(Neuf heures quarante-sept minutes)
La Présidente (Mme D'Amours) : Bonjour,
tout le monde. Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission
de l'économie et du travail ouverte.
La commission
est réunie afin de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 51, Loi modernisant l'industrie de la
construction.
Mme la secrétaire, y a-t-il des remplacements?
La
Secrétaire : Oui, Mme la Présidente. M. Tremblay (Dubuc) est
remplacé par Mme Mallette (Huntingdon).
Étude détaillée (suite)
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Lors de l'ajournement de nos travaux du 11 avril dernier, selon notre plan de travail, nous étions au sujet 1,
portant sur le processus de négociation collective, loi R-20, entre
parenthèses. Plus précisément, nous en étions à l'étude d'un amendement
déposé par la députée d'Hochelaga-Maisonneuve sur l'article 18, visant à
modifier l'article 42.2 introduit. Y a-t-il d'autres interventions sur cet
article? M. le député.
M. Leduc : Voilà, merci. D'abord, je
vous remercie de m'avoir attendu pour commencer. C'est apprécié.
Autre chose, bien, on peut revenir rapidement
sur la proposition. Dans le fond, ce que moi, je comprends de la séquence dans
la négociation de la construction, qui est assez particulière, là, tellement
qu'il y a un régime précis, pour cette négociation-là, dans la construction,
c'est comme un jeu d'allers-retours entre les demandes syndicales et
patronales, puis, après ça, on essaie d'avancer. Je partage avec le ministre
l'objectif, dans le fond, un peu, de resserrer le calendrier pour que ça se
passe mieux puis un peu plus rapidement, ce pour quoi j'ai été sensibilisé à
l'effet que ce serait important de le préciser, notamment, là, côté patronal,
il y a l'aspect de la clause qui soit précisé, parce que, juste des
propositions, ça me semble trop large, et c'est considéré, de ce que j'ai
compris, trop large comme discussion, parce que, là, dans ce jeu
d'allers-retours, de se faire dire : Oui, oui, mais nous, on a des idées,
OK, mais ça ne permet pas d'ajuster tellement tes positions dans le but
d'avancer dans l'entonnoir, là.
C'est souvent ça, dans le fond, une négociation,
Mme la Présidente. Tout le monde part de son côté, puis plus on avance, plus on
essaie de se retrouver, en quelque part, entre les deux positions. Des fois,
c'est au milieu, des fois, c'est un peu plus un bord, c'est un peu plus de
l'autre, mais ce jeu d'entonnoir là, immanquablement, se déroule devant nos
yeux, et, pour l'accélérer, ce serait pertinent que, notamment du point de vue
patronal, on mette des propositions de
clauses au jeu. Comme ça, au-delà des principes, qui peuvent être vagues, qui
peuvent être compliqués à expliquer, à débattre puis même à saisir et
qui peuvent avoir comme effet de ralentir le processus, si on précise que c'est
des clauses qui doivent être mises au jeu, bien, on avance plus rapidement.
Puis moi, souvent, dans des discussions
politiques, que ce soit dans une assemblée, dans un caucus ou dans n'importe
quel endroit où est-ce qu'on doit trouver des compromis, c'est toujours plus
simple quand on met sur la table un libellé. Je propose que nous adoptions ce
libellé. Ça n'interdit pas, après ça, d'avoir des conversations plus larges, de
jouer avec le libellé, de déplacer des virgules, mais, de mettre un libellé ou,
dans ce cas-ci, donc, une clause, je trouve, participe à accélérer la
compréhension commune de ce qui se passe, puis d'où on veut atterrir et donc,
de manière générale, d'accélérer le règlement de la convention collective.
Merci.
• (9 h 50) •
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
D'autres interventions? M. le ministre.
M. Boulet : Merci, Mme la
Présidente. Je pense que j'avais commencé à le mentionner lors de notre dernière
rencontre, il faut être des partisans de la négociation raisonnée, puis la
négociation raisonnée, c'est d'abord des objectifs, des intentions, et ça
s'exprime par des offres et des propositions, non des clauses. Si on embarque
dans des libellés de clauses, ça ne sera pas un atout pour démarrer de façon
harmonieuse le dialogue qui s'impose entre les parties. Je comprends l'objectif du collègue, mais, pour les raisons que
je viens de mentionner, nous, on préfère maintenir les demandes, les
offres ainsi que les propositions. Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
D'autres interventions? M. le député.
M. Leduc : ...du ministre, mais,
dans ce cas-là, je ne comprends pas en quoi son article, à la base, va changer
quoi que ce soit dans la réalité actuelle. Peut-être qu'il pourrait nous
l'expliquer.
M. Boulet : Ah mon Dieu! Comme j'ai
expliqué d'emblée, au début, dans le régime de négociation, l'intérêt de devancer, c'est pour accélérer le début du
processus de négociation ou de renouvellement des conventions collectives entre les parties, et souvent ce qu'on réalisait, c'est
qu'on arrivait au bout du processus, puis il n'y avait pas eu de véritable
discussion. Donc, ça, c'est un atout, et ça, ça s'impose. Vous avez négocié
beaucoup de renouvellements de conventions collectives de travail. Il faut que
les parties s'échangent... et cette réciprocité-là dans la présentation des offres et propositions va manifestement, pour moi,
la chose parle par elle-même, accélérer le dialogue entre les parties.
La Présidente (Mme D'Amours) : M. le
député, allez-y.
M. Leduc : Je comprends l'intention
du ministre, encore une fois, mais je ne suis pas sûr que je partage son
analyse de l'efficacité de son approche, si on ne précise pas les clauses, puis
je donne un exemple. Ça pourrait être n'importe quel sujet, mais c'est parce
que, si les patrons disent : Oui, oui, nous, on a des demandes patronales
en matière de fonds de pension, OK, mais qu'est-ce que vous voulez faire avec
le fonds de pension? C'est bien trop large, dire : J'ai des demandes en
fonds de pension. Il faut qu'on sache un peu plus qu'est-ce qu'ils veulent
faire avec ledit fonds de pension, d'où l'idée d'avoir des clauses plus
pointues.
M. Boulet : Mon Dieu! Je ne lierais
pas les définitions de demandes, offres et propositions. Ce n'est pas
simplement de dire : On a une demande sur tel sujet, sur les mouvements de
main-d'oeuvre, ou sur l'ancienneté, ou les congés, c'est de préciser la nature
des demandes. Mais là ce que vous soumettez dans votre projet d'amendement,
c'est les clauses et, si on libelle des clauses, c'est sûr que ça va mal
démarrer.
M. Leduc : L'écho que j'ai eu, Mme
la Présidente, c'est que, dans les dernières négos, notamment, la partie patronale,
souvent, dans différentes tables, parlait d'enjeux larges puis disait,
mettons : Ah oui! Nous, on veut plus de flexibilité. Mais, après avoir dit
ça puis le principe, OK, mais où, puis quand, puis quoi? Ça n'aide pas à faire
avancer une négo si tu... juste des principes, puis je veux plus de
flexibilité. Il faut que tu mettes au jeu des choses pointues. Et moi, je
trouve, donc, que l'intention du ministre, que je partage, ne sera pas servie à
la hauteur de son ambition avec le texte actuel, d'où ma proposition, mais je
constate que je n'ai pas réussi à convaincre le ministre.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Oui, Mme la Présidente.
Merci beaucoup. Donc, sur l'amendement, donc, du collègue, donc,
d'Hochelaga-Maisonneuve, donc, à l'article 42.2, donc, sur les clauses,
donc, évidemment, on a eu quelque temps pour
y réfléchir au cours des dernières semaines, et je vous dirais que, pour ma
formation politique, donc, la spécificité, donc, du terme «clause» ici semble enlever, donc, une certaine marge de
manoeuvre, semble enlever, donc, une certaine forme de flexibilité aux
parties, donc, de vraiment pouvoir ouvrir la négociation à travers, donc, les
différents principes qui sont énoncés, donc, à cette partie de la loi R-20.
Donc, je voulais tout simplement mentionner qu'ici je ne pense pas, là, qu'il
soit justifié de modifier le terme «proposition» pour le terme «clause».
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
D'autres interventions? S'il n'y a pas d'autre intervention, je vais passer aux
voix l'amendement. Est-ce que l'amendement est adopté ou rejeté?
Des voix : Rejeté.
La Présidente (Mme D'Amours) : Rejeté.
Nous revenons à l'article 18.
Mme Cadet : Mme la Présidente, j'avais
déposé, donc, un amendement sur Greffier.
La Présidente (Mme D'Amours) : On
l'a sur Greffier?
Mme Cadet : Oui, oui, avant la...
La Présidente (Mme D'Amours) : Je
vais suspendre les travaux quelques minutes, s'il vous plaît.
(Suspension de la séance à 9 h 55)
(Reprise à 9 h 59)
La Présidente (Mme D'Amours) : Nous
reprenons nos travaux. Mme la députée de Bourassa-Sauvé, vous aviez un
amendement. J'aimerais que vous nous en fassiez la lecture, s'il vous plaît.
Mme
Cadet : Merci beaucoup, Mme la Présidente. Donc, je vous
lis, donc, cet amendement au projet de loi n° 51. Donc, à
l'article 18, article 42.3 de la Loi sur les relations de travail, la
formation professionnelle et la gestion de la main-d'oeuvre dans l'industrie de
la construction, l'article 42.3 de cette loi, tel que proposé par
l'article 18 du projet de loi, est modifié par l'insertion, après les mots
«bonne foi», de «, dans le respect de la négociation par secteur».
L'article modifié se lirait comme suit :
«42.3 Les négociations
doivent commencer entre les associations de salariés représentatives et, selon
leurs rôles respectifs, l'association sectorielle d'employeurs ou l'association
d'employeurs, et elles doivent se poursuivre avec
diligence et bonne foi, dans le respect de la négociation par secteur. À cette
fin, les associations peuvent convenir d'une structure et de modalités
de négociation.
• (10 heures) •
«Toute demande relative à l'application du
présent article doit être déposée au Tribunal administratif du travail dans les 30 jours de la connaissance des
faits allégués. En outre des pouvoirs que lui attribue la Loi instituant le
Tribunal administratif du travail (chapitre T-15.1), le Tribunal peut rendre
toute décision qui lui paraît juste et raisonnable, compte tenu de
toutes les circonstances de l'affaire.»
Donc, j'en ai
fait la lecture, Mme la Présidente. Je pense que le contenu de l'amendement est
relativement clair. Donc, M. le ministre, donc, si vous vous souvenez,
en fait, donc, l'ensemble des collègues, lorsque nous avions tenu les
consultations particulières, donc, plusieurs, donc, associations sectorielles
d'employeurs, donc, sont venues, et, à l'intérieur
de leurs mémoires, donc, et donc de leurs exposés de 10 minutes, nous
avaient fait part, donc, de cette préoccupation à l'égard, donc, du
respect de la négociation par secteur.
Je vous fais
part, Mme la Présidente, de la recommandation 12 du mémoire de l'ACRGTQ,
donc, de l'Association des constructeurs de routes et grands travaux du
Québec, qui... donc, qui nous parlaient, donc, de leur expérience au niveau, donc, des dernières rondes de négociation
et qui trouvaient, donc, qu'il était important, donc, d'adopter, donc,
une approche, donc, de véritable négociation par secteur, donc, afin de ne pas
retarder la signature de l'entente de principe, dans ce cas-ci, dans le secteur
du génie civil et voirie, donc, en raison, donc, des difficultés rencontrées
aux autres tables de négociation.
On retrouve
donc une proposition similaire, donc, dans leur mémoire, une proposition
d'amendement similaire. C'est également une préoccupation qui nous a été
mentionnée, lors de leur présence en consultations particulières, de l'ACQ,
afin de nous assurer, donc, de la diligence et que l'on puisse, donc, mener
avec une certaine célérité les négociations, donc, lors, donc, des
différentes rondes, donc, de renouvellement des conventions collectives.
Je reviens toujours, Mme la Présidente, donc, au
principe de ce pour quoi, donc, nous ouvrons la loi R-20, ce pour quoi nous déposons... nous travaillons, donc,
sur le projet de loi n° 51 ici, donc, nous assurer, donc, de construire,
donc, plus vite, à moindre coût, construire mieux, et, dans cette perspective,
donc, toutes... en fait, les différentes mesures proposées par le ministre
lui-même pour faire avancer la négociation, et donc nous assurer, donc, que
tout se passe de façon à maintenir, donc,
une certaine... de, donc, maintenir un certain rythme. C'est une... C'est, à
mon sens, un amendement, une proposition d'amendement qui va dans le
même sens que tout ce que, le ministre, il a proposé. Donc, j'espère qu'il va
l'accueillir avec... ou du moins que nous allons, donc, l'étudier avec grand
intérêt et qu'il va accueillir, donc, cette
recommandation-là qui, de l'avis même des personnes qui se trouvent aux tables
de négociation, des personnes qui
vivent cette expérience-là sur le terrain depuis de nombreuses années, qui ont
participé à de nombreuses rondes de négociation... C'est une proposition
d'amendement qui se retrouve, donc, à répondre à ces préoccupations et qui
permettrait d'être dans la même lignée que l'objectif du projet de loi
n° 51 de façon générale.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Commentaires sur l'amendement?
M. Boulet : En fait, j'ai de la
misère à saisir la valeur ajoutée de l'amendement. Comme vous savez, aux
articles 61, 61.1, il y a des clauses communes, il y a des clauses
sectorielles, puis, à 41, on dit que «chaque association sectorielle
d'employeurs est, pour son secteur, comme, l'agent patronal unique au regard
des matières autres que celles mentionnées à 61.1.» Puis les associations
peuvent convenir d'une structure et des modalités de négociation. Je comprends l'ajout, mais je ne sais pas qu'est-ce que ça
permet de faire de plus. C'est juste ça. Tu sais, je ne m'objecte pas, mais un
amendement juste pour le bénéfice d'un amendement, si je ne comprends pas la
valeur ajoutée, c'est difficile pour moi d'aller de l'avant. C'est juste
ça, là.
Mme Cadet : Oui. Mme la
Présidente... en fait, M. le ministre, donc, je peux vous aider ici. Vous vous
souvenez, donc, je le mentionnais, donc l'ACQ, l'ACRGTQ, malgré, donc, les
dispositions de l'article 41 que vous mentionnez, donc, qui sont...
qui demeurent intactes ici, on nous a mentionné, donc, cette... ils l'ont dit,
donc, par exemple, je peux vous lire, donc,
directement, donc, la recommandation 12, donc, du mémoire de l'ACRGTQ. Je
pense que ça nous... On nous présente ici un exposé qui peut-être vous
éclairera.
Donc, on nous dit, donc, à la page 17 de
leur mémoire : Lors des dernières rondes de négociation, l'ACRGTQ a été un
témoin privilégié de la stratégie, donc, visant à coordonner la progression de
la négociation au niveau des quatre secteurs d'activité.» Donc, juste ici, je
fais une pause, parce que vous mentionnez l'article 41, qui effectivement,
donc, nous indique, donc, comment, donc, ce principe-là, donc, devrait
s'exercer sur le terrain, mais il semble... et là je poursuis la lecture du
mémoire, donc : En d'autres termes, donc, l'alliance syndicale, donc, a
adopté une approche, donc, de solidarité intersectorielle au détriment d'une
véritable négociation par secteur, et selon ce que l'ACRGTQ, donc, nous
mentionne et selon ce que nous avons entendu lors des différentes commissions,
nous indiquant, donc, allant jusqu'à retarder la signature de l'entente de
principe ici dans le secteur génie civil et voirie en raison de difficultés
rencontrées aux autres tables de négociation.
Vous le mentionnez vous-même, M. le ministre,
donc, c'est important que les... le principe, en fait, donc, que l'association
d'employeurs, donc, soit, donc, l'agent patronal unique en matière, donc,
des... en regard, donc, des matières mentionnées à l'article 61.1 et que
chaque association sectorielle d'employeurs soit l'agent patronal unique en
regard, donc, des matières autres que celles mentionnées à 61.1, que ce
principe, donc, puisse être respecté. Et, selon
l'interprétation, donc, de ces groupes qui sont venus en commission parlementaire,
donc, il y aurait possibilité, donc, de
bonifier la loi afin que ce qui est mentionné, donc, aux dispositions de
l'article 41... qu'il ne puisse pas y avoir, donc, de porte ou...
de porte entrouverte, donc, pour permettre ce qui semble, donc, se dérouler sur
le terrain, qui a, donc, une... qui aurait une incidence sur la capacité à
pouvoir répondre de façon diligente aux différentes rondes de négociation.
Donc, ce n'est pas un
amendement pour faire un amendement. C'est un amendement, donc, qui vient,
encore une fois, donc, des associations qui, elles-mêmes, sont sur le terrain,
qui rencontrent certaines difficultés, malgré la présence de l'article 41 tel que libellé, et qui nous indiquent que
cette proposition-ci permettrait de renforcer le principe de la
négociation sectorielle, permettrait de nous assurer que, lorsqu'on indique, à
41, alinéa trois, que «l'association sectorielle d'employeurs est, pour son
secteur, l'agent patronal unique pour ces autres matières», que cela puisse
être respecté.
Puis, à 42.3, ça
devient pertinent, donc, de l'ajouter ici, parce qu'on est, donc, à l'article,
donc, qui demande, donc, à l'ensemble, donc,
des parties, tant les associations représentatives que les associations
sectorielles d'employeurs ou
associations d'employeurs, de poursuivre, donc, les négociations, en
respectant, donc, la diligence, mais également, donc, le principe de
bonne foi. C'est un peu... C'est dans cette perspective-là qu'il devient
pertinent d'ajouter à 41... à 42.3 même, étant donné que l'on parle, donc, de
diligence et de bonne foi, donc, de permettre, donc, à l'ensemble des parties
d'appuyer, de renforcer ce principe-ci en nous assurant que le principe de la
négociation par secteur soit respecté. Et
donc, à cette fin, donc, on ajoute, donc, «les associations peuvent convenir
d'une structure et de modalités de négociation».
Donc, étant donné,
donc, la structure de l'article 42.3, il semble qu'on nous permet
d'assurer ici ce principe, de le renforcer,
de le bonifier, et que le... ce qu'on... les expériences qui auraient été
vécues sur le terrain par ces acteurs ne
se reproduisent pas dans les prochaines rondes de négociation. C'est un peu
pour ça, là, qu'on ouvre cette section-ci du projet... bien, de la loi,
Mme la Présidente, à travers le projet de loi. Le ministre nous a présenté,
donc, toute une ligne du temps avec ce qui pourrait être amélioré, ce qui
pourrait être bonifié, puis les pratiques aussi, donc, qui pourraient être
renforcées à l'intérieur de cette ligne du temps ci. Je pense qu'il est
pertinent, donc, d'ajouter cet amendement-ci, qui est tout à fait dans la
lignée. Le ministre a dit qu'il ne s'objecte pas de toute manière. Je pense qu'il y a un élément ici qui nous permettrait de
véritablement avancer et, encore une fois, nous... être dans... répondre aux objectifs
du projet de loi.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
D'autres commentaires? S'il n'y a pas d'autre commentaire, je vais mettre
aux voix l'amendement. Est-ce que l'amendement est adopté ou rejeté?
Des voix :
Rejeté.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Rejeté.
Une voix : ...
La Présidente (Mme
D'Amours) : Appel nominal? Un appel nominal, Mme la secrétaire, s'il
vous plaît.
La
Secrétaire : Pour, contre, abstention. Mme Cadet (Bourassa-Sauvé)?
Mme Cadet :
Pour.
La Secrétaire :
Mme Dufour (Mille-Îles)?
Mme Dufour :
Pour.
La Secrétaire :
M. Boulet (Trois-Rivières)?
M. Boulet :
Contre.
La Secrétaire :
Mme Tremblay (Hull)?
Mme Tremblay :
Contre.
La Secrétaire :
M. Dufour (Abitibi-Est)?
M. Dufour :
Contre.
La Secrétaire :
Mme Mallette (Huntingdon)?
Mme Mallette :
Contre.
La Secrétaire : M. Martel
(Nicolet-Bécancour)?
M. Martel :
Contre.
La Secrétaire : M. Leduc
(Hochelaga-Maisonneuve)?
M. Leduc : Pour.
La Secrétaire : Mme D'Amours
(Mirabel)?
• (10 h 10) •
La Présidente (Mme D'Amours) : Abstention.
Donc, l'amendement est rejeté.
Nous revenons à l'article 18. Est-ce qu'il
y a d'autres... Oui, M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : ...il y a un autre
amendement de ma part.
La Présidente (Mme D'Amours) : Oui,
c'est déjà sur Greffier. Alors, si vous voulez bien nous en faire la lecture,
M. le député, s'il vous plaît.
M. Leduc : Merveilleux! Alors,
article 18 : Remplacer, au premier alinéa de l'article 42.3 de
la Loi sur les relations du travail, la formation professionnelle et la gestion
de la main-d'oeuvre dans l'industrie de la construction, proposé par
l'article 18 du projet de loi, la phrase : «À cette fin, les
associations peuvent convenir d'une structure et de modalités [de négation...]
de négociation», pardon, donc, la remplacer par : «À cette fin, les
associations doivent convenir d'un protocole
de négociation encadrant la structure et les modalités de négociation dans les
deux mois suivant la réception de l'avis de négociation envoyé
conformément à l'article 42.»
Qu'est-ce que ça veut dire, tout ça, Mme la
Présidente? Il est déjà prévu... le mot «protocole», là, il est déjà prévu pour que les associations patronales, entre
autres, s'entendent, se parlent et conviennent d'une façon de travailler
ensemble dans cette négo-là. Or, dans deux mémoires, celui de l'Inter et de la
CSN, on retrouve la même suggestion, à savoir qu'il serait pertinent d'avoir un
protocole de négociation entre les syndicats et les associations patronales. Donc, je répète, il en existe déjà un pour que les
associations patronales se parlent. C'est bien, mais il en faudrait un aussi entre
les syndicats et les patrons pour s'entendre sur la démarche, sur la séquence
de négo.
Je vais vous lire des extraits des mémoires.
Donc, celui de la CSN va comme suit : «À ce sujet, il serait conforme, avec l'objet de la présente loi, de
prévoir que les associations représentatives et les associations représentant les
employeurs doivent convenir d'un protocole de négociation ayant pour but
d'élaguer ces obstacles administratifs et ainsi favoriser une utilisation plus
efficiente du temps alloué à la négociation des enjeux de chacune des parties.»
Quant au mémoire de l'Inter, sur le même sujet,
il dit la chose suivante, à la page 8 : «Nous sommes convaincus que
l'obligation de prévoir un protocole de négociation entre les parties, au même
titre que le protocole existant entre les associations représentatives, est
bénéfique. Il permet d'établir des paramètres structurants quant au déroulement
de la négociation ainsi que les attentes envers les acteurs négociateurs de
chaque partie.» Voilà.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Commentaires sur l'amendement? M. le ministre.
M. Boulet : Je comprends, bien
sûr, le but de l'amendement, mais quid s'il n'y a pas d'entente? Comment on dénoue l'impasse? En quoi mettre un autre obstacle
potentiel au début d'un processus de négociation harmonieux entre les
parties... La loi dit «peuvent convenir», et, un processus de négociation, ça
se fait à une table de négociation. Là, on entre
dans une obligation plutôt qu'une possibilité et on entre aussi dans un
impératif de convenir. Puis c'est quoi, des modalités de négociation? Ça
risque de susciter des problèmes d'interprétation et d'application. Et
ultimement, encore une fois, est-ce que... Si les parties ne s'entendent pas
sur un protocole patronal-syndical, qu'est-ce qui va se passer? Je pense qu'on
fait un grand pas en avant. Il ne faut pas non plus encadrer de manière
excessive le régime de négociation. Ça va relativement bien, moi, ce que j'ai
vécu à la dernière ronde de négociation, mais il faut négocier avec diligence,
et je mets l'accent sur le mot «diligence». Et c'est pour ça qu'on devance
notamment les périodes de maraudage, avis de
négociation, protocole syndical. Mais ici, je comprends, mais c'est les
commentaires que je peux faire. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
M. le député.
M. Leduc : Bien,
dans le fond, c'est parce qu'on veut accélérer les choses. On met déjà quand
même beaucoup d'encadrement. C'est la logique du ministre. Moi, je fais juste,
dans le fond, poursuivre sa logique en quelque sorte, là. Je comprends
qu'il trouve que je la poursuis peut-être un peu trop, un peu trop loin. Moi,
je ne sens pas de problème. Je ne vois pas ce serait quoi, la volonté d'une
partie ou d'une autre de ne pas s'entendre sur un protocole de négociation.
C'est quand même quelque chose qui est supposé être assez simple, là, le nombre
de rencontres par mois, mettons, où est-ce que ces rencontres-là ont lieu,
combien de temps elles durent. C'est des choses, somme toute, banales, qui
peuvent aider à la négociation si on réussit à s'entendre. Puis là on met une
date, là, il faut que le protocole soit signé dans les deux mois suivant la
réception de l'avis. Il faut qu'il soit signé, puis c'est tout, tu sais.
Après ça, c'est correct de mettre des objectifs.
On le fait sur plein d'affaires, on met des dates pour qu'il se passe des
affaires. Le ministre n'a pas nécessairement eu à répondre à sa propre
question : Qu'est-ce qui se passe à ces moments-là? Si on traverse la date
puis ce n'est pas réglé, si le dépôt n'est pas fait, etc., on fait juste
rajouter une date dans cette séquence-là pour dire :
On ne peut pas se permettre des conflits de travail trop forts, trop fréquents,
il faut que ça... il faut que ça se passe bien. Vous dites que vous avez des
échos où ça s'est, somme toute, bien passé. Bien, je mettrais juste une nuance
là-dedans, là, on a quand même eu un... J'ai été quand même déposer un projet
de loi, là, parce qu'on est à la veille
d'avoir un conflit de travail important. La dernière fois qu'il y en a eu un,
vous vous en rappelez très bien, j'évoquais la question des travailleurs
illégaux de remplacement, j'évoquais la question des... de la rétro interdite. On aura l'occasion de reparler de ces deux
sujets-là au courant de la semaine peut-être ou, en tout cas, dans l'étude détaillée qui nous attend dans
les prochains jours. Moi, je fais juste rajouter, dans le fond, une séquence
de plus. Je soumets respectueusement au ministre que ça ne peut qu'aider à
avancer un peu plus vite.
M. Boulet : Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : D'autres
commentaires? Oui, Mme la députée de Bourassa...
Mme Cadet : ...quelques
questions de mon collègue d'Hochelaga-Maisonneuve. Donc, ici, donc, dans les...
À l'intérieur, donc, des deux mois suivant la réception de l'avis de
négociation, donc, il y aurait, donc, différentes rencontres entre les parties, entre les associations de salariés
représentatives et les associations sectorielles d'employeurs visées.
C'est l'objectif, ici, de l'amendement?
M. Leduc : Dans le fond, je ne
sais pas si vous avez déjà, chère collègue, fait de la négociation de relations
de travail, mais, mettons, dans une négociation plus classique, là, en dehors
du milieu de la construction, on s'assoit en début de négo, puis on s'entend
sur une série de dates, puis on prévoit, bon, on veut négocier à quelle
fréquence. Oui, on veut négocier aux deux semaines, aux trois semaines, deux
fois par semaine, dépendamment de l'urgence de la situation puis de la marmite
qui est potentiellement en train d'exploser ou pas. Et ça constitue, dans les
faits, un protocole de négociation, sans en porter le nom et sans être
nécessairement encadré par la loi. Mais, dans le fond, de discuter sur la séquence dans laquelle on veut
s'investir de cette négociation-là, où est-ce qu'on se rend compte... il y
aura... Est-ce qu'il y aura des salles pour... tu sais, je veux dire, il
y a toutes sortes de... C'est plus des aspects techniques sur le comment on va
négocier puis quelle fréquence.
Là, le ministre, il rajoute l'élément pour
dire : Les assignations peuvent convenir d'une structure et de modalités
de négociation. Moi, je veux juste donner le petit tour de vis de plus en
disant : Bien, il faut que ce soit un petit peu plus que «peuvent» pour
que ça... Pour atteindre l'objectif recherché du ministre, que ça aille plus
vite puis que ça aille mieux, il faut que ce soit un petit peu plus
contraignant, le fait de s'entendre rapidement sur la séquence des négos, les
dates, les lieux, les heures, etc.
La Présidente (Mme D'Amours) : D'autres
commentaires?
Mme Cadet : Merci. Bien,
peut-être, je pourrais poser une question au ministre ici. Donc, si
l'amendement, donc, se déclinait toujours avec «peuvent», mais qu'il y avait,
donc, un certain délai... parce que je comprends que, dans... à
l'article 42.3, ce qu'on vient indiquer, c'est «à cette fin, les
associations peuvent convenir d'une structure et de modalités de négociation»,
mais effectivement, donc, si elles décident de convenir d'une structure de
modalités et de négociation, il n'y a pas de délai imparti ici, donc, à
l'article, donc, à ce qui... ce que l'on vient insérer par l'article 18 de
façon générale. Et peut-être qu'on pourra faire ce débat-là plus généralement
lorsqu'on reviendra à l'article 18 après l'étude de cet amendement-ci,
mais pourquoi ne pas avoir indiqué de délai ici?
Ce que je comprends, le... Il y a... En fait, il
y a deux aspects, là, donc, il y a l'amendement du collègue, autant l'aspect du
délai que celui, donc, d'aller plus loin que le fait que les associations
puissent convenir, mais en leur indiquant, donc, une obligation, donc, de
convenir d'un protocole.
La Présidente (Mme D'Amours) : M. le
ministre.
M. Boulet : Bien, assez
rapidement, là, je ne veux pas que nous confondions 42.2, 42.3. 42.2, pour les
demandes, offres et propositions, c'est au plus tard le 1er novembre
précédant la date d'expiration des conventions collectives de travail. Et, par
la suite, les parties doivent commencer avec diligence, là, parce qu'il faut
lire les phrases les unes en tenant compte des autres, et l'obligation de
négocier avec diligence et bonne foi s'affirme et s'exprime à partir de ce
moment-là.
Je pense qu'il ne faut pas imposer un carcan
additionnel, de la procédure additionnelle, dire : Vous devez vous
entendre sur des modalités puis une structure de négociation. Quand on négocie,
on reçoit les demandes respectives, on est prêts à s'asseoir à la table. Il y a
des clauses sectorielles qui sont bien identifiées, il y a des clauses communes. Pourquoi mettre des nouvelles étapes
alors que tout est bien décrit? Puis moi, je ne veux pas complexifier outre
mesure. C'est simplement pour ça, là. Il y a quand même une date, le
1er novembre, et, après ça, on doit négocier rapidement.
• (10 h 20) •
La Présidente (Mme D'Amours) : D'autres
commentaires? Oui, M. le député.
M. Leduc : Bien, dans le fond,
ma collègue de l'opposition officielle esquissait, je pense, une proposition de
compromis. Moi, je peux la mettre au jeu, si elle peut participer à convaincre
le ministre. Si c'est l'obligation qui titille plus le
ministre que la date, moi, je peux le retirer, puis le redéposer, puis garder
le «peuvent», mais qu'on ait une date quand
même sur les deux mois pour inciter minimalement les parties à s'entendre sur
le protocole de négociation qui, je pense, dans les circonstances,
serait une bonne chose.
Ça
fait que je le soumets respectueusement au ministre. Serait-il ouvert que je le
retire, et que je le dépose, puis, comme compromis, je dise «peuvent» à
la place de «doivent», mais qu'on garde la référence aux deux mois?
La Présidente (Mme
D'Amours) : M. le ministre.
M. Boulet :
Je n'ai pas de commentaire.
M. Leduc :
...j'imagine. Vous pouvez dire non, M. le ministre, ce n'est pas grave. Je
ne serai pas fâché. Vous avez le droit de dire non.
M. Boulet :
...pas de commentaire. Ça laisse la...
M. Leduc :
Mais c'est respectueux, par contre.
M. Boulet :
Bien oui.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Alors, nous revenons à l'amendement de l'article 18, 42.3. Est-ce que
j'ai d'autres commentaires?
M. Leduc :
Qu'il dise non là ou qu'il dise non lors du vote, c'est non, pareil, là. Ça
fait que... bref.
M. Boulet :
...
M. Leduc :
Bien, OK.
M. Boulet :
C'est plus protocolaire.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Donc, l'amendement du député d'Hochelaga-Maisonneuve
est-il adopté ou rejeté?
Des voix : Rejeté.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Rejeté. Nous revenons à l'article 18. Avant de
poursuivre nos travaux, j'ai besoin de votre consentement pour que le député de
Jean-Lesage puisse remplacer temporairement le député d'Hochelaga-Maisonneuve
jusqu'à tant qu'il revienne. Est-ce que j'ai le consentement?
Des voix : Consentement.
La Présidente (Mme D'Amours) : Parfait.
Donc, nous continuons à l'article 18. Est-ce que j'ai encore des... Est-ce
que j'ai des commentaires pour l'article 18? Oui, Mme la députée de
Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet :
Oui. Merci beaucoup, Mme la Présidente. Évidemment, donc, la dernière fois
que nous avions fait la lecture, donc, de
l'article 18, donc, j'ai l'impression que nous étions dans un autre monde,
donc, ça fait un moment. Donc, vous m'excuserez, donc, si ces questions,
donc, ont été posées précédemment, donc, il y a trois semaines. Mais bon, donc, ici, donc, c'est très clair. Puis
le ministre, donc, il a mentionné, donc, la date, donc, du 1er novembre.
Donc,
lorsqu'on dit «au plus tard le premier jour du sixième mois qui précède la date
d'expiration de la convention collective prévue à l'article 47»,
donc, c'est le moment où est-ce que, dans... donc, c'est à ce moment-ci, donc,
que nous nous retrouvions, donc, dans la ligne du temps présentée par le
ministre. Donc, les associations, donc, doivent transmettre, donc, leurs
demandes, leurs offres, ainsi que leurs propositions. Donc, nous avons déjà
fait, donc, la nomenclature, donc, du terme
«proposition» versus «clause», à travers, donc, l'amendement qui avait été
soumis par mon collègue d'Hochelaga-Maisonneuve. Nous ne le referons pas
ici.
J'aimerais donc
entendre le ministre sur les demandes, les offres. Lorsque les groupes sont
venus en consultations particulières, certains, donc, de ces groupes-là, donc,
avaient beaucoup, donc, insisté sur la question des demandes mutuelles, donc, pas juste des offres. Donc, on n'est pas,
donc... des demandes, donc, du côté, donc, des associations
représentatives des offres, du côté des associations sectorielles d'employeurs
ou de l'association d'employeurs, mais que
ce... que le terme, donc, de demandes et offres soit entendu sur une base,
donc, mutuelle, que ce soit bien compris par les parties. Je veux
entendre M. le ministre là-dessus.
La Présidente (Mme
D'Amours) : M. le ministre.
M. Boulet : Je
ne suis pas sûr que je comprends bien. En fait, c'est réciproque, quand on
dépose des offres, des demandes, des propositions. Et vous dites que ce
soit entendu de manière mutuelle?
Mme Cadet : ...vous
venez partiellement d'y répondre, M. le ministre. Vous dites donc : C'est
réciproque.
M. Boulet : Oui, oui. Tout à
fait.
M. Boulet : Je pense que c'est
cet aspect de réciprocité là qui avait été questionné...
M. Boulet : Tout à fait, c'est
ma compréhension.
Mme Cadet : ...qui
avait été soulevé par les parties en consultations particulières. Ça fait que
vous confirmez que c'est réciproque, c'était bien...
M. Boulet : Totalement. C'est
un bon commentaire. Merci.
Mme Cadet : Parfait. OK.
La
Présidente (Mme D'Amours) : D'autres commentaires sur l'article 18?
Est-ce que l'article 18 est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme D'Amours) :
Adopté. L'article 19, M. le ministre, s'il vous plaît.
M. Boulet : Merci,
Mme la Présidente. L'article 43.4 de cette loi est modifié par le
remplacement de «soixantième» par «quatre-vingt-dixième».
Commentaire. Bien, ça propose de devancer, là,
on en a discuté, la période de médiation qui pourrait débuter 90 jours
avant la date d'expiration de la convention collective. Donc, ça nous placerait
au 27 janvier.
