Journal des débats (Hansard) of the Committee on Labour and the Economy
Version préliminaire
43rd Legislature, 1st Session
(November 29, 2022 au September 10, 2025)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
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Wednesday, October 30, 2024
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Vol. 47 N° 75
Clause-by-clause consideration of Bill 71, An Act to improve support for persons and to simplify the social assistance regime
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Intervenants par tranches d'heure
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D'Amours, Sylvie
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Rouleau, Chantal
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Rouleau, Chantal
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D'Amours, Sylvie
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McGraw, Désirée
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Labrie, Christine
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Labrie, Christine
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Rouleau, Chantal
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D'Amours, Sylvie
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Prass, Elisabeth
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McGraw, Désirée
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McGraw, Désirée
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Rouleau, Chantal
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D'Amours, Sylvie
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Labrie, Christine
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Prass, Elisabeth
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D'Amours, Sylvie
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Prass, Elisabeth
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Rouleau, Chantal
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Labrie, Christine
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McGraw, Désirée
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Rouleau, Chantal
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D'Amours, Sylvie
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Labrie, Christine
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McGraw, Désirée
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Prass, Elisabeth
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Prass, Elisabeth
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Rouleau, Chantal
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D'Amours, Sylvie
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McGraw, Désirée
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Labrie, Christine
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D'Amours, Sylvie
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McGraw, Désirée
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Labrie, Christine
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Rouleau, Chantal
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Rouleau, Chantal
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Labrie, Christine
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D'Amours, Sylvie
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Prass, Elisabeth
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McGraw, Désirée
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Prass, Elisabeth
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Rouleau, Chantal
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D'Amours, Sylvie
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McGraw, Désirée
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Labrie, Christine
11 h (version révisée)
(Onze heures vingt-neuf minutes)
La Présidente (Mme D'Amours) : Bonjour,
tout le monde. Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission
de l'économie et du travail ouverte.
La commission est réunie afin de
poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 71, Loi
visant à améliorer l'accompagnement des personnes et à simplifier le régime
d'assistance sociale.
Mme la secrétaire, y a-t-il des
remplacements?
La Secrétaire : Oui, Mme la
Présidente. Mme Mallette (Huntingdon) est remplacée par Mme Blais
(Abitibi-Ouest); M. Martel (Nicolet-Bécancour) est remplacé par Mme Poulet
(Laporte); Mme Tremblay (Hull) est remplacée par Mme Tardif
(Laviolette—Saint-Maurice); Mme Cadet (Bourassa-Sauvé) est remplacée par Mme McGraw
(Notre-Dame-de-Grâce); Mme Lakhoyan Olivier (Chomedey) est remplacée par Mme Prass
(D'Arcy-McGee); et M. Leduc (Hochelaga-Maisonneuve) est remplacé par Mme Labrie
(Sherbrooke).
• (11 h 30) •
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Avant de débuter nos travaux, je voulais juste... pour les gens qui nous
suivent à la maison et dans les bureaux, que j'aurais dû ouvrir la séance et la
fermer tout de suite après. C'est parce qu'il y a eu des discussions entre le
gouvernement et les partis d'opposition. Ce n'est pas qu'on était en retard ou
qu'on ne travaillait pas, les gens travaillaient. J'aurais dû... je m'en
excuse, là, j'aurais dû ouvrir la séance et la fermer, parce qu'on était quand
même en travail tout le monde, je voulais spécifier. Tout le monde travaille
ici très fort.
Maintenant, lors de l'ajournement de nos travaux,
hier, nous en étions à l'étude d'un amendement proposé par la ministre à
l'article 12. Mme la ministre, si vous voulez bien nous faire la lecture
de l'amendement pour remettre en situation et en contexte, là, tout le monde,
s'il vous plaît.
Mme Rouleau : D'accord. Merci,
Mme la Présidente. Alors, l'article 12 : L'article 31 de la Loi
sur l'aide aux personnes et aux familles : Remplacer l'article 12 du
projet de loi par le suivant :
12. L'article 31 de cette loi est
modifié :
1° dans le premier alinéa :
a) par le remplacement de «un rapport
médical» par «une évaluation médicale ou, s'il y a lieu, psychosociale»;
b) par l'ajout, à la fin, de la phrase
suivante : «Cette évaluation doit être rédigée par un professionnel de la santé
ou des services sociaux désigné par règlement.»;
2° par le remplacement du deuxième alinéa
par le suivant :
«La personne doit également, lorsque le
ministre l'estime approprié, se soumettre à une nouvelle évaluation médicale...
11 h 30 (version révisée)
Mme Rouleau : ...«La personne
doit également, lorsque le ministre l'estime approprié, se soumettre à une
nouvelle évaluation médicale ou psychosociale effectuée par le professionnel de
la santé ou des services sociaux qu'il désigne pour vérifier si elle présente
des contraintes de santé ou des contraintes sévères de santé. Lorsque la
décision du ministre est défavorable, elle doit être accompagnée de l'évaluation
médicale ou psychosociale rédigée par le professionnel de la santé ou des services
sociaux qu'il a ainsi désigné.»
L'amendement vise à remplacer les termes
«rapport médical» par «évaluation médicale» ou, s'il y a lieu, «psychosociale»
dans le premier alinéa de l'article 31 de la Loi sur l'aide aux personnes
et aux familles. Il permet également au ministre de demander que la personne se
soumettre... se soumette à une nouvelle évaluation médicale ou psychosociale,
selon le cas, si l'évaluation soumise n'est pas concluante. Le ministre
déterminera la forme que devra prendre ces évaluations.
La Présidente (Mme D'Amours) : ...des
commentaires sur l'amendement de la ministre? Oui. Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce.
Mme McGraw : Oui, merci, Mme
la Présidente. Donc, dans la... dans ce qui est amené, on... on souligne le...
le psychosocial, ce qui est une bonne... pour nous, une bonne initiative, un
ajout important. Justement, on allait faire un amendement dans ce sens-là, donc
c'est... je pense que c'est très bien reçu.
Est-ce qu'on pourrait parler des modalités
puis aussi un peu des délais? Parce qu'il y a des groupes qui ont soulevé des...
qui ont soulevé des préoccupations par rapport à qui peut évaluer. Donc, hier,
la ministre, elle nous donnait des exemples de qui, un professionnel dans le
système dans la... de la santé ou des services sociaux, je pense qu'elle a
parlé de psychoéducateurs, travailleurs... sociaux, psychologues, etc. Donc, il
faudrait, pas dans l'amendement, mais de vraiment comprendre qui seraient ces
professionnels.
Et aussi le consentement aussi de la... est-ce
que ce serait sur... Donc, ce serait sur demande, se soumettre, «la personne
doit également, lorsque le ministre l'estime approprié, se soumettre à une
nouvelle... évaluation médicale ou psychosociale». Donc, si je comprends bien,
si le ministre juge que c'est important, cette personne-là doit... va devoir se
soumettre à cette évaluation-là, et même, selon le cas, si... à une nouvelle
évaluation médicale. J'aimerais comprendre plus cet aspect-là, entre autres.
Mme Rouleau : Bien, d'abord,
on modifie, là, le «rapport médical» en «évaluation», ce qui simplifie. Vous
remarquez qu'on... qu'on inscrit la dimension psychosociale. Permettre de se
soumettre à une nouvelle évaluation, c'est parce qu'il peut y avoir des
contraintes de... Il y a la contrainte de santé, contrainte sévère et la... On
est... Oui. Et la contrainte santé est moins d'un mois. La contrainte sévère
persiste, peut persister, mais elle n'est pas nécessairement permanente. C'est-à-dire,
elle peut être importante, mais pas nécessairement permanente. Alors, c'est
pour évaluer le degré de cette... de la contrainte sévère.
Mme McGraw : Je voudrais...
Je me permets aussi de soulever quelques enjeux qui ont été soulevés par
plusieurs groupes, par exemple, l'Ordre des psychoéducateurs et
psychoéducatrices du Québec. Donc, moi, je... souligne au nom de ma formation
qu'on trouve que c'est une bonne chose d'élargir les professionnels qui
puissent faire cette évaluation. Et là on voit qu'il y a un élargissement aussi
de... Ce n'est pas nécessairement une évaluation médicale, mais ça peut être d'ordre
psychosocial. Donc, ça, c'est dans la bonne direction. Donc, cet ordre-là, et
je cite dans leur mémoire : «Il est essentiel d'attirer l'attention du
législateur sur le fait que l'expression "rapport médical" restreint
cette contribution au seul médecin. À ce titre...» Donc, ça, c'est avant. «À ce
titre, selon les intentions du projet de loi, l'ordre recommande de remplacer
le terme "rapport" par une formulation plus inclusive dans la Loi sur
l'aide aux personnes et aux familles», donc, c'est ce que...
Mme Rouleau : ...
Mme McGraw : ...évaluation, «qui
reconnaît les compétences de l'ensemble des membres <d'ordres...
Mme McGraw :
...compétences
de l'ensemble des membres >d'ordres professionnels issus du domaine de
la santé mentale et des relations humaines. Cette modification permettrait de
refléter la réalité interprofessionnelle où d'autres professionnels tels que
les psychoéducatrices et psychoéducateurs jouent un rôle essentiel dans...
l'évaluation.» Donc, selon... selon ce que... j'entrevois ça comme un pas dans
la bonne direction.
Il y a quand même des préoccupations suite
à ce changement proposé. Donc, c'est bien. Là, je parle d'un mémoire qui a été
soumis par Normand Landry, etc. : «Des aspects de mise en oeuvre des
dispositions du projet de loi nous préoccupent également. L'élargissement des
catégories... professionnels habilités à établir l'existence, etc., est
positif. Nous rappelons toutefois que les travailleurs et travailleuses
sociaux, comme d'autres professionnels, oeuvrent dans le secteur public... oeuvrant
dans le secteur public sont... susceptibles d'être visés par la mesure, sont en
sous-effectifs et surchargés.»
Donc, j'aimerais revenir sur cet enjeu-là.
Tous les... Tous les professionnels dans le... le domaine de la santé, dont les
médecins, qui étaient, avant, les seuls à pouvoir faire ces rapports... là, on
l'élargit. Mais, quand même, il y a un enjeu de surcharge dans le secteur
public.
Alors, il y a des préoccupations aussi au
niveau de la fonction de... le <i>Syndicat de la fonction publique et
parapublique, qui s'inquiète de... «Un marché de la reconnaissance de
contraintes de santé éventuellement sous-traité à des entreprises privées
dotées d'un mandat spécifique risque de s'ouvrir». Alors, c'est une
préoccupation.
Je cite aussi... Donc, c'est ça, je vais
juste... je vais juste... Cette inquiétude-là, donc, suite à une bonne
initiative d'élargir, est-ce que c'est une préoccupation pour la ministre? Cette
idée de... À cause du fait que ça... les professionnels sont surchargés, que
c'est une inquiétude qu'on soulève, l'idée d'une... d'un marché de la
reconnaissance des contraintes de santé et un enjeu de sous-traitance à des
entreprises privées dotées d'un... mandat spécifique, c'est... est-ce que, selon
la ministre... est-ce que c'est un risque? Est-ce que... Comment est-ce qu'elle...
réagit?
Mme Rouleau : Ce qu'on fait,
en fait, c'est qu'à l'heure actuelle c'est le médecin qui est... qui est sollicité
seulement. Et là on parle de professionnels de la santé avec lesquels les gens
qu'on veut desservir sont la plupart du temps déjà en lien, déjà en contact, alors
ce n'est pas nécessairement une surcharge. C'est... Ça va dans le sens de la...
du projet de loi 67, là, dont j'ai parlé, qui est en étude détaillée aussi
en ce moment. Tu sais, en ce moment, dans ce projet de loi, les infirmières
pourront... pourront diagnostiquer les troubles mentaux, sauf... sauf dans le
cas de la déficience intellectuelle, les psychologues pourront... diagnostiquer
les troubles mentaux aussi. Aussi... Et, pour certains, les... ceux qui
détiennent une attestation pourront diagnostiquer les troubles
neuropsychologiques. Les conseillers et conseillères d'orientation pourront aussi
diagnostiquer les troubles mentaux ou la déficience intellectuelle. Ça fait
que, là, déjà, là, dans ce projet de loi qui est en cours actuellement, on a de
nouveaux professionnels de la santé qui peuvent diagnostiquer.
• (11 h 40) •
C'est au bénéfice des personnes qui sont
prestataires, d'avoir accès à cet élargissement des professionnels. Et là on est...
on en est là. Puis là, ce qu'on a dit hier, c'est qu'on voulait travailler avec
les ordres... les ordres professionnels pour s'assurer, là, qu'on puisse avoir,
par exemple, les travailleurs sociaux et d'autres ordres professionnels qui
pourraient faire ces diagnostics.
Que tous les professionnels soient
surchargés à l'heure actuelle, je pense que ce n'est pas... ce n'est pas ça,
l'enjeu. Ce qu'on veut s'assurer de faire, c'est de faciliter, d'améliorer
l'accès pour les prestataires, parce qu'à l'heure actuelle c'est eux qui
subissent les inconvénients, c'est eux qui doivent attendre de voir un médecin.
Alors que, là, il y aura une diversification, une diversité de professionnels
de la santé qui pourront répondre aux <besoins...
Mme Rouleau :
...de
la santé qui pourront répondre aux >besoins.
Mme McGraw : Merci, Mme la
ministre. Si je comprends bien, on élargit donc le type d'évaluation, on
élargit «médicale» à «psychosociale», l'un ou l'autre, et aussi on élargit les
professionnels qui... sont capables de faire ce... ce rapport ou cette
évaluation.
Peut-être une dernière question avant de passer
la parole à ma collègue. Lorsqu'on parle d'évaluation, une des questions,
c'était... bien, avant, c'était quel type de rapport. Mais là, c'est un rapport
qui va... qui va être basé sur cette... Il va quand même y avoir un rapport
suite à l'évaluation. Est-ce que vous avez des commentaires à... C'est une
question qu'on a posée pendant les consultations, de savoir quel type de
rapport. Donc, ça peut être médical ou psychosocial.
Et aussi on a posé des questions, peut-être,
sur la fréquence. Donc, si je comprends... Est-ce que... Est-ce que l'idée
que... Ça a été soulevé aussi, la fréquence, pas nécessairement une fréquence
qui est établie, par exemple annuelle, mais vraiment selon la personne, en
fonction de la personne qui était évaluée. Est-ce que vous avez des intentions
réglementaires, on va dire, par rapport aux fréquences de ces évaluations ou
est-ce que ça va être selon la personne, la situation individuelle de la... de
la personne?
Mme Rouleau : On en discute à
l'article 25.
Mme McGraw : Parfait. On va
revenir là-dessus. Merci. Je crois que ma collègue a des...
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Bien, avant de laisser la parole à la députée, à votre collègue.... Vous avez
une bienveillance envers votre collègue, mais la députée de Sherbrooke m'avait
demandé la parole avant, donc je vais céder la parole à la députée de
Sherbrooke.
Mme Labrie : Merci, Mme la
Présidente. Quand on a suspendu les travaux hier soir, on était en train de
discuter justement de qui pourrait faire ces évaluations-là. Je ne sais pas si
la ministre a évalué le nombre de personnes par année qui font faire une
évaluation, combien d'évaluations par année, environ, sont soumises au
ministère, juste pour qu'on puisse avoir une idée de l'ordre de grandeur, là,
de ce que ça représente.
(Consultation)
Mme Labrie : Je comprends que
quelqu'un va trouver l'information?
Mme Rouleau : Un chiffre?
Mme Labrie : Oui. Bien, tu
sais, sans avoir un chiffre exact, j'aimerais avoir un ordre de grandeur. On
est en dizaines de milliers, en centaines de milliers de demandes? Bon, c'est
quoi, l'ordre de grandeur de ça.
Hier, on avait discuté que les
professionnels qui sont membres de leur ordre, selon les intentions de la
ministre, vont pouvoir procéder à la signature de ces documents-là, quel que
soit leur employeur. Mais on... Ensuite, on avait amorcé un échange, qui
n'avait pas pu se terminer hier soir, sur le fait que des organismes qui ont
une expertise puissent eux-mêmes remplir cette documentation-là. Puis la
ministre, hier, juste avant la suspension, elle venait d'expliquer que c'était
déjà un peu prévu comme ça pour les organismes en violence conjugale, donc que
l'organisme pouvait lui-même faire la démarche, là, puis qu'il n'y avait pas
nécessité qu'une personne en particulier dans l'organisme, là, soit membre d'un
ordre ou quoi que ce soit. Donc, moi, ce que je voulais vérifier avec elle,
c'est est-ce que ça pourrait aussi être possible dans son intention
réglementaire, est-ce que c'est quelque chose qui va être maintenu, notamment
pour les organismes en violence conjugale, mais je pense aussi aux organismes
en itinérance qui sont face à des personnes qui vivent le même type de détresse
et d'urgence, là.
Mme Rouleau : Bien, en
travaillant avec les ordres professionnels, le professionnel peut travailler
dans une clinique médicale communautaire ou dans un... dans une organisation.
Il faudra toutefois s'assurer, là... s'assurer de balises. On ne veut pas que
ce soit... Tu sais, il ne faut pas que ce soient des diagnostics, là, qui
soient donnés, tu sais. Il faut... Il y a... Il y a l'organisme, mais il y a la
personne, là. Tu sais, il y a le professionnel. C'est le professionnel qui
va... Parce que, là, dans votre question, c'est : Est-ce qu'on va
permettre à l'organisme de donner ces diagnostics? Mais, quand j'ai parlé des
maisons d'hébergement pour les femmes victimes de violence, c'est
l'intervenante qui... Ce n'est pas la maison d'hébergement qui signe. C'est la
personne, c'est... c'est l'intervenante.
Mme Labrie : Exact. Sauf que
cette intervenante-là, elle n'est pas membre d'un ordre professionnel.
Mme Rouleau : Et là on est
dans...
Mme Labrie : Et elle peut, en
ce moment, signer ces documents-là.
Mme Rouleau : Et là on est
dans une situation plus particulière aussi, là, parce que c'est de reconnaître
que la femme est victime ou la personne est victime de violence conjugale et
qu'elle a... qu'elle doit aller dans cette... dans cette <maison...
Mme Rouleau :
...dans
cette >maison.
Mme Labrie : Exact. Puis moi,
de ce que je comprends de la procédure actuelle, une intervenante en maison
d'hébergement, elle n'a pas besoin d'être membre d'un ordre professionnel, on
lui reconnaît l'expertise, peu importe, de signer ce document-là pour la
reconnaissance d'urgence, là, si je peux dire, là, pour la prestation.
Mme Rouleau : Oui. C'est une
situation d'urgence.
Mme Labrie : Exact.
Mme Rouleau : Puis ça ne...
Mais là, on ne détermine pas la condition de santé, là. C'est une situation
d'urgence, parce que la femme, souvent la femme, parfois des hommes aussi,
doivent sortir rapidement de la maison. Ça ne va pas avec les enfants, et tout
ça, bon, il y a une situation d'urgence, il y a les policiers qui accompagnent,
etc., là. Tu sais, on est dans...
Mme Labrie : Exact. Bien,
moi...
Mme Rouleau : Alors, ce n'est
pas exactement la même chose. Mais, dans ce cas-ci, on dit que l'intervenante
qui reçoit la femme est celle qui confirme, mais elle... elle ne signera pas
pour dire : Bien, la personne a un trouble.
Mme Labrie : Bien, je vais
donner... On va poursuivre sur cet exemple-là. Parce que la ministre nous dit :
En ce moment, c'est possible, dans la situation où la femme vient de quitter un
foyer violent, elle arrive là, l'intervenante, ordre professionnel ou pas, on
lui reconnaît l'expertise de dénoncer dans le bon document cette situation-là.
Moi, ce que je veux savoir, si... c'est si, au terme des quelques semaines, où
la victime qui vient de fuir son domicile est couverte. Il se peut qu'elle soit
encore en situation, par exemple, de choc post-traumatique ou qu'elle ait...
qu'elle soit encore dans une période de haute vulnérabilité, si je peux dire,
qui l'empêche, là, de se mettre en démarche active de rechercher un emploi. Peut-être
que c'est même un logement qu'elle va chercher. Je veux dire, il y a... il y a
un contexte autour de cette victime-là qui fait en sorte que c'est probable que
même après le nombre de semaines prévues, elle ne sera peut-être pas encore
prête à retourner travailler. Si, au début de son parcours, on reconnaît à
l'intervenante la capacité de signer le document...
Mme Rouleau : ...
Mme Labrie : Oui. Moi, je
veux savoir est-ce qu'on va pouvoir aussi lui permettre de le faire à la fin.
Parce que, là, il y a... il y a une victime qui a développé un lien de
confiance avec cette intervenante-là, vraisemblablement, qui est la personne la
mieux placée, là, pour connaître son parcours et ses capacités. Donc, en toute
cohérence, si on lui reconnaît l'expertise de signer ça en situation d'urgence
au départ, moi, je soumets à la ministre que ça simplifierait les choses. Et
c'était aussi le souhait de la ministre, pour cette victime-là, que la même
intervenante puisse, après que la mesure d'urgence prend fin, s'il y a encore
une contrainte importante, là, pour travailler... il faudrait qu'elle puisse
aussi signer ce document-là.
Mme Rouleau : La personne,
cette femme, va en maison d'hébergement de manière urgente. Il faut répondre à
un besoin urgent. L'intervenante, qui peut-être vient d'un ordre professionnel,
peut-être pas, peut dire : Il y a vraiment une situation d'urgence puis...
Et là, ce qu'on a fait dans ce cas-ci, c'est qu'il y avait une contrainte
temporaire à l'emploi de trois mois et il y avait une prestation de 100 $,
parce que la personne est en hébergement, par mois, on enlève la contrainte
temporaire en emploi, on transforme ça en prestation spéciale, une prestation de...
qui combine les deux, l'ancienne CTE et le montant pour l'hébergement, et un
seul formulaire, une seule demande à faire, une seule réquisition, disons, là,
qui est faite par la personne qui reçoit, l'intervenante. Bon. La personne est
en... Puis aussi longtemps qu'elle est en hébergement d'urgence.
• (11 h 50) •
Mme Labrie : ...
Mme Rouleau : Ça peut être
trois mois, trois mois et demi, quatre mois, six mois. Les gens, les...
lorsqu'elles vont dans cette maison d'hébergement d'urgence, là, c'est...
Mme Labrie : Donc, cette...
cette nouvelle mesure, finalement, qui combine, là, les deux montants qui
étaient donnés avant, ce n'est pas que trois mois.
Mme Rouleau : Oui... (panne
de son) ...trois mois. Ça peut être trois mois et demi, quatre mois, cinq mois,
selon le temps que va demeurer la personne en situation d'urgence.
Mme Labrie : Il n'y aura pas
de limite prévue, là, dans le temps pour ça?
Mme Rouleau : Bien non.
Mme Labrie : Je pose la
question, parce qu'on sait que, comme il n'y a pas beaucoup de places dans les
maisons de 2e étape, parfois, c'est très long avant qu'une personne puisse
quitter une maison, là, de 1re étape, là. Ça peut prendre des mois, là.
Donc, c'est pour ça que je pose la question. Il n'y aura pas dans le règlement
de limite prévue, là, à la durée de <ça?...
Mme Labrie :
...durée
de >ça?
Mme Rouleau : Pas de limite.
Alors, c'est... c'est un avancement, c'est une amélioration.
Mme Labrie : Oui. Bien, ça
répond un peu à ma préoccupation de la transition, là, après le trois mois.
Parce qu'on peut convenir ici que tant mieux si la victime est rétablie après
trois mois puis peut se chercher un emploi, mais c'est... probable que non, là.
Mme Rouleau : ...personne est
sur... Si vous permettez?
Mme Labrie : Oui.
Mme Rouleau : Quand la
personne est prestataire, elle va avoir accès, elle peut demander un plan, plan
d'accompagnement personnalisé. Et là... Et là elle va être... tu sais, elle va
être accompagnée. Et c'est là qu'elle... Ça fait aussi partie du réseau, là, du
réseau régional, où on a des professionnels. Alors, elle est... elle est
accompagnée par des professionnels, et, si elle a une contrainte sévère, c'est
là que ça va être identifié. Est-ce que c'est... la première intervenante qui
l'a accueillie le soir ou la nuit qu'elle est arrivée, je ne peux pas garantir,
là, mais il y aura quelqu'un, il y aura un professionnel de la santé qui pourra...
Mme Labrie : Bien, en toute
honnêteté...
Mme Rouleau : ...poser le
diagnostic.
Mme Labrie : Oui. Comme la
ministre m'a dit qu'il n'y a pas de limite temporelle finalement à cette
nouvelle mesure, là, qu'elle développe, moi, ça répond ma préoccupation pour
les victimes de violence conjugale.
Maintenant, pour les personnes en
situation d'itinérance, il n'y avait pas de voie rapide, là, à ma connaissance,
comme il en existait une pour les personnes en situation de violence conjugale.
Donc, moi, ça, ce que je constate, c'est qu'il y a... c'est assez bien
documenté qu'il y a quand même beaucoup de personnes qui vivent dans la rue,
là, qui sont en situation d'itinérance et qui n'ont pas... qui ne reçoivent pas
de prestations d'aide sociale, même si elles y auraient techniquement droit.
