Journal des débats (Hansard) of the Committee on Labour and the Economy
Version préliminaire
43rd Legislature, 1st Session
(November 29, 2022 au September 10, 2025)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
Pour en savoir plus sur le Journal des débats et ses différentes versions
Wednesday, April 26, 2023
-
Vol. 47 N° 7
Étude des crédits budgétaires du ministère de l'Emploi et de la Solidarité sociale, volet Emploi
Aller directement au contenu du Journal des débats
Intervenants par tranches d'heure
-
-
D'Amours, Sylvie
-
Cadet, Madwa-Nika
-
-
Cadet, Madwa-Nika
-
Champagne Jourdain, Kateri
-
D'Amours, Sylvie
-
Leduc, Alexandre
-
-
Cadet, Madwa-Nika
-
Champagne Jourdain, Kateri
-
D'Amours, Sylvie
-
Leduc, Alexandre
-
-
Champagne Jourdain, Kateri
-
Cadet, Madwa-Nika
-
D'Amours, Sylvie
-
Boivin Roy, Karine
-
-
-
D'Amours, Sylvie
-
Champagne Jourdain, Kateri
-
Cadet, Madwa-Nika
-
Leduc, Alexandre
-
-
Champagne Jourdain, Kateri
-
Leduc, Alexandre
-
D'Amours, Sylvie
-
Cadet, Madwa-Nika
-
Boutin, Joëlle
11 h (version révisée)
(Onze heures vingt-huit minutes)
La Présidente (Mme D'Amours) : À
l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission
de l'économie et du travail ouverte.
La commission est réunie afin de procéder
à l'étude du volet Emploi des crédits budgétaires du portefeuille Emploi et
Solidarité sociale pour l'exercice financier 2023-2024. Une enveloppe de 2 h 30
a été allouée pour l'étude de ces crédits.
Mme la secrétaire, y a-t-il des
remplacements?
La Secrétaire : Oui, Mme la
Présidente. M. Dufour (Abitibi-Est) est remplacé par Mme Tremblay
(Hull).
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Nous allons procéder à une discussion d'ordre général par périodes d'échange,
incluant les questions et les réponses. La mise aux voix de ces crédits sera
effectuée à la fin du temps qui leur est alloué, soit cet après-midi, vers 16 heures.
Je suis maintenant prête à reconnaître une
première intervention de l'opposition officielle pour le premier échange. Donc,
Mme la députée de Bourassa-Sauvé, la parole est à vous.
• (11 h 30) •
Mme Cadet : Merci beaucoup, Mme
la Présidente. Et merci à vous, Mme la ministre, chers collègues, de vous
prêter à cet exercice aujourd'hui. Donc, Mme la ministre, bienvenue. Nous
échangions, il y a quelques instants, hors micro sur cette première, de part et
d'autre, pour... pour l'étude des crédits.
Je commencerais d'emblée ma période d'échange
en souhaitant mieux connaître vos... vos intentions, votre vision, Mme la
ministre, sur ce ministère qui est à la fois à vocation économique et sociale.
Je vous mets un peu en contexte. Il y a quelque temps, je lisais à temps perdu,
donc, les plateformes de la Révolution tranquille et je réalisais à quel
point... ce qui me frappait, en fait, dans ce que je lisais, c'est que le
Québec, selon ce qui était indiqué, contribuait, en fait, pour abriter environ
50 % des chômeurs au Canada. C'est intéressant, aujourd'hui, de constater
à quel point la situation, elle a changé, à quel point notre taux d'emploi a
augmenté et à quel point nous sommes dans des conditions qui sont uniques à
travers notre histoire.
Mais j'ai cette impression qu'à l'intérieur,
donc, du ministère de l'Emploi, qu'à l'intérieur, donc, la vision des quatre
dernières années... que le changement...
11 h 30 (version révisée)
Mme Cadet : ...des quatre dernières
années... que le changement de paradigme ne s'est pas nécessairement fait en
lien avec le changement de la situation économique et de la situation de l'emploi
au Québec. Donc, vous êtes une nouvelle ministre, donc c'est votre première
étude de crédits, comme nous le mentionnions plus tôt. Donc, j'aimerais vous
entendre sur ce changement de paradigme et quelle est votre vision pour le
ministère de l'Emploi.
Mme Champagne Jourdain : Alors,
«kuei, kuei». Bonjour à tous. Premièrement, je vous remercie pour cette belle
introduction là suivie d'une question. J'aimerais exprimer, dans le fond, tout
mon bonheur d'être ici avec vous ce matin. C'est une... effectivement, une
étape importante dans notre mandat puisque c'est une première pour moi, vous l'avez
dit, c'est une première pour d'autres personnes aussi. Vous avez eu la chance
de faire d'autres études de crédits, mais c'est vos premiers, vous aussi, donc
très intéressant. Et on a aussi la chance d'avoir des collègues qui ont un peu
plus d'expérience à ce niveau-là. Donc, ça risque d'être très enrichissant à
tous les niveaux, notamment pour les citoyens et les citoyennes du Québec, mais
aussi pour nous, à titre de parlementaires.
Je voudrais, dans le fond, aussi
remercier, dans un premier temps, les équipes du ministère et de mon cabinet,
qui sont avec moi aujourd'hui et qui ont travaillé fort pour qu'on puisse
échanger aujourd'hui. Je sais que, de votre côté, c'est un... c'est un exercice
qui est aussi demandant, la préparation, elle est demandante, puisqu'on veut
avoir les meilleurs échanges pour aller au bout des questions et des idées. Et
je veux vous présenter quelques personnes qui nous accompagnent : Mme
Annick Laberge, sous-ministre à l'Emploi et à la Solidarité sociale, Mme Annie
Boucher, qui est secrétaire générale, M. Roger Tremblay, qui est sous-ministre
associé, Mme Annik Leblanc, qui est adjointe de M. Tremblay, Jean Lortie,
président de la CPMT, Julie Poirier, directrice de la CPMT, Francis Gauthier,
sous-ministre adjoint, Marie Gendron, présidente-directrice générale du RQAP.
On a aussi Mme Caroline Drouin, Isabelle Bemeur, Dany Roy, Marie-Claude Rioux,
qui sont tous sous-ministres adjoints aussi, et M. Hermel Grandmaison, Directeur
de l'état civil. Dans mon cabinet, je me permets aussi, en dernier, de vous
présenter Sébastien Lépine, qui est directeur du cabinet, Étienne Bouchard,
conseiller politique, Émilie Paquet, conseillère politique régionale, Mme
Bénédicte Trottier, qui est avec nous comme attachée de presse et qui est
responsable des travaux parlementaires.
Maintenant, je suis contente que vous me
demandiez ma vision pour ce ministère-là parce que ça va me permettre de vous
présenter d'emblée les priorités qui, dans le fond, mènent nos travaux cette
année. Alors, en début de mandat, il nous a été demandé, par rapport à nos
ministères respectifs, de mettre en lumière trois priorités qui mèneront
nos actions au courant de l'année. Et, vous savez, au niveau de l'emploi, au
niveau du ministère de l'Emploi, j'ai la responsabilité, à titre de ministre,
de m'assurer qu'on réponde aux besoins du marché de l'emploi et qu'on aligne
les bonnes stratégies en ce sens-là.
Alors, les trois priorités que j'ai
présentées au premier ministre vont comme suit, la première priorité étant bien
sûr de poursuivre l'Opération main-d'oeuvre qui a été lancée en janvier 2022,
annoncée en novembre 2021, mais lancée en janvier 2022. Donc, la
première priorité était... était bien sûr de poursuivre cette opération-là,
mais aussi de valider au fur et à mesure où les données et les résultats se
font connaître, de valider, dans le fond, les mesures qui font partie de cette
opération main-d'oeuvre là. Elles sont au nombre d'environ 80. Alors, on veut
mesurer ce qui fonctionne bien, ajuster ce qui fonctionne moins bien et
peut-être retirer les choses pour lesquelles on n'a pas le succès escompté. Il
y a bien sûr des résultats qui vont arriver en cours d'année, il y en a d'autres
qui vont arriver dans les cinq prochaines années, et on aura l'occasion d'échanger
là-dessus.
Une autre de mes priorités, et c'est une
priorité qui me tient aussi beaucoup à coeur, c'est celle de faire en sorte qu'on
intègre le plus grand nombre, le plus grand nombre de personnes qui sont issues
des clientèles éloignées du marché du travail en emploi. Il n'y a pas de
meilleur contexte... contexte que celui dans lequel on est, celui de pénurie de
main-d'oeuvre, pour le faire. On pourrait dire qu'on aurait pu travailler à ça
encore plus fort depuis des... de nombreuses années, mais je pense que le
contexte est propice, que l'ouverture de nos employeurs est au rendez-vous et
que, maintenant, chacune des personnes qui désire se réaliser dans un emploi et
qui désire <intégrer...
Mme Champagne Jourdain :
...désire
>intégrer le marché du travail devrait être en mesure de le faire. Donc,
ça, c'est ma deuxième priorité.
Et ma troisième priorité est bien sûr
celle de revoir ou d'aller en... d'avoir une consultation et de voir à des
aménagements sur la loi du 1 %. Pour nous, ce véhicule-là est un véhicule
extrêmement important puisqu'il permet de former la main-d'oeuvre, dans le fond,
sur... en milieu de travail. Et on le sait, dans une optique où on se doit... et
on doit accompagner, accompagner nos entreprises dans l'augmentation de leur
productivité, c'est un... c'est une des clés qui, selon moi... c'est une des
solutions, selon moi, qui est... qui est extrêmement importante pour y
parvenir. Alors, c'est un peu ma vision pour... pour le ministère. Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Je vous rappelle qu'il faut... Je suis la gardienne du temps. Et qu'il faut
respecter aussi le temps des collègues. Ça fait que, donc, d'avoir des réponses
peut-être un petit peu plus courtes, Mme la ministre. Mme la députée, la parole
est à vous.
Mme Cadet : Merci beaucoup,
Mme la Présidente. Donc, merci pour ces éléments et, effectivement, nous aurons
l'occasion, donc, d'en discuter. En fait, j'ai, au cours de cet échange, donc, plusieurs
questions, autant sur la validation des mesures de l'Opération main-d'oeuvre,
les clientèles éloignées du marché du travail et la loi du 1 %. Donc, on
aura l'occasion d'y revenir.
Je me tourne vers l'information sur le
marché du travail, donc le diagnostic que vous avez publié sur les
500 professions, sur l'état d'équilibre du marché du travail. Donc...
Donc, ce document qui émet des prévisions en matière d'emploi et qui... qui compare,
donc, ces diagnostics pour l'ensemble des 16... pour 16 régions
administratives. On était où... ce qu'on sait déjà, sur le terrain, donc, à
savoir qu'il manque de travailleurs de façon chronique sur l'ensemble du
territoire. On le sait, il y avait 250 000 postes vacants au
troisième trimestre de 2022 pour 178 900 chômeurs.
De façon prédominante, il semble, selon ce
document, que c'est la demande de remplacement, donc les départs à la retraite
en grande partie, qui motive actuellement les postes vacants. Donc, 71 %
des 1,6 million d'emplois qui seront pourvus au Québec au cours de la
période 2022-2031 seront par des personnes qui ne sont pas actuellement sur le
marché du travail, ils le seront en raison des départs à la retraite. On a
mentionné la stagnation de la population active, la population 15-64 ans.
Donc, on voit qu'il y aurait donc 1,6 million de postes vacants d'ici 2031.
Je voudrais peut-être plus vous entendre, et de façon plus concise, sur... sur
le plan, donc pas nécessairement, donc, me détailler, donc, l'Opération main-d'oeuvre,
mais bien savoir si, lorsque ces chiffres vous sont soumis annuellement comme
ils l'ont été récemment... bien, en fait, quel... quel plan est mis de l'avant.
Donc, comment est-ce que vous mettez à jour, donc, votre... votre opération?
Comment est-ce que vous ajustez? Voilà le terme que je cherchais.
Mme Champagne Jourdain : Parfait.
Alors, c'est certain que, d'emblée, mon ministère offre une multitude de
services pour s'assurer qu'on intègre le plus grand nombre de gens en emploi.
C'est ce qu'on a fait durant... bien, c'est le... c'est le... c'est le pourquoi
de l'existence du ministère, entre autres, d'accompagner les gens, mais aussi
de répondre aux besoins du marché du travail. Et c'est important, je pense,
tout de même de revenir sur l'Opération main-d'oeuvre puisque c'est une... c'est
une initiative qui a été mise sur pied pour faire en sorte... pour faire en
sorte qu'on réponde à cette pression-là qu'on vit.
Alors, vous savez, la pénurie de main-d'oeuvre,
vous en avez un peu parlé, et je vous entendais dire qu'on... dans votre
introduction, qu'on est dans une condition unique à travers notre histoire, mais
on n'est pas dans une condition unique par rapport à la pénurie de main-d'oeuvre
dans un contexte géographique, géographique, puisque ça touche l'ensemble des pays
industrialisés. Maintenant, on a décidé comme gouvernement de prendre les
choses en main et d'aller de l'avant avec une vaste opération qui va permettre
de répondre aux besoins de la pénurie de main-d'oeuvre. Et c'est ce qu'il
fallait faire puisqu'on devait avoir des mesures supplémentaires, une stratégie
supplémentaire pour pouvoir y parvenir. Et cette opération main-d'oeuvre là va
permettre à terme, dans les cinq prochaines années, d'attirer, de former
et de requalifier près de 170 000 travailleurs d'ici 2026. Donc,
c'est une opération qui demande aussi de bons investissements. On parle de
3,9 milliards de dollars.
• (11 h 40) •
Mme Cadet : ...Merci. J'ai...
Quand je demandais, donc, comment est-ce que vous ajustez le tir. Donc, par
exemple, quand on regarde les derniers chiffres, donc, on voit la part de
l'emploi total, en 2021-2026 et 2031, par groupe de <professions...
Mme Cadet :
...groupe
de >professions. Vous avez parlé de l'Opération main-d'oeuvre, où...
Donc, par exemple, au niveau de la requalification, donc, vous visiez, donc,
cinq domaines, donc, dont le génie et les TI pour le secteur privé. Mais,
quand on regarde les chiffres, on voit, par exemple, dans le domaine, donc,
des... bon, des... de l'administration, qu'il y aura une hausse de 66 900 travailleurs
qui est prévue... Non, pardon, donc, ça, c'était... au niveau des sciences
naturelles et appliquées. Au niveau d'administration, c'est 141 400 postes,
donc 31 % de l'emploi total projeté en 2031 qui est prévu. L'Opération
main-d'oeuvre, donc les bourses Perspective, donc, ne vise pas, donc, ces
chiffres-là. Donc, je les nomme en exemple parce que c'est la plus haute hausse
qui est prévue selon vos propres chiffres. Donc, comment cet arrimage-là se...
se fait?
Mme Champagne Jourdain : Donc,
vous me demandiez comment l'arrimage se fait pour d'autres secteurs que ceux
de?
Mme Cadet : Bien, en fait, ma
question, puis c'est... elle est en lien avec la question précédente, donc, je
demandais, donc, le plan lié à la planification de la main-d'oeuvre, là, qu'on
voit, donc, dans ce diagnostic, donc l'étude, l'état d'équilibre du marché du
travail. L'Opération main-d'oeuvre, vous l'avez nommée, donc, qui a été
annoncée en novembre 2021 avec certains éléments fixes... Mais on le voit,
que les données, donc, chaque année, donc, elles sont mises à jour, pour
prendre en compte de la demande à venir dans certains domaines. Par exemple,
dans cette... dans cette étude, on voit, donc, à la page 11 de celle-ci,
que, pour le secteur privé, donc, dans l'administration... qu'il y aura une
hausse de 31 % de la demande totale en emploi. Donc, on voit qu'il n'y a
pas tout à fait un arrimage entre l'Opération main-d'oeuvre et des secteurs qui
seront en demande. Donc, je veux savoir, donc, comment vous... comment vous
ajustez le tir en cours de route avec l'Opération main-d'oeuvre.
Mme Champagne Jourdain : Parfait.
Vous savez, dans l'Opération main-d'oeuvre, il... on se devait de prioriser des
secteurs qui viennent en soutien à d'autres secteurs pour nous permettre de
s'assurer d'offrir les services essentiels à la population. On a un aspect
qui... on a un... On a des secteurs qui touchent les services essentiels, mais
on a aussi, dans le fond, d'autres secteurs qui touchent un peu... qui viennent
répondre à nos ambitions économiques. On a santé et services sociaux,
éducation, services de garde à l'enfance qui touchent les secteurs publics et
technologies de l'information, construction et génie pour le privé. On se
devait de prioriser, parce que, vous savez, la pénurie de main-d'oeuvre est
maintenant généralisée, elle touche l'ensemble des secteurs. Et, dans notre
stratégie, on se devait de prioriser pour être en mesure de répondre à ces
besoins-là et qu'on puisse se sortir la tête, si je me permets, pour justement
être capables d'aller répondre à d'autres secteurs. C'est certain qu'à travers
nos services généraux qui sont offerts à Emploi-Québec ou Services Québec, on
continue quand même de répondre aux besoins du marché du travail.
Mme Cadet : Mme la ministre,
je comprends très bien qu'il faut prioriser, j'en suis, puis, pour les autres
secteurs, j'ai... on le voit bien, donc, à travers l'étude, qui sont effectivement
en demande. Mais, dans votre... dans votre priorisation, donc dans le processus
de priorisation, donc, est-ce qu'on prend en compte les domaines qui sont en
demande, donc, dans lesquels on voit une certaine croissance dans la demande au
cours des 10 prochaines années?
Mme Champagne Jourdain : Absolument.
Vous savez, je le disais tout à l'heure, on a énormément de programmes qui
permettent aux personnes sans emploi d'aller chercher des formations dans les
secteurs en demande. Et, s'il y a d'autres secteurs qui sont... bien d'autres
secteurs qui sont touchés par la pénurie de main-d'oeuvre autres que ceux qui
sont priorisés par l'Opération main-d'oeuvre, on a certainement, aussi, des
échanges avec les Partenaires du marché du travail qui représentent ces
différents secteurs. On a 29, dans le fonds, CSMO. Les CSMO sont, dans le
fonds, des comités qui permettent d'adresser les réalités des différents
secteurs. On peut penser à l'aérospatiale, on peut penser à... ça va... ça va
aussi précis que le domaine du caoutchouc, les pêches maritimes. Donc, on a des
échanges avec les différents secteurs pour arriver à trouver d'autres
stratégies qui peuvent se développer, tout de même, en parallèle, d'autres
programmes qui peuvent se développer en parallèle de l'Opération main-d'oeuvre.
Mme Cadet : Absolument. Bien,
je continue un petit peu sur cette... sur cette lancée. Effectivement, donc,
outre, outre ce que vous priorisez, il y avait des bourses Perspective. On le
voit. Donc, pour l'horizon 2026, à moyen terme, il y a 234 professions,
selon les codes de... donc, de professions, qui ont été évaluées en déficit ou
en léger déficit de main-d'oeuvre disponible dans l'ensemble du <Québec...
Mme Cadet :
...l'ensemble du >Québec. 14 des 16 régions
ont plus de professions en déficit que de professions évaluées en équilibre de
main-d'oeuvre disponible, et aucune n'est en surplus de main-d'oeuvre.
Je reviens donc à la question d'arrimage.
Vous avez parlé des CSMO. Est-ce que vous posez des actions, donc, une fois que
les... ces diagnostics-là, donc, sont publiés? Donc, par exemple, depuis la
dernière édition, est-ce que vous avez posé des actions, puis est-ce qu'elles
sont faites aussi sur le plan régional? Donc... Je parle, donc, des 16 régions
et à quel point, donc, les réalités diffèrent pour chacune d'entre elles mais
que, pour la quasi-totalité, on... on voit le déficit de main-d'oeuvre
disponible. Donc, quel est le... quel arrimage, encore une fois, donc, qui est
fait sur le plan régional?
Mme Champagne Jourdain : Vous
savez, on a un merveilleux outil qui s'appelle le CPMT, que vous connaissez
certainement, la Commission des partenaires du marché du travail, qui fait
d'ailleurs l'envie de mes homologues dans le reste du pays, qui est un
excellent outil qui nous permet d'avoir des oreilles, des antennes dans les
régions mais dans les différents secteurs aussi. Parce qu'on a des comités, à
travers la CPMT, qui sont des comités régionaux aussi, je les rencontre aussi à
travers une tournée que je fais actuellement du Québec, qui nous permettent de
constater les réalités régionales dans les différents secteurs. Et ça, ça nous
permet d'avoir, par la suite, des échanges avec, justement, la CPMT sur les
différentes... les différentes initiatives qui peuvent être mises en place.