La Présidente (Mme D'Amours) : Est-ce
qu'il y a des commentaires sur l'article 19? Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Pardon,
un instant. Ici, donc, sur l'article 19... je le lis, donc, en même temps,
Mme la Présidente... m'assurer, donc,
de bien en faire une lecture, donc... «diligence» ici... Donc, ce «soixantième»
par «quatre-vingt-dixième», donc on a, donc, un trois mois
supplémentaires, donc, qui vient d'être ajouté ici.
M. Boulet : ...en fait, la
période de médiation est devancée de 30 jours. C'était une période de
médiation de 60 jours. La médiation est
un prérequis à l'exercice du droit de grève. Donc, le 90 jours, il précède
la date d'expiration de la convention collective. Donc, ça nous met au
27 janvier et on élimine la période de temporisation, là. C'est mieux dit
en français. Mais ça, c'est un corollaire de cet amendement-là. Donc, c'est une
période de médiation qui est prolongée, et ça permet au médiateur de travailler
avec un peu plus de marge de manoeuvre.
Mme Cadet : Donc, je comprends,
donc, quand vous dites la période de temporisation, donc, c'est celle que nous
verrons, donc, à l'article...
M. Boulet : À l'article
suivant.
Mme Cadet : Voilà, donc. OK.
M. Boulet : Je m'exprimerai un
peu plus...
Mme Cadet : OK. Parfait.
La Présidente (Mme D'Amours) : Oui,
Mme la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : ...merci, Mme la
Présidente. Juste une question, M. le ministre. Donc, pour comprendre la
séquence, à l'article 18, ce qu'on voyait précédemment, dans le fond, on
dit... on disait que c'était six mois avant la fin de la convention, ils devaient... les parties doivent se faire
parvenir leurs propositions, leurs demandes, et là ici, on dit
90 jours, donc trois mois avant. Là, maintenant, c'est la médiation qui
peut commencer, c'est ça? Donc, si je comprends bien, la médiation ne peut pas
commencer plus tôt. Pourquoi ce choix-là de 90 versus 60?
M. Boulet : ...excellente
question, mais ultimement, bon, ce qu'on mentionne, à la demande d'une partie,
le ministre nomme un médiateur. Toutefois, elle ne peut commencer avant le 90e
jour précédant l'expiration de la convention. C'est sûr que la négociation
directe est un préalable à la médiation. C'est difficile pour un médiateur
d'arriver trop tôt, alors que les parties n'ont pas eu l'opportunité d'échanger
face à face. Et c'est un processus... je pense
que c'est une étape qui permet au médiateur de déterminer les questions qui
demeurent en litige quand on est, un peu plus loin, rendus dans
l'entonnoir. Et donc ça permet de travailler de façon beaucoup plus libre,
bien, avec une marge
de manoeuvre additionnelle, mais il faut absolument que les parties aient
l'opportunité d'échanger directement. Mais si...
Mme Dufour :
Évidemment, ils avaient quatre mois.
M. Boulet :
...par exemple, ils me demandent... puis ça s'est peut-être fait dans le
passé, là, parce que je n'ai pas été là dans
tous les processus de renouvellement... ils demandaient au ministère du Travail
de nommer un conciliateur pour les accompagner, par exemple, si c'est
difficile d'amorcer les discussions. Parfois, ça peut être tendu. Il n'y a pas deux négociations qui sont pareilles. Il n'y a
rien qui empêcherait le ministre de nommer un conciliateur qui fait partie
de son équipe, que vous connaissez, à Montréal et à Québec. Donc, il n'y a rien
qui empêcherait qu'un conciliateur intervienne.
Mme Dufour :
Je voulais simplement comprendre le pourquoi on a déplacé, là, dans le
fond... Avant, c'était 60 jours. Là, on
propose 90 jours. La demande est venue d'où? Pourquoi? Comment ça va... Tu
sais, quel est le changement vraiment dans la procédure?
M. Boulet :
Bon, bien, ça va être complété avec l'article qui suit, là, parce qu'on...
on élimine la période de temporisation de 21 jours. Avant, c'était
60 jours plus un 21 jours. On appelle ça un «cooling-off» en anglais,
mais le «cooling-off», il n'avait aucune utilité, et ça, c'était reconnu tant
du côté syndical que patronal. C'était juste une période qui permettait de
préparer la suite, la grève, par exemple. Et donc plutôt qu'une période de
temporisation de 21 jours, on allonge la période de médiation. On la fait
passer de 60 à 90 jours et on la devance de 30 jours. Donc, c'est
vraiment une méthode alternative de résolution de... du processus de
négociation.
Mme Dufour : Et donc vous avez
mentionné tout à l'heure qu'il ne fallait pas qu'il arrive trop tôt, le
médiateur. Donc, vous considérez que d'arriver dans les trois mois, dans le
fond, suivant les demandes, l'envoi des demandes, ça, ce n'est pas trop
tôt, ça laisse suffisamment de temps au...
• (10 h 30) •
M. Boulet :
...tout à fait. Oui, puis il y avait... puis il faut juste rajouter un
détail, là, même s'il n'est pas nécessairement pertinent. Il pouvait nous
demander une prolongation de 60 jours, là. Il avait la possibilité de
prolonger de 30 jours, mais oui, ça donne suffisamment de temps. Je pense
qu'avec le devancement de tout le bloc de
régime de négociation, maraudage, avis de négociation, dépôt des offres,
demandes et propositions, ça va favoriser l'amorce d'un dialogue qui est
constructif, parce qu'avant ça arrivait que ça prenait du temps. Puis je le dis
avec respect, parce que je sais qu'il y a des parties patronales et syndicales
qui sont représentées, mais des fois c'était long. Alors, souhaitons que ça
n'arrive plus.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. D'autres commentaires sur l'article 19? Est-ce
que l'article 19 est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Nous passons à l'article 20. M. le ministre, s'il
vous plaît.
M. Boulet :
Merci. L'article 43.5 de cette loi est modifié :
1° par le
remplacement de «60» par «90»;
2° par la suppression
de la dernière phrase.
Commentaire. Bon,
l'article 20 propose de... On vient d'en discuter, là, de 60 à
90 jours, puis il n'y a pas de prolongation, ça fait que ça permet au
médiateur de planifier puis de travailler dans un délai qui est bien défini.
Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. Commentaires? Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet :
Oui. Merci, Mme la Présidente. Donc, effectivement, donc, on vient, donc,
de discuter, donc, du choix ici, donc, du
ministre au niveau, donc, du délai, donc, de 60 à 90 jours au niveau du
médiateur. C'est quoi, l'enjeu ici qu'on tentait de régler? Donc, je comprends
que, bon, 60 jours... Donc, en fait, c'est parce que c'était trop court,
et systématiquement, on y allait, donc on répondait, donc, à la demande de
prolongation du délai?
M. Boulet :
...en fait, dans les consultations qu'on a eues, dans les dernières années,
ce qu'on réalisait, c'est qu'il y avait le processus de médiation, et ça prend
une volonté franche de participer au processus de médiation. Souvent, ce qu'il
pouvait arriver, c'est qu'on attendait la période de temporisation de 21 jours,
qui n'avait aucune utilité. Donc, c'est une des raisons... en fait, la raison
centrale qui nous a amenés à éliminer la période, l'intégrer dans le processus
de médiation. Et les médiateurs chevronnés confirment que ce délai-là est
beaucoup plus compatible avec leur capacité de réunir puis de faire en sorte
qu'on puisse avoir des hypothèses de règlement ou une entente de principe de
façon plus sereine.
Mme
Cadet : OK. Donc, si je comprends bien, donc, dans... donc, dans
l'article 43.5, tel qu'il est libellé aujourd'hui, dans les faits, donc,
étant donné qu'il y avait une période, donc, de... bien, en fait, la période,
donc, de prolongation, donc, ici, les
parties utilisaient beaucoup plus, donc, cette période de prolongation là pour
véritablement... pour tenter de s'entendre au niveau de la médiation. C'est
qu'en fait disons que ça ne laissait pas assez de temps aux parties pour véritablement s'entendre, parce que le
60 jours était stratégiquement, donc, utilisé pour utiliser, donc, le
délai supplémentaire?
M. Boulet : ...puis il y a une prolongation qui a été
demandée, on me confirme, en 2013, et il y a une prolongation qui m'a
été demandée aussi en 2021. Et donc, à chaque fois, on réalise que ça prend un
peu plus de temps.
Mme Cadet : D'accord.
Et donc le... Par le passé, donc, on pouvait une seule fois, donc, prolonger,
donc, la période, donc, de médiation. Là, ce
que vous venez de nous dire, c'est qu'en disant, donc, que le médiateur a
90 jours pour amener les parties à s'entendre, au moment où est-ce
que le médiateur, il est nommé, donc, on aurait, donc, beaucoup plus... un vrai
90 jours plutôt qu'un... Le 60 plus 30, ça nous amenait à plutôt un vrai
30 jours et pas à un vrai 60 jours, là. C'est ce que je comprends?
M. Boulet : Totalement.
Puis il y a peut-être un aspect psychologique, là. Puis je ne veux pas rentrer
dans trop de détails en matière de
négociation raisonnée, là, mais quand tu dis : Tu as 60 jours puis la
possibilité d'une rallonge de 60 jours, souvent, ça incite à retarder puis
de dire : Bon, on va attendre, on va demander une prolongation.
Alors que, quand tu sais d'avance que tu as 90 jours, tu peux beaucoup
plus planifier, ton processus de discussion est beaucoup plus prévisible puis
tu peux avoir un calendrier qui est bien défini puis tu sais que c'est limité
dans le temps.
Mme Cadet : Je
comprends. Et là, donc, c'est la raison pour laquelle, ici, donc, on élimine,
donc, la seconde phrase de l'article 43.5. Parce qu'on dit : Le
ministre peut une seule fois, et à la demande du médiateur, prolonger, donc, la
période de médiation de 30 jours.
M. Boulet : Exact.
Mme Cadet : Donc, on enlève complètement cette possibilité-là,
de prolongation pour ces motifs-là. Et ça, les parties sont d'accord
avec ça?
M. Boulet : Tout
à fait.
Mme Cadet : Donc, tout le monde trouve que c'est une... que
c'est une bonne idée, qui va faciliter le processus de médiation. C'est
ce que vous avez entendu?
M. Boulet : Souhaitons-le,
oui.
Mme Cadet : Parfait.
La Présidente (Mme
D'Amours) : D'autres commentaires? L'article 20 est-il adopté?
Des voix :
Adopté.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Adopté. Nous sommes maintenant à l'article 22. M. le
ministre.
M. Boulet : Merci,
Mme la Présidente. 22. L'article 45.4 de cette loi est modifié par le
remplacement, dans le premier alinéa, de «qu'il ne se soit écoulé au moins
21 jours depuis l'expiration de celle-ci» par «que le délai de
90 jours pour permettre au médiateur d'amener les parties à s'entendre se
soit écoulé».
Commentaire.
Donc, on élimine, en fait, on vient de faire la discussion, la
période de temporisation de trois
semaines. Et les droits, donc, qui y sont prévus, grève, lock-out, peuvent être
exercés à l'expiration de la période de médiation plutôt que de
temporisation. C'est tout.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. Commentaires sur l'article 22?
Mme Cadet : ...suspendre
pour pouvoir déposer un amendement ici, à l'article 22. Merci.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Je vais suspendre les travaux quelques minutes.
(Suspension de la séance à 10 h 36
)
(Reprise à 10 h 44)
La Présidente (Mme D'Amours) : Nous
reprenons nos travaux. Et nous étions au dépôt d'un amendement de la députée de
Bourassa-Sauvé. Mme la députée, si vous voulez bien nous en faire la lecture,
s'il vous plaît.
Mme
Cadet : Merci beaucoup, Mme la Présidente. Donc, je vois que l'amendement
se retrouve à l'écran pour que nous puissions tous le suivre. Donc,
l'amendement, donc, à l'article 22, donc, irait comme suit, donc,
l'amendement, donc, que modifie l'article 45.4 de la Loi sur les relations
de travail, la formation professionnelle et la gestion de la main-d'oeuvre dans l'industrie de la construction :
L'article 22 du projet de loi est modifié par l'insertion de
l'alinéa suivant :
L'article 45.4
de cette loi est également modifié par le remplacement, dans le quatrième
alinéa, de "le jour du" par "soixante-douze heures après
le".
Donc,
c'est la raison pour laquelle on lit l'article modifié, pour que ce soit plus
clair, Mme la Présidente. Donc, l'article modifié se lirait comme
suit :
«La grève et le
lock-out sont interdits dans un secteur à moins qu'il n'y ait eu une médiation
et — donc,
en utilisant donc le libellé actuel — qu'il ne se soit écoulé au
moins 21 jours depuis l'expiration de celle-ci.
«À
compter de cette échéance, la grève est permise à la condition qu'elle soit déclarée
pour la totalité des salariés oeuvrant dans le secteur et qu'elle ait
été autorisée, à la suite d'un scrutin secret, par la majorité des membres
votants d'au moins trois associations représentatives à un degré de plus de
50 %.
«À compter de la même
échéance, le lock-out est permis à condition qu'il soit déclaré par
l'association sectorielle d'employeurs du secteur pour la totalité des
employeurs effectuant ou faisant effectuer des travaux de construction dans le
secteur et qu'il ait été autorisé à la suite d'un scrutin secret et selon les
conditions et modalités applicables à la conclusion d'une entente visée au
premier alinéa de l'article 44.
«Une grève ou un
lock-out débute soixante-douze heures après le dépôt auprès du ministre
d'un avis à cet effet par chacune des
associations ayant acquis le droit de grève conformément au deuxième alinéa ou,
selon le cas, par l'association
sectorielle visée au troisième alinéa. Une copie de l'avis doit être transmise
aux parties et à la commission.
«Toutefois, la grève
et le lock-out sont interdits dans un secteur à compter du jour qui suit celui
où les parties à un différend dans ce secteur ont convenu de le déférer à
l'arbitrage.
«Ils sont également
interdits en tout temps à l'égard d'une matière visée à l'article 61.1.»
Donc, ici, Mme la
Présidente, vous comprenez, puis évidemment, donc, selon nos procédures, donc,
que je lis l'article, tel que modifié, donc avant les modifications prévues au
projet de loi. Évidemment, donc, vous comprendrez... avec les votes sur les
précédents articles qui concernent, donc, la durée de la médiation, qu'il n'y a
pas, donc, d'opposition fondamentale au texte proposé par le ministre quant au
délai de 90 jours pour permettre au médiateur
d'amener les parties à s'entendre, d'attendre, donc, que ce délai se soit
écoulé, parce qu'évidemment, donc, la période
tampon, là, comme le ministre l'appelle, donc, est modifiée par les articles
sur lesquels, donc, nous travaillons.
Ceci dit, donc, c'est
la raison pour laquelle... c'est précisément, en fait, parce que nous ne sommes
pas en désaccord avec cette modification
ici, prévue à l'article 45.4, que nous souhaitons donc y ajouter un
élément... j'allais dire de concordance, mais je pense que c'est même un
peu plus que ça, Mme la Présidente, donc, un élément de cohérence, voilà, un
élément, donc, de cohérence avec le fait qu'il n'y ait plus de zone tampon.
Quand on regarde... Quand on regarde 45.4 et qu'on voit, donc, que, donc, la
grève ou le lock-out, donc, peuvent survenir en ce moment, donc, après
l'expiration d'un délai, donc, de 21 jours, donc, après la fin d'une
médiation, on comprend que les parties, donc, s'il y a malheureusement, donc,
échec de la médiation, ce que personne ne souhaite, que les parties, donc, ont
un certain moment, donc, pour pouvoir se préparer ici. Sachant que, bon, la
médiation ayant échoué, donc, bien, on laisse, donc, un certain temps aux
parties pour pouvoir, donc... d'une partie, d'une certaine manière, donc,
réaliser, donc, l'impact de leur décision, mais également leur permettre de
sécuriser le tout, par exemple, donc, du côté des employeurs.
C'est dans cette
perspective qu'ici, évidemment... donc, l'objectif n'est pas de remplacer
l'expiration du délai de 21 jours après la fin de la médiation par un autre
délai de 21 jours. Vous comprendrez que ça ne remplirait pas les objectifs
du projet de loi, surtout que maintenant, donc, comme on vient de le
mentionner, et le ministre a répondu à nos questions, donc, à cet effet, donc,
on explique, donc, assez clairement que la médiation, donc, parle, donc, d'une
durée de 60 à 90 jours sans possibilité de renouvellement, donc sans
possibilité de prolongation du délai de
médiation, dans l'objectif que les parties puissent s'entendre à l'intérieur,
donc, de ce cadre-là, bien défini, un incitatif psychologique, là, pour
reprendre les explications plus tôt énoncées par le ministre.
Dans cette
perspective, au quatrième alinéa, ce qu'on réalise, c'est qu'en ce moment,
donc, tel que rédigé, donc, la grève ou le lock-out, donc, débute le jour du
dépôt auprès du ministre d'un avis à cet effet. Dans le contexte où il y a un
délai de 21 jours, donc, qui est donné après l'expiration de la médiation,
c'est tout à fait logique, parce que le délai, en fait, il s'est... de préparation,
il s'est écoulé à ce moment-là. Mais, puisque nous venons donc modifier
l'article 45.4 en disant, donc, que le médiateur a 90 jours pour
amener les parties à s'entendre, le jour même de
la fin de la médiation, qu'il y aurait donc un avis, donc, transmis au
ministre, ça nous semble... ça semble donc un... d'être un délai, donc, plutôt serré et peu réaliste, là, peu réaliste,
donc, à la réalité, quand on compare, donc, sur le terrain. C'est
d'ailleurs, donc, une préoccupation qui a été nommée par certains groupes qui
sont venus en consultations particulières, et nommément, donc, dans... et
notamment dans leurs mémoires.
• (10 h 50) •
Et
ce qu'on nous dit... et évidemment, si je dépose cet amendement-ci, c'est que
je trouve que cet argumentaire, il... en fait, je souscris à cet
argumentaire, c'est qu'étant donné la complexité des chantiers de construction
dans... le fait que les chantiers de
construction, donc, comportent une complexité dans l'organisation du travail et
ainsi que dans la gestion des biens et matériaux, la nécessité d'avoir
un préavis de grève, donc, permettrait aux entrepreneurs d'organiser une cessation ordonnée des activités.
Un tel avis, donc, permettrait donc d'éviter, donc, qu'il survienne, donc, quoi
que ce soit, donc, aux biens, mais aussi, donc, de préserver, donc, la sécurité
des installations aussi. Donc, je pense que le délai de 72 heures, ici, il
est raisonnable.
Je vous lis donc une
partie, donc, du mémoire de l'ACQ à cet effet qui nous dit : «Rappelons
que le Code du travail prévoit, à l'article 109.3, une disposition
permettant à un employeur de prendre "les moyens nécessaires pour éviter la destruction ou la détériorisation grave
de ses biens". Malheureusement, cette disposition, dans sa forme actuelle,
donc, serait difficilement applicable dans l'industrie de la
construction, où une grève peut toucher jusqu'à près de
200 000 salariés et plus de 27 000 employeurs.»
Je poursuis : «Dans la même veine,
l'instauration de l'obligation pour les associations représentatives de donner un
préavis de grève pourrait ainsi réduire tout besoin éventuel d'intervention des
tribunaux pour préserver la santé ou la sécurité publique sous l'angle des
services essentiels, dans la mesure où ceux-ci sont de courte durée, soit de
72 heures.»
«L'instauration de l'obligation pour les
associations représentatives de donner un préavis d'au moins 72 heures aux
associations d'employeurs pour les informer de la date à laquelle la grève
serait déclenchée constitue une façon simple et équilibrée d'aider les entrepreneurs
à organiser une cessation d'activité ordonnée sans brimer le droit de grève. Un
tel préavis existe d'ailleurs dans le Code canadien du travail qui légifère des
milieux de travail industriels qui comportent plusieurs similarités dans leur
fonctionnement à l'industrie de la construction. Un tel ajout serait donc
conforme aux droits d'association dont bénéficient les associations
syndicales.»
Donc, vous comprendrez ici, Mme la Présidente,
que l'objectif, donc, est bel et bien, donc, de conserver, donc, des rapports équilibrés, donc, entre les
deux parties, mais de tout simplement, donc... de donner, donc, un préavis
qui est tout à fait conforme à ce qu'il se... à ce qui se voit ailleurs dans
des milieux... dans des secteurs d'activité qui sont analogues à celui de la construction et qui, donc, permettrait,
donc, une cessation ordonnée des activités et non pas... et non pas, donc, de nous retrouver, donc, avec
certains imbroglios, ce qui risquerait probablement, donc, d'envenimer, donc, certaines relations, surtout dans un
contexte où, si nous en arrivons à l'échec d'une médiation, il est raisonnable de
croire que les relations entre les parties ne seraient pas nécessairement au
beau fixe. Et je pense que d'accroître... de
permettre, donc, d'avoir un certain préavis, encore une fois, d'une durée toute
simple de 72 heures, et non pas le 21 jours de la zone tampon que
nous avions précédemment, c'est raisonnable et ça ne vient pas brimer le droit
d'aucune association représentative.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Commentaires sur l'amendement, M. le ministre?
M. Boulet : Je comprends
l'objectif de l'amendement. Nous sommes en désaccord pour deux motifs.
Le premier en
est un de cohésion avec les autres régimes de relations de travail dans le
secteur privé. Le syndicat envoie un avis au ministre, mais il n'y a pas de
préavis. Il n'y a pas de temps fixé dans le Code du travail dans
tous les secteurs d'activité économiques
privés au Québec. Donc, ce serait créer un précédent, parce qu'on est ici dans
le secteur privé. Donc, c'est le premier motif.
Le deuxième, c'est une nouvelle restriction
potentielle à l'exercice d'un droit qui bénéficie d'une protection
constitutionnelle depuis Saskatchewan, en 2015. Puis je ne ferai pas le
discours de l'importance et de la barrière additionnelle que ça pourrait
constituer à l'exercice du droit de grève, mais je pense que c'est un deuxième
motif qui m'apparaît trop important pour faire ce débat-là ici, dans le cadre
de la loi sur les relations de travail dans l'industrie de la construction. Ça fait que je comprends très bien, c'était une
recommandation d'une association patronale, mais, pour les deux motifs
que je viens d'exprimer, on n'est pas vraiment... on n'est pas d'accord.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Mme la députée.
Mme Cadet : Avec
égard, M. le ministre, sur le premier motif, je vous entends sur le... en fait,
donc, le fait, donc, que ça ne se retrouve pas, donc... que c'est un élément...
c'est un délai qui ne se retrouve pas, donc, dans les autres milieux de
travail. Je pense que depuis le début de l'étude détaillée du projet de loi, et
même dans le cadre des consultations particulières, nous avons maintes et
maintes fois, donc, répété que la raison... la principale raison pour laquelle
le secteur de la construction, donc, se retrouve à l'intérieur, donc, d'un
régime distinct, c'est que bien des réalités du secteur de la construction ne
sont pas applicables à ce qui se prévaut, donc, ailleurs dans le secteur privé.
Donc, c'est la raison pour laquelle bien des
dispositions du Code du travail ne s'appliquent pas au secteur de la
construction. Là-dessus, et ce sont
vos termes, M. le ministre, je suis d'accord avec vous, si... je pense que bien
des éléments, donc, du Code du travail ne pourraient pas avoir
application dans le secteur de la construction parce qu'on est... on est
ailleurs.
Donc, je suis obligée de vous dire que, pour ce
qui est, donc, du premier élément, donc, de votre argumentaire ou de votre
motif de refus, je ne pense pas que ce soit suffisant pour contrer, donc, la
proposition, donc, qui est faite ici, parce que nous avons, donc, ce régime-ci,
et je ne pense pas que ce précédent, comme vous l'appelez ici... en fait, je ne pense pas que cet
élément-ci, donc ce délai de 72 heures, viendrait créer un précédent pour
les autres secteurs d'activité dans le secteur privé, parce que, si ça
avait été le cas, je pense que bien des dispositions qui se retrouvent à la
loi R-20 auraient causé exactement, donc, la même, donc, levée de
boucliers, donc, ailleurs dans le secteur privé. Et ça n'a pas été le cas, et
je pense que vous pouvez me confirmer que ce n'est pas le cas. Donc, tout le
monde comprend que les réalités, donc, du secteur imposent ces distinctions-ci.
Pour ce qui est du deuxième élément sur
Saskatchewan, évidemment, donc, c'est sûr que l'objectif ici, donc, est bien, donc, de soupeser, donc, tout ce qui
pourrait limiter le droit de grève, parce que, comme vous l'avez mentionné,
donc, il est constitutionnalisé, et c'est très important, donc, de répondre, de
respecter, donc, la jurisprudence qui a été créée, donc, à cet effet. C'est la
raison pour laquelle vous avez vous-même, donc, fait, donc, plusieurs, donc...
en fait, certaines modifications à la suite de Saskatchewan.
Ceci dit, ici, l'objectif
ici, donc, n'est pas, donc, de limiter ce droit-ci, ce que... Je comprends que
l'objectif n'est pas de faire le débat de
Saskatchewan ici, mais ce qu'on vient dire, c'est... Bon, ce que, donc,
Saskatchewan, donc, est venu dire,
c'est que l'encadrement, donc, de ce droit-ci, avec l'intervention d'un tiers
qui viendrait limiter le droit des travailleurs, donc, de pouvoir exercer leur
droit de grève, donc, serait donc, à ce stade-ci, potentiellement
constitutionnel. Ici, il n'est pas question de limiter ce droit. Ici, il
n'est pas question que les travailleurs, donc, n'aient pas l'opportunité, donc,
de pouvoir... donc, de pouvoir, donc, faire la grève, donc, si malheureusement
la médiation échoue à l'expiration d'un
délai de 90 jours. On est d'ailleurs en train, donc, de faire, donc, ces
modifications ici, donc, pour permettre, donc, de... une meilleure
entente entre les différentes parties. Donc, je... Il me semble que, s'il
fallait que ces dispositions-ci, donc,
soient contestées sur une base constitutionnelle, que la modification, donc,
ici annoncée, donc, pourrait passer le test de Saskatchewan.
Aussi, le... Donc, je l'ai mentionné, donc, ce
préavis, donc, il existe dans le Code canadien du travail, donc, évidemment pas
dans notre Code du travail à nous, mais dans le Code canadien du travail, et,
bon, Saskatchewan, donc, ça prévaut dans ce
cadre-là aussi, et, à ce que je sache, il n'a pas été limité. Donc, j'ai... il
me faudrait un argumentaire supplémentaire, M. le ministre, pour être
d'accord avec vous.
M. Boulet : Je n'ai plus d'autre
commentaire, Mme la Présidente. Je comprends.
Mme
Cadet : Donc, je pense que le ministre, donc, est en train
de dire, donc, que j'ai raison, mais que vous ne voulez pas modifier.
M. Boulet : Non. Sérieusement, la
combinaison de l'élimination de la période de temporisation avec l'ajout d'un
préavis de 72 heures, ça pourrait être interprété comme une restriction à
l'exercice d'un droit qui est protégé par la
Charte canadienne des droits et libertés de la personne et la charte québécoise
des droits et libertés de la personne. Puis mon premier argument, le
Code du travail... Dans la mesure où le régime général est compatible, ici, ça
n'existe pas, des préavis dans le secteur privé. Dans le secteur public,
parapublic, c'est une autre dynamique, mais je comprends. Je comprends très
bien votre explication, que je respecte par ailleurs, puis c'est bien articulé,
mais je n'ai pas d'autre commentaire.
• (11 heures) •
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Mme Cadet : Peut-être pour le
ministre : Quel est le risque? Est-ce... parce qu'évidemment je vous
entends. Manifestement, donc, nous sommes en désaccord au niveau...
M. Boulet : ...pas pire, hein?
Mme
Cadet : Oui. J'entends ce que... J'entends ce que vous me
dites. Je suis en désaccord avec le fond de votre argumentaire, tant sur
le point a que sur le point b.
M. Boulet : Bien oui.
Mme
Cadet : Mais, en fait, vous, est-ce que vous... est-ce que
vous y voyez un risque ici? Donc, s'il n'y a pas, donc, ce délai-là, si nous adoptons, donc,
l'article ici, donc, sans, donc, l'inclusion, donc, d'un délai de
72 heures, est-ce que vous y voyez, donc, un risque au niveau,
donc, de la sécurité, donc, du public, au niveau du maintien des biens, de la
gestion des chantiers, nous assurer qu'il y
ait une cessation ordonnée des activités, ce qui est... ce qui est très différent
dans les autres secteurs d'activité, dans le secteur public, au Québec?
M. Boulet : Ma réponse, clairement,
c'est non. Je l'ai vécu souvent. On sait très bien, avant l'exercice d'un droit de grève, qu'on est rendus là, qu'il y a une
impasse. Et il y a eu une assemblée générale, il y a eu un mandat de grève
et, tu sais... Non. Ma réponse, simplement, c'est non, je n'ai pas... je ne
vois pas de risque pour la sécurité.
La Présidente (Mme D'Amours) : Mme
la députée.
Mme Cadet : Oui. Bien, écoutez,
c'est sûr que je pense qu'ici, l'amendement, donc, il est pertinent. Je... Ah! bien, je vois, là, donc, le ministre hocher, donc
il dit, donc, qu'il le juge pertinent. Donc, j'entends, donc, que le ministre,
donc, le... va tout de même, donc, refuser, donc, l'inclusion, donc, de cet
amendement-ci. Je vous avoue que je suis un
peu... je suis un peu déçue, Mme la Présidente, parce que je pense qu'ici,
donc, on a un élément, donc, de cohérence qui nous permettrait, donc,
d'assurer que tout se passe bien.
Considérant, là, le fait... le ministre, donc,
vous l'avez dit, donc, à ce stade-ci, on le sait bien que les relations ne sont
pas au beau fixe entre les parties, donc on sait bien que c'est un peu plus
difficile, donc, de nous permettre, donc, d'assurer cette espèce, donc, de
zone-là, donc, qui est... donc, avec un préavis de tout au plus 72 heures,
donc, on n'est pas... le délai qui est demandé ici par l'un des groupes n'est
pas un délai excessif. Et, étant donné, donc, qu'il existe ailleurs, dans
d'autres secteurs d'activité, donc, il serait conforme au droit d'association
dont bénéficient les différentes
associations représentatives. Et je pense qu'il serait avisé... je le pense
toujours, donc, qu'il serait avisé donc, d'inclure cet amendement-ci à
l'article 22 du projet de loi.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
D'autres commentaires? S'il n'y a pas d'autre commentaire, je vais
mettre aux voix l'amendement de la députée de Bourassa-Sauvé. Est-ce que
l'amendement est...
Mme Cadet : ...
La Présidente (Mme
D'Amours) : Pardon?
Mme Cadet : Par
appel nominal, s'il vous plaît.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Un appel nominal. Mme la secrétaire, s'il vous plaît.
La
Secrétaire : Pour, contre, abstention. Mme Cadet (Bourassa-Sauvé)?
Mme Cadet :
Pour.
La Secrétaire :
Mme Dufour (Mille-Îles)?
Mme Dufour :
Pour.
La Secrétaire :
M. Boulet (Trois-Rivières)?
M. Boulet :
Contre.
La Secrétaire :
Mme Tremblay (Hull)?
Mme
Tremblay : Contre.
La Secrétaire :
M. Dufour (Abitibi-Est)?
M. Dufour :
Contre.
La Secrétaire :
Mme Mallette (Huntingdon)?
Mme
Mallette : Contre.
La Secrétaire :
M. Martel (Nicolet-Bécancour)?
M.
Martel :
Contre.
La Secrétaire :
M. Zanetti (Jean-Lesage)?
M. Zanetti :
Contre.
La Secrétaire :
Mme D'Amours (Mirabel)?
La Présidente (Mme
D'Amours) : Abstention. Donc, l'amendement est rejeté. Nous revenons à
l'article 22. Est-ce qu'il y a des commentaires à l'article 22? S'il
n'y a pas de commentaire, nous allons...
M. Zanetti : ...en
fait, je pense qu'il a déjà été envoyé.
La Présidente (Mme D'Amours) : Oui,
exactement. On va... Est-ce qu'il est sur Greffier? Il est déjà sur Greffier.
Donc, aussitôt qu'on le met à l'écran, M. le député, si vous voulez bien nous
en faire la lecture, s'il vous plaît.
M. Zanetti : Oui,
alors, il s'agit de remplacer l'article 22 du projet de loi par le suivant
:
L'article 45.4 de
cette loi est modifié :
1° par
le remplacement, dans le premier alinéa, de «qu'il ne se soit écoulé au moins
21 jours depuis l'expiration de
celle-ci» par «que le délai de 90 jours pour permettre au médiateur
d'amener les parties à s'entendre se soit écoulé»;
2° par la
suppression du sixième alinéa.
Une voix :
...
La Présidente (Mme
D'Amours) : C'est sur Greffier. On le met à l'écran quand... c'est
pour faciliter, mais vous pouvez aller sur Greffier. La lecture étant faite,
est-ce qu'il y a des commentaires, M. le député?
M. Zanetti : Oui. Bien, l'objectif, en fait, c'est qu'il puisse
y avoir des grèves sur tous les sujets, dont le sujet des régimes
d'avantages sociaux, parce que c'est un sujet d'une grande importance, et, en
ce moment, il y a une limitation du droit de grève par rapport à ce sujet-là,
entre autres, qui fait que, bien, ça empêche d'améliorer les conditions de
travail des gens sur le domaine de la construction. On a besoin d'avoir du
monde qui ont des bonnes conditions de
travail pour réduire la pénurie de main-d'oeuvre dans le secteur, faire avancer
l'habitation, et tout ça. Donc, on pense que c'est important de
supprimer le sixième alinéa.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Commentaires, M. le ministre?
M. Boulet : Pas de commentaire.
La Présidente (Mme D'Amours) : Pas
de commentaire. M. le député.
M. Zanetti : Bien, M. le ministre,
qu'en pensez-vous? Êtes-vous pour ou contre?
M. Boulet : Contre.
M. Zanetti : Vous êtes contre. Et
pouvez-vous nous dire pourquoi?
M.
Boulet : Bien, la stabilité du régime, hein? Il y a des
clauses communes, il y a des clauses sectorielles, il y a des clauses
qui permettent l'exercice d'un droit de grève ou de lock-out, d'autres, non, et
ce n'est pas le but de cette loi ou de ce
projet de loi. C'est permettre un accès accru, permettre que l'industrie de la
construction soit plus inclusive. On a un besoin de main-d'oeuvre, on a
besoin d'accroître la productivité, et ce qui nous préoccupe, c'est l'harmonie,
ce n'est pas la confrontation.
Ça fait que
je ne veux pas rajouter des sujets qui pourraient générer l'exercice d'un droit
de grève, par exemple. C'est simplement dit, là, mais... puis je
respecte l'amendement, mais nous serons contre.
M. Zanetti : J'invite quand même le
ministre à envisager les choses d'un autre angle, c'est-à-dire que, si, justement, on veut rendre l'industrie de la
construction plus inclusive, bien, ça passe, entre autres, par l'amélioration
de certains avantages sociaux,
notamment, pour la participation des femmes, la participation des gens qui ont
des familles, etc. Et je pense que voir la grève comme une
confrontation, et non pas comme quelque chose qui vise à améliorer les
conditions de travail et à améliorer l'attractivité de l'industrie, je pense
que c'est une erreur. Mais c'est pour ça que je l'invite puis, au moins,
peut-être, les collègues de l'opposition à appuyer cet amendement. Je les
interpelle. Est-ce que je peux compter sur votre appui?
La Présidente (Mme D'Amours) : Ça va
être à ma demande, mon cher monsieur, si...
M. Zanetti : Bien, je pose la
question. Ils peuvent ne pas y répondre, j'imagine.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Est-ce qu'il y a d'autres commentaires sur l'amendement 22? S'il n'y a pas de
commentaire, je vais mettre aux voix l'amendement. Est-ce que l'amendement est
adopté ou rejeté?
Des voix : Adopté.
Des voix : Rejeté.
La
Présidente (Mme D'Amours) :
Rejeté. Nous revenons à l'article 22. Est-ce qu'il y a des commentaires sur
l'article 22? L'article 22 est-il adopté ou...
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme D'Amours) : Adopté.
M. le ministre, l'article 61, s'il vous plaît.
M. Boulet : Merci, Mme la
Présidente. L'article 8 de la Loi instituant le Tribunal administratif du
travail est modifié par l'insertion, dans le paragraphe 4° et après «de
l'article 27,», de «du premier alinéa de l'article 42.3,».