Mme Rouleau : ...personnes
sur 10 ont des prestations d'aide sociale, des personnes en itinérance.
Mme Labrie : Exact. Donc, ça
fait quand même quatre sur 10.
Mme Rouleau : Alors, on veut
aller chercher le plus possible ces quatre autres.
Mme Labrie : Exact. Et par
ailleurs, sur ces 10 personnes là, il y en a potentiellement plusieurs qui
ont des contraintes importantes qui les empêchent également de travailler.
Donc, moi, ce que je voudrais, c'est qu'on développe aussi une voie d'accès,
là, facilitée pour ces personnes-là. Est-ce que c'est possible d'imaginer un
peu la même chose, que, dans les ressources en itinérance, qu'ils puissent
avoir une procédure similaire, là, à ce que la ministre développe pour la
violence conjugale?
Mme Rouleau : Dans le <i>plan
de lutte à la pauvreté et l'exclusion sociale, on a une mesure précise pour
faciliter l'accès aux personnes qui sont en situation d'itinérance, aller vers
l'aide de dernier recours.
Mme Labrie : Et ça se déroule
comment, cette procédure?
Mme Rouleau : C'est une
mesure qui est en train de se développer, mais qui fait partie du plan de
lutte.
Mme Labrie : Donc, elle
n'existe pas encore.
Mme Rouleau : Bien
aujourd'hui, précisément, non, mais elle va... elle va faire partie de ce qui
va être offert.
Mme Labrie : Puis est-ce
que... est-ce que, dans ce qui est réfléchi actuellement...
Mme Rouleau : Elle est...
Elle est prévue, et puis il reste à la mettre en place.
Mme Labrie : Puis est-ce que
ça va être une possibilité pour les intervenants des ressources en itinérance
de faire... de faire une demande, un peu comme ça se fait en violence conjugale
actuellement? Parce que c'est sûr que, si une personne qui ne reçoit pas l'aide
sociale, qui est dans la rue, qui se retrouve dans une ressource en
itinérance... on peut imaginer qu'elle est dans la même détresse, là, qu'une
victime de violence conjugale qui vient de quitter un foyer violent, là. Cette
personne-là est dans une haute période de vulnérabilité. Il me semble que, si
les intervenants dans les ressources en itinérance avaient la même capacité
finalement d'avoir accès à une mesure spécifique, ça pourrait aider ces
personnes-là, là, à se remettre sur pied.
Mme Rouleau : La mesure,
donc, fait partie du plan de lutte. Elle va se déployer.
Mme Labrie : Bien, c'est
juste que, si elle était sur le point d'être déployée, j'imagine, la ministre
pourrait nous en dire un peu plus sur la nature de la mesure, là. Si je ne suis
pas capable d'avoir...
Mme Rouleau : Mais là on est
dans le plan de lutte. J'aimerais qu'on revienne au projet de loi.
Mme Labrie : Bien, moi, je
vous parle du projet de loi. C'est pour ça, je voudrais qu'on inscrive dans le
projet de loi aussi...
Mme Rouleau : Mais elle est
déjà dans le plan de lutte.
Mme Labrie : La mesure dont
la ministre me parle, elle est... elle existe sur papier, là, je ne le conteste
pas. Mais, dans les faits, la ministre n'est pas capable de me donner des
détails sur ça va être quoi exactement, cette mesure-là. Donc, j'en comprends
que le travail est en cours et que ce n'est pas sur le point d'aboutir. Et
donc, moi, ce que je demande à la ministre, c'est... Là, on est en train
d'étudier un projet de loi où elle a l'intention, puis elle l'a nommée souvent,
de faciliter la vie aux personnes prestataires et aux personnes qui doivent
devenir prestataires parce que leur <situation...
Mme Labrie :
...doivent
devenir prestataires parce que leur >situation le justifie. Donc, moi,
ce que je lui dis, c'est : Pour faciliter la vie à ces personnes-là,
est-ce qu'on ne peut pas prévoir, dans le cadre de sa réforme de l'aide
sociale, un chemin accéléré, un peu comme elle en a créé un simplifié et
accéléré pour les victimes de violence conjugale? Est-ce qu'on ne peut pas
faire la même chose en itinérance? Moi, je trouve, c'est tout à fait en lien
avec le projet de loi, là.
(Consultation)
Mme Rouleau : ...de... En
fait, les mesures vont servir à l'assouplissement de règles, à
l'accompagnement, faciliter les démarches des personnes en situation
d'itinérance. C'est le principe, là, dans... dans le plan de lutte. Alors, la
mesure doit se mettre en place concrètement. Puis là je ne peux pas... je ne
suis pas en mesure de vous donner tous les détails de la mesure aujourd'hui.
Mme Labrie : Exact. Bien,
donc ce que j'en déduis, c'est que le travail n'est pas beaucoup avancé, là,
sur cette mesure parce qu'autrement on aurait quand même quelques informations,
là.
Mme Rouleau : Bien, il a
fallu... travailler quand même très fort, là. C'est sur la base de recherches,
c'est sur la base de consultations, c'est sur la base de, tu sais... de
l'ensemble de la consultation qu'on a faite pour le plan de lutte, toutes les...
toutes les rencontres avec... par... par secteur, avec les différents
intervenants. Et là, bien, c'est de... vraiment de développer cette mesure et
de la déployer pour permettre l'accès plus... faciliter l'accès. Parce que
c'est une réelle préoccupation, d'aller chercher ces quatre personnes sur 10
qui sont... en fait, qui n'ont pas accès, à l'heure actuelle, à cette aide de
dernier recours. Alors, c'est une mesure qu'on va déployer, mais je ne peux pas
vous la... vous la traduire dans toutes ses... dans...
Une voix : ...
Mme Rouleau : Ah! là, j'ai de
la difficulté à comprendre.
(Consultation)
Mme Rouleau : Bien, c'est ça,
c'est qu'il faut travailler avec certaines exigences administratives, tant sur
le plan gouvernemental que sur le plan municipal aussi, de ce que...
Une voix : ...
Mme Rouleau : J'ai vu ça, là.
Alors, il y a des... Il faut... Il faut travailler sur certaines règles
administratives qui existent aujourd'hui, qui sont un frein, carrément un
frein. Alors, il faut... il faut travailler.
Mme Labrie : Ah bien, ça,
c'est sûr!
Mme Rouleau : Il faut
travailler avec nos partenaires pour s'assurer d'éliminer certains... certains obstacles
qu'on a. Parce que, malgré la bonne volonté... malgré la bonne volonté qu'on a,
puis notre intention, c'est vraiment de faciliter l'accès... mais, en ce
moment, là, aujourd'hui même, c'est... il est plus difficile, là, d'agir pour
aider ces gens-là. Alors...
• (12 heures) •
Mme Labrie : Exact. Mais c'est
pour ça que je propose une solution à vrai dire. Là, j'entends que la ministre
a consulté des gens, elle constate qu'il y a des défis importants. Bon. Le
municipal est concerné à bien des égards par rapport à l'itinérance, là, mais
par rapport aux demandes d'aide sociale, j'en serais surprise, là, bien
franchement. Je ne vois pas qu'est-ce qu'ils ont rapport là-dedans.
Moi, ce que je... ce que je suggère à la
ministre, puisqu'elle est en train de développer une idée pour livrer dans la
vraie vie un élément de son plan, c'est de développer une mesure qui s'inspire
ou qui ressemble fortement à celle qu'elle a développée pour les victimes de
violence conjugale, qui fait en sorte que, quand la personne arrive dans la
ressource, il y a un intervenant qui est là, qui peut reconnaître l'état dans
lequel se trouve la personne, faire la demande, y compris avec la
reconnaissance d'une contrainte, puis que ça puisse durer le temps que ça dure
puis que la personne est dans la ressource. Il me semble qu'il y a beaucoup de
parallèles à faire avec la situation d'itinérance et que développer une mesure
similaire que ce qu'elle a déjà réfléchi pour la violence conjugale serait très
efficace aussi.
Par ailleurs, un des gros défis qu'on a
là-dedans, c'est que les personnes en situation d'itinérance, souvent, la
ministre le sait très bien, là, elles sont en rupture avec le système. C'est
très difficile de les amener dans le réseau voir un professionnel de la santé.
Parfois, la seule personne avec laquelle elles vont avoir un lien de confiance,
c'est un organisme en itinérance ou en travail de rue. Donc, ça m'apparaît
d'autant plus important pour aider cette personne-là à sortir un peu du trou...
12 h (version révisée)
Mme Labrie : ...aider cette
personne-là à sortir un peu du trou, que cet intervenant-là puisse l'assister,
là, dans ses démarches puis remplir les documents dont le ministère a besoin.
Mme Rouleau : Bien, c'est...
C'est intéressant, là, puis j'apprécie. C'est dans... C'est cette mesure, dans
le plan de lutte, qu'il faut travailler. C'est dans ce cadre-là qu'il faut
travailler. Et ce n'est pas... ce n'est pas dans le projet de loi comme tel, c'est
dans le plan de lutte qui vise à briser... briser l'isolement, à lutter contre
la pauvreté. Alors, c'est dans... C'est là, c'est là qu'on a l'outil qu'il nous
faut pour faire ce que vous proposez.
Mme Labrie : Bien, c'est
juste que les...
Mme Rouleau : On n'est
plus dans le projet de loi.
Mme Labrie : Bien oui,
parce que les règlements qui vont découler de cet article-là et qui vont dire
quel professionnel, qui peut remplir la paperasse, c'est ces règlements-là qui
vont permettre de dire qui peut le faire, justement. Ce n'est pas dans le plan
de lutte, là, ça. Donc, moi, ce que je dis à la ministre, c'est : Dans ces
règlements-là, qui découlent de cet article-là, je l'invite fortement à prévoir
un processus similaire en itinérance que ce qu'elle a prévu pour la violence
conjugale. On est tout à fait là-dedans, là. Ça ne tombera pas du ciel avec le
plan de lutte, ça, là, là. Il faut que ça passe par un règlement. Et ce
règlement-là, il est lié à ce dont on discute en ce moment dans le projet de
loi, qui peut remplir les documents. C'est ça dont on parle, là. Ça fait que
moi, j'ai soumis mon idée. Je laisse la ministre réfléchir à ça. De toute
façon, effectivement, le règlement, il n'est pas dans la loi. Malheureusement, ça
fait qu'on ne le saura pas avant qu'il soit éventuellement déposé. Mais c'est
les règlements qui découlent de cet article-là.
Mme Rouleau : Mais on en
prend bonne note.
Mme Labrie : Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Et je cède maintenant la parole à la députée de D'Arcy-McGee.
Mme Prass : Merci, Mme
la Présidente. Et on va continuer dans le même sens parce que, lors des
consultations, justement, il y a un groupe de femmes qui est venu vous poser la
question de ma collègue, si les évaluations pouvaient se faire directement dans
les maisons d'hébergement pour les femmes victimes de violence. Et vous avez
dit : Ces personnes-là doivent faire partie d'un ordre professionnel. Et
vous venez de dire qu'un intervenant peut remplir l'évaluation, mais qu'il doit
être signé par quelqu'un d'autre. Donc, j'imagine, dans ce cas-là, que c'est un
médecin, une travailleuse sociale, ou quoi que ce soit.
Mme Rouleau : De ce
que... La discussion que je viens d'avoir, là, c'est ce que vous dites?
Mme Prass : Oui. Oui,
parce que vous avez dit qu'un professionnel dans une maison d'hébergement pour
femmes victimes de violence peut remplir l'évaluation, mais qu'il ne peut pas
la signer.
Une voix : ...
Mme Rouleau : C'est... c'est
ça. C'est que la... Disons, la dame, là, la femme qui vient en maison d'hébergement,
mesure d'urgence, elle arrive en pleine nuit. Il y a une intervenante qui va
reconnaître qu'elle est dans cette situation d'urgence. Elle va signer.
Mme Prass : OK.
Mme Rouleau : Elle va
signer. Cette dame qui est... qui est prestataire ou qui demande l'aide peut...
peut obtenir, à sa demande, là, peut demander un plan de... un plan d'accompagnement
personnalisé. Et c'est là que... Est-ce qu'elle a une contrainte sévère ou pas?
Parce que peut-être que oui, puis peut-être que non, là. Et là, dans ce plan d'accompagnement,
il y a un professionnel. C'est peut-être la même dame qui... la même
intervenante qui... qui signera. Je ne sais pas qui exactement, là, ce sera,
mais ce sera un professionnel de la santé.
Mme Prass : Donc, c'est
toujours quelqu'un qui fait partie d'un ordre professionnel.
Mme Rouleau : D'un ordre
professionnel.
Mme Prass : Donc, une
intervenante qui ne fait pas partie d'un ordre professionnel...
Mme Rouleau : Si elle ne
fait pas partie d'un ordre professionnel qui sera identifié, là... Parce que
là, déjà, on avance, là, avec le projet de loi n° 67, mais il y aura d'autres
professionnels qui seront identifiés. Alors, si elle ne fait pas partie de ces
professionnels, de ces ordres-là, ça ne sera pas elle.
Mme Prass : Donc, son
expertise n'est pas reconnue parce qu'elle ne fait pas partie d'un ordre
professionnel.
Mme Rouleau : Bien, c'est...
Son expertise, elle est reconnue parce qu'elle... elle, elle est celle qui...
On reconnaît son expertise pour dire : Bien, la dame, elle a... elle est
en situation d'urgence, puis elle peut faire la demande de la prestation
spéciale.
Mme Prass : Mais elle ne
peut pas faire l'évaluation.
Mme Rouleau : Elle ne
fera pas l'évaluation. Peut-être pas. Peut-être que oui, si elle est de l'ordre
professionnel.
Mme Prass : Oui, oui, mais
je vais... Bien, on parle d'un cas où elle ne l'est pas. Donc, elle peut faire
la demande d'urgence, mais elle ne peut pas faire l'évaluation. C'est ça que je
comprends.
Une voix : ...
Mme Rouleau : ...de l'ordre
professionnel, d'un ordre professionnel.
Mme Prass : OK. Bien... Donc,
c'est ça. Donc, une... quelqu'un qui a une certaine expertise peut faire la
demande dans une situation d'urgence. Mais, comme... s'ils ne font pas <partie...
Mme Prass :
...une
certaine expertise peut faire la demande dans une situation d'urgence. Mais, comme...
s'ils ne font pas >partie d'un ordre professionnel, ils ne peuvent pas
faire l'évaluation. Donc là, on distingue entre les deux, c'est bien ça?
Mme Rouleau : Distinction
entre les deux?
Mme Prass : Entre la demande
d'urgence et l'évaluation médicale.
Mme Rouleau : Oui, il y a une
distinction.
Mme Prass : OK. Donc... Et...
OK. Donc...
Mme Rouleau : Et qui est...
peut être médicale ou... et psychosociale.
Mme Prass : Donc, une fois qu'on
sort d'une situation d'urgence, là, il faut que ça soit quelqu'un qui provient
d'un ordre professionnel.
Mme Rouleau : Ce qu'on dit, c'est
que c'est un... En fait, ce qu'on... L'objectif, là, ici, c'est simplement d'élargir
les professionnels de la santé. Ce n'est pas que le médecin. Aujourd'hui, ce n'est
que le médecin, il n'y a personne d'autre. Alors, aujourd'hui... et là, ce qu'on
dit, c'est qu'on veut élargir à d'autres professionnels de la santé...
Mme Prass : Puis justement
vous... on appelle ça dans...
Mme Rouleau : ...et des
services sociaux.
Mme Prass : Et des services...
Bien, c'est justement. Alors, dans le... ce que vous proposez, on précise
«rapport médical». Et comme vous le savez, à plusieurs reprises, il y a des
groupes qui ont plutôt prôné pour que ça soit une évaluation psychosociale, et
justement, le fait que vous êtes en train d'ouvrir ceux qui peuvent faire l'évaluation
plus... à part les médecins, donc les travailleurs et travailleuses sociales,
des... des... bien, des experts, des professionnels en santé mentale, etc., est-ce
que vous... est-ce que vous auriez une ouverture pour changer le titre de cet
élément-là d'évaluation médicale à évaluation...
Mme Rouleau : ...
Mme Prass : OK. Excusez-moi. OK.
OK, parfait. On est... on est sur le même pied.
Mme Rouleau : J'ai déposé
hier soir.
Mme Prass : OK. Eh voilà! Bien,
je n'étais pas là. Désolée, je n'étais pas là, j'ai dû quitter pour quelque
chose, donc... Et là...
Mme Rouleau : Ah! ah oui, je
ne peux pas parler des personnes absentes.
Mme Prass : Voilà! Alors là,
vous avez parlé aussi de prestation spéciale qui va remplacer l'aide de dernier
recours. À part, on a donné l'exemple de victimes de violence...
Mme Rouleau : La... Ah! bien,
là, j'ai... j'ai...
Mme Prass : Non, excusez-moi,
pas de dernier recours, mais le...
Mme Rouleau : J'ai... Oui,
mais ça ne fait pas partie de l'amendement. C'était en complément d'information,
là.
Mme Prass : OK. Bien, si... puis
on... OK, on y reviendra, c'est juste pour voir qui... qui va être couvert dans
tout ça. Donc, même exemple qu'on vient de parler pour les maisons d'hébergement
femmes... pour les femmes victimes de violence conjugale. En itinérance, est-ce
qu'un intervenant peut faire une demande d'urgence pour une personne
itinérante?
Mme Rouleau : C'est
sensiblement la même question que votre collègue.
Mme Prass : Oui, mais je veux
juste mettre... parce que, quand... lors des consultations, vous avez dit :
Tout ça va venir en règlement par la suite. Ça fait qu'on veut juste s'assurer
de bien comprendre ce qui va être compris dans le règlement. Puis dans le même
sens, par exemple, s'il y a des, autre exemple, organismes qui oeuvrent en santé
mentale, il y a quelqu'un qui arrive puis ils évaluent que la personne a un
enjeu, est en situation d'urgence, mais ils ne font pas partie d'un ordre
professionnel, est-ce qu'eux aussi peuvent faire cette demande-là pour la
personne?
Mme Rouleau : Il faut faire
partie d'un ordre professionnel.
Mme Prass : Non, mais vous
avez dit que pour la demande d'urgence...
Mme Rouleau : Demande l'urgence,
puis là c'est... c'est la question que posait votre... votre collègue, la députée
de Sherbrooke, et ce que j'ai dit, c'est que j'en... j'en prends... tu sais, je
vais réfléchir parce qu'elle m'a proposé d'y réfléchir, puis j'ai accepté d'y
réfléchir.
• (12 h 10) •
Mme Prass : Bien, c'est juste
pour avoir une certaine équité dans le sens que... qu'on ait un enjeu de santé
mentale, situation d'itinérance, femme victime de violence conjugale puis on
est en situation d'urgence, qu'on n'a pas besoin... qu'on reconnaisse que les
experts, pas nécessairement des gens qui font partie d'un ordre professionnel,
mais les experts qui oeuvrent dans ces domaines-là, quand c'est un cas de faire
une demande d'urgence, qu'eux, ils peuvent le faire. Parce que, sinon, quand on
parle d'urgence, le temps de trouver un médecin, une travailleuse... un travailleur,
une travailleuse sociale, etc., ça ne rentre pas toujours dans le cadre de la
réalité, puis surtout pas dans le cas d'une urgence. Donc, je pense qu'on veut
juste s'assurer que, pour ces situations spécifiques d'urgence, il y a une
ouverture que ça soit des gens à l'extérieur des ordres professionnels
également qui peuvent faire cette demande-là.
Mme Rouleau : On va... on va
réfléchir à ça. Mais, dans le plan de lutte à la pauvreté, il y a une mesure
spécifique pour permettre certains assouplissements pour que les personnes en
situation d'itinérance puissent faire la demande... puissent obtenir l'aide de
dernier recours. C'est une mesure qu'on est en train... sur laquelle on est de
travailler, mais c'est... c'est dans le plan de lutte à la pauvreté. Alors, on
va travailler à ce niveau-là et puis on tient compte de vos commentaires pour
qu'on puisse, en fait, améliorer la <situation...
Mme Rouleau :
...on
tient compte de vos commentaires pour qu'on puisse, en fait, améliorer la >situation,
parce qu'aujourd'hui, aujourd'hui, il n'y a rien, on est à zéro, point barre.
Alors, l'objectif, c'est d'améliorer les choses, et c'est ce sur quoi on
travaille.
Mme Prass : Puis, ces
évaluations psychosociales, est-ce que ça va être... est-ce qu'il y a un
gabarit ou est-ce que c'est vraiment le professionnel qui va de lui-même
formuler une...
Mme Rouleau : ...des balises,
il va y avoir sûrement un formulaire à remplir, là, il va y avoir un document à
remplir, mais là je ne peux pas aujourd'hui vous dire quelle est la forme de ce
document. Ce sont des choses qui vont... qui vont venir.
Mme Prass : Mais c'est juste
pour s'assurer, parce qu'on parle de...
Mme Rouleau : Puis on veut
que ce soit le plus... tu sais, ce qu'on veut, là, c'est... c'est... on veut
aussi réduire le nombre de formulaires, on veut réduire la bureaucratie, on
veut faciliter les choses. On est toujours dans cette optique-là.
Mme Prass : Je suis d'accord
avec vous qu'il doit y avoir certaines balises, mais, personnellement, moi,
j'éviterais un gabarit en tant que tel parce qu'encore on parle de différentes
populations qui vivent de différentes expériences, puis ce n'est pas parce
qu'on met... ce n'est pas parce qu'une personne vit une situation de
vulnérabilité que la façon dont elle va l'exprimer, qu'elle va le vivre va être
pareille que quelqu'un d'autre. Ça fait que je voudrais juste qu'on prenne acte
des différentes réalités, donc ne pas imposer, disons, un gabarit pour
s'attendre à ce que certains critères soient remplis, parce que chacun
manifeste sa vulnérabilité de façon différente dépendamment de la population à
laquelle elle relate.
Donc, je comprends bien, puis comme j'ai
dit, je n'étais pas là hier après-midi, donc vous allez me... vous allez être
patiente avec moi, donc, les infirmières également, tout... tout... tout
professionnel de la santé qui appartient à un ordre professionnel pourrait
faire ces évaluations?
Mme Rouleau : Bien, c'est...
Les professionnels de la santé seront identifiés dans le règlement, mais là on
part sur la base, là, qu'on a un projet de loi n° 67, à l'heure actuelle,
où on identifie des professionnels de la santé qui peuvent émettre des
diagnostics, dont des diagnostics de troubles mentaux... bon. Alors, on a un
début, là, de quelque chose, qui est fort important, parce que ça aussi, ça
n'existait pas avant, alors... Et le travail qu'il y a à faire est avec les
ordres professionnels aussi. Il faut s'assurer d'avoir leur collaboration.
S'ils disent : Non, on n'est pas intéressés, c'est une chose. Je ne pense
pas qu'on aille dans cette direction-là. L'objectif aujourd'hui, c'est de dire :
On élargit les... à des professionnels de la santé, la possibilité de donner...
de faire des diagnostics d'évaluation médicale ou, s'il y a lieu,
psychosociale.
Mme Prass : Et, comme on
sait, ça peut prendre longtemps pour avoir un rendez-vous avec un médecin. Moi,
je vous donne mon exemple. Moi, avec mon fils, on est... mon fils qui, depuis
10 ans, fréquente... il y a eu des travailleurs, travailleuses sociales,
nous sommes rendus à notre neuvième sur 10 ans, parce qu'il y a un gros
taux de roulement, il y a beaucoup qui partent en congé de... en congé de
maternité, quoi que ce soit.
Est-ce que vous prévoyez qu'il y aurait
certains rendez-vous qui seraient réservés, disons, pour que ces personnes
n'aient pas à attendre trois mois en situation de précarité financière
avant d'avoir accès à un professionnel de la santé pour faire leur évaluation?
Parce que c'est quelque chose qu'on entend, que le temps de trouver... même si
on élargit, à part les médecins, travailleurs et travailleuses sociales, etc.,
ça prend du temps pour avoir ces rendez-vous-là. Puis, durant tout ce temps-là,
la personne n'a aucun moyen, n'a aucun revenu. Donc, est-ce que vous prévoyez
un mécanisme pour, dans certains cas, qu'il y ait un accès pour que ces
personnes-là puissent voir ces professionnels pour produire leur évaluation?
Mme Rouleau : Là, ce qu'on
fait, c'est qu'on élargit à des professionnels de la santé. En ce moment, c'est
le médecin, avec la liste d'attente qu'on connaît. «Des professionnels de la
santé», on présume que ce sera un peu moins long, là, qu'il y aura moins de... Bien...
Mme Prass : Ça dépend. Avec
les psychologues, psychiatres, les listes sont longues. Comme j'ai dit, il y a
une pénurie de travailleurs, travailleuses sociales. Donc, on est tout à fait
d'accord pour dire qu'il faut l'élargir pour permettre à avoir... pour
permettre à taper plusieurs portes, mais de s'assurer que ces personnes-là ne
seront pas pénalisées parce qu'ils doivent attendre d'avoir accès à quelqu'un
qui fait partie d'un de ces ordres professionnels là.
Mme Rouleau : L'objectif
n'est certainement pas de pénaliser les personnes qui ont besoin de cette aide,
au contraire. Ce qu'on fait, ce pour quoi on le fait, c'est pour faciliter <l'accès...
