(Neuf heures quarante-six minutes)
La Présidente (Mme D'Amours) : Bonjour.
Ayant... À l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la
séance de la Commission de l'économie et du travail ouverte. Je vous souhaite
la bienvenue et je demande à toutes les
personnes dans la salle de bien vouloir éteindre leurs sonneries de leurs
appareils électroniques, s'il vous plaît.
La commission est réunie afin de procéder aux
consultations particulières et aux auditions publiques sur le projet de loi
n° 25, Loi visant à lutter contre l'hébergement touristique
illégal.
Mme la secrétaire, y a-t-il des remplacements?
La Secrétaire : Oui, Mme la
Présidente. Mme Boivin Roy (Anjou—Louis-Riel) est remplacée par M. Caron
(Portneuf); Mme Cadet (Bourassa-Sauvé) est remplacée par Mme Rotiroti (Jeanne-Mance—Viger); et M. Leduc
(Hochelaga-Maisonneuve) est remplacé par M. Grandmont (Taschereau).
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Bienvenue à tous. Nous débuterons ce matin par les remarques préliminaires puis
nous entendrons par la suite les témoins suivants : la Fédération
québécoise des municipalités et l'Union des municipalités du Québec.
Remarques préliminaires
J'invite
maintenant la ministre du Tourisme à faire ses remarques préliminaires. Mme la ministre,
vous disposez de six minutes. La parole à vous.
Mme Caroline
Proulx
Mme Proulx : Merci, Mme la
Présidente. Bonjour, tout le monde, plaisir d'être ici. Salut aux collègues de
chaque côté. Merci à tous les collègues, donc, de participer à ce projet de loi
n° 25. Je salue également les membres de
l'industrie touristique, les exploitants d'établissements d'hébergement
touristique notamment. Donc, on va discuter de ce projet de loi, qui a été déposé au salon bleu le 9 mai dernier.
Et, avant de commencer les consultations particulières, j'aimerais ça rappeler brièvement en quoi, Mme la
Présidente, consiste le projet de loi, surtout pourquoi c'est important
pour notre gouvernement, pour l'industrie touristique de débattre du projet de
loi n° 25.
Les pratiques
en matière d'hébergement collaboratif, ça ne cesse d'évoluer. C'est pourquoi on
a procédé à une refonte plus que
complète de l'ancienne Loi sur les établissements d'hébergement touristique et
son règlement d'application. Une refonte, donc, qui a culminé avec
l'entrée en vigueur de la nouvelle loi puis de son règlement le 1er septembre 2022 dernier. Et puis, depuis, les personnes qui
offraient de l'hébergement touristique en location pour 31 jours et
moins devaient impérativement détenir un numéro d'enregistrement. Donc, elles
doivent dorénavant s'enregistrer auprès d'un mandataire reconnu par le
ministère du Tourisme en s'assurant que la municipalité, la ville ou
l'arrondissement permettent de telles locations.
On parlait, évidemment, des propriétaires de
condos qui doivent également avoir l'autorisation écrite du syndicat de
copropriété pour pouvoir en faire l'exploitation. Pour ceux qui... la résidence
principale se retrouve dans un plex, ils
doivent également avoir le consentement écrit du propriétaire du plex pour en
faire de l'exploitation courte durée. Les exploitants, obligation
d'afficher le numéro d'enregistrement dans toute publicité qui fait la
promotion de leur établissement, et ce, Mme la Présidente, sur tout site Web,
incluant Airbnb, ou toutes les plateformes, qu'elles soient transactionnelles
ou non.
Malgré tout,
il subsiste encore un trop grand nombre d'annonces sans numéro
d'enregistrement. On a encouragé les plateformes d'hébergement
touristique à appuyer nos efforts, sans succès. On va donc dorénavant, à
travers le projet de loi n° 25, les
obliger à faire leur part pour s'assurer de la conformité des annonces qu'ils
publient avec le projet de loi visant, donc, à lutter contre
l'hébergement touristique illégal au Québec. Et voici ce qu'il prévoit.
• (9 h 50) •
Donc,
d'abord, l'enregistrement d'un établissement d'hébergement touristique et son
renouvellement prendraient la forme
d'un certificat qui va être délivré par la ministre. Les exploitants, donc M.,
Mme Tout-le-monde, les exploitants d'établissements
d'hébergement touristique, devraient transmettre ce certificat à la plateforme
numérique transactionnelle sur laquelle ils vont diffuser leur annonce.
Les plateformes devraient donc le conserver également pendant un an suivant la
date d'expiration.
Également, le projet
de loi prévoit que, si le certificat d'enregistrement doit être affiché à la
vie... à la vue, pardon, du public, s'il
s'agit, par exemple, d'un condo, ce qu'on appelle un immeuble multilogements,
il devra être affiché à l'entrée principale de cet immeuble. Ils
seraient toujours obligés d'indiquer sur la page principale de leur annonce le numéro d'enregistrement, ce qui est déjà
d'ailleurs le cas à travers le projet de loi n° 100 qui a été adopté
préalablement, mais
cette fois... cette loi, ils se verraient imposer des amendes allant, donc on
parle des exploitants, jusqu'à 25 000 $ pour ce qu'on appelle
les personnes physiques et 50 000 $ dans les autres cas chaque fois
qu'ils inscrivent un numéro d'enregistrement, qu'il soit faux, qu'il soit
inexact, qu'il soit expiré, suspendu ou encore annulé.
Le projet de loi
prévoit aussi des dispositions qui toucheraient les plateformes numériques
d'hébergement non transactionnelles. Il leur serait interdit de diffuser une offre
d'hébergement touristique qui ne contient pas le numéro d'enregistrement ni la
date d'expiration dudit certificat d'enregistrement. Elle devrait également
confirmer la validité du numéro
d'enregistrement, s'assurer qu'il correspond à l'établissement visé afin
d'éviter notamment le stratagème qu'on
a vu, là, des numéros 1-2-3-4-5-6, des numéros partagés, et d'autres
encore. Donc, on vient mettre la responsabilité, entre autres, sur les
épaules des plateformes transactionnelles qui font ou qui souhaitent faire
affaire au Québec. Cette validation se ferait d'abord par l'entremise du
certificat d'enregistrement que l'exploitant devrait transmettre à la
plateforme. Et puis, dans un deuxième temps, on va mettre en place un moyen
technologique pour le faire à terme. Donc, on arrivera en 2023.
Les
plateformes qui ne pourraient pas non plus permettre la conclusion d'une
transaction pour un établissement d'hébergement touristique offrant de
la location pour une durée de plus de 31 jours pour un séjour d'une durée
moindre, c'est un stratagème qu'on avait vu, donc, ces derniers temps, on
pourra donc déterminer par règlement aussi toute autre condition à laquelle les
exploitants de plateformes numériques ou transactionnelles ou non devront se soumettre à terme... va permettre également la
création d'un registre public des établissements d'hébergement
touristique. Donc, ça va permettre de renforcer la Loi sur l'hébergement
touristique, qui va appuyer davantage non seulement Revenu Québec dans sa lutte
contre l'hébergement touristique illégal, mais va venir appuyer les
municipalités dans l'application de leurs règlements. Bon espoir qu'on va avoir
un projet de loi solide, à la satisfaction de l'ensemble des intervenants, au
bénéfice de toutes les parties prenantes, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci beaucoup, Mme la ministre.
Mme Proulx :
Question technique, Mme la Présidente. Le bon vieux chronomètre, où est-ce
que je le vois?
La Présidente (Mme D'Amours) : Vous
ne le voyez pas en commission, ici. Désolée, c'est moi, le chronomètre.
Mme Proulx :
Ah bon! C'est vous?
La Présidente (Mme
D'Amours) : Oui.
Mme Proulx :
C'est excellent. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme D'Amours) : Vous
me regardez le visage, puis, quand je vous fais des signes, ça dit tout. Voilà.
Mme Proulx :
Oui, c'est vous, le chronomètre, d'accord. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Maintenant, je cède la parole à l'opposition officielle,
la députée de Chomedey, pour vos remarques préliminaires. Vous avez une durée
de 4 min 30 s. La parole est à vous.
Mme Sona Lakhoyan Olivier
Mme Lakhoyan
Olivier : Merci beaucoup, Mme la Présidente. Bonjour. Bonjour, Mme la
ministre, chers députés, chers collègues députés et l'équipe au complet. Merci
d'être ici. Je suis vraiment heureuse d'être parmi vous pour le début des consultations particulières pour le projet de loi
n° 25, Loi visant à lutter contre l'hébergement touristique illégal. Il s'agit du premier projet de loi auquel
je prends part à titre de parole... de porte-parole de l'opposition
officielle en matière de tourisme. Très hâte
d'entendre les groupes qui vont venir présenter leur exposé et répondre à nos
questions lors de ces consultations
particulières. Cependant, je suis déçue qu'il y ait le désistement de trois
groupes, là, les Airbnb, que ça aurait été bien qu'ils soient là, Revenu
Québec aussi, très important, et la Corporation de l'industrie touristique du Québec. J'avais envie de leur poser des questions,
mais je pense qu'Airbnb a déposé leur mémoire. On va regarder ça.
Puis, comme la
ministre l'a dit, il s'agit d'un projet de loi fort attendu par l'industrie
touristique, et le milieu municipal, et nous
tous, d'ailleurs. On veut s'assurer que tout soit conforme aux lois qui sont
établies par notre province. L'hébergement
touristique illégal est une problématique qui touche toutes les régions du
Québec. Important de se pencher là-dessus et de trouver les meilleurs
moyens de lutter contre ça. Nous serons donc dans un esprit de collaboration lors de cette commission. Je suis certaine que les
groupes qui vont venir aujourd'hui et demain auront des points de vue et
des réflexions fort intéressants à partager.
Donc, nous sommes prêts à écouter les premiers groupes ce matin. Merci
beaucoup.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci, Mme la députée. Maintenant, je cède la parole au
deuxième groupe d'opposition. Député de Taschereau, la parole est à vous pour
1 min 30 s.
M. Etienne Grandmont
M. Grandmont : Oui.
Merci beaucoup, Mme la Présidente. Bien, d'abord, salutations à vous, Mme la
ministre, aux collègues qui sont... qui sont présents aujourd'hui pour... et
dans les jours qui viendront aussi, là, pour discuter de
cet important projet de loi. Très, très heureux, en fait, d'être ici puis de
pouvoir discuter de cette... de cette proposition. C'est un projet de loi, et
Mme la ministre le sait très bien, c'est un projet de loi que nous attendions
avec beaucoup d'impatience. Donc, nous, de ce que nous en avons lu pour
l'instant, là, il n'y a rien qui indique qu'on ne travaillera pas en mode collaboration. C'est quelque chose qu'on
espérait beaucoup et qui ressemble aux propositions qu'on a déjà faites
par le passé. Donc, ça va vraiment... On va essayer de faire en sorte que ce
soit adopté le plus rapidement possible.
Nous aussi,
on est très déçus de la non-présence d'Airbnb, notamment. On aurait aimé
pouvoir les entendre. Je trouve ça
très décevant. Honnêtement, c'est... c'est... ça montre le peu d'intérêt
qu'Airbnb, notamment, cette immense plateforme-là a à collaborer avec le
législateur. Je trouve que ça n'a juste pas de bon sens d'avoir refusé de
participer aux audiences. On pourra
éventuellement y revenir, mais, franchement, on trouve que ça ne montre pas
qu'une plateforme qui se dit collaborative le fasse dans ses pratiques
quand il vient le temps de travailler avec le législateur. Il y a aussi
évidemment la question des évictions qui ne fait pas partie du projet de loi,
on aura certainement l'occasion de s'en reparler. Ça touche davantage le Code
civil du Québec, mais on aura certainement des remarques qui vont dans ce
sens-là éventuellement. Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci
beaucoup. Je suspends les travaux quelques minutes.
(Suspension de la séance à 9 h 57)
(Reprise à 9 h 58)
La Présidente (Mme D'Amours) : Nous
reprenons nos travaux.
Auditions
Et je
souhaite maintenant la bienvenue à la Fédération québécoise des municipalités.
Je vous rappelle que vous disposez de 10 minutes pour votre exposé,
puis nous procéderons à la période d'échange avec les membres de la commission.
Et je vous invite donc à vous présenter et à commencer votre exposé.
Fédération québécoise
des municipalités (FQM)
M. Demers (Jacques) : Merci. Merci de nous accueillir. La Fédération québécoise
des municipalités est très heureuse d'être
présente parmi vous ce matin. Bonjour, Mme la Présidente, Mme la ministre,
mesdames et messieurs. Je suis
accompagné de Maryse Drolet, responsable au niveau des politiques à la FQM. La
FQM, d'abord, il faut rappeler que
c'est la Fédération québécoise des municipalités, qui représente 1 030 quelques municipalités à travers le
Québec, quand on se rappelle qu'il y en a
1 108. Quand on dit qu'on est là, qu'on est les représentants des régions,
bien, je pense que, dans un dossier
comme on va parler ce matin, plus que jamais, souvent, de la... puis, dans une
période où l'habitation est plus importante que jamais, il y a un besoin
très, très grand au Québec, de ce côté-là. L'idée est de bien encadrer ça puis
de trouver la façon de faire. Pour nous, c'est essentiel ce matin.
On avait intervenu énormément, particulièrement
sur la loi n° 67, qu'on se souvient, c'était, dans
les résidences principales, la location à court terme où est-ce que, oui,
changement de zonage, plein d'éléments qui nous touchaient beaucoup de ce
côté-là. On est plutôt là ce matin, à regarder les petits éléments qu'on peut
améliorer. Puis on y voit particulièrement
un projet de loi très intéressant de ce côté-là. Je vais laisser Maryse en
faire les grandes lignes et après je ramènerai des éléments plus précis,
peut-être, de mon côté, merci. Exemples.
• (10 heures) •
Mme Drolet (Maryse) :
Merci, M. Demers. Bonjour à tous. Alors, nos commentaires seront brefs.
Comme mentionné dans notre communiqué lors du dépôt du projet de loi, la
fédération accueille favorablement le projet de loi visant à lutter contre
l'hébergement touristique illégal déposé par la ministre du Tourisme,
Mme Caroline Proulx.
La FQM est active dans ce dossier depuis
longtemps, comme M. Demers le soulignait, et nous apprécions cette action
supplémentaire de la part du gouvernement. En effet, nous rappelons que le
gouvernement proposait, en 2019, de retirer
des pouvoirs d'intervention aux municipalités, mais que c'est à la suite de la
mobilisation de nos membres qu'il a revu ses plans. Avec plus de
800 résolutions adoptées par autant de municipalités, nous avons conservé
notre pouvoir de zonage, une capacité d'intervention essentielle pour gérer
notre territoire et nos communautés.
Les derniers
mois nous ont permis de constater les problèmes liés à la location touristique
à court terme et qu'une intervention supplémentaire de la part du
gouvernement était nécessaire. Ce nouveau projet de loi permettra donc au gouvernement de colmater certaines brèches de la
Loi sur l'hébergement touristique, notamment en obligeant toutes les
plateformes numériques d'hébergement d'afficher et de vérifier la validité des
numéros d'enregistrement des offres d'hébergement
touristiques, de mettre en place un registre public des établissements
d'hébergement touristique, et ainsi de faciliter le suivi par les
municipalités des activités de location touristique sur leur territoire, dont
les demandes de révocation de l'enregistrement pour les exploitants fautifs.
Nous sommes heureux de constater que nos
préoccupations et nos recommandations formulées à la ministre aient un écho sur l'encadrement de l'hébergement
touristique au Québec. Il est primordial pour nous que la réglementation
municipale en matière d'urbanisme soit
respectée. En effet, selon nous, les mesures prévues au projet de loi
viendront aider les
municipalités à avoir un meilleur contrôle des activités de location à court
terme sur leur territoire en s'assurant que tous les exploitants d'hébergement touristique ont un certificat et
un numéro d'enregistrement valide qui aura été délivré avec la preuve de conformité à la réglementation
municipale d'urbanisme relative aux usages. Nous soulignons ici que
c'est à l'exploitant à se procurer sa preuve
de conformité, la seule façon à nos yeux pour que la mesure de contrôle
fonctionne. En effet, il aurait été
impensable d'ajouter ce fardeau aux municipalités, nos inspecteurs n'étant
pas... en mesure, pardon, de contrôler ce genre d'activités dans les
résidences de nos territoires.
La FQM est
donc satisfaite que Revenu Québec se voie confier la vérification,
l'inspection, l'enquête ainsi que la remise de constats d'infraction en
matière d'hébergement touristique. Les récentes statistiques sur l'augmentation
du nombre d'infractions démontrent que cela
fonctionne. En ce sens, l'augmentation des... des amendes en cas
d'infraction, tant du côté des exploitants
que des gestionnaires de plateformes numériques, était le geste à poser. Nous
croyons que cette augmentation substantielle des amendes contribuera à
diminuer l'offre d'hébergement locatif illégal affichée sur les sites Internet de locations qui ne respectent pas les
réglementations en vigueur. Ces mesures contenues au projet de loi sont
importantes pour nous, et nous demandons aux membres de l'Assemblée nationale
de procéder rapidement pour permettre leur application dans les meilleurs
délais.
Nous souhaitons profiter de cette occasion
d'être devant vous aujourd'hui pour porter à votre attention une problématique
que nous avons récemment vécue et qui est liée à la disposition inscrite à
l'article 23 de la Loi sur l'hébergement touristique, modifié récemment
par le projet de loi n° 67. Il s'agit de la disposition qui permet à la municipalité de déterminer par règlement les zones
où la location à court terme de résidences principales sera interdite.
Le processus et la mécanique inscrite exigent la
tenue d'un scrutin référendaire par zone avec tout ce que cela implique au
niveau de l'administration d'une telle opération, avis public, tenue de
registre, etc., comme le détermine la Loi
sur les élections et les référendums dans les municipalités, mais avec la
diminution de moitié du nombre de
personnes habiles à voter que celui prévu à la Loi sur les élections pour
devoir tenir un référendum sur les nouveaux règlement. Plusieurs municipalités ont fait les manchettes en mars
dernier, dont la municipalité de Stoneham-Tewkesbury, qui a dû tenir
30 référendums pour les 30 secteurs où le nombre minimal de
signatures avait été atteint, et ce, pour un coût estimé à 100 000 $,
pour maintenir sa réglementation initiale. Dans le cas de la municipalité de
mon président, M. Demers, Sainte-Catherine-de-Hatley, une communauté de
2 800 habitants répartis sur 99 kilomètres carrés, nous comptons 95 secteurs. Imaginez la complexité
et le coût s'ils avaient eu à tenir autant de référendums dans autant de
secteurs.
Nous savons que plusieurs municipalités ont choisi
de ne pas faire... de ne pas le faire, et donc d'abandonner la réglementation
de zonage existante qui encadrait les activités de location touristique de type
Airbnb avant la date fatidique du 25 mars 2023 pour éviter de se retrouver
devant cette surcharge administrative et ces coûts faramineux. C'est beaucoup
trop compliqué et beaucoup trop dispendieux. Ce faisant, ce sont les citoyens
et les citoyennes qui auront à vivre avec
l'arrivée de touristes dans ces secteurs résidentiels, même si cette cohabitation
se fait majoritairement dans le respect. Il s'agit d'un changement
d'usage important pour les résidents d'une rue ou d'un quartier où ces
activités étaient inexistantes.
Ainsi, la FQM recommande au gouvernement que
soit analysé et revu tout le processus lié à la modification de la réglementation du zonage touchant la
location à court terme des résidences principales à des fins touristiques
afin d'alléger le processus, et ce, au bénéfice des citoyens et des citoyennes
de nos municipalités. La FQM considère qu'une démarche de consultation plus
globale, associant l'ensemble de la communauté, est plus démocratique que les
obligations actuelles qui, au fond, empêchent un peu le débat.
En conclusion, nos municipalités ont toujours eu
le souci de planifier le développement et l'aménagement de leurs territoires en visant l'atteinte d'un
équilibre entre les activités touristiques, importantes pour notre économie
locale, et le respect de la quiétude de ses
résidents. Ce projet de loi nous aidera à faire respecter cette cohabitation
harmonieuse des usages. Nous terminons en réitérant notre volonté à poursuivre
notre collaboration avec vous afin de maintenir notre industrie et notre
économie touristique en santé pour le bien-être de nos collectivités.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
M. Demers, voulez-vous rajouter quelque chose? Il vous resterait deux minutes.
M. Demers (Jacques) : Bien oui, peut-être juste d'appuyer sur certains points.
Évidemment, on revient beaucoup sur la
complexité du zonage. De la façon que la loi n° 67
a été montée, on se rend compte que c'est
très compliqué, qu'il y a des municipalités, carrément, qui ont décidé de ne
pas avancer, parce que leurs administratifs nous ont dit : C'est
très, très lourd d'aller vers ça. Ceux qui l'ont fait, de façon générale, on s'aperçoit, aussi, c'étaient les endroits qui
avaient le plus de demandes de location à court terme, souvent des bords
de lacs, des... de villégiature. C'est ces
endroits-là qui ont déjà, dans le passé, eu des recours judiciaires importants
dans des dossiers semblables, eux ont
compris l'importance et l'urgence, mais, de plus en plus, je pense que les gens
visitent le Québec, visitent partout, puis il y a des besoins de ce
côté-là, mais c'est quand même une catégorie à part.
Là, on parle
vraiment dans... ce qui touche le résidentiel. Tout ce qui est plus commercial,
ou plex, ou ces choses-là, je pense
qu'on est ailleurs. Puis on trouve quand même... le fait des amendes, enfin, à
une hauteur... qui ont du bon sens, parce
que, si on veut les appliquer... Dans le temps, ce qu'on avait droit au niveau
de la municipalité, je ne me souviens pas
si c'était 1 000 $ ou 2 000 $, puis ils nous traînaient ça
quatre, cinq ans en cour, puis c'est des cas vécus, chez nous, où est-ce que, là, on était le seul à se payer un
avocat parce que l'autre ne faisait qu'étirer le temps et, pendant ce
temps-là, fait des revenus tellement supérieurs aux amendes... c'était de
dire : Tu viens t'installer à Sainte-Catherine-de-Hatley parce que les taxes
sont beaucoup moins chères qu'à d'autres endroits et l'écart de prix seulement
des taxes... font que c'est payant pour toi de payer cette petite amende.
La
Présidente (Mme D'Amours) : Merci beaucoup. Donc, nous sommes
maintenant rendus à la période d'échange. Mme la ministre, la parole est à
vous.
Mme Proulx : Merci, Mme la Présidente. Bien, un plaisir de vous
rencontrer tous deux... tous les deux. Merci d'être ici.
Je
suis contente que vous ayez soulevé le fait que l'industrie touristique est un
moteur économique extrêmement important pour l'ensemble du territoire du
Québec. On rappelle que c'est le troisième produit d'exportation, après l'aéronautique et l'aluminerie, et qu'avec
l'arrivée de la résidence principale... On doit l'admettre, on l'a vu, en
temps de pandémie, où, dans certaines régions du Québec, il y a un déficit
d'hébergement touristique dit traditionnel, et, avec l'arrivée de la résidence
principale, ça pouvait pallier... donc, malgré le fait qu'il existe des
programmes, chez nous, pour venir aider les hôteliers à s'agrandir ou rénover,
que l'alternative de la résidence principale en était une, pour certaines
régions, où ça pouvait répondre à ce déficit d'hébergement.
Maintenant,
pour ce qui est des fameux référendums, on a donné plus de deux ans aux
municipalités pour prendre connaissance, donc, de la façon dont elles
devaient consulter leurs citoyens. On croit encore aujourd'hui qu'un référendum
est le moyen le plus démocratique pour s'adresser à la population, à savoir
s'ils le souhaitent ou pas... Peut-être m'exprimer plus en détail, si on peut
améliorer cet aspect-là, quel est l'enjeu précis, parce qu'on croyait bien
humblement que, sur une période de deux ans, il y aurait un tour de roue
complet qui aurait été fait.
Ceci dit, c'est une
demande qui venait des municipalités, hein, d'avoir pleins pouvoirs. On se
rappelle, dans le PL n° 100 et dans le n° 67,
c'est une demande, M. Demers, que vous nous aviez faite. Vous aviez tout à
fait raison de la faire, d'ailleurs. Donc, allez peut-être, donc, sur des
enjeux en lien avec le référendum et la période de deux ans qui vous avait été
consentie, donc, pour faire le tour de vos municipalités, des 1 000
quelques municipalités, en lien avec le référendum pour la résidence principale.
• (10 h 10) •
M.
Demers (Jacques) : Exact. Évidemment, si vous vous souvenez, au
début du projet de loi n° 67, c'était même l'effet contraire. On n'avait même
pas droit au référendum. Tu sais, ce qu'il y avait comme projet, c'était de dire : Maintenant, les résidences
principales, au Québec, auraient le droit. On a défendu ça. On a eu
800 municipalités qui ont pris des résolutions pour dire : Non, non,
il faut garder... La problématique est dans la formule qu'on y a mise. Ce qu'on avait demandé, c'est de dire : Quand
on fait un changement de zonage, là, les gens qui habitent cette zone-là,
il faut leur garder un droit de parole. Ça, c'est ce qu'on a défendu.
