amendement introduisant l'article 11.4 est
adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Fortin) : L'article 11.4
est adopté. M. le ministre, avant de passer à la section subséquente, est-ce
que vous êtes prêt à revenir à l'amendement à 6.1?
M. Drainville : Non.
Le Président (M. Fortin) : Non,
pas tout de suite. Parfait.
M. Drainville : On a une
petite... un petit bogue technique, alors on va continuer, M. le Président. On
essaie de l'imprimer, en fait, là, puis...
Le Président (M. Fortin) : Excellent.
Il n'y a pas de problème. Il nous reste trois autres articles. Alors, passons à
la section sur le plan de lutte et l'article 1.6.
M. Drainville : Article 1.6,
article 75.1 de la Loi sur l'instruction publique.
Insérer, après l'article 1.5 du
projet de loi tel qu'amendé, le suivant:
«1.6. L'article 75.1 de cette loi est
modifié par l'insertion, dans le premier alinéa et après «adopte», de«, selon
la forme prescrite par le ministre,».»
Commentaire. Cet amendement propose de
permettre au ministre de prescrire la forme que doit prendre le Plan de lutte
contre l'intimidation et la violence.
Le Président (M. Fortin) : M.
le député de Marquette.
M. Ciccone :M. le ministre, quelle est votre forme prescrite de la
lutte contre l'intimidation et la violence? Selon quelle norme?
Des voix : ...
M. Drainville : Voilà. Alors,
M. le Président, cette disposition-là s'inspire d'une <lecture...
M. Ciccone :
...selon quelle norme?
Des voix :
...
M. Drainville :
Voilà.
Alors, M. le Président, cette disposition-là s'inspire d'une >lecture
que nous avons faite de l'état des Plans de lutte contre la violence et
l'intimidation qui existent présentement dans les écoles du Québec. Comme vous
le savez, depuis 2012, chaque école doit avoir son Plan de lutte contre la
violence et l'intimidation, c'est la ministre Beauchamp, je crois, qui avait
fait adopter cette obligation, sauf qu'on s'est rendu compte, M. le Président,
que parfois, les plans de lutte, comment dire, sont de qualité variable. Et,
dans certains cas, ils n'ont pas été mis à jour. Dans d'autres cas, ils ont été
conçus mais dorment quelque part dans un tiroir où ils accumulent la poussière.
Alors là, on veut... on veut les réactiver, on veut s'assurer que ces plans-là
aient une certaine uniformité, qu'ils contiennent, donc, des éléments
obligatoires. Et donc, on va s'assurer de le faire par une... un modèle de
gabarit qui va, donc, prévoir plusieurs sections. Alors, on est déjà en train
de travailler sur... sur ledit gabarit, puis l'objectif, M. le Président, c'est
vraiment d'avoir une cohérence puis une certaine uniformité à travers tout le
Québec, dans toutes les écoles, en... au regard, donc, de cet... de ce plan de
lutte à l'intimidation et à la violence. Ça ne veut pas dire, M. le Président,
que les écoles, les centres de services scolaires ne pourront pas apporter leur
touche particulière, locale, régionale. Il y a des réalités, parfois, qui sont
un petit peu différentes, on le sait bien, d'une partie du Québec à l'autre.
Alors, ça, ce sera toujours possible de le faire, là. On ne veut pas faire du
mur-à-mur intempestif puis doctrinaire, mais on veut quand même s'assurer qu'il
y ait des éléments incontournables, nécessaires, qui doivent faire partie de
tous les plans de lutte. Et donc, l'article vise à prescrire cela.
Le Président (M. Fortin) : Qu'en
dites-vous, M. le député?
M. Ciccone :Oui, oui, soit. Étant moi-même mon porte-parole de lutte à
l'intimidation dans mes... pour mon parti, la chose... je vous dirai seulement
la chose suivante, M. le ministre, c'est que, un, c'est important d'avoir une
bonne base. Je ne veux pas vous dire quoi faire, là, mais, par expérience, il
faut comprendre que la définition de... d'intimidation ou même d'abus n'est pas
toujours la même pour tout le monde, là. Ça fait que c'est important de mettre
un plan quand même assez costaud, là, puis clair pour tout le monde, là,
d'avoir des bases. Je comprends qu'il ne faut pas uniformiser, vous respectez
les régions, c'est différent, mais d'avoir une base quand même assez solide,
c'est de mise, selon moi, là. Merci.