Commentaires. Bon, on en a discuté, ça modifie
la loi qui constitue le Tribunal administratif du travail pour inclure le
nouveau recours pour faire respecter l'obligation de négociation de bonne foi.
Puis ça va être entendu... Bon, vous
connaissez le Tribunal administratif du travail : une division des
relations de travail; une, santé et sécurité; une, services essentiels;
puis une division construction, qualifications professionnelles. Donc, c'est un
recours de même nature que celui qui existe dans le Code du travail, donc, pour
s'assurer du respect de l'obligation de négociation de bonne foi des parties.
C'est tout, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Commentaires sur l'article 21... 61, pardon? L'article 61 est-il
adopté?
Mme Dufour : ...un
amendement, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
D'Amours) : À l'article 61?
Mme Dufour :
Oui. On va suspendre juste deux instants, on va vous l'envoyer.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Je vais suspendre quelques minutes. Merci.
Mme Dufour :
Merci. Je demande la suspension, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. Je suspends les travaux.
(Suspension de la séance à
11 h 09)
(Reprise à 11 h 16)
La Présidente (Mme
D'Amours) : Bon, nous reprenons nos travaux et nous étions à
l'article 61. Donc, oui, Mme la députée.
Mme Dufour : Oui,
Mme la Présidente, j'ai une question. Et, tout à l'heure, j'ai mentionné que
j'aurais un amendement, mais je me suis enthousiasmée, je suis allée un peu
trop vite, c'est le... c'est au prochain point, mais j'ai quand même une
question sur le 61.
Donc, la CSN, dans
son mémoire, nous disait... elle nous suggérait d'ajouter une disposition qui
prévoit l'application des articles 111.0.17 et suivants du Code du travail
à la loi R-20, puis elle soulignait, là, que ce serait parce qu'«il serait
opportun de mettre à profit l'expertise et la compétence du Tribunal
administratif du travail afin d'encadrer les situations spécifiques aux
différents secteurs, le tout conformément aux dispositions encadrant le maintien des services essentiels durant une
grève». Et, selon elle, l'inclusion des dispositions, là, de ces
dispositions-là dans la loi R-20
«aurait pour effet de s'assurer de prévenir les situations pouvant
potentiellement mettre en danger la santé ou la sécurité publique, tout
en respectant le droit constitutionnel à la liberté d'association.»
Dans
le fond, ce que je voulais savoir, c'est : Est-ce que le ministre a
regardé cette proposition-là, puis pourquoi, dans le fond, ça n'a pas
été retenu, là?
M. Boulet : ...le
secteur à des... au maintien des services essentiels?
Mme Dufour : D'ajouter la disposition qui prévoit l'application
des articles 111.0.17 et suivants du Code du travail à la loi R-20.
M. Boulet : Ça a certainement été analysé avec considération,
parce que c'était dans un mémoire, mais ça n'a pas été retenu.
Mme Dufour : Et
on sait...
M. Boulet : Attendez...
Bien, c'est des ordonnances sur le maintien des services essentiels. Non.
Mme Dufour : C'est
ça, et eux autres semblaient dire, là, qu'il y aurait peut-être un effet là, de
prévenir des situations qui pourraient
mettre en danger la santé et la sécurité publique. Donc, je voulais juste vous
entendre là-dessus, là.
M. Boulet : Oui, mais je pourrais faire une longue discussion,
là, parce que, depuis Saskatchewan, l'interprétation des services
essentiels doit être extrêmement restrictive, puis on doit faire la preuve
qu'il y a un impact pour la santé, sécurité de la population, et ce n'est pas
le cas présent là, tu sais. Souvenez-vous, dans le transport collectif, dans la
transformation alimentaire, dans le cimetière Notre-Dame-des-Neiges, dans le
secteur de l'éducation, il y a des impacts
s'il y a une grève et qu'il y a des services qui ne sont pas rendus, s'ils ont
une incidence sur la santé et sécurité de la population, puis c'est
interprété super restrictivement. On n'est pas dans un domaine où il faut
réfléchir à maintenir des services essentiels.
Mme Dufour : Bien,
merci de l'explication.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
D'autres commentaires sur l'article 61? Est-ce que l'article 61 est
adopté?
Des voix :
Adopté.
La Présidente (Mme
D'Amours) : M. le ministre, vous aviez un amendement, 61.1.
M. Boulet : C'est
plus tard. Il est dans notre plan de travail, il est plus tard. C'est un petit
amendement à la Loi sur le bâtiment, là,
mais c'est... puis c'est de la concordance avec le concept de polyvalence.
Donc, c'est plus tard.
La Présidente (Mme D'Amours) : Vous
le mettez à quel moment, votre 61.1, M. le ministre? Est-ce que c'est dans le
même... dispositions pénales, amendements, ou on est dans le tribunal
administratif?
M. Boulet : C'est plus loin. Vous
l'avez là, là, vous autres?
Mme Dufour : ...
M. Boulet : Bien là, c'est parce
qu'il y a quelqu'un qui...
La Présidente (Mme D'Amours) : Je
vais suspendre les travaux quelques minutes, s'il vous plaît.
(Suspension de la séance à 11 h 20)
(Reprise à 11 h 57)
La Présidente (Mme D'Amours) : Nous
reprenons nos travaux. Et, avant de continuer sur nos articles que nous venons de travailler, j'aimerais le
consentement du plan final que le ministre a déposé ce matin, un plan de travail
qui était à compléter. Nous avons maintenant le plan. Est-ce que j'ai le
consentement pour qu'on puisse continuer à travailler?
Des voix : Consentement.
La
Présidente (Mme D'Amours) :
Consentement. Merci. Donc, nous étions à la... on avait passé
l'article 61, qui avait été adopté. Nous étions maintenant avec le plan de
travail, à l'article 58. Est-ce que j'ai des commentaires?
Mme Cadet : ...
La
Présidente (Mme D'Amours) : Oui, dispositions pénales, amendes. C'est le
nouveau bloc que l'on commence. Donc...
Mme Cadet : ...
La Présidente (Mme D'Amours) : 61
avait été adopté.
M. Leduc : ...
La
Présidente (Mme D'Amours) :
Oui, M. le député, l'amendement est sur Greffier, donc on va le mettre sur...
Une voix : ...
La Présidente (Mme D'Amours) : OK,
mais l'article... pardon, l'amendement est sur l'article 58?
M. Leduc : Non. J'ai compris que,
là, on a terminé 58 puis qu'on allait passer au prochain bloc. Est-ce que je me
trompe?
La Présidente (Mme D'Amours) : Non,
on commence le 58.
M. Boulet : ...dispositions pénales,
amendes.
M. Leduc : OK. Bon, on va faire 58
puis on le fera après.
M.
Boulet : OK. Bien, on va faire... En fait, 58, c'est tous
les articles d'amendes. C'est 58 et les suivants. C'est tout un bloc qui
est cohérent.
La Présidente (Mme D'Amours) : Donc,
M. le ministre, 58.
M. Boulet : Oui, merci, Mme la
Présidente. Donc : L'article 122.1 de cette loi est abrogé.
En fait, c'est le mécanisme d'indexation des
amendes. Comme vous savez, pour des raisons d'uniformité, à chaque fois qu'on ouvre une loi et qu'on discute
des dispositions pénales, on met un terme au mécanisme d'indexation, parce que c'est des barèmes uniformes qui sont
utilisés par les avocats, avocates du ministère de la Justice du Québec, qui assurent une cohérence avec des amendes pour des
infractions dont l'actus reus est le même. Évidemment, il est question aussi de
simplicité et de clarté législative, donc c'est la raison pour laquelle ce
mécanisme d'indexation annuelle du montant
des amendes est terminé. Et donc on va revaloriser le montant des amendes pour
chaque infraction dans les articles qui vont suivre, c'est-à-dire on va
commencer à l'article suivant 58, c'est-à-dire l'article 59. Merci, Mme la
Présidente.
• (12 heures) •
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. Oui, Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Merci, Mme la Présidente. Donc, je comprends,
donc... Quand on lit, donc, 122.1, donc, on voit, donc : «Une amende
prévue par la présente loi est indexée annuellement selon l'augmentation au
pourcentage de la moyenne de l'indice
des prix à la consommation au Canada, publié par Statistique Canada en vertu de
la Loi sur la statistique, pour les 12 mois de l'année précédente
par rapport aux 12 mois de l'année antérieure à cette dernière», et donc,
«la commission publie à la Gazette le résultat des indexations faites en
vertu du présent article».
Donc, vous dites, M.
le ministre, qu'essentiellement... je comprends qu'on... bon, évidemment, donc,
il y a plusieurs articles dans le projet de
loi qui modifient le montant, donc, des amendes, donc, c'est... Donc, ce
mécanisme-ci ne sera plus utilisé, par conformité avec les autres lois?
M. Boulet : Il
ne sera plus utilisé, c'est... Dans toutes les lois qui font l'objet de
révision, ce mécanisme d'indexation n'est plus utilisé. Dans le fond, on
revalorise le montant des amendes pour des raisons d'uniformité, en tenant
compte de la nature de l'infraction. En fait, puis je ne suis pas un
spécialiste là-dedans, mais... ils font des comparaisons
avec des infractions similaires dans d'autres lois, et on établit le montant
d'amendes en s'inspirant de ce qu'il y a dans les autres lois, tant pour
la première infraction que pour les récidives. Et c'est une décision qui a été prise par le ministère de la Justice, il y a quand
même un certain temps, ça fait quand même un certain nombre d'années.
Mme Cadet : Ça
fait combien de temps?
M. Boulet : Depuis
au moins cinq ans.
Mme Cadet : OK.
D'accord.
M. Boulet : Et
dans toutes les lois, moi, dans lesquelles j'ai été impliqué, c'est ce que nous
faisions, et tous mes collègues aussi, là, depuis au moins cinq ans.
Mme Cadet : Ah!
OK, donc, depuis au moins cinq ans, donc, chaque fois qu'il y a une révision du
montant des amendes, donc, dans une
nouvelle... dans un projet de loi, donc, lorsqu'on ouvre une loi, donc, un
article analogue à celui que l'on
voit, au contenu que l'on voit à l'article 122.1, est abrogé. Donc, ces
articles similaires, donc, sont abrogés pour ne plus y aller, donc, avec
une révision par l'IPC. Pourquoi est-ce qu'on a décidé de ne plus aller avec
l'IPC?
M. Boulet : Je
vais lire ma justification au complet parce que ça donne des détails à ce que
je viens de mentionner. «L'indexation annuelle a pour effet de rendre
incohérents les montants des fourchettes d'amendes de la loi avec les barèmes uniformes utilisés par le
ministère de la Justice afin d'harmoniser la législation pénale québécoise.
Les fourchettes d'amendes pour des infractions similaires seraient également
incohérentes d'une loi à l'autre selon qu'une est indexée et que l'autre ne
l'est pas, ou encore que les deux lois soient indexées mais qu'elles n'ont pas
été adoptées la même année. Nous pouvons aisément envisager la situation peu
souhaitable où une même infraction, par exemple, l'entrave à un inspecteur,
pourrait être punie d'une multitude de fourchettes d'amendes différentes au
sein de la législation pénale québécoise, alors que l'actus reus est, quant à
lui, le même.
L'indexation annuelle
peut également compliquer la rédaction des constats d'infraction et le travail
du Bureau des infractions et amendes, étant donné que le montant des amendes
serait en constante évolution. On peut également
penser à la perte d'une certaine clarté législative pour les... bien, pour les
citoyens et citoyennes du Québec, les
montants d'amendes étant généralement des chiffres ronds, faciles à lire,
faciles à distinguer. Une indexation annuelle génère nécessairement des
coûts et une charge de travail supplémentaire reliés aux calculs nécessaires et
à la publication dans la Gazette officielle. Il est également... tu
sais, parce qu'à la Gazette officielle, après ça, il y a plein de
commentaires, il est également beaucoup plus facile et équitable pour le
citoyen de savoir à quoi il s'expose en cas d'infraction à la loi. De plus,
cette méthode n'exige pas de publication à la Gazette officielle,
limitant ainsi les coûts pour le gouvernement et un supplément de travail pour
l'exercice du calcul de l'indexation.
Enfin, la méthode de
revalorisation s'inscrit mieux dans le principe général de lisibilité des lois
et de compréhension des lois aussi. Donc, en gros, c'est ça, puis je tenais à
le lire, là, parce que c'est encore plus précis.
Mme Cadet : C'est
beaucoup plus clair, en fait, maintenant.
M. Boulet : Bien
oui, bien oui.
Mme Cadet : Oui, bien, merci beaucoup, Mme la Présidente. Je
pense que je saisis bien la teneur de l'article 58.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M.
Leduc : Merci, Mme la Présidente. La semaine dernière, M. le ministre,
on a eu un échange dans le cadre... Vous me
voyez venir, j'imagine... un petit sourire. Je suis subtil... si subtil que ça?
Bon, coudon... dans l'échange sur les
crédits, par rapport à l'idée d'avoir des fourchettes, donc, des amendes
minimales et des amendes qui pourraient être en pourcentage du chiffre
d'affaires. Est-ce que c'est quelque chose... Vous aviez dit que vous alliez y
réfléchir. Là, on a un exemple où est-ce
qu'on pourrait commencer à appliquer ce genre de choses là. Est-ce que, d'après
vous, c'est quelque chose qui pourrait être envisagé pour cet
article-là?
M. Boulet : J'en
ai discuté. C'est un bon élément. Évidemment, il y a une fourchette, hein, qui
permet une certaine discrétion judiciaire. Est-ce que le chiffre d'affaires
devrait être apprécié systématiquement ou devrait être un critère qui peut être utilisé par le tribunal? Je pense que ça mérite
un examen. Je pense que ça mérite une analyse, mais là, ici, dans l'industrie
de la construction, on n'est pas à cette étape-là.
Puis, dans
l'industrie de la construction, comme vous savez, je pense, c'est 80 quelques
pour cent des entrepreneurs qui ont moins que cinq employés, là. C'est
généralement une multitude de petits entrepreneurs, mais je comprends ce que
vous avez soulevé lors de l'étude de crédits, et ce que j'ai mentionné, je le
réitère, ça mérite d'être examiné.
M. Leduc : Parce
que, pour...
M. Boulet : Parce
qu'ultimement...
M. Leduc : Oui?
M. Boulet : ...excusez-moi
de vous interrompre...
M. Leduc : Allez-y.
M. Boulet : ...ce
que vous recherchez, c'est l'effet dissuasif de l'amende.
M. Leduc : Exact.
M. Boulet : Et
là c'est une infraction d'ingérence patronale, une infraction de violation de
l'article 12 du Code du travail, particulièrement dans un contexte
d'accréditation syndicale, plus spécifiquement.
M. Leduc : ...c'était
ça, l'objet de nos échanges la semaine dernière.
M. Boulet : Absolument. Et moi, j'ai compris ce que vous
m'avez exprimé lors de l'étude des crédits et je pense que, pour que
l'amende ait un impact, il faut qu'elle soit dissuasive.
M. Leduc : Puis est-ce que vous considérez qu'elle l'est en
ce moment? Est-ce que vous avez, comme, des chiffres à nous supposer, le
ratio de ce que ça représenterait pour une petite, une moyenne ou une grande
entreprise?
M. Boulet : Je
vous ai donné mon opinion dans le cadre de l'étude des crédits, mais ici, pour
chaque amende, vous allez voir, on a tenu
compte d'infractions de même nature et on s'est assurés, au ministère de la
Justice, qu'il y ait une cohésion puis un respect du corpus législatif
québécois. Mais là je ne me réexprimerai pas sur la suffisance de l'amende qui
est dans le Code du travail...
M. Leduc : Non,
ce n'était pas ça, l'objet de ma question.
M. Boulet : ...mais la fourchette, collègue, permet
véritablement d'obtenir l'effet dissuasif que vous recherchez. Puis je
ne plaiderai pas, mais c'est certain que, si je plaidais ou que vous plaidiez,
vous soumettriez au tribunal le chiffre d'affaires et il aurait certainement
l'opportunité d'y réfléchir, minimalement.
M. Leduc : Bien,
vous l'oubliez peut-être, des fois, M. le ministre, mais je ne suis pas avocat.
Ça fait que je ne peux pas plaider. Moi, j'ai juste un certificat en droit du
travail, ce n'est pas suffisant...
M. Boulet : On
a droit à un avocat.
M. Leduc : ...ce
n'est pas suffisant pour aller plaider dans certaines cours. Blague à part, je
comprends que c'est peut-être
plus dans les prochains articles, donc, qu'on va examiner le détail des
amendements. Parce que, pour vrai, c'est une vraie question, là, j'aimerais ça,
si on pouvait nous fournir des chiffres, tantôt, peut-être, si ce n'est pas approprié
maintenant, mais sur qu'est-ce que ça représente, c'est quoi, la moyenne d'un
chiffre d'affaires d'une petite entreprise
en construction, d'une moyenne, d'une grosse, pour qu'on puisse vraiment
regarder à quel point c'est dissuasif ou pas, finalement.
M. Boulet : Ça, on n'a pas ces
données-là, les chiffres d'affaires...
M. Leduc : La
CCQ ne possède pas ces chiffres-là?
M. Boulet : ...parce que c'est
privé, puis là ça implique un examen des états financiers, mais je pense que
c'est un autre débat.
M.
Leduc : Oui, mais, M. le ministre, quand... Les employeurs
doivent fournir une forme de cotisation à la CCQ, là?
M. Boulet : Oui, mais là c'est en
fonction des heures travaillées. En fait, pour établir leur représentativité,
c'est les heures travaillées sur le total des heures travaillées. Est-ce que la
CCQ analyse, en fonction des heures, cette entreprise-là devrait faire tel
chiffre d'affaires? Non, ce n'est pas des chiffres qui...
M. Leduc : OK, mais on peut faire,
donc, le calcul inverse. On peut prendre l'amende nominale, puis regarder c'est
quoi, le taux horaire dans cette industrie-là, puis voir, cette amende-là
représente à peu près, mettons, cinq heures de travail.
M. Boulet : Mais, je le répète, la
fourchette que nous avons, que les avocats, avocates du ministère de la Justice ont mise en place dans tous les articles
tient compte de la possibilité pour le tribunal de dissuader l'entrepreneur
de récidiver. Puis les montants de récidive,
vous le savez, ils sont substantiellement plus élevés, vous allez le voir,
amende spécifique après amende spécifique, mais ça dépend aussi
tellement, collègue, vous le savez, des faits et des circonstances de chaque
cas.
M. Leduc : Tout à fait.
M. Boulet : Il y a des circonstances
aggravantes, il y a des circonstances atténuantes. C'est pour ça que le
tribunal a quand même une possibilité qui est élargie, mais, sur le fond, on
est sur la même longueur d'onde.
M. Leduc : C'est juste que vous nous
dites : Faites-moi confiance, mon amende est dissuasive, mais vous ne m'en
faites pas la démonstration.
• (12 h 10) •
M. Boulet : Faites confiance aux
tribunaux puis faites confiance à la fourchette, faites confiance aux parties qui feront leurs preuves, parce qu'il y a les
éléments aggravants puis il y a les éléments atténuants, puis on ne peut pas
s'immiscer dans ce processus-là, là. Je pense qu'il faut donner une bonne marge
de manoeuvre.
M. Leduc : Mais ce n'est pas ça que
je dis, M. le ministre.
M.
Boulet : Oui, mais vous dites... Faites confiance,
faites-nous confiance pour l'effet dissuasif, ce n'est pas... Moi, je
dis : Faites confiance à la fourchette et à la capacité d'apprécier la
valeur probante des témoins.
M. Leduc : Bien, c'est parce que je
fais le parallèle avec notre échange de la semaine passée, sur Amazon, où
est-ce que c'était, quoi, 1 000 $ par jour? C'était ridicule.
M. Boulet : C'était 100 $ à
1 000 $ pour chaque jour ou fraction de jour que dure l'infraction.
M.
Leduc : Bien oui, mais, pour une entreprise comme Amazon,
c'est ridicule, comme... tu sais. Ça fait que, là, on est tous quand
même capables de comprendre que ce n'est pas... ça n'a pas un effet dissuasif,
pour une entreprise comme Amazon, avec le chiffre, parce que ça doit avoir un
chiffre d'affaires dans les milliards de dollars.
Ça fait que,
là, moi, ce que je vous dis... On arrive sur un autre terrain, celui de la
construction. Vous me dites : Oui, oui... non, ces amendes-là,
elles sont dissuasives. OK. Montrez-moi-le avec des chiffres.
M. Boulet : Mais ceci dit, avec
respect, les entrepreneurs de la construction puis Amazon, ce n'est pas le même
débat.
M. Leduc : Je suis d'accord avec
vous.
M. Boulet : Et Amazon puis la
violation de 12, alléguée, là, ceci dit... alléguée, là, parce que moi, je n'ai
pas de preuve à cet effet-là, il y a des
prétentions, mais il faut faire la preuve devant le tribunal, mais là ça
m'apparaît être un autre débat, là. Là, on est vraiment dans le Code du
travail, qui est le régime général, et on est vraiment dans le débat de
l'ingérence patronale, particulièrement d'Amazon, qui a présenté une requête en
accréditation syndicale il y a deux semaines. Là, on réfère aux amendes dans
l'industrie de la construction, et c'est ce sur quoi ont travaillé les avocats du ministère de la Justice, avec, encore
une fois, une fourchette qui est suffisante pour atteindre l'effet dissuasif
que vous escomptez dans Amazon.
M.
Leduc : Je ne demande qu'à vous croire, mais vous me
demandez de vous croire sur parole. Vous me dites : Oui, oui, elle est
suffisante, l'amende. Bien, moi, j'ai vu l'autre article du Code du travail
puis j'ai plutôt l'effet inverse, qu'elle n'est
pas suffisante, l'amende. Ça fait que, là, j'ai tendance à me dire : Bien,
faites-moi la démonstration pour cette fois-ci.
M. Boulet : Bien,
je vous dis la suffisance. Il y a aussi la cohérence, là, mais je comprends
très bien que, dans le cas spécifique d'Amazon, là, je vais être encore plus
clair, s'il y a une preuve puis qu'un tribunal en vient à la conclusion qu'il y
a eu un non-respect de l'article 12 du Code du travail sous réserve des
circonstances aggravantes et atténuantes, il
se pourrait que le montant d'amende ne soit pas dissuasif. C'est le plus loin
que je peux aller, collègue, puis je pense que vous me comprenez très
bien.
M. Leduc :
Pouvez-vous me donner des
exemples d'à quoi ces amendes-là... dans quels cas elles vont s'appliquer?
M. Boulet : Bien, on pourra le voir,
chaque cas... après chaque cas, là, mais... à chaque article, je pourrai vous
dire la nature de l'infraction.
M. Leduc :
Puis là il y en a combien d'articles, après celui-là?
M. Boulet :
Il y en a peut-être une quinzaine. Il y en a plusieurs.
Une voix : ...
M. Boulet :
Une trentaine. Ça fait que c'est sûr que...
M. Leduc :
Là, on va traiter 30 articles d'amendes?
M. Boulet :
Bien, c'est toute la même affaire.C'est tous des montants...
M. Leduc :
C'est parce que... Je pose la
question sincèrement parce que, là, nous, on avait un amendement qu'on voulait
déposer, mais je me demande si on est mieux de... justement, pas de le traiter
tout de suite, avant de lancer la grande séquence.
M. Boulet :
Bien, c'est une séquence où c'est toute une revalorisation qui tient compte
des fourchettes, des récidives puis de la cohérence.
Ça fait que je ne
sais pas si vous voulez qu'on s'attarde à chaque article, moi, je n'ai pas de
problème, mais je vais dire la nature de
l'infraction, puis le débat sur la légitimité du montant de l'amende, il a été
fait par les avocats, avocates du ministère de la Justice, là. Ça fait
qu'à un moment donné...
M. Leduc :
Ça fait que c'est 58 et quoi, là, pour les prochains articles d'amendes?
M. Boulet :
Il y en a 32, articles, mais c'est toute...
M. Leduc :
58 jusqu'à...
M. Boulet :
Puis, après ça, ce qu'on pourrait convenir, collègue... on pourrait
discuter de votre amendement de 109 à 109.4
du Code du travail. C'est ce que vous souhaitiez déposer. Moi, je n'ai pas de
problème à ce qu'on le fasse à la suite.
M. Leduc :
Du bloc complet ou à la suite de celui-là?
M. Boulet :
Après le bloc des dispositions pénales, là.
M. Leduc :
C'est ça, ce qui nous amènerait probablement à cet après-midi, j'imagine.
OK. Faisons ça.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. D'autres commentaires sur 58? Est-ce que
l'article 58 est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Adopté. L'article 59, M. le ministre, s'il vous
plaît.
M. Boulet :
Merci, Mme la Présidente. «122.2. Malgré toute disposition contraire de la
présente loi, les montants minimal et maximal des amendes prévues par la
présente loi sont portés au double pour une première récidive et au triple pour
toute récidive additionnelle.»
Commentaire :
Donc, modifier 122.2 de la loi R-20, lequel prévoit des mécanismes de fixation
au montant minimal et maximal en cas de première et lors des récidives
additionnelles. Donc, c'est un peu ce que j'ai mentionné.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Oui, Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet :
Oui, Mme la Présidente. Bien, tout d'abord, une petite correction. M. le
ministre vient de dire : On modifie 122.2. En fait, on crée
l'article 122.2, là, il n'existe pas en ce moment à la loi R-20.
Donc, l'autre chose,
donc, ici, donc, au double ou au triple... Peut-être juste entendre, donc, le
ministre sur l'aspect, donc, de cohérence
avec les autres lois, parce qu'à l'article 58, donc, à 122.1, donc, on l'a
abrogé parce que... Puis ça semblait, donc, assez clair, donc, parce que
l'indexation, là, par l'IPC, c'est ce qu'on voit, donc, depuis, semble-t-il, un peu plus de cinq ans dans tout
l'appareil gouvernemental, mais ici... est-ce qu'il y a encore une fois, donc,
le même type de cohérence ici, à l'article 59?
La Présidente (Mme
D'Amours) : M. le ministre.
M. Boulet :
Même type de cohérence que...
Mme Cadet :
Qu'à l'article 58. Donc 58, donc, on a abrogé 122.1 en disant, donc,
l'indexation par... en suivant l'IPC, ce n'est plus ce qui a cours au sein,
donc, de l'appareil gouvernemental, donc, pour toutes les législations qui sont mises à jour depuis cette
date. Donc, par cohérence, donc, on abroge, donc, l'article 122.1. Là, on veut
savoir si on ajoute l'article 122.2, ici, à travers. Donc, le même souci,
donc, est-ce que c'est un corollaire de l'article 122.1?
M. Boulet :
C'est ma compréhension, oui. C'est un complément, tout à fait.
Mme Cadet :
OK. Donc, ailleurs aussi, ce qu'on voit depuis cinq ans...
M. Boulet :
En fait, la question c'est : est-ce que, dans les autres lois, on
prévoit la même chose : pour la première récidive, double, pour la
deuxième récidive, triple?
Une voix : ...
M. Boulet :
Donc, pas systématiquement, mais c'est une règle qui a été jugée opportune
dans le contexte de la loi sur les relations de travail, dans la loi R-20.
Mme Cadet :
Parfait. Donc, on n'est pas...
M. Boulet :
C'est une bonne question, ça.
Mme Cadet :
OK. Donc, ici, donc, on n'est pas, donc, en concordance. Alors, pourquoi
c'est ce qui a été jugé ici pour la loi R-20?
M. Boulet :
Question de nature des infractions, proportionnalité, cohérence et, je vous
dirais, plus facile à comprendre aussi. Puis, tu sais, on a constaté, en 2023,
qu'il y avait 12 % des dossiers pénaux qui constituaient une récidive,
puis 7 % des contrevenants sont des récidivistes, donc l'infraction qui
comportait le... bon.
L'infraction qu'on
retrouve la plus fréquemment, c'est quelqu'un qui n'est pas détenteur de son
certificat compétence. Et donc on a tenu compte de ces réalités-là, puis c'est
ce qui a été considéré comme étant le plus opportun et compatible avec la
réalité du secteur. C'est tout ce que je peux dire.
Mme Cadet : Et là, donc, quel type... parce que, là, on
dit : «Malgré toute disposition contraire de la présente loi»,
donc, tout ce qu'on viendra, donc, modifier par la suite...
M. Boulet : Tout
ce qui suit, exactement.
Mme Cadet : OK.
Et donc vous dites, donc, étant donné, donc, la nature, donc, des différentes
infractions... Vous avez nommé, donc, l'exemple, donc, des personnes, donc,
exerçant un métier sans être détenteur d'un certificat de compétence. Donc,
quels autres types d'infractions, en fait, sont principalement, donc, visées
ici par la récidive?
M. Boulet : On
va toutes les voir une après l'autre, mais il y en a que c'est... ils font
défaut de remettre des documents, ils font défaut de transmettre des
informations à la Commission de la construction du Québec, ils font entrave au travail d'un inspecteur. Mais on va
toutes les voir, une après l'autre, mais ils seront soumis aux mêmes règles que
celle qui apparaît à 122.2, le texte proposé.
Mme Cadet : OK. Donc, toutes ces infractions... et là vous
dites, donc : 12 % des infractions qu'on voit en ce moment,
donc, sont des récidives. Vous avez dit : 7 % de ces infractions-là
sont...
M. Boulet : Oui,
les contrevenants sont des récidivistes. C'est assez intéressant, parce que
c'est quand même une démonstration, puis là ce n'est pas une analyse
approfondie, que l'amende a un effet dissuasif. Ce n'est quand même pas un pourcentage imposant. 12 % des dossiers
pénaux constituent une récidive. C'est donc que, si tu as récidivé, c'est que
tu as fait une première infraction puis, bon, c'est quand même assez
significatif.
Mme
Cadet : Puis là vous dites, donc, l'amende, donc, a un
effet dissuasif aujourd'hui. Donc, en ce moment, donc... si je saisis
bien, c'est qu'en ce moment, donc, lorsqu'il y a récidive, ce n'est pas
systématique que le montant minimal ou maximal, donc, de l'amende, donc, va
être... donc, est doublé. Donc, en ce moment, qu'est-ce qui se passe lorsqu'il
y a récidive?
• (12 h 20) •
M. Boulet : Bien, ça varie d'une
infraction à l'autre, là. C'est pour ça qu'avoir une règle qui est appliquée
clairement, uniformément, le double et le triple, bien, ça simplifie
l'application de la loi.
Mme Cadet : OK. Je comprends que ça
simplifie l'application de la loi, donc, du côté de l'organisme, donc, qui a comme responsabilité d'appliquer la loi,
mais je me demande, donc, pour les parties qui sont... donc, qui, elles-mêmes,
donc... donc, subissent les différentes
infractions... Puis évidemment, donc, on comprend, Mme la Présidente,
l'objectif, c'est qu'il n'y en ait pas du tout, d'infraction, là, dans
la vraie vie, puis c'est sûr qu'on veut que l'effet, il soit dissuasif, mais
on... je veux aussi, donc, m'assurer d'une certaine proportionnalité.
Ce que je comprends, c'est qu'en ce moment,
donc, dans le reste, donc, de l'appareil, donc, cette règle-là, du simple au
double, du double au triple, ce n'est pas nécessairement, donc, ce qui prévaut.
Donc, on n'est pas ici dans une... dans une
disposition de cohérence avec le reste de la législation. Donc, j'essaie de
comprendre l'application, ici, ce qui nous amène, donc, à vouloir donc,
uniformiser le tout. Je comprends, donc, la simplification pour la CCQ, mais, pour ce qui est de la nature des
infractions, vous avez dit, donc, le défaut de remettre des documents versus le
fait de ne pas avoir son certificat de compétence, ce n'est pas tout à
fait la même infraction, donc.
M. Boulet : Bien, en fait... puis il
y avait des infractions dont l'amende pouvait passer du simple au double, puis il y avait d'autres infractions où il n'y
avait pas nécessairement un passage du simple au double en cas de récidive, mais
il n'y avait jamais le triple, alors que, là, on a une règle qui est uniforme,
applicable à tous les cas d'infraction, et c'est les quantums qui varient.
Puis, tu sais, je peux les regarder, là, assez
sommairement, mais le défaut de négocier de bonne foi, des ralentissements
illégaux, de l'intimidation, des menaces, des infractions liées aux fonctions
de délégués, il y a plein... C'est pour ça
qu'il y a beaucoup d'articles, parce qu'on spécifie bien la nature de
l'infraction. Et dorénavant, bien, ce sera, pour une première récidive,
deux fois, puis, pour une autre récidive, trois fois.
Mme Cadet : OK. Ce que je saisis
ici... puis évidemment, donc, on va voir, donc, les autres articles, donc, plus tard, pour chacune, donc, des infractions,
donc on pourra, donc, soupeser le montant que vous proposez à chacune,
donc, de ces dispositions-là, donc, compte tenu de la nature de l'infraction.
Ici, je repose... bien, je repose ma question,
puis plus on en discute, plus je me demande si, en fait, on ne serait pas mieux... ce ne serait pas mieux, en
fait, dans le tableau, de peut-être suspendre l'article, donc, de valider
l'ensemble, donc, des différentes amendes et là de voir, donc, pour
chacune de celles qui sont proposées, si la justification du simple au double
ou du double au triple convient à chacune de ces amendes-là.
M. Boulet : Bien, je ne suis pas
d'accord, parce que je reviens au principe d'uniformisation qui a été établi par des avocats qui ont l'expertise en matière de
cohésion et d'établissement des quantums puis d'impact des récidives sur
la dissuasion. Ça fait que je comprends le point, là, mais l'article, je pense
qu'il est très clair.
Mme Cadet : Bien, écoutez, M. le
ministre, l'objectif, ce n'était pas, donc, de...
M. Boulet : Non, non, je comprends.
Vous avez droit...
Mme Cadet : Oui, oui. C'est tout simplement
par souci de cohérence que je ne veux pas qu'on se retrouve après à avoir à analyser, donc, les autres
articles sur les amendes, parce qu'on va les voir, donc, pour chacune des...
chacun des types d'infraction, de dire : Bien, peut-être que pour... on va
donner l'exemple que... l'un des exemples que vous avez mentionné, donc,
comme type d'infraction... à défaut de remettre les documents, qu'on se
dise : Oui, peut-être que, pour celui-là, du simple au double ou du double
au triple, peut-être que ce n'est pas tout à fait justifié.
Ça fait que c'était un peu dans cette
perspective-là que je me demandais si l'uniformisation de voter sur l'article qui inscrit, pour la première fois, le
principe d'uniformisation du montant des amendes pour les récidives dans le
projet de loi... que l'on statue sur ce principe-là, donc, avant d'avoir jugé
du montant prescrit à chacun des articles qui analyse qu'est-ce qui
serait raisonnable ou pas comme nouveau seuil, comme nouveau seuil minimal pour
les infractions, je pense que ça nous
permettrait peut-être de mieux jouer notre rôle de législateur ici, en toute
connaissance de cause, là, c'est tout. Donc, tout simplement, donc, d'inverser
cette analyse-ci dans le cadre de l'étude détaillée du projet de loi.
M. Boulet : Pas d'autre commentaire.
Mme Cadet : Le ministre est en
désaccord. Donc, dans ce cas-ci, je vais m'assurer, donc, de... si on est pour,
donc, voter maintenant sur cet article-ci,
peut-être demander, donc, d'autres questions ici. 12 %... pas en ce
moment, donc, ça varie, donc, pour chacune des infractions. Il y a
12 % de récidives, au total, et 7 %... vous avez dit 7 %,
c'était le montant... c'était le nombre des...
M. Boulet : Non.
C'est 12 % des dossiers qui constituent une récidive puis 7 % des
contrevenants qui sont des récidivistes.
Mme Cadet : OK. Parfait. Puis les
dossiers de...
M. Boulet : Vous savez très bien
qu'une récidive, c'est la même infraction...
Mme Cadet : Oui, bien sûr.
M. Boulet : ...donc le même type
d'infraction, puis ça doit avoir été commis moins de 24 mois après une
première infraction où il y a une déclaration de culpabilité. C'est des règles
de droit pénal, là.
Mme
Cadet : D'accord. Donc là, ici, donc, le moins de
24 mois, donc, ce délai, donc, il prévaut du simple au double si
c'est moins de 24 mois, et puis, ensuite, moins de 24 mois entre, du
double au triple.
