Journal des débats (Hansard) of the Committee on Labour and the Economy
Version préliminaire
43rd Legislature, 3rd Session
(début : May 5, 2026)
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Wednesday, May 27, 2026
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Vol. 49 N° 5
Étude des crédits budgétaires du ministère de l'Économie, de l'Innovation et de l'Énergie, volet Économie - Économie
Étude des crédits budgétaires du ministère de l'Économie, de l'Innovation et de l'Énergie, volet Économie - Investissement Québec
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Intervenants par tranches d'heure
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Allaire, Simon
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Beauchemin, Frédéric
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Drainville, Bernard
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Drainville, Bernard
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Allaire, Simon
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Beauchemin, Frédéric
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Zaga Mendez, Alejandra
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Beauchemin, Frédéric
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Allaire, Simon
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Drainville, Bernard
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Gentilcore, Catherine
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Beauchemin, Frédéric
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Allaire, Simon
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Drainville, Bernard
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Jeannotte, Chantale
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Allaire, Simon
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Beauchemin, Frédéric
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Drainville, Bernard
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Gentilcore, Catherine
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Drainville, Bernard
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Gentilcore, Catherine
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Allaire, Simon
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Beauchemin, Frédéric
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Zaga Mendez, Alejandra
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Zaga Mendez, Alejandra
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Allaire, Simon
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Drainville, Bernard
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Hébert, Geneviève
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Beauchemin, Frédéric
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Allaire, Simon
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Beauchemin, Frédéric
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Zaga Mendez, Alejandra
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Zaga Mendez, Alejandra
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Allaire, Simon
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Beauchemin, Frédéric
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Gentilcore, Catherine
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Gentilcore, Catherine
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Allaire, Simon
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Drainville, Bernard
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Beauchemin, Frédéric
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Drainville, Bernard
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Allaire, Simon
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Beauchemin, Frédéric
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Hébert, Geneviève
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Jeannotte, Chantale
11 h (version révisée)
(Onze heures vingt-trois minutes)
Le Président (M. Allaire) : Alors,
à l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de
la Commission de l'économie et du travail ouverte.
La commission est réunie afin de procéder
à l'étude du volet Économie des crédits budgétaires du portefeuille Économie, Innovation
et Énergie pour l'exercice financier 2026‑2027. Une enveloppe de trois heures
a été allouée pour l'étude de ces crédits.
Mme la secrétaire, est-ce qu'il y a des
remplacements ce matin?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. Mme Mallette (Huntingdon) est remplacée par M. Provençal
(Beauce-Nord); Mme Setlakwe (Mont-Royal—Outremont) est remplacée par M. Beauchemin
(Marguerite-Bourgeoys); M. Fontecilla (Laurier-Dorion) est remplacé par Mme Zaga
Mendez (Verdun); et M. Paradis (Jean-Talon) est remplacé par Mme Gentilcore
(Terrebonne).
Le Président (M. Allaire) : Merci,
Mme la secrétaire. Alors, vous connaissez tous la formule. C'est des blocs,
habituellement, là, qui tournent alentour de 20 minutes. Dans ce cas-ci,
c'est un petit peu moins. Naturellement, je vais <vous...
Le Président (M. Allaire) :
...tournent alentour de 20 minutes. Dans ce cas-ci, c'est un petit peu
moins. Naturellement, je vais >vous donner le temps avant chaque bloc. Je...
M. le ministre, j'attire votre attention, là, sur le fait que je dois
équilibrer le temps entre les questions et les réponses. Donc, quand vous me
voyez faire ce signe-là, M. le ministre, là, c'est que ce serait le fun que
vous puissiez conclure votre argumentaire pour qu'on puisse, là, avoir un
certain équilibre, là, dans le temps.
Donc, M. le député de Marguerite-Bourgeoys,
vous avez 17 min 3 s. La parole est à vous. On commence
maintenant.
M. Beauchemin : Merci
beaucoup, M. le Président. J'ai... j'ai posé à plusieurs reprises une question
au ministre de... de l'Économie, au salon rouge, à savoir quelle était la
valeur actuelle, la valeur marché, la valeur marchande. Il y a des expressions
de marché qui s'impliquent... qui résument ça plus facilement, le... le «mark-to-market»,
combien ça vaut aujourd'hui, la valeur au livre versus la valeur de marché, etc.,
mais je n'ai jamais été capable d'obtenir une réponse claire de la part du...
du ministre des... de l'Économie là-dessus. Ça fait que je vais... je vais
juste peut-être réitérer ma question, mais, avant de le faire, je veux
clarifier, juste, quelque chose.
Est-ce que... Dans le dossier de Nemaska
Lithium, est-ce que le... le ministre de l'Économie est capable de nous dire
brièvement combien d'argent que le gouvernement de la CAQ et les... le gouvernement
précédent, au total, ont mis dans le projet de Nemaska Lithium?
Le Président (M. Allaire) :
M. le ministre.
M. Drainville : Bien,
écoutez, ce que j'ai dit en Chambre, et je le répète ici, devant vous, c'est
que le placement... Puis, en fait, de façon plus générale, les sommes qui ont
été investies dans le projet de Nemaska Lithium n'ont perdu aucune valeur à ce
stade-ci. Elles ont leur pleine valeur, ces sommes-là.
M. Beauchemin : OK.
Donc, le montant total, là, qui a été investi, juste parce que je n'ai pas la
réponse que tous connaissent, là, c'est 1,2 milliard qui a été investi,
dont le gouvernement de la CAQ qui en est responsable pour à peu près 900... 950...
960 milliards... millions de dollars.
Il y a eu, évidemment, des experts au
ministère des Ressources naturelles qui ont donné des avis, là, défavorables
pour faire des investissements dans ce projet-là. Ces experts-là ont eu à
remodeler, si je peux le dire ainsi, leurs avis, parce qu'ils avaient reçu des
pressions de la part du ministère de l'Économie, qui n'était pas sous la
gouverne du ministre actuel, mais plutôt sous la gouverne de son ancien, ancien
prédécesseur, que je pense qu'on peut nommer ici, M. Fitzgibbon, qui n'est
plus là maintenant et qui a eu aussi, par la suite, des pressions qui sont
venues de le... son ancienne prédécesseure, c'est-à-dire la première ministre
actuelle.
Alors, les pressions étaient que le... les
avis d'experts n'étaient pas appréciés de la part du gouvernement et on voulait
les modifier, on voulait les modifier pour pouvoir permettre l'investissement.
Donc, le premier... il y a eu deux modifications qui ont été faites. La
première, c'était de dire que c'était un investissement passant de «pas
acceptable» à «acceptable, mais avec des conditions». Puis là, ça, ce n'était
pas satisfaisant. On a décidé de faire... On veut changer ça de «pas acceptable»
à «pas acceptable avec des conditions», à juste, simplement, «acceptable». Puis
là, à partir de ce moment-là, le gouvernement a écrit pour 900 quelques
millions de dollars de chèques dans le projet de Nemaska Lithium.
Donc, je voulais savoir si le ministre de
l'Économie, aujourd'hui, est au courant de la... de la chronologie des
événements que je viens de mentionner.
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Drainville : Oui.
D'abord, M. le Président, juste pour être clair, c'est 1,1 milliard, donc,
qui ont été investis dans l'entreprise par le gouvernement. Et le seul montant
d'argent qui a été perdu jusqu'à maintenant, c'est le 70 millions qui a
été investi par le gouvernement libéral de M. Couillard, comme je l'ai
déjà dit en Chambre à une question, donc, de mon honorable collègue.
Donc, lorsque Nemaska Lithium, première
mouture, si on peut l'appeler ainsi, a fait faillite, le 70 millions que
le gouvernement Couillard avait investi dans l'entreprise a été perdu. Et, à ce
stade, c'est le seul investissement public qui a été perdu, donc, dans Nemaska
Lithium.
Maintenant, pour ce qui est de la chronologie
des événements, ce que j'ai dit en Chambre, puis je n'ai pas changé d'idée
depuis, c'est qu'il y a eu effectivement des avis qui ont été communiqués par
le ministère des Ressources naturelles, qui ont mené à des ajustements de la
part, donc, du... bien, enfin, des personnes responsables du projet. Et <donc...
M. Drainville :
...à
des ajustements de la part, donc, du... bien, enfin, des personnes responsables
du projet. Et >donc il y a eu des ajustements qui ont été apportés,
parce qu'il y a eu, effectivement, des analyses qui ont été faites par le
ministère des Ressources naturelles. Et donc ces gestes-là que nous avons posés
nous ont amenés à ajuster, donc, le risque qui était... qui avait été
identifié, donc, par les analyses du ministère des Ressources naturelles.
Le Président (M. Allaire) :
Merci. Merci, M. le ministre. M. le député.
M. Beauchemin : Oui, ça
fait que... Donc, ma question est claire, là, la chronologie, est-il au
courant, oui ou non?
Le Président (M. Allaire) :
M. le ministre.
M. Drainville : Bien, je
viens de la faire, la chronologie, là, M. le Président. Il y a eu des avis qui
ont été émis et il y a eu des prises de décision qui s'en sont suivies et qui
ont fait en sorte, par exemple, qu'on a souhaité réduire les risques
technologiques par un procédé conventionnel. Il y a eu...
Le Président (M. Allaire) :
...merci.
M. Beauchemin : La
question était relativement simple. Il y a une chronologie des événements, où
est-ce que le... le ministère de l'Économie a forcé la main des experts au
ministère des Ressources naturelles en ce qui a trait aux avis de ces
experts-là qui ont été émis pour l'investissement dans Nemaska Lithium. Le
gouvernement de la CAQ a forcé des experts de son gouvernement à changer...
Le Président (M. Allaire) : ...monsieur....
M. le député, faites attention, on va vous prêter des intentions, là. «Forcer
la main»... je vous demande... je vous demande de faire attention. Allez-y,
poursuivez.
• (11 h 30) •
M. Beauchemin :
D'accord.
Le gouvernement de la CAQ a demandé à des experts qui travaillent pour le
gouvernement de changer leurs avis d'expert pour que le gouvernement puisse
mettre de l'avant des centaines de millions de dollars dans Nemaska Lithium.
Donc, on a de la misère à me donner la bonne chronologie, si je comprends, là,
parce que ça... ça peut peut-être impliquer des personnes.
Moi, ce que je veux ici, c'est vraiment
qu'on clarifie une chose. Il y a eu plein de trucs, là, qui ont été faits à
date, là, dans... dans Nemaska Lithium. On a une usine qui est en... en arrêt
de construction, il y a des... un projet de mine dans le Nord qui n'est même
pas à peine développé. J'ai demandé personnellement à des gens de... du milieu
de me donner leurs impressions à ce que la valorisation courante d'aujourd'hui
du marché... de ce que cela peut représenter. Et on est loin du
1,1 milliard, 1,2 milliard que le gouvernement de la CAQ a investi
dans... dans le projet.
Ma question est simple : Est-ce que
le ministre comprend le concept de la valorisation de marché? Est-ce qu'il
comprend la valorisation de marché, ce que ça, ça veut dire?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Drainville : Bien, M.
le Président, est-ce que je peux demander au député de Marguerite-Bourgeoys
pourquoi est-ce qu'il continue de répéter que l'usine est en arrêt de
construction, alors que ça fait trois, sinon quatre fois que je lui dis que
l'usine n'est pas en arrêt de construction? On l'a encore vérifié auprès de Rio
Tinto la semaine dernière. Il y a 500 travailleurs qui continuent de
construire l'usine présentement. Est-ce que je peux poser la question au député
de Marguerite-Bourgeoys pourquoi est-ce qu'il continue de colporter une
information qu'il sait inexacte? Ce sont des mots parlementaires, M. le député
de Marguerite-Bourgeoys. L'information est inexacte. Vous continuez de...
d'affirmer que l'usine est à l'arrêt et que la construction de l'usine est à
l'arrêt, ce qui est faux. Est-ce que vous pourriez au moins reconnaître que
l'usine est toujours en construction? Et l'information vient de Rio Tinto. La
moindre des choses, ce serait, M. le Président, que le député parle à Rio Tinto,
s'il ne croit pas l'information que moi, je transmets, qui nous vient de Rio
Tinto. Est-ce qu'il peut au moins parler à Rio Tinto, qui va lui confirmer que
la construction de l'usine se poursuit?
Le Président (M. Allaire) :
Merci. M. le député. Allez-y.
M. Beauchemin : J'ai
posé une question simple. On m'a donné tout à fait une réponse, là, non reliée
à la question, là. Moi, je vais avoir une réponse simple à une question... Parce
que le ministre de l'Économie... quand même, n'est-ce pas? Est-ce qu'il
comprend le concept de la valorisation actuelle de marché? Le concept, là, on
va dans le général, là, on est à 60 000 pieds. Est-ce qu'il comprend ce que ça
veut dire, le concept de la valorisation actuelle de marché?
Le Président (M. Allaire) :
M. le ministre.
M. Drainville : M. le...
le Président, le placement de... du gouvernement, ou les investissements du
gouvernement, dans Nemaska Lithium, sont toujours valorisés à 1,1 milliard.
Pour ce qui est... pour ce qui est de la suite des choses, bien, écoutez,
évidemment, il y aura une construction qui va se poursuivre et qui va se
terminer. Et puis, à un moment donné, l'usine fonctionnera. Et puis,
maintenant, pour la...
11 h 30 (version révisée)
M. Drainville : ...et puis, à
un moment donné, l'usine fonctionnera, et puis, maintenant, pour la suite des
choses, M. le Président, on va continuer, nous, à croire en ce projet qui... en
lequel les libéraux croyaient. Ils ont même mis beaucoup d'argent dedans. Et
puis nous, on continue à y croire parce qu'on...
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Merci, M. le ministre. M. le député.
M. Beauchemin : Donc, M. le
Président, j'essaie de la poser simple, la question, là. Un premier jour de
classe, niveau universitaire, là, OK, c'est enseigné, quand on fait un bac en
commerce, un bac en administration, OK? Cette valorisation-là du marché, là,
aujourd'hui, ça vaut combien, on l'explique, là, dans les premières heures aux
bancs d'universités. Le ministre est incapable de nous répondre à savoir c'est
quoi, la théorie. Il n'est pas capable de nous dire ça vaut combien.
Ça fait que, moi, la raison pour laquelle
je vous dis ça, là, OK, c'est parce qu'on est fiduciaires de l'argent des
Québécois. Ce gouvernement-là a dépensé 950 millions de dollars, qui a eux-mêmes
écrit leur propre chèque, là, OK, puis que ça, ça ne fait rien en ce moment, OK?
Donc, moi, ce que je veux avoir, c'est : Est-ce qu'il comprend l'idée
suivante? Un jour, M. le ministre décide de s'acheter des actions d'une
compagnie ABC. La compagnie ABC, il a payé ses actions 10 $. Aujourd'hui,
la compagnie vaut 1 $ dans les marchés boursiers. Est-ce qu'il comprend
que son placement ne vaut plus 10 $?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Drainville : Alors, M. le
Président, les comptables du gouvernement et la direction de Rio Tinto nous
confirment qu'il n'y a pas lieu de dévaloriser le placement. Donc, il n'y a pas
lieu d'inscrire une moins-value durable actuellement.
M. Beauchemin : ...le ministre
pourrait nous partager cette information?
M. Drainville : Bien, je
viens de le faire.
M. Beauchemin : Non, bien, je
veux dire, le document qui vous donne... parce que, quand même, c'est gros, ce
que vous nous dites. J'aimerais ça l'avoir, l'information.
M. Drainville : Bien, M. le
Président, si on est pour avoir des crédits qui se font dans le respect, il
faudrait que le député de Marguerite-Bourgeoys adopte une attitude constructive.
Moi, je vais répondre aux questions respectueusement et j'apprécierais que ce
ton respectueux soit partagé par l'ensemble des membres de cette commission, y
compris le député de Marguerite-Bourgeoys. L'information que je viens de lui
transmettre...
Le Président (M. Allaire) : Allez-y,
poursuivez, on va vous laisser terminer.
M. Drainville : ...c'est une
information que je tiens des comptables du ministère et également c'est une
information que nous tenons de la direction de Rio Tinto. Alors, voilà.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Merci, M. le ministre. En fait, c'est ce qu'on s'attend, que les discussions
soient cordiales. C'est mon rôle de le faire. Pour le moment, c'est... je
trouve que c'est correct, mais c'est sur la ligne. Faites-vous-en pas que je
vais intervenir si je sens que ça dérape. Donc, je vous invite à rester
respectueux de part et d'autre. Continuez à vous adresser à moi, et je pense qu'on
va cheminer comme ça pour le reste de cette séance. M. le député de Marguerite-Bourgeoys,
allez-y.
M. Beauchemin : ...un énorme différentiel
de temps, de différence de temps, là, qu'on calcule, nous autres, là, ça fait
que...
Le Président (M. Allaire) : Bien,
moi aussi, je le calcule. J'ai mon chronomètre ici.
M. Beauchemin : OK, juste vous
dire, là, on le regarde pour être certains.
Le Président (M. Allaire) : Soyez
assuré que j'essaie d'équilibrer. Des fois, des fois, vous faites un préambule
qui a été beaucoup plus long au début, la réponse a été plus courte, et, au
final, j'essaie d'équilibrer, faites-vous-en pas.
M. Beauchemin : Je fais juste
vous dire qu'on a jusqu'à 6 h 30 ce soir, là. On voudrait que ce soit juste.
Le Président (M. Allaire) : Faites-vous-en
pas, j'ai le chronomètre en avant de moi. La parole est à vous.
M. Beauchemin : On est... on
est donc face à une réponse qui ne nous a pas été encore donnée, là. On
voudrait avoir l'information. Si c'était possible, gentiment, M. le ministre,
pouvez-vous partager cette information-là avec la population du Québec dans son
ensemble, à savoir vous évaluez ça... parce que je vais...
En 2024, décembre 2024, Goldman Sachs et
la Caisse de dépôt avaient radié leurs investissements dans Northvolt. Radié,
là, pour le ministre, ça, ça veut dire que ça ne vaut plus rien, OK? Ça ne
valait plus rien, puis Caisse de dépôt et Goldman Sachs avaient radié l'investissement.
Ça a pris cinq mois à la prédécesseure du ministre pour dire que, finalement, l'investissement
dans Northvolt, dans la maison mère, là, OK, ne valait plus une cenne. Ça a
pris cinq mois pour sortir ça de la part du gouvernement.
Ça fait que vous comprenez, M. le
Président, que, pour les gens qui nous écoutent, là, qui savent comment tout ça
a été... tout ce département-là était mal géré par les personnes responsables,
c'est-à-dire les ministres, la ministre, puis que, là, on est dans cette
situation-là où est ce qu'on a un investissement de 1,1 milliard, on
demande la valorisation aujourd'hui de ce que ça vaut puis on nous donne
exactement la même réponse, quand on sait très bien que le bâtiment à <Bécancour
et ce qui est de...
M. Beauchemin :
...on
sait très bien que le bâtiment à >Bécancour et ce qui est de... comme un
terrain dans le Grand Nord, OK, les deux ensembles ne sont pas valorisés au
marché, aujourd'hui, à 1,1 milliard de dollars, puis on n'est pas
capables d'avoir de la part du gouvernement une réponse claire là-dessus... Je
veux dire, vous comprenez, là, le scepticisme, là. On est vraiment rendus
totalement sceptiques par rapport à n'importe quelle vérité du gouvernement.
Le Président (M. Allaire) : Ça
va. Je veux juste dire qu'il vous restait deux minutes, M. le député.
M. Beauchemin : Merci. Est-ce
que...
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre, oui? M. le ministre.
M. Drainville : Il n'y a pas de
dévaluation. Puis, si je peux me permettre, M. le Président, je pense... Alors,
que le... que le député ne fasse pas confiance aux évaluations du ministère,
c'est... c'est son choix, mais je pense que l'évaluation de Rio Tinto a une
aussi grande valeur, sinon une plus grande valeur encore, dans ce dossier-là,
que les évaluations que peut faire le député de Marguerite-Bourgeoys. Je pense
que, Rio Tinto, ils savent compter.
M. Beauchemin : Merci. Donc,
vous connaissez la feuille de route, hein, de Rio Tinto au Québec, j'imagine,
évidemment, que vous avez regardé ce qu'ils ont fait.
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Drainville : M. le
Président, le député de Marguerite-Bourgeoys est arrivé dans une posture de Génies
en herbe. Alors, il pose des questions puis, visiblement, sa posture, c'est :
Aujourd'hui, je vais essayer de me montrer plus fin que le ministre ou de
montrer au ministre que j'en sais plus que lui. Je n'ai pas l'intention de
jouer ce jeu-là. Je ne suis pas ici pour jouer à Génies en herbe. Je
suis ici pour faire une reddition de comptes qui va être honnête et qui va être
sincère.
• (11 h 40) •
Le Président (M. Allaire) : Ça
va...
M. Drainville : Et, si le
député est prêt à avoir un échange constructif avec moi, ça va me faire plaisir...
Le Président (M. Allaire) : Ça
va, merci. Merci, M. le ministre. Je pense qu'on comprend le fond de votre
intervention. En fait, je l'ai dit tantôt, ce que je souhaite, c'est que les
échanges soient cordiales et respectueuses de part et d'autre, mais je sens que
vous ne me mettrez pas la tâche facile si je compare avec les autres
commissions que j'ai eues jusqu'à maintenant. Je vous demande votre
collaboration de part et d'autre. M. le député, votre question, il vous reste
30 secondes.
M. Beauchemin : Oui. Ce n'est
pas une question de Génies en herbe, c'est vraiment une question simple.
Est-ce que vous comprenez le concept de la juste valeur marchande?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Drainville : Je pense que
oui, M. le Président, et, encore une fois, je ne jouerai pas à Génies en herbe
avec le député de Marguerite-Bourgeoys.
M. Beauchemin : ...l'appliquer
à l'investissement dans Nemaska Lithium?
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Ça met fin à ce bloc d'échange, ce premier bloc d'échange. Alors, on poursuit
avec la deuxième opposition. Mme la députée de Verdun, vous avez 17 min 3
s. La parole est à vous.
Mme Zaga Mendez : Merci, M.
le Président. Bonjour, M. le ministre. M. le ministre, vous l'avez dit, quand
vous avez pris le poste, que vous voulez vous distancier de certaines décisions
ou de façons de faire, on va le dire, là, de l'ancien député de Terrebonne,
mais, malheureusement, vous héritez quand même des décisions qui ont été prises
avant vous. Dans le... Il y a trois semaines, la Commissaire au développement
durable a déposé un rapport qui a frappé à l'endroit des décisions qui ont été
prises et des façons de faire de la part du ministère de l'Économie et
l'Innovation.
Moi, je veux aller sur les faits.
C'est-à-dire que, dans le rapport, ce qu'on a... ce qui est dit noir sur blanc,
c'est qu'il y a une certaine pression qui a été faite sur le ministère des
Ressources naturelles et des Forêts pour que ce dernier change un avis
défavorable en 2023. Est-ce que le... M. le ministre, j'imagine, vous nous...
vous nous l'avez dit, vous avez pris connaissance du rapport de la commissaire,
mais moi, je veux savoir si vous avez fait vos devoirs depuis. Est-ce que vous
avez remonté en 2023 et vous avez lu l'avis défavorable envoyé par le MRN?
Avez-vous connaissance de ce... avez-vous pris connaissance de cet avis-là?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Drainville : On ne m'a pas
partagé quoi que ce soit en lien avec ce dossier, M. le Président.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Mme la députée.
Mme Zaga Mendez : Êtes-vous
curieux de voir cet avis-là? Cet avis-là, on en parle depuis trois semaines.
J'imagine qu'en avoir pris connaissance du dossier vous étiez curieux de savoir
quel était l'avis du MRNF. Est-ce que vous l'avez lu ou vous avez l'intention
de chercher cet avis?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Drainville : M. le Président,
le ministère des Ressources naturelles a soulevé des éléments de risque. Le
ministère de l'Économie a travaillé avec le ministère des Ressources naturelles
pour mitiger les risques. Donc, c'est un travail de collaboration entre les
deux ministères qui s'est fait. Et donc le ministère de l'Économie a travaillé
avec <l'entreprise pour répondre à certains...
M. Drainville :
...de
l'Économie a travaillé avec >l'entreprise pour répondre à certains... à
certains des risques qui avaient été soulevés par l'avis sectoriel, donc, du
ministère des Ressources naturelles, et, suite à ces échanges, il y a eu des
mesures d'atténuation qui ont été proposées par le ministère de l'Économie et
par Investissement Québec pour réduire, par exemple, les risques technologiques.
Alors, c'est pour ça que Nemaska a adopté
un procédé conventionnel plutôt qu'un tout nouveau procédé pour le traitement
du minerai. Nemaska a également conclu une entente pour bénéficier de
l'expertise de personnes qui avaient déjà opéré des usines semblables ailleurs
dans le monde, encore une fois pour mitiger le risque, et, j'ajoute ceci, pour...
pour réduire le risque, on a aussi fait des tests ciblés. Nemaska a réalisé des
tests ciblés sur les sections qui étaient plus critiques du procédé pour éviter
des problèmes lors de la mise en production. Alors, il y a eu un échange entre
les deux ministères, qui a mené à des décisions pour diminuer le risque, et
c'est ce que je dis depuis le début.
Le Président (M. Allaire) :
Merci.
Mme Zaga Mendez : Merci. Cet
échange... Est-ce que vous avez lu cet échange-là? Avez-vous lu l'avis initial?
Tout ça, ce n'est pas passé sous votre gouverne, je l'entends. Avez-vous pris
connaissance de cet échange-là? Parce qu'il me semble que, là, vous nous donnez
les grandes lignes. Il y a eu des risques. On a changé les choses, mais, dans
cette dite collaboration, il y a quand même eu une influence. Est-ce que vous
avez pris connaissance de cet échange-là, de ces procès-verbaux, de ces
avis-là, oui ou non?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Drainville : Alors, M. le
Président, j'ai pris connaissance du rapport de la commissaire. J'ai posé les
questions. J'ai fait les vérifications. On m'a donné les explications que je
viens de transmettre à la commission, explications que j'avais transmises à la
Chambre déjà lorsque les premières questions ont été posées dans ce dossier.
Le Président (M. Allaire) :
Mme la députée.
Mme Zaga Mendez : Ça répond à
ma question. M. le ministre s'est limité à avoir un rapport des grandes lignes.
Il n'est pas allé voir l'avis défavorable initial. J'imagine que, comme il ne
l'a pas vu, il n'est pas capable non plus de le rendre public pour qu'il y ait
un exercice de transparence et que les Québécois puissent juger justement quels
étaient ces risques. Est-ce que ces risques-là ont été et vont être remédiés
dans un investissement aussi important?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Drainville : Bien,
écoutez, M. le Président, la valeur des investissements que nous avons dans
Nemaska Lithium, elle est toujours... elle est intacte. Elle est intacte. Il
n'y a pas de raison de diminuer la valeur de ces investissements dans l'entreprise
à ce stade-ci. C'est l'avis des experts que nous recevons, c'est... En fait,
c'est l'avis que nous avons reçu lorsque le dernier placement a eu lieu. Il y a
eu une évaluation qui a été faite à ce moment-là, et la conclusion de
l'évaluation des experts, c'est qu'il n'y avait pas lieu de procéder à une
dévalorisation de l'investissement dans Nemaska Lithium. Alors...
Le Président (M. Allaire) :
Merci. Merci. Mme la députée.
Mme Zaga Mendez : M. le
ministre, je neremets pas en question cette partie-là. Comparé... comparé
au Parti libéral, moi, je ne remets pas en question la perte de la valeur. On a
des actions là-dedans. Vous dites que vous avez fait l'évaluation des actions.
Ce n'est pas ça que je remets en question. Ma question, c'est sur le processus
en 2023, les discussions qu'on a eues, l'avis en question, les risques que, là,
rendus où nous sommes, dans une intention de transparence, cet avis-là devrait
être rendu public. Est-ce que le ministre est d'accord avec moi?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Drainville : M. le
Président, l'avis appartient au ministère des Ressources naturelles. C'est à
eux, cet avis-là.
Mme Zaga Mendez : ...posé la
même question.
M. Drainville : Et donc je ne
peux pas m'engager à le rendre public puisque cet avis appartient à un autre
ministère.
Le Président (M. Allaire) : Mme
la députée.
Le Président (M. Allaire) :
Parfait. Mme la députée.
Mme Zaga Mendez : Cet avis-là
a été donné dans un comité dans lequel vous êtes... vous êtes représenté...
vous êtes représenté. J'ai posé la même question à la ministre des Ressources
naturelles. Elle me disait : Vous allez poser... allez poser la question
au ministre de l'Économie. Tout le monde se lance la balle. Ceci appartient à
votre relation, votre collaboration avec la ministre des Ressources naturelles.
Ce que les Québécois veulent savoir, quel était l'avis? Est-ce que l'avis peut
être rendu public? Est-ce qu'on peut avoir une transparence de <comment
cet avis-là a été changé...
Mme Zaga Mendez :
...peut
avoir une transparence de >comment cet avis-là a été changé?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Drainville : Même
réponse.
Mme Zaga Mendez : Ça
n'avance pas. J'entends, vous le dites, vous n'avez pas pris connaissance, vous
n'êtes pas capable de le rendre public. Bien, c'est normal qu'il y ait une certaine
incertitude puis des questionnements de la part des Québécois de comment ceci
se fait. Comparativement aux collègues, moi, je sais bien que ce n'est pas
l'usine qui est à l'arrêt, c'est la mine.
M. Drainville : Bien,
parlez à votre collègue, là, à votre droite.
Mme Zaga Mendez : Alors,
parlez-moi de la mine. Il y a quand même... C'est un projet à deux volets. La
mine est quand même à l'arrêt. Est-ce que cette mine-là va voir le jour, oui ou
non? On a quand même mis 1,2 milliard de dollars dans l'ensemble,
puis vous avez... Est-ce que cette mine-là, c'est là, le risque? Est-ce qu'elle
va avoir lieu, oui ou non, et dans quel horizon? Parce que jusqu'à maintenant
c'est report, report, report et ce n'est pas ouvert. Il y a même le sort de plusieurs
travailleurs dans cette mine-là.
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Drainville : Bien, pour
le moment, les travaux à la mine sont effectivement à l'arrêt. Il y a une
quinzaine de personnes qui sont sur place. Rio Tinto évalue présentement ses
options. Alors, il y a la mine de Whabouchi, mais il y a également celle de
Galaxy. Et donc Rio Tinto évalue actuellement ses options, et évidemment ils
vont éventuellement prendre une décision.
• (11 h 50) •
Mme Zaga Mendez : Si la mine
ne va pas de l'avant, parce que, là, nous, on détient des actions, c'est là
qu'on veut comprendre les garanties. Ce n'est pas dans l'usine, c'est dans la
mine, c'est encore une autre année de retard, c'est encore des changements.
Combien on va perdre si la mine n'a pas lieu et si on a encore des années de
retard en termes d'extraction?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Drainville : Bien,
écoutez, c'est une question hypothétique, là, M. le Président. Ce que l'on
sait, c'est que le prix du spodumène puis le prix de l'hydroxyde de lithium a
augmenté ces derniers temps, ce qui est une excellente nouvelle. Alors,
évidemment, ça va influencer l'éventuelle décision que Rio Tinto devra prendre
en lien avec Whabouchi et la mine Galaxy. Donc, Rio Tinto fait des évaluations
et puis, éventuellement, ils vont prendre une décision. Je ne suis évidemment
pas en mesure de présumer de cette décision actuellement.
Le Président (M. Allaire) :
Merci. Mme la députée.
Mme Zaga Mendez : Donc,
la décision pourrait être que cette mine ne va jamais voir le jour?
M. Drainville : Question
hypothétique, M. le Président.
Mme Zaga Mendez : Mais,
je veux dire, on entend parler, dans les nouvelles, depuis trois semaines, de
1,2 milliard. Qu'est-ce qui est à l'arrêt, c'est la mine. J'attends que le
ministre de l'Économie doit nous dire un peu qu'est-ce qu'il arrive avec nos
investissements-là. Est-ce que la mine va arrêter, oui ou non? Vous comprenez,
c'est une mine assez importante avec beaucoup, beaucoup d'impacts, là. On ne
peut pas juste retourner en arrière, là, une fois qu'on... Là où est-ce qu'elle
est rendue, là, ça fait plus de 10 ans que ce projet-là attend. Est-ce que
le ministre s'est penché sur quelles sont nos garanties par rapport à la mine?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Drainville : M. le
Président, il y a du spodumène et à Whabouchi et à ce qu'on appelle la mine
Galaxy. La ressource est là. La question est de savoir quel est le meilleur
moment pour l'exploiter. Alors, cette décision-là, elle appartient à Rio Tinto.
Évidemment, on est des partenaires dans le projet. Donc, il y aura une
discussion entre nous et Rio Tinto, mais, ultimement, c'est Rio Tinto qui va
prendre la décision.
Le Président (M. Allaire) :
Merci. Mme la députée.
Mme Zaga Mendez : Je
vais revenir... Je veux continuer sur le rapport de la commissaire du
développement durable. Là où est-ce que le ministère est aussi pointé du doigt,
c'est concernant la... c'est à la page 127 où est-ce qu'on a des exemples
des cibles interministérielles liées au développement responsable des minéraux
critiques et stratégiques qui ne sont pas atteintes ou sont même annulées à la
fin de ce qu'on appelle le plan québécois de valorisation des minéraux
critiques et stratégiques. Pouvez-vous nous dire pourquoi le ministère a
abandonné les cibles d'étudier les meilleures pratiques mondiales de la
circularité pour les minéraux critiques et stratégiques depuis le 31 mars
2023?
Le Président (M. Allaire) :
M. le ministre.
Mme Zaga Mendez : Page
127, si vous l'avez bien lu, le rapport de la Commissaire au développement
durable.
M. Drainville : Oui,
bien, écoutez, M. le Président, la question plus large qui se pose
présentement, là, c'est la suivante : Est-ce qu'on souhaite, nous, comme
Québécois, aller de l'avant avec l'extraction des minéraux critiques et
stratégiques que nous... que nous retrouvons dans le sous-sol, dans notre
sous-sol, et est-ce qu'on souhaite <exploiter ces minéraux critiques et
stratégiques...
M. Drainville :
...et
est-ce qu'on souhaite >exploiter ces minéraux critiques et stratégiques,
est-ce qu'on souhaite les transformer chez nous, notamment pour ce... comment
dire, pour réduire notre dépendance aux minéraux critiques et stratégiques en
provenance de la Chine? La décision que nous avons prise comme gouvernement, M.
le Président, c'est que, oui, on va effectivement extraire ces minéraux
critiques et stratégiques dans la mesure où il y a un modèle de rentabilité qui
nous permette de le faire, et, oui, on va les transformer chez nous.
Le Président (M. Allaire) : M.
le député... Mme la députée, pardon.
Mme Zaga Mendez : ...une question
ponctuelle, page 127, vous êtes pointé du doigt pas seulement pour les
questions de transparence, c'est qu'on se donne des cibles de circularité. Je
ne remets pas en question le fait d'exploiter des minéraux critiques et
stratégiques. On se donne des cibles pour le faire comme du monde. C'est de ça
qu'il s'agit. Là, les cibles, là, n'ont pas été atteintes, et certaines ont été
annulées, dans le plan québécois de valorisation de 2020 à 2025, le
30 mars 2023, et pourquoi... C'est ça, la décision, abandonner des cibles
pour étudier les meilleures pratiques. Vous dites que voulez aller chercher ces
minéraux-là, mais pourquoi on abandonne la circularité?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Drainville : Alors, M. le
Président, sur cette question un peu plus pointue, je demande le consentement
des membres de la commission pour permettre à M. Mathieu Gervais, le
sous-ministre du MEIE, de pouvoir prendre la parole.
Le Président (M. Allaire) : Est-ce
que j'ai consentement? Consentement. Donc, parfait, M. Gervais, simplement vous
présenter avec votre titre. La parole est à vous.
M. Gervais (Mathieu) : Mathieu
Gervais, sous-ministre, Économie, Innovation, Énergie.
Donc, la raison, en fait, il y a une étude
qui avait été prévue, qui couvrait beaucoup plus large que nos besoins, ce qui
impliquait des coûts importants. Donc, l'idée n'est pas d'abandonner toutes les
cibles, mais plutôt de recentrer vraiment sur les besoins puis déterminer de
façon plus spécifique les besoins pour... dans le cadre de nos projets précis.
Le Président (M. Allaire) : Merci,
M. Gervais.
Mme Zaga Mendez : Puis quelles
sont... quelles sont les cibles qu'ont été retenues dans ce cas-là? Parce que,
là, il y a... il y a... le commissaire nous dit qu'il y a des cibles qui ont
été annulées, mais d'autres qui n'ont pas été atteintes. Ça fait que celles que
même... que vous avez retenues n'ont pas été atteintes?
Le Président (M. Allaire) : M.
Gervais.
M. Gervais (Mathieu) : Je
vais devoir valider et vous revenir.
Mme Zaga Mendez : Parfait.
Merci beaucoup.
Le Président (M. Allaire) : ...
Mme Zaga Mendez : Deux
minutes? Je vais garder mes deux minutes pour mon prochain bloc, là, pour être
capable d'aller plus en détail.
Le Président (M. Allaire) : Parfait.
Alors, on continue avec l'opposition officielle. Donc, on revient au député de
Marguerite-Bourgeoys. Alors, M. le député, la parole est à vous pour 17 min 8 s.
M. Beauchemin : Merci, M. le
Président. L'avis initial était défavorable. Votre ministère a fait pression.
C'est devenu un avis favorable avec conditions. Pouvez-vous nous expliquer les
raisons pour lesquelles l'avis initial était défavorable?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Drainville : Bien, dans
l'avis initial, ce que rapporte la Commissaire au développement durable, c'est
qu'il y avait effectivement des éléments de risque qui étaient identifiés, et
donc, comme je l'ai dit plus tôt, le ministère de l'Économie et le ministère
des Ressources naturelles ont travaillé conjointement pour mitiger les risques.
Donc, c'est un travail de collaboration qui a eu lieu entre les deux ministères.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
M. le député.
M. Beauchemin : ...de savoir :
Est-ce que vous savez quels étaient les risques exactement?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Drainville : Bien, il y
avait des risques notamment liés au procédé de production, et c'est pour ça
qu'au terme du dialogue qui s'est enclenché entre les deux ministères et
Nemaska la décision a été prise, donc, de mitiger les risques au niveau du
processus de production en adoptant un procédé conventionnel.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
M. le député.
M. Beauchemin : Je vais
essayer d'être très précis, là, dans mes questions. Donc, maintenant, là, qu'on
sait... il y a eu des conditions... c'était le procédé, que ça ne fonctionnait
pas, il y a eu des conditions qui ont été mises en place, est-ce que vous
pouvez nous dire quelles étaient ces conditions?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Drainville : Bien, M. le
Président, il y avait des risques identifiés en lien avec le procédé. Il y
avait des risques identifiés en lien avec certaines... certaines sections
critiques du procédé, alors donc des risques liés, à l'expertise, puis c'est
pour ça qu'on a utilisé un procédé qui <avait déjà été utilisé ailleurs...
M. Drainville :
...à
l'expertise, puis c'est pour ça qu'on a utilisé un procédé qui >avait
déjà été utilisé ailleurs, c'est pour ça... donc, dans d'autres usines, c'est
pour ça que Nemaska a fait des tests ciblés puis c'est pour ça aussi que
Nemaska a utilisé l'expertise de personnes qui avaient déjà opéré des usines
semblables ailleurs dans le monde.
Le Président (M. Allaire) : Parfait.
Merci, M. le ministre. M. le député.