• (18 h 40) •
M. Drainville : ...M. le
Président.
Le Président (M. Fortin) : Encore
une fois, est-ce que l'amendement introduisant l'article 1.6 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Fortin) : L'article 1.6
est adopté. 10.1, M. le ministre.
M. Drainville : 10.1,
article 63.1 de la Loi sur l'enseignement privé. Insérer, après
l'article 10 du projet de loi, le suivant :
«10.1. L'article 63.1 de cette loi
est modifié par l'insertion, dans le premier alinéa et après «adopter», de
«selon la forme prescrite par le ministre,».»
C'est un article miroir de celui que nous
venons d'adopter, M. le Président, qui s'applique, évidemment, à la Loi sur
l'enseignement privé dans ce cas-ci.
Le Président (M. Fortin) : S'il
n'y a pas de question, est-ce que l'amendement introduisant l'article 10.1
est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Fortin) : L'article 10.1
est adopté.
M. Drainville : Et là, je
pense, M. le Président...
Des voix : ...
Le Président (M. Fortin) : ...prêt
à revenir à l'article 6.1?
Une voix : ...
Le Président (M. Fortin) : Oui,
bien sûr. Nous allons suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 18 h 42)
(Reprise à 18 h 56)
Le Président (M. Fortin) : Nous
reprenons nos travaux. À ce stade-ci, on va passer à l'étude de l'article 11.5.
M. le ministre.
M. Drainville : Merci, M. le
Président.
Des voix : ...
.
M. Drainville : Article 11.5 :
Insérer, avant l'article 12 du projet
de loi, le suivant :
«11.5. Un comité constitué en application
de l'article 28 de la Loi sur l'instruction publique (chapitre I-13.3) tel
qu'il se lisait à la date qui précède celle de l'entrée en vigueur de l'article 0.4
de la présente loi pour enquêter sur une plainte poursuit l'enquête
conformément aux dispositions de la sous-section 3 de la section III
du chapitre III de la Loi sur l'instruction publique telles qu'elles se
lisaient... telles qu'elles se lisaient à cette
date.» Je m'excuse pour la personne à la
transcription. Donc, «chapitre II de la Loi sur l'instruction <publique...
M. Drainville :
...se
lisaient... telles qu'elles se lisaient à cette
date.» Je m'excuse pour la personne à la
transcription. Donc, «chapitre II de la Loi sur l'instruction >publique
telles qu'elles se lisaient à cette date.»
Commentaire. Cet amendement propose une
mesure transitoire afin que les plaintes pour faute grave ou acte dérogatoire
d'un titulaire d'une autorisation d'enseigner, en cours d'enquête, soient
poursuivies par le comité d'enquête constitué à cette fin et conformément aux
dispositions actuellement applicables. En d'autres mots, on constitue un comité
permanent, mais les cas qui sont déjà sous enquête, et pour lesquels on a créé
un comité d'enquête, on leur permettrait de terminer leur travail.
Le Président (M. Fortin) : Est-ce
que l'amendement introduisant l'article 11.5 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Fortin) : L'article 11.5
est donc adopté. 11.6, M. le ministre.
M. Drainville : Merci, M. le
Président .11.6.
Ajouter après l'article 11.5 du
projet de loi tel qu'amendé, le suivant :
«11.6. Le ministre doit, au plus tard à la
date qui suit de cinq ans celle de l'entrée en vigueur des articles 3 et 8
de la présente loi, faire rapport au gouvernement sur la mise en œuvre de la
présente loi. Ce rapport doit contenir le nombre et la nature des signalements
qui ont été portés à la connaissance des centres de services scolaires et des
établissements d'enseignement privé annuellement, concernant tout manquement
aux dispositions de leur code d'éthique conformément à l'article 220 de la
Loi sur l'instruction publique et à l'article 63.8 de la Loi sur
l'enseignement privé.
Ce rapport est déposé par le ministre dans
les 30 jours suivants à l'Assemblée nationale ou, si elle ne siège pas, dans
les 30 jours de la reprise de ses travaux.»
Le Président (M. Fortin) : Ça
va?
Une voix : ...
M. Drainville : M. le
Président...
Le Président (M. Fortin) : Oui,
allez-y.
M. Drainville : ...si je peux
proposer, je... s'il y a consentement des membres de la commission, que cet
amendement soit porté au député de Marquette. Je pense que c'est possible?