Mme Rouleau :
...Ce
qu'on fait, ce pour quoi on le fait, c'est pour faciliter >l'accès, c'est
pour réduire les délais, c'est pour réduire les formulaires, etc., là. C'est...
c'est cet...
Mme Prass : ...puis ultime.
Mme Rouleau : Bien oui.
Alors, on va dans cette direction-là.
Mme Prass : OK. Mais...
Mme Rouleau : Aujourd'hui, ce
n'est pas... ce n'est pas comme ça.
Mme Prass : Oui, mais...
Mme Rouleau : Bon. Alors, ce
sera mieux, ce sera beaucoup mieux.
Mme Prass : Il y aura plus de
choix. Est-ce que l'accessibilité se fera de façon plus... plus vite? Ça...
ça... c'est une autre question. Puis est-ce que j'ai bien compris, par exemple,
travailleurs et travailleuses sociales qui se retrouvent dans le secteur privé,
par exemple, seraient aussi reconnus, donc pas juste les travailleurs de la
santé, dans le réseau public? Est-ce que je comprends bien que ce n'est pas
juste les professionnels de la santé dans le réseau public, par exemple, quelqu'un
dans le privé... «quelqu'un», un travailleur, une travailleuse sociale dans le
privé pourrait également faire cette évaluation?
Mme Rouleau : Ce sera lié à l'ordre
professionnel.
Mme Prass : OK. Donc, le
réseau n'importe pas. Et, quand vous dites, par exemple, dans... vous dites :
«La personne ne doit... doit également, lorsque la ministre l'estime approprié,
se soumettre à un nouvel examen médical.» Quels sont les cas que la ministre
pourrait estimer appropriés, que cette réévaluation se fasse?
Mme Rouleau : Bien, en fait,
c'est... Tu sais, il y a des... bon, il y a de la contrainte santé, là, de
moins d'un mois. C'est ça, c'est un mois... c'est un mois calendrier... Pardon?
Une voix : ...
Mme Rouleau : Un mois
minimum, oui, et les contraintes de santé sévères qui peuvent avoir une durée
limitée. Parfois, ça peut être une durée... ça peut être, je ne sais pas, moi,
six mois, un an, deux ans, mais c'est... puis parfois, bien, c'est
pour beaucoup plus longtemps. Alors, c'est de pouvoir évaluer l'état, là, de la
personne. On est toujours axé sur la personne, alors, est-ce que son... est-ce
que son état s'est amélioré.
Mme Prass : Donc, ça va se
faire, encore une fois, sur une base individuelle et pas des réévaluations
prescrites, disons, à chaque année, ou deux ans, ou quoi que ce soit.
Mme Rouleau : Oui, c'est cas
par cas, c'est la... selon la situation.
Mme Prass : Et est-ce que,
par exemple, le prestataire pourrait demander lui-même une réévaluation s'il
pense que leur situation a évolué?
Mme Rouleau : Oui.
Mme Prass : Oui. Et
évidemment les agents... parce que là on précise que c'est la ministre, mais, j'imagine,
les agents également vont vous faire la suggestion...
Mme Rouleau : Bien, ce ne
sera peut-être pas moi personnellement, là.
Mme Prass : C'est ça. On le
précise. OK. C'est beau. Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce.
Mme McGraw : ...points très
intéressants, donc, je vais... ça va me... ça m'a fait réfléchir, donc, de,
premièrement, prendre bonne note aussi de la suggestion de la collègue de... la
députée de Sherbrooke par rapport aux personnes qui vivent l'itinérance, on
trouve ça très intéressant aussi.
Pour revenir, justement, on a mis de côté
pour l'instant, on s'est dit d'accord, on s'est mis d'accord, hier, pour se
dire que tout ce qui est définition de contraintes de santé, parce qu'il y a
beaucoup de groupes... la plupart des groupes ont soulevé le fait que cette
restriction, on va dire, de la notion de contraintes à l'emploi qui serait...
qui se limite maintenant à contraintes de santé, on va revoir, on va... plus
tard dans nos discussions.
• (12 h 20) •
Par contre, je prends bonne note du fait
que l'évaluation qu'on élargit d'un rapport médical à psychosocial, ça s'annonce
peut-être bien, parce que, s'il y a un rapport ou une évaluation médicale, on
inclut le psychosocial. Il me semble que ça veut dire qu'il y a une grande
ouverture, on espère, pour que les...
Mme Rouleau : ...médical, on
dit évaluation.
Mme McGraw : Évaluation,
pardon, médicale, on ajoute psychosociale. Ça fait que, si c'est juste des
contraintes de santé, mais, en fait, on permet une évaluation psychosociale, on
prend bonne note de ça.
Et, pour les groupes majeurs, les groupes
pour lesquels, présentement, ce loi... ce projet de loi représenterait un recul
ou une perte d'acquis, selon la mémoire de la ministre au Conseil des ministres,
les fonds qui seraient mis ailleurs. Donc, pour ces groupes-là, puis ça, on
parle encore des personnes qui sont victimes de violence conjugale, les parents
qui agissent de proches aidants vis-à-vis des enfants qui sont en situation de
handicap ou avec des déficiences intellectuelles ou autres, les jeunes familles
monoparentales, les proches aînés de 58 à <64 ans...
Mme McGraw :
...les
jeunes familles monoparentales, les proches aînés de 58 à >64 ans,
pour ces groupes-là, cette évaluation-là, cet élargissement, comment vous
entrevoyez... comment la ministre entrevoit l'impact de cet élargissement pour
ces groupes-là, qui, présentement, sous le projet de loi, perdraient des
acquis? Pas les personnes qui ont des prestations présentement, on comprend
qu'eux autres, ils sont comme protégés, mais pour les futurs prestataires qui
font partie de ces groupes-là.
Mme Rouleau : ...l'occasion
d'en parler à l'article 25.
Mme McGraw : J'en... J'en...
Je n'en doute pas. Et on est prêts à avoir cette discussion-là. Donc, au niveau
de... Mais je... on prend bonne note de l'évaluation, l'élargissement, et des
personnes et de l'évaluation.
Au niveau de la décision du ministre, ou
de ses... de son ministère, ou autre, on dit que la décision, si la... lorsque
la décision du ministre est défavorable, il faut que cette décision-là soit
accompagnée de l'évaluation médicale ou psychosociale rédigée par le
professionnel de la santé ou des services sociaux. Quels seraient, à part de
l'évaluation, d'autres critères de décision? Est-ce que c'est juste
l'évaluation à elle seule qui va... qui va informer la décision du ministère?
Quels seraient les autres facteurs?
Mme Rouleau : On veut voir le...
Tu sais, on regarde l'état de la personne, son état... l'état de la personne,
qui... bon, comment, à partir de son état de santé médical ou psychosocial,
comment peut-on l'aider à mieux s'intégrer, là, parce que souvent, c'est des...
ça peut être des personnes qui sont éloignées du marché du travail, alors
comment on peut mieux l'aider et quelles sont... comment on peut l'aider pour
qu'elle puisse être en mouvement. C'est ce qu'on cherche, hein, c'est... c'est
pour briser l'isolement, la pauvreté, etc. Alors, c'est... c'est un... l'évaluation
médicale, psychosociale nous permet... c'est une évaluation qui nous permet
d'établir ce parcours qu'elle est... qu'elle sera en mesure de faire, à quelle
hauteur elle pourra le faire.
Mme McGraw : Donc, est-ce que
je... est-ce que... Donc, cette évaluation médicale ou psychosociale ou... comme
la ministre dit, c'est l'évaluation de la santé médicale ou psychosociale de la
personne. À part de cette évaluation, est-ce que... quels sont... seraient les
critères et d'autres... est-ce qu'il y aurait d'autres outils pour informer la
décision du ministre?
Mme Rouleau : ...l'entrée à
l'aide sociale, là, il y a des conditions aussi pour avoir l'aide de dernier
recours. L'évaluation permet d'établir quelle est la capacité, là, quel est
le... comment cette personne peut... peut évoluer. Mais il y a toutes sortes
d'autres critères pour avoir accès à l'aide sociale aussi, qui est une aide de
dernier recours, est-ce que la personne a eu recours à tous les autres recours,
est-ce qu'elle a fait les démarches, tu sais, mais elle a perdu son emploi,
elle est... elle a eu de l'assurance chômage, elle se retrouve... tu sais, il y
a toutes sortes de... il y a plusieurs autres critères, à part l'aspect de
santé.
Mme McGraw : Mais, pour
évaluer les contraintes de santé, que la ministre dit de santé médicale ou
psychosociale, est-ce qu'il va y avoir d'autres critères et/ou d'autres outils
pour cet aspect-là de contraintes de soit dite santé médicale ou psychosociale,
ou c'est la... c'est seulement l'évaluation médicale, psychosociale par un
professionnel de santé et des services <sociaux...
Mme McGraw :
...par
un professionnel de santé et des services >sociaux?
Mme Rouleau : Alors, on a des
spécialistes au sein du ministère aussi, comité formé de médecins, d'experts
socioprofessionnels, etc., qui vont... qui peuvent... qui peuvent venir
documenter davantage l'état de la personne s'il y a un enjeu... Mais je crois
que j'ai de la difficulté à comprendre votre question, plus précisément.
Des voix : ...
Mme McGraw : ...pour
préciser, Mme la ministre, est-ce qu'il y a des experts du ministère qui
pourraient... Si une décision, je reviens, est défavorable, on a... ils
reçoivent l'évaluation médicale ou psychosociale de l'état de santé médicale ou
psychosociale de la personne, qu'est-ce qui pourrait... ferait... Si la... par
exemple, l'évaluation est favorable à ce que cette personne-là reçoive des
prestations, quels seraient d'autres facteurs qui pourraient faire... avoir...
qui pourraient faire en sorte qu'il y aurait une décision défavorable?
Mme Rouleau : ...M. Gauthier,
le sous-ministre adjoint, expliquer le processus, là, plus interne.
Mme McGraw : Oui, le
processus. C'est peut-être ça, la question plus large : Quel est le...
Quel est le processus envisagé, concrètement?
La Présidente (Mme D'Amours) : Je
vais vous donner la parole. Je vous demande de vous nommer, nommer votre titre,
et ensuite répondre à la question, s'il vous plaît.
M. Gauthier (Francis) :
Merci, madame...
La Présidente (Mme D'Amours) :
Il y a consentement? Pardon. Je demande le consentement.
Des voix : Consentement.
La Présidente (Mme D'Amours) : Consentement.
Merci.
M. Gauthier (Francis) : Merci,
Mme la Présidente. Alors, Francis Gauthier, sous-ministre adjoint à la solidarité
sociale et à l'assurance parentale.
De la façon que ça fonctionne, actuellement,
quand une personne fait une demande d'assistance sociale, elle va joindre un
diagnostic donné par un médecin. Quand le diagnostic n'est pas évident, il va
être transmis à un comité d'évaluation médicale qui est constitué de
professionnels et de médecins qui vont regarder le dossier, la situation, le
diagnostic de la personne. Et le médecin puis le professionnel de l'équipe le
regardent de façon plus globale, c'est-à-dire qu'ils vont regarder dans quelle
mesure la contrainte est un enjeu d'accès non seulement au marché du travail,
mais aussi à la réalisation de certaines mesures d'emploi. Ça fait qu'ils vont
regarder ça, et, dans ce processus-là, ça va arriver que le médecin du
ministère va communiquer avec le professionnel qui a fait le diagnostic, ou
encore ils vont... ou le professionnel va parler... le professionnel du
ministère va parler au prestataire qui a fait la demande pour clarifier, parce
que, des fois, il y a des choses qui sont dites ou non dites dans les
formulaires qui peuvent avoir leur importance dans ces contextes-là. Ça fait
qu'il y a vraiment un échange.
• (12 h 30) •
Puis, par la suite, la décision est rendue
à l'effet : Est-ce qu'il y a une contrainte sévère qui est reconnue ou
est-ce que c'est une contrainte de santé plus temporaire puis... ou encore il
n'y a pas reconnaissance que c'est une contrainte à l'emploi? Par la suite,
quand la décision n'est pas favorable par rapport à ce que souhaite le
prestataire, bien, le prestataire a des recours, évidemment, qui sont prévus,
là, il peut aller en révision, puis on regarde à nouveau, c'est une autre
équipe qui regarde le dossier dans ce contexte-là.
Mme McGraw : Une question
tout de suite, c'est que, si je comprends bien, l'évaluation qui se fait par un
professionnel, ensuite c'est le ministère qui va regarder ça avec le comité
d'experts, de professionnels, etc., puis, justement, on va regarder s'il y a
des contraintes, si je comprends bien. Premièrement, l'évaluation médicale ou
psychosociale, mais on vient de mentionner des contraintes à l'emploi,
peut-être, qui ne sont pas d'ordre directement de santé. Je veux juste... je
veux mieux comprendre parce que c'est critique, parce qu'on a changé
«contraintes à l'emploi» en «contraintes de santé», mais là je viens de
comprendre qu'il y a quand même un comité qui va se pencher sur pas juste la
santé, mais des contraintes à l'emploi. Je veux comprendre cette relation-là
puis, vraiment, cet aspect du processus très important.
M. Gauthier (Francis) : Bien,
les allocations que le ministère verse pour reconnaître des contraintes, c'est
toujours dans l'optique de l'accès au marché du travail. C'est toujours dans
une optique de dire : Est-ce qu'on donne...
12 h 30 (version révisée)
M. Gauthier (Francis) : ...toujours
dans une optique de dire : Est-ce qu'on donne de... de l'assistance
sociale pour les gens qui ne sont pas capables de répondre à leurs besoins de
base puis qui n'ont pas les ressources? Ça, c'est la base du régime d'assistance
sociale. Et on va venir bonifier cette prestation-là d'une allocation quand les
gens n'ont pas la capacité d'aller sur le marché du travail. Ça fait que c'est
un principe du régime d'assistance sociale. Ça fait que c'est sûr que la
reconnaissance d'une contrainte de santé, qu'elle soit sévère ou qu'elle soit,
je vais dire, temporaire, est toujours regardée dans la logique du marché du
travail, puisque c'est une des finalités du régime d'assistance sociale.
Mme McGraw : On utilise les
mots «temporaire» et «sévère», la sévérité... et dans le temps, ce n'est pas la
même chose du tout. On peut avoir une contrainte sévère qui est temporaire, ou
qui est permanente, ou persistante, puis on peut avoir une contrainte qui n'est
pas sévère, qui peut être permanente. Ça fait que... est-ce qu'on peut
clarifier ces mots aussi, s'il vous plaît?
M. Gauthier (Francis) : ...je
parlais de la situation actuelle, donc la contrainte temporaire de santé puis
la contrainte sévère à l'emploi, là, actuellement, mais dans la... dans la
proposition législative qui est faite, il va y avoir une contrainte de santé et
une contrainte sévère de santé. La contrainte de santé va être à peu près ce
qui est... ce qui est offert actuellement comme contrainte dans les... comme
contrainte temporaire de santé.
Mme McGraw : On vient de dire
à peu près...
Mme Rouleau : ...mais on
enlève le mot «temporaire».
Mme McGraw : Oui, et ça
aussi, ça, on va revenir avec le fusionnement des programmes, parce qu'on n'a
plus le Programme de solidarité sociale, où c'étaient des contraintes sévères,
mais pas nécessairement permanentes ou persistantes. On va le savoir seulement...
après 72 mois. Mais là ça, on le... on le fusionne.
M. Gauthier (Francis) : ...sur
72.
Mme McGraw : Oui, mais il
faut que ce soit après... l'évaluation se fait... Oui, bien, si c'est les
premiers... C'est vrai. Merci pour la correction. Donc là, je viens de perdre
mon... Donc, on vient de dire «à peu près», on vient juste de dire «contrainte
de santé», mais «à peu près», je veux comprendre le sens de «à peu près». Ce n'est
pas pour être difficile, mais c'est très important, parce qu'on fait un
changement majeur qui a des impacts potentiels majeurs sur des groupes
vulnérables. Donc, il faut bien comprendre les mots.
M. Gauthier (Francis) : Oui.
Bien, la proposition législative prévoit deux types de contrainte, une
contrainte de santé puis une contrainte sévère de santé. La contrainte de santé
est allouée pour une période minimale d'un mois, pour une problématique qui est
moins pérenne dans le temps, alors que la contrainte sévère de santé, il y a
une durée minimale d'un an, la contrainte... pour la contrainte santé, mais c'est
donc des éléments qui seront... qui sont prévus à l'article 25.
Mme McGraw : Donc, le...
Mme Rouleau : ...à l'article 25.
Mme McGraw : Oui, mais ça...
ça nous prépare un peu pour cette discussion très importante, Mme la Présidente.
Donc, merci pour les précisions. Puisque tout ça, ça va prendre du temps. Et ma
collègue, elle a souligné la question d'accès ou d'accessibilité, que, oui... Et
on le souligne puis on le salue, cet élargissement d'évaluation, mais aussi des
personnes qui puissent faire cette évaluation-là, mais dans le même esprit de
continuer à améliorer au niveau de l'accès, tout ça, ça va prendre du temps,
malgré, malgré ces élargissements de professionnels, etc. Et là il y a le
comité, etc., qui... qui est impliqué aussi.
Donc, pour revenir à la question de ma
collègue : Est-ce qu'à part d'une voie de passage peut-être plus directe
ou des places qui sont réservées pour des personnes qui font des demandes...
Est-ce qu'il va y avoir une période de... tampon, on va dire, ou de grâce
pendant que ces évaluations soient faites pour des personnes qui sont dans des
situations de précarité financière? Est-ce qu'on regarde ça avec tous ces... donc,
une période de grâce ou de... ou tampon, en attendant, avec ces défis d'accessibilité?
Mme Rouleau : Pour qui, là?
Mme McGraw : Pour les
prestataires.
Mme Rouleau : Une période
tampon?
Mme McGraw : ...ou une
période de grâce. C'est-à-dire qu'on fait une demande, il y a une évaluation
qui se fait. Malgré l'élargissement, et de la nature de l'évaluation et les
personnes qui puissent faire cette évaluation-là... ça va dans la bonne
direction, mais il y a encore quand même des... l'accès n'est pas immédiat.
Est-ce qu'on prévoit un peu de flexibilité, une compensation ou une...
Des voix : ...
Mme Rouleau : ...fait la
demande pour l'aide sociale, l'assistance sociale, elle... elle obtient très
rapidement la <prestation...
Mme Rouleau :
...fait
la demande pour l'aide sociale, l'assistance sociale, elle... elle obtient très
rapidement la >prestation de base. Puis, si elle... si elle déclare
avoir une contrainte sévère de santé... Bon, il faut quand même un temps d'évaluation...
elle... elle aurait la contrainte... elle peut avoir la contrainte santé.
Alors, c'est à peu près la zone tampon dont vous parlez, là.
Mais la personne arrive, là, au bureau de Services
Québec, elle a... elle a besoin d'aide, on va lui octroyer assez rapidement. En
répondant aux différents critères, là, pour... d'accès à l'aide de dernier
recours, là, elle... elle obtiendra l'aide... la prestation de... OK, elle
obtiendra la contrainte santé en attendant d'obtenir la contrainte sévère de
santé.
Mme McGraw : Et si...
Mme Rouleau : Ça fait que c'est
votre... c'est la zone tampon dont vous parlez.
Mme McGraw : Parfait. Et, si
ça s'avère que la contrainte de santé est effectivement sévère...
Mme Rouleau : Est-ce que c'est
rétroactif?
Mme McGraw : ...est-ce que c'est
rétroactif? Exactement. C'est rétroactif?
Mme Rouleau : Oui.
La Présidente (Mme D'Amours) : ...de
Sherbrooke.
Mme Labrie : Merci, Mme la
Présidente. Tout à l'heure, j'avais posé une question sur le volume estimé de
nombre de demandes par année. Je ne sais pas si la...
Mme Rouleau : ...9 959
demandes de reconnaissance de contrainte sévère.
Mme Labrie : OK, donc environ
une dizaine de milliers par année.
Mme Rouleau : 9 000,
10 000, oui.
Mme Labrie : Merci. Puis, juste
pour clarifier... c'est un échange qui a eu lieu avec mes collègues tout à l'heure,
là, mais je vais poser la question peut-être plus explicitement. Les personnes
qui ont une situation permanente, est-ce que la ministre va demander de
réévaluer leur dossier ou pas? Une personne qui a, par exemple, une évaluation
pour trouble du spectre de l'autisme, est-ce que c'est quelque chose pour lequel
la ministre va demander une nouvelle évaluation, ou un handicap, ou...
Mme Rouleau : Pour une
personne qui est déjà diagnostiquée depuis l'âge de cinq ans et que... qui a,
aujourd'hui, 25 ans...
Mme Labrie : Bien, des fois,
ça vient tard, ces diagnostics-là, là. Même... même l'autisme, des fois, ça
peut être assez tard.
Une voix : ...
Mme Labrie : Bien oui. Tout à
fait, oui. C'est ça, oui.
Mme Rouleau : On peut le
demander, mais on ne le demande pas nécessairement. On voit que la situation
est permanente, on ne réévaluera pas nécessairement cette situation. C'est de
se permettre de voir, pour certaines contraintes de santé, est-ce qu'il y a
amélioration ou pas, mais ce n'est pas... La personne, elle est... elle est
dans un état difficile, là, depuis... depuis sa naissance, on ne... on ne
réévaluera pas nécessairement...
• (12 h 40) •
Mme Labrie : Je comprends...
Mme Rouleau : ...mais c'est
de se permettre de le... Si nécessaire, on le fait, mais ce n'est pas... Tu
sais, le professionnel de la santé ne... bon, dans certaines circonstances,
pourra dire : Tiens, contrainte... tu as une contrainte, là, de santé
sévère, mais j'aimerais ça te revoir dans deux ans, ou j'aimerais ça te revoir dans
trois ans. Ça... ça peut être ça.
Mme Labrie : Moi, je peux
imaginer beaucoup de situations pour lesquelles ça vaut la peine de réévaluer,
puis, parfois, même ce... ce sera à l'initiative de la personne en question,
là. Mais je peux aussi imaginer beaucoup de situations pour lesquelles ce sera
des... ce seraient des démarches inutiles de le faire. Et puis, là, la
ministre, dans le fond, elle me... elle me confirme les craintes que j'ai
entendues, de la part de certaines personnes, qu'une nouvelle évaluation
pourrait leur être demandée.
Puis, tu sais, en toute transparence, une
des craintes, là, c'est que, quand les personnes approchent, là, l'atteinte du
fameux 66 mois, pour avoir accès au revenu de base, qu'une... même s'ils
ont un diagnostic pour quelque chose qui est sévère et permanent, qu'on leur
redemande une évaluation, puis qu'ils risquent de ne pas cumuler, là, leur 66 mois
sur 72. Ça fait que ça, c'est une inquiétude qui existe. Ça fait que, là, quand
la ministre me répond «on ne le fera pas vraiment, mais on pourrait», ça
confirme cette inquiétude-là des gens.
Mme Rouleau : C'est que... tu
sais, la... Je pense comprendre que la <crainte...
Mme Labrie :
...cette
inquiétude-là des gens.
Mme Rouleau :
C'est
que... tu sais, la... Je pense comprendre que la >crainte, là, c'est
lorsque la personne arrive à 66 mois, elle est à 65 mois, puis
qu'elle pourrait se faire refuser le PRB, mais non, non. Non, parce que, là,
rendu là, c'est certain que la... c'est persistant. C'est une contrainte
persistante. Il n'y a pas... et puis il n'y a pas de... Aussitôt qu'on a mis en
place le Programme de revenu de base, les personnes qui étaient en solidarité
sociale et qui... qui atteignaient le 66 mois sur 72, tout de suite, ont
basculé. Il n'y a pas eu de...
Mme Labrie : Donc, ce n'est
pas l'intention de la ministre de demander des évaluations, là.
Mme Rouleau : Non, non. Non.
Mme Labrie : Après combien de
temps elle considère que c'est persistant puis elle ne demandera pas
d'évaluation?
Mme Rouleau : Non, mais c'est...
c'est qu'il y a certaines contraintes de santé qui peuvent, qui peuvent
s'améliorer, là. Il y en a pour qui ça ne s'améliorera pas, on s'entend
là-dessus, mais il y en a pour qui ça peut s'améliorer.
Mme Labrie : Oui, tout à fait.
Mme Rouleau : Alors, si la
situation s'améliore, bien, on agit en conséquence, là, tu sais, on... bien, on
agit. Ça veut dire que la personne peut aller vers... tu sais, elle pourra...
elle pourra avoir d'autres types d'aide, là, pour la... pour évoluer dans la
société. Parce que c'est ça, l'objectif, c'est... tu sais, c'est de bien
accompagner pour que les gens ne soient pas stagnants chez eux, qu'ils puissent
être intégrés, tu sais. Alors, on parle d'insertion, d'intégration, on parle de
formation, de... et d'aller vers l'emploi, oui, parce que ça permet d'améliorer
son revenu, d'améliorer sa condition.
Puis ce n'est pas parce que... ce n'est
pas toujours parce que tu as une contrainte de santé. Puis, on le voit avec le
PRB, là, les gens... tu sais, les gens qui ont le Programme de revenu de base
étaient délaissés. Là, c'est... il y a un certain nombre de ces personnes qui
peuvent travailler, qui peuvent être impliquées dans des... dans des organismes
ou aller... aller à l'emploi, là, par les centres de... comment on appelle ça,
comme Recyclage Vanier, par exemple, là.