M. Beauchemin : Ma question
était très spécifique, M. le Président. Je voulais savoir quelles étaient les
conditions qui ont été ajoutées au premier avis pour pouvoir vous permettre de
faire ces investissements-là. Quelles étaient les conditions?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Drainville : M. le
Président, les conditions, c'était de s'assurer que le personnel soit
compétent, de s'assurer que le procédé était... avait déjà été... enfin, qu'il
était éprouvé, donc diminuer le risque lié au procédé, par exemple.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
M. le député.
M. Beauchemin : Donc, juste
pour qu'on soit clairs, là, OK, donc, on met en place des conditions pour
s'assurer que le personnel est compétent puis que le procédé soit efficace, si
j'ai bien compris. Ça, c'est le ministère des Ressources naturelles qui dit :
Si vous voulez y aller de l'avant, assurez-vous minimalement que les employés
sont compétents puis que les processus sont efficients. Ça, c'est la première
condition. Pourquoi est-ce qu'à ce moment-là on a demandé une deuxième mouture
de l'avis au ministère des Ressources naturelles pour ne pas qu'il y ait ces
conditions-là?
• (12 heures) •
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Drainville : M. le
Président, le procédé avait déjà été testé dans une usine de Livent, en
Caroline du Nord. Donc, c'est ce procédé-là qui a été utilisé ou adopté pour
Nemaska Lithium, et puis ce sont des experts qui avaient déjà mis en place
ledit procédé, qui ont... donc, du personnel de Livent, qui ont été mis à
profit pour s'assurer que le processus de production fonctionne bien.
Le Président (M. Allaire) : M.
le député.
M. Beauchemin : Donc, on
sentait une confiance, au gouvernement, comme quoi que ces conditions-là,
finalement, étaient non utiles dans le processus parce qu'on allait être
capables de les atteindre, si je comprends bien, donc. Alors, ma question, si
je peux juste avoir votre attention, M. le ministre, là : Pourquoi qu'on a
fait pression pour les enlever, ces pressions... ces conditions-là?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Beauchemin : Il y avait
une confiance... Si je comprends bien, vous dites qu'il y avait une confiance
que la façon de faire, le processus, les employés étaient qualifiés. Vous aviez
une confiance que c'était déjà chose faite, donc, enlever les conditions, parce
qu'on n'en a pas besoin, on va les atteindre, c'est exactement ce que vous
venez de me dire. Alors, je pose la question : Pourquoi on a fait pression
pour les enlever? Parce que, dans le fond, c'étaient des conditions
atteignables.
Le Président (M. Allaire) : Juste...
c'est limite un peu, là, «pression», là, pour prêter des intentions. Je vous
demande de faire attention. M. le ministre.
M. Drainville : Bien,monsieur...
M. le Président, on n'a pas fait pression pour que soient retirées les
conditions. On a donné au ministère des Ressources naturelles l'information
pour leur démontrer que le risque qui avait été identifié avait été... Comment
dire, j'haïs ce mot-là, là, il avait été...
Une voix : ...
M. Drainville : Oui, merci, très
bon. Ce risque-là avait été mitigé par les mesures qui avaient été prises, et
les mesures qui ont été prises, c'est, pour réduire les risques technologiques,
donc, un procédé conventionnel plutôt qu'un nouveau procédé. À la demande du
gouvernement, il y a eu une entente qui a été conclue entre Nemaska et Livent
pour que l'entreprise puisse bénéficier de personnes qui avaient déjà mis en
place et opéré des usines semblables ailleurs dans le monde.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
M. Drainville : Je vous ai
parlé de la Caroline du Nord, par exemple, là où...
M. Beauchemin : Merci, c'est
beau.
Le Président (M. Allaire) : Merci,
M. le ministre. M. le député.
M. Beauchemin : D'accord.
Donc, vous comprenez, M. le Président, ma question, maintenant, devient
relativement beaucoup plus simple. Il y avait des conditions qui étaient
facilement atteignables, qui étaient déjà même prouvées atteignables de par ce
qu'on vient d'entendre de la part du ministre. Donc, le processus était donc le
bon. Les employés étaient donc les bons. On avait tout ce qu'il fallait pour
que ça fonctionne. Donc, les conditions, ils étaient atteignables. Alors, je ne
comprends pas pourquoi, si c'était une barre à atteindre pour y aller de
l'avant...
12 h (version révisée)
M. Beauchemin : ...conditions, elles
étaient atteignables. Alors, je ne comprends pas pourquoi, si c'était une barre
à atteindre pour y aller de l'avant, on voulait les enlever, sachant très bien
qu'on les avait atteints, ces objectifs-là. Pourquoi enlever un test simple de
vérification quand on sait très bien qu'on va le réussir? Pourquoi vous avez
fait ça?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Drainville : Pour
atteindre les conditions. Les changements dont je parle ont permis de répondre
aux enjeux qui avaient été soulevés par le ministère des Ressources naturelles.
M. Beauchemin : ...ma question
est plus simple. Ma question, c'est... Il y a des conditions, on sait qu'on est
capable de les atteindre, on est... on est capable d'avoir les bons employés
puis le bon processus, vous nous l'avez expliqué, on est capable de le faire. On
a ces conditions-là, on va les atteindre. Mais là il y a eu modification du
rapport des experts pour les enlever, ces conditions-là. On ne voulait plus que
les conditions soient dans le rapport d'expert du ministère des Ressources
naturelles. Ça fait que ma question, c'est : Pourquoi les enlever si elles
étaient atteignables?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Drainville : M. le
Président, le ministère des Ressources naturelles a convenu que les changements
qui avaient été apportés, que j'ai mentionnés, procédé, expertise, tests
ciblés, répondaient aux questionnements, répondaient aux préoccupations qu'ils
avaient émises. Et donc...
M. Beauchemin : Bien, c'est parce
que j'essaie de la...
M. Drainville : ...c'est la
fin de l'histoire à ce moment-là.
M. Beauchemin : J'essaie juste
de... Je vais donner un exemple simple, OK? Pour aller à 10 pieds devant
vous, ça vous prend trois pas de marche. Vous êtes capable de faire le trois
pas de marche pour avancer 10 pieds devant vous. Là, quelqu'un vous dit :
Bien, ça serait conditionnel que tu marches trois pas seulement pour faire ça. Bien,
tu es capable de le faire, donc tu le fais, puis tu ne te poses pas la question.
Là, c'est une condition, on veut l'enlever. Pourquoi? Parce qu'on a plus
confiance qu'on va être capable d'avoir les bons employés? On ne sera plus
capables d'avoir... C'est... c'est... La question est relativement simple, là,
je veux comprendre pourquoi qu'on a décidé, une fois qu'on savait que les
conditions étaient atteignables, de les enlever. Parce que c'est comme un
minimum à atteindre puis le minimum à atteindre, une fois qu'on l'a atteint, on
est capable d'avancer.
M. Drainville : M. le
Président, oui, c'étaient des conditions et ces conditions-là ont été changées
en mesures d'atténuation recommandées.
M. Beauchemin : OK, je vais
poser une question plus simple d'abord. Du point de vue du gouvernement, est-ce
que l'avis favorable avec conditions versus sans condition a eu un impact sur
la décision d'investissement?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Drainville : Alors, M. le
Président, les questions ou les préoccupations qui avaient été exprimées par le
ministère des Ressources naturelles ayant été prises en compte et ayant été
mitigées, comme vous l'avez si bien dit, ça nous a effectivement rassurés, bien
sûr. Donc, oui, ça a été pris en compte.
Le Président (M. Allaire) : M.
le député.
M. Beauchemin : Donc, il y a
eu... Le fait qu'il n'y avait plus de conditions, ça a favorisé l'investissement.
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Drainville : Oui, comme je
l'ai dit à la réponse précédente, le fait que les risques identifiés avaient
été... qu'on avait apporté des solutions à ces risques-là, ça nous a confortés
dans la décision d'investir dans l'entreprise, oui.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
M. le député.
M. Beauchemin : Bon, alors,
les avis du ministère de Ressources naturelles et Forêts puis votre ministère à
vous et les communications... puis je suis d'accord avec notre collègue, là, de
Québec solidaire, on a eu le même échange avec la ministre responsable des
Ressources naturelles, qui nous a envoyés vers vous pour avoir réponse à cette
question, pourquoi vous refusez de déposer les avis, autant ceux, là, des communications
et des avis qui provenaient du ministère de l'Économie que ceux qui proviennent
du ministère des Ressources naturelles?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Drainville : Comme je l'ai
dit tout à l'heure, M. le Président, cet avis-là ne nous appartient pas, il <appartient...
M. Drainville :
...appartient
pas, il >appartient au ministère des Ressources naturelles, donc je ne
suis pas habilité à le... à le dévoiler.
Le Président (M. Allaire) : M.
le député.
M. Beauchemin : En fait, ma
question est vraiment plus spécifique, là. Je ne parle pas juste simplement des
avis, je parle aussi des communications, autant au ministère de l'Économie,
Innovation et Énergie que les communications et les avis du ministère des Ressources
naturelles et Forêts. Donc, il y a une partie de ça que vous contrôlez
totalement. Puis l'autre, bien, j'imagine qu'entre ministres on peut se... surtout
que votre collègue, elle nous a envoyés vers vous pour avoir cette
information-là parce qu'elle nous dit que vous l'avez.
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Drainville : M. le
Président, le député de Marguerite-Bourgeoys est issue du monde des affaires,
je pense qu'il comprend très bien qu'il puisse y avoir dans ces documents des
informations de nature commerciale. Et donc ces informations-là sont protégées.
C'est la meilleure réponse que je peux donner. Mais, encore une fois, cet
avis-là n'est pas... ne relève pas du ministère de l'Économie, cet avis-là
appartient au ministère des Ressources naturelles. J'émets l'hypothèse que la
raison pour laquelle ces informations-là ne puissent pas être divulguées, c'est
qu'il y a là-dedans des informations de nature commerciale.
Le Président (M. Allaire) :
Merci. M. le député, trois minutes...
• (12 h 10) •
M. Beauchemin : Je vais
revenir là-dessus dans mon prochain bloc, mais là je vais vous parler de la
mine Galaxy. Est-ce que vous êtes au courant de la propriété... la structure de
propriété de la mine Galaxy?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Drainville : Non, je ne
sais pas si on a cette information-là. Si on ne l'a pas, on pourra... on pourra
revenir à la commission avec la réponse. Cela étant dit, il faudra vérifier si
c'est... si cette information-là est publique, si on peut la rendre publique. Mais
ce qu'on... ce qu'on...
M. Beauchemin : Bien, je peux
peut-être... je m'excuse... C'était une question plantée parce que je l'ai, la
réponse, là.
M. Drainville : On m'informe...
on m'informe que la mine est la propriété de Rio Tinto à 100 %.
M. Beauchemin : Exact.
Le Président (M. Allaire) :
Merci. M. le député.
M. Beauchemin : Voilà. Donc,
la mine est une propriété 100 % de Rio Tinto. Whabouchi, ce n'est pas le
cas, n'est-ce pas?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Drainville : ...structure
de propriété que Nemaska.
M. Beauchemin : Exact. Puis,
depuis le dernier...
M. Drainville : Donc, l'usine
et la mine font partie de la même entité, donc l'actionnariat est le même pour
les deux entités.
M. Beauchemin : Puis, depuis
le dernier versement que la CAQ a donné, là, à Nemaska Lithium, le contrôle
maintenant n'est plus celui du gouvernement, mais celui de Rio Tinto. Est-ce
que je me trompe maintenant en disant ça?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Drainville : C'est Rio
Tinto qui a le contrôle de l'entreprise avec 54 % des actions, et donc
54 % et de l'usine et de la mine de Whabouchi.
M. Beauchemin : La distance
entre les deux mines, vous la connaissez, M. le ministre?
M. Drainville : Non, je ne la
connais pas, mais, si vous souhaitez nous en informer, ça nous fera plaisir de
vous entendre.
M. Beauchemin : C'est dans la
même faille. Ils atteignent les mêmes minéraux. Ils sont... ils sont proches,
là.
M. Drainville : Encore une fois,
M. le Président, je pense que la distance, ça semble être un élément important
pour le député. Moi, je pense que ce qui est important, c'est la décision que
Rio Tinto va éventuellement prendre, de décider si le spodumène qui sera
utilisé, transformé à l'usine de Bécancour, si ce spodumène proviendra de
Whabouchi ou proviendra de Galaxy. Je pense que ça, c'est important. Et on va
voir quelle sera la décision qui sera prise éventuellement.
M. Beauchemin : Je comprends,
mais le... mais le point que je voulais amener, c'est que vous avez mis de
l'argent dans Whabouchi, puis là, maintenant, bien, ça, c'est sujet à être
contrôlé par Rio Tinto, qui, elle, va évidemment regarder ce qui est plus
payant pour elle. Puis, pour elle, actuellement, c'est plus payant d'exploiter
Galaxy. Donc, c'est de l'argent qui a été mis, puis là, maintenant, on perd
éventuellement le processus de contrôle de ce projet-là de Nemaska Lithium. Et
donc on a mis de l'argent dans quelque chose qui, maintenant, va devenir
secondaire dans la... dans la façon de faire.
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Drainville : Écoutez, M.
le Président, on... je ne peux pas présumer de la décision que prendra Rio
Tinto, mais, chose certaine, nous sommes actionnaire à 46 % de
l'entreprise, alors, si Rio Tinto va de l'avant avec une décision, ce sera sans
aucun doute parce qu'ils pensent que cette décision-là va dans le sens d'une
rentabilité accrue ou d'une plus grande chance de rentabilité. Et donc, si
c'est le cas, éventuellement, bien, on pourra en bénéficier également, de cette
décision-là, puisqu'on est actionnaire de l'entreprise. Mais ne présumons pas,
M. le Président, de la décision qui sera prise par Rio <Tinto...
M. Drainville :
...
Rio
>Tinto, qui est l'actionnaire majoritaire...
Le Président (M. Allaire) : ...M.
le ministre. Ça met fin à ce bloc d'échange avec l'opposition officielle. Donc,
il vous restera un bloc tantôt. Donc, avant d'enchaîner avec la députée de Terrebonne,
là, tantôt, M. Gervais et M. le ministre, juste pour être certain, vous
avez parlé de transmettre un document à la commission au niveau des cibles. Est-ce
que c'est un engagement? Parce que nous, on doit assurer le suivi. Est-ce que
j'ai compris que c'était un engagement?
M. Gervais (Mathieu) : Est-ce
que vous voulez qu'on revienne avec un document, ou on pourra revenir
verbalement avec la réponse qui...
Le Président (M. Allaire) : Ce
n'est pas obligé d'être un document, mais du moins l'information. Si vous vous
engagez, là, c'est juste pour être sûr, c'est en lien avec le commentaire de la
députée de Verdun.
M. Gervais (Mathieu) : On va
revenir avec l'information, mais on pourra la communiquer verbalement, si vous
voulez bien.
Le Président (M. Allaire) :
Parfait. Merci. Excellent! Mme la députée de Terrebonne, vous avez 17 min 3 s
Mme Gentilcore : Merci, M. le
Président. Chers collègues, M. le ministre, bonjour. Donc, j'aimerais commencer
avec une chronique qui a été publiée par Francis Gosselin, l'économiste, dans Le
Journal de Montréal tout récemment, puis il a résumé le bilan de votre
gouvernement de manière assez cinglante. Je le cite, il dit : «Sur le plan
économique, jusqu'à la toute fin, François Legault s'est entêté dans une vision
dépassée, où l'État veut tout décider, tout gérer et tout diriger.» Donc, il
recommande, dans cette chronique-là, de cesser de jouer au capitaliste de
risque et de se concentrer sur les PME et sur les vraies priorités, soit la
santé, l'éducation, les infrastructures.
Donc, ma première question pour vous, M.
le ministre, tout simple : Êtes-vous en accord avec M. Gosselin, soit que
la vision économique de votre gouvernement repose sur un mauvais diagnostic et
une mauvaise compréhension du rôle de l'État?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Drainville : Bien,
écoutez, c'est son opinion. M. le Président, moi, je ne vais pas commencer à
commenter chaque chronique de chaque chroniqueur. Je pourrais en trouver avec
lesquels je suis d'accord, puis je pourrais en trouver avec lesquels je suis en
désaccord. Chose certaine, sur la conclusion globale que la politique
économique qu'a menée le gouvernement jusqu'à maintenant... la conclusion, si
j'entends bien, qui serait qu'il n'y a rien de bon là-dedans, évidemment, je
suis en désaccord avec cette conclusion.
Le Président (M. Allaire) : Mme
la députée.
Mme Gentilcore : J'ai lu un
autre article très intéressant la semaine dernière, Marc-André Gagnon, dans le
Journal de Montréal, vous disiez, et je vous cite, «qu'il faut tirer des leçons
de "l'épisode Northvolt".» J'aimerais savoir précisément quelles
conclusions vous en tirez, concrètement.
M. Drainville : Bien, ce que
j'ai dit dans cette entrevue-là, c'est... j'ai fait référence au risque. Et
donc je pense qu'on s'entend tous, M. le Président, pour dire qu'il y a
certains projets où l'évaluation du risque aurait dû être différente, et Northvolt
en fait partie.
Le Président (M. Allaire) : Mme
la députée.
M. Drainville : Maintenant,
si je peux ajouter ceci, M. le Président...
Le Président (M. Allaire) :
Oui.
M. Drainville : ...parce que
c'est facile de... puis je n'impute pas ce motif à la députée de Terrebonne,
c'est une déclaration, une affirmation que je fais, là, au sens général, sans
viser personne, c'est facile, a posteriori, de jouer aux gérants d'estrade,
puis de dire : Bien, on aurait donc dû. Moi, je suis convaincu, M. le
Président, puis je ne parle pas de Northvolt en particulier, je parle du
développement de la filière des minéraux critiques et stratégiques et de
l'orientation gouvernementale de les transformer chez nous, je suis convaincu
que, peu importe qui aurait été au pouvoir, si ça avait été le PQ, ou les
libéraux, ou un autre parti qui avait été au pouvoir, je suis convaincu que,
l'idée de se saisir de cette occasion de développer une nouvelle filière
industrielle au Québec, je suis convaincu que, peu importe le gouvernement, le
gouvernement, peu importe sa couleur, l'aurait saisie et aurait voulu aller
dans cette direction. Je suis certain qu'un homme comme Bernard Landry, par
exemple, aurait été d'accord avec cette orientation.
Le Président (M. Allaire) :
Mme la députée.
Mme Gentilcore : Cela dit,
vous dites que votre duo avec la première ministre va être moins enclin au
risque que le tandem Legault-Fitzgibbon, ça, ce sont vos mots que je reprends.
Je vous avoue que je suis un peu perplexe parce que, malgré vos sorties quand
même récurrentes pendant la course à la chefferie où vous étiez... vous vous
opposiez à l'interventionnisme de votre gouvernement, bien, vous êtes quand
même... vous vous retrouvez à être le gardien de l'héritage, là... de cet
héritage-là de vos prédécesseurs en tant que successeur à la première ministre,
à l'Économie.
Donc, question facile : Est-ce que la
première ministre vous a donné carte blanche pour gérer le ministère de
l'Économie?
Le Président (M. Allaire) :
Avant votre réponse, M. le ministre, là, Mme la députée de Terrebonne, je vous
rappelle qu'on doit appeler les collègues par leur titre. C'est le député de L'Assomption,
l'ancien premier ministre, mais on doit dire député de L'Assomption. Merci. M.
le ministre.
M. Drainville : Alors,
d'abord, soyons factuels, là, M. le Président. Ce que j'ai dit, moi, pendant la
course, c'est qu'il fallait revoir, effectivement, l'aide aux entreprises
étrangères. Ce sont les mots que j'ai utilisés. Il fallait revoir, donc il
fallait se questionner davantage sur l'aide aux entreprises <étrangères...
M. Drainville :
...entreprises
>étrangères et il fallait prioriser davantage les PME. Puis je dis «davantage»
parce qu'elles le sont quand même beaucoup actuellement, là. Je rappelle que
c'est au-dessus de 90 % des interventions d'Investissement Québec qui ont...
qui sont allées à des PME. Il faut quand même le rappeler, ça, constamment, là,
c'est plus de 90 % des interventions qui ont été faites, qui ont bénéficié
à des petites et moyennes entreprises québécoises.
Le Président (M. Allaire) :
Mme la députée.
Mme Gentilcore : Ma question,
c'était : Est-ce que la... est-ce que la première ministre, députée de Sanguinet,
vous a donné carte blanche pour gérer le ministre... le ministère de l'Économie?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Drainville : M. le
Président, un ministre qui a carte blanche, ça n'existe pas. Un ministre qui
travaille avec sa première ministre ou son premier ministre, ça, oui, ça existe.
Un ministre qui travaille avec ses collègues ministres, ça, ça existe. Un
ministre qui travaille avec ses collègues députés, et pas juste les députés du
pouvoir, mais les députés de la Chambre en général, ça aussi, ça existe. Alors,
la première ministre m'a nommé à ce poste parce qu'elle a confiance que je peux
m'acquitter de ses responsabilités. C'est la seule réponse possible.
• (12 h 20) •
Le Président (M. Allaire) :
Merci. Mme la députée.
Mme Gentilcore : Donc, on peut
croire que la politique économique de la CAQ va se poursuivre dans la même
veine que ce qui a été fait par vos prédécesseurs, la députée de Sanguinet et M.
Fitzgibbon, qui, par ailleurs, dans ma compréhension, semblait avoir pas mal de
marge de manoeuvre, lui, dans la direction de son ministère, mais peut-être que
je me trompe.
Donc, depuis que vous avez pris la charge
du ministère, vous avez fait plusieurs annonces... déjà, c'est exact, des
annonces de subventions à des grandes entreprises. Je vous ai... je vous ai
posé la question ce matin, mais je vous la repose. Combien vous avez distribué
à date, depuis le dernier mois, là, depuis que vous êtes arrivé à l'Économie?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Drainville : Alors, M. le
Président, je n'ai pas le chiffre exact. Si la députée le souhaite, on peut
colliger les chiffres en question et les transmettre à la commission lorsqu'on...
lorsqu'on l'aura fait. Je ne présume pas qu'on puisse faire ça aujourd'hui,
mais je peux m'engager à ce que nous fassions la recension des différentes
annonces qui ont été faites depuis que je suis ministre, et on pourra
transmettre l'information à la commission.
J'ai donné des exemples en Chambre
d'interventions que nous avons faites, et j'en suis très fier. Je pense que ce
sont des interventions qui étaient dans l'intérêt économique des Québécois. Ce
sont des interventions qui, dans certains cas, sont non seulement... Comment
dire? Elles s'appuient sur une analyse rigoureuse du risque. Elles s'appuient
sur la valeur du projet, pas juste sa valeur économique, mais sa valeur en
termes de retombées, en termes de création d'emplois par exemple, en termes de
possibilités d'exportations, en termes de volonté de préserver des expertises
qui sont précieuses dans le domaine aérospatial, dans le domaine de la
transformation des produits du bois, par exemple. Alors, moi, je suis très fier
des interventions qui ont été annoncées depuis que je suis ministre, et je les
assume complètement.
Le Président (M. Allaire) :
Merci, merci. Juste un petit instant, là, j'ai compris votre engagement de
transmettre l'information. J'ai bien compris tantôt?
M. Drainville : Sur les
annonces que nous avons faites depuis que je suis ministre, on va faire la
recension, M. le Président, et on les transmettra à la commission en temps et
lieu.
Le Président (M. Allaire) :
Excellent! Parfait. C'est validé. Donc, à vous.
Mme Gentilcore : ...232 millions
qui ont été distribués dans le dernier mois, donc, ne lâchez pas, très près de
ce que la ministre de l'Économie, votre prédécesseure faisait, autour de
265 millions par mois, elle, qu'elle distribuait à des grandes entreprises.
Donc, vous me confirmez que, dans les annonces que vous avez faites jusqu'ici,
c'est vous qui avez fait le travail, c'est vos décisions à vous et ces
décisions-là n'étaient pas prises auparavant, là. C'est vous qui avez décidé de
mettre l'argent dans le dernier mois dans ces projets-là, dans ces entreprises.
C'est bien ça?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Drainville : Alors, c'est
une bonne question, M. le Président. De la façon que ça fonctionne... Alors,
oui, c'est vrai que le ministre, à la fin, le ministre est imputable.
Maintenant, l'évaluation qui est faite des projets, elle, ce n'est pas le
ministre qui la fait, cette évaluation. L'évaluation d'origine, ce sont les
experts du ministère qui reçoivent les projets, qui vont faire une évaluation
des retombées du projet, du risque, du type d'aide qui sont disponibles. Et, au
terme de cette évaluation rigoureuse des experts du ministère, un dossier est <présenté...
M. Drainville :
...un
dossier est >présenté au ministre et, dans ce dossier, il y a une
recommandation. Et donc, à la fin, oui, c'est le ministre qui prend la décision
et qui évalue les analyses, qui en discute avec les fonctionnaires. Et puis, à
la fin, c'est le ministre qui prend la décision. C'est comme ça que ça marche.
Donc, il y a quand même... tu sais, on ne fait pas ça sur un coin de table, là.
Dans le cas des dossiers que j'ai approuvés, je pense que c'est important de
terminer avec ça, dans le cas des dossiers que j'ai approuvés, l'analyse de ces
dossiers-là avait commencé avant mon arrivée comme ministre, évidemment.
Le Président (M. Allaire) :
Merci.
M. Drainville : ...des
analyses et des recommandations, et je les ai approuvées puisque les annonces
ont été faites.
Le Président (M. Allaire) :
Merci, M. le ministre. Mme la députée.
Mme Gentilcore : Donc, deux questions
suite à ça, la première question... mais, en fait, commentaire, question.
Nemaska Lithium, dans le cas de Nemaska Lithium, clairement, les gens en place...
le ministre en place n'a pas suivi les recommandations des experts. Donc, on
peut facilement penser que vous avez pu renverser ou changer certaines
décisions malgré les recommandations de vos experts. Est-ce qu'il y a des
décisions que vous avez renversées depuis que vous êtes là ou des... Est-ce qu'il
y a des... certains experts que vous n'auriez pas écoutés pour aller de l'avant
avec certains financements depuis que vous êtes là?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Drainville : Écoutez, M.
le Président, il y a des décisions qui se prennent et qui se concluent par une
annonce publique, à ce moment-là, c'est dévoilé par voie de communiqué.
Parfois, on est sur place, comme c'était le cas avec Wayagamack et Kruger.
Maintenant, il y a... il y a des dossiers qui nous sont soumis et qui font
l'objet d'une analyse, et puis, dans certains cas, on peut décider qu'on ne va
pas de l'avant avec le projet, dans d'autres cas, on va demander des analyses
supplémentaires. Il y a toutes sortes de... comment dire, de scénarios qui sont
possibles, mais je n'irai pas plus loin, M. le Président...
Le Président (M. Allaire) :
Merci.
M. Drainville : ...parce
qu'il y a une part de confidentialité, évidemment, qui accompagne ces
délibérations.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Mme la députée.
Mme Gentilcore : Dans ce même
article-là, vous dites que vous allez être plus exigeant envers les entreprises
étrangères. Est-ce que ça veut dire que vos prédécesseurs, notamment la
première ministre, votre prédécesseure à l'Économie, ne l'ont pas été?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Drainville : Non. Moi, je...
M. le Président, là, je suis... je ne suis pas dans le... comment dire, je ne
suis pas là pour juger, je suis là pour agir. J'ai des responsabilités, je vais
m'en acquitter au meilleur de mes compétences et de mes connaissances. J'ai une
très, très bonne équipe, parce que c'est du travail qui se fait toujours en
équipe, soit au niveau du ministère, soit au niveau du cabinet. Et puis les
députés vont pouvoir rencontrer, un peu plus tard aujourd'hui, les dirigeants
d'Investissement Québec qui font... qui sont aussi partie prenante de certaines
de ces discussions et certaines de ces décisions.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
M. Drainville : Et donc c'est
tout...
Le Président (M. Allaire) :
Merci, M. le ministre. Mme la députée.
Mme Gentilcore : J'essaie de
comprendre. En fait, vous faites référence à quoi, là, quand vous dites manque
d'exigence ou être plus exigeant? À quoi vous faites référence précisément?
Donnez-nous des exemples, pour qu'on puisse comprendre, quand vous parlez
d'être plus exigeant.
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Drainville : Bien, elle a
fait... la députée a fait référence tout à l'heure à certains dossiers. Moi,
c'est sûr que l'analyse du risque va être au coeur des décisions que je vais
prendre. Alors, ce n'est pas... comment dire, l'analyse du risque comporte des
risques, n'est-ce pas, M. le Président, c'est-à-dire qu'à un moment donné tu
regardes les faits qui te sont présentés et puis tu prends la meilleure
décision. Alors, moi, je vais être très attentif à l'analyse du risque.
Le Président (M. Allaire) :
Merci. Madame...
Mme Gentilcore : ...Northvolt,
c'est bien le projet auquel je faisais référence et dont vous parlez également.
M. Drainville : Bien, force
est de reconnaître qu'avec le recul ce dossier-là a mal tourné. Alors...
Mme Gentilcore : ...
M. Drainville : Qu'est-ce que
vous voulez que je vous dise? Mais, encore une fois, j'en appelle à la prudence
parce qu'il y a beaucoup de... il y avait beaucoup de bon et il y a encore
beaucoup de bon dans la filière batterie. Il ne faut pas jeter le bébé avec
l'eau du bain.
Le Président (M. Allaire) :
Merci.
M. Drainville : Qu'il y ait
eu des erreurs ou...
Le Président (M. Allaire) :
Merci, merci.
Mme Gentilcore : Northvolt...
Northvolt... c'est à mon tour.
Le Président (M. Allaire) :
Merci, M. le ministre.
Mme Gentilcore : Northvolt,
c'est un bon exemple, sauf que la ministre... la première ministre, en fait, a
défendu cet investissement-là bec et ongles. Et vous étiez vous-même autour de
la table au Conseil des ministres alors que cette décision-là a été prise. À
plusieurs reprises, j'ai demandé qu'on rende disponibles les <études...
Mme Gentilcore :
...qu'on
rende disponibles les >études de McKinsey sur la filière batterie, pour
savoir, pour qu'on comprenne comment ces décisions-là ont été prises. Est-ce
que vous, vous avez consulté ces études-là? Les avez-vous vues? Puis
pouvez-vous me confirmer que vous étiez là, autour de la table, au Conseil des
ministres, quand la décision de Northvolt a été prise?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Drainville : M. le
Président, le principe de la solidarité ministérielle fait en sorte qu'à la fin
nous sommes tous solidaires des décisions qui sont prises par le gouvernement.
Pour ce qui est des études dont elle parle, ce sont des études qui sont
protégées à cause du caractère confidentiel des informations que ces études
contiennent.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Mme la députée.
Mme Gentilcore : Bien, je
comprends, à la limite, que je ne puisse pas les consulter, mais là, vous,
comme ministre de l'Économie, avez-vous pu consulter ces études-là? Vous dites
qu'il y a encore du bon dans la filière batterie, donc j'imagine que c'est une
priorité, pour vous, de les consulter.
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Drainville : Bien, M. le
Président, ça fait un mois, là, que je suis en fonction. Alors, non, je
n'ai pas pris connaissance de toutes les études concernant la filière batterie.
Maintenant, je pense que nous pouvons dire qu'il y a un certain nombre
d'investissements qui sont en cours, dans la filière batterie, qui méritent de...
qu'on continue de les appuyer. Nemaska Lithium en est un bel exemple.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
1 min 20 s
• (12 h 30) •
Mme Gentilcore : Donc, je
vais rebondir là-dessus, parce que j'essaie encore de déterminer c'est quoi, la
différence entre vous, M. le ministre, et vos prédécesseurs, puis, à date, je
trouve ça assez difficile à cerner. Donc, une facile pour vous, vous venez de
le dire, donc : Nemaska Lithium, vous auriez vous-même autorisé qu'on
ajoute 275 millions cet hiver?
M. Drainville : Répétez votre
question, s'il vous plaît. Enlevez-les sur mon temps, s'il faut, M. le
Président.
Mme Gentilcore : Oui. Donc, Nemaska
Lithium, si je comprends bien votre discours, vous auriez autorisé vous-même,
si vous aviez été ministre à l'époque, qu'on ajoute 275 millions de plus,
en février dernier, comme l'a fait votre prédécesseure?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Drainville : Question
hypothétique, M. le Président. Le dossier est ce qu'il est, et puis moi, je
gère en fonction de la réalité.
Le Président (M. Allaire) : Mme
la députée, 30 secondes.
Mme Gentilcore : Oui.
Nemaska, c'est un projet qui est tellement risqué que même la Caisse de dépôt a
refusé d'y toucher. Est-ce que vous promettez, aujourd'hui, solennellement, que
vous n'allez plus remettre un seul rond de l'argent public dans Nemaska
Lithium?
M. Drainville : C'est ce que
nous avons annoncé, M. le Président.
Le Président (M. Allaire) : Ça
va? Parfait. Merci, Mme la députée de Terrebonne. Alors, on poursuit avec le
dernier bloc de cette séance, ce matin, avec l'opposition officielle. M. le
député de Marguerite-Bourgeoys, la parole est à vous.
M. Beauchemin : Merci, M. le
Président. Le ministre des Finances doit signer les chèques lorsqu'ils sont
envoyés. Dans un cas d'investissement, comme dans Nemaska Lithium, le ministre
des Finances doit signer, c'est une étape essentielle dans... au gouvernement,
pour s'assurer que l'argent puisse sortir. Il autorise, donc... Pour ce faire,
il doit avoir l'information qui lui est nécessaire... de comprendre le dossier
dans lequel il s'implique pour faire l'autorisation, là, de ce chèque-là. Il
nous a dit, en crédits, la semaine avant la semaine dernière, qu'il n'était pas
au courant des avis négatifs du ministère des Ressources naturelles en ce qui
concerne l'investissement dans Nemaska Lithium. Donc, est-ce que vous
considérez ça normal que l'argentier du Québec n'ait pas toute l'information
lorsqu'il autorise une sortie de fonds de l'ampleur de ce qu'on parle, ici?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Drainville : Bien, M. le
Président. Comme je l'ai indiqué plus tôt, les questions qui ont été soulevées
par le ministère des Ressources naturelles ont été communiquées au ministère de
l'Économie, qui les a gérées et qui a apporté des éléments de solution. Je
pense qu'on l'a bien géré, ce dossier-là, et puis c'est comme ça que ça
fonctionne. À un moment donné, chacun a sa sphère de responsabilités. Dans ce
cas-ci, les sphères de responsabilités de tous et chacun ont été respectées.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
M. le député.
M. Beauchemin : Merci, M. le
Président. Écoutez, je comprends ce que vous me dites. Chacun... chacun gère sa
fougère, comme disait votre collègue, puis je pense que c'est peut-être la
raison pour laquelle on a des problèmes parfois, n'est-ce pas? Parce que chaque
fougère, peut-être, a besoin d'aide de quelqu'un avec plus d'expertise. Dans le
cas présent, le ministre des Finances a eu la procédure à suivre, qui était de
recevoir la demande du ministère de l'Économie, Innovation et Environnement
pour autoriser la sortie de l'argent. Et donc, la demande d'information,
c'est-à-dire avoir l'information complète, le... le «sales pitch», si on peut
dire, pour... pour vendre l'idée d'investir dans Nemaska Lithium, la
responsabilité de livrer cette information-là...
12 h 30 (version révisée)
M. Beauchemin : ...la
responsabilité de livrer cette information-là au ministre des Finances venait
du ministère de l'Économie. Donc, ce que le ministre des Finances nous a dit, c'est
que le ministère de l'Économie n'a pas donné toute l'information au ministère
des Finances. Est-ce que vous êtes en désaccord avec votre collègue des
Finances?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Drainville : Tout ce que
je peux dire, M. le Président, c'est qu'au comité d'investissement, donc, du fonds
Capital ressources naturelles et énergie, il y a un représentant du ministère
de l'Économie, il y a un représentant du ministère des Ressources naturelles et
il y a un représentant du ministère des Finances.
M. Beauchemin : Oui, mais... C'est
bien, merci, j'apprécie cette précision. Cependant, dans cette information-là,
rien n'a été mentionné à propos des avis contraires des experts au personnel du
ministère des Finances. Donc, la question reste, à savoir : Pourquoi cette
information que vous aviez, que votre... que votre ministère avait n'a pas été
partagée?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Drainville : M. le
Président, de la... de la façon, dis-je, que ça fonctionne, comme c'est le
dossier du ministère des Ressources naturelles, c'est le représentant ou la
représentante du ministère des Ressources naturelles qui porte le dossier, et
donc, qui présente le dossier à ses collègues, au comité d'investissement.
M. Beauchemin : OK. Bien, la
chronologie des événements est intéressante, parce qu'effectivement, ça vient
du ministère des Ressources naturelles, les avis contraires à l'investissement
initiaux, là, ça vient du ministère des Ressources naturelles. Ça a été partagé
au ministère de l'Économie, puis après ça, la demande d'émission de chèque,
elle vient du ministère de l'Économie, puis, là-dedans, il devait y avoir un
transfert d'information pour donner la... l'histoire complète au ministre des
Finances pour qu'il puisse autoriser... Il nous a dit, là, très clairement :
Non, il n'a pas été mis au courant de l'information, qui, normalement, aurait
dû venir de votre ministère.
Donc, ma question, c'est : Est-ce qu'on
reconnaît, ici, minimalement, qu'il y a eu une erreur de transformation... d'information
envers votre collègue pour qu'il puisse avoir toute l'information... afin de
pouvoir écrire un chèque de cette grandeur-là?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Drainville : M. le
Président, les délibérations du comité d'investissement sont évidemment
confidentielles, là. Alors, tout ce que je peux dire, c'est que ce dossier-là a
fait l'objet de discussions au comité d'investissement, et il y avait, autour
de la table, un ou une représentante du ministère des Finances.
M. Beauchemin : OK, donc, ce
que vous me dites, grosso modo, c'est que ce n'est pas de votre faute... de
votre département, pour la raison pour laquelle le ministère des Finances n'avait
pas l'information. Ça vient du ministère des Finances en tant que tel de ne pas
avoir demandé l'information? Ou...
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Drainville : M. le
Président, je fais une affirmation qui est factuelle. L'information qui est factuelle,
c'est qu'il y avait, autour de la table du comité d'investissement, des
représentants des trois ministères, dont le ministère concerné par le dossier, c'est-à-dire
le ministère des Ressources naturelles.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
M. le député.
M. Beauchemin : OK. Bien,
écoutez, ce qu'on sait, c'est que le ministre des Finances n'a pas eu toute l'information.
Il s'est même plaint, durant la... l'étude de crédits, à savoir que cette
information-là aurait dû normalement lui être donnée, mais il ne l'a pas eue.
Donc, quelque part à l'intérieur de votre gouvernement, là, il y a quelque
chose qui n'a pas été fait de façon diligente, permettant ainsi l'émission d'un
chèque, là, de plusieurs centaines de millions de dollars.
Est-ce qu'il y a eu des analyses d'impact
qui ont été faites, par votre ministère spécifique, par rapport au dernier
paiement, là, dans le projet de Nemaska Lithium?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Drainville : Bien,
écoutez, M. le Président, une décision comme celle qui a été prise, de procéder
à un nouvel investissement de concert avec Rio Tinto, fait évidemment l'objet d'une
analyse très rigoureuse par les experts du ministère.
M. Beauchemin : Est-ce que
vous pourriez partager cette information avec nous?
M. Drainville : Non. Cette
information-là, M. le Président, comporte des informations hautement
confidentielles, à caractère commercial.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
M. le député.
M. Beauchemin : Si on y va
avec le dossier de Northvolt, qui, là, maintenant, est rendu caduc parce que ça
ne vaut plus rien, est-ce que vous pourriez nous donner l'information qui a...
qui vous a amené à faire l'investissement dans Northvolt?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Drainville : Oui. Bien, il
y a un processus en cours, comme vous le savez, dans le cas de Northvolt, M. le
Président, alors il faut être très, très prudents. C'est un... c'est un
processus à caractère judiciaire, donc il faut être extrêmement prudents, donc je
dois réserver mes commentaires.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
M. le député.
M. Beauchemin : OK.
Intéressant. Cependant, vous êtes au courant que dans le rapport de la Caisse
de dépôt, il y a des <explications...
M. Beauchemin :
...intéressant.
Cependant, vous êtes au courant que dans le rapport de la RCaisse de dépôt, il
y a des >explications pour la raison pour laquelle la caisse, justement,
a radié son investissement, la thèse, etc., d'investissement et le pourquoi
du... de la radiation?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Drainville : Bien, M. le
Président, je note que le président de la Caisse de dépôt, M. Emond, était
présent pour les crédits du ministère des Finances. Donc, s'il y a une question
pour la Caisse de dépôt, je prends pour acquis que l'honorable député l'a posée
au PDG de la caisse, à ce moment-là.
