(Dix-sept heures dix-sept minutes)
La Présidente (Mme Boutin) : Alors,
à l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, la Commission de
l'économie et du travail reprend ses travaux.
Alors, la
commission est réunie afin de procéder à l'étude du volet Solidarité sociale et
Action communautaire des crédits
budgétaires du portefeuille Emploi et Solidarité sociale pour l'exercice
financier 2023‑2024. Une enveloppe de deux heures a été
allouée pour l'étude des crédits.
Mme la secrétaire, y a-t-il des remplacements?
La Secrétaire : Oui, Mme la
Présidente. Mme Boivin Roy (Anjou—Louis-Riel) est remplacée par Mme Blais (Abitibi-Ouest); M. Martel
(Nicolet-Bécancour) est remplacé par Mme Tardif (Laviolette—Saint-Maurice); Mme Cadet (Bourassa-Sauvé) est remplacée par Mme Rotiroti (Jeanne-Mance—Viger); et Mme Lakhoyan Olivier est remplacée par M. Kelley
(Jacques-Cartier).
La Présidente (Mme Boutin) : Parfait.
Nous allons procéder à une discussion d'ordre général par blocs d'échange,
incluant les questions et les réponses. La mise aux voix des crédits sera
effectuée à la fin du temps qui leur est alloué. Ce sera vers
19 h 15.
Solidarité sociale et
Action communautaire
Discussion générale
Alors, je suis maintenant prête à reconnaître
une première intervention de l'opposition officielle pour un premier bloc
d'échange. M. le député de Jacques-Cartier, la parole est à vous.
M. Kelley : Merci, Mme la Présidente.
Puis chaque bloc, c'est 20 minutes environ ou 18 min 40 s?
La Présidente (Mme Boutin) : 18...
17 min 54 s, plus précisément.
M. Kelley : Parfait.
Merci beaucoup. Bonjour, Mme la ministre. Bonjour à votre équipe. Je vois que
vous avez beaucoup de monde ici.
J'ai déjà dit ça ce matin, mais je vais répéter
ça pour toutes mes études des crédits, tous mes blocs. Moi, je suis un ancien
attaché politique. J'ai vécu plusieurs études des crédits. Puis, je pense,
c'est toujours important de remercier les...
le travail qui est fait par tous les fonctionnaires de l'État du Québec, parce
que c'est un exercice «colossus» de sortir tous les chiffres, comment on
a dépensé l'argent, mais, quand même, c'est un exercice qui est très important
pour notre démocratie. Et aujourd'hui j'espère qu'on va avoir un bon échange
sur des sujets qui sont pertinents.
On sait que, cette année, Mme la Présidente...
que ce n'était pas une année facile pour les plus vulnérables du Québec. Avec
le taux d'inflation puis le coût de la vie qui a vraiment explosé, ce n'était
pas facile. Je sais que le gouvernement a mis plusieurs programmes de l'avant
pour essayer d'aider du monde, puis on va avoir, je pense, le temps pour
discuter ça avec la ministre.
Mais je vais commencer mes questions sur les
différentes choses que j'ai vues dans les cahiers des crédits qui, je pense, méritent des questions sur comment
le gouvernement a dépensé l'argent, mais aussi avoir un petit peu des réponses
de la ministre sur sa vision puis aussi comment elle trouve des choses. Ça fait
à peu près, maintenant, un an qu'elle est
ministre responsable pour ce dossier. Je sais qu'elle fait une tournée présentement
partout au Québec. Il y a des gros enjeux. Je sais que les solutions
sont... ne sont pas simples, mais, peut-être, elle peut nous guider dans sa...
qu'est-ce que ça s'en vient et c'est quoi, peut-être, certaines propositions,
solutions qui sont sur la table, les choses qui marchent bien et les choses qui
marchent moins bien.
• (17 h 20) •
Je veux commencer avec quelque chose que je veux
mieux comprendre mais quelque chose que je trouve... et ça ne date pas de ce
gouvernement, mais c'est juste comment le système marche, mais c'est vraiment
la dette à l'aide sociale. J'ai vu, sur la page, c'est la... de questions,
réponse 28... Puis le gouvernement a... le ministère a fourni des chiffres pour
nous, mais, présentement, les nombres de personnes qui ont une dette envers le
ministère, c'est environ 121 000
personnes, pour un montant de 800 millions... 840 millions de
dollars. C'est énorme. Alors, juste une question pour la ministre.
Première chose, est-ce qu'elle trouve que c'est juste que cette situation
existe toujours? Et, quand même, il y a des gens qui ont une dette qui sont
toujours dans une situation pas facile.
Est-ce
qu'elle peut aussi parler de le taux d'intérêt, qui est arrivé, maintenant,
pour ces dettes-là, à presque 10 %? Alors, pour les gens qui sont
toujours sur une aide sociale, d'être obligés d'aussi repayer une dette, des
fois, dans des situations
très difficiles où il y a une situation... un manque de clarté, est-ce qu'elle
trouve que c'est juste qu'on charge ces personnes-là un taux d'intérêt avec une
dette qui sont déjà due envers le gouvernement? Est-ce que le ministère
doit agir comme une banque, Mme la Présidente? Alors, Mme la ministre, la
parole, c'est à vous.
Mme Rouleau :
Bien, je vous remercie beaucoup, M. le député de Jacques-Cartier. Et,
puisque vous l'avez dit d'entrée de jeu,
c'est un... L'équipe qui est avec moi est extrêmement importante tout au long
de ce mandat, et ils sont ici avec moi. Alors, je voudrais les saluer, d'abord,
saluer mes deux adjointes parlementaires, la députée d'Abitibi-Ouest et Mme la députée de Laviolette—Saint-Maurice, qui travaillent...
Donc, nous travaillons ensemble. Chacune a un mandat soit solidarité sociale ou
soit d'action communautaire, comme m'en a mandaté le premier ministre.
J'aimerais
aussi vous présenter la sous-ministre, Mme Annick Laberge, le
sous-ministre adjoint, Francis Gauthier, mon directeur de cabinet, Simon Langelier, et toute l'équipe qui
m'accompagne, alors, Catherine Nesterenko, Vincent D'Astous, qui sont
conseillers politiques, Annie Boucher, qui est directrice...
Une voix :
...
Mme Rouleau :
...secrétaire générale, Rachel Gaudreau, et là je... je ne donnerai pas tous
les titres parce qu'ils vont pouvoir... s'ils interviennent, ils pourront le
dire, Mario Fréchette, Esther Quirion, Roger Tremblay, Isabelle Bemeur, Dany Roy ainsi que Jean-Philippe Labre. Et, Vincent
D'Astous, est-ce que je l'ai nommé? Oui? Bon.
Alors, à cette
question importante, évidemment, les personnes qui sont sur l'aide sociale
peuvent parfois avoir des dettes envers le gouvernement. C'est... c'est un
fait.
Vous
avez mentionné que j'étais en poste depuis un an. Vous avez cette fâcheuse
tendance à rallonger le temps. Ça fait six mois.
M. Kelley :
...un an, là...
Mme Rouleau :
Mais ça, je vous comprends.
Alors, en fait, ce
qui est important pour nous, d'abord, c'est de faire en sorte de ne laisser
personne derrière, c'est d'aider les gens qui sont dans... dans un état de
vulnérabilité. L'aide sociale sert à ça. C'est une aide de dernier recours. Et notre engagement, c'est d'améliorer
les prestations de ces... de ces personnes le plus possible pour améliorer
leur qualité de vie. C'est pour ça qu'on est
arrivés, d'ailleurs, au Programme de
revenu de base. À partir du
1er janvier dernier, le Programme de revenu de base est devenu
officiel. Et c'est une... c'est une avance assez importante qui met le Québec
comme un leader au Canada avec ce nouveau Programme de revenu de base.
Et, pour répondre à
votre question sur la question des taux d'intérêt, bien, c'est Revenu Québec qui
impose ces taux d'intérêt. Et la question pourra évidemment leur être posée.
Étant donné que les... Lorsqu'il y a des... en fait, des... Lorsque les
personnes doivent rembourser, bien, c'est souvent parce qu'il y a eu des
déclarations qui ont été... de fausses déclarations. Il y a eu... il y a eu
certains abus parfois. Et des contrôles doivent être faits, parce que nous
sommes responsables, bien sûr, des deniers publics. Alors, c'est dans un
encadrement et une rigueur, qui est très importante, dans le respect des
deniers publics.
M. Kelley : Merci,
Mme la ministre. On sait quand même qu'environ 80 % des fausses
déclarations, puis je mets ça entre guillemets parce qu'il y a des critères,
quand même, qu'on met des gens dedans, sont des erreurs qui sont commises de
bonne foi. Et, quand même, si quelqu'un fait une erreur une fois dans leur vie,
puis ils sont obligés de payer cette dette
avec un taux d'intérêt... On a des cas, des personnes qui... la seule chose
qu'ils vont rembourser à l'État, c'est ce taux d'intérêt, avec les frais qu'ils
sont obligés de rembourser chaque mois. Et ça, c'est où, je trouve, c'est
un petit peu injuste. La personne ne touche jamais la dette après, comme, une
dizaine des années. Ils sont juste sur le taux d'intérêt. Et, je trouve, ça, ce
n'est pas juste.
En effet... une
subvention juste comme Revenu Québec. Et je sais que, Mme la ministre, vous
avez dit que c'est la responsabilité de Revenu Québec, mais est-ce que vous
avez, depuis que vous êtes ministre, maintenant depuis six mois, est-ce que vous avez des discussions avec un de vos
collègues pour peut-être voir avec Revenu Québec si on peut changer ça?
Et, quand même, est-ce que vous avez exploré la possibilité de déposer un
projet de loi pour peut-être changer cet aspect-là de le taux d'intérêt, qui
peut vraiment faire mal à quelqu'un qui demeure toujours sur l'aide sociale
dans une certaine catégorie? Mais ils sont toujours obligés de prendre un petit
peu de l'argent qu'ils ont pour payer un taux d'intérêt, quand même pas la
dette, qu'ils doivent verser vers l'État.
La Présidente (Mme
D'Amours) : ...
Mme Rouleau :
Oui. Merci beaucoup, Mme la Présidente, et merci à nouveau au député de
Jacques-Cartier. Puis je comprends toute... toute l'empathie. Lorsqu'il y a des
erreurs ou de fausses déclarations qui sont faites, il y a aussi des
possibilités d'entente de remboursement, et, à ce moment-là, bien, ça peut
améliorer, disons, le mode de remboursement. Et, parmi ces ententes, il y a
aussi la possibilité, si le dossier... le... est bien... bien étoffé, je
dirais, d'avoir des remises. Je signe
régulièrement de ces remises. Parce que des gens ont... ont pu commettre des
erreurs ou ont... ont payé un certain montant, puis, à un moment donné, on
peut... on peut les aider, parce que notre volonté, c'est les aider.
Et puis vous demandez
si j'ai un projet de loi en vue dans cette direction-là. Ça pourrait peut-être
faire partie de discussions. Mais j'ai effectivement des... l'ambition de
moderniser la loi sur l'assistance sociale. Et on aura très certainement
l'occasion d'en parler au cours des prochains mois.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci.
M.
Kelley : Merci. Puis c'est sûr qu'on va être présents pour
ces discussions-là, mais, je trouve, quand même, les ententes qu'on va signer, c'est
juste... Quand même, pour rembourser sa dette, c'est très difficile pour les
gens. Et j'espère que, peut-être, c'est quelque chose on peut réviser
tous ensemble, parce que je ne pense pas que c'est tellement juste.
Mais, encore, je veux juste reviens un petit peu
sur le tableau, de bien comprendre tous les chiffres qui sont... qui sont dans
le cahier des crédits. On a un chiffre des nombres des personnes ayant une
dette puis des... des nombres des personnes prestataires. Alors, présentement,
juste de bien comprendre, ça dit que, les personnes qui ont une dette, il y a
environ 38 000 personnes qui restent toujours prestataires de l'aide
sociale. C'est juste de bien comprendre les chiffres dans ce tableau pour bien
comprendre.
Mme Rouleau : Alors, vous me
permettez de prendre connaissance, là?
M. Kelley : Ce n'est pas grave.
C'est RP-28 dans le cahier des demandes de renseignements particuliers de
l'opposition officielle.
Mme Rouleau : ...votre question
précisément?
• (17 h 30) •
M. Kelley : Bien, c'est juste de
bien comprendre, parce que vous avez fourni un tableau, puis je veux juste
comprendre le total. Il y a des nombres des personnes ayant une dette. Le
chiffre de 121 000, j'imagine, ça, c'est le nombre total de toutes les
personnes qui ont une dette présentement, mais, quand je regarde le nombre des
personnes prestataires, ça, c'est les gens qui ont toujours une... bien, une
prestation de le gouvernement? Je veux juste bien comprendre les chiffres qui
sont devant moi, Mme la ministre.
Mme Rouleau : Bien, en fait, M. le
député, c'est qu'il y a 121 870 personnes qui ont une dette envers le
gouvernement, et, sur ce 121 870 personnes, il y a 38 462 personnes
qui sont prestataires de l'aide sociale.