Une voix : ...
Mme Rouleau : Les entreprises
d'insertion, par exemple. Alors, c'est de favoriser, favoriser, là, que la
personne, compte tenu de son état... Puis on regarde comment elle est, quel est
son vécu, quel est son état de santé médical ou psychosocial et comment on peut
l'aider à s'intégrer. C'est ça, c'est... Tu sais, tout est dans cet
objectif-là.
Mme Labrie : ...l'article
qu'on a sous les yeux prévoit que ça peut être fait de manière générale, dans
n'importe quelle circonstance, la ministre n'a pas l'intention d'appliquer ça
de manière systématique ou à une certaine fréquence dans tous les dossiers, là.
Mme Rouleau : C'est déjà
comme ça aujourd'hui, ça peut être demandé. Alors, on peut le demander, on ne
le demande pas nécessairement.
Mme Labrie : OK. Parfait.
Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Mme la députée de D'Arcy-McGee.
Mme Prass : Excusez-moi, dans
ce même sens, est-ce que vous aurez une ouverture? Par exemple, quand on parle
d'une personne avec une maladie sévère et permanente, par exemple une personne
qui est aveugle, une personne qui est sur le spectre de l'autisme, niveau deux,
trois, est-ce que vous aurez une ouverture d'exclure l'élément qu'à un moment
donné il y aurait une nouvelle évaluation à faire?
Mme Rouleau : Bien, ce que je
dis, c'est qu'il n'y a pas nécessairement... la personne, elle est... Un
diagnostic est donné, là, que la personne, elle est dans... a un état de santé
très sévère, on ne demandera pas nécessairement une réévaluation.
Mme Prass : Mais êtes-vous...
êtes-vous prête... êtes-vous prête à le mettre dans le projet de loi, pour
exclure... pour exclure la possibilité... permet... on dit : «Il permet
également au ministre de demander que la personne»... et là on mettrait «mais
pas les personnes qui souffrent de situations sévères et permanentes»,
justement pour rassurer ces familles-là. Parce que ce n'est pas vous, c'est les
agents qui vont faire cette demande, et peut-être les agents ne partagent pas
le même point de vue ou la même compréhension que vous. Donc, c'est une façon
de rassurer ces personnes et ces familles-là qu'ils ne seront pas soumis à
cette réévaluation.
Mme Rouleau : On a un comité
de spécialistes, <médecins...
Mme Prass :
...qu'ils
ne seront pas soumis à cette réévaluation.
Mme Rouleau :
On a
un comité de spécialistes, >médecins et spécialistes, qui font ces
évaluations-là, qui viennent confirmer les évaluations. Alors, ça vient
simplement permettre à ces gens-là de faire leur travail.
Mme Prass : Puis est-ce que
c'est les mêmes personnes ou le même profil du comité que vous avez mis en
place pour faire la révision de la liste des diagnostics évidents?
Une voix : Non.
Mme Prass : C'est qui, qui
siégera sur ce comité?
Mme Rouleau : C'est un comité
qui existe. Il y a... c'est un ou deux médecins? C'est un médecin... c'est...
j'ai vu ça, là, médecins et des spécialistes socioprofessionnels.
Mme Prass : Qui proviennent
du ministère, qui provient du réseau de la santé? Parce que, dans le cas de la
liste des diagnostics évidents, justement, la plainte que nous avons entendue,
de plusieurs groupes et organismes, c'est que par exemple ça aurait dû être
l'INESSS, ça aurait dû être l'INSPQ. Donc, on veut juste s'assurer que les
personnes autour de la table ont vraiment une compréhension de la réalité. Parce
que, comme vous le savez, moi, je ne suis pas en... je ne suis pas en accord
avec la décision qui a été prise, par ce comité, d'exclure l'autisme, par
exemple, et d'autres maladies. Donc, on veut juste s'assurer qu'on ne... on ne
soumet pas ces personnes avec des contraintes sévères et permanentes à un
comité qui n'est pas nécessairement composé... ou qui... qui n'est pas le bon
comité pour vraiment faire cette évaluation-là.
Mme Rouleau : ...des
médecins, des spécialistes, des psychiatres, des gens qui font partie du réseau
ou qui font... ou qui sont... qui font partie de...
Une voix : ...
Mme Rouleau : Oui, il y a des
employés du ministère aussi, des spécialistes, là, qui font... qui font un
travail rigoureux.
Mme Prass : ...OK. Parce que,
comme j'ai dit, moi, je pense que ce qu'on essaie de faire, c'est aussi
rassurer ces parents-là qui nous ont partagé leurs craintes que... qui dit, de
façon annuelle ou de façon... bien, moins... moins souvent de faire cette...
cette évaluation. Alors, c'est la raison pour laquelle je vous ai demandé s'il
y aurait une ouverture d'exclure les personnes qui souffrent de... de situations
sévères et permanentes.
Mme Rouleau : ...là, il
existe depuis 20 ans. Je ne sais pas si ce sont toutes les mêmes personnes
qui sont là depuis 20 ans, mais...
Mme Prass : J'espère que non.
Mme Rouleau : Bien, c'est...
c'est un processus qui... qui est en place, là, à l'heure actuelle.
Mme Prass : OK. Donc, c'est
l'agent, mais l'agent doit passer par le comité pour faire approuver ces
demandes d'une nouvelle évaluation. C'est ce que je comprends?
Des voix : ...
Mme Prass : Mais, si l'agent
propose une nouvelle évaluation, ça doit passer par le comité et être autorisé par
eux?
Mme Rouleau : Une nouvelle
évaluation, oui, oui, nouvelle évaluation.
Mme Prass : OK. Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Oui. Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce.
Mme McGraw : Merci, Mme la
Présidente. Juste pour enchaîner sur ma collègue, donc, ce comité-là, est-ce
que c'est un bassin d'experts ou c'est les mêmes personnes qui vont siéger?
J'imagine qu'il y a plusieurs... c'est un bassin, quand même plusieurs
demandes, donc.
• (12 h 50) •
Mme Rouleau : ...un comité
qui est composé de médecins, de spécialistes socioprofessionnels. Ce comité
existe depuis 20 ans. Il y a sûrement de nouvelles personnes, là, qui
sont... qui intègrent ce comité au fil... au fil des années.
Mme McGraw : Mais là on
change la définition de contrainte, on le rétrécit, à date, dans le projet de
loi. Bien, contrainte de santé, on verra pour la suite, je comprends, à
l'article 25, etc., mais il y a la plupart des groupes qui ont exprimé des
inquiétudes suite à ce qui s'annonce dans le projet de loi. On verra pour la
suite, pour voir, pour bonifier. Mais c'est perçu comme «contrainte de santé»
qui remplace «contrainte à l'emploi», qui peut être plus large, qui peut
être... inclure des contraintes de santé qu'on... typiques. Tu sais, on pense à
des contraintes de santé, mais il y a des contraintes en emploi qui ne sont pas
nécessairement d'ordre santé. Là, on comprend qu'on ajoute «santé», c'est
défini par «santé, médicale et psychosociale», si on comprend bien. En tout cas
l'évaluation est de nature...
Mme Rouleau : ...
Mme McGraw : Pardon?
Mme Rouleau : Ou, s'il y a
lieu, psychosociale.
Mme McGraw : Ou s'il y a
lieu, mais on laisse la place, avec cette évaluation, que ce serait une évaluation
de la santé médicale ou psychosociale. Ça, c'est les mots que... à moins que
j'aie mal compris, les mots de la ministre, «l'état de santé médical ou
psychosocial». Donc, si ce comité existe depuis 20 ans, pas les mêmes <personnes...
Mme McGraw :
...médical
ou psychosocial». Donc, si ce comité existe depuis 20 ans, pas les mêmes
>personnes, mais les types... les types de personnes, les
professionnels, est-ce qu'il va y avoir une évolution et ce serait quoi, cette
évolution suite à ce projet de loi?
Mme Rouleau : Bien, en
fonction de l'évolution de ce projet de loi... on est toujours à l'amendement...
de l'article 12, alors, en fonction de cette évolution, on élargit, on a
dit qu'on élargissait à des professionnels de la santé. Donc, le comité sera
ajusté en fonction de la nouvelle réalité qui est proposée par ce projet de
loi.
Mme McGraw : Votre... le sous-ministre
de la ministre, il a parlé de... lorsque j'ai posé des questions s'il y aurait
une décision qui pourrait peut-être être défavorable, que la décision de la
ministre ou du ministère doit être accompagnée de l'évaluation médicale ou
psychosociale, là, on regarde... on parle de l'amendement, qui est rédigée par
le professionnel. Donc, s'il y a une décision qui est... défavorable du
ministère, du... du comité, si je comprends bien, le sous-ministre, il a parlé
de contrainte à l'emploi qui pourrait être des... Donc, est-ce que le comité va
refléter des contraintes, une expertise qui regarderait des contraintes qui ne
sont pas nécessairement d'ordre santé, médical ou psychosocial?
Mme Rouleau : ...élargir
le... ce comité à d'autres professionnels de la santé.
Mme McGraw : Mais toujours de
la santé médicale ou psychosociale, pas d'autres types d'expertises...
Mme Rouleau : Médicale et
psychosociale.
Mme McGraw : ...qui
pourraient représenter des contraintes à l'emploi. Est-ce qu'on est d'accord
pour dire qu'il y a des contraintes à l'emploi qui ne sont pas d'ordre de
santé? Est-ce qu'il y a juste... Est-ce que la ministre... est-ce qu'elle
perçoit qu'il y a des contraintes à l'emploi qui sont seulement de l'ordre de
santé physique... pardon, médicale ou psychosociale?
Mme Rouleau : De quelles
contraintes parlez-vous?
Mme McGraw : Bien...
La Présidente (Mme D'Amours) : Je
suis désolée, vous n'avez plus de temps. Donc, Mme la députée de D'Arcy-McGee,
la parole est à vous.
Mme Prass : De quelles contraintes
parlez-vous?
La Présidente (Mme D'Amours) : Mme
la ministre avait le temps de répondre, c'est juste que... je n'avais pas
terminé, mais Mme la ministre peut toujours répondre. Donc, elle peut répondre
à la collègue sans...
Mme Prass : Ah! Parfait. Et
ensuite j'aurai...
La Présidente (Mme D'Amours) : ...mais
vous pourrez avoir la parole, oui, c'est ça. Exactement.
Mme Prass : Je vous
laisserais répondre, et ensuite je poserai ma question.
Mme Rouleau : Bien, en fait,
l'objectif de passer de contrainte... contrainte à l'emploi, c'est pour... la
contrainte à l'emploi identifie simplement la capacité de la personne à
travailler ou pas. Là, on est sur la contrainte santé, incluant les enjeux
psychosociaux, santé mentale, pour permettre de mieux accompagner cette
personne-là. Et ce qu'on met en place, et on va le voir au cours des différents
articles lorsque nous avancerons, c'est de faire en sorte que la personne
soit... puisse... si elle a des enjeux particuliers, qu'on puisse l'aider à
régler... voire même régler ces enjeux particuliers pour avancer dans la
société.
Et, par les différents programmes, on a
parlé du programme PAAS, on a parlé d'Objectif emploi, ouvrir plus largement
l'accès à ces programmes pour permettre à ces personnes, qui sont... qui
obtiennent un plan... un plan d'accompagnement à leur demande, d'avancer. Et,
ultimement, ce qui est... ce qui est souhaité, c'est que ces personnes puissent
travailler. C'est ça, c'est... c'est l'objectif. Puis vous êtes d'accord avec
moi, je crois.
La Présidente (Mme D'Amours) :
Mme la députée de D'Arcy-McGee.
Mme Rouleau : Bien, votre collègue
l'est, peut-être.
Mme Prass : En parlant du
comité de nouveau, on... je me suis fait dire par certains organismes,
certaines <personnes...
Mme Prass :
...en parlant
du comité de nouveau, on... je me suis fait dire par certains organismes,
certaines >personnes, que c'est un comité... et je ne sais pas si vous
aurez le nombre de refus que le comité émet par année, par exemple, et le
nombre d'évaluations et le nombre de refus.
Des voix : ...
Mme Rouleau : ...d'acceptation.
Mme Prass : ...bien, la
moitié, 49 %. C'est quand même... c'est quand même... je trouve ça très
élevé comme... comme pourcentage de refus dans un... dans un tel processus. Et
encore je vous rappelle que c'est le même comité qui a retiré
52 diagnostics de la...
Mme Rouleau : Ce n'est pas le
même comité.
Mme Prass : Ah! ce n'est pas
le même comité.
Mme Rouleau : Non.
Mme Prass : OK. Parfait.
Mme Rouleau : C'est ce que je
vous ai répondu tantôt.
Mme Prass : Oui. Excusez-moi,
c'est vrai. Donc, dans ce 49 %... parce que ce qu'on entend sur le
terrain, c'est que... je vous donne l'exemple... celui que j'ai entendu,
particulier, des gens avec des enjeux de santé mentale...
Mme Rouleau : ...que c'est
pour ça qu'on intègre les enjeux psychosociaux et la... et la santé mentale...
Mme Prass : Justement pour
prendre en considération.
Mme Rouleau : ...parce que ce
n'était pas pris en compte.
Mme Prass : Oui, non... Et ça,
on est... on est contents de votre ouverture à cet égard, parce que vous l'avez
entendu beaucoup au cours des dernières années... qu'on ne pouvait pas
seulement se baser sur le biomédical, surtout pour les maladies invisibles
comme la santé mentale, autisme, etc.
Mais ce qu'on entend, c'est que les
personnes qui ont en dessous de 40 ans... Moi, je parle spécifiquement des
cas de personnes avec des santés mentales qu'eux, ils se demandent... ils
demandent qu'on fasse des réévaluations de façon régulière puis que leur taux
de refus est quand même assez élevé... même pas plus élevé que le 49 %.
Est-ce qu'il y a une directive qui existe
ou qui sera mise en place pour, un petit peu comme ma collègue l'a suggéré
avant... pas les personnes qui sont rendues à 66 mois, mais si tu es... si
tu es en dessous d'un certain âge, bien, on va... puis... puis avec une
situation qui n'est pas permanente, par exemple? Est-ce qu'il y a une directive
pour que les évaluations se fassent de façon régulière pour ces personnes-là?
Parce que c'est l'impression que des groupes ont sur le terrain. En matière de
santé mentale, à tout le moins, la directive non écrite semble être que, si tu es...
si tu es en dessous de 40 ans, tu dois reprouver périodiquement tes
contraintes.
Mme Rouleau : Attends, je n'ai
pas saisi ce que...
Mme Prass : Si une
personne... La directive non écrite semble être que si tu es... si tu as en
dessous de 40 ans avec enjeu de santé mentale, tu dois reprouver
périodiquement tes contraintes.
Mme Rouleau : Mais il n'y a
pas de directive pour... concernant les personnes de moins de 40 ans qui
auraient des enjeux...
Mme Prass : Parce que c'est...
Mme Rouleau : On... on
inscrit...
Mme Prass : J'ai dit
«directives non écrites» parce que c'est l'impression sur le terrain.
Mme Rouleau : Bien, c'est ça,
c'est non écrit, mais ce n'est pas... En fait, aujourd'hui, la proposition, c'est
d'inclure la dimension psychosociale et la santé mentale, ce qui n'était pas le
cas.
Mme Prass : Oui.
Mme Rouleau : Alors, il y a
le avant puis il y a le après.
La Présidente (Mme D'Amours) : Sur
ce, chers collègues, il est 13 heures. Donc, je vous remercie pour votre
collaboration. Compte tenu de l'heure, la commission suspend ses travaux jusqu'à
15 heures. Merci, tout le monde.
(Suspension de la séance à 13 heures
)
15 h (version révisée)
(Reprise à 15 h 02)
La Présidente (Mme D'Amours) : La
Commission de l'économie et du travail reprend ses travaux. Nous poursuivons l'étude
détaillée du projet de loi n° 71, Loi visant à améliorer
l'accompagnement des personnes et à simplifier le régime d'assistance sociale.
Lors de la suspension de nos travaux ce midi, nous étions à l'étude de l'amendement
présenté par la ministre à l'article 12. Est-ce qu'il y a d'autres
interventions? Oui, Mme la députée de D'Arcy-McGee.
Mme Prass : Merci, Mme la
Présidente. Je voudrais reprendre là où on s'est laissés en début de journée.
Vous avez dit qu'il y a 49 % des évaluations qui sont rejetées par le
comité. Je voudrais savoir... j'imagine... pas j'imagine, je sais, il y a un
processus d'appel. Est-ce qu'on sait quel est le pourcentage, suite au
processus d'appel, qui sont acceptés?
Mme Rouleau : Alors, j'ai
mentionné que 49 % des contraintes... des demandes de contrainte sévère
pouvaient être refusées, mais, de ces 49 % de contrainte sévère, 36 %
deviennent des contraintes temporaires.
Mme Prass : Mais, pour ce qui
est du processus d'appel, c'est combien de... quel est le pourcentage de ceux
qui sont acceptés suite à leur appel du premier refus?
Mme Rouleau : On va revenir à
cette question.
Mme Prass : OK. Et quels sont
les critères qui sont établis pour faire cette évaluation?
Mme Rouleau : On pourra voir
ça à l'article 25.
Mme Prass : Et, pour ce qui
est de la nature des refus, est-ce que c'est surtout basé sur des éléments
psychosocials ou biomédicals?
Mme Rouleau : Bien, jusqu'à
maintenant, bien, là, je... on fournira l'information pertinente en temps et
lieu.
Mme Prass : D'accord. Et
est-ce que les gens sont informés de façon automatique qu'il y a un processus d'appel
quand ils reçoivent le refus?
Mme Rouleau : Oui.
Mme Prass : Oui? D'accord.
Donc, vous avez dit, 49 %, c'était 10 000 ou presque 11 000, si je ne
me trompe pas?
Mme Rouleau : Non, c'est 9 950
quelque chose...
Mme Prass : D'accord. Et vous
avez dit : 35 % ou 36 % sont plutôt dirigés vers...
Mme Rouleau : C'est-à-dire qu'il
y a 9 959 demandes, 49 % qui sont acceptées en contrainte sévère,
et 36 % des contraintes qui ne sont pas acceptées en contrainte sévère
sont acceptées en contrainte temporaire.
Mme Prass : Temporaire. Et
est-ce qu'il y a un processus pour... On est transférés dans la catégorie de
contrainte temporaire, et est-ce qu'il y a un processus pour que la personne,
suite à une certaine période, puisse redemander d'être reconnue avec une
contrainte sévère?
Mme Rouleau : Il y a un délai.
Mme Prass : ...fait une
demande de contrainte, puis qu'elle est refusée, et qu'on la... qu'on la dirige
plutôt vers une contrainte temporaire, suite à une période, disons, de six mois
ou quoi que ce soit, est-ce que, là, elle peut refaire une demande pour être
reconnue avec une contrainte?
Mme Rouleau : S'il y a de... s'il
y a de la... des éléments nouveaux, il faut un nouveau rapport médical aujourd'hui.
Mme Prass : Donc, uniquement s'il
y a des éléments nouveaux. On ne peut pas juste... OK, donc, uniquement des
éléments nouveaux, OK.
La Présidente (Mme D'Amours) : ...d'autres
commentaires? Oui, Mme la députée de Sherbrooke.
Mme Labrie : Oui. Je vais
revenir à la conversation qu'on a eue plus tôt sur la question des gens qui ont
une contrainte permanente, finalement, puis la question de réévaluer ces
personnes-là. La ministre nous disait que ce n'était pas son intention de
réévaluer pour rien des personnes qui ont une situation de contrainte sévère
permanente. Donc, ça, c'est ce qu'elle a dit. Donc, je veux vérifier avec elle
si elle est ouverte à ce qu'on amende le projet de loi pour ajouter une phrase
à la fin de cet article qui viendrait le préciser, en fait, qu'il n'y a pas de
nouvelle évaluation qui... qui peut être demandée quand il y a une <reconnaissance
de...
Mme Labrie :
...qu'il
n'y a pas de nouvelle évaluation qui peut être demandée quand il y a une >reconnaissance
de contrainte permanente. L'objectif, ce serait vraiment d'éviter un stress
inutile aux personnes qui sont dans cette situation-là.
Mme Rouleau : C'est prévu
qu'une contrainte permanente soit permanente. Les personnes vont... après 66
mois sur 72, vont au Programme de revenu de base, puis il n'y a pas...
Mme Labrie : Mais, avant
qu'ils soient au revenu de base, c'est ça, le stress qui est vécu, en fait.
Mme Rouleau : Une contrainte
sévère de santé... de ce qui sera contrainte sévère de santé. Vous voulez
indiquer que... vous voulez indiquer... Vous cherchez à avoir quoi comme
information?
Mme Labrie : Dans le fond, ce
que la ministre me dit, c'est qu'il n'y a personne pour qui c'est reconnu comme
permanent avant qu'elle soit sur le revenu de base, parce qu'il y a quand même
des gens pour qui le diagnostic, il est... il est évident, là, puis c'est très
clair, mais ils ne sont quand même pas encore sur le revenu de base.
Mme Rouleau : On va juste... on
va suspendre, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme D'Amours) : Oui.
Je suspends les travaux quelques minutes.
(Suspension de la séance à 15 h 08)
(Reprise à 15 h 11)
La Présidente (Mme D'Amours) : Nous
reprenons nos travaux, et je cède maintenant la parole à la députée de
Sherbrooke.
Mme Labrie : Merci, Mme la
Présidente. Donc, après échange avec la ministre et son équipe, on convient que,
pour un amendement à ce sujet-là, ce serait plus approprié à l'article 25. Donc,
on y reviendra, mais on aura la conversation.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Merci beaucoup. D'autres commentaires sur... Oui, Mme la députée de
D'Arcy-McGee.
Mme Prass : Merci, Mme la
Présidente. Maintenant que vous ajoutez l'aspect psychosocial, parce que, je <sais,
les refus peuvent être de...
Mme Prass : ...l'aspect
psychosocial, parce que, je >sais, les refus peuvent être de différentes
natures, mais j'imagine que, comme on se basait vraiment sur l'aspect
biomédical auparavant... que certains refus ou beaucoup de refus, même, étaient
de nature... parce qu'on ne prenait pas en considération tous les éléments et
les aspects psychosocials. Donc, pensez-vous, justement, avec cet ajout-là...
Bien, premièrement, je ne sais pas si vous
aurez cette donnée-là, mais, sur les 49 % qui sont refusés, est-ce que
c'est parce qu'on faisait vraiment l'évaluation de façon biomédicale, donc il y
avait certaines contraintes psychosociales qu'on ne reconnaissait pas, donc ce
qui amènerait à ce 49 % de refus? Est-ce que c'est parce que... OK, ce que
je veux comprendre, les évaluations avant ce projet de loi, est-ce que c'était
vraiment uniquement sur la base biomédicale?
Mme Rouleau : Principalement,
oui.
Mme Prass : OK, d'accord.
Donc, on peut faire l'hypothèse qu'une grande partie des refus était parce
qu'on ne prenait pas en considération ces éléments-là.
Mme Rouleau : La situation
était différente. C'est pour ça qu'on parle de modernisation puis s'ajuster à
la réalité d'aujourd'hui.
Mme Prass : Donc, parce qu'il
y a des contraintes à part biomédicales et psychosociales... Je vous donne un
exemple. Il y a des contraintes situationnelles, par exemple. Encore une fois,
une personne qui se trouve... Par exemple, un parent d'un enfant handicapé, un
proche aidant, il n'y a pas de contrainte physique. C'est leur enfant qui a une
contrainte, mais eux, ils deviennent leur proche aidant. Donc, est-ce que ces
situations seront également prises en considération... situationnelles?
Mme Rouleau : L'article 25.
Mme Prass : Article 25,
mais, dans ce que vous...
Mme Rouleau : Dans
l'article 25, on pourra... vous y retrouverez ce que vous cherchez
probablement.
Mme Prass : OK. Donc, est-ce
que vous avez de l'information que vous pouvez partager avec nous à propos de
la nature des refus? Comme j'ai dit, je comprends que...
(Consultation)
Mme Prass : ...question de
confidentialité, on apprécierait avoir des données avant, justement, qu'on
arrive à l'article 25. Oui, donc, je comprends qu'on va revenir à
l'article 25 pour les enjeux situationnels, mais, d'après vous, dans ce
que vous proposez, pensez-vous que ces situations seraient prises en
considération, comme j'ai dit, à l'extérieur... biomédical et psychosocial,
qu'on regarde le situationnel de la personne également?
Mme Rouleau : On va voir ça à
l'article 25.
Mme Prass : OK, on reviendra à
ce moment-là, d'accord. Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : D'autres
commentaires? S'il n'y a pas d'autre commentaire, est-ce que l'amendement de
l'article 12 est adopté?
Des voix
: Adopté.
La Présidente (Mme D'Amours) :
Adopté. Donc, je dois vous demander : Est-ce que l'article 12, tel
qu'amendé, est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme D'Amours) : Adopté.
L'article 13, Mme la ministre, s'il vous plaît.