S
Le Président (M. Allaire) :
Merci. M. le député.
M. Beauchemin : Vous n'êtes
pas au courant que dans les rapports de la Caisse de dépôt, spécifiquement en
ce qui concerne Northvolt, il y a l'explication de la raison de la radiation et
tout?
M. Drainville : M. le
Président, tout ce que je peux dire, c'est que, pour le moment, le prêt terrain
de 240 millions a été récupéré à hauteur de 215 millions, et puis il
faudra voir le reste du processus pour connaître la fin de... comment dire, la
fin du processus.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
M. le député.
M. Beauchemin : OK, donc on
ne peut pas avoir accès au processus d'évaluation pour l'investissement de la
part du ministère de l'Économie dans Nemaska. On ne peut pas avoir accès aux
communications entre les ministères au sujet du dossier de Nemaska Lithium. On
ne peut pas avoir les avis d'experts sur le dossier de Nemaska Lithium venant
du ministère des Ressources naturelles ni les avis venant du ministère de
l'Économie. Mais on parle quand même d'un processus, ici, qui nous a coûté
1,2 milliard, puis on a, de l'autre côté, un historique, ici, où on a eu
le même genre de scénario qui a été fait, par exemple, avec Northvolt, et là, on
nous dit qu'on ne peut pas partager parce que c'est en processus légal.
• (12 h 40) •
L'aspect du processus légal, je le
donne... je le donne au ministre. J'avoue qu'effectivement, ça peut... ça peut
revenir nous mordre si, effectivement, on fait couler de la mauvaise
information. Ceci étant, en termes de transparence, M. le Président, là, ici,
on est dans l'opacité, là, parce qu'il y a énormément de questions qui auraient
pu être répondues s'il y avait eu transfert de ces documents-là ou,
minimalement, partage de résumés de ces éléments-là. Toutes les questions que
je vous ai posées dans les trois derniers blocs, si vous aviez eu la
gentillesse de partager cette information-là, on n'aurait pas été en train de
parler de ça pendant deux heures de temps, on aurait eu des réponses à nos
questions. Là, on en arrive à la fin du processus puis on n'a toujours pas les
réponses à nos questions.
Donc, en termes de transparence, en termes
de bonne gouvernance, les meilleures pratiques, c'est l'opacité complète,
malheureusement, puis c'est malheureusement là-dessus que je vais conclure, sur
le dossier de Nemaska. J'ai peut-être quelque chose qui va revenir plus tard,
mais là, je vais passer au prochain sujet.
Est-ce que vous êtes au courant de ce que
votre ministère a fait avec la compagnie d'investissement Angus?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Drainville : Je vais
demander à ce que mes fonctionnaires me sortent les documents, M. le Président,
mais je suis à l'écoute.
M. Beauchemin : Est-ce que
vous êtes au courant de ce que votre ministère a fait avec la Société de
développement Angus?
M. Drainville : Non.
M. Beauchemin : Est ce que
vous êtes au courant...
M. Drainville : Est-ce que
vous pouvez... Est-ce c'est possible d'avoir, peut-être, une question un peu
plus précise pour que je puisse demander aux fonctionnaires qui m'accompagnent
de donner des éléments d'information?
M. Beauchemin : Est-ce que
vous avez de l'information en ce qui concerne les activités de votre ministère
avec la Cité Angus infrastructures?
M. Drainville : M. le
Président, ça fait un mois que je suis ministre de l'Économie. Si le député de Marguerite-Bourgeoys
veut me prendre en défaut sur des éléments d'information que je n'ai pas, il
peut s'amuser, il peut s'amuser avec ça, M. le Président. On peut passer le
reste du temps...
M. Beauchemin : Non, mais...
Non, contrairement à...
M. Drainville : ...et je vais
lui répondre. Alors, je ne suis pas là pour jouer une game, M. le Président.
M. Beauchemin : Contrairement
aux intentions...
Le Président (M. Allaire) :
C'est correct. Merci, M. le ministre.
M. Beauchemin : ...je n'ai...
Le Président (M. Allaire) : C'est
beau, c'est beau, c'est beau. Je vous ramène vers moi. Merci, M. le ministre.
M. le député, allez-y.
M. Beauchemin : Contrairement
aux intentions que le ministre essaie de me faire porter, là, ici, je n'ai
aucunement l'intention de vous mettre en boîte. J'essaie juste de m'assurer de
comprendre ce que vous connaissez. C'est tout. Si vous ne connaissez pas parce
que ça fait juste un mois que vous êtes responsable de l'économie du Québec,
c'est correct, ça... ça se comprend, là, c'est un gros dossier, puis ce n'est
peut-être pas facile d'avoir tous les éléments en place, là. Mais je vous pose
juste une question spécifique : Est-ce que vous connaissez les
implications ou les développements que le <ministère...
M. Beauchemin : ...Est-ce
que vous connaissez les implications ou les développements que le >ministère
de l'Économie aurait faits avec investissement Angus, Société de développement
Angus, Cité Angus infrastructures, Cité Angus I, Cité Angus II puis
la Société du Patrimoine Angus? Est-ce que ça vous dit quelque chose?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Drainville : Bien, je
connais... je connais le complexe Angus, mais je n'en connais pas plus sur les
interventions qui ont pu être faites. Et, si vous me permettez, M. le
Président, on va faire les recherches et on pourra donner des réponses un peu
plus précises, mais encore faut-il que les questions le soient. Jusqu'à
maintenant, ce que nous avons...
M. Beauchemin : ...pour
savoir...
M. Drainville :
...c'est : Êtes-vous au courant? Bien, M. le Président, êtes-vous au
courant? Oui, je sais c'est où, Angus, est-ce que... Si le député a des
éléments d'information plus précis pour lesquels il souhaite que nous fassions
des recherches, je l'invite à les clarifier, à les préciser, sinon, on parle
pour parler, là.
Le Président (M. Allaire) :
Merci, M. le ministre. M. le député.
M. Beauchemin : On ne parle
pas pour parler, on parle pour poser des questions. J'essaie juste de, vraiment,
vous permettre de vous... de partager l'information. Je vous demande : Est-ce
que vous êtes au courant, oui ou non, si votre ministère, ou quelqu'un dans le
gouvernement, a fait des... a eu des processus d'engagement. Y a-tu des lettres
d'intention? Y a-tu quelque chose qui a été fait, commercial, entre les
sociétés que je viens de vous nommer puis le gouvernement? C'est juste ça que
je veux savoir, oui ou non. Mais prenez votre temps, là, allez chercher ce
qu'il faut pour trouver ça. Mais vous dites que vous connaissez la société
Angus, est-ce que vous connaissez M. Christian...
M. Drainville : ...le
complexe Angus, M. le Président.
M. Beauchemin : OK. Vous êtes
allé faire votre Métro, Provigo au Angus ou vous connaissez la structure.
M. Drainville : Je sais où
c'est, je sais, grosso modo, ce qu'ils ont fait, et puis ça s'arrête là. Si le
député a des questions précises à nous poser sur Angus, je l'invite à les
formuler, M. le Président, parce que, pour le moment, tout ce qu'on a,
c'est : Connaissez-vous Angus? Bien oui, je connais Angus, mais est-ce
qu'il peut...
M. Beauchemin : Est-ce que
vous connaissez Christian Yaccarini?
M. Drainville : De nom.
M. Beauchemin : OK. Est-ce que
vous connaissez le fait que M. Yaccarini est impliqué dans la société... les
sociétés mentionnées?
M. Drainville : Vaguement.
M. Beauchemin : Vaguement,
d'accord.
Le Président (M. Allaire) : M.
le député.
M. Beauchemin : Est-ce que
vous êtes au courant qu'avant qu'elle se lance en politique, la première
ministre a travaillé dans les six sociétés que je vous ai mentionnées?
M. Drainville : Je n'étais
pas au courant, non. Est-ce qu'il y a quelque chose de mal là-dedans ou... Si
oui...
M. Beauchemin : Bien, je
vous pose la question. Je vous pose la question à savoir si vous étiez au
courant ou pas. Oui, non, «that's it», là, il n'y a pas... ce n'est pas
compliqué, là, la réponse n'est pas... Je n'essaie pas de vous piéger, je vous
pose...
M. Drainville : M. le
Président, le...
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Drainville : Les questions
du député laissent entendre qu'il pourrait y avoir quelque chose de mal...
M. Beauchemin : ...
M. Drainville : Est-ce que je
l'invite encore une fois à préciser s'il y a quelque chose de mal? Est-ce qu'il
y a des éléments préoccupants, inquiétants? Qu'il les formule clairement, parce
que, là, il laisse... C'est des questions enveloppées dans toute sorte de
sous-entendus, et je ne trouve pas ça... je ne trouve pas ça correct, comme
procédure.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Juste... juste faire attention, M. le ministre, pour ne pas prêter des
intentions non plus à votre tour. Donc, M. le député, poursuivez, et je vous
invite, tout le monde, à la prudence. Allez-y.
M. Beauchemin : Oui, c'est
ça, parce que, dans le fond, j'y vais vraiment de façon générale, c'est comme...
tu sais, vous êtes plus apte à répondre que vous n'êtes pas au courant de
l'information qui n'a pas été donnée au ministre des Finances que de
généralement parler de ça. Mais ma question est simple : Êtes-vous au
courant ou pas s'il y a eu des transactions qui auraient été faites entre le
ministère de l'Économie puis ces sociétés-là? Êtes-vous au courant si... que
c'étaient des endroits où est-ce que la première ministre a travaillé? Elle a
été vice-présidente dans toutes ces... administrative, en fait, là, dans toutes
ces sociétés-là. Est-ce que vous êtes au courant de ça, oui, non? Puis c'est
juste ça, je n'ai pas l'intention de vous mettre en boîte, là, je veux juste
savoir si vous êtes au courant.
Le Président (M. Allaire) : 20 secondes,
M. le ministre.
M. Drainville : Bien, pour ce
qui est d'Angus, on était en train de vérifier s'il y a des dossiers qui
concernent Angus et, lorsqu'on aura la réponse, on la communiquera.
Le Président (M. Allaire) : Parfait.
Huit secondes.
M. Beauchemin : ...merci de
partager l'information que vous allez trouver, M. le ministre.
Le Président (M. Allaire) : Parfait.
Merci. Donc, je comprends que c'est un engagement, encore une fois, vous allez
nous partager l'information une fois que vous l'aurez?
M. Drainville : Bien, si on
trouve quelque chose, on le communiquera... on la communiquera.
17941
Le Président (M. Allaire) :Parfait. Merci,
M. le ministre. Donc, on enchaîne avec le dernier bloc de cet avant-midi, avec
la partie gouvernementale. C'est vous, Mme la députée de Labelle, exact? La
parole est à vous pour 11 min 15 s.
Mme Jeannotte :
11 minutes. Merci, M. le Président. Bonjour, M. le ministre, bonjour aux
équipes. Contente d'être avec vous aujourd'hui. Vous savez, M. le ministre,
j'aimerais aborder l'industrie forestière. On sait qu'au Québec, c'est
61 000 emplois directs. Dans les <Laurentides...
Mme Jeannotte :
...on
sait qu'au Québec, c'est 61 000 emplois directs. Dans les >Laurentides,
c'est 3 000 emplois directs et indirects. On sait le contexte actuel,
les tarifs américains touchent le bois résineux, mais aussi les produits
transformés, les armoires, nos meubles. Les surtaxes gonflent le prix du bois
canadien, ce qui nuit à sa commercialisation sur le marché américain. Donc, on
comprend le contexte, fardeau financier combiné aux droits compensatoires
historiques. Ça cause des fermetures d'usines dans nos... dans nos comtés puis,
évidemment, des pertes d'emplois. M. le ministre, le budget prévoit 104,5 millions
sur cinq ans pour abolir la redevance annuelle. Pourquoi est-ce que cette
mesure est importante pour aider nos entreprises à rester compétitives, M. le
ministre?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
• (12 h 50) •
M. Drainville : Oui,
pour ce qui est de la redevance, M. le Président, ça relève du... du ministère
des Ressources naturelles. Nous, de notre côté, on est en train de mettre en
place un... un programme, un nouveau programme qui sera doté d'une enveloppe de
60 millions. Donc, c'était au budget et ce nouveau programme sera annoncé
sous peu. Je peux informer... M. le Président, je peux informer ma collègue que
ce programme, donc, qui sera mis en place à court terme, visera notamment à
soutenir les liquidités des entreprises qui ont des projets de transformation,
donc transformation de la fibre bois chez nous. Donc, ça, c'est... c'est un des
objectifs, donc, que poursuivra le programme qui devrait être annoncé sous peu.
Il y a du travail qui se fait présentement au sein du ministère.
Mme Jeannotte : ...uniquement
pour les manufacturiers, ça ne touchera pas les forestiers et les petits... les
petites entreprises. Ça va toucher les manufacturiers uniquement, si je
comprends bien?
M. Drainville : Je ne suis
pas... je ne suis pas en mesure de... de vous donner tous les détails. Moi, ce
que j'ai ici, c'est que ce sera un soutien qui sera apporté aux entreprises du
secteur forestier.
Mme Jeannotte : Aux
entreprises de façon générale.
M. Drainville : C'est ce
que j'ai ici pour le moment, mais le... En toute franchise, les travaux qui
sont menés présentement sont menés au niveau du ministère et on va
éventuellement me... me présenter ce programme. On ne l'a pas fait jusqu'à
maintenant, donc je ne suis pas en mesure de vous donner plus d'informations,
Mme la députée. Mais, chose certaine, je suis conscient du fait que le secteur
du bois, de façon générale, traverse des moments difficiles. Ça fait plusieurs
années que c'est le cas. Vous avez vu que... Alors, dans la... c'est une filière
très importante, hein? C'est une filière très importante pour le Québec, puis
en particulier pour les régions. Et puis, il y a évidemment toute une chaîne
d'approvisionnement dans cette filière-là, du bois coupé dans nos forêts
jusqu'aux produits transformés. Puis, vous avez vu, sans doute, il y a quelques
jours de ça, ça a été confirmé qu'on avait décidé de prêter main-forte à
Bestar, qui est une entreprise, donc qui fabrique, justement, des produits du
bois. Et donc, on est conscients du fait qu'il y a des entreprises, dans la
filière bois, qui vivent des moments difficiles. Et, dans certains cas, comme
dans le cas de Bestar, on va leur prêter main forte avec des programmes
existants qui servent justement à ça.
Mme Jeannotte : M. le
ministre, j'étais contente, ce matin, de vous entendre, en Chambre, dire que
nous, on regardait en avant puis qu'on n'était pas dans les anciennes querelles
des péquistes puis des libéraux. Donc, ça m'amène à la question suivante. On
sait que le bois, c'est fédéral-provincial, on sait à quel point la
commercialisation, c'est un enjeu, aussi, pour nos entreprises, avec l'accord
de l'ACEUM. M. le ministre, avez-vous entrepris des... des pourparlers avec nos
collègues du palier fédéral, étant donné l'importance que le Canada joue aussi
sur la scène internationale? Dans un passé plus ou moins lointain, j'ai eu la
chance de travailler avec mes collègues d'Industrie Canada, je ne sais même
plus comment ça s'appelle aujourd'hui, mais est-ce que le palier... est-ce que
vous allez rencontrer vos homologues du fédéral pour travailler sur
l'importance de l'industrie forestière?
M. Drainville : Bien, je
vous dirais, tout l'enjeu de la révision de l'ACEUM, tout l'enjeu des relations
commerciales entre notre... entre le Québec, le Canada et les États-Unis, tout
l'enjeu autour des tarifs, de la guerre tarifaire, tous ces enjeux-là, on s'en
occupe. Hier, j'étais en rencontre avec Mme Janice Charette, qui est la
négociatrice en chef du gouvernement canadien, on a eu une rencontre avec
madame. La première ministre, d'ailleurs, était présente à cette rencontre. La
journée d'avant ou deux jours avant, j'ai <participé...
M. Drainville :
...présente
à cette rencontre. La journée d'avant ou deux jours avant, j'ai >participé
à une rencontre présidée par le ministre Dominic LeBlanc, donc, qui est le
ministre responsable des négociations avec le gouvernement américain, avec mes
collègues des autres provinces. Donc, on est très actifs, je vous dirais, dans
les discussions qui concernent la révision de l'ACEUM.
Et puis n'oubliez pas, bien entendu, la
nomination de Mme Louise Blais, qui a été nommée, donc, comme émissaire du
gouvernement du Québec dans le cadre des négociations entourant la révision de
l'ACEUM. Donc, on met, effectivement, beaucoup d'énergie là-dessus, puis il y a
beaucoup de... On est très vigilants, Mme la députée, je veux que vous le
sachiez, on est très vigilants. On a des personnes de très haut calibre qui
sont affectées, je dirais, presque exclusivement ou, en tout cas, très
prioritairement, à ce dossier-là. Il y en a d'ailleurs qui m'accompagnent
aujourd'hui. Et donc, on le sait, à quel point c'est important pour le secteur
de la forêt puis, je dirais, pour l'ensemble de l'économie québécoise, et on ne
ménagera aucun effort pour protéger l'intérêt québécois dans le cadre de ces
négociations, l'intérêt économique québécois, et pour assurer la sécurité
économique des Québécois.
Mme Jeannotte : Merci, M. le
Président... «M. le Président», M. le ministre. Demain, avec votre collègue
ministre des Régions, j'ai la chance de rencontrer, justement, une entreprise
importante dans mon comté, Crête, pour ne pas les nommer, donc... l'entreprise
Crête, qui emploie des gens dans les Hautes-Laurentides, Mont-Blanc, jusqu'à
Mont-Laurier. Donc, vous êtes donc ouvert à avoir des bonnes discussions, aussi,
avec notre collègue ministre des Régions, maintenant, parce que lui, il va être
interpellé.
M. Drainville : Ah, bien,
oui! Bien sûr.
Mme Jeannotte : Donc, comment
vous allez, donc, faire en sorte que les enjeux qui sont soulevés par votre
collègue des Régions vont être pris en compte par... au niveau économique, par
vous, à titre de ministre de l'Économie?
M. Drainville : Bien, moi,
j'ai l'intention de travailler très étroitement avec mon collègue, le ministre
responsable des Régions. On est un gouvernement qui est sensible aux réalités
des régions. On a une très forte députation, dont vous êtes, qui parle au nom
des régions avec force puis avec fierté. Vous vous battez pour votre monde et
vous le faites bien, Mme la députée. D'ailleurs, j'ai lu, si je ne m'abuse,
votre décision, n'est-ce pas? Et je veux juste témoigner du fait que, pendant
toutes les années où je vous ai côtoyée, vous avez été une grande...
défenderesse, devrais-je dire, de votre... de votre monde, de votre région.
Vous avez toujours été extrêmement éloquente, vous n'avez jamais hésité à
prendre la parole, notamment au caucus, et je veux vous féliciter pour le
travail que vous avez fait, madame, comme députée.
Mme Jeannotte : Merci, M. le
ministre.
M. Drainville : Soyez fière
de ce que vous avez fait, des batailles que vous avez menées, et ça a été un
plaisir et un privilège de vous côtoyer, Mme la députée, et je vous félicite
pour toutes les années de service que vous avez données pour les gens de votre
comté.
Mme Jeannotte : Bien, je
l'apprécie. Merci infiniment. Je le prends.
Écoutez, je vous amène à une autre
question qui concerne nos PME, parce qu'effectivement, j'ai eu la chance de
travailler en développement économique régional dans une autre vie aussi, avant
d'être députée. J'aimerais comprendre l'enjeu de la réduction du taux
d'imposition pour nos PME, là, qu'a annoncé notre première ministre, pour les
75 000 PME. En quoi cette mesure vient amener un signal fort, là,
pour nos entrepreneurs québécois? La fameuse réduction du taux d'imposition,
là, pour nos 75 000 PME.
M. Drainville : Oui, bien, je
vous rappelle, effectivement, 75 000 PME qui vont obtenir une baisse
d'impôt. Ce qu'on a fait, c'est qu'on a... on a diminué le taux d'imposition
des PME. Il avait déjà été diminué, de 4 % à 3,2 %, et là, on a
annoncé, donc, une autre diminution, de 3,2 à 2,2 %. Donc, ça va
effectivement donner une bouffée d'oxygène à nos entrepreneurs. Puis ça fait
partie, je vous dirais, de l'approche générale de la première ministre depuis
qu'elle est en poste, c'est-à-dire elle cherche par tous les moyens à donner de
l'oxygène à notre économie, puis à nos entrepreneurs, puis à nos consommateurs,
aussi, on l'a vu ces derniers... ces derniers jours. Donc, on est conscients
que les temps sont difficiles, on est conscients du fait qu'on vit un moment de
grande incertitude économique. Et donc ce qu'il faut, dans ce temps-là, c'est
se faire confiance et il n'y a personne de mieux placé, pour prendre les bonnes
décisions d'affaires, que les <entrepreneurs...
M. Drainville :
...et il n'y a personne de mieux placé, pour prendre les
bonnes décisions d'affaires, que les >entrepreneurs eux-mêmes. Donc,
l'idée de leur faire confiance et d'essayer d'en laisser le plus possible dans
leurs poches, je pense que c'est la bonne approche. De la même manière que
c'est une bonne approche que d'alléger le fardeau réglementaire, ça, on a
l'intention de le faire de plus en plus, on l'a déjà fait beaucoup, mais on
veut continuer à le faire. Il y aura d'ailleurs une... des annonces qui... on
va procéder à certaines annonces très prochainement qui vont marquer notre
volonté, donc, de continuer à alléger le fardeau réglementaire. Et puis on a
posé des gestes, aussi. Moi, quand j'étais à l'environnement, comme vous le
savez, j'ai déposé une nouvelle façon de... d'évaluer, de faire l'évaluation
environnementale, hein, une procédure accélérée pour le BAPE, sans abaisser les
exigences environnementales. Donc, c'est une philosophie de notre gouvernement,
de notre équipe, et on va continuer dans cette direction, Mme la députée.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Merci. M. le ministre. Ça met fin à cet échange avec la partie gouvernementale.
Donc, comme vous voyez, compte tenu de
l'heure, la commission suspend ses travaux jusqu'à 15 heures. Merci, tout
le monde.
(Suspension de la séance à 13 heures)
15 h (version révisée)
(Reprise à 15 h 04)
Le Président (M. Allaire) :
Alors, à l'ordre s'il vous plaît! Nous allons reprendre les travaux.
Je vous rappelle que la commission est
réunie afin de poursuivre l'étude du volet Économie des crédits budgétaires du
portefeuille Économie, Innovation et Énergie pour l'exercice financier 2026-2027.
Donc, avant de débuter, vous allez me
permettre de saluer quelqu'un qui est dans la salle, M. Alexis Letarte, qui
vient de la belle grande Mauricie, mais qui est amoureux de politique depuis
toujours. Honnêtement, déjà au secondaire, il était très impliqué au niveau de la
politique, je suis sûr qu'un jour on va le retrouver ici comme élu. Donc,
salutations, mon cher.
Une voix : ...
Le Président (M. Allaire) :
Oui, convaincu. M. le député de Marguerite-Bourgeoys, on commence avec vous. 18 min 8 s,
donc on y va, la parole est à vous.
M. Beauchemin : ...Bien,
écoutez, je pense qu'il y a eu... il y a eu un petit sondage qui a été fait par
mon collègue député de LaFontaine hier, lorsqu'il discutait avec votre collègue
de l'Emploi, M. le ministre, et puis on voulait savoir, dans le même ordre d'idée,
dans un contexte où, éventuellement... on souhaite tous que ça n'arrive pas,
mais, s'il y allait un jour avoir un gouvernement du PQ, est-ce que votre
intention, M. le ministre, serait d'être dans le camp du oui ou dans le camp du
non?
Le Président (M. Allaire) :
M. le ministre.
M. Drainville : Dans le
camp de : On n'en veut pas et il n'y en aura pas s'il n'en tient qu'à la Coalition
avenir Québec. Les Québécois n'en veulent pas. Et, honnêtement, retourner en
arrière... On sait que vous, en tout respect, vous, du Parti libéral, ou encore
la députation du Parti québécois aimerait bien nous ramener dans le passé. Vous
avez... vous avez changé le pouvoir pendant 50 ans sur cet enjeu-là, vous
avez fait campagne là-dessus, vous avez gagné des élections sur le référendum.
Moi, je pense que les Québécois sont ailleurs. Et nous, de la Coalition avenir
Québec, on regarde en avant et on veut construire l'avenir du Québec.
Le Président (M. Allaire) :
Merci.
M. Drainville : On ne
veut pas retourner dans les chicanes de référendum.
Le Président (M. Allaire) : Merci,
M. le ministre. M. le député.
M. Beauchemin : Merci.
On se parle entre nous, là, c'est juste entre nous, là, ce n'est pas... il n'y
a pas personne... Puis tu sais, je comprends ce que vous dites, je ne veux pas
nous ramener en arrière. Parce qu'en disant ça, ça m'a fait penser à quelque
chose que j'ai vu sur YouTube qui était vraiment délicieux, un plaidoyer que
vous avez fait, en fait, il n'y a pas si longtemps, si le Québec était
indépendant. Je pense, ça dure à peu près 15 minutes...
Le Président (M. Allaire) :
...
M. Beauchemin : Non, je ne
mettrai pas le son.
Le Président (M. Allaire) :
OK, c'est beau.
M. Beauchemin : J'essaie
de juste retrouver l'image, là, pour être sûr de ma source. Effectivement,
c'est sur YouTube, si le Québec était indépendant, selon Bernard Drainvlle...
bien, selon le ministre de l'Économie actuel, mais ça, c'était à l'époque. Ceci
étant, votre plaidoyer était fantastique, l'argumentaire émotif, c'était
vraiment poignant, puis, bien, c'est ça, je me posais la question. Aujourd'hui,
donc, si je comprends bien, là, vous faites partie du camp qui ne veut pas s'identifier
quel bord, c'est ça?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Drainville : Je fais
partie du camp nationaliste et fier nationaliste, qui l'a toujours été, et qui
pense que ce moyen de faire avancer les intérêts de notre nation, ce moyen est
maintenant bouché parce que la vaste majorité des Québécois n'en veulent pas.
Et donc il faut trouver d'autres voies pour faire avancer l'intérêt de la
nation, l'intérêt économique, l'intérêt culturel, l'intérêt énergétique, les
valeurs aussi qui nous sont chères. Et je pense que, la voie du nationalisme,
donc d'un Québec fort à l'intérieur du pays, oui, c'est la bonne voie, et j'y
crois sincèrement, M. le député de Marguerite-Bourgeoys. Et je soupçonne qu'il
y a un petit côté nationaliste chez vous, que vous cachez bien, malheureusement,
mais je pense que vous auriez intérêt à le montrer davantage, et nous, on aurait
intérêt à le découvrir davantage. Votre...
M. Beauchemin : Bien,
écoutez...
M. Drainville : ...votre
petit vernis nationaliste, M. le député, <peut-être qu'on le découvrira
un jour...
M. Beauchemin :
Bien, écoutez...
M. Drainville :
...votre
petit vernis nationaliste, M. le député, >peut-être qu'on le découvrira
un jour.
Le Président (M. Allaire) :
Faites attention. M. le ministre, vous prêtez des intentions. M. le député, allez-y.
M. Beauchemin : Mais, fondamentalement,
mon nationalisme économique passe par un fédéralisme assumé. Pour moi, la
vision du développement prospère du Québec a très, très, très, infiniment, à
long terme, c'est dans un Canada uni et fort qui nous permet d'utiliser le
levier d'un océan à l'autre pour faire prospérer l'ensemble de nos PME. Moi,
c'est ça qui me fait vibrer. Mais je comprends votre origine puis je la
respecte, je n'ai aucun enjeu avec le projet que vous portiez cher jadis, mais
c'est pour ça que... Je n'ai aucun doute si jamais un jour, on était dans un
scénario malheureux où ce serait le PQ qui serait au pouvoir puis qu'il aurait
le mandat d'aller de l'avant avec un référendum coûte que coûte, moi, je sais
de quel bord je loge. C'est certain que moi, je vais voter non à un référendum péquiste
sur la séparation du Québec. Il n'y a aucun doute dans mon cœur, aucun doute
dans ma tête.
M. Drainville : Mais vous
n'aurez pas besoin.
M. Beauchemin : Mon entourage,
dans son ensemble, pense de la même façon, on a tous vu la croissance
économique du Québec s'améliorer par la fédération canadienne. Donc, il y a
aucun doute dans mon cœur, dans ma tête, que c'est comme ça que je le vois.
Ça fait que c'est pour ça que je me pose
la question. Imaginons ce scénario catastrophique, est-ce que je peux vous
compter comme un allié? Est-ce que vous seriez de mon bord à moi pour faire en
sorte qu'on puisse garder, justement, le Québec dans ses leviers? Est-ce que
vous seriez de mon côté?
• (15 h 10) •
M. Drainville : Vous pouvez
compter sur moi d'être un allié pour tout ce qui va faire avancer le Québec sur
tous les... sur tous les fronts, sur tous les plans. Moi, là, je vous le dis,
M. le député, là, puis, oui, on est dans un petit échange politique ici, là, on
n'est pas naïf, ni l'un ni l'autre, mais je vous le dis là, puis je sais qu'il
y en a que ça fait sourciller quand je le dis, là, mais, sincèrement, là, moi,
là, si vous me demandiez de résumer la raison pour laquelle je fais de la
politique, là, je fais de la politique par amour pour le Québec. Puis je veux
laisser à mes enfants et à mes petits enfants, un Québec qui est fort, un
Québec qui est francophone, un Québec qui offre des perspectives d'avenir
formidables. Un Québec dans lequel notre économie est tellement belle que nos
gens n'ont pas besoin de sortir du Québec pour se réaliser, ils n'ont pas
besoin d'aller à Toronto, à New York et à Boston, ils peuvent devenir les
meilleurs au monde dans... peu importe le choix qu'ils vont faire. Puis c'est
ça, le Québec, tu sais.
Puis moi, je nous trouve tellement choyés
de vivre dans une société comme le Québec, je veux vraiment faire ma part pour
le laisser dans un État encore meilleur que celui dans lequel j'en ai hérité.
Et c'est ça, notre mission, c'est ça, notre mission.
Le Président (M. Allaire) :
Merci, M. le ministre.
M. Beauchemin : On va se...
on va se porter le drapeau du Québec tous ensemble dans quelques instants, j'en
suis certain.
M. Drainville : Bientôt.
M. Beauchemin : Mais même le
député président de notre... de notre commission actuelle, et vous, et moi, et
tous les élus qui sont ici au Parlement du peuple, on a tous une seule mission
ensemble, c'est de s'assurer, justement, qu'on aide tous les Québécois. Donc,
peu importe le projet politique qu'on porte, là, on a toutes les mêmes
intentions.
M. Drainville : Mais je suis
d'accord, je pense qu'on est tous animés par le même désir puis la même volonté
de faire grandir le Québec puis de le renforcer sans cesse. Là où on diffère,
c'est sur les moyens, mais l'objectif, l'objectif...
M. Beauchemin : Bien, je suis
d'accord... je suis d'accord avec vous là-dessus, je pense que, justement, sur
ce que vous disiez, de faire que ce ne soit pas une obligation pour des
Québécois d'aller s'expatrier à l'extérieur pour s'épanouir comme individu, je
suis plus réaliste que vous là-dessus, dans le sens que, peu importe le pays
sur la planète, il y a énormément d'expériences gratifiantes d'aller vivre des
expériences à l'extérieur de sa nation pour ramener cette expérience à
domicile.
Et donc moi qui ai vécu plusieurs années à
l'extérieur du Québec, j'en suis très fier de pouvoir amener cette
expérience-là au Québec, ce que j'ai fait avec plaisir pour l'institution pour
laquelle je travaillais, pour ma famille, pour mes amis et mes collègues puis
pour le Québec dans son ensemble. Je pense...
M. Drainville : Chez quelle
institution d'ailleurs? Vous étiez avec une banque, hein, c'est ça?
M. Beauchemin : Oui, j'étais
dans une banque canadienne. On ne fait pas de publicité ici.
M. Drainville : Ah non! on ne
peut pas.
M. Beauchemin : Mais, ceci
étant, j'ai quand même travaillé à l'extérieur, puis je pense que c'est
bénéfique pour tous d'aller s'ouvrir, d'aller voir ce qui se passe à
l'extérieur pour revenir au Québec. Donc...
M. Drainville : Ah! oui, oui,
oui. Oui c'est ça. Bien, je l'ai fait aussi, hein?
M. Beauchemin : Puis je pense
que de travailler avec l'idée comme quoi que notre objectif, c'est de faire en
sorte qu'on n'ait plus besoin de faire ça, je trouverais ça malheureux, le jour
où on en arriverait là, honnêtement, parce que ça nous ferme des portes sur,
justement, l'expérience des cultures autres que la nôtre, puis cette expérience-là
nous ouvre l'esprit à <accueillir les cultures différentes...
M. Beauchemin :
...nôtre, puis cette expérience-là nous ouvre l'esprit à accueillir >les
cultures différentes. C'est pour ça que je trouve que c'est important de
pouvoir rester ouvert à ça. Mais, ceci étant, est-ce que c'est un oui? Donc
vous me dites oui, là, finalement, là.
M. Drainville : Je pensais
avoir donné une bonne réponse là-dessus, mais vous faites bien de m'inviter à
faire une... à apporter une précision. De s'expatrier pour aller apprendre,
pour devenir encore meilleur puis revenir encore plus fort, ça, je suis
d'accord avec vous, c'est une excellente force. Ce que j'essayais de dire,
peut-être que je me suis mal exprimé, c'est d'être obligé de sortir du Québec
pour se réaliser parce que le Québec ne nous offre pas suffisamment de
carrières, par exemple, dans le milieu des affaires, dans le milieu des
sciences, dans le... peu importe, le milieu culturel. Ça, ça, je trouverais ça
très, très dommage. Mais de sortir du Québec pour aller faire quelques années à
l'étranger puis revenir puis être encore mieux outillés, ça, évidemment, c'est
une grande... c'est un grand avantage.
M. Beauchemin : Il y a des
limites naturelles à la nation québécoise, la population, le chiffre, le nombre
en étant une. Je ne pense pas que Céline Dion aurait été capable de se réaliser
de la même façon si elle n'avait pas été, justement, à l'international. Donc,
il y a plusieurs contre-argumentaires qu'on peut se donner comme ça, mais le
point étant que le monde reste divisé par pays encore, le monde reste divisé
par nation, puis c'est comme ça, c'est comme ça que c'est fait. Il y a
énormément d'expérience et de valeur ajoutée à aller piger dans ces
expériences-là pour les ramener au Québec.
Dans un contexte plus micro...
M. Drainville : Est-ce que je
peux me permettre, M. le député, avant que vous enchaîniez avec un autre thème,
j'ai la réponse sur Angus. Est-ce que vous souhaitez que je vous la livre?
M. Beauchemin : Allez-y,
allez-y. Absolument.
M. Drainville : OK, alors je
voulais... je vous livre un petit écrit, là, qui m'a été transmis. Alors, donc,
topo Aides financières Angus, des aides ont été versées à la fin des
années 90 et au début des années 2000. Le gouvernement actuel a
autorisé les aides financières suivantes : 2020-2021, une subvention de
396 000 $ accordée pour l'embauche d'un chargé de projet pour une
période de deux ans pour le développement de la Zone d'innovation en santé de
l'Est, subvention couramment versée. C'est 27 subventions qui ont été
versées pour l'ensemble des projets de zone d'innovation, donc l'une de ces
subventions était pour la zone de développement... la Zone d'innovation en
santé de l'Est. Ce qui a été réellement dépensé, finalement, c'était
287 585 $. La convention s'est terminée le 31 juillet 2022... La
convention s'est terminée le 31 juillet 2022. Ça, c'était pour 2020-2021.
Ça achève. 2021-2022, une subvention de 48 500 $ a été versée pour le
développement d'un plan d'affaires en lien avec le développement d'un sous-projet
de la Zone d'innovation de santé de l'Est. Sommes réellement dépensées sur le
48 500 $... la somme réellement dépensée a été de 21 388 $.
M. Beauchemin : Bien, merci
beaucoup. Merci pour ces précisions. Alors, dans un autre ordre d'idée, vous
connaissez le Programme de développement économique pour l'aide à la
redynamisation des territoires, connu sous le nom de DÉPART?
M. Drainville : On m'a dit
que ce programme était sous la responsabilité d'Eric Girard, donc le ministre
délégué. Il a ses propres crédits, non, M. Girard?
Une voix : ...
M. Drainville : Ils sont déjà
passés? Ah, OK. Donc, ça relevait de mon collègue, M. le député.
M. Beauchemin : Ah! bon.
Des voix : ...
M. Drainville : Je ne sais
pas... Allez-y avec la question, je vais essayer d'y répondre au mieux, mais...
M. Beauchemin : OK, bien,
écoutez, je vais...
M. Drainville : J'ai deux
ministres délégués, alors, évidemment, je dois déléguer, hein?
M. Beauchemin : D'accord.
Alors, bien, écoutez, dans un contexte, là, où est ce que je veux vous donner
le temps, là, pour vous familiariser d'abord avec le programme... Autant durant
votre course, là, à la chefferie que ce qui a été mentionné, là, par la suite
par la première ministre, il y a l'intention, au gouvernement, là, d'aider,
justement, à redynamiser nos PME à l'extérieur des grands centres pour aider,
là, dans l'ensemble des 17 régions économiques, là, du Québec, puis il y
avait un programme qui s'appelait le Programme DÉPART, qui avait été lancé sous
votre gouvernement, qui était repris d'un <programme qui existait au
préalable...
M. Beauchemin :
...puis
il y avait un programme qui s'appelait le programme DÉPART, qui avait été lancé
sous votre gouvernement, qui était repris d'un >programme qui existait
au préalable, et puis que ce programme a été, là, amputé de 50 % par
rapport à son financement initial qui, lorsque... je pense, votre prédécesseur,
qui est maintenant première ministre, l'avait mis en place, c'était
75 millions, et puis là, maintenant, c'est rendu 50 millions...
excusez, 50 %, donc 37,5 millions qui a été mis en action. J'aimerais
savoir si vous étiez au courant de ça, la réduction, là.
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Drainville : M. le
Président, le sous-ministre a une réponse pour nous.
M. Beauchemin : Oui. Allez-y.
Consentement.
Le Président (M. Allaire) :
...M. Gervais, allez-y.
M. Gervais (Mathieu) : Oui.
Donc, le Programme DÉPART, il y a eu des sommes additionnelles annoncées au
dernier budget, donc c'est 20 millions de dollars additionnels qui a
été annoncé pour les trois prochaines années. Il y avait des sommes résiduelles
des enveloppes précédentes d'un peu plus de 5 millions, là, je n'ai pas le
chiffre exact, pour un total de 25 millions de dollars qui pourront
être engagés dans les trois prochaines années. Vous avez raison que, dans les
années précédentes, donc les trois années précédentes, il y avait
75 millions de dollars de prévu. C'est 48 millions qui avaient
été réellement dépensés sur l'enveloppe disponible de 75 millions.
M. Beauchemin : Puis, si je
comprends le principe comment ce programme-là fonctionne, il y a un plan de
trois ans qui est mis en place, puis, après ça, on revisite, puis on décide ce
qu'on fait. Puis là on a revisité puis on a décidé de faire que, ce plan-là,
DÉPART, pour les trois prochaines années, vous allez prendre ce qu'il reste
dans ce qui n'a pas été utilisé, si j'ai bien compris, mais que, maintenant, ce
qu'il reste plus ce que vous voulez accorder, le total est donc maintenant de
25 millions $?
M. Gervais (Mathieu) : Oui. La
façon que ça fonctionne, les crédits ne sont pas reportables d'une année à
l'autre. Donc, il y avait déjà un 5 millions de prévu pour l'année en
cours, donc 2026-2027, et puis il y a eu une allonge budgétaire qui octroyait
des crédits additionnels de 20 millions de dollars sur trois ans,
pour un total de 25.