Il ne faudrait jamais
penser qu'on est aujourd'hui... au contraire, non, non, mais la problématique,
c'est que, dans la formule qu'on a là... c'est qu'on oblige à faire des
registres pour une petite municipalité. Chez nous, là, 95 zones, Magog,
400 quelques zones, c'est d'ouvrir un registre pour chacune de ces zones-là et
les zones contiguës, c'est beaucoup plus
grand que ça, puis là de demander aux gens de venir signer le registre
là-dessus, où est-ce que tu as deux
ou trois journées où est-ce... qu'on avait gardé pour que les registres... les
gens peuvent venir signer. C'est sûr, chez nous, on n'est seulement que
2 800, mais tout ce que ça nous a coûté... puis beaucoup d'avocats ont
travaillé sur le dossier pour le monter et se rendre là. Il y a eu quatre
personnes, sur les 95 zones, qui sont venues signer en disant : On
aurait de l'intérêt pour ça. Quatre personnes, c'est vérifiable, c'est public.
Ça fait que, quand on
fait travailler... puis on parle de 15 000 $, 20 000 $ au
moins juste en avocats, pour notre petite municipalité, pour donner une réponse
qu'on savait déjà, parce qu'il n'y avait personne chez nous qui le demandait, d'avoir cette location-là, mais là on
avait l'obligation de le faire et de regarder dans l'ensemble des zones
pour venir signer. Quand la zone qui en a le
plus, il y en a deux, là, puis dans... tu peux... on peut considérer plus de 90
qu'il n'y en a aucune, bien, la démarche est
aussi complexe. Puis, s'il aurait fallu, en plus, dire : Bien, on passe au
référendum, ça, ça m'aurait plu, parce que, si on aurait passé au référendum,
c'est qu'il y avait de l'intérêt, c'est que les gens auraient eu le goût de ça.
Puis là on a des frais sans avoir de besoin. C'est là où est-ce qu'on prend de
l'argent public puis on dit : Tiens, on va payer des gens pour nous faire
dire exactement ce qu'on sait déjà. C'est à ça qu'il y a, pour moi, une grosse
différence.
Mme Proulx : Oui, l'objectif, si vous me permettez, Mme la
Présidente, c'était de trouver l'équilibre entre le droit privé des Québécois et le respect, évidemment, de
l'autonomie des municipalités, mais je comprends ce que vous me dites. Maintenant, avec le nouveau projet de loi n° 25, on va, comme vous le savez, obliger les plateformes
transactionnelles à n'afficher, donc, que
celles qui ont une offre de location légale puis à ne plus afficher, donc, les
numéros de location qui n'ont pas le
numéro d'enregistrement. Nous, on croit vraiment que ça va avoir un effet pour
augmenter le taux de conformité des établissements d'hébergement
touristique aux différentes réglementations municipales qui sont applicables.
La question vers
laquelle j'aimerais vous amener, c'est : Est-ce que vous êtes d'accord
avec le fait qu'il y a quand même une bonne proportion d'exploitants illégaux
qui ne seront pas en mesure de se conformer à la nouvelle réglementation
municipale, et donc ne pourront pas s'enregistrer? Ça va être susceptible de se
tourner vers la location long terme, ce qui, à terme, va amener à augmenter
l'offre locative dans les municipalités du Québec.
M.
Demers (Jacques) : Oui, vous avez
absolument raison, ça peut être très intéressant de ce côté-là, parce que la
location à long terme... Si on parle long terme, c'est 31 jours et plus,
là.
Mme Proulx :
31 jours et plus, oui.
M.
Demers (Jacques) : Bien, ça, c'est intéressant parce que
quelqu'un qui vient s'installer au moins pour 30 jours,
on ne s'attend pas à 30 jours de partys, on ne s'attend pas à
30 jours festifs où est-ce qu'il y a plus de dérangement pour les voisins. Ça, on
en a de besoin, puis là, à ce moment-là, il faut viser même du plus long terme,
que ces résidences-là soient pour des
travailleurs, soient pour des gens aussi qui vont venir s'installer là puis
louer ces bâtiments-là. C'est très bien,
là où on s'en va, parce qu'on l'a fait chez nous. On a regardé sur les sites.
Si vous tapez «Sainte-Catherine-de-Hatley», quelques sites, dont un que... ce que je comprends, ne se présentera
même pas, puis, pourtant, souvent, ces règlements-là portent son nom ou
le type de...
Je pense qu'on s'est
aperçus qu'en écrivant à nos citoyens... Il y en avait huit, chez nous, qu'on a
retrouvés sur différents sites. On leur a écrit. Ils ont tous été retirés. De
voir que vous... le gouvernement s'en va vers quelque chose de plus ferme nous
permet, en tant que municipalité, d'appliquer aussi ces choses-là puisqu'on va
avoir un rôle de surveillance, là, tu sais.
Je pense que ça va être chez nous de regarder ce qui se passe réellement, puis,
ça, on va le faire parce que vous êtes en train de nous donner les
outils pour le faire.
Mme Proulx : Et, avec le registre public qu'on va mettre en
place si le projet de loi n° 25 est adopté, ça aussi, ça va permettre aux municipalités, à Revenu Québec
également, de pouvoir, en temps réel, consulter et s'assurer de la
conformité.
M.
Demers (Jacques) : Oui, parce que, là, on
est... vraiment, on est rendus à un niveau intéressant. Dans le temps, la preuve qu'il fallait faire, c'était la
preuve de la transaction, ce n'était pas le site, ce n'était pas... On l'a
fait, puis, souvent, quand on se
retrouvait en cour, le juge trouvait, dans notre règlement, une faiblesse. Il
fallait refaire le règlement puis il fallait prouver qu'il y ait une
transaction. Tu avais beau aller chez la personne : Voulez-vous nous louer
pour la fin de semaine? Pas de problème. Bien, tant qu'on n'avait pas une preuve
de transaction monétaire, ça ne valait rien, puis, à chaque fois, il fallait
recommencer. Là, on a enfin quelque chose que... J'y crois vraiment. Je ne dis
pas qu'il n'y aura pas des ajustements. Il y a toujours, sur le terrain, des
choses qui vont se passer, puis, une fois qu'on fait une loi ou un règlement,
on sait que certains vont probablement essayer de le contourner de quelque
façon, mais, à la base, on est... on pense qu'on a quelque chose de solide, là.
Mme Proulx : Justement,
en parlant des petits coquins, pour demeurer polie, ceux qui réussissent à...
parce que, sur le Web, on le voit, là, je
veux dire, au lendemain de la crise du verglas récente, on a reçu, dans nos
téléphones cellulaires, un avis d'Hydro-Québec où on avait un remboursement,
alors que la tempête était encore en cours... d'un remboursement quelconque.
Donc,
dans le projet de loi, on va avoir des poignées réglementaires en temps réel
pour venir justement débusquer ces petits coquins là. Et, s'il y a des
ajustements réglementaires qu'on doit faire aux mois, aux semaines, aux ans, on
se donne ces pouvoirs-là justement parce que c'est un modèle qui évolue
extrêmement rapidement sur le Web, et on veut,
avec les municipalités, évidemment, se donner ces poignées réglementaires là
pour opérer dans un modèle qui change extrêmement rapidement, le modèle
dit traditionnel, où les gens allaient dans les grandes chaînes, ce qui est
encore fait, là. Soit dit en passant, chez
les Américains, on parle de 80 % des Américains qui choisissent les
grandes bannières. Il reste néanmoins un 20 % qui choisissent une
autre forme d'hébergement.
Donc, je veux vous
rassurer là-dessus. Il y aura des ajustements en temps réel, au fur et à mesure
qu'on débusque des nouveaux stratagèmes,
parce qu'on le voit, là, avec le jeu en ligne, la cryptomonnaie, on voit, là,
que les gens opèrent beaucoup sur le
Web. Donc, on aura un oeil très attentif et on voudra votre pleine
collaboration, M. Demers, comme
d'habitude. Si vous voyez des petits coquins qui s'organisent sur le Web, bien,
on aura une oreille très attentive pour pouvoir les débusquer et
arriver, donc, avec des poignées réglementaires.
D'autres commentaires
avant... Moi, j'ai terminé, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
D'Amours) : ...parce qu'il reste sept minutes à votre parti.
M.
Martel :
Moi, je peux peut-être en avoir juste une...
Mme Proulx : Bien,
allez-y.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Oui,M. le député. M. le député, à vous la parole.
M. Martel : Bonjour,
tout le monde. Bonjour, M. Demers.
M.
Demers (Jacques) : Bonjour.
M. Martel : ...puis, comme citoyen, ça peut être intéressant
d'avoir l'opportunité de faire du Airbnb pour voyager, mais aussi
augmenter les revenus, et c'est quelque chose, quand même, d'assez récent,
hein, tout ce phénomène-là. Ce n'est pas des discussions qu'on pouvait avoir
entre citoyens. Puis je suis certain qu'au conseil municipal vous n'avez pas
parlé de ça voilà 10 ans, peut-être plus dans les...
M.
Demers (Jacques) : Bien, je suis obligé de
vous dire que oui, par exemple, mais 10 et 20 ans.
M. Martel : Ah
oui? Oui, c'est vrai.
M. Demers (Jacques) : Quand tu habites sur le bord des lacs où est-ce qu'il y a
de la villégiature, ça fait longtemps qu'on
la vit, la location à court terme, puis la problématique du zonage, parce que
le zonage n'était pas conçu pour ça. Ça fait que c'est pour ça que je
dis : Quand on voit ceux qui ont revu leurs règlements, c'est ceux qui le
vivent depuis longtemps...
M. Martel : Oui, je comprends.
M.
Demers (Jacques) : ...ceux qui ont vu la perception de dire : On
va y faire du revenu, c'est intéressant, laisse aller pour l'instant. Mais ce qui est important, c'est que les gens qui
ont choisi probablement le plus gros investissement de leur vie, leur
maison, mais que, dans leur zone, du jour au lendemain, on la change pour
permettre une activité puis on se dit : Ccommercialement... puis le revenu
est intéressant... C'est ça qu'on voulait éviter, c'était juste...
M.
Martel : C'est sûr,
Sainte-Catherine, c'est très touristique. Je vais retenir ma question que je
voulais vous poser. Il y en a une autre qui
m'est venue. Quand vous parlez de zone, là, je ne sais pas si c'est madame qui
disait 95... qui décide ça? Comment c'est décidé, ce zonage-là?
M. Demers (Jacques) : Ça, c'est dans chaque municipalité...
M. Martel : Mettons, chez vous, vous
prenez chez vous, là.
• (10 h 20) •
M.
Demers (Jacques) : Oui, bien, chez nous, on décide le zonage,
qu'est-ce qu'est le zonage pour le périmètre urbain, après ça, un
secteur où est-ce que tu as le droit, mettons, d'avoir de la volaille, des
porcs, différentes productions, d'autre zonage qui est agro, d'autre qui est de
la villégiature, mais chaque zone est déterminée, là. Le zonage découpe notre
territoire à 100 %. On n'est jamais dans une zone où est-ce que... Quand
on... C'est ça que les gens, les citoyens
devraient comprendre. Maintenant, quand ils vont arriver quelque part puis
qu'ils ont le goût, mettons, de faire de la location : Allez
vérifier à la municipalité, allez vérifier quelle sorte de zone que vous avez,
parce que, là, il y a des gens qui pensent que, si c'est un chalet, ils
auraient le droit, si c'est une résidence principale, non. La zone va vous dire
ce que vous avez droit ou pas droit de faire.
Puis, 95, là, comme chez nous, là, ce n'est pas
beaucoup de zones dans... Tu sais, quand je regarde, ce n'est pas tellement
plus grand en superficie, ça l'est un peu, Magog, mais qu'il y en a 400
quelques, parce que, là, tu tombes dans des
périmètres urbains avec du commercial, de l'industriel, différentes choses qui
sont permises à l'intérieur... de la restauration. C'est ça, les zones
qui permettent des éléments et qui refusent d'autres.
Mme Proulx : Bien, ça a toujours
été... Avec le projet de loi n° 100... De toute façon, initialement, avec
le projet de loi n° 100, c'est ce que les deux fédérations, l'UMQ et la
FQM, nous avaient demandé, vous êtes les gouvernements de proximité, donc, de
décider vous-mêmes, à travers le zonage, là où sera permise, par exemple, l'exploitation de la résidence principale. Donc,
je rappelle que le premier geste, encore aujourd'hui, pour des gens qui pourraient... seraient tentés de le faire cet été,
le projet de loi n° 100... La loi est toujours en vigueur. Le premier
geste que vous devez faire, c'est lever le téléphone, d'appeler votre ville,
votre municipalité, votre arrondissement, à savoir si, oui ou non, il est
permis de faire de l'exploitation de courte durée de la résidence principale.
À Montréal,
dans certains quartiers, par exemple, je pense à Hochelaga-Maisonneuve,
95 % du territoire, il y a une interdiction d'exploitation de la
résidence principale. Il y en a 5 % où c'est permis. On est revenus sur un
cas, là, d'éviction, entre autres. Par contre, dans ce 5 % là, la
municipalité... En fait, ici, dans le cas qui nous intéresse, c'était
l'arrondissement qui avait autorisé, dans ce 5 % là, la location de courte
durée. Donc, c'est l'entière responsabilité, l'entière
décision du zonage... que la municipalité décide ou non de permettre, par
exemple, l'exploitation de la résidence principale sur la courte durée.
Tu veux ajouter, Donald?
M. Martel : Oui, je voulais juste...
Je reviens à ma première question. Quand on a adopté, je pense, c'est la...
c'était la deuxième loi qu'on a adoptée, relative à... quand je parle de
Airbnb, là, on comprend, et ça a eu pour effet de... puis, tu sais, le fait qu'il y a 800 municipalités qui ont
manifesté, là, leur intention... Il y avait vraiment une volonté des
municipalités de se protéger à l'égard des locations à courte durée. Il y avait
quelque chose de positif là-dedans parce qu'on... ça vient des citoyens, puis
on veut rassurer tout le monde, mais, en même temps, il y avait quelque chose
qui pouvait brimer un citoyen de vouloir augmenter ses revenus.
Avec la nouvelle loi qui vient un peu à la suite
des demandes, là, pensez-vous que cette attitude-là peut changer à l'égard des
municipalités, de dire : Maintenant, on est rassurés? Quand même qu'il y a
un peu plus de permissions dans plus de
zonages, le fait qu'il y a des règles très strictes au niveau de l'affichage ou
des choses comme ça, pensez-vous que
ça peut avoir une influence à l'égard de l'attitude des municipalités,
d'ouverture pour les locations de courte durée?
M.
Demers (Jacques) : C'est intéressant qu'on ramène ça aux
municipalités puisque, nous, ce qu'on a toujours dit : Ce n'est pas aux municipalités... puis on ne s'est pas battus
là-dessus pour les municipalités, mais bel et bien pour les citoyens.
Encore là, aujourd'hui ça va être le citoyen qui va décider. Si, dans une
zone... parce que, là, on dit : Oh! on brime
quelqu'un pour des revenus. Non, non, excusez, quand vous êtes arrivé là, le
zonage était déterminé, vous n'aviez pas le droit de le faire. Ça fait
que, si quelqu'un considère que tu habites une zone, mais, aujourd'hui, lève la
main : Je suis brimé, non, non, c'est... C'est important, quand il y a une
zone... c'est que les gens sachent... qui arrivent là, c'est de la façon... quelle production ou quelle
industrie que vous avez le droit d'y avoir. Où est-ce qu'on aurait brimé
les gens, c'est si on aurait permis au
voisin de chez eux d'arriver avec de l'industrie qui, là, oui, on pourrait dire
qui est payante, puis souvent on pourrait bien vouloir mettre des entreprises,
on ne veut pas. S'il y a un changement à faire aux municipalités, là, ce ne
sera pas à la municipalité, c'est les gens... S'il y a un secteur qu'ils disent
qu'ils en veulent, de la location à court terme, ça peut se changer n'importe
quand. On a le pouvoir, puis ça va être le citoyen qui va décider, c'est ça
qu'on a voulu protéger, parce que, dans les 800, vous allez voir que la
majorité...
La Présidente (Mme D'Amours) : En
terminant.
M. Demers (Jacques) : ...n'ont même pas été le faire, le changement, bien, parce
qu'eux autres n'en ont pas de besoin. Ce qu'ils ont eu peur, c'est de perdre
leur droit de zonage sur leur territoire.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Merci beaucoup, M. Demers. Maintenant, nous allons passer à la période
d'échange avec l'opposition officielle. Mme la députée, la parole est à vous.
Mme Lakhoyan Olivier : Merci, Mme la
Présidente. D'abord, merci beaucoup d'être venus. Je remercie la Fédération
québécoise des municipalités de nous présenter vos commentaires pour le projet
de loi n° 25 visant à contrer l'hébergement touristique illégal.
J'ai voyagé en hôtel et j'ai voyagé sur Airbnb,
et ça me surprend, depuis le début, que j'entends qu'Airbnb... Je prends
l'exemple d'Airbnb parce que je l'ai vécu. Quand on voyage en famille, on est
plusieurs puis on veut être ensemble, puis ça coûte moins cher, et puis je
trouvais que c'était bien géré comme plateforme, parce que, bon, ils exigeaient
les deux cartes d'identité, tu sais, la photo, et puis, bien, il fallait être
des bons locateurs, et puis il y avait des
bons... locataires et locateurs, voilà, et puis, bien, si on avait des plaintes
contre nous, bien, on nous enlevait le permis sur Airbnb, par exemple, tu sais. Puis ça me surprend d'entendre parler
tellement des problèmes où ils font leurs partys, et tout ça, parce qu'il y a des règles à suivre quand
on loue. Donc, ça, je ne comprends pas comment ça arrive. Est-ce que
vous pouvez expliquer là-dessus... Avez-vous...
M.
Demers (Jacques) : Bien, je ne défendrai pas chaque groupe puis ceux
qui veulent festoyer plus ou moins, mais vous avez raison que c'est un
modèle qui est très intéressant. Si vous allez à certains endroits, près du
Mont-Sainte-Anne, mettons, où est-ce que vous arrivez dans des quartiers où
est-ce que vous voyez les multilogements, là, pour
de la location à court terme, c'est tout de ça, ils sont les uns à côté des
autres. Alors, on est, des fois, 10, 12 personnes en train de festoyer autour du «charcoal» puis
d'avoir du plaisir, mais le voisin est sur cette ripe-là aussi puis l'autre
aussi.
La problématique, c'est quand ça arrive dans des
milieux résidentiels, dans des rues très tranquilles où est-ce qu'un groupe
rentre une journée puis, dans deux jours après, c'est un autre groupe, mais,
quand ils s'en vont là, ce n'est pas
nécessairement pour faire de la lecture sur le bord de l'eau. Ils sont là en
groupe, surtout les endroits où est-ce que
tu peux rentrer dans des maisons complètes. Bien, c'est ce qu'on a vécu. C'est
pour ça que je dis : Ce qu'on dit là, on ne vient pas de le vivre,
on le vit depuis 10 et 20 ans. Puis c'est ça que nos citoyens nous
disent : Heille! On avait dit qu'on arrivait dans cette zone-là parce que
c'était résidentiel, et qu'on ne voyait pas des changements de voisin aux deux
jours, puis que la fête prenait à cet endroit-là.
Puis, sur le bord des lacs, veux veux pas, le
son et plein d'éléments nous amènent à un autre niveau, mais, si vous voulez venir à Sainte-Catherine-de-Hatley,
dans le périmètre urbain, c'est permis. Heille! On est rendus qu'on
permet du six logements. Pour nous autres, c'est extraordinaire, là, tu sais,
on vient de densifier. C'est des choses qu'on est prêts à en faire à certains
endroits. Sinon, si on le permet ailleurs, on veut que ça soit le citoyen qui
en décide.
Mme Lakhoyan Olivier : Tantôt, vous
avez parlé de la décision... La dernière fois, il y a eu la loi... c'est-tu la loi n° 67? C'est-tu là que vous êtes venus puis
vous avez demandé qu'il y ait un référendum, que les citoyens et les
municipalités aient un pouvoir décisionnel? C'est-tu là-dessus? C'était-tu pour
ça, le projet... la loi n° 67?
M. Demers (Jacques) : Oui, c'est à l'intérieur de ça, c'est quand, au moins, dans
la loi, on avait ramené cet élément-là, où
est-ce qu'il y a eu un débat avant que ça soit mis en place, c'est là qu'on l'a
amené. On aurait aimé que ça reste
quand même de la même façon qu'on vit sur le reste du zonage, qu'on aurait pu
le faire dans une seule zone où est-ce qu'il
semble y avoir le besoin parce que des citoyens nous ont démontré du besoin,
mais là ce n'était pas ça. On devait le faire sur tout le territoire, sur toutes les zones. Même s'il y a des
zones qu'on sait qu'il n'y en aura pas à cet endroit-là, mais là il fallait le faire. C'est
ce qu'on a fait. C'est pour ça qu'on dit : C'était probablement correct de
ramener la démarche; est-ce qu'on peut l'alléger? Est-ce qu'on peut
trouver une façon où est-ce qu'on la ramène aux citoyens? Il faudrait
minimalement qu'il y ait deux ou trois personnes qui l'aient demandé, le fait
qu'on a de l'intérêt pour ça dans une zone, avant d'avoir une démarche qui est
coûteuse. C'est juste à ça qu'on accroche dans le dossier, puis je pense qu'il
y a une possibilité de l'améliorer.
Mme Lakhoyan Olivier : Donc, c'est
le zonage, vraiment, parce que, selon la loi, il faut aller par secteur.
C'est-tu... des divisions...
M. Demers (Jacques) : Oui, chacune des zones doit...
• (10 h 30) •
Mme
Lakhoyan Olivier : ...mais vous aurez... vous auriez préféré voir en
général, pour la ville.
M.
Demers (Jacques) : Non.
Mme Lakhoyan
Olivier : Non? Est-ce que je comprends mal?
M.
Demers (Jacques) : Non... oui, bien, on
aime ça que ça reste en zonage parce que ça n'oblige pas tout le monde à se
déplacer, mais, dans cette zone-là, est-ce qu'il y a quelqu'un qui a de
l'intérêt? Est-ce qu'on n'aurait pas pu
ramener ça plutôt aux citoyens? Si vous avez de l'intérêt, allez voir la
municipalité, on va l'ouvrir, le registre, parce que, dans votre secteur, on trouve des gens qui ont de l'intérêt, mais
là ce n'est pas ce qu'on est obligés de faire, on est obligés d'ouvrir dans tous les secteurs. C'est là
où est-ce que je pense qu'il y a quelque chose à corriger puis à alléger, là.
Mme Lakhoyan Olivier : Un de mes collègues
députés, je pense, il a demandé la question concernant comment ça
marche, le zonage, mais ce n'est pas pareil pour ce qu'il y a rapport avec les
locations du genre Airbnb, ce n'est pas pareil parce que c'est... il faut qu'il
y ait un référendum par région.
M.
Demers (Jacques) : Bien, c'est que la
formule qui a été mise en place, déjà, on coupait la moitié des gens. Tu sais, le calcul est un peu complexe, mais
qui ramène par zone... Le calcul qui se fait, là, on a décidé de
l'alléger en disant : Tout d'un coup
que les gens ont intérêt de s'obliger à aller au référendum, ça prenait la
moitié du nombre de signatures, ce
qui veut dire, chez nous... obligeait peut-être comme 15 signatures en moyenne
par zone. C'est pour ça que, chez nous, le plus qu'il y a eu, c'est deux
à un endroit, sur les quatre qui sont venus signer, c'est... Bien, c'est qu'en zonage il y a beaucoup de strates, il y a des...
Les paysages sont protégés. Où est-ce qu'on a des carrières, des
sablières, il y a des zones spécifiques. Il y a plein de couches, de strates qui
se mettent une par-dessus l'autre. C'est pour ça que l'important pour le
citoyen, c'est d'aller s'informer quand il s'installe quelque part.
Je pense
particulièrement, peut-être, à un entrepreneur qui voudrait s'acheter une
maison en pensant qu'il pourrait faire de la location. On ne voudrait pas que
lui se fasse avoir, à dire : Woups! J'ai acheté ça, maintenant, je n'ai pas le droit parce que je suis à 300 mètres
de l'autre municipalité dans laquelle j'avais le droit. C'est ces choses-là
qu'il faut... mais c'est complexe, le
zonage. On pourrait l'expliquer, mais il y a tellement d'éléments qui rentrent
les uns par-dessus les autres, puis
je ne rentre pas les zones humides et plein de choses que vous pourriez
retrouver à l'intérieur, qui vous
permettent de construire ou pas les... en tout cas, les bandes riveraines.
C'est bien le fun, mais c'est complexe.
Mme Lakhoyan Olivier : Je comprends. Je
comprends l'enjeu. Toutefois, nous, ici, pour le projet de loi n° 25,
qu'est-ce qu'on peut faire pour aider les municipalités? Est-ce qu'il y a
quelque chose que vous dites : Bien, regardez,
faites ceci parce que ça, c'est dans une autre loi, dans un autre ministère?
Donc, nous, qu'est-ce qu'on pourrait faire?
M. Demers (Jacques) : Non, bien, en général, on dit : Bien, contrairement à une certaine
entreprise, nous autres, on aime mieux se présenter, puis prendre les
questions, puis pouvoir y répondre. Je pense que c'est important à ce moment-ci
de ramener quand même l'autre... parce qu'avoir un impact pour nous autres.
C'est pour ça qu'on parle de celui-là, mais,
en général, le projet de loi n° 25, on est d'accord avec. On le dit d'emblée,
où est-ce qu'on trouve que c'est
bien, que les amendes... Peut-être la seule question qu'on se pose :
Revenu Québec va-t-il avoir assez de personnes pour pouvoir l'appliquer?
