(Onze heures vingt-neuf minutes)
La Présidente (Mme D'Amours) : Bonjour,
tout le monde. Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission
de l'économie et du travail ouverte.
La commission
est réunie afin de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 51, Loi modernisant l'industrie de la
construction.
Mme la secrétaire, y a-t-il des remplacements?
La
Secrétaire : Oui, Mme la Présidente. M. Tremblay (Dubuc) est remplacé par Mme Mallette (Huntingdon).
Étude détaillée (suite)
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Lors de l'ajournement de nos travaux d'hier, selon notre plan de travail, nous
étions rendus au sujet 5 portant sur les mesures facilitant l'intégration
et le maintien dans l'industrie de la construction. Plus précisément, nous en
étions à l'étude de l'article 73, et la députée de Bourassa-Sauvé venait
d'indiquer son intention de déposer un amendement. Mme la députée, veuillez,
s'il vous plaît, prendre la parole.
Mme Cadet : Merci, Mme la
Présidente. Donc, je vais procéder à la lecture de mon amendement. J'y arrive,
Mme la Présidente.
Une voix : ...
Mme Cadet : Tout à fait. Merci.
Donc, article 73, article 20 du Règlement sur la formation
professionnelle de la main-d'oeuvre de l'industrie de la construction :
L'article 73 du projet de loi est modifié par l'insertion, après le
paragraphe 2°, du paragraphe suivant :
3° par l'ajout, après le troisième alinéa, de
l'alinéa suivant :
«Pour une personne autochtone, l'employeur d'une
entreprise de 10 employés et moins ou d'une coopérative de travailleurs
autochtones peut recourir aux services de deux apprentis supplémentaires, par
compagnon que le ratio prévu au premier alinéa.»
L'article modifié se lirait comme suit :
73. L'article 20 de ce règlement est
modifié :
1° par le remplacement, dans le deuxième alinéa,
de «chaque femme apprentie» par «chaque apprenti qui est une femme ou une
personne représentative de la diversité de la société québécoise»;
2° par le
remplacement, dans le cinquième alinéa, de «femmes apprenties» par «apprentis
qui sont des femmes ou des personnes représentatives de la diversité de
la société québécoise»;
3° par l'ajout, après le troisième alinéa, de
l'alinéa suivant :
«Pour une personne autochtone, l'employeur d'une
entreprise de 10 employés et moins ou d'une coopérative de travailleurs
autochtones peut recourir aux services de deux apprentis supplémentaires, par
compagnon que le ratio prévu au premier alinéa.»
• (11 h 30) •
Donc, Mme la Présidente, donc, il s'agit ici,
donc, d'une recommandation, donc, qui nous émanait, donc, d'un groupe qui est venu nous... donc, nous
émettre, donc, cette recommandation précise. Je vais vous lire, donc,
l'extrait, donc, de leur mémoire. Il s'agit... Donc, à l'annexe 2,
donc, du mémoire, donc, on... donc :
«Modification du ratio
compagnon-apprentis : Favoriser le développement des compétences et
l'obtention du statut de compagnon pour les travailleurs Premières Nations de
la construction au Québec.
«Demande :
Dans le cadre de l'accès à l'égalité, de la situation particulière du Québec et
de la priorité d'embauche des
Premières Nations, la CDRHPNQ et l'APNQL réitèrent une demande, soit
d'augmenter le ratio compagnon-apprentis à un pour trois pour les apprentis Premières Nations du Québec
travaillant pour les petits entrepreneurs — 10 employés et moins — ainsi
que pour les coopératives de travailleurs Premières Nations. Cette modification
pourrait se faire par décret afin d'éviter les longs délais engendrés par une
modification législative.
«Objectifs :
«1. Permettre à un plus grand nombre de
travailleurs inuits un accès aux chantiers de construction afin de développer et poursuivre le développement de leurs
compétences de manière polyvalente par le biais de petits entrepreneurs ainsi
que de la coopérative inuite de travailleurs de la construction;
«2. Permettre aux travailleurs de comptabiliser
plus d'heures dans leurs carnets dans le but d'être éligibles aux examens de la
Commission de la construction du Québec;
«3. Augmenter et prioriser la mobilité de la
main-d'oeuvre à l'intérieur du territoire;
«4.
Favoriser la rétention sur les chantiers ainsi que le développement de
l'économie locale. À moyen terme, favoriser
l'émergence de petits entrepreneurs locaux. Les donneurs d'ouvrage y sont
sensibles, mais l'offre de service est pratiquement inexistante.»
Donc, je termine la
présentation ici. On pourrait, donc, poursuivre, Mme la Présidente. Mais sinon,
dans l'intervalle, je demanderais, donc, une
suspension pour pouvoir... Je demanderais une suspension, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Pour quelle raison?
Mme Cadet : Pour
pouvoir, donc, m'entretenir...
La Présidente (Mme
D'Amours) : Avec le ministre.
Mme Cadet : Oui,
voilà.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Je vous accorde une courte suspension. On suspend nos
travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à
11 h 34)
(Reprise à 11 h 38)
La Présidente (Mme
D'Amours) : Nous reprenons nos travaux. Nous étions à l'amendement. La
députée avait lu son amendement et fait ses
explications. Je suis maintenant prête à entendre vos commentaires. Est-ce
qu'il y a des commentaires? M. le ministre.
M. Boulet : Oui.
Merci, Mme la Présidente. En fait, je comprends bien l'amendement, mais on ne
pourra pas, malheureusement,
malheureusement, aller dans cette direction-là. Comme vous savez, dans le
projet de loi, on va permettre aux personnes issues de la diversité, notamment
les personnes des communautés autochtones, de bénéficier du même ratio
que les femmes. Mais le ratio, ça se constate en chantier, et ce serait
impraticable de demander à nos enquêteurs de vérifier tout le temps le nombre
de salariés — puis
le nombre de salariés, une journée donnée, peut varier du matin à l'après-midi — et de
demander à chacun : Est-ce que tu es un compagnon, est-ce que tu es un
apprenti? Ce serait, à toutes fins pratiques, irréalisable.
Donc, je comprends la
sensibilité. Ceci dit, on va permettre aux communautés autochtones d'accéder au
même ratio, qui, comme vous savez, n'est pas
le même que pour les autres, qui est un ratio préférentiel. Donc... Puis on ne
veut pas affecter non plus la supervision puis le système de compagnonnage.
Alors,
pour ces raisons, nous ne pourrons pas aller dans la direction de l'amendement.
Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Oui. Merci beaucoup, Mme la Présidente. Donc...
Donc, comme je le mentionnais, donc, il s'agissait, donc, d'une proposition qui nous est venue, donc,
directement, donc, de la Commission de développement des ressources humaines des Premières Nations. J'entends...
J'entends le ministre. J'entends, donc, le fait, donc, que, pour le ministre,
donc, ça semble peut-être, donc, complexifier la mesure, mais j'ai peut-être,
donc, une question, donc, au niveau, donc, de l'aspect, donc, de rendre,
donc, l'amendement praticable, parce qu'effectivement, donc, c'est ce que nous
venons déjà faire, donc, ici, donc, à l'article 73 du projet de loi, qui
modifie l'article 20, donc, du règlement. Donc, on vient, donc, amener un peu, donc, ces aménagements.
Évidemment, je suis en faveur, donc, des aménagements proposés ici, mais, sur l'aspect, donc, de ce qui est praticable
ou pas, sur cet argumentaire-ci, j'aimerais comprendre, donc, comment
est-ce que ça amène, donc, un élément de complexité qui est distinct de celui
que nous amenons déjà à l'article 73, qui est bienvenu.
• (11 h 40) •
M. Boulet : Absolument.
Bien, écoutez, on se fie aux entrepreneurs, on se fie aux syndicats. Il y a des
associations qui sont présentes, il y a des
employeurs qui sont sur place, il y a des superviseurs qui sont sur place, il y
a des salariés. Donc, c'est un
système qui est mis en place pour s'assurer d'une bonne supervision, d'un bon
compagnonnage, d'un bon
apprentissage. Et de bousculer les ratios, ça n'a pas d'impact. Ça pourrait
nuire à la qualité du compagnonnage, d'une part, et, deuxième élément,
puis là vous avez mis l'accent sur le deuxième élément, ce serait non
vérifiable. Et ce qui se vérifie actuellement l'est suite à une plainte, une
dénonciation, ou un syndicat qui lève la main, ou un entrepreneur qui veut
connaître comment l'appliquer, mais pas permettre des nouveaux apprentis.
D'ailleurs, je le
répète, pour les personnes des communautés autochtones et les membres issus de
la diversité, ils vont pouvoir bénéficier d'un apprenti de plus. Donc là, on ne
peut pas embarquer dans des distinctions, il y a combien d'employés, puis il y
a combien de compagnons, puis il y a combien d'apprentis. C'est plus l'aspect
humain qui rend ça impraticable, comme d'autres mesures qui avaient été
demandées pour les dispositions anti-briseurs de grève. À un moment donné, on n'a pas les... Quand même qu'on aurait des
centaines de personnes, on ne serait pas capables.
Mme Cadet : Merci.
La
Présidente (Mme D'Amours) : Merci. D'autres commentaires sur l'amendement?
Est-ce que l'amendement est adopté ou rejeté?
Des voix : Adopté.
Des voix : Rejeté.
La
Présidente (Mme D'Amours) : Rejeté. Nous revenons à l'article 73. Est-ce
qu'il y a des commentaires? Oui, M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Bien, en fait, je voulais
juste demander au ministre de nous réexpliquer ce que faisait 73.
M. Boulet : 73, on remplaçait «de
chaque femme apprentie» par «chaque apprenti qui est une femme ou une personne
issue de la diversité», là.
M. Leduc : Puis
cet... Non, mais cet article-là, il génère quoi, déjà, à la base, pour les
femmes? C'est... c'est le ratio?
M. Boulet : C'est les ratios, les
ratios. En fait, peut-être, je vais vous redonner l'explication globale, là.
Les ratios pour 20 métiers, collègue, c'est deux compagnons par apprenti. Pour
cinq métiers, c'est un compagnon par apprenti.
Puis ça, c'est tout établi par les parties. Pour les femmes, depuis 2021, un
des allègements réglementaires, ils peuvent avoir une apprentie de plus.
Puis les nouveaux aussi...
Une voix : ...
M. Boulet : ...oui, les apprentis de
dernière période, il peut y en avoir un de plus. Donc, tout ce que fait l'article que nous discutons, c'est de donner
accès aux membres issus de la diversité à un ratio comme celui des femmes.
M. Leduc : Donc, une femme qui veut
rentrer dans l'industrie n'a pas besoin d'attendre, en quelque sorte, qu'une
place se libère dans un ratio.
M. Boulet : C'est plus ouvert. C'est
plus ouvert pour accroître la représentativité.
M. Leduc : Parce que le ratio, ce
n'est comme pas un poste affiché ou quoi que ce soit du genre, là.
M. Boulet : Non, non, non. C'est
pour assurer une supervision puis un apprentissage qui est adéquat. Tu sais, si
tu as un compagnon puis deux apprentis, bien, il s'assure de les aider, de les
accompagner puis...
M. Leduc : Parce que, là, tantôt,
vous avez dit deux compagnons pour un apprenti, mais vous avez inversé, je
pense. C'est...
M. Boulet : Non, c'est...
M. Leduc : C'est un compagnon pour
deux apprentis.
M. Boulet : Non, c'est deux
compagnons par apprenti.
M. Leduc : OK.
M.
Boulet : Bien oui, tout à fait, pour 20 métiers. Pour un
certain nombre de métiers, évidemment, dépendamment de la complexité,
c'est 1-1.
M. Leduc : Ça fait que j'imagine que
les métiers où est-ce qu'il y a deux compagnons pour un apprenti, c'est des
métiers plus compliqués...
M. Boulet : Exact.
M. Leduc : ...où on... où on décide
qu'il faut deux maîtres d'expérience pour superviser un nouveau ou une
nouvelle.
M. Boulet : Oui.
M.
Leduc : OK. Je pensais, c'était l'inverse. Là, vous dites
qu'on a fait des allègements en 2021. C'est la nature du règlement qui
est en... qui est rouvert, donc, par 73, pour dire : On peut rajouter des
femmes, qui ne comptent pas dans le ratio.
M.
Boulet : Un de plus.
M. Leduc :
Un de plus. En fait, on rajoute une femme pour un nouveau ratio. D'accord.
M. Boulet : En fait, une apprentie de plus, et là on donne
accès à ce ratio préférentiel là pour les groupes issus de la diversité.
C'est aussi simple que ça.
M. Leduc : Est-ce
qu'un bilan a été fait de cette mesure-là de 2021?
M. Boulet : Bien, les parties en discutent. Est-ce que, dans
le... Est-ce qu'il y a un bilan? Vous voulez savoir quoi, dans le fond?
M. Leduc : Bien,
dans le fond, parce que...
M. Boulet : Il
y en... Mais il n'y en a pas. Il n'y en a pas, de volumétrie.
M. Leduc : Il
n'y a pas de bilan formel. Parce que moi, j'ai entendu différents échos qui
disaient qu'il y en a qui peuvent l'apprécier, mais il y en a qui peuvent aussi
être critiques de ça, dans le sens où, si tu as moins de ratio puis moins...
donc, moins d'encadrement objectif, là, si tu as moins de personnes qui
t'entourent, est-ce que c'est vraiment
quelque chose qui favorise la rétention? Dans le sens où vous êtes peut-être un
peu plus laissé à vous-même. Vous êtes moins accompagné si vous ne
comptez pas dans un ratio. Parce que, quand on dit qu'elle ne compte pas dans
le ratio, elle pourrait aussi avoir un ratio classique, cette femme-là, là.
M. Boulet : Bon,
il n'y a pas d'étude sophistiquée là-dessus. Moi, j'ai rencontré des
entrepreneurs, j'ai rencontré des syndicats,
comme vous, d'ailleurs. Les entrepreneurs voudraient beaucoup plus d'apprentis
par compagnon, puis, les syndicats, c'est l'inverse. Ça fait que c'est sûr
qu'il n'y a pas une unanimité, mais il y a un fort consensus. Les ratios
actuels, ils fonctionnent bien. Mais il n'y a pas de bilan.
M. Leduc : Je
ne voulais pas nécessairement ouvrir sur les ratios en général, M. le ministre.
Je voulais vraiment me concentrer sur
l'expérience des femmes de cette mesure-là puis... Par exemple, est-ce que Les Elles de la construction... Il y en a
qui avaient connu, qui avaient bénéficié de cette mesure-là pour, comme, avoir
une place plus rapide d'encadrement, mais est-ce qu'ils ont apprécié ça, même
si ça voulait dire, potentiellement, un peu moins d'encadrement parce qu'on
était un peu plus?
M. Boulet : Non,
non. Puis j'ai rencontré... C'est intéressant. Les Elles de la construction,
j'ai rencontré le conseil d'administration à une clinique de... à un chantier,
là, d'une clinique de fertilité au centre-ville de Montréal, puis ils ne m'ont
jamais exprimé de préoccupation à cet égard-là.
M. Leduc : OK.
Donc, pas nécessairement de reconnaissance positive mais pas non plus de
critique.
M. Boulet : Totalement.
Mais que ce soit bénéfique pour l'augmentation de la représentativité féminine,
ça, à la CCQ, comme je le mentionne souvent, il y a un programme d'accès à
l'égalité, phase I, qui va être remplacé par une phase II à l'automne. Ils sont en train de faire les retombées
de toutes les mesures puis identifier des nouvelles mesures.
M. Leduc : Non,
je comprends.
M. Boulet :
OK.
M.
Leduc : Mais c'est juste
que, 2021, vous mettez ça en place. Est-ce qu'il y a, dans les statistiques de
rétention des femmes...
M. Boulet : Non.
M. Leduc : ...une
amélioration depuis 2021?
M. Boulet : Il
y a une... il y a une amélioration du nombre de femmes qui intègrent.
M. Leduc : Ça,
je sais, mais la rétention.
M. Boulet : Mais
la rétention... Le dernier sondage, il date de 2021. Mais, non, il n'y en a
pas, pas à ma connaissance.
M. Leduc : Donc,
il n'y a pas de statistique postmesure...
M. Boulet : Non.
M.
Leduc : ...sur est-ce que ça a eu un impact ou non. Parce qu'on
s'entend, ça pourrait être différents éléments, là, qui influencent. Mais ça,
on n'est pas capables de dire si ça fonctionne.
M. Boulet : Non.
Puis je vais déférer aux travaux menés par la Commission de la construction du
Québec. Il y a une présidente-directrice générale qui s'appelle Audrey Murray,
qui est une personne...
M. Leduc : Bien oui, on l'a... J'ai même... J'ai voulu lui
poser une question la semaine dernière. Vous ne l'avez pas laissé répondre.
M. Boulet : ...extrêmement intéressée par l'augmentation de la
représentativité des femmes et qui travaille avec intensité à un nouveau
plan d'accès pour l'égalité des femmes.
M. Leduc : Vous
comprenez où je m'en vais avec ça, M. le ministre. Parce que, dans le fond,
cette mesure-là qui existe déjà pour les
femmes, vous, vous l'élargissez. Vous dites : On va rajouter des personnes
représentatives de la diversité. Moi, je dis : Très bien, mais ça vaut-tu
la peine de faire ça si on n'est même pas certains que la mesure, elle
fonctionne puis elle est appréciée?
M. Boulet : Bien,
il y a un bilan qui pourra être fait. C'est tout ce que je peux dire.
M. Leduc : Bien,
je suis content de l'entendre. C'est juste que je me serais attendu, en bons
législateurs que nous sommes, qu'on ait ces
informations-là avant d'élargir une mesure dont on n'est même pas certains de
l'effet puis on n'est même pas
certains de la réception. On espère qu'elle le soit. Puis, tu sais, si vous
m'aviez soumis ça, à l'origine, pour dire : On essaie ça en 2021, bien,
coudon, on l'essaie. Ça fait toujours bien trois ans que c'est en vigueur. Là,
vous dites : On l'élargit. OK, mais là c'est comme un acte de foi, en
quelque part, qu'on nous demande de faire.
M. Boulet : Je
n'ai plus de commentaire, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. D'autres commentaires sur l'article 73? Est-ce
que l'article 73 est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Adopté. J'ai reçu sur Greffier un amendement du député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : ...Mme
la Présidente, pas trop long.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Pardon?
M. Leduc : Je
veux juste suspendre deux minutes avant de le... de le lire, s'il vous plaît.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Oui. Je vais suspendre les travaux quelques minutes, s'il
vous plaît.
(Suspension de la séance à
11 h 49)
(Reprise à 11 h 51)
La Présidente (Mme
D'Amours) : Nous reprenons nos travaux. M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve,
si vous voulez bien nous faire la lecture de votre amendement, s'il vous plaît.
M. Leduc : Oui,
Mme la Présidente. C'est 73.1. Insérer, après l'article 73 du projet de
loi, le suivant :
73.1.
L'article 23 de ce règlement est modifié par la suppression, dans le
premier alinéa, des mots «ou d'un certificat de compétence-occupation».
Ça se lit donc comme
suit :
«23. Le titulaire du
certificat de compétence-apprenti qui formule une demande ou pour lequel un
employeur formule une demande visant la délivrance d'un certificat de
compétence d'une autre catégorie ou visant un autre métier doit remettre à la
Commission le certificat de compétence dont il est titulaire», etc.
Bien, on a été sensibilisés
à cette réalité notamment par la CSD, qui ne comprenait pas pourquoi, lorsque vous, potentiellement, changez de métier, vous
devez nécessairement remettre votre carte de compétence. Parce que, là, on
comprenait que, si vous êtes un apprenti, que vous avez un CCA, le certificat
de compétence apprenti, puis que, là, vous voulez changer de métier,
vous voulez devenir apprenti dans un autre métier, bien, vous n'avez pas fini
votre parcours d'apprenti, c'est correct, donc, vous remettez votre certificat
de compétence apprenti puis vous en prenez un
autre, que vous commencez un nouveau parcours. Mais pourquoi on précise, dans
l'article original, 23, du règlement, que c'est la même chose pour
un certificat de compétence occupation?
Puis là le ministre pourra
peut-être nous éclairer, puis c'est peut-être moi qui a mal compris, mais le
certificat de compétence occupation, c'est pour des emplois un peu plus
spécifiques, un peu plus pointus. J'en ai une liste ici, dans ce qu'il nous a
fourni comme feuille explicative, là, hier : boutefeu-foreur, arpenteur,
scaphandrier, monteur de lignes, soudeur, soudeur en tuyauterie, etc. Pourquoi
on demande au CCO, au certificat de compétence occupation, de faire la même
chose que l'apprenti, de remettre son certificat de compétence s'il veut
changer de métier puis recommencer un nouveau parcours? Pourquoi il ne peut pas
le garder, son certificat de compétence occupation?
M. Boulet : OK. Donc, ce que vous...
En fait, votre intention, là... Je ne sais pas si c'est au bon article, là,
mais ce que vous dites, c'est que le titulaire d'un certificat occupation qui
demande la délivrance d'un certificat compétence apprenti doit renoncer à son
certificat compétence occupation. Et ça, vous voudriez éliminer ça.
M. Leduc : Bien, on ne comprend pas
pourquoi, puis ça... Donc, on suggère de le modifier, en effet, pour... Si
quelqu'un veut changer de métier mais rester dans la construction, c'est quand
même une bonne nouvelle, plutôt qu'il quitte l'industrie. Bien, pourquoi on lui
coupe les jambes, entre parenthèses?
M.
Boulet : Donc, la possibilité qu'un détenteur de certificat
occupation puisse aussi avoir un certificat apprenti.
M. Leduc : Bien sûr. Exact.
Une voix : ...
M. Boulet : Oui. On va prendre
une... avec votre permission, une petite pause de deux minutes.
M. Leduc : Merci.
M. Boulet : Mais je comprends mieux
puis je vais être en mesure de répondre après la pause, monsieur... cher
collègue.
M. Leduc : Suspense. Ce sera
peut-être mon premier.
La Présidente (Mme D'Amours) : Nous
prenons une pause quelques minutes.
(Suspension de la séance à 11 h 54)
(Reprise à 11 h 58)
La
Présidente (Mme D'Amours) : Nous reprenons nos travaux. M. le ministre, vous
aviez demandé une pause. Maintenant, nous revenons. Est-ce que vous avez
la réponse?
M. Boulet : Oui. En fait, on est
d'accord avec l'amendement de Québec solidaire. Cependant, on mettrait une règle additionnelle puis on ne le soumettrait
pas de la même manière. Puis on va le déposer au bureau du greffier. Peut-être qu'il est déjà déposé, là. Mais, plutôt
que de le mettre à l'article 23, on le mettrait à l'article 2.6 du
règlement, qui fait référence à «malgré l'article 23», et on
rajouterait «4 000 heures effectuées dans l'occupation» pour que ça assure de ne pas vider les détenteurs de
certificat compétence occupation qui acquièrent une certaine expérience et qui,
là, après avoir maîtrisé leur
occupation, puissent développer l'ambition de faire de l'apprentissage pour
obtenir un certificat compétence
apprenti. Ça fait que, si cette... Nous, on va déposer un projet d'amendement
au bureau du greffier qui serait de cette teneur-là. En fait, c'est
exactement pour répondre à votre projet d'amendement.
M. Leduc : Je remercie le ministre
pour son ouverture. Moi, je suis toujours un homme de compromis. Je veux juste
essayer de comprendre le 4 000. Pourquoi 4 000? Pourquoi pas
3 000? Ce chiffre-là, il est basé par rapport à quoi exactement? Est-ce
qu'il y a un comparatif ou un article équivalent?
M. Boulet : ...c'est une unité de
mesure qui est suggérée, après consultation, pour s'assurer que ce ne soient
pas des nouveaux détenteurs de certificat compétence occupation puis qu'il y
ait un risque dans la maîtrise des tâches reliées à l'occupation. Quand la
personne maîtrise bien... Ça aurait pu être 6 000, ça aurait pu être
8 000, mais 4 000, ça nous apparaissait être une unité de mesure.
M. Leduc : Je comprends.
• (12 heures) •
M.
Boulet : Mais, sur le fond, sur le principe, moi, je suis
d'accord à ce qu'un détenteur de certificat compétence occupation puisse avoir
un certificat compétence apprenti sans délaisser son certificat compétence
occupation. Puis vous pourrez lire
l'article, mais c'est... ce serait l'article 62.1, puis ça réfère à
l'article 2.6 du Règlement sur la délivrance des certificats de
compétence. C'est un nouvel article 2.6.
M. Leduc : ...on
va le regarder.
M. Boulet : Ce serait plus clair.
M. Leduc : Je n'ai pas de problème
de passer par un autre chemin. Encore une fois, je veux juste bien comprendre
le 4 000, parce que ma compréhension, c'est que, quand on est... On n'a
pas besoin de passer par un certificat de compétence apprenti pour obtenir un
compétence occupation.
M. Boulet : ...on n'a pas besoin...
Non, effectivement.
M. Leduc : C'est ça. Sauf que, quand
on veut devenir un compagnon, il faut un apprenti, puis l'apprenti, c'est
2 000 heures, je pense.
M.
Boulet : Dépendamment des métiers. C'est des blocs de
2 000 heures, mais ça peut aller jusqu'à 10 000 heures.
M. Leduc : Ah! oui, cinq périodes de
2 000 heures chacune.
M. Boulet : Oui, exact.
M. Leduc : Désolé, j'ai... j'ai lu
trop vite votre fiche.
M. Boulet : Alors que, là, on
dit : 4 000 heures dans ton occupation... Évidemment, c'est des...
c'est plus des manoeuvres...
M. Leduc : C'est comme une moyenne.
M. Boulet : ...des manoeuvres
spécialisés. Donc, ce que les partenaires nous disent : 4 000 heures,
normalement... ça aurait pu être 5 000 ou 6 000, mais il a un bon... il
a un niveau suffisant de maîtrise des tâches de son occupation pour lui
permettre d'ambitionner de faire l'apprentissage d'un métier qui est plus
spécialisé.
M. Leduc : Je comprends. Parce qu'on
ne voudrait pas qu'une personne fasse sa formation puis détienne un CCO, mais qu'elle n'ait pas eu le temps vraiment
de le pratiquer, puis là on lui permet de le garder, même s'il part sur
une autre track, mais qu'il n'y ait pas... on n'ait pas l'assurance qu'il
maîtrise vraiment... Je comprends.
M. Boulet : ...la formation se fait
en travaillant comme manoeuvre ou manoeuvre spécialisé.
M. Leduc : Ça me semble un compromis
intéressant. Merci.
M. Boulet : OK.
La Présidente (Mme D'Amours) :
Donc...
M. Leduc : Donc, je vais retirer mon
amendement. Bien...