M. Beauchemin : OK. Donc, si
je comprends bien, maintenant, on a trois ans devant nous avec
25 millions $.
M. Gervais (Mathieu) : Ce qui
est actuellement prévu, c'est ça.
M. Beauchemin : C'est ça.
Puis, si on recule il y a trois ans, ce qui était prévu pour ce même programme
là, c'était 75 millions $.
M. Gervais (Mathieu) : Oui,
exact.
• (15 h 20) •
M. Beauchemin : Donc, on a
coupé du deux tiers, finalement, là, le programme. Il y a-tu une raison qui
explique pourquoi qu'on est passé de vouloir aider à redynamiser le territoire
avec une aide de 75 millions, puis là, maintenant, on est rendu avec une
aide de 25 millions? C'est parce qu'on... Parce que, tout récemment, on
entendait qu'on voulait justement accélérer, en mettre plus, en faire plus pour
aider les régions, puis là, bien, force est de constater qu'on coupe du deux
tiers de ce qu'on faisait avant, puis là on est rendu avec seulement 25 par
rapport à ce qui était 75 avant. J'essaie juste de voir si, un, je comprends
bien le problème, puis, deux, si c'est bel et bien le cas, là. Parce qu'autant
ma collègue, là, du Parti québécois a posé comme question ce matin :
Comment se fait-il qu'on se dit le gouvernement des régions, mais là,
finalement, on coupe du deux tiers l'aide? J'essaie de comprendre. C'est-tu
vraiment ça qu'on a fait?
Le Président (M. Allaire) :
M. le ministre, une minute.
M. Drainville : Merci. Bien,
écoutez, il y a de nouveaux programmes, M. le Président, il y a de nouveaux
programmes qui ont été créés, il y a des nouveaux programmes qui ont été créés
avec le plan PME 2025-2028, qui a été annoncé en juin 2025. On parle quand
même d'investissements de près de 500 millions plus une enveloppe
budgétaire de 45 millions qui avait été annoncée en novembre 2025 dans le
cadre de la mise à jour. Il y a eu également des programmes qui ont été
annoncés, comme le programme Chantier productivité, le programme Panorama
également, toujours en 2025, pour faire face à la crise des tarifs.
Donc, oui, il y a eu des diminutions dans
certains programmes, mais il y a eu des nouveaux programmes qui ont été créés
pour venir en aide aux PME et qui sont dotés de moyens financiers
significatifs.
Une voix : ...
M. Beauchemin : 12 secondes.
Je vais revenir dans ma prochaine période.
Le Président (M. Allaire) : Parfait.
Merci. Ça met fin à ce bloc d'échange avec l'opposition officielle. Donc, on
enchaîne avec la députée de Terrebonne. Vous avez 12 min 27 s, la
parole est à vous.
Mme Gentilcore : Merci, M. le
Président. Bonjour, M. le ministre. Parlons un peu de productivité au Québec.
Donc, selon le Centre sur la productivité et la prospérité de HEC Montréal, le
Québec est un des cancres en Occident en ce qui concerne la productivité. En
2023, chaque heure travaillée au Québec générait en moyenne 18,80 $ de
moins que la moyenne des 19 principales économies de l'OCDE. Il y a juste
trois pays qui ont fait pire que nous autres, c'est le Japon, la
Nouvelle-Zélande puis la Corée du Sud. Après sept ans au pouvoir, pouvez-vous
m'expliquer comment ça, le Québec est incapable de rattraper la productivité
des pays occidentaux?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Drainville : Oui. Bien,
d'abord, <je vais me permettre...
Mme Gentilcore :
...la
productivité des pays occidentaux?
Le Président (M. Allaire) :
M.
le ministre.
M. Drainville :
Oui. Bien, d'abord, >je vais me permettre d'aller à l'essentiel, puis,
par la suite, on pourra avoir une discussion un petit peu plus complète. Je
l'ai utilisé en Chambre tout à l'heure, mais je pense que c'est utile, pour le
vaste public qui écoute ces délibérations, de voir le tableau ici. Alors, ça,
c'est la croissance de la productivité du travail, donc la valeur des biens et
services produits divisée par le nombre d'heures travaillées pour les produire.
Dans le secteur des entreprises, entre 2018 et 2024, regardez ça, là, c'est
quand même formidable, de 2018 à 2024, la productivité, dans le reste du
Canada, a augmenté de 0,4 %, en Ontario, elle a augmenté de 0,2 %.
Regardez ça, au Québec, 8,4 %.
Il y avait un écart de productivité... Écoutez
ça, Mme la députée de Terrebonne, parce que vous n'allez peut-être pas vous en
féliciter parce que c'est nous qui sommes au pouvoir, mais, comme Québécoise et
fière Québécoise dans votre cœur, vous allez vous dire : C'est vraiment
fantastique. Il y avait un écart de productivité du travail, avec l'Ontario,
qui était de 8,1 % en 2020, donc un écart de 8,1 % de la productivité
du travail en 2020. Bien, quatre ans plus tard, Mme la députée de Terrebonne,
l'écart entre le Québec et l'Ontario est de 1,1 %. Vous vous rendez
compte?
Mme Gentilcore : Bien, c'est
sûr que quand on part là...
M. Drainville : C'est...
Alors, ça, c'est quoi? Ça, c'est le fruit de quoi? Comment on en arrive là? On
investit dans la robotisation, dans l'automatisation, donc dans des machines,
des machines plus performantes. Il y a des programmes, comme le programme
ESSOR, qui sont vraiment fantastiques pour ça. On investit, évidemment, dans la
formation, on investit dans le numérique. Tu sais, il y a toutes sortes de
conditions qui font qu'on a obtenu ce gain. Alors, vous avez raison de dire
qu'on a encore beaucoup de travail à faire, parce que, oui, il y a un immense
retard, puis un retard, soit dit en passant, Mme la députée, qui ne date pas
d'hier. Pendant toutes les années où le Parti québécois a été au pouvoir, il y
avait ce retard.
Mme Gentilcore : Où vous
étiez, d'ailleurs.
M. Drainville : Il y avait ce
retard, puis même chose pour les... quand les libéraux étaient là. C'est un...
honnêtement, là, le retard en productivité, le Québec le traîne depuis très,
très longtemps. Le Canada le traîne également en relation avec les États-Unis.
C'est vraiment... Il y a quelque chose de structurel dans le tissu économique
québécois et canadien qui fait qu'on a ce retard-là et on peine à le surmonter.
Quoique, comme vous le voyez, dans le cas du Québec, on a quand même connu des
gains intéressants.
Mme Gentilcore : C'est sûr
que quand...
Le Président (M. Allaire) :
...
Mme Gentilcore : Merci, M. le
Président. C'est sûr que quand on se compare au pire, c'est facile de dire
qu'on est les meilleurs, mais reste que les faits sont là, on est... il y a
seulement trois pays qui sont pires que nous actuellement, le Japon, la
Nouvelle-Zélande, la Corée du Sud. Donc, encore beaucoup de travail à faire au
niveau de la productivité. Vous reconnaissez, quand même qu'on arrive, bon...
M. Drainville : Ah, non! bien
ça, ça, il faudrait voir les chiffres, parce qu'il y a toutes sortes de façons
de faire des tableaux de comparaison, là. Mais ce que je reconnais, c'est ce
que je vous ai montré. Ça, je le reconnais, qu'on a connu une formidable
croissance de notre productivité en relation avec l'Ontario, qui reste quand
même notre principal partenaire commercial. Donc, ça, c'est...
Mme Gentilcore : Merci, je
vais...
M. Drainville : ...ça, c'est
une belle avancée.
Mme Gentilcore : ...je vais
passer à un autre sujet. L'explosion des créances douteuses, donc dans le
budget de dépenses par portefeuille de votre propre ministère, là, la ligne
Créances douteuses, autres provisions et pertes explose littéralement. Elle
passe de 483 millions de dollars, en 2025-2026, à
808 millions de dollars pour l'exercice de 2026-2027. On passe
presque du simple au double. Donc, si je comprends bien, là, vous prévoyez déjà
perdre 808 millions d'argent des contribuables en créances douteuses cette
année? C'est bien ça?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Drainville : Là, quand
vous parlez de créances douteuses, est-ce que vous parlez du Fonds de
développement économique, le FDE, là, ou le...
Mme Gentilcore : Donc, je
parle de la ventilation par supercatégories dans votre budget des dépenses. Il
y a une ligne, qui est très claire, qui parle de créances douteuses, autres
provisions et pertes. Et, à cette ligne-là, pour 2025-2026, vous êtes à
483 millions, et pour 2026-2027, vous êtes à 808 millions. Comment
vous expliquez ça? Ça veut dire que votre ministère a déjà prévu perdre
800 millions de dollars cette année, dans des créances douteuses, on
s'entend, là, c'est le titre de la ligne.
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Drainville : Est-ce que
vous avez...
Mme Gentilcore : Je peux vous
le donner, hein.
Des voix : ...
M. Drainville : Si vous
parlez, Mme la députée, si vous parlez de ces sommes qui sont, par exemple,
provisionnées pour d'éventuelles pertes dans un... par exemple, un prêt qui est
fait par l'État, et que ce prêt-là, finalement, est remboursé, bien, à ce
moment-là, la créance qui a été inscrite, elle est effacée... enfin, <elle
est ce qu'on appelle renversée...
M. Drainville :
...la
créance qui a été inscrite, elle est effacée... enfin, >elle est ce
qu'on appelle renversée. Alors, ça, il y a beaucoup de ça dans les fameux
calculs, là, de pertes ou de créances, là. Il faut faire très, très attention
avec ces chiffres-là parce que... Par exemple, dans les pertes, on calcule les
subventions. Bon, bien là, écoutez, quand on donne une subvention à une
entreprise, quand on décide, en vertu du... par l'entremise du FDE, dis-je, de
donner une subvention dans le... comment dire, selon les règles comptables,
c'est considéré comme une perte. Bien, ce n'est pas une perte, c'est une
décision politique. Tous les gouvernements l'ont fait, nous aussi, on le fait.
C'est un instrument qui était à notre disposition.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
M. Drainville : On décide de
l'aide à apporter à une entreprise. Ça peut être des prêts avec intérêt sans
intérêt...
Mme Gentilcore : Je vous
remercie, je vous remercie beaucoup. Je vais passer...
Le Président (M. Allaire) : Merci,
merci, M. le ministre. Merci.
Mme Gentilcore : À mon sens,
la forme la plus opaque de soutien gouvernemental, puisqu'on parle de soutien
gouvernemental opaque, c'est les prêts pardonnables. Dans la population, en ce
moment, prêts pardonnables, je vous le dis, là, ça équivaut à subvention,
costumée parce qu'elle porte une moustache, elle porte un chapeau, mais on l'a
reconnue, c'est encore une subvention. Donc, si une entreprise échoue ou ne
crée pas les emplois promis, bien, l'État efface sa dette avec l'argent des
contribuables. J'aimerais ça savoir si vous avez consenti à des prêts
pardonnables depuis que vous êtes en poste, M. le ministre.
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Drainville : Il faudrait
voir... il faudrait revoir les différents dossiers. Je peux vous revenir avec
ça. De toute façon, on doit revenir à la commission pour les annonces qui ont
été faites depuis que je suis à l'Économie. Donc, si vous me permettez, M. le
Président, on ajoutera un point de ventilation pour les aides, on ajoutera les
montants en prêts pardonnables s'il y en a eu. Donc, on ajoutera l'information
pour laquelle on s'est déjà engagé envers la commission, M. le Président.
Le Président (M. Allaire) : Parfait.
Merci. Je vais juste le redire. Donc, je comprends bien que c'est un
engagement. Exact?
M. Drainville : Oui, oui.
C'est un engagement.
Le Président (M. Allaire) : Parfait.
Merci. Mme la députée.
• (15 h 30) •
Mme Gentilcore : Bien, je
vais être intéressée par la réponse, parce que, si vous avez octroyé des prêts
pardonnables, le 29 avril dernier, en point de presse, la première ministre
a dit qu'il y aurait moins de prêts pardonnables, que ce seraient seulement des
exceptions, mais en restant très floue sur les raisons qui justifieraient
d'accorder ces exceptions-là. Donc, si vous avez accordé des prêts pardonnables
ou si vous avez l'intention d'en accorder dans le futur, j'aimerais savoir,
selon vous, c'est quoi, les critères précis pour pouvoir accorder un prêt
pardonnable.
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Drainville : D'abord, je
partage la position de la première ministre. On vise à offrir moins de prêts
pardonnables à l'avenir.
Maintenant, pour répondre à votre
question, Mme la députée, je vous dirais, les règles qui encadrent les
décisions de donner un prêt pardonnable... Comment je vous dirais bien ça? Ce
qui nous guide dans nos décisions, que ce soit pour les prêts pardonnables, que
ce soit pour les prêts avec intérêt au marché, que ce soit de l'équité, que ce
soit des débentures convertibles ou pas, dans tous les cas de figure, Mme la
députée, ce que nous... ce que nous tentons de faire, c'est de prendre la
meilleure décision possible pour permettre au projet de se réaliser, tout en
minimisant le coût pour le contribuable.
Alors, j'insiste là-dessus, prendre les
meilleurs moyens possibles pour le... pour que le projet se réalise, ça ne veut
pas dire qu'on va appuyer tous les projets qui nous sont soumis, alors
évidemment pas, parce qu'on n'a pas les moyens d'appuyer tous les projets.
Mais, à partir du moment où on a décidé qu'un projet était, par exemple, dans
l'intérêt économique du Québec, qu'il allait créer des emplois, qu'il allait
favoriser le renforcement du tissu industriel, qu'il était dans un secteur
névralgique, bref, on décide que l'État sera partenaire d'un dit projet, après
ça, il faut trouver le meilleur moyen...
Le Président (M. Allaire) : Merci.
M. Drainville : ...le
meilleur équilibre pour que le projet, oui, se réalise, parce qu'il est dans
l'intérêt du Québec qu'il se réalise, mais au meilleur coût possible pour...
Le Président (M. Allaire) : Merci,
M. le ministre. Merci. Mme la députée.
Mme Gentilcore : Donc,
toujours très flou. On ne sait pas quels sont les critères resserrés pour
octroyer des prêts pardonnables. Vous ne savez pas si vous en avez accordés
jusqu'ici, puis il faudra... et vous n'êtes surtout pas fermés en en octroyer
d'autres. C'est ce que je comprends. Je vais vous amener sur un dernier
sujet...
M. Drainville : ...Mme la
députée de Terrebonne, c'est... nous allons en... nous allons en accorder
moins, mais nous ne souhaitons pas écarter d'emblée toute forme de prêts
pardonnables parce que ça se peut qu'à un moment donné il y ait des projets
pour lesquels c'est justifié.
Mme Gentilcore : Selon quels
critères?
M. Drainville : Bien, je vous
ai... je vous l'ai dit. Il y a des... il y a des projets par moment qui... on
ne peut juste pas passer à côté. C'est juste des projets qui sont trop
importants pour l'avenir économique du Québec. Et donc parfois, il faut regarder
le mixte d'aide financière et, parfois, oui, ça peut devenir un instrument qui
va nous permettre...
15 h 30 (version révisée)
M. Drainville : ...il faut
regarder le mix d'aides financières, et parfois, oui, ça peut devenir un
instrument qui va nous permettre de... comment dire, d'attirer l'investissement.
Alors, il ne faut pas se fermer à ça. La... notre... mon état d'esprit...
Mme Gentilcore : J'ai une
dernière question pour vous.
M. Drainville : ...mon état
d'esprit, c'est d'en... de diminuer le nombre, d'en diminuer la valeur, mais je
ne veux pas être dogmatique dans mon approche. Je pense qu'il faut rester
pragmatique dans l'approche.
Le Président (M. Allaire) :
Merci. Mme la députée.
Mme Gentilcore : Ottawa vient
de créer le fonds souverain du Canada, doté d'une dette de 25 milliards de
dollars pour s'ingérer dans l'économie du Québec. Comme vous le savez trop
bien, le Québec possède déjà ses propres leviers, hein, avec la CDPQ, le fonds des
travailleurs. On n'a pas besoin d'une structure fédérale centralisatrice de
plus. Donc, je me demandais, sous le parapluie, avec ce beau décor, est-ce que
vous avez pu formellement exiger d'Ottawa un droit de retrait avec pleine
compensation financière pour le Québec?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre, une minute.
M. Drainville : Bien, voyez-vous,
là, vous parlez de l'annonce à Nouveau Monde Graphite sous la pluie battante,
où j'ai partagé mon parapluie avec le premier ministre pour lui éviter le
déluge. Je pense que ça s'appelle le savoir-vivre, ça. Ça aurait été quelqu'un
d'autre qui aurait été à mes côtés que j'aurais partagé mon parapluie avec lui
ou avec elle. Alors, certains ont tenté d'y voir un symbole politique.
Honnêtement, j'ai trouvé ça un peu... un peu enfantin, je vais dire, pour
utiliser un terme un petit peu poli.
Cela étant dit, Nouveau Monde Graphite,
voyez-vous, c'est un excellent exemple, une mine de graphite, on va transformer
le graphite ici, au Québec. Donc, c'est ça qu'on veut, un... un minerai
critique, qui est stratégique, on va le miner chez nous puis on va le
transformer chez nous...
Mme Gentilcore : Donc, pas de
retrait du fonds souverain...
M. Drainville : ...et c'est
le fruit d'un...
Mme Gentilcore : ...pas de
retrait du fonds souverain canadien.
M. Drainville : ...et c'est
le fruit d'un partenariat avec le gouvernement fédéral...
Mme Gentilcore : Aucune
négociation avec Ottawa. Enregistré, enregistré. Merci.
M. Drainville : ...c'est le
fruit d'un partenariat avec le gouvernement fédéral...
Le Président (M. Allaire) :
...je m'excuse, non.
M. Drainville : ...il ne faut
pas se priver...
Le Président (M. Allaire) : Non,
non, non. C'est sûr que, si vous parlez en même temps, ça ne fonctionnera pas,
là. De toute façon, le temps est écoulé avec la députée de Terrebonne. Donc, on
enchaîne avec l'opposition officielle. M. le député de Marguerite-Bourgeoys, la
parole est à vous.
M. Beauchemin : Merci, M. le
Président. J'ai... en fait, j'ai remarqué votre tableau, là, sur la
productivité. Puis, c'est drôle, ça me rappelle votre ancien collègue Pierre
Fitzgibbon, qui... qui nous amenait ça. Parce que, vous savez, vous... vous la
connaissez, le concept même de l'économie, M. le ministre, là, la productivité
d'une nation se mesure dans son ensemble. Donc, évidemment, lorsqu'on prend une
partie pour parler qu'il y a eu des gains de productivité dans un secteur d'activité
de l'économie puis pas ailleurs, bien, on peut parler de ça, puis c'est
correct, et on est capables de dire que tel secteur de l'économie va mieux que
d'autres, etc., etc.
M. Drainville : ...du travail
pour l'ensemble de l'économie, M. le... M. le député.
M. Beauchemin : Oui, d'accord.
Alors donc, la page...
M. Drainville : On convient,
hein, on convient, vous et moi, que c'est une... Il y a... Enfin, on pourrait
avoir un débat, là, d'experts, là, mais c'est une... c'est un des... une des variables
les plus importantes, là, pour évaluer une performance économique, la
productivité, là, comme créateur de richesse dans une économie, là, c'est pas
mal au sommet de la pyramide, là, la productivité du travail.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Merci, M. le ministre. M. le député.
M. Beauchemin : C'est mon
cheval de bataille depuis quatre ans, vous m'avez sûrement entendu parler à vos
prédécesseurs à plusieurs reprises à ce sujet...
M. Drainville : ...entre nous,
là, comme vous disiez, tout à l'heure, là.
M. Beauchemin : Bien, c'est
parce que je veux vous amenez ailleurs, parce que votre... vous réduisez la
question simpliste en ce moment. La page E-17 de votre collègue des
Finances, dans son budget de cette année, démontre que, depuis le temps que moi,
je suis ici, là, depuis 2022, la productivité au Québec, dans son ensemble, a fait
un recul de 1 % au total, donc point... un quart de 1 % en moyenne
par année, de 2022 à cette année. Page E-17 du budget du ministre des
Finances de la Coalition avenir Québec déposé au mois de mars.
Donc, cette mesure de la productivité est
la mesure de productivité utilisée par tous les économistes lorsqu'on parle de
productivité d'une nation. Dans le cas de votre collègue ministre des Finances,
il le démontre bel et bien, à la page E-17, que le Québec, en fait depuis
quatre ans, a reculé en termes de productivité. J'ai eu la même conversation
avec votre collègue Pierre Fitzgibbon, parce que M. Fitzgibbon prenait lui
aussi seulement la photo de... le côté industriel du Québec. Donc, je voulais
juste remettre les pendules à l'heure, là, ici, là.
Vous voyez la différence? Parce qu'évidemment,
la composante qui manque dans votre raisonnement, pour en arriver à la page E-17,
est-ce que vous savez c'est laquelle?
M. Drainville : Là, j'ai la
réponse à la question, M. le Président.
M. Beauchemin : Allez-y.
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Drainville : Moi, je...
ici, je parle de la productivité des entreprises.
M. Beauchemin : Oui, c'est ça.
M. Drainville : Le chiffre
qui est utilisé par mon collègue <ministre...
M. Drainville :
...des
entreprises.
M. Beauchemin : Oui, c'est
ça.
M. Drainville :
Le
chiffre qui est utilisé par mon collègue >ministre des Finances inclut
le secteur public.
M. Beauchemin : Exact, mais
les économistes, lorsqu'ils parlent de la productivité d'une nation, ils
incluent la productivité des entreprises. Si on suivait votre même logique, on
regarderait la productivité des Américains par rapport à la productivité des
Québécois, la productivité des entreprises ontariennes par rapport aux
entreprises québécoises. Ce n'est pas le même chiffre que ce que vous avez là.
Parce que le chiffre que vous avez pour la productivité des entreprises
ontariennes inclut la productivité du gouvernement. Donc, ma question à vous...
M. Drainville : On m'indique
que non, M. le député.
M. Beauchemin : Bien, ma
question à vous... Parce qu'évidemment il y a un secteur technologique aussi
avancé que le nôtre, en Ontario, là, je... je sais où l'erreur a été faite,
malheureusement. Le point que je veux dire, simplement, là, c'est que, quand on
regarde la composante étatique dans le calcul de la productivité, ça veut dire
quoi? Ça veut dire que, si on a eu un gain de 8 % avec les entreprises...
M. Drainville : Oui, 8,4 %,
oui, pour les entreprises, oui.
M. Beauchemin : ...OK, avec
les entreprises...
M. Drainville : Selon Statistique
Canada, en passant. Oui.
• (15 h 40) •
M. Beauchemin : ...exact. Ça veut
dire quoi? Ça veut dire qu'on a une perte de productivité de 8,4 %. Si, supposons,
que la somme de tout est zéro, on a une perte de 8,4 % de la productivité
de l'État. C'est ça que ça veut dire. Et l'État, il est gouverné par la
Coalition avenir Québec.
Alors, juste pour remettre les choses en
perspective, je trouve que c'est un terrain difficile d'aller dire qu'on est
fiers que les entreprises vont bien. Oui, on est fiers que les entreprises
aillent bien, qu'ils fassent des gains, mais c'est une game qui est...
M. Drainville : ...parce que
ce sont les entreprises qui créent la richesse.
M. Beauchemin : ...c'est une
game qui est relative. Bien, le gouvernement est un frein à la croissance du
Québec, parce que, justement, il y a un recul de productivité de l'État du
Québec. Alors, ça, c'est quelque chose que vous disiez même, vous, dans votre
campagne au leadership.
M. Drainville : Alors, ce
qu'il faut faire, à ce moment-là, c'est le rendre plus efficace, n'est-ce pas?
M. Beauchemin : Absolument.
Et ça fait huit ans que vous avez les deux mains sur le volant.
M. Drainville : Oui. Alors,
écoutez, il y a du travail à faire pour l'efficacité. Vous savez qu'on a quand
même... avec Mme la Présidente du Conseil du trésor, on a quand même mis en place
des mesures qui vont nous permettre de diminuer le nombre d'équivalent temps
complet, donc, si on veut résumer, le nombre de fonctionnaires, hein, dans
l'État, au sein de l'État québécois. Et puis il y a d'autres mesures qui vont
nous permettre de diminuer le nombre de fonctionnaires progressivement,
beaucoup par attrition, c'est vrai, mais, quand même, on est engagés dans cette...
dans cette opération-là.
Puis, par ailleurs, bien, vous avez raison
de dire, M. le député de Marguerite-Bourgeoys... en fait, vous ne le dites pas,
mais je... je pense que c'est là que vous allez, je pense qu'on va devoir être
meilleurs aussi avec tout ce qui est informatisation de l'État québécois, hein?
Il y a eu des... il y a eu des projets qui ont malheureusement mal tourné, on
s'entend là-dessus, mais il ne faut pas abandonner pour autant.
Puis, vous savez, moi, j'étais là comme
député d'opposition, exactement à peu près là où vous êtes assis aujourd'hui,
du temps où M. Couillard était ministre de la Santé, et puis moi, j'étais
porte-parole à la santé. On est en 2007, 2008, et il me promet que le dossier
de santé du Québec va être déployé, c'est incessant, il va respecter le budget.
Vous allez voir, M. Drainville, tout va bien aller, fiez-vous sur moi, le bon Dr
Couillard. Bien, madame... M. le Président, on est en 2026, 20 ans plus
tard, et puis, malheureusement, la numérisation, l'informatisation du secteur
de la santé n'est toujours pas complétée, hein?
Le Président (M. Allaire) :
Merci. Merci, M. le ministre.
M. Drainville : Il y a des
projets...
Le Président (M. Allaire) : ...
M. Drainville : ...du DSN,
là, il faut le dire, là, ça va bien, là.
Le Président (M. Allaire) :
Merci.
M. Drainville : Les deux
vitrines, ça va superbien.
Le Président (M. Allaire) : Merci,
merci, merci, M. le ministre.
M. Drainville : ...
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre, merci. J'essaie...
M. Drainville : ...
Le Président (M. Allaire) : Je
vous ai... On vous a compris, M. le ministre, mais là j'essaie d'équilibrer le
temps. M. le député de Marguerite-Bourgeoys, la parole est à vous.
M. Beauchemin : Merci, M. le
Président. Donc, le député... le ministre de l'Économie est donc d'accord avec
nous que la gestion des huit dernières années n'a pas trop aidé au niveau des
gains de productivité de l'État. On va donner ça au ministre, il a raison
là-dessus.
Revenons à DÉPART, donc, DÉPART, qui est évidemment
un ensemble... la réponse, si je comprends bien, c'est que vous avez, encore
une fois, utilisé le terme... non, vous n'avez pas utilisé le terme «bouquet»,
mais vous avez utilisé le terme... il y a d'autres mesures qui ont été mises en
place, là, pour... pour aider les entreprises en région, si je comprends bien.
Et puis...
M. Drainville : ...
M. Beauchemin : Exact. Mais...
mais ce qui m'amène à comprendre... Parce que, là, on parle de la productivité
de l'État, on parle de la productivité des entreprises, on parle que les gains
de productivité... Bien là, vous n'avez peut-être pas l'information spécifique,
là, mais les gains de productivité sont localisés dans les plus grands donneurs
d'ordres,< majoritairement...
M. Beauchemin :
...mais
les gains de productivité sont localisés dans les plus grands donneurs
d'ordres, >majoritairement, si j'ai bien compris. Ça fait que, moi, ce
que je veux juste éclairer avec vous, si c'est possible, M. le ministre, il y a
quand même une hécatombe qui... qui se crée, actuellement, malheureusement,
dans le secteur manufacturier. Puis on est rendus, là, au Québec, où est-ce
qu'on a eu plusieurs malheureuses fermetures, un nombre en centaines d'emplois,
juste cette année, là, qui a été perdu, que ce soit dans la région d'Orford,
Saint-Narcisse, Berthierville, Sainte-Croix, etc. C'est triste, mais
malheureusement c'est... c'est la réalité.
Est-ce que vous pouvez nous en dire plus
sur comment, justement, cette panoplie de programmes que vous dites que vous
avez mis en place, là, pour aider les entreprises plus vulnérables... comment
se fait-il que ça... ça a amené cette vague-là de mises à pied, à travers le
Québec? Comment se fait-il qu'on ait perdu, dans la dernière année, 129 000 emplois
au Québec?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Drainville : ...alors,
vous avez raison de dire que le secteur manufacturier est touché par la
conjoncture économique et commerciale que nous vivons, par... par la guerre
tarifaire, donc, que nous a imposée l'administration américaine. Alors, il faut
travailler pour augmenter la productivité de notre secteur manufacturier. On a
des programmes très performants qui existent, notamment le programme Essor, qui
vise justement à... qui finance, en fait, l'automatisation, la robotisation.
Moi, je vais vous dire, M. le député de
Marguerite-Bourgeoys, là, j'ai beaucoup d'entrepreneurs, comme vous le savez, à
Lévis, là, c'est une zone économique extrêmement forte, qui connaît une très
forte croissance depuis plusieurs années, là. Puis, si vous saviez le nombre
d'entreprises que j'ai visitées où on m'a dit : Grâce au programme Essor,
j'ai réussi à acheter un robot, j'ai réussi à automatiser mon entreprise, j'ai
amélioré ma productivité. Alors, ça, il faut continuer à le faire.
On a un autre programme, également, le
programme PARESAU. Ça, c'est des prêts d'urgence, dans le fond, pour des
secteurs stratégiques. Bon, puis là il faut faire une évaluation, évidemment,
il faut... il faut décider : Est-ce qu'on y va? Est-ce qu'on n'y va pas?
Mais c'est un autre programme qui existe, qui vise justement à venir en aide à
nos entreprises, manufacturières, en particulier, pour les aider à passer au
travers, donc, d'une phase un peu plus difficile. Donc, on a des programmes qui
existent, qui sont très performants, on en a créé d'autres, également,
notamment pour favoriser l'exportation. Puis je vais vous dire juste un petit
chiffre, comme ça, en passant, là, je sais que vous aimez ça, les chiffres,
vous, là, là, mais si vous saviez... C'est quand même formidable, là, nos
exportations, là, en 2005, ils ont connu une baisse de presque 7 % vers
les États-Unis, mais nos exportations vers les Pays-Bas ont augmenté de
104,7 %, nos exportations vers l'Inde, 24,5 %...
Le Président (M. Allaire) :
Merci...
M. Drainville : ...l'Allemagne,
21,7 %.
Le Président (M. Allaire) :
Merci...
M. Drainville : Ça, c'est
notamment du manufacturier, ça.
Le Président (M. Allaire) : Merci,
M. le ministre. M. le député.
M. Drainville : ...
M. Beauchemin : ...merci, M.
le Président.
Le Président (M. Allaire) : ...juste,
M. le ministre. M. le député, allez-y.
M. Beauchemin : Juste...
M. Drainville : ...
M. Beauchemin : Bien, c'est
correct, on pourra avoir une conversation après, dans le bar, si ça vous tente,
là, mais juste pour finir là-dessus, là, la réponse, là, que... que les gens à
la maison doivent savoir, sur ce que vous venez de donner comme statistiques,
c'est que la très grande majorité de nos exportations sont encore aux
États-Unis. Puis, lorsque vous dites qu'on a augmenté de 100 % avec les
Pays-Bas, là, ou je ne sais pas si j'ai la bonne statistique, là... mais, 100 %
du... d'un chiffre qui est extrêmement petit par rapport à ce qu'on a perdu
avec la... le marché américain, il n'y a rien là-dedans qui compense un puis
l'autre, là. Au total, les exportations du Québec, elles ont-tu augmenté dans
leur ensemble, hein? Est-ce que vous pouvez me répondre à cette question-là?
Est-ce que les exportations au total, du Québec, du secteur privé... est-ce
qu'elles ont augmenté dans leur ensemble? Parce que vous nous donnez des
chiffres magiques, là, ça augmente de 100 %, 80 % de ça, avec des
petits joueurs, puis on perd beaucoup, évidemment, aux États-Unis. Mais, dans
l'ensemble, là, l'économie du Québec, est-ce qu'elle a augmenté ses
exportations l'an passé?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Drainville : En... en 2025,
les statistiques démontrent un recul, au global, là, un recul de 2,2 % des
exportations totales...
M. Beauchemin : Bien, voilà.
M. Drainville : ...en raison
surtout de la baisse de 6,9 % de nos exportations vers les États-Unis.
Voilà.
M. Beauchemin : Exact.
M. Drainville : Mais je le
sais...
M. Beauchemin : C'est là le
point que j'essaie de dire. Ça fait que je comprends... je comprends votre
vitalité à nous donner les bons résultats avec les...
M. Drainville :
...diversifier.
M. Beauchemin : Bien, il faut
absolument <diversifier...
M. Beauchemin :
...résultats
avec les...
M. Drainville :
...diversifier.
M. Beauchemin : Bien, il
faut absolument >diversifier, mais la solution, elle passe aussi par un
accord de libre-échange avec les Américains, la solution passe aussi,
d'ailleurs, avec une diversification des marchés, mais je veux juste remettre
les pendules à l'heure pour les gens qui nous écoutent, parce que, s'ils ne
font qu'entendre un terme en pourcentage, isolé de l'image complète, ils ne
comprendront pas, là. C'est important de leur donner l'image complète. Donc, il
y a eu une baisse des exportations.
M. Drainville : Au net, vous
avez raison.
M. Beauchemin : On parle de...
de l'hécatombe dans le secteur manufacturier.
M. Drainville : Bien,
attendez... M. le Président, si vous me permettez, M. le député...
Le Président (M. Allaire) :
Allez-y.
M. Drainville : ...vous avez
raison, moins 6 milliards, moins 6 milliards en valeur d'exportation
vers les États-Unis, mais plus 3,6 milliards sur les autres marchés sur la
planète. Alors, vous avez raison de dire, au net, c'est négatif, c'est vrai,
mais, écoutez, quand même, tu sais, on fait face à un mur tarifaire, là, enfin,
sur certaines industries, du moins.
M. Beauchemin : On...
M. Drainville : Sur certaines
industries, là, l'acier et l'aluminium, là, c'est... écoutez, là. Alors... mais
on réussit quand même... en une année, on a réussi à augmenter de
3,6 milliards nos exportations vers le reste de la planète. C'est quand
même un beau résultat.
Le Président (M. Allaire) : Merci,
M. le ministre. M. le député.
• (15 h 50) •
M. Beauchemin : Écoutez, je
vais... je vais vous laisser vous croire dans... dans ce que vous dites, là. Le
point ici, que j'essaie de ramener depuis le début, c'est que le secteur
manufacturier en arrache au Québec, OK? Vous avez fait une panoplie de nouveaux
programmes, de nouvelles promotions d'idées, de programmes gouvernementaux à la
CAQ, pour dire : On prend soin de nos entreprises, et tout. Combien,
vraiment, en avez-vous sauvé? On a un recul, vous le dites, au net, dans les
milliards de dollars d'exportations vers le reste de la planète, puis vous
faites un paquet de programmes, mais combien d'entreprises avez-vous sauvées?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Drainville : Regardez, là,
juste les baisses d'impôt, juste avec les baisses d'impôt, on va aider
75 000 PME, OK, juste avec les baisses d'impôt. On a...
M. Beauchemin : ...
Le Président (M. Allaire) : ...
M. Drainville : Oui. Non,
mais...
Le Président (M. Allaire) : ...
M. Drainville : ...il faut quand
même...
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Drainville : Moi, je vous
donne du détail, là, je vous donne du détail, là. On a un programme pour
contribuer aux exportations, là. C'est fantastique, ce programme-là, là. On l'a
mis sur pied puis on l'a reconduit tellement il était populaire. On a créé un
nouveau programme aussi, le programme Panorama, qui prête aux entreprises qui
veulent se diversifier, hein? On les aide donc à soutenir leur stratégie de
diversification. On a... Alors, je vous ai parlé du programme Essor, bien, le
programme Essor...
Le Président (M. Allaire) :
Merci.
M. Drainville : ...on a
augmenté le financement du programme Essor.
Le Président (M. Allaire) :
Merci, M. le ministre.
M. Drainville : On fait...
Le Président (M. Allaire) :
Merci, M. le... merci, M. le ministre. M. le député.
M. Beauchemin : M. le
ministre, ce n'est pas des détails que vous me donnez, là, ce que vous me
donnez, là, c'est des données qui sont disponibles sur le site du gouvernement,
que n'importe qui, qui a un ordinateur à la maison est capable d'arriver avec
la même information. Moi, ce que je vous pose comme question, là :
Avez-vous sauvé une entreprise depuis que vous, vous êtes là, depuis que vous,
vous êtes là? Avez-vous sauvé une entreprise depuis que vous, vous êtes là? Là,
moi, je ne vous demande pas des détails, là, des statistiques qu'on peut...
n'importe qui à la maison avec un ordinateur est capable de trouver, là, je vous
demande : Avez-vous une entreprise, un nom d'entreprise, que vous, vous
avez sauvée depuis que vous, vous êtes là, depuis 42 jours?
M. Drainville : ...contribué
à sauver? Bien oui, Bestar.
M. Beauchemin : Racontez.
M. Drainville : Bien, Bestar,
c'est une entreprise, donc, qui est active dans le milieu du meuble, une
entreprise de Lac-Mégantic qui a une longue histoire et qui s'inscrit, donc,
dans la chaîne d'approvisionnement, donc, des produits du bois. Donc, ils
fabriquent des produits qui sont très recherchés et qui sont très appréciés.
Ils ont vécu une crise de liquidités. Ils se sont retrouvés, donc, dans un
processus de liquidation. Il y a eu des investisseurs qui se sont manifestés
pour reprendre l'entreprise, et nous avons signifié qu'il y avait un programme,
le PARESAU, celui dont je vous ai parlé tout à l'heure. Et donc ce programme-là
va contribuer à la relance de l'entreprise.
M. Beauchemin : Donc, de...
M. Drainville : C'est un
exemple très concret, 125... Enfin, s'ils réussissent à reprendre le rythme de
croisière qu'ils avaient, ils pourraient revenir à 125 emplois. C'est un
très bel exemple de... je dirais, d'intervention ciblée, intelligente dans un
secteur stratégique.
Le Président (M. Allaire) : M.
le député.
M. Beauchemin : Donc, de tous
les programmes que vous avez mis en place, que le gouvernement de la CAQ a mis
en place... il y a eu Bestar qui a été sauvé dans l'ensemble de tous les
programmes?
M. Drainville : ...vous
m'avez demandé depuis que je suis là. Moi, ça fait un mois.
M. Beauchemin : Bien, dans...
dans la période de temps depuis que vous, vous êtes là.
M. Drainville : Non, non,
mais ça fait un mois que je suis là, M. le député, s'il vous plaît...
M. Beauchemin : 42 jours.
M. Drainville : ...ça fait un
mois. Combien?
M. Beauchemin : 42 jours.
M. Drainville : Oui, mais...
Oui. OK. 42 <jours.
Le Président (M. Allaire) :
Une
minute...
M. Drainville :
...fait
un mois. Combien?
M. Beauchemin :
42 jours.
M. Drainville :
Oui,
mais... Oui. OK. 42 >jours.
Le Président (M. Allaire) : Une
minute.
M. Drainville : Alors, en
42 jours, j'ai été actif sur plusieurs fronts. Si vous voulez, je peux
vous faire la... comment dire, la longue description de tout ce qu'on a fait.
Il y a beaucoup de choses qui ne sont pas encore visibles, tout le travail
qu'on fait au niveau du militaire, au niveau de la défense, par exemple. Vous...
vous n'en avez pas beaucoup entendu parler, mais on fait du travail très
important à ce niveau-là. On fait du travail sur les dossiers énergétiques. Je
comprends que ça déborde le cadre de cette commission, mais il y a des grands
chantiers au... au niveau de l'énergie qui requièrent notre... notre attention.
On y travaille. On travaille pour livrer la planification énergétique sur
25 ans. On travaille sur le repreneuriat. On travaille sur l'allègement
réglementaire. On a travaillé sur beaucoup de choses en une quarantaine de
jours.
Le Président (M. Allaire) :
...
