Journal des débats (Hansard) of the Committee on Labour and the Economy
Version préliminaire
43rd Legislature, 3rd Session
(début : May 5, 2026)
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Thursday, May 28, 2026
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Vol. 49 N° 6
Étude des crédits budgétaires du ministère de l’Économie, de l'Innovation et de l'Énergie, volet Économie - PME
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Intervenants par tranches d'heure
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Allaire, Simon
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McGraw, Désirée
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Bernard, Daniel
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Zaga Mendez, Alejandra
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Zaga Mendez, Alejandra
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Allaire, Simon
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Bernard, Daniel
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Beauchemin, Frédéric
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Beauchemin, Frédéric
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Bernard, Daniel
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Allaire, Simon
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Boissonneault, Alex
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Bernard, Daniel
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Beauchemin, Frédéric
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Allaire, Simon
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Hébert, Geneviève
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Jeannotte, Chantale
14 h 30 (version révisée)
(Quatorze heures trente et une minutes)
Le Président (M. Allaire) : Alors,
à l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare à la séance de
la Commission de l'économie et du travail ouverte.
La commission est réunie afin de procéder
à l'étude du volet PME des crédits budgétaires du portefeuille Économie, Innovation
et Énergie pour l'exercice financier 2026-2027. Une enveloppe de deux
heures a été allouée pour l'étude de ces crédits.
Mme la secrétaire, est-ce qu'il y a des
remplacements?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. Mme Mallette (Huntingdon) est remplacée par Mme Bogemans
(Iberville); Mme Setlakwe (Mont-Royal—Outremont), par M. Beauchemin
(Marguerite-Bourgeoys); M. Fontecilla (Laurier-Dorion), par Mme Zaga
Mendez (Verdun); et M. Paradis (Jean-Talon), par M. Boissonneault
(Arthabaska).
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Donc, on est déjà prêts à débuter. Mais avant, M. le ministre, je prends le
temps de vous regarder... bien, de vous saluer, de un. Et sachez que mon
travail, c'est d'équilibrer le temps entre les questions et les réponses. Ça
fait que c'est sûr que, quand je fais ce geste-là, bien, je vous demande de
conclure, sinon la députée de Notre-Dame-de-Grâce et le député de Marguerite-Bourgeoys
vont me chicaner, et la députée de Verdun aussi, donc... Mais c'est par équité,
je pense que vous le comprenez bien, on est en reddition de comptes pour les
crédits. Donc, Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce, on commence avec vous, 19 min 30 s.
Mme McGraw : Merci, M. le
Président. Il me fait plaisir d'être ici en tant que porte-parole de notre
formation en matière de commerce. Et on va aller aujourd'hui sur le commerce
interprovincial, surtout dans cette ligne-là. Parce qu'on comprend que, dans ce
contexte actuel d'incertitude géopolitique et macroéconomique, on mise beaucoup...
il y a des choses qu'on ne contrôle pas, mais il y a des choses qu'on contrôle,
dont le commerce interprovincial. Et justement, en commission, ici, à l'Assemblée
nationale, on a adopté le projet de loi n° 112
sur le commerce interprovincial.
Alors, nous, on aimerait savoir... Ça fait
six mois que ce... que ce... que cette loi a été adoptée, on aimerait aller
dans les résultats, l'impact concret, surtout lorsqu'on se compare aux autres
provinces, comme l'Ontario, que... déjà un an, ils ont signé 10 ententes
bilatérales. Alors, on perçoit que le Québec est comme absent de cette liste de
provinces, la nouvelle vague d'ententes bilatérales.
Alors, peut-être une première question. C'est
dans un marché intérieur qui pèse déjà plusieurs centaines de milliards, au
niveau canadien, avec un potentiel supplémentaire de dizaines, sinon des
centaines de milliards de dollars, alors que le Québec lui-même pourrait gagner
plusieurs milliards de dollars additionnels si les barrières étaient réellement
levées. Pouvez-vous nous dire, M. le ministre, précisément, dans quels secteurs
et avec quelles provinces les nouvelles mesures ont déjà produit des gains
mesurables pour les entreprises québécoises et surtout pour les PME?
Le Président (M. Allaire) :
...
M. Bernard : Merci, Mme la
députée. Vous allez me permettre, je vais prendre un petit 30 secondes
pour remercier les gens qui m'accompagnent puis les présenter. Parce que, comme
vous savez, j'ai eu un cours accéléré de ministre puis j'ai été accompagné d'une
équipe formidable du côté du ministère, à commencer par le sous-ministre, M. Mathieu
Gervais, M. Youri Rousseau, qui est à sa droite, M. Richard Masse,
qui est ici en arrière de moi, M. Rémi Quirion, le Scientifique en chef,
puis Mme Marie Fortier qui... ici aussi présente, en arrière, et Mme Michèle
Houpert. J'ai aussi mon équipe qui a été formidable, Michel Philibert, ici à
côté de moi, et François Bilodeau, et Juliette qui m'ont accompagné dans ce
cours accéléré de ministre.
Je remercie la députée pour la question. Mais
on s'est... Il y a eu un peu... On s'est parlé, la députée et moi. Le commerce
interprovincial relève maintenant du ministre en titre du... le député de Lévis.
Donc, je vais être capable, à ce moment-là... Je reviendrai, mais ça va être
nos... mes collègues qui vont prendre la relève. Merci.
Le Président (M. Allaire) : Parfait.
Merci, M. le ministre. Je comprends que c'est M. Gervais qui va répondre...
M. Rousseau?
M. Bernard : Ça va être M. Rousseau.
Le Président (M. Allaire) : M.
Rousseau.J'ai besoin du consentement.
Des voix
: Consentement.
Le Président (M. Allaire) : Consentement.
Parfait. Donc, M. Rousseau, je vous cède la parole. Vous laissez... Je
vous laisse le soin de vous présenter avec votre nom complet et votre titre. La
parole est à vous.
M. Rousseau (Youri) : Bonjour.
Youri Rousseau, <sous-ministre adjoint au...
Le Président (M. Allaire) :
La
parole est à vous.
M. Rousseau (Youri) :
Bonjour.
Youri Rousseau, >sous-ministre adjoint au ministère de l'Économie,
Innovation, Énergie. Mme la députée, vous faites référence au projet de loi
n° 112, qui est devenu loi le 30 octobre dernier, c'est devenu la
loi C-30. C'est la loi favorisant le commerce entre les provinces et la
mobilité de la main-d'œuvre. Cette loi-là faisait en sorte qu'elle rentrait en
vigueur le 1ᵉʳ mai, dans le sens que nous, on a adopté la loi le
30 octobre, mais les autres provinces sont signataires, avec le Québec,
d'un accord de reconnaissance mutuelle qu'on a signé à Yellowknife en novembre.
La députée, Mme Hébert, était présente avec le ministre Poulin. Et ce
projet de loi là... cette entente-là, cet accord entre en vigueur maintenant,
en mai. Donc, on n'a pas encore des chiffres, mais je peux vous dire que le
commerce entre les provinces, dans l'année 2025, a augmenté de
4 milliards au Canada. Donc, on est vraiment dans une période où il y a
beaucoup plus... En fait, les ventes du Québec envers le reste du Canada ont
augmenté de 4 milliards. Donc, il y a vraiment un impact, on vend plus
d'est en ouest qu'avant.
Le Président (M. Allaire) : Mme
la députée.
Mme McGraw : Donc, on
savait... Je comprends que ça vient de rentrer en vigueur, mais on sait depuis
octobre que ça allait rentrer en vigueur. Tout le monde comprend que le
commerce et la diversification de nos marchés, tant à l'intérieur du Canada
qu'à l'étranger, c'est de premier plan. Donc, quels gestes ont été posés?
Qu'est-ce qu'on anticipe comme résultats? Et, parmi ces chiffres, je crois que
vous avez cité 4 milliards. C'est quoi, là, un peu, le... la répartition
entre les provinces, notamment le Québec?
M. Rousseau (Youri) : Donc,
le 4 milliards, c'est 4 milliards de vente du Québec vers les autres
provinces. Donc, c'est très bien.
Mme McGraw : Ah! vers
les autres provinces. Et si on se compare aux autres provinces?
M. Rousseau (Youri) : Le
Québec a toujours eu, historiquement, une balance commerciale positive. Donc,
nos échanges avec les autres provinces, on vend plus qu'on achète, depuis une
dizaine d'années.
Mme McGraw : Vous avez
l'Alberta aussi?
M. Rousseau (Youri) : Oui,
oui, le Québec vend plus aux autres provinces qu'on achète des autres
provinces.
Mme McGraw : Je crois
qu'il y a un déficit avec au moins deux provinces.
M. Rousseau (Youri) : OK. Je
vais demander à mes équipes de vérifier.
Mme McGraw : Pas mal certaine
qu'avec l'Alberta, entre autres, il y a un déficit. Pour les PME, donc, le
4 milliards, c'est quoi, l'impact pour nos PME au Québec? Est-ce que c'est
juste des grandes entreprises qui exportent ou c'est des petites et moyennes
entreprises aussi?
M. Rousseau (Youri) : Je
n'ai pas devant moi la donnée sur la... compartimentée de 4 milliards.
Mais ce que je peux vous dire, c'est que, dans la dernière année, les efforts
de commerce interprovincial ont vu à faciliter le transport, les règles,
l'harmonisation des règles de camionnage, la reconnaissance de permis pour la
main-d'œuvre, la reconnaissance des règles de vente. Tout ça, ça aide les
entreprises du Québec à ce que leur... leurs matériels ou leurs produits soient
certifiés ou reconnus dans l'autre province, ce qui facilite les ventes. Les
règles de camionnage, ça aide... ça aide vraiment beaucoup. Pour revenir sur
quels secteurs bénéficient, je vous reviendrai pendant la séance. Les équipes
travaillent.
Le Président (M. Allaire) :
Merci. Mme la députée.
Mme McGraw : Oui. Donc,
ça vient d'entrer en vigueur. On anticipe, j'imagine, déjà des ententes
bilatérales. Quelles démarches ont été déjà entreprises pour conclure des
ententes bilatérales avec les autres provinces ou territoires?
M. Rousseau
(Youri) :
Le Québec... Le Québec n'a pas choisi de faire des
ententes bilatérales, parce que ça nous aurait donné 13 ententes
différentes. On a choisi la voie multilatérale. C'est pour ça qu'on s'est
entendus avec tout le monde à Yellowknife en novembre. Donc, certaines
provinces avaient commencé au début de la guerre tarifaire. La Nouvelle-Écosse
a fait une entente avec l'Ontario, l'Ontario avec l'Alberta. Le Québec, on n'a
pas embarqué, on s'est dit : On va... On va prendre l'approche
multilatérale.
Mme McGraw : Donc, mais
ce n'est pas nécessairement mutuellement exclusif. On peut avoir et eu une
approche multilatérale et une approche bilatérale, comme l'Ontario. Je
comprends que l'Ontario, ils ont commencé en avril 2025, en amont de l'accord
pancanadien. Ça fait qu'on n'anticipe pas une approche complémentaire ou
multilatérale, juste exclusivement multilatérale?
M. Rousseau (Youri) : On
a choisi, avec le ministre de l'époque, le ministre Poulin, l'approche
multilatérale. Donc, on n'a pas... on n'a pas pris de temps à regarder les
ententes bilatérales, ça aurait été plus compliqué pour nos entreprises de
savoir qu'avec l'Ontario on a tel deal, avec la Nouvelle-Écosse on a tel deal.
On s'est dit : On va faire un deal avec tout le monde. Et les chiffres,
là, les échanges commerciaux entre les provinces, là, le Québec a un excédent
de 7,3 milliards en 2025. Donc, toutes nos ventes moins tous nos achats,
on a 7,3 milliards de... de surplus commercial.
Mme McGraw : Si on n'a
pas les informations pour les PME, parce qu'on aimerait... Si on n'a pas ça
devant vous, peut-être les... Est-ce qu'on pourrait vous demander de déposer
ces informations-là? Est-ce qu'on peut au moins parler de secteurs? Est-ce
qu'on peut parler de secteurs et... Par secteurs, c'est 4 milliards...
régions, par secteurs, par régions, au Québec?
• (14 h 40) •
M. Rousseau (Youri) : Pour
la question sur l'Alberta, c'est exact, on a un déficit commercial avec
l'Alberta. Ça fait que ça...
Le Président (M. Allaire) : Parfait...
M. Rousseau (Youri) : On
m'a envoyé les chiffres.
Le Président (M. Allaire) :
Juste aussi pour m'assurer, là, je comprends qu'il y a un engagement pour
transmettre l'information avant la fin de la séance? M. le <ministre...
Le Président (M. Allaire) :
...un engagement pour transmettre l'information avant la fin de la séance? M.
le >ministre.
M. Bernard : ...Si je peux me
permettre, M. le Président, les... les gens vont vérifier si on a cette
information-là, puis, si elle est disponible, on va le déposer.
Le Président (M. Allaire) :
Parfait. Merci. Mme la députée.
Mme McGraw : Donc, juste pour
clarifier, le Québec n'anticipe pas du tout des ententes bilatérales, comme
l'Ontario, comme d'autres provinces, on... on choisit la voie... multilatérale
uniquement? Parce qu'il y a d'autres provinces qui ont choisi de faire les
deux. Et vous pensez que c'est avantageux pour les PME en particulier?
M. Rousseau (Youri) : Plus de
clarté, donc seulement un groupe de règles à suivre plutôt que de comprendre
les règles de différentes provinces.
Mme McGraw : Et les PME, vous
avez consulté avec les PME, qui confirment qu'effectivement ils préfèrent cette
approche multilatérale exclusive?
M. Rousseau (Youri) : Oui, on
a fait plusieurs tables de consultation.
Le Président (M. Allaire) :
Merci, M. Rousseau. M. le ministre souhaite bonifier?
M. Bernard : Oui, si je peux
compléter là-dessus. Pour avoir travaillé dans l'industrie moi-même, dans ma vie
antérieure, quand tu as des différentes ententes comme ça, c'est vraiment
compliqué, vraiment, pour les entreprises. Donc, en ayant une entente globale,
c'est vraiment plus simple. Puis même qu'à l'intérieur, des fois, du Québec, on
veut s'assurer que les règles soient les mêmes pour favoriser les échanges avec
les entreprises. Merci.
Le Président (M. Allaire) :
Merci, M. le ministre. Mme la députée.
Mme McGraw : Alors, parlons
encore... J'ai posé une question sur les secteurs et aussi les régions... et
spécifiquement les PME. Est-ce que vous pouvez nous démontrer les bénéfices qui
sont attendus? Je comprends, entrée en vigueur. Donc, qu'est-ce qu'on attend?
Qu'est-ce qu'on anticipe du commerce interprovincial et comment s'assurer que
ce n'est pas juste quelques secteurs ou une région, dont la région
métropolitaine, qui en bénéficient? Comment s'assurer que les PME et les...
toutes les régions, les régions ressources aussi bénéficient de ce commerce
intérieur?
Le Président (M. Allaire) : M.
Rousseau.
M. Rousseau (Youri) : Nous
sommes dans une économie de marché. Donc, ce n'est pas le gouvernement qui
choisit qui achète à qui. Tout ce qu'on peut faire, c'est de faire des... des
conditions favorables au commerce. Donc, on ne peut pas dire précisément que ça
va avantager telle région ou tel type d'entreprises, mais on peut alléger les
règles, que ce soit plus facile pour tout le monde de faire des affaires. Et je
dois vous dire, on n'aura pas aujourd'hui les données par secteurs sur les
ventes interprovinciales de 2025 parce que c'est des données que Statistique
Canada va sortir juste plus tard. Je n'aurai pas par secteurs.
Le Président (M. Allaire) :
...Mme la députée.
Mme McGraw : Globalement,
vous avez parlé d'un 4 milliards d'exportation du Québec. Qu'est-ce qu'on
anticipe suite à cette entente multilatérale et à la loi, la nouvelle loi au
Québec qui vient d'entrer en vigueur?
Le Président (M. Allaire) : M.
Rousseau.
M. Rousseau (Youri) : On
s'attend que les conditions plus favorables, notamment les règles de transport,
l'harmonisation aussi, bientôt, du code du bâtiment entre différentes
provinces, vont permettre de vendre des maisons préfabriquées d'une province à
l'autre ou de vendre du matériel lié à la construction de maisons. Il y a
beaucoup de construction qui se fait, domiciliaire, partout au Canada. Nous, on
a le bois, on a... on a aussi l'aluminium, on a plusieurs avantages
comparatifs. Donc, je m'attends qu'on va augmenter encore plus l'avantage du
Québec dans le commerce intérieur.
Le Président (M. Allaire) :
Mme la députée.
Mme McGraw : Mais donc, on
n'a pas de chiffre... on n'a pas un objectif en tête. Alors, comment est-ce
qu'on va savoir si ça marche ou non, si on n'a pas de chiffre, si on n'a pas
d'objectif, si on n'a pas de chiffre de... un objectif clair? On prévoit
doubler le nombre d'exportations, par exemple.
