Journal des débats (Hansard) of the Committee on Labour and the Economy
Version préliminaire
43rd Legislature, 2nd Session
(début : September 30, 2025)
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Tuesday, February 17, 2026
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Vol. 48 N° 15
Clause-by-clause consideration of Bill 3, An Act to improve the transparency, governance and democratic process of various associations in the workplace
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9 h 30 (version non révisée)
(Neuf heures quarante-neuf minutes)
Le Président (M. Allaire) :
Alors, à l'ordre s'il vous plaît! Ayant constaté
le quorum, je déclare la séance de la Commission de l'économie et du travail ouverte.
La commission est réunie afin de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 3,
Loi visant à améliorer la transparence, la gouvernance et le processus
démocratique de diverses associations en milieu de travail. Mme la secrétaire,
est-ce qu'il y a des remplacements?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président : Mme McGraw (Notre-Dame-de-Grâce) est remplacée par Mme Prass
(D'Arcy-McGee), M. Fontecilla (Laurier-Dorion) et M. Leduc
(Hochelaga-Maisonneuve).
Le Président (M. Allaire) : Alors,
si vous vous souvenez, lors de l'ajournement des travaux la semaine dernière,
nous avions presque… je dis «presque» terminé le bloc transparence parce qu'il
y avait un amendement qui avait été déposé par le député de Saint-Jérôme qu'on
avait suspendu et, lors de l'ajournement, on était sur ces discussions-là.
Donc, qu'est-ce qu'on fait? Donc, je vais suspendre les travaux pour clarifier
cet élément-là. Merci.
(Suspension de la séance à 9 h 50)
10 h (version non révisée)
(Reprise à 10 h 24)
Le Président (M. Allaire) : Alors,
nous allons reprendre les travaux. D'abord, j'ai besoin de votre consentement
pour retirer l'amendement déposé initialement par le député de Saint-Jérôme.
Est-ce que j'ai votre consentement? Excellent. Parfait. Merci.
M. le député de Saint-Jérôme, je vous céderais
la parole, vous avez un nouvel amendement à déposer. La parole est à vous.
M. Chassin :Merci, M. le Président. Alors, effectivement, hein, dans les
petites suspensions, bien, on essaie de voir comment on peut trouver un bon
libellé et on retire un amendement pour le remplacer par un autre. Donc, un
amendement sur l'article 8.1. Insérer, après l'article 8 du projet de loi, le
suivant :
«8.1. Ce code est modifié par l'insertion,
avant l'article 47.2, du suivant :
Article 47.1.4 : À chaque année, lors
de la présentation visée à l'article 47.1, l'association accréditée rend publics
ses états financiers si elle est autorisée... si elle y est autorisée... si
elle est autorisée par un vote majoritaire des membres de l'association
accréditée qui sont compris dans l'unité de négociation et qui exercent leur
droit de vote. L'union, la fédération et la confédération à laquelle est
affiliée ou appartient l'association accréditée décide à chaque année s'il est
opportun de rendre leurs états financiers publics.
Le Président (M. Allaire) : Il
y a des explications supplémentaires?
M. Chassin :Alors, évidemment, c'est... par rapport à l'amendement que
moi, j'avais déposé, là, c'est une façon de dire : Bien, il y a à la fois
des associations accréditées et des regroupements, donc union, fédération ou
confédération, d'où les deux alinéas. Et puis, bien, évidemment, c'est toujours
dans le cadre de la vie démocratique d'une association de travailleurs ou c'est
avec une décision, là, des membres, pour l'association accréditée, qui exercent
leur droit de vote, puis, pour les regroupements, bien, à ce moment-là, c'est...
M. Chassin :...une décision en instance.
Le Président (M. Allaire) : Parfait.
Merci. D'autres interventions? Oui, M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : D'abord, peut-être
pour clarifier, je regarde les juristes, là, quand c'est un député d'opposition
qui dépose un amendement, qui détermine l'intention du législateur? C'est-tu
quand même le ministre ou c'est le député?
Le Président (M. Allaire) :
C'est toujours... c'est la commission, c'est vous.
M. Leduc : C'est tout le
monde, collectivement.
Le Président (M. Allaire) :
C'est l'ensemble de la commission et le législateur.
M. Leduc : OK, parfait. Parce
que j'ai des questions à poser, puis là je n'étais pas sûr si les posais plus
au porteur de l'amendement ou au ministre, mais les deux peuvent répondre. Dans
le fond, c'est que, dans la pause, on avait évalué la possibilité ou pas de
mettre «états financiers en tout et en partie», puis ça faisait un lien avec la
discussion qu'on avait eue la semaine dernière, à savoir qu'il y a un élément
particulièrement sensible dans les états financiers, qui peut être des fonds de
grève locaux. Donc, je rappelle un peu, pour les gens qui nous écoutent, les
centrales syndicales ou les grands syndicats pancanadiens ont des grands fonds
de grève nationaux, qui sont utilisés pour chacune des sections locales en
grève. Puis ça... par exemple, ceux de la CSN sont disponibles sur leur site
Internet, ça fait qu'on voit le montant du fonds de grève de la CSN, mais c'est
un montant qui, bien sûr, vient aider lesdits travailleurs en grève, qui est
très loin du salaire qu'ils ont en temps normal.
Ça fait que parfois, lorsque le syndicat
local a quand même certains moyens financiers, il peut rajouter en supplément
un fonds de grève locale. Donc, ça, ça veut dire qu'il y a eu localement des
cotisations qui ont été récoltées pour faire ce fonds de grève supplémentaire,
qui est nécessairement plus petit que le fonds de grève nationale. Néanmoins...
Donc, le fait, dans une dans une négociation particulière d'un milieu de
travail particulier, qu'on sache c'est quoi, le Fonds de grève nationale de la
CSN, ça ne change absolument rien, dans le sens où c'est un fonds de grève
générale pour tout le monde. Par contre, que l'employeur sache c'est quoi, le
fonds de grève local, ça peut avoir une influence dans le rapport de force à la
table de négociation.
Alors, moi, je voulais m'assurer que cet
article-là, puis mon collègue de Saint-Jérôme pourra me le préciser, quand on
dit : Rendre des états financiers, ce n'est pas nécessairement les états
financiers intégral. On pourrait choisir de le moduler, ce qu'on rend public ou
non. Est-ce que c'est ça que lui entend, mon collègue de Saint-Jérôme, quand il
écrit, là... l'État financier, est-ce qu'il pourrait être le loisir d'une association
de dire : Oui, on rend les états financiers au complet, sauf, par exemple,
le fonds de grève local?
Le Président (M. Allaire) :
M. le député de Saint-Jérôme.
M. Chassin :Alors, moi, je suis d'accord avec ce point-là, parce qu'on
comprend, hein, dans un contexte où, des fois, l'information joue un rôle très,
très particulier dans un conflit de travail, bien, effectivement, moi, je pense
que, si on souhaite, par exemple, rendre les états financiers publics, mais
qu'il y a une information qui peut-être plus litigieuse, moi, je trouve que
c'est tout à fait normal, à ce moment-là, de dire : Bien, cette ligne-là,
on la laisse vide, ou on met un X, ou, tu sais... puis, comme ça, on ne dévoile
pas le montant. Puis c'est un peu logique dans un contexte de conflit de
travail anticipé ou même juste pour s'assurer qu'on ait, disons, de la
discrétion sur un élément. Puis, évidemment, on se comprend. Si quelqu'un se
disait : Bien, on va les rendre publics, mais on va enlever tous les
chiffres des états financiers, bien, ça n'a plus de sens.
Donc, je pense qu'à ce moment-là, c'est
vraiment dans un cas où il y a... tu sais, un cas précis, comme les fonds de
grève locaux, où est-ce qu'on se dit : Bien, on va prendre effectivement
cette voie-là parce qu'on veut avoir cette transparence-là. Puis, en même
temps, il y a un élément où est-ce qu'on va laisser le chiffre de côté, puis
c'est un peu logique.
Le Président (M. Allaire) :
Député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Donc, encore une
fois, bien, pour préciser, donc, on reconnaît la souveraineté des membres de
rendre publics ou non les états financiers, puis on reconnaît, par la même
occasion, la souveraineté de choisir si c'est tous les états financiers au
complet ou si on module une autre... une information ou une autre. On s'entend
bien là-dessus?
M. Chassin :Et donc, tu sais, je pense que ça, c'est important, mais
dans le sens où: Est-ce que les états financiers rendus publics sont un gros
bloc? Bien, c'est sûr que ce sont... c'est des états financiers. Si on veut
rendre public seulement un sommaire, bien, on ne dira pas «états financiers»,
on dira «sommaire».
• (10 h 30) •
Mais, à la fin, puis moi, c'est ça qui est
important, M. le Président, c'est que mon intention derrière un amendement
comme celui-là, c'est simplement de dire : Dans la vie démocratique d'une
association de travailleurs où on demande, avec le projet de loi n° 3,
de présenter des états financiers en instance, on consulte ensuite l'instance
sur l'opportunité de les rendre publics. Et donc s'il y a effectivement une
embûche, une information, moi, je pense que c'est tout à fait logique dans ce
cas-là, puis mon collègue d'Hochelaga-Maisonneuve l'a souligné, qu'on enlève...
10 h 30 (version non révisée)
M. Chassin :...enlève cette information-là, puis qu'on les rende
publiques néanmoins, je pense que c'est une belle voie de passage, mais le but,
c'est vraiment qu'on puisse, dans l'association, se prononcer, puis c'est
vraiment dans le cadre, justement, démocratique, là, c'est la souveraineté...
la souveraineté des membres qui... qui compte parce que c'est leur association
à la fin, et comme contribuables, ce n'est que façon... qu'une façon détournée qu'on...
qu'on y contribue par les crédits d'impôt ou par le cadre réglementaire. Mais
je suis prêt à mettre de l'eau dans mon vin, M. le Président, et à ne pas
obliger de rendre publics les états financiers systématiquement, je pense que c'est
aux membres que revient la parole d'abord et avant tout.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
D'autres interventions?
M. Leduc : Bien, j'aimerais
entendre, M. le ministre, là, voir s'il a la même lecture que nous sur cette...
cette flexibilité de ne pas rendre les états financiers intégralement publics.
Le Président (M. Allaire) :
Merci.
M. Leduc : Puis c'est
modulable en assemblée.
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Boulet : Oui, j'ai la... exactement
la même lecture. C'est une décision d'opportunité, c'est une décision qui est
rendue par la majorité des membres réunis lors d'une assemblée pour l'association
locale, et donc, oui, je comprends très bien l'intention que le collègue de
Saint-Jérôme a pour la présentation de cet amendement.
Le Président (M. Allaire) : Ça
va?
M. Boulet : Oui.
M. Leduc : Oui, on va pouvoir
passer au vote après, M. le Président, je voulais juste mentionner que je vais...
je vais m'abstenir de... Je ne vais pas déchirer ma chemise, là, je vois... j'y
vois quand même une espèce de microgestion, quand même, des assemblées
générales.
M. Boulet : Le moins possible.
M. Leduc : Mais je n'ai pas d'opposition
fondamentale...
M. Boulet : Non.
M. Leduc : ...avec le fait
que les membres puissent... je pense qu'ils peuvent déjà le faire, puis c'était
déjà possible qu'ils le fassent, ça fait que c'est pour ça que je trouve que c'est
de la microgestion de le préciser dans le Code, c'est quelque chose qu'ils
peuvent déjà faire. Cela étant dit, je n'ai pas de... je ne déchirerai pas ma
chemise là-dessus, ça fait que je veux juste... je veux juste expliquer mon
vote qui s'en vient dans deux, trois secondes.
Le Président (M. Allaire) : Parfait,
il n'y a pas de problème. D'autres interventions? M. le député de Saint-Jérôme.
M. Chassin :Dans le fond, c'est tout à fait légitime, parce que vu que
moi, je ne vote pas, bien, l'abstention contrebalance mon absence de vote, là,
c'est... c'est... c'est kif-kif.
Le Président (M. Allaire) : OK,
donc, s'il n'y a pas d'interventions, nous allons procéder à la mise aux voix
de cet amendement. Est-ce que l'amendement est adopté?
Une voix : ...
Le Président (M. Allaire) :
Par vote nominal? Par ... nominal, Mme la Secrétaire.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Boulet (Trois-Rivières).
M. Boulet : Pour.
La Secrétaire
: Mme Mallette
(Huntingdon).
Mme Mallette : Pour.
La Secrétaire
:
Mme Hébert (Saint-François).
Mme
Hébert
:
Pour.
La Secrétaire
:
Mme Jeannotte (Labelle).
Mme Jeannotte : Pour.
La Secrétaire
:
Mme Dorismond (Marie-Victorin).
Mme Dorismond : Pour.
La Secrétaire
: Mme Prass
(D'Arcy-McGee).
Mme Prass : Pour.
La Secrétaire
:
M. Leduc (Hochelaga-Maisonneuve).
M. Leduc : Abstention.
La Secrétaire
: M. Allaire
(Maskinongé).
Le Président (M. Allaire) : Abstention.
L'amendement est donc adopté et l'article 8.1 est donc adopté également.
Alors, on s'en va dans le prochain bloc.
M. Boulet : ...pour faire le
miroir avec la loi R20, là, qu'on a transmis au greffier, c'était exactement la
même affaire, mais...
Le Président (M. Allaire) : Alors,
on va suspendre les travaux quelques instants. Merci.
(Suspension de la séance à 10 h 33)
(Reprise à 10 h 35)
Le Président (M. Allaire) : Alors,
nous allons reprendre les travaux. Je m'excuse d'avance, je voulais aller trop
vite et sauter tout de suite au bloc Gouvernance, mais il y a un nouvel
amendement qui est déposé dans le bloc Transparence, donc, qui sera
déposé par la partie gouvernementale. M. le ministre, je vous cède la parole
pour déposer un amendement à 14.1.
M. Boulet : Merci, M. le
Président. Donc, c'est un amendement de concordance. Insérer, après l'article 14
du projet de loi, le suivant :14.1 Cette loi est modifiée par l'insertion,
avant l'intitulé du chapitre 8.1 de la Loi sur les relations de travail, la
formation professionnelle et la gestion de la main-d'œuvre dans l'industrie de
la construction de l'article suivant : 93.1.3 À chaque année, lors de la
présentation des états financiers visés à l'article 93.1.1, une association
visée au paragraphe A ou B du premier alinéa de l'article 1 et une
association de salariés affiliée à une association représentative...
M. Boulet : ...rendre publics
leurs états financiers, si elles sont autorisées par la majorité de leurs
membres qui exercent leur droit de vote. Une association visée au quatrième
alinéa de l'article 93.1.1 décide à chaque année s'il est opportun de
rendre ses états financiers publics.»
Simple concordance.
Le Président (M. Allaire) : Parfait.
Merci. Des interventions? S'il n'y a pas d'intervention, nous allons procéder à
la mise aux voix de cet amendement. Est-ce que l'amendement est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Allaire) : Adopté
par votre nominal, s'il vous plaît, Mme la secrétaire.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention, M. Boulet (Trois-Rivières)?
M. Boulet : Pour.
La Secrétaire : Mme Mallette
(Huntingdon)?
Mme Mallette : Pour.
La Secrétaire
: Mme Hébert
(Saint-François)?
Mme
Hébert
:
Pour.
La Secrétaire
: Mme Jeannotte
(Labelle)?
Mme Jeannotte : Pour.
La Secrétaire
: Mme Dorismond
(Marie-Victorin)?
Mme Dorismond : Pour.
La Secrétaire
: Mme Prass
(D'Arcy-McGee)?
Mme Prass : Pour.
La Secrétaire
: M. Leduc
(Hochelaga-Maisonneuve)?.
M. Leduc : Abstention.
La Secrétaire : M. Allaire
(Maskinongé)?
Le Président (M. Allaire) : Abstention.
L'amendement est donc adopté.
L'article 14.1 est donc adopté également. Donc, là, c'est vrai qu'on a
fini le bloc transparence, on s'en va au bloc gouvernance. M. le ministre,
l'article 1. Je vous fais la parole pour lecture et commentaires.
M. Boulet : Merci, M. le
Président.
L'article 13 du Code du travail est
modifié par l'ajout, à la fin, de l'alinéa suivant : «Nul ne doit user
d'intimidation ou de menaces à l'endroit d'un salarié qui exprime sa dissidence
lors d'une réunion ou d'un vote tenu par l'association accréditée qui le
représente.»
On a un amendement, est-ce que je le lis
tout de suite, M. le Président?
Le Président (M. Allaire) :
S'il vous plaît. Avec commentaires.
M. Boulet : Donc,
l'amendement.
Remplacer l'article 1 du projet de loi par le
suivant :
1. Le Code du travail est modifié par
l'insertion, après l'article 13, du suivant : «13.1. Nul ne doit user
d'intimidation ou de menaces à l'endroit d'un salarié qui s'exprime lors d'une
réunion ou d'un vote tenu par l'association accréditée qui le représente.»
Commentaires : donc, l'amendement
vise à interdire à quiconque d'user d'intimidation ou de menace à l'endroit
d'un salarié qui s'exprime. Je veux juste être clair, donc qui s'exprime, peu
importe qu'il manifeste ou non sa dissidence, lors d'une réunion ou d'un vote
tenu par l'association accréditée qui le représente.
Donc, vous allez voir, dans le bloc
gouvernance, on a fait les amendements que nous jugions opportuns suite aux
consultations particulières. Dans le cas présent, l'amendement découle des
commentaires de la CSD avec Luc Vachon, qui disait que... bien, la CSD
recommandait que l'interdiction ne soit pas seulement en cas de dissidence. Et
cet ajout, on le considère totalement pertinent. Ce que le président de la CSD
disait : toutes les formes de menaces ou d'intimidation se doivent d'être
éliminées, peu importe le contexte, les personnes visées ou la raison. Donc, le
sens de l'article 1 du projet de loi demeure le même, mais on enlève la
limitation découlant de l'intimidation. Donc c'est tout, il n'y a pas d'autre
commentaire, M. le Président.
Le Président (M. Allaire) : Parfait.
Merci, M. le ministre. Des interventions? M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Juste pour être
clair, quand on parle d'un salarié qui s'exprime lors d'une réunion ou d'un
vote, il faut qu'il soit membre, ce salarié-là, pour s'exprimer dans une
réunion ou un vote.
Le Président (M. Allaire) : Le
ministre.
M. Boulet : Oui, sauf si
c'est un vote qui est accessible à un non-membre.
M. Leduc : Comme quoi?
M. Boulet : Mais les votes qui
sont prévus dans le Code du travail sont généralement faits à scrutin secret
par les membres de l'association accréditée. Il y a seulement, plus tard on va
le voir, pour les cotisations facultatives, là, les non-membres peuvent
s'exprimer, mais dans le cas présent, ce à quoi on réfère, c'est le salarié qui
est membre.
M. Leduc : C'est pour ça que
vous avez choisi de ne pas mettre un membre?
M. Boulet : Exact.
M. Leduc : Parce que plus
tard, vous élargissez le vote de la cotisation...
M. Boulet : Aux salariés qui
n'est pas membre.
M. Leduc : Qui n'est pas
membre.
M. Boulet : Exact.
M. Leduc : Puis que là qui va
pouvoir participer à une assemblée? Vous parlez d'une réunion ou d'un vote?
M. Boulet : Il participe à un
vote.
M. Leduc : Comment ça va
marcher, ça? Tu vas... Parce que, tu sais, l'assemblée peut avoir plus qu'un
thème, il va-tu pouvoir assister aux points un, deux, trois sur X, Y affaire.
Puis là, au point cinq, c'est le vote...
M. Boulet : Il va avoir une
présentation...
M. Leduc : ou il va falloir...
ou il va attendre dans le corridor qu'on arrive au point 5 sur le vote de
la cotisation syndicale puis là il va pouvoir rentrer?
M. Boulet : On enlève le
72 heures et il va pouvoir voter pour les aspects où il est admis à voter.
• (10 h 40) •
M. Leduc : Non, mais vous
vous dites s'exprime lors d'une réunion ou d'un vote. Le vote, je comprends
surtout que c'est un vote post-assemblée, ça, c'est correct, mais une
réunion... Dans quel genre de réunion un non-membre peut participer?
M. Boulet : Bien,
souvenez-vous de la décision, là, dans Gaz Métropolitain, là, le terme
«réunion», c'est toutes les modalités possibles de réunion...
M. Boulet : ...officielle ou
officieuse, de facto ou spontanée. Il faut toutefois que la personne puisse
être habile à voter. Puis, dans le cas de la cotisation facultative, il a
24 heures. Ça fait qu'il va avoir la présentation puis il a 24 heures
pour voter, donc, tu n'es pas à la réunion, mais tu peux voter sur la
cotisation facultative.
M. Leduc : Ça fait que je
repose donc ma question : Cette réunion-là sur la cotisation, elle n'est
pas obligatoire d'être juste sur la cotisation, elle peut être sur d'autre
chose aussi.
M. Boulet : Bien non, bien
non, absolument.
M. Leduc : Puis là ça veut
dire que cette réunion-là, qui aurait deux thèmes, par exemple, la vie, la vie
syndicale générale, puis après ça, le vote sur la cotisation, dans la même
réunion, le salarié... ne peut pas assister à toute la réunion.
M. Boulet : Non, mais le vote
se déroule sur une période minimale de 24 heures.
M. Leduc : J'ai compris le
vote, je vous parle d'une réunion, parce que là on parle d'intimidation, de
menaces envers celui qui s'exprime lors d'une réunion.
M. Boulet : Oui, mais oui,
mais ça peut être différents types de réunion, là. Je ne comprends pas...
M. Leduc : Comme lesquels?
M. Boulet : Bien, si c'est une
présentation à l'assemblée générale annuelle de ce qui est contenu dans le
rapport sur l'utilisation des ressources financières, il y a des informations
relatives à la cotisation facultative et, après ça, le vote pour cet élément-là
se déroule sur une période minimale de 24 heures.
M. Leduc : Mais on vient juste
de voter que pour présenter puis voter, si on rend ça public, c'était les
membres, ce n'était pas les salariés. Le député de Saint-Jérôme, on vient juste
de voter son amendement. On faisait référence aux membres, pas aux salariés.
M. Boulet : Oui, mais là,
c'est le salarié, ici, à l'endroit d'un salarié, qui peut ne pas être membre.
M. Leduc : Bien non, mais il
ne peut pas assister à l'assemblée générale qui vote les états financiers.
M. Boulet : Bien, il n'y a pas
nécessairement une assemblée, là. Quand on dit, lors d'une réunion... Ce que je
dis, une réunion, c'est toutes les modalités possibles, là, ça peut ne pas être
une réunion formelle, là.
M. Leduc : Comme quoi? Parce
là on parle, évidemment, d'une réunion syndicale.
M. Boulet : Oui.
M. Leduc : Mais qu'est-ce
qu'un non-membre fait dans une réunion syndicale?
M. Boulet : Bien, ça peut être
une demande d'exprimer une opinion qui se fait par un vote. Et ce n'est pas
nécessairement dans le contexte d'une réunion que tu exprimes ton vote, ici,
«intimidation ou menaces à l'endroit d'un salarié qui s'exprime lors d'une
réunion ou d'un vote», donc, «qui s'exprime lors d'une réunion ou d'un vote»,
et ça peut être une réunion d'information. Mais ici, c'est un salarié qui peut
être membre ou non membre, qui s'exprime lors d'une réunion où il y a... ou
d'un vote. Donc, un vote, ça peut être un salarié qui est, donc, qui est
non-membre de l'association.
M. Leduc : Bien, à part
l'affaire que vous allez créer tantôt sur le vote...
M. Boulet : Je n'en vois pas
d'autre, je n'en vois pas d'autre.
M. Leduc : OK, puis là, sur la
réunion, de quelle réunion on parle ici.
M. Boulet : Bien, tout type de
réunion, ça peut être l'assemblée générale annuelle, c'est...
M. Leduc : Mais il n'est pas
invité, le non-membre à l'assemblée générale annuelle.
M. Boulet : Non. Regardez...
M. Leduc : Mais c'est une
question sérieuse.
M. Boulet : Là, relisons,
relisons le texte lentement : Un salarié qui s'exprime lors d'une réunion — il
n'est pas obligé de s'exprimer lors d'une réunion — qui s'exprime
lors d'un vote — donc, c'est «ou d'un vote», qui s'exprime — ne
doit pas faire l'objet d'intimidation ou de menace. S'il a 24 heures, pour
s'exprimer sur la cotisation facultative, bien il faut qu'il le fasse à l'abri
des menaces ou des intimidations.
M. Leduc : Tout le monde
s'entend, là, sur la menace, l'intimidation, ça n'a pas sa place. Il n'y a pas
un long débat là-dessus. Moi, ce que je trouve, c'est que votre texte porte à
confusion.
M. Boulet : Pas du tout, c'est
un ou l'autre, c'est lors d'une réunion ou d'un vote.
M. Leduc : Oui, mais de quelle
réunion on parle?
M. Boulet : Bien, le texte est
clair, une réunion d'information ou une réunion qui explique le rapport... la
cotisation facultative. Ça peut être n'importe quel type de réunion, et c'est
ce que la jurisprudence dit : Le terme «réunion» vise toutes les modalités
de réunion, qu'elle soit officielle, qu'elle soit officieuse, qu'elle soit de
facto, qu'elle soit spontanée. C'est un terme générique, puis ça a été rendu...
bien, c'est dans l'Alter Ego 2025, Syndicat des employés de Gaz Métropolitain
inc., c'est la CSN, et c'est une décision, et ça ne fait pas l'objet de
contestation, le concept réunion.
M. Leduc : Pourquoi on met ça
dans le Code du travail d'abord?
M. Boulet : Bien, pour
protéger le droit à la dissidence, mais, à la recommandation de la CSD, on
enlève le mot «dissidence», puis c'est toute forme d'expression. Il ne doit
pas... Dans le fond, je ne sais pas si on essaie... Il ne faut pas compliquer
ce qui ne l'est pas. On protège contre les menaces ou l'intimidation un salarié
lors d'une réunion, quelle qu'en soit la forme ou lors d'un vote, quelle qu'en
soit la forme. Puis le salarié, ce n'est pas que le non-membre, c'est aussi le
membre.
M. Leduc : M. le ministre,
vous me dites souvent qu'il ne faut pas compliquer les choses, mais force est
de constater que moi, ma théorie, c'est l'inverse. Votre projet de loi, à
plusieurs endroits...
M. Leduc : ...extrêmement
flou, puis je vous ai convaincu à plusieurs égards qu'il était flou. Vous avez
même des... prévu plein d'amendements, vous allez faire une version deux des...
puis je suis content de ça. Mais, tu sais, moi, je vous pose des questions
parce que je trouve qu'à plusieurs reprises vous... vous amenez du langage puis
des références à des concepts qui ne se retrouvent pas ailleurs dans le code,
qui sont flous. Une réunion... Là, vous dites une réunion spontanée. De quoi...
Une réunion spontanée comme quoi?
M. Boulet : Collègue, quand
même, vous savez qu'il y a des réunions pour expliquer le contenu de la
convention, qui va être suivi par un vote pour ratifier ou non la convention
collective de travail. Des fois, il y a des réunions qui portent sur le régime
de retraite ou des réunions d'explication. Le mot «réunion» n'a jamais fait
l'objet de contestations. C'est une décision qui date de longtemps et ça n'a
jamais fait l'objet... Puis il n'y a pas personne en consultations
particulières qui nous a dit que ce texte-là n'est pas clair. La seule
remarque, c'est de la CSD : il ne faut pas limiter ça à l'intimidation,
qu'il ne faut pas limiter ça à la dissidence. Donc, on protège les personnes
contre les menaces puis l'intimidation, c'est tout, point final. Moi, je considère
que c'est un texte qui est dans sa plus simple expression, mais on peut
diverger d'opinions, puis je respecte votre opinion, mais il ne faut pas
chercher, je pense, à susciter des problèmes d'interprétation ou d'application
là où il n'y en a pas. On a donné suite au commentaire du président de la CSD,
point final.
Une voix : ...
M. Boulet : Puis le mot
«réunion», il est utilisé dans le code, là.
M. Leduc : ...aux réunions
syndicales, des membres...
M. Boulet : Bien...
M. Leduc : ...puis là vous
élargissez aux salariés. C'est ça, ma question, M. le ministre, de quel genre
de réunion non...
M. Boulet : Bien, les
salariés, non, c'est un concept qui est défini dans la convention collective.
Le salarié, c'est tous ceux qui sont... qui sont parties de l'unité
d'accréditation syndicale. Je ne comprends pas pourquoi on l'élargit. On
protège les salariés. Le salarié, il est défini dans le premier article de
la... du Code du travail assez simplement, là.
M. Leduc : ...de me dire
qu'avant votre article les salariés n'étaient pas protégés contre la violence
et l'intimidation en milieu de travail, il n'y avait rien dans la... aucune loi
qui ne faisait rien de rien? Le Code civil...
M. Boulet : C'est la personne
qui travaille. Bien, c'est les personnes qui sont membres de l'unité
d'accréditation. Non, mais on vient le reconnaître formellement.
M. Leduc : Oui, bravo, mais,
je veux dire, c'était déjà interdit d'intimider quelqu'un sur un milieu de
travail, là. Le harcèlement psychologique, on a fait une loi là-dessus
ensemble.
M. Boulet : Donc, pourquoi ne
pas le confirmer?
M. Leduc : Parce que, là,
vous mettez un genre de cheval de Troie qui permet à un salarié de mettre le
pied dans les instances syndicales alors qu'il n'est pas membre.
M. Boulet : Pas du tout.
M. Leduc : Bien oui, c'est
exactement ça que vous faites.
M. Boulet : Pas du tout. Pas
du tout. Il ne doit pas...
M. Leduc : Vous faites
référence à une réunion.
M. Boulet : Non. Non. Mais là
vous faites une lecture qui, à mon avis, n'est pas compatible avec ce qui est
écrit. Nul ne doit user d'intimidation ou de menaces à l'endroit d'un salarié
qui s'exprime, c'est tout. Donc, si un salarié s'exprime... Je pense que c'est
de base. Tu t'exprimes, tu es protégé contre les menaces ou l'intimidation.
C'est aussi simple que ça. C'est ça, notre intention.
M. Leduc : ...il n'était pas
protégé?
M. Boulet : Il n'était pas là
de cette manière-là.
M. Leduc : Ce n'est pas ça,
ma question.
M. Boulet : Et c'est écrit...
M. Leduc : Il n'était pas
protégé avant?
M. Boulet : Bien, où il était
protégé? Avez-vous un article à me...
M. Leduc : Je ne sais pas.
C'est vous le ministre, là, c'est vous qui déposez ça.
M. Boulet : Non. S'il est là,
c'est parce que ça n'existe pas ailleurs, collègue. Si vous avez un autre
article...
M. Leduc : ...qu'il n'y avait
aucun recours? Quelqu'un qui vivait de l'intimidation... dans son milieu de
travail, il n'avait aucun recours?
M. Boulet : Est-ce qu'il y en
avait, des recours? Ma réponse, c'est : pas à ma connaissance.
M. Leduc : Bien, le
harcèlement psychologique.
M. Boulet : Le harcèlement
psychologique, est-ce que les critères sont rencontrés?
M. Leduc : Bien, une menace...
M. Boulet : Collègue... Je
n'ai pas d'autre commentaire, M. le Président.
Le Président (M. Allaire) :
Parfait. M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve, vous pouvez poursuivre. Ah! M.
le député de Saint-Jérôme. Allez-y, M. le député.
M. Chassin :Entendons-nous, on est dans la symbolique. On rajoute, dans
le Code du travail, l'article 13.1. Rappelons peut-être l'article 13 actuel,
hein : «Nul ne doit user d'intimidation ou de menaces pour amener
quiconque à devenir membre, à s'abstenir de devenir membre ou à cesser d'être
membre d'une association de salariés ou d'employeurs.» Ça fait qu'autrement
dit, là, c'était vraiment par rapport à adhérer ou pas. Puis là, bien, c'est
exprimer, donc, une dissidence ou une opinion majoritaire ou n'importe quoi, si
on s'exprime. Ça fait qu'autrement dit on est dans le symbole. Évidemment,
comme on précise que c'est lors d'un vote ou d'une réunion, bien, si on
s'exprime dans une lettre ouverte, est-ce qu'on peut être menacé ou intimidé?
Bien, je pense que non, mais, évidemment, là on est dans le symbole, on rajoute
ça, là, c'est quelque chose qu'on veut absolument souligner, puis c'est de
cette nature-là. Par ailleurs, la partie réunion, je la comprends très bien,
là, je n'ai pas... je n'ai pas d'enjeu là-dessus, mais je suis... je suis
d'accord avec mon collègue d'Hochelaga-Maisonneuve, on est dans la symbolique.
• (10 h 50) •
Le Président (M. Allaire) : Merci.
D'autres...
M. Chassin :
Allons-y.
Le Président (M. Allaire) :
...d'autres interventions? M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve...
M. Leduc : ...un temps de
rédaction pour un amendement, M. le Président.
Le Président (M. Allaire) :
Pas de problème. On va suspendre les travaux quelques instants. Merci.
(Suspension de la séance à 10 h 51)
11 h (version non révisée)
(Reprise à 11 h 06)
Le Président (M. Allaire) : Alors,
nous allons reprendre les travaux. M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve souhaite
déposer un sous-amendement. Je vous cède la parole pour lecture et
commentaires.
M. Leduc : Merci, M. le
Président. Dans l'article 13.1 du Code du travail, tel que modifié par l'amendement
de l'article 1 du projet de loi, remplacer les mots «des salariés» par «un
membre».
Ajouter, à la fin, l'alinéa suivant :
«Nul ne doit user d'intimidation ou de menaces
à l'endroit d'un salarié qui s'exprime lors d'un vote tenu par la... sur la
cotisation syndicale.»
Je m'explique. Comme je le disais
précédemment, moi, je m'inquiète qu'on puisse utiliser, donc, son article pour
élargir et donner un genre de droit d'un salarié à assister à des instances
syndicales, ce qui n'est pas normal, ce n'est pas supposé être comme ça. Quand
on assiste aux instances syndicales, c'est qu'on est membre en règle du
syndicat, on a signé une carte de membre. Le ministre veut, plus tard,
inventer, là, la cotisation facultative, le vote. Je ne suis pas d'accord avec
ça, mais j'essaie de mettre mon sous-amendement pour que ça puisse concorder
avec son intention, alors ce que je fais, c'est que je reviens à l'original.
Donc, je ne fais pas référence à un salarié qui... à des réunions, je fais
référence à un membre qui assiste à des réunions ou à un vote, ça fait que ça
garde le même esprit que son 13.1 original. Et, comme le ministre veut élargir
au salarié qui aura un rôle dans son projet de loi pour voter lors des
cotisations syndicales, bien, je rajoute un petit alinéa en disant : «Nul
ne doit user d'intimidation ou de menaces à l'endroit d'un salarié qui s'exprime
lors d'un vote tenu sur la cotisation syndicale.»
Le Président (M. Allaire) : Merci.
M. le ministre.
M. Boulet : Oui, peut-être
des commentaires ou des questions. Quid d'un salarié qui n'est pas membre, qui
fait partie de l'unité d'accréditation syndicale et qui participe à une réunion,
formelle ou informelle, sur, par exemple, les tenants et aboutissants du régime
de retraite, sur d'autres types d'informations? Parce que, des fois, c'est des
réunions d'information.
Pourquoi limiter la protection d'une
personne qui est un salarié non membre de l'unité d'accréditation syndicale à
un vote sur une cotisation syndicale? Je la comprends, mais moi, si j'étais
dans la peau de représentants syndicaux ou de centrales syndicales... On n'a
pas eu aucun commentaire, durant les consultations particulières, sauf de la
CSD. Ça fait que j'ai l'impression que c'est limiter la protection que vous
pensez octroyer à une personne qui est salariée, donc comprise dans l'unité
mais qui n'est pas un membre du syndicat. C'est comme un deux poids, deux
mesures, et j'y vois une forme de pénalité puis d'incitatif à devenir membre de
ce syndicat-là. Bien, parce que tu ne bénéficies pas de la même protection, tu
bénéficies d'une protection, mais uniquement lors d'un vote. Donc, s'il y a une
réunion d'information où il n'y a pas de vote et tous les salariés sont
présents, tu peux être victime de menaces ou d'intimidation, mais je le vois...
Bien, si vous étiez législateur, je vous poserais ces questions-là, M. le... M.
le collègue d'Hochelaga-Maisonneuve, pour qui j'ai énormément de respect, mais
vous multipliez les risques d'interprétation et d'application, alors que c'était
supersimple. On parle d'une réunion ou d'un vote. Donc, un salarié, il peut ne
pas voter mais participer à une réunion d'information, et là on vient le priver
de la protection contre des menaces ou de l'intimidation.
• (11 h 10) •
C'est mon commentaire. Je ne sais pas si
vous l'aviez... vous aviez vu ça comme ça, là. Tu sais, dans le fond, ça ne
vient pas permettre à un salarié qui est non membre d'assister et de voter, c'est...
on dit «une réunion ou un vote». Ça fait que je le répète, moi, ce que vous m'envoyez,
comme message, c'est que la personne qui n'est pas membre du syndicat a moins
de protection contre les menaces et intimidations. Tu en as une seulement quand
tu votes. Mon Dieu! À chaque fois que je vais faire partie ou je vais être là
quand il y a une réunion d'information ou de quoi de très informel, vous pouvez
me menacer ou m'intimider. Je...
M. Boulet : ...protégé.
C'est un mauvais message, selon moi, puis ce n'est pas votre intention. Je vous
connais trop pour ça.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Vous l'avez
dit vous-même tantôt, M. le ministre, qu'ils sont déjà protégés, tout le monde,
contre la violence et l'intimidation.
M. Boulet : Bien...
M. Leduc : Vous avez
expressément dit que cet article-là, ce n'était pas comme, il n'y avait pas
zéro protection en ce moment, puis que, là, vous venez sauver les gens avec
votre article 13.1. Ce n'est pas comme ça que ça marche, là.