M. Boulet : Exact.
Mme
Cadet : OK. Parfait. Donc, ça, ici, c'est assez clair.
Puis vous disiez, donc, que les dossiers de récidive, la grande majorité, ça
concernait, donc, le certificat de compétence. Donc, c'est l'infraction, donc,
la plus rapportée, et ce sont quand même... C'est une bonne nouvelle.
Puis, encore une fois, donc, on souhaite que les acteurs, donc, puissent
respecter les prescriptions de la loi le plus que possible et qu'il y ait le
moins de récidives possible. Puis ici, est-ce que vous avez un objectif que
vous vous fixez en termes de baisse du taux de dossiers de récidives?
M. Boulet : Non. Non, on n'a pas...
En fait, comme dans toute loi, on travaille avec beaucoup d'inspecteurs pour
s'assurer du respect de la loi et on souhaite qu'il y ait le moins
d'infractions possible.
Mme Cadet : Bien sûr.
M.
Boulet : Évidemment, on n'est pas totalement naïfs, il y en
a parfois. Ça fait qu'il faut s'assurer d'émettre les constats qui
s'imposent et de faire les enquêtes qui mènent à des infractions.
Mme Cadet : Tout à fait, tout à
fait. C'est pour ça que je pose la question sur les objectifs ici visés, parce
que, manifestement, donc, si on augmente... si, donc, on uniformise et qu'on les
augmente, donc... on augmente le montant des amendes pour les premières et les
récidives additionnelles... Je me dis que l'objectif, ici, c'est nous assurer qu'on ait moins de dossiers de récidives,
considérant cet article. Donc, c'est pour ça que je pose la question, donc,
sur les objectifs.
Donc, si ça a été analysé... De mémoire, dans
l'analyse d'impact réglementaire, ce n'est pas un élément, donc, qui ressortait. Donc, si, en le mettant de
l'avant, donc... en insérant ce nouvel article dans la loi, qui n'est pas,
donc, un article, donc, de cohérence avec ce qui prévaut dans le reste
de l'appareil gouvernemental, là, qui uniformise, donc, simplement dans le
secteur de la construction, s'il y avait un idéal à atteindre, en termes de
baisse de taux de récidive, si on se dit : OK, on va les baisser,
l'objectif, c'est qu'il y ait le moins de récidives possible, est-ce qu'on se... est-ce que ça a été analysé de se poser la
question : On espère, donc, avoir, donc, 5 % de dossiers de récidive
dans toutes les amendes d'ici 2026, par exemple, là? Je nomme des
chiffres comme ça.
M. Boulet : Une pénalité, dans son
essence, c'est pour dissuader. Donc, c'est l'effet dissuasif qui, à mon avis,
est le guide prépondérant du processus de réflexion des avocats, avocates du
ministère de la Justice. Ça fait que c'est sûr qu'il faut lutter non seulement
contre la récidive mais aussi contre la première infraction, et ça passe d'abord et avant tout par un montant qui est
convenable, qui est proportionnel à la gravité de l'infraction, et en tenant
compte de l'impact de dissuasion que ça va avoir chez les citoyens, les
entrepreneurs, les travailleurs, travailleuses. Donc, c'est essentiellement ce
que j'aurais à dire, puis c'est ça, une pénalité, contrairement à un recours
civil.
Mme Cadet : OK. Donc, si je saisis
bien, M. le ministre, donc, cette analyse-là... puis, encore une fois, donc, on le fera, donc, aux différents articles, là, qui
établissent différents seuils pour les types d'infractions nommées. Donc, c'est
une perspective que vous avez eue en analysant, donc, les différents montants
pour les premières infractions, mais, au niveau des récidives, ça n'a
pas fait partie de la réflexion.
M. Boulet : Bien oui, bien sûr,
c'est les avocats, avocates, les experts en la matière du ministère de la
Justice. Et moi, j'ai une confiance absolue envers l'exercice qui est fait
parce que c'est des personnes qui connaissent l'ensemble du corpus législatif
québécois.
Mme Cadet : Je comprends. Parfait.
Donc...
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
C'est tout le temps que nous avions. Je vous remercie pour votre collaboration.
Compte
tenu de l'heure, je suspends les travaux jusqu'après les affaires courantes.
Merci.
(Suspension de la séance à
12 h 30)
(Reprise à 15 h 30)
La Présidente (Mme
D'Amours) : Alors, la Commission de l'économie et du travail reprend
ses travaux.
Nous poursuivons
l'étude détaillée du projet de loi n° 51, Loi modernisant l'industrie de
la construction.
Lors de la suspension
de nos travaux, ce midi, nous étions rendus à l'étude de l'article 59.
Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Oui, Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Oui.
Merci, Mme la Présidente. Donc, effectivement, donc, nous en étions à
l'article 59, donc, qui modifiait 122.2 au niveau, donc, des amendes,
donc, minimales et maximales. Je ne sais pas si, dans l'intervalle, donc, les
questions que j'avais posées au ministre, là, au niveau, donc, des objectifs,
donc, de récidive... Je pense qu'il y avait... il y a... est-ce qu'il y a eu
de... est-ce que vous avez eu l'opportunité, donc, d'aller chercher un
complément d'information sur ces cibles-là?
M. Boulet : Non.
Les informations que je vous ai données sont complètes.
Mme Cadet : OK.
Parfait.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. C'est tout?
Mme Cadet : Oui,
c'est tout, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme D'Amours) : Parfait.
Nous serions prêts à passer aux voix. L'article 59 est-il adopté? Oui?
M. Boulet : Si
vous me permettez, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Oui, allez-y.
M. Boulet : Rapidement,
on a... j'ai regardé dans les lois récentes, qui a le même principe, là, de...
pour la récidive, le double et le
triple : Charte de la langue
française, Loi sur l'hébergement
touristique, Loi sur les mines, loi sur le transport rémunéré des personnes
par automobile. Là, il y en a beaucoup, là. Il y a une succession de lois qui
adoptent le même principe. C'est tout. Merci, Mme la Présidente.
Mme Cadet : D'accord.
Merci beaucoup, M. le ministre. Bien apprécié.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. Est-ce que l'article 59 est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Nous passons maintenant à l'article 27. M. le
ministre, s'il vous plaît.
M. Boulet : Oui,
merci. 27. Les articles 83, 83.1 et 83.2 de cette loi sont modifiés par le
remplacement de «547 $ à 1 090 $» et de «2 186 $ à 6 825 $» par,
respectivement, «1 000 $ à 10 000 $» et «3 000 $ à 60 000 $».
Commentaires. Bon, ça
modifie les articles afin de revaloriser le montant des amendes qui y sont
prévues. Donc, continuellement, c'est
harmonisation, proportionnalité. Il y a également lieu de revoir les montants
minimals et maximals des amendes prévues à ces trois dispositions,
puisque l'article 58 du projet de loi propose l'abrogation de 122.1 de la
loi R-20, permettant l'indexation annuelle des amendes. Je vais vous donner des
notes... peut-être une information additionnelle, en fait, c'est des
infractions pour des comportements qui empêchent la CCQ de remplir certaines de
ses fonctions, notamment le refus de lui fournir des renseignements ou de se
conformer à une de ses demandes, du refus de lui accorder un accès au registre
de l'article 82a, ou encore un refus de lui accorder un accès au lieu où s'effectuent les travaux. Donc, bon,
c'est ça, exactement, c'est ce que je viens de mentionner. OK. Donc, c'est la
nature de l'infraction, les montants qui sont revalorisés, les principes qui
ont guidé le contentieux, en fait, les avocats, avocates de la CCQ, avec
l'approbation du ministère de la Justice. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. Commentaires? Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Oui.
Merci, Mme la Présidente. Donc, je comprends, donc, que le montant des amendes,
donc, le ministre a précédé ma question, donc, ils ont été déterminés, donc,
par le contentieux de la CCQ, en accord avec les avocats, donc, du ministère de
la Justice. Donc, c'est ainsi que les montants ont été déterminés.
Est-ce qu'ici encore, donc, on est... Ce qu'on
disait, donc, précédemment, lorsque nous étudiions, donc, l'article 58, il
y avait donc une volonté, donc, d'harmonisation avec, donc, des infractions,
donc, de nature similaire. Est-ce que vous pouvez, donc,
nous donner, donc, quelques exemples? Donc, par exemple, ici, donc, à
l'article 83, donc, lorsqu'on modifie, donc, le chiffre, donc, de
547 $ à 1 090 $, donc, de 2 186 $ à 6 825 $,
de nous détailler un peu plus, donc, comment, donc, ces éléments-ci ont été
déterminés.
Parce que quand on
regarde, on passe, donc, de... L'intervalle des amendes minimales et maximales
n'est pas tout à fait comparable, là, donc, dans l'article tel que rédigé, à
celui qui nous est présenté dans le projet de loi. Donc, peut-être, donc, nous expliquer... donner des
exemples, donc, d'infractions similaires, là, qui auraient eu, donc, un
rehaussement, là, un montant d'amende, donc, rehaussé de façon analogue.
M. Boulet : En
fait, je pense que je vais me répéter, Mme la Présidente, mais la collaboration
CCQ, ministère de la Justice permet d'abord de bien appréhender la nature de
l'infraction, son niveau de gravité, les cas vécus
antérieurement, puis évidemment, avec le ministère de la Justice, on complète
l'exercice de comparaison. Mais là je n'ai pas toutes les lois où il y a
des infractions de même nature, mais, à 83, c'est un peu ce que je mentionnais
un peu plus tôt, c'est le refus de présenter le registre obligatoire. 83.1,
c'est le refus d'accès aux livres dans un délai de 10 jours. Évidemment,
ça empêche la vérification de la comptabilité, puis 83.2, quiconque intéressé
par les travaux de construction, bon, peut
être propriétaire d'un... qui embauche un... En fait, c'est des informations,
c'est des refus d'accès, refus de donner ce à quoi la CCQ est autorisée
à obtenir. Donc, essentiellement, c'est refus d'accéder à un lieu aussi. C'est
les exemples que j'ai.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci.
Mme Cadet :
D'accord. Merci, et respectivement... OK, parfait, donc, je... dans ma manière,
donc, d'énoncer le libellé précédemment, Mme la Présidente, juste... pour la
transcription, je me suis trompée. Donc, évidemment, donc, on ne remplace pas «547 $ à
1 090 $» par «2 186 $ à 6 825 $», on remplace
«547 $ à 1 090 $» par «1 000 $ à 10 000 $»
et «2 186 $ à 6 825 $» par «3 000 $ à
60 000 $».
Donc, je vous
entends, là, M. le ministre, donc, sur comment est-ce que ça a été, donc...
donc, quel a été le processus, mais je le
repose, donc, je comprends, donc, par exemple, donc, le 545 $...
547 $, donc, qui devient 1 000 $. Donc, on voit bien, donc, la
majoration qui s'est faite ici, mais on a, donc, une augmentation, donc, qui
est, donc, jusqu'à 10 fois plus importante dans les deux cas, mais
de 1 090 $ à 10 000 $, donc, ce 10 fois plus
important, ce chiffre, donc, qui est de 10 fois plus important, donc
qui... donc est dans une certaine fourchette, mais celui, donc, de
6 825 $ à 60 000 $, ce qui est aussi 10 fois plus
important est quand même plus imposant.
Donc, c'est un peu
dans cette perspective-là que je posais la question, pour bien saisir, donc, le
travail, qui s'est fait de façon rigoureuse,
là, j'en suis certaine, là, je ne remets pas ça en question, mais aux fins, donc,
des parties, donc, de bien
comprendre, donc, comment est-ce qu'on... comment est-ce que le travail
rigoureux qui a été effectué, donc, en arrive, donc, à ce chiffre-là qui, à
oeil nu, donc, semble très différent de ce que l'on retrouve actuellement dans
la loi.
M. Boulet : En
fait, je comprends votre stratégie de me faire faire un commentaire qui va être
apprécié par notre collègue d'Hochelaga-Maisonneuve. Cette fourchette permet un pouvoir
d'appréciation accru du juge et s'assurer de l'effet dissuasif de
l'amende, parce que c'est quand même de 3 000 $ à 60 000 $
et ça pourrait faire en sorte que le juge considère un des éléments comme celui
invoqué par notre collègue d'Hochelaga-Maisonneuve. Ça fait que c'est la seule
réponse que je peux donner.
Mme Cadet : D'accord.
Merci, M. le ministre.
M. Boulet : C'est
gentil. Merci.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. D'autres commentaires sur 27? Est-ce que
l'article 27 est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme
D'Amours) : L'article 28. M. le ministre, s'il vous plaît.
Ah! avant que vous
débutiez, M. le ministre, j'ai aussi encore une demande de consentement afin
que le député d'Hochelaga-Maisonneuve puisse être remplacé et puis... jusqu'à
tant qu'il revienne, là, par un autre député. Est-ce
que j'ai le consentement?Ça serait le député de Sherbrooke
qui remplacera M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
Une voix : ...
M. Boulet : Pardon?
Je n'ai pas entendu.
Une voix : ...
M. Boulet : Ah!
oui, OK.
La Présidente (Mme
D'Amours) : C'est une bonne députée.
M. Boulet : Consentement.
La Présidente (Mme D'Amours) : Bon,
j'ai consentement? Parfait. Allez-y, M. le ministre, pour votre lecture
de l'article 28, s'il vous plaît.
• (15 h 40) •
M. Boulet : Merci.
L'article 84 de cette loi est modifié par le remplacement de «1 773 $
à 6 825 $» par «2 500 $ à 25 000 $».
Commentaire. Donc, ça
modifie l'article 84 afin de revaloriser en concordance avec 58 qui
propose l'abolition de 122.1. Bon, essentiellement, 84, on me confirme que ça
peut impliquer de la violence, là, nécessité que ce soit dissuasif. On réfère
même à de la tolérance zéro, et c'est une demande explicite du ministère de la
Justice qu'il y ait tolérance zéro.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Commentaires? Oui, Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Oui,
merci. Donc, ça, je... on le voit bien, donc, ici, donc, par rapport à
l'article précédent. Donc, ici, à 28, donc,
on voit bien qu'on... donc, «quiconque moleste, incommode ou injurie un membre
ou un employé de la commission dans l'exercice de ses fonctions, ou
autrement met obstacle à tel exercice, commet une infraction et est passible
d'une amende». Donc, je comprends très bien, donc, la volonté ici d'avoir un
effet dissuasif.
La fourchette, ici,
est, par contre, donc, moins grande que pour les articles précédents pour ce
qui est de la rétention de documents. Donc, comment est-ce qu'on... la
comparaison, donc, s'est effectuée? Donc, pour ce qui est, donc, des
infractions commises par les personnes, donc, qui refusaient, donc, ou
négligeaient, donc, de fournir à la commission des renseignements, donc,
prévus, donc, à l'article 82, donc, faisaient défaut de se conformer à la demande de la commission pour de tels documents ou
faisaient défaut de se conformer à une demande à la commission, en prévision,
donc, d'un autre article, donc, toujours, donc, dans la même perspective, donc,
de rétention d'information, comment est-ce que ça se compare avec
l'exercice de la violence, où effectivement... on comprend bien, dans les deux cas, évidemment, il faut un effet dissuasif
très fort, mais ici, donc, on... l'amende maximale est moins élevée que
pour ce qui est, donc, de la rétention de documents.
M. Boulet : Bien,
c'est la... l'autre, c'est une entrave à l'accomplissement du mandat de la CCQ
par des personnes qui ne sont pas nécessairement des individus, alors qu'ici,
quand tu molestes, quand tu incommodes, quand
tu injuries, quand tu es violent, c'est un type d'entrave qui est commis par
des individus, normalement, envers des inspecteurs, et ça explique, là,
que la fourchette ne soit pas la même puis que les quantums ne soient pas les
mêmes non plus.
Mme Cadet : D'accord.
Merci beaucoup, M. le ministre.
M. Boulet : Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
D'autres commentaires sur 128? Est-ce que l'article 28... Oui, oui,
M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Je
veux juste comprendre, là, parce que le ministre le sait très bien qu'un jour
j'aimerais occuper son siège. Comment ça marche? Parce que...
M. Boulet : ...oui.
M. Leduc : Oui?
M. Boulet : Peut-être
que notre collègue de Bourassa-Sauvé a le même... la même aspiration.
M. Leduc : Ah!
on fera un roche, papier, ciseaux, allumette pour voir qui commence.
La Présidente (Mme
D'Amours) : ...est vraiment aussi très confortable.
M. Leduc : Ah
oui? OK. Ah! intéressant. Intéressant.
La Présidente (Mme D'Amours) : ...comme
présidente de commission, là, travailler avec vous, c'est un honneur. Donc...
M. Boulet : Oh
mon Dieu!
La Présidente (Mme
D'Amours) : M. le député, la parole est à vous.
M. Leduc : Merci, merci. C'est apprécié.
Bon, blague à part, parce que c'est une question sérieuse... parce que je veux
savoir comment ça marche, parce que M. le ministre a dit que c'était une
demande du ministère de la Justice.
M. Boulet : ...qui tenait à ce que
le principe de tolérance zéro soit respecté en matière de violence.
M. Leduc : Ça,
j'ai compris. Ce que je veux comprendre, c'est la séquence. Donc, vous, vous
préparez un projet de loi avec des fonctionnaires, avec les légistes de
votre ministère.
M. Boulet : Oui.
M. Leduc : Vous
le soumettez au comité des priorités, au Conseil des ministres pour avoir une
approbation politique de fond. Puis c'est
après ça que, là, vous l'envoyez à différentes... Je veux dire, est-ce que...
le ministère de la Justice, il est où, dans ce processus-là, avant qu'il
arrive devant nos mains...
M. Boulet : C'est
lors de la rédaction du projet de loi.
M. Leduc : OK,
en amont.
M. Boulet : On
travaille en... Oui, oui, tout à fait, c'est en amont.
M. Leduc : Avant
même qu'il soit présenté au Conseil des ministres, vous avez tout de suite
une...
M. Boulet : Tout
à fait.
M. Leduc : Oui,
logiquement, parce que sinon, il y aurait des allers-retours un peu compliqués.
M. Boulet : Tout
à fait. Oui, oui, ça ne finirait pas.
M. Leduc : Puis eux, le ministère de la Justice, est-ce
qu'ils ont comme une espèce de petite feuille où est-ce qu'ils disent : Bon, là, on est rendus à checker x,
y, z éléments dans l'ensemble... parce que tous les ministères doivent faire
ça, si je comprends bien, aller faire une vérification au ministère de
la Justice.
M. Boulet : Bien,
je ne suis pas à leur place, mais oui, ils ont probablement, en fonction de
leurs critères, des grilles d'analyse pour respecter les deux principes
d'harmonisation et de proportionnalité. Mais oui, c'est un travail qui est fait
entre eux pour entériner les montants.
M. Leduc : Puis c'est quoi, votre marge de manoeuvre, si,
mettons, vous... ils vous font une suggestion puis vous dites : Ah!
là, ils exagèrent? Pouvez-vous dire, comme, non, puis on ne l'intègre pas, ou
vous...
M. Boulet : Moi,
personnellement, je ne m'implique pas. Je respecte la compétence, l'expertise
des personnes qui... Tu sais, ce qui est
important pour moi, c'est qu'on comprenne bien la nature de l'infraction puis
qu'on respecte bien la compatibilité du montant de l'amende avec le
reste du corpus. C'est vraiment une question d'équité. Puis je me verrais mal,
comme ministre, m'impliquer là-dedans, puis ça devrait être ça parce que j'ai
vécu, ou j'ai vu, ou j'ai témoigné de telles affaires, moi, puis... Un ministre
ne s'implique pas là-dedans. En tout cas, moi...
M. Leduc : Ça
fait qu'il n'y a pas eu d'autre conversation avec le ministre de la Justice non
plus.
M. Boulet : Non,
pas du tout.
M. Leduc : C'est
ça, ça, c'est le genre d'affaires qui se passe entre fonctionnaires, entre
cabinets.
M. Boulet : Totalement.
M. Leduc : OK.
Parfait. Merci.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. Mme la députée.
Mme Cadet : Oui, tout simplement, Mme la Présidente, dans le
mémoire du Conseil du patronat du
Québec, donc, il y avait, donc, une
volonté, donc, d'accompagnement, donc, des entreprises qui ont... bon, vous
savez, donc, la grande majorité des entreprises dans le secteur de la
construction ont moins de cinq employés. Elles sont très petites, elles n'ont pas nécessairement, donc, toujours,
donc, les bons dispositifs, donc, pour les aider au niveau, donc... donc,
au niveau de la réglementation.
Évidemment, là, je
sais que nous sommes, donc, à l'article 28 qui modifie l'article 84
sur la violence, donc il n'est pas question de celui-ci. Puis vous l'avez bien
expliqué plus tôt, là, c'est vraiment au niveau de l'individu, ici, donc, qui serait visé. Mais de façon, donc, plus
générale, donc, j'aimerais donc vous entendre sur l'accompagnement qui
pourrait être donné aux entreprises.
La Présidente (Mme
D'Amours) : M. le ministre.
M. Boulet : Bien,
c'est ce que la CCQ fait. Puis ce à quoi référait le Conseil du patronat, les
associations patronales le savent, il y a de l'accompagnement de la part de la
Commission de la construction du Québec.
Mme Cadet : OK. Bien, on aura
l'occasion d'y revenir. Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
L'article 28 est-il adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme D'Amours) : L'article 32.
M. le ministre, s'il vous plaît.
M. Boulet : Merci, Mme la
Présidente.
32. L'article 111.1 de cette loi est modifié :
1° par le remplacement, dans le premier alinéa,
de «1 365 $ à 2 731 $» et de «2 731 $ à
5 457 $» par, respectivement, «2 500 $ à
25 000 $» et «7 500 $ à 75 000 $»;
2° par la suppression du deuxième alinéa.
Commentaires. Donc, ça modifie 111.1,
revalorisation. On revoit les montants minimals et maximals en concordance avec
58 qui propose l'abrogation de 122.1. Et la nature de l'infraction, ça vise
l'interdiction d'exécuter ou de faire
exécuter des travaux de construction en contravention d'une décision ordonnant
la suspension de tels travaux, donc suspension pour un... sur un
chantier pour obtenir preuve de certificat de compétence, refus de suspendre et
poursuit les travaux.
Donc, la...
comme la peine n'est pas dissuasive actuellement, la Commission de la
construction du Québec prenait des recours pour outrage, donc il va y
avoir un changement et c'est une harmonisation, notamment, avec la Loi sur le
bâtiment. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Commentaires? Député d'Hochelaga-Maisonneuve, la parole est à vous.
M. Leduc : Oui, OK. Bien, c'est
parce que tantôt, dans l'autre dossier, c'étaient des amendes portées au double
ou au triple, puis là ce n'est pas précisé au triple, cette fois-ci. Je veux
juste comprendre la logique.
M. Boulet : C'est compatible avec la
Loi sur le bâtiment. Il y a des amendes de même nature, mais je ne pourrais pas
donner d'explication beaucoup plus approfondie, là.
M. Leduc : Bien, c'est parce que
vous plaidez souvent la cohérence du corpus législatif, puis là, dans cette
même loi, on modifie des amendes, mais des fois, là, on donne la possibilité de
le faire au double ou au triple.
M.
Boulet : Oui, mais c'est parce que ça dépend de la nature
de l'infraction puis des faits et circonstances, là. C'est entourant...
Une voix : ...
M. Boulet : Oui, oui, puis il ne
faut pas oublier que 122.2 permet de doubler et de tripler en cas de récidive
et en cas...
M. Leduc : Ah! la première qu'on a
adoptée tantôt, là.
M. Boulet : Ça fait que je
comprends...
M. Leduc : Elle, elle s'applique,
dans le fond, à toutes les autres. Elle est comme...
M.
Boulet : Absolument, absolument. Elle est générale et
applicable à toutes les infractions. C'est bon que vous me le fassiez
redire.
M. Leduc : Elle couvre toutes les
autres qu'on est en train de discuter?
M. Boulet : Oui.
M. Leduc : Ça fait que toutes les
autres, que ça soit écrit double ou triple, dans... ce n'est pas trop grave
parce qu'à 122.2, c'est le double ou triple.
M. Boulet : Tout à fait. Donc,
l'effet dissuasif est accru.
La Présidente (Mme D'Amours) : Mme
la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Bien,
tout d'abord, sur le point dont on vient de discuter, je comprends bien, de
toute manière, c'est caduc parce que l'article 111.1 de cette loi est
modifié :
2° par la suppression du deuxième alinéa.
Donc, en cas
de récidive, les amendes sont portées au double, de toute façon. Ça, c'est
éliminé et c'est remplacé par ce que ce que nous avons voté
précédemment, à 122.1.
M. Boulet : Exact. Tout à fait.
• (15 h 50) •
Mme Cadet : OK. Parfait. Donc, ça,
j'ai bien compris, donc, cet élément-ci. Pour le deuxième, ici, donc, juste, donc, bien saisir, donc, au niveau, donc,
du code du bâtiment, parce qu'effectivement, ça se lit ici un peu comme une
loi fiscale, là. Donc, on... Il s'agit donc d'infractions, donc, à
l'article 7.4.1. Donc, «un entrepreneur qui exécute ou fait exécuter des
travaux de construction en contravention à une décision rendue en vertu de
7.4»...
7.4 :
«La personne visée par une demande prévue à 7.3 doit en informer son client.»
7.3, c'est : «La commission peut demander à toute personne qui
exécute ou fait exécuter des travaux de construction de lui démontrer, d'une
part, qu'elle est titulaire d'une licence
appropriée délivrée en vertu de la Loi sur le bâtiment et, s'il y a lieu, d'un
certificat de compétence ou une preuve d'exemption appropriée délivrée
en vertu de la présente loi.»
Donc, si je comprends bien, donc, ici, donc, on
nous dit, donc, les travaux effectués, donc, par des personnes qui ne sont pas
titulaires de... d'un certificat de compétence, mais c'est aussi ceux qui ne
sont pas titulaires d'une licence RBQ. C'est bien ça?
M. Boulet : Totalement.
Mme Cadet : OK, parfait. Parce que
vous aviez dit, donc, le premier élément, donc, c'est ce dont il est question
ici. Donc, lorsque, plus tôt, donc, je posais la question, donc, sur les
amendes portées au double ou triple... puis
justement, ici, on avait déjà une... le deuxième alinéa qui portait sur la
question de la récidive, donc les 7 %, donc,
des contrevenants, la grande majorité, c'est
à cette infraction-ci qu'ils contrevenaient, là... en fait, c'est à cette,
pardon, disposition-ci qu'ils contrevenaient, donc celle prévue à 111.1?
M. Boulet : ...
Mme Cadet : OK. D'accord. Donc,
c'est celle-ci, donc, c'est particulièrement celle-ci...
M. Boulet : Totalement.
Mme Cadet : ...qu'on avait en tête,
en portant du double et au triple. Et là, donc, quand vous expliquiez, donc, à
mon collègue, juste maintenant, que l'effet n'était pas assez dissuasif, ça
répond à la question que je me... que je posais plus tôt, là, Mme la
Présidente, sur les montants et l'objectif de dissuasion. Ici, le... je
comprends, donc, que les montants qui ont
été établis ici, donc, nous... donc, nous mènent, donc, à ces objectifs, donc,
de... dissuasifs, là?
M. Boulet : Absolument.
Mme Cadet : OK. Donc, c'est ce qui a
été... c'est ce qui a prévalu dans la détermination des nouveaux montants des
amendes. Puis encore ici, donc, pour ce qui est... pour ce qui est, donc, de
l'accompagnement, donc, des entreprises, donc, de moins de cinq employés, dont
je parlais précédemment, c'est peut-être plus une disposition où ça... le
commentaire dont je faisais état, donc, de certains groupes, un peu plus tôt
devient plus pertinent que sur l'article sur la violence, c'est... bien
évidemment. Donc, vous dites, donc, l'accompagnement va aussi... va continuer, donc, de se faire pour des entreprises de moins de
cinq employés... bien, en fait, toutes les entreprises, bien évidemment,
mais surtout celles de moins de cinq employés, qui n'auraient pas tous les
dispositifs, là, pour bien respecter, donc, les dispositions de
l'article 111.1.
M. Boulet : ...
Mme Cadet : Parfait.
M. Boulet : Tout à fait. Merci.
La
Présidente (Mme D'Amours) : Merci. Est-ce qu'il y a d'autres
commentaires? Est-ce que l'article 32 est
adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme D'Amours) : L'article 33,
M. le ministre.
M. Boulet : Merci, Mme la
Présidente. L'article 112 de cette loi est modifié :
1° par le remplacement de «à l'article 42» par
«aux articles 42 et 42.3»;
2° par le remplacement de
«239 $ à 1 910 $» par «500 $ à 2 500 $».
Donc, ça, la
nature de l'infraction, c'est activité syndicale, avoir fait défaut de
négocier.
La Présidente (Mme D'Amours) : Commentaires
sur l'article 33? Oui, M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Est-ce que les amendes qu'on propose là sont
équivalentes à celles qui sont dans le Code du travail? Parce que ce que je
comprends, c'est que c'est l'effet miroir, là, le... l'article miroir sur la
négo de mauvaise foi. C'est-tu ça?
M. Boulet : Non,
c'est supérieur.
M. Leduc : Mais... OK. Commençons du début. C'est-tu la
clause miroir de la négo de mauvaise foi du code?
Des voix : ...
M. Leduc : On
est à 33? Ah! bien là...
La Présidente (Mme
D'Amours) : On est à 33.
M. Boulet : C'est
notre...
La Présidente (Mme
D'Amours) : Oui, c'est une erreur. C'est une erreur.
M. Boulet : On
va faire un amendement tout de suite après.
La Présidente (Mme
D'Amours) : C'était une erreur...
M. Leduc : Là,
on est à l'article ou on est à l'amendement?
La Présidente (Mme
D'Amours) : On est à l'article.
M. Leduc : Oui.
Donc, on attend l'amendement.
M. Boulet : Oui,
exact.
M. Leduc : OK.
C'est beau.
M. Boulet : Et
là ça va être miroir, oui.
Mme Cadet : ...
La Présidente (Mme
D'Amours) : Oui, j'attends les commentaires sur l'article 33.
Mme Cadet : ...
La Présidente (Mme
D'Amours) : Oui, c'est ça, c'était une erreur qui est arrivée sur
l'écran. C'était l'amendement, mais nous sommes à l'article 33.
Mme Cadet : OK.
Parfait. Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : Et
quand l'amendement... si elle est déposée, je vous en ferai part, mais, pour
le moment, on est à l'article 33.
M. Boulet : C'est
parce que, là, on m'informe qu'il faut déposer l'amendement tout de suite.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Bien sûr.
M. Boulet : Bien,
c'est... Excusez. Désolé. Ce n'est pas... C'est fait.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Oui...
M. Boulet : Donc,
est-ce que je le lis? Désolé, oui.
La
Présidente (Mme D'Amours) : Oui, je... nous allons le mettre sur écran, M. le
ministre, et je vous demande de faire
la lecture de votre amendement. Donc, je reprends ce que j'ai dit. Maintenant,
le ministre va lire l'amendement, et nous allons être sur l'amendement
de l'article 33. M. le ministre.
M. Boulet : Oui.
Merci, Mme la Présidente. 112. Remplacer le paragraphe 1° de
l'article 33 du projet de loi par le suivant :
1°
par le remplacement de «Toute association représentative qui fait défaut de
négocier conformément à l'article 42» par «Toute association qui
fait défaut de négocier conformément à l'article 42.3».
C'est exactement ce
que... Bien, mon commentaire, bon, ça vise à remédier à une incohérence. Je le
dis avant qu'il quitte, mais bon...
L'amendement vise à remédier à l'incohérence dans les dispositions pénales
actuelles, puis ça précise que
l'infraction pénale consistant à faire défaut à l'obligation de négocier de
bonne foi puisse viser à la fois les associations représentatives et les
associations patronales. Alors, voilà, c'est tout.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Commentaires sur l'amendement de l'article 33? Mme la
députée...
M. Boulet : Merci,
collègue.
Mme Cadet : Oui.
Bien, oui, bien, le ministre m'a devancée ici, parce que, donc, sur les deux
aspects, donc, de l'article 33,
l'amendement, donc, vient répondre à mes questions, donc, d'abord, au niveau,
donc, le... l'association représentative versus toute association, mais
surtout, quand je lisais, donc, l'article 42, je me disais : Bien, je
pense qu'il veut probablement vraiment dire l'article 42.3, là. Ça semble
beaucoup plus... beaucoup plus...
M. Boulet : ...
Mme Cadet : Voilà
ce que... c'est celui que nous avons ajouté qui vient effectivement, donc,
parler, donc, d'exercice, donc, de la bonne foi ici. Donc, ce serait, donc,
conformément, donc, à l'article 42.3 et non 42, puisqu'on a enlevé, donc,
à l'article 42, les alinéas 4 et 5 pour les remplacer par d'autres
articles, et c'est vraiment au niveau, donc,
de l'obligation, donc, de diligence et de bonne foi. Ça ne se retrouve plus du
tout à l'article 42. Donc, il n'y a plus... il n'y a pas de
nécessité, là, d'y faire référence ici. C'est ça?
Parfait.
La Présidente (Mme D'Amours) : D'autres
commentaires sur l'amendement? S'il n'y a pas de commentaire, l'amendement
de l'article 33 est-il adopté?
Des voix :
Adopté.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Adopté. Nous revenons à l'article 33 tel qu'amendé.
Est-ce qu'il y a des commentaires? Est-ce que l'article 33, tel qu'amendé,
est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme
D'Amours) : L'article 34. M. le ministre, s'il vous plaît.
M. Boulet : Merci,
Mme la Présidente. Salutations à notre collègue de Sherbrooke.
L'article
113 de cette loi est modifié par le remplacement de «9 556 $ à
95 543 $» et de «239 $ à 1 157 $» par,
respectivement, «10 000 $ à 100 000 $» et «500 $ à
2 500 $».
Donc,
outre mes commentaires d'harmonisation, de proportionnalité, plus d'indexation
annuelle, et les récidives doublées et triplées, c'est une infraction
qui interdit à quiconque d'ordonner, d'encourager ou d'appuyer une grève, un
ralentissement de travail ou un lock-out, contrairement aux dispositions de
cette loi. Puis là il y a des amendes distinctes et plus élevées qui sont
prévues selon qu'il s'agit d'un employeur, d'une association, ou d'un membre du
bureau, ou d'un représentant d'une
association par rapport à celles applicables dans tous les autres cas. Donc,
c'est les montants qui sont modifiés et c'est la nature de l'infraction.
Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. Commentaires sur 34? Est-ce que... Oui, Mme la
députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Oui.
«Quiconque», ici, donc, c'est personne physique ou morale, c'est bien ça?
Parfait. Donc, ici, donc, l'infraction visée
est quand même... elle est assez claire. On est plus dans un processus... comme
dans la loi fiscale, on est directement dans le bon article pour définir
l'infraction. Parfait. Merci.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. Est-ce que l'article 34 est adopté?
Des voix :
Adopté.
La Présidente (Mme
D'Amours) : L'article 35. M. le ministre.
• (16 heures) •
M. Boulet : 35.
L'article 113.1 de cette loi est modifié par le remplacement de «1 365 $ à
13 648 $» par «1 500 $ à 15 000 $». Commentaire.
En fait, l'infraction, ici, qui est prévue à 113.1, interdit à quiconque d'user
d'intimidation ou de menace
raisonnablement susceptible de provoquer une entrave, un ralentissement ou un
arrêt des activités sur un chantier. Merci, Mme la Présidente.
La
Présidente (Mme D'Amours) : Merci. Commentaires sur l'article 35? Oui,
Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Oui, Mme la Présidente.
Juste, je sais que... donc, dans les différents groupes, là, qu'on a entendus, qui ont déposé des mémoires, donc, on...
Il y a une proposition de se tourner vers l'intervention du Tribunal administratif du travail pour cet
élément-ci. J'imagine que c'est complémentaire. Peut-être entendre M. le
ministre là-dessus.
La Présidente (Mme D'Amours) : M. le
ministre.
M. Boulet : Complémentaire, dans
quel sens? Parce que la plainte pour défaut de négocier avec diligence et bonne foi, elle est soumise au Tribunal
administratif du travail. Ici, on est en matière pénale, donc, c'est entendu
devant la Cour du Québec, division pénale.