Ça, je ne peux pas en juger, là, vous êtes... vous avez tous aussi raison les
unes que les autres. Il va y avoir comment de demandes puis il va y avoir
comment... combien de personnes pour y répondre, ça, il va falloir le vivre
peut-être un peu avant.
Mme Lakhoyan Olivier : J'ai une question qui n'a
pas de rapport. Dernièrement, on a eu des... à Baie-Saint-Paul, il y a eu le gros problème, là, avec la rivière
qui a débordé, et puis je suis allée visiter les rues, les maisons. Les
citoyens, ils sont vraiment, vraiment très découragés. En tant que ville,
municipalité, ce qui est... parce que ce n'est pas toute la ville qui est
affectée, une petite partie, puis les autres parties, il y a des Airbnb, il y a
toutes sortes d'hébergement, et puis, dans une situation comme celle-ci, où les
gens n'ont pas une place à aller, est-ce que la ville peut faire de quoi pour
leur donner un hébergement?
M.
Demers (Jacques) : C'est une bonne
question. La ville ne détient pas nécessairement des bâtiments pour accueillir
les gens, mais j'ai eu la discussion avec le maire Michaël Pilote, qui est un
membre de notre conseil d'administration,
même chose du côté de Saint-Urbain, j'ai été rencontrer aussi la mairesse, Mme Simard, de ce côté-là, pour voir, mais on leur a dit qu'on laisserait un
peu le temps passer, quelques semaines, pour voir, après ça, avec eux,
puis on s'était donné un mois, un mois et demi pour faire un retour sur ce qui
s'est passé comme tragédie. Mais ce que vous amenez là fait partie des choses
qu'il va falloir analyser, mais, à ce stade-ci, je n'ai pas la piste de
solution ou réponse claire à votre question.
Mme Lakhoyan
Olivier : Est-ce que... Une dernière question, est-ce que les municipalités...
est-ce que vous trouvez que les municipalités ont ce pouvoir-là, donner des
permissions, les permis pour les Airbnb et les retirer dans une situation de
tragédie?
M. Demers (Jacques) : Je ne l'ai jamais vu, mais, des fois, je me dis :
Pourquoi pas, dans des cas spécials, de... faire des choses spéciales? Il y a
probablement... Moi, j'ai de l'ouverture à faire différemment quand il se passe
des choses. On pourrait nommer d'autres tragédies où
est-ce qu'on fait des choses différentes. Bien, ramenons Lac-Mégantic, une tragédie incroyable. De penser de
changer une voie ferrée... Plusieurs personnes nous diront : Bien,
des voies ferrées du bord de... en pleine ville puis près des cours d'eau, il y
en a partout au Québec, mais eux ont vécu quelque chose de particulier, est-ce
qu'on peut leur donner quelque chose de particulier? Je pense que c'est un peu votre demande. Moi, cette ouverture-là, je trouve
ça... Une sensibilité pour les gens de la région, c'est une très bonne
chose.
Mme Lakhoyan Olivier : Merci pour
votre temps.
M. Demers (Jacques) : Merci à vous.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Nous allons maintenant passer au deuxième groupe d'opposition. La parole est à
vous, M. le député.
M. Grandmont : Merci, Mme la
Présidente. J'ai combien de temps?
La Présidente (Mme D'Amours) : Vous
avez 4 min 8 s.
M. Grandmont : Parfait. Merci
beaucoup. M. Demers, Mme Drolet, bonjour. Merci d'avoir pris le temps de venir nous parler de votre appréciation de ce projet
de loi là. Évidemment, je comprends que vous êtes globalement très
favorables à ce que... à ce qui est proposé, donc je vais aller plutôt sur ce
qui... sur les autres propositions.
Vous parlez
du projet de loi n° 67, vous revenez là-dessus. Juste pour bien
comprendre, là, en fait, les... pour ce qui est des résidences
secondaires, donc, ça, ça passe par le zonage, et là, dans le fond, les
municipalités ont le loisir de jouer avec ça, éventuellement de le modifier,
mais les gens doivent être au courant, doivent s'informer avant de commencer à
faire la location de résidences secondaires. Pour ce qui est des résidences
principales, dans le fond, c'était jusqu'au
25 mars, les gens... Ça passait par un processus de référendum et ça a été une
mesure qui a été... bien, en tout cas, qui était soit très lourde et
coûteuse pour les municipalités, au point où, dans le fond, plusieurs ne l'ont
pas faite. Est-ce que ma compréhension est bonne?
M. Demers (Jacques) : Oui, c'est ce qu'on entend à plusieurs endroits. Il faut
peut-être faire une notion de zonage. Tu
sais, quand on dit «les résidences secondaires», vous avez raison, la loi
n'écrasait pas le zonage qui était présent sur les résidences secondaires, le faisait seulement que sur les
résidences principales, à moins que les gens... Puis on n'était pas tenu
au référendum, là, il faut s'entendre là-dessus, mais à ouvrir le registre, qui
pouvait amener au référendum, parce que...
Là, oui, là, le référendum, là, on parle de coûts tellement supérieurs, dans
les cas qui ont eu à en vivre, là, mais le registre était obligatoire
pour le garder, je vous dirais.
M. Grandmont : C'est ça, bien,
c'était un risque. Déjà, ouvrir le registre, il y avait des coûts liés à ça,
puis, si ça débouchait sur un référendum, bien, la municipalité était tenue de
le tenir, et il y avait des coûts encore plus importants. Donc, on aurait comme
manqué, en fait, une opportunité de bien consulter la population.
En page 9 de
votre mémoire, vous recommandez que soit analysé et revu tout le processus lié
à la modification de réglementation de zonage touchant la location à
court terme. Donc, vous recommandez qu'on reprenne, dans le fond, cette
consultation-là, mais sous d'autres moyens. Quelle formule vous privilégieriez?
M.
Demers (Jacques) : Bien oui, on avait jusqu'au 25 mars 2023 avant que
s'applique la loi, la loi est appliquée, mais les gens peuvent encore
aujourd'hui...
M. Grandmont : C'est toujours en
cours, d'accord.
M. Demers (Jacques) : Bien oui. Quelqu'un qui décide, qui veut... sa
municipalité... il dit... il lève la main, il vient de réaliser qu'il y a de
l'impact chez eux, il peut encore le faire. C'est pour ça qu'on le ramène en se
disant : On peut-tu leur permettre de trouver une recette plus allégée que
celle qui existe puis être certains qu'on a écouté les citoyens? Parce que
contre le référendum, là... on n'est pas contre ça, au contraire.
M. Grandmont : Non, je comprends.
M.
Demers (Jacques) : Ça, c'est le citoyen qui décide. On était contre
ouvrir un registre quand personne ne nous demande pas un registre, qui peut amener au référendum, mais, s'il y
aurait eu suffisamment de monde qui en veulent, bien, par la suite,
c'est la démocratie qui doit appliquer.
M. Grandmont : Parfait. Vous
m'éclairez bien sur la mécanique, je vous en remercie. Donc, quelle formule on doit privilégier? Est-ce que vous avez déjà des
idées, des réflexions par rapport à la nouvelle formule qui devrait être
mise en place pour arriver au même résultat sans nécessairement passer par
l'ouverture du registre?
M. Demers (Jacques) : Bien, minimalement, aller par les zones qu'il y a des
demandes. Tu sais, on le fait pour toutes sortes de raisons dans des zones où
qu'il y a des gens qui veulent une modification. Bien, il faudrait que ça vienne de la base. Il faudrait que ça vienne des gens qui
sont là, qui veulent le modifier. Puis là, à ce moment-là, on dit : Bon, OK, s'ils en veulent, à partir
de là, on rouvre le registre. On peut le faire. Certains diront c'est la même
chose. Non, non, il n'y a pas de coût. On est ouverts, devant nos citoyens, à
tous les mois... des gens qui veulent venir faire des demandes ou de l'écrire. On peut-tu trouver juste la formule allégée
qui va nous amener peut-être à 100 fois moins de zones qui seront
consultées?
M.
Grandmont : Donc, ce serait de repasser... de traiter les
courtes durées résidence principale à même le zonage aussi? Juste pour
bien comprendre.
• (10 h 40) •
M. Demers (Jacques) : Oui.
La Présidente (Mme D'Amours) : En
10 secondes.
M. Demers (Jacques) : Il faut toujours... Oui, ça passe quand même par le zonage,
ça, c'est évident.
M. Grandmont : Merci beaucoup.
M. Demers (Jacques) : Merci à vous.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci
beaucoup. Merci de votre visite.
Maintenant,
je suspends les travaux quelques instants afin de permettre aux prochains
invités de prendre place.
(Suspension de la séance à 10 h 40)
(Reprise à 10 h 46)
La Présidente (Mme D'Amours) : Nous
reprenons nos travaux. Et je souhaite maintenant la bienvenue à l'Union des
municipalités du Québec. Je vous rappelle que vous disposez de 10 minutes
pour votre exposé, puis nous procédons à la période d'échange avec les membres
de la commission. Je vous invite donc à vous présenter et puis à commencer
votre exposé.
Union des municipalités
du Québec (UMQ)
M. Deslauriers (Joé) : Alors, bien,
bonjour, tout le monde. Je me présente, Joé Deslauriers, maire de la municipalité de Saint-Donat et président du caucus
des municipalités locales de l'Union des municipalités du Québec.
M. Biuzzi
(Philippe) : Oui. Philippe Biuzzi, conseiller aux politiques à
l'Union des municipalités du Québec.
M.
Deslauriers (Joé) : Donc, bien, bonjour, Mme la ministre, Mme la
Présidente de la commission, messieurs dames,
aussi, membres de cette magnifique commission. Alors, je vous remercie de nous
recevoir aujourd'hui dans le cadre
des consultations sur le projet de loi n° 25 visant à lutter contre
l'hébergement touristique illégal. Je suis accompagné, comme vous l'avez
vu, de M. Biuzzi, de l'Union des municipalités du Québec, le conseiller
aux politiques.
Alors,
d'abord, j'aimerais rappeler, hein, toujours le fun de faire aussi un petit
historique, là, que l'UMQ a plus de 100 ans, hein, et on rassemble
les gouvernements de proximité de toutes les régions du Québec afin de
mobiliser l'expertise municipale, accompagner ces membres dans l'exercice de
leurs compétences et valoriser la démocratie municipale. Nos membres
représentent aussi plus de 85 % de la population du Québec et du
territoire.
D'emblée,
l'UMQ salue le dépôt du projet de loi et l'agilité des législateurs à répondre
rapidement aux problématiques liées à
l'hébergement touristique illégal, dû au malencontreux événement qu'on a vu en
mars... en mars. Le milieu municipal
est confiant que les mesures prévues dans la pièce législative visant à
responsabiliser les exploitants de plateformes et les exploitants
d'établissements d'hébergement touristique permettront de réduire l'hébergement
touristique illégal au Québec.
Particulièrement, l'union salue la création d'un registre d'établissements
d'hébergement touristique, dont les
établissements de résidence principale, qui deviendra un outil important
permettant aux municipalités d'optimiser l'inspection relative à la
réglementation d'urbanisme.
Toutefois, l'UMQ considère que le projet de loi
aurait pu aller plus loin, notamment en ce qui a trait à la mécanique pour
limiter l'exploitation d'établissements de résidence principale. Je mettrai
l'accent, évidemment, sur la présentation que vous allez entendre.
Par le passé, l'UMQ a salué l'introduction d'un
mécanisme d'approbation référendaire allégé prévoyant que la tenue d'un registre
référendaire est obligatoire et qu'à cette fin une demande valide de référendum
est réputée avoir été formulée dans toutes
les zones d'où peut provenir une telle demande. Alors, cette procédure visait à
concilier deux éléments, la facilité, pour
une personne physique de louer sa résidence principale et d'en tirer un revenu
d'appoint et la préoccupation des
municipalités d'assurer une bonne cohabitation entre les différents usages et
la quiétude de notre population. Pour l'union, ce mécanisme représentait
alors une manière pour les municipalités de conserver un certain contrôle sur
cet usage commercial.
Cependant, à l'usage,
force est de constater que le mécanisme présente un défi puisqu'il est lourd et
coûteux pour les municipalités. Nous
aimerions ici vous donner des exemples frappants qui démontrent clairement le
mécanisme avec la réalité du terrain. On
parle de la ville de Magog, dans la région de l'Estrie, qui a procédé à
l'exercice réglementaire au cours de
l'automne dernier. La ville souhaitait conserver l'exploitation des
établissements de résidence principale dans les zones où cet usage était déjà permis par sa réglementation, et ce,
sans restriction. Pour ce faire, la ville a dû adopter
492 règlements distincts, soit un pour chaque zone visée. Elle a tenu
aussi 492 registres. Ainsi, la ville de Magog a dû répertorier le nombre
de personnes habiles à voter sur la quasi-totalité du territoire pour être en
mesure de calculer le nombre de signatures requises au registre et forcer la
tenue d'un référendum.
• (10 h 50) •
On a aussi la
ville de Lévis, qui est sortie dernièrement aussi, au-delà de
1 000 zones à vocation majoritairement résidentielle, et elle ne prévoit pas limiter l'exploitation d'un
établissement de résidence principale... pardon... d'environ 550 des quelque 1 600 zones de son
territoire. Donc, elle a dû adopter 1 049 règlements,
1 049 registres référendaires, et donc apposer la signature du
greffier et du maire à plus de 2 000 reprises sur les documents.
Donc, on a pu voir dans ces différentes municipalités là que le processus est
un peu plus difficile, difficile pour les municipalités.
Donc, l'UMQ considère que la limitation d'un
usage commercial ne devrait pas être aussi complexe. Les municipalités sont les
mieux placées pour savoir où ce type d'usage devrait être permis, où il devrait
être limité, considérant les caractéristiques des milieux dans lesquels ils
s'inscrivent.
De plus, la mécanique prévue par la Loi sur
l'hébergement touristique empêche les municipalités de procéder par une refonte réglementaire pour introduire des
dispositions qui limitent l'exploitation d'établissements de résidence principale. Alors, il est possible d'introduire
des dispositions ayant pour effet d'interdire l'exploitation d'un
établissement de résidence principale uniquement par des règlements distincts.
Alors, c'est pourquoi que l'Union des municipalités du Québec recommande de ne
plus assujettir la limitation de l'exploitation d'établissements de résidence
principale à la procédure d'approbation référendaire particulière.
Aussi, dans le cas où l'article 23 n'est
pas modifié conformément à la recommandation, l'union propose de permettre la limitation de l'exploitation
d'établissements de résidence principale par le biais des refontes
réglementaires. Alors, ce qu'on propose,
c'est, lorsqu'une municipalité désire aller en refonte réglementaire, qu'elle
puisse avoir... qu'on puisse conserver le processus d'approbation
référendaire actuel.
Maintenant, nous traiterons des pouvoirs de la
ministre du Tourisme. La Loi sur l'hébergement prévoit qu'à la demande d'une municipalité la ministre peut
suspendre ou annuler l'enregistrement d'un établissement d'hébergement
touristique, et ce, dans le cas où un exploitant d'établissement ou un client
d'un établissement de résidence principale commet, au cours d'une période de
12 mois, deux infractions prévues par tout règlement municipal en
termes... en matière d'usage, de nuisance,
de salubrité ou de sécurité en lien avec l'exploitation de l'établissement pour
laquelle il a été déclaré coupable.
L'union est d'avis que la loi devrait prévoir un délai maximum de 30 jours
à l'intérieur duquel la ministre doit prendre une décision et en
notifier la municipalité concernée, parce qu'on croit... on croit en
l'encadrement. On est très contents aussi
d'avoir été... que la ministre ait pu autoriser ce moyen-là, d'avoir les deux
constats d'infraction... reconnu coupable par les cours municipales. Un
coup que le travail est fait par la municipalité, alors on demande à la
ministre, dans les 30 jours, d'autoriser la suspension et/ou le retrait de
l'attestation. Il en va de soi de la confiance du public dans les processus mis
en place par la Loi sur l'hébergement touristique.
Alors,
l'union recommande de prévoir dans la Loi sur l'hébergement touristique un
délai maximal de 30 jours à l'intérieur duquel la ministre du
Tourisme doit prendre une décision et en notifier la municipalité concernée
lorsque celle-ci a formulé une demande conforme à l'article 12 de la loi
sur l'hébergement touristique et à l'article 10 du Règlement sur
l'hébergement touristique.
Avant de terminer, l'union tient à rappeler que
les municipalités ne sont pas uniquement responsables de l'application de la Loi sur l'hébergement
touristique ou de ses règlements. Comme le prévoit la loi, le ministre des
Finances est responsable, par le biais de Revenu Québec, des inspections et des
enquêtes prises en vertu de cette loi. Ainsi, les inspecteurs de Revenu Québec
ont juridiction autant sur les établissements touristiques légaux que sur la
location à court terme illégale. Les
nouvelles interdictions et obligations prévues dans le projet de loi n° 25
nécessiteront assurément que Revenu
Québec dispose d'un nombre suffisant d'inspecteurs. Il faut avoir les moyens de
nos ambitions, sans quoi il sera
peut-être difficile d'atteindre les objectifs visés par le projet de loi.
Alors, c'est pourquoi que l'Union recommande aussi de s'assurer que
Revenu Québec dispose des nombres suffisants d'inspecteurs pour pouvoir remplir
ses fonctions d'inspection et d'enquête relatives à la Loi sur l'hébergement
touristique afin de lutter efficacement contre la location à court terme
illégale.
Alors,
évidemment, les municipalités sont bien positionnées pour faire respecter
l'ensemble de nos règlements de nuisance pour assurer une quiétude à nos
citoyens, mais on croit aussi que Revenu Québec et le ministère du Tourisme
doivent assurer la qualité de la Loi sur l'hébergement touristique. Je vous
remercie de votre attention.
La
Présidente (Mme D'Amours) : Merci beaucoup. Nous commençons la période
d'échange avec la ministre. La parole est à vous.
Mme Proulx : Merci, Mme la
Présidente. M. Deslauriers, M. Biuzzi, bienvenue. Merci de votre présence. Un
correctif extrêmement important à faire, ici : il n'y a, et je le
rappelle, aucun lien de cause à effet entre l'incendie, le grave et tragique
incendie à Montréal en mars dernier... entre l'hébergement touristique illégal
et cet incendie-là. Parce que je rappelle
aux gens de la commission que la malheureuse première victime qui a été
extirpée des décombres avait un bail en bonne et due forme, donc, de
signé auprès du propriétaire de l'établissement.
Deuxième élément
extrêmement important, il y a une enquête du coroner qui est en cours, Mme
Kamel, donc, rapport qu'on attend tous avec
beaucoup d'impatience, mais il serait inapproprié ici de créer un lien de cause
à effet entre l'incendie tragique de Montréal et le présent projet de
loi parce que, déjà, en août dernier, alors qu'on était en campagne électorale,
les équipes du ministère, que je salue, d'ailleurs, savaient déjà qu'il y avait
des modifications réglementaires qui devaient être apportées au projet de loi n° 100.
On est allés beaucoup plus loin que ça, à la
lumière du deuxième mandat que m'a confié le premier ministre, à la tête du ministère du Tourisme, et plutôt que
d'aller avec une... modification, pardon, réglementaire, on arrive avec
carrément un tout nouveau projet de loi.
Ceci dit, pour ce qui est des nuisances
municipales, dont on avait longuement discuté, vous et moi, dans le précédent
projet de loi, le projet de loi n° 100, où la ministre peut annuler,
révoquer ou suspendre, donc, un numéro d'exploitation
de la résidence principale si, donc, un exploitant est trouvé coupable d'un
minimum de deux nuisances, on doit
dire que, jusqu'à présent, aucune amende n'a été signifiée, donc, à des
exploitants jusqu'à présent. Donc, la quiétude est là, il y a un respect
qui existe entre ceux qui font de la location courte durée avec les gens qui,
donc, utilisent ces espaces-là.
Par contre,
je vous entends, là, du délai maximum de 30 jours, c'est une chose à laquelle
on va très certainement s'intéresser,
mais, pour le moment, il n'y a eu aucune infraction ou double infraction qui a
été commise en lien avec la réglementation municipale qui parle, entre
autres, de la salubrité ou encore de la nuisance qui aurait pu être rapportée
aux équipes du ministère du Tourisme en lien avec l'exploitation courte durée.
Autre chose, ce qui a trait aux enquêteurs de
Revenu Québec, les dernières mises à jour... pardonnez-moi, qui vont du 1er avril au 28 février...
C'est-tu ça? OK, 1er avril au 28 février 2023, c'est tout près de
5 millions de dollars qui ont été émis en amendes et
infractions par les équipes de Revenu Québec, qui étaient en infraction, donc,
avec la loi.
Deuxième
élément très important : au dernier budget, le ministre des Finances a annoncé
qu'il y aurait davantage d'inspecteurs de Revenu Québec, mais, au-delà
des inspecteurs additionnels de Revenu Québec, on rappelle qu'à travers le projet de loi n° 25,
on donne davantage d'outils aux municipalités, aux arrondissements et, par
effet collatéral, aux inspecteurs de
Revenu Québec, pour s'assurer, donc, d'une plus grande conformité. Avec le
registre, hein, ça permet non
seulement aux citoyens, à Revenu Québec, mais également aux municipalités, de
s'assurer de la conformité de ceux qui voudront faire de l'exploitation
courte durée à travers la résidence principale, d'une plus grande conformité.
On s'attend à ce qu'il y ait davantage de conformité, d'ailleurs, au Québec, ce
qui va permettre, donc... Malgré le fait qu'il
y aura un nombre d'inspecteurs supplémentaires qui vont être déployés de la
part de Revenu Québec, on est convaincu qu'il va y avoir une plus grande
conformité, donc qu'il y aura beaucoup moins d'hébergement touristique illégal
au Québec. Donc, des sommes qui étaient dédiées au dernier budget.
En ce qui a trait aux inspections de Revenu
Québec, augmentation constante, depuis 2020‑2021, du nombre d'inspecteurs.
Optimisation du processus, on le voit à travers le projet de loi n° 25, ce
qui, donc, outille les villes, les municipalités, les arrondissements et Revenu
Québec, évidemment, à terme dans le projet de loi n° 25. Donc, on est
convaincus qu'il y aura une plus grande conformité, mais, à la lumière des
chiffres dont je vous partage le contenu aujourd'hui,
on ne parlera pas de comment procède Revenu Québec, c'est leur prérogative et
ça doit demeurer comme ça... que près de 5 millions de dollars
ont été, donc, perçus à travers les enquêteurs de Revenu Québec pour des gens
qui étaient non conformes à l'égard de la loi n° 100.
Je vous
entends sur vos recommandations et vos demandes à l'égard de l'article 23.
On va faire... on va s'y attarder, on
va regarder ça. Heureuse de savoir que vous êtes heureux d'avoir un registre
d'établissements d'hébergement touristique, donc, à l'article 4 du
présent projet de loi. Et, en ce qui a trait à vos inquiétudes relatives, donc,
à Revenu Québec, moi, je tente de vous
rassurer, ici, je suis convaincue qu'il y aura une plus grande conformité. «The
name of the game» a changé, on a une
imputabilité, maintenant, qui est non seulement sur celui qui veut exploiter et
mettre quelques milliers de dollars dans ses poches à travers la
résidence principale, maintenant, il y aura une grande imputabilité qui va être
sur les épaules des plateformes, qu'elles soient transactionnelles ou non.
• (11 heures) •
On le répète,
que les non transactionnelles, par voie réglementaire, la ministre pourra en
tout temps, lorsqu'elle le juge à
propos, les soumettre, donc, à des conditions qu'elle jugera à propos, pour les
plateformes non transactionnelles, mais pour les transactionnelles,
donc, des amendes extrêmement sévères. Je rappelle également que les
plateformes transactionnelles auront l'obligation, à travers l'adoption du
projet de loi n° 25, d'avoir une espèce de mandataire, un représentant au
Québec, représentant qui devra donner son nom, son adresse, son numéro de
téléphone, son courriel, bref, les
informations que la ministre juge nécessaires et qu'elle pourra additionner
dans le temps si elle souhaite avoir davantage d'information de ce
mandataire-là au Québec. Non seulement que les agents de Revenu Québec puissent
entrer en contact avec ce mandataire-là au Québec, parce qu'on l'a vu, ce n'est
pas toujours facile d'entrer en contact avec
des plateformes transactionnelles, il y en a 19 qui opèrent au Québec, donc, il
y aura l'obligation d'avoir un mandataire basé au Québec, qui pourrait être un notaire, un avocat, une firme de
comptables. En fait, la plateforme transactionnelle pourra décider de
qui sera responsable, donc, de pouvoir entrer en contact avec la ministre, et,
également, à chaque année, ledit représentant de la plateforme devra entrer en
contact avec la ministre. Ce sera beaucoup plus simple, d'ailleurs, pour
pouvoir signifier une amende, d'avoir ce dit représentant là au Québec.
Je vous
remercie de votre présence. À vous deux, M. Deslauriers, merci de votre
présence, merci d'avoir déposé un mémoire
à la Commission de l'économie et du travail de l'Assemblée nationale pour le
projet de loi n° 25. Merci infiniment de votre présence. Je ne sais
pas s'il y a des collègues, Mme la Présidente, qui souhaitent poser des
questions.
La Présidente (Mme D'Amours) : M. le
député, à vous la parole. Allez-y.
