Journal des débats (Hansard) of the Committee on Culture and Education
Version préliminaire
43rd Legislature, 1st Session
(November 29, 2022 au September 10, 2025)
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Tuesday, April 23, 2024
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Vol. 47 N° 45
Étude des crédits budgétaires du ministère de la Culture et des Communications, volet Culture et Communications
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Intervenants par tranches d'heure
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Dionne, Amélie
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Garceau, Brigitte B .
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Garceau, Brigitte B .
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Lacombe, Mathieu
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Dionne, Amélie
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Zanetti, Sol
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Lacombe, Mathieu
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Garceau, Brigitte B .
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Dionne, Amélie
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Bérubé, Pascal
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Lacombe, Mathieu
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Garceau, Brigitte B .
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Dionne, Amélie
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Zanetti, Sol
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Garceau, Brigitte B .
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Lacombe, Mathieu
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Dionne, Amélie
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Poulin, Samuel
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Rivest, Mathieu
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Lemieux, Louis
15 h (version révisée)
(Quinze heures trente minutes)
La Présidente (Mme Dionne) : Bon
après-midi à tous et à toutes. Ayant constaté le quorum, je déclare la séance
de la Commission de la culture et de l'éducation ouverte. La commission est
réunie afin de procéder à l'étude des crédits budgétaires du volet Culture et
communication du portefeuille Culture et communication pour l'exercice
financier 2024-2025. Une enveloppe de deux heures a été allouée pour l'étude de
ces crédits.
Mme la secrétaire, y a-t-il des
remplacements?
La Secrétaire : Oui, Mme la
Présidente. M. Asselin (Vanier-Les Rivières) est remplacé par M. Lemieux
(Saint-Jean); Mme Ghazal (Mercier) est remplacée par M. Zanetti
(Jean-Lesage).
La Présidente (Mme Dionne) : Merci
beaucoup. Donc, nous allons procéder à une discussion d'ordre général par blocs
d'échange d'environ 20 minutes, incluant les questions et les réponses. La
mise aux voix de ces crédits sera effectuée à la toute fin du temps qui nous
est alloué, soit cet après-midi, vers 17 h 30.
Donc, je suis maintenant prête à
reconnaître une première intervention de l'opposition officielle pour un
premier bloc d'échange. Donc, Mme la députée de Robert-Baldwin, la parole est à
vous.
Mme Garceau : Merci beaucoup,
Mme la Présidente. Merci, M. le ministre et vos collègues. Je vois que vous
avez toute votre équipe, et vos collègues également, et mon collègue,
certainement, de Québec solidaire. Donc, j'aimerais commencer, c'est notre
premier échange, moi, en tant que porte-parole en culture et communications.
Donc, évidemment, nous devons commencer cette période de crédits, comme on
venait de mentionner, avec le projet des Espaces bleus. Et je pense que c'est
le moment de se... de se dire les vraies choses, M. le ministre, concernant ce
projet. Parce que je comprends évidemment que c'était une promesse-phare du
gouvernement en 2021, en juin, et même, le premier ministre avait fait l'annonce
avec grande fierté, et avec raison, que c'était un projet d'envergure. Et,
malheureusement, le 4 mars dernier, vous avez annoncé que vous étiez pour,
évidemment, abandonner ce grand projet dans les 17 régions de la province,
parce qu'évidemment, au début, l'estimé, qui était de 259 millions en
2021, était pour 18 espaces bleus.
Et donc, moi, maintenant, M. le ministre,
avec un peu de recul, et on regarde l'annonce du 4 mars, je comprends que
vous avez misé beaucoup sur l'inflation, l'explosion des coûts concernant la
construction. Je comprends tout ça. Cependant, est-ce que vous reconnaissez...
15 h 30 (version révisée)
Mme Garceau : ...je comprends
que vous avez misé beaucoup sur l'inflation, l'explosion des coûts concernant
la construction, je comprends tout ça. Cependant, est-ce que vous reconnaissez
aujourd'hui, et je crois que c'est important pour la population québécoise de
vous entendre, est-ce que vous reconnaissez aujourd'hui que ce projet, dès le
début, dès le départ, était mal ficelé? Est-ce qu'il y a une reconnaissance de
votre part que, lorsque vous avez donné... vous avez annoncé un estimé de... à
ce moment-là, c'était 259 millions, après ça, c'était 262 millions,
mais peu importe, pour 18 espaces bleus, que c'était un projet mal ficelé?
M. Lacombe : Bien, tout d'abord,
bonjour. C'est vrai que ça commence un peu raide, hein, les crédits, comme ça,
mais ça me fait plaisir d'être ici, d'avoir l'occasion d'échanger avec vous. Je
vous le disais hors micro tantôt, c'est la première fois qu'on a l'occasion d'échanger,
donc, très, très heureux.
Et je prends 15 secondes juste pour
remercier tout l'état-major de la culture au Québec d'être ici avec nous
aujourd'hui. Le ministère de la Culture, c'est évidemment des centaines de
professionnels dévoués, mais c'est aussi 12 sociétés d'État dont les
représentants sont avec nous aujourd'hui. Donc, je veux les remercier d'être là
pour tout le travail, remercier aussi mes deux collègues adjoints
parlementaires qui sont là et qui travaillent activement avec nous, bien sûr,
les collègues du gouvernement qui sont là, puis à vous, chers collègues de l'opposition,
qui vous assurez que, si jamais, par malheur, nous venait l'idée d'oublier
pourquoi on est là, bien, vous seriez là pour nous le rappeler. Donc, très
heureux d'être là puis de travailler avec vous.
Maintenant, sur les Espaces bleus, la réponse
très simple, c'est : Pas du tout. Je persiste et signe, je pense que le
fond de ce projet-là, à la base, était très bon. Je suis encore persuadé que ce
projet était un bon projet, c'est-à-dire mettre en valeur ce qui nous rend
fiers d'être Québécois, ce qui nous distingue en tant que nation, de pouvoir le
faire dans toutes les régions du Québec. Je pense que, sur le fond, c'était un
projet exceptionnel. Maintenant, évidemment, il y a des impondérables, et on
doit conjuguer avec ces impondérables, comme gestionnaires de fonds publics. Il
se trouve qu'il y a eu une explosion des coûts dans l'industrie de la
construction, qui était bien difficile à prévoir, dont l'ampleur était bien
difficile à prévoir il y a de ça quelques années.
Et, lorsque je suis arrivé en poste et que
j'ai pris connaissance de ce dossier-là, bien, rapidement, je me suis aperçu qu'au
fur et à mesure que les mises à jour budgétaires sur les... c'est-à-dire sur
les chantiers entraient, que le coût de ces chantiers, individuellement, était
en train d'exploser, ce qui faisait en sorte, évidemment, d'une part, que l'enveloppe
de départ devenait irréaliste. Ça, c'est une chose, une enveloppe, ça se
bonifie toujours. Donc, à ce moment-là, ce n'était pas insurmontable. Mais c'est
qu'à un moment donné, on doit aussi se demander si ça en vaut le coût, c'est-à-dire :
Est-ce que, lorsqu'on est rendu à près de 60 millions pour un espace bleu
dans Charlevoix, ça vaut littéralement ce prix-là? Est-ce que c'est de l'argent
qui est bien investi, ou est-ce qu'on ne devrait pas l'investir dans d'autres
projets? Quand on part... quand on part avec un projet, par exemple, qui est à
30 millions et qu'on arrive à la fin à 60, je pense qu'on est en droit de
se poser des questions.
Donc, c'est la décision que j'ai prise,
qui n'est pas une décision sur le fond, c'est-à-dire qui n'est pas une décision
sur la valeur en tant que telle du projet, mais qui est une décision de
gestionnaire, c'est-à-dire : Investissons cet argent dans des projets
culturels qui existent déjà. Assurons-nous que les projets qui sont
actuellement sur la table continuent, c'est-à-dire pas sous la forme d'espaces
bleus, mais dans une autre forme, parce que, je vous le rappelle, il y a cette
tentation. Et j'entendais notamment le chef du Parti libéral encore hier, si ma
mémoire est bonne, parler de gaspillage de fonds publics dans le dossier des
espaces bleus. Soyons prudents, parce qu'il s'agit d'investissements, d'abord
et avant tout, pour les investissements qui ont été faits, pour requalifier des
bâtiments patrimoniaux qui en avaient grandement besoin.
Donc, est-ce qu'investir dans le
patrimoine, c'est du gaspillage? Je ne pense pas, je pense que c'est important.
Pensons à la Villa Frederick-James, par exemple. Cette villa, qui est un bijou
patrimonial, était au bord du gouffre, c'est le cas de le dire. Il fallait
déplacer la maison, il fallait la restaurer, c'est ce qu'on a fait. Donc, est
ce que c'est du gaspillage? Je prétends que non. Certains prétendent que oui,
parce qu'ils veulent dépeindre ce dossier-là comme étant un gaspillage de fonds
publics. Donc, voilà, c'est la décision que j'ai prise, parce que je pense que
non seulement on peut réorienter les projets qui étaient déjà commencés, dans
les autres régions où il n'y avait pas encore de projet sur les rails, je pense
qu'on peut continuer d'investir dans des infrastructures culturelles qui en ont
bien besoin, parce que, je le disais, les coûts sont en explosion, les finances
publiques actuellement sont difficiles, donc, je pense qu'il faut être très
stratégique.
Puis, pour Québec, qui devait être le
vaisseau amiral des espaces bleus, on garde le cap sur la requalification ou,
en tout cas, sur les travaux au pavillon Camille-Roy du séminaire. Et, dans les
prochains jours, j'avais bien hâte, mais, dans les prochains jours, j'aurai <l'occasion
de présenter...
M. Lacombe :
...on
garde le cap sur la requalification ou, en tout cas, sur les travaux au
pavillon Camille-Roy du séminaire. Et, dans les prochains jours
, j'avais
bien hâte, mais, dans les prochains jours, j'aurai >l'occasion de
présenter ce qu'il adviendra de ce projet, quelle forme il prendra, et on peut
déjà dire que c'est un projet d'envergure qui va bénéficier à tous les
Québécois.
Mme Garceau : Mais là, en ce
moment, parce que vous dites «dans les prochains jours, vous allez garder le
cap», mais on est rendus à 100 millions au niveau du projet.
M. Lacombe : C'est-à-dire
le... pour le pavillon Camille-Roy?
Mme Garceau : Oui, oui.
M. Lacombe : Bien, on est à
92, on est à 92 millions de dollars.
Mme Garceau : OK.
M. Lacombe : Donc, oui, c'est
la dernière mise à jour du projet. En même temps, les travaux vont bon train.
Les travaux sont commencés depuis déjà un bon moment, donc, personne n'est
assis sur ses mains. Je suis allé visiter le chantier à quelques reprises. Il y
a beaucoup de travaux qui ont été faits à l'intérieur. Il fallait travailler
sur l'enveloppe du bâtiment. Indépendamment de ce qu'on va faire à l'intérieur,
on devait... on devait travailler, on devait préparer le bâtiment parce
qu'évidemment son usage va changer. Évidemment, il va accueillir beaucoup plus
de gens qu'il n'accueillait auparavant. Donc, on devait faire ces travaux-là,
et ils ne sont pas encore terminés, ils sont en train d'être faits.
Donc, oui, il y a eu effectivement une
augmentation de la facture. J'imagine que c'est là que vous allez. Mais je
pense que, dans le contexte, c'est un projet qu'on doit... qu'on doit conserver,
notamment, parce qu'il met en valeur le patrimoine, première université ici, en
sol québécois, en Amérique du Nord, mais, en plus de ça, parce que c'est un
projet qui, quand on l'annoncera, vous en comprendrez le sens, va accueillir
des milliers de visiteurs par année.
Mme Garceau : Mais là, M. le
ministre, est-ce qu'on travaille toujours avec la même enveloppe budgétaire?
Est-ce qu'on travaille toujours avec le 262 millions? Actuellement, est-ce
que c'est toujours la même enveloppe budgétaire?
M. Lacombe : La même
enveloppe budgétaire pour faire quoi? Pouvez-vous préciser votre question?
Mme Garceau : Pour faire...
Bien là, c'est parce que là vous avez, évidemment, Capitale-Nationale. Là, je
comprends que, pour les trois autres, on va en discuter un petit peu plus tard.
Mais est-ce que vous avez augmenté l'enveloppe? Parce qu'on a tenté, ma collègue,
l'ancienne porte-parole en culture et communications...
• (15 h 40) •
M. Lacombe : La députée de Mont-Royal—Outremont.
Mme Garceau : ...de
Mont-Royal, la députée de Mont-Royal vous avait posé quand même plusieurs
questions, période de questions, interpellations, au niveau des coûts. On
n'avait jamais la confirmation de l'évolution du montant pour l'enveloppe
budgétaire, combien que c'était pour coûter? Là, on avait oublié...
M. Lacombe : Oui.
Mme Garceau : ...à un moment
donné, les 18, là. Mais, même en octobre 2023, lors de l'interpellation,
vous disiez qu'on en a assez pour l'enveloppe budgétaire, pour les quatre, et
peut-être, même, possiblement d'autres.
M. Lacombe : Pour en ajouter,
oui, c'est ce que je disais à ce moment-là, effectivement.
Mme Garceau : En octobre.
M. Lacombe : Oui.
Mme Garceau : Ça, c'était...
ça ne fait pas longtemps, M. le ministre. Donc...
M. Lacombe : Oui. Et je
dirais que, si on avait gardé le cap, les chiffres tiendraient toujours la
route. D'ailleurs, vous me permettrez de dire que c'est difficile lorsque
l'opposition nous demande de chiffrer un projet comme celui des Espaces bleus,
et là je nous remets dans les souliers de l'époque. Maintenant, on a tourné la
page. Mais, à l'époque, évidemment, lorsque vous me questionniez sur le projet
qui est encore sur les rails, c'est difficile pour le gouvernement de vous dire :
Voici exactement combien ça va coûter, parce que, dans chacune des régions, les
lieux n'étaient pas encore identifiés.
Vous parlez de 18 espaces bleus, dans
chacune des régions du Québec, on devait en avoir un, deux dans la région de la
Capitale-Nationale, puisqu'il y en avait un à Charlevoix. C'est difficile,
parce que, dans Lanaudière, par exemple, quel bâtiment avait été identifié, ce
n'était pas encore confirmé; dans les Laurentides, quel bâtiment, ce n'était
pas encore confirmé. Donc, évidemment, les coûts variaient. Ce que je disais,
les coûts auraient varié. Ce que je disais à ce moment-là, puis c'est toujours
la réponse, je pense qu'il fallait donner, c'est que l'enveloppe que nous
avions, compte tenu de l'explosion des coûts dans l'industrie de la
construction, nous permettait de compléter les chantiers que nous avions déjà
entamés, possiblement, à cette époque-là, d'en annoncer de nouveau. Donc, je
suis toujours bien à l'aise avec ma réponse de l'époque.
Mme Garceau : Donc, je dois
revenir à... sur cette question des coûts, M. le ministre, parce que je répète
ma question : À l'heure actuelle, parce que, dans les prochains jours, là,
vous allez nous confirmer, je ne sais pas, le total des coûts concernant Espaces
bleus, Capitale-Nationale, c'est ça qui s'en vient dans quelques jours? Parce
que, je vais vous rappeler, l'année passée, en crédits, puis vous l'avez
mentionné à quelques reprises, votre implication personnelle, et je vous cite,
et ça, ça fait un an : «Je suis personnellement impliqué dans ce
dossier-là. Je le suis à la trace, que ce soit avec la Société québécoise des
infrastructures, que ça soit évidemment avec le ministère, par le biais du
bureau de projets avec lequel nous travaillons, avec le Musée de la
civilisation, et que l'enveloppe budgétaire en 2003, avril, l'année passée,
était suffisante pour, certainement, les quatre projets.»
Donc, je reviens à ma question, parce
qu'il me semble que <c'est assez fondamental...
Mme Garceau :
...et
que l'enveloppe budgétaire en 2003, avril, l'année passée, était suffisante
pour, certainement, les quatre projets.»
Donc, je reviens à ma question, parce
qu'il me semble que >c'est assez fondamental, en ce moment, qu'il faut
garder un cap, comme vous avez dit : C'est quoi, ce cap-là aujourd'hui?
M. Lacombe : Bien, en fait,
je ne suis pas certain de comprendre la question, dans le sens où je suis très
clair, je suis, en fait, transparent, l'enveloppe de départ à laquelle vous
faites allusion est effectivement pour plusieurs projets. Vous comprenez bien
qu'on n'atteindra pas cette somme-là, parce qu'on a tourné la page sur le
concept des Espaces bleus, donc, on ne les déploiera pas partout au Québec.
Donc, de continuer de faire référence à cette enveloppe-là, je comprends, mais,
en même temps, elle est beaucoup trop élevée pour ce qu'on va véritablement
réaliser, c'est-à-dire mener à bien le chantier pavillon Camille-Roy du
séminaire, première chose, on est à 92 millions. Je ne peux pas être plus
clair que ça, on est, dernière mise à jour, à 92 millions de dollars
pour les coûts de chantier.
Ensuite, évidemment, on se garde une marge
de manœuvre pour être capable d'installer un projet, j'imagine que vous me
poserez des questions, à Amos, où des travaux étaient déjà commencés. Je le
répète, aucun gaspillage, c'est un bâtiment qui avait notamment besoin de
travaux. Et, avant que le gouvernement s'implique, la municipalité,
propriétaire du bâtiment, se demandait comment elle allait arriver,
financièrement, à faire les travaux, parce qu'elle n'avait pas les moyens.
Donc, je pense qu'à la fin c'est une bonne nouvelle qu'on se soit impliqué.
