(Onze heures vingt-trois minutes)
Le Président (M. Allaire) : Alors,
à l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de
la Commission de l'économie et du travail ouverte.
La commission est réunie afin de procéder à
l'étude du volet Économie des crédits budgétaires du portefeuille Économie,
Innovation et Énergie pour l'exercice financier 2026‑2027. Une enveloppe
de trois heures a été allouée pour l'étude de ces crédits.
Mme la secrétaire, est-ce qu'il y a des
remplacements ce matin?
La
Secrétaire : Oui, M. le Président. Mme Mallette (Huntingdon) est remplacée par M. Provençal (Beauce-Nord);
Mme Setlakwe (Mont-Royal—Outremont) est remplacée par M. Beauchemin
(Marguerite-Bourgeoys); M. Fontecilla (Laurier-Dorion) est remplacé par Mme Zaga
Mendez (Verdun); et M. Paradis (Jean-Talon) est remplacé par Mme Gentilcore
(Terrebonne).
Économie
Discussion générale
Le Président (M. Allaire) : Merci,
Mme la secrétaire. Alors, vous connaissez tous la formule. C'est des blocs,
habituellement, là, qui tournent alentour de 20 minutes. Dans ce cas-ci,
c'est un petit peu moins. Naturellement, je vais vous donner le temps avant
chaque bloc. Je... M. le ministre, j'attire votre attention, là, sur le fait
que je dois équilibrer le temps entre les questions et les réponses. Donc,
quand vous me voyez faire ce signe-là, M. le ministre, là, c'est que ce serait
le fun que vous puissiez conclure votre argumentaire pour qu'on puisse, là,
avoir un certain équilibre, là, dans le temps.
Donc, M. le député de Marguerite-Bourgeoys, vous
avez 17 min 3 s. La parole est à vous. On commence maintenant.
M. Beauchemin : Merci beaucoup,
M. le Président. J'ai posé, à plusieurs reprises, une question au ministre de
l'Économie, au salon rouge, à savoir quelle était la valeur actuelle, la valeur
marché, la valeur marchande. Il y a des expressions de marché qui
s'impliquent... qui résument ça plus facilement, le «mark-to-market», combien
ça vaut aujourd'hui, la valeur au livre versus la valeur de marché, etc., mais
je n'ai jamais été capable d'obtenir une réponse claire de la part du... du
ministre des... de l'Économie là-dessus. Ça fait que je vais... je vais juste
peut-être réitérer ma question, mais, avant de le faire, je veux clarifier,
juste, quelque chose.
Est-ce que... Dans le dossier de Nemaska Lithium,
est-ce que le ministre de l'Économie est capable de nous dire brièvement
combien d'argent que le gouvernement de la CAQ et les... le gouvernement
précédent, au total, ont mis dans le projet de Nemaska Lithium?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Drainville : Bien, écoutez,
ce que j'ai dit en Chambre, et je le répète ici, devant vous, c'est que le
placement... Puis, en fait, de façon plus générale, les sommes qui ont été
investies dans le projet de Nemaska Lithium n'ont perdu aucune valeur à ce
stade-ci. Elles ont leur pleine valeur, ces sommes-là.
M. Beauchemin : OK. Donc, le
montant total, là, qui a été investi, juste parce que je n'ai pas la réponse
que tous connaissent, là, c'est 1,2 milliard qui a été investi, dont le
gouvernement de la CAQ qui en est responsable pour à peu près 900... 950...
960 milliards... millions de dollars.
Il y a eu, évidemment, des experts au ministère
des Ressources naturelles qui ont donné des avis, là, défavorables pour faire
des investissements dans ce projet-là. Ces experts-là ont eu à remodeler, si je
peux le dire ainsi, leurs avis, parce qu'ils avaient reçu des pressions de la
part du ministère de l'Économie, qui n'était pas sous la gouverne du ministre
actuel, mais plutôt sous la gouverne de son ancien, ancien prédécesseur, que je
pense qu'on peut nommer ici, M. Fitzgibbon, qui n'est plus là maintenant
et qui a eu aussi, par la suite, des pressions qui sont venues de le... son
ancienne prédécesseure, c'est-à-dire la première ministre actuelle.
Alors, les pressions étaient que le... les avis
d'experts n'étaient pas appréciés de la part du gouvernement et on voulait les
modifier, on voulait les modifier pour pouvoir permettre l'investissement.
Donc, le premier... il y a eu deux modifications qui ont été faites. La première,
c'était de dire que c'était un investissement passant de «pas acceptable» à
«acceptable, mais avec des conditions». Puis là, ça, ce n'était pas
satisfaisant. On a décidé de faire... On veut changer ça de «pas acceptable» à
«pas acceptable avec des conditions», à juste, simplement, «acceptable». Puis là, à partir de ce moment-là, le gouvernement a écrit
pour 900 quelques millions de dollars de chèques dans le projet de Nemaska
Lithium.
Donc, je voulais savoir si le ministre de
l'Économie, aujourd'hui, est au courant de la... de la chronologie des
événements que je viens de mentionner.
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Drainville : Oui. D'abord,
M. le Président, juste pour être clair, c'est 1,1 milliard, donc, qui ont
été investis dans l'entreprise par le gouvernement. Et le seul montant d'argent
qui a été perdu jusqu'à maintenant, c'est le 70 millions qui a été investi
par le gouvernement libéral de M. Couillard, comme je l'ai déjà dit en
Chambre à une question, donc, de mon honorable collègue.
Donc, lorsque Nemaska Lithium, première mouture,
si on peut l'appeler ainsi, a fait faillite, le 70 millions que le
gouvernement Couillard avait investi dans l'entreprise a été perdu. Et, à ce
stade, c'est le seul investissement public qui a été perdu, donc, dans Nemaska
Lithium.
Maintenant, pour ce qui est de la chronologie
des événements, ce que j'ai dit en Chambre, puis je n'ai pas changé d'idée
depuis, c'est qu'il y a eu effectivement des avis qui ont été communiqués par
le ministère des Ressources naturelles, qui ont mené à des ajustements de la
part, donc, du... bien, enfin, des personnes responsables du projet. Et donc il
y a eu des ajustements qui ont été apportés, parce qu'il y a eu, effectivement,
des analyses qui ont été faites par le ministère des Ressources naturelles. Et
donc ces gestes-là que nous avons posés nous ont amenés à ajuster, donc, le
risque qui était... qui avait été identifié, donc, par les analyses du
ministère des Ressources naturelles.
Le Président (M. Allaire) :
Merci. Merci, M. le ministre. M. le député.
M. Beauchemin : Oui, ça fait
que... Donc, ma question est claire, là, la chronologie, est-il au courant, oui
ou non?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Drainville : Bien, je viens
de la faire, la chronologie, là, M. le Président. Il y a eu des avis qui ont
été émis et il y a eu des prises de décision qui s'en sont suivies et qui ont
fait en sorte, par exemple, qu'on a souhaité réduire les risques technologiques
par un procédé conventionnel. Il y a eu...
Le Président (M. Allaire) :
...merci.
M. Beauchemin : La question
était relativement simple. Il y a une chronologie des événements, où est-ce que
le ministère de l'Économie a forcé la main des experts au ministère des
Ressources naturelles en ce qui a trait aux
avis de ces experts-là qui ont été émis pour l'investissement dans Nemaska Lithium. Le gouvernement de la CAQ a forcé des experts de son
gouvernement à changer...
Le Président (M. Allaire) : ...monsieur...
M. le député, faites attention, on va vous prêter des intentions, là. Forcer la
main... je vous demande... je vous demande de faire attention. Allez-y,
poursuivez.
• (11 h 30) •
M. Beauchemin :
D'accord.
Le gouvernement de la CAQ a demandé à des experts qui travaillent pour le
gouvernement de changer leurs avis d'expert pour que le gouvernement puisse
mettre de l'avant des centaines de millions de dollars dans Nemaska Lithium.
Donc, on a de la misère à me donner la bonne chronologie, si je comprends, là,
parce que ça peut peut-être impliquer des personnes.
Moi, ce que je veux ici, c'est vraiment qu'on
clarifie une chose. Il y a eu plein de trucs, là, qui ont été faits à date, là,
dans Nemaska Lithium. On a une usine qui est en arrêt de construction, il y a
des... un projet de mine dans le Nord qui n'est même pas à peine développé.
J'ai demandé personnellement à des gens de... du milieu de me donner leurs
impressions à ce que la valorisation courante d'aujourd'hui du marché... de ce
que cela peut représenter. Et on est loin du 1,1 milliard,
1,2 milliard que le gouvernement de la CAQ a investi dans le projet.
Ma question est simple : Est-ce que le
ministre comprend le concept de la valorisation de marché? Est-ce qu'il
comprend la valorisation de marché, ce que ça, ça veut dire?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Drainville : Bien, M. le
Président, est-ce que je peux demander au député de Marguerite-Bourgeoys pourquoi est-ce qu'il continue de répéter que
l'usine est en arrêt de construction, alors que ça fait trois, sinon quatre
fois que je lui dis que l'usine n'est pas en arrêt de construction? On
l'a encore vérifié auprès de Rio Tinto la semaine dernière. Il y a
500 travailleurs qui continuent de construire l'usine présentement. Est-ce
que je peux poser la question au député de Marguerite-Bourgeoys pourquoi est-ce
qu'il continue de colporter une information qu'il sait inexacte? Ce sont des
mots parlementaires, M. le député de Marguerite-Bourgeoys. L'information est
inexacte. Vous continuez de... d'affirmer que l'usine est à l'arrêt et que la
construction de l'usine est à l'arrêt, ce qui est faux. Est-ce que vous pourriez au moins reconnaître que l'usine est
toujours en construction? Et l'information vient de Rio Tinto. La moindre des
choses, ce serait, M. le Président, que le député parle à Rio Tinto s'il ne
croit pas l'information que moi, je transmets, qui nous vient de Rio Tinto.
Est-ce qu'il peut au moins parler à Rio Tinto, qui va lui confirmer que la
construction de l'usine se poursuit?
Le Président (M. Allaire) :
Merci. M. le député. Allez-y.
M. Beauchemin : J'ai posé une
question simple. On m'a donné tout à fait une réponse, là, non reliée à la
question, là. Moi, je vais avoir une réponse simple à une question... Parce que
le ministre de l'Économie... quand même, n'est-ce pas? Est-ce qu'il comprend le
concept de la valorisation actuelle de marché? Le concept, là, on va dans le
général, là, on est à 60 000 pieds. Est-ce qu'il comprend ce que ça veut dire,
le concept de la valorisation actuelle de marché?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Drainville : M. le
Président, le placement de... du gouvernement, ou les investissements du
gouvernement, dans Nemaska Lithium, sont toujours valorisés à
1,1 milliard. Pour ce qui est... pour ce qui est de la suite des choses,
bien, écoutez, évidemment, il y aura une construction qui va se poursuivre et
qui va se terminer. Et puis, à un moment donné, l'usine fonctionnera. Et puis,
maintenant, pour la suite des choses, M. le Président, on va continuer, nous, à
croire en ce projet qui... en lequel les libéraux croyaient. Ils ont même mis
beaucoup d'argent dedans. Et puis nous, on continue à y croire parce qu'on...
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Merci, M. le ministre. M. le député.
M. Beauchemin : Donc, M. le
Président, j'essaie de la poser simple, la question, là. Un premier jour de classe, niveau universitaire, là, OK, c'est
enseigné, quand on fait un bac en commerce, un bac en administration, OK?
Cette valorisation-là du marché, là, aujourd'hui, ça vaut combien, on
l'explique, là, dans les premières heures aux bancs d'universités. Le ministre
est incapable de nous répondre à savoir c'est quoi, la théorie. Il n'est pas
capable de nous dire ça vaut combien.
Ça fait que, moi, la raison pour laquelle je
vous dis ça, là, OK, c'est parce qu'on est fiduciaires de l'argent des Québécois. Ce gouvernement-là a dépensé 950
millions de dollars, qui a eux-mêmes écrit leur propre chèque, là, OK,
puis que ça, ça ne fait rien en ce moment, OK? Donc, moi, ce que je veux avoir,
c'est : Est-ce qu'il comprend l'idée suivante? Un jour, M. le ministre décide
de s'acheter des actions d'une compagnie ABC. La compagnie ABC, il a payé ses
actions 10 $. Aujourd'hui, la compagnie vaut 1 $ dans les marchés
boursiers. Est-ce qu'il comprend que son placement ne vaut plus 10 $?
Le Président (M. Allaire) : M. le
ministre.
M. Drainville : Alors, M. le
Président, les comptables du gouvernement et la direction de Rio Tinto nous
confirment qu'il n'y a pas lieu de dévaloriser le placement. Donc, il n'y a pas
lieu d'inscrire une moins-value durable actuellement.
M. Beauchemin : ...le ministre
pourrait nous partager cette information?
M. Drainville : Bien, je viens de le
faire.
M. Beauchemin : Non, bien, je veux
dire, le document qui vous donne... parce que, quand même, c'est gros, ce que
vous nous dites. J'aimerais ça l'avoir, l'information.
M. Drainville : Bien, M. le
Président, si on est pour avoir des crédits qui se font dans le respect, il
faudrait que le député de Marguerite-Bourgeoys adopte une attitude
constructive. Moi, je vais répondre aux questions respectueusement et
j'apprécierais que ce ton respectueux soit partagé par l'ensemble des membres
de cette commission, y compris le député de Marguerite-Bourgeoys. L'information
que je viens de lui transmettre...
Le Président (M. Allaire) : Allez-y,
poursuivez, on va vous laisser terminer.
M. Drainville : ...c'est une
information que je tiens des comptables du ministère et également c'est une
information que nous tenons de la direction de Rio Tinto. Alors, voilà.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Merci, M. le ministre. En fait, c'est ce qu'on s'attend, que les discussions
soient cordiales. C'est mon rôle de le faire. Pour le moment, c'est... je
trouve que c'est correct, mais c'est sur la ligne. Faites-vous-en pas que je
vais intervenir si je sens que ça dérape. Donc, je vous invite à rester
respectueux de part et d'autre. Continuez à vous adresser à moi, et je pense
qu'on va cheminer comme ça pour le reste de cette séance. M. le député de
Marguerite-Bourgeoys, allez-y.
M.
Beauchemin : ...un énorme différentiel de temps, de différence de
temps, là, qu'on calcule, nous autres, là, ça fait que...
Le Président (M.
Allaire) : Bien, moi aussi, je le calcule. J'ai mon chronomètre ici.
M.
Beauchemin : OK, juste vous dire, là, on le regarde pour être
certains.
Le Président (M.
Allaire) : Soyez assuré que j'essaie d'équilibrer. Des fois, des fois,
vous faites un préambule qui a été beaucoup plus long au début, la réponse a
été plus courte, et, au final, j'essaie d'équilibrer, faites-vous-en pas.
M.
Beauchemin : Je fais juste vous dire qu'on a jusqu'à 6 h 30 ce soir,
là. On voudrait que ce soit juste.
Le Président (M.
Allaire) : Faites-vous-en pas, j'ai le chronomètre en avant de moi. La
parole est à vous.
M.
Beauchemin : On est... on est donc face à une réponse qui ne nous a
pas été encore donnée, là. On voudrait avoir l'information. Si c'était
possible, gentiment, M. le ministre, pouvez-vous partager cette information-là
avec la population du Québec dans son ensemble, à savoir vous évaluez ça...
parce que je vais...
En 2024, décembre
2024, Goldman Sachs et la Caisse de dépôt avaient radié leurs investissements
dans Northvolt. Radié, là, pour le ministre, ça, ça veut dire que ça ne vaut
plus rien, OK? Ça ne valait plus rien, puis Caisse de dépôt et Goldman Sachs
avaient radié l'investissement. Ça a pris cinq mois à la prédécesseure du
ministre pour dire que, finalement, l'investissement dans Northvolt, dans la
maison mère, là, OK, ne valait plus une cenne. Ça a pris cinq mois pour sortir
ça de la part du gouvernement.
Ça fait que vous
comprenez, M. le Président, que, pour les gens qui nous écoutent, là, qui
savent comment tout ça a été... tout ce département-là était mal géré par les
personnes responsables, c'est-à-dire les ministres, la ministre, puis que, là,
on est dans cette situation-là où est ce qu'on a un investissement de
1,1 milliard, on demande la valorisation aujourd'hui de ce que ça vaut puis
on nous donne exactement la même réponse, quand on sait très bien que le
bâtiment à Bécancour et ce qui est de... comme un terrain dans le Grand Nord,
OK, les deux ensembles ne sont pas valorisés au marché, aujourd'hui, à
1,1 milliard de dollars, puis on n'est pas capables d'avoir, de la
part du gouvernement, une réponse claire là-dessus... Je veux dire, vous
comprenez, là, le scepticisme, là. On est vraiment rendus totalement sceptiques
par rapport à n'importe quelle vérité du gouvernement.
Le Président (M.
Allaire) : Ça va. Je veux juste dire qu'il vous restait deux minutes,
M. le député.
M.
Beauchemin : Merci. Est-ce que...
Le Président (M.
Allaire) : M. le ministre, oui? M. le ministre.
M.
Drainville : Il n'y a pas de dévaluation. Puis, si je peux me
permettre, M. le Président, je pense... Alors, que le... que le député ne fasse
pas confiance aux évaluations du ministère, c'est son choix, mais je pense que
l'évaluation de Rio Tinto a une aussi grande valeur, sinon une plus grande valeur
encore, dans ce dossier-là, que les évaluations que peut faire le député de
Marguerite-Bourgeoys. Je pense que, Rio Tinto, ils savent compter.
M.
Beauchemin : Merci. Donc, vous connaissez la feuille de route, hein,
de Rio Tinto au Québec, j'imagine, évidemment, que vous avez regardé ce qu'ils
ont fait.
Le Président (M.
Allaire) : M. le ministre.
M. Drainville :
M. le Président, le député de
Marguerite-Bourgeoys est arrivé dans une posture de Génies en herbe. Alors,
il pose des questions puis, visiblement, sa posture, c'est : Aujourd'hui,
je vais essayer de me montrer plus fin que le ministre ou de montrer au
ministre que j'en sais plus que lui. Je n'ai pas l'intention de jouer ce
jeu-là. Je ne suis pas ici pour jouer à Génies en herbe. Je suis ici
pour faire une reddition de comptes qui va être honnête et qui va être sincère.
• (11 h 40) •
Le Président (M.
Allaire) : Ça va...
M.
Drainville : Et, si le député est prêt à avoir un échange constructif
avec moi, ça va me faire plaisir...
Le Président (M.
Allaire) : Ça va, merci. Merci, M. le ministre. Je pense qu'on
comprend le fond de votre intervention. En fait, je l'ai dit tantôt, ce que je
souhaite, c'est que les échanges soient cordiales et respectueuses de part et
d'autre, mais je sens que vous ne me mettrez pas la tâche facile si je compare
avec les autres commissions que j'ai eues jusqu'à maintenant. Je vous demande
votre collaboration de part et d'autre. M. le député, votre question, il vous
reste 30 secondes.
M. Beauchemin : Oui.
Ce n'est pas une question de Génies en herbe, c'est vraiment une
question simple. Est-ce que vous comprenez le concept de la juste valeur
marchande?
Le Président (M. Allaire) : M. le
ministre.
M. Drainville : Je pense que oui, M.
le Président, et, encore une fois, je ne jouerai pas à Génies en herbe
avec le député de Marguerite-Bourgeoys.
M. Beauchemin : ...l'appliquer à
l'investissement dans Nemaska Lithium?
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Ça met fin à ce bloc d'échange, ce premier bloc d'échange. Alors, on poursuit
avec la deuxième opposition. Mme la députée de Verdun, vous avez 17 min 3
s. La parole est à vous.
Mme Zaga Mendez : Merci, M. le
Président. Bonjour, M. le ministre. M. le ministre, vous l'avez dit, quand vous
avez pris le poste, que vous voulez vous distancier de certaines décisions ou
de façons de faire, on va le dire, là, de l'ancien député de Terrebonne, mais,
malheureusement, vous héritez quand même des décisions qui ont été prises avant
vous. Dans le... Il y a trois semaines, la Commissaire au développement durable
a déposé un rapport qui a frappé à l'endroit des décisions qui ont été prises
et des façons de faire de la part du ministère de l'Économie et l'Innovation.
Moi, je veux aller sur les faits. C'est-à-dire
que, dans le rapport, ce qu'on a... ce qui est dit noir sur blanc, c'est qu'il
y a une certaine pression qui a été faite sur le ministère des Ressources
naturelles et des Forêts pour que ce dernier change un avis défavorable en
2023. Est-ce que le... M. le ministre, j'imagine, vous nous... vous nous l'avez
dit, vous avez pris connaissance du rapport de la commissaire, mais moi, je
veux savoir si vous avez fait vos devoirs depuis. Est-ce que vous avez remonté
en 2023 et vous avez lu l'avis défavorable envoyé par le MRN? Avez-vous
connaissance de ce... avez-vous pris connaissance de cet avis-là?
Le Président (M. Allaire) : M. le
ministre.
M. Drainville : On ne m'a pas
partagé quoi que ce soit en lien avec ce dossier, M. le Président.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Mme la députée.
Mme Zaga Mendez : Êtes-vous curieux
de voir cet avis-là? Cet avis-là, on en parle depuis trois semaines. J'imagine
qu'en avoir pris connaissance, du dossier, vous étiez curieux de savoir quel
était l'avis du MRNF. Est-ce que vous l'avez lu ou vous avez l'intention de
chercher cet avis?
Le Président (M. Allaire) : M. le
ministre.
M. Drainville : M. le Président, le
ministère des Ressources naturelles a soulevé des éléments de risque. Le
ministère de l'Économie a travaillé avec le ministère des Ressources naturelles
pour mitiger les risques. Donc, c'est un travail de collaboration entre les
deux ministères qui s'est fait. Et donc le ministère de l'Économie a travaillé
avec l'entreprise pour répondre à certains... à certains des risques qui
avaient été soulevés par l'avis sectoriel, donc, du ministère des Ressources
naturelles, et, suite à ces échanges, il y a eu des mesures d'atténuation qui
ont été proposées par le ministère de
l'Économie et par Investissement Québec pour réduire, par exemple, les risques technologiques.
Alors, c'est pour ça que Nemaska a adopté un
procédé conventionnel plutôt qu'un tout nouveau procédé pour le traitement du
minerai. Nemaska a également conclu une entente pour bénéficier de l'expertise
de personnes qui avaient déjà opéré des usines semblables ailleurs dans le
monde, encore une fois pour mitiger le risque, et, j'ajoute ceci, pour... pour
réduire le risque, on a aussi fait des tests ciblés. Nemaska a réalisé des
tests ciblés sur les sections qui étaient plus critiques du procédé pour éviter
des problèmes lors de la mise en production. Alors, il y a eu un échange entre les deux ministères, qui a mené à
des décisions pour diminuer le risque, et c'est ce que je dis depuis le début.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Mme Zaga Mendez : Merci. Cet
échange... Est-ce que vous avez lu cet échange-là? Avez-vous lu l'avis initial?
Tout ça, ce n'est pas passé sous votre gouverne, je l'entends. Avez-vous pris
connaissance de cet échange-là? Parce qu'il me semble que, là, vous nous donnez
les grandes lignes. Il y a eu des risques. On a changé les choses, mais, dans
cette dite collaboration, il y a quand même eu une influence. Est-ce que vous
avez pris connaissance de cet échange-là, de ces procès-verbaux, de ces
avis-là, oui ou non?
Le Président (M. Allaire) : M. le
ministre.
M. Drainville : Alors, M. le
Président, j'ai pris connaissance du rapport de la commissaire. J'ai posé les
questions. J'ai fait les vérifications. On m'a donné les explications que je
viens de transmettre à la commission, explications que j'avais transmises à la
Chambre déjà lorsque les premières questions ont été posées dans ce dossier.
Le Président (M.
Allaire) : Mme la députée.
Mme Zaga Mendez : Ça répond à ma
question. M. le ministre s'est limité à avoir un rapport des grandes lignes. Il
n'est pas allé voir l'avis défavorable initial. J'imagine que, comme il ne l'a
pas vu, il n'est pas capable non plus de le rendre public pour qu'il y ait un
exercice de transparence et que les Québécois puissent juger justement quels
étaient ces risques. Est-ce que ces risques-là ont été et vont être remédiés
dans un investissement aussi important?
Le Président (M. Allaire) : M. le
ministre.
M. Drainville : Bien, écoutez, M. le
Président, la valeur des investissements que nous avons dans Nemaska Lithium,
elle est toujours... elle est intacte. Elle est intacte. Il n'y a pas de raison
de diminuer la valeur de ces investissements dans l'entreprise à ce stade-ci.
C'est l'avis des experts que nous recevons, c'est... En fait, c'est l'avis que
nous avons reçu lorsque le dernier placement a eu lieu. Il y a eu une
évaluation qui a été faite à ce moment-là, et la conclusion de l'évaluation des
experts, c'est qu'il n'y avait pas lieu de procéder à une dévalorisation de
l'investissement dans Nemaska Lithium. Alors...
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Merci. Mme la députée.
Mme Zaga Mendez : M. le ministre, je
neremets pas en question cette partie-là. Comparé... comparé au Parti
libéral, moi, je ne remets pas en question la perte de la valeur. On a des actions
là-dedans. Vous dites que vous avez fait
l'évaluation des actions. Ce n'est pas ça que je remets en question. Ma
question, c'est sur le processus en 2023, les discussions qu'on a eues,
l'avis en question, les risques que, là, rendus où nous sommes, dans une
intention de transparence, cet avis-là devrait être rendu public. Est-ce que le
ministre est d'accord avec moi?
Le Président (M. Allaire) : M. le
ministre.
M. Drainville : M. le Président,
l'avis appartient au ministère des Ressources naturelles. C'est à eux, cet
avis-là.
Mme Zaga Mendez : ...posé la même
question.
M.
Drainville : Et donc je ne peux pas m'engager à le rendre
public puisque cet avis appartient à un autre ministère.
Le Président (M. Allaire) : Parfait.
Mme la députée.
Mme Zaga Mendez : Cet avis-là a été
donné dans un comité dans lequel vous êtes... vous êtes représenté... vous êtes
représenté. J'ai posé la même question à la ministre des Ressources naturelles.
Elle me disait : Vous allez poser... allez poser la question au ministre
de l'Économie. Tout le monde se lance la balle. Ceci appartient à votre
relation, votre collaboration avec la ministre des Ressources naturelles. Ce
que les Québécois veulent savoir, quel était
l'avis? Est-ce que l'avis peut être rendu public? Est-ce qu'on peut avoir une
transparence de comment cet avis-là a été changé?
Le Président (M. Allaire) : M. le
ministre.
M. Drainville : Même réponse.
Mme Zaga Mendez : Ça n'avance
pas. J'entends, vous le dites, vous n'avez pas pris connaissance, vous n'êtes
pas capable de le rendre public. Bien, c'est normal qu'il y ait une certaine
incertitude puis des questionnements de la part des Québécois de comment ceci
se fait. Comparativement aux collègues, moi, je sais bien que ce n'est pas
l'usine qui est à l'arrêt, c'est la mine.
M. Drainville : Bien, parlez à
votre collègue, là, à votre droite.
Mme Zaga Mendez : Alors,
parlez-moi de la mine. Il y a quand même... C'est un projet à deux volets. La
mine est quand même à l'arrêt. Est-ce que cette mine-là va voir le jour, oui ou
non? On a quand même mis 1,2 milliard de dollars dans l'ensemble,
puis vous avez... Est-ce que cette mine-là, c'est là, le risque? Est-ce qu'elle
va avoir lieu, oui ou non, et dans quel horizon? Parce que, jusqu'à maintenant,
c'est report, report, report et ce n'est pas ouvert. Il y a même le sort de
plusieurs travailleurs dans cette mine-là.
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Drainville : Bien, pour le
moment, les travaux à la mine sont effectivement à l'arrêt. Il y a une
quinzaine de personnes qui sont sur place. Rio Tinto évalue présentement ses
options. Alors, il y a la mine de Whabouchi, mais il y a
également celle de Galaxy. Et donc Rio Tinto évalue actuellement ses options,
et évidemment ils vont éventuellement prendre une décision.
• (11 h 50) •
Mme Zaga Mendez : Si la mine ne
va pas de l'avant, parce que, là, nous, on détient des actions, c'est là qu'on
veut comprendre les garanties. Ce n'est pas dans l'usine, c'est dans la mine, c'est
encore une autre année de retard, c'est encore des changements. Combien on va
perdre si la mine n'a pas lieu et si on a encore des années de retard en termes
d'extraction?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Drainville : Bien, écoutez,
c'est une question hypothétique, là, M. le Président. Ce que l'on sait, c'est
que le prix du spodumène puis le prix de l'hydroxyde de lithium a augmenté ces
derniers temps, ce qui est une excellente nouvelle. Alors, évidemment, ça va
influencer l'éventuelle décision que Rio Tinto devra prendre en lien avec
Whabouchi et la mine Galaxy. Donc, Rio Tinto fait des évaluations et puis,
éventuellement, ils vont prendre une décision. Je ne suis évidemment pas en
mesure de présumer de cette décision actuellement.
Le Président (M. Allaire) :
Merci. Mme la députée.
Mme Zaga Mendez : Donc, la
décision pourrait être que cette mine ne va jamais voir le jour?
M. Drainville : Question
hypothétique, M. le Président.
Mme Zaga
Mendez : Mais, je veux dire, on entend parler, dans les
nouvelles, depuis trois semaines, de 1,2 milliard. Qu'est-ce qui
est à l'arrêt, c'est la mine. J'attends que le ministre de l'Économie doit nous
dire un peu qu'est-ce qu'il arrive avec nos investissements, là. Est-ce que la
mine va arrêter, oui ou non? Vous comprenez, c'est une mine assez importante
avec beaucoup, beaucoup d'impacts, là. On ne peut pas juste retourner en
arrière, là, une fois qu'on... Là où est-ce qu'elle est rendue, là, ça fait
plus de 10 ans que ce projet-là attend. Est-ce que le ministre s'est
penché sur quelles sont nos garanties par rapport à la mine?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Drainville : M. le
Président, il y a du spodumène et à Whabouchi et à ce qu'on appelle la mine
Galaxy. La ressource est là. La question est de savoir quel est le meilleur
moment pour l'exploiter. Alors, cette décision-là, elle appartient à Rio Tinto.
Évidemment, on est des partenaires dans le projet. Donc, il y aura une
discussion entre nous et Rio Tinto, mais, ultimement, c'est Rio Tinto qui va
prendre la décision.
Le Président (M. Allaire) :
Merci. Mme la députée.
Mme Zaga Mendez : Je vais
revenir... Je veux continuer sur le rapport de la commissaire du développement durable.
Là où est-ce que le ministère est aussi pointé du doigt, c'est concernant la...
c'est à la page 127 où est-ce qu'on a des exemples des cibles
interministérielles liées au développement responsable des minéraux critiques
et stratégiques qui ne sont pas atteintes ou sont même annulées à la fin de ce
qu'on appelle le Plan québécois de valorisation des minéraux critiques et
stratégiques. Pouvez-vous nous dire pourquoi le ministère a abandonné les
cibles d'étudier les meilleures pratiques mondiales de la circularité pour les
minéraux critiques et stratégiques depuis le 31 mars 2023?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
Mme Zaga
Mendez : Page 127, si vous
l'avez bien lu, le rapport de la Commissaire
au développement durable.
M. Drainville : Oui, bien,
écoutez, M. le Président, la question plus large qui se pose présentement, là,
c'est la suivante : Est-ce qu'on souhaite, nous, comme Québécois, aller de
l'avant avec l'extraction des minéraux critiques et stratégiques que nous...
que nous retrouvons dans le sous-sol, dans notre sous-sol, et est-ce qu'on
souhaite exploiter ces minéraux critiques et stratégiques, est-ce qu'on
souhaite les transformer chez nous, notamment pour ce... comment dire, pour
réduire notre dépendance aux minéraux critiques et stratégiques en provenance
de la Chine? La décision que nous avons prise comme gouvernement, M. le
Président, c'est que, oui, on va effectivement extraire ces minéraux critiques
et stratégiques dans la mesure où il y a un modèle de rentabilité qui nous
permette de le faire, et, oui, on va les transformer chez nous.
Le Président (M. Allaire) : M. le
député... Mme la députée, pardon.
Mme Zaga Mendez : ...une question
ponctuelle, page 127, vous êtes pointé du doigt pas seulement pour les
questions de transparence, c'est qu'on se donne des cibles de circularité. Je
ne remets pas en question le fait d'exploiter des minéraux critiques et
stratégiques. On se donne des cibles pour le faire comme du monde. C'est de ça qu'il s'agit. Là, les cibles, là, n'ont pas été atteintes,
et certaines ont été annulées, dans le plan québécois de valorisation de 2020 à
2025, le 30 mars 2023, et pourquoi... C'est ça, la décision, abandonner des
cibles pour étudier les meilleures
pratiques. Vous dites que voulez aller chercher ces minéraux-là, mais pourquoi
on abandonne la circularité?
Le Président (M. Allaire) : M. le
ministre.
M.
Drainville : Alors, M. le Président, sur cette question un peu
plus pointue, je demande le consentement des membres de la commission pour permettre à M. Mathieu Gervais, le
sous-ministre du MEIE, de pouvoir prendre la parole.
Le
Président (M. Allaire) : Est-ce que j'ai consentement? Consentement. Donc,
parfait, M. Gervais, simplement vous présenter avec votre titre. La
parole est à vous.
M. Gervais (Mathieu) : Mathieu
Gervais, sous-ministre, Économie, Innovation, Énergie.
Donc, la raison, en fait, il y a une étude qui
avait été prévue, qui couvrait beaucoup plus large que nos besoins, ce qui
impliquait des coûts importants. Donc, l'idée n'est pas d'abandonner toutes les
cibles, mais plutôt de recentrer vraiment sur les besoins puis déterminer de
façon plus spécifique les besoins pour... dans le cadre de nos projets précis.
Le Président (M. Allaire) : Merci,
M. Gervais.
Mme Zaga Mendez : Puis quelles
sont... quelles sont les cibles qu'ont été retenues dans ce cas-là? Parce que,
là, il y a... il y a... le commissaire nous dit qu'il y a des cibles qui ont
été annulées, mais d'autres qui n'ont pas été atteintes. Ça fait que celles que
même... que vous avez retenues n'ont pas été atteintes?
Le Président (M. Allaire) : M.
Gervais.
M. Gervais (Mathieu) : Je vais
devoir valider et vous revenir.
Mme Zaga Mendez : Parfait. Merci
beaucoup.
Le Président (M. Allaire) : ...
Mme Zaga Mendez : Deux minutes? Je
vais garder mes deux minutes pour mon prochain bloc, là, pour être capable
d'aller plus en détail.
Le Président (M. Allaire) : Parfait.
Alors, on continue avec l'opposition officielle. Donc, on revient au député de
Marguerite-Bourgeoys. Alors, M. le député, la parole est à vous pour 17 min 8
s.
M. Beauchemin : Merci, M. le
Président. L'avis initial était défavorable. Votre ministère a fait pression.
C'est devenu un avis favorable avec conditions. Pouvez-vous nous expliquer les
raisons pour lesquelles l'avis initial était défavorable?
Le Président (M. Allaire) : M. le
ministre.
M. Drainville : Bien, dans l'avis
initial, ce que rapporte la Commissaire au développement durable, c'est qu'il y
avait effectivement des éléments de risque qui étaient identifiés, et donc,
comme je l'ai dit plus tôt, le ministère de l'Économie et le ministère des
Ressources naturelles ont travaillé conjointement pour mitiger les risques.
Donc, c'est un travail de collaboration qui a eu lieu entre les deux
ministères.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
M. le député.
M. Beauchemin : ...de savoir :
Est-ce que vous savez quels étaient les risques exactement?
Le Président (M. Allaire) : M. le
ministre.
M. Drainville : Bien, il y avait des
risques notamment liés au procédé de production, et c'est pour ça qu'au terme
du dialogue qui s'est enclenché entre les deux ministères et Nemaska la
décision a été prise, donc, de mitiger les risques au niveau du processus de
production en adoptant un procédé conventionnel.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
M. le député.
M. Beauchemin : Je vais essayer
d'être très précis, là, dans mes questions. Donc, maintenant, là, qu'on sait...
il y a eu des conditions... c'était le procédé, que ça ne fonctionnait pas, il
y a eu des conditions qui ont été mises en place, est-ce que vous pouvez nous
dire quelles étaient ces conditions?
Le
Président (M. Allaire) : M. le ministre.
M.
Drainville : Bien, M. le Président, il y avait des risques identifiés
en lien avec le procédé. Il y avait des risques identifiés en lien avec certaines...
certaines sections critiques du procédé, alors donc des risques liés, à
l'expertise, puis c'est pour ça qu'on a utilisé un procédé qui avait déjà été
utilisé ailleurs, c'est pour ça... donc, dans d'autres usines, c'est pour ça
que Nemaska a fait des tests ciblés puis c'est pour ça aussi que Nemaska a
utilisé l'expertise de personnes qui avaient déjà opéré des usines semblables
ailleurs dans le monde.
Le Président (M.
Allaire) : Parfait. Merci, M. le ministre. M. le député.
M. Beauchemin :
Ma question était très spécifique, M. le Président. Je voulais savoir
quelles étaient les conditions qui ont été ajoutées au premier avis pour
pouvoir vous permettre de faire ces investissements-là. Quelles étaient les
conditions?
Le Président (M.
Allaire) : M. le ministre.
M.
Drainville : M. le Président, les conditions, c'était de s'assurer que
le personnel soit compétent, de s'assurer que le procédé était... avait déjà
été... enfin, qu'il était éprouvé, donc diminuer le risque lié au procédé, par
exemple.
Le Président (M.
Allaire) : Merci. M. le député.
M.
Beauchemin : Donc, juste pour qu'on soit clair, là, OK, donc, on met
en place des conditions pour s'assurer que le personnel est compétent puis que
le procédé soit efficace, si j'ai bien compris. Ça, c'est le ministère des
Ressources naturelles qui dit : Si vous voulez y aller de l'avant,
assurez-vous minimalement que les employés sont compétents puis que les
processus sont efficients. Ça, c'est la première condition. Pourquoi est-ce
qu'à ce moment-là on a demandé une deuxième
mouture de l'avis au ministère des Ressources naturelles pour ne pas qu'il y
ait ces conditions-là?
• (12 heures) •
Le Président (M.
Allaire) : M. le ministre.
M.
Drainville : M. le Président, le procédé avait déjà été testé dans une
usine de Livent, en Caroline du Nord. Donc, c'est ce procédé-là qui a été
utilisé ou adopté pour Nemaska Lithium, et puis ce sont des experts qui avaient
déjà mis en place ledit procédé, qui ont... donc, du personnel de Livent, qui
ont été mis à profit pour s'assurer que le processus de production fonctionne
bien.
Le Président (M.
Allaire) : M. le député.
M.
Beauchemin : Donc, on sentait une confiance, au gouvernement, comme
quoi que ces conditions-là, finalement, étaient non utiles dans le processus
parce qu'on allait être capables de les atteindre, si je comprends bien, donc.
Alors, ma question, si je peux juste avoir votre attention, M. le ministre,
là : Pourquoi qu'on a fait pression pour les enlever, ces pressions... ces
conditions-là?
Le Président (M.