M. Boulet : ...bien, c'est
parce qu'il y a la notion de harcèlement, là, avec ses critères particuliers, à
ce que ça pourrait s'appliquer dans un contexte comme ça, mais ici, on réfère
spécifiquement à la menace et à l'intimidation, puis c'est parce qu'on va
introduire, après ça, à l'article suivant, une disposition pénale pour faire le
miroir avec ce qu'il y a dans la R-20, pour s'assurer qu'il y ait une symétrie
entre les deux, entre les deux infractions, tant en vertu du Code du travail que
de la R-20. Je comprends votre intention, qui est probablement légitime, mais
moi, si j'étais un salarié compris dans une unité, je ne serais pas content de
cet amendement-là. Puis c'est ma perception.
M. Leduc : Bien, je
reprends votre argumentaire, M. le ministre, puis pourquoi vous n'avez pas
écrit, dans le fond, un article? Est-ce que votre article original protège un
salarié contre la violence et l'intimidation qui est ni dans une réunion, puis
qu'il n'est pas en train de voter? Ça fait que ça veut dire qu'il peut se faire
intimider dans le reste de la journée.
M. Boulet : Non, mais
chaque cas est un cas d'espèce. S'il y a du harcèlement ou des violences, vous
le savez, vous connaissez la loi santé sécurité. Vous connaissez la loi sur les
accidents, la Loi sur les normes du travail, c'est du cas par cas, ça dépend
des faits, c'est vraiment des situations d'espèce. Là, ici, on vient prévoir
spécifiquement qu'il peut s'exprimer lors d'une réunion, lors d'un... ou lors
d'un vote, sans s'exposer à des menaces ou de l'intimidation. C'est aussi
simple que ça.
M. Leduc : Mais, puis le
reste de la journée, lui? Il peut-tu s'exprimer pareil, même si ce n'est pas
une réunion ou un vote?
M. Boulet : C'est du cas
par cas. Là, on vient...
M. Leduc : Mais là, il est-tu
protégé s'il s'exprime...
M. Boulet : ...là, on
s'intéresse aux réunions ou au vote, si c'est dans le cadre de son travail, si
c'est par le fait ou à l'occasion de son travail, ou dans un contexte où les
cinq critères permettant d'établir du harcèlement psychologique ou du
harcèlement sexuel ou des violences à... Tu sais, vous les connaissez, là, les
situations. Mais là, on s'intéresse à la possibilité de quelqu'un de s'exprimer
sans s'exposer à des menaces ou intimidations. C'est, je pense, c'est le
meilleur résumé que je peux faire.
Le Président (M. Allaire) : M.
le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : La seule
place, là, qu'on fait référence à une réunion de manière explicite dans le
Code, il y a trois occurrences, là, les deux autres, c'est en référence à un
chantier de construction, je pense, ou de foresterie, mais le seul qui est
important, c'est l'article 6 : «Une association de salariés ne doit
tenir aucune réunion de ses membres au lieu du travail sauf si elle est
accréditée et du consentement de l'employeur.»
Ça fait que la seule fois qu'on en parle,
à l'article 6, on fait référence aux membres. Donc, la réunion de ces
membres, c'est peut-être informel, comme le ministre... ça peut être informel,
comme le ministre le laisse entendre, mais on fait référence explicitement aux
membres. Mais là, vous élargissez ce concept-là de réunion qui est très large,
là. Ça peut être à la fois une assemblée...
M. Boulet : Mais si vous
voulez qu'on...
Le Président (M. Allaire) :
...juste laisser finir le député. Merci.
M. Boulet : ...Oui, OK.
M. Leduc : ...ça peut
être à la fois une assemblée syndicale, à la fois un texto où on se voit dans
la cour, mais on se voit à la pause midi pour jaser de tel... Je veux dire, ça
peut être un comité de santé-sécurité, ça peut être une réunion, là, c'est
extrêmement large, puis la majorité du temps, c'est réservé aux membres. Là,
vous, vous ouvrez la possibilité à ce qu'un salarié puisse assister à une réunion
syndicale avec votre article. Ça peut être interprété comme ça. Moi, je veux
fermer cette porte-là. Vous comprenez mon intention? Alors, peut-être que ce
n'est pas le bon chemin pour clarifier la situation. Peut-être qu'on pourrait
juste dire : «Nul ne doit utiliser de l'intimidation ou de menaces à
l'endroit d'un salarié.» Point. Puis si on arrête de faire référence au concept
de réunion, tout le monde est protégé tout le temps puis ça va être parfait.
C'est-tu mieux comme ça?
Le Président (M. Allaire) :
M. le ministre.
M. Boulet : Bien, vous
mentionnez, dans la majorité des cas, ce ne sont que les membres, mais ce n'est
pas la totalité des cas, d'une part. Puis deuxièmement, je réfère à la
jurisprudence qui dit : le terme réunion, c'est officiel, officieux, de
facto, spontané, toutes les modalités possibles. Et, je le répète, il y a
beaucoup de rencontres ou de réunions d'information. Ce que vous avez peur,
c'est que ça donne le droit à des non-membres du syndicat de participer à des
réunions, alors que les non-membres participent à des réunions de facto, de
facto. On le sait. Et ce n'est que de les protéger contre des menaces ou
intimidations. Ce n'est pas de créer un droit pour les non-membres. Et là, vous
créez un régime à deux vitesses. Quand tu es membre, tu bénéficies d'une
meilleure protection contre les menaces et intimidations, alors que quand tu es
non-membre, tu n'en bénéficies que lors de l'exercice d'un vote. Et c'est ça
que je ne comprends pas. C'est ça que je ne peux pas accepter.
On peut peut-être suspendre, on va
voir....
M. Boulet : ...si on peut le
libeller...
M. Leduc : Bien, j'ai une
autre idée que je peux vous soumettre, en effet. Si on suspendait, je vais...
je vais vous en parler.
M. Boulet : OK. On va vous
écouter.
Le Président (M. Allaire) : On
va suspendre les travaux quelques instants, merci.
(Suspension de la séance à 11 h 16)
11 h 30 (version non révisée)
(Reprise à 11 h 34)
Le Président (M. Allaire) : Alors,
nous allons reprendre les travaux. J'ai d'abord besoin de votre consentement
pour retirer le sous-amendement déposé par le député d'Hochelaga-Maisonneuve, est-ce
que j'ai votre consentement? Excellent. J'ai votre consentement. Donc, le sous-amendement
est retiré.
M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve, vous
souhaitez en déposer un nouveau. La parole est à vous.
M. Leduc : Oui. Ça va comme
suit : Insérer dans l'article 1 du projet de loi et après d'un
salarié ou, le cas échéant, d'un membre.
Ça donne... ça donne le texte suivant :
13.1. Nul ne doit user d'intimidation, de menace à l'endroit d'un salarié ou,
le cas échéant, d'un membre qui s'exprime lors d'une réunion ou d'un vote tenu
par l'association accréditée qui le représente.
C'est un peu le fruit donc d'une... d'un
dialogue fructueux avec le ministre pour préciser l'intention qu'en effet un
membre n'est pas... L'article qu'il introduit ne donne pas accès à un membre à
une assemblée syndicale en bonne et due forme. Je pense que le ministre avec
moi sera d'accord là-dessus. Évidemment, on peut toujours être invité, il peut
toujours y avoir théoriquement une assemblée syndicale ouverte. Je n'ai pas vu
ça souvent, ça peut exister. Cela étant dit, 13.1 n'aura pas comme effet de... on
ne pourra pas brandir... Un salarié qui est nommé membre d'un syndicat ne
pourra pas brandir 13.1 pour dire : Je veux et j'exige d'assister à cette assemblée
syndicale en vertu de 13.1. Juste clarifier que le ministre est d'accord avec
moi là-dessus.
Le Président (M. Allaire) : Ça
va? Merci. M. le ministre.
M. Boulet : Bien, absolument.
En fait, ce n'est certainement pas d'exclure les salariés qui ne sont pas
membres de la protection qui est contenue dans cet article-là, quand ils
participent à des réunions formelles ou informelles, mais de nature de l'information
concernant différents sujets. Et cependant je suis d'accord qu'il y a des
réunions qui ne sont accessibles qu'aux salariés qui sont membres du syndicat
et donc ça introduit la distinction entre les deux, là. Moi, ça m'apparaît tout
à fait correct et clair.
Le Président (M. Allaire) : Interventions?
S'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons procéder à la mise aux voix de
ce sous-amendement...
Le Président (M. Allaire) : ...Est-ce
que le sous-amendement est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Allaire) :
Adopté. Parfait. Ça va? Donc, on poursuit. On revient donc à l'amendement
sous-amendé. Est-ce qu'il y a des interventions sur le sous-amendement... sur l'amendement,
pardon? Oui, M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : C'est une question
d'application. Donc là, on a dit tantôt que, l'intimidation et la menace, on
fait toujours référence, donc, à réunion et à vote, puis là on vient clarifier
le membre, non-membre. Ça, c'est bon, c'est réglé. Mais, si l'intimidation et
la menace a lieu, par exemple, après la... la réunion est terminée, les salariés
retournent dans leur poste de travail puis là il se passe de l'intimidation,
est-ce que ça couvre quand même si c'est après la réunion?
M. Boulet : Non, ce qu'on
dit, c'est : Lors d'une réunion ou d'un vote. Tu sais, là, ça, ce serait
d'autres situations. Ça pourrait être du harcèlement, ça pourrait être un
événement imprévu et soudain survenu par le... Non. En fait, la réponse simple,
c'est non.
M. Leduc : Ça fait que, même
si ça fait référence ou ça découle d'une réunion, si elle n'a pas eu lieu dans
les heures précises de la réunion...
M. Boulet : Bien, ce sera une question
de preuve, là, mais le libellé, si on l'interprète littéralement, c'est non.
Si, évidemment, on prend compte de l'esprit de cet article-là, il pourrait y
avoir une preuve, là, selon moi, là.
M. Leduc : Puis, quand on
dit : Le vote, on va le voir tantôt, mais c'est un vote qui s'étale sur un
certain nombre d'heures. Ça fait que c'est la même chose, c'est dans le cadre
de ces heures-là?
M. Boulet : Oui. En fait, ça
protège l'expression de la personne, ça protège la liberté et le droit aux
salariés ou aux membres de s'exprimer.
M. Leduc : Ça fait que, si,
mettons, la semaine après le vote, il y a une jasette, puis là, ah, j'apprends
que tu as voté d'un bord ou de l'autre, puis là il y a... là il y a de
l'intimidation, vu que c'est postvote, l'article 13.1, en tout cas, ne
s'active plus.
M. Boulet : Bien, le littéral,
non, mais, si c'est consécutif, c'est corollaire, c'est sûr que le sens de l'article,
c'est de protéger contre les menaces ou l'intimidation lors d'un vote, et ça,
ce sera une question de preuve, là, puis je ne veux pas embarquer dans ce
détail-là, là.
M. Leduc : Parce qu'il me
semble que ça aurait été plus intéressant, que ça soit libellé de manière plus
large puis, au pire, qu'on puisse dire «notamment lors d'une réunion ou d'un
vote», comme ça, ça ne serait pas exclusif.
M. Boulet : Non. Non, c'est...
pas d'autre commentaire.
Le Président (M. Allaire) :
...
M. Leduc : Bien, c'est parce
que, si on veut protéger contre l'intimidation et la menace, qui est un dossier
sérieux, puis qu'il y a un... puis ce qui... que la source d'un conflit, c'est
un vote tendu où, bien, le thème du vote, il a lieu probablement en amont, parce
qu'on prépare le vote, il a lieu pendant le vote, bien évidemment, le 13.1
s'active, mais il peut avoir lieu le lendemain, le surlendemain, la semaine
d'après, puis là on ne pourrait plus clairement évoquer 13.1. Tandis que, si on
l'avait libellé en disant : Nul ne doit user d'intimidation ou de menaces
à l'endroit d'un salarié qui s'exprime, point, notamment lors d'une réunion ou
d'un vote tenu par l'association accréditée qui le représente, là on aurait
couvert tout le monde tout le temps, puis on aurait précisé qu'évidemment on...
quand on écrit ça, c'est... on pense particulièrement à des réunions ou des
votes, mais que ce n'est pas durant la tenue précise et chronométrée du vote ou
de la réunion.
M. Boulet : Je n'ai pas de commentaire.
Le Président (M. Allaire) :
Parfait. M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Bien là, j'aurais
fait l'amendement pour préciser «notamment», mais là le ministre dit qu'il ne
veut pas élargir, ce qui m'étonne parce que je pense que son... je pensais que
son ambition, c'était de couvrir puis de bloquer l'intimidation le plus
possible. Là, en n'étant pas plus... plus général, on va devoir mettre une
espèce de fardeau supplémentaire à une personne qui aura vécu de l'intimidation
mais, après le vote, mettons, de devoir prouver que ça découle du vote puis
que, même, 13.1 doit être... doit être interprété de manière plus large. Je ne
suis pas sûr qu'on soit le plus efficace possible avec ça, mais, si le ministre
ne veut pas aller là-dessus, c'est son... c'est son projet de loi.
M. Boulet : Moi, pour moi, le
texte est assez clair, là : Qui exprime une opinion. On avait «sa
dissidence lors d'une réunion ou d'un vote». Là, ça concerne la réunion ou le
vote. Mais moi, ça m'apparaît suffisamment clair. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Allaire) :
D'autres interventions? S'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons
procéder à la mise aux voix de cet amendement. Est-ce que l'amendement est
adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Allaire) :
Adopté. Parfait. Donc, on poursuit à l'article 1 qui est maintenant
amendé. Est-ce que les interventions sur l'article un tel qu'amendé?
M. Leduc : ...
Le Président (M. Allaire) : On
vient juste de l'amender, amender et sous-amender. Oui.
M. Leduc : Ah oui! C'est beau.
Le Président (M. Allaire) :
Donc, s'il n'y a pas d'intervention, nous allons procéder à la mise aux voix de
l'article 1 amendé. Est-ce que l'article un, tel qu'amendé, est adopté?
Des voix : Adopté.
• (11 h 40) •
Le Président (M. Allaire) :
Adopté. Excellent. Parfait. Alors, j'ai compris que la partie gouvernementale
souhaitait déposer un amendement. Donc, nous, on va l'afficher, un amendement
qui est... qui est écrit, en principe, 8.1. Alors, on va faire une correction
de forme. Ça va être 8.2, Mais, à l'écran, vous allez voir 8.1. Ça ne sera pas
tellement long...
Le Président (M. Allaire) : ...alors,
il s'affiche. Comme vous voyez, c'était inscrit 8.1, mais on va le... faire une
correction de forme, comme je viens de dire. M. le ministre, je vous cède la
parole pour votre amendement, lecture et commentaires.
M. Boulet : Oui. Merci, M. le
Président : Insérer, après l'article huit du projet de loi tel qu'amendé,
le suivant :
«8.2. Ce code est modifié par l'insertion,
après l'article 143, du suivant :
«"143.0.1. Quiconque contrevient à
l'article 13.1 commet une infraction et est passible, pour chaque jour ou
fraction de jour pendant lequel dure l'infraction, d'une amende de
2 500 $ à 25 000 $."»
Commentaires : Donc, c'est l'introduction
de l'infraction pénale dans le Code du travail en ce qui concerne
l'interdiction d'user d'intimidation, une menace à l'endroit d'un salarié ou
d'un membre, là, avec l'amendement, en concordance, là, avec l'amendement
apporté à l'article un du projet de loi qui introduit l'article 13.1 du
code. C'est tout. Merci.
Le Président (M. Allaire) : ...des
interventions? M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Bien, je pense que
c'est quand même important que le ministre précise c'est quoi, les autres
options aussi. Parce que, là, on a eu une discussion à l'instant sur
l'ouverture ou pas de la couverture. Le ministre a choisi de la limiter au
temps chronométré des réunions et des votes. Là, je comprends que découle donc
une... logiquement, si on adoptait une interdiction comme ça, qui a une... qui
a une conséquence pénale, c'est logique. Mais c'est quoi, les autres options
d'une personne qui vivrait de l'intimidation en dehors de la réunion ou de...
le vote? Qu'est-ce que peut faire une personne?
M. Boulet : ...options?
M. Leduc : Une personne qui
vit de l'intimidation en dehors du vote ou de la réunion puis qui ne pourra pas
activer 143.0.1, qu'est-ce qu'il peut faire?
M. Boulet : Bien, c'est
certain qu'il y a la Loi sur les normes du travail, la Loi sur la santé et
sécurité du travail, les lois que vous connaissez, où vous avez contribué à
leur adoption. Mais ici, là, sans faire tous ces débats-là, je vous réfère à
l'article 119, là, de la loi R-20 : «Quiconque contrevient»...
En fait, c'est une symétrie avec la loi R-20 : «Quiconque contrevient
notamment à 101, à 102», puis c'est 101 qui réfère à l'intimidation. Puis c'est
passible d'une amende de 2 000 $ à 25 000 $. Donc, c'est
une symétrie ou une concordance avec ce qui est contenu dans la loi R-20.
Mais, pour les autres situations, je le répète, c'est vraiment des cas
d'espèce, puis c'est circonstanciel, puis ça dépend de la preuve qui est
soumise, là, par la personne qui est victime de menaces, d'intimidation ou de
harcèlement ou de circonstances particulières dans le contexte du travail.
M. Leduc : Et votre nouvelle
disposition pénale, est-ce qu'elle se superpose à un éventuel recours à LNT ou
en LSST ou il faut choisir?
M. Boulet : Bien, c'est...
c'est parallèle.
M. Leduc : Il peut avoir les
deux?
M. Boulet : C'est parallèle.
Ici, on réfère à une infraction pénale. Est-ce que, puis là, c'est
superhypothétique, est-ce que ce qui est ici, qui engendre une infraction pénale
et donc une pénalité, exclut la personne du droit de faire une réclamation à la
CNESST? Non, si la preuve est faite puis que les critères d'admissibilité sont
rencontrés.
Le Président (M. Allaire) : M.
le député de Saint-Jérôme souhaite intervenir après vous.
M. Leduc : Peut-être juste
terminer sur cette séquence-là, M. le Président. Est-ce que... Je suis moins
familier avec les dispositions pénales du code. Ça, c'est le TAT qui va
trancher ça?
M. Boulet : Non. Ici, la
disposition, c'est comme toutes les autres dispositions pénales, Cour du
Québec.
M. Leduc : Cour du Québec.
M. Boulet : Puis, tu sais,
c'est sûr, ce n'est pas la même réalité aussi, collègue. Vous le savez très
bien, là. Ici, c'est le syndicat qui pourrait être assujetti au paiement de
l'amende et responsable de l'infraction, alors qu'une réclamation à la CNESST
pour un accident de travail, c'est l'employeur qui pourrait être...
M. Leduc : Mais pourquoi vous
dites : Un syndicat, un... Tantôt, ce qu'on a voté, ça ne s'adressait
pas...
M. Boulet : Bien, c'est
«quiconque». Ça pourrait. Ça pourrait.
M. Leduc : Mais ça pourrait
être un patron aussi.
M. Boulet : Ça pourrait. Ça
pourrait. Il n'y a rien qui empêcherait que ça puisse l'être.
M. Leduc : Moi, j'en ai déjà
vu, des intimidations de vote, notamment dans des votes d'accréditation...
d'intimidation patronale, je veux dire. Ça existe aussi?
M. Boulet : Totalement. Oui.
Oui.
M. Leduc : On est d'accord.
Parfait. Ça fait que tout le monde... tout le monde est protégé, pas juste
contre les méchants syndicats, là.
M. Boulet : Oh! il y a des
méchants partout.
M. Leduc : C'est bon.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
M. Boulet : Mais il y a
surtout des...
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Merci. M. le député de Saint-Jérôme.
M. Leduc : Juste... Si
vous...
Le Président (M. Allaire) : Oui.
Ah, excusez-moi, allez-y.
M. Leduc : Juste pour bien
comprendre. Donc, ça, c'est à la Cour du Québec. Et le fait qu'on puisse
éventuellement avoir deux trucs parallèles, donc à la fois une amende pénale à
la Cour du Québec et un recours en LNT ou LSST au TAT, il n'y a pas un des deux
qui va dire : Ah! bien là, vu que tu as déjà une amende, je te... je
laisse tomber ton dossier...
M. Leduc : ...ou vice versa?
M. Boulet : Non, non, non,
absolument pas. C'est des recours qui cheminent parallèlement.
M. Leduc : Ils peuvent se
superposer, ils se... OK. Parfait, merci.
Le Président (M. Allaire) :
Merci, M. le député de Saint-Jérôme.
M. Chassin :J'aimerais aborder, bien, un sujet sensible, mais dans mon
projet de loi n° 993, que j'ai déposé le
30 avril dernier, il y avait un petit peu cette idée de... dans le fond,
d'être certains, là, qu'on n'intimide pas pour des opinions, un membre d'un
syndicat, puis là, ici, il y a donc, effectivement, une infraction et une
clause pénale. J'essaie de voir, dans un cas où... comme celui de Michel
Jutras, est-ce que c'est, par exemple, un type d'infraction qui serait couvert
par cette clause pénale là spécifiquement, compte tenu du fait que, par
exemple, on a appris, au SCFP, que M. Jutras avait écrit et communiqué avec des
sénateurs canadiens pour leur dire son appui à une loi spéciale pour le retour
au travail au port de Montréal. J'essaie juste de voir, là, est-ce que, selon
le ministre, cet article-là s'applique dans un cas comme celui de Michel Jutras.
M. Boulet : En fait, puis je
ne me prononcerai pas sur le cas auquel vous faites référence, je ne connais
pas assez la preuve qui pourrait être présentée devant le tribunal, mais là,
ici, on ne fait que créer la pénalité, en concordance avec ce qui existe dans
la loi R-20, puis la nature de l'infraction, c'est ce qu'on vient d'adopter
dans l'article précédent. Donc, la question à laquelle... qui est une question
intéressante, est ce que l'article qu'on a adopté précédemment s'appliquerait
dans le cas de Daniel Jutras, c'est une question intéressante, mais je ne
serais pas en mesure de me substituer en juge, puis le dire. Mais c'est...
M. Chassin :
C'est ça.
M. Boulet : ...c'est
intéressant de le soulever.
M. Chassin :Puis là, peut-être juste... puis je ne veux pas faire un
débat là-dessus, là, ce n'est vraiment pas mon intention... dans un cas où le
tribunal a ordonné de cesser l'intimidation, je pense qu'il y aurait
probablement une poignée, là, je... je le dis comme ça, mais une poignée
d'intervention dans une telle clause. Moi, c'est ça qui fait que je la vois de
manière positive pour régler une injustice, parce qu'il y a eu injonction du
tribunal puis... puis, évidemment, ça n'a pas été particulièrement respecté du
point de vue de certaines personnes dans... des proches, là, de M. Jutras,
avec... Évidemment, j'espère que ce soit le cas, je l'exprime ici, M. le
Président, et c'est tout.
Le Président (M. Allaire) : Parfait.
D'autres interventions sur cet amendement? S'il n'y a pas d'autre intervention,
nous allons procéder à sa mise aux voix. Est-ce que l'amendement est adopté?
M. Boulet : Adopté.
Le Président (M. Allaire) : Parfait,
merci. Donc, l'amendement est adopté. L'article 8.2 est adopté également. Donc,
on poursuit le bloc de gouvernance, on s'en va à l'article 2. M. le ministre,
je vous cède la parole pour lecture et commentaires.
M. Boulet : Oui, merci, M. le
Président :
Ce code est modifié par l'insertion, après
l'article 20.1, du suivant :
«20.1.1. Le montant de la cotisation
principale ne peut être établi ou modifié qu'après avoir été autorisé au
scrutin secret par un vote majoritaire des membres de l'association accréditée
qui sont compris dans l'unité de négociation et qui exercent leur droit de
vote.»
Donc, commentaire. Donc, ça prévoit que la
cotisation principale doit être autorisée au scrutin secret, par un vote
majoritaire... qui exercent leur droit de vote, qui sont compris dans l'unité,
donc les nouvelles associations qui établissent leur cotisation ou les
associations existantes qui souhaitent modifier le montant de leur cotisation.
Donc, c'est tout, je n'ai pas d'autre commentaire à ce stade-ci, c'est très
simple.
Le Président (M. Allaire) : Parfait.
Merci, M. le ministre. Avant qu'on poursuive, j'ai besoin de votre consentement
pour permettre à la députée des Mille-Îles de remplacer la députée de Jeanne-Mance—Viger.
Est-ce que j'ai votre consentement?
Des voix : ...
Le Président (M. Allaire) :
Parfait, on a consentement, et je voudrais l'entendre un peu mieux.
Consentement?
Une voix : ...
M. Boulet : Consentement, oui.
Le Président (M. Allaire) : Merci,
c'est gentil. Donc, alors, est-ce qu'il y a des interventions sur l'article 2?
M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
• (11 h 50) •
M. Leduc : Juste pour être
certain, M. le ministre, donc, il n'y a... il n'y avait aucune référence, dans
le code, à la cotisation, préalablement? Comment il est établi la cotisation,
au moment où on se parle, en fonction du code?
M. Boulet : Bien, allons voir
à 47, là. C'est le montant, retenu par l'employeur, qui est établi par le
syndicat, puis donc le vote porte là-dessus, sur l'établissement de la
cotisation...
M. Boulet : …principale dans
le cas d'une association nouvellement accréditée, puis dans le cas d'un
changement pour une association existante.
M. Leduc : Ouais. Ma question
c'est : Est-ce que, dans le code, c'était précisé que le montant de la
cotisation était adopté en assemblée au moment…
M. Boulet : Non, non.
M. Leduc : Puis, à votre
connaissance, c'était fait comment?
M. Boulet : Non, c'était
purement établi par le syndicat. C'est ça qu'on appelle la formule Rand. C'est
le montant que l'employeur est contraint de retenir à la source, montant établi
par le syndicat.
M. Leduc : Là, on parle de
cotisations, on entre dans le grand thème des cotisations dites «principales»,
là, c'est la première fois, je pense, qu'on…
M. Boulet : Oui, c'est
seulement la principale ici.
M. Leduc : C'est la première
fois qu'on y fait occurrence dans le projet de loi, là.
M. Boulet : Non, non, il n'y
a pas d'amendement. Il était là dans le projet de loi initial.
M. Leduc : Non, non. Je veux
dire, c'est ça, c'est là, dans l'ordre de traitement des articles, c'est la
première fois qu'on ouvre le dossier de la cotisation dite «principale».
M. Boulet : Bien, c'est dans
le bloc gouvernance, puis c'est assez simple, là. C'est…
M. Leduc : Vous avez fait
référence, la semaine dernière, à une nouvelle version des… de la mise en
application de ça, c'est dans un autre bloc que vous voulez nous présenter ça?
M. Boulet : Excusez-moi, vous
dites?
M. Leduc : Alors, la semaine
passée, dans nos échanges, vous avez fait référence au fait que vous aviez fait
une deuxième version des cotisations principales, de ce que ça voulait dire
puis comment ça va être appliqué.
M. Boulet : Ah! Ça, ça va
être dans le bloc démocratie et on aura des amendements à présenter quand on
aura fini le bloc gouvernance. Ce que j'ai partagé avec vous, c'est qu'on
allait préciser la définition de ce qu'est une cotisation facultative et
simplifier son application, mais ça va venir plus tard. On n'entrait pas dans
le bloc gouvernance à cet article-là.
M. Leduc : Oui, mais ça
aurait été intéressant de savoir où vous vous en allez, parce que ça va avoir
une influence sur les articles qu'on traite, là, là, parce que la manière dont
on présente les cotisations syndicales, ça va dépendre de…
M. Boulet : C'est
complètement distinct. Tout simplement ce qu'on dit ici, c'est que c'est une
association qui est nouvellement accréditée dans un environnement qui ne l'est
pas, le syndicat va soumettre le montant de sa cotisation au principal en
assemblée et va permettre un scrutin secret et un vote majoritaire. Et dans le
cas d'une association qui est déjà accréditée, qui veut modifier le montant de
sa cotisation principale, c'est la même mécanique. Il y a un vote majoritaire
des membres qui sont compris dans l'unité, et c'est un scrutin secret, comme
c'est prévu pour les autres votes.
M. Leduc : Ça fait que là,
ici, c'est un vote secret des membres seulement, mais plus tard, tantôt, sur la
cotisation facultative, ça va être un vote des salariés.
M. Boulet : Exact, exact.
M. Leduc : Bien, je ne
comprends pas la logique.
M. Boulet : Bien, parce que
c'est une cotisation qui… bien, là, on va en parler plus tard, là, mais qui est
externe à la mission centrale — puis là on peut en débattre, là, mais
je vais l'expliquer simplement — et où on a jugé opportun que les
salariés, même s'ils ne sont pas membres du syndicat, puissent s'exprimer parce
que c'est leur argent. C'est la cotisation qui est versée impérativement en
vertu du Code du travail. Donc, on leur permet de s'exprimer. Si vous voulez
qu'ils puissent le faire pour la cotisation principale, vous pourrez soumettre
un amendement.
M. Leduc : Bien, ça ne sera
certainement pas approuvé par la Cour quand ça va être contesté, ça, vous le
savez, puis je pense que c'est pour ça que vous avez divisé ça en deux d'ailleurs.
M. Boulet : Je ne suis pas…
je n'embarquerai pas là-dedans. Je n'embarquerai pas dans les arguments
constitutionnels. Il n'y a pas beaucoup de lois qui sont totalement exemptes de
tout risque de procédure, puis je respecte ceux et celles qui vont prendre des
procédures, mais moi, j'y crois foncièrement.
M. Leduc : Donc, j'essaie de…
vraiment, encore une fois, de saisir votre logique. Tous les... tous les
salariés, à cause de la formule Rand, paient une cotisation.
M. Boulet : Oui.
M. Leduc : Là, la partie
syndicale, le trésorier essentiellement ou la trésorière, va préparer un budget
en vertu du montant total reçu. Il va préparer, dans le fond, deux budgets. Il
va y avoir un budget dit de cotisations principales puis un budget dit de
cotisations facultatives, puis là ça, ça va être adopté en deux temps
différents.
M. Boulet : Non, non, la
cotisation principale, on va le voir dans les dispositions transitoires, il n'y
aura rien à faire tant que le montant de la cotisation principale demeure
inchangé. Ce n'est que s'il y a des changements dans l'avenir, et là, ça peut
s'exprimer en montants ou en pourcentages. Mais, après l'entrée en vigueur de
la loi, il n'y aura pas… il n'y a rien à faire pour la cotisation principale.
Dans le rapport sur l'utilisation des ressources financières, là, on explique
c'est quoi le montant de la cotisation facultative. On va bien la redéfinir
pour que ce soit simple. Et, en assemblée générale annuelle, par exemple, on
dit…
M. Boulet : ...on a un budget
x pour, mettons, la catégorie a des cotisations facultatives, un budget y pour
la catégorie b des cotisations facultatives, et on permet au salarié de
s'exprimer.
M. Leduc : Mais je reviens
avec ma question du trésorier qui prépare, là, son budget, parce que ça découle
du montant. Donc là, il y a deux montants de cotisations.
M. Boulet : Il n'y en a pas
deux, en fait.
M. Leduc : Comment ça, il n'y
en a pas deux?
M. Boulet : Bien, la
cotisation principale, là, c'est la cotisation actuelle. Et, si elle n'est pas
changée, il n'y a pas d'obligation de tenir un vote. Ce qu'on ne... demande aux
syndicats, c'est d'expliquer, dans leur rapport sur l'utilisation des
ressources financières, quel est le montant qui prévoit, qui budgète pour être
utilisé à titre de cotisation facultative, à des fins facultatives, à des fins
telles que décrit, telles que décrites dans la définition de cotisation
facultative, à des fins telles que décrit plus tôt. Il me semble que c'est
assez simple.
M. Leduc : Non, au contraire,
vous me mélangez, là, vous me mélangez. Donc, il y a... Dans le fond, là, vous,
vous divisez l'argent en deux, vous dites : Il y a des choses qui servent
aux missions de base, principales, des choses qui servent à ce que vous estimez
être facultatif. Ça, c'est bon, mais là, quelles sources d'argent financent ces
deux fonds-là? Vous divisez aussi la cotisation en deux. Pourquoi ça s'appelle
cotisation...
M. Boulet : Bon. On va y
aller bien simplement puis... La cotisation, elle est de 10 $. C'est
simple. Si c'est une nouvelle association accréditée, ils vont présenter le
10 $ pour permettre le vote. Pour toutes les associations existantes, là,
les 8 400 accréditations syndicales, tant qu'il n'y a pas de changement,
ça demeure à 10 $. Quand tu vas à ton assemblée générale annuelle, où tu
présentes notamment, bon, tes états financiers, puis tu fais ton rapport sur
l'utilisation des ressources financières, il y a un élément d'information que
tu dois partager avec tes salariés : sur le 10 $, il y a 0,5 $
qu'on va utiliser pour faire des choses qui ne concernent pas la défense des
droits, par exemple, et là je simplifie, à des fins de mouvements sociaux, à
des fins de campagne publicitaire. Mettons, ces 50 cennes, on vous permet de
vous exprimer là-dessus, simplement. C'est extrêmement simple. Je pense
qu'au-delà de ça, je n'ai rien à ajouter.
M. Leduc : Mais donc il y a
deux cotisations, une cotisation facultative et une cotisation principale.
M. Boulet : Bon. Je vais
revenir. Il y a une cotisation...
M. Leduc : Pourquoi elle
s'appelle principale, d'abord?
M. Boulet : ...mais il y a une
partie de la cotisation principale, une partie, le 0,5 $, qu'on identifie
comme étant une cotisation facultative, mais elle est partie intégrante de la
cotisation principale, là, si on peut l'exprimer bien simplement, c'est une
cotisation principale, là, si on peut l'exprimer bien simplement. C'est une cotisation
de 10 $, dont 0,5 $ vont être utilisés à titre de cotisation
facultative. C'est aussi simple que ça.
M. Leduc : Pourquoi vous ne
l'appelez pas juste la cotisation? Parce que vous mêlez le monde, là. Il y en
a-tu une... il y a une seule cotisation...
M. Boulet : Je ne sais pas
qui on mêle. On dit simplement : Ici, pour la cotisation principale, on
permet aux travailleurs de s'exprimer puis de voter, puis, pour la partie de la
cotisation principale, qu'on appelle cotisation facultative, on permet aux
travailleurs de s'exprimer.
M. Leduc : OK. Je vais
l'exprimer différemment.
M. Boulet : En fait, on les
informe et on leur permet de s'exprimer.
M. Leduc : Il y a l'entrée
d'argent puis la dépense d'argent. Une cotisation, c'est l'entrée d'argent.
M. Boulet : Bien oui, bien
sûr.
M. Leduc : Bon. Il y en a-tu
une ou il y en a-tu deux? Non.
M. Boulet : Il y en a une,
cotisation. On l'utilise... une partie de cette cotisation-là est utilisée à
des fins facultatives, et c'est ça qui fait l'objet d'un devoir d'information
aux syndiqués et qui... où on leur permet de s'exprimer.
M. Leduc : Donc, il n'y a pas
un autre article...
M. Boulet : Mais là on n'est
pas dans le bloc gouvernance, là, on est dans le bloc, simplement, de la
cotisation principale.
• (12 heures) •
M. Leduc : Donc, il y a une
seule cotisation qui rentre, que vous appelez principale, je sais pas pourquoi,
parce que, si vous l'appelez principale, vous laissez sous-entendre qu'il y en
a une autre. S'il y a juste une cotisation, pourquoi elle s'appelle la
cotisation principale?
M. Boulet : Mais il y a une
unicité dans la cotisation. Puis, par exemple, il se pourrait, puis là je vais
émettre une autre hypothèse... Le syndicat pourrait dire : Nous, c'est
10 $, puis il n'y a rien qu'on va utiliser sous ce que vous appelez la
cotisation facultative...
12 h (version non révisée)
M. Boulet : ...on n'a pas l'intention,
on ne budgète rien pour ce qui n'est pas au cœur de notre mission. Donc, il y a
une cotisation puis...
M. Leduc : On ne parle pas de
ça. Ça, c'est le budget, c'est les dépenses. Moi, je vous parle des revenus, la
cotisation.
M. Boulet : Mais là, c'est l'utilisation,
c'est comment on l'utilise, là. C'est ça qui est important, c'est un rapport
sur l'utilisation des ressources.
M. Leduc : Non. Je ne vous parle
pas de ça, je vous parle de votre article 20.1.1 qui parle des revenus :
«Le montant de la cotisation principale ne peut être établi ou modifié». C'est
les intrants.
M. Boulet : Oui. Donc, ce qui
vous ennuie, c'est «principal»?
M. Leduc : Bien, pourquoi
vous avez appelé ça «cotisation principale»?
M. Boulet : Bien, parce
que...
M. Leduc : C'est quoi, les
autres cotisations, d'abord?
M. Boulet : C'est par souci
de clarté pour distinguer ce qui est utilisé...
M. Leduc : Arrêtez de me dire
«utilisé, je parle des intrants.
M. Boulet : ...et qui
provient de la cotisation à des fins principales.
M. Leduc : Mais on ne parle
pas du budget. On va en parler tantôt, des dépenses. Là, on parle des revenus.
S'il y a une cotisation dite principale, c'est quoi, les autres cotisations? J'ai
tout compris ce que vous vouliez faire avec les dépenses, là. Ça, c'est
correct, on va en jaser puis on n'est pas d'accord. Mais là j'apprends ou je ne
suis plus clair pour personne, là, qu'il y aurait peut-être deux intrants
différents. On a-tu divisé aussi la cotisation en deux? Parce que ne l'ai pas
vu.
M. Boulet : Non, non. Et je
le répète, il y a qu'un seul prélèvement, il y a qu'un seul montant de
cotisation que le syndicat établit, informe l'employeur qui fait les retenues,
mais il y a une partie qui est utilisée, c'est l'utilisation où vous devez
faire la distinction. Il y a une partie de la cotisation qui est utilisée à des
fins de défense des droits, de négociation, de formation, puis une partie qui
est utilisée à d'autres fins que formation, négociation et défense de droits. C'est
simplement ça. Il y a comme deux parties à la cotisation, mais il y a une
unicité de la cotisation.
M. Leduc : Mais il n'y a pas
deux parties à la cotisation, vous venez de dire qu'il y en avait juste une.
M. Boulet : Bien oui, il y en
a une, bien oui, il y en a une, mais il y a une partie de la cotisation qui est
utilisée à des fins telles que définies par le concept de cotisation syndicale.