La Présidente (Mme D'Amours) : Vous
demandez le retrait de votre amendement.
M. Leduc : Oui.
La Présidente (Mme D'Amours) : Donc,
j'ai besoin du consentement pour le retrait...
M. Leduc : Parfait.
La Présidente (Mme D'Amours) :
...pour retirer l'amendement du député. Consentement. Merci. Nous revenons à
l'article...
Une voix : ...
La Présidente (Mme D'Amours) : Non,
c'est ça.
M. Boulet : Là, je lirais mon
amendement.
La Présidente (Mme D'Amours) : Vous
avez un amendement à déposer.
M. Boulet : Il est déposé, oui.
Mme
Cadet : ...la Présidente, je pense...
La Présidente (Mme
D'Amours) : Un instant, Mme la députée, s'il vous plaît. M. le
ministre, vous parlez d'un amendement que... Ce n'est pas dans le plan de
travail, dans ce bloc-là.
Des voix : ...
La Présidente (Mme
D'Amours) : Je vais suspendre les travaux quelques minutes, s'il vous
plaît.
(Suspension de la séance à
12 h 03)
(Reprise à 12 h 06)
La Présidente (Mme
D'Amours) : Nous reprenons nos travaux. Nous avons convenu que
l'amendement du ministre n'était pas déposé à ce moment-ci, qu'il sera, dans le
plan de travail, dans une autre rubrique.
Maintenant, je suis
prête à entendre Mme la députée de Bourassa-Sauvé, qui dépose un amendement
sur... dans ce... dans le bloc où est-ce qu'on est en train de travailler.
Mme Cadet : Exactement.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Donc, Mme la députée, l'amendement est déjà sur Greffier
et sur écran. Donc, je vous demanderais d'en faire la lecture, s'il vous plaît.
Mme Cadet :
OK. D'accord. Merci beaucoup. Merci beaucoup, Mme la
Présidente. Donc, lecture de l'amendement, donc, numérotation, donc, à valider, mais article, donc, 72.1, article
5.7 du Règlement sur la formation professionnelle de la main-d'oeuvre de
l'industrie de la construction : Insérer, après l'article 72 du projet de
loi, le suivant :
72.1. L'article 5.7
de ce règlement est modifié par l'insertion, après le paragraphe 3°, du
suivant :
«4° détentrice
d'un certificat de compétence-occupation qui démontre à la Commission qu'elle a
effectué au moins 4 000 heures de travail dans l'exercice d'une même
occupation.»
L'article modifié se
lirait comme suit :
«5.7. Est également
admissible à l'examen de qualification d'un métier ou d'une spécialité visé par
l'un des articles 5.1 à 5.5, la personne :
«1° âgée d'au
moins 16 ans;
«2° ayant
réussi le cours de sécurité exigé par le Code de sécurité pour les travaux de
construction (chapitre S-2.1, r. 4);
«3° ayant acquis
l'expérience, en heures de travail exécutées et rémunérées dans le métier et la
spécialité, ou selon le cas dans le métier
ou la spécialité, effectuées à l'extérieur du champ d'application de la Loi et,
s'il y a lieu, en crédits de
formation applicables, au moins égale aux heures d'apprentissage à compléter,
établies en conformité avec les conditions prévues à ces articles;
«4° détentrice
d'un certificat de compétence-occupation qui démontre à la Commission qu'elle a
effectué au moins 4 000 heures de travail dans l'exercice d'une
même occupation.»
Donc, merci, Mme la
Présidente. Donc, ici, tout simplement, là, je sais que, là, on a... L'avantage
ici, c'est que je pense qu'on s'entend,
donc, sur les différents principes. Je prends la peine de déposer l'amendement,
parce que, là, donc, on se demande,
donc, quel est le meilleur endroit, par cohérence législative, où nous assurer,
donc, de faire, donc, cette modification-ci pour qu'elle soit la plus
judicieuse.
Je sais, donc, le
ministre, donc, on vient de l'entendre, de son côté, préfère modifier le
Règlement sur la délivrance des certificats
de compétence à 2.6, si je ne m'abuse, si j'ai bien compris. Je vous avouerais,
Mme la Présidente, qu'il semble peut-être plus approprié de faire, donc,
les modifications à... pardon, donc, de les faire ici, donc, à l'article 5.7, donc, du règlement sur la formation
professionnelle, pardon, donc, de la main-d'oeuvre, donc, de l'industrie
de la construction, donc, afin, donc, d'y émettre, donc, ces modifications-ci.
Donc, on est, donc, à
un autre lieu, donc, de l'appareil réglementaire, mais pour permettre, donc,
aux gens qui sont essentiellement, donc, des titulaires, donc, de certificat de
compétence occupation de pouvoir accéder, donc, à l'exercice d'un métier sans que leur soit, donc, enlevée, donc, leur
carte, donc, de compétence occupation. Et, comme le ministre, donc, on considère que c'est important
que la personne, donc, qui a effectué, donc, un certain nombre d'heures à
l'intérieur, donc, de la même occupation... afin, donc, d'assurer, donc, la
sécurité... lui permettre, donc, d'être admissible à l'examen de
qualification d'un métier ou d'une spécialité par la suite dans ce vecteur-là.
Donc, je pense que
ça... que c'est le meilleur lieu, donc, dans le cadre législatif actuel, donc,
pour permettre cet ajustement qui, heureusement, donc, sur le fond... donc,
nous partageons tous. Je pense que c'est une incohérence manifeste en ce moment
dans le cadre de la loi R-20.
Et je reviens
toujours à ces objectifs, Mme la Présidente. Quand je prends la parole,
l'objectif est toujours, donc, de construire
mieux, construire plus vite, construire à moindre coût. Considérant qu'il y a
plus de 32 000 travailleurs de
la construction qui... qui sont titulaires de certificat de compétence
occupation, c'est ce que nous révélaient les chiffres de la CCQ de 2022 qui se
trouvent à l'analyse d'impact réglementaire, donc, du gouvernement, il semble
que, donc, permettre cet ajustement-ci nous... irait, donc, dans le sens
que prévoit le ministre pour permettre beaucoup... des plus grands gains d'efficacité. Et, manifestement, donc, c'est une
proposition qui est à l'avantage de toutes les parties.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. Commentaires? M. le ministre.
• (12 h 10) •
M. Boulet : Merci, Mme la
Présidente. Malheureusement, on ne pourra pas accepter cet amendement, qui n'est pas au bon endroit. Un, ce n'est pas le
Règlement sur la délivrance des certificats de compétence, c'est le Règlement
sur la formation professionnelle. Et 5.7 commence en disant : «Est
également admissible à l'examen de qualification d'un métier», puis là il y a
l'énumération, mais l'examen de qualification, il couronne l'apprentissage.
L'examen de qualification, c'est pour avoir ton certificat compétence
compagnon.
Donc, on
n'est pas au bon endroit, parce que le détenteur d'un certificat compétence
occupation, il doit d'abord commencer son apprentissage, comme le
soulignait le collègue d'Hochelaga-Maisonneuve. Et donc l'amendement que nous
avons soumis, qui va être plus tard, dans le volet Polyvalence, lui, il réfère
au fait que le détenteur d'un certificat
compétence occupation qui a 4 000 heures, il peut commencer son
apprentissage. Et, son certificat compétence apprenti, il l'a, et, à la
fin de son apprentissage, il va faire son examen de qualification, conformément
à ce qui est prévu à 5.7, pour avoir son certificat compétence compagnon.
Ça fait que, sur le fond, comme j'ai mentionné,
on est d'accord, mais malheureusement je ne pourrai pas voter pour cet
amendement, qui est... là, qui est excessif, là, ceci dit, avec respect, pour
permettre à un détenteur de certificat
compétence occupation d'être admissible à un examen de qualification d'un
métier. C'est comme sauter toutes les étapes. Ça fait que c'est mes
commentaires, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci,
M. le ministre. Pour le bien de tous les collègues, nous avons reçu
l'amendement, qui est sur Greffier, donc, qui va être...
M. Boulet : ...présenterons au
moment opportun.
La Présidente (Mme D'Amours) : ...oui,
exact, dans le bloc Polyvalence, qu'on a comme note. Donc, c'est pour le mentionner à tous les collègues, qu'il est
sur Greffier, ce dont vous parlez. Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Oui. Juste une petite
question ici parce que j'essaie de comprendre ce que, là, donc, on va modifier. Donc, votre... Évidemment, donc, ce que
je comprends, il est sur Greffier. On va en prendre connaissance, là. Mais
votre amendement, donc, modifie quel règlement?
M. Boulet : Le Règlement sur la
délivrance des certificats de compétence.
Mme Cadet : D'accord. OK.
M. Boulet : Là, on est vraiment «on
target», si vous me permettez l'expression.
Mme Cadet : Sur la cible.
M. Boulet : Et, sur le fond, ce
n'est vraiment pas dans le Règlement sur la formation professionnelle, parce que, là, vous êtes dans un article où on déclare
une personne admissible à un examen de qualif, et, pour être admissible
à un examen de qualif, il faut répondre aux autres conditions, mais
certainement pas celles que vous rajoutez. C'est vraiment...
Mme Cadet : D'accord. Bien, de toute
façon, sur le fond, on s'entend, M. le ministre. Alors, ma question ici, puis
c'est pour ça que je vous... En fait, je vous posais... Donc, je vous
demandais, donc, quel... donc, votre amendement, donc, vient modifier quel
règlement. C'est qu'en fait, là, à ce stade-ci, donc, je me pose la question :
Donc, pourquoi est-ce que ça ne fait pas partie du bloc Mesures facilitant
l'intégration et le maintien dans l'industrie de la construction, puisque tout
ce que nous avons modifié dans ce bloc-ci était le Règlement sur la délivrance
des certificats de compétence?
M. Boulet : C'est parce que...
La Présidente (Mme D'Amours) : ...je
m'excuse, là, mais l'amendement qui a été déposé, c'est dans le bloc
Polyvalence. Je vous... je vous demanderais de vous référer...
Mme Cadet : Oui, c'est ça, ma question.
La Présidente (Mme D'Amours) : Bien,
je vous demanderais de vous référer à votre amendement, puis vous pourrez poser
la question à ce moment-là, lors du dépôt de l'amendement du ministre.
Mme
Cadet : D'accord. Alors... alors, à ce stade-ci, Mme la
Présidente, on va, donc, suspendre l'amendement pour qu'on puisse,
donc...
La Présidente (Mme D'Amours) : Non.
Mme
Cadet : Au niveau de la procédure... Pardon, Mme la ministre, on...
Donc...
La Présidente (Mme
D'Amours) : Je vous demande de parler de votre amendement maintenant.
Si c'est pour des questions sur l'amendement du ministre, vous devez attendre
au bloc Polyvalence.
Mme Cadet : Ah!
d'accord, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme D'Amours) : C'est
ma recommandation, s'il vous plaît. Ça fait que, donc, si on revient à
votre amendement ici, vous pouvez commenter votre amendement ici.
Mme Cadet : En
fait, Mme la Présidente, j'ai une petite question, donc, ici pour vous. C'est
qu'en fait, vu que ma question, donc, porte
justement, donc, sur le bloc dans lequel, donc, devrait, donc, être inclus,
donc, l'amendement du ministre... Je comprends qu'il souhaite, donc, en
débattre dans le bloc Polyvalence. Je le saisis sur le plan du principe, bien
évidemment, mais je pose la question puisqu'il porte sur le Règlement sur la
délivrance des certificats de compétence et
que tout ce dont nous avons débattu au bloc Mesures facilitant l'intégration et
le maintien dans l'industrie de la
construction portait sur ce même règlement, celui sur la délivrance des
certificats de compétence. Vous comprenez, c'est pour ça que je pose la
question à ce stade-ci, et non pas sur le fond de l'amendement.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Je comprends.
M. Boulet : Moi,
je ne suis pas un partisan de débats de procédure. Je comprends le point. Après
le vote sur l'amendement présenté par ma collègue du Parti libéral, moi, si on
est consentants, on peut changer le plan de travail puis que je puisse présenter mon amendement à 62.1, qu'on le devance de
quelques articles, qu'on le fasse passer de la Polyvalence au bloc
Accès, intégration. Moi, je n'ai aucun problème à présenter mon amendement
puisqu'on a déjà fait la discussion. Puis le collègue... Bon, tout le monde est
d'accord. Moi, je le présenterais.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Donc, moi, ce que je vous propose, c'est qu'on aille...
qu'on s'en aille sur l'amendement que vous parlez, avec le consentement, mais
on le laisse dans le bloc Polyvalence...
M. Boulet : Polyvalence,
OK, pour ne pas changer le plan.
La Présidente (Mme
D'Amours) : ...pour ne pas changer le plan, parce que le plan a été
déposé.
M. Boulet : OK.
Super! Avez-vous le texte?
La Présidente (Mme
D'Amours) : Maintenant, on peut travailler votre amendement tout de
suite si c'est la volonté de tous.
M. Leduc : On
saute le bloc Polyvalence juste pour ça puis...
La Présidente (Mme
D'Amours) : Exactement, si vous êtes tous d'accord. J'ai besoin du
consentement pour... Mais, avant tout, il faut... avant tout, il faut statuer
sur l'amendement de la députée de Bourassa-Sauvé. Alors, est-ce qu'il y a
d'autres commentaires sur l'amendement de la députée de Bourassa-Sauvé?
Des
voix : ...
La Présidente (Mme
D'Amours) : Qu'est-ce qui est correct? Qu'est-ce que vous décidez?
Est-ce que...
Mme Cadet : Oui,
oui, on peut procéder. On peut procéder au vote, madame.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Au vote?
Mme Cadet : Oui,
oui.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Bon, parfait. Est-ce que l'amendement de la députée de Bourassa-Sauvé
est adopté ou rejeté?
Des voix :
Adopté.
Des voix : Rejeté.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Rejeté. Là, M. le ministre, on a convenu que vous alliez à
votre amendement 62.1 tout de suite. Donc, si vous voulez bien nous en
faire la lecture, s'il vous plaît.
M.
Boulet : Article 2.6 du Règlement sur la délivrance
des certificats de compétence : Insérer, après l'article 62 du
projet de loi, le suivant :
62.1. Ce règlement est modifié par l'insertion,
après l'article 2.5, du suivant :
«2.6. La Commission délivre un certificat de
compétence-apprenti pour un métier, à un titulaire d'un certificat de
compétence occupation qui en fait la demande et pour lequel au moins
4 000 heures dans l'industrie de la construction dans un titre
occupationnel ont été déclarées conformément au Règlement sur le registre, le
rapport mensuel, les avis des employeurs et
la désignation d'un représentant, si cette personne satisfait aux conditions
suivantes :
«1° elle démontre qu'elle satisfait aux
conditions d'admission prévues à un régime pédagogique établi en vertu de la
Loi sur l'instruction publique, relativement au programme d'études conduisant à
un diplôme d'études professionnelles se rapportant au métier visé par cette
demande;
«2° son
employeur, enregistré à la Commission, formule une demande de main-d'oeuvre,
garantit à cette personne un emploi
d'une durée d'au moins 150 heures échelonnées sur une période d'au plus 3
mois et fournit à la Commission une preuve de cette garantie.
«Malgré
l'article 23, lorsqu'une demande est formulée en vertu du présent article
en vue d'obtenir un certificat de compétence-apprenti, le titulaire d'un
certificat de compétence-occupation conserve son certificat et n'a pas à le
remettre à la Commission.»
Donc, commentaire. Bon, on l'a débattu, là, ça
introduit une nouvelle disposition au Règlement sur la délivrance des
certificats, donc, possibilité pour le détenteur d'un certificat occupation de
débuter l'apprentissage, ce qui va lui permettre d'étendre les travaux, comme vous
le souligniez, qu'il peut exécuter. Ça permet davantage de polyvalence, comme
ma collègue du Parti libéral le soulignait, quand il y a 4 000 heures
qui ont été déclarées au registre. Puis
évidemment les autres conditions sont reprises dans le règlement, qui est
opportun puis qui est approprié à cette situation. Merci, Mme la
Présidente.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
M. le député de... d'Hochelaga-Maisonneuve.
M.
Leduc : Vous avez fusionné nos deux... Vous nous avez
fusionnés. Pas encore. Le PLQS, on l'annonce, mais ce n'est pas... ce
n'est pas fait.
M. Boulet : ...
M. Leduc : Votre premier ministre
semble aimer ça, cette perspective-là.
M. Boulet : ...pour parler, c'est
juste ça.
• (12 h 20) •
M. Leduc : Bon, bien, blague à part,
non, pas certain non plus.
M. Boulet : ...d'un conciliateur, on
en a d'excellents.
M. Leduc : Oui, des très bons, des
très bons au ministère. Merci.
Je remercie le ministre pour sa main tendue. Je
pense que c'est un compromis intéressant. Puis il y aurait... Il va peut-être y
avoir une conséquence, lorsqu'on va adopter ça, sur d'autres aspects, puis
c'est un peu compliqué. J'aimerais ça qu'on puisse suspendre pour que je
l'explique au ministre, s'il vous plaît, et à son équipe.
La Présidente (Mme D'Amours) : Je
suspends les travaux quelques minutes.
(Suspension de la séance à 12 h 21)
(Reprise à 12 h 25)
La Présidente (Mme D'Amours) : Nous
reprenons nos travaux. M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve, s'il vous plaît.
M. Leduc : Merci, Mme la Présidente.
Nos échanges nous ont permis d'un peu mieux comprendre où le ministre allait.
Tout est clair pour nous maintenant. Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : Parfait.
Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Oui, Mme la Présidente.
Donc, je comprends, donc, également, donc, que cet article... cette proposition, donc, d'amendement répond, donc, à
nos préoccupations, donc, pour permettre, donc, l'accès des titulaires de certificat de compétence occupation, donc, à un
métier mais également, donc, à un cumul, donc, de métiers par la suite. Donc,
nous sommes en faveur de la proposition d'amendement.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
D'autres commentaires? L'article 62.1 est-il adopté ou...
Des
voix : Adopté.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Adopté. Selon le plan...
Des voix : ...
La Présidente (Mme
D'Amours) : Là, je vous... je vous informe qu'à chaque fois que vous
prenez la parole la régie s'affole parce qu'elle ne sait pas qui... En tout
cas, c'est dur à vous suivre. Ça fait que je vous demanderais de faire une
attention particulière sur ce que vous dites.
Maintenant, nous sommes maintenant, d'après le plan
déposé du ministre, avec le bloc de référence de main-d'oeuvre, et ce
qu'on a convenu, c'est, encore une fois, de suspendre les travaux quelques
minutes pour des discussions avec le ministre.
On suspend les
travaux quelques minutes.
(Suspension de la séance à
12 h 26)
(Reprise à 12 h 43)
La Présidente (Mme D'Amours) : Bon,
nous avons repris nos travaux. M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve, vous aviez une question?
M. Leduc : Dans
quel onglet on peut retrouver les notes du ministre, là?
La Présidente (Mme
D'Amours) : Dans le plan de travail. Documents, plan de travail.
M. Leduc : Parfait.
Merci beaucoup.
La Présidente (Mme D'Amours) : C'est
bon. M. le ministre, nous étions au bloc Référence de main-d'oeuvre,
l'article 30. Si vous voulez bien nous en faire la lecture, s'il vous
plaît.
M. Boulet : Oui.
Merci, Mme la Présidente. L'article 107.1 de cette loi est modifié :
1° par le
remplacement du deuxième alinéa par le suivant :
«Seuls une
association visée à l'un des paragraphes a à c.2 du premier alinéa de
l'article 1, une association de salariés
affiliée à une association représentative, une entité autochtone ayant conclu
une entente avec le gouvernement en vertu de la section I.1 du
chapitre III de la présente loi, l'Administration régionale Kativik, le
Gouvernement de la nation crie et le Gouvernement régional d'Eeyou Istchee
Baie-James peuvent être titulaires d'un tel permis.»;
2° par l'ajout, à la
fin, de l'alinéa suivant :
«Aux
fins de l'application de la présente section, l'entité autochtone visée au
deuxième alinéa, l'Administration régionale Kativik, le Gouvernement de
la nation crie et le Gouvernement régional d'Eeyou Istchee Baie-James sont,
avec les adaptations nécessaires, assimilés à une association.»
Commentaire. Bon, en
fait, ça propose de modifier 107.1 afin de permettre à une entité autochtone
ayant conclu une entente avec le gouvernement de pouvoir devenir titulaire d'un
permis de service, en fait, pour pouvoir référer de la main-d'oeuvre, puis...
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. Est-ce que vous avez terminé, M. le ministre?
M. Boulet : Oui,
ça va.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Oui, Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Oui.
Merci, Mme la Présidente. Donc, d'abord, donc, je comprends, donc, qu'on vient modifier 107.1 de la loi, donc, qui restreint,
donc, la possibilité, donc, de fournir un service de référence de main-d'oeuvre
dans l'industrie de la construction pour une personne qui n'est pas titulaire
d'un permis délivré à cette fin par le Bureau des permis de service de
référence de main-d'oeuvre. Et donc le ministre vient ajouter... vient
remplacer le deuxième alinéa avec, donc, ce
qu'il vient, donc, de nous indiquer. La première des choses, bien, peut-être,
le ministre, donc, nous expliquer,
donc, comment est-ce que ça se passe, le Bureau des permis de service de
référence de main-d'oeuvre. Donc, ça, c'est à l'intérieur de la CCQ
directement.
M. Boulet : Oui,
mais c'est administré par la Commission de la construction du Québec. On
appelle ça le Carnet référence construction, là, comme j'ai expliqué un peu
plus tôt, qui a été lancé au mois de septembre 2013.
Mme Cadet : Parfait. OK. Aussi,
est-ce que... Ici, donc, à l'amendement, donc, au niveau, donc, des entités
autochtones ayant conclu une entente avec le gouvernement en vertu de la
section I.1 du chapitre III, donc, de la... de la présente loi... OK.
Donc, elles sont... elles sont toutes énumérées, donc, ici, donc, à la présente
loi. OK.
M. Boulet : Oui,
tout à fait. C'est très clair. Ce n'est pas plus compliqué que ça.
Mme Cadet : Parfait. Mme la
Présidente, j'ai aussi, donc, déposé un amendement ici. Donc, je pense qu'il se
trouve déjà sur Greffier.
La Présidente (Mme D'Amours) : On
n'a pas ça, Mme la députée.
Mme Cadet : Vous ne l'avez pas?
La Présidente (Mme D'Amours) : Non.
Mme Cadet : Il n'est pas encore
reçu. OK. Donc, on...
La Présidente (Mme D'Amours) : Non,
on ne l'a pas reçu.
Mme Cadet : Il a été transmis, donc.
La Présidente (Mme D'Amours) : Oui,
bien, je vais continuer quand même mes discussions.
Mme Cadet : Parfait.
La
Présidente (Mme D'Amours) : Est-ce qu'il y a d'autres... des commentaires sur
l'article 30? M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Merci, Mme la Présidente.
Il y avait, dans le mémoire du Grand Conseil des Cris, à la page 7, une
suggestion de leur part, je veux savoir si vous l'avez considérée, qui voulait,
dans le fond, faire référence à l'entente entre la Baie-James et le Nord-du-Québec,
section 36. Ils voulaient rajouter un élément. Pas que j'ai... Je n'ai pas
nécessairement une opinion tranchée, moi, personnellement, par rapport à ça,
mais je voulais juste être certain que vous l'aviez considéré dans vos
réflexions.
M. Boulet : Oui. On a tout, tout,
tout considéré, mon équipe, avec attention et considération.
M. Leduc : Puis pourquoi vous ne
l'avez pas retenu, mettons, celui-là en particulier?
M. Boulet : Je n'ai pas les motifs
clairs, là, mais...
M. Leduc : Bien, ils réclamaient,
dans le fond, que... Bien là, je peux vous le lire en anglais,
là, c'est ça qui était déposé : «For the purpose of this division, the
Cree Nation Government shall be responsible for referral of Cree workers in the
Eeyou Istchee James Bay region to facilitate their hiring priority in
compliance with the James Bay and Northern Québec Agreement.»
M. Boulet : Bien, c'est ce que nous
avons. Mais ils vont pouvoir participer au service de référence via le carnet.
Ils vont pouvoir avoir accès, ayant un permis, pour faire du référencement.
Donc, ça va répondre à leurs besoins, essentiellement, là. Je pense qu'on avait
répondu à cette recommandation-là, là.
La Présidente (Mme D'Amours) : M. le
député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : C'est beau. Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : C'est
beau? Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : ...Présidente. Donc, à
défaut... Donc, je comprends, donc, que l'amendement, donc, est toujours sur...
en train, donc, d'être téléchargé, mais, à défaut, je peux tout de même, tout
simplement, donc, faire la discussion
là-dessus, en fait, c'est sur... bien, en fait, la discussion, donc, sur
l'article... l'article 30, là, du projet de loi.
Donc, la Commission de développement des
ressources humaines des Premières Nations suggérait, donc, d'être l'une des
entités, donc, qui pourraient, donc, être titulaires du permis. Je ne sais pas
si c'est quelque chose qui a été considéré.
M. Boulet : En fait, ils travaillent
à l'élaboration de ce qu'on appelle un PAIPNI, un programme d'accès à l'égalité pour les personnes issues des Premières
Nations et Inuits, et donc ils sont déjà un collaborateur de la Commission de la construction du Québec, au
même titre que le plan d'accès à l'égalité pour les femmes. Et le premier
PAIPNI, il va être incessamment et il est bâti, élaboré après consultation,
notamment, les personnes responsables des ressources humaines, avec leur collaboration, et d'autres acteurs et partenaires de
l'industrie de la construction. Ça fait qu'ils sont là-dedans.
Mme Cadet : OK.
Donc, vous...
M. Boulet : Mais ils n'auront pas de
permis de... non, non.
Mme Cadet : C'est ça. OK. Donc,
quand vous dites «ils sont là-dedans», qu'est-ce que ça signifie, en fait?
M. Boulet : Ils sont dans les
consultations et dans le processus d'élaboration du plan d'accès pour permettre
une meilleure représentativité des communautés autochtones.
Mme
Cadet : D'accord. Et ici... Parce que leur recommandation,
donc, précise était, donc, d'être l'un des titulaires du permis...
M. Boulet : Non, non.
Mme
Cadet : ...donc, ceux qui sont, donc, délivrés à cette fin
par le Bureau des permis de service de référence de main-d'oeuvre. Donc, pour
vous, donc, étant donné qu'ils font déjà, donc, partie du processus de
consultation pour un programme d'accès à l'égalité à l'emploi, c'est,
donc, de saisir, donc, pourquoi, donc, cet élément.
• (12 h 50) •
M. Boulet : Totalement. En fait, les
partenaires les plus légitimes, appropriés, c'est ceux qui ont des ententes intergouvernementales, donc, avec le gouvernement
du Québec, ceux que nous avons identifiés dans le projet de loi n° 51. Là,
élargir le nombre d'entités qui auraient un permis de référence, non. C'est...