M. Caron : Merci,
Mme la Présidente. Je suis, moi aussi, issu du monde touristique, puisque j'ai
opéré, j'opère toujours, un petit établissement au bord d'un lac. Tout à
l'heure, ceux qui vous ont précédés nommaient les choses très clairement, à
savoir que cette nécessité d'encadrer, finalement, était attendue par la
population. Et j'ai bien aimé que votre...
la personne qui vous précédait tout à l'heure indique qu'au final c'est pour
protéger et préserver, bien souvent, la quiétude des citoyens qui
choisissent, à un moment donné dans leur vie, de s'établir au bord d'un plan
d'eau pour vivre, parfois, une retraite paisible et que, subitement, bien, le
portrait change complètement.
Donc,
moi, j'ai vu, bien entendu, d'un bon oeil, et puis on va remonter un petit peu
plus loin, là, les interventions du ministère
du Tourisme pour exiger que des normes soient respectées pour les
établissements touristiques. Puis, finalement, je trouve que c'est tout
le Québec qui en bénéficie, au grand complet, puisqu'aujourd'hui, bien, on
sait, lorsqu'on vient de l'étranger, que, lorsqu'on va venir en vacances au
Québec, eh bien, selon des normes qu'on a établies par le passé, on va pouvoir
fréquenter un établissement qui corresponde à nos besoins.
Maintenant, du côté
des municipalités, je suis convaincu que c'est aussi un outil bien intéressant,
notamment, d'avoir un fidèle portrait de la
situation touristique, finalement, puisqu'on comprend que, s'il y a un attrait
touristique, forcément il va y avoir de l'hébergement qui va naître autour de
tout ça. Donc, je voulais vous entendre un petit peu sur l'importance de ce
futur registre qui sera mis en place pour être un outil supplémentaire aux municipalités
et dans quelle mesure est-ce que les municipalités pourraient en tirer un
bénéfice plus grand encore.
M.
Deslauriers (Joé) : Bien,
évidemment, on salue l'entrée en vigueur de ce... ou le registre qui va s'en
venir. Puis évidemment je n'ai pas parlé des
gains que nous avions faits par le passé par rapport à, justement, là, ces deux
constats d'infraction là en termes de nuisance au niveau des municipalités.
J'ai exprimé, dans une antérieure commission parlementaire,
le fait qu'évidemment, hein... Puis Saint-Donat, là, je peux en témoigner
aussi, on est une municipalité de villégiature. Les gens ont choisi ce
petit coin de paradis là pour avoir une paix, une tranquillité.
Et je l'ai dit
d'emblée, moi aussi, tu sais, je crois à l'hébergement touristique, je crois à
la location à court terme bien faite. J'aime entendre la ministre aussi
lorsqu'elle parle et qu'elle mentionne qu'au niveau de la province elle s'attaque à ces géants-là, de... on dit les
Airbnb, VRBO, chalets. Et nous, on fait un peu le même processus, mais
envers les locateurs au niveau des règlements de nuisance par le biais des
municipalités. Donc, évidemment, la province fait son bout de chemin, et les
municipalités aussi. On doit et on peut faire un bout de chemin. Et c'est pour
ça que l'arrimage entre les deux, le fait que... en ayant les constats
d'infraction, reconnus coupables par la Cour municipale, qui prennent un
certain délai — au
niveau municipal, c'est un peu long, mettons, ça peut prendre quatre, cinq,
six, sept, huit mois — alors,
le fait d'avoir un délai de 30 jours venant de la ministre, ça va venir
aussi rassurer notre population et nos citoyens. Parce que, pour eux...
Souvent, on entend parler de la location à court terme ou de l'hébergement touristique à cause de ce qu'on entend. Mais
souvent, dans 90 %, 95 % des locations à court terme, tout se passe
bien.
Alors,
évidemment, on salue ce registre-là, auquel nos équipes municipales, la Sûreté du Québec, nos équipes de patrouille
municipale vont être capables de s'assurer que les locations qui se font sur
notre territoire, on sait exactement où est-ce qu'ils se font, puis on
va être capables d'intervenir un petit peu plus rapidement.
Mais, évidemment, le
fait d'encadrer cet usage-là, pour nous, c'est un superbon moyen. Parce que,
vous l'avez dit, la perte de certains
hébergements sur les territoires, dans les plus petites municipalités, dans les
petits villages, bien, je pense que la location à court terme,
l'hébergement touristique, devient une alternative très intéressante. Mais on
se doit de l'encadrer. Alors, c'est... Évidemment, nous ce qu'on... le point
qu'on focusse énormément, c'est l'encadrement de cet usage-là. Donc, ça se fait
au niveau provincial à grande échelle et, après ça, ça se fait au niveau
municipal à plus petite échelle.
M. Caron : Puis
je vais aborder un angle qui n'est pas celui qu'on imaginait peut-être ce
matin, mais moi, justement — et
je prends l'exemple vécu en résidant au bord d'un lac — je me
rends compte aussi que, sur le plan environnemental,
l'impact est parfois considérable, parce qu'on sait que les municipalités
émettent des permis pour qu'on puisse construire un champ d'épuration,
et puis... en tout cas, un système septique qui soit adapté à ce que nous avait
annoncé à l'origine le propriétaire pour l'usage, mais, en réalité, on se rend
compte que, bon, on a un hébergement qui... ou une maison, une résidence
principale dans laquelle il y a deux chambres, mais, au final, il y a
20 personnes qui se retrouvent là, sur ce terrain-là, pendant un jour ou
plus.
Donc, on parlait,
tout à l'heure, de la question du party, de la nuisance tout autour de tout ça,
mais comment est-ce que vous voyez aussi cette.... Est-ce que vous trouvez
qu'on va vous aider aussi sur le plan environnemental, c'est-à-dire... d'encadrer aussi bien tout ça, est-ce que ça peut être
un outil qui va vous permettre d'intervenir en disant : Écoutez, là
on fait face à une situation, le taux d'occupation va au-delà de ce qu'on
imaginait, et donc l'impact sur l'environnement peut être important, notamment
en bordure des lacs?
M. Deslauriers
(Joé) : Bien, vous savez, en matière environnementale, disons que les
municipalités... Il y a des lois provinciales qui existent en matière
environnementale et notamment au niveau des installations septiques, au niveau
du q-2, r. 22. Évidemment, lorsqu'on émet un permis de construction au niveau
des municipalités, le bâtiment doit être conforme au q-2, r. 22. Alors,
évidemment, comme vous le mentionnez, s'il y a deux chambres à coucher,
l'installation septique est faite en fonction de deux chambres à coucher. Si
c'est une trois chambres, l'installation est faite aussi en conséquence.
Mais vous savez
qu'avec les pouvoirs qu'on a, au niveau de la Loi sur les compétences
municipales ou le Code municipal, là,
Philippe, il y a moyen d'encadrer ça au niveau des municipalités, et le fait d'avoir...
d'être capable d'envoyer des constats d'infraction au niveau des
nuisances... puis, oui, on l'a vu au niveau... en termes de sécurité publique,
mais aussi au niveau de l'environnement, et ça, on est capables d'encadrer
cette nuisance-là également.
M.
Caron : OK. C'est tout pour moi.
La Présidente (Mme
D'Amours) : 1 min 40 s.
M. Caron : Écoutez,
moi, je vous remercie. Est-ce que certains de mes collègues auraient d'autres
questions à adresser? C'est tout pour nous. Merci.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. Nous sommes maintenant rendus à la période
d'échange avec la députée de Chomedey. La parole est à vous.
Mme Lakhoyan
Olivier : Merci, Mme la Présidente. Bonjour.
• (11 h 10) •
M. Deslauriers
(Joé) : Bonjour.
Mme Lakhoyan
Olivier : Merci d'être venu ici. C'est très important, votre présence
afin qu'on puisse vous demander les
questions. Vous dites que... Attendez. J'ai beaucoup de questions, beaucoup de
pages, donc... L'Union des municipalités du Québec existe depuis 100 ans, et puis vous
connaissez très bien les besoins des municipalités, que ce soient des grandes villes, petites villes. Et puis
vous êtes pour le projet de loi n° 25 en général, mais vous nous
donnez vos conseils. Et puis vous parlez
d'une... que l'application du processus est difficile et coûteuse, puis là vous
avez apporté les exemples des villes, comment c'est compliqué. Mais ici
on parle des... de gros problèmes. Les enjeux qu'on entend souvent parler,
c'est l'enregistrement, si l'enregistrement est légal ou non. Donc, on va
encadrer avec cette mesure de loi. Et l'autre, c'est les nuisances, les
nuisances de la ville.
Avant que j'arrive à
ma question, je me demande si un locataire qui vient pour un week-end, puis ils
sont 20, d'habitude, les Airbnb de ce monde, c'est bien réglementé, ils
n'auront plus un permis pour revenir s'ils font quelque chose qui est hors de ce qui est demandé. Donc, si on fait une plainte,
la plainte serait contre le propriétaire qui a loué, ces personnes-là ne
reviendront pas. Comme vous avez mentionné, c'est... 80 %, 85 %, il
n'y a pas de problème. Les problèmes, c'est minime.
Donc,
d'abord, vous dites que ça prend six à sept mois pour la municipalité à
réglementer ou à porter le problème au ministère et vous demandez au
ministère 30 jours. Là, ce que j'essaie de savoir... Ces locataires-là ne
reviendront pas, d'abord. Donc, même le
locateur n'a pas voulu parce qu'il y a des règles que les locataires doivent
suivre. Est-ce que vous pensez... La ville prend six mois, puis vous
demandez au ministère un mois. Est-ce que c'est logique, d'abord? Deuxièmement,
est-ce qu'on perd le temps à cause d'une situation d'un locataire qui n'a pas
respecté les consignes? Je dis Airbnb parce que je voyage avec Airbnb, donc
Airbnb, qui est très sévère aussi envers les gens où il y a des plaintes, et
tout ça, donc si... le locateur va écrire qu'ils n'ont pas respecté.
Par
exemple, une petite parenthèse, quand j'ai voyagé... on a voyagé en famille au
Japon, mais là il y avait des règles :
il fallait faire le recyclage, les vidanges, le compostage, séparer dans chaque
sac, il fallait sortir. Puis, tu avais un commentaire sur le locateur
par rapport... de locataire... locateur, locataire... le propriétaire envers
moi en tant que... locataire, c'est ça.
Donc, considérant
tout ça pour un cas problématique, est-ce que vous ne croyez pas qu'on est en
train de perdre le temps, six mois aux municipalités, et puis on demande au
ministre un mois, rapido presto, une réponse? D'abord, pourquoi la municipalité
prendrait six à sept mois? Et, deuxièmement, est-ce qu'on perd le temps
avec tout ce processus-là pour un cas, pour une situation problématique?
M. Deslauriers
(Joé) : Je vais essayer de répondre à votre commentaire et question.
Mme Lakhoyan
Olivier : C'est compliqué, hein? Je m'excuse.
M. Deslauriers
(Joé) : Non, non, mais, tu sais, d'abord et avant tout, on n'est pas
ici pour faire le débat du 80 %, ou
90 %, ou 95 % des locations qui se portent bien. Vous savez, le message
qu'on envoie à la population, c'est ce qui est important. Et je pense
qu'avec le registre, avec la force que le ministère va prendre dans ce projet
de loi là en lien avec les plateformes numériques, ça va envoyer un message
qu'ils ne peuvent pas publier n'importe quoi.
Et les municipalités
sont là pour faire respecter leurs règlements. Oui, on peut dire que quatre,
cinq mois au niveau de la cour municipale, ça peut être long, puis le 30 jours
peut paraître court, mais c'est que tout le processus et le travail des constats
d'infraction, tout le processus légal, voire pénal, va avoir été fait par la
municipalité. Donc, évidemment, c'est un
processus qui est un peu plus long pour nous. Le fait que, lorsqu'on va
transmettre au ministère du Tourisme,
le fait que, lorsque les municipalités vont juger qu'après deux constats
d'infraction... reconnu coupable par la cour municipale, bien, on va demander à la ministre de suspendre, dans
un premier temps, l'attestation. Et ça, évidemment, on s'adresse aux
locateurs.
Et vous l'avez dit,
un groupe de 20 personnes, bien, les municipalités peuvent aussi encadrer par
le biais des règlements d'usage conditionnel. Comme, puis je donne un exemple,
chez moi, là, ce qu'on souhaite proposer à la population,
c'est que c'est deux personnes par chambre. Donc, évidemment, s'il y a un
groupe de 20 qui s'en vient, bien, ils
pourraient avoir un constat d'infraction en termes de nuisance ou en termes de
non-respect de l'usage conditionnel pour lequel on va avoir émis un
certificat d'autorisation annuel pour cette location à court terme là.
Donc, évidemment, moi, c'est beaucoup plus sur
le message qu'on envoie pour rassurer, parce qu'on a tous et toutes le même
citoyen, hein, qu'on soit au niveau de la province, qu'on soit au niveau des
municipales... des municipalités, c'est le même citoyen
qui est au bout de ligne. Donc, si, au niveau de la province, on prend en
charge les grandes plateformes puis, au
niveau des municipalités, on prend en charge nos règlements de nuisance, bien,
on va arriver à faire en sorte de... le plus possible garantir cette
quiétude-là du voisinage que les gens ont choisie, hein? Souvent, ils ont adopté un petit coin de paradis
qui fait qu'ils ne veulent pas que cette quiétude-là soit altérée par un
usage autre que résidentiel. Mais on est là, avec les règlements de nuisance
municipale, pour le faire respecter.
M. Biuzzi (Philippe) : Je
continuerais peut-être. La loi est en vigueur depuis le 25 septembre 2022, là,
donc on est encore dans une période d'essai pour les demandes faites par les
municipalités pour suspendre ou annuler le numéro
d'enregistrement. Cela dit, puis ce qui est vraiment important, c'est qu'il y a
quand même... ça s'adresse autant aux exploitants qu'aux clients. Et,
quand il y a deux infractions qui sont commises, bien, on peut faire une
demande dès ce moment-là, mais il faut quand même aller chercher une
déclaration de culpabilité.
Puis, quand
vous parlez de plusieurs mois, c'est là où c'est vraiment... ça peut prendre du
temps en cour municipale, tout ça. Mais, une fois qu'on a la déclaration
de culpabilité, puis je pense que les citoyens s'attendent à ça, il faut qu'on
soit capables de faire une demande à la ministre puis que, rapidement, il y ait
une réponse. C'est-à-dire, une fois qu'on a
nos déclarations de culpabilité, il n'y a pas vraiment de raison qui justifie
qu'on ne vienne pas annuler ou suspendre.
Puis là c'est bien clair dans la loi aussi, là, on commence par une suspension
puis on va graduellement vers une annulation si ça se reproduit.
Mme Lakhoyan Olivier : Si... une
maison est à louer pour 20 personnes, puis ils ont dépassé le minimum requis.
Comment la ville... Est-ce que... La ville, comment ils le sauraient pour
donner les infractions?
M. Deslauriers (Joé) : Là, on rentre
vraiment dans le comment au niveau des municipalités, là. C'est l'objet de la commission. Je vais quand même répondre. Ce
que je dis, ce que j'ai souvent dit à la population, c'est que, souvent,
certaines locations à court terme, on n'en entend pas parler, puis ils sont
peut-être quatre ou cinq par chambre. Donc, si on n'en entend pas parler, s'ils
ne causent pas de nuisance à leurs voisins directs, bien, évidemment, il n'y a
pas de plainte, donc, évidemment, la location s'est bien passée.
On peut encadrer aussi le nombre de
stationnements, donc une voiture par case de stationnement. Donc, si la résidence à deux cases de stationnement,
interdiction de stationner sur la voie publique. Alors, évidemment, nous, on
a... pour les municipalités qui ont des patrouilles de sécurité. En ayant ce
fameux registre là, on va être capables de dire à nos équipes : Sillonnez le territoire. Si vous voyez un endroit où
est-ce qu'il y a 10 voitures sur le chemin public, bien là... puis, si
c'est une location à court terme, bien là, évidemment, on va aller cogner à la
porte puis voir ce qu'il en est.
Mme Lakhoyan Olivier : Ah oui?
M. Deslauriers (Joé) : Mais, sinon,
quand tout se passe bien, on n'a pas de raison et on n'interviendra pas quand
tout se passe bien.
C'est vraiment... c'est ce pouvoir-là que la
ministre nous avait donné à l'époque, après deux constats, de demander de
suspendre. C'est tout l'aspect, puis je répète parce que c'est très important,
ce que M. Biuzzi a dit, c'est tout l'aspect légal et pénal qui va avoir été
fait en amont par les municipalités. Et, lorsqu'on est rendus à la ministre,
bien, normalement, les aveux de culpabilité de la cour municipale, elle les a
entre les mains, il y en a deux, et la ville demande à faire suspendre dans un
premier temps. Et, si la ville juge qu'après quatre constats d'infraction... ou
trois ou quatre, là, de mémoire, il y a lieu de retirer, on va l'envoyer à la
ministre puis on va lui demander de retirer cette attestation-là parce que les
nuisances pour lesquelles le locateur aura été reconnu coupable sont assez
importantes qu'elles sont venues altérer la quiétude du voisinage. Donc, on
demande d'arrêter cette location à court terme là. Donc, c'est vraiment... C'est un processus qu'on fait en amont au niveau
des municipalités par le règlement de nuisances de presque toutes
sortes, là, sécurité publique, environnement, etc.
Vous parliez des matières résiduelles. Bien,
évidemment, dans le guide du bon locateur de l'union, on est à la troisième
mouture du guide du bon locateur. Les municipalités vont sûrement en produire
aussi. On va s'inspirer de ce qu'on a fait, et les locateurs vont avoir
l'obligation de distribuer ce guide du bon locateur aux locataires pour
s'assurer que les locataires respectent. Et, vous savez, les constats d'infraction
sont quand même là aussi au niveau des municipalités pour les règlements de
nuisance, donc...
Puis vous parliez vraiment des... Je pense
qu'Airbnb cote, là, évalue ou... en tout cas, les locataires sont évalués, et le locateur peut évaluer. Je ne sais
pas si c'est le cas des autres plateformes numériques, mais ça aussi,
c'est important. Mais ça, c'est Airbnb. Mais les autres, VRBO, chalet et... je
ne sais pas, il y en a 15, 16,17...
• (11 h 20) •
Une voix : 19.
M.
Deslauriers (Joé) : ...19,
ce n'est peut-être pas le cas pour tous les autres. Ça fait que le fait d'être
capable d'encadrer en amont, on pense que c'est bien.
Mme Lakhoyan Olivier : J'ai-tu
le temps? Oui.
Vous
avez mentionné ici... attendez... oui. Donc, vous accueillez positivement le
projet de loi n° 25. «Cependant, dans sa mouture actuelle,
le projet de loi représente une occasion ratée pour aborder et régler les
nombreuses problématiques liées à l'application de la mécanique prévue par la
Loi sur l'hébergement touristique pour limiter l'exploitation
d'établissements de résidence principale.» Donc, vous parlez du mécanique de
l'exploitation qui est lourd et coûtant. Est-ce que vous pouvez expliquer
encore un peu, s'il vous plaît, là-dessus?
M. Deslauriers (Joé) : Bien,
dans le fond, le processus, puis, je le répète, là, on avait convenu ensemble
antérieurement, mais là force est de constater qu'à l'usage, on... En tout cas,
au niveau des municipalités, on avait peut-être un peu sous-estimé ou
sous-évalué l'ampleur du travail qu'il y avait à faire dans ce processus
d'approbation référendaire particulier. Puis j'oserais dire aussi que ça vient
un peu mélanger les citoyens aussi, parce qu'il y a des citoyens qui n'en veulent pas, il y a des citoyens qui en veulent. Donc,
quand c'est de la location ou de l'hébergement touristique régulier, il
y a un processus, et, quand c'est dans la résidence principale, là c'est un
autre processus. Donc, les citoyens se trouvent mêlés.
La Présidente (Mme
D'Amours) : En terminant. En terminant, monsieur.
M. Deslauriers (Joé) : Ah?
OK. Oui. En terminant, donc, évidemment, ce processus... et, après usage, on
s'est rendu compte qu'il était peut-être un
petit peu plus lourd qu'attendu. On le voit avec certaines municipalités
actuellement, c'est... Merci.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci beaucoup. Maintenant, je cède la parole au député de
Taschereau. La parole est à vous.
M. Grandmont :
Oui, Mme la Présidente, avec le consentement des collèges, je vais peut-être...
je demanderais à récupérer la 1 min 40 s qu'il restait de la
partie gouvernementale.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Commencez puis je vais revenir avec votre... avec la
décision. Vous pouvez commencer.
M. Grandmont : OK. Bien, en fait, je
pense... bien, un petit point d'ordre, là, c'est qu'il faut que j'aie le
consentement. Donc...
La Présidente (Mme
D'Amours) : Oui, c'est ça. Exactement. On vient de me dire que ça
prend le consentement. Est-ce que j'ai le consentement de la partie
gouvernementale pour récupérer la 1 min 40 s?
Mme Proulx :
Oui.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. Allez-y, M. le député.
M. Grandmont :
Merci beaucoup. D'abord, merci beaucoup pour votre présentation. Merci pour
votre participation à si brève échéance. J'ai déjà été de l'autre côté. Je sais
ce que c'est que de pondre un mémoire assez rapidement, rassembler ses idées et
travailler ça, évidemment, avec tous les partis que vous représentez aussi.
J'aimerais vous
amener rapidement sur... d'abord sur la question, là, de Revenu Québec. Mme la
ministre a souligné, tout à l'heure, là,
qu'il y avait eu pour 5 millions d'amendes. Je ne sais pas si c'est par année
ou si c'est au total, là. En tout cas. On pourra peut-être avoir le
détail de ça, là. Mais vous soulignez l'importance d'avoir... que Revenu Québec
se dote de suffisamment d'agents pour être capables de faire leur travail sur
le terrain. Donc, qu'est-ce que ça... si vous amenez ça, c'est que vous jugez que, finalement, actuellement, il
n'y a pas un travail suffisant qui est fait de la part de Revenu Québec? Est-ce... Dans le fond, j'aimerais que vous... que vous alliez un peu
plus loin sur cette réflexion-là, là.
M. Deslauriers
(Joé) : Bien, vous savez, lorsqu'est déposé un projet de loi comme ça,
bien, évidemment, on y va de recommandations. On voit un peu ce qui se passe
sur le terrain. Donc, on veut juste s'assurer que le message qui est envoyé,
c'est que, lorsqu'il y a un projet de loi comme ça qui est déposé, on veut
nécessairement envoyer le message que les ressources doivent être suffisantes
pour faire appliquer le règlement. On se le fait dire au niveau municipal.
Donc, évidemment, nous, comme interlocuteur, comme vous l'avez mentionné, du
palier municipal, bien, on vous l'envoie en disant : Il faut juste
s'assurer qu'il y ait les ressources nécessaires au niveau de Revenu Québec, qui est un autre ministère, là, qui n'est pas...
qui ne fait pas l'objet de... d'ici, là. Mais on veut juste s'assurer qu'il y
ait les ressources nécessaires.
M.
Grandmont : OK. Donc, ce n'était pas parce que vous jugiez qu'il y
avait nécessairement un manque actuellement, mais plutôt parce que vous voulez
vous assurer que le message continue à être réitéré puis que les inspections
vont se faire.
M. Deslauriers
(Joé) : Bien, je pense que, là, avec le projet de loi qui va être
déposé, toutes les annonces illégales qui
sont faites... Déjà là, là, on parlait, il y a eu des milliers et des milliers d'annonces,
là, qui ont été retirées, évidemment.
Donc, c'est sûr que le travail va être un peu moins ardu et compliqué,
j'imagine. Mais on souhaite quand même le mentionner.
M. Biuzzi
(Philippe) : J'ajouterais peut-être qu'on vient quand même ajouter des
interdictions puis des obligations. Puis
c'est l'article 55 de la Loi sur l'hébergement touristique qui dit que
c'est Revenu Québec qui doit... qui est responsable de l'inspection. En rajoutant ces obligations-là, on
veut juste s'assurer que Revenu
Québec puisse vraiment les
faire valoir puis qu'il y a un effet sur le nombre d'hébergements touristiques
illégal, donc à la baisse, ce qui vient aider les municipalités également.
M. Grandmont : Parfait. Merci. Sur
vos recommandations 1 et 2, bon, vous revenez sur l'article 23 puis vous dites aussi, dans la recommandation 2,
là, vous dites que, si... dans le cas où l'article 23 n'est pas modifié,
bien, de permettre la limitation de
l'exploitation d'établissements de résidence principale par le biais d'une
refonte réglementaire. J'aimerais que vous expliquiez parce que je ne
vois pas... bref, manque d'information un petit peu, là, à ce niveau-là, là,
sur la question de la refonte réglementaire.
M. Biuzzi
(Philippe) : Bien là, on est purement dans l'aménagement et
l'urbanisme. En fait, une municipalité, à chaque cinq ans, doit revoir son plan d'urbanisme. Donc, elle refait
aussi sa vision de l'urbanisme dans sa municipalité. Et il y a un
processus qui est permis, là, qui permet de prendre un règlement de zonage et
de remplacer le règlement de zonage actuel. Puis, en fait, c'est tout simple. À
l'article 23, au deuxième paragraphe, il est prévu que seul un règlement
qui vient modifier peut contenir une disposition qui limite l'exploitation
d'établissements d'hébergement touristique
dans une résidence principale. Nous, ce qu'on vient de dire, c'est que, si on
vient mettre également «remplacer», bien, on va pouvoir procéder par une
refonte réglementaire.
M. Grandmont : Au niveau de la
municipalité.
M. Biuzzi (Philippe) : Exactement.
M. Grandmont : OK. Donc, c'est le...
OK.