Donc, on se garde une marge de manœuvre pour Amos, on se garde une marge de
manœuvre pour, effectivement, Percé. Et là j'ai toujours peur d'en
oublier, Amos, Percé, Charlevoix, donc, à Baie-Saint-Paul, où on n'a pas le
même enjeu, c'est-à-dire les travaux n'étaient pas... n'étaient pas du tout
commencés, même que nous n'étions pas encore passés chez le notaire. Donc, on
travaille, je reviens de là, j'étais là hier, je travaille avec le maire. Notre
collègue la députée de Charlevoix—Côte-de-Beaupré travaille avec la
municipalité pour être capable de voir, bien, d'abord, comment on négocie avec
la ville, parce qu'évidemment on avait pris certains engagements. Ça va bien,
on a une discussion très constructive. Puis, ensuite, comment on peut, par
ailleurs, poser des gestes à Baie-Saint-Paul, parce qu'on avait pris
l'engagement d'investir en culture à Baie-Saint-Paul, donc, comment on peut
tenir cet engagement-là dans une forme différente.
Donc, si je résume, de faire référence à
l'enveloppe de 257 millions, c'est bien correct, mais il y a bien une
certitude, c'est qu'on ne dépassera jamais ça pour Québec, Baie-Saint-Paul,
Amos et l'Abitibi, c'est impossible.
Mme Garceau : OK. Donc là, je
vais revenir, parce que vous vous basez sur quoi pour faire cette
affirmation-là aujourd'hui? Parce qu'au début, avec les 18 espaces bleus,
vous étiez certain que cette enveloppe budgétaire, et, à ce moment-là, c'était
259 millions, était suffisante pour les 18 espaces bleus. Donc, moi,
j'aimerais savoir, à ce moment-là, en 2021, vous vous êtes basé sur quoi pour
chiffrer un montant, un estimé de 259 millions? Est-ce qu'il y avait des
études, il y avait des documents? Vous avez fait l'annonce, en juin 2021, basée
sur quelque chose, sur 18, la construction, on parle de 18 espaces bleus.
M. Lacombe : Oui, c'était
l'objectif de départ, mais, en même temps, j'ai toujours été très clair, je
l'ai dit ouvertement à la période de questions, notamment, en réponse à la
députée de Mont-Royal—Outremont à l'époque, et, si ma
mémoire est bonne, je l'ai répété ici aussi, en crédits ou, en fait, je pense
même que c'est ici que je l'ai dit en premier, c'est que, lorsqu'on a constaté
l'explosion des coûts, donc, l'augmentation assez phénoménale des factures dans
chacun des chantiers, rapidement, j'ai dit publiquement que l'enveloppe
consentie au départ ne serait pas suffisante pour faire les Espaces bleus, pour
les réaliser partout au Québec. Donc, je l'ai admis de façon très transparente
parce que c'est une évidence. Donc, ça, je l'ai fait rapidement.
Ensuite, vous me dites : Comment
faisiez-vous en 2021, si ma mémoire est bonne, pour dire : Bien, avec le
budget qui nous est imparti, 257 millions, on sera capable de mener à bien
les quatre projets qui sont sur les rails et peut-être d'en ajouter un ou deux
supplémentaires, par exemple? Bien, sur quoi je me basais, à ce moment-là, sur
les estimations de coûts de construction que nous avions à ce moment-là. Et je
vous dis qu'avec les chiffres que j'ai aujourd'hui, probablement que cette
réponse-là serait encore bonne, c'est-à-dire si nous avions gardé le cas,
probablement qu'on aurait été capable non seulement de terminer les quatre espaces
bleus annoncés, mais d'en annoncer un ou deux supplémentaires dans le budget
qui nous était imparti, sans avoir besoin de demander un ajustement, une
bonification de l'enveloppe au Plan québécois des infrastructures. Donc, <je
vis très bien...
M. Lacombe :
...un
ou deux supplémentaires dans le budget qui nous était imparti, sans avoir
besoin de demander un ajustement, une bonification de l'enveloppe au
Plan
québécois des infrastructures. Donc, >je vis très bien avec cette...
avec cette réponse-là, qui était, à l'époque, la réponse la plus exacte
possible et qui a bien vieilli, en ce sens où, encore aujourd'hui, je le
répète, si nous avions gardé le cap, ça aurait été possible.
Et je répète, encore une fois, que,
maintenant, faire référence à cette enveloppe-là, ça ne tient plus la route,
parce qu'on n'aura pas du tout besoin de 257 millions pour réaliser... ce
qu'on va réaliser au pavillon Camille-Roy, ici, à Québec, et pour trouver des
projets qui vont pouvoir s'installer dans les trois autres espaces, à moins
qu'on assiste à un dépassement de 250 %, mais je pense qu'on peut être
optimiste, là, quand même.
Mme Garceau : Donc là, en ce
moment...
La Présidente (Mme Dionne) : ...30 secondes.
Mme Garceau : ...30 secondes,
vous avez dépensé combien, en ce moment, pour les... depuis 2021 à aujourd'hui,
vous avez dépensé combien pour les quatre projets?
M. Lacombe : Bien, il faut
être, d'abord, prudent avec les chiffres, parce que, si vous me demandez, en ce
moment, la facture totale, elle est estimée à combien, parce qu'on a des
estimations, on travaille avec la SQI, ça, c'est une chose. Je vous parlais,
par exemple, de 92 millions pour Québec. Pour les trois autres, c'est plus
difficile parce qu'on est en ce moment, en processus de discussion, avec les
trois communautés, nos collègues députés...
La Présidente (Mme Dionne) : Merci,
M. le ministre. C'est tout le temps qu'on a pour ce bloc. Alors, je cède
maintenant la parole au député de Jean-Lesage, porte-parole du deuxième groupe
d'opposition. M. le député, vous disposez d'un temps de 12 minutes.
M. Zanetti : Merci beaucoup,
Mme la Présidente. Merci, M. le ministre. Merci à tout le monde qui
l'accompagne, c'est très apprécié. Je vous ai fait part déjà, dans une question
en Chambre, il y a quelques semaines, de mon inquiétude par rapport au
financement qui est alloué à la culture, particulièrement aux arts de la scène,
le CALQ. Bon. Au début, on a eu une espèce de confusion sur les chiffres, mais,
finalement, je pense que le milieu de la culture est assez unanime, puis vous
avez reconnu vous-même, et je suis content de savoir ça, qu'il faut bonifier
les sommes. Bon. Dans les derniers jours, vous l'avez... vous l'avez reconnu,
effectivement, parce que les sommes qui sont là, au CALQ, étant donné la
disparition des sommes qui venaient aider les entreprises culturelles et les
projets... à cause de la question de la COVID, le retrait de ces sommes-là fait
qu'aujourd'hui on est dans une situation de recul relatif. Et, étant donné
l'explosion des coûts de production dans le domaine de la culture,
particulièrement les arts vivants, qui est supérieure à l'inflation qu'on voit
dans d'autres domaines, de façon générale, bien, ça entraîne un véritable
recul.
• (15 h 50) •
Ce que les gens me disent, dans à peu près
tous les milieux, c'est qu'aujourd'hui, produire un spectacle, ça coûte
30 % de plus qu'avant. Alors, 30 % de plus, c'est énorme. C'est
difficile d'amener des spectacles comme ça en tournée, donc, c'est difficile de
faire rayonner la culture québécoise partout au Québec. Et c'est difficile
aussi de faire... ça va être difficile de faire des gros spectacles, par
exemple, pour les théâtres, d'avoir des spectacles avec beaucoup de comédiens,
avec des décors élaborés parce qu'il va falloir se serrer la ceinture
énormément. Puis se serrer la ceinture, c'est un peu un euphémisme, en fait, ce
dont les gens parlent, quand ils regardent les chiffres alloués pour les
prochaines années, c'est carrément de démantèlement d'institutions culturelles
importantes qui ont pris des décennies à se construire au Québec et à se bâtir.
Alors, c'est vraiment superpréoccupant.
Je suis content que le ministre ait
reconnu qu'il faudrait améliorer le financement du CALQ. Évidemment, je pense
qu'on... le ministre, aussi, modérait les attentes en disant : Bien là, on
ne va pas mettre 100 millions de plus, on va mettre des sommes à partir du
budget du ministère de la Culture. Cela dit, ce qu'on a vu dans le dernier
budget, c'est aussi que le ministère de la Culture a diminué son budget de 244 millions.
Alors, la question est... déjà, j'aurais eu une question, à savoir : Mais
où allez-vous couper là-dedans? Qui va subir... faire les frais de cette
réduction importante de 244 millions du budget de la culture? Mais,
surtout, si, en plus, on prend de ce budget-là de l'argent pour augmenter au
CALQ, dans le fond, qui, dans le milieu de la culture, va en subir les
conséquences, est-ce que c'est le patrimoine qui va en subir les conséquences?
Est-ce qu'il y aura des coupes de postes de fonctionnaires? Où est-ce qu'il y
aura coupure, M. le ministre?
M. Lacombe : Bien, merci pour
la question. D'abord, je pense que c'est important, faisons un pas de recul
pour bien placer ma réponse dans son contexte. Lorsqu'on est arrivés, en 2018, entre
le moment où on est arrivés au gouvernement, en 2018, et aujourd'hui, le Conseil
des arts et des lettres du Québec, si vous regardez son budget d'alors et son
budget de maintenant, on constate une augmentation de 35 %. Au même
moment, pendant la même période, 2018-2024, l'inflation a été de 22 %.
Donc, non seulement le gouvernement <a été au rendez-vous...
M. Lacombe :
...on
constate une augmentation de 35 %. Au même moment, pendant la même
période, 2018-2024, l'inflation a été de 22 %. Donc, non seulement le
gouvernement >a été au rendez-vous à travers les années, quand on
regarde la tendance, pour soutenir les arts de la scène au niveau de
l'inflation, pour les aider à faire face à ces défis-là, mais on a été bien
au-delà. Donc, je le répète, bonification de 35 %, alors que, pour la même
période, l'inflation était à 22 %.
C'est vrai que, dans le dernier budget, je
l'ai dit clairement, il y a eu une légère baisse, entre l'année dernière et
cette année, du budget du Conseil des arts et des lettres du Québec. Quand on
parle des crédits qui lui sont accordés, on parle d'une baisse de 0,2 %,
on parle de 621 000 $, au moment où, d'un côté, il y a des mesures
liées à la COVID qui se terminaient. Et ces mesures-là, leur fin, elle était
déjà annoncée, donc, ce n'est pas une mauvaise nouvelle qui est arrivée avec le
budget. Cette fin, elle était annoncée, d'une part, d'autre part, pour balancer
ça, on est allés chercher des sommes supplémentaires, 28 millions sur
quatre ans, pour bonifier les ententes qui vont être signées dans les prochains
mois entre le CALQ et les organismes culturels sur le terrain. Donc, pour cette
année, on parle de 4,8 millions de dollars supplémentaires.
Donc, je pense que c'est important de
remettre les choses dans leur perspective, non seulement la tendance, elle est
très positive, mais, en plus de ça, à court terme, vous voyez, la baisse, elle
est marginale. Et les programmes qui avaient été annoncés pendant la pandémie,
c'était bien indiqué qu'ils étaient temporaires. Je pense à la mesure d'aide à
la billetterie, par exemple. On ne pourra pas, année après année, continuer de
compenser les billets qui sont invendus par les salles de spectacle, par
exemple. Je pense qu'il faut, et je l'ai dit dès mon arrivée en poste, je pense
qu'on doit arriver avec des moyens qui sont plus structurants, plutôt que de
compenser, on doit soutenir, par exemple, en soutenant à la mission.
Donc, une fois que j'ai dit tout ça, ce
qui veut dire qu'on est au rendez-vous, je comprends qu'il reste quand même des
défis. Je ne suis pas en train de vous dire : Tout va bien, le milieu de
la culture se plaint le ventre plein. Je ne suis pas en train de dire ça, je
suis en train de dire : Je sais qu'il y a des défis. C'est pour ça qu'on a
agi autant depuis 2018, et c'est pour ça que, malgré tous les chiffres que je
viens de vous donner, on est en train de faire un effort supplémentaire. Puis,
vous savez, on est capables d'être plus efficaces. On est capables de réallouer
des sommes qui vont être capables de soutenir à la mission ces organismes-là.
Le Soutien à la mission, j'y crois
fermement. Quand j'étais ministre de la Famille, on l'a fait, on a réutilisé
des sommes à l'interne pour investir dans la première ligne. À l'époque,
c'étaient les organismes communautaires famille, maintenant, j'ai envie de
dire, c'est ces organisations qui sont soutenues à la mission par le CALQ, qui
font un travail extraordinaire, qui est difficile, qui a beaucoup de défis, où
il y a beaucoup de défis à relever. Donc, oui, dans les prochains... prochaines
semaines, je vais rester prudent, on va être capables d'annoncer... d'annoncer
la hauteur de ce financement supplémentaire, qui est comme un... une deuxième
étape après le budget, où j'ai moi-même reconnu que, même si on l'a priorisé,
j'aurais souhaité qu'on ait plus. S'il y a un ministre qui vous dit qu'il
n'aurait pas souhaité avoir plus, croyez-le pas, parce qu'évidemment on veut
toujours avoir plus pour le secteur qu'on représente.
Première étape, donc, le budget. Mais là, maintenant,
deuxième étape, on a... on a un budget qui est important au ministère de la
Culture, dans nos sociétés d'État aussi, et on est capables de faire un effort
de plus pour être capables de soutenir à la mission les organismes qui vont
signer des ententes avec le CALQ dans les prochains mois.
M. Zanetti : Merci. Bien, le
salaire moyen des artistes, là, des arts de la scène, c'est à peu près
17 300 $, là. Mon chiffre n'est peut-être pas le chiffre de l'année
passée, mais c'est un chiffre très récent. Donc, c'est superpréoccupant, c'est
une situation qui n'est pas soutenable. Et évidemment que ce qu'on voit, là, avec
le recul du financement, bien, ça compromet encore plus, ça veut dire qu'il y a
encore plus d'artistes qui vont cesser de travailler dans le... dans le milieu
artistique. Puis une des choses qui a fait augmenter aussi le prix des
productions, c'est que, durant la COVID, il y a beaucoup d'artistes qui... ou
de travailleurs culturels qui ont quitté le milieu, puis là il y a une rareté,
il y a une perte d'expertise, une rareté de la main-d'œuvre, et ça cause
beaucoup de problèmes.
Ce que je voudrais savoir... Bon, là, je
comprends qu'on n'aura pas tout de suite les sommes que vous allez ajouter au
CALQ, mais, quand vous dites : On va être capables de trouver des mesures
d'efficacité au milieu du... dans le ministère de la Culture, qui vient de se
faire couper plus que 10 % de son budget. Ce qu'il faut que vous trouviez
en budget dans le ministère de la Culture, c'est 244 millions, c'est plus
que le budget du CALQ lui-même. Alors, je me dis : Comment allez-vous
faire, là? Est-ce que tout le monde va garder son emploi? Est-ce que le patrimoine
va avoir les mêmes sommes? Qu'est-ce qui va se passer au ministère de la
Culture? Et qui va perdre des sommes, finalement?
M. Lacombe : La somme à
laquelle vous faites référence, de 272 millions de dollars... et là
je ne veux perdre personne dans les chiffres, parce qu'on peut s'obstiner bien
longtemps. Puis d'ailleurs notre échange au salon bleu portait un peu
là-dessus, <dans un autre contexte...
M. Lacombe :
...et
là je ne veux perdre personne dans les chiffres, parce qu'on peut s'obstiner
bien longtemps. Puis d'ailleurs notre échange au salon bleu portait un peu
là-dessus, >dans un autre contexte, celui du CALQ, où on mélangeait les
crédits, d'une part, puis les dépenses, donc, les crédits qu'on octroie au CALQ
dans une année donnée, et les dépenses varient parce qu'il y a des dépenses qui
sont reportées d'année en année. Donc, on peut dépenser, cette année, de
l'argent qui nous avait été consenti l'année dernière.
On est un peu dans le même univers avec ce
que vous soulignez, c'est-à-dire, oui, effectivement, quand vous regardez les
dépenses consolidées, c'est important, les dépenses consolidées du ministère de
la Culture, il y a eu une baisse. Cette baisse-là, elle est liée à quoi? Elle
est liée aux crédits d'impôt pour la production de services. Il y a eu beaucoup
moins de tournages étrangers à Montréal, au Québec, au cours de la dernière
année, je pense qu'on peut prendre cette période de référence, donc, qui nous
amène avec les chiffres qu'on connaît en ce moment. C'est-à-dire, puisqu'il y a
eu moins de tournages, bien, il y a eu moins de réclamations de ce crédit
d'impôt là, puis c'est de la fiscalité, ce n'est pas quelque chose sur quoi le
ministère de la Culture a du contrôle. Il y a eu moins de tournages, donc, ça
se répercute dans les chiffres, mais ce n'est pas du financement, ça ne touche
pas le budget, ça ne touche pas les crédits du ministère.
Donc, c'est simplement de l'argent qu'on
n'a pas envoyé à ces entreprises américaines, par exemple, qui seraient venues,
peut-être, en temps normal, mais qui, là, ne sont pas venues faire de
tournages. Ça a d'autres conséquences, on pourrait en parler, mais, quand on
parle de cette baisse-là, donc, de ce 272 millions, on ne parle pas d'une
baisse de crédits en tant que telle du ministère de la Culture, on ne parle
certainement pas de gens qui vont perdre leur emploi, on ne parle pas de baisse
de budget de nos sociétés d'État. On n'est pas du tout dans cet univers-là.
M. Zanetti : Je vais... sur
un autre sujet, la question de la découvrabilité de la culture, du contenu
culturel québécois sur les plateformes, il y a eu un rapport important qui a
été déposé. La question : Est-ce que vous allez... est-ce que vous allez
faire un projet de loi sur la découvrabilité, et, si oui, quand est-ce que vous
allez le déposer?
• (16 heures) •
M. Lacombe : Oui, oui, oui,
on va faire un projet de loi là-dessus. On est en train d'y travailler. Ce
n'est pas simple, mais, comme je dis souvent, ça tombe bien, parce qu'on est
payés pour faire des choses qui ne sont pas simples. Donc, on est en train d'y
travailler, et j'avais une rencontre encore, au cours des derniers jours,
là-dessus, je pense que c'était avant-hier. Donc, c'est un travail qui avance
bien, mais qui, bien qu'il soit passionnant, est ardu, parce qu'on arrive avec
un rapport du comité d'experts, que vous avez probablement vu, qui est très
riche, avec des propositions qui sont audacieuses, lorsqu'on parle de
modifications à la charte, par exemple. Donc, bien sûr, il faut bien faire les
choses. Il faut prendre le temps de bien, je vous dirais, réfléchir à notre
stratégie et à ce qu'on va faire.