Maintenant, je peux vous donner un exemple
d'une mesure qui a été mise en place, qui a été développée pour s'assurer de
répondre à des besoins dans d'autres secteurs qui ne sont pas nécessairement...
des secteurs qui ne sont pas concernés ou adressés dans l'Opération main-d'oeuvre.
On parle, par exemple, des programmes comme les COUD, qui sont des formations
de courte durée en milieu de travail, qui s'appliquent dans différents milieux.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Ceci met fin à la première période d'échange. Nous passons maintenant à
l'opposition officielle. M. le député, à vous la parole.
M. Leduc : ...l'opposition
officielle, on aurait aimé ça, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme D'Amours) : Deuxième
opposition, pardon.
M. Leduc : Ce sera peut-être
pour une fois.
La Présidente (Mme D'Amours) : Oui.
M. Leduc : C'est ça. On pourrait
sauter directement au gouvernement, tant qu'à y être aussi. Quelle bonne
suggestion! Merci.
Salutations à tout le monde, en
particulier à mes deux collègues dont c'est la première étude de crédits.
Moi, c'est un moment que j'affectionne beaucoup. Donc, je vous souhaite de vous
amuser.
Alors, pendant les élections... parlant
d'élections, pendant les élections, j'ai eu l'occasion de débattre avec les
autres partis dans le cadre d'un forum qui était organisé, entre autres, par
AXTRA, Alliance des centres-conseils en emploi, et plusieurs autres organismes,
là, en employabilité. Et puis, récemment, sur... on avait discuté de plusieurs
thèmes, et les mêmes thèmes sont revenus dans une campagne, là, qu'ils ont en
cours. Et j'ai été particulièrement touché. Moi, j'ai plusieurs organismes dans
mon quartier d'Hochelaga-Maisonneuve en employabilité, que j'aime beaucoup, qui
font tout un travail. Alors, c'est un peu là-dessus que je vais vous
questionner dans les prochaines minutes, Mme la ministre.
D'abord, j'aimerais vous poser une
question assez simple. Évidemment, tous ces organismes sont dans une relation
avec Emploi-Québec, hein, ils n'existent pas tout seuls. Ils ont une... ils ont
une espèce de lien avec Emploi-Québec... avec Services Québec, plutôt. Et il y
a une fourchette de prix, nous, ce qu'on appelle le financement par type
d'intensité de service. Est-ce qu'on... vous pourriez m'indiquer quelle a été
la dernière indexation des fourchettes de prix du financement par type
d'intensité de service?
Mme Champagne Jourdain : Pouvez-vous
répéter, je m'excuse, le dernier... juste le dernier... votre question?
M. Leduc : Alors, c'est les
fourchettes de prix, là. Ce qu'on appelle dans le jargon les fourchettes de
prix, ça s'appelle le financement par type d'intensité de service. Quelle a été
la dernière indexation du financement par type d'intensité de service?
Mme Champagne Jourdain : Alors,
on... on a procédé à l'indexation de 2 % cette année, à un montant de
2 %.
M. Leduc : Eux soutiennent
que...
Une voix : ...
Mme Champagne Jourdain : C'était
ça aussi... On me dit que c'est... On me confirme que c'était ça aussi l'an
dernier.
M. Leduc : OK. Eux, ils
soutiennent que ça n'avait jamais été indexé, de sorte que les nombres d'heures
de travail, en ce moment, correspondent à une clientèle qui est
systématiquement sous-évaluée. Ils ont... ils ont soutenu des chiffres, là,
que... ils disent que ça amène à un déficit annuel de 10 % à 33 %
parce que, sur le long terme, cette absence d'indexation là fait en sorte qu'il
faut toujours avoir plus... donner plus mais avec les mêmes ressources.
• (11 h 50) •
Mme Champagne Jourdain : On
me dit que... pas «on m'a dit»... Je vais commencer par quelque chose, parce
que c'est important de mettre une chose au clair. Je veux reconnaître le
travail que fait les... que font les organismes spécialisés en employabilité.
C'est important. Entre autres, je reviens dans ma tournée, quand je... dans mes
tournées, je m'assure de les rencontrer, de les entendre, d'entendre leur
réalité, parce que le travail qu'ils font est extrêmement important. Ils ont
une connaissance du terrain fine, et nous avons besoin de cette
connaissance-là, et ils font un travail qui est complémentaire aux services
qu'on offre via Services Québec. Alors, ça, c'est extrêmement important de le <souligner...
Mme Champagne Jourdain :
...important
de le >souligner.
Maintenant, pour ce qui est de
l'indexation, on a un mécanisme, dans le fond, d'indexation annuelle. Alors,
peut-être, il y a... peut-être qu'il y a une mauvaise compréhension, mais on a
un mécanisme d'indexation annuelle, là, qui est prévu et qui est... qui est...
qui est déployé.
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : ...
M. Leduc : Dans mon quartier,
comme je disais, il y a plusieurs organismes, là, de... d'employabilité avec...
avec vous, notamment Accès travail de Montréal, le centre jeunesse emploi, le
CJE Hochelaga-Maisonneuve. Les deux organismes ont connu des coupures
financières de 10 % récemment. Alors, je ne sais pas l'indexation de
2 %, elle s'inscrit où dans cette coupure de 10 %, mais c'est un défi
qu'ils ont. Alors, comment expliquer cette coupure-là dans le contexte actuel?
Mme Champagne Jourdain : D'entrée
de jeu, je voudrais corriger, le ministère de l'Emploi ne fait pas de coupures,
le ministère de l'Emploi fait des achats de services auprès des organismes
spécialisés en employabilité. Alors, maintenant, vous le savez, on a environ
400 organismes qui sont... 400 autres, on va les appeler comme ça
pour gagner du temps, qui répondent, dans le fond... qui offrent des services
aux chercheurs d'emploi et maintenant, de plus en plus, aux entreprises qui
cherchent aussi des emplois... des employés. Et, en 1998, on avait 1 million
de chômeurs au Québec et on avait 400 organismes d'employabilité. On est à
un peu moins de 200 000 chômeurs aujourd'hui au Québec et on a
toujours 400 organismes en employabilité.
Et, vous le savez, on a le taux d'emploi
le... on a le taux de chômage le plus bas, nous, au Canada, alors ce qui fait
en sorte qu'il y a clairement une diminution de la demande de ces services-là.
Puis il y a aussi une... une mutation, je dirais, de la demande de services,
puisqu'on commence à travailler de plus en plus avec les clientèles qui sont
éloignées du marché du travail.
Alors, en ce sens-là, il n'y a pas de...
on n'a pas réduit, nous, durant la pandémie, notre achat de services auprès de
ces entreprises-là, parce qu'on le voulait, qu'ils soient là, dans le fond, à
la sortie de la pandémie, on savait qu'on aurait besoin de leur expertise, de
leurs services. Et on a instauré, dans le fond... on a... on a instauré des
modifications. Dans le fond, on a réajusté notre achat de services puisqu'on
achetait beaucoup plus de services qu'on n'en recevait, et, dans une... dans
une optique de saine gestion des fonds publics, on se devait de réajuster les
achats réels qui étaient faits.
M. Leduc : Vous pouvez bien
appeler ça «achat de services», si vous voulez, mais, au final, ça fait moins
de budgets pour l'organisme, donc c'est une coupure objective.
Maintenant, parlons-en, des achats de
services, si vous voulez, parce qu'ils dénoncent ça depuis des années, les
organismes en employabilité, cette espèce d'injonction que vous leur mettez,
sur des critères, d'ailleurs, qui ne sont pas adéquats, parce que votre
conception de services qui sont offerts ou qui sont payables, selon votre... votre
vocable, ce n'est pas ça, la réalité. Vous avez une logique, ce que j'appelle
un peu de la chaise vide, en disant : Bien là, vous n'avez pas rempli tous
les critères, alors que, dans les faits, les organismes d'employabilité font
plein de référencement, ils font plein de services à toutes sortes de groupes
qui ne sont pas reconnus par... par le ministère, notamment les gens qui sont
étudiants, notamment les gens qui sont... les demandeurs d'asile. Et ils sont
superefficaces, ils font des miracles au quotidien avec ça. Et vous, vous leur
dites : Non, non, même si vous êtes superbons avec ces dossiers-là, ce
n'est pas ça qu'on vous demande, arrêtez, arrêtez, alors que le flot continue,
de gens, et les gens se rendent chez eux. Puis il y a... Des fois, il y a même
du référencement qui est fait par Services Québec sur cette base-là, alors que,
de l'autre côté, vous les... vous refusez de les financer. Donc, depuis des
années, ils demandent de migrer vers un financement à la... à la mission, ce
qui est une revendication importante. Est-ce qu'il y a des travaux là-dessus,
Mme la ministre, qui sont avancés?
Mme Champagne Jourdain : Tout
à fait. Alors, je tiens à vous rassurer, justement, j'ai débuté une tournée des
régions, comme je vous le disais, et, dans le cadre de cette tournée-là, je
prends bien soin de rencontrer le plus d'organismes spécialisés en
employabilité possible. Et ce que j'entends sur le terrain, c'est ce que vous
me dites, absolument, c'est que, maintenant, on se retrouve à donner, dans ces
organismes-là, des services pour lesquels on n'est pas rémunérés puisqu'ils ne
cadrent pas, dans le fond, dans les services qu'on veut acheter.
Ce qu'on veut s'assurer, et on l'a fait
avec... on a lancé un chantier de modernisation qui concerne et les services
qu'on offre à Services Québec, mais aussi qui concerne les services qu'on veut
acheter auprès des organismes. Alors, cette discussion-là, ce chantier de
modernisation sur le... sur les services offerts en employabilité est lancé. Et
la dernière chose que je voudrais bien, à titre de ministre, c'est que, dans le
fond, nos organismes dans... en <employabilité...
Mme Champagne Jourdain :
...en
>employabilité fournissent des services pour lesquels ils ne sont pas
payés, et, pour ce faire, il faut ajuster.
La Présidente (Mme D'Amours) : ...M.
le député, 1 min 20 s.
M. Leduc : Ça fait 2 ans
qu'il y a des discussions avec le... avec les organismes et votre ministère
pour revoir la structure de financement. Ils attendent impatiemment le rapport.
Quand est-ce que ça s'en vient? Puis aussi, finalement, il y a de la pénurie de
main-d'oeuvre dans les organismes. Si vous n'êtes pas capables de les financer
adéquatement, comment peuvent-ils retenir leurs propres employés et être
capables d'avoir une efficacité à long terme dans leur milieu?
Mme Champagne Jourdain : Il y
a quelques points dans votre... dans votre question. Je vais commencer par vous
dire que ça fait six mois, que je suis là, et c'est un des dossiers qui
est venu rapidement sur ma table et pour lesquels on a eu, dans les mêmes
délais aussi rapides, des discussions avec les équipes au ministère, qui
s'affairent à mener ces discussions-là pour qu'on ait, dans les meilleurs
délais, des nouvelles grilles tarifaires, des... des nouveaux outils qui vont
correspondre aux besoins du... aux nouveaux besoins, dans le fond, du marché du
travail.
La Présidente (Mme D'Amours) : 30 secondes.
M. le député.
M. Leduc : ...on peut-tu s'avancer
un peu plus... un peu plus loin que ça? On peut-tu parler d'avoir un rapport
avant juin, par exemple, avant l'été?
Mme Champagne Jourdain : Bien,
je vous dirais qu'on est actuellement dans ces discussions-là. Moi, c'est
certain que j'aimerais qu'on soit en mesure de faire ça dans les... dans les meilleurs
délais. On est actuellement dans une année financière. Est-ce qu'on pourrait
commencer l'autre année financière avec des nouveaux tarifs? C'est ce qu'on
essaie de... de regarder.
La Présidente (Mme D'Amours) : ...Merci
beaucoup. Ceci met fin à la période d'échange.
Nous revenons avec l'opposition
officielle. Mme la députée, la parole est à vous.
Mme Cadet : Merci beaucoup,
Mme la Présidente. Je ne peux pas m'empêcher de prendre la balle au bond de mon
collègue et de poursuivre la conversation sur les organismes en employabilité.
De mon côté, je peux... j'ai l'occasion de le constater sur le terrain aussi à
titre de porte-parole, mais également à titre de députée de Bourassa-Sauvé, où
est-ce que je vois le travail de nos organismes et les difficultés avec
lesquelles ils doivent composer.
Vous mentionnez les... Vous mentionnez, en
fait, qu'il n'y a pas de... de coupures et puis... bon, je pense que ça a été
évoqué, mais, il y a à peu près deux semaines et demie, Radio-Canada, Gaspésie—Îles-de-la-Madeleine,
relevait les réductions budgétaires de 10 % à 33 % prévues dans les
services d'aide à l'emploi des carrefours jeunesse-emploi de la région. Donc,
c'est... ce n'est pas quelque chose que l'on ne voit que sur... que de... que
par parcimonie, là, sur certains territoires, mais c'est vraiment un phénomène
qui couvre l'ensemble du Québec.
Vous avez mentionné, Mme la ministre :
«Le chantier est lancé.» Juste à titre de précision, donc, est-ce que ça
veut... qu'est-ce que vous voulez dire, donc, par «le chantier est lancé»?
Donc, est-ce que ça signifie, donc, un assouplissement, une simplification des
critères d'admissibilité pour permettre aux individus de recevoir
l'accompagnement dont ils ont besoin?
Mme Champagne Jourdain : Dans
ce chantier de... Vous voulez dire dans... de...
Mme Cadet : Oui, c'est ça,
vous avez dit : «Le chantier est lancé.»
Mme Champagne Jourdain : Bien,
je... on est... on est actuellement à avoir ces discussions-là avec les
organismes spécialisés en employabilité. Ça nous prend, je dirais, et ça me
prend, moi, à titre de nouvelle ministre qui arrive en poste aussi, un portrait
clair des besoins réels, alors où devons-nous instaurer des changements vers...
est-ce que ça... Parce qu'on le sait, quand on travaille avec des clientèles
qui sont plus éloignées du marché du travail, ça peut requérir... ça peut
requérir plus de temps pour non seulement les intégrer sur le marché du
travail, mais aussi du temps d'encadrement pour les maintenir en emploi. Si on
prend une personne qui n'a jamais travaillé de sa vie, je comprends bien qu'on
ne peut pas espérer nécessairement que cette personne-là rentre
40 heures/semaine du jour au lendemain en emploi. Il faut fournir les
services nécessaires, l'accompagnement nécessaire.
Les discussions qu'on a actuellement avec
les... le comité qui représente les organismes spécialisés en emploi vont nous
permettre de déterminer ces besoins-là. Et c'est ce que j'ai demandé et c'est
ce que je demande dans ma tournée aussi aux organismes : Soumettez-moi des
propositions, des commentaires. Vous êtes sur le terrain, vous êtes les
meilleurs placés pour m'aviser, dans le fond.
• (12 heures) •
Mme Cadet : Parfait. Est-ce
que... Vous avez parlé du maintien en emploi. Puis je pense que c'est important
de le mentionner ici, puis on a l'occasion, dans le cadre de cette discussion,
de... donc, sur ces différentes réalités. Parce qu'en effet, quand bien même
dans un contexte de pénurie de main-d'oeuvre, donc, pour certaines clientèles qui,
traditionnellement, sont plus éloignées du marché du travail, il y a... elles...
le service de référencement, donc, est moins utile, donc, pourraient, donc, ne
pas pouvoir intégrer le marché.
Mais vous avez, et avec raison, donc,
mentionné, donc, toute la question du maintien en emploi, qui est, donc, l'une
des missions de ces organismes et qui... qui leur permet, donc, de pouvoir
remplir leur rôle, donc, qui est en mutation. Donc, ce contexte-là, donc, je me
pose comme question additionnelle, donc, si... puisqu'on se dit, donc, le
Québec ne peut pas se permettre de perdre un seul travailleur ou une travailleuse...
12 h (version révisée)
Mme Cadet : ...le Québec ne
peut pas se permettre de perdre un seul travailleur, une travailleuse dans le
contexte de pénurie. Comment le ministère de l'Emploi peut soutenir
adéquatement, donc, les services, donc, de ces organismes?
Mme Champagne Jourdain : Bien,
la réponse est... en fait, fait partie de ce grand chantier de modernisation
là. Nécessairement que la question de l'accompagnement, du maintien en emploi
va faire partie des changements, fort probablement, qui vont nous être demandés,
mais qu'on va aussi appliquer. On le sait qu'on... Puis je vous l'ai expliqué
tout à l'heure, c'est une de mes priorités que j'ai soumises... j'ai soumises
au premier ministre, de faire en sorte qu'on intègre le plus grand nombre de
personnes éloignées du marché du travail, qui fait partie de ces groupes-là. Et
il faut se donner les moyens de le faire, et ça passe aussi par l'achat de
services dans nos organismes. Donc, moi, je n'ai aucun doute que ça, ça va être
abordé dans notre... dans notre chantier de modernisation des services,
certainement.
Mme Cadet : Puis est-ce que,
dans le chantier de modernisation des services, toute la question des cibles va
être abordée? Parce que c'est une autre... c'est un autre élément qui m'a été
transmis, donc, par les différents organismes, le fait, donc, par exemple, que
le référencement doit pouvoir se faire par Services Québec. Évidemment, donc,
Services Québec n'arrive pas à atteindre ses propres cibles, donc, n'arrive
pas, donc, à référer, donc, le nombre adéquat, donc, de clientèles
traditionnelles aux organismes en employabilité. Donc, celles-ci, donc, n'arrivent
pas, donc, elles-mêmes, donc, à atteindre leurs propres cibles. Donc, c'est un
peu le cycle dans lequel elles se trouvent.
Donc, est-ce que vous pouvez confirmer
que, dans le chantier, donc, ça va... ça va aussi vouloir dire faire une
modernisation, donc, de ces critères-là, donc, au niveau des cibles à
atteindre?
Mme Champagne Jourdain : On n'est
pas du tout fermé à ça, puis ça va faire l'objet, ça aussi, j'en suis
convaincue, de bonnes discussions. Dans ce... dans l'achat de services qu'on
fait, mais aussi dans les services qu'on offre à Services Québec, ce qu'on
veut, c'est s'assurer qu'on achète les bons services. Alors, à partir de ce
moment-là, ça part nécessairement... ça va... ça va nécessairement influencer
les cibles qu'on va se donner et les cibles qu'on va donner, dans le fond, aux
organismes spécialisés en employabilité.
Mme Cadet : Merci. Je vous...
Je me tourne vers, donc, sur une variation, donc, sur le même thème. Dans le
rapport du Vérificateur général du Québec, pour l'année 2021, donc, on
mentionne, donc, des mesures trop timides dans la Stratégie nationale pour l'intégration
et le maintien en emploi des personnes handicapées, notamment, donc, en lien
avec la mesure qui vise à soutenir le développement des mécanismes de pratiques
porteuses pour améliorer l'intégration socioprofessionnelle des... des
personnes handicapées dans leur parcours de formation.
Récemment, donc, j'ai rencontré l'organisme
Pleins Rayons, donc, on parlait de moderniser les services. Donc, évidemment,
donc, il y a toutes les questions, donc, des organismes en employabilité.
Aussi, donc, il y a ces autres organismes, disons, qui font, donc, des miracles
pour le maintien en emploi de clientèles qui sont traditionnellement éloignées
du marché du travail, dont les personnes handicapées, les personnes vivant avec
un handicap, dont les personnes, donc, vivant en situation d'autisme aussi. L'organisme
demande... en fait vous demande, donc, pourquoi... donc, un organisme, comme
Pleins Rayons, que je pense que vous avez rencontré aussi, Mme la ministre, qui
a une solution innovatrice avec des impacts considérables sur la formation de
la main-d'œuvre des personnes en situation de handicap, ne peut pas être
reconnu ou considéré pour partager leur expertise et améliorer les pratiques
actuelles au Québec.
Mme Champagne Jourdain : Vous
savez, on... il y a une multitude d'organismes qui offrent différents services.
Au niveau de, dans le fond, la reconnaissance... Là vous me parlez, dans le
fond, de la reconnaissance de cette entreprise-là, je pourrais voir le
mécanisme, dans le fond, qui est fait, là, puis vous revenir avec cette
réponse-là.
Mme Cadet : Mais donc, merci.
Dans tous les cas, je comprends que, quand on parlait, donc, des clientèles qui
sont un peu plus éloignées du marché du travail, qu'un organisme comme
celui-ci, donc, fait partie intégrante de votre vision. C'est bien ça?