Le Président (M. Fortin) : L'amendement
à 11.6?
M. Drainville : Oui? Bien
oui, c'est lui qui nous a... Vous nous avez...
M. Ciccone :Vous êtes donc bien fin, M. le ministre.
M. Drainville : Non, non,
mais...
M. Ciccone :
Merci beaucoup.
M. Drainville : C'est
possible de le faire, Mme la secrétaire, non? On peut faire comme si c'était le
député de Marquette qui l'avait déposé, s'il y a consentement. C'est bon?
Le Président (M. Fortin) : Oui.
Consentement?
Des voix : Consentement.
M. Ciccone :Merci, M. le ministre.
• (19 heures) •
M. Drainville : C'est vous
qui l'avez proposé.
M. Ciccone :Vous êtes «sport».
Le Président (M. Fortin) : Est-ce
que l'amendement proposé par le député de Marquette, introduisant l'article 11.6,
est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Fortin) : L'article 11.6
est donc adopté. Si je ne m'abuse, Mme la secrétaire, il nous reste les
articles 6.1, 11.1 et l'article 12. C'est bien cela?
M. Drainville : OK. Alors, on
y va avec...
Le Président (M. Fortin) : Bien,
juste un instant, là. L'article 12, je vous avoue, M. le ministre, que
c'est un peu l'article final du projet de loi.
M. Drainville : Oui, effectivement.
Le Président (M. Fortin) : Ce
serait un peu bizarre de l'étudier à ce stade-ci. Alors, je me tourne vers vos
équipes pour voir si l'amendement discuté au 6.1 est... est préparé.
M. Drainville : Il l'est...
On va suspendre deux instants.
Le Président (M. Fortin) : Oui...
exactement. Nous allons suspendre.
(Suspension de la séance à 19 h 01)
19 h (version révisée)
(Reprise à 19
h 10
)
Le Président (M.
Fortin) : Alors, nous reprenons nos travaux et nous revenons au sous-amendement
qui avait été présenté par le député de Marquette à l'article 6.1. M. le
député de Marquette.
M. Ciccone :Merci, M. le Président. Si vous voulez bien, avec la très
grande ouverture du ministre, on a travaillé un nouveau libellé. Alors, si vous
voulez, on pourrait retirer le sous-amendement puis on va en déposer un autre.
Le Président (M. Fortin) : Est-ce
qu'il y a consentement pour retirer le sous-amendement du député de Marquette?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Fortin) : Consentement.
L'amendement est donc retiré. M. le député, vous en avez un nouveau?
M. Ciccone :Oui. Alors, je redépose un sous-amendement à l'article 6.1.
Article 449.1 de la Loi sur l'instruction publique : Ajouter, après
le paragraphe 3° dans l'amendement proposé à l'article 6.1 du projet de
loi tel qu'amendé, le suivant :
«4° déterminer la fréquence à laquelle
une déclaration des antécédents judiciaires doit être demandée et vérifiée par
un centre de services scolaire.»
Et si vous me permettez, M. le Président,
j'ai l'effet miroir, là, du...
Le Président (M. Fortin) : ...
M. Ciccone :Pas tout de suite? OK.
Le Président (M. Fortin) : Le
11.1?
M. Ciccone :Oui. On va attendre? Parfait.
Le Président (M. Fortin) : Commençons
par le 6.1. Est-ce qu'il y a...
M. Ciccone :Alors, ça dit tout, je pense que ça... ça... c'est
exactement le même argumentaire, mais je pense qu'on a travaillé le verbatim,
puis vous êtes content avec ça, M. le ministre. Oui.
Le Président (M. Fortin) : Ça
fonctionne pour tout le monde?
M. Ciccone :Oui.
Le Président (M. Fortin) : Est-ce
que le sous-amendement présenté à l'article 6.1 par le député de Marquette
est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Fortin) : Adopté.
Est-ce qu'il y a des questions, commentaires sur l'article 6.1 tel qu'amendé?
Est-ce que l'amendement introduisant l'article 6.1 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Fortin) : L'article 6.1
est donc adopté. Consentement pour revenir à l'article 11.1 suspendu?
Des voix
: Consentement.
Le Président (M. Fortin) : Consentement.
Je crois comprendre, M. le député de Marquette, que vous avez un sous-amendement.