Donc, oui, on est en train d'y travailler.
Et je vous dirais que l'échéance qu'on se donne, c'est la prochaine... la
prochaine année. J'ai bon espoir que, lorsqu'on fera nos crédits l'année
prochaine, on ait un projet de loi dont on pourra discuter.
M. Zanetti : Est-ce que le
ministre reconnaît qu'il serait plus facile d'assurer la découvrabilité du
contenu culturel québécois si on était un pays plutôt qu'une province de langue
minoritaire au Canada?
M. Lacombe : Bien, d'abord,
moi, je n'utilise pas le mot «province», je parle d'État, je parle de nation,
parce que je pense que, même si on est à l'intérieur du Canada... Puis c'est
intéressant, comme question, et je le verbalise souvent, je dis : Même si,
effectivement, nous faisons partie de la fédération canadienne, en tant
qu'État, en tant que nation, non seulement on a la responsabilité, mais on a
les outils pour être capable de poser... de poser des gestes. Puis je pense que,
lorsqu'on lit bien le rapport, notamment, auquel a contribué Patrick Taillon, qui
est constitutionnaliste, Geneviève Guèvremont aussi... Véronique Guèvremont,
pardon, qui est professeure titulaire de la chaire UNESCO, ici, à l'Université
Laval, bien, on constate bien que le Québec, en tant que nation, en tant...
La Présidente (Mme Dionne) : C'est
malheureusement tout le temps...
M. Lacombe : ...qu'État, a
les moyens de poser des gestes, et on va les poser.
La Présidente (Mme Dionne) : Merci,
M. le ministre. C'est malheureusement tout le temps qu'on a pour ce bloc
d'échange. Donc, je cède la parole à Mme la députée de Robert-Baldwin pour une
période de 18 minutes.
Mme Garceau : Merci beaucoup,
Mme la Présidente. On retourne...
M. Lacombe : ...
Mme Garceau : ...on retourne,
oui...
M. Lacombe : Parfait.
Mme Garceau : ...des espaces
bleus, je n'ai pas terminé. Compte tenu de vos réponses... et j'aimerais
revenir sur la question du... des déboursés. À date, en date d'aujourd'hui,
vous avez des déboursés, le montant total est de combien pour les quatre
projets?
M. Lacombe : 40,7 millions de
dollars.
Mme Garceau : Et ça, c'est
reparti de quelle façon entre les quatre projets?
M. Lacombe : Il faudrait que
je vous le donne de façon plus précise. Donc, on est à... on est à : PQI
dépensé, donc, 21,2 millions pour la sauvegarde et la restauration de la Villa
Frederick-James, c'est un chantier qui a bien été, qui est très très avancé; 12 ,2 millions,
en conception et travaux pour le pavillon Camille-Roy. Donc, on parle ici du
chantier à Québec, 3,7 millions pour Amos, 2,5 millions pour
Baie-Saint-Paul, et 1,1 million qui avait été dépensé en études, analyses
pour les autres régions. Et je souligne, je veux que ce soit bien clair...
16 h (version révisée)
M. Lacombe : ...donc on parle
du chantier ici, à Québec, 3,7 millions pour Amos, 2,5 millions pour
Baie-Saint-Paul et 1,1 million qui avait été dépensé en études, analyses
pour les autres régions. Et je souligne, je veux que ce soit bien clair, il y a
eu beaucoup de travaux de réfection qui ont été faits autour de bâtiments
patrimoniaux. Donc, avant de crier au gaspillage, encore une fois, là, soyons
prudents, parce que s'intéresser à l'état de santé de nos bâtiments
patrimoniaux, ce n'est jamais perdu, c'est toujours, à mon sens, un
investissement dans notre patrimoine.
Mme Garceau : OK. Donc,
est-ce que vous avez des documents à l'appui, je vais commencer avec Capitale-Nationale,
au niveau du 92 millions? Parce que vous avez dépensé 12 millions,
vous êtes à 92 millions. C'est basé sur quoi, le 92 millions?
M. Lacombe : Bien,
honnêtement, là-dessus, et vous pourrez... vous pourrez confirmer avec vos
collègues, je suis très ouvert et transparent à déposer habituellement tout ce
que je peux déposer. Là, on parle de... on parle de contrats, on parle d'appels
d'offres. Tout ça est complexe. Donc, moi, je suis transparent sur les
chiffres.
Maintenant, pour les documents, c'est sûr
que je vous inviterais à faire des demandes d'accès à l'information, parce que
le ministère, évidemment, gère ça — moi, je ne me mêle pas de ça — puis
sera en mesure de vous divulguer qu'est-ce que... qu'est-ce qui peut être
divulgué... qu'est-ce qui peut effectivement être divulgué légalement, là, sans
nous mettre dans le trouble avec les entrepreneurs.
Mme Garceau : Réponse assez
intéressante, M. le ministre, concernant que vous êtes transparent sur les
chiffres, parce que je dois vous avouer que, il me semble, c'est pas mal le
contraire depuis le début de ce projet, et surtout avec ma collègue la députée
de Mont-Royal—Outremont, qui vous a posé plusieurs
questions concernant les chiffres, l'évolution des coûts, et vous n'avez jamais
une réponse spécifique, juste que l'enveloppe budgétaire était suffisante. Et,
même lorsqu'on a fait des demandes d'accès à l'information pour avoir une
confirmation de l'évolution des coûts, puis je vous montre le tableau, ce qu'on
a reçu, tout en ce qui a trait au projet était caviardé. On n'avait aucune,
aucune confirmation des coûts. Donc, en termes de transparence...
Et c'est pour ça que je reviens là-dessus,
parce que c'est quand même des fonds publics, c'est important. Et vous avez un
estimé, au tout début, sur 18 Espaces bleus, qui ne tenait pas la route. Et,
même si on tient compte de l'inflation et une explosion des coûts, ça ne tenait
pas la route, cet estimé-là de 262 millions au début, et même avec le
premier ministre, qui l'avait estimé, quand lui est sorti en juin 2021, à 456 millions.
Ça fait que, dès le départ, là, les chiffres, ça ne marchait pas. Donc, sur
cette question-là de transparence...
Et c'est pour ça que... Parce que vous
avez... vous affirmez encore, avec beaucoup de conviction, confiant, comme vous
l'avez fait en crédits, période de crédits, en 2003, concernant les chiffres :
Là, ça ne va pas dépasser l'enveloppe budgétaire. Mais... Mais là je veux m'assurer
que ça ne va pas dépasser l'enveloppe budgétaire.
Donc, encore une fois, vous avez dépensé le
40,7 millions. Est-ce que l'enveloppe budgétaire pour les quatre projets
est toujours de 262 millions? Vous devriez le savoir aujourd'hui.
M. Lacombe : Bien, tout à
fait, c'est ce que je vous dis depuis tantôt. Mais j'essaie de bien cerner
votre question. C'est-à-dire, vous pensez raisonnablement... parce que moi, je
ne pense pas ça, mais vous semblez penser que l'achèvement du chantier ici, au
pavillon Camille-Roy, qu'on évalue à 92 millions, pour lequel, bon, on a...
on a déjà déboursé une certaine somme, c'est-à-dire 12,2 millions de
dollars... Donc, on l'évalue à 92 millions. Et, pour les trois autres Espaces
bleus, on a dit que ce ne seront pas des Espaces bleus mais qu'on va plutôt
installer un autre projet à l'intérieur. Donc, vous semblez sous-entendre que
la facture pourrait dépasser 257 millions de dollars. Je vous dis :
Ça n'arrivera pas, ça n'arrivera pas, c'est impossible, à moins qu'on assiste à
une augmentation...
Mme Garceau : ...je ne suis
pas en train de dire...
M. Lacombe : ...une explosion
des coûts surprise de 200 % ici, au pavillon Camille-Roy, mais
permettons-nous d'être optimistes. J'ai plus peur de la fin du monde que de ça
en ce moment.
Mme Garceau : ...en train de
dire que ça va dépasser ce montant-là, mais je cherchais une confirmation. Là,
vous me le dites concernant... que ça ne va pas dépasser le 262 millions.
Vous le dites avec <confiance...
Mme Garceau :
...Là,
vous me le dites concernant... que ça ne va pas dépasser le 262 millions. Vous
le dites avec >confiance, conviction. Vous aviez fait la même chose
l'année passée, et c'est pour ça que, quand je vous pose la question... Vous
avez dépensé 12,2 millions au niveau d'Espace bleu Capitale-Nationale. Là,
il y a un estimé de 92 millions. C'est basé sur quoi, le 92 millions?
Comment est-ce qu'on peut faire une vérification de cet estimé-là? Vous avez
des documents? Il y a des études? Il y a...
M. Lacombe : Bien, d'abord,
sur Camille-Roy, le travail a avancé. Les plans et devis sont terminés
actuellement à 100 %. Il y a beaucoup d'eau qui a coulé sous les ponts,
donc on est capables. Et c'est là que je vous dis qu'il y a une différence
entre les déboursés... comme quand vous faites construire une maison, vous
dites : Bon, le budget total pour la maison, on s'est entendus avec
l'entrepreneur, ce sera, je ne sais pas, tout dépendant de nos moyens, 400 000 $,
500 000 $. Est-ce que ça veut dire qu'aujourd'hui vous avez payé ça?
Non. Ça veut dire qu'à la fin ça va vous coûter ça, selon les plans qui ont été
faits, selon les soumissions qui ont été reçues, puis au fur et à mesure vous
déboursez, au fur et à mesure que les travaux sont faits. Donc, je fais ce
parallèle-là parce qu'il y a une grande différence entre les déboursés et
l'estimation totale des travaux.
Donc, oui, on est en mesure, pour
l'instant, de vous dire que c'est 92 millions. Est-ce que ce sera plus?
Peut-être. Actuellement, aujourd'hui, on est à 92 millions. On suit ça de
façon très assidue et on s'assure de contrôler les coûts le plus possible. Mais
là où je sursaute un peu, c'est lorsque vous parlez de la dernière fois, où
vous semblez un peu remettre en doute ce que je vous dis, en disant : Bien
là, on prend ça avec un grain de sel, parce que, la dernière fois, vous nous
assuriez aussi que vos chiffres étaient bons. Mais je ne sais pas exactement
quels chiffres vous remettez en question parce que je suis très... très
transparent.
Mme Garceau : C'était...
C'était le 262 millions, que l'enveloppe budgétaire, en avril...
M. Lacombe : Que j'ai dit
étant... Que j'ai jugée insuffisante, en fait, je l'ai dit ouvertement.
Mme Garceau : Que l'enveloppe
était suffisante, que l'enveloppe était suffisante, et non seulement juste pour
les quatre...
M. Lacombe : Elle était
suffisante pour quatre projets, peut-être pour cinq ou six...
Mme Garceau : Et peut-être
plus.
M. Lacombe : ...ce qui est
encore vrai aujourd'hui.
La Présidente (Mme Dionne) : Un
à la... S'il vous plaît, juste pour le...
Mme Garceau : Et peut-être
plus. Et peut-être...
La Présidente (Mme Dionne) : ...les
gens qui nous écoutent, je vous demanderais de parler un à la fois. Merci.
Mme Garceau : Et peut-être
plus. Mais quand est-ce que vous vous êtes rendu compte? C'était vers quelle
période que, ah! il y a une explosion des coûts? C'était quand, ça, quand vous
avez comme...
• (16 h 10) •
M. Lacombe : Bien, il y a
eu... il y a eu plusieurs moments, c'est-à-dire, on a des mises à jour
ponctuelles sur le coût envisagé des travaux puis on suit à la lettre,
d'ailleurs... parce que vous faites référence à notre transparence, moi, je
pense qu'on a été exemplaires dans notre transparence, c'est-à-dire à chaque
fois qu'on doit communiquer des chiffres. Et tout ça est normé, tout ça fait
l'objet de directives du Conseil du trésor, et on les respecte, ces directives-là.
Donc, on ne lance pas des chiffres le lendemain matin du jour où on les a reçus.
On suit, évidemment, ce qui nous est demandé, on les publie, il y a des décrets
qui sont pris par le Conseil des ministres. Donc, on fait tout ça... on fait
tout ça dans l'ordre.
Maintenant que j'ai dit ça, évidemment, on
a de l'information qui nous vient de la SQI, qui nous démontre, par exemple,
que, lorsqu'on ouvre des enveloppes à la suite d'un lot d'appel d'offres puis
qu'on constate qu'il y a un dépassement, je ne sais pas, de 100 %, par
exemple, bien là, on se dit : D'accord, ça augure mal pour le reste parce
que... Et, dans le cas d'Amos, je ne me rappelle pas c'était exactement quelle
proportion, le lot, en question, d'appel d'offres, sur le total du projet...
Une voix : ...
M. Lacombe : On était à
55 % de plus. Donc, il y a eu plusieurs événements comme ça, qui, à la
fin, m'ont fait dire : Bon, moi, je fais la somme des évidences... et,
encore une fois, je ne remets pas en cause le fond du projet, parce que je
trouve encore que c'était une superbe idée, mais c'est qu'à un moment donné
est-ce que ça vaut ça? Je prends Charlevoix, par exemple. La réponse, c'est
non, ça ne vaut pas ça, en dollars publics d'investissement, ça ne vaut pas ça.
Donc, il faut être capable, je pense, comme gouvernement, à un moment donné, de
débrancher des projets au bon moment, lorsqu'on se dit qu'ils sont rendus à un
niveau trop élevé pour... pour ce que ça va nous rapporter.
Et vous faites référence aux demandes
d'accès à l'information. Moi, je veux vous dire une chose, là, si vous avez
des... si vous avez des désaccords avec les réponses qui vous sont données, je...
moi, je vous invite très cordialement à utiliser les recours que vous avez,
parce que moi, je ne me mêle pas de l'accès à l'information. Donc, les
fonctionnaires qui reçoivent vos demandes les traitent de la façon dont ils
doivent être traités, j'imagine bien. En tout cas, on ne m'a jamais informé du
contraire. Et, si ce que vous recevez, vous jugez que ce n'est pas correct,
bien, à ce moment-là, il y a des recours qui existent, mais moi, je ne me mêle
pas de ça. Je suis responsable des réponses que mon cabinet vous donne, mais,
pour les demandes d'accès à l'information, je pense que ça devrait vous
préoccuper si je vous disais que c'est moi qui décide ce que vous avez ou pas.
Mme Garceau : J'aimerais
avoir une réponse à ma question du moment. Quel a été le moment quand vous avez
dit : On lâche prise, on laisse <tomber...
Mme Garceau :
...du
moment. Quel a été le moment quand vous avez dit : On lâche prise, on laisse
>tomber, on va abandonner? À un moment donné, vous avez des rencontres
mensuelles, vous voyez effectivement l'augmentation des coûts. Donc, à un
moment donné, il y a une décision qui est prise. Vous voyez, l'augmentation.
C'était quand, ça? Ce n'était pas au mois de mars, c'était avant le mois de
mars.
M. Lacombe : Non, je ne me
suis pas levé le 3 mars en disant : Ça y est, demain on tire la plug.
Mme Garceau : Exactement.
C'était quand, ce moment-là?
M. Lacombe : Effectivement.
Mais je vous dirais que c'est un processus en évolution, c'est une réflexion,
puis il y a des intrants dans cette réflexion-là qui sont arrivés, notamment
les résultats d'appels d'offres qui sont entrés, sur plusieurs chantiers, on
l'a dit, notamment la recherche qui se faisait dans... dans d'autres régions
qui nous démontrait que, dans certaines régions, ça coûterait très cher. Donc,
ce serait difficile pour moi de vous dire : Bien, c'est ce jour-là, en
mangeant mon sandwich puis en me levant, que je me suis dit : Ça y est, ma
décision est prise. C'est un processus qui s'est fait en continu. On y a
réfléchi, on a retourné ça de tous les côtés, puis, bien honnêtement, je pense
que la décision qu'on a prise, c'est la meilleure.
La date que je peux vous donner, c'est le
4 mars. Hein, le 4 mars, on l'a annoncé clair, net, précis. Il y en a
qui sont rapidement montés dans les arbres pour dire : Voici un autre
recul de la CAQ, voici un gaspillage de fonds publics. Moi, au-delà de parler
de recul, je pense que c'est important d'avoir des gens en place qui sont
capables de reconnaître que, quand le scénario change, il faut avoir le courage
de débrancher des projets qui n'ont plus de sens. Il faut être capable d'être
agile, de les... de les repositionner, de les transformer, puis c'est ce qu'on
est en train de faire. Donc, moi, je suis très à l'aise avec cette décision-là.
Mme Garceau : Mais, avec, M.
le ministre, vos rencontres mensuelles... parce que c'était important pour
vous, cette implication personnelle, d'être au courant des coûts et de
l'évolution. Et je me... je me rappelle, il y a eu une période de questions et l'interpellation,
là on parle à la fin du mois d'octobre, 25, 26 octobre. 26... 25,
26 octobre, vous étiez encore très confiant, il n'y avait aucun doute dans
votre esprit concernant l'enveloppe budgétaire pour la réalisation des quatre
projets, en octobre. Et même vous aviez dit : Ah! il va y avoir une mise à
jour dans les prochaines semaines, dans les prochaines semaines. La mise à
jour, on l'a eue le 4 mars, et c'était la mort du projet. Donc, je
présume, M. le ministre, et avec grand respect, que vous saviez, avant octobre,
qu'il y avait des problèmes, puis vous avez attendu. Je ne sais pas pourquoi
vous avez attendu jusqu'au 4... au 4 mars. Vous avez attendu cinq mois
plus tard. Mais, à un moment donné, si vous avez cette implication personnelle
puis qu'on vous met au courant, ça ne prend pas tellement de temps pour se dire :
Non, non, on dépasse largement les coûts, il faut arrêter.