Après consultation, c'était limité à ceux
qui apparaissent dans le PL n° 51. Si vous voulez soumettre un amendement,
je pense, j'ai déjà répondu, là. Puis, des fois, au lieu de présenter un
amendement, on peut en parler, là. Ça fait que, des fois, je peux être d'accord
puis...
Mme Cadet : Oui.
La Présidente (Mme D'Amours) : Nous
avons reçu l'amendement. Il est sur Greffier, maintenant sur écran. Mme la
députée, si vous voulez bien en faire la lecture, s'il vous plaît.
Mme Cadet : Oui, je vais en faire la
lecture. Merci beaucoup, Mme la Présidente. Donc, article 30,
article 107.1 de la Loi sur les relations de travail, la formation
professionnelle et la gestion de la main-d'oeuvre dans l'industrie de la
construction : L'article 30 du projet de loi est modifié :
1° par
l'ajout, dans le premier alinéa du paragraphe 1°, après «nation crie», de «, la
Commission de développement des ressources humaines des Premières
Nations du Québec»;
2° par l'ajout, dans l'alinéa proposé par le
paragraphe 2°, après «nation crie», de «, la Commission de développement des
ressources humaines des Premières Nations du Québec».
Donc, l'article modifié se lirait ainsi :
30. L'article 107.1 de cette loi est
modifié :
1° par le remplacement du deuxième alinéa par le
suivant :
«Seuls une association visée à l'un des
paragraphes a à c.2 du premier alinéa de l'article 1, une association de salariés affiliée à une association
représentative, une entité autochtone ayant conclu une entente avec le
gouvernement en vertu de la section I.1 du chapitre III de la
présente loi, l'Administration régionale Kativik, le Gouvernement de la nation
crie, la Commission de développement des ressources humaines des Premières
Nations du Québec et le Gouvernement régional d'Eeyou Istchee Baie-James
peuvent être titulaires d'un tel permis.»;
2° par l'ajout, à la fin, de l'alinéa
suivant :
«Aux fins de l'application
de la présente section, l'entité autochtone visée au deuxième alinéa,
l'Administration régionale Kativik, le Gouvernement de la nation crie»
et... non, «la Commission de développement des ressources humaines des
Premières Nations du Québec et le Gouvernement régional d'Eeyou Istchee
Baie-James sont, avec les adaptations nécessaires, assimilés à une
association.»
Donc, M. le ministre, donc, je viens de vous
entendre là-dessus. Je vous... Je vous référerais, donc, au mémoire, donc, de
la Commission de développement des ressources humaines des Premières Nations,
donc, qui nous parle, donc, d'une
préoccupation que je pense... en fait, qui est certainement partagée,
puisque... puisque vous instituez, donc,
ce nouvel article, qui est, évidemment, d'une grande importance, donc, pour
permettre une véritable insertion des personnes issues des Premières
Nations, donc, dans l'industrie de la construction.
La Commission de développement des ressources
humaines des Premières Nations nous soumet qu'elle est une organisation bien
positionnée pour faciliter l'intégration des Premières Nations à l'industrie de
la construction. Elle nous indique que sa
structure administrative répond aux besoins de toutes les Premières Nations de
la province, tant sur communauté
qu'en milieu urbain, qu'elle est donc incontournable pour servir les candidats
provenant des milieux non conventionnés.
Suivant le
Règlement sur l'embauche et la mobilité des salariés dans l'industrie de la
construction, la reconnaissance de la Commission de développement des
ressources humaines des Premières Nations permettrait une réponse rapide et
efficace pour les constructeurs et fournirait un parcours de formation établi
selon les besoins des candidats. Cette reconnaissance devrait inclure la création,
donc, d'un bureau régional à même ses bureaux et d'une ressource qui pourrait
être transférée à la commission selon des modalités à convenir avec la CCQ.
Comprenez...
Donc, évidemment, donc, la commission, donc, nous donne, en quelques chiffres,
donc, les données de 2021 de la CCQ au
niveau, donc, du taux de détention d'un certificat de compétence au niveau des
travailleurs autochtones du Québec. Je pense qu'au niveau, donc, de ces
taux, je n'ai pas besoin, donc, de les soumettre puisque vous les connaissez et que l'article 30 du
projet de loi vient partiellement, donc, répondre, donc, à ces préoccupations.
Mais évidemment,
donc, vous venez de le mentionner, donc, il s'agit, donc, d'un acteur, donc,
qui est... qui fait partie de ceux qui sont consultés dans le cadre du
développement, donc, d'une politique d'accès à l'égalité, donc, pour les
personnes issues des Premières Nations. C'est donc un... crédible, vraiment...
Donc, à la lumière, donc, de ce que... ce
qu'ils nous indiquent, donc, dans leur mémoire... Vous... Je comprends que ça
n'a pas été considéré. Et ça, vous l'avez indiqué dans la conversation
que nous... que nous venons d'avoir, vous n'avez pas besoin de le répéter, mais simplement, donc, comprendre, donc, pourquoi,
donc, ce groupe n'a pas été considéré, que vous... que vous jugiez, là, que
c'était... que c'était suffisant, essayer de comprendre, donc, la méthode de
travail, donc, derrière, donc, les choix qui ont été faits, les autres
n'étant pas remis en question, bien évidemment.
M. Boulet : Je
pense que j'ai répondu. C'est les entités qui ont des ententes
intergouvernementales. J'ai beaucoup de
respect, d'ailleurs, pour la Commission de développement des ressources
humaines des Premières Nations. Ils s'intéressent d'ailleurs au développement
des ressources humaines dans beaucoup de secteurs.
Il ne faut pas non
plus additionner les entités qui sont détenteurs de permis de référence.
Souvent, ce sera les mêmes références. Je pense qu'il faut faire confiance aux
entités qui ont des ententes intergouvernementales. Ils ont des tentacules. Ils peuvent consulter. Ils ne font
pas ça en vase clos. Et la Commission de développement des ressources humaines
des Premières Nations, elle est là, ça fait que... Mais pas pour un permis.
C'est... Je pense, il faut le limiter en tenant compte de la mission, des responsabilités, des ententes qui
découlent des ententes intergouvernementales. Donc, c'est tout. Je n'ai
pas d'autre explication.
La Présidente (Mme
D'Amours) : ...d'autres commentaires? Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Oui.
Merci, Mme la Présidente. J'entends... j'entends le ministre. Je pense que
c'est... donc, qu'il a émis, donc, qu'il
jugeait, donc, qu'il s'agissait, donc, d'une organisation, donc, non crédible,
donc, qui fait partie des différents travaux, que là n'est pas là où le bât
blesse, mais tout simplement, donc, qu'il y a des choix qui ont été...
OK. Voilà. Donc, parfait.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci.
Mme Cadet : C'est
bien entendu. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. Mme la députée des Mille-Îles... de Mille-Îles.
Mme Dufour : ...de
Mille-Îles.
La Présidente (Mme
D'Amours) : De Mille-Îles.
Mme Dufour : Comme
on dit «de Trois-Rivières», n'est-ce pas, M. le député de Trois-Rivières? On ne
dit pas «des Trois-Rivières».
M. Boulet : ...Trois-Rivières.
La Présidente (Mme
D'Amours) : De Mille-Îles.
Mme Dufour : Exactement. Juste une question. Si... Advenant le
cas qu'il y avait une entente intergouvernementale avec, donc, la
Commission de développement des ressources humaines des Premières Nations du
Québec, c'est... ça voudrait dire qu'il faudrait réouvrir la loi pour qu'ils
puissent être assujettis à cette disposition de référencement... au service de
référencement.
M. Boulet : ...entité autochtone ayant conclu une entente avec
le gouvernement en vertu de la section I du chapitre. Comme ils sont
identifiés, effectivement, il faudrait faire un amendement.
Mme Dufour : Il
faudrait réouvrir la loi.
M. Boulet : Exact.
Mme Dufour : OK.
Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
D'autres commentaires? Oui, Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Oui,
bien, à la lumière de ce que vient de soulever ma collègue... Parce
qu'effectivement, donc, c'est une
modification, donc, législative et non réglementaire ici, on... avec quelque
chose de nouveau ici, qui, encore une fois, donc,
est bienvenu, qui est bienvenu, bien évidemment. J'ai entendu, donc, le
ministre, donc, sur les choix qu'il a effectués. Est-ce qu'il y a... Tu sais,
c'est parce que je ne... je ne sens pas qu'il soit prévu, donc, de faire, donc,
un processus, donc, de révision, donc, périodique ici, donc, pour voir, donc,
comment fonctionnent les entités, donc,
auxquelles, donc, on permet, donc, l'obtention d'un permis. Est-ce que...
est-ce que cet élément, donc, il est prévu?
M. Boulet : Ce
sera adapté. Une loi, elle est, dans son essence, évolutive, et elle sera
adaptée, le cas échéant.
Mme Cadet : OK.
Donc, ce que vous dites, donc, il n'y a pas, donc, de nécessité, donc,
d'ajouter...
M. Boulet : De
prévoir un mécanisme.
Mme Cadet : ...de
prévoir un tel mécanisme.
M. Boulet : Non,
non.
Mme Cadet : Souvent, donc, quand on ouvre la R-20, puis vous
l'avez mentionné vous-même, M. le ministre, donc, à l'automne, vous trouviez, donc, que c'était, donc, un élément,
donc, assez important, donc, de rouvrir la loi, donc, on ne le fait pas pour un
seul élément. Donc, s'il y a, donc, des ajustements à faire, donc, à plus
courte échéance, donc, vous dites que vous seriez ouvert, donc, à
revoir, donc, ces éléments-ci, donc, de façon distincte.
M. Boulet : Il
faudra voir la nature de l'entente, mais ce sera du cas par cas, là, les
administrations qui sont reconnues. Et, tu sais, moi, ce que je suggérerais,
c'est qu'on fasse un papillon dans un autre projet de loi, le cas échéant, là.
C'est tout.
Mme Cadet : OK.
OK. Merci, M. le ministre.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. D'autres commentaires? Mme la députée de
Mille-Îles.
Mme Dufour : Oui.
Merci. Donc, je comprends simplement, là, qu'actuellement, là, ce n'est pas
en... disons, dans les cartons d'avoir une entente intergouvernementale avec
cette commission-là.
M. Boulet : Non,
non.
Mme Dufour : Parfait.
Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : S'il
n'y a pas d'autre commentaire, est-ce que l'amendement de l'article 30 est
adopté ou rejeté?
Des voix : Adopté.
Des voix :
Rejeté.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Rejeté. Je vous remercie.
Compte tenu de
l'heure, je suspends les travaux jusqu'à 14 heures. Merci beaucoup.
(Suspension de la séance à
13 heures)
(Reprise à 14 h 02)
La Présidente (Mme D'Amours) : Bonjour,
tout le monde. La Commission de
l'économie et du travail reprend
ses travaux.
Nous poursuivons
l'étude détaillée du projet de loi n° 51, Loi modernisant l'industrie de
la construction.
Lors de la suspension
de nos travaux ce midi, nous étions rendus à l'étude de l'article 30.
Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur l'article 30? S'il n'y a pas
d'autre intervention, je vais mettre aux voix l'article 30. Est-ce qu'il
est adopté?
Des voix :
Adopté.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Adopté. L'article 31. M. le ministre, s'il vous
plaît.
M. Boulet : Merci.
L'article 107.7 de cette loi est modifié par l'ajout, à la fin du deuxième
alinéa, de la phrase suivante : «La Commission rend disponible cette
information pour les employeurs, après l'avoir complétée en y ajoutant
l'historique de formation ainsi que tout autre renseignement dont elle dispose
qui s'avère pertinent pour répondre aux besoins de référence de main-d'oeuvre.»
Commentaire.
Donc, on modifie 107.7 afin de prévoir que la CCQ mette à jour les profils
professionnels des travailleurs à partir des informations dont elle dispose
quant à l'historique de formation des salariés ainsi que tout autre renseignement pertinent à la référence de
main-d'oeuvre. Donc, ça va faciliter l'accès à une information de qualité
pour les employeurs, rendant ainsi plus pertinentes les références de
main-d'oeuvre. Donc, après les consultations, c'est l'article du PL n° 51.
Merci.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. Commentaires sur 31? Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Oui.
Merci, Mme la Présidente. J'espère que vous avez eu une pause agréable. Ici,
j'essaie tout simplement, donc, de saisir. Donc, je vois, donc, la
modification, donc, qu'on fait, donc, à l'article 107.7, donc, qui
indique, donc... donc, que la commission, donc, administre le service de
référence. Elle rend disponible cette information, cette information étant
le...
M. Boulet : ...puis
tout renseignement. Le texte est, je pense, très bien écrit.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Mme la députée.
Mme Cadet : OK. Oui, de... Donc, je comprends, donc... Donc,
parce que l'historique... On y ajoute «en y ajoutant l'historique de
formation», donc...Donc, l'information initiale, donc, ça ne peut pas
être l'historique de formation. C'est juste ça que j'essaie de... L'information
étant le nom des candidats?
M. Boulet : Bien,
en haut, il y a les disponibilités, mettre à jour... En fait, ce sont...
Mme Cadet : OK.
Les disponibilités des candidats. OK.
M. Boulet : Exactement,
bien oui. Le texte est très complet. On ne fait qu'ajouter pour favoriser
l'accès puis que ce soit clair.
Mme Cadet : OK.
Donc, «après l'avoir complétée en [...] ajoutant l'historique de formation»,
l'historique de formation étant si c'est un DEP, AEP, donc, par quelle voie
d'accès la personne...
M. Boulet : Qu'est-ce
qui a fait... Exact. Exactement, oui.
Mme Cadet : ...est
entrée dans l'industrie. Donc, c'est ce qu'on veut dire par «historique de
formation». Et «tout autre renseignement dont elle dispose», donc, quels
pourraient être ces renseignements ici? De quels types de renseignements il
s'agit ici?
M. Boulet : Bien,
certificat de compétence, information sur formation, les expériences
antérieures, le secteur d'activité, sa...
son désir de mobilité, là. Tu sais, en fait, il y a tout, là. Il n'y a rien
d'obligatoire, mais, tu sais, c'est, en fait, le CV de la personne.
Mme Cadet : OK.
Donc, les autres... donc, outre les disponibilités du candidat ou de la
candidate.
M. Boulet : Oui,
c'est prévu.
Mme Cadet : Donc,
ça, c'est déjà prévu, évidemment. Donc, le... ce qu'on vient ajouter, donc,
c'est le... bon, on a dit, donc,
l'historique de formation. Ça, vous l'avez expliqué. Tout autre renseignement,
donc, ça, ça pourrait être... c'est un peu à la discrétion de la CCQ
ici, donc, d'ajouter ce qui lui apparaît pertinent et, donc...
M. Boulet : Bien oui. Et en fait, la CCQ, les partenaires ont
été consultés. En fait, moi, ces articles de référence, là, je me fie beaucoup
à ceux qui utilisent le Carnet référence construction. Mais le but, c'est
manifestement de faciliter l'accès à une information de meilleure
qualité pour les employeurs puis rendre les références aussi plus pertinentes
et plus appropriées au parcours personnel et professionnel de la personne, du
candidat.
Mme Cadet : D'accord.
Donc, ici, donc, on est vraiment au niveau uniquement, donc, du profil. Donc,
on n'est pas... Donc, j'imagine, donc, que
ça va être un article ultérieur pour ce qui est, donc, des disponibilités,
donc, du candidat. Donc, ici, c'est uniquement le profil, à 107.7, qu'on
vient...
M. Boulet : Il
est tenu d'informer de ses disponibilités aussi, là. Je viens de le mentionner,
là.
Mme Cadet : Ah
oui! Bien, ça, c'était déjà prévu à la base, là...
M. Boulet : Oui,
oui. Non, non, mais l'article.
Mme Cadet : ...la... pardon, à 31.
M.
Boulet : C'est parce que vous me demandiez s'il y avait un autre
article, là. Non, ça...
Mme Cadet : Ah!
OK. Donc, ici, donc, ce n'est vraiment que les disponibilités. Puis là j'essaie
de comprendre, parce que, là, vous dites... Je sais que l'un des...
M. Boulet : Non, je ne dis pas que ce n'est que les
disponibilités, je dis que c'est notamment prévu dans l'article. Je
pense que l'article est complet.
Mme Cadet : OK. Puis le... Excusez. Donc, l'historique, donc,
de formation, tout autre renseignement, puis là vous dites, donc : L'objectif, dans vos commentaires, c'est de
prévoir que la CCQ mette à jour les profils professionnels. Est-ce qu'il
y a une fréquence de mise à jour des profils?
M. Boulet : Non.
Ils les mettent à jour de façon épisodique, dès qu'il y a des nouveaux... des
nouvelles personnes disponibles, là. Non, en fait, non, il n'y a pas de
fréquence.
Mme Cadet : OK.
Puis, en ce moment, ce qui se passe, c'est que ce sont les disponibilités qui sont
transmises. Donc, la commission, donc, rend disponibles, donc, les
disponibilités des candidats, des candidates aux employeurs, mais sans
renseignement additionnel. Donc, il n'y avait pas cette possibilité-là, avant
ce changement législatif, de...
M. Boulet : C'est
ce que j'expliquais en... avant qu'on commence ce bloc-là. Le but du PL
n° 51 pour le Carnet référence, c'est d'avoir une information de meilleure
qualité, plus accessible, plus pertinente, et ça, ça en fait partie. C'est les
éléments qui ont été soulevés par les partenaires et les utilisateurs.
Mme Cadet : D'accord.
Donc, c'est vraiment, donc, au niveau, donc, du profil et c'est...
M. Boulet : C'est
tout.
Mme Cadet : ...c'est
ce qui va permettre, donc, de mieux... de... aux employeurs, donc, de mieux
savoir quels employeurs, donc, sont disponibles et quelles sont...
M. Boulet : Oui.
Mme Cadet : ...leurs
compétences. OK.
La Présidente (Mme
D'Amours) : D'autres commentaires? Oui, M. le député
d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : J'avais
des questions similaires à ma collègue de Bourassa-Sauvé, là, sur les
informations, et autres. Merci de les avoir posées et d'avoir clarifié ça.
Mémoire de l'Inter,
page 21 : «Notons que, depuis plusieurs années, plus précisément
depuis 2017, le conseil provincial — l'Inter — réclame»
que la CCQ... de la CCQ, pardon, «réclame de la CCQ, au nom des sections
locales qui lui sont affiliées et qui sont détentrices d'un permis de
référence, l'obtention du profil de formation de ses membres — exemple,
cours de perfectionnement, formation particulière — en lien avec
l'exercice de leur métier ou de leur occupation afin d'assurer de façon
complète et adéquate cette démarche de référence de main-d'oeuvre au bénéfice
des employeurs.
• (14 h 10) •
«Il appert cependant
que la CCQ a toujours refusé de donner suite à pareille demande, faisant valoir
que la transmission de données relatives au profil de formation des salariés
membres du conseil provincial international constituait des renseignements
personnels à caractère confidentiel, tout en précisant qu'un formulaire
d'inscription à une formation permettait à un salarié d'exprimer ou non son
consentement à ce sujet.»
Je termine
rapidement : «En tant qu'association représentant des membres qui réfère
également ses membres, il serait pertinent que ces informations puissent
également être transmises aux associations représentatives pour référer une
main-d'oeuvre qualifiée aux endroits où ils sont demandés. Cela faciliterait le
travail de terrain et de communication entre les entrepreneurs et les salariés
référés.»
Et là ils font une
recommandation qui est d'ajouter un amendement dans l'article qui est en train
d'être discuté, donc le 107.7, au deuxième alinéa, pour dire «ainsi qu'aux
associations détentrices d'un permis de service de référence de main-d'oeuvre».
Qu'est-ce qu'en pense le ministre, de cette suggestion?
M. Boulet : Bien,
il faut lire les articles les uns par rapport aux autres, là. Il y a — un,
deux, trois, quatre, cinq — six
articles, puis ils forment un tout cohérent, là. Ce n'est pas tout au même
article, là. Je comprends cette recommandation-là de l'Inter, là, mais il y a
un autre article qui réfère aux communications, l'article suivant, aux
communications entre les parties, là. C'est... Je n'ai pas compris tout ce que
vous... En fait, ça se résume à quoi, la recommandation?
M. Leduc : Bien, la... Vous l'avez,
le mémoire de l'Inter?
M. Boulet : Bien
oui.
M. Leduc : Bon, recommandation n° 9.
M. Boulet : Je ne me souviens pas de
toutes les recommandations, collègue.
M. Leduc : Non? Bien là, M. le
ministre, je connais votre érudition légendaire.
M. Boulet : Mais c'est pour ça qu'on
travaille en équipe, hein?
M. Leduc : Tout à fait. Ça fait
qu'on va prendre le temps.
M. Boulet : OK. Je l'ai devant moi.
M.
Leduc : Dans le fond, votre amendement dit que la
commission rend disponibles les infos aux employeurs, puis eux, à
l'Inter, ils disent : Oui, mais nous aussi, les syndicats, on aimerait ça
l'avoir.
M. Boulet : Qui ça, «vous»? Ah! vous
êtes...
M. Leduc : Ils disent : Nous
aussi, les syndicats, on aimerait ça l'avoir.
M. Boulet : Ah! OK. J'ai compris que
nous aimerions l'avoir. OK. Est-ce que ça vous a rendu...
M. Leduc : Qu'est-ce que vous
imputez comme motif, M. le ministre?
M. Boulet : Est-ce que ça vous a
rendu inconfortable?
M. Leduc : Qu'est-ce que vous
imputez comme motif, M. le ministre?
M. Boulet : Est-ce que ça vous a
rendu inconfortable?
M. Leduc : Moi, je n'ai pas de
problème avec mon passé.
M. Boulet : Non?
M. Leduc : Vous, votre passé, ça va
bien, M. le ministre?
M. Boulet : Oui, oui. On est tous
les deux à l'aise. Pardon?
Des voix : ...
La Présidente (Mme D'Amours) : ...
M. Boulet : On va faire une pause,
avec votre permission, de deux minutes. Je vais vérifier la...
La Présidente (Mme D'Amours) : Je
suspends les travaux quelques minutes.
(Suspension de la séance à 14 h 12)
(Reprise à 14 h 13)
La Présidente (Mme D'Amours) : Nous
reprenons nos travaux. M. le ministre.
M. Boulet : Merci, Mme la
Présidente. Donc, un, c'est transmis aux employeurs parce que c'est eux qui
font la demande, la déclaration de besoin de main-d'oeuvre, donc, d'où la
pertinence de leur transmettre. Il faut tenir compte aussi du fait qu'il y a
des renseignements personnels, mais les personnes qui fournissent les
renseignements le font dans la perspective d'avoir un emploi auprès d'un
employeur. Encore une fois, ça reconfirme la pertinence de transmettre à
l'employeur.
Puis, dernier point, on n'a pas mis les
associations syndicales, parce que les syndiqués, s'ils veulent que les syndicats le savent, ils peuvent bien sûr leur
transmettre l'information. Donc, c'est la raison pour laquelle les associations
syndicales n'ont pas accès. Renseignements, pertinence. Puis ils peuvent
l'obtenir par les syndiqués aussi.
M.
Leduc : Puis, quand vous dites «pertinence», ils peuvent
référer des gens, les syndicats. Ce n'est pas interdit.
M. Boulet : Bien
oui, bien oui. Non, mais que les... la commission rende disponible
l'information des personnes qui donnent l'information, ça n'a pas la
même... ça n'a pas le même niveau de pertinence.
M. Leduc : Bien, c'est-à-dire que, quand les... quand on
donne... Quand un individu donne ses informations, là, c'est précisé
dans la loi, c'est attendu dans la loi que c'est pour les employeurs. On a
juste à rajouter que c'est pour les associations représentatives. Puis le
consentement est donné d'office si c'est prévu dans la loi.
M. Boulet : Moi,
je ne pense pas. Puis là je me mets dans les bottines... puis je sais que les
syndicats l'ont demandé, mais dans les bottines d'un travailleur syndiqué, de
savoir que tout ce que je donne comme information pour travailler pour un
employeur qui déclare des besoins soit transmis aux syndicats — aux
syndicats, a-u-x syndicats — je
ne vois pas le lien de pertinence. Puis je ne vois pas comment la commission
pourrait s'inspirer du besoin pour
transmettre des informations personnelles à des... à des syndicats, alors que
tu peux être syndiqué du syndicat A puis que tes informations soient
transmises aux autres syndicats. Donc, il y a certainement aussi une mesure de
précaution là-dedans. C'est... Mais je vous explique pourquoi ça n'a pas été
mis là.
M. Leduc : Je
comprends. Puis peut-être que... Ce que je saisis, dans le fond, c'est... En
rendant ces informations-là disponibles pour le syndicat, il pourrait augmenter
encore plus ses chances d'être référé, finalement, et de trouver le fameux
emploi qu'il recherche.
M. Boulet : Bien
oui, c'est son CV.
M. Leduc : Bien,
c'est ça. Donc, si on le rend aussi disponible aux syndicats, ça ne peut
qu'être bénéfique à son atteinte d'objectif de trouver un emploi.
M. Boulet : Non,
mais c'est transmis aux employeurs qui font des déclarations de besoin.
M. Leduc : Ça,
j'ai compris. On est d'accord avec ça. Puis ce que le syndicat dit,
c'est : Moi, j'ai... moi, j'ai des gens qui veulent que je les réfère,
puis je peux référer des gens, mais je n'ai pas toutes les informations
requises pour pouvoir accomplir cette fonction-là, alors que, si on fournissait
les mêmes informations qu'on fournit déjà aux employeurs, ça pourrait être
encore plus rapide de référer des gens, et on perdrait moins de temps à placer
des personnes au travail si on ajoutait, dans le fond, un groupe qui puisse
participer à les rendre disponibles.
M. Boulet : Mais,
je le répète, hein, le syndiqué, il peut le faire à son syndicat mais pas
aux... Bien, il pourrait le faire s'il décide de le faire. Mais, si je suis syndiqué
avec l'Inter, parce qu'on parle de l'Inter, puis je vois un représentant de
l'Inter ici, toujours un représentant de l'Inter, il peut décider de
transmettre l'information à son syndicat
mais pas à tous les syndicats, alors que l'information est transmise pour
les... C'est les employeurs qui font des déclarations de besoin. Mais je
vous dis juste ce pourquoi les syndicats ne sont pas identifiés.
M. Leduc : Merci.
M. Boulet : Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
D'autres commentaires sur 31? S'il n'y a pas d'autre commentaire, est-ce
que l'article 31 est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Adopté. L'article 81. M. le ministre, s'il vous
plaît.