M. Ciccone :Effectivement. Alors, c'est le même, c'est le miroir.
Alors, ajouter, après le paragraphe... Bien, l'article 11.1 : Ajouter,
après le paragraphe 14 ° de l'amendement proposé à l'article 11.1 du projet
de loi tel qu'amendé, le suivant :
«15° déterminer la fréquence à
laquelle une déclaration des antécédents
judicaires doit être demandée et vérifiée par un
établissement. »
Le Président (M. Fortin) : Est-ce
que le sous-amendement du député de Marquette est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Fortin) : <
Adopté.
Article...
Le Président (M. Fortin) :
...
le sous-amendement du député de Marquette est adopté?
Des voix :
Adopté.
Le Président (M. Fortin) : >
Adopté.
Article... On revient donc à l'article 11.1 amendé. Est-ce qu'il y a des
questions, commentaires? Non. Est-ce que l'amendement introduisant
l'article 11.1 est adopté?
Des voix
: Adopté.
Le Président (M. Fortin) : L'article 11.1
est donc adopté. Article 12. M. le ministre.
M. Drainville : Alors,
article 12 : Les dispositions de la présente loi entrent en vigueur à
la date ou aux dates fixées par le gouvernement.
Cet article propose... Commentaires, excusez-moi,
commentaires : Cet article propose que le projet de loi entre en vigueur
par décret du gouvernement. Le gouvernement pourra déterminer une ou plusieurs
dates pour l'entrée en vigueur des différentes dispositions du projet de loi.
Le Président (M. Fortin) : ...l'article 12
est adopté?
Des voix
: Adopté.
Le Président (M. Fortin) : Adopté.
Est-ce que le titre du projet de loi est adopté... Oui, Mme la députée de
Mercier.
Mme Ghazal : Très bien. Merci
beaucoup, M. le Président. Donc, il va y avoir un amendement qui a été,
évidemment, travaillé avec... en collaboration avec l'équipe du ministre. Donc,
je peux le lire. J'y vais?
Le Président (M. Fortin) : Oui.
Mme Ghazal : Ajouter, à la
fin du titre du projet de loi, «concernant notamment les actes de violence à
caractère sexuel».
Commentaires : Cet amendement propose
une modification au titre du projet de loi afin de tenir compte des
modifications concernant les violences à caractère sexuel. Il y a déjà eu deux
amendements qui avaient aussi été travaillés avec l'équipe du ministre pour
rajouter explicitement «violences à caractère sexuel», et là le titre va... va
bien l'expliciter. Voilà.
Le Président (M. Fortin) : Très
bien. Ça convient à tous les parlementaires? Alors, est-ce que l'amendement
présenté par le député de Mercier est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Fortin) : Ça
va, Mme la secrétaire? Voulez-vous une seconde? En fait, on aura besoin d'une
courte seconde de suspension, et je vais tout de suite vous demander le
consentement pour permettre à l'ensemble des parlementaires, étant donné
l'heure, de faire leurs remarques finales, même si on excède de 19 h 15. Ça
vous va? OK.
Alors, suspension pour un moment rapide.
(Suspension de la séance à 19 h 14)
(Reprise à 19 h 19)
Le Président (M. Fortin) : Alors,
on reprend. Suite à l'amendement de la députée de Mercier, est-ce que le titre
du projet de loi est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Fortin) : Adopté.
Je propose que la commission recommande la renumérotation du projet de loi
amendé. Est-ce qu'il y a consentement? Oui?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Fortin) : Très
bien. Je propose que la commission adopte une motion d'ajustement des
références. Cette motion est-elle adoptée?
• (19 h 20) •
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Fortin) : Adopté.
Alors, je cède maintenant la parole à la porte-parole du deuxième groupe
d'opposition, la députée de Mercier, pour ses remarques finales.
Mme Ghazal : Oui. Bien, merci
beaucoup, M. le Président. Très contente d'avoir participé à cette
commission-là sur le projet de loi pour la sécurité des élèves, notamment en ce
qui a trait aux violences à caractère sexuel. Je le paraphrase un peu. Je suis
vraiment très contente que le ministre, rapidement, là, tout de suite après les
consultations particulières, ait accepté d'ajouter «violences à caractère
sexuel», surtout sachant l'origine du projet de loi au départ. C'était à la
suite de l'enquête, là, sur les violences à caractère sexuel. Évidemment, on a
collaboré très, très bien ensemble, ici, dans cette commission.