M. Rousseau (Youri) : Le Pr
Tombe, qui est un professeur d'un institut en Ontario, je ne me souviens pas
lequel, a fait une analyse que, si le Canada faisait tomber ses barrières au
commerce interprovincial, ça pourrait générer, sur 10 ans,
200 milliards de PIB additionnels. C'est un professeur universitaire, c'est
une étude. L'étude a été mise en référence dans... dans les documents du projet
de loi n° 112. Donc, c'est une étude qui est retenue par plusieurs
analystes dans le reste du cas du Canada. Le Québec... Là, je ne peux pas vous
dire si elle est bonne ou pas, mais ça donne un ordre de grandeur. Lui, nous
disait, il y a deux ans, que, si on faisait tomber les barrières, il y avait
200 millions... 200 milliards de gains au Canada. Juste en 2025, le
Québec en a eu 4. Donc, je pense qu'on est sur la bonne voie.
Le Président (M. Allaire) :
Merci...
Mme McGraw : Mais, juste pour
comprendre, la somme, c'est 200 milliards sur 10 ans pour l'ensemble
du Canada ou juste le Québec?
M. Rousseau (Youri) : C'était
le Canada.
Mme McGraw : Bien, écoutez,
200 milliards divisé par 10, divisé par 10 provinces, c'est...
M. Rousseau (Youri) : Pas si
pire, hein?
Mme McGraw : Je veux dire...
juste comprendre : Comment vous quantifiez le succès, donc, suite à ce...
cette entente pancanadienne, mais aussi cette nouvelle loi québécoise?
Le Président (M. Allaire) : M.
Rousseau.
M. Rousseau (Youri) : Vous...
Le Président (M. Allaire) :
...
M. Bernard : Bien, juste
compléter, si je peux... Personnellement, si je regarde la taille de l'économie
de chacune des provinces, on ne peut pas, par exemple, comparer l'Île-du-Prince-Édouard
avec le Québec et l'Ontario. Donc, il va y avoir des provinces qui vont
bénéficier beaucoup plus de ces ententes-là de par leurs tissus industriels
actuels et leurs poids démographiques. Alors, c'est pour ça, globalement, oui,
mais la répartition, les provinces plus riches et les plus industrialisées vont
certainement en bénéficier un peu plus.
Le Président (M. Allaire) :
Merci. Mme la <députée.
Mme McGraw :
...qu'il y a...
M. Bernard : ...vont
certainement en bénéficier un peu plus.
Le Président (M. Allaire) :
Merci. Mme la >députée.
Mme McGraw : ...qu'il y a un
discours, il y a un narratif, mais c'est... qualificatif, pardon. On est... Ce
qui nous intéresse, c'est la quantité. Est-ce qu'il y a un objectif qui est
quantifiable? Est-ce que le Québec présentement, en pleine guerre commerciale
avec les États-Unis, qui doit diversifier ses marchés, notamment au sein du
Canada... Est-ce qu'on a un objectif clair qui est quantifié?
Le Président (M. Allaire) : M.
Rousseau.
M. Bernard : M. Rousseau.
M. Rousseau (Youri) : Bien,
je tiens à dire que, quand on a fait le projet de loi pour faciliter le
commerce, on n'a pas ciblé d'objectif. Donc, aujourd'hui, le ministre n'a
pas... le ministère n'a pas d'objectif. Mais, l'objectif, c'est de faire un
environnement d'affaires plus facile puis plus simple, qui va aider les
entreprises à exporter. Puis juste en voyant que cette année on a
4 milliards de plus, ça donne l'indice que ça pourrait aller encore mieux.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
5 min 30 s.
Mme McGraw : Je vous soumets
qu'on a... Ce que je... Moi, ce que je retiens, c'est qu'on n'a pas... le
Québec, sur un enjeu clé, n'a pas d'objectif quantifié. Et on ne va pas
pouvoir, faute d'un objectif clair, savoir si on a un résultat, on a un succès.
Ça fait que je vous soumets que c'est... c'est problématique.
Au niveau de la cohérence entre... au
niveau du gouvernement. Donc, on comprend que le commerce interprovincial ne
dépend pas juste d'un ministère, hein, c'est transversal. Ça touche les
transports, le numérique, les infrastructures, la formation, la reconnaissance
des compétences. Alors, ce qu'on cherche à savoir : si le gouvernement
agit de manière cohérente, de manière transversale ou si chacun travaille
sans... dans son coin, mais sans cible, et sans cible commune. Alors, est-ce
qu'il existe au sein du gouvernement une stratégie formelle, transversale,
chiffrée sur le commerce interprovincial et notamment l'impact sur les PME?
Le Président (M. Allaire) : M.
Rousseau.
M. Rousseau (Youri) : Oui.
Donc, pour faire le projet de loi pour faciliter commerce entre les provinces,
on a collaboré avec tous les ministères, une très belle collaboration du MAPAQ
pour les produits agroalimentaires, collaboration à Environnement pour les
règles, collaboration avec Transports. C'est un effort gouvernemental. Oui,
c'est porté par le MEIE, mais c'est un effort de tous les ministères. Les
collègues ont très bien collaboré, et on voit les résultats. Comme je vous
disais, l'accroissement de 4 milliards, c'est qu'on a passé de nos ventes
de biens et services de 101 milliards à 105 milliards. Le marché
canadien, c'est le deuxième marché après le marché américain. C'est un marché
vraiment important pour le Québec, et il faut qu'on travaille, tous les
ministères ensemble. Mais oui, on n'a pas de cible, mais on a des... on a des
processus formels pour s'échanger.
Mme McGraw : ...que, peu
importe... Parce que là je me pose... Est-ce qu'il va y avoir un comité
interministériel, se donner les moyens de succès? Mais, je vous reviens : Sans
cible concrète, comment on va savoir, sur un enjeu primordial pour le Québec,
si on réussit ou non? Question pour le ministre.
M. Rousseau (Youri) : Donc,
on a un comité interministériel, vous allez voir le...
Mme McGraw : J'aimerais
entendre... J'aimerais entendre le ministre, avec respect, là-dessus.
M. Rousseau (Youri) : Allez-y.
M. Bernard : Bien oui,
mais...
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Je veux juste... Oui, allez-y, M. le ministre.
M. Bernard : Merci, M. le
Président. Et, M. le Président, si on regarde, comme le sous-ministre l'a
mentionné, on a des statistiques annuelles de ventes et d'échanges entre les
provinces. Donc, le meilleur guide sur... globalement, va être à chaque relevé
annuel puis qu'on va voir la progression. Et le gouvernement, l'approche qu'il
a choisi de faire, entre autres, pas d'ententes bilatérales, mais une entente
globale, ça va favoriser définitivement nos échanges, nous en sommes
convaincus. Et maintenant, ce... le volet, ceci étant fait, ça va être les
secteurs d'activité économique qui vont faire les démarches pour accroître
leurs marchés, et ça va leur appartenir à eux.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Mme la députée.
Mme McGraw : C'est un bon
point, M. le ministre, en... en ce qui concerne les statistiques. Mais, si on a
les données, si on a des données, des statistiques, pourquoi, donc, ne pas
chiffrer une cible claire pour dire... Comment on va savoir? Est-ce que c'est
un 50 % qu'on vise? Pardon, un 50... oui, c'est ça, un 50 %? Je sais
qu'il y a un objectif de 50 %, de ce gouvernement, que, le PIB, on atteint
un 50 % à cause des exportations. Quel pourcentage de ce 50 % relève
du commerce interprovincial?
M. Bernard : ...si je peux me
permettre, M. le Président.
Le Président (M. Allaire) : Oui,
allez-y.
• (14 h 50) •
M. Bernard : Je reviens un
peu à ce que je disais... Parce que l'objectif du gouvernement, c'est de faire
tomber les barrières pour faciliter le commerce. Maintenant, le commerce, ce
n'est pas le gouvernement qui va le faire. Donc, ça va être les entreprises,
comme je mentionnais, qui vont développer leurs marchés. Et qu'est-ce que le
gouvernement a fait, c'est leur faciliter l'accès. Et c'est ça qu'on veut. Par
la suite, c'est à eux à prendre le ballon puis à le mettre au jeu pour scorer
dans les buts.
Le Président (M. Allaire) : Merci...
Merci, M. le ministre.
Mme McGraw : ...de mettre en
place les conditions gagnantes pour les PME en pleine guerre commerciale, parce
que c'est... ça relève de la <macroéconomie, donc...
Mme McGraw :
...
pour les PME en pleine guerre commerciale, parce que c'est... ça relève de la >macroéconomie,
donc ça relève du gouvernement. On comprend que c'est les entreprises et les
PME, surtout, qui font les efforts, mais il faut mettre en place des conditions
gagnantes, il faut avoir notre objectif clair et commun chiffré. Alors, à
l'intérieur de ce 50 %, que je vous soumets que c'est un objectif de votre
gouvernement, au sein de ce 50 %, c'est quoi, l'objectif pour le
commerce... de 50 % du PIB, exportations, quel pourcentage relève du
commerce interprovincial?
Le Président (M. Allaire) : M.
Rousseau, 45 secondes.
M. Rousseau (Youri) : Oui. Le
commerce du Québec a augmenté de 3,6 milliards avec des nouveaux pays. On
en parlait hier avec M. Drainville. Donc, on a exporté 100 % de plus aux
Pays-Bas, l'année dernière, 25 % de plus en Inde, 25 % de plus en
Allemagne. Donc, ça a augmenté de 3,6 milliards avec le reste du monde et
ça a augmenté de 4 milliards avec le reste du Canada. Donc, c'est vraiment
des bons chiffres, la... croissante augmentation. On a aussi un programme qui
s'appelle le PSCE, qui a été ouvert pour le marché canadien... à laquelle on a
donné cet hiver, entre janvier et février, 400 aides à des entreprises du
Québec pour développer le marché canadien. Donc, c'est 400 entreprises qui
ont eu de l'aide.
Mme McGraw : On va avoir tout
un bloc sur le commerce international. Je voulais surtout aller sur
l'interprovincial. Puis on n'arrive pas à remplacer ce qu'on perd avec les
États-Unis...
Le Président (M. Allaire) : Merci...
Mme McGraw : ...on n'est pas
encore rendus là. Merci.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Ça met fin à ce premier bloc avec l'opposition officielle. On enchaîne avec la
deuxième opposition. Mme la députée de Verdun, 19 min 30 s, la
parole est à vous.
Mme Zaga Mendez : Merci
beaucoup. Bonjour, M. le ministre. Première fois qu'on a la chance d'échanger
ici. Je salue toute son équipe. Je vais me permettre un petit mot envers le
Scientifique en chef, qui est à... je pense, c'est sa dernière chance d'être
avec nous aujourd'hui, de saluer M. Quirion pour tout votre travail ces
dernières années en tant que Scientifique en chef puis tout le rôle que vous
avez donné à la science. Je me permets quand même à vous saluer. C'est une des
choses qui me tiennent beaucoup à coeur, là, le rôle de la science dans la
prise de décisions publiques.
Parlons de PME, alors. Il y a eu un plan
de PME annoncé, 2025-2028, qui a été lancé en juin 2025, il y a bientôt un an.
Il y a eu 500 millions qui ont été annoncés. Ma première question : Si
vous pouvez nous dire quelle proportion de ces 500 millions ont déjà été
engagés au bénéfice direct des PME? Et, deuxième question : Quels sont les
indicateurs de performance que vous utilisez pour mesurer ces succès?
Le Président (M. Allaire) : Merci.
M. le ministre.
M. Bernard : Merci beaucoup
pour la question. Effectivement, donc, le plan PME, il a été mis en place
l'année dernière, et on a déjà vu les... quand même les bénéfices rapidement
qui ont été faits. À ce moment-ci, je ne peux pas vous donner... le quantifier
proprement dit. Mais qu'est-ce qu'on observe quand même, c'est qu'au niveau de
certains aspects, comme entre autres l'innovation et l'investissement — merci — donc,
on a eu une croissance, entre autres, des investissements pour... qui a aidé
la... la... Woups! Un moment, s'il vous plaît. Ça fait qu'on a vraiment...
pour... Excusez. OK. Donc, l'accès PME, on a eu plus de... Bon, démographie des
PME, on a eu plus de 140 000 interventions pour le volet accès...
bien... réseau innovation. Là-dessus, plus d'une vingtaine de milles ont été
consultés... Woups! Merci. M. le... Désolé.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Non, non, ça va, vous pouvez... vous pouvez quand même poursuivre et terminer votre
phrase, il n'y pas de problème. Mais je veux juste dire que...
M. Bernard : Ah! OK.
Le Président (M. Allaire) : Peut-être
en 10 secondes, là.
M. Bernard : Bon, faque c'est
ça, ça fait qu'on a eu, donc, des gains de productivité qui ont été enregistrés
au sein de nombreuses entreprises, une baisse des coûts de... une augmentation
de productivité d'une vingtaine de pour cent à cet égard-là, et c'est ça qu'on
va quantifier encore au cours des prochaines... des prochaines années... des
prochains mois.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Merci. Mme la députée.
Mme Zaga Mendez : Donc, on
n'a pas encore, de ce que je comprends, la proportion de combien a été engagé
par... pour l'enveloppe de 500 millions. C'est cette information-là qui ne
nous a pas été transmise dans les crédits. Mais vous n'avez pas encore la
proportion de 500 millions qui a déjà été engagée depuis juin 2025, si je
comprends bien?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Bernard : Je viens d'avoir
l'information...
Mme Zaga Mendez : Allez-y.
M. Bernard : Donc, le
500 millions sur trois ans.
Mme Zaga Mendez : Sur trois
ans.
M. Bernard : OK, ça, il faut...
Donc, pour, actuellement... pour l'année 2025-2026, 99 millions vont
être engagés, crédits budgétaires de l'ordre de 22 millions récurrents,
existants, 38,9, puis des nouveaux crédits 2025-2026 de l'ordre de
37,8 millions. Après ça, on a des projections pour l'année 2026-2027
et 2027-2028, OK, puis...
Mme Zaga Mendez : ...continuer
parce qu'on a... on a <peu de temps...
M. Bernard : ...2026-2027 et
2027-2028, OK, puis...
Mme Zaga Mendez :
...continuer
parce qu'on a... on a >peu de temps. Une des choses qu'on entend
souvent, c'est que, puis on le voit avec les chiffres, là, l'intervention qu'on
a auprès d'Investissement Québec, 90 % de cette intervention-là vise
surtout les entreprises de moins de 200... 200 employés et moins. Ça, c'est un
fait. Les PME Québécoises n'ont reçu que... Bien, pourtant, elles ne reçoivent
que 72,6 % de la valeur... en termes de nombre. Mais, en termes de valeur,
c'est 72,6 % des aides du ministère de l'Économie et de l'Innovation. Ça,
c'est en 2025‑2026, ceci nous vient du cahier des crédits. Qu'est-ce que vous
comptez faire pour rééquilibrer la valeur monétaire? Parce qu'en termes de
nombre de projets, c'est une chose. Les PME sont plus petites, vous allez
dire : On est capables de financer plus. Mais, en termes de valeur
monétaire des investissements, pour favoriser davantage les PME locales par
rapport aux grandes entreprises?
M. Bernard : Bien, je suis
content, vraiment, de la question, M. le Président. Parce que, oui, les
interventions du gouvernement par Investissement Québec et l'ensemble des
organismes, on touche une grande majorité des PME du Québec. On sait qu'il y en
a plus de 200 000, PME, mais, en termes de valeur, quand on compare avec
les compagnies majeures, il y en a moins, mais les grandes compagnies ont eux
aussi des investissements.
Puis il ne faut pas oublier le rôle
important des grandes entreprises dans notre économie québécoise. Parce que,
quand on investit dans les grandes entreprises, quand elles performent, prenons
des exemples comme Airbus, c'est toute la filière de PME en arrière qui a été
entraînée dans la croissance de ces grandes entreprises là. Donc, il faut
garder la grande... la totalité des secteurs d'activité proprement dits. Alors,
moi, personnellement... On fait notre travail. Les PME bénéficient
d'investissements pour les accompagner, et nos grandes entreprises aussi, pour
toute la filière industrielle québécoise.
Le Président (M. Allaire) :
Merci, M. le ministre. Mme la députée.
Mme Zaga Mendez : J'entends,
M. le ministre, mais les chiffres... On n'est pas contre qu'il y ait des
investissements majeurs structurants, mais après... à des grappes moyennes,
mais c'est le déséquilibre, là. On est quand même à 72,6 % de la valeur
des aides qui s'en vont... qui vont dans les grandes entreprises. On est quand
même dans un déséquilibre encore. Et ça, c'est la question qui nous préoccupe.
Ce n'est pas le fait qu'on en donne à un ou à l'autre, c'est : en termes
de valeur monétaire, on n'atteint pas encore un équilibre qui est intéressant,
qui peut créer encore plus de grappes de PME gérées... qui viennent se greffer
à d'autres projets industriels.
M. Bernard : Bien, M. le
Président, si je peux me permettre, quand on regarde, là, le décompte que j'ai,
2018 à 2025, pour Investissement Québec, 25 %, 4,4 milliards sont
allés aux PME de 20 employés et moins, 6,6 milliards, 37 %, pour
les entreprises de 20... de 200 employés et moins. 40 % de ces
interventions concernent donc des entreprises de moins de 20 employés.