M. Boulet : Merci. L'article 5 du Règlement sur le
Service de référence de main-d'oeuvre de l'industrie de la construction
est modifié par le remplacement du troisième alinéa par le suivant :
«Les employeurs et
les associations titulaires de permis peuvent communiquer entre eux afin de
préciser les besoins de main-d'oeuvre. Un employeur qui ne souhaite pas être
contacté par les associations titulaires de permis peut toutefois en aviser la
Commission suivant la manière que celle-ci prévoit.»
Commentaire. Donc, on
modifie l'article 5 du règlement. Ça permettrait aux employeurs et aux
titulaires de permis de communiquer entre
eux, là, comme ça a été souvent demandé, dès qu'une déclaration de besoin de
main-d'oeuvre est effectuée au service de référence, via la plateforme Web de
la CCQ, et pas seulement après la transmission des listes. Donc, ça
permettrait de préciser la demande, améliorer la qualité des références. Je
pense que c'est là le but central, améliorer la qualité des références de
main-d'oeuvre. Puis on prévoit également la possibilité pour un employeur
d'aviser la CCQ s'il ne veut pas qu'on communique avec lui.
Puis le Carnet
référence construction, là, juste un élément additionnel, c'est le nom de la
plateforme Web administrée par la CCQ qui rassemble les services liés à la... au
Service de référence de la main-d'oeuvre de l'industrie de la construction.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Comme... Oh! pardon.
M. Boulet : Puis
c'est important pour les employeurs qui ne veulent pas, parce que... de prévoir
cette possibilité-là de refuser d'être contacté, parce qu'il y a des employeurs
qui ne souhaitent pas avoir de contact avec des
associations représentatives ou qui ne veulent pas faire affaire avec les
listes de référence du Carnet référence. Voilà, c'est tout. Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Commentaires? Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Oui. Merci, Mme la
Présidente. Donc, je lis le... je lis le libellé. J'essaie de comprendre. Je comprends pour le deuxième... la deuxième
phrase : «Un employeur qui ne souhaite pas être contacté par les
associations titulaires de permis peut toutefois en aviser la Commission
suivant la manière que celle-ci prévoit.» Donc, on laisse ça, donc, à la... on laisse le mécanisme à la
discrétion, donc, de la commission pour la... le deuxième aspect. Donc, c'est
très clair.
• (14 h 20) •
Le premier, «les employeurs et les associations
titulaires de permis peuvent communiquer entre eux afin de préciser les besoins
de main-d'oeuvre», c'est quoi, la distinction avec le texte qui prévalait déjà
dans le... donc, qui prévalait déjà, donc, actuellement, soit :
«L'employeur peut aussi communiquer, suivant la manière prévue par la
Commission, avec les associations titulaires de permis afin de préciser sa demande»?
M. Boulet : ...peuvent
échanger plus rapidement. Oui, en fait, ce que vous posez c'est : «Peuvent
communiquer», c'est quoi, la différence avec «peut aussi communiquer»?
Mme Cadet : C'est ça.
M. Boulet : Mais
là c'est parce qu'on réfère aux employeurs et aux associations titulaires de
permis, mais ce n'est pas la même affaire, ça.
Mme Cadet : Bien, le libellé
initial dit : «L'employeur peut aussi communiquer, suivant la manière
prévue par la Commission, avec les associations titulaires de permis...»
M. Boulet : Oui, mais c'est
comme relibellé, mais, tu sais, le sens... En fait, ils peuvent communiquer dès
la déclaration de besoin, alors qu'actuellement ils ne communiquaient qu'à la
confection de la liste de référence. Donc, c'est plus tôt dans le processus.
C'est de cette manière-là que c'est écrit.
Mme Cadet : OK. Donc, je
comprends, donc, ce qu'on veut. Donc, ce n'est pas juste une modification de
forme ici, là. Ce n'est pas relibellé pour... à des fins de fluidité, là. C'est
vraiment, là, parce que...
M. Boulet : C'est de forme et
pour préciser que la communication peut se faire dès la déclaration de
besoin... a été soumise par un employeur.
Mme Cadet : J'essaie
de... Je vous entends, donc, sur la volonté du législateur ici, mais j'essaie
de comprendre, donc, comment le nouveau libellé précise cet aspect-là.
M. Boulet : Bon, l'ancien
libellé, c'était : «Suivant la manière prévue par la commission», et la
commission attendait que sa liste de référence soit complétée, soit soumise,
alors que, là, c'est enlevé, là, c'est... Ils peuvent communiquer entre eux
afin de préciser les besoins de main-d'oeuvre, donc, dès la soumission de la
déclaration de besoin d'un employeur. Donc, pour moi, c'est clair, ce n'est pas
que de forme, c'est aussi plus tôt dans le processus.
Mme Cadet : D'accord. Donc, ce
que je comprends, c'est que, puisque dans le précédent libellé on avait le... on avait, donc, la proposition «suivant la manière
prévue par la commission», la manière qui était prévue par la commission,
donc, voulait que ça se passe par la suite. Donc, c'est...
M. Boulet : Bien, ils
attendaient que la liste soit... soit prête.
Mme Cadet : OK. D'accord. Et,
puisqu'on omet, donc, cette proposition-ci, on l'enlève...
M. Boulet : On l'enlevait,
exact.
Mme Cadet : ...le nouveau,
donc, libellé, donc, permet que ça se fasse dès la déclaration de besoin,
puisqu'au premier alinéa on peut lire : «Les associations titulaires de
permis peuvent requérir des compléments d'information concernant la déclaration
de besoin de main-d'oeuvre en transmettant une demande à cet effet...» Le service transmet cette demande de complément à l'employeur,
donc, c'est... la demande dont il est question, donc, aux alinéas un et deux, donc, nous permet de
comprendre qu'à l'alinéa trois... donc, que ça peut se faire dès la soumission,
donc, de la demande de déclaration de besoin de main-d'oeuvre.
M. Boulet : Oui.
Mme Cadet : OK.
Et vous avez dit quel nom de la plateforme Web? Vous l'avez nommée tantôt. Je
n'ai pas saisi.
M. Boulet :
Pardon?
Mme Cadet :
La plateforme Web, comment vous avez dit qu'elle s'appelait?
M. Boulet : Oui, oui, c'est une
information. En fait, le Carnet référence construction est le nom de la
plateforme Web.
Mme Cadet :
Ah! OK, OK. Je pensais qu'il y avait... vous aviez nommé quelque chose
d'autre. OK.
M. Boulet :
Et puis, sur cette plateforme-là, il y a l'ensemble des services liés à la
référence. Donc, les employeurs qui l'utilisent peuvent avoir les noms de la
liste de référence qui conviennent à leurs besoins.
Mme Cadet :
C'est ça. Parfait. Donc, c'est très clair.
M. Boulet :
Mais c'est quand même bien fait, là. On est passés... Je pense qu'on
perfectionne le système, mais c'est quand même assez utile. C'est important de
la faire connaître. Mais, bon, comme vous vous souvenez, le placement syndical
avait tellement de...
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. D'autres commentaires? Oui, Mme la députée de
Mille-Îles.
Mme Dufour : Oui.
Merci, Mme la Présidente. J'aimerais peut-être vous entendre... La Centrale des syndicats démocratiques...
M. Boulet :
Eh mon Dieu!
Mme Dufour :
... — c'est
bien ça, hein, le nom? — oui,
c'est ça, est venue, et, dans son mémoire, ils nous recommandent de maintenir les relations bilatérales de référencement
entre les employeurs et associations syndicales. Et donc j'aimerais
juste vous entendre, parce qu'ils disent, bon : «Considérant le caractère
atypique et incertain de l'emploi dans le secteur de la construction, plusieurs
travailleurs doivent avoir recours aux différents services de référencement. À
l'instar du service de référence de la CCQ, les associations qui les
représentent font partie intégrante des ressources pouvant leur permettre une
plus grande facilité et que leur situation de recherche d'emploi soit connue par les employeurs. En permettant,
dans le projet de loi, à un employeur de rompre le contact, on fragilise
les outils à la disposition des travailleurs et travailleuses.»Bien,
j'aimerais vous entendre à ce sujet-là.
M. Boulet :
Bien, je ne suis pas d'accord. Un employeur qui décide de ne pas être
contacté par un titulaire de permis ou ne souhaite pas utiliser les listes de
référence de la Commission de la construction du Québec est libre de le faire.
Ce qu'on prévoit dans notre projet de loi, c'est la possibilité qu'il informe
la CCQ qu'il ne veut pas être avisé. Puis, oui, moi, je ne pense pas que ça
fragilise, hein? C'est un entrepreneur, il a des besoins, puis on lui offre un
outil pour répondre à ses besoins, mais il n'est pas obligé de prendre ledit
outil.
Mme Dufour : Non,
je comprends. Précédemment, si on regarde le texte actuel, il n'y avait pas
cette disposition-là. On la rajoute. Est-ce que c'est une demande qui a été
faite des employeurs?
M. Boulet : Oui,
tout à fait.
Mme Dufour : Donc,
ça veut dire...
M. Boulet : Oui,
ça a été considéré nécessaire, parce qu'effectivement c'est issu de demandes.
Mme Dufour : OK.
Donc, c'est une demande des employeurs de...
M. Boulet : Puis
c'est une possibilité, tout simplement.
Mme Dufour : C'est
ça, de l'ajouter. Mais vous ne partagez pas l'opinion de...
M. Boulet : De
la CSD. Avec respect...
Mme Dufour : ...que
ça fragiliserait les outils?
M. Boulet : Avec
respect, collègue, hein?
Mme Dufour : Pardon?
M. Boulet : Avec beaucoup de
respect.
Mme
Dufour : Oui, je comprends. Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
D'autres commentaires? Oui, Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
M. Boulet : Ne
riez pas, collègue d'Hochelaga-Maisonneuve.
Mme Cadet : J'avais une question. Donc, plus tôt, donc, on dit,
donc : «Suivant la manière prévue par la Commission». Donc, au
libellé précédent, donc, on faisait, donc, référence au... à la liste, donc,
qui avait déjà, donc, été soumise. Donc, je
veux... je veux comprendre que, donc... Donc, à la fin, donc, du deuxième
libellé, donc, on avise. Donc, l'employeur peut aviser la commission suivant la
manière que celle-ci prévoit. On ne parle pas, donc, de la même... On ne parle pas de la même procédure, là, suivant
la manière prévue par la commission puis suivant... suivant la manière
que, bon, la commission prévoit ici, là. On ne parle pas de... du même
processus, hein?
M. Boulet : Oui,
mais... mais on change aussi «de préciser sa demande», alors que, là, «afin de
préciser les besoins de main-d'oeuvre»,
c'est beaucoup plus spécifique. Donc, ça réfère... Après la déclaration de
besoin, il précise ses besoins, alors que...
Mme Cadet : Oui,
ça, j'avais saisi ça. Vous aviez répondu précédemment. Ce n'est pas ça, ma...
M. Boulet : OK.
Mais je ne comprends pas votre question.
Mme Cadet : Non, je peux la répéter, M. le ministre. Il n'y a
pas d'enjeu. C'est que, dans le fond, dans le libellé précédent, puis ça, on
vient de le discuter, j'ai bien compris, donc, «suivant la manière prévue par
la commission». Donc, vous nous... Vous disiez, donc, que ce qui se
passe en ce moment, c'est que l'employeur, donc, communique avec les...
communiquait avec les associations titulaires de permis afin de préciser sa
demande suivant la manière, donc, qui était, donc... Après, donc, avoir reçu
les différentes listes, il pouvait y avoir communication.
Là, donc, on a... on
a modifié le tout afin que ça puisse se faire, donc, dès qu'une déclaration de
besoin de main-d'oeuvre est effectuée. Ça, c'est très clair. Et ensuite
l'employeur qui ne... qui ne le souhaite pas, donc, avise la commission, et là
c'est le «suivant la manière que celle-ci prévoit», là, qui est le... un verbatim
de ce qu'on avait dans l'ancien libellé, mais on ne parle pas de la même
procédure.
M. Boulet : Non,
mais c'est parce que, là, c'est la CCQ qui a les liens de communication, les
contacts avec les détenteurs de permis puis
les associations représentatives et qui peut transmettre le message de
l'employeur qui ne veut pas.
Mme Cadet : D'accord. Donc, c'est vraiment... Donc, ici, donc,
on est à la discrétion, donc, de la commission.
M. Boulet : Ah!
parce qu'elle... c'est elle qui... qui a les données, les informations pour
donner suite à la volonté de l'employeur.
Mme Cadet : OK. Donc, même si le libellé se ressemble, là, ça
n'a absolument rien à voir avec ce qu'on avait...
M. Boulet : Non,
tout à fait.
Mme Cadet : OK.
Merci.
La Présidente (Mme
D'Amours) : D'autres questions? Est-ce que l'article 81 est
adopté?
Des voix :
Adopté.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Adopté. L'article 82. M. le ministre.
M. Boulet : Merci.
L'article 7 de ce règlement est modifié :
1° par le
remplacement du premier alinéa par les suivants :
«La
Commission transmet dans les plus brefs délais à l'employeur une liste
répondant aux critères mentionnés dans sa déclaration en application du
premier alinéa de l'article 1. Ces salariés doivent être disponibles.
Lorsque la Commission reçoit, de la part d'un employeur, un avis de fin
d'emploi d'un salarié, celui-ci est considéré disponible.
«Un salarié ne peut
être référé plus d'une fois au cours d'une journée, sauf si tous les salariés
pouvant être référés l'ont déjà été.»;
2° par le
remplacement, dans le deuxième alinéa, de «Les femmes» et de «hommes» par,
respectivement, «Les femmes ou les personnes représentatives de la diversité de
la société québécoise» et «autres salariés».
Commentaire. Donc, on modifie l'article 7
dans le but d'optimiser le processus de recrutement de nouveaux travailleurs par les employeurs en prévoyant que
la CCQ ne réfère que des salariés qui sont disponibles. Ainsi, lorsque la CCQ reçoit un avis de fin d'emploi pour un salarié, il
est considéré comme étant disponible pour travailler, évidemment, considéré.
• (14 h 30) •
De
plus, la modification propose qu'à l'instar de la mesure mise en place pour les
femmes, lorsque les personnes représentatives de la diversité de la
société québécoise répondent aux critères mentionnés dans la déclaration de
besoin, celles-ci sont référées en priorité.
La Présidente (Mme
D'Amours) : C'est bon?
M. Boulet :
Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. Commentaires? Oui, Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet :
Oui, Mme la Présidente. Donc, je veux juste m'assurer de bien saisir ici
l'article 7 qu'on vient modifier,
donc, l'article 7 dans le Règlement sur le Service de référence de
main-d'oeuvre de l'industrie de la construction et dans la section
Réponse de la Commission à l'employeur. Donc, ici, donc... Donc,
essentiellement, donc, on vient modifier, donc, le processus de
communication... le processus de communication de la commission. C'est bien ça?
M. Boulet :
Oui.
Mme Cadet :
OK.
M. Boulet :
C'est la disponibilité. Quand il y a un avis de fin d'emploi, il est
considéré comme étant disponible. Il y a,
évidemment, la priorisation des femmes et des personnes issues de la diversité
aussi. Voilà, en gros, c'est ça, là, c'est... Ça rend beaucoup plus
efficace le fonctionnement du carnet.
Mme Cadet :
OK. Puisque c'est ça, ce que je me souviens, lorsque Mme Murray est
venue en consultations particulières, donc, nous parler, donc, du... des défis
d'efficacité, donc, du carnet de référencement... Donc, c'est ce à quoi...
C'est ce que vous venez pallier ici avec cet article. C'est bien ça?
M. Boulet :
Totalement. Bien évidemment, là, je réfère à... Mme Murray et son
équipe ont été, pour cette section-là du projet de loi n° 51, évidemment,
impliqués dans les amendements, puis c'est des amendements qui, selon la CCQ, avec Mme Murray en tête,
répondent à leurs besoins pour que le Carnet référence soit plus efficace,
qu'il y ait plus de diligence, que ce soit mis à jour de façon complète
puis que ça donne un rôle...
Mme Cadet :
Qu'il soit plus utilisé aussi.
M. Boulet :
Bien oui, bien oui, bien oui.
Mme Cadet :
C'est ça. Je me souviens, là, qu'elle était venue nous dire, là, que le
taux d'utilisation n'était pas optimal, que c'était... que c'était de
l'information publique, là.
M. Boulet :
Bien oui, puis, tu sais... Oui, puis, tu sais, la CCQ, je ne sais pas si
elle l'avait mentionné, Audrey, mais peut référer quelqu'un qui n'est pas
disponible, peut référer plus qu'une fois quelqu'un. Tu sais, c'est vraiment
des éclaircissements qui étaient requis par la CCQ.
La Présidente (Mme
D'Amours) : ...député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc :
Je ne comprends pas pourquoi, autant dans l'original que dans la nouvelle
mouture, on dit qu'un salarié ne peut être référé plus d'une fois au cours
d'une journée.
M. Boulet :
Je n'ai pas... Excusez, je n'ai vraiment pas compris.
M. Leduc :
Pourquoi on... Pourquoi c'était écrit dans l'origine, là, dans le... Dans
le libellé originel, on disait : «Un
salarié ne peut être référé plus d'une fois au cours d'une journée, sauf si
tous les salariés pouvant être référés l'ont déjà été.» Pourquoi on le reprend,
ça? Pourquoi on garde ça? C'est quoi, l'intérêt de ça? Pourquoi on ne peut
pas référer plus d'une fois dans la même journée une personne?
M. Boulet :
Bien, je pense que c'est important de le mentionner, parce qu'à la fin
c'est quand même «sauf si tous les salariés pouvant être référés l'ont déjà
été». Donc, on revient à la personne qui a déjà été référée une fois. C'est une deuxième référence. Bon, c'est une façon
subsidiaire de procéder qui peut permettre de répondre à un besoin. Tu
sais, c'est comme...
M. Leduc : Mais il pourrait
être référé à un autre employeur. Pourquoi... Parce que, là, c'est comme si
toi, tu arrivais dans la liste, tu te fais référer à une personne, puis
là : Woups! non, je n'ai pas besoin de personne, woups! bien, dommage pour toi, on passe au suivant. Mais
c'est comme quasiment de la chance. Tu as brassé tes dés, puis là tu adonnes
que ton employeur avait besoin de quelqu'un, puis finalement l'autre employeur,
lui, il n'aurait besoin de personne.
M. Boulet :
Non, mais il y a quand même des ratios de référencement, là. Il faut... Tu
sais, tout le monde n'a pas été référé, là.
Puis, encore une fois, tous ceux qui sont dans le carnet, s'ils ont été
référés... parce que, des fois, les besoins
de main-d'oeuvre sont multiples. Donc, on peut revenir à des personnes qui ont
déjà été référées, là. Mais ça roule bien, là. La CCQ est confortable
avec les précisions qu'on apporte au fonctionnement du carnet, là.
M. Leduc :
Bien, la CSD nous demande de nous pencher sur cette idée-là.
M. Boulet :
C'est encore la CSD. C'est ce que j'ai bien compris.
M. Leduc :
Bien là, il y a cinq syndicats, M. le ministre. Ça se peut qu'ils
reviennent de temps en temps, les mêmes, là.
M. Boulet :
Oui, oui, je sais. Ça fait que la... C'est parce que... OK. Ça, ça fait
partie de vos...
M. Leduc :
Il n'y a pas de préféré, M. le ministre. Je les aime tous égal. Je les aime
tous égal.
M. Boulet :
Oh mon Dieu! J'aimerais entendre votre déclaration assermentée à cet
effet-là.
M. Leduc :
C'est devant caméra, de toute
manière. Bien, je suis sûr que vous les aimez tous égaux, vous autres
aussi, M. le ministre.
M. Boulet :
Je ne me prononcerai pas.
M. Leduc :
Je suis certain que vous avez la même disposition que moi. Bien, d'abord, je
vous lis rapidement leur extrait de mémoire, page 72 : «Compte tenu
du statut particulier de travailleurs, travailleuses de l'industrie de la construction qui doivent prévoir leurs prochains
emplois, il est primordial que le Service de référence de la main-d'oeuvre
de la CCQ incarne cette réalité. Nous croyons que l'ajout de l'article 82
du projet de loi qui stipule qu'un salarié ne peut être référé plus d'une fois
au cours d'une journée, sauf si tous les salariés pouvant être référés l'ont
déjà fait, est un ajout qui retire l'autonomie du choix aux travailleurs et
travailleuses. Cependant, nous comprenons également qu'un employeur ne souhaite
pas recevoir deux fois la même référence. C'est la raison pour laquelle cet
article bénéficierait d'un ajout "au même employeur". Le projet de
loi retire la possibilité pour un travailleur, travailleuse d'exprimer son
désir d'être référé, même s'il est en emploi.»
Là, ça parle d'un
autre... un autre enjeu, mais là ils finissent par dire, dans leur
recommandation 34 : «La CSD
propose qu'un travailleur, travailleuse puisse être référé plus d'une fois dans
la même journée, tant que ce n'est pas au même employeur. Il doit donc
être ajouté, au deuxième alinéa de la modification, "au même
employeur".»
Est-ce que... D'après
vous, est-ce qu'une personne pourrait être référée à différents employeurs,
mais dans une même journée?
M. Boulet : Bien, les titulaires de
permis, ils n'ont pas de limite quant au nombre de personnes qui sont référées.
Tu sais, si un syndicat ou une association d'employeurs veut en référer...
M. Leduc :
On ne parle pas de la même chose. Vous... La même... le même individu.
M. Boulet :
OK. Il pourrait être référé plus qu'une fois, mais on ne peut pas contrôler
s'il est référé. Tu sais, il y a combien, 37, 38 titulaires de permis
actuellement? 37. Ça fait que, oui, c'est possible qu'il y ait des personnes,
mais ça, ça fait partie...
M. Leduc :
Non, mais vous l'interdisez. C'est écrit : Un salarié ne peut être
référé plus d'une fois au... d'une journée.
M. Boulet :
Oui, mais... Bien, laissez-moi terminer.
M. Leduc :
OK.
M. Boulet :
Mais c'est pour ça que le site Web fait en sorte... La CCQ fait en sorte
d'éviter cette redondance.
M. Leduc :
On ne parle pas de la même chose, M. le ministre. C'est écrit noir sur
blanc dans la loi puis dans votre amendement qu'un individu ne peut être référé
plus d'une fois dans la même journée. Là, la CSD, elle dit : On comprend
qu'un même employeur ne va pas se faire remettre deux fois la... le CV de la
même personne.
M. Boulet : Non, mais c'est une
banque de données. Et le nom de monsieur X ou madame Y qui est dans la banque de données, il roule et il est accessible.
C'est pour ça qu'il ne peut pas être référé plus d'une fois. Mais en fait...
M. Leduc :
Pourquoi?
M. Boulet :
Il ne se retrouve pas dans la banque de données plus d'une fois.
M. Leduc :
Mais pourquoi il ne pourrait pas l'être plus d'une fois dans la même
journée? C'est ça qui n'a aucune... Je n'ai pas compris le rationnel, comme on
dit en bon français.
M. Boulet :
Donc, ils roulent la banque. Il y a une rotation de la banque de données
pour... En fait, les titulaires de permis peuvent donner des noms. Une personne
peut faire l'objet de... que son nom soit soumis par deux, quatre, six, huit titulaires de permis, mais la personne ne peut
pas être référée plus d'une fois dans la... le Carnet référence
construction, qui est le site Web. C'est comme ça que ça fonctionne.
M. Leduc :
Mais pourquoi?
M. Boulet : Bien, parce qu'il est
dans la banque de données. Il est vu, il est accessible pour la... les
employeurs qui ont fait des déclarations de besoin. J'avoue que je ne
comprends pas, là.
M. Leduc :
La personne qui fait l'objet d'une référence, elle se fait référer par
quelqu'un à un employeur, l'employeur dit non, elle est barrée pour la journée.
M. Boulet :
Non.
M. Leduc :
Bien, c'est ça que l'article de loi dit.
M. Boulet :
Non. La personne ne peut pas être dans le Carnet référence plus d'une fois,
sinon ça va toujours être les mêmes personnes. Il faut que ça roule. Donc, c'est
comme ça que la CCQ le gère, puis ça fonctionne à cet égard là correctement.
C'est surtout ça, collègue. Si 37 titulaires de permis... L'hypothèse,
peut-être, la plus farfelue, c'est que
Suzanne X soit référée 37 fois, mais elle va se retrouver dans le carnet
de référence une fois. Son nom va être soumis pour fins de référence à
une reprise. On ne nommera pas la personne 37 fois. On ne reproduira pas
ses coordonnées puis son profil 37 fois. C'est juste ça. Je pense, c'est
simple.
M. Leduc :
C'est beau.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
D'autres commentaires? Oui, Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet :
Oui. Merci, Mme la Présidente. Donc, je relis, donc, l'article 7 tel
qu'il est précédemment... présentement, plutôt, en vigueur, et la proposition
de modification législative... donc, réglementaire ici... Dans le libellé
actuel, on dit «dans les meilleurs délais», et aujourd'hui, donc, on dit «la
Commission transmet dans les plus brefs
délais à l'employeur». Donc, le reste, donc, du... de la première partie du
libellé demeure le même. Est-ce que c'est... Est-ce que c'était voulu?
Est-ce qu'il y a une modification de fond ici?
M. Boulet :
Diligence accrue.
Mme Cadet :
OK. Donc, ici, c'est vraiment parce qu'on souhaitait avoir une diligence
accrue.
M. Boulet :
Bien oui, bien oui. Bien oui, meilleure efficacité.
Mme Cadet :
Donc, c'était voulu, là, de modifier ici le... la terminologie.
M. Boulet :
Tout à fait.
• (14 h 40) •
Mme Cadet :
Parfait. Donc, ça, c'est clair. Ensuite, le... la liste répondant aux
critères mentionnés dans sa déclaration...
Évidemment, donc, j'ai... je vous avouerais que j'ai... le règlement, je ne
l'ai pas lu dans son entièreté. Donc, est-ce que les critères sont
indiqués? Donc...
M. Boulet :
Je le... Je vous l'ai remis ce matin.
Mme Cadet :
OK. C'est dans ce document-là. OK.
M. Boulet :
Je peux les relire. C'est l'article 1 du règlement : Le nombre,
le métier, le statut, compagnon ou apprenti, la région, la date prévue
d'embauche, quand c'est possible, la durée.
Mme Cadet :
OK. Ça, c'est...
M. Boulet : En fait, ce que je vous
ai remis ce matin pour accélérer l'adoption des articles, tout est là-dedans,
OK?
Mme Cadet :
OK. D'accord. OK. Donc, ça, c'est la déclaration. Là, ensuite, juste pour
être certaine, donc, «ces salariés doivent être...
M. Boulet :
...