Je vais juste dire un mot. Je pense que je
ne surprends pas le ministre quand je lui dis que je trouve dommage qu'on n'ait
pas une loi-cadre sur les violences à caractère sexuel pour les écoles
primaires et secondaires, comme il y en a dans l'éducation supérieure. Juste
aujourd'hui, il y a eu une campagne qui s'appelle On s'écoute,
qui a été lancée aux cycles supérieurs, financée par le ministère de
l'Éducation supérieure, et c'est dans le cadre de tout ce que le gouvernement a
fait depuis 2017, là, avant l'actuel gouvernement, depuis qu'il y a eu une
loi-cadre pour prévenir les violences à caractère sexuel. Ça vient avec une
loi, puis ça vient aussi avec des ressources.
Donc, c'est sûr et certain que je vais
marteler, malgré les avancées qu'on a ici, notamment sur les clauses
d'amnistie, les... comment on appelle ça, les antécédents judiciaires, etc., il
y a des pas qui ont été faits, de l'avant, en avant, puis je salue le ministre.
Je sais qu'il aime ça aussi, recevoir des bravos, donc je lui dis bravo
d'avoir... de nous avoir permis de faire ces avancées-là, mais ce n'est pas
suffisant en ce qui a trait aux violences à caractère sexuel. Donc, il va me
réentendre parler de ce sujet-là encore et encore. Merci beaucoup.
Le Président (M. Fortin) : Très
bien. M. le député de Marquette, pour vos remarques finales.
M. Ciccone :Merci beaucoup, M. le Président. Merci beaucoup, M. le
ministre, et à votre équipe, équipe du ministère, aux membres de la commission,
au président, M. le Président, au personnel de la commission et de l'équipe
technique. Ce fut court, ma présence, M. le ministre, mais très intense. Un
merci spécial à ma collègue de Saint-Laurent qui ne pouvait pas, malheureusement,
être ici aujourd'hui.
Je souligne, notamment, l'ouverture du <ministre.
Puis on m'avait...
M. Ciccone :
... être ici aujourd'hui.
Je souligne, notamment, l'ouverture du >ministre.
Puis on m'avait dit que le ministre de l'Éducation était une personne qui était
très, très, très ouverte et conciliante. Je devais le voir pour le croire et je
le crois, maintenant, M. le Président.
Comme législateur, on veut toujours
laisser sa marque, surtout dans l'opposition, partout où on passe, dans
n'importe quel projet de loi. Et j'ai la fierté de dire que j'ai laissé une
petite marque dans ce projet de loi, grâce à vous et votre ouverture, M. le
ministre. Alors, merci beaucoup.
La seule chose que j'aimerais dire, en
terminant, c'est que, dans l'article 12, ici, là, «les dispositions de la
présente loi entrent en vigueur à la date et aux dates fixées par le gouvernement»,
je souhaite ardemment que ce soit fait très, mais très, très rapidement. Merci
beaucoup, M. le Président. Merci beaucoup, M. le ministre.
Le Président (M. Fortin) : Très
bien. M. le ministre, c'est à votre tour.
M. Drainville : Oui. Merci
beaucoup, M. le Président. Alors, évidemment, très heureux de cette conclusion
positive. D'abord, je veux remercier les membres de la commission. Je vais
commencer par les membres de ma propre formation, M. le Président, parce que ce
n'est pas évident de siéger pendant de longues heures, et de rester attentifs,
et puis de manifester comme ça l'appui au ministre. Puis je veux exprimer toute
ma gratitude auprès de mes collègues. Merci beaucoup, collègues, d'être là, je
l'apprécie énormément. Puis je sais que parfois c'est un rôle qui est un petit
peu ingrat, je le sais, ça, je le reconnais, mais je veux que vous sachiez à
quel point j'apprécie votre... votre appui puis j'apprécie le fait que vous
ayez été solidaires puis en appui à ce projet de loi, là, sur lequel on a
travaillé. Et donc je suis très fier qu'on... qu'on réussisse comme... comme
gouvernement, à faire cette avancée, parce que c'est une avancée dont on peut
être très, très fiers.