Faire un équilibre, comme la députée le propose... Il faut regarder la taille
des PME avec lesquelles on investit. Alors, on ne peut pas demander à des PME
de 20 employés d'accroître énormément leurs investissements. D'où ça crée
ces chiffres-là qu'on a. Mais l'objectif, c'est qu'on donne de... on investit
dans les entreprises à tous les niveaux, peu importe lequel est leur nombre
d'employés.
Le Président (M. Allaire) :
Merci, M. le ministre. Mme la députée.
• (15 heures) •
Mme Zaga Mendez : Merci. Je
veux prendre le temps de vous parler d'une situation qui me préoccupe pas...
beaucoup, en fait. Je travaille là-dessus depuis mon élection. Et ça tombe
bien, aujourd'hui, je vais vous exposer une situation pour laquelle j'ai... en
fait, je n'ai jamais eu une réponse claire de la part du gouvernement. Je veux
quand même prendre le temps de vous exposer ceci.
Depuis des années, ce que je vois, puis je
vais partir des exemples de l'île de Montréal, mais je sais qu'il y en a, des
exemples, ailleurs au Québec, des PME, des entreprises de quartiers qui
s'installent sur nos artères puis nos rues commerciales ferment. Elles ne
ferment pas parce qu'elles ne sont pas rentables, parce qu'elles sont capables
de générer un niveau acceptable de croissance économique. Elles ont fermé, dans
les dernières années, c'est parce que, quand il vient le temps de renouveler ce
qu'on appelle un bail commercial, il n'y a rien qui encadre la négociation d'un
bail commercial. Et j'avais déposé... je l'ai amené en commission il y a un an
et demi, j'ai déposé une pétition à ce sujet. Et c'est une grande préoccupation
qui va au-delà d'une entreprise.
Aujourd'hui, j'ai reçu une lettre de PME
Montréal, qui consulte puis qui travaille avec des PME dans la grande région
métropolitaine, je vous ai fait parvenir la même lettre aussi, avec trois,
quatre types, et qui ne font... Je l'ai reçue aujourd'hui, je tiens à le dire,
là. Si vous n'en avez pas pris connaissance... Je ne m'attends pas que vous
l'ayez lue, là, je viens tout juste de la recevoir, mais je veux quand même
prendre le temps... Ils nous disent puis ils nous sensibilisent, ces PME là, en
disant que, contrairement aux baux résidentiels, les baux commerciaux...
15 h (version révisée)
Mme Zaga Mendez : ...en disant
que, contrairement aux baux résidentiels, les baux commerciaux ne font l'objet
d'aucune loi spécifique. Ils sont régis par des règles générales du Code civil
du Québec, qui laisse une entièreté liberté contractuelle aux parties, mais
cette absence de balise place les entrepreneurs dans une situation de grande
vulnérabilité, particulièrement sur leurs... sur les différentes artères
commerciales où la pression immobilière s'intensifie.
J'ai déjà posé cette question en Chambre,
mais je sens qu'on a un vide, qu'on ne se pose pas cette question. Et, en même
temps, je vois des cafés, des bars, des librairies fermer et ne pas être
capables de continuer. La pression immobilière est énorme, mais quand ça vient...
vient le temps de renouveler, il n'y a rien qui encadre cette négociation. La
lettre que je vous ai envoyée parle des trois cas où est-ce qu'on a vu des
hausses imposées de 190 %, de 60 % de 50 %. Et, quand le
propriétaire décide de ne pas relouer, il a le droit de le faire. Donc, j'aimerais
ça vous entendre. Est-ce qu'une réflexion est entamée de votre côté concernant
la situation de ces petites et moyennes entreprises?
Le Président (M. Allaire) : Merci.
M. le ministre.
M. Bernard : Oui, merci. Et je
remercie la députée, parce que je me rappelle lorsqu'elle a posé la question en
Chambre, il y a deux semaines, je crois. OK, c'est un sujet qui est vraiment
intéressant, puis, quand on se met dans la situation des milieux urbains,
effectivement, il faut se poser des questions. Puis, en toute franchise, lorsqu'elle
avait posé cette question-là en Chambre, ça m'a vraiment interpelé.
Mais maintenant, ceci étant dit, le
gouvernement, on... on agit au niveau du résidentiel proprement dit puis on a
vu qu'on a fait des règles, notre ministre de l'Habitation, à cet égard-là,
pour qu'est-ce qui est le résidentiel. Maintenant, entre entreprises, et
autres, jusqu'où le gouvernement peut aller? Je n'ai pas la réponse, M. le
Président, mais je suis vraiment sensible à la situation. Mais parce que, là,
on rentre dans des négociations entre un propriétaire puis les entreprises. Est-ce
que le gouvernement doit encadrer ça, ou autres? Je n'ai pas la question. On va
y réfléchir, mais on rentre dans un autre secteur d'activité qui est... qui est
hors du champ d'intervention gouvernemental en qu'est-ce qui me concerne.
Mais je ne dis pas qu'on ne regarde pas la
situation, mais il faut... il faut se préoccuper. C'est des situations qui
arrivent probablement plus dans les milieux urbains, parce que, quand je
regarde ma dynamique, nous, en région, Rouyn-Noranda, et ailleurs, on ne vit
pas cette pression-là. C'est différent à Montréal. Est-ce qu'il y a d'autres
enjeux avec la réglementation municipale ou pas? Je pense que ça va interpeler
aussi les deux niveaux de gouvernement pour s'assurer, entre autres, quand je
prends les villes urbaines, que leur tissu commercial dans chacune des rues ne
soit pas déstructuré. Donc, je pense qu'il faut faire une réflexion globale
avec tous les intervenants, que ce soit gouvernemental, puis l'UMQ, puis les
grandes municipalités, pour voir est-ce qu'il y a moyen de faire quelque chose.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Mme la députée.
Mme Zaga Mendez : Je vais me
permettre de saluer l'ouverture, parce que c'est la première fois que j'entends
qu'on peut se poser la question puis qu'on reconnaît que cet enjeu-là existe.
Ça fait quatre ans que je ramène cet enjeu-là autour de la table. Cet enjeu-là
existe bel et bien, et c'est des entreprises qui se voient, en fait, noyer par
la pression. Ça peut être autour des centres urbains, mais pas seulement. Même
les propriétaires nous disent : Ça ne donne pas de prévisibilité, parce qu'il
n'y a aucun cadre dans la négociation. Quand on parle d'encadrer, ça ne veut
pas tout le temps dire de mettre un plafond puis dire : C'est ça, le coût
du marché. C'est d'encadrer une négociation pour qu'entre autres nos petites et
moyennes entreprises puissent survivre dans le temps.
Moi, je le vois la... dans... à Verdun, je
l'ai vu un peu... un peu partout à Montréal, à Sherbrooke, à Québec, mais, qu'on
ne soit pas capables de leur donner un cadre de prévisibilité pour rester,
bien, on est en train de les perdre. Puis, avec toute la pression du coût de la
vie, quand on reçoit une hausse de loyer de 190 % — ça, c'est
légal, c'est légal — puis qu'on passe, je donne un exemple, de 1 900 $
par mois à 5 500 $ par mois, quelle entreprise est capable d'assumer
ça? Il n'y a rien pour les défendre, rien. On les a accompagnés, même au niveau
légal, il n'y a rien pour les défendre.
Alors, moi, j'aimerais ça vous entendre, d'avoir
un engagement qu'il va y avoir vraiment une réflexion pour l'encadrement des
baux commerciaux au sein de votre ministère.
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Bernard : Merci. Je ne suis
pas certain que... si on revient à prendre un engagement sur la réflexion, ça
va toucher plus qu'un ministère à proprement dit, et je n'irai pas là. Je
reconnais la situation, mais j'en reviens encore à la... à qu'est-ce que j'ai
dit antérieurement, ce n'est pas un enjeu qui est global à l'ensemble du Québec.
Alors, c'est là qu'à un moment donné, je crois qu'il faut interpeler les
milieux municipaux qui sont concernés. <Parce que...
M. Bernard :
...donné,
je crois qu'il faut interpeler les milieux municipaux qui sont concernés. >Parce
que, le gouvernement, arriver puis faire des réglementations qui seraient
panquébécoises sur un enjeu qui concerne deux entreprises privées, c'est-à-dire
un propriétaire d'un édifice et un commerce qui prend un local à l'intérieur de
celle-ci, on rentre dans un enjeu qui est encadré plus par le Code civil du
Québec, et ce sont des négociations entre deux parties prenantes. Et, encore
une fois, je suis sensible à la situation, mais quelles balises, mais comment
qu'on peut encadrer ça? Je n'ai pas la réponse puis je vais laisser...
Le Président (M. Allaire) :
Merci, M. le ministre. Mme la députée.
Mme Zaga Mendez : ...je
vais continuer avec une... deux dernières questions avec le temps qu'il me
reste. Je veux juste vous sensibiliser. Oui, c'est des petites et moyennes
entreprises surtout, mais la location commerciale, c'est aussi des groupes
communautaires, c'est des centres de la petite enfance. Moi, j'ai vu des
centres de la petite enfance se faire évincer par leur propriétaire, justement
parce qu'on ne veut plus d'enfants, et ils ont le droit, et on perd des
services. Ça fait que ce n'est pas seulement... oui, deux entités commerciales,
mais on a des cas au Québec... entités privées, OBNL privés et publics. Je vous
sensibilise à ça, puis c'est tant mieux si vous êtes capable de parler à vos
collègues.
Deux dernières questions. La première,
concernant le Fonds pour la croissance des entreprises, 2,2 milliards de
dollars pour favoriser le repreneuriat. On entend souvent, c'est un grand
enjeu, mais je... voir un peu plus dans les optiques, dans la... et les options
que... Combien d'entreprises de type PME ont réellement bénéficié d'une reprise
de participation par le fonds pour éviter une vente à des intérêts étrangers en
2025-2026? Est-ce que vous avez ça? Est-ce que vous suivez le Fonds pour la
croissance des entreprises québécoises? Combien des petites et moyennes
entreprises ont réellement bénéficié d'une prise de participation pour éviter
une vente à des intérêts étrangers dans la dernière année? Est-ce que vous...
Le Président (M. Allaire) :
M. le ministre.
M. Bernard : Bien, merci
pour la question. Je vais revenir juste sur le point sur les CPE. Normalement,
le ministère de la Famille, et autres, avec les programmes, il faudrait aller
voir, à la rigueur, celles qui sont touchées...
Mme Zaga Mendez : Ah! Je l'ai
fait.
M. Bernard : ...qu'est-ce
qu'ils peuvent voir du côté du ministère, proprement dit, de la Famille. Ceci
étant dit, pour les CPE.
Maintenant, pour le repreneuriat, je suis
vraiment content de la question. J'ai eu le... le bénéfice de rencontrer M. Alexandre
Ollive récemment, Repreneuriat Québec, qui nous a vraiment mis à parler du rôle
qu'il joue actuellement pour équilibrer. Parce qu'on a beaucoup... on le sait,
qu'il y a... les... la grande majorité des PME au Québec, maintenant, les
propriétaires, ils ont plus de 55 ans et ils n'ont pas de plan de
repreneuriat. Alors, ça, c'est vraiment important, et Repreneuriat Québec
travaille beaucoup à cet égard-là. Maintenant, au niveau... pour les aider,
il y a les fonds locaux d'investissement et il y a également les FLS, du côté des
MRC, qui peuvent les accompagner. Mais le repreneuriat est un enjeu majeur. On
a beaucoup de cédants qui sont prêts à prendre des entreprises. Puis, par la
suite, pour les repreneurs, on a aussi des gens puis on va avoir... Repreneuriat
Québec a mis une plateforme pour mettre tous ces gens-là en contact pour
favoriser le repreneuriat... merci.
Le Président (M. Allaire) :
...Mme la députée.
Mme Zaga Mendez : Bien,
merci. Je vais me permettre de poser ma dernière question au Scientifique en
chef, à M. Quirion. J'aimerais ça vous entendre, peut-être une réflexion
plus générale au cœur de votre travail puis d'un peu le bilan que... que vous
faites. On est dans un contexte d'instabilité économique, qu'on vit, mais aussi
d'instabilité climatique et sociale, où le rôle de la science demeure clé pour
informer, mais pour créer ce qu'on souhaite, des économies et des sociétés plus
résilientes. J'aimerais vous entendre un peu là-dessus, de comment le rôle de
la science et vous, comme Scientifique en chef, vous prenez part dans cette
réflexion envers une résilience dans des contextes géopolitiques tels qu'on les
connaît, mais aussi dans un contexte d'instabilité climatique.
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Quirion (Rémi) :
Merci, oui.
Le Président (M. Allaire) :
Allez-y, M. Quirion. J'ai besoin du consentement.
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Allaire) :
Consentement, excellent. Donc, simplement vous présenter avec votre titre, même
si les gens vous connaissent bien, puis ça me permet de vous féliciter pour
votre belle carrière. La parole est à vous.
M. Quirion (Rémi) :
Rémi
Quirion, toujours Scientifique en chef, pas encore tout à fait terminé. Très,
très bonne question. Je dois dire que, dans ma carrière, incluant la portion Scientifique
en chef, je n'aurais jamais pensé vivre ce qu'on vit maintenant, en termes
d'attaques contre la science, par plusieurs, plusieurs communautés, mais en
particulier les États-Unis, le pays le plus puissant en recherche scientifique
depuis des décennies. Donc, ça, ça... vraiment, ça nous pose plusieurs
questions.
• (15 h 10) •
Et, pour nous, dans mon rôle de Scientifique
en chef, ce qu'on a essayé de faire, c'est mettre davantage d'emphase sur ce
qu'on appelle la diplomatie scientifique, comment la science peut aider les
interactions et les collaborations entre pays, très important. Aussi, comme ça
a été <mentionné...
M. Quirion (Rémi) : ...les
interactions et les collaborations entre pays, très important. Aussi, comme ça
a été >mentionné pour l'économie, comment diversifier nos partenariats
scientifiques, on en a beaucoup avec... avec les États-Unis, mais il faut aussi
diversifier. Et la dernière partie de la réponse serait la littératie
scientifique, s'assurer que, dans nos sociétés, il y a davantage... nos jeunes
sont formés, connaissent davantage la science, comment la science fonctionne,
les avancées, les retours. Donc, la littératie scientifique et la littératie
numérique, deux grandes priorités.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Mme la députée.
Mme Zaga Mendez : Bien, je
vous remercie.
Le Président (M. Allaire) :
Ça va?
Mme Zaga Mendez : Merci. Je
n'ai pas d'autre question...
Le Président (M. Allaire) :
Parfait. Donc, on poursuit, on poursuit. On revient avec l'opposition
officielle. M. le député de Marguerite-Bourgeoys, vous avez
19 min 30 s. La parole est à vous.
M. Beauchemin : Merci
beaucoup, M. le Président. Merci beaucoup. Félicitations au nouveau ministre, bien
heureux de pouvoir discuter avec vous. Je vais essayer d'être gentil. Donc, il
y a eu une annonce qui a été faite, une baisse d'impôt, là, pour
75 000 PME, par une réduction, là, de la déduction pour petites
entreprises. Une question comme ça, pourquoi... pourquoi avoir attendu aussi
longtemps pour mettre cette déduction-là... une réduction de la déduction?
Le Président (M. Allaire) :
...
M. Bernard : ...merci, M. le
député, pour la question. M. le Président, en fait, la première réduction a eu
lieu en 2021 alors que le ministre des Finances a fait passer le taux
d'imposition de 4,2 à 3,2. Et, cette année, à ce moment-ci, il a fait passer le
taux d'une autre étape, de 3,2 à 2,2. Donc, c'est un processus qu'il a mis en
place. Et l'autre chose, c'était pour préserver, là, la... compétitivité du
régime fiscal. Le gouvernement a bougé pour faire entre autres un ajustement,
se rapprocher des autres provinces. On avait l'intention de le faire. L'Ontario
avait annoncé également. Donc, le gouvernement a procédé pour s'ajuster au...
au contexte canadien puis surtout avec nos voisins.
Le Président (M. Allaire) :
...
M. Beauchemin : Merci, M. le
Président. Bien, en fait, les gens qui observent, comme le FCEI, évidemment,
voyaient que, bon, le réflexe de la CAQ, c'est d'attendre de voir que... ce que
l'Ontario va faire pour s'ajuster. Parce que, quand on est passés de 4,2 à 3,2,
c'était en réaction à l'Ontario. Là, on vient de faire exactement encore la
même chose, en réaction à ce que l'Ontario a, pour... pour garder la
compétitivité, mais c'est une demande qui a été mise en place depuis plusieurs
années. Puis je me pose la question : Pourquoi avoir attendu que ce soit
quelque chose fait en Ontario pour finalement le faire au Québec? Pourquoi ne
pas avoir pas pris le «lead» puis le faire nous-mêmes sans avoir à suivre ce
que l'Ontario fait? Pourquoi on n'a pas été capables d'avoir la propre
initiative de notre bord?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Bernard : Oui. Bien, merci.
Écoutez, je ne peux pas revenir sur le passé, je n'étais pas là. Alors, je vais
reprendre où ce que nous en sommes actuellement. Le gouvernement... la première
ministre et le gouvernement a toujours, depuis qu'il est en place, mis en place
des manoeuvres, de l'allègement pour rendre nos entreprises plus compétitives, et
d'autant plus dans l'actualité, l'enjeu des tarifs avec les États-Unis au sud.