Mme Cadet : ...merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Est-ce que l'article 35 est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme D'Amours) :
Adopté. L'article 36. M. le ministre.
M. Boulet : Merci.
L'article 113.2 de cette loi est modifié :
1° par le remplacement, dans le premier alinéa,
de «1 850 $ à 18 456 $» par «5 000 $ à
50 000 $»;
2° par la suppression du deuxième alinéa.
Bon, la suppression du deuxième alinéa, vous
savez pourquoi. L'infraction, ici, à 113.2 interdit à quiconque d'user
d'intimidation ou de menace raisonnablement susceptible de contraindre un
employeur à prendre une décision à l'égard de la gestion de la main-d'oeuvre
dans l'industrie de la construction, bien sûr, ou d'empêcher de prendre une
telle décision, ou, autrement, lui impose une telle décision. Merci, Mme la
Présidente.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Commentaires sur 36? Oui, Mme la députée de Sherbrooke.
Mme Labrie : Merci, Mme la Présidente.
Dans les quelques articles qu'on vient de modifier, il y avait des
modifications de montants aussi, bien sûr, mais c'était quand même moins
significatif, là, l'écart de montant entre ce qui précédait puis ce qui est
modifié. Donc, j'aimerais que le ministre nous explique un peu, là, la démarche
de pourquoi ça... ces montants-là sont augmentés d'une manière aussi
significative.
M. Boulet : Ça, c'est des
commentaires qui proviennent, notamment, du ministère de la Justice du Québec, parce qu'il y a des éléments de violence. Donc,
l'effet dissuasif recherché est plus important, d'où le montant des amendes
qui est plus important. C'est essentiellement, collègue, violence.
La Présidente (Mme D'Amours) : D'autres
commentaires sur 36? Est-ce que l'article 36 est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme D'Amours) :
L'article 37, M. le ministre.
M.
Boulet : Merci. Les articles 113.3 à... et 113.4,
excusez-moi, de cette loi sont modifiés par le remplacement de
«1 365 $ à 13 648 $» par «2 500 $ à 62 500 $».
Commentaire :
Les infractions ici interdisent à quiconque d'imposer des conditions de travail
inférieures ou des avantages non prévus aux conventions collectives.
Donc, voilà, c'est tout.
La
Présidente (Mme D'Amours) : Merci. Commentaires sur l'article 37? Mme la
députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Oui, juste par
curiosité, M. le ministre, quelle est la prévalence de cette infraction-ci?
M. Boulet : OK. On n'en a pas dans
la volumétrie, mais il y a des réclamations salariales qui sont faites par la
CCQ au nom des salariés. Mais, pour les autres non-respects des dispositions
prévues à la convention collective, ça ne va pas jusqu'en cour, c'est fait par
la commission de la... un peu comme on fait avec la Commission des normes, équité, santé et sécurité du travail, qui
prend des recours pour et au nom des salariés, et ça se rend rarement devant
les tribunaux.
Mme
Cadet : D'accord. Je comprends, puis ici le... puis
évidemment, donc, le chiffre, donc, est relativement élevé. Donc, comment
est-ce qu'on est arrivés, donc, à ce montant dissuasif là, celui... donc, le
montant maximal, évidemment, la fourchette minimale, c'est assez clair,
là, la différence, mais la fourchette maximum?
M.
Boulet : Bien, harmonisation, proportionnalité, une fourchette
suffisamment grande pour permettre au tribunal de bien apprécier ce que vous
m'entendez souvent dire, les circonstances aggravantes et atténuantes. Puis on
peut diverger d'opinion là-dessus, mais, en ce qui nous concerne... et ce que
je constate, ne pas respecter les dispositions d'une convention collective en
ce qui... puis une convention collective, c'est les conditions de travail puis c'est payer des conditions de travail ou
donner des conditions de travail inférieures ou des avantages non prévus,
parce qu'il y a les deux côtés, là. Convention collective, c'est la loi des
parties. Ça fait que c'est quand même assez important.
Mme Cadet : Non,
tout à fait. Tout à fait, M. le ministre, puis là, ici, puis c'est une question
qui me vient maintenant, mais qui... qui, certainement, donc, prévaut pour
toutes celles... pour tous les articles, là, qu'on vient de discuter et dont on discutera, donc, le principe,
donc, de proportionnalité, j'imagine que la fourchette aussi... surtout, là,
pour ce qui est d'appliquer, donc, aux... tout ce qui est applicable, donc, aux
entreprises, donc, étant donné, donc, encore
une fois, donc, une grande partie, donc, sont des très petites entreprises,
j'imagine qu'il y a cette perspective de prendre en considération la
taille de l'entreprise dans l'établissement, donc, de cette fourchette, et donc
les principes d'équité et de proportionnalité ont été réfléchis dans l'établissement
du montant.
M. Boulet :
...
Mme Cadet : Merci.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. D'autres commentaires sur 37? Est-ce que
l'article 37 est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme
D'Amours) : L'article 38, M. le ministre, s'il vous plaît.
M. Boulet : Merci.
L'article 115 de cette loi est modifié par le remplacement de «2 046
$ à 19 074 $» par «5 000 $ à 50 000 $».
Commentaire :
C'est les infractions... en fait, on interdit le fait d'offrir, donner, tenter
d'offrir ou de donner un prêt, une récompense, un avantage ou un bénéfice ou
encore de l'avoir accepté. Merci.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. Commentaires? L'article 38 est-il adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme
D'Amours) : L'article 39, s'il vous plaît.
M. Boulet : Merci.
L'article 115.1 de cette loi est modifié par le remplacement de «547 $ à
1 090 $» et de «1 365 $ à 2 731 $» par, respectivement, «500 $ à
2 500 $» et «1 500 $ à 7 500 $».
Commentaire. Bon,
évidemment, ça, c'est les infractions en lien avec les fonctions de délégué de
chantier puis avec les informations que les associations syndicales et
patronales doivent maintenir à jour auprès de la CCQ. Puis évidemment l'amende,
dans le cas d'un individu, c'est inférieur à ce qui est actuellement prévu. Ça
s'explique par le fait que les montants minimal et maximal proposés l'ont été
en fonction des montants en vigueur en 2023. Alors, ceux-ci ont été récemment
indexés au 1er janvier 2024. Alors, c'est tout. Merci.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Oui, merci. Commentaires? Oui, Mme la députée de
Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet :
Oui. Je constate, Mme la Présidente... Donc, le remplacement... Donc, on
remplace, au niveau, donc, d'un individu, donc, l'amende, donc, de 547 $ à
1 090 $ par 500 $ à 2 500 $. C'est la première fois
que l'un des montants de la nouvelle fourchette baisse.
M. Boulet :
Oui. C'est parce que, comme j'expliquais, celui-là, il n'a pas tant
d'impact, puis, quand tu considères la proportionnalité, il n'y a pas
d'augmentation importante, puis ça, ça avait fait l'objet d'une indexation
l'année dernière. Ça fait que c'est pour ça que la fourchette est un peu plus
basse, puis c'est un montant arrondi à 500 $,
mais, comme on peut aller jusqu'à 2 500 $, ça maintient dans son
intégralité le pouvoir discrétionnaire du tribunal.
Mme Cadet :
Parfait. D'accord, et ici... Donc, on fait référence à l'article 86 à
cet article-ci et... Donc, c'est parce que vous parlez, donc, de délégué de
chantier. C'est juste ça qui... C'est un long article, je vous avouerais. Donc,
bien saisir, donc, l'infraction dans ce cas-ci. Il y a quand même, donc, de
multiples alinéas à l'article 86.
M. Boulet :
Bien, c'est les... en gros, là, collègue, c'est les associations syndicales
qui n'identifient pas leur délégué de
chantier ou le délégué de chantier qui ne l'indique pas, qui ne donne pas
l'information pertinente à la CCQ, puis, sur un même chantier, il peut
avoir plusieurs délégués, d'où la confusion que ça génère. Sans avoir une
gravité si importante, c'est quand même un suivi qui doit se faire par la CCQ.
• (16 h 10) •
Mme Cadet :
Parfait. Puis j'imagine que c'est un peu pour ces motifs qu'ici on
s'entend... Donc, ce que vous me disiez,
donc, au niveau, donc, de la majoration, donc, qui a eu lieu récemment, ce qui
fait en sorte que, pour ce qui est,
donc, d'un individu, donc, la fourchette n'est... est arrondie, mais elle n'est
pas... elle n'est pas substantiellement, donc, différente, là, de ce qui
prévaut actuellement dans la loi.
M. Boulet : Non, exactement, puis,
comme je mentionnais, ça a été indexé le 1er janvier 2024. Ça fait que... mais
le montant maximal, il est passé de 1 000 $ à 2 500 $.
Mme Cadet : Donc, OK, donc, 547 $ a
été... non, ça, c'est le... pardon, donc, ce... Quel était le montant indexé? Parce
que, normalement, celui dans la loi...
M. Boulet :
Bien, il était à 547 $, mais c'était consécutif à l'indexation du 1er
janvier 2024, et donc ça a été arrondi à 500 $, mais on a augmenté le
montant maximal. C'est l'explication que je peux donner.
Mme Cadet :
OK, merci.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. Est-ce que l'article 39 est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Adopté. L'article 40, M. le ministre.
M. Boulet : L'article 116 de
cette loi est modifié par le remplacement de «956 $ à 19 074 $»
par «1 000 $ à 25 000 $».
Commentaire :
Donc, ici, c'est l'infraction à 116, interdit à toute personne de refuser
d'installer ou de manutentionner des matériaux que son employeur lui
ordonne d'installer ou de manutentionner, à toute association ou personne agissant pour une association
d'obliger ou de tenter de forcer un salarié à ne pas installer ni
manutentionner des travaux que son employeur lui demande d'installer ou
de manutentionner. Donc, c'est 88a et 88b. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Commentaires sur l'article 40? Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet :
Oui, merci. Donc, pardon, donc, je vais regarder, donc, l'article 116.
Donc, on dit : «Toute personne qui contrevient au paragraphe a ou b de
l'article 88...» À l'article 88, paragraphe a, c'est «aucun salarié»,
paragraphe b, c'est «aucune association — bon — ou
personne agissant pour une association». De ce que je vois, donc, dans les
autres articles sur les amendes, donc, bien souvent, donc, il y avait une
fourchette d'amendes pour les individus et une fourchette d'amendes, donc, pour
les associations. Ici, ce n'est pas le cas, et j'essaie de comprendre pourquoi.
M. Boulet :
Bien, parce que la fourchette est beaucoup plus imposante. C'est
1 000 $ à 25 000 $, puis, tu sais, ça demeure des
infractions un peu de même nature. Tu sais, quand on réfère aux personnes,
c'est le travailleur qui dit : Moi, je n'installerai pas l'échafaud parce
que ce n'est pas moi qui va monter dedans... ou l'échafaudage, là. Des fois, je
n'ai pas le bon terme. Puis le deuxième, c'est une association ou une personne
qui obligerait ou tenterait de forcer un salarié à ne pas faire... parce que...
Donc, c'est plus de cette nature-là, là, c'est des infractions qui,
objectivement, ont le même, à peu près, niveau de gravité, que ce soit un individu
ou une personne, là, qui force ou une association qui oblige...
Mme Cadet : Oui,
bien, j'ai... Évidemment, là, je... Il faudrait, donc, le revoir de façon
exhaustive. C'est juste qu'ici ça me saute aux yeux un peu plus. C'est
qu'habituellement... Je comprends, donc, que l'infraction est de même nature,
là, mais il y a d'autres articles, là, pour lesquels l'infraction était de même
nature, mais que, quand elle était commise par un individu, la fourchette était
donc beaucoup moins élevée, et, lorsqu'elle était commise par une association,
il y avait, donc, des éléments dissuasifs plus élevés parce qu'évidemment,
donc, l'association pouvait avoir plus de moyens. Je comprends que ce n'est pas
linéaire, donc, partout dans la législation.
M. Boulet : Non,
puis, je réitère, l'amende au double et l'amende au triple quand il y a
récidive ou une autre récidive, puis ici,
encore, le 956 $, qui avait été indexé le 1er janvier 2024, qui passe à
1 000 $, là, ça fait que c'est une fourchette qui...
Une voix :
...
M. Boulet :
Oui, il y avait seulement une fourchette avant, dans cet article-là...
Mme Cadet :
Oui, c'est ce que...
M. Boulet : ...alors que, là, avec
notre mécanique de double et de triple, ça donne un éventail de montants
d'amendes qui est beaucoup plus imposant.
Mme
Cadet : Oui, mais la fourchette, donc, du double... ce qu'on a modifié
à l'article 122.1, là, de mémoire, au niveau, donc, de faire passer les
amendes, donc, du double au triple, elles sont valides tant pour les individus
que pour les personnes physiques, les
personnes morales, là. Non, ça... Je comprends qu'ici, donc, initialement, il
n'y avait qu'une seule fourchette.
Ça, je l'entends bien, mais j'essaie juste, donc, de saisir, donc, pourquoi,
pour cette infraction-ci, on a
décidé... puis c'est quelque chose qu'on continue de maintenir aujourd'hui,
manifestement, avec ce que les... le contentieux de la CCQ, appuyé par le
ministère de la Justice, donc, ont décidé. J'essaie de comprendre, donc,
pourquoi le choix, donc, s'est porté pour maintenir le fait qu'il n'y
avait qu'une seule fourchette tant pour les individus que pour les
associations.
M. Boulet : Bien,
je ne suis pas un expert, mais je présume que c'est en fonction du niveau de
gravité intrinsèque de l'infraction qui, indépendamment de ta personnalité, que
tu sois physique ou morale, n'a pas tant d'incidence. Moi, je l'expliquerais de
cette manière-là.
Mme Cadet : D'accord.
Donc, à 88b : «Aucune association ou personne agissant pour une
association ne peut obliger ou tenter de forcer un salarié à ne pas installer
ni manutentionner les matériaux que son employeur lui demande d'installer ou de
manutentionner.» Pour vous, donc, ça a la même incidence que l'infraction à a,
donc, «aucun salarié ne peut refuser
d'installer ou de manutentionner les matériaux que son employeur lui ordonne
d'installer ou de manutentionner».
M. Boulet : C'est
parce que, ce qu'on m'informe, c'est que c'est de cette manière-là depuis 1991,
là, mais ça... mais je ne comprends pas trop ce que vous me mentionnez, là,
mais je pense que la seule réponse claire que je peux donner, c'est qu'indépendamment du profil de celui ou celle qui
contrevient la gravité est sensiblement la même.
Mme Cadet : OK.
Donc, c'est vraiment... D'accord. Merci.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. D'autres commentaires sur 40? Est-ce que
l'article 40 est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme
D'Amours) : 41, M. le ministre, s'il vous plaît.
M. Boulet : Merci, Mme la Présidente. L'article 117 de
cette loi est modifié par le remplacement de «1 910 $» par
«2 000 $».
Commentaire :
Bon, ça vise l'article 26, qui interdit à toute personne d'occuper une
fonction de direction ou de représentation au sein d'une association ou au
conseil d'administration de la CCQ si elle a été déclarée coupable de certains
actes criminels. Merci.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. Commentaires sur 41? Oui, Mme la députée de
Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Oui. Donc, ici, à 41, donc, je comprends donc
qu'on majore, donc, légèrement. Donc, je comprends que la volonté
n'était pas, donc, de créer, donc, un effet dissuasif plus important que ce qui
prévaut déjà. Est-ce que 1 910 $ à 2 000 $, c'est sensiblement le
même montant?
M. Boulet : C'est
un arrondissement.
Mme Cadet : Oui, c'est ça. Donc, on... Donc, il n'y avait pas
de volonté, donc, de créer un effet dissuasif plus important pour une
contravention à l'article 26?
M. Boulet : Non.
Mme Cadet : Est-ce que c'est parce que, dans le fond, il y en
a... il y a peu ou très, très peu d'infractions en vertu de
l'article 26?
M. Boulet : Il
y en a zéro.
Mme Cadet : Il
y en a zéro, OK, c'est pour ça. OK, merci.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. Est-ce que l'article 41 est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme
D'Amours) : L'article 42, M. le ministre, s'il vous plaît.
M. Boulet : L'article 119
de cette loi est modifié par le remplacement de «1 938 $ à 19 345 $»
par «2 500 $ à 25 000 $».
Donc, l'infraction vise les articles 101,
101.1 et 102, relatifs à la liberté syndicale. Donc, les libertés, oui...
La Présidente (Mme
D'Amours) : Commentaires?
M.
Boulet : ...essentiellement, entraves, mesures
discriminatoires, menaces, contraintes. Ça pourrait même être, à la limite,
refuser d'engager quelqu'un qui n'est pas membre d'un syndicat x, y ou z, là,
mais c'est la nature de l'infraction qui est visée ici.
La Présidente (Mme D'Amours) : Commentaires
sur 42? Oui, Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Oui. Donc, encore, ici,
donc, on les... Donc, c'est l'un des articles où la modification, donc, à la fourchette semble être une harmonisation, là,
plutôt que de créer, donc, un effet dissuasif plus important. Donc, ici, donc,
pour... est-ce que c'est... encore une fois, donc, c'est parce qu'il y a peu
d'infractions pour cet article?
M. Boulet : Exact.
Mme Cadet : OK. Est-ce qu'il y en a
zéro comme l'autre?
M. Boulet : Tout à fait, même
chiffre.
Mme Cadet : C'est le même chiffre,
OK.
M.
Boulet : Non, mais il y en a qu'on a discuté au début, où
il y a quand même une bonne volumétrie, là, mais je n'ai pas eu les
questions, mais, sur celle-là, là, qu'on vient de discuter, il n'y en a pas eu.
Mme
Cadet : D'accord, puis celle qu'on a eu une bonne
volumétrie, je comprends que c'était celle sur... donc, qui
contrevenait, donc, à la Loi sur le bâtiment du Québec, qui est... au niveau,
donc, du...
M. Boulet : Les certificats de
compétence.
Mme Cadet : Donc, c'est les
certificats de compétence, c'est vraiment celle-là.
M. Boulet : C'est celle-là qui en a
le plus, hein?
Mme Cadet : Oui, et, après ça, c'est
lequel qui en a le plus, après celui-là?
M. Boulet : 48, 49, qu'on va voir un
peu plus tard.
Mme Cadet : Qu'on va voir un peu
plus tard, OK, mais, dans tous ceux qu'on vient de voir ici, où est-ce qu'il y
a la modification...
M.
Boulet : Mais je le répondrai... sur la volumétrie, je
prendrai... je vais donner la nature de l'infraction puis le nombre de
dossiers.
Mme Cadet : Parfait. D'accord.
• (16 h 20) •
M. Boulet : Mais, tu sais, encore
une fois, vous savez très bien comment ça fonctionne. Tant la CCQ que la
CNESST, ils font des interventions, ils font de la pédagogie, ils communiquent,
ils essaient d'influencer, et, à défaut, ils émettent des avis de correction,
puis, s'il n'y a pas respect de l'avis de correction, là, il y a un constat
d'infraction, et là on va devant le tribunal pénal, et l'amende est ultimement
payée, mais, dans la majeure partie des cas, dont on n'entend pas tout le temps
parler, le tir est corrigé, là, on arrête.
Mme
Cadet : OK. Donc, le respect de l'obligation de bonne foi,
là, des différentes parties est quand même respecté.
M. Boulet : Bien oui, tout à fait.
Mme Cadet : Donc, souvent, donc, il
va y avoir accompagnement parce qu'il y a eu une erreur, ou une
incompréhension, ou plutôt...
M. Boulet : Ou de l'aveuglement
volontaire, parfois, là, mais il y a de tout, là.
Mme Cadet : Oui, malheureusement.
Parfait. Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
L'article 42 est-il adopté?
Des voix : Adopté.
La
Présidente (Mme D'Amours) : L'article 43, s'il vous plaît.
M. Boulet : Merci,
Mme la Présidente. L'article 119.0.1 de cette loi est modifié par le
remplacement de «1 285 $ à 2 568 $» et de «2 805 $ à 5 208
$» par, respectivement, «2 500 $ à 12 500 $» et «7 500 $ à
37 500 $».
Donc,
nature de l'infraction, ça, c'est... On interdit le référencement de la
main-d'oeuvre en marge des régimes de service de référence administrés
par la CCQ. Est-ce qu'on a des cas?
Une voix : ...
M. Boulet : On
n'a aucun cas.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Oui, Mme la députée de Sherbrooke.
Mme Labrie : Merci,
Mme la Présidente. J'ai une question de clarification, peut-être, là-dessus,
parce qu'on sait que, plus tard dans le
projet de loi, à l'article 81, le ministre va faire une modification, là,
pour permettre qu'il y ait des contacts avant l'envoi des références. Donc,
j'aimerais comprendre comment, dans l'application concrète, ça va se
passer, si ça va être permis, par ailleurs, mais qu'il reste des pénalités
comme celles-là.
M. Boulet : En
fait, c'est quelqu'un qui ferait du référencement sans être détenteur d'un
permis pour faire du référencement. Dans la loi, notamment, bien, il y a un
service de référence, là, qui est administré puis géré par la Commission de la
construction du Québec, puis il y a des organismes qui référencent, là,
notamment, les associations patronales, les
associations syndicales, qui détiennent des permis. Dans le projet de loi, on
permet, notamment à l'Administration
régionale Kativik ou d'autres groupes issus des communautés autochtones et
inuites, d'avoir des permis de référence... en fait, tous les groupes qui ont
des ententes intergouvernementales, mais ça, ici, ce serait de faire ce que la
loi ne permet pas de faire, parce que tu n'es pas détenteur, parce que tu n'es
pas autorisé à faire du référencement de main-d'oeuvre.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet :
Merci, Mme la Présidente. Ici, j'aimerais savoir si vous avez des informations
au niveau de la volumétrie, là, pour les contraventions à
l'article 119.0.1, parce qu'effectivement, donc, si on suit la logique qui
nous mène, donc, depuis le début, donc, manifestement, donc, si on cherche à
créer un effet dissuasif plus important ici, effet auquel je souscris,
j'imagine que le... il y a un grand... donc, il y a un volume appréciable
d'infractions à l'article 119.0.1.
M. Boulet : Pardon,
je n'ai pas entendu la...
Mme Cadet : Non, il n'y a pas de souci. Dans le fond, ici, je
disais, donc, d'abord, qu'on... que je comprends qu'ici il y a une volonté,
donc, de créer un effet dissuasif plus important, objectif auquel je souscris.
Donc, j'aimerais, donc, avoir, donc, les chiffres au niveau, donc,
disons, d'infractions à l'article 119.0.1.
M. Boulet : Il
n'y en a... il n'y en a aucune, OK, il n'y en a pas.
Mme Cadet : OK.
Donc, il y en a... il n'y en a pas... il n'y en a pas qui ont été répertoriées
parce qu'il y a eu, donc, de l'accompagnement dans l'intervalle?
M. Boulet : Bien, l'accompagnement, le suivi, la correction,
et on n'a pas à se rendre devant le tribunal pénal.
Mme Cadet : OK,
merci.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. Est-ce que l'article 43 est adopté? M. le
ministre?
M. Boulet : Adopté.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. L'article 44, s'il vous plaît.
M. Boulet : Merci.
L'article 119.0.2 de cette loi est modifié par le remplacement de
«1 285 $ à 2 568 $» par «2 500 $ à
12 500 $».
Commentaire.
Donc, l'infraction sanctionne l'employeur qui déclare des besoins de
main-d'oeuvre autrement qu'au moyen d'une déclaration via le service de
référence de main-d'oeuvre, qui embauche des candidats salariés, alors qu'il
n'a pas fait une déclaration de besoins pour un nombre égal ou supérieur au
nombre de candidats embauchés, qui omet d'obtenir un numéro d'embauche
de la CCQ avant d'embaucher un candidat, et enfin qui omet d'aviser la CCQ de
l'embauche, du licenciement, de la mise à pied ou du départ de tout salarié.
Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Commentaires sur 44? Oui, Mme la députée.
Mme
Cadet : Peut-être juste sur la volumétrie ici...
M. Boulet :
Il n'y en a pas.
Mme Cadet : Il
n'y en a pas. Merci.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. Est-ce que l'article 44 est adopté?
M. Boulet : Il
y en a, collègue... Excusez-moi, il y en a, des fois, avant... Les zéros que je
donne, c'est de 2021 à 2023. Parfois, il y en a eu avant.
Mme Cadet : Ah!
d'accord, OK.
M. Boulet : Mais,
dans les dernières années, il n'y en a pas eu. Adopté, Mme la Présidente,
désolé.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. L'article 45, s'il vous plaît.
M. Boulet : L'article 119.0.3
de cette loi est modifié par le remplacement de «1 285 $ à
2 568 $» et de «2 605 $ à 5 208 $» par,
respectivement, «5 000 $ à 25 000 $» et «15 000 $
à 75 000 $».
Commentaire.
Ici, ça sanctionne les entraves au service de référence de main-d'oeuvre
administré par la CCQ ainsi que les pressions indues, l'intimidation ou la
menace pouvant être exercée à l'égard d'un responsable de ce service ou d'un
employé affecté à celui-ci. Et il n'y a pas eu... entre 2021, 2023, il n'y a
pas eu de cas qui ont été judiciarisés.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. Commentaires? L'article 45 est-il adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme
D'Amours) : L'article 46, M. le ministre.
M. Boulet : Merci.
L'article 119.0.4 de cette loi est abrogé.
Pas de commentaire,
vous le savez, bon, pour les raisons déjà présentées et répétées.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. Commentaires? Oui, Mme la députée de
Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Juste pour les fins de ceux qui nous écoutent,
donc, je comprends que c'est en raison de l'adoption de
l'article 122.1, qui porte les amendes au double et au triple en cas de
récidive.
M. Boulet : Merci
beaucoup de votre commentaire, merci, pour ceux qui commencent à nous écouter.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Donc, l'article 46 est-il adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme
D'Amours) : L'article 47, M. le ministre.
M. Boulet : Merci.
L'article 119.0.5 de cette loi est modifié :
1° par le
remplacement, dans le premier alinéa, de «2 400 $ à
24 010 $» et «12 004 $ à 300 123 $» par,
respectivement, «5 000 $ à 25 000 $» et «15 000 $
à 300 000 $»;
2° par la suppression
du deuxième alinéa.
Donc, commentaire.
Bon, le montant maximal proposé dans les autres cas que celui d'une personne
physique est légèrement moindre que ce qui
est actuellement prévu... 300 000 $, plutôt... en fait, c'est la même
chose, ça s'explique par le fait que les montants minimal et maximal
proposés par le projet de loi l'ont été en fonction des montants en vigueur en
2023 et indexés le 1er janvier 2024, et, dans ces cas-là, bien, comme je
mentionnais un peu plus tôt, la CCQ priorise
beaucoup les mécanismes de recours internes et les recours civils, ultimement,
plutôt que les recours imposant des pénalités. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. Commentaires sur 47? Oui, Mme la députée de
Sherbrooke.
Mme Labrie : Je
me pose quand même la question parce que, tout à l'heure, le ministre disait
que les montants, c'était proportionnel à la
gravité de l'infraction. Là, on a des montants qui sont augmentés presque
partout, là, de mémoire, dans les articles qui ont été étudiés depuis
que je remplace mon collègue, puis ici, on a un montant qui est diminué. Donc,
j'avoue trouver ça particulier.
M. Boulet : Parce que les montants
étaient déjà hauts, puis, quand ils ont analysé la proportionnalité des
montants par rapport à la gravité de l'infraction, ils ont réalisé que c'était
pas mal correct, c'était pas mal exact. Tu sais, c'est pour ça qu'il y a des infractions dont
la gravité objective est beaucoup plus importante, puis les amendes avaient
vraiment besoin d'être revalorisées. Dans certains cas, comme celui-là, ce
n'était pas le cas, c'était pas mal un maintien du montant des amendes.
Mme Labrie : Merci.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Oui, Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Oui, tout simplement, si le ministre, donc, peut
expliquer, donc, la nature exacte, donc, de l'infraction ici, donc, aux
articles 123.5 et 123.7.
M. Boulet : On
me donne l'exemple d'un employé qui est mis à pied parce qu'il a fait une
plainte, un peu à la lumière de 122 de la Loi sur les normes du travail, qui
exerce un droit, par ailleurs, prévu dans une loi ou dans une convention collective
et qui est mis à pied pour cette raison-là. Je pense que c'est le cas
classique, mais on n'a pas de volumétrie. Il y a l'intervention des
inspecteurs, et c'est généralement l'objet d'un règlement.
• (16 h 30) •
Mme Cadet : OK,
d'accord. Donc, aucune volumétrie ici, donc peu d'exemples, mais l'objectif ici
était quand même, donc, de conserver... donc
ne pas y aller, donc, avec un effet plus dissuasif. Là, ici, ils sont quand même
relativement, donc, assez dissuasifs, donc, comme montants, mais il y a peu de
volonté, ne serait-ce, donc, pour une
personne physique, là, d'aller, donc, au-delà, puis est-ce que, donc, le...
puis on va continuer d'en voir, mais est-ce que le montant de
25 000 $ pour une personne physique, c'est le montant maximal des
amendes modifiées?
M. Boulet : Je
sais... oui, on pourra valider, là, mais, en fait, si 25 000 $ est le
montant maximal des amendes pour les individus dans la loi R-20... Je
pense que oui, hein? On vérifie, ça va prendre une minute, puis, quand je dis
«une minute», c'est parce qu'ils savent que je suis impatient.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Avez-vous une autre question en attendant, Mme la députée?
Mme Cadet : Sur... Pardon. Donc, on est à 47. Je reviens à la
page ici. Parfait. Non, ce serait vraiment celle-là, ici, Mme la
Présidente. Merci.
M. Boulet : ...à
50 000 $.
Mme Cadet : Pardon?
Quiconque...
M. Boulet : Donc,
ça peut arriver que ce soit quiconque... Donc, ça peut être un individu et ça
peut aller à 50 000 $, donc, dans certains cas.
Mme Cadet : OK, d'accord, dans certains cas, puis, j'imagine,
ça, c'étaient ceux qui concernaient la violence.
M. Boulet : Exact.
Mme Cadet : Donc,
c'était vraiment, donc, dans ces cas-ci, donc, au niveau, donc, de l'échelle de
gravité.
M. Boulet : Où
la gravité objective est plus importante.
Mme Cadet : Voilà. Donc, juste pour... donc, l'échelle de
gravité objective nous mène... Donc, il
y a des cas, donc, de 50 000 $ pour...
M. Boulet : Pour
le «quiconque», incluant un individu.
Mme Cadet : Pour
le «quiconque», oui, quoique... je le sais, mais, en fait, à
l'article 113, le «quiconque» ici comprenait un individu, et là c'est
celui qui est jusqu'à 100 000 $. C'est bien ça?
M. Boulet : Bien,
on m'a dit 50 000 $,
mais est-ce qu'il y a un «quiconque» à 100 000 $?
Mme Cadet : À
113.
M. Boulet : Donc,
il y en a un à 100 000 $.
Mme Cadet : OK.
Donc, c'est vraiment celui-ci. Donc, c'est l'infraction qui est la plus grave
pour un individu. C'est celle qui est
prévue, donc, à l'article 113, et donc ça nous donne une certaine échelle
ici, là, de gravité à ce qui est
prévu, donc, à l'article 47, bien, du projet de loi, donc, l'infraction de
119.0.5 au niveau, donc, de la communication trompeuse, donc, protection
contre les représailles, donc, qu'il n'y ait pas, donc, de mise à pied, de
congédiement, donc, d'employé, donc, qui aurait...
M.
Boulet : Exact.
Mme Cadet :
Et donc, ici, ces communications-là... Donc, ici, à 123.5 et 123.7... OK,
d'accord. «123.7. Il est interdit
d'exercer des représailles contre une personne pour le motif qu'elle a de bonne
foi communiqué un renseignement visé à l'article 123.6 ou collaboré
à une enquête, à une vérification ou à un contrôle mené en raison d'une telle
communication.» Donc, c'est vraiment, donc, ce qui est visé ici. Parfait.
Merci.
La Présidente (Mme
D'Amours) : D'autres commentaires sur 47? Est-ce que l'article 47
est adopté?
Des voix :
Adopté.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Adopté. L'article 48, M. le ministre, s'il vous
plaît.
M. Boulet : Merci.
L'article 119.1 de cette loi est modifié, dans le premier alinéa :
1° par le
remplacement, dans ce qui précède le paragrahe 1°, de «Commet une infraction et
est passible d'une amende de 273 $ à 547 $ dans le cas d'un individu
et de 1 090 $ à 2 186 $ dans le cas de toute autre
personne» par «Commet une infraction quiconque»;
2° par la
suppression de «quiconque», partout où cela se trouve dans les paragraphes 1° à
11°.
Commentaires.
En fait, 48 modifie 119.1 afin que cette disposition ne vise que l'énumération
de comportements constitutifs d'une infraction.
Et les montants
minimal et maximal des amendes qui y étaient prévus seront intégrés dans le
nouvel article 119.1.1 proposé par l'article 49. Et les infractions,
c'est l'exécution des travaux sans détenir le certificat de compétence requis
ou encore des utilisations frauduleuses de certificats de compétence.
Donc, 119.1.1, bien,
en fait, je vais répondre à beaucoup de questions en amont, là. Travaux sans
certificat de compétence, il y en a eu 2 036 en 2023.
119.1.2, c'est pas de
certificat relatif au métier, donc, l'exécute lui-même, il y en a 187, toujours
en 2023.
119.1.3, utiliser les
services d'un salarié non titulaire d'un certificat de compétence, 1 022.
119.1.4,
utilise les services d'un salarié, mais c'est le mauvais certificat, donc ce
n'est pas le bon métier ou la bonne occupation, 141.
119.1.7, néglige d'exhiber
son certificat, là, il n'y a pas de cas.
Il y a aussi 119.1.8,
utilisation du certificat d'un autre, il n'y a eu un cas.
119.1.9,
falsification du certificat, zéro.
119.1.10,
falsification du relevé de notes, âge en vue d'obtenir un certificat, zéro.
119.1.11, être
employeur ou salarié au sens de la loi, là, il y en a eu 42. Donc, voilà, c'est
complet.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. Commentaires sur 48? Oui, Mme la députée de
Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Oui.
Donc, d'abord, donc, je comprends, puis c'est ce qu'on va voir à 49 un peu plus
tard, c'est que, plutôt que d'avoir un montant... une fourchette d'amendes qui
soit la même pour les paragraphes 1° à 11° de l'article 119.1, ici, donc,
on vient considérer que les infractions, donc, visées à chacun de ces
paragraphes ont des degrés de gravité différents. C'est bien ça?
M. Boulet : ...
Mme Cadet : OK.
Donc, c'est bien ça ici. Et là, donc, on revient, donc, au «quiconque» dont
nous venons de... Ah! allez-y, M. le ministre. Vous voulez rajouter?
M. Boulet : En
fait, il y a une fourchette inférieure pour mauvais certificat puis une
fourchette supérieure pour la personne qui n'a pas de certificat du tout.
Mme Cadet : OK.
Parfait. Et c'est ça, bien, j'imagine que ça, c'est la fourchette qu'on
étudiera à l'article 49 par la suite.
M. Boulet : Exact.
Mme Cadet : Donc,
ici, donc, à 48, ce qu'on vient de... donc, on... c'est la... le premier
objectif, donc, de 48, est donc de moduler
les infractions, alors qu'elles étaient précédemment toutes considérées au même
degré de gravité. Et le deuxième objectif de 48 est aussi... bien, en
fait, à l'inverse, on vient moduler le montant des amendes pour chacun des
paragraphes, mais on vient uniformiser le niveau de gravité, qu'il soit commis
par un individu ou toute autre personne, en utilisant, donc, le qualificatif
qui compte ici.
M. Boulet : Tout
à fait.
Mme Cadet : Donc,
pourquoi, puis ça revient un peu, donc, à la question posée précédemment,
donc... pourquoi ici, donc, on vient considérer que le degré, donc, de gravité,
donc, il est, en fin de compte, le même pour un individu
ou toute autre personne? Parce que là, dans... à 119.1, en date d'aujourd'hui,
il y a des amendes pour des individus, il y a des amendes... il y a des
fourchettes d'amendes pour les individus, il y a une fourchette d'amendes pour toute autre personne, mais là on vient de
dire «quiconque». Puis je pose ma question, parce qu'un peu plus tôt, là,
pour l'article précédent qui... je pense que c'était celui de
l'article 116, de mémoire, donc, l'article 40, je posais la question
sur le fait qu'on avait une seule fourchette d'amendes depuis bien longtemps,
tant pour les individus que pour toute autre personne. Ici, on avait l'inverse,
on vient créer une seule fourchette d'amendes. Vous comprenez ma question?