M. Drainville : Demain... ce
soir, je pars pour Ottawa pour aller au grand salon CANSEC, le salon de la
défense et de la sécurité, pour aller justement...
Le Président (M. Allaire) : Merci.
M. Drainville : ...parler aux
entreprises, pour leur dire qu'au...
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Merci. Cinq secondes, M. le député.
M. Beauchemin : Juste pour
vous dire que, je vous avais dit tantôt, je ne voulais pas revenir sur Nemaska,
mais je vais revenir sur Nemaska dans le prochain bloc.
Le Président (M. Allaire) : Merci,
M. le député. Le prochain bloc, par contre, va être dans... l'autre séance
tantôt, juste pour bien spécifier. Mme la députée de Verdun, c'est votre tour,
le dernier bloc de cette séance. Donc, vous avez 13 min 58 s. La
parole est à vous.
Mme Zaga Mendez : Avec les
deux minutes qui me restaient?
Le Président (M. Allaire) : Oui,
additionnées, effectivement.
Mme Zaga Mendez : Parfait.
Merci beaucoup. Ma première question, M. le ministre, c'est concernant Marinvest
Energy. Plusieurs craint le retour du... même cas puis même cassette qu'on a
vécus avec GNL Québec. Nous avons déjà eu des débats en Chambre. Ma question
est la suivante : Avez-vous, dans les derniers jours, depuis votre
nomination... avez-vous personnellement rencontré des représentants de
l'entreprise norvégienne Marinvest?
M. Drainville : ...est non.
Mme Zaga Mendez : Est-ce que...
Aucun représentant de Marinvest?
M. Drainville : Non.
Mme Zaga Mendez : Avez-vous...
M. Drainville : Votre réponse...
Votre question c'est : Est-ce que je les ai rencontrés?
Mme Zaga Mendez : Oui.
M. Drainville : Non, je ne
les ai pas rencontrés.
Mme Zaga Mendez : OK. Parfait.
Ça répond à ma question. Continuons. Est-ce que quelqu'un de votre cabinet vous
a... les a rencontrés?
M. Drainville : ...connaissance,
non.
Mme Zaga Mendez : On continue
la question. Merci. De voir, est-ce que le projet vous a été présenté?
M. Drainville : Non, parce
qu'il n'y a pas de projet encore.
Mme Zaga Mendez : Parfait.
Continuons. Donc, aucun... Là, vous avez dit : Pas dans votre cabinet, pas
vous personnellement. Est-ce que... des fonctionnaires ou des représentants du
ministère qui ont rencontré le représentant de l'entreprise norvégienne?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Drainville : On m'informe
qu'aucun fonctionnaire du MEIE n'a rencontré un représentant de Marinvest.
Mme Zaga Mendez : Et vous,
votre opinion générale sur le projet?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Drainville : Bien, j'attends
de le voir. Nous attendons de le voir. Puis, quand on va le voir, si jamais il
est déposé, on va... on va l'analyser. On est ouverts à le regarder. On n'est
pas dans le dogmatisme du refus ou de l'acceptation d'emblée. On va l'analyser
puis on va décider par la suite si c'est dans l'intérêt économique et
énergétique du Québec de l'appuyer.
Mme Zaga Mendez : Merci.
Est-ce que quelqu'un d'autre au sein de votre caucus a déjà rencontré? Est-ce
que vous vous êtes informé de ça?
M. Drainville : Je ne le sais
pas. Je ne connais pas toutes les allées et venues de mes collègues députés.
Mme Zaga Mendez : Parfait. On
va continuer. Vous répondez à mes questions. Tu sais, je veux savoir où est-ce
qu'on était...
M. Drainville : ...que je ne
réponds pas aux questions.
Mme Zaga Mendez : Je voulais
savoir où est-ce qu'on était par rapport à Marinvest, puis si ce projet-là
avait été déposé ou pas, et à quel niveau vous êtes connaissants pour savoir
s'il s'en vient ou... Parce qu'on sait qu'il y a des intérêts de la part du
fédéral pour que ça arrive, on l'entend déjà, mais ce serait bien de savoir
c'est quoi, les engagements de Québec, et surtout comme... est-ce qu'on va
donner le feu vert et combien d'argent on va mettre.
Je vais continuer sur un autre sujet.
Peut-être... on vous a entendu beaucoup parler de ça avant d'être nommé
ministre, mais...
M. Drainville : ...
Mme Zaga Mendez : Excusez-moi.
Allez-y.
M. Drainville : ...de vous
interrompre. On me dit qu'on a la réponse à la question que vous avez soulevée
dans le bloc précédent. Est-ce que vous souhaitez l'entendre? Sur les...
Mme Zaga Mendez : Oui.
M. Drainville : Hein, sur les
cibles, là?
Mme Zaga Mendez : Allez-y.
M. Drainville : M. le
sous-ministre.
Le Président (M. Allaire) : M.
Gervais.
M. Gervais (Mathieu) : Oui.
Donc, en précision à votre question du bloc précédent, donc, dans la stratégie,
là, dans le Plan québécois de la valorisation des MCS 2025, il y avait deux
cibles qui étaient attribuées au MEIE. Donc, il y avait la réalisation d'un
portrait des chaînes de circularité des MCS à développer au Québec. Donc, cette
cible-là a été reportée à la prochaine stratégie, qui est 2025-2031. Elle a été
reportée parce qu'elle a été réalisée seulement qu'en partie, on a réalisé une
étude qui nous a permis de cibler, là, trois... trois secteurs d'application <industriels...
M. Gervais (Mathieu) :
...partie, on a réalisé une étude qui nous a permis de cibler, là, trois...
trois secteurs d'application >industriels à fort potentiel, mais on a
convenu que ce n'était pas suffisant, donc, de poursuivre. Donc, elle n'a pas
été réalisée entièrement, et puis cette cible-là a été intégrée à la nouvelle
stratégie, et transférée, la responsabilité, au MRNF.
La deuxième cible était la réalisation
d'une étude sur les meilleures pratiques mondiales de la circularité pour les
MCS. Donc, il y a eu un appel à propositions pour... pour la réalisation de
cette étude-là. Et puis, à la réception des offres, on a constaté que ça ne
couvrait pas les besoins, et puis que c'était beaucoup trop large comme...
comme étude, et puis que ces résultats ne seraient pas pertinents pour nous.
Donc, cette cible-là a été annulée.
Mme Zaga Mendez : Ça répond à
ma question. Je reviendrai au besoin. Je vais aller sur un autre sujet, dont
vous avez beaucoup parlé, peut-être un peu avant d'être nommé ministre de
l'Économie, mais vous allez voir le lien, c'est relativement... relatif en
matière de... en matière d'immigration. Différentes décisions qui ont été
prises par le gouvernement de la CAQ ont fait mal aux acteurs économiques au
Québec, notamment les nombreux... je dis «nombreux», parce qu'il y en a eu
deux, là, pardon, deux volte-face concernant le PEQ. Ça a fait mal à nos PME
dans les grands centres urbains, dans les régions. Le PDG de Desjardins nous
l'a dit en février que mettre le frein au PEQ, ce n'est pas seulement perdre des
travailleurs, mais aussi fragiliser les entreprises. Des conseils du patronat
qui sont sortis en disant que les... même les changements de dire non et après
oui seulement pour deux ans va quand même... a créé quand même de l'instabilité.
Ma question, c'est de savoir, au sein de
votre ministère, chaque fois qu'on fait ce type d'annonce à l'immigration,
concernant le PEQ, par exemple, est-ce qu'il y a des études, des évaluations
économiques qui sont faites par votre gouvernement lorsqu'on choisit d'abolir
le PEQ ou est-ce qu'on choisit de le remettre sur place.
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
• (16 heures) •
M. Drainville : Pas au
ministère, me dit-on.
Mme Zaga Mendez : Alors, il y
a des études économiques, mais elles ne sont pas faites au ministère, ou il n'y
a pas d'étude d'impact économique du tout, nulle part?
M. Drainville : Ah! ça, je ne
saurais dire, mais, pour ce qui est du ministère, il n'y en a pas.
Mme Zaga Mendez : Mais est-ce
que le ministère de l'Économie est au moins consulté de ce type d'impact? On
parle de main-d'œuvre, on parle de main-d'œuvre qualifiée, on parle des besoins
de l'ensemble des acteurs économiques, vous avez entendu tous... tous les gens
que j'ai nommés. Est-ce qu'il y a une certaine évaluation, prise en compte des
impacts ou, au moins vous êtes consultés sur qu'est-ce qui va y avoir comme
répercussion économique au Québec?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Drainville : Alors, je
suis certain que la députée sait déjà, là, connaît déjà le fonctionnement, là,
mais, juste pour le bénéfice des gens qui nous écoutent, avant qu'un dossier
aboutisse au Conseil des ministres, il est déposé sur un site qu'on appelle le
site Dossdec. Et donc, lorsque les documents sont déposés, par un cabinet, par
exemple, à ce moment-là, c'est possible pour les autres cabinets de porter
jugement, donc d'émettre une opinion sur le dossier qui est déposé Dossdec. Et
donc on m'informe que c'est effectivement arrivé que, lorsque des dossiers en
immigration ont été déposés, par exemple, par le MIFI... que le ministère de
l'Économie a émis une opinion dans le cadre du dépôt Dossdec, là, oui.
Mme Zaga Mendez : ...dans le
cadre de la réforme du PEQ, le ministère de l'Économie a donné un avis, oui ou
non?
M. Drainville : Pas pour le PEQ,
non.
Mme Zaga Mendez : Donc, pas
pour le PEQ. Et pourquoi? Parce que, comme vous dites, c'est quoi, le critère
qui fait en sorte qu'on se prononce ou pas sur un changement aussi majeur, qui
a un impact économique?
M. Drainville : Alors, sur
les cibles d'immigration, le ministère de l'Économie s'est prononcé par le
passé, oui.
Mme Zaga Mendez : Seulement
sur les cibles, mais pas sur les programmes.
M. Drainville : Bien, je vais...
je pense que ce serait plus simple, M. le Président, de céder la parole à M.
Gervais, le sous-ministre.
Mme Zaga Mendez : Oui, ça va
me faire plaisir.
Le Président (M. Allaire) :
Pas de problème. M. Gervais.
M. Gervais (Mathieu) : Oui.
Donc, on est toujours consultés sur les cibles d'immigration, évidemment. Donc,
on est en mesure de donner notre point de vue aux collègues des... du ministère
porteur. Sur les programmes, le PEQ, on n'a pas émis d'avis officiel. Et puis,
sur les programmes en général, je n'ai pas souvenir, là, qu'on ait émis un avis
officiel, là, sur d'autres programmes.
Mme Zaga Mendez : OK, mais... je
comprends pour les cibles, mais les programmes ont quand même un impact
économique, c'est-à-dire comment on va intégrer une main-d'œuvre qualifiée
spécialisée.
M. Gervais (Mathieu) : Oui,
oui. Il y a deux choses. Évidemment, il y a les... le système officiel Dossdec,
dont le ministre fait...
16 h (version révisée)
M. Gervais (Mathieu) : ...deux
choses. Évidemment, il y a les... le système officiel Dossdec, dont le ministre
fait... auquel le ministre fait référence, et puis il y a les discussions entre
collègues dans l'administration avec les ministères. Donc, évidemment, on
discute de ces choses-là avec les collègues.
Mme Zaga Mendez : Et quelles
ont été vos recommandations par rapport au PEQ quand on a annoncé... M. le ministre
ne peut pas nous répondre, il n'était pas ministre de l'Économie à ce moment-là.
Mais, dans la dernière année, il annonce du recul sur le PEQ. Quel était l'avis
du ministère de l'Économie par rapport à ça?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Gervais (Mathieu) : Bien,
évidemment, je ne pourrai pas divulguer, là, les échanges qu'ils ont au
ministère à ce niveau-là, là. C'est la position officielle qui doit être
retenue en bout de ligne.
Mme Zaga Mendez : OK. On va
avancer. Donc, il y a... il y a des avis internes. Mais, ce que je retiens, c'est
qu'il n'y a pas d'étude d'impact. Pour les cibles d'immigration, est-ce que
vous faites une étude d'impact économique ou c'est juste un avis?
M. Gervais (Mathieu) : Nous,
on n'a pas produit ou commandé d'étude d'impact sur ce sujet-là spécifiquement,
au ministère.
Mme Zaga Mendez : OK. Donc, quand
on parle des cibles d'immigration puis qu'on parle des changements de programme,
il n'y a pas d'étude d'impact économique du côté du ministère. C'est ce que je comprends?
M. Gervais (Mathieu) : Pas au
ministère. Évidemment, on travaille avec les collègues d'autres ministères,
notamment avec le ministère des Finances et le ministère du Travail.
Mme Zaga Mendez : OK. Ça
répond à ma question. Puis je fais le constat. Vous voulez ajouter quelque
chose?
M. Drainville : En passant, Dossdec,
là, parce que notre vaste public se pose sans doute la question, ça veut dire
dossier décisionnel, Dossdec, dossier décisionnel. Hein, c'est pratique de le
savoir.
Mme Zaga Mendez : Bien oui. Puis
ce serait le fun de savoir aussi les avis de chacun des ministères sur ce
dossier-là pour comprendre c'est quand... quel avis pèse plus que d'autres.
M. Drainville : Mais on peut
compter sur vous pour émettre votre opinion.
Mme Zaga Mendez : Bien, ça, on
émet notre opinion en ce moment.
Je vais continuer. La semaine dernière,
parce que, là, vous savez qu'on connaît tous l'aboutissement, la première
ministre a quand même annoncé, on fait volte-face sur le PEQ — tant
mieux, c'est ce que le milieu voulait — pour permettre à 29 000 personnes
de rester au Québec. M. le ministre, je dois vous poser la question quand même.
Dans la course à la chefferie, vous avez dit, il y a quelques semaines, que c'était
plutôt une clause plus restreinte, autour de 18 000 personnes, qu'il
aurait fallu pour le PEQ. Vous étiez très critique envers le 29 000. Alors,
j'aimerais ça vous entendre aujourd'hui. Il y a des impacts différents entre 18 000
et 29 000 dossiers. Qu'est-ce qui a changé? Êtes-vous d'accord
maintenant avec le chiffre annoncé par la première ministre?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Drainville : Bien,
écoutez, vous savez d'où vient le chiffre de 29 000. Le chiffre de 29 000,
c'est l'immigration économique à l'intérieur de la cible de 45 000. Alors,
l'assiette de 45 000 est respectée. Et le... l'enveloppe de 29 000, c'est
essentiellement de l'immigration économique. Donc, il y a une cohérence dans
tout ça. Et évidemment je suis membre d'un gouvernement et, lorsqu'on est
membre d'une équipe, on est solidaire de l'équipe.
Mme Zaga Mendez : Alors, pour...
pour vous, maintenant, ce chiffre-là, il demeure acceptable?
M. Drainville : Bien, comme l'a
bien dit la première ministre, l'enveloppe de 45 000, la cible de 45 000
est respectée. Et, à l'intérieur de la cible de 45 000, il y a le chiffre
de 29 000, qui est essentiellement de l'immigration économique. Et donc
les 29 000 personnes dont on parle, ce sont les 29 000, comment
dire... 29 000 possibilités en termes d'immigration économique,
auxquels s'ajoutent, bien entendu, les conjoints, la réunification familiale,
les réfugiés et les étudiants, pour un grand total de 45 000.
Mme Zaga Mendez : Merci. Il
me reste peu... peu de temps. Je vais aller rapidement sur un autre sujet. C'était
sur le Fonds pour les minéraux critiques et stratégiques. Il y a une annonce
des 2,5 milliards de dollars, qu'on... ce qu'on appelle de nouveaux
capitals. Il y a beaucoup de questions stratégiques. Je vais vous en poser juste
une : Quelle proportion, donc, de l'enveloppe du 2,5 milliards est
déjà engagée en ce moment dans des projets actuels? Et quelle est la stratégie
de déploiement pour le nouveau milliard de dollars? Le 2,5 milliards que
vous avez annoncé, est-ce qu'il y en a là-dedans qui sont engagés? Et, si oui,
dans quels projets?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Drainville : On va le
faire vérifier. Mais je rappelle quand même, M. le Président, le... c'était 1 milliard
qu'il y avait et c'est 1,5 qui se sont ajoutés au dernier budget. Alors, vous
comprenez que dans le 1,5, je doute fort, on va le vérifier... mais je doute
fort qu'il y ait de l'argent d'engagé dans le nouveau 1,5 milliard. Mais
on va vérifier, pour le premier milliard qui existait déjà, où est-ce qu'on en
était et on va vous revenir.
Mme Zaga Mendez : ...s'engager
à déposer cette information d'ici le prochain...
M. Drainville : Le plus
rapidement possible, comme on l'a fait pour votre première question. Vous avez
vu comment on était efficaces, n'est-ce pas. Vous vous en réjouissez. Non?
Mme Zaga Mendez : Bien, moi,
quand j'ai des... Vous avez bien répondu aussi à toutes mes questions sur l'immigration.
Je vois bien que vous êtes rentré avec le chiffre du... 29 000. Même que
deux ans, pour <nous...
Mme Zaga Mendez :
...Même
que deux ans, pour >nous, ce n'est pas assez. Vous êtes d'accord que
même ce programme-là...
M. Drainville : Alors, je
veux juste vous dire, le fonds Capital ressources naturelles et énergie, qui
est devenu le fonds MCS, il fait l'objet... Il aura ses propres états
financiers?
Une voix : ...
M. Drainville : OK. Donc, il
fait l'objet de ses... le fonds va faire l'objet de ses propres états
financiers, qui seront déposés à la rentrée parlementaire prochaine.
Mme Zaga Mendez : Merci.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Merci. Ça met fin à ce bloc...
M. Drainville : Mais il y en
a...
Le Président (M. Allaire) : Ça
met fin à ce bloc d'échange. Merci.
J'ai compris qu'il y avait un engagement
pour encore une fois transmettre de l'information. Exact, M. le ministre?
Mme Zaga Mendez : ...
Le Président (M. Allaire) : Déjà?
Mme Zaga Mendez : Il m'a
donné une partie.
M. Drainville : Bien là, ça
va arriver quand on va déposer les états financiers.
Mme Zaga Mendez : Exact.
Le Président (M. Allaire) : Parfait.
Il n'y a pas de problème. Merci.
Mme la députée Saint-François, on termine
avec vous. Vous avez 5 min 28 s.
Mme Hébert : ...M. le
Président. Alors, bon après-midi à tous. Alors, M. le ministre, salutations à
tous ceux qui vous accompagnent. Étant adjointe parlementaire du ministre
délégué à l'Économie et aux PME, vous allez comprendre que je vais prendre
l'orientation plus PME.
Alors, on a déposé un plan, si je me
souviens bien, l'été passé, probablement en juin, ça va faire bientôt un an, un
Plan PME qui se décline sur sept mesures, qui va toucher autant le Réseau accès
PME, qu'on va parler du... réseaux de financement qui sont existants, il y a
une offensive de transformation numérique, OTM, l'allègement réglementaire et
administratif. Mais j'aimerais que vous m'enligniez sur... plus sur le
repreneuriat. Parce que, M. le ministre, vous savez, j'ai été entrepreneure.
J'ai vendu mon entreprise. J'ai probablement... Ça fait déjà plusieurs années,
parce que c'était en 2011, et je n'ai pas eu nécessairement tout un
accompagnement que je constate aujourd'hui qui est très existant pour nos...
nos repreneurs et ceux... nos cédants, ceux qui ont des entreprises puis qui
sont prêts à céder leur entreprise pour des repreneurs. Et je sais que, si je
me souviens bien, dans les chiffres, là, c'est au-delà de
1 000 repreneurs qui seraient prêts présentement à reprendre des
entreprises au Québec.
• (16 h 10) •
Alors... Et dernièrement, juste, juste,
juste avant qu'il y ait notre remaniement ministériel, on a même mis en place
une campagne de communication, une offensive de sensibilisation avec notre
comité d'experts, qui est chapeauté par Mme Nathaly Riverin, en chef. Et je
sais, M. le ministre, que je crois que vous avez rencontré ce comité, et qui
est une très belle initiative de l'ancien ministre délégué à l'Économie et aux
PME, qui a mis en place... pour justement sensibiliser nos cédants à tous ces
repreneurs qui sont prêts puis qui ont de l'appétit pour reprendre nos
entreprises.
Alors, j'aimerais que vous me parliez du
repreneuriat. J'aimerais que vous puissiez me parler de qu'est-ce que le
gouvernement fait pour éviter les pertes d'entreprises québécoises au Québec,
qui sont nos fleurons. Mais il y a aussi nos petites entreprises qui sont très
accessibles, là. Donc, j'aimerais vous entendre, M. le ministre.
M. Drainville : ...Mme la
députée de Saint-François, qui l'a bien souligné, est une entrepreneure devenue
députée, n'est-ce pas? Alors, merci pour votre question.
Alors, vous avez raison de dire que c'est
un enjeu extrêmement critique pour les prochaines années. Juste deux chiffres :
avec le vieillissement des entrepreneurs, là, c'est plus du tiers des
dirigeants d'entreprises québécoises qui ont 55 ans ou plus, le tiers de
nos entrepreneurs propriétaires d'entreprises donc ont 55 ans et plus, et
on estime que 50 000 entreprises seront transférées ou vendues au
cours des prochaines années, au cours des cinq prochaines années.
Puis vous y avez fait référence, mais effectivement,
quand j'ai parlé avec Mme Riverin et avec le Cercle des experts en
repreneuriat, l'un des sujets que nous avons abordés, c'est le fait que les
cédants, donc les entrepreneurs qui sont prêts à céder... comment on fait pour
les rejoindre, comment on fait pour leur parler, comment on fait pour les
amener à s'ouvrir à la possibilité de rencontrer, par exemple, un repreneur.
Parce que les cédants, ils ne se promènent pas nécessairement dans le grand
public en disant : Moi, je veux vendre, je suis prêt à vendre, j'attends
juste une bonne offre, là. Alors, c'est un véritable défi, ça, comment on fait
pour mettre en lien les cédants avec les repreneurs. Donc, ça, on y travaille.
Le repreneuriat, c'est l'une des priorités
dans le Plan PME 2025-2028. On a mis presque 22 millions pour
bonifier l'accompagnement, le maillage, la formation et le financement, donc,
dans le cadre de cette stratégie repreneuriat, dans le cadre de cette <offensive...
M. Drainville :
...stratégie
repreneuriat, dans le cadre de cette >offensive repreneuriale. Et, ce
que je peux vous dire, Mme la Présidente... Mme la députée, M. le Président,
c'est qu'on va avoir des annonces à faire. Il va y avoir des annonces qui
seront faites parce que, oui, c'est un immense défi. On veut que nos
entreprises d'ici continuent d'être contrôlées par des entrepreneurs d'ici, on
veut inciter notamment une classe entrepreneuriale jeune à prendre les rênes de
ces entreprises qui, dans certains cas, sont des véritables joyaux, on ne veut
pas que ça tombe entre les mains d'intérêts étrangers, donc c'est une... c'est
un très, très grand défi. Mais, avec des personnes comme vous, Mme la députée
de Saint-François, qui nous rappelez tout le temps que l'entrepreneurship,
c'est une valeur forte au Québec, puis on veut être un gouvernement des
entrepreneurs, bien, on met de l'avant des solutions.
Le Président (M. Allaire) : ...merci,
Mme la députée, ça met fin... et M. le ministre, à ce bloc d'échange avec la
partie gouvernementale. Donc...
M. Drainville : Ah! ça passe
tellement vite!
Le Président (M. Allaire) : Eh
oui! Incroyable. Donc, on est prêts à procéder à la mise aux voix de cette
séance.
M. Drainville : ...de Marguerite-Bourgeoys,
tout à l'heure, s'étouffer dans sa tasse de café quand j'ai dit que je
répondais aux questions. Mais c'était sans doute une coïncidence.
Le Président (M. Allaire) : Merci,
merci, M. le ministre. Donc, êtes-vous prêts?
Le temps alloué à l'étude du volet
Économie des crédits budgétaires du portefeuille Économie, Innovation et
Énergie étant presque écoulé, nous allons maintenant procéder à la mise aux
voix des crédits.
Donc, le programme 2, intitulé
Développement de l'économie, est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Des voix : Sur division.
Le Président (M. Allaire) : Adopté
sur division, Mme la secrétaire.
Donc, compte tenu de l'heure, la
commission suspend ses travaux jusqu'à 16 h 30. Merci, tout le monde!
(Suspension de la séance à 16 h 15)
(Reprise à 16 h 31)
Le Président (M. Allaire) : Alors,
à l'ordre, s'il vous plaît! La Commission de l'économie et du travail reprend
ses travaux.
La commission est réunie afin de procéder
à l'étude du volet Investissement Québec des projets... des crédits, pardon... des
crédits budgétaires du portefeuille Économie, Innovation et Énergie pour
l'exercice financier 2026-2027. Une enveloppe de deux heures a été allouée
pour l'étude de ces crédits.
Mme la secrétaire, est-ce qu'il y a des
remplacements?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. Mme Mallette (Huntingdon) est remplacée par M. Provençal
(Beauce-Nord); Mme Setlakwe (Mont-Royal—Outremont) est remplacée par M. Beauchemin
(Marguerite-Bourgeoys); M. Fontecilla (Laurier-Dorion) est remplacé par Mme Zaga
Mendez (Verdun); et M. Paradis (Jean-Talon) est remplacé par Mme Gentilcore
(Terrebonne).
Le Président (M. Allaire) : Merci,
Mme ma secrétaire. Alors, on est déjà réchauffés quand même, on a eu une bonne
journée, alors on est prêts à commencer.
M. le député de Marguerite-Bourgeoys, de
l'opposition officielle, vous avez 19 min 33 s. La parole est à
vous.
M. Beauchemin : Merci
beaucoup, M. le Président. Merci, Mme la présidente d'Investissement Québec.
Je veux vous amener sur le dossier de Nemaska
Lithium. Mais je vais vous reposer la même question que j'ai posée au ministre
tout à l'heure. Vous êtes familière avec le concept, là, de juste valeur
marchande? J'assume, n'est-ce pas. Bon. Donc, aujourd'hui, on a des
investissements à la hauteur de quasiment 1,2 milliard, là, qui a été fait
de façon historique, là, dans... dans ce projet. Je voulais avoir votre opinion
sur ce que vous considérez important actuellement dans le projet. Comment ça
va, selon vous, dans ce projet-là?
Le Président (M. Allaire) : Avant
de vous céder la parole, j'ai besoin du consentement. Est-ce que j'ai votre
consentement?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Allaire) : J'ai
le consentement. Donc, simplement prendre le temps de vous présenter avec votre
titre, et la parole est à vous.
Mme Ngo (Bich-Trang) : Oui,
bien sûr. Bicha Ngo, présidente-directrice générale, Investissement Québec.
Alors, par rapport à l'intervention dans...
dans Nemaska, vous me parlez de juste valeur marchande. Effectivement, je
connais le principe de la juste valeur marchande. Cela étant dit, comme vous le
savez, les états financiers du gouvernement sont basés sur une valeur durable.
Et donc nous travaillons avec les vérificateurs pour évaluer la valeur durable
de cet investissement-là.
Cela étant dit, on est dans le processus
de faire cette évaluation-là. Et, cet automne, les états financiers du FCEQ, de
Fonds du développement économique et du CRNE seront déposés à ce moment-là, et
on sera en mesure de commenter sur la valeur de cette intervention-là.
Pour nous, Nemaska, le rôle
d'Investissement Québec, c'est vraiment de faire l'analyse. Puis, que ce soit
Nemaska ou tout dossier mandataire du gouvernement, le rôle d'Investissement
Québec, c'est de faire l'analyse, l'analyse financière, l'analyse économique.
On regarde, on roule différents scénarios, on parle du montage, on analyse le
montage financier et on travaille également avec les experts sectoriels du
gouvernement. Donc, nos équipes travaillent avec les experts sectoriels pour
développer et voir c'est quoi...
16 h 30 (version révisée)
Mme Ngo (Bich-Trang) : ...experts
sectoriels pour développer et voir c'est quoi, les différents risques. Et, à la
fin de la journée, on travaille, on... il y a un avis favorable qui est émis,
et c'est sur cette base-là que l'intervention est faite, est réalisée.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
M. le député.
M. Beauchemin : Merci.
OK. Donc, est-ce que vous, vous avez été mise au courant des avis des experts
au ministère des Ressources naturelles?
Mme Ngo (Bich-Trang) : Je
n'ai pas été mise au courant. Cela étant dit, quand le rapport de la
commissaire est sorti, évidemment, j'ai été informée et j'ai discuté avec les
équipes pour comprendre le processus. Et, comme je vous expliquais, que ce soit
Nemaska ou tout autre dossier mandataire, notre rôle, c'est vraiment l'analyse
financière et économique, les scénarios, le montage financier. Et, encore une
fois, on travaille avec les experts sectoriels du gouvernement et le MEI
également pour identifier les différents risques d'un projet.
Dans le cas spécifique de Nemaska, nous
avons un partenaire à l'époque qui était Livent, qui est devenu Arcadium, et
aujourd'hui Rio Tinto. Livent est un expert dans l'extraction et la
transformation du lithium. Ils ont des usines et des mines de lithium qu'ils...
qu'ils explorent à travers le monde. Donc, évidemment, notre rôle, également, c'est
de s'assurer qu'on met en relation les ingénieurs, les experts du gouvernement
et les experts, également, les ingénieurs de Livent.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
M. le député.
M. Beauchemin : Juste pour
la suite des choses, quand le président fait ça, ça veut dire...
Le Président (M. Allaire) : Oui,
elle a... elle a très bien compris, elle avait justement conclu quand je l'ai
fait.
M. Beauchemin : Oui, d'accord.
Parfait.
Le Président (M. Allaire) : La
parole est à vous.
M. Beauchemin : D'accord.
Dans le cadre de... justement, là, de... de vos consultations avec les experts
du gouvernement pour donner votre opinion sur le bon montage financier puis la
recommandation d'investissement, ça ne vous inquiète pas de ne pas avoir reçu
justement les rapports d'experts qui disaient que ce n'était pas un bon
investissement?
Mme Ngo (Bich-Trang) : En
fait, les équipes travaillent avec les experts du gouvernement. Donc, il y a
vraiment des discussions qui se font en amont de toute intervention.
M. Beauchemin : ...tantôt
vous m'avez dit, vous n'avez pas reçu les rapports, mais là vous les aviez.
Mme Ngo (Bich-Trang) : On
est en discussion, on travaille avec les experts du gouvernement. On a... mis
les experts du gouvernement, donc les ingénieurs du ministère des Ressources
naturelles et de la Forêt, avec les ingénieurs de notre partenaire stratégique,
qui est l'expert dans l'extraction et la transformation du lithium, donc les
experts de chez Livent, ensemble.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
M. le député.
M. Beauchemin : Donc,
vous aviez l'information des experts du ministère des Ressources naturelles.
Mme Ngo (Bich-Trang) : On
travaille, comme tout autre dossier mandataire, on travaille... les experts
sectoriels du gouvernement, qui apportent une expertise sectorielle, et des
discussions, évidemment, se font en amont de toute transaction. Et, à la fin de
la journée, c'est basé sur une recommandation, un avis favorable du ministère...
de l'expert sectoriel qu'on va de l'avant avec un projet, mais, avant d'arriver
à un avis sectoriel, il y a plusieurs discussions, comme vous pouvez envisager,
qui... qui ont lieu.
M. Beauchemin : Bien, je
comprends ce que vous essayez de me dire, mais là, grosso modo, si je comprends
bien, là, c'est que, tant et aussi longtemps que l'avis n'était pas favorable,
vous ne pouviez pas y aller. Mais là une fois qu'il est devenu favorable, après
les modifications qui ont eu lieu, là, ça vous a permis d'y aller de l'avant,
avec la recommandation d'aller de l'avant avec l'investissement.
Mme Ngo (Bich-Trang) : Pour
aller de l'avant. Puis, à la fin de la journée, c'est une décision du
gouvernement, mais, pour que le gouvernement se... Le gouvernement se base sur
les experts sectoriels, évidemment.
M. Beauchemin : Donc,
initialement, lorsque l'information... dans les premiers balbutiements d'échanges
avec les experts, on vous disait : Ce n'est pas une bonne idée, ce n'est
pas un bon processus, ce n'est pas un bon investissement, n'allez-y pas de l'avant.
Quel a été le réflexe d'Investissement Québec, là, pour donner une bonne
recommandation au ministre, qui, lui, n'était pas au courant?
Mme Ngo (Bich-Trang) : En
fait, il n'y a pas de... Quand vous dites : On... Ils nous ont dit de ne
pas y aller, ils ne nous ont pas... En fait, on travaille ensemble. Donc, il y
a des points qui sont soulevés, des enjeux qui sont soulevés, et on a été en
mesure de mitiger ces enjeux-là, sinon on n'aurait pas eu un avis favorable.
Mais tout ça se travaille ensemble, avec les experts du gouvernement. On a
impliqué, comme je vous disais, des experts de notre partenaire stratégique
Livent également là-dedans.
M. Beauchemin : Bon,
bien, parlons-en, de votre partenaire stratégique. Dans... dans le concept, là,
d'une juste valeur marchande. Moi, j'ai devant moi, là, quelque chose qui...
qui sort d'un... d'un «10-K», là, vous connaissez c'est quoi, un «10-K».
Peut-être, pour le ministre, on va lui donner l'information. C'est un rapport
que des émetteurs, hein, des compagnies publiques doivent donner au
gouvernement américain lorsqu'ils vont émettre de l'information, un
financement, lorsqu'ils <veulent...
M. Beauchemin :
...au
gouvernement américain lorsqu'ils vont émettre de l'information, un
financement, lorsqu'ils >veulent aller dans le marché pour se financer,
que... que ce soit obligataire ou que ce soit avec des actions.
Donc, en regardant ce que j'ai devant moi,
regardant la... la date, là, qu'Arcadium avait rendu cette information-là
publique, là, qui... fin 2024, début 2025, à votre connaissance, à ce
moment-là, quelle était la valeur de l'investissement que vous alliez faire
dans Nemaska Lithium?
Mme Ngo (Bich-Trang) : En
fait, vous nous parlez d'une valeur marchande versus une valeur durable.
M. Beauchemin : ...question :
À ce moment-là, là, quand vous étiez sur le bord de tirer la gâchette puis
écrire le chèque, là, ça valait combien, à vos yeux à vous, là? Parce qu'il y a
eu plusieurs paiements à suivre, là.
Mme Ngo (Bich-Trang) : Oui.
Puis on a tout...
M. Beauchemin : OK, mais
là, initialement, jour un, lorsqu'Investissement Québec est demandé d'écrire un
chèque, ça vaut combien?
Mme Ngo (Bich-Trang) : En
fait, la participation, comme vous le savez, c'était une participation
cinquante-cinquante. Chaque partenaire mettait le...
M. Beauchemin : ...
Mme Ngo (Bich-Trang) : Au
moment d'Arcadium, oui. C'est seulement avec Rio Tinto qu'on a dilué notre
participation. Mais, au moment de... de notre partenariat avec Arcadium,
c'était un partenariat cinquante-cinquante.
M. Beauchemin : Vous
avez raison.
Mme Ngo (Bich-Trang) : Donc,
chacun mettait son prorata. On... Il n'y a pas eu de débat au niveau de valorisation,
comme on mettait chacun le même montant.
M. Beauchemin : Oui. Il
n'y a aucun débat à savoir combien que ça vaut, mais on fait un chèque pareil?
Mme Ngo (Bich-Trang) : Non.
Je ne dis pas... Je ne vous dis pas que ça... On ne parle pas de valorisation.
Mais il n'y a pas eu de débat entre nos... notre partenaire stratégique et nous,
comme on avait convenu que chacun mettait le même montant.
M. Beauchemin : OK. Mais
ma question, c'est : Ça valait combien, ce sur quoi vous alliez vous
entendre joyeusement à écrire chacun un chèque?
• (16 h 40) •
Mme Ngo (Bich-Trang) : Mais,
encore une fois, nous, on regarde notre intervention basée sur la comptabilité
du gouvernement, qui est une valeur durable, qui est très différente.
M. Beauchemin : C'était
quoi, ce chiffre-là, à l'époque?
Mme Ngo (Bich-Trang) : En
fait, c'était le montant d'argent qui avait été mis dans... dans Nemaska.
C'était basé sur la valeur de l'argent déployé.
M. Beauchemin : C'était...
c'était combien? C'était combien, ce montant-là?
Mme Ngo (Bich-Trang) : Là,
vous me demandez ce qu'on a fait en 2025. Il y a eu quand même plusieurs
déboursés, là, en fait.
M. Beauchemin : Bien, ça
fait un an, là.
Mme Ngo (Bich-Trang) : Comment?
M. Beauchemin : Ça fait
un an.
Mme Ngo (Bich-Trang) : Je...
je ne me rappelle pas exactement du montant, mais on peut vous fournir le
montant qui a été déployé en 2025 conjointement et à notre prorata avec notre
partenaire Arcadium à l'époque.
M. Beauchemin : Bien, à
part le dernier chèque qui a été écrit, là, par le ministre de l'Économie
précédent, le ministre actuel, qui était un montant de
250 millions de dollars, à ce moment-là, là, le gouvernement avait
donc dépensé un total de 1,95 milliard de dollars, grosso modo, là, dans
l'entreprise de Nemaska, là, dans... dans le concept.
Mme Ngo (Bich-Trang) : Oui.
M. Beauchemin : Ça fait
qu'on parle de décembre 2024.
Mme Ngo (Bich-Trang) : Oui.
M. Beauchemin : OK.
Donc, je vous demande la question. À ce moment-là, là, on sait que c'est ça qui
a été dépensé par le gouvernement. Je vous demande, peu importe la méthodologie
que vous voulez utiliser, là, valeur au livre, valeur comptable, valeur le jour
de l'investissement, valeur comme vous voulez, valeur que le gouvernement veut
vous donner, c'était quoi, la valeur qu'on vous disait que ça valait?
Mme Ngo (Bich-Trang) : Mais...
Puis, vous savez, si chacun fait son prorata dans une intervention...
M. Beauchemin : Le
total, les deux partenaires ensemble.
Mme Ngo (Bich-Trang) : Mais
au dernier état financier du gouvernement, c'était basé sur le montant qui a
été investi dans Nemaska.
M. Beauchemin : C'était
combien?
Mme Ngo (Bich-Trang) : Là,
vous me demandez quels sont... On va vous fournir l'information. Je n'ai pas le
montant exact qui a été déployé, là. Ça fait depuis 2020 qu'on investit dans
Nemaska, là.
M. Beauchemin : OK.
Bien, je vais peut-être, juste pour faciliter la conversation... la chronologie
des investissements, là. Il y a eu un dernier montant de 250 millions qui
a été émis par le monsieur qui est prédécesseur au ministre actuel, il y a eu
un total de 1,2 milliard, grosso modo, qui a été investi dans Nemaska
Lithium, moins le 250 millions, donc 950 millions. Ça, c'est où on en
était rendus, hein?
Mme Ngo (Bich-Trang) : Oui.
M. Beauchemin : Lorsque
je vous pose la question ça... ça vaut combien, ce qui a été investi... puis,
si c'est juste le montant qu'on a investi, c'est ce que ça vaut.
Mme Ngo (Bich-Trang) :
Bien, c'est le...
M. Beauchemin : Alors, à
ce moment-là, ça vaut ce montant-là. C'est ça?
Mme Ngo (Bich-Trang) : Bien,
c'est le montant qui a été... la totalité des... des sommes déboursées dans
Nemaska depuis la sortie de la LACC.
M. Beauchemin : Ça fait
qu'on s'entend qu'à ce moment-là c'est 950 millions que votre
investissement représente dans... dans Nemaska.
Mme Ngo (Bich-Trang) : Si
c'était le montant... les montants totaux qui ont été déployés à ce moment-là,
c'est effectivement la valeur qui a été reflétée dans les états financiers du
gouvernement.
M. Beauchemin : OK.
Bien, peut-être juste... juste pour faciliter les choses, M. le Président, on
va trouver sûrement le moyen, mais on peut vous déposer la chronologie des
déboursés, là, qui a eu lieu, qui a été disponible, là, par le ministre des
Finances, là. Puis je pense qu'il y a quelqu'un, que ce soit au... au
gouvernement ou... ou chez nous, on... on va trouver une façon, là, de... de
vous assurer ça. Mais ce chiffre-là est approximativement 950 millions.