Donc, notre gouvernement a procédé sur les deux aspects, fiscal, mais également
avec l'allègement réglementaire. C'est une volonté qui a été là, établie depuis
que le gouvernement est en place. Quand on pense... puis on va probablement en
reparler, les cinq projets de loi omnibus pour l'allègement réglementaire, et
ma collègue ici de Saint-François est... est encore plus apte que moi pour
pouvoir répondre à ces questions-là.
Le Président (M. Allaire) : Merci,
M. le ministre. M. le député.
M. Beauchemin : Bon, bien,
écoutez, merci, M. le Président. Je... OK, bon, on va garder le focus sur la
mesure deux secondes. Combien... combien coûte cette mesure?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
Des voix : ...
M. Beauchemin : Ça, c'est
votre ministère, hein, c'est ça?
M. Bernard : ...c'est ça,
parce qu'effectivement c'est une... Bien, merci de la suggestion, c'est le
ministère des Finances qui aurait probablement le chiffre à cet égard-là, sur
le coût réel. De notre... de notre côté, il faudrait faire la recherche, puis
on pourra vous revenir plus tard si on a l'information, mais c'est une donnée
du ministère des Finances, désolé.
M. Beauchemin : Mais cette
demande-là vient par votre ministère des PME, j'assume que vous aviez donc eu
des contacts avec la FCEI. Je... les gens qui nous <écoutent...
M. Beauchemin :
...j'assume
que vous aviez donc eu des contacts avec la FCEI. Je... les gens qui nous >écoutent,
là, auraient cru normalement que le ministre responsable des PME aurait eu une
idée du coût de la mesure. Parce que, bon, ça a des impacts, évidemment, au
ministère des Finances, c'est certain, mais cette demande vient de votre
ministère. Vous n'avez aucune idée, là, de l'impact, là, de... fiscal?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Bernard : Je... je veux
revenir là-dessus. Vous parlez de la FCEI, on... Nous les avons rencontrés,
nous avons rencontré la Fédération des chambres de commerce du Québec, puis ils
nous ont vraiment félicités pour la mesure qui a été mise en place à cet
égard-là. Donc, c'est important de le signaler. Et éventuellement, pour
l'allègement réglementaire, ils espèrent qu'on va encore aller plus loin. Puis,
à cet égard-là, bientôt, le projet de loi n° 11 va
être apporté pour être adopté, et on va avoir besoin vraiment de l'appui rapide
de nos... des oppositions. Ceci étant, je vais demander à mes équipes s'ils ont
l'information, et on va essayer... OK, je viens de l'avoir. Merci.
Le Président (M. Allaire) : Allez-y.
M. Bernard : Merci. Donc, la
mesure, 230 millions sur cinq ans, M. le Président.
Le Président (M. Allaire) : M.
le député.
M. Beauchemin : Merci. Est-ce
que votre ministère a travaillé sur cette mesure-là?
M. Bernard : Je vais...
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Beauchemin : Bien non,
mais je... en fait...
M. Bernard : ...si vous... si
vous permettez, le... M. le sous-ministre était en poste à ce moment-là, il
peut répondre à ma place. Je n'ai pas... je n'ai pas l'idée comment les
cheminements se sont faits. Est-ce que vous permettez?
M. Beauchemin : Mais
l'annonce n'a pas...
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Est-ce que... est-ce que j'ai le consentement?
M. Beauchemin : Juste deux...
deux secondes avant de donner le consentement.
Le Président (M. Allaire) : Oui.
Allez-y. C'est bon.
M. Beauchemin : Vous avez été
nommé ministre, et l'annonce était faite par la suite, n'est-ce pas?
M. Bernard : Deux jours...
deux jours après, M. le Président.
M. Beauchemin : La plus grosse
annonce qui est, en fait, reliée à votre ministère, puis on ne vous avait pas
mis au courant de... que ça s'en venait, ou c'était une surprise, ou...
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Bernard : Comme... bien,
comme je disais, le temps de rentrer en poste, M. le Président, l'annonce est
arrivée, qui était déjà... qui était déjà prête. Et probablement, s'il n'y
avait pas eu la suspension des travaux, elle aurait été faite probablement
avant mon arrivée en poste. Alors, je suis arrivé dans le contexte, bien content,
ça avait été ma première annonce avec la première ministre, mais je suis
arrivé, et... et le tout était prêt à cet égard-là.
Le Président (M. Allaire) :
Merci.
M. Beauchemin : ...vous n'avez
aucune espèce d'idée combien de temps votre... votre ministère a travaillé sur
cette mesure-là?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Bernard : C'est... c'est une
mesure du ministère des Finances. Mais, encore une fois, peut-être que le
sous-ministre, à ma droite, peut dire combien de temps qu'ils ont été interpelés
avec... sur cette mesure-là et qu'ils ont participé. Moi, personnellement, je
n'ai pas la réponse, M. le député.
M. Beauchemin : Brièvement, consentement,
oui.
Le Président (M. Allaire) :
Parfait. Donc, j'ai le consentement? Simplement, prendre le temps de vous
présenter, votre titre. La parole est à vous.
M. Gervais (Mathieu) : ...sous-ministre
Économie, Innovation, Énergie. Donc, c'est des travaux qui relèvent
effectivement du ministère des Finances. Il y a des échanges, évidemment, en
continu...
M. Beauchemin : Donc, le ministère
de l'Économie...
M. Gervais (Mathieu) : ...il
travaille de concert avec le ministère des Finances sur la compétitivité
globale du... de l'environnement d'affaires des PME. Mais toutes les
simulations, exemple, les...
M. Beauchemin : Puis vous
n'avez jamais été mis au courant de l'impact fiscal de votre demande?
M. Gervais (Mathieu) : Bien,
au niveau administratif, on a des échanges pour... on connaît la dépense
fiscale de réduire le taux PME, évidemment, mais les scénarios qui ont mené à
l'annonce ne nous ont pas été confirmés avant le budget.
M. Beauchemin : OK. Ça fait
que vous avez une demande, vous ne savez, grosso modo, pas vraiment clairement
combien que ça va coûter, mais vous avez une demande. Vous demandez au
ministère des Finances de vous la quantifier, puis c'est à partir de ce
moment-là que vous savez combien ça coûte, c'est ça?
M. Gervais (Mathieu) : On n'a
pas... Ce n'est pas nous qui avons déposé une demande au ministère des Finances.
Le ministère des Finances ont fait... ils sont responsables du régime fiscal
puis ils font des travaux sur la compétitivité des entreprises, de concert avec
le ministère de l'Économie, mais ce... ce n'est pas notre demande.
M. Beauchemin : Bien, OK, bien,
la partie du concert, là, de quel instrument de musique vous jouez dans le
concert avec...
M. Bernard : ...si je peux me
permettre, étant donné que c'est... ça relève des Finances, la demande, elle a
été faite, comme M. le sous-ministre le mentionne, directement au ministère des
Finances, même si ça touche les PME. La demande originale, elle a été faite
auprès du ministère des Finances et non auprès du ministère de l'Économie et de
l'Innovation.
Le Président (M. Allaire) :
Merci. Merci. M. le député. 11 minutes.
• (15 h 20) •
M. Beauchemin : Bon. OK. On
comprend que ça vient des finances. Donc, lorsque l'annonce a été faite, la
première ministre qui était présente, en fait, je pense que vous, vous étiez
présent aussi lors de l'annonce, elle a annoncé que «concrètement «le taux
d'imposition des petites et moyennes entreprises du Québec sera réduit dès
maintenant de 3,2 % à 2,2 %, il... il s'agit d'un allègement fiscal
significatif représentant près de 630 millions sur cinq <ans...
M. Beauchemin :
...il...
il s'agit d'un allègement fiscal significatif représentant près de
630 millions sur cinq >ans pour 75 000 PME.» Ça, c'est
lors de l'annonce. Madame... Mme la première ministre était là, vous étiez là,
le ministre des Finances était là. Puis là vous, vous me dites que ça coûte
230 millions?
Le Président (M. Allaire) :
M. le ministre.
M. Bernard : Oui, M. le
Président. Effectivement, la mesure du 3,2 % à 2,2 % a un effet
cumulatif de 630 millions, mais qui était... En même temps, le corollaire
à ça, c'est qu'il y avait une baisse de 3,42 % à 2,69 % du taux de
crédit d'impôt pour dividendes non déterminés. Alors, c'est là que... qui fait
que les sommes qui sont allouées à la PME en... Les gens bénéficiaient, donc,
moins au niveau des dividendes, ce qui fait... au final, la somme récupérée au
niveau des dividendes est de l'ordre de 399 millions. Donc, la somme des
deux fait un montant de 230 millions du coût de la mesure.
M. Beauchemin : Je
comprends ça, mais ce que je ne comprends pas, c'est qu'on... on annonce 630,
ça sonne bien. Puis après ça on dit : Mais, n'oubliez pas, il y a un effet
de dividende, puis l'effet du dividende, on ne l'annonce pas, ça fait que ça
sonne comme 630. Il n'y a jamais... dans l'annonce, mentionné qu'il allait y
avoir un effet sur le dividende. Moi, je le comprends, parce que j'ai travaillé
dans le domaine, là, je le comprends, c'est sûr et certain, qu'il va y avoir un
effet, mais... On annonce 630, mais, dans le fond, c'est 230. Ça, c'est,
comme, on va vous baisser les impôts de 50 $ ici et là, mais finalement on
va augmenter votre taxe sur les assurances en janvier. C'est dans la même
catégorie, un peu, là, non?
M. Bernard : ...si je
reviens au moment de l'annonce, le ministre des Finances a vraiment mentionné
les deux mesures. Je me rappelle les entrevues, entre autres, qu'il a faites
avec... à RDI...
Une voix : ...
M. Bernard : ...à Radio-Can,
et autres. Ça a été mentionné et ça a été mentionné lors de ses questions. Le
ministre des Finances a été transparent à cet égard-là, il a vraiment parlé des
deux mesures combinées.
Le Président (M. Allaire) :
M. le député.
M. Beauchemin : Parce
que la citation de la première ministre ne parlait pas du 230 millions,
elle parlait du 630 millions. Elle ne parlait pas du dividende, elle ne
parlait... Le ministre des Finances, que je connais assez bien pour comprendre
que lui aussi, il comprend aussi bien que moi l'effet de la... du dividende
là-dessus... et donc la réduction à 230 millions. Mais pourquoi la
première ministre, elle, a annoncé que c'est une mesure qui coûtait 630 millions?
Le Président (M. Allaire) :
M. le ministre.
M. Bernard : De mémoire,
même si j'étais là, je ne peux pas répondre comment que ça avait été fait, mais
je reviens encore. OK, la... la première ministre et le ministre des Finances,
ils ont vraiment mentionné l'annonce combinée des deux, qui donne un montant de
230 millions. Puis le ministre des Finances a été très clair là-dessus, M.
le Président, que la somme des mesures... Puis moi-même, lors d'une entrevue
avec M. Ferrandez et... et Mme Normandeau, on a mentionné les
chiffres correctement.
Le Président (M. Allaire) :
...député.
M. Beauchemin : Bon,
bien, écoutez, le verbatim de... de l'annonce dit que la première ministre
annonce une annonce de 630 millions. Je comprends ce que le ministre nous
dit, mais, bon, on comprend qu'on... qu'on est avec le gouvernement de la CAQ,
là, il n'y a pas de... il n'y a pas d'enjeu.
M. Bernard : ...si je peux me
permettre, M. le Président, il faut quand même le regarder... ces deux points.
La première annonce de... le 630 millions concerne les PME. Et, l'autre
volet, c'est pour ça que la première ministre l'a annoncé, pour les PME, ça
représentait 630 millions. Maintenant, au niveau du dividende, c'est un
autre aspect proprement dit, mais la PME elle-même proprement dit, elle a eu un
bénéfice, un gain de 630 millions.
Le Président (M. Allaire) : Merci,
M. le ministre. M. le député.
M. Beauchemin : Bien, je
ne veux pas m'obstiner longtemps avec le ministre, là, mais, quelqu'un qui est
propriétaire d'une entreprise, qui reçoit, donc, le dividende, donc reçoit le
net, ça revient à 230. C'est... grosso modo, on peut la résumer rapidement, là,
mais...
M. Bernard : ...c'est le
coût de l'État, M. le Président.
M. Beauchemin : Ceci
étant, on est... Donc, c'est intéressant que vous parliez justement, là, des
projets d'allègement réglementaire. Le même FCEI, là, que vous dites que vous
êtes en grande collaboration avec a dit, et puis ce n'est pas moi, là, c'est
eux qui le disent, là, que depuis 2018 la CAQ a ajouté au fardeau réglementaire
de nos PME. Puis ça coûte à nos PME, là, ça coûte en plus, depuis 2018, à nos
PME, 2,4 milliards de dollars. Je sais que votre équipe travaille, a
travaillé sur des projets d'allègement réglementaire, pour en avoir participé
dans quelques-uns. Votre collègue actuel... précédent, d'ailleurs, était présent.
Il y avait monsieur... d'autres... je ne peux pas les nommer, en tout cas, ceci
étant, le nombre c'est-tu cinq, c'est-tu six projets? Le total, grosso modo,
c'est qu'on a <réduit...
M. Beauchemin :
...ceci
étant, le nombre c'est-tu cinq, c'est-tu six projets? Le total, grosso modo,
c'est qu'on a >réduit ce 2,4, on dit qu'on a réduit ou on veut réduire
ce 2,4 de 200 millions de dollars, total, 200,
220 millions de dollars, total. On va le prendre. C'est sûr que c'est
mieux que rien, mais est-ce que vous comprenez quand même que, du point de vue
des PME 2,4 moins 200, là, 2,2 milliards de dollars, c'est
énorme puis c'est... c'est une taxe au développement économique, c'est ce qui
les rend moins compétitives, c'est ce qui fait qu'elles perdent des parts de
marché?
Le son de cloche que moi, j'ai, quand je
parle aux entrepreneurs, ils me disent tous la même chose : Gouvernement
de la CAQ, tassez-vous de là, l'impôt, on va le prendre, c'est gentil, là, mais
on aimerait de loin beaucoup plus ne pas vous avoir dans nos pattes. On préfère
de loin avoir de l'énergie, aller gagner des parts de marché à économiser,
pouvoir prendre cet argent-là au lieu de le dépenser dans la paperasse, d'y
aller justement dans l'innovation, nous permettre d'avoir des gains de
productivité, etc. Mais non, ça fait que... est-ce que vous considérez
sérieusement que les projets d'allègement que vous faites à la CAQ répondent
aux problèmes que la CAQ a créés?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Bernard : Merci. Oui, je
suis content... je suis content de l'intervention du député, parce que c'est un
processus en continu. Et d'ailleurs je comprends très bien, et il ne faut pas
oublier qu'il y a plusieurs ministères qui font de la réglementation. Et qu'est-ce
que le gouvernement veut faire et qu'est-ce qu'il a entrepris, c'est vraiment
de revoir tout le processus réglementaire puis faire de l'allègement.
Le projet de loi n° 11, si on se
rappelle, il a annoncé, entre autres, qu'on allait augmenter le nombre de
ministères qui allaient être interpelés. Par la suite, on va faire des mesures
de deux pour un, proprement dit, pour... dans la nouvelle politique, pour... on
va élargir de 19 à 42 ministères. On va aussi inclure les nouveaux... les
organismes qui relèvent des ministères. On est conscients de la situation, et c'est
pour ça que notre gouvernement veut vraiment continuer puis aller de l'avant dans...
en allègement.
Et, la semaine dernière, j'ai participé à
une conférence provinciale, fédérale et territoriale. Et le Québec a vraiment...
pas surpris les gens, mais les gens ont reconnu le leadership du Québec, qu'est-ce
qui se fait en allègement réglementaire. Et on veut aller plus loin, et c'est
ce qu'on va faire avec la nouvelle politique, M. le Président.
Le Président (M. Allaire) : Merci,
M. le ministre. M. le député.
M. Beauchemin : Quand même
assez incroyable, parce que, bon, on va s'entendre que, quand le regroupement
canadien des entreprises indépendantes dit qu'au Québec leurs membres leur
rapportent que ça leur coûte 2,4 milliards de plus parce que le
gouvernement de la CAQ a imposé des alourdissements réglementaires puis que,
là, vous dites qu'au... dans le reste du monde, là, on vous félicite parce que
vous faites de l'allègement, je pense qu'il manque juste une partie de l'image.
Quand les gens regardent la feuille de route du gouvernement, il manque tout le
dommage qui a été fait avant, là. C'est comme si vous partiez de zéro, puis là
vous réduisiez, mais vous êtes à plus 2,4 milliards moins
200 millions. C'est... on n'est pas... on n'est pas dans la même
catégorie, là.
Je veux parler du programme de
développement économique pour l'aide à la redynamisation des territoires. Puis
la raison, M. le Président, pour laquelle je veux en parler, c'est qu'hier j'avais
le ministre de l'Économie devant moi, qui m'a dit : Ce n'est pas mon
département, il faut que vous parliez au ministre des PME. Ça fait que, donc,
je vais vous en parler. J'ai essayé de lui en parler hier, puis clairement il n'était
pas capable de répondre à mes questions. Lorsque le programme a été mis en
place, est-ce que vous êtes capable de me dire quel était le financement
initial, s'il vous plaît?