M. Lacombe : Bien, je...
Bien, écoutez, c'est peut-être une différence entre votre style de gestion et
le mien, mais je vous assure, là, que, dans la vie d'un ministre, on ne se lève
pas un matin en se disant : Oui, vous savez quoi, là, moi, je suis écœuré
de ce dossier-là, je trouve que ça coûte trop cher, la semaine prochaine on
annonce qu'on débranche ça. Voyons! Si vous avez des ministres qui gouvernent
comme ça, je pense que ce serait une bien mauvaise nouvelle. Il faut prendre le
temps de bien faire les choses, de peser les pour, les contre, d'avoir des
analyses. On... Évidemment, nos décisions reposent sur l'analyse de nos
professionnels, puis c'est bien correct comme ça.
Vous me demandez si, en octobre, j'étais
déjà au courant. Vous dites, comme si c'était une grande découverte : Je
suppose qu'en octobre vous étiez au courant qu'il y avait des enjeux. Bien oui,
j'étais au courant qu'il y avait des enjeux en octobre. C'est pour ça que je
vous disais : Bien, on arrivera avec... avec des... on arrivera avec une
mise à jour.
Et je vous incite aussi à aller voir le
verbatim de la dernière étude de crédits, où je disais, de façon très claire :
S'il y a des projets qui atteignent un coût qui, à notre sens, devient
inacceptable, on va débrancher ces projets-là. Donc, je ne vois pas comment je
peux être plus transparent.
À un moment donné, là, on gouverne, on
fait des choix qui doivent être responsables et, quand on prend ces choix-là,
bien, on ne se lève pas un matin avec une bonne idée puis on la réalise
l'après-midi. On s'assure que ce soit fait correctement. Puis, entre le moment
où vous parlez, octobre, où, effectivement, moi, j'étais très conscient qu'il y
avait des enjeux... puis vous m'interpelez. Évidemment, j'imagine bien que vous
comprenez que je ne fais pas cette réflexion-là sur la place publique, avec
vous, en toute sérénité, ça ne serait pas possible. Mais, à un moment donné, on
avance, on avance, puis, quatre mois plus tard, comptez là-dedans les vacances
de Noël, bien, on a fait l'annonce. Moi, je trouve que... je trouve que je suis
très conséquent avec ce que j'ai dit publiquement. Et je répète : Sortez le <verbatim...
M. Lacombe :
...je
trouve que je suis très conséquent avec ce que j'ai dit publiquement. Et je
répète : Sortez le >verbatim de l'étude de crédits de l'année
dernière, j'étais transparent. Puis d'ailleurs ça m'avait étonné que ce ne soit
pas repris par l'opposition. Je le disais candidement : S'il y a des
projets qui atteignent un budget anticipé de réalisation qui, pour nous, n'a
pas de sens, bien, on prendra les décisions qui s'imposent.
Mme Garceau : Ce n'était pas
vraiment ça, le verbatim, c'était plus que l'enveloppe était suffisante,
vous...
M. Lacombe : Non, mais
citez-moi, là, parce que moi, je vous dis que j'ai dit ça.
Mme Garceau : ...était... était
suffisante, et malgré l'augmentation des coûts, parce que vous étiez conscient,
à cette époque, qu'il y avait une augmentation des coûts, et c'était plus s'il
était pour y avoir de l'argent pour annoncer d'autres projets.
M. Lacombe : Oui, mais ce que...
ce que vous dites est exact, et ce que je dis l'est aussi, là, c'est-à-dire,
moi, j'étais là l'année passée, j'étais dans cette salle puis je suis
responsable de ce que j'ai dit. J'ai effectivement dit ce que vous venez de
mentionner, c'est-à-dire que le 257... 262... 262 millions qui nous était
consenti à ce moment-là était suffisant, et je répète, était suffisant pour
mener à terme les quatre chantiers, pas les 18, les quatre, et peut-être en
ajouter un ou deux supplémentaires.
Si aujourd'hui on avait gardé le cap sur
les Espaces bleus, je vous répète que ce budget-là serait encore réaliste, serait
encore réaliste, peut-être pour un de plus, pas deux, peut-être pour un. Mais
donc ça, je suis encore tout à fait d'accord avec moi-même. Et ce que j'ai dit,
par ailleurs... donc vous avez raison sur la... le propos précédent, mais j'ai
aussi raison sur le fait qu'en étude de crédits j'ai dit textuellement... et
là, si vous l'avez, je vous invite à me citer, j'ai dit, de façon très ouverte :
S'il y a des projets qui atteignent une facture qu'on juge inacceptable...
La Présidente (Mme Dionne) : En
terminant, M. le ministre.
M. Lacombe : ...j'y vais de
mémoire, je disais : On va tirer la plug parce qu'il faut... à un moment
donné, il faut aussi respecter la capacité de payer des contribuables.
La Présidente (Mme Dionne) : Merci
beaucoup...
M. Lacombe : Donc, tout ça se
tient.
La Présidente (Mme Dionne) : Merci.
Merci. C'est tout le temps qu'on a pour ce bloc d'échange. Je cède maintenant
la parole au député de Matane-Matapédia. Vous disposez d'une enveloppe de 7 min 50 s.
M. Bérubé : Oui. Merci, Mme
la Présidente. M. le ministre, chers collègues. Moi aussi, j'ai parlé des
Espaces bleus l'année passée. Savez-vous ce que j'ai dit, Mme la Présidente?
J'ai dit que le ministre était pogné avec ça puis qu'il devait avoir hâte d'en
finir. Il a été exaucé. Un poids de moins sur vos épaules, M. le ministre, et
pour les gens qui vous accompagnent aussi. C'était une demande du premier
ministre, c'est un legs qu'il souhaitait, un texte de Denis Lessard, je m'en
souviens, mais les choses progressent. Alors, vous avez d'autres dossiers,
amplement, à regarder.
Le ministre le dit souvent, et je le crois,
il était déjà engagé sur cette voie avant même que la CAQ soit populaire, c'est
le nationalisme. Et la CAQ a un plan, un nouveau projet pour les nationalistes
du Québec. Alors, ça vous est familier, ce document? Vous le reconnaissez?
• (16 h 20) •
M. Lacombe : Je n'étais pas à
la CAQ à l'époque, j'étais journaliste. C'est 2015, ça, je pense.
M. Bérubé : Oui. Mais là vous
êtes aussi pogné avec ça. Alors, voici : «L'affirmation de la volonté du
Québec d'être le maître d'oeuvre du développement de sa culture se traduit
concrètement par la mainmise — mainmise — des budgets
dédiés au milieu culturel par les institutions fédérales, car le Québec doit
pouvoir jouer pleinement son rôle dans la promotion de ses produits culturels,
notamment à l'étranger ainsi que dans l'univers numérique».
Tout le monde a compris que c'est
l'ensemble des pouvoirs et des budgets en matière de culture. À chaque année,
je pose la question. Alors, depuis l'an dernier, depuis notre dernier
rendez-vous, est-ce que vous pouvez me fournir la correspondance écrite entre
vous, ou votre ministère, et le gouvernement fédéral qui indique qu'il faut
rapatrier l'ensemble des pouvoirs? Donc, l'écrit, les lettres, la
correspondance.
M. Lacombe : Bien, j'imagine
que vous les avez, là. On a eu plusieurs échanges par écrit avec...
M. Bérubé : Non, on a... on a
un refus.
M. Lacombe : ...mais
plusieurs... Ah! bien, je ne sais pas. Encore là, je ne me mêle pas de l'accès
à l'information. Mais on a eu plusieurs... j'ai eu plusieurs échanges...
M. Bérubé : De quelle nature?
M. Lacombe : ...unidirectionnels,
écrits, avec le ministère du Patrimoine canadien.
M. Bérubé : Êtes-vous en
mesure de déposer ces documents ici?
M. Lacombe : Est-ce que...
Bien, il faudrait... il faudrait voir, là, je ne sais pas ce qu'on peut
déposer, ce qu'on ne peut pas déposer.
M. Bérubé : Mais vous... Mais
vous, vous nous dites, devant la commission, que vous savez que vous avez
déposé des documents. Je vous suggère que plusieurs des personnes qui sont dans
cette salle le savent aussi. Savez-vous pourquoi je vous dis ça? Parce que
chaque...
M. Lacombe : Bien là, on me
dit que... on me dit que vous les avez, là.
M. Bérubé : Non. Alors...
M. Lacombe : Oui, oui, oui,
on me dit que oui, là.
M. Bérubé : Voulez-vous
savoir la réponse? Exercice financier 2020‑2021 : Aucun document d'échange
avec le gouvernement fédéral n'a porté sur le rapatriement des compétences.
M. Lacombe : Mais là vous
êtes spécifiquement sur le rapatriement des...
M. Bérubé : Ma question était
très claire.
M. Lacombe : Oui, là je vois
le...
M. Bérubé : 2021‑2022, c'est
la même affaire.
M. Lacombe : Ce n'était pas
si évident que ça.
M. Bérubé : 2022‑2023, 2023‑2024,
2024‑2025, ça, ça vient de votre... de votre ministère, zéro.
M. Lacombe : D'accord,
d'accord. Je comprends mieux la nuance. Bien, on a... j'ai plusieurs échanges
avec mon homologue. J'en ai eu deux jusqu'à maintenant sur une variété de
sujets, des revendications du Québec. Sur cet enjeu-là <particulier...
M. Lacombe :
...jusqu'à
maintenant sur une variété de sujets, des revendications du Québec. Sur cet
enjeu-là >particulier, effectivement, je ne pense pas qu'il y ait eu de
lettre, mais, vous savez, la... une lettre, c'est une façon... et je ne parle
pas des textos, mais une lettre, c'est une façon de faire valoir ses
revendications. Je peux vous dire qu'on a eu plusieurs discussions, j'ai eu
plusieurs discussions avec mes homologues fédéraux, en personne, face à face,
sur des demandes du Québec, notamment dans le cadre de C-11, de ce qui va en
découler et de ce que nous, on a comme prétentions de vouloir accomplir ici, ce
qui veut nécessairement dire être capables d'aller chercher les budgets qui,
selon nous, devraient relever du Québec.
M. Bérubé : Mme la
Présidente, pour les fins de l'exercice, donc, si je cherche une lettre qui dit
au gouvernement canadien ou au ministre de la Culture ou la ministre de la
Culture : Nous, là, on a un document qui dit : On veut tous les
pouvoirs, alors j'applique notre politique, je veux tous les pouvoirs, ça
n'existe pas, il n'y a aucune lettre?
M. Lacombe : Bien...Bien,
monsieur...
M. Bérubé : Il faut croire le
ministre sur parole qu'il en a parlé.
M. Lacombe : Non, mais, monsieur...
M. Bérubé : Je vous crois sur
parole.
M. Lacombe : Mais, M. le
député...
La Présidente (Mme Dionne) : Un
à la fois, s'il vous plaît, sinon vous vous adresserez à la présidence. Allez...
M. le ministre, vous pouvez répondre.
M. Lacombe : D'accord, je
vais me conformer à ça. Désolé de mon...
M. Bérubé : Donc, il y a...
ça va, il n'y a pas de...
M. Lacombe : Mais, en fait,
il y a peut-être une différence dans la façon dont... et c'est correct, là, je
veux dire, je ne remets pas du tout en cause votre nationalisme, je n'oserais
pas faire ça. Vous le portez très, très bien. J'ose croire que je le porte
aussi, peut-être avec des moyens différents. Mais, vous savez, moi, demander la
permission à Ottawa de faire quelque chose puis d'aller lui quémander quelque
chose en lui écrivant une lettre, qui, je pense, une fois sur deux, a une chance
de tomber entre deux chaises, pour laquelle je n'aurai pas de réponse, je
préfère qu'on pose des gestes. Puis on a des discussions, mais on n'attend pas
nécessairement... Je vous donne l'exemple de notre projet de loi. Bien, le
fédéral, essentiellement, nous laisse entrevoir que c'est lui qui devrait
s'occuper de ça. Moi, je ne demanderai pas la permission. Ce n'est pas vrai que
je vais écrire une lettre à Ottawa pour lui demander de travailler avec nous
puis de nous laisser le faire. On va le faire. Ça, c'est le genre de
nationalisme que... dont moi, je fais la promotion.
M. Bérubé : Mme la
Présidente, il y a toujours bien des limites. L'argent, vous ne l'avez pas.
Vous avez beau vouloir faire ce que vous voulez, l'argent, ils l'ont. Alors,
vous pouvez texter, vous pouvez échanger, vous pouvez avoir des intentions, je
veux dire, la réalité vous rattrape. Il y a des juridictions que vous ne
contrôlez pas, d'accord, puis il y a de l'argent que vous n'avez pas.
Moi, j'ai lu votre programme. On parle des
programmes, des pouvoirs et de l'argent. Donc, s'il n'y a pas de
correspondance, c'est pas mal sûr qu'il n'y aura pas de réponse. Moi, je vous
dis : Essayez-vous. Tu sais, une motion, quelque chose, une déclaration de
souveraineté culturelle. Je pense que ça, je peux vous dire ça sans que ça vous...
ça vous choque.
M. Lacombe : Bien non, je
porte ce terme-là solidairement avec vous.
M. Bérubé : Parlez-en à
Louise Beaudoin. Tu sais, vous l'avez engagée pour un comité, là, continuez de
jaser avec Louise Beaudoin, elle va vous dire qu'il y a des limites à ce que
vous pouvez faire en culture dans un statut de province. C'est comme ça que ça
se passe. Donc, il n'y a pas de lettre cette année, il n'y en a pas eu l'année
passée. Je n'en espère pas pour l'année prochaine. J'ai une autre question.
M. Lacombe : Non, mais une
lettre, là... moi, j'ai plus qu'une lettre, là.
M. Bérubé : Mais vous n'avez
rien à me donner.
M. Lacombe : Une lettre, ça
vaut... ça vaut le papier sur lequel c'est écrit. On a toute la force d'un
rapport d'experts derrière nous, la légitimité d'aller de l'avant avec des
actions structurantes pour la culture au Québec. Moi, je préfère poser ces
gestes-là plutôt que de quémander la permission à Ottawa de faire quelque
chose.
M. Bérubé : OK. C'est
embêtant parce que vous avez cinq collègues qui ont fait une conférence de
presse puis qui ont envoyé une lettre. Alors, je ne sais pas ce que ça dit sur
votre appréciation de leur stratégie versus Ottawa, mais vous avez vos façons
différentes.
M. Lacombe : À chaque dossier
sa stratégie, selon les défis qu'on a devant nous. Probablement que, dans leur
cas, c'était la bonne chose à faire. Dans certains cas, je leur ai écrit aussi
des lettres. Donc, vous pouvez tenter de me dépeindre en opposition avec mes
collègues, j'ai écrit des lettres à Pablo Rodriguez, j'ai écrit des lettres à
Mme St-Onge, au sujet de séances, par exemple, mais écrire une grande lettre
générale sur : Nous souhaitons rapatrier les pouvoirs, je pense qu'ils
sont au courant, parce qu'on leur en parle toujours. Je pense qu'ils sont très
au courant de ça. Je pense qu'ils ne sont pas d'accord. Mais ce que je vous
dis, c'est que, plutôt que d'envoyer cette lettre-là dans le vide, pour
laquelle, je vous dis, on a une chance sur deux de ne pas avoir de réponse,
moi, je préfère qu'on pose des gestes, des gestes concrets, structurants pour
l'avenir de la culture québécoise.
M. Bérubé : OK, j'ai... j'ai
compris. Je vous ai vu...
La Présidente (Mme Dionne) : M.
le député, il vous reste une minute.
M. Bérubé : Je vous ai vu à
la télé, au gala des Olivier. Vous étiez accompagné.
M. Lacombe : Bien oui, tout à
fait.
M. Bérubé : De la directrice
de l'École nationale de l'humour.
M. Lacombe : Vous êtes un
coquin, vous.
M. Bérubé : C'est une
assertion que... auquel je ne veux pas répondre.
M. Lacombe : C'était, effectivement,
ma «date» pour la soirée.
M.
Bérubé
: Vous
savez qu'elle...
M. Lacombe : On a eu une très
belle soirée, d'ailleurs.
M. Bérubé : Vous savez
qu'elle a un désir ardent, qui est celui...
M. Lacombe : Bien, je suis là
pour répondre à ce désir ardent.
M. Bérubé : Vous n'êtes...
Vous n'êtes qu'amour, c'est connu.
La Présidente (Mme Dionne) : OK.
Revenons au sujet du jour. Merci.
M. Bérubé : Elle veut...
M. Lacombe : Non, non, on est
dans le sujet, on est dans le sujet.
M.
Bérubé
: Elle
souhaite...
La Présidente (Mme Dionne) : Alors,
il vous reste 25 secondes.
M. Bérubé : Elle souhaite que
l'École nationale de l'humour puisse déménager dans le Quartier latin. Est-ce
que vous allez financer ce déménagement, qui est vital pour l'école?
M. Lacombe : On va être au
rendez-vous pour soutenir l'École nationale de l'humour. Le dossier avance
très, très bien.
M. Bérubé : Une annonce
bientôt?
M. Lacombe : Très bien.
M. Bérubé : C'est possible,
une annonce?
M. Lacombe : Il avance très
bien.
M. Bérubé : Vous me rassurez.
Merci.
La Présidente (Mme Dionne) : Merci
beaucoup. Alors, nous allons maintenant passer à Mme la députée de Robert-Baldwin
pour un temps de 18 minutes. La parole est à <vous...
La Présidente (Mme Dionne) :
...Robert-Baldwin
pour un temps de 18 minutes. La parole est à >vous.
Mme Garceau : Merci beaucoup,
Mme la Présidente. Je ne pense pas que je vais vous poser des questions, M. le
ministre, concernant la «date» que vous aviez. On va... On va parler des...