Je ne sais pas si je... Est-ce que c'est clair?
M. Leduc : Article 47 du
code, là...
Des voix : ...
M. Boulet : C'est clair, tout
le monde me... trouve que c'est clair.
M. Leduc : Ça n'existe pas,
ça n'existe pas dans le Code du travail.
M. Boulet : Bien, ça va
exister, c'est du droit nouveau.
M. Leduc : Bien, ça n'existe
pas, la cotisation principale dans le code, c'est juste la cotisation. Là, vous
introduisez le concept de principal.
M. Boulet : Oui, bien,
voyez-le comme ça...
M. Leduc : ...par rapport à
d'autres occurrences de cotisations.
M. Boulet : ...voyez-le comme
ça. Si c'est plus clair pour vous, vous voyez-le comme ça, mais il y a une cotisation,
il y en a une, dont le 9,50 $ qui constitue la cotisation principale, puis
le 0,50 $, c'est la partie de la cotisation qui est utilisée à des fins
facultatives. Ça fait qu'il faut faire la distinction entre la cotisation qui
est un tout et la façon dont c'est utilisé. C'est pour ça qu'on dit «cotisation
principale», c'est facile à comprendre, puis, après ça, il va y avoir la
cotisation facultative.
M. Leduc : Non, non, non. Au
bulletin de paie, là, qu'est-ce qui va être écrit? Cotisation? Il n'y aura pas
deux cotisations, une principale, une facultative. Une seule cotisation,
syndicat x, y, z?
M. Boulet : Bien, le
prélèvement, là, de la... le prélèvement syndical, la cotisation, c'est le
10 $, je le répète. Je vais revenir avec cet exemple-là souvent. La
cotisation, c'est 10 $. Il y a 9,50 $ qui constitue ce qu'on appelle
la partie principale, puis il y a 0,50 $, ou peut-être 0 $, ou peut-être
0,05 $, ou peut-être 0,60 $, qui constitue la portion facultative. Je
ne peux plus l'expliquer autrement. Je pense que c'est clair, là, mais bon.
Le Président (M. Allaire) : M.
le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Moi, je pense qu'en
rajoutant le mot «principal», vous mêlez tout le monde pour rien. Ça fait que
ça serait... ce serait pertinent de le rayer.
Des voix : ...
Le Président (M. Allaire) : Vous
voulez préciser quelque chose, M. le ministre? Ça va? On peut poursuivre, M. le
député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Boulet : Bien... Puis 47
va s'écrire... 47 va s'écrire puis ça va être assez clair, collègue : «Un
employeur doit retenir sur le salaire de tout salarié qui est membre d'une
association accréditée le montant spécifié par cette association à titre de
cotisation, lequel inclut le montant de la cotisation principale et, le cas
échéant, celui de la cotisation facultative». Donc le 0,50 $, c'est la
partie...
M. Leduc : Mais, si la
cotisation est facultative...
M. Boulet : ...de la
cotisation qui est facultative, et le 9,50 $, c'est la partie de la
cotisation qui est principale.
M. Leduc : Mais vous mêlez
dépenses et revenus. Elle n'est pas facultative, la cotisation, tout le monde
la paie.
M. Boulet : Bien, la portion
facultative, sous réserve du vote, c'est ce qu'on va voir dans la partie
gouvernance, il y a un vote collectif. Souvenez-vous...
M. Boulet : ...le projet de
loi initial que vous aviez obtenu, c'était un vote individu par individu, alors
que dans le bloc Gouvernance, il y a la possibilité de s'exprimer et de
voter sur la partie de la cotisation qui est facultative. Il me semble que ce
n'est pas nouveau, ça, collègue, quand même.
M. Leduc : Attendez, là, ça
fait que là, en assemblée générale, si la... si les membres décident ou... en
vote, plutôt, là, décident de ne pas souscrire au budget de dépenses
facultatif.
M. Boulet : Exact.
M. Leduc : Là, il faut aller
baisser la cotisation rétroactivement?
M. Boulet : Le montant de la
cotisation est ajusté en conséquence.
M. Leduc : Mais la cotisation
reste toujours la même?
M. Boulet : OK, je reprends.
Si la portion facultative... si le 50 cents, la majorité des travailleurs
vote contre, la cotisation sera à 9,50 $. C'est la cotisation...
M. Leduc : Mais elle va
s'appeler la cotisation...
M. Boulet : ...qui comporte
une partie principale et une partie facultative.
M. Leduc : Oui, puis s'ils
votent pour la garder, il va y avoir une cotisation pareil?
M. Boulet : Il va y avoir une
cotisation qui va être à 10 $.
M. Leduc : Mais pourquoi vous
ne dites pas, à la place, des «dépenses principales» et des «dépenses
facultatives» et une seule cotisation? Vous mêlez tout le monde, là, avec ça,
là.
M. Boulet : Bien, moi, je ne
suis pas fermé à l'expliquer plus clairement. Moi, pour moi, c'est clair. On va
le voir à la définition de ce qui est une cotisation facultative, mais il y a
quand même une cotisation qui est prélevée par l'employeur qui est établie par
le syndicat, mais il y a une partie de cette cotisation-là qui est utilisée à
des fins autres que la mission centrale du syndicat, qu'on appelle facultative
et à l'égard de laquelle les salariés ont la possibilité de voter.
M. Leduc : Pourquoi, dans
votre lecture des choses, quand vous dites «s'il y a un vote contre la dépense
facultative», il y a automatiquement une...
M. Boulet : En fait...
dépenses. En fait, c'est... contre l'utilisation de ma cotisation à des fins
facultatives. Mais je comprends ce que vous dites.
M. Leduc : Donc, s'il y a un
vote contre une dépense dite facultative, pourquoi vous, automatiquement, ça
veut dire qu'il faut baisser la cotisation? Ils pourraient tout à fait décider
de mettre cet argent-là dans des dépenses dites principales.
M. Boulet : Ah, bien là, ça,
c'est un débat qu'on va faire au bloc Gouvernance, mais ce n'est pas, à
mon avis, respecter la volonté de la majorité des travailleurs de dire :
Vous votez contre, on s'en... on n'en tient pas compte, on va l'utiliser à
d'autres fins, mais il se pourrait... Bien, on verra dans le bloc Gouvernance
comment on peut aborder ça.
M. Leduc : Mais pourquoi ça
ne serait pas une décision légitime?
M. Boulet : Bien, en fait, ce
que vous dites...
M. Leduc : Parce que le vote
est sur la dépense, on ne veut pas dépenser d'argent dans ces dans ces... dans
ces items-là, OK, bien, on va juste, mettons embaucher plus de conseillers pour
faire plus de santé, sécurité.
M. Boulet : Mais ce n'est pas
une... en fait, c'est le prélèvement qui est fait, c'est la cotisation qui est
prélevée. Ce que vous me dites, puis qui peut être une discussion intéressante,
là, je le... je ne la nie pas, dans le bloc Gouvernance, que vous dites
une hypothèse, selon moi, peu probable, là, quand même. Sur le 10 $, on
présente, il y a un 50 cents qui va être utilisé, mettons, à des fins
publicitaires ou à des fins politiques, à des fins politiques, mettons. Puis la
majorité des travailleurs vote contre, ce que vous me dites : Est ce qu'on
ne devrait pas permettre aux syndicats de dire : OK, on ne l'utilisera pas
à des fins politiques, mais la cotisation va demeurer la même, c'est-à-dire 10 $.
C'est une discussion qu'on pourra avoir, moi, je comprends ce que vous me
dites.
M. Leduc : Mais c'est parce
que c'est deux sujets différents, l'intrant puis la dépense. Puis là, au début,
quand j'ai lu «cotisation principale», je pensais que vous créiez de toute
pièce une deuxième cotisation, là, sur le talent de paye, cotisation
principale, cotisation facultative, puis que là, il y ait un vote puis qu'elle
allait disparaître. Oups, pardon.
M. Boulet : Bien, ce que vous
me dites, puis je pense que c'est la CSN qui revendiquait ça, dire : Le
50 cents. OK, d'accord, on a compris, on va respecter notre démocratie
syndicale. La majorité des travailleurs vote contre, donc on va modifier, on ne
l'utilisera pas à des fins politiques, mais on va garder notre cotisation à
10 $. C'est ce que vous me proposez. C'est sûr que ce n'est pas...
M. Leduc : Bien, c'est parce
que de toute façon...
M. Boulet : C'est sûr que ce
n'est pas l'économie générale de notre projet de loi, l'économie générale de
notre projet de loi, c'est de permettre aux syndicats de dire : On va
dépenser 50 cents à des fins politiques et on vous demande si vous êtes
d'accord ou non. Si la majorité dit non, tu ne peux pas l'utiliser à des fins
politiques, donc, il y a un impact sur le montant du prélèvement.
• (12 h 10) •
M. Leduc : Bien, je suis
désolé de vous corriger, M. le ministre, mais votre propre projet de loi ne dit
pas ça. L'article 20.1.1, ici, parle de vote... le montant de la
cotisation, puis plus tard, on va parler d'un vote sur l'utilisation des
dépenses facultatives. Ce n'est pas le même vote, nécessairement.
M. Boulet : Non, ici, on
vote...
M. Leduc : C'est deux votes
distincts?
M. Boulet : Bien, on vote sur
la cotisation qui est établie au moment de l'accréditation d'une nouvelle
association...
M. Leduc : Puis, on n'a pas
fait de budget, rien, on fait juste...
M. Leduc : ...mais nous, on va
cotiser 10 piastres.
M. Boulet : S'il y a un
changement dans le montant de la cotisation pour une association qui est déjà
accréditée, simplement. Puis, présumons que ce montant-là de cotisation, il ne
change pas fréquemment, ça fait qu'il n'y aura pas de vote sur le montant de la
cotisation. Tout ce qu'on vient faire, c'est de dire : Il y a une partie
de cette cotisation-là qu'on va utiliser à des fins politiques, et on veut vous
permettre de voter.
M. Leduc : Ça, c'est plus
tard. On en discutera. Mais ici ce n'est pas ça qu'on dit.
M. Boulet : Mais c'est vous
qui m'avez amené à cette discussion-là.
M. Leduc : Bien oui, parce
que tout ça est intégré, forcément. Mais là, ici, ce n'est pas ça qu'on dit.
M. Boulet : Mais là vous me
reprochez de parler de ça.
M. Leduc : Pas de problème.
Ici, ce n'est pas ça que ça dit, ici, ça dit qu'il faut un vote à scrutin
secret pour le montant de la cotisation, point.
M. Boulet : Bon. Le montant
de la cotisation, il y aura des règles transitoires puis ça ne s'appliquera pas
aux associations accréditées actuellement qui ne modifient pas leur montant de
leur cotisation. C'est pour ça que je vous dis : Vous ne saisissez qu'une
partie sans tenir compte de la totalité des dispositions. Je le répète, au
moment de la sanction du projet de loi, ça va s'appliquer à une nouvelle
association qui vient d'être accréditée et qui là doit établir le montant de sa
cotisation, là il y a un vote, mais, pour les associations existantes, il n'y a
pas de changement là-dessus. C'est plus tard, on vient informer du montant de
la cotisation qui va être utilisée à des fins facultatives.
M. Leduc : Parce que si je
lis votre projet de loi comme il faut, là, dans la séquence que vous nous
proposez, on adopte un montant de cotisation avec 20.1.1 avec un vote à scrutin
secret des membres. Après ça, on va en assemblée générale, on présente un
budget avec une... avec une dépense principale puis une dépense facultative, et
là on tient un vote des salariés.
M. Boulet : Sur le...
M. Leduc : Sur le facultatif.
M. Boulet : ...la partie
facultative. Mais là il n'y a pas un vote, là.
M. Leduc : Puis là si les
salariés disent «non, on n'en veut pas de la dépense facultative», ça ne peut
pas générer automatiquement une modification de la cotisation, parce que c'est
un vote des membres qui doit le faire, ça fait qu'il faut qu'on revienne à
20.1.1.
M. Boulet : Je vous suis. Je
vous suis. Je suis pas mal d'accord avec ça, ce que vous dites.
M. Leduc : Mais là, pas mal
d'accord, c'est votre projet de loi, là.
M. Boulet : Non, mais c'est
une interprétation que vous faites. Puis, il me semble que ce n'est pas
compliqué, là.
M. Leduc : Mais non, mais ce
n'est pas le même monde. Ici, c'est les membres qui votent le montant de la
cotisation puis tantôt, c'est les salariés qui votent le budget facultatif.
M. Boulet : Oui.
M. Leduc : Ça fait que si les
salariés votent le budget facultatif, ça n'aura absolument aucune incidence
directe sur les membres qui votent le montant de la cotisation. Est-ce qu'on
s'entend là-dessus?
M. Boulet : Non, en fait...
M. Leduc : Mais ce n'est pas
le même monde.
M. Boulet : Oui, mais les...
les non-membres qui sont salariés compris dans l'unité de négociation peuvent
voter sur la partie facultative.
M. Leduc : Mais où ça?
M. Boulet : Bien, on va le
voir dans le bloc gouvernance.
M. Leduc : Non, non, non.
Ici, c'est le montant de la cotisation. Vous, vous parlez du budget. Il faut
démêler les pinceaux, là, on parle du budget des dépenses, on parle des
revenus.
M. Boulet : Non, on parle de
comment, on parle des règles d'utilisation des cotisations dans le bloc
gouvernance.
M. Leduc : Oui. Revenus, dépenses,
ce n'est pas la même chose, on s'entend là-dessus. Ici, 20.1.1 ne parle que des
revenus, et on dit que c'est les membres qui votent les revenus du syndicat.
C'est bien normal. Vous, vous décidez d'aller élargir ça aux salariés pour les
dépenses dites facultatives. Si les salariés refusent la dépense facultative,
ça ne peut pas avoir de lien sur 20.1.1 où ce ne sont pas les mêmes gens. Là,
c'est les membres qui votent le montant de la cotisation.
M. Boulet : ...suggère, M. le
Président, là, on est en train de faire le débat véritablement des articles qui
concernent la démocratie, le troisième bloc du projet de loi, là, je le dis
sous réserve et en tout respect, je pense que, quand on sera rendus au moment
opportun, on pourra le débattre. Tout ce que dit cet article-là : Quand
une association est nouvellement accréditée, après la sanction, on obtient
l'adhésion par un vote au scrutin secret du montant de la cotisation et quand
c'est une association qui est déjà accréditée. Ce n'est que ce que prévoit cet
article-là. Ça fait que c'est sûr qu'on peut faire le débat sur les articles de
gouvernance puis sur le concept de cotisations facultatives, mais, selon moi,
ça va venir plus tard.
M. Leduc : Quand vous dites
modifier ici, ce n'est pas juste pour une nouvelle accréditation, c'est pour
les accréditations existantes, «le montant de la cotisation... ne peut être
établi ou modifié»?
M. Boulet : Non, mais... mais
il est déjà établi. C'est parce qu'on va le voir dans les règles transitoires.
S'il n'y a pas de modification, il n'y a pas de vente à avoir. C'est ce que je
vous répète depuis tout à l'heure. Puis, à la limite, on pourra en reparler
après-midi, là, mais moi, je n'ai pas de problème à suspendre certains
articles, là, pour... Mais, je vous le répète, puis je pense que je l'ai dit à
quelques reprises, il n'y a pas d'impact selon les dispositions transitoires
pour les associations existantes qui ne modifient pas le montant de leur
cotisation. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Allaire) : Merci
à vous. D'autres interventions? Mme la députée de Mille-Îles. Allez-y.
Mme Dufour : Merci, M. le
Président. Moi, j'ai une question toute simple, là, et la question peut
paraître peut-être en tout cas néophyte, mais moi, je vous me permettrai, je
n'ai jamais fait partie d'un syndicat...
Mme Dufour : ...donc, un
scrutin secret, comment ça s'opère? Non, ce n'est pas mon intention. Comment
ça... Comment ça s'opère, un scrutin secret? J'aimerais juste comprendre la
mécanique, parce que de ce que j'ai compris, c'est que ces votes-là peuvent se
faire à distance, donc ce n'est pas seulement dans une salle. Donc, comment ça
se fait présentement ou est-ce que ça se fait présentement? Puis sinon, comment
ça va s'opérer, selon vous?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Boulet : Bien, ça dépend
des statuts de chacun des syndicats qui ont des règles de votation, avis de
convocation... modalités de tenue du vote. Il y en a que ça peut être sur une
plus longue période de temps. Dans le projet de loi, on prévoit que c'est sur
une période minimale de 24 h pour permettre une participation maximale des
travailleurs. Quant aux modalités de tenue de vote, ça pourrait être de manière
électronique, là.
Mme Dufour : Mais
actuellement ça se fait comme ça?
M. Boulet : Ah bien oui, il y
en a qui le font. Oui, oui, tout à fait.
Mme Dufour : OK. Des scrutins
secrets, même par voie électronique?
M. Boulet : Ah! bien oui.
Oui. Puis c'est prévu dans le Code du travail. On n'invente pas ce concept-là.
C'est prévu dans le Code du travail.
Mme Dufour : OK. Parfait.
Bien, c'est... Comme vous comprendrez que je viens d'arriver, donc je ne... je
n'avais pas la réponse.
M. Boulet : Ah! je respecte
totalement ça. Oui.
Mme Dufour : Merci beaucoup.
Le Président (M. Allaire) : Ça
va? Merci. D'autres...
M. Boulet : Puis n'hésitez
pas à poser des questions. Puis moi, je n'ai pas la prétention d'avoir toutes
les réponses. Je veux m'assurer que le projet de loi soit bien compris puis
qu'il soit appliqué de la façon la plus souple possible.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
D'autres interventions sur l'article deux? Je veux juste rappeler que M. le ministre
a émis l'hypothèse de suspendre l'article deux au besoin. Mais je vous laisse
poursuivre. M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Bien, nous, on va
écrire un amendement pour le biffer «principal».
Le Président (M. Allaire) : Parfait.
M. Leduc : Ça fait qu'on peut
soit le suspendre ou...
M. Boulet : Non. Mais faites
votre... votre amendement.
M. Leduc : OK. Ça va.
Le Président (M. Allaire) : Parfait.
On va suspendre les travaux quelques instants. Merci!
(Suspension de la séance à 12 h 17)
(Reprise à 12 h 29)
Le Président (M. Allaire) : Alors,
nous allons reprendre les travaux.
Alors, compte tenu de l'heure, comme vous
remarquez, il est pratiquement 12 h 30, donc la commission va
suspendre ses travaux. Merci, tout le monde, bon dîner.
(Suspension de la séance à 12 h 29)
15 h (version non révisée)
(Reprise à 15 h 22)
Le Président (M. Allaire) : Alors,
à l'ordre s'il vous plaît! La Commission de l'économie du travail reprend ses
travaux. Merci de prendre quelques secondes pour éteindre la sonnerie de vos
appareils électroniques, s'il vous plaît. Nous poursuivons l'étude détaillée du
projet de loi numéro trois, Loi visant à améliorer la transparence, la
gouvernance et le processus démocratique de diverses associations en milieu de
travail. Si vous vous souvenez, ce matin, nous avons
terminé... lorsque nous avons terminé, nous étions à l'article 2. Il y avait...
On était en discussion sur un amendement que souhaitait déposer le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
Il n'est pas déposé officiellement, alors nous allons suspendre les travaux
quelques instants pour en discuter.
(Suspension de la séance à 15 h 23)
(Reprise à 15 h 27)
Le Président (M. Allaire) : Alors,
nous allons reprendre les travaux, M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve, vous
souhaitez déposer un amendement, donc je vous cède la parole pour lecture et
commentaires.
M. Leduc : Merci, M. le
Président. Ça va comme suit, c'est très simple :
Retirer, à l'article 20.1.1 de cette loi,
tel qu'introduit par l'article 2 du projet de loi, le mot «principale».
Je réitère mon explication. Il y a une
confusion totale... Puis là, M. le ministre, malgré nos nombreux échanges avant
le dîner, moi, j'ai reçu beaucoup de messages sur l'heure du dîner, puis,
pendant la période des questions, personne n'a compris, dans le milieu syndical
notamment. Il y en a beaucoup qui écoutent en ce moment, là, puis ils essaient
de comprendre comment ça va s'appliquer, tout ça. Personne n'a compris. La
confusion, elle est totale.
On a tous compris que vous vouliez faire
un système de dépenses à deux volets, où les gens peuvent, en effet,
éventuellement, ne pas avoir à dépenser le... des dépenses dites facultatives.
Là, la question ici, ce n'est pas ça. La question, c'est comment l'argent est
récolté à travers une cotisation. Mais il y en a-tu une ou il y en a deux? Là,
tantôt, vous m'avez dit : Il y en a juste une. C'est pour ça que moi, j'ai
dit : Bien, on va biffer, on va dire : juste une cotisation, parce
que, sur le talon de paie, il va y avoir juste une ligne, si j'ai bien compris.
Une ligne, ça va être cotisation, on va dire, mettons, FTQ, je suis membre d'un
syndicat FTQ, FTQ, point, puis là vous avez cotisé, je ne sais pas trop, une
couple de piastres par semaine. Mais là, ici, vous dites : Non, cotisation
principale, parce que, plus loin, on va mettre la cotisation facultative.
Mais je suis allé voir plus loin, puis là,
à 47.0.3, lorsque vous décrivez comment ça va marcher, la cotisation dite
facultative, vous dites la chose suivante : «Une association accréditée
peut inclure dans le montant de la cotisation qu'elle spécifie à l'employeur,
aux fins de la retenue qui doit être faite sur le salaire de tout salarié en
vertu de l'article 47, une cotisation facultative.» Là, quand vous dites «le
montant de la cotisation», vous ne précisez pas principale ou facultative,
c'est une seule cotisation. On peut-tu finir par démêler, dans l'intrant, dans
la récolte d'argent, qu'est-ce qui va constituer l'éventuel budget, qui sera
ventilé selon vos désirs, comment ça marche, la récolte des cotisations
syndicales, selon votre projet de loi?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
• (15 h 30) •
M. Boulet : ...que la...
Comme j'expliquais un petit pot à micro fermé, il y a une cotisation, il y a un
prélèvement. Ici, il faut utiliser le concept «principale» parce que ça fait
partie de la structure du projet de loi. S'il y a une partie de la cotisation
qui est facultative, il faut que ce concept-là soit inhérent au concept de
cotisation principale. On le met ici parce que la cotisation principale, je le
répète, au moment de la sanction, demeure ce qu'elle est, et si elle est
modifiée, là, il y a un vote au scrutin secret des membres. Alors que la
cotisation facultative, c'est les salariés compris dans l'unité. Donc, ça prend
absolument cette distinction-là pour respecter la structure du projet de loi.
Puis c'est peut-être un élément de distinction sur lequel je n'ai pas
suffisamment mis l'accent...
15 h 30 (version non révisée)
M. Boulet : ...mais je
vais revenir à mon exemple de ce matin. Il y a une cotisation syndicale qui est
prélevée par l'employeur, il y a une ligne, et ça, de cette cotisation
syndicale là, il y a une part qui relève de la définition de cotisation facultative
qui est présentée aux membres en assemblée générale ainsi qu'aux salariés, donc,
pas seulement que les membres, mais aussi les salariés qui s'expriment. Et sur
le 10 $ de cotisation, il y a 0,50 $ qui est associé au concept de
cotisation facultative. Par exemple, prenons la voie la plus simple : des
activités politiques. Si la majorité dit non, ce 0,50 $-là ne peut être
prélevé. Il est ce qu'on appelle la cotisation facultative. Donc, ça prend une
adaptation pour que le montant juste, selon la volonté de la majorité des
salariés, soit prélevé. Si c'est 0,50 $ ou si c'est 0,25 $, ou si c'est
0,10 $, nous, on anticipe, on budgète sur le 10 $ d'utiliser... ça, c'est
ce qui est la cotisation prélevée à titre de dépense, 0,50 $ pour des
activités politiques. Moi, je le comprends simplement. Puis la confusion, je
sais qu'on peut être contre le concept puis essayer de créer une confusion,
mais bon, les gens qui travaillent avec moi comprennent ce que je viens de vous
expliquer. Tout le monde trouve ça simple. Je comprends que la collègue de Mille-Îles
le comprend aussi de cette manière-là, mais je ne peux pas avoir un concept
facultatif comme un ballon, comme une ficelle dans les airs, comme un... Tu
sais, il faut que ce soit rattaché. Puis je pense que le concept facultatif, il
est inhérent au concept principal. C'est pour ça qu'on ne peut pas l'enlever.
Puis je la répète, la cotisation
principale, c'est les membres. La cotisation facultative, c'est les salariés,
la totalité des salariés qui sont compris dans l'unité. Ça fait que c'est sûr
qu'il y a une distinction. Puis c'est présenté une fois par année, puis
contrairement... Puis là, on est dans le troisième bloc, là. Je comprends qu'on
prend de l'avance, là, mais ça n'aura pas à être resoumis un mois, deux mois
plus tard. Il y a un budget qui est présenté par catégorie, puis on respecte ce
budget-là. Puis, s'il y a respect du budget, il n'y a pas de problème, là. C'est
aussi simple que ça. Puis il n'y a pas de piège à mettre principal, mais il y a
un enjeu à l'enlever. Il y a un enjeu parce que ça déstructure le projet de loi
puis ça vide de son sens le concept de cotisation facultative.
Je pense bien que vous me comprenez, mais
bon, peut-être je ne suis pas encore assez clair. Puis je vais vous écouter si ce
n'est pas assez clair.
Le Président (M. Allaire) :
...
M. Leduc : Merci, M. le
Président. Donc, si je comprends bien, vous réitérez une seule ligne de
perception sur le talon de paie des salariés. Donc, dans les faits, une seule
cotisation, une seule perception de cotisation. C'est peut-être là que la
confusion naît, d'abord, parce que là, vous dites : Non, il y a deux
cotisations. Mais dans les faits, il y en a juste une.
M. Boulet : Oui, mais il
y en a une partie, de la cotisation, puis il peut ne pas y avoir de facultatif,
là, on peut ne rien budgéter, et un employeur doit retenir sur le salaire. Puis
je reprends à 47 : «de tout salarié qui est membre d'une association
accréditée le montant spécifié par cette association à titre de cotisation», lequel
inclut le montant de cotisation principal et, le cas échéant, celui de la
cotisation facultative. Mais il y a un montant spécifié par l'association à
titre de cotisation, puis ça comprend le principal et le facultatif. Puis
prenons pour acquis que les syndicats vont obtenir des votes favorables au
facultatif. Si, dans l'hypothèse où il y a un vote défavorable, bien, le
montant de la cotisation, le montant est adapté en tenant compte de ce vote-là.
M. Leduc : Vous utilisez
souvent l'exemple d'un chiffre numérique, là, un 10 $. La plupart du
temps, ce n'est pas une cotisation syndicale, ce n'est pas un chiffre fixe, c'est
un pourcentage.
M. Boulet : Ça peut être
un pourcentage, oui.
M. Leduc : C'est presque
tout le temps un pourcentage, là.
M. Boulet : Exact.
M. Leduc : Très, très,
très souvent un pourcentage.
M. Boulet : Mais j'ai
souvent répété montant... au pourcentage, mais il y en a que c'est des montants,
oui.
M. Leduc : Bon. Modifier
le pourcentage d'une perception syndicale, pour l'avoir déjà fait dans le milieu
syndical, ce n'est pas une opération simple. On connaît la vétusté de bien des
systèmes informatiques. Le gouvernement peine lui-même à honorer ses promesses
en... à plusieurs employés de la fonction publique, notamment sur l'équité
salariale...
M. Leduc : ...souvent en
plaidant que c'est compliqué d'un point de vue d'informatique, puis, je veux
dire, je peux... je peux le croire. Ça fait que modifier un pourcentage de
cotisations syndicales, ce n'est pas une opération simple.
M. Boulet : J'en conviens.
M. Leduc : Ça fait que votre
première version où est-ce que c'était un choix individualisé qui allait créer
un chaos et un cauchemar administratif sans nom, sans vous avoir vous-même
convaincu de bouger de là, moi, ce que je vous dis, c'est que là vous semblez,
peut être, sous-estimer le défi technologique que ça représente de potentiellement
à chaque année ou même plus fréquemment que ça, on verra... Ça, c'est le défaut
de ne pas avoir la présentation complète de vos amendements, si vous les aviez
tous déposés, peut-être qu'on saurait un peu plus où est-ce que vous en allez
avec tout ça, ça vous appartient. Mais changer le pourcentage, parce c'est ça
que je comprends qui est la la conséquence d'un vote négatif sur votre
cotisation facultative, ce n'est pas simple, ce n'est pas simple, puis ça va
être encore moins simple pour un syndicat dans la fonction publique, dans des
grosses opérations, dans des grosses machines comme les CIUSSS, les CISSS, les
commissions scolaires, les centres de services scolaires.
M. Boulet : On a fait les
consultations qui s'imposent. Et ceci dit, même si ce n'est pas nécessaire que
je le partage avec vous, ça n'a jamais véritablement été notre intention d'y
aller sur une base individuelle. Je pense que je vous l'avais déjà mentionné,
on est dans un système de rapport collectif, d'obtenir des votes sur une base
individuelle. Ça ne m'apparaissait pas compatible avec la philosophie de
collectivité des relations de travail en présence d'un syndicat. C'était
l'hypothèse qui vous avait été partagée par je ne sais qui et qui provenait de
l'Alberta, d'une loi qui est en vigueur en Alberta. Mais c'est une analyse qui
a été faite au sein de mon ministère, qui vous a été malheureusement partagée,
on ne sait malheureusement pas par qui. Mais ce n'est pas une hypothèse que
moi, j'ai considérée sérieusement quand j'ai travaillé avec nos équipes.
Ceci dit, quand les syndicats sont venus
en consultations particulières, c'était important pour moi de redire, puis je
le redis d'emblée, parce que ça va être encore plus précis avec les amendements
qu'on va vous déposer pour le bloc Démocratie, ce n'est pas de faire ça deux
fois, trois fois, quatre fois par année. Puis ça se fera à de rares occasions
où la majorité des travailleurs aura dit : Non, on ne veut pas que le
0,50 $, tu l'utilises à des fins politiques, à de rares occasions, ceci
dit avec respect, puis, au contraire, ça va accroître la légitimité des
syndicats, mais il y aura des adaptations. Mais, dans le secteur privé, il n'y
a pas d'enjeu, c 'est un pourcentage, c'est une adaptation sur un logiciel
affaires.
Dans le système public, il peut... on a
fait les consultations — je sais que vous vérifiez — on a
fait les consultations, puis ça apparaît applicable de façon... de façon
correcte. Ce n'est pas une complexité démesurée par rapport à l'objectif qu'on
veut atteindre, c'est-à-dire de permettre aux salariés de collectivement
s'exprimer sur l'utilisation de la cotisation qu'ils doivent verser.
M. Leduc : Mais vous me
permettrez d'être en total désaccord sur votre vœu de simplicité d'application.
C'est peut-être moins compliqué que la version 1, au retrait individuel,
ça, on n'a pas un long débat là-dessus, c'est une évidence, mais ça demeure
compliqué puis plus compliqué que vous pensez. Je l'ai fait, moi, une fois,
quand j'étais au syndicat des auxiliaires de l'UQAM, j'en parle souvent, on a
voulu augmenter notre cotisation pour se donner plus de ressources puis être
plus efficace sur le terrain. C'est un processus extrêmement compliqué. Puis
l'Université du Québec à Montréal, université compétente, qui a de l'argent,
qui avait un site informatique relativement correct pour l'époque, j'imagine,
ça a été compliqué, ça a pris des mois, ça a pris des mois avant qu'ils soient
capables de modifier un minipourcentage à l'intérieur de leur système de
perception. Puis ça, c'est un employeur qui avait quatre accréditations
différentes, quatre cotisations différentes. Ça arrive plus souvent que vous
pensez, ça, dans une même entreprise ou dans un même service public.
• (15 h 40) •
Tout le secteur de la santé, tout le secteur
de l'éducation, une bonne partie du secteur de la petite enfance, ils ont
souvent plus qu'une accréditation à l'intérieur de leurs propres murs, de leurs
propres entreprises, et donc plus qu'un pourcentage à collecter. Puis là vous
êtes en train de me dire que, si ça m'avait pris, de mémoire... plusieurs mois
à l'UQAM, plusieurs mois, presque une demi-année minimalement, qu'à chaque
année il pourrait y avoir une modification de de ça, de quatre accréditations.
Là, on ne parle même pas du secteur public dans la santé, à la grandeur du
Québec, des quatre... des quatre unités, on est rendu à cinq unités, je pense,
de tous les CISSS, de tous les CIUSSS, pourraient, en théorie, modifier ça, je
veux dire, ce n'est pas vrai que ça va être simple. Alors que, si c'était clair
que c'était une seule cotisation, puis qu'à l'intérieur de cette cotisation-là,
on pouvait, oui ou non, dépenser dans le secteur dit facultatif...
M. Leduc : ...d'un point de
vue d'applicabilité, ce serait infiniment plus simple.
M. Boulet : Je respecte votre
opinion, mais vous prenez toujours le pire scénario, le scénario le plus
sombre, que ça va être changé à toutes les années. Je pense que, dans l'application,
ça va être beaucoup plus simple. Les syndicats, de toute manière, ils préparent
des budgets, ils vont annoncer leurs couleurs dans leur budget. Ils vont
dire : On anticipe, on prévoit, on budgète tel montant de votre
cotisation, tel pourcentage de votre cotisation pour être utilisé à des
activités politiques et autres. On va préciser la définition.
Et j'apprécie que vous disiez que c'est
pas mal plus simple que dans la première version. Ce n'est pas pas mal plus
simple... dans la première version, c'est qu'il faut que ce soit expliqué pour
que ce soit le plus simple possible d'application. Mais je ne nie pas. Comme
toute loi, parfois il y a des difficultés d'application. Je ne nie pas, mais il
faut que ce soit appliqué simplement. Puis je pense que les travailleurs vont
être attentifs. C'est des outils, de toute façon, qu'on donne aux travailleurs.
Puis je pense que c'est un devoir de
réciprocité des syndicats, à l'égard des travailleurs, de leur dire qu'est-ce
qu'ils vont faire avec la cotisation quand c'est en dehors de la défense des
droits de la négociation puis de la formation. Ça fait que ça se résume pas mal
à ça. Mais moi, je la vois peut-être un peu trop simple puis vous le voyez
peut-être un peu trop compliqué. Si on est entre les deux, on va être pas pire.
M. Leduc : Ça serait quoi
d'après vous, d'après vos collègues au cabinet, j'imagine que vous avez
peut-être vérifié, le délai d'application prévu pour une modification de
perception de cotisation? Par exemple, si c'est les infirmières, la catégorie
des infirmières du CIUSSS de l'Est dans mon coin... décident de modifier leur
cotisation, combien de temps ça va prendre pour que l'employeur, effectivement,
change le pourcentage de perception de cotisation?
M. Boulet : Je ne suis pas en
mesure de répondre. Dans le secteur privé, il n'y a pas d'enjeu. Dans le
secteur public, parapublic, il peut y avoir des délais. Cependant, j'ai été
très attentif lors des consultations particulières. Et le principal enjeu
d'application qui était soulevé par les syndicats, c'étaient les allers-retours
pendant l'année, et ça, il n'y aura pas d'aller-retour durant l'année.
M. Leduc : Ça serait quoi, un
délai raisonnable pour qu'une institution comme... je réitère mon exemple du
CIUSS de l'Est, modifie un pourcentage de perception de cotisation pour une
catégorie?
M. Boulet : Je ne suis pas en
mesure de répondre, mais la faisabilité a été testée avec les réseaux dans le
secteur public.
M. Leduc : Ah bon?
M. Boulet : C'est faisable et
c'est confirmé. Maintenant, je ne peux pas dire les délais précis.
M. Leduc : Bien, ça a été
testé. Vous avez plus d'informations que ça?
M. Boulet : Oui. En fait, pas
testé, confirmé. La faisabilité a été confirmée par les réseaux éducation,
santé et services...
M. Leduc : Oui, ça se fait,
mais la question, c'est : Dans quel délai?
M. Boulet : Ah! bien là, je
ne suis pas en mesure de répondre à ça.
M. Leduc : C'est comme quand
vous allez à l'hôpital, on va vous soigner à l'hôpital, mais dans combien de
temps on va réussir à vous voir à l'urgence? C'est ça, la question.
M. Boulet : Je pense que la
démocratie syndicale requiert que, même s'il y a un délai... que ce soit
respecté. C'est la volonté des travailleurs. Puis on fait ça pour les
travailleurs. Est-ce que ça peut être un délai x, y ou z? Ça, je ne suis pas en
mesure de le confirmer. Mais, si... Je comprends, selon vos propos, que vous
souhaiteriez que ce soit le plus rapide possible, mais prenons pour acquis que
la portion facultative va être acceptée. Il n'y aura pas de changement. Ça,
c'est dans les pires scénarios.
M. Leduc : Ça fait que, là,
si, mettons, je reprends encore mon exemple des infirmières du CIUSSS de l'Est,
l'unité des infirmières du CIUSSS de l'Est, ils votent contre la cotisation
facultative, donc, en théorie, il faudrait l'ajuster, là, le notifier, que le
syndicat notifie l'employeur : En vertu du nouveau Code du travail, nous
avons à modifier la cotisation en baissant de X % à partir de... à partir de...
là, on est en septembre, puis, à partir de septembre, nous souhaitons que
l'employeur ne perçoive que cette fonction-là de la cotisation. Puis là
l'employeur, il se dit : Oui, on va faire ce qu'on peut, là, mais... puis
là, finalement, six mois plus tard, finalement, ça rentre en vigueur. Toutes
les cotisations qui auront été perçues dans ce temps-là, entre septembre puis
c'est quoi, juin, 6 mois plus tard, qu'est-ce qu'on fait avec?
M. Boulet : Bien, c'est le
respect des principes démocratiques les plus fondamentaux. On fait une
assemblée générale. Les travailleurs disent... Puis c'est l'hypothèse, c'est le
scénario le plus sombre. Les travailleurs disent Non...
M. Leduc : Ce n'est pas
sombre, M. le ministre, ça va arriver à plusieurs reprises dans les prochains
mois. Ça se fait
M. Boulet : Bien, ça se fait
déjà, collègue. Puis vous le savez, vous connaissez ça probablement mieux que
moi, il y en a déjà, des cotisations spéciales.