M. Kelley : Parfait. Alors...
Mme Rouleau : Et je... Pour répondre
à votre question précédente aussi, là, il y a un programme de déclaration
volontaire qui permet d'éviter les conséquences d'une fausse déclaration.
Alors, lorsque ces fausses... ou, en fait,
les erreurs ou les déclarations, là, qui contiennent des faussetés sont... sont
identifiées, il y a toujours possibilité pour les prestataires de faire
les déclarations pour alléger le fardeau, si je peux me permettre l'expression.
M. Kelley : Merci. Je vais
changer de sujet pour l'instant. Peut-être, une de mes collègues va avoir une
question après. Mais c'est juste d'aller sur... Une réalité qui est un petit
peu intéressante dans comment les critères sont
établis, c'est pour la vie matrimoniale des gens. Alors, une personne, un
chèque. C'est comment ça marche. Puis, pour
un couple, des fois, ça peut créer des troubles si les deux personnes ont
besoin d'un chèque, et aussi une différence entre le montant, que, si les gens sont dans un couple, ils reçoivent
moins d'argent que si c'étaient deux personnes célibataires.
Est-ce que la
ministre peut nous expliquer c'est quoi, la logique pour cette différence entre
un couple puis une personne qui est
toute seule? Et pourquoi c'est... Pourquoi ce n'est pas le même montant pour un
couple de personnes qui ont un besoin d'aide sociale?
Mme Rouleau : Bien, généralement, on
considère les ménages. Dans la fiscalité, le ministère du Revenu, par exemple, considère d'abord les ménages. Et, dans
les ménages, deux personnes dans le couple se doivent mutuellement
assistance. Et on considère que, lorsque deux personnes sont ensemble, forment
un couple, et c'est démontré aussi, les frais sont moins élevés que pour une
personne seule. Alors, c'est le principe du ménage et du couple qui se doivent... Chaque personne se doit mutuellement
assistance. Il peut y avoir la situation de proche aidant et de proche aidé aussi, où ce sont deux individus, mais qui ne
forment pas un couple. Et puis il y a les personnes qui... qui vivent seules.
L'avancée qu'on a faite avec le Programme de
revenu de base, c'est justement de considérer que c'est la personne qui reçoit
le chèque. C'est là où... Il y a un chèque, une personne. Et ça se fait dans le
cadre du Programme de revenu de base. Ce
n'est pas dans l'ensemble des autres programmes. Donc, Programme de revenu de
base pour les personnes qui... qui
ont des contraintes sévères à l'emploi, c'est un chèque, une personne. Et, dans
cette loi que je souhaite moderniser
et amener prochainement, bien, j'aimerais qu'on puisse bien évaluer la question
du un chèque, une personne.
M. Kelley : Bon, je comprends la
réponse de la ministre, mais, en tout cas, je vais juste dire que, peut-être,
dans une situation d'un couple, il y a les cas où le... je vais juste dire
ça... l'homme prend le chèque pour lui-même. Je pense qu'on met, des fois, des
femmes vulnérables dans une situation de précarité. Avec cette approche d'une
personne, un chèque, c'est sûr que le cas peut être renversé, une femme envers
un homme, mais, bref, je pense juste, en général, c'est quelque chose que le
gouvernement doit réviser.
Mais, une autre chose, comment le ministère
détermine le critère comme... Si deux gens habitent ensemble, les deux
reçoivent un chèque, une personne, et, après 12 mois, c'est comme
déterminé qu'eux autres sont en couple. Avec les prix des
loyers présentement, ce n'est pas simple pour les gens de juste quitter leur
logement. Alors, je peux imaginer, ça arrive, des cas où des gens vivent
ensemble. Peut-être qu'ils ont une amitié, mais ils ne sont pas nécessairement
un couple. Est-ce que la ministre peut aussi juste, comme, déterminer... comme,
clarifier, pour moi, comment le ministère détermine que les gens sont dans un
couple exactement? Et est-ce qu'elle... Est-ce que vous trouvez, Mme la
ministre, que le fait que le ministère peut revenir 15 ans en arrière pour
demander le remboursement total des prestations de certains gens dans ces
situations-là, c'est un petit peu trop?
La Présidente (Mme D'Amours) : 10 secondes,
Mme la ministre.
Mme
Rouleau : Bien, je pense qu'on trouvera réponse dans la
modernisation de la loi que je pourrai apporter prochainement.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Je cède maintenant la parole au député de Laurier-Dorion pour une période
d'échange de 12 minutes.
M.
Fontecilla : Merci, Mme la Présidente. Bonjour, Mme la
ministre, ainsi que... Je salue l'ensemble de son personnel.
Écoutez, je vais y aller. D'emblée, il y a...
Dans les données fournies par votre ministère, il y a une donnée qui m'a
grandement étonné. Je voudrais avoir des éclaircissements, là. Dans le
Programme de solidarité sociale, là, pour l'ensemble du Québec, là, je vois les
chiffres, en avril 2022, il y avait 118 217 personnes et, en janvier
2023, il y avait seulement 28 306 personnes, donc, une diminution
notable. Qu'est-ce qui se passe, là? Expliquez-nous cette diminution, s'il vous
plaît.
Mme Rouleau : Bien, c'est que, dans
le... Lorsqu'on est arrivés en poste, on a voulu mettre en place le Programme
de revenu de base, prévu le 1er janvier 2023, et, pour ce faire... Bien,
en fait, ce sont des personnes qui étaient
dans le Programme de solidarité sociale, avec des contraintes sévères, qui,
graduellement, ont connu des augmentations de leurs prestations jusqu'au
1er janvier, où là on a pu mettre en place, au 1er janvier, le
Programme de revenu de base qui a démarré.
Et, aussitôt, ces personnes ont basculé du Programme de solidarité sociale vers
le Programme de revenu de base. Et ça représente
84 000 personnes...
M. Fontecilla : Donc, pour le...
Mme Rouleau : ...autour de
84 000, 83 899, je pense, là, quelque chose comme ça.
M. Fontecilla : ...pour
le bénéfice de tout le monde, le Programme de solidarité sociale, c'est avec
les personnes... c'est pour les personnes avec des contraintes...
Mme Rouleau : Des contraintes
sévères, soit temporaires ou permanentes. Et les personnes avec contraintes
sévères permanentes sont passées du côté du Programme de revenu de base.
M.
Fontecilla : C'est très bien. Et donc ce programme-là, c'est
après... Le seul critère de passage d'un programme à l'autre, c'est la
durée, là. Donc, après...
Mme Rouleau : 66 mois sur 72.
M.
Fontecilla : ...66 mois à la solidarité, au Programme de
solidarité sociale, ces personnes passent automatiquement au Programme
de revenu de base.
Mme Rouleau : Avec les contraintes
sévères à l'emploi, oui.
M. Fontecilla : Parfait. Dites-moi,
en moyenne, combien un prestataire du Programme de solidarité sociale reçoit
par mois.
Mme Rouleau : De solidarité sociale?
M. Fontecilla : Oui.
Mme Rouleau : Solidarité sociale, on
est à 1 205 $ par mois.
M. Fontecilla : 1 205 $.
Et, au revenu... au Programme de revenu de base, c'est quoi, la prestation
moyenne?
Mme Rouleau : 1 548 $ par
mois.
M.
Fontecilla : 1 548 $. Très bien. Et dites-moi... Au
Programme d'aide sociale, c'est les personnes qui n'ont... qui sont
jugées sans contrainte.
Mme Rouleau : Qui
n'ont pas de contrainte, sans contrainte.
M. Fontecilla : Combien ces
personnes reçoivent en moyenne?
Mme Rouleau : 770 $ par mois.
M. Fontecilla : 770 $ par mois.
C'est pour une personne seule.
Mme Rouleau : Une personne seule.
M. Fontecilla : Parfait. Et je sais
que ce programme... enfin, l'ensemble de ces programmes-là, vous allez me
corriger, peut-être, sont indexés.
Mme Rouleau : Oui.
M. Fontecilla : OK. Mais, étant
donné, entre autres, la crise du logement et l'augmentation... l'augmentation
considérable des loyers, l'augmentation du coût de la vie, ne serait-il pas
temps de considérer une augmentation non pas en termes de bonification, mais
une augmentation du chèque des personnes dans le Programme d'aide sociale?
Mme Rouleau : Une augmentation du...
M. Fontecilla : Du revenu mensuel.
• (17 h 40) •
Mme Rouleau : Bien, il faut
comprendre que le programme d'assistance sociale, c'est une aide de dernier
recours, d'abord. C'est une aide qui est aussi indexée. Elle a été indexée à
6,44 % dans la dernière année. C'est aussi...
Lorsque les gens arrivent à l'aide sociale, immédiatement, on évalue leur
situation pour tenter de les... Ce qu'on cherche à faire, c'est de les
amener le plus rapidement possible, le mieux possible, les accompagner vers
l'emploi.
Alors, il y a, par exemple, Objectif emploi qui
permet de capter ceux qui arrivent sur l'aide sociale pour la première fois
pour les diriger vers l'emploi. Ils peuvent avoir certaines difficultés soit
dans la recherche d'emploi, ou soit manque de formation, ou soit certaines
habiletés sociales. Alors, on les accompagne pour les aider vers l'emploi. Et
là il y a une bonification de leurs prestations, en autant qu'ils respectent
les critères de ce programme-là.
M. Fontecilla : Très bien.
Dites-moi, quelle est la durée moyenne du... d'une personne au Programme d'aide
sociale? Combien de temps les personnes, en moyenne, restent dans ce
programme-là?
Mme Rouleau : Bien, il y a des gens
qui peuvent, malheureusement, être depuis longtemps, depuis 10 ou 15 ans sur l'aide sociale. C'est ce qui
est... En fait, il y a... il y a 20 ans, lorsqu'on a mis en place la loi
de lutte contre la pauvreté et
l'exclusion sociale, il y avait 10 %, 12 % de la population qui
pouvait être sur l'aide sociale. Aujourd'hui, on a 4,8 % de la
population qui est sur l'aide sociale et des gens qui sont... qui peuvent être
très éloignés du marché du travail. Alors,
ça demande un effort vraiment important pour les amener vers l'emploi, mais on
considère qu'améliorer son... sa qualité de vie, valoriser... aller
chercher la valorisation qui est nécessaire pour un être humain, c'est par l'emploi que ça se fait. Alors, on met en place
les mesures nécessaires et... Mais on peut constater qu'il y a des gens qui...
qui peuvent être depuis un certain temps sur l'aide sociale.
M. Fontecilla : Concernant le plan
de lutte à la pauvreté, on sait qu'il est en préparation, quand est-ce que vous
prévoyez le déposer, le rendre public?
Mme Rouleau : Comme vous le savez,
donc, dans la loi sur la lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale, on
a... le gouvernement a l'obligation d'un plan d'action sur cinq ans. Le
troisième plan d'action, le PAGIEPS, se terminait le 31 mars. On l'a
prolongé d'un an avec les mesures les plus structurantes qui se poursuivent, ce
qui nous donne le temps de... ce qui nous a
donné le temps, là, de lancer, tout dernièrement, le 17 avril, la
consultation publique pour préparer le quatrième plan d'action, donc,
une consultation publique en ligne d'abord, jusqu'au mois de juin, pour tous les citoyens, tous les organismes, tous
les partenaires qui veulent, qui... qu'on invite à participer à ce sondage, dépôt
de mémoires et questionnaires, etc. Il y aura aussi des rencontres avec des
personnes qui se considèrent en état de
vulnérabilité, des «focus groups», là, qu'on appelle, là, communément, des
personnes représentatives de l'ensemble du Québec. Puis il y aura, à l'automne, des rencontres plus thématiques à
partir des priorités qui ressortiront de la consultation, là, qui est en
cours, donc, des rencontres thématiques que je tiendrai avec des partenaires
pour aller creuser ces questions-là et aller chercher des moyens, là :
Comment allons-nous, dans les cinq prochaines années, s'assurer de lutter
contre la pauvreté et l'exclusion sociale? Ce que je souhaite, c'est que ce
plan soit bien ficelé d'ici la fin de l'année pour qu'au prochain budget il
puisse être intégré.
M. Fontecilla : Vous avez... vous
avez fait une annonce de 26,1 millions pour la prolongation des Alliances
pour la solidarité, qui devaient se terminer au 31 mars dernier. On nous
informe qu'il y a plus de 2 000 projets soutenus dans toutes les
régions du Québec, là. Est-ce que les sommes... il y a eu une reconduction des
sommes, là, pendant la
période de préparation du nouveau plan de lutte à la pauvreté, là? Est-ce
que... Bref, c'est... Le 26,1 millions, est-ce que ça couvre, ça
reconduit l'ensemble des... 100 % des sommes de l'ancien plan?
Mme
Rouleau : Bien, déjà, 160 millions avaient été investis
au niveau des Alliances pour la solidarité à travers le Québec. 2 000, vous dites 2 000...
Je... C'est plus 2 500 projets, je crois, qui ont été... qui avaient
été identifiés. Et, avec les sommes de 26 millions qu'on a reconduites
auprès des Alliances, elles ont choisi des projets qui soit se poursuivaient
soit nouveaux projets, là, qui devaient... considérés comme des projets très,
très structurants.