M. Lacombe : ...
Mme Garceau : ...de quelque
chose, évidemment, de très sérieux, et ça, c'est le secteur des arts de la
scène. Je sais que mon collègue l'a mentionné, mais nous savons très bien que
les artistes souffrent, et souffrent depuis plusieurs années, et surtout depuis
la pandémie. Et là on est... vous avez des cris du cœur, que ça soit de la
présidente de l'Union des artistes et plusieurs organismes. Vous avez eu la
manifestation devant vos bureaux jeudi passé. Ils étaient environ, quoi, 1 000
artistes qui manifestaient concernant les coupures au budget du CALQ. Et là, M.
le ministre... Et mon collègue a touché au salaire médian d'un artiste. C'est
abominable, là. Je ne sais pas pour vous, mais 17 300 $ par année,
quand c'est 56 % au-dessus du revenu médian de la population en général,
qui est 39 000 $, il faut passer à l'action. C'est... Les artistes
sont au cœur de notre culture, c'est dans leur ADN, ils sont des passionnés.
Vous avez... surtout aujourd'hui, et j'aimerais
le souligner parce que c'était... c'est venu me chercher, je dois vous dire, là,
de... le directeur général du Conseil québécois de la musique, Dominic Trudel,
qui est sorti aujourd'hui dans Le Devoir avec un regroupement, un
front commun pour les arts et les lettres, qui ont signé, évidemment, endossé
cette... ces demandes. Et je crois, M. le ministre, qu'aujourd'hui vous avez
l'opportunité, parce que c'est ça qu'ils vous demandent, de prendre un
engagement formel envers eux que vous allez bonifier le budget du CALQ, pour
sauver leur vie, sauver leur dignité, parce que c'est pas mal grave, la
situation actuelle.
Et je voulais en leur nom vous poser
quelques questions, parce que c'est les questions qui étaient mentionnées dans
l'article d'aujourd'hui. «En cette journée d'étude des crédits à l'Assemblée
nationale, nous aimerions entendre le ministre nous expliquer comment nous
arriverons, dans ce contexte, à poursuivre notre travail. Que nous suggère-t-il
de répondre aux demandes du personnel et aux artistes qui aimeraient voir leurs
salaires indexés au coût de la vie? Quels arguments nous conseille-t-il
d'invoquer pour les convaincre de ne pas changer d'emploi ou de carrière? Avec
quels moyens souhaite-t-il que nous maintenions la réputation enviable de nos
artistes sur le plan international? Comment envisageait-il que nous nous
prenions pour que les créations demeurent accessibles et circulent aux quatre
coins du Québec? Qu'arrive-t-il avec les orientations de la culture... de la
politique culturelle du Québec? En visite à Paris, la semaine dernière, le
ministre, plus nuancé qu'au lendemain du budget, semblait concéder que les
sommes disponibles étaient insuffisantes. Il dit maintenant travailler
activement avec le CALQ pour trouver une façon d'améliorer le soutien financier
aux organismes culturels à même les enveloppes budgétaires du ministère.»
Donc, nous attendons, évidemment, vos
réponses à ces questions, qui sont fort importantes.
• (16 h 30) •
M. Lacombe : Bien,
plusieurs... j'aurais vraiment plusieurs choses à dire. D'abord, et là c'est
sûr que ça va répéter... je vais un peu répéter ce que je disais à notre
collègue de Jean-Lesage tantôt parce que la question, elle est... elle est similaire,
c'est un dossier qui est délicat, en ce sens où on a agi, puis on a agi de
façon très affirmée, là, de façon très engagée. Lorsqu'on est arrivés en 2018,
il faut dire que le budget du conseil des arts... bon, ici, je ne veux pas
faire de petite politique, mais rappelons-nous l'époque libérale, où il y a eu
des compressions de plusieurs millions de dollars. Donc, de notre côté, plutôt
que de couper dans les budgets, notamment pour les organismes de regroupements,
les associations de regroupements, ce qu'on a décidé de faire, c'est d'investir
massivement. Donc, entre 2018 et aujourd'hui, la bonification, elle est de
35 %. Je veux dire, il faut reconnaître que c'est un engagement sincère à
promouvoir, à appuyer les arts de la scène puis les artistes qui les font vivre...
16 h 30 (version révisée)
M. Lacombe : ...à appuyer les
arts de la scène puis les artistes qui les font vivre, ces arts de la scène.
Donc, plus 35 % depuis 2018, alors que l'inflation, parce qu'il faut
toujours voir avec quoi on met ça en relation, avec quoi on le compare, pendant
ce temps-là... l'inflation a été de 22 %. Donc, inflation à 22 %,
augmentation de budget de 35 %. Donc, non seulement on a préservé, disons,
le pouvoir de dépenser de ces associations, de ces organisations, des arts de
la scène en général, mais on l'a bonifié. Ça, c'est une chose.
Deuxièmement, la loi sur le statut de l'artiste,
rappelons-nous, fin de la dernière législature, je dois le souligner, avec le
concours des partis d'opposition, qui ont rendu ça possible, parce que,
moi-même, j'étais sceptique, je regardais ça aller... C'est un dossier qui m'intéressait
beaucoup, la culture. Je regardais ça aller puis je me demandais si ça allait
passer, parce qu'on était rendus très loin, puis, grâce au travail de ma
prédécesseure, appuyée par les oppositions, qui ont mis vraiment du leur... du
sien... du leur, ça se dit, on a été capables de le faire. Donc, ça, la loi sur
le statut de l'artiste, on vient mieux protéger les artistes. Ce sont des lois
qui n'avaient pas changé depuis les années 80.
Donc, je pense qu'il faut reconnaître qu'on
est... qu'on est en action. Et j'entendais une collègue qui siège avec nous
ici, à l'Assemblée nationale, à la manifestation, dire que les artistes avaient
raison de se sentir méprisés par le gouvernement. Moi, je dis : Attention,
attention, on ne peut pas non plus envenimer le climat en lançant des
déclarations comme celles-là, alors que les chiffres sont sans équivoque. On
est au rendez-vous. Je dis, par contre, que c'est une situation délicate, parce
que, oui, on investit à la hauteur de tout ce que je viens de vous nommer, mais...
puis on pose des gestes avec le levier législatif, mais, en même temps, il y a
encore beaucoup de défis.
Vous parliez du salaire moyen ou du
salaire médian tantôt, du salaire médian. C'est vrai que c'est un enjeu. Donc,
c'est ce que je disais tantôt à notre collègue de Jean-Lesage, je ne suis pas
en train de dire : On a fait tout ce qu'on avait à faire, puis,
maintenant, bien là qu'ils s'arrangent avec ça parce que notre job est faite.
Ce n'est pas ça que je vous dis. Je vous dis : On a fait un bout de
chemin, mais je pense qu'il faut continuer le travail.
Donc, oui, rapidement, après le budget, j'ai
reconnu que le budget, c'était l'étape numéro un, que j'aurais souhaité en
avoir plus. Comme je vous dis, s'il y a un ministre qui vous dit le contraire,
prenez ça avec un grain de sel. On veut toujours plus pour nos clientèles. C'est
quand même une demande qu'on a priorisée. On a quand même obtenu 28 millions,
alors qu'il y a d'autres groupes qui n'ont rien reçu.
Donc, c'est un point de départ, mais la
deuxième étape, c'est de voir... Et, pour moi, c'était clair dans mon esprit,
rapidement, ça a été de dire : Bon, qu'est-ce qu'on peut faire dans les
sommes que nous avons déjà au ministère de la Culture, mais aussi dans
certaines de nos sociétés d'État, pour être capables de faire un pas de plus?
Parce que c'est vrai que, spécifiquement pour les ententes quadriennales qui
sont signées avec des centaines d'organismes culturels, c'est difficile, puis
on veut que ça suive, évidemment, le plus possible l'inflation, et les sommes
qu'on va dégager, bien, on pourra les investir directement dans ces
ententes-là.
Mme Garceau : OK, mais il y a
des... il y a des choix. Le gouvernement fait des choix, surtout dans les
enveloppes budgétaires, et, dans ce cas-ci, vous étiez très au courant des
doléances des différents regroupements dans le secteur, évidemment, de la
scène, des artistes de la scène, et il y a eu des choix de couper au niveau du
budget de la CALQ. Cependant, pour le milieu des arts visuels, vous avez
rencontré leurs demandes. Donc, pourquoi est-ce que vous avez priorisé le
milieu des arts visuels?
M. Lacombe : Bien, quand vous
parlez de décision, je vous en donne une qu'on a prise. Quand on parle de
soutenir, et peut-être que ça va aussi répondre à la question du député de
Jean-Lesage de tantôt, je suis persuadé en tout cas que ça va l'intéresser,
parlons des bourses, par exemple, qui sont octroyées directement aux artistes
pour les aider dans leur création. 2018-2019, le montant de bourses qui étaient
octroyées par le CALQ, 12,6 millions. 2022-2023, donc pour les années...
pour l'année 20220-2023, on est à 26,8 millions de dollars. Et là le
taux d'acceptation m'échappe, mais on en parlait, on est passés de... en tout
cas, on a augmenté de beaucoup. C'est moi, là, qui a... qui a un blanc, mais on
a augmenté de beaucoup. Donc, en voici un, choix qui a un impact direct sur les
finances des artistes. On parle de bourses, directement, pour les aider. Donc,
ça, c'est une chose.
Vous dites qu'on a fait des compressions
dans le budget du Conseil des arts et des lettres. Encore une fois, on peut
bien l'amener de cette façon-là, mais la vérité, c'est que vous regardez ça
puis vous dites : Il y a des programmes... ce qu'on constate, c'est qu'il
y a des programmes dont la fin était déjà annoncée, qui servaient à répondre à
un besoin qui est né pendant la pandémie.
Je pense à la mesure, par exemple, pour la
billetterie, c'était... c'était annoncé, là, à un moment <donné, qu'on
passerait...
M. Lacombe :
...mesure,
par exemple, pour la billetterie, c'était... c'était annoncé, là, à un moment >donné,
qu'on passerait à d'autres choses. Donc, ça, c'est une... c'est une mesure dont
la fin était annoncée. Par ailleurs, on est allés chercher des nouvelles sommes
pour bonifier le budget du CALQ, si bien qu'alors qu'on a pour 4,5 millions,
de mémoire, de mesures liées à la COVID qui sont... qui se terminent, bien, on
est allés bonifier le budget, de l'autre côté, de 4,8 millions.
Donc, je veux juste... je veux juste vous
souligner qu'on peut bien le tourner de la façon qu'on veut, mais, à la fin, la
façon dont moi, je le présente, c'est qu'on est allés chercher les sommes
nécessaires pour maintenir le budget du CALQ. On parle d'une variation de
0,2 %. Je pense qu'il faut... il faut remettre les choses en perspective,
là. Alors qu'il y a des mesures qui se terminaient, malgré ça, on a maintenu le
budget à peu près, là, à la même chose. Donc, je pense que c'est important de
le souligner.
Puis pourquoi on a répondu... pourquoi
j'ai répondu... pourquoi j'ai... j'ai contribué à ce qu'on réponde
favorablement à la demande des acteurs de l'industrie de l'audiovisuel, donc,
là, on parle des gens qui font des films, on parle des gens qui font des séries
télé, parce que je pense que, là, il y a un défi, qui est, par ailleurs,
exceptionnel, avec l'univers numérique, avec le décrochage de nos jeunes.
C'est-à-dire, avec la fracture
générationnelle qu'on constate actuellement, quand vous regardez les
statistiques, elles sont alarmantes. C'est près de 60 % des gens qui vont
sur les plateformes Netflix, Amazon Prime, Disney+, qui préfèrent regarder le
contenu en anglais, près de 60 %. Quand vous regardez les statistiques
pour les 44 ans et moins, pour les plus de 44 ans, il y a un fossé.
Tout dépend des statistiques, là, qui sont relevées par l'OQLF. On parle d'à
peu près une différence de 20 % dans les habitudes d'écoute en français ou
en anglais. Donc, évidemment, les gens plus âgés sont davantage nombreux à
l'écouter en français.
Donc, il faut agir. Il faut agir de façon
urgente, et ça, ça veut dire produire plus de contenu, notamment pour la
jeunesse. Donc, c'est pour ça qu'on investit, pas dans ce budget-ci, mais dans
le précédent, donc, l'année dernière, 101 millions de dollars pour Télé-Québec,
programmation jeunesse. C'est pour ça qu'on a rajouté un 20 millions de
dollars dans le budget qu'on vient de passer. C'est important. Il faut se
réapproprier le diffuseur public, qui, je vous dirais, avant qu'on arrive, n'a
pas connu ses meilleures années parce qu'il était sous-financé depuis bien,
bien longtemps. On est en train de remédier à ça, puis il faut s'assurer que nos
diffuseurs aient du contenu, du contenu original, de qualité, et que ce
contenu-là circule bien aussi dans l'univers numérique.
Donc, je pourrais partir très longtemps,
mais vous allez m'arrêter, avec raison, parce que... parce qu'il y a
beaucoup...
• (16 h 40) •
Mme Garceau : J'étais pour
vous arrêter.
M. Lacombe : Non, mais on a
beaucoup de pain sur la planche, puis je pourrais répondre à vos questions, si
vous en avez là-dessus... mais sur la façon dont on finance aussi nos
productions, parce que, et j'aurai l'occasion de l'annoncer dans les prochaines
semaines, on va lancer un chantier là-dessus, parce qu'il faut que nos
productions circulent mieux dans l'univers numérique. Donc, le défi, là, qu'on
a devant nous, il est énorme. Les arts de la scène ont aussi leurs défis, c'est
pour ça qu'on investit, plus 35 % depuis 2018, mais il ne faut pas oublier,
pendant ce temps-là, que nos jeunes, qu'on le veuille ou non, sont sur les
grandes plateformes, puis que ce qu'ils consomment, c'est du contenu américain,
et, moi, ça me préoccupe. Donc, il faut agir là. Donc, c'est la raison pour
laquelle on a accédé à la demande des diffuseurs, des producteurs, des
comédiens, des comédiennes, qui nous demandaient sensiblement à peu près tous
la même chose.
Mme Garceau : Changeons de
sujet, journaux régionaux. Malgré de nombreux appels à l'aide de la part des
acteurs du milieu, vous avez décidé, malheureusement, M. le ministre, de faire
la sourde oreille. J'aimerais... Vous avez... sans doute, vous avez le tableau
de la FNCC-CSN, où on voit les chiffres, le tableau pour la presse écrite,
papier et numérique, où, évidemment il y a une baisse assez importante. Dans
les dernières années, le nombre de journaux hebdomadaires est allé de 175 à 95,
le nombre de MRC sans média est allé de 34 à 45... à 47 en 2023, et la
population québécoise sans média, on est allés de 907 296 à
1 647 504. Donc, compte tenu des chiffres, M. le ministre, je présume
que ça vous préoccupe, ce genre de chiffres là et tableau. Donc, pourquoi
est-ce que vous n'avez pas considéré d'étendre les crédits d'impôt sur la masse
salariale des salles de presse aux médias électroniques, radio et télévision?
M. Lacombe : D'accord, je
vois où votre question atterrit, parce que le préambule... Je pensais que vous
alliez parler des médias écrits dans les régions parce que vous en avez
beaucoup parlé. Permettez-moi quand même de remettre encore une fois les choses
en <perspective. Ce n'est pas moi...
M. Lacombe :
...permettez-moi
quand même de remettre encore une fois les choses en >perspective. Ce
n'est pas moi qui vous dis ce que je vais vous dire, c'est Brian Myles du Devoir,
qui, lui-même, reconnaît que le Québec est l'endroit en Amérique du Nord... le
gouvernement du Québec est l'État en Amérique du Nord qui soutient le mieux ses
médias écrits.
Donc, je pense qu'il faut être fiers de ça
parce que c'est un investissement dans notre vie démocratique, puis, par la
bande, je suis le ministre de la Culture et des Communications, bien, le volet communications,
les médias, évidemment, ça vient aider l'effervescence, la vitalité du milieu
culturel. Je pense à ma région, l'Outaouais. Évidemment, si on n'a personne qui
couvre les arts et spectacles... La Beauce, c'est, j'imagine, un peu la même
chose, l'est du Québec aussi, la Montérégie, Montréal. Donc, si on n'a personne
qui s'intéresse à la scène culturelle, bien, c'est difficile. Donc, on est là,
puis je pense que c'est important de le mentionner, 35 % de crédit d'impôt
sur le salaire des journalistes, jusqu'à un salaire... jusqu'à concurrence d'un
salaire de 75 000 $ par année. On soutient bien les médias écrits.
Maintenant, c'est vrai qu'il y a eu une
demande insistante, je vais dire, cette année, que je comprends, des grands...
de grands groupes, comme Bell Média, comme Cogeco, comme Québecor, par exemple,
qui nous demandent d'appliquer ce crédit d'impôt aux journalistes qui
travaillent dans les salles de nouvelles de leurs médias, donc, par exemple, à
la radio puis à la télévision, et c'est un dossier qu'on est en train de
continuer de travailler. Ce n'est pas un dossier qui est simple, c'est assez
complexe, parce que le modèle est très différent de ce qu'on connaît dans la
presse écrite, mais, comme je leur ai dit au lendemain du budget, la discussion
n'est pas terminée. Continuons la discussion avec eux. L'objectif, c'est d'être
capables d'aider tout le monde. On le fait avec la presse écrite de façon assez
remarquable et on va continuer de le faire, mais je pense qu'il faut poursuivre
la discussion puis la réflexion pour la façon dont on aide les médias... les
médias électroniques.
Puis, en parallèle, je le dis aussi parce
que je pense que c'est important, il faut continuer d'investir pour la qualité
de l'information, parce qu'actuellement on connaît une baisse de la confiance
des citoyens envers les médias qui est assez importante. Chez les jeunes, c'est
60 %. 60 % des jeunes qui regardent les médias se disent que ce
qu'ils regardent a probablement été trafiqué et que ce n'est probablement pas
le reflet de la réalité. Ça, pour moi, c'est très inquiétant. Donc, qu'est-ce
qu'on peut faire pour améliorer cette confiance-là? Je le dis souvent, ce n'est
pas toujours populaire, mais je le répète quand même, on est là pour soutenir
les médias, on le fait. Je pense que personne ne peut douter du fait qu'on y
croit, mais, en même temps, il faut aussi se poser cette question-là. Donc, on
investit, par exemple, dans le Conseil de presse. On a annoncé 750 000 $
cette année, bonification — ensuite, 250 000 $ par année — de
son budget de fonctionnement pour que les gens aient confiance envers leurs
médias.