Mme Rouleau : Mme la
Présidente, à l'article 13 : L'article 33 de cette loi est
modifié :
1° par l'insertion, dans ce qui précède le
paragraphe 1° et après «possible», de «et dans des termes clairs et concis»;
2° par le remplacement, dans le
paragraphe 2°, de «programme d'aide financière prévu aux chapitres I, II, V
ou VI du» par «programme d'assistance sociale prévu au».
L'article 13 du projet de loi modifie
l'article 33 de la Loi sur l'aide aux personnes et aux familles afin,
premier paragraphe, d'une part, d'améliorer la qualité de l'information que
doit transmettre le ministre en vertu de cet article et, deuxième paragraphe,
d'autre part, remplacer la référence à un programme d'aide financière prévu aux
chapitres I, II, V ou VI par celle d'un programme d'assistance sociale en
concordance avec l'article 17 du projet de loi.
La Présidente (Mme D'Amours) : Commentaires
sur l'article 13? Pas de commentaire. Donc, l'article 13 est-il
adopté?
Des voix
: Adopté.
La Présidente (Mme D'Amours) : L'article 14,
Mme la ministre, s'il vous plaît.
Mme Rouleau : L'article 14 :
L'article 35 de cette loi est abrogé.
L'article 35 tel... Non, on s'arrête
là. Oui. L'article 14 du projet de loi abroge l'article 35 de la Loi
sur l'aide aux personnes et aux familles. Le pouvoir de conclure des ententes
dans le cadre de projets pilotes prévu à cet article est déplacé à
l'article 43.4 de cette loi introduit par <l'article 18 du
projet de loi...
Mme Rouleau :
...43.4
de cette loi introduit par >l'article 18 du projet de loi.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Commentaires sur l'abrogation? Ça se dit-tu?
Mme Rouleau : L'abrogation.
La Présidente (Mme D'Amours) : On
abroge l'article 14. Est-ce qu'il y a des commentaires sur ça? S'il n'y a
pas de commentaire, je vais mettre aux voix l'article 14. Est-ce qu'il est
adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme D'Amours) : Adopté.
L'article 15, Mme la ministre.
Mme Rouleau : À
l'article 15, Mme la Présidente : L'article 36 de cette loi est
modifié par le remplacement, dans le deuxième alinéa, de «programme d'aide
financière prévu au titre II ou» par «programme d'assistance sociale prévu
au titre II ou à un programme spécifique prévu au titre II.1 ou
encore».
L'article 15 du projet de loi modifie
l'article 36 de la Loi sur l'aide aux personnes et aux familles afin de
tenir compte du remplacement de l'expression «programme d'aide financière» par
«programme d'assistance sociale» et du déplacement des programmes spécifiques
du titre II au titre II.1 de la loi. Il s'agit d'une modification de
concordance avec celle des articles 17, 34 et 40 du projet de loi.
La Présidente (Mme D'Amours) : Commentaires
sur l'article 15? Oui, Mme la députée de D'Arcy-McGee.
Mme Prass : Merci, Mme
la Présidente. Je sais que ça viendrait... ça viendra plus tard parce que vous
précisez que ça va être par règlement, mais, quand vous dites «la personne qui
bénéficie d'une aide financière doit, sauf dans les cas prévus par règlement»,
qu'est-ce que vous prévoyez comme cas qui pourraient être considérés dans ce...
dans ces situations-là?
Mme Rouleau : Attendez
un petit peu, là, que je...
Mme Prass : C'est la
première phrase de 36.
Mme Rouleau : L'article 36
qui est modifié?
Mme Prass : Oui, qui dit :
«La personne qui bénéficie d'une aide financière doit, sauf dans les cas prévus
par règlement, aviser le ministre avec diligence de tout changement...» Je
me... je pose la question : Qu'est-ce...
Mme Rouleau : C'est
l'article... c'est ‘article de loi qui existe déjà, là.
Mme Prass : Donc, il y a
un règlement qui existe déjà pour...
Mme Rouleau : C'est
déjà... c'est déjà le règlement qui existe.
Mme Prass : Puis
qu'est-ce qui est... dans ce règlement-là, quels sont les différents cas qui
peuvent être considérés justement comme... comme exceptionnels?
Mme Rouleau : Dans cette
loi qui existe depuis 20 ans? Ce que ça indique, c'est que la personne
doit informer de tout changement de son...
Mme Prass : «Sauf dans
les cas prévus par règlement». Moi, je veux savoir des exemples de cas prévus.
• (15 h 20) •
Mme Rouleau : ...dans ce
qu'on présente, il n'y a rien qui concerne cette... Ce serait... ce serait
une... ce serait une habilitation réglementaire pour donner des exceptions dans
des cas particuliers.
Mme Prass : Donc, par
exemple, une femme qui sort d'un hébergement pour femmes victimes de violence,
qui intègre un logement, par exemple, est-ce que ce serait...
Mme Rouleau : Ce n'est
pas... ce n'est pas... Pardon?
Une voix : ...
Mme Rouleau : Oui, c'est
ça, c'est parce que ça ne concerne pas... ce qu'on est en train d'étudier ne
concerne pas la question que vous posez.
Mme Prass : Oui, mais je
ne peux pas poser la question pareil? Ça fait quand même partie du langage
qu'on va adopter. Je pose la question pour ceux qui nous regardent également,
pour savoir quels sont peut-être les cas d'exception, justement.
Mme Rouleau : On n'a pas
eu à exercer ce pouvoir réglementaire.
Mme Prass : Donc, en
fait, il n'y a pas vraiment de cas prévus par règlement.
Mme Rouleau : Mais ça,
c'est le texte actuel que vous... sur lequel vous...
Mme Prass : Oui, oui, je
sais, je sais, mais ce n'est pas parce que c'est juste les amendements... Moi,
je pose la question sur l'article en tant que tel pour bien comprendre... pour
que les gens comprennent bien. Donc, il n'y a pas de cas, pour l'instant, qui sont
prévus, OK. OK, merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : D'autres
commentaires? S'il n'y a pas d'autre commentaire, est-ce que l'article 15
est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme D'Amours) : Adopté.
L'article 16, Mme la ministre, s'il <vous plaît...
La Présidente (Mme D'Amours) :
...adopté.
L'article 16, Mme la ministre, s'il >vous plaît.
Mme Rouleau : À l'article 16 :
L'article 37 de cette loi est modifié par l'ajout, à la fin du deuxième alinéa,
de la phrase suivante : «Cette information doit être donnée dans des
termes clairs et concis et être aussi complète que possible.»
L'article 16 du projet de loi modifie
l'article 38 de la Loi sur l'aide aux personnes et aux familles afin
d'améliorer la qualité de l'information qui doit... que doit transmettre le
ministre en vertu de cet article, et ce, en cohérence avec la modification
effectuée par l'article 13 du projet de loi.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Est-ce qu'il y a des commentaires sur l'article 16? S'il n'y a pas de commentaire,
est-ce que l'article 16 est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme D'Amours) : L'article
17, Mme la ministre, s'il vous plaît.
Mme Rouleau : L'article 17 :
L'intitulé du titre II de cette loi est modifié par le remplacement de «d'aide
financière» par «d'assistance sociale».
L'article 17 du projet de loi modifie
l'intitulé du titre II de la Loi sur l'aide aux personnes et aux familles afin
de remplacer la référence aux programmes d'aide financière par celle des
programmes d'assistance sociale.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Commentaires sur l'article 17? S'il n'y a pas... Oui, Mme la députée, je vous
regarde. Vous ne me regardez pas, mais moi, je vous regarde. Allez-y, Mme la
députée de Notre-Dame-de-Grâce, s'il vous plaît.
Mme McGraw : Merci, Mme la
Présidente. Alors, notre formation l'avait soulevé pendant... lors de l'étude
détaillée de l'article 1. On voulait juste revenir sur ce point qui a été
soulevé par la société... entre autres, la Société québécoise de la déficience
intellectuelle, que, justement, avec... que l'article vient... puis là je vais
citer leur mémoire, «vient expliquer en partie l'objectif du gouvernement,
c'est-à-dire, en modifiant la notion d'aide financière par la notion
d'assistance sociale, la ministre... Sans vouloir élargir la portée de la loi
et inclure plus de dimensions de soutien aux personnes et aux familles — et
ce concept-là, c'est repris ici à l'article 17 — il serait pertinent
de mieux définir ce qu'est l'assistance sociale puisque, dans la littérature,
ce terme est généralement utilisé pour désigner les prestations d'aide
financière de dernier recours. Le terme "social assistance", en
anglais, fait également référence aux programmes d'aide financière. Si
l'intention est vraiment d'élargir la portée de la loi, il faudrait préciser la
portée de ce terme et voir à en utiliser un autre complémentaire ou
alternatif.»
Donc, la recommandation, ce serait... puis,
alors, on a proposé un amendement directement, de savoir, bien, c'est ça, la
réponse de la ministre pour... à notre... la recommandation de remplacer
«assistance sociale» par «assistance et accompagnement social».
La Présidente (Mme D'Amours) : Commentaires,
Mme la ministre?
Mme Rouleau : Bien, le terme,
comme je l'ai expliqué, c'était à l'article 1, je pense... Nous avons déjà eu
cette discussion. J'ai déjà expliqué que le terme «assistance» induit déjà la
logique d'accompagnement. Alors, il y aurait redondance et on...
Mme McGraw : Redondance ou
clarification? Donc, la... c'est ça, c'est d'être encore une fois... d'être
très explicite. Si c'est inclus, si ça fait partie de la notion d'assistance,
pourquoi ne pas être plus clair pour dire qu'il y a accompagnement? Parce que,
et en français et en anglais, ça peut porter à confusion ou à penser à autre
chose. Par exemple, dans la littérature, généralement, «assistance sociale»,
c'est pour désigner les prestations d'aide financière de dernier recours, et là
on est en train de... Oui, je vais laisser ça comme ça.
Mme Rouleau : On parle
d'aide... d'aide... on parle de... on parle de programme d'assistance sociale,
c'est le programme d'assistance sociale.
Mme McGraw : Donc, si je
comprends bien, la ministre ne serait pas ouverte à un amendement. Et donc on
veut souligner le fait que la compréhension ou l'objectif, ça inclut... par
«assistance sociale», ça inclut le concept d'accompagnement, mais on ne va pas
le mettre explicite. La ministre préfère que ce soit implicite. Est-ce que
c'est...
Mme Rouleau : C'est déjà
suffisamment explicite.
Mme McGraw : Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
D'autres commentaires sur l'article 17? S'il n'y a pas d'autre commentaire,
est-ce que <l'article 17 est adopté...
La Présidente (Mme D'Amours) :
...s'il
n'y a pas d'autre commentaire, est-ce que >l'article 17 est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme D'Amours) : Adopté.
L'article 18, Mme la ministre, si vous voulez bien nous en faire la
lecture, s'il vous plaît.
Mme Rouleau : L'article 18,
Mme la Présidente : Cette loi est modifiée par l'insertion, après
l'intitulé du titre II, du chapitre suivant :
«Chapitre 0.1.
«Plans d'interventions, réseaux régionaux
d'accompagnement et projets pilotes.
«43.1. Sur demande d'un prestataire d'un
programme d'assistance sociale prévu au titre II, le ministre établit un plan
d'intervention individualisé afin de l'accompagner dans la résolution de
difficultés susceptibles de nuire à son insertion ou à sa participation sociales.
40.2... 43.2, pardon : «Le ministre
met en place des réseaux régionaux d'accompagnement composés de représentants :
«1° du ministère de l'Emploi et de la
Solidarité sociale;
«2° d'autres ministères et organismes
concernés, notamment ceux œuvrant dans les milieux scolaire, de la santé et des
services sociaux ou communautaire;
«3° de toute association, de toute société
ou de tout organisme désigné par le ministre.
Article... C'est-à-dire, 43.3 : «Les
représentants des réseaux régionaux d'accompagnement peuvent collaborer à la
mise en œuvre d'un plan d'intervention individualisé notamment afin :
«1° d'évaluer la situation d'un
prestataire afin que ce plan d'intervention individualisé réponde adéquatement
à ses besoins;
«2° de fournir un accompagnement adapté à
un prestataire en adoptant une approche centrée sur la connaissance de ses
besoins, de l'outiller face aux difficultés reliées à sa condition et de
l'encourager dans la réalisation des démarches prévues à son plan;
«3° d'informer un prestataire des services
pouvant répondre à ses besoins, de le diriger vers les ressources appropriées
et, le cas échéant, de l'assister et de l'accompagner dans ses démarches auprès
de celles-ci;
«4° d'effectuer un suivi régulier auprès
d'un prestataire afin de s'assurer que les activités et les services prévus à
son plan sont adéquats et de proposer des ajustements à ce plan.
«Les représentants des réseaux régionaux
peuvent également :
«1° offrir des séances d'information et
des activités de formation, culturelles ou sociales permettant aux prestataires
de développer leurs habiletés sociales;
«2° créer des groupes d'entraide destinés
aux prestataires qui vivent une situation ou des difficultés semblables;
«3° développer des initiatives permettant
aux prestataires d'atténuer les facteurs qui nuisent à leur insertion et à leur
participation active à la société, dans le but de favoriser leur intégration en
emploi.
• (15 h 30) •
«Aux fins des premier et deuxième alinéas,
le ministre peut soutenir les représentants des réseaux régionaux
d'accompagnement visés au paragraphe 3° de l'article 43.2.
«43.4. Le ministre peut élaborer et mettre
en œuvre des projets pilotes visant à étudier ou à définir des normes
applicables en matière d'assistance sociale ou pour expérimenter ou innover en
cette matière afin d'améliorer le fonctionnement, l'efficacité et l'efficience
des programmes d'assistance sociale prévus au titre II.
«Dans le cadre d'un projet pilote, le
ministre détermine les normes et les obligations applicables, lesquelles
peuvent différer de celles prévues par la présente loi ou par un règlement pris
pour son application. Dans un tel cas, le projet pilote est mis en œuvre par
règlement du ministre.
«Le ministre détermine également les
mécanismes de surveillance et de reddition de comptes du projet pilote ainsi
que les renseignements nécessaires à l'exercice de ces mécanismes qui doivent
lui être transmis par toute personne.
«Le ministre peut conclure des ententes
avec toute personne, toute association, toute société ou tout organisme afin de
favoriser la réalisation du projet pilote et sa reddition de comptes.
«Un projet pilote est établi pour une
durée maximale de trois ans, que le ministre peut prolonger d'au plus deux ans.
Le ministre peut, en tout temps, modifier un projet pilote ou y mettre fin,
après avoir avisé la personne, l'association, la société ou l'organisme avec
qui une entente a été conclue ainsi que les participants au projet pilote.
Le ministre produit et rend public un
rapport sur les résultats d'un projet
pilote mis en œuvre par règlement dans l'année suivant la fin de celui-ci...
15 h 30 (version révisée)
Mme Rouleau : ...le ministre
produit et rend public un rapport sur les résultats d'un projet-pilote mis en
œuvre par règlement dans l'année suivant la fin de celui-ci.».
L'article 18 du projet de loi
introduit, au début du titre II de la Loi sur l'aide aux personnes et aux
familles, le chapitre 0.1 relatif aux plans d'intervention, aux réseaux
régionaux d'accompagnement et aux projets pilotes, lesquels comportent les
articles 43.1 à 43.4.
Article 43.1. Par l'introduction de
l'article 43.1, un prestataire d'un programme d'assistance sociale pourra
demander l'établissement d'un plan d'intervention individualisé. Ce plan
notamment... pourra notamment comprendre des mesures d'accompagnement
permettant la résolution d'enjeux psychosociaux, que ce soit pour faciliter
l'accès à un emploi ou un retour à l'emploi.
Article 43.2. Le nouvel article 43.2
permettra au ministre de mettre en place des réseaux régionaux
d'accompagnement.
Ces réseaux seront notamment composés des
représentants du ministère de l'Emploi et de la Solidarité sociale, de
représentants d'autres ministères ou organismes ainsi que de représentants des
organismes communautaires.
Article 43.3. Le nouvel article 43.3
précisera le rôle des représentants des réseaux régionaux d'accompagnement.
Ainsi, ils pourront collaborer à la mise en oeuvre des plans d'intervention
individualisés des prestataires d'un programme d'assistance sociale. Des
ententes pourront être conclues afin de soutenir les organismes communautaires
dont relèvent ces représentants.
Article 43.4. L'article 43.4
octroiera au ministre le pouvoir d'élaborer et de mettre en oeuvre des projets
pilotes en matière d'assistance sociale. Cet article introduit par ailleurs un
pouvoir réglementaire ministériel permettant de déterminer des normes et des
obligations qui peuvent différer de celles prévues par la Loi sur l'aide aux
personnes et aux familles ou par un règlement pris pour l'application de
celle-ci.
Madame...
La Présidente (Mme D'Amours) : Oui.
On a eu l'information qu'après que vous ayez lu l'article 18 que vous
aviez déposé sur Greffier, ils sont maintenant sur Greffier, quatre...
Mme Rouleau : Quatre
amendements, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme D'Amours) : ...quatre
amendements, pour que les oppositions puissent en prendre connaissance. Mais je
vais vous demander de lire la première. On va la travailler. Et je vous
demanderai de lire les... les autres après.
Mme Rouleau : Parfait. D'accord...
La Présidente (Mme D'Amours) : Oui,
un instant. Mme la députée de...
Mme Labrie : ...les
amendements, mais ça, c'est un article qui en introduit quatre. Peut-être, je
suggérerais de les traiter un à la suite de l'autre, pour ne pas qu'on fasse
des allers-retours entre quatre choses différentes. Je vous le soumets.
La Présidente (Mme D'Amours) : Vous
parlez des amendements?
Mme Labrie : Bien, l'article 18
introduit 43.1, 43.2, 43.3, 43.4, donc c'est des choses différentes. Peut-être,
pour que ce soit plus facile à suivre, je suggérerais qu'on traite 43.1,
ensuite 43.2, ou, en tout cas, peut-être qu'avec les amendements de la ministre
c'est formulé différemment, mais qu'on les traite un à la suite de l'autre. Je vous
suggère.
La Présidente (Mme D'Amours) : Je
comprends votre... votre demande. Sauf qu'aussitôt que la ministre ou le
ministre lit un article on ne peut pas aller de cette façon-là, il faut qu'on y
aille globalement. Donc, je ne peux répondre à votre... à votre demande.
Mme Labrie : Il aurait fallu
que je le demande avant qu'elle ne le lise, c'est ça?
La Présidente (Mme D'Amours) : Oui,
avant... Bien, quand j'appelle l'article 18, vous auriez pu intervenir en
disant : La prochaine article... avant que le ou la ministre lit, là, peu
importe le projet de loi... que vous auriez dû me le demander avant.Maintenant
que tout est lu, on va y aller par... avec le projet de loi. Mais j'ai quatre
articles, ça fait que votre équipe peut regarder... les quatre amendements, c'est-à-dire,
votre équipe peut les regarder en attendant. On a le premier... le premier...
le premier amendement.
Je vais demander quelques minutes de
suspension pour qu'on puisse vous donner la chance de regarder l'amendement, s'il
vous plaît.
(Suspension de la séance à 15 h 36
)
(Reprise à 15 h 45)
La Présidente (Mme D'Amours) :
Nous reprenons nos travaux. Mme la ministre, si vous voulez bien nous faire la
lecture de votre amendement, s'il vous plaît.
Mme Rouleau : ...
La Présidente (Mme D'Amours) : ...Mme
la députée de Sherbrooke, vous avez une demande?
Mme Labrie : Oui. Bien, ça
peut être après qu'on aura traité cet amendement là aussi. Mais je m'y suis
prise trop tard pour demander qu'on traite l'article 18 avec chacun des
articles séparément. Avec le consentement des collègues, je vous soumets qu'on
pourrait peut-être procéder. Mais je n'ai pas d'enjeu avec le fait qu'on traite
l'amendement en premier, là, oui.
La Présidente (Mme D'Amours) : Avec
l'amendement? Parfait. Est-ce qu'il y a consentement pour traiter l'article 18
paragraphe par paragraphe? Est-ce que vous... Est-ce que j'ai le consentement
ou si...
Une voix : ...
La Présidente (Mme D'Amours) :
On a consentement? On a consentement. Donc, Mme la députée... Mme la ministre,
pardon, votre amendement, s'il vous plaît.
Mme Rouleau : L'article 18.
Article 43.1 de la Loi sur l'aide aux personnes et aux familles. À
l'article 43.1 de la Loi sur l'aide aux personnes et aux familles, proposé
par l'article 18 du projet de loi tel qu'amendé :
1° remplacer «plan d'intervention
individualisé» par «plan d'accompagnement personnalisé»;
2° ajouter, à la fin, l'alinéa
suivant :
«Les ministères et organismes concernés
s'échangent les renseignements personnels nécessaires à la mise en oeuvre de ce
plan.»
L'amendement vise à remplacer la référence
qui est faite dans l'article 43.1 à un plan d'intervention individualisé
par celle d'un plan d'accompagnement personnalisé. Il vise également à préciser
que les ministères et <organismes...
Mme Rouleau :
...
d'accompagnement personnalisé. Il vise également à préciser que les ministères
et >organismes pourront s'échanger des renseignements personnels sur la
personne visée par le plan, ce qui devrait faciliter la mise en œuvre du plan
d'accompagnement personnalisé élaboré pour répondre aux besoins de celle-ci.
Ces échanges seront évidemment effectués dans le respect des dispositions de la
Loi sur l'accès... l'accès aux documents des organismes publics et sur la
protection des renseignements personnels ou de la Loi sur la protection des
renseignements personnels dans le secteur privé, selon le cas.
La Présidente (Mme D'Amours) : Commentaires
sur l'amendement? Oui, Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce.
Mme McGraw : Oui. Merci, Mme
la Présidente. Alors, peut-être la première chose à souligner... Donc, on
trouve ça intéressant de... ces amendements proposés, dont on retrouve le mot
«personnalisé». On aimerait questionner la ministre là-dessus.
Mais tout d'abord on avait... on allait
proposer nous-mêmes un amendement, mais c'est pour s'attaquer aux premières...
aux premiers mots, c'est-à-dire «sur demande». On a déjà soulevé, et des
groupes, plusieurs groupes ont soulevé, dont le bureau... Parce que j'ai la
lettre devant moi... pardon, dont le... Mon Dieu! Pardon, je viens de le... je
viens de le perdre. «Sur demande». Donc, on a entendu dire que... par plusieurs
groupes, même la discussion plus tôt ce matin, que — merci... C'était
le Protecteur du citoyen qui a souligné cet enjeu, entre autres, et c'était
l'aspect, entre autres, par rapport au plan d'intervention individualisé, on
souligne l'aspect «sur demande». Et dans la lettre qu'ils ont écrite par
rapport à ce projet de loi, je vais citer :
«Le projet de loi introduit une nouvelle
offre de services, il s'agit du plan d'intervention individualisé. Si le projet
de loi est adopté, toute personne prestataire d'un programme d'assistance
sociale pourra bénéficier, sur demande, d'un tel plan. Cette initiative devrait
avoir pour effet de bonifier l'accompagnement, etc. Tout en prenant acte que le
projet de loi prévoit qu'un tel plan ne soit établi que sur demande du
prestataire, je suis d'avis qu'il sera essentiel que cette mesure soit
publicisée. Afin de pouvoir en faire la demande, chaque prestataire pour qui
elle serait pertinente doit en effet en être informé qu'une telle mesure existe
et à quelles conditions elle est offerte. Je demeurerais donc vigilant quant à
la mise en œuvre de cette initiative.»
• (15 h 50) •
Et nous, on irait plus loin. Ce n'est pas
juste une question de publiciser vis-à-vis des prestataires courants et
potentiels, mais c'est que ces plans soient offerts à tous les prestataires. On
vient de comprendre que six sur 10 personnes vivant l'itinérance ont des...
accès ou sont... sont des prestataires, effectivement, et potentiellement il y
a un autre quatre sur 10. Ce sont souvent des cas très complexes, et ces
personnes marginalisées, pas juste les personnes qui vivent l'itinérance, mais
d'autres personnes avec des cas complexes, pourraient bénéficier davantage de
plans individualisés.
Et je tiens encore souligner que c'est...
ça, c'est un pas dans la bonne direction d'avoir ces plans individualisés. Mais
les personnes qui risquent d'en bénéficier le plus ne seraient peut-être pas au
courant. Alors, nous, ce serait d'offrir... d'offrir... Nous, notre position,
c'est d'offrir à tous les prestataires la chance d'avoir un plan individualisé,
c'est sûr qu'il y a un droit de refus, mais sans se faire pénaliser. Alors, ça,
ce serait... On propose... Bien, on avait un amendement à proposer. Là, c'est
sûr qu'on va étudier l'amendement proposé par la ministre...
Une voix : ...
Mme McGraw : Tout à fait.
Mais, avant de le proposer, parce qu'on est en train de regarder comment
l'intégrer, bien, ce serait surtout d'enlever les mots «sur demande». Donc,
c'est vraiment ça, l'enjeu. On aimerait entendre la ministre là-dessus. Parce
que je pense que l'intention est excellente, c'est-à-dire d'offrir cette
approche individualisée. Mais les personnes qui risquent d'en bénéficier le
plus, par cette approche individualisée, risquent aussi de ne pas être au
courant, soit parce qu'il y a un bris avec le système, il y a peut-être une
mécompréhension <ou même...