Mme Cadet :
Merci. C'est important que... On dit : «Ces salariés doivent être
disponibles.» Donc, est-ce que... Donc, on réfère, donc, au dernier alinéa de
l'article 7, qui dit : «Le Service doit être accessible et disponible
en tout temps...»
M. Boulet :
Oui, tout à fait.
Mme Cadet :
OK. Donc, la disponibilité, donc, c'est la disponibilité selon les critères
évalués à la discrétion de la commission, selon les modalités que la commission
détermine. C'est ce que ça signifie, être disponible. Donc, lorsqu'on
indique : «Lorsque la Commission reçoit, de la part d'un employeur, un
avis de fin d'emploi d'un salarié, celui-ci est considéré disponible», ce n'est
qu'un seul... c'est non exclusif, là. Ce n'est qu'une manière d'être disponible
ici. Il peut y en avoir d'autres.
M. Boulet :
Exact. Tout à fait, absolument.
Mme Cadet :
OK. Merci.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. S'il n'y a pas d'autre commentaire,
l'article 82 est-il adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Adopté. L'article 83. M. le ministre, s'il vous
plaît.
M. Boulet : Je vous demanderais, Mme
la Présidente, une courte suspension. Il y aurait un amendement potentiel
de nous, s'il vous plaît.
La Présidente (Mme
D'Amours) : ...les travaux quelques minutes.
(Suspension de la séance à
14 h 42)
(Reprise à 14 h 48)
La Présidente (Mme D'Amours) : Nous
reprenons nos travaux, et je cède la parole au ministre. M. le ministre.
M. Boulet : Merci, Mme la Présidente.
L'article 9 du Règlement sur le Service de référence de la main-d'oeuvre
de l'industrie de la construction : À l'article 83 du projet de
loi :
1° remplacer le
paragraphe 1° par le suivant :
1°
par le remplacement, dans le premier alinéa, de «présente en premier lieu les
femmes et ensuite les hommes» par «présente en premier lieu les femmes,
en second lieu les personnes représentatives de la diversité de la société
québécoise, et en troisième lieu les autres salariés»;
2° remplacer, dans le
paragraphe 2°, «deux» par «trois».
Donc,
comme on vient... C'est... L'ordre de référencement redonne aux femmes la
priorité dont elles bénéficient actuellement et, d'autre part, intègre
au second rang les personnes représentatives de la diversité. Je pense que
c'est une belle avancée. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Tout le monde comprendra que M. le ministre vient de lire l'amendement
de l'article 83, qui n'avait pas été lu. Donc, on va travailler sur
l'amendement. Est-ce qu'il y a des commentaires sur l'amendement? M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc :
Bien, c'est une bonne chose. Je
l'appuie, parce qu'il y avait eu quand même beaucoup de groupes qui
manifestaient un inconfort, mélanger dans le même groupe les femmes et les
personnes issues de la diversité. Puis, pour être assez familier, évidemment,
avec les milieux féministes, c'est toujours quelque chose qui est une tension dans la question des discriminations, une tension
basée, évidemment, sur un enjeu de nombre, notamment, les femmes
constituant la moitié de l'humanité. Donc, qu'on ait cette idée-là de faire
deux séquences distinctes m'apparaît un compromis intéressant.
• (14 h 50) •
Je veux juste avoir un échange pas trop long
avec le ministre, parce que, dans les voix féministes qui se sont prononcées
là-dessus, il y avait quand même une voix discordante, qui est le groupe ATF,
qui ont souvent des suggestions pertinentes. Je ne suis
pas ici nécessairement pour soutenir leur proposition, qui est un changement
radical de façon de procéder, là. Ils voulaient anonymiser l'ensemble des
salariés, etc. Bon, il y avait quelque chose d'intéressant là-dedans, mais
c'était vraiment un changement fondamental de logique. Je ne sais pas si le
milieu était prêt à ça.
Par contre, plus
précisément, un des trucs qu'ils proposaient, c'était d'anonymiser le nombre
d'heures. Ils disaient que l'indication d'un nombre d'heures travaillées, qui
est généralement plus faible pour les femmes, permet de justifier de ne pas embaucher des femmes, parce qu'on peut associer
un faible nombre d'heures avec une plus faible expérience, ce qui n'est pas toujours le cas, bien sûr, mais on peut
faire ce... cet amalgame-là, et qu'il y a, donc, un cercle vicieux où,
bien qu'on pourrait mettre les femmes en haut d'une liste, si on voit leurs
nombres d'heures, puis qu'on fait juste scroller, en bon français, quelques
secondes, puis que, dès qu'on arrive au... à la liste suivante des hommes, par exemple, puis qu'on voit que les nombres
d'heures sont plus élevés, bien, on aura beau les mettre en haut, est-ce que
l'effet va être aussi puissant qu'on le
souhaite? Ça fait que... Est-ce qu'à défaut de tout anonymiser puis tout
renverser le système cette idée-là d'anonymiser le nombre d'heures
pourrait être pertinente, M. le ministre?
M. Boulet : Bon, je comprends. Puis
je ne ferai pas de débat de fond avec le groupe qui a fait ce commentaire,
mais ça a été analysé, collègue. Ça a été analysé, considéré, mais, tenant
compte du droit de gérance des employeurs, tenant compte de l'information pour
qu'elle soit la plus juste pour fins de recrutement et d'embauche, il a été
décidé de ne pas anonymiser, simplement. Mais ça a été considéré.
M. Leduc :
Variation sur le même thème, alors. La FTQ-Construction, à la page 71,
propose une espèce de compromis de ce compromis, qui dit : Comme, de
manière globale, les femmes font moins d'heures que les hommes, est-ce qu'on ne pourrait pas faire une sorte de
pondération du nombre d'heures affichées des femmes en fonction du nombre
d'heures général des femmes — vous
comprenez ce que je veux dire? — donc,
de leur donner une valeur d'à peu près 1,35 par exemple?
M. Boulet :
Non, non. Ça devient un système complexe qui impose une façon d'exercer un
droit de gérance à un entrepreneur qui ne
m'apparaît pas compatible avec les buts visés par le service de référence.
Encore une fois, je fais ce commentaire-là de manière respectueuse à cette
solution de compromis, mais, non, je pense que le fonctionnement efficace
du service de référence est vraiment l'objectif le plus prépondérant dans un
cas comme celui-ci.
M. Leduc :
Qu'est-ce qui va faire, en termes de chiffres ou de cibles, que vous
allez... que vous allez considérer que votre système que vous soumettez
aujourd'hui, auquel on adhère tous ici, va fonctionner, va avoir fonctionné
dans deux, trois, quatre, cinq ans?
M. Boulet :
Bon, le système est mis en place par la loi, il est appliqué par la CCQ, et
moi, je vais déférer à la CCQ, qui a le mandat de mettre en application le
Carnet référence construction, de faire les bilans qui s'imposent, de faire les correctifs. Puis ça fait quand même un
certain nombre d'années que ça fonctionne. Et, comme j'ai mentionné tout
à l'heure, Mme Murray, toute son équipe, qui voient à l'application du
Carnet référence, ont été consultés, ont collaboré à ce que nous vous
présentons dans le PL n° 51, là, les six, sept
articles, et ça répond à leurs attentes, et ça permet un meilleur
fonctionnement, un meilleur accès et une meilleure utilité de ce carnet.
M. Leduc :
La plupart des groupes féministes, des groupes sociaux, les groupes
syndicaux étaient, mettons... saluaient quelques mesures que vous aviez mises,
là, comme celle-là, pour les femmes, mais ils disaient quand même, tous et
toutes, que c'était insuffisant. On a eu un échange, M. le ministre, vous et
moi, sur la question d'avoir des quotas de femmes dans les chantiers. Vous
avez, par la voie d'un entretien avec Le Journal de Montréal ou Le
Journal de Québec, si je ne me trompe pas, démontré de l'ouverture il y a
quelques semaines à cette idée-là. Je n'ai pas
vu nécessairement d'amendement en ce sens à ce jour. Est-ce que mon espoir
s'arrête aujourd'hui, M. le ministre?
M. Boulet :
Vous n'avez pas vu et vous ne verrez pas d'amendement en ce sens. En fait,
je disais, rien n'est exclu. On l'a regardé,
mais, en même temps, il y a des accords commerciaux à l'échelle internationale,
et d'imposer des quotas, et aussi
dans l'octroi des contrats publics, c'est avec un risque constitutionnel. Et,
la représentativité des femmes, c'est important de redire qu'il y a un
programme d'accès à l'égalité pour les femmes qui est extrêmement minutieux et qui va être dans sa seconde version cette
année, ou une nouvelle version, et qui va tenir compte du bilan des dernières
années.
Puis
je voulais conclure en vous disant qu'il y a un rapport annuel aussi sur le
Service de référence de main-d'oeuvre dans l'industrie de la
construction. Vous auriez... Il y a 26 pages avec énormément de données
sur les proportions de détenteurs de certificat ayant complété leurs profils.
En fait, il y a toutes les données dans ce rapport annuel là.
Mais, je le répète,
les propositions faites par la CCQ ont toutes été considérées et intégrées dans
le projet de loi n° 51, puis ça fait suite à tous les bilans qui ont été
présentés année après année.
M. Leduc :
Donc, pour être parfaitement
clair, non, il n'y aura pas de quota de femmes sur les chantiers au Québec.
M. Boulet :
Vous voulez entendre ce mot? Alors, c'est non.
M. Leduc : Vous
avez évoqué des risques constitutionnels. Ça fait deux jours sur deux que vous
me faites cet argument-là. Les accords
commerciaux, j'étais conscient qu'il y avait peut-être des enjeux sur le
contenu québécois, des fois, de contrats, mais là, sur la présence de femmes,
en quoi les accords commerciaux internationaux viendraient dire que
c'est anticonstitutionnel? Je suis un peu mélangé.
M. Boulet : «En conformité avec
les accords de libéralisation des marchés publics, seuls les groupes suivants
peuvent être avantagés : les personnes handicapées — en
fait, c'est mieux de dire en situation de handicap — les personnes
incarcérées ou détenues et les autochtones.» C'est les trois groupes qui
peuvent être avantagés. Puis ça, malheureusement, je ne suis pas une partie
prenante à la négociation des accords de libéralisation. Je ne le dis pas,
«malheureusement», parce que je ne serais pas... je suis en désaccord. Au
contraire, je pense que c'est tout à fait fondé et légitime, mais ce serait...
M. Leduc : Vous me citez quoi
exactement, là?
M. Boulet : C'est les accords
de libéralisation des marchés publics.
M. Leduc : Parfait.
M. Boulet : Il
y a des groupes identifiés qui peuvent être avantagés : les personnes
handicapées, les incarcérés ou détenus puis les autochtones.
M. Leduc : Est-ce qu'on
pourrait le déposer au Greffier, s'il vous plaît, Mme la Présidente?
M. Boulet : ...document-là, là,
mais les accords de libéralisation, moi...
M. Leduc : Bien, quand on cite
un document, d'habitude, on doit, sur demande, le déposer.
La Présidente (Mme D'Amours) : Si le
ministre veut bien le faire, on pourrait le déposer sur Greffier pour que les
collègues puissent l'avoir, ou une référence, si vous avez...
M. Leduc : Ce n'est pas obligé
d'être dans...
M. Boulet : ...d'analyse. On
pourrait vous remettre le document d'analyse, collègue.
M. Leduc : Ce n'est pas obligé
d'être dans la prochaine minute, on s'entend, là, mais...
M. Boulet : ...le documenter,
on va pouvoir vous remettre le document d'analyse...
M. Leduc : S'il vous plaît.
M. Boulet : ...puis donner un
peu plus de contenu. Oui.
Une voix : ...
M. Boulet : Bien, c'est sous
réserve, hein? Il faudra que ce soit fait en accord avec le Secrétariat du
Conseil du trésor. Ça fait que je ne veux pas m'engager à rien, ça fait que...
Mais, le document d'analyse que nous avons ici, ça, on peut le partager. Ça, je
vais vous l'envoyer.
M. Leduc : OK.
Bien, à moins qu'on me dise que ce n'est pas les mêmes règles ici qu'au salon
bleu, d'habitude, quand on cite un document, il faut être prêt à le
déposer.
M. Boulet : Non, mais je cite
un extrait du document d'analyse. Je ne cite pas un extrait d'un accord de
libéralisation. Je ne fais que citer le document que nous avons produit et que
nous allons vous remettre, OK?
M. Leduc : Parfait. Parfait.
Merci beaucoup.
La Présidente (Mme D'Amours) : Je
vous rappelle aussi que c'est comme au salon bleu. Même si on parle d'un
document, le ministre n'est pas dans l'obligation... ou un député n'est pas
dans l'obligation de le déposer. C'est vraiment à sa guise, donc... Mais ce que
j'entends du ministre, c'est qu'il va y avoir un certain document qui pourrait
être déposé pour les collègues.
Donc, nous
revenons à l'article... à l'amendement, pardon, 83. Est-ce qu'il y a d'autres
commentaires? S'il n'y a pas de commentaire, est-ce que l'amendement de
l'article 83 est adopté?
Des voix : Adopté.
La
Présidente (Mme D'Amours) : Adopté. Nous revenons à l'article 83
tel qu'amendé. Est-ce qu'il y a des commentaires? Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
• (15 heures) •
Mme Cadet :
Merci, Mme la Présidente. D'abord, une question de forme ici, là.
Probablement que c'est déjà le cas. C'est
juste que, quand je regarde, donc, le cahier du député qu'on nous a transmis,
la partie «présente sous-section» est biffée. Mais je comprends bien
que, dans la version finale, là, de l'article tel que modifié, on lira
bien : «Toute liste de salariés transmise par la Commission en application
de la présente sous-section présente en premier lieu les femmes», et donc ce qui a été modifié ici, à
l'écran, là. C'est bien ça? C'est tout simplement une question de forme ici,
peut-être plus pour l'équipe, là, M. le ministre, bien m'assurer qu'il n'y a
pas d'erreur dans la formulation ici, ce qu'on
nous a biffé près de... «la présente sous-section». Mais c'est ce qu'on avait
dans le texte... c'est ce qu'on a dans le texte actuel, mais je pense
que ça a été biffé par erreur.
M. Boulet : À
83?
Mme Cadet : Oui,
à 83, donc, à la page 141 du cahier du député.
M. Boulet : ...là,
je vous suis...
Mme Cadet : Oui,
à la page 141 du cahier du député. Donc, quand on lit l'article tel que
modifié, évidemment, avant les modifications de l'amendement, là, on nous... on
ôte «présente sous-section». On dit : «Toute liste de salariés transmise par la Commission en application de la
présente en premier lieu les femmes», mais je pense que c'est biffé par
erreur ici, hein?
M. Boulet : Ah!
oui, tout à fait.
Mme Cadet : OK.
Donc...
M. Boulet : Bien
oui, bien oui, bien oui.
Mme Cadet : Donc,
dans l'article final, donc, on lira bien...
M. Boulet : Absolument.
OK. Je le vois. Tout à fait.
Mme Cadet :
...«dans la présente sous-section présente en premier lieu». OK. Donc, ça,
c'est bon. Donc, la version... la version lue fait foi, puis c'est ce que vous
avez lu ici.
M. Boulet : Oui,
absolument. Vous avez raison.
Mme Cadet : Parfait.
Puis, en second lieu, dans le... dans le texte... En fait, ça, je sais que
c'est dans... Puis c'est peut-être plus pour
une question de compréhension au niveau de la procédure. Donc, «le nombre
d'heures travaillées au cours des 10 années civiles précédant celle
au cours de laquelle est faite la demande, en ordre décroissant», est-ce que
c'est possible de nous expliquer un peu, donc, le... comment... comment est-ce
que ça se déroule dans la vraie vie ici, là?
M. Boulet : Oui,
bien, ils sont référés selon le nombre d'heures puis en ordre décroissant. Ça
permet de voir par année en fonction de la quantité d'heures qui a été effectuée
au travail par la personne. Donc, c'est une... c'est une référence qui est
utile.
Mme Cadet : OK. Donc, la personne qui a effectué le plus...
C'est la personne qui a le plus d'heures exécutées.
M. Boulet : Oui.
S'il y a quatre ans c'est là que tu as fait 1 400 heures, après ça,
s'il y a six ans tu en as fais 1 350... Tu sais, c'est par ordre
décroissant comme ça.
Mme Cadet : OK.
Par ordre décroissant, par année, par candidat.
M. Boulet : C'est
le nombre d'années total.
Des voix : ...
M. Boulet : Ah!
OK. Parfait. C'est la façon d'ordonnancer qui est différente.
Mme Cadet : OK.
D'accord. Donc, la personne, le candidat ou la candidate qui a effectué le plus
de... le plus d'heures dans les
10 dernières années, donc, chaque année, donc, la... Donc, chaque année
civile, la liste est mise à jour pour
tenir compte des 10 dernières années civiles si la personne se retrouve,
évidemment, donc, au service de référencement pendant plusieurs années.
M.
Boulet : Exact. C'est logique. C'est tout à fait logique.
Mme Cadet : Donc,
c'est mis à jour comme ça. Puis la personne qui a le plus d'heures exécutées se
retrouve en haut de la liste.
M. Boulet : Oui.
Mme Cadet : OK.
Et ça, c'est... Est-ce que ça comprend, donc, les heures de formation? Parce
que je sais qu'on a... Non, là, on est vraiment dans les heures exécutées.
M. Boulet : Exact,
les heures de travail.
Mme Cadet : OK.
Donc... Parce que je sais qu'hier on a... on avait parlé, donc, au niveau,
donc, de la reconnaissance, là, du 35 heures.
M. Boulet : Non.
Ça, c'est pour l'accès, là. Le 35 %, là, c'est avant de...
Mme Cadet : Le
35 heures... pardon, 35 %.
M. Boulet : Le
35 %, c'est avant d'obtenir le certificat compétence apprenti. Ce n'est
pas la même affaire.
Mme Cadet : OK.
Donc là, là, on ne tient pas compte, là, de ces modifications qu'on a faites
hier, qu'on a adoptées hier au niveau de tenir compte de cette formation.
M. Boulet : Non.
Mme Cadet : C'est vraiment les heures exécutées telles que...
telles que définies par la CCQ. C'est ce... Il s'agit, donc, du nombre
d'heures.
M. Boulet : Oui.
Mme Cadet : OK. Donc, ça, d'heures travaillées, donc, c'est
vraiment, donc, le corollaire des heures exécutées dans l'autre
règlement que nous avons vu.
M. Boulet : Tout
à fait.
Mme Cadet : OK.
La Présidente (Mme D'Amours) : D'autres
commentaires sur 83 tel qu'amendé? S'il n'y a pas de commentaire, est-ce
que l'article 83 tel qu'amendé est adopté?
Des voix :
Adopté.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Adopté. L'article 84. M. le ministre.
M. Boulet : 84.
Merci, Mme la Présidente. L'article 25 de ce règlement est modifié :
1°
par la suppression, dans le deuxième alinéa, de «son désir d'être référé même
s'il travaille ou, à l'inverse,»;
1° par la suppression
du troisième alinéa.
Commentaire. Donc, la
modification, c'est l'article 25 du même règlement par l'article... Bon,
on constitue, essentiellement, une modification en concordance avec celle
proposée précédemment, là, vous vous souvenez, à l'article 82, qui prévoit que la CCQ ne réfère, par l'entremise du
service de référence, que des salariés qui sont disponibles pour travailler. Toutefois, un salarié pourrait
encore décider de ne pas être référé, même s'il ne travaille pas. Donc, c'est
une question de respect d'un choix personnel.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Vous avez un amendement, M. le ministre, à déposer.
M. Boulet : Oui.
Merci. Oui, il y avait une erreur de syntaxe, là. Donc, merci, Mme la
Présidente. Article 25 du Règlement sur le Service de référence de main-d'oeuvre de l'industrie
de la construction : Remplacer le paragraphe 1° de l'article 84
du projet de loi par le suivant :
1°
par le remplacement, dans le deuxième alinéa, de «son désir d'être référé même
s'il travaille ou, à l'inverse, son désir de ne pas l'être» par «son
désir de ne pas être référé».
Donc, commentaire, ça
vise à corriger une erreur de syntaxe dans l'article du projet de loi tel qu'il
avait été déposé. Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : Parfait.
Commentaires sur l'amendement? S'il n'y a pas de... Oui.
M.
Leduc : ...une petite suspension très rapide.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Oui, je suspends les travaux quelques minutes.
(Suspension de la séance à 15 h 06
)
(Reprise à 15 h 07
)
La Présidente (Mme D'Amours) : Nous
reprenons nos travaux. Nous sommes à l'amendement de l'article 84.
M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Moi,
je ne comprends pas pourquoi on veut biffer le dernier paragraphe, parce que,
dans le système actuel, si je sais que mon
contrat se termine vendredi puis que je voudrais en avoir... je voudrais être
au travail lundi prochain quand même, et donc avoir un nouveau contrat lundi
prochain, je pourrais me mettre disponible, comme, cette semaine,
mettons, mercredi ou jeudi. On est... on est jeudi aujourd'hui. Mon contrat se
finit demain. Moi, je voudrais me mettre
disponible tout de suite parce que je voudrais être... je voudrais en avoir un
lundi prochain. C'était possible avant, mais là ma compréhension, c'est
qu'en biffant le dernier paragraphe ce ne sera plus possible.
M. Boulet : Mais
je ne suis pas confortable avec ça, Mme la Présidente. Encore une fois, dans la
déclaration de besoin de l'employeur, on dit la date prévue de l'embauche puis
la durée. Donc, si la personne sait que ça va commencer dans une semaine et
qu'elle sera disponible à ce moment-là, elle le mentionne. Mais il ne faut pas
permettre à tout le monde qui travaille de dire : Bon, j'ai une autre
opportunité. C'est comme si on allait supplanter, de façon indirecte, ou empêcher une autre personne d'avoir un emploi, si
je vous comprends bien, là. Parce que tout ce que ça disait, c'est : Quand un salarié a exprimé son désir d'être
référé, même s'il travaille, la commission précise qu'il est en emploi.
Donc, quand tu travailles, c'est une autre dynamique, là.
M. Leduc : Mais
il ne peut pas vouloir le plus possible réduire le nombre de jours en attente
du nouveau contrat en s'affichant disponible plus tôt. Il est obligé d'attendre
la fin de ce contrat pour se remettre en disponibilité puis être référé. C'est
un peu bizarre, non?
Des voix : ...
La Présidente (Mme
D'Amours) : Je vais suspendre les travaux quelques minutes.
M. Leduc : Parfait.
(Suspension de la séance à 15 h 09
)
(Reprise à 15 h 12)
La Présidente (Mme
D'Amours) : Nous reprenons nos travaux. M. le ministre, la parole est
à vous.
M. Boulet : Merci,
Mme la Présidente. En fait, c'est pour un fonctionnement plus efficace du
carnet. Une personne qui est en emploi ne sera pas référée par la CCQ. Le
mandat de la CCQ, c'est de s'assurer que la référence soit effective, qu'elle
donne des résultats suite à la déclaration de besoin de l'employeur. Ce qui a
été constaté, collègue, c'est qu'il y en a beaucoup qui n'étaient pas
disponibles, qui pouvaient être en emploi ou qui n'étaient pas disponibles, qui
donnaient leurs noms, et ça engorgeait la liste de référence.
Ceci dit, il n'y a
rien qui empêche un titulaire de permis, notamment ton syndicat, qui le sait...
Si tu finis dans deux semaines, si tu finis
dans trois semaines puis même s'il y a des besoins qui sont... précédant ta
disponibilité, bien, le syndicat peut te référer, puis tu es dans le
carnet. Tu es donc sur le site Web. Ça fait qu'il n'est pas mal pris. Mais,
encore une fois, dans l'agilité du système de référencement, je pense que ça
s'impose. Puis c'est... c'est certainement une amélioration.
M. Leduc : Moi,
je pensais puis je pense toujours que l'objectif commun qu'on a, c'est d'aller
plus vite avec la construction, de construire plus vite. En pouvant...
M. Boulet : Exact.
M. Leduc : En
ayant quelqu'un qui est en emploi, le... continuer de lui permettre de se
rendre disponible au référencement nous assure qu'il y ait le moins de journées
perdues possible où il n'est pas en train de construire une maison, comme on
dit.
M.
Boulet : On a exactement le même objectif. C'est la raison pour
laquelle permettre que soit engorgée la liste n'est pas un atout, n'est pas un
modèle de fonctionnement efficace. C'est surtout ça, là.
M. Leduc : Parfait. Vous faites référence à des gens qui
s'inscrivaient, etc., mais qui n'étaient pas disponibles.
M. Boulet : ...beaucoup.
M. Leduc : Puis ils n'étaient pas disponibles jusqu'à quand,
mettons? Avez-vous des chiffres là-dessus? Les gens s'inscrivaient trop
tôt. Un mois, deux mois, trois mois?
M. Boulet : Non,
mais il y a... Mais on n'ira pas scruter les raisons de chaque travailleur
syndiqué individuellement, mais il y en a peut-être qui voulaient s'en aller
ailleurs, qui voulaient changer... Tu sais, je ne le sais pas, là. Chacun a ses motivations personnelles. Mais ils sont en
emploi, puis le rôle de la CCQ, c'est de permettre une intégration en
emploi le plus rapidement possible.
M. Leduc : Je
comprends.
M. Boulet : C'est
tout.
M. Leduc : Mais...
OK. Essayons de voir si on peut concilier nos deux approches. Vous, vous
dites : La liste est embourbée. Moi, je
dis : Ce serait bête de perdre des journées de travail parce qu'on n'est
pas capables d'avoir référencé quelqu'un avant la fin de son contrat. Y a-tu
moyen de, par exemple, dire que cette personne-là doit... peut demeurer sur la
liste si son contrat se termine dans moins de deux semaines, par exemple?
M. Boulet : Facilement.
Il n'a rien qu'à demander à son syndicat...
M. Leduc : Non,
mais...
M. Boulet : ...qui
est titulaire de permis, puis il va mettre son nom sur le carnet de référence.
C'est tout. C'est simple.
M. Leduc : Mais
la CCQ pourrait faire ça aussi.
M. Boulet : Mais
la CCQ ne le mettra pas...
M. Leduc : Parce que tantôt on a dit qu'il y a des employeurs
qui ne veulent pas se faire référer du monde par les syndicats. On a
voté tantôt là-dessus.
M. Boulet : Bon,
les critères qui sont dans le règlement, à l'article 1, il y en a un
spécifiquement sur la disponibilité de la... tu sais, la personne qui est
référée par la CCQ. Encore une fois, je vais me répéter, là, il n'y a rien qui
empêche la personne d'être sur le site Web si elle passe par un titulaire de
permis, notamment son syndicat.
M. Leduc : Mais
on vient de nous dire qu'il y a des employeurs, maintenant, qui pourront
refuser d'être référés par les syndicats.