La Présidente (Mme Dionne) : Merci.
Il reste cinq secondes. Il vous reste quatre secondes. Nous poursuivrons au
prochain bloc. Alors, je cède la parole au député de Jean-Lesage pour une
période de 12 minutes.
M. Zanetti : Merci, Mme la
Présidente. Je veux qu'on parle de la fête nationale. Le protocole de
financement de la fête nationale envers le mouvement national des Québécois,
qui organise la majorité des fêtes nationales au Québec, incluant la grande
fête nationale de Québec... à Québec, leur financement, normalement, est
renouvelé pour plusieurs années à la fois. Je sais que la dernière fois, étant
donné, là, que c'était une sortie de pandémie, tout ça, c'étaient deux ans,
mais ça a été, par le passé, trois ans, cinq ans, ce qui assure une meilleure
prévisibilité pour l'organisation, plus facile d'embaucher des gens, de trouver
des partenaires, aussi, externes pour financer, mais à long terme, et là la
dernière fois, ça a été renouvelé uniquement pour un an. Pourquoi est-ce que
c'est renouvelé pour un an? Est-ce que vous envisagez de rapatrier l'organisation
des fêtes nationales au sein du gouvernement?
M. Lacombe : Bien, ce que je
peux vous dire, c'est que, pour nous, la fête nationale, c'est important,
évidemment, et que, conséquemment, il y aura une augmentation des budgets.
Donc, ça, c'est la bonne nouvelle. Il y aura une augmentation des budgets
consentis à l'organisation de la fête nationale au Québec, aux festivités.
Donc, j'aurai l'occasion de faire des annonces lorsque je serai prêt à faire
ces annonces-là, mais la bonne nouvelle, c'est qu'on va être en mesure d'offrir
une bonification aux festivités. Donc, les bottines suivent les babines. On y
croit, c'est une chose, mais on n'y croit pas juste avec des paroles puis des
intentions. On va passer de la parole aux actes.
M. Zanetti : Donc, je répète
ma question, est-ce que ça fait partie des scénarios que le gouvernement rapatrie
<l'organisation des fêtes nationales au sein du gouvernement...
M. Zanetti :
...est-ce
que ça fait partie des scénarios que le gouvernement rapatrie >l'organisation
des fêtes nationales au sein du gouvernement?
M. Lacombe : Bien, je dirais
que, pour l'instant, on est en train de voir ce qu'on fera avec les sommes
supplémentaires qu'on va investir dans la fête nationale.
M. Zanetti : OK. Je vais vous
partager une inquiétude importante, c'est que, pour moi, c'est vraiment
important que ce soit une organisation de la société civile qui soit non
politique, au sens où elle n'est pas... elle ne fait pas partie du gouvernement,
qui organise cette fête-là parce que, bien, c'est une fête dans laquelle... Imaginez,
là, que le gouvernement, par exemple... imaginez ce que ça fait à la liberté,
par exemple, d'expression des artistes... qu'il pourrait dire : Bien, si
tu veux aller jouer à la Saint-Jean, là, pour la fête nationale, bien, fais
attention, tu sais, ne critiques pas le gouvernement parce que c'est eux qui
l'organisent. Puis on sait que les fêtes nationales, c'est à peu près
5 millions, là. Vous dites que ça va être encore plus. Tant mieux. C'est
des gros spectacles, c'est des... c'est des contrats importants pour des
musiciens, pour du monde dans le milieu... dans le milieu des arts, milieu de
la scène au Québec.
Ça fait que c'est pour ça que le fait
qu'en ce moment ce ne soit pas le gouvernement qui l'organise... ça fait qu'il
n'y a pas cette espèce de pression là. Moi, je trouverais ça très préoccupant,
je vous le dis, là, que le gouvernement rapatrie ça, puis pas à cause que c'est
votre gouvernement, mais parce que c'est n'importe quel gouvernement. Je pense
que c'est important que la fête nationale, elle n'est... il n'y ait aucun
soupçon, pour les gens qui... pour les artistes, aussi, qui vont être engagés
ou pas, qu'il y ait une espèce de vision politique, partisane derrière
l'organisation dans le choix des artistes. Alors, je vous le mentionne. Je
pense que, si jamais vous allez dans cette voie-là, parce que j'entends que
vous l'envisagez, il va y avoir des inquiétudes importantes et ça va soulever
des questions fondamentales.
M. Lacombe : ...juste... peut-être
juste souligner que, là, on me prête des propos que je n'ai pas tenus.
M. Zanetti : Je lis entre les
lignes que, ne niant pas le fait que vous l'envisagez, ça doit être parce que,
quelque part, vous l'envisagez un petit peu, mais niez-le, et je dissiperai le
doute.
M. Lacombe : Bien, je n'ai
pas tenu ces propos-là.
M. Zanetti : Non, non,
mais...
La Présidente (Mme Dionne) : ...interprétation,
s'il vous plaît. Merci.
M. Zanetti : Vous avez
raison, Mme la Présidente. Alors, s'il veut dissiper tout doute, j'invite le
ministre à nier qu'il envisage ce scénario.
M. Lacombe : Mais je veux
souligner quelque chose, parce que, sur le fond, le député de Jean-Lesage et
moi, on est d'accord, là. Je suis d'accord avec vous qu'il ne faut absolument
pas que ce soit une fête qui soit politisée, et je le dis sincèrement, et je ne
pense pas que... Bien, en fait, la fête, elle est politique dans un certain
sens, mais, c'est-à-dire, elle n'est pas contrôlée par le politique, et je
pense qu'on a de très bons exemples de ça. Pensons à l'année dernière, où le
porte-parole de la fête nationale n'a pas fait l'unanimité.
Donc, vous voyez bien qu'il n'y a rien de
téléguidé par le gouvernement, et je ne pense pas que ça va l'empêcher de... Je
parle, bien sûr, d'Émile Bilodeau, qui est un artiste que je respecte. Je ne
pense pas que ça va l'empêcher de jouer à la prochaine fête nationale, dans le
sens où il n'y a pas de contrôle gouvernemental, bien que, je vous dirais, il y
a quand même une relation de dépendance avec le gouvernement parce que c'est le
gouvernement qui finance les fêtes, et, effectivement, à chaque année, bien, il
faut s'entendre. Il faut s'entendre avec le mouvement national des Québécois,
avec la Société Saint-Jean-Baptiste, puis ils viennent dans notre bureau puis
on a des discussions, pas sur le contenu, mais on a des discussions, puis je
vous dirais que, dans l'état actuel des choses, s'il y a un gouvernement qui...
qui voulait dépasser la ligne, je pense qu'il serait en mesure de le faire
parce qu'il agit sur le financement. J'espère qu'il n'y a pas de gouvernement
qui fera ça. En tout cas, moi, ce n'est pas... ce n'est pas mon intention.
• (16 h 50) •
Donc, je pense qu'il y a déjà une ligne à
ne pas franchir puis je pense que, peu importe le modèle que prendra la fête
nationale dans l'histoire du Québec, c'est-à-dire dans les décennies à venir,
je pense qu'il n'y aura pas de modèle parfait, mais que, dans tous les cas, ce
qu'il faut préserver, c'est l'indépendance d'esprit. C'est-à-dire, il faut...
il faut que... il ne faut pas que ce soit un organisme qui est un porte-parole
du gouvernement, effectivement. Ça, là-dessus, on est... on est très, très
d'accord, puis je vous partage une réflexion, et, peu importe qui opère la fête
nationale au Québec, moi, je suis un jeune Québécois qui pense que, en tant que
nationaliste, on peut voir grand pour le Québec, puis que nos festivités de la
fête nationale doivent avoir plus d'envergure que ce qu'elles ont actuellement.
Je pense que vous serez d'accord avec moi sur cette question-là.
Donc, ça demande non seulement un
investissement, ça, c'est une chose, mais ça demande aussi une réflexion.
Est-ce qu'on peut penser plusieurs années à l'avance comment est-ce qu'on peut
célébrer les grands Québécois, les moments importants de notre histoire
collective? Je pense qu'il faut avoir cette réflexion-là parce que, comme
nation, si on veut avoir une fête nationale digne d'une nation, qui ne soit pas
juste un spectacle, mais qui soit une célébration de la nation québécoise,
planifiée dans le temps, structurée... Bien, nécessairement, il faut avoir des
réflexions là-dessus. Donc, si vous en avez, moi, je serai preneur de vous <entendre.
Je suis sûr que vous, vous en avez...
M. Lacombe :
...faut
avoir des réflexions là-dessus. Donc, si vous en avez, moi, je serai preneur de
vous >entendre. Je suis sûr que vous, vous en avez.
M. Zanetti : Merci. Je veux
aller sur un autre sujet, la crise des médias. Vous en avez un peu parlé avec
d'autres collègues, mais, moi, le constat que je fais, là, c'est que les
mesures du gouvernement du Québec, en ce moment, pour soutenir les médias au
Québec, les grands médias, mais aussi les médias régionaux particulièrement,
elles sont insuffisantes. Je ne dis pas qu'elles sont inexistantes.
Donc, inutile d'en refaire la liste,
mais... puis on a beau être les meilleurs en Amérique du Nord, je dirais, quand
on... se comparer aux États-Unis, là, ce n'est pas une référence, ce n'est pas
intéressant puis ça ne donne rien, il y a... il y a encore des coupures de
postes importantes. Il y a du monde qui sont... qui vivent beaucoup
d'incertitude. Il y a... Tout ça, le modèle d'affaires, les fonds disponibles
ont une influence sur le contenu qu'on a, tu sais, de moins en moins de grands
reportages de fond parce que ça coûte cher. Donc, il y a moins de... de moins
en moins de contenu qui coûte cher, et il faut donner un coup de barre,
absolument.
Moi, ce que j'entends en ce moment, c'est
que la crise des médias, on est dedans, on n'en est pas sortis. Les mesures qui
sont là en place ne sont pas en train de stabiliser les choses, même si les
stabiliser, en ce moment, ce serait comme un peu les stabiliser en posture
d'insuffisance de moyens, là. Dans le dernier budget, ce que je constate, c'est
qu'il n'y a pas de coup de barre là, il n'y a pas de mesures spectaculaires et
fondamentales qui vont vraiment nous sortir de la crise, ni à court, ni à
moyen, ni à long terme.
Alors, c'est un constat, là, que je
partage, mais je vous ramène à une proposition qu'à Québec solidaire on fait
depuis quelques années, c'est l'idée d'instaurer un fonds des médias énorme qui
serait financé à partir de la taxation des GAFAM et qui pourrait nous permettre
vraiment d'amener un financement structurel au milieu médiatique québécois.
Est-ce que c'est quelque chose que vous pourriez envisager?
M. Lacombe : Je dis, très
candidement, sachant bien que, peut-être, ça va être repris par les journaux
comme si c'était, proactivement, moi qui avait fait cette annonce-là en
conférence de presse, mais je suis à l'aise avec mes propos, en disant que ce
n'est pas quelque chose, d'emblée, que je veux exclure parce que je pense qu'il
faut réfléchir à tous les moyens. Est-ce que c'est le meilleur moyen? Je ne le
sais pas à l'heure actuelle. Est-ce que c'est un moyen auquel on doit
réfléchir? Je pense que oui, parce qu'exclure des moyens, à ce moment-ci, je ne
pense pas que ce serait la meilleure stratégie.
Maintenant, il faut... il faut bien y
penser, puis il faut regarder ce qui se fait déjà, puis voir comment on peut
être complémentaires. Il y a évidemment ce qui se fait sur la scène fédérale,
actuellement, avec les suites de C-18, l'entente qui a été... qui est
intervenue avec... avec Google. Bon, il y a encore des discussions à avoir à ce
sujet-là. Vous m'avez entendu prendre position là-dessus. Donc, il y a un
élément de ce côté-là. Il y a tout le travail qui est fait avec l'OCDE, par
exemple, pour la taxation des GAFAM. Maintenant, je pense qu'on est de plus en
plus à dire «les GAMAM», parce qu'on parle de Meta plutôt que de Facebook.
Donc, il y a beaucoup d'initiatives qui se
mettent en place un peu partout, et je pense que... et c'est ce qu'on est en
train de faire. On est en train de réfléchir aussi, dans cet écosystème-là,
comment nous, on est capables de s'insérer puis de venir apporter des solutions
québécoises à cet enjeu qui, ici, au Québec, est distinct, peut-être, du reste
du Canada, par exemple, parce que, pour nous, c'est un enjeu qui est culturel,
qui est identitaire, c'est d'être capables de faire la promotion de notre
culture dans notre propre écosystème puis de ne pas perdre ce... j'ai envie de
dire «ce star-système», il n'y a pas vraiment d'équivalent français pour ça, mais
ce star-système, tu sais, qui a fait du Québec ce qu'il est puis qui a fait de
la culture québécoise... qui... qui nous a préservés un peu de l'influence
américaine pendant longtemps.
Donc, la journée où tous les médias vont
tomber, ça n'existera plus. Donc, je pense que, bref, on ne doit pas... on ne
doit pas éliminer des solutions tout de suite. On doit plutôt additionner que
soustraire. Est-ce que ça va atterrir, avec ça, à la fin... beaucoup trop tôt
pour le dire, mais, d'emblée, n'excluons rien.
M. Zanetti : OK. Je vais vous
insuffler un sentiment d'urgence supplémentaire, parce que ça fait... ça fait
six ans que la Coalition avenir Québec est là, ça fait même plus longtemps que
ça qu'on parle de crise des médias, c'est extrêmement... c'est extrêmement
grave. L'hémorragie, là, elle n'est pas arrêtée, ça continue de saigner, des
centaines de coupures de postes qu'on a vues avant Noël, c'est extrêmement
alarmant. On ne peut pas remettre l'avenir du financement non plus, même de la
société d'État Radio-Canada, entre les mains du Canada, là. On sait que... En
tout cas, on pense, vraisemblablement, qu'il y a un gouvernement conservateur
relativement hostile à Radio-Canada qui s'en vient aussi à un moment donné, peut-être
qu'il y a un de vos anciens collègues qui va être dedans, on ne sait pas, puis
ça veut dire qu'il faut agir maintenant avant que ça, ça arrive. Il faut qu'on
protège de façon autonome l'information au Québec pour des raisons
démocratiques évidentes. Ça fait que je rajoute une couche de sentiment
d'urgence là-dessus. Je regarde...
La Présidente (Mme Dionne) : ...M.
le député.
M. Zanetti : En
30 secondes? C'est cruel. Bien, je vais vous écrire une lettre.
M. Lacombe : Mais je comprends
ce sentiment d'urgence, puis je le... je le partage aussi, là, bien <sincèrement,
puis je ne referai...
M. Lacombe :
...mais
je comprends ce sentiment d'urgence, puis je le... je le partage aussi, là,
bien >sincèrement, puis je ne referai pas la... Je ne nommerai pas tous
les chiffres, là, mais, tu sais, c'est plus de 828 millions, depuis notre
élection, si on compte la publicité, là, tout ce qu'on a donné aux médias, pour
les aider à passer à travers la crise.
La Présidente (Mme Dionne) : Merci
beaucoup, M. le ministre.
M. Lacombe : Puis on continue
la réflexion.
La Présidente (Mme Dionne) : Merci.
C'est tout le temps qu'on avait. Donc, Mme la députée de Robert-Baldwin, pour
votre dernier bloc de 18 minutes.
Mme Garceau : Oui, merci
beaucoup, Mme la Présidente. Il y a sentiment d'urgence également dans le
secteur muséal, comme vous le savez, M. le ministre, surtout les musées en
région souffrent énormément. Depuis des années, ils font des demandes
récurrentes d'augmenter de façon importante l'enveloppe du PAFIM. Il y a eu les
effets combinés de l'inflation, de la pandémie... font en sorte que plusieurs
musées, principalement en région, voient leur survie compromise à court et
moyen terme. Il y a des conditions de travail... sont déplorables : pas de
filet social, absence de fonds de retraite et des salaires souvent en dessous
de ce que les restaurants de restauration rapide offrent pour des travailleurs
et travailleuses en majorité diplômés de niveau universitaire.
Et donc je sais, M. le ministre, que vous
avez eu des demandes au niveau d'augmenter l'enveloppe du PAFIM, que, surtout,
il y avait une inquiétude. Ils étaient préoccupés, et avec raison, avec le
projet des Espaces bleus, que vous aviez dit... c'était pour être en
complémentarité, mais quand est-ce qu'ils vont recevoir leur financement dont
ils ont besoin pour fonctionner adéquatement?
M. Lacombe : Donc, pour
préciser votre question, ce que vous me demandez, c'est à quel moment on compte
bonifier le financement des institutions muséales?
Mme Garceau : Oui, en région.
M. Lacombe : En région. Donc,
le programme d'aide au financement des institutions muséales, le PAFIM, j'imagine
que c'est ce à quoi vous faites référence?
Mme Garceau : Oui, c'est ça.
M. Lacombe : Dans la
dernière... et là je n'ai pas le document sous la main, mais, dans la dernière,
donc, mouture du PAFIM, on a fait des bonifications importantes, 17,5 millions,
puis, en pourcentage, en proportion, c'est important, là, on parle de sommes
qui... qui sont très conséquentes. Donc, on a... on a fait cette bonification,
puis, le PAFIM, quand est-ce qu'on le renouvelle?
Une voix : ...
M. Lacombe : L'année
prochaine.
• (17 heures) •
Mme Garceau : OK. Loi sur le
patrimoine culturel, qui a été modifiée en avril 2021, et évidemment la loi
venait donner aux ministères de nouveaux outils afin de mieux gérer la
protection du patrimoine, et donnait aussi aux municipalités, aux villes, plus
de pouvoirs pour agir de leur côté, ma première question porte sur l'inventaire
que doivent faire les municipalités d'ici 2026. À deux ans de l'échéance,
est-ce que vous pouvez nous dire, M. le ministre, quel pourcentage des
municipalités du Québec ont déjà fait leur inventaire?