Allaire) : M. le ministre.
M.
Beauchemin : Il y avait une confiance... Si je comprends bien, vous
dites qu'il y avait une confiance que la façon de faire, le processus, les
employés étaient qualifiés. Vous aviez une confiance que c'était déjà chose
faite, donc, enlever les conditions, parce qu'on n'en a pas besoin, on va les
atteindre, c'est exactement ce que vous venez de me dire. Alors, je pose la
question : Pourquoi on a fait pression pour les enlever? Parce que, dans
le fond, c'étaient des conditions atteignables.
Le Président (M.
Allaire) : Juste... c'est limite un peu, là, «pression», là, pour
prêter des intentions. Je vous demande de faire attention. M. le ministre.
M.
Drainville : Bien,monsieur... M. le Président, on n'a pas fait
pression pour que soient retirées les conditions. On a donné au ministère des
Ressources naturelles l'information pour leur démontrer que le risque qui avait
été identifié avait été... Comment dire, j'haïs ce mot-là, là, il avait été...
Une voix : ...
M. Drainville : Oui, merci, très
bon. Ce risque-là avait été mitigé par les mesures qui avaient été prises, et
les mesures qui ont été prises, c'est, pour réduire les risques technologiques,
donc, un procédé conventionnel plutôt qu'un nouveau procédé. À la demande du
gouvernement, il y a eu une entente qui a été conclue entre Nemaska et Livent
pour que l'entreprise puisse bénéficier de personnes qui avaient déjà mis en
place et opéré des usines semblables ailleurs dans le monde.
Le Président (M.
Allaire) : Merci.
M. Drainville : Je vous ai parlé de
la Caroline du Nord, par exemple, là où...
M. Beauchemin : Merci, c'est beau.
Le Président (M. Allaire) : Merci,
M. le ministre. M. le député.
M. Beauchemin : D'accord. Donc, vous
comprenez, M. le Président, ma question, maintenant, devient relativement
beaucoup plus simple. Il y avait des conditions qui étaient facilement atteignables,
qui étaient déjà même prouvées atteignables de par ce qu'on vient d'entendre de
la part du ministre. Donc, le processus était donc le bon. Les employés étaient
donc les bons. On avait tout ce qu'il fallait pour que ça fonctionne. Donc, les
conditions, ils étaient atteignables. Alors, je ne comprends pas pourquoi, si
c'était une barre à atteindre pour y aller de l'avant, on voulait les enlever,
sachant très bien qu'on les avait atteints, ces objectifs-là. Pourquoi enlever
un test simple de vérification quand on sait très bien qu'on va le réussir?
Pourquoi vous avez fait ça?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Drainville : Pour atteindre
les conditions. Les changements dont je parle ont permis de répondre aux enjeux
qui avaient été soulevés par le ministère des Ressources naturelles.
M. Beauchemin : ...ma question
est plus simple. Ma question, c'est... Il y a des conditions, on sait qu'on est
capable de les atteindre, on est... on est capable d'avoir les bons employés
puis le bon processus, vous nous l'avez expliqué, on est capable de le faire.
On a ces conditions-là, on va les atteindre. Mais là il y a eu modification du
rapport des experts pour les enlever, ces conditions-là. On ne voulait plus que
les conditions soient dans le rapport d'expert du ministère des Ressources
naturelles. Ça fait que ma question, c'est : Pourquoi les enlever si elles
étaient atteignables?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Drainville : M. le
Président, le ministère des Ressources naturelles a convenu que les changements
qui avaient été apportés, que j'ai mentionnés, procédé, expertise, tests
ciblés, répondaient aux questionnements, répondaient aux préoccupations qu'ils
avaient émises. Et donc...
M. Beauchemin : Bien, c'est parce
que j'essaie de la...
M. Drainville : ...c'est la fin
de l'histoire à ce moment-là.
M. Beauchemin : J'essaie juste
de... Je vais donner un exemple simple, OK? Pour aller à 10 pieds devant vous,
ça vous prend trois pas de marche. Vous êtes capable de faire le trois pas de
marche pour avancer 10 pieds devant vous. Là, quelqu'un vous dit :
Bien, ça serait conditionnel que tu marches trois pas seulement pour faire ça.
Bien, tu es capable de le faire, donc tu le fais, puis tu ne te poses pas la
question. Là, c'est une condition, on veut l'enlever. Pourquoi? Parce qu'on a
plus confiance qu'on va être capable d'avoir les bons employés? On ne sera plus
capables d'avoir... C'est... La question est relativement simple, là, je veux
comprendre pourquoi qu'on a décidé, une fois qu'on savait que les conditions
étaient atteignables, de les enlever. Parce que c'est comme un minimum à
atteindre, puis le minimum à atteindre, une fois qu'on l'a atteint, on est capable
d'avancer.
M. Drainville : M. le
Président, oui, c'étaient des conditions et ces conditions-là ont été changées
en mesures d'atténuation recommandées.
M. Beauchemin : OK, je vais
poser une question plus simple d'abord. Du point de vue du gouvernement, est-ce
que l'avis favorable avec conditions versus sans condition a eu un impact sur
la décision d'investissement?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Drainville : Alors, M. le
Président, les questions ou les préoccupations qui avaient été exprimées par le
ministère des Ressources naturelles ayant été prises en compte et ayant été
mitigées, comme vous l'avez si bien dit, ça nous a effectivement rassurés, bien
sûr. Donc, oui, ça a été pris en compte.
Le Président (M. Allaire) : M.
le député.
M. Beauchemin : Donc, il y a
eu... Le fait qu'il n'y avait plus de conditions, ça a favorisé
l'investissement.
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Drainville :
Oui, comme je l'ai dit à la réponse précédente, le fait que les risques
identifiés avaient été... qu'on avait
apporté des solutions à ces risques-là, ça nous a confortés dans la décision
d'investir dans l'entreprise, oui.
Le Président (M. Allaire) :
Merci. M. le député.
M. Beauchemin : Bon, alors, les
avis du ministère de Ressources naturelles et Forêts puis votre ministère à
vous et les communications... puis je suis d'accord avec notre collègue, là, de
Québec solidaire, on a eu le même échange avec la ministre responsable des
Ressources naturelles, qui nous a envoyés vers vous pour avoir réponse à cette
question, pourquoi vous refusez de déposer les avis, autant ceux, là, des
communications et des avis qui provenaient du ministère de l'Économie que ceux
qui proviennent du ministère des Ressources naturelles?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Drainville : Comme je l'ai
dit tout à l'heure, M. le Président, cet avis-là ne nous appartient pas, il
appartient au ministère des Ressources naturelles, donc je ne suis pas habilité
à le... à le dévoiler.
Le Président (M. Allaire) : M.
le député.
M. Beauchemin : En fait, ma
question est vraiment plus spécifique, là. Je ne parle pas juste simplement des
avis, je parle aussi des communications, autant au ministère de l'Économie,
Innovation et Énergie que les communications et les avis du ministère des Ressources
naturelles et Forêts. Donc, il y a une partie de ça que vous contrôlez
totalement. Puis l'autre, bien, j'imagine qu'entre ministres on peut se...
surtout que votre collègue, elle nous a envoyés vers vous pour avoir cette
information-là parce qu'elle nous dit que vous l'avez.
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Drainville : M. le
Président, le député de Marguerite-Bourgeoys est issu du monde des affaires, je
pense qu'il comprend très bien qu'il puisse y avoir dans ces documents des
informations de nature commerciale. Et donc ces informations-là sont protégées.
C'est la meilleure réponse que je peux donner. Mais, encore une fois, cet
avis-là n'est pas... ne relève pas du ministère de l'Économie, cet avis-là
appartient au ministère des Ressources naturelles. J'émets l'hypothèse que la raison pour laquelle ces informations-là ne
puissent pas être divulguées, c'est qu'il y a, là-dedans, des
informations de nature commerciale.
Le Président (M. Allaire) :
Merci. M. le député, trois minutes...
• (12 h 10) •
M. Beauchemin : Je vais revenir
là-dessus dans mon prochain bloc, mais là je vais vous parler de la mine
Galaxy. Est-ce que vous êtes au courant de la propriété... la structure de
propriété de la mine Galaxy?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Drainville : Non, je ne sais
pas si on a cette information-là. Si on ne l'a pas, on pourra... on pourra
revenir à la commission avec la réponse. Cela étant dit, il faudra vérifier si
c'est... si cette information-là est publique, si on peut la rendre publique.
Mais ce qu'on... ce qu'on...
M. Beauchemin : Bien, je peux
peut-être... je m'excuse... C'était une question plantée parce que je l'ai, la
réponse, là.
M. Drainville : On m'informe...
on m'informe que la mine est la propriété de Rio Tinto à 100 %.
M. Beauchemin : Exact.
Le Président (M. Allaire) :
Merci. M. le député.
M. Beauchemin : Voilà. Donc, la
mine est une propriété 100 % de Rio Tinto. Whabouchi, ce n'est pas le cas,
n'est-ce pas?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Drainville : ...structure de
propriété que Nemaska.
M. Beauchemin : Exact. Puis,
depuis le dernier...
M. Drainville : Donc, l'usine
et la mine font partie de la même entité, donc l'actionnariat est le même pour
les deux entités.
M. Beauchemin :
Puis, depuis le dernier versement que la CAQ a donné, là, à Nemaska Lithium,
le contrôle maintenant n'est plus celui du gouvernement,
mais celui de Rio Tinto. Est-ce que je me trompe maintenant en disant
ça?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Drainville : C'est Rio Tinto
qui a le contrôle de l'entreprise avec 54 % des actions, et donc 54 %
et de l'usine et de la mine de Whabouchi.
M. Beauchemin : La distance
entre les deux mines, vous la connaissez, M. le ministre?
M. Drainville : Non, je ne la
connais pas, mais, si vous souhaitez nous en informer, ça nous fera plaisir de
vous entendre.
M. Beauchemin : C'est
dans la même faille. Ils atteignent les mêmes minéraux. Ils sont... ils sont
proches, là.
M. Drainville : Encore une
fois, M. le Président, je pense que la distance, ça semble être un élément
important pour le député. Moi, je pense que ce qui est important, c'est la
décision que Rio Tinto va éventuellement prendre, de décider si le spodumène
qui sera utilisé, transformé à l'usine de Bécancour, si ce spodumène proviendra
de Whabouchi ou proviendra de Galaxy. Je pense que ça, c'est important. Et on
va voir quelle sera la décision qui sera prise éventuellement.
M. Beauchemin : Je comprends,
mais le... mais le point que je voulais amener, c'est que vous avez mis de
l'argent dans Whabouchi, puis là, maintenant, bien, ça, c'est sujet à être
contrôlé par Rio Tinto, qui, elle, va évidemment regarder ce qui est plus
payant pour elle. Puis, pour elle, actuellement, c'est plus payant d'exploiter
Galaxy. Donc, c'est de l'argent qui a été mis, puis là, maintenant, on perd
éventuellement le processus de contrôle de ce projet-là de Nemaska Lithium. Et
donc on a mis de l'argent dans quelque chose qui, maintenant, va devenir
secondaire dans la... dans la façon de faire.
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Drainville : Écoutez, M. le
Président, on... je ne peux pas présumer de la décision que prendra Rio Tinto,
mais, chose certaine, nous sommes actionnaire à 46 % de l'entreprise,
alors, si Rio Tinto va de l'avant avec une décision, ce sera sans aucun doute
parce qu'ils pensent que cette décision-là va dans le sens d'une rentabilité
accrue ou d'une plus grande chance de rentabilité. Et donc, si c'est le cas,
éventuellement, bien, on pourra en bénéficier également, de cette décision-là,
puisqu'on est actionnaire de l'entreprise. Mais ne présumons pas, M. le
Président, de la décision qui sera prise par Rio Tinto, qui est l'actionnaire
majoritaire...
Le Président (M. Allaire) :
...M. le ministre. Ça met fin à ce bloc d'échange avec l'opposition officielle.
Donc, il vous restera un bloc tantôt. Donc, avant d'enchaîner avec la députée
de Terrebonne, là, tantôt, M. Gervais et M. le ministre, juste pour être
certain, vous avez parlé de transmettre un document à la commission au niveau
des cibles. Est-ce que c'est un engagement? Parce que nous, on doit assurer le
suivi. Est-ce que j'ai compris que c'était un engagement?
M. Gervais (Mathieu) : Est-ce
que vous voulez qu'on revienne avec un document, ou on pourra revenir
verbalement avec la réponse qui...
Le Président (M. Allaire) : Ce
n'est pas obligé d'être un document, mais, du moins, l'information. Si vous
vous engagez, là, c'est juste pour être sûr, c'est en lien avec le commentaire
de la députée de Verdun.
M. Gervais (Mathieu) : On va
revenir avec l'information, mais on pourra la communiquer verbalement, si vous
voulez bien.
Le Président (M. Allaire) :
Parfait. Merci. Excellent! Mme la députée de Terrebonne, vous avez
17 min 3 s.
Mme Gentilcore : Merci, M. le
Président. Chers collègues, M. le ministre, bonjour. Donc, j'aimerais commencer
avec une chronique qui a été publiée par Francis Gosselin, l'économiste, dans Le
Journal de Montréal tout récemment, puis il a résumé le bilan de votre
gouvernement de manière assez cinglante. Je le cite, il dit : «Sur le plan
économique, jusqu'à la toute fin, François Legault s'est entêté dans une vision
dépassée, où l'État veut tout décider, tout gérer et tout diriger.» Donc, il
recommande, dans cette chronique-là, de cesser de jouer au capitaliste de
risque et de se concentrer sur les PME et sur les vraies priorités, soit la
santé, l'éducation, les infrastructures.
Donc, ma première question pour vous, M. le
ministre, tout simple : Êtes-vous en accord avec M. Gosselin, soit
que la vision économique de votre gouvernement repose sur un mauvais diagnostic
et une mauvaise compréhension du rôle de l'État?
Le Président
(M. Allaire) : M. le ministre.
M. Drainville : Bien, écoutez,
c'est son opinion. M. le Président, moi, je ne vais pas commencer à commenter
chaque chronique de chaque chroniqueur. Je pourrais en trouver avec lesquels je
suis d'accord, puis je pourrais en trouver avec lesquels je suis en désaccord.
Chose certaine, sur la conclusion globale que la politique économique qu'a
menée le gouvernement jusqu'à maintenant... la conclusion, si j'entends bien,
qui serait qu'il n'y a rien de bon là-dedans, évidemment, je suis en désaccord
avec cette conclusion.
Le Président (M. Allaire) : Mme
la députée.
Mme Gentilcore : J'ai lu un
autre article très intéressant la semaine dernière, Marc-André Gagnon, dans Le
Journal de Montréal, vous disiez, et je vous cite, «qu'il faut tirer des
leçons de "l'épisode Northvolt"». J'aimerais savoir précisément
quelles conclusions vous en tirez, concrètement.
M. Drainville : Bien, ce que
j'ai dit dans cette entrevue-là, c'est... j'ai fait référence au risque. Et
donc je pense qu'on s'entend tous, M. le Président, pour dire qu'il y a
certains projets où l'évaluation du risque aurait dû être différente, et Northvolt
en fait partie.
Le Président (M. Allaire) : Mme
la députée.
M. Drainville : Maintenant, si
je peux ajouter ceci, M. le Président...
Le Président (M. Allaire) :
Oui.
M. Drainville : ...parce que
c'est facile de... puis je n'impute pas ce motif à la députée de Terrebonne,
c'est une déclaration, une affirmation que je fais, là, au sens général, sans
viser personne, c'est facile, a posteriori, de jouer aux gérants d'estrade,
puis de dire : Bien, on aurait donc dû. Moi, je suis convaincu, M. le
Président, puis je ne parle pas de Northvolt en particulier, je parle du
développement de la filière des minéraux critiques et stratégiques et de
l'orientation gouvernementale de les transformer chez nous, je suis convaincu
que, peu importe qui aurait été au pouvoir, si ça avait été le PQ, ou les
libéraux, ou un autre parti qui avait été au pouvoir, je suis convaincu que,
l'idée de se saisir de cette occasion de développer une nouvelle filière industrielle
au Québec, je suis convaincu que, peu importe le gouvernement, le gouvernement,
peu importe sa couleur, l'aurait saisie et aurait voulu aller dans cette
direction. Je suis certain qu'un homme comme Bernard Landry, par exemple,
aurait été d'accord avec cette orientation.
Le Président (M. Allaire) : Mme
la députée.
Mme Gentilcore : Cela dit, vous
dites que votre duo avec la première ministre va être moins enclin au risque
que le tandem Legault-Fitzgibbon, ça, ce sont vos mots que je reprends. Je vous
avoue que je suis un peu perplexe parce que, malgré vos sorties quand même
récurrentes pendant la course à la chefferie où vous étiez... vous vous
opposiez à l'interventionnisme de votre gouvernement, bien, vous êtes quand
même... vous vous retrouvez à être le gardien de l'héritage, là... de cet
héritage-là de vos prédécesseurs en tant que successeur à la première ministre,
à l'Économie.
Donc, question facile : Est-ce que la
première ministre vous a donné carte blanche pour gérer le ministère de
l'Économie?
Le Président (M. Allaire) :
Avant votre réponse, M. le ministre, là, Mme la députée de Terrebonne, je vous
rappelle qu'on doit appeler les collègues par leur titre. C'est le député de L'Assomption,
l'ancien premier ministre, mais on doit dire député de L'Assomption. Merci. M.
le ministre.
M. Drainville : Alors, d'abord,
soyons factuels, là, M. le Président. Ce que j'ai dit, moi, pendant la course,
c'est qu'il fallait revoir, effectivement, l'aide aux entreprises étrangères.
Ce sont les mots que j'ai utilisés. Il fallait revoir, donc il fallait se questionner davantage sur l'aide aux
entreprises étrangères et il fallait prioriser davantage les PME. Puis
je dis «davantage» parce qu'elles le sont quand même beaucoup actuellement, là.
Je rappelle que c'est au-dessus de 90 % des interventions d'Investissement
Québec qui ont... qui sont allées à des PME. Il faut quand même le rappeler,
ça, constamment, là, c'est plus de 90 % des interventions qui ont été
faites, qui ont bénéficié à des petites et moyennes entreprises québécoises.
Le Président (M. Allaire) : Mme
la députée.
Mme Gentilcore : Ma question, c'était : Est-ce que la...
est-ce que la première ministre, députée de Sanguinet, vous a donné carte blanche pour gérer le ministre...
le ministère de l'Économie?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Drainville :
M. le Président, un ministre qui a carte blanche, ça n'existe pas. Un ministre
qui travaille avec sa première ministre ou son premier ministre, ça, oui, ça
existe. Un ministre qui travaille avec ses collègues ministres, ça, ça existe.
Un ministre qui travaille avec ses collègues députés, et pas juste les députés
du pouvoir, mais les députés de la Chambre en général, ça aussi, ça existe.
Alors, la première ministre m'a nommé à ce poste parce qu'elle a confiance que
je peux m'acquitter de ces responsabilités. C'est la seule réponse possible.
• (12 h 20) •
Le Président
(M. Allaire) : Merci. Mme la députée.
Mme Gentilcore :
Donc, on peut croire que la politique économique de la CAQ va se poursuivre
dans la même veine que ce qui a été fait par vos prédécesseurs, la députée de
Sanguinet et M. Fitzgibbon, qui, par ailleurs, dans ma compréhension,
semblait avoir pas mal de marge de manoeuvre, lui, dans la direction de son
ministère, mais peut-être que je me trompe.
Donc, depuis que vous
avez pris la charge du ministère, vous avez fait plusieurs annonces... déjà,
c'est exact, des annonces de subventions à des grandes entreprises. Je vous
ai... je vous ai posé la question ce matin, mais je vous la repose. Combien
vous avez distribué à date, depuis le dernier mois, là, depuis que vous êtes
arrivé à l'Économie?
Le Président
(M. Allaire) : M. le ministre.
M. Drainville :
Alors, M. le Président, je n'ai pas le chiffre exact. Si la députée le
souhaite, on peut colliger les chiffres en question et les transmettre à la
commission lorsqu'on... lorsqu'on l'aura fait. Je ne présume pas qu'on puisse
faire ça aujourd'hui, mais je peux m'engager à ce que nous fassions la
recension des différentes annonces qui ont été faites depuis que je suis
ministre, et on pourra transmettre l'information à la commission.
J'ai donné des
exemples en Chambre d'interventions que nous avons faites, et j'en suis très
fier. Je pense que ce sont des interventions qui étaient dans l'intérêt
économique des Québécois. Ce sont des interventions qui, dans certains cas,
sont non seulement... Comment dire? Elles s'appuient sur une analyse rigoureuse
du risque. Elles s'appuient sur la valeur du projet, pas juste sa valeur
économique, mais sa valeur en termes de retombées, en termes de création
d'emplois par exemple, en termes de possibilités d'exportations, en termes de
volonté de préserver des expertises qui sont précieuses dans le domaine
aérospatial, dans le domaine de la transformation des produits du bois, par
exemple. Alors, moi, je suis très fier des interventions qui ont été annoncées
depuis que je suis ministre, et je les assume complètement.
Le Président
(M. Allaire) : Merci, merci. Juste un petit instant, là, j'ai
compris votre engagement de transmettre l'information. J'ai bien compris
tantôt?
M. Drainville :
Sur les annonces que nous avons faites depuis que je suis ministre, on va faire
la recension, M. le Président, et on les transmettra à la commission en temps
et lieu.
Le Président
(M. Allaire) : Excellent! Parfait. C'est validé. Donc, à vous.
Mme Gentilcore :
...232 millions qui ont été distribués dans le dernier mois, donc, ne
lâchez pas, très près de ce que la ministre de l'Économie, votre prédécesseure
faisait, autour de 265 millions par mois, elle, qu'elle distribuait à des
grandes entreprises. Donc, vous me confirmez que, dans les annonces que vous
avez faites jusqu'ici, c'est vous qui avez fait le travail, c'est vos décisions
à vous et ces décisions-là n'étaient pas prises auparavant, là. C'est vous qui
avez décidé de mettre l'argent dans le dernier mois dans ces projets-là, dans
ces entreprises. C'est bien ça?
Le Président
(M. Allaire) : M. le ministre.
M. Drainville :
Alors, c'est une bonne question, M. le Président. De la façon que ça
fonctionne... Alors, oui, c'est vrai que le ministre, à la fin, le ministre est
imputable. Maintenant, l'évaluation qui est faite des projets, elle, ce n'est
pas le ministre qui la fait, cette évaluation. L'évaluation d'origine, ce sont
les experts du ministère qui reçoivent les projets, qui vont faire une
évaluation des retombées du projet, du risque, du type d'aide qui sont
disponibles. Et, au terme de cette évaluation rigoureuse des experts du
ministère, un dossier est présenté au ministre et, dans ce dossier, il y a une
recommandation. Et donc, à la fin, oui, c'est le ministre qui prend la décision
et qui évalue les analyses, qui en discute avec les fonctionnaires. Et puis, à
la fin, c'est le ministre qui prend la décision. C'est comme ça que ça marche.
Donc, il y a quand même... tu sais, on ne fait pas ça sur un coin de table, là.
Dans le cas des dossiers que j'ai approuvés, je pense que c'est important de
terminer avec ça, dans le cas des dossiers que j'ai approuvés, l'analyse de ces
dossiers-là avait commencé avant mon arrivée comme ministre, évidemment.
Le Président
(M. Allaire) :
Merci.
M. Drainville :
...des analyses et des recommandations, et je les ai approuvées puisque les
annonces ont été faites.
Le Président (M. Allaire) :
Merci, M. le ministre. Mme la députée.
Mme Gentilcore :
Donc, deux questions suite à ça, la première question... mais, en fait,
commentaire, question. Nemaska Lithium, dans le cas de Nemaska Lithium,
clairement, les gens en place... le ministre en place n'a pas suivi les recommandations
des experts. Donc, on peut facilement penser que vous avez pu renverser ou
changer certaines décisions malgré les recommandations de vos experts. Est-ce
qu'il y a des décisions que vous avez renversées depuis que vous êtes là ou
des... Est-ce qu'il y a des... certains experts que vous n'auriez pas écoutés
pour aller de l'avant avec certains financements depuis que vous êtes là?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Drainville : Écoutez, M. le
Président, il y a des décisions qui se prennent et qui se concluent par une
annonce publique, à ce moment-là, c'est dévoilé par voie de communiqué.
Parfois, on est sur place, comme c'était le cas avec Wayagamack et Kruger.
Maintenant, il y a... il y a des dossiers qui nous sont soumis et qui font
l'objet d'une analyse, et puis, dans certains cas, on peut décider qu'on ne va
pas de l'avant avec le projet, dans d'autres cas, on va demander des analyses
supplémentaires. Il y a toutes sortes de... comment dire, de scénarios qui sont
possibles, mais je n'irai pas plus loin, M. le Président...
Le Président (M. Allaire) :
Merci.
M. Drainville : ...parce qu'il
y a une part de confidentialité, évidemment, qui accompagne ces délibérations.
Le Président (M. Allaire) :
Merci. Mme la députée.
Mme Gentilcore : Dans ce même
article-là, vous dites que vous allez être plus exigeant envers les entreprises
étrangères. Est-ce que ça veut dire que vos prédécesseurs, notamment la
première ministre, votre prédécesseure à l'Économie, ne l'ont pas été?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Drainville : Non. Moi, je...
M. le Président, là, je suis... je ne suis pas dans le... comment dire, je ne
suis pas là pour juger, je suis là pour agir. J'ai des responsabilités, je vais
m'en acquitter au meilleur de mes compétences et de mes connaissances. J'ai une
très, très bonne équipe, parce que c'est du travail qui se fait toujours en
équipe, soit au niveau du ministère, soit au niveau du cabinet. Et puis les députés
vont pouvoir rencontrer, un peu plus tard aujourd'hui, les dirigeants
d'Investissement Québec qui font... qui sont aussi partie prenante de certaines
de ces discussions et certaines de ces décisions.
Le Président (M. Allaire) :
Merci.
M. Drainville : Et donc c'est
tout...
Le Président (M. Allaire) :
Merci, M. le ministre. Mme la députée.
Mme Gentilcore : J'essaie de
comprendre. En fait, vous faites référence à quoi, là, quand vous dites manque
d'exigence ou être plus exigeant? À quoi vous faites référence précisément?
Donnez-nous des exemples, pour qu'on puisse comprendre, quand vous parlez
d'être plus exigeant.
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Drainville : Bien, elle a
fait... la députée a fait référence, tout à l'heure, à certains dossiers. Moi,
c'est sûr que l'analyse du risque va être au coeur des décisions que je vais
prendre. Alors, ce n'est pas... comment dire, l'analyse du risque comporte des
risques, n'est-ce pas, M. le Président, c'est-à-dire qu'à un moment donné tu
regardes les faits qui te sont présentés et puis tu prends la meilleure
décision. Alors, moi, je vais être très attentif à l'analyse du risque.
Le Président (M. Allaire) :
Merci. Madame...
Mme Gentilcore : ...Northvolt,
c'est bien le projet auquel je faisais référence et dont vous parlez également.
M. Drainville : Bien, force est
de reconnaître qu'avec le recul ce dossier-là a mal tourné. Alors...
Mme Gentilcore : ...
M. Drainville : Qu'est-ce que
vous voulez que je vous dise? Mais, encore une fois, j'en appelle à la prudence
parce qu'il y a beaucoup de... il y avait beaucoup de bon et il y a encore
beaucoup de bon dans la filière batterie. Il ne faut pas jeter le bébé avec
l'eau du bain.
Le
Président (M. Allaire) : Merci.
M. Drainville :
Qu'il y ait eu des erreurs ou...
Le Président
(M. Allaire) : Merci, merci.
Mme Gentilcore :
Northvolt... Northvolt... c'est à mon tour.
Le Président
(M. Allaire) : Merci, M. le ministre.
Mme Gentilcore :
Northvolt, c'est un bon exemple, sauf que la ministre... la première
ministre, en fait, a défendu cet investissement-là bec et ongles. Et vous étiez
vous-même autour de la table au Conseil des ministres alors que cette décision-là a été prise. À plusieurs reprises, j'ai
demandé qu'on rende disponibles les études de McKinsey sur la filière
batterie, pour savoir, pour qu'on comprenne comment ces décisions-là ont été
prises. Est-ce que vous, vous avez consulté ces études-là? Les avez-vous vues?
Puis pouvez-vous me confirmer que vous étiez là, autour de la table, au Conseil
des ministres, quand la décision de Northvolt a été prise?
Le Président
(M. Allaire) : M. le ministre.
M. Drainville :
M. le Président, le principe de la solidarité ministérielle fait en sorte
qu'à la fin nous sommes tous solidaires des décisions qui sont prises par le
gouvernement. Pour ce qui est des études dont elle parle, ce sont des études
qui sont protégées à cause du caractère confidentiel des informations que ces
études contiennent.
Le Président
(M. Allaire) : Merci. Mme la députée.
Mme Gentilcore :
Bien, je comprends, à la limite, que je ne puisse pas les consulter, mais
là, vous, comme ministre de l'Économie, avez-vous pu consulter ces études-là?
Vous dites qu'il y a encore du bon dans la filière batterie, donc j'imagine que
c'est une priorité, pour vous, de les consulter.
Le Président
(M. Allaire) : M. le ministre.
M. Drainville :
Bien, M. le Président, ça fait un mois, là, que je suis en fonction.
Alors, non, je n'ai pas pris connaissance de toutes les études concernant la
filière batterie. Maintenant, je pense que nous pouvons dire qu'il y a un
certain nombre d'investissements qui sont en cours, dans la filière batterie,
qui méritent de... qu'on continue de les appuyer. Nemaska Lithium en est un bel
exemple.
Le Président
(M. Allaire) : Merci. 1 min 20 s.
• (12 h 30) •
Mme Gentilcore :
Donc, je vais rebondir là-dessus, parce que j'essaie encore de déterminer
c'est quoi, la différence entre vous, M. le ministre, et vos prédécesseurs,
puis, à date, je trouve ça assez difficile à cerner. Donc, une facile pour
vous, vous venez de le dire, donc : Nemaska Lithium, vous auriez vous-même
autorisé qu'on ajoute 275 millions cet hiver?
M. Drainville :
Répétez votre question, s'il vous plaît. Enlevez-les sur mon temps, s'il
faut, M. le Président.
Mme Gentilcore :
Oui. Donc, Nemaska Lithium, si je comprends bien votre discours, vous
auriez autorisé vous-même, si vous aviez été ministre à l'époque, qu'on ajoute
275 millions de plus, en février dernier, comme l'a fait votre
prédécesseure?
Le Président
(M. Allaire) : M. le ministre.
M. Drainville :
Question hypothétique, M. le Président. Le dossier est ce qu'il est, et
puis moi, je gère en fonction de la réalité.
Le Président
(M. Allaire) : Mme la députée, 30 secondes.
Mme Gentilcore :
Oui. Nemaska, c'est un projet qui est tellement risqué que même la Caisse
de dépôt a refusé d'y toucher. Est-ce que vous promettez, aujourd'hui,
solennellement, que vous n'allez plus remettre un seul rond de l'argent public
dans Nemaska Lithium?
M. Drainville :
C'est ce que nous avons annoncé, M. le Président.
Le Président (M. Allaire) : Ça
va? Parfait. Merci, Mme la députée de Terrebonne. Alors, on poursuit avec le
dernier bloc de cette séance, ce matin, avec l'opposition officielle. M. le
député de Marguerite-Bourgeoys, la parole est à vous.
M. Beauchemin : Merci, M. le Président. Le ministre des Finances
doit signer les chèques lorsqu'ils sont envoyés. Dans un cas
d'investissement, comme dans Nemaska Lithium, le ministre des Finances doit signer,
c'est une étape essentielle dans... au gouvernement, pour
s'assurer que l'argent puisse sortir. Il autorise, donc... Pour ce faire, il
doit avoir l'information qui lui est
nécessaire... de comprendre le dossier dans lequel il s'implique pour faire l'autorisation,
là, de ce chèque-là. Il nous a dit,
en crédits, la semaine avant la semaine dernière, qu'il n'était pas au courant
des avis négatifs du ministère des Ressources naturelles en ce qui
concerne l'investissement dans Nemaska Lithium. Donc, est-ce que vous considérez ça normal que l'argentier du Québec
n'ait pas toute l'information lorsqu'il autorise une sortie de fonds de l'ampleur
de ce qu'on parle, ici?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Drainville : Bien,
M. le Président. Comme je l'ai indiqué plus tôt, les questions qui ont été
soulevées par le ministère des
Ressources naturelles ont été communiquées au ministère de l'Économie, qui les
a gérées et qui a apporté des éléments de solution. Je pense qu'on l'a bien
géré, ce dossier-là, et puis c'est comme ça que ça fonctionne. À un moment
donné, chacun a sa sphère de responsabilités. Dans ce cas-ci, les sphères de
responsabilités de tous et chacun ont été respectées.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
M. le député.
M. Beauchemin : Merci, M. le
Président. Écoutez, je comprends ce que vous me dites. Chacun... chacun gère sa
fougère, comme disait votre collègue, puis je pense que c'est peut-être la
raison pour laquelle on a des problèmes parfois, n'est-ce pas? Parce que chaque
fougère, peut-être, a besoin d'aide de quelqu'un avec plus d'expertise. Dans le
cas présent, le ministre des Finances a eu la procédure à suivre, qui était de
recevoir la demande du ministère de l'Économie, Innovation et Environnement
pour autoriser la sortie de l'argent. Et donc, la demande d'information,
c'est-à-dire avoir l'information complète, le «sales pitch», si on peut dire,
pour vendre l'idée d'investir dans Nemaska Lithium, la responsabilité de livrer cette
information-là au ministre des
Finances venait du ministère de l'Économie. Donc, ce que le ministre des
Finances nous a dit, c'est que le ministère de l'Économie n'a pas donné toute
l'information au ministère des Finances. Est-ce que vous êtes en désaccord avec
votre collègue des Finances?
Le Président (M. Allaire) : M. le
ministre.
M. Drainville : Tout ce que je peux
dire, M. le Président, c'est qu'au comité d'investissement, donc, du fonds Capital ressources naturelles et énergie, il
y a un représentant du ministère de l'Économie, il y a un représentant
du ministère des Ressources naturelles et il y a un représentant du ministère
des Finances.
M.
Beauchemin : Oui, mais... C'est bien, merci, j'apprécie cette
précision. Cependant, dans cette information-là,
rien n'a été mentionné à propos des
avis contraires des experts au personnel du ministère des Finances. Donc, la
question reste, à savoir : Pourquoi
cette information que vous aviez, que votre... que votre ministère avait n'a
pas été partagée?
Le Président (M. Allaire) : M. le
ministre.
M. Drainville : M. le Président, de
la... de la façon, dis-je, que ça fonctionne, comme c'est le dossier du
ministère des Ressources naturelles, c'est le représentant ou la représentante
du ministère des Ressources naturelles qui porte le dossier, et donc, qui
présente le dossier à ses collègues, au comité d'investissement.
M. Beauchemin : OK. Bien, la
chronologie des événements est intéressante, parce qu'effectivement ça vient du
ministère des Ressources naturelles, les avis contraires à l'investissement
initiaux, là, ça vient du ministère des Ressources naturelles. Ça a été partagé
au ministère de l'Économie, puis, après ça, la demande d'émission de chèque,
elle vient du ministère de l'Économie, puis, là-dedans, il devait y avoir un
transfert d'information pour donner la... l'histoire complète au ministre des
Finances pour qu'il puisse autoriser... Il nous a dit, là, très
clairement : Non, il n'a pas été mis au courant de l'information, qui,
normalement, aurait dû venir de votre ministère.
Donc, ma question, c'est : Est-ce qu'on
reconnaît, ici, minimalement, qu'il y a eu une erreur de transformation...
d'information envers votre collègue pour qu'il puisse avoir toute
l'information... afin de pouvoir écrire un chèque de cette grandeur-là?
Le Président (M. Allaire) : M. le
ministre.
M. Drainville : M. le Président, les
délibérations du comité d'investissement sont évidemment confidentielles, là.
Alors, tout ce que je peux dire, c'est que ce dossier-là a fait l'objet de
discussions au comité d'investissement, et il y avait, autour de la table, un
ou une représentante du ministère des Finances.
M. Beauchemin : OK, donc, ce que
vous me dites, grosso modo, c'est que ce n'est pas de votre faute... de votre
département, pour la raison pour laquelle le ministère des Finances n'avait pas
l'information. Ça vient du ministère des Finances en tant que tel de ne pas
avoir demandé l'information? Ou...
Le
Président (M. Allaire) : M. le ministre.
M.
Drainville : M. le Président, je fais une affirmation qui est
factuelle. L'information qui est factuelle, c'est qu'il y avait, autour de la
table du comité d'investissement, des représentants des trois ministères, dont
le ministère concerné par le dossier, c'est-à-dire le ministère des Ressources
naturelles.
Le Président (M.
Allaire) : Merci. M. le député.
M.
Beauchemin : OK. Bien, écoutez, ce qu'on sait, c'est que le ministre
des Finances n'a pas eu toute l'information. Il s'est même plaint, durant la...
l'étude de crédits, à savoir que cette information-là aurait dû normalement lui
être donnée, mais il ne l'a pas eue. Donc, quelque part à l'intérieur de votre
gouvernement, là, il y a quelque chose qui n'a pas été fait de façon diligente,
permettant ainsi l'émission d'un chèque, là, de plusieurs centaines de millions
de dollars.
Est-ce qu'il y a eu
des analyses d'impact qui ont été faites, par votre ministère spécifique, par
rapport au dernier paiement, là, dans le projet de Nemaska Lithium?
Le Président (M.
Allaire) : M. le ministre.
M.
Drainville : Bien, écoutez, M. le Président, une décision comme celle
qui a été prise, de procéder à un nouvel investissement de concert avec Rio
Tinto, fait évidemment l'objet d'une analyse très rigoureuse par les experts du
ministère.
M.
Beauchemin : Est-ce que vous pourriez partager cette information avec
nous?
M.
Drainville : Non. Cette information-là, M. le Président, comporte des
informations hautement confidentielles, à caractère commercial.
Le Président (M.
Allaire) : Merci. M. le député.
M.
Beauchemin : Si on y va avec le dossier de Northvolt, qui, là,
maintenant, est rendu caduc parce que ça ne vaut plus rien, est-ce que vous
pourriez nous donner l'information qui a... qui vous a amené à faire
l'investissement dans Northvolt?
Le Président (M.
Allaire) : M. le ministre.
M. Drainville : Oui. Bien, il y a un
processus en cours, comme vous le savez, dans le cas de Northvolt,
M. le Président, alors il faut être très, très prudent. C'est un...
c'est un processus à caractère judiciaire, donc il faut être extrêmement
prudent, donc je dois réserver mes commentaires.
Le Président (M.
Allaire) : Merci. M. le député.
M. Beauchemin :
OK. Intéressant. Cependant, vous
êtes au courant que, dans le rapport de la Caisse de dépôt, il y a des explications pour la raison pour
laquelle la caisse, justement, a radié son investissement, la thèse, etc.,
d'investissement et le pourquoi du... de la radiation?
Le Président (M.
Allaire) : M. le ministre.
M.
Drainville : Bien, M. le Président, je note que le président de la
Caisse de dépôt, M. Emond, était présent pour les crédits du ministère des
Finances. Donc, s'il y a une question pour la Caisse de dépôt, je prends pour
acquis que l'honorable député l'a posée au PDG de la caisse, à ce moment-là.