M. Boulet : Non, ce n'est pas la même affaire. Il y a des
employeurs qui pourraient dire à la CCQ : Moi, je ne veux pas être
contacté...
M. Leduc : C'est
ça. Bien oui, je le sais, mais...
M. Boulet : ...moi,
je ne veux pas faire affaire avec la liste de référence. Et ça, c'est un choix
personnel...
M. Leduc : Tout
à fait.
M. Boulet : ...qui
revient à chaque entrepreneur.
M. Leduc : Quand vous dites à l'individu : Non, non,
mais va voir ton syndicat, bien... sauf que, là, il se prive potentiellement
d'employeurs, parce qu'il y a des employeurs qui auront dit : Moi, je ne
veux pas me faire contacter par des syndicats.
M. Boulet : Bien
oui, ils vont être dans le système. Si le syndicat le réfère, il va être dans
le... dans la liste de référence.
M. Leduc : C'est que, moi, vous me
dites : La liste est engorgée. J'ai dit : OK, soit, elle est engorgée
par qui exactement? Du monde qui exagère, qui s'inscrivent six mois d'avance...
M. Boulet : Oui,
tout à fait.
M. Leduc : ...ou du monde qui sont à
deux semaines de ne plus avoir de job ou à quelques jours, puis que, là, ils
aimeraient ça ne pas tomber dans le dalot?
M. Boulet : Mais un des gros
motifs...
M.
Leduc : On est-tu capables de l'épurer un peu, peut-être,
quand même, garder un roulement pour s'assurer que les gens puissent se
faire référer tout de suite?
M. Boulet : Bien, ça, ça va
contribuer à l'épurer, parce qu'un des gros motifs d'engorgement, c'est les
personnes...
M. Leduc : Je suis en train de vous
dire : Vous jetez peut-être le bébé avec l'eau du...
M. Boulet : Et ce qu'on me dit même,
puis vous allez le voir dans le rapport annuel, 14 % seulement des
salariés mettent à jour leurs profils, ce qui comprend notamment leurs
disponibilités. C'est un fouillis épouvantable. C'est pour ça que les
dispositions qu'on discute sont importantes. Il ne faut pas, quand tu es en
emploi... Et puis c'est un des motifs essentiels qui fait que... Bien, ils ne
mettent pas à jour, ça fait que... Quand tu ne mets pas à jour, ça ne donne pas
de bon résultat. Cette liste de référence là ou ce carnet de référence là, il
pourrait donner de bien meilleurs résultats s'il était géré plus
efficacement... pas géré plus efficacement, mais mis à jour, puis que les
informations soient accessibles.
M. Leduc : Moi, je ne comprends pas
pourquoi on n'est pas capables de faire un compromis là-dessus, M. le ministre,
parce que je peux adhérer à l'idée que la liste, peut-être, est embourbée puis
qu'il y a moyen de l'améliorer, mais je ne peux pas comprendre qu'on ne veuille
pas savoir que des gens puissent être disponibles dans une semaine, deux semaines pour éviter le plus possible d'avoir
des périodes de non-activité. Ça, j'ai de la misère à comprendre ça.
M. Boulet : Oui, puis... Mais vous
comprenez que 14 % des salariés mettent à jour leurs données, dont la
disponibilité. C'est la réponse la plus éclairante que je peux vous donner.
14 %.
M. Leduc : Mais en quoi votre
système va améliorer ça?
M. Boulet : Parce que la CCQ va
mettre à jour, on l'a dit dans d'autres articles, va mettre à jour, puis là,
ici, c'est un autre élément qui va favoriser le fonctionnement efficace du
carnet.
M. Leduc : Attendez. La CCQ va
mettre à jour le statut de disponibilité du salarié ou va juste flusher les
gens qui...
M. Boulet : Bien, pas que la
disponibilité, ses données.
M. Leduc : Qu'est-ce que... Si les
gens n'ont pas... ne mettent pas leurs profils à jour, qu'est-ce qui vous dit qu'en flushant tous les gens qui sont soi-disant
en emploi ceux qui sont soi-disant disponibles sont vraiment disponibles?
M. Boulet : Ah! mais ils ne le
disent pas. Mais... OK. Moi, j'ai dit ce que j'avais à dire, là. Ils les
mettent... C'est ça. Quand tu es en emploi, tu n'es pas disponible.
M.
Leduc : Oui, mais, si vous dites que personne ne met son
truc à jour, comment vous allez le savoir, si les gens que vous avez
épurés, c'étaient les bons qu'on a épurés?
M. Boulet : Bien, la CCQ, elle le sait
par les registres mensuels. Ils sont complétés par...
M. Leduc : Est-ce que le ministre de
l'Informatique est impliqué là-dedans?
M. Boulet : Pardon?
M. Leduc : Est-ce que le ministre de
l'Informatique est impliqué là-dedans? Ça va-tu bien aller, ça?
M. Boulet : C'est qui? C'est qui,
le... Il y a un ministre l'Informatique...
M. Leduc : Vous n'êtes pas supposé
de rire là-dessus, M. le ministre.
M. Boulet : Non, mais il y a un
ministre de...
• (15 h 20) •
M.
Leduc : La solidarité ministérielle exige que vous ne riiez pas à ma
blague, mais, bon...
M. Boulet : Non, mais... Non, mais moi, je me fie à la CCQ,
puis il y a des rapports mensuels qui doivent être complétés par les
entrepreneurs, et la CCQ le sait, les salariés qui sont en emploi, en tenant
compte des heures. Ça fait qu'elle peut certainement faire une mise à jour qui
est plus effective en temps réel.
M. Leduc : Merci,
madame.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
D'autres commentaires sur l'amendement de l'article 84? S'il n'y a
pas d'autre commentaire, est-ce que l'article... l'amendement de
l'article 84 est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Adopté. Nous revenons maintenant à l'article 84 tel
qu'amendé. Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Merci, Mme la Présidente. D'abord, merci au
ministre, donc, pour l'amendement, parce qu'effectivement, donc, quand je lisais, donc, la première mouture de
l'article 84, ça suscitait, donc... ça portait quelque peu à confusion.
Donc,
maintenant que c'est clarifié, nous venons, donc, d'avoir la discussion, donc,
sur... bon, sur, donc, l'aspect, donc,
de la disponibilité, et donc le... Puisqu'à 82 nous avons prévu que la CCQ,
donc, ne réfère que des salariés disponibles pour travailler, donc, les éléments qui existaient, donc, à
l'article 25 dans le texte actuel faisant référence au désir du salarié d'être
référé même s'il travaille ne sont plus nécessaires. Donc, c'est l'objectif.
Parfait.
Autrement...
autrement, M. le ministre, j'avais peut-être une question d'ordre plus général.
Donc, au début, donc, au premier alinéa, nous disons que «tout salarié met à
jour ses disponibilités aux fins des activités du Service en les communiquant aux coordonnées que la
Commission détermine», mais en fait, en le lisant, j'ai peut-être un autre élément
de forme ici. Puisqu'on ne parle que des salariés qui, donc, font connaître
leur désir de ne pas être référés même s'ils ne travaillent pas, est-ce que le
premier alinéa, dans sa forme actuelle, est toujours... Oui.
M. Boulet : Oui, tout à fait. Le premier alinéa, il met à jour
ses disponibilités, il communique à la commission. Il peut aussi, dans sa mise à jour, dire, quant à sa
disponibilité, son désir, même s'il ne travaille pas, son désir de ne pas
l'être.
Mme Cadet : Est-ce
que ça devrait être «tout salarié disponible»?
M. Boulet : Non.
La mise à jour de ses disponibilités par un salarié lui permet notamment de
faire connaître au service son désir de ne pas l'être, disponible, donc, même
s'il ne travaille pas.
Mme Cadet : De
ne pas être référé, oui.
M. Boulet : Oui,
ça se lit dans sa globalité. Mais je comprends votre point.
Mme Cadet : OK. D'accord. Merci. Ensuite, donc, ici, donc,
«tout salarié», donc, on parle bien, donc, des salariés qui, donc,
pour... dont les heures, donc, sont assujetties, donc, à la loi R-20 ici.
M. Boulet : Exact.
Mme Cadet : OK.
Je... Ça me fait penser, M. le ministre, donc, à l'un des groupes, là, qui
étaient venus en commission parlementaire,
qui nous avait parlé de ce qui se produisait, donc, au niveau, donc, des
travaux d'installation, de réparation et d'entretien de dispositifs,
donc, de machinerie de production. Donc, il s'agissait, donc, du... de l'Association des employeurs en mécanique
industrielle du Québec. Je pense qu'ils nous avaient, donc... Donc, il y avait
une partie de leur exposé, donc, qui parlait
de la référence de main-d'oeuvre. Je voudrais donc vous entendre largement
là-dessus.
M. Boulet : Ça
ne fait pas l'objet de la... de l'article 84, si je ne m'abuse. Le mémoire
qui a été présenté par cette association-là visait à assujettir des machineries
de production à la Loi sur les relations de travail, sur la loi... à la loi
R-20, mais... Donc, il n'y a pas de service de référencement de la même
manière, là. Tu sais, ce n'est pas...
Mme Cadet : Non, bien, justement, c'est ça, donc, il n'y a pas
de service de référencement de la même manière. Puis, je vous avouerais,
donc, moi, ça avait été, donc, une préoccupation lorsque j'avais eu l'occasion
de...
M. Boulet : Je
comprends.
Mme Cadet : ...de questionner le groupe en question. Qu'est-ce
que vous, vous avez pensé de leur témoignage?
M. Boulet : Je
vais réserver ce que moi, je peux penser. Mais ce n'est pas dans l'objet de
l'article 84 qui fait l'objet de nos discussions. On pourra s'en reparler
dans un autre contexte.
Mme Cadet : Dans un autre bloc?
M. Boulet : Ah! bien, si... On
pourra s'en reparler.
Mme Cadet : Parfait. Merci, M. le
ministre.
M. Boulet : Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : D'autres
commentaires sur 84 tel qu'amendé? S'il n'y a pas d'autre commentaire, je vais
le mettre aux voix. Est-ce que le 84 tel qu'amendé est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme D'Amours) : Adopté.
Nous passerions, selon le plan, au bloc Offices d'habitation, à
l'article 6. M. le ministre, si vous voulez bien nous en faire la lecture,
s'il vous plaît.
M.
Boulet : Merci, Mme la Présidente. L'article 19 de
cette loi est modifié par l'insertion, dans le paragraphe 8° du premier alinéa
et après «dans la Loi sur les services de santé et les services sociaux pour
les autochtones cris,», de «par des salariés permanents embauchés directement
par les offices d'habitation visés dans la Loi sur la Société
d'habitation du Québec (chapitre S-8),».
Commentaire. Bon, l'article 19,
paragraphe 8°, de la loi R-20 prévoit actuellement que cette loi ne
s'applique pas aux travaux d'entretien,
rénovation, réparation et de modification lorsque ces travaux sont exécutés par
des salariés permanents embauchés directement par certains organismes publics
ou par ceux qui les remplacent temporairement.
L'article 6
propose d'ajouter, au paragraphe 8° de l'article 19, les offices
d'habitation du Québec aux organismes déjà
visés par cette exclusion, soit les municipalités, les communautés
métropolitaines, les centres de services scolaires, les établissements
de santé. Donc, on ajoute les offices d'habitation visés dans la Loi sur la
Société d'habitation du Québec.
Essentiellement,
juste pour vous donner un peu plus de couleur sociale, les logements sociaux,
comme vous savez, sont sous la responsabilité des offices d'habitation
du Québec, et ce seront eux, les grands bénéficiaires de cette modification
pour leur permettre de remettre en état les logements sociaux plus rapidement.
Puis je le dis, parce que c'est un amendement que je trouve vraiment important,
là. Les offices d'habitation pourront, donc, au choix, faire affaire avec
des entreprises de construction ou des employeurs professionnels.
Mais, ce qui arrivait, comme c'était un
impératif, ils faisaient des appels d'offres, ça prenait du temps avant d'avoir
des soumissions, ça prenait des délais additionnels pour faire exécuter les
travaux, ça coûtait beaucoup plus cher. Donc, les logements sociaux n'étaient
pas accessibles, alors qu'il y a plein de personnes au Québec, comme vous le
savez, qui ont besoin des logements sociaux.
Donc, le but qui était fondamentalement visé
dans les représentations des offices d'habitation, c'était de s'assurer, avec
leurs salariés permanents, de faire les travaux visés, c'est-à-dire
d'entretien, réparation, modification. Puis,
bon, le salarié permanent est défini. Les logements liés à divers programmes,
vous les connaissez, le programme de Logement abordable Québec,
AccèsLogis. Puis, avec la pénurie de main-d'oeuvre puis le manque d'envergure
des travaux à effectuer dans les logements sociaux, peu d'entrepreneurs, en
plus... il y a peu d'entrepreneurs qui soumissionnaient, ce qui contribue,
collègue, je pense que vous m'écoutez bien, à la crise du logement.
Donc, il y a des économies annuelles d'environ
3,36 millions qui sont à prévoir pour les offices d'habitation du Québec quand ils vont pouvoir faire effectuer
leurs travaux par des salariés permanents. Évidemment, ces montants-là vont
être réinvestis pour faire éventuellement, souhaitons-le, plus de logements
sociaux.
Et, je vous dirais, quand je les ai rencontrés
puis quand on analyse les travaux qui sont particulièrement visés, c'est des travaux de peinture, de
revêtement de sol. Voilà. C'est déjà énorme pour rendre accessibles les
logements sociaux, les maintenir dans un bon état d'entretien pour le
locataire social, entre guillemets, qui suit. Alors, c'est aussi simple que ça.
La
Présidente (Mme D'Amours) : Merci. Commentaires sur l'article 6? Oui, Mme
la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Oui, bien, tout
simplement, d'abord, sur l'amendement... sur l'amendement du ministre, je... bien, d'abord, je suis en... pas... non, non, pas
l'amendement, mais l'article... la proposition de texte proposé du ministre, donc,
au paragraphe 8° de l'article 19, donc, à travers l'article 6 du
projet de loi, donc, je suis... donc, je suis en faveur, donc, du principe ici. Les salariés permanents embauchés
directement, donc, par les offices d'habitation, donc, j'imagine, on
parle ici, donc, des concierges, donc, ce type, donc, de salariés ci.
M. Boulet : Certainement, oui.
Mme Cadet : OK. Donc, c'est vraiment...
Donc, c'est l'exemple...
M.
Boulet : Préposés à l'entretien, concierges, des peintres.
• (15 h 30) •
Mme Cadet :
OK. Et là... Donc, aujourd'hui, donc, la présente loi ne s'applique pas, donc,
aux travaux, donc, d'entretien, de
rénovation, de réparation et de modification. Est-ce qu'il y a des types, donc,
de travaux qui seraient exclus ici de l'exemption, là, qu'on est en
train, donc, de créer avec l'article 6 du PL?
M. Boulet : Bien,
les travaux de construction. En fait, c'est la remise en état.
Mme Cadet : OK.
Donc, tout simplement. Donc, on viendrait... Pardon. Donc, on viendrait
joindre, donc, ce qui se passe au niveau, donc, des salariés permanents
embauchés directement, donc, par certains organismes publics. Donc, c'est
exactement, donc, la même chose qui s'applique ici...
M. Boulet : Totalement
la même affaire que les villes.
Mme Cadet : ...donc,
pour eux que les villes, les municipalités, les centres de services scolaires.
M. Boulet : Oui,
oui, communautés métropolitaines, et autres.
Mme Cadet : Parfait.
Merci.
La Présidente (Mme
D'Amours) : ...M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Bon,
plusieurs questions. D'abord, elle est où, la frontière entre ce qu'on pourrait
appeler des petits travaux puis des travaux
plus lourds? Parce qu'on pourrait avoir une adhésion spontanée et générale à
l'approche de dire : Ah! bien, tu sais, on va faire un peu de
flexibilité, puis ça va être... Mais qui décide de c'est des travaux
compliqués, des travaux simples?
M. Boulet : En
fait, c'est ce qui est fait partout, dans les hôpitaux, dans les centres de
services scolaires. L'entretien, c'est
l'action de maintenir en état. La rénovation, c'est s'assurer que le logement
soit dans un état convenable. La réparation, ça peut être de réparer de
quoi qui fonctionne mal dans le logement. Puis les modifications, puis c'est les offices municipaux d'habitation qui avaient
véritablement besoin de tous ces aspects-là, mais ce qui est de
mentionné, c'est vraiment la peinture, le remplacement du
couvre-plancher ou des... C'est essentiellement ce qui est visé ici.
M. Leduc : Et
là il faudrait que ces sociétés d'habitation là aient des employés maison,
internes.
M. Boulet : Ils
en ont déjà.
M. Leduc : Ils
en ont déjà.
M. Boulet : Oui,
oui, oui, tout à fait. Ils ont leurs réseaux d'employés permanents. Et c'est ce
qui est un peu... pas odieux, là, mais ils
disent : On a du monde qui peuvent rendre accessibles des logements, qui
ne peuvent pas parce que c'est soumis à la loi R-20. Ça fait qu'il
faut faire un appel d'offres, comme j'ai dit, on attend des soumissions, puis
il n'y a pas d'entrepreneurs qui veulent soumissionner là-dessus parce que
c'est trop des travaux légers. Ça fait que
ça prend du temps, ça coûte plus cher. Quand ils décident de venir, ça coûte
plus cher et ça peut retarder de plusieurs mois.
En fait, c'est vraiment
une préoccupation sociale qui a été exprimée par les offices municipaux
d'habitation. Et il y en a actuellement 2 100, employés permanents
qui sont déjà à l'emploi des offices municipaux. Il y en a 545 à temps partiel
qui sont permanents mais qui n'ont pas assez de travail. Donc, on attend, on
sèche, il y a un logement social qui n'est
pas accessible parce que personne ne peut faire le travail d'entretien, on est
en attente de soumissions, puis il y a 540 employés à temps partiel au
Québec mais permanents, vous savez c'est quoi, là, c'est des temps partiels
occasionnels, parmi ceux-là, il y en a 800,
il y a 2 100, 545, qui effectuent habituellement des travaux d'entretien
puis de réparation de bâtiment, mais ils ne peuvent pas le faire dans
les logements.
M. Leduc : Mais,
soyons clairs d'une chose, là, quand tu es temps partiel permanent, tu n'es pas
payé à ne rien faire, là.
M. Boulet : Non,
mais des temps partiels occasionnels. En fait, ils sont à temps partiel. Ils
peuvent faire 10 heures, 20 heures. Ils sont permanents.
M. Leduc : OK.
Mais ils ne sont pas chez eux à se tourner les pouces avec le chèque de paie
qui rentre, là.
M. Boulet : Ah!
bien, je ne sais pas. Il y en a probablement. Il y en a qui peuvent ne pas rien
faire parce qu'ils n'ont pas de travail. Il n'y a pas de garantie d'heures de
travail.
M. Leduc : Avec un chèque de paie.
M. Boulet : Non.
Ils n'ont pas de garantie d'heures de travail. Ils n'ont pas un chèque de paie.
Mais vous le savez, comment ça fonctionne. Tu peux avoir 10 employés
permanents, puis il y en a dont le nombre d'heures varie en fonction des
besoins exprimés par l'employeur.
M. Leduc : Bon.
M.
Boulet : Ce monde-là, il y a une disponibilité de
main-d'oeuvre qui n'est pas utilisée pour faire des travaux légers, pour
remettre en état des logements sociaux.
M. Leduc : Ça fait qu'ici ça veut
dire que demain matin... Tant mieux s'il y a de la main-d'oeuvre, mais, si on
est prêts à la faire travailler plus, il va falloir des ressources
supplémentaires. Est-ce que, dans le dernier budget, il y avait des ressources
supplémentaires aux sociétés d'habitation pour prévoir, mettre en vigueur la
mesure que vous nous proposez aujourd'hui?
M. Boulet : Je n'entrerai pas dans
les budgets, mais, s'ils n'ont pas les ressources budgétaires, est-ce qu'ils
vont les avoir en plus pour aller en soumission puis faire faire des travaux
par des entrepreneurs? Ce n'est pas moi qui
va négocier l'augmentation de leur budget, mais, quand ils ont des travaux de
remise en état de logements sociaux...
M. Leduc : Attendez. Là, vous êtes
ministre dans un gouvernement, là. Vous avez un projet de loi. Vous l'avez
présenté à vos collègues du Conseil des ministres ça fait plusieurs semaines,
j'imagine, puis là vous avez une mesure qui
va imputer des coûts supplémentaires, nécessairement, aux sociétés d'habitation
puis vous me dites que, nulle part dans tout ce processus-là, il n'y a eu le
raisonnement logique de... de comme faire la ligne dans les pointillés
puis dire : Bien, il faudrait qu'on donne plus de ressources aux sociétés
d'habitation.
M. Boulet : Ah non! Bien non,
j'ai... Là, vous m'avez... vous m'avez perdu un peu. J'ai dit qu'on anticipait
des économies de 3,36 millions. Donc, c'est des économies pour le coffre
public.
M. Leduc : Des économies parce
que...
M. Boulet : Bien, parce... Bon, je
vais reprendre le processus.
M. Leduc : Allons-y.
M.
Boulet : C'est des travaux assujettis, donc l'office ne
peut pas faire faire le travail, donc ne peut pas remettre en état le logement social, parce que c'est du
travail qui doit être fait par des salariés assujettis. On fait un appel
d'offres. Les soumissions ne viennent pas parce qu'il y a peu
d'entrepreneurs. Même quand il y en a, ça prend énormément de temps et ça coûte
plus cher, alors qu'on a des employés permanents qui pourraient faire le
travail. Ce qu'on anticipe, puis c'est l'office québécois d'habitation,
l'office d'habitation du Québec, quand je les avais rencontrés, c'est une
économie de 3,36 millions qui est anticipée.
M. Leduc : Comment ça se fait? C'est
exactement le même travail qui va être fait par deux personnes différentes.
Comment ça génère des économies, ça?
M. Boulet : Non, mais c'est parce
que vous ne comprenez pas.
M. Leduc : Je comprends très bien.
M. Boulet : Écoutez, au lieu de le
faire faire par un salarié externe à tel coût, il va être fait par un salarié
interne à un moindre coût. Je pense que c'est aussi simple que ça.
M. Leduc : Pourquoi il est à moindre
coût à l'interne?
M. Boulet : Parce qu'ils sont payés
à des taux fixes. Puis évidemment, quand c'est du travail assujetti, les
salariés ont des conditions de travail qui sont supérieures dans le secteur de
la construction.
M. Leduc : Ça
fait que, pour peinturer le même quatre et demie, celui qui est assujetti à la
loi de la construction, il est payé plus cher que la personne qui
travaille pour la SHQ.
M. Boulet : Tout à fait, tout à
fait. Puis je n'ai aucune...
M. Leduc : Bien, la personne qui
travaille pour la SHQ devrait renégocier sa convention collective.
M. Boulet : Ça, je sais que vous
avez des amis, associés, partenaires ou collaborateurs qui peuvent s'en
occuper. Moi, je n'ai aucun... aucun enjeu avec ça.
M.
Leduc : Mais ça veut dire, blague à part, que, s'ils renégocient leur
convention collective à la SHQ pour dire :
Bien là, si vous nous faites faire la job de construction qui est payée deux
fois le prix à côté, finalement, l'économie, elle va s'envoler.
M. Boulet : Je
n'ai pas de commentaire à faire là-dessus.
M. Leduc : Bon, dernière question peut-être, Mme la
Présidente. Si je comprends bien l'article de loi qui est déjà en
vigueur, les commissions scolaires ne sont déjà pas assujetties.
M. Boulet : Bien
oui.
M. Leduc : Mais
ce que je ne comprends pas, dans ce cas-là... Combien de fois on a... puis ici
même, à cette commission, en audience, on est venus se faire expliquer
l'exemple sempiternel du cadre de porte dans une salle de classe qui avait pris
je ne me souviens plus combien de personnes à changer? Comment se fait-il, si
ce n'était même pas assujetti à la construction?
M. Boulet : Oui, mais ça prend des métiers, à un moment donné.
Là, on réfère... entretien, réparation. Ce n'est pas des travaux de construction plus lourds, là. Ce n'est pas des
travaux qui requièrent l'expertise d'un des 25 métiers du secteur de la construction. Il faut faire
attention. Ça ne veut pas dire que les offices d'habitation du Québec, ils
n'auront plus recours à des
électriciens, ils n'auront plus recours à des... à des métiers plus
spécialisés, là. C'est véritablement coût.
Mais, pour vous
rendre plus sensible, collègue, c'est surtout les délais d'accessibilité à des
logements sociaux qui vont être rétrécis. Il y a une contribution sociale qui
est faite par un amendement de cette nature-là puis qui n'a aucun impact sur la
santé et sécurité des travailleurs, leur compétence et, bien sûr, la qualité
des travaux. On veut... Il y a un locataire
social qui s'en va. On veut remettre en état le logement pour le rendre plus
accessible. C'est à peu près l'équivalent, si je me souviens bien, là,
de 200 000 heures de travail dans l'industrie de la construction. Sur
les 210 millions d'heures travaillées en 2022, c'est à peu près
200 000 heures. C'est une goutte dans l'océan.
M. Leduc : Moi, je me souviens, puis, peut-être, ma mémoire
me fait défaut, que, dans de multiples entrevues, vous, M. le ministre, pour
parler du projet de loi, vous avez dit : Changer un cadre de porte dans
une école, ça prenait cinq, six, 12 métiers, je ne me souviens
plus.
• (15 h 40) •
M. Boulet : Ce
n'est pas moi qui l'ai mentionné, c'est un entrepreneur qui est membre d'une
association d'employeurs qui l'a vécu puis qui l'a témoigné au PDG, qui est venu
en consultations particulières. Pour ne pas l'oublier, c'est Eric Côté.
M. Leduc : Oui.
Ça, je m'en rappelle très bien. Mais vous, vous avez repris.
M. Boulet : Il
a dit que l'entrepreneur... Bien oui, ce n'est pas moi qui l'a vécu, ce n'est
pas moi qui l'a fait, le cadre de porte.
M. Leduc : Mais
changer un cadre de porte, ce n'est pas de l'entretien, ça?
M. Boulet : Bien
non, non.
M. Leduc : Non?
Je pose la question.
M. Boulet : Ça requiert les métiers qui ont été mentionnés.
C'est ce que le... la rigidité qui est prévue à l'article 4 du
Règlement sur la formation professionnelle requiert, que les métiers...
M. Leduc : Je vais revenir à ma question initiale. Parce que
vous m'en avez donné, des exemples, mais est-ce que la définition de ce que ça
veut dire, des travaux d'entretien, de rénovation, de réparation et de
modification à exécuter, comme quatre
titres, dans le fond, là, entretien, rénovation, réparation, modification,
est-ce que ça, c'est très précisément écrit en quelque part, qu'est-ce
que ça veut dire, et donc qu'est-ce que ça ne veut pas dire?