Le Président (M. Allaire) :
1 min 15 s. M. le ministre.
M. Bernard : Oui, vite, mais,
en fait, la semaine dernière, OK, Québec dans... a eu la note B+ de la FCEI, OK,
puis ils ont eu les Ciseaux d'or. Ça fait que, quand même, ce n'est pas si mal
quand des collègues des autres provinces, ils ont eu D, E, et autres. Donc,
globalement, on s'en tire très bien, de la perception du FCEI.
Concernant le programme DÉPART, c'est que
l'annonce a eu lieu ce matin. Alors, c'est pour ça qu'il y avait... le
ministre, hier, ne pouvait pas vous donner des chiffres sur une annonce qui
allait être faite ce matin, par la première ministre et le ministre en titre
parce, qu'il aurait brûlé l'annonce d'aujourd'hui qui était faite par la
première ministre. Alors, à cet égard-là...
• (15 h 30) •
Le Président (M. Allaire) :
Merci. Merci, M. le ministre.
M. Bernard : ...c'est pour ça
qu'aujourd'hui...
Le Président (M. Allaire) : M.
le député.
M. Beauchemin : ...sur l'avenir,
ma question était sur le passé, le financement initial du programme DÉPART,
s'il vous plaît. Ça m'a pris quoi, 10 secondes...
15 h 30 (version révisée)
M. Beauchemin : ...pas assez, le
financement initial du programme DÉPART, s'il vous plaît. Ça m'a pris quoi, 10 secondes,
celle-là?
M. Bernard : OK. Le programme
avait 75 millions de prévus sur trois ans.
M. Beauchemin : Merci. Combien
a été utilisé?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre. 10 secondes.
M. Bernard : 38 millions
sur trois ans, qui a été...
M. Beauchemin : Le nouveau
programme maintenant est de?
(Consultation)
M. Bernard : ...on me dit, là c'est
ça, l'annonce, c'est à peu près 25 millions qui va être vraiment... alloué
au programme pour les 27 MRC qui sont touchées, les plus dévitalisées.
Puis qu'est-ce qu'ils vont faire à ce moment-là? Ils vont quand même, pour
accompagner les projets, ils vont réduire la somme maximale à 125 000 $.
Le Président (M. Allaire) :
Merci. Merci. Donc, ça met fin à ce bloc d'échange avec l'opposition officielle.
Donc, on a un petit peu imputé le temps, là, de votre prochain bloc pour
permettre de répondre, là, vu que vous attendiez la réponse. Vous ne m'en
tiendrez pas rigueur, je l'espère. M. le député d'Arthabaska, la parole est à
vous, 19 min 40 s.
M. Boissonneault : Merci, M.
le Président. Bonjour, chers collègues, bonjour aux équipes, bonjour, M. le
ministre délégué. Ça me fait plaisir d'être là, ça me fait vraiment plaisir d'être
là puis de... parce que je peux rappeler, dans le contexte de ce qui nous
préoccupe, les PME, à quel point ma région est une région où cet
entrepreneuriat-là, l'entrepreneuriat des petites et moyennes entreprises, est
immensément important. On aime croire, dans Arthabaska et dans L'Érable, qu'on
est un peu un berceau de l'entrepreneuriat au Québec. Beaucoup d'entrepreneurs
puis beaucoup d'entrepreneurs qui avaient de grandes attentes par rapport au
gouvernement de la CAQ. Ils avaient des grandes attentes parce qu'ils cherchaient
un partenaire dans le gouvernement, un partenaire des petites et moyennes
entreprises, sur deux plans, essentiellement : la réduction du fardeau
administratif et la réduction du fardeau fiscal.
Moi, quand je me promène sur le terrain,
dans mon coin de pays, on me parle de ça à peu près tous les jours, cette
impression qu'en ce moment on a affaire à un gouvernement qui n'est pas un
partenaire des entreprises, souvent même un adversaire qui vient chercher de l'argent
dans leurs poches alors qu'ils n'ont, me disent-ils, pas assez de services, qui
alourdit leur travail. On pensait qu'il y aurait des allègements réglementaires.
Or, moi, ce qu'on me dit, c'est qu'il y a un paquet d'exigences qui ont été
créées dans les dernières années, qui rend la vie des entrepreneurs extrêmement
difficile. On dit que c'est un vrai casse-tête. Donc là, ils essaient d'obtenir
de l'aide, mais la reddition de comptes ne finit plus, il y a des informations
à valider en permanence. On essaie de parler à quelqu'un au ministère, puis ça
ne répond même pas au téléphone.
Et, de l'autre côté, ce qu'on se dit par
rapport à la charge fiscale, c'est qu'on a l'impression que l'État subventionne
puis l'État accompagne les grandes entreprises puis qu'avec des subventions on
choisit un peu qui sont les gagnants puis qui sont les perdants sur le terrain.
Moi, je parlais avec un entrepreneur que je connais bien, de la région de
Victoriaville, qui disait : Moi, j'ai commencé une entreprise de coupe de
métal. J'ai bûché, j'ai travaillé fort pendant plusieurs années pour pouvoir
faire fonctionner cette entreprise-là. Deux ans plus tard, il y a un concurrent
qui se présente, qui lance son entreprise, mais lui a une subvention. Là, il
dit : Attendez, l'État n'est pas supposé de devenir mon concurrent, puis c'est
ce qui est en train de se passer. Donc, ma première question : Est-ce
que vous comprenez, M. le ministre délégué, comment peuvent se sentir les
entrepreneurs au Québec en ce moment, je parle de ma région, mais je pense que
c'est la même chose dans toutes les régions, qui ont l'impression que le
gouvernement actuel a participé à alourdir leurs tâches, si on parle de fardeau
administratif, et qu'il y a urgence d'agir pour réduire ce fardeau-là?
Le Président (M. Allaire) : Merci.
M. le ministre.
M. Bernard : Merci. Merci, M.
le député. Écoutez, je suis moi-même quelqu'un qui suit l'activité des PME, étant
moi-même un député des régions, puis le tissu des PME, puis je comprends très
bien le collègue, que c'est important pour notre... le développement économique
des régions et aussi les essors de l'économie. Maintenant, ce qu'il faut se
rappeler puis... le mouvement qu'on a fait, on a mis en place, en 2025, le Plan PME,
qui aborde un paquet d'enjeux que le collègue a soulevés.
Premièrement, accès PME, qui a été mis en
place, 450 agents sur le terrain, dans les 102 MRC, pour, justement,
servir de porte d'entrée aux entrepreneurs, pour les diriger vers les
programmes que le gouvernement a mis en place, autant au niveau des MRC que,
par la suite, au niveau d'Investissement Québec. Parce que le deuxième volet, c'est
celui d'Investissement Québec où Investissement Québec est présent dans chacune
des régions. Il y a 200 agents qui sont là pour, eux aussi, accompagner
les entreprises pour... Et là on parle au niveau des FLI, les fonds locaux d'investissement,
des investissements de l'ordre de 15 000 à 150 000 $. Quand on
tombe dans les montants supplémentaires, c'est Investissement Québec. Les
portes d'entrée sont cet endroit-là, <M. le député...
M. Bernard : ...150
000 $.
Quand on tombe dans les montants supplémentaires, c'est Investissement Québec.
Les portes d'entrée sont cet endroit-là, >M. le député.
Donc, M. le Président, on est là. Ce n'est
pas en appelant au gouvernement qu'ils vont directement avoir la réponse.
Moi-même, j'ai référé tout récemment une connaissance à moi qui était venue me
voir à ma porte pour dire : Regarde, comment tu peux m'aider. Et je l'ai retournée
vers le premier niveau qui correspondait à ses besoins, sa MRC pour ses
programmes d'aide, le Fonds local d'investissement. Alors, c'est là... vers eux
qu'il faut aller. Et peut-être que, si je reviens au député, qu'il faut faire
plus de sensibilisation et d'information pour que les PME puissent vraiment
aller chercher l'aide qui correspond à leurs besoins.
Le Président (M. Allaire) :
Merci. Merci, M. le ministre. M. le député.
M. Boissonneault : Qu'est-ce
qui a été fait dans la dernière année pour réduire le fardeau administratif, concrètement,
là, pour s'assurer qu'il y ait moins de besoins? Parce que moi, sur le terrain,
ce qu'on me dit, c'est : Laissez-moi travailler, bon sang, laissez-moi
travailler. Je ne veux pas nécessairement de subventions, mais les formulaires
que je dois répéter d'un ministère à l'autre... Je me présente, j'ai besoin
d'un appui ou d'un accompagnement x, y, z. Il faut que je remplisse un
formulaire, je donne des données, je donne mon nom, je donne mon adresse, etc.
Là, après ça, je m'adresse à un autre ministère. Il faut que je remplisse un
autre fonctionnaire, donnant les mêmes données. Est-ce qu'il y a quelque chose
qui a été fait dans la dernière année pour changer ça, concrètement?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Bernard : Bien, merci, puis
le premier... le premier jalon, je dirais, qui est vraiment important... oui,
il y a eu cinq projets de loi omnibus depuis cinq ans, puis le dernier en
titre, le PL 11 qu'on va adopter prochainement, il va encore plus loin.
Parce que la problématique que le collègue soulève est là, et le gouvernement
en est entièrement conscient. Et on va donc, quand il va adopter... le projet
de loi, c'est 63 mesures pour des économies de... 81,9 millions.
Mais, ceci étant dit, dans le projet de loi n° 11, on
met en place les réformes qui vont bientôt être en place et proposées dans la
nouvelle politique gouvernementale. Et le... pour terminer sur l'intervention,
M. le Président, bientôt, on veut, puis les équipes du ministère... travaillent
pour implanter, utiliser l'intelligence artificielle pour justement répondre à
toutes les exigences qui sont en place pour les regrouper et pour vraiment
améliorer le processus d'allègement réglementaire.
Le Président (M. Allaire) :
Merci. Merci, M. le ministre. M. le député.
M. Boissonneault : M. le
ministre délégué, vous êtes délégué aux PME, donc, on présume que vous avez une
connaissance des programmes qui s'adresse aux PME. Ça fait quatre ans que vous
êtes député. Vous avez été député avant aussi sous les libéraux. Est-ce que
vous connaissez bien les programmes, vous? Est-ce que vous... Est-ce que vous
avez eu le temps de vous pencher, de faire un peu cette trajectoire-là, que les
entrepreneurs doivent faire à l'heure actuelle pour avoir accès aux programmes?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Bernard : Bien, je remercie
de la question. Naturellement, comme j'ai dit à l'entrée du jeu, au début de la
période, j'ai eu un «crash course», un cours accéléré du ministère dans lequel,
maintenant, je représente les PME, et j'ai eu le support d'une équipe exceptionnelle
à cet égard-là. Mais en une période de cinq semaines, si vous comprenez, M. le
Président, j'ai eu toute la panoplie des programmes, ils ont été là, ils m'ont
été présentés. Mais, arrivé à ce moment-ci, tous les énumérer dans l'ordre, je
demande un peu au député d'être conciliant à mon égard.
Le Président (M. Allaire) :
Merci. M. le député.
M. Boissonneault : Bien, il
faut être conciliant aussi pour les entrepreneurs, hein? Parce que ce que vous
vivez là, c'est intéressant parce que, faute de temps et de ressources pour
s'informer adéquatement, il y a beaucoup de PME qui ne savent pas à quelle... à
quelles aides ils sont admissibles, qui trouvent que les démarches sont trop
lourdes par rapport aux bénéfices potentiels. Est-ce que vous comprenez la
chose, comme eux peuvent la comprendre dans ce cas-là?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Bernard : Mais, écoutez, je
vais répéter ce que j'ai dit antérieurement, c'est qu'avec la mise en place
d'accès PME, c'est 450 ressources qui sont sur place, sur le terrain, dans
102 MRC, plus les 200 agents, comme j'ai mentionnés, pour
Investissement Québec. Donc, on a plus de 600 ressources qui sont là
justement pour accompagner les entrepreneurs, comme le député l'a souligné.
Donc, il y a du travail à faire pour peut-être les sensibiliser, mais on a
toutes les ressources en place pour vraiment guider les... les entrepreneurs
dans la bonne direction.
• (15 h 40) •
Le Président (M. Allaire) :
Merci. Merci, M. le ministre. M. le député.
M. Boissonneault :
Visiblement, M. le ministre délégué, ça ne fonctionne pas, parce que, selon un
rapport de la FCEI qui a été publié cette semaine, il y a seulement 34 %
des PME québécoises qui connaissent les programmes de formation de la
main-d'œuvre qui existent, 27 % d'entre elles n'ont aucune idée de leur
existence. Qu'est-ce qui s'est passé?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Bernard : On parle de deux
aspects à ce moment-ci, là, M. le Président. Quand on parle des programmes de
formation, c'est... les programmes de formation ne relèvent pas essentiellement
du ministère de l'Économie. C'est beaucoup le ministère de l'Éducation, le
ministère d'Emploi, Solidarité, <parce que les mesures...
M. Bernard : ...de
formation, c'est... les programmes de formation ne relèvent pas essentiellement
du ministère de l'Économie. C'est beaucoup le ministère de l'Éducation, le
ministère d'Emploi, Solidarité, >parce que les mesures, souvent, sont
là, d'accompagnement. Par exemple, quand une entreprise veut innover ou avoir
un plan d'investissement puis former la main-d'œuvre, ils vont s'adresser à un
autre ministère qu'à autre ministère à cet égard-là.
Ceci étant dit, je reviens au volet qui
nous appartient à nous, les personnes-ressources, ils sont là, en place, pour
justement accompagner puis guider les entrepreneurs vers les programmes de
formation, tel qu'elle l'a mentionné. Les MRC sont vraiment bien outillées à
cet égard-là. Puis moi, je peux le dire en regardant dans la dynamique de
Rouyn-Noranda, que je connais bien, les entreprises sont bien accompagnées pour
être dirigées aux bons endroits.
Le Président (M. Allaire) :
Merci. Merci, M. le ministre. M. le député.
M. Boissonneault : Donc, si je
comprends bien, M. le ministre délégué, vous ne vous sentez pas responsable...
en tout cas, votre gouvernement ne se sent pas responsable de cette
méconnaissance-là des programmes à l'heure actuelle.
M. Bernard : Écoutez bien, le
gouvernement, quand on regarde le rapport de la FCEI, le gouvernement est très
au fait des enjeux qu'actuellement les entreprises et les PME vivent. Dans le
contexte actuel d'avec les tarifs, puis, comme vous avez souligné, dans le
contexte, entre autres, puis on regarde qu'est-ce qui s'est arrivé dernièrement
au niveau beaucoup de PME manufacturières, le gouvernement a été en avant. Il a
été visionnaire pour mettre en place tous les outils pour accompagner les
entrepreneurs, pour faire le virage, pour... pour élargir leurs marchés
d'exportation, développer des nouveaux marchés de commerce.
Donc, le gouvernement a été là, les outils
sont en place. Y a-t-il une réflexion peut-être à dire : Comment faire
pour mieux informer les entrepreneurs? On regardera ça si c'est nécessaire,
mais le gouvernement a été omniprésent pour tous les programmes.
Le Président (M. Allaire) :
Merci. Merci, M. le ministre. M. le député.
M. Boissonneault : M. le
ministre délégué, vous vous êtes sûrement promené à rencontrer des PME
dernièrement, et, comme moi, vous avez probablement remarqué qu'il y a un sujet
aussi qui ressort, c'est celui de l'immigration puis, plus précisément, de
l'imprévisibilité dans le dossier de l'immigration. Moi, ce qu'on me raconte,
c'est qu'il y a des entreprises qui perdent des employés, des entreprises qui
s'attendaient à avoir des employés étrangers ou temporaires, par exemple, qui
soient le plus longtemps, même des résidents permanents ou des gens qui se
déplacent sur le territoire. Est-ce que vous diriez que votre gouvernement a
été prévisible en matière d'immigration depuis huit ans?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Bernard : Je suis vraiment,
M. le Président, vraiment content de cette question-là, parce que, chez moi, à
Rouyn-Noranda puis partout ailleurs au Québec, j'ai des amis qui sont
propriétaires d'entreprises et autres, puis la main-d'œuvre indépendante...
pardon, pas indépendante, mais les travailleurs étrangers temporaires sont une
main-d'œuvre vraiment importante. Et l'enjeu qui est soulevé relève des deux
niveaux du gouvernement, des travailleurs étrangers temporaires qui sont venus
ici, c'est un programme fédéral. Le premier ministre puis la nouvelle première
ministre ont fait des pressions, auprès du gouvernement fédéral, pour que les
travailleurs étrangers temporaires aient un droit d'acquis pour pouvoir rester
dans nos entreprises et dans les régions. Plusieurs sont établis, ils sont
francisés. Alors, c'est un enjeu important.
Puis, de notre côté, on a vu l'engagement
de la première ministre de remettre en place le PEQ pour les deux prochaines
années pour, justement, contrebalancer cet effet-là qui touche le fédéral.