Le Président (M.
Allaire) : Merci. M. le député.
M.
Beauchemin : Vous n'êtes pas au courant que, dans les rapports de la
Caisse de dépôt, spécifiquement en ce qui concerne Northvolt, il y a
l'explication de la raison de la radiation, et tout?
M.
Drainville : M. le Président, tout ce que je peux dire, c'est que,
pour le moment, le prêt terrain de 240 millions a été récupéré à hauteur
de 215 millions, et puis il faudra voir le reste du processus pour
connaître la fin de... comment dire, la fin du processus.
Le Président (M.
Allaire) : Merci. M. le député.
M.
Beauchemin : OK, donc on ne
peut pas avoir accès au processus d'évaluation pour l'investissement de la
part du ministère de l'Économie dans Nemaska.
On ne peut pas avoir accès aux communications entre les ministères au sujet
du dossier de Nemaska Lithium. On ne peut pas avoir les avis d'experts sur le
dossier de Nemaska Lithium venant du ministère des Ressources naturelles ni les avis venant du
ministère de l'Économie. Mais on parle quand même d'un processus, ici, qui nous a coûté
1,2 milliard, puis on a, de l'autre côté, un historique, ici, où on a eu
le même genre de scénario qui a été
fait, par exemple, avec Northvolt, et là on nous dit qu'on ne peut pas partager
parce que c'est en processus légal.
• (12 h 40) •
L'aspect du processus légal, je le donne... je
le donne au ministre. J'avoue qu'effectivement, ça peut... ça peut revenir nous
mordre si, effectivement, on fait couler de la mauvaise information. Ceci
étant, en termes de transparence, M. le Président, là, ici, on est dans
l'opacité, là, parce qu'il y a énormément de questions qui auraient pu être
répondues s'il y avait eu transfert de ces documents-là ou, minimalement,
partage de résumés de ces éléments-là. Toutes les questions que je vous ai
posées dans les trois derniers blocs, si vous aviez eu la gentillesse de
partager cette information-là, on n'aurait pas été en train de parler de ça
pendant deux heures de temps, on aurait eu des
réponses à nos questions. Là, on en arrive à la fin du processus puis on n'a
toujours pas les réponses à nos questions.
Donc, en termes de transparence, en termes de
bonne gouvernance, les meilleures pratiques, c'est l'opacité complète,
malheureusement, puis c'est malheureusement là-dessus que je vais conclure, sur
le dossier de Nemaska. J'ai peut-être quelque chose qui va revenir plus tard,
mais là je vais passer au prochain sujet.
Est-ce que vous êtes au courant de ce que votre
ministère a fait avec la compagnie d'investissement Angus?
Le Président (M. Allaire) : M. le
ministre.
M. Drainville : Je vais demander à
ce que mes fonctionnaires me sortent les documents, M. le Président, mais je
suis à l'écoute.
M. Beauchemin : Est-ce que vous êtes
au courant de ce que votre ministère a fait avec la Société de développement
Angus?
M. Drainville : Non.
M. Beauchemin : Est ce que vous êtes
au courant...
M. Drainville : Est-ce que vous
pouvez... Est-ce c'est possible d'avoir, peut-être, une question un peu plus
précise pour que je puisse demander aux fonctionnaires qui m'accompagnent de
donner des éléments d'information?
M. Beauchemin : Est-ce que vous avez
de l'information en ce qui concerne les activités de votre ministère avec la
Cité Angus infrastructures?
M. Drainville : M. le Président, ça
fait un mois que je suis ministre de l'Économie. Si le député de Marguerite-Bourgeoys
veut me prendre en défaut sur des éléments d'information que je n'ai pas, il
peut s'amuser, il peut s'amuser avec ça, M. le Président. On peut passer le
reste du temps...
M. Beauchemin : Non, mais... Non,
contrairement à...
M. Drainville : ...et je vais lui
répondre. Alors, je ne suis pas là pour jouer une game, M. le Président.
M. Beauchemin : Contrairement aux
intentions...
Le Président (M. Allaire) : C'est
correct. Merci, M. le ministre.
M. Beauchemin : ...je n'ai...
Le
Président (M. Allaire) : C'est beau, c'est beau, c'est beau. Je vous ramène
vers moi. Merci, M. le ministre. M. le député, allez-y.
M.
Beauchemin : Contrairement
aux intentions que le ministre essaie de me faire porter, là, ici, je n'ai
aucunement l'intention de vous mettre en
boîte. J'essaie juste de m'assurer de comprendre ce que vous connaissez. C'est
tout. Si vous ne connaissez pas parce que ça fait juste un mois que vous
êtes responsable de l'économie du Québec, c'est correct, ça se comprend, là,
c'est un gros dossier, puis ce n'est peut-être pas facile d'avoir tous les
éléments en place, là. Mais je vous pose juste une question spécifique :
Est-ce que vous connaissez les implications ou les développements que le
ministère de l'Économie aurait faits avec investissement Angus, Société de
développement Angus, Cité Angus infrastructures,
Cité Angus I, Cité Angus II puis la Société du Patrimoine Angus?
Est-ce que ça vous dit quelque chose?
Le Président (M. Allaire) : M. le
ministre.
M. Drainville : Bien, je connais...
je connais le complexe Angus, mais je n'en connais pas plus sur les
interventions qui ont pu être faites. Et, si vous me permettez, M. le
Président, on va faire les recherches et on pourra donner
des réponses un peu plus précises, mais encore faut-il que les questions le
soient. Jusqu'à maintenant, ce que nous avons...
M. Beauchemin : ...pour savoir...
M. Drainville : ...c'est :
Êtes-vous au courant? Bien, M. le Président, êtes-vous au courant? Oui, je sais
c'est où, Angus, est-ce que... Si le député a des éléments d'information plus
précis pour lesquels il souhaite que nous fassions des recherches, je l'invite
à les clarifier, à les préciser, sinon, on parle pour parler, là.
Le Président (M. Allaire) : Merci,
M. le ministre. M. le député.
M. Beauchemin : On ne parle pas pour
parler, on parle pour poser des questions. J'essaie juste de, vraiment, vous
permettre de vous... de partager l'information. Je vous demande : Est-ce
que vous êtes au courant, oui ou non, si votre ministère, ou quelqu'un dans le
gouvernement, a fait des... a eu des processus d'engagement? Y a-tu des lettres
d'intention? Y a-tu quelque chose qui a été fait, commercial, entre les
sociétés que je viens de vous nommer puis le gouvernement? C'est juste ça que
je veux savoir, oui ou non. Mais prenez votre temps, là, allez chercher ce
qu'il faut pour trouver ça. Mais vous dites que vous connaissez la société
Angus, est-ce que vous connaissez M. Christian...
M. Drainville : ...le complexe
Angus, M. le Président.
M. Beauchemin : OK. Vous êtes allé
faire votre Metro, Provigo au Angus ou vous connaissez la structure.
M. Drainville : Je sais où c'est, je
sais, grosso modo, ce qu'ils ont fait, et puis ça s'arrête là. Si le député a
des questions précises à nous poser sur Angus, je l'invite à les formuler, M.
le Président, parce que, pour le moment, tout ce qu'on a, c'est :
Connaissez-vous Angus? Bien oui, je connais Angus, mais est-ce qu'il peut...
M. Beauchemin : Est-ce que vous
connaissez Christian Yaccarini?
M. Drainville : De nom.
M. Beauchemin : OK. Est-ce que vous
connaissez le fait que M. Yaccarini est impliqué dans la société... les
sociétés mentionnées?
M. Drainville : Vaguement.
M. Beauchemin : Vaguement, d'accord.
Le Président (M. Allaire) : M. le
député.
M.
Beauchemin : Est-ce que vous
êtes au courant qu'avant qu'elle se lance en politique, la première ministre a
travaillé dans les six sociétés que je vous ai mentionnées?
M. Drainville : Je n'étais pas au
courant, non. Est-ce qu'il y a quelque chose de mal là-dedans ou... Si oui...
M. Beauchemin : Bien, je vous pose
la question. Je vous pose la question à savoir si vous étiez au courant ou pas.
Oui, non, «that's it», là, il n'y a pas... ce n'est pas compliqué, là, la
réponse n'est pas... Je n'essaie pas de vous piéger, je vous pose...
M. Drainville : M. le Président, le...
Le Président (M. Allaire) : M. le
ministre.
M. Drainville : Les questions du
député laissent entendre qu'il pourrait y avoir quelque chose de mal...
M. Beauchemin : ...
M.
Drainville : Est-ce que je
l'invite, encore une fois, à préciser s'il y a quelque chose de mal? Est-ce
qu'il y a des éléments préoccupants, inquiétants? Qu'il les formule
clairement, parce que, là, il laisse... C'est des questions enveloppées dans
toute sorte de sous-entendus, et je ne trouve pas ça... je ne trouve pas ça
correct, comme procédure.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Juste... juste faire attention, M. le ministre, pour ne pas prêter des
intentions non plus à votre tour. Donc, M. le député, poursuivez, et je vous
invite, tout le monde, à la prudence. Allez-y.
M. Beauchemin : Oui,
c'est ça, parce que, dans le fond, j'y vais vraiment de façon générale, c'est
comme... tu sais, vous êtes plus apte à répondre que vous n'êtes pas au courant
de l'information qui n'a pas été donnée au ministre des Finances que de
généralement parler de ça. Mais ma question est simple : Êtes-vous au
courant ou pas s'il y a eu des transactions qui auraient été faites entre le
ministère de l'Économie puis ces sociétés-là? Êtes-vous au courant si... que
c'étaient des endroits où est-ce que la première ministre a travaillé? Elle a
été vice-présidente dans toutes ces... administrative, en fait, là, dans toutes
ces sociétés-là. Est-ce que vous êtes au courant de ça, oui, non? Puis c'est
juste ça, je n'ai pas l'intention de vous mettre en boîte, là, je veux juste
savoir si vous êtes au courant.
Le Président (M. Allaire) : 20 secondes,
M. le ministre.
M. Drainville : Bien, pour ce qui
est d'Angus, on était en train de vérifier s'il y a des dossiers qui concernent
Angus et, lorsqu'on aura la réponse, on la communiquera.
Le Président (M. Allaire) : Parfait.
Huit secondes.
M. Beauchemin : ...merci de partager
l'information que vous allez trouver, M. le ministre.
Le Président (M. Allaire) : Parfait.
Merci. Donc, je comprends que c'est un engagement, encore une fois, vous allez
nous partager l'information une fois que vous l'aurez?
M. Drainville : Bien, si on trouve
quelque chose, on le communiquera... on la communiquera.
Le
Président (M. Allaire) : Parfait. Merci, M. le ministre. Donc, on enchaîne
avec le dernier bloc de cet avant-midi, avec la partie gouvernementale. C'est vous, Mme la députée de Labelle,
exact? La parole est à vous pour 11 min 15 s.
Mme Jeannotte : 11 minutes.
Merci, M. le Président. Bonjour, M. le ministre, bonjour aux équipes. Contente
d'être avec vous aujourd'hui. Vous savez, M. le ministre, j'aimerais aborder
l'industrie forestière. On sait qu'au Québec c'est 61 000 emplois
directs. Dans les Laurentides, c'est 3 000 emplois directs et indirects.
On sait le contexte actuel, les tarifs américains touchent le bois résineux,
mais aussi les produits transformés, les armoires, nos meubles. Les surtaxes
gonflent le prix du bois canadien, ce qui nuit à sa commercialisation sur le
marché américain. Donc, on comprend le contexte, fardeau financier combiné aux
droits compensatoires historiques. Ça cause des fermetures d'usines dans nos...
dans nos comtés puis, évidemment, des pertes d'emplois. M. le ministre, le
budget prévoit 104,5 millions sur cinq ans pour abolir la redevance
annuelle. Pourquoi est-ce que cette mesure est importante pour aider nos
entreprises à rester compétitives, M. le ministre?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
• (12 h 50) •
M. Drainville : Oui, pour ce
qui est de la redevance, M. le Président, ça relève du ministère des Ressources
naturelles. Nous, de notre côté, on est en train de mettre en place un
programme, un nouveau programme qui sera doté d'une enveloppe de
60 millions. Donc, c'était au budget et ce nouveau programme sera annoncé
sous peu. Je peux informer... M. le Président, je peux informer ma collègue que
ce programme, donc, qui sera mis en place à court terme, visera notamment à
soutenir les liquidités des entreprises qui ont des projets de transformation,
donc transformation de la fibre bois chez nous. Donc, ça, c'est... c'est un des
objectifs, donc, que poursuivra le programme qui devrait être annoncé sous peu.
Il y a du travail qui se fait présentement au sein du ministère.
Mme Jeannotte : ...uniquement
pour les manufacturiers, ça ne touchera pas les forestiers et les petits... les
petites entreprises. Ça va toucher les manufacturiers uniquement, si je
comprends bien?
M. Drainville : Je ne suis pas... je
ne suis pas en mesure de vous donner tous les détails. Moi, ce que j'ai ici,
c'est que ce sera un soutien qui sera apporté aux entreprises du secteur
forestier.
Mme Jeannotte : Aux entreprises
de façon générale.
M. Drainville : C'est ce que
j'ai ici pour le moment, mais le... En toute franchise, les travaux qui sont
menés présentement sont menés au niveau du ministère et on va éventuellement me
présenter ce programme. On ne l'a pas fait jusqu'à maintenant, donc je ne suis
pas en mesure de vous donner plus d'informations, Mme la députée. Mais, chose
certaine, je suis conscient du fait que le secteur du bois, de façon générale,
traverse des moments difficiles. Ça fait plusieurs années que c'est le cas.
Vous avez vu que... Alors, dans la... c'est une filière très importante, hein?
C'est une filière très importante pour le Québec, puis en particulier pour les
régions. Et puis il y a évidemment toute une chaîne d'approvisionnement dans
cette filière-là, du bois coupé dans nos forêts jusqu'aux produits transformés.
Puis, vous avez vu, sans doute, il y a quelques jours de ça, ça a été confirmé
qu'on avait décidé de prêter main-forte à Bestar, qui est une entreprise, donc,
qui fabrique, justement, des produits du bois. Et donc on est conscients du
fait qu'il y a des entreprises, dans la filière bois, qui vivent des moments
difficiles. Et, dans certains cas, comme dans le cas de Bestar, on va leur
prêter main-forte avec des programmes existants qui servent justement à ça.
Mme Jeannotte :
M. le ministre, j'étais contente, ce matin, de vous entendre, en Chambre,
dire que nous, on regardait en avant puis qu'on n'était pas dans les anciennes
querelles des péquistes puis des libéraux. Donc, ça m'amène à la question
suivante. On sait que le bois, c'est fédéral-provincial, on sait à quel point
la commercialisation, c'est un enjeu, aussi, pour nos entreprises, avec
l'accord de l'ACEUM. M. le ministre, avez-vous entrepris des pourparlers avec
nos collègues du palier fédéral, étant donné l'importance que le Canada joue
aussi sur la scène internationale? Dans un passé plus ou moins lointain, j'ai
eu la chance de travailler avec mes collègues d'Industrie Canada, je ne sais
même plus comment ça s'appelle aujourd'hui, mais est-ce que le palier... est-ce
que vous allez rencontrer vos homologues du fédéral pour travailler sur
l'importance de l'industrie forestière?
M. Drainville : Bien, je vous
dirais, tout l'enjeu de la révision de l'ACEUM, tout l'enjeu des relations
commerciales entre notre... entre le Québec, le Canada et les États-Unis, tout
l'enjeu autour des tarifs, de la guerre tarifaire, tous ces enjeux-là, on s'en
occupe. Hier, j'étais en rencontre avec Mme Janice Charette, qui est la
négociatrice en chef du gouvernement canadien, on a eu une rencontre avec
madame. La première ministre, d'ailleurs, était présente à cette rencontre. La
journée d'avant ou deux jours avant, j'ai participé à une rencontre présidée
par le ministre Dominic LeBlanc, donc, qui est le ministre responsable des
négociations avec le gouvernement américain, avec mes collègues des autres
provinces. Donc, on est très actifs, je vous dirais, dans les discussions qui
concernent la révision de l'ACEUM.
Et puis n'oubliez pas, bien entendu, la
nomination de Mme Louise Blais, qui a été nommée, donc, comme émissaire du
gouvernement du Québec dans le cadre des négociations entourant la révision de
l'ACEUM. Donc, on met, effectivement, beaucoup d'énergie là-dessus, puis il y a
beaucoup de... On est très vigilants, Mme la députée, je veux que vous le
sachiez, on est très vigilants. On a des personnes de très haut calibre qui
sont affectées, je dirais, presque exclusivement ou, en tout cas, très
prioritairement, à ce dossier-là. Il y en a, d'ailleurs, qui m'accompagnent
aujourd'hui. Et donc, on le sait, à quel point c'est important pour le secteur
de la forêt puis, je dirais, pour l'ensemble de l'économie québécoise, et on ne
ménagera aucun effort pour protéger l'intérêt québécois dans le cadre de ces
négociations, l'intérêt économique québécois, et pour assurer la sécurité économique
des Québécois.
Mme Jeannotte : Merci, M. le
Président... M. le Président! M. le ministre. Demain, avec votre collègue
ministre des Régions, j'ai la chance de rencontrer, justement, une entreprise
importante dans mon comté, Crête, pour ne pas les nommer, donc... l'entreprise
Crête, qui emploie des gens dans les Hautes-Laurentides, Mont-Blanc, jusqu'à
Mont-Laurier. Donc, vous êtes donc ouvert à avoir des bonnes discussions,
aussi, avec notre collègue ministre des Régions, maintenant, parce que lui, il
va être interpelé.
M. Drainville : Ah, bien, oui! Bien
sûr.
Mme Jeannotte : Donc, comment vous
allez, donc, faire en sorte que les enjeux qui sont soulevés par votre collègue des Régions vont être pris en compte
par... au niveau économique, par vous, à titre de ministre de l'Économie?
M. Drainville : Bien, moi, j'ai
l'intention de travailler très étroitement avec mon collègue, le ministre
responsable des Régions. On est un gouvernement qui est sensible aux réalités
des régions. On a une très forte députation, dont vous êtes, qui parle au nom
des régions avec force puis avec fierté. Vous vous battez pour votre monde et
vous le faites bien, Mme la députée. D'ailleurs, j'ai lu, si je ne m'abuse,
votre décision, n'est-ce pas? Et je veux juste témoigner du fait que, pendant
toutes les années où je vous ai côtoyée, vous avez été une grande...
défenderesse, devrais-je dire, de votre... de votre monde, de votre région.
Vous avez toujours été extrêmement éloquente, vous n'avez jamais hésité à
prendre la parole, notamment au caucus, et je veux vous féliciter pour le
travail que vous avez fait, madame, comme députée.
Mme Jeannotte : Merci, M. le
ministre.
M. Drainville : Soyez fière de ce
que vous avez fait, des batailles que vous avez menées, et ça a été un plaisir
et un privilège de vous côtoyer, Mme la députée, et je vous félicite pour
toutes les années de service que vous avez données pour les gens de votre
comté.
Mme Jeannotte : Bien, je l'apprécie.
Merci infiniment. Je le prends.
Écoutez, je vous amène à une autre question qui
concerne nos PME, parce qu'effectivement j'ai eu la chance de travailler en
développement économique régional dans une autre vie aussi, avant d'être
députée. J'aimerais comprendre l'enjeu de la réduction du taux d'imposition
pour nos PME, là, qu'a annoncé notre première ministre, pour les
75 000 PME. En quoi cette mesure vient amener un signal fort, là,
pour nos entrepreneurs québécois? La fameuse réduction du taux d'imposition,
là, pour nos 75 000 PME.
M. Drainville : Oui, bien, je vous
rappelle, effectivement, 75 000 PME qui vont obtenir une baisse
d'impôt. Ce qu'on a fait, c'est qu'on a... on a diminué le taux d'imposition
des PME. Il avait déjà été diminué, de 4 % à 3,2 %, et là, on a
annoncé, donc, une autre diminution, de 3,2 à 2,2 %. Donc, ça va
effectivement donner une bouffée d'oxygène à nos entrepreneurs. Puis ça fait
partie, je vous dirais, de l'approche générale de la première ministre depuis
qu'elle est en poste, c'est-à-dire, elle cherche, par tous les moyens, à donner
de l'oxygène à notre économie, puis à nos entrepreneurs,
puis à nos consommateurs, aussi, on l'a vu ces derniers... ces derniers jours.
Donc, on est conscient que les temps sont difficiles, on est conscient du fait
qu'on vit un moment de grande incertitude économique. Et donc ce qu'il faut,
dans ce temps-là, c'est se faire confiance et il n'y a personne de mieux placé,
pour prendre les bonnes décisions d'affaires, que les entrepreneurs
eux-mêmes. Donc, l'idée de leur faire confiance et d'essayer d'en laisser le
plus possible dans leurs poches, je pense que c'est la bonne approche. De la
même manière que c'est une bonne approche que d'alléger le fardeau
réglementaire, ça, on a l'intention de le faire de plus en plus, on l'a déjà
fait beaucoup, mais on veut continuer à le faire. Il y aura d'ailleurs une...
des annonces qui... on va procéder à certaines annonces très prochainement qui
vont marquer notre volonté, donc, de continuer à alléger le fardeau
réglementaire. Et puis on a posé des gestes, aussi. Moi, quand j'étais à
l'environnement, comme vous le savez, j'ai déposé une nouvelle façon de...
d'évaluer, de faire l'évaluation environnementale, hein, une procédure
accélérée pour le BAPE, sans abaisser les exigences environnementales. Donc,
c'est une philosophie de notre gouvernement, de notre équipe, et on va
continuer dans cette direction, Mme la députée.
Le Président (M.
Allaire) : Merci. Merci. M. le ministre. Ça met fin à cet échange avec
la partie gouvernementale.
Donc, comme vous
voyez, compte tenu de l'heure, la commission suspend ses travaux jusqu'à
15 heures. Merci, tout le monde.
(Suspension de la séance à
13 heures)
(Reprise à 15 h 04)
Le Président
(M. Allaire) : Alors, à l'ordre s'il vous plaît! Nous allons
reprendre les travaux.
Je vous rappelle que
la commission est réunie afin de poursuivre l'étude du volet Économie des
crédits budgétaires du portefeuille Économie, Innovation et Énergie pour
l'exercice financier 2026-2027.
Donc, avant de
débuter, vous allez me permettre de saluer quelqu'un qui est dans la salle,
M. Alexis Letarte, qui vient de la belle grande Mauricie, mais qui est
amoureux de politique depuis toujours. Honnêtement, déjà au secondaire, il était
très impliqué au niveau de la politique, je suis sûr qu'un jour on va le
retrouver ici comme élu. Donc, salutations, mon cher.
Une voix :
...
Le Président
(M. Allaire) : Oui, convaincu. M. le député de Marguerite-Bourgeoys,
on commence avec vous. 18 min 8 s, donc on y va, la parole est à
vous.
M. Beauchemin :
...Bien, écoutez, je pense qu'il y a eu... il y a eu un petit sondage qui a
été fait par mon collègue député de LaFontaine hier, lorsqu'il discutait avec
votre collègue de l'Emploi, M. le ministre, et puis on voulait savoir, dans le
même ordre d'idée, dans un contexte où, éventuellement... on souhaite tous que
ça n'arrive pas, mais, s'il y allait un jour avoir un gouvernement du PQ,
est-ce que votre intention, M. le ministre, serait d'être dans le camp du oui
ou dans le camp du non?
Le Président
(M. Allaire) : M. le ministre.
M. Drainville :
Dans le camp de : On n'en veut pas et il n'y en aura pas s'il n'en
tient qu'à la Coalition avenir Québec. Les Québécois n'en veulent pas. Et,
honnêtement, retourner en arrière... On sait que vous, en tout respect, vous,
du Parti libéral, ou encore la députation du Parti québécois aimerait bien nous
ramener dans le passé. Vous avez... vous avez changé le pouvoir pendant 50 ans
sur cet enjeu-là, vous avez fait campagne là-dessus, vous avez gagné des
élections sur le référendum. Moi, je pense que les Québécois sont ailleurs. Et
nous, de la Coalition avenir Québec, on regarde en avant et on veut construire
l'avenir du Québec.
Le Président
(M. Allaire) : Merci.
M. Drainville :
On ne veut pas retourner dans les chicanes de référendum.
Le Président
(M. Allaire) : Merci, M. le ministre. M. le député.
M. Beauchemin :
Merci. On se parle entre nous, là, c'est juste entre nous, là, ce n'est
pas... il n'y a pas personne... Puis tu sais, je comprends ce que vous dites,
je ne veux pas nous ramener en arrière. Parce qu'en disant ça, ça m'a fait
penser à quelque chose que j'ai vu sur YouTube qui était vraiment délicieux, un
plaidoyer que vous avez fait, en fait, il n'y a pas si longtemps, si le Québec
était indépendant. Je pense, ça dure à peu près 15 minutes...
Le Président
(M. Allaire) : ...
M. Beauchemin :
Non, je ne mettrai pas le son.
Le Président (M. Allaire) : OK,
c'est beau.
M. Beauchemin : J'essaie de
juste retrouver l'image, là, pour être sûr de ma source. Effectivement, c'est
sur YouTube, si le Québec était indépendant, selon Bernard Drainvlle... bien,
selon le ministre de l'Économie actuel, mais ça, c'était à l'époque. Ceci
étant, votre plaidoyer était fantastique, l'argumentaire émotif, c'était
vraiment poignant, puis, bien, c'est ça, je me posais la question. Aujourd'hui,
donc, si je comprends bien, là, vous faites partie du camp qui ne veut pas
s'identifier quel bord, c'est ça?
Le Président (M. Allaire) : M. le
ministre.
M. Drainville : Je fais partie
du camp nationaliste et fier nationaliste, qui l'a toujours été, et qui pense
que ce moyen de faire avancer les intérêts de notre nation, ce moyen est
maintenant bouché parce que la vaste majorité des Québécois n'en veulent pas.
Et donc il faut trouver d'autres voies pour faire avancer l'intérêt de la
nation, l'intérêt économique, l'intérêt culturel, l'intérêt énergétique, les
valeurs aussi qui nous sont chères. Et je pense que, la voie du nationalisme, donc d'un Québec fort à l'intérieur
du pays, oui, c'est la bonne voie, et j'y crois sincèrement, M. le député
de Marguerite-Bourgeoys. Et je soupçonne qu'il y a un petit côté nationaliste
chez vous, que vous cachez bien, malheureusement, mais je pense que vous auriez
intérêt à le montrer davantage, et nous, on aurait intérêt à le découvrir
davantage. Votre...
M. Beauchemin : Bien, écoutez...
M. Drainville : ...votre petit
vernis nationaliste, M. le député, peut-être qu'on le découvrira un jour.
Le Président (M. Allaire) : Faites
attention. M. le ministre, vous prêtez des intentions. M. le député, allez-y.
M. Beauchemin : Mais,
fondamentalement, mon nationalisme économique passe par un fédéralisme assumé.
Pour moi, la vision du développement prospère du Québec a très, très, très,
infiniment, à long terme, c'est dans un Canada
uni et fort qui nous permet d'utiliser le levier d'un océan à l'autre pour
faire prospérer l'ensemble de nos PME. Moi, c'est ça qui me fait vibrer.
Mais je comprends votre origine puis je la respecte, je n'ai aucun enjeu avec
le projet que vous portiez cher jadis, mais c'est pour ça que... Je n'ai aucun
doute, si jamais un jour, on était dans un scénario malheureux où ce serait le
PQ qui serait au pouvoir puis qu'il aurait le mandat d'aller de l'avant avec un
référendum coûte que coûte, moi, je sais de quel bord je loge. C'est certain
que moi, je vais voter non à un référendum péquiste sur la séparation du
Québec. Il n'y a aucun doute dans mon coeur, aucun doute dans ma tête.
M. Drainville : Mais vous n'aurez
pas besoin.
M. Beauchemin : Mon entourage, dans
son ensemble, pense de la même façon, on a tous vu la croissance économique du
Québec s'améliorer par la fédération canadienne. Donc, il y a aucun doute dans
mon coeur, dans ma tête, que c'est comme ça que je le vois.
Ça fait que c'est pour ça que je me pose la
question. Imaginons ce scénario catastrophique, est-ce que je peux vous compter
comme un allié? Est-ce que vous seriez de mon bord à moi pour faire en sorte
qu'on puisse garder, justement, le Québec dans ses leviers? Est-ce que vous
seriez de mon côté?
• (15 h 10) •
M. Drainville : Vous pouvez compter
sur moi d'être un allié pour tout ce qui va faire avancer le Québec sur tous
les... sur tous les fronts, sur tous les plans. Moi, là, je vous le dis, M. le
député, là, puis, oui, on est dans un petit échange politique ici, là, on n'est
pas naïf, ni l'un ni l'autre, mais je vous le dis, là, puis je sais qu'il y en
a que ça fait sourciller quand je le dis, là, mais, sincèrement, là, moi, là,
si vous me demandiez de résumer la raison pour laquelle je fais de la
politique, là, je fais de la politique par amour pour le Québec. Puis je veux
laisser à mes enfants et à mes petits-enfants un Québec qui est fort, un Québec
qui est francophone, un Québec qui offre des perspectives d'avenir formidables.
Un Québec dans lequel notre économie est tellement belle que nos gens n'ont pas
besoin de sortir du Québec pour se réaliser, ils n'ont pas besoin d'aller à
Toronto, à New York et à Boston, ils peuvent devenir les meilleurs au monde
dans... peu importe le choix qu'ils vont faire. Puis c'est ça, le Québec, tu
sais.
Puis moi, je nous trouve tellement choyés de
vivre dans une société comme le Québec, je veux vraiment faire ma part pour le
laisser dans un État encore meilleur que celui dans lequel j'en ai hérité. Et
c'est ça, notre mission, c'est ça, notre mission.
Le Président (M. Allaire) : Merci, M.
le ministre.
M. Beauchemin : On va se... on va se
porter le drapeau du Québec tous ensemble dans quelques instants, j'en suis
certain.
M. Drainville : Bientôt.
M. Beauchemin :
Mais même le député président de notre... de notre commission actuelle, et
vous, et moi, et tous les élus qui sont ici au Parlement du peuple, on a tous
une seule mission ensemble, c'est de s'assurer, justement, qu'on aide tous les
Québécois. Donc, peu importe le projet politique qu'on porte, là, on a toutes
les mêmes intentions.
M. Drainville : Mais je suis
d'accord, je pense qu'on est tous animés par le même désir puis la même volonté
de faire grandir le Québec puis de le renforcer sans cesse. Là où on diffère,
c'est sur les moyens, mais l'objectif, l'objectif...
M. Beauchemin : Bien, je suis
d'accord... je suis d'accord avec vous là-dessus, je pense que, justement, sur
ce que vous disiez, de faire que ce ne soit pas une obligation pour des
Québécois d'aller s'expatrier à l'extérieur pour s'épanouir comme individu, je
suis plus réaliste que vous là-dessus, dans le sens que, peu importe le pays
sur la planète, il y a énormément d'expériences gratifiantes d'aller vivre des
expériences à l'extérieur de sa nation pour ramener cette expérience à
domicile.
Et donc moi qui ai vécu plusieurs années à
l'extérieur du Québec, j'en suis très fier, de pouvoir amener cette
expérience-là au Québec, ce que j'ai fait avec plaisir pour l'institution pour
laquelle je travaillais, pour ma famille, pour mes amis et mes collègues puis
pour le Québec dans son ensemble. Je pense...
M. Drainville : Chez quelle
institution, d'ailleurs? Vous étiez avec une banque, hein, c'est ça?
M. Beauchemin : Oui, j'étais dans
une banque canadienne. On ne fait pas de publicité ici.
M. Drainville : Ah non! on ne peut
pas.
M. Beauchemin : Mais, ceci étant,
j'ai quand même travaillé à l'extérieur, puis je pense que c'est bénéfique pour
tous d'aller s'ouvrir, d'aller voir ce qui se passe à l'extérieur pour revenir
au Québec. Donc...
M. Drainville : Ah! oui, oui, oui.
Oui c'est ça. Bien, je l'ai fait aussi, hein?
M. Beauchemin : Puis je pense que de
travailler avec l'idée comme quoi que notre objectif, c'est de faire en sorte
qu'on n'ait plus besoin de faire ça, je trouverais ça malheureux, le jour où on
en arriverait là, honnêtement, parce que ça nous ferme des portes sur,
justement, l'expérience des cultures autres que la nôtre, puis cette
expérience-là nous ouvre l'esprit à accueillir les cultures différentes. C'est
pour ça que je trouve que c'est important de pouvoir rester ouvert à ça. Mais,
ceci étant, est-ce que c'est un oui? Donc vous me dites oui, là, finalement,
là.
M. Drainville : Je pensais avoir
donné une bonne réponse là-dessus, mais vous faites bien de m'inviter à faire
une... à apporter une précision. De s'expatrier pour aller apprendre, pour
devenir encore meilleur puis revenir encore plus fort, ça, je suis d'accord
avec vous, c'est une excellente force. Ce que j'essayais de dire, peut-être que
je me suis mal exprimé, c'est d'être obligé de sortir du Québec pour se
réaliser parce que le Québec ne nous offre pas suffisamment de carrières, par
exemple, dans le milieu des affaires, dans le milieu des sciences, dans le...
peu importe, le milieu culturel. Ça, ça, je trouverais ça très, très dommage.
Mais de sortir du Québec pour aller faire quelques années à l'étranger puis
revenir puis être encore mieux outillés, ça, évidemment, c'est une grande...
c'est un grand avantage.
M. Beauchemin : Il y a des limites
naturelles à la nation québécoise, la population, le chiffre, le nombre en
étant une. Je ne pense pas que Céline Dion aurait été capable de se réaliser de
la même façon si elle n'avait pas été, justement, à l'international. Donc, il y
a plusieurs contre-argumentaires qu'on peut se donner comme ça, mais le point
étant que le monde reste divisé par pays encore, le monde reste divisé par
nation, puis c'est comme ça, c'est comme ça que c'est fait. Il y a énormément
d'expérience et de valeur ajoutée à aller piger dans ces expériences-là pour
les ramener au Québec.
Dans un contexte plus micro...
M. Drainville : Est-ce que je peux
me permettre, M. le député, avant que vous enchaîniez avec un autre thème, j'ai
la réponse sur Angus. Est-ce que vous souhaitez que je vous la livre?
M. Beauchemin : Allez-y, allez-y.
Absolument.
M. Drainville : OK, alors je
voulais... je vous livre un petit écrit, là, qui m'a été transmis. Alors, donc,
topo aides financières Angus, des aides ont été versées à la fin des
années 90 et au début des années 2000. Le gouvernement actuel a
autorisé les aides financières suivantes : 2020-2021, une subvention de
396 000 $ accordée pour l'embauche d'un chargé de projet pour une
période de deux ans pour le développement de la Zone d'innovation en santé de
l'Est, subvention couramment versée. C'est 27 subventions qui ont été
versées pour l'ensemble des projets de zone d'innovation, donc l'une de ces
subventions était pour la zone de développement... la Zone d'innovation en
santé de l'Est. Ce qui a été réellement dépensé, finalement, c'était
287 585 $. La convention s'est terminée le 31 juillet
2022... La convention s'est terminée le 31 juillet 2022. Ça, c'était pour
2020-2021. Ça achève. 2021-2022, une subvention de 48 500 $ a été
versée pour le développement d'un plan d'affaires en lien avec le développement d'un sous-projet de la Zone
d'innovation de santé de l'Est. Sommes réellement dépensées sur le
48 500 $... la somme réellement dépensée a été de
21 388 $.
M.
Beauchemin : Bien, merci beaucoup. Merci pour ces précisions. Alors,
dans un autre ordre d'idée, vous connaissez le programme de développement
économique pour l'aide à la redynamisation des territoires, connu sous le nom
de DÉPART?
M.
Drainville : On m'a dit que ce programme était sous la responsabilité
d'Eric Girard, donc le ministre délégué. Il a ses propres crédits, non,
M. Girard?
Une voix :
...
M.
Drainville : Ils sont déjà passés? Ah, OK. Donc, ça relevait de mon
collègue, M. le député.
M.
Beauchemin : Ah! bon.
Des voix :
...
M.
Drainville : Je ne sais pas... Allez-y avec la question, je vais
essayer d'y répondre au mieux, mais...
M.
Beauchemin : OK, bien, écoutez, je vais...
M.
Drainville : J'ai deux ministres délégués, alors, évidemment, je dois
déléguer, hein?
M.
Beauchemin : D'accord. Alors, bien, écoutez, dans un contexte, là, où
est ce que je veux vous donner le temps, là, pour vous familiariser d'abord
avec le programme... Autant durant votre course, là, à la chefferie que ce qui
a été mentionné, là, par la suite par la première ministre, il y a l'intention,
au gouvernement, là, d'aider, justement, à redynamiser nos PME à l'extérieur
des grands centres pour aider, là, dans l'ensemble des 17 régions
économiques, là, du Québec, puis il y avait un programme qui s'appelait le programme
DÉPART, qui avait été lancé sous votre gouvernement, qui était repris d'un
programme qui existait au préalable, et puis que ce programme a été, là, amputé
de 50 % par rapport à son financement initial qui, lorsque... je pense,
votre prédécesseur, qui est maintenant première ministre, l'avait mis en place,
c'était 75 millions, et puis là, maintenant, c'est rendu
50 millions... excusez, 50 %, donc 37,5 millions qui a été mis
en action. J'aimerais savoir si vous étiez au courant de ça, la réduction, là.
Le Président (M.
Allaire) : M. le ministre.
M.
Drainville : M. le Président, le sous-ministre a une réponse pour
nous.
M.
Beauchemin : Oui. Allez-y. Consentement.
Le Président (M.
Allaire) : ...M. Gervais, allez-y.
M. Gervais
(Mathieu) : Oui. Donc, le Programme DÉPART, il y a eu des sommes
additionnelles annoncées au dernier budget, donc c'est 20 millions de
dollars additionnels qui a été annoncé pour les trois prochaines années. Il y
avait des sommes résiduelles des enveloppes précédentes d'un peu plus de
5 millions, là, je n'ai pas le chiffre exact, pour un total de
25 millions de dollars qui pourront être engagés dans les trois
prochaines années. Vous avez raison que, dans les années précédentes, donc les
trois années précédentes, il y avait 75 millions de dollars de prévu.
C'est 48 millions qui avaient été réellement dépensés sur l'enveloppe
disponible de 75 millions.
M.
Beauchemin : Puis, si je comprends le principe comment ce programme-là
fonctionne, il y a un plan de trois ans qui est mis en place, puis, après ça,
on revisite, puis on décide ce qu'on fait. Puis là on a revisité puis on a
décidé de faire que, ce plan-là, DÉPART, pour les trois prochaines années, vous
allez prendre ce qu'il reste dans ce qui n'a pas été utilisé, si j'ai bien
compris, mais que, maintenant, ce qu'il reste plus ce que vous voulez accorder,
le total est donc maintenant de 25 millions $?
M. Gervais
(Mathieu) : Oui. La façon que ça fonctionne, les crédits ne sont pas
reportables d'une année à l'autre. Donc, il
y avait déjà un 5 millions de prévu pour l'année en cours, donc 2026-2027,
et puis il y a eu une allonge budgétaire qui octroyait des crédits
additionnels de 20 millions de dollars sur trois ans, pour un total
de 25.