Je veux souligner le travail formidable,
M. le Président, de mes collègues de l'opposition. La députée de Saint-Laurent,
qui n'est pas présente, que je salue, qui est à la maison pour des raisons de
santé. Et je suis très content, très heureux pour elle, qu'elle ait fait ce
choix. Je pense qu'elle a fait le bon choix de prioriser sa santé et de
prioriser la santé du petit bébé à venir. Donc, si vous me permettez, M. le
Président : Marwah, bravo, et je te salue. Je salue, bien entendu, M. le
Président, le député de Marquette, qui a pris la balle au bond. Merci de votre
collaboration, M. le député de Marquette, merci de l'esprit très positif et
constructif avec lequel vous avez conclu les travaux de cette commission, c'est
très apprécié. Je salue, bien entendu, M. le Président, la députée de Mercier
qui a... qui est une femme que j'apprécie beaucoup parce qu'elle est
authentique, parce qu'elle est droite sur ses convictions et qu'elle ne... elle
ne lâche pas les enjeux qui sont importants pour elle, elle est très constante.
Et donc on n'est pas d'accord sur tout, évidemment, mais je reconnais sa
sincérité puis je reconnais la droiture de ses convictions et la force de ses
convictions.
Content que vous ayez été là, M. le
Président. On s'est finalement retrouvés. Vous avez été très occupé dans une
autre commission, sur un autre projet de loi, mais finalement vous avez pu être
présent pour l'étude de ce projet de loi n° 47, et donc c'est... c'est
bien apprécié. Vous êtes un collègue aussi que... que j'apprécie beaucoup,
parce qu'on a siégé ensemble dans... dans une autre vie politique, enfin, je
parle de la mienne, et on s'est toujours bien respectés, puis vous êtes un
parlementaire pour lequel j'ai beaucoup d'estime, je pense que vous le savez.
Je veux... je veux saluer, M. le
Président, les membres de... des équipes qui nous accompagnent, Mme la
secrétaire, un travail patient, rigoureux, très apprécié, évidemment. C'est
très important, le travail de la secrétaire. C'est elle qui s'assure qu'en bout
de ligne les documents sont bien déposés, que les articles de loi sont bien
classés, bref, que tout sera remis en ordre une fois que nos travaux seront
terminés. Merci aux gens qui s'occupent de la diffusion des débats, merci aux
pages, enfin, merci à tout le personnel qui nous accompagne dans le travail qui
est le nôtre.
Je tiens évidemment, M. le Président, à
remercier mes équipes. M. Beaulieu, Maxime Beaulieu, qui est ici à ma
droite, conseiller politique, qui a travaillé très fort sur ce projet de loi.
Merci, Maxime. Je <remercie, à ma gauche...
M. Drainville :
...
conseiller politique, qui a travaillé très fort sur ce projet de loi. Merci,
Maxime. Je >remercie, à ma gauche, la sous-ministre, Mme Stéphanie
Vachon, et ses équipes qui ont travaillé très, très fort, je vais les nommer :
Alexandre Guyon Martin, qui est juste ici présent, Ève
Ringuette, qui est juste derrière moi, je ne sais pas si la caméra peut <Verb>le
montrer, j'espère que c'est le cas, Lucie Lapointe, qui est juste ici,
Lucie, Isabelle Gagnon, qui est juste là, merci beaucoup, Isabelle.
Et, évidemment, il y a beaucoup de gens qui ne sont pas présents, mais qui
sont... qui nous regardent peut-être, qui sont des équipes du ministère et qui
nous ont soutenus, qui ont soutenu les travaux qui ont mené à la production de
ce projet de loi dont nous sommes très fiers. Je salue également les équipes du
leader, là, qui nous accompagnent aussi. Très apprécié que vous soyez là.
Alors, M. le Président, c'est une très
belle avancée. Je ne vais pas refaire tout le... comment dire, toute la
description détaillée de ce projet de loi n° 47. Mais une des raisons,
probablement... en fait, la raison, sans doute, pour laquelle on a pu travailler
si bien ensemble, malgré les quelques désaccords que nous avons connus,
évidemment, c'est lié au fait que, sur le fond des choses, on savait que ce
projet de loi était une très, très belle avancée. Et donc c'est là qu'on s'est
retrouvés. On s'est retrouvés où? On s'est retrouvés autour de cette nécessité
de mieux protéger nos élèves dans les écoles. Et c'est ça qui nous a... C'est
ça qui nous a unis, M. le Président. Ce qui nous a unis, c'est cette volonté,
donc, de resserrer les mailles du filet de sécurité pour faire en sorte,
justement, que nos élèves puissent aller à l'école et être mieux protégés
qu'ils ne l'étaient auparavant.