M. Lacombe : Vous avez raison
de dire que c'est jusqu'en 2026. Ça fait qu'il leur reste encore un moment. Je
pense que c'est important de le remettre en perspective puis de bien constater
aussi le fait que la vitesse d'exécution constatée, disons, entre le moment de
l'annonce, la mise en vigueur et maintenant n'est assurément pas, en tout cas, je
prédis, représentative de ce que sera la vitesse d'exécution pour les années à
venir, parce qu'au départ, évidemment, tout ça était nouveau. Donc, les
municipalités, les MRC devaient se familiariser avec... avec le processus. On
les a accompagnées, et je pense qu'on prendra de la vitesse, mais, jusqu'à
maintenant, on parle de plus de 83 MRC ou municipalités qui ont des
processus d'inventaire en cours.
Donc, il y en a certaines qui l'ont
complété. Le chiffre est peu élevé. On parle de 21. En cours, on parle de 62
plus globalement. Donc, on souhaiterait que ce soit plus élevé, c'est sûr,
mais, en même temps, comme je vous le disais, il nous reste encore quelques
années devant nous, et la vitesse de réalisation constatée jusqu'à maintenant,
je ne pense pas qu'elle va être représentative. Elle est, à mon sens,
probablement inférieure à ce qu'on va voir d'ici 2026 parce que, là, on va être
capables de prendre de la vitesse. Les gens vont être beaucoup plus habitués,
rompus aux processus puis à tout ce que ça implique, parce que ce n'est pas un
processus qui est simple, nécessairement, là, c'est compliqué. Donc, on est là
aussi pour les appuyer.
Mme Garceau : ...avez
mentionné... Avec la loi, vous avez donné de nouveaux pouvoirs aux villes et
aux municipalités afin qu'elles puissent plus facilement agir pour protéger un
immeuble. En janvier 2023, un article du Devoir disait que les MRC
n'utilisaient pas leurs pouvoirs de citation de biens patrimoniaux et que les villes,
de leur côté, ne voulaient pas...
17 h (version révisée)
Mme Garceau : ...un article du
Devoir disait que les MRC n'utilisaient pas leur pouvoir de citation de
biens patrimoniaux et que les villes, de leur côté, ne voulaient pas non plus
le faire pour peur de coûts élevés que cela était pour engendrer pour leurs
municipalités. Est-ce que... Je sais qu'à l'époque, vous disiez que la loi
allait bien, que vous étiez pour laisser le temps aux acteurs, là, d'agir.
Est-ce qu'en ce moment, un an plus tard, vous avez la même réponse? Est-ce que
vous pensez que ça va se faire, que ça va de bon train?
M. Lacombe : Est-ce que vous
venez de me citer? Parce que je ne suis pas... En tout cas, peut-être que ma
mémoire me fait défaut, là. Mais est-ce que vous m'avez cité à l'effet que je
disais que c'était lent avec les municipalités et les MRC parce que ça
impliquait des coûts pour elles? Est-ce que j'ai entendu ça?
Mme Garceau : Non, c'est...
Non, pas... non, non.
M. Lacombe : Non. OK, vous ne
m'attribuez pas la citation. OK. Bien, en fait... Puis la question, c'est :
Est-ce qu'on sent que, là, elles sont volontaires de mener le processus?
Mme Garceau : Oui,
exactement.
M. Lacombe : Oui? Bien, il n'y
a rien qui me porte à croire, en ce moment, qu'elles ne le sont pas. Collectivement,
je pense qu'elles sont... Et, on le répète souvent, le patrimoine, c'est une
responsabilité partagée. Donc, je pense qu'elles sont très conscientes du fait
que ça va leur servir, cet inventaire-là, parce que, nécessairement, si elles
le réalisent comme elles doivent le faire, bien, chez nous, à Québec, on va
être capables d'avoir une meilleure lecture de la situation partout puis d'adapter,
par exemple, nos programmes à ce que ça prend véritablement sur le terrain,
parce qu'on aura une meilleure lecture de ce qui se passe sur le terrain.
Donc... Puis on les appuie aussi financièrement, tu sais : 2,7 millions de
dollars en 2023-2024 pour un total de 10,7 millions annoncés depuis 2022
pour soutenir, justement, les MRC dans la réalisation de ces inventaires-là,
partout au Québec, des inventaires, évidemment, puis des obligations qui
découlent de ce qu'on a fait adopter comme modifications législatives. Donc, il
y a ces obligations qui leur sont demandées, qui vont, par ailleurs, je le
disais, leur être bénéfiques, parce qu'on aura plus d'informations, puis en
plus de ça, on les aide financièrement à pouvoir réaliser... à pouvoir réaliser
ces obligations-là.
Mme Garceau : L'un des grands
défis, M. le ministre, surtout pour une personne qui est propriétaire d'un
bâtiment historique, c'est de l'assurer. Vous savez qu'il y a des grands
problèmes à ce niveau-là, et il y avait un article du 10 mars 2024... que
le propriétaire d'une maison deux fois centenaire, dans le Vieux-Québec, avait
reçu un refus de la part de Desjardins concernant le renouvellement de sa
police d'assurance. Malheureusement, ce n'est pas un cas ciblé, il y en a
beaucoup d'autres. Et donc, qu'est ce que vous comptez faire, M. le ministre,
pour venir en aide aux propriétaires qui doivent faire des rénovations, qui
doivent obtenir de l'assurance?
M. Lacombe : Bien, on va
continuer le travail qui est en cours, déjà, depuis un moment, c'est-à-dire, c'est
un réel problème, et chaque fois que je rencontre des propriétaires de maisons
anciennes, ils me le rappellent bien. Donc, on va continuer le travail, entre
autres, qui est commencé avec le Bureau d'assurance du Canada. Par exemple, le
ministère a émis, aussi, une directive pour bien expliquer aux assureurs...
Parce qu'une part du problème, selon nous, résidait là, c'est-à-dire que les
assureurs ne comprennent parfois pas très bien les obligations qui viennent
avec la propriété de ces maisons anciennes. Donc, en cas de sinistre, est-ce qu'on
parle de reconstruction à l'identique, où tout doit être fait pareil, pareil?
Souvent, bien, c'est une crainte pour l'assureur, qui se dit : Le coût de
reconstruction est tellement astronomique que, bien, on doit soit se retirer de
ce marché-là parce qu'il y a trop de risques ou, encore, augmenter de façon
importante les primes. Donc, ça, c'est un geste concret qu'on a posé. Puis,
très récemment, donc à la fin du mois de mars, on a aussi lancé un appel d'intérêt,
donc publiquement, pour qu'il y ait des acteurs de l'industrie des assurances,
du monde des assurances qui s'assoient avec nous, qui travaillent avec nous
pour développer des solutions.
Donc, je n'exclus... je n'exclus pas de...
Un peu comme je le disais tantôt à notre collègue de Jean-Lesage, je pense qu'on
ne doit rien exclure. Protéger le patrimoine, c'est important. Pour le
protéger, il faut l'habiter; pour l'habiter, il faut qu'il y ait des gens qui l'achètent;
puis si les gens veulent l'acheter, il faut qu'il soit assuré. Tout est dans
tout. Donc, on y travaille. Mais ce n'est pas simple, ce n'est pas simple,
parce qu'on parle d'assurance, et, évidemment, c'est un domaine que le
gouvernement ne contrôle pas. Mais j'ai bon espoir qu'avec l'appel d'intérêt qu'on
a lancé, il y ait des gens qui lèvent la main, si ce n'est déjà fait, puis qu'on
puisse travailler avec eux sur des solutions.
Mme Garceau : OK. Donc, vous
avez... il y a une réponse à une question 6, concernant un contrat que vous
avez... Il y a eu un contrat de 10 000 $ octroyé à la firme MLG
Stratégies inc., afin d'accompagner et de conseiller le ministère dans ses
démarches visant à développer des outils de <financement...
Mme Garceau :
...octroyé
à la firme MLG Stratégies inc. afin d'accompagner et de conseiller le ministère
dans ses démarches visant à développer des outils de >financement
alternatifs en matière de patrimoine bâti. Est-ce que le ministre peut nous
dire quels ont été les résultats de cet accompagnement?
M. Lacombe : Bien, je peux y
aller de façon générale, je peux y aller de façon générale, parce qu'on est en
réflexion sur cette question-là. Mais je pense — et c'est le sens du
travail qu'on fait actuellement au ministère — qu'on doit sortir des
sentiers battus et des méthodes traditionnelles de financer la préservation du
patrimoine. Quand je regarde tout ce qu'on a comme bâtiments patrimoniaux au
Québec, quand je vois l'ampleur des demandes qui nous sont faites et quand je
vois, aussi, le nombre de bâtiments qu'on classe, par exemple, mais dont on
n'arrive pas vraiment à déterminer un nouvel usage, parce que ce sont des
bâtiments de très grande envergure, je pense qu'on doit réfléchir à des
nouvelles façons, entre autres, d'intégrer le privé, qui peut devenir un investisseur,
entre autres, de voir comment on peut rentabiliser ces lieux-là, générer,
peut-être, des revenus autonomes, par exemple. Donc, je pense que c'est
important de réfléchir à ça, et ce que je comprends, c'est que ce contrat va...
les services que nous avons retenus vont nous permettre, disons, d'approfondir
la réflexion. Moi, c'est ce que je peux vous dire, en tout cas, sur la
réflexion générale. Pour les termes plus précis du contrat, bien, évidemment,
je pourrai... je pourrai passer la parole à nos collègues.
Mme Garceau : Est-ce qu'il y
a un rapport? Est-ce qu'il y a un document qui a été déposé?
Mme Verge (Nathalie) :Bien, le rapport a été... est encore en...
Une voix : ...
Mme Garceau : Oui, oui,
consentement.
La Présidente (Mme Dionne) : Oui?
Consentement? D'accord, merci. Excusez-moi.
Mme Verge (Nathalie) :Oui, c'est certain que le...
La Présidente (Mme Dionne) : Madame,
je vous demanderais juste de vous présenter, en entrée de jeu, puis vous
pourrez prendre la parole.
Mme Verge (Nathalie) :D'accord. Nathalie Verge, sous-ministre. Oui,
effectivement, c'est certain qu'on a eu des documents en lien avec cette
expertise-là. Maintenant, la décision du ministre, c'est toujours en réflexion.
Donc, c'est un document qui n'est pas encore final, qui n'a pas abouti à une
décision sur un nouveau mode de financement alternatif. Mais c'était une
expertise qu'on ne détenait pas, une expertise financière très pointue qu'on ne
détenait pas au ministère, donc on est allés chercher des conseils à l'externe.
• (17 h 10) •
Mme Garceau : Parlons
maintenant de l'état des bâtiments du ministère. Lorsqu'on regarde l'objectif,
qui est d'atteindre une proportion de 65 % des immeubles, des organismes
et des sociétés d'État dans un état satisfaisant ou mieux, on constate que le
gouvernement est loin de sa cible. En effet, on constate même que plutôt que
d'aller en s'améliorant, la situation empire. Le pourcentage est, en effet,
passé de 57 %, en 2020-2021, à 51 % en 2024-2025. Comment est-ce que
le ministre explique-t-il cette pente descendante?
Mme Verge (Nathalie) :Oui, je peux répondre sur ce point. C'est... Vous parlez du
PAGI. Donc, effectivement, il y a une partie du PAGI, quand même, qui s'est
améliorée dans les édifices, là, du ministère, notamment avec certains
entretiens qui ont été faits à nos musées, mais c'est certain qu'il y a
d'autres bâtiments, par contre, qui font baisser la note générale. Donc,
globalement, si on regarde le nombre d'édifices, ça va un peu mieux, mais il y
a des édifices qui se détériorent un peu plus, et donc, sur l'importance de ces
travaux là, oui, ça fait descendre la cote. Mais sur le nombre d'édifices, ça
va quand même mieux, mais sur certains édifices qui nécessitent des investissements
plus grands, bien, ça se détériore un peu. Donc, en dollars, ça va un peu moins
bien, mais en nombre, ça va un peu mieux.
Mme Garceau : Donnez-moi
juste une minute, là, j'ai... elle est... non, elle n'est pas là... M. le
ministre, je voulais vous poser... Il y a eu des inquiétudes soulevées,
dernièrement, concernant la composition du conseil d'administration de la SODEC — vous
êtes bel et bien au courant — et les possibles conflits d'intérêts.
La situation a été même dénoncée, récemment, dans une lettre ouverte transmise
au gouvernement et signée par un regroupement des principaux syndicats des
milieux culturels. Est-ce que le ministre peut nous dire... Qu'est-ce que vous
comptez faire pour rassurer le milieu des <arts...
Mme Garceau :
...des
milieux culturels. Est-ce que le ministre peut nous dire... Qu'est-ce que vous
comptez faire pour rassurer le milieu des >arts que la SODEC est
impartiale et neutre?
M. Lacombe : Bien, ce que je
peux faire pour les rassurer... parce que je vais vous donner le fond de ma
pensée sur cette question-là juste après, mais pour les rassurer, ce que je
peux dire, c'est que du moment où tout ça est connu, du moment où tout ça est
su... Et je ne sais pas combien de temps il nous reste, Mme la Présidente?
La Présidente (Mme Dionne) : Il
nous reste trois minutes.
M. Lacombe : Trois minutes.
Du moment où tout ça est su, connu, ça revient dans l'espace public,
effectivement, parce qu'il y a des gens qui ont des inquiétudes, j'ai envie de
dire, légitimes, ça leur appartient, ils l'expriment. Donc, ça revient dans
l'actualité, et je suis appelée à commenter ça, on est ici en train d'en
parler. Donc, je pense que du moment où tout ça est public, ça fait en sorte
que tout le monde s'assure que les règles sont respectées, qu'il n'y a pas,
effectivement, de conflits d'intérêts qui s'avéreraient, que tout est fait dans
les règles de l'art. Donc, je pense que de le faire dans la lumière, comme ça,
bien, ça, nous prémunit, ça nous protège de certaines dérives qui pourraient
peut-être exister.
Mais là où je vous dis le fond de ma
pensée, c'est qu'à un moment donné, il faut être conséquents, puis il faut
aussi choisir son camp. Soit on veut que les conseils d'administration soient
représentatifs des secteurs dont ils s'occupent, hein? Donc, par exemple, au
CALQ, est-ce qu'on veut qu'il y ait des gens du milieu? Oui. Bien, est-ce qu'on
veut qu'il y ait des gens du milieu à la SODEC? Oui. Bien, soit on fait ça ou
soit on se dit : Bien, on abdique ça puis on ne met que des
administrateurs indépendants, et, dans ce cas-là, je prédis qu'on va se faire
dire qu'on est déconnectés. Parce qu'on s'est fait critiquer là-dessus, là,
dans la foulée de ce dont vous parlez, en disant, par exemple : Dans
certaines sociétés d'État, il n'y a pas assez de gens du milieu. Donc, on ne
peut pas critiquer une chose et sa solution.
Dans le cas de la SODEC, Société de
développement des entreprises culturelles, la loi de la SODEC, elle est faite
comme ça. Il y a des commissions qui représentent des secteurs. C'est des gens
de l'industrie, ce sont des entreprises. Donc, évidemment que, s'ils siègent au
conseil d'administration, parce que la loi est faite comme ça, puis qu'on veut
que le CA de la SODEC soit représentatif, bien, c'est normal que ce soient des
gens de l'industrie qui peuvent être, effectivement, par ailleurs, admissibles
à certains programmes de la SODEC. Mais c'est là que je dis qu'on doit
s'assurer qu'il y a un mur, puis moi, je fais confiance à la SODEC, qui est
habituée, depuis des décennies, d'opérer comme ça, puis je ne pense pas
qu'actuellement, ça cause problème. Si on fait la balance des inconvénients, je
pense qu'on est gagnants.
Mme Garceau : Si je peux
juste finir là-dessus, parce que c'est sûr et certain qu'il y a d'autres... il
y en a plusieurs, critiques, concernant le fonctionnement et la représentation
au sein du... de la SODEC, et peut-être avoir une variété des acteurs du milieu,
incluant des artistes. Qu'est-ce que vous pensez de ça?
M. Lacombe : Bien, le CA de
la SODEC... — d'abord, précision, parce que je pense que c'est
important — le conseil d'administration s'occupe de gouvernance, ne
s'occupe pas d'attribuer de subventions, donc ne s'occupe pas d'attribuer de
subventions. Donc, ça, c'est une distinction, je pense, qu'il est important de
faire. Maintenant, s'il y a des gens qui ont des propositions sur la conception
ou, enfin, la composition, voilà, du conseil d'administration de la SODEC, je
les invite à nous les formuler. Mais dans l'état actuel des choses, je pense
que les milieux qui sont desservis par la SODEC, les secteurs qui sont
desservis par la SODEC sont bien représentés, puis encore une fois, quand on fait
la balance des inconvénients, c'est vrai que ce sont des gens qui sont dans
l'industrie que la SODEC dessert...
La Présidente (Mme Dionne) : En
terminant, M. le ministre.
M. Lacombe : ...mais je pense
que c'est un avantage qu'ils soient là, parce qu'ils comprennent bien, aussi,
les enjeux du terrain.
La Présidente (Mme Dionne) : Merci
beaucoup. Alors, c'est tout le temps que nous avions pour ce bloc. Je cède
maintenant la parole à la partie gouvernementale. M. le député de Beauce-Sud.
M. Poulin : Merci beaucoup,
Mme la Présidente. À mon tour de saluer le ministre, mes collègues de l'Assemblée
nationale qui m'accompagnent également, les représentants du ministère de la
Culture et des Communications également, les représentants des différentes
sociétés d'État qui sont avec nous.