Mais, en tout, aussi pour le PAGIEPS, c'est
66 millions que le gouvernement investit dans la suite du projet pour un
an, jusqu'au mois de mai prochain, là, jusqu'à ce que le nouveau plan soit...
soit adopté.
M.
Fontecilla : Mais est-ce qu'on peut dire que, grosso modo, pour
les projets qui continuent, vous m'informez qu'il y a des nouveaux
projets qui démarrent, il va y avoir... des sommes sont prévues pour qu'ils
puissent continuer à fonctionner, là?
Mme
Rouleau : C'est environ 85 % des projets, parce qu'il y
a des projets qui sont arrivés à terme, qui n'ont pas à être reconduits,
puis certains projets qui devaient se poursuivre. Alors, c'est environ
85 % des projets.
M. Fontecilla : Parfait. Il me reste
combien de temps, Mme la Présidente?
La Présidente (Mme Boutin) : 1 min 16 s.
M. Fontecilla : Peut-être que je
vais revenir encore une fois, là, mais, concernant les financements, là,
pour... en soutien à la mission... à la mission globale des
69 corporations de développement communautaire, les CDC, et de 300...
autour de 350... enfin, je... organismes communautaires de promotion...
Une voix : ...
M.
Fontecilla : ...344 — merci — est-ce
que ça correspond à une indexation ou à une augmentation du financement...
une augmentation nette du financement à la mission, là?
Mme Rouleau : Ça représente une
augmentation du financement à la mission.
M. Fontecilla : Parfait. Est-ce
que...
La Présidente (Mme D'Amours) : 30 secondes,
M. le député.
M. Fontecilla : Est-ce que vous
pouvez nous dire combien, en moyenne, chaque groupe recevra?
Mme Rouleau : C'est environ... C'est
40 millions de dollars qu'on a ajoutés au budget des CDC et des organismes
de défense des droits.
M. Fontecilla : Je reviendrai avec
d'autres questions, Mme la Présidente.
La
Présidente (Mme D'Amours) : Merci. Je souhaite maintenant donner la parole à
la députée de Jeanne-Mance—Viger.
La parole est à vous.
Mme
Rotiroti : Merci, Mme la Présidente. Alors, à mon tour de
vous saluer, saluer les collègues et la ministre avec tout son cabinet.
Merci d'être là. On sait que les crédits, c'est un exercice qui est très
important.
Alors, je voulais juste revenir un petit peu sur
les prestations d'aide sociale. Et je salue l'initiative de la ministre de
vouloir garder cet aspect-là. On comprend qu'il y a une loi qu'elle veut...
Elle veut venir avec un projet pour moderniser tout ce concept... tout ce volet
de prestations sociales, que je salue, d'ailleurs.
On a reconnu qu'il y a... 80 % des fausses
déclarations, c'est vraiment fautes, d'erreurs commises de bonne foi, etc. Et je vais vous donner un cas. Ça va
peut-être vous... Tu sais, quand on donne des cas puis des exemples, ça frappe
dans l'imaginaire. Quelqu'un qui a une dette de... mettons, de
46 000 $ au niveau de... qu'elle paie à tous les mois le 112 $ par mois, qui est 1/8, dans le fond, de qu'est-ce qu'elle reçoit comme prestation, après 10 ans, après
avoir payé 13 000 $ de...
supposément, de la dette, parce qu'on comprend que c'est juste les intérêts
qu'elle a réussi à rembourser, aujourd'hui, sa dette est de
54 000 $. Alors, elle part de 46 000 $ à
54 000 $.
Alors, dans une situation de précarité, puis je
pense qu'avec le coût de la vie, l'inflation, etc., aujourd'hui... Mme la
ministre, qu'est-ce que vous pouvez faire pour aider cette personne-là avant...
Tu sais, je comprends que le dépôt de projet de loi s'en vient, vous faites un
travail là-dessus, mais, aujourd'hui, des gens qui se retrouvent dans des
situations comme ça, qui... Dans le fond, là, on les met... on les appauvrit.
C'est ça qu'on fait. Ils deviennent plus pauvres. Ça fait qu'on leur donne l'argent
d'un côté puis on l'enlève de l'autre côté. Alors, aujourd'hui, comment on
pourrait aider ces gens-là?
• (17 h 50) •
Mme
Rouleau : Bien, ce que j'ai mentionné tout à l'heure, c'est qu'il y a
un processus de révision qui est possible pour ces gens-là. Il y a la
possibilité de déclaration aussi pour alléger la peine et il y a aussi... J'ai
un pouvoir discrétionnaire qui permet de réduire ou d'éliminer la dette selon
le dossier, selon la situation particulière des individus.
Mme Rotiroti :
Si je vous lance la proposition de garder, dans... puis je ne vous dirais
pas dans tous les cas, parce que chaque cas est à évaluer, de ne plus imposer
l'intérêt, est-ce que ce serait une avenue que vous pouvez explorer ou vous
dites : Non, ça, c'est... je n'irai pas là, ça ne relève pas de moi? Parce
que vous allez me parler de Revenu Québec, effectivement, mais est-ce que c'est
quelque chose que vous pouvez avoir, à tout le moins, discuté avec Revenu
Québec? Est-ce que c'est une avenue que vous préconisez ou pas du tout?
Mme Rouleau :
Bien, c'est certainement une discussion que je peux avoir. Je ne peux pas
vous garantir des résultats qui seront obtenus de cette discussion-là, puisque
Revenu Québec est quand même... a son propre... disons, sa façon de fonctionner, mais, si on peut trouver des façons d'alléger,
ce serait... ce serait une bonne idée. Ça peut être... Ça peut faire partie de
discussions. Je ne peux pas vous garantir des résultats qu'on obtiendra dans ce
cas précis, les intérêts, qui sont vraiment du recours de Revenu Québec.
Mme
Rotiroti : Parfait. Alors, merci beaucoup pour l'ouverture, Mme la
ministre, parce qu'on comprend... Puis je pense que vous êtes très consciente
que ces gens-là partent déjà avec une situation précaire. L'argent qu'ils
reçoivent, c'est déjà très minime. Alors, de rajouter à ça le fardeau et le
stress de ne jamais voir comment ils vont s'en sortir, je pense que le... Ça
pourrait être une avenue qui pourrait être intéressante.
Je vais changer un
petit peu de sujet puis je vais aller sur les banques alimentaires. Et je sais
que la ministre est très sensible à cet enjeu-là. Je sais qu'il y a eu des
investissements qui ont été faits. Je... On le reconnaît. Par contre, vous
comprenez que... Puis on l'a vu. Je pense que... je pense que tous les
collègues ici, autour de la table, peuvent témoigner à quel point que, pendant
la COVID, heureusement qu'on avait ces banques alimentaires là dans nos comtés puis heureusement qu'on avait ces
organisations-là qui ont pu venir en aide puis qui ont collaboré en étroite
collaboration avec chacun de nos bureaux de comté.
Moi, je vais vous
dire, j'en ai... j'en ai huit dans mon comté, des banques alimentaires, et je
vois que la démographie change. Je vois qu'il y a une augmentation de personnes
qui ont recours à ces banques alimentaires là, tellement qu'ils sont rendus
qu'ils manquent de denrées. Ils n'ont pas assez de bouffe. Les paniers ne sont
pas aussi remplis qu'ils étaient. Ils sont à la recherche toujours de cet argent-là,
malgré l'investissement qu'on peut faire. Et, je pense, c'est... c'est plutôt
une question de prévisibilité. Les... Ils se retrouvent dans des situations où
est-ce qu'au lieu de s'occuper de la demande
qui grandisse ils sont dans... toujours dans la paperasse de vouloir aller
chercher plus d'argent, plus... la mission globale, etc.
Je vais vous dire,
là, que... Puis vous avez un comté, je pense, qui... qui ressemble un peu à la
mienne. Moi, je n'aurais jamais pensé, sincèrement, depuis le début de mon
mandat puis 15 ans plus tard, que j'aurais une hausse aussi flagrante de
personnes. Puis là le visage de la pauvreté est en train de changer partout. Ce
n'est plus qu'est-ce qu'on a connu il y a 15 ans. C'est des jeunes
familles qui ont des emplois mais qui n'arrivent pas à boucler la fin... la fin du mois. Ils ont des enfants qui vont à
l'école, qui vont avec le ventre vide parce qu'ils n'ont pas assez d'argent
pour fournir puis avoir le déjeuner le matin. En tout cas, le visage a
changé énormément.
Alors, moi, ma
question, en premier temps, Mme la ministre, c'est : Comment on peut
s'assurer de leur offrir cette prévisibilité-là, à ces organismes-là? Je sais
qu'il y a la mission globale dans le PSOC, qu'on appelle, le programme PSOC,
qui, dans le fond, là, est à revoir, est à revoir parce que la plupart de ces
organismes-là ne cadrent plus dans cette...
ce programme-là. Ça fait qu'ils ne sont pas capables d'aller chercher de l'aide
pour la mission globale et se retrouvent à la recherche de ces fonds-là pour
survivre. Alors, ça prend plus... Leur énergie est plus là-dessus que de servir la population qui est dans le besoin.
Alors, comment voyez-vous ça? Je sais que je vous lance ça comme ça, c'est
beaucoup, mais j'aimerais ça vous entendre là-dessus. Puis comment... C'est
quoi, votre vision là-dessus? Comment vous voulez... Comment on peut offrir une certaine stabilité à ces
organismes-là, que, sincèrement, sont primordials sur le terrain?
Puis je vais vous
dire qu'il n'y a pas un député... Je ne pense pas, là, qu'il y a un député ici
qui... on aurait pu faire le travail qu'on a pu faire et servir la population
si on n'avait pas ces organismes-là qui nous ont épaulés tout le long. Et ça, la pandémie, on l'a vu, mais, je
pense, ils sont là, ils sont présents sur le territoire, puis heureusement
qu'on les a. Alors, comment on peut les aider davantage, Mme la
ministre?
Mme Rouleau :
Très bonne question. Bon, effectivement, on a vu, avec la pandémie, des
situations être exacerbées. On a vu... on a vu que les organismes
communautaires sont extrêmement importants. Alors, la pandémie, la hausse du coût de la vie, les demandeurs
d'asile qui sont arrivés... Il y a eu une affluence, là, pendant une période.
Là, ça s'est calmé parce que le... ma
collègue a fait fermer le chemin Roxham, notamment, mais il y a eu une
affluence très, très importante et chez vous et chez nous, et, bon, ce
qui fait que, oui, effectivement, là, il y a eu cette demande supplémentaire
d'aide alimentaire.
On est en contact
constant avec Les Banques alimentaires du Québec. Les banques alimentaires
n'avaient jamais réellement demandé de l'aide au gouvernement. C'était... Ils
faisaient affaire avec les grandes épiceries et obtenaient de la nourriture de
ces grandes épiceries qui avaient des surplus. Les grandes épiceries, qui ont
modifié leurs... leurs façons de faire,
productivité, n'ont plus ces surplus qu'ils avaient. Puis, l'année dernière, il
y a eu une demande urgente et
ponctuelle à laquelle on a répondu, là. Comme vous... comme vous le savez, on a
mis, en fait, l'année dernière, 14 millions dans l'aide
alimentaire, en infrastructures et en achats.
Cette
année, ce qu'on a fait, c'est que... toujours parce qu'on est en discussion
avec les banques alimentaires puis qu'on... Et puis, en ce moment... Et, comme
vous le savez, j'effectue une tournée à travers le Québec, puis je vois bien,
là, la situation, et j'ai beaucoup de discussions avec les organismes. Cette
année, on a inscrit, dans le budget, «aide alimentaire». On a un budget de
30 millions, aide alimentaire, en infrastructures et en achats. Et le
souhait que j'ai, ce n'est pas seulement de répondre, et c'est ce que j'ai dit
aussi aux banques alimentaires, ce n'est pas de répondre à des besoins urgents.
Je suis d'accord avec vous, il faut de la prévisibilité.
Et de quelle façon ce
30 millions plus aussi le soutien à l'action bénévole, là, dont
bénéficient tous les députés de chaque circonscription... Comment on peut se
doter d'un vrai plan de match pour aider les gens, voyant que le portrait a
changé? Bien, le portrait, il peut encore changer, parce qu'il y a moins de
demandeurs d'asile, il y a moins de pression, parce qu'il y a eu une pression
énorme pendant un certain nombre de mois, là, cette pression diminue, mais on
voit aussi des gens qui ont besoin d'aide, bon, jeune couple avec enfant qui va
chercher un panier. On le voit, là. On le
sait. Alors, c'est pour ça aussi qu'on a demandé à Banques alimentaires Québec
de faire un portrait juste, le plus juste possible de qui a besoin de
cette aide alimentaire pour être capables de répondre adéquatement aux besoins.
Et, dans... Je vais
revenir encore... Bien, deux choses, là. Il y a le plan d'action, le quatrième
plan d'action contre la pauvreté et l'exclusion sociale. La consultation
publique qui se fait en ce moment, elle est importante, parce que ça va nous permettre d'alimenter, là, ce plan
d'action. Ma tournée me permet d'alimenter aussi toute la réflexion, et
la modernisation de la loi va aider aussi, la loi sur l'assistance sociale,
pourra aider.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Mme la députée.