M. Biuzzi (Philippe) : Puis, juste
pour être clair également, là, cette refonte réglementaire là, je sais que
c'est très technique, il y a quand même tout le processus d'approbation
référendaire qui s'applique pour l'ensemble de la municipalité sur le plan
d'urbanisme.
M. Grandmont : Super. Merci beaucoup
pour ces précisions.
J'aimerais
revenir sur quelque chose que mon collègue a nommé tantôt, la question des
installations septiques. Parce que vous avez parlé des nuisances, que
les municipalités étaient outillées pour être capables d'intervenir quand il y avait des nuisances, puis peut-être même des
pistes intéressantes, là, de suivi, nombre de voitures dans la rue, nombre
de personnes autorisées par chambre. Actuellement... puis que, dans certains
cas, ça se passe généralement bien.
Maintenant,
je suis quand même sensible à la question, là, de la capacité des municipalités
à accepter les débits d'eaux usées
qui sont générés par une forte utilisation, une surcapacité, disons, dans une
résidence louée... louée via les plateformes.
Est-ce que c'est une réflexion que vous avez de votre côté? Je sais qu'il y a
des municipalités, malheureusement, j'oublie
le nom, là, mais, dans Charlevoix, il y a une municipalité, entre autres
choses, où il y avait de l'hébergement de type Airbnb qui était fait, et ça dépassait, mais largement, la capacité
des installations pluviales ou, en tout cas, des égouts sanitaires, là,
de la municipalité. Est-ce qu'il y a une réflexion à ce niveau-là, du côté de
l'UMQ, pour s'assurer qu'on est capables, au-delà des répercussions
environnementales... mais la capacité à recevoir ces eaux usées là?
M. Deslauriers (Joé) : La question,
elle est bonne, et le commentaire était aussi pertinent. En matière environnementale, on est aussi géré par des lois
provinciales, puis évidemment, là, le q-2, r. 22, comme j'ai mentionné tantôt, est appliqué. Les villes, tu sais, se
doivent de faire appliquer le fameux q-2, r. 22. Donc, c'est une
préoccupation. Puis évidemment, et là je
parle pour la municipalité de Saint-Donat, on est en réflexion, à savoir :
Est-ce que, pour une location à court
terme de dites résidences secondaires, qui se fait normalement vidanger, qui
n'est pas au niveau du système d'égout
de la municipalité, mais un système personnel... ils se font vidanger aux
quatre ans, et là on regarde pour que ce soit obligé d'être vidangé aux deux ans lorsque c'est des résidences aussi
secondaires. Puis, au niveau des principales, je ne sais pas si on a le pouvoir de dire qu'on voudrait les
faire vidanger à l'année au lieu d'aux deux ans, justement pour
prévenir.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Merci beaucoup. Je vous remercie pour votre contribution aux travaux de la
commission.
Je suspends les travaux quelques... Non, pardon.
Je suspends les travaux... après les avis touchant les travaux des commissions,
vers 15 h 15. Merci.
(Suspension de la séance à 11 h 29)
(Reprise à 15 h 25)
La Présidente
(Mme D'Amours) : À l'ordre, s'il vous plaît! La Commission de l'économie et du travail reprend ses
travaux. Je demande à toutes les personnes dans la salle de bien vouloir
éteindre la sonnerie de leurs appareils électroniques.
Nous poursuivons les
consultations particulières et auditions publiques sur le projet de loi
n° 25, Loi visant à lutter contre... à lutter, pardon,
contre l'hébergement touristique illégal. Cet après-midi, nous
entendrons les témoins suivants : M.
David Wachsmuth, professeur associé, Université McGill,
l'Association Hôtellerie du Québec et Association hôtelière de la région
de Québec.
Je souhaite maintenant la bienvenue à nos
invités. Je vous rappelle que vous disposez de 10 minutes pour votre
exposé, puis nous procédons à un... une période d'échange avec les membres de
la commission. Je vous invite donc à vous présenter et à commencer votre
exposé.
M. David
Wachsmuth et Mme Cloé St-Hilaire
M. Wachsmuth (David) :
OK. Merci beaucoup. Je vous...
Je vous remercie pour l'occasion que vous m'accordez de m'adresser à la Commission
de l'économie et du travail au sujet du projet de loi n° 25. Je m'appelle
David Wachsmuth et je suis professeur agrégé à l'École d'urbanisme de
l'Université McGill et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en
gouvernance urbaine. Je suis accompagné d'une des membres principales de mon
équipe de recherche, Cloé St-Hilaire, doctorante en urbanisme de
l'université de Waterloo.
Notre équipe a mené plusieurs dizaines de
recherches sur les locations à court terme au Québec et ailleurs. Aujourd'hui,
nous souhaitons aborder quelques points concernant le projet de loi n° 25,
et plus particulièrement les plateformes de location à court terme et leur
conformité, étant donné qu'il s'agit de notre domaine d'expertise.
Nos points concernent les progrès liés au projet
de loi n° 25, la responsabilité des plateformes, l'applicabilité de la
réglementation et le contenu à la disponibilité des données. Nous fondons notre
opinion sur nos recherches approfondies sur la location à court terme au Québec
et ailleurs et sur notre expérience en matière d'élaboration et d'analyse des
politiques avec les gouvernements municipaux et provinciaux.
Puis, tout
d'abord, nous sommes d'avis que le projet de loi n° 25 représente une part
positive pour la réglementation des
locations à court terme au Québec. Nous avons précédemment décrit l'approche du
Québec en matière de réglementation
des locations à court terme comme un modèle pour le reste du Canada. À notre
avis, il y a deux points importants à faire à ce sujet.
Premièrement, le gouvernement provincial assume
la responsabilité d'un système d'enregistrement unique pour l'ensemble du territoire. Il est essentiel que tous les opérateurs
de location à court terme soient enregistrés afin que leurs annonces anonymes en ligne puissent être
reliées à des identités réelles. Le fonctionnement d'un système
d'enregistrement implique
d'importantes économies d'échelle, et laisser ce travail à chaque municipalité
est un gaspillage de ressources et conduit... conduira inévitablement à
une application faible ou inexistante des exigences d'enregistrement.
Deuxièmement,
le gouvernement provincial délègue de manière appropriée la responsabilité aux
municipalités de décider des règles et des
restrictions plus détaillées concernant l'endroit et la manière dont les
locations à court terme devraient être autorisées. Certaines
municipalités peuvent souhaiter être extrêmement strictes avec les locations commerciales de courte durée, car, comme l'ont démontré
nos recherches, les... les locations commerciales de courte durée
imposent des coûts élevés aux communautés sous la forme d'une diminution de la
disponibilité et de l'abordabilité des logements. Il est important que les
municipalités disposent des ressources nécessaires pour instaurer et appliquer
les règles locales.
Cependant, la précédente mise en oeuvre de ce
système réglementaire, dans les projets de loi nos 67 et 100, présentait deux
problèmes importants, selon nous : le premier est que la plateforme
n'était pas tenue responsable de l'application
de l'obligation d'enregistrement de toutes les locations de courte durée, le
second est que les municipalités n'ont pas eu le soutien nécessaire pour
faire respecter leurs règles locales. Nous aborderons brièvement chacun de ces
problèmes.
Puis nous sommes heureux de lire, dans le projet
de loi n° 25, l'inclusion de l'article 20.1, qui impose aux plateformes la responsabilité de s'assurer
qu'elles n'affichent que des annonces dont les numéros d'enregistrement
sont valides. Nous savons, d'après nos propres recherches, et cela a été
largement couvert par les médias également, que la plupart des hôtes de location à court terme ignoreront simplement les
exigences d'enregistrement, à moins qu'ils ne soient forcés de s'y conformer par les plateformes telles qu'Airbnb et
VRBO. Nous savons également que ces plateformes ne se conformeront pas volontairement à des règles qui restreignent
leurs activités. Il est donc approprié d'imposer une responsabilité
explicite aux plateformes, comme cela a été fait à l'article 20.1.
• (15 h 30) •
À la suite de l'incendie tragique du Vieux-Port,
Airbnb a accepté de supprimer les annonces ne comportant pas de numéro
d'enregistrement. Cette mesure a entraîné une baisse significative du nombre
d'annonces illégales de location à court
terme dans la province, bien qu'Airbnb n'ait pas accepté de vérifier la
validité de ces numéros d'enregistrement,
ce qui signifie que je pourrais entrer 1-2-3-4-5-6-7 dans le champ du permis et
voir mon annonce affichée sur Airbnb. Mais il est inacceptable que le
Québec doive attendre une tragédie pour que cette entreprise prenne les mesures qu'elle aurait dû prendre depuis des
années. De plus, les autres plateformes de location à court terme
continuent d'autoriser des annonces qui sont manifestement illégales, n'ayant
pas de numéro d'enregistrement. L'inscription dans
la loi de l'obligation pour les plateformes de ne pas afficher les annonces de
location à court terme ne détenant pas de numéro d'enregistrement et de
ne pas conclure de contrat de location avec des logements qui ne respectent pas
la loi officialisera le rôle que les plateformes de location, à court terme,
doivent jouer dans le respect des réglementations de la province.
Nous sommes également ravis de lire, à
l'article 21.2, la création d'un registre public des établissements d'hébergement touristique qui contiendra des
informations telles que le numéro d'enregistrement, les dates de
délivrance et
d'expiration, le statut de l'enregistrement et tout autre renseignement
déterminé par règlement du gouvernement. Il s'agit d'une avancée
encourageante en matière de transparence. En tant que chercheurs, nous avons
constaté à plusieurs reprises que les informations limitées ou trompeuses sur
la location de courte durée ont empêché le public de bien comprendre la
question et ont également entravé l'élaboration d'une politique publique
appropriée. Un registre public contribuera à résoudre ce problème.
Nous pensons, en particulier à la lumière du
projet de loi n° 67, qu'il est essentiel que le registre comprenne le type
de licence accordée aux hébergements touristiques, à savoir la distinction
entre les opérations de résidences... résidences
principales et les opérations commerciales. D'après nos recherches, nous savons
que les locations commerciales à
court terme à temps plein sont... sont responsables de manière disproportionnée
des impacts négatifs sur la communauté, tels que l'accessibilité et
l'abordabilité du logement, les évictions, les nuisances de voisinage et les
problèmes de santé et de sécurité tels que ceux que nous avons vus dans le
tragique incendie du Vieux-Port en mars dernier.
Le projet de loi n° 67 permet d'obtenir un
numéro d'enregistrement pour une location à court terme exploitée dans une
résidence principale dans toutes les municipalités du Québec, mais plusieurs
municipalités ont interdit ou fortement restreint les locations commerciales à
court terme sur leur territoire. Il est donc essentiel que les municipalités
puissent faire la distinction entre les... les logements bénéficiant d'une
licence de résidence principale et tous les autres types de licence. Bien que
cette information puisse être communiquée séparément et en privé aux
municipalités, un meilleur résultat, du point de vue d'un gouvernement
transparent, serait que cette information soit disponible dans le registre
public.
À notre avis, l'un des rôles les plus importants
que le système d'enregistrement provincial pourrait jouer est de centraliser la
collecte d'information sur les opérations de location à court terme, et donc de
permettre le transfert efficace de ces informations de la province aux
municipalités. Nous espérons que l'établissement d'un registre public
représentera une amélioration du statu quo à cet égard.
Nous recommandons également fortement que les
informations contenues dans le registre soient mises à disposition dans un
format agrégé afin que les citoyens, les groupes de logement et les chercheurs
puissent accéder aux données sur les hébergements touristiques et mener des
recherches. La disponibilité des données ayant toujours été un obstacle majeur
à la recherche sur les plateformes de location court terme, le fait de disposer
d'une source d'information accessible, détaillée et légitime contribuerait à garantir
un suivi équitable d'un secteur qui affecte les communautés d'une manière qui
est souvent mal comprise.
De plus, étant donné que les locations à court
terme suscitent un vif intérêt de la part du public depuis un certain nombre d'années, et pas seulement depuis
l'incendie à Montréal, nous recommandons que la province s'engage à établir des rapports réguliers sur le respect de
la loi et sur les mesures d'application de la loi à... oui, à l'inspection
qui pourrait être incluse dans le registre
public. Ces rapports contribueraient à renforcer la confiance du public dans le
fait que les opérateurs et les plateformes de location à court terme respectent
les lois du Québec.
En résumé, le projet de loi n° 25
représente une étape positive majeure dans la lutte contre les illégalités dans
le marché de la location à court terme, mais il reste encore des étapes
importantes à franchir.
Nous aimerons vous remercier à nouveau de nous
avoir donné l'occasion de partager nos idées avec la commission. Nous sommes heureux de répondre à toutes questions
supplémentaires. Mais, comme je parle suffisamment bien le français pour
lire cette remarque mais pas assez pour répondre spontanément à de nombreuses
questions, maintenant, je vais passer le micro à ma collègue Cloé St-Hilaire,
de l'université de Waterloo, qui pourra répondre aux questions. Merci beaucoup.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci
beaucoup pour votre exposé. Nous allons maintenant commencer la période
d'échange. Mme la ministre, la parole est à vous.
Mme
Proulx: Merci, Mme la Présidente. Pr Wachsmuth, Mme St-Hilaire. M. Wachsmuth, votre français, il est parfait. Et je salue, d'ailleurs, que vous ayez eu
la gentillesse de rédiger votre mémoire, avec vous, Chloé, entièrement
en français puis de faire cet exposé-là. Je vous en remercie infiniment. C'est
la deuxième fois qu'on a l'occasion de collaborer ensemble, tous les trois,
puis je vous remercie infiniment.
Titulaire de la Chaire, également, de recherche
du Canada en gouvernance urbaine, vous dites que l'approche du Québec, c'est un modèle au Canada. Mais, pour
pouvoir se comparer aux autres provinces canadiennes, et alors que vous faites des études avec la chaire de recherche
du Canada en matière de gouvernance urbaine, pour bien se comparer, il
faudrait avoir une espèce d'état de situation de l'état de l'hébergement
touristique de type courte durée dans les provinces canadiennes qui ont
beaucoup de touristes. Je pense à la Colombie-Britannique, par exemple, je
pense à l'Alberta également, qui accueille énormément de touristes, l'Ontario,
les Maritimes. Est-ce que vous êtes en mesure de faire un portrait des
difficultés que rencontrent les provinces canadiennes à l'égard de
l'hébergement de type Airbnb courte durée sur leurs territoires?
Mme St-Hilaire (Cloé) : Oui, en
fait, bien, c'est sûr que, présentement, la régulation Airbnb se fait plus à
l'échelle de la ville qu'à l'échelle de la province. Donc, le Québec, c'était
la première province à, justement, vouloir instaurer
un système d'enregistrement qui était à l'échelle de la province et non à
l'échelle de la ville. On parle beaucoup de Vancouver, on parle beaucoup
de Toronto comme étant les deux premières villes qui ont fait des régulations
pour les locations à court terme de type Airbnb.
Vancouver, justement, a fait un système
d'enregistrement qui était obligatoire pour toutes les locations à court terme et ont permis les locations à court
terme seulement dans les résidences principales. Donc, c'est une interdiction
des opérations commerciales, à Vancouver. Bon, Airbnb
s'était également engagé à enlever toutes les annonces qui n'avaient pas de
numéro d'enregistrement lorsqu'ils ont passé cet enregistrement-là.
Toronto a
fait quelque chose de similaire, mais avait une échappatoire à l'enregistrement
qui était sur Airbnb, mais que tes
réservations sont plus de 31 jours, tu n'as pas besoin d'avoir un numéro
de licence. Donc, ça a créé une grosse conversion
des annonces Airbnb à des réservations de 32 jours pour... de
31 jours et plus pour pouvoir échapper à la loi.
Présentement,
justement, je crois qu'il y a beaucoup de mouvements dans plusieurs provinces
pour essayer d'avoir un système d'enregistrement puis de contrôler les
Airbnb, il va y avoir plusieurs systèmes d'enregistrement. Mais ce qu'il est
important à se rappeler, c'est que chaque ville doit et va avoir ses propres
règles par rapport à l'hébergement à court
terme. Il y a certaines villes qui ont une grande économie de tourisme, donc
c'est peut-être des villes dans lesquelles les opérations à temps plein
via Airbnb seraient plus envisageables. Mais, dans des villes où est ce qu'il y
a une crise de logement, par exemple, ces
règles-là vont sûrement être différentes. L'important, c'est que les règles soient
différentes. Mais, ultimement, ce qui est nécessaire en termes de régulation
est le même, donc, c'est... D'avoir un système centralisé, tel que ce que le Québec propose, est positif dans ce
sens-là parce que la centralisation de, justement... L'agrégation de
données, la vérification des données, c'est quelque chose qui peut se faire à
partir de plusieurs géographies, mais les municipalités peuvent décider,
d'elles, ce qu'elles veulent sur leur territoire.
Mme Proulx: C'est un modèle qui évolue
extrêmement rapidement, hein? On s'est vus il y a quelques années à peine, on voit les stratagèmes sur le Web
se raffiner, si je peux utiliser ce mot-là, au fil des ans. Puis ce
n'est pas le propre de l'industrie touristique. L'ensemble des secteurs économiques,
au Québec et partout à travers le monde, sont victimes, donc, de petits
traquenards de petits coquins qui utilisent, donc, le Web pour venir contourner
les lois.
Est-ce que
vous êtes témoins, à la lumière de vos études que vous faites ici, au Québec et
ailleurs, des stratagèmes qui pourraient s'opérer sur le Web en matière
d'hébergement touristique illégal? Vous savez qu'on va avoir des poignées
réglementaires, là, pouvoir agir en temps réel contre les petits coquins là
puis ajouter des mesures venant restreindre
leurs possibilités d'opération ou restreindre le carré de sable, si je peux
m'exprimer ainsi. Est-ce qu'à la lumière de vos recherches dans l'Ouest canadien, à Vancouver, à Toronto, vous
avez eu des témoignages de ce vers quoi vous entendez parler, comme
chercheurs, des stratagèmes qui pourraient être exploités par ceux qui veulent
contourner les lois dans les provinces canadiennes, excluant le Québec?
• (15 h 40) •
Mme St-Hilaire (Cloé) : Bien, la
première qui nous vient à l'esprit, qu'on n'a pas pu couvrir dans notre présentation, mais qui est dans notre mémoire,
c'est vraiment la période d'enregistrement. Donc, si, justement, on...
on n'oblige pas l'enregistrement des hôtes,
s'ils offrent juste des réservations de plus de 31 jours, c'est difficile,
après ça, de savoir si ces opérateurs-là vont, dans le biais d'une autre
plateforme, faire des réservations à plus courte durée sur... peu importe dans
le style d'intermédiaire. Ça fait que le fait que les informations pour ces
hôtes-là n'existent pas, ils vont rester
anonymes, ça a toujours été le problème des plateformes à court terme. Ça,
c'est probablement la plus grande échappatoire
que nous voyons, là, dans les systèmes d'enregistrement qui ont cette
faille-là. Donc, le Québec l'avait... l'a présentement, Toronto l'a
aussi, Vancouver ne l'a pas. Donc, ça, ce serait la première chose qu'on
démontrerait.
Après ça,
même si l'enregistrement est obligatoire pour tout le monde sur la plateforme,
sans exception, ce qu'on voit, nous,
dans nos analyses réglementaires, c'est des gens qui utilisent un numéro de
licence pour plusieurs adresses différentes. Donc, si c'est un hôtel, on
peut comprendre qu'il y ait 32 numéros de licence pour l'hôtel, on
comprend. Mais nous, dans le fond, on est en
mesure de voir s'il y a un numéro de licence qui est utilisé à plusieurs
adresses qui ne pourraient pas être
la même adresse. Airbnb ne divulgue pas les adresses, comme vous le savez,
mais, pour nous, c'est possible de savoir, dans un rayon de
200 mètres, environ, les adresses approximatives. Ça fait que, si c'est
au-delà de ça, bien, on voit que c'est une licence qui est dupliquée, donc non
conforme.
Ça fait que ça, ce seraient les deux plus
grosses échappatoires, là, présentement, que nous avons remarquées, là, dans
nos analyses.
Mme Proulx : Airbnb a déclaré, un
peu plus tôt aujourd'hui, qu'avec le projet de loi n° 25,
ce qu'ils prétendent, c'est que je demande
que le gouvernement du Québec demande à Airbnb de faire essentiellement le
travail des fonctionnaires. Vous répondez quoi à une déclaration comme
celle-là? Et je vous rappelle qu'Airbnb a refusé, là, de venir témoigner en
commission parlementaire. Est-ce que vous jugez que c'est le travail des
fonctionnaires?
Mme St-Hilaire (Cloé) : Airbnb est
en mesure de faire ce qu'on lui demande. C'est une loi d'opération commerciale,
dans le fond, ça fait qu'ils sont en mesure de se mouler à la loi et de
respecter la loi. Ce serait très possible pour Airbnb, justement, que les hôtes
mettent leurs numéros de permis sur le site Web, qu'Airbnb vérifie que le
numéro de licence puis ce qu'ils mettent comme pièce jointe dans leurs annonces
soient vérifiables. Ils n'ont pas besoin de le faire manuellement, c'est
quelque chose qui peut être fait par un ordinateur, il peut y avoir des
reconnaissances. On peut même peut-être demander de vérifier les adresses, même
si c'est quelque chose qui fait en sorte que ça se voit bien. Mais ultimement
est-ce qu'on demande de faire le rôle d'un fonctionnaire? Non. Il y a une loi qui
est appliquée, et on demande justement à Airbnb de s'assurer qu'elle opère dans
les prémisses de la loi.
Mme Proulx: Dans
les autres provinces... Parce qu'on a été la première province canadienne, là,
avec le projet de loi n° 100, là, à venir... un,
arriver avec la résidence principale, deux, demander aux municipalités... Bon,
je ne passerai pas tout le bataclan, là, sur lequel on est passé au travers des
années. C'était d'ailleurs, initialement, un allègement réglementaire, on se
rappellera, avec le PL n° 100 pour pour l'hébergement
touristique, c'était d'ailleurs une demande des
hôteliers. Que pensent les hôteliers, d'ailleurs, au Canada, de la nouvelle loi
qui vient... en fait, le projet de loi, je devrais dire, qui a été déposé
par... par le Québec?
Mme St-Hilaire
(Cloé) : Je ne connais pas nécessairement ce que les provinces, dans
d'autres localités, parlent du projet de loi
n° 100, 67, 25. Je dirais que ces soucis-là par rapport, justement, à la
complication des locations à court terme, de l'enregistrement, et tout,
est quelque chose qui est survenu dans d'autres instances hôtelières, dans
d'autres provinces. Ça fait que la centralisation, justement, d'un système
d'enregistrement qui, pour les hôteliers, peut-être, serait plus simple et une meilleure
façon aussi de surveiller la location à court terme, je pense que c'est quelque
chose qui n'est pas juste au Québec, c'est un souci qui va... qui va être dans
les autres provinces également.
Mme Proulx :
Pr Wachsmuth, vous avez dit que vous souhaiteriez qu'il y ait des rapports
réguliers sur la performance de la
loi. C'est d'ailleurs un peu ce que l'équipe du ministère... les équipes, je
devrais dire, du ministère — que
je salue, d'ailleurs, qui sont ici aujourd'hui — ont fait, là, dès août
dernier, là, pour voir la performance du projet de loi n° 100, se rendant compte, bien évidemment, là, qu'on
devait avoir un resserrement majeur, raison pour laquelle on arrive avec
le nouveau projet de loi n° 25 et non pas juste des
modifications réglementaires, des rapports réguliers sur la performance. Or, on
se donne, à travers ce projet de loi là, tous les outils nécessaires,
réglementaires, là, pour venir agir en temps
réel. Est-ce que vous jugez qu'il y aurait d'autres outils qu'on devrait mettre
de l'avant pour améliorer notre surveillance et les rapports réguliers,
je devrais dire, sur la performance de la loi, si elle devait être adoptée?
Mme St-Hilaire (Cloé) : Oui. Bien, il y a
plusieurs choses, dans le fond, que... pour notre équipe, qui seraient nécessaires. Donc, on parle justement du registre
qui permettrait justement la distinction de toutes les annonces pour
voir si elles sont légitimes, si, justement,
c'est une résidence principale ou une résidence secondaire. Ce genre
d'information là, si c'était dans un
registre public qui était accessible, au moins, ça, ça nous permettrait de
faire des recherches qui sont beaucoup
plus détaillées, beaucoup plus vérifiables, beaucoup plus... avec lesquelles on
aurait beaucoup plus de confiance.
Quand on parle,
justement, d'émettre des rapports pour le public, on parle des inspections, de
voir, justement, c'est quoi, le type de légalité des annonces, juste les
efforts qui ont été mis en place pour, justement, vérifier que les opérations à court terme, elles sont légales. On
pense à la ville de Vancouver, justement, qui fait les rapports à chaque
année pour parler de l'état de ses lois, le nombre d'inspections qu'ils ont
eues, le nombre d'appels qu'ils ont eus, le nombre d'amendes qu'ils ont données, juste pour, justement, être capable
d'augmenter la confiance du public, mais de pouvoir permettre à des
chercheurs ou des chercheuses comme nous de faire les recherches.
Et là je veux... je
veux revenir sur le point de la résidence principale. D'avoir cette
information-là, pour des chercheurs comme
nous, est nécessaire. Parce que, justement, avec le projet de loi n° 67,
les opérations dans les résidences principales, elles sont permises
partout, faute de référendum. Mais après ça, la difficulté de prouver que c'est
une résidence principale, bien, les municipalités ont besoin des données. Nous
aussi, on peut contribuer en faisant des recherches,
donc c'est vraiment... c'est vraiment dans ce style-là de registres, mais aussi
de rapports annuels, ou trimestriels, ou peu importe, qui permettraient
justement un meilleur suivi puis une meilleure confiance du public par rapport
à la situation Airbnb, VRBO et toutes les plateformes, là.