Mme Champagne Jourdain : Je m'excuse,
je vois juste... J'ai un élément de réponse à vous fournir sur l'organisme. J'aimerais
bien le faire. Pour l'organisme Pleins Rayons, il y a eu une rencontre, dans le
fond, qui a été faite avec des représentants de directions régionales de
Services Québec. Alors, on <est en analyse...
Mme Champagne Jourdain :
...pour
l'organisme Pleins Rayons, il y a eu une rencontre, dans le fond, qui a été
faite avec des représentants de directions régionales de Services Québec.
Alors, on >est en analyse sur... sur leur dossier, dans le fond, de
reconnaissance, du moins, je peux vous apporter ça. Pouvez-vous me répéter,
s'il vous plaît, votre dernière question? Je suis désolée.
Mme Cadet : Bien oui, bien,
je pense que vous... avec ce que vous m'indiquez, là, ça... ça répond, là,
quelque peu, donc, à la question, mais j'en ai... j'irais ici, donc, en
sous-question sur le... donc, encore une fois, sur votre... sur votre chantier
et sur votre vision. Donc, on revient toujours à ça, donc, sur l'importance de
pouvoir intégrer, donc, les personnes qui sont les clientèles qui sont les plus
éloignées, donc, du marché du travail. Et ici, donc, dans... Est-ce que, donc,
ces types de nouveaux joueurs là, donc, comme Pleins Rayons, qui sont, donc,
des nouveaux joueurs dans le domaine socioprofessionnel pour la main-d'oeuvre
en situation de handicap, donc, seraient consultés dans l'élaboration de votre
stratégie. Donc, elles seraient... Vous avez dit qu'elles ont été rencontrées,
mais est-ce qu'elles seraient donc considérées pour répondre à la
stratégie 2019-2024 pour l'intégration en emploi des personnes
handicapées?
Mme Champagne Jourdain : Vous
savez, quand on... on décide de... bien, pas on décide, quand on s'alimente,
dans le fond, on a des belles structures pour le faire et on a plusieurs moyens
de le faire aussi. On a quand même sept grands réseaux, nous, d'organismes en
employabilité auxquels on peut... envers lesquels on peut se tourner, nous,
pour faire de la consultation. On est nécessairement toujours en contact avec
ces sept grands réseaux là. Alors, voilà, on a... on a les outils pour être en
mesure, là, de faire... de prendre les meilleures décisions, mais aussi de bien
s'alimenter pour être certain de le faire.
Mme Cadet : Puis sur... pour
boucler la boucle sur cette question, vous m'avez dit, Mme la ministre, qu'en
fait c'est la direction régionale de Services Québec qui a rencontré Pleins
Rayons. Donc, est-ce que vous vous engagez à les rencontrer?
Mme Champagne Jourdain : Mais,
écoutez, le dossier est actuellement... Il y a eu une rencontre, ils sont
actuellement dans un dossier d'analyse. Moi, je vais certainement, dans le
fond, m'assurer de faire le suivi de ça. On a aussi l'élément suivant que
Services Québec a accueilli... a accueilli favorablement... l'organisme a
accueilli favorablement, pardon, l'alternative proposée par Services Québec et
a demandé un temps d'analyse visant à évaluer comment le soutien offert par
Services Québec pourrait être mis à profit des besoins de la clientèle de
Pleins Rayons, puis agir en complémentarité, dans le fond, d'autres sources de
financement envisagées.
Mme Cadet : Maintenant, donc,
j'ai une question sur le maillage. La semaine dernière, donc, nous étions,
donc, en études... en consultations particulières, pardon, sur l'étude du
projet de loi n° 19 sur le travail des enfants, avec mon collègue
d'ailleurs ici, d'Hochelaga-Maisonneuve, et l'un des groupes venus témoigner en
commission particulière était l'Ordre des conseillers en ressources humaines
agréés, l'Ordre des CRHA, qui nous indiquait, et à juste titre, que, donc, les
enfants ne peuvent pas être la solution à la pénurie de main-d'oeuvre,
notamment parce qu'il existe certains groupes qui sont sous-représentés comme
on continue... comme on en fait mention aujourd'hui, qui sont donc des bassins
de main-d'oeuvre sous-représentés sur le marché du travail. On a parlé des
personnes en situation de handicap, je viens de le faire, des personnes
immigrantes notamment, donc, qui sont encore... qui, malheureusement, donc, ont
encore un taux de chômage qui est un peu plus élevé que la moyenne, donc, des
personnes, donc, nées sur le territoire, les personnes autochtones et ainsi que
les travailleurs expérimentés. Ce que la représentante de l'Ordre des
CRHA nous mentionnait, c'est qu'effectivement, donc, il ne convient pas de se
tourner vers ces autres bassins de main-d'oeuvre, parce qu'il y a des adultes
disponibles et que la solution recommandée, l'une des solutions recommandées,
donc, est le maillage en entreprise. Donc, outre, donc, le... ce qui peut être
fait avec les organismes en employabilité, donc, comment est-ce que les... les
différents ministères se parlent et comment est-ce que vous voyez votre rôle
pour effectuer ce maillage-là?
• (12 h 10) •
Mme Champagne Jourdain : Bien,
vous savez, on... nous, il y a déjà eu un comité qui a été mis en place avant
la COVID, un comité interministériel sur les besoins, entre autres, du marché
du travail. Moi, je rencontre, dans les prochaines semaines aussi, mais je les
ai déjà rencontrés, mais... j'ai fait une autre, dans le fond, une autre suite
de rencontres avec mes collègues des différents ministères pour nous assurer
d'être bien, je dirais, coordonnés dans nos actions en fonction de leurs
besoins aussi. Si je peux revenir aussi aux clientèles qui sont éloignées du
marché du travail et par rapport au PL n° 19, au PL n° 19, il y a d'autres aussi raisons qui nous permettent...
qui nous alignent dans notre volonté d'aller de l'avant avec ça, autre que
celle aussi du fait qu'il y a des... d'autres clientèles <qui peuvent
répondre...
Mme Champagne Jourdain :
...et
par rapport au PL
n° 19, au PL
n° 19, il y a d'autres aussi raisons qui nous permettent...
qui nous alignent dans notre volonté d'aller de l'avant avec ça, autre que
celle aussi du fait qu'il y a des... d'autres clientèles >qui peuvent
répondre, mais certainement qu'il y a d'autres clientèles qui peuvent y
répondre.
On travaille en étroite collaboration
avec... avec d'autres de mes collègues, entre autres, madame... Mme
Chantal Rouleau, pour être certain de travailler avec ces clientèles-là
qui sont éloignées du marché du travail, pour s'assurer qu'on puisse les
accompagner, développer les meilleurs programmes pour le faire. Je pense, entre
autres, particulièrement aussi aux clientèles qui sont judiciarisées. On n'en a
pas fait mention, mais c'est une clientèle qui est intéressante pour le marché
du travail et qui peut bénéficier aussi de cette réinsertion-là. Merci.
Mme Cadet : Merci. Donc, dans
les... Vous avez tout à fait raison, les clientèles judiciarisées donc, font...
judiciarisées, donc, font partie, donc, des clientèles aussi éloignées à
atteindre. J'ai mentionné, donc, les personnes immigrantes. On sait que le
ministère de l'Emploi subventionne, donc, des programmes de francisation des
employées en entreprise lorsque celles-ci le réclament. Donc, comment s'effectue
l'analyse des besoins pour ces programmes de francisation en entreprise?
Mme Champagne Jourdain : Je
vous dirais qu'au niveau de l'analyse de ces besoins-là, elle est, en grande
partie, faite par le ministère, là, dans le fond, concerné. Je vous reviens, on
va vérifier aussi. Merci beaucoup. C'est ça, exactement, c'est ce que j'allais...
C'est ce dans quoi je me lançais. Vous savez, la question de la
francisation en entreprise dépasse les limites, là, du ministère de l'Emploi et
de la Solidarité sociale. On a le MIFI, nécessairement, le MEQ et notre
ministère, et le ministère de l'Enseignement supérieur qui sont impliqués, dans
le fond, dans ces activités de francisation là et qui, dans le fond, nous
alignent sur les besoins qu'on a notamment sur le marché du travail. Nous, on s'associe
aussi à la Commission des partenaires du marché du travail pour financer ces
projets de francisation là en milieu de travail. Donc, c'est un travail
conjoint qui est fait avec les autres ministères pour définir, dans le fond,
les besoins.
La Présidente (Mme D'Amours) : ...
Mme Cadet : Oui, c'est, de ce
que je comprends de ce que vous nous avez déposé en étude des crédits, donc, je
pense que c'est 7,7 millions de dollars qui ont été dépensés pour la
francisation des différents participants. Donc, j'imagine que... et je
comprends que l'analyse des besoins peut se faire en concertation avec le MEQ
puis avec le MIFI. Mais, puisque le déboursé, donc, se passe chez vous, j'aimerais,
donc, mieux comprendre, donc, comment l'analyse, elle est faite aussi. Donc,
est-ce que vous... L'analyse de l'offre et de la demande, en matière de
francisation, qui est effectuée par le ministère de l'Emploi pour s'assurer que
ces clientèles qui sont éloignées du marché du travail y accèdent, notamment,
face à la francisation.
La Présidente (Mme D'Amours) : Mme
la ministre.
Mme Champagne Jourdain : Au
niveau de l'analyse de l'offre, nous... vous l'avez bien dit, là, on finance
chez nous. Au niveau de l'analyse de l'offre, moi, ce que j'en comprends
actuellement, et je veux m'assurer de vérifier, là, c'est que c'est fait en
collaboration avec les autres ministères, comme je vous le disais tantôt. Mais
on va vous revenir avec la précision parce qu'on est actuellement en train de
regarder ça. Merci.
Mme Cadet : Merci. Donc, c'est
juste pour clarifier, puis vous... et je comprends que vous allez me revenir, puis
j'aimerais bien que, le cas échéant, que ça puisse être déposé en commission, s'il
y a consentement.
Donc, le budget de subvention de la
francisation en entreprise, donc, il est... donc, il n'est pas effectué, donc,
à partir, donc, d'une analyse, donc, de l'offre et de la demande, donc, en
fonction, donc, des nouveaux arrivants qui arrivent, qui ont des besoins de
francisation, qui, vraisemblablement, le feraient en entreprise. J'ai un
certain point d'interrogation autour du processus, sachant que, bon, pour cette
année, donc, c'est 7,7 millions qui ont été... Et je ne questionne pas le
montant en tant que tel, c'est une bonne chose qu'il y ait de la francisation
en entreprise et que le ministère de l'Emploi soit imputable de ces
montants-là. Mais c'est sur le processus que je me questionne.
Mme Champagne Jourdain : ...nécessairement
une analyse qui est faite quand on finance des projets, et, à ce titre-là, pour
vous donner plus d'informations précises, je vais céder la parole à M. Roger
Tremblay qui est sous-ministre adjoint.
La Présidente (Mme D'Amours) :
...
Mme Cadet : Consentement.
Une voix : Il ne peut pas
faire ça en...
La Présidente (Mme D'Amours) : ...donc,
vous pourrez avoir l'opportunité de revenir au prochain... à la prochaine
période d'échange. Maintenant, deuxième opposition. M. le député, la parole <est
à vous...
La Présidente (Mme D'Amours) :
...donc, vous pourrez avoir l'opportunité de revenir au
prochain... à la prochaine période d'échange. Maintenant, deuxième opposition.
M. le député, la parole >est à vous.
M. Leduc : Merci, Mme la
Présidente. Vous m'avez ramené à un statut de deuxième opposition.
La Présidente (Mme D'Amours) : Et
voilà!
M. Leduc : C'est fait. Je
reviens, Mme la ministre, toujours sur le dossier avec AXTRA et les groupes en
employabilité. J'aimerais revenir sur les critères d'admissibilité que vous
imposez en tant qu'acheteur de services. Pourriez-vous m'expliquer, me
justifier, par exemple, pourquoi il n'est pas possible de faire un service et,
donc, d'être rémunéré en conséquence pour les réfugiés politiques?
Mme Champagne Jourdain : Je
m'excuse, pourriez-vous répéter le dernier bout?
M. Leduc : Voulez-vous finir
votre conversation d'abord? C'est bon?
Mme Champagne Jourdain : C'est
bon, merci.
M. Leduc : OK. Pourquoi ce
n'est pas possible de se faire acheter un service pour des réfugiés politiques?
Pourquoi ils ne sont pas admissibles au financement d'Emploi-Québec?
Mme Champagne Jourdain : Je
vous dirais que je travaille en étroite collaboration avec la ministre de
l'Immigration, Mme Fréchette, pour faire en sorte qu'on développe des projets,
d'autres initiatives, pour s'assurer qu'entre autres les services de Services
Québec touchent le plus grand nombre de clientèles, dont les demandeurs
d'asile, entre autres, réfugiés politiques. Alors, je ne veux pas me... mais on
aura des annonces positives à venir pour les réfugiés.
La Présidente (Mme D'Amours) : Je
vous rappelle qu'on nomme nos collègues par leur titre, s'il vous plaît.
Mme Champagne Jourdain :
Parfait.
La Présidente (Mme D'Amours) :
M. le député
M. Leduc : Pourquoi les gens
qui sont sur le RQAP ne sont pas admissibles?
Mme Champagne Jourdain : Les
gens qui sont sur le...
M. Leduc : RQAP.
Mme Champagne Jourdain : RQAP
ne sont pas admissibles aux services d'emploi, vous me dites?
M. Leduc : Exact, on ne
finance pas les services d'emploi quand c'est des gens qui sont sur le RQAP.
Pourquoi?
Mme Champagne Jourdain : Je
vous reviens.
La Présidente (Mme D'Amours) : M.
le député, avez-vous une autre question?
M. Leduc : Oui. Pourquoi une
personne qui est immigrante, avec un permis de travail fermé, ne peut pas
être...
Mme Champagne Jourdain : Je
peux peut-être vous revenir avec le RQAP. Tout à fait, en toute logique, les
gens... les gens qui sont prestataires du RQAP ont un lien d'emploi et sont
donc en emploi, considérés comme en emploi.
M. Leduc : Oui, mais ça peut
être du temps partiel.
Mme Champagne Jourdain : On
va vous revenir avec une précision. Merci.
M. Leduc : Pourquoi on ne
peut pas être étudiant?
Mme Champagne Jourdain : J'entends
très mal dans la salle, je suis désolée.
M. Leduc : Pourquoi on ne
peut pas être étudiant?
Mme Champagne Jourdain : Avec
les étudiants?
M. Leduc : Exact.
Mme Champagne Jourdain : Parfait.
Pour ce qui est des étudiants, les établissements d'enseignement offrent des
services qui permettent aux étudiants, dans le fond, de se trouver un emploi,
d'être orientés vers le marché du travail. Donc, ces services-là sont offerts
en établissement. C'est aussi possible, par exemple, pour les étudiants, d'avoir...
de faire affaire avec certains services de Services Québec.
M. Leduc : Pourtant,
justement, néanmoins, vous ne les subventionnez pas, ces services-là quand
c'est des étudiants qui viennent chercher le service. Ils vont l'avoir, le
service, avec des organismes en employabilité, mais vous ne les reconnaîtrez
pas comme service achetable. Même question pour les immigrants avec un permis
de travail fermé. Est-ce que ça fait partie des bonnes nouvelles qui viendront
avec les réfugiés politiques, ça aussi?
Mme Champagne Jourdain : Les
travailleurs étrangers avec un permis de... Les travailleurs étrangers, avec un
permis de travail fermé, sont considérés comme à l'emploi et sont déjà... dans
le fond, ont déjà une entente avec un employeur.
M. Leduc : Mais ils
pourraient vouloir le changer.
Mme Champagne Jourdain : Ils
pourraient vouloir le changer, oui, effectivement, ils pourraient vouloir
changer d'emploi. Mais actuellement, dans nos normes actuelles, ils sont
considérés comme des gens qui sont venus travailler pour un employeur
précisément. Ils ont une entente avec cet employeur-là.
• (12 h 20) •
M. Leduc : Dans le fond, Mme
la Présidente, ce que je veux illustrer à la ministre, c'est qu'il y a une
batterie de personnes qui sont en recherche de services d'employabilité,
parfois même référencés par Emploi-Québec, qui débarquent dans les groupes
d'employabilité, qui reçoivent des services dans les faits, mais que le
ministère se refuse de financer, parce qu'il a un système que j'oserais dire
très bureaucratisé, avec des petites cases. Puis, si on ne rentre pas dans la
petite case, le groupe est incapable d'aller chercher le financement. Pourtant,
il consacre du temps et de l'énergie à des vrais humains, des vraies personnes,
mais ne reçoit pas le financement en conséquence.
Puis c'est un peu toute la logique du
filet social qu'on échappe quand on est un petit peu trop pointu dans nos
critères d'admissibilité, comme l'est le ministère en ce moment. C'est quelque
chose qui m'achale, Mme la ministre, parce que j'ai l'impression que vous
traitez un peu... bien, je dis «vous», le gouvernement, bien sûr, mais que vous
traitez un peu les groupes en employabilité, à la limite, comme la fonction...
M. Leduc : ...une
fonction publique. Vous donnez des critères très pointus d'applicabilité.
Souvent, il y a des changements de programme en cours de route aussi, mais vous
ne les rémunérez pas comme des gens de la fonction publique. Ça fait que vous
savez comme un peu le beurre et l'argent du beurre, où ils sont assujettis à
une batterie de règles très exigeantes, avec des redevances très claires au
ministère, des papiers, etc., comme s'ils étaient dans un ministère. Mais ils
ont vraiment une fraction du prix en matière de financement, ça les empêche
d'avoir de la rétention de personnel.
Et je reviens avec ma question de tantôt.
Vous m'avez parlé de l'année financière prochaine, je trouve ça un peu loin.
Est-ce qu'il n'est pas possible d'avoir plus rapidement une conclusion de cette
discussion-là, de cette réflexion-là sur la révision du financement général de
ces groupes-là?
Mme Champagne Jourdain : Il
y a plusieurs éléments dans votre... dans votre question, mais dans votre...
dans votre introduction. C'est certain que nos programmes ont des critères. Tu
sais, quand on fait affaire avec des travailleurs étrangers à permis fermé, le
permis est octroyé par le fédéral. Donc, on ne peut pas s'immiscer non plus
dans ces décisions-là.
Maintenant, j'entends ce que vous me
dites. Est-ce que nos services ont besoin d'être ajustés? Certainement. Le
marché du travail lui-même change. On demande aux entreprises de changer,
d'évoluer avec ce marché du travail là, d'évaluer... d'évoluer avec les
nouveaux... les nouvelles clientèles d'employés. On demande ça aussi aux
organismes spécialisés en employabilité, mais on s'impose aussi ce
changement-là à travers justement cette discussion-là sur la modernisation
qu'on a avec les autres. Alors, certainement, certainement qu'on veut améliorer
les choses. Et c'est à ça que va servir le chantier de modernisation.
Maintenant, il faut prendre le temps de
bien faire les choses. Je ne pense pas que c'est une discussion qu'on peut avoir
avec le nombre... avec le nombre d'acteurs impliqués en un mois, en deux mois.
Il faut aller au fond de la discussion. Il faut s'assurer que les réformes
qu'on va faire, que les changements qu'on va faire correspondent aux besoins,
aux nouveaux besoins du marché du travail. Et c'est ça qu'on s'engage à faire.
Voilà.
M. Leduc : Combien de
temps, Mme la Présidente?
La Présidente (Mme D'Amours) : Deux
minutes.
M. Leduc : Bon. Je
retiens donc qu'au plus tard la prochaine année financière serait l'objectif de
la ministre. Vous me corrigerez si j'ai mal interprété, mais je reviens avec,
vraiment, le désir de donner de l'air aux groupes, parce que c'est très
restrictif, les critères du ministère. Ils font plein d'autres choses, hein, ils
font la promotion du local, du recrutement de clientèle, de la création de
partenariats, de la liaison entre les entreprises, puis tout ça, ce n'est pas
reconnu dans le travail qu'ils ont à faire, en plus de tout ce qu'ils ont comme
achat de services à combler.
Je voudrais terminer l'échange, Mme la
Présidente, avec quelque chose que vous avez évoqué, Mme la ministre, en début,
le contexte du plein-emploi. Et ça, ça m'inquiète parce que je sais que... je
savais que vous alliez aller là-dessus. Les groupes d'employés ont été créés à
une époque où c'était, au contraire, le chômage, chômage endémique même. Et là
on a complètement changé de situation, c'est vrai, sauf qu'avec les
restrictions ou les coupures qu'ils vivent, l'effet pervers qui s'en vient, que
je crains, en tout cas, et j'espère que vous avez... que je vais vous
sensibiliser à cette crainte-là, c'est qu'on va fragiliser ce réseau-là, et que.
si jamais la conjoncture économique change, comme il y a beaucoup d'économistes
qui l'évoquent, hein, une possible récession économique dans les prochaines
années, on ne sera pas équipés pour y faire face. Est-ce c'est quelque chose
qui vous inquiète?