C'est important de le rappeler, M. le
ministre — et je pense que les crédits de la Culture et des
Communications, c'est un bon moment pour le faire — parce que sur 125 députés
à l'Assemblée nationale, souvent, des gens se targuent d'être issus du milieu
des affaires, ou d'être des avocats, et d'avoir une sensibilité pour un domaine
très, très particulier, mais c'est important de rappeler qu'il y a beaucoup de
parlementaires, comme vous, qui ont une sensibilité pour le domaine de la
culture et des communications. J'en suis un, mon collègue de Côte-du-Sud... Je
pense que tous mes collègues qui sont ici, autour de la table, évidemment, ont
une sensibilité culturelle très, très forte.
Mais dans les choix qui dictent un
gouvernement, dans les choix qui dictent un budget, dans les choix qui dictent des
priorités, il faut se rappeler l'importance de la culture au Québec, et
l'importance non seulement d'y investir, d'y mettre les énergies... On dit
souvent : C'est notre identité, c'est notre âme, mais c'est encore plus
concret que ça. C'est des retombées économiques qui sont fort importantes. Vous
parliez des investissements en audiovisuel, ça en est un bon exemple. L'avenir
de la langue française, qui est fondamental, encore aujourd'hui, on fait un
débat sur le «Bonjour! Hi!». C'est probablement des gens qui ne consomment pas
de la culture <québécoise...
M. Poulin :
...encore
aujourd'hui, on fait un débat sur le «Bonjour! Hi!». C'est probablement des
gens qui ne consomment pas de la culture >québécoise, quand tu dis
«Bonjour! Hi!» à l'entrée d'un commerce. C'est pour dire à quel point
qu'investir en culture, que ça va d'une librairie, d'une bibliothèque, d'une
production audiovisuelle ou dans le domaine des arts vivants, c'est tout ce
qu'on est, mais c'est tout ce qu'on peut transformer, également, comme société.
Et à une ère où on le sait, qu'il y a une certaine indifférence de la jeunesse
face à l'avenir de la langue française, que la consommation de la culture
québécoise fait face à de nombreux défis, il est important de se rappeler qu'il
y a 125 parlementaires et qu'il y en a qui sont encore plus sensibles à la
culture québécoise.
Et trop souvent, en campagne électorale,
il y a quoi, un débat en culture. Puis souvent, c'est un panel, là, et puis...
et puis j'en passe. Il y a des formations politiques que leur programme en
culture fait un paragraphe, alors que c'est tellement, mais tellement
important. Et il faut... Il faut le mentionner, il faut le rappeler, il faut le
noter.
Il y a beaucoup de choses qui ont été
dites, vous comprenez, après déjà près de deux heures de crédits, mais vous
avez été sur X, aujourd'hui, M. le ministre, où vous avez, entre autres,
commenté un article du Devoir sur l'accès aux films québécois, l'accès à
notre culture québécoise, qui est extrêmement important. Encore l'année
dernière, lors de l'étude des crédits, on réfléchissait, on se demandait
comment on peut faire pour avoir davantage accès à nos films québécois, pour
avoir accès à notre culture québécoise. Il y a tous les enjeux de numérisation,
il y a tous les enjeux de faire connaître, aussi, nos différentes plateformes.
Il faut le noter, hein, Télé-Québec, je vois Mme Collin qui est là, a une
plateforme qui fonctionne bien, qui peut facilement se comparer à ce que
Netflix fait ou d'autres applications, comme Tou.tv, par exemple, au niveau de
Radio-Canada, c'est une application qui semble bien fonctionner, et sur
lesquelles on pourrait continuer aussi, hein, de mettre de l'argent en culture
québécoise.
Dans votre... Est-ce qu'on se dit encore
un tweet? Mais ce n'est pas un tweet, en fait, c'est une...
Une voix : Micromessage.
M. Poulin : Micromessage,
oui, c'est ça, sur la plateforme X, vous parlez aussi d'un modèle qui est
révolu. Vous dites : Si on n'a pas accès suffisamment à la culture
québécoise, c'est probablement parce qu'il y a un modèle, entre autres,
lorsqu'on parle des films, qui est révolu. Alors, ma question... parce que je
sais que mon collègue de Côte-du-Sud en a également une et que le temps est
serré, mais à partir de maintenant, qu'allons-nous faire pour rendre davantage
accessible cette culture? Est-ce qu'il y a quelque chose qu'on peut faire à
court terme pour un certain nombre de films, un certain nombre de séries pour
les rendre accessibles auprès des Québécois? Et puisque Télé-Québec a une
application, et on a toutes les raisons du monde d'en être fiers, parce qu'elle
relève de notre gouvernement, qui fonctionne bien, est-ce qu'on peut encore
faire plus?
M. Lacombe : Bien, on
peut toujours faire plus, puis je sais que vous êtes aussi de cet avis-là, M.
le député, parce qu'on a la chance de travailler ensemble. Donc, il y aurait
tellement à dire, je ne sais pas combien de temps il nous reste, parce que je
veux garder du temps.
• (17 h 20) •
M. Poulin : Au pire, on
vous arrêtera si jamais on sent le besoin.
M. Lacombe : Oui? OK.
La Présidente (Mme Dionne) :
Je vais quand même vous le mentionner. Vous avez neuf minutes.
M. Lacombe : Neuf
minutes au total?
La Présidente (Mme Dionne) :
Au total.
M. Lacombe : OK, donc,
je serai bref, quand même, mais il y a tellement de fronts, il y a tellement de
fronts sur lesquels on doit agir. Il y a différents leviers. On a parlé tantôt,
donc je ne m'étendrai pas là-dessus, du levier législatif. Il faut qu'on pose
des gestes. Puis, quand Ottawa nous dit : Ce n'est pas à vous de faire ça,
on est en désaccord. On pense, nous, qu'il faut poser ces gestes-là parce que,
d'abord, on ne sait pas de quoi l'avenir est fait à Ottawa. Et ça ne veut pas
dire que les projets de loi qui ont été adoptés, que les lois qui sont en
vigueur actuellement vont continuer de l'être longtemps si les gouvernements
changent — ça, c'est une chose — et parce que l'avenir de
la culture doit se décider au Québec et non pas à Ottawa.
Donc, il y a le levier législatif, il y a
le levier budgétaire, on a parlé, tantôt, des investissements supplémentaires,
le budget du... Quand on regarde les dépenses consolidées du ministère de la
Culture, on est à 1,9, 1,9 milliard de dollars. Donc, il y a ça. Puis
quand je parle du modèle qui est révolu, bien, c'est qu'effectivement,
l'article de ce matin, il est criant de vérité, dans Le Devoir. C'est ce
que je dis aux gens que je rencontre, et je pars toujours de la même anecdote.
Je leur dis : Je veux... Je voulais revoir un documentaire politique, À
hauteur d'homme, pour ne pas le nommer. J'essaie de le trouver et je ne le
trouve nulle part.
M. Poulin : J'ai le DVD
à la maison, soit dit en passant.
M. Lacombe : Oui. Puis
je connais des gens qui l'ont aussi, mais... mais j'ai fini par le trouver à la
bibliothèque. Mais comment ça se fait qu'on n'est pas capables de louer ça, que
ce n'est disponible nulle part? Ça a été financé avec des fonds publics. Et là,
ce matin, l'article, quand je dis qu'il est criant de vérité, c'est ça, c'est
qu'on : Des films qui ont gagné le prix l'Iris, maintenant — à
l'époque c'était un Jutra, de l'année — ils sont indisponibles, on ne
peut pas les retrouver pour des questions de droit. Puis je me rappelle, dans
mon cas, je ne veux pas trop long, mais j'écris un courriel... — avec
mon adresse personnelle, je suis ministre de la Culture, puis là, je ne veux
pas mettre de pression de pression à personne — j'écris un courriel à
la maison de production du documentaire en question en leur disant : Je ne
trouve ça nulle <part...
M. Lacombe :
...de pression
à personne — j'écris un courriel à la maison de production du
documentaire en question en leur disant : Je ne trouve ça nulle >part.
Là, ils me disent : Ah! non, pour une question de droits, ce n'est plus
disponible partout. Ils pensaient que j'étais un étudiant, donc il me répond :
Demandez à votre enseignant de vous le rendre disponible, peut-être qu'il y a
accès, bon, et tout ça. Donc, vous voyez, on a un énorme défi. Pourquoi on en
arrive là? Parce que la façon dont est conçue la chaîne de financement, du
moment où quelqu'un a une idée jusqu'à ce que cette idée-là se retrouve sur un
écran, bien, ça fait en sorte qu'on est emprisonnés dans un modèle qui date
d'une autre époque où les plateformes n'existaient pas, où le numérique
n'existait pas puis où on n'avait pas les mêmes préoccupations. Donc, il faut
revoir tout ça.
Puis, oui, je le dis, bon, légiférer pour
encadrer les plateformes, assurer la découvrabilité des œuvres, oui, travailler
sur la scène internationale avec d'autres pays pour donner de la légitimité à
ce qu'on va faire face aux grandes plateformes, mais il faut aussi revoir tout
ce modèle de financement pour nous assurer que les œuvres circulent plus
librement dans l'univers numérique, parce qu'elles sont financées par des fonds
publics. Donc, est-ce que... — je pose la question, je ne fais pas
d'annonce, ici — mais est-ce qu'on pourrait penser qu'un jour, les
œuvres qu'on finance, tout en s'assurant que tout le monde soit rémunéré à sa
juste valeur et que tout le monde y trouve son compte... est-ce qu'on peut
aussi penser aux citoyens puis se dire : Bien, un jour, les œuvres qu'on
finance avec des fonds publics vont se retrouver sur une plateforme comme celle
de Télé-Québec, comme celle de BANQ, par exemple, peu importe la plateforme, un
endroit où on pourra ensuite les consulter parce qu'elles seront, par exemple,
libres de droits ou elles seront disponibles en troisième fenêtre de diffusion
ou en quatrième? Je... On n'a pas les réponses à ces questions-là, mais dans
les prochaines semaines, on va... on va, vous le savez... on va annoncer le
chantier.
La Présidente (Mme Dionne) : Merci
beaucoup. M. le député de Côte-du-Sud, la parole est à vous.
M. Rivest : Merci, merci à
tout le monde. Je me sens choyé, aujourd'hui, de pouvoir, un, à la fois
travailler avec vous, M. le ministre, mais aussi avec l'ensemble des équipes
qui travaillent aux crédits. Puis je tiens à vous féliciter parce que je sais
combien le ministère de la Culture, des Communications est vaste dans
l'ensemble des facettes sur lesquelles tu dois intervenir, Mathieu, puis je
trouve ça... Mme la Présidente, pardon, je trouve ça assez impressionnant de
voir le travail qui est fait puis, aussi, les réponses très claires que tu nous
donnes. J'aimerais...
Toutefois, tu sais que je... vous savez,
Mme la Présidente, que je travaille en région, hein? Je suis... J'habite le
Kamouraska, le merveilleux Kamouraska. J'y ai donné une partie de ma vie à
titre de gestionnaire culturel, puis je trouve qu'il y a des actions qu'on
réalise en région qui sont formidables. Qu'on parle des bibliothèques, qu'on
parle des organismes de formation en art, qu'on parle des organismes qui font
un soutien, tel que les conseils régionaux de la culture, les ententes de
développement culturel...
Puis hier, pas plus tard qu'hier, j'étais
à Saint-Jean-Port-Joli puis je parlais avec les gens de la MRC qui me disaient
comment ils étaient fiers, heureux de pouvoir compter sur le soutien du
ministère de la Culture sur ces ententes culturelles là. J'aimerais qu'on
puisse échanger ensemble, que tu puisses nous... qu'on puisse parler de ce
volet-là d'aide et d'appui en région qui sont apportés partout dans toutes les
régions du Québec, que ça soit aussi... Je pense au projet Culture et
inclusion, je pense aussi à un nouveau programme que j'ai appris à connaître,
là, dans les derniers jours, sur... qu'on appelle le PAFOCAC, là, un soutien au
niveau des organismes qui travaillent aussi en culture et qui travaillent aussi
au soutien d'organisations communautaires, ce volet d'action communautaire là,
évidemment tout le soutien aux institutions muséales de partout au Québec. Donc,
je t'invite à choisir un ou deux de ces éléments-là, qui sont importants pour
le ministère et qui permettent, justement, de rayonner, de propulser notre
culture en région.
M. Lacombe : Merci. Et, Mme
la Présidente, j'ai combien de temps pour répondre à cette longue liste
d'épicerie?
M. Rivest : ...
La Présidente (Mme Dionne) : OK.
Il va falloir être expéditif. Vous avez trois minutes.
M. Lacombe : Trois minutes.
Allons-y. Parlons peut-être rapidement de développement culturel, donc de ce
qu'on fait dans les régions, parce que c'est important. Je nous vois tous ici,
pour la plupart, nous sommes élus en région. Puis la culture, ce n'est pas
seulement à Montréal. Évidemment, Montréal, métropole culturelle, bien sûr. On
a de grandes institutions qu'on continue de soutenir, mais il faut s'assurer
d'être partout sur le territoire. Une des façons d'y arriver, vous en avez fait
mention brièvement, ce sont nos ententes de développement culturel où,
effectivement, avec la capitale, avec la métropole, on a des ententes, mais...
et là, on est en année de transition, on en a 178...
Une voix : ...
M. Lacombe : 170, mais, en
temps normal, on parle de plus de 200, près de 210. Mais, si vous prenez
l'année précédente, on vient concrètement financer plusieurs projets culturels
avec les municipalités, donc en partenariat avec elles, puis c'est un... ce
sont des ententes qui sont très performantes, très dynamiques partout sur le
territoire. On continue d'investir dans nos musées aussi, avec le PAFIM, on
continue d'investir dans nos musées régionaux, j'entends, on continue
d'investir dans les infrastructures, aussi, dans les régions. Voyez, hier,
justement, j'étais au Domaine Forget, dans Charlevoix, où on est allés annoncer
10,3 millions de <dollars...
M. Lacombe :
...infrastructures,
aussi, dans les régions. Voyez, hier, justement, j'étais au Domaine Forget,
dans Charlevoix, où on est allés annoncer 10,3 millions de >dollars
pour la mise aux normes du bâtiment, pour l'ajout d'équipements. Et ça, je sais
que c'est un secteur qui vous touche particulièrement, l'apprentissage de la
musique. Donc, voilà. Je pense qu'on en fait beaucoup, puis on peut toujours en
faire plus, on peut toujours en faire plus.
M. Rivest : Tout à fait. On
pense... Est-ce que mon collègue, M. Lemieux...
M. Lemieux : Ah non! Tu peux
continuer...
M. Rivest : Ça va? OK. Bien,
effectivement, effectivement, comment c'est important, entre autres, les
immobilisations partout au Québec, comment on a des projets qui...
M. Lacombe : Oui, dans toutes
les régions.
M. Rivest : ...qui attendent
un grand soutien dans toutes les régions du Québec.
M. Lacombe : C'est ça, exact.
Parfois, c'est des dossiers compliqués, avec plein de ministères, mais on
travaille fort.
M. Rivest : On travaille tous
très fort. C'est merveilleux.
La Présidente (Mme Dionne) : Il
reste une minute, M. le député.
M. Rivest : D'accord. Bien,
question bonbon. Partout dans le budget, on a parlé de plusieurs, plusieurs
éléments, puis je pense, j'apportais, comme, un élément autre que le soutien,
exemple, soit au niveau de la diffusion, au niveau... etc. Est-ce que vous
auriez un élément à l'intérieur du budget, que ça soit du soutien des
entreprises culturelles, que ce soit du fonds de patrimoine, au niveau de la mise
en place du passeport culturel, de la stratégie d'aide aux médias, de la
bonification de Télé-Québec, des mesures fiscales pour soutenir les médias, des
mesures fiscales pour encourager l'industrie, est-ce qu'il y a un des éléments
que vous aimeriez nous partager, en fin de course, pour ces crédits?
M. Lacombe : Bien, puisque
nous n'avons pas eu de question là-dessus, peut-être que j'ouvrirais la porte
sur le passeport culturel, en quelques secondes.
La Présidente (Mme Dionne) : En
30 secondes.
M. Lacombe : En
30 secondes, pour dire qu'avec notre collègue le député de Beauce-Sud, on
y travaille très fort. Donc, il y a des sommes consenties dans le dernier
budget pour continuer le développement, et je pense sincèrement, tout comme
notre collègue, qu'à la fin, quand on présentera ce que ça va donner, bien, ça
va faire une différence dans la vie de beaucoup de jeunes qui n'ont pas
toujours les moyens de fréquenter les salles, de se procurer des produits
culturels québécois, et, nécessairement, ça va stimuler leur curiosité aussi,
donc...
La Présidente (Mme Dionne) : Merci
beaucoup, M. le ministre.
M. Lacombe : ...très heureux
de continuer le travail. Merci.
La Présidente (Mme Dionne) : Merci
beaucoup. Alors, c'est le temps... Tout le temps alloué à l'étude du volet
Culture et communications des crédits budgétaires du portefeuille Culture et
communications est écoulé. Donc, nous allons maintenant procéder à la mise aux
voix des crédits.
Donc, le programme 1, intitulé
Direction, administration et soutien à la mission, est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Mme Garceau : Sur division.
La Présidente (Mme Dionne) : Sur
division. Le programme 2, intitulé Soutien et développement de la culture,
des communications et du patrimoine, est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Mme Garceau : Sur division.
La Présidente (Mme Dionne) : Adopté
sur division. Et, finalement, l'ensemble des crédits budgétaires du
portefeuille Culture et communications pour l'exercice financier 2024-2025
est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Mme Garceau : Sur division.
La Présidente (Mme Dionne) : Adopté
sur division. Merci. En terminant, je dépose les réponses aux demandes de
renseignements des oppositions.
Alors, compte tenu de l'heure, la
commission ajourne ses travaux au mercredi 24 avril,
11 h 30, où elle entreprendra l'étude des crédits budgétaires du
volet Éducation primaire, secondaire.
Des voix : ...
La Présidente (Mme Dionne) :
M. le député, je n'ai pas...
Des voix : ...
La Présidente (Mme Dionne) : Alors...
(Fin de la séance à 17 h 30)