(Quatorze
heures trente et une minutes)
Le Président (M.
Allaire) : Alors, à l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le
quorum, je déclare à la séance de la Commission de l'économie et du travail
ouverte.
La commission est
réunie afin de procéder à l'étude du volet PME des crédits budgétaires du
portefeuille Économie, Innovation et Énergie pour l'exercice
financier 2026-2027. Une enveloppe de deux heures a été allouée pour
l'étude de ces crédits.
Mme la secrétaire,
est-ce qu'il y a des remplacements?
La
Secrétaire : Oui, M. le Président. Mme Mallette (Huntingdon) est
remplacée par Mme Bogemans (Iberville); Mme Setlakwe (Mont-Royal—Outremont),
par M. Beauchemin (Marguerite-Bourgeoys); M. Fontecilla
(Laurier-Dorion), par Mme Zaga Mendez (Verdun); et M. Paradis
(Jean-Talon), par M. Boissonneault (Arthabaska).
PME
Le Président (M.
Allaire) : Merci. Donc, on est déjà prêts à débuter. Mais avant, M. le
ministre, je prends le temps de vous regarder... bien, de vous saluer, de un,
et sachez que mon travail, c'est d'équilibrer le temps entre les questions et
les réponses. Ça fait que c'est sûr que, quand je fais ce geste-là, bien, je
vous demande de conclure, sinon la députée de Notre-Dame-de-Grâce et le député
de Marguerite-Bourgeoys vont me chicaner, et la députée de Verdun aussi,
donc... Mais c'est par équité, je pense que vous le comprenez bien, on est en
reddition de comptes pour les crédits.
Discussion générale
Donc, Mme la députée
de Notre-Dame-de-Grâce, on commence avec vous, 19 min 30 s.
Mme McGraw : Merci,
M. le Président. Il me fait plaisir d'être ici en tant que porte-parole de
notre formation en matière de commerce. Et on va aller aujourd'hui sur le commerce
interprovincial, surtout dans cette ligne-là. Parce qu'on comprend que, dans ce
contexte actuel d'incertitude géopolitique et macroéconomique, on mise
beaucoup... il y a des choses qu'on ne contrôle pas, mais il y a des choses
qu'on contrôle, dont le commerce interprovincial. Et, justement, en commission,
ici, à l'Assemblée nationale, on a adopté le projet de loi n° 112
sur le commerce interprovincial.
Alors, nous, on
aimerait savoir... Ça fait six mois que ce... que ce... que cette loi a été
adoptée, on aimerait aller dans les résultats, l'impact concret, surtout
lorsqu'on se compare aux autres provinces, comme l'Ontario, que... déjà un an,
ils ont signé 10 ententes bilatérales. Alors, on perçoit que le Québec est
comme absent de cette liste de provinces, la nouvelle vague d'ententes
bilatérales.
Alors, peut-être une
première question. C'est dans un marché intérieur qui pèse déjà plusieurs
centaines de milliards au niveau canadien, avec un potentiel supplémentaire de
dizaines, sinon des centaines de milliards de dollars, alors que le Québec
lui-même pourrait gagner plusieurs milliards de dollars additionnels si les
barrières étaient réellement levées. Pouvez-vous nous dire, M. le ministre,
précisément dans quels secteurs et avec quelles provinces les nouvelles mesures
ont déjà produit des gains mesurables pour les entreprises québécoises et
surtout pour les PME?
Le Président (M.
Allaire) : ...
M. Bernard : Merci,
Mme la députée. Vous allez me permettre, je vais prendre un petit 30 secondes
pour remercier les gens qui m'accompagnent puis les présenter. Parce que, comme
vous savez, j'ai eu un cours accéléré de
ministre puis j'ai été accompagné d'une équipe formidable du côté du ministère,
à commencer par le sous-ministre, M. Mathieu Gervais, M. Youri
Rousseau, qui est à sa droite, M. Richard Masse, qui est ici, en arrière
de moi, M. Rémi Quirion, le Scientifique en chef, puis Mme Marie Fortier qui... ici aussi présente, en arrière, et
Mme Michèle Houpert. J'ai aussi mon équipe, qui a été formidable, Michel
Philibert ici, à côté de moi, et François Bilodeau, et Juliette, qui m'ont
accompagné dans ce cours accéléré de ministre.
Je remercie la
députée pour la question. Mais on s'est... Il y a eu un peu... On s'est parlé,
la députée et moi. Le commerce interprovincial relève maintenant du ministre en
titre du... le député de Lévis. Donc, je vais être capable, à ce moment-là...
Je reviendrai, mais ça va être nos... mes collègues qui vont prendre la relève.
Merci.
Le Président (M. Allaire) : Parfait.
Merci, M. le ministre. Je comprends que c'est M. Gervais qui va
répondre... M. Rousseau?
M. Bernard : Ça
va être M. Rousseau.
Le Président (M. Allaire) : M.
Rousseau.J'ai besoin du consentement.
Des voix : Consentement.
Le
Président (M. Allaire) :
Consentement. Parfait. Donc, M. Rousseau, je vous cède la parole. Vous
laissez... Je vous laisse le soin de vous présenter avec votre nom
complet et votre titre. La parole est à vous.
M.
Rousseau (Youri) : Bonjour. Youri Rousseau, sous-ministre adjoint au
ministère de l'Économie, Innovation, Énergie. Mme la députée, vous
faites référence au projet de loi n° 112, qui est devenu loi le
30 octobre dernier, c'est devenu la loi C-30. C'est la loi favorisant
le commerce entre les provinces et la mobilité de la main-d'oeuvre. Cette
loi-là faisait en sorte qu'elle rentrait en vigueur le 1er mai, dans le sens
que nous, on a adopté la loi le 30 octobre, mais les autres provinces sont
signataires, avec le Québec, d'un accord de reconnaissance mutuelle qu'on a
signé à Yellowknife en novembre. La députée, Mme Hébert, était présente
avec le ministre Poulin. Et ce projet de loi là... cette entente-là, cet accord
entre en vigueur maintenant, en mai. Donc, on n'a pas encore des chiffres, mais
je peux vous dire que le commerce entre les provinces, dans l'année 2025,
a augmenté de 4 milliards au Canada. Donc, on est vraiment dans une
période où il y a beaucoup plus... En fait, les ventes du Québec envers le
reste du Canada ont augmenté de 4 milliards. Donc, il y a vraiment un
impact, on vend plus d'est en ouest qu'avant.
Le Président (M. Allaire) : Mme la
députée.
Mme McGraw : Donc, on savait...
Je comprends que ça vient de rentrer en vigueur, mais on sait depuis octobre
que ça allait rentrer en vigueur. Tout le monde comprend que le commerce et la
diversification de nos marchés, tant à
l'intérieur du Canada qu'à l'étranger, c'est de premier plan. Donc, quels
gestes ont été posés? Qu'est-ce qu'on anticipe comme résultats? Et,
parmi ces chiffres, je crois que vous avez cité 4 milliards. C'est quoi,
là, un peu, le... la répartition entre les provinces, notamment le Québec?
M. Rousseau (Youri) : Donc, le
4 milliards, c'est 4 milliards de vente du Québec vers les autres
provinces. Donc, c'est très bien.
Mme McGraw : Ah! vers les
autres provinces. Et si on se compare aux autres provinces?
M. Rousseau (Youri) : Le Québec
a toujours eu, historiquement, une balance commerciale positive. Donc, nos
échanges avec les autres provinces, on vend plus qu'on achète depuis une
dizaine d'années.
Mme McGraw : Vous avez
l'Alberta aussi?
M. Rousseau
(Youri) : Oui, oui, le Québec vend plus aux autres provinces
qu'on achète des autres provinces.
Mme McGraw : Je crois qu'il y a
un déficit avec au moins deux provinces.
M. Rousseau (Youri) : OK. Je vais
demander à mes équipes de vérifier.
Mme McGraw : Pas mal certaine
qu'avec l'Alberta, entre autres, il y a un déficit. Pour les PME, donc, le 4 milliards, c'est quoi, l'impact pour nos
PME au Québec? Est-ce que c'est juste des grandes entreprises qui exportent
ou c'est des petites et moyennes entreprises aussi?
M. Rousseau (Youri) : Je n'ai
pas devant moi la donnée sur la... compartimentée de 4 milliards. Mais ce
que je peux vous dire, c'est que, dans la dernière année, les efforts de
commerce interprovincial ont vu à faciliter le transport, les règles,
l'harmonisation des règles de camionnage, la reconnaissance de permis pour la
main-d'oeuvre, la reconnaissance des règles de vente. Tout ça, ça aide les
entreprises du Québec à ce que leur... leurs matériels ou leurs produits soient
certifiés ou reconnus dans l'autre province, ce qui facilite les ventes. Les
règles de camionnage, ça aide... ça aide
vraiment beaucoup. Pour revenir sur quels secteurs bénéficient, je vous
reviendrai pendant la séance. Les équipes travaillent.
Le Président (M. Allaire) :
Merci. Mme la députée.
Mme McGraw : Oui.
Donc, ça vient d'entrer en vigueur. On anticipe, j'imagine, déjà des ententes
bilatérales. Quelles démarches ont
été déjà entreprises pour conclure des ententes bilatérales avec les autres
provinces ou territoires?
M. Rousseau
(Youri) :
Le Québec... Le Québec n'a pas choisi de faire des
ententes bilatérales, parce que ça nous aurait donné 13 ententes
différentes. On a choisi la voie multilatérale. C'est pour ça qu'on s'est
entendus avec tout le monde à Yellowknife en
novembre. Donc, certaines provinces avaient commencé au début de la guerre
tarifaire. La Nouvelle-Écosse a fait une entente
avec l'Ontario, l'Ontario avec l'Alberta. Le Québec, on n'a pas embarqué, on
s'est dit : On va... on va prendre l'approche multilatérale.
Mme McGraw :
Donc, mais ce n'est pas nécessairement mutuellement exclusif. On peut avoir
et eu une approche multilatérale et une approche bilatérale, comme l'Ontario.
Je comprends que l'Ontario, ils ont commencé en avril 2025, en amont de
l'accord pancanadien. Ça fait qu'on n'anticipe pas une approche complémentaire
ou multilatérale, juste exclusivement multilatérale?
M. Rousseau (Youri) : On a
choisi, avec le ministre de l'époque, le ministre Poulin, l'approche
multilatérale. Donc, on n'a pas... on n'a pas pris de temps à regarder
les ententes bilatérales, ça aurait été plus compliqué pour nos entreprises de
savoir qu'avec l'Ontario on a tel deal, avec la Nouvelle-Écosse, on a tel deal.
On s'est dit : On va faire un deal avec
tout le monde. Et les chiffres, là, les échanges commerciaux entre les
provinces, là, le Québec a un excédent de 7,3 milliards en 2025.
Donc, toutes nos ventes moins tous nos achats, on a 7,3 milliards de
surplus commercial.
Mme McGraw :
Si on n'a pas les informations pour les PME, parce qu'on aimerait... Si on
n'a pas ça devant vous, peut-être les... Est-ce qu'on pourrait vous demander de
déposer ces informations-là? Est-ce qu'on peut au moins parler de secteurs?
Est-ce qu'on peut parler de secteurs et... Par secteur, c'est
4 milliards... région, par secteur, par région au Québec?
• (14 h 40) •
M. Rousseau
(Youri) : Pour la question sur l'Alberta, c'est exact, on a un déficit
commercial avec l'Alberta. Ça fait que ça...
Le Président
(M. Allaire) : Parfait...
M. Rousseau
(Youri) : On m'a envoyé les chiffres.
Le Président (M. Allaire) : Juste aussi pour m'assurer, là, je comprends
qu'il y a un engagement pour transmettre l'information avant la fin de
la séance? M. le ministre.
M. Bernard : Si
je peux me permettre, M. le Président, les gens vont vérifier si on a cette information-là,
puis, si elle est disponible, on va le déposer.
Le Président (M.
Allaire) : Parfait, merci. Mme la députée.
Mme McGraw :
Donc, juste pour clarifier, le Québec n'anticipe pas du tout des ententes
bilatérales comme l'Ontario, comme d'autres
provinces, on... on choisit la voie multilatérale uniquement? Parce qu'il y a
d'autres provinces qui ont choisi de faire les deux. Et vous pensez que
c'est avantageux pour les PME en particulier?
M. Rousseau (Youri) : Plus de clarté, donc seulement un groupe de
règles à suivre plutôt que de comprendre les règles de différentes
provinces.
Mme McGraw : Et les PME, vous avez consulté avec les PME, qui
confirment qu'effectivement ils préfèrent cette approche multilatérale
exclusive?
M. Rousseau
(Youri) : Oui, on a fait plusieurs tables de consultation.
Le Président (M.
Allaire) : Merci, M. Rousseau. M. le ministre souhaite bonifier?
M. Bernard : Oui, si je peux compléter là-dessus. Pour avoir
travaillé dans l'industrie moi-même dans ma vie antérieure, quand tu as
des différentes ententes comme ça, c'est vraiment compliqué, vraiment, pour les
entreprises. Donc, en ayant une entente globale, c'est vraiment plus simple.
Puis même qu'à l'intérieur, des fois, du Québec on veut s'assurer que les
règles soient les mêmes pour favoriser les échanges avec les entreprises.
Merci.
Le Président (M.
Allaire) : Merci, M. le ministre. Mme la députée.
Mme McGraw : Alors, parlons encore... J'ai posé une question sur les secteurs et
aussi les régions... et spécifiquement les PME. Est-ce que vous pouvez nous
démontrer les bénéfices qui sont attendus? Je comprends, entrée en vigueur.
Donc, qu'est-ce qu'on attend? Qu'est-ce qu'on anticipe du commerce
interprovincial et comment s'assurer que ce n'est pas juste quelques secteurs
ou une région, dont la région métropolitaine, qui en bénéficient? Comment
s'assurer que les PME et les... toutes les régions, les régions ressources
aussi bénéficient de ce commerce intérieur?
Le Président (M.
Allaire) : M. Rousseau.
M. Rousseau
(Youri) : Nous sommes dans une économie de marché. Donc, ce n'est pas
le gouvernement qui choisit qui achète à
qui. Tout ce qu'on peut faire, c'est de faire des conditions favorables au
commerce. Donc, on ne peut pas dire précisément
que ça va avantager telle région ou tel type d'entreprise, mais on peut alléger
les règles, que ce soit plus facile pour tout le monde de faire des affaires.
Et, je dois vous dire, on n'aura pas aujourd'hui les données par secteurs sur
les ventes interprovinciales de 2025 parce que c'est des données que Statistique
Canada va sortir juste plus tard. Je n'aurai pas par secteurs.
Le Président (M.
Allaire) : ...Mme la députée.
Mme McGraw :
Globalement, vous avez parlé d'un 4 milliards d'exportation du Québec.
Qu'est-ce qu'on anticipe suite à cette entente multilatérale et à la loi, la
nouvelle loi au Québec qui vient d'entrer en vigueur?
Le Président (M.
Allaire) : M. Rousseau.
M. Rousseau
(Youri) : On s'attend que les conditions plus favorables, notamment
les règles de transport, l'harmonisation aussi, bientôt, du code du bâtiment
entre différentes provinces vont permettre de vendre des maisons préfabriquées
d'une province à l'autre ou de vendre du matériel lié à la construction de
maisons. Il y a beaucoup de construction qui
se fait, domiciliaire, partout au Canada. Nous, on a le bois, on a... on a
aussi l'aluminium, on a plusieurs avantages comparatifs. Donc, je
m'attends qu'on va augmenter encore plus l'avantage du Québec dans le commerce
intérieur.
Le Président (M.
Allaire) : Mme la députée.
Mme McGraw : Mais donc, on n'a pas de chiffre... on n'a pas un objectif en tête.
Alors, comment est-ce qu'on va savoir
si ça marche ou non si on n'a pas de chiffre, si on n'a pas d'objectif, si on
n'a pas de chiffre de... un objectif clair? On prévoit doubler le nombre
d'exportations, par exemple.
M. Rousseau
(Youri) : Le Pr Tombe, qui est un professeur d'un institut en Ontario,
je ne me souviens pas lequel, a fait une analyse que, si le Canada faisait
tomber ses barrières au commerce interprovincial, ça pourrait générer, sur
10 ans, 200 milliards de PIB additionnels. C'est un professeur universitaire,
c'est une étude. L'étude a été mise en référence dans les documents du projet
de loi n° 112. Donc, c'est une étude qui est retenue par plusieurs
analystes dans le reste du Canada. Le Québec... Là, je ne peux pas vous dire si
elle est bonne ou pas, mais ça donne un ordre de grandeur. Lui nous disait, il
y a deux ans, que, si on faisait tomber les barrières, il y avait
200 millions... 200 milliards de
gains au Canada. Juste en 2025, le Québec en a eu quatre. Donc, je pense qu'on
est sur la bonne voie.