M. Leduc : Monsieur le
ministre, combien de temps ça a pris pour payer des primes pendant la pandémie?
Des mois, des années.
M. Boulet : Il y en a, il y en
a déjà, des indemnisations spéciales, et ça se fait. Quant aux...
Le Président (M. Allaire) :
Excusez-moi, excusez-moi, monsieur le ministre. C'est sûr que, si... M. le
ministre.
M. Boulet : Oui.
Le Président (M. Allaire) :
Monsieur le ministre, si vous parlez en même temps, je vais vous ramener vers
moi. Ça va? Monsieur le ministre, vous pouvez continuer votre réponse.
M. Boulet : En fait, il y en
a déjà, des cotisations spéciales. Et ce n'est pas un mécanisme nouveau, il y
en a, des adaptations des montants, puis ça peut se faire. Puis je pense que la
volonté exprimée par la majorité des travailleurs...
M. Boulet : ...puis, encore
une fois, ce n'est pas l'hypothèse la plus probable. Dans beaucoup de cas, les
cotisations facultatives quand ils sont présentés dans le cadre d'un budget, je
pense que les syndicats auront à démontrer la légitimité de ces dépenses-là.
M. Leduc : ...du tout...
Le Président (M. Allaire) : ...Hochelaga-Maisonneuve,
après vous, la députée des Mille-Îles souhaite intervenir.
M. Leduc : Parfait, je
termine là-dessus. Vous n'avez pas du tout répondu à ma question. Qu'est-ce qui
se passe si, en septembre, on a un vote pour arrêter de faire la cotisation
facultative, mais qu'il n'est rendu opérant qu'en juin? Qu'est-ce qui se passe
avec toutes les cotisations facultatives perçues entre septembre et juin?
Faut-tu les rembourser?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Leduc : Qui les rembourse?
Parce qu'ils ont été perçus, ils ont-tu été envoyés? Qu'est-ce qui se passe
avec ça? Si c'est voté en septembre, qu'on arrête les facultatives puis qu'on
était rendu au mois de juin, puis que ça n'a pas changé, la cotisation est
toujours le même montant, qu'est ce qu'on fait?
M. Boulet : ...ce scénario-là
se produise, encore une fois, vous cherchez les hypothèses les plus
improbables, normalement pour respecter la volonté de la majorité des
travailleurs exprimée dans un contexte démocratique, il faudrait s'assurer que
le montant à la fin de l'année soit respectueux du 9,50 $ si la portion
facultative est 50 cents, il faudrait faire les adaptations qui
s'imposent.
M. Leduc : Donc, modifier
deux fois dans la même année la cotisation.
M. Boulet : Non, c'est une
rétroactivité qui... Puis ça se fait, là, mais il y aurait une rétroactivité
qui serait faite en tenant compte de la réalité temporelle : quand c'est
fait.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
On pourra revenir avec vous, M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve. Mme la
députée de Mille-Îles, allez-y.
Mme Dufour : Oui, merci, M.
le Président. Je constate simplement qu'il y a ici des échanges, mais qui ne
concerne pas l'article qu'on est en train de regarder.
M. Boulet : Exactement.
Mme Dufour : Donc, je voudrais
peut-être juste revenir à l'article. Il y a une... Il y avait une proposition
d'amendement qui venait enlever principale à cotisation, là, le montant de la
cotisation principale et ce qu'on s'est dit lorsque le micro était fermé...
moi, personnellement, ce que je disais, c'est que si on enlevait le mot principal,
ça dénaturait... ça changeait la structure du reste du projet de loi et c'était
pour cette raison que je croyais que ça ne devait pas s'appliquer ce
changement-là. Maintenant, pour ce qui est de la mécanique, j'imagine qu'il y a
d'autres articles qu'on pourra y revenir, mais ce n'est pas l'objet de
l'article 2 qu'on regarde présentement.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Je suis plus ou moins d'accord avec vous en ce sens où on est dans
l'interprétation de la cotisation principale. Donc, le député
d'Hochelaga-Maisonneuve essaie de comprendre, de bien comprendre ce qui fait
partie de la cotisation principale, et puis là on tombe... ça peut être large,
là, quand même, ça peut être très large. Puis on est sur un amendement qui est
déposé en ce sens, là. M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve, vous souhaitez
poursuivre?
M. Leduc : S'il vous plaît.
Le Président (M. Allaire) :
Allez-y.
M. Leduc : Moi, je pense à
tous les gens qui sont dans les départements de ressources humaines, là,
notamment la fonction publique, là, qui vont capoter leur vie, là. C'est long
et compliqué, les maudits systèmes informatiques. On a... On a passé une
période de questions à jaser de SAAQclic pendant des semaines, pendant des
jours, pendant des heures. Puis là, on est en train de nous faire à croire que
ça va être super simple et convivial changer les montants de perception de
cotisations des salariés qui ont de la misère à avoir des rétroactions
salariales quand il y a des négociations avec le secteur public. Il y a des
primes de Covid qui ont été tellement longues à être... livrées à cause de
systèmes d'informatique désuets. Ce n'est pas vrai que ça va être simple. Ça va
être un défi. Il y aura des longs délais d'application.
Puis j'ai posé un cas qui va arriver très
certainement plus souvent que le ministre le pense, là, qu'il y aura un moment
de plusieurs semaines, plusieurs mois certainement entre le vote pris pour
arrêter la cotisation facultative et l'applicabilité de cette nouvelle cotisation-là
à la baisse. Que se passe-t-il avec les montants récoltés qui, en plus, seront
probablement très marginaux, là? Dans le document du ministre, qu'on a trouvé
en septembre, ils parlaient eux-mêmes d'un calcul d'à peu près 1 % de
cotisations facultatives, au plus... 1 à 3 %, si mon souvenir est bon. Ça
fait que ce ne sera pas des gros montants, mais il y aura eu de la récolte trop
grande de ce 1 à 3 % là, pendant, mettons, six mois. Que se passe-t-il
avec cet argent-là? Est-ce qu'il faut qu'à la mitaine le syndicat fasse des
chèques pour rembourser? Est-ce qu'il faut que ça soit renvoyé à l'employeur,
que l'employeur le rembourse? Qu'est-ce qui va se passer?
M. Boulet : Je n'ai plus de
commentaires, M. le Président.
Le Président (M. Allaire) : ...Hochelaga-Maisonneuve,
vous pouvez poursuivre.
• (15 h 50) •
M. Leduc : Bien, je suis
surpris que le ministre dit qu'il n'a plus de commentaires. C'est... c'est un
cas qui va arriver. Je l'ai vécu. Je l'ai vécu à l'Université du Québec à
Montréal, quand j'étais là-bas. J'ai été conseiller syndical, j'ai vu à quel
point ce n'est pas simple de modifier des cotisations. De dire que là, à chaque
mois, à chaque année, parce que ça a l'air que c'est rendu à chaque année, on
va... on le verra tantôt, ça va pouvoir être modifié, ce n'est pas comme un...
tu ne pèses pas comme un bouton, puis voilà, j'ajuste la cotisation, ça ne
fonctionne pas aussi facilement que ça. Dans une binerie peut-être, là, mais
dans les grands... dans le grand employeur qu'est le gouvernement du Québec, je
suis convaincu que ce n'est pas comme ça que ça va marcher. J'ai des échos
aussi du milieu de la construction qui me disent que la CCQ n'est pas prête
pantoute, elle n'a pas les systèmes informatiques pantoute pour appliquer ça.
Qu'est-ce que ça va donner dans le concret, dans le terrain? Puis est-ce que ça
ne va pas générer...
M. Leduc : ...encore plus de
frustration si les membres se sont exprimés en disant : On veut arrêter la
cotisation facultative, mais qu'elle n'est pas opérante avant trois, quatre,
cinq, six mois. On n'a pas servi l'intérêt public, là. Tandis que, si on avait
plutôt focussé sur les dépenses facultatives, là il y aurait plus de logique,
il y aurait plus de maniabilité.
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Boulet : ...M. le Président,
je vais arrêter, puis pas parce que je manque de respect, mais j'adhère à ce
que la collègue de Mille-Îles a présenté. Il y a un concept de facultatif, et
il est lié de façon intime au concept de cotisation principale. Et la
cotisation principale, c'est les membres du syndicat, alors que la cotisation
facultative, c'est les salariés. La faisabilité a été démontrée. Ceci dit, le
reste, moi, j'ai tout expliqué. Puis on est dans le bloc gouvernance, puis...
on pourrait parler du bloc gouvernance pendant des heures encore. Mais sur le
concept, sur le mot principal, il est essentiel à la structure du projet de
loi.
Le Président (M. Allaire) :
Merci, M. le ministre. Il vous reste 11 minutes, M. le député
d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Ben, je veux juste
préciser que je... on m'a informé que, par exemple, les primes pour les
psychiatres pendant la pandémie a pris des mois à être payés. C'était supposé
être simple, là, une prime, ça... c'est un plus un égale deux, là, des mois,
des mois. Puis j'ai... M. le ministre parlait dans le privé, ça va être facile.
Moi, j'ai déjà syndiqué le musée... le défunt musée Stewart, où on était, quoi,
en haute saison touristique, une soixantaine de personnes, en basse saison, une
quinzaine. Les systèmes de paie étaient complètement désuets. Une personne sur
deux avec... avec une erreur de calcul de paie à chaque talon. Ça a été
compliqué d'introduire la cotisation syndicale quand on a syndiqué la place. Ça
fait que ce n'est pas vrai que le privé, c'est toujours facile non plus.
Est-ce que ça va être plus facile que dans
le public? On verra bien, là, mais d'avoir aucune clarté sur qu'est-ce qui va
se passer pendant les nombreux mois ou est-ce qu'on aura trop cotisé, parce que
le délai d'application aura été mal... mal géré par l'employeur, parce que ce
n'est pas de la faute du syndicat. On peut-tu au moins me préciser, M. le
ministre, qu'il n'y aura pas de pénalité faite aux syndicats s'il y a un délai
d'application du changement de cotisation?
M. Boulet : Non, ce n'est pas
ma compréhension.
M. Leduc : Ça fait que si un
membre est fâché qu'il a voté pour... qu'il y a un vote majoritaire pour
baisser la cotisation puis que ce n'est pas appliqué pendant des mois, il n'y a
pas de recours qui va attaquer le syndicat, là.
M. Boulet : Non.
M. Leduc : Il pourra se
plaindre aux ressources humaines. Il peut-tu avoir un recours contre les
ressources humaines?
M. Boulet : Pas de
commentaires. M. le Président.
Le Président (M. Allaire) : M.
le député, vous pouvez poursuivre. D'autres interventions? S'il n'y a pas
d'autre intervention, nous allons procéder à la mise aux voix de cet
amendement. Est-ce que l'amendement est adopté?
Des voix : Rejeté.
Le Président (M. Allaire) :
L'amendement est rejeté. On revient donc à l'article deux. Est-ce qu'il y a des
interventions sur l'article deux?
M. Leduc : ...M. le Président.
Le Président (M. Allaire) : M.
le député d'Hochelaga-Maisonneuve, allez-y.
M. Leduc : On m'écrit... que,
dans la fonction publique, Syndicat des professionnels du gouvernement, ça a
pris plusieurs mois, une modification de cotisation, plusieurs mois, presque
six mois, encore une fois, ça fait que je n'ai pas... j'ai... quand j'ai... à
peu près estimé six mois, puis c'est exactement ça qu'on... qui est arrivé dans
la fonction publique plus tard qu'il y a quelques mois à peine, là, en 2025. Ça
fait que la question reste entière. Que se passerait-il avec les trop-perçus?
Qui le... Qui le vivra le verra, on imagine.
Ça fait que, là, si on revient sur la
plus... sur le général, je veux clarifier l'aspect des cotisations multiples
paliers, parce qu'il y a deux façons de cotiser, j'en... On avait eu un long
débat là-dessus avant les fêtes, le ministre et moi. Soit la cotisation est
toujours perçue par l'employeur, ça, c'est clair, soit elle est remise à la
section locale, au syndicat local, qui après ça lui fait son départage. Donc,
quelle portion je garde pour ma vie syndicale locale? Quelle portion j'envoie à
ma centrale? Dans certains cas, quelle portion j'envoie à mon instance
régionale CSN et la FTQ ont des instances régionales qui ont leur propre
cotisation, ou l'autre système, c'est un syndicat dit national ou plus
centralisé qui va percevoir, lui, la cotisation, puis après ça envoyer la
portion de la section locale.
Il y a des syndicats, puis je pense que,
si je ne me trompe pas, on me corrigera, là, mais je pense que c'est les
métallos qui sont centralisés aux États-Unis, donc qui perçoivent une cotisation
là-bas. Puis c'est un montant fixe, c'est-à-dire qu'il n'y a pas moyen de le
modifier localement. Comment ça va s'opérationnaliser, l'article trois, dans le
cas d'une cotisation qui est perçue par un syndicat à maison-mère américaine
qui n'offre pas de possibilité de la modifier?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Boulet : ...je veux juste
bien comprendre, là...
M. Boulet : ...la cotisation
est perçue par le syndicat. Parce qu'elle est perçue par l'employeur, en vertu
du Code du travail selon la formule Rand, donc c'est l'employeur qui perçoit.
M. Leduc : Il y a deux... Je
l'ai dit, l'employeur perçoit tout le temps. Mais il y a deux systèmes :
soit il envoie le montant perçu... Parce qu'à l'intérieur de la cotisation...
M. Boulet : Mais le local
peut informer l'employeur. Est-ce que... Donc, c'est ce à quoi... Je ne suis
pas sûr que je comprends bien votre question.
M. Leduc : Parfait. Pas de
problème. On perçoit une cotisation d'un point de vue de l'employeur.
Là-dessus, il ya... il n'y a pas de débat. L'intérieur de la cotisation,
elle... elle répond à tout. Elle répond aux besoins locaux et aux... aux
besoins du syndicat mère, mettons. Il y a deux systèmes grosso modo : soit
l'employeur envoie l'entièreté de la cotisation à la section locale qui, elle,
après ça, écrit un chèque à sa centrale, ou l'inverse, soit on envoie la
cotisation dans son entièreté au syndicat mère qui lui-même fait un chèque
ensuite pour la section locale. Puis, dans ce scénario-là, il y a différentes
variations. La plupart des syndicats vont pouvoir avoir du lousse sur la
perception locale. C'était mon cas encore une fois à l'UQAM. J'étais à
l'Alliance de la fonction publique du Canada, un syndicat pancanadien, l'UQAM
percevait la cotisation, l'envoyait à Ottawa, là où était la maison mère du
syndicat, qui renvoyait après ça une portion pour notre syndicat local. Et
nous, on pouvait modifier la portion qui nous revenait, tandis qu'évidemment la
portion qui revenait à la centrale était à l'intérieur du pourcentage, un
pourcentage fixe. Est-ce que vous me suivez?
M. Boulet : ...mais vous
compliquez ça.
M. Leduc : Consultez-moi la
prochaine fois avant d'écrire vos projets de loi.
M. Boulet : Non, mais c'est
parce que la remise... Parce que je ne suis pas sûr que vous saisissez bien le
contenu du Code du travail. À l'article 47, il y a une obligation de
remettre à l'association accréditée. Puis c'est l'association...
M. Leduc : On a eu toute
cette discussion-là l'autre jour, M. le ministre, qui possède le certificat
d'accréditation. Ce n'est pas toujours la même chose.
M. Boulet : Oui, oui, mais à
l'association accréditée. Mais...
M. Leduc : Des fois, ça veut
dire que celui qui possède... le certificat, c'est le syndicat mère.
M. Boulet : Oui, mais
l'association locale qui a l'accréditation syndicale en vertu du Code du
travail.
M. Leduc : C'est que, là,
vous êtes en train de dire que, depuis 50 ans, la moitié des syndicats au
Québec sont en infraction du code?
M. Boulet : Non, mais c'est
indépendamment de la détention du certificat, là. Je ne suis pas sûr que je
vous suis, là.
M. Leduc : C'est de même que
ça marche depuis 50 ans au Québec, là.
M. Boulet : Qui sont les
membres compris dans l'unité d'accréditation syndicale? Et il y a toujours une
association locale, il y a des structures intermédiaires, il y a des structures
nationales et des... il y a des structures internationales. Mais j'ai de la
misère à comprendre ce à quoi vous voulez... où vous voulez nous amener.
M. Leduc : D'accord. Quand
c'est un choix qui est fait que la perception soit envoyée au syndicat mère et
non à la section locale, et que le syndicat mère lui-même fait son départage et
envoie le chèque au syndicat local, dans ces scénarios-là, dans une de ces deux
branches là, il y a différents scénarios. Soit la section locale, la plupart du
temps, peut varier sa cotisation locale, l'augmenter, la baisser, et donc
l'article qu'on est en train de discuter, il va pouvoir en théorie fonctionner,
mais il y en a que non. Puis, à ma connaissance, les métallos, pour le meilleur
et pour le pire, ont une cotisation fixe. Qu'on soit au Québec, en Ontario, au
Maine, au Missouri ou je ne sais trop, c'est le même pourcentage à la grandeur.
M. Boulet : Le même montant?
M. Leduc : Pourcentage.
M. Boulet : Pourcentage.
Pourcentage.
M. Leduc : Même pourcentage
de perceptions syndicales à la grandeur de l'Amérique du Nord. Et donc, dans ce
scénario-là, dans... ce n'est pas possible de le modifier. Ces sections locales
là n'ont pas le loisir d'augmenter la portion qui leur revient parce que c'est
un pourcentage fixe. Et là on a un défi d'application : comment ça va
marcher, s'il faut tout à coup retirer soi-disant une partie facultative, alors
que la perception, elle est fixe à grandeur de l'Amérique du Nord? Vous
comprenez?
M. Boulet : Oui. Mais, dans
la présentation du rapport sur l'utilisation des ressources financières, il va
y avoir un budget qui va être soumis à l'association locale. Indépendamment des
structures, ils vont pouvoir se prononcer sur la possibilité d'utiliser, peu
importe par qui, un certain montant qui sera dans le budget à des fins
politiques, par exemple. Est-ce que c'est là que vous voyez un problème
d'application?
M. Leduc : C'est que, si vous
aviez choisi le système d'une seule perception, une seule cotisation et des
dépenses différentes, là on aurait pu avoir le vote, en effet, sur les dépenses
facultatives, mais que, s'ils ne veulent pas la dépenser sur ces trucs-là,
bien, l'argent reste dans le compte et soit... soit il devient un surplus ou
devient dépensé dans d'autres items.
• (16 heures) •
M. Boulet : Mais ça revient
toujours à ça. C'est un...
M. Leduc : Bien non. Parce
que, là, vous dites : Non, non, il y a deux cotisations, puis c'est à tout
prendre ou à tout laisser. Soit vous votez pour l'entièreté de la cotisation
facultative ou soit vous la rejetez complètement et entièrement. Il n'y a pas
de nuance. Il n'y a pas de gradation.
M. Boulet : Mais c'est sûr
que vous revenez à votre idée initiale. Vous souhaiteriez que la cotisation
demeure la même, que s'il y a un vote et qu'il est négatif sur...
16 h (version non révisée)
M. Boulet : …l'utilisation d'une
partie de la cotisation à des fins facultatives, qu'il n'y ait pas un
prélèvement réduit, et c'est là que vous voyez la difficulté d'application. Est-ce
que c'est ça?
M. Leduc : Ça ressemble à ça,
oui.
M. Boulet : OK. Bien, on
pense que ça peut se faire, puis l'employeur peut être informé qu'il y a eu un
vote, puis je pense que la démocratie syndicale impose cette transparence-là
puis permettre que le prélèvement soit ajusté en fonction d'une volonté
exprimée par la majorité des travailleurs et, selon moi, ça n'arrivera pas
souvent. Mais ceci dit, vous pouvez trouver les exemples les plus compliqués,
mais moi, je pense que c'est faisable.
M. Leduc : Parce que, pour la
portion dite «principale», là, ça arrive souvent, j'ai vu ça fréquemment que,
dans une présentation des états… d'un budget, dans une assemblée syndicale, on
présente : Voici ce qu'on va dépenser cette année. Puis là, il y a du
monde qui disent : Eille! ça, je ne trouve pas ça pertinent. Bon, bien, on
le retire, on vote… on vote… on fait un amendement, puis on le biffe du budget
cet item-là, mais on n'a pas baissé la cotisation pour autant.
M. Boulet : Non. Mais là, c'est
une adaptation du budget. En fait, ce qu'on dit…
M. Leduc : Bien, c'est la
même chose qu'on...
M. Boulet : Non.
Essentiellement, ce qu'on dit : Utilisez les cotisations de façon
compatible avec votre mission pour défendre, pour représenter, pour former,
pour négocier. Si ce n'est pas là-dedans, parlez-en à vos travailleurs, donnez-leur
l'opportunité de s'exprimer. C'est tout simplement ça.
M. Leduc : OK. Je…
M. Boulet : Mais, dans un
budget, il peut y avoir des discussions sur des montants puis sur la nature de
l'utilisation des cotisations ou la nature des dépenses, ça, je le comprends, sans
que ça ait d'impact sur le montant du prélèvement.
M. Leduc : Bien, c'est ça qui
est bizarre, c'est que, là, il va y avoir deux colonnes, il y a deux budgets :
le budget principal puis le budget facultatif. Le budget principal va être
présenté aux membres en assemblée. Lui, il peut être amendé, hein, il peut être
modifié? Ce n'est pas à prendre ou à laisser dans un tout, il peut être amendé.
C'est ça que ça sert, une assemblée. Puis après ça, s'il est amendé, si on
retire des dépenses, ça ne change pas la cotisation.
M. Boulet : Ouais, mais…
M. Leduc : Mais, après ça, lui,
le budget… le budget, lui, le facultatif, c'est à prendre ou à laisser en tout,
il n'est pas amendable et, si on le rejette, il faut baisser la cotisation. C'est
deux systèmes complètement différents pour une même dépense.
M. Boulet : C'est un seul
budget puis, dans le budget, il y a des catégories d'utilisations des
cotisations à des fins facultatives, et c'est présenté comme ça et, oui, sur
cette portion-là, il y a la possibilité de s'exprimer. Moi, je ne trouve pas ça
compliqué puis nous, on ne trouve pas ça compliqué, mais c'est sûr que si vous
prenez des cas extrêmes puis dans des hypothèses de scénarios de refus et d'adaptation
du montant du prélèvement, mais c'est faisable. Puis il n'y a rien qui empêche
d'adapter un budget en fonction de la volonté exprimée par la majorité des
travailleurs sur une portion de ce budget-là. Là, un budget, c'est des blocs, un
budget, c'est des catégories, puis c'est présenté comme ça. Ils le font de
toute façon. Ils le savent de toute façon. Le problème qu'ils soulevaient, d'application,
quand ils sont venus en consultations particulières, c'était de revenir pendant
l'année et de réajuster de façon plus fréquente, et ce n'est pas ce qui va se
faire, c'est une fois par année, puis il y aura des adaptations du montant du
prélèvement de façon vraiment ponctuelle. En tout cas, c'est ma compréhension.
M. Leduc : Vous dites que… vous
dites qu'il y a un seul budget qui est présenté, mais ce n'est pas ça que vous
avez écrit dans votre projet de loi. À 4702, vous dites : L'association accréditée
présente à ses membres, au moins une fois par année, la cotisation facultative
dont ils entendent demander le prélèvement pour financer les activités. C'est
écrit nulle part qu'il faut qu'il présente le budget complet.
M. Boulet : Bien oui, mais,
dans le budget, il y a des catégories de dépenses qui sont associées à ce qu'on
définit comme étant une cotisation facultative. Qu'ils présentent un, deux ou
trois budgets, l'important, c'est de présenter ce qui va être utilisé dans les
cotisations prélevées à des fins facultatives, à des fins politiques. C'est…
OK.
M. Leduc : Mais je veux juste
être clair, c'est que, là, on n'est pas obligés de présenter un seul budget
parce qu'on ne présente pas ça au même monde. Tantôt, on a eu un long débat sur
est-ce que les membres décident de rendre ça public ou pas…
M. Boulet : Ça, c'est autre
chose.
M. Leduc : …leurs états
financiers.
M. Boulet : C'est les états
financiers.
M. Leduc : Oui. Souvent, c'est
en lien avec le budget, là, c'est comme la même… le même exercice.
M. Boulet : Bien, ce n'est
pas le…
M. Leduc : Bien, quand moi, je
décide de présenter ça aux membres…
M. Boulet : Ça peut être dans
la même… dans le même forum, mais c'est le rapport sur l'utilisation des
ressources financières où on va devoir déterminer ce qui va être utilisé, la
portion de la cotisation qui va être utilisée à des fins facultatives.
M. Leduc : Ça fait que, dans
le fond, moi, j'ai deux options si je suis un syndicaliste. Je peux faire une
seule assemblée avec un ordre du jour complet puis, à un moment donné, il va
avoir un petit bout, vote sur la cotisation facultative. Mais dans le fond, là,
la cotisation facultative, je ne suis pas obligé de la présenter à personne dans
le fond. Il faut juste qu'il y ait un document qui circule. Non, il y a une
assemblée…
M. Boulet : ...puis ce n'est
pas juste les membres, c'est les salariés, là, pour le facultatif, mais vous
l'expliquez bien puis...
M. Leduc : C'est-à-dire que,
c'est ça, c'est présenté aux membres à l'assemblée.
M. Boulet : Quand vous le
voulez, vous l'expliquez simplement, collègue.
M. Leduc : Ça fait qu'il y
aura deux votes différents, le vote sur la principale, seulement avec les
membres, puis le vote sur la facultative plus tard, dans un deuxième temps, seulement
avec les salariés.
M. Boulet : Bien, la
principale, dans la mesure où il n'y a pas de changement, il n'y a pas de vote,
mais c'est la facultative.
M. Leduc : Parfait.
Le Président (M. Allaire) : Ça
va? Pas d'autres interventions? S'il n'y a pas d'autre intervention, nous
allons procéder à la mise aux voix de l'article 2. Est-ce que l'article 2 est
adopté?
Des voix : ...
Le Président (M. Allaire) : Par
appel nominal, Mme la secrétaire, s'il vous plaît.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Boulet (Trois-Rivières)?
M. Boulet : Pour.
La Secrétaire : Mme Mallette
(Huntingdon)?
Mme Mallette : Pour.
La Secrétaire : Mme Hébert
(Saint-François)?
Mme
Hébert
:
Pour.
La Secrétaire
: Mme Jeannotte
(Labelle)?
Mme Jeannotte : Pour.
La Secrétaire
: Mme Dorismond
(Marie-Victorin)?
Mme Dorismond : Pour.
La Secrétaire
: Mme Dufour
(Mille-Îles)?
Mme Dufour : Abstention.
La Secrétaire
: M. Leduc
(Hochelaga-Maisonneuve)?
M. Leduc : Contre.
La Secrétaire
: M. Allaire
(Maskinongé)?
Le Président (M. Allaire) :
Abstention. Donc, l'article 3 est adopté. Alors, on poursuit, l'article 3, qui
introduit trois nouvels articles. Allons-y article introduit par article
introduit, M. le ministre, nous allons voter le bloc à la fin, il y aura des
amendements. Donc, je vous cède la parole pour l'article 3, qui introduit
20.3.1. La parole est à vous.
M. Boulet : Merci, M. le
Président. «Ce code est modifié par l'insertion, après l'article 20.3, des
suivants :
«20.3.1. L'avis de convocation d'une
assemblée tenue par une association accréditée doit indiquer la date, l'heure
et le lieu où elle est tenue. L'avis doit également indiquer l'ordre du jour et
être transmis à chacun des membres.»
Commentaires : Bon, ça introduit
20.3.1 à 20.3.5, puis c'est de préciser les éléments que doit inclure l'avis de
convocation à une assemblée tenue par une association accréditée, bon, la date,
l'heure, le lieu, l'ordre du jour... doit aussi être transmis à chacun des
membres. Et, bon, voilà, c'est tout, M. le Président.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Je corrige mon erreur, j'ai dit trois articles introduits, mais c'est cinq
articles introduits. M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve, après, la députée
des Mille-Îles.
M. Leduc : Ah bien, ma
collègue peut y aller, il n'y a pas de problème.
Le Président (M. Allaire) :
Ah! Mme la députée des Mille-Îles, allez-y.
Mme Dufour : Oui. Juste une
question sur le fonctionnement de cet article. L'avis doit également indiquer
l'ordre du jour et être transmis à chacun des membres, il n'y a pas de
spécification de temps de transmission, de période préalable? Est-ce que c'est
indiqué ailleurs?
M. Boulet : Non. Ça, ça
relève de la... du droit de gestion des syndicats. C'est dans leurs statuts, et
on n'a pas l'intention de s'immiscer là-dedans.
Mme Dufour : OK, donc ça peut
être variable selon les syndicats.
M. Boulet : Absolument, oui.
Si on en fait trop, ils vont nous dire qu'on s'immisce trop ça fait que...
Mme Dufour : Ah bien, je
pense qu'ils vous l'ont déjà dit, là, mais mais c'était juste pour comprendre
la mécanique, là, je ne suggère pas un amendement. C'est vraiment parce que
je... comme j'ai dit au début, plus tôt ce matin, je connais très, très peu la
mécanique des syndicats. Merci beaucoup.
M. Boulet : Ah! vous êtes
très bonne.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
À vous, M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : L'assemblée...
moi, c'est une évidence, là, qu'on doit avoir une assemblée qui indique la
date, l'heure et le lieu, là, je ne comprends pas pourquoi on écrit ça dans le
code, mais bon. Est-ce que M. le ministre avait reçu des plaintes de gens qui
trouvaient que ce n'était pas assez clair quand on avait une assemblée?
M. Boulet : Non, ça fait
partie d'une saine gouvernance. Puis je vous dirais, puis je vais donner un
commentaire consécutif à la question de la collègue des Mille-Îles, il y a une
disposition totalement similaire dans le Code civil du Québec sur les
dispositions applicables à certaines personnes morales, mais on va plus loin,
on dit : «L'avis de convocation de l'assemblée annuelle indique la date,
l'heure et le lieu où elle est tenue, ainsi que l'ordre du jour, puis il est
envoyé à chacun des membres habiles à y assister au moins 10 jours, mais pas
plus de 45 jours avant l'assemblée.»
Donc, j'ai tout le temps répété que la
gouvernance, c'est pour s'assurer de la participation et de l'expression des
personnes qui sont membres d'un syndicat. Et l'avis de convocation, c'est un
élément qui apparaît crucial à l'augmentation de la participation, et c'est...
et c'est ce qui nous a inspirés.
• (16 h 10) •
M. Leduc : OK. J'ai
l'impression qu'on défonce une porte ouverte, là, mais c'est correct, si on
veut défoncer une porte ouverte, on a droit de le faire.
Est-ce que, pour le ministre, c'est clair
qu'un avis de convocation, ça peut être à la fois de l'affichage ou un envoi
courriel, ou les deux, ou un autre, ça peut être des textos aussi...
M. Boulet : ...on ne s'immisce
pas. En fait, c'est des normes minimales pour l'avis de convocation. Le reste,
c'est dans les statuts règlements puis c'est de régie interne des syndicats. Ça
fait qu'on ne s'immisce pas là-dedans, on veut s'assurer qu'il y a un avis de
convocation qui donne les informations minimales aux travailleurs.
M. Leduc : Je comprends que
vous ne voulez pas vous immiscer, mais à partir du moment que c'est écrit dans
la loi, quelqu'un pourrait vouloir faire un recours par rapport à ça.
M. Boulet : Pour? Un recours
pour?
M. Leduc : Bien, elle
dit : Ah! je n'ai pas été convoqué personnellement ou individuellement.
Qu'est-ce qui est un avis de convocation raisonnable et minimal, selon le
ministre?
M. Boulet : Bien, les statuts
sont votés, les règlements sont votés, puis ils vont devoir prévoir le mode de
convocation. On laisse ça aux syndicats. Si vous voulez qu'on s'immisce
là-dedans, bien, ce n'est pas souhaité puis ce n'est pas souhaitable non plus.
M. Leduc : Moi, j'essaie de
voir l'intention du législateur, M. le ministre.
M. Boulet : Mon intention,
c'est ce que je viens de dire.
M. Leduc : Ça peut être donc
plusieurs choses différentes.
M. Boulet : Oui.
M. Leduc : Ce n'est pas
nécessairement des affiches ou nécessairement un truc.
M. Boulet : C'est à la
discrétion du syndicat.
M. Leduc : Parfait, donc...
M. Boulet : ...et des
travailleurs parce que les statuts règlements, les travailleurs s'expriment.
M. Leduc : Parfait. Bien,
moi, si on est clair que ça peut être l'affichage texto ou encore autre
application, WhatsApp, je sais que c'est plus populaire en Europe qu'ici, mais
ça commence, ça peut être n'importe quelle de ces choses-là, l'addition de ces
choses-là, l'objectif d'un syndicat étant toujours d'avoir le plus de
participation possible, de toute façon.
M. Boulet : On a un intérêt
commun là-dedans.
M. Leduc : OK.
Le Président (M. Allaire) : Ça
va? Pas d'autres interventions? Alors, on va passer au prochain article
introduit, 20.3.2. M. le ministre, lecture et commentaires, et je pense que
vous avez un amendement.
M. Boulet : Oui. Donc :
«20.3.2. L'association accréditée doit permettre qu'un vote au scrutin secret
prévu aux articles 20.1 à 20.3 puisse s'exercer sur une période d'au moins
24 heures.
On a un amendement, M. le Président.
Le Président (M. Allaire) : Il
est à l'écran déjà. Vous pouvez poursuivre.
M. Boulet : À
l'article 20.3. 2 du Code du travail, proposé par l'article trois du
projet de loi :
1° remplacer 20.3 par 20.2;
2° ajouter, à la fin, l'alinéa
suivant :
Elle doit permettre qu'un vote au scrutin
secret, prévu à l'article 20.3, puisse s'exercer sur une période d'au
moins 12 heures.
Commentaires : Donc, ça vise à
modifier la période minimale pendant laquelle doit s'exercer un vote au scrutin
secret prévu à 20.3, soit pour la signature d'une convention collective. Ainsi,
l'association doit permettre qu'un tel vote puisse s'exercer sur une période de
12 heures plutôt que sur une période de 24 heures.
Les autres votes, là, que vous connaissez,
les votes, c'est notamment pour l'élection à une fonction à l'intérieur d'une
association accréditée, la modification ou l'établissement de la cotisation
principale, la déclaration d'une grève. Il y en a-tu d'autres? Non, je pense
que c'est ça. La ratification d'une convention, ça, c'est 12 heures
maintenant, selon cet amendement-là.
Le Président (M. Allaire) : Ça
va? Mme la députée de Mille-Îles.
M. Boulet : C'est tout.
Le Président (M. Allaire) : Allez-y.
Mme Dufour : Oui. Merci, M.
le Président. Donc, si je comprends bien, pour ce qui est d'une convention
collective, on souhaite réduire le délai. Est-ce que c'est pour qu'il puisse y
avoir un retour au travail plus rapide?
M. Boulet : C'est une
excellente question. Oui. Et ça a été exprimé en consultations particulières.
Ça offre une meilleure flexibilité, une réactivité accrue. Souvent, il y a des
protocoles de retour au travail. Donc, si on ne veut pas retarder le retour au
travail, c'est important que ce soit réduit à 12 heures. Ça nous avait été
partagé... oui, durant les consultations particulières.
Mme Dufour : Mais, juste pour
comprendre, c'est 12 heures, 24 heures. Bon, 24 heures, on
comprend, là, que si ça commence à 8 heures le matin, ça va être
8 heures le lendemain, mais 12 heures, est-ce qu'on peut se retrouver
que ça se passe, tu sais, de 8 heures le soir à 8 heures le matin,
puis que ça soit juste la nuit, tu sais?
M. Boulet : On ne s'immisce
pas dans le moment. Ça va relever du syndicat. Puis je voulais aussi dire, là,
pour le 12 heures, là, souvent, quand les négos sont terminées, il y a des
nouvelles conditions de travail puis on veut réduire le délai pour que les
salariés, les travailleurs puissent bénéficier des conditions... reste trop
longtemps dans l'incertitude. Puis ça avait été soulevé, collègue, lors des
consultations particulières par l'APTS, la CSD, la CSQ, la FAE, la FIQ et le
SPGQ. Et le 24 heures, collègue, il peut ne pas être consécutif. Il peut
être 12 heures, de 8 heures à 8 heures une journée, puis de
8 heures à 8 heures le lendemain. Mais ça permet une participation
importante, notamment avant de déclarer une...
Mme Dufour : …OK, merci.
Le Président (M. Allaire) :
Merci à vous. M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Je ne comprends pas
pourquoi ce n'est pas précisé, consécutif ou pas, parce que, dans les notes qui
viennent avec le cahier de député, c'est écrit «d'une durée consécutive ou
non», mais pas dans la loi. Moi, ça a été une surprise quand j'ai lu ça, parce
que j'étais certain que vous vouliez que ça soit consécutif. Ça fait que là,
est-ce que le 12 heures, il est consécutif ou pas?
M. Boulet : Il peut ne pas
être consécutif.
M. Leduc : Mais pourquoi ce
n'est pas précisé? C'est quand même... ce n'est quand même pas un détail, là.
M. Boulet : On voulait laisser
de l'espace à un amendement provenant de Québec solidaire, là.
M. Leduc : Moi, mon
amendement, ce serait pas de loi, mais ça, c'est une autre histoire. Mais non,
mais blague à part, M. le ministre, il faut le préciser...
M. Boulet : Non, ça... Non,
c'est faux, sur la transparence, vous avez beaucoup de...
M. Leduc : ...il faut le
préciser, là, parce que moi, j'ai eu des sueurs froides en lisant ça, là,
tabarnouche, des 12 heures continues, que ce serait exigé par la loi.
M. Boulet : On va atténuer les
sueurs, là, mais faisons la discussion, puis on va s'assurer que ce soit
précisé, là.
M. Leduc : Bon, puis même
12 heures, ça me semble quand même assez long.
Une voix : ...
M. Boulet : ...ce qu'on me
dit, c'est que, quand c'est consécutif, la loi la précise. Quand la loi ne le
précise pas, c'est forcément non consécutif, mais...
M. Leduc : Quand la loi le
précise...