OK.
Le Président (M. Allaire) :
Bien, ce que je comprends, c'est que c'est vous qui voulez déposer le document
de <la...
M. Beauchemin :
…OK.
Le Président (M. Allaire) :
Bien, ce que je comprends, c'est que c'est vous qui voulez déposer le document
de >la chronologie?
M. Beauchemin : Bien, je
peux... Si le gouvernement aurait la gentillesse, étant donné que je vois qu'on
a toute l'information disponible à côté, là...
Le Président (M. Allaire) :
Bien, j'ai besoin de l'engagement.
M. Beauchemin : Est-ce qu'il
y a consentement de la part du gouvernement de...
Le Président (M. Allaire) : Est-ce
que j'ai... est-ce que j'ai votre engagement?
Mme Ngo (Bich-Trang) : ...ce
que vous aimeriez avoir, c'est les déboursés qu'on a faits depuis 2020 dans
Nemaska? C'est-tu ça? OK.
Le Président (M. Allaire) :
Parfait. Donc, j'ai l'engagement, c'est ce que je comprends, donc on va le
recevoir.
Mme Ngo (Bich-Trang) : On
va vous donner les montants qui ont été déployés dans Nemaska depuis la sortie
de la LACC, en 2020.
Le Président (M. Allaire) : Parfait,
merci. Allez-y.
M. Beauchemin : Merci.
Donc, pour faciliter la... la conversation aujourd'hui, plus ou moins 50 millions
de dollars... Je vais vous donner un... un break, là, plus ou moins 50 millions de
dollars, là, on... on parle d'un...
Le Président (M. Allaire) : Juste...
Oui, je m'excuse, je dois préciser un élément, là, juste que, si vous souhaitez
que ce soit rendu public, on doit le recevoir avant la fin de la séance. Juste
par précision, là.
M. Beauchemin : Oui, bien,
allons-y.
Le Président (M. Allaire) : Est-ce
que c'est possible de l'avoir avant la fin de la séance? Il faut aussi être
réalistes, là, est-ce que c'est...
Mme Ngo (Bich-Trang) : Oui,
oui.
Le Président (M. Allaire) :
Parfait. Merci. Simplement l'envoyer à l'adresse de la commission. Merci.
M. Beauchemin : Parfait. Excellent.
Le Président (M. Allaire) : Excusez-moi,
M. le député. Allez-y.
M. Beauchemin : Donc, ceci
étant dit, juste pour simplifier la conversation, ce chiffre-là, je peux vous
dire plus ou moins 50 millions, là, on parle de 900 millions... 950
millions de dollars, là, qui a été investi de par le gouvernement dans le
projet de Nemaska Lithium à cette date-là. À cette date-là, le «10-K» que je
vous faisais référence à... tantôt, évaluait l'entreprise totale, donc le
50 % de Rio Tinto et avec votre 50 %... Excusez, Arcadium, c'est ça,
pour l'achat d'Arcadium, là, 1,2 milliard US, 1,5 million... 1,5
milliard, Canada.
Mme Ngo (Bich-Trang) : ...la
totalité...
M. Beauchemin : Oui, la
totalité.
Mme Ngo (Bich-Trang) : ...ou
pour la participation d'Arcadium dans Nemaska?
M. Beauchemin :
100 %. 100 % de... de l'investissement. Donc, ça, c'est sur le
«10-K», OK, qui est... qui est disponible sur Internet. Donc, ça, ça veut dire
que selon l'évaluation faite par les gens de... de Rio Tinto, indirectement,
là, on en arrive à regarder la valeur marchande comme étant évaluée... puis là
j'arrondis, là, pour simplifier les choses, là, en dollars canadiens, à 1,5 milliard.
Là, on vient d'en arriver à la conclusion que, grosso modo, OK, ça valait 1,9
milliard, 1,8 milliard en dollars canadiens lorsque le gouvernement a
autorisé les sorties de fonds. Puis là, en même temps ou à peu près en même
temps, on a un «10-K» qui nous dit que la valeur est de 1,5 milliard et
non 1,9 milliard.
Mme Ngo (Bich-Trang) : Mais,
je vous entends...
M. Beauchemin : Ça fait
que le «10-K», c'est une valeur marchande.
Mme Ngo (Bich-Trang) : Exactement.
M. Beauchemin : Exact.
Puis vous, vous avez une valeur...
Mme Ngo (Bich-Trang) : Durable.
M. Beauchemin : ...d'investissement
durable... le terme que vous utilisez.
Mme Ngo (Bich-Trang) :
Bien, en fait...
M. Beauchemin : Où je
veux en venir avec ça...
Mme Ngo (Bich-Trang) :
Oui, allez-y.
M. Beauchemin : ...c'est
que le gouvernement a pris cinq à six mois de plus que la Caisse de dépôt et
Goldman Sachs pour radier son investissement dans Northvolt maison-mère. Pendant
que la planète au complet avait mis ça à zéro, le gouvernement continuait à
nous dire : Non, non, nous autres, c'est bon, on a des garanties, ça va
bien, notre placement, on n'a pas perdu un sou. Décembre, novembre 2023,
janvier, février, mars 2024. Coudon, ça vaut combien, cette histoire-là? Ça ne
vaut plus une cenne. Finalement, ils l'annoncent, puis ça ne vaut plus une
cenne. Ça fait que là, ma question, OK... Je ne pense pas que ça ne vaut plus
une cenne, Nemaska, je pense que ça vaut encore quelque chose, mais c'est loin
de valoir le... le 50 % que nous on a investi via vos actions puis celles
du ministre, là, OK, c'est loin de valeur... de valoir la valeur des placements
initiaux ou le terme que vous utilisez, là. On est rendus loin de ça, là.
Mme Ngo (Bich-Trang) :
Ce n'est pas moi qui utilise ce terme-là, c'est en fait les normes comptables
des états financiers du gouvernement. Donc, la valeur durable, c'est la façon
dont on évalue... qui évalue...
M. Beauchemin : ...j'essaie
de le simplifier pour les gens qui nous écoutent. La valeur durable, là, la
valeur...
Mme Ngo (Bich-Trang) : La
valeur durable d'un investissement, c'est dans ce contexte-là, donc, vraiment
sur une perspective à long terme, est-ce que nous pensons être en mesure de
récupérer ça. Ce que je vous dis aujourd'hui, c'est qu'on est dans le processus
de compléter les états financiers mandataires, donc le Fonds de développement
économique, CRNE et FCEQ, le fonds de croissance des entreprises du Québec. Ces
états financiers là vérifiés seront déposés cet automne et, à ce moment-là, on
pourra voir, mais le travail se fait en ce moment pour évaluer les
investissements mandataires du gouvernement.
M. Beauchemin : ...pour...
Merci. Pour les gens qui... qui nous écoutent, il y a... il y a ce qu'on
appelle un rapport «10-K», qui est émis par le gouvernement, qui est demandé
par le gouvernement américain lorsqu'un émetteur, donc une compagnie publique,
doit émettre des... des actions et/ou des obligations pour se financer, doivent
mettre une valeur juste <marchande...
M. Beauchemin :
...des actions et/ou des obligations pour se financer doivent mettre une valeur
juste >marchande de la compagnie de l'investissement. Et puis cet
investissement-là, ici, qu'on parle, c'est Nemaska Lithium. Et le différence...
la différence entre ce que le rapport au marché du «10-K» dit et ce que le
gouvernement nous dit, il y a un différentiel... j'estime, grosso modo, puis à
plus ou moins 50 millions de dollars, là, mais il y a un différentiel
d'approximativement 400 à 500 millions de dollars. Donc, c'est...
c'est la différence entre la valeur marchande puis la valeur au livre. Puis ça,
on est en même temps, là, que... que ceux qui ont rempli le «10-K», là.
Ça fait que, quand je pose la question,
puis vous m'avez vu sûrement, M. le Président, en Chambre, poser la question,
que ce soit à la première ministre ou au ministre de... de l'Économie, là,
combien que ça vaut, notre investissement dans Nemaska Lithium, on n'est pas
capables d'avoir une réponse directe. Ça m'a pris du temps à me rendre jusqu'à
où est-ce que je suis rendu, là. J'ai essayé avec le ministre tantôt pour...
pour essayer de... de lui faire cracher le morceau, comme on dit, mais... mais
la réalité, là, c'est n'importe qui a... qui a un bac en administration des
affaires, là, puis qui a travaillé six mois en «investment banking», va être
capable d'arriver exactement à la même conclusion que moi. À date, le
gouvernement, minimalement, a perdu 250 millions de dollars dans Nemaska
Lithium, minimalement perdu 250 millions de dollars dans la partie du
gouvernement émise là-dedans.
Ça fait qu'on va conclure sur... sur ce
dossier-là, mais c'est ce que je voulais que les gens à la maison puissent nous
entendre sur... sur le sujet.
• (16 h 50) •
Le Président (M. Allaire) :
35 secondes.
M. Beauchemin :
Seulement 35 secondes? Ça passe vite. Je vais avoir d'autres questions en
ce qui concerne Nemaska plus tard. En 35 secondes, comment a été la
performance d'Investissement Québec cette année?
Mme Ngo (Bich-Trang) : Pour
l'année... En fait, vous me parlez de l'année qui termine mars 2025?
M. Beauchemin : Oui.
Mme Ngo (Bich-Trang) :
Donc, l'information publique, c'est ça? En fait, je vous rappelle, on a eu un
rendement qui était... en fait, qui n'était pas bon, de façon très candide, 0,3 %.
Mais je vous rappelle qu'on était au mois de février, M. Trump annonçait
des tarifs. Il y a eu une volatilité et une baisse des marchés boursiers. Le
marché a baissé de plus de 10 %. Nos participations cotées en bourse ont
baissé de façon importante. Notre portefeuille de capital de risque a baissé...
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Merci, désolé, ça met fin à ce bloc d'échange, le temps est écoulé. Je suis le
gardien du temps. On poursuit avec la deuxième opposition. Mme la députée de Verdun,
vous avez 19 min 32 s. La parole est à vous.
Mme Zaga Mendez : Oui.
Merci beaucoup, M. le Président. Bonjour, Mme Ngo, pour votre présence. Je
veux juste faire du pouce... parce qu'on en parlait de ça tout à l'heure avec
le ministre de l'Économie concernant la valeur de participation d'Investissement
Québec en... en Nemaska Lithium. Ce qui est arrêté en ce moment, bien, c'est...
c'est la mine. Et je veux juste comprendre, parce qu'on finance... de ce que je
comprends, on a des parts dans l'ensemble. On ne peut pas dire... Moi, ce que
je souhaite comprendre, c'est : Quel est l'impact de l'arrêt des activités
économiques de la mine sur nos investissements?
Mme Ngo (Bich-Trang) : ...en
fait, comme vous savez, Rio Tinto a acheté Arcadium, qui était notre partenaire
à l'époque. Dans le contexte de cette intervention-là, de cette transaction-là,
Rio Tinto évalue toutes les options en ce qui a trait à la mine. Ils ont... ils
sont également propriétaires d'une autre mine de lithium et de voir c'est quoi,
la meilleure façon de... d'être plus optimal dans tout le processus. Donc,
c'est encore en évaluation, tout ce projet-là, au niveau principalement de la
mine puis au niveau de l'usine de transformation d'hydroxyde à Bécancour. Mais
je pense que, comme tout investisseur, c'est normal de prendre un peu... un pas
de recul pour évaluer le dossier en détail.
Mme Zaga Mendez : Donc,
si Rio Tinto fait le choix d'exploiter davantage puis baser sa chaîne de... de
transformation sur Galaxy plutôt que la mine Nemaska, quels sont... quel est
l'impact? Quel est le risque pour l'investissement du Québec?
Mme Ngo (Bich-Trang) : Bien,
en fait, tu sais, l'extraction de la mine... les minéraux sont toujours dans le
sol. Donc, si on ne l'extrait pas aujourd'hui, éventuellement, on peut toujours
l'extraire. Ce qui est important avec le projet de Nemaska, oui, l'extraction
du lithium, mais ce qu'on voulait, le gouvernement à l'époque voulait, c'est
vraiment de partir de l'extraction et de transformer les minéraux, donc
vraiment de partir de l'extraction du... du lithium et transformer le lithium,
avancer dans la chaîne de valeur, parce qu'historiquement le Québec était
vraiment plus dans une phase d'extraction où on vendait les minéraux.
Donc, de continuer le projet, de
construire une usine d'hydroxyde qui n'existe pas en Amérique du Nord et de
vraiment être capables de le transformer, je pense que c'est important. Cela
étant dit, c'est sûr que, de notre côté, on espère, puis on veut que... qu'on
continue à investir dans Whabouchi pour aller chercher le <spodumène...
Mme Ngo (Bich-Trang) : ...côté,
on espère, puis on veut que... qu'on continue à investir dans... pour aller
chercher le >spodumène et de l'envoyer à... à l'usine de Bécancour, mais
à voir avec la décision aussi de notre expert et partenaire stratégique
là-dedans, qui est, dans ce cas-ci, Rio Tinto.
Mme Zaga Mendez : OK, je
comprends. Puis est-ce que c'est... est-ce que vous avez mis une condition à
notre investissement que la transformation soit faite au Québec dans... à
l'usine de Bécancour? C'est ça, la condition pour...
Mme Ngo (Bich-Trang) : Pour
nous, c'est important de bâtir et de transformer le lithium au Québec.
Mme Zaga Mendez : Parfait.
Je vais continuer. Il y avait une question dans... dans les cahiers des crédits
qui a porté à notre attention concernant la mise à pied d'une soixantaine
d'employés au sein d'Investissement Québec et l'abolition de 192 postes
depuis le début de l'exercice 2024‑2025. Peut-être de nous dire pourquoi
on a coupé près de 19 % des... des emplois.
Mme Ngo (Bich-Trang) : Depuis
2020, Investissement Québec a connu une croissance très importante. Nous sommes
passés, en fait, de 400 employés à plus de 1 000 employés.
C'était important de revoir nos façons de faire en 2024. Également, il y avait
un déficit budgétaire. Le gouvernement a demandé à toutes les sociétés d'État
de voir comment on pouvait être encore plus performants, donc augmenter le
bénéfice. Et c'était important pour nous à ce moment-là, on a fait un exercice
très détaillé de regarder toutes les lignes d'affaires, de regarder le service
de soutien, le... le corporatif, également, et de voir comment est-ce qu'on
pouvait optimiser nos façons de faire.
Et, dans ce contexte-là, effectivement, il
y a eu 192 postes qui ont été abolis. Nous avons essayé de le faire par
attrition, le plus possible, donc vraiment des départs à la retraite que nous
n'avons pas remplacés, des départs, tout simplement, qu'on n'a pas remplacés,
des postes vacants autorisés qu'on a décidé d'abolir. Et, malgré tout cela, il
y a quand même une soixantaine de... de personnes qui ont été affectées, qui
étaient en poste, que nous avons dû abolir.
Mme Zaga Mendez : Puis
pourquoi... Parce que là, vous parlez d'optimisation. Il y a quand même eu près
de 12 millions de dollars en boni qui ont été donnés à Investissement
Québec. Pourquoi avoir choisi de se donner autant d'argent en boni puis ne pas
investir, par exemple, auprès de... de garder... soit ces emplois-là, qui
créent quand même de l'activité économique puis... Quels étaient les choix?
Parce qu'en termes d'optimisation, 12 millions en boni, c'est quand même
extrêmement important.
Mme Ngo (Bich-Trang) : Oui.
C'est sûr que toute abolition de poste, c'est une décision qui est difficile.
Comme organisation, on se doit d'être rigoureux, de revoir nos façons de faire,
de s'assurer qu'on a le plus d'impact possible, qu'on est le plus productifs
possible. On demande aux entreprises québécoises d'être plus productives, et
c'était important pour Investissement Québec d'être plus productif. On a tout
revu nos façons de faire, on a baissé... Là, vous me parlez des postes abolis,
mais on a baissé aussi au niveau des dépenses, que ce soient les frais de
consultants, les frais de déplacement, nos frais de marketing, de communication.
En fait, c'est des économies de 28 millions de dollars par année
qu'on est allés chercher. C'est au-delà de ce que le gouvernement nous a
demandé en termes d'économies.
Mme Zaga Mendez : ...revu,
dans ce sens-là, les critères pour les bonis qui sont donnés aux hauts
dirigeants.
Mme Ngo (Bich-Trang) :
Les critères... En fait, les bonis sont versés à l'ensemble des employés,
premièrement. Deuxièmement, c'est basé sur trois volets. Le premier volet,
c'est la performance organisationnelle, donc le contrôle des coûts, le
rendement de l'organisation, la satisfaction des clients et l'engagement des
employés. Le deuxième volet, c'est des volets de développement économique,
c'est-à-dire la productivité, le... les exportations, l'accompagnement
technologique et autres. Et, le troisième volet, c'est vraiment la performance
individuelle des employés.
Mme Zaga Mendez : Merci.
Je vais aller sur un autre thème que... dont nous avons eu tous un entretien
l'année passée, sur des changements au niveau des critères d'investissement
responsable pour permettre le financement du secteur de la défense. À ce
moment-là, vous nous avez dit qu'on était au tout début, qu'il allait y avoir
encore une révision des critères, une révision de liste des types
d'entreprises, des pays. Moi, je mets ça d'entrée de jeu, depuis la dernière
fois qu'on s'est parlés, peut-être de nous dire qu'est-ce qu'il a été fait du
côté d'Investissement Québec dans la révision des critères. Et, entre autres,
on avait parlé des... des types d'entreprises qui seraient soutenues ou pas,
puis selon lesquels critères, entre autres, les meilleurs critères des... en
termes de responsabilité des... des entreprises puis d'impact. Quand on parle
de défense, on parle également des... d'atteinte aux droits de la personne, aux
droits humains... ou autres conflits qui sont remis en question. Alors, j'aimerais
ça vous entendre là-dessus de façon plus <générale...
Mme Zaga Mendez :
...qui
sont remis en question. Alors, j'aimerais ça, vous entendre là-dessus de façon
plus >générale.
Mme Ngo (Bich-Trang) : Oui.
Bien sûr. Alors, vous avez raison, l'année dernière, nous avons changé et élargi
notre politique d'investissement pour pouvoir investir et soutenir des
entreprises qui fabriquent des armes, nos controversées, donc, nos
controversées, c'est-à-dire tout ce qui... on élimine tout ce qui est armes
chimiques, armes nucléaires et autres, et ces armes-là sont vendues à des pays
alliés du Canada. Pour pouvoir exporter ces armes-là, nos controversées, il
faut avoir un certificat du gouvernement fédéral. Donc, ça, c'est l'étape numéro un. C'est le fédéral... qui permettent à ces
entreprises-là d'exporter ou pas. C'est sûr que, pour Investissement Québec, on
ne va pas intervenir dans une entreprise si elle n'a pas ce... ce certificat-là
du gouvernement fédéral. Ça, c'est l'étape numéro un.
Étape numéro deux, on
a nos propres comités d'investissement, nos comités de financement qui évaluent
chaque dossier sur les mérites du dossier, sur les risques du dossier, c'est
quoi, l'impact sur le développement économique, l'impact sur... est-ce que
c'est un projet qui est innovant. Donc, tous ces critères-là, on va continuer à
les regarder. Et plus spécifiquement dans le secteur de la défense, ce qui est
important... Vous le savez, il y a eu des annonces majeures, que ce soit le
gouvernement fédéral Carney qui a dit qu'on va investir jusqu'à 5 % du PIB
dans le secteur de la défense au Canada d'ici 2035, en Europe, on parle de 800 milliards de
dollars d'ici 2030, dans le secteur de la défense, aux États-Unis, c'est 900 milliards de
dollars US par année dans le secteur de la défense.
• (17 heures) •
Pour Investissement Québec, ce qui est
important, c'est d'aider nos PME à participer dans cette chaîne de valeur, de
participer dans cette chaîne d'approvisionnement. Au Québec, on a des forces,
que ce soit l'aérospatiale, que ce soit la photonique, la construction navale,
l'intelligence artificielle. Comment est-ce qu'on fait pour aider les
entreprises à participer dans ces chaînes de valeur là, dans ces... ces... dans
ces contrats-là qui vont être donnés par les différents gouvernements.
Mme Zaga Mendez : Bien,
vous répondez à une partie de ma question. Je vais aller un peu plus loin avec
vous. Vous avez dit qu'il y a un certificat de la part du fédéral qui est émis
aux entreprises, puis ce sont des pays alliés. Avez-vous la liste de ces
pays-là? Comment ça marche? Parce qu'il y a des pays dits alliés, mais qu'en ce
moment ils sont quand même dans des conflits armés qui sont plus que
controversés, là.
Mme Ngo (Bich-Trang) : Oui,
mais c'est pour ça que je vous disais, il y a vraiment deux niveaux. Le premier
niveau de base, c'est d'avoir ce certificat-là du gouvernement fédéral qui dit
que cette entreprise-là peut exporter. Le deuxième niveau, c'est nos comités
d'investissement, nos comités à l'interne. Et, pour nous, on va... on n'ira
jamais à l'encontre de nos valeurs fondamentales, c'est-à-dire le respect des
droits humains. Ça, ça ne changera pas, c'est une valeur fondamentale et on va
toujours balancer l'investissement, c'est quoi, les retombées économiques, et
est-ce que ça... ça enfreint nos valeurs de base ou pas. Et... mais ça, c'est
vraiment un autre niveau à l'interne à travers nos comités d'investissement.
Donc, une société pourrait avoir un contrat, un certificat, puis on pourrait
décider, nous, à travers nos comités qui autorisent ces interventions-là, si on
va de l'avant ou pas.
Mme Zaga Mendez : Au
niveau de ce comité-là, quel est le travail qui est fait puis l'évaluation, par
exemple, du financement de la production, exportation d'armes létales?
Mme Ngo (Bich-Trang) : Encore
une fois, je vous dis, tous, tous les dossiers sont étudiés cas par cas et
vraiment sur le mérite et l'impact d'un dossier spécifique versus le risque,
versus est-ce que ça enfreint quelque valeur que ce soit. Et on est... on est
un comité de... de différents exécutifs au sein d'Investissement Québec qui
participe à ces comités-là.
Mme Zaga Mendez : Dans
la dernière année, peut-être juste pour continuer là-dessus... parce qu'avant
ce n'était pas possible, maintenant ce l'est, il y a un changement dans le
dernier mois. Combien d'entreprises qu'on... sont soit en évaluation et qui ont
reçu de l'argent d'Investissement Québec pour soit l'innovation, la production
ou la vente d'armes létales?
Mme Ngo (Bich-Trang) : ...Là,
vous me parlez de productivité, vous me parlez également d'innovation, mais
vous restez toujours dans le secteur de la défense, si je comprends bien.
Mme Zaga Mendez : Exact.
La défense, bon, je fais une différence à l'intérieur de la défense, on a
différentes technologies de surveillance et de télédétection, d'aviation,
versus la production d'armes létales. Est-ce que vous faites cette
différence-là quand vous faites l'évaluation? Si oui, pouvez-vous nous dire
s'il y a des entreprises qui ont reçu de l'argent d'Investissement Québec dans
les derniers mois pour la production et la vente d'armes létales?
Mme Ngo (Bich-Trang) : Au
cours des derniers mois, il n'y a pas eu de financement de la part d'Investissement
Québec pour soutenir une entreprise qui fabrique des armes létales, si c'est ça
votre question.
Mme Zaga Mendez : Ça
répond à ma question. Puis... donc... C'était ma première question, pour dire,
dans les derniers mois...
17 h (version révisée)
Mme Zaga Mendez : ...ça répondait
à ma question. Puis donc... c'était ma première question pour dire, dans les
derniers mois, est-ce qu'il y en a eu... puis après, vous dites qu'il y a un
comité qui va se pencher. Est-ce que ce comité-là a d'autres critères qui ont
été déposés? Vous dites que vous allez cas par cas, mais il y a quand même des
principes de base. Est-ce que ces critères-là et ce travail-là peut être déposé
ou nous en informer un peu plus?
Mme Ngo (Bich-Trang) : Bien, en
fait on a des... Puis chaque... Comme je disais, encore une fois, chaque
dossier est étudié sur le mérite de ce dossier-là. On a différentes étapes
avant de se rendre à notre comité d'investissement. Moi, je fais partie de ce
comité d'investissement là. Donc, ces dossiers-là, je suis très sensible,
également, et on les évalue, on en discute, on se challenge mutuellement
également avant d'autoriser un dossier.
Mme Zaga Mendez : Je vais
continuer sur d'autres types d'investissement. Une des craintes, je pense, puis
c'est tout à fait légitime, c'est que, quand on investit puis on donne de l'argent
à des entreprises ici, par la suite, les entreprises sont... peuvent être
délocalisées. De ce qu'on... moi, j'ai... on a eu dans les réponses aux
crédits, c'est qu'on n'a aucune information sur le nombre d'entreprises qui ont
reçu une aide financière d'Investissement Québec et, par la suite, elles ont été
délocalisées à l'étranger. Pourquoi on ne fait pas ce suivi-là?
Mme Ngo (Bich-Trang) : Écoutez,
c'est sûr, notre priorité, c'est de soutenir et de maintenir les sièges
sociaux, de maintenir l'entreprise ancrée au Québec, de la faire croître à
partir du Québec. C'est comme ça qu'on crée de la richesse pour l'économie
québécoise. Cela étant dit, pour que ça fonctionne, il faut que nos partenaires,
il faut que les fondateurs et l'équipe de direction restent avec nous,
participent avec nous. Tu sais, je regarde un dossier, par exemple, Novatech,
qui est une entreprise en Montérégie qui fabrique des portes et fenêtres. Le
fondateur avait un certain âge et il n'avait pas de relève, mais il avait une
volonté de garder l'entreprise au Québec. Il aurait pu amener un processus à l'échelle
nord-américaine, aller aux États-Unis ou autre, il ne l'a pas fait. Donc, on s'est
mis, avec la famille Gendreau, qui sont propriétaires de Garaga pour racheter l'entreprise
et la garder ancrée au Québec. Même chose, le Groupe Océan, qui est vraiment
dans le maritime, encore là, on a participé au «management buy out» avec l'équipe
de direction. Il faut vraiment à chaque fois trouver... Puis ces projets de
relève, de repreneuriat, on est focus là-dessus, mais il faut qu'on ait des
partenaires qui soient prêts à travailler avec nous.
Deuxième point aussi à remarquer, vous me
parlez de dossiers qui sont vendus, mais, si vous regardez, depuis 2018 jusqu'à
janvier 2026, il y a 1,5 fois plus d'entreprises québécoises qui ont
acheté des entreprises étrangères que le contraire. Donc, oui, on entend parler
d'entreprises québécoises qui ont été achetées, mais c'est quand même 1,5 fois
de plus d'entreprises québécoises qui ont acheté des cibles étrangères.
Mme Zaga Mendez : J'entends.
Je veux juste revenir un peu. Vous avez nommé deux exemples dans lesquels vous
êtes un rôle d'accompagnement. Moi, je veux juste comprendre un peu plus les
mécanismes de base puis ce qui se fait de facto. Donc, quel est votre suivi
pour... une fois qu'on a donné le prêt ou l'investissement à l'entreprise, quel
est le suivi que vous assurez pour qu'elle ne soit pas acheté ou qu'elle ne
soit pas délocalisée? Est-ce que c'est du cas par cas comme... que les deux...
ou est-ce qu'il y a un programme qui est établi, avec un suivi rigoureux, et
que, par la suite, même, on va jusqu'à mettre des conditions?
Mme Ngo (Bich-Trang) : Dans
nos interventions, on a des clauses qu'on appelle les clauses Québec, pour
garder le centre décisionnel au Québec et le siège social au Québec, mais,
encore une fois, je vous rappelle, nous ne sommes pas des opérateurs, nous sommes
des financiers. Nous prenons une participation minoritaire dans les entreprises.
En général, notre participation est entre 10 % à 20 %, donc il faut
être avec des partenaires et des entrepreneurs qui veulent rester avec nous. On
travaille beaucoup avec nos partenaires de l'écosystème, que ce soit la caisse,
le fonds et autres pour trouver des solutions au Québec. Et, tu sais, comme je
vous disais, on... les entreprises dans lesquelles on investit, on a toujours
une clause Québec pour les garder attachées au Québec.
Mme Zaga Mendez : ...investissements
au Québec au cours de l'exercice 2025-2026, c'est seulement 26 % du
capital investi par le fonds d'investissement dans le segment Capital de risque
du portefeuille Fonds propres qui ont été dirigés vers des entreprises
québécoises. C'est 26 %. Comment est-ce qu'on explique pour l'autre
segment du capital?
Mme Ngo (Bich-Trang) : Vous
parlez du marché en général?
Mme Zaga Mendez : Moi, je
parle du fonds propre, là, dans le... On a posé une question en... au niveau
des crédits. La réponse qu'on a eue, c'est que seulement... c'est 26 % du
capital investi par le fonds d'investissement, dans le segment du Capital de
risque du portefeuille Fonds propre, qui ont été dirigés vers des entreprises
québécoises. Comment on explique pour le reste du segment du Capital de <risque...
Mme Zaga Mendez :
...entreprises
québécoises. Comment on explique, pour le reste du segment du Capital de >risque
géré via ce fonds propres, qui est trois quarts, donc 75 % restant,
investi par Investissement Québec, aboutit à des entreprises qui sont à
l'extérieur du Québec?
Mme Ngo (Bich-Trang) : Bien,
premièrement, je ne... je ne suis pas au courant du chiffre que vous
mentionnez. Deuxièmement, nous ne pouvons pas investir dans des sociétés qui
sont à l'extérieur du Québec. Donc, je suis un peu étonnée du chiffre que vous
me présentez, là.
Mme Zaga Mendez : ...qui ne
sont pas à l'extérieur du Québec, qui sont... qui ne sont pas détenues, ce
n'est pas des entreprises québécoises...
Mme Ngo (Bich-Trang) : OK,
vous me parlez de l'actionnariat.
Mme Zaga Mendez :
L'actionnariat.
Mme Ngo (Bich-Trang) : Oui,
mais il y a plusieurs entreprises en technologies... Vous savez, le marché de
capital de risque aussi, aux États-Unis, est très profond. Il y a une expertise
là-dedans. Donc, encore une fois, je veux vous expliquer : On n'est pas
des actionnaires ou des investisseurs majoritaires, on est toujours avec des
partenaires, et il est fort possible qu'on ait des partenaires étrangers qui
apportent une expertise qui aide l'entreprise à croître, mais d'avoir un
actionnaire qui est étranger, qui investit dans l'entreprise, et l'entreprise
reste ancrée et croit du Québec, ça, c'est une excellente chose.
Deuxième point, si vous regardez notre
portefeuille de capital de risque, depuis 2020, on est le joueur le plus actif
en capital de risque au Québec et dans le top trois au Canada. On a un
portefeuille de plus de 600 millions de dollars en capital de risque.
Mme Zaga Mendez : C'est pour
ça...
Le Président (M. Allaire) : 30 secondes.
Mme Zaga Mendez : ...parce ce
que je vois dans la réponse que j'ai reçue, là, puis c'est du capital investi
dans le segment portefeuille de Fonds propres, c'est quand même un tiers qui va
seulement à des entreprises dont l'actionnariat est québécois. Ça fait que,
pour moi, je prends les chiffres qui sont devant moi à titre d'exemple.
• (17 h 10) •
Mme Ngo (Bich-Trang) : En
capital de risque, il y a plusieurs investisseurs spécialisés, que ce soit
américains, européens. Quand je regarde des sociétés en biotech, par exemple,
il y a des investisseurs européens qui investissent avec nous, qui sont
co-investisseurs avec nous...
Le Président (M. Allaire) :
Merci.
Mme Ngo (Bich-Trang) : ...mais
ce qui est important pour nous, c'est qu'elles restent au Québec, ces entreprises...
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Ça met fin à ce blog d'échange avec le deuxième groupe de l'opposition. On
revient à l'opposition officielle. Vous avez 19 min 25 s, M. le
député de Marguerite-Bourgeoys. La parole est à vous.
M. Beauchemin : Merci. Merci
beaucoup, M. le Président. Mme la présidente d'Investissement Québec, tantôt,
je vous ai entendu répondre à ma collègue, là, de Québec solidaire, à savoir
que vous preniez des positions minoritaires... vous sembliez nous donner un
écart entre les pourcentages, un «range», là, grosso modo. Ça ressemble à quoi,
grosso modo, la politique de placement, là, d'investissements minoritaires que
vous faites?
Mme Ngo (Bich-Trang) : En
fait, au niveau de nos capitaux propres, je vous parle, on ne peut pas détenir
plus que 30 % d'une entreprise. La position idéale, c'est entre 10 %,
15 %. Ça nous permet de nommer quelqu'un sur le conseil d'administration
et d'avoir une influence, mais, encore une fois, on est toujours avec des
partenaires, parce qu'on ne peut pas être majoritaires. Je regarde
l'intervention qu'on a faite dans le Groupe Meloche, qui est dans
l'aérospatiale, on a co-investi avec Novacap qui est majoritaire, nous, on est
minoritaire. Ça a permis d'ancrer l'actionnariat au Québec et ça a permis également
à l'entreprise de faire une acquisition en Europe. Donc, vraiment, encore une
fois : ancrer l'entreprise au Québec, la faire croître à partir du Québec.
M. Beauchemin : Donc, grosso
modo, 10 à 15 %, exceptionnellement, on va aller vers le 30 %,
mais...
Mme Ngo (Bich-Trang) : ...très
rarement, on va aller... dans des cas exceptionnels, on va aller au 30 %
puis, au-dessus du 30 %, il faut qu'on ait l'approbation du ministre ou de
la ministre.
M. Beauchemin : Donc,
j'essaie de comprendre, parce que, dans le cas de Nemaska Lithium, là, on est à
50 %.
Mme Ngo (Bich-Trang) : ...dans
un dossier mandataire. Il y a une grosse différence. Le portefeuille
d'Investissement Québec, la moitié, c'est mandataire. Notre rôle, chez Investissement
Québec, c'est de faire l'analyse...
M. Beauchemin : Donc, c'est
des dossiers plus importants, hein, les dossiers mandataires, là, c'est... sont
plus significatifs, en termes de gestion, en termes de compréhension, en termes
de risque.
Mme Ngo (Bich-Trang) : Bien,
en fait, je pense c'est les dossiers que vous voyez principalement dans votre
rôle parce que c'est des dossiers mandataires, d'où la décision, c'est une
décision du gouvernement. L'autre moitié de notre portefeuille, c'est les
capitaux propres d'Investissement Québec.
M. Beauchemin : Oui, ça, je
le comprends, mais ma question était vraiment de comprendre, ici, là, le fait
que, là, on est dans un système où, quand c'est un plus gros investissement,
qu'on a besoin d'avoir la signature du ministre, on a définitivement quelque
chose qui est plus important, plus de risques, meilleur système, on doit être
plus au courant de tout ce qui se passe, on va plus en profondeur dans le deal,
là, si je comprends bien. C'est ça?
Mme Ngo (Bich-Trang) : Je ne
suis pas certaine de comprendre votre question. Je veux, dire, l'analyse d'un
dossier avec les capitaux propres versus mandataires, c'est.... il y a des
choses qui se recoupent, mais il y a d'autres choses. Au niveau du mandataire,
le volet retombées économiques est très important, au niveau des capitaux
propres, on va regarder c'est quoi, l'impact sur le développement économique...
M. Beauchemin : ...différence
de suivi entre un plus petit dossier puis un dossier mandataire, il n'y a
aucune différence de suivi dans le <quotidien...
M. Beauchemin : ...un plus petit
dossier puis un dossier mandataire, il n'y a aucune différence de suivi dans le
>quotidien...
Mme Ngo (Bich-Trang) : Bien,
en fait, un dossier de capital de risque, même si on a mis 2 millions
dedans, c'est une start-up. Ça demande beaucoup plus d'implication des équipes.
M. Beauchemin : Oui. Non, mais
je vous pose la question dans le contexte de... du mandat que vous avez pour
les mandataires en termes de travail que vous, vous avez à faire, il n'y a pas
plus de travail dans un dossier mandataire que dans un dossier minoritaire?
Mme Ngo (Bich-Trang) : Ça
dépend des dossiers, ça dépend de la complexité du dossier. Dans les dossiers
mandataires, encore une fois...
M. Beauchemin : Est-ce que
vous considérez que le dossier de Nemaska Lithium est un dossier important?
Mme Ngo (Bich-Trang) : C'est
un dossier important et complexe, oui.
M. Beauchemin : D'accord.
C'est pour ça que je suis un peu surpris que, minimalement, là, la valeur
marchande d'un investissement aussi important pour Investissement Québec, qui
tombe dans la catégorie des investissements mandataires, peut-on dire
prioritaire, du gouvernement du Québec... Comment se fait-il que vous n'avez
pas... je suis... je suis vraiment surpris que vous n'avez pas la valeur
marchande de quelque chose... Parce que demain matin, là, je dis ça de même,
hypothétique, là, mais demain matin, là, il y a, je ne sais pas, moi, BlackRock
qui décide de vous appeler : Heille! on veut l'acheter, cette business-là,
on est prêts à vous payer un prix exorbitant pour ça. Vous allez attendre quoi,
six mois que le gouvernement décide de pondre son.... sa juste valeur marchande
avant de pouvoir dire : On est obligés d'attendre à ce que le
gouvernement... Vous allez parler au gouvernement, vous allez dire : On a
reçu une offre. Vous allez quand même être actifs, là, non?
Mme Ngo (Bich-Trang) : Bien,
c'est sûr qu'on va être actifs. Cela étant dit, je reviens à la prémisse de
base : pourquoi le gouvernement a investi dans Nemaska? Il y avait une
stratégie, une volonté de partir de l'extraction des minéraux, de transformer
les minéraux stratégiques, d'avancer dans la chaîne de valeur. Il y avait
vraiment une volonté. C'était un projet, en fait, qui était structurant pour le
Québec. Et comme... comme mandataire du gouvernement, on exécute la stratégie
du gouvernement du Québec.
Le Président (M. Allaire) :
Merci. M. le député.
M. Beauchemin : Oui. Bien, tu
sais, je pense que les gens qui nous écoutent n'ont peut-être pas eu les
réponses, là, aux questions, là, qu'on a posées pour eux, là. Mais en guise de
conclusion, je trouve ça vraiment surprenant que, pour un dossier aussi
important, on n'ait pas cette donnée, qui... vous le savez aussi bien que moi,
là, dans le monde des marchés des capitaux, dans le monde «investment banking»,
on est à l'affût à la dernière variabilité possible. Puis un dossier aussi
important ne serait jamais traité comme ça dans une firme de capital de risque
privée. Puis là, vous êtes une firme de capital privé d'une certaine façon
publique. Et là il y a tellement le politique qui vous guide... qui vous guide à
ne pas donner la réponse. C'est... c'en est même, je vous dirais... je vous
dirais même, c'est choquant.
Mme Ngo (Bich-Trang) : Dans le
secteur, comme vous parliez d'«investment banking» ou marché des capitaux, on
n'est pas sur le long terme comme la vision du gouvernement, comme les
interventions du gouvernement. C'est vraiment dans une perspective long terme.
M. Beauchemin : Bien, il y a
une différence... il y a effectivement une différence de perspective des
placements, là, c'est sûr et certain, mais une «private equity firm» va avoir
un horizon de sept ans. Le gouvernement du Québec va avoir un horizon de
30 ans, 20 ans, 15 ans, 10 ans, on peut... on ne sait pas.
Peu importe. Je suis certain que Novacap, là, votre partenaire là, a une... un
horizon de... aussi long que vous pour plusieurs des transactions qu'ils vont
faire. Puis, honnêtement, ils vont avoir la valeur marchande comme ça. Mais
vous, vous ne l'avez pas.
Je veux revenir sur la performance. Donc,
on était en train de conclure là-dessus tantôt quand on s'est quittés, la
performance, là, d'Investissement Québec. Donc, vous disiez que vous n'avez pas
eu une bonne... puis ce n'était pas bon, là, comment... c'est quoi, les termes
que vous avez utilisés?