Mme Champagne Jourdain : Dans
le contexte changeant du marché du travail actuel, je pense que l'agilité est
le mot d'ordre. Il faut s'assurer qu'on ajuste les services qu'on offre à
travers, oui, Services Québec, mais les autres aussi. Et il faut s'assurer
qu'on conserve l'expertise le plus possible dans ces organismes-là puisque,
oui, il se peut qu'on ait besoin.
Maintenant, nous, dans la manière dont on
a procédé à l'ajustement de nos achats, on n'a pas... on s'est assuré de garder
une marge de manœuvre. Par exemple, si j'achète 100 rédactions de CV dans
une organisation et que je reçois actuellement le service pour 10 personnes,
bien, je ne suis pas allée chercher... je n'ai pas... je ne suis pas allé
rechercher 90 services qui ne sont pas rendus.
La Présidente (Mme D'Amours) : En
terminant.
Mme Champagne Jourdain : Alors,
on s'ajuste... on s'assure de rester agile. Et, oui, certainement, j'ai ça, en
tête quand je... quand on fait nos travaux. Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci
beaucoup. Nous sommes maintenant à la période d'échange avec l'opposition
officielle. Mme la députée, la parole est à vous.
Mme Cadet : Merci, Mme
la Présidente. Je reviens à l'information sur le marché du travail. Donc, l'état
d'équilibre du marché du travail. Une petite question ici. Je comprends qu'il y
a des travaux qui sont en cours par le ministère et la CPMT pour identifier les
causes des difficultés de recrutement par profession. On voit qu'il y a
72 %, donc, des 234 professions en déficit, ou léger déficit de
main-d'œuvre, éprouvent des difficultés de recrutement. Outre le ratio chômeurs-postes
vacants, donc... Par exemple, donc, il y a 89 des professions évaluées en
équilibre de main-d'œuvre, qui ont été reconnues comme ayant des difficultés de
recrutement. Dans mes rencontres avec certains groupes, c'est également, donc,
un enjeu, donc, qui est revenu, donc, cette difficulté à être en mesure, donc,
de recruter, nonobstant la question du... bien, de la pénurie en tant que
telle.
Donc, on cite, par exemple, la
méconnaissance <ou la perception négative...
Mme Cadet :
...un
enjeu, donc, qui est revenu, donc, cette difficulté à être en mesure, donc, de
recruter, nonobstant la question du... bien, de la pénurie en tant que telle.
Donc, on cite, par exemple, la
méconnaissance >ou la perception négative de la profession citée ou du secteur
d'activité cité. Et on cite aussi, donc, les conditions de travail. Donc, je
veux savoir, donc, comment est-ce que vous agissez sous ces angles-là, puis
est-ce que c'est une préoccupation aussi pour vous?
La Présidente (Mme D'Amours) : Mme
la ministre.
Mme Champagne Jourdain : Certainement.
Bien, vous savez... vous savez certainement que les conditions de travail
sont... font partie des responsabilités de mon collègue, le ministre de... du
Travail, et en ce sens-là, nous travaillons étroitement. Mais c'est...
Mme Cadet : Peut-être juste,
Mme la Présidente, donc, préciser... Donc, évidemment, donc, oui, bien
consciente que les conditions de travail, donc, sont du ressort de votre
collègue ministre du Travail. Mais je donne ces exemples-là, donc, de
préoccupations qui existent, qui sont nommées dans votre étude et qui sont
réalisées, donc... qui font partie, donc, des travaux réalisés par les CPMT
pour bien voir, donc, si vous avez, donc, cette préoccupation, si vous partagez
cette préoccupation pour des différentes professions, donc, pour les enjeux,
les difficultés de recrutement.
Donc, évidemment, donc, je ne vous demande
pas d'agir précisément sur la question des conditions de travail, mais, vraiment,
savoir, donc, si c'est une préoccupation et si, justement, vous travaillez de
pair avec vos collègues quand vous voyez les difficultés qui sont nommées par
le rapport qui vous a été soumis.
Mme Champagne Jourdain : Certainement,
c'est une préoccupation qu'on a. J'aimerais peut-être profiter de la présence
de M. Jean Lortie pour vous donner un peu plus de matière en ce sens-là, qui
est président, lui, de la Commission des partenaires du marché du travail et
qui est là aujourd'hui avec nous.
Mme Cadet : Consentement.
La Présidente (Mme D'Amours) : Est-ce
qu'il y a consentement, tout le monde, pour qu'il prenne la parole?
Des voix : Consentement.
La Présidente (Mme D'Amours) :
Consentement, merci. Veuillez vous présenter et prendre la parole, monsieur.
M. Lortie (Jean) : Alors, Jean
Lortie, président de la Commission des partenaires du marché du travail.
Effectivement, pour votre question, Mme la députée, la commission travaille
fort actuellement avec ses partenaires qui sont sur la ligne de front, qui
vivent les tensions extrêmes du marché du travail, les pénuries de
main-d'œuvre, les raretés, la capacité de recruter, d'attirer dans les
secteurs, des secteurs aussi qui ont été souvent négligés dans l'économie
québécoise parce qu'ils n'étaient pas trop jazzés et qui aujourd'hui, on a
besoin de ces emplois-là.
Donc, la commission déploie, avec ses
partenaires, des mesures, des programmes avec ses clientèles éloignées du
marché du travail par ses huit comités consultatifs, femmes, jeunes, notamment,
personnes immigrantes, Premières Nations et Inuit pour être capables de rendre
beaucoup plus attractifs les secteurs économiques, les régions du Québec et
surtout éviter la cannibalisation entre les entreprises de la main-d'œuvre.
Donc vraiment, déployer des moyens pour faire en sorte que des secteurs
économiques clés de l'économie québécoise puissent avoir une main-d'œuvre
disponible, formée, compétente et dans un horizon des 10 prochaines années, à
travers les trois crises : transition démographique, transition verte et transition
technologique.
Mme Cadet : Merci beaucoup.
Je reviens à la ministre. Ce que je réalise aussi, donc, l'une des autres
causes qui sont nommées ici, dans le rapport, donc, des difficultés de
recrutement et la rigidité d'accès à la profession ou à la formation. Donc,
j'aimerais aussi... j'aimerais vous entendre, donc, sur cette préoccupation qui
est soulevée et qui empêche certaines clientèles, notamment, donc, éloignées du
marché du travail, d'y accéder et qui cause des difficultés de recrutement de
l'autre côté au niveau des employeurs.
Mme Champagne Jourdain : Bien,
c'est certain que nous, on offre via différents services, programmes, de l'accompagnement
pour ces clientèles-là éloignées du marché du travail, un accompagnement qui se
fait aussi dans les milieux de travail.
Mme Cadet : Ma question
précise, c'est de savoir, donc, qu'est-ce que vous pensez de cette difficulté
précise de recrutement qui est la rigidité d'accès à la profession ou à la
formation?
Mme Champagne Jourdain : C'est
une réponse qui, dans le fond, concerne les ordres professionnels. Et ça, c'est
M. Jean Boulet qui est... c'est sous la responsabilité du ministre, dans le
fond, du Travail.
Mme Cadet : Mais est-ce que
vous avez... tu sais, puisque ça a quand même, donc, un impact au niveau de la
main-d'œuvre et que c'est soulevé justement par les travaux du ministère et de
la CPMT, donc, est-ce que c'est... vous avez ces conversations-là, donc, avec
vos collègues?
• (12 h 30) •
Mme Champagne Jourdain : Bien,
tout à fait. Puis c'est quelque chose qu'on... quand on dit qu'on veut
travailler à intégrer le plus grand nombre de personnes qui font partie de ces
clientèles éloignées du marché du travail... des clientèles qui sont éloignées
du marché du travail, il faut nécessairement travailler cette culture
d'inclusion là, et on doit avoir les discussions avec les différents
employeurs, mais aussi avec les ordres professionnels. Et c'est certain qu'avec
mon collègue ministre du Travail, on a ces discussions-là et on va s'assurer de
travailler en ce sens-là, de favoriser... de développer cette plus grande
inclusion là pour s'assurer que tout le monde ait sa place sur le marché du
travail. Ça fait partie...
12 h 30 (version révisée)
Mme Champagne Jourdain : ...de
travailler en ce sens-là, de favoriser... de développer cette plus grande
inclusion là pour s'assurer que tout le monde ait sa place sur le marché du
travail. Ça fait partie de nos préoccupations.
Mme Cadet : Parfait. Donc,
vous avez... vous l'avez nommée, vous venez de le refaire, donc, dans votre
vision, justement, donc, l'inclusion des clientèles au moyen du marché du
travail, donc, particulièrement sur cette difficulté-là, cette difficulté de
recrutement là, mais sur tant d'autres. Donc, est-ce qu'on a un échéancier pour
la réalisation de cette vision?
Mme Champagne Jourdain : Bien,
je vous dirais qu'actuellement nous, on...
Mme Cadet : De cet aspect de
votre vision, plutôt.
Mme Champagne Jourdain : Oui,
c'est ça. Je vous dirais qu'actuellement on est en analyse, on regarde les
programmes qu'on a, parce que, vous le savez, on a quand même un grand chantier
devant nous et du travail à faire dans... dans... dans cette optique-là d'ajuster
nos services, nos programmes en fonction des nouvelles réalités du marché du
travail. Alors, on analyse certainement ce qu'on fait actuellement, mais je n'ai
pas d'échéancier à vous donner aujourd'hui, là. On a plusieurs... On a plusieurs
chantiers qui sont actuellement sur la table, celui-là en fait partie, mais on
pourra arriver, bien sûr, avec des échéanciers au fur et à mesure que les
échanges et le travail va se faire sur ce dossier-là.
Mme Cadet : Je comprends du
libellé ici que les travaux qui sont en cours avec la CPMT, donc, se
poursuivront avec la collaboration des comités sectoriels de main-d'oeuvre. Et
on nous indique ici que le nombre de partenaires du marché du travail consultés
sera élargi. Donc, qui sont les nouveaux partenaires?
Mme Champagne Jourdain : Je...
Laissez-moi quelques instants.
Mme Cadet : Et, pour
validation aussi...
Mme Champagne Jourdain : Peut-être
que je peux laisser M. Jean Lortie vous répondre, vu que c'est une question
précise, qui est président de la CPMT?
Mme Cadet : Oui, consentement.
La Présidente (Mme D'Amours) : M.
Lortie.
M. Lortie (Jean) : Oui. Bon,
les nouveaux partenaires... Il y en a 1 080, partenaires, à la commission
de... la Commission des partenaires du marché du travail, dans les 17 régions
et dans les 29 CSMO, mais, bien sûr, dans les huit comités consultatifs, et ce
sont les 1 080 avec lesquels on travaille. Il n'y a pas de nouveaux
partenaires identifiés à travers la commission, les travaux de la commission, il
y en a déjà pas mal. Et on réussit à coordonner tous ces travaux-là pour
répondre, comme la ministre le disait, dans des échéanciers sur le rapport
quinquennal, dans des échéanciers sur la planification stratégique de la
commission. Et on a des... différentes étapes qui s'en viennent dans les
prochaines années, et l'objectif, c'est, bien sûr, de répondre aux trois
enjeux, les trois crises de transition dans lesquelles on est, et que la commission
soit performante pour proposer au gouvernement des mesures concrètes et qui
atteignent l'objectif de... des clientèles éloignées du marché du travail de répondre
aux transformations massives dans lesquelles le marché du travail se comporte
actuellement et de répondre aux préoccupations des régions du Québec d'avoir de
la main-d'oeuvre disponible, qualifiée, avec des compétences pour faire face
aux défis dans lesquels on est actuellement.
Mme Cadet : Puis quand est-ce
que les travaux, ils ont commencé?
M. Lortie (Jean) : Les
travaux ont commencé depuis plusieurs années. Je vous dirais qu'il y a des
échéanciers cette année. D'ailleurs, l'Assemblée nationale recevra de la
ministre, ce printemps, le rapport quinquennal 2018‑2023. La planification
stratégique de la commission, les travaux débutent cet automne. La nouvelle Politique
d'intervention sectorielle des CSMO a été adoptée par la ministre au mois de
février dernier. On travaille sur la transition verte avec un plan stratégique
d'une dizaine d'années et de même que sur la productivité. On s'est donné, à la
commission, un projet assez ambitieux de 10 ans de travail sur les enjeux de
productivité au Québec pour répondre aux pénuries et aux raretés de main-d'œuvre.
Mme Cadet : Oui. Puis, juste
pour être certaine, donc, ici, on parle bien... parce qu'on nous dit, donc, l'étude
qui... actuellement est complémentaire aux diagnostics qui sont présentés,
donc, dans le document. Donc, c'est de... c'est de ceci dont vous parlez, donc on
devrait avoir, donc, des résultats, donc, cet automne.
M. Lortie (Jean) : Il y a des
travaux qui se mènent, il y a des travaux qui sont livrés à l'Assemblée
nationale, d'autres à l'interne de la commission vers la ministre, et, de façon
plus générale, oui, il y aura des échéanciers, là, qui sont déjà prévus de
façon législative, aux cinq ans notamment, parce que c'est le rapport
quinquennal, et il y a des travaux qui sont à... en cours, là, pour adoption
par la commission et qui seront transmis à la ministre pour la... pour la suite
des choses.
Mme Cadet : Parfait. Je me
tournerais ici vers les... la requalification, donc, des travailleurs. Donc, je
reviens, donc, à la vision de la ministre, qui nous dit, donc : Les trois
piliers, donc, sont l'Opération main-d'œuvre, la validation des mesures et l'intégration
des clientèles éloignées du marché du travail et la formation. Pour ce qui est
de la validation des mesures au niveau de l'Opération main-d'œuvre, donc, vous
avez, comme moi, donc, pris connaissance, donc, des différents articles de
journaux, donc, mentionnant les défis de validation du Programme pour la
requalification et l'accompagnement en technologie de l'information et des
communications, le PRATIC, ainsi que... donc... en fait, plusieurs, donc,
programmes, donc, de requalification, donc, le PARAF, le Programme d'aide à la
relance pour l'augmentation de la formation. Au moment de la publication de ces
articles, donc, il n'y avait pas de données sur l'efficacité des programmes.
Est-ce qu'il y en a aujourd'hui?
Mme Champagne Jourdain : ...que,
jusqu'à maintenant, au niveau du PRATIC, en date du 17 février 2023, on a
2 610 participations complétées, c'est-à-dire 2 610 <diplômés...
Mme Champagne Jourdain :
...PRATIC,
en date du 17 février 2023, on a 2 610 participations complétées,
c'est-à-dire 2 610 >diplômés, et on compte actuellement 3 759
participations en cours, c'est-à-dire des gens inscrits en formation.
Mme Cadet : Puis, pour les
diplômés, donc, ceux-ci, ils sont en emploi?
Mme Champagne Jourdain : Je
vous dirais que, pour les diplômés, on est en train de faire les démarches pour
évaluer combien d'entre eux sont actuellement en emploi. Vous comprenez que
suivre les résultats de près, c'est extrêmement important pour moi. On veut
s'assurer que les programmes qu'on met... qu'on met en place fonctionnent, et
on est actuellement là-dedans, à faire un suivi avec ces 2 610 diplômés là.
Mme Cadet : Donc, au niveau
du suivi, donc, le... l'objectif ici, ce n'est pas... ce n'est pas seulement de
savoir s'ils sont en emploi, mais également de savoir s'ils sont en emploi dans
le domaine de formation pour lequel ils ont été subventionnés?
Mme Champagne Jourdain : Absolument,
c'est ce qu'on veut savoir. Et on va... on devrait avoir ces données-là à jour
pour les diplômés, les 2 610 diplômés, cet automne.
Mme Cadet : Cet automne, d'accord.
Parce que, donc, le service des communications du ministère, donc, s'est engagé
en février dernier à ce qu'une reddition de comptes, donc, soit faite dès que
les données seront remplies au cours de cet exercice-ci. Donc, c'est... c'est...
Et qu'est-ce qui sera compris également, donc, dans le processus de reddition
de comptes? Donc, on a ici, donc, le nombre... évidemment, vous avez nommé le
nombre de diplômés, le... s'ils sont à l'emploi, s'ils sont à l'emploi dans le
domaine de formation pour lequel ils se sont spécialisés, au niveau du
maintien, de la rétention aussi, donc des perspectives dans le domaine... dans
le domaine d'études. Donc, est-ce que, donc, le processus de reddition de
comptes va offrir, donc, tous ces renseignements?
Mme Champagne Jourdain : ...on
a... Un des défis qu'on a à l'Emploi, c'est... On met en place des mesures pour
former des gens, ces gens-là se forment, mais on travaille avec des humains.
Les humains, je veux dire, on les forme dans des secteurs, et peut-être qu'au
bout d'un an, deux ans ils choisissent d'aller dans un autre secteur. Ça, c'est
un des défis. Et le défi qu'on a, en toute transparence, avec les programmes
comme le PRATIC, c'est de suivre ces diplômés-là dans leur... dans leur
évolution. Alors, ce qu'on va vouloir avoir, dans le fond, dans cette reddition
de comptes là, c'est... on va vouloir aller le plus loin possible dans ce
qui... dans ce qu'on est en mesure de faire pour s'assurer qu'on a des
résultats avec ces programmes-là et, si ce n'était pas le cas — je
suis dans l'hypothèse — prendre les dispositions nécessaires pour
s'assurer qu'on atteigne nos résultats.
Mme Cadet : Quand le
programme a été monté, au début de l'Opération main-d'œuvre, donc, est-ce que
le processus de reddition de comptes dont vous me parlez était déjà prévu?
Mme Champagne Jourdain : Je
vous dirais que ces processus de reddition de comptes là ont été mis en place
avec, dans le fond, le programme. Est-ce qu'il peut y avoir des ajustements?
Certainement. Mais on avait un processus de reddition de comptes, oui, qui
accompagnait le déploiement de ce programme-là.
Mme Cadet : Donc, quel... quel
était-il?
Des
voix : ...
Mme Champagne Jourdain : ...ce
qu'on voulait dans cette reddition de comptes là, c'est surtout savoir si...
qu'on mise, dans le fond, sur les retours en emploi et de s'assurer que ce soit
dans ce secteur-là. Donc, en gros, c'est... c'est... c'est ce que notre
reddition de comptes... c'est ce qu'on veut aller chercher avec notre reddition
de comptes.
Mme Cadet : Mais je vous... Vous
me permettrez, avec égards, Mme la ministre, donc, de soulever quelques points
d'interrogation, parce que, là, je comprends que... donc, vous dites, donc,
qu'au départ, donc, il y avait déjà ces éléments-là qui étaient pris en
considération quand le... le programme a été monté mais qu'il n'y avait rien,
donc, pour suivre les données jusqu'à ce que des questionnements publics soient
émis au cours du mois de février dernier?
Mme Champagne Jourdain : ...je
peux peut-être passer la parole à M. Roger Tremblay, sous-ministre adjoint.
Vous comprendrez que je suis là depuis six mois. Il y a des éléments, des fois,
que je n'ai pas encore entre les mains. Mais il pourra certainement vous donner
une réponse plus étoffée.
Mme Cadet : Pas de consentement.
La Présidente (Mme D'Amours) : ...
Mme Cadet : Non.
La Présidente (Mme D'Amours) : Non.
Avez-vous une autre question, Mme la députée?
• (12 h 40) •
Mme Cadet : Oui. Je vous
dirais... donc, je continuerais un peu, donc, sur la lancée, donc, des
différents programmes de requalification et de formation, donc, qui ont été mis
sur pied. Je me tourne, donc, vers le programme Perspective. Donc, les
associations étudiantes, donc, déplorent l'absence de plusieurs programmes dans...
dans la liste, là, qui est énumérée, là, pour les programmes Perspective, et aucune modification, donc, du programme de bourses, donc, n'a
été faite depuis <l'implantation...
Mme Cadet :
...aucune
modification, donc, du programme de bourses, donc, n'a été faite depuis >l'implantation,
depuis un an, donc. Un peu plus tôt, donc, on parlait de la nécessité... de
l'agilité, là, qui était nécessaire une fois la mise sur pied des différents
programmes. Donc, est-ce que cette agilité-là, cette remise en question et
cette reddition de comptes pour nous assurer que les... qu'il y a un arrimage
entre les besoins et ce qui est mis en place, donc, a été faite dans le cadre
du programme Perspective ou est en cours?