Le Président (M. Allaire) :
Excellent. Merci.
M. Bernard : Mais c'est un
enjeu important, puis il me tient à cœur parce que j'ai des amis qui ont
vraiment immigré au Québec...
Le Président (M. Allaire) : Merci,
merci, M. le ministre. M. le député.
M. Boissonneault : Pour le procès-verbal,
M. le Président, la première ministre a indiqué hier qu'elle n'avait pas fait
pression au gouvernement fédéral dans le dossier l'immigration. Elle l'a dit à
l'étude des crédits budgétaires. Puis là je veux juste rappeler une chose
aussi, votre gouvernement a changé le PEQ, a aboli le PEQ, repromis le PEQ,
baissé les seuils, monté les seuils, demandé tous les pouvoirs en immigration,
puis, après ça, on ne demande plus de pouvoir en immigration, plus de pouvoir
supplémentaire.
Donc, je repose la question : Est-ce
que vous avez vraiment l'impression que votre gouvernement, en huit ans, a été
prévisible en immigration pour les entreprises?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Bernard : Peut-être la
première ministre ne l'avait pas fait, mais le premier ministre qui était là en
poste, il a fait les démarches. Parce que je peux vous dire, chez nous, les
collègues, mes collègues députés des régions, où nous sommes très présents dans
les régions, et les travailleurs étrangers temporaires étaient un enjeu majeur
pour tout. Puis je regarde mes collègues qui sont là, qui sont intervenus
souvent dans nos caucus, parce que c'est un enjeu important. Maintenant, pour qu'est-ce
qui est les fluctuations, je suis d'accord avec vous, à un moment donné,
l'abolition du PEQ, le ramener, et autres, ça crée de l'incertitude et on n'en
sait plus. On est vraiment conscients de ça.
Et d'ailleurs c'est là que la première
ministre a ramené le PEQ, le remettre en place pour les deux prochaines années,
pour justement sécuriser les gens qui <sont ici actuellement...
M. Bernard :
...c'est
là que la première ministre a ramené le PEQ, le remettre en place pour les deux
prochaines années, pour justement sécuriser les gens qui >sont ici
actuellement, qui ont fait des demandes, pour pouvoir vraiment répondre à leurs
attentes, pour eux, pour les régions du Québec puis pour nos entrepreneurs.
Le Président (M. Allaire) : Merci,
M. le ministre. 5 min 30 s.
M. Boissonneault : Par
rapport au permis de travail, M. le ministre délégué, est-ce que vous avez
manifesté à la première ministre votre compréhension de l'importance que ça a
de demander au fédéral d'avoir une prévisibilité dans ce dossier-là et d'avoir
aussi les pouvoirs qui devraient venir avec pour le Québec?
M. Bernard : Bon Dieu!
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Bernard : Écoutez, je suis
content de la question, mais vous ne pouvez pas savoir à quel point j'ai été
interpellé, M. le Président, par mes entrepreneurs, par mon milieu
universitaire. Même encore, ça a été un des dossiers que... je dirais, depuis
les quatre ans, qu'on a eu le plus de demandes, M. le Président, c'est des
aides pour les travailleurs qui étaient présents en région. Alors, j'ai été
vraiment sensibilisé. Puis, comme je vous dis, j'ai des amis entrepreneurs dans
le milieu de la restauration, dans le milieu de l'hébergement, qui, eux, sont
parmi, je vous dirais, les plus touchés. Et ces demandes-là ont été omniprésentes.
Puis j'ai fait tout le travail nécessaire, comme mes collègues de régions, pour
vraiment renverser la tendance puis pour répondre à nos besoins pour la région.
Le Président (M. Allaire) :
Merci.
M. Bernard : Puis, en même
temps, c'est un enjeu de dévitalisation...
Le Président (M. Allaire) : Merci,
M. le ministre. M. le député.
M. Boissonneault : Mais est-ce
que vous avez manifesté l'importance de ce dossier-là à la première ministre,
vous-même, M. le ministre délégué?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Bernard : Oui. Puis je
peux même vous dire, quand la première ministre faisait... a fait sa tournée
des régions du Québec, lors de la course à la chefferie, j'ai organisé une
rencontre. Il y avait une vingtaine d'entrepreneurs, puis je peux vous dire que
le dossier que les gens ont présenté à la première ministre a été le dossier
des travailleurs étrangers temporaires. Elle le sait, elle connaissait très
bien, alors...
Le Président (M. Allaire) :
Merci.
M. Bernard : Et c'est pour ça
qu'elle s'est engagée, mais j'avais vraiment...
Le Président (M. Allaire) :
Merci, merci. Merci, M. le ministre. M. le député.
M. Boissonneault : Donc, on
récapitule. Il y a eu un resserrement des règles en immigration, autant du côté
d'Ottawa, que du côté de Québec. Il y a eu une diminution des travailleurs
temporaires qui s'est produite dans certains secteurs ou qui va se produire.
Est-ce que vous avez mis en place des programmes pour aider les PME à
s'automatiser pour remplacer les travailleurs étrangers qui devront quitter?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Bernard : Je vais me
permettre, concernant les seuils d'immigration, je pense que ce n'est pas le
Parti québécois qui peut donner des avis à cet égard-là, quand on regarde leur
discours. Donc, je pense que...
M. Boissonneault : ...
M. Bernard : Oui, mais ça fait
partie de la prévisibilité. Ceci étant, maintenant, pour tous les programmes,
effectivement, dans le Plan PME, il y a PME innovation qui est un enjeu à cet
égard-là, et, auprès d'Investissement Québec, le programme Essor est fait pour
ça, justement, l'innovation, robotisation, l'intelligence artificielle et
autres. Donc, on travaille là-dessus. Puis juste à titre d'info, j'ai visité
une entreprise vraiment exceptionnelle côté tech, à L'Islet-sur-Mer, qui, eux,
sont même rendus maintenant... l'intelligence artificielle est entrée, puis
commencent à penser aux... pas aux robots, mais je recherche le nom pour...
Le Président (M. Allaire) :
Merci.
M. Bernard : ...humanoïdes.
Merci.
Le Président (M. Allaire) :
Parfait. Merci, M. le ministre. M. le député, deux minutes.
M. Boissonneault : Est-ce que
vous êtes d'accord, M. le ministre délégué, pour dire que, comme les
entrepreneurs me le disent pratiquement à tous les jours, le plus longtemps que
l'argent reste dans les poches des entrepreneurs, le moins de chances il y a
que cet argent-là soit gaspillé?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Bernard : Bien, qu'est-ce
qu'on veut, les mesures, justement, qu'on a annoncées puis qu'on a mis en place
via les allègements fiscaux qu'on a faits récemment puis aussi avec les
programmes... les projets de loi d'allègement réglementaire, l'objectif, c'est
de remettre de l'argent dans les coffres des entreprises pour, justement,
qu'elles puissent investir en innovation puis développer des nouveaux marchés.
C'est l'objectif de notre gouvernement depuis les tout débuts que... depuis
2018, c'est l'enjeu majeur. Et on sait pertinemment que, si on veut que nos
entreprises croissent, performent, il faut que les... plus de liquidités pour
investir dans l'innovation et dans l'amélioration de la productivité.
Le Président (M. Allaire) :
Merci. Merci, M. le ministre. Une minute, M. le député.
• (15 h 50) •
M. Boissonneault : Je me
permets une question sur le repreneuriat, parce que c'est important, ça aussi.
Hélas, je n'ai pas assez de temps pour le couvrir correctement, mais, au moins,
j'aimerais savoir si votre ministère récolte des données à l'heure actuelle sur
le repreneuriat. Est-ce que toutes les organisations qui aident au
repreneuriat, comme les CLD, ont accès à ces données-là?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Bernard : On a eu une
rencontre récemment avec Repreneuriat Québec, qui, eux, font beaucoup... font
ce constat-là et aussi maintiennent des statistiques qui sont disponibles. Puis
ils ont été mis en place récemment, <et ils font un travail...
M. Bernard :
...Repreneuriat
Québec, qui, eux, font beaucoup... font ce constat-là et aussi maintiennent des
statistiques qui sont disponibles. Puis ils ont été mis en place récemment, >et
ils font un travail... exceptionnel à cet égard-là. Je n'ai pas les données
avec moi, là, je les avais, mais ils ont vraiment le nombre de reprises qui a
été faite au cours des dernières années, chaque année, le nombre d'entreprises
qui sont prêtes à céder et le nombre de repreneurs.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Merci. Quinze secondes.
M. Boissonneault : ...si les CLD
ont accès aux données.
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre, en terminant.
M. Bernard : Au niveau... au
niveau des CLD, je ne peux pas répondre maintenant, au niveau des MRC puis les
nouveaux organismes, je ne peux pas dire s'ils ont accès aux données,
proprement dit.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Merci. Merci. Désolé. Ça met fin à ce bloc d'échange avec le député
d'Arthabaska. Merci, M. le député d'Arthabaska. Alors, on commence
l'avant-dernier bloc avec l'opposition officielle. Donc, on revient vers vous,
M. le député de Marguerite-Bourgeoys, 19 min 5 s.
M. Beauchemin : Merci, M. le
Président. Donc, on était sur le programme DÉPART avant qu'on se quitte, là.
Donc, c'était 75 millions, maintenant, c'est rendu 25 millions. Donc,
pour aider à redynamiser nos régions, nos PME dans les régions, on a coupé,
donc, du deux tiers, si je comprends bien. C'est ça?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Bernard : On est passé de...
M. Beauchemin : On est passé
de 75 à 25.
M. Bernard : OK. Oui, en fait...
en fait, le programme était populaire, il y avait 75 millions. 38, comme
il n'y avait que 38 qui avaient été utilisés, quand ils ont fait la révision à
ce moment-là et dans le contexte, ils l'ont abaissé à 25... à 25 millions.
L'objectif, c'est qu'il y avait beaucoup de demandes qui étaient en cours, et
le gouvernement veut vraiment répondre aux demandes déjà qui étaient dans la
liste, mais... Puis, pour accommoder à ce moment-là, pour permettre le plus
d'entreprises, on est passé... le maximum de 150 000 $ à
125 000 $.
Le Président (M. Allaire) : M.
le député.
M. Beauchemin : Pourquoi avoir
arrêté à 38 millions d'abord?
M. Bernard : Parce que la
moyenne, la moyenne, entre autres, des montants par entreprise, lors des
demandes, était de 106 000 $. Alors, c'est pour ça qu'on sait que le
125 000 $ va répondre aux attentes, tel qu'antérieurement, là, les
statistiques ont donné.
M. Beauchemin : Donc, vous
avez répondu à toutes les entreprises qui vous ont demandé de l'aide.
M. Bernard : Non,
malheureusement pas. Et c'est pour ça que le gouvernement, il a maintenu le
programme cette... cette année, parce que...
M. Beauchemin : Mais là on le
réduit.
M. Bernard : Pardon?
M. Beauchemin : Vous l'avez
réduit.
M. Bernard : Oui, mais on est
convaincus qu'étant donné les projets qui sont là, en attente, et avec le
montant moyen qui est demandé, on va être capables de répondre à l'ensemble des
demandes qui ont... qui sont en cours actuellement.
Le Président (M. Allaire) : Merci,
M. le ministre. M. le député.
M. Beauchemin : OK. Quand on
regarde l'ensemble des aides données à les entreprises au Québec, là, le
festival, là, de votre gouvernement, là, 72 % de toute l'aide envoyée à
des entreprises privées au Québec va à des PME. Ça, c'est la page, quelque part
dans... Je n'ai pas la page exacte, là. On va vous la trouver. 72,15 %...
72,6 % de toute l'aide va aux PME.
M. Bernard : Oui. Comme la
question m'a été posée antérieurement par la députée de Verdun, comme on
disait, M. le Président, quand on regarde la distribution, on sait qu'au Québec
94 % de nos entreprises sont des PME et la grande majorité, naturellement,
sont en bas de 200 travailleurs. Donc, quand on regarde la globalité, il
faut regarder le nombre d'entreprises qui ont bénéficié de l'aide. Parce qu'on
ne peut pas demander à une entreprise de... par exemple, de quatre employés,
d'avoir une aide qui ne correspond pas à ses besoins. Les demandes qui sont
faites par les entreprises correspondent à leurs besoins actuels et financiers.
Et quand on accompagne, donc, à 72 %, oui, mais il faut regarder le nombre
d'entreprises qui ont été touchées.
Le Président (M. Allaire) :
Merci. Merci, M. le ministre. M. le député.
M. Beauchemin : Oui. On
regarde le nombre d'entreprises, puis il y a 250 000 PME au Québec,
on en a aidé théoriquement une partie de ceux-là, si j'ai bien compris. Mais,
dans la partie de ceux-là qui ont été aidés, il y a seulement de l'aide que
vous avez donnée à 72 %. De toute l'aide que vous avez donnée, l'aide a
été 72 % vers des PME. Mais vous ne touchez pas 72 % des
250 000 PME, là, vous avez touché approximativement... Il y a eu...
24 000, 25 000 interventions, si j'ai bien compris. Donc, ce
n'est pas...
M. Bernard : Mais... mais je
reviens encore.
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Bernard : ...c'est que,
oui, le montant est peut-être... de 72 % de l'enveloppe, mais c'est 94 %
de l'aide qui est allée aux PME. On ne peut pas avoir un corollaire de dire : 94 %
des PME <ont eu de l'aide...
M. Bernard :
...de
72 % de l'enveloppe, mais c'est 94 % de l'aide qui est allée aux PME.
On ne peut pas avoir un corollaire de dire : 94 % des PME >ont
eu de l'aide...
M. Beauchemin : Bien non, bien
non, ce n'est pas ça que je dis.
M. Bernard : ...puis
94 %, ça représente 94 % du montant. Le total a été, effectivement,
de l'aide allouée aux PME, 72,6 %. Mais c'est quand même 94 % de
l'aide globale, des interventions sont allées aux PME.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
M. le ministre... M. le député, pardon.
M. Beauchemin : Il y a
24 000 PME qui ont été aidées par le gouvernement de la CAQ dans les
huit ans du gouvernement de la CAQ. Ça, ça fait approximativement
3 300 entreprises, par année, qui ont été aidées par le gouvernement
de la CAQ. Sur 250 000 PME, vous aidez approximativement 1,4 %
des PME du Québec annuellement, juste mettre ça en contexte, là, c'est... moi,
je ne me sers même pas de ma calculatrice, là.
M. Bernard : Non, mais, M. le
Président, on ne peut pas... on ne peut pas faire une distribution, sur cinq
ans, paramétrique, c'est-à-dire on prend le montant puis... puis après ça, on
le divise, puis ça donne 3 000 entreprises. On ne peut pas faire ça,
OK?
M. Beauchemin : Pourquoi?
M. Bernard : Parce qu'il faut
s'ajuster au marché, proprement dit. Il y a peut-être eu une croissance des
demandes, je n'ai pas les chiffres, mais on ne peut pas faire un chiffre
paramétrique sur les demandes d'aide. Ceci étant dit, par ailleurs, ce n'est
pas toutes les entreprises qui font des demandes d'aide, proprement dit. Puis,
en même temps, il ne faut pas oublier, il y a deux niveaux d'intervention. Il y
a le niveau, comme on a parlé antérieurement, au niveau des... des MRC, avec
les FLI et les FLS, et, après ça, il y a la participation des investissements
d'Investissement Québec. Il faut regarder la totalité, M. le Président.
Le Président (M. Allaire) : Merci,
merci, M. le ministre. M. le député.
M. Beauchemin : Premièrement,
je réfute totalement votre... votre commentaire là-dessus, parce que,
malheureusement, je ne suis pas le seul qui le dis, si vous regardez la chaire
de fiscalité, vous regardez la chaire de productivité du HEC, justement, ils
sont sortis avec ça ce matin, l'ensemble des programmes du gouvernement de la
CAQ — merci — puis ça, c'est sorti ce matin, là, de la
Fondation Somers, 2026, l'ensemble des aides de la CAQ ne font aucunement
surperformer le Québec, économiquement parlant, avec les PME. Tous les
programmes que vous avez mis en place depuis les huit dernières années, c'est
un échec, selon la fondation, lorsqu'ils l'analysent. Quand on regarde ça, on
se pose beaucoup de questions sur le jugement politique. On comprend l'approche
politique médiatique, mais l'approche efficacité de l'État...
Puis, justement, hier, quand j'avais votre
collègue à l'Économie qui me disait qu'il y a eu des gains de productivité,
puis là il n'avait pas... il n'avait pas la référence en termes de quelle année
ou sur quelle période, mais qu'il y a eu des gains de productivité, dans le
secteur privé, de 8 %, puis il en était très fier, bien, la réalité, c'est
que son ministre des Finances, son collègue ministre des Finances, lui, regarde
la productivité dans l'ensemble de l'économie du Québec, incluant donc l'État
québécois, et donc l'État québécois a fait des pertes de productivité, si le
secteur privé a fait des gains, parce que la moyenne de tout, c'est un recul,
juste depuis 2022, d'un quart de 1 % de productivité nette du Québec,
année après année.