M. Boulet : Bien, quand il y a
un délai dans une loi, qu'elle soit une loi du travail ou autre, et qu'on veut
que les heures soient consécutives, c'est précisé notamment dans le Code
civil...
M. Leduc : ...ne sont pas tous
juristes, là. Ils ne connaissent pas toutes ces règles de droit là.
Visiblement, moi-même, je suis député depuis huit ans, je ne la connaissais
pas. Ça fait que, si, par clarté de... pédagogique, on pourrait le rajouter, ce
serait déjà ça de gagné. Pourquoi vous êtes arrêté à 12?
M. Boulet : Ça aurait pu...
C'est les consultations puis les réflexions que nous avons faites en équipe. Ça
aurait pu être 36, ça aurait pu être 48, il y en a que c'est plus long que ça.
M. Leduc : Non, non, mais je
veux dire, vous êtes passé de 24 à 12, vous avez baissé.
M. Boulet : Ah! bien, je
l'ai... je viens de l'expliquer à la collègue, le passage à 12 heures, ça
répond à... dans les consultations particulières, APTS... APTS, CSD, CSQ, FAE,
FIQ, SPGQ...
M. Leduc : Est-ce qu'ils
disaient 12 ou ils disaient de baisser?
M. Boulet : Ils disaient de
baisser, que ce soit un délai moins important quand c'est pour ratifier...
M. Leduc : Bon. Donc, ma
question, pourquoi 12?
M. Boulet : Est-ce qu'il y en
a qui ont dit 12 heures spécifiquement? Ce n'est pas selon mon souvenir,
mais, une fois que la négo est terminée, c'est des nouvelles conditions de
travail. Les salariés veulent en bénéficier le plus rapidement possible. Puis
ça permet une flexibilité, une rétroactivité qui est accrue, là. Ça fait que le
12 heures, dans ce cas-là...
M. Leduc : Bien, ça me semble
long. Si le but, c'est d'arrêter une grève, 12 heures, c'est long, surtout si
ce n'est pas consécutif. Parce que je vous explique la situation, M. le
ministre...
M. Boulet : Bien, il faut
voter pour accepter une convention collective. Il faut voter pour accepter un
protocole de retour au travail. Douze heures... (panne de son) ...à fait
raisonnable.
M. Leduc : Mais qui est long.
M. Boulet : On avait... Non,
on avait 24 heures au départ, puis, suite aux représentations...
M. Leduc : Mais, M. le
ministre...
M. Boulet : Non, moi,
là-dessus...
M. Leduc : ...si vous êtes en
grève, vous ne travaillez pas, qu'est-ce que vous avez d'autre à faire que
d'aller vous dépêcher pour voter pour la fin de la grève, pendant 12 heures?
M. Boulet : Et donc on veut
permettre que tout le monde s'exprime, parce qu'il y en a... Bien, il y en a
des votes, collègue, vous le savez, qui ne sont pas pour un retour au travail,
d'autres qui sont pour un retour au travail. Donc, on donne un délai qui est
plus important pour permettre une expression qui est plus sérieuse de la
volonté de la majorité des travailleurs. Le taux de participation va forcément
être plus élevé. Vous devriez être heureux de ça, que le vote soit le reflet
d'une plus forte participation des travailleurs. Moi, j'y crois profondément, à
ça. Puis je pourrai le répéter 20 fois, là, mais, à un moment donné...
Le Président (M. Allaire) :
Vous pouvez poursuivre, M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Je me rappelle
très bien de la grève de 2012, où là soit disant qu'il n'y avait pas assez de
monde dans les assemblées générales, puis là ça décrédibilisait le mouvement.
Puis là il y a des endroits qui se sont mis à imposer le vote électronique sur
Omnivox, que ça s'appelait à l'époque... puis là tout le monde disait : Ah!
vous allez voir, il n'y en aura plus, de grève, parce que les votes sur Omnivox
vont être en place. Bien, la fin des courses, c'est qu'il n'y avait pas tant
plus de monde qui votait dans les votes Omnivox que le monde qui votait des
assemblées générales, puis le résultat était pas mal similaire d'une place à
l'autre qui avait... en plus, dans une même association de cégep qui avaient
connu le vote en personne puis le vote Omnivox, le vote était dans les mêmes
pourcentages, puis il n'y avait pas beaucoup de plus grande participation. Ça
fait que moi, au contraire, j'ai l'impression que c'est un mythe, c'est un...
comme un vœu pieux de dire : Il y aura plus de monde, puis ça va être plus
légitime si c'est en scrutin secret sur 12 heures. Je ne suis pas convaincu de
ça. Il n'y a rien qui nous démontre que ça va être le cas.
• (16 h 20) •
M. Boulet : ...là-dessus, on
peut diverger d'opinions, mais ce n'est pas un mythe, c'est une réalité qui est
reconnue par... Dans certaines circonstances, il y a eu des votes qui ont été
tenus dans des heures inaccessibles à la majorité des travailleurs, qui ont été
tenus dans des périodes limitées de temps, et ce n'est forcément pas le
reflet...
M. Boulet : ...du voeu de la
majorité des travailleurs, puis il y en a... puis, je ne vais pas revenir sur
des exemples, je ne suis plus au stade où je vais identifier un syndicat pour
dire : C'est eux qui ont fait ça, mais vous le savez, il y a eu... On en
parlera à micro fermé, mais il y en a eu, des votes qui ont été tenus à des
heures inaccessibles, à 11 h du soir, à 2 h du matin, des votes où le
taux de participation n'était pas élevé. Moi, je demeure convaincu que le temps
de participation est un atout dans l'exercice d'un droit qui est pourtant
tellement important.
M. Leduc : Pendant des
années, on disait : Faites du vote par anticipation, vous allez voir, il y
a une meilleure participation électorale pour les élections du Québec. Bien, ce
n'est pas vrai. C'est commode, moi, je trouve ça le fun, le vote par
anticipation, ça accommode beaucoup de gens, mais le taux de participation n'a
pas augmenté à cause du vote par anticipation. Puis après ça, on a adapté le
vote sur les campus, puis on a adapté le vote à distance, puis tout ça, c'est
très bien, mais ça n'a pas généré une plus grande participation électorale. La
même chose aux municipales. Donc, si l'objectif du ministre, c'est d'avoir plus
de participation, ce n'est pas ça qui va arriver. Ce n'est pas ça qui va arriver,
puis c'est l'inverse qu'on a vu, autant dans la grève étudiante de 2012 avec
les votes électroniques, puis autant dans les... dans nos propres élections
respectives de... depuis 2018. Les nouvelles modalités de vote,
malheureusement, on pourrait dire : Certains ne provoquent pas un sursaut
démocratique. Si quelqu'un s'en fout de ce qui se passe à son syndicat, il ne
va pas moins s'en foutre parce que là, il a 12 heures pour aller voter. Ça
ne va pas générer magiquement de l'intérêt, puis c'est dommage, vous me direz.
M. Boulet : C'est dommage et
c'est votre interprétation...
M. Leduc : Ouis moi, je suis
membre de la Caisse Desjardins. Je suis convoqué à mon assemblée générale. Je
ne sais pas si les gens présents, s'ils sont déjà allés dans une assemblée
générale de Desjardins, moi, ça ne m'est jamais arrivé, mais il n'y a pas de
vote électronique à Desjardins, à l'Assemblée annuelle, pour voter pour les
résolutions XYZ puis pour les postes XYZ. Puis, honnêtement, s'il y avait un vote
électronique pour mon assemblée annuelle de la Caisse Desjardins, je ne suis
pas sûr que ça me donnerait plus le goût d'aller voter à ma caisse Desjardins
pour voter pour le CA de ma Caisse de Saint-Hubert. J'ai encore ma caisse à
Saint-Hubert. Mais...
M. Boulet : Ce n'est pas les
mêmes enjeux, voyons. Les grèves, là, avec des impacts importants pour la
population au Québec, il y en a eu beaucoup. Ça a même justifié l'adoption
d'une loi pour limiter ces impacts-là, les préjudices sur la population. Je
pense que c'est important de s'assurer que le vote de grève soit tenu dans les
circonstances les plus favorables à une forte participation de travailleurs et
travailleuses. Et ce n'est pas un vote tenu à 2 h du matin qui va
permettre qu'une grève soit déclenchée et ait un impact sur un secteur
d'activité qui est parfois profondément humain et qui a des impacts sociaux
importants, vous le savez, il y en a eu, des cas. Moi, je ne suis pas d'accord
avec votre interprétation, que je respecte, mais que ce n'est pas favorable. Ça
ne veut pas dire que, systématiquement, ça va permettre une meilleure
participation, mais c'est certainement un élément qui est propice à une
meilleure participation, et donc, à des votes qui sont plus respectueux de la
volonté des travailleurs.
M. Leduc : Moi, ce que je
vous dis, M. le ministre, c'est que quand vous faites ça puis vous me
dites : C'est parce que, là, il y aurait eu, de manière, j'imagine,
anecdotique, il ne doit pas y avoir des tonnes de cas, là, sur les 8400 accréditations
du Québec, des votes tenus à des heures spéciales ou je ne sais pas trop, puis
c'est ce que vous avez claironné tout le long de la présentation de votre
projet de loi, les votes aux heures... Vous n'avez nommé aucun cas, puis vous
présupposez que les gens qui ne sont pas venus, c'est parce qu'ils se sont fait
tromper, puis parce qu'il y aurait... s'il y avait eu un vote à une heure
régulière, il y aurait eu plus de monde, puis peut-être qu'il n'y aurait pas eu
de grève. C'est ça que vous sous-entendez. Alors que moi, ce que je vous dis,
c'est que des gens qui ne viennent pas voter, principalement, c'est parce que
ça ne les intéresse pas. Est-ce que ça devrait les intéresser? Bien sûr que ça
devrait les intéresser. Mais on a le même problème, encore plus sérieux, dans
le milieu municipal. Combien de gens sont élus par acclamations, au Québec? Des
maires et mairesses? Combien d'élections sont tenues avec à peine un 15 %,
20 % de participation dans des villes ou villages, au Québec, pour des
budgets de plusieurs millions de dollars?
M. Boulet : ...que vous le
connaissez, puis vous ne me ferez pas répéter le nom du syndicat qui a été
impliqué, je n'ai pas l'intention de le faire, mais lançons-nous un défi commun
avec les syndicats. On a le même objectif : Qu'il y ait une meilleure
participation, et je pense que le délai pour la tenue du vote est un atout, je
pense qu'on en convient, puis que ce serait favorable. Lançons-nous un défi que
les syndicats utilisent le délai pour faire la promotion de la participation
maximale des travailleurs. Qu'ils le fassent comme ça puis qu'on se lance ce
défi-là du côté syndical, et je suis convaincu que ça va accroître la
légitimité des votes.
M. Leduc : Moi, mettons, là,
j'ai une entente de principe, puis là, je veux faire une assemblée pour la
ratifier puis arrêter la grève...
M. Leduc : ...Je convoque
une assemblée, je loue une salle, ça coûte beaucoup de sous, surtout si c'est
un gros syndicat... loue une salle, fait un avis de convocation, je veux être
sûr que le monde vienne, c'est un vote important, paie une couple de textos
pour être certain que le monde sache que c'est où, à quelle heure, puis le bon
délai de convocation. Là, le monde vient. Là, je passe de longues heures à expliquer
le contenu de l'entente de principe, qui est rarement simple. Puis là, après
ça, les gens votent. Là, vous êtes en train de me dire qu'après l'assemblée,
qui aura duré 1 heure, 2 heures, 3 heures, peut être plus des
fois, démarre un délai de 12 heures consécutif ou pas... mais là, moi,
j'ai déjà claqué beaucoup d'argent, là, pour louer la salle. J'ai fait venir
des conseillers syndicaux, des fois de loin, pour venir expliquer l'entente de
principe. Le membre qui n'a pas assisté à ça, qui n'a pas participé, il fait
comment, lui, pour voter oui ou non à l'entente de principe s'il n'a jamais vu
la couleur, il ne se l'est pas fait expliquer? Ce n'est pas un document qui
peut circuler sur Internet, forcément, c'est confidentiel. Comment ça va
marcher? Comment le membre va venir se prononcer en bonne connaissance de
cause?
Le Président (M. Allaire) :
...
M. Boulet : Moi, je ne
m'initierai pas dans les modalités de la tenue du vote. Il y a des syndicats
qui en font déjà. Le SPGQ fait des votes de plusieurs heures, puis y en a
d'autres syndicats où c'est des votes électroniques. Il y a moyen, puis là, on
ne s'ingéra pas dans la façon dont ça va être fait puis le moment où ce sera
effectué. C'est de la régie interne des syndicats, ça relève de leurs statuts
et règlements, et je demeure, et je pense que vous êtes d'accord, c'est
peut-être quant à l'impact du délai qu'on est en désaccord. Vous ne pensez pas
que le délai va accentuer la participation, moi, je pense le contraire. Et là
où on peut se rejoindre, c'est quand on dit, l'objectif de tout le monde, ça
devrait être que les travailleurs puissent s'exprimer en le plus grand nombre
possible, particulièrement quand c'est pour déclarer une grève.
M. Leduc : Combien ça
coûte, organiser un vote électronique?
M. Boulet : Ah! bien là,
ça va dépendre de chacun des syndicats, là. Il en a qui le font déjà...
M. Leduc : J'imagine que
vous avez vérifié.
M. Boulet : ...ils
peuvent le faire autrement...
M. Leduc : J'imagine que
vous avez vérifié avant de mettre ça dans la loi.
M. Boulet : Bien, il y a
une analyse d'impact qui est accessible. Puis, oui, c'est dans l'analyse
d'impact, là.
M. Leduc : OK... je ne
sais pas, je ne m'en rappelle pas par cœur.
Le Président (M. Allaire) :
Peut-être...
M. Boulet : ...
Le Président (M. Allaire) :
...bien, peut-être le député de Saint-Jérôme, pendant que vous cherchez la
question.
M. Leduc : Pas de
problème.
Le Président (M. Allaire) :
M. le député de Saint-Jérôme, allez-y.
M. Chassin :Parce que c'est bref, mais 12 heures, c'est un
minimum, puis assurément, ça ne va pas nuire à la participation. Ça fait que,
moi, je pense que le cœur de l'enjeu, c'est : est-ce qu'on doit absolument
participer à une assemblée délibérante pour pouvoir voter? Moi, je pense qu'on
doit pouvoir se prononcer sur des votes aussi importants. Puis, si on a besoin
de pédagogie, puis d'expliquer, puis d'avoir un résumé, je suis convaincu qu'il
y a des gens très compétents, notamment parmi nos enseignants, qui peuvent
donner un coup de main à des syndicats pour expliquer c'est quoi, l'entente de
principe, sur laquelle on vote. Je ne vois pas d'enjeu là-dedans.
Le Président (M. Allaire) : M.
le député Saint-Jérôme... M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
Est-ce qu'on a la réponse? M. le ministre?
Des voix : ...
Le Président (M. Allaire) : On
peut suspendre les travaux quelques instants, si vous préférez. Ça va?
OK.
Des voix : ...
Le Président (M. Allaire) :
Je pense que ce ne sera pas long. Je pense qu'il y a la... la réponse.
M. Boulet : ...de votes
dans l'analyse d'impact, ce qu'on avait calculé : 11,5 à
25,7 millions la première année, pour la mise en place d'une plateforme de
scrutin électronique pour tout le monde. Et après ça, année après année, c'est
2,32, 2,3 et 5,1 millions. Mais ça, c'est une plateforme de scrutin
électronique pour tout le monde, et c'est sur l'enveloppe globale des
cotisations qui sont prélevées au Québec, qui roule à peu près à
1,6 milliard de dollars. Donc, ça, c'est nécessaire. Et je suis
d'accord avec le collègue de Saint-Jérôme, le 12 heures, le
24 heures, c'est des minimums. Donc, je vous ai partagé de façon très
transparente les chiffres de notre analyse d'impact, collègue.
• (16 h 30) •
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Mme la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Oui, merci.
J'ai entendu que le collègue avait quand même une préoccupation, le collègue d'Hochelaga-Maisonneuve...
16 h 30 (version non révisée)
Mme Dufour : ...concernant, dans
le cas d'une... dans le fond, d'une entente de principe, un retour plus rapide
au travail, ils trouvaient que 12 heures, peut-être que ça pouvait être
élevé dans ce cas. Mais on sait qu'il y a d'autres... d'autres cas, comme
mandats de grève, où, là, le délai doit être plus grand. Est-ce qu'on a
envisagé une terminologie qui puisse permettre une certaine flexibilité, «dans
un délai raisonnable», par exemple?
M. Boulet : ...la flexibilité
sur les modalités de tenue du vote, mais le 24 heures, on l'avait mis
systématiquement, on avait pensé à 36 heures ou à 48 heures, mais on
trouvait que 24 heures, c'est un délai qui est raisonnable, qui permettait
une participation maximale;
Pour le retour au travail ou la
ratification d'une convention collective, c'est là qu'on a eu des commentaires
et que le délai était difficile à pratiquer. Puis, pour assurer une meilleure
flexibilité, 12 heures nous apparaissait raisonnable, là, suite aux
consultations particulières. Mais, tu sais, il ne faut pas oublier que...
Mme Dufour : Mais ma question...
Parce que, là, on est dans un cas, par exemple, de retour au travail où toutes
les parties veulent retourner au travail, tu sais, autant la partie syndicale
que la partie patronale souhaitent revoir ces travailleurs. Là, on leur met un
délai minimal de 12 heures.
M. Boulet : ...voter contre. Ça
fait que c'est pour ça que le délai donne un temps de réflexion suffisant. Puis
il y a le président de la CSQ, qui avait parlé, lui, d'un délai raisonnable, mais,
tu sais, c'est difficile de le... Tu sais, le délai raisonnable, ça peut varier
d'une personne à l'autre, mais on pense que 12 heures, c'est un délai
raisonnable.
Puis il ne faut pas oublier que la
ratification de la convention... On voit beaucoup, aujourd'hui, des votes
négatifs, qui sont tenus à des heures parfois inaccessibles. Donc, le 12 heures
va permettre un meilleur temps de réflexion puis une meilleure possibilité que
le vote soit un juste reflet de la volonté de la majorité des travailleurs.
Mme Dufour : ...mais le 12 heures
n'est pas consécutif ou non, donc ça pourrait être trois blocs de quatre heures
entre minuit puis 4 heures du matin?
M. Boulet : Ça, on ne
s'immisce pas là-dedans. C'est pour ça que c'est important pour nous d'avoir un
contenu minimal pour l'avis de convocation, mais de ne pas aller au-delà dans
la façon de gérer. C'est dans leurs statuts et règlements, puis les
travailleurs votent pour ça. Ce n'est pas un projet de loi... C'est un projet
de loi, vraiment, qui donne des outils à des travailleurs, puis c'est ça, on...
Parce que vous auriez voulu que le délai soit...
Mme Dufour : Bien, c'est que
j'étais sous l'impression qu'un délai raisonnable, il y avait une certaine
jurisprudence sur qu'est-ce que c'était établi. Et j'entends, et je comprends
que, dans certains cas, le 12 heures est peut-être déraisonnable, tu sais,
c'est là que j'avais...
M. Boulet : Bien, en fait, ce
qui vous préoccupe, c'est que, dans la mesure où le 12 heures n'est pas
consécutif, ça pourrait être plus long. Est-ce... Mais moi, je ne serais pas
fermé non plus à ce qu'on écrive «pas consécutif», pour le 20... mais, pour le 12 heures,
ça pourrait être prévu, que c'est consécutif, là, moi... Mais lui, il dit non. C'est
parce qu'elle n'a pas le même... la même finalité que vous, là, mais elle, elle
veut que, quand c'est pour revenir au travail, que ça se fasse diligemment, puis
je partage ça.
Mme Dufour : Si tout le monde
est d'accord, bien sûr, je ne veux pas forcer, je veux que ce soit clair.
M. Boulet : ...de temps pour
voter.
Mme Dufour : Oui, oui.
M. Boulet : Ce que vous
dites... ce que vous...
Mme Dufour : Oui, oui, mais, s'il
y a un... comment dire...
M. Boulet : Un engouement.
Mme Dufour : Oui, exactement...
M. Leduc : ...
Mme Dufour : ...clair et
équivoque que, tu sais, la grande majorité veulent revenir au travail...
M. Boulet : Qu'on veut
revenir. Il devrait y avoir ces manifestations-là pour le retour au travail.
Mme Dufour : C'est parce que,
pour certains travailleurs, on s'entend, une journée de travail perdu, ça peut
être beaucoup de sous, là, tu sais, quand ça fait... quand la grève roule
depuis un certain moment, là, ils vont peut-être dire : Bien, nous, c'est
parce qu'on serait prêts à revenir demain, mais à cause de ce délai-là, ça va
être après-demain.
M. Boulet : Je suis assez d'accord.
Je suis assez d'accord que le fait que ça puisse être non consécutif, c'est une
certaine barrière, mais bon, on trouvait quand même que c'était un délai
raisonnable. Mais que ce soit prévu que c'est 12 heures consécutives, ça
pourrait, ça pourrait s'analyser, là.
Le Président (M. Allaire) : Ça
va? Merci. Je vous rappelle qu'on est toujours sur l'amendement dont. D'autres
interventions?
M. Leduc : Bien oui...
Le Président (M. Allaire) :
Oui, M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Je salue ma collègue,
là, pour la proposition d'amendement. Moi, elle me rendrait confortable, puis j'allais
basculer justement dans pourquoi je trouve ça hasardeux d'ouvrir sur ce front-là,
du ministre. C'est qu'il y a deux options. Quand vous faites un vote sur une
longue période de temps, là, en dehors de l'assemblée générale, soit vous y
allez avec un vote électronique puis ça coûte quand même une beurrée, là, j'ai
quelques chiffres à vous soumettre, je pourrai les sortir tantôt, ou soit vous
avez une personne, puis vous louez une salle, puis une personne avec une boîte...
M. Leduc : ...scrutin puis qui
attend 12 heures. Ça fait que là, si vous me dites c'est 12 heures
consécutives puis qu'une petite section locale n'a pas l'argent de se claquer
un gros système de vote parce que c'est une petite section locale, bien ça
implique qu'il va y avoir une personne qui va être dans une salle pendant
12 heures ou deux personnes ou je ne sais pas trop, un chiffre de nuit, un
chiffre de jour. Ça me semble assez compliqué. À la limite, j'aime mieux que ça
soit 12 heures applicables, là, en fonction de la raisonnabilité du moment
qu'un 12 heures fixe, parce que ça peut-être extrêmement compliqué en
termes de logistique.
M. Boulet : Oui, mais, en
même temps, il y en a beaucoup des travailleurs qui sont sur des quarts de
jour, de soir, de nuit et le fait que la période ne soit pas des heures
consécutives, ça donne une certaine flexibilité. Puis même dans les petites
associations locales, c'est souvent bénéfique, mais on peut... C'est ça.
Le Président (M. Allaire) : Interventions?
M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Oui, sur le
montant, justement, c'est quand même beaucoup d'argent, un vote électronique,
puis c'est... la raison pour laquelle j'insiste sur le 12 heures, c'est
que plus le délai est non... est long, pardon, plus ça tire vers un vote
électronique, parce que la logistique de faire un vote en personne sur de
nombreuses heures, c'est plus difficile. On n'a pas nécessairement les
ressources humaines pour le faire, on n'a pas nécessairement les libérations
syndicales pour le faire. Puis, si c'est un délai plus court, là, tu sais, si
vous me dites un, quatre, cinq, six heures, un vote papier, ça s'organise plus
facilement qu'un vote papier de 12 heures. Parce que les chiffres, là, de
l'industrie du vote électronique, c'est des gros bidous, là. Il y a des... Il y
a des 30 000 $... d'une section locale moyenne, ça peut être jusqu'à
30 000 $. Et, si j'ai des petites sections locales, ça peut coûter très
cher jusqu'à 80 $ par membre. Le secteur public de la CSN, entre autres,
ça a coûté 130 000 $... une partie du secteur public de la CSN. Ça fait
que c'est beaucoup d'argent, à mon avis, pas investi à la bonne place,
j'aimerais mieux avoir des montants comme ça investis dans la défense de
droits. Alors, qu'on a... on loue déjà une salle, on a déjà une date... surtout
dans un contexte où est-ce qu'on veut terminer une grève, tu sais, si on veut
la démarrer, tout ça, on aura le débat tantôt sur le 24 heures, c'est-tu
pertinent ou pas, mais on veut terminer un conflit de travail. Pourquoi on
étire ça sur 12 heures? C'est long. 12 heures, c'est long pour
terminer un conflit de travail.
M. Boulet : Deux éléments, je
le répète les votes papier, dans la mesure où les heures ne sont pas
consécutives, ça peut être des votes papier sur des périodes de 6 heures,
là, tu sais, ce n'est pas un impératif que ce soit un vote électronique. Là où
ça peut l'être, les coûts auxquels vous référez pour les petites associations,
ce n'est pas ce qu'on a en tête. Ça peut être fait, puis il y a des unités
d'accréditation syndicale, il y a des bureaux de la CSN, il y a des bureaux de
la FTQ à Trois-Rivières, par exemple, où les gens peuvent aller voter. Si c'est
un 12 heures, ils peuvent aller voter de telle heure à telle heure le
lundi, de telle heure à telle heure le mardi. Puis, si c'est quatre jours, ils
peuvent le faire sur quatre jours, si c'est deux jours, ça peut être sur deux
jours. C'est facile à faire sans investir dans une plateforme électronique.
Mais beaucoup de syndicats ont déjà la possibilité et font déjà des votes
électroniques. Mais je pense qu'il faut donner le maximum de flexibilité
possible.
Le Président (M. Allaire) : Ça
va? D'autres interventions? S'il n'y a pas d'autre intervention, allons
procéder à la mise aux voix de cet amendement. Est-ce que l'amendement est
adopté?
Une voix : ...
Le Président (M. Allaire) :
Par appel nominal, s'il vous plaît, Mme la secrétaire.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention, M. Boulet (Trois-Rivières)?
M. Boulet : Pour.
La Secrétaire
: Mme Mallette
(Huntingdon)?
Mme Mallette : Pour.
La Secrétaire
: Mme Jeannotte
(Labelle)?
Mme Jeannotte : Pour.
La Secrétaire
: Mme Hébert
(Saint-François)?
Mme
Hébert
:
Pour.
La Secrétaire
: Mme Dorismond
(Marie-Victorin)?
Mme Dorismond : Pour.
La Secrétaire
: Mme Dufour
(Mille-Îles)?
Mme Dufour : Pour.
La Secrétaire
: M. Leduc
(Hochelaga-Maisonneuve)?
M. Leduc : Contre.
La Secrétaire : Et M. Allaire
(Maskinongé)?
Le Président (M. Allaire) : Abstentions.
L'amendement est donc adopté. On revient
donc aux discussions qui introduient l'article 20.3.2, qui est maintenant
amendé. Est-ce qu'il y a d'autres interventions? M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve?
• (16 h 40) •
M. Leduc : ...effet miroir,
parce que, là, on vient de décider que, pour mettre fin à une grève, c'est
12 heures, mais pour démarrer une grève, c'est 24 heures. C'est quoi
la logique?
M. Boulet : Je pense que les
groupes... je ne sais pas si tu peux me remettre la feuille de tout à l'heure.
Une voix : ...
M. Boulet : Oui.
Une voix : ...
M. Boulet : Non. Ah, oui.
L'APTS, la CSD, la CSQ, la FAE, la FIQ et le SPGQ, ils ont soulevé ça lors des
consultations particulières, quand c'était pour ratifier ou un retour au
travail, là, je ne sais pas comment c'était libellé, là, dépendamment de
chacun, mais c'était exprimé à ce moment-là.
M. Leduc : Oui, mais ils
n'ont pas dit qu'ils étaient d'accord avec le 24 heures pour le
déclencher, une grève, là.
M. Boulet : Ils n'ont pas dit
qu'ils étaient d'accord, mais ils ont dit que ça devrait, pour ça, cette
circonstance-là est un délai plus court.
M. Leduc : Bien oui, je sais,
parce qu'ils savent que vous avez envie que la grève se termine. Vous avez
moins envie que la grève se déclenche.
M. Boulet : Bien...
M. Boulet : ...oui, je pense
que vous souhaitez que les grèves se terminent, vous aussi?
M. Leduc : Oui, oui, mais il y
a une incohérence.
M. Boulet : J'espère que je ne
suis pas le seul à souhaiter qu'il y ait le moins... Puis il n'y en a pas tant
que ça, des grèves, là, mais il faut souhaiter... tout le monde ensemble, ici,
dans cette salle, on souhaite que ça se termine dans les meilleurs délais
possible, puis qu'on reprenne le travail dans les meilleurs délais possible, et
tous ces syndicats-là sont venus le partager avec nous. C'est juste ça.
M. Leduc : Mais là il y a une
incohérence maintenant. On déclenche la grève à 24 heures, mais on la
termine en 12 heures.
M. Boulet : On vote pour une
grève, oui, 24 heures, puis on fait un protocole de retour au... on
retourne au travail...
M. Leduc : 12 heures.
M. Boulet : ...on vote pendant
une période de 12 heures. C'est la circonstance qui nous a été partagée
par tous ces groupes-là.
M. Leduc : Non, non, ce n'est
pas ça qu'ils ont dit. Ils n'ont pas dit qu'ils étaient d'accord avec le
24 heures.
M. Boulet : Ils ont... Non,
je n'ai jamais dit qu'ils étaient d'accord avec le 24 heures. Ils
souhaitaient que, pour le retour... pour la ratification d'une convention avec
un retour au travail, que ce soit une période plus courte. Puis on pourra voir
les libellés, là, mais c'était ça qui était souhaité. Puis on pourrait... J'ai
vu son signe de tête.
M. Leduc : Qui ça qui font
signe de tête?
M. Boulet : On pourra voir
les libellés, mais c'est ça qui nous a été partagé.
Le Président (M. Allaire) :
Merci.
M. Leduc : Je n'ai pas
compris. Les libellés de qui?
M. Boulet : Le libellé dans
les mémoires qui nous ont été soumis lors des consultations particulières.
M. Leduc : Non, non, mais, M.
le ministre, les syndicats, ils ne sont pas contents d'avoir un délai de
déclenchement de 24 heures pour la grève, là. Franchement.
M. Boulet : Non, je n'ai pas
dit qu'ils étaient d'accord avec un délai de 24 heures ou de
12 heures. Ils souhaitaient que, pour un retour au travail, ce soit un
délai plus court. Je ne sais pas comment ils l'ont libellé, mais ça ne veut pas
dire qu'ils sont d'accord avec le 12 heures ou le 24 heures ou qu'ils
auraient été plus d'accord avec 36 heures, ou plus d'accord avec six
heures. Mais c'est ça.
M. Leduc : Puis là moi, je
vous dis...
M. Boulet : Le seul qui s'est
exprimé, c'est le président de la CSQ, qui nous a parlé d'un délai raisonnable.
M. Leduc : C'est ça.
M. Boulet : Est-ce que...
est-ce que ça aurait pu être plus ou moins? Ça reste à discuter.
M. Leduc : Puis là ce que je
mets au jeu, moi, c'est que, maintenant que vous l'avez baissé à 12, par
cohérence, vous devriez le baisser à 12 aussi pour le déclenchement de la
grève. C'est la même grève. Si on la déclenche à 24, mais on l'arrête à 12, ça
veut dire qu'il faut la déclencher à 12 aussi.
M. Boulet : Bien, il n'y a
pas que la déclaration d'une grève, là. Il y a les...
M. Leduc : Oui, mais là je
vous parle de ça, moi. Je ne vous parle pas des autres, là.
M. Boulet : Bien, il me
semble que c'est tout à fait sain que, dans une démocratie, avant de cesser des
opérations, avant d'avoir les impacts collatéraux pour les travailleurs, les
familles, les proches, les entreprises, l'économie et tous les autres secteurs
qui peuvent être affectés par une grève, il me semble qu'un délai de
24 heures ça m'apparaît tout à fait justifié.
M. Leduc : Avec un délai plus
long que le vote pour les élections générales du Québec, pour déterminer le
gouvernement du Québec.
M. Boulet : Ce n'est pas les
mêmes...
M. Leduc : C'est un pas pire
impact sur la vie des gens, ça aussi.
M. Boulet : Bien non, mais,
tout à l'heure, vous nous disiez : Il y a même des votes par anticipation,
là. Si on rajoute les heures des votes par anticipation, ça fait beaucoup
d'heures, là. Je ne sais pas combien ça fait d'heures, mais c'est beaucoup,
puis c'est même étalé dans le temps, parce que le vote par anticipation, c'est,
quoi, deux semaines avant la tenue...
M. Leduc : ...
M. Boulet : Pardon?
M. Leduc : Une semaine.
M. Boulet : Une semaine avant?
OK. C'est plus d'heures.
Le Président (M. Allaire) :
D'autres interventions?
M. Leduc : Je vais préparer
un amendement, si... veut parler. Mais, sinon...
M. Boulet : Puis je vais vous
donner juste un exemple, vous aimez les exemples, là, mais quand on a fait une
grève des salariés d'entretien du transport en commun à Montréal, il me semble
que c'est sain que les travailleurs aient une période de 24 heures avant
de décider d'accepter une grève de cette nature-là, avec les impacts. Puis ce
n'est pas toutes les grèves qui ont les mêmes impacts, mais, au moins, ça donne
le temps au travailleur qui est concerné. Lui, il perd sa rémunération, il
reçoit une indemnité de grève. Il me semble qu'il devrait avoir toutes les
opportunités possibles de s'exprimer. Merci. On va suspendre?
Le Président (M. Allaire) : ...un
amendement qui est en préparation. On ne suspendra pas nécessairement s'il y a
d'autres interventions. Pas d'autre intervention?
Bien, on va suspendre les travaux, merci.
(Suspension de la séance à 16 h 45)
(Reprise à 16 h 55)
Le Président (M. Allaire) :
Alors, nous allons reprendre les travaux. M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve,
vous souhaitez déposer un amendement. Je vous cède la parole pour lecture et
commentaires.
M. Leduc : Merci, M. le
Président. C'est très simple. C'est remplacer l'article 20.3.2 de cette
loi, qui est introduit par l'article 3 du projet de loi, les mots «24
heures» par les mots «12 heures».
Je veux prendre le bon exemple du
ministre, qui a décidé de baisser à 12 heures. Tout ça m'a semblé un peu
arbitraire. Tu sais, pourquoi 24? Pourquoi 12? Moi, je... je comprends au moins
qu'il a entendu une partie de l'appel du milieu syndical, là, qui devra
appliquer sa loi, qui est beaucoup plus complexe que le ministre se plaît à
croire. Et là on a fait un pas dans un petit chemin, là, pour le baisser à 12
pour les ratifications de conventions collectives, mais c'est l'ensemble de
l'oeuvre qu'on devrait baisser à 12.
Là, j'ai parlé beaucoup des déclarations
de grève, mais, pour les modifications ou les cotisations syndicales ou les
élections à l'intérieur d'une association accréditée, 24 heures, c'est
très long. C'est inutilement long. Encore une fois, j'insiste, là, on a des
élections générales au Québec. Dans le milieu municipal, c'est quoi, 70 % des
élus municipaux qui sont élus par acclamation, si ma mémoire est bonne? Mais là
il faut tenir des scrutins pendant 24 heures pour chaque fonction à
l'intérieur de l'association accréditée. Bon, d'ailleurs, j'aurais voulu
réentendre le ministre pour être clair, on a eu un long débat sur...
M. Leduc : ...qu'est-ce qu'une
fonction syndicale? On avait fini par s'entendre que c'était l'exécutif.
J'aimerais ça qu'il me le reconfirme ici que c'est la même chose, la même
lecture pour cette portion de la loi. Mais honnêtement une élection de
24 heures pour un exécutif, c'est complètement inutile, là. Pas besoin de
ça, là. Pourquoi on étirerait un processus de 24 heures? Ça ne se bouscule
pas aux portes, là, pour être sur un exécutif syndical. C'est rare qu'il y a des
élections contestées. D'ailleurs, c'est une autre affaire. Est-ce que, s'il y a
une élection contre la chaise, il faut-tu faire 24 heures pareil, ou c'est
une élection par acclamation? Ça fait que c'est des questions importantes
d'application. Je sais que le ministre me trouve un peu fatigant avec mes
questions pointues, mais lui, il n'y aura pas à appliquer sa loi. Je réitère
d'ailleurs, je l'avais demandé s'il avait assisté une assemblée syndicale, il
avait dit non, mais il avait dit «invitez-moi». Ce matin, il y avait des gens
des cols bleus de Québec qui lui ont invité... qui lui ont fait une invitation
de venir à une assemblée, les cols bleus de Québec qui attendent toujours la
réponse. Ils espéraient peut-être l'avoir aujourd'hui. On verra si leurs vœux
seront exaucés.
Cela étant dit, c'est des précisions
importantes qu'il faut faire. Moi, je propose de baisser ça à 12 heures de
toute façon pour l'ensemble de l'oeuvre, parce que je ne comprends pas c'est
quoi l'utilité publique d'avoir 24 heures pour voter entre la chaise puis
un secrétaire d'assemblée d'un... d'un syndicat local.
Le Président (M. Allaire) :
Merci. M. le ministre.
M. Boulet : Avec votre
permission, on va suspendre quelques minutes pour faire une réflexion.
Le Président (M. Allaire) :
Pas de problème. On suspend les travaux quelques instants. Merci.
(Suspension de la séance à 16 h 57)
17 h (version non révisée)
(Reprise à 17 h 18)
Le Président (M. Allaire) : Parfait.
Alors, nous allons reprendre les travaux. J'ai besoin de votre consentement
pour suspendre l'amendement déposé par le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
Est-ce que j'ai votre consentement?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Allaire) : Excellent.
Parfait. Donc, M. le ministre, nous allons passer à l'article qui introduit
20.3.3. Je vous cède la parole pour lecture et commentaires. Et je crois qu'il
y a un amendement aussi.
M. Boulet : Oui, oui.
Le Président (M. Allaire) : Exact.
M. Boulet : Est-ce qu'on a
un... Est-ce que... Non. Je... Il faut que je le lise.
Le Président (M. Allaire) : Oui,
s'il vous plaît.