Le Président (M.
Allaire) : Merci...
Mme McGraw :
Mais, juste pour comprendre, la somme, c'est 200 milliards sur 10 ans
pour l'ensemble du Canada ou juste le Québec?
M. Rousseau
(Youri) : C'était le Canada.
Mme McGraw :
Bien, écoutez, 200 milliards divisé par 10, divisé par 10 provinces,
c'est...
M. Rousseau
(Youri) : Pas si pire, hein?
Mme McGraw : Je veux dire... juste comprendre, comment vous
quantifiez le succès, donc, suite à ce... cette entente pancanadienne,
mais aussi cette nouvelle loi québécoise?
Le Président (M.
Allaire) : M. Rousseau.
M. Rousseau
(Youri) : Vous...
Le Président (M.
Allaire) : ...
M. Bernard : Bien, juste compléter, si je peux...
Personnellement, si je regarde la taille de l'économie de chacune des
provinces, on ne peut pas, par exemple, comparer l'Île-du-Prince-Édouard avec
le Québec et l'Ontario. Donc, il va y avoir des provinces qui vont bénéficier
beaucoup plus de ces ententes-là de par leur tissus industriel actuel et leur
poids démographique. Alors, c'est pour ça, globalement, oui, mais la
répartition, les provinces plus riches et les plus industrialisées vont
certainement en bénéficier un peu plus.
Le Président (M.
Allaire) : Merci. Mme la députée.
Mme McGraw :
...qu'il y a un discours, il y a un narratif, mais c'est... qualificatif,
pardon. On est... Ce qui nous intéresse, c'est la quantité. Est-ce qu'il y a un
objectif qui est quantifiable? Est-ce que le Québec présentement, en pleine
guerre commerciale avec les États-Unis, qui doit diversifier ses marchés,
notamment au sein du Canada... Est-ce qu'on a un objectif clair qui est
quantifié?
Le
Président (M. Allaire) : M. Rousseau.
M. Bernard : M.
Rousseau.
M. Rousseau
(Youri) : Bien, je tiens à dire que, quand on a fait le projet de loi
pour faciliter le commerce, on n'a pas ciblé d'objectif. Donc, aujourd'hui, le
ministre n'a pas... le ministère n'a pas d'objectif. Mais l'objectif, c'est de
faire un environnement d'affaires plus facile puis plus simple, qui va aider
les entreprises à exporter. Puis juste en voyant que, cette année, on a
4 milliards de plus, ça donne l'indice que ça pourrait aller encore mieux.
Le Président (M.
Allaire) : Merci. 5 min 30 s.
Mme McGraw : Je vous soumets qu'on
a... Ce que je... Moi, ce que je retiens, c'est qu'on n'a pas... le Québec,
sur un enjeu clé, n'a pas d'objectif
quantifié. Et on ne va pas pouvoir, faute d'un objectif clair, savoir si on a
un résultat, on a un succès. Ça fait que je vous soumets que c'est
problématique.
Au niveau de la cohérence entre... au niveau du
gouvernement. Donc, on comprend que le commerce interprovincial ne
dépend pas juste d'un ministère, hein, c'est transversal. Ça touche les
transports, le numérique, les infrastructures, la formation, la reconnaissance des compétences. Alors, ce qu'on cherche
à savoir : si le gouvernement agit de manière cohérente, de manière transversale ou si chacun
travaille sans... dans son coin, mais sans cible et sans cible commune. Alors,
est-ce qu'il existe, au sein du gouvernement, une stratégie formelle,
transversale, chiffrée sur le commerce interprovincial et notamment l'impact
sur les PME?
Le Président (M.
Allaire) : M. Rousseau.
M. Rousseau
(Youri) : Oui. Donc, pour faire le projet de loi pour faciliter le
commerce entre les provinces, on a collaboré avec tous les ministères, une très
belle collaboration du MAPAQ pour les produits agroalimentaires, collaboration
à Environnement pour les règles, collaboration avec Transports. C'est un effort
gouvernemental. Oui, c'est porté par le MEIE, mais c'est un effort de tous les
ministères. Les collègues ont très bien collaboré, et on voit les résultats.
Comme je vous disais, l'accroissement de 4 milliards, c'est qu'on a passé
de nos ventes de biens et services de 101 milliards à 105 milliards.
Le marché canadien, c'est le deuxième marché après le marché américain. C'est
un marché vraiment important pour le Québec, et il faut qu'on travaille, tous
les ministères ensemble. Mais, oui, on n'a pas de cible, mais on a des... on a
des processus formels pour s'échanger.
Mme McGraw : ...que, peu importe...
Parce que, là, je me pose... Est-ce qu'il va y avoir un comité
interministériel, se donner les moyens de succès? Mais je vous reviens :
Sans cible concrète, comment on va savoir, sur un enjeu primordial pour
le Québec, si on réussit ou non? Question pour le ministre.
M. Rousseau
(Youri) : Donc, on a un comité interministériel, vous allez voir le...
Mme McGraw : J'aimerais
entendre... J'aimerais entendre le ministre, avec respect, là-dessus.
M. Rousseau
(Youri) : Allez-y.
M. Bernard : Bien
oui, mais...
Le Président (M.
Allaire) : Merci. Je veux juste... Oui, allez-y, M. le ministre.
M. Bernard : Merci, M. le Président.
Et, M. le Président, si on regarde, comme le sous-ministre l'a mentionné,
on a des statistiques annuelles de ventes et
d'échanges entre les provinces. Donc, le meilleur guide sur... globalement, va
être à chaque relevé annuel puis qu'on va voir la progression. Et le
gouvernement, l'approche qu'il a choisi de faire, entre autres, pas d'ententes
bilatérales, mais une entente globale, ça va favoriser définitivement nos
échanges, nous en sommes convaincus. Et
maintenant, ce... le volet, ceci étant fait, ça va être les secteurs d'activité
économique qui vont faire les démarches pour accroître leurs marchés et
ça va leur appartenir à eux.
Le Président (M.
Allaire) : Merci. Mme la députée.
Mme McGraw : C'est un bon point, M. le
ministre, en ce qui concerne les statistiques, mais, si on a les données,
si on a des données, des statistiques,
pourquoi, donc, ne pas chiffrer une cible claire pour dire... Comment on va
savoir? Est-ce que c'est un 50 %
qu'on vise? Pardon, un 50... oui, c'est ça, un 50 %? Je sais qu'il y a un
objectif de 50 %, de ce gouvernement,
que, le PIB, on atteint un 50 % à cause des exportations. Quel pourcentage
de ce 50 % relève du commerce interprovincial?
M. Bernard : ...si
je peux me permettre, M. le Président.
Le Président (M.
Allaire) : Oui, allez-y.
• (14 h 50) •
M. Bernard : Je reviens un peu à ce
que je disais, parce que l'objectif du gouvernement, c'est de faire tomber les
barrières pour faciliter le commerce. Maintenant, le commerce, ce n'est pas le
gouvernement qui va le faire. Donc, ça va être les entreprises, comme je
mentionnais, qui vont développer leurs marchés. Et qu'est-ce que le gouvernement
a fait, c'est leur faciliter l'accès. Et c'est ça qu'on veut. Par la suite,
c'est à eux à prendre le ballon puis à le mettre au jeu pour scorer dans les
buts.
Le Président (M.
Allaire) : Merci... Merci, M. le ministre.
Mme McGraw : ...de
mettre en place les conditions gagnantes pour les PME en pleine guerre
commerciale, parce que c'est... ça relève de la macroéconomie, donc ça relève
du gouvernement. On comprend que c'est les entreprises et les PME, surtout, qui
font les efforts, mais il faut mettre en place des conditions gagnantes, il
faut avoir notre objectif clair et commun
chiffré. Alors, à l'intérieur de ce 50 %, que je vous soumets que c'est un
objectif de votre gouvernement, au
sein de ce 50 %, c'est quoi, l'objectif pour le commerce... de 50 %
du PIB, exportations, quel pourcentage relève du commerce
interprovincial?
Le Président (M.
Allaire) : M. Rousseau, 45 secondes.
M. Rousseau
(Youri) : Oui. Le commerce du Québec a augmenté de 3,6 milliards
avec des nouveaux pays, on en parlait hier avec M. Drainville. Donc, on a
exporté 100 % de plus aux Pays-Bas l'année dernière, 25 % de plus en
Inde, 25 % de plus en Allemagne. Donc, ça a augmenté de 3,6 milliards
avec le reste du monde et ça a augmenté de
4 milliards avec le reste du Canada. Donc, c'est vraiment des bons
chiffres, la... croissante augmentation. On a aussi un programme qui s'appelle le PSCE, qui a été
ouvert pour le marché canadien... à laquelle on a donné cet hiver, entre
janvier et février, 400 aides à des entreprises
du Québec pour développer le marché canadien. Donc, c'est 400 entreprises
qui ont eu de l'aide.
Mme McGraw : On
va avoir tout un bloc sur le commerce international. Je voulais surtout aller
sur l'interprovincial. Puis on n'arrive pas à remplacer ce qu'on perd avec les
États-Unis...
Le Président (M.
Allaire) : Merci...
Mme McGraw : ...on
n'est pas encore rendus là. Merci.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Ça met fin à ce premier bloc avec l'opposition officielle. On enchaîne avec
la deuxième opposition. Mme la députée de Verdun, 19 min 30 s,
la parole est à vous.
Mme Zaga Mendez : Merci
beaucoup. Bonjour, M. le ministre. Première fois qu'on a la chance d'échanger
ici. Je salue toute son équipe. Je vais me permettre un petit mot envers
le Scientifique en chef, qui est à... je pense, c'est sa dernière chance d'être
avec nous aujourd'hui, de saluer M. Quirion pour tout votre travail ces
dernières années en tant que Scientifique en chef puis tout le rôle que vous
avez donné à la science. Je me permets quand même à vous saluer. C'est une des choses qui me tiennent
beaucoup à coeur, là, le rôle de la science dans la prise de décisions
publiques.
Parlons de PME, alors. Il y a eu un plan de PME
annoncé, 2025-2028, qui a été lancé en juin 2025, il y a bientôt un an. Il y a eu 500 millions qui ont été
annoncés. Ma première question, si vous pouvez nous dire quelle proportion de
ces 500 millions ont déjà été engagés au bénéfice direct des PME. Et,
deuxième question, quels sont les indicateurs de performance que vous utilisez
pour mesurer ces succès?
Le Président (M.
Allaire) : Merci. M. le ministre.
M. Bernard : Merci
beaucoup pour la question. Effectivement, donc, le plan PME, il a été mis en
place l'année dernière, et on a déjà vu les... quand même les bénéfices
rapidement qui ont été faits. À ce moment-ci, je ne peux pas vous donner... le
quantifier proprement dit. Mais qu'est-ce qu'on observe quand même, c'est qu'au
niveau de certains aspects, comme, entre
autres, l'innovation et l'investissement — merci — donc,
on a eu une croissance, entre autres,
des investissements pour... qui a aidé la... la... Woups! Un moment, s'il vous
plaît. Ça fait qu'on a vraiment... pour... Excusez. OK. Donc, l'accès PME, on a eu plus de... Bon, démographie des
PME, on a eu plus de 140 000 interventions pour le volet
accès... bien... réseau innovation. Là-dessus, plus d'une vingtaine de milles
ont été consultés... Woups! Merci, M. le... Désolé.
Le Président (M.
Allaire) : Merci. Non, non, ça va, vous pouvez... vous pouvez quand
même poursuivre et terminer votre phrase, il n'y pas de problème. Mais je veux
juste dire que...
M. Bernard : Ah!
OK.
Le Président (M.
Allaire) : Peut-être en 10 secondes, là.
M. Bernard : Bon, ça fait que c'est
ça, ça fait qu'on a eu, donc, des gains de productivité qui ont été enregistrés
au sein de nombreuses entreprises, une baisse des coûts de... une augmentation
de productivité d'une vingtaine de pour cent à cet
égard-là, et c'est ça qu'on va quantifier encore au cours des prochaines... des
prochaines années... des prochains mois.
Le Président (M.
Allaire) : Merci. Merci. Mme la députée.
Mme Zaga Mendez : Donc,
on n'a pas encore, de ce que je comprends, la proportion de combien a été
engagé par... pour l'enveloppe de 500 millions. C'est cette
information-là qui ne nous a pas été transmise dans les crédits. Mais vous n'avez pas encore la proportion de
500 millions qui a déjà été engagée depuis juin 2025, si je comprends
bien.
Le Président (M.
Allaire) : M. le ministre.
M. Bernard : Je
viens d'avoir l'information...
Mme Zaga
Mendez : Allez-y.
M. Bernard : Donc,
le 500 millions sur trois ans.
Mme Zaga
Mendez : Sur trois ans.
M. Bernard : OK, ça, il faut... Donc,
pour, actuellement... pour l'année 2025-2026, 99 millions vont être
engagés, crédits budgétaires de l'ordre de 22 millions récurrents,
existants, 38,9, puis des nouveaux crédits 2025-2026 de l'ordre de
37,8 millions. Après ça, on a des projections pour l'année 2026-2027
et 2027-2028, OK, puis...
Mme Zaga
Mendez : ...continuer parce qu'on a... on a peu de temps. Une des
choses qu'on entend souvent, c'est que, puis on le voit avec les chiffres, là,
l'intervention qu'on a auprès d'Investissement Québec, 90 % de cette
intervention-là vise surtout les entreprises de moins de 200... 200 employés et
moins. Ça, c'est un fait. Les PME Québécoises
n'ont reçu que... Bien, pourtant, elles ne reçoivent que 72,6 % de la
valeur... en termes de nombre. Mais, en termes de valeur, c'est
72,6 % des aides du ministère de l'Économie et de l'Innovation. Ça, c'est
en 2025‑2026, ceci nous vient du cahier des crédits. Qu'est-ce que vous comptez
faire pour rééquilibrer la valeur monétaire? Parce qu'en termes de nombre de
projets, c'est une chose. Les PME sont plus petites, vous allez dire : On
est capables de financer plus. Mais, en termes de valeur monétaire des
investissements, pour favoriser davantage les PME locales par rapport aux grandes
entreprises?
M. Bernard : Bien, je suis content, vraiment, de la question,
M. le Président. Parce que, oui, les interventions du gouvernement par
Investissement Québec et l'ensemble des organismes, on touche une grande
majorité des PME du Québec. On sait qu'il y
en a plus de 200 000, PME, mais, en termes de valeur, quand on compare
avec les compagnies majeures, il y en a moins, mais les grandes
compagnies ont eux aussi des investissements.
Puis il ne faut pas
oublier le rôle important des grandes entreprises dans notre économie
québécoise. Parce que quand on investit dans les grandes entreprises, quand
elles performent, prenons des exemples comme Airbus, c'est toute la filière de
PME en arrière qui a été entraînée dans la croissance de ces grandes
entreprises là. Donc, il faut garder la grande... la totalité des secteurs
d'activité proprement dits. Alors, moi, personnellement... On fait notre
travail. Les PME bénéficient d'investissements pour les accompagner, et nos
grandes entreprises aussi, pour toute la filière industrielle québécoise.
Le Président (M.
Allaire) : Merci, M. le ministre. Mme la députée.
Mme Zaga Mendez : J'entends,
M. le ministre, mais les chiffres... On n'est pas contre qu'il y ait des
investissements majeurs structurants,
mais après... à des grappes moyennes, mais c'est le déséquilibre, là. On est
quand même à 72,6 % de la valeur des aides qui s'en vont... qui
vont dans les grandes entreprises. On est quand même dans un déséquilibre
encore. Et ça, c'est la question qui nous préoccupe. Ce n'est pas le fait qu'on
en donne à un ou à l'autre, c'est : en termes de valeur monétaire, on
n'atteint pas encore un équilibre qui est intéressant, qui peut créer encore
plus de grappes de PME gérées... qui viennent se greffer à d'autres projets
industriels.
M. Bernard : Bien,
M. le Président, si je peux me permettre, quand on regarde, là, le décompte que
j'ai, 2018 à 2025, pour Investissement Québec, 25 %, 4,4 milliards
sont allés aux PME de 20 employés et moins, 6,6 milliards, 37 %,
pour les entreprises de 20... de 200 employés et moins. 40 % de ces
interventions concernent donc des entreprises de moins de 20 employés.
Faire un équilibre, comme la députée le propose... Il faut regarder la taille
des PME avec lesquelles on investit. Alors, on ne peut pas demander à des PME
de 20 employés d'accroître énormément leurs investissements. D'où ça crée
ces chiffres-là qu'on a. Mais l'objectif, c'est qu'on donne de... on investit
dans les entreprises à tous les niveaux, peu importe lequel est leur nombre
d'employés.
Le Président (M.
Allaire) : Merci, M. le ministre. Mme la députée.