M. Boulet : Oui,
oui, parce qu'ils ont comme fusionné en fonction de la nature et des
infractions. C'est l'explication que je pourrais donner.
Mme Cadet : En
fait, pourquoi est-ce qu'on a décidé, donc, de... En fait, c'est ça, la nature
de ma question, M. le ministre. Donc, pourquoi est-ce qu'on a décidé de
fusionner les deux ici? Je ne suis pas certaine d'avoir saisi l'explication à
ça. Je peux répéter, là, je peux répéter, donc, dès le début. Je sais, c'est
parfois complexe à formuler. C'est qu'en fait ici, donc, à 119.1, donc,
initialement, donc, dans l'article tel qu'il prévaut en date d'aujourd'hui, il existe une fourchette d'amendes pour les individus
et une autre fourchette d'amendes dans le cas de toute autre personne.
• (16 h 40) •
M. Boulet : Bon,
parce qu'en fait, à 49, on va revenir à deux fourchettes, une pour les
individus, une pour les personnes morales, pour chacune des infractions. En
fait, c'est comme un texte qui prépare à la suite...
Mme Cadet : OK.
D'accord. OK.
M. Boulet : ...pour avoir deux fourchettes, mais, après ça,
ils vont être... pas individualisés, mais particularisés en fonction de chacune
des infractions. Puis il va y avoir une fourchette individu puis une
personne... une fourchette personne morale. Bonne question.
Mme Cadet : D'accord.
OK. Là, je saisis. Merci beaucoup. Donc, on garde, donc, cet élément-ci tant
pour les individus que pour toute autre personne. Ici, tout ce qu'on vient
faire, donc, c'est le premier aspect. Là, ce que je mentionnais comme premier
objectif de 119.1, en fait, c'est l'unique objectif de 119.1, c'est de venir
moduler les infractions aux paragraphes 1° à 11°. Merci.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. L'article 48 est-il adopté?
Des voix :
Adopté.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Adopté. L'article 49, s'il vous plaît.
M. Boulet : Oui.
Merci. Cette loi est modifiée par l'insertion, après l'article 119.1, du
suivant :
«119.1.1. Quiconque
contrevient au paragraphe 1°, 3°, 8°, 9°, 10° ou 11° de l'article 119.1
est passible d'une amende de 1 000 $ à 5 000 $ dans le cas
d'un individu et de 3 000 $ à 30 000 $ dans le cas d'une
personne morale.
«Quiconque
contrevient au paragraphe 2°, 4° ou 7° de l'article 119.1 est passible
d'une amende de 500 $ à 1 500 $ dans le cas d'un individu et de
1 500 $ à 9 000 $ dans le cas d'une personne morale.»
Commentaires. Bon, là
on introduit 119.1.1 dans la R-20 en concordance avec la modification
accordée... apportée à l'article précédent. Donc, les montants minimal et
maximal qui étaient prévus à 119.1 sont désormais dans un article distinct afin d'appliquer le principe de
proportionnalité entre le montant de l'amende et la gravité de chaque
infraction, tout en tenant compte de la personnalité juridique du contrevenant,
personne physique ou morale.
Et le montant des
amendes, peut-être, commentaire additionnel, bon, évidemment, ça vise à
dissuader le travail non déclaré, permettant de favoriser une concurrence plus
saine dans l'industrie. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. Commentaires sur 49? Oui, Mme la députée de
Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Oui.
Merci, Mme la Présidente. Donc, nous avons discuté, donc, de l'objectif de 48.
Donc, ça, c'était clair pour moi.
Maintenant, ici, à 49, donc, nous avons, donc, le même montant, les mêmes
fourchettes d'amendes pour 1°, 3°,
8°, 9°, 10° et 11° et des fourchettes distinctes, paragraphes 2°, 4°, 7°, 5° et
6° étant les paragraphes abrogés. Là, je comprends qu'ici c'est complet.
1°, 3°, 8°, 9°, 10° ou 11°, ici. Est-ce que c'est...
M. Boulet : ...gravité.
Mme Cadet : Pardon?
M. Boulet : Gravité.
Mme Cadet : OK.
Donc, ici, donc, c'est au niveau, donc, de la gravité. Donc, on passe, donc,
pour un individu, de 273 $ à 547 $ à 1 000 $ à
5 000 $. Donc, c'est bien ça, et de 1 090 $ à
2 186 $ à 3 000 $ à 30 000 $ dans le cas d'une
personne morale ici.
Est-ce
que... Selon moi, ce n'est pas le cas, mais juste, ici, préciser, parce qu'on
passe d'une nomenclature qui dit «dans le cas de toute autre personne», et là
ici on précise, donc, dans le cas, donc... dans le cas d'une personne morale,
donc, j'imagine. Il n'y a pas de cas de figure, là, qui serait oublié par la
nouvelle nomenclature? Non? OK. Donc, si... et le choix, donc, d'avoir précisé
ici «personne morale»... parce qu'en fait dans les autres... les autres
modifications qu'on a faites, par concordance, on modifiait toujours par «dans
le cas de toute autre personne».
M. Boulet : ...de
raison particulière.
Mme Cadet : Est-ce
que vous comprenez ma question? Chaque fois qu'on a fait les modifications, on
a toujours conservé le qualificatif «toute autre personne», sauf celle-ci ici,
à 119.1.1.
M. Boulet : Ça
vise les employeurs, que ce soit un ou l'autre.
Mme Cadet : Mais
est-ce qu'on voudrait, donc, par souci, donc, d'uniformité dans la législation,
donc, conserver «toute autre personne»? Parce que c'est ce qu'on a fait partout
ailleurs. C'est la seule fois qu'on retrouve «personne morale».
M. Boulet : En
fait, ça n'a pas d'impact, ça n'a pas d'incidence. Je comprends bien votre
point, là, mais ça n'a pas de conséquence.
Mme Cadet : Oui,
c'était plus pour les légistes, là. Allez-y.
Une voix : ...
M. Boulet : On
me donne l'information complémentaire. Cependant, quand c'est «toute autre
personne», ça vise aussi les associations représentatives, soit syndicales ou
patronales. Et quand c'est une personne morale, c'est plus spécifiquement la
personne qui est incorporée, là, l'entrepreneur qui est incorporé.
Mme Cadet : OK. D'accord. Donc, ici, donc, c'est... Donc, ces
termes ne sont pas interchangeables, alors. Donc...
M. Boulet : Non,
tu sais, si tu dis, à 119.1.3, «utiliser les services d'un salarié non
titulaire», bien là, c'est la personne morale qui est l'entrepreneur. Donc,
c'est plus restreint à l'entrepreneur, à la personne morale.
Mme Cadet : C'est
ça. OK. Je suis contente d'avoir posé la question. Ici, on a... on arrive,
donc...
M. Boulet : Totalement.
On va devenir des spécialistes en amendes, hein?
Mme Cadet : ...on
vient d'apprendre quand même, donc, un élément de fond ici qui nous permet,
donc, de bien déceler ce qu'on tente de faire ici. Donc, à
l'article 119.1.1, donc, il y avait, donc, une volonté spécifique. Donc,
ce n'est pas un oubli, là, de ne pas d'avoir écrit, donc, «toute autre
personne» comme partout ailleurs. Donc, c'est vraiment, donc... ce qui est visé
ici, ce sont uniquement les personnes morales. Donc, pourquoi... Là, donc,
je... Sachant cela... Avant, ici, on avait
«dans le cas de toute autre personne», donc on le modifie pour dire «personne
morale» ici. Est-ce que la nomenclature précédente posait des problèmes?
M. Boulet : En
fait, c'est plus spécifique. Quand tu les lis, tu n'as pas besoin de référer à
toute autre personne parce que c'est véritablement relatif à la détention ou
non, l'utilisation d'une personne qui n'a pas son certificat de compétence
apprenti, compagnon ou occupation, mais donc c'était vraiment limité aux
personnes morales. Je pense, c'est par souci de précision additionnelle.
Mme Cadet : OK.
Donc, ce qu'on voyait, donc, initialement, c'est qu'il pouvait y avoir un
risque...
M. Boulet : Ce
n'était pas nécessaire.
Mme Cadet : Ce
n'était pas nécessaire, donc, de dire «toute autre personne», parce que les
éléments, donc, de 1° à 11°, à
l'article 119.1, l'article précédent, là, de 119.1, ne pouvaient jamais
prendre application au niveau, donc, des associations représentatives,
des associations patronales. Donc, dans ce cas-ci, donc, on est venu préciser
parce que ça faisait une différence.
M. Boulet : Exact.
Mme Cadet : OK.
Merci. Maintenant, pour ce qui est, donc, de 1°, 3°, 8°, 9°, 10°, 11°, ici,
c'est vraiment, donc, l'absence, donc, de
certificat, donc, la grande différence entre les alinéas un et deux en termes,
donc, de... des motifs pour lesquels on aurait décidé de les réunir en
deux catégories d'infractions?
M. Boulet : Oui.
Mme Cadet :
OK. Donc, c'est l'absence...
M. Boulet : En fait, comme
j'expliquais un peu plus tôt, il y a deux niveaux de gravité. Premier alinéa,
c'est un niveau, puis le deuxième alinéa, c'est un autre niveau. Ce n'est pas
le même... Ce n'est pas le même impact. En fait,
le bénéfice obtenu par la commission de l'infraction est supérieur quand
l'infraction... tu sais, quand les amendes sont plus élevées. Ils font
beaucoup ce raisonnement-là.
Mme Cadet : Pardon? Je ne suis pas
certaine d'avoir saisi.
M.
Boulet : Bien, c'est moins grave, par exemple, d'avoir un
mauvais certificat que de ne pas avoir de certificat. Ça fait que c'est
pour ça qu'on tient compte du bénéfice qui en découle. Puis, des fois, le
mauvais certificat, il peut y avoir des éléments atténuants, alors que ne pas
avoir de certificat, c'est difficile d'appréhender des circonstances
atténuantes. C'est généralement aggravant de ne pas détenir un certificat de
compétence.
Mme
Cadet : OK. Parfait. Puis donc, vous considérez, je
comprends, donc, qu'à l'article... qu'au paragraphe 8° le fait du...OK,
donc, le fait, donc, d'utiliser, donc... d'une autre personne, donc, a le même,
donc, niveau, donc, de gravité que celui, donc, de falsifier, altérer?
M. Boulet : Bien oui. Oui, tout à
fait.
Mme Cadet : OK. Parfait. Donc, de
faire une fausse déclaration, donc, passer un certificat, donc, ça en vient... on en vient donc à cet élément-ci. Et
sinon, donc, à 2°, 4° et 7°... À 2°, j'essaie de comprendre, donc, à...
comment, 2°, vous arrivez donc à un autre niveau de gravité. Ça dit :
«Quiconque exécute lui-même des travaux relatifs à un métier sans être
titulaire soit d'un certificat...»
• (16 h 50) •
M. Boulet : Bien, il n'a pas un
certificat relatif au métier qu'il exerce, là.
Mme Cadet : Ah! d'accord, OK.
M. Boulet : En fait, c'est chaque...
Mme Cadet : OK. Donc, ici, donc,
c'est par rapport... donc, le mauvais métier. À 4°... Donc, ici, donc, c'est
le... OK, donc, 4° est le miroir de 2°?
M. Boulet : Exact.
Mme Cadet : C'est bien ça. Et 7°,
c'est celui, donc, de ne pas avoir... celui qui omet ou néglige d'exhiber...
M. Boulet : Exhiber son certificat.
Mme
Cadet : OK. Et donc, tout simplement, donc, il pourrait,
donc, être titulaire, donc, du certificat, mais il refuse de l'exhiber
lorsqu'il lui est demandé. Donc, c'est ça... c'est ce dont il est question ici?
M. Boulet : Exact.
Mme Cadet : Au paragraphe 7°.
Parfait. Donc, ici, ça me... Pardon, Mme la...
La Présidente (Mme D'Amours) : D'autres
commentaires?
Mme Cadet : Oui, Mme la Présidente.
C'est juste, donc, de passer à travers tout ici. Donc, de 1 000 $ à 5 000 $, ici, donc, de 3 000 $
à 30 000 $, et donc ceux qui sont moins... de moins grande gravité,
donc, ce sont... Donc, on considère, tant pour les personnes physiques
que pour les personnes morales, dans ces cas-ci, que la fourchette doit être
moins importante. Donc, ça, donc, je saisis ça. Donc, je comprends, donc,
comment, donc, les fourchettes ici ont été établies.
La
Présidente (Mme D'Amours) : ...que je suspende les travaux, madame, pour que
vous puissiez comprendre l'article?
M. Boulet : Vous aurez du temps
aussi à l'extérieur de l'étude détaillée pour revoir chacune des infractions.
Mais moi, je suis disponible pour répondre, là, dans la mesure du possible.
La Présidente (Mme D'Amours) : Avez-vous
besoin de temps pour analyser l'article, Mme la députée?
Mme Cadet : Oui, peut-être, s'il
vous plaît, Mme la Présidente.
La
Présidente (Mme D'Amours) : Oui. Je vais suspendre les travaux
quelques minutes, s'il vous plaît.
(Suspension de la séance à
16 h 52)
(Reprise à 17 h 06)
La Présidente (Mme
D'Amours) : Nous reprenons nos travaux. Nous étions à
l'article 49. Est-ce qu'il y a des questions pour le ministre? Oui, Mme la
députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Oui. Merci beaucoup, Mme la Présidente. Merci pour
le... de m'avoir, donc, laissé le temps, donc, d'examiner, donc, les
différentes dispositions et les paragraphes, donc, de l'article 119.1
ainsi que les modifications apportées par l'article 49 introduisant
l'article 119.1.1.
La dernière question
que j'aurais ici, la seule, c'est tout simplement, donc, au niveau, donc, du
terme, donc, «société». Donc, au dernier alinéa de l'article 119.1, tel
que rédigé, on peut lire : «Une poursuite pénale intentée contre un membre
d'une société réputé, en vertu du troisième alinéa de l'article 19.1, être
un salarié de cette société, n'empêche pas qu'une poursuite pénale soit
également intentée, relativement aux mêmes faits, contre tout autre membre de
cette société à titre d'employeur du membre réputé être un salarié.» Le...
puisque là, ici, donc, on est venus modifier, donc, le terme «toute autre
personne» pour le restreindre aux personnes morales, ça, ça a bien été compris, afin, donc, de ne pas créer, là, de...
occasionner, donc, de risques, donc, à l'égard des autres personnes, étant,
donc, les associations soit représentatives ou d'employeurs. Donc, on parle
vraiment, donc, de l'entrepreneur ici. Quelle est, donc, l'adéquation à
faire entre le terme «société» et celui de «personne morale»?
M. Boulet : La
société est une personne morale.
Mme Cadet : ...que je pose la question. Étant donné que la
société est une personne morale, donc, ici, par souci d'uniformité, donc,
est-ce qu'on serait mieux, donc, d'avoir, un seul... une seule nomenclature à
la... au même article pour que ce
soit bien clair pour toute personne, donc, qui lit la législation à venir?
Parce que «personne morale» n'était pas là avant.
M. Boulet : Je
pense que c'est clair puis ça ne nuit pas à la compréhension. Donc, non.
Mme Cadet : Si
vous... C'est bien votre... Comme juriste, ça l'est... ça l'est pour moi, ça
l'est peut-être pour vous, M. le ministre,
là, mais c'est vraiment, donc, par souci d'uniformité ici. Je ne sais pas si ça
avait été considéré lors de... la volonté. Là, je comprends, là, qu'il y
a une volonté bien explicite de modifier «toute autre personne» par «personne
morale». Ça, c'est bien saisi, mais je ne sais pas si ça avait été pensé ou si
ça avait été réfléchi, donc, de conserver le terme «société» malgré tout.
M. Boulet : ...une
petite minute, je vais faire une vérification.
(Consultation)
M. Boulet : ...ça
a une valeur. Ce qu'on m'explique, c'est que, contrairement à 119.1.1, ici, ça
peut être une société en nom collectif, ça peut être une société en commandite
aussi, donc, ça visait une fin particulière. Donc, l'utilisation du mot «société» n'est pas un manque de cohésion, c'est
vraiment parce que ça vise une fin légitime par ailleurs.
Mme Cadet : D'accord. Donc, encore une fois, je suis contente
de poser la question parce que ça nous permet de le préciser...
M. Boulet : Bien
oui. Bien oui, tout à fait.
Mme Cadet : Puis
je vois ici, donc... donc, en vertu du troisième alinéa de
l'article 119.1... puis, à 119.1, donc,
on voit vraiment, donc : «Pour chaque personne morale ou société, un seul
administrateur ou actionnaire détenant au moins une action avec droit de
vote de la personne morale ou un seul associé peut exécuter lui-même, à titre
de représentant de la personne morale ou de
la société, des travaux de construction. Il doit alors être désigné à ce titre
auprès de la Commission.»
Au troisième
alinéa : «Une personne qui n'est pas le représentant désigné et qui
exécute elle-même des travaux de construction au bénéfice de la personne morale
ou de la société est réputée être son salarié aux fins de la présente loi et de
ses règlements.»
• (17 h 10) •
Donc, à 119.1, on
utilise à la fois le terme «personne morale» et le terme «société». Donc, ici,
donc, je... vous confirmez que l'objectif visé au dernier alinéa de 119.1 est
véritablement, donc, de se concentrer uniquement sur le terme «société» et non pas
sur celui de «personne morale» qu'on retrouve à 19.1?
M. Boulet : Absolument. Nous avons
la même compréhension.
Mme Cadet : Parfait.
Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : Est-ce
que l'article 49 est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme D'Amours) : Adopté.
L'article 50, s'il vous plaît.
M. Boulet : Merci.
L'article 119.3 de cette loi est modifié par le remplacement de
«1 090 $ à 2 186 $» par «2 500 $ à
12 500 $».
Commentaire. Donc, revalorisation en concordance
avec 58 du projet de loi, qui propose l'abrogation de l'article 122.1, permettant l'indexation annuelle des
amendes, tout en tenant compte de la nature de l'infraction visée, et l'infraction vise à sanctionner la personne qui
exécute des travaux malgré la suspension de son certificat de compétence, de
son exemption ou de la carte d'allégeance syndicale. Il n'y a aucun cas. Donc,
ça s'est réglé avant.
La Présidente (Mme D'Amours) : Questions
sur l'article 50? Vous avez des questions, Mme la députée de
Bourassa-Sauvé?
Mme
Cadet : Oui, merci. Donc, 50, le ministre a répondu à ma
première question au niveau de la volumétrie, donc, que ça se règle avant,
donc, il n'y a aucun cas. Mais ici, on a tout de même... Donc, au niveau, donc,
de l'amende, donc, maximale, donc, on élargit la fourchette en la faisant
passer, donc, de 2 186 $ à 12 500 $. L'objectif ici, donc,
d'augmenter la fourchette, est-ce que c'est parce que ça s'applique à
quiconque, et donc «quiconque» étant autant, donc, une personne physique qu'une
personne morale ou une société?
M. Boulet : ...
Mme Cadet : Ah! OK. Donc, c'est
l'objectif visé. Donc, c'est la raison pour laquelle on augmente la fourchette
ici. Parce que, j'imagine, donc, l'effet n'était pas assez dissuasif pour les
personnes morales, précisément?
M. Boulet : Exact.
Mme Cadet : Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
L'article 50 est-il adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme D'Amours) : Adopté.
L'article 51. M. le ministre.
M. Boulet : Merci.
L'article 119.4 de cette loi est modifié par le remplacement de «1 090 $
à 2 186 $» et de «2 731 $ à 5 457 $» par,
respectivement, «2 500 $ à 12 500 $» et «7 500 $
à 37 500 $».
Commentaire.
Donc, modifier 119.4, revalorisation des montants minimal et maximal des
amendes, en concordance tout le temps avec 58 qui propose l'abrogation
de 122.1 permettant l'indexation annuelle, tout en tenant compte de la gravité
de l'infraction.
Ici, la nature de l'infraction, c'est la
personne qui utilise les services d'un salarié ou qui l'affecte à des travaux de construction pendant une période de
suspension du certificat de compétence de ce salarié, de son exemption ou de sa
carte d'allégeance syndicale. Donc, c'est la même affaire, et il n'y a pas...
de 2021 à 2023, il n'y a pas de cas qui ont été judiciarisés, donc,
devant la Cour du Québec.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Questions à poser? Oui, Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Oui. Merci, Mme la
Présidente. Donc, ici, pourquoi il y a, donc, une différenciation, donc, des fourchettes, donc, pour une personne, pour un
individu, pour toute autre personne, ce que... Ici, donc, on est, donc, dans un
cas de figure similaire à ce qu'on a vu à 119.3. Il y a une seule fourchette
d'amendes pour quiconque à 119.3, puis je comprends que c'est la même
fourchette ici, donc on modifie de 1090 à 2186. Donc, c'est ce qu'on avait à
l'article précédent, à l'article 50.
Donc, à 51,
on modifie, donc, exactement, donc, des mêmes montants, donc on établit le
niveau de gravité égal. Donc, pour ce qui est des infractions à 119.3 et 119.4
pour un individu, bien, on vient, donc... Mais il y a, donc, une autre
fourchette qui existe dans le cas de toute autre personne, donc, si on...
l'entrepreneur, oui, mais incluant, donc, les associations soit représentatives
ou d'employeurs.
M.
Boulet : Tout à fait, parce que...Puis on le sait,
hein, le secteur de la construction est tellement fragmenté, il y a tellement
de petits entrepreneurs, parfois solos, parfois avec un compagnon, parfois avec
deux autres personnes, donc d'où l'importance de distinguer.
Mme
Cadet : Et pourquoi on ne distingue pas à 119.3?
M. Boulet : Bien,
ce n'est pas de même nature, là, c'est... On exécute des travaux, là, pendant
une période de suspension, alors qu'ici on utilise les services. Ce n'est pas
de même gravité, là. C'est ce qui a été considéré.
Mme Cadet : OK. Je m'excuse ici, là, de mon incompréhension.
J'essaie de comprendre c'est quoi, la distinction, donc, entre exécuter
les travaux puis utiliser, donc, les services d'un salarié pour exécuter des
travaux.
M. Boulet : À
119.3, c'est la personne elle-même qui exécute, alors que 119.4, c'est une
personne qui utilise les services d'un autre. Ça fait que c'est différent.
Mme Cadet : Du
certificat de compétence, de son exemption ou de la carte qui lui a été
délivrée, ou de son droit d'obtenir... OK.
Donc, à 119.3, donc, c'est vraiment la personne qui, malgré, donc, la
suspension, donc, de sa carte de compétence, donc, décide quand même, donc,
d'exécuter les travaux pendant la période, donc, de suspension, donc, de
son certificat ou de sa carte, et, à 119.4, le... donc, «quiconque», on
pourrait autant être un salarié, une personne physique, un individu qu'une
entreprise qui utilise, donc, ces services. Donc, j'imagine que 119.3, 119.4
vont, en fait, être... sont deux infractions distinctes mais qui se
produisent au même moment, là.
M. Boulet : Qui
peuvent, oui. Les probabilités sont... oui.
Mme Cadet : OK. Donc, souvent... Donc, s'il y a un inspecteur,
donc, qui arrive sur un chantier, donc... et réalise, donc, qu'il y a...
d'exécution des travaux, donc, en contravention, donc, de la suspension du
permis de la carte, il pourrait, donc, livrer, donc, deux amendes à la
fois, celle pour l'exécution des travaux pour l'individu et...
M. Boulet : Il
pourrait. Il y a un corollaire.
Mme Cadet : OK.
Je comprends. Donc, ici, on est au même endroit, donc d'où la possibilité pour
le... toute autre personne, donc, d'être
prise à partie ici. Puis, à 119.4, pour la personne... pour toute autre
personne, on vient... donc, l'objectif ici, donc, de créer un effet dissuasif
beaucoup plus important. Le 37 500 $, ici, donc, comment est-ce qu'il
se décline dans le... au niveau, donc, de la gravité des différentes
demandes?
M. Boulet : Et
vous voyez qu'à 119.3, 119.4 la fourchette est identique.
Mme Cadet : Oui,
c'est ça. Oui, tout à fait.
M. Boulet : Mais pour... Dans le cas de toute autre personne,
c'est 7 500 $ à 37 500 $. Donc, ça donne, encore une
fois, une marge de manoeuvre suffisante pour dissuader le contrevenant.
Mme Cadet : Parfait.
Merci.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. L'article 51 est-il adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme
D'Amours) : L'article 52.
M. Boulet : Merci.
L'article 119.7 de cette loi est modifié par le remplacement de «513 $
à 2 055 $» et de «1 285 $ à 6 420 $» par,
respectivement, «500 $ à 2 500 $» et «1 500 $ à
7 500 $».
Donc, je vais
reprendre le même commentaire. Donc, revalorisation, en concordance avec 58 qui
propose l'abrogation de l'indexation annuelle. Et l'infraction ici vise à
sanctionner le non-respect des obligations relatives au rapport mensuel ici. Donc, on ne transmet pas. Le montant minimal, dans
le cas d'un individu, est légèrement moindre que ce qui est actuellement prévu, bien, pour les mêmes raisons, là. Ça
avait été fait en fonction des montants en vigueur en 2023, récemment indexés au
1er janvier 2024. Et la volumétrie, collègue, en 2023, 396 cas; 2022,
329; et 2021, 314.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. Questions? Oui, Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Oui.
Merci, Mme la Présidente. Donc, je comprends, donc, c'est quand même, donc,
l'une des infractions les plus...
M. Boulet : ...
Mme Cadet : ...c'est ça, l'une des plus importantes, là, avec
les chiffres que vous venez de donner, là, sur un peu plus de 300 chaque
année, là, 2021 à 2023. Qu'est-ce qui l'explique, ce volume?
M.
Boulet : Ah mon Dieu! Bien, évidemment, il y a un bénéfice
qui en découle, parce que... puis ça empêche la CCQ de faire son travail.
Qu'est-ce qui l'explique? Je pense, la multitude des employeurs. Puis, tu sais,
c'est un secteur où les entrepreneurs ne sont pas toujours faciles à
détecter, puis il y en a qui... dont la durée de vie est moins longue. Puis il
y en a beaucoup. En fait, c'est le... ça s'explique uniquement par le nombre.
Mme Cadet : ...par le nombre
d'employeurs.
M. Boulet : Oui.
• (17 h 20) •
Mme Cadet : Ici, donc, 82b : La
commission peut, par règlement approuvé par le gouvernement et publié à la Gazette
officielle du Québec, «obliger tout employeur à lui transmettre un rapport
mensuel de la manière qu'elle le prescrit et comportant notamment les
renseignements suivants : nom, prénoms et adresse...» Donc, ça, c'est b.
M. Boulet : Compétence, nombre
d'heures, nature du travail, salaire, congés, etc.
Mme Cadet : Donc, c'est vraiment au
niveau de la transmission du rapport mensuel à b.
M. Boulet : Exact. Oui, oui.
Mme Cadet : Et, à h, on est à...
donc : La commission peut «obliger tout employeur et toute personne morale
ou société visée à l'article 19.1 à lui transmettre, dans le délai et
suivant la forme qu'elle détermine, un avis écrit comportant son
identification, les nom et adresse de chacun de ses établissements, les nom,
prénoms, adresse et compétence de son représentant désigné en vertu de
l'article 19.1, s'il y a lieu, et toute autre mention qu'elle juge utile
pour l'application de la présente loi et ses règlements.»
Donc, ici, ce
n'est pas le rapport mensuel, donc, c'est un avis qui doit être transmis, donc,
pour ce qui est, donc, des coordonnées de la société, de la personne
morale.
M. Boulet : Oui.
Mme Cadet : OK. Donc, je comprends,
donc, que, malgré... parce qu'ici, donc, on... il y a une petite... une légère majoration ici, et je comprends que malgré,
donc, l'important volume d'infractions de l'article 119.7, on ne cherche
pas à créer un effet plus dissuasif ici.
M. Boulet : C'est la gravité qui
n'est pas la même, et c'est déjà supérieur à d'autres lois par ailleurs.
Mme Cadet : À quelles lois?
M. Boulet : Bien, le Code du travail
notamment.
Mme Cadet : OK. Donc, il y a... OK.
Donc, il y a des articles similaires, donc, dans le Code du travail ici.
M.
Boulet : Oui. Bien, il y a... je pense, c'est 144, là, du
Code du travail, là, dans les dispositions pénales, là... je pense, c'est
144. Mais, encore une fois, c'est toujours fait dans une perspective
d'harmonisation et de respect de la proportionnalité. Je n'ai pas d'autre
commentaire.
Mme
Cadet : Parfait. Puis, au niveau de la
proportionnalité, j'imagine, justement, donc, ici, pour les plus petites entreprises, donc, c'est ce qui sera tenu en
compte pour l'aspect, donc, des personnes morales ou toute autre personne à
119.7.
La Présidente (Mme D'Amours) : D'autres
questions sur 52?
Mme Cadet : ...pardon, Mme la
Présidente. Dans le cas d'un individu... Au libellé de l'article 119.7, on
dit : «Dans le cas de toute autre personne ou d'une association». Pourquoi
est-ce qu'on précise ici? On n'a pas ça ailleurs.
Des voix : ...
La Présidente (Mme D'Amours) : Oui,
je suis... je suis très patiente.
Mme Cadet : Ça se voit. Ça paraît.
(Consultation)
La Présidente (Mme D'Amours) : Je
vais suspendre les travaux quelques minutes.
(Suspension de la séance à 17 h 24)
(Reprise à 17 h 29)
La Présidente (Mme D'Amours) : Nous
reprenons nos travaux. M. le ministre, est-ce que vous aviez une réponse pour
notre collègue de Bourassa-Sauvé?
M. Boulet : Oui. Merci, Mme la
Présidente... Avec votre consentement, on va suspendre cet article-là, on va
finir les amendes et on va faire une vérification, parce qu'il y a une
discussion à savoir s'il y a possibilité pour une association de violer un des
éléments, là, du règlement, mais on n'est pas certain. Et, le cas échéant, on
l'enlèvera. Si ça n'a pas d'utilité, on va faire un amendement puis on va
l'enlever. Ça fait que, si vous permettez, on...
La
Présidente (Mme D'Amours) : J'ai besoin du consentement de tout le monde pour
qu'on puisse suspendre l'article 52 et la reprendre à la toute fin.
Consentement pour tout le monde?
Mme Cadet : Oui, bien sûr,
consentement. Merci.
M. Boulet : Consentement.
La Présidente (Mme D'Amours) : Nous
serions maintenant à l'article 53. M. le ministre.
• (17 h 30) •
M. Boulet : Merci.
L'article 119.8 de cette loi est modifié :
1° par le remplacement, dans ce qui précède
le paragraphe 1°, de «644 $ à 2 568 $» par
«1 000 $ à 5 000 $ quiconque»;
2° par la suppression de «quiconque»,
partout où cela se trouve dans les paragraphes 1° à 6°.
Donc, les mêmes commentaires que précédemment,
et les infractions visées s'appliquent lors d'un scrutin syndical et concernent
notamment la falsification et la destruction de documents ou bulletins de vote,
ou encore l'entrave d'un membre du personnel d'un scrutin. Et il n'y a aucune
volumétrie. C'est aussi simple que ça. Merci, Mme la Présidente.
La
Présidente (Mme D'Amours) : Merci. Commentaires, questions? Oui, Mme la
députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Oui. Merci, Mme la
Présidente. Donc, ici, donc, encore une fois, donc, on en... on uniforme, donc, le «quiconque», on... En fait, ici, on fait
tout simplement, donc, le mettre, donc, au premier alinéa, là, plutôt que
d'indiquer, donc, «quiconque» à chacun des paragraphes. Donc, c'est tout
simplement, donc, une modification de forme
ici, pour ce qui est donc du «quiconque», suppression de «quiconque», partout
où cela se trouve dans les paragraphes 1° à 6°.
Et ici, donc, pour ce qui est, donc, du fond,
tout simplement, la seule chose, donc, c'est la modification de l'amende de 1 000 $ à 5 000 $, et c'est la même amende, donc, pour chacun,
donc... chacune des infractions ici, à 119,8. Et ce sont... Évidemment,
on dit «quiconque», donc autant, donc, personne... une personne physique ou un
individu, là, ou toute autre personne, c'est
ce qui prévaut même aux alinéas 1°... pardon, aux paragraphes 1° à
6°. Donc, on ne fait pas de distinction au niveau de la gravité, qu'il
s'agisse d'un individu ou de toute autre personne.
M. Boulet : C'est complet.
Mme Cadet : Parfait. Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
L'article 53 est-il adopté?
M. Boulet : Adopté.
La Présidente (Mme D'Amours) : L'article 54.
M. le ministre, s'il vous plaît.
M. Boulet : Merci.
L'article 119.9 de cette loi est modifié par le remplacement de «2 568 $
à 12 841 $» et de «6 420 $ à 38 524 $» par,
respectivement, «2 500 $ à 12 500 $» et «7 500 $
à 37 500 $».
Commentaire. En fait, l'infraction concerne
notamment la violation du choix d'association ainsi que l'atteinte à la liberté de vote ou de choix d'association. Donc, les
montants minimal et maximal proposés sont légèrement moindres que ce qui est
actuellement prévu pour les mêmes raisons. Ça avait été en fonction des montants
en vigueur en 2023, puis il y avait eu
une indexation le 1er janvier 2024. Et la volumétrie de 2001 à 2023 est...
et il n'y en a pas. Ça fait que c'est aussi simple que ça.
La
Présidente (Mme D'Amours) : Questions sur l'article 54? S'il n'y a pas de
question, je vais la mettre aux... Oui, Mme la députée de
Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Oui, Mme la Présidente.
Donc, juste nous assurer ici, donc... Donc, encore une fois... Donc, ça, je
comprends. Donc, je pense que, pour ce qui est de la modification des amendes,
donc, elles sont sensiblement les mêmes, le ministre l'a
expliqué. Donc, ça, c'est très clair. L'article 29 est celui que nous
avions modifié en tout début d'étude
détaillée ici, et on comprend, donc, ici, en fait, c'étaient tout simplement,
donc, les délais, là, de publication, à la Gazette officielle et dans un
quotidien de langue française, des noms, donc, des différentes, donc,
associations.
M. Boulet : Bien
oui. Oui.
Mme Cadet : OK.
Donc, à 119.9, «dont le nom a été publié»... en fait, via le choix d'association,
est-ce qu'on s'y... En fait, qu'est-ce qu'on veut... donner un exemple?
Qu'est-ce qu'on veut dire ici?
La Présidente (Mme
D'Amours) : ...Mme la députée?
Mme Cadet : Oui,
la réponse... la question ici, donc, juste donner, donc, un... donc, ici, donc,
violer le choix d'association, donc, quelqu'un qui forcerait un salarié à
choisir une association plutôt qu'une autre? C'est...
M. Boulet : ...essentiellement,
c'est dans le... à la suite du scrutin, là, dans le décompte des salariés, là,
il y aurait une violation du choix d'association. Si moi, j'ai choisi la FTQ ou
l'Inter, là, je vais faire attention, bien, on a violé mon choix.
Essentiellement, c'est ça. On a prétendu que j'avais adhéré ou que j'avais
choisi un autre syndicat.
Mme Cadet : Ah!
d'accord. OK. Donc, à l'issue du scrutin, là, donc, à ce moment-là, donc, si
on... Puis ici aussi vous dites, donc, il n'y a pas eu de... il n'y a pas eu...
vous n'avez pas connaissance d'infraction, donc le volume... la volumétrie est
de zéro.
M. Boulet : Non,
il n'y en a pas.
Mme Cadet : OK.
Parfait. Merci.
La Présidente (Mme
D'Amours) : D'autres questions? Est-ce que l'article 54 est
adopté?
Des voix :
Adopté.
La Présidente (Mme
D'Amours) : L'article 55. M. le ministre.
M. Boulet : Merci.
L'article 119.10 de cette loi est modifié par le remplacement de «2 568 $
à 12 841 $» par «2 500 $ à 12 500 $».