• (18 heures) •
Mme
Rotiroti : Merci. Merci, Mme la Présidente. Je suis contente que vous
avez parlé de l'épicerie, qu'ils fournissent les denrées pour remplir les
paniers. Alors, j'imagine que, dans votre tournée, vous savez puis vous êtes
conscients que les paniers deviennent de plus en plus petits parce qu'il y a un
manque de... Vous devez sûrement savoir
qu'il y a des différentes applications... Parce que, là, il y a une crainte, au
niveau des organismes communautaires, qu'ils font compétition, ces
denrées-là, avec les épiceries qui se mettent sur des plateformes comme
FoodHero ou Flashfood, où est-ce qu'ils
vendent des denrées qui ont une date d'expiration prochainement, mais à prix
réduit. Alors là, il y a... Là, on a
le problème d'un manque d'aliments. On a un problème que, les banques
alimentaires qui recevaient ces denrées-là par les épiceries, bien, les
épiceries vont ailleurs parce qu'eux, bien, ils en mettent quelques petits sous
dans leurs poches. Alors, voyez-vous, l'organisme communautaire, les banques
alimentaires se retrouvent entre... entre deux.
Alors, qu'est-ce que
vous allez faire pour s'assurer que ce n'est pas les banques alimentaires qui
vont payer les frais de ça, c'est-à-dire de ces plateformes-là qui
s'instaurent, et où l'épicerie... En plus, c'est des épiceries qui allaient
pour remplir les paniers. Là, ça s'en va sur une plateforme où est-ce qu'ils vendent
ça à très peu, puis ils font de l'argent.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Mme la ministre.
Mme Rouleau :
Bien, où il y a de l'homme, il y a de l'hommerie, comme on dit. Alors, il y
a des situations, évidemment, qui peuvent arriver, là, de... Il y a des... Il
est fort possible que des gens essaient de trouver une façon d'aller profiter
d'une situation.
La consultation
publique, elle est extrêmement importante, la consultation publique qui vient
de démarrer en ligne, les rencontres avec
les personnes qui sont en situation de vulnérabilité, qui ont aussi des idées,
et les rencontres thématiques qui auront lieu. Puis j'imagine qu'on va
parler d'aide alimentaire dans une de ces... Un des thèmes sera très
certainement l'aide alimentaire, ce qui va permettre, dans cette consultation,
pour ce quatrième plan, d'identifier des solutions.
Et là, aujourd'hui,
je ne peux pas vous parler de solutions précises, là, sur cet enjeu-là. C'est
des choses qui doivent se discuter. Il faut qu'on voie comment on peut, avec
les investissements qu'on fait, ce qui est prévu dans le budget, par exemple, le 30 millions de
dollars prévu pour l'aide alimentaire, comment on peut... qu'est-ce qu'on
peut... quel plan de match on peut mettre en place, parce que c'est...
pour éviter des situations semblables, pour assurer la prévisibilité.
Puis
vous vous rappelez aussi qu'on a mis en place, au printemps... J'ai encore un
peu de temps, Mme la Présidente?
La Présidente (Mme
D'Amours) : Oui.
Mme Rouleau : OK. On a mis en place, au printemps dernier, à la
fin du printemps, le plan d'action gouvernemental en action
communautaire. C'est 1,1 milliard de dollars, dont une grande partie
sert au rehaussement du financement à la mission des organismes communautaires.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. Mme la députée.
Mme Rotiroti :
Oui. Je ne voulais pas vous couper, Mme la ministre. C'est parce que je
veux clarifier quelque chose avant que mon bloc est terminé. Je vous parle des
plateformes qui vont... que les épiceries... Puis je vous invite de regarder à quel point qu'ils sont actifs, là. On a fait
une recherche rapide sur une des plateformes. Au niveau de la région de
Québec, il y en a une soixantaine. Alors, je veux juste... je veux juste
entendre, oui ou non, est-ce que vous avez l'intention de vous attaquer à ces
applications-là ou pas.
Mme
Rouleau : Bien, je vais aller voir ce qui se passe exactement puis
voir qu'est-ce qu'on pourrait... est-ce qu'il
y a des gestes que nous pouvons poser, parce que notre intention, c'est
vraiment d'aider les personnes qui ont besoin d'aide, les... On ne veut laisser
personne derrière. On ne veut pas que les gens n'aient pas de nourriture sur
leurs tables.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. Merci. 1 min 15 s, Mme la députée.
Mme Rotiroti :
Dernière question, Mme la
ministre. Vous avez dit que vous avez donné 2 millions de dollars pour
l'achat de la nourriture dans nos banques alimentaires. Vous savez très bien,
j'imagine, dans votre tournée, que la demande a été de 24 millions. Est-ce
que vous avez l'intention, cette année, d'augmenter ce montant-là ou on reste à
le 2 millions pour l'achat de nourriture, là? Je ne parle pas de les
autres montants. Je parle du 2 millions dédié à l'achat de la nourriture.
Mme Rouleau :
Bien, en fait, c'est 30 millions. Il y a 20 millions qui sert
pour les infrastructures, il y a 10 millions qui sert pour l'achat. Mais
ce que je vous ai expliqué tantôt, c'est de voir comment on peut faire
fructifier ce 30 millions là pour
arriver avec un plan de match, en collaboration, évidemment, avec les banques
alimentaires, pour s'assurer que les gens aient ce qu'il leur faut. Et
on ne laissera personne avec... On ne laissera ni un adulte, ni un enfant, ni
un aîné sans nourriture, c'est certain. Mais là on a quand même...
La Présidente (Mme
D'Amours) : En terminant.
Mme Rouleau :
En terminant, on a quand même un 30 millions. Il faut bien l'utiliser.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. Nous poursuivons notre période d'échange avec le
député des Îles-de-la-Madeleine pour une durée de 7 min 48 s.
M. Arseneau :
Merci beaucoup, Mme la Présidente, Mme la ministre. Je salue également ceux
qui vous accompagnent et mes collègues ici présents.
Il y a ce qu'on avait
appelé, il y a quelques années, le droit à l'amour, sur lequel on a obtenu
quand même une amélioration des conditions de vie pour ceux qui reçoivent des
prestations de solidarité sociale, mais de façon partielle, c'est-à-dire que le
chemin qu'on a parcouru, c'est de ne pas priver les prestataires de l'un ou
l'autre des revenus s'ils ont des
contraintes sévères à l'emploi, là, puis qu'ils ont reçu des prestations, là,
sur 66 des 72 derniers mois, là, si je me souviens bien. C'est la
politique qui avait été retenue. Nous avons salué ce premier pas.
Est-ce que, Mme la
ministre, vous avez réfléchi à la possibilité d'aller plus loin et de ne pas...
surtout dans une période d'instabilité
économique globale, et particulièrement pour les gens les plus vulnérables et
les prestataires, de leur permettre, justement, à la fois de cohabiter et de
toucher pleinement leurs prestations?
Mme Rouleau :
Bien, le Programme de revenu de
base, c'est une avancée assez extraordinaire que le Québec a faite en
instaurant, justement, le... ce droit à l'amour. Le fait que ce soit un chèque
par personne et le... C'est dans le cadre,
bon... Le Programme de revenu de base est dans le cadre de personnes qui sont
en contraintes sévères à l'emploi, puis d'autres conditions s'ajoutent
aussi pour améliorer la qualité de vie de ces gens qui sont... qui ont beaucoup
plus de difficultés, là, au niveau du travail.
Lorsque je dis que je
souhaite moderniser la loi sur l'assistance sociale, puis on parle de
législation et de réglementation, bien, il faut analyser comme il faut ce que
peut représenter la prestation pour une personne. Ce n'est pas... Il y a des discussions qui doivent se
faire. Il faut voir quels sont tous les impacts que ça peut avoir. Mais on est
en train d'analyser, de vérifier.
M. Arseneau :
Je vous dirais que la situation est difficile pour bien des gens. Vous le
savez sûrement autant que moi. On a des représentations qui nous sont faites
par des citoyens.
Il n'y a pas si
longtemps, on a découvert que le crédit d'impôt qui a été majoré pour les
personnes de 70 ans et plus... bien, que le
gouvernement avait décidé qu'il pouvait d'abord se servir dans cette somme
supplémentaire pour rembourser des dettes qui étaient, effectivement,
là, contractées envers Revenu Québec, ce qui prive les gens qu'on veut aider
d'un revenu et qui constitue une certaine discrimination, si on regarde les
autres mesures qui ont été mises en place par le gouvernement. C'est mon point
de vue, évidemment, que j'exprime là-dessus. Quand on a envoyé des chèques aux Québécois, d'un montant de 500 $
ou 600 $, bien, on ne posait pas la question à savoir s'ils avaient une
dette envers le gouvernement. On offrait ce soutien-là sans égard à ces
considérations.
Quand on a relevé
cette différence de traitement pour les personnes aînées, il y a des gens qui
nous ont contactés pour nous dire : Bien, il faudrait que vous regardiez
aussi du côté de la solidarité sociale, parce qu'on vit exactement le même problème. Vous avez parlé tout à l'heure avec mon
collègue du fait qu'il y avait 121 000 personnes qui avaient
des dettes envers le ministère, envers le gouvernement, sur lesquelles on
prélevait aussi des intérêts, les revenus
d'intérêts. Mais il y a des gens qui nous ont contactés en disant : Il n'y
a pas que les personnes aînées, là, qui, actuellement, dans une situation
difficile, se voient prélever une partie de leurs chèques. Puis je vous lis le
témoignage de quelqu'un qui me dit : Moi, je... pour des raisons de
santé, là, je ne peux retourner au travail, je reçois un chèque de solidarité
sociale, et, sur les 728 $ auxquels j'aurais droit, bien, on me saisit
224 $ plus les frais d'intérêts.
Est-ce qu'il n'y a pas,
dans la période actuelle ou dans votre projet de loi, une façon, justement,
d'amenuiser? Parce que le pourcentage me semble fort élevé, là. Tu sais, sur
700 $, on prélève 200 $. Comment est-ce qu'on vit avec 500 $ par
mois, là, aujourd'hui au Québec, dans des conditions, là, d'un taux d'inflation
à 5 %, 6 % ou 8 %?
• (18 h 10) •
Mme Rouleau : L'aide de dernier recours,
ce n'est pas un salaire en partant. C'est quelque chose qui vient... C'est un
montant qui vient... qui permet, là, de... aux gens d'avoir un certain... en
fait, un certain revenu pour vivre, mais on met en place toutes sortes de
mesures pour aider les gens à améliorer leur sort. Ce qu'on veut, ce n'est pas
qu'ils restent sur l'aide sociale, c'est de les amener, à la hauteur de leurs
moyens, vers un emploi.
Et, dans ce projet de loi que je projette, il y
a une question que je me pose, par exemple : Ces gens qui sont sur l'aide
sociale, ils peuvent, en ce moment, et ce, depuis, je pense, 1996, ça fait
qu'il n'y a pas personne qui a touché à ça jusqu'à maintenant, ils peuvent
avoir l'équivalent de 200 $ par mois sans être coupés, de travail, donc,
200 $ de travail par mois.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci,
Mme la ministre. M. le député.
M. Arseneau : Oui. Combien il me
reste de temps environ?
La Présidente (Mme D'Amours) : 1 min 40 s.
M. Arseneau : Ah! OK. Bien, merci.
Je vais en profiter, là, juste pour poser, probablement, ma dernière question.
C'est concernant... vous avez... le programme, là, d'action gouvernemental pour
l'inclusion économique et la participation sociale, le PAGIEPS. Quand on a...
on l'a mis en place puis on l'a annoncé, c'était quand même une bouffée d'air
pour certains organismes, qui ont pu, quand même, améliorer les conditions de
travail aussi de ceux pour qui... de leurs employés, essentiellement, puis
assurer une certaine viabilité. Mais ce qu'ils avaient compris puis ce qui est
assez clair, là, dans une communication du secrétariat, c'est qu'une indexation
au montant offert serait applicable, et il ne semble pas que ça ait été le cas.
Pourquoi?
On parlait
ici... «Suivra ensuite une indexation annuelle de 1 % d'ici 2023.» Bien,
cette indexation-là ne semble pas avoir été versée. Et aujourd'hui on
dit : Bien, pourquoi on est traités différemment, par exemple, des
organismes communautaires qui sont associés au PSOC, par rapport... par
opposition à votre programme? Alors...
La Présidente (Mme D'Amours) : 35
secondes, Mme la ministre.
Mme Rouleau : Vous avez parlé du
PAGIEPS.
M. Arseneau : Oui, PAGIEPS.
Mme
Rouleau : C'est peut-être plutôt du PAGAC que vous parlez.
Vous voulez dire du programme... le plan d'action gouvernemental en
action communautaire...
M. Arseneau : Oui, oui. Oui, tout à
fait.
Mme Rouleau : ...OK, qui mise sur...
En fait, c'est 1,1 milliard de dollars, 888 millions pour rehausser
le financement à la mission des organismes. C'est de ça dont on parle?
M. Arseneau : Oui, mais est-ce que
l'indexation... on va trouver une formule pour indexer ces organismes-là avec
la hausse des coûts de la vie?