M. Boulet :
Bien, il y a un...
Des voix :
...
M. Boulet :
Oui, oui, il y a le lexique, oui. Puis évidemment moi, je ne prévois même pas
d'enjeu de contestation puis de risque d'interprétation. Mais l'entretien,
c'est : Action de maintenir en état. La rénovation, c'est le rétablissement d'une chose dans son état.
Réparation, c'est remettre en état, redonner sa fonction initiale s'il y a de
quoi qui ne marche pas. La modification, c'est s'assurer que ça
fonctionne.
Puis ce que vous, comme locataire, ou moi, ou
peu importe, ce que les locataires font, tu sais, quand il y a de quoi qui
brise dans ta maison ou dans ton loyer, tu le fais, alors que, là, les offices
d'habitation du Québec étaient contraints de faire des appels d'offres, avec
tous les délais que ça engendrait, puis...
M.
Leduc : Qu'est-ce qui existe comme mécanisme pour
s'assurer qu'il n'y ait pas, entre parenthèses, d'abus puis qu'on puisse demander de vérifier si le
travaux qui n'est soi-disant plus assujetti est exagérément considéré comme
un entretien, rénovation, réparation, modification?
M. Boulet : Bien, c'est toujours
comme dans toute loi s'il y a des enjeux de non-respect. Si, par exemple, l'office d'habitation du Québec ne respecte pas la
loi puis qu'il y a une dénonciation, il y a une observation ou il y a une
plainte, la Commission de la
construction du Québec va envoyer un
enquêteur. C'est... Toute loi, collègue, si elle n'est pas respectée, si
quelqu'un lève la main, on va s'assurer de son respect.
Puis, vous le
savez, on a revu toutes les amendes. Il y a des amendes beaucoup plus
importantes, qui ont d'ailleurs fait
l'objet d'une forte revalorisation, et les personnes vont payer le prix. Puis,
s'il y a une récidive, vous savez que c'est deux fois plus. Puis une
autre récidive, c'est trois fois plus.
Moi, je n'ai pas d'enjeu. Je vous le dis, là, le
seul élément qui m'a guidé là-dedans, collègue, c'est rendre les logements
sociaux plus accessibles. Et je pensais que vous auriez été le premier à vous associer
à cet article.
M. Leduc : Je ne dis pas que je suis
contre, M. le ministre. Je fais juste essayer de souligner les...
M. Boulet : Non, je comprends.
M. Leduc : ...puis aller au fond de
la question. Pendant nos échanges, on a eu le temps de retrouver ce à quoi je
faisais référence, puis c'était, donc, sept corps de métier pour changer une
porte. Changer une porte trop étroite dans une école, sept corps de métier.
Vous avez vous-même repris cette citation-là. Changer une porte, ce n'est ni de
l'entretien, ni de la rénovation, ni de la réparation, ni une modification à
exécuter.
M. Boulet : Non. Réparer la porte.
Mais changer une porte, c'est une autre dynamique. Puis là je n'ai pas tout le détail de l'entrepreneur général qui a été
impliqué dans le sept métiers. Puis il y a eu plein d'exemples au Québec, puis
parfois c'était trois, puis quatre, puis cinq, puis six métiers. Ça fait que
chaque entrepreneur vit sa réalité avec une intention ferme de respecter
ce que le règlement de la loi prévoit.
M. Leduc : C'est tout, Mme la
Présidente.
La
Présidente (Mme D'Amours) : Merci. D'autres commentaires? Oui, Mme la députée
de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Oui. Merci, Mme la
Présidente. Je suis retournée voir, donc, l'analyse d'impact réglementaire.
Donc, juste nous assurer que nous sommes toujours, donc, sur la même longueur
d'onde, M. le ministre, parce que ce n'est pas précisé dans le commentaire,
dans le cahier du député. Donc, ici, donc, les travaux, donc, qui seraient
visés, donc, sont non seulement... Donc, on
dit, donc : Les salariés permanents embauchés directement par les offices
d'habitation visés dans la loi. Donc, on parle ici... On dit :
«Cette exclusion viserait les logements sociaux et abordables sous la
responsabilité des offices d'habitation du Québec et liés à divers programmes,
tels que le Programme de logement sans but lucratif, le programme AccèsLogis
Québec, le programme Logement abordable Québec ou à tout nouveau programme
gouvernemental de logements sociaux et abordables qui pourrait être mis en
place.» Donc, c'est...
M. Boulet : ...programmes de la SHQ,
là. J'en ai mentionné quelques-uns tout à l'heure. Vous avez raison.
Mme
Cadet : Parfait. Donc, c'est... c'est ceux-là, juste
pour... par souci de clarté ici, pour ce à quoi on fait référence.
Ensuite, le... quand vous dites le... Bon, pour
permanents, vous avez répondu à la question que j'avais ici, parce que ça concerne également, donc, les
employés à temps partiel. Et, je veux savoir, donc, les salariés, donc, qui
sont embauchés par le biais d'agences de placement, est-ce qu'ils sont
considérés?
M.
Boulet : Ce n'est certainement pas assimilable à des
salariés permanents. Ça fait que les offices d'habitation du Québec ne
pourraient pas. Ce n'est pas des salariés permanents.
Mme Cadet : OK. D'accord. Et donc...
OK. Donc, ça, ça vient expliquer ici, donc, le terme, donc, «salariés
permanents»...
M. Boulet : Oui.
Mme Cadet : ...en fait, surtout,
«embauchés directement» plutôt que «salariés permanents».
M. Boulet : Exact.
Mme Cadet : C'est à ce... cet
aspect-là de la définition que je faisais référence, que, «salariés
permanents», on l'a défini. «Embauchés directement», donc, vous venez dire,
donc, que ceux qui seraient... qui... donc, qui seraient embauchés, donc, par le biais d'un tiers, donc, ne
seraient pas assujettis ici, à cet article. Et ça dit que les travaux, donc,
pourraient être faits, donc, par ces salariés permanents embauchés directement
de même que par des salariés qu'ils embauchent
directement pour remplacer temporairement ces salariés permanents. Donc, on parle
ici, donc, de congés de maladie, là, si...
M. Boulet : Exact.
Mme Cadet : C'est ce type, donc,
d'embauche ici.
M. Boulet : Oui.
Mme Cadet : OK. Donc, ça, c'est très
clair, donc, pour le paragraphe 8° de l'article 19.
Toujours à l'article 19, je reviens à mon
point précédent, M. le ministre, parce que peut-être que c'est... Il s'agissait, donc, de l'article, là, qui nous
permettrait, donc, de mieux comprendre la proposition, donc, qui avait été
faite par l'Association des employeurs en mécanique industrielle du
Québec, qui souhaitait rétablir la portée initiale de la disposition visant l'assujettissement des
entrepreneurs mécaniques de la construction et de leurs salariés à la
loi R-20. Donc, je la pose ici
parce que j'ai vu que l'article 19 de la loi indique : «La présente
loi s'applique aux employeurs et aux salariés
de l'industrie de la construction», et là, donc, on nomme, donc, les
différentes exclusions aux paragraphes 1° à 14°.
Et on fait
aussi référence à la notion d'employeur professionnel. Je sais que la notion
d'employeur professionnel avait été un peu, donc, remise en question
dans le mémoire, là, vous vous rappellerez, M. le ministre. Je sais qu'on a entendu beaucoup de groupes, que
l'association, donc, nous... nous témoignait de l'interprétation... en fait, de
la portée, là, de la définition d'«employeur professionnel» prévue à la
loi R-20, qui excluait, donc, l'entrepreneur mécanique, donc, de la... de
la construction. Peut-être plus sur cet aspect-là... cet aspect-là, donc, du
mémoire.
Une voix : ...
Mme
Cadet : Là, je comprends. Je
ne dépose pas d'amendement ici, M. le ministre, là. C'est juste, donc, pour...
M. Boulet : On pourra en faire une
discussion à un moment opportun.
Mme Cadet : OK. Donc, ce n'est pas
l'article. Parfait.
M. Boulet : Tout à fait.
Mme Cadet : Merci.
La
Présidente (Mme D'Amours) : D'autres commentaires sur l'article 6? S'il
n'y a pas d'autre commentaire, je le mets aux voix. L'article 6
est-il adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme D'Amours) : Avant
de poursuivre, je veux juste vous dire que, depuis... Ça fait des années que je
suis présidente de commission, et c'est la première fois que je réagissais à
cet article-là, puis je m'en excuse, mais c'était plus fort que moi. J'ai siégé
sur un conseil d'administration d'un office d'habitation, et le temps que les
gens vont sauver pour qu'on puisse mettre un citoyen dans un logis convenable...
Vous ne pouvez pas vous imaginer comment les conseils d'administration vont
être contents de ça, ne serait-ce que le temps qu'on va sauver pour mettre des
gens dans un logis convenable. Je m'excuse, là, je n'aurais pas dû réagir comme
ça parce que je suis présidente de commission, mais ça m'avait touchée, là. Je
suis vraiment contente. Merci, M. le ministre.
M. Boulet : Eh mon Dieu! Bien, merci
beaucoup.
La
Présidente (Mme D'Amours) : Donc, nous allons au plan... c'est-à-dire, au
bloc, du plan, de rémunération des arbitres, à l'article 74. M. le
ministre, la parole est à vous.
• (15 h 50) •
M. Boulet : Merci beaucoup, Mme la
Présidente. En fait, c'est des articles d'actualisation.
74. Le titre
du Règlement sur la rémunération de l'arbitre de grief ou de plainte dans
l'industrie de la construction (chapitre R-20, r. 13) est modifié
par la suppression de «ou de plainte».
Commentaire.
L'article 74 du projet de loi propose une modification au titre du
Règlement sur la rémunération de
l'arbitre de grief ou de plainte dans l'industrie de la construction afin de
retirer, dans le titre de règlement, les mots «ou de plainte».
L'arbitrage de plainte concernant la violation
des dispositions de la loi R-20 en matière de liberté syndicale n'existe
plus depuis 2002. Il a été remplacé par un recours au Tribunal administratif du
travail. Or, le Règlement sur la rémunération de l'arbitre pris en vertu de
R-20 n'a jamais été modifié pour refléter ces changements. Il est donc
nécessaire d'actualiser certaines dispositions de ce règlement.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
M. Boulet : Puis
en... Ah! excusez. Puis c'était la loi... en 2001, là, chapitre 26, Loi
modifiant le Code du travail, instituant la Commission des relations de travail
et modifiant d'autres dispositions législatives. Alors, c'est tout.
C'est aussi simple que ça.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Commentaires sur l'article 74? Oui, Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet :
Oui. Donc, je lis les commentaires de façon concomitante, là, Mme la
Présidente. Donc, je comprends ici, donc,
tout simplement... Donc, je comprends, donc, qu'on fait une modification, donc,
de concordance. L'arbitre... C'était quoi, donc, l'arbitre de plainte?
M. Boulet : En fait, c'étaient des
plaintes, puis je n'étais pas là à l'époque, là, en matière de liberté
syndicale, puis ça n'existe plus depuis 2002. Donc, ce ne sont que des griefs.
Puis griefs, bien, c'est ce qui est une problématique d'interprétation ou
d'application d'une convention, puis ça ne s'appelle pas une plainte en vertu
du Code du travail.
Mme Cadet :
Et donc, en 2002, quand cette modification a été faite, on n'a jamais
rouvert la R-20 pour modifier le titre de...
M. Boulet :
Exact. Ça... Faites-moi pas dire des choses. Et ça, c'est un règlement.
Tout à fait.
Mme Cadet : Oui, tout à fait. OK.
C'est juste que, là, on a constaté... Ah! puis c'est parce que, là, on a
constaté... On en profite puisqu'on ouvre cette section-ci. On a
constaté qu'il fallait, donc, faire cette concordance-ci qui vous avait
échappé.
M. Boulet :
Je ne serai pas méchant.
La Présidente (Mme
D'Amours) : ...commentaires sur 74? Est-ce que l'article 74 est
adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. L'article 75. M. le ministre, s'il vous plaît.
M. Boulet :
Merci. L'article 1 de ce règlement est modifié par le remplacement de
«et aux arbitres nommés en vertu de l'article 105» par «nommés en vertu de
l'article 62».
Commentaire.
Donc, pour actualiser la disposition du règlement avec celle de R-20, la
référence à 105 est remplacée par la référence à l'article 62.
Donc, c'est simplement une référence ajustée. Merci.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. Commentaires? Oui, madame.
Mme Cadet :
Oui, c'est ça. Un instant. Donc, je vais, donc, à mon article 62 ici
de la loi.
M. Boulet :
Oui. Ce n'est rien qu'un changement de référence. Ce n'est rien qu'une
adaptation.
Mme Cadet :
Et l'article 62, donc... donc, c'est celui qui porte, donc, sur tout
grief.
M. Boulet :
Exact.
Mme Cadet :
Et l'article 105, il portait, lui, sur...
M. Boulet :
Bien, à l'époque c'était 105. Ah! vérifiez-le, là.
Mme Cadet : Est-ce que 105 est
toujours le 105, «une personne intéressée peut soumettre au Tribunal
administratif du travail une plainte portant sur l'application des
dispositions du présent chapitre dans les 15 jours qui suivent la date à
laquelle a eu lieu le fait ou la connaissance du fait dont elle se plaint»?
M. Boulet :
Oui. Et là ça a été remplacé par un recours au TAT, là.
Mme Cadet :
Ah! d'accord. Donc, c'est... c'est ce que nous disions, donc, à l'article
précédent.
M. Boulet :
Exact.
Mme Cadet :
Donc, le... OK. Donc, c'est encore lié, donc, à la modification...
M. Boulet :
C'est juste un... c'est juste un numéro d'article.
Mme Cadet : ...législative de 2002.
M. Boulet : Oui,
exact.
Mme Cadet : OK, donc, qui a
transféré, donc, les plaintes au Tribunal administratif du travail.
M. Boulet : Exact.
Mme Cadet : Donc, c'est à cet
article 105 que ce transfert avait lieu.
M. Boulet : Tout à fait.
Mme Cadet : Et donc... Et
l'article 62, ici... En fait, je pose la question : Est-ce que
l'article 62 était déjà... Il n'est pas... il n'est pas nouveau, là, comme
on peut le constater.
M. Boulet : Non, exactement, mais
ça n'avait pas été actualisé. Ce n'est rien qu'une actualisation. C'est tout.
Mme Cadet : Je comprends, mais
sauf que l'article 62 existait avant 2002, là. Ce n'est pas un nouvel
article qui a été créé par la suite. Donc, l'article... Pourquoi est-ce qu'on
ne référait pas, par exemple, par le passé, aux articles 62 et 105,
puisque c'était «de grief et de plainte», qu'on n'a pas remplacé
précédemment...
M. Boulet : Je ne sais pas. Je
n'étais pas là.
Mme Cadet : Est-ce qu'on peut avoir
la réponse?
M. Boulet : Non.
Mme Cadet : On ne peut pas
avoir la réponse.
M. Boulet : C'est une erreur de
rédaction.
Mme Cadet : Ah! OK. C'était...
OK. C'était une erreur de rédaction à la base. Normalement, ça aurait dû être
62 et 105, comme je viens de le dire. OK.
M. Boulet : Donc, on corrige
les erreurs de...
Mme Cadet : OK. Et donc...
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
D'autres...
M. Boulet : C'est tout.
La Présidente (Mme D'Amours) : D'autres
commentaires sur 75? Est-ce que l'article 75 est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
L'article 76. M. le ministre.
M. Boulet : Merci.
L'article 2 de ce règlement est modifié :
1° par le remplacement, dans le premier alinéa,
de «120» par «268»;
2° par le remplacement, dans le deuxième alinéa,
de «de 360 $» par «équivalant à 3 heures d'honoraires au taux fixé
par le premier alinéa»;
3° par l'ajout, à la fin, de l'alinéa
suivant :
«L'arbitre a également droit à des honoraires au
taux fixé par le premier alinéa pour chaque heure d'une conférence
préparatoire.»
Commentaire. Donc, on modifie l'article 2
du Règlement sur la rémunération pour l'uniformiser avec les honoraires des
arbitres de grief nommés en vertu de R-20 avec ceux nommés en application du Code
du travail. Puis, le règlement sur la rémunération du Code du travail a été
revu, là, puis, bon, là, il y a des mécanismes d'indexation. Donc, c'est simplement une uniformisation avec la
rémunération des arbitres nommés en vertu du Code du travail. Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Commentaires sur 77? Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme
Cadet : Oui. Merci. Donc, à quel moment les modifications
ont été faites au Code du travail à ce sujet?
M.
Boulet : C'est... Non, c'est le Règlement sur la
rémunération des arbitres. Ça a été fait, il me semble, il y a... en
2021.
Mme Cadet : D'accord.
Donc, les chiffres ici... Parce qu'évidemment c'est sûr que, donc, on fait,
donc, des modifications... Donc, 268, c'est
très précis. Donc, je comprends que c'est... c'est le chiffre qui se trouve,
donc, à ce... C'est le même montant, là.
M. Boulet : Oui, puis il y a un
mécanisme d'indexation dorénavant puis...
Des voix : ...
M. Boulet : OK. Dans le règlement du
code. Mais ça n'avait pas été... le Règlement sur la rémunération de l'arbitre de grief ici, là, n'avait pas été
modifié depuis 2004. Ça fait que c'étaient des tarifs de l'époque, et là,
maintenant, c'est les tarifs d'aujourd'hui.
Mme Cadet : D'accord. Et on en
profite pour faire cette modification réglementaire ci à la loi, puisqu'elle
est substantielle et qu'il s'agit, donc, d'un arrimage avec le Code du travail.
M. Boulet : Exact, oui.
Mme Cadet : Mais par la suite,
puisqu'il y a un mécanisme d'indexation...
M. Boulet : Non, il n'y en a pas, de
mécanisme d'indexation.
Mme Cadet : OK. Il n'y en a pas, de
mécanisme d'indexation. Donc...
La Présidente (Mme D'Amours) : M. le
député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Avais-tu fini? Non, non,
vas-y, vas-y.
Mme Cadet : Merci. Donc, il n'y a
pas de mécanisme d'indexation, donc, ce qui signifie, donc, que ces montants-là
seront les mêmes jusqu'à ce qu'il y ait une prochaine modification
réglementaire.
M. Boulet : C'est un règlement du
gouvernement. Puis, oui, il y aura un autre règlement du gouvernement. Mais,
quand ça a été adapté, je me souviens qu'on avait fait beaucoup de
consultations dans les années précédentes, et
il y avait... Le taux de satisfaction de la Conférence des arbitres du Québec
était... était élevé, là. C'est un... c'est un ajustement qui s'imposait
et qui est compatible avec les enjeux d'attractivité puis de rétention des
arbitres aussi.
Mme
Cadet : Et souvent j'imagine que ce sont les mêmes
arbitres qui vont parfois, donc, être nommés, donc, sur des griefs en
vertu... en application du Code du travail et ceux qui le seraient en vertu de
la loi R-20.
M. Boulet : En général, oui. Il y a
75 arbitres qui sont dans la liste du Comité consultatif du travail et de
la main-d'oeuvre. Il n'y a rien qui empêche qu'une autre personne fasse de
l'arbitrage sans apparaître dans la liste du CCTM.
Mme
Cadet : D'accord. Donc, d'où l'arrimage ici. Est-ce qu'il
y a une volonté... Parce que, là, je comprends, donc, qu'on vient... on vient
l'uniformiser, mais ça voudrait dire que, par exemple, donc, la prochaine fois
qu'il y aurait ce même processus de mise à niveau des honoraires, puisqu'il n'y
a pas de mécanisme d'indexation, donc, il faudrait passer par un projet
de règlement et faire, donc, les différentes consultations de 45 jours
pour...
M. Boulet : ...de publication, de
commentaires, etc.
Mme
Cadet : Et donc, là, ça... ça voudrait dire qu'il faudrait
le faire en double, parce que, là, si on a, donc, le Règlement sur la
rémunération de l'arbitre ici, donc, lié à la loi R-20, et il y a le
règlement, donc, sur les honoraires des arbitres de façon générale dans le Code
du travail, donc, c'est déjà prévu que... Évidemment, il n'y a pas de... On vient de faire la modification aujourd'hui, là,
mais ça avait été réfléchi à ce que, donc, le prochain... la prochaine ronde,
là, de mise à niveau des honoraires puisse prévoir des modifications aux deux
règlements à la fois.
M. Boulet : Oui, tout à fait.
Mme Cadet : OK. Donc, les arbitres,
donc, devront s'attendre au dépôt de deux projets de règlement.
M. Boulet : Oui.
Mme Cadet : Donc, pourquoi ne pas
avoir pensé, donc, tout simplement... Je comprends que, là, justement, on les uniformise. Donc, pourquoi ne, donc, pas
inclure, donc, une clause qui nous renvoie directement, donc, à celle du
Code du travail pour faire ce processus une seule fois plutôt que deux?
M. Boulet : Ça
aurait pu. C'est une question de mécanique législative, là, réglementaire, là.
Mais le règlement ici, il est spécifique à l'industrie de la
construction, puis je n'ai pas d'autre réponse que ça.
Mme Cadet : OK. Donc, on... Quand même... Ça aurait pu être un
choix, mais ici ça permet, donc, de conserver une marge de manoeuvre,
d'un coup qu'on voudrait, donc, ne pas...
M. Boulet : Absolument,
absolument.
Mme Cadet : ...tout
à fait les arrimer au même moment.
M. Boulet : Puis
je vous dirais que, depuis 2021, c'est comme un système à deux niveaux. Ils
n'ont pas le même niveau de rémunération. Ça fait que c'est hyperopportun de le
faire maintenant.
• (16 heures) •
Mme Cadet : OK.
Et puis, donc, je disais, donc, 266, c'est ce qu'on retrouve à l'autre... à
l'autre règlement... Donc... Et on enlève, là, la rémunération minimale pour
une... pour chaque journée d'audience. Pour avoir une rémunération minimale,
j'imagine que, là, le «de» serait enlevé aussi... à toute l'équipe. Il a
droit... il a le droit à une rémunération minimale
équivalant à trois heures d'honoraires au taux fixé. Donc, on... Donc, le deux
est aussi abrogé. Est-ce que, là... Je suis dans le texte proposé dans
le cahier du député, là. Je ne sais pas si, au texte...
M. Boulet : Non,
mais c'est correct : «...une rémunération minimale équivalant à 3 heures
d'honoraires au taux fixé par le premier alinéa.» Il y a le «de» qui n'a pas...
Mme Cadet : Le
«de», c'est ça.
M. Boulet : ...qui
n'a pas d'affaire là. Il faudrait l'enlever.
Mme Cadet : Exactement.
M. Boulet : Je
ne sais pas qu'est-ce qu'il fait là. Et on va regarder s'il est dans le projet
déposé et, s'il l'est, on va l'enlever.
Mme Cadet : Oui,
c'est ce que je vois ici, donc, dans le projet de loi déposé, remplacement
de...
M. Boulet : Il
va être changé sur l'épreuve, collègue, c'est tout.
Mme Cadet : Oui. OK. Ah! c'est ça, je pense qu'il aurait dû
être... OK. Parfait. Donc, ça, ce n'est pas... S'il y a... s'il y a lieu, dans
le projet déposé, s'il y a une erreur, elle va être... elle va être corrigée
sans qu'on ait besoin de repasser par ici, là.
Une voix : ...
Mme Cadet : Sur
épreuve, ça veut dire...
M. Boulet : Bien,
ça va être modifié à l'épreuve quand ils vont faire l'épreuve, quand ils vont
imprimer.
Mme Cadet : Ah!
OK. D'accord. OK.
M. Boulet : Il
est correct dans le projet de loi, qu'on me confirme.
Mme Cadet : OK.
C'est dans le cahier seulement. OK. Parfait. OK. Trois heures d'honoraires
au taux fixé par le premier alinéa.
«L'arbitre a également droit à des honoraires au taux fixé par le premier
alinéa pour chaque heure d'une...»
Ah! OK. Donc, le trois heures d'honoraires au taux fixé par le premier
alinéa... Donc, trois fois 268 $ pour une journée et 268 $
pour chaque heure d'une conférence préparatoire. C'est bien comme ça qu'il faut
le lire?
M. Boulet : Oui,
exact. Ah! c'est très clair.
Mme Cadet : Merci.
M. Boulet : Félicitations
aux rédacteurs!
Mme Cadet : Merci.
Merci à l'équipe de rédacteurs.
M. Boulet : Dites-le,
dites-le, dites-le de temps en temps.
Mme
Cadet : Bien oui, bien sûr. C'est énormément de travail, tout ça.
Donc, je transmets mes félicitations à l'équipe de rédacteurs.
M. Boulet : Vous voyez, le collègue d'Hochelaga-Maisonneuve veut faire une intervention pour l'exprimer, son contentement
aussi.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Vous avez terminé, Mme la députée?
Mme Cadet : Oui.
Merci.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve, la parole est
à vous.
M. Leduc : Merci, Mme la Présidente. On peut, en effet,
souligner le travail des légistes qui vous accompagnent et de votre
équipe du cabinet.
M. Boulet : C'est
gentil.
M. Leduc : C'est
beaucoup d'heures de préparation. J'ai des questions de compréhension, M. le
ministre. Les arbitres sont en charge
d'appliquer... bien, en fait, de trancher des différends d'application de la
loi R-20, ou de la convention collective, ou les deux?
M. Boulet : C'est
simplement la convention collective.
M. Leduc : Je
n'ai pas réussi à comprendre ils relevaient de qui, du ministère, ou de la CCQ,
ou...
M. Boulet : Ah!
ils ne relèvent pas du ministère. C'est des arbitres qui ont des bureaux.
M. Leduc : Oui,
mais qui les coordonne?
M. Boulet : C'est
des... c'est des arbitres privés qui sont sélectionnés par le Comité
consultatif du travail et de la
main-d'oeuvre. Il y a toute une procédure de sélection, de formation, de stage
pour être nommé. Puis il y en a qui sont refusés. Il y en a qui sont
retirés de la liste. Mais actuellement, je vous dirais, il y en a 75, à un ou
deux de plus ou moins.
M. Leduc : Est-ce qu'ils sont... est-ce qu'ils sont obligés
d'être spécialisés ou ça peut être les mêmes arbitres que pour le code
en général?
M. Boulet : Non, il n'y a pas d'obligation de spécialisation,
mais il y en a qui développent des spécialisations par leur pratique.
M. Leduc : Je
comprends.
M. Boulet : Mais
je me souviens, moi, quand... Il y avait deux, trois ingénieurs qui étaient membres
de la liste. Ce n'est pas un impératif
d'être avocat. Comme vous, avec votre bagage, votre expérience, vous pourriez
facilement être recommandé par le CCTM et nommé par le ministre.