M. Boulet : Merci. Merci, M.
le Président. «20.3.3. Les statuts au règlement de l'association accréditée
doivent prévoir les renseignements suivants :
«1 le mode de convocation des assemblées.
«2 les modalités d'exercice du droit de
vote à l'égard de la cotisation facultative, incluant celles relatives au
dépouillement des votes, à leur recensement et à la communication des résultats
aux salariés;
«3 la procédure visant à informer les
salariés de la tenue d'un vote à l'égard de la cotisation facultative;
«4 le quorum d'une assemblée lors d'un
vote prévu par les statuts au règlement;
«5 les modalités de révision des statuts
au règlement.
«Ils doivent également prévoir le cas
échéant :
«1 le nom de l'Union de la Fédération de
la Confédération, dont le siège social est situé au Québec, à laquelle est
affiliée ou appartient l'association ainsi qu'une description de sa structure;
«2 le nom des comités ou des instances
institués au sein de l'association, ainsi qu'une description de leur
composition et de leur rôle respectif;
«3 le nombre de personnes élues à une
fonction à l'intérieur de l'association, une description du mandat de chacune d'elle
et la durée de chacun de ces mandats;
«4 la procédure visant à informer les
salariés du nom des personnes élues à une fonction à l'intérieur de l'association.»
• (17 h 20) •
Donc, l'amendement, M. le Président. Au
premier alinéa de l'article 20.3.3 du Code du travail proposé par l'article
trois du projet de loi tel qu'amendé :
1 remplacer le paragraphe deux par le
suivant :
«2 la procédure permettant l'exercice d'un
vote au scrutin secret.»;
2 supprimer le paragraphe trois.
3 remplacer le paragraphe quatre par le
suivant :
«Le quorum des assemblées.»
Commentaires : L'amendement propose
trois modifications au premier alinéa de l'article 20.3.3 concernant le
contenu des statuts au règlement de régie interne. Premièrement, il remplace le
paragraphe deux afin que l'association accréditée prévoie, dans ses statuts au
règlement, une procédure visant à permettre l'exercice d'un vote. Sont visés
par cette procédure tous les votes au scrutin secret déjà prévu au Code du
travail et les autres votes que l'association souhaiterait tenir au scrutin...
M. Boulet : ...secret et non
pas seulement de vote sur la cotisation facultative.
Deuxièmement, l'amendement supprime le
paragraphe trois.
Et, troisièmement, il remplace le
paragraphe 4 afin que l'association accréditée prévoie dans ses statuts ou
règlements le quorum requis pour toutes ces assemblées peu importe le sujet qui
y sera traité, qu'il y ait un vote de prévu ou non.
Donc, ça va pour mes commentaires, M. le
Président.
Le Président (M. Allaire) : Ça
va? Merci. Des interventions? M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve, après Mme
la députée de Mille-Îles.
M. Leduc : Je n'ai pas
compris pourquoi vous vous abolissez le troisième paragraphe : «La
procédure visant à informer les salariés de la tenue d'un vote à l'égard de la
cotisation facultative.»
M. Boulet : Bien, parce que
la procédure visant à informer les salariés de la tenue d'un vote n'est plus
nécessaire considérant qu'un document les informant de cette procédure leur
sera rendu accessible. En concordance avec un amendement qu'on a fait à 47.0.2
du Code du travail.
Le Président (M. Allaire) : Qu'on
a fait tantôt ou qu'on va faire plus tard? Qu'on va faire plus tard. 47.0 point
deux, c'est plus tard.
M. Boulet : Un amendement à
venir. Un amendement à venir, je me suis mal exprimé.
M. Leduc : OK. Donc,
l'obligation va être dans la loi et non dans les statuts.
M. Boulet : Exact, exact.
M. Leduc : Puis pourquoi vous
avez gardé... «Ils doivent également prévoir, le cas échéant : le nom de
l'Union, de la Fédération ou de la Confédération, dont le siège se situe au
Québec, à laquelle est affiliée...», appartenant à l'association ainsi qu'une
description de sa nature... sa structure? Pourquoi vous... C'est quoi, la
pertinence d'avoir ça dans les statuts règlements?
M. Boulet : Non, ce n'est pas
ça, c'est en fait «le nom de l'Union, de la Fédération ou de la Confédération,
à laquelle est affiliée ou appartient l'association ainsi qu'une description de
sa structure». Pourquoi?
M. Leduc : Mais pourquoi
c'est pertinent d'avoir ça dans les statuts?
M. Boulet : Bien, c'est pour
informer convenablement les travailleurs.
M. Leduc : Le monde, ils le
savent, là. C'est sa cotisation syndicale, c'est écrit CSN...
M. Boulet : Bien, s'ils le
savent. Moi, ce qu'on m'a dit, c'est que, pour la gouvernance, le volet... tu
sais, ils se soumettent déjà à ça, ils l'ont déjà dans leurs statuts
règlements. Je pense que c'est un contenu minimal d'informer les travailleurs
et travailleuses. Puis je regrette, mais ce n'est pas tous les travailleurs,
travailleuses au Québec qui savent ces informations-là.
M. Leduc : Bien non, je le
sais bien, puis c'est compliqué, les acronymes, puis les accréditations, puis
les affiliations, moi, ça...
M. Boulet : Bien là, on leur
dit. C'est tout.
M. Leduc : Je pose la question
parce que, d'une part, les sièges sociaux ne sont pas tous situés au Québec.
Comme je vous l'expliquais tantôt, il y a des syndicats dont le siège est à...
aux États-Unis, puis en... à Ottawa.
M. Boulet : Oui, tout à fait.
M. Leduc : Mais donc, ça, ce
n'est pas... Donc, l'article ne fonctionnerait pas.
M. Boulet : Bien, non. Ce
qu'on dit tout simplement, «dont le siège social est situé au Québec, à lequel
est affilié...», oui, exact, c'est dont le siège...
M. Leduc : Mais donc, si je
suis affilié aux métallos. Le siège social est à Pittsburgh, ça veut dire que
je n'ai pas besoin de le mettre dans ma... dans mon statut et règlement.
M. Boulet : Bien, quand on
décrit sa structure, ça peut être informé. Je ne veux pas... En fait, ce qu'on
ne voulait pas, c'est donner nécessairement le siège social ou il est où, s'il
est à New York ou à Toronto, mais quand on réfère à la description de sa
structure, on va voir que, dans le haut de la pyramide, c'est Toronto ou New
York, là, on ne s'est pas immiscés jusqu'à ce point-là, là.
M. Leduc : Je comprends. C'est
juste qu'encore une fois, tu sais, j'essaie de vous donner des exemples puis
pas banales, là, de situations où ça va être difficilement applicable.
M. Boulet : Pourtant, c'est...
M. Leduc : Mais ce n'est pas
grave... ça, c'est tellement secondaire. C'est juste qu'aussi en plus, vous le
savez, que de maraudage, des fois...
M. Boulet : C'est tellement
secondaire, oui.
M. Leduc : Ça fait que, s'il y
a un maraudage puis qu'on change d'affiliation, on... dans... ce matin même,
dans le journal, il y avait Chantier Davie qui pense quitter la CSN, pour,
j'imagine, une autre centrale.
M. Boulet : Bien oui, j'ai vu
ça. Oui.
M. Leduc : Bon, bien, ça
veut-tu dire qu'eux autres, ils vont devoir changer leurs statuts, règlements,
refaire un vote? Combien de temps, le vote? on a dit 12 heures, tantôt,
24 heures, on verra, juste parce que, là, on a changé d'affiliation, on
repasse un vote de modification de statut et règlement. C'est un peu du
gossage, là.
M. Boulet : J'ai... Je dis que
c'est un contenu minimal, ce n'est pas un vote, là.
M. Leduc : Non, mais si vous
voulez le modifier. Là, vous... vous... moi, je suis une section locale, vous
m'obligez à mettre dans mes statuts, règlements un nombre donné de choses. Ça
fait que, là, si je mets un nombre...
M. Boulet : Oui, mais on ne
s'immisce pas dans les statuts et règlements, la façon de les amender, on ne
touche pas à ça dans le projet de loi trois puis on ne demande pas de voter,
c'est simplement un contenu minimal. On dit juste que les statuts et règlements
doivent prévoir les renseignements suivants. C'est beaucoup moins complexe que
ce que vous présentez, collègue.
M. Leduc : Il n'y a aucune
obligation de procéder... pour modifier les statuts?
M. Boulet : Non, non, non. À
moins que vous ayez un amendement à cet effet-là, mais c'est non.
M. Leduc : Donc, pour modifier
les statuts, c'est les statuts qui vont..
M. Boulet : Exactement.
M. Leduc : Donc, vous n'allez
pas jouer là-dedans. D'accord, ça va être peut-être plus simple dans ce cas-là.
Merci.
Le Président (M. Allaire) :
...d'autres interventions? S'il n'y a pas d'autres interventions, nous allons
procéder à la mise aux voix de l'amendement. Est-ce que l'amendement est adopté?
Adopté...
Des voix : ...
Le Président (M. Allaire) :
Par appel nominal...
Le Président (M. Allaire) : ...secrétaire,
s'il vous plaît.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Boulet (Trois-Rivières)?
M. Boulet : Pour.
La Secrétaire
: Mme Mallette
(Huntingdon)?
Mme Mallette : Pour.
La Secrétaire
: Mme Jeannotte
(Labelle)?
Mme Jeannotte : Pour.
La Secrétaire
: Mme Hébert
(Saint-François)?
Mme
Hébert
:
Pour.
La Secrétaire
: Mme Dorismond
(Marie-Victorin)?
Mme Dorismond : Pour.
La Secrétaire
: Mme Dufour
(Mille-Îles)?
Mme Dufour : Pour.
La Secrétaire
: M. Leduc
(Hochelaga-Maisonneuve)?
M. Leduc : Abstention.
La Secrétaire
: Et M. Allaire
(Maskinongé)?
Le Président (M. Allaire) : Abstention.
L'amendement est donc adopté. On revient donc à 20.3.3. Est-ce qu'il y a... Qui
est maintenant amendé. Est-ce qu'il y a d'autres interventions?
Une voix : ...
Le Président (M. Allaire) : Revoir
quoi?
M. Chassin :...je suis avec le cahier de députés, là.
Le Président (M. Allaire) : En
fait, ça, c'est l'amendement qu'on vient de voter, qui est adopté.
M. Chassin :C'est ça. Puis l'article. Donc, en fait, la
partie 20.3.3, là.
Le Président (M. Allaire) : Oui.
En fait, tu devrais le voir plutôt sur Greffier, si tu veux... si tu souhaites
le voir.
M. Chassin :Donc, le cahier de députés, là?
Le Président (M. Allaire) : Bien,
le... On n'affiche pas le cahier de deputés à l'écran, M. le député de
Saint-Jérôme.
M. Chassin :Non. C'est juste les amendements.
Le Président (M. Allaire) : Ça
va?
M. Chassin :D'accord.
Le Président (M. Allaire) : Oui.
M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Je reviens sur la
section avec des précisions dans le deuxième bloc, là. Il y a comme deux blocs
différents, là. Quand on dit en deuxième... deuxième paragraphe, «le nom des
comités ou des instances institués au sein de l'association, ainsi qu'une
description de leur composition et de leur rôle respectif», quand on dit la
«composition», on parle des membres du comité, des membres nominaux?
Genre : Je, Alexandre Leduc, fait partie du comité de santé et sécurité,
ça... ça va être écrit dans les statuts, ça? Ou on parle de la composition,
mettons, le nombre de membres? Le comité santé et sécurité, il a trois sièges?
Est-ce que je répète ma question, M. le ministre?
M. Boulet : ...
M. Leduc : Donc, deuxième
paragraphe de la... de la deuxième séquence, quand vous voulez que... les
statuts précisent le nom des comités ou des instances institués au sein de
l'association ainsi qu'une description de leur composition et de leur rôle, le
rôle, ça va, c'est simple, mais la composition, on parle de quoi? Du nombre de
membres du comité ou des personnes qui y siègent?
M. Boulet : Bien, ça peut
être le nom, mais les personnes, là. Les deux.
M. Leduc : Bien, c'est parce
que modifier des statuts à chaque fois que quelqu'un change de comité, c'est
compliqué, là.
M. Boulet : Oui. Mais ils ne
voteront pas sur ces éléments-là, là. Ça peut être changé puis adapté, là.
M. Leduc : Mais je ne
comprends pas l'utilité d'avoir des statuts qui précisent nominalement qui
siège à quel comité. Je n'ai jamais vu ça.
M. Boulet : Bien, c'est un
contenu minimal. Le nom des comités, description de leur composition, qui
compose le comité puis quel est le rôle de ces personnes-là, il me semble que
c'est sain que ce soit communiqué aux travailleurs, travailleuses.
M. Leduc : Un exemple, là.
Moi, j'ai déjà vu, mettons, dans les statuts et règlements, tu sais... d'aller
rejouer là-dedans à chaque année, là, ou à chaque six mois, des statuts et
règlements. C'est supposé être quelque chose que tu révises de temps en temps
et que tu modifies au besoin. Ça fait que, mettons, dans les statuts et
règlements, si tu as un comité... santé et sécurité, tu peux le préciser :
le comité santé et sécurité fait un rapport à l'assemblée annuelle de ses
activités. Tu peux, si tu veux préciser un nombre de membres. Tu n'es pas
obligé. Tu peux dire : Le comité... sécurité s'occupe de blablabla. Ça
fait que, tu sais, sur son rôle, c'est bien correct. Mais là, de commencer à
mettre, dans les statuts et règlements : Le comité est composé
d'Alexandre, Jacques, Josiane et Sylvie, bien là, ça se peut que Sylvie, elle
démissionne dans deux semaines. Bien là, il faut-tu que je rouvre mes statuts
et règlements parce que Sylvie a démissionné? Puis là c'est Robert qui la
remplace, on va remodifier nos statuts et règlements? Ça n'a comme pas rapport,
là.
M. Boulet : Donc, c'est... On
va se limiter au nombre de personnes, pas les personnes nommément, et leur
rôle. Donc, c'est plus compatible avec l'intention qu'on avait. Puis on me le
confirme.
M. Leduc : Parfait! Ça,
c'est...
M. Boulet : Que ce n'était
vraiment pas notre intention de nommer les personnes, puis après ça, les
changer en fonction des changements.
• (17 h 30) •
M. Leduc : Merveilleux. Il
existe souvent dans la culture syndicale aussi des comités ad hoc sur une
raison particulière, ou un thème particulier, où là, mettons, il y a des
coupures dans notre entreprise, puis là, oh, on fait un comité ad hoc sur les
coupures, ou là, il y a eu... Des fois, c'est un comité social en soutien à une
personne, un membre qui a passé au feu puis qui n'avait pas d'assurance, bien
là, on fait un comité pour l'aider ou la... tu sais. Ça fait que ces comités-là
ne sont pas comme structurants dans l'action syndicale, mais ils sont
existants. Puis on nomme des gens, on les... on les fait déléguer des travails.
Est-ce que des comités ad hoc, c'est obligé d'être dans les statuts et
règlements? Ça m'apparaît d'une lourdeur inutile, encore une fois. Le comité
qui organise le party de retraite de Roger, là, il est-tu dans les statuts et
règlements?
M. Boulet : Pas dans la...
Non, non, absolument pas.
M. Leduc : Parce que la façon
que c'est écrit, c'est «les comités».
M. Boulet : Oui, mais c'est
«le nom des comités au sein de l'association, puis une description de leur
composition et de leur rôle respectif», là. Les comités ad hoc, ce n'est pas
des comités qui font partie de la structure, qui sont parties inhérentes, là,
de l'association. C'est des comités ad hoc. Si on fait un comité pour fêter une
activité, ou pour souligner un événement, ou la fête de quelqu'un, ou la
période des fêtes...
17 h 30 (version non révisée)
M. Boulet : ...on ne va pas
dans ce menu détail là, là.
M. Leduc : Ça fait que, pour
vous, c'est clair qu'on parle des comités permanents.
M. Boulet : Exact.
M. Leduc : Qui sont reconnus
par les statuts-règlements.
M. Boulet : Totalement, oui.
M. Leduc : Si on crée un
nouveau comité qui, éventuellement... il avait peut-être la mission de juste
fonctionner une couple de mois, une couple d'années, mais on lui trouve une
utilité à moyen, long terme, à partir d'un certain délai qu'on ne précisera pas,
j'imagine, dans la loi, il faudrait peut-être l'intégrer dans les statuts-règlement
si ça devient un comité permanent.
M. Boulet : Bien oui, puis c'est
un contenu minimal, puis on va se fier... Encore une fois, il faut laisser aux
syndicats la faculté de déterminer ce que ces renseignements seront, pour le
bénéfice des travailleurs.
M. Leduc : Çe fait que, sur ça,
encore une fois, il n'y a pas de dispositions pénales, on ne peut pas... on ne
peut pas faire une plainte, on ne peut pas mobiliser le TAT en disant :
Mon syndicat n'a pas respecté 20.3.3 puis les statuts qu'on a ici sont...
M. Boulet : Non. Puis, de
toute façon, ce genre de modification là ne nécessite pas de vote.
M. Leduc : Je ne parlais pas
des votes, je parlais vraiment du contenu d'un statut-règlement, là. Moi, je
suis un membre d'un syndicat x, là, j'ai mes statuts puis je dis : Aïe! Ça
ne respecte pas 20.3.3. Il n'y a pas de plainte au TAT, il n'y a pas de
disposition pénale.
M. Boulet : Non, il n'y en a
pas, de recours, au TAT, puis il n'y a pas de disposition pénale.
M. Leduc : Parfait.
Le Président (M. Allaire) : Ça
va? D'autres interventions sur l'article introduit, 20.3.3? Pas d'autre intervention.
On passe au suivant, 20.3.4. M. le ministre.
M. Boulet : Est-ce qu'on peut
suspendre deux minutes, s'il vous plaît, M. le Président?
Le Président (M. Allaire) : Pas
de problème. On va suspendre les travaux quelques instants. Merci.
(Suspension de la séance à 17 h 32)
(Reprise à 17 h 37)
Le Président (M. Allaire) : Alors,
nous allons reprendre les travaux. M. le ministre, je vous cède la parole pour
l'article introduit, 20.3.4.
M. Boulet : Oui. Merci, M. le
Président : «Les statuts ou règlements de l'association accréditée ainsi
que toute modification de ces statuts ou règlements doivent être présentés aux
membres lors d'une assemblée et être approuvés par la majorité de ceux qui sont
compris dans l'unité de négociation et qui exercent leur droit de vote.
«Ces statuts ou règlements doivent être
révisés et, le cas échéant, modifiés conformément au premier alinéa aux
intervalles prévus par les statuts ou règlements, lesquels ne doivent pas dépasser
une période de cinq ans.
«Malgré le premier alinéa, l'association
accréditée peut apporter des modifications à ses statuts ou règlements afin de
se conformer au deuxième alinéa de l'article 20.3.3 de même que pour corriger
des erreurs de forme, de rédaction, de calcul ou d'écriture.»
Donc, commentaire : donc, on prévoit que les
statuts au règlement doivent être présentés aux membres, approuvés par la
majorité. Ils doivent être révisés à un intervalle qui ne peut pas excéder cinq
ans. Malgré ce qui précède, comme je mentionnais, là, sur les sujets dont on
s'entretenait tout à l'heure, on peut modifier nos statuts et règlements sans
devoir les présenter en assemblée, sans les soumettre au vote pour corriger des
erreurs de rédaction ou de calcul, le nom de l'union, de la fédération ou de la
confédération, dont le siège social est au Québec, à laquelle elle est affiliée
ou appartient à l'association ou une description de sa structure, le nom des
comités, les instances instituées au sein de l'association, description de leur
composition ou rôles respectifs, puis le nombre de personnes élues a une
fonction à l'intérieur de l'association. Description du mandat. Durée des
mandats. Procédure visant à informer les salariés du nom des personnes élues à
une fonction à l'intérieur de l'association, description des mandats, durée des
mandats, procédure visant à informer les salariés du nom des personnes élues à
une fonction à l'intérieur de l'association.
Ceast tous des exigences, là, de 20.3.3
alinéa 2° et les différents paragraphes. Donc ça complète pas mal les
commentaires, M. le Président.
Le Président (M. Allaire) : Excellent!
Des interventions sur 20.3.4? M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve
M. Leduc : Merci. Donc, pour
faire suivi de la discussion qu'on vient juste d'avoir sur 20.3.3 puis le… la
micro-information qui me semblait assez impertinente d'avoir nécessairement
dans un statut et règlement puis surtout de devoir modifier constamment. Là, ce
que je comprends de 20.3.4. le dernier alinéa dit qu'on n'a pas besoin d'une…
d'une assemblée ou d'un vote, ou à scrutin secret, ou peu importe, ça peut
juste être une décision de l'exécutif, dans le fond, de mettre à jour les
statuts, par exemple, si on veut permanentiser un comité.
M. Boulet : Ils peuvent
modifier sans devoir présenter puis sans devoir se soumettre à un vote,
effectivement.
M. Leduc : Ça fait que, si on
a changé d'affiliation syndicale, pas besoin de repasser devant une assemblée
générale pour dire il faut modifier les statuts et règlements parce qu'on est
rendus avec la centrale X plutôt que la centrale Y.
M. Boulet : Non…
M. Leduc : Je peux juste
faire un vote d'exécutif puis zoup!
M. Boulet : Oui. C'est une
excellente question. Oui.
• (17 h 40) •
M. Leduc : Même chose si, le
comité de retraite, ça a commencé pour la retraite de Marcel, mais que,
finalement, on garde le comité de retraite en place parce qu'il y a plein de
retraites dans les prochaines années, ça fait que le fait de rendre le comité
de retraite de Marcel permanent, on va enlever le mot «Marcel» peut-être
dedans, mais ça aussi, pas besoin de ne pas passer en assemblée générale.
M. Boulet : Exact.
M. Leduc : Bon, c'est vraiment
un peu plus clair d'application.
M. Boulet : C'est pour ça que
je dis souvent un projet de loi comme ça, puis vous le savez, on en a fait
plusieurs, le tout, la globalité, on voit qu'il y a une cohésion d'un article à
l'autre, là. Mais, des fois, quand on n'est pas rendus à ce stade-là, c'est
moins facile à comprendre. Ça fait que ce serait ça, 20.3.4.
Le Président (M. Allaire) : Des
interventions?
M. Leduc : Oui.
Le Président (M. Allaire) : Oui,
allez-y!
M. Leduc : Pourquoi cinq ans?
M. Boulet : L'intervalle,
c'est cinq ans, au minimum cinq ans. Est-ce qu'on avait une donnée où on… qui
nous permettait d'objectiver…
Des voix : ...
Des voix : ...
Le Président (M. Allaire) : Est-ce
que vous souhaitez qu'on suspende?
M. Boulet : Bien, si vous
voulez savoir de quoi on s'est inspiré, là, ça nous apparaissait une règle de
saine gouvernance une période de cinq ans, c'eût pu être moins que ça, mais ce
n'était vraiment pas pour alourdir, c'était vraiment pour alléger, pour éviter
que ce soit une période de temps plus courte que ça. Mais je n'ai pas de
référence dans d'autres lois.
M. Leduc : C'est ça. Il n'y a
pas de comparaison avec d'autres organisations ou la société civile. C'est cinq
ans.
M. Boulet : Exact.
M. Leduc : Est-ce que, quand
on va modifier en fonction du dernier alinéa pour changer, admettons, CSN pour
FTQ, ou FTQ pour CSN, peu importe, est-ce que ça compte comme une modification
dans le délai du cinq ans?
M. Boulet : Attendez-moi.
Non, parce que «doivent être révisées et modifiées conformément au premier
alinéa». Et, comme le premier alinéa ne s'applique pas sur le renseignement
auquel vous venez de faire référence, c'est non.
M. Leduc : Donc, c'est plus
les modifications structurantes.
M. Boulet : Exact.
M. Leduc : Sur la première
liste que vous avez mise, là, mode de convocation, modalité d'exercice, quorum,
modalités de révision.
M. Boulet : Oui. Tout à fait.
M. Leduc : Et qu'est-ce que
constitue, à vos... à votre... à votre perception, un exercice de révision?
C'est quoi les... c'est quoi les éléments minimaux pour dire : Ce syndicat
a respecté 20.3.4 et a fait une révision de ses statuts? C'est quoi le travail
qu'on doit faire? Comment... comment on précise qu'il y a eu bel et bien
révision des statuts?
M. Boulet : Bien, c'est une
analyse. Moi, une révision, pour moi, c'est une mise à jour en fonction des
nouvelles réalités du syndicat ou les nouvelles réalités du marché du travail.
Là, ce n'est pas... Il n'y a pas de guide de révision, on va laisser ça aux
syndicats de déterminer ce qui justifie une révision, là, on... on ne
s'implique pas plus que ça dans la façon puis le mérite de la révision que le
syndicat fera.
M. Leduc : Ce n'est pas,
admettons, un... un nombre d'heures minimales, ou une enquête, ou un exercice
comparatif. Vous, vous ne voulez pas jouer dans ce film-là.
M. Boulet : Non, absolument
pas.
M. Leduc : Vous dites :
Vous devez le faire aux cinq ans.
M. Boulet : Puis, je sais que
vous voulez me le faire dire, là, mais je le dis, là, c'est vraiment le
syndicat qui aura à déterminer comment on révise pour s'adapter, je le répète,
à des nouvelles réalités, soit de ce syndicat-là ou soit du marché du travail.
M. Leduc : Donc, un... par
exemple, un exécutif pourrait dire : Bien, on a... on a relu les statuts
qui ne sont pas très... qui sont très courts dans une section locale de petite
taille puis on a jugé qu'ils étaient toujours conformes à notre désir, voilà,
on a fait l'exercice. Pas plus compliqué que ça. Est-ce qu'il y a aussi une
disposition pénale pour 20.3.4?
M. Boulet : 20.3.4, la
disposition pénale.
M. Leduc : Est-ce qu'un
membre peut demander une pénalité parce qu'il n'y aurait soi-disant pas eu de
révision aux cinq ans? Là, c'est statuts, règlements.
Des voix : ...
M. Leduc : C'est quoi,
l'objectif?
M. Boulet : Bien, s'assurer
qu'on mette à jour ça, s'assurer qu'il y ait une révision aux cinq ans,
minimalement.
M. Leduc : Mais si vous avez
donné autant de... vous avez... vous donnez essentiellement carte blanche, dans
le fond, là, au syndicat pour faire l'exercice, mais vous mettez une disposition
pénale.
M. Boulet : Bien, parce que
si ce n'est pas révisé, si ce n'est pas mis à jour, si ce n'est pas adapté à la
nouvelle réalité du syndicat, si les statuts, règlements ne sont plus le reflet
de ce que le syndicat est devenu, comment il a évolué, comment... c'est en
concordance avec le marché du travail, oui, un travailleur pourrait dire :
Bien là, révisez-les les statuts, c'est tout croche, ou ce n'est plus adapté.
M. Leduc : Le salarié peut
les réviser lui-même, les statuts, s'il veut.
M. Boulet : Le salarié peut
réviser les statuts ou règlements?
M. Leduc : Un exercice de
révision des statuts, là, ça n'appartient pas à personne, ça appartient à tout
le monde.
M. Boulet : Bien, c'est les
travailleurs qui vont le faire, ce n'est pas le salarié.
M. Leduc : Ça peut être le
salarié, tout à fait.
M. Boulet : Oui, mais c'est
les statuts, règlements du syndicat, là.
M. Leduc : Mais le salarié
peut dire : Je vais les réviser puis je vais faire une démarche pour les
présenter à l'assemblée générale.
M. Boulet : Il peut faire...
Il peut soumettre un projet de révision au syndicat puis le syndicat
déterminera comment il consulte les autres travailleurs pour réviser ses
statuts et règlements.
M. Leduc : Mais c'est parce
que, si vous mettez une disposition pénale, moi, vous savez à quel point je
n'aime pas le... le de 47.2 puis ce qu'il implique, puis que j'ai... j'ai peur
des plaideurs quérulents, puis le 47.2 est une des...
M. Leduc : ...qui existe
malheureusement dans le milieu syndical et le milieu du travail. Puis j'ai
l'impression que plus vous mettez des dispositions pénales sur des affaires de
même, plus vous donnez des pognes à des plaideurs quérulents de commencer à les
gosser, puis ralentir, puis ankyloser l'action syndicale, qui a d'autre chose à
faire que d'aller se battre devant le tribunal pour expliquer qu'il a bel et
bien révisé ses statuts aux cinq ans, contrairement à ce que le membre xy réclame.
M. Boulet : Mais vous pensez
aux travailleurs quérulents, mais pensez au travailleur qui constate que le
syndicat n'adapte pas ses statuts et règlements puis il n'y a aucune poignée.
Il va le dire, il va le dire, il ne sera pas capable de mobiliser, il ne sera
pas capable de voir comment les statuts et règlements sont révisés. Il y a le
travailleur quérulent, qui est le scénario que vous présentez souvent, mais il
y a surtout... et la majorité des travailleurs sont des personnes sincères puis
qui constatent qu'il n'y a rien qui est fait pour réviser puis adapter les
statuts et règlements. Il doit y avoir un recours à quelque part, et c'est ce
recours pénal là, qui existe dans le Code du travail pour plein d'autres
occurrences aussi, là.
M. Leduc : ...un salarié
décide de gosser puis là de poursuivre sur le cinq ans, puis que c'était un
oubli de bonne foi, là, il n'y a personne qui a manigancé pour ne pas réviser
les statuts dans les cinq ans, et que là il enregistre, donc, une plainte au
TAT... non, à la Cour du Québec, on a dit, pénal, toujours la Cour du Québec,
j'essaie de retenir mes leçons, et là qu'entre-temps le syndicat s'est
dit : Zut! On avait oublié cette affaire-là, puis qu'ils font une
lecture... l'exécutif suivant, là, ils font une lecture des statuts, il
dit : Bien, je pense que tout va bien, là, on le garderait tel quel,
passent une motion à l'exécutif pour dire : L'exécutif a révisé les
statuts et les maintient tels quels, ça dispose...
M. Boulet : ...qui respecte
la loi, qui respecte ce... cette disposition-là, et là il les présente à
l'Assemblée, puis, s'il n'y a pas de changement ou il y a peu de changement, il
les présente à l'Assemblée.
M. Leduc : Là, vous venez de
rajouter quelque chose, vous venez de dire qu'il faut qu'il les présente à
l'Assemblée. Ce n'est pas ça que j'ai compris, là. Ses statuts doivent être
révisés sur une période de cinq ans. Ça ne parle pas de les présenter à
l'Assemblée, surtout s'il n'y a pas de changement.
M. Boulet : ...ce qu'on
dit : Les statuts ou règlements doivent être révisés et modifiés,
conformément au premier alinéa, aux intervalles prévus par les statuts ou
règlements, lesquels ne doivent pas dépasser une période de cinq ans. Puis,
généralement, dans les statuts ou règlements, il peut y avoir des intervalles
qui sont plus réduits que ça. Puis c'est là-dessus que le recours pénal existe.
Le travailleur, il dit : Vos statuts, règlement prévoient une révision à
tous les deux ans... ainsi que toute modification... Bon, «modification», on le
dit au premier alinéa. Si le syndicat ne le fait pas, c'est là que le
travailleur peut s'exprimer. Mais, encore une fois, moi, je ne pense pas aux
travailleurs quérulents, je pense à la vaste majorité des travailleurs qui, certains
d'entre eux, pourraient constater qu'il n'y a pas d'exercice de révision et qui
pourraient lever la main.
M. Leduc : Mais, honnêtement,
M. le ministre, la vaste majorité des travailleurs ne se réveillent pas la nuit
pour se demander si ça... les statuts et règlements de leurs syndicats a été
révisé dans l'intervalle de cinq ans, là.
M. Boulet : ...il ne faut pas
craindre les pires scénarios.
M. Leduc : Non, mais c'est ça
qui... Tu sais, vous, vous espérez le meilleur. Moi, ma job, ce n'est pas de
vous croire sur parole, c'est de vous questionner si vous avez pensé aux
scénarios plus négatifs. Puis là je vois, mettons... C'est pour ça que je vous
posais la question tantôt : C'est quoi, les exigences minimales?
M. Boulet : ...il n'y a pas
de présentation, tu sais...
M. Leduc : Bon, bien… OK.
Bien, voilà. On vient de régler quelque chose.
M. Boulet : OK. Je comprends
ce que vous cherchez.
M. Leduc : Ça fait que, si
l'exécutif a dit... C'est pour ça je demandais c'est quoi, l'exigence minimale,
surtout s'il y a une disposition pénale.
M. Boulet : Non. S'ils font
l'exercice de révision, qui doit être fait à l'intervalle prévu dans les
statuts ou règlements ou au plus tard à tous les cinq ans puis il n'y a pas de
modification, il n'y a pas de présentation à faire selon l'alinéa...
M. Leduc : Parce que...
(panne de son) ...forcément, on va devant l'assemblée.
M. Boulet : Exact.
M. Leduc : On s'entend
là-dessus.
M. Boulet : Oui.
M. Leduc : Mais, s'il n'y a
pas de modification, il n'y a pas d'obligation.
M. Boulet : Non.
• (17 h 50) •
M. Leduc : Ça fait qu'on leur
suggérait de prendre une motion en exécutif pour qu'il y ait une trace au
procès-verbal, pour que, si John... John Doe décide d'aller en cour sur le...
M. Boulet : ...conseiller
syndical que moi.
M. Leduc : Mais c'est parce
que, si un plaideur quérulent veut dire : Non, non, ils n'ont pas... ils
n'ont pas fait de révision...
M. Boulet : Oui, c'est un bon
point.
M. Leduc : ...l'exécutif, il
a intérêt à avoir un petit papier en quelque part...
M. Boulet : À se protéger.
M. Leduc : ...qui dit :
Oui, oui, on a... une fois en 2000 quelque chose, on a révisé.
M. Boulet : Oui. C'est bon?
Merci.
Le Président (M. Allaire) : M.
le député d'Hochelaga-Maisonneuve, ça va?
M. Leduc : Oui.
Le Président (M. Allaire) : Parfait.
Excellent.Donc, on passe à 20.3.5. M. le ministre. Et je crois que vous
avez un amendement.
M. Boulet : Le... 20.3.5.
Merci, M. le Président. «Le gouvernement détermine, par règlement, les
renseignements visés aux paragraphes 1° à 3° du premier...
M. Boulet : ...alinéa de
l'article 20.3.3.
En l'absence de renseignements visés à
l'un de ces paragraphes dans les statuts ou règlements de l'association
accréditée, ce règlement du gouvernement s'applique au regard des
renseignements manquants.
Et là il y a un amendement, et où on
retire. En fait, l'amendement, c'est :
Retirer l'article 20.3.5 du Code du
travail proposé par l'article 3 du projet de loi, tel qu'amendé.
Commentaires : Donc, on retire
l'habilitation réglementaire du gouvernement lui permettant de prévoir le
contenu de certains sujets devant être prévus dans les statuts ou règlements de
régie interne, lequel aurait trouvé application en l'absence de ces sujets dans
les statuts ou règlements. Puis les trois sujets, là, je ne sais pas si
vous vous en souvenez, sur lesquels portaient l'habilitation réglementaire,
c'étaient : le mode de convocation des assemblées, les modalités
d'exercice du droit de vote et la procédure visant à informer les salariés de
la tenue d'un vote à l'égard de la cotisation. Donc, on a enlevé ça pour ne pas
s'ingérer, du moins, le moins possible. Alors, c'est tout, M. le Président.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Des interventions sur cet amendement? M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Bien, juste
signifier, que je suis content, là, de voir l'amendement. Je l'avais vu, vous
l'aviez versé jeudi dernier dans le Greffier. Parce que je pense que, là, vous
alliez très loin dans la microgestion et, je le pense, l'ingérence. On
commençait à, je pense, traverser la ligne de la liberté syndicale, là,
qu'on... dont le Québec est un signataire des ententes internationales. Ça fait
que, bref, je ne veux pas m'étaler, vous le retirez, je suis content.
M. Boulet : Puis, en plus,
les métallos... ont soulevé complexité réglementaire difficilement applicable.
Deuxièmement, il y avait les risques de lourdeur administrative puis de
judiciarisation, vous y référez. Il y avait le manque de souplesse puis il y
avait des réalités tellement différentes, là, d'un syndicat à l'autre, la
taille, la structure, les ressources, puis il y avait l'incohérence avec les
pratiques syndicales existantes, là, c'eut été... Ça fait que, oui, ça a été
retiré. C'est tout. Merci.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
D'autres interventions? Ça va? Donc, nous allons procéder à la mise aux voix de
cet amendement. Est-ce que l'amendement est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Allaire) : Adopté.
Parfait. Donc, on revient à 20.3.5. Des interventions? Non?
Une voix : ...
Le Président (M. Allaire) :
C'est bien. Merci de la précision, vous avez raison.
M. Boulet : Donc, on
voterait...
Le Président (M. Allaire) : Là,
on va... si vous vous souvenez...
M. Boulet : ...pour l'article 3.
Le Président (M. Allaire) : Oui.
Puis on a suspendu l'amendement, donc qu'est-ce qu'on fait avec l'amendement?
Est-ce que vous voulez qu'on suspende les travaux quelques instants?
M. Boulet : Peut-être vous
parlez deux minutes.
Le Président (M. Allaire) : Parfait.
Nous allons suspendre les travaux quelques instants. Merci.
(Suspension de la séance à 17 h 54)
(Reprise à 17 h 58)
Le Président (M. Allaire) :
Nous allons reprendre les travaux. J'ai d'abord besoin de votre consentement
pour rouvrir l'amendement qui avait été déposé par la partie gouvernementale à
l'article introduit à 20.3.2, qui a été adopté. J'ai besoin de votre
consentement pour l'ouvrir.
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Allaire) :
Consentement. Parfait. J'ai maintenant besoin de votre consentement pour
maintenant le retirer. Est-ce que j'ai votre consentement?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Allaire) :
Excellent. Parfait. Donc, je cède la parole à...
M. Boulet : ...là, c'est
ça, qui...
Le Président (M. Allaire) : ...M.
le député d'Hochelaga-Maisonneuve. Allez-y.
M. Boulet : ...avant
qu'on passe au vote pour l'article 3, là. Mais on peut...