Mme McGraw :
...
parce qu'il y a un bris avec le système, il y a peut-être une mécompréhension
>ou même une méfiance vis-à-vis l'État.
Mais on comprend que l'approche
individualisée est surtout importante et pertinente pour les personnes avec des
cas complexes, peut-être des cas qui persistent depuis longtemps, donc on
applaudit cette approche, cette approche individualisée. Mais c'est vraiment
une question de... Si c'est sur demande, est-ce qu'on va vraiment... est-ce que
les bonnes personnes, les personnes qui ont le plus de besoin de cette approche
vont avoir... est-ce qu'elles vont le savoir qu'elles ont ce droit-là de faire
une demande? Donc, c'est dans ce sens-là. On aimerait entendre la ministre
là-dessus, d'abord, on a beaucoup d'autres questions, mais dans un premier
temps.
Mme Rouleau : ...question de
logistique, là, est-ce qu'on parle de l'amendement ou on parle...
La Présidente (Mme D'Amours) : On
parle de l'amendement. Sauf que c'est parce que, vous savez, quand on est...
Moi, je comprends ce que la députée veut... veut parler, parce qu'il y aurait
un amendement possible qui serait déposé, et là, si votre amendement répond à
son questionnement, elle ne déposerait pas l'amendement qui aurait été déposé,
là... qui aurait été proposé. Donc, je vous dis juste... Parce qu'on est dans
notre bulle, mais ça fait partie de son questionnement : si l'amendement
que vous déposez répondrait à son questionnement, bien, elle ne déposerait pas
son amendement.
Mme Rouleau : OK. Alors, on
parle d'un plan d'accompagnement personnalisé. Ça va au-delà d'«individualisé».
Puis là «accompagnement» prend vraiment tout son sens, c'est un plan
d'accompagnement qui est... dont, évidemment, on va faire la promotion auprès
de tous les prestataires. Et c'est un droit, c'est un droit qui est donné à
chaque prestataire d'obtenir ce plan d'accompagnement. Alors, la personne, on
ne l'oblige pas, parce que c'est dans... c'est à partir de sa volonté, de ce
qu'elle veut obtenir comme service. Ça fait qu'on ne peut pas... on ne peut pas
la... on ne peut pas l'obliger, mais on lui donne le droit...
Des voix : ...
Mme Rouleau : On doit
demander la suspension des travaux, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme D'Amours) : D'un
commun accord... d'un commun accord, d'accord, je suspends les travaux quelques
minutes, s'il vous plaît.
(Suspension de la séance à 15 h 54)
(Reprise à 16 h 18)
La Présidente (Mme D'Amours) : Nous
reprenons nos travaux. Et, après discussion entre les membres de la commission
et la ministre, nous allons maintenant... J'ai besoin de votre consentement. Il
y a eu une entente pour travailler par blocs, donc, avec l'article 18,
dont l'amendement qui a été déposé par la ministre est dans le bloc 18. J'ai
quand même le privilège, là, de vous demander maintenant si vous avez le... si
j'ai le consentement, votre consentement pour travailler par blocs le plan qui
a été... le plan de travail qui a été déposé à tous les collègues. Est-ce que
j'ai le consentement?
Des voix : Consentement.
La Présidente (Mme D'Amours) : Consentement.
Merci. Alors, Mme la ministre, nous étions à l'amendement. Les collègues... Certains
collègues avaient émis des commentaires sur l'amendement. Est-ce qu'il y a
d'autres commentaires? Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce, des commentaires
sur l'amendement de la ministre?
Mme McGraw : J'ai peut-être
une question pour la présidence, c'est... On a des commentaires. Quelles
seraient vos suggestions pour parler des autres éléments de cette phrase-là qui
ne sont pas amendés? Parce qu'on aimerait savoir la réponse ou la réaction de
la ministre parce qu'on on avait prévu un amendement sur un autre aspect de
ce... de cet article, on veut s'assurer avoir la chance de parler. C'est les
tout premiers mots de cet article-là. Alors, s'il y a un autre moment plus
opportun, on peut revenir et on pourrait donc porter notre... Pardon?
Une voix : ...
Mme McGraw : On était en
train de discuter de «sur demande». Donc, je veux juste comprendre quel sera
le... quel serait le moment opportun de continuer, de poursuivre cette
discussion.
Mme Rouleau : Dans l'article,
peut-être?
Des voix : ...
La Présidente (Mme D'Amours) : Je
vais suspendre les travaux quelques minutes.
(Suspension de la séance à 16 h 20)
(Reprise à 16 h 28)
La Présidente (Mme D'Amours) : Nous
reprenons nos travaux. Juste avant de reprendre la discussion, je voulais vous
aviser que le plan de travail est sur Greffier, donc si vous voulez bien en
prendre note, là, pour que tout le monde ait le même plan de travail.
Maintenant, nous en étions à la députée de Notre-Dame-de-Grâce, sur
l'amendement de la ministre.
Mme McGraw : Merci, Mme la
Présidente. Alors, je tiens à souligner à quel point on est contents de
l'écoute et de l'ouverture de la ministre, qui, avec ses amendements, démontre,
bien, comme je dis, cette ouverture. Je trouve... On trouve que le... un plan
d'accompagnement, c'est... c'est préférable à «intervention», et «personnalisé»,
préférable à «individualisé». Alors, sur ces changements-là, on salue le
travail de la ministre.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
D'autres commentaires? Oui, Mme la députée de D'Arcy-McGee.
Mme Prass : J'ai une
question. Plus tôt, hier, on a parlé du plan de services, plutôt que le plan
d'accompagnement, puis ici on parle du plan d'accompagnement «afin
d'accompagner dans la résolution de difficultés susceptibles de nuire à son
insertion ou à sa participation sociales.» Moi, j'aurais pensé que ces
éléments-là auraient été dans le plan de services puis le plan
d'accompagnement. Donc, peut-être...
Mme Rouleau : ...
Mme Prass : Bien, c'est ça,
vous en avez parlé un petit peu hier. Par exemple, vous avez dit : Le plan
de services, tu sais, ça peut être le transport, ça peut être le retour aux
études. Je veux juste bien comprendre quelle est la distinction entre les deux.
Parce que moi, j'aurais... dans la définition qu'on a ici, «afin d'accompagner
dans la résolution de difficultés susceptibles de nuire», moi, j'aurais pensé
que ça aurait été dans le plan de services, justement, pour préparer la
personne à entreprendre un emploi. Donc, si vous pouvez peut-être juste aller
un petit peu davantage pour ce qui est compris dans le plan de services et ce
qui est compris dans le plan... dans le plan d'accompagnement.
Mme Rouleau : Le plan de
services est plus une question de logistique. On se réfère beaucoup à ce que
l'OPHQ a fait et fait déjà, il y a des plans de services. Et le plan de services
peut servir à du transport adapté, peut servir à aider la personne, on parlait
de formations, là, si elle veut aller suivre des cours postsecondaires, ou
collégiaux, ou universitaires, etc. C'est l'organisation de services, des
services pour cette personne qui a besoin... auxquels on veut... et on veut
répondre à ses besoins. On a eu une discussion là-dessus.
• (16 h 30) •
Le plan d'accompagnement personnalisé, la
personne, elle est éloignée du marché du travail, elle est dans une
situation... elle peut être dans une situation de dépendance, par exemple, une
situation de dépendance, on va l'accompagner pour l'aider à sortir de cette
situation de dépendance. Le plan d'accompagnement est axé sur sa santé et
comment on peut... et c'est pour ça qu'on a inclus «psychosocial», comment on
peut l'aider à traverser cet épisode.
Mme Prass : Donc, au-delà de
dire à la personne : Bien, la ressource dont vous avez besoin est ici,
est-ce qu'ils vont, dépendamment des situations de la personne, faire le lien
puis dire, par exemple : Vous avez besoin de services en toxicomanie?
Est-ce qu'ils vont juste les diriger vers un service de toxicomanie ou est-ce
que l'agent va vraiment... si la personne est en situation où ils n'ont pas la
capacité de le faire eux-mêmes, est-ce qu'ils vont vraiment faire de l'accompagnement
pour contacter le centre de désintoxication?
Mme Rouleau : Oui.
Mme Prass : Oui? OK. Donc, ce
n'est pas juste : On vous pointe les services, on vous accompagne vraiment
dans l'atteinte des services dont vous avez besoin...
16 h 30 (version révisée)
Mme Prass : ...accompagne
vraiment dans l'atteinte des services dont vous avez besoin.
Mme Rouleau : Oui. Et pas
seulement du référencement mais de l'accompagnement. C'est pour ça qu'on a
aussi un réseau régional d'accompagnement avec des...
Mme Prass : Des acteurs.
Mme Rouleau : ...oui, les
acteurs du milieu, parce qu'ils connaissent... ils connaissent le... cet
environnement.
Mme Prass : Oui. Les
différents services. Parfait. Ça... C'est ce que je voulais m'assurer, que ce n'est
pas juste du référentiel. OK. Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
D'autres commentaires?
S'il n'y a pas d'autre... Oui. Mme la
députée.
Mme McGraw : Juste une
dernière question, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme D'Amours) : Allez-y.
Mme McGraw : Et j'aurais dû
le faire en même temps que d'avoir souligné l'ouverture de la ministre. Je... juste
curieuse : Est-ce que... Qu'est-ce qui vous a inspirée à faire ces
changements-là? J'imagine que vous avez écouté beaucoup de groupes. Qu'est-ce
qui a été dans votre réflexion qui a mené à ces changements, ces amendements?
Mme Rouleau : Bien oui, l'écoute,
parce qu'on parle d'accompagnement depuis le début, parce qu'on veut être
centrés sur la personne. Alors, ce sont... On a voulu rendre ce... C'était... C'était
peut-être un petit peu trop... comment pourrais-je... C'est un peu
administratif, la façon qu'on voulait... On voulait que ce soit vraiment
plus...
Mme McGraw : Plus humain.
Mme Rouleau : Oui. On parle
beaucoup d'humaniser ce régime, alors c'est... c'est dans ce contexte-là.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
D'autres commentaires?
S'il n'y a pas d'autre commentaire, est-ce
que l'amendement est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme D'Amours) : Adopté.
Donc, nous revenons à 43.1 tel qu'amendé. Est-ce qu'il y a des discussions? Mme
la députée de Notre-Dame-de-Grâce.
Mme McGraw : Oui. Merci, Mme
la Présidente. Donc, juste pour revenir sur les premiers mots, «sur demande».
Alors, juste pour reprendre, on a entendu plusieurs groupes et aussi le Protecteur
du citoyen qui parlaient de justement les défis de «sur demande». Alors, on
comprend qu'on ne veut pas imposer un plan d'accompagnement personnalisé centré
sur la personne.
Mais le défi, c'est que, si c'est
seulement sur demande, même avec les publicités, la sensibilisation qui est
suggérée par même le Protecteur du citoyen, est-ce que les personnes
marginalisées, les personnes vulnérables, les populations vulnérables qui
risquent, avec des cas complexes, souvent persistants, est-ce que ces gens-là,
qui pourraient vraiment profiter d'un plan d'accompagnement personnalisé, qui
sont peut-être même visés par ces... ciblées, des personnes ciblées, mais de
façon positive, est-ce qu'ils vont faire ces demandes-là?
Parce qu'on comprend que, déjà, par
exemple, les personnes qui... en situation d'itinérance, il y en a quatre sur 10
qui ne sont pas, même, des prestataires qui pourraient peut-être l'être. Donc,
s'il y a un bris ou une cassure avec l'État, ou une méconnaissance ou une
méfiance, c'est ça, l'enjeu de «sur demande». Est-ce qu'on va aller chercher
ces personnes-là? Et est-ce que ce ne serait pas... Est-ce qu'il y aurait une
ouverture de regarder que tous les plans... les plans d'accompagnement
personnalisé soient offerts à tous les prestataires? Et évidemment ils ont le
droit de refus, mais sans se faire pénaliser, si jamais ils refusent.
Alors, c'est de trouver une façon d'aller
vraiment chercher ces personnes-là, qui risquent de ne pas demander ce plan.
Alors, peut-être, en mode solution, comment trouver le juste milieu pour aller
chercher ces personnes-là?
Mme Rouleau : OK. J'aimerais
vous ramener à l'article 13, qui dit que... tel que... tel qu'amendé...
tel qu'amendé : «Le ministre informe, aussi complètement que possible et
dans des termes clairs et concis, la personne à qui une aide financière est
accordée et selon la situation qu'elle déclare :
«des droits et obligations prévus à la
présente loi;
«de l'existence des mesures, programmes et
services prévus à la présente loi, de même que du crédit accordé... accordant
une allocation aux familles et celui attribuant une prime au travail», bon,
etc.
Quand on a eu la discussion ici, là, c'était
vraiment pour signifier qu'il fallait que l'information soit claire, claire et
concise. Et il y a eu discussion : Est-ce que les... Est-ce que... Est-ce
que les gens... les personnes, là, comment... comment s'assure-t-on <que...
Mme Rouleau :
...il
y a eu discussion : Est-ce que les... Est-ce que... Est-ce que les gens...
les personnes, là, comment... comment s'assure-t-on >que les personnes
auront toute l'information? Bien, c'est parce que c'est indiqué dans la loi.
Les personnes doivent obtenir toute l'information. Alors, quand il y a un plan
d'accompagnement personnalisé, bien, on leur dit qu'en fait les personnes
peuvent l'obtenir, mais on ne peut pas leur imposer quelque chose. On... Elles....
Il faut quand même, quand même que la personne dise : Oui, je le veux. Quelque
part, là, il faut qu'il y ait un signe de...
La Présidente (Mme D'Amours) : Juste
pour rappeler, Mme la ministre, l'article 13 a été adopté, mais il n'était
pas amendé, juste pour...
Mme Rouleau : Amendé dans
le...
La Présidente (Mme D'Amours) : Elle
est modifiée, mais elle n'a pas été amendée ici.
Mme Rouleau : Modifiée. OK. Pas
amendée, mais modifiée.
La Présidente (Mme D'Amours) : C'est
ça.
Mme Rouleau : Je m'excuse.
La Présidente (Mme D'Amours) : Bien,
il faut le dire pour les gens qui nous écoutent et pour ceux qui font la
transcription, s'ils veulent bien nous suivre, nous devons dire les bons termes.
Mme Rouleau : Modifiée.
La Présidente (Mme D'Amours) :
Modifiée.
Mme Rouleau : Modifiée.
La Présidente (Mme D'Amours) : Mais
elle n'a pas été amendée, mais l'article 13 a été adopté comme vous l'avez
lu.
Mme McGraw : Je crois qu'on
est d'accord qu'on ne veut pas imposer un plan d'accompagnement personnalisé.
On ne peut pas l'imposer. C'est pour ça que le mot «offert» peut-être... mais,
de façon proactive, parce que j'imagine qu'on est tous et toutes d'accord pour
dire que, s'il y a des personnes vulnérables qui pourraient vraiment bénéficier
d'un problème... d'un programme d'accompagnement, bien, ils ne sont peut-être
pas au courant de faire la demande. On sait déjà que quatre sur 10 personnes
qui vivent l'itinérance, qui pourraient peut-être avoir accès à des
prestations, ne le sont pas. Donc, ce groupe... ce groupe-là, qui est peut-être
en... une relation difficile avec l'État, peut-être, ils ne vont pas faire
cette demande-là.
C'est sûr qu'on ne peut pas l'imposer,
mais est-ce qu'il y a moyen d'offrir à tout le monde? C'est sûr qu'on peut
refuser. La personne détient ou maintient son droit, et on peut refuser et
surtout pas pénaliser si la personne refuse. Mais la question, c'est :
Est-ce que c'est sur demande ou on l'offre, et la personne puisse dire :
Ah! je ne le savais pas, parfait, merci, ou non?
Mme Rouleau : Elle dit
qu'elle le veut. Elle dit qu'elle le veut, le plan. Elle... Il faut qu'il y
ait... Il faut qu'il y ait un accord. Alors, oui, j'aimerais avoir ce plan, oui,
je souhaite avoir cette aide.
Mme McGraw : On est d'accord
pour dire qu'il faut que la personne accepte. La question, c'est que...
comment? Est-ce que c'est sur demande ou c'est en réponse à une offre? Et, nous,
ce qu'on propose, c'est que c'est offert, et non pas juste...
Donc, le... l'emphase, c'est sur... Pardon?
Mme Rouleau : C'est offert.
Mme McGraw : Donc, est-ce
qu'on pourrait dire que c'est offert? Parce que nous...
• (16 h 40) •
Mme Rouleau : C'est que, si
on revient à cet article, à l'article 13, là : L'article 33 de
cette loi est modifié... on a l'obligation, là, de le faire, là, de donner
l'information. Il faut que l'information soit claire et concise. Il faut que la
personne ait toutes les informations qui... qui vont avec son état.
Mme McGraw : Là, on... juste,
on a un amendement qu'on aimerait proposer, qui va dans la direction qu'on
enlèverait les mots «sur demande». Ça reste plus général. Mais, nous, notre intention,
c'est que ce soit offert. On est d'accord pour dire que ce soit offert. Si je
comprends bien, c'est une offre. La personne peut toujours... détient le droit
de dire non sans pénalité. Alors...
La Présidente (Mme D'Amours) : Est-ce
que vous faites la demande du dépôt de votre... de votre amendement?
Mme McGraw : Oui. C'est déjà
avec le Greffier, oui.
La Présidente (Mme D'Amours) : Qui
est déjà sur Greffier. Mme la députée de Sherbrooke, vous m'aviez demandé la
parole. Est-ce que vous attendez après l'amendement?
Mme Labrie : On peut traiter
leur amendement avant.
La Présidente (Mme D'Amours) : On
pourrait le traiter? Parfait.
Donc, je suspends les travaux quelques
minutes.
(Suspension de la séance à 16 h 41)
17 h (version révisée)
(Reprise à 17 h 24
)
La Présidente (Mme D'Amours) : Nous
reprenons nos travaux. Et, Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce, si vous
voulez bien lire votre amendement, s'il vous plaît.
Mme McGraw : Alors,
concernant l'article 18, article 43.1. À l'article 43.1 de la
Loi sur l'aide aux personnes et aux familles, proposé par l'article 18 du
projet de loi tel qu'amendé, dans le premier alinéa :
1° remplacer «Sur demande d'un prestataire
d'un programme d'assistance sociale prévu au titre II, le ministre
établit» par «Le ministre établit... offre, pardon, le ministre offre à un
prestataire d'un programme d'assistance sociale prévu au titre II la possibilité
d'établir, s'il y a lieu,»;
2° ajouter, à la fin, la phrase suivante :
«Avec son consentement, la ministre... le ministre établit ce plan.»
La Présidente (Mme D'Amours) : ...Est-ce
qu'il y a des commentaires sur l'amendement déposé par la députée? S'il n'y a
pas de commentaire, est-ce que l'amendement est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme D'Amours) : Adopté.
Merci. Étant donné qu'il y a eu la lecture du 43.2...
Mme Labrie : ...sur le
43.1, j'avais encore des questions.
La Présidente (Mme D'Amours) : Tel
qu'amendé? Oui, parfait.
Mme Labrie : Oui, tel qu'amendé.
La Présidente (Mme D'Amours) : Excusez-moi,
excusez-moi. Oui, allez-y, Mme la députée.
Mme Labrie : Pas de
problème. En fait, ma question concerne l'exécution de ce bel article qu'on
vient de... d'adopter et d'amender ensemble. J'imagine que ça va être
rétroactif, et donc que ça va être offert aux personnes qui sont actuellement
prestataires. Est-ce que la ministre peut me le confirmer?
Mme Rouleau : ...
Mme Labrie : Oui, elle
me le confirme. Maintenant, j'aimerais savoir comment ça va fonctionner, dans
la mesure où, à ma connaissance, en ce moment, il n'y a pas de... d'agent d'aide
sociale qui ont des dossiers attitrés. Donc, qui va offrir à chaque personne ce
plan d'accompagnement personnalisé?
Des voix : ...
Mme Rouleau : ...ministère,
on a des agents d'aide qui sont en lien avec les prestataires. Ce sont ces
personnes qui vont offrir... offrir le... le plan d'accompagnement.
Mme Labrie : Donc, si je
comprends bien, ils vont se diviser les dossiers pour contacter les personnes
et le leur offrir? Parce que, là, il y a des milliers de prestataires
actuellement qui ne se sont pas fait offrir ça et <qui...
Mme Labrie :
...Parce
que, là, il y a des milliers de prestataires actuellement qui ne se sont pas
fait offrir ça et >qui vont devoir se le faire offrir.
Mme Rouleau : Bien,
lorsque la loi sera adoptée, que... qu'on aura tous les... les règlements
afférents, bien... et par...
Une voix : ...
Mme Rouleau : Oui, il y
aura... il y aura beaucoup de communication. En fait, par la fusion de
programmes, on va pouvoir dégager des ressources et se... se concentrer sur...
sur ces nouvelles façons de faire. On change de paradigme, on change de façon
de faire.
Mme Labrie : ...l'intention,
c'est de contacter comment les prestataires pour le leur offrir? Ils vont être
contactés pour se le faire offrir, par exemple au téléphone, ou on va leur
envoyer une lettre, ou... Comment on va procéder pour s'assurer...
Mme Rouleau : Ce sera à
déterminer, comment ils seront contactés, mais souvent ce sont des rencontres.
Ça peut être par téléphone, ça peut être des rencontres, mais ça va être à
déterminer, comment ça va être fait.
Mme Labrie : OK. Je pose
la question, parce que c'est quand même quelque chose qui a été soulevé
beaucoup, là, le fait qu'il n'y a pas de dossier attitré, ça vient déshumaniser
le suivi, là, et l'accompagnement. C'est les mots qui sont utilisés par les
personnes qui le vivent. Donc, je me demande un peu comment ça va marcher,
parce que... la personne qui en veut un, là, plan d'accompagnement
individualisé, là, elle apprend que ça existe, elle veut... elle veut le faire,
la personne qui va le faire avec elle, là, est-ce qu'elle va être au téléphone
à 250 kilomètres de là, sans jamais l'avoir rencontrée en personne, ou...
Comment ça va... comment ça va marcher pour faire le plan avec la personne?
Mme Rouleau : On a des
équipes d'agents qui s'échangent l'information. On a déjà dit qu'il y avait
échange d'information. Il y a des... Le plan de travail est à... est à
déterminer, là, comment les... tout va se faire. Mais ça peut être par des
rencontres, ça peut être par le... le téléphone, c'est... ce sera...
Mme Labrie : Puis on
estime à combien de... de personnes le... le nombre de personnes qui vont
devoir se faire offrir ce plan-là?
Des voix : ...
Mme Rouleau : On vient
tout juste, là, de... d'établir comment ce service peut être offert aux gens et
comment ils peuvent... comment ils peuvent l'obtenir. Alors, on va... on va
regarder très comme il faut, là, comment on va agir auprès de... de ces
prestataires, auprès de ces personnes. Mais c'est à établir, là, on vient tout
juste, là, de... de procéder...
• (17 h 30) •
Mme Labrie : ...je
comprends qu'on vient d'amender l'article. Par contre, tout à l'heure, la
ministre répondait à ma collègue qu'en vertu de l'article 13 c'était déjà
prévu qu'il y aurait l'obligation d'informer tout le monde. Donc, a priori,
ça... a priori, le ministère devrait déjà savoir combien de gens ça concerne.
Des voix : ...
Mme Rouleau : ...un plan
d'accompagnement personnalisé. Alors là, il y a l'information à donner, il y a
le... le lien avec la personne, lui offrir ce... ce plan d'accompagnement.
Encore là, tu sais, on veut... on veut simplifier le... le régime, on fusionne
des programmes, on... on dégage de... une certaine marge de manœuvre, là, de...
de ressources, de ressources humaines, ce qui va nous permettre d'aller dans
cette direction-là, de... de réaliser ces plans d'accompagnement.
Mme Labrie : J'avoue
être quand même assez inquiète que la ministre ne puisse pas me dire à combien
de personnes on va offrir ça.
Mme Rouleau : Bien,
combien de personnes...
Mme Labrie : Il y en a
combien, de prestataires, là...
Mme Rouleau : On a...
Mme Labrie : ...du
programme prévu au titre II? Techniquement, c'est toutes ces personnes-là.
Mme Rouleau : Je n'ai
pas le chiffre précis. On a 233 000 personnes qui sont sur l'aide
sociale à l'heure actuelle. Alors, il y a... il y a...
Mme Labrie : En fait, je
vous pose des questions, puis ça m'inquiète pour la faisabilité.
Mme Rouleau : Je veux
juste vous montrer ceci, là. C'est... c'est ce qui indique, là...
17 h 30 (version révisée)
Mme Rouleau : Alors, il y
a...
Mme Labrie : En fait, je
pose des questions, puis ça m'inquiète pour la faisabilité.
Mme Rouleau : Je veux
juste vous montrer... Ceci, là, c'est ce qui indique, là, une série de... de
programmes que nous avons, Emploi et Solidarité sociale, pour accompagner les
personnes.
Ici, première colonne, les personnes très
éloignées du marché du travail, des personnes qui sont éloignées du marché du
travail et les personnes qui sont près du marché du travail. Alors là, on va s'adresser...
plus ici, là, ces deux colonnes-là, alors on...