Mme Champagne Jourdain : Tout
le programme des bourses auquel vous faites référence est sous la
responsabilité du ministère de l'Enseignement supérieur.
Mme Cadet : Bien, je pense
que l'Enseignement supérieur, donc, déploie le programme, mais c'est... ça... en
fait, il a été annoncé, donc, dans le cadre de votre... de votre Opération
main-d'œuvre, non?
Mme Champagne Jourdain : Je
vous invite à poser vos questions au ministère de l'Enseignement supérieur pour
ce qui est, là, de l'attribution, puis de la définition, puis des critères, là,
d'admissibilité des programmes sur les bourses Perspective, dans le fond.
Mme Cadet : Mme la ministre,
donc, vous conviendrez quand même avec moi que c'est quand même, donc, un
programme qui a pour objectif de résorber, donc, la pénurie de main-d'œuvre.
Donc, il y a, donc, cet aspect, donc, qui fait... qui fait partie de vos
différentes priorités que vous nous avez énumérées. Vous nous avez parlé de
votre vision dans le domaine. Donc, est-ce que vous pensez que c'est... que
c'est pertinent, puisque ça fait partie de votre... de votre mission de... ça
fait partie de votre vision pour le ministère de l'Emploi, qu'il y ait un
certain arrimage avec le ministère de l'Éducation sur cette question-là... d'Enseignement
supérieur, plutôt, sur cette question-là?
Mme Champagne Jourdain : Bien,
je vous invite, encore une fois, à poser la question au ministère de l'Enseignement
supérieur.
Mme Cadet : D'accord.
La Présidente (Mme D'Amours) : Moins
d'une minute, Mme la députée.
Mme Cadet : Moins d'une
minute, bien, parfait. Et, juste, donc, pour valider, donc, les programmes,
pour ce qui est, donc, des programmes de requalification, donc, on a parlé de PRATIC,
vous l'avez énuméré, donc, ce qui devrait se faire. Donc, le même
fonctionnement est prévu pour ce qui est du PARAF, au niveau de la reddition de
comptes?
Mme Champagne Jourdain : Le
PARAF est terminé.
Mme Cadet : Donc, il est
terminé. Donc, quand est-ce qu'on aura, donc...
Mme Champagne Jourdain : La
reddition de comptes a déjà eu lieu.
Mme Cadet : Donc, est-ce que
vous pourrez nous transmettre les données si la reddition de comptes a eu lieu,
s'il vous plaît?
La Présidente (Mme D'Amours) : ...
Mme Champagne Jourdain : ...merci.
La Présidente (Mme D'Amours) :
...le transmettre...
Mme Cadet : Parfait. Je veux un
dépôt en commission, s'il vous plaît.
La Présidente (Mme D'Amours) : Je
vais... J'y arrivais, Mme la députée, s'il vous plaît. Donc, je vous demande de
faire le dépôt à la commission pour que tous les députés puissent avoir accès à
ce... à ce document.
Nous sommes maintenant rendus à la
dernière période d'échange, et je vais laisser la parole à la députée d'Anjou—Louis-Riel,
s'il vous plaît.
Mme Boivin Roy : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Alors, j'ai une question importante pour vous, Mme
la ministre, c'est relativement à Services Québec. D'ailleurs, je profite de
l'occasion pour vous remercier pour le mandat que vous m'avez octroyé. Je vous
en suis reconnaissante. Et, avant de poser la question, vous me permettrez de
faire une entrée en matière sur la mission, les besoins citoyens, les services
offerts, les partenariats et les points de service de Services Québec, et ce,
évidemment, pour le bénéfice de tous. Ça nous permettra alors de mieux
apprécier votre réponse.
Alors donc, on se souviendra, Services
Québec, création en 2004, avec la nomination d'un ministre responsable des
Services gouvernementaux et la création d'un comité interministériel en 2005,
les premiers centres de services, en fait 17 centres, qui ont été déployés en
2016. En 2015, Services Québec devient la porte d'entrée des services
gouvernementaux pour les citoyens et les entreprises sur tout le territoire...
et évidemment, dans les dernières années, depuis... depuis 2020, pardon, le
remplacement des centres locaux d'emploi pour les bureaux de Services Québec.
Alors, une mission importante pour
Services Québec : d'offrir aux citoyens et aux entreprises sur tout le
territoire du Québec un guichet multiservice afin de leur permettre un accès
simplifié aux services publics. Alors, essentiellement, c'est la porte d'entrée
des services gouvernementaux. Alors, nombreux services qui vont répondre aux
besoins des citoyens, donc les citoyens... les... notamment, peuvent venir dans
les bureaux de Services Québec pour s'aiguiller sur les services qui sont
utiles, liés à leurs besoins, pour les assister, eux, et également les
entreprises dans les... leurs démarches avec le gouvernement, notamment dans
les programmes et les services liés à l'emploi, à l'aide sociale, aux services
aux entreprises ainsi que les programmes et les services des différents
ministères et les organismes. Également, les citoyens peuvent venir pour faire
vérifier des documents ou des prérequis pour l'obtention de certains services,
prendre des <rendez-vous...
Mme Boivin Roy :
...vérifier
des documents ou des prérequis pour l'obtention de certains services, prendre
des >rendez-vous pour rencontrer un agent spécialisé, avoir accès à une
salle d'équipement informatique en libre-service et offrir... et recevoir et
offrir de l'aide relativement à cet équipement. Également, ils peuvent vouloir
des services en matière de qualifications obligatoires allant de l'inscription
à un examen à la surveillance d'un examen, à la délivrance d'un certificat,
bref nombreux dossiers pour lesquels les citoyens peuvent venir, également les
services d'immatriculation et de permis de conduire, le transfert des appels
et, évidemment, si cela les intéresse, les publications de Services Québec, la
gestion des droits d'auteur des ministères et des organismes, donc nombreux
besoins pour lesquels les citoyens font affaire aux services de Services
Québec.
C'est également une porte d'entrée pour
plusieurs services gouvernementaux. Ça va toucher indirectement la demande de
renseignements du deuxième groupe d'opposition, la RP-03, donc des services qui
sont offerts autant au téléphone, au comptoir que sur le Web et sur les
plateformes numériques gouvernementales.
Donc, au téléphone et au comptoir, bien,
évidemment, les renseignements généraux, les référencements sur les programmes
et les services gouvernementaux sont offerts, l'écoute et la prise en compte
des besoins citoyens, l'aiguillage sur les services, la réception de plaintes
ou de commentaires, le réacheminement aux partenaires concernés, la
vérification de documents et les services, bien sûr, les nombreux services du Registraire
des entreprises, les différents formulaires, puisqu'on sait qu'il y en a
nombreux, aider la clientèle à pouvoir les remplir et les informer sur les
différents programmes.
Sur le Web et les plateformes numériques,
bien là, bien sûr, il y a cette porte d'entrée aussi sur les différents
services gouvernementaux. Donc, on pense, entre autres, à clicSEQUR, ce service
qui permet aux citoyens d'utiliser un seul identifiant pour accéder de façon
sécuritaire aux services en ligne des ministères et des organismes
participants. On pense aussi à Québec Emploi, ce site d'offres d'emploi en
ligne gratuites qui s'adresse tant aux chercheurs d'emploi qu'aux employeurs du
Québec. On pense aussi aux IMT, donc les informations sur le marché du travail.
C'est un outil qui permet aux citoyens et aux entreprises de mieux se
renseigner sur le marché du travail. Également, le Service québécois de
changement d'adresse, à la fois pour les citoyens et les entreprises, donc
c'est un service en ligne qui permet de faire connaître en une seule démarche
sa nouvelle adresse à sept ministères et organismes. Aussi, on pense au GAP,
donc le Guichet d'accès à la première ligne, ce service qui permet aux
personnes sans médecin de famille d'obtenir un rendez-vous médical ou un
service de santé. Bien sûr, Entreprises Québec et Zone entreprise, donc, depuis
2017, c'est des services qui assurent la coordination des demandes relatives à
tous les programmes et les services pour les entreprises. Et, tout à l'heure,
j'ai mentionné le Registraire des entreprises. Donc, on sait que c'est un
registre à caractère public dans lequel sont déposées et diffusées les
informations prescrites par la loi et relatives aux associations et aux
entreprises qui sont constituées au Québec.
Alors, il se passe beaucoup de choses à
Services Québec, mais ce n'est pas tout puisqu'également il y a des partenariats.
Donc, Services Québec, dans ce cadre, conclut aussi des partenariats avec
différents ministères et organismes qui visent à élargir le panier de services
accessibles via Services Québec, également à améliorer l'accompagnement offert
et à simplifier la prestation de services pour les citoyens et les entreprises.
Il y a des ententes de partenariat effectives avec 51 ministères et organismes,
c'est quand même très impressionnant. Et, au cours des trois dernières années,
Services Québec a conclu 10 nouvelles ententes avec divers ministères et
organismes.
Je vous en donne quelques exemples. On
pense, par exemple, à l'Autorité des marchés publics, qui a maintenant une
cohabitation administrative dans les bureaux de Laval-des-Rapides mais
également de Rouyn-Noranda. On pense aussi à la Société de l'assurance
automobile du Québec, qui est mandataire à Sainte-Anne-des-Monts, ou encore à
la Régie des alcools, des courses et des jeux pour la participation et
l'utilisation des zones intégrées de la Zone entreprise.
Alors, ce sont trois des 10 nouvelles
ententes qu'il y a eu lieu depuis l'année 2020. Alors, malgré la pandémie,
on peut voir que Services Québec a été très actif. D'ailleurs, je profite de
l'occasion pour féliciter tout votre personnel à l'appui du ministère, Mme la
ministre.
• (12 h 50) •
Et les travaux se poursuivent pour
conclure de nouvelles ententes de partenariats avec d'autres ministères et
organismes qui, bien sûr, vont viser, en bout de ligne, une meilleure
accessibilité aux services gouvernementaux.
En marge de ça, démarche de
décloisonnement de prestation des services publics, puisque, comme on sait, les
citoyens... on se l'est bien fait dire dans nos rencontres de travail, que les
citoyens ne veulent pas avoir à redire leurs histoires plusieurs fois. Donc, on
travaille également là-dessus. L'importance des points de service. D'ailleurs,
ça va toucher peut-être la question Q-31 de l'opposition <officielle...
Mme Boivin Roy :
...l'importance
des points de service. D'ailleurs, ça va toucher peut-être la question Q-31 de
l'opposition >officielle. Donc, au niveau des services téléphoniques et
des courriels, il y a neuf centres d'appels. Et ce qui est assez
impressionnant, Mme la ministre, comme vous le savez bien sûr, c'est qu'il y a
eu plus de 3 millions d'appels qui sont traités annuellement. Alors, les
différents centres de services, donc, on pense, entre autres, au Centre de
recouvrement, au Régime québécois d'assurance parentale, au Centre de
communication avec la clientèle, le Centre d'assistance au placement, le Directeur
de l'état civil et du Québec, qui est en lien à votre question 31. Donc, on
sait qu'il y a plusieurs questions qui peuvent être posées sur les naissances,
sur les mariages, sur l'union civile, sur le décès.
Alors, ce sont quelques-unes des
différentes bulles, si vous me permettez, pour les différents centres d'appels
de Services Québec, et, comme on disait tout à l'heure, donc plus de trois... 3 millions
d'appels traités annuellement. Mais également il y a les services au comptoir,
donc un réseau... On se disait, tout à l'heure, au départ, qu'on partait avec
17 centres de services, alors on est maintenant rendus avec 138 bureaux de
plusieurs types, alors 129 bureaux de Services Québec mais également sept
bureaux libre-service et deux autres bureaux spécifiquement dédiés à l'emploi.
Alors, le déploiement de Services Québec,
depuis 2004, 2005, 2006, est tout simplement impressionnant. Mais, en même
temps, aussi, ce qu'on sait, c'est que les attentes des citoyens sont grandes,
leurs demandes également sont grandes et sont changeantes avec l'ère dans laquelle
nous sommes maintenant. Donc, les citoyens demandent des services publics qui
sont accessibles, qui sont centrés sur l'évolution de leurs attentes et de
leurs besoins. Les citoyens souhaitent une approche qui est personnalisée, une
approche qui est propulsée par une administration publique qui est performante.
Ils souhaitent avoir une... un accès simple à une grande diversité de services
à partir d'un même point de service. Ils souhaitent aussi un minimum de
démarches pour l'obtention des services gouvernementaux. On sait que la vie va
très vite, on a seulement tous 24 heures dans une journée, alors qu'on en
aurait besoin de beaucoup plus, et donc les citoyens souhaitent, justement,
faire le minimum de démarches possible, avoir le meilleur accompagnement pour
faciliter l'accès aux services gouvernementaux, comme je disais tout à l'heure,
ne pas avoir à redire leurs histoires plusieurs fois, donc des services qui
sont à leur portée, des services en toutes circonstances, des services en temps
opportun, des services adaptés aux interactions... Puis, en bout de ligne,
ultimement, ce qu'on sait, c'est qu'évidemment chaque citoyen est unique,
chaque entreprise est unique, donc d'où le service personnalisé qui est
demandé.
Alors donc, à l'ère où tout s'accélère,
les interactions en société sont grandement facilitées par d'innombrables
innovations technologiques, et les citoyens considèrent qu'il s'avère essentiel
de penser autrement la prestation des services publics. Alors, plus que jamais,
ceux-ci, également leurs entreprises, requièrent des échanges efficaces, des
échanges simples, des échanges rapides avec le gouvernement. Alors, ils
réclament des démarches intégrées et un accompagnement à leurs attentes.
Donc, on voit un mouvement, hein, on le...
on le sent depuis les dernières années, un mouvement qui vise à centrer la
prestation de services publics sur les attentes des citoyens et des
entreprises. On sait que ce virage est déjà amorcé. D'ailleurs, on en discute
depuis le début du mandat et on en discute aussi à l'interne dans nos travaux.
Donc, c'est un virage qui s'opère au sein de nombreux ministères et organismes
québécois. Et, pour aller plus loin et répondre complètement aux attentes des
citoyens, il y a une action cohérente, innovante et collective de l'appareil
public qui est requise. Donc, les gens s'attendent à une offre de services intégrée,
fluide, simple et, évidemment, sécuritaire, il ne faut pas oublier d'en parler.
Et Services Québec... bien, évidemment,
avec tout ce que j'ai dit comme prémisse, Services Québec se veut un
facilitateur des démarches des citoyens et des entreprises auprès de l'État. Et
vous me permettrez, Mme la ministre, de vous demander : Dans ce contexte
où le numérique prend plus de place dans les services des citoyens, comment
vous voyez le rôle de Services Québec pour les prochaines années?
Mme Champagne Jourdain : Je
vous remercie, Mme la députée. Et je vais en profiter d'entrée de jeu pour
remercier mes collègues députés qui sont là. J'ai oublié de le faire tout à
l'heure. C'était ma... C'est ma première étude de crédits, j'avais hâte d'aller
dans le... dans le vif du sujet, alors j'ai oublié de vous remercier pour votre
présence puis pour votre collaboration aussi.
C'est toujours impressionnant quand on
voit... Vous avez fait une bonne énumération, là, dans
le fond, là, des services et de ce que les <gens...
Mme Champagne Jourdain :
...vous
avez fait une bonne énumération, là, dans le fond, là, des services et de ce
que les >gens sont en... sont en droit de s'attendre aussi dans
l'amélioration de ces services-là. Et c'est toujours impressionnant de voir le
nombre de services qui sont déployés. Et je vous remercie d'avoir fait
l'exposition de ces services-là. C'est aussi une fierté de dire qu'on est là
dans le quotidien, au ministère de l'Emploi, dans le quotidien des Québécois et
des Québécoises et qu'on les accompagne.
Maintenant, je considère que plusieurs
services... oui, on est à l'ère du numérique, mais plusieurs services doivent
encore être rendus en personne, c'est certain. On ne peut pas faire le... On ne
peut pas basculer tout de suite au numérique dans l'ensemble de nos services,
clairement. Les services téléphoniques, eux, sont complémentaires aux services
en ligne, on... vous... vous nous en avez parlé. Et Services Québec a aussi un
rôle important à jouer dans la... dans la simplification des services
gouvernementaux en rassemblant les différents ministères et organismes.
Maintenant, je pense que, dans cette
simplification-là, un bon exemple est justement le Plan d'action gouvernemental
de simplification des démarches administratives à la suite d'un décès. J'aimais
cet exemple-là parce que, maintenant, on... avec cette initiative-là, on est en
mesure d'éliminer 12 démarches administratives et d'en simplifier huit. Je
pense que, dans le quotidien des Québécois et des Québécoises, surtout dans un
contexte comme celui d'un décès, on vient répondre à un besoin de
simplification des services. Il faut tenir compte des réalités des citoyens, il
faut simplifier leurs interactions avec le gouvernement, puis il faut s'assurer
qu'on continue de travailler en ce sens-là. Je vous remercie beaucoup.
La Présidente (Mme D'Amours) : Mme
la députée, il vous reste une minute.
Mme Boivin Roy : Merci
beaucoup. Alors, merci pour votre réponse, madame... Mme la ministre. Alors, je
vous poserais peut-être une dernière question. Au niveau de votre expectative,
au niveau du temps, comment voyez-vous l'intégration? Est-ce que vous voyez
potentiellement une intégration des travaux de... du ministère de l'Emploi avec
les autres ministères? Je comprends que vous pouvez juste vous avancer pour une
période de trois ans.
Mme Champagne Jourdain : Bien,
c'est certain que, vous savez — puis je vous remercie encore une fois
de votre soutien dans ce dossier-là — le ministère de l'Emploi, c'est
un... c'est un gros ministère qui a beaucoup de bureaux, et on veut
certainement faire les choses de la bonne façon mais dans les meilleurs délais.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci
beaucoup.
Compte tenu de l'heure, la commission
suspend ses travaux jusqu'à 15 heures. Merci, tout le monde.
(Suspension de la séance à 12 h 58)
14 h 30 (version révisée)
(Reprise à 15 h 01)
La Présidente (Mme D'Amours) : Nous
allons reprendre nos travaux.
Je vous rappelle que la commission est
réunie afin de poursuivre l'étude du volet Emploi des crédits budgétaires du
portefeuille Emploi et Solidarité sociale pour l'exercice financier 2023-2024.
Avant de commencer, Mme la ministre, j'ai
une demande à vous faire...
15 h (version révisée)
La Présidente (Mme D'Amours) : ...et
Solidarité sociale pour l'exercice financier 2023-2024.
Avant de commencer, Mme la ministre, j'ai
une demande à vous faire. La députée nous avait demandé... vous avait demandé,
pardon, une analyse de l'offre et la demande en francisation pour les
clientèles éloignées du marché du travail par le MESS. Elle voulait avoir un
dépôt de document. Est-ce que vous allez faire le dépôt de ce dit document?
Mme Champagne Jourdain : On
va faire le dépôt, mais pas aujourd'hui.
La Présidente (Mme D'Amours) : Donc,
c'est ça, ultérieurement, mais, le dépôt, je vous demande de le faire à la
commission pour que tous les députés puissent en avoir une copie.
Alors, nous sommes maintenant à l'intervention
de l'opposition officielle. Mme la députée de Bourassa-Sauvé, la parole est à
vous.
Mme Cadet : Merci, Mme la
Présidente. Donc, j'espère que tout le monde a eu un bon dîner.
Donc, Mme la ministre, nous... Je reviens
donc à la vision. Donc, on a parlé de la validation des différentes mesures,
le... des clientèles éloignées, là, du marché du travail, donc, l'encadrement
des mesures pour les rapprocher du marché du travail, la loi du 1 %. Je
reviens... Au niveau des clientèles éloignées du marché du travail, je reviens
à la question des personnes vivant avec un handicap. On l'a mentionné, donc, j'ai
parlé d'un organisme en particulier un peu plus tôt aujourd'hui, mais on... L'un
des aspects, particulièrement pour ces clientèles-ci, qui, parfois... qui font
l'objet d'un angle mort, là, disons, c'est le fait que, bon, certaines, donc,
de ces personnes vivant avec un handicap, donc, sont tout à fait aptes au
travail. On parlait plus tôt aussi du maintien à l'emploi et du fait qu'avec le
maillage en entreprise, donc, on est parfois, donc, en mesure, donc, de
rapprocher, donc, ces individus. Je voulais savoir de votre part... Et, comme je
disais, donc, vous avez mentionné, donc, l'aspect validation des différentes
mesures. Est-ce que vous avez une idée du taux d'emploi des personnes vivant
avec un handicap qui sont aptes au travail?