Le Président (M. Allaire) : Avant,
on va devoir avoir... recevoir l'amendement, qui est en travail actuellement.
M. Boulet : Ah! je
pensais qu'il était...
Le Président (M. Allaire) : Non,
il n'est pas reçu. Mais j'ai compris que vous souhaitez intervenir.
M. Leduc : Oui.
Le Président (M. Allaire) :
Allez-y.
M. Leduc : Peut-être
pour clarifier, pour les gens qui nous écoutent, on va basculer vers le
12 heures pour tout le monde, si j'ai bien compris. Là, on attend juste le
texte de l'amendement, ça fait que ça, pour que ce soit clair, ça, c'est réglé,
c'est parfait. Moi, j'avais préparé un autre amendement, mais on peut y aller
de manière verbale, là, pas besoin de le faire écrit nécessairement, malgré que
mon cher collègue a passé quelques minutes à le rédiger avec ses habiles mains.
Pour les délais de vote, là, moi... on a eu un long échange tantôt, le ministre
et moi. Lui, il tient à ce que ce soit quelque chose qui existe pour faciliter
la démocratie. Moi, ce que je soumets, c'est que la plupart du temps, quand les
gens ne votent pas, c'est malheureusement, puis je ne suis pas content, mais
c'est parce que ça ne les intéresse pas tant. Ça fait que je veux, comme,
inverser le fardeau de la démonstration de l'intérêt, considérant que c'est
beaucoup de logistique, c'est beaucoup de coûts, de frais, ces longs votes-là,
à 12 heures, c'est moins pire qu'à 24, mais ce n'est quand même pas
simple, si on rajoutait : «puisse s'exercer sur une période d'au moins
12 heures si au moins 1 % des membres le réclament.»
• (18 heures) •
M. Boulet : ...mais non.
M. Leduc : Pourquoi?
M. Boulet : C'est un vote
qui s'exerce sur une période minimale de 12 heures. Là, vous rajoutez une
procédure additionnelle, là, il va falloir s'assurer que 1 % des
travailleurs le réclament. Moi, pour moi, c'est une couche additionnelle que je
ne trouve absolument pas utile. Mais je comprends votre point de vue.
M. Leduc : Mais si même
pas 1 % des gens réclament un vote par référendum sur 12 heures,
est-ce que ce n'est pas un indice que ce n'est pas nécessaire?
M. Boulet : ...vie
syndicale dont je ne qualifierais pas la vitalité, je pense que les syndicats
vont bénéficier de ça. Ça va leur assurer une meilleure légitimité puis ça va
permettre un vote qui s'exerce dans un forum beaucoup plus démocratique — mais
c'est mon point de vue — sans nécessairement requérir un seuil de
volonté, un seuil de 1 % minimum, puis pourquoi pas 10 %, pourquoi
pas 20 %? Mais, encore une fois, c'est complexifier de quoi qui n'a pas à
l'être.
M. Leduc : 1 %,
c'est très simple, M. le ministre. Ce n'est pas beaucoup de monde. Ça peut être
tout simplement un courriel envoyé à l'adresse du syndicat : Allô, je veux
m'inscrire pour le vote du 12 heures pour enclencher cette procédure-là
qui n'est pas simple d'un point de vue...
18 h (version non révisée)
M. Leduc : ...logistique, puis
ça démontrait un certain intérêt, ça, démontrer qu'on ne ferait pas ça puis qu'on
ne dépense pas des milliers de dollars pour rien, parce qu'il y a des gens que
ça intéresse puis qu'ils vont plus participer. Parce qu'il y a des gens qui
pourraient dire : Moi, je vais me déplacer à l'Assemblée générale, j'aimerais
bien mieux avoir la présentation, par exemple, sur l'entente de principe, je veux
avoir la présentation avec le conseil syndical, le négociateur, le comité de
négo, j'ai des questions à poser, j'aime mieux me déplacer à l'Assemblée
générale pour avoir toute l'info avant de voter.
M. Boulet : Vous l'aurez
exprimé. Je n'ai plus de commentaires.
M. Leduc : Bon, en tout cas,
moi, ça me semblait une façon pour vous de dire : je crois que c'est ça
que les gens veulent, puis il y a 1 %... je suis allé à un bas... très,
très bas seuil. Je serais même game de mettre une personne. On laisse faire le pourcentage,
si une seule personne le réclame, il y a un délai de 12 heures.
M. Boulet : Je n'ai pas d'autres
commentaires.
M. Leduc : Ce n'est pas compliqué
ça. Un individu notifie le syndicat pour le délai de 12 heures. Puis s'il
y a zéro individu, pas besoin d'un délai de 12 heures. Un individu, M. le
ministre, là... là, là, je suis au plus petit, petit, petit dénominateur commun.
M. Boulet : Là, vous voulez
contribuer à la naissance ou à la création de travailleurs quérulents, là, mais
je n'ai plus d'autres commentaires.
M. Leduc : Mais ils ne sont
pas quérulents, il déclenche une période que vous vous souhaitez.
M. Boulet : Non, non, non, on
n'écrira pas dans le projet de loi «si un travailleur le demande», on va... OK,
je n'ai plus de commentaires, merci.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Ça va? Donc on peut poursuivre. S'il n'y a pas d'autre intervention, nous
allons pouvoir passer maintenant à l'amendement qui avait été déposé par le
député d'Hochelaga-Maisonneuve, il faudrait le retirer. Est-ce que j'ai votre
consentement?
M. Leduc : Consentement.
Le Président (M. Allaire) :
Consentement. Parfait. On a reçu l'amendement de la partie gouvernementale,
mais là est-ce que c'est la partie gouvernementale ou c'est le député d'Hochelaga-Maisonneuve
qui le dépose?
Des voix : ...
Le Président (M. Allaire) : Parfait.
On va l'afficher, ça ne sera pas tellement long.
M. Boulet : Virginie, est-ce
que c'est bon?
Des voix : …
Le Président (M. Allaire) : Parfait.
Vous avez l'amendement qui est devant nous.
M. Boulet : Est-ce que je
peux l'avoir papier? OK, je vais essayer de le...
Le Président (M. Allaire) :
Allez-y.
M. Boulet : Donc, article 3 :
Remplacer, dans l'article 20.3.2 du Code du travail proposé par l'article 3
du projet de loi «24» par «12».
Donc, l'article tel qu'amendé : «L'association
accréditée doit permettre qu'un vote au scrutin secret prévu aux articles 20.1
à 21.3 puisse s'exercer sur une période... une période d'au moins de 12 heures.»
C'est tout. Et ça permettrait le vote sur
l'article.
Le Président (M. Allaire) : Parfait.
Est-ce qu'il y a des interventions sur cet amendement? M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Bien, saluer l'ouverture
du ministre. En effet, là, baisser à 12 heures, je trouve que c'est très
cohérent, d'abord, avec ce qu'on venait juste de faire précédemment sur la
ratification de conventions collectives, ça va être moins lourd à porter aussi
pour le milieu syndical. Donc, remerciements.
M. Boulet : Merci.
Le Président (M. Allaire) : Pafait.
D'autres interventions? Mme la députée des Mille-Îles.
Mme Dufour : Oui, bien, je
remercie aussi l'ouverture à la suggestion, mais, en toute franchise, je ne
suis pas sûr que ça change tant que ça. Dans le sens que s'il y a un besoin ou
nécessité que ça soit au-delà de 12 heures, c'est encore possible, parce
que c'est bien au moins 12 heures, donc...
M. Boulet : Tout à fait.
Mme Dufour : C'est... ça amène
de la souplesse, mais l'amendement que le ministre avait déjà déposé l'amenait
aussi, ça fait que... Bon, en tout cas, moi, je n'ai pas d'enjeu, mais je ne suis
pas sûre qu'on révolutionne le monde non plus avec ce changement.
Le Président (M. Allaire) : Merci,
Mme la députée des Mille-Îles. D'autres interventions? S'il n'y a pas d'intervention,
nous allons procéder à sa mise aux voix. Est-ce que l'amendement est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Allaire) : Adopté.
Parfait. On revient donc maintenant à 20.3.2. Est-ce qu'il y a d'autres
interventions avant d'aller voter l'article globalement? L'article trois. Pas d'autre
intervention?
M. Boulet : Adopté, oui.
Le Président (M. Allaire) : M.
le député d'Hochelaga-Maisonneuve?
M. Leduc : Non, c'était pour
demander l'appel nominal.
Le Président (M. Allaire) : Parfait.
Donc, nous allons procéder à la mise aux voix de l'article trois. Est-ce que l'article
est adopté, mais par vote nominal. Mme la secrétaire, s'il vous plaît.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention, M. Boulet (Trois-Rivières)?
M. Boulet : Pour.
La Secrétaire : Mme Mallette
(Huntingdon)?
Mme Mallette : Pour.
La Secrétaire
: Mme Jeannotte
(Labelle)?
Mme Jeannotte : Pour.
La Secrétaire
: Mme Hébert
(Saint-François)?
Mme
Hébert
: Pour.
La Secrétaire
: Mme Dorismond
(Marie-Victorin)?
Mme Dorismond : Pour.
La Secrétaire
: Mme Dufour
(Mille-Îles)?
Mme Dufour : Abstention.
La Secrétaire : M. Leduc
(Hochelaga-Maisonneuve)?
M. Leduc : Contre.
La Secrétaire
: Et M. Allaire
(Maskinongé)?
Le Président (M. Allaire) : Abstention.
L'article trois, tel qu'amendé, est donc
adopté.
Alors, M. le ministre, on passe à l'article 4.
Je vous cède la parole pour lecture et commentaires.
M. Boulet : Oui, merci.
L'article 20.4 de ce code est modifié
par le remplacement de «20.2 ou 20.3» par «20.1.1 à 20.3.4».
Commentaires : 20.4 énumère les
dispositions pour lesquelles seules les dispositions pénales du code sont
applicables. Le projet de loi ajoute que l'inobservation de 20.1.1, c'est le
vote sur le montant de la cotisation syndicale, 20.3.1, avis de convocation,
20.3...
M. Boulet : ...vote au scrutin
secret sur une période d'au moins 12 heures, 20.3.3, contenu des statuts
ou règlements, et 20.3.4, procédures d'approbation, modification ou révision ne
donnent ouverture qu'aux dispositions pénales.
Actuellement, je le répète, là, il n'y a
pas de recours possible devant le Tribunal administratif du travail pour un
manquement à l'un des articles visés par 20.4. 20.2, c'est le vote de grève au
scrutin secret. 20.3, c'est le vote au scrutin secret pour autoriser la
signature d'une convention. Outre les recours pénaux, les plaintes à l'égard
d'une... Bon, je ne sais pas si c'est nécessaire, là. Non, je pense que c'est
complet.
Le Président (M. Allaire) : ...sur
l'article 4? Pas d'intervention? Nous allons procéder à sa mise aux voix.
Est-ce que l'article 4 est adopté?
M. Boulet : Adopté.
Le Président (M. Allaire) :
Par appel nominal? Par appel nominal, Mme la secrétaire, s'il vous plaît.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Boulet (Trois-Rivières)?
M. Boulet : Pour.
La Secrétaire : Mme Mallette
(Huntingdon)?
Mme Mallette : Pour.
La Secrétaire
: Mme Jeannotte
(Labelle)?
Mme Jeannotte : Pour.
La Secrétaire
:
Mme Hébert (Saint-François)?
Mme
Hébert
:
Pour.
La Secrétaire
: Mme Dorismond
(Marie-Victorin)?
Mme Dorismond : Pour.
La Secrétaire
:
Mme Dufour (Mille-Îles)?
Mme Dufour : Abstention.
La Secrétaire
: M. Leduc
(Hochelaga-Maisonneuve)?
M. Leduc : Contre.
La Secrétaire
: Et M. Allaire
(Maskinongé)?
Le Président (M. Allaire) :
Abstention. L'article 4 est adopté. On passe à l'article 5. M. le ministre,
lecture et commentaires, s'il vous plaît.
M. Boulet : 5. L'article 20.5
de ce code est modifié par le remplacement de «20.3» par «20.3.4».
Commentaire. Ça modifie l'article 20.5 du
code afin de spécifier que les statuts ou règlements peuvent comporter des
exigences supérieures aux nouvelles obligations. Il s'agit d'une modification
de concordance qui tient compte des nouvelles dispositions introduites par le
projet de loi. Merci, c'est tout.
Le Président (M. Allaire) : ...des
interventions sur l'article 5? S'il n'y a pas d'intervention, nous allons
procéder à sa mise aux voix par vote nominal. Est-ce que l'article 5 est
adopté? Mme la secrétaire, s'il vous plaît, par votre nominal.
La Secrétaire
: Pour,
contre, abstention. M. Boulet (Trois-Rivières)?
M. Boulet : Pour.
La Secrétaire : Mme Mallette
(Huntingdon)?
Mme Mallette : Pour.
La Secrétaire
: Mme Jeannotte
(Labelle)?
Mme Jeannotte : Pour.
La Secrétaire
:
Mme Hébert (Saint-François)?
Mme
Hébert
:
Pour.
La Secrétaire
: Mme Dorismond
(Marie-Victorin)?
Mme Dorismond : Pour.
La Secrétaire
:
Mme Dufour (Mille-Îles)?
Mme Dufour : Pour.
La Secrétaire
: M. Leduc
(Hochelaga-Maisonneuve)?
M. Leduc : Contre.
La Secrétaire
: Et M. Allaire
(Maskinongé)?
Le Président (M. Allaire) :
Abstention. L'article 5 est donc adopté. M. le ministre, l'article 15, s'il
vous plaît.
• (18 h 10) •
M. Boulet : Oui, merci, M. le
Président, puis il y aura un amendement. Donc :
L'article 96 de cette loi est
modifié :
1° par le remplacement, dans le
paragraphe a, de «la fixation» par «l'établissement ou la modification»;
2° par l'ajout, à la fin, de ce qui
suit :
«f) les modalités d'exercice du droit
de vote des membres à l'égard de la cotisation facultative, incluant celles
relatives au dépouillement du vote, à son recensement et à la communication des
résultats aux salariés, doivent y être prévues;
«g) les modalités de révision des
statuts ou du contrat constitutif, incluant la fréquence, doivent y être prévues;
«h) le quorum d'une assemblée lors
d'un vote prévu à ces statuts ou à ce contrat constitutif doit y être prévu;
«i) la procédure visant à informer
les membres de la tenue d'un vote à l'égard de la cotisation facultative doit y
être prévue.
«Ces statuts ou ce contrat constitutif
doivent également prévoir, le cas échéant :
«a) le nom de l'union, de la
fédération ou de la confédération, dont le siège social est situé au Québec, à
laquelle est affiliée ou appartient l'association ainsi qu'une description de
sa structure;
«b) le nom des comités ou des
instances institués au sein du syndicat ou du groupement de salariés ainsi
qu'une description sommaire de leur composition et de leur rôle respectif;
«c) le nombre de personnes élues à
une fonction à l'intérieur du syndicat ou du groupement de salariés, une
description du mandat de chacune d'elle et la durée de chacun de ses mandats;
«d) la procédure visant à informer
les salariés du nom des personnes élues à une fonction à l'intérieur de
l'association.»
Donc, l'amendement, M. le Président :
Au premier alinéa de l'article 96 de la
Loi sur les relations du travail, la formation professionnelle et la gestion de
la main-d'oeuvre dans l'industrie de la construction, proposé par l'article 15
du projet de loi :
1° remplacer le paragraphe f par le
suivant :
«f) la procédure permettant
l'exercice d'un droit de vote au scrutin secret doit y être prévue»;
2° remplacer le paragraphe h par le
suivant...
M. Boulet : ...le forum des
assemblées doit y être prévu;
3 supprimer le paragraphe i.
Commentaires : Cet amendement est de
même nature que celui déposé précédemment à l'article trois du projet de loi.
Donc, c'est de la... de même nature. En fait, l'amendement propose de modifier
le paragraphe f afin que l'association prévoie, dans ses statuts, une procédure
visant à permettre l'exercice d'un vote au scrutin secret. Sont visés par cette
procédure tous les votes au scrutin secret prévu dans la loi R-20 et tous
les autres votes de l'association qu'elle souhaiterait tenir au scrutin secret.
L'amendement propose aussi de modifier le paragraphe h afin que l'association
prévoie dans ses statuts le quorum requis pour toutes ses assemblées, peu
importe le sujet qui y sera traité, le quorum et le nombre minimum de membres
présents pour qu'une assemblée soit régulièrement constituée. Et l'amendement
propose enfin de supprimer le paragraphe i.
Alors, je pense, c'est pas mal complet.
Oui. C'est complet.
Le Président (M. Allaire) : Ça
va? Interventions? S'il n'y a pas d'intervention, nous allons procéder à la
mise aux voix de l'article 15.
M. Boulet : Adopté.
Le Président (M. Allaire) : Ah!
de l'amendement. C'est vrai. Excusez-moi. Excusez-moi. Je veux aller trop vite.
Est-ce que l'amendement est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Allaire) : Il
est... adopté. Parfait. Ça va? Donc, on revient donc à l'article 15 tel
qu'amendé. Est-ce qu'il y a des interventions? Pas d'intervention. Nous allons
procéder à sa mise aux voix. Est-ce que l'article 15, tel qu'amendé, est
adopté?
Des voix : ...
Le Président (M. Allaire) : Par
appel nominal, s'il vous plaît, Mme la secrétaire.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Boulet (Trois-Rivières)?
M. Boulet : Pour.
La Secrétaire
: Mme Mallette
(Huntingdon)?
Mme Mallette : Pour.
La Secrétaire
: Mme Jeannotte
(Labelle)?
Mme Jeannotte : Pour.
La Secrétaire
: Mme Hébert
(Saint-François)?
Mme
Hébert
:
Pour.
La Secrétaire
: Mme Dorismond
(Marie-Victorin)?
Mme Dorismond : Pour.
La Secrétaire
: Mme Dufour
(Mille-Îles)?
Mme Dufour : Abstention.
La Secrétaire
: M. Leduc
(Hochelaga-Maisonneuve)?
M. Leduc : Contre.
La Secrétaire
: Et M. Allaire
(Maskinongé)?
Le Président (M. Allaire) : Abstention.
Donc, l'article 15, tel qu'amendé, est adopté. Alors, on poursuit, M. le
ministre. Article 16.
M. Boulet : Oui. Et, 16, il y
a un amendement. En fait, non, le premier, il n'y en a pas. Non, le premier...
Le Président (M. Allaire) : ...on
va suspendre les travaux quelques instants. Je m'excuse un petit peu. Ce ne
sera pas long. Merci.
(Suspension de la séance à 18 h 13)
(Reprise à 18 h 17)
Le Président (M. Allaire) : Alors,
nous allons reprendre les travaux. On s'en va à l'article 16, M. le
ministre, qui a introduit cinq nouvels articles. On commence par le 97.
La parole est à vous. Lecture et
commentaires.
M. Boulet : Merci. Cette loi
est modifiée par l'insertion, après l'article 96, des suivants :
«97. Les statuts d'un syndicat
professionnel représentant des salariés de la construction, de même que tout
contrat constitutif d'un groupement de salariés de la construction non constitué
en personne morale, et leurs modifications doivent être présentés aux membres,
lors d'une assemblée, et être approuvés par la majorité des membres qui
exercent leur droit de vote.
Ces statuts ou ce contrat constitutif
doivent être révisés et, le cas échéant, modifiés conformément au premier
alinéa aux intervalles qui y sont prévus, lesquels ne doivent pas dépasser une
période de cinq ans.
Malgré le premier alinéa, des
modifications aux statuts ou au contrat constitutif peuvent être apportées pour
se conformer aux obligations prévues au deuxième alinéa de l'article 96 de
même que pour corriger des erreurs de forme, de rédaction, de calcul ou
d'écriture.»
Donc, c'est les mêmes articles, là, à
R-20, 97 à 97.4.
Le Président (M. Allaire) : Merci,
M. le ministre. Des interventions sur cet nouvel article introduit à 97? Pas...
Oui. Mme la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Oui. Bien, je
veux juste mentionner que c'était demandé, là, par des syndicats. Ça avait été
demandé, donc, dans des mémoires, là.
M. Boulet : En fait, c'est
des articles miroir à la loi R-20, parce que le projet de loi trois
modifie le Code du travail et la Loi sur les relations de travail dans
l'industrie de la construction. Donc, c'est la même affaire que ce qu'on vient
d'adopter, mais adapté à la loi R-20.
Mme Dufour : ...c'est bon.
Le Président (M. Allaire) : Ça
va?
Mme Dufour : Merci.
Le Président (M. Allaire) :
D'autres interventions?
M. Leduc : ...97, là?
Le Président (M. Allaire) :
Exact.
M. Boulet : Oui.
M. Leduc : Ça fait que le...
Pour modifier le «24 à 12 h», ça va être à 97.2?
M. Boulet : Oui, exact.
M. Leduc : C'est beau.
Parfait
Le Président (M. Allaire) : Ça
va? Donc on passe à 97.1. M. le ministre, je crois, vous avez un amendement.
M. Boulet : Oui.
Le Président (M. Allaire) : Allez-y.
M. Boulet : «Le gouvernement
détermine par règlement les renseignements visés aux paragraphes e, f et i du
premier alinéa de l'article 96. En l'absence de renseignements visés à
l'un de ces paragraphes dans les statuts d'un syndicat professionnel
représentant des salariés de la construction ou d'un contrat constitutif d'un
groupement de salariés de la construction non constitué en personne morale, ce
règlement s'applique au regard des renseignements manquants.
L'amendement. On retire
l'article 97.1 de la Loi sur les relations de travail et la formation
professionnelle et la gestion de la main-d'œuvre dans l'industrie de la
construction proposé par l'article 16 du projet de loi. Donc, c'est
exactement de même nature que celui déposé précédemment à l'article trois.
C'est tout.
Le Président (M. Allaire) :
Parfait. Des interventions sur cet amendement? Pas d'intervention. Nous allons
procéder à sa mise aux voix. Est-ce que l'amendement est adopté?
• (18 h 20) •
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Allaire) :
Adopté. Parfait. On enchaîne, M. le ministre. 97.2.
M. Boulet : «Un syndicat
professionnel représentant des salariés de la construction, de même qu'un
groupement de salariés de la construction non constitué en personne morale doit
permettre le vote au scrutin secret pour l'élection des personnes qui occupent
une fonction de direction, la grève, l'acceptation ou le rejet d'un projet de
convention collective ainsi que pour la cotisation syndicale principale puisse
s'exercer sur une période d'au moins 24 heures.»
Puis là, l'amendement, il est déposé.
Le Président (M. Allaire) :
Oui. Ce ne sera pas long, on va l'afficher.
M. Boulet : En fait,
l'amendement, c'est équivalent à 20.3.2, là.
Le Président (M. Allaire) : Ce
ne sera pas long. Je veux quand même qu'on prenne le temps...
M. Boulet : ...oui, je peux le
lire s'il n'apparaît pas, là. Remplacer, dans l'article 97.2 de la Loi sur
les relations de travail, la formation professionnelle et la gestion de la
main-d'œuvre dans l'industrie de la construction, proposé, par l'article 16
du projet de loi, «24 heures» par «12 heures». C'est tout.
Une voix : ...
Le Président (M. Allaire) :
Oui, peut-être remontez un petit peu, s'il vous plaît.
M. Boulet : Oui. «24 heures»
par «12 heures».
Le Président (M. Allaire) :
Parfait. Merci.
M. Boulet : Merci, M. le
Président.
Le Président (M. Allaire) :
Merci à vous. Des interventions sur cet amendement? Il n'y a pas
d'intervention. Nous allons procéder à sa mise aux voix. Est-ce que
l'amendement est adopté? Adopté. Parfait. Alors, on poursuit, M. le ministre.
97.3.
M. Boulet : Oui. Merci. «Le
montant de la cotisation syndicale principale ne peut être établi ou modifié
qu'après avoir été autorisé au scrutin secret par un vote majoritaire des
membres qui exercent leur droit de vote.»
C'est tout. Merci.
Le Président (M. Allaire) :
Des interventions sur 97.3? Pas d'intervention. On poursuit, M. le ministre.
97.4.
M. Boulet : 97.4 :
«L'avis de convocation d'une assemblée doit indiquer la date, l'heure et le
lieu où elle est tenue. L'avis doit également indiquer l'ordre du jour et être
transmis à chacun des membres.» Ça complète, M. le Président.
Le Président (M. Allaire) :
Des interventions? Parfait, s'il n'y a pas d'intervention, on revient donc à
l'article 16 dans sa globalité. Des interventions? S'il n'y a pas des
interventions, on va procéder à sa mise aux voix. Est-ce que l'article 16,
tel qu'amendé, est adopté?
Des voix : Adopté.
Des voix : ...
Le Président (M. Allaire) : Par
appel nominal. Mme la secrétaire.
La Secrétaire
: Pour,
contre, abstention. M. Boulet (Trois-Rivières)?
M. Boulet : Pour.
La Secrétaire
: Mme Mallette
(Huntingdon)? Pardon, Mme Jeannotte (Labelle)?
Mme Jeannotte : Pour.
La Secrétaire
: Mme Hébert
(Saint-François)?
Mme
Hébert
:
Pour.
La Secrétaire
:
Mme Dorismond (Marie-Victorin)?
Mme Dorismond : Pour.
La Secrétaire
: Mme Dufour
(Mille-Îles)?
Mme Dufour : Abstention.
La Secrétaire
: M. Leduc
(Hochelaga-Maisonneuve)?
M. Leduc : Contre.
La Secrétaire
: Et M. Allaire
(Maskinongé)?
Le Président (M. Allaire) :
Abstention. L'article 16, tel qu'amendé, est donc adopté. M. le ministre,
l'article 18.
M. Boulet : Oui. Merci. L'article 29
de la Loi sur les syndicats professionnels est modifié par l'insertion, après
«malgré toute disposition législative à l'effet contraire » de « à
l'exception des dispositions du Code du travail et de la Loi sur les relations
du travail, de la formation professionnelle et la gestion de la main-d'œuvre
dans l'industrie de la construction. »
Commentaires. Bon, l'article 18
modifie l'article 29 de la loi sur les syndicats professionnels afin
d'introduire une exception à la règle prévue à cet article, tant pour le code
que pour la loi R-20. Donc, c'est en cohésion, là, avec les articles trois
et 16 du projet de loi qui prévoient l'obligation pour les associations de
présenter leurs statuts et leurs modifications, ainsi que de les faire approuver
par leurs membres en assemblée. C'est tout.
Le Président (M. Allaire) :
Merci. Des interventions sur 18? M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Elle est moins
connue, cette loi sur les relations de travail et la formation professionnelle
et la gestion de la main-d'œuvre de la construction, R-20. Là, on joue dans la
loi sur les syndicats professionnels, excusez, c'est ça que je voulais dire,
elle est moins connue, la Loi sur les syndicats professionnels. C'est
comment... Comment ça se... Comment ça s'attache avec le Code du travail?
Des voix : ...
M. Leduc : Pouvez-vous... par
esprit pédagogique, là, qui est touché par le Code, par la R-20 puis par les...
La Loi sur les syndicats professionnels? C'est quoi, la différence entre les
trois?
M. Boulet : Bien, la Loi sur
les syndicats professionnels... Puis c'est une loi qu'on maîtrise un peu moins,
dont on parle très peu. On... On ne l'a jamais travaillée, nous, mais... Puis
là, sous réserve, là, vous pourrez me confirmer, mais la Fédération des
médecins spécialistes est régie par cette loi-là, la Fédération des médecins
omnipraticiens, l'Union des producteurs agricoles, puis c'est toute association
qui souhaite se constituer en vertu de cette loi-là. C'est une loi d'incorporation
qui vise notamment les associations accréditées. Bien, c'est une loi à adhésion
volontaire.
M. Leduc : Il y a combien
d'associations couvertes par la loi sur les...
M. Boulet : ...
Des voix : ...
M. Boulet : C'est assez
diversifié, collègue.
M. Leduc : Donc, tout ce qui
défend des conditions de travail, mais qui n'est pas accrédité au sens du
code...
M. Boulet : Exact.
M. Leduc : ...ou de la loi
R-20.
Des voix : ...
M. Boulet : ...accrédité en
vertu du Code du travail par la suite. Mais il s'incorpore d'abord.
M. Leduc : Ça peut être les
deux.
M. Boulet : Oui.
M. Leduc : Puis, une fois
qu'on est accrédité, on demeure incorporé par la Loi sur les syndicats
professionnels. Ce n'est pas un choix de l'un ou l'autre, ça peut être les
deux.
M. Boulet : Donc, ça crée une
personnalité morale, en vertu de la Loi sur les syndicats professionnels, puis
c'est un peu comme la Loi sur les compagnies du Québec ou la Loi sur les
sociétés par actions, là.
M. Leduc : Mais on peut être
aussi juste accrédité par le code, puis n'avoir aucune relation avec la Loi sur
les syndicats professionnels.
M. Boulet : Absolument.
M. Leduc : Et vice versa.
M. Boulet : Exact.
M. Leduc : Comme les...
l'UPA, par exemple.
M. Boulet : L'UPA. Puis les
médecins. C'est les cas classiques.
M. Leduc : Oui, les plus
connus.
M. Boulet : Moi, c'est ceux
que je connais le plus, là.
M. Leduc : Puis là l'article
vient dire qu'eux aussi devront faire la même chose, des statuts ou règlements
approuvés par les membres, c'est ça, en assemblée? Qu'est-ce que ça fait, donc,
l'article 18, ici, là?
M. Boulet : Donc, c'est ceux
qu'on vise dans le code et dans la R-20, qui sont aussi... en vertu de la Loi
sur les syndicats professionnels, bien, ils vont être aussi obligés de le
faire.
M. Leduc : Ceux qui ont les
doubles statuts?
M. Boulet : En fait, dans...
Puis je la connais moins, là, cette loi, là, là. Ça fait que vas-y.
Le Président (M. Allaire) :
...oui, si vous voulez... souhaitez intervenir, je n'ai pas de problème, mais
j'ai besoin de votre consentement. Est-ce que j'ai le consentement pour
permettre à un membre de l'équipe d'intervenir?
Des voix : ...
Le Président (M. Allaire) :
Qui va intervenir? Battez-vous pas.
M. Leduc : Je vais être
gentil, je vais être gentil, M. le Président.
Des voix : ...
Le Président (M. Allaire) :
Bien, il n'y a pas de problème.
On va suspendre les travaux quelques
instants.
(Suspension de la séance à 18 h 28)
(Reprise à 18 h 30)
Le Président (M. Allaire) :
Alors, nous allons reprendre les travaux. Nous sommes toujours à l'article 18. Est-ce
qu'il y a d'autres interventions? Oui, Mme la députée des Mille-Îles.
Mme Dufour : Oui, M. le
Président. Moi, j'ai une question, pas sur la portion qui est modifiée pour...
mais une autre section de ce... de l'article 29, quand on dit que les
associations, syndicats, unions, etc. ne sont pas tenus, à compter du
23 juin 1987, de faire approuver leurs statuts et règlements. Ça,
c'est un article qui avait été adopté en 1987. Est-ce que c'est encore pertinent
de garder le «à compter de...
18 h 30 (version non révisée)
Mme Dufour : ...3 du 23 juin
1987.
M. Boulet : Bien, c'est des
modifications qui venaient retirer l'obligation d'approuver des statuts par un
inspecteur général des institutions financières. Mais là ce qu'on vient faire
avec l'article 18, on vient simplement... Non, on ne va pas y toucher, à
ça, on vient simplement créer une exception dans la Loi sur les syndicats
professionnels, qui vient dire : Si tu es couvert par le Code du travail
ou la loi R-20 et que tu as une incorporation en vertu de la loi sur les
syndicats professionnels, tu as les exigences d'approbation de tes statuts-règlements.
Ce qui veut dire, par exemple, pour l'UPA, ils ne sont pas ni couverts par le
Code du travail ni par la loi R-20, les fédérations des médecins spécialistes
et omnipraticiens, notre article 18 ne vient pas les affecter. C'est juste
une exception dans la loi sur les syndicats professionnels.
Mme Dufour : Mais ça reste
que je ne comprends pas le lien avec le «à compter du 23 juin 1987».
M. Boulet : Bien, c'est que...
ça, c'était des...
Mme Dufour : Si on l'enlevait
là, tu sais, complètement, qu'est-ce que ça aurait comme impact?
M. Boulet : Bien, ça veut
dire que... ça veut dire qu'eux autres ils n'ont pas d'obligation d'approbation
de leurs statuts-règlements, on réfère aux fédérations, à l'UPA, ils sont soumis
à leur droit de gestion, à leur règlement interne. Ici, ce qu'on vient dire, c'est
qu'il y en a qui sont incorporés en vertu de cette loi-là, sur les syndicats
professionnels, mais qui sont aussi accrédités en vertu du Code ou de la loi R-20.
C'est simplement ce qu'on vient dire. On ne vient pas jouer dans la loi sur les
syndicats professionnels, on n'y touche pas. Ça fait qu'on ne touche pas à ce
qui a été fait le 23 juin 1987.
Mme Dufour : OK, mais... Mais
ça reste que j'essaie de comprendre. Parce que quand je le lis, je me dis on
est rendus en 2026, ça dit qu'à partir du... «à compter du 23 juin 1987,
ils ne sont pas tenus de faire approuver leur statut-règlement».
M. Boulet : ...justificatif
pour amender. Puis on n'a pas revisé cette loi-là sur les syndicats
professionnels, ce n'est pas dans l'économie générale du projet de loi n° 3, là, ça fait qu'on n'a pas touché à ça.
Mme Dufour : OK, mais à ce
jour, je n'ai pas...
M. Boulet : Puis on n'y touchera
pas.
Mme Dufour : Oui, je
comprends qu'on n'y touchera pas, mais je suis toujours pas convaincu de
comprendre son importance que ce soit encore écrit ça, dans cet article-là.
M. Boulet : Oui, mais, il y
aura peut-être un jour quelqu'un qui fera une révision de la loi sur les
syndicats professionnels, mais ce n'est pas notre cas.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Est-ce qu'il y a d'autres interventions? S'il n'y a pas d'autre intervention,
nous allons procéder à la mise aux voix de l'article 18. Est-ce que l'article 18
est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Allaire) : Adopté.
Parfait.
M. Boulet : Et puis...
Le Président (M. Allaire) : M.
le député de Saint-Jérôme, vous souhaitez déposer un amendement. Donc, je vais
vous céder la parole, on va l'afficher à l'écran dans quelques secondes. Donc M.
le député de Saint-Jérôme, je vous cède la parole pour lecture et commentaires.
M. Chassin :Merci, M. le Président. Puis, là, évidemment, je me garde,
là, de dire que tout est beau dans l'amendement, j'imagine qu'il y aura de la
concordance ou des trucs comme ça, mais lisons-le d'abord.
Donc, article 3.1, par rapport à l'article 21
du Code du travail, après l'article 3, introduire un article 3.1 :
3.1 L'article 21 du Code du travail est modifié par le remplacement du
premier alinéa par le suivant : «a droit à l'accréditation, l'Association
de salariés qui obtient, à la suite du scrutin secret tenu en vertu du
paragraphe a de l'article 28 ou des articles 32 et 37, la majorité
absolue des voix des salariés de l'employeur qui ont droit de vote.»
Alors, c'est directement inspiré, M. le
Président, pour la gouverne de tous autour de la table, de mon projet de loi n° 993,
que j'ai déposé le 30 avril dernier. Et donc, puisqu'on parlait de
gouvernance et de démocratie des syndicats, je me suis dit : c'est le
moment ou jamais.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Juste pour vous dire que s'il est adapté, là, on fera la correction de forme
qui s'impose, là, on va la... dans le milieu, là, la deuxième ligne de l'article 28,
«art.», on va écrire «article» au complet.
M. Chassin :Ah! Oui, oui. Oui, bon point.
Le Président (M. Allaire) : On
pourra le faire, là, s'il est adopté. Donc, M. le ministre, est-ce que vous
avez des commentaires suite à l'amendement déposé? Vous n'avez pas entendu?
M. Boulet : Non, je n'ai pas
de commentaire. Oui, je connais l'essence de l'amendement.
M. Chassin :C'est ça, c'est le scrutin secret... essentiellement, là,
c'est le scrutin secret pour l'accréditation syndicale.
M. Boulet : En fait, ce que
vous dites, c'est qu'actuellement, a droit à l'accréditation, s'il est en haut
de 50 % d'adhésion, s'il est entre 35 % et 50 %, il y a la tenue
d'un vote au scrutin secret. Et là ce que vous dites, c'est a droit à l'accréditation,
l'association qui obtient, à la suite du scrutin secret, la majorité absolue
des voix des salariés de l'employeur...
M. Boulet : ...qui en droit de
vote.
M. Chassin :
Autrement dit, il y a deux mécanismes à l'heure actuelle et on remplace dans le
fond ce premier alinéa en enlevant un des deux mécanismes, qui est la vente de
cartes...
M. Boulet : Donc...
M. Chassin :
...pour plus de 50 %, on... on obtient un scrutin secret...
M. Boulet : Mais là vous
n'amendez pas... Vous n'amendez pas ce premier mécanisme là, là, c'est parce
que...
M. Chassin :
On l'enlève, on le retire. Donc, en remplaçant l'article...
M. Boulet : Ah! OK. Parce que
le premier alinéa, juste pour mon souvenir, ça dit : A droit à
l'accréditation, le syndicat, l'association qui a plus que 50 % de cartes
vendues.
M. Chassin :
Exact.
M. Boulet : OK. Là, vous
dites : Ça ne marchera plus...
M. Chassin :
Il n'y a qu'un seul processus. C'est ça.
M. Boulet : ...même si tu as
60 % des salariés membres de l'unité qui ont signé une carte d'adhésion,
ça ne donne pas droit à l'accréditation. Il faut passer par un vote au scrutin
secret.
M. Chassin :
On se doute du résultat du vote secret, mais on aura un scrutin...
M. Boulet : C'est sûr que je
comprends cet amendement-là. Est-ce que ça s'inscrit dans l'économie générale
de notre projet de loi trois, on pourrait en discuter longtemps, mais, à ce
stade-ci... je comprends ce que vous dites, là, puis je vais réserver mes commentaires,
je vais écouter mes collègues avant. Est-ce que vous aviez convenu de ça avec
le collègue d'Hochelaga-Maisonneuve?