Il faut établir le nombre de personnes,
effectivement, qui vont être susceptibles d'obtenir ces plans d'accompagnement
personnalisé et... plan d'accompagnement personnalisé en fonction de leur... de
leur profil, de leurs besoins, de leur situation. Alors, ils sont situés à peu
près ici.
Mais là je n'ai pas de... je n'ai pas de
chiffres.
Mme Labrie : Mais je
suis préoccupé honnêtement parce que...
Mme Rouleau : Bien, j'ai
des chiffres, mais...
Une voix : ...
Mme Rouleau : Des
statistiques, oui.
Mme Labrie : Parce que l'article
qu'on vient d'amender, là, je pense que tout le monde, ici, s'entend que c'est
une excellente chose, l'établissement de... l'offre à tout le monde, là, de ces...
de ces plans d'accompagnement personnalisé. Je n'ai plus les bons mots sous les
yeux. C'est souhaitable, là. Je veux que ça se mette en œuvre.
Et donc c'est pour ça que ça m'inquiète de
voir qu'il n'y a pas l'air d'avoir tout à fait de plan de match pour y arriver.
On a de la misère à estimer, donc, à combien de personnes, finalement, ça s'adresse,
parce que si on a 200 000 plans d'accompagnement personnalisé à
faire, ça demande quand même beaucoup de ressources au ministère.
Combien de temps on se donne pour réussir
à offrir ça à tout le monde et les élaborer ces plans-là?
Une voix : ...
Mme Labrie : OK.
Mme Rouleau : Avec ce qu'on
avait initialement prévu, sur demande, c'était 11 500 personnes par
année qu'on touchait directement avec un plan, un plan d'accompagnement
personnalisé. Là, peut-être qu'on élargit un peu plus. Je ne sais pas. Donc, on
va voir.
Mme Labrie : OK. Donc,
vous prévoyez quand même que très peu de gens, en proportion, vont le... vont en
faire la demande. Je comprends qu'ils ne sont pas obligés, c'est bien correct,
là, mais il y a... Donc, les attentes sont que peu de personnes concernées le
demandent.
Mme Rouleau : Mais on a
des gens qui sont près du marché du travail, on a des gens qui sont éloignés
puis des gens qui sont très éloignés, alors, encore là, c'est...
Mme Labrie : Puis les
ressources qui vont être amenées à établir ces plans-là ne sont pas encore
libérées, c'est ça? Elles vont être libérées dans le cadre de la réforme.
Mme Rouleau : Je vous
rappelle que nous sommes en train de travailler sur la... sur un projet de loi,
le projet de loi n° 71, qui vise à la modernisation et à la simplification
du régime d'assistance sociale, alors on est en train de faire les travaux pour
arriver à faire tout ça. Alors, je ne peux pas présumer que tout, tout, tout ce
qu'on... tout ce qu'on propose passe comme du beurre dans la poêle.
Mme Labrie : Je
comprends que la ministre ne peut pas présumer de rien, elle a quand même
connaissance qu'elle est dans un gouvernement majoritaire, là, donc il y a
certaines choses qui peuvent être anticipées quand même.
On peut discuter de bien des choses ici,
mais ça fait quand même plusieurs lois que j'étudie ici, là, normalement, les
ministères se préparent quand même et savent, là, ils anticipent combien ça va
coûter mettre en place telle mesure, par exemple, combien de ressources ça va
prendre.
Mme Rouleau : ...c'est
50 000 personnes, c'est plus de 50 000 personnes qui...
Mme Labrie : OK. Donc,
ça a été quand même documenté.
Mme Rouleau : Oui, oui,
c'est documenté.
Mme Labrie : Parfait.
Bien, moi, je vous exprime que j'ai une préoccupation, parce qu'en ce moment,
comme il n'y a pas de dossier attitré, pour que ce soit vraiment personnalisé,
j'espère que ça va pouvoir être des rencontres en personne qui vont servir à
établir ces plans-là et que ce ne sera pas fait avec un agent qui est à
distance, parce que ça prend un contact humain, là, pour faire un plan d'accompagnement
personnalisé. Donc, ça, ça...
Mme Rouleau : Je vous
entends bien.
Mme Labrie : Parfait. Je
vous remercie. On va voir la mise en œuvre, mais c'est préoccupant parce que
ça, il y a une intention claire qui est partagée ici, on veut que ça marche, là.
On ne veut pas juste réformer ça sur papier, on veut que ça se concrétise.
Mme Rouleau : Bien oui.
Oui, oui, mais on a... on a fait... Oui, on a des évaluations. Puis amener, tu
sais, le 50 000 personnes, là, du... du plan de lutte, 50 000 personnes
qu'on veut amener vers l'insertion, formation, emploi, ça fait partie de... de
tout ça.
Mme Labrie : OK. Merci, ça
répond à...
Mme Rouleau : Ce sont les
moyens qu'on se <donne...
Mme Labrie :
...OK. Merci,
ça répond à...
Mme Rouleau :
Ce
sont les moyens qu'on se >donne.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Mme la députée de D'Arcy-McGee.
Mme Prass : Donc là, vous
dites que vous vous attendiez à ce qu'il y ait à peu près 11 000 personnes
par année qui vont demander...
Une voix : ...
Mme Prass : 11 500.
Parce qu'on sait que les agents qui vont être responsables du nouveau
programme, ça va être les employés qui existent déjà, la solidarité sociale,
dernier recours, qui vont être mis ensemble.
Si jamais la demande est plus haute que le
11 500, parce qu'on parle quand même de plus de 200 000 personnes
à qui ça va être offert, pensez-vous que vous aurez la capacité, avec le nombre
de personnels que vous avez présentement, pour aller au-delà de 11 500,
comme vous vous y attendiez?
Mme Rouleau : Bien, encore
là, avec la... la fusion des programmes, on dégage des ressources qui pourront
se consacrer à ces nouvelles fonctions.
Mme Prass : Mais pensez-vous
que si ça va au-delà de 11 500 plans d'accompagnement personnalisés
par année que vous avez les effectifs pour remplir, disons, 15 000 qui...
demandes que vous recevrez dans une année?
Mme Rouleau : On répond, on
répond bien à ce qu'on doit faire, nos obligations. Et là on a un changement de
paradigme, une façon nouvelle de fonctionner, on a des... par les... Enfin, on
a un plan de travail, là, bien ficelé, suite à l'adoption du projet de loi. On
ne peut pas le faire avant, il faut le faire après.
Mme Prass : Donc, hypothèse,
vous avez 15 000 demandes en une année, est-ce qu'elles pourront toutes
être traitées de façon... dans un délai raisonnable?
Mme Rouleau : Ça dépend de la
personne, de son profil, ça dépend des régions, ce n'est pas... Ça ne se passe
pas exactement de la même façon partout. On n'a pas opté pour avoir un plan
uniforme pour tout le monde, on a opté pour un plan personnalisé.
En fonction de ça, bien, on travaille à
s'assurer d'avoir les ressources. Il y aura... tu sais, on... il y aura des... comment
dire, il y a un plan de travail à développer, alors nous allons développer ce
plan de travail.
Mme Prass : C'est ça, le but
de ma question, c'est, si vous êtes victime de votre propre succès avec ce que
vous proposez, est-ce que vous êtes... pouvez-vous... est-ce que vous êtes
certaine...
Vous pensez que vous aurez le nombre
d'effectifs pour pouvoir compléter les plans d'accompagnement? Parce que ça
peut être 15 000, ça peut être 20 000 encore. On parle de plus de
200 000 personnes, on ne sait pas bien combien d'entre eux vont
accepter, combien...
• (17 h 40) •
Mme Rouleau : Bien, on
travaille, on fait en sorte d'avoir... Bon. Le plan personnalisé. On fait en
sorte d'avoir un réseau d'accompagnement en utilisant les ressources, puis les
ressources existent déjà, mais mieux coordonner, s'assurer de briser les silos,
faire en sorte que dans...
Puis on parle d'un plan régional, là. La
région, bien, ça peut être une grande région ou une petite région selon parce
qu'on n'a pas les mêmes... les mêmes... Ce n'est pas le même profil d'individu
partout. Alors, on va y aller avec...
On a une assez bonne connaissance du
terrain, on a une assez bonne connaissance de qui fait quoi, on est... On
travaille en collaboration et coordination avec les services sociaux, avec
différents autres collaborateurs, gouvernementaux ou autres, parce que... J'ai
déjà fait une nomenclature de tous les types d'organismes qui peuvent faire
partie de ce réseau.
Mme Prass : L'agent qui va
partager le plan avec la personne, donc, tu sais, ils vont s'asseoir ensemble,
vous pouvez peut-être... Si j'ai tort, vous m'éclaircirez, le prestataire va
s'asseoir avec son agent suite au développement du plan pour que l'agent puisse
lui expliquer : Bien, voici ce que... pour discuter ensemble, n'est-ce
pas?
Mme Rouleau : Il y aura une
discussion, oui.
Mme Prass : OK. La question,
c'est : Est-ce que... puis c'est quelque chose qui a été amené lors des <consultations...
Mme Prass :
...La
question, c'est : Est-ce que... puis c'est quelque chose qui a été amené
lors des >consultations puis hier également, est-ce que ça va toujours
être le même agent qui va accompagner cette personne ou est-ce que ça se peut
qu'en trois visites ils vont voir trois personnes différentes? Parce qu'encore
une fois, justement, on parle de... de plan...
Mme Rouleau : ...équipe
d'agents.
Mme Prass : Des équipes?
Donc, ce ne sera pas nécessairement...
Mme Rouleau : Bien, ce n'est
pas toujours... pas nécessairement toujours la même personne, à moins qu'on me
dise le contraire, là.
Mme Prass : Parce qu'on
parle... parce que là on parle, encore une fois, de créer des liens et si on
parle d'une personne qui... qui a une déficience intellectuelle, qui est sur le
spectre de l'autisme, premièrement, ce n'est pas évident, tu sais, juste de
rencontrer quelqu'un... nouveau pour la première fois, ça peut être une
expérience qui est stressante pour eux.
Donc, si on veut créer ce lien de
confiance, tu sais, puis pouvoir dire ça, ça fonctionne, ça, ça ne fonctionne
pas, qu'il puisse le lui expliquer sur une base qu'il va comprendre, je pense
qu'on a besoin d'une certaine... c'est quoi, le mot... stabilité. Donc, c'est...
C'est la nature de ma question, parce que
ma crainte, c'est que s'il y a des équipes puis qu'une personne qui a de la
difficulté sociale, de la difficulté à comprendre, puis il y a un agent qui a
travaillé avec eux ou les a rencontrés une fois, puis ils ont compris comment
la personne fonctionne, c'est quoi leur capacité, donc, comment agir avec eux,
comment leur expliquer, et que là, leur deuxième visite, leur troisième visite,
à chaque fois, c'est une nouvelle personne, ça se peut qu'eux ils perdent...
Mme Rouleau : ...que ce sera,
à chaque fois, une nouvelle personne. C'est dit que...
Mme Prass : Mais ça pourrait
l'être.
Mme Rouleau : Bien oui, c'est
possible qu'il y ait une... que... C'est possible. C'est possible, mais ça
peut... ça peut être en fonction aussi, justement, du profil de la personne.
Mme Prass : Donc...
Mme Rouleau : Et je pense qu'il
faut... il faut se donner le temps d'organiser correctement. Puis on entend
bien, j'entends très, très bien votre préoccupation. Pour certains types de
personnes, il faut vraiment que ce soit... Bon.
Mme Prass : Une stabilité, parce
que ce lien doit être créé.
Mme Rouleau : Oui, il faut
essayer le plus possible d'établir cette stabilité. Ça, c'est...
Mme Prass : Est-ce que, dans
ce sens-là, vous... Je ne sais pas comment on l'écrirait, mais est-ce qu'il y
aurait...
Mme Rouleau : Non, non, non.
Mme Prass : OK. OK. OK.
Mme Rouleau : Parce que là
vous entrez dans la gestion, dans la gestion des équipes, dans la gestion
des... administrative, et j'aimerais bien qu'on puisse s'entendre sur les
principes qui sont à établir.
Mme Prass : OK. Mais vous
vous engagez, à un certain point, de donner le mot que, pour certains groupes
de personnes, on va essayer le plus possible que ce soit une personne qui leur
est attitrée.
Mme Rouleau : Mais oui, c'est
la nature humaine quand... Tu sais, il y a un agent qui peut être attitré, mais
oups! il part en vacances, ou oups! il a un congé de maladie, ou je ne sais
trop, ça fait qu'il y a une autre personne qui va le remplacer, remplacer cet
agent-là. Alors, à moins qu'on trouve le... la façon de...
Mme Prass : Dans le réel, je
comprends qu'une personne peut partir en maladie, peut partir en vacances, en
congé de maternité, ou quoi que ce soit, il y a plein de situations, mais juste
que l'esprit soit que, pour certaines personnes, on comprenne le plus possible
qu'il faut une certaine stabilité, parce qu'on veut créer ce lien de confiance
et ce lien de compréhension entre les deux. Donc, c'est plus... C'est dans ce
sens-là. D'accord.
Et... OK. Mais... En fait, je vais laisser
ma collègue. Mes prochaines questions vont être pour le prochain...
Mme McGraw : D'ailleurs, on
comprend, Mme la ministre, qu'on ne veut pas aller dans la gestion de la
fonction publique ou... mais vous avez parlé... la ministre, elle a parlé de
principes, alors, peut-être, on aimerait entendre la ministre sur quels
seraient les principes qui pourraient guider, dans le réel, là, suite à... aux
questions de mes collègues... dans le réel, qui pourraient guider cette...
Parce que c'est quand même nouveau, c'est
assez nouveau, c'est novateur, alors c'est important d'établir des principes
qui vont guider la mise en œuvre.
Alors, elle parle de la stabilité, surtout
pour certains groupes vulnérables. Est-ce qu'il y aurait d'autres... d'autres
attentes ou principes qui... je vous lance ça comme ça, mais qui seraient
importants? Parce que je ne doute pas que la ministre a réfléchi à ça, donc...
Quels seraient souhaitables, comme principes?
Mme Rouleau : Que ce soit
fait le mieux possible, selon tout le grand professionnalisme dont sont
capables les employés de l'État et particulièrement dans... ceux qui sont à la
Solidarité sociale et à l'Emploi, que j'ai eu le plaisir de rencontrer et je
reconnais tout ce grand talent qu'ils ont pour très bien faire les <choses...
Mme Rouleau :
...et
je reconnais tout ce grand talent qu'ils ont pour très bien faire les >choses.
Mme McGraw : Et d'ailleurs,
en parlant de la fonction publique, on a reçu, on a écouté, tous et toutes, en
consultations particulières, le Syndicat de la fonction publique et
parapublique<i>.
Et là je sors leurs commentaires. Ils
avaient des préoccupations, justement, ils ont soulevé quelques points, donc ils
ont parlé de la formation, justement, des agents. Je sais qu'on va y revenir
aussi, peut-être, en 43.3, mais juste soulever quelques points. Ils ont fait
des recommandations précises.
Premièrement, dans la création de ces
plans d'accompagnement personnalisé, ça va demander quand même des efforts
importants, au niveau de la formation pour les agents du gouvernement.
Et, compte tenu de leur nature sensible et
des potentiels impacts sur les prestataires, les plans, ils recommandent,
devraient être réalisés par des professionnels habilités, et ils suggèrent, voire
des membres d'ordres professionnels.
Et suite à ça, on va revenir dans
l'article 43.3 aussi, mais ils recommandent de veiller à ce que les agents
soient formés ou que les agents responsables des plans d'accompagnement
personnalisé soient des membres de l'Ordre des travailleurs sociaux et des
thérapeutes conjugaux et familiaux du Québec. On souligne cet aspect-là et
aussi des recommandations.
La Présidente (Mme D'Amours) : ...à
43.1, s'il vous plaît.
Mme McGraw : Oui.
La Présidente (Mme D'Amours) :
Vous êtes à 43.3, vous le mentionnez vous-même.
Mme McGraw : C'est vrai, Mme
la Présidente.
La Présidente (Mme D'Amours) : On
a eu une demande de le faire paragraphe par paragraphe, là, donc je vous ramène
à 43.1.
Mme McGraw : Et vous avez
tout à fait raison. Donc, au niveau des principes, si je comprends, la ministre
a dit que ce soit le mieux fait possible et avec les professionnels.
Là, on a parlé... là je suis rentrée dans
les professionnels, pour revenir à la personne et prestataire, pour que ce
soit... que ce soit plus simple et plus humain.
Est-ce qu'il y a d'autres... des
principes? Par exemple, ma collègue, elle a parlé des personnes qui vivent
avec... bon, sur le spectre, ou une déficience, ou un handicap, ou autre.
Est-ce qu'il y aurait des principes qui pourraient informer cette relation ou
ce développement de plan d'accompagnement, qui seraient importants puisqu'on
n'est pas... pour, par la suite, la mise en œuvre de tout ça ce soit guidé par
des principes de base? Alors, le mieux fait ce serait... Quelles seraient des
caractéristiques qui seraient les mieux faites?
• (17 h 50) •
Mme Rouleau : L'ensemble de
notre personnel est assujetti à des engagements sur la qualité de service.
L'ensemble du personnel s'engage à servir avec respect, s'engage à garantir un
service fiable, s'engage à offrir des services simplifiés et faciles d'accès,
s'engage à offrir des services adaptés aux besoins, s'engage à traiter les
demandes de façon équitable et s'engage à protéger les renseignements
personnels. Alors, ça fait partie des grands principes obligatoires pour chaque
employé.
Mme McGraw : Donc, pour moi,
le reste des questions, ce serait la suite des choses, 43.2, etc.
La Présidente (Mme D'Amours) : Parfait.
D'autres commentaires sur 43.1? Nous passerions à 43.2.
Mme la ministre, vous aviez déposé sur
Greffier il y a quelque temps déjà l'article... l'amendement, pardon, 43.2. Si
vous voulez bien nous en faire la lecture, s'il vous plaît.
Mme Rouleau : Oui. Et juste
avant, juste un petit commentaire, si je peux me permettre, Mme la Présidente.
Attendez un petit peu, là, je cherche mes papiers. Je voulais seulement
souligner que... Est-ce qu'on l'a adopté, là, le premier?
La Présidente (Mme D'Amours) : On
n'adopte pas article par article.
Mme Rouleau : Ah! on n'adopte
pas encore.
La Présidente (Mme D'Amours) : Je
dis «article», là, mais c'est article introduit par article introduit. On va
l'adopter complètement à la toute fin. On a convenu qu'on travaillait article
introduit par article <introduit...
La Présidente (Mme D'Amours) :
...On
a convenu qu'on travaillait article introduit par article >introduit. Ça
fait que donc nous serions à l'article introduit 42... 43.2. Vous nous
aviez envoyé un amendement tout à l'heure, donc...
Mme Rouleau : Oui, oui, oui.
Je ne veux pas revenir là-dessus, je voulais juste... Je ferai mon commentaire
qui était un commentaire obligeant plus tard.
La Présidente (Mme D'Amours) :
Donc, allez-y pour l'article... pour votre amendement sur 43.2, si vous voulez
bien nous en faire la lecture.
Mme Rouleau : Oui. Alors, à
l'article... à l'article 18 : Article 43.2 de la Loi sur l'aide
aux personnes et aux familles. Insérer, dans le paragraphe 2° de
l'article 43.2 de la Loi sur l'aide aux personnes et aux familles, proposé
par l'article 18 du projet de loi tel qu'amendé, et après
«milieux», «des services de garde éducatifs à
l'enfance,».
L'amendement vise à ajouter le milieu des
services de garde éducatifs à l'enfance dans la composition des réseaux
régionaux d'accompagnement, afin que les représentants de ce réseau puissent
collaborer, au besoin, à la mise en œuvre des plans d'accompagnement
personnalisé.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Commentaires? Oui, Mme la députée de Sherbrooke.
Mme Labrie : Merci, Mme la
Présidente. J'aimerais comprendre la vision de la ministre, là, sur cet ajout.
Est-ce que ça veut dire, par exemple,
qu'on pourrait prévoir des places en services de garde éducatifs pour des personnes
prestataires dans le cadre de programmes? Est-ce que c'est de mettre à
contribution les éducatrices elles-mêmes dans l'élaboration et l'exécution de
ces plans-là?
Je veux juste comprendre un peu ce que la
ministre a en tête.
Mme Rouleau : Bien, c'est en
termes de ressources au sein des réseaux, des réseaux régionaux, d'y ajouter...
parce qu'on a nommé différentes... différentes organisations qui peuvent faire
partie de ce réseau et on y ajoute le milieu des services de garde éducatifs à
l'enfance.
Ça peut servir à ce que des personnes
puissent avoir accès aux... à des services de garde, ça peut servir à...
En fait, ça peut... ça peut être... il
nous semble... c'est un complément, là, qui nous semble très important parce
que ça va... On sait qu'il y a des femmes qui ont des enfants en bas âge, qui
ont besoin de ces services-là, par exemple. Alors, c'est dans ce sens.
Mme Labrie : Est-ce
qu'au-delà d'offrir une place la ministre voit un rôle pour les éducatrices
elles-mêmes dans l'accompagnement ou... C'est ça, un peu, que j'essaie de voir.
Mme Rouleau : OK. Là, je ne
peux pas... Je ne sais pas si les éducatrices ont un rôle. Il y a un réseau qui
se crée, qui est... de partenaires, bon, on a le ministère de la Solidarité sociale,
on a les Services sociaux, on a les... différents organismes qui sont sur le
terrain, là, qui sont dans ce secteur-là.
On a déjà fait une nomenclature des
différents organismes qui pouvaient faire partie du réseau, dont les organismes
communautaires, puis là, bien, je ne donnerai pas le nom des organismes
communautaires, nécessairement, mais d'y intégrer les services de garde me
semble judicieux.
Mme Labrie : Il n'y a pas de
problème. Moi, je ne dis pas que ce n'est pas judicieux, j'essaie juste de
comprendre ce que la ministre a en tête comme rôle pour ce milieu-là autour de
la table, là.
Mme Rouleau : Amène de
l'information, peut permettre de... Je ne sais pas, moi, ça peut permettre
d'offrir...
Mme Labrie : Ils peuvent être
consultés pour établir le plan, par exemple, c'est ça?
Des voix : ...
Mme Rouleau : C'est du
maillage, c'est du... c'est de s'assurer que les personnes qui peut-être n'ont
pas... ne savent pas toujours comment... comment aller chercher des services, ce
type de service là, que ce soit plus disponible, mieux disponible, parce que,
parfois, c'est une incompréhension, là, de comment... comment ça fonctionne.
Alors, ça fait partie de l'accompagnement.
Mme Labrie : OK. Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
D'autres commentaires? Oui, Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce.
Mme McGraw : Merci, Mme la
Présidente. On n'a pas d'enjeu sur cet amendement. Et la question, c'est :
Est-ce que la ministre serait ouverte à élargir <davantage...
Mme McGraw :
...sur
cet amendement. Et la question, c'est : Est-ce que la ministre serait
ouverte à élargir >davantage, de regarder la composition? D'autres... on
a entendu d'autres groupes qui se sont proposés, par exemple les jeunes, la
chambre de commerce, l'insertion, les organismes qui travaillent en
employabilité. Est-ce que ce serait là, ou on accepte de notre côté
l'amendement, puis on pourrait revenir à...au sujet de la composition? C'est de
savoir s'il y a une ouverture.
Mme Rouleau : On a mentionné
déjà, là, dans... dans cet article, bon, on a au 43.2, troisième paragraphe, «de
toute association, de toute société ou de tout organisme désigné par le
ministre».
Mme McGraw : Donc, si je
comprends bien, il y a une ouverture, évidemment. Et il y a des enjeux
particuliers qui ont été soulignés par d'autres groupes, mais ça ne regarde pas
les services de garde nécessairement.
Donc, on va y revenir après, je pense.
Donc, pour nous, il n'y a pas d'enjeu.
La Présidente (Mme D'Amours) : Il
n'y a pas d'enjeu. D'autres commentaires sur l'amendement? S'il n'y a pas
d'autre commentaire, est-ce que l'amendement est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme D'Amours) : Adopté.
Nous revenons à l'intitulé, tel qu'amendé, 42.3. Est-ce qu'il y a des
commentaires? 43.2, pardon. Merci. Commentaires? Mme la députée de D'Arcy-McGee.
Mme Prass : Merci. Je
voudrais comprendre un petit peu mieux comment le réseau régional
d'accompagnement va fonctionner.
Est-ce qu'ils vont se réunir, est-ce...
pour faire un échange d'information? Est-ce que... Tantôt, vous avez parlé
d'équipe, est-ce que vous considérez que les réseaux régionaux vont être une
équipe puis les différents membres...
Bien, c'est ça, en fait, je veux savoir :
Est-ce que le rôle des réseaux régionaux, c'est pour se concerter entre eux
puis partager de l'information et les différentes ressources, ou c'est vraiment
pour travailler, disons, sur le plan uniquement... ou de façon personnelle avec
un prestataire?
Mme Rouleau : En fait, ce
sont les organismes qui seront autour de la personne. Ils ne sont pas... Ce
n'est pas une table de concertation. Ce n'est pas une nouvelle table de
concertation qu'on crée, ce sont des... des organismes qui sont... qui vont...
qui vont voir à comment on peut le mieux possible, là, accompagner cette
personne en lui offrant des services ou en la... la guidant, s'il le faut, là,
vers des services.