La Présidente (Mme D'Amours) : C'est
tout le temps que nous avions pour ce bloc d'échange. Maintenant, je suis prête
à entendre le député de Jacques-Cartier. La parole est à vous, M. le député.
M.
Kelley : C'est à moi? Oh! merci. Merci, Mme la Présidente.
Je pensais que c'était le tour du gouvernement. Je veux juste continuer la
discussion, Mme la ministre, sur Les Banques alimentaires du Québec, sur la demande
de 24 millions de dollars qui a été faite par Les Banques
alimentaires du Québec. Dans le document prébudgétaire, vous avez dit :
Bien, on a donné 30 millions de dollars, mais des besoins dans les
infrastructures puis la rétention des travailleurs,
Mme la Présidente, demeurent toujours très importants pour eux autres. Alors,
ce n'est pas comme si eux sont capables de prendre l'argent qui était comme
dédié pour l'infrastructure déjà puis mettre ça dans l'achat des aliments.
Alors, pour ce temps où l'inflation continue
d'augmenter... Je sais que tout le monde aime à répéter : Bien, on a un plateau avec l'inflation présentement.
C'est quand même un plateau où l'inflation augmente chaque mois par,
comme... Alors, ce n'est pas plus facile pour les banques alimentaires. Ce
n'est pas plus facile pour les gens qui sont juste
au bout, en termes d'être capables de payer pour chaque facture d'épicerie. Et,
comme ma collègue de Jeanne-Mance—Viger
a mentionné, dans chacun de nos comtés, nos banques alimentaires sont toujours,
toujours interpelées de faire plus avec moins de moyens.
Alors, juste
encore, Mme la ministre, bien comprendre, est-ce que la porte est complètement
fermée à une autre aide d'urgence pour Les Banques alimentaires du
Québec pour cette année qui s'en vient? Parce que ce n'est pas l'argent nécessairement pour l'année prochaine puis l'année
de suite. Et, si je comprends bien, ça, c'est... Le montant que vous avez annoncé pour... le 2 millions,
c'est pour cette année, l'année prochaine puis l'année de suite, mais est-ce
qu'il y a une façon d'augmenter ça cette année avec l'intervention du
gouvernement pour s'assurer que nos banques alimentaires n'ont pas...
Une voix : ...
M. Kelley : ...exactement, plus de service ou une rupture,
complètement, de stocks pour les gens qui ont besoin de se nourrir?
Mme Rouleau : Bien, c'est certain
que, comme on en parle depuis tantôt, là, on a une très, très grande
sensibilité à la situation. Puis on vit une situation économique qui n'est pas
évidente. Va-t-elle perdurer? Alors, on met
en place des mesures pour s'assurer que le travail avec les banques
alimentaires soit bien fait. On veut s'assurer que les gens ne manquent de rien. Et, si cette
situation perdure, évidemment qu'on est capables d'agir en situation d'urgence.
On préfère ne pas agir en situation d'urgence, mais on l'a fait l'année
dernière. On est capables de le faire encore si la situation le commande.
Mais ce qu'on cherche, c'est à se doter d'un
véritable plan de match avec les joueurs pour... et, quand je parle de joueurs,
ce sont les banques alimentaires, Banques alimentaires Québec, avec qui on
discute beaucoup, sur qu'est-ce qu'on peut mettre en place pour qu'il y ait de
la prévisibilité, pour que les organismes ne soient pas en manque de nourriture
pour... à donner aux jeunes, aux enfants et à leurs parents.
Alors... Et puis ce n'est pas une situation
qu'on... J'ai vu les banques... Je les vois, les banques alimentaires, partout
à travers le Québec. Je vois tous les efforts qui sont faits par les organismes
communautaires. Mais les situations ne sont
pas les mêmes partout, dans chacune des régions non plus. Alors, il faut être
en mesure de bien répondre, de... Et c'est ce qu'on veut, bien répondre
aux besoins.
M. Kelley : Parfait. Bien, on va
suivre ça de près, parce que, comme j'ai mentionné, ce n'est pas comme la crise
inflationnaire est terminée. On ne sait pas qu'est-ce qui va être dans le
prochain rapport, Mme la Présidente. Puis,
quand même, on est coincés dans une situation où on veut probablement commencer
à baisser les taux d'intérêt, parce
qu'il y a un gel, un petit peu, dans les... des maisons et, quand même, dans la
construction. Alors, on arrive, dans ce pays, à un moment très
intéressant.
Mais je veux aller sur un autre sujet. J'ai
remarqué... On a posé des questions concernant le Programme de solidarité sociale et le Programme de revenu de
base, le nombre des adultes prestataires. Si on regarde les chiffres de 2018
jusqu'à maintenant, on peut dire, oui, on a eu... on a vu une baisse
dramatique, mais qu'est-ce qui m'inquiète un petit peu, Mme la ministre,
c'est qu'on voit, depuis avril 2022, qu'il y a une tendance à la hausse des
gens qui demandent une aide sociale. Est-ce
que vous avez peut-être des idées pourquoi ça, ça arrive maintenant? Qu'est-ce
que ça explique, ça, qu'après deux ans on voit maintenant une... comme
je dis, une hausse des demandes jusqu'à janvier 2023? Et, peut-être, vous avez
plus d'information qui est plus à jour pour nous.
Mme Rouleau : Bien, il y a eu un
afflux important de demandeurs d'asile, 30 000 personnes sont
arrivées dans un temps assez court, et c'est venu mettre une pression énorme
sur l'aide sociale. C'est pour ça qu'il y a... vous voyez une légère... vous
voyez une hausse. Sinon, on aurait une baisse des personnes sur l'assistance
sociale.
M.
Kelley : ...demandeurs d'asile qui explique cette
augmentation de 30 000. Merci beaucoup pour cette clarification.
Aussi, sur la question des demandeurs d'asile,
je vois que votre ministère a dépensé... attends une minute, je vais sortir le
tableau, ici, 20 000 $ pour Éducaloi, pour une vidéo, une capsule
destinée aux demandeurs d'asile. Je veux juste savoir c'était quoi, le message
de... ce message. C'était pour les demandeurs d'asile. Comment eux autres peuvent accéder à... l'accès des services du
ministère ou... C'était quoi, exactement? C'est dans le tableau, les
renseignements pour les dépenses des contrats octroyés par votre
ministère.
• (18 h 20) •
Mme Rouleau : On parle d'Éducaloi
qui s'adresse aux demandeurs d'asile.
M. Kelley : Oui, numéro 35.
Oui, c'est 35, Éducaloi. Ça, ça dit : Le fournisseur, c'était Éducaloi,
qui a fourni une vidéo à le coût de
20 475 $. C'est... Et la description, c'est un accompagnement-conseil
pour la production d'une capsule de vidéo destinée aux demandeurs
d'asile. Je veux juste savoir c'était quoi, la vidéo.
La Présidente (Mme D'Amours) : Mme
la ministre.
Mme Rouleau : Alors, c'était un
vidéo pour aider les employés des organismes qui viennent en aide... qui sont
venus en aide aux demandeurs d'asile, pour bien comprendre l'ensemble des lois
pour que... C'est une... C'était de la formation, je dirais, pour les employés.
M. Kelley : Excellent. Merci
beaucoup. Un autre dossier, peut-être, que vous pouvez... pas clarifier, mais
expliquer un petit peu s'il y a des stratégies en place, c'est... C'est triste
de lire le nombre de familles monoparentales avec un
enfant de moins de 18 ans qui reçoivent une pension alimentaire. Le
chiffre que vous avez mentionné dans votre... dans le cahier : 85 familles
monoparentales participant au programme Objectif emploi avec moins de... un
enfant de moins de 18 ans reçoit une pension alimentaire,
4 947 familles monoparentales prestataires de Programme d'aide
sociale avec moins... avec au moins un enfant de moins de 18 ans recevant
aussi une pension alimentaire, 301 familles monoparentales prestataires de
Programme de solidarité sociale avec au moins de... enfants de moins de 18 ans
encore avec une pension alimentaire, puis 298 familles monoparentales
prestataires de Programme de revenu de base avec au moins un enfant de moins de
18 ans qui reçoit une pension alimentaire.
J'imagine, avec le coût de vie, pour ces
familles, présentement, des familles monoparentales, comment c'est difficile de
loger, de payer la facture d'alimentation, de payer pour la facture
d'Hydro-Québec. Tout coûte plus cher, le transport en commun, on peut faire la
liste, l'essence. Est-ce qu'il y a des stratégies en place, du ministère, pour essayer d'aider des familles de sortir de cette
situation-là? Est-ce qu'il y a des programmes très spécifiques sur le terrain,
des intervenants sur le terrain? Je veux
juste savoir... je veux juste savoir qu'est-ce que le gouvernement fait pour
aider ces personnes très, très vulnérables dans notre société.
Mme Rouleau : Pour les... pour les
familles avec enfants, avec les pensions alimentaires, par exemple, on est passés de 100 $ à 500 $ d'exemption,
ce qui est... par enfant, par mois. Alors, ça, c'est une aide extrêmement
importante pour ces familles. Il y a des... il y a des aides
alimentaires aussi, en termes... pour des... pour les jeunes enfants, les
jeunes mères avec enfants, les... Et puis, dans ce programme, là, d'exemption
des pensions alimentaires, là, à 500 $ par enfant, ça répond aux besoins
de 95 % de ces familles, qui sont maintenant exemptées des... En fait, la
pension alimentaire est exemptée.
M. Kelley : Parfait. Et pas juste
pour la pension alimentaire mais aussi pour les familles monoparentales qui
reçoit un programme d'aide sociale, comme je dis, est-ce qu'il y a des
stratégies plus spécifiques pour eux autres, pour sortir de cette situation-là,
des programmes d'emploi, des jumelages, des... Je veux juste encore... Je
comprends la partie... l'argent qui est disponible pour une pension
alimentaire, mais je parle aussi des familles monoparentales. Est-ce qu'il y a comme un plan spécifique pour
aider eux autres, de plus, dans des situations inflationnaires où le coût
de la vie a vraiment haussé dans... pendant les dernières années?
La Présidente (Mme D'Amours) : Mme
la ministre.
Mme Rouleau : Alors, programme
spécifique pour les familles monoparentales, en fait, il y a, évidemment,
Objectif emploi, qui... pour amener les gens vers un emploi. C'est la meilleure
façon, bien sûr, d'atteindre un niveau de richesse plus adéquat. Et on arrive
avec un programme... Alors, bien, en fait, c'est que, si on se compare, si on
se compare, on a... en termes de barèmes d'aide financière de dernier recours,
on est supérieurs à ce qui se passe ailleurs au Canada. Et, en termes d'aide
financière versée aux personnes seules ou aux familles monoparentales avec des
enfants de 10 ou 13 ans, bien, on est au deuxième rang en termes d'aide
financière donnée aux... donnée à ces familles. Alors...
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
M. le député.
M. Kelley : Merci, Mme la ministre.
Je veux juste changer le sujet pour parler un petit peu... Il y a une page où
vous parlez de toutes les mesures que vous avez prises pour aider les gens
pendant cette période avec une hausse du coût de la vie, mais est-ce que la
ministre trouve qu'une réduction des impôts assez large était la meilleure
stratégie pour aider les gens les plus vulnérables au Québec? Puis aussi est-ce
que c'était une bonne idée de couper des impôts dans une période
inflationnaire? Parce que, quand même, la Banque Royale du Canada, qui n'est
souvent pas contre les réductions des impôts, a mis le gouvernement du Québec
en garde pour dire : Couper les taxes pendant une période d'inflation, où
l'inflation monte rapidement chaque mois, n'est pas nécessairement le meilleur
timing. Alors, je veux juste savoir si la ministre pense que c'était une bonne
façon de faire une réduction d'impôt globale comme
ça ou est-ce que c'était mieux de prendre cet argent-là pour mieux soutenir les
gens les plus vulnérables au Québec.
Mme Rouleau : Bien, M. le député, on
continue à soutenir les personnes les plus vulnérables au Québec avec plusieurs
programmes, avec différentes mesures qui font partie du plan d'action de lutte
contre la pauvreté et l'exclusion sociale, avec le plan d'action en action
communautaire, puisque le milieu communautaire est très important aussi pour
offrir... aller chercher les gens, là, où... et leur offrir des services les
plus adéquats possible.
Le ministre des Finances a mis en place un
bouclier anti-inflation qui vient en aide à tous les Québécois et qui vient en
aide aussi aux personnes qui sont en situation de vulnérabilité. Alors, tous
les moyens qui ont été... Tout ce bouclier anti-inflation, il est important. Il
aide chaque citoyen, chaque personne qui a pu... qui peut en bénéficier, qui en
bénéficie, parce que chaque citoyen a reçu de l'argent, notamment. Alors, je
pense que c'est une très bonne décision de la part de notre gouvernement que ce
bouclier anti-inflation.
M. Kelley : Et, si, Mme la ministre,
il y a une crise économique, est-ce que le gouvernement a des moyens de continuer d'aider les gens les plus
vulnérables? Est-ce qu'on a les marges de manoeuvre ou est-ce que ça commence
à rentrer dans une période où le
gouvernement a dépensé beaucoup, on a des déficits toujours pas mal larges,
puis ça va être très difficile de
trouver plus d'argent pour aider les Québécois les plus vulnérables si jamais
il y a une crise économique?