La Présidente (Mme D'Amours) : Mme
la ministre.
Mme Champagne Jourdain : Merci.
Je vous remercie pour votre question. Et je constate qu'on a une meilleure
sonorité dans cette salle-ci. Je vous ai fait répéter plusieurs fois. On avait
des enjeux avec le son dans l'autre... dans l'autre pièce. On est mieux
maintenant. Alors, je vous remercie pour votre question.
D'entrée de jeu, je vais me permettre de
dire que vous touchez une corde sensible quand on parle des personnes en
situation de handicap puisqu'ils font partie d'une catégorie de gens qui sont
dans une clientèle éloignée du marché du travail et que cela, comme je l'expliquais,
fait partie des priorités, d'en intégrer le plus possible. Alors, cela fait
partie des priorités que j'ai présentées à mon premier ministre... au premier
ministre en début de mandat.
Alors, je veux vous dire que... Parce qu'on
parle aussi beaucoup d'enjeux, d'enjeux d'intégration. Ça fait partie de votre
question. Je vais vous revenir un peu plus tard pour les chiffres, mais on a
deux programmes, un programme qui permet aux gens d'intégrer, dans le fond, le
marché du travail, les différentes entreprises, mais on a aussi un programme
qui soutient les entreprises, qui soutient les entreprises adaptées. Alors, il
y a des milieux qu'on doit accompagner, mais il y a des milieux aussi qui sont
faits pour accueillir, dans le fond, les personnes en situation de handicap.
Alors, pour ce qui est des chiffres, je
vous reviens. Je voulais simplement vous dire aussi qu'on a créé 225 postes
permanents en entreprise adaptée. Ce sont des données qui sont extrêmement
importantes. Moi, j'ai eu la chance, durant ma tournée, de faire la visite de
ces entreprises adaptées là, et ce qu'ils font, c'est extrêmement important. Je
vous reviens.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Mme la députée.
Mme Cadet : Merci, Mme la
Présidente. En fait, pour ma question, là, je comprends que vous cherchez la
donnée. Donc, vous avez la donnée sur le taux d'emploi, donc, des personnes
vivant avec un handicap qui sont au travail. Donc, vous l'avez?
Mme Champagne Jourdain : Oui,
ça s'en vient.
Mme Cadet : Ok, merci
beaucoup. Donc, pendant que ça s'en vient, je reviendrais, donc, à l'autre
aspect, donc, de vos priorités. Donc, vous avez parlé de la loi du 1 %. Il
y a, donc, l'Ordre des CRHA, donc, qui... il y a quelque temps, donc, qui a
émis, donc, un sondage auprès... auprès de ses membres, qui estiment que, bon...
que... bon, que la loi du 1 % demeure pertinente, mais qui cherchaient à
obtenir... bien, en fait, là, qui... il y a une proportion, donc, assez élevée,
donc, des membres, donc, 79 %, qui juge élevée la charge administrative de
la loi du 1 %. Vous avez parlé <plus tôt de certains aménagements
que...
Mme Cadet :
...vous
avez parlé >plus tôt de certains aménagements que vous voulez faire. Donc,
je vous laisserais peut-être développer là-dessus.
Mme Champagne Jourdain : M.
Lortie nous l'expliquait ce matin. Dans le contexte dans lequel on se trouve
actuellement avec la loi du 1 %, on est dans l'attente d'un rapport qui
est en train de se bâtir, un rapport quinquennal, 2018-2023, qui s'en vient, et,
dans ce rapport-là, il va y avoir des recommandations. Alors, si on veut
préserver le véhicule qui... un véhicule qui est important pour continuer de
former les gens en entreprise, on veut certainement qu'il y ait des
améliorations lorsque nécessaire.
Alors, est-ce qu'il y aura des améliorations
sur la charge? On veut certainement s'assurer d'être en mesure d'alléger. C'est
une des missions aussi qu'on s'est données, comme gouvernement, d'alléger la
charge administrative qui incombe à nos entreprises. Donc, moi, je... Ça
devrait faire partie des recommandations, je m'y attends, et on va se pencher
sur cette question-là aussi parce que c'est certainement une de nos
préoccupations.
J'ai peut-être aussi... j'ai peut-être
aussi... j'ai... pas peut-être, j'ai la réponse que vous vouliez. Au niveau du
taux d'emploi pour les personnes handicapées aptes au travail, on est à
56,1 %.
La Présidente (Mme D'Amours) : Mme
la députée.
Mme Cadet : Merci beaucoup,
Mme la Présidente. Donc, à 56,1 %, on sait, malheureusement, donc, que
certaines, donc, des personnes, donc, vivant avec un handicap se retrouvent,
donc, sur... donc, sur des programmes d'aide sociale, donc, même si elles sont
aptes à travailler. Donc, est-ce que vous avez certains objectifs de hausser ce...
de hausser un tel taux?
Mme Champagne Jourdain : De
hausser, bien, certainement que je l'ai dit d'entrée de jeu, et je l'ai répété
plusieurs fois, et je vais le redire, parce que c'est vraiment une de mes
priorités, celle d'intégrer le plus grand nombre de gens issus des clientèles
éloignées du marché du travail, et ça fait certainement référence aux personnes
en situation de handicap. Alors, voilà, actuellement, on a des programmes qui
amènent... qui portent fruit, mais on a aussi... Comme je vous disais... Tantôt,
je vous expliquais qu'on avait créé, à travers les entreprises adaptées, 225
postes juste dans les dernières années. Il y a actuellement 46 % de ces
postes-là qui sont toujours vacants. Alors, certainement qu'on veut travailler
et qu'on veut apporter d'autres mesures pour faire en sorte que ces postes-là
soient comblés et en créer d'autres si la demande, si le besoin est là.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Mme la députée.
Mme Cadet : Oui, merci, Mme
la Présidente. Donc, je comprends, donc, qu'au niveau, donc, du pouvoir
d'attraction, là, de cette mesure dont je parlais plus tôt, donc, de ceux et
celles qui vivent avec un handicap, donc, qui ont à vivre avec un certain
montant, donc, de 200 $, donc, vous vous engagez aussi, donc, à travailler
avec vos pairs pour modifier ce montant-là, donc, pour les personnes qui sont
en situation de handicap, qui sont sur l'aide sociale, qui, normalement, pourraient
travailler?
Une voix : ...
Mme Champagne Jourdain : Oui,
parfait. Ma collègue, Mme Rouleau, est actuellement, elle, vous le savez, en
train de moderniser cette loi-là. Oui, il y a cette volonté-là de travailler,
dans un premier temps, à pourvoir ces postes-là, de soutenir les entreprises
adaptées, et, dans un autre... dans les entreprises qui ne sont pas adaptées,
c'est cette volonté-là aussi de vouloir travailler avec les employeurs pour
travailler cette culture d'inclusion là. Il y a des choses qui nous reviennent
à nous, au gouvernement, mais on doit aussi travailler avec les employeurs pour
faire en sorte qu'ils sont en mesure d'accueillir, et de bien accueillir, les
personnes en situation de handicap, qu'on parle de... qu'on parle de les
accueillir physiquement, mais aussi de préparer l'entreprise à recevoir ces
personnes-là que ce soit au niveau des RH ou autres.
• (15 h 10) •
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Mme la députée.
Mme Cadet : Merci, Mme la
Présidente. Maintenant, je reviens, donc, à toute la question de l'augmentation
du bassin de main-d'œuvre puis je trouvais important d'épuiser en long et en
large tout ce qui concernait, donc, les groupes sous-représentés sur le marché
du travail. Vous l'avez mentionné, puis je pense que nous partageons tous le
même objectif, donc, de s'assurer que toutes les mesures soient mises en œuvre
pour l'intégration des groupes que le... qui pourraient servir à combler un
certain besoin de main-d'œuvre, mais, dans tous les cas, dans le contexte de pénurie
dans <lequel on opère, il nous faut une...
Mme Cadet :
...de pénurie
dans >lequel on opère, il nous faut une augmentation du bassin actuel
chez les clientèles adultes. Il y a quelques jours, la FCEI, donc, a publié,
donc, une étude qui parlait, donc, du défi des entrepreneurs québécois, dans le
contexte de pénurie, devant travailler l'équivalent de huit jours par semaine
pour y arriver. Donc, vous, vous leur répondez quoi?
Mme Champagne Jourdain : La
pénurie de main-d'oeuvre, c'est un phénomène qui touche l'ensemble des pays
industrialisés. On l'a dit, c'est principalement dû au vieillissement de la
population. Certainement, on a un enjeu. On a 120 000 personnes, dans
les prochaines années, qui vont quitter le marché du travail pour prendre leur
retraite.
Et, d'entrée de jeu, je dois dire que je
comprends très bien la situation des chefs d'entreprise, précisément des PME. J'ai
moi-même grandi avec deux parents qui étaient à la tête de PME, des parents qui
n'ont pas compté les heures, des parents qui ont travaillé d'arrache-pied. Je
tiens, par le fait même, à souligner le courage et l'ardeur que mettent nos
entrepreneurs dans leurs entreprises. C'est un métier qui exige beaucoup en
heures de travail. Ça l'a été dans les dizaines de dernières années, ce l'est
toujours. Et on est certainement là pour les soutenir à travers les différents
programmes qu'on a à Services Québec, mais aussi à travers l'Opération
main-d'oeuvre, parce que l'Opération main-d'oeuvre, ça vise des secteurs, mais
il y a aussi... ça vient rayonner sur d'autres besoins qu'on a dans différentes
entreprises. Voilà.
La Présidente (Mme D'Amours) : Mme
la députée.
Mme Cadet : Vous avez dit,
bon, à juste titre, qu'évidemment, donc, la question du vieillissement de la
population, ce n'est pas que le Québec qui la subit, mais, même dans le plan
budgétaire, dans le plan 2023-2024 déposé par votre collègue, donc, c'est
inscrit de façon claire que le Québec affiche l'un des taux de postes vacants
les plus importants au Canada, si ce n'est dans les pays de... dans les États
de l'OCDE.
Autrement, justement, donc, en parlant,
donc, du plan budgétaire, donc, plusieurs, donc, des différents acteurs qui ont
vu ce qui a été déposé en mars dernier nous indiquaient, malgré la création de
l'Opération main-d'oeuvre, que les mesures budgétaires prévues ici n'étaient
pas nécessairement inintéressantes, mais plutôt insuffisantes. Vous venez de
parler, donc, du grand respect que vous avez pour ces entrepreneurs, mais qu'est-ce
que vous leur répondez, donc, quand elles... quand les propriétaires de PME
nous disent que c'est insuffisant, qu'est-ce qui a été fait dans le dernier
budget, en matière d'emploi?
Mme Champagne Jourdain : Bien,
je vous dirais qu'il faut regarder ça dans sa globalité. Il y a, oui, des
montants et des initiatives qui sont issues ou qui reviennent à la
responsabilité du ministère de l'Emploi, mais c'est aussi un travail conjoint
avec d'autres ministères que de répondre à cette pénurie de main-d'oeuvre là et
d'accompagner les PME là-dedans. On a... on avait mis de l'avant une opération
main-d'oeuvre qui a impliqué de déployer des sommes de 3,9 milliards pour
la mettre en oeuvre et pour soutenir les initiatives qui en font partie. On a
ajouté aussi, au dernier budget, 100 millions pour reconduire des projets
de formation, comme les COUD, qui sont des programmes qui fonctionnent
extrêmement bien. On a ajouté aussi 500 millions de dollars pour
mieux régionaliser, franciser et intégrer notre immigration. Ça aussi, ça va
avoir des impacts. Et on ajoute un 4,5 millions pour mieux accompagner nos
entreprises qui ont besoin de main-d'oeuvre.
Ceci étant dit, oui, on répond à la
pénurie de main-d'oeuvre en formant des gens, en les requalifiant, mais un des
facteurs extrêmement importants, c'est celui de l'augmentation de la productivité,
et ça, c'est très important de les soutenir là-dedans. Avec mon collègue au
MEI, c'est ce qu'on fait. Vous savez, j'ai pu, durant ma tournée que je
continue de faire aussi à travers les régions du Québec, visiter des
entreprises qui ont fait le choix d'investir dans l'augmentation de leur
productivité en faisant l'acquisition de machinerie et qui entrevoient un bon
gain de productivité. Moi, où j'entre en jeu, dans le fond, où mon ministère
entre en jeu, c'est dans la formation qu'on donne ou qu'on soutient, qui doit
être donnée aux travailleurs qui doivent opérer ces nouvelles machineries là.
Vous savez, j'ai visité une entreprise qui
s'appelle Thermodoor, qui se situe à Preissac, dans la petite municipalité, et
ça <m'impressionne. Je dis...
Mme Champagne Jourdain :
...qui
se situe à Preissac, dans la petite municipalité, et ça >m'impressionne.
Je dis «petite municipalité» parce que c'est une entreprise qui est bien
impliquée au sein de sa municipalité et qui, avec ses investissements, avec notre
soutien, au ministère de l'Emploi, se voit être en mesure de confier les tâches
répétitives à de la machinerie et éviter ainsi les risques de blessures, mais
surtout, surtout, dans le contexte de la productivité, être en mesure de faire
la production d'une semaine sur une journée.
Alors, dans un contexte de pénurie de
main-d'œuvre, c'est non négligeable d'investir et de soutenir nos entreprises
dans l'augmentation de leur productivité, la productivité étant la valeur, dans
le fond, de l'heure travaillée.
Mme Cadet : Merci, Mme la
ministre. C'est certain que la question de l'augmentation de la productivité,
elle est non négociable dans un contexte de pénurie de main-d'œuvre, surtout
sachant, donc, que les entreprises québécoises, donc, ont un déficit de
productivité par rapport à leurs comparables. Ceci dit, pour les entreprises
que moi, j'ai rencontrées, ce qu'on me dit également, c'est que
l'accompagnement en ce sens est soit insuffisant ou soit pas nécessairement
adapté à leur réalité. Donc, ici, on l'a dit, donc, on est dans un... le Québec,
donc, est une économie de PME, souvent une économie de très petites entreprises
plutôt. Est-ce que vous... Donc, dans ce contexte, est-ce que vous avez ces
conversations-là, donc, avec vos collègues pour vous assurer que
l'accompagnement soit suffisant pour ces entreprises?
Mme Champagne Jourdain : Certainement.
Je vous dirais aussi que ces conversations-là, je les ai sur le terrain, avec
les PME, aussi, dans... Je m'assure certainement de les rencontrer, et de les
rencontrer dans chacune des régions, puisque les réalités peuvent être
différentes d'une région à l'autre.
Maintenant, ce qui est important aussi de
dire, c'est qu'on a... on offre une panoplie de services, à Services Québec, et,
quand je vous parle de ce chantier-là, de la modernisation, c'est que, oui, on
offre des services aux chercheurs d'emploi, aux gens qui veulent intégrer le
marché du travail, mais on offre aussi des services à nos entreprises dans leur
recherche de main-d'œuvre, nécessairement, dans la formation, du soutien qui
est financier, du soutien qui est technique aussi parfois, et est-ce que le
contexte actuel va nous amener à développer encore plus de ces services-là aux
PME, aux entreprises, aux employeurs? Moi, je pense que oui. Certainement, c'est
là qu'on s'en va et c'est là, dans ce chantier de modernisation là, qu'on est.
Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
1 min 20 s, Mme la députée.
Mme Cadet : Merci, Mme la
Présidente. Bien, vous venez de parler des besoins en région, puis on en a
discuté un peu plus tôt, donc, avec les rapports de la Commission des
partenaires du marché du travail, de toute la question des besoins pour chacune
des régions. Encore une fois, dans un esprit de concertation puis de parvenir à
résorber les enjeux de main-d'œuvre dans chacune de ces régions-là, que... quelles
conversations avez-vous avec votre collègue au Logement? Parce qu'on le sait,
les entreprises nous le disent, les employeurs nous le disent, autant que les
travailleurs, s'il n'y a pas de logements en région, c'est difficile de s'y
rendre.
Mme Champagne Jourdain : Vous
savez, c'est directement lié. Nécessairement que, quand on nous parle de
pénurie de main-d'œuvre, on fait le lien avec l'accueil, l'accueil de nouveaux
Québécois, des gens qui vont venir nous aider dans cette pénurie de
main-d'œuvre là, et, pour les accueillir, on le sait, il faut être en mesure de
les loger, de leur fournir les services qui sont nécessaires, que ce soit en
service de garde... Il faut les soigner. Il faut être en mesure de les soigner
et il faut être en mesure, oui, de les loger. Alors, c'est certain qu'on a les
discussions nécessaires, et, je vous dirais, pour...
Mme Cadet : Est-ce que
1 500 nouveaux logements, c'est assez?
La Présidente (Mme D'Amours) : ...secondes.
Mme Champagne Jourdain : Moi,
je vous dis, en plus, que notre Opération main-d'œuvre s'enligne pour... bien,
elle est enlignée sur, entre autres, les besoins de la construction, ce qui va
aider ma collègue au Logement, nécessairement.
• (15 h 20) •
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci
beaucoup. Nous sommes maintenant à la deuxième période d'échange, et je suis
prête à reconnaître la deuxième opposition. M. le député, la parole est à vous.
M. Leduc : Merci, Mme la
Présidente. Content de vous revoir, Mme la ministre.
Je veux vous parler de la mesure de
formation de la main-d'œuvre destinée aux individus, MFOR-I. Je suis allé
rencontrer, il n'y a pas très longtemps, un organisme communautaire qui
s'appelle Mères avec pouvoir, situé dans le Centre-Sud. Ils m'ont raconté un
peu leur histoire, mais il y a plein d'autres organismes qui vivent la même
situation.
Dans le fond, la MFOR-I, c'est une espèce
de forme de subvention pour toutes sortes de formations, en particulier dans
les DEP, puis en particulier dans les DEP dans le milieu de la santé. Là, on
parle de programmes de soins de santé, préposés, auxiliaires, etc. Ça attire
beaucoup des femmes, et, justement, Mères avec pouvoir, comme son nom le dit,
c'est un organisme qui recueille... qui accueille beaucoup, pardon, des mères <monoparentales,
qui les aide en logement...
M. Leduc :
...pardon,
des mères >monoparentales, qui les aide en logement, etc., en
accompagnement, etc., et à mesure...
Et je fais un lien avec la discussion
qu'on a eue ce matin sur le caractère parfois rigide des règles de votre
ministère et des programmes que vous présidez. C'est vraiment la même chose
qu'on retrouve ici avec la MFOR-I, où la règle très claire dit qu'à
15 heures de cours manqués dans une semaine... vous expulse
automatiquement ou presque automatiquement du programme, boum! instantané, alors
qu'on sait que, quand on est une mère monoparentale, le défi de conciliation
travail-famille, et, dans ce cas-ci, travail-famille-études ou famille-études,
est énorme.
Au cégep, quand on manque des cours, on ne
se fait pas expulser du programme. À l'université, quand on manque des cours,
on ne se fait pas expulser du programme. On ne se fait expulser du programme à
peu près nulle part, mais, pour ce programme-là, du MFOR-I, c'est instantané,
le couperet tombe, boum! Ils ont fait quand même plusieurs communications. Il y
a des lettres qui ont été envoyées à votre ministère. Ils ont fait une grosse
consultation dans leur secteur, dans le Centre-Sud, mais, comme je vous dis,
c'est quelque chose qui se répète ailleurs. Ne pensez-vous pas que ce genre de
règle-là, trop stricte, très stricte, met un frein à la conciliation famille-études?
Mme Champagne Jourdain : Ce
matin, je faisais certainement référence à de l'agilité, on en a parlé, dans le
contexte actuel. Maintenant, la mesure de formation MFOR-I, c'est une mesure
qui permet de soutenir les gens, donc, d'offrir une allocation aux personnes
sans emploi pour se former. C'est un programme qui vise aussi... qui nous aide
à augmenter l'employabilité des personnes en augmentant leur niveau de
formation.