• (15 heures) •
Mme
Zaga Mendez : Merci. Je veux prendre le temps de vous parler d'une
situation qui me préoccupe pas... beaucoup, en fait. Je travaille là-dessus
depuis mon élection. Et ça tombe bien, aujourd'hui, je vais vous exposer une
situation pour laquelle j'ai... en fait, je n'ai jamais eu une réponse claire
de la part du gouvernement. Je veux quand même prendre le temps de vous exposer
ceci.
Depuis des
années, ce que je vois, puis je vais partir des exemples de l'île de Montréal,
mais je sais qu'il y en a, des exemples, ailleurs au Québec, des PME,
des entreprises de quartiers qui s'installent sur nos artères puis nos rues commerciales
ferment. Elles ne ferment pas parce qu'elles ne sont pas rentables, parce
qu'elles sont capables de générer un niveau acceptable de croissance
économique. Elles ont fermé dans les dernières années, c'est parce que, quand
il vient le temps de renouveler ce qu'on appelle un bail commercial, il n'y a
rien qui encadre la négociation d'un bail commercial. Et j'avais déposé... je
l'ai amené en commission il y a un an et demi, j'ai déposé une pétition à ce
sujet. Et c'est une grande préoccupation qui va au-delà d'une entreprise.
Aujourd'hui, j'ai reçu une lettre de PME
Montréal, qui consulte puis qui travaille avec des PME dans la grande région
métropolitaine, je vous ai fait parvenir la même lettre aussi, avec trois,
quatre types, et qui ne font... Je l'ai reçue aujourd'hui, je tiens à le dire,
là. Si vous n'en avez pas pris connaissance... Je ne m'attends pas que vous
l'ayez lue, là, je viens tout juste de la recevoir, mais je veux quand même
prendre le temps... Ils nous disent puis ils nous sensibilisent, ces PME là, en
disant que, contrairement aux baux résidentiels, les baux commerciaux ne font
l'objet d'aucune loi spécifique. Ils sont régis par des règles générales du Code
civil du Québec qui laissent une entièreté liberté contractuelle aux parties,
mais cette absence de balise place les entrepreneurs dans une situation de
grande vulnérabilité, particulièrement sur leurs... sur les différentes artères
commerciales où la pression immobilière s'intensifie.
J'ai déjà posé cette question en Chambre, mais
je sens qu'on a un vide, qu'on ne se pose pas cette question. Et, en même
temps, je vois des cafés, des bars, des librairies fermer et ne pas être
capables de continuer. La pression immobilière
est énorme, mais, quand ça vient... vient le temps de renouveler, il n'y a rien
qui encadre cette négociation. La
lettre que je vous ai envoyée parle des trois cas où est-ce qu'on a vu des
hausses imposées de 190 %, de 60 % de 50 %. Et, quand le
propriétaire décide de ne pas relouer, il a le droit de le faire. Donc,
j'aimerais ça vous entendre. Est-ce
qu'une réflexion est entamée, de votre côté, concernant la situation de ces
petites et moyennes entreprises?
Le Président (M. Allaire) : Merci.
M. le ministre.
M. Bernard : Oui, merci. Et je
remercie la députée parce que je me rappelle lorsqu'elle a posé la question en
Chambre il y a deux semaines, je crois. OK, c'est un sujet qui est vraiment
intéressant, puis, quand on se met dans la situation des milieux urbains,
effectivement, il faut se poser des questions. Puis, en toute franchise,
lorsqu'elle avait posé cette question-là en Chambre, ça m'a vraiment interpelé.
Mais maintenant, ceci étant dit, le
gouvernement, on agit au niveau du résidentiel proprement dit puis on a vu
qu'on a fait des règles, notre ministre de l'Habitation, à cet égard-là, pour
qu'est-ce qui est le résidentiel. Maintenant, entre entreprises, et autres,
jusqu'où le gouvernement peut aller? Je n'ai pas la réponse, M. le Président,
mais je suis vraiment sensible à la
situation. Mais parce que, là, on rentre dans des négociations entre un
propriétaire puis les entreprises. Est-ce
que le gouvernement doit encadrer ça, ou autres? Je n'ai pas la question. On va
y réfléchir, mais on rentre dans un
autre secteur d'activité qui est... qui est hors du champ d'intervention
gouvernemental en qu'est-ce qui me concerne.
Mais je ne dis pas qu'on ne regarde pas la
situation, mais il faut... il faut se préoccuper. C'est des situations qui
arrivent probablement plus dans les milieux urbains, parce que, quand je
regarde ma dynamique, nous, en région, Rouyn-Noranda, et ailleurs, on ne vit pas cette pression-là.
C'est différent à Montréal. Est-ce qu'il y a d'autres enjeux avec la
réglementation municipale ou pas? Je pense que ça va interpeler aussi les deux
niveaux de gouvernement pour s'assurer, entre autres, quand je prends les
villes urbaines, que leur tissu commercial dans chacune des rues ne soit pas
déstructuré. Donc, je pense qu'il faut faire une réflexion globale avec tous
les intervenants, que ce soit gouvernemental,
puis l'UMQ, puis les grandes municipalités, pour voir est-ce qu'il y a moyen de
faire quelque chose.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Mme la députée.
Mme Zaga Mendez : Je vais me permettre
de saluer l'ouverture, parce que c'est la première fois que j'entends qu'on
peut se poser la question puis qu'on reconnaît que cet enjeu-là existe. Ça fait
quatre ans que je ramène cet enjeu-là autour de la table. Cet enjeu-là existe
bel et bien, et c'est des entreprises qui se voient, en fait, noyées par la
pression. Ça peut être autour des centres urbains, mais pas seulement. Même les
propriétaires nous disent : Ça ne donne pas de prévisibilité, parce qu'il
n'y a aucun cadre dans la négociation. Quand on parle d'encadrer, ça ne veut
pas tout le temps dire de mettre un plafond puis dire : C'est ça, le coût
du marché. C'est d'encadrer une négociation pour qu'entre autres nos petites et
moyennes entreprises puissent survivre dans le temps.
Moi, je le vois, l'innovation dans... à Verdun,
je l'ai vu un peu... un peu partout à Montréal, à Sherbrooke, à Québec, mais
qu'on ne soit pas capables de leur donner un cadre de prévisibilité pour
rester, bien, on est en train de les perdre.
Puis, avec toute la pression du coût de la vie, quand on reçoit une hausse de
loyer de 190 % — ça,
c'est légal, c'est légal — puis qu'on passe, je donne un exemple, de
1 900 $ par mois à 5 500 $ par mois, quelle entreprise est
capable d'assumer ça? Il n'y a rien pour les
défendre, rien. On les a accompagnées, même au niveau légal, il n'y a rien
pour les défendre.
Alors, moi, j'aimerais ça vous entendre, d'avoir
un engagement qu'il va y avoir vraiment une réflexion pour l'encadrement des
baux commerciaux au sein de votre ministère.
Le
Président (M. Allaire) : M. le ministre.
M. Bernard : Merci. Je ne suis pas certain que... si on
revient à prendre un engagement sur la réflexion, ça va toucher plus qu'un ministère à proprement dit, et
je n'irai pas là. Je reconnais la situation, mais j'en reviens encore à la... à
qu'est-ce que j'ai dit antérieurement, ce n'est pas un enjeu qui est global à
l'ensemble du Québec. Alors, c'est là qu'à un
moment donné je crois qu'il faut interpeler les milieux municipaux qui sont
concernés. Parce que le gouvernement, arriver puis faire des
réglementations qui seraient panquébécoises sur un enjeu qui concerne deux
entreprises privées, c'est-à-dire un propriétaire d'un édifice et un commerce
qui prend un local à l'intérieur de celle-ci, on rentre dans un enjeu qui est
encadré plus par le Code civil du Québec, et ce sont des négociations entre
deux parties prenantes. Et, encore une fois,
je suis sensible à la situation, mais quelles balises, mais comment qu'on peut
encadrer ça? Je n'ai pas la réponse puis je vais laisser...
Le Président
(M. Allaire) : Merci, M. le ministre. Mme la députée.
Mme Zaga
Mendez : ...je vais continuer avec une... deux dernières questions
avec le temps qu'il me reste. Je veux juste vous sensibiliser. Oui, c'est des
petites et moyennes entreprises surtout, mais la location commerciale, c'est
aussi des groupes communautaires, c'est des centres de la petite enfance. Moi,
j'ai vu des centres de la petite enfance se faire évincer par leur propriétaire
justement parce qu'on ne veut plus d'enfants, et ils ont le droit, et on perd des services. Ça fait que ce n'est pas
seulement... oui, deux entités commerciales, mais on a des cas au Québec...
entités privées, OBNL privés et publics. Je vous sensibilise à ça, puis c'est
tant mieux si vous êtes capable de parler à vos collègues.
Deux dernières questions. La première, concernant
le Fonds pour la croissance des entreprises, 2,2 milliards de
dollars pour favoriser le repreneuriat. On entend souvent, c'est un grand
enjeu, mais je... voir un peu plus dans les optiques, dans la... et les options
que... Combien d'entreprises de type PME ont réellement bénéficié d'une reprise
de participation par le fonds pour éviter
une vente à des intérêts étrangers en 2025-2026? Est-ce que vous avez ça?
Est-ce que vous suivez le Fonds pour
la croissance des entreprises québécoises? Combien des petites et moyennes entreprises
ont réellement bénéficié d'une prise de participation pour éviter une vente à
des intérêts étrangers dans la dernière année? Est-ce que vous...
Le Président
(M. Allaire) : M. le ministre.
M. Bernard :
Bien, merci pour la question. Je vais revenir juste sur le point sur les
CPE. Normalement, le ministère de la Famille, et autres, avec les programmes,
il faudrait aller voir, à la rigueur, celles qui sont touchées...
Mme Zaga
Mendez : Ah! je l'ai fait.
M. Bernard :
...qu'est-ce qu'ils peuvent voir du côté du ministère, proprement dit, de la
Famille. Ceci étant dit, pour les CPE.
Maintenant, pour le
repreneuriat, je suis vraiment content de la question. J'ai eu le bénéfice de
rencontrer M. Alexandre Ollive
récemment, Repreneuriat Québec, qui nous a vraiment mis à parler du rôle qu'il
joue actuellement pour équilibrer.
Parce qu'on a beaucoup... on le sait, qu'il y a... les... la grande majorité
des PME au Québec, maintenant, les propriétaires, ils ont plus de
55 ans et ils n'ont pas de plan de repreneuriat. Alors, ça, c'est vraiment
important, et Repreneuriat Québec travaille beaucoup à cet égard-là.
Maintenant, au niveau... pour les aider, il y a les fonds locaux
d'investissement et il y a également les FLS, du côté des MRC, qui peuvent les
accompagner. Mais le repreneuriat est un enjeu majeur. On a beaucoup de cédants
qui sont prêts à prendre des entreprises. Puis, par la suite, pour les
repreneurs, on a aussi des gens puis on va avoir... Repreneuriat Québec a mis
une plateforme pour mettre tous ces gens-là en contact pour favoriser le
repreneuriat... merci.
Le Président
(M. Allaire) : ...Mme la députée.
Mme Zaga Mendez : Bien,
merci. Je vais me permettre de poser ma dernière question au Scientifique en chef, à M. Quirion. J'aimerais ça vous entendre, peut-être une
réflexion plus générale au coeur de votre travail puis d'un peu le bilan que
vous faites. On est dans un contexte d'instabilité économique, qu'on vit, mais
aussi d'instabilité climatique et sociale, où le rôle de la science demeure clé
pour informer, mais pour créer ce qu'on souhaite, des économies et des sociétés
plus résilientes. J'aimerais vous entendre un peu là-dessus, de comment le rôle
de la science et vous, comme Scientifique en chef, vous prenez part dans cette
réflexion envers une résilience dans des contextes géopolitiques tels qu'on les
connaît, mais aussi dans un contexte d'instabilité climatique.
Le Président
(M. Allaire) : M. le ministre.
M. Quirion
(Rémi) : Merci, oui.
Le Président
(M. Allaire) : Allez-y, M. Quirion. J'ai besoin du
consentement.
Des voix :
Consentement.
Le Président (M. Allaire) : Consentement, excellent. Donc, simplement vous
présenter, avec votre titre, même si les gens vous connaissent bien,
puis ça me permet de vous féliciter pour votre belle carrière. La parole est à
vous.
M. Quirion
(Rémi) :
Rémi Quirion, toujours Scientifique en chef, pas
encore tout à fait terminé. Très, très bonne question. Je dois dire que, dans
ma carrière, incluant la portion Scientifique en chef, je n'aurais jamais pensé
vivre ce qu'on vit maintenant en termes d'attaques contre la science par
plusieurs, plusieurs communautés, mais en particulier
les États-Unis, le pays le plus puissant en recherche scientifique depuis des
décennies. Donc, ça, ça... vraiment, ça nous pose plusieurs questions.
Et, pour nous, dans mon rôle de Scientifique en chef, ce qu'on a essayé de
faire, c'est mettre davantage d'emphase sur ce qu'on appelle la diplomatie
scientifique, comment la science peut aider les interactions et les
collaborations entre pays, très important.
• (15 h 10) •
Aussi, comme ça a été
mentionné pour l'économie, comment diversifier nos partenariats scientifiques,
on en a beaucoup avec... avec les
États-Unis, mais il faut aussi diversifier. Et la dernière partie de la réponse
serait la littératie scientifique,
s'assurer que, dans nos sociétés, il y a davantage... nos jeunes sont formés,
connaissent davantage la science, comment la science fonctionne, les
avancées, les retours. Donc, la littératie scientifique et la littératie
numérique, deux grandes priorités.
Le Président (M.
Allaire) : Merci. Mme la députée.
Mme Zaga
Mendez : Bien, je vous remercie.
Le Président (M.
Allaire) : Ça va?
Mme Zaga
Mendez : Merci. Je n'ai pas d'autre question...
Le Président (M.
Allaire) : Parfait. Donc, on poursuit, on poursuit. On revient avec
l'opposition officielle. M. le député de Marguerite-Bourgeoys, vous avez
19 min 30 s. La parole est à vous.
M.
Beauchemin : Merci beaucoup, M. le Président. Merci beaucoup.
Félicitations au nouveau ministre, bien heureux de pouvoir discuter avec vous.
Je vais essayer d'être gentil. Donc, il y a eu une annonce qui a été faite, une
baisse d'impôt, là, pour 75 000 PME, par une réduction, là, de la
déduction pour petites entreprises. Une question comme ça, pourquoi... pourquoi
avoir attendu aussi longtemps pour mettre cette déduction-là... une réduction
de la déduction?
Le Président (M.
Allaire) : ...
M. Bernard :
...merci, M. le député, pour la question. M. le Président, en fait, la première
réduction a eu lieu en 2021 alors que le
ministre des Finances a fait passer le taux d'imposition de 4,2 à 3,2. Et,
cette année, à ce moment-ci, il a fait passer le taux d'une autre étape,
de 3,2 à 2,2. Donc, c'est un processus qu'il a mis en place. Et l'autre chose,
c'était pour préserver, là, la... compétitivité du régime fiscal. Le
gouvernement a bougé pour faire, entre autres, un ajustement, se rapprocher des
autres provinces. On avait l'intention de le faire. L'Ontario avait annoncé
également. Donc, le gouvernement a procédé pour s'ajuster au contexte canadien
puis surtout avec nos voisins.
Le Président (M.
Allaire) : ...
M. Beauchemin :
Merci, M. le Président. Bien, en fait, les gens qui observent, comme le
FCEI, évidemment, voyaient que, bon, le réflexe de la CAQ, c'est d'attendre de
voir que... ce que l'Ontario va faire pour s'ajuster. Parce que, quand on est
passés de 4,2 à 3,2, c'était en réaction à l'Ontario. Là, on vient de faire
exactement encore la même chose en réaction à ce que l'Ontario a pour... pour
garder la compétitivité, mais c'est une demande qui a été mise en place depuis
plusieurs années. Puis je me pose la question : Pourquoi avoir attendu que
ce soit quelque chose fait en Ontario pour finalement le faire au Québec?
Pourquoi ne pas avoir pas pris le lead puis le faire nous-mêmes sans avoir à
suivre ce que l'Ontario fait? Pourquoi on n'a pas été capables d'avoir la
propre initiative de notre bord?
Le Président (M.
Allaire) : M. le ministre.
M. Bernard :
Oui. Bien, merci. Écoutez, je ne peux pas revenir sur le passé, je n'étais pas
là. Alors, je vais reprendre où ce que nous
en sommes actuellement. Le gouvernement... la première ministre et le
gouvernement a toujours, depuis qu'il
est en place, mis en place des manoeuvres, de l'allègement pour rendre nos
entreprises plus compétitives, et d'autant plus dans l'actualité,
l'enjeu des tarifs avec les États-Unis au sud. Donc, notre gouvernement a
procédé sur les deux aspects, fiscal, mais également avec l'allègement
réglementaire. C'est une volonté qui a été là, établie depuis que le
gouvernement est en place. Quand on pense... puis on va probablement en reparler,
les cinq projets de loi omnibus pour l'allègement réglementaire, et ma collègue
ici de Saint-François est encore plus apte que moi pour pouvoir répondre à ces
questions-là.