Mme Rouleau : Bien,
on a déjà en place des mesures pour aider les personnes qui sont en situation
de vulnérabilité. On indexe... Par exemple,
on a indexé à 6,44 % les prestations pour les personnes qui sont sur
l'assistance sociale et dans tous les
programmes de l'assistance sociale. Le PAGIEPS, le troisième plan de lutte, a
été prolongé d'un an. On est en train de bâtir le quatrième plan de
lutte.
• (18 h 30) •
Ce troisième
plan de lutte, il a une valeur de 3 milliards de dollars. Ce sont des
mesures qui vont se poursuivre. Là-dedans,
il y a, évidemment, le Programme de revenu de base qui est important. C'est
1,5 milliard d'investissements que ce Programme de revenu de base
par année, et avec... évidemment, qu'on va poursuivre.
La modernisation de la loi va nous amener à alléger
cette immense loi qui a été raboudinée, si je peux me permettre l'expression,
au fil du temps. On va l'alléger. On va lui donner un caractère un peu plus
moderne, être... On va s'ajuster à notre siècle. On va s'ajuster à la situation
qu'on connaît aujourd'hui.
Alors, les mesures sont là. Et notre intention,
je le répète, c'est de ne laisser personne derrière et c'est faire en sorte que
chaque personne, chaque individu puisse contribuer au développement du Québec
dans la mesure... à la hauteur de ses moyens.
Alors, ce que je souhaite, c'est qu'on soit un petit peu moins dans le punitif,
si cela est possible, et aller plus, beaucoup plus vers
l'accompagnement, parce que c'est... On a des gens qui sont en situation de
vulnérabilité, qui sont parfois bien éloignés du marché du travail, et là il
faut les accompagner correctement pour les amener.
Puis on est dans une situation, comme vous le savez, où il y a une pénurie de
main-d'oeuvre. C'est mondial. C'est dans tous les pays. Ce n'est pas seulement
qu'ici, au Québec. Mais ici, au Québec, on vit cette situation, évidemment,
puis on a besoin de tout le monde. Alors, il y a...
La Présidente (Mme D'Amours) : ...
Mme Rouleau : En même temps, il y a
une façon de concilier les enjeux de notre société.
La
Présidente (Mme D'Amours) : Merci, Mme la ministre. Nous passons maintenant à
la période d'échange avec le député de la deuxième opposition. M. le
député de Laurier-Dorion, la parole est à vous.
M. Fontecilla : Merci, Mme la
Présidente. Mme la ministre, je voudrais vous demander... revenir sur le
Programme de revenu de base, là. Les informations fournies par votre ministère
nous indiquent que c'est après 66 mois de prestations dans le Programme de
solidarité sociale qu'on passe au Programme de revenu de base, là. Une question
qui me tarabuste : Pourquoi avoir choisi 66 mois, ce qui est un...
cinq ans et demi? C'est quand même beaucoup.
C'est une très longue période de temps, là, pour des gens qui vivent dans
l'extrême pauvreté, quand même, là. 1 548 $... non, excusez,
1 205 $ dans le Programme de solidarité sociale, ce n'est pas la
richesse, on va s'entendre. Donc, ces
personnes-là doivent vivre dans l'extrême pauvreté, l'extrême précarité pendant
cinq ans et demi avant de passer au
Programme de revenu de base qui va améliorer un peu leurs conditions de vie,
là. Pourquoi avoir... Pourquoi prendre autant longtemps?
Mme Rouleau : Bien, c'est... La
décision est d'abord basée sur la persistance de ces contraintes sévères, sur
la permanence de ces contraintes sévères. Parce qu'il y a contraintes sévères
temporaires et contraintes sévères permanentes.
Alors, c'était pour faire la distinction dans le temps principalement. Mais, en
même temps, il y a certaines mesures qui permettent d'adoucir tout ça,
là, qui sont mises en place pour... en fait, le carnet de réclamation, les
suppléments pour les enfants handicapés, les... Enfin, il y a certains
assouplissements, là, à certains degrés.
Et, d'arriver au Programme de revenu de base,
bien, il y a aussi, évidemment, des avantages pour les gens qui vivent ces
contraintes sévères, là. Puis ce n'est pas un cadeau qu'elles ont d'avoir ces
contraintes sévères. Mais, en arrivant sur le Programme de revenu de base,
bien, elles ont... c'est un chèque par personne. Ça, c'est une très grande avancée, parce que ça n'existait pas avant.
Les revenus des conjoints sont calculés seulement à partir de
28 000 $, alors que, dans
les autres programmes d'assistance sociale, les revenus sont comptés. Les
avoirs liquides sont exclus... du conjoint sont exclus jusqu'à
50 000 $ et ainsi que les biens et résidence du conjoint.
Alors, c'est un... En fait, c'est un programme
qui vient révolutionner l'assistance sociale, qui est dédié aux personnes qui
sont vraiment en difficulté, qui pourraient avoir beaucoup plus de difficultés
que d'autres d'accéder à l'emploi.
M. Fontecilla : Et, changement de
sujet, je m'en vais vers le financement du secteur communautaire. On calcule...
Selon les informations fournies par les organismes, en 2019, il y aurait... il
y avait un manque à gagner en financement à la mission pour
4 000 organismes communautaires, là, et ils chiffrent cela à
460 millions. Et, selon, toujours, les organismes, depuis les trois
derniers budgets provinciaux, il y a eu 204 millions supplémentaires qui
ont été accordés en financement à la
mission. Donc, on est loin de... moins de la moitié, là, de ce qu'il aurait
fallu à des gens en 2019, là. Et
donc, pour répondre à l'ensemble des besoins, là, de l'action communautaire
autonome pour la mission globale, là,
les organismes demandent un rehaussement de 255 millions, là, pour éviter
l'appauvrissement, évidemment, de ces
organismes, là, la détérioration de leurs conditions... les conditions de
travail des... en particulier des salaires, là, et que... Ils demandent
aussi que, les organismes, le financement soit indexé.
Vous avez annoncé 70 millions
supplémentaires, j'aimerais ça que vous... cette année, ce qui n'est pas
beaucoup, là. Et donc est-ce que vous pouvez rassurer les milieux
communautaires concrètement, là? Est-ce vous allez...
vous pensez combler les besoins en termes financiers, c'est-à-dire
255 millions pour la mission de base des organismes?
Mme Rouleau : Alors,
lorsqu'on est arrivés en poste en 2018, l'aide au milieu communautaire, à
l'action communautaire était de
1,2 milliard de dollars. Aujourd'hui, on dépasse le
2 milliards de dollars pour le milieu communautaire. On a mis en place le programme gouvernemental... le
programme d'action gouvernemental en action communautaire, le PAGAC.
D'ailleurs, j'ai demandé à mon équipe, pour les prochains plans d'action, de
trouver des acronymes un peu plus parlants
que «PAGAC» et «PAGIEPS». Alors, on va... Et on y travaille très fort. C'est un
engagement.
Depuis notre arrivée en poste, il y a eu une
augmentation de 47 % du financement dédié aux organismes communautaires.
Et, avec le plan d'action gouvernemental en action communautaire, on a pu
vraiment cibler de manière éloquente le besoin des organismes communautaires
d'être financés à la mission avec ce rehaussement. Sur le 1,1 milliard d'investissements du PAGAC, c'est 888 millions
d'argent neuf pour le rehaussement de la mission des organismes. Le
gouvernement finance autour de 5 000 organismes dans le... organismes
communautaires.
Le 200 millions, là, autour de
200 millions de plus, sert à améliorer les conditions de travail des
organismes, des employés dans les organismes communautaires, par exemple, en
ayant accès à des programmes de régime de retraite,
à des assurances collectives, à de la formation, que les organismes puissent
avoir accès à des ressources en RH, là, en ressources humaines, pour
mieux gérer, au besoin, leurs équipes, d'avoir accès au programme... j'oublie
toujours le terme...
Une voix : ...
Mme Rouleau : ...les antécédents, le
programme de recherche sur les antécédents judiciaires des bénévoles qui
travaillent dans les organismes communautaires, parce que les organismes
avaient cette charge, et maintenant c'est le gouvernement qui donne aux
organismes. Alors, il y a plusieurs moyens.
Puis, dans ce 200 millions de dollars,
là, dédiés à la valorisation du travail en milieu communautaire, il y a toute
une série de mesures qui se déploient pour permettre d'améliorer le travail
communautaire et le valoriser, parce qu'on
sait à quel point c'est important, on sait à quel point c'est un engagement de
travailler dans le milieu communautaire, mais il faut que les conditions
de travail soient adéquates aussi.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
M. le député.
M. Fontecilla : Oui. J'ai combien de
temps encore, madame?
La Présidente (Mme D'Amours) : Quatre
minutes.
• (18 h 40) •
M. Fontecilla : Quatre minutes.
Écoutez, je vais aller très, très rapidement. Encore une fois, revenir sur la
question des banques alimentaires. Selon les données fournies par ces organismes-là,
seulement 12 % de leurs achats ou de leurs approvisionnements en denrées
alimentaires proviendraient des dons provinciaux, du gouvernement du Québec
surtout, là. Donc, ils demandaient 24 millions cette année, et vous avez
budgété seulement 2 millions. On est loin du compte.
En plus, on peut s'attendre à ce que la portion
qui vient du marché des épiceries, là, va diminuer avec le temps. Évidemment, les épiceries, les grandes
bannières vont rationaliser davantage leur gestion des stocks. Donc, à terme,
ça va diminuer. Notre collègue de Jeanne-Mance—Viger en a parlé tantôt, des
différents autres systèmes, là. Donc, ce système... le système
d'approvisionnement des surplus, là, va diminuer, à terme, de façon
structurelle, là.
Est-ce
que vous vous engagez à reconsidérer les sommes données aux banques
alimentaires pour l'achat de denrées, là?
Mme Rouleau : Les banques
alimentaires ne faisaient pas appel au gouvernement pour de l'achat de nourriture. C'est l'année dernière, au mois de
décembre l'année dernière qu'il y a eu un signal d'alarme pour aider de
manière urgente et ponctuelle les banques alimentaires. On l'a fait. On a
investi aussi dans les infrastructures, parce qu'il faut recevoir cette
nourriture, il faut la départager, ensacher, etc., Il faut de la... un peu de
mécanique, là, dans tout ça pour s'assurer que la nourriture puisse être
redistribuée de manière efficace. Et, pour la première fois, le gouvernement a inscrit dans le budget «aide
alimentaire», avec des infrastructures, des montants pour des infrastructures, parce
qu'il est... ça demeure nécessaire, et des montants pour l'aide alimentaire.
Ce
qu'on a comme objectif en travaillant avec Banques alimentaires Québec, par
exemple, qui représente toutes les moissons, là, du Québec, c'est de voir
comment on peut vraiment mettre en place un plan de match — je
l'appelle «plan de match», ça pourrait être «plan d'action», mais je voudrais
que ce soit un plan de match — pour être
sûrs qu'on puisse le faire rapidement, efficacement, qu'on puisse assurer de la
prévisibilité. Et bien sûr que, compte tenu
de la situation économique, si le besoin est, il y aura... Tu sais, il y a un
fonds d'urgence pour répondre aux besoins des Québécois et des
Québécoises, mais on n'est pas, en ce moment, dans cette urgence-là. On veut...
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci,
Mme la ministre. M. le député, 45 secondes.
M. Fontecilla : En lien, là, vous
avez aussi rehaussé de façon substantielle, plus que le double, le budget... le
programme d'action bénévole, donc, de l'argent distribué de façon
discrétionnaire par les députés, là, à différentes causes dans un organisme,
là. Donc, vous avez approuvé de 10 millions à 22,4 millions, si je ne
me trompe pas.
Mme Rouleau : ...oui,
12 millions de plus.
M.
Fontecilla : Et pourquoi ne pas avoir donné cet argent-là aux
organismes communautaires qui ont besoin d'argent, là? Pourquoi donner le
pouvoir aux députés, là?
La Présidente (Mme
D'Amours) : 10 secondes.
Mme Rouleau :
Bien, tu sais, vous êtes le premier à reprocher de ne pas avoir ce...
M.
Fontecilla : Je ne vous le reproche pas. Je vous pose la question.
Mme Rouleau :
Ah bon! OK. Bien...
La Présidente (Mme
D'Amours) : ...
Mme Rouleau : Bien, 10 secondes. Généralement, les députés sont très contents
d'avoir ce budget discrétionnaire qu'ils peuvent remettre aux organismes
de leurs comtés.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci
beaucoup. Maintenant, je cède la parole au député de Jacques-Cartier.
M. Kelley : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Mme la ministre, je vais faire maintenant une
étude des crédits, dans le sens que nous avons posé plusieurs questions sur
certaines dépenses faites par votre ministère. Alors, je suis dans le cahier
des demandes de renseignements généraux. Puis, si je commence... Écoute, des
questions que je vais poser, c'est juste de savoir pour quoi l'argent a été
dépensé et est-ce que c'est normal.
Alors,
je vais commencer avec, sur la page 4, la cérémonie de remise de prix
d'Hommage bénévolat du Québec, une soirée formidable. Mais je vois qu'il y a
une allocation de transport aux invités qui a été faite, 13 000 $.