Mme Proulx :
Proposition fort intéressante, là. Les équipes du ministère en prennent bonne
note, sachez-le. Ailleurs au Canada, est-ce qu'il y a des amendes qui sont
imposées aux plateformes transactionnelles pour l'émission d'une annonce qui
n'est pas juste, qui est inexacte, qui a été retirée, mais qu'ils mettent
néanmoins en ligne? À votre connaissance, est-ce qu'il y en a?
Mme St-Hilaire
(Cloé) : Je crois que c'est New York, la seule place qu'ils ont
ça. New York, je crois que c'était même il y a récemment, là, ça fait très
longtemps qu'ils s'occupent des Airbnb, mais c'est très récemment qu'ils ont
dit : OK, s'il y a une annonce qui est illégale, par annonce, par jour, on
va facturer la plateforme qui fait l'affichage d'annonces qui ne sont pas
réglementaires. De notre connaissance, il n'y a pas d'autres places au Canada
qui font ça. La responsabilisation de la plateforme, c'est quelque chose qui
est quand même assez récent puis quand même assez propre, là, au Québec et au
Canada, présentement.
Mme Proulx :
Oui. Parlant de la responsabilisation des plateformes, vous faites le
comparatif avec la ville de New York, je pense que c'est un bon comparatif.
Comment font-ils pour signifier les amendes? Est-ce que... Bon, il y a un siège social, évidemment, là, du côté
des États-Unis, qui est basé à San Francisco... qu'il m'apparaît, peut-être
que je fais erreur, là, plus facile de
signifier une amende américaine à une entreprise qui a un siège social aux
États-Unis. Ailleurs au Canada, à qui on signifie les amendes, s'il y a
des amendes? Ailleurs dans le monde, comment on fait pour signifier les amendes?
Parce que la plupart des entreprises de type Airbnb sont souvent dans des pays
paradis fiscaux où ça devient, un, extrêmement difficile d'entrer en
contact avec eux. Là, on l'a vécu ici, les équipes du ministère, raison pour
laquelle, d'ailleurs, on demande un représentant au Québec. Donc, ailleurs dans
le monde, ailleurs au Canada, quand il y a des amendes, à qui ils signifient?
Mme St-Hilaire
(Cloé) : Vous comme nous ne savons pas vraiment ces practicalités-là,
ce n'est vraiment pas dans notre aire
d'expertise, malheureusement, je pense que c'est le problème des plateformes et
de l'intermédiation, justement. Avec
Uber ou Airbnb, la practicalité de la chose est obscure. Donc, je pense, c'est
quelque chose, justement, qui va se formaliser avec des efforts comme
les vôtres, mais ce n'est pas vraiment quelque chose que nous, on se spécialise
là-dedans.
Mme Proulx : Bien,
peut-être que dans vos recherches, peut-être qu'on pourrait vous aider
là-dedans, et avec une obligation d'avoir un représentant avec lequel la
ministre et le ministère pourra entrer en contact en tout temps, ne serait-ce
que pour prendre des nouvelles d'Airbnb. On est toujours curieux de prendre des
nouvelles d'Airbnb et de pouvoir signifier une amende.
• (15 h 50) •
Mme St-Hilaire
(Cloé) : Si je peux rajouter.
Mme Proulx : Je
vous en prie.
Mme St-Hilaire
(Cloé) : La chose qu'on a vue, c'est à la Prince Edward County, dans
leur réglementation, donc c'est à l'échelle
de leur ville. Mais, vu qu'ils ont beaucoup d'opérateurs qui ne sont pas dans
la ville, s'il y a des problèmes ou quoi que ce soit avec les Airbnb
dans la ville, les opérateurs ou opératrices qui sont externes doivent assigner
quelqu'un qui est responsable, que, s'il y a un problème, ils arrivent ou elles
arrivent dans l'heure suivante. Donc, c'est
pour justement empêcher des hôtes qui sont absents d'avoir des Airbnb. Ça,
c'est entré dans leur loi puis c'est aussi...
c'est quelque chose que l'opérateur va signer, là, dans le fond, quand ils vont
demander leur numéro d'enregistrement. Mais, si je veux comparer avec
Québec, en ce moment, Québec, les autres sont en grande majorité des hôtes
locaux, donc vous n'avez pas les mêmes sortes de...
Mme Proulx : De
mécanismes?
Mme St-Hilaire
(Cloé) : ...de problèmes, là, oui.
Mme Proulx : Merci.
Il me reste une minute. Merci infiniment à vous deux, Mme St-Hilaire, Pr
Wachsmuth, toujours un grand plaisir. On prend bien en note vos propositions et
vos suggestions à l'égard de l'amélioration de ce projet de loi là. Ne
serait-ce qu'au niveau du registre, si le Québec peut alimenter des recherches
de professeurs agréés de l'École d'urbanisme
de l'Université McGill, ça nous fera infiniment plaisir de le faire. Puis je vous
remercie du travail très méticuleux que vous avez présenté aujourd'hui aux
membres de la commission.
M. Wachsmuth
(David) : Merci beaucoup à vous.
Mme Proulx : Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Je cède maintenant la parole à la députée de Chomedey pour 10 min 24 s.
Mme Lakhoyan Olivier : Merci, Mme la Présidente.
Bonjour, M. David Wachsmuth et Mme Chloé St-Hilaire. Quel plaisir, vous écouter. Je ne vais pas répéter
vos titres, vous êtes très, très qualifiés à venir nous parler. Puis
merci d'avoir pris ce temps précieux. Et c'est très précieux pour nous, votre
présence, parce que ça va nous assurer de prendre de bonnes décisions.
Vous
dites ici que vos équipes... «Notre équipe a mené plusieurs dizaines de
recherches sur les locations à court terme au Québec et ailleurs, et je
peux affirmer que nous affectons les meilleures recherches au Québec et au
monde sur le sujet.» On a parlé concernant
le Canada, New York... New York, si je comprends bien, on est... on va être
similaires, avec le projet de loi n° 25.
J'ai
voyagé et puis j'ai utilisé Airbnb, par exemple, au Japon. Comme vous avez fait
des recherches, qu'est-ce qu'on peut apprendre? J'ai lu vos quatre
points, dont je vais revenir. Mais qu'est-ce qu'on peut apprendre des autres
pays dans le monde? Qui qui fait... Qui qui a trouvé le secret de réussir que
tout se fasse bien en ordre? Quel pays? Et qu'est-ce qu'on a à apprendre?
Mme St-Hilaire
(Cloé) : Oui. Bonne question. Bien, en fait, je voulais juste
préciser, à New York, la seule différence
qu'ils ont dans leur système de réglementation, c'est que les opérations
d'Airbnb ne sont juste pas possibles dans des logements entiers, pour
justement s'assurer que la perte de logement ne vienne pas des opérations.
Donc, on peut juste opérer des Airbnb dans des chambres et non des logements
entiers. Bon, ça, c'est une parenthèse.
Qu'est-ce qu'on peut
apprendre des autres places dans le monde? On va dire que la grande règle,
c'est justement qu'Airbnb ne va pas changer ses modes d'opération, à part si
les gouvernements le forcent de le faire. Donc,
ça, c'est une question qu'on a en Europe, c'est ça qu'on a vu en Europe, c'est
ça qu'on a vu à New York, c'est ça qu'on a vu à San Francisco, toutes
ces places-là qui ont eu du succès avec leurs... leurs enregistrements ou leurs
lois sur la location à court terme, c'était vraiment parce qu'ils... les
plateformes étaient forcées de s'y conformer. Ils ne vont pas le faire de bonne
grâce.
Mme Lakhoyan Olivier : Donc, est-ce que... À
part ça, est ce qu'il y a... on peut prendre des leçons, à part...
Est-ce qu'il y a une façon de faire d'un pays... Quand vous avez fait des
recherches, y a-t-il une façon de faire, à part passer des lois? Qu'est-ce
qu'ils ont fait qu'on devrait ajouter, comme, dans ce projet de loi? Y a-t-il
quelque chose qu'on pourrait ajouter afin que ce soit le meilleur dans le
monde? Parce qu'on veut que le Québec soit le meilleur, donc...
Mme St-Hilaire (Cloé) : Je crois que, d'un côté,
ça va vraiment revenir à... «the enforceability», de renforcer la règle constamment, donc, d'avoir des ressources
puis de s'assurer que, justement, le projet de loi, c'est un projet qui
est fort. Les réservations minimales de 32 jours,
c'est peut-être la seule chose que nous, on ferait un petit hic là-dessus. Mais
l'important, c'est justement que les efforts de régulation, d'inspection
deviennent forts. Ça fait que ce n'est pas juste un projet de loi : que ce
soit un projet de loi qui soit renforcé constamment et constamment.
Et, après ça, le
registre public, de, justement, tous les numéros de licence, etc., vont
permettre aux chercheurs d'alimenter des recherches là-dessus également. Ça va
justement... Puis cette symbiose-là va encourager, justement, les deux parties à rester, tu sais, «on top of
it», là, à rester, justement... à être capable de s'assurer que la régulation
soit faite, donc le registraire, les rapports publics. Puis justement, d'avoir
une main forte puis un maintien qui continuent, là, dans le futur, on dirait
que c'est quelque chose qu'il faut qui soit écrit puis qui soit normalisé dans
le futur, là.
Mme Lakhoyan Olivier : Donc, le suivi... le
suivi, pour vous, c'est là pour... afin de s'assurer que notre projet de
loi qui deviendra une loi... qu'il sera bien suivi.
Concernant les
32 jours pour le permis, vous dites... vous aimeriez que ce soit à long
terme, mais... Parce que, pour nous, au Québec, à long terme, c'est un bail.
Donc, c'est ça, la différence. C'est la raison de 32 jours. Et comment... comment quelqu'un qui viendrait d'un
autre pays, qui voudrait louer trois mois... comment il pourrait avoir une location à trois mois, si ce n'est sur les
plateformes? Parce que je me rappelle, j'utilise toujours cette compagnie-là,
désolée, mais Airbnb, bien, il fallait,
comme, dans le calendrier, choisir les dates puis les disponibilités, et puis
ils écrivaient toujours de ne pas aller en privé, ne jamais écrire en
privé au courriel, parce qu'ils veulent s'assurer que le client ne se fait pas
avoir, là. On s'en va dans un autre pays qu'on ne connaît pas les gens, donc,
pour s'assurer que tout se passe bien, donc, comment ils peuvent faire une
réservation plus que 32 jours?
Mme St-Hilaire (Cloé) : C'est une bonne question.
Ça fait que le problème que nous voyons avec, justement, les problèmes
de régulation à court terme, c'est qu'en laissant la possibilité de faire des
réservations de 32 jours et plus, que
tu n'aies pas besoin d'avoir un numéro d'enregistrement, cet hôte-là va rester
anonyme. Donc, on n'a pas d'information sur l'hôte, on ne sait pas
l'adresse, on ne sait pas c'est quoi, le type de... le type de logement, etc.
Ça fait que ça, ça reste un gros problème pour l'application de la loi, pour
tout le monde sans exception.
Après ça, il y a un
autre problème qui vient avec ça, c'est que... toutes ces locations qui sont
faites sur ces intermédiaires-là. Donc là on pense à Airbnb. Si tu fais une
location Airbnb de trois mois, par exemple, ce n'est pas vraiment légiféré avec
aucun type d'instance légale, au Québec, donc tu n'as pas un bail au Tribunal
administratif du logement, ça fait que tu restes quand même dans une zone
grise, une zone qui est dangereuse pour les personnes qui viennent s'établir.
Là, c'est un petit
peu en dehors de mon niveau d'expertise de commenter sur est-ce que tu peux
signer un bail de deux mois avec... comme un
bail formel de deux mois, etc. Mais c'est sûr qu'il va toujours y avoir des
moyens pour les gens de trouver des accommodations à court terme, même si
Airbnb... en dehors d'Airbnb, tu sais. Puis s'enregistrer est toujours
possible, même pour des locations à long terme, tu sais. Ça fait que c'est
vraiment... Notre idée, c'est que l'enregistrement soit pour tout le monde sans
exception, pour, justement, ne pas laisser des failles. Puis, c'est ça, même...
M. Wachsmuth
(David) : Oui, et je peux ajouter. Pour nous, le problème est que, si
vous autorisez certaines annonces à ne pas être enregistrées, vous ne disposez
pas d'information sur ces annonces et leurs opérateurs, alors vérifier leur
activité devient très difficile.
Mme Lakhoyan
Olivier : OK. Vous parlez d'une liste accessible à tous comme nous, on
a au Québec, Registraire des... REQ, c'était quoi, donc? Registraire...
Mme Proulx :
...
Mme Lakhoyan
Olivier : Comment? Entreprises du...
Mme Proulx : ...
Mme Lakhoyan Olivier : Oui, oui, oui. C'est ça.
Merci, Mme la ministre. Donc, vous aimeriez qu'on a accès... n'importe qui qui a accès, donc, en demandant le
nom, ou l'adresse, ou... donc, aller trouver ce numéro d'enregistrement
quelque part, comme, du genre... Parce que nous, quand il y a des organismes
qui nous approchent, bien, on s'en va voir là-dessus, les détails. Donc, vous
aimeriez quelque chose dans le genre afin que...
Ce
que vous suggérez, là, d'avoir une liste publique, est-ce que...
est-ce que vous prévoyez que ce soit juste pour le court terme, jusqu'à 32 jours? Est-ce que
vous verrez ça plutôt : toutes les locations, long terme, court terme,
qu'il y ait un enregistrement puis
qu'ils s'enregistrent, et puis, comme ça, bien, on réglera tous les problèmes?
Parce que vous le dites, même, vous
êtes inquiets pour le manque... l'accessibilité, l'abordabilité des logements,
les évictions, les nuisances de voisinage.
Tous les problèmes que vous avez cités, c'est-tu à cause de failles dans le
système, à cause que, bon, bien, si c'est plus que 32 jours, bien, c'est «grey zone», puis on ne sait pas
qu'est-ce qui se passe? Donc, en ayant un registre accessible à tous, mais pour tout le temps... Est-ce que c'est
ça, est-ce que c'est pour toutes les locations ou c'est-tu juste pour ce
genre-là?
• (16 heures) •
M. Wachsmuth (David) : Nous pensons
qu'il est préférable de réglementer simplement toutes les annonces sur ces
plateformes et de ne faire aucune distinction entre 31 et 32 jours,
mais... dans la loi, dans le registre public, mais... parce que c'est un
problème d'information des hôtes, des opérations.
Mme St-Hilaire
(Cloé) : Puis, si je pourrais rajouter, quand on parle d'un registre
qui détient et qui dispose des informations
des permis, on veut qu'il y ait la différence entre résidence principale ou
opérations commerciales. Parce que,
quand on parle, justement, des impacts négatifs de la location à court terme
sur les quartiers, sur l'abordabilité, sur les règles de santé, sécurité, c'est les opérations commerciales, ça
fait que c'est des opérations qui sont des logements dédiés à la location à court terme, qui sont opérés à
temps plein, qu'il n'y a personne, vraiment, pour surveiller. Ça fait que,
si le registre pouvait avoir ces
informations-là en plus, ce serait bien. Mais là on parle de deux choses
différentes, quand on parle des opérations commerciales qui causent le
plus de problèmes et une faille de 32 jours. C'est deux trucs, mais...
Oui.
La Présidente (Mme D'Amours) : ...députée.
Mme
Lakhoyan Olivier : Est-ce que... C'est dommage, Revenu Québec n'est pas venu. Mais, si les numéros d'enregistrement n'étaient
pas corrects, les taxes que les compagnies ont pris, cet argent-là, on ne l'a
jamais reçu... Est-ce que vous croyez qu'on
ne les a jamais reçues parce que c'était un, deux, trois, quatre, cinq, six,
puis les gens ont payé les taxes?
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
C'est tout le temps que nous avions. Maintenant, je cède la parole au député de
Taschereau pour 3 min 28 s.
M. Grandmont : Bonjour. Bien, merci,
M. Wachsmuth et Mme St-Hilaire, pour votre présentation. Vous voyez qu'on n'a pas beaucoup de temps, donc je
vous inviterais à faire des réponses assez courtes. Peut-être une
question générale : Considérant la vaste expertise que vous avez, est-ce
que vous voyez, à travers ce projet de loi là, des outils assez performants à
la fois pour les grandes municipalités et les petites municipalités?
Mme
St-Hilaire (Cloé) : Bien, dans le fond, nous, ce qu'on voit, c'est que
le côté positif, c'est un enregistrement qui est pour tout le monde,
sans exception. Puis, dans le fond, ça va laisser... ça va laisser aux
municipalités le choix de décider si elles veulent ou ne veulent pas de
location commerciale sur leurs territoires. Donc, ça, c'est quelque chose qui
est, pour nous, positif, là, dans le projet de loi.
M. Grandmont : Donc, tout le monde
est bien outillé. Parfait. Merci.
Mme St-Hilaire (Cloé) : Si
l'information est partagée...
M. Grandmont : Oui, évidemment.
Mme
St-Hilaire (Cloé) : ...entre les deux instances, là. Ça, c'est très
important, là, tous les outils, les adresses, les informations, etc.
M. Grandmont : Parfait. Merci. À la
fois, on a... il y a un consensus à l'effet, là, que cette industrie-là évolue très rapidement. Vous avez mentionné que le
projet de loi, pour être bon et performant, devait être en constante
évolution. Donc, c'est correct de dire qu'une des mesures les plus importantes
qui devraient être mises en place c'est une
mesure de suivi annuel, pour être... ou bisannuelle, en tout cas, mais une
période donnée pour être capable d'améliorer continuellement, peut-être
par règlement, le projet de loi ou même faire des modifications, là, pour
mesurer la performance du projet de loi. Est-ce que c'est correct?
Mme St-Hilaire (Cloé) : Oui, c'est
correct. Ça serait d'avoir des rapports.
M.
Grandmont : Parfait. Et à combien de temps on devrait... ou
combien d'années, ou combien de mois... C'est quoi, les bonnes
pratiques, en fait? Est-ce qu'aux deux ans c'est suffisant? Est-ce qu'on doit y
aller annuellement?
Mme St-Hilaire
(Cloé) : Je pense qu'on est quand même beaucoup dans la
nouveauté quand vient le temps de faire
des projets de loi comme ça. Vu que ça évolue rapidement... je ne sais pas,
David, si tu es d'accord, mais annuellement ou bisannuellement ça
pourrait être quelque chose qui est faisable.
M. Grandmont : D'accord.
Parfait. Merci. On a parlé tout à l'heure des coquins, des gens qui,
finalement, essaieraient de contourner la loi. Je pense que ça va être le mot
qu'on va utiliser pour toute l'étude du projet de loi. Ça me plaît bien.
Une voix : ...
M. Grandmont : Non, non, mais
ça me plaît aussi. Les coquins, c'est gentil, mais, en même temps, ça dit bien ce que ça veut dire. Donc, c'est... La durée
des 32 jours, c'est la principale faille que vous voyez. Donc, il
faudrait absolument... Puis je veux juste
vous le faire, peut-être, répéter. Vous avez beaucoup insisté là-dessus, mais
c'est quand même important. Il faut qu'on l'entende bien. On ne devrait
pas faire de distinction pour les 31 jours ou moins et les 32 jours
ou plus, on devrait assujettir tous les locateurs, peu importe la durée, c'est
bien ça?
Mme St-Hilaire
(Cloé) : Oui. Ça fait que, tant et aussi longtemps que la méthode, ce
soit une location via une plateforme de location à court terme, peu importe le
terme, ça, c'est quelque chose sur lequel on doit se pencher, les opérations de
résidences principales ou commerciales, puis, après ça, de s'assurer que les
informations sont mises à la disposition des municipalités, des chercheurs, et
etc., trois points, oui.
M. Grandmont : Et
comment... comment c'est possible qu'une... qu'un opérateur puisse
s'enregistrer pour plus de
32 jours, serait dans l'anonymité et arriverait à faire de la location
court terme, comment c'est possible techniquement?
Mme St-Hilaire
(Cloé) : Les réservations peuvent être modifiées après
qu'ils soient faits, puis c'est vraiment difficile de tracer ça. Ils
peuvent aussi faire des réservations en dehors. Donc, oui, Airbnb dit :
Ah! fais-le pas en dehors, envoyez-vous pas des messages privés, mais qu'est-ce
qui empêche nécessairement que ça... de le faire? C'est sûr qu'Airbnb n'est pas
content parce qu'ils perdent de l'argent, mais on a eu des rapports de,
justement...
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci,
madame. C'est tout le temps que nous avions pour cette période d'échange.
Mme St-Hilaire (Cloé) : ...des
transferts Interac.
M. Grandmont : Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : Je
cède maintenant la parole au député de Matane-Matapédia pour une durée de
2 min 38 s.
M. Bérubé : Merci, Mme la
Présidente. Bienvenue. Alors, au nom du Parti québécois, je vous réfère à la page 3 de votre mémoire, où c'est
indiqué : «Réguler les locations de 32 jours et plus.» Je cite votre
mémoire : «Une faille potentielle subsiste toutefois : en vertu
du projet de loi n° 67 et du projet de loi n° 25, les hébergements
disponibles uniquement pour des réservations de 32 jours ou plus n'ont pas
besoin d'obtenir un numéro d'enregistrement auprès de la CITQ. Cela crée une faille potentielle que les hôtes, les
plateformes et les invités pourraient utiliser pour contourner
l'enregistrement.»
Je vous laisse le temps pour préciser cet
élément important, qui nous permet d'améliorer le projet de loi avec les
échanges qu'on a avec vous.
Mme St-Hilaire
(Cloé) : Bien, en fait, c'est ça, ça le dit bien. Je pense
qu'on l'a couvert beaucoup. Tant et aussi longtemps qu'il y a une façon
pour les coquins de continuer à coquiner, bien, ils vont continuer à le faire,
tu sais. Donc, c'est... c'est vraiment un
gros problème... Ce n'est pas nécessairement un gros problème, mais c'est un
problème qu'on a vu à Toronto. Vancouver, il
n'y a pas cette faille-là. Donc, c'est... ça va être des choses, justement, à
regarder dans le projet, futur projet.
M. Bérubé : Et est-ce qu'il y a
d'autres éléments que vous n'avez pas pu nous communiquer que vous aimeriez
nous communiquer avec le temps qu'il nous reste dans le cadre de notre bloc?
Mme St-Hilaire (Cloé) : Non, je
crois que nos demandes sont assez claires, là. Comme j'ai dit, la faille de
32 jours, résidences principales, les vérifications, avoir un registre
public, c'est vraiment des choses, pour nous, qui sont superimportantes.
M. Bérubé : Sinon, bien, je
veux vous remercier de vous intéresser à ce projet de loi, de votre assistance,
de votre compétence, votre expertise. Ça éclaire l'ensemble des membres de la
commission, et je vous remercie de votre participation.
Mme St-Hilaire (Cloé) : Merci à
vous.
La
Présidente (Mme D'Amours) : Merci beaucoup. Merci pour votre contribution aux
travaux de la commission.
Je suspends les travaux quelques instants afin
de permettre aux prochains invités de prendre place. Merci.
(Suspension de la séance à 16 h 08)
(Reprise à 16 h 11)
La Présidente (Mme D'Amours) : Nous
reprenons nos travaux, et je souhaite maintenant la bienvenue à l'Association
Hôtellerie du Québec. Je vous rappelle que vous disposez de 10 minutes
pour votre exposé, puis nous procéderons à une période d'échange avec les
membres de la commission. Je vous invite donc à vous présenter et à dire votre
exposé.
Association
Hôtellerie Québec (AHQ)
Mme Tremblay (Véronyque) : Bien,
d'abord, un gros bonjour à tous, Mme la Présidente, Mme la ministre, chers
parlementaires. Merci beaucoup de nous avoir invités à présenter notre mémoire,
donc un dossier que... qui nous tient
vraiment à coeur. Je m'appelle Véronyque Tremblay. Je suis PDG de l'Association
Hôtellerie du Québec. Je suis
accompagnée présentement des PDG des deux principales associations hôtelières régionales
au Québec, Jean-Sébastien Boudreault, PDG de l'AHGM, et Alupa Clarke,
PDG de l'AHRQ, de même que Dany Thibault, opérateur hôtelier d'expérience et
également ex-président de l'AHQ. C'est également lui qui nous représente à
différentes tables, là, au niveau international,
sur le dossier qui concerne, entre autres, Airbnb, donc la location court
terme, l'hébergement court terme.
Alors,
l'Association Hôtellerie du Québec est la principale voix de l'hôtellerie et de
l'hébergement touristique au Québec.
Notre mission est de représenter, défendre, guider et informer les motels, les
hôtels, les gîtes, les auberges de jeunesse et les résidences
touristiques enregistrées. Nous sommes l'association sectorielle reconnue par
le ministère du Tourisme.