Le Président (M.
Allaire) : Merci, M. le ministre. M. le député.
M. Beauchemin : Bon, bien, écoutez, merci, M. le Président. Je...
OK, bon, on va garder le focus sur la mesure deux secondes. Combien...
combien coûte cette mesure?
Le Président (M.
Allaire) : M. le ministre.
Des voix :
...
M. Beauchemin :
Ça, c'est votre ministère, hein? C'est ça?
M. Bernard : ...c'est
ça, parce qu'effectivement c'est une... Bien, merci de la suggestion. C'est le
ministère des Finances qui aurait
probablement le chiffre à cet égard-là, sur le coût réel. De notre... de notre
côté, il faudrait faire la recherche,
puis on pourra vous revenir plus tard si on a l'information, mais c'est une
donnée du ministère des Finances, désolé.
M. Beauchemin : Mais cette demande-là
vient par votre ministère des PME, j'assume que vous aviez donc eu des
contacts avec la FCEI. Je... Les gens qui nous écoutent, là, auraient cru
normalement que le ministre responsable des PME aurait eu une idée du coût de
la mesure. Parce que, bon, ça a des impacts, évidemment, au ministère des
Finances, c'est certain, mais cette demande vient de votre ministère. Vous
n'avez aucune idée, là, de l'impact, là, de... fiscal?
Le Président (M.
Allaire) : M. le ministre.
M. Bernard : Je...
je veux revenir là-dessus. Vous parlez de la FCEI, on... Nous les avons
rencontrés, nous avons rencontré la Fédération des chambres de commerce du Québec, puis ils nous ont vraiment félicités pour la
mesure qui a été mise en place à cet égard-là. Donc, c'est important de
le signaler. Et éventuellement, pour l'allègement réglementaire, ils espèrent
qu'on va encore aller plus loin. Puis, à cet égard-là, bientôt, le projet de
loi n° 11 va être apporté pour être adopté, et on va
avoir besoin vraiment de l'appui rapide de nos... des oppositions. Ceci étant,
je vais demander à mes équipes s'ils ont l'information, et on va essayer... OK,
je viens de l'avoir. Merci.
Le Président (M.
Allaire) : Allez-y.
M. Bernard : Merci.
Donc, la mesure, 230 millions sur cinq ans, M. le Président.
Le Président (M.
Allaire) : M. le député.
M.
Beauchemin : Merci. Est-ce que votre ministère a travaillé sur cette
mesure-là?
M. Bernard : Je
vais...
Le Président (M.
Allaire) : M. le ministre.
M.
Beauchemin : Bien non, mais je... en fait...
M. Bernard : ...si vous... si vous
permettez, le... M. le sous-ministre était en poste à ce moment-là, il peut
répondre à ma place. Je n'ai pas... je n'ai pas l'idée comment les
cheminements se sont faits. Est-ce que vous permettez?
M.
Beauchemin : Mais l'annonce n'a pas...
Le Président (M.
Allaire) : Merci. Est-ce que... est-ce que j'ai le consentement?
M.
Beauchemin : Juste deux... deux secondes avant de donner le
consentement.
Le Président (M.
Allaire) : Oui. Allez-y. C'est bon.
M.
Beauchemin : Vous avez été nommé ministre, et l'annonce était faite
par la suite, n'est-ce pas?
M. Bernard :
Deux jours... deux jours après, M. le Président.
M.
Beauchemin : La plus grosse annonce qui est, en fait, reliée à votre
ministère, puis on ne vous avait pas mis au courant de... que ça s'en venait,
ou c'était une surprise, ou...
Le Président (M.
Allaire) : M. le ministre.
M. Bernard : Comme... bien, comme je disais, le temps de
rentrer en poste, M. le Président, l'annonce est arrivée, qui était
déjà... qui était déjà prête. Et probablement, s'il n'y avait pas eu la suspension
des travaux, elle aurait été faite probablement avant mon
arrivée en poste. Alors, je suis arrivé dans le contexte, bien content, ça
avait été ma première annonce avec la première ministre, mais je suis arrivé,
et le tout était prêt à cet égard-là.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
M.
Beauchemin : ...vous n'avez
aucune espèce d'idée combien de temps votre... votre ministère a travaillé sur
cette mesure-là?
Le Président (M. Allaire) : M. le
ministre.
M.
Bernard : C'est une mesure
du ministère des Finances. Mais, encore une fois, peut-être que le
sous-ministre, à ma droite, peut dire combien de temps qu'ils ont été
interpelés avec... sur cette mesure-là et qu'ils ont participé. Moi,
personnellement, je n'ai pas la réponse, M. le député.
M. Beauchemin : Brièvement, consentement,
oui.
Le
Président (M. Allaire) :
Parfait. Donc, j'ai le consentement? Simplement, prendre le temps de vous présenter,
votre titre. La parole est à vous.
M. Gervais
(Mathieu) : ...sous-ministre
Économie, Innovation, Énergie. Donc, c'est des travaux qui relèvent
effectivement du ministère des Finances. Il y a des échanges, évidemment, en
continu...
M. Beauchemin : Donc, le ministère
de l'Économie...
M. Gervais
(Mathieu) : ...il travaille
de concert avec le ministère des Finances sur la compétitivité globale du... de
l'environnement d'affaires des PME. Mais toutes les simulations, exemple,
les...
M. Beauchemin : Puis vous n'avez
jamais été mis au courant de l'impact fiscal de votre demande?
M. Gervais
(Mathieu) : Bien, au niveau
administratif, on a des échanges pour... on connaît la dépense fiscale
de réduire le taux PME, évidemment, mais les scénarios qui ont mené à l'annonce
ne nous ont pas été confirmés avant le budget.
M.
Beauchemin : OK. Ça fait que
vous avez une demande, vous ne savez, grosso modo, pas vraiment clairement
combien que ça va coûter, mais vous avez une
demande. Vous demandez au ministère des Finances de vous la quantifier,
puis c'est à partir de ce moment-là que vous savez combien ça coûte, c'est ça?
M. Gervais (Mathieu) : On n'a pas...
Ce n'est pas nous qui avons déposé une demande au ministère des Finances. Le
ministère des Finances ont fait... ils sont responsables du régime fiscal puis
ils font des travaux sur la compétitivité des entreprises, de concert avec le
ministère de l'Économie, mais ce... ce n'est pas notre demande.
M. Beauchemin : Bien. OK, bien, la
partie du concert, là, de quel instrument de musique vous jouez dans le concert
avec...
M.
Bernard : ...si je peux me
permettre, étant donné que c'est... ça relève des Finances, la demande, elle a
été faite, comme M. le sous-ministre le mentionne, directement au
ministère des Finances, même si ça touche les PME. La demande originale, elle a
été faite auprès du ministère des Finances et non auprès du ministère de
l'Économie et de l'Innovation.
Le Président (M. Allaire) : Merci. Merci.
M. le député. 11 minutes.
• (15 h 20) •
M. Beauchemin : Bon, OK. On comprend
que ça vient des Finances. Donc, lorsque l'annonce a été faite, la première ministre, qui était présente, en fait, je
pense que vous, vous étiez présent aussi lors de l'annonce, elle a annoncé
que, concrètement, «le taux d'imposition des petites et moyennes entreprises du
Québec sera réduit dès maintenant de 3,2 % à 2,2 %. Il s'agit d'un
allègement fiscal significatif représentant près de 630 millions sur cinq
ans pour 75 000 PME.» Ça, c'est lors de l'annonce. Mme la première
ministre était là, vous étiez là, le ministre des Finances était là. Puis là
vous, vous me dites que ça coûte 230 millions?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Bernard : Oui, M. le
Président. Effectivement, la mesure du 3,2 % à 2,2 % a un effet
cumulatif de 630 millions, mais qui
était... En même temps, le corollaire à ça, c'est qu'il y avait une baisse de
3,42 % à 2,69 % du taux de crédit d'impôt pour dividendes
non déterminés. Alors, c'est là que... qui fait que les sommes qui sont allouées
à la PME en... Les gens bénéficiaient, donc, moins au niveau des dividendes, ce
qui fait... au final, la somme récupérée au niveau des
dividendes est de l'ordre de 399 millions. Donc, la somme des deux fait un
montant de 230 millions du coût de la mesure.
M. Beauchemin : Je
comprends ça, mais ce que je ne comprends pas, c'est qu'on... on annonce 630,
ça sonne bien. Puis après ça on
dit : Mais, n'oubliez pas, il y a un effet de dividende, puis l'effet du
dividende, on ne l'annonce pas, ça fait que ça sonne comme 630. Il n'y a
jamais... dans l'annonce, mentionné qu'il allait y avoir un effet sur le
dividende. Moi, je le comprends parce que j'ai travaillé dans le domaine, là,
je le comprends, c'est sûr et certain qu'il va
y avoir un effet, mais... On annonce 630, mais, dans le fond, c'est 230.
Ça, c'est comme on va vous baisser les impôts de 50 $ ici et là, mais finalement on va augmenter votre taxe sur
les assurances en janvier. C'est dans la même catégorie, un peu, là,
non?
M. Bernard : ...si je reviens
au moment de l'annonce, le ministre des Finances a vraiment mentionné les deux
mesures. Je me rappelle les entrevues, entre autres, qu'il a faites avec... à
RDI...
Une voix : ...
M. Bernard : ...à Radio-Can, et
autres. Ça a été mentionné et ça a été mentionné lors de ses questions. Le
ministre des Finances a été transparent à cet égard-là, il a vraiment parlé des
deux mesures combinées.
Le Président (M. Allaire) : M.
le député.
M. Beauchemin : Parce que la
citation de la première ministre ne parlait pas du 230 millions, elle
parlait du 630 millions. Elle ne
parlait pas du dividende, elle ne parlait... Le ministre des Finances, que je
connais assez bien pour comprendre que lui aussi, il comprend aussi bien
que moi l'effet de la... du dividende là-dessus... et donc la réduction à
230 millions. Mais pourquoi la première ministre, elle, a annoncé que
c'est une mesure qui coûtait 630 millions?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Bernard : De mémoire, même
si j'étais là, je ne peux pas répondre comment que ça avait été fait, mais je reviens encore. OK, la... la première ministre et
le ministre des Finances, ils ont vraiment mentionné l'annonce combinée des deux, qui donne un montant de
230 millions. Puis le ministre des Finances a été très clair là-dessus, M.
le Président, que la somme des
mesures... Puis moi-même, lors d'une entrevue avec M. Ferrandez et
Mme Normandeau, on a mentionné les chiffres correctement.
Le Président (M. Allaire) : ...député.
M. Beauchemin : Bon, bien, écoutez, le verbatim de l'annonce dit
que la première ministre annonce une annonce de 630 millions. Je comprends ce que le ministre nous dit, mais,
bon, on comprend qu'on... qu'on est avec le gouvernement de la CAQ, là,
il n'y a pas de... il n'y a pas d'enjeu.
M. Bernard : ...si je peux me
permettre, M. le Président, il faut quand même le regarder... ces deux points.
La première annonce de... le 630 millions concerne les PME. Et l'autre
volet, c'est pour ça que la première ministre l'a annoncé, pour les PME, ça
représentait 630 millions. Maintenant, au niveau du dividende, c'est un
autre aspect proprement dit, mais la PME elle-même, proprement dit, elle a eu
un bénéfice, un gain de 630 millions.
Le Président (M. Allaire) : Merci,
M. le ministre. M. le député.
M. Beauchemin : Bien, je ne
veux pas m'obstiner longtemps avec le ministre, là, mais, quelqu'un qui est
propriétaire d'une entreprise, qui reçoit, donc, le dividende, donc reçoit le
net, ça revient à 230. C'est... grosso modo, on peut la résumer rapidement, là,
mais...
M. Bernard : ...c'est le coût
de l'État, M. le Président.
M. Beauchemin : Ceci étant, on
est... Donc, c'est intéressant que vous parliez justement, là, des projets
d'allègement réglementaire. Le même FCEI, là, que vous dites que vous êtes en
grande collaboration avec a dit, et puis ce n'est pas moi, là, c'est eux qui le
disent, là, que, depuis 2018, la CAQ a ajouté au fardeau réglementaire de nos
PME. Puis ça coûte à nos PME, là, ça coûte en plus, depuis 2018, à nos PME,
2,4 milliards de dollars. Je sais que votre équipe travaille, a
travaillé sur des projets d'allègement réglementaire, pour en avoir participé
dans quelques-uns. Votre collègue actuel... précédent, d'ailleurs, était
présent. Il y avait monsieur... d'autres... je ne peux pas les nommer, en tout cas, ceci étant, le nombre c'est-tu cinq,
c'est-tu six projets? Le total, grosso modo, c'est qu'on a réduit ce
2,4, on dit qu'on a réduit ou on veut réduire ce 2,4 de
200 millions de dollars, total, 200, 220 millions de
dollars, total. On va le prendre. C'est sûr que c'est mieux que rien, mais
est-ce que vous comprenez quand même que, du point de vue des PME 2,4
moins 200, là, 2,2 milliards de dollars, c'est énorme puis c'est...
c'est une taxe au développement économique,
c'est ce qui les rend moins compétitives, c'est ce qui fait qu'elles perdent
des parts de marché?
Le son de cloche que moi, j'ai quand je parle aux entrepreneurs, ils me
disent tous la même chose : Gouvernement de la CAQ, tassez-vous de
là, l'impôt, on va le prendre, c'est gentil, là, mais on aimerait de loin
beaucoup plus ne pas vous avoir dans nos pattes. On préfère de loin avoir de
l'énergie, aller gagner des parts de marché à économiser, pouvoir prendre cet
argent-là au lieu de le dépenser dans la paperasse, d'y aller justement dans
l'innovation, nous permettre d'avoir des gains de productivité, etc. Mais, non,
ça fait que... Est-ce que vous considérez sérieusement que les projets
d'allègement que vous faites à la CAQ répondent aux problèmes que la CAQ a
créés?
Le Président (M. Allaire) : M. le
ministre.
M. Bernard : Merci. Oui, je suis
content... je suis content de l'intervention du député parce que c'est un
processus en continu. Et d'ailleurs je comprends très bien, et il ne faut pas
oublier qu'il y a plusieurs ministères qui font de la réglementation. Et
qu'est-ce que le gouvernement veut faire et qu'est-ce qu'il a entrepris, c'est
vraiment de revoir tout le processus réglementaire puis faire de l'allègement.
Le projet de
loi n° 11, si on se rappelle, il a annoncé, entre autres, qu'on allait
augmenter le nombre de ministères qui allaient être interpelés. Par la
suite, on va faire des mesures de deux pour un, proprement dit, pour... dans la
nouvelle politique, pour... on va élargir de 19 à 42 ministères. On va
aussi inclure les nouveaux... les organismes qui relèvent des ministères. On
est conscients de la situation, et c'est pour ça que notre gouvernement veut
vraiment continuer puis aller de l'avant dans... en allègement.
Et, la
semaine dernière, j'ai participé à une conférence provinciale, fédérale et
territoriale, et le Québec a vraiment... pas surpris les gens, mais les gens ont reconnu le leadership du Québec,
qu'est-ce qui se fait en allègement réglementaire. Et on veut aller plus
loin, et c'est ce qu'on va faire avec la nouvelle politique, M. le Président.
Le Président (M. Allaire) : Merci,
M. le ministre. M. le député.
M.
Beauchemin : Quand même
assez incroyable, parce que, bon, on va s'entendre que, quand le regroupement
canadien des entreprises indépendantes dit
qu'au Québec leurs membres leur rapportent que ça leur coûte 2,4 milliards
de plus parce que le gouvernement de la CAQ a imposé des alourdissements
réglementaires puis que, là, vous dites qu'au... dans le reste du monde, là, on
vous félicite parce que vous faites de l'allègement, je pense qu'il manque
juste une partie de l'image. Quand les gens regardent la feuille de route du
gouvernement, il manque tout le dommage qui a été fait avant, là. C'est comme
si vous partiez de zéro, puis là vous réduisiez, mais vous êtes à plus
2,4 milliards moins 200 millions. C'est... on n'est pas... on n'est
pas dans la même catégorie, là.
Je veux parler du Programme de développement
économique pour l'aide à la redynamisation des territoires. Puis la raison, M.
le Président, pour laquelle je veux en parler, c'est qu'hier j'avais le
ministre de l'Économie devant moi, qui m'a
dit : Ce n'est pas mon département, il faut que vous parliez au ministre
des PME. Ça fait que, donc, je vais vous en parler. J'ai essayé de lui
en parler hier, puis, clairement, il n'était pas capable de répondre à mes
questions. Lorsque le programme a été mis en place, est-ce que vous êtes
capable de me dire quel était le financement initial, s'il vous plaît?