C'était gré à gré. Est-ce qu'elle
peut juste expliquer un petit peu... Est-ce que c'était comme de payer pour les
billets d'autobus, pour rembourser les factures d'essence? Est-ce que
c'est le type de chose qui est fait souvent? Puis aussi il y a eu, comme, une
dépense de 475 $ pour le transport collectif. Alors, c'est juste de
clarifier ces dépenses-là pour nous.
Mme Rouleau :
Bien, merci, M. le député. La
soirée Hommage bénévolat-Québec, c'est une soirée extraordinaire. C'est
la plus haute distinction remise aux bénévoles qui ont été sélectionnés par un
comité, là, de huit personnes qui ont pris soin, là, de recevoir quelques
centaines de propositions, 200, 300 propositions, là...
Une voix :
...
Mme Rouleau :
...240, et qui doivent choisir 40 bénévoles, soit jeunes, soit moins
jeunes, soit organismes, qui, donc,
reçoivent cette distinction. C'est une marque de reconnaissance qui est
extrêmement appréciée par ces gens qui ont donné de leur temps, de leur
coeur, de leur amour pour les autres. Et là, dans le cadre de cette soirée,
bien, on paie toutes les dépenses pour ces bénévoles, donc, le transport, la
nourriture et puis l'hébergement. Il y a quelques activités, là, visite du
parlement puis autres petites activités, qui sont liées à ça pour venir
agrémenter leur séjour ici, à l'Assemblée nationale.
M. Kelley : Parfait.
Merci. C'était juste de comprendre si, comme, une moitié de la facture a été
payée ou c'est la facture complète. Et c'est sûr que c'est une soirée
formidable. Et je ne sais pas s'il y a des règles en place, comme, pour une portion qui peut être payée, mais
c'est une bonne chose que tout est remboursé pour ces gens-là. Alors,
merci pour la précision.
Mme Rouleau :
Et je dois ajouter, M. le député, que ces gens-là sont accompagnés par une
personne de leur choix. Ça peut être le conjoint, le garçon, la fille, cousin
ou ami.
M. Kelley : Excellent. Alors, merci beaucoup pour cette
précision-là et clarification. Je veux rentrer maintenant dans des contrats qui étaient octroyés par vous.
Jusqu'au début... Maintenant, j'ai rendu sur, comme j'ai dit... Excuse-moi, là.
Le numéro de page, c'est 1 sur 4, sur les contrats octroyés... c'est le
RG-06, puis deux Accès de communications, deux
contrats, un pour 7 000 $ puis un autre pour 16 000 $.
Alors, c'est juste de comprendre ces services de communication et
accessoires, c'était quoi exactement. Pourquoi votre ministère a dépensé
environ 30 000 $ pour ces services?
Mme Rouleau :
Bien, ce que je dirais d'entrée de jeu... Là, je ne l'ai pas encore sous
les yeux, le contrat précis, mais je peux vous dire une chose, c'est que le
ministère est extrêmement soucieux de la rigueur des dépenses et de s'assurer
que tout soit fait, là. Il n'y a jamais de... Il n'y a vraiment jamais de
dépense extrême au ministère de la Solidarité sociale et de l'Action communautaire.
M. Kelley : Parfait.
Mme Rouleau :
Je viens de retrouver, là. Peut-être que... On parle de services...
services wifi... wifi.
M. Kelley : J'ai...
Ici, c'est les numéros 2 et 3, Accès communications.
Mme Rouleau : 2
et 3, Accès communications, en fait, c'est : Services wifi, connexion à un
réseau de location, licences, des contrats d'accès de communications.
M. Kelley : Parfait.
Aussi, je vois sur la même page l'agence de sécurité... agence de sécurité pour
le bureau des Services du Québec à Saint-Georges. Est-ce qu'il y a une raison
pourquoi la sécurité était nécessaire pour ça à Saint-Georges? C'était pour un
événement, une annonce?
Mme Rouleau :
Il fallait un agent de sécurité pour assurer l'intégrité... la sécurité des
lieux et l'intégrité des employés. C'est un agent de sécurité. Ça arrive. Je
fais, dans ma tournée... Je veux vous raconter cette petite histoire. Dans ma
tournée à travers toutes les régions du Québec, je rencontre, évidemment, les
organismes communautaires, les Alliances
pour la solidarité, mais je vais aussi rencontrer les employés des bureaux de Services Québec. Alors, je vais sur place pour voir comment ça se passe puis
avoir des discussions avec les employés, est-ce qu'il y a des enjeux, est-ce
qu'ils ont des propositions à faire, notamment pour la modernisation de la loi
sur l'assistance sociale, et puis j'ai pu constater qu'à certains endroits il
était... il était préférable d'avoir un agent de sécurité.
• (18 h 50) •
M. Kelley : Alors,
un agent de sécurité en supplément de votre garde du corps comme ministre.
Mme Rouleau :
Non, ce n'est pas pour moi, monsieur, là, c'est pour... M. le député. Non,
non, non.
M. Kelley : OK.
OK. Excuse-moi. Ah! OK. Parfait.
Mme Rouleau :
Non, c'est l'agent de sécurité pour l'intégrité des employés du bureau de Services
Québec.
M. Kelley : Le
bureau en général. Parfait.
Mme Rouleau :
Puis c'est... C'est la SAAQ?
Une voix : ...
Mme Rouleau :
C'est la SAAQ qui gère ces bureaux.
M. Kelley : Parfait.
Je vois aussi deux dépenses pour les acquisitions de MacBook Pro gris cosmique.
Est-ce que c'est juste un achat pour un groupe de fonctionnaires? J'imagine,
c'est fait chaque année, mais est-ce qu'on save combien les MacBook Pro étaient
achetés pour environ 16 000 $?
Mme Rouleau :
Une dizaine.
M. Kelley : C'est
8 et 9, Apple Canada inc.
Mme Rouleau :
Oui. Bon, bien, c'est une dizaine. Et puis c'est au bureau de la sous-ministre.
Et c'est ce qui nous permet, par exemple, de signer par signature électronique.
M. Kelley : Parfait.
Aussi, je vois, le numéro 21, la Compagnie de
Sécurité Côté, encore 12 000 $ pour un système antiagression. C'est
quoi, un système antiagression? Est-ce que c'est une alarme pour un bureau?
Des voix :
...
M. Kelley : 21.
Mme Rouleau :
Alors, c'est un... c'est...
Des voix :
...
Mme Rouleau :
...système antiagression, voilà, système antiagression. Ce que je peux vous
raconter... Dans une de mes visites dans un
bureau de Services Québec, c'est juste avant que j'arrive, un individu, qui
était probablement très intoxiqué, a été violent et a fait des trous
dans les murs, et la police a dû intervenir. Alors, dans des situations
semblables, il y a certains bureaux qui préfèrent avoir des systèmes, là, soit
des... Ici, c'est un système antiagression, là... oui, antiagression. Il peut y
avoir un gardien. Alors, il y a des endroits au Québec où cela est
nécessaire...
M. Kelley : OK.
Parfait.
Mme Rouleau :
...et au centre-ville de Montréal en particulier.
M. Kelley : ...bien comprends un
système antiagression exactement, mais je comprends le... Je comprends, c'est
nécessaire, mais de comprendre c'était quoi exactement, peut-être, ou... Alors,
merci pour la clarification.
Même chose... Bien, dans
le même... Maintenant, numéro 33, ici, à Québec, sur
la Grande Allée, j'imagine, c'est les bureaux de votre ministère, peut-être
votre cabinet, mais environ 24 000 $ a été dépensé pour les travaux
de peinture, le couvre-sol. J'imagine, ça,
c'est juste les travaux qui étaient nécessaires pour... Est-ce que c'est bien
votre...
Mme Rouleau : ...maintien d'actif.
M. Kelley : Est-ce que c'est bien
votre cabinet ou est-ce que c'est juste un bureau de votre ministère?
Mme Rouleau : Bien, j'ai
l'impression que c'est du maintien d'actif, mais est-ce que...
Une voix : ...
Mme Rouleau : Oui, l'entretien,
nettoyage de bureaux.C'est pour l'ensemble des bureaux.
M. Kelley : OK. Parfait. Alors, ce
n'était pas un projet pour un bureau spécifique. C'était vraiment...
Mme
Rouleau : Non. Je vois «remplacement de tapis dans certains
bureaux», où il y a des centaines d'employés...
M. Kelley : OK. Excellent.
Mme Rouleau : ...que je côtoie
régulièrement.
M.
Kelley : Je comprends. Des fois... J'ai travaillé au
bunker, ici, à côté, puis, des fois, un changement de tapis, ça fait du
bien.
Prochaine... Je vois ici aussi une dépense pour
8 000 $ pour la formation Leader coach de Gaby Da Silva Coaching.
C'était une formation pour votre cabinet ou pour un groupe de fonctionnaires
dans un exercice, peut-être, de «team bonding»? C'est numéro 39.
Mme Rouleau : 39. Je ne pense pas
que ce soit mon cabinet. Je serais au courant. C'est une... C'est de la
formation coaching des gestionnaires dans un programme de relève. Donc, c'est
vraiment au niveau du ministère.
M. Kelley : Pour les nouveaux
fonctionnaires, peut-être, les gens qui viennent d'arriver pour un stage ou
quelque chose...
Mme Rouleau : Les nouveaux cadres,
pour les nouveaux cadres.
M. Kelley : OK. Excellent. Maintenant,
49, on voit une dépense de 15 000 $ pour la formation sur la gestion
de relations dans les milieux de travail. Encore, est-ce que c'était pour votre
cabinet ou est-ce que c'était une dépense pour un groupe de fonctionnaires ou
peut-être tout le monde ensemble?
Mme Rouleau : Bien, tu sais, je n'ai
pas de... Il n'y a pas de dépense, pour mon cabinet, particulière, là, ça fait que c'est au sein du ministère. Puis, au
ministère, il y a 6 000... 7 031 employés. C'est un des plus gros
ministères du gouvernement du Québec.
M. Kelley : Parfait. Alors,
j'imagine que ce type de formation, c'est fait chaque année. Ce n'était pas
pour un cas précis ou pour un groupe précis.
C'était... On a embauché groupe-conseil, peut-être, de préparer un plan d'action
ou, quand même, donner des conseils à des ressources humaines de votre
ministère.
Mme Rouleau : Oui, effectivement,
des conseils pour les gestionnaires. C'est de la formation qui est donnée à nos
gestionnaires.
M. Kelley : Parfait. J'ai vu aussi
deux dépenses pour les sondages, un pour la qualité des services puis un autre
pour le... «approbation et adhésion à la stratégie ministérielle d'intégration
professionnelle des». Je ne sais pas c'est quoi, le reste de cette phrase-là.
Mais est-ce que la ministre a des résultats de ces deux sondages? Et est-ce que
c'est possible de peut-être déposer les résultats de ces deux sondages pour
voir comment les gens trouvent la qualité des services qui sont offerts par
votre ministère, puis aussi pour le deuxième bout sur l'adhésion à la stratégie
ministérielle de l'intégration professionnelle des... je ne sais pas exactement
quoi?
Mme Rouleau : ...aura les résultats
de ces sondages, il me fera plaisir de les déposer.
M. Kelley : Parfait. Je vais prendre
ça comme un bon engagement, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme D'Amours) : ...lorsqu'elle
aura les informations des demandes du député, de déposer à la commission pour
que tous les députés puissent en prendre connaissance, s'il vous plaît.
Mme Rouleau : Oui,
bien, les informations sont... sont disponibles déjà. On a... Bien, je peux
vous dire qu'on a fait appel à une firme
pour réaliser ce sondage de satisfaction en ligne ou téléphonique, selon les
coordonnées. Oui, bien, on va vous... On pourra déposer le résultat du
sondage sans problème. Ce sera intéressant.
M. Kelley : Oui, très intéressant de
voir la performance, c'est sûr, et comment des gens ont trouvé qu'ils ont reçu
des services. Je pense, c'est important. Je ne m'en doute pas, que c'était un
service excellent de la part des fonctionnaires
de votre ministère, mais, quand même, j'ai vu ces... des dépenses, là, puis
j'ai dit : Bien, ça va être intéressant de voir les résultats.
Maintenant, je vais aller sur un autre élément
sur les crédits, mais plus dans le document du budget. Le tableau, c'est sur la E.26. C'est le programme
Impact financier des mesures pour renforcer la sécurité socioéconomique des plus vulnérables. Alors, c'est un petit peu dans
le lien de qu'est-ce qu'on a discuté et c'est dans le volet de le budget
Renforcer la sécurité socioéconomique des plus vulnérables.
Vous avez parlé un petit peu de prolonger
certains éléments, mais ici il y a «prolonger certaines mesures du Plan d'action
gouvernemental pour l'inclusion économique et la participation sociale». Il y a
une dépense de 15 millions de dollars pour cette année, mais, pour
les prochains quatre ans, il n'y a rien. Est-ce qu'il y a une raison pour ça? C'est comme partie de votre plan
d'action? Le 15 millions additionnels pour cette année, ça va être
suffisant pour compléter ce plan d'action ou est-ce qu'il y a peut-être
quelque chose qui s'en vient avec votre propre... Je sais que vous avez annoncé un plan d'action et
peut-être un projet de loi. Mais c'est juste de comprendre, parce que j'ai vu
ça, qu'il y a des dépenses pour cette
année, mais après ça il n'y a rien. Alors, c'est juste de bien comprendre
pourquoi cette dépense-là est juste pour un an.