Contrer la concurrence illégale et déloyale est
l'un de nos principaux chevaux de bataille clairement affichés sur notre site
Internet et dans notre plan stratégique, en plus de contrer la pénurie de
main-d'oeuvre et d'agir comme levier de développement économique. Notre
position est claire et connue depuis longtemps. Il y a un an, presque jour pour
jour, nous avions émis un communiqué pour réclamer des règles et des pénalités
plus coercitives pour les plateformes de
réservation. De plus, nous nous étions fermement positionnés pour réclamer des
amendes plus dissuasives à ceux qui affichent en marge de la loi. Nous
avions donc hâte que le projet de loi soit déposé, et, sans surprise, nous nous
en réjouissons. Cela dit, nous avons quand même quelques recommandations à
faire afin de le bonifier, tout en souhaitant que le PL n° 25
soit adopté avant la fin de la session parlementaire, juste à temps pour le
grand prix de Montréal, qui lance la saison touristique estivale.
Nous avons tenu à consulter, dans un court laps
de temps, l'ensemble des membres de notre industrie, dans tout le Québec, afin de recueillir leurs opinions
sur le projet de loi. Il y a eu 105 répondants, dont plusieurs ont
exprimé des commentaires qui nous permettent d'élaborer les recommandations qui
suivront.
D'entrée de jeu, tous sont d'accord avec le
principe du projet de loi. Sur les 105 répondants de l'hôtellerie,
64 % ont exprimé que ce projet de loi était une excellente nouvelle, que
c'est important de donner plus de mordant à la Loi sur l'hébergement touristique
afin que les règles soient respectées par tous les joueurs de l'industrie.
Toutefois, 36 % des répondants n'ont pas
l'impression que le projet de loi va changer les choses. Ils craignent qu'il
n'y a pas assez d'inspecteurs pour faire respecter les règles. En lisant leurs
commentaires, on réalise qu'ils ont perdu confiance face aux moyens déployés
pour faire respecter la loi.
Sur les
éléments du projet de loi qui touchent directement les exploitants
d'hébergement touristique, 96 % des répondants sont d'accord à l'idée de transmettre leur certificat
d'enregistrement à la plateforme numérique d'hébergement. La grande
majorité d'entre eux sont également tout à fait à l'aise à afficher ce
certificat à la vue du public à l'entrée de l'établissement. Quant aux amendes
qui ont doublé pour les locateurs qui inscriront une offre d'hébergement avec
un numéro d'enregistrement qui est faux ou inexact, tous sont d'accord à ce
qu'elles atteignent 50 000 $.
Maintenant, pour les mesures qui s'adressent aux
plateformes numériques transactionnelles d'hébergement, tous les répondants
sont d'accord avec l'idée de leur interdire de diffuser une offre qui ne
contient pas le numéro d'enregistrement ni la date d'expiration du certificat
et d'avoir à valider si le numéro d'enregistrement correspond à l'établissement visé. Près de 100 % des
répondants approuvent également l'interdiction de permettre à un
établissement d'hébergement touristique non enregistré offrant de la location
de plus de 31 jours de conclure une transaction d'une durée moindre, de
même que la désignation d'un représentant établi au Québec et la création d'un
registre public. Et finalement 95 % des répondants estiment plus que
justifié que les plateformes reçoivent jusqu'à 100 000 $ d'amende par
annonce illégale.
À la lumière
de ce sondage et des nombreux commentaires reçus par les membres de notre
industrie, l'Association Hôtellerie du Québec est prête à appuyer sans
réserve tous les éléments qui se retrouvent dans ce projet de loi. Il est clair cependant que de nombreux membres de
l'hôtellerie ont perdu confiance en nos autorités compétentes pour faire
appliquer la loi. L'entrée en vigueur de la
loi sur l'inscription obligatoire des locateurs court terme était une
excellente nouvelle pour notre industrie. Malheureusement, force est de
constater que les résultats ont été mitigés. Le laxisme important des dernières années, qui a contribué à l'émergence fulgurante
des résidences touristiques illégales, a causé un tort énorme à
l'hôtellerie. Les hôteliers, les gîtes, les auberges de jeunesse, les
résidences touristiques enregistrées qui
respectent les règles à la lettre, qui paient toutes leurs taxes et les
assurances, dont les coûts augmentent en flèche, ont été durement affectés par tous les locateurs
illégaux qui profitent du laxisme dans l'application de la loi pour
s'enrichir à leurs dépens. La confiance est à rebâtir.
Même si les
plateformes numériques devraient devenir en quelque sorte des chiens de garde
en refusant, nous l'espérons, des
annonces sans certificat d'enregistrement, s'il n'y a pas ou peu de
vérifications effectuées par les inspecteurs de Revenu Québec, les changements législatifs proposés ne
serviront à rien. Ils créeront simplement plus de frustration en
anéantissant les espoirs que ce projet de loi suscite.
Le message
doit être clair à l'ensemble des plateformes : il n'y aura pas de
passe-droit. Un des bons exemples se trouve en France. En 2021, Paris a
gagné une poursuite de 9 millions euros contre Airbnb et Booking.com pour
le non-respect, entre autres, de
l'inscription obligatoire. Ces entreprises ne pourront plus s'en laver les
mains prétextant qu'elles sont juste
des plateformes de partage, elles seront aussi imputables, avec des amendes
importantes en cas de non-respect.
Il est donc essentiel d'augmenter le nombre
d'inspecteurs chez Revenu Québec. Il est aussi important que leur travail soit visible. En ce moment, Revenu
Québec ne dévoile pas le montant des amendes... ou, en fait, ne le
dévoile qu'une fois
par année, vers le mois de mai. Il serait important de communiquer le fruit du
travail des inspecteurs sur une base
régulière afin que les propriétaires de logements touristiques non enregistrés
réalisent les risques qu'ils encourent s'ils continuent d'opérer sans
certificat. Revenu Québec pourrait s'inspirer du travail réalisé par les
inspecteurs du MAPAQ, avec une liste des condamnations qu'on peut consulter sur
le site Internet.
Les derniers chiffres dévoilés par La Presse
la semaine dernière révèlent que Revenu Québec a imposé seulement près de 5 millions de dollars d'amendes en un peu moins
d'un an à des locateurs illégaux de logements court terme, une moyenne
de près de 4 000 $ par infraction, pour un total de
1 205 condamnations. Même s'il s'agit d'une hausse comparé aux années
précédentes, ceci ne représente qu'une infime partie de l'hébergement illégal
qui est offert sur ces plateformes.
Aussi, il est important que l'ensemble des
plateformes de réservation en ligne soient soumises aux mêmes règles. Il n'y a
pas qu'Airbnb, c'est le cas aussi de Booking, VRBO, monchalet.com, pour ne
nommer que celles-là.
Il est
également primordial d'investir dans une vaste campagne de sensibilisation dans
les médias afin d'informer la population
des règles à suivre lorsqu'ils veulent louer leur maison, leur logement ou leur
chalet à court terme à des fins touristiques.
Bien sûr, personne ne peut se défendre en disant ignorer la loi, mais nous
sommes persuadés que certains propriétaires qui ne respectent pas les
règles l'ignorent réellement. Une telle campagne serait donc très bénéfique. Il
faudrait aussi préciser que les mêmes règles
s'appliquent pour ceux qui souhaitent louer leur chalet en l'affichant sur
leurs réseaux sociaux. Ils doivent être enregistrés à la CITQ et afficher leurs
numéros. Ça aussi, bien des gens l'ignorent.
L'objectif n'est donc pas de mettre fin à
l'économie de partage mais d'avoir des règles de jeu plus équitables et
s'assurer d'un équilibre entre les besoins des clients qui utilisent ces
plateformes, leur sécurité et le respect des entreprises, des habitants locaux.
Et malheureusement, dans de nombreux cas, l'économie de partage est passée à l'économie
de prédation. Certains propriétaires se sont professionnalisés et ont
transformé des surfaces d'habitation en véritables hôtels clandestins, comme
l'immeuble de Montréal dans lequel ont péri sept personnes en mars dernier.
• (16 h 20) •
D'ailleurs, il ne faut pas perdre de vue
l'ensemble des éléments de sécurité. Les hôtels sont tenus par la loi de
respecter des normes strictes en matière de santé et sécurité. Dans certaines
législations, on exige même un certificat de validation de la part du service
incendie pour protéger les clients et le public.
La concurrence illégale devient déloyale pour
les entreprises qui agissent légalement, et il y a un manque criant de logements pour les travailleurs
étrangers, dont les loyers sont occupés par des touristes. Nous avons besoin
de loyers pour combler le manque criant de main-d'oeuvre. Ce ne sont que
quelques-uns des inconvénients majeurs du non-respect des règles.
Alors, l'Association Hôtellerie du Québec
formule trois recommandations : doubler le nombre d'inspecteurs de Revenu Québec dans une première phase de
déploiement afin de faire appliquer la Loi sur l'hébergement
touristique; deux, que le fruit du travail des inspecteurs soit clairement
affiché sur le site Internet de Revenu Québec sur une base régulière plutôt qu'un bilan une fois par année et
qu'un communiqué soit envoyé aux médias pour les informer; et, trois, investir dans une vaste campagne publicitaire dans
l'ensemble des médias afin d'informer et sensibiliser la population à l'obligation d'enregistrer leur logement, leur
maison ou leur chalet auprès de la CITQ, s'ils souhaitent faire de
l'hébergement touristique, et de rappeler l'importance des amendes.
Nous tenons à remercier la Commission de
l'économie et du travail de même que les députés qui ont pris le temps de lire avec attention notre mémoire. Nous
espérons vivement que nos recommandations seront prises en compte. Cela
dit, nous souhaitons aussi l'adoption rapide de ce projet de loi. Plus vite il
sera adopté et appliqué, mieux notre industrie se portera, surtout à l'aube de
la saison touristique estivale. Nous demeurons évidemment disponibles pour tout
complément d'information.
La
Présidente (Mme D'Amours) : Merci. Merci... Maintenant, nous procédons à la
période d'échange. Mme la ministre, la parole est à vous.
Mme Proulx : Merci, Mme la
Présidente. Je vais faire un rappel extrêmement important ici. On ne peut pas et on ne doit pas faire le lien de cause à effet
entre l'incendie de Montréal et les plateformes d'hébergement
touristique de type Airbnb tel que déposé dans votre mémoire.
Je rappellerai respectueusement aux membres ici
que la première victime qui a été extirpée des décombres est une photographe,
une dame de 79 ans qui avait un bail en bonne et due forme avec le
propriétaire de l'immeuble et que, dans aucune circonstance, nous devons, ici
maintenant et jamais, porter... manquer de respect à l'égard des victimes, les sept victimes, une des pires
tragédies au Canada, et de faire le lien avec l'hébergement touristique
courte durée. Je l'ai répété depuis le jour
de l'incendie où les équipes du ministère et moi sommes allées sur les lieux de
cette tragédie. Le gouvernement du Québec,
les oppositions officielles, j'en suis convaincue, attendent, avec l'ensemble
des Québécois, le dépôt du rapport de la
coroner Kamel, que nous lirons tous avec beaucoup d'attention. Et je tiens ici,
au nom du gouvernement du Québec, d'offrir à
nouveau mes sympathies pour toutes les victimes de ce terrible incendie à
Montréal.
Mme Tremblay, merci, bonjour, d'être ici. Vous
êtes PDG de l'association depuis combien de temps?
Mme Tremblay (Véronyque) : Depuis
novembre 2021.
Mme Proulx : En pleine pandémie.
Vous êtes arrivée à la tête dans des circonstances qui étaient tout sauf
faciles. Vous avez donc ramené vos équipes à travailler ensemble, et avec le
gouvernement du Québec, pour passer au
travers de cette crise-là. Et très heureuse de voir, entre autres, les chiffres
à Montréal, où il y a un taux d'occupation qui est extrêmement élevé. Et prendre soin de
l'industrie touristique, ce n'est pas juste à la veille de la saison
estivale, c'est à l'année, puisqu'on veut
développer, évidemment, l'industrie touristique sur quatre saisons pour faire
vivre l'ensemble des entrepreneurs sur quatre saisons.
Je lisais
dans votre mémoire que vous avez mené un sondage auprès de, corrigez-moi,
105 répondants, c'est ça?
Mme Tremblay (Véronyque) : En fait,
auprès de nos membres et non-membres, donc les abonnés à notre infolettre, qui
sont des hôteliers membres et non membres, et il y a eu 105 répondants.
Mme Proulx : Donc, si je ne fais pas
erreur, il y a 1 315 établissements hôteliers, exact?
Mme
Tremblay (Véronyque) : Oui, bien, maintenant, il y en a un peu plus, là,
selon le... ce qui est inscrit, mais...
Mme Proulx : OK. On joue... On joue
dans les 1 315?
Mme Tremblay (Véronyque) : On est
plus autour de 1 400, mais, oui, 1 300 quelques, oui.
Mme
Proulx : OK. Donc, 105 répondants, ça représente à peu
près 7 % des membres qui ont répondu au sondage.
Mme Tremblay (Véronyque) : Oui, à
peu près.
Mme Proulx : OK. Quels ont été les
commentaires des 7 % des membres, de façon générale, sur le dépôt du
projet de loi n° 25?
Mme Tremblay (Véronyque) : Bien,
dans le fond, moi, ce que j'ai fait, c'est qu'on... c'est un sondage maison, évidemment, on a repris chaque élément du
projet de loi et on les a interrogés, voir qu'est-ce qu'ils pensaient de
chaque élément.
Mme Proulx : Du présent projet de
loi?
Mme Tremblay (Véronyque) : Du
présent projet de loi.
Mme Proulx : Vous avez mené le
sondage à quelle date?
Mme Tremblay (Véronyque) : Donc, il s'est
terminé hier soir... dimanche soir.
Mme Proulx : OK.
Mme
Tremblay (Véronyque) : Oui. Donc, on... c'est pour ça, j'ai dit :
«dans un court laps de temps», là, évidemment. Dès que j'ai su qu'on
aurait la chance de pouvoir se prononcer, donc, on a lancé le sondage. Donc, on
a eu 105 répondants dans un très court
laps de temps. Et honnêtement, par rapport aux réponses, et non pas par rapport
aux commentaires... mais les réponses étaient vraiment très positives, comme
j'ai mentionné dans le mémoire. Ça variait vraiment entre 95 % et
100 % d'approbation pour l'ensemble des mesures qui sont annoncées. Ils
avaient également la possibilité de pouvoir s'exprimer sur chacun des éléments
et également, à la fin, sur l'ensemble. Et c'est là qu'on a eu des
commentaires...
(Interruption)
Mme Proulx : Celui qui sonne,
arrêtez son cellulaire de toute urgence, s'il vous plaît!
Une voix : ...
Mme Proulx : Ce n'est pas moi non
plus. Il y a quelqu'un qui sonne. On va trouver le coupable. Ah! OK.
Excusez-nous, Mme Tremblay.
Mme Tremblay (Véronyque) : Il n'y a
pas de problème.
Mme Proulx : Donc, continuez, donc,
avec les 105 répondants. Allez-y.
Mme Tremblay
(Véronyque) : Oui, c'est ça. Dans le fond, donc, ils ont répondu au
sondage pour chaque élément, ils se sont prononcés très largement en faveur et
ils avaient la possibilité de commenter chaque élément ou commenter de façon
générale le projet de loi. Et c'est là où, dans les commentaires, les gens...
Bien, ce qui ressortait beaucoup,
évidemment, les commentaires positifs, ils étaient comme... En écrivant qu'ils
étaient pleinement d'accord, donc,
ils n'avaient comme plus d'éléments à rajouter. Mais, dans les cas... Je leur
demandais comment on pourrait bonifier le
projet de loi, et donc, vraiment, c'est qu'il y a des gens qui disaient :
On n'y croit plus, donc on a de la misère à croire que ça va vraiment porter fruit. Parce que le
projet de... l'ancienne loi, qui s'applique depuis le 1er septembre 2022,
bien, eux étaient déçus. Ils avaient
l'impression que ça n'avait pas assez porté fruit à leur goût. Alors, c'est ce
qu'ils recommandaient, d'augmenter le nombre d'inspecteurs de Revenu
Québec, entre autres, oui.
Mme Proulx : Vous
avez dit, au début, que votre job, c'est représenter et informer les membres et
ceux qui sont non-membres.
Mme Tremblay
(Véronyque) : Oui.
Mme Proulx : OK.
Pour rassurer...
Mme Tremblay (Véronyque) : Bien,
nos membres... nos membres... on informe nos membres, parce qu'évidemment
on n'a pas accès...
Mme Proulx : Oui,
je comprends...
Mme Tremblay
(Véronyque) : Mais il y a plusieurs non-membres qui nous suivent.
Mme Proulx : ...mais il y a un message qui percole, j'imagine,
dans l'industrie. Lorsqu'on parle à nos membres, bien, nos membres parlent à des non-membres. Je pense qu'on peut faire
un lien d'effet domino ici, même si tous ne sont pas membres chez vous. Vous avez dit, donc, que c'est représenter et
informer. Pour rassurer ces personnes-là, depuis votre mandat de 2021,
parce que l'hébergement touristique illégal, entre autres à travers la
résidence principale... qu'est-ce que vous
avez envoyé comme message? Parce que vous nous demandez également d'avoir des
campagnes plus agressives de communication, mais, auprès de vos membres,
vous, vous avez fait quoi pour rassurer ces membres-là?
Mme Tremblay (Véronyque) : Bien,
on communique régulièrement, ça, c'est certain, on leur amène l'information.
On avait même fait un webinaire avec quelqu'un du ministère chez vous pour
pouvoir répondre à toutes les questions juste avant l'entrée en vigueur de la
loi. Donc, c'est sûr qu'on informe sur une base régulière pour qu'ils aient
toute l'information, je suis convaincue que mes collègues de Montréal et de
Québec ont fait également la même chose, et là on les a tenus informés du
nouveau projet de loi. On avait émis également des communiqués, dans le passé,
pour dire que nous souhaitions avoir des mesures. Alors, rapidement, lorsque le
dépôt du projet de loi a été effectué, on a statué
que nous étions en accord mais que nous souhaitions également les consulter
pour voir qu'est-ce qu'ils souhaiteraient voir bonifier. Alors,
l'information... À chaque semaine, on communique avec l'ensemble de nos membres
et non-membres dans une infolettre, donc,
les informations dont nous disposons. Lorsque vous avez partagé, très
récemment, sur les médias sociaux, un élément en lien avec le... la loi, la
nouvelle loi qui s'applique, nous l'avons partagé aussi à travers nos réseaux
sociaux, ça, c'est certain.
Mme Proulx : Vous
revenez sur le fait que, s'il n'y a pas ou peu de vérifications qui sont
effectuées par les inspecteurs de Revenu Québec, «les changements législatifs — et je
vous cite — proposés
ne serviront à rien». À quoi va servir mon projet de loi si ça ne sert à rien?
Mme Tremblay (Véronyque) : Bien
non, il est utile, parce qu'on veut qu'il soit appliqué, que les règles
soient appliquées. Donc...
Mme Proulx : Est-ce
que vous ne pensez pas que les modifications réglementaires qu'on ajoute
aujourd'hui, qu'on ait un registre public, qu'on vienne resserrer le carré de
sable, qu'on rende imputables les plateformes, qu'elles soient transactionnelles
ou non transactionnelles, parce qu'on se donne ce pouvoir-là, là, en temps
réel, de pouvoir...
Mme Tremblay
(Véronyque) : Oui, puis on apprécie.
Mme Proulx :
Parce que vous le mentionnez, vous parlez de Booking, vous parlez de VRBO, de monchalet
également, parce que vous faites mention...
vous dites que vous souhaitez qu'elles soient soumises aux mêmes règles.
Or, on le dit, dans le projet de loi, qu'elles devront être soumises, si la
ministre le décide, en temps réel, d'avoir des modifications réglementaires.
Donc, avec les modifications réglementaires, avec, donc, le nouveau carré de
sable dans lequel les plateformes devront opérer sous les nouvelles lois du
Québec, avec des amendes pouvant aller jusqu'à 100 000 $... de l'obligation
d'avoir un représentant au Québec pour pouvoir signifier l'amende, parce qu'il n'y a pas de bureau-chef ou... de bureau-chef
d'Airbnb ici, au Québec, pour ne parler que celui-là, est-ce que... En
plus de la grande conformité qu'on croit qui
va s'opérer à travers ce projet de loi là. Est-ce qu'on va arriver à
100 %? Ce serait utopique de
penser qu'on va arriver à 100 %. On parle de la bonne vieille règle du
80-20. Est-ce que vous croyez que ça va ne servir à rien, avec tout le
cadre avec lequel on souhaite opérer ce projet de loi là?
• (16 h 30) •
Mme Tremblay (Véronyque) : En
fait, ce que je vous dirais, c'est comme... je vais répéter que nous
approuvons toutes les mesures du projet de loi. Alors, nous croyons sincèrement
que, si le nouveau projet de loi... ou celui qui va bientôt être adopté, nous l'espérons, va être respecté... on va faire
respecter puis on va émettre... donner des amendes... nous croyons
sincèrement que ça va porter fruit.
Cependant, lors du dernier
projet de loi, nous étions en faveur, à l'Association Hôtellerie du Québec,
nous étions très heureux de ce projet de loi
là. Et malheureusement on... en se fiant uniquement sur la bonne volonté des
gens, nous avons pu constater que ça ne
portait pas fruit. Donc, il y a encore énormément de gens qui affichent leurs
logements sur ces plateformes-là sans être
légal, sans avoir un numéro. Alors, nous croyons que ça va aider, bien sûr, le
fait que les plateformes puissent s'assurer, en quelque sorte, d'être un
chien de garde et s'assurer que les gens qui affichent sur leurs plateformes
ont un numéro d'enregistrement, nous croyons que c'est une bonne chose, mais en
même temps, quand on regarde ce qui s'est passé ailleurs, comme en France...
Mme
Proulx : La France est un cas très particulier. Je pense
qu'on... il n'y a pas lieu ici de faire une différence, parce que c'est la ville. Ici, on parle d'un
projet de loi gouvernemental, donc du gouvernement du Québec, c'est une
loi de la province. Lorsque vous faites référence à Paris, c'est la ville qui a
décidé de gérer ça. Et elle a de gros enjeux, Paris, soit dit en passant, avec
le Airbnb sur son territoire.
Ceci dit,
après ma rencontre avec Airbnb, récemment, dans les bureaux du ministère... Le
groupe du Pr Wachsmuth, qui était
juste ici avant, qui est un professeur émérite à l'Université McGill, nous a
dit qu'à l'échelle de la province, en date du 30 mars 2023, c'est
presque 70 %, donc 69,4 %. Les 13 009 annonces
sur 18 737 annonces de location court terme sont toujours actives et
valides. Donc, l'intervention de la ministre auprès de Airbnb a donné des
résultats.
Maintenant, évidemment, on ne s'arrêtera pas à
ça. On va aller beaucoup plus loin. Donc, il y avait besoin d'avoir une intervention de la part d'Airbnb. Ils
avaient manifesté initialement leur pleine collaboration de faire la
diffusion uniquement d'annonces qui avaient le numéro d'enregistrement. Ça n'a
pas été le cas. Maintenant, on va avoir, donc, le nouveau carré de sable dans lequel les plateformes transactionnelles
et non transactionnelles devront opérer. Maintenant, si elles ne s'y
soumettent pas, il y aura des amendes très, très... sévères, pardon, et on aura
l'opportunité de pouvoir signifier un représentant, donc, qui va être installé
au Québec.
Dernière mise à jour, par contre, pour les
amendes, que vous jugez non suffisantes, on est à 7 millions...
Mme
Tremblay (Véronyque) : Non, je n'ai pas mentionné... excusez-moi, Mme la
ministre, je n'ai pas mentionné qu'elles étaient insuffisantes...
Mme Proulx : ...que
4 000 $, ça vous apparaissait...
Mme Tremblay (Véronyque) : Ah!
celles qui ont été données jusqu'à maintenant.
Mme Proulx : Oui, oui.
Mme
Tremblay (Véronyque) : OK.
Oui. Je croyais que vous parliez, là, de ce que vous annonciez dans
votre projet de loi.
Mme
Proulx : Non. Dans votre rapport, vous avez dit que
4 000 $ vous apparaissait comme étant insuffisant. Je veux
juste vous signifier qu'en date de 2023 c'est 5 465 400 amendes
qui ont été signifiées en argent qui rentre dans les coffres de l'État. On
est... On frise tout près de 3 000 inspections qui ont été faites par
les inspecteurs de Revenu Québec. Des
constats d'infraction signifiés, on est à 1 685 et, finalement, les
condamnations, à 1 343. Ce nombre-là va diminuer, j'imagine, alors
qu'avec la collaboration des oppositions on pourra donc débattre très
prochainement de ce projet de loi là. Et je compte sur vous, sur vos équipes
pour continuer de passer le message, si le projet de loi devait être adopté,
des règles dans lesquelles les Québécois et les plateformes devront se
soumettre par équité avec les hôteliers, on l'a mentionné dans le projet de loi
n° 100, prélèvement de la taxe sur l'hébergement, qui
n'était pas... comment je peux dire? On a dû
forcer un peu Airbnb, qui, soit dit en passant, avait été bon joueur pour cet
élément-là, là, il faut quand même reconnaître là où ils ont fait des
bons coups, ils ont fait le prélèvement, ils ont fait le prélèvement sur la
taxe sur l'hébergement. On peut bien rouler des yeux, mais ils l'ont fait, ils
l'ont fait, on ne peut pas dire qu'ils ne l'ont pas fait, ils l'ont fait et ils
ont également prélevé la taxe de vente... de vente du Québec. Il reste combien
de temps, Mme la...
La Présidente (Mme D'Amours) : Trois
minutes.
Mme Proulx : Trois minutes. Dernier
élément, j'aimerais ça vous entendre... Parce que c'est une discussion qu'on a
depuis le début sur les locations, sur les plateformes, de 31 jours et
plus et 32 jours et moins. Je ne pense pas que vous ayez eu l'occasion,
là, dans votre sondage, de pouvoir me...