Alors, je vous dirais, d'entrée de jeu,
que nos programmes doivent être balisés. On est quand même dans la gestion de
fonds publics. On met des initiatives de l'avant pour... oui, pour répondre aux
besoins. On doit être en mesure d'aussi encadrer ces programmes-là, dans le
fond, ces initiatives-là. Est-ce qu'on peut, dans cette révision-là, aussi,
qu'on fait, dans cette modernisation-là de nos services, revoir ou s'adapter
aux réalités? Bien, c'est des discussions qu'on va certainement pouvoir avoir
dans le cadre de ce chantier de modernisation là.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
M. le député.
M. Leduc : Je suis content
d'entendre que c'est dans votre radar puis vous réfléchissez, mais, pendant ce
temps-là, c'est des drames qui se produisent, dans ce sens qu'on motive une
femme, mère monoparentale, souvent relativement jeune... Elle est prise en
charge, et là on fait toutes sortes d'interventions avec elle pour la motiver à
se réinscrire à un cours, elle le fait, ça se passe bien, et là quelque chose
qui est hors de son contrôle, souvent, c'est-à-dire son enfant tombe malade une
journée, deux journées, puis, voilà, deux journées, le 15 heures, on y est
pas mal, puis, si, par malheur, c'est une troisième journée, bien, c'est «kaput».
Il n'y a aucune forme de flexibilité, ni à
votre ministère ni dans les centres de services scolaires, pour la formation
aux adultes, formation professionnelle, de dire : On peut-tu avoir des
formations hybrides, il peut-tu avoir des modules de rattrapage? C'est zéro, zéro,
zéro, et ces femmes-là sont forcées d'abandonner contre leur gré et soit
retournent sur l'aide sociale ou soit, bien : Réinscris-toi l'année
prochaine, puis on espérera que ton «kid» ne tombe pas malade l'année
prochaine. Voyez-vous un peu l'absurdité de la situation? Il n'y a pas quelque
chose à faire, vous pensez, de manière plus rapide?
Mme Champagne Jourdain : Bien,
écoutez, je ne peux pas être en désaccord avec vous. Ce qu'on veut quand on met
des mesures ou des programmes en place, c'est que ça fonctionne, c'est que ça
fonctionne certainement pour répondre aux besoins du marché du travail, mais on
veut surtout, d'abord et avant tout, que les gens se réalisent à travers ces
programmes-là. Alors, je vais regarder... je vais m'assurer de regarder en
particulier ce programme-là pour nous assurer d'être peut-être plus
compréhensifs de la situation des femmes. Je suis moi-même une mère. J'ai été
une mère dans mes études. Je comprends très bien ce que vous m'apportez, puis
on va regarder ça plus le plus rapidement possible.
La Présidente (Mme D'Amours) : M.
le député.
M. Leduc : Je suis content
d'entendre ça. J'avais mis la main sur une lettre qui avait été adressée à
votre ministère, là, en avril, donc, c'est assez... c'est très récent, en
réalité, où on... En fait la lettre, c'est une réponse à une lettre qui leur
avait été envoyée. La réponse date d'avril, puis on leur répond de manière un
peu laconique, là, que, bien, c'est ça, c'est 15 heures semaine : «Sachez
qu'un rythme moindre de formation que celui préconisé par l'établissement
d'enseignement peut être autorisé. Cependant, le rythme ne devrait généralement
être inférieur à 15 heures semaine. Cette dérogation a pour objectif de
favoriser la persévérance et la réussite scolaire... que son intégration... à
l'activité de formation. Toutefois, dans le cadre de la réussite du participant
mis en jeu, ce dernier doit être retiré de MFOR-I.»
Alors, j'entends de l'ouverture. Je
l'apprécie. Peut-être que je pourrais clore ce chapitre-là en vous invitant et
en voyant si vous seriez ouverte, en fait, à rencontrer <l'organisme
Mères au pouvoir, qui pourrait...
M. Leduc :
...en
fait, à rencontrer >l'organisme Mères au pouvoir, qui pourrait
solliciter une rencontre directement avec vous, pas nécessairement juste avec
votre cabinet ou avec un attaché, mais avec vous, comme ministre, directement,
pour qu'ils vous exposent leur réalité. Ils ont produit un beau rapport, comme
je vous disais tantôt, très complet. Ils ont des extraits sonores de témoignages
de personnes qui ont eu à vivre cette expulsion-là contre leur gré, alors que
ça... Ils étaient en train de se reprendre en main. Ça progressait, ils avaient
des bons résultats dans leur formation, puis, en dehors... quelque chose qui
est en dehors de leur contrôle, boum...
Vous savez à quel point, en plus, on a...
on est retournés, maintenant, avec les CPE, à des règles très strictes sur le
nez qui coule et autres. On avait flexibilisé un peu ça pendant la pandémie,
mais là c'est rendu assez, assez sévère. Alors, il suffit qu'un des enfants... surtout
si vous en avez plus qu'un, vous en avez on deux, vous en avez trois, vous en
ramenez un à la maison, bien, il y a des bonnes chances qu'il contamine les
deux autres, si ce n'est pas déjà fait, et, voilà, votre année de formation est
au... est dans le dalot. Il y a quelque chose de vraiment absurde et
contre-productif en raison de règles quand même assez bureaucratiques, qui ont
des objectifs louables, hein, ce n'est pas ça, la question, mais qui, visiblement,
sont trop sévères et produisent des résultats contraires. Alors, est-ce que
vous seriez intéressée peut-être à rencontrer Mères au pouvoir?
Mme Champagne Jourdain : ...pour
moi, très enrichissant aussi.
M. Leduc : Merveilleux! Combien
de temps il reste, Mme la Présidente?
La Présidente (Mme D'Amours) : 5 min 15 s.
M. Leduc : Allons sur le
dossier du salaire minimum. Le salaire minimum est une donnée qui relève
peut-être un peu plus, en effet, dans sa décision, du ministère du Travail,
mais, dans son applicabilité, qui touche certainement le milieu de l'emploi.
Vous le savez, le dossier, vous l'avez abordé tantôt avec ma collègue du Parti
libéral... dossier des personnes en situation de handicap, là. Il y a le Conseil
québécois des entreprises adaptées, qui faisait l'objet de plusieurs articles
de journaux, récemment, ou de chroniques, là, notamment celle de Mylène Moisan
que j'ai en tête, qui disait qu'il y a une absurdité, parce que, pendant que le
salaire minimum augmente, pas assez vite à mon goût, bien sûr, on aura
peut-être le temps d'en parler avant la fin du bloc, mais les enveloppes de
subventions aux employeurs pour les personnes en situation de handicap, elles
n'ont pas augmenté en conséquence. C'est un problème qu'on retrouve dans plein
d'autres domaines du communautaire, des subventions qui sont gelées ou à peu
près gelées et qui ne suivent pas les augmentations du salaire minimum, mais,
dans le dossier des personnes en situation de handicap, il me semble qu'on ne
peut pas se permettre, surtout dans cette situation-là, de pénurie de
main-d'oeuvre, de ne se priver d'aucun talent. Est-ce qu'il n'y aurait pas là
urgence de rehausser le financement pour ce secteur-là?
Mme Champagne Jourdain : Écoutez,
dans le cadre des... Dans le programme, dans le fond, du PSEA, qui finance,
dans le fond, qui soutient les entreprises adaptées, on finance, nous,
115 % du salaire minimum aux entreprises pour être... pour s'assurer qu'il
y ait une bonne rémunération, là, des personnes en situation de handicap. Je
vais juste vous revenir quelques instants... parce que j'ai cette
information-là, mais pas précisément. Je l'ai lue, mais... On l'a? Bon, je peux
peut-être vous revenir avant la fin de votre période... On va se faire un point
avant la fin de votre période, parce que je l'ai... j'ai lu quelque chose que
je voulais porter à votre attention et je veux être certaine de vous donner les
bons chiffres.
M. Leduc : ...sur le salaire
minimum, justement, avec le temps qui reste. Vous le savez, là, il va augmenter
au mois de mai. La décision est prise aux mois de décembre-janvier. Est-ce que
vous trouvez que c'est une hausse suffisante? Parce qu'il y a plein d'aspects
qu'on traite dans le salaire minimum, le coût de la vie, etc., la sortie de la
pauvreté, mais on parle rarement de l'aspect plein emploi, de l'aspect
attractivité de l'emploi. Et on dirait qu'à mesure que je vois, des fois, dans
des McDonald ou autres, des affiches où... ils ont eux-mêmes des affiches, là,
de... voyons, d'affichage d'emplois à des sommes plus élevées que le salaire
minimum, je trouve toujours un peu ridicule notre salaire minimum à nous, que
nous décrétons au niveau du Québec. N'y a-t-il pas moyen de faire un effort
supplémentaire, surtout au regard qu'en Ontario ça va être 16,55 $ en
octobre, et que les gens qui sont sous code fédéral, sous juridiction fédérale,
notamment au Québec, sont rendus déjà à 16,65 $? Il n'y a pas une
adéquation là qui nous... qui nous inquiète, sur l'attractivité?
• (15 h 30) •
Mme Champagne Jourdain : Bien,
c'est certain que ce qu'on veut, c'est que la situation financière des
Québécois et des Québécoises soit la meilleure. Ça, il n'y a personne qui peut
être contre la vertu. Il y a une augmentation de salaire minimum qui a été
faite et qui tient compte de plusieurs... plusieurs... comment je pourrais
dire, pas critères, mais plusieurs enjeux, plusieurs contextes. Et vous me
parliez tout à l'heure des... entre autres, des PME. Quand on fait une
augmentation aussi du salaire minimum, on le fait dans la meilleure... dans le
meilleur des scénarios possibles, mais, tout à l'heure, on parlait aussi de la
pression qu'il y a sur les PME, et on a eu l'occasion d'en discuter au salon
bleu durant la période des questions, mais il y a des impacts aussi à cette augmentation
de salaire là. Alors, quand on fait...
15 h 30 (version révisée)
Mme Champagne Jourdain : ...impact
aussi à cette augmentation de salaire là. Alors, quand on fait...
Une voix : ...
Mme Champagne Jourdain : Oui. Quand
on fait cette augmentation-là, ça a aussi un impact sur nos PME,
nécessairement. Mais ce qu'on veut, c'est travailler et s'assurer que les
Québécois et les Québécoises aient les meilleurs moyens pour subvenir à leurs
besoins. On l'a fait par... oui, il y a une augmentation du salaire minimum, il
y a d'autres, aussi, programmes au niveau du gouvernement. Et c'est un... C'est
tout de même un dossier qui relève de mon collègue du Travail, ça fait que je
vous invite à lui poser la question pour la suite des choses.
M. Leduc : ...sera fait, c'est
certain.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Il reste 40 secondes.
M. Leduc : Très rapidement, Mme
la Présidente. Il y a un programme qui s'appelle le PARAF, Programme d'aide à
la relance par l'augmentation de la formation. Il y avait eu, en 2020, 114 millions de
dollars d'investis. Dans le dernier budget, c'était seulement de 31,7 millions.
Est-ce qu'on doit en déduire que c'est en... Est-ce que ça n'a pas produit les
résultats escomptés, qu'il y a une réduction de l'investissement là-dessus, sur
le PARAF?
Mme Champagne Jourdain : Vous
savez, dans le PARAF, on est dans la dernière année d'application, alors ce
programme-là a eu lieu, il va se terminer, donc...
M. Leduc : Pas de
prolongation de prévue?
Mme Champagne Jourdain : Non,
pas de prolongation de prévue.
M. Leduc : Parce que ça n'a
pas fonctionné selon les objectifs?
Mme Champagne Jourdain : Ça
va être remplacé par un autre programme. Quand on vous dit qu'on est dans l'ajustement
de nos solutions, le PARAF...
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci...
Mme Champagne Jourdain : ...en
fait partie.
M. Leduc : Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci
beaucoup. Nous revenons à notre période d'échanges avec l'opposition
officielle. La parole est à vous.
Mme Cadet : Merci, Mme la
Présidente. Par quel programme le PARAF va être remplacé?
Mme Champagne Jourdain : On
va faire... On va y aller par le programme de la bonification du
MFOR-Individus.
Mme Cadet : Pardon?
Mme Champagne Jourdain : MFOR-Individus.
MFOR-I, dans le fond.
Mme Cadet : Vous allez
donc... OK, donc... Ah! OK, donc, vous allez bonifier ce programme plutôt que
de continuer le PARAF?
Mme Champagne Jourdain : Il a
été bonifié le 1er avril dernier, et le PARAF, bien, on est dans la
dernière année, là, d'application de ce programme-là.
Mme Cadet : D'accord. Bien,
je ne peux pas m'empêcher de poser un peu la même question que mon collègue
parce que, là, ça m'intrigue. Est-ce que c'est... Je comprends que le programme
n'est pas remplacé, en fait. Donc, on bonifie un programme qui est déjà
existant, mais on met fin à celui-ci, du PARAF. Je sais que vous nous avez dit,
donc, que les... et donc la reddition de comptes va nous arriver sous peu, mais
j'ai de la difficulté à comprendre, un peu. Est-ce que c'est parce que la
reddition de comptes qui a été faite vous indique qu'il convient de
discontinuer ce programme-là parce qu'il n'a pas fonctionné?
Mme Champagne Jourdain : Bien,
je vous dirais qu'on a choisi de bonifier par le MFOR-Individus puisque les
résultats sont là et que, le PARAF, lui, on a choisi de ne pas le continuer non
plus.
Mme Cadet : Parce que les
résultats ne sont pas là?
La Présidente (Mme D'Amours) : Mme
la ministre.
Mme Champagne Jourdain : Parfait.
Le PARAF était aussi... Je pourrais amener un complément. Le PARAF était aussi
un programme d'aide à la relance économique aussi. Alors, on est dans la
dernière année et on a choisi de bonifier, plutôt, le MFOR-Individus.
La Présidente (Mme D'Amours) : Mme
la députée.
Mme Cadet : Là, je... vous me
permettrez d'être un peu dubitative. Parce que j'étais sous l'impression, donc,
qu'on était vraiment dans un programme, donc, lié à l'Opération main-d'œuvre,
que vous nous avez mentionné depuis... dont vous nous parlez, là, depuis le
début de cette étude de crédits et qui fait partie de votre vision. Donc là,
vous bonifiez... Donc, je comprends que, donc, vous avez bonifié le
MFOR-Individus, donc il n'y aura pas d'autre programme de requalification qui
serait mis sur pied au-delà, bon, du PARAF, donc, qui lui, donc, se termine, et
du PRATIC qui lui, donc, est toujours en cours?
Mme Champagne Jourdain : Bien,
on a d'autres programmes de requalification. Le PRATIC en est un. On a, entre
autres...
Mme Cadet : Qui est toujours
en cours.
Mme Champagne Jourdain : Bien,
qui finit le 31 mars. On avait les dernières inscriptions qui étaient le
31 mars. Le MFOR-Individus va devenir le principal programme de
requalification.
Mme Cadet : D'accord. Et à ce
moment-ci, pour le MFOR-Individus, donc, quels sont les programmes... les
mécanismes de reddition de comptes? Donc, qu'est-ce qui vous permet de dire que
celui-ci fonctionne et que vous le bonifiez?
La Présidente (Mme D'Amours) : Mme
la ministre.
Mme Champagne Jourdain : Nous,
ce qu'on veut faire pour la reddition de comptes, c'est qu'on va mesurer les
retours en emploi et les domaines dans lesquels les gens vont effectuer ces
retours en emploi là.
Mme Cadet : Puis est-ce que
ces mécanismes-là font déjà partie du programme? Donc, c'est pour ça que vous
savez qu'ils fonctionnent et que vous le bonifiez?
Mme Champagne Jourdain : C'est
un peu comme la discussion qu'on avait ce matin, c'est déjà... Quand on lance
un programme, on a une idée, dans le <fond, de... on a...
Mme Champagne Jourdain :
...
matin, c'est déjà... Quand on lance un programme, on a une idée, dans le >fond,
de... on a... on a un mécanisme de reddition de comptes ou d'analyse de succès
de ce programme-là puis on peut, en cours de route, nécessairement, améliorer,
là, dans le fond, cette reddition de compte là. Mais c'était déjà le cas,
effectivement.
Mme Cadet : Merci. Je
m'enlignerais sur un autre sujet. Plus tôt, plus tôt cet avant-midi, donc, notre
collègue, ici, d'Anjou—Louis-Riel, donc, nous a parlé des centres de
communication avec la clientèle et du Directeur de l'état civil. Dans la
demande de renseignements particuliers, donc, nous avons... Vous nous avez
transmis, donc, le nombre d'appels reçus, le taux de non-réponses, au
28 février 2023, et on voit que, pour le Centre de communication avec la
clientèle, le taux de non-réponse est de 21,08 %, et pour le Directeur de
l'état civil, là, qui nous a été vanté cet avant-midi, le taux de non-réponse
est de 34,8 %. Je ne sais pas si vous êtes en mesure d'expliquer ces taux.
La Présidente (Mme D'Amours) : Mme
la ministre.
Mme Champagne Jourdain : Ce
ne sera pas bien long, je vous reviens, pour voir ce qui...
La Présidente (Mme D'Amours) : Parfait.
Mme la députée, avez-vous une autre question en attendant la réponse?
Mme Cadet : Oui, bien sûr, je
ne voulais pas trop m'en aller sur une autre thématique, là, mais je peux très
bien, là, poursuivre avec les différentes demandes de renseignements que nous
avions. Notamment, il y a différents, donc, comités directeurs qui, bon... qui
se sont concertés. Puis j'aimerais ça, donc, obtenir, donc, plus de
renseignements sur les actions déployées par ces comités au cours de la
dernière année, qui nous sont mentionnées dans de nos... dans les cahiers de
crédits.
Mme Champagne Jourdain : ...j'étais
en train de trouver votre réponse.
La Présidente (Mme D'Amours) : Vous
pouvez répondre à la première question? Votre équipe était...
Mme Champagne Jourdain : Bien,
on est en train de chercher cette différence-là. Ça se peut qu'il y ait eu un
malentendu dans les chiffres qu'on vous a donnés, là. Parce qu'il y avait une
différence, vous me disiez, là, entre ce que ma collègue vous a rapporté
puis...
Mme Cadet : En fait, donc,
elle nous parlait de façon générale, donc, des différents... bon, des
différents services, là, des différents centres d'appels, là, sans nommer de
chiffres particuliers, là, si j'ai bien compris les propos de la députée d'Anjou—Louis-Riel,
plus tôt aujourd'hui, mais c'est que nous avions un certain questionnement
quant au taux de non-réponse de ces différents centres d'appels, là, donc, qui
sont supposés, donc, offrir, donc, un service... un service essentiel puis un
service de première ligne à la population.
Mme Champagne Jourdain : OK.
On va valider puis on va vous revenir avec ça. Parce que ça se pourrait que ce
taux de non-réponse là puisse avoir été, dans le fond... il puisse y avoir un
taux de... un malentendu, dans le fond, entre certains, comment je pourrais
dire... certains sujets d'appel ou certains secteurs d'appels. Ça fait que je
vais m'assurer de vous donner les bons chiffres en ce sens-là.
Mme Cadet : Merci, Mme la
ministre. Donc, je reviens à mon autre question, à moins que vous ayez d'autres
éléments d'information...
Mme Champagne Jourdain : ...votre
question, je m'excuse.
Mme Cadet : Non... Donc,
alors, je reviens, donc, à la question que j'ai posée par la suite sur les
différents... sur les différents comités. Donc, vous nous mentionnez, donc, le Comité
directeur — Intervention gouvernementale en matière de lutte à la
rareté de main-d'œuvre, le Comité de révision de l'entente de partenariat entre
le MESS et la CNESST, celui du service aux entreprises. Donc, je veux juste
bien comprendre les différents mandats et les livrables de ces comités, puis si
c'est possible, évidemment, donc, de nous déposer en commission les ordres du
jour et les procès-verbaux des rencontres tenues dans la dernière année.
La Présidente (Mme D'Amours) : Mme
la ministre.
Mme Champagne Jourdain : Ces
comités-là, on me... relèvent du ministre du Travail, les comités auxquels vous
faites référence.
• (15 h 40) •
Mme Cadet : Le comité Intervention
gouvernemental en matière de lutte à la rareté de main-d'œuvre relève du
ministre du Travail?
Mme Champagne Jourdain : Ah!
le GIRMO. OK. Donc, vous voudriez qu'on dépose les... dans le fond, les
procès-verbaux puis...
Mme Cadet : Oui, voilà.
Mme Champagne Jourdain : Non,
on ne déposera pas ces documents-là.
Mme Cadet : Donc, est-ce que
c'est possible d'avoir une certaine idée, donc, des livrables des comités,
alors?
Mme Champagne Jourdain : C'est...
le GIRMO, dans le fond, sa raison d'être était liée à l'Opération main-d'œuvre,
c'était dans le but de développer une <solution...
Mme Champagne Jourdain :
...
était liée à l'Opération main-d'œuvre, c'était dans le but de développer une
>solution qui répondrait à la pénurie de main-d'œuvre. Et, vous le
savez, dans l'Opération main-d'œuvre, qui est une opération où l'on s'est
donné, comme gouvernement, l'ambition et la cible, surtout la cible de former
170 000 travailleurs dans cinq ans, c'était sur ça que portaient
principalement les travaux du GIRMO, pour répondre aux enjeux de pénurie de
main-d'œuvre.