Commentaires. C'est
une infraction qui concerne notamment la tentative d'influencer le choix
d'allégeance syndicale ou l'incitation à voter ou à s'abstenir de voter en
contrepartie d'un avantage. Bon, les montants minimal et maximal sont... bien, un peu moins, là, pour les
mêmes motifs, là. Ça avait été adapté en 2023, indexé le 1er janvier 2024,
puis il n'y a aucun cas. Puis il y en avait deux en 2019, donc, c'est très
rare. Merci. C'est complet, aussi simple que ça.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Questions à poser sur le 55? Oui, Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Oui.
Donc, je regarde, donc, les articles 119.9 et 119.10 de la loi. Je
comprends ici, donc, à l'article précédent, là, que nous venons d'adopter, donc
l'infraction, donc, est applicable, donc, pour une personne physique ou une personne morale, donc ne
s'appliquait pas, donc, aux associations, tel que mentionné précédemment. 119.10, ici, donc, on mentionne précisément les
associations, donc, autant représentatives que les associations sectorielles
d'employeurs ou l'association d'employeurs. J'imagine...
M. Boulet : ...plus
représentatives, là, mais oui, vous avez raison, ultimement, oui.
Mme Cadet : OK. Donc... Ah! OK, donc, ici, donc, c'est
vraiment, donc, la... C'est pour ça ici, donc, la personne morale, donc on vise vraiment, donc, l'entreprise,
là, donc, à 119.9, c'est pour ça qu'il y a un montant d'amende... une
fourchette d'amendes distincte pour les personnes morales.
À
119.10, on met... puisque, là, il ne s'agit pas des... on ne dit pas «toute
autre personne», donc l'employeur ici n'est
pas du tout visé. L'objectif visé, là, de 119.10, c'est vraiment, donc, de
viser les associations, et là je comprends, particulièrement,
associations représentatives. Et donc les moyens étant plus limités, donc la
fourchette d'amendes est la même, tant pour l'individu, pour la personne, que
pour l'association. C'est bien ça?
M. Boulet : Tout
à fait.
Mme Cadet : OK. Donc, une bonne compréhension ici... Et donc
c'est le corollaire, donc, de 119.10, là, si... de 119.9, pardon, si je
comprends bien, la fourchette d'amendes étant exactement la même qu'à l'article
précédent.
M. Boulet : Oui.
La Présidente (Mme
D'Amours) : D'autres questions sur 55? S'il n'y a pas d'autre
question, je vais mettre aux voix. L'article 55 est-il adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme D'Amours) : Adopté.
L'article... Oui, M. le...
M. Leduc : ...le 56, j'ai une
question pour le ministre.
La Présidente (Mme D'Amours) : Oui,
allez-y.
M. Leduc : Nous... le 56 fait
référence à l'article 62 qu'on aimerait pouvoir modifier, mais il va être
traité plus tard dans le projet de loi. Ça fait que peut-être qu'on pourrait
suspendre le 56, c'est-à-dire ne pas le traiter tout de suite, puis l'adopter
après qu'on ait traité le 62 qui est modifié par l'article...
M.
Boulet : Mais est-ce que l'amendement que vous souhaitez
proposer à 62 aurait un impact sur le libellé de 56?
M. Leduc : Exact. Bien, c'est-à-dire
qu'il modifierait sa nature...
Des voix : ...
M.
Leduc : 62 interdit de faire des griefs sur quelques
matières. Nous, on voudrait abolir ça. Ça fait qu'il n'y aurait plus pertinence d'avoir cette ligne-là. Ça fait
que, dans l'ordonnancement des choses, si on peut le suspendre, pour traiter...
M. Boulet : Bon, oui, mais...
La
Présidente (Mme D'Amours) : Je veux bien comprendre, avant qu'on aille plus
loin, M. le ministre. Vous avez dit, 56... vous déposeriez un amendement
qui changerait la nature de 56?
M. Leduc : C'est-à-dire, j'ai un
amendement de prévu pour 56, qui biffe une référence à l'article 62 dans
le texte actuel, mais c'est que,
l'article 62, on biffe la référence parce qu'on veut le modifier, mais il
vient plus tard dans le schéma que le
ministre nous a présenté. Moi, je me dis, on... je peux bien faire le débat
tout de suite, mais c'est juste qu'on va faire débat comme sur deux
paliers de discussion, ou on le suspend...
La Présidente (Mme D'Amours) : Je
comprends.
M.
Leduc : ...puis, quand on
aura traité l'article 26, qui modifie l'article 62 de la loi, on
pourra revenir à lui après.
La Présidente (Mme D'Amours) : Je
comprends.
M. Boulet : ...l'article que vous
allez suggérer un amendement?
M. Leduc : Bien, c'est
l'article 62 de la loi, mais c'est l'article 26 du projet de loi, je
pense.
M. Boulet : Mais dans notre plan de
travail, c'est où?
M. Leduc : C'est l'article 26
du projet de loi.
M. Boulet : Oui, puis il est où dans
notre plan de travail?
M. Leduc : Il est un peu plus tard.
La Présidente (Mme D'Amours) : L'article 62
que vous...
M. Leduc : 62 de la loi, mais
l'article 26 du projet de loi...
M.
Boulet : OK, dans le sujet commission de la... (Panne de
son) ...du Québec. Et donc votre amendement aurait un impact sur le
libellé?
M. Leduc : De 56.
M. Boulet : OK. Moi, je respecte ça.
M. Leduc : Ça fait qu'on pourrait le
mettre sur table.
M. Boulet : Puis
bien, moi, je suis d'accord à suspendre de... 56...
M. Leduc : OK, puis on y reviendrait
plus tard.
M. Boulet : ...et on le ramènera
après avoir étudié votre amendement.
M. Leduc : Merci, parfait.
La
Présidente (Mme D'Amours) : Donc, j'ai besoin du consentement de tous pour
remettre l'article 56 à la toute fin. Est-ce que j'ai le
consentement?
• (17 h 40) •
Des voix : Consentement.
La
Présidente (Mme D'Amours) : C'est pour suspendre, oui, je m'excuse, suspendre
l'article et le mettre à la fin.
M. Leduc : ...après
l'article 26 du projet de loi.
La Présidente (Mme D'Amours) : On
s'entend sur... après l'article 26?
M. Leduc : Ça peut être... Ce serait
plus logique.
La
Présidente (Mme D'Amours) : Ce serait plus logique? M. le ministre, est-ce que
vous êtes d'accord avec cette proposition-là?
M. Boulet : Oui, tout à fait.
La Présidente (Mme D'Amours) : On le
met après le...
M. Leduc : Le 26.
La Présidente (Mme D'Amours) : ...après
le 26, pardon.
M. Boulet : Après l'article 26
dans le plan de travail.
M. Leduc : C'est ça.
La Présidente (Mme D'Amours) : Oui.
J'ai le consentement de tout le monde? Parfait, merci. Donc, nous sommes...
nous serions à 57. M. le ministre.
M. Boulet : J'ai un amendement à 57.
La Présidente (Mme D'Amours) : Je
vais vous demander de lire l'article 57 avant et déposer votre amendement
tout de suite après, s'il vous plaît.
M. Boulet : OK. Parfait. Merci.
L'article 122 de cette loi est modifié :
1° par le remplacement, dans ce qui suit le
sous-paragraphe cdu paragraphe 2, de «1 365 $ à 3 413 $ et, en cas
de récidive, d'une amende de 2 187 $ à 6 825 $» par «5 000 $ à 125 000 $»;
2° par le remplacement, dans le sous-paragraphe
a du paragraphe 4, de l'article... de «1 090 $ à 2 186 $» par «5 000 $ à 25 000
$»;
3° par le remplacement, dans le sous-paragraphe
bdu paragraphe 4, de «2 187 $ à 6 825 $» par «15 000 $ à 150 000
$»;
4° par la suppression du sous-paragraphe c du
paragraphe 4;
5° par le remplacement, dans le
paragraphe 5, de «des amendes prévues à l'article 119.1» par «d'une
amende de 500 $ à 1 500 $ dans le cas d'un individu et de 1 500 $ à 9 000 $
dans le cas d'une personne morale».
Commentaires. Bon, 57 modifie 122 pour
revaloriser, en concordance avec 58, et propose l'abrogation, bon, de
l'indexation annuelle. D'autre part, 57 supprime les éléments relatifs aux cas
de récidive, en concordance avec l'article 59,
lequel introduit l'article 122.2, ainsi que... les montants minimal et
maximal des amendes soient portés au double pour une première récidive
et au triple pour toute récidive additionnelle.
Les notes additionnelles. Bon, les infractions,
c'est représailles à l'encontre d'un salarié qui a fait une dénonciation,
transmis un renseignement à la CCQ dans le cadre de l'application de la loi,
d'une enquête, ou d'une poursuite pénale, ou dans l'objectif de le réengager à
des conditions inférieures en violation de la convention collective. Ça, c'est 122.2. 122.4, destruction,
falsification d'une liste de paie ou d'un autre document requis dans le cadre de l'application de la loi R-20, puis le 122.5,
c'est accorder ou accepter un avantage en considération d'un salaire inférieur.
Est-ce que je lis l'amendement?
La
Présidente (Mme D'Amours) : Oui, s'il vous plaît.
M. Boulet :
Merci, Mme la Présidente. Donc : Remplacer, dans le paragraphe 4° de
l'article 57 du projet de loi, «du sous-paragraphe c» par «des
sous-paragraphes c et d».
Donc,
c'était une coquille, là. Le commentaire, c'est... vise à supprimer le
sous-paragraphe d du paragraphe 4° de l'article 122 de la
loi R-20, qui prévoit des amendes portées au triple pour des récidives
additionnelles consistant à détruire, altérer ou falsifier un document ayant
trait à l'application de la loi. Or, comme vous le savez, 59 propose déjà de
porter les amendes au double pour une première récidive et au triple pour toute
récidive additionnelle, et ce, pour
l'ensemble des dispositions pénales. Donc, le sous-paragraphe d, comme le
sous-paragraphe c, devient donc redondant, d'où la nécessité de le supprimer.
Et ça avait été omis, c'était une coquille. Merci. C'est tout. C'est complet.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. Commentaires sur l'amendement?
Mme Cadet :
OK, juste...
La Présidente (Mme
D'Amours) : Oui.
Mme Cadet : Il y a beaucoup de
sous-paragraphes. Donc, ici, donc, tout ce qu'on fait, donc, dans l'amendement,
donc, c'est ajouter le sous-paragraphe d.
M. Boulet :
Le rayer.
Mme Cadet :
De tout simplement rayer le sous-paragraphe. C'est simplement ça.
M. Boulet :
Le c puis le d, tout à fait.
Mme Cadet :
OK. Merci.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. Est-ce que l'amendement est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Adopté. Nous revenons maintenant à l'article 57 tel
qu'amendé. Est-ce qu'il y a des commentaires? Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Oui, juste pour bien
comprendre. Donc, maintenant qu'on a donc supprimé le sous-paragraphe d du paragraphe 4°, je comprends donc pourquoi...
«par le remplacement dans ce qui suit le sous paragraphe c du paragraphe 2°», comme... Donc, OK, donc,
de modifier, comme, une infraction est passible d'une amende de
1 365 $ à 3 413 $ et, en
cas de récidive, d'une amende de 2 186 $ à... 2 185 $ à...
OK, d'accord. Donc, ici, donc, tout simplement, c'est de
1 365 $ à 3 413 $ qui deviendrait 5 000 $ à
125 000 $, et on enlève la référence en cas de récidive.
M. Boulet :
Tout à fait.
Mme Cadet :
OK. C'est bien ça. OK. Tout à fait, donc, ici, c'est très clair.
Maintenant, là, je vous avouerais, donc,
que... Je comprends, donc, c'est 3 413 $... c'est cette fourchette
maximale là qui devient 125 000 $. C'est quand même, donc, une
très grande différence. Donc, ici, la volumétrie pour cette infraction-là...
M. Boulet : La volumétrie, 122.2, de
2021 à 2023, zéro. 122.4, destruction, falsification, listes de paie ou autres
documents, en 2021, 11; 2022, neuf; 2023, deux.
Mme Cadet :
Donc, ça, c'est pour...
M. Boulet : 122.5, avantages en
considération d'un salaire inférieur, c'est zéro, mais évidemment, les
montants, les chiffres sont quand même impressionnants.
Mme Cadet :
Oui, vraiment.
M. Boulet : Les fourchettes sont
impressionnantes, mais c'est parce que le bénéfice qui en découle est énorme,
potentiellement énorme. Donc, marge de manoeuvre pour tenir compte, notamment,
de certains éléments.
Mme Cadet :
Tu sais, même ici, donc, à 122.2, paragraphe c... Bien, en fait, non, ici,
c'est... pardon, c'est 122.2 au complet, là. Ça, c'est... les amendes, donc,
concernent les paragraphes a, b et c... pardon, des... oui, les
sous-paragraphes a, b et c du paragraphe 2°. Oui, c'est ça.
La Présidente (Mme D'Amours) : ...sur
57?
Mme Cadet :
Pouvez-vous juste...
La Présidente (Mme
D'Amours) : Oui, une question?
Mme Cadet :
Oui, Mme la Présidente. Donc, ici, je comprends, donc, que les éléments,
donc... En fait, les chiffres actuels, c'est vrai qu'ils sont... qu'ils sont
très bas, donc, de 3 413 $. Donc, je comprends, donc, tout à fait, donc, l'objectif ici... l'objectif qui est visé
ici, et l'amende n'est applicable qu'à l'employeur ici. Donc, c'est celui
qui... ce n'est pas... on est vraiment... Donc, on vise l'employeur
exclusivement, donc, au paragraphe 2°.
M. Boulet :
Oui, tout à fait, tout à fait.
La Présidente (Mme
D'Amours) : ...Mme la députée.
Mme Cadet :
Oui, c'est ça. La question, c'est...
M. Boulet :
Oui, j'ai bien compris. Ça va.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Parfait. D'autres questions?
Mme Cadet :
Et, au paragraphe 4°, donc, ici, les amendes visent quiconque, et là dans
le cas... OK, donc, ici, donc, dans le cas d'un individu, donc, on vient les
modifier. Et ensuite, dans le cas de toute autre personne d'une association...
M. Boulet : Exact,
oui.
Mme Cadet : ...on
modifie. Et là j'imagine que... En fait, j'ai un peu la même question que
j'avais à l'autre... à l'article précédent, pour toute autre personne ou
association.
M. Boulet : Oui,
tout à fait, là. Ça peut s'appliquer, clairement.
Mme Cadet : Là,
ici, ça peut s'appliquer clairement.
M. Boulet : Totalement.
Mme Cadet : Donc,
OK. Parfait. Donc... Et on précise ici, parce qu'on veut certainement... on
veut viser précisément l'association ici, l'association représentative, et
toute autre personne étant donc ici, donc, personne morale ou société.
M. Boulet : Oui.
Mme Cadet : OK.
Parfait.
La Présidente (Mme
D'Amours) : D'autres questions? S'il n'y a pas d'autre question,
l'article 57, tel qu'amendé, est-il adopté?
Des voix :
Adopté.
La
Présidente (Mme D'Amours) :
Adopté. L'article 1, monsieur... Oui, M. le député
d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Merci.
J'avais évoqué l'idée de déposer un amendement, à ce moment-ci, avant de
retourner. On avait parlé de finir la séquence des amendes.
M. Boulet : ...il
restait un article, là, 119.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Il reste l'article 1.
M. Boulet : Le...
l'article 52.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Moi, j'ai l'article 1 sur le nouveau plan de travail.
M. Leduc : Oui,
mais l'article 1, ce n'est pas des amendes.
Des voix : ...
M. Leduc : Ah! le 52.
M.
Boulet : Mais quel article 1, Mme la Présidente?
M. Leduc : Bien,
ce serait le suivant, là, le 1, mais là...
M. Boulet : Ah! non, non, on est rendus à la définition, mais
on avait l'article 52, là, qu'on avait suspendu, là.
• (17 h 50) •
Des voix : ...
M. Boulet : Oui,
52. Est-ce que ça vous va?
La Présidente (Mme
D'Amours) : Oui, allez-y, allez-y.
M. Boulet : Oui?
La Présidente (Mme
D'Amours) : Bien oui. Tout le monde est conscient que...
M. Boulet : Non, on l'avait juste... bien, en fait, je ne
définirai pas une infraction précise, mais de le laisser là, c'est tout
à fait opportun, parce que ça a été ajouté en 2011 dans un contexte de
l'adoption d'une loi budget pour le Plan Nord. Et c'est la raison pour laquelle
ça a été ajouté à ce moment-là. Bien, il y a peut-être un autre historique que je n'ai pas, là, mais moi, je vous recommande...
je n'aurais pas d'autre commentaire à faire pour permettre son adoption.
Mme Cadet : ...article
52, donc, qui modifie, donc, l'article 119.7.
M. Boulet : Exact.
Mme Cadet : ...de conserver, ou d'une association... Donc,
votre recommandation, donc, dans les circonstances, on a... étant donné qu'on
n'a pas d'autres éléments, donc, contextuels, donc... qu'on le conserve. Au
pire, donc, il y aurait d'autres occasions.
M. Boulet : Ça
n'a pas d'impact, bien oui.
Mme Cadet : Donc,
il y aurait... il n'y a pas de préjudice ici, là, qu'on le maintienne.
M. Boulet : Bien
non, bien non, bien non, aucun impact.
Mme Cadet : Merci.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Donc, l'article 52 est-il adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme D'Amours) : Adopté.
Donc, nous serions à la définition, le bloc de... sur le plan, donc, sujet. Et
là, maintenant, M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve, vous désiriez déposer un
amendement avant l'article 1?
M. Leduc : Exact.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Voilà. Allez-y.
M. Leduc : Merveilleux.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Est-ce qu'il est sur Greffier, M. le député?
M. Leduc : Oui, oui, oui. J'aurais pu le faire tantôt, puis
là on s'est entendus qu'on ferait les amendes au complet, puis il n'y
avait pas de souci. On y arrive donc, ce serait l'article 22.1.
La Présidente (Mme
D'Amours) : On n'a pas votre article... votre amendement.
M. Leduc : Il est supposé être là. Vous l'avez peut-être
enlevé, vu qu'on l'avait dépassé tantôt. 22.1, oui, c'est ça.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Donc, si vous voulez bien nous en faire la lecture, s'il
vous plaît.
M. Leduc : Bien
sûr. Alors, ça va comme suit : Insérer, après l'article 22 du projet
de loi, le suivant :
22.1. Cette loi est
modifiée par l'insertion, après l'article 45.4, du suivant :
«45.5. Pendant la durée d'une grève ou d'un
lock-out, les dispositions des articles 109.1 à 109.4 du Code du travail
(chapitre C-27) s'appliquent, compte tenu des adaptations nécessaires.»
Explications, Mme la
Présidente. C'est assez simple. En réalité, il y a, au Québec, depuis des
décennies maintenant, une disposition antiscabs. C'est le terme consacré qui
fait référence à un lock-out. On n'a jamais trouvé de mot français,
malheureusement, pour ça, c'est même écrit comme ça dans la loi. Une fermeture
de la part de l'employeur, un lock-out, tout le monde sait c'est quoi, mais un
scab, donc, c'est quelqu'un qui ne respecte pas la grève ou le lock-out et qui décide d'aller travailler quand même, des
fois, de traverser une ligne de piquetage. Pendant des décennies, au Québec,
c'était quelque chose qui était permis et ça générait beaucoup de violence. On
a eu des épisodes particulièrement troublants, notamment à la United
Aircraft, si je me souviens bien du nom, qui était à Longueuil dans les
années 70 et qui avait mené le Parti québécois, lors de son arrivée au
pouvoir en 1976, à procéder à une loi antiscabs comme il existe ailleurs dans
le monde.
Cette loi-là a fait ses preuves. Elle a des
trous. On a eu des échanges, M. le ministre et moi, sur son application
dans un cadre de télétravail. J'ai fait des interventions législatives à ce
niveau-là. Il y a des procédures en cours en ce moment. Mais force est de
constater que, pour une raison, honnêtement, que j'ignore, quand on a créé la loi R-20, quand on a créé le régime du
travail particulier et spécifique de la construction, on n'a pas fait de copier-coller
de cette clause-là du Code du travail. On en a fait dans plusieurs dossiers. On
en a eu la démonstration, depuis le début de l'ouverture de cette étude
détaillée, que souvent, le ministre l'a dit lui-même, c'est la clause miroir de
tel article du code, etc., etc. Mais cette
clause-là, 109.1 à 109.4 du code, qui interdit donc d'avoir des lock-out, des
scabs, des travailleurs illégaux de remplacement, elle n'a pas été
copiée-collée, elle.
Parfois, quand on pose la question, évidemment,
les patrons vont nous dire : Oui, mais c'est compliqué, il y a plein de
milieux de travail, etc., mais que quelque chose soit compliqué à appliquer, ça
n'a jamais été une raison suffisante par rapport au principe de l'application
de quelque chose. Si, par principe, ça devrait être illégal et qu'on pense que,
pour l'ensemble des salariés, c'est le cas, bien, je ne vois pas pourquoi on ne
pourrait pas corriger cette erreur historique là de la loi R-20 et venir
boucher le trou dans le corps du régime du travail qu'on est en train de
modifier. Voilà, pour l'instant.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Commentaires, M. le ministre?
M. Boulet : Bien sûr. Évidemment, on
est dans un contexte ici où il y a un régime particulier de relations de
travail, et le taux de syndicalisation est de 100 % parce qu'il y a une
adhésion obligatoire. On ne peut pas appliquer les dispositions antibriseurs de
grève de la même manière que dans le régime général.
D'abord, les contremaîtres dans l'industrie de
la construction sont syndiqués, alors que vous savez très bien que 109.1, et
suivants permet à ceux qui sont en dehors de l'unité d'accréditation syndicale,
donc les cadres, entre guillemets, ou les représentants de l'employeur dans ses
relations avec ses salariés, qui ont été embauchés avant le début de la phase des négos... peuvent faire du
travail relevant des travailleurs syndiqués. Donc, on placerait les entrepreneurs
dans une position d'énorme faiblesse, parce qu'ils n'ont pas personne qui
pourrait assumer le travail de juridiction syndicale, s'il y a une grève qui
est déclenchée. Donc, moi, ça m'apparaît être un élément fondamental, parce
qu'il y aurait une paralysie du secteur dans sa globalité en raison de ce
premier élément là.
Deuxième
élément, vous savez que 109.1 et suivants réfèrent à la notion d'établissement.
Donc, un employeur dont les employés décident démocratiquement de faire
la grève, il pourrait faire faire du travail ailleurs, en autant que ce n'est
pas dans son établissement. Dans le cas de la construction, c'est impossible.
Si tu veux faire faire des travaux d'électricité dans ton immeuble puis que les
électriciens ou les employés du secteur de la construction sont en grève,
impossible. D'où l'impossibilité de faire faire ça par un autre électricien,
parce qu'il est en grève, puis l'électricien, bien, il a un certificat de
compétence.
Le troisième
élément, c'est que, si l'entreprise X est en grève puis que moi, je suis un
client de l'entreprise X, je ne suis pas préjudicié nécessairement.
C'est... les salariés font la grève pour mettre de la pression sur l'employeur.
Mais, je me mets dans la bottine ou dans les bottines d'un client, il peut
aller faire affaire avec une autre entreprise, alors que, dans le secteur de la
construction, tu ne peux pas. Ils sont en grève, ils sont tous syndiqués, ils
sont tous membres des syndicats qui ont déclenché la grève. Ils sont assujettis
à la loi R-20. Donc, ça ne permet pas d'appliquer le régime général. Puis
évidemment, vous le savez, quand il y a un mandat de grève, les salariés se
soumettent à la position syndicale. Donc, moi, pour moi, là, j'en ai plusieurs,
raisons, là, mais les trois majeures, c'est
celles-là. On ne peut pas utiliser le régime général et l'appliquer à un régime
particulier comme celui de la construction.
Puis je vous avais parlé, là, de l'application.
L'application serait impensable. Juste en 2022-2023, savez-vous combien il y a
eu de demandes pour violation des dispositions de 109.1 et suivants du Code du
travail en matière de... C'est intéressant, même moi, j'ai... il y en a eu 29.
Il y a eu 23 enquêtes, 23 enquêtes. Et le respect des dispositions,
bien, ça a été terminé par un respect dans sept cas, non-respect, 11, et il y a
eu fin du conflit ou désistement. Mais, année après année, c'est des petits
nombres comme ça. Imaginez, collègue, puis là vous allez me dire «ce n'est pas une raison», l'impraticabilité
de l'application. Bien, combien il y a de chantiers au Québec? Combien il
y a de dizaines de milliers de chantiers de construction où il faudrait envoyer
des centaines, puis je ne sais pas combien, là, je ne veux pas exagérer,
d'inspecteurs pour vérifier, suite à une plainte, s'il y a respect des
dispositions antibriseurs de grève?
• (18 heures) •
Mais je ne veux pas embarquer tant là-dedans. Ce
qui m'apparaît, moi, fondamental, c'est qu'aucun travailleur ne pourrait faire... parce que les contremaîtres sont
syndiqués, donc on est dans un contexte où l'employeur est beaucoup plus
pénalisé. Deuxièmement, aucune sous-traitance externe, puis troisièmement, une
pénalité ou un préjudice additionnel pour l'ensemble des clients qui sont M. et
Mme Tout-le-Monde, qui ont besoin de maisons, qui ont
besoin de ci, ou des propriétaires qui ont besoin de faire des travaux dans
leur immeuble, que ce soient... je dis, des travaux d'électricité, ou de
tuyauterie, ou peu importe, qui sont régis par la loi R-20. C'est la
raison.
Puis on se connaît, puis je sais à quel point
c'est important pour vous, les dispositions antibriseurs de grève. Et je suis un
partisan de ce qui existe à 109.1 et suivants, mais, dans le régime général,
dans le secteur privé... parce qu'il y a des outils puis ce n'est pas la même
dynamique. Alors, voilà, en gros, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
M. le député.
M.
Leduc : Bon, il y a des arguments que je ne peux juste pas
acheter, là, Mme la Présidente, là. Quand M. le ministre dit : Oui,
mais là, contrairement à d'autres secteurs, s'il y a une grève, je ne peux pas
me revirer de bord puis aller chercher un
autre service... Bien, il est témoin comme moi, le ministre, quand il y a une
grève dans le secteur des enseignants, là, ils ne pouvaient pas se
revirer de bord puis changer d'école. C'était la grève des enseignants partout, puis l'école, la commission scolaire
étaient en grève en même temps. Ça fait qu'il n'était pas possible de changer
de service. Ça, je n'achète pas du tout cet argument-là.
Après ça, il me dit : Oui, mais là il y a
tellement de centaines... des centaines d'employeurs, ce serait inapplicable.
Le ministre le sait très bien, il faut qu'il y ait une plainte qui soit déposée
pour procéder. Ce serait la responsabilité des syndicats de faire cette
inspection-là de base pour loger ou pas des plaintes. Ce n'est pas la CNESST qui va se lever un matin puis devoir
embaucher 1 000 fonctionnaires pour aller inspecter de facto
l'ensemble des employeurs qui sont en grève. Sinon, vous seriez en train
de me dire que les... tous les gens qui sont en grève ou en lock-out ont automatiquement une inspection de
quelqu'un de la CNESST. Ce n'est pas le cas, puis je le sais, puis ce n'est
pas ça que je suis en train de vous dire que je voudrais non plus. Ça fait que
ce sera la responsabilité des syndicats de faire cette inspection de base, cette
vérification de base et de loger la... des plaintes, le cas échéant.
L'autre chose que sous-entend le ministre, qui
m'inquiète un peu, bien là, ce serait impossible à appliquer, il y en aurait
tellement. Ce qu'il est en train de me dire... que, si on changeait la loi, on
prendrait pour acquis que la majorité des employeurs enfreindraient la nouvelle
loi?
M. Boulet : Simplement pour
corriger, l'inspection se fait à notre ministère du Travail, mais on ne
s'entendra pas, je le sais. Puis je ne veux pas vous convaincre d'adhérer à mes
arguments. Moi, je trouve qu'ils sont impératifs.
Puis ce que je réalisais, quand je comparais avec le reste du Canada, il n'y a
aucune législation au Canada qui prévoit une interdiction de recours aux
travailleurs de remplacement aussi large que ça. Il y a en Colombie-Britannique
qu'il y en a, puis, bon, j'ai eu l'occasion de discuter avec mon collègue, qui
est ministre du Travail en Colombie-Britannique, qui est un ancien activiste
syndical, «by the way», qui, d'ailleurs, est là depuis 2017, puis il
mentionnait qu'il avait la plus longue
ancienneté comme ministre du Travail en Colombie-Britannique, superchic. Mais
il n'y a pas... il n'y a pas d'adhésion syndicale obligatoire. Ça fait
que, tu sais, c'est ça qui fait la barrière la plus importante.
Je sais qu'il y a aussi... En
Colombie-Britannique, ce qu'on dit : Il est possible pour un salarié de
maintenir sa prestation de travail malgré une grève, bon, puis la
syndicalisation n'est pas obligatoire dans l'industrie de la construction. Ici,
ce serait déclenché dans l'échelle nationale, là. C'est ce qui est arrivé.
Bien, j'ai... si jamais besoin en est, là, j'ai l'inventaire des grèves qui ont
été déclarées, là, depuis 1995. Mais j'ai des objections de fond, pas sur le
principe des dispositions antibriseurs de grève, j'y adhère puis j'en ai parlé,
d'ailleurs, avec la ministre du Travail à Ottawa. Vous m'aviez... vous m'aviez
parlé de ça avant la conférence fédérale-provinciale-territoriale, mais ils
travaillent sur un projet de loi, effectivement. Mais, bon, pour toutes ces
raisons, on ne peut pas adhérer au principe de l'amendement qui est soumis par
le collègue d'Hochelaga-Maisonneuve, mais je le dis avec beaucoup d'estime et
de respect, parce que, sur le fond, c'est important.
M. Leduc : Corrigez-moi si je me
trompe, M. le ministre, mais toute l'industrie des maisons préfabriquées, donc,
fabriquées dans une usine, dans une espèce de chaîne de montage, une maison
préfabriquée, ça, ce n'est pas couvert par la loi.
M. Boulet : Non.
M. Leduc : Ça, c'est le régime
général, le Code du travail.
M. Boulet : Oui.
M. Leduc : Je ne suis pas au courant
s'ils sont syndiqués ou pas, puis, à la limite, ce n'est pas ça, la question.
M. Boulet : Bien, je suis allé dans
une entreprise à Chibougamau, puis ils sont syndiqués, sauf avis contraire,
mais ils ne sont pas régis par la loi R-20...
M. Leduc : Bon, exact. Donc, si une
grève se déclenche...
M. Boulet : ...ils fabriquent des
modules.
M. Leduc : ...à l'usine de
Chibougamau, où ils fabriquent des maisons, il ne pourra pas y avoir de scab.
M.
Boulet : Non, mais le client pourrait faire affaire avec une autre
entreprise ou l'entreprise pourrait bénéficier de ses contrats, malgré tout...
des personnes exclues de l'unité d'accréditation, embauchées avant le début de la phase des négos, ou l'entreprise, puis là je
ne veux pas cibler Chantiers Chibougamau, pourrait faire faire ailleurs, dans
un autre établissement. C'est vraiment des incontournables pour moi. Les
salariés sont syndiqués à 100 %, pas possibilité de faire faire du travail
de juridiction syndicale par des personnes embauchées avant le début de la
phase des négos, aucune possibilité de sous-traiter à l'externe puis une
incapacité totale pour un client de faire faire par quelqu'un d'autre parce
qu'ils sont assujettis.
M. Leduc : Moi,
ce que je constate, c'est que, si l'usine de Chibougamau, ou n'importe quelle
autre, de maisons préfabriquées tombe en grève, il n'y aura pas de scab. Mais,
si, deux kilomètres à côté, il y a un chantier d'une maison, puis on tombe en grève, là, il peut... tout le monde peut
travailler, puis là il peut avoir des scabs partout. Donc, pour une même
maison, pour un même service, vu qu'on a un peu artificiellement créé un code
pour le régime du travail, ce qui n'est pas une mauvaise chose en soi, des
adaptations, c'est un peu normal, pour à peu près un service similaire, on peut
se revirer de bord puis faire du préfabriqué. Puis là, oui, en effet, le
scab... la loi anti-scab s'applique, mais,
pour des maisons plus traditionnelles sur un chantier, ça, ça ne s'applique
pas. Il n'y a pas une forme d'incohérence là, M. le ministre?
M. Boulet : Non,
pas du tout, pas du tout. Moi, je n'y vois pas absolument aucune incohérence.
Puis ceci dit, quand il y a eu des grèves dans l'industrie de la construction,
le principe de solidarité syndicale faisait en sorte que les travailleurs
n'effectuaient pas leur travail. C'est sûr qu'on ne peut pas être naïf, s'il y
a des travaux urgents qui devaient être
complétés, probablement que ça l'était, mais là où c'est assujetti à la
loi R-20, les travailleurs syndiqués, ils peuvent exercer un moyen
de pression. Mais là ce serait un moyen de pression totalement indu que
d'imposer ça à un employeur.
Je le répète, les
contremaîtres sont syndiqués, deux, ils ne peuvent pas faire faire des travaux
dans un autre établissement, c'est le chantier sur lequel s'exerce le travail.
Enfin, les clients, ils ne pourraient pas se promener d'un à l'autre, puis il faudrait
voir même pour les cas préfabriqués, mais ils ne pourraient pas aller ailleurs.
Puis, enfin, la volumétrie serait
sensationnelle, s'il y avait 148 plaintes. Il n'y a pas personne qui
serait capable de faire un suivi, tu sais, se promener... Puis il y en a
combien, de chantiers de construction, au Québec? Je peux-tu avoir une réponse
rapide ou...
M. Leduc : J'imagine
qu'il y en a beaucoup.
M. Boulet : Bien, c'est plusieurs milliers, tu sais. Donc,
c'est une grève, en même temps, simultanée dans 3 000, 4 000,
5 000 chantiers de construction. Ça ne marcherait pas dans
l'application.
M. Leduc : Ça
fait plusieurs fois que vous faites référence au fait, comme argument, là, pour
refuser la proposition, que les contremaîtres sont couverts par l'accréditation
syndicale, puis etc., puis vous faites... Il y a une différence avec le Code du travail, où les cadres, eux, peuvent
continuer à travailler quand il y a un lock-out ou une grève.
Seriez-vous prêt à faire un compromis, M. le ministre? Si on sortait les
contremaîtres de cette proposition-là, est-ce que ça commencerait à être
quelque chose qui vous semblerait plus raisonnable?
M. Boulet : Non.
Je ne suis pas... Puis, encore une fois, je le dis avec l'estime que vous savez
que j'ai envers vous, mais il n'y a pas que ça. Puis, si on faisait ça, ce
serait peut-être générer des tensions dans les chantiers de construction, de
désyndiquer des personnes...
M. Leduc : Je
ne suis pas en train de dire que je veux les désyndiquer...
M. Boulet : Non,
mais c'est un enjeu que je ne contrôle pas, mais...
M. Leduc : ...je
fais juste dire que la loi antiscabs ne s'appliquerait pas à eux.
M. Boulet : Non,
je ne suis pas en mesure d'analyser les impacts d'un potentiel compromis. Je
pense qu'on est à deux positions divergentes en ce qui concerne les... pas sur
le principe des dispositions antibriseurs de grève, mais sur la compatibilité
avec le régime particulier que nous avons pour les entreprises où les syndiqués
sont 100 % de la main-d'oeuvre.
• (18 h 10) •
M. Leduc : Vous
dites que vous adhérez pleinement aux articles du code 109.1 à 109.4, puis
je suis content de l'entendre. Mais vous n'êtes pas sans savoir qu'au moment où
on se parle, il y a un projet de loi au niveau fédéral pour appliquer la loi
antiscabs aux travailleurs sous juridiction fédérale. Parce qu'auparavant on
pouvait plaider que ce n'était pas tous les travailleurs du Québec qui avaient
accès à la loi antiscabs, parce qu'il y a, quoi, grosso modo... c'est-tu 75 %, 80 % de travailleurs qui sont
sous juridiction du code du Québec, de mémoire? Ça a peut-être... Je n'ai pas
le chiffre exact, là, mais dans ces eaux-là...
M. Boulet : À
peu près 80 %, oui.