Mme Tremblay (Véronyque) : Oui.
Mme Proulx : Oui? OK.
Mme Tremblay (Véronyque) : Oui, oui,
oui, puis c'était assez élevé, les gens étaient d'accord, là, à 95 % ou
96 %, là, si je retrouve le résultat du sondage, là. Oui.
Mme Proulx : Sur l'aspect de la
location à 32 jours et plus?
Mme
Tremblay (Véronyque) : Près de 100 %, donc c'était presque unanime,
là, oui, les répondants qui approuvent
l'interdiction de permettre à un établissement d'hébergement touristique non
enregistré offrant de la location de plus de 31 jours de conclure
une transaction d'une durée moindre, de même que la désignation d'un
représentant établi au Québec et la création d'un registre public.
Mme Proulx : OK. Les discussions
qu'on avait peut-être, un peu plus tôt, c'était... en fait, ce que le
Pr Wachsmuth suggérait, c'est que, pour les 32 jours et plus,
habituellement, on passe dans le commercial, donc avec souvent un bail, là, dans certains cas, qu'on applique les mêmes règles
pour le 31 jours et moins, c'est-à-dire avoir un numéro
d'enregistrement de la CITQ, que ce soit 32 jours et plus ou 31 jours
et moins. Avez-vous un commentaire à faire là-dessus?
Mme
Tremblay (Véronyque) : Je veux être sûre de bien comprendre, là, la
nuance. Je n'ai malheureusement pas pu écouter son témoignage.
Mme Proulx : Ce qu'il dit, c'est que
les règles devraient s'appliquer, peu importe le nombre de jours. Que vous souhaitez louer 32 jours et plus ou
31 jours et moins, qu'il y ait la livraison... la délivrance, pardon, d'un
numéro d'enregistrement de la CITQ. Je vois des... je vois des gros sourcils,
ce n'est pas clair, hein? Je vous partagerai peut-être... Alupa, peut-être,
vous aviez...
Mme Tremblay (Véronyque) : Je vais
permettre à mes collègues, oui, de réagir, parce que...
Mme Proulx : Oui, peut-être, oui.
M. Clarke (Alupa) : Bien là, je ne
sais pas qu'est-ce qui en est par rapport à la loi sur les locateurs de loyer
normal, là, tu sais, mais c'est sûr que nous, sur cet aspect-là, ça ne créerait
pas nécessairement un problème, tu sais. L'important, c'est que les gens soient
enregistrés puis que les acteurs qui sont illégaux, on les déniche puis qu'on
les condamne, tu sais. C'est quand même une question d'équité puis de sécurité.
Mme Proulx : Oui.
M. Clarke
(Alupa) : Puis nous, on a
supporté le projet de loi, hein, par communiqué de presse, il y a deux semaines,
mais essentiellement, pour nous, c'est de
protéger la réputation de la destination de Québec. On reçoit des
événements internationaux tous les mois, des G7, des G20. Donc, nous, on a la
meilleure qualité d'accueil en Amérique du Nord puis on veut préserver cela.
Puis des moyens coercitifs, là, plus qu'il y en a, le mieux que c'est, parce
qu'on préserve cette réputation-là qui est fort importante. Mais, au niveau de
la nuance que vous posez, là, je ne vois pas... Peut-être Dany pourrait
répondre.
Mme Proulx : Oui, Dany.
M. Thibault (Dany) : Mais, de
mémoire, si je ne me trompe pas, on a déjà le tribunal du logement qui s'occupe
du 32 jours et plus, on a une réglementation spécifique pour ça. Donc, si
tu veux signer un bail pour plus que 31 jours, tu as déjà quelque chose
qui est prévu dans le cadre réglementaire à ce sujet-là. Donc...
La Présidente (Mme D'Amours) :
Merci.
Mme Proulx : Je vous l'enverrai. Je
vous l'enverrai.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci
beaucoup. Maintenant... merci. Maintenant, je vais céder la parole à
l'opposition officielle pour un temps de 10 min 24 s. La parole
est à vous.
Mme Lakhoyan Olivier : Merci, Mme la
Présidente. Bonjour. Merci d'être venus ici. Je sais, c'est tout un déplacement, mais on apprécie beaucoup votre
présence. J'ai lu votre mémoire, et c'est très bien expliqué, vos
déceptions par rapport à la loi n° 100 et votre appui
à ce projet de loi n° 25. Vous êtes l'association
sectorielle reconnue par le ministère du
Tourisme et vous mentionnez que contrer la concurrence illégale et déloyale est
l'un de nos trois principaux chevaux
de bataille et que vous aimeriez que ce projet de loi soit prêt pour le Grand
Prix. Donc, vous avez hâte, mais vous voulez
s'assurer, comme nous tous, que cette loi-là, vraiment, fasse le travail qu'on
a manqué peut-être avec la loi n° 100. Donc, c'est vraiment intéressant que... vous avez
fait un sondage, et puis dans le sondage, ce que je remarque, que...
j'ai bien aimé le fait que vous avez détaillé, 64 % ont exprimé que ce
projet de loi était une excellente nouvelle, donc 64 % sont favorables.
96 % sont d'accord à l'idée de transmettre leur certificat
d'enregistrement à la plateforme numérique, donc ils sont vraiment favorables
sur tous les détails. Le 36 % des répondants qui ont des inquiétudes, ça
va nous aider à s'assurer que notre loi va être assez... mordant, afin qu'on
puisse faire respecter les règles et que nos touristes
aient un beau séjour chez nous. Donc, vous suggérez d'avoir des inspecteurs
doublés, hein, doublés à Revenu Québec, c'est ça?
• (16 h 40) •
Mme Tremblay (Véronyque) : Au
moins dans une première phase... excusez-moi, au moins dans une première
phase, parce que c'est ce qui va donner un
coup pour la crédibilité de la nouvelle loi lorsqu'elle va s'appliquer.
Donc, ce serait vraiment important qu'on
donne un coup dès le départ pour que les gens qui agissent illégalement soient
rapidement ramenés à l'ordre. Alors, je vais laisser aussi poursuivre mon
collègue Dany là-dessus, qui est un opérateur hôtelier.
M. Thibault (Dany) : Bien, en fait, la
réalité, là, c'est que les endroits où les règlements... Puis moi, pour
siéger sur plusieurs commissions à l'international, je peux vous dire que le
Québec fait souvent école au niveau de la façon d'encadrer. Le problème, c'est
là où ce n'est pas assez coercitif, où on n'est pas capable d'aller récupérer
les règles qu'on a établies, les règles qu'on a mises en jeu. On a siégé ici
devant... pour le PL n° 100, on l'a supporté
d'un bout à l'autre. Malheureusement, la part au niveau... sur le terrain n'a
pas été assez... Puis, quand... la minute où on est devenu coercitif, on a
rencontré Airbnb, on leur a dit : Vous devez lister, c'est drôle, les
listings se sont mis à rentrer de façon beaucoup plus organisée et légale.
Donc, pour nous
autres, ce qu'on dit, c'est : Plus on va avoir d'inspecteurs sur le
terrain, plus on va avoir la façon d'être plus coercitif par rapport aux bonnes
règles qu'on met et des règles de bonne conduite qui font école à beaucoup d'endroits dans le monde, bien, peut-être
qu'à ce moment-là on aura beaucoup de succès pour limiter ceux qui
veulent faire de l'hébergement qui est non encadré, que ce soit sur le plan de
la taxation, personne n'est au-dessus de la loi, que ce soit au niveau de la
sécurité, que ce soit au niveau de tous les aspects que ce qu'un hôtelier doit
faire. Mais, quand vous êtes un aubergiste à
court terme ou un aubergiste temporaire à temps partiel, bien, vous devez
connaître la loi, vous n'êtes pas au-dessus
de ça. Et nous, ce qu'on dit : Présentement, il n'y a pas assez de monde
sur le terrain pour faire respecter le bon cadre qu'on a au Québec. Et
c'est pour ça qu'on se positionne à cet endroit-là.
Mme Lakhoyan Olivier : J'ai bien aimé la
suggestion, donc vous êtes d'accord avec... d'abord, vous êtes d'accord
avec les amendes jusqu'à 100 000 $, jusqu'à 50 000 $, mais
vous aimeriez que... annoncer les amendes quelque part, une liste où les gens
peuvent le voir, donc ça, comme, ça aiderait à faire respecter la loi par peur
d'être sur la liste, probablement, donc une sorte de liste qu'on aurait, donc,
à la page... à la page 4, je pense.
M. Thibault
(Dany) : Bien, moi, en tant qu'opérateur hôtelier, là, OK, il y a peu
de gens de qui j'ai peur. J'ai peur de
l'impôt, hein, j'ai peur de la façon dont le MAPAQ va me juger pour ma
restauration, mais je n'ai pas peur des
inspecteurs de la CITQ, je n'ai pas peur des inspecteurs qui viennent juste
pour valider si j'ai un permis ou voir si mes chambres sont en ordre.
Donc, le MAPAQ est un bel exemple, hein, puis l'impôt, le Revenu est un bel
exemple où, si on ne collecte pas, bien, on est à l'amende, si on ne collecte
pas, notre restaurant est fermé. Donc, si on a la même façon de représenter ça
pour ceux qui le font illégalement, bien, à un moment donné, il y aura quelque
part quelqu'un qui va dire : Tu ne
respectes pas la règle, je vais aller collecter, je vais te mettre à l'amende,
non seulement je vais te mettre à l'amende, mais je vais te fermer. Même
chose qu'on dit à Airbnb : Bien, ce serait le fun que vous payiez la taxe
sur l'hébergement. Savez-vous quoi? Personne
n'est au-dessus de la loi, vous devez la payer. On n'a pas besoin de leur
aval pour le faire. Vous devez la payer. Ils le font maintenant, tant mieux,
c'est une belle addition.
Mme Lakhoyan
Olivier : Donc, ce serait une liste où on mettrait...
M. Thibault
(Dany) : Exactement.
Mme Lakhoyan Olivier : Parce que, d'après... en
ce moment, Revenu Québec ne dévoile le montant des amendes qu'une fois
par année, vers le mois de mai. Il serait important de communiquer le fruit du
travail des inspecteurs sur une base
régulière, donc avoir une liste, là, accessible. Tantôt, on a reçu des experts
professeurs qui nous ont parlé de créer une liste, mais que ce soit accessible à tout le monde, liste pour les
enregistrements. Donc, ça, ce serait une liste pour tous ceux qui
reçoivent... amende, bien... donc, ce serait mis à jour...
Mme Tremblay
(Véronyque) : En temps réel.
Mme Lakhoyan
Olivier : ...en temps réel.
Mme Tremblay (Véronyque) :
Un peu comme ça se fait sur le site Internet du MAPAQ. Donc, lorsque les inspecteurs du MAPAQ font des inspections dans les
restaurants pour insalubrité, c'est mentionné, il y a une liste qu'on
retrouve les établissements. C'est dur pour la réputation.
M. Thibault
(Dany) : Oui, puis on ne va pas manger là. On ne va pas manger là.
Une voix : ...
Mme Tremblay
(Véronyque) : Ah! OK, excusez-moi. Est-ce que vous voulez que je
reprenne ce que je mentionnais? Donc, ce que
je disais, c'était que le MAPAQ le fait très bien. Donc, les inspecteurs du
MAPAQ qui vont visiter les restaurants, lorsqu'il y a un restaurant qui
est insalubre ou qui ne respecte pas, là, certaines mesures qu'il devrait
respecter au niveau de la température, et tout ça, c'est listé sur le site
Internet, donc on peut consulter. Et ce qui est intéressant, c'est...
Évidemment, quand tu opères un restaurant, dans ce cas-ci, ce serait un... une
résidence touristique, bien, tu... la
réputation, c'est important, hein? Alors, personne n'aime se retrouver sur ce
type de liste là. Alors, ça contribuerait encore
davantage à ce que les gens s'assurent de respecter la règle, donc, en plus des
amendes, en plus... donc, ça contribuerait.
Et le fait également que cette liste-là, comme le
MAPAQ le fait, est communiquée aux journalistes régulièrement sous forme de communiqué, bien, ça fait en sorte que la
nouvelle, une fois qu'elle circule, ça a de l'impact, hein, au niveau du
journalisme. Donc, ça fait en sorte que ceux
qui voudraient faire de l'hébergement touristique, ne sachant pas trop comment fonctionnent les règles, parce que je suis
persuadée que ce n'est pas tout le monde qui veut être un illégal, donc, mais
on se doit de connaître la loi, donc
c'est important, donc peut-être que ça contribuerait à diminuer naturellement
les... l'hébergement illégal.
Mme Lakhoyan Olivier : Vous savez, vous me
faites réfléchir, ça me fait réfléchir, comme TripAdvisor, quand on voyage, on s'en va voir où il faut aller, donc il
y a des commentaires des touristes qui ont été à une place. Bon, on s'en va avec
les commentaires, s'il y a trop de négatif, bien, on change de page. Donc, ça
aiderait, ça aiderait, bien, ceux qui veulent venir ici, bien, l'adresse qui est dans le négatif, toujours des
amendes, bien, ils ne choisiront pas cette adresse-là, peut-être.
On est en
train de dire que, dans cinq ans, tout va changer parce que tout est
électronique, tout est sur des plateformes numériques, donc peut-être que cette
loi-là va nous aider à amener à une place où on va être à niveau avec tout ce qui est numérique, donc, si on
pourrait peut-être faire la... cette liste-là que vous parlez. Et puis l'autre
groupe qui nous ont conseillé une liste, un registre où c'est accessible...
donc peut-être que ça, ça va solidifier. Donc, c'est ça que vous demandez, c'est solidifier la loi. Améliorons, oui, on a mis
une loi pour l'enregistrement, mais là qu'est-ce qu'on peut faire pour
solidifier afin que ce soit respecté?
J'ai vraiment adoré
le fait que vous dites : Une campagne de sensibilisation serait
importante. C'est vrai, quelqu'un qui veut
mettre sa maison parce qu'ils sont partis en Floride pour... pas trois mois,
là, mais 31 jours puis qu'ils veulent l'annoncer, comment faire?
Les gens ne savent pas. Donc, on ne peut pas accuser ces gens-là qui n'avaient pas un numéro, mais qui mettaient un numéro. Mais
maintenant, avec ce projet de loi, solidifions, faisons une campagne. C'est intéressant, vraiment, je trouve ça
intéressant pour la campagne de sensibilisation. Est-ce que vous verrez...
Comment vous verrez la campagne de sensibilisation? Est-ce que ce serait sur
plateforme numérique? Ce serait sur quel site?
Mme Tremblay
(Véronyque) : Je pense que multiplateforme, ce serait une très bonne
idée. Donc, ça peut être à la télévision, à la radio, sur les réseaux sociaux
et les médias numériques. Il faudrait vraiment qu'elle soit forte, puissante
pour que ça envoie un message clair et que tout le monde puisse la voir ou
l'entendre.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci beaucoup.
Mme Lakhoyan
Olivier : Merci beaucoup.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Je cède maintenant la parole au député de Taschereau pour
3 min 28 s.
M.
Grandmont : Oui, merci beaucoup, Mme la Présidente. M. Clarke,
M. Thibault, Mme Tremblay, M. Boudreault,
merci d'être là aujourd'hui, nous partager le fruit de vos réflexions ainsi que
les résultats du sondage, là, de vos membres qui ont... qui y ont
répondu.
J'aimerais
aller rapidement, là, sur le bilan en continu plutôt qu'un bilan annuel. Est-ce
que... est-ce que c'est... est-ce que c'est incompatible avec le fait de
tenir un bilan annuel? Par exemple, est-ce qu'on peut avoir le bilan qui se
fait en continu sur les amendes qui sont données, mais par ailleurs avoir un
bilan plus exhaustif sur l'ensemble des mesures qui sont prises, sur les
améliorations qu'il faudrait apporter, par exemple, au projet de loi par
règlement pour justement être capable de
suivre l'industrie qui évolue très, très vite? Est-ce que c'est des choses qui
sont nécessairement incompatibles ou on pourrait les voir ensemble?
Mme Tremblay (Véronyque) : Non,
effectivement, je pense que ça pourrait très bien aller ensemble. Nous,
ce qui est important, c'est que la communication puisse se faire de façon
continue. Mais on peut comprendre que c'est plus
facile, à la fin d'une année dans un bilan plus global, de faire des
propositions ou des suggestions pour améliorer aussi. Alors, je pense
que les deux... les deux vont ensemble.
• (16 h 50) •
M. Grandmont :
Parce qu'il me semble que ça ne répond pas exactement aux mêmes objectifs,
là, le fait d'avoir l'annuel.
Mme Tremblay
(Véronyque) : Non, ce n'est pas les mêmes objectifs, mais je crois en
l'importance de la reddition. Alors, je
pense que c'est important d'avoir un bon bilan quand même à la fin de l'année.
Alors, je pense que c'est les deux, c'est un ajout à ce qui se fait
déjà.
M. Grandmont :
Parfait. Là, c'est ça, les intervenants précédents avaient justement été
sur l'aspect du bilan annuel, justement, pour renforcer la loi, travailler...
Mme Tremblay
(Véronyque) : Oui, et je suis parfaitement d'accord.
M. Grandmont :
Parfait. Donc, on se rejoint là-dessus, ça, c'est bien intéressant.
Peut-être la campagne de publicité, vous en
avez parlé un petit peu avec ma collègue juste auparavant. En même temps,
dans votre mémoire, c'est quand même assez clair, c'est vrai que nul ne
doit ignorer la loi. En même temps, c'est vrai que les gens ne la connaissent pas tant que
ça, on voit l'importance de le faire. Les campagnes sur la pandémie... pendant
la pandémie nous ont bien rappelé que ça portait fruit puis que c'était
pertinent, en fait, de rejoindre les gens pour les sensibiliser.
Donc,
qui vous cibleriez particulièrement à travers ça? Est-ce que c'est les gens qui
opèrent, les gens qui louent? Est-ce
que ça s'adresserait, par exemple, aux gens qui arrivent de l'international
pour qu'ils aient à l'avance l'information sur les plateformes? Comment
vous... comment vous le percevez, là? Je ne vous demande pas vraiment où ça
s'en va, mais quel est le public cible, en fait, là? C'est plus ça, la
question.
Mme Tremblay
(Véronyque) : Pour la campagne publicitaire?
M. Grandmont :
Oui, exactement.
Mme Tremblay (Véronyque) : Je
vois davantage les Québécois et l'ensemble des Québécois, parce que
c'est tout le monde qui peut être intéressé
à louer son chalet, sa deuxième résidence, donc, son... un logement. Donc, ça
peut vraiment toucher tout le monde, tous
les Québécois de tous les âges dans toutes les régions du Québec. Par contre,
je ne pense pas que soit utile au
niveau international, là, cette promotion-là, c'est vraiment pour s'assurer que
les Québécois soient bien au courant de la loi et des règles qui sont en
place.
M. Grandmont :
Mais là, dans le cadre du projet de loi, on vient renforcer la
responsabilisation de Airbnb, en tout cas, des plateformes puis, d'autre part,
des opérants. Donc, est-ce que c'est... est-ce que ça devrait être eux, les
opérants, le public cible à privilégier dans le cadre d'une campagne qui serait
attachée à ce projet de loi là?
Mme Tremblay
(Véronyque) : En fait, les plateformes, c'est quand même des grosses
entreprises bien... bien implantées. Donc, je pense qu'eux vont très bien
saisir le message une fois que le projet de loi va être...
M. Grandmont :
Oui, ils sont en train de nous écouter.
Mme Tremblay (Véronyque) : Je
pense qu'ils nous écoutent en ce moment. Donc, d'après moi, il n'y a pas de problème, ils devraient comprendre le message. Il
faudra quand même que les inspecteurs soient à l'affût pour s'assurer qu'ils
fassent... qu'ils respectent la loi. Cela
dit, pour la campagne publicitaire, non, nous visons davantage le public de
façon générale.
M. Grandmont : Mais, quand je parlais
des opérants, là, je parlais des personnes qui louent leur résidence,
là.
Mme Tremblay
(Véronyque) : Ah! OK. OK. OK. Oui, mais, effectivement, il faut que ça
vise eux.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
C'est tout le temps que nous avions. Je passe maintenant la parole au
député de Matane-Matapédia pour 2 min 38 s.
M. Bérubé :
Merci, Mme la Présidente.
M. Clarke, M. Thibault, Mme Tremblay, bon retour à l'Assemblée
nationale, ça fait plaisir de vous revoir.
Mme Tremblay
(Véronyque) : Merci beaucoup.
M.
Bérubé :
Me Boudreault, même chose pour vous. J'ai été, à une autre vie, ministre
du Tourisme. J'ai beaucoup apprécié
travailler avec les hôtels. Vous nous faites des recommandations, il y en a
trois, la première, c'est de doubler le nombre d'inspecteurs de Revenu
Québec dans une première phase de déploiement afin de faire appliquer la Loi
sur l'hébergement touristique. À votre connaissance, combien il y a
d'inspecteurs à Revenu Québec présentement?
M. Thibault
(Dany) : Bien, le chiffre qu'on avait, c'est 25.
M. Bérubé :
Il y en a présentement 25?
M. Thibault
(Dany) : C'est ce qu'on avait comme chiffre.
Mme Tremblay
(Véronyque) : C'est ce qu'on a comme chiffre.
M. Bérubé : Bon, je ne sais pas si
c'est le... Le chiffre officiel, c'est peut-être plus, c'est peut-être moins.
Donc, c'est le chiffre qui avait été
annoncé par la ministre en 2019, qui était 25. Donc, l'évaluation que vous
faites, c'est que ça ne suffit pas,
donc, des inspecteurs qui sont en ligne, pour beaucoup. Moi, je dis souvent
que, si les clients sont capables de trouver les offres, je pense que les enquêteurs aussi. Alors, pour vous, ça ferait
vraiment une bonne... une bonne différence. Et puis, je pense, ça se
rentabiliserait beaucoup en termes d'amendes, ces... Voulez-vous en dire plus
là-dessus? Allez-y, M. Thibault.
M. Thibault (Dany) : Bien, ça se paierait tout
seul, en fait. Si on double ce qu'on réussit à faire présentement... En
fait, le problème, ce n'est pas d'attraper ceux qui sont «legits», c'est ceux
qui ne le sont pas, là, tu sais, hein?
M. Bérubé : Absolument.
M. Thibault
(Dany) : Puis c'est ceux-là qui sont difficiles. Là, il y a
eu... il y a eu une épuration qui s'est faite à court terme quand on a rencontré Airbnb. Puis finalement il y a eu des
enjeux importants qui ont été remis sur la place publique, tant mieux,
ça a fait un ménage. Les gens s'inscrivent plus. Il y en a moins, peut-être, à
attraper, mais ceux qu'on ne réussit pas à attraper, c'est souvent ceux-là qui
sont le plus dur à attraper.
M. Bérubé : Vous
savez, dans ce cas-ci, Mme la Présidente, je n'aurais aucune objection à ce
qu'il y ait des primes de rendement, ceux qui sont très forts soient
payés au nombre de... de coquins, c'est ça, le terme, là, maintenant...
Une voix : Coquins.
M. Bérubé : ...coquins qu'on
peut attraper. C'est consacré, hein, depuis tout à l'heure, à la commission,
c'est les «coquins», c'est le terme qui convient. Ce n'est pas au lexique des
termes qui ne sont pas utilisables.
Des voix : ...
M.
Bérubé : Alors, c'est des coquins, on le retient. Et vous
proposez, dans la deuxième recommandation, que le fruit du travail des inspecteurs soit clairement
affiché sur le site Internet. Autrement dit, donner les noms, ce serait
ça.
Une voix : Exactement.
M. Bérubé : Un peu comme... vous
avez fait référence au MAPAQ...
Une voix : Comme un registre des
mauvais locataires.
M. Bérubé : Oui, ou le MAPAQ qui va
écrire le nom d'un restaurant qui ne se conforme pas.
Une voix : Exactement.
M. Bérubé : Donc, on pourrait
apprendre, M. ou Mme Unetelle ou telle entreprise à numéro, ça fait la
cinquième fois ou la 10e fois...
Une voix : Qui est à l'amende.
M. Bérubé : Ce qui est un caractère
dissuasif. Je fais appel à Me Boudreault qui est là, croyez-vous que ça
pourrait être un facteur dissuasif? Pour vous faire parler, parce que je
vous...
La Présidente (Mme D'Amours) : ...secondes.
M.
Boudreault (Jean-Sébastien) : Juste pour me faire parler, oui, oui, ça peut être
dissuasif, je pense qu'on est...
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Merci infiniment. Je suis désolée.
Des voix : ...
M. Boudreault (Jean-Sébastien) : Le
plus court 30 secondes de ma vie.
La Présidente (Mme D'Amours) : Je
vous remercie.
M. Bérubé : Je l'aime bien, je
voulais faire un geste.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci
beaucoup pour votre contribution à nos travaux de la commission.
Je suspends les travaux quelques instants afin
de permettre aux prochains invités de prendre place. Merci.
(Suspension de la séance à 16 h 56)
(Reprise à 17 heures)
La Présidente (Mme D'Amours) : Nous
reprenons nos travaux, et c'est juste le temps pour vous remercier de votre
contribution à nos travaux.
La commission ajourne ses travaux jusqu'à
demain, le mercredi 24 mai, après les avis touchant les travaux des
commissions, vers 11 h 15. Merci.
(Fin de la séance à 17 h 01)