Mme Ngo (Bich-Trang) : Mais je
vous rappelle le contexte, je vous rappelle, février 2025...
M. Beauchemin : Mais le
chiffre, c'est quoi exactement?
Mme Ngo (Bich-Trang) :
0,3 % de rendement. Le rendement moyen cinq ans est de 6,2 %, qui est
au-dessus du coût des fonds du gouvernement. Je vous rappelle, la mission
d'Investissement Québec de développement économique, oui, il y a un volet
rendement, mais il y a un volet également développement économique.
M. Beauchemin : C'est correct.
Merci. Donc, 0,3 %, 6,2 % sur un terme de cinq ans. C'est une
question que je pose à chaque année, que je vous ai posée à quelques reprises
puis j'ai posée à votre prédécesseur, M. LeBlanc. Il n'y a pas d'indice de
référence pour... Bien, il y en a, mais, je veux dire, on ne veut pas les
utiliser, là, au gouvernement pour mettre en comparaison la performance
d'Investissement Québec par rapport à des équivalents sur la planète qui font comme
ce qu'Investissement Québec fait dans leur législation, là. Est-ce que ça a
quand même minimalement été un débat, un début de conversation, à savoir :
Ce serait bien, l'an prochain, lorsqu'on va aller aux crédits, qu'on puisse
avoir un certain indice de référence, qu'on pourrait dire : Bien, par
rapport à ce qui se passe en Arabaie saoudite, par rapport à ce qui se passe en
<Israël...
M. Beauchemin :
...à
ce qui se passe en Arabaie saoudite, par rapport à ce qui se passe en >Israël,
par rapport à ce qui se passe en France, aux États-Unis, avec des comparables,
voici l'indice, grosso modo, de ce qu'ils font, puis nous, on se tient ici.
Est-ce que ça, minimalement, ça a été une conversation qui a eu lieu?
Mme Ngo (Bich-Trang) : Bien,
on a regardé... Bon. Premièrement, le... comme vous le savez, selon la Loi
d'Investissement Québec, à moyen terme, il faut couvrir le coût des fonds du
gouvernement du Québec. Le 6,2 % aujourd'hui ou pour les cinq dernières
années est au-dessus du coût des fonds du gouvernement du Québec. Évidemment,
de regarder le marché en Arabie saoudite ou dans n'importe quelle autre
juridiction, c'est très différent. Je veux dire, je pense qu'il faut regarder
notre marché. Notre marché, c'est quoi? C'est le Québec. Si on se compare au
rendement, cinq ans de la caisse, de Fondaction, de FSTQ, on est dans les eaux
de 6 % à 8 %, donc on est très comparables. Et ça, c'est malgré le
fait que notre mission, c'est une mission de développement économique. On va
prendre des positions que le marché ne sera pas prêt à prendre dans certaines
situations pour soutenir l'économie québécoise.
• (17 h 20) •
M. Beauchemin : Oui, je
comprends, mais bon, il y a quand même des firmes que le gouvernement, même
notre... votre patron, ici, ministre de l'Économie, et ses prédécesseurs ont
utilisé les McKinsey de ce monde à coups de plusieurs millions, là, pour
émettre des rapports sur des investissements, comme, par exemple, Northvolt.
Mais ils peuvent aussi donner des rapports sur, justement, établir une base de
comparaison. Parce que je comprends ce que vous me dites, là, investir au
Québec, ce n'est pas comme investir en Arabie saoudite. Mais investir dans son
marché local, dépendamment du risque de pays, dépendamment de comment, par
exemple, Morgan Stanley peut donner une... une cote de risque d'un pays par
rapport à un autre pays, d'un environnement d'affaires par rapport à... tout ça
se comptabilise, tout ça peut se... mettre un prix à ça.
Je suis juste surpris, là, qu'il n'y a juste
pas eu d'évaluation. Mais je pense que je comprends la raison du pourquoi.
Parce que, dans le fond, ça rendrait encore plus difficile d'avoir une
performance moins intéressante comme ce que... celle que vous avez eue, puis la
comparer à ce qui se passe ailleurs, dans des environnements où les...
Mme Ngo (Bich-Trang) : Mais,
quand vous regardez la moyenne cinq ans et vous regardez les autres
institutions québécoises, on est très comparables.
Deuxième point. J'aimerais ça terminer
l'idée, là, de ce que j'ai dit au niveau de la performance pour l'année qui a
terminé, mars 2025, l'impact des tarifs et l'incertitude sur les marchés, qui a
affecté et qui a frappé durement notre rendement. Au mois de janvier 2026, nous
avons déposé un budget avec le ministère des Finances qui présente les
résultats réels neuf mois et la prévision trois mois qui se termine mars 2026.
Nous avons présenté à ce moment-là plus de 330 millions de bénéfices, donc
un rendement au-dessus de 6 %. Nous allons sortir nos états financiers
dans les prochains jours, et je suis très confiante de vous dire qu'on va
exceller, on va dépasser le budget qui a été déposé par Finances.
Donc, oui, vous avez regardé une année,
mais je pense que quand on fait de l'investissement, il faut le regarder sur du
moyen terme.
Le Président (M. Allaire) : ...M.
le député.
M. Beauchemin : J'ai beaucoup
de misère avec ce que vous venez de dire, parce que, bon, pour plusieurs
raisons. J'ai quand même une certaine expérience dans la construction des
indices de référence. Puis, vous savez, quand on me dit que : Moi, bien...
moi, je me... je me base à surperformer le coût des fonds du gouvernement du
Québec, le coût des fonds du gouvernement du Québec, c'est probablement les
coûts des fonds les plus bas pour n'importe quel emprunteur dans la province du
Québec. Donc, c'est certain qu'en termes de référence on part avec la marche la
plus basse de l'escalier, là. C'est le gouvernement du Québec qui paie le moins
cher pour se financer au Québec. Après ça, tout le monde paie une prime par
rapport au gouvernement du Québec, pour se financer au Québec. Alors, je
comprends ce que vous nous dites, mais la réalité, c'est que, comme indice de
référence, la marche n'est pas haute, là.
Mme Ngo (Bich-Trang) : ...vous
revenez souvent sur le rendement, et je comprends.
M. Beauchemin : Avec raison.
Mme Ngo (Bich-Trang) : Avec
raison. Mais je vous rappelle, nous sommes une agence de développement
économique. Sur les 1 200 employés, la moitié des employés sont liés
à de l'accompagnement, de l'accompagnement technologique, de l'accompagnement
aux exportations. Si vous regardez tous nos indices de développement
économique, le premier étant la productivité, c'est plus de 9 milliards
qui a été déployé depuis 2016 pour soutenir des projets qui augmentent la
productivité des entreprises du Québec.
Le Président (M. Allaire) : ...45 secondes.
M. Beauchemin : Vous savez,
quand je pose des questions, je pose des questions pour tous les élus de
l'Assemblée nationale. Je pose des questions pour les citoyens québécois, je
pose des questions pour les payeurs de taxes qui, via le ministre de l'Économie,
là, vous <mandatent...
M. Beauchemin :
...questions
pour les payeurs de taxes qui, via le ministre de l'Économie, là, vous >mandatent,
là, puis aller de l'avant avec des investissements comme vous le faites.
Je trouve que la performance
d'Investissement Québec n'est vraiment pas au rendez-vous. C'est mon opinion,
je la base sur 35 ans d'expérience dans les marchés des capitaux à avoir
vu la performance... Je sais que c'est un nouveau mandat qui a à peine six ans,
mais je la vois, la performance, par rapport à ce que c'était avant puis par
rapport à d'autres comparables que moi, je suis capable de me faire, comme
tête.
Mais je mets ça dans un autre contexte,
là. Le Québec, là, on a des actifs qui nous appartiennent, en tant que
Québécois, là : on a Hydro-Québec, on a Loto-Québec, on a Investissement
Québec, on en a quatre, cinq, là, qui sont... la Société des alcools, et tout.
On regarde le rendement total de tous ces actifs-là en milliards de dollars que
c'est supposé donner à l'État du Québec. On parle de comme 3,5, 3,6 milliards de
dollars, là, que M. Girard... que le ministre des Finances nous a déposé
récemment, là, au mois de mars, OK?
Ça vaut quoi, ça, 3,5 milliards de
dollars? Bien, la seule façon de le comparer, c'est sur la base d'actifs qui
sont gérés par ces gestionnaires-là. On parle de... puis je vais être bien
généreux, encore une fois, là, de 250 à 300 milliards de dollars
que... tous les actifs qui sont gérés par les cinq sociétés d'État que je vous
ai mentionnées, là. Ça fait que 3,5 milliards sur 250 milliards, on
parle d'un point quelque chose, 1,3 % de rendement. Ça, c'est notre REER
collectif, à nous tous, là : au ministre, à la chef de cabinet du
ministre, au président, à moi, à vous, à nos enfants. Puis ça, c'est le
rendement qu'on a des sociétés d'État du Québec.
Puis, vous savez, honnêtement, vous ne
mettriez pas ça dans votre propre REER, à vous, là, un stock qui vous donne du
1,3 % de rendement, là, jamais vous n'allez acheter ça, vous, là, là. Mais
là, dans le REER collectif des Québécois, on l'accepte, ça.
Mme Ngo (Bich-Trang) : Si
vous me permettez, là, encore une fois, vous me parlez du rendement. Si on regarde
notre bilan des cinq dernières années chez Investissement Québec, on a déployé
pour plus de 20 milliards de dollars pour des projets d'une valeur de
80 milliards de dollars. De ces montants-là, on a retiré des montants
qui ont été annoncés, qui ne se sont pas matérialisés, Northvolt, par exemple,
que vous avez mentionné, et autres.
Et avec les chiffres qu'on a aujourd'hui,
à terme, les projets que nous avons financés et soutenus vont contribuer au PIB
du Québec à la hauteur de 16 à 17 milliards de dollars. C'est à peu
près 2 à 3 % du PIB du Québec. C'est énorme. En termes de création
d'emplois, de maintien d'emplois, c'est au-dessus de 100 000 emplois
qui sont maintenus ou sauvés avec les interventions qu'on fait. C'est ça, notre
rôle de développement économique. Ce n'est pas juste le rendement.
Puis le rendement, je dois vous dire,
6,2 %, comme moyenne, puis qu'on se compare à d'autres institutions
québécoises qui n'ont pas le mandat de développement économique et qui génèrent
entre 6 et 8 %, je trouve qu'on est pas mal bien positionnés.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
M. le député.
M. Beauchemin : Merci, M. le
Président. Bon. Je comprends votre moyenne, là, sur les cinq dernières années,
là. On va s'entendre que l'année post-pandémique, elle a été un petit peu
boostée à la testostérone, là, pour tout le monde, OK, vous avez 25 % de
rendement cette année-là, OK, ça fait que votre 6, si ce n'était pas de cette
année-là, il serait peut-être un peu plus bas, mais bon.
Ceci étant dit, le débat n'est pas sur
comment on est capables de mieux performer. Je ne suis pas... je ne suis pas en
train de vous dire qu'il y a des façons pour vous de mieux faire votre job
personnelle, là, ce n'est pas là. Je voulais l'amener, en fait, sur la
rémunération que vous avez eue cette année, qui est en baisse. Pourquoi qu'elle
est en baisse?
Mme Ngo (Bich-Trang) : Bien,
en fait, l'année dernière, on n'a pas atteint l'objectif de rendement, donc on
regarde vraiment... Comme je vous disais, on a vraiment trois volets, donc la
performance organisationnelle, qui tient compte du bénéfice, donc du rendement,
qui tient compte du contrôle des coûts, qui tient compte de la satisfaction, de
l'expérience client et de l'engagement des employés. Le deuxième volet, c'est
tout le développement économique, donc les cibles de développement économique,
qui ont toutes été atteintes. Et le troisième, c'est évidemment la performance
individuelle. Mais c'est sûr qu'un des... une des cibles, qui était le
rendement ou le bénéfice, n'a pas été atteinte l'année dernière.
M. Beauchemin : Votre
performance individuelle, là-dedans, ça... compose de quoi?
Mme Ngo (Bich-Trang) : En
fait... basé sur des objectifs qui sont à différents niveaux, qui sont établis
par mon conseil d'administration et évalués par mon conseil d'administration.
M. Beauchemin : Pouvez-vous
partagez avec nous c'est quoi?
Mme Ngo (Bich-Trang) : Non,
je pense que ça, c'est quand même confidentiel, le... comment mon conseil
d'administration m'évalue, c'est... si vous avez la question, vous pouvez la
poser à mon <conseil...
Mme Ngo (Bich-Trang) :
...m'évalue,
c'est... si vous avez la question, vous pouvez la poser à mon >conseil
d'administration, mais c'est vraiment... c'est eux qui m'évaluent.
M. Beauchemin : OK. Et
puis... Ça fait que, quand vous regardez ça, il y a une baisse de la... bien,
pas de la... de la performance, il y a eu donc une baisse de votre
rémunération. Est-ce que vous considérez que la façon que vous êtes rémunéré
chez Investissement Québec est comparable à ce que d'autres caisses de
retraite, «private equity fund», etc., se...
Mme Ngo (Bich-Trang) : Bien,
c'est sûr que nous ne sommes pas marché, nous sommes au 50e percentile de nos
comparables, puis, là, j'exclus les banques, j'exclus les «private equity» dont
vous me parliez, là. On regarde vraiment des comparables comme Desjardins,
Fondaction, le fonds. On est à peu près au 50ᵉ percentile. C'est un peu ça,
notre stratégie, parce qu'on est quand même un organisme de développement
économique.
M. Beauchemin : C'est intéressant
que vous avez le concept marché pour la rémunération, mais pas pour la
valorisation du placement dans Nemaska. Je trouve ça quand même surprenant.
Mais bon, vous comprenez le réflexe, n'est-ce pas? On a besoin d'avoir cette
valorisation-là pour savoir combien vaut notre investissement. On a passé à
travers l'exercice tantôt, puis je ne sais pas combien de temps qu'il me reste,
M. le Président.
Le Président (M. Allaire) :
15 secondes.
M. Beauchemin : On en est
arrivé à la conclusion comme quoi qu'on avait fait une perte approximative de
400 millions de dollars qui restera à avoir à prouver si la
gracieuseté du ministre nous permettra d'avoir les chiffres plus précis de
vous, là. Mais, bon. Alors, voilà. Merci.
Le Président (M. Allaire) : Merci
à vous, M. le député de Marguerite-Bourgeoys. On enchaîne avec la députée de Terrebonne,
19 min 32 s. La parole est à vous.
Mme Gentilcore : Merci, M. le
Président. Bonjour, Mme Ngo, M. le ministre, troisième fois aujourd'hui.
Dites-moi donc comment ça va chez Investissement Québec. On est inquiets un
peu. À voir l'article de ce...
Mme Ngo (Bich-Trang) : Vous
avez lu l'article ce matin?
Mme Gentilcore : Bien oui,
comme tout le Québec, à peu près. Puis les... tu sais, on entend des choses
aussi. Donc, comment, à votre avis, ça se passe chez Investissement Québec?
• (17 h 30) •
Mme Ngo (Bich-Trang) : Bien,
écoutez, ça a été deux années qui ont été très mouvementées. Je vous rappelle,
à l'automne, à la fin de l'année 2024, nous avons mis en place et exécuté
un plan d'optimisation. C'est 192 postes qui sont... qui ont été abolis.
Nous avons essayé de le faire par attrition, donc vraiment des départs à la
retraite qui n'ont pas été remplacés, des départs qui n'ont pas été remplacés
et des postes vacants qu'on a tout simplement abolis, des postes vacants qui
étaient autorisés, qui ont été abolis. Et également il y a eu des postes qui
ont été abolis. Ça veut dire, pour les... Ça met beaucoup d'incertitude dans
une organisation également et ça demande aussi aux gens d'en faire plus, aussi.
Donc, il y a eu certains rôles qui ont été élargis également. Donc, ça, c'est
numéro un.
Numéro deux, trois semaines avant le
sondage...
Et, vraiment, les résultats, on les prend
à cœur, comme équipe de direction et moi personnellement, mais c'est un sondage
qui était important. C'est important d'avoir le pouls des employés.
Trois semaines avant le sondage, nous
avons annoncé le retour trois jours présentiel obligatoire, un minimum de trois
jours. Nous étions à deux jours depuis le retour de la pandémie, suite à la
pandémie. C'est sûr que pour les gens... Et on le savait, quand on avait fait
cette annonce-là, que ce ne serait pas bien perçu. Je l'ai entendu des
employés, je l'ai entendu, mais, pour nous, c'était important pour la
collaboration, pour la proximité, pour le développement des employés de revenir
en personne trois jours.
Mme Gentilcore : Je comprends
tout ça, mais ce qu'on indique dans cet article-là, ce matin, c'est que
45 % des employés chez Investissement Québec ne font pas confiance à la
haute direction. On ne parle pas ici de mécontentement, on ne parle pas de
déception ou d'insatisfaction par rapport aux conditions de travail, on parle
d'un bris de confiance.
Alors, pour moi, je ne... on ne peut pas
remettre ce constat-là simplement sur le fait de l'annonce du retour en
présence au bureau, il faut qu'il y ait autre chose. Mon collègue tout à
l'heure parlait du manque de rendement chez Investissement Québec depuis
plusieurs années. J'ai entendu vos arguments. Il reste que pas besoin de faire
une revue de presse très exhaustive pour trouver le nombre de projets qui ont
été des échecs du côté d'Investissement Québec et qui ont perdu énormément
d'argent. Vous ne pensez pas qu'il n'y aurait pas un lien à faire là aussi? Ne
pensez-vous pas que les... que vos employés sont... manquent de confiance en
vous et en votre équipe de direction parce que les résultats ne sont pas au
rendez-vous?
Mme Ngo (Bich-Trang) : En
fait, je ne pense pas que c'est vraiment au niveau des résultats financiers
dont vous me parlez. Je pense que le plan d'optimisation, il y a un effet
vraiment au niveau du moral des employés. L'autre point aussi, on a eu plus de
600 commentaires des employés. J'ai lu les 600 commentaires.
90 % de ces commentaires-là étaient liés au retour trois jours au bureau.
On est en train d'enlever une certaine flexibilité aux employés.
Cela étant dit, je... comme je vous dis,
je suis très sensible à ces résultats-là. 98 %, donc on a quand même eu un
taux de participation de 98 %. Ça veut dire, les employés...
17 h 30 (version révisée)
Mme Ngo (Bich-Trang) : ...résultat-là,
98 %. Donc, on a quand même eu un taux de participation de 98 %, c'est-à-dire,
les employés sont à l'aise de partager ça avec nous, de nous en parler et d'échanger
avec nous. Donc, ça, c'est le point numéro un.
L'autre point, 81 %, dans le même
sondage, des employés ont dit qu'ils n'ont pas l'intention de quitter
Investissement Québec. Donc, pour moi, ça va être important, avec notre équipe
de direction, de voir comment est-ce qu'on peut mieux communiquer aussi aux
employés, comment est-ce qu'on peut mieux expliquer les bénéfices de ce qu'on
fait.
Mme Gentilcore : En fait, tu
sais, vous parlez... justement les gens n'ont pas l'intention de quitter.
Cependant, ce qui m'inquiète, c'est justement quand on croise les résultats du
sondage avec le taux de roulement chez vous, qui a été de 15,4 % en 2024‑2025
et de 11,6 % en 2023‑2024. Donc, ça a augmenté, le taux de roulement.
Mme Ngo (Bich-Trang) : Le taux
de roulement volontaire, c'est très différent. On a fait un plan d'optimisation,
là, je vous rappelle, on a fait un plan d'optimisation. Le taux de roulement
volontaire est aux alentours de 6 %.
Mme Gentilcore : Oui, 101 départs
volontaires en 2024‑2025, mais il y a quand même 104 personnes qui se sont
absentées pour invalidité prolongée. Donc, 104 personnes qui sont en arrêt
de travail parce qu'ils ont une surcharge de travail ou parce que c'est... ils
ne sont pas heureux au travail, c'est quand même très, très, très parlant, pour
une moyenne de 51 jours d'absence chacun. Donc, ça, comment vous l'expliquez?
Mme Ngo (Bich-Trang) : Bien,
en fait, comme je vous ai expliqué, avec le plan d'optimisation, c'est sûr qu'il
y a eu des rôles qui ont été élargis, il y a eu des... Ça a été des années très
drainantes. Ce n'est pas pour rien, d'ailleurs, que la firme de sondage Léger a
sorti un sondage récemment pour dire comme quoi, aujourd'hui, il y a comme un
désengagement des employés, également, avec l'intelligence artificielle. On est
en train de revoir nos processus, également, pour automatiser certains
processus, mais c'est une période de transformation qui est majeure chez
Investissement Québec, et, comme toute transformation, ça prend du temps.
Et notre rôle comme équipe de direction, c'est
d'être encore plus présent avec les employés, de trouver... Tu sais, on a
annoncé le retour trois jours au mois de février, 3 semaines avant le
sondage. On aurait pu attendre le sondage et l'annoncer après, parce que ça a
été effectif seulement... en fait, c'est effectif seulement depuis cette
semaine, on a donné une période de transition, mais c'était important pour nous
d'être transparent si la décision avait été prise, et on croit beaucoup à cette
proximité, à cette collaboration, au développement des employés.
Mme Gentilcore : Donc, aucune
remise en question, par exemple, de membres de votre équipe de direction. Je
pense, entre autres, à votre directrice... vice-présidente aux ressources
humaines, qui, quand même, gagne un salaire près du 1 million de dollars
par année. J'imagine que les attentes à son égard sont élevées, j'imagine qu'elle
a un plan clair, justement, pour voir à cette situation-là, puis qu'il y a une
imputabilité aussi qui lui revient par rapport à ça. Parce qu'on s'entend qu'avec
des chiffres comme ceux-là il y a de quoi s'inquiéter, là.
Mme Ngo (Bich-Trang) : En
fait, comme équipe de direction, nous sommes tous imputables. Là, vous
identifiez une personne. Le plan d'action... nous sommes en train de développer
un plan d'action pour l'organisation. Comme je vous dis, on est tous très
sensibles aux résultats qui ont été... qui sont sortis. Et, également, on va
travailler avec les employés de la même façon que le retour, cette semaine, aux
trois jours. C'est la première semaine, puis on va rentrer là-dedans, puis on
va s'ajuster aussi, on va s'ajuster à la réalité de tous et chacun.
Mme Gentilcore : Vous vous
laissez combien de temps pour redresser la situation?
Mme Ngo (Bich-Trang) : On est
en plein dans le... à développer le plan d'action en ce moment.
Mme Gentilcore : Puis est-ce
que c'est possible pour nous... j'entends déjà votre réponse, mais est-ce que c'est
possible pour nous de voir les résultats de ces sondages-là puis de voir les
commentaires qui ont été laissés par les employés? Est-ce que c'est...
Mme Ngo (Bich-Trang) : C'est
confidentiel, ça.
Mme Gentilcore : C'est
confidentiel. Parfait. J'aimerais ça vous parler à vous, M. le ministre, en
fait, justement, de la réforme d'Investissement Québec. En 2020, votre
gouvernement, il a procédé à une grande réforme d'Investissement Québec, et,
aujourd'hui, on se demande où sont les résultats. J'aimerais juste rappeler les
grandes lignes de votre réforme, là, c'était : d'augmenter les
interventions dans les entreprises, augmenter les effectifs d'Investissement
Québec de 400 à 1 200 employés, d'augmenter significativement la
rémunération aussi des hauts dirigeants. Vous avez parlé longuement, pendant la
course à la chefferie, d'éliminer la permanence des fonctionnaires. Ce qu'on a
tous compris à travers votre message, c'est que vous vouliez qu'il y ait
davantage d'imputabilité dans la fonction publique, et j'abonde totalement en
votre sens là-dessus. Est-ce que cette réflexion-là valait également pour
Investissement Québec? Est-ce que les employés, les hauts dirigeants qui font
des choix qu'on peut remettre en question chez Investissement Québec ou des
mauvais investissements devraient être tenus imputables?
Le Président (M. Allaire) : ...
M. Drainville : Est-ce que
les dirigeants d'Investissement Québec devraient être imputables de la
performance de l'organisme?
Mme Gentilcore : Oui.
M. Drainville : Bien, la
réponse, c'est oui, évidemment, de la même manière que je suis imputable et que
vous l'êtes aussi, hein, on l'est tous, dans nos fonctions respectives. Alors
donc, la réponse courte, c'est oui.
Mme Gentilcore : Donc, c'est
quoi, votre bilan de cette réforme-là de votre gouvernement qui a eu lieu en
2020? Est-ce que vous jugez que c'est un succès? Est-ce que vous trouvez qu'avec
les rendements qu'on a actuellement... avec le taux de roulement du personnel,
avec le nombre de personnes qui sont en arrêt <prolongé...
Mme Gentilcore :
...qui
sont en arrêt >prolongé... est-ce que tout ça, mis ensemble, vous êtes
satisfaits, là, des grands changements que vous avez faits en 2020 dans le
cadre de cette réforme-là?
M. Drainville : Bien,
écoutez, moi, je regarde, là, le rendement ajusté sur cinq ans, là, à 6,2 %,
pour une agence de développement économique, moi, je suis satisfait de ça.
Mme Gentilcore : Vous êtes
satisfait du rendement? OK. Donc, lors des quatre dernières années...
M. Drainville : Bien, pour
une agence de développement économique qui doit prendre des risques, parfois,
qui doit aller là où d'autres institutions financières n'iront pas, qui se voit
confier des mandats de capital de risque, d'accompagnement, moi, je suis
satisfait du travail de la... de la société d'État, et de ses gestionnaires, et
en particulier de la PDG ici présente, là.
Mme Gentilcore : En faisant
la revue de presse très rapidement, sans même chercher de manière exhaustive,
je suis tombée sur neuf dossiers où Investissement Québec a perdu de l'argent
de manière significative, pour un total de 323 millions de dollars.
Donc, premièrement, je vais y aller un par
un, j'ai un petit dossier sur chacun, Colabor, perte de
30 millions de dollars. En juin 2025, le distributeur alimentaire a
annoncé avoir conclu, avec Investissement Québec, une nouvelle entente de
financement pour une dette subordonnée de 15 millions de dollars
supplémentaires avec un terme de cinq ans. Je dis «supplémentaires», parce
qu'il y avait déjà 15 millions de dollars qui avaient été investis
dans ce projet-là. En janvier 2026, Colabor s'était mis à... s'est mis à l'abri
de ses créanciers. La compagnie croulait sous 300 millions $ de
dettes, c'est-à-dire qu'il y a fort à parier qu'en juin 2025, quand vous avez
réinjecté le deuxième 15 millions, on savait déjà qu'il y avait plusieurs
centaines millions de dollars de dettes à leur actif.
Pouvez-vous d'abord me confirmer que c'est
30 millions de dollars là est disparu, on ne le retrouvera pas? t
comment vous avez pu... Quel est le processus, en fait, qui a justifié ce
deuxième 15 millions de dollars là?
• (17 h 40) •
Mme Ngo (Bich-Trang) : Oui,
bien sûr. Colabor, c'est un joueur dans la distribution alimentaire, donc
vraiment un créneau important dans la chaîne d'approvisionnement alimentaire.
On a soutenu l'entreprise pour faire l'acquisition d'une entreprise qui
appartient à Mayrand, qui s'appelle Alimplus, pour vraiment étendre davantage
son réseau de distribution dans un contexte qui était.... Tu sais, ils n'ont
pas pu intégrer la transaction comme elle se devait, et, oui, c'est décevant
que l'entreprise n'a pas répondu et n'a pu livrer sur nos attentes.
Cela étant dit, comme je vous... je vous
expliquais un peu, ou j'expliquais plus tôt à M. Beauchemin, quand on
regarde notre budget qui a été déposé en janvier 2026, donc, qui montre neuf
mois réels de résultats et trois mois de prévision pour l'année fiscale qui va
se terminer mars 2026, nous avions prévu un bénéfice de 330 millions, qui
tient compte, donc, de la perte dans Colabor, et je vous confirme que, quand on
va livrer nos résultats, qu'on va annoncer nos résultats, dans quelques jours,
on va être au-dessus du budget qui a été déposé.
Mme Gentilcore : Mais je
reviens à Colabor, là. Sur le site Web d'Investissement Québec, la mission de
la Société d'État est de, et je cite : «Stimuler l'innovation dans les
entreprises, l'entrepreneuriat et le repreunariat, ainsi que la croissance de
l'investissement et des exportations et, entre autres, à promouvoir les emplois
à haute valeur ajoutée dans toutes les régions du Québec.» Pouvez-vous me dire
auxquels de ces critères-là correspondait l'investissement dans Colabor?
Mme Ngo (Bich-Trang) : De un,
c'est un secteur stratégique, la distribution alimentaire, deuxièmement, c'est
une entreprise qui... Vous savez, dans la distribution, les marges sont très
faibles. On est capables de générer des meilleures marges si on devient plus
gros. Donc, à travers la transaction, donc l'acquisition qu'ils ont faite
d'Alimplus, c'était pour se positionner justement pour augmenter leurs marges à
travers un réseau beaucoup plus large. Comme je vous expliquais,
malheureusement, le contexte économique ne leur a pas permis de réaliser et de
cristalliser les synergies de cette transaction-là, mais la prémisse de départ,
de soutenir un joueur et de l'aider à croître... Notre rôle, également, c'est
de faire croître les entreprises, de les faire passer de petites à moyennes, de
moyennes à grandes.
D'ailleurs, au cours des cinq dernières
années, 40 % des entreprises que nous avons soutenues sont passées de
petites à moyennes ou de moyennes à grandes, ont vu leurs effectifs augmenter
de plus de 25 %.
Mme Gentilcore : Autre
exemple dans le même type, Sheertex, perte de 35 millions de dollars.
En février 2026, on a appris qu'Investissement Québec a perdu
35 millions de dollars dans l'insolvabilité de Sheertex, un fabricant
montréalais de bas collants. Vous aviez fait un grand battage pour annoncer cet
investissement-là. Vous étiez même allé, là, sur place, chez Sheertex, pour une
séance de photos. Donc, je résume la <situation...
Mme Gentilcore :
...donc,
je résume la >situation : en décembre 2024, Investissement Québec donne
35 millions à Sheertex. En 14 mois, cet investissement-là a été perdu,
avec son insolvabilité, ça, ça veut dire que Sheertex a perdu en moyenne
2,5 millions de dollars, par mois, sur cette période-là de
14 mois. J'ai une question simple, là : Comment on fait pour perdre...
pour perdre cet argent-là, 35 millions en 14 mois? Puis c'est rapide,
là. Donc, quelle évaluation vous aviez faite pour qu'on se rende là en si peu
de temps?
Mme Ngo (Bich-Trang) : Sheertex,
c'est une entreprise, comme vous le dites, qui est dans la fabrication de
collants qui sont indestructibles. Ils avaient une technologie qui était
innovante, justement, pour fabriquer ces collants-là. Ils avaient une volonté
de rapatrier la production de la Chine au Québec dans une nouvelle usine à
Pointe-Claire. Ils avaient des partenaires stratégiques en arrière, dont le
groupe H&M, la BDC était partenaire, EDC, ArcTern, un fonds, également, de
l'Ontario. Ils nous ont approchés pour soutenir le projet, donc, de l'usine au
Québec. 80 % de leurs ventes sont aux États-Unis, je vous rappelle. Décembre
2024... février 2025, il y a des tarifs qui embarquent.
Une entreprise qui est en démarrage avec
un projet qui est innovant, ça demande du temps, ça demande de l'argent pour le
faire. Ils n'ont pas été en mesure de lever les capitaux nécessaires pour
poursuivre le projet. Et, vous savez, dans tout projet de démarrage, surtout
dans le capital de risque, le risque est très élevé. Ce n'est pas pour rien
que, selon un rapport de l'Université Harvard, dans des sociétés qui sont
soutenues par du capital de risque, parce que, ça, c'est vraiment un projet en
démarrage, je vous dirais, 75 % de ces projets-là échouent. Donc, on
regarde vraiment plus sur du long terme, sur la totalité des projets.
Mme Gentilcore : Donc,
il n'y a personne chez Investissement Québec, dans les experts qui étaient là,
qui ont levé le drapeau, qui ont... qui avaient des doutes par rapport à
l'investissement chez Sheertex?
Mme Ngo (Bich-Trang) : En
fait, on a levé des doutes qu'il y a des risques, il y a toujours des risques,
dans toute intervention, dans tout investissement, surtout quand c'est un
projet en démarrage.
Mme Gentilcore : Mais
donc tout le monde était d'accord à l'interne pour aller de l'avant avec ce
projet-là.
Mme Ngo (Bich-Trang) : Ce
dossier-là, il passait à travers nos comités. Évidemment, le comité a autorisé
cette intervention-là, sinon ça n'aurait jamais été de l'avant.
Mme Gentilcore : J'aimerais
parler avec vous de la distinction entre les fonds mandataires puis les fonds
propres, parce que la distinction pour le grand public n'est pas toujours
évidente, mais, grosso modo, bon, pour les fonds mandataires, ce n'est pas Investissement
Québec qui a le dernier mot, c'est le gouvernement, et, pour les fonds propres,
bon, bien, ce sont vraiment votre équipe, vos employés, vos experts qui... qui
les gèrent.
Vous avez dit, en décembre, à propos de
ces fonds mandataires là, qui sont les fonds gérés par le gouvernement :
On exécute, on fait du mieux qu'on peut en fonction du contexte, on négocie, on
essaie d'aller chercher la meilleure transaction, mais, après ça, c'est
vraiment la décision du gouvernement. Je comprends aussi de vos positions
publiques, là, que vous aimeriez peut-être, vous aussi, que le public comprenne
un peu mieux la différence entre ces deux fonds-là. Est-ce que je me trompe,
est-ce que c'est un désir que vous auriez que le public comprenne mieux un peu
la distinction?
Mme Ngo (Bich-Trang) : Bien,
je pense que c'est important. Il y a vraiment deux volets chez Investissement
Québec, comme je vous expliquais. Si on regarde notre portefeuille, la moitié
du portefeuille, c'est les fonds mandataires. Comme vous le dites, c'est
vraiment... Le rôle d'Investissement Québec, dans les dossiers mandataires,
c'est de faire l'analyse, l'analyse économique, l'analyse financière, de rouler
des scénarios, de regarder la structure de financement, le montage financier,
mais la décision, c'est une décision du gouvernement. Au niveau des capitaux
propres d'Investissement Québec, en fait, c'est une décision de nos comités d'investissement,
nos comités de crédit, et ça peut même jusque... aller à notre conseil
d'administration, dépendamment du risque qu'on prend.
Mme Gentilcore : Donc, pour
les fonds mandataires, ça fait quand même en sorte que, des fois, vous deviez...
vous devez défendre des décisions qui ne viennent pas de vous, qui viennent du
gouvernement, parce que ça reste quand même des fonds qui sont chez vous, chez Investissement
Québec.
En décembre, dans une entrevue éditoriale,
vous avez refusé de dire combien de fois le gouvernement et Investissement
Québec ont été en désaccord sur des projets, mais vous me confirmez bel et bien
que ça arrive à l'occasion, que vous n'êtes pas en accord par rapport aux
investissements qui sont faits dans les fonds mandataires.
Mme Ngo (Bich-Trang) : En
fait, notre rôle, c'est de faire l'analyse, et on partage l'analyse avec le
gouvernement. On soulève les risques, on soulève... mais, après ça, encore une
fois, c'est une décision du gouvernement.
20131 Mme Gentilcore : Je
vais terminer sur Nemaska Lithium, qui est quand même un sujet qu'on aime ces
temps-ci. On sait que la caisse a trouvé ça trop risqué, hein? La CDPQ trouvait
ça trop risqué, Investissement Québec, elle, elle est mandataire pour le fonds
Capital ressources naturelles et énergie, duquel proviennent la plupart des
fonds qui ont été versés à Nemaska Lithium. Comme mandataire, le gouvernement
décide et IQ... bien, Investissement Québec exécute. C'est bien ça? C'est ce
qu'on vient de se dire? Bon. Vous êtes donc quand même consultés en <amont...
Mme Gentilcore :
...vous
êtes donc quand même consultés en >amont. Vous l'avez dit, vous, vous
faites... vous faites une étude, vous remettez ça entre les mains du
gouvernement, mais on vous consulte. On ne vous met pas devant le fait accompli.
Il y a quand même des discussions qui ont lieu entre Investissement Québec et
le gouvernement. C'est bien ça?
Mme Ngo (Bich-Trang) : Oui.
Mme Gentilcore : Donc, à
l'époque, sous l'ancien ministre Fitzgibbon, mais aussi en 2024‑2025, sous
l'actuelle première ministre, est-ce qu'Investissement Québec trouvait risqué
d'ajouter de l'argent dans Nemaska Lithium? Qu'est-ce qu'il y avait dans votre
analyse?
Mme Ngo (Bich-Trang) : De un,
ce qui est dans notre analyse, le contenu de nos analyses, on le partage avec
le gouvernement, puis c'est au gouvernement, s'il veut ou pas, de vous le
partager. Donc, nos analyses demeurent confidentielles, et c'est partagé avec le
gouvernement. Cela étant dit, on fait l'analyse.
Dans le dossier spécifique de Nemaska,
évidemment, on a fait de l'analyse financière, économique, les retombées
économiques, on a parlé des risques, mais, également, on travaille avec les
experts sectoriels du gouvernement, nos équipes, donc les équipes
d'Investissement Québec, les équipes du ministère et, dans ce cas-ci, au niveau
des experts sectoriels, c'est le ministère des Ressources naturelles et des
Forêts. Et on travaille ensemble pour... Oui?
Le Président (M. Allaire) : Bien,
en fait, ça met fin au bloc, désolé, déjà. Ça passe très vite. Donc, merci à la
députée de Terrebonne. Dernier bloc de l'opposition officielle. M. le
député de Marguerite-Bourgeoys, 19 min 33 s.
M. Beauchemin : Merci, M. le Président.
Je veux commencer... En fait, une question peut-être pour le ministre, si le
ministre est d'accord. Donc, on a évidemment un plan, au gouvernement, qui
s'appelle... puis c'est un dépôt, là, qui a été fait il n'y a pas si longtemps
de ça, là, on appelait ça Le pouvoir québécois, réponse au nouveau
contexte, là, économique, que votre gouvernement a pondu. Puis on est arrivé
avec des grands chapitres, puis on essaie de bien paraître dans tout ça.
Il y a une chose qui est sortie dans ça,
qui était... une partie de l'article disait qu'en fait ce qu'on voulait, ici,
c'est «garder et faire grandir nos entreprises, des champions économiques
québécois». Donc, face à l'urgence, il faut mobiliser des acteurs économiques,
diversification des marchés, à peu près tous les commentaires, là, que vous
nous avez mentionnés au préalable. Ça fait que je voulais avoir votre son de
cloche là-dessus, M. le ministre. Est-ce que ça, c'est pour toutes les
entreprises du Québec? Grosso modo, c'est une vision d'ensemble, c'est ça?
• (17 h 50) •
M. Drainville : Oui, oui,
bien sûr. Oui. Vous l'aimez, non?
M. Beauchemin : Vraiment, là,
je suis fasciné par ça. Sauf qu'il y a quand même une grosse entreprise qui...
il y a une grosse entreprise qui nous a quittés, récemment, qui, si ce plan de
match là avait été mis en place efficacement... puis vous comprendrez, Mme la
Présidente, puis Investissement Québec, là, que ça va venir vous toucher, là,
indirectement, là, bien, ce qui est écrit là aurait eu du sens.
Malheureusement, ce qu'on a comme exemple, ici, c'est que ça a été un énorme
fleuron du Québec qui est... qui est disparu sous votre gouverne. Puis je pense
que ce qu'il est important ici de comprendre, c'est qu'il n'y a rien, là, qui a
été fait de la part du gouvernement pour sauver le départ de QScale. Donc,
qu'en est-il, selon vous, là, des «champions économiques», «garder et faire
grandir nos entreprises québécoises», «le pouvoir du Québec», toute cette belle
plateforme là, puis là QScale, là, qui disparaît, là, aux mains d'un «private
equity» américain?