Le Président (M. Allaire) :
1 min 15 s. M. le ministre.
M.
Bernard : Oui, vite, mais, en fait, la semaine dernière, OK,
Québec dans... a eu la note B+ de la FCEI, OK, puis ils ont eu les Ciseaux
d'or. Ça fait que, quand même, ce n'est pas si mal quand des
collègues des autres provinces, ils ont eu D, E, et autres. Donc, globalement,
on s'en tire très bien, de la perception du FCEI.
Concernant le
programme DÉPART, c'est que l'annonce a eu lieu ce matin. Alors, c'est pour ça
qu'il y avait... le ministre, hier, ne pouvait pas vous donner des
chiffres sur une annonce qui allait être faite ce matin par la première ministre et le ministre en titre, parce qu'il
aurait brûlé l'annonce d'aujourd'hui qui était faite par la première ministre.
Alors, à cet égard-là...
• (15 h 30) •
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Merci, M. le ministre.
M. Bernard : ...c'est pour ça
qu'aujourd'hui...
Le Président (M. Allaire) : M. le
député.
M.
Beauchemin : ...sur l'avenir, ma question était sur le passé,
le financement initial du programme DÉPART, s'il vous plaît. Ça m'a pris
quoi, 10 secondes, celle-là?
M. Bernard : OK. Le programme avait
75 millions de prévus sur trois ans.
M. Beauchemin : Merci. Combien a été
utilisé?
Le Président (M. Allaire) : M. le
ministre. 10 secondes.
M. Bernard : 38 millions sur
trois ans, qui a été...
M.
Beauchemin : Le nouveau programme maintenant est de?
(Consultation)
M. Bernard :
...on me dit, là c'est ça, l'annonce, c'est à peu près 25 millions qui va
être vraiment alloué au programme pour les
27 MRC qui sont touchées, les plus dévitalisées. Puis qu'est-ce qu'ils
vont faire à ce moment-là? Ils vont quand même, pour accompagner les
projets, ils vont réduire la somme maximale à 125 000 $.
Le Président (M. Allaire) : Merci. Merci. Donc, ça met fin à ce bloc
d'échange avec l'opposition officielle. Donc, on a un petit peu amputé
le temps, là, de votre prochain bloc pour permettre de répondre, là, vu que
vous attendiez la réponse. Vous ne m'en tiendrez pas rigueur, je l'espère. M.
le député d'Arthabaska, la parole est à vous, 19 min 40 s.
M. Boissonneault : Merci, M. le Président.
Bonjour, chers collègues, bonjour aux équipes, bonjour, M. le ministre délégué. Ça me fait plaisir d'être
là, ça me fait vraiment plaisir d'être là puis de... parce que je peux
rappeler, dans le contexte de ce qui nous préoccupe, les PME, à quel
point ma région est une région où cet entrepreneuriat-là, l'entrepreneuriat des
petites et moyennes entreprises, est immensément important. On aime croire, dans Arthabaska et dans L'Érable, qu'on est un peu
un berceau de l'entrepreneuriat au Québec. Beaucoup d'entrepreneurs puis
beaucoup d'entrepreneurs qui avaient de grandes attentes par rapport au
gouvernement de la CAQ. Ils avaient des
grandes attentes parce qu'ils cherchaient un partenaire dans le gouvernement,
un partenaire des petites et moyennes entreprises, sur deux plans,
essentiellement : la réduction du fardeau administratif et la réduction du
fardeau fiscal.
Moi, quand je me
promène sur le terrain dans mon coin de pays, on me parle de ça à peu près tous
les jours, cette impression qu'en ce moment on a affaire à un gouvernement qui
n'est pas un partenaire des entreprises, souvent
même un adversaire qui vient chercher de l'argent dans leurs poches, alors
qu'ils n'ont, me disent-ils, pas assez de services, qui alourdit leur
travail. On pensait qu'il y aurait des allègements réglementaires. Or, moi, ce
qu'on me dit, c'est qu'il y a un paquet d'exigences qui ont été créées dans les
dernières années, qui rend la vie des entrepreneurs extrêmement difficile. On
dit que c'est un vrai casse-tête. Donc là, ils essaient d'obtenir de l'aide,
mais la reddition de comptes ne finit plus, il y a des informations à valider
en permanence. On essaie de parler à quelqu'un au ministère, puis ça ne répond
même pas au téléphone.
Et, de l'autre côté,
ce qu'on se dit par rapport à la charge fiscale, c'est qu'on a l'impression que
l'État subventionne puis l'État accompagne les grandes entreprises puis qu'avec
des subventions on choisit un peu qui sont les gagnants puis qui sont les
perdants sur le terrain. Moi, je parlais avec un entrepreneur que je connais
bien, de la région de Victoriaville, qui
disait : Moi, j'ai commencé une entreprise de coupe de métal. J'ai bûché,
j'ai travaillé fort pendant plusieurs années pour pouvoir faire
fonctionner cette entreprise-là. Deux ans plus tard, il y a un concurrent qui se présente, qui lance son entreprise, mais
lui a une subvention. Là, il dit : Attendez, l'État n'est pas supposé de
devenir mon concurrent, puis c'est ce qui est en train de se passer.
Donc, ma première
question : Est-ce que vous comprenez, M. le ministre délégué, comment
peuvent se sentir les entrepreneurs au Québec en ce moment, je parle de ma
région, mais je pense que c'est la même chose dans toutes les régions, qui ont
l'impression que le gouvernement actuel a participé à alourdir leurs tâches, si
on parle de fardeau administratif, et qu'il y a urgence d'agir pour réduire ce
fardeau-là?
Le Président (M.
Allaire) : Merci. M. le ministre.
M. Bernard : Merci.
Merci, M. le député. Écoutez, je suis moi-même quelqu'un qui suit l'activité
des PME, étant moi-même un député des
régions, puis le tissu des PME, puis je comprends très bien le collègue, que
c'est important pour notre... le développement économique des régions et
aussi les essors de l'économie. Maintenant, ce qu'il faut se rappeler puis... le mouvement qu'on a fait, on a
mis en place, en 2025, le Plan PME, qui aborde un paquet d'enjeux que le
collègue a soulevés.
Premièrement, accès PME, qui a été mis en place,
450 agents sur le terrain, dans les 102 MRC, pour justement servir
de porte d'entrée aux entrepreneurs, pour les diriger vers les programmes que
le gouvernement a mis en place, autant au niveau des MRC que, par la suite, au
niveau d'Investissement Québec. Parce que le deuxième volet, c'est celui d'Investissement Québec où Investissement
Québec est présent dans chacune des régions. Il y a 200 agents qui sont
là pour, eux aussi, accompagner les
entreprises pour... Et là on parle au niveau des FLI, les fonds locaux
d'investissement, des investissements de l'ordre de 15 000 à 150 000 $.
Quand on tombe dans les montants supplémentaires, c'est Investissement Québec. Les
portes d'entrée sont cet endroit-là, M. le député.
Donc, M. le Président, on est là. Ce n'est pas en
appelant au gouvernement qu'ils vont directement avoir la réponse. Moi-même, j'ai référé tout récemment une
connaissance à moi qui était venue me voir à ma porte pour dire : Regarde
comment tu peux m'aider. Et je l'ai retournée vers le premier niveau qui
correspondait à ses besoins, sa MRC pour ses programmes d'aide, le Fonds local
d'investissement. Alors, c'est là... vers eux qu'il faut aller. Et peut-être
que, si je reviens au député, qu'il faut faire plus de sensibilisation et
d'information pour que les PME puissent vraiment aller chercher l'aide qui
correspond à leurs besoins.
Le Président (M.
Allaire) : Merci. Merci, M. le ministre. M. le député.
M.
Boissonneault : Qu'est-ce qui a été fait dans la dernière année pour
réduire le fardeau administratif, concrètement, là, pour s'assurer qu'il y ait
moins de besoins? Parce que, moi, sur le terrain, ce qu'on me dit, c'est :
Laissez-moi travailler,
bon sang! Laissez-moi travailler. Je ne veux pas nécessairement de subventions,
mais les formulaires que je dois répéter d'un ministère à l'autre... Je
me présente, j'ai besoin d'un appui ou d'un accompagnement x, y, z. Il faut que
je remplisse un formulaire, je donne des données, je donne mon nom, je donne
mon adresse, etc. Là, après ça, je m'adresse à un autre ministère. Il faut que
je remplisse un autre fonctionnaire, donnant les mêmes données. Est-ce qu'il y
a quelque chose qui a été fait dans la dernière année pour changer ça,
concrètement?
Le Président (M.
Allaire) : M. le ministre.
M. Bernard : Bien, merci, puis le premier... le premier jalon,
je dirais, qui est vraiment important... oui, il y a eu cinq projets de
loi omnibus depuis cinq ans, puis le dernier en titre, le PL 11, qu'on va
adopter prochainement, il va encore plus loin. Parce que la problématique que
le collègue soulève est là, et le gouvernement en est entièrement conscient. Et on va donc, quand il va adopter... le
projet de loi, c'est 63 mesures pour des économies de...
81,9 millions. Mais, ceci étant dit, dans le projet de loi n° 11, on met en place les réformes qui vont bientôt être
en place et proposées dans la nouvelle politique gouvernementale. Et le... pour
terminer sur l'intervention, M. le Président, bientôt, on veut... puis les
équipes du ministère travaillent pour implanter, utiliser l'intelligence
artificielle pour justement répondre à toutes les exigences qui sont en place
pour les regrouper et pour vraiment améliorer le processus d'allègement
réglementaire.
Le Président (M.
Allaire) : Merci. Merci, M. le ministre. M. le député.
M.
Boissonneault : M. le ministre délégué, vous êtes délégué aux PME,
donc on présume que vous avez une connaissance des programmes qui s'adresse aux
PME. Ça fait quatre ans que vous êtes député. Vous avez été député avant aussi sous les libéraux. Est-ce que vous
connaissez bien les programmes, vous? Est-ce que vous... Est-ce que vous
avez eu le temps de vous pencher, de faire un peu cette trajectoire-là, que les
entrepreneurs doivent faire à l'heure actuelle pour avoir accès aux programmes?
Le Président (M.
Allaire) : M. le ministre.
M. Bernard :
Bien, je remercie de la question. Naturellement, comme j'ai dit à l'entrée du
jeu, au début de la période, j'ai eu un «crash course», un cours accéléré du
ministère dans lequel, maintenant, je représente les PME, et j'ai eu le support
d'une équipe exceptionnelle à cet égard-là. Mais en une période de cinq
semaines, si vous comprenez, M. le Président, j'ai eu toute la panoplie des
programmes, ils ont été là, ils m'ont été présentés. Mais, arrivé à ce
moment-ci, tous les énumérer dans l'ordre, je demande un peu au député d'être
conciliant à mon égard.
Le Président (M.
Allaire) : Merci. M. le député.
M. Boissonneault : Bien, il faut être conciliant aussi pour les
entrepreneurs, hein? Parce que ce que vous vivez là, c'est intéressant
parce que, faute de temps et de ressources pour s'informer adéquatement, il y a
beaucoup de PME qui ne savent pas à
quelle... à quelles aides ils sont admissibles, qui trouvent que les démarches
sont trop lourdes par rapport aux bénéfices potentiels. Est-ce que vous
comprenez la chose comme eux peuvent la comprendre dans ce cas-là?
Le Président (M.
Allaire) : M. le ministre.
M. Bernard : Mais, écoutez, je vais répéter ce que j'ai dit
antérieurement, c'est qu'avec la mise en place d'accès PME c'est 450 ressources qui sont sur place,
sur le terrain, dans 102 MRC, plus les 200 agents, comme j'ai
mentionnés, pour Investissement Québec. Donc, on a plus de
600 ressources qui sont là justement pour accompagner les entrepreneurs,
comme le député l'a souligné. Donc, il y a du travail à faire pour peut-être
les sensibiliser, mais on a toutes les ressources en place pour vraiment guider
les entrepreneurs dans la bonne direction.
• (15 h 40) •
Le Président (M.
Allaire) : Merci. Merci, M. le ministre. M. le député.
M. Boissonneault : Visiblement, M. le ministre délégué, ça ne
fonctionne pas, parce que, selon un rapport de la FCEI qui a été publié
cette semaine, il y a seulement 34 % des PME québécoises qui connaissent
les programmes de formation de la main-d'oeuvre qui existent, 27 % d'entre
elles n'ont aucune idée de leur existence. Qu'est-ce qui s'est passé?
Le Président (M. Allaire) :
M. le ministre.
M. Bernard :
On parle de deux aspects à ce moment-ci, là, M. le Président. Quand on parle
des programmes de formation, c'est... les programmes de formation ne relèvent
pas essentiellement du ministère de l'Économie. C'est beaucoup le ministère de
l'Éducation, le ministère d'Emploi, Solidarité, parce que les mesures, souvent,
sont là, d'accompagnement. Par exemple, quand une entreprise veut innover ou
avoir un plan d'investissement puis former la main-d'oeuvre, ils vont s'adresser
à un autre ministère qu'à autre ministère à cet égard-là.
Ceci étant dit, je
reviens au volet qui nous appartient à nous. Les personnes-ressources, ils sont
là, en place, pour justement accompagner
puis guider les entrepreneurs vers les programmes de formation, tel qu'elle l'a
mentionné. Les MRC sont vraiment bien outillées à
cet égard-là. Puis moi, je peux le dire en regardant dans la dynamique de
Rouyn-Noranda, que je connais bien, les entreprises sont bien accompagnées pour
être dirigées aux bons endroits.
Le Président (M.
Allaire) : Merci. Merci, M. le ministre. M. le député.
M. Boissonneault : Donc, si je comprends bien, M. le ministre
délégué, vous ne vous sentez pas responsable... en tout cas, votre gouvernement ne se sent pas responsable de cette
méconnaissance-là des programmes à l'heure actuelle.
M. Bernard :
Écoutez bien, le gouvernement, quand on regarde le rapport de la FCEI, le
gouvernement est très au fait des enjeux
qu'actuellement les entreprises et les PME vivent. Dans le contexte actuel
d'avec les tarifs puis, comme vous avez souligné, dans le contexte,
entre autres, puis on regarde qu'est-ce qui s'est arrivé dernièrement au niveau
beaucoup de PME manufacturières, le gouvernement a été en avant. Il a été
visionnaire pour mettre en place tous les outils pour accompagner les
entrepreneurs, pour faire le virage, pour élargir leurs marchés d'exportation,
développer des nouveaux marchés de commerce.
Donc, le gouvernement a été là, les outils sont en
place. Y a-t-il une réflexion peut-être à dire : Comment faire pour
mieux informer les entrepreneurs? On regardera ça si c'est nécessaire, mais le
gouvernement a été omniprésent pour tous les programmes.
Le Président (M.
Allaire) : Merci. Merci, M. le ministre. M. le député.
M. Boissonneault : M. le ministre délégué, vous vous êtes sûrement
promené à rencontrer des PME dernièrement et, comme moi, vous avez
probablement remarqué qu'il y a un sujet aussi qui ressort, c'est celui de
l'immigration puis, plus précisément, de
l'imprévisibilité dans le dossier de l'immigration. Moi, ce qu'on me raconte,
c'est qu'il y a des entreprises qui
perdent des employés, des entreprises qui s'attendaient à avoir des employés
étrangers ou temporaires, par exemple, qui soient le plus longtemps,
même des résidents permanents ou des gens qui se déplacent sur le territoire.
Est-ce que vous diriez que votre gouvernement a été prévisible en matière
d'immigration depuis huit ans?
Le Président (M.
Allaire) : M. le ministre.
M. Bernard :
Je suis vraiment, M. le Président, vraiment content de cette question-là, parce
que chez moi, à Rouyn-Noranda, puis partout ailleurs au Québec, j'ai des amis
qui sont propriétaires d'entreprises, et autres, puis la main-d'oeuvre indépendante... pardon, pas
indépendante, mais les travailleurs étrangers temporaires sont une
main-d'oeuvre vraiment importante. Et l'enjeu qui est soulevé relève des
deux niveaux du gouvernement, des travailleurs étrangers temporaires qui sont
venus ici, c'est un programme fédéral. Le premier ministre puis la nouvelle
première ministre ont fait des pressions auprès du gouvernement fédéral pour
que les travailleurs étrangers temporaires aient un droit d'acquis pour pouvoir
rester dans nos entreprises et dans les régions. Plusieurs sont établis, ils
sont francisés. Alors, c'est un enjeu important.
Puis, de notre côté, on a vu l'engagement de la
première ministre de remettre en place le PEQ pour les deux prochaines années
pour justement contrebalancer cet effet-là qui touche le fédéral.
Le Président (M.
Allaire) : Excellent. Merci.