M. Beauchemin : OK. Donc, si je comprends
bien, maintenant, on a trois ans devant nous avec 25 millions $.
M. Gervais
(Mathieu) : Ce qui est actuellement prévu, c'est ça.
M. Beauchemin : C'est ça. Puis, si
on recule il y a trois ans, ce qui était prévu pour ce même programme là,
c'était 75 millions $.
M. Gervais (Mathieu) : Oui, exact.
• (15 h 20) •
M. Beauchemin : Donc, on a coupé du
deux tiers, finalement, là, le programme. Il y a-tu une raison qui explique
pourquoi qu'on est passé de vouloir aider à redynamiser le territoire avec une
aide de 75 millions, puis là, maintenant, on est rendu avec une aide de
25 millions? C'est parce qu'on... Parce que, tout récemment, on entendait
qu'on voulait, justement, accélérer, en mettre plus, en faire plus pour aider
les régions, puis là, bien, force est de constater qu'on coupe du deux tiers de
ce qu'on faisait avant, puis là on est rendu avec seulement 25 par rapport à ce
qui était 75 avant. J'essaie juste de voir si, un, je comprends bien le problème,
puis, deux, si c'est bel et bien le cas, là. Parce qu'autant ma collègue, là,
du Parti québécois a posé comme question, ce matin : Comment se fait-il
qu'on se dit le gouvernement des régions, mais là, finalement, on coupe du deux
tiers l'aide? J'essaie de comprendre. C'est-tu vraiment ça qu'on a fait?
Le Président (M. Allaire) : M. le
ministre, une minute.
M. Drainville : Merci. Bien,
écoutez, il y a de nouveaux programmes, M. le Président, il y a de
nouveaux programmes qui ont été créés, il y a des nouveaux programmes qui ont
été créés avec le plan PME 2025-2028, qui a été annoncé en juin 2025. On
parle quand même d'investissements de près de 500 millions plus une
enveloppe budgétaire de 45 millions qui avait été annoncée en novembre
2025 dans le cadre de la mise à jour. Il y a eu également des programmes qui
ont été annoncés, comme le programme chantier productivité, le programme
panorama également, toujours en 2025, pour faire face à la crise des tarifs.
Donc, oui, il y a eu des diminutions dans
certains programmes, mais il y a eu des nouveaux programmes qui ont été créés
pour venir en aide aux PME et qui sont dotés de moyens financiers
significatifs.
Une voix : ...
M. Beauchemin : 12 secondes. Je
vais revenir dans ma prochaine période.
Le Président (M. Allaire) : Parfait.
Merci. Ça met fin à ce bloc d'échange avec l'opposition officielle. Donc, on
enchaîne avec la députée de Terrebonne. Vous avez 12 min 27 s,
la parole est à vous.
Mme Gentilcore : Merci, M. le
Président. Bonjour, M. le ministre. Parlons un peu de productivité au Québec.
Donc, selon le Centre sur la productivité et la prospérité de HEC Montréal, le
Québec est un des cancres en Occident en ce
qui concerne la productivité. En 2023, chaque heure travaillée au Québec
générait en moyenne 18,80 $ de moins que la moyenne des
19 principales économies de l'OCDE. Il y a juste trois pays qui ont fait
pire que nous autres, c'est le Japon, la Nouvelle-Zélande puis la Corée du Sud.
Après sept ans au pouvoir, pouvez-vous m'expliquer comment ça le Québec est
incapable de rattraper la productivité des pays occidentaux?
Le Président (M. Allaire) : M. le
ministre.
M. Drainville : Oui. Bien, d'abord,
je vais me permettre d'aller à l'essentiel, puis, par la suite, on pourra avoir
une discussion un petit peu plus complète. Je l'ai utilisé en Chambre tout à
l'heure, mais je pense que c'est utile, pour le vaste public qui écoute ces
délibérations, de voir le tableau ici. Alors, ça, c'est la croissance de la
productivité du travail, donc la valeur des biens et services produits divisée
par le nombre d'heures travaillées pour les produire. Dans le secteur des
entreprises, entre 2018 et 2024, regardez ça, là, c'est quand même formidable,
de 2018 à 2024, la productivité, dans le reste du Canada, a augmenté de
0,4 %, en Ontario, elle a augmenté de 0,2 %. Regardez ça, au Québec,
8,4 %.
Il y avait un
écart de productivité... Écoutez ça, Mme la députée de Terrebonne, parce que
vous n'allez peut-être pas vous en féliciter parce que c'est nous qui
sommes au pouvoir, mais, comme Québécoise et fière Québécoise dans votre coeur,
vous allez vous dire : C'est vraiment fantastique. Il y avait un écart de
productivité du travail, avec l'Ontario, qui était de 8,1 % en 2020, donc
un écart de 8,1 % de la productivité du travail en 2020. Bien, quatre ans
plus tard, Mme la députée de Terrebonne, l'écart entre le Québec et l'Ontario
est de 1,1 %. Vous vous rendez compte?
Mme Gentilcore : Bien, c'est sûr
que, quand on part, là...
M. Drainville : C'est... Alors, ça,
c'est quoi? Ça, c'est le fruit de quoi? Comment on en arrive là? On investit
dans la robotisation, dans l'automatisation, donc dans des machines, des
machines plus performantes. Il y a des programmes, comme le programme ESSOR,
qui sont vraiment fantastiques pour ça. On investit, évidemment, dans la
formation, on investit dans le numérique. Tu sais, il y a toutes sortes de
conditions qui font qu'on a obtenu ce gain. Alors, vous
avez raison de dire qu'on a encore beaucoup de travail à faire, parce que, oui,
il y a un immense retard, puis un retard,
soit dit en passant, Mme la députée, qui ne date pas d'hier. Pendant toutes les
années où le Parti québécois a été au pouvoir, il y avait ce retard.
Mme Gentilcore : Où vous étiez,
d'ailleurs.
M. Drainville : Il y avait ce
retard, puis même chose pour les... quand les libéraux étaient là. C'est un...
honnêtement, là, le retard en productivité, le Québec le traîne depuis très,
très longtemps. Le Canada le traîne également en relation avec les États-Unis.
C'est vraiment... Il y a quelque chose de structurel dans le tissu économique
québécois et canadien qui fait qu'on a ce retard-là et on peine à le surmonter.
Quoique, comme vous le voyez, dans le cas du Québec, on a quand même connu des
gains intéressants.
Mme Gentilcore : C'est sûr que,
quand...
Le Président (M. Allaire) : ...
Mme Gentilcore : Merci, M. le
Président. C'est sûr que, quand on se compare au pire, c'est facile de dire
qu'on est les meilleurs, mais reste que les faits sont là, on est... il y a
seulement trois pays qui sont pires que nous actuellement, le Japon, la
Nouvelle-Zélande, la Corée du Sud. Donc, encore beaucoup de travail à faire au
niveau de la productivité. Vous reconnaissez, quand même qu'on arrive, bon...
M. Drainville : Ah, non! bien ça,
ça, il faudrait voir les chiffres, parce qu'il y a toutes sortes de façons de
faire des tableaux de comparaison, là. Mais ce que je reconnais, c'est ce que
je vous ai montré. Ça, je le reconnais, qu'on a connu une formidable croissance
de notre productivité en relation avec l'Ontario, qui reste quand même notre
principal partenaire commercial. Donc, ça, c'est...
Mme Gentilcore : Merci, je vais...
M. Drainville : ...ça, c'est une
belle avancée.
Mme Gentilcore : ...je vais passer à
un autre sujet. L'explosion des créances douteuses, donc dans le budget de
dépenses par portefeuille de votre propre ministère, là, la ligne Créances
douteuses, autres provisions et pertes explose littéralement. Elle passe de 483 millions de
dollars, en 2025-2026, à 808 millions de dollars pour l'exercice de
2026-2027. On passe presque du simple au double. Donc, si je comprends bien,
là, vous prévoyez déjà perdre 808 millions d'argent des contribuables en
créances douteuses cette année? C'est bien ça?
Le Président (M. Allaire) : M. le
ministre.
M. Drainville : Là, quand vous
parlez de créances douteuses, est-ce que vous parlez du Fonds de développement
économique, le FDE, là, ou le...
Mme Gentilcore : Donc, je parle de
la ventilation par supercatégories dans votre budget des dépenses. Il y a une ligne, qui est très claire, qui parle de
créances douteuses, autres provisions et pertes. Et, à cette ligne-là, pour
2025-2026, vous êtes à 483 millions, et pour 2026-2027, vous êtes à
808 millions. Comment vous expliquez ça? Ça veut dire que votre ministère
a déjà prévu perdre 800 millions de dollars cette année, dans des
créances douteuses, on s'entend, là, c'est le titre de la ligne.
Le Président (M. Allaire) : M. le
ministre.
M. Drainville : Est-ce que vous
avez...
Mme Gentilcore : Je peux vous le
donner, hein.
Des voix : ...
M. Drainville : Si vous parlez, Mme
la députée, si vous parlez de ces sommes qui sont, par exemple, provisionnées
pour d'éventuelles pertes dans un... par exemple, un prêt qui est fait par
l'État, et que ce prêt-là, finalement, est remboursé, bien, à ce moment-là, la
créance qui a été inscrite, elle est effacée... enfin, elle est ce qu'on
appelle renversée. Alors, ça, il y a beaucoup de ça dans les fameux calculs,
là, de pertes ou de créances, là. Il faut faire très, très attention avec ces
chiffres-là parce que... Par exemple, dans les pertes, on calcule les
subventions. Bon, bien là, écoutez, quand on donne une subvention à une
entreprise, quand on décide, en vertu du... par l'entremise du FDE, dis-je, de
donner une subvention dans le... comment dire, selon les règles comptables,
c'est considéré comme une perte. Bien, ce n'est pas une perte, c'est une
décision politique. Tous les gouvernements l'ont fait, nous aussi, on le fait.
C'est un instrument qui était à notre disposition.
Le Président (M.
Allaire) : Merci.
M. Drainville : On décide de l'aide
à apporter à une entreprise. Ça peut être des prêts avec intérêt, sans
intérêt...
Mme Gentilcore : Je vous remercie,
je vous remercie beaucoup. Je vais passer...
Le Président (M. Allaire) : Merci,
merci, M. le ministre. Merci.
Mme Gentilcore : À mon sens, la
forme la plus opaque de soutien gouvernemental, puisqu'on parle de soutien
gouvernemental opaque, c'est les prêts pardonnables. Dans la population, en ce
moment, prêts pardonnables, je vous le dis, là, ça équivaut à subvention,
costumée parce qu'elle porte une moustache, elle porte un chapeau, mais on l'a
reconnue, c'est encore une subvention. Donc, si une entreprise échoue ou ne
crée pas les emplois promis, bien, l'État efface sa dette avec l'argent des contribuables.
J'aimerais ça savoir si vous avez consenti à des prêts pardonnables depuis que
vous êtes en poste, M. le ministre.
Le Président (M. Allaire) : M. le
ministre.
M. Drainville : Il faudrait voir...
il faudrait revoir les différents dossiers. Je peux vous revenir avec ça. De
toute façon, on doit revenir à la commission pour les annonces qui ont été
faites depuis que je suis à l'Économie. Donc, si vous me permettez, M. le
Président, on ajoutera un point de ventilation pour les aides, on ajoutera les
montants en prêts pardonnables s'il y en a eu. Donc, on ajoutera l'information
pour laquelle on s'est déjà engagé envers la commission, M. le Président.
Le Président (M. Allaire) : Parfait.
Merci. Je vais juste le redire. Donc, je comprends bien que c'est un
engagement. Exact?
M. Drainville : Oui, oui. C'est un
engagement.
Le Président (M. Allaire) : Parfait.
Merci. Mme la députée.
• (15 h 30) •
Mme Gentilcore : Bien, je vais être
intéressée par la réponse, parce que, si vous avez octroyé des prêts
pardonnables, le 29 avril dernier, en point de presse, la première
ministre a dit qu'il y aurait moins de prêts pardonnables, que ce seraient
seulement des exceptions, mais en restant très floue sur les raisons qui justifieraient
d'accorder ces exceptions-là. Donc, si vous avez accordé des prêts pardonnables
ou si vous avez l'intention d'en accorder
dans le futur, j'aimerais savoir, selon vous, c'est quoi, les critères précis
pour pouvoir accorder un prêt pardonnable.
Le Président (M. Allaire) : M. le
ministre.
M. Drainville : D'abord, je partage
la position de la première ministre. On vise à offrir moins de prêts
pardonnables à l'avenir.
Maintenant, pour répondre à votre question, Mme
la députée, je vous dirais, les règles qui encadrent les décisions de donner un
prêt pardonnable... Comment je vous dirais bien ça? Ce qui nous guide dans nos
décisions, que ce soit pour les prêts pardonnables, que ce soit pour les prêts
avec intérêt au marché, que ce soit de l'équité, que ce soit des débentures
convertibles ou pas, dans tous les cas de figure, Mme la députée, ce que
nous... ce que nous tentons de faire, c'est de prendre la meilleure décision
possible pour permettre au projet de se réaliser, tout en minimisant le coût
pour le contribuable.
Alors, j'insiste là-dessus, prendre les
meilleurs moyens possibles pour le... pour que le projet se réalise, ça ne veut
pas dire qu'on va appuyer tous les projets qui nous sont soumis, alors
évidemment pas, parce qu'on n'a pas les moyens d'appuyer tous les projets.
Mais, à partir du moment où on a décidé qu'un projet était, par exemple, dans
l'intérêt économique du Québec, qu'il allait créer des emplois, qu'il allait
favoriser le renforcement du tissu industriel, qu'il était dans un secteur
névralgique, bref, on décide que l'État sera partenaire d'un dit projet, après
ça, il faut trouver le meilleur moyen...
Le Président (M. Allaire) : Merci.
M. Drainville : ...le meilleur
équilibre pour que le projet, oui, se réalise, parce qu'il est dans l'intérêt
du Québec qu'il se réalise, mais au meilleur coût possible pour...
Le Président (M. Allaire) : Merci,
M. le ministre. Merci. Mme la députée.
Mme Gentilcore : Donc, toujours très
flou. On ne sait pas quels sont les critères resserrés pour octroyer des prêts
pardonnables. Vous ne savez pas si vous en avez accordés jusqu'ici, puis il
faudra... et vous n'êtes surtout pas fermés à en octroyer d'autres. C'est ce
que je comprends. Je vais vous amener sur un dernier sujet...
M. Drainville : ...Mme
la députée de Terrebonne, c'est... nous allons en... nous allons en accorder
moins, mais nous ne souhaitons pas écarter d'emblée toute forme de prêt
pardonnable, parce que ça se peut qu'à un moment donné il y ait des projets
pour lesquels c'est justifié.
Mme Gentilcore : Selon quels
critères?
M. Drainville : Bien, je vous ai...
je vous l'ai dit. Il y a des... il y a des projets par moment qui... on ne peut
juste pas passer à côté. C'est juste des projets qui sont trop importants pour
l'avenir économique du Québec. Et donc, parfois, il faut regarder le mixte
d'aide financière et, parfois, oui, ça peut devenir un instrument qui va nous
permettre de... comment dire, d'attirer l'investissement. Alors, il ne faut pas
se fermer à ça. La... notre... mon état d'esprit...
Mme Gentilcore : J'ai une
dernière question pour vous.
M. Drainville : ...mon état
d'esprit, c'est d'en... de diminuer le nombre, d'en diminuer la valeur, mais je
ne veux pas être dogmatique dans mon approche. Je pense qu'il faut rester
pragmatique dans l'approche.
Le Président (M. Allaire) :
Merci. Mme la députée.
Mme Gentilcore : Ottawa vient
de créer le fonds souverain du Canada, doté d'une dette de
25 milliards de dollars pour s'ingérer dans l'économie du Québec.
Comme vous le savez trop bien, le Québec possède déjà ses propres leviers,
hein, avec la CDPQ, le fonds des travailleurs. On n'a pas besoin d'une
structure fédérale centralisatrice de plus. Donc, je me demandais, sous le
parapluie, avec ce beau décor, est-ce que vous avez pu formellement exiger
d'Ottawa un droit de retrait avec pleine compensation financière pour le Québec?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre, une minute.
M. Drainville : Bien,
voyez-vous, là, vous parlez de l'annonce à Nouveau Monde Graphite sous la pluie
battante, où j'ai partagé mon parapluie avec le premier ministre pour lui éviter
le déluge. Je pense que ça s'appelle le savoir-vivre, ça. Ça aurait été
quelqu'un d'autre qui aurait été à mes côtés que j'aurais partagé mon parapluie
avec lui ou avec elle. Alors, certains ont tenté d'y voir un symbole politique.
Honnêtement, j'ai trouvé ça un peu... un peu enfantin, je vais dire, pour
utiliser un terme un petit peu poli.
Cela étant dit, Nouveau Monde Graphite,
voyez-vous, c'est un excellent exemple, une mine de graphite, on va transformer
le graphite ici, au Québec. Donc, c'est ça qu'on veut, un minerai critique, qui
est stratégique, on va le miner chez nous puis on va le transformer chez
nous...
Mme Gentilcore : Donc, pas de
retrait du fonds souverain...
M. Drainville : ...et c'est le
fruit d'un...
Mme Gentilcore : ...pas de
retrait du fonds souverain canadien.
M. Drainville : ...et c'est le
fruit d'un partenariat avec le gouvernement fédéral...
Mme Gentilcore : Aucune
négociation avec Ottawa. Enregistré, enregistré. Merci.
M. Drainville : ...c'est le
fruit d'un partenariat avec le gouvernement fédéral...
Le Président (M. Allaire) :
...je m'excuse, non.
M. Drainville : ...il ne faut
pas se priver...
Le Président (M. Allaire) :
Non, non, non. C'est sûr que, si vous parlez en même temps, ça ne fonctionnera
pas, là. De toute façon, le temps est écoulé avec la députée de Terrebonne. Donc,
on enchaîne avec l'opposition officielle. M. le député de Marguerite-Bourgeoys,
la parole est à vous.
M. Beauchemin : Merci, M. le
Président. J'ai... en fait, j'ai remarqué votre tableau, là, sur la
productivité. Puis, c'est drôle, ça me rappelle votre ancien collègue Pierre
Fitzgibbon, qui nous amenait ça. Parce que, vous savez, vous la connaissez, le
concept même de l'économie, M. le ministre, là, la productivité d'une nation se
mesure dans son ensemble. Donc, évidemment, lorsqu'on prend une partie pour
parler qu'il y a eu des gains de productivité dans un secteur d'activité de
l'économie puis pas ailleurs, bien, on peut parler de ça, puis c'est correct,
et on est capable de dire que tel secteur de l'économie va mieux que d'autres,
etc., etc.
M. Drainville : ...du travail
pour l'ensemble de l'économie, M. le... M. le député.
M. Beauchemin :
Oui, d'accord. Alors donc, la page...
M. Drainville : On convient,
hein, on convient, vous et moi, que c'est une... Il y a... Enfin, on pourrait
avoir un débat, là, d'experts, là, mais c'est une... c'est un des... une des
variables les plus importantes, là, pour évaluer une performance économique, la
productivité, là, comme créateur de richesse dans une économie, là, c'est pas
mal au sommet de la pyramide, là, la productivité du travail.
Le Président (M. Allaire) :
Merci. Merci, M. le ministre. M. le député.
M. Beauchemin : C'est mon
cheval de bataille depuis quatre ans, vous m'avez sûrement entendu parler à vos
prédécesseurs à plusieurs reprises à ce sujet...
M. Drainville : ...entre nous,
là, comme vous disiez, tout à l'heure, là.
M. Beauchemin : Bien, c'est
parce que je veux vous amenez ailleurs, parce que votre... vous réduisez la
question simpliste en ce moment. La page E.17 de votre collègue des
Finances, dans son budget de cette année, démontre
que, depuis le temps que moi, je suis ici, là, depuis 2022, la productivité au
Québec, dans son ensemble, a fait un
recul de 1 % au total, donc point... un quart de 1 % en moyenne par
année, de 2022 à cette année. Page E.17 du budget du ministre des
Finances de la Coalition avenir Québec déposé au mois de mars.
Donc, cette mesure de la productivité est la
mesure de productivité utilisée par tous les économistes lorsqu'on parle de
productivité d'une nation. Dans le cas de votre collègue ministre des Finances,
il le démontre bel et bien, à la page E.17, que le Québec, en fait, depuis
quatre ans, a reculé en termes de productivité. J'ai eu la même conversation
avec votre collègue Pierre Fitzgibbon, parce que M. Fitzgibbon prenait lui
aussi seulement la photo de... le côté industriel du Québec. Donc, je voulais
juste remettre les pendules à l'heure, là, ici, là.
Vous voyez la différence? Parce qu'évidemment,
la composante qui manque dans votre raisonnement, pour en arriver à la
page E.17, est-ce que vous savez c'est laquelle?
M. Drainville : Là, j'ai la
réponse à la question, M. le Président.
M. Beauchemin : Allez-y.
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Drainville : Moi, je... ici,
je parle de la productivité des entreprises.
M. Beauchemin : Oui, c'est ça.
M. Drainville : Le chiffre qui
est utilisé par mon collègue ministre des Finances inclut le secteur public.
M. Beauchemin : Exact, mais les
économistes, lorsqu'ils parlent de la productivité d'une nation, ils incluent
la productivité des entreprises. Si on suivait votre même logique, on
regarderait la productivité des Américains par rapport à la productivité des
Québécois, la productivité des entreprises ontariennes par rapport aux
entreprises québécoises. Ce n'est pas le même chiffre que ce que vous avez là.
Parce que le chiffre que vous avez pour la productivité des entreprises
ontariennes inclut la productivité du gouvernement. Donc, ma question à vous...
M. Drainville : On m'indique
que non, M. le député.
M. Beauchemin : Bien, ma
question à vous... Parce qu'évidemment il y a un secteur technologique aussi
avancé que le nôtre, en Ontario, là, je... je sais où l'erreur a été faite,
malheureusement. Le point que je veux dire, simplement, là, c'est que, quand on
regarde la composante étatique dans le calcul de la productivité, ça veut dire
quoi? Ça veut dire que, si on a eu un gain de 8 % avec les entreprises...
M. Drainville : Oui, 8,4 %,
oui, pour les entreprises, oui.
M. Beauchemin : ...OK, avec les
entreprises...
M. Drainville : Selon Statistique
Canada, en passant. Oui.
• (15 h 40) •
M. Beauchemin : ...exact. Ça
veut dire quoi? Ça veut dire qu'on a une perte de productivité de 8,4 %.
Si, supposons, que la somme de tout est zéro, on a une perte de 8,4 % de
la productivité de l'État. C'est ça que ça veut dire. Et l'État, il est
gouverné par la Coalition avenir Québec.
Alors, juste pour remettre les choses en perspective,
je trouve que c'est un terrain difficile d'aller dire qu'on est fiers que les
entreprises vont bien. Oui, on est fiers que les entreprises aillent bien,
qu'ils fassent des gains, mais c'est une game qui est...
M. Drainville :
...parce que ce sont les entreprises qui créent la richesse.
M. Beauchemin : ...c'est une
game qui est relative. Bien, le gouvernement est un frein à la croissance du
Québec, parce que, justement, il y a un recul de productivité de l'État du
Québec. Alors, ça, c'est quelque chose que vous disiez même, vous, dans votre
campagne au leadership.
M. Drainville : Alors, ce qu'il
faut faire, à ce moment-là, c'est le rendre plus efficace, n'est-ce pas?
M. Beauchemin : Absolument. Et
ça fait huit ans que vous avez les deux mains sur le volant.
M. Drainville : Oui. Alors,
écoutez, il y a du travail à faire pour l'efficacité. Vous savez qu'on a quand
même... avec Mme la Présidente du Conseil du trésor, on a quand même mis en
place des mesures qui vont nous permettre de diminuer le nombre d'équivalent
temps complet, donc, si on veut résumer, le nombre de fonctionnaires, hein,
dans l'État, au sein de l'État québécois. Et puis il y a d'autres mesures qui
vont nous permettre de diminuer le nombre de fonctionnaires progressivement,
beaucoup par attrition, c'est vrai, mais, quand même, on est engagés dans
cette... dans cette opération-là.
Puis, par ailleurs, bien, vous avez raison de
dire, M. le député de Marguerite-Bourgeoys... en fait, vous ne le dites pas,
mais je pense que c'est là que vous allez, je pense qu'on va devoir être
meilleurs aussi avec tout ce qui est informatisation de l'État québécois, hein?
Il y a eu des... il y a eu des projets qui ont malheureusement mal tourné, on
s'entend là-dessus, mais il ne faut pas abandonner pour autant.
Puis, vous savez, moi, j'étais là comme député
d'opposition, exactement à peu près là où vous êtes assis aujourd'hui, du temps où M. Couillard était
ministre de la Santé, et puis moi, j'étais porte-parole à la santé. On est en
2007, 2008, et il me promet que le dossier de santé du Québec va être
déployé, c'est incessant, il va respecter le budget.
Vous allez voir, M. Drainville,
tout va bien aller, fiez-vous sur moi, le bon Dr Couillard. Bien, madame... M.
le Président, on est en 2026, 20 ans plus tard, et puis,
malheureusement, la numérisation, l'informatisation du secteur de la santé
n'est toujours pas complétée, hein?
Le Président (M. Allaire) :
Merci. Merci, M. le ministre.
M. Drainville : Il y a des projets...
Le Président (M. Allaire) : ...
M. Drainville : ...du DSN, là,
il faut le dire, là, ça va bien, là.
Le Président (M. Allaire) :
Merci.
M. Drainville : Les deux
vitrines, ça va superbien.
Le Président (M. Allaire) : Merci,
merci, merci, M. le ministre.
M. Drainville : ...
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre, merci. J'essaie...
M. Drainville : ...
Le Président (M. Allaire) : Je
vous ai... On vous a compris, M. le ministre, mais là j'essaie d'équilibrer le
temps. M. le député de Marguerite-Bourgeoys, la parole est à vous.
M. Beauchemin : Merci, M. le
Président. Donc, le député... le ministre de l'Économie est donc d'accord avec
nous que la gestion des huit dernières années n'a pas trop aidé au niveau des
gains de productivité de l'État. On va donner ça au ministre, il a raison
là-dessus.
Revenons à DÉPART, donc, DÉPART, qui est
évidemment un ensemble... la réponse, si je comprends bien, c'est que vous
avez, encore une fois, utilisé le terme... non, vous n'avez pas utilisé le
terme «bouquet», mais vous avez utilisé le terme... il y a d'autres mesures qui
ont été mises en place, là, pour... pour aider les entreprises en région, si je
comprends bien. Et puis...
M. Drainville : ...
M. Beauchemin : Exact. Mais ce
qui m'amène à comprendre... Parce que, là, on parle de la productivité de l'État, on parle de la productivité des
entreprises, on parle que les gains de productivité... Bien là, vous n'avez
peut-être pas l'information spécifique, là, mais les gains de
productivité sont localisés dans les plus grands donneurs d'ordres, majoritairement, si j'ai bien compris. Ça fait que,
moi, ce que je veux juste éclairer avec vous, si c'est possible, M. le ministre, il y a quand même une hécatombe qui se crée,
actuellement, malheureusement, dans le secteur manufacturier. Puis on est
rendus, là, au Québec, où est-ce qu'on a eu plusieurs malheureuses fermetures,
un nombre en centaines d'emplois, juste cette année, là, qui a été perdu, que
ce soit dans la région d'Orford, Saint-Narcisse, Berthierville, Sainte-Croix,
etc. C'est triste, mais malheureusement c'est la réalité.
Est-ce que vous pouvez nous en dire plus sur
comment, justement, cette panoplie de programmes que vous dites que vous avez
mis en place, là, pour aider les entreprises plus vulnérables... comment se
fait-il que ça a amené cette vague-là de mises à pied, à travers le Québec?
Comment se fait-il qu'on ait perdu, dans la dernière année,
129 000 emplois au Québec?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Drainville : ...alors, vous
avez raison de dire que le secteur manufacturier est touché par la conjoncture
économique et commerciale que nous vivons, par la guerre tarifaire, donc, que
nous a imposée l'administration américaine. Alors, il faut travailler pour
augmenter la productivité de notre secteur manufacturier. On a des programmes très performants qui existent, notamment
le programme Essor, qui vise justement à... qui finance, en fait,
l'automatisation, la robotisation.
Moi, je vais vous dire, M. le député de
Marguerite-Bourgeoys, là, j'ai beaucoup d'entrepreneurs, comme vous le savez, à
Lévis, là, c'est une zone économique extrêmement forte, qui connaît une très
forte croissance depuis plusieurs années, là. Puis si vous saviez le nombre
d'entreprises que j'ai visitées où on m'a dit : Grâce au programme Essor,
j'ai réussi à acheter un robot, j'ai réussi à automatiser mon entreprise, j'ai
amélioré ma productivité. Alors, ça, il faut continuer à le faire.
On a un autre programme, également, le programme
PARESAU. Ça, c'est des prêts d'urgence, dans le fond, pour des secteurs
stratégiques. Bon, puis là il faut faire une évaluation, évidemment, il faut...
il faut décider : Est-ce qu'on y va? Est-ce qu'on n'y va pas? Mais c'est
un autre programme qui existe, qui vise, justement, à venir en aide à nos
entreprises, manufacturières, en particulier, pour les aider à passer au
travers, donc, d'une phase un peu plus difficile. Donc, on a des programmes qui
existent, qui sont très performants, on en a créé d'autres, également,
notamment pour favoriser l'exportation. Puis je vais vous dire juste un petit
chiffre, comme ça, en passant, là, je sais que vous aimez ça, les chiffres,
vous, là, là, mais si vous saviez... C'est quand même formidable, là, nos
exportations, là, en 2005, ils ont connu une baisse de presque 7 % vers
les États-Unis, mais nos exportations vers les Pays-Bas ont augmenté de 104,7 %,
nos exportations vers l'Inde, 24,5 %...
Le Président (M. Allaire) :
Merci...
M. Drainville : ...l'Allemagne,
21,7 %.
Le Président (M. Allaire) :
Merci...
M. Drainville : Ça, c'est
notamment du manufacturier, ça.
Le Président (M. Allaire) : Merci,
M. le ministre. M. le député.
M. Drainville : ...
M. Beauchemin : ...merci, M. le
Président.
Le Président (M. Allaire) :
...juste, M. le ministre. M. le député, allez-y.
M. Beauchemin : Juste...
M. Drainville : ...
M. Beauchemin : Bien, c'est correct, on pourra avoir une
conversation après, dans le bar, si ça vous tente, là, mais juste pour
finir là-dessus, là, la réponse, là, que les gens à la maison doivent savoir,
sur ce que vous venez de donner comme statistiques, c'est que la très grande
majorité de nos exportations sont encore aux États-Unis. Puis, lorsque vous
dites qu'on a augmenté de 100 % avec les Pays-Bas, là, ou je ne sais pas
si j'ai la bonne statistique, là... mais, 100 % du... d'un chiffre qui est
extrêmement petit par rapport à ce qu'on a perdu avec la... le marché
américain, il n'y a rien là-dedans qui compense un puis l'autre, là. Au total,
les exportations du Québec, elles ont-tu augmenté dans leur ensemble, hein?
Est-ce que vous pouvez me répondre à cette question-là? Est-ce que les
exportations au total, du Québec, du secteur privé... est-ce qu'elles ont
augmenté dans leur ensemble? Parce que vous nous donnez des chiffres magiques,
là, ça augmente de 100 %, 80 % de ça, avec des petits joueurs, puis
on perd beaucoup, évidemment, aux États-Unis. Mais, dans l'ensemble, là,
l'économie du Québec, est-ce qu'elle a augmenté ses exportations l'an passé?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Drainville :
En 2025, les statistiques démontrent un recul, au global, là, un recul de
2,2 % des exportations totales...
M. Beauchemin : Bien, voilà.
M. Drainville : ...en raison
surtout de la baisse de 6,9 % de nos exportations vers les États-Unis.
Voilà.
M. Beauchemin : Exact.
M. Drainville : Mais je le
sais...
M. Beauchemin : C'est là le
point que j'essaie de dire. Ça fait que je comprends... je comprends votre
vitalité à nous donner les bons résultats avec les...
M. Drainville : ...diversifier.
M. Beauchemin : Bien, il faut
absolument diversifier, mais la solution, elle passe aussi par un accord de
libre-échange avec les Américains, la solution passe aussi, d'ailleurs, avec
une diversification des marchés, mais je veux juste remettre les pendules à
l'heure pour les gens qui nous écoutent, parce que, s'ils ne font qu'entendre
un terme en pourcentage, isolé de l'image complète, ils ne comprendront pas,
là. C'est important de leur donner l'image complète. Donc, il y a eu une baisse
des exportations.
M. Drainville : Au net, vous
avez raison.
M. Beauchemin : On parle de
l'hécatombe dans le secteur manufacturier.
M. Drainville : Bien,
attendez... M. le Président, si vous me permettez, M. le député...
Le Président (M. Allaire) :
Allez-y.
M. Drainville : ...vous avez
raison, moins 6 milliards, moins 6 milliards en valeur d'exportation
vers les États-Unis, mais plus 3,6 milliards sur les autres marchés sur la
planète. Alors, vous avez raison de dire, au net, c'est négatif, c'est vrai,
mais, écoutez, quand même, tu sais, on fait face à un mur tarifaire, là, enfin,
sur certaines industries, du moins.
M. Beauchemin : On...
M. Drainville : Sur certaines
industries, là, l'acier et l'aluminium, là, c'est... écoutez, là. Alors... mais
on réussit quand même... en une année, on a réussi à augmenter de
3,6 milliards nos exportations vers le reste de la planète. C'est quand
même un beau résultat.
Le Président (M. Allaire) : Merci,
M. le ministre. M. le député.
• (15 h 50) •
M. Beauchemin : Écoutez, je
vais... je vais vous laisser vous croire dans ce que vous dites, là. Le point
ici, que j'essaie de ramener depuis le début, c'est que le secteur
manufacturier en arrache au Québec, OK? Vous avez fait une panoplie de nouveaux programmes, de nouvelles promotions
d'idées, de programmes gouvernementaux à la CAQ, pour dire : On
prend soin de nos entreprises, et tout. Combien, vraiment, en avez-vous sauvé?
On a un recul, vous le dites, au net, dans les milliards de dollars
d'exportations vers le reste de la planète, puis vous faites un paquet de
programmes, mais combien d'entreprises avez-vous sauvées?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Drainville : Regardez, là,
juste les baisses d'impôt, juste avec les baisses d'impôt, on va aider
75 000 PME, OK, juste avec les baisses d'impôt. On a...
M. Beauchemin : ...
Le Président (M. Allaire) : ...
M. Drainville :
Oui. Non, mais...
Le Président
(M. Allaire) : ...
M. Drainville :
...il faut quand même...
Le
Président (M. Allaire) : M. le ministre.
M. Drainville :
Moi, je vous donne du détail, là, je vous donne du détail, là. On a un
programme pour contribuer aux exportations, là. C'est fantastique, ce
programme-là, là. On l'a mis sur pied puis on l'a reconduit tellement il était
populaire. On a créé un nouveau programme aussi, le programme Panorama, qui
prête aux entreprises qui veulent se diversifier, hein? On les aide donc à
soutenir leur stratégie de diversification. On a... Alors, je vous ai parlé du
programme Essor, bien, le programme Essor...
Le Président
(M. Allaire) : Merci.
M. Drainville :
...on a augmenté le financement du programme Essor.
Le Président
(M. Allaire) : Merci, M. le ministre.
M. Drainville :
On fait...
Le Président
(M. Allaire) : Merci, M. le... merci, M. le ministre. M. le
député.
M. Beauchemin :
M. le ministre, ce n'est pas des détails que vous me donnez, là, ce que vous me
donnez, là, c'est des données qui sont disponibles sur le site du gouvernement,
que n'importe qui qui a un ordinateur à la maison est capable d'arriver avec la
même information. Moi, ce que je vous pose comme question, là : Avez-vous
sauvé une entreprise depuis que vous, vous êtes là, depuis que vous, vous êtes
là? Avez-vous sauvé une entreprise depuis que vous, vous êtes là? Là, moi, je
ne vous demande pas des détails, là, des statistiques qu'on peut... n'importe
qui à la maison avec un ordinateur est capable de trouver, là, je vous
demande : Avez-vous une entreprise, un nom d'entreprise que vous, vous
avez sauvée depuis que vous, vous êtes là, depuis 42 jours?
M. Drainville :
...contribué à sauver? Bien oui, Bestar.
M. Beauchemin :
Racontez.
M. Drainville :
Bien, Bestar, c'est une entreprise, donc, qui est active dans le milieu du
meuble, une entreprise de Lac-Mégantic qui a une longue histoire et qui
s'inscrit, donc, dans la chaîne d'approvisionnement, donc, des produits du
bois. Donc, ils fabriquent des produits qui sont très recherchés et qui sont
très appréciés. Ils ont vécu une crise de liquidités. Ils se sont retrouvés,
donc, dans un processus de liquidation. Il y a eu des investisseurs qui se sont
manifestés pour reprendre l'entreprise, et nous avons signifié qu'il y avait un
programme, le PARESAU, celui dont je vous ai parlé tout à l'heure. Et donc ce
programme-là va contribuer à la relance de l'entreprise.
M. Beauchemin :
Donc, de...
M. Drainville :
C'est un exemple très concret, 125... Enfin, s'ils réussissent à reprendre le
rythme de croisière qu'ils avaient, ils pourraient revenir à 125 emplois.
C'est un très bel exemple de... je dirais, d'intervention ciblée, intelligente
dans un secteur stratégique.
Le Président
(M. Allaire) : M. le député.
M. Beauchemin : Donc,
de tous les programmes que vous avez mis en place, que le gouvernement de la
CAQ a mis en place... il y a eu Bestar qui a été sauvé dans l'ensemble
de tous les programmes?
M. Drainville :
...vous m'avez demandé depuis que je suis là. Moi, ça fait un mois.
M. Beauchemin :
Bien, dans la période de temps depuis que vous, vous êtes là.
M. Drainville :
Non, non, mais ça fait un mois que je suis là, M. le député, s'il vous
plaît...
M. Beauchemin :
42 jours.
M. Drainville :
...ça fait un mois. Combien?
M. Beauchemin :
42 jours.
M. Drainville :
Oui, mais... Oui. OK. 42 jours.
Le Président
(M. Allaire) : Une minute.
M. Drainville :
Alors, en 42 jours, j'ai été actif sur plusieurs fronts. Si vous
voulez, je peux vous faire la... comment dire, la longue description de tout ce
qu'on a fait. Il y a beaucoup de choses qui ne sont pas encore visibles, tout le travail qu'on fait au niveau du militaire,
au niveau de la défense, par exemple. Vous n'en avez pas beaucoup entendu
parler, mais on fait du travail très
important à ce niveau-là. On fait du travail sur les dossiers énergétiques. Je
comprends que ça déborde le cadre de cette commission, mais il y a des grands
chantiers au niveau de l'énergie qui requièrent notre attention. On y
travaille. On travaille pour livrer la planification énergétique sur
25 ans. On travaille sur le repreneuriat.
On travaille sur l'allègement réglementaire. On a travaillé sur beaucoup de
choses en une quarantaine de jours.
Le Président
(M. Allaire) : ...
M.