Ça fait que j'espère que vous comprenez le
message que je vous dis, là, plusieurs mesures que votre gouvernement a mis en
place n'atteignent pas la cible, ne bouge pas l'aiguille. Et, effectivement,
c'est ce que conclut la chaire de fiscalité... la chaire de productivité et
prospérité du HEC. Ça fait que la politique industrielle est mésadaptée, les aides
aux PME n'ont pas un impact optimal, les programmes restent figés dans le
temps, ils n'évoluent pas. Les conditions d'éligibilité et le mur-à-mur ont
limité l'impact. La majorité des PME auxquelles moi, je rentre en contact avec,
me disent que c'est inaccessible, incompréhensible et la reddition de comptes
est trop lourde.
Donc, on est dans un système, ici, où
est-ce qu'on donne beaucoup d'argent à des PME et aussi à des multinationales
étrangères, dois-je le rappeler, là, la signature de votre gouvernement, puis
on se retourne de bord, puis on n'en a pas pour notre argent, parce qu'on ne
surperforme pas avec le secteur PME. Là, je le sais, vous avez... statistique,
l'économie dans son ensemble puis ratio PIB, tatati, tatata, je la comprends,
là. Mais quand vous comparez des pommes avec des pommes, ce que le rapport du
HEC a fait, on prend du recul depuis huit ans. Qu'est-ce que vous avez à dire
là-dessus?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
• (16 heures) •
M. Bernard : Bien, je suis
content que vous abordiez le sujet, parce que j'ai l'article ici puis je l'ai
lu moi-même ce matin, il faut un traitement-choc. Puis le rapport, ce qui est intéressant,
M. le Président, c'est qu'il dit...
16 h (version révisée)
M. Bernard : ...sujet,
parce que j'ai l'article ici puis je l'ai lu moi-même ce matin, il faut un
traitement choc. Puis le rapport, ce qui est intéressant, M. le Président, c'est
qu'il dit : «Les études se succèdent pour démontrer que la politique industrielle
du Québec est assez semblable depuis l'an 2000», OK? Puis l'an 2000,
là, OK, 25 ans n'est pas un grand succès. Alors, depuis ces années-là, la
grande majorité du gouvernement qui a été en place, c'est celui du Parti
libéral.
M. Beauchemin : Wow!
heille!
M. Bernard : OK, alors...
Le Président (M. Allaire) :
...laisse répondre.
M. Bernard : Alors,
c'est... OK, donc... donc... puis l'article fait vraiment le constat sur les 25 dernières
années. Ça, c'est important de le mentionner. Donc, s'il y a un blâme à faire,
c'est tous les gouvernements présents qui doivent l'assumer. Mais ceci étant
dit, nous, quand même, depuis 2018, depuis qu'on est en place, les mesures que
notre gouvernement a prises, M. le Président, a vraiment démontré que la
croissance de la productivité du travail, secteur des entreprises, a augmenté
de 8,4 % au Québec...
M. Beauchemin : Bien oui,
mais...
M. Bernard : ...l'Ontario...
0,2 %, puis le reste du Canada, 0,4 %. Donc, les mesures qu'on a mises
en place, M. le Président, depuis qu'on est là, entre autres, 2018-2022, elles ont
porté ses fruits. On a augmenté la productivité, on a réduit les écarts avec le
principal concurrent qui est l'Ontario. Alors, peut-on faire mieux, maintenant?
On parle d'allègements réglementaires, on est entièrement d'accord. C'est vers
là qu'on s'en va au niveau de la fiscalité, au niveau de l'allègement
réglementaire, pour permettre... permettre aux entreprises de performer. Et c'est
le travail que notre gouvernement a fait et qu'il va continuer à faire, M. le
Président.
Le Président (M. Allaire) :
Merci. M. le député.
M. Beauchemin : Bon, on
va décortiquer ça, là, deux secondes, là. Depuis 2000, ça fait huit ans que
vous avez les mains sur le volant. On va s'entendre que ça aurait quand même
été intéressant d'être responsable pendant les huit dernières années, une chose.
Deuxième chose, écoutez, je vous l'ai dit avant même que vous me sortiez votre tableau,
là, l'économie du Québec, la façon que les nations se comparent une à l'autre,
c'est l'ensemble de l'économie, bien, l'ensemble de l'économie inclut l'État.
Vous me sortez que ça va mieux dans les PME, là, à 8,4 %, là, puis vous
vous comparez contre l'Ontario, le pire élève de la classe. Il faut se comparer
contre l'OCDE. On a pris énormément de retard contre l'OCDE. Je comprends, là,
que c'est facile pour se comparer contre le pire élève, dire : Regarde
comment je vais mieux. As-tu vu comment lui, il ne va pas bien? Bien non! Mais
la réalité, là, c'est qu'il faut comparer contre, justement, ceux qui font du
progrès, puis l'OCDE fait du progrès. Le Québec, le Canada reculent.
Honnêtement, ça, c'est... je ne trouve pas ça responsable de... de faire ce
genre de comparaison-là.
Puis troisièmement, écoutez, ce n'est pas...
ça ne prend pas la tête à Papineau, là, pour comprendre, mais, l'ensemble de l'économie
du Québec, depuis 2022, a eu...
Le Président (M. Allaire) :
M. le député de Marguerite-Bourgeoys, je vous invite juste à être prudent,
d'employer des termes qui sont plus respectueux, s'il vous plaît.
M. Beauchemin : La tête à
Papineau, ce n'est pas...
Le Président (M. Allaire) :
Oui, mais... vous pouvez en employer un différent.
M. Beauchemin : OK, bon.
L'ensemble de l'économie...
M. Bernard : ...
M. Beauchemin : C'est le
nom de la salle!
Le Président (M. Allaire) :
Ah! j'aime que vous le preniez comme ça, M. le ministre.
M. Beauchemin : Ça ne
prend pas la tête du personnage qui est responsable de la...
Le Président (M. Allaire) :
Mon Dieu! c'est parfait. M. le député, vous pouvez poursuivre.
M. Beauchemin : L'ensemble...
l'ensemble de l'économie du Québec est la mesure importante à considérer. La
productivité du Québec a reculé depuis 2022, en moyenne, de 0,25 % par
année. On a le secteur privé qui a eu des gains. Ça veut dire quoi? Ça veut
dire que l'État que vous gérez a gobé les gains de productivité à un point tel
qu'il a même éliminé complètement et il en a rajouté une couche. Ça fait que
là, on ne parle plus des PME. Le point, c'est plus que... je veux dire, la
responsabilité du manque de gains de productivité, dans l'ensemble de l'économie
du Québec, elle est sur vos épaules.
M. Bernard : Si je peux
me permettre...
Le Président (M. Allaire) :
M. le ministre.
M. Bernard : ...je suis
quand même content de l'échange, M. le Président. Si on revient, entre autres,
antérieurement, pendant, justement, que les... les gouvernements du Parti
libéral et du Parti québécois étaient en place, alors qu'il y avait des années
fastes au niveau, je dirais, économique et autres, le gain de productivité, on
l'a montré, puis l'article le dit carrément puis l'étude de la HEC, c'est que
ça n'a pas été bénéfique. Puis pourtant, ils étaient dans des années qui
étaient fastes.
Nous, quand que le gouvernement est arrivé
en place, deux mandats de Donald Trump aux États-Unis, un contexte extrêmement
difficile que... on... personne n'a jamais vécu. Une pandémie qui fait que tout
a été arrêté au Québec pendant quatre ans... trois ans, quatre ans. Les libéraux
puis les gouvernements antérieurs, ils n'ont jamais vécu ça. Nous, on l'a mis
en place et ça a eu des effets. Puis on est d'accord sur la productivité du
Québec. Quand tu es obligé que tous les gens fassent... font... fassent du
télétravail, soient à la maison et ne se <déplacent...
M. Bernard :
...fassent...
font... fassent du télétravail, soient à la maison et ne se >déplacent
pas, c'est difficile d'augmenter la productivité dans ce contexte-là. Notre
gouvernement, maintenant, il a mis en place des programmes puis... pour
relancer la productivité au Québec. Puis il faut en être fiers, de ça. Et là,
M. Trump est arrivé une nouvelle fois, et là, il arrive avec des tarifs et
autres qui, encore une fois, viennent affecter les finances publiques puis le
fonctionnement de notre gouvernement. Pas un gouvernement n'a vécu ce que le
gouvernement de la CAQ a vécu au cours des huit dernières années, M. le
Président.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
M. le député.
M. Beauchemin : Écoutez,
à chaque saison, il y a des épisodes de tempête. Il y a eu la crise financière,
en 2007, il y a eu d'autres guerres avant ça, il y a eu d'autres scandales
avant. Je veux dire, je comprends le réflexe de dire : On a été les plus
meurtriers, là, mais, honnêtement, tous ont eu à passer... à chaque fois qu'on
fait de... Le 11 septembre, c'est la première fois que quelqu'un vole un
avion dans les tours du 11 septembre, mais les gens s'adaptent, l'économie
s'adapte. À chaque fois, ça paraît comme la fin du monde, mais on s'adapte.
S'il y avait une autre crise pandémique, là, aujourd'hui, là, on serait
beaucoup plus efficaces que lorsque vous l'avez gérée. Donc, ce que je veux
dire par là, là, c'est qu'à chaque saison, il y a des tempêtes puis c'est le
rôle du gouvernement de gérer les tempêtes. Donc, là-dessus, là, on va juste
quand même garder une certaine logique.
Moi, je veux revenir sur votre plan PME,
votre fameux plan PME, parce qu'on parlait, tantôt, d'allègements
réglementaires. Écoutez, je... je comprends que vous considérez que c'est la
chose plus importante, là, pour l'économie, nos PME, et que vous dites que vous
êtes très fier, là, des six projets de loi ou cinq projets de loi, là, qui
ont... qui ont été mis en place, qui ont réduit ça de 200 millions, à
partir d'une augmentation de 2,4 milliards, comme je disais, tout à
l'heure, là, d'après le FCEI, mais je me pose la question : Si c'était si
important, pour vous, l'allègement réglementaire, dans votre plan PME, sur les
sept... en ordre chronologique, là, les sept mesures que vous voulez mettre en
place, pourquoi se fait-il que l'allègement réglementaire, c'est la septième
sur sept?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Bernard : Ce n'est
pas parce qu'elle est la septième sur sept que ça veut dire que c'est la moins
prioritaire des mesures. Il n'y a aucun lien à cet égard-là. Les allègements
réglementaires... Dans le plan PME, le gouvernement a... touche à l'ensemble
des aspects qui peut aider nos PME du Québec, en allant de l'accompagnement, en
allant au financement, en allant au repreneuriat, en allant à l'allègement
réglementaire. Les... Pour nous, les... il n'y a pas une mesure qui est quand
même moins signifiante que d'autres, elles sont toutes importantes. Mais celui
qu'on travaille, entre autres, essentiellement, puis qu'on veut aller plus loin
avec la prochaine politique, ça va être l'allègement réglementaire parce que
c'est une demande. Puis le collègue l'a soulevé, avec la FCEI et autres, les
gens demandent, oui, l'allègement réglementaire, puis c'est vers ça qu'on veut
aller pour les accompagner, M. le Président.
Le Président (M. Allaire) : Merci,
M. le ministre.
M. Bernard : Il n'y a
aucune dichotomie là-dedans. Merci.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
M. le député.
M. Beauchemin : Dans votre
plan PME, il y a 47 mesures d'allègement réglementaire qui semblent être
recommandées, dont une qui s'appelle la boîte à suggestions. Donc, moi, j'ai
une question pour vous. J'aimerais savoir, M. le ministre, combien de
suggestions d'allègement réglementaire ont été envoyées dans votre boîte?
Page 44 de votre plan.
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Bernard : Oui. Bien,
c'est... Écoutez, je suis content de la question. Puis les sous-ministres m'en
faisaient part, la fameuse boîte, il rentre une trentaine de demandes par mois,
puis même qu'on se promène, maintenant, avec une carte d'affaires avec le code
barre pour... qu'on donne aux entrepreneurs pour dire : Voici, si vous
avez des demandes à faire, réglementaires, voici, allez sur le site, puis
faites vos demandes. Et on a une équipe entièrement dédiée à cette mesure-là,
que j'ai eu le temps d'accompagner. Quand les demandes rentrent, elles touchent
plusieurs ministères, et après ça...
• (16 h 10) •
Le Président (M. Allaire) : Merci.
M. Bernard : ...il y a
des échanges avec les ministères concernés.
Le Président (M. Allaire) : Merci,
M. le ministre. 30 secondes.
M. Beauchemin : Combien
de ces suggestions-là ont été mises en oeuvre par votre gouvernement?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Bernard : Bon,
essentiellement, comme je disais, la... on est la boîte d'entrée, par la suite
on retourne aux ministères, et ceux qui sont mis en place, c'est ceux qu'on
retrouve dans les projets de loi omnibus à chacune des années, M. le Président.
Le Président (M. Allaire) :
Merci. Ça met fin, malheureusement, à ce bloc d'échange avec la <partie...
M. Bernard :
...M. le Président.
Le
Président (M. Allaire) :
Merci. Ça met fin,
malheureusement, à ce bloc d'échange avec la >partie de l'opposition
officielle. Merci au député de Marguerite-Bourgeoys. Mme la députée de Saint-François,
c'est votre tour, 18 min 50 s.
Mme Hébert : Merci, M.
le Président. Je voulais juste revenir aussi sur le plan PME, sur toutes les
mesures qu'on fait de la part du gouvernement, qu'on met en place, donc, cet
éventail pour soutenir nos PME au Québec. Le député d'Arthabaska et le député
de Marguerite-Bourgeoys ont posé beaucoup de questions, mais, vous savez, nous,
les élus, on est des porteurs de bonnes nouvelles. Donc, c'est notre
responsabilité, nous aussi, de partager à nos PME toutes les mesures que le
gouvernement met en place. Donc, je pense que, qu'on soit de l'opposition ou
qu'on soit au gouvernement, on a à faire du terrain et partager ce que le
gouvernement met en place comme... comme mesures pour aider nos PME. Donc,
c'est peut-être un petit conseil pour mes collègues de l'opposition.
Mais moi, j'ai déjà... même avant d'être
adjointe parlementaire du ministre délégué à l'Économie et aux PME, j'ai déjà
fait des petits forums avec plusieurs de mes chambres de commerce, des
entreprises, pour partager, justement, ce que le gouvernement met en place pour
aider nos PME, parce qu'elles ont besoin d'aide, et le gouvernement, depuis
qu'on a mis Réseau accès PME, avec les 400 ressources, les MRC, donc tout
est mis en place pour venir en support puis aller voir nos PME. Parce que j'ai
été moi-même entrepreneure, et c'est vrai, quand on est dans nos affaires,
quand on est chez soi, dans notre entreprise, des fois, c'est difficile de
prendre le temps puis d'aller chercher de l'aide. Donc, il faut vraiment aller
vers eux, et c'est le rôle, aussi, des élus de porter ces bonnes nouvelles.
Mais là, M. le Président, j'aimerais
vraiment m'adresser à notre scientifique en chef, que j'affectionne
particulièrement. Vous savez, j'ai eu l'occasion, dans les huit dernières
années... je suis rapporteure, donc, dans mes autres fonctions
interparlementaires, je suis rapporteure pour le Québec à la Commission des
affaires parlementaires de l'Assemblée et de la Francophonie, et on a même été
en mission au Rwanda ensemble. Il était à Montréal lors, aussi, d'une rencontre
avec l'APF.
Alors, hier, j'étais de la nomination du
nouveau... scientifique en chef, M. Dugas, mais j'aimerais savoir...
M. Quirion, je voudrais vous donner la tribune pour que vous puissiez nous
parler de votre bilan. Mais, en même temps, j'aimerais aussi que vous nous
parliez... parce qu'il y a eu certaines inquiétudes face à la réunification de
trois fonds de recherche qu'on a faits, et ça fait déjà deux ans de ça. Donc,
j'aimerais ça savoir... en même temps de votre petit bilan, si vous pouviez
nous parler, là, puis nous rassurer sur ces trois fonds-là qui ont été
fusionnés.
Le Président (M. Allaire) :
M. Quirion.
M. Bernard : M. le
Président, juste avant de laisser la parole, je voudrais remercier ma collègue.
Comme vous avez vu, c'est une collègue très passionnée puis qui aime
l'environnement, puis j'étais content qu'elle soit reconduite dans son rôle
d'adjointe parlementaire.
Puis, avant d'y laisser la parole, je veux
quand même remercier, vraiment, le travail que M. Quirion a fait au cours
des 15 dernières années. Il a relevé un grand défi, il a mis en place le
poste de scientifique en chef et il en a fait une notoriété, il est investi
partout. Et je peux vous dire, il met la barre haute pour son successeur,
M. Jérôme Dupras, ça, je peux vous rassurer là-dessus. Sa contribution a
été vraiment importante, il faut le souligner. Son apport au développement de
la recherche multidisciplinaire... parce que c'est un... un point qui est
important, on parle de multidisciplinaire, et il a fait un travail exceptionnel
à cet égard-là.
Donc, je remercie M. Quirion, tout ce
que vous avez fait au cours de ces dernières... Vous allez quitter
prochainement, puis vous pouvez être fier de qu'est-ce vous avez accompli. Puis
moi, je suis content, puis les gens du gouvernement ici sont vraiment contents
d'avoir travaillé avec vous. Je vous en remercie. Alors, je laisse la parole, M.
le Président.