M. Drainville : Bien,
écoutez, pour ce qui est de QScale, c'est vrai, on aurait... on aurait sans
doute préféré que ça reste sous propriété québécoise. Il y a eu une proposition
québécoise, entre guillemets, qui a été mise de l'avant, mais, à la fin, la
proposition de Goldman Sachs était tout simplement hors de prix. Ce n'était pas
possible pour un groupe québécois, des intérêts québécois, de compétitionner
avec une offre comme celle de Goldman Sachs.
M. Beauchemin : ...le
document, Le pouvoir québécois?
M. Drainville : Bien sûr.
J'étais là, même, j'étais présent quand ça s'est... quand ça a été annoncé à la
centrale de Beauharnois, mais, si vous me permettez, M. le Président, moi, je
vais répondre aux questions, là, aucun enjeu, mais j'aimerais ça, parler aussi
de la <vision...
M. Drainville :
...aucun
enjeu, mais j'aimerais ça, parler aussi de la >vision qui m'anime.
M. Beauchemin : Non, c'est
correct, c'est correct, je n'ai pas besoin d'aller là, moi, là.
M. Drainville : Si le député
était d'accord, j'aimerais bien, moi, pouvoir parler de la vision qui m'anime.
M. Beauchemin : Je n'ai pas
besoin du tout d'aller là.
Des voix : ...
M. Beauchemin : Il est là pour
répondre aux questions, «right»?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre, mon enjeu est tout le temps d'équilibrer le temps. Vous pourrez le
glisser dans une réponse à vos questions, puis que... je jugerai si le temps
vient s'équilibrer, mais là je vais permettre au député de poser sa question.
On est en reddition de comptes pour les crédits.
M. Beauchemin : On est en...
Moi, ce qui m'anime, c'est de trouver des réponses aux questions des Québécois
en reddition de comptes par rapport aux actions gouvernementales.
Donc, le fameux document du pouvoir
québécois, là, était une vision caquiste, là, de vouloir nous... protéger nos
entreprises, s'assurer qu'on ait, évidemment, là, nos sièges sociaux qui
restent au Québec, qu'on puisse développer. Dans le cas spécifique, là, de...
on s'entend, là, ce qu'on voulait ici, c'est protéger les données des Québécois
dans une industrie où est-ce que l'avenir est extrêmement important, là. Puis
il y a eu quelque chose qui a été mentionné par le candidat à la course à la
chefferie. : Dieu sait...
M. Drainville : ...qui
c'était, oui.
M. Beauchemin : Le candidat.
Bien, il y avait une candidate puis il y a le candidat, donc j'imagine que
c'était vous, ça.
M. Drainville : Bien,
écoutez, j'imagine, aussi, là.
M. Beauchemin : J'imagine. Ça
fait que : Dieu sait qu'il faut numériser toutes les activités de l'État,
si on veut plus d'efficacité, il faut passer par là, mais il faut le faire de
façon responsable, a déclaré le candidat. Votre collègue, autre... la
candidate, elle a dit : Je veux qu'on s'assure que ces données sensibles
des Québécois soient protégées. Alors, moi, je trouve ça un petit peu
inquiétant, là. On a quelque chose qui est mentionné par les deux candidats...
qui est une entreprise québécoise, qui maintenant est un fleuron québécois qui
est passé aux mains des Américains, ça ne vous inquiète pas, là, que... C'est
quand même gros, là, ce n'est pas... c'est pas un petit joueur québécois, en
plus, là, c'est le plus gros joueur québécois, le seul qu'on avait, puis qu'il
est passé aux mains des Américains?
M. Drainville : Le seul qu'on
avait, soyons...
M. Beauchemin : De ce calibre.
M. Drainville : Soyons
prudents, là.
M. Beauchemin : De ce calibre.
M. Drainville : Écoutez. Je
l'ai dit, nous aurions préféré que la propriété reste québécoise. Maintenant,
la souveraineté numérique, ça reste une priorité pour nous, évidemment. Je
tiens quand même à dire que... n'hébergeait pas de données du gouvernement,
hein, je pense que c'est important de le dire : Aucune donnée du
gouvernement n'était entreposée chez... Donc, il ne s'agit pas ici, là... il
n'y a pas d'enjeu de données personnelles en lien avec la population québécoise.
Le service de stockage de données de... était utilisé essentiellement par des
entreprises étrangères, donc, je pense que c'est important quand même de le
noter.
Maintenant, le député a raison, ça reste
un enjeu, la souveraineté numérique. Et puis nous avons, comment dire, des...
nous avons des ambitions en ce domaine, et, lorsqu'on aura des nouvelles ou des
annonces à faire, on les fera en temps et lieu.
M. Beauchemin : Il y avait
quand même quelque chose d'intéressant aussi dans cette triste histoire de...
parce que, bon, oui, Goldman Sachs est arrivée avec une offre qui était
peut-être difficile, là pour le gouvernement, Investissement Québec, là,
d'accoter, fort probablement, mais il y a tout l'aspect non quantité. En fait,
ce que vous, Mme la Présidente d'Investissement Québec, vous mentionniez tout à
l'heure... il y a une mission au-delà du rendement, n'est-ce pas, qui était à
considérer, puis là c'était un exemple où est-ce que cette mission-là, au-delà
du rendement, aurait dû être considérée. C'était un joueur stratégique dans
l'écosystème québécois puis ça n'aurait pas été, comme vous disiez si bien, là,
responsable... parce que vous l'avez dit, «de façon responsable», ça n'aurait
pas été responsable de s'assurer qu'on puisse faire de quelque façon que ce
soit la retenue de ce siège social là, ici.
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Drainville : La question
s'adressait à moi?
M. Beauchemin : Bien...
M. Drainville : bien,
écoutez...
M. Beauchemin : Ça peut être à
l'autre <candidate...
M. Drainville :
...bien,
écoutez...
M. Beauchemin : Ça peut
être à l'autre >candidate, là.
M. Drainville : ...je vous ai
dit ce que j'en pensais. Je vous ai dit qu'il aurait été souhaitable que l'on
puisse conserver la propriété québécoise sur QScale. Ça n'a pas été possible.
Maintenant, il faut faire la part des
choses, hein, c'est 90 % des... 90 % des clients de QScale étaient
des entreprises étrangères. Aucune donnée gouvernementale n'était stockée chez
Qscale. Alors, il y a eu de l'équité qui a été mise dans QScale. Je rappelle,
on a mis, c'est quoi, c'est 30 millions d'équité, on a généré, c'est quoi,
c'est 90 millions au moment de la vente, on avait prêté 40 millions.
On a récupéré le 40 millions plus un autre 10 millions d'intérêts, de
rendement, donc, sur le prêt. Donc, dans ce cas-ci, le gouvernement a fait un
très, très bon bénéfice.
Maintenant, je le répète, si on avait pu
conserver la propriété québécoise de QScale, on aurait souhaité pouvoir le
faire. Maintenant, les institutions québécoises ont essayé, ont déposé une
proposition, et elles n'étaient pas concurrentielles avec celle de Goldman
Sachs. Alors là, vous auriez souhaité quoi, là? Vous auriez fait quoi, vous là,
là?
M. Beauchemin : Bien, je
trouve ça quand même intéressant que le ministre nous dit : Bien, parce
qu'il n'y a pas de donnée du gouvernement du Québec qui a été logée chez QScale,
que c'est moins important, c'est moins considérant. Donc, dans le fond, ça
revient au commentaire qu'il disait tout à l'heure : c'est important, là,
qu'on devienne autosuffisant puis qu'on ne fasse que se focusser sur l'économie
du Québec. Donc, un joueur québécois que son modèle d'affaires est basé sur
l'expansion à l'extérieur du Québec est moins important aux yeux du
gouvernement qu'un joueur qui fait le service de l'État québécois? C'est un peu
le raisonnement, là, que vous nous donnez?
• (18 heures) •
M. Drainville : Non, quand
vous parlez de souveraineté numérique, là...
M. Beauchemin : Oui. Bien non,
mais...
M. Drainville : ...bien, la
souveraineté numérique, c'est la souveraineté des données des citoyens du
Québec, OK? Alors, moi, je vous dis que, dans le cas de QScale, il n'y avait
pas de données de citoyens québécois...
M. Beauchemin : ...québécoises.
M. Drainville : Bien, je vous
dis, moi, qu'il n'y avait aucune donnée du gouvernement qui n'était entreposée
dans les serveurs de QScale. Il n'y en avait pas. Alors, quand on parle de
souveraineté numérique, on parle de souveraineté pour la population concernée.
Moi, je vous dis que, pour la population concernée, en lien avec les données
gouvernementales, il n'y en avait pas chez QScale. Alors, je pense qu'il faut
tout de même faire la part des choses.
M. Beauchemin : ...il y a des
données du... y a-tu des...
M. Drainville : Sinon, c'est
quoi, votre définition de souveraineté numérique, vous, là, là?
M. Beauchemin : Y a-tu des
données du gouvernement du Québec qui ne sont logées qu'avec des compagnies
québécoises?
M. Drainville : Est-ce qu'il
y a des données qui ne sont logées...
M. Beauchemin : Du
gouvernement du Québec qui ne sont logées qu'avec des compagnies québécoises?
M. Drainville : La réponse,
c'est oui, mais je ne suis pas... mais je ne suis pas en mesure de vous les
identifier.
M. Beauchemin : AWS, ça vous
dit-tu quelque chose?
M. Drainville : Je ne suis
pas en mesure de vous les identifier. Je ne crois pas que ce serait utile de
les identifier.
M. Beauchemin : Bien, c'est
parce que ça... on est dans la conversation, à savoir, là, les données du
gouvernement du Québec ne devraient être que dans des compagnies québécoises.
Je vous pose la question : Est-ce qu'elles sont... des compagnies
québécoises?
M. Drainville : Vous me dites
oui...
M. Drainville : Alors, ce que
je vous dis, c'est qu'il y a, à ma connaissance...
M. Beauchemin : Là, je vous
dis : Bien, voyons donc! AWS, est-ce qu'on connaît?
Le Président (M. Allaire) :
...
M. Drainville : À ma...
Le Président (M. Allaire) : Ne
parlez pas en même temps, s'il vous plaît, M. le ministre. Allez-y, répondez.
M. Drainville : Bien, est-ce
que je peux répondre?
Le Président (M. Allaire) : Oui,
allez-y.
M. Drainville : Merci. Alors,
ce que je dis, c'est qu'à ma connaissance il y a des données gouvernementales
qui sont bel et bien hébergées chez des entreprises québécoises. Je ne vais pas
les identifier. Je ne crois pas que ce soit une bonne idée. Et ce que je dis,
c'est que nous avons l'ambition, puis je pense que c'est un objectif collectif
que nous devrions avoir, y compris au Parti libéral du Québec, que de chercher
le plus possible à accroître et à renforcer notre souveraineté numérique. Et je
maintiens que, dans le cas de QScale, en tout cas, les informations que j'ai,
c'est qu'il n'y avait pas de données gouvernementales qui étaient hébergées
chez QScale.
Le Président (M. Allaire) :
Merci.
M. Drainville : Donc, pour ce
qui est de la souveraineté numérique en lien avec le gouvernement, ça ne semble
pas être un enjeu.
Le Président (M. Allaire) :
Merci, M. le ministre. Merci. M. le député, allez-y.
M. Beauchemin : Donc, à la
question simple : Est-ce qu'il y a des données du gouvernement du Québec
qui sont dans les serveurs du GAFAM, la réponse, c'est quoi?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Drainville : Bien, M. le
Président, il y a des données gouvernementales qui sont hébergées chez des
entreprises québécoises. Et, si vous me permettez, M. le Président...
M. Beauchemin : Ma question
était sur les GAFAM.
M. Drainville : ...si vous me
permettez, M. le Président, je vais vérifier...
18 h (version révisée)
M. Drainville : ...si vous
permettez, M. le Président, je vais vérifier ce que je peux transmettre comme
information à la commission, et, lorsque je l'aurai vérifié, je le transmettrai.
Mais je ne vais... je ne vais pas prendre de décision ici, parce que, s'il y a
un enjeu de sécurité en lien avec l'hébergement de ces données, je veux d'abord
le vérifier.
Le Président (M. Allaire) :
Merci. Merci, M. le ministre...
M. Drainville : Alors, M. le
député de Marguerite-Bourgeoys n'a peut-être pas ce souci, mais moi, je l'ai.
Le Président (M. Allaire) : ...merci,
M. le ministre. M. le député, allez-y.
M. Beauchemin : Donc, juste
pour comme conclure un peu, là, sur QScale, la raison du pourquoi le
gouvernement du Québec n'a pas de données... n'avait pas de données chez QScale,
parce que ça semble être un petit peu cryptique, là, à savoir pourquoi, mais on
sait, nous, qu'il y a des données du gouvernement du Québec qui sont avec AWS,
et ce, en grosses quantités. Et le gouvernement du Québec a signé des ententes
de plusieurs centaines de millions de dollars avec AWS pour ces données. Je
suis quand même surpris que le ministre de l'Économie n'est pas au courant de
ça. Mais QScale a quand même sonné l'alarme au gouvernement du Québec à
plusieurs reprises sur ce sujet-là, mais on n'a pas voulu entendre.
Martin Bouchard, le président, cofondateur
de QScale, a même proposé des plans d'expansion en coordination avec le
gouvernement du Québec, avec Investissement Québec, pour justement avoir une
expansion à l'extérieur du Québec, parce que, la première réponse, c'était de
vouloir faire une expansion au Québec, mais le gouvernement du Québec a dit non
parce qu'il était... il ne voulait pas donner des mégawatts pour permettre l'expansion
sur le territoire québécois. Alors, à ce moment-là, QScale est allé voir le
voisin en Ontario, celui que vous aimez vous comparer souvent avec, puis eux
avaient un projet d'affaires à proposer à QScale, mais ils n'ont pas eu le
droit de le faire, parce que le gouvernement du Québec, via Investissement
Québec, ne voulait pas que QScale investisse un projet de développement de 4 milliards de
dollars à l'extérieur du Québec. Elle est quand même pas pire, celle-là.
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Drainville : Je veux
juste, M. le Président, attirer l'attention, là, sur une page Web du
gouvernement du Québec intitulée Nuage gouvernemental du Québec. Et, ce qui est
écrit, c'est : «Le nuage gouvernemental du Québec regroupe un ensemble de
services infonuagiques conçus pour répondre aux besoins des ministères, etc. Le
nuage gouvernemental du Québec est hébergé dans un environnement physique
sécurisé dans deux pôles au Québec, sous la responsabilité du ministère, le
pôle Ouest, le pôle Est, etc.»
Alors, s'il souhaite en savoir davantage,
il peut aller sur cette page, mais ça reste, je le constate, volontairement
vague, probablement pour des raisons de sécurité. Donc, j'ai raison, je pense,
d'avoir une réaction de prudence lorsqu'on me pose des questions en lien avec l'hébergement
des données des Québécois, surtout des données gouvernementales.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
M. le député.
M. Beauchemin : Thomas
Gervais a déposé un article le 30 mars disant que, pour la souveraineté
numérique, Québec donne à nouveau un contrat à Amazon. En tout cas, c'est un...
c'est un choix, ça aurait pu être donné à QScale. Mais, bon, on n'a pas voulu
que QScale fasse une expansion à l'extérieur du Québec, QScale a donc décidé de
se trouver une autre façon de se financer. QScale a financé son expansion avec
la firme américaine qu'on connaît tous. Et là, maintenant, devinez donc quoi? Ils
vont la faire, leur expansion, en Ontario, 4 milliards de dollars, une
entreprise qui ne nous appartient plus maintenant.
Le Président (M. Allaire) :
...
M. Beauchemin : Donc, ma
question, ma question, M. le Président, au ministre, c'est de savoir : Pourquoi
est-ce qu'on n'a pas voulu permettre à QScale de faire sa croissance en restant
québécoise?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Drainville : M. le
Président, l'offre de Goldman Sachs dépassait largement ce qui aurait pu être offert
par un groupe québécois. Est-ce que le député de Marguerite-Bourgeoys est en
train de dire que le gouvernement du Québec aurait dû forcer la main à
Investissement Québec ou à la Caisse de dépôt pour venir accoter l'offre de
Goldman Sachs? C'est-tu ça? Est-ce que c'est de ça dont on parle ici?
M. Beauchemin : Non, non, ce
qu'on parle, en fait, c'est qu'avant même de se rendre à cette étape-là, QScale
vous avait approché pour dire : On veut faire un investissement en Ontario,
OK, on a des partenaires qui vont nous permettre de faire ça...
M. Drainville : Vous nous
reprochez...
M. Beauchemin : ...puis là,
vous leur avez dit : Non, on ne veut pas que l'investissement d'Investissement
Québec dans QScale...
M. Drainville : Mais vous déplorez
le fait que Goldman Sachs a acheté QScale? Moi, je vous pose la question. Est-ce
que vous l'auriez...
M. Beauchemin : Non, non,
non, on regardera la chronologie de la conversation.
Le Président (M. Allaire) :
Messieurs...
M. Beauchemin : Non, non, non.
Le Président (M. Allaire) :
...messieurs, messieurs...
Des voix : ...
Le Président (M. Allaire) : ...messieurs,
je vous ramène à moi. Merci. On se calme. M. le député, vous avez une question
claire à poser? Allez-y. Il vous reste <45 secondes...
Le Président (M. Allaire) :
...messieurs...
Des voix : ...
Le Président (M. Allaire) :
...messieurs,
je vous ramène à moi. Merci. On se calme. M. le député, vous avez une question
claire à poser? Allez-y. Il vous reste >45 secondes.
M. Beauchemin : La question,
elle est simple. Avant même d'être considéré sur les marchés pour être vendu à
des intérêts internationaux, QScale avait approché votre gouvernement pour leur...
pour vous demander de les aider à faire une expansion en Ontario en restant,
donc, entièrement québécoise. Là, vous leur avez dit non. Puis, à partir de ce
moment-là, eux autres, ils avaient un choix terrible à faire, le choix était de
se vendre pour pouvoir être capable de faire cette expansion-là en Ontario.
Pourquoi leur avez-vous refusé la capacité de rester québécoise et d'avoir une
croissance?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre, 15 secondes.
M. Drainville : M. le
Président, moi, je... les informations que j'ai, c'est qu'on n'a rien bloqué du
tout, là. Et je relance ma propre question : Est-ce que le Parti libéral
au pouvoir aurait accoté l'offre de Goldman Sachs? Et, si oui, dites-nous,
dites-nous comment, dites-nous comment vous l'auriez fait.
M. Beauchemin : Bien, la...
Le Président (M. Allaire) : ...merci,
merci...
M. Beauchemin : Ce n'est même
pas ça, la question.
Le Président (M. Allaire) : ...ça
met fin, ça met fin à ce bloc d'échange avec l'opposition officielle. Merci au
député de Marguerite-Bourgeoys. Donc, Mme la députée de Saint-François, pour le
gouvernement, la parole est à vous pour 19 min 33 s.
Mme Hébert : Merci, M. le
Président. Alors, bien, ma question est pour M. le ministre. J'aurai... j'aurai
deux questions, mais je sentais que de pouvoir nous parler de votre vision qui
vous anime, ça vous brûlait les lèvres. Alors, je vous donne la chance de
pouvoir nous parler de votre vision et la partager avec tous nos auditeurs.
• (18 h 10) •
M. Drainville : Bien, merci
beaucoup pour votre question, parce qu'effectivement l'exercice des crédits
vise à faire de la reddition de comptes, et évidemment on est très... très
heureux de participer à cet exercice-là. Je l'ai dit déjà pendant mes crédits
Énergie, mais je pense qu'il est bon de rappeler l'origine de cet exercice que
nous avons fait aujourd'hui. C'est un exercice... un exercice de responsabilité
ministérielle. Les Patriotes, en 1837-1838, se sont battus pour que nous ayons...
pour que nous vivions cette... ce moment aujourd'hui. Donc, les ministres
doivent rendre compte, devant le Parlement, devant les élus, des dépenses de
leur ministère. Donc, c'est quand même un exercice très important que nous
avons fait au cours des dernières heures. Ça n'a pas toujours été le cas. Et
donc il faut quand même souligner, une fois de temps en temps, que cet
exercice, c'est le bataille d'une... c'est le fruit d'une bataille démocratique
qui a été menée par nos aïeuls il y a plusieurs générations de cela.
Maintenant, pour ce qui est de la vision
que nous allons porter, merci beaucoup pour votre question, Mme la députée de
Saint-François, d'abord, je l'ai... je l'ai un petit peu évoqué tout à l'heure,
le maître mot, c'est sécurité. Moi, je pense que, dans le contexte actuel, avec
le mur tarifaire que M. Trump a érigé, avec toute l'incertitude puis
l'instabilité que nous vivons présentement avec les multiples conflits
internationaux, je pense que ce que les Québécois attendent de nous, c'est une
politique économique qui est axée sur la sécurité économique. Et donc on va
s'assurer, on va participer très activement, évidemment, aux négociations sur
la révision de l'ACEUM, parce qu'évidemment l'accès aux marchés américains, ça
demeure une priorité pour notre gouvernement. Ce que nous visons, si vous me
demandiez, là, l'objectif suprême que nous visons dans ces négociations, dans
cette révision, ce serait de diminuer le plus possible les tarifs et de le
faire sur le plus grand nombre possible de produits, sur le plus grand nombre
possible de produits exportés. Donc, ça, c'est l'objectif. Puis évidemment
l'entente à trois, l'entente trilatérale, on considère que c'est une bonne
entente et donc on souhaite qu'elle soit reconduite le plus possible.
Maintenant, M. le Président, dans le
cadre, donc, de cette stratégie qui vise la sécurité économique, il est évident
que l'un des piliers de cette sécurité économique, ça va être la sécurité énergétique.
Alors, on n'est pas dans des crédits Énergie, mais dans le... comment dire,
sous le grand parapluie de la sécurité économique. C'est évident que d'assurer
la sécurité énergétique des Québécois, ça doit demeurer un objectif extrêmement
important. Alors, le plan d'investissement d'Hydro-Québec, 200 milliards
d'ici 2035, pour doubler la production électrique d'ici 2050, c'est un
pilier de notre stratégie économique et de notre stratégie énergétique, cela va...
cela va de soi, qui... qui doit demeurer une préoccupation centrale qui doit
guider nos décisions. Il faut que ça se fasse. Il faut que ces
investissements-là se réalisent pour assurer donc un approvisionnement en
énergie, essentiellement <de l'énergie propre...
M. Drainville :
...qui
doit guider nos décisions. Il faut que ça se fasse. Il faut que ces
investissements-là se réalisent pour assurer donc un approvisionnement en
énergie, essentiellement >de l'énergie propre, pour la suite des choses,
en particulier pour nos entreprises, et puis, oui, pour bien asseoir la
sécurité de notre économie et de nos entreprises pour la suite des choses.
Un des secteurs qui va nous aider à
assurer cette sécurité économique, c'est le secteur de la défense. Alors, le
gouvernement fédéral a annoncé des investissements extrêmement importants dans
le secteur de la défense. On a des entreprises qui peuvent jouer un rôle
extrêmement important dans ce... dans cette stratégie du gouvernement fédéral.
Et puis, évidemment... Alors, moi, ce soir, je l'ai dit déjà un peu plus tôt
aujourd'hui, mais, ce soir, au terme de nos crédits maritimes, je quitte pour
Ottawa pour aller au CANSEC. Donc, ça, c'est le grand Salon des entreprises de
défense, des entreprises de sécurité. C'est un rendez-vous annuel. Cette année,
il est particulièrement important.
Il y aura d'ailleurs des... Il y aura d'ailleurs
une équipe d'Investissement Québec qui m'accompagnera là-bas, Marc Parent,
notre émissaire en matière de défense et d'activité militaire, sera là
également. Et l'objectif, c'est quoi? Bien, l'objectif, c'est de rencontrer des
entreprises, pas juste canadiennes, des entreprises étrangères également, pour
leur démontrer qu'on a ici, au Québec, tout un écosystème d'entreprises dans le
domaine militaire, dans le domaine de la défense, qui sont prêtes à les aider,
qui sont prêtes à construire, qui sont prêtes à livrer du matériel. On a des...
On a des entreprises évidemment bien connues, Bombardier, par exemple, qui
fabriquent le GlobalEye, donc, cet appareil de surveillance qui,
essentiellement, c'est un Global 6 500, ça peut être un 8 000, ça
peut être un 8 500 également, sur lequel on pose des systèmes de détection
extrêmement avancés. Alors, Bombardier fait du matériel militaire. Dans le
grand... sous le grand parapluie, des activités militaires et de sécurité, il y
a, bien sûr, Davie, le chantier maritime ici, à Lévis.
Alors, c'est le plus grand chantier
maritime au Canada. Je vous le rappelle, on est... On a obtenu un contrat de
plus de 3 milliards pour fabriquer un brise-glace polaire. On est en
discussion avec le fédéral pour décrocher d'autres contrats pour des
brise-glaces. Puis ces brise-glaces, évidemment, vont jouer un rôle important
pour assurer la sécurité du pays, en particulier dans l'Arctique, alors...
Puis, je vous rappelle, la Garde côtière, maintenant, relève du ministère de la
Défense à Ottawa. On a des entreprises comme CAE, dans le domaine des
simulateurs, on a des entreprises comme Héroux-Devtek, dans le domaine des
trains d'atterrissage, on a des entreprises dans le domaine aérospatial qui
sont extrêmement performantes dans le domaine militaire. Alors, évidemment,
toutes ces entreprises pourraient bénéficier de contrats en provenance du
gouvernement fédéral, mais aussi en provenance d'autres gouvernements étrangers
qui investissent massivement, eux aussi, dans le domaine militaire.
La bataille pour faire de Montréal le
siège de la banque de défense, ça aussi, c'est un objectif que nous continuons
à poursuivre. Bref, on veut faire du Québec un leader dans l'industrie
militaire. Alors, pour assurer, donc, la sécurité économique des Québécois, on
va développer très activement notre secteur militaire. On surveille, bien
entendu, les contrats du fédéral pour les avions de chasse. Je vous rappelle,
important, il y a deux groupes, essentiellement, les F-35, fabriqués, donc, par
les Américains, puis il y a aussi le Gripen, donc qui est fabriqué par Saab, le
grand joueur suédois. Alors, ça va être très intéressant de voir quel groupe le
fédéral va choisir. Et puis il y aura évidemment toutes sortes de contrats qui
vont se rattacher à cette immense commande. Et puis il y a évidemment le
contrat des sous-marins, deux groupes encore là qui s'affrontent, les Coréens,
Hanwha, les Allemands avec Thyssenkrupp, donc...
Une voix : ...
M. Drainville : TKMG, merci,
merci. Donc eux autres aussi, ils sont en lice. On va voir lequel des deux
groupes va remporter le contrat. C'est un contrat de plusieurs milliards,
plusieurs dizaines de milliards même. Alors, il y a des entreprises québécoises
qui sont positionnées pour profiter, évidemment, pour bénéficier de contrats en
lien avec cette immense commande de sous-marins du fédéral. Donc, là aussi, on
a un rôle à jouer, c'est très important. L'autre partie de cette vision, je
suis toujours en train de répondre à votre question, Mme la députée de
Saint-François, c'est l'entrepreneurship, l'entrepreneuriat, <le
repreneuriat...
M. Drainville :
...partie
de cette vision, je suis toujours en train de répondre à votre question, Mme la
députée de Saint-François, c'est l'entrepreneurship, l'entrepreneuriat, >le
repreneuriat, l'idée qu'il faut que nos entreprises québécoises continuent d'être
propriétés québécoises, continuent de croître ici, au Québec. Alors, il y a
toutes sortes de programmes, notamment avec le ministère de l'Économie, mais en
collaboration, bien entendu, avec Investissement Québec. Alors, là aussi, on a
beaucoup de travail à faire. Vous savez l'objectif de notre première ministre,
qui est de faire en sorte que les entreprises québécoises aient accès à une
plus grande part du contenu québécois, donc, dans les appels d'offres publics.
Alors, ça aussi, ça procède d'une volonté de renforcer le tissu économique du
Québec.
Et, parallèlement à ça, on va continuer à
accompagner nos entreprises québécoises qui veulent se diversifier, qui veulent
vendre ailleurs qu'aux États-Unis. Et certaines se tournent vers les marchés
des autres provinces canadiennes, certaines se tournent vers l'Europe, certaines
se tournent vers... vers l'Asie, certaines se tournent vers l'Amérique latine,
le Mexique, par exemple. Alors, on va continuer, donc, à mettre de l'avant les
programmes qui vont permettre à nos entreprises de compenser les pertes de
parts de marché qu'elles pourraient subir à cause de la... du protectionnisme
américain. Investissement Québec fait un excellent travail au niveau de l'accompagnement
des entreprises québécoises, je tiens à le souligner, on n'en a pas
suffisamment parlé.
Et puis il y a des programmes qu'on a mis
en place, comme Panorama, qui visent à accompagner les entreprises québécoises
sur les marchés d'exportation. Puis il y a d'autres programmes, vous les
connaissez, Essor, productivité, le Plan PME, également, qui vise à renforcer
notre tissu industriel au niveau des PME, à faire en sorte que nos petites
entreprises deviennent des moyennes, que nos moyennes deviennent des grandes.
Donc, ça aussi, c'est très important.
• (18 h 20) •
Et je termine avec l'allègement
réglementaire, c'est... je termine, mais j'aurais le goût de dire, et non le
moindre, l'allègement réglementaire, le fait que nos entrepreneurs souvent nous
disent : Ce n'est pas une subvention que je veux, ce n'est pas un appui
financier que je veux, je veux juste que vous vous tassiez du chemin, que vous
me laissiez faire ma job, c'est-à-dire créer de la richesse puis créer des
emplois. Alors, ça, c'est un objectif du gouvernement. On a livré des résultats
très intéressants par rapport à l'allègement réglementaire. Il y a le projet de
loi 11 qui est sur le point d'être adopté, me dit-on, le projet de loi 11
qui va donc nous permettre de faire d'autres avancées au niveau de l'allègement
réglementaire, voilà, qui prévoit notamment l'abolition du Bureau de mise en
marché du bois.
Madame, tout à l'heure, vous me parliez de
la forêt. Je n'avais pas eu le temps de me rendre jusque-là. Je suis content
que la députée de Saint-François me donne tout ce temps très généreusement pour
me permettre de dire que nous allons abolir, donc, le Bureau de mise en marché
du bois. Ça, l'industrie forestière est très heureuse de ça. Et on va réduire
aussi les redevances versées par les entreprises forestières. On parle d'approximativement
20 millions, n'est-ce pas? Voilà. Un progrès à nouveau. Alors,
écoutez, je pense que ça fait assez bien le tour de la vision qui nous anime.
Vous avez sans doute trouvé ça fort intéressant, n'est-ce pas? Et je...
Malheureusement, je ne vois pas le député de Marguerite-Bourgeoys, mais je suis
certain qu'il nous écoute avec attention et qu'il doit trouver ça vraiment
formidable. D'ailleurs, dans l'allègement réglementaire, je tiens à le dire, il
y a toute cette idée de diminuer les formalités administratives. Le un pour un...
Mme Hébert : Deux pour un.
M. Drainville : ...vous avez
travaillé là-dessus, Mme la députée de Saint-François, avec notre estimé
collègue, aujourd'hui ministre des Affaires municipales, n'est-ce pas? Mais,
avant ça, il vait travaillé sur la réduction de la réglementation gouvernementale.
Donc, un pour un, mais aussi, dans certains cas, deux pour un.
Mme Hébert : Deux pour un.
M. Drainville : Alors, M. le
Président, il nous reste combien de temps, là?
Le Président (M. Allaire) : Ah!
6 min 30 s.
M. Drainville : Moi, j'aimerais
ça que la députée de Saint-François, je lui cède le temps qu'elle m'a cédé et
qu'elle nous explique le un pour un versus le deux pour un. Vous avez travaillé
là-dessus, je pense, vous êtes bien... Est-ce que vous êtes à l'aise pour nous
en parler?
Mme Hébert : Oui, bien, je
peux vous en parler. Alors, dans le projet de loi 11, vous avez raison, on
a la politique du deux pour un, donc, il y aura un allègement. Donc, à chaque
fois qu'on veut mettre une mesure, on devra en retirer deux. Donc,
présentement, ça touche différents ministères, mais on veut vraiment l'élargir.
Je crois que c'est plus de 42 ministères et organismes qui vont être
assujettis éventuellement. Alors, c'est... c'est vraiment une mesure qui est
très, comment je pourrais dire, novatrice à la grandeur même du Canada. Donc,
ça se... ça ne se voit pas ailleurs. Alors, ce sera de voir comment que ce sera
effectif une fois que le projet de loi sera adopté.
Mais, vu que vous me cédez la parole, M.
le ministre, moi, je voulais vous amener sur les zones d'innovation. Les zones
d'innovation sont vraiment une initiative de notre gouvernement, hein, depuis <qu'on
est au pouvoir...
Mme Hébert :
...M.
le ministre, moi, je voulais vous amener sur les zones d'innovation. Les zones
d'innovation sont vraiment une initiative de notre gouvernement, hein, depuis >qu'on
est au pouvoir. C'était dans la vision de l'ancien premier ministre, et j'ai
l'honneur d'avoir eu la première zone d'innovation à Sherbrooke et en Estrie,
avec Bromont, donc, puis celle de Sherbrooke est sous le nom de... Ils se...
M. Drainville : ...vous, là,
là, hein?
Mme
Hébert
:
Oui, en Estrie, on en a deux, mais moi, j'en ai une à Sherbrooke. Donc, très,
très heureuse d'avoir été la première zone. Et c'est un secteur des
technologies qui est très avancé avec le secteur quantique. Là, demandez-moi
pas un exemple de ce que c'est, le quantique, je peux juste vous dire que,
quand on me l'explique, c'est qu'on est là puis on n'est pas là, donc, on peut
être quasiment à deux endroits à la fois, mais ça fait partie de la quatrième
dimension, puis on va s'arrêter là.
Mais, par contre, je sais
qu'Investissement Québec est un partenaire financier majeur dans les zones
d'innovation. Juste à Sherbrooke, l'an passé, à l'été, on avait annoncé un 9,6 millions
pour le premier ordinateur Pasqal qui était installé au Canada, ordinateur
quantique. On a aussi avec SBQuantum... on vient de lancer dans l'espace, au
mois de mars, des capteurs quantiques, donc, qui vont aider tout ce qui est GPS
à vraiment... à pouvoir avoir encore plus d'informations. Donc, on voit que le
Québec est le seul endroit au monde où les technologies quantiques les plus
avancées sur le plan commercial.
Alors, moi, là, j'aimerais entendre
Investissement Québec, pour les dernières minutes qu'il nous reste. Comment
vous rendez nos entreprises plus productives, surtout dans les zones
d'innovation, parce qu'on a cinq zones, au Québec? Voilà.
Mme Ngo (Bich-Trang) :
Écoutez, la productivité, c'est au cœur de ce qu'Investissement Québec fait.
C'est depuis 2016 qu'on intervient pour soutenir des entreprises, pour soutenir
des projets qui améliorent la productivité des entreprises du Québec. Depuis
2016, c'est plus de 9 milliards qui a été déployé par Investissement
Québec pour soutenir les entreprises du Québec en productivité, dont plus de 7 milliards
depuis 2020, donc, vraiment, une accélération dans un contexte économique où il
y a énormément d'incertitude.
Les entreprises que nous avons soutenues,
à travers des projets de productivité, ont vu leur productivité augmenter de
plus de 40 % entre 2019‑2023. Ça se compare à 3,5 % dans le secteur
manufacturier au Québec : c'est énorme. Une entreprise qui fait un premier
projet de productivité va faire un deuxième, un troisième. Il faut en faire
plus, et c'est vraiment une priorité sur laquelle on mise, parce que, plus les
entreprises sont productives, plus elles sont compétitives, et ça leur permet
d'être un leader, oui, dans leurs marchés, mais également d'aller à
l'international, de les aider, de croître de petites à moyennes, de moyennes à
grandes.
Quand on regarde Investissement Québec
dans le contexte actuel, puis je rencontre beaucoup d'entrepreneurs, j'ai
visité 15 des 17 régions du Québec pour rencontrer les employés, les
entrepreneurs, et, vraiment, aujourd'hui, dans le contexte actuel, les projets
sont mis sur pause ou sont découpés en plus petits projets pour dérisquer le
projet. Notre rôle, c'est d'accompagner les entreprises. Nous avons une
centaine d'ingénieurs, de techniciens, de scientifiques qui marchent les lignes
de production, qui voient comment on peut augmenter la robotisation,
l'automatisation, la numérisation, ajouter de l'intelligence artificielle,
améliorer nos processus, et, vraiment, un accompagnement technologique pour
dérisquer le projet en amont. Évidemment, après ça, nous sommes présents
pour soutenir financièrement ces projets-là, donner une certaine flexibilité,
parce qu'on sait qu'un projet, pour que ce soit rentable, le retour sur
investissement, ça prend quelque temps qu'on fait un investissement en... en
productivité, donc, vraiment des financements qui sont beaucoup plus flexibles
pour soutenir ces projets-là.
Mme Hébert : ...question.
Le Président (M. Allaire) :
1 min 30 s.
Mme Jeannotte : Est-ce que je
pourrais aller sur le climat? On vit des jours très incertains, est-ce que...
Quelle est votre préoccupation de ce côté-là? Parce que vous avez le ministre
qui était le ministre de l'Environnement juste à côté, puis on a quand même
beaucoup de pression, les politiciens, de ce côté-là. Est-ce que, dans votre
vision des choses, Mme la PDG, vous avez un souci du climat? Parce que nos
projets économiques doivent aussi... On vit ça beaucoup à l'heure actuelle.
J'aimerais vous entendre à ce sujet.
Mme Ngo (Bich-Trang) : Donc,
depuis maintenant quatre ans, dans toutes les interventions financières qu'on
fait, on demande aux entreprises... Puis vous devez comprendre que notre
portefeuille, c'est 10 000 entreprises, 10 000 clients,
dont 95 % de ces entreprises-là, c'est de la PME, de la petite entreprise,
de la moyenne entreprise. Donc, on fait un accompagnement <au tout
début...
Mme Ngo (Bich-Trang) :
...de
ces entreprises-là, c'est de la PME, de la petite entreprise, de la moyenne
entreprise. Donc, on fait un accompagnement >au tout début, quand on
fait une intervention, pour remplir un formulaire ESG, pour voir c'est quoi, les
points à améliorer, comment est-ce qu'on peut les aider. Comme je vous dis, on
a des équipes de consultants, de techniciens qui peuvent accompagner
l'entreprise, pour voir même comment est-ce qu'on peut réduire les pertes
d'énergie, comment on peut recycler, comment est-ce qu'on peut réduire les
pertes de matériaux et autres.
Donc, il y a vraiment un travail qui se
fait sur chaque dossier, depuis quatre ans, pour soutenir ces entreprises-là,
les accompagner également avant toute intervention financière de notre côté.
Le Président (M. Allaire) : Merci,
merci. Ça met fin à ce bloc d'échange avec la partie gouvernementale. Ça met
fin aussi à l'ensemble des blocs d'échange. Je vous informe également qu'on a
reçu l'information de la part du ministère, là, qui sera transmis, là, via les
canaux habituels. Donc, sur Greffier, il vous sera accessible à tous, ça, c'est
suite à un échange avec le député de Marguerite-Bourgeoys concernant les
déboursés depuis 2022... 2020, pardon.
Une voix : ...
Le Président (M. Allaire) :
Il est déposé officiellement. Bon, parfait. Merci.
Une voix : ...
Le Président (M. Allaire) :
Pardon?
Une voix : ...
Le Président (M. Allaire) :
Ah! j'autorise le... Les termes sont importants, donc, j'autorise le dépôt
officiellement. Donc, en terminant, je dépose aussi les réponses aux demandes
de renseignements des oppositions.
Donc, comme vous voyez l'heure... compte
tenu de l'heure, la commission ajourne ses travaux au jeudi 28 mai
2026, à 14 h 30, où elle entreprendra l'étude du volet PME des
crédits budgétaires du portefeuille Économie, Innovation et Énergie. Merci,
tout le monde. Bonne soirée!
(Fin de la séance à 18 h 30)