Drainville : Demain... ce soir, je pars pour Ottawa pour aller au
grand salon CANSEC, le salon de la défense et de la sécurité, pour aller justement...
Le Président
(M. Allaire) : Merci.
M. Drainville :
...parler aux entreprises, pour leur dire qu'au...
Le Président
(M. Allaire) : Merci. Merci. Cinq secondes, M. le député.
M. Beauchemin :
Juste pour vous dire que, je vous avais dit tantôt, je ne voulais pas
revenir sur Nemaska, mais je vais revenir sur Nemaska dans le prochain bloc.
Le Président
(M. Allaire) : Merci, M. le député. Le prochain bloc, par contre,
va être dans... l'autre séance tantôt, juste pour bien spécifier. Mme la
députée de Verdun, c'est votre tour, le dernier bloc de cette séance. Donc,
vous avez 13 min 58 s. La parole est à vous.
Mme Zaga
Mendez : Avec les deux minutes qui me restaient?
Le Président
(M. Allaire) : Oui, additionnées, effectivement.
Mme Zaga
Mendez : Parfait. Merci beaucoup. Ma première question, M. le
ministre, c'est concernant Marinvest Energy. Plusieurs craint le retour du...
même cas puis même cassette qu'on a vécus avec GNL Québec. Nous avons déjà eu
des débats en Chambre. Ma question est la suivante : Avez-vous, dans les
derniers jours, depuis votre nomination... avez-vous personnellement rencontré
des représentants de l'entreprise norvégienne Marinvest?
M. Drainville :
...est non.
Mme Zaga
Mendez : Est-ce que... Aucun représentant de Marinvest?
M. Drainville :
Non.
Mme Zaga
Mendez : Avez-vous...
M. Drainville :
Votre réponse... Votre question, c'est : Est-ce que je les ai
rencontrés?
Mme Zaga
Mendez : Oui.
M. Drainville :
Non, je ne les ai pas rencontrés.
Mme Zaga
Mendez : OK. Parfait. Ça répond à ma question. Continuons. Est-ce que
quelqu'un de votre cabinet vous a... les a rencontrés?
M. Drainville :
...connaissance, non.
Mme Zaga
Mendez : On continue la question. Merci. De voir, est-ce que le projet
vous a été présenté?
M. Drainville :
Non, parce qu'il n'y a pas de projet encore.
Mme Zaga
Mendez : Parfait. Continuons. Donc, aucun... Là, vous avez dit :
Pas dans votre cabinet, pas vous personnellement. Est-ce que... des
fonctionnaires ou des représentants du ministère qui ont rencontré le représentant
de l'entreprise norvégienne?
Le Président
(M. Allaire) : M. le ministre.
M. Drainville : On m'informe
qu'aucun fonctionnaire du MEIE n'a rencontré un représentant de Marinvest.
Mme Zaga
Mendez : Et vous, votre opinion générale sur le projet?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Drainville : Bien, j'attends
de le voir. Nous attendons de le voir. Puis, quand on va le voir, si jamais il
est déposé, on va... on va l'analyser. On est ouverts à le regarder. On n'est
pas dans le dogmatisme du refus ou de l'acceptation d'emblée. On va l'analyser
puis on va décider par la suite si c'est dans l'intérêt économique et
énergétique du Québec de l'appuyer.
Mme Zaga Mendez : Merci. Est-ce
que quelqu'un d'autre au sein de votre caucus a déjà rencontré? Est-ce que vous
vous êtes informé de ça?
M. Drainville : Je ne le sais
pas. Je ne connais pas toutes les allées et venues de mes collègues députés.
Mme Zaga Mendez : Parfait. On
va continuer. Vous répondez à mes questions. Tu sais, je veux savoir où est-ce
qu'on était...
M. Drainville : ...que je ne
réponds pas aux questions.
Mme Zaga Mendez : Je voulais
savoir où est-ce qu'on était par rapport à Marinvest, puis si ce projet-là avait été déposé ou pas, et à quel niveau vous
êtes connaissants pour savoir s'il s'en vient ou... Parce qu'on sait qu'il y a des
intérêts de la part du fédéral pour que ça arrive, on l'entend déjà, mais ce
serait bien de savoir c'est quoi, les engagements de Québec, et surtout
comme... est-ce qu'on va donner le feu vert et combien d'argent on va mettre.
Je vais continuer sur un autre sujet.
Peut-être... on vous a entendu beaucoup parler de ça avant d'être nommé
ministre, mais...
M. Drainville : ...
Mme Zaga Mendez : Excusez-moi.
Allez-y.
M. Drainville : ...de vous
interrompre. On me dit qu'on a la réponse à la question que vous avez soulevée
dans le bloc précédent. Est-ce que vous souhaitez l'entendre? Sur les...
Mme Zaga Mendez : Oui.
M. Drainville : Hein, sur les
cibles, là?
Mme Zaga Mendez : Allez-y.
M. Drainville : M. le
sous-ministre.
Le Président (M. Allaire) : M. Gervais.
M. Gervais (Mathieu) : Oui.
Donc, en précision à votre question du bloc précédent, donc, dans la stratégie,
là, dans le plan québécois de la valorisation des MCS 2025, il y avait deux
cibles qui étaient attribuées au MEIE. Donc, il y avait la réalisation d'un
portrait des chaînes de circularité des MCS à développer au Québec. Donc, cette
cible-là a été reportée à la prochaine stratégie, qui est 2025-2031. Elle a été
reportée parce qu'elle a été réalisée seulement qu'en partie, on a réalisé une
étude qui nous a permis de cibler, là, trois secteurs d'application industriels
à fort potentiel, mais on a convenu que ce n'était pas suffisant, donc, de
poursuivre. Donc, elle n'a pas été réalisée entièrement, et puis cette cible-là
a été intégrée à la nouvelle stratégie, et transférée, la responsabilité, au
MRNF.
La deuxième cible était la réalisation d'une
étude sur les meilleures pratiques mondiales de la circularité pour les MCS.
Donc, il y a eu un appel à propositions pour la réalisation de cette étude-là.
Et puis, à la réception des offres, on a constaté que ça ne couvrait pas les
besoins, et puis que c'était beaucoup trop large comme... comme étude, et puis
que ces résultats ne seraient pas pertinents pour nous. Donc, cette cible-là a
été annulée.
Mme Zaga Mendez : Ça répond à
ma question. Je reviendrai au besoin. Je vais aller sur un autre sujet, dont
vous avez beaucoup parlé, peut-être un peu avant d'être nommé ministre de
l'Économie, mais vous allez voir le lien, c'est relativement... relatif en
matière de... en matière d'immigration. Différentes décisions qui ont été
prises par le gouvernement de la CAQ ont fait mal aux acteurs économiques au
Québec, notamment les nombreux... je dis «nombreux», parce qu'il y en a eu
deux, là, pardon, deux volte-face concernant le PEQ. Ça a fait mal à nos PME dans les grands centres urbains, dans les régions.
Le PDG de Desjardins nous l'a dit en février que mettre le frein au PEQ, ce
n'est pas seulement perdre des travailleurs, mais aussi fragiliser les
entreprises. Des conseils du patronat qui sont sortis en disant que les... même
les changements de dire non et après oui seulement pour deux ans va quand
même... a créé quand même de l'instabilité.
Ma
question, c'est de savoir, au sein de votre ministère, chaque fois qu'on fait
ce type d'annonce à l'immigration, concernant le PEQ, par exemple, est-ce qu'il
y a des études, des évaluations économiques qui sont faites par votre
gouvernement lorsqu'on choisit d'abolir le PEQ ou est-ce qu'on choisit de le
remettre sur place.
Le Président (M. Allaire) :
M. le ministre.
• (16 heures) •
M. Drainville :
Pas au ministère, me dit-on.
Mme Zaga
Mendez : Alors, il y a des études économiques, mais elles ne sont pas
faites au ministère, ou il n'y a pas d'étude d'impact économique du tout, nulle
part?
M. Drainville :
Ah! ça, je ne saurais dire, mais, pour ce qui est du ministère, il n'y en a
pas.
Mme Zaga
Mendez : Mais est-ce que le ministère de l'Économie est au moins
consulté de ce type d'impact? On parle de main-d'oeuvre, on parle de
main-d'oeuvre qualifiée, on parle des besoins de l'ensemble des acteurs
économiques, vous avez entendu tous... tous les gens que j'ai nommés. Est-ce
qu'il y a une certaine évaluation, prise en compte des impacts ou, au moins,
vous êtes consultés sur qu'est-ce qu'il va y avoir comme répercussion
économique au Québec?
Le Président
(M. Allaire) : M. le ministre.
M. Drainville :
Alors, je suis certain que la députée sait déjà, là, connaît déjà le
fonctionnement, là, mais, juste pour le bénéfice des gens qui nous écoutent,
avant qu'un dossier aboutisse au Conseil des ministres, il est déposé sur un
site qu'on appelle le site Dossdec. Et donc, lorsque les documents sont
déposés, par un cabinet, par exemple, à ce moment-là, c'est possible pour les
autres cabinets de porter jugement, donc d'émettre une opinion sur le dossier
qui est déposé Dossdec. Et donc on m'informe que c'est effectivement arrivé
que, lorsque des dossiers en immigration ont été déposés, par exemple, par le
MIFI... que le ministère de l'Économie a émis une opinion dans le cadre du
dépôt Dossdec, là, oui.
Mme Zaga
Mendez : ...dans le cadre de la réforme du PEQ, le ministère de
l'Économie a donné un avis, oui ou non?
M. Drainville :
Pas pour le PEQ, non.
Mme Zaga
Mendez : Donc, pas pour le PEQ. Et pourquoi? Parce que, comme vous
dites, c'est quoi, le critère qui fait en sorte qu'on se prononce ou pas sur un
changement aussi majeur, qui a un impact économique?
M. Drainville : Alors, sur les cibles d'immigration, le ministère
de l'Économie s'est prononcé par le passé, oui.
Mme Zaga
Mendez : Seulement sur les cibles, mais pas sur les programmes.
M. Drainville :
Bien, je vais... je pense que ce serait plus simple, M. le Président, de céder
la parole à M. Gervais, le sous-ministre.
Mme Zaga
Mendez : Oui, ça va me faire plaisir.
Le Président
(M. Allaire) : Pas de problème. M. Gervais.
M. Gervais
(Mathieu) : Oui. Donc, on est toujours consultés sur les cibles
d'immigration, évidemment. Donc, on est en mesure de donner notre point de vue
aux collègues des... du ministère porteur. Sur les programmes, le PEQ, on n'a
pas émis d'avis officiel. Et puis, sur les programmes en général, je n'ai pas
souvenir, là, qu'on ait émis un avis officiel, là, sur d'autres programmes.
Mme Zaga
Mendez : OK, mais... je comprends pour les cibles, mais les programmes
ont quand même un impact économique, c'est-à-dire comment on va intégrer une
main-d'oeuvre qualifiée spécialisée.
M. Gervais
(Mathieu) : Oui, oui. Il y a deux choses. Évidemment, il y a les... le
système officiel Dossdec, dont le ministre
fait... auquel le ministre fait référence, et puis il y a les discussions entre
collègues dans l'administration avec les ministères. Donc, évidemment,
on discute de ces choses-là avec les collègues.
Mme Zaga Mendez : Et
quelles ont été vos recommandations par rapport au PEQ quand on a annoncé... M.
le ministre ne peut pas nous répondre, il n'était pas ministre de l'Économie à
ce moment-là. Mais, dans la dernière année, il annonce du recul sur le PEQ.
Quel était l'avis du ministère de l'Économie par rapport à ça?
Le
Président (M. Allaire) : M. le ministre.
M. Gervais
(Mathieu) : Bien, évidemment, je ne pourrai pas divulguer, là,
les échanges qu'ils ont au ministère à ce niveau-là, là. C'est la
position officielle qui doit être retenue en bout de ligne.
Mme Zaga Mendez : OK. On va avancer.
Donc, il y a... il y a des avis internes. Mais, ce que je retiens, c'est qu'il n'y a pas d'étude d'impact. Pour les cibles
d'immigration, est-ce que vous faites une étude d'impact économique ou
c'est juste un avis?
M. Gervais
(Mathieu) : Nous, on n'a pas produit ou commandé d'étude
d'impact sur ce sujet-là spécifiquement, au ministère.
Mme Zaga Mendez : OK. Donc, quand on
parle des cibles d'immigration puis qu'on parle des changements de programme,
il n'y a pas d'étude d'impact économique du côté du ministère. C'est ce que je
comprends?
M. Gervais (Mathieu) : Pas au
ministère. Évidemment, on travaille avec les collègues d'autres ministères,
notamment avec le ministère des Finances et le ministère du Travail.
Mme Zaga Mendez : OK. Ça répond à ma
question. Puis je fais le constat. Vous voulez ajouter quelque chose?
M. Drainville : En passant, Dossdec,
là, parce que notre vaste public se pose sans doute la question, ça veut dire
dossier décisionnel, Dossdec, dossier décisionnel. Hein, c'est pratique de le
savoir.
Mme Zaga Mendez : Bien oui. Puis ce
serait le fun de savoir aussi les avis de chacun des ministères sur ce
dossier-là pour comprendre c'est quand... quel avis pèse plus que d'autres.
M. Drainville : Mais on peut compter
sur vous pour émettre votre opinion.
Mme Zaga Mendez : Bien, ça, on émet
notre opinion en ce moment.
Je vais continuer. La semaine dernière, parce
que, là, vous savez qu'on connaît tous l'aboutissement, la première ministre a
quand même annoncé, on fait volte-face sur le PEQ — tant mieux, c'est ce
que le milieu voulait — pour
permettre à 29 000 personnes de rester au Québec. M. le ministre, je
dois vous poser la question quand même. Dans la course à la chefferie, vous
avez dit, il y a quelques semaines, que c'était plutôt une clause plus restreinte,
autour de 18 000 personnes, qu'il aurait fallu pour le PEQ. Vous
étiez très critique envers le 29 000. Alors, j'aimerais ça vous entendre
aujourd'hui. Il y a des impacts différents entre 18 000 et
29 000 dossiers. Qu'est-ce qui a changé? Êtes-vous d'accord
maintenant avec le chiffre annoncé par la première ministre?
Le Président (M. Allaire) : M. le
ministre.
M. Drainville : Bien, écoutez, vous
savez d'où vient le chiffre de 29 000. Le chiffre de 29 000, c'est
l'immigration économique à l'intérieur de la cible de 45 000. Alors,
l'assiette de 45 000 est respectée. Et le... l'enveloppe de 29 000,
c'est essentiellement de l'immigration économique. Donc, il y a une cohérence
dans tout ça. Et évidemment je suis membre
d'un gouvernement et, lorsqu'on est membre d'une équipe, on est solidaire de
l'équipe.
Mme Zaga Mendez : Alors, pour vous, maintenant,
ce chiffre-là, il demeure acceptable?
M. Drainville : Bien, comme l'a bien
dit la première ministre, l'enveloppe de 45 000, la cible de 45 000
est respectée. Et, à l'intérieur de la cible de 45 000, il y a le chiffre
de 29 000, qui est essentiellement de l'immigration économique. Et donc
les 29 000 personnes dont on parle, ce sont les 29 000, comment
dire... 29 000 possibilités en termes d'immigration économique,
auxquels s'ajoutent, bien entendu, les conjoints, la réunification familiale,
les réfugiés et les étudiants, pour un grand total de 45 000.
Mme Zaga Mendez : Merci. Il me reste
peu... peu de temps. Je vais aller rapidement sur un autre sujet. C'était sur
le Fonds pour les minéraux critiques et stratégiques. Il y a une annonce des
2,5 milliards de dollars, qu'on... ce qu'on appelle de nouveaux
capitals. Il y a beaucoup de questions stratégiques. Je vais vous en poser
juste une : Quelle proportion, donc, de l'enveloppe du 2,5 milliards
est déjà engagée en ce moment dans des projets actuels? Et quelle est la
stratégie de déploiement pour le nouveau milliard de dollars? Le
2,5 milliards que vous avez annoncé, est-ce qu'il y en a là-dedans qui
sont engagés? Et, si oui, dans quels projets?
Le Président (M. Allaire) : M. le
ministre.
M. Drainville : On va le faire
vérifier. Mais je rappelle quand même, M. le Président, le... c'était
1 milliard qu'il y avait et c'est 1,5 qui se sont ajoutés au dernier
budget. Alors, vous comprenez que dans le 1,5, je doute fort, on va le vérifier... mais je doute fort qu'il y ait de
l'argent d'engagé dans le nouveau 1,5 milliard. Mais on va vérifier, pour
le premier milliard qui existait déjà, où est-ce qu'on en était et on va vous
revenir.
Mme Zaga Mendez : ...s'engager à
déposer cette information d'ici le prochain...
M. Drainville : Le plus rapidement
possible, comme on l'a fait pour votre première question. Vous avez vu comment
on était efficaces, n'est-ce pas. Vous vous en réjouissez. Non?
Mme Zaga Mendez : Bien, moi, quand
j'ai des... Vous avez bien répondu aussi à toutes mes questions sur
l'immigration. Je vois bien que vous êtes rentré avec le chiffre du... 29 000.
Même que deux ans, pour nous, ce n'est pas assez. Vous êtes d'accord que même
ce programme-là...
M. Drainville : Alors, je veux juste
vous dire, le fonds Capital ressources naturelles et énergie, qui est devenu le
fonds MCS, il fait l'objet... Il aura ses propres états financiers?
Une voix : ...
M. Drainville : OK. Donc, il fait
l'objet de ses... le fonds va faire l'objet de ses propres états financiers,
qui seront déposés à la rentrée parlementaire prochaine.
Mme Zaga Mendez : Merci.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Merci. Ça met fin à ce bloc...
M. Drainville : Mais il y en a...
Le Président (M. Allaire) : Ça met
fin à ce bloc d'échange. Merci. J'ai compris qu'il y avait un engagement pour,
encore une fois, transmettre de l'information. Exact, M. le ministre?
Mme Zaga Mendez : ...
Le Président (M. Allaire) : Déjà?
Mme Zaga Mendez : Il m'a donné une
partie.
M. Drainville : Bien là, ça va
arriver quand on va déposer les états financiers.
Mme Zaga Mendez : Exact.
Le Président (M. Allaire) : Parfait.
Il n'y a pas de problème. Merci. Mme la députée Saint-François, on termine avec
vous. Vous avez 5 min 28 s.
Mme Hébert : ...M. le Président.
Alors, bon après-midi à tous. Alors, M. le ministre, salutations à tous ceux
qui vous accompagnent. Étant adjointe parlementaire du ministre délégué à
l'Économie et aux PME, vous allez comprendre que je vais prendre l'orientation
plus PME.
Alors, on a
déposé un plan, si je me souviens bien, l'été passé, probablement en juin, ça
va faire bientôt un an, un plan PME qui se décline sur sept mesures, qui
va toucher autant le Réseau accès PME, qu'on va parler du... réseaux de
financement qui sont existants, il y a une offensive de transformation
numérique, OTM, l'allègement réglementaire et
administratif. Mais j'aimerais que vous m'enligniez sur... plus sur le
repreneuriat. Parce que, M. le ministre, vous savez, j'ai été
entrepreneure. J'ai vendu mon entreprise. J'ai probablement... Ça fait déjà
plusieurs années, parce que c'était en 2011, et je n'ai pas eu nécessairement
tout un accompagnement que je constate aujourd'hui qui est très existant pour
nos repreneurs et ceux... nos cédants, ceux qui ont des entreprises puis qui sont
prêts à céder leur entreprise pour des
repreneurs. Et je sais que, si je me souviens bien, dans les chiffres, là,
c'est au-delà de 1 000 repreneurs qui seraient prêts
présentement à reprendre des entreprises au Québec.
• (16 h 10) •
Alors... Et
dernièrement, juste, juste, juste avant qu'il y ait notre remaniement
ministériel, on a même mis en place une
campagne de communication, une offensive de sensibilisation avec notre comité
d'experts, qui est chapeauté par Mme Nathaly Riverin, en chef. Et je sais,
M. le ministre, que je crois que vous avez rencontré ce comité, et qui est une
très belle initiative de l'ancien ministre délégué à l'Économie et aux PME, qui
a mis en place... pour justement sensibiliser nos cédants à tous ces repreneurs
qui sont prêts puis qui ont de l'appétit pour reprendre nos entreprises.
Alors,
j'aimerais que vous me parliez du repreneuriat. J'aimerais que vous puissiez me
parler de qu'est-ce que le
gouvernement fait pour éviter les pertes d'entreprises québécoises au Québec,
qui sont nos fleurons. Mais il y a aussi nos petites entreprises qui
sont très accessibles, là. Donc, j'aimerais vous entendre, M. le ministre.
M.
Drainville : ...Mme la députée de Saint-François, qui l'a bien
souligné, est une entrepreneure devenue députée, n'est-ce pas? Alors, merci
pour votre question.
Alors, vous avez raison de dire que c'est un enjeu
extrêmement critique pour les prochaines années. Juste deux
chiffres : avec le vieillissement des entrepreneurs, là, c'est plus du
tiers des dirigeants d'entreprises québécoises
qui ont 55 ans ou plus, le tiers de nos entrepreneurs propriétaires
d'entreprises, donc, ont 55 ans et plus, et on estime que 50 000 entreprises seront transférées ou
vendues au cours des prochaines années, au cours des cinq prochaines
années.
Puis vous y avez fait référence, mais,
effectivement, quand j'ai parlé avec Mme Riverin et avec le cercle des
experts en repreneuriat, l'un des sujets que nous avons abordés, c'est le fait
que les cédants, donc les entrepreneurs qui
sont prêts à céder... comment on fait pour les rejoindre, comment on fait pour
leur parler, comment on fait pour les
amener à s'ouvrir à la possibilité de rencontrer, par exemple, un repreneur.
Parce que les cédants, ils ne se promènent pas nécessairement dans le grand
public en disant : Moi, je veux vendre, je suis prêt à vendre, j'attends
juste une bonne offre, là. Alors, c'est un véritable défi, ça, comment on fait
pour mettre en lien les cédants avec les repreneurs. Donc, ça, on y travaille.
Le repreneuriat, c'est
l'une des priorités dans le Plan PME 2025-2028. On a mis presque
22 millions pour bonifier l'accompagnement, le maillage, la formation et
le financement, donc, dans le cadre de cette stratégie repreneuriat, dans le cadre de cette offensive repreneuriale. Et, ce que
je peux vous dire, Mme la Présidente... Mme la députée, M. le Président, c'est qu'on va avoir des annonces à
faire. Il va y avoir des annonces qui
seront faites parce que, oui, c'est un immense défi. On veut que nos
entreprises d'ici continuent d'être contrôlées par des entrepreneurs d'ici, on veut inciter notamment une classe
entrepreneuriale jeune à prendre les rênes de ces entreprises qui, dans
certains cas, sont des véritables joyaux, on ne veut pas que ça tombe entre les
mains d'intérêts étrangers, donc c'est une... c'est un très, très grand défi. Mais,
avec des personnes comme vous, Mme la députée de Saint-François, qui
nous rappelez tout le temps que l'entrepreneurship, c'est une valeur forte au
Québec, puis on veut être un gouvernement des entrepreneurs, bien, on met de
l'avant des solutions.
Le Président (M.
Allaire) : ...merci, Mme la députée, ça met fin... et M. le
ministre, à ce bloc d'échange avec la partie gouvernementale. Donc...
M.
Drainville : Ah! ça passe tellement vite!
Le Président (M. Allaire) : Eh
oui! Incroyable. Donc, on est prêts à procéder à la mise aux voix de cette
séance.
M.
Drainville : ...de Marguerite-Bourgeoys, tout à l'heure, s'étouffer
dans sa tasse de café quand j'ai dit que je répondais aux questions. Mais
c'était sans doute une coïncidence.
Adoption des crédits
Le Président (M.
Allaire) : Merci, merci, M. le ministre. Donc, êtes-vous prêts?
Le temps alloué à
l'étude du volet Économie des crédits budgétaires du portefeuille Économie,
Innovation et Énergie étant presque écoulé, nous allons maintenant procéder à
la mise aux voix des crédits.
Donc, le
programme 2, intitulé Développement de l'économie, est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Des voix :
Sur division.
Le Président (M.
Allaire) : Adopté sur division, Mme la secrétaire.
Donc, compte tenu de
l'heure, la commission suspend ses travaux jusqu'à 16 h 30. Merci,
tout le monde.
(Suspension de la séance à
16 h 15)
(Reprise à 16 h 31)
Le Président (M.
Allaire) : Alors, à l'ordre, s'il vous plaît! La Commission de
l'économie et du travail reprend ses travaux.
Investissement Québec
La commission est réunie afin de procéder à
l'étude du volet Investissement Québec des projets... des crédits, pardon... des crédits budgétaires du portefeuille Économie, Innovation et Énergie
pour l'exercice financier 2026-2027. Une enveloppe de deux heures a
été allouée pour l'étude de ces crédits.
Mme la secrétaire,
est-ce qu'il y a des remplacements?
La Secrétaire : Oui, M. le Président. Mme Mallette (Huntingdon) est remplacée par M. Provençal (Beauce-Nord);
Mme Setlakwe (Mont-Royal—Outremont) est remplacée par M. Beauchemin
(Marguerite-Bourgeoys); M. Fontecilla (Laurier-Dorion) est remplacé par Mme Zaga
Mendez (Verdun); et M. Paradis (Jean-Talon) est remplacé par Mme Gentilcore
(Terrebonne).
Discussion générale
Le Président (M. Allaire) : Merci,
Mme ma secrétaire. Alors, on est déjà réchauffés quand même, on a eu une bonne
journée, alors on est prêts à commencer.
M. le député de Marguerite-Bourgeoys, de
l'opposition officielle, vous avez 19 min 33 s. La parole est à
vous.
M. Beauchemin : Merci beaucoup, M.
le Président. Merci, Mme la présidente d'Investissement Québec.
Je veux vous amener sur le dossier de Nemaska
Lithium. Mais je vais vous reposer la même question que j'ai posée au ministre tout à l'heure. Vous êtes
familière avec le concept, là, de juste valeur marchande? J'assume, n'est-ce
pas. Bon. Donc, aujourd'hui, on a des investissements à la hauteur de
quasiment 1,2 milliard, là, qui a été fait de façon historique, là, dans
ce projet. Je voulais avoir votre opinion sur ce que vous considérez important
actuellement dans le projet. Comment ça va, selon vous, dans ce projet-là?
Le Président (M. Allaire) : Avant de
vous céder la parole, j'ai besoin du consentement. Est-ce que j'ai votre
consentement?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Allaire) : J'ai le
consentement. Donc, simplement prendre le temps de vous présenter avec votre
titre, et la parole est à vous.
Mme Ngo (Bich-Trang) : Oui, bien
sûr. Bicha Ngo, présidente-directrice générale, Investissement Québec.
Alors, par rapport à l'intervention dans
Nemaska, vous me parlez de juste valeur marchande. Effectivement, je connais le
principe de la juste valeur marchande. Cela étant dit, comme vous le savez, les
états financiers du gouvernement sont basés sur une valeur durable. Et donc
nous travaillons avec les vérificateurs pour évaluer la valeur durable de cet
investissement-là.
Cela étant
dit, on est dans le processus de faire cette évaluation-là. Et, cet automne,
les états financiers du FCEQ, de Fonds du développement économique et du
CRNE seront déposés à ce moment-là, et on sera en mesure de commenter sur la
valeur de cette intervention-là.
Pour nous, Nemaska, le rôle d'Investissement
Québec, c'est vraiment de faire l'analyse. Puis, que ce soit Nemaska ou tout
dossier mandataire du gouvernement, le rôle d'Investissement Québec, c'est de
faire l'analyse, l'analyse financière, l'analyse économique. On regarde, on
roule différents scénarios, on parle du montage, on analyse le montage
financier et on travaille également avec les experts sectoriels du
gouvernement. Donc, nos équipes travaillent avec les experts sectoriels pour
développer et voir c'est quoi, les différents risques. Et, à la fin de la
journée, on travaille, on... il y a un avis favorable qui est émis, et c'est
sur cette base-là que l'intervention est faite, est réalisée.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
M. le député.
M. Beauchemin : Merci. OK.
Donc, est-ce que vous, vous avez été mise au courant des avis des experts au
ministère des Ressources naturelles?
Mme Ngo (Bich-Trang) : Je n'ai
pas été mise au courant. Cela étant dit, quand le rapport de la commissaire est
sorti, évidemment, j'ai été informée et j'ai discuté avec les équipes pour
comprendre le processus. Et, comme je vous expliquais, que ce soit Nemaska ou
tout autre dossier mandataire, notre rôle, c'est vraiment l'analyse financière
et économique, les scénarios, le montage financier. Et, encore une fois, on
travaille avec les experts sectoriels du gouvernement et le MEI également pour
identifier les différents risques d'un projet.
Dans le cas spécifique de Nemaska, nous avons un
partenaire à l'époque qui était Livent, qui est devenu Arcadium, et aujourd'hui
Rio Tinto. Livent est un expert dans l'extraction et la transformation du
lithium. Ils ont des usines et des mines de lithium qu'ils... qu'ils explorent
à travers le monde. Donc, évidemment, notre rôle, également, c'est de s'assurer
qu'on met en relation les ingénieurs, les experts du gouvernement et les
experts, également, les ingénieurs de Livent.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
M. le député.
M. Beauchemin : Juste pour la
suite des choses, quand le président fait ça, ça veut dire...
Le Président (M. Allaire) : Oui,
elle a... elle a très bien compris, elle avait justement conclu quand je l'ai
fait.
M. Beauchemin :
Oui, d'accord. Parfait.
Le Président
(M. Allaire) : La parole est à vous.
M. Beauchemin :
D'accord. Dans le cadre de... justement, là, de vos consultations avec les
experts du gouvernement pour donner votre opinion sur le bon montage financier
puis la recommandation d'investissement, ça ne vous inquiète pas de ne pas
avoir reçu, justement, les rapports d'experts qui disaient que ce n'était pas
un bon investissement?
Mme Ngo
(Bich-Trang) : En fait, les équipes travaillent avec les experts du
gouvernement. Donc, il y a vraiment des discussions qui se font en amont de
toute intervention.
M. Beauchemin :
...tantôt vous m'avez dit, vous n'avez pas reçu les rapports, mais là vous
les aviez.
Mme Ngo
(Bich-Trang) : On est en discussion, on travaille avec les experts du
gouvernement. On a mis les experts du gouvernement, donc les ingénieurs du
ministère des Ressources naturelles et de la Forêt, avec les ingénieurs de
notre partenaire stratégique, qui est l'expert dans l'extraction et la
transformation du lithium, donc les experts de chez Livent, ensemble.
Le Président
(M. Allaire) : Merci. M. le député.
M. Beauchemin :
Donc, vous aviez l'information des experts du ministère des Ressources
naturelles.
Mme Ngo
(Bich-Trang) : On travaille, comme tout autre dossier mandataire, on
travaille... les experts sectoriels du gouvernement, qui apportent une
expertise sectorielle, et des discussions, évidemment, se font en amont de
toute transaction. Et, à la fin de la journée, c'est basé sur une
recommandation, un avis favorable du ministère... de l'expert sectoriel qu'on
va de l'avant avec un projet, mais, avant d'arriver à un avis sectoriel, il y a
plusieurs discussions, comme vous pouvez envisager, qui ont lieu.
M. Beauchemin :
Bien, je comprends ce que vous essayez de me dire, mais là, grosso modo, si
je comprends bien, là, c'est que, tant et aussi longtemps que l'avis n'était
pas favorable, vous ne pouviez pas y aller. Mais là, une fois qu'il est devenu
favorable, après les modifications qui ont eu lieu, là, ça vous a permis d'y
aller de l'avant, avec la recommandation d'aller de l'avant avec l'investissement.
Mme Ngo (Bich-Trang) : Pour
aller de l'avant. Puis, à la fin de la journée, c'est une décision du
gouvernement, mais, pour que le gouvernement se... Le gouvernement se
base sur les experts sectoriels, évidemment.
M. Beauchemin :
Donc, initialement, lorsque l'information... dans les premiers
balbutiements d'échanges avec les experts, on vous disait : Ce n'est pas
une bonne idée, ce n'est pas un bon processus, ce n'est pas un bon
investissement, n'allez-y pas de l'avant. Quel a été le réflexe d'Investissement
Québec, là, pour donner une bonne recommandation au ministre, qui, lui, n'était
pas au courant?
Mme Ngo
(Bich-Trang) : En fait, il n'y a pas de... Quand vous dites :
On... Ils nous ont dit de ne pas y aller, ils ne nous ont pas... En fait, on
travaille ensemble. Donc, il y a des points qui sont soulevés, des enjeux qui
sont soulevés, et on a été en mesure de mitiger ces enjeux-là, sinon on
n'aurait pas eu un avis favorable. Mais tout ça se travaille ensemble, avec les
experts du gouvernement. On a impliqué, comme je vous disais, des experts de
notre partenaire stratégique Livent également là-dedans.
M. Beauchemin :
Bon, bien, parlons-en, de votre partenaire stratégique. Dans le concept,
là, d'une juste valeur marchande... Moi,
j'ai devant moi, là, quelque chose qui sort d'un «10-K», là, vous connaissez
c'est quoi, un «10-K». Peut-être, pour le ministre, on va lui donner
l'information. C'est un rapport que des émetteurs, hein, des compagnies
publiques doivent donner au gouvernement américain lorsqu'ils vont émettre de
l'information, un financement, lorsqu'ils veulent aller dans le marché pour se
financer, que ce soit obligataire ou que ce soit avec des actions.
Donc, en regardant ce que j'ai devant moi,
regardant la date, là, qu'Arcadium avait rendu cette information-là publique,
là, qui... fin 2024, début 2025, à votre connaissance, à ce moment-là,
quelle était la valeur de l'investissement que vous alliez faire dans Nemaska
Lithium?
Mme Ngo
(Bich-Trang) : En fait, vous nous parlez d'une valeur marchande versus
une valeur durable.
M. Beauchemin :
...question : À ce moment-là, là, quand vous étiez sur le bord de
tirer la gâchette puis écrire le chèque, là, ça valait combien, à vos yeux à
vous, là? Parce qu'il y a eu plusieurs paiements à suivre, là.
Mme Ngo (Bich-Trang) : Oui.
Puis on a tout...
M. Beauchemin : OK,
mais là, initialement, jour un, lorsqu'Investissement
Québec est demandé d'écrire un
chèque, ça vaut combien?
Mme Ngo
(Bich-Trang) : En fait, la participation, comme vous le savez, c'était
une participation 50-50. Chaque partenaire mettait le...
M. Beauchemin :
...
Mme Ngo
(Bich-Trang) : Au moment d'Arcadium, oui. C'est seulement avec Rio
Tinto qu'on a dilué notre participation. Mais, au moment de notre partenariat
avec Arcadium, c'était un partenariat 50-50.
M. Beauchemin :
Vous avez raison.
Mme Ngo (Bich-Trang) :
Donc, chacun mettait son prorata. On... Il n'y a pas eu de débat au niveau
de valorisation, comme on mettait chacun le même montant.
M. Beauchemin :
Oui. Il n'y a aucun débat à savoir combien que ça vaut, mais on fait un
chèque pareil?
Mme Ngo
(Bich-Trang) : Non. Je ne dis pas... Je ne vous dis pas que ça... On
ne parle pas de valorisation. Mais il n'y a pas eu de débat entre nos... notre
partenaire stratégique et nous, comme on avait convenu que chacun mettait le
même montant.
M. Beauchemin :
OK. Mais ma question, c'est : Ça valait combien, ce sur quoi vous
alliez vous entendre joyeusement à écrire chacun un chèque?
• (16 h 40) •
Mme Ngo
(Bich-Trang) : Mais, encore une fois, nous, on regarde notre
intervention basée sur la comptabilité du gouvernement, qui est une valeur
durable, qui est très différente.
M. Beauchemin :
C'était quoi, ce chiffre-là, à l'époque?
Mme Ngo
(Bich-Trang) : En fait, c'était le montant d'argent qui avait été mis
dans Nemaska. C'était basé sur la valeur de l'argent déployé.
M. Beauchemin :
C'était... c'était combien? C'était combien, ce montant-là?
Mme Ngo
(Bich-Trang) : Là, vous me demandez ce qu'on a fait en 2025. Il y a eu
quand même plusieurs déboursés, là, en fait.
M. Beauchemin :
Bien, ça fait un an, là.
Mme Ngo
(Bich-Trang) : Comment?
M. Beauchemin :
Ça fait un an.
Mme Ngo
(Bich-Trang) : Je ne me rappelle pas exactement du montant, mais on
peut vous fournir le montant qui a été déployé en 2025 conjointement et à notre
prorata avec notre partenaire Arcadium à l'époque.
M. Beauchemin :
Bien, à part le dernier chèque qui a été écrit, là, par le ministre de
l'Économie précédent, le ministre actuel, qui était un montant de
250 millions de dollars, à ce moment-là, là, le gouvernement avait
donc dépensé un total de 1,95 milliard de dollars, grosso modo, là, dans
l'entreprise de Nemaska, là, dans le concept.
Mme Ngo
(Bich-Trang) : Oui.
M. Beauchemin :
Ça fait qu'on parle de décembre 2024.
Mme Ngo
(Bich-Trang) : Oui.
M. Beauchemin :
OK. Donc, je vous demande la question. À ce moment-là, là, on sait que
c'est ça qui a été dépensé par le gouvernement. Je vous demande, peu importe la
méthodologie que vous voulez utiliser, là, valeur au livre, valeur comptable,
valeur le jour de l'investissement, valeur comme vous voulez, valeur que le
gouvernement veut vous donner, c'était quoi, la valeur qu'on vous disait que ça
valait?
Mme Ngo
(Bich-Trang) : Mais... Puis, vous savez, si chacun fait son prorata
dans une intervention...
M. Beauchemin :
Le total, les deux partenaires ensemble.
Mme Ngo
(Bich-Trang) : Mais au dernier état financier du gouvernement, c'était
basé sur le montant qui a été investi dans Nemaska.
M. Beauchemin : C'était
combien?
Mme Ngo (Bich-Trang) : Là, vous
me demandez quels sont... On va vous fournir l'information. Je n'ai pas le
montant exact qui a été déployé, là. Ça fait depuis 2020 qu'on investit dans
Nemaska, là.
M. Beauchemin : OK. Bien, je
vais peut-être, juste pour faciliter la conversation... la chronologie des
investissements, là. Il y a eu un dernier montant de 250 millions qui a
été émis par le monsieur qui est prédécesseur au ministre actuel, il y a eu un
total de 1,2 milliard, grosso modo, qui a été investi dans Nemaska Lithium,
moins le 250 millions, donc 950 millions. Ça, c'est où on en était
rendus, hein?
Mme Ngo (Bich-Trang) : Oui.
M. Beauchemin : Lorsque je vous
pose la question ça vaut combien, ce qui a été investi... puis, si c'est juste
le montant qu'on a investi, c'est ce que ça vaut.
Mme Ngo (Bich-Trang) : Bien,
c'est le...
M. Beauchemin : Alors, à ce
moment-là, ça vaut ce montant-là. C'est ça?
Mme Ngo (Bich-Trang) : Bien,
c'est le montant qui a été... la totalité des... des sommes déboursées dans
Nemaska depuis la sortie de la LACC.
M. Beauchemin : Ça fait qu'on
s'entend qu'à ce moment-là c'est 950 millions que votre investissement
représente dans Nemaska.