• (19 heures) •
Mme Rouleau : Bien, ça fait partie
du prolongement du fameux PAGIEPS qui se terminait le 31 mars dernier,
qu'on prolonge pour un an. Le 26... Donc, ce 15 millions, là, est inclus
dans le 26 millions qui est dédié aux Alliances
pour la solidarité. Et, en tout, on constatera qu'il y a 66 millions qui
proviennent de d'autres ministères qui font partie de ce plan d'action
gouvernemental de lutte contre la pauvreté, le, bon, PAGIEPS, là.
M.
Kelley : Parfait. Puis, dans le même tableau, pour
encourager l'intégration en emploi et de la participation à des mesures
d'employabilité, est-ce que ça, c'est comme un programme additionnel de
qu'est-ce qu'Emploi-Québec fait déjà ou est-ce que c'est plus vraiment
spécifique pour les plus vulnérables, de développer des stratégies pour leur
intégration dans le marché du travail?
Mme Rouleau : ...recherche marketing
qu'on fait pour s'assurer d'avoir les bons indicateurs et de s'adresser
correctement aux bonnes personnes avec les bons outils.
M. Kelley : Parfait. Puis il n'y a
pas beaucoup de temps qui reste, alors je vais juste dire encore merci beaucoup
pour vos réponses aujourd'hui, Mme la ministre, et merci à votre équipe pour
fournir toutes les réponses aussi. Je pense,
c'était un bon échange sur plusieurs éléments qui sont très importants pour la
société québécoise. Alors, un grand merci à vous, puis à vos équipes, et
à votre...
La
Présidente (Mme D'Amours) : Merci beaucoup. Maintenant, nous sommes à la
dernière période d'échange au niveau du gouvernement. Et je vais céder
la parole à la députée de Laviolette—Saint-Maurice.
Mme
Tardif : Merci, Mme la Présidente. Bonjour, Mme la
ministre. Bonjour, tout le monde qui l'a accompagnée. Merci beaucoup
pour votre travail. On va commencer par les remerciements.
Je vous ramène dans les années 30, dans les
années 40, dans les années 50 au Québec. En campagne, on accueillait les personnes itinérantes. On les
accueillait, on leur offrait un repas, on les gardait à coucher un soir,
peut-être deux, en échange de certains travaux puis... parce que c'était une
pratique courante, à ce moment-là, dans les campagnes du Québec. Et par
la suite, bon, les choses ont changé, et ces personnes itinérantes là se sont
déplacées... bien, pas les mêmes nécessairement, bien entendu, mais se sont
déplacées vers les villes de moyenne taille, de plus grande taille. Et, bien
sûr, il y a eu la mise sur pied, merci, de centres d'hébergement, d'organismes
pour prendre en charge ces personnes-là dans le besoin.
Dans mon comté, dans Laviolette—Saint-Maurice,
le visage de l'itinérance a beaucoup changé, a beaucoup changé au cours des
dernières décennies, mais, je vous dirais même, et je ne sais pas pourquoi,
mais c'est le constat qu'on a par les
organismes des travailleurs de rue, ça a changé même depuis janvier dernier. On
a davantage de femmes depuis les
quelques dernières années. On a davantage de jeunes aussi. Et c'est inquiétant,
parce qu'il y a des jeunes dans la vingtaine qui sont maintenant des
itinérants.
J'en profite... Vous me permettrez d'en profiter
pour remercier tous ces organismes communautaires là qui prennent soin, qui
prennent la peine, qui se font un devoir... Et là j'aime bien vous regarder,
regarder la caméra, sans savoir si vous écoutez, mais sachez que ça va être
enregistré. Et ce que je constate quand je rencontre les employés, des
travailleurs de rue ou des organismes communautaires et des bénévoles qui
prennent en charge et qui écoutent les
itinérants, c'est votre... votre accueil, votre grand coeur, votre ouverture à
l'autre. Et c'est une ouverture qui est sans jugement. Donc, quelles
belles personnes vous êtes pour faire ce travail-là, tout un modèle pour une
société aimante et accueillante. Donc, merci. Merci du fond du coeur. Parce que
je sais que vous êtes des centaines dans Laviolette—Saint-Maurice, mais vous êtes des milliers, à travers le
Québec, à prendre soin de ces personnes-là qui sont dans le besoin.
Donc, l'itinérance dans
les grandes villes mais aussi de plus en plus dans les municipalités de taille
moyenne, comme c'est le cas,
malheureusement, en Mauricie, est une préoccupation, une réalité très
préoccupante. Et là, Mme la ministre, je voudrais savoir qu'est-ce que vous
pouvez nous dire de manière et de... De quelle manière est-ce que votre
ministère vient en aide à ce type de clientèle là et aux organismes qui en
prennent soin?
Mme Rouleau : Bien, merci beaucoup,
Mme la députée, pour cette question puis pour tout le coeur que vous mettez, là, à mettre la table sur cette
situation, évidemment, préoccupante de voir des gens qui sont en situation
d'itinérance.
Et puis, dans la tournée que je fais, je
constate qu'il y a plus de personnes en situation d'itinérance. Je le vois en
milieu urbain particulièrement, mais, des régions où il y en avait peu ou pas,
où on connaissait la personne, parce que c'était Jos, là, tout le monde
connaissait Jos, mais là il y a... il y a plus que Joe, il y en a... il y en a
plusieurs.
Mon collègue
le ministre des Services sociaux a mis en place, il y a deux ans, un plan
d'action interministériel d'une valeur de 280 millions pour lutter
contre l'itinérance. Et c'était la première fois qu'un montant aussi important
était mis en place et une concertation des ministères qui sont impliqués pour mettre
en place, trouver des solutions gouvernementales et aider les maisons... les
maisons d'accueil.
Du côté de mon ministère, bien, on a... on a des
actions concrètes, dans ce plan, là, qui... qui visent à... bon, à documenter, à dire qui sont les personnes,
comment... quelles sont leurs situations, et, à partir de ça, bien, venir
alimenter toute la réflexion sur qu'est-ce qu'on peut mettre en place
pour éviter. Et il y a un travail conjoint qui doit se faire. Si c'est un plan
gouvernemental, c'est que c'est vraiment... Ce n'est pas qu'un seul ministère.
C'est... c'est l'ensemble des ministères. Il faut penser à l'habitation, il
faut penser à la santé... santé mentale.
Ce qu'on peut faire, nous, c'est, par exemple...
avec le financement aux organismes communautaires, bien, c'est de faire en sorte... c'est de financer les
organismes qui vont aller vers les personnes en itinérance pour, par exemple...
pour — excusez — par
exemple, faire les rapports d'impôt de ces gens-là, puis faire le rapport
d'impôt, parce qu'on veut inviter tous les
citoyens à faire leurs rapports d'impôt... Et faire le rapport d'impôt leur
permet d'obtenir des crédits qu'ils n'auraient pas autrement. Alors,
l'aide des organismes est donc importante.
Et c'est pour ça qu'on a, notamment, le plan
d'action gouvernemental en action communautaire puis qu'on poursuit le travail,
et que, dans ma tournée, je pose une question aussi aux organismes communautaires.
Il y a eu... Pour développer le plan d'action en action communautaire, il y a
eu déjà une consultation de... qui a duré environ deux ans. Dans cette consultation, il a été question d'une loi-cadre
pour l'action communautaire. Alors, je pose la question aux organismes s'ils désirent avoir cette
loi-cadre qui permettrait sûrement de les... de venir camper vraiment le rôle
de l'action communautaire et d'aider
les organismes à mieux aider les plus démunis, dont les personnes en situation
d'itinérance.
La
Présidente (Mme D'Amours) : Merci beaucoup. Je vais céder maintenant la parole
à la députée d'Abitibi-Ouest. La parole est à vous.
• (19 h 10) •
Mme Blais : Merci,
Mme la Présidente... — voyons,
j'ai un blanc de mémoire, excusez-moi — Mme
la ministre, chère équipe qui travaille avec vous.
Alors, le rôle des organismes communautaires est
essentiel. Ils offrent notamment les services permettant d'agir directement
auprès de la population, en particulier auprès de nos personnes les plus vulnérables.
J'aimerais souligner, Mme la ministre, le travail exceptionnel de nos
organismes communautaires partout au Québec. Et j'en profite pour faire un petit clin d'oeil à ma belle région, l'Abitibi-Témiscamingue, pour leur belle initiative. Lors de votre
tournée provinciale, vous avez constaté le dynamisme des gens dédiés à apporter
une lueur d'espoir et à améliorer la qualité de vie de nos personnes les plus
vulnérables.
Le budget 2023-2024 présente une somme
importante qui est réservée pour venir en aide aux organismes communautaires.
Mme la ministre, quels seront les investissements de votre ministère pour
soutenir les organismes communautaires?
Mme Rouleau : Bien, merci
beaucoup pour la question. D'abord, je pense que ce qu'il est important de mentionner,
que je n'ai pas eu l'occasion de dire encore, c'est que le premier ministre a
nommé une ministre responsable de la Solidarité sociale et de l'Action
communautaire. Et c'est la première fois qu'au gouvernement du Québec on a une
ministre responsable de l'Action communautaire, ce qui vient vraiment mettre la
lumière sur ces deux grands enjeux fondamentaux de notre société, la solidarité
et l'action communautaire et bénévole. C'est donc dire qu'on veut mettre toute
la lumière. On veut... on veut s'assurer que le milieu communautaire puisse
bien se développer, puisse bien répondre
aussi aux besoins pour lesquels... ces organismes sont créés, à la base, par
une volonté du milieu, et donc travailler à faire en sorte que le... de
valoriser le milieu communautaire.
J'ai
mentionné tantôt que, lorsqu'on est arrivés en 2018, il y avait des
investissements de 1,2 milliard de dollars pour l'action
communautaire. Aujourd'hui, on dépasse le 2 milliards de dollars
d'investissements pour le milieu communautaire. Et, dans le budget, on a
rajouté 344 millions de dollars pour l'action communautaire.
La tournée que j'effectue dans toutes les
régions du Québec, où je rencontre tous les organismes qui... qui me sont
proposés et qui veulent me rencontrer aussi... Je n'hésite jamais à rencontrer
les organismes pour voir quels sont leurs
enjeux, quelle est la situation qu'ils vivent, et puis leur poser cette fameuse
question : Voulez-vous une loi-cadre en action communautaire? Et la
réponse, c'est... Et puis j'ai dit 343, mais c'est 443 millions de
dollars. Il manquait 100 millions. Quand même important. Alors, je leur
pose la question s'ils désirent avoir cette loi-cadre en action communautaire,
ce qui permettrait d'avoir une définition consensuelle de l'action communautaire,
d'avoir un statut des organismes communautaires, de pouvoir travailler au
niveau du financement des organismes communautaires et surtout
de la reddition de comptes, parce que je pense que c'est... À la lumière de...
des échanges que j'ai avec les organismes, c'est... c'est vraiment un élément
très, très, très irritant, la reddition de comptes. Et, si on pouvait trouver
une façon d'alléger, autant du côté des organismes communautaires que du côté
gouvernemental, tout en assurant toute la
rigueur nécessaire, bien, on pourrait avoir... on pourrait avoir quelque chose
d'assez important et faire en sorte que l'action communautaire et
bénévole aussi, parce que c'est important, puisse être entièrement reconnue. Et
c'est l'engagement que le premier ministre a
pris, je pense, en nommant une ministre responsable de l'Action communautaire.
La Présidente (Mme D'Amours) : 25 secondes,
madame.
Mme Blais : Considérant
l'augmentation des problèmes en santé mentale, aurons-nous des budgets en...
supplémentaires?
Mme Rouleau : Si on a des budgets?
Oui, bien, c'est mon...
Mme Blais : ...hausse, les problèmes
de santé mentale.
Mme
Rouleau : Oui, oui, oui. Dossier sur lequel travaille avec
énormément d'énergie mon collègue de la... du...
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci
beaucoup. C'est tout le temps que nous avons.
Mme Rouleau : ...Services sociaux.
Merci.
Adoption des crédits
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Le temps alloué à l'étude du volet Solidarité sociale et Action communautaire
des crédits budgétaires du portefeuille Emploi et Solidarité sociale étant
presque écoulé, nous allons maintenant
procéder à la mise aux voix des crédits. Le programme 2, intitulé
Solidarité sociale et Action communautaire, est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Des voix : Sur division.
La Présidente (Mme D'Amours) : Adopté
sur division.
Documents déposés
En terminant,
je dépose... Est-ce qu'il y a des réponses aux demandes qui avaient été
formulées? Oui? En terminant, je dépose les réponses aux demandes de
renseignements de l'opposition.
Compte tenu
de l'heure, la commission ajourne ses travaux au mercredi 26 avril, à
11 h 30, où elle entreprendra l'étude du volet Emploi des
crédits budgétaires du portefeuille Emploi et Solidarité sociale. Merci, tout
le monde.
(Fin de la séance à 19 h 16)