M. Bernard :
Mais c'est un enjeu important, puis il me tient à coeur parce que j'ai des amis
qui ont vraiment immigré au Québec...
Le Président (M.
Allaire) : Merci, merci, M. le ministre. M. le député.
M.
Boissonneault : Pour le procès-verbal, M. le Président, la première
ministre a indiqué hier qu'elle n'avait pas fait pression au gouvernement
fédéral dans le dossier l'immigration. Elle l'a dit à l'étude des crédits
budgétaires. Puis là je veux juste rappeler
une chose aussi, votre gouvernement a changé le PEQ, a aboli le PEQ, repromis
le PEQ, baissé les seuils, monté les seuils, demandé tous les pouvoirs
en immigration, puis, après ça, on ne demande plus de pouvoir en immigration,
plus de pouvoir supplémentaire.
Donc, je repose la question : Est-ce que vous
avez vraiment l'impression que votre gouvernement, en huit ans, a été
prévisible en immigration pour les entreprises?
Le Président (M.
Allaire) : M. le ministre.
M. Bernard :
Peut-être la première ministre ne l'avait pas fait, mais le premier ministre
qui était là, en poste, il a fait les
démarches. Parce que je peux vous dire, chez nous, les collègues, mes collègues
députés des régions, où nous sommes très présents dans les régions... et
les travailleurs étrangers temporaires étaient un enjeu majeur pour tout. Puis je regarde mes collègues qui sont là, qui
sont intervenus souvent dans nos caucus, parce que c'est un enjeu important.
Maintenant, pour qu'est-ce qui est les
fluctuations, je suis d'accord avec vous, à un moment donné, l'abolition
du PEQ, le ramener, et autres, ça crée de l'incertitude, et on n'en sait plus.
On est vraiment conscients de ça.
Et d'ailleurs c'est là que
la première ministre a ramené le PEQ, le remettre en place pour les deux
prochaines années pour justement sécuriser les gens qui sont ici actuellement,
qui ont fait des demandes, pour pouvoir vraiment répondre à leurs attentes,
pour eux, pour les régions du Québec puis pour nos entrepreneurs.
Le Président (M. Allaire) : Merci,
M. le ministre. 5 min 30 s.
M. Boissonneault : Par rapport au
permis de travail, M. le ministre délégué, est-ce que vous avez manifesté à la
première ministre votre compréhension de l'importance que ça a de demander au
fédéral d'avoir une prévisibilité dans ce dossier-là et d'avoir aussi les
pouvoirs qui devraient venir avec pour le Québec?
M. Bernard : Bon Dieu!
Le Président (M. Allaire) : M. le
ministre.
M.
Bernard : Écoutez, je suis
content de la question, mais vous ne pouvez pas savoir à quel point j'ai été
interpellé, M. le Président, par mes entrepreneurs, par mon milieu
universitaire. Même encore, ça a été un des dossiers que... je dirais, depuis
les quatre ans, qu'on a eu le plus de demandes, M. le Président, c'est des
aides pour les travailleurs qui étaient présents en région. Alors, j'ai été
vraiment sensibilisé. Puis, comme je vous dis, j'ai des amis entrepreneurs dans le milieu de la restauration, dans le milieu
de l'hébergement, qui, eux, sont parmi, je vous dirais, les plus touchés. Et
ces demandes-là ont été omniprésentes. Puis j'ai fait tout le travail
nécessaire, comme mes collègues de régions, pour vraiment renverser la tendance
puis pour répondre à nos besoins pour la région.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
M. Bernard : Puis, en même temps,
c'est un enjeu de dévitalisation...
Le Président (M. Allaire) : Merci,
M. le ministre. M. le député.
M.
Boissonneault : Mais est-ce
que vous avez manifesté l'importance de ce dossier-là à la première ministre, vous-même,
M. le ministre délégué?
Le Président (M. Allaire) : M. le
ministre.
M.
Bernard : Oui. Puis je peux même vous dire, quand la
première ministre faisait... a fait sa tournée des régions du Québec,
lors de la course à la chefferie, j'ai organisé une rencontre. Il y avait une
vingtaine d'entrepreneurs, puis je peux vous
dire que le dossier que les gens ont présenté à la première ministre a été le dossier
des travailleurs étrangers temporaires. Elle le sait, elle connaissait
très bien, alors...
Le Président (M. Allaire) : Merci.
M. Bernard : Et c'est pour ça
qu'elle s'est engagée, mais j'avais vraiment...
Le Président (M. Allaire) : Merci,
merci. Merci, M. le ministre. M. le député.
M. Boissonneault : Donc, on
récapitule. Il y a eu un resserrement des règles en immigration, autant du côté
d'Ottawa, que du côté de Québec. Il y a eu
une diminution des travailleurs temporaires qui s'est produite dans certains
secteurs ou qui va se produire. Est-ce que
vous avez mis en place des programmes pour aider les PME à s'automatiser
pour remplacer les travailleurs étrangers qui devront quitter?
Le Président (M. Allaire) : M. le
ministre.
M.
Bernard : Je vais me permettre, concernant les seuils
d'immigration, je pense que ce n'est pas le Parti québécois qui peut
donner des avis à cet égard-là, quand on regarde leur discours. Donc, je pense
que...
M. Boissonneault : ...
M. Bernard : Oui, mais ça fait
partie de la prévisibilité. Ceci étant, maintenant, pour tous les programmes, effectivement, dans le Plan PME, il y a PME
innovation qui est un enjeu à cet égard-là, et, auprès d'Investissement Québec,
le programme Essor est fait pour ça,
justement, l'innovation, robotisation, l'intelligence artificielle, et autres.
Donc, on travaille là-dessus. Puis,
juste à titre d'info, j'ai visité une entreprise vraiment exceptionnelle côté
tech, à L'Islet-sur-Mer, qui, eux,
sont même rendus maintenant... l'intelligence artificielle est entrée, puis
commencent à penser aux... pas aux robots, mais je recherche le nom
pour...
Le Président (M. Allaire) : Merci.
M. Bernard :
...humanoïdes. Merci.
Le Président (M. Allaire) : Parfait.
Merci, M. le ministre. M. le député, deux minutes.
M.
Boissonneault : Est-ce que vous êtes d'accord, M. le ministre
délégué, pour dire que, comme les entrepreneurs me le disent
pratiquement à tous les jours, le plus longtemps que l'argent reste dans les
poches des entrepreneurs, le moins de chances il y a que cet argent-là soit
gaspillé?
Le Président (M. Allaire) : M. le
ministre.
M.
Bernard : Bien, qu'est-ce qu'on veut, les mesures,
justement, qu'on a annoncées puis qu'on a mises en place via les
allègements fiscaux qu'on a faits récemment puis aussi avec les programmes...
les projets de loi d'allègement réglementaire,
l'objectif, c'est de remettre de l'argent dans les coffres des entreprises
pour, justement, qu'elles puissent investir en innovation puis
développer des nouveaux marchés. C'est l'objectif de notre gouvernement depuis
les tout débuts que... depuis 2018, c'est
l'enjeu majeur. Et on sait pertinemment que, si on veut que nos entreprises
croissent, performent, il faut que les... plus de liquidités pour investir dans
l'innovation et dans l'amélioration de la productivité.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Merci, M. le ministre. Une minute, M. le député.
• (15 h 50) •
M.
Boissonneault : Je me permets une question sur le repreneuriat,
parce que c'est important, ça aussi. Hélas, je n'ai pas assez de temps
pour le couvrir correctement, mais, au moins, j'aimerais savoir si votre
ministère récolte des données à l'heure actuelle sur le repreneuriat. Est-ce
que toutes les organisations qui aident au repreneuriat, comme les CLD, ont
accès à ces données-là?
Le Président (M. Allaire) : M. le
ministre.
M. Bernard : On a eu une rencontre
récemment avec Repreneuriat Québec, qui, eux, font beaucoup... font ce
constat-là et aussi maintiennent des statistiques qui sont disponibles. Puis
ils ont été mis en place récemment et ils font un travail exceptionnel à cet
égard-là. Je n'ai pas les données avec moi, là, je les avais, mais ils ont
vraiment le nombre de reprises qui a été fait au cours des dernières années,
chaque année, le nombre d'entreprises qui sont prêtes à céder et le nombre de
repreneurs.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Merci. Quinze secondes.
M. Boissonneault : ...si les CLD ont
accès aux données.
Le Président (M. Allaire) : M. le
ministre, en terminant.
M. Bernard : Au niveau... au niveau
des CLD, je ne peux pas répondre maintenant, au niveau des MRC puis les
nouveaux organismes, je ne peux pas dire s'ils ont accès aux données,
proprement dit.
Le
Président (M. Allaire) : Merci. Merci. Merci. Désolé. Ça met fin à ce bloc
d'échange avec le député d'Arthabaska. Merci,
M. le député d'Arthabaska. Alors, on commence l'avant-dernier bloc avec
l'opposition officielle. Donc, on revient vers vous, M. le député de
Marguerite-Bourgeoys, 19 min 5 s.
M.
Beauchemin : Merci, M. le Président. Donc, on était sur le
programme DÉPART avant qu'on se quitte, là. Donc, c'était
75 millions, maintenant c'est rendu 25 millions. Donc, pour aider à
redynamiser nos régions, nos PME dans les régions, on a coupé, donc, du deux
tiers, si je comprends bien. C'est ça?
Le Président (M. Allaire) : M. le
ministre.
M. Bernard : On est passé de...
M. Beauchemin : On est passé de 75 à
25.
M.
Bernard : OK. Oui,
en fait... en fait, le programme était populaire, il y avait 75 millions.
38, comme il n'y avait que 38 qui avaient été utilisés, quand ils ont
fait la révision, à ce moment-là et dans le contexte, ils l'ont abaissé à 25, à
25 millions. L'objectif, c'est qu'il y avait beaucoup de demandes qui
étaient en cours, et le gouvernement veut vraiment répondre aux demandes déjà
qui étaient dans la liste, mais... Puis, pour accommoder à ce moment-là, pour
permettre le plus d'entreprises, on est passé... le maximum de
150 000 $ à 125 000 $.
Le Président (M. Allaire) : M. le
député.
M. Beauchemin : Pourquoi avoir
arrêté à 38 millions, d'abord?
M. Bernard : Parce que la
moyenne, la moyenne, entre autres, des montants par entreprise, lors des
demandes, était de 106 000 $. Alors, c'est pour ça qu'on sait
que le 125 000 $ va répondre aux attentes, tel qu'antérieurement, là,
les statistiques ont donné.
M. Beauchemin : Donc, vous avez
répondu à toutes les entreprises qui vous ont demandé de l'aide.
M. Bernard : Non, malheureusement
pas. Et c'est pour ça que le gouvernement, il a maintenu le programme cette
année, parce que...
M. Beauchemin : Mais là on le
réduit.
M. Bernard : Pardon?
M. Beauchemin : Vous l'avez réduit.
M.
Bernard : Oui, mais on est convaincus qu'étant donné les
projets qui sont là, en attente, et avec le montant moyen qui est
demandé, on va être capables de répondre à l'ensemble des demandes qui ont...
qui sont en cours actuellement.
Le Président (M. Allaire) : Merci,
M. le ministre. M. le député.
M. Beauchemin : OK. Quand on regarde
l'ensemble des aides données à les entreprises au Québec, là, le festival, là,
de votre gouvernement, là, 72 % de toute l'aide envoyée à des entreprises
privées au Québec va à des PME. Ça, c'est la page, quelque part dans... Je n'ai
pas la page exacte, là. On va vous la trouver. 72,15 %... 72,6 % de
toute l'aide va aux PME.
M. Bernard : Oui. Comme la question
m'a été posée antérieurement par la députée de Verdun, comme on disait, M. le
Président, quand on regarde la distribution, on sait qu'au Québec 94 % de
nos entreprises sont des PME et la grande majorité, naturellement, sont en bas
de 200 travailleurs. Donc, quand on regarde la globalité, il faut regarder
le nombre d'entreprises qui ont bénéficié de l'aide. Parce qu'on ne peut pas
demander à une entreprise de... par exemple, de quatre employés, d'avoir une
aide qui ne correspond pas à ses besoins. Les demandes qui sont faites par les
entreprises correspondent à leurs besoins actuels et financiers. Et quand on
accompagne, donc, à 72 %, oui, mais il faut regarder le nombre
d'entreprises qui ont été touchées.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Merci, M. le ministre. M. le député.
M. Beauchemin : Oui. On regarde le
nombre d'entreprises, puis il y a 250 000 PME au Québec, on en a aidé
théoriquement une partie de ceux-là, si j'ai
bien compris. Mais, dans la partie de ceux-là qui ont été aidés, il y a
seulement de l'aide que vous avez
donnée à 72 %. De toute l'aide que vous avez donnée, l'aide a été
72 % vers des PME. Mais vous ne
touchez pas 72 % des 250 000 PME, là, vous avez touché
approximativement... Il y a eu... 24 000, 25 000 interventions,
si j'ai bien compris. Donc, ce n'est pas...
M. Bernard : Mais... mais je reviens
encore.
Le Président (M. Allaire) : M. le
ministre.
M. Bernard : ...c'est que, oui, le
montant est peut-être de 72 % de l'enveloppe, mais c'est 94 % de
l'aide qui est allée aux PME. On ne peut pas avoir un corollaire de dire :
94 % des PME ont eu de l'aide...
M. Beauchemin : Bien non, bien non,
ce n'est pas ça que je dis.
M. Bernard : ...puis 94 %, ça
représente 94 % du montant. Le total a été, effectivement, de l'aide
allouée aux PME, 72,6 %. Mais c'est quand même 94 % de l'aide
globale, des interventions sont allées aux PME.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
M. le ministre... M. le député, pardon.
M. Beauchemin : Il y a
24 000 PME qui ont été aidées par le gouvernement de la CAQ dans les
huit ans du gouvernement de la CAQ. Ça, ça
fait approximativement 3 300 entreprises par année qui ont été aidées
par le gouvernement de la CAQ. Sur 250 000 PME, vous aidez
approximativement 1,4 % des PME du Québec annuellement, juste mettre ça en
contexte, là, c'est... moi, je ne me sers même pas de ma calculatrice, là.
M. Bernard : Non, mais, M. le
Président, on ne peut pas... on ne peut pas faire une distribution, sur cinq
ans, paramétrique, c'est-à-dire on prend le montant puis... puis après ça, on
le divise, puis ça donne 3 000 entreprises. On ne peut pas faire ça,
OK?
M. Beauchemin :
Pourquoi?
M. Bernard : Parce qu'il faut
s'ajuster au marché proprement dit. Il y a peut-être eu une croissance des
demandes, je n'ai pas les chiffres, mais on ne peut pas faire un chiffre
paramétrique sur les demandes d'aide. Ceci étant dit, par ailleurs, ce n'est
pas toutes les entreprises qui font des demandes d'aide proprement dit. Puis,
en même temps, il ne faut pas oublier, il y a deux niveaux d'intervention. Il y
a le niveau, comme on a parlé antérieurement, au niveau des MRC, avec les FLI
et les FLS et, après ça, il y a la participation des investissements
d'Investissement Québec. Il faut regarder la totalité, M. le Président.
Le Président (M. Allaire) : Merci,
merci, M. le ministre. M. le député.
M. Beauchemin : Premièrement, je
réfute totalement votre... votre commentaire là-dessus, parce que,
malheureusement, je ne suis pas le seul qui le dis, si vous regardez la chaire
de fiscalité, vous regardez la chaire de productivité du HEC, justement, ils
sont sortis avec ça ce matin, l'ensemble des programmes du gouvernement de la CAQ — merci — puis ça, c'est sorti ce matin, là, de la
Fondation Somers, 2026, l'ensemble des aides de la CAQ ne font aucunement surperformer le Québec, économiquement
parlant, avec les PME. Tous les programmes que vous avez mis en place
depuis les huit dernières années, c'est un échec, selon la fondation,
lorsqu'ils l'analysent. Quand on regarde ça, on se pose beaucoup de questions
sur le jugement politique. On comprend l'approche politique médiatique, mais
l'approche efficacité de l'État...
Puis, justement, hier, quand j'avais votre
collègue à l'Économie qui me disait qu'il y a eu des gains de productivité,
puis là il n'avait pas... il n'avait pas la référence en termes de quelle année
ou sur quelle période, mais qu'il y a eu des gains de productivité, dans le
secteur privé, de 8 %, puis il en était très fier, bien, la réalité, c'est
que son ministre des Finances, son collègue ministre des Finances, lui, regarde
la productivité dans l'ensemble de l'économie du Québec, incluant donc l'État
québécois, et donc l'État québécois a fait des pertes de productivité si le
secteur privé a fait des gains, parce que la moyenne de tout, c'est un recul,
juste depuis 2022, d'un quart de 1 % de productivité nette du Québec année
après année.