Le Président (M. Allaire) : Merci,
M. le ministre. M. Quirion, la parole est à vous.
M. Quirion (Rémi) : Merci.
Tout d'abord, merci pour les hommages. Peut-être avant de parler un peu...
question de fusion des trois fonds de recherche, 15 ans, on travaille
encore sur le bilan avec les équipes. 15 ans, ça veut probablement dire,
pour moi, 15 études de crédits avec cinq premiers ministres, dont deux
femmes, deux premières ministres, une douzaine de députés et trois partis
politiques. Est-ce que je peux dire que j'aime ce genre d'exercice là?
Probablement non. Est-ce que je l'apprécie? Certainement, oui. Et peut-être
après 15 ans, si jamais il y a de l'intérêt, peut-être qu'on pourrait
jaser ensemble, aussi, pour voir, peut être, des solutions pour, peut-être, <alléger...
M. Quirion (Rémi)T :
...voir, peut-être, des solutions pour, peut-être, >alléger... on parle
d'allègement... alléger un peu tout ce processus-là, qui est quand même très
demandant pour tous les partis, pour le gouvernement en place, pour les
équipes. C'est beaucoup, beaucoup de... beaucoup, beaucoup de travail.
Du côté allègement au niveau des fonds de
recherche du Québec... et ça a été une priorité, priorité du gouvernement, mais
une priorité pour nous aussi. Lorsque j'ai été nommé, et pendant plusieurs
années, on avait trois fonds de recherche distincts, avec trois conseils
d'administration distincts. Ça voulait dire 12 CA par année. On est passé
maintenant à quatre conseils d'administration par année lorsqu'on intègre tout
ça. On est passé de 60 réunions de sous-comités à 20 réunions de
sous-comités. Donc, j'ai passé beaucoup de temps en comités. C'est sûr que mes
collègues étaient vraiment fabuleux, mais je pense que, maintenant, on a
augmenté énormément en termes d'allègement, faciliter tout ça, et aussi, en
termes d'efficacité, et en diminuant les coûts, en se centrant, aussi, sur les
vraies questions pendant les conseils d'administration. Ça fonctionne bien,
l'équipe actuelle, qu'il y a des gens dans la salle, des collègues dans la
salle ici, mes vice-présidentes.
Mais je pense qu'on a réussi à aller
beaucoup plus loin, on a intégré et les gens travaillent mieux ensemble
maintenant. Et je dirais qu'il y a plusieurs collègues dans le monde qui sont
assez jaloux de ça, là. Au gouvernement fédéral, par exemple, ils réfléchissent
un peu sur ça aussi, pour faire un peu la même chose. Donc, j'espère que notre
ami Jérôme, Jérôme Dupras, lorsqu'il va prendre le poste à temps plein, va
vraiment bénéficier de cet... de cet allègement-là, dont on est quand même
assez fiers.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Mme la députée.
Mme Hébert : Bravo,
bravo, parce que, vraiment, vous avez mis en application la volonté du
gouvernement, même jusque dans vos fonctions d'allègement puis, voilà, d'être
plus efficaces, l'efficacité de l'État.
Vous allez me voir aller dans un autre
champ d'action. M. le Président. On a... le prédécesseur de notre ministre a
mis en place le comité de consultation sur la modernisation des boissons alcooliques.
Il y a eu deux consultations, une à Montréal, une à Québec, donc, j'ai assisté
aux deux. Vraiment très intéressant, de voir tous les acteurs autour de la
table, autant les détaillants que les fabricants, d'échanger. Même à Québec,
ils étaient vraiment tous autour de la table, il n'y avait pas... ils n'étaient
pas distincts, dans des salles séparées. Et de voir ces échanges, de voir à
quel point il y a une lourdeur dans la fabrication, dans l'émission de permis,
dans la distribution, dans... c'est vraiment... vraiment... comment je pourrais
dire... C'était le temps qu'on fasse une réforme, hein? Ça datait de 1920, de
la prohibition.
Donc, je suis vraiment très heureuse que
notre gouvernement ait mis ce comité de consultation sur la modernisation en
place. D'ailleurs, c'est chapeauté par deux anciennes députées, et même
ministres, donc il y a Mme Diane Lemieux et Mme France Dionne. J'ai
vraiment eu de belles discussions avec elles, ça a été vraiment intéressant.
Mais, au-delà de moi, ce que j'en ai retiré, j'aimerais avoir votre opinion, M.
le ministre, à savoir qu'est-ce que vous, vous en retirez, puis qu'est-ce...
c'est quoi, la vision, là, vers où on veut aller avec cette modernisation-là?
Le Président (M. Allaire) :
M. le ministre.
M. Bernard : Bien,
merci, merci beaucoup à la collègue. Je dirais, ma première impression, c'est
que jamais je n'irais dans ce secteur-là, tellement que c'est compliqué. C'est
incroyable, les enjeux, M. le Président, comme ma collègue l'a soulevé, le fait
que la loi initiale qu'a mise en place la régie de l'alcool et des jeux, puis
qui a amené... la mise en place de la SAQ, c'était comme si, à peu près... Puis
c'était dans le milieu de la prohibition, alors, toutes les règles ont continué
à évoluer, qui fait que chacun des intervenants, chacun qui voulait mettre en
place un nouveau produit, il y a eu des normes qui ont été exigées qui sont
absolument faramineuses. Puis ça, ça ne touche pas seulement la production du
produit, mais ça touchait aussi sa distribution puis sa mise en marché. Si tu
fais un produit à base d'alcool, il faut que tu passes par la SAQ pour la
distribution. Si tu es dans les bières, c'est un autre circuit. Alors... puis
il y a des embûches pour les petits producteurs, en termes de volume, les
producteurs de microbrasseries. Donc, c'est très, très, très complexe.
• (16 h 20) •
Et, la collègue l'a soulevé, c'est... Oui,
on parle de plusieurs ministères, ça touche l'agriculture, parce qu'on parlait
d'avoir un produit... un permis agricole au lieu d'avoir un permis industriel.
Ça touche la santé publique, ça touche la sécurité publique. Alors, on voit que
ça touchait... Puis les règles étaient vraiment contradictoires à plusieurs
endroits. Donc j'ai assisté, <vraiment...
M. Bernard : ...puis
les règles étaient vraiment contradictoires à plusieurs endroits. Donc j'ai
assisté, >vraiment, avec ma collègue, aux échanges et cette... j'ai
rarement vu un secteur d'activité où que les gens étaient vraiment heureux de
cette consultation-là. Alors, les deux coprésidentes vont déposer un rapport de
consultation d'ici la fin du mois de juin, ce qui va permettre, à ce moment-là,
aux ministères concernés de revoir puis de revenir avec une réforme vraiment
complète de tout ce qui est le secteur des produits alcoolisés. Parce que,
comme je vous disais, ça touche tous les aspects : transport,
distribution. On a abordé, aussi, le commerce interprovincial, s'il n'y avait
pas des choses à faire pour permettre une meilleure circulation de nos produits.
Donc, j'ai bien hâte de voir quelles recommandations les deux coprésidentes
vont amener. Puis c'est un enjeu majeur, si on veut que nos... notre secteur
des produits alcoolisés prenne un essor supplémentaire, que nos... surtout que
les clients aient accès aux produits qu'ils veulent d'une manière plus facile
puis qu'il y ait un rayonnement, donc c'est très attendu. Puis j'ai... Le
prochain gouvernement, puis je suis convaincu que ça va être le nôtre, va être
là, en place, pour mettre en place une nouvelle législation qui va toucher
l'ensemble des produits alcoolisés.
Le Président (M. Allaire) :
Merci. Mme la députée.
Mme
Hébert
:
Puis qu'est-ce qui est intéressant, aussi, de voir, c'était que les acteurs
étaient tous autour de la table, il y avait des gens, aussi, de la RACJ, de la
SAQ, il y avait des gens de tous ces secteurs que vous avez énumérés, le MAPAQ,
la Sécurité intérieure, et c'était de voir qu'il y avait un consensus, autant
entre les fabricants que les détaillants, pour certaines mesures. Donc, des
fois, c'est ça qui est intéressant, c'est que quand on est en... on dépose un
projet de loi, il y a des consultations particulières, ils ne sont pas tous
autour de la table, puis chacun nous apporte leur opinion. Là, on était capables
d'avoir un consensus, vraiment, autour de la table, donc c'était facile
d'identifier des mesures qu'on savait qui seraient acceptées par l'industrie.
Je pense que j'ai ma collègue qui aurait une question.
Le Président (M. Allaire) :
Mme la députée...
Mme
Hébert
:
La députée de Labelle.
Le Président (M. Allaire) :
Parfait. Mme la députée de Labelle, allez-y.
Une voix : ...
Le Président (M. Allaire) :
Ah! il reste six minutes.
Mme Jeannotte : Bien,
bonjour. Merci, M. le ministre, dans vos nouvelles fonctions, moi, je trouve
que vous faites ça très, très bien. Puis j'ai eu la chance de travailler en
développement économique régional dans une autre vie, au fédéral, avec l'Agence
de développement économique du Canada pour les régions du Québec. Et j'insiste
pour dire à quel point, au Québec, grâce à nos PME, notre économie va bien.
Puis notre gouvernement fait très, très bien, puis ça contribue au PIB. Puis on
a entendu notre ancien premier ministre dire à quel point on avait réussi à
réduire l'écart de richesse avec l'Ontario, puis ça, c'est vraiment notre
gouvernement.
M. le ministre, on entend tout le temps
parler des histoires d'horreur par les oppositions. Moi, j'aimerais,
aujourd'hui, vous laisser la parole pour vous... que vous nous parliez des
succès, parce qu'on n'en parle pas assez, des bons coups. Ça fait qu'avez-vous
des exemples concrets de succès de PME qu'on devrait parler davantage parce que
les gens sont tannés du négatif, du cynisme, aussi, puis notre économie, au
Québec, on n'a pas de leçons à recevoir de personne. Par exemple, accès... Réseau
accès PME c'est la... c'est notre gouvernement, on pourrait peut-être parler de
ça ou si vous avez d'autres idées, mais c'est nous qui avons décidé de mettre
sur pied la porte d'entrée. Moi, dans mon comté, dans les Hautes-Laurentides, à
Mont-Laurier, écoutez, tout est centralisé. Ça fait que quand il y a un
entrepreneur qui a besoin de quelque chose, oui, il y a de la réglementation,
trop, ça, c'est une bataille qu'on va faire encore pour des années, n'importe
quel gouvernement, il n'y a rien de sorcier là-dedans. Puis la simplification
administrative aussi, là.
Mais, M. le ministre, est-ce que vous êtes
fier d'avoir mis... d'avoir fait partie d'une équipe qui a mis sur pied Accès
réseau PME pour centraliser, pour faire en sorte qu'on ait un guichet unique
pour nos PME?
Le Président (M. Allaire) :
M. le ministre.
M. Bernard : Merci.
Merci, Mme la députée. Effectivement. Puis ça, je vais vous dire, avoir un
guichet unique pour l'entrée, pour... où que les gens puissent s'adresser,
puis, par expérience, ce n'est pas seulement au niveau des PME, mais on le voit
partout, maintenant, puis on veut le faire pour l'appareil gouvernemental, pour
avoir des portes d'entrée. Puis on le voit, par exemple, on voit les
entreprises, puis je prends un secteur que je connais, l'industrie minière, où
qu'il faut que tu ailles chercher des permis puis des autorisations dans
différents ministères. Alors, la volonté du gouvernement, c'est d'avoir ces
portes d'entrée là, uniques, pour pouvoir aider nos entrepreneurs à gagner du
temps, trouver les ressources qui leur correspondent et autres. Donc, le Réseau
accès PME, puis j'y reviens encore, avec, aussi, Investissement Québec, qui est
dans chacune des régions, mais ce sont ces portes d'entrée là. Et quand... Moi,
<personnellement...
M. Bernard :
...qui est dans chacune des régions, mais ce sont ces portes d'entrée là. Et
quand... Moi, >personnellement, je connais le réseau de Rouyn-Noranda depuis
une quarantaine d'années, les gens qui sont là sont en place depuis longtemps,
ils ont les connaissances, les compétences pour aider à guider les entreprises.
Puis je souligne, en même temps, un acteur qu'on parle plus ou moins, qui,
aussi, fait beaucoup de sensibilisation, ce sont nos chambres de commerce au
niveau régional, qui souvent organisent des colloques avec les entrepreneurs
pour faire de la formation et de l'éducation. Et à ces moments-là, nos
ministères sont présents, nos organismes de financement puis d'accompagnement
sont présents, et c'est ça qui assure la clé du succès.
Puis quand vous parlez des PME, je regarde...
Vraiment, on a... notre économie, on dit qu'elle est de PME, puis c'est clair,
on a besoin, contrairement, souvent, à ce qu'on entend de l'opposition, bien,
on a besoin de fleurons québécois qui sont nos locomotives pour vraiment que
nos PME se développent. Chez nous, c'est l'industrie minière. J'ai des
entreprises qui, maintenant, sont parties d'une petite PME, puis, maintenant,
qui fournissent des équipements à la grandeur de la planète parce qu'ils ont
suivi nos grandes entreprises qui sont omniprésentes partout.
La même... Au niveau de la filière...
quand on regarde la filière de l'aluminium, au Saguenay, c'est la même chose
parce qu'on a une filière forte puis, à ce moment-là, toute l'industrie de
l'aluminium, de transformation, est présente au Saguenay. Alors, Montréal, avec
Airbus, puis, à un moment donné, on a eu l'industrie pharmaceutique. Et il y a
une panoplie de PME qui suivent en arrière. Alors, si on veut une économie
forte dans chacune des régions, on a besoin de ces leaders-là, qui sont là,
avec des entrepreneurs qu'on accompagne pour aller chercher leur expérience
puis être de meilleurs gestionnaires et amener de l'innovation. Donc, c'est
toute une filière.
Puis notre gouvernement, à cet égard-là...
puis je souligne l'apport des ministres antérieurs dans le ministère, puis
moi... mes deux collègues qui ont pris la place avant moi, puis les autres
collègues, la première ministre, qui a été là, ils ont fait un travail
exceptionnel.
Je termine, M. le Président, en voulant
remercier les collègues parlementaires, ceux, naturellement, du côté
gouvernemental, mais aussi les collègues de l'opposition pour leurs questions.
Naturellement, ça ne faisait pas trop longtemps que j'étais en poste, j'ai
essayé de répondre le mieux avec les équipes qui étaient là, mais si j'avais eu,
peut-être, cinq mois de plus, j'aurais peut-être été plus apte à répondre
adéquatement aux réponses des collègues. Mais je tiens encore une fois à
souligner le travail que les parlementaires font pour... au niveau des crédits,
parce que qu'est-ce qu'on fait ici, c'est important pour le gouvernement puis
pour les Québécois. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Allaire) : Merci
à vous, M. le ministre. Ça va? Il vous reste une minute. C'est comme vous le
souhaitez. Ça va? Excellent. Parfait. Donc, ça met fin à ce bloc d'échange avec
la partie gouvernementale...
Une voix : ...
Le Président (M. Allaire) :
Allez-y.
M. Bernard : ...souligner
le travail exceptionnel de l'équipe du ministère, OK? Je les ai connus depuis
six semaines, et ces gens-là font un travail... J'étais bien accompagné. J'ai
découvert un ministère et des gens vraiment dévoués à l'économie du Québec.
Alors, merci à vous tous pour tout le travail que vous faites, et,
naturellement, mon équipe qui m'accompagne. Voilà, terminé.
Le Président (M. Allaire) : C'est
bien. Merci, M. le ministre. C'est bien de prendre le temps de le souligner.
Effectivement, ils travaillent fort. Donc, le temps alloué de l'étude du
volet PME, des crédits budgétaires du portefeuille Économie, Innovation et
Énergie étant presque écoulé, nous allons maintenant procéder à la mise aux
voix des crédits.
Le programme un, intitulé Direction et
administration, est-il adopté?
Des voix :
Adopté.
Une voix : Sur division.
Le Président (M. Allaire) :
Adopté sur division, Mme la secrétaire. Le programme 3, intitulé
Développement de la science, de la recherche et de l'innovation est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Une voix : Sur division.
Le Président (M. Allaire) :
Adopté sur division. Le programme 4, intitulé Interventions relatives au
Fonds de développement économique est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Une voix : Sur division.
Le Président (M. Allaire) :
Adopté sur division. Le programme 5, intitulé Organismes dédiés à la
recherche et à l'innovation, est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Une voix : Sur division.
Le Président (M. Allaire) :
Adopté sur division. Finalement, l'ensemble des crédits budgétaires du
portefeuille Économie, Innovation et Énergie pour l'exercice financier 2027...
2026‑2027, pardon, est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Une voix : Sur division.
Le Président (M. Allaire) :
Adopté sur division. En terminant, je dépose les réponses aux demandes de
renseignements de l'opposition.
Et comme vous voyez l'heure, compte tenu
de l'heure, justement, la commission ayant accompli son mandat ajourne ses
travaux sine die. Bon retour en circonscription, tout le monde. Merci.
(Fin de la séance à 16 h 30)