Mme Ngo (Bich-Trang) : Si
c'était le montant... les montants totaux qui ont été déployés à ce moment-là,
c'est effectivement la valeur qui a été reflétée dans les états financiers du
gouvernement.
M. Beauchemin : OK. Bien,
peut-être juste... juste pour faciliter les choses, M. le Président, on va
trouver sûrement le moyen, mais on peut vous déposer la chronologie des
déboursés, là, qui a eu lieu, qui a été disponible, là, par le ministre des
Finances, là. Puis je pense qu'il y a quelqu'un, que ce soit au gouvernement ou
chez nous, on va trouver une façon, là, de vous assurer ça. Mais ce chiffre-là
est approximativement 950 millions. OK.
Le Président (M. Allaire) :
Bien, ce que je comprends, c'est que c'est vous qui voulez déposer le document
de la chronologie?
M. Beauchemin : Bien, je
peux... Si le gouvernement aurait la gentillesse, étant donné que je vois qu'on
a toute l'information disponible à côté, là...
Le Président (M. Allaire) :
Bien, j'ai besoin de l'engagement.
M. Beauchemin : Est-ce qu'il y
a consentement de la part du gouvernement de...
Le Président (M. Allaire) : Est-ce
que j'ai... est-ce que j'ai votre engagement?
Mme Ngo (Bich-Trang) : ...ce
que vous aimeriez avoir, c'est les déboursés qu'on a faits depuis 2020 dans
Nemaska? C'est-tu ça? OK.
Le Président (M. Allaire) : Parfait.
Donc, j'ai l'engagement, c'est ce que je comprends, donc on va le recevoir.
Mme Ngo (Bich-Trang) : On va
vous donner les montants qui ont été déployés dans Nemaska depuis la sortie de
la LACC, en 2020.
Le Président (M. Allaire) : Parfait,
merci. Allez-y.
M. Beauchemin : Merci. Donc,
pour faciliter la conversation aujourd'hui, plus ou moins 50 millions de
dollars... Je vais vous donner un break, là, plus ou moins 50 millions de
dollars, là, on parle d'un...
Le Président (M. Allaire) : Juste...
Oui, je m'excuse, je dois préciser un élément, là, juste que, si vous souhaitez
que ce soit rendu public, on doit le recevoir avant la fin de la séance. Juste
par précision, là.
M. Beauchemin :
Oui, bien, allons-y.
Le Président
(M. Allaire) : Est-ce que c'est possible de l'avoir avant la fin
de la séance? Il faut aussi être réalistes, là, est-ce que c'est...
Mme Ngo
(Bich-Trang) : Oui, oui.
Le Président
(M. Allaire) : Parfait. Merci. Simplement l'envoyer à l'adresse
de la commission. Merci.
M. Beauchemin :
Parfait. Excellent.
Le Président
(M. Allaire) : Excusez-moi, M. le député. Allez-y.
M.
Beauchemin : Donc, ceci étant dit, juste pour simplifier la
conversation, ce chiffre-là, je peux vous dire plus ou moins 50 millions,
là, on parle de 900 millions... 950 millions de dollars, là, qui a
été investi de par le gouvernement dans le projet de Nemaska Lithium à cette
date-là. À cette date-là, le «10-K» que je vous faisais référence à... tantôt,
évaluait l'entreprise totale, donc le 50 % de Rio Tinto et avec votre
50 %... Excusez, Arcadium, c'est ça, pour l'achat d'Arcadium, là,
1,2 milliard US, 1,5 million... 1,5 milliard, Canada.
Mme Ngo
(Bich-Trang) : ...la totalité...
M. Beauchemin :
Oui, la totalité.
Mme Ngo
(Bich-Trang) : ...ou pour la participation d'Arcadium dans Nemaska?
M. Beauchemin :
100 %. 100 % de l'investissement. Donc, ça, c'est sur le «10-K», OK,
qui est... qui est disponible sur Internet. Donc, ça, ça veut dire que selon
l'évaluation faite par les gens de Rio Tinto, indirectement, là, on en arrive à
regarder la valeur marchande comme étant évaluée... puis là j'arrondis, là,
pour simplifier les choses, là, en dollars canadiens, à 1,5 milliard. Là,
on vient d'en arriver à la conclusion que, grosso modo, OK, ça valait
1,9 milliard, 1,8 milliard en dollars canadiens lorsque le
gouvernement a autorisé les sorties de fonds. Puis là, en même temps ou à peu près en même temps, on a un «10-K» qui nous dit
que la valeur est de 1,5 milliard et non 1,9 milliard.
Mme Ngo
(Bich-Trang) : Mais, je vous entends...
M. Beauchemin :
Ça fait que le «10-K», c'est une valeur marchande.
Mme Ngo
(Bich-Trang) : Exactement.
M. Beauchemin :
Exact. Puis vous, vous avez une valeur...
Mme Ngo
(Bich-Trang) : Durable.
M. Beauchemin :
...d'investissement durable... le terme que vous utilisez.
Mme Ngo
(Bich-Trang) : Bien, en fait...
M. Beauchemin :
Où je veux en venir avec ça...
Mme Ngo
(Bich-Trang) : Oui, allez-y.
M. Beauchemin :
...c'est que le gouvernement a pris cinq à six mois de plus que la Caisse
de dépôt et Goldman Sachs pour radier son investissement dans Northvolt maison
mère. Pendant que la planète au complet avait mis ça à zéro, le gouvernement
continuait à nous dire : Non, non, nous autres, c'est bon, on a des
garanties, ça va bien, notre placement, on n'a pas perdu un sou. Décembre,
novembre 2023, janvier, février, mars 2024. Coudon, ça vaut combien, cette histoire-là? Ça ne vaut plus une cenne. Finalement,
ils l'annoncent, puis ça ne vaut plus une cenne. Ça fait que là, ma
question, OK... Je ne pense pas que ça ne vaut plus une cenne, Nemaska, je
pense que ça vaut encore quelque chose, mais
c'est loin de valoir le 50 % que nous on a investi via vos actions puis
celles du ministre, là, OK, c'est loin de valeur... de valoir la valeur
des placements initiaux ou le terme que vous utilisez, là. On est rendus loin
de ça, là.
Mme Ngo
(Bich-Trang) :
Ce n'est pas moi qui utilise ce terme-là, c'est
en fait les normes comptables des états financiers du gouvernement. Donc, la
valeur durable, c'est la façon dont on évalue... qui évalue...
M. Beauchemin : ...j'essaie
de le simplifier pour les gens qui nous écoutent. La valeur durable, là, la
valeur...
Mme Ngo
(Bich-Trang) : La valeur durable d'un investissement, c'est dans ce
contexte-là, donc, vraiment sur une perspective à long terme, est-ce que nous
pensons être en mesure de récupérer ça. Ce que je vous dis aujourd'hui, c'est qu'on est dans le processus de
compléter les états financiers mandataires, donc le Fonds de développement
économique, CRNE et FCEQ, le fonds de croissance des entreprises du Québec. Ces
états financiers là vérifiés seront déposés cet automne et, à ce
moment-là, on pourra voir, mais le travail se fait en ce moment pour évaluer
les investissements mandataires du gouvernement.
M. Beauchemin :
...pour... Merci. Pour les gens qui nous écoutent, il y a... il y a ce
qu'on appelle un rapport «10-K», qui
est émis par le gouvernement, qui est demandé par le gouvernement américain
lorsqu'un émetteur, donc une compagnie publique, doit émettre des actions et/ou
des obligations pour se financer, doivent mettre une valeur juste marchande de
la compagnie de l'investissement. Et puis cet investissement-là, ici, qu'on
parle, c'est Nemaska Lithium. Et le différence... la différence entre ce que le
rapport au marché du «10-K» dit et ce que le gouvernement nous dit, il y a un
différentiel... j'estime, grosso modo, puis à plus ou moins 50 millions de
dollars, là, mais il y a un différentiel d'approximativement 400 à
500 millions de dollars. Donc, c'est... c'est la différence entre la
valeur marchande puis la valeur au livre. Puis ça, on est en même temps, là,
que ceux qui ont rempli le «10-K», là.
Ça fait que, quand je
pose la question, puis vous m'avez vu sûrement, M. le Président, en
Chambre, poser la question, que ce soit à la première ministre ou au ministre
de... de l'Économie, là, combien que ça vaut, notre investissement dans Nemaska
Lithium, on n'est pas capables d'avoir une réponse directe. Ça m'a pris du
temps à me rendre jusqu'à où est-ce que je suis rendu, là. J'ai essayé avec le
ministre tantôt pour essayer de lui faire cracher le morceau, comme on dit,
mais la réalité, là, c'est n'importe qui a... qui a un bac en administration
des affaires, là, puis qui a travaillé six mois en «investment banking», va
être capable d'arriver exactement à la même conclusion que moi. À date, le
gouvernement, minimalement, a perdu 250 millions de dollars dans Nemaska
Lithium, minimalement perdu 250 millions de dollars dans la partie du
gouvernement émise là-dedans.
Ça fait qu'on va
conclure sur ce dossier-là, mais c'est ce que je voulais que les gens à la
maison puissent nous entendre sur le sujet.
• (16 h 50) •
Le Président
(M. Allaire) : 35 secondes.
M. Beauchemin :
Seulement 35 secondes? Ça passe vite. Je vais avoir d'autres questions en
ce qui concerne Nemaska plus tard. En 35 secondes, comment a été la
performance d'Investissement Québec cette année?
Mme Ngo
(Bich-Trang) : Pour l'année... En fait, vous me parlez de l'année qui
termine mars 2025?
M. Beauchemin :
Oui.
Mme Ngo (Bich-Trang) : Donc, l'information publique, c'est ça? En fait,
je vous rappelle, on a eu un rendement qui était... en fait, qui n'était
pas bon, de façon très candide, 0,3 %. Mais je vous rappelle qu'on était
au mois de février, M. Trump annonçait des tarifs. Il y a eu une
volatilité et une baisse des marchés boursiers. Le marché a baissé de plus de
10 %. Nos participations cotées en bourse ont baissé de façon importante.
Notre portefeuille de capital de risque a baissé...
Le Président
(M. Allaire) : Merci. Merci, désolé, ça met fin à ce bloc
d'échange, le temps est écoulé. Je suis le gardien du temps. On poursuit avec
la deuxième opposition. Mme la députée de Verdun, vous avez
19 min 32 s. La parole est à vous.
Mme Zaga
Mendez : Oui. Merci beaucoup, M. le Président. Bonjour, Mme Ngo,
pour votre présence. Je veux juste faire du pouce... parce qu'on en parlait, de
ça, tout à l'heure, avec le ministre de l'Économie, concernant la valeur de
participation d'Investissement Québec en Nemaska Lithium. Ce qui est arrêté en
ce moment, bien, c'est... c'est la mine. Et je veux juste comprendre, parce
qu'on finance... de ce que je comprends, on a des parts dans l'ensemble. On ne
peut pas dire... Moi, ce que je souhaite comprendre, c'est : Quel est
l'impact de l'arrêt des activités économiques de la mine sur nos
investissements?
Mme Ngo
(Bich-Trang) : ...en fait, comme vous savez, Rio Tinto a acheté
Arcadium, qui était notre partenaire à l'époque. Dans le contexte de cette
intervention-là, de cette transaction-là, Rio Tinto évalue toutes les options
en ce qui a trait à la mine. Ils ont... ils sont également propriétaires d'une
autre mine de lithium et de voir c'est quoi, la meilleure façon de... d'être
plus optimal dans tout le processus. Donc, c'est encore en évaluation, tout ce
projet-là, au niveau principalement de la mine puis au niveau de l'usine de
transformation d'hydroxyde à Bécancour. Mais je pense que, comme tout
investisseur, c'est normal de prendre un peu... un pas de recul pour évaluer le
dossier en détail.
Mme Zaga
Mendez : Donc, si Rio Tinto fait le choix d'exploiter davantage puis
baser sa chaîne de transformation sur Galaxy plutôt que la mine Nemaska, quels
sont... quel est l'impact? Quel est le risque pour l'investissement du Québec?
Mme Ngo
(Bich-Trang) : Bien, en fait, tu sais, l'extraction de la mine... les
minéraux sont toujours dans le sol. Donc, si on ne l'extrait pas aujourd'hui,
éventuellement, on peut toujours l'extraire. Ce qui est important avec le
projet de Nemaska, oui, l'extraction du lithium, mais ce qu'on voulait, le
gouvernement à l'époque voulait, c'est vraiment de partir de l'extraction et de
transformer les minéraux, donc vraiment de partir de l'extraction du lithium et
transformer le lithium, avancer dans la chaîne de valeur, parce
qu'historiquement le Québec était vraiment plus dans une phase d'extraction où
on vendait les minéraux.
Donc, de continuer le projet, de construire une
usine d'hydroxyde qui n'existe pas en Amérique du Nord et de vraiment être
capables de le transformer, je pense que c'est important. Cela étant dit, c'est
sûr que, de notre côté, on espère, puis on veut que... qu'on continue à
investir dans Whabouchi pour aller chercher le spodumène et de l'envoyer à l'usine de Bécancour, mais à voir avec
la décision aussi de notre expert et partenaire stratégique là-dedans,
qui est, dans ce cas-ci, Rio Tinto.
Mme Zaga Mendez : OK, je comprends.
Puis est-ce que c'est... est-ce que vous avez mis une condition à notre
investissement que la transformation soit faite au Québec dans... à l'usine de
Bécancour? C'est ça, la condition pour...
Mme Ngo (Bich-Trang) : Pour
nous, c'est important de bâtir et de transformer le lithium au Québec.
Mme Zaga Mendez : Parfait. Je
vais continuer. Il y avait une question dans les cahiers des crédits qui a
porté à notre attention concernant la mise à pied d'une soixantaine d'employés
au sein d'Investissement Québec et l'abolition de 192 postes depuis le
début de l'exercice 2024‑2025. Peut-être de nous dire pourquoi on a coupé
près de 19 % des emplois.
Mme Ngo (Bich-Trang) : Depuis
2020, Investissement Québec a connu une croissance très importante. Nous sommes
passés, en fait, de 400 employés à plus de 1 000 employés.
C'était important de revoir nos façons de faire en 2024. Également, il y avait
un déficit budgétaire. Le gouvernement a demandé à toutes les sociétés d'État
de voir comment on pouvait être encore plus performants, donc augmenter le
bénéfice. Et c'était important pour nous à ce moment-là, on a fait un exercice
très détaillé de regarder toutes les lignes d'affaires, de regarder le service
de soutien, le corporatif, également, et de voir comment est-ce qu'on pouvait
optimiser nos façons de faire.
Et, dans ce contexte-là, effectivement, il y a
eu 192 postes qui ont été abolis. Nous avons essayé de le faire par
attrition, le plus possible, donc vraiment des départs à la retraite que nous n'avons
pas remplacés, des départs, tout simplement, qu'on n'a pas remplacés, des
postes vacants autorisés qu'on a décidé d'abolir. Et, malgré tout cela, il y a
quand même une soixantaine de personnes qui ont été affectées, qui étaient en
poste, que nous avons dû abolir.
Mme Zaga Mendez : Puis
pourquoi... Parce que, là, vous parlez d'optimisation. Il y a quand même eu
près de 12 millions de dollars en boni qui ont été donnés à Investissement
Québec. Pourquoi avoir choisi de se donner autant d'argent en boni puis ne pas
investir, par exemple, auprès de... de garder... soit ces emplois-là, qui
créent quand même de l'activité économique puis... Quels étaient les choix?
Parce qu'en termes d'optimisation, 12 millions en boni, c'est quand même
extrêmement important.
Mme Ngo (Bich-Trang) : Oui.
C'est sûr que toute abolition de poste, c'est une décision qui est difficile.
Comme organisation, on se doit d'être rigoureux, de revoir nos façons de faire,
de s'assurer qu'on a le plus d'impact possible, qu'on est le plus productifs
possible. On demande aux entreprises québécoises d'être plus productives, et
c'était important pour Investissement Québec d'être plus productif. On a tout
revu nos façons de faire, on a baissé... Là, vous me parlez des postes abolis,
mais on a baissé aussi au niveau des dépenses, que ce soient les frais de
consultants, les frais de déplacement, nos frais de marketing, de
communication. En fait, c'est des économies de 28 millions de dollars
par année qu'on est allés chercher. C'est au-delà de ce que le gouvernement
nous a demandé en termes d'économies.
Mme Zaga Mendez : ...revu, dans
ce sens-là, les critères pour les bonis qui sont donnés aux hauts dirigeants.
Mme Ngo (Bich-Trang) : Les
critères... En fait, les bonis sont versés à l'ensemble des employés, premièrement.
Deuxièmement, c'est basé sur trois volets. Le premier volet, c'est la
performance organisationnelle, donc le contrôle des coûts, le rendement de
l'organisation, la satisfaction des clients et l'engagement des employés. Le
deuxième volet, c'est des volets de développement économique, c'est-à-dire la
productivité, le... les exportations, l'accompagnement technologique et autres.
Et, le troisième volet, c'est vraiment la performance individuelle des
employés.
Mme Zaga Mendez : Merci. Je
vais aller sur un autre thème que... dont nous avons eu tous un entretien
l'année passée, sur des changements au niveau des critères d'investissement
responsable pour permettre le financement du
secteur de la défense. À ce moment-là, vous nous avez dit qu'on était au tout
début, qu'il allait y avoir encore une révision des critères, une
révision de liste des types d'entreprises, des pays. Moi, je mets ça d'entrée
de jeu, depuis la dernière fois qu'on s'est parlés, peut-être de nous dire
qu'est-ce qu'il a été fait du côté d'Investissement Québec dans la révision des
critères. Et, entre autres, on avait parlé des types d'entreprises qui seraient soutenues ou pas, puis selon lesquels critères,
entre autres, les meilleurs critères des... en termes de responsabilité des entreprises
puis d'impact. Quand on parle de défense, on parle également des... d'atteinte
aux droits de la personne, aux droits humains... ou autres conflits qui sont
remis en question. Alors, j'aimerais ça vous entendre là-dessus de façon plus
générale.
Mme Ngo (Bich-Trang) : Oui.
Bien sûr. Alors, vous avez raison, l'année dernière, nous avons changé et
élargi notre politique d'investissement pour pouvoir investir et soutenir des
entreprises qui fabriquent des armes, nos controversées, donc, nos controversées,
c'est-à-dire tout ce qui... on élimine tout ce qui est armes chimiques, armes
nucléaires et autres, et ces armes-là sont vendues à des pays alliés du Canada.
Pour pouvoir exporter ces armes-là, nos controversées, il faut avoir un
certificat du gouvernement fédéral. Donc, ça, c'est l'étape numéro
un. C'est le fédéral... qui permettent à ces entreprises-là d'exporter
ou pas. C'est sûr que, pour Investissement Québec, on ne va pas intervenir dans une entreprise si elle n'a pas
ce certificat-là du gouvernement fédéral. Ça, c'est l'étape numéro un.
Étape numéro deux, on a nos
propres comités d'investissement, nos comités de financement qui évaluent
chaque dossier sur les mérites du dossier, sur les risques du dossier, c'est
quoi, l'impact sur le développement économique, l'impact sur... est-ce que
c'est un projet qui est innovant. Donc, tous ces critères-là, on va continuer à
les regarder. Et plus spécifiquement dans le secteur de la défense, ce qui est
important... Vous le savez, il y a eu des annonces majeures, que ce soit le
gouvernement fédéral Carney qui a dit qu'on va investir jusqu'à 5 % du PIB
dans le secteur de la défense au Canada d'ici 2035, en Europe, on parle de
800 milliards de dollars d'ici 2030, dans le secteur de la défense,
aux États-Unis, c'est 900 milliards de dollars US par année dans le
secteur de la défense.
• (17 heures) •
Pour Investissement Québec, ce qui est
important, c'est d'aider nos PME à participer dans cette chaîne de valeur, de
participer dans cette chaîne d'approvisionnement. Au Québec, on a des forces,
que ce soit l'aérospatiale, que ce soit la photonique, la construction navale,
l'intelligence artificielle, comment est-ce qu'on fait pour aider les
entreprises à participer dans ces chaînes de valeur là, dans ces... dans ces
contrats-là qui vont être donnés par les différents gouvernements.
Mme Zaga Mendez : Bien, vous
répondez à une partie de ma question. Je vais aller un peu plus loin avec vous.
Vous avez dit qu'il y a un certificat de la part du fédéral qui est émis aux
entreprises, puis ce sont des pays alliés. Avez-vous la liste de ces pays-là?
Comment ça marche? Parce qu'il y a des pays dits alliés, mais qu'en ce moment
ils sont quand même dans des conflits armés qui sont plus que controversés, là.
Mme Ngo (Bich-Trang) : Oui,
mais c'est pour ça que je vous disais, il y a vraiment deux niveaux. Le premier
niveau de base, c'est d'avoir ce certificat-là du gouvernement fédéral qui dit
que cette entreprise-là peut exporter. Le deuxième niveau, c'est nos comités
d'investissement, nos comités à l'interne. Et, pour nous, on va... on n'ira
jamais à l'encontre de nos valeurs fondamentales, c'est-à-dire le respect des
droits humains. Ça, ça ne changera pas, c'est une valeur fondamentale et on va
toujours balancer l'investissement, c'est quoi, les retombées économiques, et
est-ce que ça enfreint nos valeurs de base ou pas. Et... mais ça, c'est
vraiment un autre niveau à l'interne à travers nos comités d'investissement.
Donc, une société pourrait avoir un contrat, un certificat, puis on pourrait
décider, nous, à travers nos comités qui autorisent ces interventions-là, si on
va de l'avant ou pas.
Mme Zaga Mendez : Au niveau de
ce comité-là, quel est le travail qui est fait puis l'évaluation, par exemple,
du financement de la production, exportation d'armes létales?
Mme Ngo (Bich-Trang) : Encore
une fois, je vous dis, tous, tous les dossiers sont étudiés cas par cas et
vraiment sur le mérite et l'impact d'un dossier spécifique versus le risque,
versus est-ce que ça enfreint quelque valeur que ce soit. Et on est... on est
un comité de différents exécutifs au sein d'Investissement Québec qui participe
à ces comités-là.
Mme Zaga Mendez : Dans la
dernière année, peut-être juste pour continuer là-dessus... parce qu'avant ce
n'était pas possible, maintenant ce l'est, il y a un changement dans le dernier
mois. Combien d'entreprises qu'on... sont soit en évaluation et qui ont reçu de
l'argent d'Investissement Québec pour soit l'innovation, la production ou la
vente d'armes létales?
Mme Ngo (Bich-Trang) : ...Là,
vous me parlez de productivité, vous me parlez également d'innovation, mais
vous restez toujours dans le secteur de la défense, si je comprends bien.
Mme Zaga Mendez : Exact. La
défense, bon, je fais une différence à l'intérieur de la défense, on a
différentes technologies de surveillance et de télédétection, d'aviation,
versus la production d'armes létales. Est-ce que vous faites cette
différence-là quand vous faites l'évaluation? Si oui, pouvez-vous nous dire
s'il y a des entreprises qui ont reçu de l'argent d'Investissement Québec dans
les derniers mois pour la production et la vente d'armes létales?
Mme Ngo (Bich-Trang) : Au cours
des derniers mois, il n'y a pas eu de financement de la part d'Investissement
Québec pour soutenir une entreprise qui fabrique des armes létales, si c'est ça
votre question.
Mme Zaga
Mendez : Ça répond à ma question. Puis... donc... C'était ma première
question, pour dire, dans les derniers mois, est-ce qu'il y en a eu... puis
après, vous dites qu'il y a un comité qui va se pencher. Est-ce que ce
comité-là a d'autres critères qui ont été déposés? Vous dites que vous allez
cas par cas, mais il y a quand même des principes de base. Est-ce que ces
critères-là et ce travail-là peut être déposé ou nous en informer un peu plus?
Mme Ngo
(Bich-Trang) : Bien, en fait, on a des... Puis chaque... Comme je
disais, encore une fois, chaque dossier est étudié sur le mérite de ce
dossier-là. On a différentes étapes avant de se rendre à notre comité
d'investissement. Moi, je fais partie de ce comité d'investissement là. Donc,
ces dossiers-là, je suis très sensible, également, et on les évalue, on en
discute, on se challenge mutuellement également avant d'autoriser un dossier.
Mme Zaga
Mendez : Je vais continuer sur d'autres types d'investissements. Une
des craintes, je pense, puis c'est tout à fait légitime, c'est que, quand on
investit puis on donne de l'argent à des entreprises ici, par la suite, les
entreprises sont... peuvent être délocalisées. De ce qu'on... moi, j'ai... on a
eu dans les réponses aux crédits, c'est qu'on n'a aucune information sur le
nombre d'entreprises qui ont reçu une aide financière d'Investissement Québec et,
par la suite, elles ont été délocalisées à l'étranger. Pourquoi on ne fait pas
ce suivi-là?
Mme Ngo
(Bich-Trang) : Écoutez, c'est sûr, notre priorité, c'est de soutenir
et de maintenir les sièges sociaux, de maintenir l'entreprise ancrée au Québec,
de la faire croître à partir du Québec. C'est comme ça qu'on crée de la
richesse pour l'économie québécoise. Cela étant dit, pour que ça fonctionne, il
faut que nos partenaires, il faut que les
fondateurs et l'équipe de direction restent avec nous, participent avec nous.
Tu sais, je regarde un dossier, par exemple, Novatech, qui est une
entreprise en Montérégie qui fabrique des portes et fenêtres. Le fondateur
avait un certain âge et il n'avait pas de relève, mais il avait une volonté de
garder l'entreprise au Québec. Il aurait pu amener un processus à l'échelle
nord-américaine, aller aux États-Unis ou autre, il ne l'a pas fait. Donc, on
s'est mis, avec la famille Gendreau, qui sont propriétaires de Garaga, pour
racheter l'entreprise et la garder ancrée au Québec. Même chose, le Groupe
Océan, qui est vraiment dans le maritime, encore là, on a participé au
«management buy out» avec l'équipe de direction. Il faut vraiment, à chaque
fois, trouver... Puis ces projets de relève, de repreneuriat, on est focus
là-dessus, mais il faut qu'on ait des partenaires qui soient prêts à travailler
avec nous.
Deuxième point aussi
à remarquer, vous me parlez de dossiers qui sont vendus, mais, si vous
regardez, depuis 2018 jusqu'à janvier 2026, il y a 1,5 fois plus
d'entreprises québécoises qui ont acheté des entreprises étrangères que le
contraire. Donc, oui, on entend parler d'entreprises québécoises qui ont été
achetées, mais c'est quand même 1,5 fois de plus d'entreprises québécoises
qui ont acheté des cibles étrangères.
Mme Zaga
Mendez : J'entends. Je veux juste revenir un peu. Vous avez nommé deux
exemples dans lesquels vous êtes un rôle d'accompagnement. Moi, je veux juste
comprendre un peu plus les mécanismes de base puis ce qui se fait de facto.
Donc, quel est votre suivi pour... une fois qu'on a donné le prêt ou
l'investissement à l'entreprise, quel est le
suivi que vous assurez pour qu'elle ne soit pas acheté ou qu'elle ne soit pas
délocalisée? Est-ce que c'est du cas par cas comme... que les deux... ou
est-ce qu'il y a un programme qui est établi, avec un suivi rigoureux, et que,
par la suite, même, on va jusqu'à mettre des conditions?
Mme Ngo
(Bich-Trang) : Dans nos interventions, on a des clauses qu'on appelle
les clauses Québec, pour garder le centre décisionnel au Québec et le siège
social au Québec, mais, encore une fois, je vous rappelle, nous ne sommes pas
des opérateurs, nous sommes des financiers. Nous prenons une participation
minoritaire dans les entreprises. En général, notre participation est entre
10 % à 20 %, donc il faut être avec des partenaires et des
entrepreneurs qui veulent rester avec nous. On travaille beaucoup avec nos
partenaires de l'écosystème, que ce soit la caisse, le fonds et autres pour
trouver des solutions au Québec. Et, tu sais, comme je vous disais, on... les
entreprises dans lesquelles on investit, on a toujours une clause Québec pour
les garder attachées au Québec.
Mme Zaga Mendez : ...investissements
au Québec au cours de l'exercice 2025-2026, c'est seulement 26 % du capital investi par le fonds d'investissement
dans le segment Capital de risque du portefeuille fonds propres qui ont été dirigés
vers des entreprises québécoises. C'est 26 %. Comment est-ce qu'on
explique pour l'autre segment du capital?
Mme Ngo
(Bich-Trang) : Vous parlez du marché en général?
Mme Zaga
Mendez : Moi, je parle du fonds propre, là, dans le... On a posé une
question en... au niveau des crédits. La réponse qu'on a eue, c'est que
seulement... c'est 26 % du capital investi par le fonds d'investissement,
dans le segment du Capital de risque du portefeuille fonds propres, qui ont été
dirigés vers des entreprises québécoises. Comment on explique pour le reste du
segment du Capital de risque géré via ce fonds propre, qui est trois quarts,
donc 75 % restant, investi par Investissement Québec, aboutit à des entreprises
qui sont à l'extérieur du Québec?
Mme Ngo
(Bich-Trang) : Bien, premièrement, je ne... je ne suis pas au courant
du chiffre que vous mentionnez. Deuxièmement, nous ne pouvons pas investir dans
des sociétés qui sont à l'extérieur du Québec. Donc, je suis un peu étonnée du
chiffre que vous me présentez, là.
Mme
Zaga Mendez : ...qui ne sont pas à l'extérieur du Québec, qui sont...
qui ne sont pas détenues, ce n'est pas des entreprises québécoises...
Mme Ngo
(Bich-Trang) : OK, vous me parlez de l'actionnariat.
Mme Zaga
Mendez : L'actionnariat.
Mme Ngo
(Bich-Trang) : Oui, mais il y a plusieurs entreprises en
technologies... Vous savez, le marché de capital de risque aussi, aux
États-Unis, est très profond. Il y a une expertise là-dedans. Donc, encore une
fois, je veux vous expliquer : On n'est pas des actionnaires ou des
investisseurs majoritaires, on est toujours avec des partenaires, et il est
fort possible qu'on ait des partenaires étrangers qui apportent une expertise qui
aide l'entreprise à croître, mais d'avoir un actionnaire qui est étranger, qui
investit dans l'entreprise, et l'entreprise reste ancrée et croit du Québec,
ça, c'est une excellente chose.
Deuxième point, si
vous regardez notre portefeuille de capital de risque, depuis 2020, on est le
joueur le plus actif en capital de risque au Québec et dans le top trois au
Canada. On a un portefeuille de plus de 600 millions de dollars en
capital de risque.
Mme Zaga
Mendez : C'est pour ça...
Le Président (M.
Allaire) : 30 secondes.
Mme Zaga
Mendez : ...parce ce que je vois, dans la réponse que j'ai reçue, là,
puis c'est du capital investi dans le segment portefeuille de fonds propre,
c'est quand même un tiers qui va seulement à des entreprises dont
l'actionnariat est québécois. Ça fait que, pour moi, je prends les chiffres qui
sont devant moi à titre d'exemple.
• (17 h 10) •
Mme Ngo
(Bich-Trang) : En capital de risque, il y a plusieurs investisseurs
spécialisés, que ce soit américains, européens. Quand je regarde des sociétés
en biotech, par exemple, il y a des investisseurs européens qui investissent
avec nous, qui sont co-investisseurs avec nous...
Le Président (M.
Allaire) : Merci.
Mme Ngo
(Bich-Trang) : ...mais ce qui est important pour nous, c'est qu'elles
restent au Québec, ces entreprises...
Le Président (M.
Allaire) : Merci. Ça met fin à ce blog d'échange avec le deuxième
groupe de l'opposition. On revient à l'opposition officielle. Vous avez
19 min 25 s, M. le député de Marguerite-Bourgeoys. La parole est
à vous.
M.
Beauchemin : Merci. Merci beaucoup, M. le Président. Mme la présidente
d'Investissement Québec, tantôt, je vous ai entendu répondre à ma collègue, là,
de Québec solidaire, à savoir que vous preniez des positions minoritaires...
vous sembliez nous donner un écart entre les pourcentages, un «range», là,
grosso modo. Ça ressemble à quoi, grosso modo, la politique de placement, là,
d'investissements minoritaires que vous faites?
Mme Ngo
(Bich-Trang) : En fait, au niveau de nos capitaux propres, je vous
parle, on ne peut pas détenir plus que 30 % d'une entreprise. La position
idéale, c'est entre 10 %, 15 %. Ça nous permet de nommer quelqu'un
sur le conseil d'administration et d'avoir une influence, mais, encore une
fois, on est toujours avec des partenaires, parce qu'on ne peut pas être
majoritaires. Je regarde l'intervention qu'on a faite dans le Groupe Meloche,
qui est dans l'aérospatiale, on a co-investi avec Novacap qui est majoritaire,
nous, on est minoritaire. Ça a permis d'ancrer l'actionnariat au Québec et ça a
permis également à l'entreprise de faire une acquisition en Europe. Donc,
vraiment, encore une fois : ancrer l'entreprise au Québec, la faire
croître à partir du Québec.
M. Beauchemin :
Donc, grosso modo, 10 à 15 %, exceptionnellement, on va aller vers le
30 %, mais...
Mme Ngo
(Bich-Trang) : ...très rarement, on va aller... dans des cas
exceptionnels, on va aller au 30 % puis, au-dessus du 30 %, il faut
qu'on ait l'approbation du ministre ou de la ministre.
M. Beauchemin : Donc, j'essaie de
comprendre, parce que, dans le cas de Nemaska
Lithium, là, on est à 50 %.
Mme Ngo
(Bich-Trang) : ...dans un dossier mandataire. Il y a une grosse
différence. Le portefeuille d'Investissement
Québec, la moitié, c'est mandataire. Notre rôle, chez Investissement Québec, c'est de faire l'analyse...
M.
Beauchemin : Donc, c'est des dossiers plus importants, hein, les
dossiers mandataires, là, c'est... sont plus significatifs, en termes de
gestion, en termes de compréhension, en termes de risque.
Mme Ngo
(Bich-Trang) : Bien, en fait, je pense c'est les dossiers que vous
voyez principalement dans votre rôle parce que c'est des dossiers mandataires,
d'où la décision, c'est une décision du gouvernement. L'autre moitié de notre
portefeuille, c'est les capitaux propres d'Investissement Québec.
M. Beauchemin : Oui, ça, je le
comprends, mais ma question était vraiment de comprendre, ici, là, le fait que,
là, on est dans un système où, quand c'est un plus gros investissement, qu'on a
besoin d'avoir la signature du ministre, on a définitivement quelque chose qui
est plus important, plus de risques, meilleur système, on doit être plus au
courant de tout ce qui se passe, on va plus en profondeur dans le deal, là, si
je comprends bien. C'est ça?
Mme Ngo (Bich-Trang) : Je ne suis
pas certaine de comprendre votre question. Je veux, dire, l'analyse d'un
dossier avec les capitaux propres versus mandataires, c'est... il y a des
choses qui se recoupent, mais il y a d'autres choses. Au niveau du mandataire,
le volet retombées économiques est très important, au niveau des capitaux
propres, on va regarder c'est quoi, l'impact sur le développement économique...
M. Beauchemin : ...différence de
suivi entre un plus petit dossier puis un dossier mandataire, il n'y a aucune
différence de suivi dans le quotidien...
Mme Ngo (Bich-Trang) : Bien, en
fait, un dossier de capital de risque, même si on a mis 2 millions dedans,
c'est une start-up. Ça demande beaucoup plus d'implication des équipes.
M. Beauchemin : Oui. Non, mais je
vous pose la question dans le contexte de... du mandat que vous avez pour les
mandataires en termes de travail que vous, vous avez à faire, il n'y a pas plus
de travail dans un dossier mandataire que dans un dossier minoritaire?
Mme Ngo (Bich-Trang) : Ça dépend des
dossiers, ça dépend de la complexité du dossier. Dans les dossiers mandataires,
encore une fois...
M. Beauchemin : Est-ce que vous
considérez que le dossier de Nemaska Lithium est un dossier important?
Mme Ngo (Bich-Trang) : C'est un
dossier important et complexe, oui.
M. Beauchemin : D'accord. C'est pour
ça que je suis un peu surpris que, minimalement, là, la valeur marchande d'un
investissement aussi important pour Investissement Québec, qui tombe dans la
catégorie des investissements mandataires, peut-on dire prioritaire, du
gouvernement du Québec... Comment se fait-il que vous n'avez pas... je suis...
je suis vraiment surpris que vous n'avez pas la valeur marchande de quelque
chose... Parce que demain matin, là, je dis ça de même, hypothétique, là, mais
demain matin, là, il y a, je ne sais pas, moi, BlackRock qui décide de vous
appeler : Heille! on veut l'acheter, cette business-là, on est prêts à
vous payer un prix exorbitant pour ça. Vous allez attendre quoi, six mois que
le gouvernement décide de pondre son... sa juste valeur marchande avant de
pouvoir dire : On est obligés d'attendre à ce que le gouvernement... Vous
allez parler au gouvernement, vous allez dire : On a reçu une offre. Vous
allez quand même être actifs, là, non?
Mme Ngo (Bich-Trang) : Bien, c'est
sûr qu'on va être actifs. Cela étant dit, je reviens à la prémisse de
base : pourquoi le gouvernement a investi dans Nemaska? Il y avait une
stratégie, une volonté de partir de l'extraction des minéraux, de transformer
les minéraux stratégiques, d'avancer dans la chaîne de valeur. Il y avait
vraiment une volonté. C'était un projet, en fait, qui était structurant pour le
Québec. Et comme... comme mandataire du gouvernement, on exécute la stratégie
du gouvernement du Québec.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
M. le député.
M. Beauchemin : Oui. Bien, tu sais,
je pense que les gens qui nous écoutent n'ont peut-être pas eu les réponses,
là, aux questions, là, qu'on a posées pour eux, là. Mais en guise de
conclusion, je trouve ça vraiment surprenant que, pour un dossier aussi
important, on n'ait pas cette donnée, qui... vous le savez aussi bien que moi,
là, dans le monde des marchés des capitaux, dans le monde «investment banking»,
on est à l'affût à la dernière variabilité possible. Puis un dossier aussi
important ne serait jamais traité comme ça dans une firme de capital de risque
privée. Puis là, vous êtes une firme de capital privé d'une certaine façon
publique. Et là il y a tellement le politique qui vous guide... qui vous guide
à ne pas donner la réponse. C'est... c'en est même, je vous dirais... je vous
dirais même, c'est choquant.
Mme Ngo (Bich-Trang) : Dans le
secteur, comme vous parliez d'«investment banking» ou marché des capitaux, on n'est pas sur le long terme comme la
vision du gouvernement, comme les interventions du gouvernement. C'est
vraiment dans une perspective long terme.
M. Beauchemin : Bien, il y a une
différence... il y a effectivement une différence de perspective des
placements, là, c'est sûr et certain, mais une «private equity firm» va avoir
un horizon de sept ans. Le gouvernement du Québec va
avoir un horizon de 30 ans, 20 ans, 15 ans, 10 ans, on
peut... on ne sait pas. Peu importe. Je suis certain que Novacap, là, votre
partenaire là, a une... un horizon de... aussi long que vous pour plusieurs des
transactions qu'ils vont faire. Puis, honnêtement, ils vont avoir la valeur
marchande comme ça. Mais vous, vous ne l'avez pas.