Mme Prass : Donc, quand ils
vont se rencontrer, ça va être pour travailler sur le dossier d'un prestataire?
Mme Rouleau : Et c'est un
réseau régional, alors il y aura des prestataires.
• (18 heures) •
Mme Prass : Oui, oui, tout à
fait. Mais c'est ça, parce que... Donc, ce n'est pas... C'est pour travailler
sur des dossiers de prestataires plutôt que de se rencontrer. Comme vous avez
dit, ce n'est pas une nouvelle table puis ce n'est pas question... Donc, c'est
ça.
Ce que je veux savoir... Donc, c'est pour
travailler sur des dossiers de prestataires, et non se rencontrer, disons, pour
faire le bilan des services qui sont disponibles puis ensuite travailler sur le
dossier des prestataires, c'est vraiment pour travailler sur les dossiers de
prestataires?
Mme Rouleau : Ils vont... Il
va y avoir des rencontres et il y aura... Puis là on parle de... tu sais, de...
des services sociaux, on parle de solidarité sociale, on parle d'emploi, on
parle de... bon, la petite enfance, on parle d'organismes communautaires qui
sont dans... sur ce territoire, d'associations de... bon, qui sont susceptibles
de rendre différents services ou d'accompagner.
Alors, un des organismes pourra être plus
proche du prestataire, peut-être, hein, pas tous en même temps, on ne veut pas
lui faire peur non plus.
Mme Prass : Donc, ils vont
être là pour aider la personne avec leur plan d'accompagnement personnalisé
pour les diriger vers les différentes ressources.
Est-ce que c'est l'unique fois qu'ils vont
traiter d'un... du dossier d'un prestataire, au début, une fois que le plan est
élaboré, pour dire : OK. Bien, voici le plan, voici ce qu'on vous propose
comme ressources, ou est-ce que ce réseau régional va suivre l'évolution du
dossier de la personne?
Par exemple, on a notre plan
d'accompagnement personnalisé, le réseau régional se rencontre pour dire :
Voici, selon votre plan ou le plan de la personne...
18 h (version révisée)
Mme Prass : ...par exemple, on
a notre plan d'accompagnement personnalisé, le réseau régional se rencontre
pour dire : Voici... Selon votre plan ou le plan de la personne, voici les
ressources auxquelles on peut vous diriger. Mais, disons, six mois plus tard,
la personne, disons, soit l'emploi... leur insertion en emploi ne fonctionne
pas, est-ce que le réseau régional serait rappelé à nouveau pour faire le suivi
de ce dossier-là? Ou est-ce que c'est seulement au début qu'ils vont dire :
OK, bien, voici les ressources, puis là on passe à la prochaine personne?
Moi, je veux savoir si le but... le rôle
de ce réseau régional-là, c'est uniquement au début, avec le plan d'accompagnement
personnalisé pour dire : Voici ce qu'on propose comme ressources selon le
plan, ou est-ce que c'est vraiment : OK, on va revoir le dossier dans six
mois pour voir si ce qu'on leur a proposé fonctionne?
Mme Rouleau : Il devrait y
avoir un suivi.
Mme Prass : OK, c'était ça ma
question.
Mme Rouleau : Oui, oui, il
devrait y avoir un suivi. Ce serait...
Mme Prass : Donc, suivi, disons,
continu? Dans le sens...
Mme Rouleau : Bien, on
parle... depuis le début aussi, on parle de services... tu sais, du continuum
de services, alors... Et quand on parle d'accompagnement, bien, ça ne s'arrête
pas... on ne fait pas juste l'amener... amener la personne... tu sais, on veut
l'amener le plus loin possible.
Mme Prass : Bien, c'est ça.
Je veux juste m'assurer exactement que c'était...
Mme Rouleau : Puis l'objectif,
c'est de faire en sorte que, dans la mesure de ses... de sa capacité, la
mesure... qu'elle puisse aller en emploi. Ça, c'est l'idéal, c'est ce qu'on
cherche.
Mme Prass : C'est le but.
Mme Rouleau : Alors, c'est...
Dans tout cet accompagnement-là, il y a... il y a nécessairement un suivi qui
est fait avec la personne.
Mme Prass : OK.
Mme Rouleau : Parce qu'elle
va aussi aller dans différents programmes, donc nécessairement il y a un suivi.
Mme Prass : C'est ça. OK, d'accord,
merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce.
Mme McGraw : Merci, Mme la
Présidente. Alors, on a beaucoup de groupes qui ont souligné ces réseaux
régionaux, et je voudrais commencer par citer <i>Centraide Grand
Montréal. Je pense qu'on se souvient très bien des paroles de Claude Pinard. Il
a dit que lorsqu'on parle de... Donc, beaucoup de groupes avaient des
suggestions : qui pourraient siéger, la coordination entre les secteurs,
éviter le dédoublement, ça, il va... je vais y revenir, mais je pense que ce
qui résume très bien, c'est effectivement Centraide Grand Montréal.
Ils ont proposé, par exemple : «Sur
la base de nos années d'expérience, de partenariat et de mobilisation avec des
organisations de différents secteurs et de divers réseaux, nous pensons que la
création de ces réseaux aurait un effet positif et significatif si y participent...»
et là ils parlent des représentants des personnes prestataires inscrites dans
un plan d'accompagnement : «L'inclusion de ces personnes nous apparaît en
parfaite cohérence avec le troisième objectif du plan de lutte, c'est-à-dire de
favoriser la mobilisation de l'ensemble des acteurs, incluant les personnes
concernées.» Ensuite, ils parlent des représentants des organismes
communautaires engagés dans les plans d'accompagnement, ensuite des
représentants du secteur du marché du travail, etc.
Mais, finalement et surtout, ce qu'ils
disent : «Les personnes qui y siègent ont un... devraient avoir un réel
pouvoir pour aplanir les contraintes et aligner l'action de leurs organisations
et réseaux respectifs en appui aux objectifs des plans d'accompagnement. En d'autres
mots, ces personnes peuvent lever les contraintes qui constituent une partie
importante des écueils qui freinent le cheminement de la personne prestataire,
qui finissent par user sa confiance dans le système lui-même, voire pire, dans
sa conviction qu'elle s'en sortira un jour.»
Alors, je voulais tout d'abord demander à
la ministre comment elle réagit ou comment elle entrevoit cette recommandation
de Centraide Grand Montréal. Comme je le dis, il y a beaucoup de groupes qui
ont recommandé des expertises en particulier ou des groupes en particulier, des
secteurs, mais point final, en bout de ligne, Centraide Grand Montréal dit :
Il faut... «Les personnes qui y siègent doivent avoir un réel pouvoir pour
aplanir les contraintes et aligner l'action de leurs organismes et des réseaux
respectifs en appui des objectifs des plans d'accompagnement.» Alors, je
voulais... J'ai répété parce que je voyais que la ministre, elle réfléchissait
sur, peut-être, les autres points. Donc, je voudrais juste <avoir...
Mme McGraw :
...ministre,
elle réfléchissait sur, peut-être, les autres points. Donc, je voudrais juste
>avoir votre réaction à ces propos de Centraide Grand Montréal.
Mme Rouleau : Bien, j'ai
mentionné tantôt que le réseau régional, ce n'est pas une table de
concertation, ce n'est pas un conseil d'administration, ce n'est pas... ce
n'est pas ça, là, ce n'est pas... On ne crée pas une...
Mme McGraw : ...je comprends.
Mme Rouleau : Ce n'est pas...
Non, ce n'est pas... il n'y a pas de siège...
Mme McGraw : ...participe?
Mme Rouleau : Bien, la
personne va certainement participer parce qu'elle va bénéficier d'un plan
d'accompagnement personnalisé et qu'il y a des ressources qui vont... autour
d'elle, qui vont s'assurer qu'elle ait ce plan-là. Bon, c'est... Est-ce... On
n'est pas dans le 43.3, là, hein?
La Présidente (Mme D'Amours) : C'est
limite. C'est limite.
Mme Rouleau : C'est limite.
Mais, lorsqu'on sera dans le 43.3, vous allez constater que tous les rôles et
responsabilités sont définis dans ce...
Mme McGraw : Bien là, on
parle... Pardon.
Mme Rouleau : ...dans ce...
de ce réseau.
Mme McGraw : Bien là, on
parle de la composition, si je comprends bien, au 43.2, donc la composition des
réseaux régionaux d'accompagnement, donc c'est sûr que tout est interrelié,
mais...
Mme Rouleau : Alors,
j'imagine que, lorsque le représentant de Centraide a fait son discours, là,
peut-être qu'il n'avait pas tout à fait bien saisi comment on fonctionnait.
Parce que j'ai pu constater aussi, puis pour certains organismes, d'autres
organismes qui ont pensé que c'était ce type de table de concertation, mais ce
n'est pas ça, ce n'est pas ça. Alors, c'est un... c'est un réseau régional
d'accompagnement qu'on veut mettre en place dans...
Une voix : ...
Mme Rouleau : ...oui, à
travers le Québec et autour du prestataire. Alors, le prestataire, il participe
parce qu'il donne son accord. Il dit : Oui, j'embarque et je vais... je
vais suivre les recommandations. Puis on va l'aider. Il a... La personne a un
problème de dépendance ou de je ne sais pas quoi, là, ça peut être toutes
sortes de choses, problème de jeu ou de... On va... On va l'aider. On va... On
va l'accompagner vers différents services. Et, en ayant ce réseau régional
d'accompagnement, bien, on aura plusieurs organisations qui vont contribuer à
ce plan. Et peut-être que c'est une organisation qui sera plus impliquée qu'une
autre. Ça dépend, parce que c'est un plan personnalisé.
• (18 h 10) •
Mme McGraw : Donc, je pense
que ce que la ministre vient de dire, c'est très important. La ministre a
confirmé que le prestataire même va participer, si je comprends bien.
Mme Rouleau : Bien, il se
doit de participer, sinon pour qui on le fait?
Mme McGraw : Donc, la
suggestion de Centraide qui dit : «des représentants des personnes
prestataires»... mais ce n'est pas le représentant, c'est la personne
elle-même.
Aussi, donc, si je comprends bien, puisque
c'est personnalisé et axé sur la personne, la suggestion que les autres
personnes qui participent, on va dire, à ce réseau, qui va être personnalisé...
encadrer la personne... est-ce que les autres qui participent vont avoir un
réel pouvoir pour, je cite, «aplanir les contraintes et aligner l'action de
leurs organismes et réseaux respectifs», en appui aux objectifs du plan?
Mme Rouleau : En fait, les
organismes vont être mandatés pour... Alors, ils auront un mandat de la
ministre. C'est donc une responsabilité qu'ils auront.
Puis, pour revenir sur les propos de M. Pinard,
qui soumettait, là, l'idée que les prestataires fassent partie de
l'organisation, en fait, je pense que ce qu'il faut comprendre, c'est
l'importance que les personnes, même éloignées, puissent participer à certains
types de gouvernance. Et ça, ça fait partie du plan de lutte à la pauvreté et à
l'exclusion... exclusion sociale, pardon.
Mme McGraw : Et ils l'ont...
ils l'ont cité, Mme... Mme la Présidente, la ministre, que, justement, ça fait
partie du... c'est cohérent avec le troisième objectif du plan, c'est-à-dire «favoriser
la mobilisation de <l'ensemble...
Mme McGraw :
...c'est
cohérent avec le troisième objectif du plan, c'est-à-dire «favoriser la
mobilisation de >l'ensemble des acteurs, incluant les personnes
concernées.»
Donc là, peut-être... peut-être, on a mal
compris cette initiative, on va dire, c'est novateur, mais il y a des... il y a
des organismes qui se sont présentés en commission, ils ont aussi... il y avait
quand même des inquiétudes aussi au niveau du dédoublement ou substituer ce qui
existe déjà.
Par exemple, <i>Renaissance Québec,
ils ont souligné... de façon générale... ils ont... que c'étaient des
intentions louables, de créer ces réseaux et aussi ces plans, mais ils ont
exprimé certaines réserves quant à l'impact des nouveaux réseaux sur les
collaborations existantes. Alors, je ne sais pas si les inquiétudes sont
fondées ou non, mais je souligne par exemple ce qu'ils ont dit. Ils ne veulent
pas que «ces nouveaux réseaux régionaux viennent se substituer au travail déjà
accompli par des organismes comme le nôtre — c'est-à-dire Renaissance
Québec — depuis des années, qui collabore étroitement avec des
partenaires locaux et nationaux comme Services Québec pour offrir des services
d'accompagnement à l'emploi et d'insertion socioprofessionnelle.»
Ils voulaient s'assurer que ces
entreprises d'insertion soient explicitement incluses, bien, dans le projet de
loi, mais afin qu'elles puissent automatiquement faire partie de ces réseaux
d'accompagnement. Donc, si je comprends bien, ça ne serait pas automatique
parce que ça va dépendre de la personne.
Mme Rouleau : Puis, lorsqu'on
parle du réseau régional, ça dépend du portrait dans la région aussi. Ce
n'est... Ça ne se passe pas de la même façon partout. Les entreprises
d'insertion sociale comme Renaissance n'existent pas dans toutes les régions du
Québec. Et puis là, dans le... dans le projet de loi et dans cet article, on ne
nomme pas les organismes, mais on nomme le type d'organisme qui peut faire
partie, et, dans le cas de Renaissance, c'est un organisme en employabilité. Et
là, on est... on veut aller chercher les personnes qui sont assez éloignées
pour les amener... puis tant mieux, à un moment donné, ces gens-là pourront
aller travailler chez Renaissance. J'aimerais bien, mais il y a un petit bout
de chemin à faire, peut-être, pour certaines personnes.
Mme McGraw : D'ailleurs, il y
a les réseaux, donc, la Fédération... pardon, la Fédération des chambres de
commerce du Québec, ils ont exprimé des inquiétudes face au dédoublement. Ils
ont dit qu'ils ne voulaient pas que le gouvernement dédouble le nombre de
consortiums et de services qui sont déjà offerts, notamment par le ministère de
l'Emploi. Et ils ont suggéré que ce serait approprié de recourir aux instances
et aux organisations existantes qui sont sous ce ministère de l'Emploi pour
permettre... pour mettre en œuvre les plans, on va dire, d'accompagnement, les
réseaux régionaux et toute autre initiative provenant du ministère de la
Solidarité sociale, de l'Action communautaire qui porte sur l'employabilité.
Alors, si un prestataire, selon sa
situation personnelle, individuelle, il est plus près du marché du travail,
donc les entreprises, les organismes qui se spécialisent en réinsertion au
travail, en employabilité, est-ce qu'ils seraient... est-ce qu'ils feraient
partie de ce réseau?
Mme Rouleau : Bien, encore
là, ce n'est pas un lieu de concertation, là. C'est... Parce que la chambre de
commerce, ce qu'elle mentionnait, c'est qu'elle, elle a mis en place des lieux
de concertation. Puis ce qu'elle a dit, la chambre de commerce, c'est : Il
ne faudrait pas doubler le travail qu'on fait. Alors, il n'est pas question de
doubler le travail qui est déjà fait. Il est question d'une coordination entre
différents partenaires.
Et ce n'est pas de doubler, ce n'est pas
du chevauchement, c'est plutôt briser certains silos, faire en sorte que la
communication se fasse plus efficacement. Parce que j'ai pu remarquer, quand j'ai
fait la <tournée...
Mme Rouleau :
...communication
se fasse plus efficacement. Parce que j'ai pu remarquer, quand j'ai fait la >tournée
à travers le Québec, dans certaines régions, à partir du bureau de Services
Québec, qu'il était... ce n'était pas si évident d'être en lien avec les
ressources. Les ressources, elles existent, les organismes existent, les
services des services sociaux existent, les différents programmes existent,
mais de faire, cette... d'assurer cette coordination et d'avoir les joueurs.
Et ce n'est pas du mur-à-mur. Ça dépend,
ça dépend de la région, ça dépend du profil... profil des prestataires. Il y a
des endroits... il y aura des particularités. Alors, c'est de tenir compte de
ces particularités, de ces enjeux que connaissent les personnes et des
ressources qu'on a, qui peuvent être communautaires, qui peuvent être des
organismes gouvernementaux, qui peuvent être des entreprises... tu sais, ça
peut être tout cela, mais on ne les nommera pas ici. Ce sera des mandats qui
seront donnés, parce qu'on sait qui est sur le terrain aussi.
Mme McGraw : Ils ont
mentionné... Bien, vous avez parlé de... La ministre a parlé de briser les
silos. Donc, justement, ils ont suggéré que... Bien, si je comprends bien,
selon le profil de la personne et la région, est-ce que la ministre pourrait
envisager de travailler de très près, évidemment, avec le ministère de l'Emploi
pour toute — là, c'est leur recommandation — pour toute
initiative portant sur l'intégration et le maintien en emploi des prestataires,
là, des programmes... de l'un des programmes d'assistance sociale. Ils ont cité
en particulier les conseils régionaux des partenaires du marché de travail, de
les utiliser, et peut-être les inviter, selon leur profil, de participer dans
ces réseaux-là? Mais, si je comprends bien, c'est vraiment selon le profil.
Mme Rouleau : Juste vous
rappeler que le nom du ministère où je suis... Je suis ministre de la
Solidarité sociale et de l'Action communautaire, mais c'est le ministère de
l'Emploi et de la Solidarité, alors j'imagine qu'il y a certains liens qui sont
faits assez naturellement.
Mme McGraw : Donc, les
inquiétudes...
Mme Rouleau : Il y a des gens
ici qui travaillent aux deux... pour les deux... les deux ministres, en fait.
• (18 h 20) •
Mme McGraw : Donc, si je
comprends bien, les inquiétudes qui ont été exprimées dans les mémoires et lors
des consultations, certaines inquiétudes d'éviter et le dédoublement, mais
aussi de ne pas être exclus s'ils ont des expertises, des réseaux qui seraient
pertinents dans la région et selon le profil, ils n'ont pas à s'inquiéter. Si
leur expertise, leur expérience est pertinente, on va les demander de
participer et aussi on ne va pas dédoubler ce qui existe déjà. C'est ça un peu,
la...
Mme Rouleau : Ce n'est
nullement l'intention, de dédoubler et de réinventer la roue, là, ce n'est pas
ça. Ce vers quoi on se dirige, c'est pour répondre à des besoins et de le faire
de manière plus efficace que ce qui existe à l'heure actuelle et de mieux
accompagner les personnes. Parce qu'on a pu constater que, malgré les efforts
qui étaient faits dans la loi qui existait, de la façon qu'on fonctionnait dans
cette loi-là, on ne... parfois même, on empêchait des gens de sortir de la
pauvreté, sortir de l'aide sociale. C'est ça qu'on veut régler. C'est pour ça
qu'on parle d'une modernisation et d'une simplification du régime.
Mme McGraw : Peut-être une
dernière question là-dessus, là, de mon côté, pour le 43.2. Lorsque la ministre
envisage des services... On a parlé de... au point 43.2, deuxième point,
composés, là, quand on... les réseaux régionaux, qu'ils soient composés de
représentants d'autres ministères, entre autres entre... bien, même entre
ministères, effectivement, «et organismes concernés, notamment oeuvrant dans
les milieux scolaires, de la santé et des services sociaux ou communautaire»...
Au niveau du communautaire, il y a beaucoup de groupes qui ont souligné leur <expertise...
Mme McGraw :
...communautaire».
Au niveau du communautaire, il y a beaucoup de groupes qui ont souligné leur
>expertise, ils sont près, ils sont sur le terrain, c'est une clientèle
qu'ils connaissent très bien.
En même temps, il y avait des organismes communautaires
autonomes en santé des... qui ont exprimé le désir de ne pas être nommés ou
inclus. Je ne sais pas si la ministre se souvient de cette présentation-là ou
de ce mémoire, qui ont souligné, exactement, d'exiger des organismes de
contribuer aux réseaux régionaux d'accompagnement en leur offrant du
financement par entente, ce qui a été souligné dans le mémoire, au Conseil des
ministres, et ce que la table... la Table des regroupements provinciaux
d'organismes communautaires et bénévoles disent, que leur... orienter
inévitablement les activités des organismes. Alors, ils ont souligné le fait
que ces organismes communautaires autonomes ne soient pas exigés ou nommés,
parce qu'ils disaient que ça va à l'encontre, bon, de leur... de leur
autonomie, effectivement. Je ne sais pas comment la ministre réagit à...
Mme Rouleau : Bien, s'ils ne
veulent pas, on ne les appellera pas.
Mme McGraw : Bien, c'est à
eux, évidemment, de... Mais c'est ce que j'avais compris selon ce qu'ils ont...
ce qu'ils avaient soumis. J'ai trouvé ça intéressant et je... ça m'a... ça m'a
frappée. Ça fait que j'ai pris le temps de... Pour moi, au niveau des réseaux,
bien, sur... pour ce point-là, c'est toutes mes questions.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Mme la députée de Sherbrooke, tout va bien? Ça fait que nous serions rendus à
43.3. Vous aviez un amendement, Mme la ministre, à 43.3, qui a déjà été déposé
sur Greffier au même moment des deux autres. Alors, est-ce que vous pouvez nous
en faire la lecture, s'il vous plaît?
Mme Rouleau : Oui, Mme la
Présidente, 43.3. Alors, à l'article 18, article 43.3 de la Loi sur
l'aide aux personnes et aux familles : À l'article 43.3 de la Loi sur
l'aide aux personnes et aux familles, proposé par l'article 18 du projet
de loi tel qu'amendé :
1° remplacer, dans le premier alinéa,
«plan d'intervention individualisé» par «plan d'accompagnement personnalisé», partout
où cela se trouve;
2° insérer, dans le paragraphe 1° du
premier alinéa et après «besoins», «, y compris ceux d'un prestataire
monoparental ayant un ou des enfants à charge d'âge préscolaire».
L'amendement vise à remplacer la référence
qui est faite à un plan d'intervention individualisé par celle d'un plan
d'accompagnement personnalisé, cela en concordance avec la modification
apportée à l'article 43.1 de la Loi sur l'aide aux personnes et aux
familles. L'amendement vise également à considérer, lors de l'évaluation des
besoins d'une personne, le statut de prestataire monoparentale.
La Présidente (Mme D'Amours) : Commentaires?
Oui, Mme la députée de D'Arcy-McGee.
Mme Prass : Est-ce qu'il y
aurait une ouverture pour ajouter «des parents d'enfants avec un handicap»?
Mme Rouleau : ...d'enfant... «monoparental
ayant un ou des enfants à charge d'âge préscolaire.»
Mme Prass : Oui, mais on
parle uniquement de parents monoparentaux. Moi, je demande une famille qui a
des enfants. Parce que là, on parle de monoparentale?
Mme Rouleau : Oui.
Mme Prass : Mais là, je
parle, disons, une famille, des conjoints qui ont un enfant avec un handicap,
donc pas nécessairement monoparentale, ou préscolaire.
Des voix : ...
La Présidente (Mme D'Amours) :
Mme la ministre, est-ce que vous avez besoin de plus de temps, parce qu'avec ce
qu'il y a <comme...
Des voix :
...
La Présidente (Mme D'Amours) :
Mme la ministre, est-ce que vous avez besoin de plus de temps, parce
qu'avec ce qu'il y a> comme...
Mme Rouleau : ...
La Présidente (Mme D'Amours) : ...ce
qu'il reste comme temps... C'est ça. Est-ce que vous avez besoin de plus de
temps pour réfléchir à la réponse? Sinon, on ajournerait, vous auriez tout le
temps pour examiner.
Mme Rouleau : Oui, on va
ajourner. Avant... avant d'ajourner, par exemple, je veux juste dire ce que je
voulais dire tantôt là, je veux remercier le <i>collectif pour la petite
enfance parce que c'est le collectif qui a eu... qui a proposé des plans
d'accompagnement personnalisés. Alors, je les remercie, bien... bien
humblement.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Oui, Mme la députée de Sherbrooke, avant de terminer.
Mme Labrie : Oui, très vite,
juste avant qu'on suspende, pour ajouter aux réflexions de la ministre et de
son équipe, moi, j'accueille positivement ça, en particulier le deuxième
paragraphe.
Mais je vais vous dire tout de suite, si
la ministre ne le fait pas d'elle-même, moi, je vais arriver avec un
sous-amendement pour retirer le mot «monoparental», parce que sinon j'y vois un
risque que, dans les familles qui est... qui sont un couple et qui ont un
enfant d'âge préscolaire... Moi, je comprends l'intention de ça, c'est de leur
trouver une place en services de garde. Moi, j'ai la crainte que la femme va
rester à la maison, finalement, là, si elle n'a pas accès à ça. Donc, je pense
que, quand il y a un enfant à charge d'âge préscolaire, devrait se déployer cet
accompagnement pour trouver une place, pas seulement quand elle est
monoparentale.
Donc, j'ajoute ça à la réflexion. Si ça
vient de l'initiative de la ministre de le corriger, ce sera tant mieux. Sinon,
moi, je vais faire un sous-amendement pour ça.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Donc, je vous remercie tous pour votre collaboration. Compte tenu de l'heure,
la commission ajourne ses travaux sine die. Merci tout le monde.
(Fin de la séance à 18 h 29)