Et là on s'est donnés toutes sortes de
moyens de faire en sorte, justement, qu'ils le soient davantage, par un
meilleur partage de l'information, par l'élimination de certaines clauses qui
nous empêchaient de faire le suivi de certains actes répréhensibles qui
pourraient mettre en... à risque la sécurité physique et psychologique de nos
élèves, l'utilisation du code d'éthique, les dispositions nouvelles autour de
l'article 26 qui permet, éventuellement, au ministre de suspendre ou de
révoquer le brevet d'enseignement, et toutes sortes d'autres mesures, M. le
Président, qui vont faciliter la tâche du ministre et du gouvernement, peu
importe sa couleur, maintenant et pour les années à venir, quand viendra le
temps d'intervenir pour agir. Et là on se donne beaucoup de moyens
supplémentaires, M. le Président, pour agir beaucoup plus rapidement sur la foi
d'informations crédibles. On se donne des mécanismes de vérifier les
informations, on se permet de pouvoir intervenir beaucoup plus rapidement
lorsqu'il y a une menace. Donc, il y a toutes sortes de dispositions, M. le
Président, contenues dans ce projet de loi n° 47 qui vont nous permettre
de mieux protéger nos enfants. Et je pense qu'on doit tous être fiers de ça,
fiers de ce travail que nous avons accompli. Donc, bravo à tout le monde.
• (19 h 30) •
Je ne l'ai pas mentionné, M. le Président,
mais je pense que c'est important que je le fasse, j'aimerais ça mentionner
également la présence de Mme Thivierge, Florence Thivierge, qui a été
la fidèle recherchiste, conseillère de la députée de Saint-Laurent et qui a
accompagné également le député de Marquette aujourd'hui. J'ai été, M. le
Président, porte-parole dans l'opposition... bien, en fait, en matière de santé,
notamment, et je sais ce que c'est que passer de nombreuses heures en
commission parlementaire et de n'avoir à mes côtés qu'une personne fidèle et
fiable. J'ai connu ces années-là et je sais ce que le travail de Mme Thivierge
représente pour les députés qu'elle a appuyés au cours de ces heures, et elle
le fait également sur le projet de loi n° 23 que nous avons fait
adopter avant les fêtes, elle était présente également. Donc, je la remercie
pour son travail et je la félicite aussi pour ce travail parce que je sais
qu'il est important, même si parfois il est aussi ingrat, il n'est pas toujours
reconnu à sa juste valeur. Donc, je pense que c'est important de le mentionner.
Alors, voilà, M. le Président, le travail
est fait. On s'en est, somme toute, bien... bien tirés. Je pense que...
J'espère que je n'oublie personne. Des fois, ça m'arrive d'oublier. Ça va?
Des voix : ...
M. Drainville : J'ai... Oui,
j'ai salué M. le Président. Et donc je pense n'avoir oublié personne. Les
pages, je les ai mentionnés, je pense que je l'ai fait. Alors, voilà. M. le
Président, très content. Merci de votre collaboration, chers collègues, et on
va de l'avant maintenant avec les dernières étapes pour que ce projet de loi
soit adopté et qu'on puisse donner à nos enfants, à nos élèves cette protection
supplémentaire que le projet de loi leur leur apportera.
Le Président (M. Fortin) : Merci,
M. le ministre. Étant donné l'heure tardive, je ne répéterai pas l'ensemble des
remerciements que vous venez de faire. Alors, considérez-vous tous remerciés.
Mais je veux quand même dire à l'ensemble des parlementaires qui sont autour...
19 h 30 (version révisée)
Le Président (M. Fortin) : ...mais
je veux quand même dire à l'ensemble des parlementaires qui sont autour de la
table, et ce n'est pas un exercice facile, M. le ministre, vous avez devant
vous des députés d'opposition, disons, déterminés et coriaces, dans ce dossier,
mais l'esprit d'une commission parlementaire, je crois que vous l'avez tous
très bien compris. Les députés sont restés bien fidèles à leurs principes, de
part et d'autre, mais ont trouvé une façon de faire avancer le projet de loi,
de trouver des compromis, dans plusieurs cas, de prendre le temps, et, même si
ça prend du temps, de faire le travail nécessaire. Alors, je vous lève mon
chapeau, à tous, je crois que vous avez bien compris l'esprit d'une commission
parlementaire productive et efficace.
Sur ce, la commission ayant accompli son
mandat, elle ajourne ses travaux sine die.
(Fin de la séance à 19 h 33)