Ça fait que
j'espère que vous comprenez le message que je vous dis, là, plusieurs mesures
que votre gouvernement a mises en place n'atteignent pas la cible, ne
bougent pas l'aiguille. Et effectivement c'est ce que conclut la chaire de
fiscalité... la chaire de productivité et prospérité du HEC. Ça fait que la
politique industrielle est mésadaptée, les aides aux PME n'ont pas un impact
optimal, les programmes restent figés dans le temps, ils n'évoluent pas. Les
conditions d'éligibilité et le mur-à-mur ont limité l'impact. La majorité des
PME auxquelles moi, je rentre en contact avec me disent que c'est inaccessible,
incompréhensible, et la reddition de comptes est trop lourde.
Donc, on est dans un système, ici, où est-ce qu'on
donne beaucoup d'argent à des PME et aussi à des multinationales étrangères,
dois-je le rappeler, là, la signature de votre gouvernement, puis on se
retourne de bord, puis on n'en a pas pour notre argent parce qu'on ne
surperforme pas avec le secteur PME. Là, je le sais, vous avez... statistique, l'économie dans son ensemble puis
ratio PIB, tatati, tatata, je la comprends, là. Mais, quand vous comparez
des pommes avec des pommes, ce que le rapport du HEC a fait, on prend du recul
depuis huit ans, qu'est-ce que vous avez à dire là-dessus?
Le Président (M. Allaire) : M. le
ministre.
• (16 heures) •
M.
Bernard : Bien, je suis content que vous abordiez le sujet,
parce que j'ai l'article ici puis je l'ai lu moi-même ce
matin, il faut un traitement choc. Puis le rapport, ce qui est intéressant, M. le Président, c'est qu'il dit : «Les études se
succèdent pour démontrer que la politique industrielle du Québec est assez
semblable depuis l'an 2000», OK? Puis
l'an 2000, là, OK, 25 ans, n'est pas un grand succès. Alors, depuis
ces années-là, la grande majorité du gouvernement qui a été en place,
c'est celui du Parti libéral.
M. Beauchemin : Wow! Heille!
M. Bernard : OK, alors...
Le Président (M. Allaire) :
...laisse répondre.
M. Bernard : Alors, c'est... OK, donc... donc... Puis
l'article fait vraiment le constat sur les 25 dernières années. Ça,
c'est important de le mentionner. Donc, s'il y a un blâme à faire, c'est tous
les gouvernements présents qui doivent l'assumer. Mais, ceci étant dit, nous,
quand même, depuis 2018, depuis qu'on est en place, les mesures que notre
gouvernement a prises, M. le Président, a vraiment démontré que la croissance
de la productivité du travail, secteur des entreprises, a augmenté de
8,4 % au Québec...
M. Beauchemin : Bien oui,
mais...
M. Bernard : ...l'Ontario...
0,2 %, puis le reste du Canada, 0,4 %. Donc, les mesures qu'on a
mises en place, M. le Président, depuis qu'on est là, entre autres, 2018-2022,
elles ont porté ses fruits. On a augmenté la productivité, on a réduit les
écarts avec le principal concurrent qui est l'Ontario. Alors, peut-on faire
mieux maintenant? On parle d'allègements réglementaires,
on est entièrement d'accord. C'est vers là qu'on s'en va au niveau de la
fiscalité, au niveau de l'allègement réglementaire, pour permettre... permettre
aux entreprises de performer. Et c'est le travail que notre gouvernement a fait
et qu'il va continuer à faire, M. le Président.
Le Président (M. Allaire) :
Merci. M. le député.
M. Beauchemin : Bon, on va
décortiquer ça, là, deux secondes, là. Depuis 2000, ça fait huit ans que vous
avez les mains sur le volant. On va s'entendre que ça aurait quand même été
intéressant d'être responsable pendant les huit dernières années, une chose.
Deuxième chose, écoutez, je vous l'ai dit avant même que vous me sortiez votre tableau, là, l'économie du Québec, la façon que
les nations se comparent une à l'autre, c'est l'ensemble de l'économie, bien, l'ensemble de l'économie inclut l'État. Vous
me sortez que ça va mieux dans les PME, là, à 8,4 %, là, puis vous
vous comparez contre l'Ontario, le pire élève de la classe. Il faut se comparer
contre l'OCDE. On a pris énormément de
retard contre l'OCDE. Je comprends, là, que c'est facile pour se comparer
contre le pire élève, dire : Regarde comment je vais mieux. As-tu
vu comment lui, il ne va pas bien? Bien non! Mais la réalité, là, c'est qu'il
faut comparer contre, justement, ceux qui font du progrès, puis l'OCDE fait du
progrès. Le Québec, le Canada reculent. Honnêtement, ça, c'est... je ne trouve
pas ça responsable de faire ce genre de comparaison-là.
Puis, troisièmement, écoutez, ce n'est pas... ça
ne prend pas la tête à Papineau, là, pour comprendre, mais, l'ensemble de
l'économie du Québec, depuis 2022, a eu...
Le
Président (M. Allaire) :
M. le député de Marguerite-Bourgeoys, je vous invite juste à être prudent, d'employer
des termes qui sont plus respectueux, s'il vous plaît.
M. Beauchemin : La tête à
Papineau, ce n'est pas...
Le Président (M. Allaire) :
Oui, mais... vous pouvez en employer un différent.
M. Beauchemin : OK, bon.
L'ensemble de l'économie...
M. Bernard : ...
M. Beauchemin : C'est le nom de
la salle!
Le Président (M. Allaire) : Ah!
j'aime que vous le preniez comme ça, M. le ministre.
M. Beauchemin : Ça ne prend pas
la tête du personnage qui est responsable de la...
Le Président (M. Allaire) : Mon
Dieu! c'est parfait. M. le député, vous pouvez poursuivre.
M. Beauchemin : L'ensemble...
l'ensemble de l'économie du Québec est la mesure importante à considérer. La
productivité du Québec a reculé depuis 2022, en moyenne, de 0,25 % par
année. On a le secteur privé qui a eu des gains. Ça veut dire quoi? Ça veut
dire que l'État que vous gérez a gobé les gains de productivité à un point tel
qu'il a même éliminé complètement et il en a rajouté une couche. Ça fait que,
là, on ne parle plus des PME. Le point, c'est plus
que... je veux dire, la responsabilité du manque de gains de productivité dans
l'ensemble de l'économie du Québec, elle est sur vos épaules.
M. Bernard : Si je peux me
permettre...
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Bernard : ...je suis quand
même content de l'échange, M. le Président. Si on revient, entre autres,
antérieurement, pendant, justement, que les... les gouvernements du Parti
libéral et du Parti québécois étaient en place, alors qu'il y avait des années
fastes au niveau, je dirais, économique, et autres, le gain de productivité, on
l'a montré, puis l'article le dit carrément puis l'étude de la HEC, c'est que
ça n'a pas été bénéfique. Puis pourtant ils étaient dans des années qui étaient
fastes.
Nous, quand que le gouvernement est arrivé en
place, deux mandats de Donald Trump aux États-Unis, un contexte extrêmement difficile que... on... personne n'a jamais vécu,
une pandémie qui fait que tout a été arrêté au Québec pendant quatre
ans... trois ans, quatre ans. Les libéraux puis les gouvernements antérieurs,
ils n'ont jamais vécu ça. Nous, on l'a mis
en place, et ça a eu des effets. Puis on est d'accord sur la productivité du
Québec. Quand tu es obligé que tous
les gens fassent... font... fassent du télétravail, soient à la maison et ne se
déplacent pas, c'est difficile d'augmenter la productivité dans ce
contexte-là. Notre gouvernement, maintenant, il a mis en place des programmes
puis... pour relancer la productivité au Québec. Puis il faut en être fiers, de
ça. Et là M. Trump est arrivé une nouvelle fois, et là il arrive avec des
tarifs, et autres, qui, encore une fois, viennent affecter les finances
publiques puis le fonctionnement de notre
gouvernement. Pas un gouvernement n'a vécu ce que le gouvernement de la CAQ a
vécu au cours des huit dernières années, M. le Président.
Le Président
(M. Allaire) : Merci. M. le député.
M. Beauchemin : Écoutez,
à chaque saison, il y a des épisodes de tempête. Il y a eu la crise financière
en 2007, il y a eu d'autres guerres avant ça, il y a eu d'autres
scandales avant. Je veux dire, je comprends le réflexe de dire : On a été
les plus meurtriers, là, mais, honnêtement, tous ont eu à passer... à chaque
fois qu'on fait de... Le 11 septembre, c'est
la première fois que quelqu'un vole un avion dans les tours du
11 septembre, mais les gens s'adaptent, l'économie s'adapte. À
chaque fois, ça paraît comme la fin du monde, mais on s'adapte. S'il y avait
une autre crise pandémique, là, aujourd'hui,
là, on serait beaucoup plus efficaces que lorsque vous l'avez gérée. Donc, ce
que je veux dire par là, là, c'est
qu'à chaque saison il y a des tempêtes, puis c'est le rôle du gouvernement de
gérer les tempêtes. Donc, là-dessus, là, on va juste quand même garder
une certaine logique.
Moi, je veux revenir sur votre plan PME, votre
fameux plan PME, parce qu'on parlait, tantôt, d'allègements réglementaires.
Écoutez, je comprends que vous considérez que c'est la chose plus importante,
là, pour l'économie, nos PME, et que vous dites que vous êtes très fier, là,
des six projets de loi ou cinq projets de loi, là, qui ont... qui ont été mis
en place, qui ont réduit ça de 200 millions, à partir d'une augmentation
de 2,4 milliards, comme je disais, tout
à l'heure, là, d'après le FCEI, mais je me pose la question : Si c'était
si important, pour vous, l'allègement réglementaire, dans votre plan PME, sur les sept... en ordre
chronologique, là, les sept mesures que vous voulez mettre en place, pourquoi
se fait-il que l'allègement réglementaire, c'est la septième sur sept?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Bernard : Ce
n'est pas parce qu'elle est la septième sur sept que ça veut dire que c'est la
moins prioritaire des mesures. Il n'y a aucun lien à cet égard-là. Les
allègements réglementaires... Dans le plan PME, le gouvernement a... touche à
l'ensemble des aspects qui peut aider nos PME du Québec, en allant de
l'accompagnement, en allant au financement, en allant au repreneuriat, en
allant à l'allègement réglementaire. Les... Pour nous, les... il n'y a pas une
mesure qui est quand même moins signifiante que d'autres, elles sont toutes
importantes. Mais celui qu'on travaille, entre autres, essentiellement, puis
qu'on veut aller plus loin avec la prochaine politique, ça va être l'allègement
réglementaire parce que c'est une demande. Puis le collègue l'a soulevé, avec
la FCEI, et autres, les gens demandent, oui, l'allègement réglementaire, puis
c'est vers ça qu'on veut aller pour les accompagner, M. le Président.
Le Président (M. Allaire) : Merci,
M. le ministre.
M. Bernard : Il n'y a aucune
dichotomie là-dedans. Merci.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
M. le député.
M. Beauchemin : Dans votre plan
PME, il y a 47 mesures d'allègement réglementaire qui semblent être
recommandées, dont une qui s'appelle la boîte à suggestions. Donc, moi, j'ai
une question pour vous. J'aimerais savoir, M. le ministre, combien de
suggestions d'allègement réglementaire ont été envoyées dans votre boîte.
Page 44 de votre plan.
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Bernard : Oui.
Bien, c'est... Écoutez, je suis content de la question. Puis les sous-ministres
m'en faisaient part, la fameuse boîte, il rentre une trentaine de demandes par
mois, puis même qu'on se promène, maintenant, avec une carte d'affaires avec le
code barre pour... qu'on donne aux entrepreneurs pour dire : Voici, si
vous avez des demandes à faire, réglementaires, voici, allez sur le site puis
faites vos demandes. Et on a une équipe entièrement dédiée à cette mesure-là,
que j'ai eu le temps d'accompagner. Quand les demandes rentrent, elles touchent
plusieurs ministères, et après ça...
• (16 h 10) •
Le Président (M. Allaire) : Merci.
M. Bernard : ...il y a des
échanges avec les ministères concernés.
Le Président (M. Allaire) : Merci,
M. le ministre. 30 secondes.
M. Beauchemin : Combien de ces
suggestions-là ont été mises en oeuvre par votre gouvernement?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Bernard : Bon,
essentiellement, comme je disais, la... on est la boîte d'entrée, par la suite
on retourne aux ministères, et ceux
qui sont mis en place, c'est ceux qu'on retrouve dans les projets de loi
omnibus à chacune des années, M. le Président.
Le
Président (M. Allaire) :
Merci. Ça met fin, malheureusement, à ce bloc d'échange avec la partie de l'opposition officielle. Merci au député de Marguerite-Bourgeoys. Mme la députée de Saint-François, c'est votre
tour, 18 min 50 s.
Mme Hébert :
Merci, M. le Président. Je voulais juste revenir aussi sur le plan PME, sur
toutes les mesures qu'on fait de la part du gouvernement, qu'on met en place,
donc cet éventail pour soutenir nos PME au Québec. Le député d'Arthabaska et le
député de Marguerite-Bourgeoys ont posé beaucoup de questions, mais, vous
savez, nous, les élus, on est des porteurs de bonnes nouvelles. Donc, c'est
notre responsabilité, nous aussi, de partager à nos PME toutes les mesures que
le gouvernement met en place. Donc, je pense que, qu'on soit de l'opposition ou
qu'on soit au gouvernement, on a à faire du terrain et partager ce que le
gouvernement met en place comme... comme mesures pour aider nos PME. Donc,
c'est peut-être un petit conseil pour mes collègues de l'opposition.
Mais moi, j'ai déjà... même avant d'être adjointe
parlementaire du ministre délégué à l'Économie et aux PME, j'ai déjà fait des petits forums avec plusieurs de
mes chambres de commerce, des entreprises, pour partager, justement, ce
que le gouvernement met en place pour aider nos PME, parce qu'elles ont besoin
d'aide, et le gouvernement, depuis qu'on a mis Réseau accès PME, avec les
400 ressources, les MRC, donc tout est mis en place pour venir en support
puis aller voir nos PME. Parce que j'ai été moi-même entrepreneure, et, c'est
vrai, quand on est dans nos affaires, quand on est chez soi, dans notre
entreprise, des fois, c'est difficile de prendre le temps puis d'aller chercher
de l'aide. Donc, il faut vraiment aller vers eux, et c'est le rôle, aussi, des
élus de porter ces bonnes nouvelles.
Mais là, M. le
Président, j'aimerais vraiment m'adresser à notre scientifique en chef, que
j'affectionne particulièrement. Vous savez, j'ai eu l'occasion, dans les huit
dernières années... je suis rapporteure, donc, dans mes autres fonctions
interparlementaires, je suis rapporteure pour le Québec à la Commission des
affaires parlementaires de l'Assemblée et de la Francophonie, et on a même été
en mission au Rwanda ensemble. Il était à Montréal lors, aussi, d'une rencontre
avec l'APF.
Alors, hier, j'étais
de la nomination du nouveau scientifique en chef, M. Dugas, mais
j'aimerais savoir... M. Quirion, je voudrais vous donner la tribune pour
que vous puissiez nous parler de votre bilan. Mais, en même temps, j'aimerais aussi que vous nous parliez...
parce qu'il y a eu certaines inquiétudes face à la réunification de trois fonds
de recherche qu'on a faits, et ça fait déjà deux ans de ça. Donc, j'aimerais ça
savoir, en même temps de votre petit bilan, si vous pouviez nous parler, là,
puis nous rassurer sur ces trois fonds-là qui ont été fusionnés.
Le Président
(M. Allaire) : M. Quirion.
M. Bernard :
M. le Président, juste avant de laisser la parole, je voudrais remercier ma collègue.
Comme vous avez vu, c'est une collègue très
passionnée puis qui aime l'environnement, puis j'étais content qu'elle soit
reconduite dans son rôle d'adjointe parlementaire.
Puis, avant d'y
laisser la parole, je veux quand même remercier vraiment le travail que
M. Quirion a fait au cours des 15 dernières années. Il a relevé un
grand défi, il a mis en place le poste de scientifique en chef et il en a fait une notoriété, il est investi partout. Et, je peux
vous dire, il met la barre haute pour son successeur, M. Jérôme Dupras,
ça, je peux vous rassurer là-dessus. Sa contribution a été vraiment importante,
il faut le souligner. Son apport au développement
de la recherche multidisciplinaire... parce que c'est un point qui est
important, on parle de multidisciplinaire, et il a fait un travail
exceptionnel à cet égard-là.
Donc, je remercie
M. Quirion, tout ce que vous avez fait au cours de ces dernières... Vous
allez quitter prochainement puis vous pouvez être fier de qu'est-ce vous avez
accompli. Puis moi, je suis content, puis les gens du gouvernement ici sont
vraiment contents d'avoir travaillé avec vous. Je vous en remercie. Alors, je
laisse la parole, M. le Président.