M. Leduc : Je ne suis pas sûr que je ferais l'unanimité, M.
le ministre, des deux parties pour trancher de manière juste et neutre.
M. Boulet : Puis, dans le secteur de la construction, si je ne
m'abuse, ils sont déjà identifiés dans la convention.
M. Leduc : Je
regarde mes amis de l'ACQ, là, je ne suis pas sûr qu'ils me mettraient sur la
liste des arbitres.
M. Boulet : Bien, si vous réussissiez à vous faire identifier
dans une des conventions collectives, malheureusement, l'ACQ, l'APCHQ,
je les vois ici, là, oui, ils seraient contraints de...
M. Leduc : Ils
seraient contraints.
M. Boulet : ...de
vous... Ils auraient...
M. Leduc : Ils
seraient stressés. Ils seraient contraints, mais ils seraient stressés en
tabarnouche.
M. Boulet : Ils
devraient vous convaincre. Mais je sais que vous êtes capable de changer d'idée
parfois.
M.
Leduc : Ils seraient stressés en tabarnouche. OK. Là, on
parle, dans l'article 78, des conditions de travail... bien, les
conditions de travail... ce n'est pas tout à fait des conditions de travail,
mais de la rémunération, etc. Est-ce que les arbitres ont droit à de la rétro,
eux autres?
M. Boulet : De la rétro?
M. Leduc : De la rétro.
M. Boulet : Non, non, non. Ça rentre
en vigueur... En fait, ils sont payés par mandat. Quand ils ont fini un mandat, «that's it», c'est fini, là. Mais, à
partir de l'entrée en vigueur, là, le nouveau taux s'applique. Mais il n'y a
pas de rétroactivité sur les mandats qui ont été faits dans les années
antérieures, non.
M. Leduc : Non. OK. Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
S'il n'y a pas de... Oui, Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Oui, juste valider ici,
là. En écoutant, donc, les questions de mon collègue, donc, à quelles situations, donc, ça s'applique ici, donc, la...
pour l'arbitrage, donc, du protocole, là, celui qu'on a vu à
l'article 41.4, là, c'est cet... ce n'est pas le même arbitre,
hein?
M. Boulet : Non, pas du tout. Ici,
c'est les arbitres qui entendent des griefs. Donc, tel que défini dans le Code
du travail, c'est une mésentente sur l'interprétation ou l'application d'une
convention collective.
Mme Cadet : OK, exclusivement.
M. Boulet : Exact.
La Présidente (Mme D'Amours) : Est-ce
que l'article 76 est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme D'Amours) :
Adopté. L'article 77. M. le ministre, s'il vous plaît.
M. Boulet : Merci. L'article 4 de ce
règlement est modifié par le remplacement, dans le deuxième alinéa, de «80» par
«151».
Commentaire. Donc, on modifie l'article 4 pour
actualiser, encore une fois. C'est simple, là, c'est l'allocation de
déplacement par rapport à celui auquel a droit l'arbitre qui est nommé en vertu
du Code du travail. C'est tout.
La Présidente (Mme D'Amours) : Commentaires?
Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Oui. Donc, je... Donc
là, vous dites, donc, que c'est exactement le même processus qu'on a suivi à
l'article précédent, donc, un arrimage complet avec le... ce qui s'applique
pour l'arbitre nommé en vertu du Code du
travail. Peut-être revenir à ma question précédente parce qu'elle s'applique
ici. Donc, ça voudrait dire, donc, que l'arbitre qui est nommé pour
l'arbitrage du protocole à 41.4, donc, c'est celui qui est nommé en vertu du
Code du travail.
M. Boulet : Je ne comprends pas.
Des voix : ...
M. Boulet : Mais c'est deux choses complètement
différentes, comme j'ai mentionné. Mais, l'arbitre, s'il y a une mésentente
quant à la... l'élaboration du protocole syndical, l'arbitre est nommé par le
ministre, oui.
Mme Cadet : OK. D'accord. Donc, en
vertu du Code du travail.
M. Boulet : Mais ici les arbitres...
Bon, il y a trois façons de faire pour les arbitres. Ils peuvent être prévus dans les conventions collectives. En ce cas, les
parties conviennent souvent qu'ils sont utilisés en rotation un après l'autre.
S'il n'y
en a pas dans les conventions collectives, la particularité du régime
d'arbitrage est que c'est les parties qui
conviennent de l'identité de l'arbitre. Quand tu vas devant un tribunal, bon,
vous savez comment ça marche, tu ne détermines pas qui sera le juge.
Puis maintenant, aujourd'hui, tu ne peux même pas savoir d'avance qui va être
le juge à la Cour supérieure, par exemple. En arbitrage, tu as la liste des
membres du comité consultatif et tu décides. Puis,
bon, Alexandre, bon, des avocats... On s'échange des noms, puis il y a des
arbitres qui sont identifiés comme étant plus d'un côté, des... Puis je
le dis puis je le... Puis c'est comme ça, la réalité. Ça fait que les parties
conviennent de l'identité de l'arbitre.
À
défaut d'entente, c'est le ministre qui nomme. Puis le ministre nomme en
fonction de certains critères, mais
généralement il tient compte aussi du volume de travail pour que ce soit le
plus... Parce que le but qui a été souvent exprimé par la Cour suprême du
Canada, c'est que ce soit expéditif,
là, que ce soit diligent. On voit qu'en réalité ce l'est de moins en
moins, là.
Mme Cadet : OK.
Merci. Et...
La Présidente (Mme
D'Amours) : ...
Mme Cadet : Oui,
puis là je vous... Donc, ici, donc, le taux, là, de 151 $, donc, qui est
actualisé... Donc, le taux de 80 $ qui était là, lui aussi datait de
2002... Non, pas 2002. Je pense que celui-là, c'était 2004 que vous disiez.
M. Boulet : Oui,
exactement.
Mme Cadet : OK. Puis... Et là, donc, pour celui-ci, pourquoi
il n'y a pas de mécanisme de révision annuelle...
M. Boulet : Ah!
il n'y en a pas non plus.
Mme Cadet : ...ou
périodique, là, oui?
M. Boulet : Non,
comme j'ai mentionné tout à l'heure.
Mme Cadet : OK. Donc, c'est vraiment... Donc, c'est le même
taux qui se retrouve maintenant, donc, à l'autre règlement pour ce qui
est, donc, des arbitres nommés en vertu du Code du travail. Il n'y a pas, donc,
de... Le choix a été porté de ne pas créer de mécanisme dans cet autre
règlement là. Pourquoi?
M. Boulet : Parce que c'est une adaptation qui tient compte de
la réalité spécifique, qui peut évoluer dans le temps, puis qui permet
au législateur de s'adapter en tenant compte de cette évolution-là, tout simplement.
Mme Cadet : OK.
Il y avait une préférence pour que ça... qu'on retourne en processus
réglementaire et de valider avec les parties...
M. Boulet : Oui,
de consultation.
Mme Cadet : ...plutôt
que le mécanisme soit automatique.
M. Boulet : Oui,
tout à fait.
Mme Cadet : Et
ça, c'était à la préférence des parties... à la préférence, ici, donc, du
conseil... du conseil des arbitres.
M. Boulet : C'est
la Conférence des arbitres, oui.
Mme Cadet : La
conférence. Merci, merci.
M. Boulet : Non,
il n'y a pas de quoi.
Mme Cadet : La
conférence. Parfait.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Terminé, Mme la députée?
Mme Cadet : Oui. Puis le rayon de 80 kilomètres aussi,
là, il est en parallèle... c'est un corollaire de ce qu'on retrouve ailleurs. Donc, l'article est identique à
ce que... dans tous points, même dans les... dans les dispositions actuelles,
les dispositions du texte actuel.
M. Boulet : Oui.
• (16 h 10) •
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Oui, Mme la Présidente. Là, M. le ministre faisait
référence à notre passé syndicaliste ou, en tout cas, en droit du
travail. Je veux juste vérifier...
M. Boulet : En
droit du travail.
M.
Leduc : ...oui, par curiosité. Moi, à mon époque, c'étaient des
délais, quand même, de deux ans avant d'avoir des dates avec des disponibilités
d'arbitres. C'est-tu encore ça?
M. Boulet : C'est beaucoup plus rapide que ça, mais ça varie
d'un arbitre à l'autre. Puis vous pourrez regarder dans la liste
annuelle confectionnée par le Comité consultatif du travail et de la
main-d'oeuvre. Il y a le délai moyen d'audience
et le délai moyen de reddition de la décision par arbitre. Ça fait qu'il y en a
qui sont plus rapides que d'autres.
Mais
c'est une question d'offre et de demande. Il y a des arbitres qui sont
surchargés, et ça peut prendre un an, un an et demi. Est-ce qu'il y en a qui se
rendent à deux ans? Je ne le sais pas, mais c'est long en... c'est long. Il y
en a... il y en a que ça peut prendre deux ans.
M. Leduc : C'est
un des grands problèmes de notre régime de droit du travail, je trouve. Le
délai parfois jusqu'à deux ans, là, pour obtenir un arbitrage, ce n'est pas
évident.
M. Boulet : Je
suis totalement d'accord avec vous. Il en... Ça en prendrait plus, d'arbitres.
M. Leduc : On
fera ça après la politique, M. le ministre.
M. Boulet : Oui,
on pourra faire un tribunal d'arbitrage à deux.
M. Leduc : Je
serai votre apprenti, et vous serez mon compagnon.
M. Boulet : Si
c'est le cas, peut-être, ça va être un peu plus long pour obtenir le certificat
compagnon.
M. Leduc : Oui.
M. Boulet : Vous
n'avez pas peur?
La Présidente (Mme
D'Amours) : Terminé, M. le député? M. le député, est-ce que...
M. Leduc :
Oui, c'est beau. Merci.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Oui? Parfait. Est-ce que l'article 67 est... 77, pardon,
est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Adopté. L'article 78. M. le ministre.
M. Boulet : Merci.
L'article 5 de ce règlement est modifié par le remplacement de... par «prise
par le Conseil du trésor le 26 mars 2013, et ses modifications
subséquentes».
Donc,
la modification vise à ce que la référence à la directive du Conseil du trésor applicable au remboursement des frais de transport, de repas et de
logement puisse comprendre les modifications qui peuvent lui avoir été
apportées depuis 2013 ou qui pourront l'être à l'avenir.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. Commentaires? Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Oui.
Merci. Je veux juste comprendre ce qu'on a biffé exactement, parce qu'on ne le
précise pas dans les commentaires, et vous ne l'avez pas lu, là, je comprends,
à des fins de clarté.
M. Boulet : C'est
simplement périmé.
Mme Cadet : Ah!
OK. D'accord. OK. Donc, c'est ça, donc, dans le texte actuel, donc, il y avait
toujours la mention périmée, et donc c'est
ce qu'on vient enlever. Mais il s'agit, donc, de... OK. Donc, il s'agit, donc,
de la même directive prise par le Conseil du trésor, donc, la C.T.
212379, 2013-03-26, là.
M. Boulet : Oui,
exact. J'aurais dû le lire, effectivement. Désolé.
Mme Cadet : OK. Je comprends. Non, il n'y a pas de souci, M.
le ministre. Donc, c'est cette même directive là, mais, tout simplement, on
vient ajouter «et ses modifications subséquentes». Afin d'en prendre
connaissance, est-ce que c'est possible de déposer la directive sur
Greffier?
M. Boulet : On
vous la déposera, pour l'utilité que ça peut avoir. Vous nous en ferez un
résumé, cependant.
Mme Cadet : Ça
va me faire plaisir, M. le ministre.
La
Présidente (Mme D'Amours) : ...de la déposer au secrétariat pour que tous
les collègues puissent en bénéficier, s'il vous plaît.
M. Boulet : Merci.
La Présidente (Mme
D'Amours) : D'autres commentaires sur 78?
Mme Cadet : ...de
modifications depuis 2013?
M. Boulet : Ah!
je ne sais pas. On pourra vous donner l'information.
Mme Cadet : Et
là, dans l'article précédent, je comprends, donc, on était à l'allocation de
déplacement, puis ici on est... on parle, donc, des frais de transport.
C'est... Quelle est la distinction?
M. Boulet : Bien,
les frais de transport, repas, logement, ça découle d'une directive...
l'application d'une directive émanant du Conseil du trésor. C'est juste ça.
Mme Cadet : OK.
Donc là... Parce que, là, on avait, donc, le transport ici. J'imagine, donc,
ici, l'allocation... Ah! c'est parce que,
dans le fond, la directive en ce qui a trait, donc, aux frais de transport, ce
sont les frais de transport qui sont à l'intérieur d'un rayon de
80 kilomètres.
M. Boulet : Oui.
Mme Cadet : OK.
Donc, c'est bel et bien ça, la distinction entre... entre les deux.
M. Boulet : Tout
à fait.
Mme Cadet : Et,
puisque la directive ne... excluait, donc, les déplacements à l'extérieur d'un
certain rayon, donc, il fallait, dans le règlement, ajouter un article
précisément pour indiquer que l'arbitre a également droit à une allocation pour ses déplacements plus éloignés.
Puis est-ce que... est-ce que la directive s'applique aussi, donc, aux arbitres
qui sont nommés en vertu du Code du travail?
M. Boulet : Non,
pas à ma connaissance. Non, non. Puis, dans la liste, un peu comme je répondais
au collègue, dans la liste confectionnée par
le CCTM, les frais qui sont demandés par chacun des arbitres, ils apparaissent,
mais il y a le Règlement sur la rémunération des arbitres qui fixe des
plafonds. Il y a des limites.
Mme Cadet : OK.
D'accord. OK. Donc... Donc, il y a des plafonds, donc, à ce moment-là. OK.
La Présidente (Mme D'Amours) : ...commentaires?
S'il n'y a pas d'autre commentaire, l'article 78 est-il adopté?
Des voix :
Adopté.
La Présidente (Mme
D'Amours) : L'article 79. M. le ministre, s'il vous plaît.
M. Boulet : Merci.
L'article 6 de ce règlement est modifié par le remplacement de «un montant de
120 $» par «1,5 heure d'honoraires au taux fixé par l'article 2».
Commentaire.
L'article 76 du projet de loi propose de modifier l'article 6. Ça vise à
remplacer le montant forfaitaire prévu pour couvrir les frais inhérents à un
arbitrage par un montant équivalent à 1 h 30 min d'honoraires,
au taux fixé par l'article 2. C'est complet.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. Commentaires? Oui, Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Oui.
Donc, l'article... OK. Donc, l'article 2 étant celui tel que modifié ici, que
nous avons vu précédemment. Donc, c'est l'article auquel nous faisons référence
ici.
M. Boulet : Oui.
Mme Cadet : OK.
Merci. Excusez-moi, je vais retourner... J'étais à l'article 2. Et pourquoi
1,5 fois?
M. Boulet : C'est établi pour couvrir, comment je vous dirais
ça, les frais d'ouverture de dossier, les téléphones, la correspondance,
les rédactions. Tu sais, c'est toutes...
Mme Cadet : OK.
Je comprends ce que...
M. Boulet : C'est ça, c'est établi
comme ça suivant l'expérience des arbitres.
Mme Cadet : OK.
Donc, je comprends... je comprends, donc, ce qui est couvert ici, donc, à
l'article 6 du règlement, là, vous l'avez
dit, frais d'ouverture de dossier, les conversations téléphoniques, la
correspondance, la rédaction, le dépôt des exemplaires ou des copies de
la décision. Ma question est plus à l'effet, donc, du taux qui est fixé ici, à
l'article 6. On avait, donc, un montant fixe de 120 $. Là, donc, plutôt
que renommer...
M.
Boulet : C'est de la pure, pure, pure concordance. C'est
changé par l'équivalent de 1,5 heure d'honoraires. Je pensais que
vous me... vous me demandiez pourquoi il y a des frais inhérents.
Mme Cadet : Ah! OK. D'accord. Bien,
en fait, c'est ça, donc, si c'est de la concordance... Parce que, là, on était... Donc, à l'article 2, ce que nous venons
de modifier, on disait : L'arbitre à droit des honoraires, précédemment,
de 120 $, maintenant, c'est de 268 $. Donc, pourquoi est-ce
qu'on n'a pas mis un montant de 268 $ ici?
M.
Boulet : Parce que c'est l'article 5 du Règlement sur la
rémunération des arbitres, qui prévoit une règle similaire.
Mme Cadet : Ah! OK. D'accord. OK.
Donc, de la même manière qu'à l'article... Dans le fond, à l'article 2, nous disions, donc, le Règlement sur la
rémunération... Non, le Règlement sur la rémunération de l'arbitre, c'est
celui-ci qu'on modifie.
M. Boulet : Tout à fait.
Mme Cadet : Donc, ce n'est pas lui
qui prévoit une disposition similaire, parce que c'est lui que nous ouvrons.
Donc, vous voulez dire le règlement qui s'applique aux arbitres nommés en vertu
du Code du travail? C'est ce que vous voulez dire?
M. Boulet : Exact, oui.
Mme Cadet : OK. Donc, dans le... cet
autre règlement...
M. Boulet : C'est le règlement qui a
été adopté en 2021.
Mme Cadet : OK, en 2021. Donc, dans
ce règlement-là, donc, on a mis 1,5 heure d'honoraires, donc, plutôt que
de renommer un montant fixe ici puis... Donc, la question, donc, prévaut
toujours : Donc, pourquoi c'est ce choix-là qui a été fait à ce moment-là?
M. Boulet : Ça a été convenu après
consultation avec la Conférence des arbitres puis tenant compte des avis et des
recommandations du Comité consultatif travail et main-d'oeuvre. Ça n'a jamais
été un enjeu.
Mme Cadet : OK. Et donc ce que ça
signifie, c'est que... L'objectif ici étant, d'une part, donc, bien évidemment,
donc, d'être en concordance avec cet autre règlement, donc, nous assurer à ce
que c'est... le montant forfaitaire prévu pour couvrir les frais inhérents en
arbitrage soit remplacé pour un montant équivalent à 1 h 30 min
d'honoraires.
M. Boulet : Totalement.Oui,
tout à fait. C'est clair.
Mme Cadet : Et donc, lorsqu'il...
bien, s'il y a... ou, lorsqu'il y aura, donc, modification à l'article 2 par un
projet de règlement, par exemple, qui serait déposé avec une consultation,
donc, il n'y aurait que l'article 2 qui serait modifié ici, puisqu'à l'article
6 on ne... on n'a plus le chiffre...
M. Boulet : Vous avez... Vous
comprenez très bien.
Mme Cadet : OK. La mécanique. Donc,
je pourrais me recycler en légiste si...
M.
Boulet : Oui, en arbitrage, en rédaction législative. Il y
a tellement d'opportunités. Mais vous avez bien compris.
La Présidente (Mme D'Amours) : ...commentaires
sur 79? Est-ce que l'article 79 est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme D'Amours) : Adopté.
L'article 80. M. le ministre, s'il vous plaît.
• (16 h 20) •
M. Boulet : Merci, Mme la
Présidente. 80. L'article 7 de ce règlement est remplacé par le suivant :
«7. À titre d'indemnité en cas de désistement,
de règlement total ou de remise de l'audience à la demande d'une partie,
l'arbitre a droit à des honoraires au taux fixé par l'article 2, déterminés de
la façon suivante :
«1° une heure si l'événement a lieu entre
90 et 61 jours avant la date de l'audience;
«2° deux heures si
l'événement a lieu entre 60 et 31 jours avant la
date de l'audience;
«3° quatre
heures si l'événement a lieu entre 30 et 11 jours avant la date de
l'audience;
«4° six heures
si l'événement a lieu 10 jours ou moins avant la date de l'audience.»
Commentaire.
Donc, c'est l'indemnité à laquelle a droit l'arbitre en cas de désistement,
règlement total, remise de
l'audience, demande d'une partie. Puis je vais faire les mêmes commentaires,
c'est après consultation de la Conférence des arbitres. Puis c'est comme ça dans les... dans cet environnement-là
depuis... Il y a des indemnités de désistement, de règlement total, de
remise de l'audience, puis etc., là. Ça fait que c'est actualisation aussi.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Commentaires sur l'article 80? Oui, Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Merci,
Mme la Présidente. Donc, ici, donc, on constate, donc, dans le texte
actuel : «À titre d'indemnité en cas de
désistement ou de règlement total d'un dossier plus de 30 jours avant la
date de l'audience, l'arbitre a droit à un montant de 120 $.
«En cas de
désistement, de règlement total ou de remise à la demande d'une partie,
30 jours ou moins avant la date de
l'audience, l'arbitre a droit à un montant de 360 $ mais n'a pas droit aux
frais inhérents à l'arbitrage prévus à l'article 6.»
Maintenant, dans le
texte tel que proposé : «À titre d'indemnité en cas de désistement, de
règlement total ou de remise de l'audience»,
donc, le... on vient, donc, ajouter le... la possibilité d'indemnité pour une
remise de l'audience lorsqu'elle survient plus de 30 jours avant la
date de l'audience. C'est bien ça?
M. Boulet : ...tout
à fait. Le texte est... le texte est clair, parle par lui-même.
Mme Cadet : Donc... Et pourquoi cette... Parce que, dans le
fond, ce... Tu sais, j'ai lu le texte actuel. Ce que je comprenais, c'est qu'il
y avait... En fait, quand ça survenait plus de 30 jours avant la date de
l'audience, précédemment, l'indemnité
ne survenait qu'en cas de désistement ou de règlement total et non pas en cas
de remise de l'audience. Donc, qu'est-ce qui...
M. Boulet : En
fait, c'est, comme j'ai mentionné, pour adapter ce règlement à celui sur la
rémunération des arbitres qui a été adopté
en 2021 suite à la consultation de la Conférence des arbitres. Donc, ça a été
actualisé en tenant compte de ça.
Mme Cadet : D'accord.
Et pourquoi, en 2021, ce choix-là a été fait?
M. Boulet : Ah
mon Dieu! C'est la pratique. C'est le volume des règlements, des demandes de
remise, vous le savez, ou des désistements. Évidemment, vous comprenez que, si
vous parliez à un arbitre ou à la Conférence des arbitres, ils vous diraient : Il y a un effet désincitatif à
attendre à la dernière minute. Puis, tu sais, quand les avocats ou les
conseillers en relations de travail attendent à la dernière minute pour régler
ou remettre, ça crée des trous dans les horaires des arbitres et ça... C'était
devenu important. Ça fait qu'il y a un effet de modération et d'incitation.
Puis je me souviens qu'il y a des avocats
qui le savent, là. Dans les derniers 30 jours, là, ça les... ça commence à
aller... Tu sais, ils représentent des parties. Ça fait que ça force les
parties à bouger avant l'avant-veille.
Mme Cadet : Oui,
d'accord, je comprends. Donc, c'est... Donc, ce n'était pas, donc, une erreur
dans le texte actuel ou un oubli. Donc, c'est vraiment quelque chose... C'est
un constat qui a été fait sur le terrain, donc, au fil des années, ce qui a
mené, en 2021, donc, à cette modification-là réglementaire en ce qui a trait,
donc, aux arbitres nommés en vertu du Code du travail. Et donc on vient, donc,
modifier ceci pour que le... ce qu'on... J'imagine, on constatait que, lorsque
le... ça survenait, lorsqu'il y avait une indemnité qui était donnée, lorsqu'il
y avait remise, à la demande du parti, de
30 jours ou moins, ce que vous venez de mentionner, là, on voyait les
effets, là, de cette condition supplémentaire là. C'est bien ça?
M. Boulet : Tout
à fait.
Mme Cadet : Parfait.
Donc, la première, donc, des questions ici, «droit à des horaires au taux fixé
par l'article 2», donc, encore une fois, donc, on fait référence à
l'article 2 que nous avons modifié plus tôt. Et là je comprends...
Là, je sais que, la première question, vous allez dire, donc, que c'est un
corollaire. Donc, probablement que c'est... le texte proposé, c'est ce que nous
retrouvons déjà au règlement qui s'applique aux arbitres nommés en vertu du
Code du travail.
M. Boulet :
Totalement.
Mme Cadet :
Encore une fois, donc, en 2021, donc, comment est-ce qu'on est arrivés, donc,
au chiffre... Donc, une heure d'indemnité, donc, j'imagine, donc, ça voudrait
dire, donc...
M. Boulet : Bien,
c'est... bien, c'est tout le temps les effets soit incitatifs ou dissuasifs. Ça
se résume à ça.
Mme
Cadet : OK. Donc, ce serait, donc, 268 $, donc, en
date d'aujourd'hui, pour une heure si l'événement a lieu, OK, donc, entre
90 et 61 jours avant la date de l'audience, deux heures d'indemnité, donc,
deux fois 268 $...
M. Boulet : Oui. C'est clair. Le
texte est...
Mme Cadet : ...si l'événement a lieu
entre 60 et 31 jours, quatre heures, entre 30 et 11 jours, six
heures, 10 jours ou moins. Et là je comprends que, s'il y a désistement...
pardon, désistement, règlement total ou remise, à la demande d'une partie, plus
de 90 jours... Bien, en fait, plus de 90 jours, ce n'est pas
applicable, hein? Ça se peut... Ça... Ah! non, non, non, là, on est ailleurs.
C'est ce qu'on avait... On avait modifié un article, là, pour parler de la
médiation à 90 jours, mais là ça n'a rien à voir.
M.
Boulet : Non, non, exactement, exactement. En fait, c'est
une indemnité dans les cas mentionnés. Une indemnité, c'est pour
compenser un... une conséquence, ça fait que c'est...
Mme Cadet : Donc, s'il y a
désistement, règlement total ou remise, plus de 90 jours, alors là, il n'y
a pas d'indemnité, il n'y a pas de conséquence.
M. Boulet : Exact. C'est très clair.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Est-ce que l'article 80 est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme D'Amours) : Adopté.
L'article... Nous sommes maintenant au bloc Polyvalence du plan de travail, à
l'article 64. M. le ministre.
M.
Boulet : ...suspension, Mme la Présidente, parce qu'on va
avoir un amendement, qu'on a déjà déposé au bureau du Greffier, puis...
Ça fait que je veux juste...
La Présidente (Mme D'Amours) : Moi,
j'aurais cet amendement-là de déposé, mais, M. le ministre, il est 16 h 27, on finit à 16 h 30.
Donc, on pourrait ajourner, si tout le monde est d'accord, parce que, là, si on
lit l'article puis qu'on a l'amendement, ça va nous amener à la semaine
prochaine, et on va être obligés de relire l'article et l'amendement. Ça
fait que, donc, si vous êtes tous d'accord... Je vous remercie pour votre
contribution.
Compte tenu
de l'heure, la commission ajourne ses travaux au mardi 7 mai,
9 h 45, où elle poursuivra un autre mandat. Merci.
(Fin de la séance à 16 h 28)