M.
Leduc : ...la balance étant sous juridiction fédérale, on parle ici
des ports, télécommunications, transports interprovinciaux. Et là on pouvait
avoir l'argument de dire : Bien, tu sais, il y a quand même d'autres
personnes, d'autres industries qui ne sont pas couvertes par la loi antiscabs.
Mais là on a vérifié tantôt, puis, à notre compréhension, le projet de loi est
rendu à l'étude détaillée, donc, à peu près au même moment où nous, on
travaille, au même processus, là, au même...
même place dans la chaîne de production des projets de loi. Et on peut comprendre
que c'est un... Ce qu'on a compris, c'est que c'est un compromis Parti
libéral-NPD. Ça fait qu'on assume que ça va être adopté, peut-être, d'ici la
fin de la session.
Ce faisant, ça va
faire en sorte que, lorsqu'il sera adopté, ce projet de loi là, l'entièreté des
travailleurs et travailleuses du Québec seront couverts par une loi antiscabs
sauf les gens de la construction. Il n'y aura absolument aucune industrie qui
ne sera pas couverte par ça, sauf les gens de la construction.
M. Boulet : Mais,
collègue, ici, la grève est déclenchée à l'échelle nationale. C'est tout le
secteur de la construction.
M. Leduc : Bien
oui, mais comme le service public.
M. Boulet : Quand
même que, dans le secteur des télécommunications, l'aviation, l'aéronautique,
c'est entreprise par entreprise, puis on verra le libellé de la loi fédérale
quand elle sera étudiée article après article, mais ce n'est pas la même
affaire. Nous, c'est tout le monde en même temps...
M. Leduc : Évidemment,
c'est ça, l'objet.
M. Boulet : ...c'est
un régime particulier. En fait, il y a un avantage pour les syndicats d'avoir
l'adhésion de tout le monde, mais il y a des avantages, parfois, des
inconvénients, mais ça en fait partie. Mais je vous suis très bien, mais ce
n'est pas comme si on disait : L'ensemble des entreprises, dans le secteur
des télécommunications assujetties au Code canadien du travail, qui sont
syndiquées, seraient soumises aux mêmes dispositions antibriseurs de grève, là.
Ce n'est pas la même chose.
M. Leduc : Pourquoi
ce n'est pas la même chose?
M. Boulet : Bien,
c'est parce qu'ici c'est extrêmement paralysant, alors que, s'il y a tant
d'entreprises de télécommunications, il y a d'autres entreprises de
télécommunications qui continueraient d'être en opération, là.
M. Leduc : Oui,
mais des secteurs qui tombent en grève, tout le monde en même temps, il y en a
plein. J'ai fait référence aux enseignants, l'autre... il y a quelques minutes.
Je peux penser aux CPE, quand ils tombent en grève, c'est tout le monde en même
temps, ou à peu près. Je pense même, dans le secteur privé, l'hôtellerie,
souvent, c'est des négos coordonnées, vous les connaissez, tout aussi bien que
moi, ça tombe en grève à peu près en même temps. Ça fait que ce n'est pas une
logique qui est complètement unique puis qui est incomparable avec tous les
autres secteurs. Tous les secteurs ont des particularités. La particularité de
la construction, c'est qu'ils ont leur propre petit régime du travail. Mais on
en a un, petit régime de travail, pour les... pour la négo, entre autres, aussi
dans les garderies, puis ce n'est pas la même chose encore une fois. C'est
juste que, pour une raison historique qu'on ne m'a pas démontrée, là, vous avez vos arguments, mais, quand on a créé ce que
régime-là, on a dit : Non, non, ça ne s'appliquait pas à eux
autres.
Là, on a une occasion
en or de changer la situation. Vous le savez, vous avez lu les mémoires, là,
unanimement, les syndicats, là, ils ne comprennent pas pourquoi ça n'a pas le
droit de s'appliquer à eux autres. Vous, vous dites : Non, ce n'est pas
possible.
M. Boulet : Je
n'ai pas d'autre commentaire.
M. Leduc : Bien,
écoutez, je terminerais peut-être sur... Je parlais du projet de loi fédéral,
quand il a été déposé l'an dernier, j'avais déposé une motion à l'Assemblée,
ici, là, à la période des questions pour saluer le dépôt du projet de loi pour
qu'enfin les travailleurs, travailleuses du Québec, sous juridiction fédérale,
aient accès à la même loi que leurs consoeurs, confrères sous juridiction
québécoise. Malheureusement, vous aviez battu cette motion, peut-être parce
qu'on n'a pas eu le temps de se parler. Mais tantôt, vous avez dit : J'adhère
à 109.1. Est-ce que vous souhaitez
l'adoption du projet de loi fédéral pour couvrir les travailleurs québécois
sous juridiction fédérale, la loi antiscabs?
M. Boulet : Il
faudrait que j'analyse son impact, mais, encore une fois, on ne peut pas mettre
en parallèle un régime qui est vraiment spécifique à notre secteur de la
construction. Je le répète, 100 % d'adhésion syndicale, impossibilité de
faire travailler des personnes, en dehors de l'unité de négociation, qui ont
été embauchées avant le début de la phase des négos. L'interprétation, que vous
connaissez, restrictive de la notion d'établissement empêcherait toute
sous-traitance externe, et un client ne pourrait pas faire faire, parce que la
personne est en grève, du travail par une personne qui est assujettie à la
loi R-20. Ça fait qu'il y a trop... il y a trop d'incompatibilités. C'est
ce que je pourrais vous exprimer. Puis, je le répète, s'il y a
5 000 chantiers au Québec, on n'a pas les ressources, on n'a pas les
moyens, on n'a pas la capacité de gérer ça, mais c'est secondaire pour moi.
Mais, sur le principe des
dispositions antibriseurs de grève, telles qu'elles apparaissent à 109.1 et
suivants, j'ai toujours été d'avis que c'est un principe qui est tout à fait
approprié dans le contexte des relations de travail du secteur privé, où il n'y
a pas les spécificités, les particularités du régime de la construction. Ça
fait que vous m'en faites dire pas mal.
M. Leduc : Dans le secteur fédéral?
C'est ça, ma question.
M. Boulet : Bien, le secteur
fédéral, je ne vois pas de secteur équivalent. Même en Colombie-Britannique,
qui est quand même une province assez progressiste, il n'y a pas de régime
équivalent au nôtre, où il y a une adhésion syndicale obligatoire, puis ça, on
ne le remet pas en question.
M. Leduc : ...ma question. Donc,
au-delà de l'enjeu de la construction, est-ce que le projet de loi fédéral,
pour assujettir les travailleurs, travailleuses québécois, québécoises sous
juridiction fédérale, à la loi antiscabs, est-ce que vous adhérez à ça?
M. Boulet : Il faudrait que je lise
le projet de loi...
M. Leduc : Oui, mais il est déposé
depuis des mois, là. Vous n'avez jamais... Vous n'avez pas fait l'analyse de ça
au ministère?
M. Boulet : Je ne l'ai pas lu. J'ai
lu des sommaires, j'ai lu des analyses, mais je n'ai pas lu le libellé des
articles. Ça...
M. Leduc : Sur le principe, alors,
sur le principe que les travailleurs...
M. Boulet : Est-ce que vous l'avez
fait?
M. Leduc : Moi, je l'ai fait, oui.
M. Boulet : Lire article par
article?
M. Leduc : Je l'ai lu en diagonale,
oui. Je pourrais...
M. Boulet : Moi, je l'ai... en
diagonale...
M. Leduc : Bon, je lis beaucoup de
choses.
M. Boulet : ...en diagonale. Si je
vous...
M. Leduc : Vous voulez que je vous
cite des articles du projet de loi? On en reparlera.
M.
Boulet : Non, non, mais on pourrait s'en reparler dans un
autre contexte, puis je pourrai vous dire mon opinion.
M. Leduc : Mais, sur le principe,
vous n'êtes pas à l'aise de vous avancer pour dire que ça devrait s'appliquer
aux travailleurs québécois sous juridiction fédérale...
M. Boulet : Bien, sur le principe...
M.
Leduc : ...que notre loi québécoise devrait s'appliquer
aux travailleurs québécois sous juridiction fédérale?
M. Boulet : ...bien, sur le
principe, j'ai déjà exprimé mon appui à l'existence de dispositions
antibriseurs de grève. Maintenant, quant au
projet de loi fédéral, je ne peux pas m'exprimer, je ne l'ai pas lu, et ce
n'est pas, évidemment, Mme la Présidente, l'objet de notre discussion.
Ça fait que... mais, en dehors de notre commission parlementaire, on pourra en
discuter.
M. Leduc : Si ma collègue a des
questions, je l'écouterais bien. Sinon, je vais demander un vote par appel
nominal, s'il vous plaît.
La
Présidente (Mme D'Amours) : Un vote par appel nominal, Mme la secrétaire, s'il
vous plaît, sur l'article 21.1, l'amendement du député.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Leduc (Hochelaga-Maisonneuve)?
M. Leduc : Pour.
La Secrétaire : M. Boulet
(Trois-Rivières)?
M. Boulet : Contre.
La Secrétaire : Mme Tremblay
(Hull)... Mme Tremblay (Hull)?
Mme Tremblay : J'ai dit contre.
Excusez-moi, le micro était...
La Secrétaire : Merci. M. Dufour
(Abitibi-Est)?
M. Dufour : Contre.
La Secrétaire : Mme Mallette
(Huntingdon)?
Mme Mallette : Contre.
La Secrétaire : M. Martel (Nicolet-Bécancour)?
M.
Martel : Contre.
La Secrétaire : Mme Cadet
(Bourassa-Sauvé)?
Mme Cadet : Contre.
La Secrétaire : Mme D'Amours
(Mirabel)?
La Présidente (Mme D'Amours) : Abstention.
Donc, l'amendement de l'article 22.1 est rejeté. Nous poursuivons nos
travaux avec la définition du... sur le plan de travail déposé par le ministre,
à la rubrique Définitions, l'article 1. M. le ministre, si vous voulez
bien nous en faire la lecture, s'il vous plaît.
M. Boulet : Oui. Merci, Mme la
Présidente. L'article 1 de la Loi sur les relations du travail, la
formation professionnelle et la gestion de
la main-d'oeuvre dans l'industrie de la construction est modifié, dans le
premier alinéa :
1° par le remplacement, dans le paragraphe i.1,
de «42» par «41.2.1»;
2° par l'ajout, après le paragraphe p.1,
des paragraphes suivants :
«p.2) "personne immigrante" : un
résident permanent ou un ressortissant étranger;
«p.3) "personne représentative de la
diversité de la société québécoise": un autochtone, une personne faisant
partie d'une minorité visible ou ethnique, une personne immigrante ou une
personne handicapée;».
• (18 h 20) •
Commentaire. L'article 1 du projet de loi
propose, premièrement, de modifier le paragraphe i.1 de l'article 1
de la loi afin de substituer la référence à l'article 42 de cette loi pour
celle de l'article 41.2.1. Cette modification est rendue nécessaire en raison
de l'article 15 du projet de loi qui déplace cette disposition concernant
l'obligation pour les associations sectorielles d'employeurs de consulter les
donneurs d'ouvrage au début du processus de négociation.
Deuxièmement, l'article 1 du projet de loi
propose l'ajout de deux nouvelles définitions à l'article 1 de la loi,
soit celle de personne immigrante et de personne représentative de la diversité
de la société québécoise. La définition de personne immigrante vise à la fois
les résidents permanents et les ressortissants étrangers, qu'ils soient déjà au
Québec ou qu'ils soient immigrés de manière
temporaire ou permanente pour travailler dans l'industrie de la construction.
En outre, le concept de personnes
représentatives de la diversité de la société québécoise, tel qu'il serait
défini au présent article, permet de référer plus simplement... plus
simplement, donc, à l'ensemble de ces groupes sous-représentés dans
l'industrie de la construction que sont les personnes autochtones, les
personnes faisant partie d'une minorité visible ou d'une minorité ethnique, les
personnes immigrantes ainsi que les personnes handicapées.
Voilà, c'est complet, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Commentaires? Oui, Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme
Cadet : Merci, Mme la Présidente. Donc, j'ai plusieurs
questions ici, la première étant donc sur le processus.
Donc, quand je lis le mémoire au Conseil des
ministres, la partie disponible au public ainsi que l'analyse d'impact réglementaire,
on peut y lire que... dans la section des consultations des parties prenantes,
on peut lire ce qui suit : La CCQ, donc
la Commission de la construction du Québec, elle est consultée dans le cadre de
l'élaboration des mesures présentées au projet de loi. De plus, le ministère de
l'Emploi et de la Solidarité sociale et le ministère de l'Immigration,
de la Francisation et l'Intégration ont été consultés sur l'élargissement du
mandat de la CCQ en matière d'emploi et de main-d'oeuvre. Le Secrétariat du
Conseil du trésor a été consulté concernant l'encadrement du plan stratégique
de la CCQ. Le secrétariat aux relations avec les autochtones a aussi été
consulté. Le TAT, le Tribunal administratif du travail a également été consulté
concernant la mise en oeuvre d'un recours en cas de manquement à l'obligation
de négocier avec diligence et bonne foi.
Donc, dans les deux
documents, ce qu'on constate, c'est que la Commission des droits de la personne
et des droits de la jeunesse n'a pas été consultée, mais on arrive quand même
avec des définitions, donc, qui ont, donc, une incidence sur le rôle
qu'habituellement joue cette institution. Donc, j'aimerais d'abord savoir,
donc, en fait, pourquoi cette institution n'a pas été consultée dans le cadre
de la rédaction de l'article 1 et de tout ce qui est modifié par la suite,
là, relativement, donc, aux nouvelles définitions comprises dans le projet de
loi.
M. Boulet : Bon, ma réponse va
couvrir deux angles, la première un peu plus académique, la deuxième concerne
la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse, là. Mais
sur le concept de personnes représentatives, comme j'ai mentionné, ça permet plus
simplement de référer à l'ensemble des personnes qui sont sous-représentées
dans l'industrie. Et ce concept-là, il s'inspire de la Politique favorisant la
représentativité de la diversité québécoise au sein des conseils
d'administration des sociétés d'État. Vous le saviez, ça émane de la Loi sur la
gouvernance des sociétés d'État.
Puis la définition proposée reprend
essentiellement les mêmes groupes des personnes visées par la politique
québécoise favorisant la représentativité, en ajoutant toutefois les personnes
immigrantes pour les fins recherchées, là,
par les mesures proposées par le projet de loi, là, les normes de
reconnaissance des heures de formation et des expériences de travail
puis pour faciliter les procédures aussi reconnaissant la formation et
l'expérience des travailleurs étrangers qui souhaitent intégrer l'industrie de
la construction pour répondre à nos besoins. Puis ça, c'est une préoccupation que je traîne avec moi depuis longtemps. Tu sais,
vous m'avez entendu dire... Vous connaissez le CACI, hein, collègue,
sûrement, là, Anait, que j'ai rencontrée, à quelques reprises, m'a tellement
parlé souvent des obstacles des personnes qui venaient chez nous avec des
expériences en charpenterie, menuiserie, en peinture, peu importe, incapables
parce qu'il n'y a pas de reconnaissance.
Le deuxième point, la Commission des droits de
la personne, la problématique, c'est que la CCQ n'est pas un employeur soumis à
la loi sur l'accès à l'égalité. Ce n'est pas le même programme d'accès que pour
un employeur. La CCQ... pour ses employés, oui, mais la CCQ a à appliquer une
loi avec les parties, avec le paritarisme et à gérer, bien sûr, les avantages
sociaux sous Médic et le régime de retraite. Donc ce n'est pas un employeur des
salariés de la construction. Et c'est la raison pour laquelle il y a une
distinction qui a été présentée par la présidente-directrice générale de la
Commission de la construction du Québec aux personnes de la Commission des
droits de la personne et des droits de la jeunesse. Je ne sais pas si je
réponds bien, là, mais ce n'est pas la même dynamique pour la CCQ qu'un
employeur avec ses salariés.
Mme Cadet : Bien, vous répondez
partiellement à la question ici. Donc, c'était savoir, donc, au niveau, donc, des consultations des parties prenantes...
Donc, je comprends que la commission n'a pas été consultée pour mettre
en oeuvre ces définitions, puis on pourra arriver sur le fond, là.
M. Boulet : Ils ont transmis un
mémoire.
Mme
Cadet : Oui, oui, tout à fait. D'accord. OK, donc, c'est
simplement, donc, à travers, donc, ce processus-ci. Donc, il n'y a pas
eu, donc, de consultation en amont avant de présenter ces définitions.
Ensuite, j'aimerais... En fait, donc, j'aurais,
donc, plusieurs questions. Donc, encore une fois, je sais, là, puis vous venez
de le mentionner, puis c'était très clair, parce qu'on retrouve, effectivement,
donc, cette terminologie-là, donc, ailleurs dans la R-20, en ce qui a trait,
donc, à la présence des personnes représentatives de la diversité de la société québécoise sur le conseil
d'administration, même la CCQ, là, qui est en adéquation avec la Loi sur la
gouvernance des sociétés d'État. Il y a quand même, donc, une
distinction à faire, donc, entre les personnes, donc, qui...
M. Boulet : ...la Loi sur la
gouvernance des sociétés d'État, la CCQ fait partie des exceptions.
Mme
Cadet : ...fait partie des exceptions, mais il y a quand
même... il y avait... puis on en a parlé précédemment, donc, il y a des
articles analogues qui se retrouvent à la loi R-20, qui reprennent des
éléments de la Loi sur la gouvernance des sociétés d'État...
M. Boulet : Oui, tout à fait.
Mme Cadet : ...et donc qui vient
reprendre la terminologie des personnes représentatives de la diversité de la
société québécoise au niveau du conseil d'administration.
M. Boulet : Oui.
Mme Cadet : Ça, c'est très clair, ce
n'est pas contesté. Ça se comprend très bien dans le contexte, donc, de présence, donc, sur des instances, donc, de
gouvernance par, donc, des personnes qui sont nommées, donc, par le ministère,
donc, du Conseil exécutif, au niveau, donc, des emplois supérieurs. Donc, ça,
c'est très clair.
Ici, je fais la distinction, donc, entre les
deux, parce que je me pose la question, donc, sur le fait, donc, de reprendre
la nomenclature qui est favorisée pour la présence accrue, donc, d'une plus
grande diversité, donc, sur les conseils d'administration en vertu de la
politique que vous avez nommée et les défis liés à l'emploi, puis l'exemple,
donc, du CACI que vous avez nommé, en ce qui a trait, donc, à chacun des
groupes. Puis je comprends que la CCQ n'est pas
l'employeur, c'est très clair, mais je pose la question sur la nomenclature qui
est choisie ici. Puis d'abord, sachant, bon,
que la commission n'a pas été consultée en amont, est-ce qu'il y a une analyse,
une ADS+, là, qu'on appelle, donc, qui a été faite pour mesurer l'impact
de cette définition?
M. Boulet : Non.
Mme Cadet : Non. Puis dans le mémoire,
justement, donc, de la commission, de la CDPDJ, on peut lire ce qui suit,
donc : Le projet de loi propose, par l'effet de ses articles 62, 63,
66, 69, 73, 82, 83, donc, d'étendre les mesures d'accès à l'égalité dans
l'industrie à cinq groupes supplémentaires. Donc, cet ajout soulève des enjeux,
tant terminologiques que de fond et... parce que tout programme d'accès à
l'égalité doit, pour être considéré non discriminatoire, inclure, en premier
lieu, un diagnostic de la situation de discrimination qui affecte le groupe
visé dans le système d'emploi. Donc, est-ce qu'un tel diagnostic a été réalisé?
M. Boulet : Non.
Mme Cadet : Non. OK.
M. Boulet : Mais on est capables de
les identifier. On n'est pas tout à fait capables, hein, avec Statistique
Canada, mais ça fait partie des outils qui devront être élaborés à la
Commission de la construction du Québec. Puis, si je ne m'abuse, il y a des outils pour les personnes issues des
Premières Nations, il y a des outils pour les femmes, mais, pour les
autres groupes issus de la diversité, c'est des outils qui sont en
construction, entre guillemets...
Mme Cadet : OK, élaboration.
M. Boulet : ...mais les partenaires
les identifient comme étant des groupes sous-représentés, mais il n'y a pas un
diagnostic... en fait, on n'aurait pas eu les données pour établir un
diagnostic précis.
• (18 h 30) •
Mais, si vous voulez, pour chacune des... chacun
des concepts, moi, je peux vous dire comment ça a été établi, là, mais, pour le
reste, il y a des enquêtes populationnelles, il y a l'enquête sur la population
active de Statistique Canada. Il y en a d'autres, là, qui vont venir raffiner
la granulométrie, là.
Une voix : ...
M. Boulet : Oui, puis les enquêtes
sont d'ailleurs nommées dans le mémoire de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse. Mais,
pour chacun des personnes immigrantes, résidents permanents, ressortissants
étrangers, personnes handicapées, personnes faisant partie d'une minorité
visible, c'est tous des concepts qui s'appuient sur des lois, ou sur des
mesures, ou des programmes. Puis je peux les faire, si vous souhaitez que je
les fasse, là. Ça peut me prendre trois, quatre minutes.
Mme Cadet : Oui, s'il vous plaît.
M. Boulet : OK, parce que ça va
éviter une succession de questions. Personne immigrante, bon, je l'ai dit, là,
pour la personne représentative de la diversité de la société québécoise, là,
que ça découle d'une politique québécoise sur
la représentativité. Personne immigrante, c'est un... l'introduction d'une
définition aussi large, personne immigrante, laquelle vise notamment
tout ressortissant étranger, permettrait notamment à la Commission de la
construction du Québec de traiter les demandes provenant de personnes qui sont
à l'étranger et qui, dans le but de venir travailler au Québec, souhaitent obtenir une reconnaissance de leur formation et de
leur expérience de travail ou encore transmettre une demande dans le but
d'obtenir un certificat de compétence.
Il n'a pas
été jugé nécessaire de définir, dans le projet de loi, les notions de résident
permanent et ressortissant étranger, puisque ces notions existent déjà
indépendamment du projet de loi. Essentiellement, toute personne est visée par
la définition de personnes immigrantes, sauf le citoyen canadien. Donc, les
exemples, c'est la personne réfugiée, le
demandeur d'asile, le travailleur étranger temporaire, l'étudiant étranger qui
est également autorisé à travailler un certain nombre d'heures, là, vous
le savez, pendant ses études, tout ressortissant étranger qui est à l'extérieur
du pays, qui n'a pas encore de permis de séjour ou de permis de travail, mais
qui envisage de venir s'établir au Québec ou y travailler de façon temporaire.
Donc, c'est... tu sais, c'est extrêmement large.
Le résident permanent, lui, c'est une personne
qui n'a pas encore la citoyenneté canadienne, mais qui a obtenu le statut de résidence permanente en
immigrant au pays, ce qui lui permet d'y vivre, d'y travailler et d'y étudier.
La notion de ressortissant étranger renvoie à une personne qui n'est ni un
citoyen canadien ni un résident permanent au sens de la Loi sur l'immigration
et la protection des réfugiés puis à l'article 2 de la Loi sur
l'immigration au Québec. Là, je pourrais
vous citer les articles, mais je pense que ce n'est pas opportun. Personne
handicapée, bien, c'est la Loi assurant l'exercice des droits des personnes
handicapées en vue de leur intégration scolaire, professionnelle et
sociale. Puis on a la...
Mme Cadet : Puis peut-être... bien,
avant, de...
M. Boulet : Puis
il m'en reste un, personne faisant partie d'une minorité visible et personne
faisant partie d'une minorité ethnique, c'est la Loi sur l'accès à l'égalité en
emploi dans des organismes publics. Puis là j'ai la définition, là. Ça fait que
tout a été superbien établi, là.
Mme Cadet : OK. Peut-être ici...
Donc, j'avais une question, donc, précisément, donc à... donc à p.2, donc,
«personne immigrante», est-ce qu'ailleurs... parce que je vous avouerais, donc,
dès le départ, j'étais relativement dubitative,
donc, à inclure, donc, un résident permanent et un ressortissant étranger à
l'intérieur, donc, de la même définition de personne immigrante. Je
comprends, donc, les objectifs qu'on cherche à atteindre ici, puis on les
partage, donc, les objectifs, donc, de nous
assurer, donc, de l'augmentation desdites personnes, donc, dans l'industrie de
la construction. Donc, c'est certainement, et à 100 %, donc, un
objectif qui est partagé...
Ceci dit, donc, je vous pose la question au
niveau, donc, de la définition, parce qu'ici, donc, un résident permanent,
c'est très clair, puis vous les avez, donc, bien nommés, là, mais un résident
permanent, donc, qui s'établit, donc, au Canada, dans... au Canada, donc, au
Québec, dans l'objectif, donc, d'y demeurer, donc... le contexte, donc, le terme, donc, d'immigration, donc, on voit, donc, que
le processus de... donc, de la... préimmigratoire de la personne, il est
permanent, comme personne immigrante, mais ressortissant étranger, lesdites
catégories, est-ce que ça se voit ailleurs, qu'elles soient incluses
ensemble pour être définies comme personne immigrante?
M. Boulet : Je ne saurais répondre.
En fait, la question, c'est de savoir si, dans une autre loi, on définit la
personne immigrante...
Mme Cadet : Oui, en incluant le...
M. Boulet : ...en incluant le
ressortissant étranger?
Mme Cadet : C'est ça, parce que
résident permanent, ça, c'est assez clair, là, mais...
M. Boulet : Je ne suis pas en mesure
de répondre à ça, mais l'objectif était, effectivement, de...
Une voix : ...
M. Boulet : Bien, c'est la loi...
Oui, il y a la loi... Bien, c'est ce que j'ai mentionné tout à l'heure, là, la
Loi sur l'immigration et la protection des réfugiés. Donc, on s'est appuyés sur
cette loi-là, où on dit : Dans la présente loi... Bien, on utilise le mot
«ressortissant étranger».
Mme Cadet : Dans le... On l'utilise
pour définir une personne immigrante?
M. Boulet : En fait, pour dire...
Mme Cadet : Parce que «ressortissant
étranger», c'est très clair que ça existe comme terme ici.
M. Boulet : ...qui est une personne
qui n'est ni un citoyen canadien ni un résident permanent au sens de la Loi sur
l'immigration et la protection des réfugiés. C'était donc pour que ce soit le
plus inclusif possible.
Mme
Cadet : Je comprends, M. le ministre, que «ressortissant
étranger» est défini sur la loi sur l'immigration et la protection du
statut du réfugié, mais ma question ici, puisque... Je pense que ce qui est
compris dans le terme «ressortissant étranger» me semble clair, mais c'est le
fait, donc, d'inclure l'enveloppe de ressortissant étranger dans la définition
de personne immigrante. C'est plus ça, la question, ici.
M. Boulet : Bon. Mais je vais faire
un lien avec l'objectif. Notre objectif, c'était simplement de pouvoir donner,
collègue, un certificat de compétence à une personne qui est en Tunisie ou qui
est ailleurs, dans un autre pays, et qui veut s'en venir ici. Ça fait que c'est
la raison pour laquelle on a intégré le concept de ressortissant étranger, pour
que ça puisse permettre à la CCQ de le faire. Je pense, c'est le seul but. Je
ne veux pas que ce soit plus compliqué que ça, là.
Mme Cadet : Parfait. Donc, si c'est
le seul but, est-ce que... parce que moi, ma... Le défi que je vois ici, de
façon plus générale, c'est de nous assurer, donc, qu'on ne mêle pas les termes
et que ça crée, donc, un précédent, donc, ailleurs dans la législation. Donc,
je comprends, dans le secteur de la construction, donc, l'objectif, encore une
fois, il est partagé, il est clair. Mais je me demande, donc, si, dans la
terminologie parapluie qu'on a ailleurs, donc, s'il n'est pas mieux de
distinguer un résident permanent, la définition étant claire dans la loi sur
l'immigration et le statut du réfugié... ressortissant étranger, la définition,
elle est déjà claire ailleurs aussi... si ce n'est pas mieux, donc, tout
simplement, donc, de les indiquer de façon distincte dans la définition
parapluie, de personne représentative, parce que le ressortissant étranger ne
réfère pas nécessairement, donc, à une personne dont le parcours migratoire,
donc, est empreint, donc, d'une volonté de permanence. Ça se peut que ce soit
le cas, mais ça se peut aussi que ce ne soit aussi pas le cas, donc...
M.
Boulet : Mais notre définition, soyons-en fiers, elle est plus large
que les autres. Et moi, je me souviens, quand on étudiait le projet de loi
article par article, c'est comme ça que je le comprenais. Le concept de
ressortissant étranger, c'était pour nous
permettre clairement de pouvoir délivrer, comme je viens de vous mentionner,
des certificats de compétence, via la CCQ bien sûr, à des personnes qui
vivent à l'étranger. Et, pour moi, c'était un concept qui était parlant, qui était clair et qui nous permettait surtout
d'éviter l'exclusion de quiconque. Ça fait que c'est essentiellement ça.
Donc, moi, je trouve
que c'est une définition qui est super claire, qui est englobante, qui est
inclusive et va contribuer aussi à la diversité de ce secteur-là, qui en a
besoin, évidemment. Ça fait partie d'une... d'un des éléments, l'accès et
l'inclusion, de notre potentiel d'accroître l'arrivée d'une nouvelle
main-d'oeuvre dans une époque où les postes vacants sont beaucoup trop
nombreux, là, actuellement, là.
Mme Cadet : Je
vous entends puis je ne sais pas si je m'exprime clairement. Ici, dans le fond,
ce que j'amène comme réflexion au niveau, donc, de la volonté d'inclure une
définition, dans la loi R-20, de personne immigrante, qui ne se
retrouverait pas ailleurs, alors que les termes «résident permanent» et le
terme «ressortissant étranger» sont déjà
définis, donc, de façon claire à la loi, donc, sur l'immigration et la
protection du statut de réfugié et qui sont donc utilisés dans la
nomenclature actuelle, donc... de nous permettre, donc, de les conserver
distinctement plutôt que de créer la définition de personne immigrante.
• (18 h 40) •
M. Boulet : Mais
là où je ne suis pas tout à fait d'accord avec vous, c'est que la définition,
elle est dans la Loi sur l'immigration du Québec, la définition d'un
ressortissant étranger.
Mme Cadet : Oui,
mais pas personne immigrante.
M. Boulet : Donc,
on le rajoute dans le but d'éviter d'exclure. Moi, je trouve ça tout à fait
bénéfique et compatible avec la volonté de
permettre à des personnes qui vivent à l'étranger d'intégrer l'industrie de la
construction. Puis je n'ai pas d'autre... Moi, pour moi, c'est clair et
logique, là. Mais donc c'est une définition qui existe, c'est un concept qui
existe et c'est un concept qui a sa place ici dans la définition de personne
immigrante.
Mme Cadet : Mais
justement, M. le ministre, j'ai l'impression que vous faites un peu mon point,
parce que, puisque le terme, donc, de ressortissant étranger est un terme qui
existe, puisque le terme de résident permanent en est aussi un qui existe, je me questionne sur la volonté de les englober
tous les deux pour définir personne immigrante. Et c'est «personne
immigrante», comme définition, qui n'est pas ailleurs, que là on vient créer
dans la loi R-20. Elle est là, ma question.
M. Boulet : Je
suis totalement à l'aise, mais évidemment on évite une énumération qui est
longue. On a un concept qui est plus aisé à appliquer par la CCQ et un concept
qui est tellement inclusif qu'on évite de perdre un capital humain qui serait
ici ou à l'étranger. Mais moi, je n'ai pas d'autre commentaire que ça, là, mais
je comprends que... ce que vous voulez me
faire dire, mais non, personne immigrante, ce n'est pas défini comme ça
spécifiquement ailleurs. Nous, c'est
une définition qui essentiellement sert les finalités de la loi ou répond aux
objectifs d'accès et d'inclusion. Je me limiterai à ça.
Mme Cadet : Je
continuerais là-dessus, donc, à p.3. Donc, ici... puis je pense que vous avez,
donc, partiellement, donc, répondu ici parce que c'est un peu le... c'est un
peu le même débat, mais je l'ai fait d'abord, donc, sur personne immigrante, parce
qu'ici je vous amenais sur le fait que cette définition précise n'existe pas
ailleurs. Et je veux m'assurer, donc, qu'on reste rigoureux sur la
terminologie, quand bien même que les fins visées sont à l'avantage, donc,
desdits ressortissants étrangers en l'espèce, mais je... Mon souhait ici, là,
c'est que notre manière, donc, de nommer les choses, donc, ne nous amène pas,
donc, plus tard, donc, à soit causer, donc, de la confusion ou être... que ce
soit, donc, limitatif, donc, d'une façon ou d'une autre. Donc, c'est pour ça
que, dans le cadre de la définition de personne immigrante, de scinder les
deux, je pense que ça pourrait être bénéfique.
Et j'avais, donc,
une... des préoccupations, donc, similaires au niveau, donc, de la
terminologie, donc, de personne représentative de la diversité de la société
québécoise, là, ce qu'on nommait plus tôt, là, le fait que plusieurs
mémoires... donc, j'ai nommé celui de la Commission des droits de la personne
et des droits de la jeunesse, mais également, donc, celui de la... du Grand
Council of the Crees, et quelques autres mémoires également, nous... nous
faisaient cette recommandation-là, donc, conserver une nomenclature distincte
pour chacun des groupes visés ici, pas pour les enlever du projet de loi, pas
pour qu'ils ne soient pas visés par les mesures de... qui permettent à ces
différents... à ces différents groupes, là, d'intégrer le secteur de la
construction en plus grand nombre, mais bien pour nous assurer que les...
qu'ils soient bien nommés et que l'article, donc, 123.1, par exemple... puis je
sais qu'on modifie 123.1 pour que la nomenclature «personne représentative de
la diversité de la société québécoise» soit aussi mise de l'avant ici, mais que
ça ne nous empêche pas d'avoir, donc, de la réglementation distincte et que
l'on prenne en considération les défis distincts de chacun des groupes.
M. Boulet : Je
comprends ce que vous me dites, mais, en même temps, comme...
Mme Cadet : Donc,
123.1...
M. Boulet : ...comme
j'ai mentionné un peu plus tôt, il y a la politique favorisant la
représentativité de la diversité québécoise,
là, découlant de la Loi sur la gouvernance des sociétés d'État. Et moi, je vais
revenir constamment avec le point que les définitions sont appréhendées
par la Commission de la construction du Québec, sont maîtrisées, et ça répond
aux fins recherchées, c'est-à-dire de mettre en place des mesures favorisant la
reconnaissance de la formation et des expériences de travail des personnes qui
vivent à l'étranger puis qui souhaitent intégrer l'industrie de la construction, répondre évidemment à nos
besoins découlant de la pénurie de main-d'oeuvre. Mais on aurait pu aller
dans beaucoup de directions différentes, mais je pense que les textes actuels,
pour moi, sont simples et ne créent pas de confusion puis...
Mme Cadet : Qu'est-ce que vous
répondez aux différents groupes qui préféreraient qu'il y ait des définitions
distinctes pour chacun des groupes? Il y a quand même plusieurs mémoires qui le
mentionnent.
M. Boulet : Oui, mais je pense que,
de façon générale, les mémoires ne se sont pas intéressés à des nuances plus
pointues, là, comme celles que vous soulevez. Moi, ça m'apparaît clair, puis je
le répète, et, si c'est utile... parce qu'il n'y a pas un groupe qui a dit que
ça faisait partie de ses priorités, j'aurais eu l'opportunité de redire, c'est
des définitions qui sont les plus inclusives possible, des définitions qui
évitent l'exclusion, et c'est des définitions qui visent à reconnaître, peu importe la personne, pour qu'elle puisse
intégrer... en fait, qu'elle puisse obtenir un certificat compétence et
répondre aux besoins de l'industrie de la construction. C'est comme ça que
j'aurais répondu.
Mme Cadet : Mme la Présidente,
est-ce qu'on peut... est-ce qu'on peut suspendre ici, s'il vous plaît?
La Présidente (Mme D'Amours) : Je
suspends les travaux quelques minutes.
(Suspension de la séance à 18 h 47)
(Reprise à 19 h 12)
La
Présidente (Mme D'Amours) : Merci, tout le monde. Compte tenu de l'heure,
merci pour votre collaboration, et la commission ajourne ses travaux
sine die. Merci.
(Fin de la séance à 19 h 13)