Je veux revenir sur la performance. Donc, on
était en train de conclure là-dessus tantôt quand on s'est quittés, la
performance, là, d'Investissement Québec. Donc, vous disiez que vous n'avez pas
eu une bonne... puis ce n'était pas bon, là, comment... c'est quoi, les termes
que vous avez utilisés?
Mme Ngo (Bich-Trang) : Mais je vous
rappelle le contexte, je vous rappelle, février 2025...
M. Beauchemin : Mais le chiffre,
c'est quoi exactement?
Mme Ngo
(Bich-Trang) : 0,3 % de
rendement. Le rendement moyen cinq ans est de 6,2 %, qui est au-dessus
du coût des fonds du gouvernement. Je vous rappelle, la mission
d'Investissement Québec de développement économique, oui, il y a un volet
rendement, mais il y a un volet également développement économique.
M. Beauchemin : C'est correct.
Merci. Donc, 0,3 %, 6,2 % sur un terme de cinq ans. C'est une
question que je pose à chaque année, que je vous ai posée à quelques reprises
puis j'ai posée à votre prédécesseur, M. LeBlanc. Il n'y a pas d'indice de
référence pour... Bien, il y en a, mais, je veux dire, on ne veut pas les
utiliser, là, au gouvernement pour mettre en comparaison la performance
d'Investissement Québec par rapport à des équivalents sur la planète qui font
comme ce qu'Investissement Québec fait dans leur législation, là. Est-ce que ça
a quand même minimalement été un débat, un début de conversation, à
savoir : Ce serait bien, l'an prochain, lorsqu'on va aller aux crédits,
qu'on puisse avoir un certain indice de référence, qu'on pourrait dire :
Bien, par rapport à ce qui se passe en Arabie saoudite, par rapport à ce qui se
passe en Israël, par rapport à ce qui se passe en France, aux États-Unis, avec des comparables, voici l'indice, grosso modo, de
ce qu'ils font, puis nous, on se tient ici. Est-ce que ça, minimalement, ça
a été une conversation qui a eu lieu?
Mme Ngo (Bich-Trang) : Bien, on a
regardé... Bon. Premièrement, le... comme vous le savez, selon la loi
d'Investissement Québec, à moyen terme, il faut couvrir le coût des fonds du
gouvernement du Québec. Le 6,2 % aujourd'hui ou pour les cinq dernières
années est au-dessus du coût des fonds du gouvernement du Québec. Évidemment,
de regarder le marché en Arabie saoudite ou dans n'importe quelle autre
juridiction, c'est très différent. Je veux dire, je pense qu'il faut regarder
notre marché. Notre marché, c'est quoi? C'est le Québec. Si on se compare au
rendement, cinq ans de la caisse, de Fondaction, de FSTQ, on est dans les eaux
de 6 % à 8 %, donc on est très comparables. Et ça, c'est malgré le
fait que notre mission, c'est une mission de développement économique. On va
prendre des positions que le marché ne sera pas prêt à prendre dans certaines
situations pour soutenir l'économie québécoise.
• (17 h 20) •
M. Beauchemin : Oui, je comprends,
mais bon, il y a quand même des firmes que le gouvernement, même notre... votre
patron, ici, ministre de l'Économie, et ses prédécesseurs ont utilisé les
McKinsey de ce monde à coups de plusieurs millions, là, pour émettre des
rapports sur des investissements, comme, par exemple, Northvolt. Mais ils
peuvent aussi donner des rapports sur, justement, établir une base de
comparaison. Parce que je comprends ce que vous me dites, là, investir au
Québec, ce n'est pas comme investir en Arabie saoudite. Mais investir dans son
marché local, dépendamment du risque de pays, dépendamment de comment, par
exemple, Morgan Stanley peut donner une cote de risque d'un pays par rapport à
un autre pays, d'un environnement d'affaires par rapport à... tout ça se
comptabilise, tout ça peut se... mettre un prix à ça.
Je suis juste surpris, là, qu'il n'y a juste pas
eu d'évaluation. Mais je pense que je comprends la raison du pourquoi. Parce
que, dans le fond, ça rendrait encore plus difficile d'avoir une performance
moins intéressante comme ce que... celle que
vous avez eue, puis la comparer à ce qui se passe ailleurs, dans des
environnements où les...
Mme Ngo (Bich-Trang) : Mais, quand
vous regardez la moyenne cinq ans et vous regardez les autres institutions
québécoises, on est très comparables.
Deuxième point. J'aimerais ça terminer l'idée,
là, de ce que j'ai dit au niveau de la performance pour l'année qui a terminé,
mars 2025, l'impact des tarifs et l'incertitude sur les marchés, qui a affecté
et qui a frappé durement notre rendement. Au mois de janvier 2026, nous avons
déposé un budget avec le ministère des Finances, qui présente les résultats réels neuf mois et la prévision
trois mois qui se termine mars 2026. Nous avons présenté, à ce moment-là, plus de 330 millions de bénéfices, donc un
rendement au-dessus de 6 %. Nous allons sortir nos états financiers dans
les prochains jours, et je suis très
confiante de vous dire qu'on va exceller, on va dépasser le budget qui a été
déposé par Finances.
Donc, oui, vous avez regardé une année, mais je
pense que quand on fait de l'investissement, il faut le regarder sur du moyen
terme.
Le Président (M. Allaire) : ...M. le
député.
M. Beauchemin : J'ai beaucoup de
misère avec ce que vous venez de dire, parce que, bon, pour plusieurs raisons.
J'ai quand même une certaine expérience dans la construction des indices de
référence. Puis, vous savez, quand on me dit que :
Moi, bien... moi, je me... je me base à surperformer le coût des fonds du
gouvernement du Québec, le coût des fonds du gouvernement du Québec, c'est
probablement les coûts des fonds les plus bas pour n'importe quel emprunteur
dans la province du Québec. Donc, c'est certain qu'en termes de référence on
part avec la marche la plus basse de l'escalier, là. C'est le gouvernement du
Québec qui paie le moins cher pour se financer au Québec. Après ça, tout le
monde paie une prime par rapport au gouvernement du Québec pour se financer au
Québec. Alors, je comprends ce que vous nous dites, mais la réalité, c'est que,
comme indice de référence, la marche n'est pas haute, là.
Mme Ngo (Bich-Trang) : ...vous
revenez souvent sur le rendement, et je comprends.
M. Beauchemin : Avec raison.
Mme Ngo (Bich-Trang) : Avec raison.
Mais, je vous rappelle, nous sommes une agence de développement économique. Sur les 1 200 employés, la
moitié des employés sont liés à de l'accompagnement, de l'accompagnement
technologique, de l'accompagnement aux exportations. Si vous regardez tous nos
indices de développement économique, le premier étant la productivité, c'est
plus de 9 milliards qui a été déployé depuis 2016 pour soutenir des
projets qui augmentent la productivité des entreprises du Québec.
Le Président (M. Allaire) : ...45 secondes.
M.
Beauchemin : Vous savez, quand je pose des questions, je pose
des questions pour tous les élus de l'Assemblée nationale. Je pose des
questions pour les citoyens québécois, je pose des questions pour les payeurs
de taxes qui, via le ministre de l'Économie,
là, vous mandatent, là, puis aller de l'avant avec des investissements comme
vous le faites.
Je trouve que la performance d'Investissement
Québec n'est vraiment pas au rendez-vous. C'est mon opinion, je la base sur
35 ans d'expérience dans les marchés des capitaux à avoir vu la
performance... Je sais que c'est un nouveau mandat qui a à peine six ans, mais
je la vois, la performance, par rapport à ce que c'était avant puis par rapport
à d'autres comparables que moi, je suis capable de me faire, comme tête.
Mais je mets ça dans un autre contexte, là. Le
Québec, là, on a des actifs qui nous appartiennent, en tant que Québécois,
là : on a Hydro-Québec, on a Loto-Québec, on a Investissement Québec, on
en a quatre, cinq, là, qui sont... la Société des alcools, et tout. On regarde
le rendement total de tous ces actifs-là en milliards de dollars que c'est
supposé donner à l'État du Québec. On parle de comme 3,5,
3,6 milliards de dollars, là, que M. Girard... que le ministre des
Finances nous a déposé récemment, là, au mois de mars, OK?
Ça vaut quoi, ça, 3,5 milliards de
dollars? Bien, la seule façon de le comparer, c'est sur la base d'actifs qui
sont gérés par ces gestionnaires-là. On parle de... puis je vais être bien
généreux, encore une fois, là, de 250 à 300 milliards de dollars
que... tous les actifs qui sont gérés par les cinq sociétés d'État que je vous
ai mentionnées, là. Ça fait que 3,5 milliards sur 250 milliards, on
parle d'un point quelque chose, 1,3 % de rendement. Ça, c'est notre REER
collectif à nous tous, là : au ministre, à la chef de cabinet du ministre,
au président, à moi, à vous, à nos enfants. Puis ça, c'est le rendement qu'on a
des sociétés d'État du Québec.
Puis, vous savez, honnêtement, vous ne mettriez
pas ça dans votre propre REER, à vous, là, un stock qui vous donne du
1,3 % de rendement, là, jamais vous n'allez acheter ça, vous, là, là. Mais
là, dans le REER collectif des Québécois, on l'accepte, ça.
Mme Ngo (Bich-Trang) : Si vous me
permettez, là, encore une fois, vous me parlez du rendement. Si on regarde
notre bilan des cinq dernières années chez Investissement Québec, on a déployé
pour plus de 20 milliards de dollars pour des projets d'une valeur de
80 milliards de dollars. De ces montants-là, on a retiré des montants
qui ont été annoncés, qui ne se sont pas matérialisés, Northvolt, par exemple,
que vous avez mentionné, et autres.
Et, avec les chiffres qu'on a aujourd'hui, à
terme, les projets que nous avons financés et soutenus vont contribuer au PIB
du Québec à la hauteur de 16 à 17 milliards de dollars. C'est à peu
près 2 % à 3 % du PIB du Québec. C'est énorme. En termes de création
d'emplois, de maintien d'emplois, c'est au-dessus de 100 000 emplois
qui sont maintenus ou sauvés avec les interventions qu'on fait. C'est ça, notre
rôle de développement économique. Ce n'est pas juste le rendement.
Puis le rendement, je dois vous dire,
6,2 %, comme moyenne, puis qu'on se compare à d'autres institutions
québécoises qui n'ont pas le mandat de développement économique et qui génèrent
entre 6 % et 8 %, je trouve qu'on est pas mal bien positionnés.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
M. le député.
M. Beauchemin : Merci, M. le
Président. Bon. Je comprends votre moyenne, là, sur les cinq dernières années,
là. On va s'entendre que l'année post-pandémique, elle a été un petit peu
boostée à la testostérone, là, pour tout le monde, OK, vous avez 25 % de
rendement cette année-là, OK, ça fait que votre 6, si ce n'était pas de cette
année-là, il serait peut-être un peu plus bas, mais bon.
Ceci étant dit, le débat n'est pas sur comment
on est capables de mieux performer. Je ne suis pas... je ne suis pas en train de vous dire qu'il y a des façons
pour vous de mieux faire votre job personnelle, là, ce n'est pas là. Je voulais
l'amener, en fait, sur la
rémunération que vous avez eue cette année, qui est en baisse. Pourquoi qu'elle
est en baisse?
Mme Ngo
(Bich-Trang) : Bien, en fait, l'année dernière, on n'a pas atteint
l'objectif de rendement, donc on regarde vraiment... Comme je vous disais, on a
vraiment trois volets, donc la performance organisationnelle, qui tient compte
du bénéfice, donc du rendement, qui tient compte du contrôle des coûts, qui
tient compte de la satisfaction, de l'expérience client et de l'engagement des
employés. Le deuxième volet, c'est tout le développement économique, donc les
cibles de développement économique, qui ont toutes été atteintes. Et le
troisième, c'est évidemment la performance individuelle. Mais c'est sûr qu'un des...
une des cibles, qui était le rendement ou le bénéfice, n'a pas été atteinte
l'année dernière.
M. Beauchemin : Votre performance
individuelle, là-dedans, ça... compose de quoi?
Mme Ngo (Bich-Trang) : En fait...
basé sur des objectifs qui sont à différents niveaux, qui sont établis par mon
conseil d'administration et évalués par mon conseil d'administration.
M. Beauchemin : Pouvez-vous partagez
avec nous c'est quoi?
Mme Ngo (Bich-Trang) : Non, je pense
que ça, c'est quand même confidentiel, le... comment mon conseil
d'administration m'évalue, c'est... si vous avez la question, vous pouvez la
poser à mon conseil d'administration, mais c'est vraiment... c'est eux qui
m'évaluent.
M. Beauchemin : OK. Et puis... Ça
fait que, quand vous regardez ça, il y a une baisse de la... bien, pas de la...
de la performance, il y a eu donc une baisse de votre rémunération. Est-ce que
vous considérez que la façon que vous êtes rémunérée chez Investissement Québec
est comparable à ce que d'autres caisses de retraite, «private equity fund»,
etc., se...
Mme Ngo (Bich-Trang) : Bien, c'est
sûr que nous ne sommes pas marché, nous sommes au 50e percentile de nos
comparables, puis, là, j'exclus les banques, j'exclus les «private equity» dont
vous me parliez, là. On regarde vraiment des comparables comme Desjardins,
Fondaction, le fonds. On est à peu près au 50e percentile. C'est un peu ça,
notre stratégie, parce qu'on est quand même un organisme de développement
économique.
M. Beauchemin : C'est intéressant
que vous avez le concept marché pour la rémunération, mais pas pour la
valorisation du placement dans Nemaska. Je trouve ça quand même surprenant.
Mais bon, vous comprenez le réflexe, n'est-ce pas? On a besoin d'avoir cette valorisation-là
pour savoir combien vaut notre investissement. On a passé à travers l'exercice
tantôt, puis je ne sais pas combien de temps qu'il me reste, M. le Président.
Le Président (M. Allaire) :
15 secondes.
M. Beauchemin : On en est arrivé à
la conclusion comme quoi qu'on avait fait une perte approximative de
400 millions de dollars qui restera à avoir à prouver si la
gracieuseté du ministre nous permettra d'avoir les chiffres plus précis de
vous, là. Mais, bon. Alors, voilà. Merci.
Le Président (M. Allaire) : Merci à
vous, M. le député de Marguerite-Bourgeoys. On enchaîne avec la députée de Terrebonne,
19 min 32 s. La parole est à vous.
Mme Gentilcore : Merci, M. le
Président. Bonjour, Mme Ngo, M. le ministre, troisième fois aujourd'hui.
Dites-moi donc comment ça va chez Investissement Québec. On est inquiets un
peu. À voir l'article de ce...
Mme Ngo (Bich-Trang) : Vous avez lu
l'article ce matin?
Mme Gentilcore : Bien oui, comme
tout le Québec, à peu près. Puis les... tu sais, on entend des choses aussi.
Donc, comment, à votre avis, ça se passe chez Investissement Québec?
• (17 h 30) •
Mme Ngo (Bich-Trang) : Bien,
écoutez, ça a été deux années qui ont été très mouvementées. Je vous rappelle, à l'automne, à la fin de
l'année 2024, nous avons mis en place et exécuté un plan d'optimisation.
C'est 192 postes qui sont... qui ont été abolis. Nous avons essayé
de le faire par attrition, donc vraiment des départs à la retraite qui n'ont
pas été remplacés, des départs qui n'ont pas été remplacés et des postes
vacants qu'on a tout simplement abolis, des postes vacants qui étaient
autorisés, qui ont été abolis. Et également il y a eu des postes qui ont été
abolis. Ça veut dire, pour les... Ça met beaucoup d'incertitude dans une
organisation également et ça demande aussi aux gens d'en faire plus, aussi.
Donc, il y a eu certains rôles qui ont été élargis également. Donc, ça, c'est
numéro un.
Numéro deux, trois semaines avant le sondage...
Et, vraiment, les résultats, on les prend à
coeur, comme équipe de direction et moi personnellement, mais c'est un sondage
qui était important. C'est important d'avoir le pouls des employés.
Trois semaines avant le sondage, nous avons
annoncé le retour trois jours présentiel obligatoire, un minimum de trois
jours. Nous étions à deux jours depuis le retour de la pandémie, suite à la
pandémie. C'est sûr que, pour les gens... Et on le
savait, quand on avait fait cette annonce-là, que ce ne serait pas bien perçu.
Je l'ai entendu des employés, je l'ai entendu, mais, pour nous, c'était
important pour la collaboration, pour la proximité, pour le développement des
employés de revenir en personne trois jours.
Mme Gentilcore : Je comprends tout
ça, mais ce qu'on indique dans cet article-là, ce matin, c'est que 45 %
des employés chez Investissement Québec ne font pas confiance à la haute
direction. On ne parle pas ici de mécontentement, on ne parle pas de déception
ou d'insatisfaction par rapport aux conditions de travail, on parle d'un bris
de confiance.
Alors, pour moi, je ne... on ne peut pas
remettre ce constat-là simplement sur le fait de l'annonce du retour en
présence au bureau, il faut qu'il y ait autre chose. Mon collègue, tout à
l'heure, parlait du manque de rendement chez Investissement Québec depuis
plusieurs années. J'ai entendu vos arguments. Il reste que pas besoin de faire
une revue de presse très exhaustive pour
trouver le nombre de projets qui ont été des échecs du côté d'Investissement
Québec et qui ont perdu énormément
d'argent. Vous ne pensez pas qu'il n'y aurait pas un lien à faire là aussi? Ne
pensez-vous pas que les... que vos employés sont... manquent de
confiance en vous et en votre équipe de direction parce que les résultats ne
sont pas au rendez-vous?
Mme Ngo (Bich-Trang) : En fait, je
ne pense pas que c'est vraiment au niveau des résultats financiers dont vous me
parlez. Je pense que le plan d'optimisation, il y a un effet vraiment au niveau
du moral des employés. L'autre point aussi, on a eu plus de 600 commentaires
des employés. J'ai lu les 600 commentaires. 90 % de ces
commentaires-là étaient liés au retour trois jours au bureau. On est en train
d'enlever une certaine flexibilité aux employés.
Cela étant dit, je... comme je vous dis, je suis
très sensible à ces résultats-là. 98 %, donc on a quand même eu un taux de
participation de 98 %. Ça veut dire, les employés sont à l'aise de
partager ça avec nous, de nous en parler et d'échanger avec nous. Donc, ça,
c'est le point numéro un.
L'autre point, 81 %, dans le même sondage,
des employés ont dit qu'ils n'ont pas l'intention de quitter Investissement
Québec. Donc, pour moi, ça va être important, avec notre équipe de direction,
de voir comment est-ce qu'on peut mieux communiquer aussi aux employés, comment
est-ce qu'on peut mieux expliquer les bénéfices de ce qu'on fait.
Mme Gentilcore : En fait, tu sais,
vous parlez... justement, les gens n'ont pas l'intention de quitter. Cependant,
ce qui m'inquiète, c'est justement quand on croise les résultats du sondage
avec le taux de roulement chez vous, qui a été de 15,4 % en 2024‑2025 et
de 11,6 % en 2023‑2024. Donc, ça a augmenté, le taux de roulement.
Mme Ngo (Bich-Trang) : Le taux de
roulement volontaire, c'est très différent. On a fait un plan d'optimisation,
là, je vous rappelle, on a fait un plan d'optimisation. Le taux de roulement
volontaire est aux alentours de 6 %.
Mme Gentilcore : Oui,
101 départs volontaires en 2024‑2025, mais il y a quand même
104 personnes qui se sont absentées pour invalidité prolongée. Donc,
104 personnes qui sont en arrêt de travail parce qu'ils ont une surcharge
de travail ou parce que c'est... ils ne sont pas heureux au travail, c'est
quand même très, très, très parlant, pour une moyenne de 51 jours
d'absence chacun. Donc, ça, comment vous l'expliquez?
Mme Ngo (Bich-Trang) : Bien, en
fait, comme je vous ai expliqué, avec le plan d'optimisation, c'est sûr qu'il y
a eu des rôles qui ont été élargis, il y a eu des... Ça a été des années très
drainantes. Ce n'est pas pour rien, d'ailleurs, que la firme de sondage Léger a
sorti un sondage récemment pour dire comme quoi, aujourd'hui, il y a comme un
désengagement des employés, également, avec l'intelligence artificielle. On est
en train de revoir nos processus, également, pour automatiser certains
processus, mais c'est une période de transformation qui est majeure chez
Investissement Québec, et, comme toute transformation, ça prend du temps.
Et notre rôle comme équipe de direction, c'est
d'être encore plus présent avec les employés, de trouver... Tu sais, on a
annoncé le retour trois jours au mois de février, 3 semaines avant le
sondage. On aurait pu attendre le sondage et l'annoncer après, parce que ça a
été effectif seulement... en fait, c'est effectif seulement depuis cette
semaine, on a donné une période de transition, mais c'était important pour nous
d'être transparent si la décision avait été prise, et on croit beaucoup à cette
proximité, à cette collaboration, au développement des employés.
Mme
Gentilcore : Donc, aucune remise en question, par exemple, de membres
de votre équipe de direction. Je pense, entre autres, à votre directrice...
vice-présidente aux ressources humaines, qui, quand même, gagne un salaire près
du 1 million de dollars par année. J'imagine que les attentes à son
égard sont élevées, j'imagine qu'elle a un plan clair, justement, pour voir à
cette situation-là, puis qu'il y a une imputabilité aussi qui lui revient par
rapport à ça. Parce qu'on s'entend qu'avec des chiffres comme ceux-là il y a de
quoi s'inquiéter, là.
Mme Ngo
(Bich-Trang) : En fait, comme équipe de direction, nous sommes tous
imputables. Là, vous identifiez une personne. Le plan d'action... nous sommes
en train de développer un plan d'action pour l'organisation. Comme je vous dis,
on est tous très sensibles aux résultats qui ont été... qui sont sortis. Et,
également, on va travailler avec les employés de la même
façon que le retour, cette semaine, aux trois jours. C'est la première semaine,
puis on va rentrer là-dedans, puis on va s'ajuster aussi, on va s'ajuster à la
réalité de tous et chacun.
Mme
Gentilcore : Vous vous laissez combien de temps pour redresser la
situation?
Mme Ngo
(Bich-Trang) : On est en plein dans le... à développer le plan
d'action en ce moment.
Mme
Gentilcore : Puis est-ce que c'est possible pour nous... j'entends
déjà votre réponse, mais est-ce que c'est possible pour nous de voir les
résultats de ces sondages-là puis de voir les commentaires qui ont été laissés
par les employés? Est-ce que c'est...
Mme Ngo
(Bich-Trang) : C'est confidentiel, ça.
Mme
Gentilcore : C'est confidentiel. Parfait. J'aimerais ça vous parler à
vous, M. le ministre, en fait, justement, de la réforme d'Investissement
Québec. En 2020, votre gouvernement, il a procédé à une grande réforme
d'Investissement Québec, et, aujourd'hui, on se demande où sont les résultats.
J'aimerais juste rappeler les grandes lignes
de votre réforme, là, c'était : d'augmenter les interventions dans les
entreprises, augmenter les effectifs d'Investissement Québec de 400 à
1 200 employés, d'augmenter significativement la rémunération aussi
des hauts dirigeants. Vous avez parlé
longuement, pendant la course à la chefferie, d'éliminer la permanence des
fonctionnaires. Ce qu'on a tous compris à travers votre message, c'est
que vous vouliez qu'il y ait davantage d'imputabilité dans la fonction
publique, et j'abonde totalement en votre sens là-dessus. Est-ce que cette
réflexion-là valait également pour Investissement Québec? Est-ce que les
employés, les hauts dirigeants qui font des choix qu'on peut remettre en
question chez Investissement Québec ou des mauvais investissements devraient
être tenus imputables?
Le Président (M.
Allaire) : ...
M.
Drainville : Est-ce que les dirigeants d'Investissement Québec
devraient être imputables de la performance de l'organisme?
Mme
Gentilcore : Oui.
M.
Drainville : Bien, la réponse, c'est oui, évidemment, de la même
manière que je suis imputable et que vous l'êtes aussi, hein, on l'est tous,
dans nos fonctions respectives. Alors donc, la réponse courte, c'est oui.
Mme Gentilcore : Donc,
c'est quoi, votre bilan de cette réforme-là de votre gouvernement qui a eu lieu
en 2020? Est-ce que vous jugez que c'est un succès? Est-ce que vous
trouvez qu'avec les rendements qu'on a actuellement... avec le taux de
roulement du personnel, avec le nombre de personnes qui sont en arrêt
prolongé... est-ce que tout ça, mis ensemble, vous êtes satisfait, là, des
grands changements que vous avez faits en 2020 dans le cadre de cette
réforme-là?
M.
Drainville : Bien, écoutez, moi, je regarde, là, le rendement ajusté
sur cinq ans, là, à 6,2 %, pour une agence de développement économique,
moi, je suis satisfait de ça.
Mme
Gentilcore : Vous êtes satisfait du rendement? OK. Donc, lors des
quatre dernières années...
M.
Drainville : Bien, pour une agence de développement économique qui
doit prendre des risques, parfois, qui doit aller là où d'autres institutions
financières n'iront pas, qui se voit confier des mandats de capital de risque,
d'accompagnement, moi, je suis satisfait du travail de la... de la société
d'État, et de ses gestionnaires, et en particulier de la PDG ici présente, là.
Mme
Gentilcore : En faisant la revue de presse très rapidement, sans même
chercher de manière exhaustive, je suis tombée sur neuf dossiers où Investissement
Québec a perdu de l'argent de manière significative, pour un total de
323 millions de dollars.
Donc,
premièrement, je vais y aller un par un, j'ai un petit dossier sur chacun,
Colabor, perte de 30 millions de dollars. En juin 2025, le
distributeur alimentaire a annoncé avoir conclu, avec Investissement Québec,
une nouvelle entente de financement pour une dette subordonnée de
15 millions de dollars supplémentaires avec un terme de cinq ans. Je
dis «supplémentaires» parce qu'il y avait déjà 15 millions de dollars
qui avaient été investis dans ce projet-là. En janvier 2026, Colabor s'était
mis à... s'est mis à l'abri de ses créanciers. La compagnie croulait sous
300 millions $ de dettes, c'est-à-dire qu'il y a fort à parier qu'en
juin 2025, quand vous avez réinjecté le deuxième 15 millions, on savait
déjà qu'il y avait plusieurs centaines millions de dollars de dettes à leur
actif.
Pouvez-vous d'abord
me confirmer que c'est 30 millions de dollars là est disparu, on ne
le retrouvera pas? Et comment vous avez pu... Quel est le processus, en fait,
qui a justifié ce deuxième 15 millions de dollars là?
• (17 h 40) •
Mme Ngo
(Bich-Trang) : Oui, bien sûr. Colabor, c'est un joueur dans la
distribution alimentaire, donc vraiment un créneau important dans la chaîne
d'approvisionnement alimentaire. On a soutenu l'entreprise pour faire
l'acquisition d'une entreprise qui appartient à Mayrand, qui s'appelle
Alimplus, pour vraiment étendre davantage son réseau de distribution dans un
contexte qui était... Tu sais, ils n'ont pas pu intégrer la transaction comme
elle se devait, et, oui, c'est décevant que l'entreprise n'a pas répondu et n'a
pu livrer sur nos attentes.
Cela étant dit, comme je vous... je vous
expliquais un peu, ou j'expliquais plus tôt à M. Beauchemin, quand on
regarde notre budget qui a été déposé en janvier 2026, donc, qui montre neuf
mois réels de résultats et trois mois de prévision pour l'année fiscale qui va
se terminer mars 2026, nous avions prévu un bénéfice de 330 millions, qui
tient compte, donc, de la perte dans Colabor, et je vous confirme que, quand on
va livrer nos résultats, qu'on va annoncer nos résultats, dans quelques jours,
on va être au-dessus du budget qui a été déposé.
Mme Gentilcore : Mais je reviens à
Colabor, là. Sur le site Web d'Investissement Québec, la mission de la Société
d'État est de, et je cite : «Stimuler l'innovation dans les entreprises,
l'entrepreneuriat et le repreunariat, ainsi que la croissance de
l'investissement et des exportations et, entre autres, à promouvoir les emplois
à haute valeur ajoutée dans toutes les régions du Québec.» Pouvez-vous me dire
auxquels de ces critères-là correspondait l'investissement dans Colabor?
Mme Ngo (Bich-Trang) : De un, c'est
un secteur stratégique, la distribution alimentaire, deuxièmement, c'est une
entreprise qui... Vous savez, dans la distribution, les marges sont très
faibles. On est capable de générer des meilleures marges si on devient plus
gros. Donc, à travers la transaction, donc l'acquisition qu'ils ont faite
d'Alimplus, c'était pour se positionner justement pour augmenter leurs marges à
travers un réseau beaucoup plus large. Comme je vous expliquais,
malheureusement, le contexte économique ne leur a pas permis de réaliser et de
cristalliser les synergies de cette transaction-là, mais la prémisse de départ,
de soutenir un joueur et de l'aider à croître... Notre rôle, également, c'est
de faire croître les entreprises, de les faire passer de petites à moyennes, de
moyennes à grandes.
D'ailleurs, au cours des cinq dernières années,
40 % des entreprises que nous avons soutenues sont passées de petites à
moyennes ou de moyennes à grandes, ont vu leurs effectifs augmenter de plus de
25 %.
Mme
Gentilcore : Autre exemple dans le même type, Sheertex, perte
de 35 millions de dollars. En février 2026, on a appris
qu'Investissement Québec a perdu 35 millions de dollars dans
l'insolvabilité de Sheertex, un fabricant montréalais de bas collants. Vous
aviez fait un grand battage pour annoncer cet investissement-là. Vous étiez
même allé, là, sur place, chez Sheertex, pour une séance de photos. Donc, je
résume la situation : en décembre 2024, Investissement Québec donne
35 millions à Sheertex. En 14 mois, cet investissement-là a été
perdu, avec son insolvabilité, ça, ça veut dire que Sheertex a perdu en moyenne
2,5 millions de dollars par mois sur cette période-là de
14 mois. J'ai une question simple, là : Comment on fait pour
perdre... pour perdre cet argent-là, 35 millions en 14 mois? Puis
c'est rapide, là. Donc, quelle évaluation vous aviez faite pour qu'on se rende
là en si peu de temps?
Mme Ngo (Bich-Trang) : Sheertex,
c'est une entreprise, comme vous le dites, qui est dans la fabrication de
collants qui sont indestructibles. Ils avaient une technologie qui était
innovante, justement, pour fabriquer ces collants-là. Ils avaient une volonté
de rapatrier la production de la Chine au Québec dans une nouvelle usine à
Pointe-Claire. Ils avaient des partenaires stratégiques en arrière, dont le
groupe H&M, la BDC était partenaire, EDC, ArcTern, un fonds, également, de
l'Ontario. Ils nous ont approchés pour soutenir le projet, donc, de l'usine au
Québec. 80 % de leurs ventes sont aux États-Unis, je vous rappelle.
Décembre 2024... février 2025, il y a des tarifs qui embarquent.
Une entreprise qui est en démarrage avec un
projet qui est innovant, ça demande du temps, ça demande de l'argent pour le
faire. Ils n'ont pas été en mesure de lever les capitaux nécessaires pour poursuivre
le projet. Et, vous savez, dans tout projet de démarrage, surtout dans le
capital de risque, le risque est très élevé. Ce n'est pas pour rien que, selon
un rapport de l'Université Harvard, dans des sociétés qui sont soutenues par du
capital de risque, parce que ça, c'est vraiment un projet en démarrage, je vous
dirais, 75 % de ces projets-là échouent. Donc, on regarde vraiment plus
sur du long terme, sur la totalité des projets.
Mme Gentilcore : Donc, il n'y a
personne chez Investissement Québec, dans les experts qui étaient là, qui ont
levé le drapeau, qui ont... qui avaient des doutes par rapport à
l'investissement chez Sheertex?
Mme Ngo (Bich-Trang) : En fait,
on a levé des doutes qu'il y a des risques, il y a toujours des risques, dans
toute intervention, dans tout investissement, surtout quand c'est un projet en
démarrage.
Mme Gentilcore : Mais donc tout
le monde était d'accord à l'interne pour aller de l'avant avec ce projet-là.
Mme Ngo (Bich-Trang) : Ce
dossier-là, il passait à travers nos comités. Évidemment, le comité a autorisé
cette intervention-là, sinon ça n'aurait jamais été de l'avant.
Mme Gentilcore : J'aimerais
parler avec vous de la distinction entre les fonds mandataires puis les fonds propres, parce que la distinction pour le grand
public n'est pas toujours évidente, mais, grosso modo, bon, pour les fonds
mandataires, ce n'est pas Investissement
Québec qui a le dernier mot, c'est le
gouvernement, et, pour les fonds propres, bon, bien, ce sont vraiment
votre équipe, vos employés, vos experts qui les gèrent.
Vous avez dit,
en décembre, à propos de ces fonds mandataires là, qui sont les fonds gérés par
le gouvernement : On exécute, on
fait du mieux qu'on peut en fonction du contexte, on négocie, on essaie d'aller
chercher la meilleure transaction, mais, après ça, c'est vraiment la décision
du gouvernement. Je comprends aussi de vos positions publiques, là, que vous
aimeriez peut-être, vous aussi, que le public comprenne un peu mieux la
différence entre ces deux fonds-là. Est-ce que je me trompe, est-ce que c'est
un désir que vous auriez que le public comprenne mieux un peu la distinction?
Mme Ngo
(Bich-Trang) : Bien, je pense que c'est important. Il y a vraiment
deux volets chez Investissement Québec, comme je vous expliquais. Si on
regarde notre portefeuille, la moitié du portefeuille, c'est les fonds
mandataires. Comme vous le dites, c'est vraiment... Le rôle d'Investissement
Québec, dans les dossiers mandataires, c'est de faire l'analyse, l'analyse
économique, l'analyse financière, de rouler des scénarios, de regarder la
structure de financement, le montage financier, mais la décision, c'est une
décision du gouvernement. Au niveau des
capitaux propres d'Investissement
Québec, en fait, c'est une décision
de nos comités d'investissement, nos comités de crédit, et ça peut même
jusque... aller à notre conseil d'administration, dépendamment du risque qu'on
prend.
Mme Gentilcore : Donc, pour les
fonds mandataires, ça fait quand même en sorte que, des fois, vous deviez...
vous devez défendre des décisions qui ne viennent pas de vous, qui viennent du
gouvernement, parce que ça reste quand même des fonds qui sont chez vous, chez Investissement
Québec.
En décembre, dans une entrevue éditoriale, vous avez
refusé de dire combien de fois le gouvernement et Investissement Québec ont été
en désaccord sur des projets, mais vous me confirmez bel et bien que ça arrive
à l'occasion, que vous n'êtes pas en accord par rapport aux investissements qui
sont faits dans les fonds mandataires.
Mme Ngo (Bich-Trang) : En fait,
notre rôle, c'est de faire l'analyse, et on partage l'analyse avec le gouvernement. On soulève les risques, on
soulève... mais, après ça, encore une fois, c'est une décision du gouvernement.
Mme Gentilcore : Je vais terminer
sur Nemaska Lithium, qui est quand même un sujet qu'on aime ces temps-ci. On sait que la caisse a trouvé ça trop
risqué, hein? La CDPQ trouvait ça trop risqué, Investissement Québec,
elle, elle est mandataire pour le fonds Capital ressources naturelles et
énergie, duquel proviennent la plupart des fonds
qui ont été versés à Nemaska Lithium. Comme mandataire, le gouvernement décide et IQ...
bien, Investissement Québec exécute. C'est bien ça? C'est ce qu'on vient
de se dire? Bon. Vous êtes donc quand même consultés en amont. Vous l'avez dit,
vous, vous faites... vous faites une étude, vous remettez ça entre les mains du
gouvernement, mais on vous consulte. On ne vous met pas devant le fait
accompli. Il y a quand même des discussions qui ont lieu entre Investissement
Québec et le gouvernement. C'est bien ça?
Mme Ngo (Bich-Trang) : Oui.
Mme
Gentilcore : Donc, à l'époque, sous l'ancien ministre
Fitzgibbon, mais aussi en 2024‑2025, sous l'actuelle première ministre, est-ce
qu'Investissement Québec trouvait risqué d'ajouter de l'argent dans Nemaska
Lithium? Qu'est-ce qu'il y avait dans votre analyse?
Mme Ngo (Bich-Trang) : De un, ce qui
est dans notre analyse, le contenu de nos analyses, on le partage avec le
gouvernement, puis c'est au gouvernement, s'il veut ou pas, de vous le
partager. Donc, nos analyses demeurent confidentielles, et c'est partagé avec le
gouvernement. Cela étant dit, on fait l'analyse.
Dans le
dossier spécifique de Nemaska, évidemment, on a fait de l'analyse financière,
économique, les retombées économiques, on a parlé des risques, mais,
également, on travaille avec les experts sectoriels du gouvernement, nos
équipes, donc les équipes d'Investissement Québec, les équipes du ministère et,
dans ce cas-ci, au niveau des experts sectoriels, c'est le ministère des
Ressources naturelles et des Forêts. Et on travaille ensemble pour... Oui?
Le Président (M. Allaire) : Bien, en
fait, ça met fin au bloc, désolé, déjà. Ça passe très vite. Donc, merci à la députée de Terrebonne. Dernier bloc de
l'opposition officielle. M. le député de Marguerite-Bourgeoys,
19 min 33 s.
M. Beauchemin : Merci, M. le
Président. Je veux commencer... En fait, une question peut-être pour le
ministre, si le ministre est d'accord. Donc, on a évidemment un plan, au
gouvernement, qui s'appelle... puis c'est un dépôt, là, qui a été fait il n'y a
pas si longtemps de ça, là, on appelait ça Le pouvoir québécois, réponse
au nouveau contexte, là, économique, que votre gouvernement a pondu. Puis on
est arrivé avec des grands chapitres, puis on essaie de bien paraître dans tout
ça.
Il y a une chose qui est sortie dans ça, qui
était... une partie de l'article disait qu'en fait ce qu'on voulait, ici, c'est
«garder et faire grandir nos entreprises, des champions économiques québécois».
Donc, face à l'urgence, il faut mobiliser des acteurs économiques,
diversification des marchés, à peu près tous les commentaires, là, que vous
nous avez mentionnés au préalable. Ça fait que je voulais avoir votre son de
cloche là-dessus, M. le ministre. Est-ce que ça, c'est pour toutes les
entreprises du Québec? Grosso modo, c'est une vision d'ensemble, c'est ça?
• (17 h 50) •
M. Drainville : Oui,
oui, bien sûr. Oui. Vous l'aimez, non?
M.
Beauchemin : Vraiment, là, je suis fasciné par ça. Sauf qu'il y a
quand même une grosse entreprise qui... il y a une grosse entreprise qui nous a
quittés, récemment, qui, si ce plan de match là avait été mis en place
efficacement... puis vous comprendrez, Mme la Présidente, puis Investissement
Québec, là, que ça va venir vous toucher, là, indirectement, là, bien, ce qui
est écrit là aurait eu du sens. Malheureusement, ce qu'on a comme exemple, ici,
c'est que ça a été un énorme fleuron du Québec qui est... qui est disparu sous
votre gouverne. Puis je pense que ce qu'il est important ici de comprendre,
c'est qu'il n'y a rien, là, qui a été fait de la part du gouvernement pour
sauver le départ de QScale. Donc, qu'en est-il, selon vous, là, des «champions
économiques», «garder et faire grandir nos entreprises québécoises», «le
pouvoir du Québec», toute cette belle plateforme là, puis là QScale, là, qui
disparaît, là, aux mains d'un «private equity» américain?