M. Chassin :
Bien, on s'aime beaucoup, puis on s'est dit : On va discuter devant le
ministre jusqu'à ce que le ministre ait une position claire.
M. Boulet : Ah! bien, je vais
écouter votre discussion.
Le Président (M. Allaire) :
Merci, M. le député de Saint-Jérôme. Merci, M. le ministre.
M. Boulet : Puis n'oubliez pas
notre collègue des Mille-Îles, elle peut avoir une excellente opinion.
M. Chassin :
Absolument. Absolument.
Des voix : ...
Le Président (M. Allaire) :
Est-ce qu'il y a justement d'autres interventions sur l'amendement déposé par
le député de Saint-Jérôme? Pas d'autres interventions? Ah oui? OK, M. le
député. J'étais surpris.
M. Leduc : M. le Président...
Le Président (M. Allaire) : M.
le député d'Hochelaga-Maisonneuve, allez-y.
M. Leduc : M. le Président,
bien sûr que je vais réagir à ça. Blague à part, j'ai été conseiller syndical,
un total de quoi? Sept ans, huit ans avant de devenir député. J'ai été un
militant syndical qui a accrédité aussi un syndicat, au Musée Stewart, où je
travaillais. J'ai été un militant syndical à l'Université du Québec à Montréal
où on a créé d'autres accréditations aussi. Dans mes années où j'étais
conseiller syndical, j'ai fait différents trucs. Avant d'être élu, j'étais
conseiller à la recherche. Je venais ici d'ailleurs avec le président de la FTQ
pour des mémoires, des présentations. J'ai aussi été conseiller syndical plus
classique, les griefs et les négos, etc. Mais pendant à peu près trois ans,
j'ai été recruteur syndical, donc j'étais à temps plein dans des campagnes de
recrutement syndical où on allait soit sur les milieux de travail ou à
domicile, quand c'était possible, pour aller cogner chez les gens, dire :
bonjour, il y a une campagne pour créer un syndicat dans un environnement de
travail X ou Y, voici une carte d'adhésion syndicale. Nom, prénom, machin,
machin. Il faut payer 2 $, hein, c'est une drôle d'affaire qui reste dans
la loi depuis les années, je pense... je pense, c'est Duplessis qui avait mis
ça... je m'étais déjà fait expliquer ça. Bref, ça symbolise que ce n'est pas
juste une signature, qu'on adhère en fournissant un 2 $. D'ailleurs, c'est
compliqué à cette heure, le monde a moins de change qu'à l'époque, mais c'est
encore dans la loi. Blague à part, maintenant on peut le faire
électroniquement, le 2 $, c'est un petit changement qui a eu lieu il y a
une couple d'années.
Mais bref, la raison pour laquelle ça
existe, l'accréditation par carte et que ce n'est pas jugé pertinent, à mon
avis, d'y aller vers un vote obligatoire, c'est deux choses. La première, une
accréditation par carte, c'est absolument légitime. Quand vous dites qu'on veut
avoir une majorité absolue de voix qui se sont prononcées, si je récolte
55 % de cartes, j'ai une majorité absolue de gens qui se sont prononcés
pour le syndicat. Ils se sont prononcés, ils ont signé puis ils ont donné un
2 $. Ils se sont prononcés. C'est comme une espèce de contrat moral que
vous dites : Oui, j'adhère au syndicat, je veux qu'il existe. Si vous
signez une carte, vous n'allez pas voter non après, logiquement.
• (18 h 40) •
Puis l'autre chose aussi, c'est que vous,
je pense, sous-estimez grandement l'ingérence de l'employeur. C'est prévu dans
le code que l'employeur n'a pas le droit de s'ingérer dans un... dans un
syndicat de manière générale, mais encore moins dans un processus d'accréditation
syndicale. Puis, pour en avoir fait beaucoup, des accréditations, ce n'est pas
si rare que ça qu'un employeur s'ingère dans une accréditation, soit en faisant
des meetings illégaux, soit en essayant de falsifier la liste des membres.
Parce que, lorsque vous faites une requête d'accréditation, comment ça
fonctionne, vous, vous avez à peu près une idée d'il y a combien de salariés
dans un endroit. Là, vous faites une requête d'accréditation, mais, dans
l'absolu, vous le... c'est rare que vous le savez exactement. Là, il se passe
toujours une espèce de phase de débat qui a lieu devant, d'ailleurs, le TAT,
pour s'entendre sur la liste. Donc, si on veut savoir c'est quoi, 50 %, il
faut savoir dans quel environnement on joue. C'est quoi, la tarte complète pour
savoir si on a la bonne portion? Bien là, il y a toujours une tentative de
l'employeur de booster en bon français la liste, parce que plus la liste est
grosse, plus vous allez avoir de la misère à avoir votre 50 %. Alors, vous
retrouvez quasi systématiquement des gens qui ne sont plus là depuis 15, 20 ans
à l'entreprise, des fois des gens décédés, des gens de la famille du boss. Moi,
j'ai tout vu, là. Puis je ne vous dis pas que ça arrive tout le temps, mais ça
arrive. Puis parce que l'employeur peut jouer dur...
M. Leduc : ...peut menacer,
informellement, à la cafétéria. Pas obligé de faire un courriel, hein, pour
dire : Je viole le Code du travail en vous convoquant à une assemblée
patronale. Ça peut être beaucoup plus subtil que ça, parce qu'il y a beaucoup
d'intimidation et de patrons qui jouent... et que c'est extrêmement difficile à
prouver. C'est pour ça qu'un processus d'accréditation par carte existe et
fonctionne bien.
J'ai aussi vécu plusieurs fois où on avait
de la misère à rejoindre physiquement la majorité des gens, et ils ont déposé
une requête, puis c'est pour ça que, comme le ministre l'expliquait, l'autre
procédure, si vous déposez entre 35 % et 50 % de cartes, on juge
qu'il y a suffisamment de gens intéressés par le processus pour là, faire un
vote. Puis là, encore une fois, il y a différentes modalités. Ça peut être un
vote postal si c'est une entreprise ou un service public très décentralisé,
avec des employés partout, qui ont des chiffres différents. Ça se peut que ce
soit un vote postal, ça, j'ai déjà vu ça. Ça peut être un vote en personne,
puis, ça aussi, j'ai vu ça. On installe le bureau de vote à côté du bureau des
ressources humaines, le message est très clair.
Donc, de dire qu'on va basculer vers un
vote à scrutin secret systématique, l'effet garanti, c'est moins
d'accréditations syndicales au Québec. C'est... l'effet garanti, c'est de
laisser libre cours à une... à une malheureuse intimidation patronale, qui
existe. Je ne suis pas en train de dire qu'ils le font tous, bien au contraire.
Il y a beaucoup d'accréditations que j'ai vécues qui se sont passées très bien.
Mais quand il y a un vote, quand on a déposé... puis qu'on avait entre 35 %
et 50 %, puis qu'il y avait un vote, systématiquement, c'était dur,
systématiquement on entendait des histoires, puis c'est très difficile à
prouver. C'est déjà tellement difficile à prouver, des scabs, alors que la loi
est extrêmement claire.
Vous avez vu, là, il y a un article, cette
semaine, sur les scabs à Renaud-Bray, là, à Québec, ici, là, 7 000 $
d'amende pour des scabs. Vous imaginez ce que ça représente sur le chiffre
d'affaires de Renaud-Bray, 7 000 $ d'amende? C'est une joke, tu sais.
Puis c'est superlong, puis c'est superdifficile à démontrer. Ça fait qu'imaginez
le travail monumental que ça nécessiterait pour montrer qu'il y a eu de
l'intimidation puis des menaces de l'employeur dans un vote d'accréditation
syndicale. Puis là vous voulez le rendre systématique. Ça ne peut que faire
reculer les droits des travailleurs au Québec. Et, je le réitère, moi, si vous
signez une carte, vous avez adhéré, vous avez voté, c'est la même chose. Ça
fait que, si on a 55 % de gens qui ont signé une carte, on a la majorité
absolue des voix des salariés.
Le Président (M. Allaire) :
...merci, M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve. M. le député de Saint-Jérôme.
M. Chassin :Donc, pour continuer la discussion... Puis je pense que
c'est... c'est quand même intéressant de rappeler aussi que... On en a entendu
parler, puis, je comprends, hein, ce n'est pas tous... Il y a des campagnes où
ça se passe bien, mais ça arrive parfois, peut-être, qu'il y a de
l'intimidation patronale. Je pense qu'on va tous reconnaître que ça arrive
aussi parfois, qu'il y a de l'intimidation syndicale. Puis pas parce que les
syndicats sont méchants. Là, je veux dire, il y a des gens qui sont bons et
moins bons un peu dans tous les milieux, je pense qu'on peut en convenir. Et
quand on est, surtout ici, élus au scrutin secret, avec une procédure
démocratique pour assurer qu'en notre âme et conscience, à l'abri de toute
pression, et de toute pression, donc syndicale et patronale, dans un isoloir on
puisse dire : Oui, j'ai adhéré au syndicat, oui, je veux qu'il
s'accrédite, on ne m'a pas vendu cette carte-là sous pression, hein, bien, il
me semble qu'il n'y a pas de méthode plus démocratique que celle-là, surtout...
Puis soyons clairs, là, dans une procédure
d'accréditation, quelqu'un qui a acheté sa carte au début puis qui se
dit : Oui, finalement, ah! je suis un peu mal à l'aise, là, deux semaines
plus tard, ça jase, puis tout ça, puis... non, c'est vraiment... ce n'est pas
pour moi, tu sais, bien, je me dis : Cette personne-là n'aura plus la
possibilité de se prononcer, sauf de renvoyer sa carte puis de demander de ne
pas être considéré comme étant adhérente. Là, c'est une procédure, là,
complexe. Bien là, je me dis : Non, vraiment, il y a une procédure simple,
il y a une procédure, en fait, non seulement simple, mais une procédure simple
qui existe dans d'autres provinces canadiennes, qui est logique, puis qui, à
mon avis, permet, justement, la... bien, en fait, de mettre à l'abri de toutes
les pressions et de... des pressions de n'importe quelle partie les salariés
qui sont appelés à se prononcer.
Moi, il me semble que, malheureusement, si
l'effet est de diminuer le taux d'adhésion ou le taux de syndicalisation...
M. Chassin :...ce n'est pas tant de diminuer les droits des
travailleurs, c'est plutôt de reconnaître qu'il y a peut-être, à l'heure
actuelle, des accréditations qui, malheureusement, se passent de cette
méthode... en fait, se passe par la méthode de cartes, puis qui ne sont pas
réellement désirées. Moi, je... en fait, au contraire, je me dis, là, si on a
au scrutin secret une réponse qui est claire puis qui est légitime, puis qui
est démocratique, on va le savoir, tout le monde va être content, parce que la
légitimité de l'accréditation, elle est absolument sans faille. Tout le monde
s'étant prononcé par un moyen qui est particulièrement démocratique. Moi, je
pense que c'est ça qui est la meilleure explication de l'amendement que je
dépose. Évidemment, tu sais, quand en 2014, la CAQ avait cette position-là,
c'était aussi pour rappeler que, bien, on est l'anomalie en Amérique du Nord
pour plein d'aspects, mais notamment là-dessus, parce que ce n'est pas pour
rien qu'il y a plus l'accréditation syndicale probablement, mais je pense qu'il
y a une explication aussi parce qu'on a un secteur public syndiqué plus
nombreux, mais il y a aussi, dans le secteur privé, davantage d'accréditation,
puis c'est tout à fait juste, moi, je n'ai aucun problème, en autant que ce
soit réellement voulu. Puis c'est ça que l'amendement garantit.
Le Président (M. Allaire) : Ça
va? M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Bien en tout temps,
même après une création d'un syndicat, ce n'est pas un contrat à vie, là. La
personne peut renoncer à sa carte de membre puis peut aller faire campagne
auprès de ses collègues pour dire : Renoncez tous à votre carte de membre,
puis procéder à une décertification. Ça arrive. Ça arrive, ça, au Québec, des
décertifications. Souvent, c'est parce que le syndicat a mal fait sa job ou
que... toutes sortes de raisons, il n'y a plus d'intérêt à avoir ce
processus-là. Ça fait que de dire que, là, on a signé une carte puis qu'on
s'est fait embarquer dans quelque chose qui a peut-être été contre notre gré,
voyons. Au pire dé-signe ta carte après l'accréditation puis demande à tes
chums de faire la même chose, puis décertifier le syndicat. C'est bien correct,
c'est une procédure qui est parfaitement encadrée dans le droit du travail.
Quand vous dites une procédure de vote
obligatoire, ça va mettre à l'abri de toutes les pressions, je vous expliquais
précisément l'inverse à l'instant. Ça va faire libre court aux campagnes de
peur. Les campagnes de peur des patrons pour ne pas que la création d'un
syndicat. C'est ça qui... C'est ça qui est le principal défi. Quand vous allez
cogner aux portes des gens, puis j'en ai cogné à des portes, j'en ai cogné à
des portes, les gens, ils veulent... ils veulent plus... ils veulent plus de
conditions de travail, ils veulent des meilleurs salaires, ils veulent des
assurances, ils veulent un fonds de pension, mais ils ont peur que le que le
boss sache qu'ils ont signé une carte. C'est pour ça qu'on fait ça
discrètement. C'est pour ça qu'on y va, tu sais... souvent, si on est capable
d'aller chez eux, on va chez eux. Comme ça, c'est à l'abri des regards, c'est
confidentiel. Le boss, il ne le sait pas d'ailleurs qui a signé. Une maudite
chance. Des fois, ils réclament ça les patrons : Moi, je veux avoir la
liste des gens — tu sais, quand on dépose l'accréditation — je
veux savoir qui a signé. Bien, tu es-tu malade? Voyons donc, après ça, les
conséquences pour les personnes qui ont signé. Ça fait que nécessairement il
faut... parce que c'est la nature même du rapport de force entre l'employeur
puis l'employé, puis que le patron ne souhaite pas la création d'un syndicat et
que forcément tendance est... et l'histoire nous le démontre à plusieurs
reprises, qu'il peut y avoir tentation de faire des campagnes de peur, si on
veut mettre à l'abri les salariés de l'intimidation, ce n'est pour ça qu'il
faut faire pantoute, c'est, au contraire, il faut maintenir le système actuel.
Puis vous faites référence à l'exception
de l'Amérique du Nord, j'espère. Regardez ce qui s'est passé dans les
législatures où est-ce qu'ils ont adopté la... le vote obligatoire. Il y a une
chute d'accréditation, une chute du pourcentage de syndicats. Souhaitez ça,
c'est souhaiter moins de syndicats, là, objectivement. C'est le résultat
objectif qui va arriver. Objectif. Vous regardez partout les législatures qui
ont adopté ça dans les dernières années, automatiquement, il y a une baisse
assez rapide du pourcentage de couverture syndicale. Puis qu'est-ce qui vient
après ça? Bien, une des plus grandes inégalités sociales, des plus grandes
inégalités de revenus. Qu'est-ce qui fait qu'au Québec, on est une des sociétés
les moins inégalitaires en Amérique du Nord? C'est plein de raisons, mais c'est
notamment parce qu'on a un haut taux de syndicalisation à la fois dans le
secteur privé et public. Ça fait une meilleure répartition de la richesse.
• (18 h 50) •
M. Chassin :Ce n'est pas l'impôt? Pour vous, ça ne serait pas
l'impôt...
M. Leduc : C'est l'autre...
C'est deux aspects. On partage la richesse ou est-ce qu'elle se crée : au
travail. Puis après ça, on a des gouvernements qui essaient d'avoir des
politiques publiques qui par... qui bénéficient au plus grand nombre. Est-ce
que c'est ce que vous souhaitez? Moins de syndicats au Québec?
M. Chassin :Je veux des syndicats qui sont légitimes. Et ça... Parce
que, moi, je trouve que c'est une question pertinente. Est-ce que je veux moins
de syndicats? Non.
M. Leduc : C'est l'effet
immédiat. Automatique
M. Chassin :Non, moi, ce que je souhaite, c'est que tous les syndicats
qui sont accrédités soient légitimes. Puis, autrement dit, c'est ça aussi, là,
c'est que s'il y a une campagne de peur, disons, de l'employeur, il ne le saura
pas non plus qui a voté quoi dans le secret de l'isoloir. Nous-mêmes, là, on a
des listes électorales comme députés et on ne sait pas qui a voté quel député,
quel candidat...
M. Chassin :
...en fait, on sait probablement s'il a voté ou non. Ce n'est pas mal tout.
Après ça, est-ce que son vote a été rejeté? Moi, je n'ai aucune idée. Puis
c'est bien correct, là. Alors, rappelons une chose, parce que je pense que moi,
je suis capable de reconnaître qu'il y a des employeurs qui en font, des
campagnes de peur. Puis je serais curieux de vous entendre reconnaître que,
oui, il y a les syndicats qui, malheureusement, vendent peut-être du rêve et
des régimes de retraite et des avantages sociaux, là où on sait très bien, ça
n'arrivera pas. Puis ils s'en rendent compte, puis là, bien là, attend, je
vais-tu me lancer dans une procédure de désigner ma carte puis de dire à mes
collègues : Oui, peut-être que non. Tu sais, ça se peut qu'il y ait ce
type de manipulation syndicale. Est-ce que je veux moins de syndicats? Un taux
plus bas? Non. Je veux que ce soit légitime. Je veux qu'on puisse se prononcer
démocratiquement. Puis je pense que c'est en fait particulier de ne pas vouloir
qu'on... qu'on puisse se prononcer en son âme et conscience à un moment précis,
quand nous tous, on a été élus par ce même processus démocratique, dans
l'isoloir, en notre âme et conscience. Je ne vois pas comment on peut s'opposer
à ça.
Le Président (M. Allaire) : Merci,
M. le député de Saint-Jérôme. Ça va? M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Vous connaissez
sûrement, M. le député, le phénomène des firmes d'union busting en Amérique du
Nord, aux États-Unis en particulier, c'est une industrie florissante,
d'ailleurs, aux États-Unis, dans certaines provinces du Canada anglais aussi.
Heureusement, au Québec, on n'a presque pas ça. Puis, quand on en a une, elle
vient souvent des États-Unis. On l'a vécu récemment à Amazon, quand la CSN à essayer
de syndiquer Amazon, il y a eu des firmes d'«union busting» qui sont venues des
États-Unis pour organiser... la campagne antisyndicale. Donc, ça, c'est des
avocats, formateurs, conseillers légaux, etc., qui sont spécialisés dans les
campagnes antisyndicales, pour faire en sorte — «union bust», le nom
le dit — que la campagne échoue. Ça fait que ce n'est pas neutre, le
patron, dans cette affaire-là. Il investit des énormes sommes pour monter des
campagnes de peur. Il y a... Internet est rempli de petits vidéos des Walmart
de ce monde, qui ont des petites présentations, des fois, ça date des années
90, c'est toujours un peu rigolo à regarder, mais qui explique : Mais non,
le syndicat va juste prendre votre argent, vous n'en reverrez jamais la couleur.
Puis, je veux dire, vous connaissez la
chanson, ils n'en veulent pas, de syndicat, puis ils mettent des gros bidous.
Ce faisant, ils ne respectent pas la loi qui n'est pas... qui est supposée de
n'avoir pas d'ingérence syndicale. Mais c'est difficile à démontrer, c'est
difficile à démontrer. Quand vous dites tantôt : Je veux maintenir
l'endroit le plus exempt d'intimidation puis de menaces, moi, j'en ai signé
pendant trois ans, des cartes syndicales. Je n'ai jamais intimidé personne. Je
n'ai jamais vu un de mes collègues... On était une équipe, là, à la l'AFPC,
puis il y en... plus tard. Mon frère, c'est son travail, mon frère, il est à
temps plein, recruteur syndical. Dans mon équipe électorale dans Hochelaga-Maisonneuve,
j'ai des amis qui sont des recruteurs syndicaux, des très bonnes personnes. Ce
n'est pas des intimidateurs, ça. Bien, je suis en train de vous dire que ce
n'est jamais arrivé dans toute la vie... mais non, évidemment, je ne dirai pas
ça. Est-ce que je dirais que c'est un fléau? Non, je ne dirais certainement pas
que c'est un fléau, l'intimidation syndicale pour créer des accréditations.
Moi, j'ai déjà travaillé, comme recteur
syndical, à créer une accréditation dans un... dans une université pour des
chercheurs. J'avais eu 80 %, quand j'ai déposé, j'avais eu 80 % de
cartes signées. Pourquoi c'est faire qu'on ferait un référendum, si j'ai
80 % des cartes signées? C'est juste de la perte de temps. J'ai 80 %
des cartes signées, il y a des gens qui ont adhéré, là, qui ont ont payé leur
2 $, ils ont dit : Oui, oui, vas-y, crée-le, le syndicat, au plus
vite. Pourquoi faire, là, j'aurais besoin, en plus, de faire un référendum,
juste laisser le temps...
M. Chassin :
Puis pourquoi... du résultat?
M. Leduc : Bien, tu l'as, le
résultat, tu as 80 cartes, 80 % de cartes.
M. Chassin :
S'il le confirme en scrutin secret, pourquoi pas?
M. Leduc : ...voté deux fois,
donc, qu'est-ce que ça génère? Ça génère du temps à l'employeur de s'organiser,
embaucher une firme d'«union bust», jouer avec la liste, faire une campagne de
peur et espérer faire dérailler la campagne. C'est pour ça que...
M. Chassin :À l'université, ce serait spécial.
M. Leduc : ...le plus... le
plus souvent possible qu'on peut, on essaie de faire toujours un dépôt avec
55 % de cartes pour s'éviter le référendum, parce qu'il laisse le temps à
l'employeur de s'organiser pour faire une campagne de peur.
M. Chassin :
Là, je vais confirmer tout de suite, là, que je ne connais pas ça, l'«union
busting», particulièrement. J'imagine, en fait, que ce n'est probablement pas
nécessairement comme ça qu'ils se décrivent, là, c'est peut-être conseil en
relation de... bref, peu importe. Mais je peux vous confirmer, puis je l'ai un
peu entendu, M. le Président, dans les paroles, de dire : Je ne peux pas
confirmer que ça ne s'est jamais produit. Mais c'est ça, c'est que ça se
produit, puis, tu sais, moi, j'ai été marqué, alors, j'étais...
M. Chassin :...jeune adulte, là, quand j'ai regardé... en reportage, de
mémoire, c'était de Radio-Canada, mais un reportage sur la syndicalisation du
Walmart à Jonquière, puis où il y avait, dans le fond, dans le reportage, un
arbitre du tribunal qui... qui est interrogé, puis là, on lui demandait : Oui,
mais est-ce que les signataires de cartes d'adhésion est ce que vous validez
s'ils voulaient vraiment adhérer au syndicat?
Une voix : Oui, ils le font.
M. Chassin :
Puis : Oui, oui, tout à fait. Puis là, dans le reportage, on lui
demande : Bien, écoutez, je vous présente quelques cas, puis là, il
présentait quelques cas, puis c'était des cas, en fait, où il avait interrogé
des gens, puis généralement, je vous le dis d'une façon très transparente, là,
parce qu'après ça, on peut remettre ça en question aussi, mais à visage,
couvert, on va dire. Mais donc, c'était, là, des gens qui parlaient, mais on...
à contre-jour, donc on ne voyait que leur ombre. Puis il y avait une dame qui
disait : Écoutez, moi, je m'excuse, là, mais je trouve ça invraisemblable
parce que les délégués syndicaux sont venus chez nous à 4 h de l'après-midi
puis j'ai refusé d'acheter ma carte. Puis ils sont revenus à 7 h pendant notre
souper. Puis je leur ai dit : Bien, voyons donc, vous êtes les mêmes, là,
vous ne pouvez pas dire... Je vous ai dit non. Puis ils sont revenus à 11 h,
quand les enfants dormaient, puis ça a réveillé la petite, puis elle avait
peur. Puis je l'ai signée, la crisse de carte. C'est ça, l'histoire, tu sais,
puis c'est un exemple, mais autrement dit, après ça, il y a l'arbitre qui
dit : Bien, écoutez... toujours un peu, tu sais, les exceptions, mais,
bon, généralement, tu sais. Puis... puis c'est aussi ça, aussi, tu sais, c'est
comme, à la limite, l'arbitre, on le voyait qu'il en laissait passer peut-être
plus qu'il aurait dû. Après ça, tous les arbitres, hein, c'est comme... c'est
comme toute la règle de partout, mais il y a peut-être des arbitres qui sont
particulièrement rigoureux, il y en a peut-être qui sont moins rigoureux, moi,
je ne veux pas me prononcer là-dessus, mais je veux dire que ce phénomène-là,
ça existe, puis on peut le contrer facilement. C'est... c'est tout simple,
après ça, est-ce que c'est des délais? Moi... moi, ça, là-dessus, on peut
s'entendre facilement, de s'assurer que les délais soient rapides. Aucun
problème. Puis il y a une question fondamentale qui, à la fin, il y a quand
même deux parties. Est-ce qu'on veut organiser que si un employeur, sans trop
le dire, là, dans son... je ne sais pas moi, dans sa cafétéria, il affiche des
affaires comme des messages antisyndicaux, etc., parce qu'on a vu ça aussi,
est-ce que les gens qui sont là, par exemple, pour les démarcheurs, voir les
gens, les employés qui ont vraiment, tu sais, qui sont en faveur du syndicat
puissent répliquer, tu sais, est-ce qu'on peut penser à quelque chose comme un
débat normé? C'est ça, nos élections, aussi. Mais à la fin, pour moi, ce qui
est essentiel, c'est de pouvoir se prononcer en son âme et conscience, à l'abri
de toute pression, dans un isoloir. C'est tellement simple comme principe.
Le Président (M. Allaire) : Merci,
M. le député de Saint-Jérôme. D'autres interventions? M. le député
d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Je rappelle que
60 % des élus municipaux sont élus par acclamation. Il n'y en a pas, de
vote. On ne peut même pas voter...
M. Chassin :Mais justement, c'est le problème. C'est un problème.
M. Leduc : Bien, là, je veux
dire, ça fait que là, la grande démocratie comparative, elle a des limites, là.
Puis là, vous dites, là, il faut absolument vérifier tous les votes, toutes les
cartes signées, mais il y a des vérifications qui sont faites, c'est des
vérifications aléatoires. Vous me citez un cas anecdotique, là, qui, s'il est
véritable, ce n'est pas... ce n'est pas correct, là, d'aller cogner trois fois
dans la même soirée. Moi, je n'ai jamais fait ça. Les gens qui sont des
recruteurs syndicaux, au Québec, là, c'est des professionnels, là. C'est des
gens qui ont... qui... c'est leur salaire, c'est leur vie, c'est leur job. Ce
n'est pas des intimidateurs, là, c'est...
• (19 heures) •
M. Chassin :Pas tous, certains.
M. Leduc : Bien, qui? Vous
faites une accusation...
Des voix : ...
M. Chassin :
Moi, je dis certains, mais... comme les employeurs, vous me dites peut-être...
bien, peut-être, moi, je n'ai aucun problème à dire oui, mais tu sais, à la
limite, moi, c'est ça aussi, là, c'est que derrière tout ça, il y a une
industrie ..., moi, je suis prêt à le croire. Est-ce qu'il y a une industrie de
syndiquer des symboles? Parce que le Walmart à Jonquière, c'était un petit peu
ça. Moi, je pense que oui, puis à la limite, tu sais, même si le ministre du
Travail, qui demeure neutre, il n'a pas nécessairement une opinion forte,
est-ce que le ministre de l'Industrie et du Commerce du Canada a une réflexion
là-dessus? Peut-être. Moi, je veux savoir, le ministre de l'Économie et de
l'Innovation, là, ça tombe que c'est la même personne, qui a pour mission
d'attirer des investisseurs étrangers, là, mais les investisseurs étrangers,
ils regardent, effectivement, les taux d'impôt, ils regardent probablement les
programmes de subventions, ils regardent aussi...
19 h (version non révisée)
M. Chassin :...le cadre réglementaire. Ils regardent aussi les lois du
travail. Le Code du travail du Québec, qui penche fortement en faveur des
syndicats. Est-ce que c'est toujours positif pour tous les investisseurs
étrangers? Je ne sais pas. Moi, je pense qu'un peu comme mon collègue d'Hochelaga-Maisonneuve,
il y en a qui sont peut-être plus réticents. Walmart étant clairement un cas, mais
sans présumer de rien, je me dis qu'au ministère de l'Économie, on se dit :
Oui, c'est sûr que, si on peut avoir un Code du travail un peu plus équilibré,
avec une légitimité des syndicats qui sont... qui sont effectivement
accrédités, c'est positif pour attirer des investissements, c'est positif pour
la prospérité du Québec puis c'est positif pour rattraper et combler notre... l'écart
avec l'Ontario, rattraper l'Ontario. Je pense que c'est tout à fait positif,
finalement, pour les objectifs du gouvernement.
M. Leduc : Vous venez de vous
contredire, cher collègue. Tantôt, vous disiez que vous faisiez ça pour les
individus, pour qu'ils aient le droit de se prononcer, puis vous venez juste de
dire que le Code du travail est déséquilibré à l'avantage des syndicats, puis...
le modifier. Donc, vous me confirmez que vous voulez moins de syndicats, c'est
ça, votre objectif.
M. Chassin :Moi, je me demande si au ministère de l'Économie...
M. Leduc : C'est ça que vous
voulez avec cette mesure-là... démocratie, là.
M. Chassin :
...mais il y a une réflexion...
M. Leduc : Vous vous moins de
syndicats, c'est très clair.
Le Président (M. Allaire) : Juste,
si vous parlez les deux en même temps, là, ça... Ça ne fonctionnera pas. M. le
député d'Hochelaga-Maisonneuve, la parole est à vous.
M. Leduc : Merci. Vous dites,
là, le... il faut vérifier les cartes signées si elles n'ont pas été faites par
l'intimidation syndicale, bien, je vous confirme que, quand il y a un vote, le
TAT, là, il ne vérifie pas s'il y a un vote négatif pour la création d'un
syndicat n'a pas été influencé par de l'intimidation patronale. Ils ne vérifient
pas ça. Ils ne vont pas vérifier si la personne qui a voté non au référendum, elle
ne s'est pas fait menacer de perdre sa job par sa gestionnaire des ressources
humaines. Il ne va pas checker ça.
Ça fait que, là, il faudrait peut-être...
équilibrer justement votre vérification des deux bords. Parce que pour l'avoir
vécu, encore une fois, l'intimidation patronale et les campagnes de peur sont
très, très souvent le cas, sont très nombreuses. Elles existent, et c'est pour
ça, qui possède le pouvoir dans un milieu de travail non syndiqué? Ce n'est pas
le petit salarié tout seul, c'est le patron, c'est lui qui possède le pouvoir,
c'est lui qui possède le salaire, la job, la permanence potentielle ou pas. C'est
lui qui va déterminer ton avenir économique. Ça fait qu'évidemment que, si tu
veux créer un certain contre-pouvoir, je sais que ce n'est pas nécessairement
un thème très à la mode ces temps-ci... mais, si on veut avoir un minimum de
contre-pouvoir, si on veut un minimum de partage de l'orientation des milieux
de travail où est-ce qu'on crée de la richesse, il ne faut pas qu'on me mette
des bâtons dans les roues qui va... dont l'objectif est de faire réduire la
présence syndicale au Québec. Ça ne servira personne, à part des gens qui ont
déjà beaucoup de pouvoir, qui en auront encore plus.
Le Président (M. Allaire) : M.
le député de Saint-Jérôme.
M. Chassin :Évidemment, je suis tout à fait intéressé, là, si jamais la
députée des Mille-Îles ou le ministre, par ailleurs, de l'Économie et de l'Innovation
souhaite intervenir, ou les collègues en face, parce que, pour moi, c'est un
débat qui est justement plus large. C'est sûr qu'il y a une question, à la
limite, que je trouve très intéressante, là, puis très attirante dans le...
débattre sur qui a le pouvoir. Bien, chacun a un pouvoir de se gouverner soi-même
déjà en partant. Puis après ça, qui a le pouvoir dans un rapport de force? C'est
sûr que c'est une vision un peu pour moi, manichéenne et simplificatrice.
Assurément, dans la société québécoise, je
peux vous le dire, qui a le pouvoir. Moi, je pense que les syndicats, ils l'ont,
le pouvoir, puis ils l'ont fort, le pouvoir. Puis, pour avoir été à une
projection anniversaire de l'illusion tranquille, M. le Président, vendredi
dernier, avec Joël Marcotte, c'est fascinant et déprimant de regarder à quel
point on a un projet de loi trois, qui modifie, mais de façon cosmétique, le Code
du travail, minimal. On est ici à prendre du temps, mais c'est de la perte de
temps, puis je vous le confirme. Pendant ce temps-là, il y a des enseignants
qui ne sont pas compétents dans nos écoles. Pendant ce temps-là, il y a des
gens dans le milieu de la santé... Puis moi, j'en ai des cas, qui ne devraient
pas être là. Puis j'admire les professionnels de soins de santé qui, après un
chiffre, se disent : Ah! Oui, c'était telle personne hier, hein? Ça fait
que je suis peut-être mieux de reprendre les examens deux, trois, puis le cinq,
parce que... tu sais, il y a des gens, là, qui m'ont raconté des histoires d'horreur.
Et l'imputabilité de ces gens-là, mais zéro niet, une barre. Le ministère du
Travail, c'est le ministère des Syndicats. Puis, soyons clairs, là, je ne veux
pas faire de procès d'intention du tout, hein? Loin, loin s'en faut, mais on
parle d'un Code du travail qui n'est en fait qu'un code des syndicats.
Des voix : ...
M. Chassin :On vous confirme, hein? Mais ça, ça fait partie pour moi, de ce
qui fait qu'au Québec, on est moins...
M. Chassin :...riches qu'ailleurs, on est peut-être plus syndiqués, on
répartit peut-être plus la richesse, oui, on la crée moins aussi, hein, puis il
me semble que le ministre de l'Économie devrait avoir une opinion forte
là-dessus. Je le réinvite, si jamais il veut s'exprimer, ou la collègue des
Mille-Îles, parce que je suis sûr que le Parti libéral veut redevenir le parti
de l'économie.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Donc, pas d'autres interventions? S'il n'y a pas d'autre intervention, nous
allons procéder à la mise aux voix de cet amendement.
M. Boulet : ...deux minutes,
j'aimerais ça parler à Youri, s'il vous plaît.
Le Président (M. Allaire) : Parfait.
Il n'y a pas de problème.
On suspend les travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à19 h 07)
(Reprise à 19 h 10)
Le Président (M. Allaire) : Alors,
nous allons reprendre les travaux. M. le ministre, la parole est à vous.
M. Boulet : Oui, merci. Après
ça, on pourra procéder au vote, mais je voulais réitérer et dire au collègue de
Saint-Jérôme qu'on a bien entendu ses propos, on comprend bien le mérite de son
argumentaire, et ça pourrait être débattu dans le contexte d'une réforme du
Code du travail du Québec. Et ce que je lui ai mentionné, c'est que la révision
de la procédure d'accréditation, qui serait beaucoup plus globale...
M. Boulet : ...que ce simple
article-là doit s'inscrire dans un autre projet de loi. Notre projet de loi
concerne la transparence, la gouvernance, la démocratie, donc, ce n'est pas
compatible avec l'économie générale de notre projet de loi. Mais j'ai beaucoup
d'estime pour l'argumentaire qui nous a été partagé par le collègue de
Saint-Jérôme, et, bien sûr, j'ai bien compris l'argumentaire de mon collègue
d'Hochelaga-Maisonneuve, mais dans son cas, je le connais bien. Pardon?
Une voix : ...
M. Boulet : Il y a de
l'affection, il y a de l'estime, puis il y a surtout... on... je connais cet
argumentaire-là, là, pour l'avoir entendu, là, à de multiples reprises, donc je
voulais en profiter pour remercier le collègue de Saint-Jérôme, parce que c'est
lui qui est l'auteur de ce... ce projet d'amendement.
M. Chassin :Peut-être juste dire, puis je pense que le député d'Hochelaga-Maisonneuve
et moi, on a fait un bon show, on devrait être invités en tournée. Mais, ceci
étant, c'est clair qu'on a... puis on a une compréhension et je pense même, à
la limite, là, tu sais, une discussion franche aussi, mais... mais c'est clair que
c'est un amendement sur, par exemple, l'article 21 du Code du travail, puis
dans... qui en demanderait d'autres. Et j'invite le ministre à regarder dans le
projet de loi 993, et je pense qu'il y a cinq articles. Donc, lui, c'est le
premier des cinq articles qui changent le scrutin pour un scrutin secret, en
fait, pour l'accréditation, donc, évidemment, il y en aurait plus qu'un. Si
jamais on a du temps en CET, à la toute fin de la session, bien, moi, je
l'invite à dire à son leader : Peut-être que le 993, on pourrait
l'appeler, voir, on aurait tellement de plaisir, le député
d'Hochelaga-Maisonneuve et moi, là-dessus, je l'invite à inviter son collègue
leader. Peut-être qu'on n'aura pas de temps, mais si on a du temps, ça sera le
fun. Merci, M. le Président.
M. Boulet : C'est bien
entendu, merci, collègue. Merci.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Alors, je vous rappelle qu'on est sur l'amendement déposé par le député de
Saint-Jérôme. Donc, nous allons procéder à sa mise aux voix. Est-ce que l'amendement
est adopté?
Des voix : ...
Le Président (M. Allaire) :
Par appel...
Des voix : ...
Le Président (M. Allaire) : On
va le faire par appel nominal, pour bien comprendre.
Une voix : ...
Le Président (M. Allaire) : Est-ce
que quelqu'un le demande?
Une voix : ...
Le Président (M. Allaire) :
Non? Donc, je comprends bien que l'amendement est rejeté. Donc, je regarde
l'heure et je pense que c'est un peu ambitieux de commencer le... le bloc Démocratie,
donc, compte tenu de l'heure et que vous avez très bien travaillé aujourd'hui,
chers collègues.
Une voix : ...votre ambition,
M. le Président.
Le Président (M. Allaire) :
Bien, pour deux minutes, un petit peu, mais quand même, je la salue, par
contre. Alors, compte tenu de l'heure, la commission ajourne ses travaux sine
die. Bonne fin de soirée, tout le monde. Merci.
(Fin de la séance à 19 h 14)