Mme Cadet : Donc, ça signifie
que les travaux sont terminés?
Mme Champagne Jourdain : Je
vous dirais que les rencontres du GIRMO ont été suspendues, à travers la COVID.
Il y a quelques travaux qui ont été suspendus, dont ceux du GIRMO.
Actuellement, ce qui est prévu, nous, pour faire le suivi... Parce que
j'imagine que ce qui vous intéresse, c'est le suivi, aussi, de cette Opération
main-d'œuvre là, avec mes collègues, dans une optique interministérielle.
Alors, ce qui s'en vient prochainement, c'est qu'on va rencontrer... je vais
rencontrer, moi, mes collègues, dans les prochaines semaines, qui sont
directement concernés par la pénurie de main-d'œuvre. On va faire un suivi avec
eux, ministère par ministère, des résultats qu'on a déjà, des... On va aussi
discuter, certainement, des mesures qui fonctionnent bien, d'autres mesures qui
devraient être ajustées et, par la suite, on veillera à continuer les
rencontres ou non du GIRMO, ou à y aller directement avec chacun de ces
ministères-là, ou continuer les travaux du GIRMO.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Mme la députée.
Mme Cadet : Oui, merci. J'ai
combien de temps, Mme la Présidente?
La Présidente (Mme D'Amours) : Il
vous reste sept minutes... huit minutes, pardon.
Mme Cadet : Parfait. Parfait.
Merci. Une autre question. Donc, on voit que le ministère a commandé... Donc,
le ministère, donc, commande régulièrement, donc, différents rapports et
études. Donc, on le voit, donc, à travers le cahier de crédits, une étude
s'intitule, donc, Recension de la littérature sur l'encadrement de la
clientèle présentant une conduite déraisonnable, «voire quérulente»,
et une autre concerne les entretiens sur l'encadrement de la clientèle, donc,
présentant une conduite déraisonnable, voire quérulente, et la collaboration
interorganisationnelle. Donc, j'aimerais... j'aimerais mieux comprendre, en
fait, là, le contexte encadrant, donc, ces demandes-là. Donc, les autres études
et sondages semblent assez standards, là, mais ici je me questionnais, donc,
sur la portée et le contexte entourant ces études.
Mme Champagne Jourdain : Le
but était de... Alors, ce qu'on appelle les quérulents, c'est les clients qui
reviennent, dans le fond, toujours en plaintes. Donc, le but était de
comprendre aussi quel était le but de ce retour-là, de cette quérulence-là.
Voilà.
Mme Cadet : Et est-ce qu'on a
une idée du retour de cette quérulence-là?
Mme Champagne Jourdain : Alors,
nous, ce qu'on a fait avec... avec ça... Dans le fond, ce qu'on voulait valider
avec ce comité-là, c'était si nos pratiques étaient bonnes pour répondre à
cette quérulence-là, faire en sorte qu'on réponde, afin de valider, dans le
fond, si nos mesures sont... si nos mesures nous permettent, dans le fond, de
répondre aux besoins de ces clients-là qui reviennent souvent. Alors, c'est ce
qu'on a fait. Je ne sais pas si vous vous attendiez à avoir des chiffres ou
des...
Mme Cadet : Bien, est-ce que
c'est le cas? Donc, est-ce que les pratiques du ministère permettent d'y
répondre?
Mme Champagne Jourdain : Bien,
moi, je vous dirais que la conclusion qu'on en a, c'est que nos pratiques et
les ajustements qu'on a faits ont fait en sorte que oui, on a répondu à ces
clients-là.
Mme Cadet : Merci. Je reviens
à ce que... la conversation que nous avions plus tôt sur les difficultés de
recrutement identifiées par les partenaires du marché du travail. Donc, on
avait parlé, donc, des difficultés autres, comme, donc, les questions de
salaires, autres que... ou les conditions de travail, plutôt, autres que le
salaire, la méconnaissance ou la perception négative du secteur d'activité ou
la rigidité d'accès à la formation. On ne s'est pas attelés, donc, à un secteur
d'activité précis. Donc, j'aimerais vous entendre sur les difficultés dans le
secteur de la construction en particulier. Donc, on le sait, donc, c'est l'un
des domaines où, donc, la pénurie de main-d'œuvre sévit, donc, entre autres
domaines. Je pense que vous avez rencontré, donc, des acteurs, des entreprises
du milieu. Donc, pour vous, donc, quel est le constat que vous faites,
notamment, donc, face aux difficultés, donc, que cette... cette <industrie-là,
donc...
Mme Cadet :
...
constat que vous faites, notamment, donc, face aux difficultés, donc, que
cette... cette >industrie-là, donc, éprouve, par exemple, en lien avec
la mobilité des travailleurs en construction interrégionale?
Mme Champagne Jourdain : Bien,
je peux peut-être, d'entrée de jeu... Parce que c'est certain qu'on... Oui, la
construction est nécessairement un secteur qui est touché par la pénurie de
main-d'oeuvre, et c'est un secteur pour lequel on a investi. En fait, c'est un
secteur qu'on a priorisé aussi dans notre Opération main-d'œuvre, puisqu'il est
au cœur de bien, bien des réponses, entre autres, quand on pense à la
construction de logements, quand on pense aussi à la réfection de nos
infrastructures. Alors, c'est certainement un secteur pour lequel on a mis
l'emphase dans la pénurie de main-d'oeuvre.
Et on s'est engagés, nous, dans le fond,
au niveau de nos cibles dans le domaine de la construction, à former 55 000 personnes
dans les cinq prochaines années, 55 000 personnes dans des dizaines
de métiers qui touchent le secteur de la construction. Jusqu'à maintenant... La
bonne nouvelle, c'est que, jusqu'à maintenant, après un an d'opération... de
déploiement de l'Opération main-d'œuvre, on a 23 000 personnes qui
sont actuellement formées ou qui ont terminé un programme de formation. Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : Mme
la députée.
Mme Cadet : Combien de temps,
Mme la Présidente?
La Présidente (Mme D'Amours) : Trois
minutes.
Mme Cadet : Parfait. Donc,
une dernière sur la construction, ici. Donc est-ce que vous avez, donc, des
conversations, donc, avec vos pairs pour rendre plus dynamique, donc, plus
polyvalent, donc, le travailleur en construction? Donc, on le sait, qu'il y a
peu de flexibilité dans le milieu, donc ça pose des enjeux en matière de
recrutement, précisément dans ce milieu, en raison du manque de flexibilité,
donc, autant pour les employeurs que les travailleurs. Donc, est-ce que vous
avez... c'est une des préoccupations, vu l'augmentation des cibles que vous
avez pour le secteur dans votre Opération main-d'œuvre?
Mme Champagne Jourdain : Bien,
c'est certain que c'est une de nos préoccupations. Comme je le disais tout à
l'heure, ce n'est pas pour rien que la construction a été, dans le fond... fait
partie des six secteurs qui sont priorisés dans l'Opération main-d'œuvre. Moi,
j'ai eu la chance aussi de rencontrer les différentes organisations qui
représentent les travailleurs, les propriétaires d'entreprises de construction,
les entrepreneurs, dans le fond, pour échanger sur les réalités qu'ils vivent
dans cette pénurie de main-d'oeuvre là. On ne néglige pas non plus les efforts
qu'on fait à travers l'Opération main-d'œuvre pour répondre à cette demande-là.
Maintenant, vous le disiez, vous parliez
de solutions, oui, s'il en est une, c'est de former des gens pour rejoindre le
marché du travail dans le secteur de la construction. Mais on le sait, on se
fait aussi beaucoup parler du décloisonnement des métiers. Ça, c'est une
solution qui pourrait avoir un impact majeur, notamment, dans le contexte de
pénurie de main-d'oeuvre, alors...
Mme Cadet : ...
Mme Champagne Jourdain : Bien,
je vous dirais que mon collègue, Jean Boulet, y travaille activement, et on a,
en ce sens-là, des échanges, et on se soutient dans son travail qu'il a fait,
parce que c'est une des solutions.
Mme Cadet : Merci. Dernière...
La Présidente (Mme D'Amours) : ...minute.
Mme Cadet : Dernière question.
Donc, il y a quelques semaines, on apprenait, donc, la présence de présumés
postes de police chinois, et je comprends que la renégociation des ententes
avec les différents organismes desservant certaines communautés, donc, a été
suspendue dans ce contexte-là. Donc, j'aimerais savoir s'il y a une mise à jour
de votre côté quant au processus à l'intérieur du ministère.
La Présidente (Mme D'Amours) : 30 secondes,
Mme la ministre.
Mme Champagne Jourdain : Je
vous dirais que c'est un dossier, naturellement, pour lequel on a été informé,
et le ministère a cessé tous pourparlers avec les organisations qui sont
concernées par ce dossier-là.
Mme Cadet : Donc, c'est
confirmé, donc, il n'y aura pas de renouvellement des ententes?
Mme Champagne Jourdain : Les
pourparlers.... pour le moment, ce sont les pourparlers sur le renouvellement
de ces ententes-là qui ont été cessés.
• (15 h 50) •
Mme Cadet : Est-ce qu'il va y
avoir des services offerts aux groupes concernés?
Mme Champagne Jourdain : Il
faut...
La Présidente (Mme D'Amours) : S'il
vous plaît! S'il vous plaît! Là, il n'y a plus de temps, mais laissons la
ministre, de temps en temps, répondre jusqu'à la fin ses réponses, s'il vous
plaît.
Mme Champagne Jourdain : La
GRC est dans le dossier. C'est un dossier qui est judiciarisé, et je pense que
c'est sage d'attendre le dénouement pour pouvoir entreprendre la suite,
pourparlers ou pas, selon le dénouement de l'histoire.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Maintenant, je suis prête à entendre la députée de Jean-Talon. La parole est à
vous.
Mme Boutin : Merci beaucoup,
Mme la Présidente. Je suis contente qu'on parle de pénurie de main-d'oeuvre
parce que moi, j'en parle depuis 2018, en fait, dans ma première campagne,
parce qu'à <Québec...
Mme Boutin :
...
j'en parle depuis 2018, en fait, dans ma première campagne, parce qu'à >Québec
on le sait, la région de Québec, je pense que c'est une des régions qui a le
plus beau... bas taux de chômage au Canada. Puis, moi, dans mon comté, bien, ça
fait quand même un petit bout de temps, là, qu'il y a quand même une
effervescence. C'est sûr qu'il y a les emplois gouvernementaux, j'ai vraiment
le secteur de l'assurance qui emploie des milliers de personnes, en TI,
commerces de détail, là. Tout le monde sait que j'ai Place Laurier, Place
Ste-Foy, et compagnie, j'ai du secteur manufacturier. Donc, moi, dans mon
comté, il y a toujours 200 000 ou 300 000 personnes, même si
j'ai près de 70 000 citoyens.
Mais, c'est ça, il y a des enjeux de main-d'œuvre
qui sont dans des secteurs stratégiques. J'aime ça parler de mon comté, mais
c'est représentatif, je pense, du Québec, là, peut-être moins de certaines
régions. Mais en santé, notamment, il y a une pénurie de main-d'oeuvre assez
grande en santé, en TI, technologies de l'information, dans mon comté, un peu
dans le manufacturier innovant. On en a parlé, tout à l'heure, de productivité,
là, des initiatives sont là pour soutenir, améliorer la productivité, là, des
entreprises. Moi, je suis au MEIE, donc j'en sais quelque chose, quand même. On
a la SQRI2, là, qui aide à soutenir les entreprises là-dedans.
Il y a un plan d'action qui a été déposé
en 2021, peut-être que je me trompe sur la date, là, mais pas sur le chiffre,
3,9 milliards de dollars, là, vous en avez parlé, Mme la ministre,
préalablement, ce matin, qui a été déposé par votre prédécesseur. Moi, j'étais
très contente de ce plan-là, parce qu'il n'y avait jamais vraiment eu un plan
de main-d'oeuvre, dans l'histoire du Québec, parce qu'on était plus dans une
dynamique, dans le passé, d'on va créer des emplois, on a du chômage. Alors là,
tu sais, il y a un revirement de situation, dans les dernières années, qu'on
aurait pu prévoir, mais qu'on n'a pas prévu, par le précédent gouvernement,
mais ça, c'est une autre histoire. Maintenant, on est proactifs. Puis le plan
d'action touche... a plusieurs fronts d'attaque : intégrer le plus de
monde possible en emploi. Tout à l'heure, les collègues des autres partis en
ont parlé, l'intégration des personnes handicapées, hein, notamment,
intégration des femmes, l'intégration aussi des personnes retraitées, là, qui
veulent réintégrer. Beaucoup de programmes de requalification, c'est superbien,
également, préparer la main-d'oeuvre du futur. Puis je vous dis tous ces
points-là parce que j'ai une question en lien avec mon préambule qui...
Préparer la main-d'œuvre du futur, il y a beaucoup de bourses d'études qui ont
été émises, là. Au cégep, c'est 1 500 $ par session; à l'université,
2 500 $ dans des secteurs stratégiques. Même pour former, justement,
des éducatrices en service de garde, on en manque également.
Et moi, je me demandais : Est-ce que
vous faites un suivi... Aujourd'hui, là, en 2023, c'est sûr que le plan, bon,
il a juste deux ou trois ans. Est-ce que vous faites un suivi en temps réel,
là, des résultats? C'est quoi, le bilan que vous pouvez en tirer, jusqu'à
maintenant, de ce plan-là, vous, au su de vos connaissances?
Mme Champagne Jourdain : Je
pense que la donnée la plus éloquente, c'est notre taux d'emploi. Puis, durant
les trois dernières années, on a réintégré plus de 300 000 personnes
sur le marché du travail, donc on a fait d'énormes gains. Et il y en a qui se
sont faits aussi, oui, durant la dernière année.
Maintenant, on a lancé, en janvier 2022,
l'Opération main-d'œuvre, qui a été annoncée en novembre 2021, mais qui a été
officiellement annoncée en... qui a été officiellement, dans le fond, déployée
en janvier 2022. L'Opération main-d'œuvre, c'est quand même une initiative, un
plan, un projet qui est assez récent. Et certainement que d'obtenir des données...
il y a des données qui vont rentrer plus vite, plus vite que d'autres sur... Ce
matin, je donnais des données qu'on a déjà sur le pratique, et il y a d'autres
données à venir mais sur des programmes qui font partie, entre autres aussi...
qui touchent l'Opération main-d'œuvre.
Il faut comprendre aussi que, dans l'Opération
main-d'œuvre, il y a des données qui vont arriver... L'Opération main-d'œuvre
se déploie jusqu'en 2026. On a des données qui vont arriver en 2026. Il y a
des... Il y a des formations pour lesquelles la durée de temps des formations
sont de quatre ans. Alors, on va, à travers l'Opération main-d'œuvre, cumuler
des données, des résultats tout au long de l'Opération main-d'œuvre, parce
qu'elle touche différents secteurs avec différentes durées... différentes
durées de formation.
Pour l'Opération main-d'œuvre, ce qu'il
est important de dire, c'est qu'après une année de déploiement, quand même, sur
un objectif de 170 000 travailleurs qu'on veut former, requalifier et
intégrer le marché du travail, c'est un objectif qui est... c'est un bon
objectif qui va nous permettre de répondre, oui, à la pénurie de main-d'œuvre,
mais déjà, après un an d'opération, on a un total de travailleurs additionnels
sur le marché du travail de 37 950 personnes. Alors, pour moi et pour
les gens du ministère, ce sont des données qui sont concluantes sur une <année...
Mme Champagne Jourdain :
...
gens du ministère, ce sont des données qui sont concluantes sur une >année.
Dans le fond, c'est une opération qui se déploie sur cinq ans. Dans la première
année, on a 37 950 travailleurs qui ont intégré le marché du travail,
sur un objectif de 170 000 au total.
Mme Boutin : ...aux 170 000,
est-ce que vous savez les secteurs? J'imagine que vous avez ciblé des secteurs,
vous avez une idée des secteurs.
Mme Champagne Jourdain : Oui.
Dans nos objectifs de 170 000... parce que j'ai aussi les résultats
jusqu'à maintenant de ces... on a... on avait ciblé, en santé et services
sociaux, 27 000 travailleurs et travailleuses; en éducation,
8 000 travailleurs, travailleuses aussi; en services de garde
éducatifs à l'enfance, 25 000; en technologies de l'information, 50 000;
et en génie, 5 000; et en construction, 55 000, sur une durée de
cinq ans. Actuellement, après... au 31 décembre 2022, en fait, en
santé et services sociaux, on a un nombre de travailleurs additionnels de
6 000 qui ont intégré le marché du travail; en éducation, c'est 1 000;
services de garde à l'enfance, 1 500; et au niveau du génie, 450; au
niveau des technologies de l'information, 6 000; au niveau de la
construction, 23 000; ce qui fait le total de 37 950.
Mme Boutin : ...requalifiés
ou qui ont entré dans les programmes dans les programmes de formation? Juste
pour que je comprenne. C'est superintéressant.
Mme Champagne Jourdain : Bien,
c'est des... Il y a de la requalification là-dedans, il y a... Des fois, il y a
des programmes de courte durée, alternance travail... qui font en sorte que les
gens ont pu se qualifier puis poursuivre leur emploi dans un milieu de travail
ou un autre. Puis il y a aussi... on a attiré des gens vers des secteurs qui
étaient priorisés par la pénurie de main-d'œuvre, notamment. Cet automne, on
avait une campagne, nous, pour inciter des jeunes — là, je vais plus
vers l'éducation — ...pour des jeunes à intégrer des formations. Mais
on a aussi attiré des travailleurs vers des milieux qui étaient priorisés par
les secteurs qui sont dans l'Opération main-d'œuvre.
Mme Boutin : Je pense qu'il
me reste comme...
La Présidente (Mme D'Amours) : Une
minute.
Mme Boutin : Une minute. J'ai
une miniquestion en TI, parce que ça m'intéresse beaucoup, ce domaine-là. Dans
le dernier budget, bon, il y a vraiment un gros montant, là, je pense que c'est
2 milliards dans le budget 2020‑2021. Mais de cette somme, il est
écrit, 1,3 milliard sont prévus pour les trois prochaines années pour
justement contrer la pénurie de main-d'œuvre en TI. Puis là vous venez de
nommer l'objectif de 50 000 personnes. C'est énorme. Puis là je vois
qu'il y a plusieurs initiatives, là, justement, pour attirer... octroyer des
bourses aux étudiants, bien, soutenir les universités. Grosso modo, là,
j'aimerais ça que vous me parliez rapidement, là, dans 30 secondes
probablement... Le Programme de formations de courte durée, vous l'avez
mentionné, mais moi, je ne le connaissais pas, ce programme-là.
Mme Champagne Jourdain : De
formation de courte durée... En fait, une formation de courte durée, c'est une
formation alternance travail... études-travail, dans le fond. Il y a une
portion qui se fait en classe, en cours, et il y a une portion aussi de la
semaine qui se fait en milieu de travail. Et on a aussi des mesures, à travers
le COUD, qui permettent de libérer des travailleurs expérimentés pour
superviser ou accompagner les travailleurs dans leur apprentissage en milieu de
travail.
• (16 heures) •
La Présidente (Mme D'Amours) : En
terminant.
Mme Champagne Jourdain : Voilà.
Alors...
Mme Boutin : C'est
superintéressant. Merci beaucoup. Merci de nous instruire.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Le temps alloué à l'étude du volet Emploi des crédits budgétaires du
portefeuille Emploi et Solidarité sociale étant presque écoulé, nous allons
maintenant procéder à la mise aux voix des crédits.
Le programme 1, intitulé Gouvernance,
administration et services à la clientèle, est-il adopté?
Des voix : ...
La Présidente (Mme D'Amours) : Adopté
sur division.
Le programme 3, intitulé Emploi,
est-il adopté?
Des voix : ...
La Présidente (Mme D'Amours) : Adopté
sur division.
Finalement, l'ensemble des crédits
budgétaires du portefeuille Emploi et Solidarité sociale pour l'exercice
financier 2023‑2024 est-il adopté?
Des voix : ...
La Présidente (Mme D'Amours) : Adopté
sur division.
En terminant, je dépose les réponses aux
demandes de renseignements de l'opposition.
Et, compte tenu de l'heure, la commission
suspend ses travaux jusqu'à 16 h 15, où elle entreprendra l'étude des
crédits budgétaires du portefeuille Tourisme. Merci, tout le monde.
(Fin de la séance à16 h 01)