M.
Drainville : Bien, écoutez, pour ce qui est de QScale, c'est vrai, on
aurait... on aurait sans doute préféré que ça reste sous propriété québécoise.
Il y a eu une proposition québécoise, entre guillemets, qui a été mise de
l'avant, mais, à la fin, la proposition de Goldman Sachs était tout simplement
hors de prix. Ce n'était pas possible pour un groupe québécois, des intérêts
québécois, de compétitionner avec une offre comme celle de Goldman Sachs.
M.
Beauchemin : ...le document, Le pouvoir québécois?
M.
Drainville : Bien sûr. J'étais là, même, j'étais présent quand ça
s'est... quand ça a été annoncé à la centrale de Beauharnois, mais, si vous me
permettez, M. le Président, moi, je vais répondre aux questions, là, aucun
enjeu, mais j'aimerais ça parler aussi de la vision qui m'anime.
M. Beauchemin :
Non, c'est correct, c'est correct, je n'ai pas besoin d'aller là, moi, là.
M.
Drainville : Si le député était d'accord, j'aimerais bien, moi,
pouvoir parler de la vision qui m'anime.
M.
Beauchemin : Je n'ai pas besoin du tout d'aller là.
Des voix :
...
M.
Beauchemin : Il est là pour répondre aux questions, «right»?
Le Président (M.
Allaire) : M. le ministre, mon enjeu est tout le temps d'équilibrer le
temps. Vous pourrez le glisser dans une réponse à vos questions, puis que... je
jugerai si le temps vient s'équilibrer, mais là je vais permettre au député de
poser sa question. On est en reddition de comptes pour les crédits.
M.
Beauchemin : On est en... Moi, ce qui m'anime, c'est de trouver des
réponses aux questions des Québécois en reddition de comptes par rapport aux
actions gouvernementales.
Donc, le fameux
document du pouvoir québécois, là, était une vision caquiste, là, de vouloir
nous... protéger nos entreprises, s'assurer qu'on ait, évidemment, là, nos
sièges sociaux qui restent au Québec, qu'on puisse développer. Dans le cas
spécifique, là, de... on s'entend, là, ce qu'on voulait ici, c'est protéger les
données des Québécois dans une industrie où est-ce que l'avenir est extrêmement
important, là. Puis il y a eu quelque chose qui a été mentionné par le candidat
à la course à la chefferie. : Dieu sait...
M.
Drainville : ...qui c'était, oui.
M.
Beauchemin : Le candidat. Bien, il y avait une candidate puis il y a
le candidat, donc j'imagine que c'était vous, ça.
M.
Drainville : Bien, écoutez, j'imagine, aussi, là.
M.
Beauchemin : J'imagine. Ça fait que : Dieu sait qu'il faut
numériser toutes les activités de l'État, si on veut plus d'efficacité, il faut
passer par là, mais il faut le faire de façon responsable, a déclaré le
candidat. Votre collègue, autre... la candidate, elle a dit : Je veux
qu'on s'assure que ces données sensibles des Québécois soient protégées. Alors, moi, je trouve ça un petit peu
inquiétant, là. On a quelque chose qui est mentionné par les deux candidats... qui
est une entreprise québécoise, qui maintenant est un fleuron québécois qui est
passé aux mains des Américains, ça ne vous inquiète pas, là, que... c'est quand
même gros, là, ce n'est pas... c'est pas un petit joueur québécois, en plus,
là, c'est le plus gros joueur québécois, le seul qu'on avait, puis qu'il est
passé aux mains des Américains?
M.
Drainville : Le seul qu'on avait, soyons...
M. Beauchemin :
De ce calibre.
M. Drainville : Soyons
prudents, là.
M. Beauchemin : De ce calibre.
M. Drainville : Écoutez. Je l'ai
dit, nous aurions préféré que la propriété reste québécoise. Maintenant, la
souveraineté numérique, ça reste une priorité pour nous, évidemment. Je tiens
quand même à dire que... n'hébergeait pas de données du gouvernement, hein, je
pense que c'est important de le dire : Aucune donnée du gouvernement
n'était entreposée chez... Donc, il ne s'agit pas ici, là... il n'y a pas
d'enjeu de données personnelles en lien avec la population québécoise. Le
service de stockage de données de... était utilisé essentiellement par des
entreprises étrangères, donc, je pense que c'est important quand même de le
noter.
Maintenant, le député a raison, ça reste un
enjeu, la souveraineté numérique. Et puis nous avons, comment dire, des... nous
avons des ambitions en ce domaine, et, lorsqu'on aura des nouvelles ou des
annonces à faire, on les fera en temps et lieu.
M. Beauchemin : Il y avait quand
même quelque chose d'intéressant aussi dans cette triste histoire de... parce
que, bon, oui, Goldman Sachs est arrivée avec une offre qui était peut-être
difficile, là pour le gouvernement, Investissement Québec, là, d'accoter, fort probablement,
mais il y a tout l'aspect non quantité. En fait, ce que vous, Mme la présidente
d'Investissement Québec, vous mentionniez tout à l'heure... il y a une mission
au-delà du rendement, n'est-ce pas, qui était à considérer, puis là c'était un
exemple où est-ce que cette mission-là, au-delà du rendement, aurait dû être
considérée. C'était un joueur stratégique dans l'écosystème québécois puis ça
n'aurait pas été, comme vous disiez si bien, là, responsable... parce que vous
l'avez dit, de façon responsable, ça n'aurait pas été responsable de s'assurer
qu'on puisse faire de quelque façon que ce soit la retenue de ce siège social
là ici.
Le Président (M. Allaire) : M. le
ministre.
M. Drainville : La question
s'adressait à moi?
M. Beauchemin : Bien...
M. Drainville : bien, écoutez...
M. Beauchemin : Ça peut être à
l'autre candidate, là.
M. Drainville : ...je vous ai dit ce
que j'en pensais. Je vous ai dit qu'il aurait été souhaitable que l'on puisse
conserver la propriété québécoise sur QScale. Ça n'a pas été possible.
Maintenant, il faut faire la part des choses,
hein, c'est 90 % des... 90 % des clients de QScale étaient des
entreprises étrangères. Aucune donnée gouvernementale n'était stockée chez
Qscale. Alors, il y a eu de l'équité qui a été mise dans QScale. Je rappelle,
on a mis, c'est quoi, c'est 30 millions d'équité, on a généré, c'est quoi,
c'est 90 millions au moment de la vente, on avait prêté 40 millions.
On a récupéré le 40 millions plus un autre 10 millions d'intérêts, de
rendement, donc, sur le prêt. Donc, dans ce cas-ci, le gouvernement a fait un
très, très bon bénéfice.
Maintenant, je le répète, si on avait pu
conserver la propriété québécoise de QScale, on aurait souhaité pouvoir le
faire. Maintenant, les institutions québécoises ont essayé, ont déposé une
proposition, et elles n'étaient pas concurrentielles
avec celle de Goldman Sachs. Alors là, vous auriez souhaité quoi, là? Vous
auriez fait quoi, vous là, là?
M.
Beauchemin : Bien, je trouve
ça quand même intéressant que le ministre nous dit : Bien, parce qu'il n'y
a pas de donnée du gouvernement du Québec qui a été logée chez QScale,
que c'est moins important, c'est moins considérant. Donc, dans le fond, ça
revient au commentaire qu'il disait tout à l'heure : c'est important, là,
qu'on devienne autosuffisant puis qu'on ne fasse que se focusser sur l'économie
du Québec. Donc, un joueur québécois que son modèle d'affaires est basé sur
l'expansion à l'extérieur du Québec est moins important aux yeux du
gouvernement qu'un joueur qui fait le service de l'État québécois? C'est un peu
le raisonnement, là, que vous nous donnez?
• (18 heures) •
M. Drainville : Non, quand vous
parlez de souveraineté numérique, là...
M. Beauchemin : Oui. Bien non,
mais...
M.
Drainville : ...bien, la
souveraineté numérique, c'est la souveraineté des données des citoyens du
Québec, OK? Alors, moi, je vous dis que, dans le cas de QScale, il n'y
avait pas de donnée de citoyens québécois...
M. Beauchemin : ...québécoises.
M. Drainville : Bien, je vous dis,
moi, qu'il n'y avait aucune donnée du gouvernement qui n'était entreposée dans
les serveurs de QScale. Il n'y en avait pas. Alors, quand on parle de
souveraineté numérique, on parle de souveraineté pour la population concernée.
Moi, je vous dis que, pour la population concernée, en lien avec les données gouvernementales, il n'y en avait pas chez QScale.
Alors, je pense qu'il faut, tout de même, faire la part des choses.
M. Beauchemin : ...il y a des
données du... y a-tu des...
M. Drainville : Sinon, c'est quoi,
votre définition de souveraineté numérique, vous, là, là?
M. Beauchemin : Y a-tu des données
du gouvernement du Québec qui ne sont logées qu'avec des compagnies
québécoises?
M. Drainville : Est-ce qu'il y a des
données qui ne sont logées...
M. Beauchemin : Du gouvernement du
Québec qui ne sont logées qu'avec des compagnies québécoises?
M. Drainville : La réponse, c'est
oui, mais je ne suis pas... mais je ne suis pas en mesure de vous les
identifier.
M. Beauchemin : AWS, ça vous dit-tu
quelque chose?
M.
Drainville : Je ne suis pas
en mesure de vous les identifier. Je ne crois pas que ce serait utile de les
identifier.
M. Beauchemin : Bien, c'est parce
que ça... on est dans la conversation, à savoir, là, les données du
gouvernement du Québec ne devraient être que dans des compagnies québécoises.
Je vous pose la question : Est-ce qu'elles sont des compagnies
québécoises?
M. Drainville : Vous me dites oui...
M. Drainville : Alors, ce que je
vous dis, c'est qu'il y a, à ma connaissance...
M. Beauchemin : Là, je vous
dis : Bien, voyons donc! AWS, est-ce qu'on connaît?
Le Président (M. Allaire) : ...
M. Drainville : À ma...
Le Président (M. Allaire) : Ne
parlez pas en même temps, s'il vous plaît, M. le ministre. Allez-y, répondez.
M. Drainville : Bien, est-ce que je
peux répondre?
Le Président (M. Allaire) : Oui,
allez-y.
M. Drainville : Merci. Alors, ce que
je dis, c'est qu'à ma connaissance il y a des données gouvernementales qui sont
bel et bien hébergées chez des entreprises québécoises. Je ne vais pas les
identifier. Je ne crois pas que ce soit une bonne idée. Et ce que je dis, c'est
que nous avons l'ambition, puis je pense que c'est un objectif collectif que
nous devrions avoir, y compris au Parti libéral du Québec, que de chercher le
plus possible à accroître et à renforcer notre souveraineté numérique. Et je
maintiens que, dans le cas de QScale, en tout cas, les informations que j'ai,
c'est qu'il n'y avait pas de donnée gouvernementale qui était hébergée chez
QScale.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
M. Drainville : Donc, pour ce qui
est de la souveraineté numérique en lien avec le gouvernement, ça ne semble pas
être un enjeu.
Le Président (M. Allaire) : Merci,
M. le ministre. Merci. M. le député, allez-y.
M. Beauchemin : Donc, à la question
simple : Est-ce qu'il y a des données du gouvernement du Québec qui sont
dans les serveurs du GAFAM, la réponse, c'est quoi?
Le Président (M. Allaire) : M. le
ministre.
M. Drainville : Bien, M. le
Président, il y a des données gouvernementales qui sont hébergées chez des
entreprises québécoises. Et, si vous me permettez, M. le Président...
M. Beauchemin : Ma question était
sur les GAFAM.
M. Drainville :
...si vous me permettez, M. le Président, je vais vérifier ce que je peux
transmettre comme information à la commission, et, lorsque je l'aurai vérifié,
je le transmettrai. Mais je ne vais... je ne vais pas prendre de décision ici, parce que, s'il y a un enjeu de
sécurité en lien avec l'hébergement de ces données, je veux d'abord le
vérifier.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Merci, M. le ministre...
M. Drainville : Alors, M. le député
de Marguerite-Bourgeoys n'a peut-être pas ce souci, mais moi, je l'ai.
Le Président (M. Allaire) : ...merci,
M. le ministre. M. le député, allez-y.
M. Beauchemin : Donc, juste pour
comme conclure un peu, là, sur QScale, la raison du pourquoi le gouvernement du
Québec n'a pas de donnée... n'avait pas de donnée chez QScale, parce que ça
semble être un petit peu cryptique, là, à savoir pourquoi, mais on sait, nous,
qu'il y a des données du gouvernement du Québec qui sont avec AWS, et ce, en
grosses quantités. Et le gouvernement du Québec a signé des ententes de
plusieurs centaines de millions de dollars avec AWS pour ces données. Je suis
quand même surpris que le ministre de l'Économie n'est pas au courant de ça.
Mais QScale a quand même sonné l'alarme au gouvernement du Québec à plusieurs
reprises sur ce sujet-là, mais on n'a pas voulu entendre.
Martin
Bouchard, le président, cofondateur de QScale, a même proposé des plans
d'expansion en coordination avec le gouvernement du Québec, avec Investissement
Québec, pour, justement, avoir une expansion à l'extérieur du Québec, parce
que, la première réponse, c'était de vouloir faire une expansion au Québec,
mais le gouvernement du Québec a dit non parce qu'il était... il ne voulait pas
donner des mégawatts pour permettre l'expansion sur le territoire québécois.
Alors, à ce moment-là, QScale est allé voir le voisin en Ontario, celui que
vous aimez vous comparer souvent avec, puis eux avaient un projet d'affaires à
proposer à QScale, mais ils n'ont pas eu le droit de le faire, parce que le
gouvernement du Québec, via Investissement Québec, ne voulait pas que QScale
investisse un projet de développement de 4 milliards de dollars à
l'extérieur du Québec. Elle est quand même pas pire, celle-là.
Le Président (M. Allaire) : M. le
ministre.
M. Drainville : Je veux juste, M. le
Président, attirer l'attention, là, sur une page Web du gouvernement du Québec intitulée Nuage gouvernemental du Québec.
Et, ce qui est écrit, c'est : «Le nuage gouvernemental du Québec
regroupe un ensemble de services infonuagiques conçus pour répondre aux besoins
des ministères, etc. Le nuage gouvernemental du Québec est hébergé dans un
environnement physique sécurisé dans deux pôles au Québec, sous la
responsabilité du ministère, le pôle ouest, le pôle est, etc.»
Alors, s'il souhaite en savoir davantage, il
peut aller sur cette page, mais ça reste, je le constate, volontairement vague,
probablement pour des raisons de sécurité. Donc, j'ai raison, je pense, d'avoir
une réaction de prudence lorsqu'on me pose des questions en lien avec
l'hébergement des données des Québécois, surtout des données gouvernementales.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
M. le député.
M.
Beauchemin : Thomas Gervais
a déposé un article le 30 mars disant que, pour la souveraineté numérique,
Québec donne à nouveau un contrat à Amazon. En tout cas, c'est un... c'est un
choix, ça aurait pu être donné à QScale. Mais, bon, on n'a pas voulu que QScale
fasse une expansion à l'extérieur du Québec, QScale a donc décidé de se trouver une autre façon de se financer.
QScale a financé son expansion avec la firme américaine qu'on connaît tous.
Et là, maintenant, devinez donc quoi? Ils
vont la faire, leur expansion, en Ontario, 4 milliards de dollars,
une entreprise qui ne nous appartient plus maintenant.
Le Président (M. Allaire) : ...
M. Beauchemin : Donc, ma question,
ma question, M. le Président, au ministre, c'est de savoir : Pourquoi
est-ce qu'on n'a pas voulu permettre à QScale de faire sa croissance en restant
québécoise?
Le Président (M. Allaire) : M. le
ministre.
M. Drainville : M. le Président,
l'offre de Goldman Sachs dépassait largement ce qui aurait pu être offert par
un groupe québécois. Est-ce que le député de Marguerite-Bourgeoys est en train
de dire que le gouvernement du Québec aurait dû forcer la main à Investissement
Québec ou à la Caisse de dépôt pour venir accoter l'offre de Goldman Sachs?
C'est-tu ça? Est-ce que c'est de ça dont on parle ici?
M. Beauchemin : Non, non, ce qu'on
parle, en fait, c'est qu'avant même de se rendre à cette étape-là, QScale vous
avait approché pour dire : On veut faire un investissement en Ontario, OK,
on a des partenaires qui vont nous permettre de faire ça...
M. Drainville : Vous nous
reprochez...
M. Beauchemin :
...puis là, vous leur avez dit : Non, on ne veut pas que l'investissement
d'Investissement Québec dans QScale...
M. Drainville : Mais vous déplorez
le fait que Goldman Sachs a acheté QScale? Moi, je vous pose la question.
Est-ce que vous l'auriez...
M. Beauchemin : Non, non, non, on regardera
la chronologie de la conversation.
Le Président (M. Allaire) :
Messieurs...
M. Beauchemin : Non, non, non.
Le Président (M. Allaire) :
...messieurs, messieurs...
Des voix : ...
Le Président (M. Allaire) : ...messieurs,
je vous ramène à moi. Merci. On se calme. M. le député, vous avez une question
claire à poser? Allez-y. Il vous reste 45 secondes.
M. Beauchemin : La question, elle
est simple. Avant même d'être considéré sur les marchés pour être vendu à des
intérêts internationaux, QScale avait approché votre gouvernement pour leur...
pour vous demander de les aider à faire une expansion en Ontario en restant,
donc, entièrement québécoise. Là, vous leur avez dit non. Puis, à partir de ce
moment-là, eux autres, ils avaient un choix terrible à faire, le choix était de
se vendre pour pouvoir être capable de faire cette expansion-là en Ontario.
Pourquoi leur avez-vous refusé la capacité de rester québécoise et d'avoir une
croissance?
Le Président (M. Allaire) : M. le
ministre, 15 secondes.
M. Drainville : M. le Président,
moi, je... les informations que j'ai, c'est qu'on n'a rien bloqué du tout, là.
Et je relance ma propre question : Est-ce que le Parti libéral au pouvoir
aurait accoté l'offre de Goldman Sachs? Et, si oui, dites-nous, dites-nous comment,
dites-nous comment vous l'auriez fait.
M. Beauchemin : Bien, la...
Le Président (M. Allaire) : ...merci,
merci...
M. Beauchemin : Ce n'est même pas
ça, la question.
Le Président (M. Allaire) : ...ça
met fin, ça met fin à ce bloc d'échange avec l'opposition officielle. Merci au
député de Marguerite-Bourgeoys. Donc, Mme la députée de Saint-François, pour le
gouvernement, la parole est à vous pour 19 min 33 s.
Mme Hébert : Merci, M. le Président.
Alors, bien, ma question est pour M. le ministre. J'aurai... j'aurai deux
questions, mais je sentais que de pouvoir nous parler de votre vision qui vous
anime, ça vous brûlait les lèvres. Alors, je vous donne la chance de pouvoir nous
parler de votre vision et la partager avec tous nos auditeurs.
• (18 h 10) •
M. Drainville : Bien, merci beaucoup
pour votre question, parce qu'effectivement l'exercice des crédits vise à faire
de la reddition de comptes, et évidemment on est très... très heureux de
participer à cet exercice-là. Je l'ai dit déjà pendant mes crédits Énergie,
mais je pense qu'il est bon de rappeler l'origine de cet exercice que nous
avons fait aujourd'hui. C'est un exercice... un exercice de responsabilité
ministérielle. Les Patriotes, en 1837-1838, se sont battus pour que nous
ayons... pour que nous vivions cette... ce moment aujourd'hui. Donc, les
ministres doivent rendre compte, devant le Parlement, devant les élus, des
dépenses de leur ministère, donc, c'est quand même un exercice très important
que nous avons fait au cours des dernières heures. Ça n'a pas toujours été le
cas. Et donc il faut quand même souligner, une fois de temps en temps, que cet
exercice, c'est le bataille d'une... c'est le fruit d'une bataille démocratique
qui a été menée par nos aïeuls il y a plusieurs générations de cela.
Maintenant,
pour ce qui est de la vision que nous allons porter, merci beaucoup pour votre
question, Mme la députée de Saint-François, d'abord, je l'ai... je l'ai
un petit peu évoqué tout à l'heure, le maître mot, c'est sécurité. Moi, je
pense que, dans le contexte actuel, avec le mur tarifaire que M. Trump a érigé,
avec toute l'incertitude puis l'instabilité que nous vivons présentement avec
les multiples conflits internationaux, je pense que ce que les Québécois
attendent de nous, c'est une politique économique qui est axée sur la sécurité
économique. Et donc on va s'assurer, on va participer très activement,
évidemment, aux négociations sur la révision de l'ACEUM, parce qu'évidemment
l'accès aux marchés américains, ça demeure une priorité pour notre
gouvernement. Ce que nous visons, si vous me demandiez, là, l'objectif suprême
que nous visons dans ces négociations, dans cette révision, ce serait de
diminuer le plus possible les tarifs et de le faire sur le plus grand nombre
possible de produits, sur le plus grand nombre possible
de produits exportés. Donc, ça, c'est l'objectif. Puis évidemment l'entente à
trois, l'entente trilatérale, on considère que c'est une bonne entente et donc
on souhaite qu'elle soit reconduite le plus possible.
Maintenant, M. le Président, dans le cadre,
donc, de cette stratégie qui vise la sécurité économique, il est évident que
l'un des piliers de cette sécurité économique, ça va être la sécurité
énergétique. Alors, on n'est pas dans des crédits Énergie, mais dans le...
comment dire, sous le grand parapluie de la sécurité économique. C'est évident
que d'assurer la sécurité énergétique des Québécois, ça doit demeurer un
objectif extrêmement important. Alors, le plan d'investissement d'Hydro-Québec,
200 milliards d'ici 2035, pour doubler la production électrique d'ici
2050, c'est un pilier de notre stratégie économique et de notre stratégie
énergétique, cela va... cela va de soi, qui doit demeurer une préoccupation
centrale qui doit guider nos décisions. Il faut que ça se fasse. Il faut que
ces investissements-là se réalisent pour assurer donc un approvisionnement en
énergie, essentiellement de l'énergie propre, pour la suite des choses, en
particulier pour nos entreprises, et puis, oui, pour bien asseoir la sécurité
de notre économie et de nos entreprises pour la suite des choses.
Un des secteurs qui va nous aider à assurer
cette sécurité économique, c'est le secteur de la défense. Alors, le gouvernement
fédéral a annoncé des investissements extrêmement importants dans le secteur de
la défense. On a des entreprises qui peuvent jouer un rôle extrêmement
important dans ce... dans cette stratégie du gouvernement fédéral. Et puis,
évidemment... Alors, moi, ce soir, je l'ai dit déjà un peu plus tôt
aujourd'hui, mais, ce soir, au terme de nos crédits maritimes, je quitte pour
Ottawa pour aller au CANSEC. Donc, ça, c'est le grand salon des entreprises de
défense, des entreprises de sécurité. C'est un rendez-vous annuel. Cette année,
il est particulièrement important.
Il y aura,
d'ailleurs, des... Il y aura, d'ailleurs, une équipe d'Investissement Québec
qui m'accompagnera là-bas, Marc Parent, notre émissaire en matière de
défense et d'activité militaire, sera là également. Et l'objectif, c'est quoi?
Bien, l'objectif, c'est de rencontrer des entreprises, pas juste canadiennes,
des entreprises étrangères également, pour leur démontrer qu'on a ici, au
Québec, tout un écosystème d'entreprises dans le domaine militaire, dans le
domaine de la défense, qui sont prêtes à les aider, qui sont prêtes à
construire, qui sont prêtes à livrer du matériel. On a des... On a des
entreprises évidemment bien connues, Bombardier, par exemple, qui fabriquent le
GlobalEye, donc, cet appareil de surveillance qui, essentiellement, c'est un
Global 6 500, ça peut être un 8 000, ça peut être un 8 500
également, sur lequel on pose des systèmes de détection extrêmement avancés.
Alors, Bombardier fait du matériel militaire. Dans le grand... sous le grand
parapluie des activités militaires et de sécurité, il y a, bien sûr, Davie, le
chantier maritime ici, à Lévis.
Alors, c'est le plus grand chantier maritime au
Canada. Je vous le rappelle, on est... On a obtenu un contrat de plus de
3 milliards pour fabriquer un brise-glace polaire. On est en discussion
avec le fédéral pour décrocher d'autres contrats pour des brise-glaces. Puis
ces brise-glaces, évidemment, vont jouer un rôle important pour assurer la
sécurité du pays, en particulier dans l'Arctique, alors... Puis, je vous
rappelle, la Garde côtière, maintenant, relève du ministère de la Défense à
Ottawa. On a des entreprises comme CAE, dans le domaine des simulateurs, on a
des entreprises comme Héroux-Devtek, dans le domaine des trains d'atterrissage,
on a des entreprises dans le domaine aérospatial qui sont extrêmement
performantes dans le domaine militaire. Alors, évidemment, toutes ces
entreprises pourraient bénéficier de contrats en provenance du gouvernement
fédéral, mais aussi en provenance d'autres gouvernements étrangers qui
investissent massivement, eux aussi, dans le domaine militaire.
La bataille
pour faire de Montréal le siège de la banque de défense, ça aussi, c'est un
objectif que nous continuons à poursuivre.
Bref, on veut faire du Québec un leader dans l'industrie militaire. Alors, pour
assurer, donc, la sécurité économique
des Québécois, on va développer très activement notre secteur militaire. On surveille,
bien entendu, les contrats du fédéral
pour les avions de chasse. Je vous rappelle, important, il y a deux groupes,
essentiellement, les F-35, fabriqués, donc, par les Américains, puis il
y a aussi le Gripen, donc qui est fabriqué par Saab, le grand joueur suédois. Alors, ça va être très intéressant de
voir quel groupe le fédéral va choisir. Et puis il y aura évidemment
toutes sortes de contrats qui vont se
rattacher à cette immense commande. Et puis il y a évidemment le contrat des
sous-marins, deux groupes encore là qui s'affrontent, les Coréens,
Hanwha, les Allemands avec Thyssenkrupp, donc...
Une voix : ...
M.
Drainville : TKMG, merci,
merci. Donc, eux autres aussi, ils sont en lice. On va voir lequel des deux
groupes va remporter le contrat. C'est un contrat de plusieurs
milliards, plusieurs dizaines de milliards même. Alors, il y a des entreprises
québécoises qui sont positionnées pour profiter, évidemment, pour bénéficier de
contrats en lien avec cette immense commande de sous-marins du fédéral. Donc,
là aussi, on a un rôle à jouer, c'est très important. L'autre partie de cette vision, je suis toujours en
train de répondre à votre question, Mme la députée de Saint-François,
c'est l'entrepreneurship, l'entrepreneuriat, le repreneuriat, l'idée qu'il faut
que nos entreprises québécoises continuent d'être propriétés québécoises,
continuent de croître ici, au Québec. Alors, il y a toutes sortes de
programmes, notamment avec le ministère de l'Économie, mais en collaboration,
bien entendu, avec Investissement Québec. Alors, là aussi, on a beaucoup de
travail à faire. Vous savez l'objectif de notre première ministre, qui est de
faire en sorte que les entreprises québécoises aient accès à une plus grande
part du contenu québécois, donc, dans les appels d'offres publics. Alors, ça
aussi, ça procède d'une volonté de renforcer le tissu économique du Québec.
Et, parallèlement à ça, on va continuer à
accompagner nos entreprises québécoises qui veulent se diversifier, qui veulent
vendre ailleurs qu'aux États-Unis. Et certaines se tournent vers les marchés
des autres provinces canadiennes, certaines se tournent vers l'Europe,
certaines se tournent vers... vers l'Asie, certaines se tournent vers
l'Amérique latine, le Mexique, par exemple. Alors, on va continuer, donc, à
mettre de l'avant les programmes qui vont permettre à nos
entreprises de compenser les pertes de parts de marché qu'elles pourraient
subir à cause de la... du protectionnisme américain. Investissement Québec fait
un excellent travail au niveau de l'accompagnement des entreprises québécoises,
je tiens à le souligner, on n'en a pas suffisamment parlé.
Et puis il y a des programmes qu'on a mis en
place, comme Panorama, qui visent à accompagner les entreprises québécoises sur
les marchés d'exportation. Puis il y a d'autres programmes, vous les
connaissez, Essor, productivité, le Plan PME, également, qui vise à renforcer
notre tissu industriel au niveau des PME, à faire en sorte que nos petites
entreprises deviennent des moyennes, que nos moyennes deviennent des grandes.
Donc, ça aussi, c'est très important.
• (18 h 20) •
Et je termine avec l'allègement réglementaire,
c'est... je termine, mais j'aurais le goût de dire, et non le moindre,
l'allègement réglementaire, le fait que nos entrepreneurs souvent nous
disent : Ce n'est pas une subvention que je veux, ce n'est pas un appui
financier que je veux, je veux juste que vous vous tassiez du chemin, que vous
me laissiez faire ma job, c'est-à-dire créer de la richesse puis créer des
emplois. Alors, ça, c'est un objectif du gouvernement. On a livré des résultats
très intéressants par rapport à l'allègement réglementaire. Il y a le projet de
loi 11 qui est sur le point d'être adopté, me dit-on, le projet de
loi 11 qui va donc nous permettre de faire d'autres avancées au niveau de
l'allègement réglementaire, voilà, qui prévoit notamment l'abolition du Bureau
de mise en marché du bois.
Madame, tout à l'heure, vous me parliez de la
forêt. Je n'avais pas eu le temps de me rendre jusque-là. Je suis content que
la députée de Saint-François me donne tout ce temps très généreusement pour me
permettre de dire que nous allons abolir, donc, le Bureau de mise en marché du
bois. Ça, l'industrie forestière est très heureuse de ça. Et on va réduire
aussi les redevances versées par les entreprises forestières. On parle
d'approximativement 20 millions, n'est-ce pas? Voilà. Un progrès à
nouveau. Alors, écoutez, je pense que ça fait assez bien le tour de la vision
qui nous anime. Vous avez sans doute trouvé ça fort intéressant, n'est-ce pas?
Et je... Malheureusement, je ne vois pas le député de Marguerite-Bourgeoys,
mais je suis certain qu'il nous écoute avec attention et qu'il doit trouver ça
vraiment formidable. D'ailleurs, dans l'allègement réglementaire, je tiens à le
dire, il y a toute cette idée de diminuer les formalités administratives. Le un
pour un...
Mme Hébert : Deux pour un.
M. Drainville : ...vous avez
travaillé là-dessus, Mme la députée de Saint-François, avec notre estimé
collègue, aujourd'hui ministre des Affaires municipales, n'est-ce pas? Mais,
avant ça, il avait travaillé sur la réduction de la réglementation
gouvernementale. Donc, un pour un, mais aussi, dans certains cas, deux pour un.
Mme Hébert : Deux pour un.
M. Drainville : Alors, M. le
Président, il nous reste combien de temps, là?
Le Président (M. Allaire) : Ah!
6 min 30 s.
M. Drainville : Moi, j'aimerais ça
que la députée de Saint-François, je lui cède le temps qu'elle m'a cédé et
qu'elle nous explique le un pour un versus le deux pour un. Vous avez travaillé
là-dessus, je pense, vous êtes bien... Est-ce que vous êtes à l'aise pour nous
en parler?
Mme Hébert : Oui, bien, je peux vous
en parler. Alors, dans le projet de loi 11, vous avez raison, on a la
politique du deux pour un, donc, il y aura un allègement. Donc, à chaque fois
qu'on veut mettre une mesure, on devra en retirer deux. Donc, présentement, ça
touche différents ministères, mais on veut vraiment l'élargir. Je crois que
c'est plus de 42 ministères et organismes qui vont être assujettis
éventuellement. Alors, c'est... c'est vraiment une mesure qui est très, comment
je pourrais dire, novatrice à la grandeur même du Canada. Donc, ça se... ça ne
se voit pas ailleurs. Alors, ce sera de voir comment que ce sera effectif une
fois que le projet de loi sera adopté.
Mais, vu que vous me cédez la parole, M. le
ministre, moi, je voulais vous amener sur les zones d'innovation. Les zones
d'innovation sont vraiment une initiative de notre gouvernement, hein, depuis
qu'on est au pouvoir. C'était dans la vision de l'ancien premier ministre, et
j'ai l'honneur d'avoir eu la première zone d'innovation
à Sherbrooke et en Estrie, avec Bromont, donc, puis celle de Sherbrooke est
sous le nom de DistriQ. Ils se...
M. Drainville : ...vous, là, là,
hein?
Mme
Hébert : Oui, en
Estrie, on en a deux, mais moi, j'en ai une à Sherbrooke. Donc, très, très
heureuse d'avoir été la première zone. Et c'est un secteur des technologies qui
est très avancé avec le secteur quantique. Là, demandez-moi pas un exemple de
ce que c'est, le quantique, je peux juste vous dire que, quand on me
l'explique, c'est qu'on est là puis on n'est pas là, donc, on peut être
quasiment à deux endroits à la fois, mais ça fait partie de la quatrième
dimension, puis on va s'arrêter là.
Mais, par
contre, je sais qu'Investissement Québec est un partenaire financier majeur
dans les zones d'innovation. Juste à Sherbrooke, l'an passé, à l'été, on
avait annoncé un 9,6 millions pour le premier ordinateur Pasqal qui était
installé au Canada, ordinateur quantique. On a aussi avec SBQuantum... on vient
de lancer dans l'espace, au mois de mars, des capteurs
quantiques, donc, qui vont aider tout ce qui est GPS à vraiment... à pouvoir
avoir encore plus d'informations. Donc, on voit que le Québec est le seul
endroit au monde où les technologies quantiques les plus avancées sur le plan
commercial.
Alors, moi, là,
j'aimerais entendre Investissement Québec, pour les dernières minutes qu'il
nous reste. Comment vous rendez nos
entreprises plus productives, surtout dans les zones d'innovation, parce qu'on
a cinq zones, au Québec? Voilà.
Mme Ngo
(Bich-Trang) : Écoutez, la productivité, c'est au coeur de ce
qu'Investissement Québec fait. C'est depuis 2016 qu'on intervient pour soutenir
des entreprises, pour soutenir des projets qui améliorent la productivité des
entreprises du Québec. Depuis 2016, c'est plus de 9 milliards qui a été
déployé par Investissement Québec pour soutenir les entreprises du Québec en
productivité, dont plus de 7 milliards depuis 2020, donc, vraiment, une
accélération dans un contexte économique où il y a énormément d'incertitude.
Les entreprises que
nous avons soutenues à travers des projets de productivité ont vu leur
productivité augmenter de plus de 40 % entre 2019‑2023. Ça se compare à
3,5 % dans le secteur manufacturier au Québec : c'est énorme. Une
entreprise qui fait un premier projet de productivité va faire un deuxième, un
troisième. Il faut en faire plus, et c'est vraiment une priorité sur laquelle
on mise, parce que, plus les entreprises sont productives, plus elles sont compétitives, et ça leur permet d'être un
leader, oui, dans leurs marchés, mais également d'aller à l'international,
de les aider, de croître de petites à moyennes, de moyennes à grandes.
Quand
on regarde Investissement Québec dans le contexte actuel, puis je rencontre
beaucoup d'entrepreneurs, j'ai visité 15 des 17 régions du Québec
pour rencontrer les employés, les entrepreneurs, et, vraiment, aujourd'hui,
dans le contexte actuel, les projets sont mis sur pause ou sont découpés en
plus petits projets pour dérisquer le projet. Notre
rôle, c'est d'accompagner les entreprises. Nous avons une centaine
d'ingénieurs, de techniciens, de scientifiques qui marchent les lignes
de production, qui voient comment on peut augmenter la robotisation,
l'automatisation, la numérisation, ajouter de l'intelligence artificielle,
améliorer nos processus, et, vraiment, un accompagnement technologique pour
dérisquer le projet en amont. Évidemment, après ça, nous sommes présents pour soutenir financièrement ces
projets-là, donner une certaine flexibilité, parce qu'on sait qu'un projet,
pour que ce soit rentable, le retour sur investissement, ça prend quelque temps
qu'on fait un investissement en... en productivité, donc, vraiment des
financements qui sont beaucoup plus flexibles pour soutenir ces projets-là.
Mme Hébert : ...question.
Le Président (M.
Allaire) : 1 min 30 s.
Mme
Jeannotte : Est-ce que je pourrais aller sur le climat? On vit des
jours très incertains, est-ce que... Quelle
est votre préoccupation de ce côté-là? Parce que vous avez le ministre qui
était le ministre de l'Environnement juste à côté, puis on a quand même
beaucoup de pression, les politiciens, de ce côté-là. Est-ce que, dans votre
vision des choses, Mme la PDG, vous avez un souci du climat? Parce que nos
projets économiques doivent aussi... On vit ça beaucoup à l'heure actuelle.
J'aimerais vous entendre à ce sujet.
Mme Ngo
(Bich-Trang) : Donc, depuis maintenant quatre ans, dans toutes les
interventions financières qu'on fait, on
demande aux entreprises... Puis vous devez comprendre que notre portefeuille,
c'est 10 000 entreprises, 10 000 clients, dont
95 % de ces entreprises-là, c'est de la PME, de la petite entreprise, de
la moyenne entreprise. Donc, on fait un accompagnement au tout début, quand on
fait une intervention, pour remplir un formulaire ESG, pour voir c'est quoi,
les points à améliorer, comment est-ce qu'on peut les aider. Comme je vous dis,
on a des équipes de consultants, de techniciens qui peuvent accompagner
l'entreprise, pour voir même comment est-ce qu'on peut réduire les pertes
d'énergie, comment on peut recycler, comment est-ce qu'on peut réduire les
pertes de matériaux et autres.
Donc, il y a vraiment
un travail qui se fait sur chaque dossier, depuis quatre ans, pour soutenir ces
entreprises-là, les accompagner également avant toute intervention financière
de notre côté.
Le Président
(M. Allaire) : Merci, merci. Ça met fin à ce bloc d'échange avec
la partie gouvernementale. Ça met fin aussi à l'ensemble des blocs d'échange.
Je vous informe
également qu'on a reçu l'information de la part du ministère, là, qui sera
transmis, là, via les canaux habituels. Donc, sur Greffier, il vous sera
accessible à tous, ça, c'est suite à un échange avec le député de Marguerite-Bourgeoys
concernant les déboursés depuis 2022... 2020, pardon.
Une voix :
...
Le Président
(M. Allaire) : Il est déposé officiellement. Bon, parfait. Merci.
Une voix :
...
Le Président
(M. Allaire) : Pardon?
Une voix : ...
Document
déposé
Le Président (M. Allaire) : Ah!
j'autorise le... Les termes sont importants. Donc, j'autorise le dépôt
officiellement.
Documents déposés
Donc, en terminant, je dépose aussi les réponses
aux demandes de renseignements des oppositions.
Donc, comme vous voyez l'heure... compte tenu de
l'heure, la commission ajourne ses travaux au jeudi 28 mai 2026, à
14 h 30, où elle entreprendra l'étude du volet PME des crédits
budgétaires du portefeuille Économie, Innovation et Énergie. Merci, tout le
monde. Bonne soirée!
(Fin de la séance à 18 h 30)