Le Président
(M. Allaire) : Merci, M. le ministre. M. Quirion, la parole
est à vous.
M. Quirion
(Rémi) : Merci. Tout d'abord, merci pour les hommages. Peut-être,
avant de parler un peu... question de fusion des trois fonds de recherche,
15 ans, on travaille encore sur le bilan avec les équipes. 15 ans, ça
veut probablement dire, pour moi,
15 études de crédits avec cinq premiers ministres, dont deux femmes, deux
premières ministres, une douzaine de
députés et trois partis politiques. Est-ce que je peux dire que j'aime ce genre
d'exercice là? Probablement non. Est-ce que je l'apprécie? Certainement,
oui. Et peut-être, après 15 ans, si jamais il y a de l'intérêt, peut-être
qu'on pourrait jaser ensemble aussi pour voir, peut être, des solutions pour
peut-être alléger — on
parle d'allègement — alléger
un peu tout ce processus-là, qui est quand même très demandant pour tous les
partis, pour le gouvernement en place, pour les équipes. C'est beaucoup,
beaucoup de... beaucoup, beaucoup de travail.
Du côté allègement au niveau des fonds de
recherche du Québec... et ça a été une priorité, priorité du gouvernement,
mais une priorité pour nous aussi. Lorsque
j'ai été nommé, et pendant plusieurs années, on avait trois fonds de recherche
distincts, avec trois conseils d'administration distincts. Ça voulait dire
12 CA par année. On est passé maintenant à quatre conseils
d'administration par année lorsqu'on intègre tout ça. On est passé de
60 réunions de sous-comités à 20 réunions de sous-comités. Donc, j'ai
passé beaucoup de temps en comité. C'est sûr que mes collègues étaient vraiment fabuleux, mais je pense que, maintenant,
on a augmenté énormément en termes d'allègement, faciliter tout ça, et
aussi, en termes d'efficacité, et en diminuant les coûts, en se centrant,
aussi, sur les vraies questions pendant les conseils d'administration. Ça
fonctionne bien, l'équipe actuelle, qu'il y a des gens dans la salle, des
collègues dans la salle ici, mes vice-présidentes.
Mais je pense qu'on a
réussi à aller beaucoup plus loin, on a intégré et les gens travaillent mieux
ensemble maintenant. Et je dirais qu'il y a plusieurs collègues dans le monde
qui sont assez jaloux de ça, là. Au gouvernement fédéral, par exemple, ils
réfléchissent un peu sur ça aussi, pour faire un peu la même chose. Donc,
j'espère que notre ami Jérôme, Jérôme Dupras, lorsqu'il va prendre le poste à
temps plein, va vraiment bénéficier de cet allègement-là, dont on est quand
même assez fiers.
Le
Président (M. Allaire) : Merci. Mme la députée.
Mme Hébert :
Bravo, bravo! Parce que, vraiment, vous avez mis en application la volonté
du gouvernement, même jusque dans vos fonctions d'allègement puis, voilà,
d'être plus efficaces, l'efficacité de l'État.
Vous allez me voir aller dans un autre champ
d'action. M. le Président, on a... le prédécesseur de notre ministre a
mis en place le comité de consultation sur la modernisation des boissons
alcooliques. Il y a eu deux consultations, une à Montréal, une à Québec, donc
j'ai assisté aux deux. Vraiment très intéressant de voir tous les acteurs
autour de la table, autant les détaillants que les fabricants, d'échanger. Même
à Québec, ils étaient vraiment tous autour de la table, il n'y avait pas... ils
n'étaient pas distincts, dans des salles séparées. Et de voir ces échanges, de
voir à quel point il y a une lourdeur dans la fabrication, dans l'émission de
permis, dans la distribution, dans... c'est vraiment... vraiment... comment je pourrais dire... C'était le temps qu'on fasse une
réforme, hein? Ça datait de 1920, de la prohibition.
Donc, je suis vraiment très heureuse que notre
gouvernement ait mis ce comité de consultation sur la modernisation en place. D'ailleurs, c'est chapeauté par deux
anciennes députées, et même ministres, donc il y a Mme Diane Lemieux
et Mme France Dionne. J'ai vraiment eu de belles discussions avec elles,
ça a été vraiment intéressant. Mais, au-delà de,
moi, ce que j'en ai retiré, j'aimerais avoir votre opinion, M. le ministre, à
savoir qu'est-ce que vous, vous en retirez puis qu'est-ce... c'est quoi,
la vision, là, vers où on veut aller avec cette modernisation-là.
Le Président
(M. Allaire) : M. le ministre.
M. Bernard :
Bien, merci, merci beaucoup à la collègue. Je dirais, ma première
impression, c'est que jamais je n'irais dans ce secteur-là, tellement que c'est
compliqué. C'est incroyable, les enjeux, M. le Président, comme ma collègue l'a
soulevé, le fait que la loi initiale qu'a mise en place la régie de l'alcool et
des jeux puis qui a amené... la mise en place de la SAQ, c'était comme si, à
peu près... Puis c'était dans le milieu de la prohibition, alors toutes les
règles ont continué à évoluer, qui fait que chacun des intervenants, chacun qui
voulait mettre en place un nouveau produit,
il y a eu des normes qui ont été exigées qui sont absolument faramineuses. Puis
ça, ça ne touche pas seulement la production du produit, mais ça
touchait aussi sa distribution puis sa mise en marché. Si tu fais un produit à
base d'alcool, il faut que tu passes par la SAQ pour la distribution. Si tu es
dans les bières, c'est un autre circuit. Alors... Puis il y a des embûches pour
les petits producteurs en termes de volume, les producteurs de microbrasseries.
Donc, c'est très, très, très complexe.
• (16 h 20) •
Et, la collègue l'a
soulevé, c'est... Oui, on parle de plusieurs ministères, ça touche
l'agriculture parce qu'on parlait d'avoir un
produit... un permis agricole au lieu d'avoir un permis industriel. Ça touche
la santé publique, ça touche la sécurité publique. Alors, on voit que ça
touchait... Puis les règles étaient vraiment contradictoires à plusieurs
endroits. Donc j'ai assisté, vraiment, avec ma collègue, aux échanges et cette...
j'ai rarement vu un secteur d'activité où que les gens étaient vraiment heureux
de cette consultation-là.
Alors, les deux
coprésidentes vont déposer un rapport de consultation d'ici la fin du mois de
juin, ce qui va permettre, à ce moment-là, aux ministères concernés de revoir
puis de revenir avec une réforme vraiment complète de tout ce qui est le secteur des produits alcoolisés. Parce que, comme
je vous disais, ça touche tous les aspects : transport,
distribution. On a abordé, aussi, le commerce interprovincial, s'il n'y avait
pas des choses à faire pour permettre une meilleure circulation de nos
produits.
Donc, j'ai bien hâte
de voir quelles recommandations les deux coprésidentes vont amener. Puis c'est
un enjeu majeur, si on veut que nos... notre
secteur des produits alcoolisés prenne un essor supplémentaire, que nos...
surtout que les clients aient accès aux produits qu'ils veulent d'une
manière plus facile puis qu'il y ait un rayonnement, donc c'est très attendu.
Puis j'ai... Le prochain gouvernement, puis je suis convaincu que ça va être le
nôtre, va être là, en place, pour mettre en place une nouvelle législation qui
va toucher l'ensemble des produits alcoolisés.
Le Président
(M. Allaire) : Merci. Mme la députée.
Mme Hébert : Puis qu'est-ce qui est intéressant aussi de voir,
c'était que les acteurs étaient tous autour de la table, il y avait des
gens, aussi, de la RACJ, de la SAQ, il y avait des gens de tous ces secteurs
que vous avez énumérés, le MAPAQ, la Sécurité intérieure, et c'était de voir
qu'il y avait un consensus, autant entre les fabricants que les détaillants,
pour certaines mesures. Donc, des fois, c'est ça qui est intéressant, c'est
que, quand on est en... on dépose un projet de loi, il y a des consultations
particulières, ils ne sont pas tous autour de la table, puis chacun nous
apporte leur opinion. Là, on était capables d'avoir un consensus, vraiment,
autour de la table, donc c'était facile d'identifier des mesures qu'on savait
qui seraient acceptées par l'industrie. Je pense que j'ai ma collègue qui
aurait une question.
Le Président
(M. Allaire) : Mme la députée...
Mme Hébert :
La députée de Labelle.
Le Président
(M. Allaire) : Parfait. Mme la députée de Labelle, allez-y.
Une voix :
...
Le Président
(M. Allaire) : Ah! il reste six minutes.
Mme Jeannotte :
Bien, bonjour. Merci, M. le ministre. Dans vos nouvelles fonctions, moi, je
trouve que vous faites ça très, très bien. Puis j'ai eu la chance de
travailler en développement économique régional dans une autre vie, au fédéral,
avec l'Agence de développement économique du Canada pour les régions du Québec.
Et j'insiste pour dire à quel point, au Québec, grâce à nos PME, notre économie
va bien. Puis notre gouvernement fait très, très bien, puis ça contribue au
PIB. Puis on a entendu notre ancien premier ministre dire à quel point on avait
réussi à réduire l'écart de richesse avec l'Ontario, puis ça, c'est vraiment
notre gouvernement.
M. le ministre, on entend tout le temps parler
des histoires d'horreur par les oppositions. Moi, j'aimerais aujourd'hui vous laisser la parole pour vous...
que vous nous parliez des succès, parce qu'on n'en parle pas assez, des bons
coups. Ça fait qu'avez-vous des exemples concrets de succès de PME qu'on
devrait parler davantage? Parce que les gens
sont tannés du négatif, du cynisme aussi, puis notre économie, au Québec, on
n'a pas de leçons à recevoir de personne.
Par exemple, accès... Réseau accès PME, c'est
la... c'est notre gouvernement, on pourrait peut-être parler de ça, ou si vous
avez d'autres idées, mais c'est nous qui avons décidé de mettre sur pied la
porte d'entrée. Moi, dans mon comté, dans les Hautes-Laurentides, à
Mont-Laurier, écoutez, tout est centralisé. Ça fait que, quand il y a un
entrepreneur qui a besoin de quelque chose, oui, il y a de la réglementation,
trop, ça, c'est une bataille qu'on va faire encore pour des années, n'importe
quel gouvernement, il n'y a rien de sorcier là-dedans, puis la simplification
administrative aussi, là.
Mais, M. le ministre, est-ce que vous êtes fier
d'avoir mis... d'avoir fait partie d'une équipe qui a mis sur pied Accès réseau
PME pour centraliser, pour faire en sorte qu'on ait un guichet unique pour nos
PME?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Bernard : Merci. Merci, Mme la députée. Effectivement. Puis
ça, je vais vous dire, avoir un guichet unique pour l'entrée, pour... où que les gens puissent s'adresser, puis, par
expérience, ce n'est pas seulement au niveau des PME, mais on le voit
partout, maintenant, puis on veut le faire pour l'appareil gouvernemental, pour
avoir des portes d'entrée. Puis on le voit, par exemple, on voit les
entreprises, puis je prends un secteur que je connais, l'industrie minière, où
qu'il faut que tu ailles chercher des permis puis des autorisations dans
différents ministères. Alors, la volonté du gouvernement, c'est d'avoir ces
portes d'entrée là uniques pour pouvoir aider nos entrepreneurs à gagner du
temps, trouver les ressources qui leur correspondent, et autres.
Donc, le Réseau accès PME, puis j'y reviens
encore, avec, aussi, Investissement Québec, qui est dans chacune des régions,
mais ce sont ces portes d'entrée là. Et, quand... Moi, personnellement, je
connais le réseau de Rouyn-Noranda depuis une quarantaine d'années. Les gens
qui sont là sont en place depuis longtemps, ils ont les connaissances, les compétences pour aider à guider les entreprises. Puis
je souligne en même temps un acteur qu'on parle plus ou moins, qui,
aussi, fait beaucoup de sensibilisation, ce sont nos chambres de commerce au
niveau régional qui, souvent, organisent des colloques avec les entrepreneurs
pour faire de la formation et de l'éducation. Et à ces moments-là, nos
ministères sont présents, nos organismes de financement puis d'accompagnement
sont présents, et c'est ça qui assure la clé du succès.
Puis, quand vous parlez des PME, je regarde...
Vraiment, on a... notre économie, on dit qu'elle est de PME, puis c'est clair,
on a besoin, contrairement, souvent, à ce qu'on entend de l'opposition, bien,
on a besoin de fleurons québécois qui sont nos locomotives pour vraiment que
nos PME se développent. Chez nous, c'est l'industrie minière. J'ai des
entreprises qui, maintenant, sont parties d'une petite PME puis, maintenant,
qui fournissent des équipements à la grandeur de la planète parce qu'ils ont
suivi nos grandes entreprises qui sont omniprésentes partout.
La même... Au niveau de la filière... quand on
regarde la filière de l'aluminium au Saguenay, c'est la même chose parce qu'on
a une filière forte, puis, à ce moment-là, toute l'industrie de l'aluminium, de
transformation, est présente au Saguenay. Alors, Montréal, avec Airbus, puis, à
un moment donné, on a eu l'industrie pharmaceutique, et il y a une panoplie de PME qui suivent en arrière. Alors, si on veut
une économie forte dans chacune des régions, on a besoin de ces
leaders-là, qui sont là, avec des entrepreneurs qu'on accompagne pour aller
chercher leur expérience puis être de meilleurs gestionnaires et amener de
l'innovation. Donc, c'est toute une filière.
Puis notre gouvernement, à cet égard-là... puis
je souligne l'apport des ministres antérieurs dans le ministère, puis moi...
mes deux collègues qui ont pris la place avant moi, puis les autres collègues,
la première ministre, qui a été là, ils ont fait un travail exceptionnel.
Je termine, M. le Président, en voulant
remercier les collègues parlementaires, ceux, naturellement, du côté
gouvernemental, mais aussi les collègues de l'opposition pour leurs questions.
Naturellement, ça ne faisait pas trop longtemps que j'étais en poste, j'ai
essayé de répondre le mieux avec les équipes qui étaient là, mais, si j'avais
eu peut-être cinq mois de plus, j'aurais peut-être été plus apte à répondre
adéquatement aux réponses des collègues. Mais je tiens encore une fois à
souligner le travail que les parlementaires font pour... au niveau des crédits,
parce que qu'est-ce qu'on fait ici, c'est important pour le gouvernement puis
pour les Québécois. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Allaire) : Merci
à vous, M. le ministre. Ça va? Il vous reste une minute. C'est comme vous le
souhaitez. Ça va? Excellent. Parfait. Donc, ça met fin à ce bloc d'échange avec
la partie gouvernementale...
Une voix : ...
Le Président (M. Allaire) :
Allez-y.
M. Bernard :
...souligner le travail exceptionnel de l'équipe du ministère, OK? Je les ai
connus depuis six semaines, et ces gens-là font un travail... J'étais
bien accompagné. J'ai découvert un ministère et des gens vraiment dévoués à
l'économie du Québec. Alors, merci à vous tous pour tout le travail que vous
faites, et, naturellement, mon équipe qui m'accompagne. Voilà, terminé.
Le Président (M. Allaire) : C'est
bien. Merci, M. le ministre. C'est bien de prendre le temps de le souligner.
Effectivement, ils travaillent fort.
Adoption des crédits
Donc, le temps alloué de l'étude du volet PME
des crédits budgétaires du portefeuille Économie, Innovation et Énergie étant
presque écoulé, nous allons maintenant procéder à la mise aux voix des crédits.
Le programme 1, intitulé Direction et
administration, est-il adopté?
Des voix :
Adopté.
Une voix : Sur division.
Le
Président (M. Allaire) :
Adopté sur division, Mme la secrétaire. Le programme 3, intitulé
Développement de la science, de la recherche et de l'innovation, est-il
adopté?
Des voix : Adopté.
Une voix : Sur division.
Le Président (M. Allaire) :
Adopté sur division. Le programme 4, intitulé Interventions relatives au
Fonds de développement économique, est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Une voix : Sur division.
Le Président (M. Allaire) :
Adopté sur division. Le programme 5, intitulé Organismes dédiés à la
recherche et à l'innovation, est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Une voix : Sur division.
Le Président (M. Allaire) :
Adopté sur division.
Adoption de l'ensemble
des crédits
Finalement,
l'ensemble des crédits budgétaires du portefeuille Économie, Innovation et
Énergie pour l'exercice financier 2027... 2026‑2027, pardon, est-il
adopté?
Des voix : Adopté.
Une voix : Sur division.
Le Président (M. Allaire) :
Adopté sur division.
Documents déposés
En terminant, je dépose les réponses aux
demandes de renseignements de l'opposition.
Et, comme
vous voyez l'heure, compte tenu de l'heure, justement, la commission, ayant
accompli son mandat, ajourne ses travaux sine die. Bon retour en circonscription,
tout le monde. Merci.
(Fin de la séance à 16 h 30)